Résultats : 356 textes (indexation en cours)
Détail
Liste
201
p. 111
IX.
Début :
Le Sujet a quelques appas, [...]
Mots clefs :
Truite
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texteReconnaissance textuelle : IX.
IX.
LE Sujet a quelques AppM Sa bonté plaist , aux délicats,
Lair muet, le lit de la Mere
Pourmoy ne fontpM un mistere.
Aîais ilfaut(avoüerItvecsincerité,
Les Etoilles mont arresté,
A moins que ce ne foit la Truitefallit
mariée,
Tout le resse convient iufîea sa destinée.
L'Insensible de Montalte.
LE Sujet a quelques AppM Sa bonté plaist , aux délicats,
Lair muet, le lit de la Mere
Pourmoy ne fontpM un mistere.
Aîais ilfaut(avoüerItvecsincerité,
Les Etoilles mont arresté,
A moins que ce ne foit la Truitefallit
mariée,
Tout le resse convient iufîea sa destinée.
L'Insensible de Montalte.
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202
p. 111-112
X.
Début :
Ce composé de chair & d'os, [...]
Mots clefs :
Homme à cheval
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texteReconnaissance textuelle : X.
X, cE composé de chair & d'os,
JtAroift double en foy ce me ÇembIt,
En cet estat point de repos.
Mais plus Fanfne le contemple*
Elle apperfoit les douxquinefont ml
tourment: Et dit dans son ravinement,
Six pieds, deux mains, quatre yeux*
deux bouches, quatre oreilles, -
L'Homme à Cheval fait ces merveilles-
Le mesme.
JtAroift double en foy ce me ÇembIt,
En cet estat point de repos.
Mais plus Fanfne le contemple*
Elle apperfoit les douxquinefont ml
tourment: Et dit dans son ravinement,
Six pieds, deux mains, quatre yeux*
deux bouches, quatre oreilles, -
L'Homme à Cheval fait ces merveilles-
Le mesme.
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203
p. 112-182
ENTIERE EXPOSITION d'une premiere Langue Universelle.
Début :
Vous sçavez, Monsieur, qu'aprés que les Apostres eurent [...]
Mots clefs :
Langue universelle, Lettres, Chiffres, Signification, Auxiliaire, Expression, Diphtongue, Écriture, Parler, Prononciation, Accents, Usages, Consonnes, Voyelles, Nations, Pensées, Comparaison , Caractères, Équivoque , Verbes, Exemples
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENTIERE EXPOSITION d'une premiere Langue Universelle.
ENTIERE EXPOSITION
- d'une premiere Langue
Universelle. ..,
vA Fau-Cleranton, le 8. d'Aoust1685. Oussçavez,Monsieur,qui-••
prés que les Apostres eurent
receu du saine Es prit,le don
des Langues, ils estoient entendus
des gens de divers Pays, bien
que ces gens ne s'entendissent pas
encre eux, mais qu'il n'est pas décidé
si les Apostres parloient en
même temps toutes fortes de
Langues; ou bien s'ils n'en parloientqu'unefeulequi
fust entenduë
de tous. Il me semble plus
plausible de croire qu'ils.partaient
une Langue Universelle,quietoit
comme la Langue de la Nature
humaine dans tous ses mots,com_
me elle l'est de la douleur dans le,
mot bon bon prononcé lentement,
& de la joye dans le mot hi hi hi,
prononcé viste & qu'il leur étoit
ainsi facile de se rendre inrelhgL.
bles à tous les hommes.
Une telle Langue, qui fut, sans
doute, celle de nostre premier
Pere
,
estoit bien plus propre
toucher l'esprit & le coeur, que
taures les autres Langues; & n'aida
peut-estre pas peu le Serpent
à persuader ce qu'il voulutànôtre
premiere Mère; &: puisque
Dieu a favorisë tous les Animaux,
d'une langue de cette forte, propre
à se faire entendre de leurs
petits & de leurs semblables,
pourquoy ne croirions nous pas
qu'il en donna une de mesmeà
l'Homme,qui est la principale
de ses creatures?
Cela mesemble horsdedoute;
mais la corruption du peché yapporta
bien-tost du changement,
de mesme qu'à tous les autres a.
vantages qui avoient esté faits à
Adam avant sa chute; & comme
les Rivieres sont moins pures &
moins claires, à mesure qu'elles
s'éloignent de leurs sources;cette
langue dégénéra de sa pureté ôc
de sa force à mesure que les hommes
se répandirent sur la Terre,
&s'éloignerent du temps de leur
création,de de l'innocence qui
l'avoit accompagnée ; &. elle devint,
pour ainsi dire, un patois, * dont on tient que nous avons les
restes dans la langue Hebraïque.
Ce n'en:pas qu'on ne puisse
croire que la petite Famille que
Dieu sauvadu Deluge, la parloit
encore assez bien, & que cet avantage
dura mesme jusqu'à la
construction de laTour de Babelj,-
mais depuis ce temps-Ià,cctte langue
qui prit, à ce qu'on dit, le
nom d'Hebraique de la Famille
; d'Heber où elle demeura, receut
de la colere de Dieu, je ne sçay
combien de compagnes ou defiI
les, qui la gâtèrent par le commerce
qu'elles eurent ensemble,.
& elle a commenté si tard à paroistre
dans les premiers Livres
que nous en avons,qu'on peut
dire qu'elle avoirdèja éprouvéce
queletemps & le peché peuvent
sur toutes choies.
Les.nomsqu'Adami-niofa aux
Animaux, cflotent leurs noms pro-
!ru) ditleTextesacré; & comme
nous ne voyons point que les-
Animaux viennent aux noms que
Moyseleur donne, quand nous
les employons, il y a lieu de croire
qu'il ne se servit pas de ces noms
naturels quenostre premierPere
leurimposa
; parce que les causes
que je viens de rapporter, lesavoient
corrompus, ou tout à fait
changez, dans le temps que ce
Prophete écrivit.
Une langue si parfaite eftoir un
grand bien dans le monde, &son
patois mesme n'en estoit pas un
petit, car quel embarras n'est-ce
point, que cette diversitéinutile
de mots & de prononciations, qui
rendles Nations, comme sourdes
les unes pour les autres; &qui
fait tant perdre de temps aux curitufes
pour entendre leurs voifines
> Et quel moyen de reparer
jamais ce mal 6c cet embarras?
Il est vray qu'ilpourroitcesser
par uneconqueste qui foûmift
toutes les Nations à un mesme
Prince,& par une Defense abfo,¿
luë & redoutable de ce grand
Conquérant, d'apprendreaux
Enfans une autre langue que la
sienne; mais comme les Alexandres
font rares, & que si ce
bonheur n'éclate dans nostre siecle,
il arrivera difficilement dans
un autre, personne n'ayantjamais
esté si propre aux grandes choses
que LE GRAND Louis nostre
Auguste Monarque, je vais en
attendant vous en proposer,
Monsieur , une ou deux de ma
façon,quejenetrouve pas moins
propres à estre renduës universellesque
les Ecritures dont je
vous ay entretenu par mes Lettres
precedentes.
Avant néanmoins que d'en ve.
nir là, ilne fera pas hors de pro.
pos, ce me semble, que je vous
parle d'une Langue parciculiere,
qui a fait l'eronnement de ce
Pays, & qui en fait encore l'admiration
lorsqu'on y reflechit,en T^icyl'Histoire.
Maitre Guillaume Bellenden,
fameux Avocat au ParlemênFÏÏé
Paris, qui a comporé de sçavans
Livres unentr'autres de lure Re-
¡if) ,-& fêtcfiAtumy & qui estoit
:Agn. du Roy d'Angleterre en
France, 8< qui en a laisse un à
imprimer- De HierarchiaEcclesia-
',stica, ayant amassé du bien, &se
voyant sur l'âge & sans Enfans,
rfit venir d'Ecosse qui estoit son
pays un Neveu qu'il avoit de
mesmenom, &demesmesurnom
que luy , pour l'instituer son Hé- -
ritier
,,
& pourle marier ; mais ce
Naveu estant arrivè en France,
[TIC feconda pasles intentions de;
ÉaeïDncle,à l'égarddumariage*
Il se sentoit de la vocationpour
IJEgIife, il alla bien-tost aprés à
Rome, y étudia en Theologie, 6c
s'y fit Prestre. A son retour à
Paris, il trouva son Oncle mort,
& sa successiondispersée, la plus
grande partie au profit des Hôpitaux.
Il estoit homme de pieté,
il s'en consola, & dans la suite
du temps, son merite le fit
choisir par M. Zamet Evesque
de Langres, pour estre son Confesseur
& son Aumônier. Il fut
quinzeannéesdans ces fonctions
auprésde ce Sage Prélat ; a prés
quoy la mort en estant arrivée,
ilseretira dans une Cure qu'ilen
avoitreceuë,avec quelques Chapelles.
Cette Cure qu'il desservit
pendant 25ans est ma Paroisse,
ainsi cér bonnetteEcclesiastique
m'estoitfortconnu.
C'étoit
C'estoit un homme d'une raille
médiocre & droite, d'une
complexion forte, & d'un ceint
plein de feu, qui marquoit l'ardeur
de son esprit, & la promptitude
de son humeur. Il avoit du
bon sens, outre l'étude; la conversation
agréable, & les inclinations
portées au bien. Il estoit
tel en 1670. & il tomba malade
cette année là
, au mois de Septembre
,estant alors âgé de 77.
ans. Cette maladie fut une Fiévre
qui luy dura prés de trois
mois, & qui fut accompagnée
dés son commencement, d'une
Paralisie sur la langue, qui le fit
begayer encore quelques jours
après la guérison de la Fiévre;
en forte qu'on ne le pouvoit entendre.
La Paralisie estant pasfée,
il parla fort distictement;
mais voicy la merveille. C'est
qu'au lieu de parler sa Langue
ordinaire, qui estoit la nostre;ou
bien l'Ecossoide,qui estoit celle de
son Pays; ou la Latine qu'il sçavoit,
ou la Grecque, ou l'Hebraïque,
dont il avoit quelques
teintures, il parla une Langue
inconnuë àtout le monde. On
entendoit bien les mors qu'il prononçoit
,
& je me souviens que
dans une conversation que j'eus
avec luy, aux Festes de Pasques
de l'an 1671. où je feignois de
l'entendre, & où je répondois
par conjectures à sa pensée
, autant
à propos qu'il m'estoit possible,
ilrepetoit quelquesfois ces
mots paginé, maginé, prius;mais
je n'y concevois rien, non plus
qu'aux autres qu'il proferoit
,
il
entendoit bien ce qu'on luy difoit,
& il ne disoit rien qu'on pust
entendre. Ce quiestdeparticulier,
c'est que Monsieur Ramezet
son Neveu, aussi Ecossois,
Theologien, & Prestre fait à
Rome commeluy, à qui ilavoit
resigné sa Cure,quelques années
avant sa maladie, l'ayant prié de
mettre par écrit quelque chose
qu'il vouloit sçavoirde luy
,
dans
l'esperance qu'il écriroit autrement
qu'il ne parloit, M. Bellenden
prit la Plume, & écrivit quatre
ou cinq lignes d'une maniere
fort lisible
; puis presentant son
Ecriture à son Neveu, avec un
geste qui témoignoit beaucoup
plus que les paroles dont il l'accompagna
,
qu'il avoit fait ce
qu'il desiroitde luy
; M. Ramezet
prit ce Papier avec joye, 8c
fut bien étonné de n'y trouver
que ce mesme langagequ'il ne
pouvoit entendre, & de se voir
aussi peu avancé qu'auparavant.
Ce qui me semble encore plus
surprenant que cela, c'est que
M. Bellenden qui ne disoit plus
laMesse, ne manquoit point d'y
assister; & se mettantau Lutrin,
chantoit avec les Chantres les
Airs de l'Eglise, & ne prononçoit
pourtant aucune des paroles ordinaires
; mais toujours ses paro.
les inconnuës. Son Neveu averty
de cette singularité dont quelques-
uns avoient ry & raillé,
obligea le bon homme à prendre
depuis ce temps là une autre
place dans l'Eglise
,
& l'invita à
prier Dieu tout bas. Ilfitl'un&
l'autre sansresistance.Ilenestoit
de mesme
,
lors que l'envie le prenoit
de dire son Breviaire; on le
voyoit bien lire, & onl'entendoit
bien prononcer; mais rien
de ce qui estoit écrit dans son Livre.
L'adresse que son Neveu
employa pour le faire confesser,
quand après huit ou neuf mois de
santé, il le vit attaqué d'une nouvelleFiévre
,
fut demander son
Confesseur ordinaire, & de luy
faire dire par ce Confesseur qu'il
n'entendoit point son langage,
qu'ill'interrogeroit, & qu'il luy
pressastlamain lors qu'il se fenriroit
coupable du peché dont il
luy parleroit,& la luy pressast pluheurs
fois quand il y auroit plusieurs
rechutes; moyennant quoy
il luy donneroit l'Absolution.
Celafut executé, & dés le lendemain
le bon homme prit son
Neveu par la main, le mena à l'EgIifc,,& luy montra leTabernacle
, pour luy témoigner qu'il
desiroit de recevoir le Viatique;
puis estant de retour à sa Maison,
il s'étendit sur son lit en joignant
,
les mains, pour marquer la mesme
intention. Son Confesseur
fut mandé, il revint, & M. Bellenden
ayant pris de son propre
mouvement du linge blanc, &
ses Habits longs, vint oüir la
Messe, communia avec grande
devotion, & versamesme des larmes.
Il mourut quinzejours après
ces Actions de pleine connoissance,
parlant peu;mais parlant tou-
- jours son mesme langage inconnu,
quand la necessité l'obligeoit
de parler. Un incendie qui arriva
au Village six ans après sa
mort ,
&qui consuma une partie
de la Maison & des Livres de son
Neveu, brûla aussi le Billet qu'il
avoit écrit; ce quime sembleune
grande perte pour lesCurieux,qui
auroientpu travaillersur sa ledu.
re, à reconnoistre quel langage
parla M. Bellenden, depuislafin
desapremieremaladie,jusqu'à sa
mort, c'est à dire pendant huit ou
neuf mois. Il disoitassez souvent
Subgenenemé Goguené prius quiapri
la magnus, à ce que j'ay sceu d'un
homme qui le servoit; & quand
il rencontroit un de ses Paroissiens,
nommé Prieur, qui l'avoit
flatté de quelque esperance qui
ne luy déplaisoit pas, illuy disoit
Ancnu prius. Voila ce que mon
peu de sejour au Pays, m'a pu apprendre
des circonstancesdecette
Histoire qui me sembleassez curieuse.
Ce que j'y puis ajouter
,
c'est
qu'il estseur queM.Bellenden ne
parloit pas la Langue Hebraïque
ordinaire,je m'en serois apperceu
à la conversationque j'eus
avec luy, lx. M. son Neveu auili
qui avoit quelque teinture de cette
Langue. Ce n'estoit pas non
plus la Languenaturelle dJ-Adanl,
dont je viens de parler, elle auroitestéintelligible.
Quece furt:
la Langue Phrigienne, la plus
ancienne du monde selon l'épreuve
de Psammetiques Roy
d'Egypte,rapportée dans Herodote,
on ne peut pas le dire, parce
qu'il n'employa jamais le mot
de Becos ,
à demander du pain,
oud'autreschosesàmanger. Ce
que je m'en persuade
,
c'est que
cette Langue luy estoit particuliere;
& je jugede là, malgré l'épreuve
de Psammetiques, que
si mille Enfans estoient nourris
par autant de Personnes muettes,
ils parleroient tous des Langues
aussi differentes
, que seroient
leurs voix, leurs visages, leurs
complexions, & leurs esprits. La
Mothe leVayersoûtient qu'ils
seroienttous muets, parce qu'il
ne fort aucune parole de la bouche
, qui ne foit entrée par l'oreille
,
surquoy il cite l'exemple
des Sourds de naissance dont aucun
ne parle, & il allégue que
les Enfans de l'épreuve de Psammetiques,
avoient sans doute oüy
la voix de quelque Chevre qui
crioit Bayhe, d'où ils avoient appris
à dire Becos,qui se trouva par
hazardeftre une parole Phrigienne;
mais pour moy ,
jecroyque
la Langueestfaite pour parler,
aussi bien que les yeux pour voir
& que les oreilles pour entendre,
& que si les Sourds de naissance
font muets, c'est que l'empefchement
qu'ils ont à l'oreille, s'étend
jusqu'à la Langue, & qu'on ne
peur oster l'un sans l'autre. Vous
pouvez, Monsieur, proposer
cette Question aux Curieux pour
l'examiner plus à fonds, & pour
en avoir leurs sentimens ; comme
aussi les prier, de dire ce qu'ils
pensent de cette maladie, qui
ayant fait oublier à son Malade
sa Langue ordinaire, où l'empeichaut
de la parier, luy donne
-en échange l'usage d'une langue
nouvelle & inconnue.
J'aylu dans des Mémoires d'un
demes Ancestres, qui a vescu la
grande Climacerique, queNicolasde
Vienne son Trisayeul, mort
& enterré àLigny, dont il estoit
Gouverneur en 1474. âgé de jo.
ans ,
sélon Con Epitaphe , après
avoir receu du Ciel une mémoire
si heureuse, uneimaginarion si vive
,
&,tant d'adresse naturelle,,
qu'ayant eu des Maistres en toutes
fortes d'exercices d'efprir &
de corps, il sçavoit à l'âge de 21
anvtout ce-q¡n'on peut sçavoir, &
faisoit tout ce qu'on peut faire:
tomba malade à 21 ans d'une fiè-
-vre chaude, & puis d'une parali- surla langue, donrles effets
furentsiétranges, qu'il en perdit
le souvenir de tout ce qu'il avoic
jamais appris, enforte qu'illuyi
fallut même ra pprendre à parler,
à lire &à écrire, comme on l'apprend
aux Enfans, à quoy il eut
bien de la peine à parvenir. Et j'ay
veu un nomméJean Guenot,Fermier
d'une Terre de mon Voisinage,
où il y avoit ces années
passées une Cristallerie
,
à qui la
nesmechose estoit arrivée à l'âge
d-j 30 ans; mais ny l'un,ny l'autre
ne partaient point du tout après
leurs maladies, bien loinde parler
avec facilité & distinction une
langue inconnuecomme mon defunt
Curé. Les Curieuxde la Médecine
ou de l'Histoire, pourront
encore m'éclaircir par vostre entremise,
s'il y ades exemples d'une
pareille avanture,où vous, Monteur,
qui n'ignorez rien, pourrez
m'en instruire sans leur secours, si
peu que vous ayez de complaisance
pour mes desirs.
Il faut presentement queje vous
avoue
,
qu'encore bien que j'aye
conceu l'Ecritureuniverselle avant
la langue
,
celle-cy a fait la
loy
,
& donne la regle à l'autre;
& que si je n'avois imaginé la langue,
j'aurois apparemment disposé
l'Ecriture d'une autre maniere,
car enfin il m'estoit d'abord venu
dans la pensée d'employer dans
l'Ecriture, le moins d'enseignes Se
de signes qu'il me feroit possible;
3e à cet effet de distinguer le nombre
pluriel des Noms & des Verbes
, par des chiffresdifferens
de ceux du nombre singulier; Se
de marquer meime, par des chiffres
aussi, le genre des Noms dont
j'ay lailré l'expression à la Nature.
Chaque Nom substantif simple
auroit eu trois chiffres pour la fignificarion
de ses variarions; chaque
Nomadjeâlf,&chaquenoni
de diminution, d'augmentation &
de comparaison,en auroit eu quatre;
& chaque Verbe, cinq. III
par exemple, auroit exprimé le
nom au masculin
, par ion premier
chiffrej au nombre singulier,
par son deuxiéme
; &au nominatif
par son troisiéme. 223 l'auroic
lignifié au feminin
, par son premier
chissre; au pluriel,ou au
duel par son fécondj & au datif,
par son dernier.316 l'auroit donné
à connoistre au neutre, ou
au commun , par son premier
chiffre; au singulier, par ion lecond;
& à l'ablatif par Ton troisiéme.
Et aioli j'aurois pû donner
aux noms simples, si je l'a.
vois voulu, plus de trois genres,
plus de deux nombres, & plus de
six cas, le tout sans aucune confusion.
Quant aux autres noms, j'aurois ajoûté ud chiffre,. aux
trois que je viens de marquer;Se
ce chiffre qui auroit précédéles
autres, auroit exprimé l'adjeâif
par un zero; le premier diminutif
par i ;
le fecond par 2j le premier
augmentatif par.?; le fecond
par4-,lenomd'égalité,aussi, autant
, ny plus ny moins, par f; le
comparatifplus, par 6; le comparatif
moins par 7 ; le superlatif le
plus par 1; & le superlatiflemoins
par pi & j'aurois ainsi marqué
tous les degrez dont le nom est
susceptible. A l'égard des verbes,
mi ,auroit signifîé le verbe à l'actif
par ion premier chiffre
; à
l'indicatif par son fecond ;au present
par son troisiéme; au singulier
par son quarriéme, & à la pre.
miere personne par son cinquié.
me. 24323 l'auroit exprimé au paffifpar
son premier chirrre,au fubjondif
par son deuxième ; au futur
par son troifiénle; au pluriel
par son quatrièmej & à la troisiéme
personne par son dernier; Se
j'aurois augmenté aussi toutes les
fortesde variations du verbe, autant
qu'il m'auroit plu, & sans aucun
embarras
, pourveu que je
n'eusse pas poussé l'expression de
chacune, plus loin que le zero,&
les neuf càiJfreSjOu nombres;simpies.
Cette methode auroit elle
claire, exacte) & d'un facile dénieflement
i mais dés que j'eus
conceu le grand fecretde la Lan.
gueuniverselle, ilme fallut pren1
dre d'autres mesures, &. renon..
cer à cettebelle methode pour en'
chercher une plus commode à
l'expression de cette langue. II ne
fera pas inutile que je vous apprenne
la maniéré dont elle me
vint dans l'esprit.Lavoicy.
Lors que j'eus ébauché le premier
Plan de l'Ecriture, il me
sembla d'abord qu'il y manquoit
quelquechofe àsa perfeébon;c'é
toit d'estre lisible, car le moyen,
àssois.je en moy mesme') de lire
ce qui n'est pas composéde leu
rres,puis quecefont elles qui forment:
les sillabes & les mots, Ct}:
manquement me cboquoit, mais
je m'en confolay bien tost, en jugeant
mesme pour me flater, que
cette indépendance des lettres,
estoit un grand avantage à cette
Ecriture, veu qu'elle ne laiflcic
pas d'exprimer toutes choses; &
que c'estoit la veritable Ecriture
de l'esprit, puis qu'elle signifioit
immédiatement, tout ce qu'il estoit
capable de concevoir. Néanmoins
je remarquay ensuite qu'-
on la pouvoit lire, en disant par
exemple cent quatre pour signifier
Dieu, quej'exprimepar194,dans
mon premier Dictionnaire,en disant
mille trente-quatre pour signifier
cennoitre. Et disantmille trente-
quatre cent quatre, pour exprimer
cotoneifireDieu. Maisconfideranr
aussi tost l'embarras de ces
expressions, dans la pluraliré des
mots que j'employoisàn'ensignifier
qu'un; ôc dans leurs équivoques
à ne sçavoir par exemple si
mille trente quatre qu'on entendroit
prononcer, feroient trois
mots, ou deux, ou un seul,je connus
que cette façon de lire estoit
mal propre à estre mise en usage ;
& presque impossible, lors qu'on
passeroit del'expressïon des nombres
primitifs, à celle des auxiliaires;
& qued'ailleurs, quand bien
elleseroit facile& commode, elle
ne seroit pas universelle comme
l'Ecriture, parce quechaque Nation
donne des noms differens à
ses chiffres, ôc aux nombres qui
s'en forment.
L'éloignement de cette pensée
fit place à une autre; & l'usage
des Hebreux & des Grecs, qui
employent leurs lettres à figurer
leursnombres,mefit songer qu'au
lieu de substituer des mots aux
chiffres, il n'y falloir substituer
que des lettres; & qu'ainsi il ne
resulteroit qu'un mot pour chaque
nombre composé de plusieurs
chiffres; que ces mots feroienc
differenssuivant la diverse combinaison
de ces chiffres; & qu'alors
mon écriture feroit lisiblepar
elle-mesme, sans superfluité Se
sans équivoque; & se liroitencore
d'une mesme façon,par toutes
les Nations.
Sur cette idée,je passay de la
speculation à la pratique;& après
avoir donné à chaque chiffre,telle
signification de lettres que je jugeay
à proposée trouvay en effet
qu'il s'en formoit non seulement
une écritureaisée à lire&àconcevoir,
mais encore une langue claire
&. distincte, tout aussi propre à
estre renduë universelle,que l'Ecriture
mesme.
Uefl difficile d'atteindre d'abord
à la perfection des choses, il me
salut faire plusieurs Alphabets,
avant que de me déterminer dans
leur choix; & lors que je me
vis en possession de deux Ecritures
au lieu d'une, il fallut encore
changer quelque chose à ces Alphabets
pour les accommoder à
ces, Ecritures; mais enfin voicy
quels ils font pour l'une & pour
l'autre
,
d'où vous pouvez juger
que comme ces Ecrirures font diverses
dans leurs dispositions
,
il
ne se peut que les Langues qui en
resultent ne soient différentes
dans leurs mots ,&qu'ainsi au
lieu d'une que j'ay proposée jusqu'à
ce jour,je ne vous en donne
aussideux.
J'ay divisé les Chiffres en primitifs,
&enauxiliaires, à quoy
j'ay ajouté des enseignes, des accents
,& quelques points; & de
tout cela j'ay formé mes Caracteres.
Voulant les changer en
paroles
,
je fais répondre, aux
Chiffres primitifs
1, 2,3,4,5,6,7,3,9,0.
Les Lettres b,f, d, g,tll,p, c,j, v,ti,
que j'appelle aussi Lettres primitives.
Aux Chiffres auxiliaires
Il Il3, 4)y, 63 7,8,9,0,
les Lettres
a,i,ay,o,u,ou,é, eu,oy,r,
que je nomme aussi Lettres auxiliaires.
Et aux enseignes
, aux points
& auxaccents les Lettres simples
ic,1,f,C.
Et leurs Combinaisons ou Lettres
doubles-
KK,KL,KS,KT.LK,LL,LS,LT.
SK,SL,SS,ST. TK,TL,TS,TT.
Et encore kz, LZ, TZ. que je
nomme Lettres subalternes, pour
lesdistinguer des précedentes qui
sont les Lettres principales. Il
feroit à souhaiter que les subalternes
doubles s'exprimassent par
des figures simples; comme ks
s'ex prime par x.
Quanta z, il ne répond ny à
Chiffreny Signe, lors qu'il n'èst
pasuny à une autre Consone, ce
qui meluy fait donner en cet état
le nom denulle.Quelques autres
Lettres prennent aulIi ce nom,
suivant les endroits où elles se
trouvent; & d'autres portent
quelquesfoisceluy de /ùp,!eantu..,
parce qu'elles sont substituéesen
la place de leurs Compagnes. Cela
s'expliquera dansla fuite. *
Pour les Diphtongues ei ,eiU
au, &, pour la Lettre double qu
ouq, je ne juge pas à propos de
m'en servir, àcause qu'elleséquivoquent
avec é,o,&k.
A la vérité i, employe l'y Grec;
mais c'estseulement dans l'expression
des Diphtongues ay &
cy; &je marque les deux autres
ou&eti parunrenvoy ,ainsioû;eû,
afin de lesdistinguer des Voyelles
qui les forment, lors que ces
Voyelles ne sont quecontiguës.
Cét
CérJ Grec, 6c ce figne de liaison
montrent que chacune de
ces quatre Diphtongues, n'a de
rapport qu'à un seulChiffre. Il
seroitmieux de ne les exprimer
que parune feule Figure, comme
nous exprimonsay par e) mais ce
feroit trop d'innovation à l'égard
des autres.
Il en fera de mesme de la demie
lettre ou aspirationh , comme
de l'r Grec.Elle ne répondra
qu'au
Chiffre
de la Consone,àlaquelle
on la joindra, si on la veut
exprimer;mais il fera mieux de la
sousentendre, pour ne pas augmenter
inutilement l'Ecriture. Il
feroit inutile aussi de l'employer
après p ,
puis que ph ne fait rien
entendre de plus quef Quant à
la prononciation des mots de ces
nouvelles Langues, elle doit estre
exacte,& ne rien perdre des
Lettres qui les composent,&il
faut sur tout distinguer clairement
ces lettres les unesdes autres
, afin de connoistre avec facilité
le rapport qu'elles ont avec
les Chiffres & avec les signes.
Il fera libre à la verité de prononcer
gn , comme dans le mot
François regne , ou comme dans
le mot Latin regnum; 6c ll comme
dans le mot mille, ou dans le
rnotflmillr,\11ais on prononcerag
suivy de Voyelle,ou de Diphtongue
,
d'un ton ferme
, comme
dans ga, go, gu ; & par consequent
ge, gi, comme s'ils estoient
écrits ghe
,
ghi, afin de les empefcherd'équivoqueravecje,
ji,
Il en fera de mesme de t, il se prononcera
comme dans ta, to, tu, &
par consequent ti, comme s'il
estoit écrittbi, pour le distinguer
de Ji.
Pourc, on le prononcera par
th., afin qu'on ne le confonde pas
avec K ,
dans Ka ,
Ko
,
Ku ,
&
avec s,dans ce, ci; & l'on prendra
garde à ne le point mettre à
la fin d'uneSyllabe, parce qu'il y
équivoqueroitencoreavec K. On
fera la mesme observation pour
ma nulle
, que l'oreille ne déîmfkroit
point d'avec s ,
si une
Syllabe en estoit terminée.
A l'égard de b, il fera prononcé
differemment d'v eOlJflne, 6c
on distinguera de mesme u voyelle,
de la Diphtongue ou. Jesçay
bien que cette premiere diversité
de prononciation fera de la peine
aux Gascons,& quela seconde
encauseraau Italiens k aux Espagnols
; mais pourquoy confondent,
ils ce qui doit estre distingué?
Enfinpn donnera à chaque
Lettre, un son qui n'aie rien de
commun ave lesautres, afind'éviter
les équivoques qui se pourroient
glisser dans l'Ecriture numeralie
lors qu'on viendroit à
écrire en Chiffres les mots de l'une
ou de l'autre Langue.
Vous jugez bien de là, Monsieur
, que chaque Langue aura
deux forres d'écritures, la numerale
qui est composée de Chiffres
ou de nombres;& la litteralequi
seformeavec les Lettres de l'Alphabet,&:
dont chaque Nation
pourra se servir en son particulier,
pour s'exercer,& pours'instruire
plus commodement dans
la Langue universelle.Cette Lan..
gue fera contraire en cela à l'Hebraïque
Se à la Grecque,parce
que n'employant que les mesmes
Caractères à exprimer leurs Lettres
Scieurs Chiffres, elles n'ont
qu'une Ecriture pour ces deux
choses, mais il ne tiendra qu'aux
Nations de reduire les deux à
une, en quittant leurs Ecritures
parciculieres pour la générale.
Je ne doute point que vous ne
soyez dans .l'impatience de sçavoir
de quelle maniéré je me
prends pour prononcer mes Lettres
primitives, puisque je ne les
exprime que par des Consones,
Je me fers pour cela de lademie
Voyelle quela naturemettou.
jours dans nostre prononciation,
lors qu'il y a deux Consones con-'
secutives, de difficile union dans
unemeime Syllabe, que j'ay dit
dans la Grammaire Universelle,
devoir estre marquée feule après,
chaque Conson, pour en apprendre
plus aisément la prononciation
; & qui est le fçcva Ólf.
fihcvll des Hebreux; si perceptible
aux oreilles fines par tout ou
il est inséré par.la nature, & si
remarquable aux moins déHcars:
dans les mots de blâmer, drapper.
fpcttacleySL autres semblables,puis
quelles entendent bien qu'ils se
prononcent comme s'ils estotent
écrits de cette forte belamer
,
tU":
rapper ,
J'infère donc
cet e féminin entre routes mes
Consones primitives, lcfts qu'elles
font disposées de la maniéré
que je viens de dire, le considerant
comme leur lien naturel; &
je l'exprime mesme afin de re.,
gler les Syllabes, & ne pas faire
de peine au Lecteur qui ne seroit
pas accoustumé, comme les Allemans,
à voir de fuite dans irn
mot plusieurs Consones peuaecordantes.
Je laisse mesme encore-
la liberté de le prononcer
en e masculin,aux endroits ou
l'on jugera que cette prononciation
aura plus de grace que la
feminine; & bien que j'emploie
céré masculin pour exprimer le
Chiffre7.lorsqu'il est auxiliaire,
il n'en faut pas craindre d'équivoques,
comme vous le connoistrez
parlesRégies qui fuivent.
Régies a observer dans le changent
de la premiere Ecriture
numerale en Litterale. LA premiere Régie est quV
masculin ou féminin, place
seul entre deux primitives, doic
toujours estre consideré comme
une nulle
,
c'est à dire, comme ne
répondant à Chiffre ny à signe
ainsi que je l'ay déja explique.
Voulant donc changer en Lettres
104. & III. Chiffres primitifs
de mon premier Dictionnaire,
qui ftgninenc Dieu& Faux-Dieu,
au lieu d'écrirebng,&bbb,j'écris
h(n(%& bebeb;mais sije veuxehanger
en deux mots ma premiere
Langue, 1.'14'(. & 111'1) Caractercs
aussi ae ma premiere Ecriturequilignifientau
nominatif ces
mesmes paroles Dieu & Faux.
Dieti, au lieu d'écrire benega &
bebeba,j'abrege &j'écris benga &
bebba.
La sécondé Régie en: que
quand un Caractere a deux, trois,
quatre ou cinq Chiffres primitifs
de mesme façon, on en peut
exprimer un par la Diphtongue
eâ,, & deux par la Diphtongue
oy.
o
Ainsi n 31. qui: signifie
Divinité, Dieu ou DlcJfl, dans m&
premiere Ecriture, & quise change
en bebeda ou bebda
,
selon la
Régle precedenre, se peur exprimer
par beuda. III'I. quin~nin~
Vaux-Dieu
,
& qui se tourne de
mesmeenbebedaou hebba, la comme esté dit, se peur exprimer par
beuba. un'i qui lignine le CielPcredes
Dieux,&qui se transforme
en bebbeba. ou bebebba, se peut ou
plûtost se doit exprimer par beubbitouboybt;
Et qui lignifie
Imposteur, & qui se marque par
bebbebeba ou bebbebba
,
se doit exprimer
par beubebba, ou plutost
par boybba. J'appelle ces Diphtongues
qui font substiruées çJe
laforte,àla place des Consones.
primitives Lettres supplcantes ou
cjjlcieufes
, non feulement parce
qu'elles fervent pour d'autres
Lettres ;
mais encore parce qu'-
elles abrègent les mots ,
Se en
adoucirent la prononciation.
De là il résulte
, que toutes les
fois que ces Diphtongues se trouvent
inferées seules entre des primitives
,on ne les doit pas 'onf.
derer comme des auxiliaires, mais
comme des suppleantes.
LatroisiémeRégie, est de ne
pas commencer un mot par. la
nulle e ,
puis qu'il ne fait cette
fonction qu'étant inséré & de
ne pasnon plus substituer les suppleanres
à la place de la premiere
primitive, puis que c'est elle qui
fait connoistre leur employ:
comme aussi de ne jamais mettre
~comme nulle, après la derniere
primitive, ny les suppleantes en
sa place, lors qu'elle est suivie
d'une voyelle qui fait l'office
d'auxiliaire, d'autant que cette
voyelle suffit pour l'adoucissement
du mot ,
& que cér ufiçe
causeroit de l'équivoque. Aind
voulant exprimer iiiiqtilficnisieDivin,
il ne faut pas écrire bebbea
,
bebeûa
, ny boyd, parce que
bebbea répond à ii1-7-1 r bebeûa-, à
11.81; ôcboya à 1.91 mais ondoit
écrire bebbaou beuba., qui ne peu
vent répondre qu'au premier Caraétere
m'i,suivant les deux Régiesqui
précèdent. Quesila
derniere primicive-efr fuivie de
l'auxiliaire r, on peut umployer
é, comme nulle après cette primitive;
supposé que la necessités
de leur liaison le demande
, ou
mesme changer cette primitive
en suppleante ; mais en prenant
l'un ou l'autre party, il faut ajouter
la Cubalternek,après r, pour
marquer la nullité de IV
, ou la.
substitution des suppleantes, parce
qu'autrement ces Lettres pafseroient
là pour des auxiliaires..
Ainsivoulantexprimer 97orqui
signific ce mot nullité dans ma
premiere Ecriture, au lieu d'écrire
simplement vecbera ou vecera
y
j'écris vecerka, dautant que
vecera exprimeroit 97-701, Caractère
differentde l'autre mais
si j'avois à exprimer 104-01 qui
signifie Divinité, qualiré qui appartientàDieu,
&, 10411-01 qui
signifie Création,qualitédu Créateur
, au lieu d'écrire bengerka &
bengckberka
,
j'écrirois bengra &
& bengebbra, à cause de la nature
de la primitiveg, qui s'unit à l'au.
xiliaire r y
sans demander entre
ellesl'expressiondeIV. Ainsiencore
voulant exprimer 88-01 &
888-01
,
je dois écrire jeûrkaôC
joyrka.
, parce que jeûra &joyr*t
répondroient à 8-801 êcà 8-901,
autres Caractères que les pre.
miers. Que il au lieu d'une pn.
mitive,ille trouve une fubaltcrne
devant r, on doitaussi mettre
entre deux e , comme nulle, s'il
est necessaire pour la liaison du
mot 5
mais conjointement avec
le k, pour marque de cette nullité.
Ainsivoulant exprimer 104-01
qui signifie le premier diminutif
de Divinitéy qualité, oupetite Divinité
,
il faut que je Mzbcngctferka
,
à moins que je ne veuille
prononcer bengetsra
,
qui seroit
bien rude.
La quatrième Régle, est flu'/,
doit estre encore confideré comme
nulle; & eû & oy, comme fuppleanres,
lors qu'ils sont inserez
seuls dans un mot après des primitives
,
& devant toutes fortes
de subalternes
,
excepté devanc
t, *& devantlz unis, ou bien separez
feulement par une auxiliaire.
La fuite en fournira assez d'exemples
,
sans que j'en rapporte
icy.
La cinquième Règle, est que
,
que cel mesmes Lettres se trouvant
dans un mesme mot feules
& finales, après des primitives
ou des subalternes, y font par
rieceffité la fonaion d'auxiliaires,
, parce qu'il n'y a point de mot
dans la Langue, qui ne réponde
à un Caractère ;ny un Caractere
dans l'Ecriture, qui ne soit composéde
Chiffres auxiliaires & de
primitifs; maisil faut mettre un
t après elles, pour donner à connoistre
cette fonction quelles
font d'auxiliaires
, comme pour
marquer celles de nulle & de fuppleantes
,
j'ay dit qu'il falloir y
employer un k. Ainsi voulanc
exprimer 1'7)1'8, &1'9 qui si-
•
gnifient dans ma premiere Ecri.
'ture l'Adverbe ouy ,
la conjonction
&) &la proportion en ou
dans, au lieu d'écrire fiment
be, beu,boy, on doit écrire & prononcer
bet, beût, boyt. Il en est
de mesme de 2/7 & de 2/7 qui fignifient
les Advarbes numéraux,
deux fois & la deuxième fois, au
lieu de les exprimer par sikié &
fkjJ, il faut écrire6c direket&
sikz,et.
Enfin la fixicme Règle
,
ett
que toutes les fois que ces mefj
mes Lettres font immédiatement
suivies ou -
précedées. d'autres
Voyelles,d'autres Diphtongues,
ou d'elles mesmes, elles font en- -
core la fondion d'auxiliaires
, en
quelque endroit qu'elles se trouvent
avoir besoin d'aucune mar>
que. Ainsi dans bebbee ou bcûbée
qui signifie l'Adverbe superlatifleplus
divinement, les deux é
qui se Suivent immediaremenc
font auxiliaires & répondent à
77 , comme tout le Caraél:re àiri-
77. Cet exemple suffit pouren
former d'autres.
L'observation de ces Régies-.
empefeheraqu'il n'y arrive aucune
équivoque dans cette premiere
Langue, non plus que dans ma
premiere Ecriture; & voila tou'_-
tes les marques qui concernent
le changement de sesChiffrespriu
mitifs en Lettres,
Quant à celuy de ses Enseignes
& desautres Signes. Lepremier
avernucmentest, que l'Enseigne
simpleinferée nes'ex prime
point,dautant que la réparation
quelle apporre entre les
Chiffresprimirifs & les auxiliaires,
éclattea(Tez par la difteren-
- ce des Lettresausquellesje donne
ces mesmes dénominations,
sans qu'ilfoitnecessaired'y ajouter
un autre Signe de diftinclion.
Ainli1°4'1; 104.-ii,104-10^, Be
1041.1003 caraares de ma premiere
Ecriture qui fignifienf
Dieu, Divin, ilcrée Se on crée, s'expriment
fimplemenr par bengd,
bengaa, bengebaray
,
& bengebar*
ray.
Le fecond avertitfemenr
,
est
qu'il en est de mesme de l'Enfeignequeje
place sur les Chiffres,
paroùjemarque les parties invariables
du discours
,
les Proverbg3,
& les Lettres de l'Alphabet
avec leurs Diphtongues & leurs
Syllabes les plus communes, elle
ne s'exprime pas non plus, dautant
qu'elle se refout en inferée,
avant le dernier Chiffre de ses
ex prc ssions.Ainsi 17 qui signifie : l'Adverbeouy
, 1017 qui signifie
l'interjection helas lOS. qui figni.
fie la conjondion car, 119 qui
gnifielaprépositiondedans, 4tto
qui signifie un proverbe5 & 015; qui signifie la Lettre d ou de
,
seresolvent
en l'y, en 101'7'-, en<
10'8, en 11*9, 411'0en 01h'
& s'expriment par bet, senbet, binent,
hehoJt,gebber & nebay.
! Le troisiéme avertillemenr,,
estqu'il n'en est pas de mesme derEnfUgne
que je mets sur les
Chiffres
, par ou je marque .les' »
noms des lieux & des Person. *"
nés celébres ) ny de celle que je
place dessous
, par où, je, les nombrans
, ou qui demeurent
en nature: Ces Enfei*
grnes fervent à mettre de la diveriité
entre des expressions
,
qui4
n'en auroient point sans cela; Su
par conlequent se doivent exprh
mer. Je marque donc celle que
jeplace furies Chiffres
, qui si.
gnificnt les noms des lieux& des
Personnes par la subalterne KT.
Et de cette forte t'i qnisignifie
rAJle; 11'1 qui finisse la chine-i:
& 111'1 qui signifie Canton prerniere
Province de la Chine, &c.
s'expriment par btkla
»
par bebe..
fra, ou beúKta
,
& par bibbew, b..
bcâuayQVL boj,e-ta. Et z/U}i qui
vous signifie s'exprime par febbebcdi
kla
, ou fcbojdexKtt. Et je
marque celle que je mets fous les
Chiffres,,qui signifient les nom
! bres nombrans par les fubalternes
Ki ou x ,
quîcfFla mesme
chose,&par kzj..fiçavoirla barre
droite des nombres Cardinaux
par x) & la courbe des Ordinaux
parkAinfi1quisignifiedeux
indéclinablej & lï qui le figni..
fie déclinable au nominatif pluriel,
s'ex primenr par [ex) & par
fixas. Et l'ï qui signifie deuxième
ou second substantif; & 211 qui
le signifient adicdif ,s'expriment
par /ÎK^4&par ftnzaa. Ileneft
de mesme de leurs Adverbes adjrdifs,
2,17 qui signifie doubleruent,
& 2 17quisignifie dltlxiémement
i ih s'expriment par PXAt
&/:K~. J'ay parlé de l'expression
de leurs autres Adverbes
dans la cinquième Règle.Quant
aux Verbes & aux Noms verb,
lux,qtlidériver desNoms numéraux,
on peut les exprimer comme
les autres dérivez; mais a l'égard
de leurs négatifs, & de ceux
qui signifient le retour de l'action,
il est plus à propos de suivre dans
la Langue
,
l'avis que j'ay donné
pour leur expression page 197,
& 298 du XX. Extraordinaire
, que la manierede les exprimer
par les auxiliaires, telle quelle
est marquée dans les pages
précédentes du mesmeLivre.
Le quatrième avertissement,
est que j'exprime pour la raison
précédente
,
les signes qui font
joints aux Enseignes, & qui donnent
à connoistre les degrez
d'augmentation, de diminution
& de comparaison. je marque •
ceux d'augmentation par ST 6C
SL , ceux de diminution par TS
&rz, ceux de comparaison en
, élevant parSK,& ceux decomparaison
enabaissantpar.TK.
Ainsi 104'1 & 104 11 qui signifient
Dieu & Divin, & que j'exprime
simplement par benga & benga,
commeiladéjaestédit, ont pour
augmentatifs 104;1 ,
& 104,1 qui
signifient grand Dieu
,
&. trèsgrand
Dieu, &104-11,& 104.11 quisignifient
fort Divin & tres Divin,
& que j'exprime par bengesta,
bengejht
,
bengestaa
,
& bengeslaa.
Ils ont pour diminutifs104?I &
104?I qui signifient petit Dieu ôC
trèspetit Vilu; & 104.11, & 104-11
qui signifient peu Divin& tres pet «
Divin; &que j'exprime par ben
gnfl) bengetza,bengetsaa& ben-
-
gflztZtl. Ils ont pour degrez de
comparaison en élevant 104 11^,
104-41 & 104-71 qui signifient
autant ou aufjl Divin, plus Divin,
&leplus Divin, & que j'exprime
par bengeskaa
,
bengeskaa
,
& bengeskea.
Etils ont enfin pour degrez
decomparaison en abaissant
104 11,104 41 &104-71 qui fignifient
dujji peu Divin,moins Divin&
lemoinsDivin,&quej'exprime
par bengetkaa,bengetKoa&
hengcKCtl. Neanmoins comme
j'employe simplement dans ma
premiere Ecriture 104-41 &
104-71 à exprimer les comparaifons
d'élevation plus Divin & le
plm Divin, il fera plusà propos
pour
pour l'abréviation de la Langue,
de ne point ajourer de subalternes
dans l'expression de ces deux
degrez
,
& de dire simplement
bengôa & bengea.
£ Le cinquièmeavertissement
estquej'exprime aussi les deux
points & la barre, que je mets
sur les Chiffres auxiliaires, pour
marquer le nombre pluriel de
tout ce quise décline, & de tout ce' qui se conjugue, avec cette
différence que j'employes. pour
le pluriel de la déclinaison
,
& l.
pour celuy de la conjuguaifon.
Ainsi 104'i
, ou 1041 qui signifientDieuxau
nominatif pluriel;
104*2 qui en signifient le génitif
des Dieuxj & 104*3 qui en signifient
le datifaux Dieux s'exprimentparbenvas,
benris&benrais.
«
Et 1041 ioï ou 1041.101 qui fignifienc
nomcréons;1041-101 qui fignifienc
vous créez,3 & 1041-10;
qui fignifienc ils créent s'expriment
par bengebaral,kengebaril,&-
bengebartyl.
Le fixiémc avertissement, regarde
les accents d'augmentation
, que je mets sur les Chiffres
primitifs pour accroistre le nombre
des expressions, & en fournir
les feaioos des estres les plus
abondantesj celuy que je place
sur les mesmestChiftres
, pour
marquer les feconds Verbes negatifs
; celay que j'employe sur
les Chiffres auxiliaires pour fignifier
le futur prochain,& le
futur éloigné de toutes fortes de
Verbes. Ces accents font detrois
façons pour l'augmentation des
expressions qui regardentle
estres
;
l'aigu, le grave & le cir-
-confléxei& je mefers des mefmes
fubalternesl &fpour expri.
mer les deux premiers, 6c encore
dé K pour sïgnifïer le troifiérné;
Ain(î,4é^7'i qui signifie dans
ma première Ecriture Ecuyers'ex.
prime par gepeteta, & 4647*1 qui
lignifie son augmentation, PaÜ-.
frinier se marque par gepegerela.
Il en, est de mesme de m'i qui
lignifie Canton' premiere Province
de la Chine, & qui s'exprime
yaiMbekta>6çdeIII'Iquifignifie-/
onaugmentation htnam dixième.
Province du mesme Etar,
&quisemarque par bebbektU.
Ces mots se peuvent abreger
,
Se
on peut dire gepgetela 6c boyktela.
yoHa.cwmc,s'exprimc.l'accenc
aigu d'augmentation, quand il se
trouve sur la derniere primitive;
&. on peut juger par luy
,
de la
maniéré d'exprimer le grave èc
le circonfléxe
,
quand ils se rencontrent
sur la mesme primitive;
& de tous trois lors qu'ils sont
placez sur la penultiéme ou sur
l'antépenultiéme,oùils setransportent
selon le besoin, sans qu'il
soit necessaire que j'en rapporte
des exemples. Quantat'accencaigu
qui marque les seconds Verbes
négatifs
,
je l'exprime par la,
subalternekl. Ainsi 1066-10 qui
signifie dans ma
premièrer,EcriJ
ture lesecondVerbepositif
faire,s'exprime par benpepar,
oui
Bcntppar, Et1066-10 qui y signifie
le second Verbe negatif red!.
faire s'exprime avec son accent
par beneppeklar. Ma premiere
pensée n'avoit pas esté d'exprimerdela
sorte ce second Verbe
négatif, ny mesme son positif
refaire; ny ceux encore dont l'un
& l'autredérivent, jeveux dire,
faire&défaire
, comme vous l'avez
pu remarquer dans ma Lettre
de vostreXVII. Extraordinaire
page 310 & suivantes. Je
projettois alors de distinguer ces
quatre sortes de Verbes, par la
diversité de leur premier Chiffre
primitif, tellement quesi 11110
avoitsignifié le premier positif
ou l'affirmatiffaire;211-10 auroit
exprimé le premiernégatif
dlfirt; 31110 le second positif
refaire, & 411-10 le second nega.
tif redéfaire. J'appelle aussi ces
deux derniers Verbes du nom de
rcfijts de retour d'action -, maisayant
reconnu dans la fuite que
cetusage pourroit apporter de la
confusion à d'autres expressions,
je le changay ,
& je transporta y
ladistinction de ces Verbes,de
leur premier Chiffre sur leur dernier
, en exprimant faire par
106410 défaire par 1065.Ío; &
refairepar 1066 10. Cechangement
le voir dans ma Lettre du
XX. Extraordinaire page 247.
avec la raison qui m'a fait recourir
à un accent pour l'expression
du second Verbe negatif; & si je
vous en entretiens icy;c'est pour
reparer l'omission quej'enay faite
là. A l'égard de l'accent encore
aigu, que jemetssur les Chiffres
auxiliaires pour marquer les divers
futurs des Verbes, lesquels
t;
font particuliers à ma premiere
Ecriture, je l'exprime encore différemment
de celuy que. j'employe
sur ses Chiffresprimitifs,
Sec'cft par la subalterne Ainsi
1-10 qui signifiele Verbetftrt,&.
qui s'exprime par bar, a pour son
futur ordinaire, futur indéfiny
1-104 qui signifiejeseray, &. qui
se marque par baro; & pour futurs
définis 1-104 qui signifieje
seray loll, & 1-104 qui signifieje
feraytardy & qui s'expriment avec
leur accent par batro & barto.
Cetteexpression de futurs sepeut
aussi étendre sur les préccrits,
puisqu'on peutdirejefustost, je
fta tard,j'ay esté tost, j'ayestétard&
autres semblables.
Le septiéme & dernier aver.
tissement, est d'observer que
quand un Caractère a deux accents
, comme l'auroit le futur
du Verbe redéfaire,on doitsedispenser
de l'expression du second,
si le mot qui en réfulre a une
longueur desagreable, & employer
la phrase
, au lieu du mot
simple.
Apres ces avertissecmens qui
font mes secondes Régles, il
reste quelquesréflexionsà faire.
La premiere, que l'expression
des Enseignes ou seules, ou accompagnées
de Signes, s'infere
toujours entre les expressions des
Chiffres primitifs
,
& des auxiliaires.
La seconde, que l'expression
des accents & des points
ne se place qu'après celle du
Chiffre primitif ou de l'auxiliaire
,
sur Lequel ils font marquer
Latroisiéme
, que mes subalternes
doubles ne répondent qu'à
un Signe, de mesme que mes
Diphtongues auxiliaires faisant
cette fonction, ne répondent
qu'à un Chiffre. La quatrième,
quenon feulement éfait l'office
,' de nullej mais K &.Taussi, aux
endroits que j'ayrapportez, &
qu'ainsiestant auxiliaire, & ces
subalternes me servant à exprimer
des accents d'augmentation,
ces trois Lettres ont double employ.
La cinquième ; que leurs
compagnes eû & oy, 7 &ffont de
mesme employées doublemenr.
Les premieres
, comme auxiliaires
& comme suppleantes
;
&les.
autres àl'expression des pluriels,
&àcelle desaccents. Etlafixié.
me, que les subalternes doubles,
KK,/I,.If, tt,Ik, Is, lt, &tla
contraires des subalternes fimn
ples n'ont aucun employ dans
cette premiere Langue.L,en
arusesi uzn tbroisiieemenq-uervooussvte.r
Je ne vous ay presque encoroi
rien ditde la nulles.Ilest rempjq
de vous expliquer son usage ;jot
l'insere parmy mes Lerrres auxi..;:
Jiairesàmefmefin que ma nulltl
e parmy mes primitives
,
je veuaxi
dire pour leur liaÏÍon, & pour
leur adoucissement, & de plusi
comme j'employe e élu unis en--j
semble dans la Diphtongue eû
pour suppleante simple
, &,,
pour suppleante double
, encres
ces primitives, fin de diminuer
dans les mots le nombre des Sy1-
labes,Remployé encore à mesmes
intention l & z. unis ou separez,
entre ces auxiliaires; mais seule,
ment pour suppleantesimple, la
double nem'estant pas necessaire.
Ainsi au lieu d'écrire & de
prononcer simplement benga.
quisignifie Divin
,
6cfaa qui signifie
savois
,
faaiqui signifieTu
aveis ; faaay qui signifieilavoit;
&fitaaay qui signifie onavoit, j'écris
& je dis bengA&a fitza,flizi,
falzay 6c ftlzallY ou falazay. Le
toutde la maniere qu'on trouvera
la plus propre à lier le mot, &
à luy oster sa rudesse. Surquoy
il fautobserver que l'employ de
Suppléante entre les auxiliaires
appartient à la subalterne 1 6c
non pasaz, mais que pour avoir
cet employ
,
elle doit estre suiviedu
z immediatement, ou bien feparée
de luy seulement par une,
auxiliaire: Et on ne doit pas
craindre que l'usage de ces nulles
& de ces subalternes simples ou
doubles, cause aucune équivoque
dans cette Langue, il n'y en
arriveroit pas mesmes quand
bien on en écriroit tous les mots
sans distance, on les diftingueroit
encore plus aisément queles Caraéteres
dont ils résultent
,
i smesmesçavoir
leur signification,
pourveu qu'on priftbien garde à
mes Régies.
Voila,Monsieur, l'expression
litterale de la premiere de mes
Ecritures universelles,& dequoy
former, une Langue de mesme
étenduë, demesmeclarté, 6cde
mesme abondance qu'elle. Il ne
mereste qu'àen donnerun petit
échantillon, comme j'ay fait à la
fin de chacune de ces Ecritures;
& je me ferviray du mesme exemple
que j'ay employé.Vous sçavezqu'il
consiste en ce début du
Texte Sacré. Dans le commencement
Bien créa le Ciel & la Terre.
Je n'ay que faire d'en rapporter
les Caractères numéraux, vous
les pouvez voir dans le XX. Extraordinaire
page 284.Voicy
les motsqui en résultent boyt du
benembebru bengabengebalzuô de
fenbi,beûtdosembo.
Je pourrois joindre au dérail de
cette premiere Langue universelle,
celuy de la seconde, & ce que
j'ay encore à vous dire de l'une M
de l'autrecommeje l'avois projetté
à la fin de ma derniere Lettre
, mais je croy qu'il est plus à
propos de finir celle-cy
,
elle me
paroist assez longue, & mesme
trop pour un petit Livre où taoDI
de beaux Ouvrages demandent
place. Agréez doncquejeremette
l'accomplissementdumienà vôtre
Extraordinaire du 15.de Janvier
, & faites moy toujours Jass
grâcede me croire, MOPÍieur'
vostre,&c.
DE VlINNJS P&AÏÏCV.,
- d'une premiere Langue
Universelle. ..,
vA Fau-Cleranton, le 8. d'Aoust1685. Oussçavez,Monsieur,qui-••
prés que les Apostres eurent
receu du saine Es prit,le don
des Langues, ils estoient entendus
des gens de divers Pays, bien
que ces gens ne s'entendissent pas
encre eux, mais qu'il n'est pas décidé
si les Apostres parloient en
même temps toutes fortes de
Langues; ou bien s'ils n'en parloientqu'unefeulequi
fust entenduë
de tous. Il me semble plus
plausible de croire qu'ils.partaient
une Langue Universelle,quietoit
comme la Langue de la Nature
humaine dans tous ses mots,com_
me elle l'est de la douleur dans le,
mot bon bon prononcé lentement,
& de la joye dans le mot hi hi hi,
prononcé viste & qu'il leur étoit
ainsi facile de se rendre inrelhgL.
bles à tous les hommes.
Une telle Langue, qui fut, sans
doute, celle de nostre premier
Pere
,
estoit bien plus propre
toucher l'esprit & le coeur, que
taures les autres Langues; & n'aida
peut-estre pas peu le Serpent
à persuader ce qu'il voulutànôtre
premiere Mère; &: puisque
Dieu a favorisë tous les Animaux,
d'une langue de cette forte, propre
à se faire entendre de leurs
petits & de leurs semblables,
pourquoy ne croirions nous pas
qu'il en donna une de mesmeà
l'Homme,qui est la principale
de ses creatures?
Cela mesemble horsdedoute;
mais la corruption du peché yapporta
bien-tost du changement,
de mesme qu'à tous les autres a.
vantages qui avoient esté faits à
Adam avant sa chute; & comme
les Rivieres sont moins pures &
moins claires, à mesure qu'elles
s'éloignent de leurs sources;cette
langue dégénéra de sa pureté ôc
de sa force à mesure que les hommes
se répandirent sur la Terre,
&s'éloignerent du temps de leur
création,de de l'innocence qui
l'avoit accompagnée ; &. elle devint,
pour ainsi dire, un patois, * dont on tient que nous avons les
restes dans la langue Hebraïque.
Ce n'en:pas qu'on ne puisse
croire que la petite Famille que
Dieu sauvadu Deluge, la parloit
encore assez bien, & que cet avantage
dura mesme jusqu'à la
construction de laTour de Babelj,-
mais depuis ce temps-Ià,cctte langue
qui prit, à ce qu'on dit, le
nom d'Hebraique de la Famille
; d'Heber où elle demeura, receut
de la colere de Dieu, je ne sçay
combien de compagnes ou defiI
les, qui la gâtèrent par le commerce
qu'elles eurent ensemble,.
& elle a commenté si tard à paroistre
dans les premiers Livres
que nous en avons,qu'on peut
dire qu'elle avoirdèja éprouvéce
queletemps & le peché peuvent
sur toutes choies.
Les.nomsqu'Adami-niofa aux
Animaux, cflotent leurs noms pro-
!ru) ditleTextesacré; & comme
nous ne voyons point que les-
Animaux viennent aux noms que
Moyseleur donne, quand nous
les employons, il y a lieu de croire
qu'il ne se servit pas de ces noms
naturels quenostre premierPere
leurimposa
; parce que les causes
que je viens de rapporter, lesavoient
corrompus, ou tout à fait
changez, dans le temps que ce
Prophete écrivit.
Une langue si parfaite eftoir un
grand bien dans le monde, &son
patois mesme n'en estoit pas un
petit, car quel embarras n'est-ce
point, que cette diversitéinutile
de mots & de prononciations, qui
rendles Nations, comme sourdes
les unes pour les autres; &qui
fait tant perdre de temps aux curitufes
pour entendre leurs voifines
> Et quel moyen de reparer
jamais ce mal 6c cet embarras?
Il est vray qu'ilpourroitcesser
par uneconqueste qui foûmift
toutes les Nations à un mesme
Prince,& par une Defense abfo,¿
luë & redoutable de ce grand
Conquérant, d'apprendreaux
Enfans une autre langue que la
sienne; mais comme les Alexandres
font rares, & que si ce
bonheur n'éclate dans nostre siecle,
il arrivera difficilement dans
un autre, personne n'ayantjamais
esté si propre aux grandes choses
que LE GRAND Louis nostre
Auguste Monarque, je vais en
attendant vous en proposer,
Monsieur , une ou deux de ma
façon,quejenetrouve pas moins
propres à estre renduës universellesque
les Ecritures dont je
vous ay entretenu par mes Lettres
precedentes.
Avant néanmoins que d'en ve.
nir là, ilne fera pas hors de pro.
pos, ce me semble, que je vous
parle d'une Langue parciculiere,
qui a fait l'eronnement de ce
Pays, & qui en fait encore l'admiration
lorsqu'on y reflechit,en T^icyl'Histoire.
Maitre Guillaume Bellenden,
fameux Avocat au ParlemênFÏÏé
Paris, qui a comporé de sçavans
Livres unentr'autres de lure Re-
¡if) ,-& fêtcfiAtumy & qui estoit
:Agn. du Roy d'Angleterre en
France, 8< qui en a laisse un à
imprimer- De HierarchiaEcclesia-
',stica, ayant amassé du bien, &se
voyant sur l'âge & sans Enfans,
rfit venir d'Ecosse qui estoit son
pays un Neveu qu'il avoit de
mesmenom, &demesmesurnom
que luy , pour l'instituer son Hé- -
ritier
,,
& pourle marier ; mais ce
Naveu estant arrivè en France,
[TIC feconda pasles intentions de;
ÉaeïDncle,à l'égarddumariage*
Il se sentoit de la vocationpour
IJEgIife, il alla bien-tost aprés à
Rome, y étudia en Theologie, 6c
s'y fit Prestre. A son retour à
Paris, il trouva son Oncle mort,
& sa successiondispersée, la plus
grande partie au profit des Hôpitaux.
Il estoit homme de pieté,
il s'en consola, & dans la suite
du temps, son merite le fit
choisir par M. Zamet Evesque
de Langres, pour estre son Confesseur
& son Aumônier. Il fut
quinzeannéesdans ces fonctions
auprésde ce Sage Prélat ; a prés
quoy la mort en estant arrivée,
ilseretira dans une Cure qu'ilen
avoitreceuë,avec quelques Chapelles.
Cette Cure qu'il desservit
pendant 25ans est ma Paroisse,
ainsi cér bonnetteEcclesiastique
m'estoitfortconnu.
C'étoit
C'estoit un homme d'une raille
médiocre & droite, d'une
complexion forte, & d'un ceint
plein de feu, qui marquoit l'ardeur
de son esprit, & la promptitude
de son humeur. Il avoit du
bon sens, outre l'étude; la conversation
agréable, & les inclinations
portées au bien. Il estoit
tel en 1670. & il tomba malade
cette année là
, au mois de Septembre
,estant alors âgé de 77.
ans. Cette maladie fut une Fiévre
qui luy dura prés de trois
mois, & qui fut accompagnée
dés son commencement, d'une
Paralisie sur la langue, qui le fit
begayer encore quelques jours
après la guérison de la Fiévre;
en forte qu'on ne le pouvoit entendre.
La Paralisie estant pasfée,
il parla fort distictement;
mais voicy la merveille. C'est
qu'au lieu de parler sa Langue
ordinaire, qui estoit la nostre;ou
bien l'Ecossoide,qui estoit celle de
son Pays; ou la Latine qu'il sçavoit,
ou la Grecque, ou l'Hebraïque,
dont il avoit quelques
teintures, il parla une Langue
inconnuë àtout le monde. On
entendoit bien les mors qu'il prononçoit
,
& je me souviens que
dans une conversation que j'eus
avec luy, aux Festes de Pasques
de l'an 1671. où je feignois de
l'entendre, & où je répondois
par conjectures à sa pensée
, autant
à propos qu'il m'estoit possible,
ilrepetoit quelquesfois ces
mots paginé, maginé, prius;mais
je n'y concevois rien, non plus
qu'aux autres qu'il proferoit
,
il
entendoit bien ce qu'on luy difoit,
& il ne disoit rien qu'on pust
entendre. Ce quiestdeparticulier,
c'est que Monsieur Ramezet
son Neveu, aussi Ecossois,
Theologien, & Prestre fait à
Rome commeluy, à qui ilavoit
resigné sa Cure,quelques années
avant sa maladie, l'ayant prié de
mettre par écrit quelque chose
qu'il vouloit sçavoirde luy
,
dans
l'esperance qu'il écriroit autrement
qu'il ne parloit, M. Bellenden
prit la Plume, & écrivit quatre
ou cinq lignes d'une maniere
fort lisible
; puis presentant son
Ecriture à son Neveu, avec un
geste qui témoignoit beaucoup
plus que les paroles dont il l'accompagna
,
qu'il avoit fait ce
qu'il desiroitde luy
; M. Ramezet
prit ce Papier avec joye, 8c
fut bien étonné de n'y trouver
que ce mesme langagequ'il ne
pouvoit entendre, & de se voir
aussi peu avancé qu'auparavant.
Ce qui me semble encore plus
surprenant que cela, c'est que
M. Bellenden qui ne disoit plus
laMesse, ne manquoit point d'y
assister; & se mettantau Lutrin,
chantoit avec les Chantres les
Airs de l'Eglise, & ne prononçoit
pourtant aucune des paroles ordinaires
; mais toujours ses paro.
les inconnuës. Son Neveu averty
de cette singularité dont quelques-
uns avoient ry & raillé,
obligea le bon homme à prendre
depuis ce temps là une autre
place dans l'Eglise
,
& l'invita à
prier Dieu tout bas. Ilfitl'un&
l'autre sansresistance.Ilenestoit
de mesme
,
lors que l'envie le prenoit
de dire son Breviaire; on le
voyoit bien lire, & onl'entendoit
bien prononcer; mais rien
de ce qui estoit écrit dans son Livre.
L'adresse que son Neveu
employa pour le faire confesser,
quand après huit ou neuf mois de
santé, il le vit attaqué d'une nouvelleFiévre
,
fut demander son
Confesseur ordinaire, & de luy
faire dire par ce Confesseur qu'il
n'entendoit point son langage,
qu'ill'interrogeroit, & qu'il luy
pressastlamain lors qu'il se fenriroit
coupable du peché dont il
luy parleroit,& la luy pressast pluheurs
fois quand il y auroit plusieurs
rechutes; moyennant quoy
il luy donneroit l'Absolution.
Celafut executé, & dés le lendemain
le bon homme prit son
Neveu par la main, le mena à l'EgIifc,,& luy montra leTabernacle
, pour luy témoigner qu'il
desiroit de recevoir le Viatique;
puis estant de retour à sa Maison,
il s'étendit sur son lit en joignant
,
les mains, pour marquer la mesme
intention. Son Confesseur
fut mandé, il revint, & M. Bellenden
ayant pris de son propre
mouvement du linge blanc, &
ses Habits longs, vint oüir la
Messe, communia avec grande
devotion, & versamesme des larmes.
Il mourut quinzejours après
ces Actions de pleine connoissance,
parlant peu;mais parlant tou-
- jours son mesme langage inconnu,
quand la necessité l'obligeoit
de parler. Un incendie qui arriva
au Village six ans après sa
mort ,
&qui consuma une partie
de la Maison & des Livres de son
Neveu, brûla aussi le Billet qu'il
avoit écrit; ce quime sembleune
grande perte pour lesCurieux,qui
auroientpu travaillersur sa ledu.
re, à reconnoistre quel langage
parla M. Bellenden, depuislafin
desapremieremaladie,jusqu'à sa
mort, c'est à dire pendant huit ou
neuf mois. Il disoitassez souvent
Subgenenemé Goguené prius quiapri
la magnus, à ce que j'ay sceu d'un
homme qui le servoit; & quand
il rencontroit un de ses Paroissiens,
nommé Prieur, qui l'avoit
flatté de quelque esperance qui
ne luy déplaisoit pas, illuy disoit
Ancnu prius. Voila ce que mon
peu de sejour au Pays, m'a pu apprendre
des circonstancesdecette
Histoire qui me sembleassez curieuse.
Ce que j'y puis ajouter
,
c'est
qu'il estseur queM.Bellenden ne
parloit pas la Langue Hebraïque
ordinaire,je m'en serois apperceu
à la conversationque j'eus
avec luy, lx. M. son Neveu auili
qui avoit quelque teinture de cette
Langue. Ce n'estoit pas non
plus la Languenaturelle dJ-Adanl,
dont je viens de parler, elle auroitestéintelligible.
Quece furt:
la Langue Phrigienne, la plus
ancienne du monde selon l'épreuve
de Psammetiques Roy
d'Egypte,rapportée dans Herodote,
on ne peut pas le dire, parce
qu'il n'employa jamais le mot
de Becos ,
à demander du pain,
oud'autreschosesàmanger. Ce
que je m'en persuade
,
c'est que
cette Langue luy estoit particuliere;
& je jugede là, malgré l'épreuve
de Psammetiques, que
si mille Enfans estoient nourris
par autant de Personnes muettes,
ils parleroient tous des Langues
aussi differentes
, que seroient
leurs voix, leurs visages, leurs
complexions, & leurs esprits. La
Mothe leVayersoûtient qu'ils
seroienttous muets, parce qu'il
ne fort aucune parole de la bouche
, qui ne foit entrée par l'oreille
,
surquoy il cite l'exemple
des Sourds de naissance dont aucun
ne parle, & il allégue que
les Enfans de l'épreuve de Psammetiques,
avoient sans doute oüy
la voix de quelque Chevre qui
crioit Bayhe, d'où ils avoient appris
à dire Becos,qui se trouva par
hazardeftre une parole Phrigienne;
mais pour moy ,
jecroyque
la Langueestfaite pour parler,
aussi bien que les yeux pour voir
& que les oreilles pour entendre,
& que si les Sourds de naissance
font muets, c'est que l'empefchement
qu'ils ont à l'oreille, s'étend
jusqu'à la Langue, & qu'on ne
peur oster l'un sans l'autre. Vous
pouvez, Monsieur, proposer
cette Question aux Curieux pour
l'examiner plus à fonds, & pour
en avoir leurs sentimens ; comme
aussi les prier, de dire ce qu'ils
pensent de cette maladie, qui
ayant fait oublier à son Malade
sa Langue ordinaire, où l'empeichaut
de la parier, luy donne
-en échange l'usage d'une langue
nouvelle & inconnue.
J'aylu dans des Mémoires d'un
demes Ancestres, qui a vescu la
grande Climacerique, queNicolasde
Vienne son Trisayeul, mort
& enterré àLigny, dont il estoit
Gouverneur en 1474. âgé de jo.
ans ,
sélon Con Epitaphe , après
avoir receu du Ciel une mémoire
si heureuse, uneimaginarion si vive
,
&,tant d'adresse naturelle,,
qu'ayant eu des Maistres en toutes
fortes d'exercices d'efprir &
de corps, il sçavoit à l'âge de 21
anvtout ce-q¡n'on peut sçavoir, &
faisoit tout ce qu'on peut faire:
tomba malade à 21 ans d'une fiè-
-vre chaude, & puis d'une parali- surla langue, donrles effets
furentsiétranges, qu'il en perdit
le souvenir de tout ce qu'il avoic
jamais appris, enforte qu'illuyi
fallut même ra pprendre à parler,
à lire &à écrire, comme on l'apprend
aux Enfans, à quoy il eut
bien de la peine à parvenir. Et j'ay
veu un nomméJean Guenot,Fermier
d'une Terre de mon Voisinage,
où il y avoit ces années
passées une Cristallerie
,
à qui la
nesmechose estoit arrivée à l'âge
d-j 30 ans; mais ny l'un,ny l'autre
ne partaient point du tout après
leurs maladies, bien loinde parler
avec facilité & distinction une
langue inconnuecomme mon defunt
Curé. Les Curieuxde la Médecine
ou de l'Histoire, pourront
encore m'éclaircir par vostre entremise,
s'il y ades exemples d'une
pareille avanture,où vous, Monteur,
qui n'ignorez rien, pourrez
m'en instruire sans leur secours, si
peu que vous ayez de complaisance
pour mes desirs.
Il faut presentement queje vous
avoue
,
qu'encore bien que j'aye
conceu l'Ecritureuniverselle avant
la langue
,
celle-cy a fait la
loy
,
& donne la regle à l'autre;
& que si je n'avois imaginé la langue,
j'aurois apparemment disposé
l'Ecriture d'une autre maniere,
car enfin il m'estoit d'abord venu
dans la pensée d'employer dans
l'Ecriture, le moins d'enseignes Se
de signes qu'il me feroit possible;
3e à cet effet de distinguer le nombre
pluriel des Noms & des Verbes
, par des chiffresdifferens
de ceux du nombre singulier; Se
de marquer meime, par des chiffres
aussi, le genre des Noms dont
j'ay lailré l'expression à la Nature.
Chaque Nom substantif simple
auroit eu trois chiffres pour la fignificarion
de ses variarions; chaque
Nomadjeâlf,&chaquenoni
de diminution, d'augmentation &
de comparaison,en auroit eu quatre;
& chaque Verbe, cinq. III
par exemple, auroit exprimé le
nom au masculin
, par ion premier
chiffrej au nombre singulier,
par son deuxiéme
; &au nominatif
par son troisiéme. 223 l'auroic
lignifié au feminin
, par son premier
chissre; au pluriel,ou au
duel par son fécondj & au datif,
par son dernier.316 l'auroit donné
à connoistre au neutre, ou
au commun , par son premier
chiffre; au singulier, par ion lecond;
& à l'ablatif par Ton troisiéme.
Et aioli j'aurois pû donner
aux noms simples, si je l'a.
vois voulu, plus de trois genres,
plus de deux nombres, & plus de
six cas, le tout sans aucune confusion.
Quant aux autres noms, j'aurois ajoûté ud chiffre,. aux
trois que je viens de marquer;Se
ce chiffre qui auroit précédéles
autres, auroit exprimé l'adjeâif
par un zero; le premier diminutif
par i ;
le fecond par 2j le premier
augmentatif par.?; le fecond
par4-,lenomd'égalité,aussi, autant
, ny plus ny moins, par f; le
comparatifplus, par 6; le comparatif
moins par 7 ; le superlatif le
plus par 1; & le superlatiflemoins
par pi & j'aurois ainsi marqué
tous les degrez dont le nom est
susceptible. A l'égard des verbes,
mi ,auroit signifîé le verbe à l'actif
par ion premier chiffre
; à
l'indicatif par son fecond ;au present
par son troisiéme; au singulier
par son quarriéme, & à la pre.
miere personne par son cinquié.
me. 24323 l'auroit exprimé au paffifpar
son premier chirrre,au fubjondif
par son deuxième ; au futur
par son troifiénle; au pluriel
par son quatrièmej & à la troisiéme
personne par son dernier; Se
j'aurois augmenté aussi toutes les
fortesde variations du verbe, autant
qu'il m'auroit plu, & sans aucun
embarras
, pourveu que je
n'eusse pas poussé l'expression de
chacune, plus loin que le zero,&
les neuf càiJfreSjOu nombres;simpies.
Cette methode auroit elle
claire, exacte) & d'un facile dénieflement
i mais dés que j'eus
conceu le grand fecretde la Lan.
gueuniverselle, ilme fallut pren1
dre d'autres mesures, &. renon..
cer à cettebelle methode pour en'
chercher une plus commode à
l'expression de cette langue. II ne
fera pas inutile que je vous apprenne
la maniéré dont elle me
vint dans l'esprit.Lavoicy.
Lors que j'eus ébauché le premier
Plan de l'Ecriture, il me
sembla d'abord qu'il y manquoit
quelquechofe àsa perfeébon;c'é
toit d'estre lisible, car le moyen,
àssois.je en moy mesme') de lire
ce qui n'est pas composéde leu
rres,puis quecefont elles qui forment:
les sillabes & les mots, Ct}:
manquement me cboquoit, mais
je m'en confolay bien tost, en jugeant
mesme pour me flater, que
cette indépendance des lettres,
estoit un grand avantage à cette
Ecriture, veu qu'elle ne laiflcic
pas d'exprimer toutes choses; &
que c'estoit la veritable Ecriture
de l'esprit, puis qu'elle signifioit
immédiatement, tout ce qu'il estoit
capable de concevoir. Néanmoins
je remarquay ensuite qu'-
on la pouvoit lire, en disant par
exemple cent quatre pour signifier
Dieu, quej'exprimepar194,dans
mon premier Dictionnaire,en disant
mille trente-quatre pour signifier
cennoitre. Et disantmille trente-
quatre cent quatre, pour exprimer
cotoneifireDieu. Maisconfideranr
aussi tost l'embarras de ces
expressions, dans la pluraliré des
mots que j'employoisàn'ensignifier
qu'un; ôc dans leurs équivoques
à ne sçavoir par exemple si
mille trente quatre qu'on entendroit
prononcer, feroient trois
mots, ou deux, ou un seul,je connus
que cette façon de lire estoit
mal propre à estre mise en usage ;
& presque impossible, lors qu'on
passeroit del'expressïon des nombres
primitifs, à celle des auxiliaires;
& qued'ailleurs, quand bien
elleseroit facile& commode, elle
ne seroit pas universelle comme
l'Ecriture, parce quechaque Nation
donne des noms differens à
ses chiffres, ôc aux nombres qui
s'en forment.
L'éloignement de cette pensée
fit place à une autre; & l'usage
des Hebreux & des Grecs, qui
employent leurs lettres à figurer
leursnombres,mefit songer qu'au
lieu de substituer des mots aux
chiffres, il n'y falloir substituer
que des lettres; & qu'ainsi il ne
resulteroit qu'un mot pour chaque
nombre composé de plusieurs
chiffres; que ces mots feroienc
differenssuivant la diverse combinaison
de ces chiffres; & qu'alors
mon écriture feroit lisiblepar
elle-mesme, sans superfluité Se
sans équivoque; & se liroitencore
d'une mesme façon,par toutes
les Nations.
Sur cette idée,je passay de la
speculation à la pratique;& après
avoir donné à chaque chiffre,telle
signification de lettres que je jugeay
à proposée trouvay en effet
qu'il s'en formoit non seulement
une écritureaisée à lire&àconcevoir,
mais encore une langue claire
&. distincte, tout aussi propre à
estre renduë universelle,que l'Ecriture
mesme.
Uefl difficile d'atteindre d'abord
à la perfection des choses, il me
salut faire plusieurs Alphabets,
avant que de me déterminer dans
leur choix; & lors que je me
vis en possession de deux Ecritures
au lieu d'une, il fallut encore
changer quelque chose à ces Alphabets
pour les accommoder à
ces, Ecritures; mais enfin voicy
quels ils font pour l'une & pour
l'autre
,
d'où vous pouvez juger
que comme ces Ecrirures font diverses
dans leurs dispositions
,
il
ne se peut que les Langues qui en
resultent ne soient différentes
dans leurs mots ,&qu'ainsi au
lieu d'une que j'ay proposée jusqu'à
ce jour,je ne vous en donne
aussideux.
J'ay divisé les Chiffres en primitifs,
&enauxiliaires, à quoy
j'ay ajouté des enseignes, des accents
,& quelques points; & de
tout cela j'ay formé mes Caracteres.
Voulant les changer en
paroles
,
je fais répondre, aux
Chiffres primitifs
1, 2,3,4,5,6,7,3,9,0.
Les Lettres b,f, d, g,tll,p, c,j, v,ti,
que j'appelle aussi Lettres primitives.
Aux Chiffres auxiliaires
Il Il3, 4)y, 63 7,8,9,0,
les Lettres
a,i,ay,o,u,ou,é, eu,oy,r,
que je nomme aussi Lettres auxiliaires.
Et aux enseignes
, aux points
& auxaccents les Lettres simples
ic,1,f,C.
Et leurs Combinaisons ou Lettres
doubles-
KK,KL,KS,KT.LK,LL,LS,LT.
SK,SL,SS,ST. TK,TL,TS,TT.
Et encore kz, LZ, TZ. que je
nomme Lettres subalternes, pour
lesdistinguer des précedentes qui
sont les Lettres principales. Il
feroit à souhaiter que les subalternes
doubles s'exprimassent par
des figures simples; comme ks
s'ex prime par x.
Quanta z, il ne répond ny à
Chiffreny Signe, lors qu'il n'èst
pasuny à une autre Consone, ce
qui meluy fait donner en cet état
le nom denulle.Quelques autres
Lettres prennent aulIi ce nom,
suivant les endroits où elles se
trouvent; & d'autres portent
quelquesfoisceluy de /ùp,!eantu..,
parce qu'elles sont substituéesen
la place de leurs Compagnes. Cela
s'expliquera dansla fuite. *
Pour les Diphtongues ei ,eiU
au, &, pour la Lettre double qu
ouq, je ne juge pas à propos de
m'en servir, àcause qu'elleséquivoquent
avec é,o,&k.
A la vérité i, employe l'y Grec;
mais c'estseulement dans l'expression
des Diphtongues ay &
cy; &je marque les deux autres
ou&eti parunrenvoy ,ainsioû;eû,
afin de lesdistinguer des Voyelles
qui les forment, lors que ces
Voyelles ne sont quecontiguës.
Cét
CérJ Grec, 6c ce figne de liaison
montrent que chacune de
ces quatre Diphtongues, n'a de
rapport qu'à un seulChiffre. Il
seroitmieux de ne les exprimer
que parune feule Figure, comme
nous exprimonsay par e) mais ce
feroit trop d'innovation à l'égard
des autres.
Il en fera de mesme de la demie
lettre ou aspirationh , comme
de l'r Grec.Elle ne répondra
qu'au
Chiffre
de la Consone,àlaquelle
on la joindra, si on la veut
exprimer;mais il fera mieux de la
sousentendre, pour ne pas augmenter
inutilement l'Ecriture. Il
feroit inutile aussi de l'employer
après p ,
puis que ph ne fait rien
entendre de plus quef Quant à
la prononciation des mots de ces
nouvelles Langues, elle doit estre
exacte,& ne rien perdre des
Lettres qui les composent,&il
faut sur tout distinguer clairement
ces lettres les unesdes autres
, afin de connoistre avec facilité
le rapport qu'elles ont avec
les Chiffres & avec les signes.
Il fera libre à la verité de prononcer
gn , comme dans le mot
François regne , ou comme dans
le mot Latin regnum; 6c ll comme
dans le mot mille, ou dans le
rnotflmillr,\11ais on prononcerag
suivy de Voyelle,ou de Diphtongue
,
d'un ton ferme
, comme
dans ga, go, gu ; & par consequent
ge, gi, comme s'ils estoient
écrits ghe
,
ghi, afin de les empefcherd'équivoqueravecje,
ji,
Il en fera de mesme de t, il se prononcera
comme dans ta, to, tu, &
par consequent ti, comme s'il
estoit écrittbi, pour le distinguer
de Ji.
Pourc, on le prononcera par
th., afin qu'on ne le confonde pas
avec K ,
dans Ka ,
Ko
,
Ku ,
&
avec s,dans ce, ci; & l'on prendra
garde à ne le point mettre à
la fin d'uneSyllabe, parce qu'il y
équivoqueroitencoreavec K. On
fera la mesme observation pour
ma nulle
, que l'oreille ne déîmfkroit
point d'avec s ,
si une
Syllabe en estoit terminée.
A l'égard de b, il fera prononcé
differemment d'v eOlJflne, 6c
on distinguera de mesme u voyelle,
de la Diphtongue ou. Jesçay
bien que cette premiere diversité
de prononciation fera de la peine
aux Gascons,& quela seconde
encauseraau Italiens k aux Espagnols
; mais pourquoy confondent,
ils ce qui doit estre distingué?
Enfinpn donnera à chaque
Lettre, un son qui n'aie rien de
commun ave lesautres, afind'éviter
les équivoques qui se pourroient
glisser dans l'Ecriture numeralie
lors qu'on viendroit à
écrire en Chiffres les mots de l'une
ou de l'autre Langue.
Vous jugez bien de là, Monsieur
, que chaque Langue aura
deux forres d'écritures, la numerale
qui est composée de Chiffres
ou de nombres;& la litteralequi
seformeavec les Lettres de l'Alphabet,&:
dont chaque Nation
pourra se servir en son particulier,
pour s'exercer,& pours'instruire
plus commodement dans
la Langue universelle.Cette Lan..
gue fera contraire en cela à l'Hebraïque
Se à la Grecque,parce
que n'employant que les mesmes
Caractères à exprimer leurs Lettres
Scieurs Chiffres, elles n'ont
qu'une Ecriture pour ces deux
choses, mais il ne tiendra qu'aux
Nations de reduire les deux à
une, en quittant leurs Ecritures
parciculieres pour la générale.
Je ne doute point que vous ne
soyez dans .l'impatience de sçavoir
de quelle maniéré je me
prends pour prononcer mes Lettres
primitives, puisque je ne les
exprime que par des Consones,
Je me fers pour cela de lademie
Voyelle quela naturemettou.
jours dans nostre prononciation,
lors qu'il y a deux Consones con-'
secutives, de difficile union dans
unemeime Syllabe, que j'ay dit
dans la Grammaire Universelle,
devoir estre marquée feule après,
chaque Conson, pour en apprendre
plus aisément la prononciation
; & qui est le fçcva Ólf.
fihcvll des Hebreux; si perceptible
aux oreilles fines par tout ou
il est inséré par.la nature, & si
remarquable aux moins déHcars:
dans les mots de blâmer, drapper.
fpcttacleySL autres semblables,puis
quelles entendent bien qu'ils se
prononcent comme s'ils estotent
écrits de cette forte belamer
,
tU":
rapper ,
J'infère donc
cet e féminin entre routes mes
Consones primitives, lcfts qu'elles
font disposées de la maniéré
que je viens de dire, le considerant
comme leur lien naturel; &
je l'exprime mesme afin de re.,
gler les Syllabes, & ne pas faire
de peine au Lecteur qui ne seroit
pas accoustumé, comme les Allemans,
à voir de fuite dans irn
mot plusieurs Consones peuaecordantes.
Je laisse mesme encore-
la liberté de le prononcer
en e masculin,aux endroits ou
l'on jugera que cette prononciation
aura plus de grace que la
feminine; & bien que j'emploie
céré masculin pour exprimer le
Chiffre7.lorsqu'il est auxiliaire,
il n'en faut pas craindre d'équivoques,
comme vous le connoistrez
parlesRégies qui fuivent.
Régies a observer dans le changent
de la premiere Ecriture
numerale en Litterale. LA premiere Régie est quV
masculin ou féminin, place
seul entre deux primitives, doic
toujours estre consideré comme
une nulle
,
c'est à dire, comme ne
répondant à Chiffre ny à signe
ainsi que je l'ay déja explique.
Voulant donc changer en Lettres
104. & III. Chiffres primitifs
de mon premier Dictionnaire,
qui ftgninenc Dieu& Faux-Dieu,
au lieu d'écrirebng,&bbb,j'écris
h(n(%& bebeb;mais sije veuxehanger
en deux mots ma premiere
Langue, 1.'14'(. & 111'1) Caractercs
aussi ae ma premiere Ecriturequilignifientau
nominatif ces
mesmes paroles Dieu & Faux.
Dieti, au lieu d'écrire benega &
bebeba,j'abrege &j'écris benga &
bebba.
La sécondé Régie en: que
quand un Caractere a deux, trois,
quatre ou cinq Chiffres primitifs
de mesme façon, on en peut
exprimer un par la Diphtongue
eâ,, & deux par la Diphtongue
oy.
o
Ainsi n 31. qui: signifie
Divinité, Dieu ou DlcJfl, dans m&
premiere Ecriture, & quise change
en bebeda ou bebda
,
selon la
Régle precedenre, se peur exprimer
par beuda. III'I. quin~nin~
Vaux-Dieu
,
& qui se tourne de
mesmeenbebedaou hebba, la comme esté dit, se peur exprimer par
beuba. un'i qui lignine le CielPcredes
Dieux,&qui se transforme
en bebbeba. ou bebebba, se peut ou
plûtost se doit exprimer par beubbitouboybt;
Et qui lignifie
Imposteur, & qui se marque par
bebbebeba ou bebbebba
,
se doit exprimer
par beubebba, ou plutost
par boybba. J'appelle ces Diphtongues
qui font substiruées çJe
laforte,àla place des Consones.
primitives Lettres supplcantes ou
cjjlcieufes
, non feulement parce
qu'elles fervent pour d'autres
Lettres ;
mais encore parce qu'-
elles abrègent les mots ,
Se en
adoucirent la prononciation.
De là il résulte
, que toutes les
fois que ces Diphtongues se trouvent
inferées seules entre des primitives
,on ne les doit pas 'onf.
derer comme des auxiliaires, mais
comme des suppleantes.
LatroisiémeRégie, est de ne
pas commencer un mot par. la
nulle e ,
puis qu'il ne fait cette
fonction qu'étant inséré & de
ne pasnon plus substituer les suppleanres
à la place de la premiere
primitive, puis que c'est elle qui
fait connoistre leur employ:
comme aussi de ne jamais mettre
~comme nulle, après la derniere
primitive, ny les suppleantes en
sa place, lors qu'elle est suivie
d'une voyelle qui fait l'office
d'auxiliaire, d'autant que cette
voyelle suffit pour l'adoucissement
du mot ,
& que cér ufiçe
causeroit de l'équivoque. Aind
voulant exprimer iiiiqtilficnisieDivin,
il ne faut pas écrire bebbea
,
bebeûa
, ny boyd, parce que
bebbea répond à ii1-7-1 r bebeûa-, à
11.81; ôcboya à 1.91 mais ondoit
écrire bebbaou beuba., qui ne peu
vent répondre qu'au premier Caraétere
m'i,suivant les deux Régiesqui
précèdent. Quesila
derniere primicive-efr fuivie de
l'auxiliaire r, on peut umployer
é, comme nulle après cette primitive;
supposé que la necessités
de leur liaison le demande
, ou
mesme changer cette primitive
en suppleante ; mais en prenant
l'un ou l'autre party, il faut ajouter
la Cubalternek,après r, pour
marquer la nullité de IV
, ou la.
substitution des suppleantes, parce
qu'autrement ces Lettres pafseroient
là pour des auxiliaires..
Ainsivoulantexprimer 97orqui
signific ce mot nullité dans ma
premiere Ecriture, au lieu d'écrire
simplement vecbera ou vecera
y
j'écris vecerka, dautant que
vecera exprimeroit 97-701, Caractère
differentde l'autre mais
si j'avois à exprimer 104-01 qui
signifie Divinité, qualiré qui appartientàDieu,
&, 10411-01 qui
signifie Création,qualitédu Créateur
, au lieu d'écrire bengerka &
bengckberka
,
j'écrirois bengra &
& bengebbra, à cause de la nature
de la primitiveg, qui s'unit à l'au.
xiliaire r y
sans demander entre
ellesl'expressiondeIV. Ainsiencore
voulant exprimer 88-01 &
888-01
,
je dois écrire jeûrkaôC
joyrka.
, parce que jeûra &joyr*t
répondroient à 8-801 êcà 8-901,
autres Caractères que les pre.
miers. Que il au lieu d'une pn.
mitive,ille trouve une fubaltcrne
devant r, on doitaussi mettre
entre deux e , comme nulle, s'il
est necessaire pour la liaison du
mot 5
mais conjointement avec
le k, pour marque de cette nullité.
Ainsivoulant exprimer 104-01
qui signifie le premier diminutif
de Divinitéy qualité, oupetite Divinité
,
il faut que je Mzbcngctferka
,
à moins que je ne veuille
prononcer bengetsra
,
qui seroit
bien rude.
La quatrième Régle, est flu'/,
doit estre encore confideré comme
nulle; & eû & oy, comme fuppleanres,
lors qu'ils sont inserez
seuls dans un mot après des primitives
,
& devant toutes fortes
de subalternes
,
excepté devanc
t, *& devantlz unis, ou bien separez
feulement par une auxiliaire.
La fuite en fournira assez d'exemples
,
sans que j'en rapporte
icy.
La cinquième Règle, est que
,
que cel mesmes Lettres se trouvant
dans un mesme mot feules
& finales, après des primitives
ou des subalternes, y font par
rieceffité la fonaion d'auxiliaires,
, parce qu'il n'y a point de mot
dans la Langue, qui ne réponde
à un Caractère ;ny un Caractere
dans l'Ecriture, qui ne soit composéde
Chiffres auxiliaires & de
primitifs; maisil faut mettre un
t après elles, pour donner à connoistre
cette fonction quelles
font d'auxiliaires
, comme pour
marquer celles de nulle & de fuppleantes
,
j'ay dit qu'il falloir y
employer un k. Ainsi voulanc
exprimer 1'7)1'8, &1'9 qui si-
•
gnifient dans ma premiere Ecri.
'ture l'Adverbe ouy ,
la conjonction
&) &la proportion en ou
dans, au lieu d'écrire fiment
be, beu,boy, on doit écrire & prononcer
bet, beût, boyt. Il en est
de mesme de 2/7 & de 2/7 qui fignifient
les Advarbes numéraux,
deux fois & la deuxième fois, au
lieu de les exprimer par sikié &
fkjJ, il faut écrire6c direket&
sikz,et.
Enfin la fixicme Règle
,
ett
que toutes les fois que ces mefj
mes Lettres font immédiatement
suivies ou -
précedées. d'autres
Voyelles,d'autres Diphtongues,
ou d'elles mesmes, elles font en- -
core la fondion d'auxiliaires
, en
quelque endroit qu'elles se trouvent
avoir besoin d'aucune mar>
que. Ainsi dans bebbee ou bcûbée
qui signifie l'Adverbe superlatifleplus
divinement, les deux é
qui se Suivent immediaremenc
font auxiliaires & répondent à
77 , comme tout le Caraél:re àiri-
77. Cet exemple suffit pouren
former d'autres.
L'observation de ces Régies-.
empefeheraqu'il n'y arrive aucune
équivoque dans cette premiere
Langue, non plus que dans ma
premiere Ecriture; & voila tou'_-
tes les marques qui concernent
le changement de sesChiffrespriu
mitifs en Lettres,
Quant à celuy de ses Enseignes
& desautres Signes. Lepremier
avernucmentest, que l'Enseigne
simpleinferée nes'ex prime
point,dautant que la réparation
quelle apporre entre les
Chiffresprimirifs & les auxiliaires,
éclattea(Tez par la difteren-
- ce des Lettresausquellesje donne
ces mesmes dénominations,
sans qu'ilfoitnecessaired'y ajouter
un autre Signe de diftinclion.
Ainli1°4'1; 104.-ii,104-10^, Be
1041.1003 caraares de ma premiere
Ecriture qui fignifienf
Dieu, Divin, ilcrée Se on crée, s'expriment
fimplemenr par bengd,
bengaa, bengebaray
,
& bengebar*
ray.
Le fecond avertitfemenr
,
est
qu'il en est de mesme de l'Enfeignequeje
place sur les Chiffres,
paroùjemarque les parties invariables
du discours
,
les Proverbg3,
& les Lettres de l'Alphabet
avec leurs Diphtongues & leurs
Syllabes les plus communes, elle
ne s'exprime pas non plus, dautant
qu'elle se refout en inferée,
avant le dernier Chiffre de ses
ex prc ssions.Ainsi 17 qui signifie : l'Adverbeouy
, 1017 qui signifie
l'interjection helas lOS. qui figni.
fie la conjondion car, 119 qui
gnifielaprépositiondedans, 4tto
qui signifie un proverbe5 & 015; qui signifie la Lettre d ou de
,
seresolvent
en l'y, en 101'7'-, en<
10'8, en 11*9, 411'0en 01h'
& s'expriment par bet, senbet, binent,
hehoJt,gebber & nebay.
! Le troisiéme avertillemenr,,
estqu'il n'en est pas de mesme derEnfUgne
que je mets sur les
Chiffres
, par ou je marque .les' »
noms des lieux & des Person. *"
nés celébres ) ny de celle que je
place dessous
, par où, je, les nombrans
, ou qui demeurent
en nature: Ces Enfei*
grnes fervent à mettre de la diveriité
entre des expressions
,
qui4
n'en auroient point sans cela; Su
par conlequent se doivent exprh
mer. Je marque donc celle que
jeplace furies Chiffres
, qui si.
gnificnt les noms des lieux& des
Personnes par la subalterne KT.
Et de cette forte t'i qnisignifie
rAJle; 11'1 qui finisse la chine-i:
& 111'1 qui signifie Canton prerniere
Province de la Chine, &c.
s'expriment par btkla
»
par bebe..
fra, ou beúKta
,
& par bibbew, b..
bcâuayQVL boj,e-ta. Et z/U}i qui
vous signifie s'exprime par febbebcdi
kla
, ou fcbojdexKtt. Et je
marque celle que je mets fous les
Chiffres,,qui signifient les nom
! bres nombrans par les fubalternes
Ki ou x ,
quîcfFla mesme
chose,&par kzj..fiçavoirla barre
droite des nombres Cardinaux
par x) & la courbe des Ordinaux
parkAinfi1quisignifiedeux
indéclinablej & lï qui le figni..
fie déclinable au nominatif pluriel,
s'ex primenr par [ex) & par
fixas. Et l'ï qui signifie deuxième
ou second substantif; & 211 qui
le signifient adicdif ,s'expriment
par /ÎK^4&par ftnzaa. Ileneft
de mesme de leurs Adverbes adjrdifs,
2,17 qui signifie doubleruent,
& 2 17quisignifie dltlxiémement
i ih s'expriment par PXAt
&/:K~. J'ay parlé de l'expression
de leurs autres Adverbes
dans la cinquième Règle.Quant
aux Verbes & aux Noms verb,
lux,qtlidériver desNoms numéraux,
on peut les exprimer comme
les autres dérivez; mais a l'égard
de leurs négatifs, & de ceux
qui signifient le retour de l'action,
il est plus à propos de suivre dans
la Langue
,
l'avis que j'ay donné
pour leur expression page 197,
& 298 du XX. Extraordinaire
, que la manierede les exprimer
par les auxiliaires, telle quelle
est marquée dans les pages
précédentes du mesmeLivre.
Le quatrième avertissement,
est que j'exprime pour la raison
précédente
,
les signes qui font
joints aux Enseignes, & qui donnent
à connoistre les degrez
d'augmentation, de diminution
& de comparaison. je marque •
ceux d'augmentation par ST 6C
SL , ceux de diminution par TS
&rz, ceux de comparaison en
, élevant parSK,& ceux decomparaison
enabaissantpar.TK.
Ainsi 104'1 & 104 11 qui signifient
Dieu & Divin, & que j'exprime
simplement par benga & benga,
commeiladéjaestédit, ont pour
augmentatifs 104;1 ,
& 104,1 qui
signifient grand Dieu
,
&. trèsgrand
Dieu, &104-11,& 104.11 quisignifient
fort Divin & tres Divin,
& que j'exprime par bengesta,
bengejht
,
bengestaa
,
& bengeslaa.
Ils ont pour diminutifs104?I &
104?I qui signifient petit Dieu ôC
trèspetit Vilu; & 104.11, & 104-11
qui signifient peu Divin& tres pet «
Divin; &que j'exprime par ben
gnfl) bengetza,bengetsaa& ben-
-
gflztZtl. Ils ont pour degrez de
comparaison en élevant 104 11^,
104-41 & 104-71 qui signifient
autant ou aufjl Divin, plus Divin,
&leplus Divin, & que j'exprime
par bengeskaa
,
bengeskaa
,
& bengeskea.
Etils ont enfin pour degrez
decomparaison en abaissant
104 11,104 41 &104-71 qui fignifient
dujji peu Divin,moins Divin&
lemoinsDivin,&quej'exprime
par bengetkaa,bengetKoa&
hengcKCtl. Neanmoins comme
j'employe simplement dans ma
premiere Ecriture 104-41 &
104-71 à exprimer les comparaifons
d'élevation plus Divin & le
plm Divin, il fera plusà propos
pour
pour l'abréviation de la Langue,
de ne point ajourer de subalternes
dans l'expression de ces deux
degrez
,
& de dire simplement
bengôa & bengea.
£ Le cinquièmeavertissement
estquej'exprime aussi les deux
points & la barre, que je mets
sur les Chiffres auxiliaires, pour
marquer le nombre pluriel de
tout ce quise décline, & de tout ce' qui se conjugue, avec cette
différence que j'employes. pour
le pluriel de la déclinaison
,
& l.
pour celuy de la conjuguaifon.
Ainsi 104'i
, ou 1041 qui signifientDieuxau
nominatif pluriel;
104*2 qui en signifient le génitif
des Dieuxj & 104*3 qui en signifient
le datifaux Dieux s'exprimentparbenvas,
benris&benrais.
«
Et 1041 ioï ou 1041.101 qui fignifienc
nomcréons;1041-101 qui fignifienc
vous créez,3 & 1041-10;
qui fignifienc ils créent s'expriment
par bengebaral,kengebaril,&-
bengebartyl.
Le fixiémc avertissement, regarde
les accents d'augmentation
, que je mets sur les Chiffres
primitifs pour accroistre le nombre
des expressions, & en fournir
les feaioos des estres les plus
abondantesj celuy que je place
sur les mesmestChiftres
, pour
marquer les feconds Verbes negatifs
; celay que j'employe sur
les Chiffres auxiliaires pour fignifier
le futur prochain,& le
futur éloigné de toutes fortes de
Verbes. Ces accents font detrois
façons pour l'augmentation des
expressions qui regardentle
estres
;
l'aigu, le grave & le cir-
-confléxei& je mefers des mefmes
fubalternesl &fpour expri.
mer les deux premiers, 6c encore
dé K pour sïgnifïer le troifiérné;
Ain(î,4é^7'i qui signifie dans
ma première Ecriture Ecuyers'ex.
prime par gepeteta, & 4647*1 qui
lignifie son augmentation, PaÜ-.
frinier se marque par gepegerela.
Il en, est de mesme de m'i qui
lignifie Canton' premiere Province
de la Chine, & qui s'exprime
yaiMbekta>6çdeIII'Iquifignifie-/
onaugmentation htnam dixième.
Province du mesme Etar,
&quisemarque par bebbektU.
Ces mots se peuvent abreger
,
Se
on peut dire gepgetela 6c boyktela.
yoHa.cwmc,s'exprimc.l'accenc
aigu d'augmentation, quand il se
trouve sur la derniere primitive;
&. on peut juger par luy
,
de la
maniéré d'exprimer le grave èc
le circonfléxe
,
quand ils se rencontrent
sur la mesme primitive;
& de tous trois lors qu'ils sont
placez sur la penultiéme ou sur
l'antépenultiéme,oùils setransportent
selon le besoin, sans qu'il
soit necessaire que j'en rapporte
des exemples. Quantat'accencaigu
qui marque les seconds Verbes
négatifs
,
je l'exprime par la,
subalternekl. Ainsi 1066-10 qui
signifie dans ma
premièrer,EcriJ
ture lesecondVerbepositif
faire,s'exprime par benpepar,
oui
Bcntppar, Et1066-10 qui y signifie
le second Verbe negatif red!.
faire s'exprime avec son accent
par beneppeklar. Ma premiere
pensée n'avoit pas esté d'exprimerdela
sorte ce second Verbe
négatif, ny mesme son positif
refaire; ny ceux encore dont l'un
& l'autredérivent, jeveux dire,
faire&défaire
, comme vous l'avez
pu remarquer dans ma Lettre
de vostreXVII. Extraordinaire
page 310 & suivantes. Je
projettois alors de distinguer ces
quatre sortes de Verbes, par la
diversité de leur premier Chiffre
primitif, tellement quesi 11110
avoitsignifié le premier positif
ou l'affirmatiffaire;211-10 auroit
exprimé le premiernégatif
dlfirt; 31110 le second positif
refaire, & 411-10 le second nega.
tif redéfaire. J'appelle aussi ces
deux derniers Verbes du nom de
rcfijts de retour d'action -, maisayant
reconnu dans la fuite que
cetusage pourroit apporter de la
confusion à d'autres expressions,
je le changay ,
& je transporta y
ladistinction de ces Verbes,de
leur premier Chiffre sur leur dernier
, en exprimant faire par
106410 défaire par 1065.Ío; &
refairepar 1066 10. Cechangement
le voir dans ma Lettre du
XX. Extraordinaire page 247.
avec la raison qui m'a fait recourir
à un accent pour l'expression
du second Verbe negatif; & si je
vous en entretiens icy;c'est pour
reparer l'omission quej'enay faite
là. A l'égard de l'accent encore
aigu, que jemetssur les Chiffres
auxiliaires pour marquer les divers
futurs des Verbes, lesquels
t;
font particuliers à ma premiere
Ecriture, je l'exprime encore différemment
de celuy que. j'employe
sur ses Chiffresprimitifs,
Sec'cft par la subalterne Ainsi
1-10 qui signifiele Verbetftrt,&.
qui s'exprime par bar, a pour son
futur ordinaire, futur indéfiny
1-104 qui signifiejeseray, &. qui
se marque par baro; & pour futurs
définis 1-104 qui signifieje
seray loll, & 1-104 qui signifieje
feraytardy & qui s'expriment avec
leur accent par batro & barto.
Cetteexpression de futurs sepeut
aussi étendre sur les préccrits,
puisqu'on peutdirejefustost, je
fta tard,j'ay esté tost, j'ayestétard&
autres semblables.
Le septiéme & dernier aver.
tissement, est d'observer que
quand un Caractère a deux accents
, comme l'auroit le futur
du Verbe redéfaire,on doitsedispenser
de l'expression du second,
si le mot qui en réfulre a une
longueur desagreable, & employer
la phrase
, au lieu du mot
simple.
Apres ces avertissecmens qui
font mes secondes Régles, il
reste quelquesréflexionsà faire.
La premiere, que l'expression
des Enseignes ou seules, ou accompagnées
de Signes, s'infere
toujours entre les expressions des
Chiffres primitifs
,
& des auxiliaires.
La seconde, que l'expression
des accents & des points
ne se place qu'après celle du
Chiffre primitif ou de l'auxiliaire
,
sur Lequel ils font marquer
Latroisiéme
, que mes subalternes
doubles ne répondent qu'à
un Signe, de mesme que mes
Diphtongues auxiliaires faisant
cette fonction, ne répondent
qu'à un Chiffre. La quatrième,
quenon feulement éfait l'office
,' de nullej mais K &.Taussi, aux
endroits que j'ayrapportez, &
qu'ainsiestant auxiliaire, & ces
subalternes me servant à exprimer
des accents d'augmentation,
ces trois Lettres ont double employ.
La cinquième ; que leurs
compagnes eû & oy, 7 &ffont de
mesme employées doublemenr.
Les premieres
, comme auxiliaires
& comme suppleantes
;
&les.
autres àl'expression des pluriels,
&àcelle desaccents. Etlafixié.
me, que les subalternes doubles,
KK,/I,.If, tt,Ik, Is, lt, &tla
contraires des subalternes fimn
ples n'ont aucun employ dans
cette premiere Langue.L,en
arusesi uzn tbroisiieemenq-uervooussvte.r
Je ne vous ay presque encoroi
rien ditde la nulles.Ilest rempjq
de vous expliquer son usage ;jot
l'insere parmy mes Lerrres auxi..;:
Jiairesàmefmefin que ma nulltl
e parmy mes primitives
,
je veuaxi
dire pour leur liaÏÍon, & pour
leur adoucissement, & de plusi
comme j'employe e élu unis en--j
semble dans la Diphtongue eû
pour suppleante simple
, &,,
pour suppleante double
, encres
ces primitives, fin de diminuer
dans les mots le nombre des Sy1-
labes,Remployé encore à mesmes
intention l & z. unis ou separez,
entre ces auxiliaires; mais seule,
ment pour suppleantesimple, la
double nem'estant pas necessaire.
Ainsi au lieu d'écrire & de
prononcer simplement benga.
quisignifie Divin
,
6cfaa qui signifie
savois
,
faaiqui signifieTu
aveis ; faaay qui signifieilavoit;
&fitaaay qui signifie onavoit, j'écris
& je dis bengA&a fitza,flizi,
falzay 6c ftlzallY ou falazay. Le
toutde la maniere qu'on trouvera
la plus propre à lier le mot, &
à luy oster sa rudesse. Surquoy
il fautobserver que l'employ de
Suppléante entre les auxiliaires
appartient à la subalterne 1 6c
non pasaz, mais que pour avoir
cet employ
,
elle doit estre suiviedu
z immediatement, ou bien feparée
de luy seulement par une,
auxiliaire: Et on ne doit pas
craindre que l'usage de ces nulles
& de ces subalternes simples ou
doubles, cause aucune équivoque
dans cette Langue, il n'y en
arriveroit pas mesmes quand
bien on en écriroit tous les mots
sans distance, on les diftingueroit
encore plus aisément queles Caraéteres
dont ils résultent
,
i smesmesçavoir
leur signification,
pourveu qu'on priftbien garde à
mes Régies.
Voila,Monsieur, l'expression
litterale de la premiere de mes
Ecritures universelles,& dequoy
former, une Langue de mesme
étenduë, demesmeclarté, 6cde
mesme abondance qu'elle. Il ne
mereste qu'àen donnerun petit
échantillon, comme j'ay fait à la
fin de chacune de ces Ecritures;
& je me ferviray du mesme exemple
que j'ay employé.Vous sçavezqu'il
consiste en ce début du
Texte Sacré. Dans le commencement
Bien créa le Ciel & la Terre.
Je n'ay que faire d'en rapporter
les Caractères numéraux, vous
les pouvez voir dans le XX. Extraordinaire
page 284.Voicy
les motsqui en résultent boyt du
benembebru bengabengebalzuô de
fenbi,beûtdosembo.
Je pourrois joindre au dérail de
cette premiere Langue universelle,
celuy de la seconde, & ce que
j'ay encore à vous dire de l'une M
de l'autrecommeje l'avois projetté
à la fin de ma derniere Lettre
, mais je croy qu'il est plus à
propos de finir celle-cy
,
elle me
paroist assez longue, & mesme
trop pour un petit Livre où taoDI
de beaux Ouvrages demandent
place. Agréez doncquejeremette
l'accomplissementdumienà vôtre
Extraordinaire du 15.de Janvier
, & faites moy toujours Jass
grâcede me croire, MOPÍieur'
vostre,&c.
DE VlINNJS P&AÏÏCV.,
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Résumé : ENTIERE EXPOSITION d'une premiere Langue Universelle.
Le texte examine l'idée d'une langue universelle, inspirée par la langue originelle parlée par Adam et Ève, qui aurait été corrompue après le Déluge et la construction de la Tour de Babel. L'auteur regrette la diversité des langues actuelles, qui entrave la communication internationale. Il cite l'exemple de Maître Guillaume Bellenden, un avocat écossais devenu aphasique après une fièvre et parlant ensuite une langue inconnue jusqu'à sa mort. Le texte aborde également la relation entre la parole et l'audition, mentionnant des cas de perte de la mémoire linguistique suite à une maladie. Pour remédier à cette diversité linguistique, l'auteur propose une écriture universelle basée sur les chiffres et les lettres, avec des règles précises de prononciation et d'écriture afin d'éviter les ambiguïtés. Chaque lettre doit avoir un son unique, et des voyelles sont insérées entre les consonnes difficiles à unir. Deux types d'écriture sont envisagés : numérique et littérale. Des règles spécifiques permettent la conversion de l'écriture numérique en littérale, utilisant des diphtongues pour abréger et adoucir la prononciation. Le texte décrit aussi l'utilisation des accents et des symboles pour marquer les nuances des verbes et des expressions. Un exemple de phrase en langue universelle est donné : 'Bien créa le Ciel & la Terre,' accompagné de ses caractères numéraux correspondants. L'auteur prévoit de développer davantage son projet dans une lettre ultérieure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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204
p. 183-198
SENTIMENS SUR LES QUESTIONS DU XXX. EXTRAORDINAIRE.
Début :
D'où vient que plusieurs Maris, qui ont de tres-belles Femmes, [...]
Mots clefs :
Maris, Femmes, Laideur, Beauté, Aveuglement, Nature, Épouse, Enfer, Plaisir, Maîtresse, Volupté, Sincérité, Amour, Amant, Éternité, Orgues, Harmonie, Origine, Antiquité, Instruments, Enchantements, Fleurs, Saisons, Musique, Muse, Divinité, Église
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texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR LES QUESTIONS DU XXX. EXTRAORDINAIRE.
SÊNTIMENS
SUR LES QUESTIONS
DU XXX.
EXTRAORDINAIRE.
D'oùvientque plusieurs Maris,
qui ont de tres -
belles Femmes
, en aiment souvent, non
feulement de beaucoup moins
belles, mais mesme de treslaides?
D'Où vient ce défaut£amitié?
D'm vient cette bijarrerie,
Depréferer une furie
Auxebarmes rawijfuns de sa chert Mtirtiê?
D'où vient qu'en ce temps IHnoUlfimes
On voitfouie, on voit nombre d'hommes
Quise IAffim injuflement
D'un bien honnefle & légitime
Que leur offre le Sacrement, *
Pour courir scandaleusement
Après la Uideur & le crime?
Ce déplorable aveuglement
A. qui le bon sensse dénie,
Vient d'un certain enteflement
Que l'on peut appeller manie,
- Fièvre de toutes les faisons
Que la Nature abhorre,
Que l'on ne peut filtffrir quaux petites
Maisons,
Et qu'ton ne peut guérir qu'avecque Hellebore.
Car outre que la Loy de Dieu,
Qui doit noue regler en tout lieu,
Défendce commence execrable,
Ûefi que quiconque en uze ainsi,
Se voit de honte tout noircy,
Et ne peut s"empefeber d'estre dértifonnable.
Ilfaut que ce lâche Mortel,
Accusé d'un desordretel,
Ait l'ame bien noire & brutale,
Tuifque pour flater fort defin
Ilse livre AU vilain plaiftr,
EtJe noyé dans de l'eau salle.
Ilpourrait éteindresesfeux
DAns lefein d'une cbafle Epouiei
Quifeule en vaut bien dix ou douze-
Et qui(Failleurs narien d'affreux;
Cependantl'injufle s'amuse
Par une tHufîon qu'inspire Lucifer"
A carresseruneMeduz^e
Qui ne mérité que tEnfer.
Est-ce un plalfiir,ejl-ce un honneur,
• D'aller prodiguer sa tenâreffe
Envers une indigne Maîflrefife
Quifait banqueroute a (honneury
Quin^Âquune conduiteinfame
Et d'odieuses qualités,
Quitraisne fori corps & Toname
1
Dans lafange des voluptez
,
Pendant qu'une Femme discrette,
Qui de bcautez a plus d'ungrain
> w DeVore en secret son chagrin,
Et garde unefainteretraite,
Employant envers Dieu tonsfes empreA
femens
Enfaveur deceluy quifait toussestouw.
mens.
er.i
Certes disons la verité
Parlons avecsïncerité,,
Pour faire une telle conqueste
Avec un choix si precieux
Ilfaut qu'un hommeaitmal aux yeux.'t.
Et plus mal encore a la tesse.
Nfent une extrême ailegreffe
!?!:!and on peut s'acquérir une fiereMat-- \*
tresse,
JQui regardaitCamour comme un frm'¡
défendu;
JMais bien plusfenfble efl la joye •
Quand on peut ratrapper sa proye, ,,
Etre\a<rner un coeur que lonavoitpcrdu*^
Si un Amant peut voircontinuellement
fà Maistresse sans 'en. nQuyer. Uelque belle quefoit une aimable
Personne,
Fufi-elle une Venu4
,
fuji-elle une Hermionne,
Ou celle à qui Parisfitsafunejiecour,
Si les yeux n'ont toujours à voir quejren
visage,
Enfin l'on sen dégOHtc, & l'on Je décourage
, Et lennuy prend-bien-tofi la place de l'a- -
mour.
Tour gâter un plaisîr3 il faut tfes-peu de
chose
Le changem3 ent nomplaifl, &'. nous IÍtnJf
lieu de don;
Ce qui d'abord paroissoit une roze
X>anslafuite du temps dégénéréen chafr'~
dom
Il n'en VA pas ainsi ds la cause premiere,
<.
Ce Soleil Eternel
, cette vive Lumiere,
DontCesprit & les sensreflerontenchan--
tez.
Sotteson Empire heureux, chacun rendra
les armes;
Voyant Dieu l'on verra mille & mille
beautez., ,
Sans que l'Eterniti suffi epuiser fei
charmes.
De l'Origine des Orgues. 1 L'Orlue efl une Machine antique,
Harmonieuse CT magniifque,
Qni par le mouvement des doigts.
JLt des pieds msfmequelquefois,
Entonne les justes lokanges
Dit Roy des Hommes & des Anges
Déterrons-en dans ce Traité
L'Origine. & CAntiquité,
.:Et rapportonsce que lHifloire
FtHt fournir à nostre memoire.
rn écrit que Tidal-Cam, Un des descendans de Cam,
Homme de coeur & de courAge,
Mit tout le premier en usage,
Corme en oeuvres a grandscoups de
main
QUO} , le Fer, la Bronze & l'Airain,
DontenfRite par tente terre
On fit des Infirumens de Guerre;
,7;,,ottes ,
Caj^ues,Bourguignottes, BBrraaSffâirrttss)
Hallecreti
,
Javelots, Cuijfarts,
Dards, Hallebardes, Bayonnettes,
SAbresJ Poigrardt, CllirafJèr, Brettes,
Flatnkerges de toutes saÇCMS,
Qui par des coupsd*EframasenJ
Derolent des fillis entiercs
Et piHplcnt , tant de Cimetières.
A ce Forgeron non taqun
DcJJom le grand nom de Vitlcain,
:>Mtèfotte & barbare
Par nn rvcuglement bicarré
, Comme a beaucoup d'autres izotels,
Offrit des ¡.roel!:C & des Autels.
Au reste, cet Homme heroiejue
Fllt l'Inventeur de la Musique,
Et des musicaux Inflrumens
Qui font let doux enchantemens,
Et les ravivantes merveilles
Des plus delïcatesoreillesi
Car des Motets bien inventez,
Bien conduits, bien executez t
Sur un Inflrument dharmonie,
Flattent doucement le génie,
Et s'attirent plus d'Auditeurs
Que le Printemps ne voit de fleurss
Quel'Automne ne voit de pommes,
Que l'air ne premene dUattomes
Que , tHyver ne voit de glaçons,
Que l'Esté ne voit demoissons.
Si la chose efl de cette forte
Comme on l'écrit, je men rapporte,
Dés le berceau de l'Univers
On parla Proze, on parla Vers,
Et l'on empUya des machines
A chanter les Grandeurs divines:
L'Orgue en efioit pareillement-
Selon mon petit fentiment*
Dt!vld, tornement des Prophètes,
L'honneur des RoisÔ" des Poètes,
Ce Chantre iiluflre & fortuné,
Ce couronné,
Ce Prince délite & de mise
Qui donne une Langue à ïEglife,
Qjii jo,,gnoit auson des
Hautbois
Ladouceur defit belle voix,
Dans Ion dernierPseaume conjure
Toute mortelle Creature
De rendre avec fidélité
Ses Voeuxà la Divinité,
Sans épargner la Castagnette,
L'Orgue,laHarpe, rEpinette,
Les Tymballes_&lesClairons,
BaJJes. de Yiaie & Violons,
Les Clavessins & rAngelique.
Et tout autre outil de Musique,
Car on ne peut trop eslimer
Celuy qu'on ne peut trop aimer.
Onécrit que l'Eglise Grecque,
Tlui Orthodoxe que la Meque,
FitAutrefois au grand Pepin,.
Slvant qu'ilfent.fl le lapin,
Et qu'il :;'dpprocha de la forguo Present , d'un riche buffet dOrgues,
En plujieurs membres départit
De mille tuyauxassorti,
Et fait d'une telle jlrutture
Quel'art y passant la Nature,
Rendoit par des traits inouis
Les fpeSlateurs tout ébl&uis.
Celle qui fit cette dépense
Ne manqua pas de récomptn/e;
Cette Histoire au refle an-iv%,
Nonfotu le regne de Nerva,
Maisfous celuy de Capronyme,
Prince qui vefeut sans esime
J Qui fouilla les Fonds lf"Aptifmaux,
>
PÓréfane infaillible des maux !2l(il firoit [s(oluuf!fF-iirr aà ¡' EE:g;,!>!ifree
Par (a rigueur ra (ot:ze : ù Par lajuoent les bons Erpr:ts
Quel Orguea bien descheveux gris.
0)
Platne le fameux Platine,
Hemtnc
Homme de profonde dotlrine,
Et de haute Irudition,
Faifant des Papes mention
Dit qu'un Pape , en vertm illuftre-,
Digne du Daiz. & du Balluftre,
Au Culte divin lattAchAnt,
Intreduifit l'Orgue & le Chant,
Relevantainsi la memoire
Du doiïe & zelé Saint Cregoire,
Qui se faisoit un doux plaisir
Dansjes beaux momens de loisir
D'apprendre quelquesaintCantique
A des Efleves de Musique.
Ce Pape efl Saint Vitalian,
Il me faudroit du moins un an
Pour bien portraire ce grand Homme
Quifut les delices de Rome,
Pour qui le Pais des Cesars
Eut de favorables égards.
On nom dépeint Sainte Cecile,
Qui portoittoujours CEvangile
Sur sson chaste & pudique ftin
Avec l'Orgue ou le CIAlItffi".
Joignant a sa belle harmonie
Vne agreablesymphonie;
Ce quifait croire avec.rai{on
Que COrgue estoit lors defaison.
Vn Orfani]Îe à grandfeuillage
Qui soutient bien son personnage,
Et qui réüJ!it dans son art
Par fcieuce & non par bazard
Efl digne , certes qu'on le lOlÛ,
Car sur une mesmeOrgue il joué,
Ce qui surprend les fptaateurs
Aussi-bien que les auditeurs,
La Yéelle, tEcho, la Mufttte,
La voix humaine, la Trompeltt.
Le Rossignol & le Cornet,
Le Cremorne & le Flageollet,
Sans que la baffe-continue
S'interrompe, discontinuë,
Etcesse pour un seul moment
De gronder agréablement;
Et cette aimable gronderie
Ne met point les gens en furie.
Au refle, ilfemblc en tant d'emploù
Qu'un homme ait vingt mains & cent
doigts.
Ajoutez.qu'en ce bel Ouvrage
Jamais le Souffleur ne partage
L'estime
,
lagloire & l'honneur,
Qm# ne font deus qu'au seulJoueur,
Comme eut la vanitédefaire
Un certain petit Necejptire,
Qu'autrement on nomme Laquais,
Spirituel à peu de frais.
Cet Avorton, ce Souffleur d'Orgue,
Digne que son orgueil on morgue,
AttribuAnt avec excez.
gue
De l'Orgue un fortuné succez,
Parlant un jour a [a Alaiflrejfe,
Et faisant valoir son adresse
Luy dit d'un , ton non enroüé:
Madame, a.t.on pas bien jiûé?
7e m'en rapporte à vosoreilles,
fc'Orgue a-t-elle
.@
PM.fait mervdlle
fItOC'Ï,styt . Pierrot,j'en reftay sans voix. mOJ, Madame, qui foufflois.
Ah Pierrot! ta fortune est faite
JI faut que le Begue en retraite.
Cherche a se cAch:r devant toyt
Ou qu'il renonce à fort employ.
Ah le [çItVAnt! ah l'habile homme!
Députa Lutece jufqua Rome
Voit-on rien de plus excellent
Que ton esprit & ton talent
Réponda ce vain Salmeaé*.
La Dame qui fait l'étonnée,
Voyant Pierrot se faire honneur
De la qualité de Soujfleur?
DesOrgues souvent l'on AhHft
Leur faisant dire
,
quelle rufe!
AH lieu d'Airs fierez. & divins,
Des Airs profanes & mondains,
Des Pont-retons, des Sarabandes,
Des Chacones, des Allemandes,
Des Gigues, & d'autres Chansons
Qu'onchantechez, les BrabAnçons,
Chez, les François, chez, les Druydesi
Chez, les Sarmates & Gepides,
Et chez, ceux qui d'un air ferAi"
Boivent la Moselle & le Rhin.
Certain Concile de Cologne,
.J..UDY que maint Organtfle en grogne par , tout Pays & Nations
Défend ces profanations.
En tffety de cette machine
Dont nous épluchons l'origine
e positif & le plein jeu :1 Ve doivent jouer , que pour Dieu,
semblables aux Troupes Celestes
lui nemployentleurs a tons modefies rendre dans l'Eternité
dommage a la Divinité.
eux qui nont pas l'oreille fine,
Prennent le son pour lafarine
a fable s pour la vérité,
1"oinbre pour la realité,
'our chants etEglise des Bourées • Adroitement élabourées,
"our des Pseaumes, des Menuetsy
uifont parler mille Muets,
ar les Tuyaux & les Pcdalle*
ue l'on na point sans Richedales,
appez d'un insensibleJon
'mblent parler , en leur façon.
ombre dEglises Calhedrltltl,
Fafiorales
,
Collégiales,
De grande réputation,
Se trouvent en possession
D'avoir des Orguesd'importance;
Mais dans un certain lieu de France,
Qui vaut bien plus d'un million,
C'efl dans l'Eglise de Lion,
Riche & superbe Basilique,
On est sans Orgue & sans Mus-ique,.
On se contente du Plain-chant
Melodieux, dévot, touchant,
Oui porte à Dieu sans artifice
Danscemagnifie/ne Edifice,
Les plus grands Princes d'icy-bas
Fontgloire d'y porter les draps.
- L. BOUCHET,
- ancien Curé deNogent le Roy
Je veut envoye quelques Explications
SUR LES QUESTIONS
DU XXX.
EXTRAORDINAIRE.
D'oùvientque plusieurs Maris,
qui ont de tres -
belles Femmes
, en aiment souvent, non
feulement de beaucoup moins
belles, mais mesme de treslaides?
D'Où vient ce défaut£amitié?
D'm vient cette bijarrerie,
Depréferer une furie
Auxebarmes rawijfuns de sa chert Mtirtiê?
D'où vient qu'en ce temps IHnoUlfimes
On voitfouie, on voit nombre d'hommes
Quise IAffim injuflement
D'un bien honnefle & légitime
Que leur offre le Sacrement, *
Pour courir scandaleusement
Après la Uideur & le crime?
Ce déplorable aveuglement
A. qui le bon sensse dénie,
Vient d'un certain enteflement
Que l'on peut appeller manie,
- Fièvre de toutes les faisons
Que la Nature abhorre,
Que l'on ne peut filtffrir quaux petites
Maisons,
Et qu'ton ne peut guérir qu'avecque Hellebore.
Car outre que la Loy de Dieu,
Qui doit noue regler en tout lieu,
Défendce commence execrable,
Ûefi que quiconque en uze ainsi,
Se voit de honte tout noircy,
Et ne peut s"empefeber d'estre dértifonnable.
Ilfaut que ce lâche Mortel,
Accusé d'un desordretel,
Ait l'ame bien noire & brutale,
Tuifque pour flater fort defin
Ilse livre AU vilain plaiftr,
EtJe noyé dans de l'eau salle.
Ilpourrait éteindresesfeux
DAns lefein d'une cbafle Epouiei
Quifeule en vaut bien dix ou douze-
Et qui(Failleurs narien d'affreux;
Cependantl'injufle s'amuse
Par une tHufîon qu'inspire Lucifer"
A carresseruneMeduz^e
Qui ne mérité que tEnfer.
Est-ce un plalfiir,ejl-ce un honneur,
• D'aller prodiguer sa tenâreffe
Envers une indigne Maîflrefife
Quifait banqueroute a (honneury
Quin^Âquune conduiteinfame
Et d'odieuses qualités,
Quitraisne fori corps & Toname
1
Dans lafange des voluptez
,
Pendant qu'une Femme discrette,
Qui de bcautez a plus d'ungrain
> w DeVore en secret son chagrin,
Et garde unefainteretraite,
Employant envers Dieu tonsfes empreA
femens
Enfaveur deceluy quifait toussestouw.
mens.
er.i
Certes disons la verité
Parlons avecsïncerité,,
Pour faire une telle conqueste
Avec un choix si precieux
Ilfaut qu'un hommeaitmal aux yeux.'t.
Et plus mal encore a la tesse.
Nfent une extrême ailegreffe
!?!:!and on peut s'acquérir une fiereMat-- \*
tresse,
JQui regardaitCamour comme un frm'¡
défendu;
JMais bien plusfenfble efl la joye •
Quand on peut ratrapper sa proye, ,,
Etre\a<rner un coeur que lonavoitpcrdu*^
Si un Amant peut voircontinuellement
fà Maistresse sans 'en. nQuyer. Uelque belle quefoit une aimable
Personne,
Fufi-elle une Venu4
,
fuji-elle une Hermionne,
Ou celle à qui Parisfitsafunejiecour,
Si les yeux n'ont toujours à voir quejren
visage,
Enfin l'on sen dégOHtc, & l'on Je décourage
, Et lennuy prend-bien-tofi la place de l'a- -
mour.
Tour gâter un plaisîr3 il faut tfes-peu de
chose
Le changem3 ent nomplaifl, &'. nous IÍtnJf
lieu de don;
Ce qui d'abord paroissoit une roze
X>anslafuite du temps dégénéréen chafr'~
dom
Il n'en VA pas ainsi ds la cause premiere,
<.
Ce Soleil Eternel
, cette vive Lumiere,
DontCesprit & les sensreflerontenchan--
tez.
Sotteson Empire heureux, chacun rendra
les armes;
Voyant Dieu l'on verra mille & mille
beautez., ,
Sans que l'Eterniti suffi epuiser fei
charmes.
De l'Origine des Orgues. 1 L'Orlue efl une Machine antique,
Harmonieuse CT magniifque,
Qni par le mouvement des doigts.
JLt des pieds msfmequelquefois,
Entonne les justes lokanges
Dit Roy des Hommes & des Anges
Déterrons-en dans ce Traité
L'Origine. & CAntiquité,
.:Et rapportonsce que lHifloire
FtHt fournir à nostre memoire.
rn écrit que Tidal-Cam, Un des descendans de Cam,
Homme de coeur & de courAge,
Mit tout le premier en usage,
Corme en oeuvres a grandscoups de
main
QUO} , le Fer, la Bronze & l'Airain,
DontenfRite par tente terre
On fit des Infirumens de Guerre;
,7;,,ottes ,
Caj^ues,Bourguignottes, BBrraaSffâirrttss)
Hallecreti
,
Javelots, Cuijfarts,
Dards, Hallebardes, Bayonnettes,
SAbresJ Poigrardt, CllirafJèr, Brettes,
Flatnkerges de toutes saÇCMS,
Qui par des coupsd*EframasenJ
Derolent des fillis entiercs
Et piHplcnt , tant de Cimetières.
A ce Forgeron non taqun
DcJJom le grand nom de Vitlcain,
:>Mtèfotte & barbare
Par nn rvcuglement bicarré
, Comme a beaucoup d'autres izotels,
Offrit des ¡.roel!:C & des Autels.
Au reste, cet Homme heroiejue
Fllt l'Inventeur de la Musique,
Et des musicaux Inflrumens
Qui font let doux enchantemens,
Et les ravivantes merveilles
Des plus delïcatesoreillesi
Car des Motets bien inventez,
Bien conduits, bien executez t
Sur un Inflrument dharmonie,
Flattent doucement le génie,
Et s'attirent plus d'Auditeurs
Que le Printemps ne voit de fleurss
Quel'Automne ne voit de pommes,
Que l'air ne premene dUattomes
Que , tHyver ne voit de glaçons,
Que l'Esté ne voit demoissons.
Si la chose efl de cette forte
Comme on l'écrit, je men rapporte,
Dés le berceau de l'Univers
On parla Proze, on parla Vers,
Et l'on empUya des machines
A chanter les Grandeurs divines:
L'Orgue en efioit pareillement-
Selon mon petit fentiment*
Dt!vld, tornement des Prophètes,
L'honneur des RoisÔ" des Poètes,
Ce Chantre iiluflre & fortuné,
Ce couronné,
Ce Prince délite & de mise
Qui donne une Langue à ïEglife,
Qjii jo,,gnoit auson des
Hautbois
Ladouceur defit belle voix,
Dans Ion dernierPseaume conjure
Toute mortelle Creature
De rendre avec fidélité
Ses Voeuxà la Divinité,
Sans épargner la Castagnette,
L'Orgue,laHarpe, rEpinette,
Les Tymballes_&lesClairons,
BaJJes. de Yiaie & Violons,
Les Clavessins & rAngelique.
Et tout autre outil de Musique,
Car on ne peut trop eslimer
Celuy qu'on ne peut trop aimer.
Onécrit que l'Eglise Grecque,
Tlui Orthodoxe que la Meque,
FitAutrefois au grand Pepin,.
Slvant qu'ilfent.fl le lapin,
Et qu'il :;'dpprocha de la forguo Present , d'un riche buffet dOrgues,
En plujieurs membres départit
De mille tuyauxassorti,
Et fait d'une telle jlrutture
Quel'art y passant la Nature,
Rendoit par des traits inouis
Les fpeSlateurs tout ébl&uis.
Celle qui fit cette dépense
Ne manqua pas de récomptn/e;
Cette Histoire au refle an-iv%,
Nonfotu le regne de Nerva,
Maisfous celuy de Capronyme,
Prince qui vefeut sans esime
J Qui fouilla les Fonds lf"Aptifmaux,
>
PÓréfane infaillible des maux !2l(il firoit [s(oluuf!fF-iirr aà ¡' EE:g;,!>!ifree
Par (a rigueur ra (ot:ze : ù Par lajuoent les bons Erpr:ts
Quel Orguea bien descheveux gris.
0)
Platne le fameux Platine,
Hemtnc
Homme de profonde dotlrine,
Et de haute Irudition,
Faifant des Papes mention
Dit qu'un Pape , en vertm illuftre-,
Digne du Daiz. & du Balluftre,
Au Culte divin lattAchAnt,
Intreduifit l'Orgue & le Chant,
Relevantainsi la memoire
Du doiïe & zelé Saint Cregoire,
Qui se faisoit un doux plaisir
Dansjes beaux momens de loisir
D'apprendre quelquesaintCantique
A des Efleves de Musique.
Ce Pape efl Saint Vitalian,
Il me faudroit du moins un an
Pour bien portraire ce grand Homme
Quifut les delices de Rome,
Pour qui le Pais des Cesars
Eut de favorables égards.
On nom dépeint Sainte Cecile,
Qui portoittoujours CEvangile
Sur sson chaste & pudique ftin
Avec l'Orgue ou le CIAlItffi".
Joignant a sa belle harmonie
Vne agreablesymphonie;
Ce quifait croire avec.rai{on
Que COrgue estoit lors defaison.
Vn Orfani]Îe à grandfeuillage
Qui soutient bien son personnage,
Et qui réüJ!it dans son art
Par fcieuce & non par bazard
Efl digne , certes qu'on le lOlÛ,
Car sur une mesmeOrgue il joué,
Ce qui surprend les fptaateurs
Aussi-bien que les auditeurs,
La Yéelle, tEcho, la Mufttte,
La voix humaine, la Trompeltt.
Le Rossignol & le Cornet,
Le Cremorne & le Flageollet,
Sans que la baffe-continue
S'interrompe, discontinuë,
Etcesse pour un seul moment
De gronder agréablement;
Et cette aimable gronderie
Ne met point les gens en furie.
Au refle, ilfemblc en tant d'emploù
Qu'un homme ait vingt mains & cent
doigts.
Ajoutez.qu'en ce bel Ouvrage
Jamais le Souffleur ne partage
L'estime
,
lagloire & l'honneur,
Qm# ne font deus qu'au seulJoueur,
Comme eut la vanitédefaire
Un certain petit Necejptire,
Qu'autrement on nomme Laquais,
Spirituel à peu de frais.
Cet Avorton, ce Souffleur d'Orgue,
Digne que son orgueil on morgue,
AttribuAnt avec excez.
gue
De l'Orgue un fortuné succez,
Parlant un jour a [a Alaiflrejfe,
Et faisant valoir son adresse
Luy dit d'un , ton non enroüé:
Madame, a.t.on pas bien jiûé?
7e m'en rapporte à vosoreilles,
fc'Orgue a-t-elle
.@
PM.fait mervdlle
fItOC'Ï,styt . Pierrot,j'en reftay sans voix. mOJ, Madame, qui foufflois.
Ah Pierrot! ta fortune est faite
JI faut que le Begue en retraite.
Cherche a se cAch:r devant toyt
Ou qu'il renonce à fort employ.
Ah le [çItVAnt! ah l'habile homme!
Députa Lutece jufqua Rome
Voit-on rien de plus excellent
Que ton esprit & ton talent
Réponda ce vain Salmeaé*.
La Dame qui fait l'étonnée,
Voyant Pierrot se faire honneur
De la qualité de Soujfleur?
DesOrgues souvent l'on AhHft
Leur faisant dire
,
quelle rufe!
AH lieu d'Airs fierez. & divins,
Des Airs profanes & mondains,
Des Pont-retons, des Sarabandes,
Des Chacones, des Allemandes,
Des Gigues, & d'autres Chansons
Qu'onchantechez, les BrabAnçons,
Chez, les François, chez, les Druydesi
Chez, les Sarmates & Gepides,
Et chez, ceux qui d'un air ferAi"
Boivent la Moselle & le Rhin.
Certain Concile de Cologne,
.J..UDY que maint Organtfle en grogne par , tout Pays & Nations
Défend ces profanations.
En tffety de cette machine
Dont nous épluchons l'origine
e positif & le plein jeu :1 Ve doivent jouer , que pour Dieu,
semblables aux Troupes Celestes
lui nemployentleurs a tons modefies rendre dans l'Eternité
dommage a la Divinité.
eux qui nont pas l'oreille fine,
Prennent le son pour lafarine
a fable s pour la vérité,
1"oinbre pour la realité,
'our chants etEglise des Bourées • Adroitement élabourées,
"our des Pseaumes, des Menuetsy
uifont parler mille Muets,
ar les Tuyaux & les Pcdalle*
ue l'on na point sans Richedales,
appez d'un insensibleJon
'mblent parler , en leur façon.
ombre dEglises Calhedrltltl,
Fafiorales
,
Collégiales,
De grande réputation,
Se trouvent en possession
D'avoir des Orguesd'importance;
Mais dans un certain lieu de France,
Qui vaut bien plus d'un million,
C'efl dans l'Eglise de Lion,
Riche & superbe Basilique,
On est sans Orgue & sans Mus-ique,.
On se contente du Plain-chant
Melodieux, dévot, touchant,
Oui porte à Dieu sans artifice
Danscemagnifie/ne Edifice,
Les plus grands Princes d'icy-bas
Fontgloire d'y porter les draps.
- L. BOUCHET,
- ancien Curé deNogent le Roy
Je veut envoye quelques Explications
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Résumé : SENTIMENS SUR LES QUESTIONS DU XXX. EXTRAORDINAIRE.
Le texte explore deux sujets principaux : les comportements humains et l'origine des orgues. Il commence par critiquer certains hommes qui préfèrent des femmes laides à des femmes belles et honnêtes, qualifiant ce comportement de 'déplorable aveuglement' causé par une 'manie' ou une 'fièvre'. Ces hommes sont accusés de désordre moral et de se livrer à des plaisirs honteux et criminels, contrairement aux femmes discrètes et vertueuses qui prient pour leur mari. Le texte aborde ensuite l'origine des orgues, un instrument antique et harmonieux. Tubal-Caïn, descendant de Cam, est crédité de l'invention des instruments de guerre et de la musique. Les orgues étaient utilisées pour chanter les grandeurs divines et accompagner les prières. L'Église grecque offrit un riche buffet d'orgues au roi Pépin, et l'historien Platine mentionna cet instrument dans ses écrits. Le texte relate également l'introduction de l'orgue dans le culte divin. Le Pape Saint Vitalian, connu pour sa piété et son érudition, introduisit l'orgue et le chant dans les cérémonies religieuses, suivant l'exemple de Saint Grégoire. Sainte Cécile est associée à l'orgue, symbolisant l'harmonie divine. Un organiste capable de reproduire divers sons et instruments avec une seule orgue est mentionné, ainsi qu'un souffleur d'orgue vaniteux s'attribuant injustement le mérite du succès musical. Le texte critique l'utilisation profane de l'orgue pour jouer des airs mondains, une pratique interdite par certains conciles. Il souligne que certaines églises prestigieuses possèdent des orgues importantes, tandis que l'église de Lyon, malgré sa richesse, n'en possède pas et se contente du plain-chant.
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205
p. 198-201
I.
Début :
Je vous envoye quelques Explications de la Fable / De ces Astres si grands qui brillent dans les Cieux, [...]
Mots clefs :
Soleil, Devise, Soleil, Roi, Doge, Guerriers, Victoire, Vainqueur, Arrogance
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texteReconnaissance textuelle : I.
Je veut envoye quelques Explications
de la Fable Enigmatique,
employée dans le Mercure du mois de
Juillet. I. DE ces Ajlres sigrands qui brillent
dans les deuxx
Le Soleilfesait voir le plusgrand a nos
yeux.
uiinft LE GRANB Loiiis surla Terre &
sur l'Onde,
Efl sur les plus grands Rois, le plus
grand Roy du monde.
Ce Roy pour sa Devise a choisi le Soleil
Aussi comme cet Astre on le voit sans Ptfreil,
Tout brille dans son Regne avec magnifiunce,
Toutfait voirfit Bonté, toutfait voirfA
Puissance ; 0 Qt/il ait lefoudre enmain,quilpanche
a la douceur,
Gene ne peut assez admirersa Grandeur,
Quand au pié de ses murs ce Monarque
l'étonne,
Elle admire l'éclat qui par tout l'environne
; El le Doge fournis,ensecret 1ft contraint
D'adorer ce grand Roy qHil redoute d?
qu'il craint.
Trem(tz.. Gene, & craignez. d'iriter'
sa vangeance,
Connoissant sa valeur, mtnagez. fil clemence
; Et puisque sa bonté vous a donné III
Paix,
Voussortez. du péril,mats ny rentrez. ja*
mais.
En vain vous attendiez lefecoursde J'Er
pagne,
De Vos égaremens trop fidetle compagne.
Qui pourroitrefifier an plus grand des
GuerrierV
Laviiloire par tout le charge de laurhrsi
yoflre Etoile pour vota efl d'unméchant
présage,
Songez-y
, que cela serve a vous rendre
fllge,
* Ercraignez, defrcerun Vtinqueurirrité,
Pour la premierefols à manquer de bonté.
Ne vous yifez, point, le Chefde la Co/tr
fainte
Ne voudra plus entendre une fccondt
plainte.
Tourlors abandonnée au pouvoirdu YAin..
queurJ
Vontfcntirez. lepoids desa juste rigueur,
Indigne dureposoù vousmetfaclemence,
Vohs perirez.. sùperbe,avecvoflre arro-
1
gance.
DE LA TRONCHE, de Roüen.
de la Fable Enigmatique,
employée dans le Mercure du mois de
Juillet. I. DE ces Ajlres sigrands qui brillent
dans les deuxx
Le Soleilfesait voir le plusgrand a nos
yeux.
uiinft LE GRANB Loiiis surla Terre &
sur l'Onde,
Efl sur les plus grands Rois, le plus
grand Roy du monde.
Ce Roy pour sa Devise a choisi le Soleil
Aussi comme cet Astre on le voit sans Ptfreil,
Tout brille dans son Regne avec magnifiunce,
Toutfait voirfit Bonté, toutfait voirfA
Puissance ; 0 Qt/il ait lefoudre enmain,quilpanche
a la douceur,
Gene ne peut assez admirersa Grandeur,
Quand au pié de ses murs ce Monarque
l'étonne,
Elle admire l'éclat qui par tout l'environne
; El le Doge fournis,ensecret 1ft contraint
D'adorer ce grand Roy qHil redoute d?
qu'il craint.
Trem(tz.. Gene, & craignez. d'iriter'
sa vangeance,
Connoissant sa valeur, mtnagez. fil clemence
; Et puisque sa bonté vous a donné III
Paix,
Voussortez. du péril,mats ny rentrez. ja*
mais.
En vain vous attendiez lefecoursde J'Er
pagne,
De Vos égaremens trop fidetle compagne.
Qui pourroitrefifier an plus grand des
GuerrierV
Laviiloire par tout le charge de laurhrsi
yoflre Etoile pour vota efl d'unméchant
présage,
Songez-y
, que cela serve a vous rendre
fllge,
* Ercraignez, defrcerun Vtinqueurirrité,
Pour la premierefols à manquer de bonté.
Ne vous yifez, point, le Chefde la Co/tr
fainte
Ne voudra plus entendre une fccondt
plainte.
Tourlors abandonnée au pouvoirdu YAin..
queurJ
Vontfcntirez. lepoids desa juste rigueur,
Indigne dureposoù vousmetfaclemence,
Vohs perirez.. sùperbe,avecvoflre arro-
1
gance.
DE LA TRONCHE, de Roüen.
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Résumé : I.
Le texte explique une fable énigmatique publiée dans le Mercure de juillet, comparant le roi Louis XIV au Soleil, symbole de sa grandeur et de sa puissance. Le roi adopte le Soleil comme devise pour représenter sa magnificence, sa bonté et sa puissance. Le texte met en garde contre l'irritation du roi, recommandant de reconnaître et de respecter sa valeur et sa clémence. Il souligne la paix instaurée par le roi et avertit contre toute tentative de retour aux conflits. La fable mentionne l'Espagne comme une alliée fidèle mais égarée et prévient contre l'arrogance et l'oubli de la bonté royale. Elle conclut en avertissant que toute nouvelle plainte sera sévèrement punie et que l'arrogance et la méchanceté seront châtiées. L'auteur de cette explication est identifié comme 'DE LA TRONCHE, de Rouen'.
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206
p. 201-202
II.
Début :
Sans aller à l'Observatoire, [...]
Mots clefs :
Observatoire, Oracles, Louis le Grand, Comte de Fiesque, Éloge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
II.
sAns aller à fObfervatoire
Pour voir les Oracles du Te,mps,
Sur vostreFable ou vostreHistoires
Mon cher Mercure, jel'entends.
ccft Gènes la Superbe, & tousses Partifans.
Cette noble Etoite exilée,
Qui de LCÜlS LE GRAND se trouve consolée
,
Est le Comte de Fiefque
,
a qui cent mille
écHS -
Viennentdleftre comptez attendant le
(urplw.
Saturne estle Saint Pere,
JQui pour deformer la cdlere
Du plus puissant des Roit juflementirritéy
S'entremit dela Paix> & jugea que le-
Doge
[Devait venirluy-mesme en tontehumi
lité
LU1 demanderpardon,&fairefin Eloge-
VLGNIEIU
sAns aller à fObfervatoire
Pour voir les Oracles du Te,mps,
Sur vostreFable ou vostreHistoires
Mon cher Mercure, jel'entends.
ccft Gènes la Superbe, & tousses Partifans.
Cette noble Etoite exilée,
Qui de LCÜlS LE GRAND se trouve consolée
,
Est le Comte de Fiefque
,
a qui cent mille
écHS -
Viennentdleftre comptez attendant le
(urplw.
Saturne estle Saint Pere,
JQui pour deformer la cdlere
Du plus puissant des Roit juflementirritéy
S'entremit dela Paix> & jugea que le-
Doge
[Devait venirluy-mesme en tontehumi
lité
LU1 demanderpardon,&fairefin Eloge-
VLGNIEIU
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Résumé : II.
Le narrateur apprend des événements récents via Mercure. Gênes, surnommée 'la Superbe', et ses partisans sont mentionnés, ainsi qu'une 'noble Étoile' exilée, le Comte de Fiefque, acclamé par cent mille voix. Saturne, incarnant le Saint Père, apaise la colère du roi puissant et ordonne au Doge de se rendre pour demander pardon et honorer la Vengeance.
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207
p. 202-203
III. A IRIS.
Début :
Dans la Fable à Mercure, on voit la verité. [...]
Mots clefs :
Fable, Grand Louis, Amour, Héros, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III. A IRIS.
AIIRIII. S.
DAns la Fable 4 MercllreJ 01'"
voit la verité.
Autrefois Genes la Superbe,
Rombpea,nte aujourd'huy comme ther-
AH.'t: pieds du GRAND LoürsAflHmilsa
fierté.
Contre luyles efforts font toujours inutiles,
De mesme que tAmour efllemaiflre des
coeurs,
Ce Héros invincible efl le Aiaiflre des
YiJles#-
7/ les br/tic. il les prend malgré leurs défendeurs.
Tripoli vient encor d'en sentir les ardeurst.
IrisJ depuis long tftnps je languis dllnJ
vos chaînes,
Vous méprisez.toujours le pouvoir de
CAmour;
Pour me vanner de tant de peines,
Craignez, que ce Dien quelque jour
Ne faJfe avcftre coeursentirle fort de
Genes.
DiEREVILH.
DAns la Fable 4 MercllreJ 01'"
voit la verité.
Autrefois Genes la Superbe,
Rombpea,nte aujourd'huy comme ther-
AH.'t: pieds du GRAND LoürsAflHmilsa
fierté.
Contre luyles efforts font toujours inutiles,
De mesme que tAmour efllemaiflre des
coeurs,
Ce Héros invincible efl le Aiaiflre des
YiJles#-
7/ les br/tic. il les prend malgré leurs défendeurs.
Tripoli vient encor d'en sentir les ardeurst.
IrisJ depuis long tftnps je languis dllnJ
vos chaînes,
Vous méprisez.toujours le pouvoir de
CAmour;
Pour me vanner de tant de peines,
Craignez, que ce Dien quelque jour
Ne faJfe avcftre coeursentirle fort de
Genes.
DiEREVILH.
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Résumé : III. A IRIS.
Le poème célèbre la puissance de Louis XIV, surnommé 'le Grand', qui a vaincu Gênes et Rome. Il compare cette domination à l'amour invincible. Tripoli a récemment subi cette puissance. Le poète exprime son tourment amoureux face à une personne insensible à l'amour, mettant en garde contre la résistance à ce pouvoir irrésistible.
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208
p. 203-204
IV.
Début :
La Venus proposée est la Ville de Gene, [...]
Mots clefs :
Gênes, Soleil, Roi de France, Doge, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IV.
IV.
LA Venus proposée efl la Ville de
Gene,
Et pour la proteger CEfpagne * en vain
se peine,
Si le Soleilmarqué pour le Roy des François,
Pretendparses rayons * la rangerfoUI
ses Loix.
Cette superbe Fille éprouvant leur puïssance,
j4 veu tvut recsmment punir son inralence.
Le Doge resolu de ejhitterses EflAts
Tour venir faire hommageau Chef* det
Potentats.
* Le Comte qui reçoitforce éCHI tn par*
tage,
Tout cela du Soleil 4 ness qu'unléger
ouvrage.
* La Lune. *Bombes. *De Fiesque.IsLeRoy..
L'Autheurde Phij,addphe,..
LA Venus proposée efl la Ville de
Gene,
Et pour la proteger CEfpagne * en vain
se peine,
Si le Soleilmarqué pour le Roy des François,
Pretendparses rayons * la rangerfoUI
ses Loix.
Cette superbe Fille éprouvant leur puïssance,
j4 veu tvut recsmment punir son inralence.
Le Doge resolu de ejhitterses EflAts
Tour venir faire hommageau Chef* det
Potentats.
* Le Comte qui reçoitforce éCHI tn par*
tage,
Tout cela du Soleil 4 ness qu'unléger
ouvrage.
* La Lune. *Bombes. *De Fiesque.IsLeRoy..
L'Autheurde Phij,addphe,..
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Résumé : IV.
Le texte relate une situation où Genève, protégée par l'Espagne, est menacée par le roi de France. Le Doge de Venise intervient pour honorer un potentat. Un comte reçoit des forces et partage un territoire, mais ces actions sont jugées superficielles. La Lune, des bombes et De Fiesque sont également mentionnés, ainsi que l'œuvre 'Adolphe' attribuée au roi de France.
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209
p. 205-283
ONZIÉME DU TRAITÉ DES LUNETTES, DEDIÉ A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE Par Mr COMIERS d'Ambrun, Prevost de Ternant, Professeur és Mathematiques à Paris.
Début :
Nous avons démontré dans les deux derniers Mercures Extraordinaires [...]
Mots clefs :
Binocles, Chérubin, Lunettes, Invention , Construction, Témoignages, Inventeur, Princes allemands, Ambassadeur, Empereur, Philosophes, Préface, Panégyrique, Lune, Firmament, Microscope, Axe, Parallélisme, Verres, Vision, Pupille, Yeux, Angle, Usages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ONZIÉME DU TRAITÉ DES LUNETTES, DEDIÉ A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE Par Mr COMIERS d'Ambrun, Prevost de Ternant, Professeur és Mathematiques à Paris.
ONZIE'ME PARTIE
DUTRAITE'
DES LUNETTES,
DEDIE' A MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE
Par M* CoMIERS d'Ambrun,
PrevotsdeTernant) profeffiur
es Mathématiques 4 Paris. NOusavons démontré dans
les deux derniers Mercures
Extraordinaires, par le temou
gnageancien Ic irréprochable
de plusieurs doctes Autheurs
François & Latins, qui ont fait
imprimer leurs Livres,plusieurs
années auparavant que leR.P.
Cherubind'Orléans
,
grand Adioptricien,
eut donné au Public ses
ParfaitesVisions des années 1677.
678. & 1681. iQue la premiere
Invention des Binocles, celoit deuë
à Daniel CHORES, qui les presensa
au Roy, & en publia la facile
construction en l'année i6iy.
Nous avons aussi demoncré que
tous les véritables Sçavans reconnoissoient
devoir l'invention
des Binocles, dont les verres
oculaires font convexes , au R.
P. Anthoine Maria de Rheita,
ce-doc'te &Religieux Capucin
Allemand, qui après avoir fait
admirer à tous les Sçavans Curiéux
le prodigieux effet de ses
Binocles, en donna en l'année
1645. la construction dans le premier
Volume de son Livre in fo-
-
lio ; intitulé Oculus ErucS & Elia.
Je veux - encores démontrer
l'Anciennetédes Binocles, par le témoignage
d'un tres sçavant Autheur
Italien, c'est le P. F. LANA
de la Compagnie de Jesus.
Voicy ses termes que j'ay tirez
de la 209 page de fou Livre infolio
, qui a pour Titre PRODROMO,
ALL' ARTE MAESTRA
imprimé in Brescia en
l'année M. DC. LXX.
Resta, dit cét Autheur
,
di dire
alcunacofa, délit Cannoebiali,*con>
i qualisityirano gl* oggetti con tutti
e due gl' Occhi che per cio adimafJd(
iamo BINOCULI. EjJendo dunque certa che quando mi miriam,
alcttn' o-ggetto con embi gl1 occhi l,
vediamo piu chiaro, Particolarmente.
in molta diflanza
,
Stquitacbeft--\
cendo noi un Cannochiale conilqua~\
le Jt pojfa rapprcfentarel'oggetto avb
tutti due gl' oahi
, non solo ci com-x
farira pia chiaro
, ma faremo men"
fatica.
Si fara dunque in questa
, o altrav
jimilforma, &c.Iverniobjcctivi^x
devono ejjere di una medefima L#fJ"-
&bez,za di diametro
, ç l'lino totale
mentesimile aU'Illtrl) ncllafia figurai
COllveffi ; fmi/mente coUocheraivicino
à gl' occhi due vettri concavité
overo due lenti, o anche fei, cerne tiew
T411nochiafj di quattro vettri
,
si chc&
Jîano DUO CANNOCHIALI INTC
UNO;ma quefit vicini a gl' êccbûù
devonoessereccllocatic&n taldijîaza^h
cbeIL CENTRO LORO CORRIS-2
FONDA"ESATTAMENTEAL CEN-fr
r&0 DELLA PUPILLA DE GL"
JCCHij ail' incontro li due vettri
b.ec-tivi devono tffire ira dise al
ju&ntopiuvicini, 0 meno,conforma
d lontananza dell' oggetto ,
che vorliamo
quardarei puiche in maggiore
Vietnam,A delT oggetto ,
ancb* tJfi:
icvono tjflre piu vicini tra di sa
lecio in tal modo i raggi vifuali
d'amhidue gl'occhi
,
paffando per li.
vettri objettivi,vadano à terminare:
nel medefieioogeetto. onde, &c..
Voila pour me servir des mefmes
termes du P. Cherubin daus-i
la 54 page de la Vision Parfairede
1678. LA veritable & unique
Cênftruttion de CoculaireBinocle.t' tous les Verres ysoient, il a oublié
de dire dans chacune des deux:
Lunettes, centralementtoujours partiellesentreux.
2. £)uilsyfoien#
centrdementptrpendicuUires 4fti
Axes.3. elis,déllX-Axes/eNI
soientréciproquement toujours centralement
perpendiculaires,à que.diftanct quepuijpseflre tl.ohje
D'où est évidentque lesVerrts immea
diatsjX veut dire les oculaires plus
proches desyeu%^eftantcentrdemet
ajustez, aux papilles- des yeux. C.
que leP. Lana dit par ces morsj
che il cento loro corn/fonda effimente
d centro délit pupille de gÊ
occhi. Reprenonstes termes
du
P. Chérubin, les Axes pénétre*
ntcejfaircment, enfnite perptndiem
Idirement,&très, direffemtnt toutk
U profondeurdes yeux , jujquesm
tomber sur lemilieu des deux letinés
sansseromprei ce qui efi t'tfill-.
ciel de la VisionpArfaite, &pdrtutM
ftquem AIIJfl delàconjkrufîh»l"r:
faite de l'oculaireBinocle. Ce que
Daniel Choyes, & leP. de Rhei_-
ta, ce sçavant & Religieux Capucin
Allemand, & Je P. Lan*
en 1670. & le P. de chales em
1674. avoient enseigné & pratiqué
en 1645. dansla construction
de leurs anciens Binocles. C'est
pourquoy M. le Marquis deSeignelay
Secretaire d'Etat, dit au
R.P; Chérubin, ce que luy mesme
a publié en Tannée16-jy*.
dans la 412 page de sa Contiquité
des Corps. Ilfaut avouer que,--
le Binocle est une belle invention;
mais franchement elle nejîpas nouuelle
; néanmoins nostre Autheur
Adioptricienajoute ,
qu'il repliqua,
qu'ilyavoit plus de vingt tms;,
qu'il avoit inventé & construit le?
Binoclt. Et n'ayant point de
preuve par témoin ny par écrit,
d'avoir inventé ou construit
quelque Binocle,il gagneroit (a.
cause s'iltrouvoit un Juge qui le
voulut croire, dajudicem qui me,
credat, & ego convincam. Maispar
malheur, il a luy mesme démenty
en l'année 1681. par termes
formels &tres décisifs le témoignage
avantageux qu'il s'étoit
donné,d'avoir inventé &
construit le Binocle vingt ans auparavant
l'année 1679. Voicy
ses termes couchez au commencement
de la 191 page de ses parfaites
Visions imprimées en 1681.
ny'ayant, dic-il,jamais paru aucun
Binoclejusques a l'impreon du LivredelaVision
Parfaite de1677. dat
lequelj'en ay donnél'invention. Ce
noj/j.m Inventeur delà vieille
invention des Binocles, fit ailleurs
une réponse autanr juste
que la précedenre. Quelqu'un
luy ayantditque M. Da/encé Secrétaire
du Roy, estant à Vifbourg
en l'année 1668. eut pendant
trois semaines
,
l'excellent
Binocle de quatorze pieds de M.
l'Electeur de Mayence, & luy
ayant de plus faitvoir sur son
Agenda, ce qu'il avoit tire du 2.
Livre Chap. 11. page 241, de M.
F.R.A.B. J^ueMejjîeursdesCoptes
neconvenoientpas dans sa Sommationdes
Tlu(tesd'Allemand> dont on
avoitbâti les Lunettes des Princes nouvellemetimpriméesàAnvers.
Il protesta
que c'estoitluyquiavoit
donné ces Binocles à des Princes
d'Allemagne, & qu'il estoit vray
qu'on luy avoit fourny de Flustes
d'Allemagne pour luy servir de
tuyaux pour chacune Lunette
du Binocle. Quelque Rieur ajouta,
qu'asseurémêt ces grandsBinoclesàFlustes
d'Allemagne,avoiée
enfanté le perit Binocle de deux
pieds de longueur, du P. Dechales-
Savoyard, & comme aussi celuy
de decemcirciterpalmorum de longueur,
dont il parle dans la 673
page du fecond Tome de son
Mundus Matkemntieut, imprimé à
Lyon en l'année 1674. Ainsices
deux Binocles étrangers sont ail
moins de vingt ans plus anciens
que la Vision Parfaite de 1677:
du P. Chérubin. C'est pourquoy
comme il est facile d'estre Prophere
des choses payées, &. Inventeur
des vieilles choses, il a eu
raison en l'année 1678. de donner
vers la fin de la 27 page de
tes Visions latinisées, cét Avis si
important au Public,Certe, ditil,
hujus Geniisumfatcor qui in pr.e.
dilyiis ac pulchris adinveniendis
simmedelcetor. En effet, y a.t.il
truUrim ? Que la transformation
en Ange de lumiere dans les Vi-
,
gnetes de ses Visions de 1677. &
de 1681. Y a-t il rien pulchriu?
que Ía Meremsicosation en teste
d'Apollon
,
dans les Culs de lampedesesVisionsde1677.
Quid
froecUriué ac pulcbrius ? que cette
belle Anagramme ou renversement
de nom autour de cette
teste creuse
,
mais Apollonifiée;
CHERV&BINWS AVRELIANENSIS.
UNA IN VERIS
HABERIS LUCENS.
Mais toute cette force d'espritn'est
rien en comparaisondes
ce qu'en l'année 1671. dans lu]
296 p. de sa Dioprrique oculaire,
il asseure avoir vû dans laLune
mais par un moyen tout particulier
jusques ici inconnu; que je firaJ
voir, aj oute-t'il, ensonlieu : ce sera
pour lors qu'il prendra ouvertement
laqualité d'Ambanadeurti
de l'Empereur dela Lune.Ce sera
pour lors que donnant laRelationn
au Public de son Voyage dans Ia,
Lune, il confirmera ce qu'il al)
dit en 1679. dans la ni page des
la Contiquité des Corps: j'ayv
trouvé, dlr-]I,_fenf,;blcmcnt, quel'a¡r,,'\
agit naturellementsportivement e.
montant, dr seulementnegativement
en descendant, ce font ses propres v.
termes, qui par leur cadences
payent leur manque de raison,
bienn
bien qu'il en ait prononcé un arrest
solemnel contre tous les veritables
Philosophes, qui ayant
la teste trop dure & bien timbrés,
ne peuvent ressentirles influences
de ce Soleil nocturne,
mysimpathiser à la legereté de
Jair. Voicy les termes de son rell: tirez du fecond Article de troisiéme page de la Préface
Eê Ces Parfaites ViJiensàQ l'année 681. Pour desabuser dit-il, le
ondepréoccupé d'une êpinion éga- nent nouvelle
,
je. maiségaUment ; de laprétenduepefauteurde
£air,quequelques Philosophesrecens
croyoient avoir tres solidement Iflfblie
parmy les Sç&vans,
La. Nature luy a de tres grandiûimes
obligations, puis qu'il
estoitleseuldansluniverscapable,
commeil diten1679. dans
la septiéme page desa Contiquité
des Corps pour démontrerlaveritécontraire.
J'avoue,dit-il, que
ce n'est pas sans un travail
,
& qui
demande mefîtoe des connoissances tres
étendues
,
& une très vivepénétration
d'esprit. Voila enpeude mots
le Panégyrique que luy mesme
fait de sonesprit,il le faut croire
sans hésiter aussi fermement que
lors que dans la399 pagedumesme
Livre, il prononce que l'oculaire
pourservir aux objets de terre, -
nedoit point excederla longueur de
dix pieds environ : Et par confequirttattjji
le Binocle ; mais pour les.
tû9jits du*font, ajoûtet'il,
édtlinz., par eux mt/mes, c'estàdire,
ajoute-t'il encores, qui sont lumineux
: le Binoclepeut estre tant l()ng
que Con voudra. Philosophes &
A stronomes que je vousplains!
d'avoir creu que les objets du
Ciel, ces Planettes que vous observez
avec tant de vigilance &
de précaution avec vos simples
Telescopes
,
& non pas avec des
Binocles, n'avoient qu'une lumiere
empruntéedu Soleil, apprenez
enfin que cét Autheur
ayant faitenfin son vôyage d<ins
la Lune, à reconnu en observant
les objets du Ciel avec des Binocles,
que laLune, Mercure, Jupiter
&. ses quatre Satellites
, Saturne
son Anneau, &' ses sept Lunes,
font commeil asseure
,
éclai-
TrZo par eux mesmes,c'est à dire qu'ils
sont lumineux.
Voila le fruit & les découvertesque
l'Aucheur des Visions a
fait avec les Binocles de quoy il
doit se contenter, car pouravoir
continué à crier pour l'invention
des Binocles, comme les Fauxperdeurs
de cognées à Jupiter, il
luyest arrivé lamesme cho[e,&.
ses Amis luy ont conseillé de de-.
mander plutost à Jupiter comme;
les AberReids;la reftitutio* de son
premierbony£/?.f,commeadit M.F..
R. au Prologue de son quatrièmes
Livre page239.« Du Paraleliijhte de l'Axe des
deux Lunettes du Binocle
TekJèopique.,
,
pique.,
Nous avons dit dans le derniers
Mercure, que laconstruction diuj
Binocle pour voir les objets cloi—
gnez ;
estoit fort facile, puis qu'il
lutEr de mettre paralellement sunt
un mesme plan deux LunetCe
en tout semblables
,
& d'égale
forcé & longueur, & que leurs
Axes estent paralelles ne soient
éloignez l'un de l'autre, que de
la distance qu'il y a entre les centresde
deux prunelles
,
laquelle
n'est ordinairement que de deux
pouces & demy au plus, lors
mesmeque les
-
yeux font dans la
situation pour voir les objets
Rlffi éloignez que les Astres de
l'immobile Firmament, il s'agit
doncdedemontrerle paralellismePhysique
des Axes (lesdeux,
Lunettes du Binocle,mesme
JOur les objets terrestres fort
:loignez,-
Tous les Sçavans reçoivent
Axiome qui est en l'Article
IVÏI page 21 ,de la Dioptrique
le Keppeler de l'impression de
( - 7 ]61I.Áx-es fer centra, Pupilloe^C2"
humomm-oculorum tranfeuntes natu
rali motuvel poiitu quiete ,paraieUt
funt, volanttrie vero conterqneturad)
propinquacomemplanda.
Vopiscus Fortunatus Plein,
pius Medecin d'Amfteldam
, a,
parlé comme Keppler. Voicy
ces irermes tirez de la.97,Page du -
Lib. 3. càf.^.vde fcm
grdpbiti de l'année 16yy. car aise--
moto oculedurfimid*deamdcmpar-\
tcm '"zoveatur répond. ZJt,
direéta in unum idemquc pun-Bum
dmborumLuminumacie
,
idemobjeffum
utrumquc oculum uno rempote
ftmiléraJiorum infltxioneingrediatur,
quo unaelhitur diflinBa.vJJto
aïque acuratn dignotio, & au Livre
4 Problème LV. page 176 il
ajoute,Vtfn4 ad multumpropinqm
dgrius id efilaboriofius& molejiius
dr dolcntiusrefpicit quant ad rcmctiora
, parce que, in vifione rtrum
fropinquarum contorqutri
,
feu adJe
invicim mnuèreoculos
,
értantomagis
contorqueri quanto res visa provins
vifîtm confifiit: In vifione -dutem
objeciorum longinquorum eculos
Uneri paralellos; at situs hic oculorum
paraieIIus naturalis 11
, quetn
Jpontesuarepetuntoculi vi mufculorum
aliorsum non difiracii. Vndè
in meditabundis eo quodhimufiulos
oculorum rimittant,qito minusad res
proximas contorqucantur ,
recurrunt
ipsiad istum paraitHum : qua nota,
voicy qui est digne de remarque,
exflatici isis facile dignofeuntur ab
omnibus, &sianon cmnibm, not*
ratio intelligatur. Contorfio nonnisi
rnufçulorum ope Uboriose pfrficitur:
quare flquituream fatigatioj &quo 4
major fucritilla contortio
,
eo major i
fatigatio ac lalor. Deprchendimw t
autem non camdem omnibu* incjfc ;
eculos contrahendi facultatem
,
fid
quibusdam longilrem
,
aliii breviorem
terminnm à natura pojïtumesse,
quo propimadducercoculosnequeunt
prout feiliect Ad TlJdgisvtlmin#s
propinqua vifionemfe affue fecerint.
C'est - pourquoy il y a plus de
trente années que j'ay déclaré le
Binocle miscroscopique, sinon
inutile du moins d'un usage tres
penible & fatigant à bien des
gens, qui ne peuvent qu'avec
grande violence contourner sussisamment
les yeux pourvoir un
objet fort proche; mais le P Chérubin
par certaine Antipatie qui
estentre iuyôc lebon sens, a dit
;-n iéSi. dans la 1 page de les Vivions
, JVuc tout les mouvcwènsdes
:dcux yeux conjointementr se fai-
Soient avec une Ji douce activité*
toujours accompagnée de sa délectation
& duplaisir
,
quilsparoissent
infatigables en leurs actions.
Reuenons au paralellis--me de
l'Axedes deux Lunettes du Binocle
Telescopique, pour voir en
mesme temps des deux yeux les
objets qui sont cres éloignez.
Pousledct-nontrerje poiede faits
rnconteftables.
1. Le P. de Chales, après Alazen,
Vtellion 5c plusieurs
autres Autheurstant anciens que
Modernes, avoit démontré en
l'année 1674. depuisla 381 page
de son Mundm Maïkmaticu*<^uc
Axes optici concurrunt inunumidem
punctum
,
le P. Cherubin ayann
étudié, cét Autheur en a voulu!
en 1677. & 1681. regalerles ignoo
rans, ce qu'il a fait par un excella
lent verbiage &ennuyanre Mac
rologiedans ses Visions pdrfai.i;
tes, où le concours des deux À.f"
xes de la Vision en un seul poinin
de l'obj et.
20. Le R. P. Chérubindanin
ses Visions Latinisées 5c augmentéesen
l'aimée 1678. parle en cerj
ternies dans la 66 p ig Totalem Si.\i
vmuli fieflri cxhrfarcmînbum trirtms
dintaxat icd/un, qtiotf.1licet
ccoumlihmuidjuiosrtiistbmejp v(Jl/Ji, qui ufk&\
,
& nibil hominùs a&x
ttrrcftriaJingulanscjfeffu-4forets
r^rro,ajoute-t'll,Binoculumhnn&\
très,tantum peds longum,etiam dj-\
Jiificiu'm adfexleucarum inîcYVùl2\\
lun; objaftlm prxbcrc, curisus 'l'Û-:
[";etartyre poterit experiri.
Supposons que nostre Au-
Ihcur ait la veuë aussi force, que
l'ay euë autrefois, qui voyois
,lif1:iLlél:emnt les objets colorez
wC bien éclairez, à la distance de
deux cens cinquante pas Geonetriques
qui valentdeux stades
iilc 615 pieds chacune. Voyez.
wlineffifi. Nat. lib.2. cap. 234 Supposons encores quenostre
grand Autheur Adioptricienparf.;
juste
,
lors qu'il asseure qu'arec
son Binocle de trois pieds de
Sftngueur,il voyoitdistinctement
ses objets qui font éloignez de six
euës. Voila un Binocle excelsentissime
poursa petite taillé,&c.
dont la gloire en reviendra toû-
M)-.îrs toute, entiere au Maistre
lunetier-, puis que le R.: P. Cherubinn'ajamais
fait dtEtiJY
, ny
travaille aucun des Verres, 1
vray que par sa Lettre écrite du
Convent de Saint Honoré à Pa
ris cUttée du 2. Décembre 1676
&-adressee à M. gmrrchu M.:i:,:
treMiroëtier& Lunetier,aux
deux Croissans d'argent sur le
Quay de l'Horloge, qu'il a miau
nombre des minutes de M. le
Franc le jeune Notaire Royall
par Acte dedépostdu 17. Janvier
1*678. Je P. Cherubin parleau
SieurQuerrreau en ces termes
Lundy Sa Majejfe me commanda 4
luy faire un.Binocle ,jt me feron
trouvétnpeintdeflttisfaire au corm
mandement- de saMajeÏÏe,.J-IlJ-""
plus de vingt ans quefay defefté tl1
travailler, au Verre*'Mais je me ftù
fouiâgé fefprit aufîtjet de ce travail
fer Pefttme queje fais du vofrr,,
ysipourquoyje vous prie de me faim t grace de mefairedesVerrespour
monter lesoculaires que le Roy desire
tueje luy fissi
,
qui font un oculaire
Winocle, dr un Autre pour Mffigner,
Semblable à celuy que je vousfis faire
fl.le Nonce Bargellini
, pour mettre
r la Machine à dejfmerdeloin,je
mus prie de voussouvenir que c'est
Jour le Boy, t? en cette consideration -- Hy apportertout lefoin&exactitude
wjjikle, vous en aurez de l'honneur,
vutre que, drc.
Cette Machine à dessiner de
de loin est mon Telesgraphe, qu'il
déguisa pour s'en dire l'inventeur
,
mais ille rendit irregulier
g&c sesopérations fausses
, par la
taillie qu'il donna à l'index,&
n'en ayant pû reconnoiflre la
fausseté
,
il en sir en l'année1677.
dans la 144 page de les Vision
parfaites
, un grand prelcnÇ.Ali,
Personnes que leurs Chargesexpi
sentperilleusiment dans les Armée.
Et deplus, a-t'il ajoute dans f.
187 page de ses Visions de 1681
Aux Ingénieurs dans les Armées,
centretirer &" dessiner les dehor
des Places, mefmcr ajjiegée
hors de la portée du Canon. Cette
invention est autant admirable
& utile que celle dont M.F
RAB. fait mention, dans sou
quatriéme Livre ChapitreLXIII
Comment Gajhrmvehivit art ck
moyen denon estreblissénytouchépaq
Coups de Canon.
- Il ne reste plusqu'àconsideres:
dans l'excellent effet de ce BiJ
nocle, duquel a parlé leR. P.'
Cherubin, que lajufte proporion
des Verres, & leurjufte arcengementdanschacune
Lunet- te.NostreCommissionnairedes
Binocles n'en doit encore tirer
aucune vaine gloire, puis qu'il
appris le tout de moy , en voicy
ses preuves incontestables.
Dans mon Livre de la nouvelle
ience de la Nature & Presage des
demettes ,
imprimé à Lyon en
année 1665. est mon Traité sucint,
de la PFon de faireles grands
dunettes a, trois.¿&.. à quatre Verres
convexes, je me fuis servy des ternnes
suivans dans la 486 page
Articlevu. Ftlú qu'unVerreecusaire
tant pins il est d'un moindre
wjcr, tantplusil agrandit lu objets
un les rendant en échangeplustrou-
Mes ; ilfaut gardercertaine proportion
entre les longueurs des foyersdes
Verres, laquelleproportion neconjiflh
icy enrigueur &précifionMathemax*
tique
,
puis quelle commence d'iftnv
bonnedepuM unjusquesà ;f.& 40, A
Foctu du Verreoculaireétaïd'unpou«
ce y
le foyerdu Verreobsessifdoiteflrrï
depuis36jufques.kquarantepouces.
Le P. Chérubin dans les Vi-i"
fions parfaites de 1677. Page140A
a parlé en ces termes. Pourmon-*
ter L'oculaire de quatre Verres con-u
vexes, qui redresse excellemment
l'espece très augmentée & tres diftimK
ÏÏe,pourfervir aux objets de la, terrey
il faut remarquer que les trou der.
niers Verres doivent estre de petit."
SSppbhecre,ccoommparez, au Verre objc£lif\\
aufquclsils doiventservir: ils peu-*
vent bien eflre tous trois égaux,db
fifre en proportion avec leur objctlif\:
emme 1. à sf. 38. ou 40. au ïluam
il ajoute du si-rn ,ces mots, au
plia, ce qui est tres faux; car, par
exple,un Verre objectif de mille
pieds de longueur de foyer, &.
qui a 21 pouce de diamettre en sa
surface, que nostre bon Amy M.
Hotsoker a travailléil luy faudroit
un Oculaire de 27
pieds &
neuf pouces, pour estre avec son
àobjectif en meim* raison comme 36
, ou du moins illuy faudroitun
Oculaire de 15 pieds, pour
il
estreà son objectifcomme 1 à 40,
ainsi cette prodigieuse Lunette
n'augmenteroit que quarante'
fois l'apparition naturelledel'ob- jet, & n'auroic par dessus ma
Lunette de poche
,
dont l'objectifàun
pouce d'ouverture,augtreavantage
quede me Lirevoirun
objet 411 foisplusclair, c cil:
à dire, autantdefois que la furfa^;
ce del'onverturedwt'objjéHfd«t
ma petite Lunette, est contenuë
dus la surface de 21 pouce d'ouverture
de ce grand objectif.
Il reste à examiner si le P. Che-3
ruban a trouvé ou donné quelque
chose du sien
, concernant l'arrengement
desVerres convexe
dans les Lunettes.
En l'année 1665. dans la 497
page de mon Livre de la nouvcUo\
Sc'tnce de la Nature d* Fnfige dù&
Cnna/es" je donnay l'arrangement
des quatre Verres en cea^
termes ,
Toute la perfection de nosv*
grandes Lunettes, consisteen quatre
Verres,&c. Ayant vos quatre Ver—*\
res, fin objectif, trois oculaires
-qu,,-ts oculaires peuventeflretoustroislw
cPunmcjme Ftlçm, pour les logent
dans un Tube en
deue distance,puis
qui'ls ne font que deux Lunettes a
partquircnvirfcut les objets
, T<?M
mettrez lapetite Lunette
,
qui efteomposée
de deux derniers Foresoculaires
, au bout de l'autre Lunette ,
qui
est plus longue
, pour estre composée
dungrandohjecîtf& a'unoculaire,
0 & él()inez.en ^euapeu la petiteLunette,
jusques
atant
que njout voyez,
lesebtetstrèsdiftinciefhent.
En l'année 1678. le P. Cherubin
dans ses Visions latinisées, &
augmentées dans la 141dit, Jd•
construendum quatuor vitris conve- xisocularedioptricum,animadvertendumesttria
postrema vitrasuoobjeefivoxemparata
;pari/queinterfefacuitutissimulcum
-ejfiEfti ejje
posse,suo videlicet objectivo,utfsnt5
comme j'avois dit en l'année
iGGyJtcat i.ad36.vel 37.38.&c.r
ufcjucJummum40cjfvdendo.Voiiala
me(me erreur, ufyucfummum
40 que nous avons remarquéjçydessus.
Il pourfuic pour l'arrengement
certèpofuivefacilitts cornsoussi
can/îi ejfirie¡¡dUl/J. est
, M fecuïidum
viirum convexum cum pri.
mo objectum, il oublie de dire bien
éclairé 6ctres éloigné) difltnftif-
Jime invetftmreddatr, demum hoc
idemtertium, cumpreccdente secundo
; cfu&rtttm dénique cumprecedente
tertio
, tôt quasi jingNlis horum vu
trorum combinationibus pArticulàrÏA
nimirum ocu/dritl objcffttmnitidijjlmeinverjum
proejiantia comportendoy
.f<!!£ tandem simulconjttnÏÏÂ Prd-
Jlantijjiwum constituentOculare Dioptricum
dUabuseverjïonibus oculo
eiettum prabens objcéfum. Ildevoit
ajouter que les trois oculaires ne
doivent plus changer entr'eux, &
que pour cela on les peut mettre
dans un seul tuyau. Mais il faut
que la Lunette des deuxderniers
oculaires, ait esté faite en regardantun
objet tres eloigné ,c'eil:"
pourquoy le plus ~sur est de les
mettre à la c\ifiarJce de leurs foyers
- solaires. -
Enfin le P. Cherubin n'a rien
contribué aux Binocles. Leur invention
& leur usage est d'une
ancienneté au de là du jour de sa
Baiuance. Il n'a jamais construit
lestuyaux
, ny travaillé les Verres
, & leur proportion & leur arrangement
n'est pas de luy
, en
ayant presquedemotà rpot emprunté
ce que j'en avois dit en
1665.
DïtnonftrationduPuralcllifme
*
des Axes des deux Lunettes du -
BinocleTcLcfeofique.. sUpposons quele Binocle qui
n'a quetroispieds delongueur
,
fasse voir distinctement
un objetéloignéde six: lieuës,
comme le R; P. Cherubin Tailèuredansla
66 page deses Visions
augmentées& latinisées en l'année1678.
jedémontre queladistance
qui est entre les centres
des deux Verres objeél.i.fs de ce
Binocle, estphisiquementég.alçr
à la distance qui est entre les centres
des deux Verres oculaires
immediats, c'est à dire plus proches
des yeiix ,
puis que la distance
d'entre les centres de ces.
erres n'est pas plus grande que
distance d'entre les centres des
rerres objectifs, d'une partie
es 1730.d'uneligne. Voyez 14 igl#re premiere.
1°. La distance A B d'entre les
centres des deux prunel les, A &
~se des J cux du P. Chérubinn'est
auplus que de30 puisque
luy mesmedans la 136 pagede ses
Visionsde1681. dit, ladistancedes
centradespupilles de mes yeux est de
eux pouces cinq'lignes environ
,
&
u'il ajoûte dans la deuxiéme des
pagecottées 2t7.e lA distance
Misi trouve plus ordinairement entre
les centres des ouvertures desyeux,
comme £expérience me l'a fait connoistre
dansles meilleures veuës, DId'environ
deux pouces & demy.
2°. La distance d'entre les centres
des deux prunelles,efl: tOU1
jours plus grande que ladistance
d'entre les centres des Verres
oculaires, mesme des immédiats;
mais puis que nostre Adioptrieien
& Ageomerre
,
les a proponcées
égales dans la zos page
de ses Visions de 1681. Suppôt
sonslà égale, 6c disonspour luy
complaire , que la distance des
Verres immediats estde trente lu-i
gnes.
3:\ Il faut détermine-renlig-nes
la distance ou longueur deliaKi
lieuës. Bienquedansla195 page
du XXVII. Tome du Mercure
Extraordinaire, Quartier de Juillet
1684. au sujet du NivelâncnQt
pour la conduite des eaux , j'ayyj
donné 57100Toises du Châtelet
à chacun degré d'uir^randGer-o
~elol
pie de la terre où elleest moyenpement
élevée,puis que par tout
superficie n'est pas également
éloignée de son centre,ce que le
cpohuisrisqudeems eRntivieres demontrent
; neanmoins dans
rerre rencontre, je veux bien ne
donner au x environs de Paris que
~7060 toises à chacun degré, lui.
vant le calcul de Messieurs de
VAcademie Royale des Sciences,
?0 puis qu'un degré terrestre con-
:riet suivant ces Me ssieurs25lieuës
xommunes de France, chaque
îllieuë ne contient que 2282 toises
h pieds 4 pouces, 9 lignes & trois
cinquiémes d'une ligner C'est
Ipourq uoy chaque lieuë commume
de France, ne contient en
llongueur que 1971993 lignes &
dtrois cinquiémes de ligne, lefquelles
estantmultipliées parsixx
le nombre des lieuës, à la distan
ce desquelles le P. Cherubinau
lieu fus cotté de sa Visiõ latiniséo
en1678. dit que sonBinocle longr
feulement de trois pieds ou 43:^
lignes,faisoitvoir l'objet distincte
ment: vous aurez dans la Fig. J.\
N~11831961 lignes & trois cinquiémes
pourladistance dumilieu
d'entre ces deux yeuxàl'objet.
Et AB la distance d'entre Jeso
centres des prunelles des yeuxdu
P. Cherubin,n'est pas de 30 lignes
, comme il dit luy mesme
dansla136 pagedeses Visionsde
1681. Sippofons là néanmoins»]
estre de trente lignes, qui eM
deuxpouces ÔC demy
,
puis que
dans la page 117 ,
il la dit relief
dans les meilleures veuës
, 6e~
'ayans point égard que le conournement
des yeux vers cét
objet diminüe cette distance, i:nfm pour donner tout l'avantage
ossibleau P. Cherubin, fuppoons
A B 30 lignes.
Donc A B est la baze d'un
riangle Isocelle A + B : & ne
orenant pour N que 11831961
iignes,pour femidiamettre d'un
Cercle la circonference fera
74341410, & comme A B est un
les 2478080 costez du Poligone
gulier inscriptible l'âgle A B
JIU sommet du triangle isoscelle,
quiestauCentredu Cercle n'est
quela 6883 partied'un degré, & ar côsequét insensible. Donc les xes des deux lunettes de ce Binocle,
qui font les deux costez du
riangleisoscelle A tjfB sont paralelles.
Ce calcul desabuser
ceux qui ont creu pouvoir cond
noistre ladistance des objets ~pq
la difference de l'inclinaison dob
Axes des deux Lunettes du B
nocle.
Je veux icy rendre encores l
démonstration plus évidente db
paralellisme phisique
,
des Axo
des deux Lunettesdu Binocle db
trois pieds de longueur du Fl
Cherubin,disposé pour voir dib
stinctement comme il dit un ob
jetéloigné de sixlieuës, suppo
sâtmesme seslunettesdu Binoclb
tant soit peu plus longues que db
trois pieds, en sorte que la ligne
jyF foit precisément de 3 pied
ou 431lignes.
Donc NIoIl831961lignes
NF 432=F~ H&3T529lignes.,?:
I Donc par la 4. prop. du VI. Euchdei'
N.NA:: t F.FC
Lf. lignes plus 11825481 parties
l'une ligne partagée en 11831961
arties égales.
Mais FC =FD,tlkFC
FD =CD. Donc CDdu
allce descentres des Verres objectifs
est 19 lignes plus 11819001
parties d'une ligne divisëe en
^831961 parties égales; mais la
iftèrence des termes de cette
fraction qui font nombres premiers
entr'eux, est 12960, & cette
différenceestcontenue 912
fois -t 11441de11960. dans le
eénominatlur. Tellement qu'il
De s'en manque pasla913partie
d'une ligne, que ladisdtancedes
centres C & D des Verres objectifs,
ne foit égale à la distance
A B des centres des prunelMl
par le/quels passent les des!
rayons principaux, Axes de 3
Vision du point de l'objet t a£
quel concourent les Axes db
deux Lunettes du Binocle. LJ
Machinesdonneront-elles cetr
precision ? Bien plus elleest inn
possibleaux Binocles du P. Chor
rubin, puis que luy mesme en
marge de sa 206 page de ses VI'
fions de 1681. dit, !f!.!!,e les deit*
tuyaux des deux oculaires du Binées
doivent estreun peu vagues les im
sur lesautres.S'ilsfontvagues of
est la precision qu'il a voulu cltrt
sinecessaire ? La nature ne laiss
pas de faire ses fondions sans le'
precisionsMathématiques, par.
ce que ses organes font phifi
ques,jeveuxdire matériels
,
rayque dans l'usage des Lunetés
estant allongées, suivant qu'il
strequis pour bien voir un ob t, on peut l'alonger ou racourir
unpeu ,
sans que l'on recoii.-
loilTede la differenceà la visîon,
i raison en est, que les rayons se
eiiniflanf pour formerles piaeaux
optiques, ils se croisent si
orten biaisant, que leur interfe-
Uon a de l'ccenduëphiuque.
Je veux encores établir icyla.
qantitédel'angle, que les Axes
esdeux Lunettes de ce Binocle
e trois pieds, forment, par leur
oncours à un point de l'objet
loi-gnédesixlieues.Voicyl'A- alogie.
Comme N 11831961.
Està N A 15.
Ainsi~*Nfiiius total10000000
Fft à N A Tangente n—H-
-801^-4^8 fraction à negliger
11831961
6c dautant que la Tangente d'une
minute eil 2909. & qu'une minute
= 3600 minutes tierces, fautes
cette Analogie.
Donc 1agleN«2?Aetf14m.tierces
plus la fraction.
Maisl'angleNA =l'angle N
B'.
Donc l'angle AtD n'estque de
29 tierces & une fraction
,
dont
l'Angle A i' B que les Axes
des deux Lunettes font au point
duconcours,c stinsensible. Donc
les Axes des deux Lunettes de ce
Bmociefont phisiquement para.
selles,cfhnc ajustées pour voir
un objet qui n'est éloigné que de
fn lieuës, combien à plus sorte
raison feront encore phisiquement
plus paralelles les Lunettes
d'un Binocle poutvoir les Astres,
tel qu'estoit celuy du P. Rheira.
Que P. Cherubin sans penser à la
consequence
, a avoüé estre
Inventeur &. Publicateur depuis.
1-année1645.Binocles à lunettes
composées de Verres convexes,
mais enmefme temps il a
vouJu ternir lareputationde l'excellencedes
anciens Binocles de
ce P. Rheita^&voicicomment,/!?
P.-Rbeita
,
dit-il dans la 47 page'
daf--sVisions de l'année 1.677.se
contentoitdefairevoiravec son Bi--
nocle tellementquemlment des deux
yeux quelques objets du Ciel,comme
la Lune parunefeuleinversiond'Ef
pe.
Pour épuisercette matiere du
paralellifme des Axes des deux
lunettes des Binocles Telescopiques,
je remarque.
Primo que Daniel Chores qui en
l'année1615. presenta aa Roy
Loüis XIII. ses Binocles, & en
publia la construction
, a esté
grand Ingenieur, Geometre,Ma.
chiniste & le plus estimé des
Ouvriers pour le travail des Verres
de lunettes, qu'il faisoit de
toute longueur. Néanmoins le
P. Chérubin, dans la 196 page de
ses Visions de l'année 1681. dit
hardiment,JZuechores faisoit des
Lunettes
,
qui n'ont jamais excedé
deux ou troispouces de longueur comme
elles sont dépeintes en si figure,
quand on luy permetrroit de con.
clurre que les lunettes de Chores
-
Õnt: il composoit ces Binocles
n'eussent que la longueur des Figures
qu'il en a donné, il auroit
toujours-parlé contre la vcriré)
puis qu'une des Figures de Chores
a beaucoup plus de trois pouces
de longueurle Binocle
qu'il monta en argent pour Mr
de Monmaur Maistre des Reguestes,
que j'ay montré & fait experimenrer
leur excellent effet
par plusieurs Sçavans, ont plus
de neuf pouces delongeur.
Secundo, Je fais remarquer que,
cbms dans son imprimé concernant
lafacileconftru&ion de son
Binocle Telescopique pour voir
les objets éloignez, que vous
trouverez au long avec ses Fig.
dans le XXIX. Tome du Mercure
Extraordinaire, parloit en
ces termes. Ces deux Lunettes d()t'
vent eflre fardeliesentreelles, PO(
un$bjet éloigné de plus de centP(
tantloinpuiffe-tilefire.• [
Le P. Chérubin a voulu faim.
acroiré à ces Lecteurs, que le/ai
Binocles de choresn'excedoienn
pas la longueur de trois pouceszo
bLà ce faux allégué ,il en ajoûteii
unautredans le cinquième Arti-iî
de de la Letrre A, dans les Ta..£'
bles des Matieres de ses Visioonn
de l'année 1681. & l'experience,
dit h,faitvoir qu'ellesfonttoujours:
un anglefcnfible peur en voiries ofc\
jets les plus éloignez: que l'on en ptlA
si voir. Il m'est facile de démen-r
tir par le calcul l'exp,::r-jenco'
qu'il a controuvé, pour tâchera
d'avilir la bonté des Binocles deo
Ghorez. 4
SUPPofOL.par complaisance
Pour le P. Chérubin, que les Binocles
de Chorez n'eussent que
[.pouces ou 36 lignes de longueur
,
& que les deux lunettes
manrajufiées
pour bien voir un Sbjet feulemét éloigné de cet pas
-E=500 piedszz6 000 pouces ta-
71000 lignes, & pour mettretout
l'avantage dans le parry du Pere
Chérubin,'supposonsencor que
nonobstant le contournement
des yeux, necessaire pour faire.
concourir les deux Axes de la
Vilion àunmême point de l'objet
éloigné de 72,000 fig. la diflance
des centres des prunelles foit en- orde deux pouces & demy ':=,
30 lignes.
-
Vous aurez dans la Figure
II. le triangle ifofcelle Atys
faites cette Analogie.
Cemme rS? N 72000 -EfiaN A -. iy.
AinîlfbV-ftnMtotal 10000000
Ejia1YATangentc 2083
plus un tiers,
&dautantquela Tangent d'une
minuteest2909, & qu'une pre-,^
miere minute =60 secondes,~faites
cette Analogie.
2909. 60. m.s. :: 2083 H- un
tiers. 42. m. s. & une fraction;
mais l'angle N+ A = iV«î»2?..?
Donc tout l'angle A i' B n'est
pas une minute &26 secondes..
Par quelinstrument, &par quelle
experience nostre Adioptricien rj
& grand A geometre a-t'il veu
qu'un angle d'une minute 8c 26
secondes soit sensible?
Pour connoistregeometriquement
la distance C D d'entre les x
entres des Verres objectifs, des
~eux Lunettes de ce mesme Bi-
~ncle de trois pouces de longueur
,
disposé pour bien voir
~objet téloigné de cent pas ou
"1000 lignes,supposant mesme
que nonobstant le contourne-
~ment des yeux, les centres des
orunelles fussent éloignez de
lieux pouces&demy :;= 30 Ii.;ncs
~aites cette Analogie.
N. 72000 lignes. NA 15::
mais N -NF36 ::::l' F.
71964. FC 14 lignes 397quatre
centièmes.
MaisFD ==Fc. DoncCD
..9lig.—H 394 quatre centièmes,
mais la différence des termes de
cette fraction est 6, que le dénominateur
contient 66 fois 8t deux
hwierSjii ne s'en faut donc pas la 66
partied'une ligne, que la distanceCDdescetresdes
Verres obectifs,
ne foit aussi grande que I)
distance AJJ des centres des Pru-u
nelles. Donc les deux IlJnc[[e:
de ce Binocle feront phisique.
ment parelelles.Voustrouverez
le mesme paralellisme des deux
lunettes des Binocles les plulongs,
lors qu'ils feront en états
defaire voir un obj et tres éloigné
à proportion de leur longueur
,& enfin ce paralellisme
phisique seroit encore plus ap-q
prochant du geometrique dama
les BinoclesAstropiques.
Enfin il faut conclurre que lôlj
P. Cherubin en écrivant tant dôl]
Volumes de Visions qu'il a reill-q
ply de tantd'articlesatrabilieres
qu'on peut dire comme Senemehb.
i. de Clementia 5. Muliebre
furere in iras. Quecet Aueur
si Religieux avoirignoré ce
~uedit Saint Jerôme, sur le pre-
~ierChapitre du PropheteDa-
Siéjuûadnj'erfw Mathematis.
vclitfcriltrt imfttrhw Mathe-
Atts, Rijuifatcbit, ce quiestmes- erapporté dans le Canon
, Qui li. dict. dïft. XXXVII. ç'e£l::
~ourquoy pourmeservirdes téres
de M. de Balzac dans sa 26
ttre à Hidafpe, Je -pietofine
~u'on permette de violer impuncrtiint*
=rj Veritez*mathzmaiiques-,dontkvulgairene,
se devroit non plus aï--
%YO.,bcr
, lite du gouvernement des
Mats&dzstifyfteres de la Religicnr>
estimebicnflm,ajoute-t3rlJeef~<
desChartreux que les Vificns de;'
T.tAu(bmrAdioptricien-.
DeCInutilité& dangereuxZJ/age^
des Binocles. pEndant les deux ou trois
nées que jem'amusayà tras*
vailler au Journal des Sçavant
je dis dans le XXXIII. Journ~
du Lundy 20 Décembre 1677.
la page 249. Que le P. Cher
bin donnoitunnouveau jourauBinocle
oculaire, ou double tJncttc, a(lÍÍ\1)
le P. Rheitha avoit parléamplemens
en l'année1645. dans son Livre 00 culusENOCH ELIÆ, 63
j'ajoûtay, dans la page 250.
toutes ces difficultés en avoient faàtl
négliger l'usage
, ce que l'experience
moderne prouve encoreîo
puis que le Sçavans n'ont jann,,ii
regardé le Binocle comme un
hose utile. C'est pourquoy ,
le
çavant A stronome M. Heve-
ILtS de Danzic
,
dans la 25page
le la Selenographie imprimée en
1647. dit minimeproestantissimum
d, Cttjll u/ùs adifficultatibus mamis
dependet
,
& ajoûte dans la
page 53 en parlant des Binocles.
Voh estquidoculo Enochiano,tantum
ribuat, & M. l'EvesqueCaramuel
Lobkouvitzius dans la p. 1603 de
on Mathesis Nova imprimé Cam-
~anioe en l'année 1670. parlant de
ces lunettes, ditlongaexperientia
didici, in omni genere, non esseproetantissima,
quorum usus à difficultaibusmagnis
dependent. Ceux qui
Dnc des Binocles le reconnossent
par leur propreexperience.
J'ajoûte, Que l'usage des Binocles
suppose deux yeux également
bons bien conformés, Mali
le nombre de tels yeux est très
petit, & mesmetresrare, un ch.J
cun pourra examiner les siens
en la maniere suivante, que je tire
du Giornale Romano de LettcrAI).
di 29. Gennarioenl'Article
ob/crvariene del Sig. Gio. Alfonsi
BoriUiNeapelitano,intorne 484 vir
tuinequalc d'egliocchi. Si sambu
co rotondo,riclia fi/st(Irad'macamera
chinfa daper tuito ,
o si pone Nlt.'
pallay baie, nerapcndtntc net mlZ..
d'unafneliraaperta ,
la qudie passi
l'occhio dero ,
Jiriquardi ber coll'occhto dejlro hA
h"
colJîiriflroy-e parangonatej compas
rez, insieme que/te vedate si trovt ejftrnetabilmcnndiversa.fïmagin*
perche Cocchiê sinistro vtde le cosipià
grande, e plu diBinfe, -che il defin
the rapprefcrttaunimagine cm c-ert.
hltdtura atmnp. Cette inégalidevision
en la grandeur, bL
~n la distinction de l'apparence
~el'objet
,
vient de la disparité
esyeux, puisqu'unmesme objet
~tant veu conjointement de
eux yeux , l'apparence n'est pas
~distincte, & qu'estant regardé
~successivement d'un oeilseul, &
ouis de l'autre
,
l'apparence du - mesme objet fera inégale,ce qui
arriveou par la differente ouverture
desprunelles, ou par les differentes
convexitez de ses humeurs
cristallines, ou par leur dif-
&r£ntcioignement de la Retine.
C'est pourquov^Egnatiopanùen
J:s Commetaires sur le Due Regole
Wfelta Prospettivepratica di M. Jacomo
Barrozzi da vignola imprimé
~n folioà Romeen l'année 15S5/
dit dansla page54 Chevolendo
mirareuna cosasquisitamente, la miriamo
con un fil, occhio
, per che cio
lo facciamo per eslcuere ogn* altro
objetto ~& vederesolamente quella co- sa
,
che mi intendiamo di mirare ; il
che molto meglio opéra cm una foU
piramidevifuale che con due. Voila
un Arrest solemnel prononcé à
Rome depuis plus de cent ans
contre les Binocles.
M. Gassendi Prevost de l'Egli
se Collégiale de Digne, & Professeurdes
Mathématiques à Paris
, avoit experimenré cette différente
force des deux yeux.
Voicy comme il en parle dans son
Livre de Apparente Magnitadine
Solishorizontalis en sa 2. Lettre
ad Ferumatum Licetum N. 7. Possum
ipîe dit-il, cette de me ,
oculisque
uàtefiari, qui dcxtro oculo res video
onnibil quidcm obfcuraiiores,fed
majores tamen , qitamsinistro, quinlâ
prexime magnitudinis parte. ./od casu d(?num adverti, cùm in
mrttm wtuens,sacroque oeuliJiniflri
v.onfrtffu, dcxtro legens ebaracieres
ideprebendi jcnjihilttermajores,
fjuàm visi moxfuijftnt,&il ajoute,
\(îniftro(ego oculo quo charafferesminiores
quiaem, fcdelariùJ ramen intfucor
i dextro otulo neque magnitudi-
,nt.(, uique obfeuriiatà
,
1) quicquam ad- cùm "f.)/o atiiwt opéra data
Mcxtro oculo legire
,
tumwutari iliiuo
fîtnmjubfuhuquodam(entio>aetum
mequepayviiatem , neque titi; itatem
ttff!ia confuete, ccq ue l'sfïîdu travail
&àobserver lesasiresd'un ieul roiJ,
Uuy avoir causé,ajnG cette gran-
)d<: difficulté du contoumement
des Axes de ses yeux, ne pouvoit,
l'attribuer qu'à la très grande diih
parité de la conformation de fo)
yeux, c'est pourquoy il ajoûto
Nonpoterlsforte, vir eximie, tat..:
tlemlegendfJ experiri
,
& mixité
quidem si exiquafitoculorum difpAv.
rÙtU. C'est pourquoy en suppo.o
fant que cous les hommes ont ges;
neralement les yeux differement
ment conformés, y ayant uneno.o
table disparicéd'un oeilà l'aurre
il a mal tiré cette conclusion ges
nerale,Rationem duco, ex paralel.
lifin? motusocuterum
,
à tuimfachy
ut demirer, ajoûte-t'il
,
cfiitOptiez"
non advtrimntimpojjlbilem cjfèsquam
depredicant Axium (oÏti(jnem\
Il en dit autant au N. 15. desa38
Lettre Ad Bnllialdnm.
Bien des Sçavans ont crû qUrJf
nonobftam»-
onobsrant que les deux yeux
fussent ouverts l'on ne voyoit en
nême tems un objecque d'un oeil,
l'a esté l'opinion de Ioa.Bap. Porta,
ib; vr. deRefract. de Sennert lib.I.
nsfit. cap.12.
„
Bien que le P. Dechales dans
on lrJlIlJdlU Malhematicus
,
imprimé
en 1674. ait demontré dans
Prop. 49 page 382, qu'Axesepet
concurrunt in unum idemque obvftum
y
bien loin de douter de
experience de M. Gassendi
iIlÍnjmmo eam aliis
,
dit il, expeientiisconfirmo.
Habemus hic fra-
-rem aliquem janitorem
, qui lin,
:Cf!() est myops ,
alio vero Presbyta,
ta ut distintissimè objecta diJJit-s
ercipiat uno oculo, qu* aliovix dis'inguit
, & vicissim cum legendum
$altero utatur oculo.idem mea,
ajoure-t'il, conjirmo experiemidx
quam quilibct facere pOferit. Stln
Myops, oculos tamen habtosatis Pt")
fccteJîmiles
,
quotiefcumquc
alterutiv
ocitlorum lenttm concavam adhibet\
nonclaufoaitHa>objecta lus vidcùi
dijlincic per lentem concavàm j 0
confuse alto oculo
,
quo cîiam wajom
mihiapparent,fedopus cfi alïqua îljb
tentione. Negosa experientiapr$k\ b.iriAxiumopîtictrumulriujtf®^ oculiparaleilifmum,
ia &e. tamin non puffint flm!6
Axes optici quomodolibet concurrent
quando nempe oljetfum efi valde VI'':
rinum oeillo1nonpotesi ut /IdÁ
invicem inctinentur oculi, 6" dirix
gant utrumqi Axemopticum adideto
objeffum,indefit ut myàpihtal
ilccidat, unum tantum oculum ad oA
jeefum dirigi ; & eo tantum legem
seso quident cculo qua-siferidnte
,
si
t benenon vident
,
hoc efisi tanta
difpruportio interejaJvifiontm,
oculi bene affeffivifionem,utunium
non. afficiat. Jhtod si oequales
rtQCNli ,
orieturmultiplicatif objeornm
lufizpe experier & ofiendam
fra. Trop. LVII. pag. 415. si Axes
niciin nullo propofitoobjeffo, conciliant
omnia gemimri videntur,
fc qu'il dit- arriver plus facile-
Itent Miopes
1)
ment aux ,qui ut difiinôte
yegant tbjefôa multum oculis admovientytuneenim
ut fere qaotidieex-
"'erior, objetta geminantur.
Le Pere Chérubin luy niesme
dans la 44 page de les Visions de
677. reconnoit dans les deux
dernieres lignes,Qu'ilfaut avoir
tes deuxyeuxsains,&mesme,ajoure-
t'il,médiocrementbien conformez
pour éprouver par experience (]A"
l'objet eji veu des deux yeux pl,,\c
grand, plus fortement, e--plui ab
ttinttementqued'unseul
, si les dei/n:
yeux fontfiins & bienconformez
Mais peu de Personnes ont loi
fdeuox yeurx émgalemenet biezn co.nc Le Pere zlIcehim dans la 100
pige de la seconde Partie de 4 :
Philosiophia Optica imprimée e3
1656. remarque que ,
Si alter oeltA)
lorumfitfiujfuifonetantifper ObfteJè.
tus, tuneferapparentiam exhibitaxs;
per apprehenfionem in oculo jùffujio
ne vitiate, inficitur alia
,
correspond
dens apprehensions exerciteià
ro , qut statim ac toUitur apprehenfiy*
per vitiatum co clausio
,
adsuum nim
toremrestituitur.;Ilrestreàdémontre
trer.
lemauvaisEffet, & le dangereux
Vsigt du Binocle.
pErfonne n'ignore qu'on ne
peut voir distinctement en
mesme remps un grand objet,
'!!,indi procédé, comme dit Danti
lia 54 page de ses Annotations
la Perspective pratique de Vipole
impriméeà Rome en l'an-
Ic 1583. che volendo noi vedere
al sivoglidcofa minuta mente,
diamo girando glhi eccbi, &mundo
la Bdza délia piramide
, per
scorrere con l'Assesopra tutta la covifibile,
&c. & che nella prospetva
fia un punèfô solo designando
la quel che si vede in un occbiata;
uza moverfipunffo. Puis que
Binocle arreste fixement les
deux Axes de laVision en nu
mesme point de l'objet, il s'enM
fuit que les autres objets qui nid
font pos dans 1'Horëftere_rfoniri
veus doubles, & paroissent en
deux différents endroits. Biem:
que le Pere Cherubin ait fait umi
perpetuel divorce, avec le borne
fcns & la raison ,"il convient
néanmoins de cette experience fil
defavantagetife à l'usage des Bi-1
noclesrVoiey sestermes tirez de-il
ses Visions de1677. depuis la 15Zi
-
ligne de la 42 page.c'est. 'lIr.
quoy,dity.-il avec raison,laforce de 14 t.
meue&l'attention de l'effrit, efiant ,-
alors arrejlez,&fixez* à voirunK\
à* specialementsonpoint auquelcon—j
courent les deux Axesy ils verrtnt,y
par exemple,lesommet d'un bktm *
double , mis entre les Axes de la ji
mon ou dehors, 6C enfin de tous
jers qui ne feront pas dans le
an de l'Horoptere
,
à caufey
.n1me il dit, que les rayons qui leur
portent 'pece,ysont receus des
rtics des deux yeux qui ne font pas
monyrnes & les deux peintudu
sommet du btÎtorJsi trouvent
fertmment situées dans les deux
tines\&pourqueyl'on voit nccef
t,ement cet objet double.
Pour vous convaincre facileent
de ce doublement d'objet,
evez vostre doigt index,vis à
le milieu de vos deux yeux, à
distance d'environ huit pous
,
& vis à vis d'un objet plus
Digne
,
regardez fixement vô-
; oigt, pour lors les deux Axes
la vision y concourror, & l'au-
: objet qui eftplus éloigné que
ledoigt, vous paroiftra en deuxi
differens lieux, & par consequent
double, & si peu à peLD
vous détournez vos yeux pount
porter la réunion des deux Axeas
sur.l'objer plus éloigné, ces deuxx
apparences s'approcheront aufluF
peu à peu, & enfin il vous femblera
que deux semblables bjetn
se penetrenc pour n'en faires
qu'un seul. C'est pourquoy re---
gardant fixement cét objet éloi
gné, vostre doigt vous paroiftraè
double, & en contournant peu à J;
peu les yeux pour apporter la«
réiinion des deux Axes de la Vi- - lion sur le doigt, vous verrez 3
aussi que ses apparences s'appro- cberont - peu à peu, & enfin s'é- '.- tant comme penetrées
,
n'en fe- -
rontvoir qu'un seul.
L'expérience qui est la seule
riaiftrefle des ignorans
,
qui ne
1 euvent rien comprendre nier, ny
rvoiïer fins son secours 8c hors de
n presence,leur montre,que nous
rapportons tout ce que nous
t'oyons bien dlftlndcmentàl'Ho-
Koptere, qui efluneligne tirée par le
wintdu concours des Axes optiques,
",arA/eUrment A la ligne qui conjoin-
11roit les centres desyeux, telle est la
iigne G H 1 de la Figure III.
Un objet K mis entre les deux
Axesfera veu en deux
différents
endroits,en L&en M.
Pi Deux objets comme AT. o.mis uflîhorsderHoroptere, & hors
Hutriangledes Axes de lavifion,
::haque objet paroiftra en deux
HirFjrencsendroics, car l'objet IV
eparoiftra en P 6c j ,
6c l'objet
otpraroaifti-iareneK 8.t s,ô£ au co
.-
SisurchacunAxedelaViflO"
vous mettez un objet T. v ,
lei
deux objets ayant leurs apparat
ces peintes chacune sur le fonç
de la Retine d'un oeil, ils ne p
roiftront que comme un seul si
le point de H de l'Hoptere 0'
reiinion des Axesde la visîon.
Le P. Dechales danslefeconc
Livre deTon Optiqueen larPro
48. Problème wJÎYuwcntumconfia
re quo quæcumque de Horoptere cLÂ
cuntnrexperiri pojjimm
, mettez
plom les deux planches A B B
chacune â0 deux pieds de lônÉ
güeur, & d'un pied de largeurtn
faites plusieurs trous en différenciai
endroits, pour y planter le fiiloJ,
CM qui servira d'objet en diffe»:>
entes polirions; car il ne parle
que d'un sèul objet veu à la fois
dans le mesme temps, que les
deux Axes des deux yeux1Kcon.
courent au point F de laligne
horizontale GFH & l'Horoptcrey
& la planche BD de l'Horoptee,
donr la Planche B D estle Plan
aioli le point M fera veu es points
J & H" & paroistra double.
Le bon homme Alhazen Araoe,
dans son TheftiurmCpticoe lib.
N. 12. page- 81 de l'imprenion
lie 1572. dit.vifibile aliks unum:
dicis geminum videri, organo ojîen*
Mirur. Je l'explique & le rends inelligible
en moins de paroles.
Soit dans la Figure V. la planche
ADIS d'une coudée de longueur
, & de quatre pouces de
margeur, tracez les Diagonales
ADIS,que vous remplirez d'une
mesme couleur à huile, tracez
aussilestraverses BOCM, que
vousremplirezde différente couleur
à huile, faites l'entaile FR
pour recevoir l'élninence du nez,
fin qu'en regardant sur la planche
, les centres des prunelles
soient en FR) faites trois petites
colomnes comme dans les Figu
res 1.1. 3. de 3 lignes dediamettre
, & de deux pouces environ
de hauteur
,
peignez-en une en
bleu, l'autre en rouge, & l'autre
en jaune, faitesen la planche es
points C. O. M.T.N.F..!¿L.x.des:
trous qui fervent à y planter les
trois petites colomnes.
Plantez premièrement vos
trois colomnes dans les trous C.,
Q. M. appliquez ensuite les yeux
proches des pointsFR. Fixez la
veuë,c'est à dire, regardez attentivement
la colomne en -o. 8c
regardez ensuite tout ce qui est
sur la planche, rien ne vous paraîtra
double, parce que les trois
objets ou colomnes font sur la ligne
Horoptere c. 0. M. Regardez
ensuite fixement l'objet ou
colomne en c. ou en M. les colomnes
ne paroiftront pas dou.
bles,parce qu'elles sont toujours
sur l'Horoptere, mais la ligne N B.
l&les deuxdiametres AS. DI paroiftront
doubles.
Laissez toûjours une colomne
sur l'Horoptere en0, &plantez
leeux autres dans les trous N,
L. & regardez fixement la colomne
o. pour lors chaque co
lomne N. L. paroiftra double,
ainfïdeux en feront voir qllatreu
deux de chaque couleur, & poc
fées obliquement deux à costés
droit, & deux à cofté gauche des
la veritable ligne B. o. N. laquêl-l
le aussi paroiftra double.
Que si ayant planré vos deuxx
colonines sur une mesme Diagonale,
par exemple sur A.s.dans lese*
trousp.j^_vousregardésfixemenm
la colomne 0, les deux autres P&
vous paroiftronr doubles,canj
Ja Diagonale paroiftra en deuxx
lieux dirrerens.
Il en arrivera de mesme si vouszi
plantez vos deux colomnes danszi
les trousT.des deux-Diagonales,
elles doublerontaussi, puisai
que les Diagonales paroistront
doubles.
Que si vous mettez une des
colomnes dans le trou X,fait sur le
nord de la planche, & bien au de
:à de l'Horoptere CO M en regar.
dant fixement la colomne O ,
la
colomneX doublera,&au contraire
en regardant fixement la.
colomne plantée dans le trou X,
les deux colomnes c. O0. paroî-
::ront doubles, & la ligne C. O.
Wl. aussi
,
n'estant plus l'Horotere.
Ayant démontré que les
Lieux Axes de la vision concouranten
unmesme point d'un obet,
les objets qui ne font pas sur t'Horopfere, paroissent en deux
differents endroits, & par consequent
font veus doubles, il
s'enfuit que le Binocle faisant
concourir les deux Axes de la
vision à un mesme point de l'objet)
envoyant distinctement un
Vaisseau sur la Mer, tous les au-ru
tres Vaisséaux qui ne se trouveront
pas sur l'Horoptere paroi
stront doubles,&peu de Vain
seaux paroistrontune Armée Na-sl
vale ; jugez de la consequence
sisonusagen'est pas dangereux.
L'experience que le Binoclo
fait voir le double des Vaisseaux
sur la Mer est tres confiante. Parmy
les Sçavans quis'assembloient
les apresdisnées chez M.Justel Se-3<
cretaireduroy.M.ChibertdeMontigny,
Frere de M.l'Auditeurde
Comptes, y raconta le Samedy 30
Aoust 1681. queM.de Sauvage.y^
tres sçavant Mathématicien ôoô
Ingenieur du Roy,l'avoit .af-l*
seure que les Binocles ne POUU4
voient estre d'aucun usage sur lai
Mer, puis que M. le Maréchal
Estréevoyoit huit Navires des
ennemis avec son excellent Bi-
Iode, bien qu'à la verite,il n'yen
ont que 4. comme tous ceuxqui
voient de simples Lunettes 1'cd:'
auroient,ilajouta quele P. Chemin
demandoit400 livres vun
~nocle; mais pourquoy acheter
cherement une chose, tres ditcileàajuster
,
inutileà laplus
grande partie du monde qui ont
lesyeuxd'inégale bonté & consommation
,
& enfin qui noust'ompe
dans son usage
,
dans les
Affaires de la derniere importande
,
lors qu'il s'agit de reconnoîre
le nombre des Vaisseaux des
ennemis,
Enfin, voila tout ce que j'ay à
tire concernant les Binocles,
vec lesquels le R. P. Cherubin
voit toujours son image devant
luy, commeAïitiphcfôtt o~~w~
par la raison dont Aristote fait
mentionau Chap. 1.DeMemori
& R miniscentià. ; 6c Galien lib.1
delocis tiss,ctis Ctlf. 6. Illuy eil ar-u
rivé la mesme chose qu'au Mila-js]
nois dont parle Cardan Lib.1. aU
Subtilitatepag.34. Galeasde Rabeam,
civis nostercum jam olim inventa
Cochleam Archimedis ad elevandums
aquam, ipse QUAIFprimu*AUÎOYvellei^
existimarireperiisse, prx loetitia illl.\-
&c. C'est pourquoy il voir cou.tj'
teschoses d'une autre maniero
que les Sçavans, demesmequ'un
celebre Medecin à Dresde, donne
parle Senert lib. 1. Prax. p.
sect.2.cap. 45 lequelestantmont
sur une échelle pour prendre unu
Livre
,
çculefqtte fortiùs fursumJ*
r¡j)wneret) il vit depuis pendant
,Wois mois toutes choses en ifruation
renversée
,
&homines, ini>U- ,â in capite ambulare:aussi le R.
Cherubin asseure dans sa Diototrique
Oculaire de 1671. page
-34 ligne 2. voir les chiens courans
Surledos.Jelaisseàunautreàrépondreauxfaits
particuliers qui le
raegardçc,&quelePv.P.Cheriabia
cotte depuis la 7.lignedela 392
age,desonLivdela Contiqukêdes
X:orJH impriméen 1679. Et dans
Er Art.de la lettre H. dela Table
des Matieres des Visionsde iéSu
Nom donnerons dans le ¡r(Jchai,,-
Mercure Extraordinaire, la confira*
tlion des Lunettes polemoflopes) &-
Je toutes les Lunettes au/quelles w
employélesmiroirs*C<oMIÊkSi
DUTRAITE'
DES LUNETTES,
DEDIE' A MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE
Par M* CoMIERS d'Ambrun,
PrevotsdeTernant) profeffiur
es Mathématiques 4 Paris. NOusavons démontré dans
les deux derniers Mercures
Extraordinaires, par le temou
gnageancien Ic irréprochable
de plusieurs doctes Autheurs
François & Latins, qui ont fait
imprimer leurs Livres,plusieurs
années auparavant que leR.P.
Cherubind'Orléans
,
grand Adioptricien,
eut donné au Public ses
ParfaitesVisions des années 1677.
678. & 1681. iQue la premiere
Invention des Binocles, celoit deuë
à Daniel CHORES, qui les presensa
au Roy, & en publia la facile
construction en l'année i6iy.
Nous avons aussi demoncré que
tous les véritables Sçavans reconnoissoient
devoir l'invention
des Binocles, dont les verres
oculaires font convexes , au R.
P. Anthoine Maria de Rheita,
ce-doc'te &Religieux Capucin
Allemand, qui après avoir fait
admirer à tous les Sçavans Curiéux
le prodigieux effet de ses
Binocles, en donna en l'année
1645. la construction dans le premier
Volume de son Livre in fo-
-
lio ; intitulé Oculus ErucS & Elia.
Je veux - encores démontrer
l'Anciennetédes Binocles, par le témoignage
d'un tres sçavant Autheur
Italien, c'est le P. F. LANA
de la Compagnie de Jesus.
Voicy ses termes que j'ay tirez
de la 209 page de fou Livre infolio
, qui a pour Titre PRODROMO,
ALL' ARTE MAESTRA
imprimé in Brescia en
l'année M. DC. LXX.
Resta, dit cét Autheur
,
di dire
alcunacofa, délit Cannoebiali,*con>
i qualisityirano gl* oggetti con tutti
e due gl' Occhi che per cio adimafJd(
iamo BINOCULI. EjJendo dunque certa che quando mi miriam,
alcttn' o-ggetto con embi gl1 occhi l,
vediamo piu chiaro, Particolarmente.
in molta diflanza
,
Stquitacbeft--\
cendo noi un Cannochiale conilqua~\
le Jt pojfa rapprcfentarel'oggetto avb
tutti due gl' oahi
, non solo ci com-x
farira pia chiaro
, ma faremo men"
fatica.
Si fara dunque in questa
, o altrav
jimilforma, &c.Iverniobjcctivi^x
devono ejjere di una medefima L#fJ"-
&bez,za di diametro
, ç l'lino totale
mentesimile aU'Illtrl) ncllafia figurai
COllveffi ; fmi/mente coUocheraivicino
à gl' occhi due vettri concavité
overo due lenti, o anche fei, cerne tiew
T411nochiafj di quattro vettri
,
si chc&
Jîano DUO CANNOCHIALI INTC
UNO;ma quefit vicini a gl' êccbûù
devonoessereccllocatic&n taldijîaza^h
cbeIL CENTRO LORO CORRIS-2
FONDA"ESATTAMENTEAL CEN-fr
r&0 DELLA PUPILLA DE GL"
JCCHij ail' incontro li due vettri
b.ec-tivi devono tffire ira dise al
ju&ntopiuvicini, 0 meno,conforma
d lontananza dell' oggetto ,
che vorliamo
quardarei puiche in maggiore
Vietnam,A delT oggetto ,
ancb* tJfi:
icvono tjflre piu vicini tra di sa
lecio in tal modo i raggi vifuali
d'amhidue gl'occhi
,
paffando per li.
vettri objettivi,vadano à terminare:
nel medefieioogeetto. onde, &c..
Voila pour me servir des mefmes
termes du P. Cherubin daus-i
la 54 page de la Vision Parfairede
1678. LA veritable & unique
Cênftruttion de CoculaireBinocle.t' tous les Verres ysoient, il a oublié
de dire dans chacune des deux:
Lunettes, centralementtoujours partiellesentreux.
2. £)uilsyfoien#
centrdementptrpendicuUires 4fti
Axes.3. elis,déllX-Axes/eNI
soientréciproquement toujours centralement
perpendiculaires,à que.diftanct quepuijpseflre tl.ohje
D'où est évidentque lesVerrts immea
diatsjX veut dire les oculaires plus
proches desyeu%^eftantcentrdemet
ajustez, aux papilles- des yeux. C.
que leP. Lana dit par ces morsj
che il cento loro corn/fonda effimente
d centro délit pupille de gÊ
occhi. Reprenonstes termes
du
P. Chérubin, les Axes pénétre*
ntcejfaircment, enfnite perptndiem
Idirement,&très, direffemtnt toutk
U profondeurdes yeux , jujquesm
tomber sur lemilieu des deux letinés
sansseromprei ce qui efi t'tfill-.
ciel de la VisionpArfaite, &pdrtutM
ftquem AIIJfl delàconjkrufîh»l"r:
faite de l'oculaireBinocle. Ce que
Daniel Choyes, & leP. de Rhei_-
ta, ce sçavant & Religieux Capucin
Allemand, & Je P. Lan*
en 1670. & le P. de chales em
1674. avoient enseigné & pratiqué
en 1645. dansla construction
de leurs anciens Binocles. C'est
pourquoy M. le Marquis deSeignelay
Secretaire d'Etat, dit au
R.P; Chérubin, ce que luy mesme
a publié en Tannée16-jy*.
dans la 412 page de sa Contiquité
des Corps. Ilfaut avouer que,--
le Binocle est une belle invention;
mais franchement elle nejîpas nouuelle
; néanmoins nostre Autheur
Adioptricienajoute ,
qu'il repliqua,
qu'ilyavoit plus de vingt tms;,
qu'il avoit inventé & construit le?
Binoclt. Et n'ayant point de
preuve par témoin ny par écrit,
d'avoir inventé ou construit
quelque Binocle,il gagneroit (a.
cause s'iltrouvoit un Juge qui le
voulut croire, dajudicem qui me,
credat, & ego convincam. Maispar
malheur, il a luy mesme démenty
en l'année 1681. par termes
formels &tres décisifs le témoignage
avantageux qu'il s'étoit
donné,d'avoir inventé &
construit le Binocle vingt ans auparavant
l'année 1679. Voicy
ses termes couchez au commencement
de la 191 page de ses parfaites
Visions imprimées en 1681.
ny'ayant, dic-il,jamais paru aucun
Binoclejusques a l'impreon du LivredelaVision
Parfaite de1677. dat
lequelj'en ay donnél'invention. Ce
noj/j.m Inventeur delà vieille
invention des Binocles, fit ailleurs
une réponse autanr juste
que la précedenre. Quelqu'un
luy ayantditque M. Da/encé Secrétaire
du Roy, estant à Vifbourg
en l'année 1668. eut pendant
trois semaines
,
l'excellent
Binocle de quatorze pieds de M.
l'Electeur de Mayence, & luy
ayant de plus faitvoir sur son
Agenda, ce qu'il avoit tire du 2.
Livre Chap. 11. page 241, de M.
F.R.A.B. J^ueMejjîeursdesCoptes
neconvenoientpas dans sa Sommationdes
Tlu(tesd'Allemand> dont on
avoitbâti les Lunettes des Princes nouvellemetimpriméesàAnvers.
Il protesta
que c'estoitluyquiavoit
donné ces Binocles à des Princes
d'Allemagne, & qu'il estoit vray
qu'on luy avoit fourny de Flustes
d'Allemagne pour luy servir de
tuyaux pour chacune Lunette
du Binocle. Quelque Rieur ajouta,
qu'asseurémêt ces grandsBinoclesàFlustes
d'Allemagne,avoiée
enfanté le perit Binocle de deux
pieds de longueur, du P. Dechales-
Savoyard, & comme aussi celuy
de decemcirciterpalmorum de longueur,
dont il parle dans la 673
page du fecond Tome de son
Mundus Matkemntieut, imprimé à
Lyon en l'année 1674. Ainsices
deux Binocles étrangers sont ail
moins de vingt ans plus anciens
que la Vision Parfaite de 1677:
du P. Chérubin. C'est pourquoy
comme il est facile d'estre Prophere
des choses payées, &. Inventeur
des vieilles choses, il a eu
raison en l'année 1678. de donner
vers la fin de la 27 page de
tes Visions latinisées, cét Avis si
important au Public,Certe, ditil,
hujus Geniisumfatcor qui in pr.e.
dilyiis ac pulchris adinveniendis
simmedelcetor. En effet, y a.t.il
truUrim ? Que la transformation
en Ange de lumiere dans les Vi-
,
gnetes de ses Visions de 1677. &
de 1681. Y a-t il rien pulchriu?
que Ía Meremsicosation en teste
d'Apollon
,
dans les Culs de lampedesesVisionsde1677.
Quid
froecUriué ac pulcbrius ? que cette
belle Anagramme ou renversement
de nom autour de cette
teste creuse
,
mais Apollonifiée;
CHERV&BINWS AVRELIANENSIS.
UNA IN VERIS
HABERIS LUCENS.
Mais toute cette force d'espritn'est
rien en comparaisondes
ce qu'en l'année 1671. dans lu]
296 p. de sa Dioprrique oculaire,
il asseure avoir vû dans laLune
mais par un moyen tout particulier
jusques ici inconnu; que je firaJ
voir, aj oute-t'il, ensonlieu : ce sera
pour lors qu'il prendra ouvertement
laqualité d'Ambanadeurti
de l'Empereur dela Lune.Ce sera
pour lors que donnant laRelationn
au Public de son Voyage dans Ia,
Lune, il confirmera ce qu'il al)
dit en 1679. dans la ni page des
la Contiquité des Corps: j'ayv
trouvé, dlr-]I,_fenf,;blcmcnt, quel'a¡r,,'\
agit naturellementsportivement e.
montant, dr seulementnegativement
en descendant, ce font ses propres v.
termes, qui par leur cadences
payent leur manque de raison,
bienn
bien qu'il en ait prononcé un arrest
solemnel contre tous les veritables
Philosophes, qui ayant
la teste trop dure & bien timbrés,
ne peuvent ressentirles influences
de ce Soleil nocturne,
mysimpathiser à la legereté de
Jair. Voicy les termes de son rell: tirez du fecond Article de troisiéme page de la Préface
Eê Ces Parfaites ViJiensàQ l'année 681. Pour desabuser dit-il, le
ondepréoccupé d'une êpinion éga- nent nouvelle
,
je. maiségaUment ; de laprétenduepefauteurde
£air,quequelques Philosophesrecens
croyoient avoir tres solidement Iflfblie
parmy les Sç&vans,
La. Nature luy a de tres grandiûimes
obligations, puis qu'il
estoitleseuldansluniverscapable,
commeil diten1679. dans
la septiéme page desa Contiquité
des Corps pour démontrerlaveritécontraire.
J'avoue,dit-il, que
ce n'est pas sans un travail
,
& qui
demande mefîtoe des connoissances tres
étendues
,
& une très vivepénétration
d'esprit. Voila enpeude mots
le Panégyrique que luy mesme
fait de sonesprit,il le faut croire
sans hésiter aussi fermement que
lors que dans la399 pagedumesme
Livre, il prononce que l'oculaire
pourservir aux objets de terre, -
nedoit point excederla longueur de
dix pieds environ : Et par confequirttattjji
le Binocle ; mais pour les.
tû9jits du*font, ajoûtet'il,
édtlinz., par eux mt/mes, c'estàdire,
ajoute-t'il encores, qui sont lumineux
: le Binoclepeut estre tant l()ng
que Con voudra. Philosophes &
A stronomes que je vousplains!
d'avoir creu que les objets du
Ciel, ces Planettes que vous observez
avec tant de vigilance &
de précaution avec vos simples
Telescopes
,
& non pas avec des
Binocles, n'avoient qu'une lumiere
empruntéedu Soleil, apprenez
enfin que cét Autheur
ayant faitenfin son vôyage d<ins
la Lune, à reconnu en observant
les objets du Ciel avec des Binocles,
que laLune, Mercure, Jupiter
&. ses quatre Satellites
, Saturne
son Anneau, &' ses sept Lunes,
font commeil asseure
,
éclai-
TrZo par eux mesmes,c'est à dire qu'ils
sont lumineux.
Voila le fruit & les découvertesque
l'Aucheur des Visions a
fait avec les Binocles de quoy il
doit se contenter, car pouravoir
continué à crier pour l'invention
des Binocles, comme les Fauxperdeurs
de cognées à Jupiter, il
luyest arrivé lamesme cho[e,&.
ses Amis luy ont conseillé de de-.
mander plutost à Jupiter comme;
les AberReids;la reftitutio* de son
premierbony£/?.f,commeadit M.F..
R. au Prologue de son quatrièmes
Livre page239.« Du Paraleliijhte de l'Axe des
deux Lunettes du Binocle
TekJèopique.,
,
pique.,
Nous avons dit dans le derniers
Mercure, que laconstruction diuj
Binocle pour voir les objets cloi—
gnez ;
estoit fort facile, puis qu'il
lutEr de mettre paralellement sunt
un mesme plan deux LunetCe
en tout semblables
,
& d'égale
forcé & longueur, & que leurs
Axes estent paralelles ne soient
éloignez l'un de l'autre, que de
la distance qu'il y a entre les centresde
deux prunelles
,
laquelle
n'est ordinairement que de deux
pouces & demy au plus, lors
mesmeque les
-
yeux font dans la
situation pour voir les objets
Rlffi éloignez que les Astres de
l'immobile Firmament, il s'agit
doncdedemontrerle paralellismePhysique
des Axes (lesdeux,
Lunettes du Binocle,mesme
JOur les objets terrestres fort
:loignez,-
Tous les Sçavans reçoivent
Axiome qui est en l'Article
IVÏI page 21 ,de la Dioptrique
le Keppeler de l'impression de
( - 7 ]61I.Áx-es fer centra, Pupilloe^C2"
humomm-oculorum tranfeuntes natu
rali motuvel poiitu quiete ,paraieUt
funt, volanttrie vero conterqneturad)
propinquacomemplanda.
Vopiscus Fortunatus Plein,
pius Medecin d'Amfteldam
, a,
parlé comme Keppler. Voicy
ces irermes tirez de la.97,Page du -
Lib. 3. càf.^.vde fcm
grdpbiti de l'année 16yy. car aise--
moto oculedurfimid*deamdcmpar-\
tcm '"zoveatur répond. ZJt,
direéta in unum idemquc pun-Bum
dmborumLuminumacie
,
idemobjeffum
utrumquc oculum uno rempote
ftmiléraJiorum infltxioneingrediatur,
quo unaelhitur diflinBa.vJJto
aïque acuratn dignotio, & au Livre
4 Problème LV. page 176 il
ajoute,Vtfn4 ad multumpropinqm
dgrius id efilaboriofius& molejiius
dr dolcntiusrefpicit quant ad rcmctiora
, parce que, in vifione rtrum
fropinquarum contorqutri
,
feu adJe
invicim mnuèreoculos
,
értantomagis
contorqueri quanto res visa provins
vifîtm confifiit: In vifione -dutem
objeciorum longinquorum eculos
Uneri paralellos; at situs hic oculorum
paraieIIus naturalis 11
, quetn
Jpontesuarepetuntoculi vi mufculorum
aliorsum non difiracii. Vndè
in meditabundis eo quodhimufiulos
oculorum rimittant,qito minusad res
proximas contorqucantur ,
recurrunt
ipsiad istum paraitHum : qua nota,
voicy qui est digne de remarque,
exflatici isis facile dignofeuntur ab
omnibus, &sianon cmnibm, not*
ratio intelligatur. Contorfio nonnisi
rnufçulorum ope Uboriose pfrficitur:
quare flquituream fatigatioj &quo 4
major fucritilla contortio
,
eo major i
fatigatio ac lalor. Deprchendimw t
autem non camdem omnibu* incjfc ;
eculos contrahendi facultatem
,
fid
quibusdam longilrem
,
aliii breviorem
terminnm à natura pojïtumesse,
quo propimadducercoculosnequeunt
prout feiliect Ad TlJdgisvtlmin#s
propinqua vifionemfe affue fecerint.
C'est - pourquoy il y a plus de
trente années que j'ay déclaré le
Binocle miscroscopique, sinon
inutile du moins d'un usage tres
penible & fatigant à bien des
gens, qui ne peuvent qu'avec
grande violence contourner sussisamment
les yeux pourvoir un
objet fort proche; mais le P Chérubin
par certaine Antipatie qui
estentre iuyôc lebon sens, a dit
;-n iéSi. dans la 1 page de les Vivions
, JVuc tout les mouvcwènsdes
:dcux yeux conjointementr se fai-
Soient avec une Ji douce activité*
toujours accompagnée de sa délectation
& duplaisir
,
quilsparoissent
infatigables en leurs actions.
Reuenons au paralellis--me de
l'Axedes deux Lunettes du Binocle
Telescopique, pour voir en
mesme temps des deux yeux les
objets qui sont cres éloignez.
Pousledct-nontrerje poiede faits
rnconteftables.
1. Le P. de Chales, après Alazen,
Vtellion 5c plusieurs
autres Autheurstant anciens que
Modernes, avoit démontré en
l'année 1674. depuisla 381 page
de son Mundm Maïkmaticu*<^uc
Axes optici concurrunt inunumidem
punctum
,
le P. Cherubin ayann
étudié, cét Autheur en a voulu!
en 1677. & 1681. regalerles ignoo
rans, ce qu'il a fait par un excella
lent verbiage &ennuyanre Mac
rologiedans ses Visions pdrfai.i;
tes, où le concours des deux À.f"
xes de la Vision en un seul poinin
de l'obj et.
20. Le R. P. Chérubindanin
ses Visions Latinisées 5c augmentéesen
l'aimée 1678. parle en cerj
ternies dans la 66 p ig Totalem Si.\i
vmuli fieflri cxhrfarcmînbum trirtms
dintaxat icd/un, qtiotf.1licet
ccoumlihmuidjuiosrtiistbmejp v(Jl/Ji, qui ufk&\
,
& nibil hominùs a&x
ttrrcftriaJingulanscjfeffu-4forets
r^rro,ajoute-t'll,Binoculumhnn&\
très,tantum peds longum,etiam dj-\
Jiificiu'm adfexleucarum inîcYVùl2\\
lun; objaftlm prxbcrc, curisus 'l'Û-:
[";etartyre poterit experiri.
Supposons que nostre Au-
Ihcur ait la veuë aussi force, que
l'ay euë autrefois, qui voyois
,lif1:iLlél:emnt les objets colorez
wC bien éclairez, à la distance de
deux cens cinquante pas Geonetriques
qui valentdeux stades
iilc 615 pieds chacune. Voyez.
wlineffifi. Nat. lib.2. cap. 234 Supposons encores quenostre
grand Autheur Adioptricienparf.;
juste
,
lors qu'il asseure qu'arec
son Binocle de trois pieds de
Sftngueur,il voyoitdistinctement
ses objets qui font éloignez de six
euës. Voila un Binocle excelsentissime
poursa petite taillé,&c.
dont la gloire en reviendra toû-
M)-.îrs toute, entiere au Maistre
lunetier-, puis que le R.: P. Cherubinn'ajamais
fait dtEtiJY
, ny
travaille aucun des Verres, 1
vray que par sa Lettre écrite du
Convent de Saint Honoré à Pa
ris cUttée du 2. Décembre 1676
&-adressee à M. gmrrchu M.:i:,:
treMiroëtier& Lunetier,aux
deux Croissans d'argent sur le
Quay de l'Horloge, qu'il a miau
nombre des minutes de M. le
Franc le jeune Notaire Royall
par Acte dedépostdu 17. Janvier
1*678. Je P. Cherubin parleau
SieurQuerrreau en ces termes
Lundy Sa Majejfe me commanda 4
luy faire un.Binocle ,jt me feron
trouvétnpeintdeflttisfaire au corm
mandement- de saMajeÏÏe,.J-IlJ-""
plus de vingt ans quefay defefté tl1
travailler, au Verre*'Mais je me ftù
fouiâgé fefprit aufîtjet de ce travail
fer Pefttme queje fais du vofrr,,
ysipourquoyje vous prie de me faim t grace de mefairedesVerrespour
monter lesoculaires que le Roy desire
tueje luy fissi
,
qui font un oculaire
Winocle, dr un Autre pour Mffigner,
Semblable à celuy que je vousfis faire
fl.le Nonce Bargellini
, pour mettre
r la Machine à dejfmerdeloin,je
mus prie de voussouvenir que c'est
Jour le Boy, t? en cette consideration -- Hy apportertout lefoin&exactitude
wjjikle, vous en aurez de l'honneur,
vutre que, drc.
Cette Machine à dessiner de
de loin est mon Telesgraphe, qu'il
déguisa pour s'en dire l'inventeur
,
mais ille rendit irregulier
g&c sesopérations fausses
, par la
taillie qu'il donna à l'index,&
n'en ayant pû reconnoiflre la
fausseté
,
il en sir en l'année1677.
dans la 144 page de les Vision
parfaites
, un grand prelcnÇ.Ali,
Personnes que leurs Chargesexpi
sentperilleusiment dans les Armée.
Et deplus, a-t'il ajoute dans f.
187 page de ses Visions de 1681
Aux Ingénieurs dans les Armées,
centretirer &" dessiner les dehor
des Places, mefmcr ajjiegée
hors de la portée du Canon. Cette
invention est autant admirable
& utile que celle dont M.F
RAB. fait mention, dans sou
quatriéme Livre ChapitreLXIII
Comment Gajhrmvehivit art ck
moyen denon estreblissénytouchépaq
Coups de Canon.
- Il ne reste plusqu'àconsideres:
dans l'excellent effet de ce BiJ
nocle, duquel a parlé leR. P.'
Cherubin, que lajufte proporion
des Verres, & leurjufte arcengementdanschacune
Lunet- te.NostreCommissionnairedes
Binocles n'en doit encore tirer
aucune vaine gloire, puis qu'il
appris le tout de moy , en voicy
ses preuves incontestables.
Dans mon Livre de la nouvelle
ience de la Nature & Presage des
demettes ,
imprimé à Lyon en
année 1665. est mon Traité sucint,
de la PFon de faireles grands
dunettes a, trois.¿&.. à quatre Verres
convexes, je me fuis servy des ternnes
suivans dans la 486 page
Articlevu. Ftlú qu'unVerreecusaire
tant pins il est d'un moindre
wjcr, tantplusil agrandit lu objets
un les rendant en échangeplustrou-
Mes ; ilfaut gardercertaine proportion
entre les longueurs des foyersdes
Verres, laquelleproportion neconjiflh
icy enrigueur &précifionMathemax*
tique
,
puis quelle commence d'iftnv
bonnedepuM unjusquesà ;f.& 40, A
Foctu du Verreoculaireétaïd'unpou«
ce y
le foyerdu Verreobsessifdoiteflrrï
depuis36jufques.kquarantepouces.
Le P. Chérubin dans les Vi-i"
fions parfaites de 1677. Page140A
a parlé en ces termes. Pourmon-*
ter L'oculaire de quatre Verres con-u
vexes, qui redresse excellemment
l'espece très augmentée & tres diftimK
ÏÏe,pourfervir aux objets de la, terrey
il faut remarquer que les trou der.
niers Verres doivent estre de petit."
SSppbhecre,ccoommparez, au Verre objc£lif\\
aufquclsils doiventservir: ils peu-*
vent bien eflre tous trois égaux,db
fifre en proportion avec leur objctlif\:
emme 1. à sf. 38. ou 40. au ïluam
il ajoute du si-rn ,ces mots, au
plia, ce qui est tres faux; car, par
exple,un Verre objectif de mille
pieds de longueur de foyer, &.
qui a 21 pouce de diamettre en sa
surface, que nostre bon Amy M.
Hotsoker a travailléil luy faudroit
un Oculaire de 27
pieds &
neuf pouces, pour estre avec son
àobjectif en meim* raison comme 36
, ou du moins illuy faudroitun
Oculaire de 15 pieds, pour
il
estreà son objectifcomme 1 à 40,
ainsi cette prodigieuse Lunette
n'augmenteroit que quarante'
fois l'apparition naturelledel'ob- jet, & n'auroic par dessus ma
Lunette de poche
,
dont l'objectifàun
pouce d'ouverture,augtreavantage
quede me Lirevoirun
objet 411 foisplusclair, c cil:
à dire, autantdefois que la furfa^;
ce del'onverturedwt'objjéHfd«t
ma petite Lunette, est contenuë
dus la surface de 21 pouce d'ouverture
de ce grand objectif.
Il reste à examiner si le P. Che-3
ruban a trouvé ou donné quelque
chose du sien
, concernant l'arrengement
desVerres convexe
dans les Lunettes.
En l'année 1665. dans la 497
page de mon Livre de la nouvcUo\
Sc'tnce de la Nature d* Fnfige dù&
Cnna/es" je donnay l'arrangement
des quatre Verres en cea^
termes ,
Toute la perfection de nosv*
grandes Lunettes, consisteen quatre
Verres,&c. Ayant vos quatre Ver—*\
res, fin objectif, trois oculaires
-qu,,-ts oculaires peuventeflretoustroislw
cPunmcjme Ftlçm, pour les logent
dans un Tube en
deue distance,puis
qui'ls ne font que deux Lunettes a
partquircnvirfcut les objets
, T<?M
mettrez lapetite Lunette
,
qui efteomposée
de deux derniers Foresoculaires
, au bout de l'autre Lunette ,
qui
est plus longue
, pour estre composée
dungrandohjecîtf& a'unoculaire,
0 & él()inez.en ^euapeu la petiteLunette,
jusques
atant
que njout voyez,
lesebtetstrèsdiftinciefhent.
En l'année 1678. le P. Cherubin
dans ses Visions latinisées, &
augmentées dans la 141dit, Jd•
construendum quatuor vitris conve- xisocularedioptricum,animadvertendumesttria
postrema vitrasuoobjeefivoxemparata
;pari/queinterfefacuitutissimulcum
-ejfiEfti ejje
posse,suo videlicet objectivo,utfsnt5
comme j'avois dit en l'année
iGGyJtcat i.ad36.vel 37.38.&c.r
ufcjucJummum40cjfvdendo.Voiiala
me(me erreur, ufyucfummum
40 que nous avons remarquéjçydessus.
Il pourfuic pour l'arrengement
certèpofuivefacilitts cornsoussi
can/îi ejfirie¡¡dUl/J. est
, M fecuïidum
viirum convexum cum pri.
mo objectum, il oublie de dire bien
éclairé 6ctres éloigné) difltnftif-
Jime invetftmreddatr, demum hoc
idemtertium, cumpreccdente secundo
; cfu&rtttm dénique cumprecedente
tertio
, tôt quasi jingNlis horum vu
trorum combinationibus pArticulàrÏA
nimirum ocu/dritl objcffttmnitidijjlmeinverjum
proejiantia comportendoy
.f<!!£ tandem simulconjttnÏÏÂ Prd-
Jlantijjiwum constituentOculare Dioptricum
dUabuseverjïonibus oculo
eiettum prabens objcéfum. Ildevoit
ajouter que les trois oculaires ne
doivent plus changer entr'eux, &
que pour cela on les peut mettre
dans un seul tuyau. Mais il faut
que la Lunette des deuxderniers
oculaires, ait esté faite en regardantun
objet tres eloigné ,c'eil:"
pourquoy le plus ~sur est de les
mettre à la c\ifiarJce de leurs foyers
- solaires. -
Enfin le P. Cherubin n'a rien
contribué aux Binocles. Leur invention
& leur usage est d'une
ancienneté au de là du jour de sa
Baiuance. Il n'a jamais construit
lestuyaux
, ny travaillé les Verres
, & leur proportion & leur arrangement
n'est pas de luy
, en
ayant presquedemotà rpot emprunté
ce que j'en avois dit en
1665.
DïtnonftrationduPuralcllifme
*
des Axes des deux Lunettes du -
BinocleTcLcfeofique.. sUpposons quele Binocle qui
n'a quetroispieds delongueur
,
fasse voir distinctement
un objetéloignéde six: lieuës,
comme le R; P. Cherubin Tailèuredansla
66 page deses Visions
augmentées& latinisées en l'année1678.
jedémontre queladistance
qui est entre les centres
des deux Verres objeél.i.fs de ce
Binocle, estphisiquementég.alçr
à la distance qui est entre les centres
des deux Verres oculaires
immediats, c'est à dire plus proches
des yeiix ,
puis que la distance
d'entre les centres de ces.
erres n'est pas plus grande que
distance d'entre les centres des
rerres objectifs, d'une partie
es 1730.d'uneligne. Voyez 14 igl#re premiere.
1°. La distance A B d'entre les
centres des deux prunel les, A &
~se des J cux du P. Chérubinn'est
auplus que de30 puisque
luy mesmedans la 136 pagede ses
Visionsde1681. dit, ladistancedes
centradespupilles de mes yeux est de
eux pouces cinq'lignes environ
,
&
u'il ajoûte dans la deuxiéme des
pagecottées 2t7.e lA distance
Misi trouve plus ordinairement entre
les centres des ouvertures desyeux,
comme £expérience me l'a fait connoistre
dansles meilleures veuës, DId'environ
deux pouces & demy.
2°. La distance d'entre les centres
des deux prunelles,efl: tOU1
jours plus grande que ladistance
d'entre les centres des Verres
oculaires, mesme des immédiats;
mais puis que nostre Adioptrieien
& Ageomerre
,
les a proponcées
égales dans la zos page
de ses Visions de 1681. Suppôt
sonslà égale, 6c disonspour luy
complaire , que la distance des
Verres immediats estde trente lu-i
gnes.
3:\ Il faut détermine-renlig-nes
la distance ou longueur deliaKi
lieuës. Bienquedansla195 page
du XXVII. Tome du Mercure
Extraordinaire, Quartier de Juillet
1684. au sujet du NivelâncnQt
pour la conduite des eaux , j'ayyj
donné 57100Toises du Châtelet
à chacun degré d'uir^randGer-o
~elol
pie de la terre où elleest moyenpement
élevée,puis que par tout
superficie n'est pas également
éloignée de son centre,ce que le
cpohuisrisqudeems eRntivieres demontrent
; neanmoins dans
rerre rencontre, je veux bien ne
donner au x environs de Paris que
~7060 toises à chacun degré, lui.
vant le calcul de Messieurs de
VAcademie Royale des Sciences,
?0 puis qu'un degré terrestre con-
:riet suivant ces Me ssieurs25lieuës
xommunes de France, chaque
îllieuë ne contient que 2282 toises
h pieds 4 pouces, 9 lignes & trois
cinquiémes d'une ligner C'est
Ipourq uoy chaque lieuë commume
de France, ne contient en
llongueur que 1971993 lignes &
dtrois cinquiémes de ligne, lefquelles
estantmultipliées parsixx
le nombre des lieuës, à la distan
ce desquelles le P. Cherubinau
lieu fus cotté de sa Visiõ latiniséo
en1678. dit que sonBinocle longr
feulement de trois pieds ou 43:^
lignes,faisoitvoir l'objet distincte
ment: vous aurez dans la Fig. J.\
N~11831961 lignes & trois cinquiémes
pourladistance dumilieu
d'entre ces deux yeuxàl'objet.
Et AB la distance d'entre Jeso
centres des prunelles des yeuxdu
P. Cherubin,n'est pas de 30 lignes
, comme il dit luy mesme
dansla136 pagedeses Visionsde
1681. Sippofons là néanmoins»]
estre de trente lignes, qui eM
deuxpouces ÔC demy
,
puis que
dans la page 117 ,
il la dit relief
dans les meilleures veuës
, 6e~
'ayans point égard que le conournement
des yeux vers cét
objet diminüe cette distance, i:nfm pour donner tout l'avantage
ossibleau P. Cherubin, fuppoons
A B 30 lignes.
Donc A B est la baze d'un
riangle Isocelle A + B : & ne
orenant pour N que 11831961
iignes,pour femidiamettre d'un
Cercle la circonference fera
74341410, & comme A B est un
les 2478080 costez du Poligone
gulier inscriptible l'âgle A B
JIU sommet du triangle isoscelle,
quiestauCentredu Cercle n'est
quela 6883 partied'un degré, & ar côsequét insensible. Donc les xes des deux lunettes de ce Binocle,
qui font les deux costez du
riangleisoscelle A tjfB sont paralelles.
Ce calcul desabuser
ceux qui ont creu pouvoir cond
noistre ladistance des objets ~pq
la difference de l'inclinaison dob
Axes des deux Lunettes du B
nocle.
Je veux icy rendre encores l
démonstration plus évidente db
paralellisme phisique
,
des Axo
des deux Lunettesdu Binocle db
trois pieds de longueur du Fl
Cherubin,disposé pour voir dib
stinctement comme il dit un ob
jetéloigné de sixlieuës, suppo
sâtmesme seslunettesdu Binoclb
tant soit peu plus longues que db
trois pieds, en sorte que la ligne
jyF foit precisément de 3 pied
ou 431lignes.
Donc NIoIl831961lignes
NF 432=F~ H&3T529lignes.,?:
I Donc par la 4. prop. du VI. Euchdei'
N.NA:: t F.FC
Lf. lignes plus 11825481 parties
l'une ligne partagée en 11831961
arties égales.
Mais FC =FD,tlkFC
FD =CD. Donc CDdu
allce descentres des Verres objectifs
est 19 lignes plus 11819001
parties d'une ligne divisëe en
^831961 parties égales; mais la
iftèrence des termes de cette
fraction qui font nombres premiers
entr'eux, est 12960, & cette
différenceestcontenue 912
fois -t 11441de11960. dans le
eénominatlur. Tellement qu'il
De s'en manque pasla913partie
d'une ligne, que ladisdtancedes
centres C & D des Verres objectifs,
ne foit égale à la distance
A B des centres des prunelMl
par le/quels passent les des!
rayons principaux, Axes de 3
Vision du point de l'objet t a£
quel concourent les Axes db
deux Lunettes du Binocle. LJ
Machinesdonneront-elles cetr
precision ? Bien plus elleest inn
possibleaux Binocles du P. Chor
rubin, puis que luy mesme en
marge de sa 206 page de ses VI'
fions de 1681. dit, !f!.!!,e les deit*
tuyaux des deux oculaires du Binées
doivent estreun peu vagues les im
sur lesautres.S'ilsfontvagues of
est la precision qu'il a voulu cltrt
sinecessaire ? La nature ne laiss
pas de faire ses fondions sans le'
precisionsMathématiques, par.
ce que ses organes font phifi
ques,jeveuxdire matériels
,
rayque dans l'usage des Lunetés
estant allongées, suivant qu'il
strequis pour bien voir un ob t, on peut l'alonger ou racourir
unpeu ,
sans que l'on recoii.-
loilTede la differenceà la visîon,
i raison en est, que les rayons se
eiiniflanf pour formerles piaeaux
optiques, ils se croisent si
orten biaisant, que leur interfe-
Uon a de l'ccenduëphiuque.
Je veux encores établir icyla.
qantitédel'angle, que les Axes
esdeux Lunettes de ce Binocle
e trois pieds, forment, par leur
oncours à un point de l'objet
loi-gnédesixlieues.Voicyl'A- alogie.
Comme N 11831961.
Està N A 15.
Ainsi~*Nfiiius total10000000
Fft à N A Tangente n—H-
-801^-4^8 fraction à negliger
11831961
6c dautant que la Tangente d'une
minute eil 2909. & qu'une minute
= 3600 minutes tierces, fautes
cette Analogie.
Donc 1agleN«2?Aetf14m.tierces
plus la fraction.
Maisl'angleNA =l'angle N
B'.
Donc l'angle AtD n'estque de
29 tierces & une fraction
,
dont
l'Angle A i' B que les Axes
des deux Lunettes font au point
duconcours,c stinsensible. Donc
les Axes des deux Lunettes de ce
Bmociefont phisiquement para.
selles,cfhnc ajustées pour voir
un objet qui n'est éloigné que de
fn lieuës, combien à plus sorte
raison feront encore phisiquement
plus paralelles les Lunettes
d'un Binocle poutvoir les Astres,
tel qu'estoit celuy du P. Rheira.
Que P. Cherubin sans penser à la
consequence
, a avoüé estre
Inventeur &. Publicateur depuis.
1-année1645.Binocles à lunettes
composées de Verres convexes,
mais enmefme temps il a
vouJu ternir lareputationde l'excellencedes
anciens Binocles de
ce P. Rheita^&voicicomment,/!?
P.-Rbeita
,
dit-il dans la 47 page'
daf--sVisions de l'année 1.677.se
contentoitdefairevoiravec son Bi--
nocle tellementquemlment des deux
yeux quelques objets du Ciel,comme
la Lune parunefeuleinversiond'Ef
pe.
Pour épuisercette matiere du
paralellifme des Axes des deux
lunettes des Binocles Telescopiques,
je remarque.
Primo que Daniel Chores qui en
l'année1615. presenta aa Roy
Loüis XIII. ses Binocles, & en
publia la construction
, a esté
grand Ingenieur, Geometre,Ma.
chiniste & le plus estimé des
Ouvriers pour le travail des Verres
de lunettes, qu'il faisoit de
toute longueur. Néanmoins le
P. Chérubin, dans la 196 page de
ses Visions de l'année 1681. dit
hardiment,JZuechores faisoit des
Lunettes
,
qui n'ont jamais excedé
deux ou troispouces de longueur comme
elles sont dépeintes en si figure,
quand on luy permetrroit de con.
clurre que les lunettes de Chores
-
Õnt: il composoit ces Binocles
n'eussent que la longueur des Figures
qu'il en a donné, il auroit
toujours-parlé contre la vcriré)
puis qu'une des Figures de Chores
a beaucoup plus de trois pouces
de longueurle Binocle
qu'il monta en argent pour Mr
de Monmaur Maistre des Reguestes,
que j'ay montré & fait experimenrer
leur excellent effet
par plusieurs Sçavans, ont plus
de neuf pouces delongeur.
Secundo, Je fais remarquer que,
cbms dans son imprimé concernant
lafacileconftru&ion de son
Binocle Telescopique pour voir
les objets éloignez, que vous
trouverez au long avec ses Fig.
dans le XXIX. Tome du Mercure
Extraordinaire, parloit en
ces termes. Ces deux Lunettes d()t'
vent eflre fardeliesentreelles, PO(
un$bjet éloigné de plus de centP(
tantloinpuiffe-tilefire.• [
Le P. Chérubin a voulu faim.
acroiré à ces Lecteurs, que le/ai
Binocles de choresn'excedoienn
pas la longueur de trois pouceszo
bLà ce faux allégué ,il en ajoûteii
unautredans le cinquième Arti-iî
de de la Letrre A, dans les Ta..£'
bles des Matieres de ses Visioonn
de l'année 1681. & l'experience,
dit h,faitvoir qu'ellesfonttoujours:
un anglefcnfible peur en voiries ofc\
jets les plus éloignez: que l'on en ptlA
si voir. Il m'est facile de démen-r
tir par le calcul l'exp,::r-jenco'
qu'il a controuvé, pour tâchera
d'avilir la bonté des Binocles deo
Ghorez. 4
SUPPofOL.par complaisance
Pour le P. Chérubin, que les Binocles
de Chorez n'eussent que
[.pouces ou 36 lignes de longueur
,
& que les deux lunettes
manrajufiées
pour bien voir un Sbjet feulemét éloigné de cet pas
-E=500 piedszz6 000 pouces ta-
71000 lignes, & pour mettretout
l'avantage dans le parry du Pere
Chérubin,'supposonsencor que
nonobstant le contournement
des yeux, necessaire pour faire.
concourir les deux Axes de la
Vilion àunmême point de l'objet
éloigné de 72,000 fig. la diflance
des centres des prunelles foit en- orde deux pouces & demy ':=,
30 lignes.
-
Vous aurez dans la Figure
II. le triangle ifofcelle Atys
faites cette Analogie.
Cemme rS? N 72000 -EfiaN A -. iy.
AinîlfbV-ftnMtotal 10000000
Ejia1YATangentc 2083
plus un tiers,
&dautantquela Tangent d'une
minuteest2909, & qu'une pre-,^
miere minute =60 secondes,~faites
cette Analogie.
2909. 60. m.s. :: 2083 H- un
tiers. 42. m. s. & une fraction;
mais l'angle N+ A = iV«î»2?..?
Donc tout l'angle A i' B n'est
pas une minute &26 secondes..
Par quelinstrument, &par quelle
experience nostre Adioptricien rj
& grand A geometre a-t'il veu
qu'un angle d'une minute 8c 26
secondes soit sensible?
Pour connoistregeometriquement
la distance C D d'entre les x
entres des Verres objectifs, des
~eux Lunettes de ce mesme Bi-
~ncle de trois pouces de longueur
,
disposé pour bien voir
~objet téloigné de cent pas ou
"1000 lignes,supposant mesme
que nonobstant le contourne-
~ment des yeux, les centres des
orunelles fussent éloignez de
lieux pouces&demy :;= 30 Ii.;ncs
~aites cette Analogie.
N. 72000 lignes. NA 15::
mais N -NF36 ::::l' F.
71964. FC 14 lignes 397quatre
centièmes.
MaisFD ==Fc. DoncCD
..9lig.—H 394 quatre centièmes,
mais la différence des termes de
cette fraction est 6, que le dénominateur
contient 66 fois 8t deux
hwierSjii ne s'en faut donc pas la 66
partied'une ligne, que la distanceCDdescetresdes
Verres obectifs,
ne foit aussi grande que I)
distance AJJ des centres des Pru-u
nelles. Donc les deux IlJnc[[e:
de ce Binocle feront phisique.
ment parelelles.Voustrouverez
le mesme paralellisme des deux
lunettes des Binocles les plulongs,
lors qu'ils feront en états
defaire voir un obj et tres éloigné
à proportion de leur longueur
,& enfin ce paralellisme
phisique seroit encore plus ap-q
prochant du geometrique dama
les BinoclesAstropiques.
Enfin il faut conclurre que lôlj
P. Cherubin en écrivant tant dôl]
Volumes de Visions qu'il a reill-q
ply de tantd'articlesatrabilieres
qu'on peut dire comme Senemehb.
i. de Clementia 5. Muliebre
furere in iras. Quecet Aueur
si Religieux avoirignoré ce
~uedit Saint Jerôme, sur le pre-
~ierChapitre du PropheteDa-
Siéjuûadnj'erfw Mathematis.
vclitfcriltrt imfttrhw Mathe-
Atts, Rijuifatcbit, ce quiestmes- erapporté dans le Canon
, Qui li. dict. dïft. XXXVII. ç'e£l::
~ourquoy pourmeservirdes téres
de M. de Balzac dans sa 26
ttre à Hidafpe, Je -pietofine
~u'on permette de violer impuncrtiint*
=rj Veritez*mathzmaiiques-,dontkvulgairene,
se devroit non plus aï--
%YO.,bcr
, lite du gouvernement des
Mats&dzstifyfteres de la Religicnr>
estimebicnflm,ajoute-t3rlJeef~<
desChartreux que les Vificns de;'
T.tAu(bmrAdioptricien-.
DeCInutilité& dangereuxZJ/age^
des Binocles. pEndant les deux ou trois
nées que jem'amusayà tras*
vailler au Journal des Sçavant
je dis dans le XXXIII. Journ~
du Lundy 20 Décembre 1677.
la page 249. Que le P. Cher
bin donnoitunnouveau jourauBinocle
oculaire, ou double tJncttc, a(lÍÍ\1)
le P. Rheitha avoit parléamplemens
en l'année1645. dans son Livre 00 culusENOCH ELIÆ, 63
j'ajoûtay, dans la page 250.
toutes ces difficultés en avoient faàtl
négliger l'usage
, ce que l'experience
moderne prouve encoreîo
puis que le Sçavans n'ont jann,,ii
regardé le Binocle comme un
hose utile. C'est pourquoy ,
le
çavant A stronome M. Heve-
ILtS de Danzic
,
dans la 25page
le la Selenographie imprimée en
1647. dit minimeproestantissimum
d, Cttjll u/ùs adifficultatibus mamis
dependet
,
& ajoûte dans la
page 53 en parlant des Binocles.
Voh estquidoculo Enochiano,tantum
ribuat, & M. l'EvesqueCaramuel
Lobkouvitzius dans la p. 1603 de
on Mathesis Nova imprimé Cam-
~anioe en l'année 1670. parlant de
ces lunettes, ditlongaexperientia
didici, in omni genere, non esseproetantissima,
quorum usus à difficultaibusmagnis
dependent. Ceux qui
Dnc des Binocles le reconnossent
par leur propreexperience.
J'ajoûte, Que l'usage des Binocles
suppose deux yeux également
bons bien conformés, Mali
le nombre de tels yeux est très
petit, & mesmetresrare, un ch.J
cun pourra examiner les siens
en la maniere suivante, que je tire
du Giornale Romano de LettcrAI).
di 29. Gennarioenl'Article
ob/crvariene del Sig. Gio. Alfonsi
BoriUiNeapelitano,intorne 484 vir
tuinequalc d'egliocchi. Si sambu
co rotondo,riclia fi/st(Irad'macamera
chinfa daper tuito ,
o si pone Nlt.'
pallay baie, nerapcndtntc net mlZ..
d'unafneliraaperta ,
la qudie passi
l'occhio dero ,
Jiriquardi ber coll'occhto dejlro hA
h"
colJîiriflroy-e parangonatej compas
rez, insieme que/te vedate si trovt ejftrnetabilmcnndiversa.fïmagin*
perche Cocchiê sinistro vtde le cosipià
grande, e plu diBinfe, -che il defin
the rapprefcrttaunimagine cm c-ert.
hltdtura atmnp. Cette inégalidevision
en la grandeur, bL
~n la distinction de l'apparence
~el'objet
,
vient de la disparité
esyeux, puisqu'unmesme objet
~tant veu conjointement de
eux yeux , l'apparence n'est pas
~distincte, & qu'estant regardé
~successivement d'un oeilseul, &
ouis de l'autre
,
l'apparence du - mesme objet fera inégale,ce qui
arriveou par la differente ouverture
desprunelles, ou par les differentes
convexitez de ses humeurs
cristallines, ou par leur dif-
&r£ntcioignement de la Retine.
C'est pourquov^Egnatiopanùen
J:s Commetaires sur le Due Regole
Wfelta Prospettivepratica di M. Jacomo
Barrozzi da vignola imprimé
~n folioà Romeen l'année 15S5/
dit dansla page54 Chevolendo
mirareuna cosasquisitamente, la miriamo
con un fil, occhio
, per che cio
lo facciamo per eslcuere ogn* altro
objetto ~& vederesolamente quella co- sa
,
che mi intendiamo di mirare ; il
che molto meglio opéra cm una foU
piramidevifuale che con due. Voila
un Arrest solemnel prononcé à
Rome depuis plus de cent ans
contre les Binocles.
M. Gassendi Prevost de l'Egli
se Collégiale de Digne, & Professeurdes
Mathématiques à Paris
, avoit experimenré cette différente
force des deux yeux.
Voicy comme il en parle dans son
Livre de Apparente Magnitadine
Solishorizontalis en sa 2. Lettre
ad Ferumatum Licetum N. 7. Possum
ipîe dit-il, cette de me ,
oculisque
uàtefiari, qui dcxtro oculo res video
onnibil quidcm obfcuraiiores,fed
majores tamen , qitamsinistro, quinlâ
prexime magnitudinis parte. ./od casu d(?num adverti, cùm in
mrttm wtuens,sacroque oeuliJiniflri
v.onfrtffu, dcxtro legens ebaracieres
ideprebendi jcnjihilttermajores,
fjuàm visi moxfuijftnt,&il ajoute,
\(îniftro(ego oculo quo charafferesminiores
quiaem, fcdelariùJ ramen intfucor
i dextro otulo neque magnitudi-
,nt.(, uique obfeuriiatà
,
1) quicquam ad- cùm "f.)/o atiiwt opéra data
Mcxtro oculo legire
,
tumwutari iliiuo
fîtnmjubfuhuquodam(entio>aetum
mequepayviiatem , neque titi; itatem
ttff!ia confuete, ccq ue l'sfïîdu travail
&àobserver lesasiresd'un ieul roiJ,
Uuy avoir causé,ajnG cette gran-
)d<: difficulté du contoumement
des Axes de ses yeux, ne pouvoit,
l'attribuer qu'à la très grande diih
parité de la conformation de fo)
yeux, c'est pourquoy il ajoûto
Nonpoterlsforte, vir eximie, tat..:
tlemlegendfJ experiri
,
& mixité
quidem si exiquafitoculorum difpAv.
rÙtU. C'est pourquoy en suppo.o
fant que cous les hommes ont ges;
neralement les yeux differement
ment conformés, y ayant uneno.o
table disparicéd'un oeilà l'aurre
il a mal tiré cette conclusion ges
nerale,Rationem duco, ex paralel.
lifin? motusocuterum
,
à tuimfachy
ut demirer, ajoûte-t'il
,
cfiitOptiez"
non advtrimntimpojjlbilem cjfèsquam
depredicant Axium (oÏti(jnem\
Il en dit autant au N. 15. desa38
Lettre Ad Bnllialdnm.
Bien des Sçavans ont crû qUrJf
nonobftam»-
onobsrant que les deux yeux
fussent ouverts l'on ne voyoit en
nême tems un objecque d'un oeil,
l'a esté l'opinion de Ioa.Bap. Porta,
ib; vr. deRefract. de Sennert lib.I.
nsfit. cap.12.
„
Bien que le P. Dechales dans
on lrJlIlJdlU Malhematicus
,
imprimé
en 1674. ait demontré dans
Prop. 49 page 382, qu'Axesepet
concurrunt in unum idemque obvftum
y
bien loin de douter de
experience de M. Gassendi
iIlÍnjmmo eam aliis
,
dit il, expeientiisconfirmo.
Habemus hic fra-
-rem aliquem janitorem
, qui lin,
:Cf!() est myops ,
alio vero Presbyta,
ta ut distintissimè objecta diJJit-s
ercipiat uno oculo, qu* aliovix dis'inguit
, & vicissim cum legendum
$altero utatur oculo.idem mea,
ajoure-t'il, conjirmo experiemidx
quam quilibct facere pOferit. Stln
Myops, oculos tamen habtosatis Pt")
fccteJîmiles
,
quotiefcumquc
alterutiv
ocitlorum lenttm concavam adhibet\
nonclaufoaitHa>objecta lus vidcùi
dijlincic per lentem concavàm j 0
confuse alto oculo
,
quo cîiam wajom
mihiapparent,fedopus cfi alïqua îljb
tentione. Negosa experientiapr$k\ b.iriAxiumopîtictrumulriujtf®^ oculiparaleilifmum,
ia &e. tamin non puffint flm!6
Axes optici quomodolibet concurrent
quando nempe oljetfum efi valde VI'':
rinum oeillo1nonpotesi ut /IdÁ
invicem inctinentur oculi, 6" dirix
gant utrumqi Axemopticum adideto
objeffum,indefit ut myàpihtal
ilccidat, unum tantum oculum ad oA
jeefum dirigi ; & eo tantum legem
seso quident cculo qua-siferidnte
,
si
t benenon vident
,
hoc efisi tanta
difpruportio interejaJvifiontm,
oculi bene affeffivifionem,utunium
non. afficiat. Jhtod si oequales
rtQCNli ,
orieturmultiplicatif objeornm
lufizpe experier & ofiendam
fra. Trop. LVII. pag. 415. si Axes
niciin nullo propofitoobjeffo, conciliant
omnia gemimri videntur,
fc qu'il dit- arriver plus facile-
Itent Miopes
1)
ment aux ,qui ut difiinôte
yegant tbjefôa multum oculis admovientytuneenim
ut fere qaotidieex-
"'erior, objetta geminantur.
Le Pere Chérubin luy niesme
dans la 44 page de les Visions de
677. reconnoit dans les deux
dernieres lignes,Qu'ilfaut avoir
tes deuxyeuxsains,&mesme,ajoure-
t'il,médiocrementbien conformez
pour éprouver par experience (]A"
l'objet eji veu des deux yeux pl,,\c
grand, plus fortement, e--plui ab
ttinttementqued'unseul
, si les dei/n:
yeux fontfiins & bienconformez
Mais peu de Personnes ont loi
fdeuox yeurx émgalemenet biezn co.nc Le Pere zlIcehim dans la 100
pige de la seconde Partie de 4 :
Philosiophia Optica imprimée e3
1656. remarque que ,
Si alter oeltA)
lorumfitfiujfuifonetantifper ObfteJè.
tus, tuneferapparentiam exhibitaxs;
per apprehenfionem in oculo jùffujio
ne vitiate, inficitur alia
,
correspond
dens apprehensions exerciteià
ro , qut statim ac toUitur apprehenfiy*
per vitiatum co clausio
,
adsuum nim
toremrestituitur.;Ilrestreàdémontre
trer.
lemauvaisEffet, & le dangereux
Vsigt du Binocle.
pErfonne n'ignore qu'on ne
peut voir distinctement en
mesme remps un grand objet,
'!!,indi procédé, comme dit Danti
lia 54 page de ses Annotations
la Perspective pratique de Vipole
impriméeà Rome en l'an-
Ic 1583. che volendo noi vedere
al sivoglidcofa minuta mente,
diamo girando glhi eccbi, &mundo
la Bdza délia piramide
, per
scorrere con l'Assesopra tutta la covifibile,
&c. & che nella prospetva
fia un punèfô solo designando
la quel che si vede in un occbiata;
uza moverfipunffo. Puis que
Binocle arreste fixement les
deux Axes de laVision en nu
mesme point de l'objet, il s'enM
fuit que les autres objets qui nid
font pos dans 1'Horëftere_rfoniri
veus doubles, & paroissent en
deux différents endroits. Biem:
que le Pere Cherubin ait fait umi
perpetuel divorce, avec le borne
fcns & la raison ,"il convient
néanmoins de cette experience fil
defavantagetife à l'usage des Bi-1
noclesrVoiey sestermes tirez de-il
ses Visions de1677. depuis la 15Zi
-
ligne de la 42 page.c'est. 'lIr.
quoy,dity.-il avec raison,laforce de 14 t.
meue&l'attention de l'effrit, efiant ,-
alors arrejlez,&fixez* à voirunK\
à* specialementsonpoint auquelcon—j
courent les deux Axesy ils verrtnt,y
par exemple,lesommet d'un bktm *
double , mis entre les Axes de la ji
mon ou dehors, 6C enfin de tous
jers qui ne feront pas dans le
an de l'Horoptere
,
à caufey
.n1me il dit, que les rayons qui leur
portent 'pece,ysont receus des
rtics des deux yeux qui ne font pas
monyrnes & les deux peintudu
sommet du btÎtorJsi trouvent
fertmment situées dans les deux
tines\&pourqueyl'on voit nccef
t,ement cet objet double.
Pour vous convaincre facileent
de ce doublement d'objet,
evez vostre doigt index,vis à
le milieu de vos deux yeux, à
distance d'environ huit pous
,
& vis à vis d'un objet plus
Digne
,
regardez fixement vô-
; oigt, pour lors les deux Axes
la vision y concourror, & l'au-
: objet qui eftplus éloigné que
ledoigt, vous paroiftra en deuxi
differens lieux, & par consequent
double, & si peu à peLD
vous détournez vos yeux pount
porter la réunion des deux Axeas
sur.l'objer plus éloigné, ces deuxx
apparences s'approcheront aufluF
peu à peu, & enfin il vous femblera
que deux semblables bjetn
se penetrenc pour n'en faires
qu'un seul. C'est pourquoy re---
gardant fixement cét objet éloi
gné, vostre doigt vous paroiftraè
double, & en contournant peu à J;
peu les yeux pour apporter la«
réiinion des deux Axes de la Vi- - lion sur le doigt, vous verrez 3
aussi que ses apparences s'appro- cberont - peu à peu, & enfin s'é- '.- tant comme penetrées
,
n'en fe- -
rontvoir qu'un seul.
L'expérience qui est la seule
riaiftrefle des ignorans
,
qui ne
1 euvent rien comprendre nier, ny
rvoiïer fins son secours 8c hors de
n presence,leur montre,que nous
rapportons tout ce que nous
t'oyons bien dlftlndcmentàl'Ho-
Koptere, qui efluneligne tirée par le
wintdu concours des Axes optiques,
",arA/eUrment A la ligne qui conjoin-
11roit les centres desyeux, telle est la
iigne G H 1 de la Figure III.
Un objet K mis entre les deux
Axesfera veu en deux
différents
endroits,en L&en M.
Pi Deux objets comme AT. o.mis uflîhorsderHoroptere, & hors
Hutriangledes Axes de lavifion,
::haque objet paroiftra en deux
HirFjrencsendroics, car l'objet IV
eparoiftra en P 6c j ,
6c l'objet
otpraroaifti-iareneK 8.t s,ô£ au co
.-
SisurchacunAxedelaViflO"
vous mettez un objet T. v ,
lei
deux objets ayant leurs apparat
ces peintes chacune sur le fonç
de la Retine d'un oeil, ils ne p
roiftront que comme un seul si
le point de H de l'Hoptere 0'
reiinion des Axesde la visîon.
Le P. Dechales danslefeconc
Livre deTon Optiqueen larPro
48. Problème wJÎYuwcntumconfia
re quo quæcumque de Horoptere cLÂ
cuntnrexperiri pojjimm
, mettez
plom les deux planches A B B
chacune â0 deux pieds de lônÉ
güeur, & d'un pied de largeurtn
faites plusieurs trous en différenciai
endroits, pour y planter le fiiloJ,
CM qui servira d'objet en diffe»:>
entes polirions; car il ne parle
que d'un sèul objet veu à la fois
dans le mesme temps, que les
deux Axes des deux yeux1Kcon.
courent au point F de laligne
horizontale GFH & l'Horoptcrey
& la planche BD de l'Horoptee,
donr la Planche B D estle Plan
aioli le point M fera veu es points
J & H" & paroistra double.
Le bon homme Alhazen Araoe,
dans son TheftiurmCpticoe lib.
N. 12. page- 81 de l'imprenion
lie 1572. dit.vifibile aliks unum:
dicis geminum videri, organo ojîen*
Mirur. Je l'explique & le rends inelligible
en moins de paroles.
Soit dans la Figure V. la planche
ADIS d'une coudée de longueur
, & de quatre pouces de
margeur, tracez les Diagonales
ADIS,que vous remplirez d'une
mesme couleur à huile, tracez
aussilestraverses BOCM, que
vousremplirezde différente couleur
à huile, faites l'entaile FR
pour recevoir l'élninence du nez,
fin qu'en regardant sur la planche
, les centres des prunelles
soient en FR) faites trois petites
colomnes comme dans les Figu
res 1.1. 3. de 3 lignes dediamettre
, & de deux pouces environ
de hauteur
,
peignez-en une en
bleu, l'autre en rouge, & l'autre
en jaune, faitesen la planche es
points C. O. M.T.N.F..!¿L.x.des:
trous qui fervent à y planter les
trois petites colomnes.
Plantez premièrement vos
trois colomnes dans les trous C.,
Q. M. appliquez ensuite les yeux
proches des pointsFR. Fixez la
veuë,c'est à dire, regardez attentivement
la colomne en -o. 8c
regardez ensuite tout ce qui est
sur la planche, rien ne vous paraîtra
double, parce que les trois
objets ou colomnes font sur la ligne
Horoptere c. 0. M. Regardez
ensuite fixement l'objet ou
colomne en c. ou en M. les colomnes
ne paroiftront pas dou.
bles,parce qu'elles sont toujours
sur l'Horoptere, mais la ligne N B.
l&les deuxdiametres AS. DI paroiftront
doubles.
Laissez toûjours une colomne
sur l'Horoptere en0, &plantez
leeux autres dans les trous N,
L. & regardez fixement la colomne
o. pour lors chaque co
lomne N. L. paroiftra double,
ainfïdeux en feront voir qllatreu
deux de chaque couleur, & poc
fées obliquement deux à costés
droit, & deux à cofté gauche des
la veritable ligne B. o. N. laquêl-l
le aussi paroiftra double.
Que si ayant planré vos deuxx
colonines sur une mesme Diagonale,
par exemple sur A.s.dans lese*
trousp.j^_vousregardésfixemenm
la colomne 0, les deux autres P&
vous paroiftronr doubles,canj
Ja Diagonale paroiftra en deuxx
lieux dirrerens.
Il en arrivera de mesme si vouszi
plantez vos deux colomnes danszi
les trousT.des deux-Diagonales,
elles doublerontaussi, puisai
que les Diagonales paroistront
doubles.
Que si vous mettez une des
colomnes dans le trou X,fait sur le
nord de la planche, & bien au de
:à de l'Horoptere CO M en regar.
dant fixement la colomne O ,
la
colomneX doublera,&au contraire
en regardant fixement la.
colomne plantée dans le trou X,
les deux colomnes c. O0. paroî-
::ront doubles, & la ligne C. O.
Wl. aussi
,
n'estant plus l'Horotere.
Ayant démontré que les
Lieux Axes de la vision concouranten
unmesme point d'un obet,
les objets qui ne font pas sur t'Horopfere, paroissent en deux
differents endroits, & par consequent
font veus doubles, il
s'enfuit que le Binocle faisant
concourir les deux Axes de la
vision à un mesme point de l'objet)
envoyant distinctement un
Vaisseau sur la Mer, tous les au-ru
tres Vaisséaux qui ne se trouveront
pas sur l'Horoptere paroi
stront doubles,&peu de Vain
seaux paroistrontune Armée Na-sl
vale ; jugez de la consequence
sisonusagen'est pas dangereux.
L'experience que le Binoclo
fait voir le double des Vaisseaux
sur la Mer est tres confiante. Parmy
les Sçavans quis'assembloient
les apresdisnées chez M.Justel Se-3<
cretaireduroy.M.ChibertdeMontigny,
Frere de M.l'Auditeurde
Comptes, y raconta le Samedy 30
Aoust 1681. queM.de Sauvage.y^
tres sçavant Mathématicien ôoô
Ingenieur du Roy,l'avoit .af-l*
seure que les Binocles ne POUU4
voient estre d'aucun usage sur lai
Mer, puis que M. le Maréchal
Estréevoyoit huit Navires des
ennemis avec son excellent Bi-
Iode, bien qu'à la verite,il n'yen
ont que 4. comme tous ceuxqui
voient de simples Lunettes 1'cd:'
auroient,ilajouta quele P. Chemin
demandoit400 livres vun
~nocle; mais pourquoy acheter
cherement une chose, tres ditcileàajuster
,
inutileà laplus
grande partie du monde qui ont
lesyeuxd'inégale bonté & consommation
,
& enfin qui noust'ompe
dans son usage
,
dans les
Affaires de la derniere importande
,
lors qu'il s'agit de reconnoîre
le nombre des Vaisseaux des
ennemis,
Enfin, voila tout ce que j'ay à
tire concernant les Binocles,
vec lesquels le R. P. Cherubin
voit toujours son image devant
luy, commeAïitiphcfôtt o~~w~
par la raison dont Aristote fait
mentionau Chap. 1.DeMemori
& R miniscentià. ; 6c Galien lib.1
delocis tiss,ctis Ctlf. 6. Illuy eil ar-u
rivé la mesme chose qu'au Mila-js]
nois dont parle Cardan Lib.1. aU
Subtilitatepag.34. Galeasde Rabeam,
civis nostercum jam olim inventa
Cochleam Archimedis ad elevandums
aquam, ipse QUAIFprimu*AUÎOYvellei^
existimarireperiisse, prx loetitia illl.\-
&c. C'est pourquoy il voir cou.tj'
teschoses d'une autre maniero
que les Sçavans, demesmequ'un
celebre Medecin à Dresde, donne
parle Senert lib. 1. Prax. p.
sect.2.cap. 45 lequelestantmont
sur une échelle pour prendre unu
Livre
,
çculefqtte fortiùs fursumJ*
r¡j)wneret) il vit depuis pendant
,Wois mois toutes choses en ifruation
renversée
,
&homines, ini>U- ,â in capite ambulare:aussi le R.
Cherubin asseure dans sa Diototrique
Oculaire de 1671. page
-34 ligne 2. voir les chiens courans
Surledos.Jelaisseàunautreàrépondreauxfaits
particuliers qui le
raegardçc,&quelePv.P.Cheriabia
cotte depuis la 7.lignedela 392
age,desonLivdela Contiqukêdes
X:orJH impriméen 1679. Et dans
Er Art.de la lettre H. dela Table
des Matieres des Visionsde iéSu
Nom donnerons dans le ¡r(Jchai,,-
Mercure Extraordinaire, la confira*
tlion des Lunettes polemoflopes) &-
Je toutes les Lunettes au/quelles w
employélesmiroirs*C<oMIÊkSi
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Résumé : ONZIÉME DU TRAITÉ DES LUNETTES, DEDIÉ A MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE Par Mr COMIERS d'Ambrun, Prevost de Ternant, Professeur és Mathematiques à Paris.
Le texte explore l'histoire et l'invention des lunettes et des binocles, en mettant en avant plusieurs figures clés et dates importantes. Daniel Choys est crédité de l'invention des binocles en 1619. En 1645, le Père Antoine Maria de Rheita, un religieux capucin allemand, a inventé les binocles à verres convexes. Le Père Francesco Lana, un jésuite italien, a également traité des binocles dans son ouvrage de 1670. Le Père Cherubin d'Orléans a publié des ouvrages sur les binocles en 1677, 1678 et 1681, mais ses affirmations sur la nouveauté de son invention sont contestées. Des controverses entourent la paternité des binocles, avec des mentions de modèles plus anciens, comme ceux du Père Dechales et décrits dans le 'Mundus Mathematicus' de 1674. Le Père Cherubin est critiqué pour ses affirmations non fondées et son arrogance. Certains savants, comme le Père Rheita et M. Hevelius, jugeaient les binocles inutiles et dangereux. Le texte discute des différences de perception visuelle entre les deux yeux, soulignant que chaque œil perçoit les objets différemment en termes de grandeur et de clarté. Plusieurs savants, dont M. Gassendi, le Père Dechales et le Père Cherubin, ont documenté ces disparités. Il explique les effets optiques des binocles, comme la vision double des objets, et introduit le concept de l'horoptère pour expliquer ce phénomène. Des expériences sont décrites pour illustrer ces observations, confirmées par des opticiens comme Alhazen. Le texte aborde également des observations visuelles spécifiques liées à des colonnes et des lignes sur une planche en rapport avec l'horoptère, ainsi que des cas particuliers de perception visuelle, comme celui d'un médecin à Dresde voyant des objets inversés pendant plusieurs mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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210
p. 284-285
SONNET. AU ROY.
Début :
Cesar dompta l'orgueil & du Rhin & du Tage, [...]
Mots clefs :
Orgueil, Alexandre le Grand, Tibre, Annibal, Guerriers, Combats, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET. AU ROY.
SONNET.
AU ROY. cEfar dompta l'orgueil & du Rhin m &duTaqe,
Pompée aux Ecumeurs fit deserter les i
Mers,
AlexandreleGrandfit tremblerl'Vni--
vers,
LefameuxScipiontriompha deCartâge. ,
LeTibre vit jadis Brennm sur son ri- -
vage,
Onparle davnibal & deresfaitsdivers,
Achille, HeElor,Ajax, de lauriers tout
couverts,
Ont par mille combats signalè leur cou- »
raqe j
De cesfameux Guerriers, de tout ces de- ,
mi-Dieux,
^OVISfeularemply les travaux glo-
Ow rieux.
m»utceûjHafait Cesar
, ce quafait
Alexandre,
mempèe, Achille, HeElor, & tous ces
r-.ii-totCfonquerans,
que ce Héros a daignéîentre-
1 ! prendre, r a fait voir en luy cent Héros dif- ferens.
MAUGUIN de Bourbon
-.- l'Archambaut.
AU ROY. cEfar dompta l'orgueil & du Rhin m &duTaqe,
Pompée aux Ecumeurs fit deserter les i
Mers,
AlexandreleGrandfit tremblerl'Vni--
vers,
LefameuxScipiontriompha deCartâge. ,
LeTibre vit jadis Brennm sur son ri- -
vage,
Onparle davnibal & deresfaitsdivers,
Achille, HeElor,Ajax, de lauriers tout
couverts,
Ont par mille combats signalè leur cou- »
raqe j
De cesfameux Guerriers, de tout ces de- ,
mi-Dieux,
^OVISfeularemply les travaux glo-
Ow rieux.
m»utceûjHafait Cesar
, ce quafait
Alexandre,
mempèe, Achille, HeElor, & tous ces
r-.ii-totCfonquerans,
que ce Héros a daignéîentre-
1 ! prendre, r a fait voir en luy cent Héros dif- ferens.
MAUGUIN de Bourbon
-.- l'Archambaut.
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Résumé : SONNET. AU ROY.
Le sonnet célèbre les exploits de héros historiques tels que César, Alexandre le Grand, Pompée, Scipion, Brennus, Hannibal, Achille, Hector et Ajax. Il compare ces figures à un héros contemporain, soulignant ses actions comparables à celles de César et d'Alexandre. Le poème met en avant les qualités héroïques diverses du héros moderne, équivalentes à celles des grands conquérants du passé. Le texte est signé 'MAUGUIN de Bourbon' et 'l'Archambaut'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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211
p. 285-296
L'AMOUR AMANT. BALLET.
Début :
L'Amour averty d'une Feste qu'une Personne de qualité [...]
Mots clefs :
Amour, Fête, Céleste, Amants, Beauté, Poésie, Musique, Portrait, Olympe , Soleil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR AMANT. BALLET.
L BALLET. Amour averty d'une Feste
qu'une Personne de qualité
donnée il y a quelques jours
dans une Maison de Campagne,
~orés d'une des plus considerables
Villes du Royaume, voulut h04ÏofJ
norer cette Feste de sa presence
Ce Dieu se doutoit bien que dans
le concours des Belles qui devoient
s'y rencontrer, il y en auroit
beaucoup de soûmises à se
Loix ; ayant eu tout le loisir dot
remarquer qu'elles préparoien
pour la Feste leurs ajustemens leso
plus magnifiques. Il Savoir PÛH
remarquer la mesme chose à l'é-à
gard des insensibles, à causequ'il
n'a aucun commerce avec elles:
mais comme il y en auroit pu avoir
de ce caractere, il pretendoit
en cas que cela fust, devenir l'Amant
de quelqu'une d'elles,& nerJ
vouloir point sortir de l'Assemblée,
qu'il n'y eust fait quelque
importante conqueste.*1
- I.ENTREE.
L'Amour vestu d'une maniefort
propre, &; sans avoir de
~andeau sur ses yeux, ny d'arc en
samain, danfoir avec de petits
Amours, afin de se servir deleurs
traits en cas de befoinr
L'AMOUR.
Du haut du celeste Lambris
Je viens vous imnoncer Beautez pleines
decharmes,
Qu'un Dieu de ces charmes éprù
jFcroit gloire aujourdhuy de vous rendre
les armes.
Ce Dieu, lecroirez.-vouiycejf le Maistre
des Dieux.
Ceftl'amourquiprétendse mettre en
efclaage.
u4 quelquune de vous, pour rendre son
hommage 12volfoudllin il estpartydes deux.
Mes Freresles Amours,surmoncoeurjé^
vous prie,
Soyez, prestsàtirer. S3ilvousprendquelque
envie
De vous bumanifer pour faire les yeux t
deux
Je vous promets qu'alors je tireray sur s
vous.
Une fois pour moy sens employons ma b
methode
D*adoucir là fierté, de la rendre com- -
mode.
Jefuis}sans meflater,
.Assez:.. bien fait pour en conter.
Et vousy Amans, quiminspirezl'en—
vie
D'ejlteAmantcommevom,tantjevota t
trouve heureux,
Sçachez"s'ils'iffreic] desBeautezames t
yeux, Dont l'Ame ne foit point a mes loix afservie,
Que vous verrez en ce Sejour
VAmoursefaire par l'Amour
Oln"
ûy,jeveuxgalamment débiterlafleurette,
Etfaire éclore une amourette.
II. ENTREE.
Pendant que l'Amour chernoit
dans toute l'Assemblée des
oeurs dontil pust triom pher ;la
poësie, accompagnée de toutes
s especes de Vers, venoit luy
frir son service.
LA Poësie.
Depuis que fay receu ma naissance en
la Grece, rCroissantplusieurs fois renouvelleson
; tour,
yfbiiéen veu du Pays, maisenfin je contailleurs
jenay point veu ce qu'on
voitencejour.
uvent plm d'un Amant & minvoque
& m'appelle,
Pour avoir de ma main le Portrait deA
Belle.
Dans le brillant concours des plm grAmtl
des beautez.,
Jamais en travaillant je n'enssi beaumew
lIe/le
-QZtUice cceeuuxx qquueejjee-ddééccoouuvvrreeenencecesslieliueuwmt1 écartez.,
Mon Pere eflle garand de tellesveritezx*
Lny quivoit tantsurla Terre
tOnde.
Pourrait avoueraujturd'hny
Quicy les plus beaux yeux du mon
N'ont pas un moindre éclat que luy.(
Leriche émail desfleurs dont la ttrree.
parée,
L'or des Epies,lapourpre des Rassis.
Le vert lambris des Chesnes& dk
Pins,
Etme[me touslesfeux de la Voute aZMSrte,
Ne font rien en comparaison
De ce brillant amas de charmes.
g L..Amosr luymefme « bien raifin «
LDc venir y rendre les armes. faisildoitestre undangereux Ornant, ilestpropre & joly dans sonajufle.
t ment!
jt Quel vif éclat sur son visage !
Comme j'ay fottvent Cavantage,
ïtQjiencwmpofant ilmtpreste sesfeux Et qu'talors je réûssis mieuxé
J'amtne en ce beatt jour de Tefie
De pltu d'une espece de Vers.
lWfi" de celebrer la pltu rare conauefle,
ïjuetonaitjamaisfaiteencevajteVnù*
m vers*
III. ENTREE.
La Musique,suivie de toutes ses
arties, s'offroit à mettre sur les
~irs les plus melodieux, les Vers
ue la Poësie la Soeur auroit pu
méditer pour l'Amour.
LA MUSIQUE. -
quitte avec plaisir le Séjour du Tan
nl"t. Bb ij
Oul'Olympese meut par mes divins An
cords.
Je trouve mille fois plus d'attraitssur As
terre
Qu'il rien est aux lieux d'oùjefors,A
lcy je vois brilleruneillnftreJeunesse
.A qui doit le Pays son plus bel ornCït
ment.
Heutense
,
si je puis causer de Fallet
grefe -
A ces rares Beautez, à ce concours chami
mant.
Mais tandis que j'appreste & mavoix db
ma Lyre •
fourformer en ces lieux de raviJfansComu
certs ;
Unconcert defoupirs alorsfrape les airn
fay de l'oreille, & jepuis dire 4
Que pour moy tous les coeurs paroijfemnî
flûpirer.
S'il en 1ft toutefois quiveuillent s'endèk
fendre;
A l'Amour je puis bien montreur
Sur quel ton il lefaudraprendrai
IV. ENTREE.
La Bonne-chere, qui n'est pas
joue, à faitinutile àl'A mour, vecoit
précédée de la Soif &. de'
AApp:nt) donner aux Conviez
me magnifique Collation.
LA BONNE-CHERE
* Amour.. dit-on, se repaift de fiûpirs
)',,'oeilladcJ, de transportS, defaveurs, de
dcfirs.
Cesî-lasafeule nourriture.
Je le veux,toutefois je jure
M languirait icy,si l'on negoûto'tpas'
,;¡C-)"es mets delicieux & desvintdélicat*
mua son ordre aujourdhuy (apporte en
abondance.
Minfî,cess feulement pour égayer tAmour
, 'eautez., qui ressentez. sa douce violence,
QuilVOUSfautboire &manger en et
jour.
V. ENTREE. 1?
L'Amourayant repris son prem
mier état,c'est à dire ayant loi
Bandeau sur les yeux,l'Arcenloi
main, & la Trousse sur le dos, venoit
apprendre à ses Freres les A-A.
mours, qu'il n'avoir point trouvov
de coeur infenfibledansl'Affem-n
blée. Ainsin'ayantpointdecon-n
quelte à remporter, il invitoit 1$1
Pocfie & la Musique à faire erm
tout temps pour les Belles qu'ils
avoit trouvées à la Feste, ce qu'_t,
elles s'eficient proposées touteis
deux de faire pour luy seul. :.;.
L'AMOUR.J
VA
Volant vers ces beaux Lieux] s
Si je riens point alors de Bandeaufunà
lesyeux,
V'e fut afin defAire une exatte reveué
N'ur ces rares Beautez, dont mon ame eji
tmeuë.
J'ay découvert les replis de leurscoeurs; \t leurs coeursniontfembîè reffintir mes
ardeurs.
7fufjît,laissons-la l'espoir d'un beau trophée
;
N'allons point fierement
Slltlirune Maijlrejfea[on fidelleAmant,
CD'un projetamoureux lachaleurétoufsa
"tWelaiffe dans monfein nulle ardeurfour
anchoix
7)Hr des coeurs rangez, fous mes Loix.
Ain[îdonc je reprens mon premier équi
page.
11.'aime mieux ejlrearmé de l'Arc & ail
Flambeau,
"SEndofiédu Carquoisaffable du Bandedu,
iïPour nemereserver que leseul avantage
M'admirer ensecret vos celefiesappas,
00 parfaites Beautez, Soleils de mon Em-:
pire!
Il vaut mieuxquandpar tout vous avez
droitdeluire,
Vous suivre comme une Ombre) & ne
l, m.échauffer pas. la Toéfie avec la Symphonie,
Venoient me consacrer leurs Chansons &
leurs Yers,
Et donner pour moy seul de plus charmant
concerts Q:: n'en peut faire entendre un Cigne
à l'atonie.
Tout presl à retourner dans le vapue
des airt, u
Je laisse ces deux Soeurs au service des
Bellies; se verront loüer par elles
Avec des tonsnonmoins me/odieux..
Que ceux dont en tout temps elles charment
les Cieux.
qu'une Personne de qualité
donnée il y a quelques jours
dans une Maison de Campagne,
~orés d'une des plus considerables
Villes du Royaume, voulut h04ÏofJ
norer cette Feste de sa presence
Ce Dieu se doutoit bien que dans
le concours des Belles qui devoient
s'y rencontrer, il y en auroit
beaucoup de soûmises à se
Loix ; ayant eu tout le loisir dot
remarquer qu'elles préparoien
pour la Feste leurs ajustemens leso
plus magnifiques. Il Savoir PÛH
remarquer la mesme chose à l'é-à
gard des insensibles, à causequ'il
n'a aucun commerce avec elles:
mais comme il y en auroit pu avoir
de ce caractere, il pretendoit
en cas que cela fust, devenir l'Amant
de quelqu'une d'elles,& nerJ
vouloir point sortir de l'Assemblée,
qu'il n'y eust fait quelque
importante conqueste.*1
- I.ENTREE.
L'Amour vestu d'une maniefort
propre, &; sans avoir de
~andeau sur ses yeux, ny d'arc en
samain, danfoir avec de petits
Amours, afin de se servir deleurs
traits en cas de befoinr
L'AMOUR.
Du haut du celeste Lambris
Je viens vous imnoncer Beautez pleines
decharmes,
Qu'un Dieu de ces charmes éprù
jFcroit gloire aujourdhuy de vous rendre
les armes.
Ce Dieu, lecroirez.-vouiycejf le Maistre
des Dieux.
Ceftl'amourquiprétendse mettre en
efclaage.
u4 quelquune de vous, pour rendre son
hommage 12volfoudllin il estpartydes deux.
Mes Freresles Amours,surmoncoeurjé^
vous prie,
Soyez, prestsàtirer. S3ilvousprendquelque
envie
De vous bumanifer pour faire les yeux t
deux
Je vous promets qu'alors je tireray sur s
vous.
Une fois pour moy sens employons ma b
methode
D*adoucir là fierté, de la rendre com- -
mode.
Jefuis}sans meflater,
.Assez:.. bien fait pour en conter.
Et vousy Amans, quiminspirezl'en—
vie
D'ejlteAmantcommevom,tantjevota t
trouve heureux,
Sçachez"s'ils'iffreic] desBeautezames t
yeux, Dont l'Ame ne foit point a mes loix afservie,
Que vous verrez en ce Sejour
VAmoursefaire par l'Amour
Oln"
ûy,jeveuxgalamment débiterlafleurette,
Etfaire éclore une amourette.
II. ENTREE.
Pendant que l'Amour chernoit
dans toute l'Assemblée des
oeurs dontil pust triom pher ;la
poësie, accompagnée de toutes
s especes de Vers, venoit luy
frir son service.
LA Poësie.
Depuis que fay receu ma naissance en
la Grece, rCroissantplusieurs fois renouvelleson
; tour,
yfbiiéen veu du Pays, maisenfin je contailleurs
jenay point veu ce qu'on
voitencejour.
uvent plm d'un Amant & minvoque
& m'appelle,
Pour avoir de ma main le Portrait deA
Belle.
Dans le brillant concours des plm grAmtl
des beautez.,
Jamais en travaillant je n'enssi beaumew
lIe/le
-QZtUice cceeuuxx qquueejjee-ddééccoouuvvrreeenencecesslieliueuwmt1 écartez.,
Mon Pere eflle garand de tellesveritezx*
Lny quivoit tantsurla Terre
tOnde.
Pourrait avoueraujturd'hny
Quicy les plus beaux yeux du mon
N'ont pas un moindre éclat que luy.(
Leriche émail desfleurs dont la ttrree.
parée,
L'or des Epies,lapourpre des Rassis.
Le vert lambris des Chesnes& dk
Pins,
Etme[me touslesfeux de la Voute aZMSrte,
Ne font rien en comparaison
De ce brillant amas de charmes.
g L..Amosr luymefme « bien raifin «
LDc venir y rendre les armes. faisildoitestre undangereux Ornant, ilestpropre & joly dans sonajufle.
t ment!
jt Quel vif éclat sur son visage !
Comme j'ay fottvent Cavantage,
ïtQjiencwmpofant ilmtpreste sesfeux Et qu'talors je réûssis mieuxé
J'amtne en ce beatt jour de Tefie
De pltu d'une espece de Vers.
lWfi" de celebrer la pltu rare conauefle,
ïjuetonaitjamaisfaiteencevajteVnù*
m vers*
III. ENTREE.
La Musique,suivie de toutes ses
arties, s'offroit à mettre sur les
~irs les plus melodieux, les Vers
ue la Poësie la Soeur auroit pu
méditer pour l'Amour.
LA MUSIQUE. -
quitte avec plaisir le Séjour du Tan
nl"t. Bb ij
Oul'Olympese meut par mes divins An
cords.
Je trouve mille fois plus d'attraitssur As
terre
Qu'il rien est aux lieux d'oùjefors,A
lcy je vois brilleruneillnftreJeunesse
.A qui doit le Pays son plus bel ornCït
ment.
Heutense
,
si je puis causer de Fallet
grefe -
A ces rares Beautez, à ce concours chami
mant.
Mais tandis que j'appreste & mavoix db
ma Lyre •
fourformer en ces lieux de raviJfansComu
certs ;
Unconcert defoupirs alorsfrape les airn
fay de l'oreille, & jepuis dire 4
Que pour moy tous les coeurs paroijfemnî
flûpirer.
S'il en 1ft toutefois quiveuillent s'endèk
fendre;
A l'Amour je puis bien montreur
Sur quel ton il lefaudraprendrai
IV. ENTREE.
La Bonne-chere, qui n'est pas
joue, à faitinutile àl'A mour, vecoit
précédée de la Soif &. de'
AApp:nt) donner aux Conviez
me magnifique Collation.
LA BONNE-CHERE
* Amour.. dit-on, se repaift de fiûpirs
)',,'oeilladcJ, de transportS, defaveurs, de
dcfirs.
Cesî-lasafeule nourriture.
Je le veux,toutefois je jure
M languirait icy,si l'on negoûto'tpas'
,;¡C-)"es mets delicieux & desvintdélicat*
mua son ordre aujourdhuy (apporte en
abondance.
Minfî,cess feulement pour égayer tAmour
, 'eautez., qui ressentez. sa douce violence,
QuilVOUSfautboire &manger en et
jour.
V. ENTREE. 1?
L'Amourayant repris son prem
mier état,c'est à dire ayant loi
Bandeau sur les yeux,l'Arcenloi
main, & la Trousse sur le dos, venoit
apprendre à ses Freres les A-A.
mours, qu'il n'avoir point trouvov
de coeur infenfibledansl'Affem-n
blée. Ainsin'ayantpointdecon-n
quelte à remporter, il invitoit 1$1
Pocfie & la Musique à faire erm
tout temps pour les Belles qu'ils
avoit trouvées à la Feste, ce qu'_t,
elles s'eficient proposées touteis
deux de faire pour luy seul. :.;.
L'AMOUR.J
VA
Volant vers ces beaux Lieux] s
Si je riens point alors de Bandeaufunà
lesyeux,
V'e fut afin defAire une exatte reveué
N'ur ces rares Beautez, dont mon ame eji
tmeuë.
J'ay découvert les replis de leurscoeurs; \t leurs coeursniontfembîè reffintir mes
ardeurs.
7fufjît,laissons-la l'espoir d'un beau trophée
;
N'allons point fierement
Slltlirune Maijlrejfea[on fidelleAmant,
CD'un projetamoureux lachaleurétoufsa
"tWelaiffe dans monfein nulle ardeurfour
anchoix
7)Hr des coeurs rangez, fous mes Loix.
Ain[îdonc je reprens mon premier équi
page.
11.'aime mieux ejlrearmé de l'Arc & ail
Flambeau,
"SEndofiédu Carquoisaffable du Bandedu,
iïPour nemereserver que leseul avantage
M'admirer ensecret vos celefiesappas,
00 parfaites Beautez, Soleils de mon Em-:
pire!
Il vaut mieuxquandpar tout vous avez
droitdeluire,
Vous suivre comme une Ombre) & ne
l, m.échauffer pas. la Toéfie avec la Symphonie,
Venoient me consacrer leurs Chansons &
leurs Yers,
Et donner pour moy seul de plus charmant
concerts Q:: n'en peut faire entendre un Cigne
à l'atonie.
Tout presl à retourner dans le vapue
des airt, u
Je laisse ces deux Soeurs au service des
Bellies; se verront loüer par elles
Avec des tonsnonmoins me/odieux..
Que ceux dont en tout temps elles charment
les Cieux.
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Résumé : L'AMOUR AMANT. BALLET.
Le texte décrit une fête organisée par une personne de qualité dans une maison de campagne proche d'une ville importante du royaume. L'Amour, souhaitant y participer, espère y rencontrer des femmes soumises à ses lois et prévoit de séduire l'une d'elles. Lors de la fête, L'Amour, vêtu simplement et accompagné de petits amours, annonce son intention de rendre hommage aux beautés présentes. La poésie, soutenue par divers vers, loue la beauté des femmes, affirmant que même les plus beaux éléments de la nature ne peuvent rivaliser avec leur éclat. La musique, attirée par la jeunesse et la beauté des participantes, offre ses mélodies pour accompagner les vers de la poésie. La bonne chère, précédée de la soif, propose des mets délicats pour sustenter les convives. L'Amour, revenu à son apparence habituelle avec un bandeau sur les yeux et un arc, conclut qu'il n'a trouvé aucun cœur insensible et invite la poésie et la musique à continuer de célébrer les beautés rencontrées. Le texte aborde également une réflexion sur les sentiments amoureux et la décision de l'auteur de renoncer à ses ardeurs. L'auteur exprime son désir de maîtriser ses passions et de ne pas se laisser emporter par un amour excessif. Il choisit de revenir à une attitude plus modérée et de se contenter d'admirer secrètement les beautés qui illuminent son cœur. Il préfère observer ces beautés de loin plutôt que de chercher à les approcher. Le texte mentionne des muses inspirantes, telles que la Toésie et la Symphonie, qui célèbrent ses sentiments. Enfin, l'auteur laisse les Muses au service des Belles, qui seront louées par elles avec des tons mélodieux, similaires à ceux qu'elles utilisent pour charmer les cieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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212
p. 297-300
SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS du dernier EXTRAORDINAIRE.
Début :
D'où vient que plusieurs Maris, qui ont de tres-belles [...]
Mots clefs :
Maris, Femmes, Iris, Âme, Laideur, Joie, Amant, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS du dernier EXTRAORDINAIRE.
SENTIMENS
JUELTOUTES LES QUESTIONS
du dernier Extraordinaire.
O'aùvient que plusieurs Maris,
quiontde très-bellesFemmes,
en aiment fouvent, non seulement
de beaucoup moins belles,
maismesmedetres-laides. Edemeure d'accord avec vous, belle
W ,IrIS
Qu'on voit tous les jours des Maris
Posseder de tres-belles Femmes,
xlEt cependant aimer avec beaucoup dar"
deur
Des objets die qui la laideur
\1Êien'loin'de les charmer, & d'enflamer
lettrs ames,
Devroient a leurs jeuxsafre peur.
(De ce gÓujl dépravé dans- tampnr eux
empire, 1
Vom demandez,la catife ? Ht bien, fm
vais la dir.
Quoy que le défautfoit en mus,
'.AH beausexetoûioursilfautrendreiisflicc,
* C'efique ces Hommes-lafont foux,
Et n'aiment rien que parcaprice,
Je rrien rapporte a tous.
Maissi vous voulez, un Epoux |
Qui fo:t toujours fidelle & tendrer
Le Ciel masa;t ainsîpour vouss
Irie, vous riavez, qu-' a< meprendre. a<
Lequel donne plus de joye de féal
faire aimer d'une Belle fiere
qui sèmblen'avoiraucun pan--c
chant pour l'amour, ou de re..-
gagner le coeur d'une MaîtreC-3
fè justement irritée, & dontla
haine nous paroist invincible.. DEpais que je me fuis Attiré voflrew
haine.
Et que/'aymérité vos plus cruels mêpris&x
l'ay voulu, trop aimable Iris
Formerailleurs , une autre chaine.
Vhilis est mon objet
,
ses Attraits mont
charmé.
Elle efloitfiere
,
înltcæ/fible,
Et cependant aysceu la rendrefifenjîhle,
Quejefuis pres cTen eflre aimé.
Cependant, aimable Bevgeret Dans le temps que iedesespere
?epouvoir de mes jours regagner vofire
coeur,
rrite contre moydune jufie colere;
lelasp!lsai jie rpoeuv.ois recommencer de
Avogreoeil mon premier vainqueur,
J.eflimeroisplus selsimerotspluscceebboonnhheeuurr
Que toute autre conquefieàfaire*.
Si un Amant peut voir conti--1
nud lement la Maîtrelf fan¡'<il
s'ennuyer.
LOrs quun Amant
Aime bien tendrement,
uluprès de sa Silvie
Parlant deses amours, Ilpeut eflre toujours
Sansqu'il s'ennuye.
Dans un doux Entretien
De l'amoureux mdrtire,
Le temps ne dure rien,
On a tropa se Jill.
Tourmoy lors que je fuis auprès de m* t
Beauté,
Je plljJè sans ennuy les plus longs jours v riEsté
A luy témoigner que je faimei
Charmé de vivre fous sa loy,
Mêlas! s'il netenoit qu'a moy
J'y passerois les nuits de mefrne.
DlEREYIIL{.
JUELTOUTES LES QUESTIONS
du dernier Extraordinaire.
O'aùvient que plusieurs Maris,
quiontde très-bellesFemmes,
en aiment fouvent, non seulement
de beaucoup moins belles,
maismesmedetres-laides. Edemeure d'accord avec vous, belle
W ,IrIS
Qu'on voit tous les jours des Maris
Posseder de tres-belles Femmes,
xlEt cependant aimer avec beaucoup dar"
deur
Des objets die qui la laideur
\1Êien'loin'de les charmer, & d'enflamer
lettrs ames,
Devroient a leurs jeuxsafre peur.
(De ce gÓujl dépravé dans- tampnr eux
empire, 1
Vom demandez,la catife ? Ht bien, fm
vais la dir.
Quoy que le défautfoit en mus,
'.AH beausexetoûioursilfautrendreiisflicc,
* C'efique ces Hommes-lafont foux,
Et n'aiment rien que parcaprice,
Je rrien rapporte a tous.
Maissi vous voulez, un Epoux |
Qui fo:t toujours fidelle & tendrer
Le Ciel masa;t ainsîpour vouss
Irie, vous riavez, qu-' a< meprendre. a<
Lequel donne plus de joye de féal
faire aimer d'une Belle fiere
qui sèmblen'avoiraucun pan--c
chant pour l'amour, ou de re..-
gagner le coeur d'une MaîtreC-3
fè justement irritée, & dontla
haine nous paroist invincible.. DEpais que je me fuis Attiré voflrew
haine.
Et que/'aymérité vos plus cruels mêpris&x
l'ay voulu, trop aimable Iris
Formerailleurs , une autre chaine.
Vhilis est mon objet
,
ses Attraits mont
charmé.
Elle efloitfiere
,
înltcæ/fible,
Et cependant aysceu la rendrefifenjîhle,
Quejefuis pres cTen eflre aimé.
Cependant, aimable Bevgeret Dans le temps que iedesespere
?epouvoir de mes jours regagner vofire
coeur,
rrite contre moydune jufie colere;
lelasp!lsai jie rpoeuv.ois recommencer de
Avogreoeil mon premier vainqueur,
J.eflimeroisplus selsimerotspluscceebboonnhheeuurr
Que toute autre conquefieàfaire*.
Si un Amant peut voir conti--1
nud lement la Maîtrelf fan¡'<il
s'ennuyer.
LOrs quun Amant
Aime bien tendrement,
uluprès de sa Silvie
Parlant deses amours, Ilpeut eflre toujours
Sansqu'il s'ennuye.
Dans un doux Entretien
De l'amoureux mdrtire,
Le temps ne dure rien,
On a tropa se Jill.
Tourmoy lors que je fuis auprès de m* t
Beauté,
Je plljJè sans ennuy les plus longs jours v riEsté
A luy témoigner que je faimei
Charmé de vivre fous sa loy,
Mêlas! s'il netenoit qu'a moy
J'y passerois les nuits de mefrne.
DlEREYIIL{.
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Résumé : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS du dernier EXTRAORDINAIRE.
Le texte aborde les paradoxes de l'amour conjugal, soulignant que certains hommes préfèrent des femmes moins attrayantes à leurs épouses belles. Il explore les motivations derrière l'attirance pour une femme laide plutôt qu'une belle. Le narrateur suggère que l'amour véritable et la fidélité peuvent émerger dans des situations inattendues, comme gagner l'affection d'une femme fière ou irritée. Il exprime son admiration pour une femme nommée Iris, malgré ses cruels mépris, et avoue avoir réussi à la rendre sensible à son amour. Le narrateur compare également la joie de reconquérir un amour perdu à celle de conquérir une nouvelle personne. Enfin, il met en avant que l'amour véritable permet de passer du temps sans s'ennuyer, même dans les moments les plus longs, contrairement à la monotonie ressentie par un amant indifférent.
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213
p. 301-312
VERS GALANS.
Début :
Voicy des Vers qu'un Berger de vostre connoissance / Daignez, belle Diane, écouter ma priere. [...]
Mots clefs :
Diane, Prière, Curiosité, Bergère, Printemps, Coeurs, Désirs, Cupidon, Belle, Héros, Amour, Seigneur, Lettre, Tentation, Adam, Douceur, Marins, Pureté, Galant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS GALANS.
Voicy des Vers quunBergtr de
'iojlre connoi/fluue adrejja demieimcnt
Il une jeuneEnjoÜee, qui
floit venue dansfonHameau, pour
'y rtfaire d'un mal de poitrine; à4
lui luy Ayantfilouté la Clef de Jk
Zhambre, cherchoit àluy faire quelque
piece pourJe divertir.J'y ajoute
une Lettre qui regarde cette Belle,
'& qui fut écrite en mifmettmps
arce Berger à un de kurs Amis,
Ojficier de la Marine.
----.---.--.-
VERS GALANS.
Dlignez., belleDiane, ÙeutermA
priere.
Dites-mey, que cherche en ces lieux
yoftrcespritcurieux? r cherchez. -vous ma Panetière t
Ma Houlette ou mon Chalumeau>
Sans doute, tout cela vousferoitnecessaire,
Si vont estiez Bergere,
MAis grâces à vosyeux,vostrefort est
plus beau. w
Sont-ce des Fleurs, un Lis,dujafmin,
quelques Roses?
Non, non, sur vostre teint, on en
Voit trop eléclifes ; Et malgré vostre mal
,
il en brille
en tout temps,
De pltts belles cent fois, que nen a
le Printemps.
Est-ce mon coeur ? - Helat ! vous en
parlerjen'ose.
L'amour vous apprendra qu'il est dans
vos liens.
Du jour que vos beaux yeux ont éclairè
les miens;
Je laijfte a cette noble confie
14 vous tn raconter la prise & Ill,!
defin;
1t comme de fA peine, il fait tous
ses plaisirs.
Est-ce quelyHAutrechose?
Ah! vous Fpavez. trop bien
Que qui donne fin cteur, ne se re.
serverien;
LA raison fowtient cet usage,,
Et Cupidon tout nud
, en rend hon
témoignage.
!vayant donc rien a moy, fut ne
foit toutà vous,
Cefltemps perdu d* chercher J..
vantage.
Il eji vray, Diane, entre nous,
Que si mon fort clioit plus deux,
Et que vous m'aimassiez, autant que
je vous aime..
Vous pourriez., fécondant mes voeH..
Chercher à fmlager mes feux;
NAis je vois à regret quil n'en rft
pas de mesme;
Il sen faut plus de la moitié,
1QHeaale ne fait Camitié,
La Voffre est mediocre -& la mien-i
ne est extrême.
Vous cherchez, donc, belle Diane^
en vain, A moins que de chercher a faireIIIfIW
malice.
Ah! Jî ctft là vostre Jtjfem
Je tien porteray pas mif. plainte ài,
la IHf/ice;
, Dieu veuille qu'elle rèùssisse,
le m'offrea tout souffrir, vostrefUUA:
sir mestcher, Dianey vous pouvez chercher.
Cette Belle, qu'on faitpasser
pour digne imitatrice d'un fameux
Heros, (c'est delaRancune,
l'un des principaux du Roman n
Comique,) chercha tant,qu'elle
trouva moyen d'exercer fonhu..1
meurhonneJstement malicieuse;
(
&lâ. piece qu'elle fit au Berger, C
ronna occaiion à ces lecon^ls
jcrs.
ous AVez. réussi,Ceau ne vous conte
guere,
le fuis percé de tous costez..
ïJte lefiu qui me brûle & quime
desespere
(Heud'Amour,} riagit-il ainsisur vos
beautez ?
vous verrois bt'en-tolf y chercher S,
rcmede,
Mon eau pourrait vont foklager.
coureroisaussi, sans remise.. a votre
aide:
leureux devons servir, heureux de
me vanger.
dais helasî'lemoyen d'enflameruner
Belle
- Qui ne veut quefe r.ifratchir?
4h poitrine malade!ah malade cruelle!'
uiJJè.. en vous guerissant, le Seigneur,'
voiu fléchir.
Voicy la Lettre du BBeerrggeerr,,
l'ofifcier de la Marine. LAuriez-vous cru, Seigneur
Marin, la jeune Diane
faitune action qui la rend cligner
d'avoir une des premieres Placeæ
dans la Galerie des Femmes-for-*
tesj actionheroïque & des plus
belles. On avoit lèrvy sur sa ra.£
bJe, sans y penser, une aiBettoi
deFramboifes des mieux condi-i
tionnées ) & comme elle lesaimes
passionnément, elle ne les a pasjs
pluroft veuës, qu'ellea porté la¡il
cüeilier à l'assiette pour en pren.-l dre mais retenue tout à conptj
par la force imperieuse de sa rai-ij
for, 4
Non, non, mJ-t-llle dit, nepcnfhz,pdtï.si
Btrgtr,
Que jen aille manger; lw ne veux point m'attirer de repr,ci);,)
«.
; Non plter que faire de jaloux ; Je veux avoir le coeur de rock*,
Etpourlaframboise,&p9H*-vovs\
[ Rcfiftanrdoncdelnforceà!•.
i::ntation, elle n'a pas cour',
aie ce fruit qui luy estoitdéfenun
par son Medecin.
ii fEpouse âAdllm en euflfait tant
autant
A l'égard de la Tomme,
v[t Seigneur eust esiècontant,-
Et le pauvre homme
N'eust pas avallé le morceau,
nQui comme du poison mm cgnduit, atr
tombeau j
Mais moins forte que nnftreBelle;.
L'appétit femportasur elle.
le-Et mey hlefiè
,
malade, & p"efqf;;'
mort d'amour,
.rYtUi'TIIX que ye ftrm, fenfoiffî? fin;"
& /W. Ceij'
Je ne vous conre pas ma peine,
Seigneur Marin, pour vous faire
pitié, j'aimerois mieux vous faire
envie. Je vous l'apprens seulement
, à cause de l'égalité de
nos fortunes auprès de cette
Belle.
,
Car enfin, quoy qu'on en dégoise1 e
Jesçay des fidelles témoins
De tous vos petits foins, **
De Tite, de Marqiti*, & de Dame
Fraxfoife;
QuaprèsAvoir languy trots mois a ses
genoux, f
Doncèreux comme laframboise,
Son coeurwom a paru tout aussi dur
qu* nous.
>
A dire vray ,
je ne vois point de
raison qui duft induire une Dame
àtraiter mieux un Marin qu'un
ergerj & sil meit pertllb de
:nisexpliquer finceremenc nfés. mes
Les Marins font des gens
ur quil'on ne peut pas fonder grttn.
de assurance.
cars coeurs font des vaisseaux qui vos
guent a tous vents, font comme la Mer, sujetsa fin.
constance-
Il rien efi pas de mesme des Bergers
Leurs tendrescoeursprennent rAcinil
Comme les plans de leurs Vergers ;
t leur fidellc Amour paroiss mesme a
leur mine.
On sçait de plus que les Marins
mt un peu fanfarons, médifans &
malins;
Hautant prefcjue vaudroit ef/re pris
des Corsaires,
Quaveceuxavoir des affaires.
Au lieu cjue les Bergers dans leursui
jeux & leurs rù Sont , comme leurs brebis,
Toujoursaccompagnez. de la pure inno-ú
cence,
SAns malice & sans médifance-
Je ne dis rien de la difcretlon,
LAttendre des Marins, cefl une illu-
[ton.
Sont-ils en Mer? Ilsriontplpts rien a
faire
Leurs Bell,esfontbien loin le temps du*
re àse taire, Il fautparlery chacun parle à fan sur,
Et chacuny, trahit les secrets de l'a-
'-mOHr.
Les Bergers au contraire
Rarement éloignez, des objets de leurs
voeux,
Et toujours occupez, de mille-foins pour
eux,
Ont trop de peur de leur déplaire,
Pour jamaisdivulguer leur amoureux
miftereAjoutez
a cela, que vos Mans
si.nt Íujlr à donner des noms
eu obligeans, aux personnes à
ui ils doivent le plus de refpeai
uuque, sans aller plus loin que
belle cause de nos peines, ils
nt osé la nommer la Signera B4.
MCU&, au lieu que nos Bergers
ccommodent toujours leurufae
à leur devoir; & honorent
tte Dameavec raison, du beau
3m de Diane, qui est une triple
léelfe, comme vous sçavez.
Ce n'est pas qu'il n'y ait des
tarins de l'humeur des Bergers5
ais on voit rarement des Berde
celle des Marins: & à
garder les choses en général,
fnme je fait sans vouloir ofnier
personne en particulier,
fâcher un Amy comme vous,
que j'aime &quej'estimeinfîainimenc,
je croy en vérité
, que
s'il y avoir quelque préférence ai
efpererde la belle Diarre, ce ne;
reroit pas pour les gens de vostres
forte, rmis pour ceux de la.
mienne.
J'ofeaufji meflater, qu'aprèssa mulaiic
Framboise&moy pourrons bien fapprochlr
Et luy trouver l'ameattendrie,
.AJe lieu de [on coeur de rocher. -
Du moinsenay-je grande envie.
C'efl -pourtant fous le bon pUi/tr j
Du Galant qui tAlceu choisir,
Pour partager les douceurs desavie.
Vous douterez peut-estre de
cette protection ; mais je vous
allure qu'elle n'est pas moins sincere
quecelle que jevousay Faite
d'estre inviolablemenr, Seigneur
Marin. Vôtre,&c.LeB.deFI.'
'iojlre connoi/fluue adrejja demieimcnt
Il une jeuneEnjoÜee, qui
floit venue dansfonHameau, pour
'y rtfaire d'un mal de poitrine; à4
lui luy Ayantfilouté la Clef de Jk
Zhambre, cherchoit àluy faire quelque
piece pourJe divertir.J'y ajoute
une Lettre qui regarde cette Belle,
'& qui fut écrite en mifmettmps
arce Berger à un de kurs Amis,
Ojficier de la Marine.
----.---.--.-
VERS GALANS.
Dlignez., belleDiane, ÙeutermA
priere.
Dites-mey, que cherche en ces lieux
yoftrcespritcurieux? r cherchez. -vous ma Panetière t
Ma Houlette ou mon Chalumeau>
Sans doute, tout cela vousferoitnecessaire,
Si vont estiez Bergere,
MAis grâces à vosyeux,vostrefort est
plus beau. w
Sont-ce des Fleurs, un Lis,dujafmin,
quelques Roses?
Non, non, sur vostre teint, on en
Voit trop eléclifes ; Et malgré vostre mal
,
il en brille
en tout temps,
De pltts belles cent fois, que nen a
le Printemps.
Est-ce mon coeur ? - Helat ! vous en
parlerjen'ose.
L'amour vous apprendra qu'il est dans
vos liens.
Du jour que vos beaux yeux ont éclairè
les miens;
Je laijfte a cette noble confie
14 vous tn raconter la prise & Ill,!
defin;
1t comme de fA peine, il fait tous
ses plaisirs.
Est-ce quelyHAutrechose?
Ah! vous Fpavez. trop bien
Que qui donne fin cteur, ne se re.
serverien;
LA raison fowtient cet usage,,
Et Cupidon tout nud
, en rend hon
témoignage.
!vayant donc rien a moy, fut ne
foit toutà vous,
Cefltemps perdu d* chercher J..
vantage.
Il eji vray, Diane, entre nous,
Que si mon fort clioit plus deux,
Et que vous m'aimassiez, autant que
je vous aime..
Vous pourriez., fécondant mes voeH..
Chercher à fmlager mes feux;
NAis je vois à regret quil n'en rft
pas de mesme;
Il sen faut plus de la moitié,
1QHeaale ne fait Camitié,
La Voffre est mediocre -& la mien-i
ne est extrême.
Vous cherchez, donc, belle Diane^
en vain, A moins que de chercher a faireIIIfIW
malice.
Ah! Jî ctft là vostre Jtjfem
Je tien porteray pas mif. plainte ài,
la IHf/ice;
, Dieu veuille qu'elle rèùssisse,
le m'offrea tout souffrir, vostrefUUA:
sir mestcher, Dianey vous pouvez chercher.
Cette Belle, qu'on faitpasser
pour digne imitatrice d'un fameux
Heros, (c'est delaRancune,
l'un des principaux du Roman n
Comique,) chercha tant,qu'elle
trouva moyen d'exercer fonhu..1
meurhonneJstement malicieuse;
(
&lâ. piece qu'elle fit au Berger, C
ronna occaiion à ces lecon^ls
jcrs.
ous AVez. réussi,Ceau ne vous conte
guere,
le fuis percé de tous costez..
ïJte lefiu qui me brûle & quime
desespere
(Heud'Amour,} riagit-il ainsisur vos
beautez ?
vous verrois bt'en-tolf y chercher S,
rcmede,
Mon eau pourrait vont foklager.
coureroisaussi, sans remise.. a votre
aide:
leureux devons servir, heureux de
me vanger.
dais helasî'lemoyen d'enflameruner
Belle
- Qui ne veut quefe r.ifratchir?
4h poitrine malade!ah malade cruelle!'
uiJJè.. en vous guerissant, le Seigneur,'
voiu fléchir.
Voicy la Lettre du BBeerrggeerr,,
l'ofifcier de la Marine. LAuriez-vous cru, Seigneur
Marin, la jeune Diane
faitune action qui la rend cligner
d'avoir une des premieres Placeæ
dans la Galerie des Femmes-for-*
tesj actionheroïque & des plus
belles. On avoit lèrvy sur sa ra.£
bJe, sans y penser, une aiBettoi
deFramboifes des mieux condi-i
tionnées ) & comme elle lesaimes
passionnément, elle ne les a pasjs
pluroft veuës, qu'ellea porté la¡il
cüeilier à l'assiette pour en pren.-l dre mais retenue tout à conptj
par la force imperieuse de sa rai-ij
for, 4
Non, non, mJ-t-llle dit, nepcnfhz,pdtï.si
Btrgtr,
Que jen aille manger; lw ne veux point m'attirer de repr,ci);,)
«.
; Non plter que faire de jaloux ; Je veux avoir le coeur de rock*,
Etpourlaframboise,&p9H*-vovs\
[ Rcfiftanrdoncdelnforceà!•.
i::ntation, elle n'a pas cour',
aie ce fruit qui luy estoitdéfenun
par son Medecin.
ii fEpouse âAdllm en euflfait tant
autant
A l'égard de la Tomme,
v[t Seigneur eust esiècontant,-
Et le pauvre homme
N'eust pas avallé le morceau,
nQui comme du poison mm cgnduit, atr
tombeau j
Mais moins forte que nnftreBelle;.
L'appétit femportasur elle.
le-Et mey hlefiè
,
malade, & p"efqf;;'
mort d'amour,
.rYtUi'TIIX que ye ftrm, fenfoiffî? fin;"
& /W. Ceij'
Je ne vous conre pas ma peine,
Seigneur Marin, pour vous faire
pitié, j'aimerois mieux vous faire
envie. Je vous l'apprens seulement
, à cause de l'égalité de
nos fortunes auprès de cette
Belle.
,
Car enfin, quoy qu'on en dégoise1 e
Jesçay des fidelles témoins
De tous vos petits foins, **
De Tite, de Marqiti*, & de Dame
Fraxfoife;
QuaprèsAvoir languy trots mois a ses
genoux, f
Doncèreux comme laframboise,
Son coeurwom a paru tout aussi dur
qu* nous.
>
A dire vray ,
je ne vois point de
raison qui duft induire une Dame
àtraiter mieux un Marin qu'un
ergerj & sil meit pertllb de
:nisexpliquer finceremenc nfés. mes
Les Marins font des gens
ur quil'on ne peut pas fonder grttn.
de assurance.
cars coeurs font des vaisseaux qui vos
guent a tous vents, font comme la Mer, sujetsa fin.
constance-
Il rien efi pas de mesme des Bergers
Leurs tendrescoeursprennent rAcinil
Comme les plans de leurs Vergers ;
t leur fidellc Amour paroiss mesme a
leur mine.
On sçait de plus que les Marins
mt un peu fanfarons, médifans &
malins;
Hautant prefcjue vaudroit ef/re pris
des Corsaires,
Quaveceuxavoir des affaires.
Au lieu cjue les Bergers dans leursui
jeux & leurs rù Sont , comme leurs brebis,
Toujoursaccompagnez. de la pure inno-ú
cence,
SAns malice & sans médifance-
Je ne dis rien de la difcretlon,
LAttendre des Marins, cefl une illu-
[ton.
Sont-ils en Mer? Ilsriontplpts rien a
faire
Leurs Bell,esfontbien loin le temps du*
re àse taire, Il fautparlery chacun parle à fan sur,
Et chacuny, trahit les secrets de l'a-
'-mOHr.
Les Bergers au contraire
Rarement éloignez, des objets de leurs
voeux,
Et toujours occupez, de mille-foins pour
eux,
Ont trop de peur de leur déplaire,
Pour jamaisdivulguer leur amoureux
miftereAjoutez
a cela, que vos Mans
si.nt Íujlr à donner des noms
eu obligeans, aux personnes à
ui ils doivent le plus de refpeai
uuque, sans aller plus loin que
belle cause de nos peines, ils
nt osé la nommer la Signera B4.
MCU&, au lieu que nos Bergers
ccommodent toujours leurufae
à leur devoir; & honorent
tte Dameavec raison, du beau
3m de Diane, qui est une triple
léelfe, comme vous sçavez.
Ce n'est pas qu'il n'y ait des
tarins de l'humeur des Bergers5
ais on voit rarement des Berde
celle des Marins: & à
garder les choses en général,
fnme je fait sans vouloir ofnier
personne en particulier,
fâcher un Amy comme vous,
que j'aime &quej'estimeinfîainimenc,
je croy en vérité
, que
s'il y avoir quelque préférence ai
efpererde la belle Diarre, ce ne;
reroit pas pour les gens de vostres
forte, rmis pour ceux de la.
mienne.
J'ofeaufji meflater, qu'aprèssa mulaiic
Framboise&moy pourrons bien fapprochlr
Et luy trouver l'ameattendrie,
.AJe lieu de [on coeur de rocher. -
Du moinsenay-je grande envie.
C'efl -pourtant fous le bon pUi/tr j
Du Galant qui tAlceu choisir,
Pour partager les douceurs desavie.
Vous douterez peut-estre de
cette protection ; mais je vous
allure qu'elle n'est pas moins sincere
quecelle que jevousay Faite
d'estre inviolablemenr, Seigneur
Marin. Vôtre,&c.LeB.deFI.'
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Résumé : VERS GALANS.
Le texte raconte l'histoire de Diane, une jeune femme en convalescence dans un hameau. Un berger, épris d'elle, tente de la séduire par des vers galants, exprimant son amour. Diane, connue pour sa malice, résiste à la tentation de manger des framboises pour éviter les reproches. Le berger écrit ensuite à un ami officier de marine, vantant l'héroïsme de Diane et comparant les bergers aux marins. Il met en avant la fidélité et la discrétion des bergers, contrastant avec l'inconstance et l'indiscrétion des marins. Le narrateur souligne que les bergers sont plus prudents et respectueux en matière de comportements amoureux. Bien qu'il reconnaisse l'existence de marins partageant les qualités des bergers, il estime que Diane serait mieux appréciée par des personnes de sa condition. Le narrateur exprime son espoir d'adoucir le cœur de Diane et assure sa dévotion au seigneur Marin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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214
p. 313-314
I.
Début :
I, & la lettre V, estoient le vray mot de la premiere Enigme / Vrayment oüy, vous parlez à nous, [...]
Mots clefs :
Berger, Rimes, Sens, I, V, Voyelle, Consonnes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : I.
I, & lA lettre V, estoient le vray
'ot de la pretniere Enigme du mois
¿oNH
,
& le Souflet ccluy de la
etnde. En voicy flufieurs Explic4.
ions en Yers.
I. vRayment oüy
, vous pllrle a nota,
Açreable Berqer de Flore,
Vont quartefiime & qu'on honore) en puis répondre icy pour tout.
Aiai*ffavez-vou* que par vos rimes
Votu embarrAssèz. trop les gens?
Sur vos plus faciles Enigmes
7faut rêver huit jours pour en trouver
le sens. JJ leu cent fois vojlre nouvelle
Avant que dy rien remarquer; ïnfîn votre trtijîcme& cinquième voyelle,
roflre I, vojlre V.. pour me mieuxexpli.
quer1
Xfontpensé tourner la cervelle,
je ne fçaurais vous le nier,
Berger, quand vous voudrez dansi
Galant Mercure
Nous exercer sur quelque Enigme cio
fcure,
Yo," en sçavez. bien le métier,
Donnez-nous un mot tout entier,
Il nous mettra bien moinsl'ejprit à
i 1
torture.
DIlREVILL:
'ot de la pretniere Enigme du mois
¿oNH
,
& le Souflet ccluy de la
etnde. En voicy flufieurs Explic4.
ions en Yers.
I. vRayment oüy
, vous pllrle a nota,
Açreable Berqer de Flore,
Vont quartefiime & qu'on honore) en puis répondre icy pour tout.
Aiai*ffavez-vou* que par vos rimes
Votu embarrAssèz. trop les gens?
Sur vos plus faciles Enigmes
7faut rêver huit jours pour en trouver
le sens. JJ leu cent fois vojlre nouvelle
Avant que dy rien remarquer; ïnfîn votre trtijîcme& cinquième voyelle,
roflre I, vojlre V.. pour me mieuxexpli.
quer1
Xfontpensé tourner la cervelle,
je ne fçaurais vous le nier,
Berger, quand vous voudrez dansi
Galant Mercure
Nous exercer sur quelque Enigme cio
fcure,
Yo," en sçavez. bien le métier,
Donnez-nous un mot tout entier,
Il nous mettra bien moinsl'ejprit à
i 1
torture.
DIlREVILL:
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Résumé : I.
Le texte discute d'une énigme dont la solution repose sur les lettres 'I' et 'V'. L'auteur critique la complexité des énigmes du 'Berger de Flore' et admire son talent. Il mentionne avoir relu une nouvelle sans en comprendre le sens et demande un mot entier plus facile à déchiffrer. Le texte se conclut par le nom 'DIREVILL'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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215
p. 314-315
II.
Début :
Belle Iris, il est des Souflets [...]
Mots clefs :
Soufflet, Main, Visage, Sage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
II.
BElle Iris, il ejf des Souflets
Qui pour nous promener ont de pu",
sans attraits,
Rien au monde n'ejf plus commode,
Et ceux-là font fort à la mode. -
Il en efl encor pour Valcain,
Et dont l'utilité me semble sans égal6h
Lors quefiant plus petits pour quelq^\
bon festin
, -
On en fait boüillir la Timhalle.
Mais lors qu'auprès de vous faisant tni
le badin,
BelleIris,vous leve la main,
Peur men donnersur le visage,
Cessouflets-là n'ont rien defain.
r peur d'en recevoir saime mieux eflre
fage.
L- e mei-me.
BElle Iris, il ejf des Souflets
Qui pour nous promener ont de pu",
sans attraits,
Rien au monde n'ejf plus commode,
Et ceux-là font fort à la mode. -
Il en efl encor pour Valcain,
Et dont l'utilité me semble sans égal6h
Lors quefiant plus petits pour quelq^\
bon festin
, -
On en fait boüillir la Timhalle.
Mais lors qu'auprès de vous faisant tni
le badin,
BelleIris,vous leve la main,
Peur men donnersur le visage,
Cessouflets-là n'ont rien defain.
r peur d'en recevoir saime mieux eflre
fage.
L- e mei-me.
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Résumé : II.
Les soufflets sont des objets pratiques pour se promener et sont utilisés par Vulcain pour attiser le feu. Cependant, ils deviennent inutiles face à une gifle de la belle Iris. Le narrateur évite cette situation embarrassante en restant sage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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216
p. 315-316
III.
Début :
D'Où naist tant de bruit dans les Cieux, [...]
Mots clefs :
Soufflet, Vulcain, Courroux, Tumulte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
III.
D,'Où naiji tant de bruit dans les
Cieux,
Tant de tumulte, (7 tant d'alarmes>
L'onycrie, aux armes, aux armes,
ut vive, qui va la! Seroit-ce entre les
Dieux?
eroit-ce les Geans,ces Enfans de laterre,
',t!i leur viendroient encor renouveller la
guerre?
Jupiter a la foudre en main;
allas prend son Armet,sa Lance
,
&
son Egide,
Saturne sa Faux homicide,
Deson Marteau sarme Vulcain.
MArs a déjà ceint sa Rapiere ;
Junon tient saPantoufle, & Venusr\
Patin;
Pour MajJè Hercule prend un Pin; i
Neptune desa Fourchefiere
S'en va faire en deuxcoupssix trlU."
Maist Mercure, je vous demandtta
Dans cette émotion sigrande,
P,uel efl tAutioeur de ce couroux?
Ha, G"lllnt! cest-la voflreaffaire3
t Et vous voilà pris surlefait.
Faut-il devant les Dieux en cacher
1 i
mylfere?
Non, non, on ne le peut après voffiï-
SSoouuHfleect..
RAULT de Roucna.
D,'Où naiji tant de bruit dans les
Cieux,
Tant de tumulte, (7 tant d'alarmes>
L'onycrie, aux armes, aux armes,
ut vive, qui va la! Seroit-ce entre les
Dieux?
eroit-ce les Geans,ces Enfans de laterre,
',t!i leur viendroient encor renouveller la
guerre?
Jupiter a la foudre en main;
allas prend son Armet,sa Lance
,
&
son Egide,
Saturne sa Faux homicide,
Deson Marteau sarme Vulcain.
MArs a déjà ceint sa Rapiere ;
Junon tient saPantoufle, & Venusr\
Patin;
Pour MajJè Hercule prend un Pin; i
Neptune desa Fourchefiere
S'en va faire en deuxcoupssix trlU."
Maist Mercure, je vous demandtta
Dans cette émotion sigrande,
P,uel efl tAutioeur de ce couroux?
Ha, G"lllnt! cest-la voflreaffaire3
t Et vous voilà pris surlefait.
Faut-il devant les Dieux en cacher
1 i
mylfere?
Non, non, on ne le peut après voffiï-
SSoouuHfleect..
RAULT de Roucna.
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Résumé : III.
Un poème décrit une scène tumultueuse où les dieux se préparent au combat, chacun armé de ses attributs spécifiques. Mercure accuse Gallus d'être à l'origine du tumulte. Gallus est pris sur le fait et ne peut nier son implication, malgré ses tentatives de dissimulation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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217
p. 316-317
IV.
Début :
Il eust fallu ce dernier mois [...]
Mots clefs :
Esprit, Jeunesse, Vieillesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IV.
1v.
1
L eu/ffallu ce dernier mois
Demeurer au lapon
, pour ne pas dans?
l'Enigme
Trouver Gennessoùmise au pluspuijflUt.
desRois,
On neulf pu rignorersans crime,
iMaïs la premiereEnigmeâAoust
"Wenous paroisspas sifacile, «
Elle semble aux gens de bon goaft
Pleine etejprit, & tres-subtile,
ux voyellespourtant en paroissenttobiu,
DEnt tl'uneestconsonne en jeunefe,
l'ilutre l'est dans la Vieillesse,
mteautrenepeut pasfaireunsibeleffet.
La petite Aflemblce G.-
du Havre.
1
L eu/ffallu ce dernier mois
Demeurer au lapon
, pour ne pas dans?
l'Enigme
Trouver Gennessoùmise au pluspuijflUt.
desRois,
On neulf pu rignorersans crime,
iMaïs la premiereEnigmeâAoust
"Wenous paroisspas sifacile, «
Elle semble aux gens de bon goaft
Pleine etejprit, & tres-subtile,
ux voyellespourtant en paroissenttobiu,
DEnt tl'uneestconsonne en jeunefe,
l'ilutre l'est dans la Vieillesse,
mteautrenepeut pasfaireunsibeleffet.
La petite Aflemblce G.-
du Havre.
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218
p. 317
V.
Début :
Vous nous avez déja donné, Galant Mercure, [...]
Mots clefs :
Soufflet, Injure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : V.
V. ,7Ous nousavez déjà donné
,
Galant t'-
Mercure>
Lepremier de vostrois Souflets,
Le trotifème nous faitinjure,
Ceji pour regaler des Valets
, 7ous prenons le fécond
*
il nous met attoftre
Aist
j
7ous qui marchons si lentement
tfouryferons commodément, y
Wayant ny Carosse ny Chaise.
Le ratefmcr
,
Galant t'-
Mercure>
Lepremier de vostrois Souflets,
Le trotifème nous faitinjure,
Ceji pour regaler des Valets
, 7ous prenons le fécond
*
il nous met attoftre
Aist
j
7ous qui marchons si lentement
tfouryferons commodément, y
Wayant ny Carosse ny Chaise.
Le ratefmcr
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219
p. 318
VI.
Début :
Je me fâchois de voir Mercure [...]
Mots clefs :
Soufflet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VI.
VI.
J'E me fâchoisdevoir Mercure
Nous donner un Souflet & des mieHX"S.\
ajfenez.,
Lamoutardedéja m'alloitmonterau nez]
Dans le ressentiment d'unesi grande
injure.
Mais comme ce Souflet peut libéralement
Nous donner du plaisir & du foulagement,
En favorisant noflre allure,
•
Ou dans une rude faison
Nous défendant de la froidure, #*»
le me fuis referié que Mercure a raison:
L. Bouçhet, ancien Curé
de Nogentle Roy.
J'E me fâchoisdevoir Mercure
Nous donner un Souflet & des mieHX"S.\
ajfenez.,
Lamoutardedéja m'alloitmonterau nez]
Dans le ressentiment d'unesi grande
injure.
Mais comme ce Souflet peut libéralement
Nous donner du plaisir & du foulagement,
En favorisant noflre allure,
•
Ou dans une rude faison
Nous défendant de la froidure, #*»
le me fuis referié que Mercure a raison:
L. Bouçhet, ancien Curé
de Nogentle Roy.
Fermer
220
p. 318-319
VII.
Début :
Amy, je prends le Mousquet, [...]
Mots clefs :
Grammaire, Soufflet, I, V
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VII.
VII.
AMy
y
je prends le Moufquety
Et renonce a la Grmmllire,
Dire un mot pour men diftrllire.
C'eftme donner un Sounct;
JQuel abus, quellechimere!
De glosersur £I*surl'V,
-Et de chercher du mifiere
Dans le ba be bi bo hu.!
Le petit Colin de Pethiviers
en Gaftinois.
AMy
y
je prends le Moufquety
Et renonce a la Grmmllire,
Dire un mot pour men diftrllire.
C'eftme donner un Sounct;
JQuel abus, quellechimere!
De glosersur £I*surl'V,
-Et de chercher du mifiere
Dans le ba be bi bo hu.!
Le petit Colin de Pethiviers
en Gaftinois.
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222
p. 319-320
IX.
Début :
Admirable Berger de Flore, [...]
Mots clefs :
Grâce, Louis, Voyelles, Consonnes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IX.
ADmirable Berger de Flore,
Faut-il plus long-temps que j'i~
gnore
luel efl L'heureux climat qu'onvous voie
habiter?
Maissans doute ceflAH PArlMJfè ;-
Carvousffavez. nous débiter,
Des Vtrs d'une trop bonne grâce,
Pour ne pas le tenir du divin Apollon i i
OUyy l'on connoifl tres-bien que ce Diemxi
vous inspire,
Que mtfme quelques-fois dans le ftcrt
Vallon,
Ilvous donne a touchersaLyre,
Pour chanter les faits induis
De nostre invincibleLOUIS
Ou comme dans ce mois en changeant de V,
langage,
Pourfaire paroiflre un Ouvrage,
Sfavant,subtilyingénieux;
Qui dans unsens rniftcricMx
Kous déguisant un I, de Cordre Alpha- -\
betique,
Transforme encor un f, musfacinant les x
yeux i.
C'estainjï que quittant te (tile serieux
Vous recherchez,fEnigmatique,
Comme le plus conforme AU langage des t
Dieux.
ALCIDORdu Havre..
Faut-il plus long-temps que j'i~
gnore
luel efl L'heureux climat qu'onvous voie
habiter?
Maissans doute ceflAH PArlMJfè ;-
Carvousffavez. nous débiter,
Des Vtrs d'une trop bonne grâce,
Pour ne pas le tenir du divin Apollon i i
OUyy l'on connoifl tres-bien que ce Diemxi
vous inspire,
Que mtfme quelques-fois dans le ftcrt
Vallon,
Ilvous donne a touchersaLyre,
Pour chanter les faits induis
De nostre invincibleLOUIS
Ou comme dans ce mois en changeant de V,
langage,
Pourfaire paroiflre un Ouvrage,
Sfavant,subtilyingénieux;
Qui dans unsens rniftcricMx
Kous déguisant un I, de Cordre Alpha- -\
betique,
Transforme encor un f, musfacinant les x
yeux i.
C'estainjï que quittant te (tile serieux
Vous recherchez,fEnigmatique,
Comme le plus conforme AU langage des t
Dieux.
ALCIDORdu Havre..
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Résumé : IX.
L'auteur adresse une lettre à un 'Berger de Flore', poète ou écrivain, admirant ses œuvres inspirées par Apollon. Ces œuvres célèbrent les exploits du roi Louis ou présentent des ouvrages savants et ingénieux. L'auteur loue l'usage des jeux de mots et des énigmes, comparables au langage divin. La lettre est signée 'ALCIDOR du Havre'.
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223
p. 321
X.
Début :
De trois Souflets tout à la fois, [...]
Mots clefs :
Soufflet, Crime
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texteReconnaissance textuelle : X.
X. DE tro;s Souflecs tout a lafoi
Mercure, vous Ilvefaitchoix,
J'our nous presenter une Enigmer Bon du fécond & du premier..
Mais 'on vous accuse de crime
Pour avoir donné le dernier;
Prenez, gardeejuon ne s'envange,
Et que quelque tfprit mal-bassi,
Ne veuille vous donner le change
Âprés le moindLre déememnti.esme
Mercure, vous Ilvefaitchoix,
J'our nous presenter une Enigmer Bon du fécond & du premier..
Mais 'on vous accuse de crime
Pour avoir donné le dernier;
Prenez, gardeejuon ne s'envange,
Et que quelque tfprit mal-bassi,
Ne veuille vous donner le change
Âprés le moindLre déememnti.esme
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224
p. 321-322
XI.
Début :
D'Une autre main que de la vostre, [...]
Mots clefs :
Soufflet, Venger, Douleur, Cruauté
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texteReconnaissance textuelle : XI.
xi.
D"Uneautre main que de la voflrei
Philisj je nefluffrirois
pas
Un Sounet;car enfin tout autre
Sans doutey passeroit le pas.
tts estesobligée a vos yeux pleins d0
charmes,
Qui mefont poser bas les Armes, Et m'emp'.!chenr. de me vanger;
Adaissivous redoublez., Cruelle,
Vous me verrez, bien-talf changer, and j'endevrois souffrir
une douleurta
mortelle. -
XII.
Le 111efine
D"Uneautre main que de la voflrei
Philisj je nefluffrirois
pas
Un Sounet;car enfin tout autre
Sans doutey passeroit le pas.
tts estesobligée a vos yeux pleins d0
charmes,
Qui mefont poser bas les Armes, Et m'emp'.!chenr. de me vanger;
Adaissivous redoublez., Cruelle,
Vous me verrez, bien-talf changer, and j'endevrois souffrir
une douleurta
mortelle. -
XII.
Le 111efine
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225
p. 322
XII.
Début :
Sans estre un grand Explicateur, [...]
Mots clefs :
Lettres, Consonnes, Voyelles
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texteReconnaissance textuelle : XII.
XII.
Le 111efine.
SAns eflre un grand Expllcateur,
Nydu Pays de Sapience,
Sansme[me eflre doité de vive intelligence
f feppere eflre le Devineur
De la premiere Enigme elle efl afexfacilâ
Deux let,tres font lesfoeurs qu'on met dj
verfemenr.
V1voyelle ou consonne, & l'Vsemblablement,
Quejamais Ecrivain habile
Ne marque toutes deux ejuavec difiinflion
Suivant le changement de leurcondition.
Les mettre en oeuvre à rÂVntureJ
Efl,un peché contre Nature.
G Y G E'S du Havre,
Le 111efine.
SAns eflre un grand Expllcateur,
Nydu Pays de Sapience,
Sansme[me eflre doité de vive intelligence
f feppere eflre le Devineur
De la premiere Enigme elle efl afexfacilâ
Deux let,tres font lesfoeurs qu'on met dj
verfemenr.
V1voyelle ou consonne, & l'Vsemblablement,
Quejamais Ecrivain habile
Ne marque toutes deux ejuavec difiinflion
Suivant le changement de leurcondition.
Les mettre en oeuvre à rÂVntureJ
Efl,un peché contre Nature.
G Y G E'S du Havre,
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226
p. 323
XIII.
Début :
Je veux qu'on me prenne au colet [...]
Mots clefs :
Soufflet
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texteReconnaissance textuelle : XIII.
XIII.
"E veux quon me prenne au colet
Pourme menerau Chastelet,
uon me pende avec un filet,
ne l'on me coupe le chifflet
nnme si j'estois un Poulet
, u'on me traite comme un Valet
, uon me charge comme un Mulet7
eue jamais dans un Gobelet boive ny vin ny lait,
ue d'un trait d'un arc à lalet,
u que etun Canon le boulet
t"écràse comme un Arggulet,
ue la nuit quelque efpritfofet
îefaffe danser un balet,
uuàa mon nneezz. rsee fsaijfe un Bourlet
Pe la longueur d'un Flageolet,
t qu'onluy donne un camouflet,
i le mot n'est pas le Sonfltt.
GIRARDOT de Moulins.
"E veux quon me prenne au colet
Pourme menerau Chastelet,
uon me pende avec un filet,
ne l'on me coupe le chifflet
nnme si j'estois un Poulet
, u'on me traite comme un Valet
, uon me charge comme un Mulet7
eue jamais dans un Gobelet boive ny vin ny lait,
ue d'un trait d'un arc à lalet,
u que etun Canon le boulet
t"écràse comme un Arggulet,
ue la nuit quelque efpritfofet
îefaffe danser un balet,
uuàa mon nneezz. rsee fsaijfe un Bourlet
Pe la longueur d'un Flageolet,
t qu'onluy donne un camouflet,
i le mot n'est pas le Sonfltt.
GIRARDOT de Moulins.
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Résumé : XIII.
Le texte relate des souhaits et des malédictions. Le locuteur aspire à être capturé, pendu, traité comme un valet et chargé comme un mulet. Il souhaite éviter de boire du vin ou du lait, préférant être frappé par un boulet ou une flèche. Il désire aussi être tourmenté par un esprit maléfique la nuit. Il mentionne une mesure équivalente à la longueur d'un flageolet et un soufflet. Le texte se conclut par une référence à Girardot de Moulins.
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227
p. 324
XIV.
Début :
Le present peu commun que Mercure nous fait, [...]
Mots clefs :
Alphabet, Voyelle, Consonnes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : XIV.
XIV. LE prefrnt peu commun que Mercll 1
re nous fait,
Sont deux lettres de FAlphabet L'j ; comme /'V tantofl efi consonne ou
,
voyelle,
L'une & l'autrefouvcntfontladiversité
Slge le Berger de Flore en ce mois nous
revelt
JÎvec tant de subtilité.
HEKMOPHXLE d'Antifer..
re nous fait,
Sont deux lettres de FAlphabet L'j ; comme /'V tantofl efi consonne ou
,
voyelle,
L'une & l'autrefouvcntfontladiversité
Slge le Berger de Flore en ce mois nous
revelt
JÎvec tant de subtilité.
HEKMOPHXLE d'Antifer..
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228
p. 324-325
XV.
Début :
Je vous suis obligé, Mercure, [...]
Mots clefs :
Hiver, Soufflet, Torture
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texteReconnaissance textuelle : XV.
XV.
Evousfuis oblhê, Mercure,
Jtfoy dontsouvent les pieds font misi
la torture, A qui la goute ne permet
Des jambes que par bienfeance-
J'ay pris vostrefécondSouflec,
JQui me rendra bonne affiftancey
Soit en Hyver3 fait en E/té,
ile pouvant plus marcher quavec difficulté.
Le mcfme.
Evousfuis oblhê, Mercure,
Jtfoy dontsouvent les pieds font misi
la torture, A qui la goute ne permet
Des jambes que par bienfeance-
J'ay pris vostrefécondSouflec,
JQui me rendra bonne affiftancey
Soit en Hyver3 fait en E/té,
ile pouvant plus marcher quavec difficulté.
Le mcfme.
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229
p. 325
XVI.
Début :
Vostre premier Souflet me sera fort commode, [...]
Mots clefs :
Soufflet, Feu, Main
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : XVI.
XVI. vOflre premier Soilflet me fera fort
commode,
Et servira bien-totf pour allumer mon
feu;
A rigardva fécond, quoy qu'ilfait à
la mode,
Ay"nt bon pied. bon mil, il me servira
peu,
sortez. de voflre main le troijiéme a quelqu'autre,
Pour ne vous le pas rendre il faudrait
eflre Apostre.
DE LA TRONCHE de ltoüen.
commode,
Et servira bien-totf pour allumer mon
feu;
A rigardva fécond, quoy qu'ilfait à
la mode,
Ay"nt bon pied. bon mil, il me servira
peu,
sortez. de voflre main le troijiéme a quelqu'autre,
Pour ne vous le pas rendre il faudrait
eflre Apostre.
DE LA TRONCHE de ltoüen.
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230
p. 325-326
XVII.
Début :
Ce temps passé, Galant Mercure, [...]
Mots clefs :
Soufflet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : XVII.
XVII. E tempspassé, Galant Mercurl,
V9HS efliezdes plus obligeants,
Apresent vous cherchez à maltraiter les
gens,
Comme la belle Nourriture; Qua-t-elle dit? QiAt elle fait
JQuipuissemeriter qu'on luy donne à
Souflet ?
Pour en avoir raison, feujfeperdu la vu
J'aurois juré dix mille morts,
laurois mis flamberggee ddeehhoorrss;
Mais mon sexe a trompé ma genereH}..
envie.
LA BELLE NOURRITURE
du Havre.
V9HS efliezdes plus obligeants,
Apresent vous cherchez à maltraiter les
gens,
Comme la belle Nourriture; Qua-t-elle dit? QiAt elle fait
JQuipuissemeriter qu'on luy donne à
Souflet ?
Pour en avoir raison, feujfeperdu la vu
J'aurois juré dix mille morts,
laurois mis flamberggee ddeehhoorrss;
Mais mon sexe a trompé ma genereH}..
envie.
LA BELLE NOURRITURE
du Havre.
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231
p. 326-327
XVIII.
Début :
Le Souflet en Hyver utile, [...]
Mots clefs :
Soufflet, Insolence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : XVIII.
XVIII.
LE Souflet en Hyver utile,
Sert pour allumer nos tisons ; A fOrgue ilfait qu'un MÃiftre h<&&x
bile
Charme J'oreille par ses fons.
Le Souflet qu'on dit à la mode,
A la campagne effort commode;
On efl assis, on neflpoint las,
Soit pour la poste,ou pourle pas.
L'autre Souflet,jevous l'avoue,
Lors qu'onrimprimefur la joué,
Fait âèguainer,causedesmorts.
Oufait dire dans les transports
HXfoibles, L'insolent en eust perdu
lavie,
l'âge n'eust trompé ma genereuse en-
-
vie.
LE Souflet en Hyver utile,
Sert pour allumer nos tisons ; A fOrgue ilfait qu'un MÃiftre h<&&x
bile
Charme J'oreille par ses fons.
Le Souflet qu'on dit à la mode,
A la campagne effort commode;
On efl assis, on neflpoint las,
Soit pour la poste,ou pourle pas.
L'autre Souflet,jevous l'avoue,
Lors qu'onrimprimefur la joué,
Fait âèguainer,causedesmorts.
Oufait dire dans les transports
HXfoibles, L'insolent en eust perdu
lavie,
l'âge n'eust trompé ma genereuse en-
-
vie.
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232
p. 327-328
XIX.
Début :
C'est un I, voyelle & consonne, [...]
Mots clefs :
Voyelle, Consonnes, V, I
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : XIX.
XIX.
9 c'Est un I, voyelle & conforme]
Qu'en ce mois Mercure nous
t donne.,
,:' Lesecrèt nous en efl connu,
Mais ily jêint encor un V, 1.
Par un flratagème admirable,
L'on ne voit rien de mieux caché,
Plttfieurs l'auront trouvépeut-estre ipé..
nétrable,
* jlpré1s lC' avoir l1ong-temps chherchhél,
Et scanos qnuenleohaizafrdlrnoeussles*afait
Pins que nostre capacité,
Nom les aurions passez. fous Benedicite)
i
Et ton nauroit pat vu dans ce mots
- t paroiflre j
LA PETITE ASSEMBLES A
du Havre.
9 c'Est un I, voyelle & conforme]
Qu'en ce mois Mercure nous
t donne.,
,:' Lesecrèt nous en efl connu,
Mais ily jêint encor un V, 1.
Par un flratagème admirable,
L'on ne voit rien de mieux caché,
Plttfieurs l'auront trouvépeut-estre ipé..
nétrable,
* jlpré1s lC' avoir l1ong-temps chherchhél,
Et scanos qnuenleohaizafrdlrnoeussles*afait
Pins que nostre capacité,
Nom les aurions passez. fous Benedicite)
i
Et ton nauroit pat vu dans ce mots
- t paroiflre j
LA PETITE ASSEMBLES A
du Havre.
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Résumé : XIX.
Le texte décrit une énigme poétique révélant un secret en mai, lié aux lettres 'I' et 'V'. Plusieurs personnes pourraient l'avoir résolue, mais elle reste admirablement cachée. La solution dépasse la compréhension ordinaire et peut échapper à une longue recherche. Le poème se termine par une référence à une assemblée au Havre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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233
p. 328-329
XX.
Début :
Veritables Chrestiens, dont l'esprit pacifique [...]
Mots clefs :
Soufflet, Chrétiens, Créateur, Vengeance, Duels, Outrage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : XX.
XX. VEritables Chreftitns, dont Cefprfr
pacifique
Veut aupéchéfaire la nique,i J~~ n'avez, nul defein de vanger /m1
affronts
Que l'on s'efforce de vous faire,
Et qui de pardonner esses toujours fori.,
prompts,
sism de pouvoir sans fin plaireJ
Au Createur de l'V/iivers;
lnfpirt a nos coeurs la mesme patiences
Pour ne pas user de vangeance
Contre un Courier qui va dans mille lieux"t.
divers,
Mercure qui tantofi d'une maintrop le~*
gere,
Sans avoircontre nous nulsujet de coleren
xvoHs a donnetrois beaux Soufitrs
,
nousatraitéfisqu'an ne¡a;tdesVttictS..
wr un moindresujet onfait bien du carnage,
Mais les duels font défendu*;
eujfrons,puis qu'illefautde peur eteftrt
• perdus,
En voulant vanger cet outraae. Lamefme..
pacifique
Veut aupéchéfaire la nique,i J~~ n'avez, nul defein de vanger /m1
affronts
Que l'on s'efforce de vous faire,
Et qui de pardonner esses toujours fori.,
prompts,
sism de pouvoir sans fin plaireJ
Au Createur de l'V/iivers;
lnfpirt a nos coeurs la mesme patiences
Pour ne pas user de vangeance
Contre un Courier qui va dans mille lieux"t.
divers,
Mercure qui tantofi d'une maintrop le~*
gere,
Sans avoircontre nous nulsujet de coleren
xvoHs a donnetrois beaux Soufitrs
,
nousatraitéfisqu'an ne¡a;tdesVttictS..
wr un moindresujet onfait bien du carnage,
Mais les duels font défendu*;
eujfrons,puis qu'illefautde peur eteftrt
• perdus,
En voulant vanger cet outraae. Lamefme..
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Résumé : XX.
Le texte prône le pardon et l'abstention de la vengeance. Il recommande d'imiter la patience divine et d'éviter les duels. Il met en garde contre les conséquences négatives de la vengeance et encourage à rester pacifique face aux provocations et insultes. La sagesse réside dans l'évitement des conflits, même pour des raisons mineures.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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234
p. 329
XXI.
Début :
Mercure dans ce mois vient nous remettre net [...]
Mots clefs :
Alphabet, Voyelle, Consonnes, I, V
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : XXI.
XXI.
Lalnefme..
VIErcure dans ce mois vient nous re
-
mettre net JÎ nostrepremier Alphabet,
Lors qu'il nous presente une Enigme;.
Dans laquelle on dèguise un Ji qui (Vse voit mefvteuniy
Ainsi qu'en monsens je l'estime.
oicy par ou je crois qu'on le peut attester
un & l'autre est voyelle Mtffi-bien que.
consonne;- C'est furquoyVEnigmeraisonne,
On ne peut me lecontefter.
SYLVIEdu,Havre,.
Lalnefme..
VIErcure dans ce mois vient nous re
-
mettre net JÎ nostrepremier Alphabet,
Lors qu'il nous presente une Enigme;.
Dans laquelle on dèguise un Ji qui (Vse voit mefvteuniy
Ainsi qu'en monsens je l'estime.
oicy par ou je crois qu'on le peut attester
un & l'autre est voyelle Mtffi-bien que.
consonne;- C'est furquoyVEnigmeraisonne,
On ne peut me lecontefter.
SYLVIEdu,Havre,.
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235
p. 330
XXII.
Début :
Du second Souflet de l'Enigme, [...]
Mots clefs :
Soufflet, Disgrâce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : XXII.
DVfécondSoulfet^fEnigme
1
Jeferoit
un choix lefitime,
S'ilestoit en ma liberté ; - Mais on ffait bien que mafortune
Efl contraire a ma volonté.
Par une disgrace importune.
Je nenveux doncaucun des trois,
Jay des premiers à fuiffCance,
JEtpuis que lefeemd efl hors de mapuis
sance,
Ce neflpas du dernierdont je veuxfairechtix.
La mesme
1
Jeferoit
un choix lefitime,
S'ilestoit en ma liberté ; - Mais on ffait bien que mafortune
Efl contraire a ma volonté.
Par une disgrace importune.
Je nenveux doncaucun des trois,
Jay des premiers à fuiffCance,
JEtpuis que lefeemd efl hors de mapuis
sance,
Ce neflpas du dernierdont je veuxfairechtix.
La mesme
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236
p. 330-331
« Ceux qui ont expliqué les mesmes Enigmes dans leur vray sens, [...] »
Début :
Ceux qui ont expliqué les mesmes Enigmes dans leur vray sens, [...]
Mots clefs :
Énigmes, Réponses, Liste de noms
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ceux qui ont expliqué les mesmes Enigmes dans leur vray sens, [...] »
Ceux qui ont expliquélesme/mev
Enigives dans leur vray fins, font
Mrs Charpentier Receveur des Tailles
de RomorantiniHutuge d'orledfJS;
P. Carrier, & F. Marie de Rouen5
Confiant) Cervdis de S.Simon ; de
Lallde, Directeur dfsPoJles de:
ivence> la Loy de Lyon; chajle-
9 de la Cosse
,
Alflcil de la rue
nt Denys;N. lude&I. Malhcux
Rouen; le Tourangeau, Amant
fiant de l'Inftnfible Champion;
pinay Buret de Vitrysl'Ouvrier
(imparabledes Gobelinsy MefdeifellesdeNcubourg
de Rieuxi de
emand ;de Tondjecq;M. Trouais,
pouss mal contente ,
& lajeune
Emblée de la rué de CEcti de Ro.
rantin.
Enigives dans leur vray fins, font
Mrs Charpentier Receveur des Tailles
de RomorantiniHutuge d'orledfJS;
P. Carrier, & F. Marie de Rouen5
Confiant) Cervdis de S.Simon ; de
Lallde, Directeur dfsPoJles de:
ivence> la Loy de Lyon; chajle-
9 de la Cosse
,
Alflcil de la rue
nt Denys;N. lude&I. Malhcux
Rouen; le Tourangeau, Amant
fiant de l'Inftnfible Champion;
pinay Buret de Vitrysl'Ouvrier
(imparabledes Gobelinsy MefdeifellesdeNcubourg
de Rieuxi de
emand ;de Tondjecq;M. Trouais,
pouss mal contente ,
& lajeune
Emblée de la rué de CEcti de Ro.
rantin.
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Résumé : « Ceux qui ont expliqué les mesmes Enigmes dans leur vray sens, [...] »
Le document énumère diverses personnes avec leurs rôles ou affiliations : Mme Charpentier, Receveur des Tailles de Romorantin ; P. Carrier et F. Marie de Rouen ; Simon de Lallde, Directeur des Postes de Lyon ; le Chevalier de la Cosse ; l'Abbé de la rue Denys ; N. Jude et I. Malhcux de Rouen ; le Tourangeau, amant de l'Infanticide Champion ; Pinay Buret de Vitry, Ouvrier des Gobelins ; Mesdemoiselles de Neubourg, de Rieux, de Tondique ; M. Trouais ; la jeune Emblée de la rue de Ro-rantin.
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237
p. 331-332
QUESTIONS A DECIDER.
Début :
I. Lequel des deux Amans aime le plus, celuy qui souhaite [...]
Mots clefs :
Amants, Petite vérole, Maîtresse, Laideur, Amour, Mourir d'amour, Jalousie, Origine, Monstres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUESTIONS A DECIDER.
RESTIONS A DECIDER.
I.
.i
Equel des deux Amans aime
le plus, celuy qui souhaité
petite Verol'e à la Maistresse.
pour luy faire voir que la laideur
seroit incapable de le faire changer;
ou celuyqui aime mieux qu 1
elle doute de son amour, que dd
luy voir arriver une pareille disgrace.
11.
Si l'on peut mourir d'amour. IIL
Si l'on peut aimer sans jaloufi
IV.
On demande l'Origine des Monstres.
I.
.i
Equel des deux Amans aime
le plus, celuy qui souhaité
petite Verol'e à la Maistresse.
pour luy faire voir que la laideur
seroit incapable de le faire changer;
ou celuyqui aime mieux qu 1
elle doute de son amour, que dd
luy voir arriver une pareille disgrace.
11.
Si l'on peut mourir d'amour. IIL
Si l'on peut aimer sans jaloufi
IV.
On demande l'Origine des Monstres.
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238
p. 332
« Je suis, Madame, Vostre, &c. A Paris, ce 15 [...] »
Début :
Je suis, Madame, Vostre, &c. A Paris, ce 15 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je suis, Madame, Vostre, &c. A Paris, ce 15 [...] »
Jefais, Mllatlme, Vofire', &c.
AParisx.ceis. Offobre lÓSf.
AParisx.ceis. Offobre lÓSf.
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240
p. 332
« La Figure estant déployée, doit regarder la page 280. [...] »
Début :
La Figure estant déployée, doit regarder la page 280. [...]
241
s. p.
« ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant [...] »
Début :
ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant [...] »
O
N donnera toûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois , & on
le vendra , auffi -bien que l'Extraordinaire
, Trente fols relié en Veau,
& Vingt-cinq fols en Parchemin.
N donnera toûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois , & on
le vendra , auffi -bien que l'Extraordinaire
, Trente fols relié en Veau,
& Vingt-cinq fols en Parchemin.
Fermer
242
p. 1-11
PARAPHRASE D'UN CANTIQUE POUR LE ROY.
Début :
Voicy, Madame, un nouveau Recüeil des Ouvrages du Public. / Magnus Dominus & laudabilis nimis, & magnitudinis ejus non est [...]
Mots clefs :
Psaumes, Roi, Louanges, Grandeur, Monarque, Héros, Trônes, Latin, Justice, Conquérant, Magnificence, Univers, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARAPHRASE D'UN CANTIQUE POUR LE ROY.
OICT, Madame , un nouveau
Recueil des Ouvrages
du
Public.Pefpere que vous
n'en ferez pas moins fale
tisfaite que vous l'avez esté de tous les
autres. Du moins je fuis affeuré que
commencement vous en plaira , puis
Q. d'Octobre 1685.
A
2 Extraordinaire
qu'il regarde le Roy , & que
l'admira
tion que vous avez pour cet Augufte Momarque
vous intereffe , particulierement
dans toutes les chofes qui touchent ſa
gloire. Un fort habile homme afait une
Paraphrafe deplufieurs Verfets de Pfeaumes
qu'il a appliquez aux continuels miracles
qui rendentfameux l'heureux Siecle
où nous vivons ; & ces differens ver
fets compofent une espece de Cantique ,
qui a efté extremément aprouvé de quantité
de perfonnes d'un gouft fin & délicat.
Vous n'aurez pas de peine à connoistre en
le lifant , que l'Autheur agrand accés au
Parnaffe , & quele tour aisé qu'il donne
à fes Vers , vient d'un long commerce
qu'il s'eft fait avec les Muſes.
du Mercure Galant.
SSSS SSS SS255522
PARAPHRASE
DUNCANTIQUE
POUR LE ROY.
Magnus Dominus & laudabilis nimis ,
& magnitudinis ejus non eft finis,
Pfalm. 144.
Qui
Vil eft loüable ! qu'il eft grand !
Sujetsfortunez d'un tel Maistre,
Rendez graces au Ciel de vous avoirfait
naiftre
Sous un regne fi doux,fi calme,fipuiffant.
Le moyen d'exprimerfa grandeur infinie?
Ce Monarque s'éleve aux honneurs immortels
Et le moindre jour de ſa vie
N'a - t- ilpas merité l'Encens & les Austels?
A ij
Extraordinaire
Venite & videte opera Domini , quæ
pofuit prodigiafuper terram . Pfal. 45.
Accourez de tout l'Univers ,
Venez, peuples ! venez vous-mefme vous
inftruire
De tant de prodiges divers ;
Nous ne ceffons de les écrire ,
Mais ny nos Chanfons ny nos Vers,
Ny nos mélodieux Concerts
A ce vafte deffein ne peuvent pas fufa
fire .
Conturbatæ funt gentes , & inclinata
funt regna.
Toutes les Nations du Monde
Tremblent au nom de ce Heros .
Ignorent-elles fes travaux ?
Ils ont remply la Terre &l'Onde.
Les Trônes les mieux affermis
Dont on vante la gloire immenfe ,
Chancelent s'ils nefontfoumis
A cette fupreme puiſſance.
En vain voftre air imperieux
du Mercure Galant.
Vous enchante , Grands de la terre ,
Devant ce Heros glorieux ,
Ne baifferez- vous pas toûjours , foit paix
ou guerre ,
Ne baifferez- vous pas les yeux ?
Dedit vocem fuam & mota eft terra,
Comme fes actions font autant de Miracles
,
Toutes fes paroles auffi
Ne font-elles pas des Oracles ?
D'un bout du Monde à l'autre on les écom
te ainfi ,
De cet air fouverain dontfa bouche
nonce ,
Eft-il rien de grand deformais
prae
Que cette bouche ne l'anonce ?
Un mot, tout est en guerre, un mot, tout ef
enpaix.
Fundamenta Montium conturbata funt,
quoniam iratus eft eis . Pfal. 17.
Sa met-il en conreux pour punir les con
pables,
J
A iij
6 Extraordinaire
Rien ne les fçauroit garantir s
Et quand la foudre doit partir,
Ses coups font moins inévitables .
Retraites de ces orgueilleux
Dont on a puny l'infolence ,
Boulevars & Rocs fourcilleux ,
Vous en fumez encor , tremblez fous la
puiſſance
D'un Monarque qui peut faire , fur qui
l'offense ,
Pleuvoir des deluges defeux.
Orietur in diebus ejus juftitia & abun
dantia pacis. Pfal. 70.
Qu'il récompenfe ou qu'il puniffe
Selon que l'on a merité ,
N'est-ce pas toujours fa Fuftice
Qui conduit fes faveurs, on fa ſeverité ?
Cette augufteJuftice au miieu des alarmes
De cent Peuples qu'il voit , & tremblans
& Soumis ,
Luy fait mefme quitter les armes ,
Et la paix a pour luy des charmes,"
Quifont la feureté de tous fes . Ennemis.
du Mercure Galant.
7
Memoriam fecit mirabilium fuorum.
Pfal. 110.
Monumens eternels de fa magnificence,
Que ce Monarque éleve à nos yeux aujourd'huy,
Vous durerez toujours témoins defapuif
fance,
Vous parlerez toujours de luy.
Chef- d'oeuvres où les Arts ont dompté
la
nature
Onfe perd à vous voir , grands & riches
Palais !
Vous avez épuisé toute l'Architecture ,
Mais de ce Conquerant , la hauteur fans
mesure,
Vous ne l'égalerez jamais.
Et factus eft in pace locus ejus.
Le comble enfin de fa grandeur ,
C'est que toûjours calme & tranquile
Nul indigne transport ne foûleve fon
coeur ,
Luy feul fait tout mouvoir , & demeure
immobile ,
A iiij
8 Extraordinaire
Ilsont beau chaque jour , ils ont beau redoubler
Ces foins dont le poids nous étonne
Si leur foule l'environne
Elle ne le peut troubler.
Præ fulgore in confpectu ejus nubes
tranfierunt. Pfal. 17 .
En vain pour obscurcir fa brillante carriere
De groffieres vapeurs s'élevent dans les
airs ;
Pour peu qu'il les regarde elles ne durent
guere ,
Et malgré leurs efforts volages & di
vers ,
Toujours de la mefme maniere
Il brera dans l'Univers.
Magna opera Domini , exquifita in omnes
voluntates ejus . Pfal. 110 .
Tout ce qu'il fait tient du prodige ,
Et ce que l'on croyoit impoffible autre
fois ,
du Mercure Galant.
Eft aife quand il le dirige .
Rien ne peut ébranler la force de fes
Loix ,
Famais foumiffion, jamais ne fut fi grande
Dés qu'il marque fa volonté
De quelque paffion que l'on foit agité ,
Tout obeit quand il commande.
Laudatio ejus manet in fæculum fæculi.
Pfal. 110.
Et comme à remonter dans les Siecles
paffez,
Rien n'eft comparable à fa gloire .
Il nous eft bien permis de croire
Que les beaux traits de fon Hiftoire
Ne feront jamais effacez.
Heros, quel'avenir doit encorfaire naître.
Dans ce Heros que nous chantons
Vous revererez voftre Maiftre ,
Imitant par vos voix nos accens & nos
tons.
Vous celebrerez fa loüange ,
Yous battrez comme nous incessammens
des mains
10 Extraordinaire
Sans qu'il naiffe ramais Heros chez les
huma ,
Qui vous faffe prendre le change .
Et tronus ejus ficut So ' . Pfal. 88.
La gloire de fon regne & fes travaux
divers ,
Le charme & l'horneur de l'Hiftoire
Montrent fon Trône à l'Univers,
Comme le centre de la gloire.
Que le Soleil au haut des Cieux
Pour répandre par tout l'éclat de la lumiere
,
Roule dans fa vafte carriere ,
S'il fait plus de chemin , il ne brille pas
mieux .
Afferte Domino gloriam & honorem
Affemblez tous les ornemens
Qui peuvent enrichirfa Couronne écla
tante ;
Mais le Monde entier mefme a- t- il de
diamans
Une quantité fuffifante
du Mercure Galant.
Pour la former affez brillante ?
Sit gloria Domini in fæculum. Pfal 103 .
Que fa gloire à jamais icy-has reverie
Paffant de Siecle en Siecle à nos derniers
Neveux ,
Dans la gloire des Bienheureux
Aille confondre fa durée.
Recueil des Ouvrages
du
Public.Pefpere que vous
n'en ferez pas moins fale
tisfaite que vous l'avez esté de tous les
autres. Du moins je fuis affeuré que
commencement vous en plaira , puis
Q. d'Octobre 1685.
A
2 Extraordinaire
qu'il regarde le Roy , & que
l'admira
tion que vous avez pour cet Augufte Momarque
vous intereffe , particulierement
dans toutes les chofes qui touchent ſa
gloire. Un fort habile homme afait une
Paraphrafe deplufieurs Verfets de Pfeaumes
qu'il a appliquez aux continuels miracles
qui rendentfameux l'heureux Siecle
où nous vivons ; & ces differens ver
fets compofent une espece de Cantique ,
qui a efté extremément aprouvé de quantité
de perfonnes d'un gouft fin & délicat.
Vous n'aurez pas de peine à connoistre en
le lifant , que l'Autheur agrand accés au
Parnaffe , & quele tour aisé qu'il donne
à fes Vers , vient d'un long commerce
qu'il s'eft fait avec les Muſes.
du Mercure Galant.
SSSS SSS SS255522
PARAPHRASE
DUNCANTIQUE
POUR LE ROY.
Magnus Dominus & laudabilis nimis ,
& magnitudinis ejus non eft finis,
Pfalm. 144.
Qui
Vil eft loüable ! qu'il eft grand !
Sujetsfortunez d'un tel Maistre,
Rendez graces au Ciel de vous avoirfait
naiftre
Sous un regne fi doux,fi calme,fipuiffant.
Le moyen d'exprimerfa grandeur infinie?
Ce Monarque s'éleve aux honneurs immortels
Et le moindre jour de ſa vie
N'a - t- ilpas merité l'Encens & les Austels?
A ij
Extraordinaire
Venite & videte opera Domini , quæ
pofuit prodigiafuper terram . Pfal. 45.
Accourez de tout l'Univers ,
Venez, peuples ! venez vous-mefme vous
inftruire
De tant de prodiges divers ;
Nous ne ceffons de les écrire ,
Mais ny nos Chanfons ny nos Vers,
Ny nos mélodieux Concerts
A ce vafte deffein ne peuvent pas fufa
fire .
Conturbatæ funt gentes , & inclinata
funt regna.
Toutes les Nations du Monde
Tremblent au nom de ce Heros .
Ignorent-elles fes travaux ?
Ils ont remply la Terre &l'Onde.
Les Trônes les mieux affermis
Dont on vante la gloire immenfe ,
Chancelent s'ils nefontfoumis
A cette fupreme puiſſance.
En vain voftre air imperieux
du Mercure Galant.
Vous enchante , Grands de la terre ,
Devant ce Heros glorieux ,
Ne baifferez- vous pas toûjours , foit paix
ou guerre ,
Ne baifferez- vous pas les yeux ?
Dedit vocem fuam & mota eft terra,
Comme fes actions font autant de Miracles
,
Toutes fes paroles auffi
Ne font-elles pas des Oracles ?
D'un bout du Monde à l'autre on les écom
te ainfi ,
De cet air fouverain dontfa bouche
nonce ,
Eft-il rien de grand deformais
prae
Que cette bouche ne l'anonce ?
Un mot, tout est en guerre, un mot, tout ef
enpaix.
Fundamenta Montium conturbata funt,
quoniam iratus eft eis . Pfal. 17.
Sa met-il en conreux pour punir les con
pables,
J
A iij
6 Extraordinaire
Rien ne les fçauroit garantir s
Et quand la foudre doit partir,
Ses coups font moins inévitables .
Retraites de ces orgueilleux
Dont on a puny l'infolence ,
Boulevars & Rocs fourcilleux ,
Vous en fumez encor , tremblez fous la
puiſſance
D'un Monarque qui peut faire , fur qui
l'offense ,
Pleuvoir des deluges defeux.
Orietur in diebus ejus juftitia & abun
dantia pacis. Pfal. 70.
Qu'il récompenfe ou qu'il puniffe
Selon que l'on a merité ,
N'est-ce pas toujours fa Fuftice
Qui conduit fes faveurs, on fa ſeverité ?
Cette augufteJuftice au miieu des alarmes
De cent Peuples qu'il voit , & tremblans
& Soumis ,
Luy fait mefme quitter les armes ,
Et la paix a pour luy des charmes,"
Quifont la feureté de tous fes . Ennemis.
du Mercure Galant.
7
Memoriam fecit mirabilium fuorum.
Pfal. 110.
Monumens eternels de fa magnificence,
Que ce Monarque éleve à nos yeux aujourd'huy,
Vous durerez toujours témoins defapuif
fance,
Vous parlerez toujours de luy.
Chef- d'oeuvres où les Arts ont dompté
la
nature
Onfe perd à vous voir , grands & riches
Palais !
Vous avez épuisé toute l'Architecture ,
Mais de ce Conquerant , la hauteur fans
mesure,
Vous ne l'égalerez jamais.
Et factus eft in pace locus ejus.
Le comble enfin de fa grandeur ,
C'est que toûjours calme & tranquile
Nul indigne transport ne foûleve fon
coeur ,
Luy feul fait tout mouvoir , & demeure
immobile ,
A iiij
8 Extraordinaire
Ilsont beau chaque jour , ils ont beau redoubler
Ces foins dont le poids nous étonne
Si leur foule l'environne
Elle ne le peut troubler.
Præ fulgore in confpectu ejus nubes
tranfierunt. Pfal. 17 .
En vain pour obscurcir fa brillante carriere
De groffieres vapeurs s'élevent dans les
airs ;
Pour peu qu'il les regarde elles ne durent
guere ,
Et malgré leurs efforts volages & di
vers ,
Toujours de la mefme maniere
Il brera dans l'Univers.
Magna opera Domini , exquifita in omnes
voluntates ejus . Pfal. 110 .
Tout ce qu'il fait tient du prodige ,
Et ce que l'on croyoit impoffible autre
fois ,
du Mercure Galant.
Eft aife quand il le dirige .
Rien ne peut ébranler la force de fes
Loix ,
Famais foumiffion, jamais ne fut fi grande
Dés qu'il marque fa volonté
De quelque paffion que l'on foit agité ,
Tout obeit quand il commande.
Laudatio ejus manet in fæculum fæculi.
Pfal. 110.
Et comme à remonter dans les Siecles
paffez,
Rien n'eft comparable à fa gloire .
Il nous eft bien permis de croire
Que les beaux traits de fon Hiftoire
Ne feront jamais effacez.
Heros, quel'avenir doit encorfaire naître.
Dans ce Heros que nous chantons
Vous revererez voftre Maiftre ,
Imitant par vos voix nos accens & nos
tons.
Vous celebrerez fa loüange ,
Yous battrez comme nous incessammens
des mains
10 Extraordinaire
Sans qu'il naiffe ramais Heros chez les
huma ,
Qui vous faffe prendre le change .
Et tronus ejus ficut So ' . Pfal. 88.
La gloire de fon regne & fes travaux
divers ,
Le charme & l'horneur de l'Hiftoire
Montrent fon Trône à l'Univers,
Comme le centre de la gloire.
Que le Soleil au haut des Cieux
Pour répandre par tout l'éclat de la lumiere
,
Roule dans fa vafte carriere ,
S'il fait plus de chemin , il ne brille pas
mieux .
Afferte Domino gloriam & honorem
Affemblez tous les ornemens
Qui peuvent enrichirfa Couronne écla
tante ;
Mais le Monde entier mefme a- t- il de
diamans
Une quantité fuffifante
du Mercure Galant.
Pour la former affez brillante ?
Sit gloria Domini in fæculum. Pfal 103 .
Que fa gloire à jamais icy-has reverie
Paffant de Siecle en Siecle à nos derniers
Neveux ,
Dans la gloire des Bienheureux
Aille confondre fa durée.
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Résumé : PARAPHRASE D'UN CANTIQUE POUR LE ROY.
Le texte est un recueil d'ouvrages dédié à un roi, publié en octobre 1685. Il s'ouvre par une lettre adressée à une dame, assurant que ce recueil la satisfera autant que les précédents. Le texte met en avant les mérites exceptionnels du roi et les miracles de son règne, comparés à des prodiges. Il inclut une paraphrase de plusieurs versets des Psaumes, appliquée aux miracles contemporains, composée par un homme habile et approuvée par des personnes de goût raffiné. Le recueil est présenté comme un cantique célébrant la grandeur, la justice et les exploits militaires du roi. Il décrit la crainte des nations face au roi et la soumission des trônes les plus puissants à sa domination. Le texte loue également la capacité du roi à maintenir la paix, à punir les coupables, ainsi que sa magnificence et sa sérénité face aux défis. Il affirme que la gloire du roi est éternelle et incomparable, et que son règne est le centre de la gloire universelle. Le poème utilise des métaphores pour exprimer des idées sur la gloire et la lumière. Il compare le Soleil, qui parcourt sa trajectoire céleste, à une figure dont la luminosité n'augmente pas nécessairement avec la distance parcourue. Le poème invite à rassembler tous les ornements possibles pour enrichir une couronne éclatante, mais souligne que même avec une quantité suffisante de diamants, cela ne suffirait pas à rendre cette couronne aussi brillante que souhaitée. La deuxième partie du poème évoque la gloire divine, exprimée par la phrase latine 'Sit gloria Domini in sæculum' tirée du Psaume 103, souhaitant que cette gloire perdure éternellement et traverse les siècles jusqu'aux générations futures, partageant ainsi la béatitude des bienheureux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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243
p. 11-17
LA NYMPHE DE RICHELIEU A MONSIEUR LE DUC, & à Madame la Duchesse de Richelieu.
Début :
Les Vers qui suivent sont de M. le Clerc de / Digne Heritier d'Armand, & de tous tes Ayeux, [...]
Mots clefs :
Héritiers, Monarque, Palais, Attraits, Saisons, Pleurs, Amour, Paix, Richesses, Douceur, Hyménée , Successeurs, Ombre, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA NYMPHE DE RICHELIEU A MONSIEUR LE DUC, & à Madame la Duchesse de Richelieu.
Les Vers qui fuivent font de M. le
Clerc de l'Academie Françoife ; ils
furentprefentez à Me le Duc & à Madame
la Ducheffe de Richelieu, le jour
que cette Ducheffefit fon Entrée dans
la Ville qui portefon nom . Ie vous en
ay envoyé une Relation tres ample dans
Pune de mes Lettres ordinaires..
Sa
12 Extraordinaire
52:5252 5252-525252
LA NYMPHE
DE RICHELIEU
A MONSIEUR LE DUC ,
& à Madame la Ducheffe
de Richelieu .
DigneHeritier &Armand , & da
tous tes yeux ,
Depuis que noftre Grand Monarque
Pour t'approcher de luy te fit quitter ces
lieux ,
Tous nos jours furent ennuyeux
Et de noftre langueur tout y portoit la
marque :
Ces Promenoirs charmans , ce fuperba
Palais ,
Où l'Art a feme tant d'attraits ,
N'eftoient plus qu'une affreuse & vafte
folitude,
du
Mercure Galant. 13
L'horreur regnoit dans nos Boccages
verds,
Le Printemps le plus doux n'avoit rien
que de rude ,
Et l'Autonne & l'Efté n'eftoient que des
Hyvers. $12
Que Pay versé de pleurs , & poußé de
Soupirs
Durant une fi longue abfence !
Enfin le Ciel propice exauce nos defirs
Tu nous ramenes les plaifirs ,
Noftre felicité paffe noftre esperance ;
Ton illuftre Moitié , l'Ornement de la
Cour ,
Le digne choix de ton Amour
Fait briller dans ces lieux fes vertus &
fes charmes;
On voit les fleurs y naiftre fous fespas,
Elle y répand la joye , elle en bannit les
larmes ,
Et les remplit par tout de graces
d'appas.
ទ
&
Voy tes heureux Vaſſaux venir de tous
coftez
८
14
Extraordinaire
En foule pour luy rendre hommage :
Voy que de fa douceur leurs coeursfont
enchantez ;
Voy leurs yeux fur elle arreftez:
Voy la joye & Amour peintes fur leur
viſage ;
Voy prefs à vous fervir leurs Bataillons
armez ,
Et par vos regards animez
Au milieu de laPaix reprefenter la guerre.
Ah! s'il falloit combattre leur
pour
Roy ,
Tu les verrois te fuivre aux deux bouts
de la Terre,
Pour feconder ten zele , & fignaler leur
foy.
Couple chery du Ciel, joüiffez pleinement
Du fort de vos belles années ,
C'est pour vous que fut fait ce Palais fi
Et
charmant ,
par les foins du grand Armand ,
Ces richeffes fans prix vous furent deſtinées
:
(
du Mercure Galant .
15 .
Tout rit à vostre abord , tout y devient
plus beau,
Tout y prend un éclat nouveau,
Nos Bois en font plus gais, nos fardins
refleuriffent,
De nos Vergers les ruiffeaux font plus
clairs ,
Avec plus de vigueur nos Fontaines
jaliffent,
Et d'un plus noble effort s'élancent
dans les airs .
Ces reftes précieux de la rigueur des ans ,
Qui n'en ofa faire fa proye,
Ces Heres , ces faux Dieux dans le
marbre vivans,
Si cheris des Maistres fçavans ,
D'un langage muet vous expriment
leur joye.
Vous avez rendu l'ame à ces fiers
baftimens ,
A ces pompeux appartemens,
A ces riches lambris qui me fem bloient
fi fombres,
3
16 Extraordinaire
Sur l'Orifon l'Aftre de la clarté
Ainfi des triftes nuits vient diffiper
les ombres ,
Et rend à l'Univers fa premiere beauté.
W
Que de plaifirs font joints au plaifir
de vous voir !
La douceur n'en eft point bornée.
Quel prefage flateur , quel favorable
espoir
Ne pouvons - nous pas concevoir
De ce Fruit fi charmant né de vostre
Hymenée ?
Ce tendre & cher Objet , ce jeune
Aftre naiffant,
De qui le regard innocent
Semble déja des coeurs méditer la conqueßte
,
D'un Fils illuftre, est le gage a
feuré,
D'un Fils qui de lauriers couronnera
fa tefte ,
D'un Fils tel qu'il le faut , tel qu'il
eft defiré.
du Mercure Galant.
17
3
Sous ces toits fortunez , fous ce noble
climat,
Nâquit Armand, qui par fes veilles
De tous nos Ennemis fit triompher l'Etat
,
Mais qui de noftre Potentat
Euft eu peine à prévoir les divines
merveilles.
Son Ombre vous demande encor um
Succeffeur,
De qui l'efprit , de qui le coeur
Soutiennent vostre nom , & remplif
Sent l'Hiftoire ,
Palais augufte , admirable Sejour,
Quelle douceur pour nous , quel bon
heur , quelle gloire,
Si ce Heros pouvoit recevoir. le
jour!
Clerc de l'Academie Françoife ; ils
furentprefentez à Me le Duc & à Madame
la Ducheffe de Richelieu, le jour
que cette Ducheffefit fon Entrée dans
la Ville qui portefon nom . Ie vous en
ay envoyé une Relation tres ample dans
Pune de mes Lettres ordinaires..
Sa
12 Extraordinaire
52:5252 5252-525252
LA NYMPHE
DE RICHELIEU
A MONSIEUR LE DUC ,
& à Madame la Ducheffe
de Richelieu .
DigneHeritier &Armand , & da
tous tes yeux ,
Depuis que noftre Grand Monarque
Pour t'approcher de luy te fit quitter ces
lieux ,
Tous nos jours furent ennuyeux
Et de noftre langueur tout y portoit la
marque :
Ces Promenoirs charmans , ce fuperba
Palais ,
Où l'Art a feme tant d'attraits ,
N'eftoient plus qu'une affreuse & vafte
folitude,
du
Mercure Galant. 13
L'horreur regnoit dans nos Boccages
verds,
Le Printemps le plus doux n'avoit rien
que de rude ,
Et l'Autonne & l'Efté n'eftoient que des
Hyvers. $12
Que Pay versé de pleurs , & poußé de
Soupirs
Durant une fi longue abfence !
Enfin le Ciel propice exauce nos defirs
Tu nous ramenes les plaifirs ,
Noftre felicité paffe noftre esperance ;
Ton illuftre Moitié , l'Ornement de la
Cour ,
Le digne choix de ton Amour
Fait briller dans ces lieux fes vertus &
fes charmes;
On voit les fleurs y naiftre fous fespas,
Elle y répand la joye , elle en bannit les
larmes ,
Et les remplit par tout de graces
d'appas.
ទ
&
Voy tes heureux Vaſſaux venir de tous
coftez
८
14
Extraordinaire
En foule pour luy rendre hommage :
Voy que de fa douceur leurs coeursfont
enchantez ;
Voy leurs yeux fur elle arreftez:
Voy la joye & Amour peintes fur leur
viſage ;
Voy prefs à vous fervir leurs Bataillons
armez ,
Et par vos regards animez
Au milieu de laPaix reprefenter la guerre.
Ah! s'il falloit combattre leur
pour
Roy ,
Tu les verrois te fuivre aux deux bouts
de la Terre,
Pour feconder ten zele , & fignaler leur
foy.
Couple chery du Ciel, joüiffez pleinement
Du fort de vos belles années ,
C'est pour vous que fut fait ce Palais fi
Et
charmant ,
par les foins du grand Armand ,
Ces richeffes fans prix vous furent deſtinées
:
(
du Mercure Galant .
15 .
Tout rit à vostre abord , tout y devient
plus beau,
Tout y prend un éclat nouveau,
Nos Bois en font plus gais, nos fardins
refleuriffent,
De nos Vergers les ruiffeaux font plus
clairs ,
Avec plus de vigueur nos Fontaines
jaliffent,
Et d'un plus noble effort s'élancent
dans les airs .
Ces reftes précieux de la rigueur des ans ,
Qui n'en ofa faire fa proye,
Ces Heres , ces faux Dieux dans le
marbre vivans,
Si cheris des Maistres fçavans ,
D'un langage muet vous expriment
leur joye.
Vous avez rendu l'ame à ces fiers
baftimens ,
A ces pompeux appartemens,
A ces riches lambris qui me fem bloient
fi fombres,
3
16 Extraordinaire
Sur l'Orifon l'Aftre de la clarté
Ainfi des triftes nuits vient diffiper
les ombres ,
Et rend à l'Univers fa premiere beauté.
W
Que de plaifirs font joints au plaifir
de vous voir !
La douceur n'en eft point bornée.
Quel prefage flateur , quel favorable
espoir
Ne pouvons - nous pas concevoir
De ce Fruit fi charmant né de vostre
Hymenée ?
Ce tendre & cher Objet , ce jeune
Aftre naiffant,
De qui le regard innocent
Semble déja des coeurs méditer la conqueßte
,
D'un Fils illuftre, est le gage a
feuré,
D'un Fils qui de lauriers couronnera
fa tefte ,
D'un Fils tel qu'il le faut , tel qu'il
eft defiré.
du Mercure Galant.
17
3
Sous ces toits fortunez , fous ce noble
climat,
Nâquit Armand, qui par fes veilles
De tous nos Ennemis fit triompher l'Etat
,
Mais qui de noftre Potentat
Euft eu peine à prévoir les divines
merveilles.
Son Ombre vous demande encor um
Succeffeur,
De qui l'efprit , de qui le coeur
Soutiennent vostre nom , & remplif
Sent l'Hiftoire ,
Palais augufte , admirable Sejour,
Quelle douceur pour nous , quel bon
heur , quelle gloire,
Si ce Heros pouvoit recevoir. le
jour!
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Résumé : LA NYMPHE DE RICHELIEU A MONSIEUR LE DUC, & à Madame la Duchesse de Richelieu.
Le poème célèbre le retour du Duc et de la Duchesse de Richelieu dans leur ville. Les auteurs expriment leur joie et leur soulagement après une longue absence, notant que la présence du couple a transformé les lieux lugubres en un espace de bonheur et de beauté. La Duchesse est particulièrement louée pour ses vertus et ses charmes, qui apportent joie et grâce. Les vassaux manifestent leur enthousiasme et leur dévouement, prêts à servir et à combattre pour eux. Le palais, restauré et animé par leur présence, est décrit comme riche et beau. Le texte mentionne également la naissance d'un fils, annonçant un avenir glorieux, et fait référence à Armand, le fondateur du palais, qui espère un successeur digne de son héritage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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244
p. 18-38
PRIX REMPORTÉ Par LOÜIS LE GRAND, sur tous les Heros de l'Antiquité.
Début :
La Victoire ayant fait connoistre en une Assemblée des Dieux, [...]
Mots clefs :
Louis le Grand, Victoire, Héros antiques, Dieux, Conquérants, Honneur, Illustre, Temples, Perfection, Courage, Charmes, Invincible monarque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX REMPORTÉ Par LOÜIS LE GRAND, sur tous les Heros de l'Antiquité.
PRIX REMPORTE
Par Louis LE GRAND ,
fur tous les Heros de l'Antiquité.
LA
A Victoire ayant fait connoiftre
en une Affemblée
des Dieux , qu'elle vouloit recompenfer
celuy de tous les He.
ros qui fe feroit le plus fignalé
par fes belles actions , en luy donpant
un prix qui puft égaler fon
merire , les Dieux furent tres
contens de cette propofition , &
Jupiter s'offrit mefme de donner
ce prix. Il députa Mercure pour
annoncer de fa part à tous ceux
qui pouroient y pretendre , qu'ils
euffent à fe trouver dans le Temdu
Mercure Galant. 19
ple de la Victoire , où l'on devoit
décider du merite de chaque
Heros en particulier , & recompenfer
celuy qui en en feroit
jugé le plus digne . Dés que
Mercure eut receu cét ordre , il
alla avertir tous les Conquerans
de venir recevoir la recompenſe
de leurs travaux. Chacun d'eux
fe trouva le plûtoft qu'il pût dans
ce Champ d'honneur , & mefme
ils furent fi ponctuels à executer
l'ordre qui leur avoit eſté donné,
qu'ils fe rendirent tous au mefme
temps à la porte du Temple
de la Victoire . Hercule , Achilles
, Céfar , Annibal , Alexandre
, Scipion , Pyrrus , Hector ,
& quantité d'autres attendoient
les ordres de cette grande Déef
fe pour entrer , lors qu'elle leur
Bij
20 Extraordinaire
1
vint ouvrir la porte de fon Temple.
D'abord Hercule voulut
paffer devant les autres , difant
qu'il avoit terraffé des Monftres,
& vaincu l'Hydre , & que quand
bien mefme il n'auroit pas receu
de fi grands avantages par fes
Conqueftes , le feul titre de Fils
de Jupiter luy fuffifoit pour eftre
preferé à tous les autres Conquerans.
Alexandre enfuite prit
la parole , difant qu'il ne devoit
pas eftre moins confideré , ayant
vaincu prefque tout l'Univers
& furmonté avec une poignée de
gens , les Armées les plus nombreuſes
; que s'il eftoit permis de
fe prevaloir de fa Naiffance , il
pouvoit fe vanter d'eſtre Fils de
Jupiter Hammon. Achilles difoit
qu'il ne fe glorifioit point d'eftre
du Mercure Galant. 21
Fils de la Deeffe Thetis , qui avoit
eu l'honneur d'eftre aymée
de Jupiter , que les marques glorieufes
qu'il avoit données de fon
courage , fur tout à la Guerre de
Troye , eftoient capables de le
faire diftinguer des plus Illuftres
Conquerans . Céfar tiroit fon
origine du Vaillant Enée , Fils .
de la Déeffe d'Amour , & diſoit
que Venus eftant Fille de Jupiter,
il avoit quelque raifon de fe
vanter d'eftre defcendu de Jupiter
; mais que la Naiffance , quel
que illuftre qu'elle pût eftre ,
eftoit un foible avantage fi elle
n'eftoit foûtenuë par un merite
particulier , & que s'eftant acquis
un renom immortel par fes Con .
queftes , il ne devoit point paffcr
aprés les autres. Scipion , An22
Extraordinaire
nibal , Hector & Pyrrus , relevoient
autant qu'il leur eftoit
poffible l'éclat de leur Naiffance
, & chacun d'eux fe glorifioit
d'avoir donné des preuves extraordinaires
de fa valeur. Sur
ces entrefaites la Victoire qui
avoit écouté toute leur difpute ,
& qui voyoit bien qu'elle pourroit
durer encore long - temps ,
les fit entrer , & aprés les avoir
mis chacun en leur place , elle
alla prendre la frenne en un lieu
plus élevé . Le Temple de la
Victoire eftoit un Edifice qui
devoit à bon droit paffer pour
un miracle de l'Art . Il eftoit
porté fur des Colomnes de Mar.
bre blanc , & les voûtes eftoient
enrichies de diverfes Hiftoires
repreſentées au naturel. On y
du Mercure Galant. 23
voyoit un grand nombre d'Autels
richement ornez & bien
qu'il n'y euft pas beaucoup de
Cierges allumez , l'éclat de l'or
& des pierreries y eftoit fi grand,
que le jour y euft paru à minuit .
C'eftoit unfpectacle affez agrea
ble pour les Conquerans que la
Victoire avoit fait entrer . De
quelque cofté qu'ils rournaffent
la veuë , ils trouvoient toujours
de quoy admirer mais l'objet
qui leur parut le plus digne d'admiration
, fut un Heros qui eftoit
aux coftez de la Victoire , qui
égaloit par fa bonne mine le plus
grand des Dieux , & ce qu'il y eut
de plus remarquable , c'eft que
ces grands Capitaines qui ne fon.
geoient auparavant qu'à contefter
ensemble à qui auroit la
;
24
Extraordinaire
préeminence , femblerent ſe reü.
nir tout à coup pour admirer un
fi grand Heros . Ils confeffoient
tous qu'ils n'avoient jamais rien
vû de plus beau que cét Invincible
( car c'eftoit le nom qu'ils
luy donnoient ) jugeant mefme
à fon port qu'il avoit fait des actions
furprenantes . Ils fe difoient
les uns aux autres que fon air n'é-
*toit pas d'un Mortel , & que fa
feule Majefté le mettoit au rang
des Dieux , mais ils en furent encore
bien plus perfuadez lors
qu'ils apprirent que c'eftoit
LOUIS LE GRAND ; qu'il eftoit
aux coſtez de la Victoire , parce
qu'elle & luy eſtoient infeparables
; que fes Victoires avoient
commencé avec fa Naiffance ,
& que vaincre & combattre n'é
toit
du Mercure Galant. 25
toit pour luy qu'une mefme chole
; que tout eftoit illuftre en
luy , & que s'il fe faifoit diftinguer
par la valeur , il n'en faifoit
pas moins par fes autres excellentes
qualitez , que fa Juſtice &
fa Prudence eftoient fans égales ;
que fes Bienfaits envers fes Sujets
auffi bien que fes Conquêtés
, n'avoient point de bornes ,
& qu'au milieu des plus ardentes
Guerres il ne laiffoit pas
de faire goûter à fes Peuples la
mefme douceur & les mefmes
délices que dans la plus grande
Paix , qu'enfin Lours eftoit le
modele des perfections ; qu'il étoit
Incomparable , Bon Magnanime
, Jufte ,Victorieux , toûjours
aimable , & toûjours aimé.
Tous ces Conquerans en
Q. d'Octobre 1685. C
>
26 Extraordinaire
tendant tant de merveilles de
s'ils
Loüis , jugeoient bieǹ que
avoient quelques pretentions au
Prix dont il s'agiffoit , il falloit
neceffairement les ceder à ce
Grand Monarque , qui en eftoit
d'autant plus digne , que la moindre
de fes Vertus furpaffoit de
beaucoup celles des plus fameux
Heros de l'Antiquité. Cependant
ils eftoient encore en balance
s'ils devoient luy difputer
le prix , lors que la Victoire leur
prefenta un Livre où eftoient
contenuës les actions heroïques
de cét illuftre Conquerant. Ce
fut pour lors que ces grands Capitaines
qui avoient toûjours efté
intrepides au milieu des plus
grands Combats , perdirent entierement
courage . Il eft impof
du Mercure Galant.
27
fible de dire l'effet que la lecture
des Conqueftes de Loüis
produifit dans leur efprit ; car
voyant que leur eſperance eftoit
perdue fans refource , les uns pâlirent
les autres baifferent la
tefte. On dit mefme que Céfar
fçachant que les Gaulois avoient
produit en la Perfonne de Louis
un fecond Mars pour la valeur ,
fe repentit de n'avoir pas détruit
toute leur race aprés qu'il les eut
défaits, Hercule ne put s'empefcher
de s'abandonner aux
plaintes , de ce qu'ayant terraffé
les Monftres , & remply toute
la Terre du bruit de fes furprenans
Exploits , il eftoit obligé
de ceder à un plus grand Con.
querant que luy . Achille fe montra
plus fenfible à la Gloire qu'à
Cij
28 Extraordinaire
l'Amour , car il témoigna en cette
occafion plus de colere , que
lors qu'Agamemnon luy ravit fa
belle Efclave . Pour les autres , ils
firent affez connoiſtre par leur
reffentiment la paffion qu'ils avoient
pour la gloire & pour
l'honneur. Mais quoy que cette
journée euft caufé beaucoup d'amertume
à ces grands courages ,
& que l'ambition ne leur duft
pas permettre de vouloir trop
de bien à un Vainqueur qui leur
enlevoit le prix par l'excellence
de fon merite , cependant com.
me fi l'admiration des vertus de
Louis les euft enlevez à leur
propre ambition , ils confefferent
qu'ils n'avoient point de regret
que la valeur fuft couronnée en
Louis LE GRAND . Hercule dit
du Mercure Galant. 29
tout haut que quelques honneurs
que l'on puft rendre à ce genereux
Monarque , ils eftoient bien
au deffous de fon merite . Achil
le ne fit point de difficulté d'avouer
que l'on ne pouvoit trop.
admirer un Prince qui avoit plus
fait en un an que les Heros les
plus illuftres én toute leur vie .
Pour Alexandre , ilfe contenta
de dire , que l'on voyoit briller
en Louis une Majeſté toute divine
; mais Annibal qui s'eftoit
vanté d'eftre le premier Homme
du monde , fut contraint de
confeffer , que la veritable gloire
n'eftoit deuë qu'à Louis , &
que c'eftoit eftre injufte que de
la luy vouloir difputer. La Victoi
re ayant remarqué auparavant
l'étonnement
que le feul afpect
C iij
30
Extraordinaire
de Loüis avoit fait naiftre dans
l'esprit de tous ces grands Capitaines,
& que fans avoir rien appris
de fes glorieux Exploits ; ils l'avoient
admiré comme uneDivini
té , & reconnoiffant de plus par
leurs dernieres paroles , que bien
loin de luy contefter une recompenfe
qu'il meritoit fans contredit,
ils avoüoient ingenument l'inégalité
d'avantages quife rencon
troient entre eux & un Prince fi
accomply , elle pria Jupiter de
luy envoyer le prix deſtiné pour
le plus illuftre de tous les Conquerans.
Jupiter envoya une
Couronne d'or par Mercure , qui
la porta à laVictoire,& fe fervit de
toute fon éloquence pour louer
l'invincible Monarque des François
car aprés avoir parle de fa.
du Mercure Galant. 31
valeur , de fa clemence , & de fon
amour pour les beaux Arts dont
il fe rendoit le Protecteur par
Feftime & les liberalitez , dontil
honoroit ceux qui y excelloient,
il s'arrefta fur fa bonté & fur fa
juſtice envers fes Sujets , qui bien
loin de fatiguer. Jupiter par
leurs
frequentes fupplications , comme
ils avoient fait dans les fiecles
precedens , ne luy adreffoient
plus que des Voeux , des Sacrifices
, & des actions de grace , en
reconnoiffance des faveurs dont
il les avoit comblez en leur don
nant un Monarque auffi aimable
, & auffi jufte que Lou 15.
De fi beaux Eloges partant d'une
bouche auffi éloquente que celle
de Mercure , n'auroient pas déplu
à tant de Conquerans , s'ils n'euf
C iiij
32
Extraordinaire
fent efté parties intereffées dans
cette affaire , & fi l'on en veut
croire la Renommée , ils interompirent
Mercure pour ſe plaindre
de la Victoire , qui fçachant
bien que Loüis les avoit ſurpaſfez
, tant par fa valeur que par
fon merite , & pouvant leur é
pargner la douleur de le voir
Couronner en leur prefence ,
n'avoit pas laiffé de les mander
pour venir recevoir la recompenfe
de leurs travaux. La Victoire
auroit bien pú fe paſſer de répondre
à leurs plaintes , mais
comme elle eftoit fage & prudente
, & qu'elle reconnoiffoit
bien que ce feroit accroitre leur
douleur que de ne pas faire femblant
de les entendre , elle leur
répondit mais avec affez de
du Mercure Galant .
33
fierté , que toute la Terre eftanc
informée des Conqueftes de
LOUIS LE GRAND , auffi bien
que du premier rang qu'il tenoit
par deffus tous les Conquerans
qui l'avoient devancé , il eftoit
bien jufte qu'ils appriffent à leur
tour à le tefpecter. En falloit-il
davantage pour défoler ces
Grands Capitaines ? Recevoir une
telle réponſe de la Victoire , qui
les avoit favorifez en tant d'oc.
cafions , c'eftoit à la verité une
rude atteinte , mais voir encore
pour comble de malheur couronner
leur Vainqueur par la
mefme Victoire , l'on peut dire .
que ce fut un coup de foudre
pour ces grands. courages , car
bien qu'ils euffent auparavant
cedé à Louis ce qu'ils ne luy
34
Extraordinaire
pouvoient difputer qu'à leur comfufion
, il eft aifé de juger que
ce fut plûtoft par contrainte que
de bonne grace. En effet eft il
croyable que l'ambition qui les
avoit toûjours emportez au delà
des bornes , euft efté fi prompte
ment éteinte en ces Conquerans ?
Il fembloit que la fortune prift
plaifir à les perfecuter , en ajoûtant
de nouveaux charmes à leur
Illuftre Vainqueur. L'éclat que
ce Soleil de juftice & de valeur
répandoit de tous coftez , é.
bloüit ces petits Aiglons qui fe
fioient un peu trop fur leurs for
ces, & fur leurs Conqueftes . L'afpect
d'un victorieux joint à la hon.
te d'eftre vaincus , les mit en un
eftat qu'il eft impoffible d'expri
mer.Jamais ils ne reffentirent tant
du Mercure Galant.
35.
de douleur qu'en cette journée.
Ce fut en vain qu'ils eurent recours
à la diffimulation , il eftoit.
aifé de lire leur trifteffe fur leurs
vilages . Ce n'eft pas qu'au plus
fort de leur chagrin ils n'euffent
en veneration l'Augufte Vainqueur
qui les avoit furmontez ,.
mais l'avidité naturelle qu'ils avoient
pour la gloire & pour les
louanges , leur fervoir de glaive
pour les tourmenter. Eux qui
regardoient au commencement
Louis avec tant d'admiration ,
ne purent foûtenir la veuë d'un
objet qui leur faifoit tant de confufion.
Ils fortirent fans prendre
congé de la Victoire. Céfar alla
du cofté d'Egypte ponr y trouver
quelque allégement à fa douleur ;
quelques- uns difent qu'il y cher..
36
Extraordinaire
cha Cleopatre , avec laquelle il
avoit autrefois paffé de fi doux
momens. Hercule eftoit fi préoccupé
de fon chagrin , que fans
fonger où il alloit , il fe trouva
au paffage du Fleuve d'Evene ,
mais ce luy fut un furcroift de
douleur , car il reconnut bien que
c'eftoit là l'endroit où le Çentaure
Neffus luy avoit donné des
marques de fa rage . Pour Alexandre
, le bruit courut qu'il eftoit
allé en Macedoine . L'on ne fçait
pas bien de quel costé les autres
tournerent. Cependant Lours
LE GRAND chargé de gloire &
d'honneur , & accompagné de la
Victoire , prit le chemin de Strafbourg.
Le mécontentement qu'il
avoit receu de cette Ville l'ayant
obligé a en tirer raifon par les
du Mercure Galant. 37
Armes , il fe preparoit à la punir
de fon audace & de fa temerité ;
mais fes Habitans ayant appris
les approches de ce redoutable
Vainqueur , & voyant bien que
toute refiftance eftoit inutile , fe
rendirent entierement , & pour
marque de leur foûmiſſion , ils luy
envoyerent les Clefs de la Ville.
Cét illuftre Heros dont la clemence
n'eft point limitée , les
receut en fa protection , & renvoya
leurs Députez avec des
conditions fi avantageufes & des
preuves fiévidentes de fa magnificence
& de fes liberalirez , qu'ils
publierent par tout qu'il y avoit
bien des Roys & des Princes
dans le Monde , mais qu'il étoit
impoffible qu'il y en euft un
feul , qui pût égaler en juſtice ,
38
Extraordinaire
.
en bonté , en clemence , & en valeur
, le puiffant Monarque des
François.
Par Louis LE GRAND ,
fur tous les Heros de l'Antiquité.
LA
A Victoire ayant fait connoiftre
en une Affemblée
des Dieux , qu'elle vouloit recompenfer
celuy de tous les He.
ros qui fe feroit le plus fignalé
par fes belles actions , en luy donpant
un prix qui puft égaler fon
merire , les Dieux furent tres
contens de cette propofition , &
Jupiter s'offrit mefme de donner
ce prix. Il députa Mercure pour
annoncer de fa part à tous ceux
qui pouroient y pretendre , qu'ils
euffent à fe trouver dans le Temdu
Mercure Galant. 19
ple de la Victoire , où l'on devoit
décider du merite de chaque
Heros en particulier , & recompenfer
celuy qui en en feroit
jugé le plus digne . Dés que
Mercure eut receu cét ordre , il
alla avertir tous les Conquerans
de venir recevoir la recompenſe
de leurs travaux. Chacun d'eux
fe trouva le plûtoft qu'il pût dans
ce Champ d'honneur , & mefme
ils furent fi ponctuels à executer
l'ordre qui leur avoit eſté donné,
qu'ils fe rendirent tous au mefme
temps à la porte du Temple
de la Victoire . Hercule , Achilles
, Céfar , Annibal , Alexandre
, Scipion , Pyrrus , Hector ,
& quantité d'autres attendoient
les ordres de cette grande Déef
fe pour entrer , lors qu'elle leur
Bij
20 Extraordinaire
1
vint ouvrir la porte de fon Temple.
D'abord Hercule voulut
paffer devant les autres , difant
qu'il avoit terraffé des Monftres,
& vaincu l'Hydre , & que quand
bien mefme il n'auroit pas receu
de fi grands avantages par fes
Conqueftes , le feul titre de Fils
de Jupiter luy fuffifoit pour eftre
preferé à tous les autres Conquerans.
Alexandre enfuite prit
la parole , difant qu'il ne devoit
pas eftre moins confideré , ayant
vaincu prefque tout l'Univers
& furmonté avec une poignée de
gens , les Armées les plus nombreuſes
; que s'il eftoit permis de
fe prevaloir de fa Naiffance , il
pouvoit fe vanter d'eſtre Fils de
Jupiter Hammon. Achilles difoit
qu'il ne fe glorifioit point d'eftre
du Mercure Galant. 21
Fils de la Deeffe Thetis , qui avoit
eu l'honneur d'eftre aymée
de Jupiter , que les marques glorieufes
qu'il avoit données de fon
courage , fur tout à la Guerre de
Troye , eftoient capables de le
faire diftinguer des plus Illuftres
Conquerans . Céfar tiroit fon
origine du Vaillant Enée , Fils .
de la Déeffe d'Amour , & diſoit
que Venus eftant Fille de Jupiter,
il avoit quelque raifon de fe
vanter d'eftre defcendu de Jupiter
; mais que la Naiffance , quel
que illuftre qu'elle pût eftre ,
eftoit un foible avantage fi elle
n'eftoit foûtenuë par un merite
particulier , & que s'eftant acquis
un renom immortel par fes Con .
queftes , il ne devoit point paffcr
aprés les autres. Scipion , An22
Extraordinaire
nibal , Hector & Pyrrus , relevoient
autant qu'il leur eftoit
poffible l'éclat de leur Naiffance
, & chacun d'eux fe glorifioit
d'avoir donné des preuves extraordinaires
de fa valeur. Sur
ces entrefaites la Victoire qui
avoit écouté toute leur difpute ,
& qui voyoit bien qu'elle pourroit
durer encore long - temps ,
les fit entrer , & aprés les avoir
mis chacun en leur place , elle
alla prendre la frenne en un lieu
plus élevé . Le Temple de la
Victoire eftoit un Edifice qui
devoit à bon droit paffer pour
un miracle de l'Art . Il eftoit
porté fur des Colomnes de Mar.
bre blanc , & les voûtes eftoient
enrichies de diverfes Hiftoires
repreſentées au naturel. On y
du Mercure Galant. 23
voyoit un grand nombre d'Autels
richement ornez & bien
qu'il n'y euft pas beaucoup de
Cierges allumez , l'éclat de l'or
& des pierreries y eftoit fi grand,
que le jour y euft paru à minuit .
C'eftoit unfpectacle affez agrea
ble pour les Conquerans que la
Victoire avoit fait entrer . De
quelque cofté qu'ils rournaffent
la veuë , ils trouvoient toujours
de quoy admirer mais l'objet
qui leur parut le plus digne d'admiration
, fut un Heros qui eftoit
aux coftez de la Victoire , qui
égaloit par fa bonne mine le plus
grand des Dieux , & ce qu'il y eut
de plus remarquable , c'eft que
ces grands Capitaines qui ne fon.
geoient auparavant qu'à contefter
ensemble à qui auroit la
;
24
Extraordinaire
préeminence , femblerent ſe reü.
nir tout à coup pour admirer un
fi grand Heros . Ils confeffoient
tous qu'ils n'avoient jamais rien
vû de plus beau que cét Invincible
( car c'eftoit le nom qu'ils
luy donnoient ) jugeant mefme
à fon port qu'il avoit fait des actions
furprenantes . Ils fe difoient
les uns aux autres que fon air n'é-
*toit pas d'un Mortel , & que fa
feule Majefté le mettoit au rang
des Dieux , mais ils en furent encore
bien plus perfuadez lors
qu'ils apprirent que c'eftoit
LOUIS LE GRAND ; qu'il eftoit
aux coſtez de la Victoire , parce
qu'elle & luy eſtoient infeparables
; que fes Victoires avoient
commencé avec fa Naiffance ,
& que vaincre & combattre n'é
toit
du Mercure Galant. 25
toit pour luy qu'une mefme chole
; que tout eftoit illuftre en
luy , & que s'il fe faifoit diftinguer
par la valeur , il n'en faifoit
pas moins par fes autres excellentes
qualitez , que fa Juſtice &
fa Prudence eftoient fans égales ;
que fes Bienfaits envers fes Sujets
auffi bien que fes Conquêtés
, n'avoient point de bornes ,
& qu'au milieu des plus ardentes
Guerres il ne laiffoit pas
de faire goûter à fes Peuples la
mefme douceur & les mefmes
délices que dans la plus grande
Paix , qu'enfin Lours eftoit le
modele des perfections ; qu'il étoit
Incomparable , Bon Magnanime
, Jufte ,Victorieux , toûjours
aimable , & toûjours aimé.
Tous ces Conquerans en
Q. d'Octobre 1685. C
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26 Extraordinaire
tendant tant de merveilles de
s'ils
Loüis , jugeoient bieǹ que
avoient quelques pretentions au
Prix dont il s'agiffoit , il falloit
neceffairement les ceder à ce
Grand Monarque , qui en eftoit
d'autant plus digne , que la moindre
de fes Vertus furpaffoit de
beaucoup celles des plus fameux
Heros de l'Antiquité. Cependant
ils eftoient encore en balance
s'ils devoient luy difputer
le prix , lors que la Victoire leur
prefenta un Livre où eftoient
contenuës les actions heroïques
de cét illuftre Conquerant. Ce
fut pour lors que ces grands Capitaines
qui avoient toûjours efté
intrepides au milieu des plus
grands Combats , perdirent entierement
courage . Il eft impof
du Mercure Galant.
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fible de dire l'effet que la lecture
des Conqueftes de Loüis
produifit dans leur efprit ; car
voyant que leur eſperance eftoit
perdue fans refource , les uns pâlirent
les autres baifferent la
tefte. On dit mefme que Céfar
fçachant que les Gaulois avoient
produit en la Perfonne de Louis
un fecond Mars pour la valeur ,
fe repentit de n'avoir pas détruit
toute leur race aprés qu'il les eut
défaits, Hercule ne put s'empefcher
de s'abandonner aux
plaintes , de ce qu'ayant terraffé
les Monftres , & remply toute
la Terre du bruit de fes furprenans
Exploits , il eftoit obligé
de ceder à un plus grand Con.
querant que luy . Achille fe montra
plus fenfible à la Gloire qu'à
Cij
28 Extraordinaire
l'Amour , car il témoigna en cette
occafion plus de colere , que
lors qu'Agamemnon luy ravit fa
belle Efclave . Pour les autres , ils
firent affez connoiſtre par leur
reffentiment la paffion qu'ils avoient
pour la gloire & pour
l'honneur. Mais quoy que cette
journée euft caufé beaucoup d'amertume
à ces grands courages ,
& que l'ambition ne leur duft
pas permettre de vouloir trop
de bien à un Vainqueur qui leur
enlevoit le prix par l'excellence
de fon merite , cependant com.
me fi l'admiration des vertus de
Louis les euft enlevez à leur
propre ambition , ils confefferent
qu'ils n'avoient point de regret
que la valeur fuft couronnée en
Louis LE GRAND . Hercule dit
du Mercure Galant. 29
tout haut que quelques honneurs
que l'on puft rendre à ce genereux
Monarque , ils eftoient bien
au deffous de fon merite . Achil
le ne fit point de difficulté d'avouer
que l'on ne pouvoit trop.
admirer un Prince qui avoit plus
fait en un an que les Heros les
plus illuftres én toute leur vie .
Pour Alexandre , ilfe contenta
de dire , que l'on voyoit briller
en Louis une Majeſté toute divine
; mais Annibal qui s'eftoit
vanté d'eftre le premier Homme
du monde , fut contraint de
confeffer , que la veritable gloire
n'eftoit deuë qu'à Louis , &
que c'eftoit eftre injufte que de
la luy vouloir difputer. La Victoi
re ayant remarqué auparavant
l'étonnement
que le feul afpect
C iij
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Extraordinaire
de Loüis avoit fait naiftre dans
l'esprit de tous ces grands Capitaines,
& que fans avoir rien appris
de fes glorieux Exploits ; ils l'avoient
admiré comme uneDivini
té , & reconnoiffant de plus par
leurs dernieres paroles , que bien
loin de luy contefter une recompenfe
qu'il meritoit fans contredit,
ils avoüoient ingenument l'inégalité
d'avantages quife rencon
troient entre eux & un Prince fi
accomply , elle pria Jupiter de
luy envoyer le prix deſtiné pour
le plus illuftre de tous les Conquerans.
Jupiter envoya une
Couronne d'or par Mercure , qui
la porta à laVictoire,& fe fervit de
toute fon éloquence pour louer
l'invincible Monarque des François
car aprés avoir parle de fa.
du Mercure Galant. 31
valeur , de fa clemence , & de fon
amour pour les beaux Arts dont
il fe rendoit le Protecteur par
Feftime & les liberalitez , dontil
honoroit ceux qui y excelloient,
il s'arrefta fur fa bonté & fur fa
juſtice envers fes Sujets , qui bien
loin de fatiguer. Jupiter par
leurs
frequentes fupplications , comme
ils avoient fait dans les fiecles
precedens , ne luy adreffoient
plus que des Voeux , des Sacrifices
, & des actions de grace , en
reconnoiffance des faveurs dont
il les avoit comblez en leur don
nant un Monarque auffi aimable
, & auffi jufte que Lou 15.
De fi beaux Eloges partant d'une
bouche auffi éloquente que celle
de Mercure , n'auroient pas déplu
à tant de Conquerans , s'ils n'euf
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Extraordinaire
fent efté parties intereffées dans
cette affaire , & fi l'on en veut
croire la Renommée , ils interompirent
Mercure pour ſe plaindre
de la Victoire , qui fçachant
bien que Loüis les avoit ſurpaſfez
, tant par fa valeur que par
fon merite , & pouvant leur é
pargner la douleur de le voir
Couronner en leur prefence ,
n'avoit pas laiffé de les mander
pour venir recevoir la recompenfe
de leurs travaux. La Victoire
auroit bien pú fe paſſer de répondre
à leurs plaintes , mais
comme elle eftoit fage & prudente
, & qu'elle reconnoiffoit
bien que ce feroit accroitre leur
douleur que de ne pas faire femblant
de les entendre , elle leur
répondit mais avec affez de
du Mercure Galant .
33
fierté , que toute la Terre eftanc
informée des Conqueftes de
LOUIS LE GRAND , auffi bien
que du premier rang qu'il tenoit
par deffus tous les Conquerans
qui l'avoient devancé , il eftoit
bien jufte qu'ils appriffent à leur
tour à le tefpecter. En falloit-il
davantage pour défoler ces
Grands Capitaines ? Recevoir une
telle réponſe de la Victoire , qui
les avoit favorifez en tant d'oc.
cafions , c'eftoit à la verité une
rude atteinte , mais voir encore
pour comble de malheur couronner
leur Vainqueur par la
mefme Victoire , l'on peut dire .
que ce fut un coup de foudre
pour ces grands. courages , car
bien qu'ils euffent auparavant
cedé à Louis ce qu'ils ne luy
34
Extraordinaire
pouvoient difputer qu'à leur comfufion
, il eft aifé de juger que
ce fut plûtoft par contrainte que
de bonne grace. En effet eft il
croyable que l'ambition qui les
avoit toûjours emportez au delà
des bornes , euft efté fi prompte
ment éteinte en ces Conquerans ?
Il fembloit que la fortune prift
plaifir à les perfecuter , en ajoûtant
de nouveaux charmes à leur
Illuftre Vainqueur. L'éclat que
ce Soleil de juftice & de valeur
répandoit de tous coftez , é.
bloüit ces petits Aiglons qui fe
fioient un peu trop fur leurs for
ces, & fur leurs Conqueftes . L'afpect
d'un victorieux joint à la hon.
te d'eftre vaincus , les mit en un
eftat qu'il eft impoffible d'expri
mer.Jamais ils ne reffentirent tant
du Mercure Galant.
35.
de douleur qu'en cette journée.
Ce fut en vain qu'ils eurent recours
à la diffimulation , il eftoit.
aifé de lire leur trifteffe fur leurs
vilages . Ce n'eft pas qu'au plus
fort de leur chagrin ils n'euffent
en veneration l'Augufte Vainqueur
qui les avoit furmontez ,.
mais l'avidité naturelle qu'ils avoient
pour la gloire & pour les
louanges , leur fervoir de glaive
pour les tourmenter. Eux qui
regardoient au commencement
Louis avec tant d'admiration ,
ne purent foûtenir la veuë d'un
objet qui leur faifoit tant de confufion.
Ils fortirent fans prendre
congé de la Victoire. Céfar alla
du cofté d'Egypte ponr y trouver
quelque allégement à fa douleur ;
quelques- uns difent qu'il y cher..
36
Extraordinaire
cha Cleopatre , avec laquelle il
avoit autrefois paffé de fi doux
momens. Hercule eftoit fi préoccupé
de fon chagrin , que fans
fonger où il alloit , il fe trouva
au paffage du Fleuve d'Evene ,
mais ce luy fut un furcroift de
douleur , car il reconnut bien que
c'eftoit là l'endroit où le Çentaure
Neffus luy avoit donné des
marques de fa rage . Pour Alexandre
, le bruit courut qu'il eftoit
allé en Macedoine . L'on ne fçait
pas bien de quel costé les autres
tournerent. Cependant Lours
LE GRAND chargé de gloire &
d'honneur , & accompagné de la
Victoire , prit le chemin de Strafbourg.
Le mécontentement qu'il
avoit receu de cette Ville l'ayant
obligé a en tirer raifon par les
du Mercure Galant. 37
Armes , il fe preparoit à la punir
de fon audace & de fa temerité ;
mais fes Habitans ayant appris
les approches de ce redoutable
Vainqueur , & voyant bien que
toute refiftance eftoit inutile , fe
rendirent entierement , & pour
marque de leur foûmiſſion , ils luy
envoyerent les Clefs de la Ville.
Cét illuftre Heros dont la clemence
n'eft point limitée , les
receut en fa protection , & renvoya
leurs Députez avec des
conditions fi avantageufes & des
preuves fiévidentes de fa magnificence
& de fes liberalirez , qu'ils
publierent par tout qu'il y avoit
bien des Roys & des Princes
dans le Monde , mais qu'il étoit
impoffible qu'il y en euft un
feul , qui pût égaler en juſtice ,
38
Extraordinaire
.
en bonté , en clemence , & en valeur
, le puiffant Monarque des
François.
Fermer
Résumé : PRIX REMPORTÉ Par LOÜIS LE GRAND, sur tous les Heros de l'Antiquité.
La Victoire décide de récompenser le héros le plus méritant de l'Antiquité. Jupiter envoie Mercure convoquer des héros célèbres tels que Hercule, Alexandre, Achille, César, Hannibal, Scipion, Pyrrhus et Hector. Chaque héros présente ses exploits et sa lignée divine. La Victoire introduit ensuite Louis le Grand, récompensé pour ses victoires incessantes, sa justice, sa prudence et ses bienfaits envers ses sujets. Les héros admirent sa majesté et reconnaissent sa supériorité. La Victoire montre un livre contenant les actions héroïques de Louis, ce qui provoque un profond désarroi parmi les héros. César regrette de ne pas avoir anéanti les Gaulois, Hercule se plaint de devoir céder à un conquérant plus grand, et Achille manifeste plus de colère face à cette révélation qu'envers Agamemnon. Tous admettent finalement la supériorité de Louis. La Victoire demande à Jupiter de lui attribuer le prix, et Jupiter envoie une couronne d'or via Mercure, louant la valeur, la clémence, l'amour pour les arts, la bonté et la justice de Louis. Les héros, malgré leur amertume, acceptent la suprématie de Louis, couronné par la Victoire. Le texte décrit également la réaction des figures historiques face à la victoire de Louis XIV, surnommé 'le Soleil de justice & de valeur'. César, Hercule et Alexandre quittent la scène de leur défaite. Louis se dirige vers Strasbourg, qui se rend sans résistance. Il accepte la soumission des habitants avec clémence et générosité, soulignant ainsi sa justice, sa bonté et sa valeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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245
p. 38-65
SENTIMENS SUR LES QUESTIONS du dernier Extraordinaire.
Début :
Lequel de deux Amans aime le plus, celuy qui souhaite [...]
Mots clefs :
Amants, Maîtresse, Petite vérole, Laideur, Disgrâce, Maux, Souffrance, Outrage, Amour, Mort, Passion, Amour conjugal, Transport érotique, Jalousie, Pardon, Monstres, Gloire, Corps, Enfant, Nature, Imagination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR LES QUESTIONS du dernier Extraordinaire.
SENTIMENS
SUR LES QUESTIONS
du dernier Extraordinaire.
Lequel de deux Amans aime le
plus , celuy qui fouhaite la
pe.
tite Verole à la Maîtreffe, pour
luy faire voir que la laideur fe
roit incapable de le faire changer
, ou celuy qui aime mieux
qu'elle doute de fon amour, que
de luy voir arriver une pareille
difgrace.
Ans le vray, cela me defole ,
Duand
on me vient
parler de petite
verole ,
Ce mal injurieux & plein de cruauté ,
du
Mercure Galant.
39
Qui met en interdit les charmes de Cli
mene.
Fy de cette preuve inhumaine
Qui coufte tant à la beauté.
Eft-ce cherir une Maîtreſſe ,
Eft-ce une marque de tendreffe
Que de luyfouhaiter une infame laideur ?
Il vaut mieux paffer pour Autruche
Que de faire un fouhait fi cruche
Aux dépens d'un Objet qui nous touche
le coeur.
Un Amant fouffre à voir qu'on doute de
fa flame :
Mais fi de fa fidelité
Malgré tout fon amour fa Maitreffe a
douté ,
Pour le moins il fera garanti de tout bläme
,
N'ayant jamais rien ſouhaité
Qui puiffe faire aucun outrage
Aux attraits de ce beau vifage
Dont fon coeurfe trouve enchanté
40 Extraordinaire
Une affection bienfenfée
Doit eftre defintereffée.
Si l'on peut mourir d'amour.
Oute pafion vehemente
Eft pire qu'une fiévre lente s
Car fes paroxifmes font tels
Qu'elle peut mettre dans la Biere ,
Et dans le fond d'un Cimetiere
Le plus vigoureux des mortels.
L'amour eft de cette nature
Quand fon transport eft violent ,
C'est un Miferere , c'est un Trouffegalant
Qui vous met dans la fepulture :
Ce trifte & tenebreux fejour ,
Où l'on n'entre jamais qu'il n'en coûte
la vie.
Si donc l'on peut mourir de colere ou d'envie
,
On
peut
auffi
mourir
d'amour
?
3
Alceste Reynefort jolie ,
1
du Mercure Galant.
41
1
Femme d'un Roy de Theffalie ,
N'eut point de peine à fe priver du jour
Pour fatisfaire à ſon amour.
83
Que diray-je de Cleopatre ,
Dont Antoine fut idolatre ,
Voulut- elle pour un moment
Survivre à fan fidelle Amant ?
Pour le fuivre fa feule envie
Fut de décamper de la vie .
Afpic , vous fuftes l'inftrument
D'un fi fubit décampement.
Que diray-je auffi de Panthée
Qui d'un chaste amour enchantée,
Ayant appris que fon Mary
Eftoir dans la guerre pery's
Se perça fein d'une le fein d'une dague ,
En difant , la Parque j'incague ,"
Et je veux prévenir les coups
Pour me rejoindre à mon Epoux.
Attends-moy , mon cher Abradatte,
Toy qui fus le premier en datte
Ecrit & gravé fur mon coeur ,
Recoy ma mourante langueur-
2. d'Octobre 1685.-
D
412
Extraordinaire
Pour mieux conferver ta memoire.
Je te fuis jufqu'à l'Onde noire..
CA
De vous icy , que dira- t- on,
Illuftre Fille de Caton ,
Genereufe Femme de Brute ?
Portia , vous fuftes la butte
Des plus formidables revers
Qu'on peut craindre dans l'Univers.
Vous perdiftes ce galant Homme
Qui s'efforça d'affranchir Rome,
Mais toujours l'intrepidité
Se rangea de vostre costé.
Auffi, generenfe Romaine ,
'Dont l'Histoire le nom promene ,
Du malheur qui vous outragea,
Un charbon brûlant vous vanges.
Vous fiftes voir, Princeſſe illuftre,
De voftre Sexe le beau luftre ,
Que l'amour reftant dans fon fort ,
Eft auffi puiffant que la mort.
Plautie allant en Idumée
Avec une puiffante Armée,
Fit bien voir qu'il n'eft rien d'égal ,
du Mercure Galant,
43
Au feu de l'amour conjugal;
Car comme au milieu des Batailles
On celebroit les funerailles
De fa Femme , dont la beauté
Avoit tout fon coeur enchanté.
Luy dans un transport erotique
D'un poignard aceré fe pique ,
Se bleffe , fe perce le flanc ,
D'où coulent deux ruiffeaux de fang,
Qui bien toft fon corps affoibliffent .
Et fa vigueur aneantiffent.
Ce grand coup de defefpere
Fut par fon amour procuré.
E
Il eft rapporté chez Plutarque ,
Homme d'efprit , homme de marque,
Qu'Emilius joune Chaffeur,
Ayant en challant par malheur
Tue fa Femme & belle & riche,
Penfant mettre à mort une Biche,
Fut tonché changeant de couleur
D'une fifenfible douleur,"
Que pour la mettre en évidence,
Et pour punirfon imprudence
-
Dij
'44
Extraordinaire
Sur luy fans aucune pitié ,
Il vangea fa chafte Moitié.
Voilà ce que l'amour fçait faire
Lors qu'il pretend fe fatisfaire .
Nous lifons dans un certain lieu
Qui traite de l'amour de Dieu,
Oeuvre de Saint François de Sales ,
Lu par plus de mille Veſtales ,
Qu'un Gentilhomme Voyageur
Fort devot envers le Sauveur ,
S'attendriffant fur nos Myfteres ,
Quitta fon Pays & fes Freres
Sans fon entreprise éventer ,
Et mit fa joye à visiter ,
Pouffe par
la grace divine ,
Les beaux lieux de la Palestine,
Où reverant avec ferveur
Les divers tourmens du Sauveur,
Et les Theatres memorables
De fes fouffrances adorables,
Il pouffa mille ardens foûpirs
Qui marquoient fes brûlans defirs
Lors qu'il eut noyé de fes larmes
du Mercure Galant,
45.
Ces lieux qui faifoient tous fes charmes,
Eftant dans ce devot ſejour,
Il mourut par un trait d'amour.
Ce fut fur le Mont des Olives
Que de fes douleurs exceffives
Ne pouvant plus fouffrir l'effort ,
Ilfut le butin de la mort ,
S'il faut que mort on vous appelle ,
Paffage à la Vie eternelle .
Heureufe tranfmigration,
Voyage à la fainte Sion .
Enfans d'une aimable détreſſe,
Effets d'une fainte trifteffe ,
Adorables reffentimens ,
Sanglots , douloureux mouvemens
Avouez fans vous méconnoistre
Que c'est l'amour qui vous fit naiftre ,
Mais un amour chafte & divin
Qui n'a rien de fade & de vain
Mais une flame toute pure
Incompatible avec l'ordure.
46
Extraordinaire
Si l'on peut aimer fans jaloufie. -
L n'est presque point de ſaiſon
Où l'amour cede à la raifon ;
La paffion d'aimer trouble mille cervelles,
Elle fait des bourus , des aveugles , des
fous.
Elle fait mefme des jaloux
Qui ne peuvent fouffrir qu'on approcha
leurs belles.
Si par hazard dans leur appartement
İl entre fort innocemment
Un papillon ou quelque mouche ,
Le jaloux inquiet qui tourne tout en mal,
Devenu refveur & farouche,
Veut fçavoir de quel fexe eft ce pauvre.
animal.
**
S'il eft dufeminin fa bonté luy pardonne,
Et le laiffe entrer en riant.
S'il eft du mafculin il l'excite & bâtonne,
Toûjours grondant , toûjours criant.
Ilfaut pour des gens de la forte
Une complaisance bien forte.
du Mercure Galant.
47:
$ 3
Pour fe faire à l'extravagance
D'un homme fi fort hebeté,
C'est peu que de la complaisances ,
On a befoin d'infenfibilité ;
Mais en aimant eft- il poffible
De garder un coeur infenfible ??
03
On a bean dire à cet Amant
Qu'il agit tropfeverement ,
Qu'il faut changer de tablature ;
Il s'obftine à vouloir que fa chere Philis
Avec fes rozes & fes lis,
Ne regarde jamais les hommes qu'en
peinture.
Cela dégoûte étrangement
Et voilà cependant voftre temperament,
Habitans d'Aufonie & de l'Andaloufie,
Tous nefont paspourtant façonnez fur ce
tour ;
Comme on peut vivrefans amour,
On peut aimerfans jalousie.
L.
BOUCHET ,
ancien Curé de Nogent le Roy.
48 Extraordinaire
De l'Origine des Monftres..
Celuy
qui d'une seule main
Soutient & le Ciel & la Terre,
Celuy qui lance le Tonnerre ,
Par foisfur tout le genre humain,
Celuyfous qui tremblent les Anges,
Celuy de qui les Ckerubins
Les Thrones & les Seraphins
Sans ceffe entonnent les Louanges,
Celuy de qui les plus grands Rois
Adorent l'effence & les Loix
Celuy qui des foux fait des Sages ,
Celuy qui tout fçait , qui tout pent.
Peut fans alterer (es Ouvrages
Faire des Monftres quand il veut.
63
Il en fait parfois pour fa gloire
Comme il fit en l'Aveugle né ,
Guery par le Verbe Incarné.
Ce que nous affurons fur la foy de l'hifoire
A qui nous devons tous la Veneration ,
Eftant
du Mercure Galant.
49
Eftant veritable , eftant fainte.
D'autresfois ilfait par indignation ,
Ce quifait le fujet de noftre jufte crainte.
Ca
Meffieurs les Medecins plus habiles
que moy
Diront furcefujer ce que Secolle en pense
Cependant le défaut ou l'excez de femence
Engendre les Monftres , je croy.
03
Mais pour mieux expliquer les chofes ,
Voyons les naturelles caufes
Quifont voir aux Monftres le jour
Dans ce periffable fejour.
03
Aux productions ordinaires
Plufieurs chofes font neceffaires.
Le tout eftant bien confulté
Laformatricefaculté ,
Cette ingenienfe puissance
Qui travaille parfa prefence ,
Et par qui tout eft difpofe
Dans le Phyfique compofe..
Q. d'Octobre 1685.
E
Extraordinaire
So
Adjoûtez encore la matiere ,
Qui quoy que portion groffiere ,
Fait cependant du bastiment
Le plus folide fondement.
Car de rien rien l'on ne peut faire
Selon l' Axiome vulguaire
Eft-ce tout ? Non il faut de plus
Le receptacle du Fetus ,
Puis aprés le jufte Triage
Et l'indifpenfable affemblage
De quatre maistreffes bontez ,
Quatre premieres qualitez
Le froid , le chaud , le fec , l'humide ,
Sans quoy tout feroit infipide ,
Vn air doux & delicieux
Avec l'influence des Cieux.
Ces cing fecours unis ensemble
Font des merveilles , ce me femble ;
Car la fabrique d'un vray Corps,
Voit les dedans & les débors..
Si l'une de ces chofes manque,
A Paris comme à Salamanque ,
Hors de doute un Monstre fe fait ,
du Mercure Galant.
Au lieu d'un Animal parfait .
Si donc la Vertuformatrice
Eft atteinte de quelque vice,
Eft foible , eft rude , & ne peut pas
Articuler jambes & bras ,
Enforte que tout ſe deſpece,
Il s'en engendre une autre espece ,
In monftreux enfantement ,
Au lieu d'un Homme , unefument ,
Quelqu'autre vile Creature :
Car enfin lorfque la Nature
Ne peut pas bien felonfon gré,
Monter jufqu'au dernier degré
D'artifice & de politeffe :
Où tendoit fa délicateffe .
Elle eft contente en fes efbats,
De defcendre un degré plus bas,
Et de faire voir un defordre
Où devoit regner le bel ordre.
Auffi parfois par ce deffaut ,
Qui meriteroit l'Echaffaut,
On voit le foye au cofté gauche,
La ratte au droit , quelle débauche !
Quelle erreur ! quel aveuglement !
E ij
52
Extraordinaire
C'eft auffi par ce manquement
Que la facultéformatrice ,
Voulant par un fatal caprice ,
Egal pouvoir , égal effort
Former un Enfant vif & fort
Qui fous double Sexe milite
Met au monde un Hermaphrodite,
Quiparfes deux fexes divers
Fait horreur à tout l'Vnivers ,
Comme feroit une Phenomene
Qui mille difgraces amene.
C'eft fous le Regne de Neron ,
Prince inhumain , Prince larron,
Prince amateur de la Cuifine,
Qu'on vid le premier Androgine.
Plus de cent mille Curieux
Ouvrirent la bourse & les yeux
Pour aller voir ce grand (pectacle
Qu'on admiroit comme un miracle ,
Carpour dire la verité
Avec toute fineerité ,
On n'avoit jamais veu dans Rome
Vn demy femme , un demy homme,
Ou plûtoft un objet hydeux
du Mercure Galant. 53
Fait & formé de tous les deux.
SA
Il faut par deffaut de Matiere ,
Que la Nature dégenere,
Et qu'elle demeure en chemin :
Ainfi l' Embryon vient fans main,
Sans jambe , fans cuiffe , oufans tefte ,
Ce qui grand déplaifir aprefte,
Et caufe un mortel defaroy
Quand on ades Monftres chezfoy,
Et qu'on voit affis à fa Table ,
Le modelle d'un Incurable.
*
Que fi par contraire fuccez ,
Nature peche par excez,
On voit des Enfans qui font honte,
Et dont on ne fait pas grand compte .
Des quatre jambes , des trois pieds,
Des Enfans tout eftropiez ,
Deux Chefs & quatre Clavicules.
On les prendroit pour des Hercules ,
Qui vont combattre Gerion
lufques aux portes de Riom .
Cependant ce n'eft rien qui vaille ;
E j
$4
Extraordinaire.
Car deux Enfans de cette taille,
A peine ont-ils jamais veſcu
L'âge d'un demy cart d'écu ,
Les genitures erronnées
Vivant toûjours fort peu d'années.
,
Mais en examinant ce poinct ,
Dites- moy ne pourroit- on point
Tirer la bafque à Nicephore ,
Dont l'Efcrit nous affure encore
Qu'on a veu dans certain Canton
Vn Nain qu'on nommoit Ragolon ,
Cela paffe le vray -femblable ,
Encore plus le veritable,
Petit entre les plus petits
Et pasplus grand' qu'une Perdris ?
RA
,
Que fi dans des heures perduës ,
Les femencesfont confonduës
De deux efpeces d' Animaux
Quece mélange fait de maux!
Que ce mélange pen modefte ,
Eft honteux , eft falle & funefte :
Qu'il marque de fon activité
du Mercure Galant .
$5.
3
Vne bruflante volupté ,
Vn embrafement de Gomorre ,
Vn emportement de Pherore,
Vn fond de fenfualité ,
Qui choque la Divinité.
De ce commerce insupportable
Qu'en peut- il naiftre d'admirable ,
Que des Capripedes cornus ,
Que des Satyres inconnus
Que des affreux hyppocentaures,
Moitié hommes , moitié pecores,
le vid à livre ouvert
Saint Antoine dans fon Défert.
Tels
que
>
Pourquoy dit-on Monftre d' Affrique ,
C'est parce qu'en ce lieu lubrique,
Chaud ardent , brûlé du Soleil ,
Se fait un amasfans pareil
D'Animaux de toutes efpeces
De Lyons , Pantheres , Tygreffes ,
Elephans , Buffles , Leopards
Qui viennent là de toutes parts,
S'affemblant auprés des Rivieres ,
Et des Fontaines les plus claires
.
E iij
56 Extraordinaire
Pour guerir la double chaleur
Qui brûle & confume leur coeur.
C'eft en ce lien que chaque Brutte
Sans choix & fans diftinction,
Sans qu'un mauvais gouft la rebutte,
Appaife avec la foiffon inclination.
Dans cette liberté commune ,
Chaque Animal prend fa cbacune,
Et s'abandonne fans retour
A la pente de fon amour.
De la des Monfires à centaines
S'engrendrent prés de ces Fontaines ,
Qui font qu'on ne peut fans danger
Dans ce noir climat Voyager.
Il n'eft aucun Autheur Claffique
Qui neparle ainfi de l' Affrique.
Si le réceptacle eft eftrait
Plus
que Nature ne voudroit ,
Il s'enfait un Monstre, un prodiges
Deux teftesfortent d'une tige
Ou deux corps n'en compoſent qu'un
Ce qui faierefver un chacun.
De là viennent les Vnipodes
Les Monocules, les Apodes,
du Mercure Galant. 57
Et d'autres Monftres differens,
Les uns morts , les autres mourans ,
Dautres jouiſſant d'une vie
Digne de pitié , non d'envie.
C'est ce que nous ont déclaré
Boiftuan , Vefulle , Paré,
Qui de femblables Creatures ,
Nous ont donné maintes figures.
Quand il arrive meſmement
Quelque notable changement ,
Aux quatre qualitez premieres ,
Plutoft qu'aux quatre fins dernieres.
Un Monftre fefait voir auffi ,
Pline en refte tout éclaircy .
Une éclatante intemperie >
Qui ne peut pas eftre guerie ,
Par tout les remedes de l'Art
Fait par fois qu'on paroift Vieillard ,
Eftant encore à la bavette,
Et faifant encore la difnette.
Semblable Monftre de mon temps
Parut environ le Printemps ,
Non au Climat de l'Aufonie,
58
Extraordinaire
Mais bien dans la Lufitanie.
Un Enfant encore au tetton
Portant de la barbe au menton ,
Mais une barbe une archi-barbe
Plus épaiffe qu'une joubarbe ;
Et nous avons veu dans Paris ,
Où regnent les jeux & les ris ,
Qu'on appelle autrement Lutece,
Une Femme ( elle eftoit Suiffeffe )
Qui portoit jufques fur le fein
Une barbe de Capucin .
Ce qui faifoit dans la Nature
Vne affez plaifante figures
D'où vient cette difformité?
D'abondance , d'humidité ,
Ou d'une chaleur exceffive
Quife trouvant & forte & vive ,
Pouffe au débors des excremens
Qui font d'étranges changemens ,
Et des vapeurs fuligineufes
Pires que des Caliginenfes ,
Qui font an dedans & dehors
Divers effets deffus les Corps.
De fait je veux que l'on me berne
du Mercure Galant. 59
Sil' excel de chaleur interne ,
N'efleve en certaines Saifons
De greffieres exhalaifons ,
Qui jufques au débors pouffees
Et violemment déchaffees ,
Font fortir le poil & les dens
Aux Enfans mefme avant le temps..
80
Adjoutons l'imaginative ,
Puiffance forte & fenfitive ,
Mais bouillante & pleine defeu ,
Qui s'attache & fe fait un jeu
D'imprimer en gros caracteres
Mille Chasteaux , mille chimeres
Sur le Corps du petit Pallot
Dont Lamnias fait le cachot.
Pour entretenir bien cette chofe
Qui Monftres & Prodige caufe,
Il faut fçavoir que l'Embrion
Au temps de fa Conception ,
Eft dans le ventre de fa Mere
D'une auffi flexible matiere ,
Qu'une cira molle , & qu'ilprend
(Ce qui fans doute nous surprend
60 Extraordinaire
Telle impreffion que luy donne
Celle qui le porte en perfonne ,
Si l'experience enfait foy,
On peut bien dire, je le croy .
93
L'Empereur Charles quatrième
Vid defes yeux & par luy-meſme ,
Un grand fujet d'étonnement
Vne espece d'enchantement
Vne Fille non mammeluë
,
Mais par le corps toute veluë ,
Comme un Ours qui n'a rien de beau.
D'où venoit cét objet nouveau ,
D'où procedoit cette avanture ,
En voicy la raifon je jure.
C'eft que fa Mere innocemment
Avoit regardé fixement
Vne image belle , mais trifte ›
Du Précurfeur Saint Iean- Baptifte ,
Du Iourdain , proche un Hameau
Veftu d'une peau de Chameau.
De cet objet la fantaisie
Eftant enyvrée & faifie ,
Deus la femelle Embrion
du Mercure Galant. 61
Avoit fait fon impreffion
De telle forte que Bodille
La defavonoit pourfa Fille ,
Et rejettoit avec fureur ;
Mais il fortit de ſon erreur,
Quand il eut apperceu l'image
Du Saint qui caufa cet Ouvrage.
N'avons- nous pas vû dans Nogent,
Prefque le mefme fans argent.
Vne Fille avecque deux teftes
Propres à faire des conqueftes ,
C'est à dire d'une Beauté
A peindre , & d'une majesté
Propre à faire une Souveraine,
Si l'on fouffre un Monstre fans peine.
D'où venoit la dupplicité
De cette irregularité?
Voicy d'où ; C'est qu'un jour la Mere
Priant Dieu dans un Monaftere,
Avec une diftraction
Qui partageoit fon action ,
Elle jetta quelques aillades
Sur deux teftes d'Anges dorez
62 Extraordinaire
Artiftement élabourez ,
Plaquez deffus une Corniche
Egalement brillante & riche ,
Qui femblent dedans ce faint lieu
S'entrexciter à louer Dieu;
Puis elle eut certain jour de Fefle
Une Pucelle à double tefte.
Qui ne voit la relation
De fon imagination
Avec la chofe imaginée?
Voilà quelle eft la destinée ,
Voilà l'inévitable fort
D'une Femme que je plains fort ,
Qui dans le temps de fa groffeffe
N'eft pas de fon efprit maîtreffe,
Mais s'abandonne impunément
Au cours de fon aveuglement ,
Et ne garde aucune meſure
Pour les yeux pour la pasture. &
69
Mais tâchons de dire comment
Ce monftrueux enfantement,
Eft l'effet de la tyrannie
D'une monstrueufe manie,
du Mercure Galant.
63
t
Et par queis degrez un foetus
Devient effroyable ou perclus .
Degenerant de fon efpece
Ont mutilé de quelques pieces.
Primò. L'imagination
Agit par fon impreffion ,
Puis elle prefente à la Femme
Un objet qui touche fon ame ,
Et le plus fouvent l'abrutit ;
Qui meut la puiſſance matrice
De fon vouloir l'executrice ;
Celle-là dans fes actions
N'executant fes fonctions
Que par les efprits qu'elle mene,
Qu'elle roule, & qu'elle promene
Par tous lesfibres du cerveau ,
Où ces efprits ont leur berceau
Sur lequel cerveau les Phantofmes ,
Moins vifibles que des Atomes ,
Sont gravez plus profondément
Que fur l'or & le diamant ;
Arrive que la Femme groffe,
Prefte affezfouvent de lafoffe,
64
Extraordinaire
Ayant l'imagination
Ou la reprefentation
De ce qu'elle appette & defire.
Les efprits fouples comme cire
Sur qui ce Portrait eft gravé
Avec un gouft fort dépravé ,
Venant à fortir de la lice
Par cette faculté matrice
En fe débandant de leur gros,
Qui garde au cerveau fon repos
Par une espece de Magie
Traifnent aprés eux l'effigie
De ce Phantofme dominant
Qui n'a rien que de furprenant ,
Et cette imperieufe image,
Qui fur le corps marque fa rage ;
Et c'eft-là la gradation
De voftre generation ,
Prodiges qui faites l'injure
Et l'opprobre de la Nature ,
Monftres que dans cet Univers
On n'appercent que de travers.
ཀ
Par fois des Monftres l'origine
du Mercure Galant. 65
Vient de la fuftice divine ,
Juftice aimable en fes bienfaits ,
Mais redoutable en fes effets ,
Mais en fes fugemens terrible ,
Et fouvent incomprehenfible ,
Si bien qu'un Monftre quelquefois
Par fon trifte & factieux minois
Montre prédit comme un Comette
Quelque accident , quelque défaite ,
Une mutation d'Eftat ,
Ou le deftin
Vous don d'un Potentat.
Eclypfes de Nature ,
Vous Oifeaux de mauvaise augure
A moins que Dieu le veuille ainfi ,
Monftres , écartez- vous d'icy.
L.
BouGHET ,
ancien Curé de Nogent le Roy
SUR LES QUESTIONS
du dernier Extraordinaire.
Lequel de deux Amans aime le
plus , celuy qui fouhaite la
pe.
tite Verole à la Maîtreffe, pour
luy faire voir que la laideur fe
roit incapable de le faire changer
, ou celuy qui aime mieux
qu'elle doute de fon amour, que
de luy voir arriver une pareille
difgrace.
Ans le vray, cela me defole ,
Duand
on me vient
parler de petite
verole ,
Ce mal injurieux & plein de cruauté ,
du
Mercure Galant.
39
Qui met en interdit les charmes de Cli
mene.
Fy de cette preuve inhumaine
Qui coufte tant à la beauté.
Eft-ce cherir une Maîtreſſe ,
Eft-ce une marque de tendreffe
Que de luyfouhaiter une infame laideur ?
Il vaut mieux paffer pour Autruche
Que de faire un fouhait fi cruche
Aux dépens d'un Objet qui nous touche
le coeur.
Un Amant fouffre à voir qu'on doute de
fa flame :
Mais fi de fa fidelité
Malgré tout fon amour fa Maitreffe a
douté ,
Pour le moins il fera garanti de tout bläme
,
N'ayant jamais rien ſouhaité
Qui puiffe faire aucun outrage
Aux attraits de ce beau vifage
Dont fon coeurfe trouve enchanté
40 Extraordinaire
Une affection bienfenfée
Doit eftre defintereffée.
Si l'on peut mourir d'amour.
Oute pafion vehemente
Eft pire qu'une fiévre lente s
Car fes paroxifmes font tels
Qu'elle peut mettre dans la Biere ,
Et dans le fond d'un Cimetiere
Le plus vigoureux des mortels.
L'amour eft de cette nature
Quand fon transport eft violent ,
C'est un Miferere , c'est un Trouffegalant
Qui vous met dans la fepulture :
Ce trifte & tenebreux fejour ,
Où l'on n'entre jamais qu'il n'en coûte
la vie.
Si donc l'on peut mourir de colere ou d'envie
,
On
peut
auffi
mourir
d'amour
?
3
Alceste Reynefort jolie ,
1
du Mercure Galant.
41
1
Femme d'un Roy de Theffalie ,
N'eut point de peine à fe priver du jour
Pour fatisfaire à ſon amour.
83
Que diray-je de Cleopatre ,
Dont Antoine fut idolatre ,
Voulut- elle pour un moment
Survivre à fan fidelle Amant ?
Pour le fuivre fa feule envie
Fut de décamper de la vie .
Afpic , vous fuftes l'inftrument
D'un fi fubit décampement.
Que diray-je auffi de Panthée
Qui d'un chaste amour enchantée,
Ayant appris que fon Mary
Eftoir dans la guerre pery's
Se perça fein d'une le fein d'une dague ,
En difant , la Parque j'incague ,"
Et je veux prévenir les coups
Pour me rejoindre à mon Epoux.
Attends-moy , mon cher Abradatte,
Toy qui fus le premier en datte
Ecrit & gravé fur mon coeur ,
Recoy ma mourante langueur-
2. d'Octobre 1685.-
D
412
Extraordinaire
Pour mieux conferver ta memoire.
Je te fuis jufqu'à l'Onde noire..
CA
De vous icy , que dira- t- on,
Illuftre Fille de Caton ,
Genereufe Femme de Brute ?
Portia , vous fuftes la butte
Des plus formidables revers
Qu'on peut craindre dans l'Univers.
Vous perdiftes ce galant Homme
Qui s'efforça d'affranchir Rome,
Mais toujours l'intrepidité
Se rangea de vostre costé.
Auffi, generenfe Romaine ,
'Dont l'Histoire le nom promene ,
Du malheur qui vous outragea,
Un charbon brûlant vous vanges.
Vous fiftes voir, Princeſſe illuftre,
De voftre Sexe le beau luftre ,
Que l'amour reftant dans fon fort ,
Eft auffi puiffant que la mort.
Plautie allant en Idumée
Avec une puiffante Armée,
Fit bien voir qu'il n'eft rien d'égal ,
du Mercure Galant,
43
Au feu de l'amour conjugal;
Car comme au milieu des Batailles
On celebroit les funerailles
De fa Femme , dont la beauté
Avoit tout fon coeur enchanté.
Luy dans un transport erotique
D'un poignard aceré fe pique ,
Se bleffe , fe perce le flanc ,
D'où coulent deux ruiffeaux de fang,
Qui bien toft fon corps affoibliffent .
Et fa vigueur aneantiffent.
Ce grand coup de defefpere
Fut par fon amour procuré.
E
Il eft rapporté chez Plutarque ,
Homme d'efprit , homme de marque,
Qu'Emilius joune Chaffeur,
Ayant en challant par malheur
Tue fa Femme & belle & riche,
Penfant mettre à mort une Biche,
Fut tonché changeant de couleur
D'une fifenfible douleur,"
Que pour la mettre en évidence,
Et pour punirfon imprudence
-
Dij
'44
Extraordinaire
Sur luy fans aucune pitié ,
Il vangea fa chafte Moitié.
Voilà ce que l'amour fçait faire
Lors qu'il pretend fe fatisfaire .
Nous lifons dans un certain lieu
Qui traite de l'amour de Dieu,
Oeuvre de Saint François de Sales ,
Lu par plus de mille Veſtales ,
Qu'un Gentilhomme Voyageur
Fort devot envers le Sauveur ,
S'attendriffant fur nos Myfteres ,
Quitta fon Pays & fes Freres
Sans fon entreprise éventer ,
Et mit fa joye à visiter ,
Pouffe par
la grace divine ,
Les beaux lieux de la Palestine,
Où reverant avec ferveur
Les divers tourmens du Sauveur,
Et les Theatres memorables
De fes fouffrances adorables,
Il pouffa mille ardens foûpirs
Qui marquoient fes brûlans defirs
Lors qu'il eut noyé de fes larmes
du Mercure Galant,
45.
Ces lieux qui faifoient tous fes charmes,
Eftant dans ce devot ſejour,
Il mourut par un trait d'amour.
Ce fut fur le Mont des Olives
Que de fes douleurs exceffives
Ne pouvant plus fouffrir l'effort ,
Ilfut le butin de la mort ,
S'il faut que mort on vous appelle ,
Paffage à la Vie eternelle .
Heureufe tranfmigration,
Voyage à la fainte Sion .
Enfans d'une aimable détreſſe,
Effets d'une fainte trifteffe ,
Adorables reffentimens ,
Sanglots , douloureux mouvemens
Avouez fans vous méconnoistre
Que c'est l'amour qui vous fit naiftre ,
Mais un amour chafte & divin
Qui n'a rien de fade & de vain
Mais une flame toute pure
Incompatible avec l'ordure.
46
Extraordinaire
Si l'on peut aimer fans jaloufie. -
L n'est presque point de ſaiſon
Où l'amour cede à la raifon ;
La paffion d'aimer trouble mille cervelles,
Elle fait des bourus , des aveugles , des
fous.
Elle fait mefme des jaloux
Qui ne peuvent fouffrir qu'on approcha
leurs belles.
Si par hazard dans leur appartement
İl entre fort innocemment
Un papillon ou quelque mouche ,
Le jaloux inquiet qui tourne tout en mal,
Devenu refveur & farouche,
Veut fçavoir de quel fexe eft ce pauvre.
animal.
**
S'il eft dufeminin fa bonté luy pardonne,
Et le laiffe entrer en riant.
S'il eft du mafculin il l'excite & bâtonne,
Toûjours grondant , toûjours criant.
Ilfaut pour des gens de la forte
Une complaisance bien forte.
du Mercure Galant.
47:
$ 3
Pour fe faire à l'extravagance
D'un homme fi fort hebeté,
C'est peu que de la complaisances ,
On a befoin d'infenfibilité ;
Mais en aimant eft- il poffible
De garder un coeur infenfible ??
03
On a bean dire à cet Amant
Qu'il agit tropfeverement ,
Qu'il faut changer de tablature ;
Il s'obftine à vouloir que fa chere Philis
Avec fes rozes & fes lis,
Ne regarde jamais les hommes qu'en
peinture.
Cela dégoûte étrangement
Et voilà cependant voftre temperament,
Habitans d'Aufonie & de l'Andaloufie,
Tous nefont paspourtant façonnez fur ce
tour ;
Comme on peut vivrefans amour,
On peut aimerfans jalousie.
L.
BOUCHET ,
ancien Curé de Nogent le Roy.
48 Extraordinaire
De l'Origine des Monftres..
Celuy
qui d'une seule main
Soutient & le Ciel & la Terre,
Celuy qui lance le Tonnerre ,
Par foisfur tout le genre humain,
Celuyfous qui tremblent les Anges,
Celuy de qui les Ckerubins
Les Thrones & les Seraphins
Sans ceffe entonnent les Louanges,
Celuy de qui les plus grands Rois
Adorent l'effence & les Loix
Celuy qui des foux fait des Sages ,
Celuy qui tout fçait , qui tout pent.
Peut fans alterer (es Ouvrages
Faire des Monftres quand il veut.
63
Il en fait parfois pour fa gloire
Comme il fit en l'Aveugle né ,
Guery par le Verbe Incarné.
Ce que nous affurons fur la foy de l'hifoire
A qui nous devons tous la Veneration ,
Eftant
du Mercure Galant.
49
Eftant veritable , eftant fainte.
D'autresfois ilfait par indignation ,
Ce quifait le fujet de noftre jufte crainte.
Ca
Meffieurs les Medecins plus habiles
que moy
Diront furcefujer ce que Secolle en pense
Cependant le défaut ou l'excez de femence
Engendre les Monftres , je croy.
03
Mais pour mieux expliquer les chofes ,
Voyons les naturelles caufes
Quifont voir aux Monftres le jour
Dans ce periffable fejour.
03
Aux productions ordinaires
Plufieurs chofes font neceffaires.
Le tout eftant bien confulté
Laformatricefaculté ,
Cette ingenienfe puissance
Qui travaille parfa prefence ,
Et par qui tout eft difpofe
Dans le Phyfique compofe..
Q. d'Octobre 1685.
E
Extraordinaire
So
Adjoûtez encore la matiere ,
Qui quoy que portion groffiere ,
Fait cependant du bastiment
Le plus folide fondement.
Car de rien rien l'on ne peut faire
Selon l' Axiome vulguaire
Eft-ce tout ? Non il faut de plus
Le receptacle du Fetus ,
Puis aprés le jufte Triage
Et l'indifpenfable affemblage
De quatre maistreffes bontez ,
Quatre premieres qualitez
Le froid , le chaud , le fec , l'humide ,
Sans quoy tout feroit infipide ,
Vn air doux & delicieux
Avec l'influence des Cieux.
Ces cing fecours unis ensemble
Font des merveilles , ce me femble ;
Car la fabrique d'un vray Corps,
Voit les dedans & les débors..
Si l'une de ces chofes manque,
A Paris comme à Salamanque ,
Hors de doute un Monstre fe fait ,
du Mercure Galant.
Au lieu d'un Animal parfait .
Si donc la Vertuformatrice
Eft atteinte de quelque vice,
Eft foible , eft rude , & ne peut pas
Articuler jambes & bras ,
Enforte que tout ſe deſpece,
Il s'en engendre une autre espece ,
In monftreux enfantement ,
Au lieu d'un Homme , unefument ,
Quelqu'autre vile Creature :
Car enfin lorfque la Nature
Ne peut pas bien felonfon gré,
Monter jufqu'au dernier degré
D'artifice & de politeffe :
Où tendoit fa délicateffe .
Elle eft contente en fes efbats,
De defcendre un degré plus bas,
Et de faire voir un defordre
Où devoit regner le bel ordre.
Auffi parfois par ce deffaut ,
Qui meriteroit l'Echaffaut,
On voit le foye au cofté gauche,
La ratte au droit , quelle débauche !
Quelle erreur ! quel aveuglement !
E ij
52
Extraordinaire
C'eft auffi par ce manquement
Que la facultéformatrice ,
Voulant par un fatal caprice ,
Egal pouvoir , égal effort
Former un Enfant vif & fort
Qui fous double Sexe milite
Met au monde un Hermaphrodite,
Quiparfes deux fexes divers
Fait horreur à tout l'Vnivers ,
Comme feroit une Phenomene
Qui mille difgraces amene.
C'eft fous le Regne de Neron ,
Prince inhumain , Prince larron,
Prince amateur de la Cuifine,
Qu'on vid le premier Androgine.
Plus de cent mille Curieux
Ouvrirent la bourse & les yeux
Pour aller voir ce grand (pectacle
Qu'on admiroit comme un miracle ,
Carpour dire la verité
Avec toute fineerité ,
On n'avoit jamais veu dans Rome
Vn demy femme , un demy homme,
Ou plûtoft un objet hydeux
du Mercure Galant. 53
Fait & formé de tous les deux.
SA
Il faut par deffaut de Matiere ,
Que la Nature dégenere,
Et qu'elle demeure en chemin :
Ainfi l' Embryon vient fans main,
Sans jambe , fans cuiffe , oufans tefte ,
Ce qui grand déplaifir aprefte,
Et caufe un mortel defaroy
Quand on ades Monftres chezfoy,
Et qu'on voit affis à fa Table ,
Le modelle d'un Incurable.
*
Que fi par contraire fuccez ,
Nature peche par excez,
On voit des Enfans qui font honte,
Et dont on ne fait pas grand compte .
Des quatre jambes , des trois pieds,
Des Enfans tout eftropiez ,
Deux Chefs & quatre Clavicules.
On les prendroit pour des Hercules ,
Qui vont combattre Gerion
lufques aux portes de Riom .
Cependant ce n'eft rien qui vaille ;
E j
$4
Extraordinaire.
Car deux Enfans de cette taille,
A peine ont-ils jamais veſcu
L'âge d'un demy cart d'écu ,
Les genitures erronnées
Vivant toûjours fort peu d'années.
,
Mais en examinant ce poinct ,
Dites- moy ne pourroit- on point
Tirer la bafque à Nicephore ,
Dont l'Efcrit nous affure encore
Qu'on a veu dans certain Canton
Vn Nain qu'on nommoit Ragolon ,
Cela paffe le vray -femblable ,
Encore plus le veritable,
Petit entre les plus petits
Et pasplus grand' qu'une Perdris ?
RA
,
Que fi dans des heures perduës ,
Les femencesfont confonduës
De deux efpeces d' Animaux
Quece mélange fait de maux!
Que ce mélange pen modefte ,
Eft honteux , eft falle & funefte :
Qu'il marque de fon activité
du Mercure Galant .
$5.
3
Vne bruflante volupté ,
Vn embrafement de Gomorre ,
Vn emportement de Pherore,
Vn fond de fenfualité ,
Qui choque la Divinité.
De ce commerce insupportable
Qu'en peut- il naiftre d'admirable ,
Que des Capripedes cornus ,
Que des Satyres inconnus
Que des affreux hyppocentaures,
Moitié hommes , moitié pecores,
le vid à livre ouvert
Saint Antoine dans fon Défert.
Tels
que
>
Pourquoy dit-on Monftre d' Affrique ,
C'est parce qu'en ce lieu lubrique,
Chaud ardent , brûlé du Soleil ,
Se fait un amasfans pareil
D'Animaux de toutes efpeces
De Lyons , Pantheres , Tygreffes ,
Elephans , Buffles , Leopards
Qui viennent là de toutes parts,
S'affemblant auprés des Rivieres ,
Et des Fontaines les plus claires
.
E iij
56 Extraordinaire
Pour guerir la double chaleur
Qui brûle & confume leur coeur.
C'eft en ce lien que chaque Brutte
Sans choix & fans diftinction,
Sans qu'un mauvais gouft la rebutte,
Appaife avec la foiffon inclination.
Dans cette liberté commune ,
Chaque Animal prend fa cbacune,
Et s'abandonne fans retour
A la pente de fon amour.
De la des Monfires à centaines
S'engrendrent prés de ces Fontaines ,
Qui font qu'on ne peut fans danger
Dans ce noir climat Voyager.
Il n'eft aucun Autheur Claffique
Qui neparle ainfi de l' Affrique.
Si le réceptacle eft eftrait
Plus
que Nature ne voudroit ,
Il s'enfait un Monstre, un prodiges
Deux teftesfortent d'une tige
Ou deux corps n'en compoſent qu'un
Ce qui faierefver un chacun.
De là viennent les Vnipodes
Les Monocules, les Apodes,
du Mercure Galant. 57
Et d'autres Monftres differens,
Les uns morts , les autres mourans ,
Dautres jouiſſant d'une vie
Digne de pitié , non d'envie.
C'est ce que nous ont déclaré
Boiftuan , Vefulle , Paré,
Qui de femblables Creatures ,
Nous ont donné maintes figures.
Quand il arrive meſmement
Quelque notable changement ,
Aux quatre qualitez premieres ,
Plutoft qu'aux quatre fins dernieres.
Un Monftre fefait voir auffi ,
Pline en refte tout éclaircy .
Une éclatante intemperie >
Qui ne peut pas eftre guerie ,
Par tout les remedes de l'Art
Fait par fois qu'on paroift Vieillard ,
Eftant encore à la bavette,
Et faifant encore la difnette.
Semblable Monftre de mon temps
Parut environ le Printemps ,
Non au Climat de l'Aufonie,
58
Extraordinaire
Mais bien dans la Lufitanie.
Un Enfant encore au tetton
Portant de la barbe au menton ,
Mais une barbe une archi-barbe
Plus épaiffe qu'une joubarbe ;
Et nous avons veu dans Paris ,
Où regnent les jeux & les ris ,
Qu'on appelle autrement Lutece,
Une Femme ( elle eftoit Suiffeffe )
Qui portoit jufques fur le fein
Une barbe de Capucin .
Ce qui faifoit dans la Nature
Vne affez plaifante figures
D'où vient cette difformité?
D'abondance , d'humidité ,
Ou d'une chaleur exceffive
Quife trouvant & forte & vive ,
Pouffe au débors des excremens
Qui font d'étranges changemens ,
Et des vapeurs fuligineufes
Pires que des Caliginenfes ,
Qui font an dedans & dehors
Divers effets deffus les Corps.
De fait je veux que l'on me berne
du Mercure Galant. 59
Sil' excel de chaleur interne ,
N'efleve en certaines Saifons
De greffieres exhalaifons ,
Qui jufques au débors pouffees
Et violemment déchaffees ,
Font fortir le poil & les dens
Aux Enfans mefme avant le temps..
80
Adjoutons l'imaginative ,
Puiffance forte & fenfitive ,
Mais bouillante & pleine defeu ,
Qui s'attache & fe fait un jeu
D'imprimer en gros caracteres
Mille Chasteaux , mille chimeres
Sur le Corps du petit Pallot
Dont Lamnias fait le cachot.
Pour entretenir bien cette chofe
Qui Monftres & Prodige caufe,
Il faut fçavoir que l'Embrion
Au temps de fa Conception ,
Eft dans le ventre de fa Mere
D'une auffi flexible matiere ,
Qu'une cira molle , & qu'ilprend
(Ce qui fans doute nous surprend
60 Extraordinaire
Telle impreffion que luy donne
Celle qui le porte en perfonne ,
Si l'experience enfait foy,
On peut bien dire, je le croy .
93
L'Empereur Charles quatrième
Vid defes yeux & par luy-meſme ,
Un grand fujet d'étonnement
Vne espece d'enchantement
Vne Fille non mammeluë
,
Mais par le corps toute veluë ,
Comme un Ours qui n'a rien de beau.
D'où venoit cét objet nouveau ,
D'où procedoit cette avanture ,
En voicy la raifon je jure.
C'eft que fa Mere innocemment
Avoit regardé fixement
Vne image belle , mais trifte ›
Du Précurfeur Saint Iean- Baptifte ,
Du Iourdain , proche un Hameau
Veftu d'une peau de Chameau.
De cet objet la fantaisie
Eftant enyvrée & faifie ,
Deus la femelle Embrion
du Mercure Galant. 61
Avoit fait fon impreffion
De telle forte que Bodille
La defavonoit pourfa Fille ,
Et rejettoit avec fureur ;
Mais il fortit de ſon erreur,
Quand il eut apperceu l'image
Du Saint qui caufa cet Ouvrage.
N'avons- nous pas vû dans Nogent,
Prefque le mefme fans argent.
Vne Fille avecque deux teftes
Propres à faire des conqueftes ,
C'est à dire d'une Beauté
A peindre , & d'une majesté
Propre à faire une Souveraine,
Si l'on fouffre un Monstre fans peine.
D'où venoit la dupplicité
De cette irregularité?
Voicy d'où ; C'est qu'un jour la Mere
Priant Dieu dans un Monaftere,
Avec une diftraction
Qui partageoit fon action ,
Elle jetta quelques aillades
Sur deux teftes d'Anges dorez
62 Extraordinaire
Artiftement élabourez ,
Plaquez deffus une Corniche
Egalement brillante & riche ,
Qui femblent dedans ce faint lieu
S'entrexciter à louer Dieu;
Puis elle eut certain jour de Fefle
Une Pucelle à double tefte.
Qui ne voit la relation
De fon imagination
Avec la chofe imaginée?
Voilà quelle eft la destinée ,
Voilà l'inévitable fort
D'une Femme que je plains fort ,
Qui dans le temps de fa groffeffe
N'eft pas de fon efprit maîtreffe,
Mais s'abandonne impunément
Au cours de fon aveuglement ,
Et ne garde aucune meſure
Pour les yeux pour la pasture. &
69
Mais tâchons de dire comment
Ce monftrueux enfantement,
Eft l'effet de la tyrannie
D'une monstrueufe manie,
du Mercure Galant.
63
t
Et par queis degrez un foetus
Devient effroyable ou perclus .
Degenerant de fon efpece
Ont mutilé de quelques pieces.
Primò. L'imagination
Agit par fon impreffion ,
Puis elle prefente à la Femme
Un objet qui touche fon ame ,
Et le plus fouvent l'abrutit ;
Qui meut la puiſſance matrice
De fon vouloir l'executrice ;
Celle-là dans fes actions
N'executant fes fonctions
Que par les efprits qu'elle mene,
Qu'elle roule, & qu'elle promene
Par tous lesfibres du cerveau ,
Où ces efprits ont leur berceau
Sur lequel cerveau les Phantofmes ,
Moins vifibles que des Atomes ,
Sont gravez plus profondément
Que fur l'or & le diamant ;
Arrive que la Femme groffe,
Prefte affezfouvent de lafoffe,
64
Extraordinaire
Ayant l'imagination
Ou la reprefentation
De ce qu'elle appette & defire.
Les efprits fouples comme cire
Sur qui ce Portrait eft gravé
Avec un gouft fort dépravé ,
Venant à fortir de la lice
Par cette faculté matrice
En fe débandant de leur gros,
Qui garde au cerveau fon repos
Par une espece de Magie
Traifnent aprés eux l'effigie
De ce Phantofme dominant
Qui n'a rien que de furprenant ,
Et cette imperieufe image,
Qui fur le corps marque fa rage ;
Et c'eft-là la gradation
De voftre generation ,
Prodiges qui faites l'injure
Et l'opprobre de la Nature ,
Monftres que dans cet Univers
On n'appercent que de travers.
ཀ
Par fois des Monftres l'origine
du Mercure Galant. 65
Vient de la fuftice divine ,
Juftice aimable en fes bienfaits ,
Mais redoutable en fes effets ,
Mais en fes fugemens terrible ,
Et fouvent incomprehenfible ,
Si bien qu'un Monftre quelquefois
Par fon trifte & factieux minois
Montre prédit comme un Comette
Quelque accident , quelque défaite ,
Une mutation d'Eftat ,
Ou le deftin
Vous don d'un Potentat.
Eclypfes de Nature ,
Vous Oifeaux de mauvaise augure
A moins que Dieu le veuille ainfi ,
Monftres , écartez- vous d'icy.
L.
BouGHET ,
ancien Curé de Nogent le Roy
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Résumé : SENTIMENS SUR LES QUESTIONS du dernier Extraordinaire.
Le texte 'Sentimens sur les questions du dernier Extraordinaire' examine divers aspects de l'amour et ses manifestations extrêmes. Il critique la jalousie excessive, qualifiée d'inhumaine, et discute de la possibilité de mourir d'amour, citant des exemples historiques tels qu'Alceste Reinefort, Cléopâtre, Portia, et Plautie. Il mentionne également des cas où l'amour pousse à des actes extrêmes, comme le suicide d'Émilie après un accident fatal. Un gentilhomme dévot, mourant d'amour sur le Mont des Oliviers après un pèlerinage, illustre comment même un amour chaste peut provoquer des émotions intenses et irrationnelles. Le texte, issu du 'Mercure Galant', est divisé en plusieurs sections. La première décrit la jalousie excessive d'un homme envers sa partenaire, comparée à un papillon ou une mouche entrant dans leur appartement. La deuxième section traite de la création des monstres par Dieu, soit pour Sa gloire, soit par indignation, et souligne l'importance des facteurs naturels pour la formation correcte des êtres humains. La troisième section explique que les monstres apparaissent lorsque ces facteurs sont absents ou en excès, citant des exemples de malformations. Le texte aborde également la brièveté de la vie des enfants malformés et pose des questions sur les conclusions tirées de cas exceptionnels. Il traite des monstres et anomalies naturelles, souvent attribués à des mélanges contre nature ou à des influences extérieures pendant la grossesse. Des exemples incluent des unions contre nature entre espèces animales et des monstres africains. Il explore les causes possibles des monstres humains, comme les excès de chaleur, d'humidité ou d'imagination maternelle, et mentionne des cas historiques spécifiques. Le texte conclut en soulignant l'influence de l'imagination maternelle sur la formation des monstres, considérés comme des oiseaux de mauvais augure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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246
p. 66-67
SUR LA MORT de Monsieur le Prince de Conty. SONNET.
Début :
Le genereux Conty, Prince vaillant & sage, [...]
Mots clefs :
Prince de Conty, Décès, Guerres, Lauriers, Gloire, Courage, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA MORT de Monsieur le Prince de Conty. SONNET.
SUR LA MORT
de Monfieur le Prince de Conty.
SONNET.
LEgenereux Conty , Prince vaillant
& fage ,
Qui cherchoit en tous lieux la Guerre &
les Combats ;
Qui fit fentir fon coeur & le poids de
Son bras
Sur les bords Othomans avec tant d'a-
"
vantage.
03
Qui couvert de Lauriers à la fleur de for
âge ,
Couroit aprés la gloire épris de fes appas ;
Quand la victoire alloit par tout marquer
fes pas,
L'une & l'autre à l'envy foûtenant fon
courage.
Si-toft qu'à Luxembourg il a gravéfon
Nom,
du Mercure Galant.
1 67
Que toute l'Allemagne éleve fon renom ,
Qu'un merite éclatant remplit toute la
Terre.
La France voit à l'abry des hafards.
Ce Heros plein d'honneur , ce Foudre de
la Guerre
Que le Ciel le ravit ainfi qu'un autre
Mars.
de Monfieur le Prince de Conty.
SONNET.
LEgenereux Conty , Prince vaillant
& fage ,
Qui cherchoit en tous lieux la Guerre &
les Combats ;
Qui fit fentir fon coeur & le poids de
Son bras
Sur les bords Othomans avec tant d'a-
"
vantage.
03
Qui couvert de Lauriers à la fleur de for
âge ,
Couroit aprés la gloire épris de fes appas ;
Quand la victoire alloit par tout marquer
fes pas,
L'une & l'autre à l'envy foûtenant fon
courage.
Si-toft qu'à Luxembourg il a gravéfon
Nom,
du Mercure Galant.
1 67
Que toute l'Allemagne éleve fon renom ,
Qu'un merite éclatant remplit toute la
Terre.
La France voit à l'abry des hafards.
Ce Heros plein d'honneur , ce Foudre de
la Guerre
Que le Ciel le ravit ainfi qu'un autre
Mars.
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Résumé : SUR LA MORT de Monsieur le Prince de Conty. SONNET.
Le sonnet 'Sur la mort de Monsieur le Prince de Conty' célèbre un guerrier valeureux et sage, connu pour ses exploits militaires, notamment contre les Ottomans. Dès son jeune âge, il recherchait la gloire et la victoire. Son nom est gravé à Luxembourg et sa renommée s'étend en Allemagne et dans le monde. La France le voit comme un héros honorable. Le poème déplore sa perte soudaine, le comparant à Mars, le dieu de la guerre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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247
p. 67-68
AUTRE.
Début :
Cy-gist le grand Conty, l'espoir du nom François, [...]
Mots clefs :
Prince de Conty, Intrepide, Vainqueur, Laurier, Vertus, Destin
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Cr-gift le grand Conty , l'eſpoir du
nom François,
Intrepide , vaillant autant qu'on le peut
eftre ;
Ses Exploits glorieux faifoient déja connoiftre
Ce qu'il euft fait un jour ſous le plus
grand des Rois.
Sorty d'un Sang Vainqueur dont chacun
fuit les Loix,
Au milieu des Lauriers le Ciel l'a
wait fait waiftre.
Fij
68 Extraordinaire
Quelles hautes vertus n'a - t - il point
fait paroiftre
Pour se montrer à tous digne d'un ſi
beau choix !
A
Voyant de fon deftin la fortune jaloufe
Par un mal dangereux attaquer son
Epouse,
Il partage ce mal aux dépens de fes
-jours.
Il meurt , mais en Époux & fenfible
& fidelle,
Helas ! un mefme jour éclaire dans
fon cours
Sa gloire veritable , & fa mort trop
L
cruelle.
Cr-gift le grand Conty , l'eſpoir du
nom François,
Intrepide , vaillant autant qu'on le peut
eftre ;
Ses Exploits glorieux faifoient déja connoiftre
Ce qu'il euft fait un jour ſous le plus
grand des Rois.
Sorty d'un Sang Vainqueur dont chacun
fuit les Loix,
Au milieu des Lauriers le Ciel l'a
wait fait waiftre.
Fij
68 Extraordinaire
Quelles hautes vertus n'a - t - il point
fait paroiftre
Pour se montrer à tous digne d'un ſi
beau choix !
A
Voyant de fon deftin la fortune jaloufe
Par un mal dangereux attaquer son
Epouse,
Il partage ce mal aux dépens de fes
-jours.
Il meurt , mais en Époux & fenfible
& fidelle,
Helas ! un mefme jour éclaire dans
fon cours
Sa gloire veritable , & fa mort trop
L
cruelle.
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Résumé : AUTRE.
Cr-gift le Grand Conty est reconnu pour son courage et sa vaillance. Issu d'une lignée victorieuse, il a été distingué par ses exploits. Lorsqu'il voit sa femme menacée par une maladie, il partage son mal et meurt en époux dévoué. Sa véritable gloire et sa mort cruelle sont révélées le même jour.
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248
p. 68-70
SUR LA MORT de Monsieur le Tellier. SONNET.
Début :
LE TELLIER si pieux, si prudent & si sage, [...]
Mots clefs :
Ministre, Décès, Chancelier, Vertus, Illustre, Mérite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA MORT de Monsieur le Tellier. SONNET.
SUR LA MORT
de Monfieur le Tellier.
SONNET.
E TELLIER fi pieux , fi prudent
& fi fage ,
Ce Miniftre fi grand ' , qui ſoms trois
de nos Rois
du Mercure Galant . 69
A ven voler fon Nom par tout où
leurs Exploits
Ont fignalé leur bras, & montré leur
courage.
Ce fçavant Chancelier, la gloire de notre
âge,
Qui fit l'heureux Hymen des Vertus
des Loix ,
Par qui toute la Terre admira tant
de fois
Les hautfaits de LOVIS avec tant
d'avantage.
>
Cet illuftre mortel , ce grand Homme
n'est plus
Toutefois nos foupirs , nos pleurs font
Superflus
Ses travaux revivront à jamais dans
Hiftoire.
**
Si le Ciel l'a ravy relevant nos Autels
,
Tout plein d'ans & d'honneur dans le
fein de la Gloire ,
7.0
Extraordinaire
Son merite l'a mis au rang des immortels.
de Monfieur le Tellier.
SONNET.
E TELLIER fi pieux , fi prudent
& fi fage ,
Ce Miniftre fi grand ' , qui ſoms trois
de nos Rois
du Mercure Galant . 69
A ven voler fon Nom par tout où
leurs Exploits
Ont fignalé leur bras, & montré leur
courage.
Ce fçavant Chancelier, la gloire de notre
âge,
Qui fit l'heureux Hymen des Vertus
des Loix ,
Par qui toute la Terre admira tant
de fois
Les hautfaits de LOVIS avec tant
d'avantage.
>
Cet illuftre mortel , ce grand Homme
n'est plus
Toutefois nos foupirs , nos pleurs font
Superflus
Ses travaux revivront à jamais dans
Hiftoire.
**
Si le Ciel l'a ravy relevant nos Autels
,
Tout plein d'ans & d'honneur dans le
fein de la Gloire ,
7.0
Extraordinaire
Son merite l'a mis au rang des immortels.
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Résumé : SUR LA MORT de Monsieur le Tellier. SONNET.
Le sonnet 'Sur la mort' célèbre Monsieur le Tellier, homme pieux, prudent et sage, ayant servi trois rois. Ses exploits et contributions juridiques sont reconnus. Ses mérites et travaux perdureront dans l'histoire, le plaçant parmi les immortels malgré sa mort honorable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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249
p. 70-71
Pour Monsieur le Chancelier. SONNET.
Début :
Le Regne de LOUIS, le plus grand Roy du Monde, [...]
Mots clefs :
Louis, Monarque, Cour, Perfection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Pour Monsieur le Chancelier. SONNET.
Pour Monfieur le Chancelier .
SONNET.
L
E Regne de LOVIS , le plus grand
Roy du Monde ,
Fait rendre au vray merite un favorable
accueil.
C'eft fur luy feulement que fa faveur
ſe fonde ,
Sa Cour eft pour la brigue un redontable
écueil.
Tes Vertus , BOUCHERAT , ta fageffe
profonde ,
Ta conduite toûjours fi noble & fans
orgueil ,
T'ayant fait Chancelier, loin que Themis
en gronde.
Ton élevation vient de calmer fon dežil.
du Mercure Galant.
ଘ୬
Elle ne fera plus deformais éplorée ,
Du Sage LE TELLIER la perte eft
reparée ,
Le plus parfait des Rois en répond
aujourd'huy.
LOVIS a difposé de ce degré fupréme,
Il en connois le poids : & le tenir
de luy
Eft un honneur plus grand que la Di
gnité mefme.
SONNET.
L
E Regne de LOVIS , le plus grand
Roy du Monde ,
Fait rendre au vray merite un favorable
accueil.
C'eft fur luy feulement que fa faveur
ſe fonde ,
Sa Cour eft pour la brigue un redontable
écueil.
Tes Vertus , BOUCHERAT , ta fageffe
profonde ,
Ta conduite toûjours fi noble & fans
orgueil ,
T'ayant fait Chancelier, loin que Themis
en gronde.
Ton élevation vient de calmer fon dežil.
du Mercure Galant.
ଘ୬
Elle ne fera plus deformais éplorée ,
Du Sage LE TELLIER la perte eft
reparée ,
Le plus parfait des Rois en répond
aujourd'huy.
LOVIS a difposé de ce degré fupréme,
Il en connois le poids : & le tenir
de luy
Eft un honneur plus grand que la Di
gnité mefme.
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Résumé : Pour Monsieur le Chancelier. SONNET.
Le sonnet célèbre l'accession de Boucherat au poste de chancelier sous Louis, présenté comme le plus grand roi. La faveur royale repose sur le mérite. La cour de Louis est un obstacle aux intrigues. Les vertus et la sagesse de Boucherat justifient sa nomination, qui compense la mort de Le Tellier. Louis, sage, honore Boucherat au-delà de la dignité du poste.
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250
p. 71-87
DU PHENIX. A MONSIEUR ***.
Début :
Ce que l'on nous conte du Phenix est-ce une verité [...]
Mots clefs :
Phénix, Nature, Esprit humain, Créatures, Âme, Oiseau, Prodige, Auteurs, Plumes, Ailes, Miracles, Mystère, Espèces, Monarque, Victoire, Vertus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU PHENIX. A MONSIEUR ***.
DU PHENIX.
A MONSIEUR***.
C
E
que
Phenix
eft. ce une
verité
ou
une
fable
? Cét
admirable
Oyfeau
fe
trouve
- t'il
dans
le Monde
l'on nous conte du
72
Extraordinaire
Elt.ce une production de la Natare
ou une invention de l'Efprit
humain ? Voilà la queftion que
vous me faites , M. & fur laquelle
vous voulez que je vous écrive
mes fentimens . Ileft jufte de vous
fatisfaire , & de contenter voſtre
defir ; & peut eftre que cette recherche
ne fera pas moins agrea
ble , qu'elle eft curieuſe.
L'Esprit de l'homme eft extre
mément fecond , il paffe les bornes
de la Nature ; & quand elle
ne luy fournit pas tout ce qu'il
cherche , & dequoy remplir toutes
fes idées,il fe forme des Eftres
tels que bon luy femble . I fe
fait des Ifles fortunées , des Rivieres
de lait , des Montagnes
d'azur , des Arbres qui portent
des Pommes d'or. Il ne faut donc
pas
du Mercure Galant. 73
-
pas trouver étrange qu'il fe fort
formé un Phenix.
>
Si ce n'eftoit un fiction ou
feroit logé ce Fils du Soleil , qui
n'eft à ce que l'on dit gueres
moins beau que fon Pere ? Seroitil
poffible que la Nature qui étale
les beautez avec tant de pom.
pe , & qui prend fi grand plaifir
à en faire des Spectacles , fe
fuft allé cacher dans les Foreſts
d'Arabies ; qu'elle l'euft relgué
parmy les Beftes fauvages ,
& dérobé aux yeux des Creatu.
res intelligentes , qui font feules
capables de connoiſtre , & d'admirer
ce Chef d'oeuvre ?
Si Dieù avoit creé un Phenix,
où fe feroit.il retiré pendant le
Déluge Comment fe feroit.il
fauvé de cette Innondation ge-
Q. d'Octobre. 1685.
G
74
Extraordinaire
nerale ? Car il eft conftant que
dans l'Arche il n'y avoit point
d'Animal qui n'euft fon pareil , &
que Noé prit feulement le mafle
& la femelle de ceux qui fe multiplient
par la voye ordinaire de
la generation .
Auffi peut- on dire , qu'il n'y
a point d'autre voye pour la confervation
de chaque efpece ; Que
c'eſt un ordre étably dans la
Nature , & une Loy fans exception
; Qu'il eft impoffible qu'un
Animal fe reproduife en fe dé.
truifant ; & ainfi vous allez fans
doute conclure que ce Phenix
n'eft qu'un Phantoſme , & ſa renaiffance
qu'une Chimere.
Neanmoins , Monfieur , ne décidez
pas fi vifte , ſuſpendez un
peu voftre jugement ; ces Ardu
Mercure
Galant. 75
gumens ne font pas invincibles ,
ny ces raiſons fans réponſe.
Ileft vray que noftre Ame , qui
a je ne fçay quoy de Divin , s'éleve
fouvent au deffus de la Nature
; que ne s'arreſtant pas aux
Eftres créez , elle va jufqu'aux
Eftres poffibles
, & qu'elle fe figure
une infinité de chofes qui ne
font point en effet. Mais vous
m'avoüerez
auffi qu'elle fçait
bien difcerner la réalité d'avec
la feinte, les chofes qui font actuel.
lement d'avec celles qui n'exiftent
que dans fa penſée , un Oyfeau
veritable d'avec un Oyfeau
imaginaire.
D'ailleurs il ne faut pas s'étonner
que l'on ne voye que rarement
cét Oyſeau . On ne voit
pas tous les jours des Prodiges &
Gij
76
Extraordinaire
des Miracles ; & puifque la Nature
ne l'a pas fait invulnérable ,
& immortel , il ne luy reftoit pour
le conferver , que de le mettre
comme elle a fait en des Foreſts
écartées , où il fuft à couvert des
embuches , & de la violence des
hommes,
Que s'il n'eftoit pas dans l'Arche
avec les autres Animaux pen-
'dant le Déluge , Dieu a t'il manqué
de moyens particuliers pour
le conferver ? N'a t'il pas pû le
faire nager fur les Eaux , le tenir
balancé fur fes plumes au milieu
de l'air , l'enveloper d'un nuage ,
& le nourrir de rofée ?
Je tombe d'accord que la voye
de la generation a efté établie
dans la Nature pour la conferva
tion des Efpeces , qui ont plu
A
du Mercure Galant,
77
fieurs individus : mais cela ne
conclud rien à l'égard du Phenix,
qui eft unique en fon efpece ; &
il n'eft pas plus difficile à Dieu de
faire fortir ún nouveau Phenix
de fes cendres , qu'une nouvelle
Plante de la corruption de fa
graine.
Vous voyez donc , Monfieur ,
qu'on ne fçauroit trouver de bonnes
raifons pour combatre l'exiftence
du Phenix. La Nature eft
feconde , & ingénieufe en fes productions
. Elle a fait une infinité
de chofes pour noftre ſervice ;
mais elle en a fait quelqu'unepour
noftre admiration. Qui ne fçait
maintenant qu'il y a des Ifles Alotantes
, des Animaux qui vivent
dans cét Element qui confume
tout ; des Fontaines qui allument
G iij
78
Extraordinaire
des Flambeaux ; des Plantes dont
les Fleurs ne s'épanouiffent que
la nuit Il ne faut donc pas refufer
noftre creance à ce qui eft éloigné
de noftre veuë , lorfque
nous fommes affurez de la verité
par le témoignage de grands
Autheurs..
•
Lucrece , Enripide , Lactance ,
Virgile , Ovide, Martial & Clau.
dian parlent du Phenix , & affurent
qu'il eft en nature . Si vousvoulez
des Hiftoriens , & que
les Poëtes vous foient fufpects ;
Elian , Pline , & Tacite en font
mention dans leurs Livres.
Les Modernes confirment le
témoignage des Anciens , comme
vous pouvez voir dans Cardan
, & dans Scaliger. Si vous
n'eftes pas encore perfuadé , voi
du Mercure Galant. 79
cy des Autheurs plus confiderables
; Tertullien , Saint Ambroife
, Saint Auguftin , Saint Cyrille ,
Samt Epiphane , & plufieurs autres
Peres & Docteurs de l'Eglife
ſe fervent de la renovation du
Phenix pour prouver la Refurreaion
des Corps. Mais entendez
de la bouche d'un grand Prince
de l'Arabie mefme , un témoignage
plus fort que tous les pre-
Gedens ; le mourray dans mon nid
( dit Iob ) je multipliray mes
jours comme le Phenix.
Aprés vous avoir prouvé qu'il
y a un Phenix par cette foule honorable
de témoins , vous vou
driez peut - eftre , Monfieur , que
je vous en fiffe la peinture . Il faut
vous contenter en toutes manieres
, & faire de la plume un pin
Giiij
80 Extraordinaire
>
ceau. Le Phenix eft d'une plus
riche taille que tous les autres Oyfeaux
, & a la Tefte couronnée
d'un Diadême de plumes lui .
fantes pour marque de fa Royau
té. Celles dont la gorge eft couverte
repreſentent un Collier de
fin or , meflé de petites plumes
blanches , qui en fortent comme
autant de rayons , & font affez ,
voir la gloire de fon origine , &
qu'il eft l'Enfant du Soleil . Son
Corps & fa Queue font d'un bleu
celefte feme de Saphirs , & fes
Aifles luy font comme un manteau
de pourpre relevé de diver...
fes pierreries , fi bien qu'a chaque
pas qu'il fait , il ravit les yeux
par un changement de couleur ,
comme par un changement de
Theatre. Enfin il furpaffe tous
du Mercure Galant. 81
les Rois de la Terre par la magnificence
de fes habits : mais
ces ornemens luy font propres
& naturels & fe
pour ;
il
parer
n'a point eu befoin de chercher
au loin des Etoffes precieufes ,
ny de fouiller le Tage , ny le
Pactole. 1
>
Cependant le temps qui ruine
tous les plus beaux Ouvrages de
la Nature ne pardonne pas à
celuy cy Quoy qu'il foit mille
ans à l'admirer , avant que de le
détruire , il faut que le Phenix
obeïffe à cette Loy generale qui
ne reçoit point de difpenfe , &
qu'il meure auffi - bien que les autres
Rois. Ainfi preffé par fon
deftin , quand il fent la lumiere
de fes yeux languiffante , la vigueur
de fes membres diminuée ,
82 Extraordinaire
la legereté de fes aifles apefantie,
& que toutes fes beaurez font
effacées par la vieilleffe , il ramaffe
fous un Palmier quantité
de ces bois odoriferans dont
l'Arabie heureufe eft toute pleine
, & battant des aifles à l'oppo
fite du Soleil , il allume luy - mef
me fon Bucher , & fait à ce bel
Aftre un Sacrifice dont il eft & le
Preftre , & la Victime .
Mais voicy bien une autre mer.
veille , & un plus grand fujet d'étonnement.
Lorsqu'il femble que
le Phenix foit confumé pour jamais
, & que ce Roy des Oyfeaux
ne foit plus que de la cendre
l'on apperçoit quelque chofe au
milieu de ces charbons parfumez
qui commence à fe mouvoir , à
prendre la forme d'un Oyfeau ,
du Mercure Galant.
& à fe couvrir peu à peu de plumes.
En un mot il en fort un nou
veau Phenix. La mort éft feconde
pour luy . Son Tombeau ſe
change en Berceau ; & le feu de
Deftructeur impitoiable , devenu
dépofitaire fidelle , rend exa-
&tement ce qui luy avoit esté
confié par la Nature .
Ce qui accroift le miracle , eft
que durant ce temps là les vents .
n'ofent fouffler, de peur de difperfer
ſes cendres ; les autres Oyfeaux .
n'en approchent point , de crain-.
te que quelque bec gourmand
n'engloutiffe ce germe precieux ,
tout aux environs eft dans le ref
pect & dans le filence , pour ne
pas troubler ce Myftere , & depuis
que ce jeune Oyfeau eft hors
de fon nid il ne court aucun pe--
84
Extraordinaire
1
;
ril les fléches ny le plomb des
Chaffeurs ne l'atteignent point ;
il ne tombe jamais dans leurs
filets. C'est pourquoy Pline &
Tacite ne croyent pas que cét
Oyfeau étranger qui fut expofé
dans le Marché de Rome fous
l'Empire de Clodius' , fuft un veritable
Phenix , & que la Nature
cuft ainfi laiffé perir fon plus
bel Ouvrage .
Auffile ,Phenix n'eſt point ingrat
de toutes les faveurs qu'il
reçoit . Il ne déploye pas plûcoft
les Aifles , qu'il va rendre fes
hommages à la Divinité qui le
protege , & qui luy a donné la
victoire fur la mort, Ce Monarque
des Oyfeaux portant fon Se
pulchre parfumé , s'éleve dans
l'air , accompagné d'un nombre
du Mercure Galant. 85
infiny de fes Sujets qui honorent
fon Triomphe , & tirant droit
en Egypte , il s'en va le poſer
comme un Trophée dans le Temple
du Soleil en la Ville d'Helio-
/ polis. Durant ce voyage la paix
eft univerfelle entre les Oyfeaux;
Ceux qui femblent eſtre nez
pour faire la guerre aux autres ,
n'exercent point leur ferocité naturelle
; les Aftres n'ont que de
benignes influences ; il ne fe fait
point d'orage en l'air , ny de tempeftes
fur la Mer ; la Terre fe
pare de Fleurs , & donne des
fruits en abondance . On dit que
cette merveille a efté veuë en
Egypte fous les Regnes de Sefoftre
, d'Amafis , & de Prolomée
; & que l'on confideroit ces
apnées là comme le retour du
Siecle d'or.
86
Extraordinaire
Aptés tout , Monfieur , la France
n'a point fujet de porter envie
à l'Egypte ny à l'Arabie hen
reufe , puifqu'elle a maintenant
fon Phenix Il n'eft pas befoin de
vous défigner plus particulierement
le Roy. Ses belles qualitez
de relevent tellement au deffus
des autres Rois , qu'il femble
eftre unique en fon Efpece. Car
quel autre que luy peut forcer
en fi peu de jours des Villes capables
de ruïner des Armées ;
faire de la Conquefte d'une Pro.
vince le divertiffement d'un Carnaval
; & aprés avoir fait voir qu'il
peut Conquerir un Monde par
fa valeur , montrer qu'il eft affez
moderé pour s'arreſter au milieu
de fes Victoires ? Quelque part
que vole le Phenix , il compofe
du Mercure Galant.
87
:
les differens de tous les autres
Oyſeaux Et n'eft il pas vray
que tous les autres Souverains
fuivent les mouvemens de noſtre
Monarque , & deviennent paci
fiques à fon exemple : Toute l'Europe
s'eftoit ébranlée à fes premieres
démarches ; & toute l'Europe
s'eft calmée au mefme inftant
qu'il a fait la paix . Enfin
c'eft de luy qu'on peut dire , qu'ila
vaincu la Victoire mefme , puifqu'il
n'a pas voulu fe fervir des
avantages qu'elle luy donnoit ,
& qu'il a mieux aimé regner
fur les autres Nations par l'éclat
de fes Vertus , que par la force
de fes Armes.
A MONSIEUR***.
C
E
que
Phenix
eft. ce une
verité
ou
une
fable
? Cét
admirable
Oyfeau
fe
trouve
- t'il
dans
le Monde
l'on nous conte du
72
Extraordinaire
Elt.ce une production de la Natare
ou une invention de l'Efprit
humain ? Voilà la queftion que
vous me faites , M. & fur laquelle
vous voulez que je vous écrive
mes fentimens . Ileft jufte de vous
fatisfaire , & de contenter voſtre
defir ; & peut eftre que cette recherche
ne fera pas moins agrea
ble , qu'elle eft curieuſe.
L'Esprit de l'homme eft extre
mément fecond , il paffe les bornes
de la Nature ; & quand elle
ne luy fournit pas tout ce qu'il
cherche , & dequoy remplir toutes
fes idées,il fe forme des Eftres
tels que bon luy femble . I fe
fait des Ifles fortunées , des Rivieres
de lait , des Montagnes
d'azur , des Arbres qui portent
des Pommes d'or. Il ne faut donc
pas
du Mercure Galant. 73
-
pas trouver étrange qu'il fe fort
formé un Phenix.
>
Si ce n'eftoit un fiction ou
feroit logé ce Fils du Soleil , qui
n'eft à ce que l'on dit gueres
moins beau que fon Pere ? Seroitil
poffible que la Nature qui étale
les beautez avec tant de pom.
pe , & qui prend fi grand plaifir
à en faire des Spectacles , fe
fuft allé cacher dans les Foreſts
d'Arabies ; qu'elle l'euft relgué
parmy les Beftes fauvages ,
& dérobé aux yeux des Creatu.
res intelligentes , qui font feules
capables de connoiſtre , & d'admirer
ce Chef d'oeuvre ?
Si Dieù avoit creé un Phenix,
où fe feroit.il retiré pendant le
Déluge Comment fe feroit.il
fauvé de cette Innondation ge-
Q. d'Octobre. 1685.
G
74
Extraordinaire
nerale ? Car il eft conftant que
dans l'Arche il n'y avoit point
d'Animal qui n'euft fon pareil , &
que Noé prit feulement le mafle
& la femelle de ceux qui fe multiplient
par la voye ordinaire de
la generation .
Auffi peut- on dire , qu'il n'y
a point d'autre voye pour la confervation
de chaque efpece ; Que
c'eſt un ordre étably dans la
Nature , & une Loy fans exception
; Qu'il eft impoffible qu'un
Animal fe reproduife en fe dé.
truifant ; & ainfi vous allez fans
doute conclure que ce Phenix
n'eft qu'un Phantoſme , & ſa renaiffance
qu'une Chimere.
Neanmoins , Monfieur , ne décidez
pas fi vifte , ſuſpendez un
peu voftre jugement ; ces Ardu
Mercure
Galant. 75
gumens ne font pas invincibles ,
ny ces raiſons fans réponſe.
Ileft vray que noftre Ame , qui
a je ne fçay quoy de Divin , s'éleve
fouvent au deffus de la Nature
; que ne s'arreſtant pas aux
Eftres créez , elle va jufqu'aux
Eftres poffibles
, & qu'elle fe figure
une infinité de chofes qui ne
font point en effet. Mais vous
m'avoüerez
auffi qu'elle fçait
bien difcerner la réalité d'avec
la feinte, les chofes qui font actuel.
lement d'avec celles qui n'exiftent
que dans fa penſée , un Oyfeau
veritable d'avec un Oyfeau
imaginaire.
D'ailleurs il ne faut pas s'étonner
que l'on ne voye que rarement
cét Oyſeau . On ne voit
pas tous les jours des Prodiges &
Gij
76
Extraordinaire
des Miracles ; & puifque la Nature
ne l'a pas fait invulnérable ,
& immortel , il ne luy reftoit pour
le conferver , que de le mettre
comme elle a fait en des Foreſts
écartées , où il fuft à couvert des
embuches , & de la violence des
hommes,
Que s'il n'eftoit pas dans l'Arche
avec les autres Animaux pen-
'dant le Déluge , Dieu a t'il manqué
de moyens particuliers pour
le conferver ? N'a t'il pas pû le
faire nager fur les Eaux , le tenir
balancé fur fes plumes au milieu
de l'air , l'enveloper d'un nuage ,
& le nourrir de rofée ?
Je tombe d'accord que la voye
de la generation a efté établie
dans la Nature pour la conferva
tion des Efpeces , qui ont plu
A
du Mercure Galant,
77
fieurs individus : mais cela ne
conclud rien à l'égard du Phenix,
qui eft unique en fon efpece ; &
il n'eft pas plus difficile à Dieu de
faire fortir ún nouveau Phenix
de fes cendres , qu'une nouvelle
Plante de la corruption de fa
graine.
Vous voyez donc , Monfieur ,
qu'on ne fçauroit trouver de bonnes
raifons pour combatre l'exiftence
du Phenix. La Nature eft
feconde , & ingénieufe en fes productions
. Elle a fait une infinité
de chofes pour noftre ſervice ;
mais elle en a fait quelqu'unepour
noftre admiration. Qui ne fçait
maintenant qu'il y a des Ifles Alotantes
, des Animaux qui vivent
dans cét Element qui confume
tout ; des Fontaines qui allument
G iij
78
Extraordinaire
des Flambeaux ; des Plantes dont
les Fleurs ne s'épanouiffent que
la nuit Il ne faut donc pas refufer
noftre creance à ce qui eft éloigné
de noftre veuë , lorfque
nous fommes affurez de la verité
par le témoignage de grands
Autheurs..
•
Lucrece , Enripide , Lactance ,
Virgile , Ovide, Martial & Clau.
dian parlent du Phenix , & affurent
qu'il eft en nature . Si vousvoulez
des Hiftoriens , & que
les Poëtes vous foient fufpects ;
Elian , Pline , & Tacite en font
mention dans leurs Livres.
Les Modernes confirment le
témoignage des Anciens , comme
vous pouvez voir dans Cardan
, & dans Scaliger. Si vous
n'eftes pas encore perfuadé , voi
du Mercure Galant. 79
cy des Autheurs plus confiderables
; Tertullien , Saint Ambroife
, Saint Auguftin , Saint Cyrille ,
Samt Epiphane , & plufieurs autres
Peres & Docteurs de l'Eglife
ſe fervent de la renovation du
Phenix pour prouver la Refurreaion
des Corps. Mais entendez
de la bouche d'un grand Prince
de l'Arabie mefme , un témoignage
plus fort que tous les pre-
Gedens ; le mourray dans mon nid
( dit Iob ) je multipliray mes
jours comme le Phenix.
Aprés vous avoir prouvé qu'il
y a un Phenix par cette foule honorable
de témoins , vous vou
driez peut - eftre , Monfieur , que
je vous en fiffe la peinture . Il faut
vous contenter en toutes manieres
, & faire de la plume un pin
Giiij
80 Extraordinaire
>
ceau. Le Phenix eft d'une plus
riche taille que tous les autres Oyfeaux
, & a la Tefte couronnée
d'un Diadême de plumes lui .
fantes pour marque de fa Royau
té. Celles dont la gorge eft couverte
repreſentent un Collier de
fin or , meflé de petites plumes
blanches , qui en fortent comme
autant de rayons , & font affez ,
voir la gloire de fon origine , &
qu'il eft l'Enfant du Soleil . Son
Corps & fa Queue font d'un bleu
celefte feme de Saphirs , & fes
Aifles luy font comme un manteau
de pourpre relevé de diver...
fes pierreries , fi bien qu'a chaque
pas qu'il fait , il ravit les yeux
par un changement de couleur ,
comme par un changement de
Theatre. Enfin il furpaffe tous
du Mercure Galant. 81
les Rois de la Terre par la magnificence
de fes habits : mais
ces ornemens luy font propres
& naturels & fe
pour ;
il
parer
n'a point eu befoin de chercher
au loin des Etoffes precieufes ,
ny de fouiller le Tage , ny le
Pactole. 1
>
Cependant le temps qui ruine
tous les plus beaux Ouvrages de
la Nature ne pardonne pas à
celuy cy Quoy qu'il foit mille
ans à l'admirer , avant que de le
détruire , il faut que le Phenix
obeïffe à cette Loy generale qui
ne reçoit point de difpenfe , &
qu'il meure auffi - bien que les autres
Rois. Ainfi preffé par fon
deftin , quand il fent la lumiere
de fes yeux languiffante , la vigueur
de fes membres diminuée ,
82 Extraordinaire
la legereté de fes aifles apefantie,
& que toutes fes beaurez font
effacées par la vieilleffe , il ramaffe
fous un Palmier quantité
de ces bois odoriferans dont
l'Arabie heureufe eft toute pleine
, & battant des aifles à l'oppo
fite du Soleil , il allume luy - mef
me fon Bucher , & fait à ce bel
Aftre un Sacrifice dont il eft & le
Preftre , & la Victime .
Mais voicy bien une autre mer.
veille , & un plus grand fujet d'étonnement.
Lorsqu'il femble que
le Phenix foit confumé pour jamais
, & que ce Roy des Oyfeaux
ne foit plus que de la cendre
l'on apperçoit quelque chofe au
milieu de ces charbons parfumez
qui commence à fe mouvoir , à
prendre la forme d'un Oyfeau ,
du Mercure Galant.
& à fe couvrir peu à peu de plumes.
En un mot il en fort un nou
veau Phenix. La mort éft feconde
pour luy . Son Tombeau ſe
change en Berceau ; & le feu de
Deftructeur impitoiable , devenu
dépofitaire fidelle , rend exa-
&tement ce qui luy avoit esté
confié par la Nature .
Ce qui accroift le miracle , eft
que durant ce temps là les vents .
n'ofent fouffler, de peur de difperfer
ſes cendres ; les autres Oyfeaux .
n'en approchent point , de crain-.
te que quelque bec gourmand
n'engloutiffe ce germe precieux ,
tout aux environs eft dans le ref
pect & dans le filence , pour ne
pas troubler ce Myftere , & depuis
que ce jeune Oyfeau eft hors
de fon nid il ne court aucun pe--
84
Extraordinaire
1
;
ril les fléches ny le plomb des
Chaffeurs ne l'atteignent point ;
il ne tombe jamais dans leurs
filets. C'est pourquoy Pline &
Tacite ne croyent pas que cét
Oyfeau étranger qui fut expofé
dans le Marché de Rome fous
l'Empire de Clodius' , fuft un veritable
Phenix , & que la Nature
cuft ainfi laiffé perir fon plus
bel Ouvrage .
Auffile ,Phenix n'eſt point ingrat
de toutes les faveurs qu'il
reçoit . Il ne déploye pas plûcoft
les Aifles , qu'il va rendre fes
hommages à la Divinité qui le
protege , & qui luy a donné la
victoire fur la mort, Ce Monarque
des Oyfeaux portant fon Se
pulchre parfumé , s'éleve dans
l'air , accompagné d'un nombre
du Mercure Galant. 85
infiny de fes Sujets qui honorent
fon Triomphe , & tirant droit
en Egypte , il s'en va le poſer
comme un Trophée dans le Temple
du Soleil en la Ville d'Helio-
/ polis. Durant ce voyage la paix
eft univerfelle entre les Oyfeaux;
Ceux qui femblent eſtre nez
pour faire la guerre aux autres ,
n'exercent point leur ferocité naturelle
; les Aftres n'ont que de
benignes influences ; il ne fe fait
point d'orage en l'air , ny de tempeftes
fur la Mer ; la Terre fe
pare de Fleurs , & donne des
fruits en abondance . On dit que
cette merveille a efté veuë en
Egypte fous les Regnes de Sefoftre
, d'Amafis , & de Prolomée
; & que l'on confideroit ces
apnées là comme le retour du
Siecle d'or.
86
Extraordinaire
Aptés tout , Monfieur , la France
n'a point fujet de porter envie
à l'Egypte ny à l'Arabie hen
reufe , puifqu'elle a maintenant
fon Phenix Il n'eft pas befoin de
vous défigner plus particulierement
le Roy. Ses belles qualitez
de relevent tellement au deffus
des autres Rois , qu'il femble
eftre unique en fon Efpece. Car
quel autre que luy peut forcer
en fi peu de jours des Villes capables
de ruïner des Armées ;
faire de la Conquefte d'une Pro.
vince le divertiffement d'un Carnaval
; & aprés avoir fait voir qu'il
peut Conquerir un Monde par
fa valeur , montrer qu'il eft affez
moderé pour s'arreſter au milieu
de fes Victoires ? Quelque part
que vole le Phenix , il compofe
du Mercure Galant.
87
:
les differens de tous les autres
Oyſeaux Et n'eft il pas vray
que tous les autres Souverains
fuivent les mouvemens de noſtre
Monarque , & deviennent paci
fiques à fon exemple : Toute l'Europe
s'eftoit ébranlée à fes premieres
démarches ; & toute l'Europe
s'eft calmée au mefme inftant
qu'il a fait la paix . Enfin
c'eft de luy qu'on peut dire , qu'ila
vaincu la Victoire mefme , puifqu'il
n'a pas voulu fe fervir des
avantages qu'elle luy donnoit ,
& qu'il a mieux aimé regner
fur les autres Nations par l'éclat
de fes Vertus , que par la force
de fes Armes.
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Résumé : DU PHENIX. A MONSIEUR ***.
Le texte aborde l'existence du Phénix, un oiseau légendaire, en discutant de sa réalité ou de sa fiction. L'auteur explore diverses hypothèses sur sa nature et sa localisation, soulignant que l'homme crée souvent des êtres imaginaires pour satisfaire sa curiosité. Il examine les arguments contre l'existence du Phénix, tels que son absence dans l'Arche de Noé et la nécessité de reproduction conventionnelle, mais suggère que l'âme humaine peut distinguer le réel de l'imaginaire. Il mentionne également des phénomènes rares en nature et la possibilité que Dieu préserve des créatures uniques. Le Phénix est décrit avec une apparence majestueuse : une tête couronnée de plumes, un collier d'or et de plumes blanches, un corps bleu comme des saphirs, et des ailes pourpres ornées de pierreries. Il meurt après mille ans, se sacrifiant sur un bûcher de bois odoriférants, et renaît de ses cendres, un processus respecté par la nature et observé en Égypte. Le texte compare ensuite le roi de France au Phénix, soulignant ses qualités exceptionnelles et ses actions modérées malgré ses victoires militaires. Les autres souverains suivent son exemple, et l'Europe se pacifie grâce à son initiative de paix. Le roi est ainsi vu comme ayant vaincu la victoire elle-même en choisissant de régner par ses vertus plutôt que par la force.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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