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1
p. 36-37
POUR MONSIEUR. SONNET.
Début :
Tu serviras d'exemple un jour à nos Nevuex, [...]
Mots clefs :
Lauriers, Exploits, Champs de Mars
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texteReconnaissance textuelle : POUR MONSIEUR. SONNET.
POVR MONSIEVR
SONNET.
TVferviras d'exemple unjour Neveux ànos
Digne Frere d'un Roy , leplus grand Roydumonde;
S'il paffe les Cefars , ta Valeur le ſe- conde,
↑ Et foutient ſes Laurierspardes Ex- ploitsfameux.
24 LE MERCVRE
:
Ates traits delicats , à ton air gra- cieux ,
Tuſembles estre né pour une Paix pro.
fonde;
Etdans leChampde Mars,dés que le Canongronde,
Ton cœur anime tout , ton brasfrape en tous lieux.
Apreſent qu'apres-toy tufais marcher la Gloire ,
Que tu ne combats pointſans avoir la
Victoire ,
Loüis n'est plus lefeulqui triomphe detous ;
Maisluyfeul toute-fois des Princesde laTerre ,
Deceuxqui font enpaix , ou qui nous
font laguerre ,
Peut voir tes grands Exploits fans en eftre jaloux.
SONNET.
TVferviras d'exemple unjour Neveux ànos
Digne Frere d'un Roy , leplus grand Roydumonde;
S'il paffe les Cefars , ta Valeur le ſe- conde,
↑ Et foutient ſes Laurierspardes Ex- ploitsfameux.
24 LE MERCVRE
:
Ates traits delicats , à ton air gra- cieux ,
Tuſembles estre né pour une Paix pro.
fonde;
Etdans leChampde Mars,dés que le Canongronde,
Ton cœur anime tout , ton brasfrape en tous lieux.
Apreſent qu'apres-toy tufais marcher la Gloire ,
Que tu ne combats pointſans avoir la
Victoire ,
Loüis n'est plus lefeulqui triomphe detous ;
Maisluyfeul toute-fois des Princesde laTerre ,
Deceuxqui font enpaix , ou qui nous
font laguerre ,
Peut voir tes grands Exploits fans en eftre jaloux.
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Résumé : POUR MONSIEUR. SONNET.
Le sonnet célèbre un membre de la famille royale française pour sa valeur militaire et ses exploits, le comparant aux Césars. Il loue sa grâce, son courage et ses victoires constantes. Louis admire ses exploits, qu'ils soient en paix ou en guerre, sans jalousie.
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2
p. 128-132
STANCES.
Début :
Sous les deux Noms que l'on me donne, [...]
Mots clefs :
Prince, Amour, Lauriers, Héros, Victoire
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texteReconnaissance textuelle : STANCES.
STANCES.
Ons les deux Noms que l'on me Sordonne Je joins aux dons deMarsvos aima- blespreſens;
Ie preſide aux Héros, je preſide aux Sçavans,
Et ma maintouràtourde Lauriersles
Couronne ;
GALANT. 83
ONC
doo
ava
COL
YOU
O
-
201
in
H
L'ay fait du Grand Loüis le plus grand des Guerriers ,
I'ayremplypourvosArtsce Princede lumiere ;
Mais il faut que le Fils chercheicy desLauriers.
L'aylecüeilly Pere. tous les mienspour ron
LYOR
DesActionsſiſurprenantes ,
Obligent la Victoire àme les arracher;
Apeine pour ce Roy j'ay le temps d'en chercher,
Qu'ils me sont enbevez parsesmains triomphantes ;
Son bras fait des Exploits qu'on n'eust ofé penfer ,
Quand mesme ils font publics ,àpeine ilsfont croyables ;
Et ces Murs qu'en huit jours nous l'a- vonsvenforcer Avant que d'estre pris estoient crus im- prenables.
Mais c'est encor peu poursa gloire,
CeCambray si fameux qu'il réduit aux abois
84 LE MERCVRE
Auroit en moinsdetemps déjareçenfes
Loix,
Sil vouloit à demy remporter la vi- Etoire.
Saint Omer leva füivre , &monplus grand employ ,
C'estderenirtoûjours plusieurs Couron nesprestes ,
Ayez doncſoin du Prince ,&j'auray,
Soindu Roy ,
Travaillez pour l'Etude , &moy pour lesConquestes.
Mais quoy ! vous marquezde la crainte
Depuis qu'un si beau Prince est dans vostresejour ;
Muſes, vous leprenezpeut-estre pour l'Amour 2.. Et vuſtre liberté redoute quelque at- teinte ?
Non, non , défaites- vous de cette injuStepeur:
Quoyqu'il ait del'Amour les traits le visage,
Illustre Montanfierestantfon Gou verneur
GALANT. 85 Quandil feroit l'Amour ,auroit fait l'Amourſage ,
Mais vostre erreur est fans égale,
Si de ce Dien volage il a les agrémens,
Son ame a des attraits mille foisplus charmans
Queceux,que vous voyez queson via Sageétale... Elleestgrande,elle est belle ; &dans fonjeunecœur Naiſſentdes sentimens d'un ſi beau Ca- ractere 2.
Qu'enyreconnoiffant l'esprit du Gouverneur
Ony remarque auſſi la Maiesté du
Pere..
Tousvos Emploisfontſesdelices,
Son espritypenetre avecfacilité,
Etdanssa Cour sçavante onvoit àfon costé
Ceuxquifont les premiers danstous vος -
exercices;
H. vous rendbien l'éclat qu'ilreçoitde
vosArtsi
86 LE MERCVRE
Donnez-luy donc au moins fon rang Surle Parnaffe :
Vous avez élevé le plus grands des Cefars,
Ce Prince avec raiſon doit occuper leur
place.
Ons les deux Noms que l'on me Sordonne Je joins aux dons deMarsvos aima- blespreſens;
Ie preſide aux Héros, je preſide aux Sçavans,
Et ma maintouràtourde Lauriersles
Couronne ;
GALANT. 83
ONC
doo
ava
COL
YOU
O
-
201
in
H
L'ay fait du Grand Loüis le plus grand des Guerriers ,
I'ayremplypourvosArtsce Princede lumiere ;
Mais il faut que le Fils chercheicy desLauriers.
L'aylecüeilly Pere. tous les mienspour ron
LYOR
DesActionsſiſurprenantes ,
Obligent la Victoire àme les arracher;
Apeine pour ce Roy j'ay le temps d'en chercher,
Qu'ils me sont enbevez parsesmains triomphantes ;
Son bras fait des Exploits qu'on n'eust ofé penfer ,
Quand mesme ils font publics ,àpeine ilsfont croyables ;
Et ces Murs qu'en huit jours nous l'a- vonsvenforcer Avant que d'estre pris estoient crus im- prenables.
Mais c'est encor peu poursa gloire,
CeCambray si fameux qu'il réduit aux abois
84 LE MERCVRE
Auroit en moinsdetemps déjareçenfes
Loix,
Sil vouloit à demy remporter la vi- Etoire.
Saint Omer leva füivre , &monplus grand employ ,
C'estderenirtoûjours plusieurs Couron nesprestes ,
Ayez doncſoin du Prince ,&j'auray,
Soindu Roy ,
Travaillez pour l'Etude , &moy pour lesConquestes.
Mais quoy ! vous marquezde la crainte
Depuis qu'un si beau Prince est dans vostresejour ;
Muſes, vous leprenezpeut-estre pour l'Amour 2.. Et vuſtre liberté redoute quelque at- teinte ?
Non, non , défaites- vous de cette injuStepeur:
Quoyqu'il ait del'Amour les traits le visage,
Illustre Montanfierestantfon Gou verneur
GALANT. 85 Quandil feroit l'Amour ,auroit fait l'Amourſage ,
Mais vostre erreur est fans égale,
Si de ce Dien volage il a les agrémens,
Son ame a des attraits mille foisplus charmans
Queceux,que vous voyez queson via Sageétale... Elleestgrande,elle est belle ; &dans fonjeunecœur Naiſſentdes sentimens d'un ſi beau Ca- ractere 2.
Qu'enyreconnoiffant l'esprit du Gouverneur
Ony remarque auſſi la Maiesté du
Pere..
Tousvos Emploisfontſesdelices,
Son espritypenetre avecfacilité,
Etdanssa Cour sçavante onvoit àfon costé
Ceuxquifont les premiers danstous vος -
exercices;
H. vous rendbien l'éclat qu'ilreçoitde
vosArtsi
86 LE MERCVRE
Donnez-luy donc au moins fon rang Surle Parnaffe :
Vous avez élevé le plus grands des Cefars,
Ce Prince avec raiſon doit occuper leur
place.
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Résumé : STANCES.
Le poème 'Stances' célèbre les exploits du prince Louis, fils du roi Louis XIV. La muse narratrice, présidant aux héros et aux savants, souligne les victoires militaires du prince, notamment la prise de Cambrai et de Saint-Omer. Elle admire ses actions surprenantes et ses talents dans les arts et les conquêtes. Le narrateur encourage les muses à ne pas craindre le prince, malgré son jeune âge et son charme, car il incarne la grandeur de son gouverneur, le duc de Montausier, et la majesté de son père. Le poème se conclut par une invitation à reconnaître la place du prince parmi les plus grands Césars, soulignant son éclat et son esprit pénétrant.
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3
p. 193-201
EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, AU ROY.
Début :
Je viens au Voyage que l'opiniâtreté des Espagnols a / Pourquoy chercher une nouvelle gloire ? [...]
Mots clefs :
Gloire, Lauriers, Exploits, Conquérants, Guerre, Paix
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texteReconnaissance textuelle : EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, AU ROY.
Je viens au Voyage que
l'opiniâtreté des Efpagnols a
forcé le Royde faire en Flandre. Je vay vous en donner
un détail , non pas des couchées & du fejour de Sa Majeſté en chaque lieu, mais de
tout ce qui s'est fait pendant
ce Voyage, & des Nouvelles
que ce Monarque a reçeuës
May 1684.
R
1
194 MERCURE
de fes Armées de terre & de
mer, & de fes Ambaffadeurs
dans les Cours Etrangeres,
avec une exacte defcription
de fes Camps. En mefme
temps qu'on apprit que fon
départ eftoit réfolu , on vit
paroiftre des Vers qui méritentbien voftre curiofité. En
voicy de Madame des Houlieres. Son nom fuffit pour
vous préparer à une lecture
des plus agréables.
GALANT. 195
25525-522555:25252
EPITRE
DE MADAME
DES HOULIERES,
AU ROY.
Ourquoy chercher une nouvelle
gloire?
Po
vos Lauriers goûtez un doux Sousves
reposi
"Affez d'Exploits d'immortelle mémoire
Vousfontpafferles antiques Héros.
Pourvous, grand Roy, pour le bien
dela France,
Que refte-t-ilencore àfouhaiter?
Vosfoins chez elle ont remis l'abondance;
1
Rij
196 MERCURE
Voftre valeur qui pourroit tout dome
pter,
La rend terrible aux Nations étrang
ges,
Et quelque loin qu'on porte les
Louanges,
Iln'en eftpaint qui vous puiſſent
flater.
$2
Avous chanter nos voixfont tou-
• jours preftes;
Maisquand nos Vers àla Postérité
Pourroient vous peindre auſſi grand
que vous eftes,
Quand de vos Loix ils diroient l'é
quité,
De voftre Bras les rapides conqueftes,
De voftre Esprit la noble activité,
De voſtreabordle charme inévitable,
Quelle enferoitpour vous l'utilité?
GALANT. 197
Lors que le vray paroiſt peu vraySemblable,
Iln'afurnous que peu d'autorité.
22
Ces Conquérans qu'eurent Rome &
la Gréce,
Ccs Demy. Dieuxfur centLyres chantez,
Onteu le fortque trop de gloire laiffe,
On les a crusfervilementflatez.
Tantde vertus qu'en eux l'Hiftoire
affemble,
Eff, difoit- on, leprix de leurs bienfaits;
Etfi vousfentfous qui l'Univers tremble,
N'euffiezplusfait qu'ils n'ontfait
tousenſemble
On douteroit encor de leurs hauts
Faits
Rüj
198 MERCURE
SS
Deleur valeurlavostre nous affure,
Vous la rendez croyable en l'ifaçants
Unvelfecours chez la Racefuture
Sera pour vous unfecours impuif
Sant..
Quelques efforts que la Naturefaffe
Pour les Héros quefa mainformera,
Loin d'en trouver quelqu'un qui
vous efface,
Famais aucun ne vous égalera.
22
N'allez doncplus expofer une vie
D'où le bonheurde l'Univers dépends
Voyezla Paix, de tous les biensfui
vie,
Quidans lesbras des Plaifirs vom
attend;"
Epargnez-nous de mortelles allar
mess
GALANT: 19.
Oùcourez-vousparla Gloire animé
Si la Victoire apour vous tant de
charmes,
Vouspouvez vaincre icyfans eftre
; armé.
N'appellez point une indigne foibleſſe
Quelques momens donnez à la tendreffe;
Les plus grands Cœurs n'ont pas le
moins aimé.
S2
Mais aux trævaux de la fiere BelLonne,
F'oppoſe en vain le repos le plus
doux.
Les faux plaifirs que l'oifiveté
donne,
Nefontpas faits pour un Roy comme
vem,
Rij
200 MERCURE
Inftruit de tout, appliquéfans relâche,
Et toûjoursgranddans les moindres
Lorsprojets.
que la Paix aux périls vous
arrache,
Une autre gloire àſon tour vou
attache,
Et vous immole au bien de vos
Sujets.
Se
Ainfi l'on voit le Maistre du Tonnerre,
Diverſement occupé dans les Cieux;
Tantoft vainqueur dans l'infolente
Guerre
Quifitpérir lesTitansfuricux;
Tantoft veillant au bonheur de la
Terre,
Porterpartout un regard curieux,
Y rétablir le calme, l'innocence,
GALANT. 201
Eftredetous la crainte, l'eſpérance,
Etleplusgrand, &le meilleur des
Dieux.
SS
Craint, adoré..... Mais j'entens la
Victoire
Qui vous appelle à des Exploits
nouveaux.
Que de hauts Faits vont groffir
voftre Hiftoire!
Partez, courez à des deftins fi beaux.
Je voy l'Eſpagne aux Traitez infidelle
DefesPaispayerfesattentats;
Je voy vos coups détruire les Etats
Dufier Voifin quifoûtientfa querelle;
Etje vous voy vainqueur en cent
Combats,
Donner la Paix, & la rendre eter
netle.
l'opiniâtreté des Efpagnols a
forcé le Royde faire en Flandre. Je vay vous en donner
un détail , non pas des couchées & du fejour de Sa Majeſté en chaque lieu, mais de
tout ce qui s'est fait pendant
ce Voyage, & des Nouvelles
que ce Monarque a reçeuës
May 1684.
R
1
194 MERCURE
de fes Armées de terre & de
mer, & de fes Ambaffadeurs
dans les Cours Etrangeres,
avec une exacte defcription
de fes Camps. En mefme
temps qu'on apprit que fon
départ eftoit réfolu , on vit
paroiftre des Vers qui méritentbien voftre curiofité. En
voicy de Madame des Houlieres. Son nom fuffit pour
vous préparer à une lecture
des plus agréables.
GALANT. 195
25525-522555:25252
EPITRE
DE MADAME
DES HOULIERES,
AU ROY.
Ourquoy chercher une nouvelle
gloire?
Po
vos Lauriers goûtez un doux Sousves
reposi
"Affez d'Exploits d'immortelle mémoire
Vousfontpafferles antiques Héros.
Pourvous, grand Roy, pour le bien
dela France,
Que refte-t-ilencore àfouhaiter?
Vosfoins chez elle ont remis l'abondance;
1
Rij
196 MERCURE
Voftre valeur qui pourroit tout dome
pter,
La rend terrible aux Nations étrang
ges,
Et quelque loin qu'on porte les
Louanges,
Iln'en eftpaint qui vous puiſſent
flater.
$2
Avous chanter nos voixfont tou-
• jours preftes;
Maisquand nos Vers àla Postérité
Pourroient vous peindre auſſi grand
que vous eftes,
Quand de vos Loix ils diroient l'é
quité,
De voftre Bras les rapides conqueftes,
De voftre Esprit la noble activité,
De voſtreabordle charme inévitable,
Quelle enferoitpour vous l'utilité?
GALANT. 197
Lors que le vray paroiſt peu vraySemblable,
Iln'afurnous que peu d'autorité.
22
Ces Conquérans qu'eurent Rome &
la Gréce,
Ccs Demy. Dieuxfur centLyres chantez,
Onteu le fortque trop de gloire laiffe,
On les a crusfervilementflatez.
Tantde vertus qu'en eux l'Hiftoire
affemble,
Eff, difoit- on, leprix de leurs bienfaits;
Etfi vousfentfous qui l'Univers tremble,
N'euffiezplusfait qu'ils n'ontfait
tousenſemble
On douteroit encor de leurs hauts
Faits
Rüj
198 MERCURE
SS
Deleur valeurlavostre nous affure,
Vous la rendez croyable en l'ifaçants
Unvelfecours chez la Racefuture
Sera pour vous unfecours impuif
Sant..
Quelques efforts que la Naturefaffe
Pour les Héros quefa mainformera,
Loin d'en trouver quelqu'un qui
vous efface,
Famais aucun ne vous égalera.
22
N'allez doncplus expofer une vie
D'où le bonheurde l'Univers dépends
Voyezla Paix, de tous les biensfui
vie,
Quidans lesbras des Plaifirs vom
attend;"
Epargnez-nous de mortelles allar
mess
GALANT: 19.
Oùcourez-vousparla Gloire animé
Si la Victoire apour vous tant de
charmes,
Vouspouvez vaincre icyfans eftre
; armé.
N'appellez point une indigne foibleſſe
Quelques momens donnez à la tendreffe;
Les plus grands Cœurs n'ont pas le
moins aimé.
S2
Mais aux trævaux de la fiere BelLonne,
F'oppoſe en vain le repos le plus
doux.
Les faux plaifirs que l'oifiveté
donne,
Nefontpas faits pour un Roy comme
vem,
Rij
200 MERCURE
Inftruit de tout, appliquéfans relâche,
Et toûjoursgranddans les moindres
Lorsprojets.
que la Paix aux périls vous
arrache,
Une autre gloire àſon tour vou
attache,
Et vous immole au bien de vos
Sujets.
Se
Ainfi l'on voit le Maistre du Tonnerre,
Diverſement occupé dans les Cieux;
Tantoft vainqueur dans l'infolente
Guerre
Quifitpérir lesTitansfuricux;
Tantoft veillant au bonheur de la
Terre,
Porterpartout un regard curieux,
Y rétablir le calme, l'innocence,
GALANT. 201
Eftredetous la crainte, l'eſpérance,
Etleplusgrand, &le meilleur des
Dieux.
SS
Craint, adoré..... Mais j'entens la
Victoire
Qui vous appelle à des Exploits
nouveaux.
Que de hauts Faits vont groffir
voftre Hiftoire!
Partez, courez à des deftins fi beaux.
Je voy l'Eſpagne aux Traitez infidelle
DefesPaispayerfesattentats;
Je voy vos coups détruire les Etats
Dufier Voifin quifoûtientfa querelle;
Etje vous voy vainqueur en cent
Combats,
Donner la Paix, & la rendre eter
netle.
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Résumé : EPITRE DE MADAME DES HOULIERES, AU ROY.
En mai 1684, le roi entreprit un voyage en Flandre, motivé par la résistance des Espagnols. Le texte détaille les événements et les nouvelles reçues par le monarque durant ce mois. Il mentionne les armées de terre et de mer, ainsi que les ambassadeurs présents dans les cours étrangères. Une description précise des camps est également fournie. À l'annonce du départ du roi, plusieurs vers furent publiés, dont une épître de Madame des Houlières adressée au roi. Cette épître célèbre les exploits du roi, sa bravoure et les bienfaits qu'il apporte à la France. Elle exprime le souhait que le roi trouve un repos mérité après ses conquêtes et souligne que ses actions rendent la France prospère et redoutable pour les nations étrangères. Madame des Houlières reconnaît la difficulté de décrire pleinement la grandeur du roi et compare ses exploits à ceux des anciens héros. Elle encourage le roi à apprécier la paix et les plaisirs, tout en reconnaissant que ses devoirs l'appellent à de nouveaux exploits. L'épître conclut en évoquant la victoire du roi sur l'Espagne et ses ennemis, ainsi que sa capacité à établir une paix durable.
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4
p. 147-150
Vers sur le calme dont joüit la France, [titre d'après la table]
Début :
Je vous envoye des Vers qui ont esté faits à l'occasion du calme / Voicy le doux temps de l'Amour [...]
Mots clefs :
Amour, Dieux, Louis, Lauriers, Honneur, Nature, Trésor, Tranquillité
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texteReconnaissance textuelle : Vers sur le calme dont joüit la France, [titre d'après la table]
le vous envoye des Vers qui
ont efté faits à l'occafion du calme
dont jouit la France .
Voicy le doux temps de l' Amour
Et du charmant Dieu des Bouteilles
;
Nous ne verrons plus le Tambour
Faire du bruit à nos oreilles.
LOUIS couronné de Lauriers ,
G 2
148
MERCURE
A licentie fes Guerriers.
Au lieu de Clairons , de Trompettes.
Nous n'entendrons que des Mufettes;
Et déia j'entens dans nos Bois ,
A l'honneur du plus grand des Roys,
Le Berger avec fa Bergere ,
Chanter fur la verte Fougere ,
Vive LOVIS ! Puiffe le Ciel
Sur fes jours découler le miel ;
Que toujours à pleine Faucille
On moiffonne dans fa Famille
Des Lauriers; & que
le Soleil
Aux cheveux blõds, au teint vermeil
Empefche que la Medecine
Sur luy n'exerce fa Doctrine.
C'est par luy que le Siecle d'or ,
Mort filong- temps avant Neftor,
Va renaiftre , & combler la France
De tout ce qui fait l'abondance.
Que l'Hymen va joindre de coeurs
Sous le joug d'un amour fidelle ,
Et qu'il va moiffonner de Fleurs
Avant que la brune Hyrondelle
GALANT. 149
Par fes premiers gazoüillemeus
Nous ait marqué les jours charmans
Qui ramenent la Tourterelle !
Que fous l'Empire de Bacchus
Nous allons voir caffer de Verres,
Et quefous celuy de Vénus
Nous verrons d'amoureux Parterres!
Combien verrons.nous fous l'Ormeau
Danfer au fon du Chalumeau !
Combien de Garçons & de Filles
Les Dimanches jouer aux Quilles ,
Courir , & la Boule à la main
Bondir comme feroit un Dain !
Le Vilageois dans fa Chaumiere
Verra pendre àSa Cremilliere
Dans un Chaudron bien écuré
Dequoy feftoyer fon Curé.
Au Bourgeois étofé de Pane
Nul ne verra faire la Cane ,
Quand il faudra de fon Trefor
Tirer de l'argent & de l'or ,
Pour degager la Girouette
De l'Amy, qu'un Sergent decrete.
G 3
150 MERCURE
.
Le Noble, la Plume au Chapeau ,
Et le Clinquant fur l'Ecarlate ,
Fera tapiffer fon Chasteau ,
Qui n'eftoit meublé que de Natte.
On luy verra des Chiens courants ,
Vne Ecurie à doubles rangs,
Vne Cuifine à double Broche,
Toujours de l'argent dans fa Poche .
Enfin , grace au Maistre des Lys,
Nous ferons gorgez de Louis ;
Et d'un bout à l'autre du Monde ,
Sur la Terre , & mefme fur l'onde,
On dira , c'eft cheles François
Qu'on vit content comme des Rois.
ont efté faits à l'occafion du calme
dont jouit la France .
Voicy le doux temps de l' Amour
Et du charmant Dieu des Bouteilles
;
Nous ne verrons plus le Tambour
Faire du bruit à nos oreilles.
LOUIS couronné de Lauriers ,
G 2
148
MERCURE
A licentie fes Guerriers.
Au lieu de Clairons , de Trompettes.
Nous n'entendrons que des Mufettes;
Et déia j'entens dans nos Bois ,
A l'honneur du plus grand des Roys,
Le Berger avec fa Bergere ,
Chanter fur la verte Fougere ,
Vive LOVIS ! Puiffe le Ciel
Sur fes jours découler le miel ;
Que toujours à pleine Faucille
On moiffonne dans fa Famille
Des Lauriers; & que
le Soleil
Aux cheveux blõds, au teint vermeil
Empefche que la Medecine
Sur luy n'exerce fa Doctrine.
C'est par luy que le Siecle d'or ,
Mort filong- temps avant Neftor,
Va renaiftre , & combler la France
De tout ce qui fait l'abondance.
Que l'Hymen va joindre de coeurs
Sous le joug d'un amour fidelle ,
Et qu'il va moiffonner de Fleurs
Avant que la brune Hyrondelle
GALANT. 149
Par fes premiers gazoüillemeus
Nous ait marqué les jours charmans
Qui ramenent la Tourterelle !
Que fous l'Empire de Bacchus
Nous allons voir caffer de Verres,
Et quefous celuy de Vénus
Nous verrons d'amoureux Parterres!
Combien verrons.nous fous l'Ormeau
Danfer au fon du Chalumeau !
Combien de Garçons & de Filles
Les Dimanches jouer aux Quilles ,
Courir , & la Boule à la main
Bondir comme feroit un Dain !
Le Vilageois dans fa Chaumiere
Verra pendre àSa Cremilliere
Dans un Chaudron bien écuré
Dequoy feftoyer fon Curé.
Au Bourgeois étofé de Pane
Nul ne verra faire la Cane ,
Quand il faudra de fon Trefor
Tirer de l'argent & de l'or ,
Pour degager la Girouette
De l'Amy, qu'un Sergent decrete.
G 3
150 MERCURE
.
Le Noble, la Plume au Chapeau ,
Et le Clinquant fur l'Ecarlate ,
Fera tapiffer fon Chasteau ,
Qui n'eftoit meublé que de Natte.
On luy verra des Chiens courants ,
Vne Ecurie à doubles rangs,
Vne Cuifine à double Broche,
Toujours de l'argent dans fa Poche .
Enfin , grace au Maistre des Lys,
Nous ferons gorgez de Louis ;
Et d'un bout à l'autre du Monde ,
Sur la Terre , & mefme fur l'onde,
On dira , c'eft cheles François
Qu'on vit content comme des Rois.
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Résumé : Vers sur le calme dont joüit la France, [titre d'après la table]
Le poème célèbre la paix et la prospérité en France sous le règne de Louis. Il décrit une époque où l'amour et la joie remplacent les bruits de la guerre. Le roi Louis, couronné de lauriers, permet à ses guerriers de se reposer. Les instruments de guerre sont remplacés par des musettes et des chants de bergers. Le poète souhaite longue vie et santé au roi, comparant son règne à un âge d'or de prospérité et d'abondance. Il imagine une France où l'Hymen unit les cœurs sous le signe de l'amour fidèle, et où les plaisirs de Bacchus et de Vénus sont célébrés. Les villageois vivent paisiblement, tandis que les nobles et les bourgeois prospèrent. Grâce au roi, les Français vivent heureux et contents, et cette félicité est reconnue à travers le monde.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 18-19
SUR LA PAIX DE GENES. SONNET.
Début :
Voicy un autre Sonnet sur la bonté que le Roy / Louis n'a point d'égal, n'y n'en aura jamais, [...]
Mots clefs :
Louis, Ennemis, Paix, Gênes, Tonnerre, Doge, Gloire, Lauriers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA PAIX DE GENES. SONNET.
Voicy un autre Sonnet fur
la bonté que le Roy a euë
d'accorder la Paix aux Génois.
Il eſt de M' de Grammont
de Richelieu.
SUR LA PAIX DE GENES..
L
SONNETM
OVIS n'apoint d'égal, nyn'en
aurajamais,
Ilfçait se faire craindre, & fur Mer
&fur Terre;
Et quandſes Ennemis luy déclarent
la guerre,
Illes force auffi taſt à demander lo
Paix.
52
Génes n'estplus fisperbe, elle apprend
àsesfrais
GALANT. 19
Lesecret d'éviter l'effroyable tonnerre
Dont il ſcait, quand il veut, brifer
comme du verre
LesRamparts lesplusforts, &lespluss
beaux Palais.
Se
Cherche- t- elle la Paix , auffi- tost il
ladonne;
Son Doge est- ilfoûmis, volontiers il !
pardonne;
C'estce que poursa gloire il met an
premier rang;
SS
Etſes Lauriersmeſlez aux branchesde
l'Olive,
Luydonnent unejoye&plus douce&
plus vive,
Que quand ils font couverts de pouf
fiere&defang.
la bonté que le Roy a euë
d'accorder la Paix aux Génois.
Il eſt de M' de Grammont
de Richelieu.
SUR LA PAIX DE GENES..
L
SONNETM
OVIS n'apoint d'égal, nyn'en
aurajamais,
Ilfçait se faire craindre, & fur Mer
&fur Terre;
Et quandſes Ennemis luy déclarent
la guerre,
Illes force auffi taſt à demander lo
Paix.
52
Génes n'estplus fisperbe, elle apprend
àsesfrais
GALANT. 19
Lesecret d'éviter l'effroyable tonnerre
Dont il ſcait, quand il veut, brifer
comme du verre
LesRamparts lesplusforts, &lespluss
beaux Palais.
Se
Cherche- t- elle la Paix , auffi- tost il
ladonne;
Son Doge est- ilfoûmis, volontiers il !
pardonne;
C'estce que poursa gloire il met an
premier rang;
SS
Etſes Lauriersmeſlez aux branchesde
l'Olive,
Luydonnent unejoye&plus douce&
plus vive,
Que quand ils font couverts de pouf
fiere&defang.
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Résumé : SUR LA PAIX DE GENES. SONNET.
Le sonnet de Monsieur de Grammont de Richelieu célèbre la paix accordée par le roi aux Génois. Il souligne la puissance du roi, qui inspire crainte et force ses ennemis à demander la paix. Gênes, après des pertes, apprend à éviter les conflits. Le roi pardonne facilement, et cette clémence est une grande gloire. La paix, symbolisée par les lauriers et les branches d'olivier, apporte une joie plus douce que les victoires militaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 109-115
LA DEFAITE DE PORUS ROY DES INDES. CHANT ROYAL.
Début :
On a beau du Destin mépriser la puissance, [...]
Mots clefs :
Destin, Valeur, Prudence, Héros, Ambition, Rois, Prince, Vainqueur, Paix, Honneur, Alexandre, Soldats, Exploits, Espérance, Ennemis, Lauriers, Louis
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texteReconnaissance textuelle : LA DEFAITE DE PORUS ROY DES INDES. CHANT ROYAL.
LA DEFAITE
DE PORUS
ROY DES INDES.
CHANT ROYAL.
Na beau du Deftin mépriserla
puiffance,
O
La valeur brave en vainfes ordres
diférens,
Rien ne peutles changer, courage ny
prudences
Mille exemples fameux en font de
feurs garands.
Souvent les hauts deffeins qu'an Héros
envisage
Sont de l'ambition in fuperbe étalage.
110 MERCURE
On a beaufe fier à des biensfi legers ,
Les plus grandsfont tombez dans la
bethonte des fers;
'
Et quoy que la valeurpuifle tout entreprendre,
Hélas ! n'a-t-on pas veu parun trifte
revers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre?
Sa
Porus, ce grand Héros , dont lafeule
présence
Donnoit de la terreur aux Roys les plus
puifans;
CePrince infortuné, mais remply d'af-
Seurance,
Attendfans s'effrayer le Vainqueur
des Perfans.
La Paix qu'on luy préfente offensefon
courage,
∙GALANT. III
Ellefait à fa gloire un trop fenfible
outrage,
Pour l'honneur feulement il a les yeux
ouverts ;
Lefeul bruit defon Nom fait trembler
l'Univers;
Mais quelque heureuxfuccés quefon
caurpuiffe attendre,
·Bellone a refervé pour des destins
amers
Porus qui fuccomba fous le bras.
d'Alexandre.
Sur le bord de l'Hydafpe ilparoist, il
s'avance,
Tous lesflotsfont couverts de cadavresfanglans.
Ilfaitpar mille morts reffentirfa vaillance,
On nefçauroit donner des coups plus .
violens.
112 MERCURE
Millefiers Elephans animez au car.
nage
·Secondent des Soldats l'impitoyable.
rage.
Mais lefier Alexandre oppofant fes
Courfiers
Encourage lesfiensparfes Exploits ·
guerriers,
Et cegenéreux Chefqu'on ne fçauroit
Surprendre,
Court & vole à l'inftant attaquer des
premiers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre.
SS
2
Alexandre tout plein d'une noble
espérance,
Affronte fiérement les périls les plus
grands
Dans ce cruel Combat on levoit quife
Lance,
GALANT 113
Il enfance, il poursuit les Ennemis
errans .
Dans le Campde Porus il fond comme
un Orage,
Par tout fon Bras vainqueur &fou
droye & ravage,
Par tout ce Conquérant moiffonne des
Lauriers,
Ce Héros vaut luy feul des Bataillons
entiers.
En vain les Ennemis tâchent de s'en
défendre,
Il menace déja par des regards altiers‹
Porus qui fuccomba fous le bras
and Alexandre vin r
cand
Enfin on ne voit plus la victoire en
balance DJIA
On n'entend que les cris des Soldats
expirans.
May 1685..
K
114 MERCURE
Porus dans ce Combat estprefquefans
défense,
Toutbaigné dansfonfangfur le corps
des Mourans.
Alexandre pour lors le preffe davantage,
A travers fes Soldats ilſefait un paf-
Sage,
Il renverse lesTours dont ils marchent
couverts.
On voit coulerleurfangpar cent en
droits divers,
La crainte &lafoibleffe à l'envy les
2. font rendre.odoot impiut
Ils livrent aux hazards dès plus
triftes dangers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre. riobair mo ripe
ALLEGORIE.
LOVIS toujours Vainqueur , meſme
audelà des Mers,
GALANT. IS
Part & va conquerir le reste de la
Flandre,
Etfon Royjustement répréfente en ce
Vers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre .
DE PORUS
ROY DES INDES.
CHANT ROYAL.
Na beau du Deftin mépriserla
puiffance,
O
La valeur brave en vainfes ordres
diférens,
Rien ne peutles changer, courage ny
prudences
Mille exemples fameux en font de
feurs garands.
Souvent les hauts deffeins qu'an Héros
envisage
Sont de l'ambition in fuperbe étalage.
110 MERCURE
On a beaufe fier à des biensfi legers ,
Les plus grandsfont tombez dans la
bethonte des fers;
'
Et quoy que la valeurpuifle tout entreprendre,
Hélas ! n'a-t-on pas veu parun trifte
revers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre?
Sa
Porus, ce grand Héros , dont lafeule
présence
Donnoit de la terreur aux Roys les plus
puifans;
CePrince infortuné, mais remply d'af-
Seurance,
Attendfans s'effrayer le Vainqueur
des Perfans.
La Paix qu'on luy préfente offensefon
courage,
∙GALANT. III
Ellefait à fa gloire un trop fenfible
outrage,
Pour l'honneur feulement il a les yeux
ouverts ;
Lefeul bruit defon Nom fait trembler
l'Univers;
Mais quelque heureuxfuccés quefon
caurpuiffe attendre,
·Bellone a refervé pour des destins
amers
Porus qui fuccomba fous le bras.
d'Alexandre.
Sur le bord de l'Hydafpe ilparoist, il
s'avance,
Tous lesflotsfont couverts de cadavresfanglans.
Ilfaitpar mille morts reffentirfa vaillance,
On nefçauroit donner des coups plus .
violens.
112 MERCURE
Millefiers Elephans animez au car.
nage
·Secondent des Soldats l'impitoyable.
rage.
Mais lefier Alexandre oppofant fes
Courfiers
Encourage lesfiensparfes Exploits ·
guerriers,
Et cegenéreux Chefqu'on ne fçauroit
Surprendre,
Court & vole à l'inftant attaquer des
premiers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre.
SS
2
Alexandre tout plein d'une noble
espérance,
Affronte fiérement les périls les plus
grands
Dans ce cruel Combat on levoit quife
Lance,
GALANT 113
Il enfance, il poursuit les Ennemis
errans .
Dans le Campde Porus il fond comme
un Orage,
Par tout fon Bras vainqueur &fou
droye & ravage,
Par tout ce Conquérant moiffonne des
Lauriers,
Ce Héros vaut luy feul des Bataillons
entiers.
En vain les Ennemis tâchent de s'en
défendre,
Il menace déja par des regards altiers‹
Porus qui fuccomba fous le bras
and Alexandre vin r
cand
Enfin on ne voit plus la victoire en
balance DJIA
On n'entend que les cris des Soldats
expirans.
May 1685..
K
114 MERCURE
Porus dans ce Combat estprefquefans
défense,
Toutbaigné dansfonfangfur le corps
des Mourans.
Alexandre pour lors le preffe davantage,
A travers fes Soldats ilſefait un paf-
Sage,
Il renverse lesTours dont ils marchent
couverts.
On voit coulerleurfangpar cent en
droits divers,
La crainte &lafoibleffe à l'envy les
2. font rendre.odoot impiut
Ils livrent aux hazards dès plus
triftes dangers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre. riobair mo ripe
ALLEGORIE.
LOVIS toujours Vainqueur , meſme
audelà des Mers,
GALANT. IS
Part & va conquerir le reste de la
Flandre,
Etfon Royjustement répréfente en ce
Vers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre .
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Résumé : LA DEFAITE DE PORUS ROY DES INDES. CHANT ROYAL.
Le texte décrit la défaite de Porus, roi des Indes, face à Alexandre le Grand lors d'une bataille sur les bords de l'Hydaspe. Cette confrontation est marquée par une grande violence, avec des eaux remplies de cadavres et l'engagement d'éléphants. Alexandre, animé par une noble espérance, surmonte les dangers et triomphe finalement. Porus, presque sans défense et entouré de morts, est vaincu. Le récit utilise cette bataille comme une allégorie pour célébrer les victoires du roi Louis, comparé à Alexandre, notamment en Flandre.
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7
p. 296-301
Lettre d'un Academ. de Ricovrati. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay mandé que M. le Duc de Saint Aignan / MONSEIGNEUR, L'honneur que vostre Grandeur veut bien faire [...]
Mots clefs :
Honneur, Académie, Amis, Qualités, Empire, Duc, Louis le Grand, Lauriers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre d'un Academ. de Ricovrati. [titre d'après la table]
Je vous ay mandé que M.
le Duc de Saint Aignan
avoit efté aggregé à l'Académie
de Padouë , avec de
fort grands honneurs Voi
GALANT. 297
cy ce que M. Patin luy a
écrit là deffus de la part de
ceux qui compofent cette il
luftre Académie .
MONSEIGNEUR,
L'honneur que voftre Grandeur
veut bien faire à l'Academie
des Ricovrati , a fait le
mefme effet dans toutes fes parties
, queje l'avois d'abord reffenty
, lors que mes Amis me l'ont
fait fçavoir. On y eftoit pleine
ment informé de vos héroïques
qualitez. On y fçavoit qu'elles
Dous font aller de pair avec ce
298 MERCURE
ne reconnoit
Jules Cefar , qu'on
pas moins dans la Republique des
Lettres , que dans l'Empire du
monde;mais on n'y avoit ofe efperer
qu'un Duc & Pair de France,
un Protecteur de l'Academie
d'Arles , & un Homme confideré
de LourS LE GRAND ,
euft voulu mefler fon Nom avec
le noftre , & fe venir délaffer
fous les Lauriers de noftre petit
Parnaffe , aprés en avoir tant recueillyfur
l'Olimpe. Augufte ne
dédaigna pas autrefois d'eftre
Conful d'une petite Ville en Sicile
, & je ne çay que cét exemple
de genereufe modeftie , qui ait
quel
GALANT. 299
quelque rapport à la voſtre. Notre
Academie l'a admirée ,
m'a donné charge en mefme temps
de remercier V. G. de l'honneur
qu'elle luy fait de vouloir bien
accepter le titre d'Academico
Ricovrato , dont elle luy envoye
le témoignage. Elle prend
cette occafion de la prier d'eftre
fortement perfuadée que l'Acade
mie Fronçoife ny celle d'Arles
n'auront jamais pour V. G. ny
plus d'eftime ny plus de respect
qu'elle en a pour vous ,
celles là ne l'emporteront fur la
noftre , que par de plus grandes
& de plus frequentes occafions de
Aoust1685.
世
Bb
que
300 MERCURE
reconnoiffance. Je fuis , Mon-
Seigneur,
D. V. G.
Le tres-humble & tresobeïffant
ferviteur
PATIN.
Les louanges que l'on
donne icy à M. de Saint Aignan
, ne doivent pas vous
furprendre. On a raiſon de
louer ce Duc , & on le peut
faire par tant d'endroits,
que fi l'on parloit de luy
auffi fouvent que ce qu'il
fait de louable donne fujet
d'en parler , on ne finiroit
jamais fur ce qu'il en fauGALANT.
301
droit dire. Il a fait depuis
un mois diverſes Chanſons,
& d'autres Ouvrages galants
In promptu , pour les
plus Auguftes Perfonnes de
la terre . On les a écoutez
avec beaucoup de plaifir,
mais comme ils ont efté faits
pour des divertiſſemens de
Cabinet, & que ce qu'on fait
pour ces lieux là en fort rarement
, ils ne font pas venus
jufqu'à moy.
le Duc de Saint Aignan
avoit efté aggregé à l'Académie
de Padouë , avec de
fort grands honneurs Voi
GALANT. 297
cy ce que M. Patin luy a
écrit là deffus de la part de
ceux qui compofent cette il
luftre Académie .
MONSEIGNEUR,
L'honneur que voftre Grandeur
veut bien faire à l'Academie
des Ricovrati , a fait le
mefme effet dans toutes fes parties
, queje l'avois d'abord reffenty
, lors que mes Amis me l'ont
fait fçavoir. On y eftoit pleine
ment informé de vos héroïques
qualitez. On y fçavoit qu'elles
Dous font aller de pair avec ce
298 MERCURE
ne reconnoit
Jules Cefar , qu'on
pas moins dans la Republique des
Lettres , que dans l'Empire du
monde;mais on n'y avoit ofe efperer
qu'un Duc & Pair de France,
un Protecteur de l'Academie
d'Arles , & un Homme confideré
de LourS LE GRAND ,
euft voulu mefler fon Nom avec
le noftre , & fe venir délaffer
fous les Lauriers de noftre petit
Parnaffe , aprés en avoir tant recueillyfur
l'Olimpe. Augufte ne
dédaigna pas autrefois d'eftre
Conful d'une petite Ville en Sicile
, & je ne çay que cét exemple
de genereufe modeftie , qui ait
quel
GALANT. 299
quelque rapport à la voſtre. Notre
Academie l'a admirée ,
m'a donné charge en mefme temps
de remercier V. G. de l'honneur
qu'elle luy fait de vouloir bien
accepter le titre d'Academico
Ricovrato , dont elle luy envoye
le témoignage. Elle prend
cette occafion de la prier d'eftre
fortement perfuadée que l'Acade
mie Fronçoife ny celle d'Arles
n'auront jamais pour V. G. ny
plus d'eftime ny plus de respect
qu'elle en a pour vous ,
celles là ne l'emporteront fur la
noftre , que par de plus grandes
& de plus frequentes occafions de
Aoust1685.
世
Bb
que
300 MERCURE
reconnoiffance. Je fuis , Mon-
Seigneur,
D. V. G.
Le tres-humble & tresobeïffant
ferviteur
PATIN.
Les louanges que l'on
donne icy à M. de Saint Aignan
, ne doivent pas vous
furprendre. On a raiſon de
louer ce Duc , & on le peut
faire par tant d'endroits,
que fi l'on parloit de luy
auffi fouvent que ce qu'il
fait de louable donne fujet
d'en parler , on ne finiroit
jamais fur ce qu'il en fauGALANT.
301
droit dire. Il a fait depuis
un mois diverſes Chanſons,
& d'autres Ouvrages galants
In promptu , pour les
plus Auguftes Perfonnes de
la terre . On les a écoutez
avec beaucoup de plaifir,
mais comme ils ont efté faits
pour des divertiſſemens de
Cabinet, & que ce qu'on fait
pour ces lieux là en fort rarement
, ils ne font pas venus
jufqu'à moy.
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Résumé : Lettre d'un Academ. de Ricovrati. [titre d'après la table]
Le texte décrit l'intégration du Duc de Saint Aignan à l'Académie des Ricovrati de Padoue, un événement honorifique. Monsieur Patin, dans une lettre au Duc, exprime la gratitude de l'Académie pour cet honneur et loue les qualités héroïques et les contributions littéraires du Duc. Patin souligne que l'Académie connaissait déjà les mérites du Duc et admire sa modestie, la comparant à celle d'Auguste. L'Académie décerne au Duc le titre d'Académicien Ricovrato et affirme lui porter un grand respect. Patin conclut en soulignant que les éloges adressés au Duc sont justifiés par ses nombreuses réalisations, notamment la création récente de chansons et d'autres œuvres littéraires appréciées par des personnes de haut rang. Ces œuvres, destinées à des divertissements privés, n'ont pas été largement diffusées.
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8
p. 43-53
SUR LA GLOIRE que le Roy s'est acquise en se condamnant dans sa propre cause.
Début :
Vous m'avez demandé la Piece de Vers qui a / Maitresse des Heros, qui dans les nobles ames [...]
Mots clefs :
Vers, Académie française, Héros, Conquérant, Louis, Gloire, Lauriers, Lys, Espoir, Clémence, Hérésie, Équité, Fortune, Princes, Secours, Passion, Richesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUR LA GLOIRE que le Roy s'est acquise en se condamnant dans sa propre cause.
Vous m'avez demandé la.
Eiece de Vers qui a rem porte
le Prix cette année par le
jugement de l'Académie Fra1
çoise, je vous l'envoye. Vous
vous souviendrez que je vous.
manday la derniere fois, quelle
est de Mr d' Alibert de
Saint Romain.
.¥!t
SUR LA GLOIRE
quele Roy s'est acquise en
se condamnant dans [a propre
cause.
Mj~ Aitrejcfdes Héros}qui dansles
nobles ames
Allumes nuit & jlur de gtnerttifès
ifâmesy
*
:<:;ifiAÚaux Con^ueYAns de
tesckdî-
*
-
mes épris j
Des horreNls de lamort infyinr le
mépri *"
Détffi, de LOZJIScompagne inftparable,
GLOIRE,quel bruit te trouble, à*
quel (hagrin t'accable ?
La trêve (a cejeul ntm lu trtmblfs,
tu fremis )
T'dnonLC un long repos a l'Europepromis.
Le plut vaillant des Rois en desfatfons
moins calmes
T'tH!fiurnJ des weijfons de lauriers
& de palmes,
Dans ses eaux le Batave en vainsi
fust cachéy
JNjf¡u'dlJ fonddeJcfeaux la foudre
Ceufl cherché.
De Luxembourg en feu l'ipouvantable
image
Menâçoit le Germain aunftmbtable
ravage,
A lafpecl du CroiffuntCAigle hors
de combat
Eustbienmoins du SoleilpusoutenirCéclat,
Et le Lia hurlant dans sa rage der- , nlcre
Aupié des fleurs de Lys eust mordit
la pouffiere.
Jguel bras * ton Athicte,ôGL0IRF,
euBresisté?
Sage, pttiffint, & brave il auroit
têutdomté.
Pleine de cet espoir, à chanter [es
trosées
Tupréparons déjà nos plutfeavans
Orfées,
Et voilà tout à coup que bornantses
progres,
Sa clemencea changéUn tfjoir en,
regrets,
Kamour de la. vièloire en vain le
sollicite.-
Telpouvant terrajjer & le Parthe
& le Siitbe,
ConteCnt desaegranfdeuir lerfécsond des Sur l'autel de Janus après mille bazars
Aima mieux enchaîner lt dimon dt la
guerre,
J^ue le fer à ta main vaincre toute
la Terre.
Guidé du mesme ifprit) flou ré.
pandre de fang,
Loris de toutes parts fait refpcBer
fin rang,
Severe aux vicieux, doux aux bws,
toujoursjuste,
Sur les bords de la Seine il represente
Augllfle.
c'est la que dans le cours cCunregne
fortuné.
JLajfurant CVniversqu'ilavoit étonné.
GLOIRE,tule VtrrdJ, de nouvelles
lumieres
Rehaujjer les rayons deJes vertus premières
,
Seule tu l'ttttirois aux compagnes de
Marsy
Tu le retrouveras dans le thamp des
beaux arts.
Tous les'jours ee grand Boj,des autres
Rois l'exemple,
S'ouvre un nouveau chemin aIlfaifie
de ton Temple,
LHerejie afispiedspleined'unjujle
e.ffrIJJ
Mejme aux bords du Lemhn voit
triompher lafoy,
L Equitéparses foins voitlafraude
proferite,
La Fortune efi J'accord avecque le
merite, •
Tout découvre en LOVIS un Prince
plus qu'humain,Et
Et LAugujie FrltnFoúftrpdJlè le Ko*
main.
Lors que cent Légionsfousfis draféaux
rangées
$ournettoie?uafinjonglesTilles affligées
,
.Zue gros de mille feux fis menasans
vaisseaux
Repandoient la terreur dans l'empire
des eaux,
Tant de travaux guerriers a toutautre
impojjlblts
LOnt- ils interrompu danffis travaux
paifiiieç?
Le -Louvre n'a-t il pas ,
s'élevint
jusquaux Cieux>
De miracles nouveaux toujoursfrappe
nos yeux?
Etjamais t-onvû dans le bruit
des Batailles
La pompe & findNjlrie abttndonner
Vcrfiiilles ?
Quellesource en treflrs siféconde
aujourd'huy,
JVuel merveilleux?affole icy coule
pour luy?
EjI- ce donc quison gré maijlre de la
Fortune
il recueille luyseul l'abondance cornmune,
Taudis que de leur Prince esclaves
trop abjets
Sêiu le faix des Tributsgemissent les
Sujets?
Ah ! bien loin d'exiger par un trop
dur empire
VuJècours odieuxdentfin Ejlatfoupire,
Jufie à tous )feulementinjufie contre
fiy>
Il renonce auJecours que luypresse ld> loy.irejle It
Entre les dons exquis & d'un olrdre
suprème
Dont le cielfavorable orna le Diadême
,
Il en eH un fameux des peuples veré, ré-
Sous le nom de Domaine: auxseuls
Rois consacré.
Vne loy redoutable en tout temps reconnuë
du reste des mortels en ferme l'avenuë;
Auguste de ce droit tempera lavigueur,
Plus que son privilege il écouta son
coeur,
Onsçait desi bonté la genereuse mir.
que,
EtRome au Citoyen vit ceder le Momrque
j Dans le douteJota luy le Fisc eut toujours
tort..
Roy defis payions, par un pua
digne effort,
LOFIS , qtioy que Themis ensa faveur
decide,
Pour mieux se condamnerasa causè
frefidtj
De PereAH nom de Prince unifiant le
devoir
Sa douceur fff la loy qui réglé fin
pouvoir.
11 croit,sursessujets remportant l'avantage,
s'il n'asa propre vfiix n'avoirpas un
fijfrage,
Son amour les soutient
,
& par un
nouveau fort
Le ftirti du plusfoibledors eflle plu*
firt.
En vain à ce grand Roy CiatcreH
plein d'adresse
LtaL les appas d'ute immense rjçheJlè,
GLOIRE, sans balancer dans le che1i-x7
un moment, Il trouve en tes appxs un objet pifit
charmlfnt.
Pour comble de tes voeux que faut.ir
davantage y
Reconnoà à ce trait le Heros de noJfre
JI age
Sans demander encor des exploits a
fin bras
Cet exploit de son coeur ne tesufist.
pas?
Certes dun Ji hautfait la grandeur
publiée
Utt plus que l'oeil en pleurs Genes
humiliée,
Plu6qtu deslfots du Rhin l'obstacle
furmsntç
Etplus auAlge,r.du choc encore épouvanté,
Eiece de Vers qui a rem porte
le Prix cette année par le
jugement de l'Académie Fra1
çoise, je vous l'envoye. Vous
vous souviendrez que je vous.
manday la derniere fois, quelle
est de Mr d' Alibert de
Saint Romain.
.¥!t
SUR LA GLOIRE
quele Roy s'est acquise en
se condamnant dans [a propre
cause.
Mj~ Aitrejcfdes Héros}qui dansles
nobles ames
Allumes nuit & jlur de gtnerttifès
ifâmesy
*
:<:;ifiAÚaux Con^ueYAns de
tesckdî-
*
-
mes épris j
Des horreNls de lamort infyinr le
mépri *"
Détffi, de LOZJIScompagne inftparable,
GLOIRE,quel bruit te trouble, à*
quel (hagrin t'accable ?
La trêve (a cejeul ntm lu trtmblfs,
tu fremis )
T'dnonLC un long repos a l'Europepromis.
Le plut vaillant des Rois en desfatfons
moins calmes
T'tH!fiurnJ des weijfons de lauriers
& de palmes,
Dans ses eaux le Batave en vainsi
fust cachéy
JNjf¡u'dlJ fonddeJcfeaux la foudre
Ceufl cherché.
De Luxembourg en feu l'ipouvantable
image
Menâçoit le Germain aunftmbtable
ravage,
A lafpecl du CroiffuntCAigle hors
de combat
Eustbienmoins du SoleilpusoutenirCéclat,
Et le Lia hurlant dans sa rage der- , nlcre
Aupié des fleurs de Lys eust mordit
la pouffiere.
Jguel bras * ton Athicte,ôGL0IRF,
euBresisté?
Sage, pttiffint, & brave il auroit
têutdomté.
Pleine de cet espoir, à chanter [es
trosées
Tupréparons déjà nos plutfeavans
Orfées,
Et voilà tout à coup que bornantses
progres,
Sa clemencea changéUn tfjoir en,
regrets,
Kamour de la. vièloire en vain le
sollicite.-
Telpouvant terrajjer & le Parthe
& le Siitbe,
ConteCnt desaegranfdeuir lerfécsond des Sur l'autel de Janus après mille bazars
Aima mieux enchaîner lt dimon dt la
guerre,
J^ue le fer à ta main vaincre toute
la Terre.
Guidé du mesme ifprit) flou ré.
pandre de fang,
Loris de toutes parts fait refpcBer
fin rang,
Severe aux vicieux, doux aux bws,
toujoursjuste,
Sur les bords de la Seine il represente
Augllfle.
c'est la que dans le cours cCunregne
fortuné.
JLajfurant CVniversqu'ilavoit étonné.
GLOIRE,tule VtrrdJ, de nouvelles
lumieres
Rehaujjer les rayons deJes vertus premières
,
Seule tu l'ttttirois aux compagnes de
Marsy
Tu le retrouveras dans le thamp des
beaux arts.
Tous les'jours ee grand Boj,des autres
Rois l'exemple,
S'ouvre un nouveau chemin aIlfaifie
de ton Temple,
LHerejie afispiedspleined'unjujle
e.ffrIJJ
Mejme aux bords du Lemhn voit
triompher lafoy,
L Equitéparses foins voitlafraude
proferite,
La Fortune efi J'accord avecque le
merite, •
Tout découvre en LOVIS un Prince
plus qu'humain,Et
Et LAugujie FrltnFoúftrpdJlè le Ko*
main.
Lors que cent Légionsfousfis draféaux
rangées
$ournettoie?uafinjonglesTilles affligées
,
.Zue gros de mille feux fis menasans
vaisseaux
Repandoient la terreur dans l'empire
des eaux,
Tant de travaux guerriers a toutautre
impojjlblts
LOnt- ils interrompu danffis travaux
paifiiieç?
Le -Louvre n'a-t il pas ,
s'élevint
jusquaux Cieux>
De miracles nouveaux toujoursfrappe
nos yeux?
Etjamais t-onvû dans le bruit
des Batailles
La pompe & findNjlrie abttndonner
Vcrfiiilles ?
Quellesource en treflrs siféconde
aujourd'huy,
JVuel merveilleux?affole icy coule
pour luy?
EjI- ce donc quison gré maijlre de la
Fortune
il recueille luyseul l'abondance cornmune,
Taudis que de leur Prince esclaves
trop abjets
Sêiu le faix des Tributsgemissent les
Sujets?
Ah ! bien loin d'exiger par un trop
dur empire
VuJècours odieuxdentfin Ejlatfoupire,
Jufie à tous )feulementinjufie contre
fiy>
Il renonce auJecours que luypresse ld> loy.irejle It
Entre les dons exquis & d'un olrdre
suprème
Dont le cielfavorable orna le Diadême
,
Il en eH un fameux des peuples veré, ré-
Sous le nom de Domaine: auxseuls
Rois consacré.
Vne loy redoutable en tout temps reconnuë
du reste des mortels en ferme l'avenuë;
Auguste de ce droit tempera lavigueur,
Plus que son privilege il écouta son
coeur,
Onsçait desi bonté la genereuse mir.
que,
EtRome au Citoyen vit ceder le Momrque
j Dans le douteJota luy le Fisc eut toujours
tort..
Roy defis payions, par un pua
digne effort,
LOFIS , qtioy que Themis ensa faveur
decide,
Pour mieux se condamnerasa causè
frefidtj
De PereAH nom de Prince unifiant le
devoir
Sa douceur fff la loy qui réglé fin
pouvoir.
11 croit,sursessujets remportant l'avantage,
s'il n'asa propre vfiix n'avoirpas un
fijfrage,
Son amour les soutient
,
& par un
nouveau fort
Le ftirti du plusfoibledors eflle plu*
firt.
En vain à ce grand Roy CiatcreH
plein d'adresse
LtaL les appas d'ute immense rjçheJlè,
GLOIRE, sans balancer dans le che1i-x7
un moment, Il trouve en tes appxs un objet pifit
charmlfnt.
Pour comble de tes voeux que faut.ir
davantage y
Reconnoà à ce trait le Heros de noJfre
JI age
Sans demander encor des exploits a
fin bras
Cet exploit de son coeur ne tesufist.
pas?
Certes dun Ji hautfait la grandeur
publiée
Utt plus que l'oeil en pleurs Genes
humiliée,
Plu6qtu deslfots du Rhin l'obstacle
furmsntç
Etplus auAlge,r.du choc encore épouvanté,
Fermer
Résumé : SUR LA GLOIRE que le Roy s'est acquise en se condamnant dans sa propre cause.
Le texte est un poème dédié à la gloire du roi Louis XIV, lauréat d'un prix de l'Académie Française. Il célèbre les exploits militaires et les vertus morales du souverain. Le poème mentionne ses victoires sur divers ennemis, tels que les Bataves et les Germains, et sa capacité à susciter la crainte et le respect. Louis XIV est dépeint comme sage, compatissant et courageux, ses actions étant comparées à celles des héros antiques. Le texte insiste sur sa clémence et sa justice, particulièrement envers ses sujets et dans la gestion des tributs. Il est présenté comme un prince juste qui privilégie la loi à la force et soutient ses sujets même dans leurs moments de faiblesse. La générosité et le sens du devoir du roi sont mis en avant, illustrés par son refus des richesses personnelles au profit du bien commun. Le poème conclut en soulignant que la grandeur de Louis XIV réside autant dans ses actes de cœur que dans ses exploits militaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
9
p. 55-75
Prix de l'Arquebuze. [titre d'après la table]
Début :
Vous sçavez, Madame, que le Roy donnant sa protection aux [...]
Mots clefs :
Prix, Compagnies, Chevalier, Provinces, Honneur, Duc, Maréchal, Arquebusiers, Officiers, Instruments, Procession, Symphonie, Chant, Messe, Marquis, Capitaine, Architecture, Monseigneur le Dauphin, Devises, Sonnet, Gloire, Illustre, Chevalier, Lauriers, Armes, Grandeur, Épée, Suffrages, Piédestal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prix de l'Arquebuze. [titre d'après la table]
Vous sçavez, Madame,,
que le Roy donnant saprotection
aux Exercices quiont
quelque chose de mar- tial, accorde de temps en temps des permiffons de tirerdes
Prix entre les Compagnies
de l'Arquebuze du
Royaume, & aux Chevaliers.
des Villes, de s'assembler en
celle quiareceu le Bouquet
par le fy^Frage des Bandes.
Comme il y aune Association
ancienne entre les Provinces
de Brie, Champagne,
8c Soissonnois pour cet Exercice,
la Ville deSezanne, limitrophe
des deux premières
,
eutl'honneur du Bouquet
en la Ville d'Epernay
au mois de Juin 1685. & le rendit
au commencement du
mois passé, en vertu de Lettres
Patentes, & après que
Sa Majesté se fut expliquée
sur la concurrence de ceux
de Vitry, au rapport de Mr
le Maréchal Duc de Vivon..,,
ne, Gouverneur des mesmes
Provinces de Brie & de Chapagne,
& de Mr de Croitry"c
Secretaire d'Estat du Département.
LesMandemensimprimez
ayant elle envoyez
à toutes les Villes associées,
qui ont de semblables Compagnies
d'Arquebuziers, la
pluspart se rendirent à Sezanne,
le Samedy premier
de Septembre. Les Chevaliers
de la Ville en deux bandes
, l'une de cheval, & l'autre
de pied, leurs Officiers
a leur telte avec les Guidon
& Enseigne; Trompettes,
Tambours, Fifres,Violons
&Hautbois, tous fort lestes
& en bon ordre, allerent devant,àmesure au que leGuet
qu'on avoit mis sur la Tour,
donnoit le Signal, & en huit
heures de temps on receut jusqu'à vingt-huitCompagniesdesVilles
Illandées,
sçavoir, de Reims, Chalons,
Meaux, Provins, Chasteauthierry,
Coulomniers,Crespy,
Noyon, la Ferté-Milon, Nogent
sur Seine, Epernay, Villenoce,.
Montmirail,Barbone.
ne y
Vertus, Arcies, &c. avec
les Presensordinaires de Vins
excellens,Jambons deMayéce
, & de Venaison. Le lendemain
au matin, les Compagnies
s'assemblerent en
l'Eglise des Cordeliers, qui.
est fort spacieuse
; ôcaprés
que l'on eut tiré la Marche
au fort, elles furent conduites
en Procession parlaVille,
& dans les endroits principaux
du dehors, ayant Mrle
Marquis de Pleurs,Bailly,
Capitaine & Gouverneur a
leur teste, suivy du Corps de
Ville. Elles marcherent au
bruitdes mesmes Instruments
de toutes les Bandes,qui faisoient
une symphonie ble agréa- par intervalles,& sans interruption
du Chant, avec plusieurs décharges deMouf
queterie. La ProcessîoneC<
tant faite,laMesse fut solemnellement
celebrée par Mr
Collot, Aumonier de laCompagnie
de Sezanne, l'Orgue,&quelquesMoatvetesc
chantez par de belles Voix
accompagnées d'lnllrtiinés.
Mrle Marquis dePleurs alla
à roHrande,câprés luyles
Cornetes & les Enfeicrnes
Yf
j*
avec leurs Guidons & leurs
Drapeaux. Apres le disner,
toutes les Compagnies passerent
en reveuë
,
& on exposa
les Prix, qui estoient d'environ
seize mille livres d'argen-
1terie de toutes pieces, comime
Bassins, grosses Eguieres,
&autres d'une Orphevrerie
exquise. Le soir M' de Villiers,
Capitaine de la Compagnie
de la Ville, regala la
pluspart desOfficiers desBan-
) des avec Mr de Pleurs, les
Magistrats & Officiers de
r Ville; ce qu'il continua tous
les jours avec une propreté
- & une profusion extraordinaire.
Ce Soupéfut suivy
d'un grand Bal, où toutes les
Dames, tant de la Ville que
des environs, se trouvèrent
fort parées. On servit ensuite
une magnifique Collation
dans vingtquatre grandsBasfins
, avec toutes fortes de
liqueurs & de rafraicl-ilffemens.
Le Lundy 3. de ce mois,
on se rendit à la Bute. C'est
un Pavillon d'une Architecture
fort délicate & moderne,
nouvellement basty exprés
pour le Prix. Dans la
SCrande Salle estoient les Arrimes
du Roy, de Monseiggneur
le Dauphin, de Monitièigneur
le Duc de Bourgogne
)
& de Monseigneur le
IDuc d'Anjou,avec des Devises.
Sous celle du Roy, on lisoit ces mots Latins, Media
de Pace triumphi; avec ce Sonmet,
dans lequel Sa,Majesté
parle aux Chevaliers.
> SONNET.
[1Cy du champ de Mtirs, on va
droit 4 la Gloire;
Vn rayon de la mienne y conduira,
vos pat,
Inspirera vos coeurs, animera, vos
bras,
.Et placeravos noms,prés du mien,
dans CHistoire.
Làpour eternifer voftte illufire mé- - moire
,
*
Déjàle Dieu Mercure a convié Pallasi
Elle tient le Burin, le Ciseau, le
Compas,
Prcfte decouronner deses mains la
Victoire.
Tout ce queurentjadisdeplus mïïjpjluetix
Olympie & corinthe,en leurs fupcr-
6es jeux
LA Paix l'ajîemble icy,mieux qu'aux
bords du Meandrt.
'-,)Vnpeu d'orgwelifîcdbien, dessous
mesjufiesLois;
Î.Etifq^elcjuUmefioitde Fhumeurd'A~
- lexandre,
99our dijputerles Prix, il trouvera
des Riis.
Pour l'intelligence de ce"
dernier Vers,on doit sçavoir
que chaque Compagnie de
- Chevaliers a/ sonRoy. Au-
Oteubus des Armes de Monseigneur
le Dauphin
,
onli-
Toitj L&ws innéctitolivoe.. LA Faix a fis Lauriers, M/S--
bien qfïe-la Gmrfei dits mijjemfins culture en ces bco-t-
- rcuxClimats,
Et sans craindre les Yents ,
les Soleils,
les Frir/htts,
On diroit que Sezanne efileur narale
Terre.
JjAdrejjè & la Valeur viennent de
toutes partsy
lufqu'aufein de la Faix, rechercher
le Dieu Mars,
Couchésur un fiifceau de Lauriers
& de Palmes.
Chevaliers, VOUA dit-il, LOVIS et s
ses raisons,
Et comme il fait luy fiul les temps l
troubles ou cAlmes,
Il veut que l'on en cueille en toutes i
les Saisons.
Au dessous des Armes de
Monseigneur leDuc deBourgogne,
Crescensadfulmina. cEformidable nom,fatal à tar.ï
d'Empires,
>
g™ deux Siecles entiers riont itifaire
eublitr,
> N'dpprehende atijourd'huj reproches
ny fI/ires,
L Etrenaissant en moyria rien encor
defier.
) On minflruit douctment amaniey Ufoudre
L.Auprès de mon Ayeul, le plmçrar.d
des Humains,
L Tourriavoirpas de peine un jour a'
m'y rejÕttdre)
i Ij touche de bonne heure
1
& men
jouë en ses mains.
!, Sipour remplirbien-toif mes grandis.' *
diftinêes, pij
Dx/îs les premiers efforts de mes bel.
les années,
le vouleis regagner la fameuse Toison.
Lorfcjuc jauraydrtJse mes redoutdblcs
Flûtes,
Chevaliers, voulez,
- vous eJlre mes
Argonautes ?
le vous promets déja d'cfire vejlre
lafon.
Au dessous des Armes de
Monseigneur le Duc d'Anjq¡
1, Discat fortuna renasci. EN Cadet de bonne Mllifin,
L'on mimpofe, en nitiffint un
nom, £htidejtgne déjà mes hautes avan*
q turcss
ilmarqne,lfndi m'aguerrir
Deux Royaumes A conquérir:
Woi!àmonAppanage} 0' mes Gran*
deurs futures.
, Voulczrvouspat beauxChevaliersa
Eftrc de mes AvantUÏU Ys f
YDans troù lustres au plus on s'y peut
bien attendrr,
^Tenez, - njom en ha/tint) exercezvotu
toujours
^Jïuatjd le De(Hit voudra hajler ces
heureux jours,
UtflraJ bien-toif press,&jeviendray
vom prendYe.
L'on commença à tirer,
prés que Mrle Marquis de
Pleurs en eut fait l'ouverture
qpa.r le coup du Roy qu'il tira
comme Gouverneur. Ensuite
on tira à deux butes pour abreger,&
for quatre Pantons
en quatre Chasses
; c'est
à dire que chaque Chevalier
tira quatre coups pendant
le reste de la semaines
La Compagnie de Chasteau-
Thierry remporra le premier
Prix par un coup de
broche qui est unique, &
ce Prix fut ungrand Bassin,
d'argent avec une épée de
six Louis qui eA due au plus
beau coup. Ce coup fut suivy
de plusieurs coups de
noir, qui acquirent encore
bdautres Prix aux Chevaliers
bde cette Compagnie avec
lle premier ôc le troisiéme
Panton. Ceux de Reims eurent
le second Panton avec
uun plus grand nombre de
IPrix aussi considerables que
iles premiers. Les Chevaliers
de Provins gagnerent le quatrièmePanton
avec un quatrième
Prix, & plusieurs
G autres par des coups de
noir. Le reste des Prix de
moindre valeur fut distribué
aux Chevaliers des
autres Compagnies suivant
les coups qu'ils avoient faits,
& avec une espece de justice
scru puleuse
,
jusqu'à diviser
les lignes & les points qui
les composent. Il feroit fort
mal-aisé de mieux réus- ence genre d'exercice,
puis qu'il y a eu quantité de
coups prés du noir, demeurez
inutiles.
-
Tous les Prix èstant tirez
le Samedy au soir 8.
du mois, on délibéra sur le
Bouquet& presque tous
les Suffrages l'accorderent à
la Compagnie de Reims qui
l'avoit demandé avec instance
, pour le reunir au
particulier
particulier qui luy avoit esté
adjugéà Vitry, selon l'intention
de Sa Majesté dans sa
Lettre de Cachet. Ainsi là
délivrance s'en fit le lendemain,
dans la grande ruë dewant
l'Hostel de Reims au
bruit de la Mousquetterie,
£&: au son d'un grand nomcbre
de Hautbois, Tromperrcs,
& autres Instrumens de
toutes fortes; aprèsquoy
xetteCompagnie donna une
magnifique Collation,servie
ueufci-nentaune foule
extraordinaire d'Officiers &:
Chevaliers
)
& à toutes les
Dames. Elle partit sur le foir,
& à son déparr
,
le Prix fut
porté publiquement au milieu
de la Troupe qui estoit
à cheval & en très bel ordre.
Les Officiers estoient en Caleche.
Ils furent conduits par
ceux de la Ville jusqu'au dehors
du Faux-bourg où une
galante Collation les attendoit
pour se dire adieu. Ce
Bouquet est une Statuë d'argent
mollit" cizelé,de prés de
deux pieds de hauteur, sur
un Piedestal d'ebeine. Elle
represente une Paix ou une
Pallas avec un Guidon d'argent
mis en couleur, & embelly
de plusieurs Devises
l& Inscriptions. On peut a- jouter à l'avantage des Chevaliers
de la Compagnie de
Reims, que dans cette occassonils
ont épuisé tous les
moyens ingenieux dont on
se peut servir pour faire éclater
la profu sionenFestins
; Bals,Collations, & Feux d'artifices,
qui les ont distinguez
:des autres Villes,avec un
L
applaudissement gcneral.
que le Roy donnant saprotection
aux Exercices quiont
quelque chose de mar- tial, accorde de temps en temps des permiffons de tirerdes
Prix entre les Compagnies
de l'Arquebuze du
Royaume, & aux Chevaliers.
des Villes, de s'assembler en
celle quiareceu le Bouquet
par le fy^Frage des Bandes.
Comme il y aune Association
ancienne entre les Provinces
de Brie, Champagne,
8c Soissonnois pour cet Exercice,
la Ville deSezanne, limitrophe
des deux premières
,
eutl'honneur du Bouquet
en la Ville d'Epernay
au mois de Juin 1685. & le rendit
au commencement du
mois passé, en vertu de Lettres
Patentes, & après que
Sa Majesté se fut expliquée
sur la concurrence de ceux
de Vitry, au rapport de Mr
le Maréchal Duc de Vivon..,,
ne, Gouverneur des mesmes
Provinces de Brie & de Chapagne,
& de Mr de Croitry"c
Secretaire d'Estat du Département.
LesMandemensimprimez
ayant elle envoyez
à toutes les Villes associées,
qui ont de semblables Compagnies
d'Arquebuziers, la
pluspart se rendirent à Sezanne,
le Samedy premier
de Septembre. Les Chevaliers
de la Ville en deux bandes
, l'une de cheval, & l'autre
de pied, leurs Officiers
a leur telte avec les Guidon
& Enseigne; Trompettes,
Tambours, Fifres,Violons
&Hautbois, tous fort lestes
& en bon ordre, allerent devant,àmesure au que leGuet
qu'on avoit mis sur la Tour,
donnoit le Signal, & en huit
heures de temps on receut jusqu'à vingt-huitCompagniesdesVilles
Illandées,
sçavoir, de Reims, Chalons,
Meaux, Provins, Chasteauthierry,
Coulomniers,Crespy,
Noyon, la Ferté-Milon, Nogent
sur Seine, Epernay, Villenoce,.
Montmirail,Barbone.
ne y
Vertus, Arcies, &c. avec
les Presensordinaires de Vins
excellens,Jambons deMayéce
, & de Venaison. Le lendemain
au matin, les Compagnies
s'assemblerent en
l'Eglise des Cordeliers, qui.
est fort spacieuse
; ôcaprés
que l'on eut tiré la Marche
au fort, elles furent conduites
en Procession parlaVille,
& dans les endroits principaux
du dehors, ayant Mrle
Marquis de Pleurs,Bailly,
Capitaine & Gouverneur a
leur teste, suivy du Corps de
Ville. Elles marcherent au
bruitdes mesmes Instruments
de toutes les Bandes,qui faisoient
une symphonie ble agréa- par intervalles,& sans interruption
du Chant, avec plusieurs décharges deMouf
queterie. La ProcessîoneC<
tant faite,laMesse fut solemnellement
celebrée par Mr
Collot, Aumonier de laCompagnie
de Sezanne, l'Orgue,&quelquesMoatvetesc
chantez par de belles Voix
accompagnées d'lnllrtiinés.
Mrle Marquis dePleurs alla
à roHrande,câprés luyles
Cornetes & les Enfeicrnes
Yf
j*
avec leurs Guidons & leurs
Drapeaux. Apres le disner,
toutes les Compagnies passerent
en reveuë
,
& on exposa
les Prix, qui estoient d'environ
seize mille livres d'argen-
1terie de toutes pieces, comime
Bassins, grosses Eguieres,
&autres d'une Orphevrerie
exquise. Le soir M' de Villiers,
Capitaine de la Compagnie
de la Ville, regala la
pluspart desOfficiers desBan-
) des avec Mr de Pleurs, les
Magistrats & Officiers de
r Ville; ce qu'il continua tous
les jours avec une propreté
- & une profusion extraordinaire.
Ce Soupéfut suivy
d'un grand Bal, où toutes les
Dames, tant de la Ville que
des environs, se trouvèrent
fort parées. On servit ensuite
une magnifique Collation
dans vingtquatre grandsBasfins
, avec toutes fortes de
liqueurs & de rafraicl-ilffemens.
Le Lundy 3. de ce mois,
on se rendit à la Bute. C'est
un Pavillon d'une Architecture
fort délicate & moderne,
nouvellement basty exprés
pour le Prix. Dans la
SCrande Salle estoient les Arrimes
du Roy, de Monseiggneur
le Dauphin, de Monitièigneur
le Duc de Bourgogne
)
& de Monseigneur le
IDuc d'Anjou,avec des Devises.
Sous celle du Roy, on lisoit ces mots Latins, Media
de Pace triumphi; avec ce Sonmet,
dans lequel Sa,Majesté
parle aux Chevaliers.
> SONNET.
[1Cy du champ de Mtirs, on va
droit 4 la Gloire;
Vn rayon de la mienne y conduira,
vos pat,
Inspirera vos coeurs, animera, vos
bras,
.Et placeravos noms,prés du mien,
dans CHistoire.
Làpour eternifer voftte illufire mé- - moire
,
*
Déjàle Dieu Mercure a convié Pallasi
Elle tient le Burin, le Ciseau, le
Compas,
Prcfte decouronner deses mains la
Victoire.
Tout ce queurentjadisdeplus mïïjpjluetix
Olympie & corinthe,en leurs fupcr-
6es jeux
LA Paix l'ajîemble icy,mieux qu'aux
bords du Meandrt.
'-,)Vnpeu d'orgwelifîcdbien, dessous
mesjufiesLois;
Î.Etifq^elcjuUmefioitde Fhumeurd'A~
- lexandre,
99our dijputerles Prix, il trouvera
des Riis.
Pour l'intelligence de ce"
dernier Vers,on doit sçavoir
que chaque Compagnie de
- Chevaliers a/ sonRoy. Au-
Oteubus des Armes de Monseigneur
le Dauphin
,
onli-
Toitj L&ws innéctitolivoe.. LA Faix a fis Lauriers, M/S--
bien qfïe-la Gmrfei dits mijjemfins culture en ces bco-t-
- rcuxClimats,
Et sans craindre les Yents ,
les Soleils,
les Frir/htts,
On diroit que Sezanne efileur narale
Terre.
JjAdrejjè & la Valeur viennent de
toutes partsy
lufqu'aufein de la Faix, rechercher
le Dieu Mars,
Couchésur un fiifceau de Lauriers
& de Palmes.
Chevaliers, VOUA dit-il, LOVIS et s
ses raisons,
Et comme il fait luy fiul les temps l
troubles ou cAlmes,
Il veut que l'on en cueille en toutes i
les Saisons.
Au dessous des Armes de
Monseigneur leDuc deBourgogne,
Crescensadfulmina. cEformidable nom,fatal à tar.ï
d'Empires,
>
g™ deux Siecles entiers riont itifaire
eublitr,
> N'dpprehende atijourd'huj reproches
ny fI/ires,
L Etrenaissant en moyria rien encor
defier.
) On minflruit douctment amaniey Ufoudre
L.Auprès de mon Ayeul, le plmçrar.d
des Humains,
L Tourriavoirpas de peine un jour a'
m'y rejÕttdre)
i Ij touche de bonne heure
1
& men
jouë en ses mains.
!, Sipour remplirbien-toif mes grandis.' *
diftinêes, pij
Dx/îs les premiers efforts de mes bel.
les années,
le vouleis regagner la fameuse Toison.
Lorfcjuc jauraydrtJse mes redoutdblcs
Flûtes,
Chevaliers, voulez,
- vous eJlre mes
Argonautes ?
le vous promets déja d'cfire vejlre
lafon.
Au dessous des Armes de
Monseigneur le Duc d'Anjq¡
1, Discat fortuna renasci. EN Cadet de bonne Mllifin,
L'on mimpofe, en nitiffint un
nom, £htidejtgne déjà mes hautes avan*
q turcss
ilmarqne,lfndi m'aguerrir
Deux Royaumes A conquérir:
Woi!àmonAppanage} 0' mes Gran*
deurs futures.
, Voulczrvouspat beauxChevaliersa
Eftrc de mes AvantUÏU Ys f
YDans troù lustres au plus on s'y peut
bien attendrr,
^Tenez, - njom en ha/tint) exercezvotu
toujours
^Jïuatjd le De(Hit voudra hajler ces
heureux jours,
UtflraJ bien-toif press,&jeviendray
vom prendYe.
L'on commença à tirer,
prés que Mrle Marquis de
Pleurs en eut fait l'ouverture
qpa.r le coup du Roy qu'il tira
comme Gouverneur. Ensuite
on tira à deux butes pour abreger,&
for quatre Pantons
en quatre Chasses
; c'est
à dire que chaque Chevalier
tira quatre coups pendant
le reste de la semaines
La Compagnie de Chasteau-
Thierry remporra le premier
Prix par un coup de
broche qui est unique, &
ce Prix fut ungrand Bassin,
d'argent avec une épée de
six Louis qui eA due au plus
beau coup. Ce coup fut suivy
de plusieurs coups de
noir, qui acquirent encore
bdautres Prix aux Chevaliers
bde cette Compagnie avec
lle premier ôc le troisiéme
Panton. Ceux de Reims eurent
le second Panton avec
uun plus grand nombre de
IPrix aussi considerables que
iles premiers. Les Chevaliers
de Provins gagnerent le quatrièmePanton
avec un quatrième
Prix, & plusieurs
G autres par des coups de
noir. Le reste des Prix de
moindre valeur fut distribué
aux Chevaliers des
autres Compagnies suivant
les coups qu'ils avoient faits,
& avec une espece de justice
scru puleuse
,
jusqu'à diviser
les lignes & les points qui
les composent. Il feroit fort
mal-aisé de mieux réus- ence genre d'exercice,
puis qu'il y a eu quantité de
coups prés du noir, demeurez
inutiles.
-
Tous les Prix èstant tirez
le Samedy au soir 8.
du mois, on délibéra sur le
Bouquet& presque tous
les Suffrages l'accorderent à
la Compagnie de Reims qui
l'avoit demandé avec instance
, pour le reunir au
particulier
particulier qui luy avoit esté
adjugéà Vitry, selon l'intention
de Sa Majesté dans sa
Lettre de Cachet. Ainsi là
délivrance s'en fit le lendemain,
dans la grande ruë dewant
l'Hostel de Reims au
bruit de la Mousquetterie,
£&: au son d'un grand nomcbre
de Hautbois, Tromperrcs,
& autres Instrumens de
toutes fortes; aprèsquoy
xetteCompagnie donna une
magnifique Collation,servie
ueufci-nentaune foule
extraordinaire d'Officiers &:
Chevaliers
)
& à toutes les
Dames. Elle partit sur le foir,
& à son déparr
,
le Prix fut
porté publiquement au milieu
de la Troupe qui estoit
à cheval & en très bel ordre.
Les Officiers estoient en Caleche.
Ils furent conduits par
ceux de la Ville jusqu'au dehors
du Faux-bourg où une
galante Collation les attendoit
pour se dire adieu. Ce
Bouquet est une Statuë d'argent
mollit" cizelé,de prés de
deux pieds de hauteur, sur
un Piedestal d'ebeine. Elle
represente une Paix ou une
Pallas avec un Guidon d'argent
mis en couleur, & embelly
de plusieurs Devises
l& Inscriptions. On peut a- jouter à l'avantage des Chevaliers
de la Compagnie de
Reims, que dans cette occassonils
ont épuisé tous les
moyens ingenieux dont on
se peut servir pour faire éclater
la profu sionenFestins
; Bals,Collations, & Feux d'artifices,
qui les ont distinguez
:des autres Villes,avec un
L
applaudissement gcneral.
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Résumé : Prix de l'Arquebuze. [titre d'après la table]
En juin 1685, la ville de Sézanne a reçu le privilège d'accueillir le Bouquet à Épernay, officialisant sa victoire sur Vitry grâce à un rapport du maréchal duc de Vivonne et de Monsieur de Croissy. Les villes voisines, telles que Reims, Châlons, Meaux et Provins, ont été invitées et ont offert des présents comme du vin, des jambons et de la venaison. Le 1er septembre, ces villes se sont rassemblées à Sézanne pour une procession musicale et une messe solennelle, suivie d'un repas où des prix en argenterie étaient exposés. La journée s'est conclue par un banquet et un bal. Le lendemain, une compétition de tir a été organisée par le Duc d'Anjou pour regagner la Toison d'Or. Les participants, nommés 'Chevaliers,' ont montré leur habileté au tir sur plusieurs jours. La Compagnie de Château-Thierry a remporté le premier prix, un grand bassin d'argent avec une épée, pour un coup de broche remarquable. D'autres prix ont été décernés aux Compagnies de Reims et de Provins, ainsi qu'à divers Chevaliers pour leurs coups de noir. Le samedi soir, la Compagnie de Reims a obtenu le Bouquet, une statue d'argent représentant une Paix ou une Pallas, après délibération. La remise du prix a eu lieu publiquement, accompagnée de festivités et de collations. Les Chevaliers de Reims ont été particulièrement acclamés pour leur organisation et les festivités offertes.
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10
p. 66-67
SUR LA MORT de Monsieur le Prince de Conty. SONNET.
Début :
Le genereux Conty, Prince vaillant & sage, [...]
Mots clefs :
Prince de Conty, Décès, Guerres, Lauriers, Gloire, Courage, Héros
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texteReconnaissance textuelle : SUR LA MORT de Monsieur le Prince de Conty. SONNET.
SUR LA MORT
de Monfieur le Prince de Conty.
SONNET.
LEgenereux Conty , Prince vaillant
& fage ,
Qui cherchoit en tous lieux la Guerre &
les Combats ;
Qui fit fentir fon coeur & le poids de
Son bras
Sur les bords Othomans avec tant d'a-
"
vantage.
03
Qui couvert de Lauriers à la fleur de for
âge ,
Couroit aprés la gloire épris de fes appas ;
Quand la victoire alloit par tout marquer
fes pas,
L'une & l'autre à l'envy foûtenant fon
courage.
Si-toft qu'à Luxembourg il a gravéfon
Nom,
du Mercure Galant.
1 67
Que toute l'Allemagne éleve fon renom ,
Qu'un merite éclatant remplit toute la
Terre.
La France voit à l'abry des hafards.
Ce Heros plein d'honneur , ce Foudre de
la Guerre
Que le Ciel le ravit ainfi qu'un autre
Mars.
de Monfieur le Prince de Conty.
SONNET.
LEgenereux Conty , Prince vaillant
& fage ,
Qui cherchoit en tous lieux la Guerre &
les Combats ;
Qui fit fentir fon coeur & le poids de
Son bras
Sur les bords Othomans avec tant d'a-
"
vantage.
03
Qui couvert de Lauriers à la fleur de for
âge ,
Couroit aprés la gloire épris de fes appas ;
Quand la victoire alloit par tout marquer
fes pas,
L'une & l'autre à l'envy foûtenant fon
courage.
Si-toft qu'à Luxembourg il a gravéfon
Nom,
du Mercure Galant.
1 67
Que toute l'Allemagne éleve fon renom ,
Qu'un merite éclatant remplit toute la
Terre.
La France voit à l'abry des hafards.
Ce Heros plein d'honneur , ce Foudre de
la Guerre
Que le Ciel le ravit ainfi qu'un autre
Mars.
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Résumé : SUR LA MORT de Monsieur le Prince de Conty. SONNET.
Le sonnet 'Sur la mort de Monsieur le Prince de Conty' célèbre un guerrier valeureux et sage, connu pour ses exploits militaires, notamment contre les Ottomans. Dès son jeune âge, il recherchait la gloire et la victoire. Son nom est gravé à Luxembourg et sa renommée s'étend en Allemagne et dans le monde. La France le voit comme un héros honorable. Le poème déplore sa perte soudaine, le comparant à Mars, le dieu de la guerre.
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11
p. 197-198
IMITATION De la 58 Epigramme du Livre 10. de Martial.
Début :
PAr un trépas précipité [...]
Mots clefs :
Trépas, Prince, Lauriers
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texteReconnaissance textuelle : IMITATION De la 58 Epigramme du Livre 10. de Martial.
IMITATION
De la'58 Epigramme du Livre
10. de Martial.
Ar un trépas précipité
PtrCe Prince à la France eft
ofté ,
Tout le mondepleure la perte.-
Riij
198 MERCURE
Ah !fans doute la mort. nous l'euft
ravy plus tard ,
5. Mais comptant les Lauriers dont fa
tefte eft couverte ,
Elle l'apris pour un vieillard.
Le premier de ces Madri
eft de M' Vignier , le gaux
fecond de Mr Eftienne de
Senlis , & le troifiéme de M
de Lofme, qui a traduit avec
beaucoup d'agrément quantité
d'Epigrammes de Mar
tial , qu'il doit bien-toſt donner
au Public.
De la'58 Epigramme du Livre
10. de Martial.
Ar un trépas précipité
PtrCe Prince à la France eft
ofté ,
Tout le mondepleure la perte.-
Riij
198 MERCURE
Ah !fans doute la mort. nous l'euft
ravy plus tard ,
5. Mais comptant les Lauriers dont fa
tefte eft couverte ,
Elle l'apris pour un vieillard.
Le premier de ces Madri
eft de M' Vignier , le gaux
fecond de Mr Eftienne de
Senlis , & le troifiéme de M
de Lofme, qui a traduit avec
beaucoup d'agrément quantité
d'Epigrammes de Mar
tial , qu'il doit bien-toſt donner
au Public.
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Résumé : IMITATION De la 58 Epigramme du Livre 10. de Martial.
Le texte imite la 58e épigramme du Livre X de Martial, décrivant la mort prématurée d'un prince français regrettée par tous. La mort, malgré son caractère précoce, a frappé le prince comme un vieillard, chargé d'honneurs et de lauriers. Trois madrigaux sont mentionnés, dont celui de M. de Losme, qui a traduit plusieurs épigrammes de Martial et prévoit les publier.
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12
p. 116-118
Sonnets. [titre d'après la table]
Début :
Voicy encore deux Sonnets de Mr le Clerc. Ils sont / Enfin selon nos voeux tes glorieux travaux, [...]
Mots clefs :
Travaux, Discernement, Louis, Éclats, Lauriers, Gloire
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texteReconnaissance textuelle : Sonnets. [titre d'après la table]
Voicy encore deux Sonnets
de M' le Clerc . Ils font
à la gloire de ce nouveau
Chancelier.
GALANT. 117
Enfinfelon nos vaux tes glo- rieux travaux ,
Illuftre BOVCHERAT, trouvent leur
recompenfes
LOVIS à l'Univers apprend ce que
tu vaux ,
Par le difcernement dont il te la dif
**
penfe.
D'un Roy fi vigilant à prévenir nos
maux
A porter juſqu'au Ciel le bonheur de
la France ,
Digne d'avoir un jour tous les Rois
pour vassaux,
Seconde les projets , & remplis l'efperance.
3
Mais parmy tant d'éclat dont il l'a
revestu ;
Parmy ce vafle champ qu'il ouvre à
ta vertu
118 MERCURE
Songe à ceux dont la main dreffe un
Temple àfa gloire ;
Dans ce tas de lauriers qu'on luy voit
moiffonner,
Tu fçais qu'il n'appartient qu'aux
Fillesde Memoire
D'en faire la guirlande & de l'en
couronner.
de M' le Clerc . Ils font
à la gloire de ce nouveau
Chancelier.
GALANT. 117
Enfinfelon nos vaux tes glo- rieux travaux ,
Illuftre BOVCHERAT, trouvent leur
recompenfes
LOVIS à l'Univers apprend ce que
tu vaux ,
Par le difcernement dont il te la dif
**
penfe.
D'un Roy fi vigilant à prévenir nos
maux
A porter juſqu'au Ciel le bonheur de
la France ,
Digne d'avoir un jour tous les Rois
pour vassaux,
Seconde les projets , & remplis l'efperance.
3
Mais parmy tant d'éclat dont il l'a
revestu ;
Parmy ce vafle champ qu'il ouvre à
ta vertu
118 MERCURE
Songe à ceux dont la main dreffe un
Temple àfa gloire ;
Dans ce tas de lauriers qu'on luy voit
moiffonner,
Tu fçais qu'il n'appartient qu'aux
Fillesde Memoire
D'en faire la guirlande & de l'en
couronner.
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Résumé : Sonnets. [titre d'après la table]
Deux sonnets célèbrent le chancelier Boucherat. Le premier, 'GALANT', vante ses œuvres et la reconnaissance royale. Le second, 'MERCURE', lui rappelle de ne pas oublier ses collaborateurs pour mériter la couronne de laurier, symbole de gloire.
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13
p. 16-18
POUR LE ROY. SONNET.
Début :
Voicy trois Sonnets qui ont esté adressez au Roy sur / De quels sacrez lauriers se va-t-il couronner [...]
Mots clefs :
Lauriers, Église, Révolte, Orgueil, Malheur, Zèle, Terreur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POUR LE ROY. SONNET.
Voicy trois Sonnets qui ont
efté adreffez au Roy fur cette
meſme matiere . Le premier eft
de Monfieur Boyer , le fecond
de Monfieur le Clerc , tous deux
de l'Academie Françoife , & le
troifiéme de Mademoiſelle de
Rafilly.
GALANT
POUR LE ROY.
SONNET.
E quels facrez lauriers fe va- "
DE
t- il -couronner
Ce grand Roy , qui laiſſant repofer
Ja vaillance ,
Dans le fein de l'Eglife a foin de
ramener
Ceux qu'avoient révoltez l'orgueil
ou l'ignorance?
Au Ciel , en dépit d'eux , il les vent
entraifner ,
Et de fa pieté lafainte impatience,
Contre ces malheureux qui veulent
s'obstiner ,
Joint à fon zele ardent une jute
puiffance.
18 MERCURE
Ainfi contre l'Enfant rebelle à fon
devoir ,
Le Pere heureufement fe fert defon
Douce feverité:falutaire contrainte!
Ainfifur Paul, qu'aveugle un zele
furieux ,
Dieu tonne & le remplit de terreur
& de crainte:
Mais le coup qui l'abat luy fait- onvrir
les yeux.
efté adreffez au Roy fur cette
meſme matiere . Le premier eft
de Monfieur Boyer , le fecond
de Monfieur le Clerc , tous deux
de l'Academie Françoife , & le
troifiéme de Mademoiſelle de
Rafilly.
GALANT
POUR LE ROY.
SONNET.
E quels facrez lauriers fe va- "
DE
t- il -couronner
Ce grand Roy , qui laiſſant repofer
Ja vaillance ,
Dans le fein de l'Eglife a foin de
ramener
Ceux qu'avoient révoltez l'orgueil
ou l'ignorance?
Au Ciel , en dépit d'eux , il les vent
entraifner ,
Et de fa pieté lafainte impatience,
Contre ces malheureux qui veulent
s'obstiner ,
Joint à fon zele ardent une jute
puiffance.
18 MERCURE
Ainfi contre l'Enfant rebelle à fon
devoir ,
Le Pere heureufement fe fert defon
Douce feverité:falutaire contrainte!
Ainfifur Paul, qu'aveugle un zele
furieux ,
Dieu tonne & le remplit de terreur
& de crainte:
Mais le coup qui l'abat luy fait- onvrir
les yeux.
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Résumé : POUR LE ROY. SONNET.
Le texte présente trois sonnets dédiés au roi, écrits par Boyer, le Clerc et Mademoiselle de Rafilly. Le sonnet 'Galant pour le Roy' loue la piété et la justice du roi, qui utilise sa vaillance pour ramener les rebelles. Il est comparé à un père corrigant un enfant et à saint Paul terrassé par la grâce divine, inspirant ainsi la crainte et la conversion.
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14
p. 130-132
A. S A. S. MADAME LA PRINCESSE DE CONTI. Par M. Fuselier. BOUQUET.
Début :
Princesse, il faut de mon empressement, [...]
Mots clefs :
Princesse, Lauriers, Empire, Bouquet, Honneur, Charmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A. S A. S. MADAME LA PRINCESSE DE CONTI. Par M. Fuselier. BOUQUET.
A. S A. S. MADAME
LA PRINCESSE DE CONTI
ParM. Fuſelier.
BOUQUET.
P
RINCESSE , il faut de mon émpref
fement ,
Dans ce bean jour, rendre un Compte fidéle:
J'ai viſité maint Empire charmant ,
Cherchant par tout un Bouquet que mon
zele
Pûr vous offrir : J'ai cherché vainement.
D'abord, desfleurs j'ai vû la Souveraine,
Etjen'ai rien trouvédans ſon Domaine
Digne de vous. Pour vous doit - on
cueillir
D'AOUST.
13
Roses qu'unJour voit briller & pálir ,
Beaux Lis, honneur des Rives de la
Seine,
Jolis Oeillets,en naiſſant mouchetés ?
Tendres Jasmins , Jachintes veloutés ,
Chersà Phabus , arroſez deſes larmes ,
Cent fleurs enfin , pour les autres Beaxtez
;
Sûrs ornemens, effacer par vos Charmes.
Adonc ,j'ai là quitté dans ce moment,
Lajeune Flore &son gent apanage ;
Puis,de Paphos abordant le rivage,
Sous Mirthes verds , furpris innocemment
:
Amour,qui ſeul réveur dans un Bocage,
Votre Portrait regardoit tendrement :
En me voyant , avec malir fourire
S'est écrié!Je sçaíce que défire
Ton zele ardent ; hélas , dans ce Boft
quet
Ne trouveras de quoi faire un Bouquet.
Tous les matins , par ordre de ma mere ,
Graces & Jeux , attentifs à lui plaire ,
Pillent les Fleurs qui naiffent chaque
jour ;
Erc'est CONTY qui cauſe ce ravage :
Depuis que d'elle on parle en ceséjour ,
Je vois Vénusse parer d'avantage ;
Pour s'ajuffer, elle n'épargnerien ,
1
132 LE MERCURE
Asa Toillette il n'est d'autre entretien
Que de Rubans placés avec adreſſe ,
Si parhazard quelque Cytherien
Peu courtisan , vaciter la Princeſſe ,
Etfes Cheveux qu'avec grace elle treffe
Sansy penser ; Venus dansson maintien
Sedéconcerte , & nous redit fans ceſſe ,
QuEuphrosiné * ne la coeffe plus bien .
Ace Discoursde l'Enfant de Cithere,
Je ſuis forti des Jardins de fa Mere :
Delà volant au Séjour d'Apollon ,
L'ai rencontré dans le facré Valon :
Les Doîtes foeurs régentoit sous l'ombrage
;
Que cherche - tu ? Viens , parcours
l'Helicon ,
Maditle Dieu , vois l'immortel Bocage;
CONDE'S , CONTIS l'ébranchoient
tour-a-tour :
t
Veux-tu porter Lauriers dans cette
Cour?
Par trop commun y sembleroit l'hommage.
*L'une des trois Graces.
LA PRINCESSE DE CONTI
ParM. Fuſelier.
BOUQUET.
P
RINCESSE , il faut de mon émpref
fement ,
Dans ce bean jour, rendre un Compte fidéle:
J'ai viſité maint Empire charmant ,
Cherchant par tout un Bouquet que mon
zele
Pûr vous offrir : J'ai cherché vainement.
D'abord, desfleurs j'ai vû la Souveraine,
Etjen'ai rien trouvédans ſon Domaine
Digne de vous. Pour vous doit - on
cueillir
D'AOUST.
13
Roses qu'unJour voit briller & pálir ,
Beaux Lis, honneur des Rives de la
Seine,
Jolis Oeillets,en naiſſant mouchetés ?
Tendres Jasmins , Jachintes veloutés ,
Chersà Phabus , arroſez deſes larmes ,
Cent fleurs enfin , pour les autres Beaxtez
;
Sûrs ornemens, effacer par vos Charmes.
Adonc ,j'ai là quitté dans ce moment,
Lajeune Flore &son gent apanage ;
Puis,de Paphos abordant le rivage,
Sous Mirthes verds , furpris innocemment
:
Amour,qui ſeul réveur dans un Bocage,
Votre Portrait regardoit tendrement :
En me voyant , avec malir fourire
S'est écrié!Je sçaíce que défire
Ton zele ardent ; hélas , dans ce Boft
quet
Ne trouveras de quoi faire un Bouquet.
Tous les matins , par ordre de ma mere ,
Graces & Jeux , attentifs à lui plaire ,
Pillent les Fleurs qui naiffent chaque
jour ;
Erc'est CONTY qui cauſe ce ravage :
Depuis que d'elle on parle en ceséjour ,
Je vois Vénusse parer d'avantage ;
Pour s'ajuffer, elle n'épargnerien ,
1
132 LE MERCURE
Asa Toillette il n'est d'autre entretien
Que de Rubans placés avec adreſſe ,
Si parhazard quelque Cytherien
Peu courtisan , vaciter la Princeſſe ,
Etfes Cheveux qu'avec grace elle treffe
Sansy penser ; Venus dansson maintien
Sedéconcerte , & nous redit fans ceſſe ,
QuEuphrosiné * ne la coeffe plus bien .
Ace Discoursde l'Enfant de Cithere,
Je ſuis forti des Jardins de fa Mere :
Delà volant au Séjour d'Apollon ,
L'ai rencontré dans le facré Valon :
Les Doîtes foeurs régentoit sous l'ombrage
;
Que cherche - tu ? Viens , parcours
l'Helicon ,
Maditle Dieu , vois l'immortel Bocage;
CONDE'S , CONTIS l'ébranchoient
tour-a-tour :
t
Veux-tu porter Lauriers dans cette
Cour?
Par trop commun y sembleroit l'hommage.
*L'une des trois Graces.
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15
p. 143-146
DEPIT POETIQUE PAR M. LE GRAND.
Début :
Si les Rimeurs par leurs tendres accords [...]
Mots clefs :
Empire, Roi, Lyre, Marbre, Racine, Molière, Lauriers, Ennuis, Héros, Trophées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DEPIT POETIQUE PAR M. LE GRAND.
DE'PIT POETIQUE .
PAR M. LE GRAND.
SIles Rimeurspar leurs tendres accords
Pouvoient fléchir le Roy du fombre
Empire ,
144 LE MERCURE
Pour m'affranchir du tribui deſes bords;
Dudocte Mont j'encenſerois le Sire,
Puis au Besoin , faisantſonnersa Lyre ,
Je me rirois des deſſeins d'Atropos :
Mais, puisqu'enfin , en dépit du Lierre ,
Enſevelis ſous lafunébre Pierre ,
Nousdevons tous rendre compte àMinos.
Pourquoi Mortels,Paſſagersſur laTerre
Précipiter par de rudes travaux ,
Desjoursfi courts & plus frésles qu'un
Verre?
Plûtôt oififs , à l'ombre du Repos ,
Peu soucieux d'un stérile mérite,
Apas comptés marchons vers leCocyte :
Tout le Renom des antiques Héros,
Ne vaut l'instant où je vois la Lumiere;
Etquand unjour par la main meurtriere,
Serai rayé du Livre des Vivants ,
Cem'est tout un que sur marbre on pouffiere
,
Mon nom tracé reſte on s'envole aux
Vents.
Envain Phébus contre la faulx du tems,
Defend encore ceux d'Horace & d'Homere;
Leurs doux Ecrits où puisa Despreaux ,
ne font pour eux qu'inutiles Zéros :
Ainsi, qu'importe à Racine , à Moliére ,
Que de leur fel nous Joyons réjoüis ?
DE SEPTEMBRE . 145
Si pour jamais fourds à tous nos Eloges,
Le bruit épars du Parterre & des Loges
Nefrapeplus leursfens évanouis ,
Ofoibles lots des Rimcurs ébloüis !
Tas de Lauriersfur leur Tombe on apprefte,
Et rarement àleurs yeux on les fête.
Trottant toujours, Envie à leurs côtez ,
Est là tout prest qui leur gloire intercepte;
Et quand enfin, le bon goût les accepte,
Etque leurs vers font lus & débitez ,
Ja font pleurans aux bords de l'onde -
noire ,
Leurs jours perdus pour l'Immortalité.
Heureux celui , qui témoin deſa gloire ,
Eft de Fortune & de Muses flaté !
Troupe d'Ennuis jamais ne le lutine,
Essain de Risle hante & le dodine :
Pour luy Vénus n'a point de cruauté .
Le Dieu du Vin de Comus escorté,
Paitrit sa panse &sa trogne enlumine ;
Mais, quel Rimeur en ce temps, effronté,
Est de fortune & de ioje accosté :
Flutoſt voit- on pauvreté qui l'affole ;
On lit fon l'ure , on trépigne, on 'accole:
P'us d'un Hiros de ses vers s'éjouit ,
Septembre 1717. N
146
LE MERCURE
Tandis qu'à jeun l'Auteur s'évanouit:
Puis infenfez! Tuons nous fur de Odes,
Allons plutoſt encenſer des Fagodes.
Bellône ainsi que tous ſes Courtisans
Recéle un coeur plus dur que facuiraffes
Et le fier Mars qui morts furmorts entaffe
,
Souvent moins dorte en l'art de nos accens
,
Voit fans pitié Phébus à la beface,
Et fur Jon front , écrits besoins preſſans:
Depuis que vont les Menins des neuf
Fées ,
Vanterſes Faits , écrireſes Trophees ;
Encore leur doit ce Vainqueur inhuman
L'ancre & la plume avec le parchemin,
PAR M. LE GRAND.
SIles Rimeurspar leurs tendres accords
Pouvoient fléchir le Roy du fombre
Empire ,
144 LE MERCURE
Pour m'affranchir du tribui deſes bords;
Dudocte Mont j'encenſerois le Sire,
Puis au Besoin , faisantſonnersa Lyre ,
Je me rirois des deſſeins d'Atropos :
Mais, puisqu'enfin , en dépit du Lierre ,
Enſevelis ſous lafunébre Pierre ,
Nousdevons tous rendre compte àMinos.
Pourquoi Mortels,Paſſagersſur laTerre
Précipiter par de rudes travaux ,
Desjoursfi courts & plus frésles qu'un
Verre?
Plûtôt oififs , à l'ombre du Repos ,
Peu soucieux d'un stérile mérite,
Apas comptés marchons vers leCocyte :
Tout le Renom des antiques Héros,
Ne vaut l'instant où je vois la Lumiere;
Etquand unjour par la main meurtriere,
Serai rayé du Livre des Vivants ,
Cem'est tout un que sur marbre on pouffiere
,
Mon nom tracé reſte on s'envole aux
Vents.
Envain Phébus contre la faulx du tems,
Defend encore ceux d'Horace & d'Homere;
Leurs doux Ecrits où puisa Despreaux ,
ne font pour eux qu'inutiles Zéros :
Ainsi, qu'importe à Racine , à Moliére ,
Que de leur fel nous Joyons réjoüis ?
DE SEPTEMBRE . 145
Si pour jamais fourds à tous nos Eloges,
Le bruit épars du Parterre & des Loges
Nefrapeplus leursfens évanouis ,
Ofoibles lots des Rimcurs ébloüis !
Tas de Lauriersfur leur Tombe on apprefte,
Et rarement àleurs yeux on les fête.
Trottant toujours, Envie à leurs côtez ,
Est là tout prest qui leur gloire intercepte;
Et quand enfin, le bon goût les accepte,
Etque leurs vers font lus & débitez ,
Ja font pleurans aux bords de l'onde -
noire ,
Leurs jours perdus pour l'Immortalité.
Heureux celui , qui témoin deſa gloire ,
Eft de Fortune & de Muses flaté !
Troupe d'Ennuis jamais ne le lutine,
Essain de Risle hante & le dodine :
Pour luy Vénus n'a point de cruauté .
Le Dieu du Vin de Comus escorté,
Paitrit sa panse &sa trogne enlumine ;
Mais, quel Rimeur en ce temps, effronté,
Est de fortune & de ioje accosté :
Flutoſt voit- on pauvreté qui l'affole ;
On lit fon l'ure , on trépigne, on 'accole:
P'us d'un Hiros de ses vers s'éjouit ,
Septembre 1717. N
146
LE MERCURE
Tandis qu'à jeun l'Auteur s'évanouit:
Puis infenfez! Tuons nous fur de Odes,
Allons plutoſt encenſer des Fagodes.
Bellône ainsi que tous ſes Courtisans
Recéle un coeur plus dur que facuiraffes
Et le fier Mars qui morts furmorts entaffe
,
Souvent moins dorte en l'art de nos accens
,
Voit fans pitié Phébus à la beface,
Et fur Jon front , écrits besoins preſſans:
Depuis que vont les Menins des neuf
Fées ,
Vanterſes Faits , écrireſes Trophees ;
Encore leur doit ce Vainqueur inhuman
L'ancre & la plume avec le parchemin,
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16
p. 141-149
EPITRE DE M. MICHEL A M. DE... POUR LE DETOURNER DE LA SATYRE.
Début :
Vif Ennemi de tout, Rimeur glacé, [...]
Mots clefs :
Ennemis, Tableau, Parnasse, Auteur, Compliments, Censure, Mépris, Lauriers, Raison, Satire, Talent, Muse, Oraison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE DE M. MICHEL A M. DE... POUR LE DETOURNER DE LA SATYRE.
EPITRE DE M. MICHEL
A M. DE .
POUR LE DETOURNER DE LA SATYRE
If Ennemi de tout . Rimeur glacé,
Par qui j'ai vu de leur froide manie
Plus d'un Tableau fidellement tracé;,
142 LE MERCURE
Gentil Ami , de qui l'heureux génie
Peut efpérer d'être unjour remplacé ,
Sur le Parnaffe aux fonctions utiles
De feu Boileau ; quand cet Auteur prifè
Pour la Raifon, d'un chaud zele embrafé,
Vilipendoit tous ces Ecrits fertiles
Où le bonfens fe voit martyrisé.
Je vous écris , non quej'aye à vous rendre
Vos Complimens , & cet amas fucré
De doux propos dont m'avés fonpoûdré.
A tel retour , jà ne devez prétendre ;
Puifqu'entre nous regne fincérité ,
Commefavez; & s'il vous plaît , Beaufire,
Vousfuffira ce qu'elle m'a fait dire
Ez petits Vers par oùj'ai débuté:
Qu'ainfi ne foit: Naïve vérité
Toujours me plût , & fidéle à ſon culte ,
Son Oracle eft le feul que je confulte.
Quand de rimer par fois je fuis tenté,
Non moins que moi d'elle feule enchanté,
Vous dédaignez la foupleffe frivole
Des vain's Flateurs ; & pour être écouté,
Il ne faut pas qu'un Ami vous cajole :
Si qu'avec vous , on peut impunément
Rifquer cenfure libre fentiment :
Tout an rebours de cette Seite habile
Qui fe croyant la vûë affez fubtile , *
D'OCTOBRE. 143
Four pénétrer dans l'objet le plus fin ,
N'eut onc befoin des yeux defon voisin.
Que tels Docteurs ayent vuidé leur
cervelle
De quelque écrit qui s'enfit arracher ;
Vous les verrez tout prets à fe fácher ,
Au moindre endroit de la Piéce nouvelle ,
O vôtrelime ofera s'attacher :
Vainement donc votre main les harcelle
Far traits fréquens ; vainement pretentelle
Les corriger à force de mépriss
Et me déplait , s'il faut queje le dife ,
Que voussoyezfifortement êpris
Du faux honneur de punir leur fotife.
Loin de vouloir contr'eux nous fignaler ,
Tachons fans plus de ne point reffembler
A telle Race ; & contens qu'on nous toüe,
Laiffons crier un Corbeau qui s'enrouë :
Mais , qui penfant mieux chanter qu'Apollon
,
Vent croaffer dans fon facré Vallon ;
Et que me fait à moi qu'un Fât écrive
MalgréMinerve , & que Phoebus le prive
Defes Lauriers? Que m'importe aprés tout
Que dans fes Vers cet aveugle fe mire ?
Pourquoy vouloir que mon fecours eti re
De fon erreur ; fouffrons - là juſqu'au
bouti
144 LE MERCURE
,
Et par pitié, permettons qu'il s'admire ye
Sans mecharger , cruel Defenchanteur
De lui ravir un plaifir fédulleur :
Le feul peut- être , auquel il foit fenfible ::
Pour tel Malade il n'eft remede aucun
Deffous les Creux , dont l'effet foit planfible
:
Soyez fincere ou flateur , c'est tout un,
Dès qu'une fois un Auteurfans mérite ,.
Seft prévenu qu'on devoit l'admirer ,
Quiconque veut lui parler vrai , l'irrite ;
Et l'on ne gagne à vouloirl'éclairer ,
Qu'unfot mépris , une haine intrattable
De peu d'effet ; mais toûjours redoutable.
Je crainsfortpeu, direz- vous , leurs tranfparts
Et ma raifon fe fait à les poursuivre
Certain plaifir dont la douceur l'enyore ,
Et qui n'engage à braver leurs efforts ,
Où font les traits dont ils peuvent m'atteindre
:
Au demeurantje ne puis me contraindre ,
Unfot m'aigrit & me met en humeur;
Afesdépens il faut que je m'égaye ,
Des qu'il paroit ,je le marque à ma craye ,
Et je me livre . Ony ,je connois l'ar-c
deur ,
Quifur ce point vous emporte à mèdire;
En vous reluit cet efprit fétulant ,
Qui
D'OCTOBRE. 145
Qui dans un coeurfait germer la Satyre ;
Mais cet efprit , infortuné Talent ,
De tous les dons que nous fait la Natu
Eft le feul Don indigne de nos voeux ,
Et qu'ilfied bien de laiſſer fans culture.
Que j'aime à voir un Auteur généreux
De tout bon mot fuir l'appas dangereux !
Ne fe permettre enfa Verve prudente
Aucun écart d'une bile mordante ;
D'un trait malin mépriser le fuccès ,
Vivre fans fiel & libre des accès
Qui font hair une Mufe impudente
De la Satyre ignorer les excès.
Tous ces difcours , dites- vous , font fort
fages ,
Mais toutesfois, on vit dans tous les âges ,
En dépit d'eux , s'armer de grands Auteurs
Du mauvais goût ardens Inquifitenrs ,
Et d'Apollon embraffant la vengeance ;
Perfécuter la rimaillenfe engéance :
Et , dites-moi , fi ces rares Efprits,
Si Juvenal , Defpreaux, Perfe , Horace ,
A cette engeance eûffent fait plus de grace.
Nous ferions donc fruftrés de leurs
Ecrits ....
Oh, quel malheur pour les Races futures ?
Quand moins farcis d'orgueillenfes Cen--
Jure's ,
On les verroit réduits aux autres traits
Octobre 1717
N
146 "
LE MERCURE
Quifont bonneur à leur Mufe Critique ;
Mais vous enfin , dont la Verve Cauftique
De fa malice afait d'heureux effais
Et qui déjafier de cet avantage ,
De Defpreaux convoités l'Heritage :
Vous qui penfes que draperfans quartier,
Un pauvre Auteur est unfi beau métier:
Interrogés nos Maîtres en Satyre ,
Ces Profeffeurs du grand Art de médire,
Vous avoueront le malheur de leur choix,
Ils vous diront qu'au bout de la Carriére ,
Tentés cent fois de marcher en arriere ,
Ils ont eux-mêmes abhorré leurs exploits
Et detefté les fruits de leur étude ;
Que devenus malins par habitude
Leur main fouvent lâcha d'injuftes traits
Et que par eux la Raifon offenfée .
Sur le Rapport de l'équité bleffée
Plus d'une fois fit caffer leurs Arrêts ;
Ils vous diront que le dignefalaire ,
Que remporta leur Mufe arbitraire ,
Fut de n'avoir , entourés d'Ennemis ,
Nul Partifan , nuls fincéres amis ,
C'est le deftin de quiconque fe moule
Sur ces Auteurs & mon Sermon ne roûle
Que fur ce point , le plus digne de tous
D'être pefé : Non , ce n'est point l'eftime
Dug and effort, Partage légitime ,
Qui de nos biens doit faire leplus doux ,
D'OCTOBRE. 147
Et le Sçavoirfut- il plus vafte en vous ;
·Euffies- vous fait une moiſſon plusgrande
Que Scaliger on Pic de la Mirande ;
Votre génie eût- il l'heureux pouvoir ,
Avec legoût d'accorder lefçavoir ;
Si pour autrui né facheux , infenfible ,
L'injufte orgueil vous rend inacceffible;
Si votre coeur ne peut être foûmis
Au jong charmant d'une amitié fincère ;
·S peu touché de fe voir fans amis ,
Il ne connoît ni l'Art fi néceffaire
De les garder, ni le fecret d'en faire :
Vous n'êtes rien qu'un vil Monftre , &
pour moy
Vôtre mérite eft hors de bas- aloy.
Dans le commerce indigne de paroître
Avec le coeur qui devon ne point naître ,
Ne vives pas plus long-temsfous nos yeux;
Au fond des bois , nouvel Anachorette ,
Parmi les Ours cherchez une retraite ;
Drgne héritier de nos premiers Ayeux ,
Auffifarouche & plus criminel qu'eux ,
Ou bienfemblable à ce hideux Cynique ,
Flean des fiens & l'horreur de l'Attique
· Dans un Tonneau retranché jusqu'an
dents ,
>
‹ Delà , s'il faut, aboyés les Paffants.
Maisfiniffons , j'aperçois votre Mufe
Rire des foins où la mienne s'amufe .
Nij
.148 LE MERCURE
Et n'opofer enguife de raison ,
Que fon penchant à ma longue Oraiſon.
Eh bien allez ? Sans crainte de l'orage ,
Embarquez vous & bravez le naufrage ?
De votre courfe, inutile témoin,
A vos périls j'affifierai de loin ;
Et nepouvant par l'exemple d'un autre ,
Vous retenir contre un penchat trop doux,
Mesyeux vengés veront aumoinslevôtre,
Servir aux gens plus dociles que vous :
Vous m'allez dire & c'eft vôtre réponse ,
Qu'ici j'ai tort de vous entretenir
De mes frayeurs , & que je vous annonce
Un peu trop tôt une douleur à venir :
Vous prétendezembraffer la Satyre ,
Eftre à l'abri des maux qu'elle s'attire ;
Et par prudence évitant tout écueil
De préjugés , d'injustice, & d'orgueil;
Bien moins Cenfeur d'autrui que de vousmême,
Vous vous ferés, un important Systême ,
De ne jamais donner prife au Bêtail
Dont vous aurez blafonné le travail ,
De n'attaquer dans les écrits des autres
Que des travers incõnus dans les vôtres.
Soit à ce prix : Je vous livre les fots ,
De leurs chifons , nettoyés le Parnaffe ;
Bien entendu que vos traits feront grace
A leur perfonne , en blámant leurs dèfans.
D'OCTOBRE." 149
Le Dieu des Fers , dont les regards propices
De votre veine ont haié les premices;
Et les neufSoeurs à qui plaît vôtre encens ,
Vont prefider à vos travaux naiffants :
Plus glorieux pourtant , fi ma doctrine
Mettant unfrein à verre humeur chagrine,
Vousfaut choifir, en changeant de Métier,
Un autre champ où cueillir du Laurier.
A M. DE .
POUR LE DETOURNER DE LA SATYRE
If Ennemi de tout . Rimeur glacé,
Par qui j'ai vu de leur froide manie
Plus d'un Tableau fidellement tracé;,
142 LE MERCURE
Gentil Ami , de qui l'heureux génie
Peut efpérer d'être unjour remplacé ,
Sur le Parnaffe aux fonctions utiles
De feu Boileau ; quand cet Auteur prifè
Pour la Raifon, d'un chaud zele embrafé,
Vilipendoit tous ces Ecrits fertiles
Où le bonfens fe voit martyrisé.
Je vous écris , non quej'aye à vous rendre
Vos Complimens , & cet amas fucré
De doux propos dont m'avés fonpoûdré.
A tel retour , jà ne devez prétendre ;
Puifqu'entre nous regne fincérité ,
Commefavez; & s'il vous plaît , Beaufire,
Vousfuffira ce qu'elle m'a fait dire
Ez petits Vers par oùj'ai débuté:
Qu'ainfi ne foit: Naïve vérité
Toujours me plût , & fidéle à ſon culte ,
Son Oracle eft le feul que je confulte.
Quand de rimer par fois je fuis tenté,
Non moins que moi d'elle feule enchanté,
Vous dédaignez la foupleffe frivole
Des vain's Flateurs ; & pour être écouté,
Il ne faut pas qu'un Ami vous cajole :
Si qu'avec vous , on peut impunément
Rifquer cenfure libre fentiment :
Tout an rebours de cette Seite habile
Qui fe croyant la vûë affez fubtile , *
D'OCTOBRE. 143
Four pénétrer dans l'objet le plus fin ,
N'eut onc befoin des yeux defon voisin.
Que tels Docteurs ayent vuidé leur
cervelle
De quelque écrit qui s'enfit arracher ;
Vous les verrez tout prets à fe fácher ,
Au moindre endroit de la Piéce nouvelle ,
O vôtrelime ofera s'attacher :
Vainement donc votre main les harcelle
Far traits fréquens ; vainement pretentelle
Les corriger à force de mépriss
Et me déplait , s'il faut queje le dife ,
Que voussoyezfifortement êpris
Du faux honneur de punir leur fotife.
Loin de vouloir contr'eux nous fignaler ,
Tachons fans plus de ne point reffembler
A telle Race ; & contens qu'on nous toüe,
Laiffons crier un Corbeau qui s'enrouë :
Mais , qui penfant mieux chanter qu'Apollon
,
Vent croaffer dans fon facré Vallon ;
Et que me fait à moi qu'un Fât écrive
MalgréMinerve , & que Phoebus le prive
Defes Lauriers? Que m'importe aprés tout
Que dans fes Vers cet aveugle fe mire ?
Pourquoy vouloir que mon fecours eti re
De fon erreur ; fouffrons - là juſqu'au
bouti
144 LE MERCURE
,
Et par pitié, permettons qu'il s'admire ye
Sans mecharger , cruel Defenchanteur
De lui ravir un plaifir fédulleur :
Le feul peut- être , auquel il foit fenfible ::
Pour tel Malade il n'eft remede aucun
Deffous les Creux , dont l'effet foit planfible
:
Soyez fincere ou flateur , c'est tout un,
Dès qu'une fois un Auteurfans mérite ,.
Seft prévenu qu'on devoit l'admirer ,
Quiconque veut lui parler vrai , l'irrite ;
Et l'on ne gagne à vouloirl'éclairer ,
Qu'unfot mépris , une haine intrattable
De peu d'effet ; mais toûjours redoutable.
Je crainsfortpeu, direz- vous , leurs tranfparts
Et ma raifon fe fait à les poursuivre
Certain plaifir dont la douceur l'enyore ,
Et qui n'engage à braver leurs efforts ,
Où font les traits dont ils peuvent m'atteindre
:
Au demeurantje ne puis me contraindre ,
Unfot m'aigrit & me met en humeur;
Afesdépens il faut que je m'égaye ,
Des qu'il paroit ,je le marque à ma craye ,
Et je me livre . Ony ,je connois l'ar-c
deur ,
Quifur ce point vous emporte à mèdire;
En vous reluit cet efprit fétulant ,
Qui
D'OCTOBRE. 145
Qui dans un coeurfait germer la Satyre ;
Mais cet efprit , infortuné Talent ,
De tous les dons que nous fait la Natu
Eft le feul Don indigne de nos voeux ,
Et qu'ilfied bien de laiſſer fans culture.
Que j'aime à voir un Auteur généreux
De tout bon mot fuir l'appas dangereux !
Ne fe permettre enfa Verve prudente
Aucun écart d'une bile mordante ;
D'un trait malin mépriser le fuccès ,
Vivre fans fiel & libre des accès
Qui font hair une Mufe impudente
De la Satyre ignorer les excès.
Tous ces difcours , dites- vous , font fort
fages ,
Mais toutesfois, on vit dans tous les âges ,
En dépit d'eux , s'armer de grands Auteurs
Du mauvais goût ardens Inquifitenrs ,
Et d'Apollon embraffant la vengeance ;
Perfécuter la rimaillenfe engéance :
Et , dites-moi , fi ces rares Efprits,
Si Juvenal , Defpreaux, Perfe , Horace ,
A cette engeance eûffent fait plus de grace.
Nous ferions donc fruftrés de leurs
Ecrits ....
Oh, quel malheur pour les Races futures ?
Quand moins farcis d'orgueillenfes Cen--
Jure's ,
On les verroit réduits aux autres traits
Octobre 1717
N
146 "
LE MERCURE
Quifont bonneur à leur Mufe Critique ;
Mais vous enfin , dont la Verve Cauftique
De fa malice afait d'heureux effais
Et qui déjafier de cet avantage ,
De Defpreaux convoités l'Heritage :
Vous qui penfes que draperfans quartier,
Un pauvre Auteur est unfi beau métier:
Interrogés nos Maîtres en Satyre ,
Ces Profeffeurs du grand Art de médire,
Vous avoueront le malheur de leur choix,
Ils vous diront qu'au bout de la Carriére ,
Tentés cent fois de marcher en arriere ,
Ils ont eux-mêmes abhorré leurs exploits
Et detefté les fruits de leur étude ;
Que devenus malins par habitude
Leur main fouvent lâcha d'injuftes traits
Et que par eux la Raifon offenfée .
Sur le Rapport de l'équité bleffée
Plus d'une fois fit caffer leurs Arrêts ;
Ils vous diront que le dignefalaire ,
Que remporta leur Mufe arbitraire ,
Fut de n'avoir , entourés d'Ennemis ,
Nul Partifan , nuls fincéres amis ,
C'est le deftin de quiconque fe moule
Sur ces Auteurs & mon Sermon ne roûle
Que fur ce point , le plus digne de tous
D'être pefé : Non , ce n'est point l'eftime
Dug and effort, Partage légitime ,
Qui de nos biens doit faire leplus doux ,
D'OCTOBRE. 147
Et le Sçavoirfut- il plus vafte en vous ;
·Euffies- vous fait une moiſſon plusgrande
Que Scaliger on Pic de la Mirande ;
Votre génie eût- il l'heureux pouvoir ,
Avec legoût d'accorder lefçavoir ;
Si pour autrui né facheux , infenfible ,
L'injufte orgueil vous rend inacceffible;
Si votre coeur ne peut être foûmis
Au jong charmant d'une amitié fincère ;
·S peu touché de fe voir fans amis ,
Il ne connoît ni l'Art fi néceffaire
De les garder, ni le fecret d'en faire :
Vous n'êtes rien qu'un vil Monftre , &
pour moy
Vôtre mérite eft hors de bas- aloy.
Dans le commerce indigne de paroître
Avec le coeur qui devon ne point naître ,
Ne vives pas plus long-temsfous nos yeux;
Au fond des bois , nouvel Anachorette ,
Parmi les Ours cherchez une retraite ;
Drgne héritier de nos premiers Ayeux ,
Auffifarouche & plus criminel qu'eux ,
Ou bienfemblable à ce hideux Cynique ,
Flean des fiens & l'horreur de l'Attique
· Dans un Tonneau retranché jusqu'an
dents ,
>
‹ Delà , s'il faut, aboyés les Paffants.
Maisfiniffons , j'aperçois votre Mufe
Rire des foins où la mienne s'amufe .
Nij
.148 LE MERCURE
Et n'opofer enguife de raison ,
Que fon penchant à ma longue Oraiſon.
Eh bien allez ? Sans crainte de l'orage ,
Embarquez vous & bravez le naufrage ?
De votre courfe, inutile témoin,
A vos périls j'affifierai de loin ;
Et nepouvant par l'exemple d'un autre ,
Vous retenir contre un penchat trop doux,
Mesyeux vengés veront aumoinslevôtre,
Servir aux gens plus dociles que vous :
Vous m'allez dire & c'eft vôtre réponse ,
Qu'ici j'ai tort de vous entretenir
De mes frayeurs , & que je vous annonce
Un peu trop tôt une douleur à venir :
Vous prétendezembraffer la Satyre ,
Eftre à l'abri des maux qu'elle s'attire ;
Et par prudence évitant tout écueil
De préjugés , d'injustice, & d'orgueil;
Bien moins Cenfeur d'autrui que de vousmême,
Vous vous ferés, un important Systême ,
De ne jamais donner prife au Bêtail
Dont vous aurez blafonné le travail ,
De n'attaquer dans les écrits des autres
Que des travers incõnus dans les vôtres.
Soit à ce prix : Je vous livre les fots ,
De leurs chifons , nettoyés le Parnaffe ;
Bien entendu que vos traits feront grace
A leur perfonne , en blámant leurs dèfans.
D'OCTOBRE." 149
Le Dieu des Fers , dont les regards propices
De votre veine ont haié les premices;
Et les neufSoeurs à qui plaît vôtre encens ,
Vont prefider à vos travaux naiffants :
Plus glorieux pourtant , fi ma doctrine
Mettant unfrein à verre humeur chagrine,
Vousfaut choifir, en changeant de Métier,
Un autre champ où cueillir du Laurier.
Fermer
17
p. 2317
A. M. M. D. M. En lui envoyant pour Bouquet une petite Figure de la Renommée : c'est la Renommée qui parle.
Début :
J'ay porté votre nom en cent climats divers ; [...]
Mots clefs :
Climats, Muses, Lauriers, Temple de mémoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A. M. M. D. M. En lui envoyant pour Bouquet une petite Figure de la Renommée : c'est la Renommée qui parle.
A. M. M. D. M.
En lui envoyant pour Bouquet une petite
Figure de la Renommée : c'est la
Renommée qui parle.
J'Ay porté votre nom en cent climats divers ;
Les Muses l'ont souvent redit dans leurs Concerts;
Et je vais aujourd'hui celebrer votre Fête ;
Ma Trompette pour vous forme de nouveaux airs
Et de mes Lauriers toûjours verds ,
Puissai-je encor long-temps couronner votre tête
Pour le bonheur de vos amis ,
Vivez , sçavant M ** , vivez comblé de gloire,
Autant que vivront vos Ecrits ,
Placez par Apollon au Temple de Memoire."
L'Abbé Poncy de Neuville.
Ce 20. Août.
En lui envoyant pour Bouquet une petite
Figure de la Renommée : c'est la
Renommée qui parle.
J'Ay porté votre nom en cent climats divers ;
Les Muses l'ont souvent redit dans leurs Concerts;
Et je vais aujourd'hui celebrer votre Fête ;
Ma Trompette pour vous forme de nouveaux airs
Et de mes Lauriers toûjours verds ,
Puissai-je encor long-temps couronner votre tête
Pour le bonheur de vos amis ,
Vivez , sçavant M ** , vivez comblé de gloire,
Autant que vivront vos Ecrits ,
Placez par Apollon au Temple de Memoire."
L'Abbé Poncy de Neuville.
Ce 20. Août.
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Résumé : A. M. M. D. M. En lui envoyant pour Bouquet une petite Figure de la Renommée : c'est la Renommée qui parle.
L'Abbé Poncy de Neuville dédie un texte à un érudit, M **. La Renommée célèbre sa renommée mondiale et ses inspirations musesques. Il souhaite que l'érudit soit couronné de lauriers verts et que sa gloire perdure autant que ses écrits, placés par Apollon au Temple de la Mémoire. La date est le 20 août.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
18
p. 1136
A Mlle de Malcrais de la Vigne, en réplique à son Madrigal, inseré dans le Mercure du Mois de Mars dernier.
Début :
Lorsque tu dis, illustre Amie, [...]
Mots clefs :
Madrigal, Génie, Lauriers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Mlle de Malcrais de la Vigne, en réplique à son Madrigal, inseré dans le Mercure du Mois de Mars dernier.
A Mile de Malcrais de la Vigne , en
réplique à son Madrigal , insere dans le
Mercure du Mois de Mars dernier.
Lorsque tu dis , illustre Amie ,
Que c'est moi qui guidai le premier ton génie
Dans les routes du sacré Mont ,
Tu me rends un honneur dont je ne suis pas
digne ;
Mais ton coeur genereux et ton esprit fécond ,
Ne pouvoient m'éxalter par un trait plus insigne
,
Qu'en , me couvrant ainsi des Lauriers de ton .
front.
réplique à son Madrigal , insere dans le
Mercure du Mois de Mars dernier.
Lorsque tu dis , illustre Amie ,
Que c'est moi qui guidai le premier ton génie
Dans les routes du sacré Mont ,
Tu me rends un honneur dont je ne suis pas
digne ;
Mais ton coeur genereux et ton esprit fécond ,
Ne pouvoient m'éxalter par un trait plus insigne
,
Qu'en , me couvrant ainsi des Lauriers de ton .
front.
Fermer
19
p. 132-133
COMPLIMENT au Roi, par M. de la Chaussée, de l'Académie Françoise.
Début :
Enfin je te revois, cher & nouvel AUGUSTE, [...]
Mots clefs :
Coeur, Flatterie, Rois, Lauriers, Gloire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENT au Roi, par M. de la Chaussée, de l'Académie Françoise.
COMPLIMENT au Roi , par M. de
la Chauſſée , de l'Académie Françoiſe.
Enfin je terevois , cher & nouvel Auguste ,
Que mon coeur en ſecret a toujours encenſé....
Pardonne en ce moment le tranſport le plus juſte ;
Qui le ſçait exciter n'en peut être offenſé.
Non ; l'eſſor que je prends ne sçauroit te déplaire ;
Le moindre des mortels , ſans être téméraire ,
Peut laiſffer voir aux Dieux tout ce qu'il fent pour
eux.
France , tu m'applaudis ; le même amourt'inſpire;
Tu n'as plus qu'à joüir du ſort le plus heureux;
Tu viens de recouvrer l'Ame de ton Empire .
Et toi , daigne agréer l'hommage mérité,
Que t'offre par ma voix la ſimple Vérité .
La ſeule flaterie a beſoin d'être ornée ;
Eh ! quand nous t'offririons ſes dangereux attraits
Tu ne recevrois point la Coupe empoiſonnée ,
Que le commun des Rois aime à boire à longs
traits :
Fuis
NOVEMBRE. 133 1744.
Fuis Malheureuſe , ailleurs va porter tes preſtiges ,
Tu n'élevas jamais de véritable Autel.
Pourfuis , PRINCE,pourſuis ton cours & tes pro
diges:
Tel jadis commença ton AYAUL immortel....
Quedis-je ... A peine entré dans la même carriere
Quel amas de Lauriers ! La plus forte Barriere
N'eſt qu'un frivole obſtacle à tes premiers travaux
Et l'altiere Cité ** qui bravoit ton Tonnerre ,
Sur ſes débris ſanglans fert d'exemple à la Terre :
Tremblez , fiers Ennemis .... Vous Amphions
nouveaux ,
Formez- vous déformais à l'ombre de ſa gloire.....
Qui peusmieux vous ouvrir le Temple de Mémoirea
Chantez , Muſes , chantez , voilà votre Apollon .....
Mais quels que foient les chants qu'elles faffent
éclore ,
Vois au fond de nos coeurs , tu liras plus encore ,
Que n'en peut exprimer tout le ſacré Vallon,
* Ypres , Furnes , Menin,
** Fribourg.
la Chauſſée , de l'Académie Françoiſe.
Enfin je terevois , cher & nouvel Auguste ,
Que mon coeur en ſecret a toujours encenſé....
Pardonne en ce moment le tranſport le plus juſte ;
Qui le ſçait exciter n'en peut être offenſé.
Non ; l'eſſor que je prends ne sçauroit te déplaire ;
Le moindre des mortels , ſans être téméraire ,
Peut laiſffer voir aux Dieux tout ce qu'il fent pour
eux.
France , tu m'applaudis ; le même amourt'inſpire;
Tu n'as plus qu'à joüir du ſort le plus heureux;
Tu viens de recouvrer l'Ame de ton Empire .
Et toi , daigne agréer l'hommage mérité,
Que t'offre par ma voix la ſimple Vérité .
La ſeule flaterie a beſoin d'être ornée ;
Eh ! quand nous t'offririons ſes dangereux attraits
Tu ne recevrois point la Coupe empoiſonnée ,
Que le commun des Rois aime à boire à longs
traits :
Fuis
NOVEMBRE. 133 1744.
Fuis Malheureuſe , ailleurs va porter tes preſtiges ,
Tu n'élevas jamais de véritable Autel.
Pourfuis , PRINCE,pourſuis ton cours & tes pro
diges:
Tel jadis commença ton AYAUL immortel....
Quedis-je ... A peine entré dans la même carriere
Quel amas de Lauriers ! La plus forte Barriere
N'eſt qu'un frivole obſtacle à tes premiers travaux
Et l'altiere Cité ** qui bravoit ton Tonnerre ,
Sur ſes débris ſanglans fert d'exemple à la Terre :
Tremblez , fiers Ennemis .... Vous Amphions
nouveaux ,
Formez- vous déformais à l'ombre de ſa gloire.....
Qui peusmieux vous ouvrir le Temple de Mémoirea
Chantez , Muſes , chantez , voilà votre Apollon .....
Mais quels que foient les chants qu'elles faffent
éclore ,
Vois au fond de nos coeurs , tu liras plus encore ,
Que n'en peut exprimer tout le ſacré Vallon,
* Ypres , Furnes , Menin,
** Fribourg.
Fermer
20
p. 41-43
LA NOBLESSE DE L'ÉCOLE MILITAIRE. A M. DU VERNEY. 1755.
Début :
Quel pouvoir créateur nous donne un nouvel être, [...]
Mots clefs :
Zèle, Lauriers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA NOBLESSE DE L'ÉCOLE MILITAIRE. A M. DU VERNEY. 1755.
LA NOBLESSE
DE L'ÉCOLE MILITAIRE.
A M. DU VERNEY. 1755 .
Quel pouvoir créateur nous donne un nouvel
être ,
Et nous fait un berceau de l'école de Mars ?
Sous les traits de Louis , un pere , un Dieu peutêtre
,
Daigne y fixer fur nous les plus tendres regards.
Ses travaux , fes exploits , tracés par la victoire ,
L'éclat des lys & des lauriers ,
Tout développe ici le germe des guerriers ,
Et tout nous annonce fa gloire.
D'un fang pur, toujours prêt à couler pour les Rois,
I ranime l'ardeur & lui fert de modele :
Comblés de fes bienfaits , brûlant du plus beau
zéle ,
Puifions-nous le verfer pour défendre ſes droits !
Couverts d'une noble pouffiere ,
Exercés dans l'art des combats ,
Quand volerons- nous fur les pas
Dans cette brillante carriere ,
Où l'immortalité , qui nous eft déja chere
Fait revivre après le trépas ?
42 MERCURE DE FRANCE.
Applaudis aux tranſports d'une jeune nobleſſe
O paix délices des mortels ,
Louis nous les infpire , & ce trait de fageffe
T'affure de nouveaux autels .
Tu fçais que fon grand coeur , pour te rendre à la
terre
Eût formé d'inutiles voeux ,
Si fon bras , cet appui que t'ont donné les Dieux ;
N'eût jamais lancé le tonnerre.
Eft- ce à nous de chanter la paix ou les combats ?
Sans.crainte à quel écueil s'expofe notre enfance !
Mais eft- il des écueils que ne franchiffent pas
L'amour & la reconnoiffance ?
Tu le fçais , du Verney , toi du meilleur des Rois ;
Sujet le plus rempli de zéle ,
Le plus digne , le plus fidele ,
Dont fa faveur pût faire choix.
Ces champs , en lauriers fi fertiles ;
Ou Louis confondit les projets inutiles
Que forma tant de fois la difcorde en fureur ;
Par tes foins , par ta vigilance ,
Virent toujours une heureufe abondance
Sous les drapeaux de ce vainqueur .
Citoyen , tu n'as pour bouffole
Que les befoins du peuple & le bien de l'Etat ;
Tes travaux dans leur fein font couler en Pactole
Les thréfors de chaque climat ,
Non loin de cet afyle où des héros fans nombre ;
MARS. 1755. 43
Dans le fein des vertus , de gloire environnés ,
Au déclin de leurs jours , fe repofent à l'ombre ,
Des lauriers qu'ils ont moiſſonnés .
Louis , à la Valeur , notre unique déeffe ,
Confacre un nouveau temple , augufte monument
Et chef- d'oeuvre de ſa ſageſſe ;
Sa grandeur , fes bontés en font le fondement.
Il est devenu ton ouvrage ;
Il fuffit pour t'éternifer.
De ton zéle il fera l'image ;
D'un Miniftre que tout doit immortaliſer ,
Et d'un Roi que nos coeurs voudroient divinifer ,
Ce zéle a mérité le glorieux fuffrage .
DE L'ÉCOLE MILITAIRE.
A M. DU VERNEY. 1755 .
Quel pouvoir créateur nous donne un nouvel
être ,
Et nous fait un berceau de l'école de Mars ?
Sous les traits de Louis , un pere , un Dieu peutêtre
,
Daigne y fixer fur nous les plus tendres regards.
Ses travaux , fes exploits , tracés par la victoire ,
L'éclat des lys & des lauriers ,
Tout développe ici le germe des guerriers ,
Et tout nous annonce fa gloire.
D'un fang pur, toujours prêt à couler pour les Rois,
I ranime l'ardeur & lui fert de modele :
Comblés de fes bienfaits , brûlant du plus beau
zéle ,
Puifions-nous le verfer pour défendre ſes droits !
Couverts d'une noble pouffiere ,
Exercés dans l'art des combats ,
Quand volerons- nous fur les pas
Dans cette brillante carriere ,
Où l'immortalité , qui nous eft déja chere
Fait revivre après le trépas ?
42 MERCURE DE FRANCE.
Applaudis aux tranſports d'une jeune nobleſſe
O paix délices des mortels ,
Louis nous les infpire , & ce trait de fageffe
T'affure de nouveaux autels .
Tu fçais que fon grand coeur , pour te rendre à la
terre
Eût formé d'inutiles voeux ,
Si fon bras , cet appui que t'ont donné les Dieux ;
N'eût jamais lancé le tonnerre.
Eft- ce à nous de chanter la paix ou les combats ?
Sans.crainte à quel écueil s'expofe notre enfance !
Mais eft- il des écueils que ne franchiffent pas
L'amour & la reconnoiffance ?
Tu le fçais , du Verney , toi du meilleur des Rois ;
Sujet le plus rempli de zéle ,
Le plus digne , le plus fidele ,
Dont fa faveur pût faire choix.
Ces champs , en lauriers fi fertiles ;
Ou Louis confondit les projets inutiles
Que forma tant de fois la difcorde en fureur ;
Par tes foins , par ta vigilance ,
Virent toujours une heureufe abondance
Sous les drapeaux de ce vainqueur .
Citoyen , tu n'as pour bouffole
Que les befoins du peuple & le bien de l'Etat ;
Tes travaux dans leur fein font couler en Pactole
Les thréfors de chaque climat ,
Non loin de cet afyle où des héros fans nombre ;
MARS. 1755. 43
Dans le fein des vertus , de gloire environnés ,
Au déclin de leurs jours , fe repofent à l'ombre ,
Des lauriers qu'ils ont moiſſonnés .
Louis , à la Valeur , notre unique déeffe ,
Confacre un nouveau temple , augufte monument
Et chef- d'oeuvre de ſa ſageſſe ;
Sa grandeur , fes bontés en font le fondement.
Il est devenu ton ouvrage ;
Il fuffit pour t'éternifer.
De ton zéle il fera l'image ;
D'un Miniftre que tout doit immortaliſer ,
Et d'un Roi que nos coeurs voudroient divinifer ,
Ce zéle a mérité le glorieux fuffrage .
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Résumé : LA NOBLESSE DE L'ÉCOLE MILITAIRE. A M. DU VERNEY. 1755.
Le poème de 1755 dédié à M. Du Verney célèbre la noblesse et l'école militaire. Il met en avant le rôle de l'école militaire dans la formation de futurs guerriers sous la protection de Louis, décrit comme un père et presque un dieu. Les exploits des élèves sont guidés par la victoire, cultivant en eux l'esprit guerrier et annonçant leur future gloire. Le texte exalte l'ardeur des élèves, prêts à se battre pour les rois et à défendre leurs droits. La jeune noblesse est encouragée à embrasser une carrière militaire, où l'immortalité est accessible. Le poème évoque également la paix inspirée par Louis et la sagesse de ne pas former de vœux inutiles. Il souligne l'amour et la reconnaissance comme forces capables de surmonter les obstacles. Du Verney est loué pour son zèle, sa fidélité et son dévouement au roi et à l'État. Les victoires, symbolisées par des champs de lauriers, sont le fruit de ses soins et de sa vigilance. Le poème se conclut par la consécration d'un temple à la Valeur, œuvre de la sagesse et de la grandeur de Louis, et par l'éloge du zèle de Du Verney, digne d'immortaliser un ministre et de diviniser un roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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21
p. 76-78
LETTRE à M. DE LA PLACE, sur la mort de M. DE BULLIOUD, Capitaine de Carabiniers, Chevalier de S. Louis, qu'une maladie de poitrine vient d'enlever à 22 ans.
Début :
MONSIEUR, J'aurois continué à gémir seul de la mort de M. de Bullioud [...]
Mots clefs :
Tranquillité, Amitié, Mort, Lauriers, Honneur, Nation
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE à M. DE LA PLACE, sur la mort de M. DE BULLIOUD, Capitaine de Carabiniers, Chevalier de S. Louis, qu'une maladie de poitrine vient d'enlever à 22 ans.
LETTRE à M. DE LA PLACE , fur
la mort de M. DE BULLIOUD
Capitaine de Carabiniers , Chevalier
de S. Louis , qu'une maladie de
poitrine vient d'enleyer à 22 ans.
"
MONSIEUR,
J'aurois continué à gémir feul de la
mort de M. de Bullioud , fi voyant le
filence qu'ont obfervé tous les papiers
publics fur cet événement , je ne me
croyois obligé de l'annoncer. Ce n'eſt
pas fimplement le devoir de l'amitié que
je remplis , ma douleur eût fuffi, Mais il
étoit dans cette claffe d'hommes , dont
-les tombeaux doivent être couronnés
de lauriers , & qui méritent autant d'encens
que de pleurs. Il s'eft fait connoître
à l'âge de 16 ans par une de
ces actions éclatantes , qui font honneur
à la Nation qui les produit , &
que l'on fait ordinairement paffer à la
-postérité. Tout le monde à lû dans les
Gazettes le fait fingulier qui lui a valu
à la Bataille de Crevelt la Croix de
Saint Louis , & le grade de Capitaine de
Carabiniers , dans un âge , ou à peine
les mères ofent expofer leurs enfans aux
AOUST. 1763. 77
dangers & aux fatigues de la guerre . Il
joignoit à ces qualités héroïques , toutes
ceiles de la fociété. Son éffai dans la
Littérature * , malgré fon incorrection ,
annonçoit de grandes difpofitions &
beaucoup de facilité. Je regarde fa mort
comme un malheur , & fa vie comme
un exemple. Les récompenfes qu'il a
reçues d'un gouvernement jufte , font
un encouragement de plus , pour les
jeunes gens qui marcheront fur fes traces.
Vous jugez , Monfieur , qu'avec
l'idée que j'avois de ce refpectable ami ,
j'ai éprouvé la plus vive douleur en le
voyant pendant deux ans miné par une
maladie qui ne lui pouvoit laiffer attendre
que la mort. C'eft dans cette cruelle
fituation qu'il s'eft livré à l'étude avec
cette noble tranquillité , qui caractériſe
une âme auffi pure & auffi élevée que
la fienne. Je plains toutes les perfonnes
qui s'étoient attachées à lui . Je fuis heureux
cependant d'avoir eu avec lui des
relations qui me laiffent des exemples à
fuivre.
Bullioud eft mort au Printems de fonâge
Comme une fleur , il n'a duré qu'un jour ;
De Mars il avoit le courage ,
Et l'air féduifant de l'amour.
La Pétriffée
Dij
78 MERCURE DE FRANCE.
La gloire en Lettres d'or a gravé dans fon Temple
Un trait de la prudence & de fa fermeté ,
Pour qu'aux plus vieux Guerriers il pûc fervir
d'exemple ,
Et lui valoir l'honneur de l'immortalité.
la mort de M. DE BULLIOUD
Capitaine de Carabiniers , Chevalier
de S. Louis , qu'une maladie de
poitrine vient d'enleyer à 22 ans.
"
MONSIEUR,
J'aurois continué à gémir feul de la
mort de M. de Bullioud , fi voyant le
filence qu'ont obfervé tous les papiers
publics fur cet événement , je ne me
croyois obligé de l'annoncer. Ce n'eſt
pas fimplement le devoir de l'amitié que
je remplis , ma douleur eût fuffi, Mais il
étoit dans cette claffe d'hommes , dont
-les tombeaux doivent être couronnés
de lauriers , & qui méritent autant d'encens
que de pleurs. Il s'eft fait connoître
à l'âge de 16 ans par une de
ces actions éclatantes , qui font honneur
à la Nation qui les produit , &
que l'on fait ordinairement paffer à la
-postérité. Tout le monde à lû dans les
Gazettes le fait fingulier qui lui a valu
à la Bataille de Crevelt la Croix de
Saint Louis , & le grade de Capitaine de
Carabiniers , dans un âge , ou à peine
les mères ofent expofer leurs enfans aux
AOUST. 1763. 77
dangers & aux fatigues de la guerre . Il
joignoit à ces qualités héroïques , toutes
ceiles de la fociété. Son éffai dans la
Littérature * , malgré fon incorrection ,
annonçoit de grandes difpofitions &
beaucoup de facilité. Je regarde fa mort
comme un malheur , & fa vie comme
un exemple. Les récompenfes qu'il a
reçues d'un gouvernement jufte , font
un encouragement de plus , pour les
jeunes gens qui marcheront fur fes traces.
Vous jugez , Monfieur , qu'avec
l'idée que j'avois de ce refpectable ami ,
j'ai éprouvé la plus vive douleur en le
voyant pendant deux ans miné par une
maladie qui ne lui pouvoit laiffer attendre
que la mort. C'eft dans cette cruelle
fituation qu'il s'eft livré à l'étude avec
cette noble tranquillité , qui caractériſe
une âme auffi pure & auffi élevée que
la fienne. Je plains toutes les perfonnes
qui s'étoient attachées à lui . Je fuis heureux
cependant d'avoir eu avec lui des
relations qui me laiffent des exemples à
fuivre.
Bullioud eft mort au Printems de fonâge
Comme une fleur , il n'a duré qu'un jour ;
De Mars il avoit le courage ,
Et l'air féduifant de l'amour.
La Pétriffée
Dij
78 MERCURE DE FRANCE.
La gloire en Lettres d'or a gravé dans fon Temple
Un trait de la prudence & de fa fermeté ,
Pour qu'aux plus vieux Guerriers il pûc fervir
d'exemple ,
Et lui valoir l'honneur de l'immortalité.
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