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1
p. 103-114
Abregé des belles Actions de ce Marêchal. [titre d'après la table]
Début :
Il me souvient, Madame, de vous avoir oüy dire il [...]
Mots clefs :
Siège, Valeur, Braves, Maréchal de la Ferté, Attaque, Ennemis, Pistolet, Gouvernement, Lorraine, Capitaine
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texteReconnaissance textuelle : Abregé des belles Actions de ce Marêchal. [titre d'après la table]
Il me ſouvient Madame , de
vous avoir oui dire il n'y a
pas long-temps, en parlant de
GALANT. 77 la valeur de nos Braves d'aujourd'huy, quevous auriezbie voulu ſçavoir tout ce qu'ont fait de grand nos anciensMareſchauxdeFrance. le vais, puis que l'occafion s'en preſente,
vousparler ſeulementde monfieur le mareſchal de la Ferté.
Vous ferez ſans doute ſurpri- fe , qu'un ſeul Homme ait pû faire un fi grand nombre d'a- tions éclatantes pendant le coursd'une feule vie ; & vους
direz avec toute la terre,que fi la même perſonne pouvoit avoir plus d'un Baſton de mareſchal , nous luy en verrions aſſurement plusd'une douzai -
ne. Lors que l'on attaqua la Rochelle , il eſtoit déja à la te- ſte du Regiment qui eſtoit ſous la charge de Monfieur le
D 3
78 LE MERCURE Comte de Soiffons. Il ſervit..
pendant ce Siege à la conftru- ction du Fort Loüis, &en ſuite en pluſieurs endroits con- tre les Religionnaires. Il fut au Siege de Privas , où il re- ceutun coup de mouſquet au viſage. Il ſe ſignala àl'attaque du Pas de Suze , auſecours de
Cazal , au Siegede Moyenvic,
à celuy de Tréves , & à la ba- taille d'Aveines. Le feu Roy le fit marefſchal de Camp fur la Bréche de Hedin , pour avoir repouffé par deux fois ,
&defait le ſecours que le General Picolomini y vou -
loit ietter. Il donna , & remporia en fuite le fameux com- bat de S. Nicolas , où les ennemis eurent plus dedeux mil.
lehommes tuez ſur la place,
GALANT. 79
&perdirent leur Canon.Etant
au ſiege de Chinay qu'il atta- quoit, & qu'il rangea fous l'obeïffance du Roy, il apprit que
le Ducde Lorraine , &le General Lamboy, veroient au ſecours de la Place , & avoient
déja attaqué la Garde; & quoi que bleſſé à la cuiffe d'un coup de Fauconeau , il ſe la fit en.
veloper ,& s'eſtant fait iet -
ter à cheval , il obligea les en- nemis à ſe retirer apres une perte confiderable. Il com -
mandoit l'Aifle gauche à la Bataille de Rocroy, il y fit des
actions furprenantes , & il y
eut deux coups de piſtolet ,
deux coups d'épée , & deux
chevaux tuez ſous luy, II
fut enfuite fait Gouverneur
de Lorraine , puis Lieutenant
D 4
80 LE MERCURE
General, apres quoy il prit Lonouydans ſonGouvernement,
& fauva Courtray en s'y jettant avec deux- mille hommes , qu'il fit paſſer à la veuë des ennemis. Il ſe ſignala au Siege d'Ypres , & à la bataille
de Lens, où il rompit la Cava- leriedes ennemis , &la pour- fuivit juſques à Douay , d'où il ramena quinze cens priſon -
niers. Il repaſſa en ſuite en Lorraine , en chaſſa les ennemis avecunCorps moins con- fiderable , & ſauva Nancydu peril qui le menaçoit. Il prit quelque temps apres la Ville de Ligny, où il receut un coup de mouſquer à la gorge que l'on crut mortel.
Iem'imagine Madame, qu'e liſant cette Lettre vous vous
GALANT. 81
eſtes déja interrompuë vous- meſme pluſieurs fois , & que vous avez dit que j'avois ou- blié à vous marquer en quel temps M. de la Ferté avoit eſté faitMareſchal de France : cependant leRoyneluy fit l'hon- neur de luy envoyer le Bâton,
qu'apres la priſe de Ligny. Il fut à peine guery du coup qu'il y receut , qu'il reprit les Vil- les de Chartey ſur la Moſelle,,
Mirecourt , Neuchaſteau , &
remit ſous l'obeïſſance du Roy toutes les Places qui avoient
eſté priſes en Lorraine. Deux
ans apres il prit. Mouzon avec Monfieur de Turenne ; puis
avec un Corps de Troupes qu'il commandoit ſeul , il empeſchale Ducde Lorrainede ſecourir Sainte Menehouſt, &
DS
8. LE MERCURE
Quelque temps aprés il pric Befort en Hyver; & la mef- me année , ayant rejointMon- ſieur de Turenne , il fut à l'attaquedes Lignes d'Arras, où il
entrades premiers, &où il eut un cheval tué ſous lay. La meſme Campagneil pritCler- monten Argone. Il fut l'an- née ſuivante au Siege de Landrecies avec Monfieur de Turenne , puis en estant feparé il ſe ſignala au fameux paſſage de l'Eſcaut à la Neufville prés Bouchain. Il facilita quelque temps apres la priſe de Condé &deS. Guilhain; & il auroit
pris Valenciennes fans le deftin de Monfieur le Prince- ;
N'admirez- vous pasMada- mece long enchaînement de
bonheur, qui n'auroit pû du
GALANT. 83
rer ſi long- temps , fi ce grand
Capitaine n'cuſt en autant de
conduite & de prudence que
de Valeur. La fortune qui
n'abandonne gueres les veri- tables Braves, fit bientoſt voir
qu'elle ne l'avoit pas quitté pourlongtemps,puis qu'onluy D
vit prendre les années ſuivan- tes Montmedy &Gravelines,
&que le Roy le fit fon Lieute-
- nant General , lors qu'il par- tit pour aller à Marfal. Je ne
parle point des Convoys &
des ſecours qu'il a defaits, des Quartiers qu'il a enlevez , &
des Chaſteaux qu'il a pris , &
le détail en ſeroit trop long.
Peut eſtre même que ceuxqui
verront cette lettre, &qui admireront le plus tant debelles
actions,dirõt que ic ne vous ay
84 LE MERCURE promis de vous manderque ce qui ſe paſſe de nouveau : mais
Madame , outre que vous l'a- vez ſouhaité , ie croy qu'elles ne déplairont pas, & qu'eſtant ainſi ramaſſées elles paroîtront
aſſez curieuſes , pour meriter que ie me fois un peu éloigné demonſujet.
vous avoir oui dire il n'y a
pas long-temps, en parlant de
GALANT. 77 la valeur de nos Braves d'aujourd'huy, quevous auriezbie voulu ſçavoir tout ce qu'ont fait de grand nos anciensMareſchauxdeFrance. le vais, puis que l'occafion s'en preſente,
vousparler ſeulementde monfieur le mareſchal de la Ferté.
Vous ferez ſans doute ſurpri- fe , qu'un ſeul Homme ait pû faire un fi grand nombre d'a- tions éclatantes pendant le coursd'une feule vie ; & vους
direz avec toute la terre,que fi la même perſonne pouvoit avoir plus d'un Baſton de mareſchal , nous luy en verrions aſſurement plusd'une douzai -
ne. Lors que l'on attaqua la Rochelle , il eſtoit déja à la te- ſte du Regiment qui eſtoit ſous la charge de Monfieur le
D 3
78 LE MERCURE Comte de Soiffons. Il ſervit..
pendant ce Siege à la conftru- ction du Fort Loüis, &en ſuite en pluſieurs endroits con- tre les Religionnaires. Il fut au Siege de Privas , où il re- ceutun coup de mouſquet au viſage. Il ſe ſignala àl'attaque du Pas de Suze , auſecours de
Cazal , au Siegede Moyenvic,
à celuy de Tréves , & à la ba- taille d'Aveines. Le feu Roy le fit marefſchal de Camp fur la Bréche de Hedin , pour avoir repouffé par deux fois ,
&defait le ſecours que le General Picolomini y vou -
loit ietter. Il donna , & remporia en fuite le fameux com- bat de S. Nicolas , où les ennemis eurent plus dedeux mil.
lehommes tuez ſur la place,
GALANT. 79
&perdirent leur Canon.Etant
au ſiege de Chinay qu'il atta- quoit, & qu'il rangea fous l'obeïffance du Roy, il apprit que
le Ducde Lorraine , &le General Lamboy, veroient au ſecours de la Place , & avoient
déja attaqué la Garde; & quoi que bleſſé à la cuiffe d'un coup de Fauconeau , il ſe la fit en.
veloper ,& s'eſtant fait iet -
ter à cheval , il obligea les en- nemis à ſe retirer apres une perte confiderable. Il com -
mandoit l'Aifle gauche à la Bataille de Rocroy, il y fit des
actions furprenantes , & il y
eut deux coups de piſtolet ,
deux coups d'épée , & deux
chevaux tuez ſous luy, II
fut enfuite fait Gouverneur
de Lorraine , puis Lieutenant
D 4
80 LE MERCURE
General, apres quoy il prit Lonouydans ſonGouvernement,
& fauva Courtray en s'y jettant avec deux- mille hommes , qu'il fit paſſer à la veuë des ennemis. Il ſe ſignala au Siege d'Ypres , & à la bataille
de Lens, où il rompit la Cava- leriedes ennemis , &la pour- fuivit juſques à Douay , d'où il ramena quinze cens priſon -
niers. Il repaſſa en ſuite en Lorraine , en chaſſa les ennemis avecunCorps moins con- fiderable , & ſauva Nancydu peril qui le menaçoit. Il prit quelque temps apres la Ville de Ligny, où il receut un coup de mouſquer à la gorge que l'on crut mortel.
Iem'imagine Madame, qu'e liſant cette Lettre vous vous
GALANT. 81
eſtes déja interrompuë vous- meſme pluſieurs fois , & que vous avez dit que j'avois ou- blié à vous marquer en quel temps M. de la Ferté avoit eſté faitMareſchal de France : cependant leRoyneluy fit l'hon- neur de luy envoyer le Bâton,
qu'apres la priſe de Ligny. Il fut à peine guery du coup qu'il y receut , qu'il reprit les Vil- les de Chartey ſur la Moſelle,,
Mirecourt , Neuchaſteau , &
remit ſous l'obeïſſance du Roy toutes les Places qui avoient
eſté priſes en Lorraine. Deux
ans apres il prit. Mouzon avec Monfieur de Turenne ; puis
avec un Corps de Troupes qu'il commandoit ſeul , il empeſchale Ducde Lorrainede ſecourir Sainte Menehouſt, &
DS
8. LE MERCURE
Quelque temps aprés il pric Befort en Hyver; & la mef- me année , ayant rejointMon- ſieur de Turenne , il fut à l'attaquedes Lignes d'Arras, où il
entrades premiers, &où il eut un cheval tué ſous lay. La meſme Campagneil pritCler- monten Argone. Il fut l'an- née ſuivante au Siege de Landrecies avec Monfieur de Turenne , puis en estant feparé il ſe ſignala au fameux paſſage de l'Eſcaut à la Neufville prés Bouchain. Il facilita quelque temps apres la priſe de Condé &deS. Guilhain; & il auroit
pris Valenciennes fans le deftin de Monfieur le Prince- ;
N'admirez- vous pasMada- mece long enchaînement de
bonheur, qui n'auroit pû du
GALANT. 83
rer ſi long- temps , fi ce grand
Capitaine n'cuſt en autant de
conduite & de prudence que
de Valeur. La fortune qui
n'abandonne gueres les veri- tables Braves, fit bientoſt voir
qu'elle ne l'avoit pas quitté pourlongtemps,puis qu'onluy D
vit prendre les années ſuivan- tes Montmedy &Gravelines,
&que le Roy le fit fon Lieute-
- nant General , lors qu'il par- tit pour aller à Marfal. Je ne
parle point des Convoys &
des ſecours qu'il a defaits, des Quartiers qu'il a enlevez , &
des Chaſteaux qu'il a pris , &
le détail en ſeroit trop long.
Peut eſtre même que ceuxqui
verront cette lettre, &qui admireront le plus tant debelles
actions,dirõt que ic ne vous ay
84 LE MERCURE promis de vous manderque ce qui ſe paſſe de nouveau : mais
Madame , outre que vous l'a- vez ſouhaité , ie croy qu'elles ne déplairont pas, & qu'eſtant ainſi ramaſſées elles paroîtront
aſſez curieuſes , pour meriter que ie me fois un peu éloigné demonſujet.
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Résumé : Abregé des belles Actions de ce Marêchal. [titre d'après la table]
Le texte décrit les exploits militaires du maréchal de la Ferté, un homme ayant accompli de nombreuses actions remarquables au cours de sa carrière. Il a participé à divers sièges et batailles, notamment ceux de La Rochelle, Privas, Suze, Moyenvic, Trèves et Aveines. Lors du siège de Privas, il a été blessé par un coup de mousquet au visage. Pour ses actions à Hedin, le roi l'a nommé maréchal de camp. Il s'est particulièrement distingué lors de la bataille de Rocroy, où il a été blessé à plusieurs reprises, ce qui lui a valu les titres de gouverneur de Lorraine et de lieutenant général. Il a pris plusieurs villes, comme Lonuy et Courtray, et s'est illustré lors des sièges d'Ypres et de Lens. Il a également sauvé Nancy et pris la ville de Ligny, où il a été grièvement blessé. Après cette victoire, le roi lui a décerné le bâton de maréchal de France. Sa carrière se poursuit avec la prise de villes telles que Chartey, Mirecourt et Neuchâteau, et il a empêché le duc de Lorraine de secourir Sainte Menehoult. Il a également participé à l'attaque des lignes d'Arras et au siège de Landrecies. Sa carrière est marquée par une série de succès militaires et de prises de villes stratégiques, démontrant sa valeur, sa conduite et sa prudence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 187-189
LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, à Son Altesse Royale.
Début :
Toute la France a pris part à cette Victoire; & / Monseigneur, Je n'oserois quasi mesler ma voix au bruit des [...]
Mots clefs :
Louanges, Altesse royale, Valeur, Triomphe
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, à Son Altesse Royale.
Toute la France a pris part
àcette Victoire; &le jour même que Monfieur le Duc de S.Aignan l'aprit ,il en témoi- gnaſa joye à SonAlteſſeRoya- le par unelettre que voicy.
GALANT. 13.5
1
LETTRE DE MONSIEVR
le Duc de S.Aignan , à Son AlteſſeRoyale.
M°
ONSEIGNEVR,
Ien'oferois quasi mester mavoix au bruit des applaudiffemens & des loüanges qui vous font deues,&quevous recevezde
toutes parts. Mais , MONSEI- GNEVR,monprofond respectpour
VOSTRE ALTESSE ROYALE,
1
fijosey adjoûter ce mot, mon estime tres parfaite , me font prendre cette liberté. Voila
MONSEIGNEVR , deglorieuses fuites des premieres marques de cette valeur naiſſante dont j'avois esté témoin ily avingtansau
6
fiegedeMontmedy.le ne doutepas que dans une action fi glorieuse
136 LE MERCURE
-
vous nefoyez plus Satisfait d'a- voirvaincu pourle Roy, que d'avoir vaincu par vous même.
Triomphez , MONSEIGNEVR,
de reſte des ennemisdont vousvenez defurmonterunfi grand nom- bre; &foyez,s'il vous plaiſt,bien persuadé que personne ne s'inte- reffe plus que reſuis en voſtre con- Servation , nynepeut eftre avec
plus de respect que moy ,
MONSEIGNEUR,
DeVostreAlteffe Royale,
Letres humble, tres-obeïffant &tres- ſoûmisServiteur,
LEDUCDES.AIGNAN
DeParis le 13, d'Avril 1677
àcette Victoire; &le jour même que Monfieur le Duc de S.Aignan l'aprit ,il en témoi- gnaſa joye à SonAlteſſeRoya- le par unelettre que voicy.
GALANT. 13.5
1
LETTRE DE MONSIEVR
le Duc de S.Aignan , à Son AlteſſeRoyale.
M°
ONSEIGNEVR,
Ien'oferois quasi mester mavoix au bruit des applaudiffemens & des loüanges qui vous font deues,&quevous recevezde
toutes parts. Mais , MONSEI- GNEVR,monprofond respectpour
VOSTRE ALTESSE ROYALE,
1
fijosey adjoûter ce mot, mon estime tres parfaite , me font prendre cette liberté. Voila
MONSEIGNEVR , deglorieuses fuites des premieres marques de cette valeur naiſſante dont j'avois esté témoin ily avingtansau
6
fiegedeMontmedy.le ne doutepas que dans une action fi glorieuse
136 LE MERCURE
-
vous nefoyez plus Satisfait d'a- voirvaincu pourle Roy, que d'avoir vaincu par vous même.
Triomphez , MONSEIGNEVR,
de reſte des ennemisdont vousvenez defurmonterunfi grand nom- bre; &foyez,s'il vous plaiſt,bien persuadé que personne ne s'inte- reffe plus que reſuis en voſtre con- Servation , nynepeut eftre avec
plus de respect que moy ,
MONSEIGNEUR,
DeVostreAlteffe Royale,
Letres humble, tres-obeïffant &tres- ſoûmisServiteur,
LEDUCDES.AIGNAN
DeParis le 13, d'Avril 1677
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Résumé : LETTRE DE MONSIEUR le Duc de S. Aignan, à Son Altesse Royale.
Le Duc de Saint-Aignan adresse une lettre à Son Altesse Royale le 13 avril 1677, exprimant sa joie et son admiration pour une récente victoire. Il souligne que toute la France a contribué à cette victoire et rappelle avoir observé la valeur naissante de Son Altesse Royale lors du siège de Montmédy, vingt ans plus tôt. Le Duc espère que Son Altesse Royale sera satisfait d'avoir combattu pour le roi et par lui-même. Il encourage Son Altesse Royale à triompher des ennemis restants et assure de son intérêt pour la conservation de Son Altesse Royale. La lettre se conclut par des marques de respect et de soumission.
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3
p. 200-225
Noms et Eloges de tous ceux qui se sont signalez à la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Début :
Ce n'est pas sans raison que j'ay donné le nom [...]
Mots clefs :
Journée de Cassel, Signaler, Maréchaux, Valeur, Bataille, Ennemis, Marquis, Courage, Chevalier, Siège
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texteReconnaissance textuelle : Noms et Eloges de tous ceux qui se sont signalez à la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
Ce n'eſt pas ſans raiſon que i'ay donné le nomde grande
à la journéede Caſſel, puis que ie n'en puis trouver la fin , &
que
GALANT. 145
- que ie n'ay pas encore com- mencé à parlerde ceux qui s'y ſont ſignalez ; les voicy.
1
B
1
Je ne vous dis rien deMeſſieurs les Maréchaux qui ont commandé les Aifles ; vous
avez veu ce qu'ils ont fait ,
dans ceque j'ay tiré des plus fidelles Relations. LesGeneraux ſont l'ame des Armées ,
ceſont eux qui les font mou- voir, &quandune Bataille eſt
gagnée , on peut aſſurer qu'ils y ontbeaucoup contribué.
Je vous parlerois de Monſicurle Chevalierde Lorraine,
ſi ie pouvois vous dire tous les endroits par leſquels ie ſçay qu'il a parr au ſuccésdela me- morable journée de Caſſel ; il ya fait paroiſtre cette même valeur que la Hollande & la
Tome 2. G
146 LE MERCURE Comté ontadmiréeavecétonnement , encor qu'elle fuſt oc cupée contre leurs Places , &
on ne devoit pas moins atten- dre du zele qu'ila pour le Roy
&pour la gloire de S. A. R. Monfieur le Prince de Soubiſe a montréune ſi grande vigilance , que les ennemis qui pouvoient tenter de ſon coſté
le paſſage du ſecours qu'ils vouloient jetter dans S.Omer,
n'oferent iamais l'entrepren- dre. Ileſt de la maiſon de Rohan.Tout le mõde en connoit
la grandeur& l'antiquité , &il
ſuffitdecenompour faireconnoiſtre qu'apres nos Maiſtres
&ceux de leur Sang , Mon- ſieur de Soubile ne voit prefque rien audeſſusdeluy.Lafa- geffe de courage,&la civilitéde
semoT
:
GALANT. 147
i
cePrince,ne le font pas moins confiderer que fa bonne mit ZDE DELAY
ne,donton neſe taiſt pas paryon
my le beau Sexe.
☐ Monfieur le Comtedu Plea
fis-Praflin a forcé les ennemis
en pluſieurs, endroits. Son
nom fait connoiſtre la glo- rieuſe Race dont il eſt ſorty.
La valeur qui l'accompagne dans toutes les occafions de
guerreoù il ſe trouve,&la ma- niere dont il conduit les troupesquiſontſous fontcomman- dement,font voir qu'il eſt le digneSangdeces grands Marê- chaux de France qui ſe ſont ſignalez en tant d'occaſions celebres , & particulierement
de feu Monfieur le Marefchal du Pleſfis fon Pere. Ses grandes actions ne font ignoGij
148 LE MERCURE
rées de perſonne , & l'on oublîrajamais le fameux Siegede Rozes,nyla Bataille deRhetel,
qui rétablit les affaires deFran- ce , que la guerre Civile avoit miſes endeſordre.
Modela Cardoniere a fait
desactions ſurprenantes,&fon jugement & fa preſenced'ef- prit n'ont pas moins contribué augainde laBataille, que fon grand courage ; il a paffé par tous les emplois de la Guerre,
ſans que ſes bleſſures l'ayent iamais empêché de ſe trouver dans les occafions les plusha- zardeuſes , où ſa valeur & fa
prudence ſe ſont toûjours é- galement ſignalées. Il a fou- vent ſervy à r'allier des trou- pes en defordre , & à faire paſſer la Victoire du coſté
E GALANT. 149
1
où il s'eſt rencontre. ) いよ
Monfieur d'Albret a pouffé les ennemis avec une vigueur incroyable , & les a chaffez d'un Poſte où ils eſtoient en
beaucoup plus grand nombre.
Il eſt FilsdeMonfieurde Pont,
Aiſné de la maiſon d'Albret ,
&Neveu &Gendre du fea
Maréchal de ce nom , dont la valeur, la fidelité, &la fermeté
dansles occafions où il a fallu foûtenir les intereſts du Roy
&de la Reyne Mere, ont paru avec éclat.Monfieur d'Albret
dont ie parle icy marche ſur ſes traces; il eſt bien fait , il a
del'eſprit , de la bonne mine ,
&un air noble qui perfuadeai- ſément qu'il est né des Heros
decenomquiont portéautre- fois la Couronne de Navarre.
Giij
150 LE MERCURE
Tout ce qu'il a fait depuis la plus grande jeuneſſe , répond à la grandeur de ſa naiſſance.
::On ne peut aller chercher
les ennemis avec plus d'ardeur
que fit M. le Chevalier de Sourdis. Il paffa des premiers le ruiſſeau qui ſeparoitles deux Armées , &il afervy pendant tout le combat avec une activité ſans pareille. Il a ſouvent
receu desOrdresdeMonfieur,
quele feu des ennemis ne luy a'point empêché de porter. Il
eſt fils de M. le marquis de
Sourdis Chevalier des Ordres
du Roy, &Gouverneurd'Or- leans &d'Amboiſe , petit ne- veu de feu M. le Cardinal de
Sourdise& de M. l'Archeveſquende Bordeaux , fi fameux pour avoir commandé les Ar111
GALANT. ISI
mées du Roy ſur la Mer pen- dantpluſieurs Campagnes ſous le regne de Loüis XIII. Il a
- commencé de bonne heure à
faire voir la valeur d'un ſoldat
déterminé, ſoûtenuëd'une fort
grande ſageſſe,&il ne fautpas s'eſtonner ſi ayant autant d'in.
telligence qu'il en a au meſtier de la Guerre , on l'y a veu en peu de temps honoré des plus - grands emplois.
1 Monfieur de Revel, frerede
Monfieur deBroglio, s'eſt auf- fi fort diftingué. Il eſt d'une Famille toute pleinede cœur ,
&il a toûjours fait des actions dignes de fa naiſſance, &de la valeur de ſes Peres.
Monfieur le ChevalierFourbin, &M.le marquis de Jauvel- le, ont cõbatu avec une valeur
:
Giiij
152 LE MERCURE extraordinaire ; mais ils n'ont
pas ſeulement payé de leur perſonne, puis que leur exem- ple a inſpiré aux Mouſquetai- res les actions qu'ils ontfaites ;
Il eſt ſans doute fort ſurpre- nant que tous botez & l'épée à la main ſeulement , ils ayent attaqué & défait les Bataillons
heriſſez de piques.
La vigilance de Monfieur de Tracy a beaucoup contribué au gain de la Bataille. Voicy cequel'on ditde luy dans une Relation. Monsieur de Tracy amena leſecours de Cambrayavec une telle diligence, que sur l'avis qu'il eut àBethune où ildevoitfe- journer,queM.estoit àlaveillede donner une Bataille, ilfitfaire en- cor buit lieues à l'Infanterie qu'il conduiſoit , &la fit marcherau
:
GALANT... 153 clairdela lune. C'eſt un fort
ancien Officier , & qui paffe pour un tres honneſte hom- me; il eſt toutcouvertdecoups;
il a donné des marques de ſon courage dés le premier Siege de Condé , où il eut une jam- becaffée; il receut au Siege de Tournay uncoupdans la teſte quiluy fracaſſoit la bouche; il a eſté Major General de l'Armée pendant cinq ans ſousM.
le Prince en Hollande, & fous
M.deTurenne en Allemagne;
il a eſté bleſſé legerement au
Siege de Valenciennes,& s'eſt ſignalé à la Bataille de Caffel.
Il eſt Onclede madame laPre
ſidente de Neſmond.
Onne peutdonner plus de marques d'intrepidité qu'a fait
Monfieur de Longueval qui
154 LE MERCURE commande les Dragons Dau- phins; ila paſſé le premier le ruiſſeau qui eſtoit entre les ennemis &nos troupes , àla tête de trois mille Dragons. Le Sieur de Leſtelle , ſon marefchal des Logis , receut quatre coups en cette occafion , dont il eſt mort. Monfieur de Lon
gueval , quoy que tres-jeune encor , eft tres ancien dans le
ſervice; il eſt fort aimé de м.
le Prince, qui a ſouvent dit du
biende luy , pour l'avoir veu
combattre à la Bataille de Se
nef. Le Roy luydonna il y a
deuxansleRegimentdes Dra- gons Dauphins, &le prefera à
tous ceux qui le demandoient.
L'année derniere il fut détaché pour donner fur l'Arriere,
gardé du Prince d'Orange , ce
GALANT.
市
155 qu'il fit avec beaucoup de vi- gaeur. Il fut enveloppé par un tres grand nombred'ennemis;
Monfieur de Montal qui eſtoit deſſusune hauteur,s'en apper-- = ceut, &luy ayantenvoyé ordre de ſe retirer,il fut témoin dela
plus judicieuſe Retraite &de la plus belle action que l'on puiffe faire , puis qu'avec tres.
peu de gens ildéfit une partie
des Efcadrons dont il eſtoit
environné.
Je vous aydéja parlé decé qu'a faitMonfieur dePleuvauls:
maiſtre de la garderobe de
Monfieur. Il eſtoit Capitaine de chevaux - legers pendant le Siege d'Arras ; & fa Compagnie eſtant dans la Place ,
il s'y fut jetter avec beaucoup de courage, quoyque mõſieur
:
356 LE MERCURE de Turenne luy en eût repreſenté ledanger. Il ſe diſtingua fort tant que dura ce Siege, &
s'acquit beaucoup de gloire à
celuy de maſtric , où il receut un coup de mouſquet, en fai- ſant faire un logement ſur la contreſcarpe. Cettte action fut
belle,mais ie n'ay pas le temps de vous ladécrire.
Monfieur le Chevalier de
Tauriac , Ayde de Camp de Monfieur , a r'allié dix fois les
Gensd'armes. Monfieurle маrêchal d'Humieres rendit témoignage de ſa valeur à S. A. R. qui le choiſit pour rendre compte au Roy des particu- laritez de la Bataille , & pour luyporterquaranteDrapeaux,
&treize Etendards.
Monfieur le marquis d'e ffiat,
GALANT. 157
comme ie vous ay déia dit ,
avoit eſté envoyé d'abord pour donner avis à Sa Maje- ſté du gain de la Bataille. Je vous parlerois encor de ce Marquis , ſi i'eſtois moins preſſé de finir. Il a du cœur,
le gouſt bon, &une delicateſſe d'eſprit qui ne donne iamais dans le faux brillant dont tant
de monde ſe laiſſe ébloüir.
Monfieur le Chevalier de
Nantouïllet a fait voir autant de cœur qu'il y a d'eſ- prit. Il a toute la reconnoif- ſance imaginable des bontez que Monfieur a pour luy. Il eſt de la Famillede feu Monſieur, le Cardinal de Prat ,
Chancelier de France...
Monfieur de Purnon , pre- mier Maiſtre d'Hoſtel de
198 LE MERCURE Monfieur , & Frere de mon- >
ſieur deTracy , s'eſt pareille- ment fignalé , & quoy que ſa charge ne l'engageât point àſe trouver àla Bataille , il a
voulu eſſuyer les meſmes pe
rils que fon Maiſtre. Monfieur de Merille en a fait autantfans
y eſtre obligé par ſa Charge.
On ne doit pas s'en eſtonner,
on ſçait avec quel zele il fert Monfieur, &combien SonAlteſſe Royale le confidere. Il le merte , & c'eſt un veritable:
honneſte homme.
Monfieur le Chevalier de
Lauſieres , Enſeigne des Gar- des deMonfieur, de la Maiſon
deThemines,adonnédes mar- ques d'une grande valeur , &
d'une grande conduite. Il a
rallié pluſieurs fois les Suiſſes.
GALANT. 159
-
Je croy, Madame , que l'on peut aſſeurer apres cela que la Cour de Monfieur n'eſt compoſée que de gens de merite,
de cœur&d'eſprit.Parlons encor de quelques autres.
Monfieur le Chevalier d'Eſtoge Sous - Lieutenant des Gensd'armes Anglois a eu le bras caffe , & pluſieurs autres coups. Il a donné des marques d'une grande valeur.
Monfieur le Marquis de Barrieres , qui s'estoit diſtingué àValenciennes, s'eſt auffi
fort diftingué dans ce combat.
Monfieur le Marquis de Li- vourne qui commandoit les Gensd'armes Ecoffois , dont
Monfieur le Mareſchal de
Schomberg estoit autrefois
160 LE MERCURE
Colonel , a eu deux chevaux
tuez ſous luy , & il n'a pas te.
nu à fon courage qu'il n'ait eſtétué ouprifonnier , s'eſtant meſlé pluſieurs fois parmy les Ennemis. Le bruit de ſa valeur
donnera en meſme tempsde la
joye & de la crainte à mon -
ſieur le Marquis de Pianeſſe ſon Pere , qui dans les fon -
ctions de Ministre de Savoye,
s'eſt rendu fi illustre par ſa
grande fageſſe , par la fidelité qu'il a gardée envers ſes Maiſtres , & par la prudence avec laquelle il a toûjours fait exe- cuter leurs ordres. Sa pieté qui l'a deſtaché de toutes les choſes du monde, le fait vivre pre- ſentement dans la Retraite
d'où leurs Alteſſes Royales l'ont retiré pluſieurs fois pour
د
GALAN T. 16г
1
recevoir ſesConſeils dans leurs plus preſſfantes affaires. C'eſt dans cetteRetraitequ'il a com- poſe ce beau Livre de l'in -
ſtruction Chreſtienne , que le Pere Bouhours Jeſuite a fi
bien traduit en noſtre Lan -
gue. Monfieur le Marquis de Livourne ſon Fils , eſt Chevalier de l'Ordre de Savoye :
il poſſede tout ce que les Let- tres peuvent fournir pour en- richir un eſprit : ſa prudence,
ſa ſageſſe &ſon habileté qui répondent parfaitement à ſa naiſſance , luy ont ſuſcité des ennemis dans ſon païs , qui l'ont forcé àchercher en France un azile que ſon merite luy a bien toſt fait obtenir &
qui luy a donné des occa -
ſions qu'il n'auroit peut eſtre
د
162 LE MERCURE
pas trouvées ailleurs , de faire
voir qu'il n'eſt pas moins propre pour la guerre , que pour les emplois Politiques MonfieurdeRouvrayd'Ar- guency , Lieutenant de la Venerie , &Sous Lieutenant aux
Gardes dans la Colonelle , a
eſté tué en donnant des marquesde ſa valeur.
Monfieurle Marquis de Laré
Meſtre de Campdu Regiment de Conty,a chaſſé les ennemis d'un Poſte qui leur eſtoit fort
avantageux.
Ie ne vous parle point des morts , des bleſſez , &des pri- fonniers qui ſont dans la liſte qui en a eſté donnée au pu- blic; ils ſont imprimez , &cela fuffit.
En
à la journéede Caſſel, puis que ie n'en puis trouver la fin , &
que
GALANT. 145
- que ie n'ay pas encore com- mencé à parlerde ceux qui s'y ſont ſignalez ; les voicy.
1
B
1
Je ne vous dis rien deMeſſieurs les Maréchaux qui ont commandé les Aifles ; vous
avez veu ce qu'ils ont fait ,
dans ceque j'ay tiré des plus fidelles Relations. LesGeneraux ſont l'ame des Armées ,
ceſont eux qui les font mou- voir, &quandune Bataille eſt
gagnée , on peut aſſurer qu'ils y ontbeaucoup contribué.
Je vous parlerois de Monſicurle Chevalierde Lorraine,
ſi ie pouvois vous dire tous les endroits par leſquels ie ſçay qu'il a parr au ſuccésdela me- morable journée de Caſſel ; il ya fait paroiſtre cette même valeur que la Hollande & la
Tome 2. G
146 LE MERCURE Comté ontadmiréeavecétonnement , encor qu'elle fuſt oc cupée contre leurs Places , &
on ne devoit pas moins atten- dre du zele qu'ila pour le Roy
&pour la gloire de S. A. R. Monfieur le Prince de Soubiſe a montréune ſi grande vigilance , que les ennemis qui pouvoient tenter de ſon coſté
le paſſage du ſecours qu'ils vouloient jetter dans S.Omer,
n'oferent iamais l'entrepren- dre. Ileſt de la maiſon de Rohan.Tout le mõde en connoit
la grandeur& l'antiquité , &il
ſuffitdecenompour faireconnoiſtre qu'apres nos Maiſtres
&ceux de leur Sang , Mon- ſieur de Soubile ne voit prefque rien audeſſusdeluy.Lafa- geffe de courage,&la civilitéde
semoT
:
GALANT. 147
i
cePrince,ne le font pas moins confiderer que fa bonne mit ZDE DELAY
ne,donton neſe taiſt pas paryon
my le beau Sexe.
☐ Monfieur le Comtedu Plea
fis-Praflin a forcé les ennemis
en pluſieurs, endroits. Son
nom fait connoiſtre la glo- rieuſe Race dont il eſt ſorty.
La valeur qui l'accompagne dans toutes les occafions de
guerreoù il ſe trouve,&la ma- niere dont il conduit les troupesquiſontſous fontcomman- dement,font voir qu'il eſt le digneSangdeces grands Marê- chaux de France qui ſe ſont ſignalez en tant d'occaſions celebres , & particulierement
de feu Monfieur le Marefchal du Pleſfis fon Pere. Ses grandes actions ne font ignoGij
148 LE MERCURE
rées de perſonne , & l'on oublîrajamais le fameux Siegede Rozes,nyla Bataille deRhetel,
qui rétablit les affaires deFran- ce , que la guerre Civile avoit miſes endeſordre.
Modela Cardoniere a fait
desactions ſurprenantes,&fon jugement & fa preſenced'ef- prit n'ont pas moins contribué augainde laBataille, que fon grand courage ; il a paffé par tous les emplois de la Guerre,
ſans que ſes bleſſures l'ayent iamais empêché de ſe trouver dans les occafions les plusha- zardeuſes , où ſa valeur & fa
prudence ſe ſont toûjours é- galement ſignalées. Il a fou- vent ſervy à r'allier des trou- pes en defordre , & à faire paſſer la Victoire du coſté
E GALANT. 149
1
où il s'eſt rencontre. ) いよ
Monfieur d'Albret a pouffé les ennemis avec une vigueur incroyable , & les a chaffez d'un Poſte où ils eſtoient en
beaucoup plus grand nombre.
Il eſt FilsdeMonfieurde Pont,
Aiſné de la maiſon d'Albret ,
&Neveu &Gendre du fea
Maréchal de ce nom , dont la valeur, la fidelité, &la fermeté
dansles occafions où il a fallu foûtenir les intereſts du Roy
&de la Reyne Mere, ont paru avec éclat.Monfieur d'Albret
dont ie parle icy marche ſur ſes traces; il eſt bien fait , il a
del'eſprit , de la bonne mine ,
&un air noble qui perfuadeai- ſément qu'il est né des Heros
decenomquiont portéautre- fois la Couronne de Navarre.
Giij
150 LE MERCURE
Tout ce qu'il a fait depuis la plus grande jeuneſſe , répond à la grandeur de ſa naiſſance.
::On ne peut aller chercher
les ennemis avec plus d'ardeur
que fit M. le Chevalier de Sourdis. Il paffa des premiers le ruiſſeau qui ſeparoitles deux Armées , &il afervy pendant tout le combat avec une activité ſans pareille. Il a ſouvent
receu desOrdresdeMonfieur,
quele feu des ennemis ne luy a'point empêché de porter. Il
eſt fils de M. le marquis de
Sourdis Chevalier des Ordres
du Roy, &Gouverneurd'Or- leans &d'Amboiſe , petit ne- veu de feu M. le Cardinal de
Sourdise& de M. l'Archeveſquende Bordeaux , fi fameux pour avoir commandé les Ar111
GALANT. ISI
mées du Roy ſur la Mer pen- dantpluſieurs Campagnes ſous le regne de Loüis XIII. Il a
- commencé de bonne heure à
faire voir la valeur d'un ſoldat
déterminé, ſoûtenuëd'une fort
grande ſageſſe,&il ne fautpas s'eſtonner ſi ayant autant d'in.
telligence qu'il en a au meſtier de la Guerre , on l'y a veu en peu de temps honoré des plus - grands emplois.
1 Monfieur de Revel, frerede
Monfieur deBroglio, s'eſt auf- fi fort diftingué. Il eſt d'une Famille toute pleinede cœur ,
&il a toûjours fait des actions dignes de fa naiſſance, &de la valeur de ſes Peres.
Monfieur le ChevalierFourbin, &M.le marquis de Jauvel- le, ont cõbatu avec une valeur
:
Giiij
152 LE MERCURE extraordinaire ; mais ils n'ont
pas ſeulement payé de leur perſonne, puis que leur exem- ple a inſpiré aux Mouſquetai- res les actions qu'ils ontfaites ;
Il eſt ſans doute fort ſurpre- nant que tous botez & l'épée à la main ſeulement , ils ayent attaqué & défait les Bataillons
heriſſez de piques.
La vigilance de Monfieur de Tracy a beaucoup contribué au gain de la Bataille. Voicy cequel'on ditde luy dans une Relation. Monsieur de Tracy amena leſecours de Cambrayavec une telle diligence, que sur l'avis qu'il eut àBethune où ildevoitfe- journer,queM.estoit àlaveillede donner une Bataille, ilfitfaire en- cor buit lieues à l'Infanterie qu'il conduiſoit , &la fit marcherau
:
GALANT... 153 clairdela lune. C'eſt un fort
ancien Officier , & qui paffe pour un tres honneſte hom- me; il eſt toutcouvertdecoups;
il a donné des marques de ſon courage dés le premier Siege de Condé , où il eut une jam- becaffée; il receut au Siege de Tournay uncoupdans la teſte quiluy fracaſſoit la bouche; il a eſté Major General de l'Armée pendant cinq ans ſousM.
le Prince en Hollande, & fous
M.deTurenne en Allemagne;
il a eſté bleſſé legerement au
Siege de Valenciennes,& s'eſt ſignalé à la Bataille de Caffel.
Il eſt Onclede madame laPre
ſidente de Neſmond.
Onne peutdonner plus de marques d'intrepidité qu'a fait
Monfieur de Longueval qui
154 LE MERCURE commande les Dragons Dau- phins; ila paſſé le premier le ruiſſeau qui eſtoit entre les ennemis &nos troupes , àla tête de trois mille Dragons. Le Sieur de Leſtelle , ſon marefchal des Logis , receut quatre coups en cette occafion , dont il eſt mort. Monfieur de Lon
gueval , quoy que tres-jeune encor , eft tres ancien dans le
ſervice; il eſt fort aimé de м.
le Prince, qui a ſouvent dit du
biende luy , pour l'avoir veu
combattre à la Bataille de Se
nef. Le Roy luydonna il y a
deuxansleRegimentdes Dra- gons Dauphins, &le prefera à
tous ceux qui le demandoient.
L'année derniere il fut détaché pour donner fur l'Arriere,
gardé du Prince d'Orange , ce
GALANT.
市
155 qu'il fit avec beaucoup de vi- gaeur. Il fut enveloppé par un tres grand nombred'ennemis;
Monfieur de Montal qui eſtoit deſſusune hauteur,s'en apper-- = ceut, &luy ayantenvoyé ordre de ſe retirer,il fut témoin dela
plus judicieuſe Retraite &de la plus belle action que l'on puiffe faire , puis qu'avec tres.
peu de gens ildéfit une partie
des Efcadrons dont il eſtoit
environné.
Je vous aydéja parlé decé qu'a faitMonfieur dePleuvauls:
maiſtre de la garderobe de
Monfieur. Il eſtoit Capitaine de chevaux - legers pendant le Siege d'Arras ; & fa Compagnie eſtant dans la Place ,
il s'y fut jetter avec beaucoup de courage, quoyque mõſieur
:
356 LE MERCURE de Turenne luy en eût repreſenté ledanger. Il ſe diſtingua fort tant que dura ce Siege, &
s'acquit beaucoup de gloire à
celuy de maſtric , où il receut un coup de mouſquet, en fai- ſant faire un logement ſur la contreſcarpe. Cettte action fut
belle,mais ie n'ay pas le temps de vous ladécrire.
Monfieur le Chevalier de
Tauriac , Ayde de Camp de Monfieur , a r'allié dix fois les
Gensd'armes. Monfieurle маrêchal d'Humieres rendit témoignage de ſa valeur à S. A. R. qui le choiſit pour rendre compte au Roy des particu- laritez de la Bataille , & pour luyporterquaranteDrapeaux,
&treize Etendards.
Monfieur le marquis d'e ffiat,
GALANT. 157
comme ie vous ay déia dit ,
avoit eſté envoyé d'abord pour donner avis à Sa Maje- ſté du gain de la Bataille. Je vous parlerois encor de ce Marquis , ſi i'eſtois moins preſſé de finir. Il a du cœur,
le gouſt bon, &une delicateſſe d'eſprit qui ne donne iamais dans le faux brillant dont tant
de monde ſe laiſſe ébloüir.
Monfieur le Chevalier de
Nantouïllet a fait voir autant de cœur qu'il y a d'eſ- prit. Il a toute la reconnoif- ſance imaginable des bontez que Monfieur a pour luy. Il eſt de la Famillede feu Monſieur, le Cardinal de Prat ,
Chancelier de France...
Monfieur de Purnon , pre- mier Maiſtre d'Hoſtel de
198 LE MERCURE Monfieur , & Frere de mon- >
ſieur deTracy , s'eſt pareille- ment fignalé , & quoy que ſa charge ne l'engageât point àſe trouver àla Bataille , il a
voulu eſſuyer les meſmes pe
rils que fon Maiſtre. Monfieur de Merille en a fait autantfans
y eſtre obligé par ſa Charge.
On ne doit pas s'en eſtonner,
on ſçait avec quel zele il fert Monfieur, &combien SonAlteſſe Royale le confidere. Il le merte , & c'eſt un veritable:
honneſte homme.
Monfieur le Chevalier de
Lauſieres , Enſeigne des Gar- des deMonfieur, de la Maiſon
deThemines,adonnédes mar- ques d'une grande valeur , &
d'une grande conduite. Il a
rallié pluſieurs fois les Suiſſes.
GALANT. 159
-
Je croy, Madame , que l'on peut aſſeurer apres cela que la Cour de Monfieur n'eſt compoſée que de gens de merite,
de cœur&d'eſprit.Parlons encor de quelques autres.
Monfieur le Chevalier d'Eſtoge Sous - Lieutenant des Gensd'armes Anglois a eu le bras caffe , & pluſieurs autres coups. Il a donné des marques d'une grande valeur.
Monfieur le Marquis de Barrieres , qui s'estoit diſtingué àValenciennes, s'eſt auffi
fort diftingué dans ce combat.
Monfieur le Marquis de Li- vourne qui commandoit les Gensd'armes Ecoffois , dont
Monfieur le Mareſchal de
Schomberg estoit autrefois
160 LE MERCURE
Colonel , a eu deux chevaux
tuez ſous luy , & il n'a pas te.
nu à fon courage qu'il n'ait eſtétué ouprifonnier , s'eſtant meſlé pluſieurs fois parmy les Ennemis. Le bruit de ſa valeur
donnera en meſme tempsde la
joye & de la crainte à mon -
ſieur le Marquis de Pianeſſe ſon Pere , qui dans les fon -
ctions de Ministre de Savoye,
s'eſt rendu fi illustre par ſa
grande fageſſe , par la fidelité qu'il a gardée envers ſes Maiſtres , & par la prudence avec laquelle il a toûjours fait exe- cuter leurs ordres. Sa pieté qui l'a deſtaché de toutes les choſes du monde, le fait vivre pre- ſentement dans la Retraite
d'où leurs Alteſſes Royales l'ont retiré pluſieurs fois pour
د
GALAN T. 16г
1
recevoir ſesConſeils dans leurs plus preſſfantes affaires. C'eſt dans cetteRetraitequ'il a com- poſe ce beau Livre de l'in -
ſtruction Chreſtienne , que le Pere Bouhours Jeſuite a fi
bien traduit en noſtre Lan -
gue. Monfieur le Marquis de Livourne ſon Fils , eſt Chevalier de l'Ordre de Savoye :
il poſſede tout ce que les Let- tres peuvent fournir pour en- richir un eſprit : ſa prudence,
ſa ſageſſe &ſon habileté qui répondent parfaitement à ſa naiſſance , luy ont ſuſcité des ennemis dans ſon païs , qui l'ont forcé àchercher en France un azile que ſon merite luy a bien toſt fait obtenir &
qui luy a donné des occa -
ſions qu'il n'auroit peut eſtre
د
162 LE MERCURE
pas trouvées ailleurs , de faire
voir qu'il n'eſt pas moins propre pour la guerre , que pour les emplois Politiques MonfieurdeRouvrayd'Ar- guency , Lieutenant de la Venerie , &Sous Lieutenant aux
Gardes dans la Colonelle , a
eſté tué en donnant des marquesde ſa valeur.
Monfieurle Marquis de Laré
Meſtre de Campdu Regiment de Conty,a chaſſé les ennemis d'un Poſte qui leur eſtoit fort
avantageux.
Ie ne vous parle point des morts , des bleſſez , &des pri- fonniers qui ſont dans la liſte qui en a eſté donnée au pu- blic; ils ſont imprimez , &cela fuffit.
En
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Résumé : Noms et Eloges de tous ceux qui se sont signalez à la Bataille de Cassel. [titre d'après la table]
La bataille de Cassel est décrite comme une 'mémorable journée' par l'auteur, mettant en lumière le courage et la valeur de plusieurs généraux et officiers. Les maréchaux et généraux sont particulièrement salués pour leur rôle crucial dans la victoire. Parmi les officiers distingués, on trouve le Chevalier de Lorraine, le Prince de Soubise, le Comte du Pleufis-Praslin, Modèle Cardonnière, le Marquis d'Albret, le Chevalier de Sourdis, le Chevalier de Revel, le Chevalier Fourbin, le Marquis de Jauvelle, le Marquis de Tracy, le Marquis de Longueval, le Chevalier de Tauriac, le Marquis d'Effiat, le Chevalier de Nantouillet, le Chevalier de Purnon, le Chevalier de Merille, le Chevalier de Lausieres, le Chevalier d'Estoge, le Marquis de Barrières, le Marquis de Livourne, et le Marquis de Laré. Le Marquis de Livourne, fils du Marquis de Pianesse, est particulièrement noté pour sa valeur et sa prudence. Le texte mentionne brièvement les morts, blessés et prisonniers sans les détailler.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 193-209
« Il me souvient, Madame, que je vous ay déja parlé [...] »
Début :
Il me souvient, Madame, que je vous ay déja parlé [...]
Mots clefs :
Valeur, Cambrai, Famille, Tranchée, Chevalier, Citadelle, Marquis, Ennemis, Contrescarpe, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il me souvient, Madame, que je vous ay déja parlé [...] »
Il me ſouvient,Madame, que je vous aydéja parlépluſieurs foisdela Famille de Monfieur
le Maréchal de la Feüillade,
&du merite particulier de ce Duc. Vous ſçavez ce qu'il
GALANT. 143 a fait en Hongrie, en Candie,
& en France , &je puis vous ☐ aſſurer qu'il a continué à don- ner pendant cette Campagne des marquesde ſa valeur &de fon grand zele pour la gloire du Roy. L'un & l'autre ont pa.
ru devat la Citadellede Cambray , & je vous ay marqué qu'il attendoit luy-même au pied de la Bréche la réponſe de ceux qu'il yavoit fait mon- ter pour reconnoître l'état des
Ennemis. Quelques jours au- paravant un Boulet de Canon avoit paſſe ſous le ventre de ſon Cheval, & il avoit penſé en eſtre tué.
S
Monfieur le Mareſchal de
Lorge a beaucoup contribué à la priſe de la Contreſcarpe.
Il eſt de la Maiſon de Duras,
qui eſt une des plus Illuſtres
144 LE MERCURE
deGuienne. Il a ſervy tres-uti- lement le Roy en Italie. On
ne peut s'attacher avec une
plus grande application au mêtier de la Guerre , & il a fi bien étudié ce grand Art ſous feu MonfieurdeTurenne fon
Oncle, qu'il en met toutes les
manieres en pratique lors que l'occaſion s'en preſente. La fameuſeRetraite qu'il fit apres la mort de ce grand Homme,
àla veuë d'une Armée beaucoup plus forte que la ſienne,
fait beaucoup mieux ſonElo- ge,que tout ce que j'en pour- rois dire.
Je ne parle point icy des Of- ficiers Generaux , ils ſe ſont
montrez dignes du choix de Sa Majesté, & je ne ferois en
vous entretenant de leurs
GALANT. 145 - actions paſſées que vous re- peter ce que je vous ay déja ditend'autres endroits. Al'é-
■ gard de Cambray , on ne peut douter qu'ils n'ayent fait voir - & beaucoup de conduite &
1 beaucoup de valeur,puis qu'ils ont tour à tour monté la
- Tranchée , & que dans les occafions les plus perilleuſes ils ont les premiers eſſuyé le feu des Ennemis àla tête des
Troupes qu'ils commădoient.
Monfieur le Prince d'Elbeuf,
Aydede Camp du Roy, a fait voir une ardeur fi boüillante,
que ſi on ne l'eût ſouvét rete- nu de force, il ſe ſeroit expoſé à tous les perils du Siege,Mõ- ſieur le Comte d'Auvergne ne voulant point le laiſſer al- ler àl'attaque des deux De
146 LE MERCURE
my-lunes,ce Prince fit ce qu'il put pour ſe dérober de luy, &
rien ne le put empêcher d'y venir à la fin de l'attaque; mais le peril ſe trouva alors plus grand , parce que les Enne- mis ne tirerent de leurs Remparts quelors que leurs Gens furent fortis des Demy-lunes,
de peur de tirer fur eux. Ce Prince y demeura tant qu'on fit le Logement , & fut pen- dant tout ce temps expoſé au feudes Ennemis. Il étoit auſſi
àl'artaque de la Contreſcarpe.
Monfieur le Chevalier de
Feuquieres qui s'eſt diſtingué au Siege de la Citadelle , eſt Fils de Monfieur le Marquis de Feuquieres Gouverneur de Verdun , & Ambaſſadeur en Suéde,petit- Fils du fameux
Marquis
GALANT. 147
Marquis de Feuquieres , qui a commandé fi long-temps les Armées du feu Roy en Al- lemagne : l'Hiſtoire eſt rem- plie de ſes Victoires , & des fameuſes Negotiations qu'il a faites aupresde la plusgran- de partie des Princes Etrangers. Le Chevalier dont nous
parlons eſt bien fait, &il don- ne tous les jours marques de ſa valeur.
de nouvelles
La mort de Monfieur leLYON
Marquis de Renel ne medoit 8435
pas empécher de parler de luy , & je croy devoir rendre juſtice àſa memoire. Sa Valeur étoit connuë , il avoit des
Amis du premier rang , & il étoit aiméde ſon Maître. Ce
n'eſt pas d'aujourd'huy que le Titre de Marquis eſt dans
Tome 3 . G
148 GALANT.
ſa Famille , & l'Hiſtoire nous parle d'un Marquis de Renel Gouverneur de Vitry qui fu- tué en 1615 en voulant em- peſcher la jonction de ſix cent Reïſtres àl'Armée des Princes. On ne peut douter de la Nobleſſe de cette Famille
puisqu'elledeſcendde la Mai- ſond'Amboiſe , ſi connuë das
toutes nos Hiſtoires. La douleur que Madame la Marqui- ſe de Renel ſent encor tous les
jours dela pertequ'elle a faite,
ſeroit difficile à exprimer.El- le aimoit celuy qu'elle pleure avecunetendreſſe inconcevable;mais cette tendreſſe n'empeſchoit pointqu'elle ne facri- fiât toutes chofes , afin qu'il puſt ſervir ſon Prince en hom- mede ſaQualité.
LE MER CURE 149 Monfieur le Vicomte de
1 Meaux , Fils de Monfieur dę
Betune ,&petit- Fils de Monfieur le Duc d'Orval , s'eſt
trouvé dans toutes les occafions de vigueur ; & l'on n'en ſçauroit douter, puis qu'il a re- çeupendant le ſeul Siege dont nous parlonsjuſqu'à fix coups,
dont heureuſement pour luy il a eſté quite pour quel- ques contufions. Monfieur le Duc d'Orval dont je vous parle , eſt Fils de Monfieur le Duc de Sully , Favory de
Henry IV.
s
Monfieur le Comte de la
Vauguyon s'eſt ſignalé en en- trant le troifiéme dans la Contreſcarpe. Il a eſté Chambella
deMonfieur. Il eſt d'une tresbonne Famille de Poitou , &
fon Pere a eu des Emplois
Gij
ISO LE MERCURE confiderables dans les Indes.
Monfieur 'le Vicomte de
Corbeil , Fils de Monfieur le
Comte de Bregy , Lieutenant General , & autrefois Ambaffadeur Extraordinaire en Pologne , s'eſt trouvé à toutes les attaques de la Citadelle de Cambray , & ne s'y eſt pas trouvé des derniers. Il eſt ſi
modeſte là-deſſus , & donne
tant de loüanges à tous ceux qui s'y ſont ſignalez,qu'il ſem- ble qu'il ne croye pas en me- riter : cependant il eſt impof- fiblede raiſonner de la maniere qu'il fait ſur tout ce qui s'y eſt paffé de plus particulier ,
ſans avoir eſté exposé aux plus grands périls. Il ſçait le mêtier de la Guerre,il entend
GALANT. 151 les Fortifications,&il en parle
auſſi juſte que Madamela Co- teſſe de Bregy ſa Mere écrit agreablement.Je n'oſe vous en dire davantage, ſçachat qu'el- le cache avec grand foin tou- tes les belles productions de ſon eſprit , &qu'elle ne ſe ré- ſout qu'avec peine à les com- muniquer à ceux à qui elles ſe cofie le plus.Elle al'eſprit bril- lant &folide tout enſemble,
&donne un tour ſi agreable à
tout ce qu'elle dit , qu'on ne
- ſort jamais d'avec elle ſans étre charméde ſa converſatio.Elle
eſt genereuſe, & fert ſes Amis
avec une ardeur qu'on ne peut affez loüer. Jugez , Mada- me, ſi ce n'eſt pas avec raiſon que tant de belles qualitez Giij
152 LE MERCURE luy ont acquis l'eſtime parti- culiere de Leurs Alteſſes
Royales ; mais le zele qui m'enporte en parlant d'une Perſonne qui a tant de merite,
me fait oublier que je ſuis en- cor devant la Citadelle de
Cambray,ou du moins quej'y dois étre. Il eſt temps d'en être. Il eſt temps d'enfortir fi
jeveuxvous mander d'autres Nouvelles. Achevons donc
en deux mots , & diſons que
les Pages du Roy ont tous fais voir une valeur digne de la
naiſſance qu'il faut avoir pour obtenir un Poſte ſi avantageux. Il s'en trouvoit tous les jours deux à la tête desBatail- lonsquimontoient les Gardes des Tranchées ; Sa Majesté l'avoit ordonné ainſi pour les
GALANT. 153 empêcher d'y aller tous. Ce- pendant il étoit ſouvent diffi- cile de les retenir.
Je vous parlerois icy de Monfieur du Mets , ſi je n'é- tois accablé par la matiere.
C'eſt un Article que je fuis
obligéde remettre àune autre fois , &de finir en vous diſant qu'il nemérite pas moins de loüanges pour ſa vigilance &
fes foins , que Monfieur de Vauban pour les grands &
prodigieux Travaux qu'il a
fait faire , & qu'il a fi bien,
conduits ; ayant particuliere- ment recherché les moyens ,
d'épargner le fang , enq
le Maréchal de la Feüillade,
&du merite particulier de ce Duc. Vous ſçavez ce qu'il
GALANT. 143 a fait en Hongrie, en Candie,
& en France , &je puis vous ☐ aſſurer qu'il a continué à don- ner pendant cette Campagne des marquesde ſa valeur &de fon grand zele pour la gloire du Roy. L'un & l'autre ont pa.
ru devat la Citadellede Cambray , & je vous ay marqué qu'il attendoit luy-même au pied de la Bréche la réponſe de ceux qu'il yavoit fait mon- ter pour reconnoître l'état des
Ennemis. Quelques jours au- paravant un Boulet de Canon avoit paſſe ſous le ventre de ſon Cheval, & il avoit penſé en eſtre tué.
S
Monfieur le Mareſchal de
Lorge a beaucoup contribué à la priſe de la Contreſcarpe.
Il eſt de la Maiſon de Duras,
qui eſt une des plus Illuſtres
144 LE MERCURE
deGuienne. Il a ſervy tres-uti- lement le Roy en Italie. On
ne peut s'attacher avec une
plus grande application au mêtier de la Guerre , & il a fi bien étudié ce grand Art ſous feu MonfieurdeTurenne fon
Oncle, qu'il en met toutes les
manieres en pratique lors que l'occaſion s'en preſente. La fameuſeRetraite qu'il fit apres la mort de ce grand Homme,
àla veuë d'une Armée beaucoup plus forte que la ſienne,
fait beaucoup mieux ſonElo- ge,que tout ce que j'en pour- rois dire.
Je ne parle point icy des Of- ficiers Generaux , ils ſe ſont
montrez dignes du choix de Sa Majesté, & je ne ferois en
vous entretenant de leurs
GALANT. 145 - actions paſſées que vous re- peter ce que je vous ay déja ditend'autres endroits. Al'é-
■ gard de Cambray , on ne peut douter qu'ils n'ayent fait voir - & beaucoup de conduite &
1 beaucoup de valeur,puis qu'ils ont tour à tour monté la
- Tranchée , & que dans les occafions les plus perilleuſes ils ont les premiers eſſuyé le feu des Ennemis àla tête des
Troupes qu'ils commădoient.
Monfieur le Prince d'Elbeuf,
Aydede Camp du Roy, a fait voir une ardeur fi boüillante,
que ſi on ne l'eût ſouvét rete- nu de force, il ſe ſeroit expoſé à tous les perils du Siege,Mõ- ſieur le Comte d'Auvergne ne voulant point le laiſſer al- ler àl'attaque des deux De
146 LE MERCURE
my-lunes,ce Prince fit ce qu'il put pour ſe dérober de luy, &
rien ne le put empêcher d'y venir à la fin de l'attaque; mais le peril ſe trouva alors plus grand , parce que les Enne- mis ne tirerent de leurs Remparts quelors que leurs Gens furent fortis des Demy-lunes,
de peur de tirer fur eux. Ce Prince y demeura tant qu'on fit le Logement , & fut pen- dant tout ce temps expoſé au feudes Ennemis. Il étoit auſſi
àl'artaque de la Contreſcarpe.
Monfieur le Chevalier de
Feuquieres qui s'eſt diſtingué au Siege de la Citadelle , eſt Fils de Monfieur le Marquis de Feuquieres Gouverneur de Verdun , & Ambaſſadeur en Suéde,petit- Fils du fameux
Marquis
GALANT. 147
Marquis de Feuquieres , qui a commandé fi long-temps les Armées du feu Roy en Al- lemagne : l'Hiſtoire eſt rem- plie de ſes Victoires , & des fameuſes Negotiations qu'il a faites aupresde la plusgran- de partie des Princes Etrangers. Le Chevalier dont nous
parlons eſt bien fait, &il don- ne tous les jours marques de ſa valeur.
de nouvelles
La mort de Monfieur leLYON
Marquis de Renel ne medoit 8435
pas empécher de parler de luy , & je croy devoir rendre juſtice àſa memoire. Sa Valeur étoit connuë , il avoit des
Amis du premier rang , & il étoit aiméde ſon Maître. Ce
n'eſt pas d'aujourd'huy que le Titre de Marquis eſt dans
Tome 3 . G
148 GALANT.
ſa Famille , & l'Hiſtoire nous parle d'un Marquis de Renel Gouverneur de Vitry qui fu- tué en 1615 en voulant em- peſcher la jonction de ſix cent Reïſtres àl'Armée des Princes. On ne peut douter de la Nobleſſe de cette Famille
puisqu'elledeſcendde la Mai- ſond'Amboiſe , ſi connuë das
toutes nos Hiſtoires. La douleur que Madame la Marqui- ſe de Renel ſent encor tous les
jours dela pertequ'elle a faite,
ſeroit difficile à exprimer.El- le aimoit celuy qu'elle pleure avecunetendreſſe inconcevable;mais cette tendreſſe n'empeſchoit pointqu'elle ne facri- fiât toutes chofes , afin qu'il puſt ſervir ſon Prince en hom- mede ſaQualité.
LE MER CURE 149 Monfieur le Vicomte de
1 Meaux , Fils de Monfieur dę
Betune ,&petit- Fils de Monfieur le Duc d'Orval , s'eſt
trouvé dans toutes les occafions de vigueur ; & l'on n'en ſçauroit douter, puis qu'il a re- çeupendant le ſeul Siege dont nous parlonsjuſqu'à fix coups,
dont heureuſement pour luy il a eſté quite pour quel- ques contufions. Monfieur le Duc d'Orval dont je vous parle , eſt Fils de Monfieur le Duc de Sully , Favory de
Henry IV.
s
Monfieur le Comte de la
Vauguyon s'eſt ſignalé en en- trant le troifiéme dans la Contreſcarpe. Il a eſté Chambella
deMonfieur. Il eſt d'une tresbonne Famille de Poitou , &
fon Pere a eu des Emplois
Gij
ISO LE MERCURE confiderables dans les Indes.
Monfieur 'le Vicomte de
Corbeil , Fils de Monfieur le
Comte de Bregy , Lieutenant General , & autrefois Ambaffadeur Extraordinaire en Pologne , s'eſt trouvé à toutes les attaques de la Citadelle de Cambray , & ne s'y eſt pas trouvé des derniers. Il eſt ſi
modeſte là-deſſus , & donne
tant de loüanges à tous ceux qui s'y ſont ſignalez,qu'il ſem- ble qu'il ne croye pas en me- riter : cependant il eſt impof- fiblede raiſonner de la maniere qu'il fait ſur tout ce qui s'y eſt paffé de plus particulier ,
ſans avoir eſté exposé aux plus grands périls. Il ſçait le mêtier de la Guerre,il entend
GALANT. 151 les Fortifications,&il en parle
auſſi juſte que Madamela Co- teſſe de Bregy ſa Mere écrit agreablement.Je n'oſe vous en dire davantage, ſçachat qu'el- le cache avec grand foin tou- tes les belles productions de ſon eſprit , &qu'elle ne ſe ré- ſout qu'avec peine à les com- muniquer à ceux à qui elles ſe cofie le plus.Elle al'eſprit bril- lant &folide tout enſemble,
&donne un tour ſi agreable à
tout ce qu'elle dit , qu'on ne
- ſort jamais d'avec elle ſans étre charméde ſa converſatio.Elle
eſt genereuſe, & fert ſes Amis
avec une ardeur qu'on ne peut affez loüer. Jugez , Mada- me, ſi ce n'eſt pas avec raiſon que tant de belles qualitez Giij
152 LE MERCURE luy ont acquis l'eſtime parti- culiere de Leurs Alteſſes
Royales ; mais le zele qui m'enporte en parlant d'une Perſonne qui a tant de merite,
me fait oublier que je ſuis en- cor devant la Citadelle de
Cambray,ou du moins quej'y dois étre. Il eſt temps d'en être. Il eſt temps d'enfortir fi
jeveuxvous mander d'autres Nouvelles. Achevons donc
en deux mots , & diſons que
les Pages du Roy ont tous fais voir une valeur digne de la
naiſſance qu'il faut avoir pour obtenir un Poſte ſi avantageux. Il s'en trouvoit tous les jours deux à la tête desBatail- lonsquimontoient les Gardes des Tranchées ; Sa Majesté l'avoit ordonné ainſi pour les
GALANT. 153 empêcher d'y aller tous. Ce- pendant il étoit ſouvent diffi- cile de les retenir.
Je vous parlerois icy de Monfieur du Mets , ſi je n'é- tois accablé par la matiere.
C'eſt un Article que je fuis
obligéde remettre àune autre fois , &de finir en vous diſant qu'il nemérite pas moins de loüanges pour ſa vigilance &
fes foins , que Monfieur de Vauban pour les grands &
prodigieux Travaux qu'il a
fait faire , & qu'il a fi bien,
conduits ; ayant particuliere- ment recherché les moyens ,
d'épargner le fang , enq
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Résumé : « Il me souvient, Madame, que je vous ay déja parlé [...] »
Le texte décrit les exploits militaires de divers nobles et officiers lors du siège de la citadelle de Cambray. Le Maréchal de la Feuillade est particulièrement loué pour ses actions en Hongrie, en Candie et en France, ainsi que pour sa bravoure durant la campagne. Le Maréchal de Lorge, membre de la maison de Duras, est également mentionné pour ses contributions, notamment sa célèbre retraite après la mort de Turenne, son oncle. Les officiers généraux se sont distingués par leur conduite et leur valeur, montant la tranchée et affrontant les ennemis. Le Prince d'Elbeuf a montré une ardeur exceptionnelle, se mettant en danger lors des attaques. Le Chevalier de Feuquières, fils du Marquis de Feuquières, a également été remarqué pour sa valeur. Le texte rend hommage au Marquis de Renel, connu pour sa bravoure et son dévouement à son maître. Le Vicomte de Meaux, fils du Duc de Betune et petit-fils du Duc d'Orval, a reçu plusieurs blessures. Le Comte de la Vauguyon s'est signalé en entrant dans la contrescarpe. Le Vicomte de Corbeil, fils du Comte de Bregy, a participé à toutes les attaques et est reconnu pour ses compétences en fortifications. Les pages du roi ont également montré une grande valeur en montant les gardes des tranchées. Le texte mentionne brièvement la vigilance de Monsieur du Mets et les travaux de Monsieur de Vauban.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 212-213
POUR LE ROY. SONNET.
Début :
A Peine le Soleil dissipoit les frimats, [...]
Mots clefs :
Louis, Valeur, Exploits, Héros
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texteReconnaissance textuelle : POUR LE ROY. SONNET.
POUR LE ROY.
SONNET.
Peine
TYON
EE
le Soleil dißipoit les Arimats,
Qu'on à veu de Loüis la Valeur
triomphante ,
95 %
Gv
156 LE MERCURE La Flandre defolée, &fes meil
leurs Soldats.
Arroufer de leur Sang l'Herbe à
peinenaiſſante.
६००३ LuySeul achangé l'art des Sieges , des Combats,
Dont jadis la mètode étoit douteuse &lente.
Ce Iupiterqui regne &qui tonne
icy bas ,
Lance en toute ſaiſon ſa foudre • impatiente Ses Exploits font toûjours auſſi
prompts qu'éclatans.
Ilsne releventpoint desregles ny
du temps.
Envainpour luy nos vœux appel- lent laVictoire..
Ce Héros dont l'ardeur ne
reste jamais
Sar
GALANT. 157 Sçait si bien abreger le chemin de la Gloire ,
Quefarapiditédevance nosfouhaits
SONNET.
Peine
TYON
EE
le Soleil dißipoit les Arimats,
Qu'on à veu de Loüis la Valeur
triomphante ,
95 %
Gv
156 LE MERCURE La Flandre defolée, &fes meil
leurs Soldats.
Arroufer de leur Sang l'Herbe à
peinenaiſſante.
६००३ LuySeul achangé l'art des Sieges , des Combats,
Dont jadis la mètode étoit douteuse &lente.
Ce Iupiterqui regne &qui tonne
icy bas ,
Lance en toute ſaiſon ſa foudre • impatiente Ses Exploits font toûjours auſſi
prompts qu'éclatans.
Ilsne releventpoint desregles ny
du temps.
Envainpour luy nos vœux appel- lent laVictoire..
Ce Héros dont l'ardeur ne
reste jamais
Sar
GALANT. 157 Sçait si bien abreger le chemin de la Gloire ,
Quefarapiditédevance nosfouhaits
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Résumé : POUR LE ROY. SONNET.
Le sonnet célèbre les victoires militaires du roi Louis en Flandre, où il a vaincu les ennemis. Louis a modernisé les sièges et les combats, rendant les méthodes plus efficaces. Comparé à Jupiter, il agit avec rapidité et éclat, indépendamment des saisons. Ses exploits surpassent les vœux de victoire de ses sujets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 1-85
EXPLICATION DE LA GALERIE DE VERSAILLES.
Début :
Je croy, Madame, que je ne puis mieux répondre à / L'Allégorie est la maniere la plus ancienne d'exprimer [...]
Mots clefs :
Roi, Louis XIV, Prince, Hollande, Guerre, France, Paix, Tableaux, Justice, Espagne, Main, Mars, Femme, Couronne, Fleurs, Sujet, Ovale, Trône, Côté, Minerve, Miroirs, Parois, Valeur, Force, Forme, Abondance, Ennemis, Flandre, Comte, Campagnes, Aigle, Lion, Épée, Hiver, État, Gloire, Finances, Commerce, Ambassadeur, Violence, Conquêtes, Allemagne, Soldats, Charles Le Brun, Galerie de Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXPLICATION DE LA GALERIE DE VERSAILLES.
E croy, Madame, que je
ne puis mieux répondre
à ce que vous attendez du
premier Article de ma Letrre
sur les choses qui regardentla
gloire du Roy,qu'en vous envoyant
une Description de la
Galerie deVersailles,quim'est
tombée depuis peu de jours
entre lesmains,&que MrLorne
Peintre a faite avec une entiere
exattitude. Elle est belle,
succincte, fort intelligible, &
comprend toute la vie de nôtre
auguste Monarque, depuis
qu'ila commencé à gouverner
par luy-mesme. Vous
me l'aviez demadée il y a déjà
long temps de la part de vos « Amis,& jevoy par toutes les
Lettres que je reçois, qu'elle
est extrêmement souhaitée
dans les Païs Etrangers.Ainsi,
Madame, comme vous foufrez
que celles que je vous
adresse devinent publiques,
en vous faisant part de cette
Description, je puis dire que
je satisfais à la curiosité de
toute l'Europe.
EXPLICATION
DELAGALERIE
DEVERSAILLES. r.
LAllégorie estla maniere
1
la plus ancienned'expri
mer les pensées par des cara
toute l'Europe. 'Dln>171
,
cteres. Les lettres n'ont esté
en usage que logtemps après
que les Egyptiens eurent, par
des figures, laissé à la Posté
rité les Mistéres de leur Re
ligion
,& les Loix de leur
Etat. Les Poëtes depuis, sous
des sens allégoriques, dans
les Métamorphoses, & dans
les Fables
,nousont donné
les plus beaux préceptes, &
les leçons les plus utiles de la
Philosophie. Les ornemens
de ce fameuxTemple,a dont
Dieu luy-mesme donna le
dessein au plus sage des Mo
narques, estoientmistérieux
;
mais cette science a esté en
usage de tout temps, princi
palement parmy les Peintres
A Temple de Salomon
&les Sculpteurs, quin'ont
point d'autre langage pour se
faireentendre dans leurs ou
vrages. Jupiter est la Puis
sance
; Junon, l'Autorité
.,
;
Mars, la Valeur; Hercule, la
Force.. Une belle Femme
qui rient un Sceptre & une
Couronne d'Etoiles,estla
Gloire. Une autre avec des
aîles, qui tient un Sable &
un Eperon, accompagnée
:
r
d'un Coq, est la Vigilance.
Pour la Prévoyance
,ils font
¥
*
une Femme avec un Compas
& un Livre. La figurede la
Renommée est assez con
nuë. Ils expriment le Secret
par un jeune Homme tenant
un Cachet sur sa bouche, &
ayant ses cheveux attachez
à un Bandeau d'or, qui soû
tient une Sphinx. LaVictoire
estcouronnée de Laurier;
elle a des aîles, & porte un
Trophée. La Peur tient un
Lièvre.L'Envie est entourée
de Serpens. La Terreur em
bouche une Trompette, &
menace avec des Fouëts; sa
coëfure est une teste de Dra
gon en forme de Chimere.
L'Abondance tient la Corne
d'Amalthée,&la Tranquilité
couronnée de Fleurs, a dans
lamain une Grenade. Ils ont
encore quantité d'autres fi
gures,qu'il seroit inutile de
décrireicy, n'estant point ou
peu représèntées dans la Ga
lerie de Versailles, où Mrle
Brun a peint l'Histoire du
Roy,depuis la Paix des Py
renées jusqu'à celle de Ni
mégue.Pourexprimer les,
mégue. Pour exprimer les
diférens mouvemens qui ont
fait agir. ce Prince, & les En
nemis qui le font opposez à.
ses desseins, il ne s'est servy
que des Divinitez qui nous
sontles plus connues, & qu'il
a accompagnéesde toutes
les marques propres à les
distinguer. Les Royaumes,
comme les Provinces & les
Villes, sontreprésentez par
desFemmes vêtues à la mode
de leurs Peuples, & ayant
leurs Armoiries auprès d'el
les. Les Fleuves sous la fi
gure de vieux Hommes cou
ronnez de Roseaux, sont re
marquables par des Urnes,
d'où sort l'eau de leur source.
Enfin il a pris un si grand
soin de marquer tout cequi
peut rendre ses pensées intel
ligibles, que pour peu que
l'on sçache les Poëtes,on ex
plique sans peine les tujets*
& l'Allégorie. loin de les ob
fcurcir,les éclaircir & les en
richir, estanttraitée avec tout
l'art & toute la delicatesse
necessaire, pour faire com
prendre une infinité de cir
constances tres-importantes
au sujet,qu'il eust esté im
5
possible de faire concevoir,
sans ce moyen dont il s'est:
ingénieusement servy pour
les marquer.
L'Histoire commence par
un des Tableaux a qui estau
aJ!a^.opieds Je Ion?.
milieu de la Galerie, où le
Roy dans la fleur dela jeu
nesse, envisageant la Gloire,
prend après son Mariage le
Gouvernement de l'Etat, &
quitant pour la mériter les
heureux
plaisirs d'un Regne paisible,
médite de rendre ses Sujets
,
& d'humilier ses
Ennemis.
Dans douze Ovales,
voit le commencement de
a on
ses glorieuxdesseins exécuté.j
On y remarque l'ordre qu'il'
met dans les Finances; le
foin qu'il prend de faire ren
a.Ils ont 8 pieds de haut.
dre la Justice
; le rétablisse.
ment du commerce
,l'insti
tution des Académies, le se
cours qu'il donne à l'Empire
:ontre les Turcs; les Trou
pes qu'il envoyé en Hollande
contre l'Evesque de Munster;
la satisfaction que luy faitl'Es
pagne pour l'insulte que son
Ambassadeur avoit faire au
nôtre en laVille deLondres,la
Pyramide élevée dans Rome
pour réparation de la violence
faire par les Corses à nostre
tiaiiceavec
les Treize Cantons; l'arrivée
des Ambassadeurs des Na
i
tions les plus reculées ;
k
jondtiondes deux Mers &
des.
la construction des Invali
]
octogones,à feintsdeLapis
à
Dans les six Bas reliefs
fondd'or, onapeint laGuerre
de Flandre, pour les droits-1
de la Reyne ;
la Paix d'Aix
la Chapelle, qui finit cette
Guerre; la défentedesDuels
la distribution desBleds pen
dant la Famine la seûreté &:
la Police du dedans de la
Ville de Paris; &: l'acquisi
tion deDunquerque.
a Depareilleme/hre;
Laderniere Guerre est le
sujet des huit plus grands
Tableaux.
Dans l'un a on voit le Roy
méditer sur toutes les diffi
cultez qui se pourroient ren
contrer dans la Guerre qu'il
veut entreprendre contre les
Hollandois.
;5-j
Les Provisions qu'il fait
pour surmonter tous les ac
cidens qu'il a préveus com
posent
b
le second.
Dans
le troisiéme,ilpro
pose à ses Généraux le def.
sein qu'il à formé& de quelle
,3.4 2.0pieds. b lia15 pieds.c 55pieds..
maniéré il prétend l'exécu
ter.
Le quatrième a représente
lesCampagnes de Hollande.
Dans le cinquième b on
voit l'Empire & l'Espagne
s'unir avec la Hollande con
tre le Roy.
Le sixiéme c
fait voir la
Conqueste de la Franche
Comté.
Le septiéme donne une
idée de la Prisè de Gand
, &
des Campagnes de Flandre.
Et le huitième e
forme
a 35
pieds,b55pie.lsJœrgeHr10. c 25p.
d 3$p. e 55p.delargesurvingt.
l'image de la desunion des
trois Puissances par la Paix
de Hollande.
Tous ces Tableaux font
enfermez dans de riches
Compartimens, &: les Ovales
font accompagnez de Ther
mes peints couleur de bron
ze, rechaussez d'or, qui por
tent des Corniches, avec des
Frontons feints de marbre,
sur chacun desquels sont
deux Enfans de coloris, qui,
se joüent à des Festons de
Fleurs sortans d'une Cor
beille
, posée sur un Masque
coloré, qui est au milieu de
chaque Fronton. Deriches
Tapis de velours, où l'onvoit
les amusemens de l'Enfance
de ce Prince, decorenrl'es
pape d'entre les Bordures.
Aubas des Tableaux.,sur des
Cartouches deSculpture,
l'on a écrit des Inscriptions
sur chaque sujet.
Des Victoires semblent
retrousser le Tapis, en inten
tion d'y mettre 4 la place
d'autres Tapisseries d'Actions
plus sérieuses, & plus impor
tantes..
Voila engrosla distribu- j
tion& l'ordonnancede la j
Galerie
;mais comme l'Hit
toire y est traitée avectoutes
ses circonstances, ilfaut par
ticulariser un peu plus de
choses, pour tâcherde faire
mieux comprendre l'allégo
rie des Figures qui entrent
dans cegrand Ouvrage. Le
premierdesSujets est dans
leplusgrand des Tableaux,à
où l'on voit au milieu le Roy
dans la fleur de la jeunesse.
Son Habit est à la Romaine,
avec un Manteau Royal qui
couvre une partiedu Trône,
a-dumilieu de la Voutedont il tient
toute lalaraeitr.
Ó
'JL*
î
*'
f
sur lequel il est assis. Il tie
un Gouvernail,pour marq
qu'il commence à gouveri
son Etat; 8c les trois Grad
qui le couronnent, représent
tent celles que l'on voit bi
ler dans toute sa persons
L'Amour leur donne c
Fleurs; & la Tranquilité
reposant au bas du Trôr
marque celle que ce Prin
vient de donner à son Et
Des Enfans figurant les G
nies des Divertissemens, s'e
cupent à toutes forces de pl
fil s & de jeux au bas& da
l'un des costez duTableau.
Al'autre costé, la France
assise tous un Pavillon de
brocard d'or, tient unFaif
ceau Romain. Elle étouffe
la Discorde fous son Bou
clier. L'Hymen
àcostéd'elle,
porte la Corne d'abondance,,
&son Flambeau dont elle est
éclairée, parce que le Ma
riageduRoy estoit. la princi
:pale cause de son bonheur.
LaSeine, a couronnée de
s
marquent
Raisins, s'appuye sur forp.
Urne,d'oùsortentavec l'eau
des Fleurs & des Fruits, quii
sa source, & l'a
aRivieredont IdfourceeftenBourgognerr
bondance que son cours
porte dans laCapitale dui
Royaume.
i
A costé, &un peuaudes
sus du Roy, Minerve assise
sur unNuage,-luyprélente
j
d'une mainsonBouclier,al
luy montrant de lautre la
Gloire preste à le. couronner..
Mars en
quercecette Déesse qui l'at
l'air luy fait remat
tend. Le Prince la regarde
attentivement. La Déesseluy
présente la Couronne d'im
mortalité.LaVictoire & la
'-i
Renommée l'accopagnent;;
Le Temps leve un bout du
Pavillon sous lequel est le
Roy, pour marquerqu'il a
fait connoistre lesvertushe
roïques de ce Prince, auquel
|
il fait voir par le Sable
a qu'il
luy présente., que l'heure est
venued'entreprendre i
les
grandes Actions qu'il a mé
ditées, & de profiter des mo
mens qu'ilfaitcouler en sa
faveur. Les Dieux paroissent
dans le Ciel, luy offrant leur
assistance Pluton, sesriches
sesVulcain, sesarmesCe
1.
rés & Bacchus, des vivres
pourses Armées.
;Apollon
a. Horlogedu Temps.
précédé de l'Etoile de Vénus,
vient du plus haut des nues
pouréclairer ses grandes Ac
tions& Diane paroist pour
le guider dans les ombres de
laNuit. Jupiter offre son Fou
dre. Mercure traverse les airs
*
pour allerfaire connoistre ce
Prince à toute la Terre. Ju
non,Protectrice delaVanité,
se tourne de l'autre costé du,
ceintre ou regardant favo
rablement l'Allemagne, elle,
luy envoye une Niiée.,aaub
luy servant de Trône, mar
que la vaine supériorité quL
a fable riIxion.
elle prétend iur les autres
Royaumes. La Couronne
Impériale, & l'Aigle, la font
reconnoistre. Son attitude
estfiere, son habillement
pompeux. Elle tient le Bâton
decommandement
; &l'Es
pagne à costé, & un peu plus
bas, sembleobserver les mou
vemens. Elle s'appuye sur son
Lion, qui devore un Roy des
Indes renversé sur desTrésors
épars. Son ambition est re
présentée par une Femme
avec des aîles, qui a la teste
& les bras chargez de Cou
ronnes. Elle embrase d'un
Flambeau qu'elle tient dela
>
main droite, les Palais des
malheureux Princes qu'elle a
dépoüillez, &-, arrache de
l'autre la Couronne de l'un
de ces Infortunez, accablé
fous le Trône qu'elle a ren
versé. La Hollande à la gau
che de l'Allemagne,&plus
basencore que l'Espagne,est
assise surunLion quitientles
sept Fleches que les Provin
ces Unies ont prises pour
marque de leurconfédera
rion. Elle a le Trident à k
main, & tientThétis enchaî
née,prétendantavoir l'Em
pire
pire de la Mer par son Com
merce. Onvoit auprès d'elle
des Balots de Marchandises,
& des Vaisseaux prests à par
tir pour le Voyage de long
cours.
Ces trois Puissances pa
roissent avec toutes les mar
ques d'ambition & de fierté,
quipouvoient exciter le Roy
à vanger la France des inju
res qu'elle avoit souffertes
pendant sa Minorité, & la
leur rendre plus redoutable
qu'elles ne l'avoient trouvée
fous les Regnes précedens.
Pour remédier aux abus
qui lecommettoient dans les
Finances, le Roy suprima la
Charge de SurIntendant, &
s'en réserva le foin, pour estre
Luy-mesme l'Oeconome &
le Dispensateur de ses Tré
sors; ce qui le voit dans le
premier
ades quatre Ovales
qui entourent
le Tableau que
nous venons de décrire. La
France estaux pieds du Prin-*
ce, entre les mains duquel
elle a remis le Gouvernail.
La Fidélité a son Chien pres
d'elle. Elle tient une Clef
d'or, parce que cemétal in
£ DHCefiédesMiroirs.
corruptible marque que rien
ne la peut corrompre. Elle
accompagne Minerve,
chasse,l'Epée à la main
qui
o'
, des
Harpies, qui laissent tomber
en fuyant une partie de l'ar
gent qu'elles emportent; ce
qui signifie les comptes que
l'on fit rendre à ceux qui a
voient pillé les Finances dont
ils avoient eu le manîment.
Dans lesecond , aonre
connoist l'institution des A
cadémies.LeRoy estaccom
pagné de Minerve, qui tient
un Plan de l'Obesrvatoire.
a DHcofté des Fenefires.
L'Académie Françoise po
un Caducée
aà la main. E
est à la telle de ses Comp
gnes, pour lesquelles elle
~r
mercie le Prince de l'ho
neur de sa protection.
Pour rétablir le Commerc
que les Guerres avoienc ~bar
ny duRoyaume, Sa ~Majesté
établit deux Compagnies
pour les Indes Orientalesà
Occidentales, dona la ~chass
aux Pyrates, rendit la ~Me
libre pour tous sesSujets au
voudroientcommercer.~C'es
a Symboledel'Elquencc.
jb £«1664.
le troisiéme a Ovale, où le
Roy tient un Trident. Des
Corsaires sont enchaînezà
ses pieds; un Matelot porce
des Balors sur le Port qui pa
roist couvert de Vaisseaux;
& l'Abondance que l'on y
voit, exprime l' unticcdu
Commerce.
Le quatriéme b estl'image
de l'ordre remis dans la Jus
tice. Elle est pres du Roy,
qui donne le Code aux Ma
gistrats. La Chicane ,
sous
l'ap*parence d'une Femme
a Sfude/fus des Miroirs.
b Du cgjléduFenestres.
maigre & décharnée
, dont
le corps fè termine en viz sans
fin, pour signifier ses diférens
velles.
décours, est terrassée fous les
pieds du Prince, qui la vient
d'éroufcr par des Loix nou
Dans l'un des Basreliefs,a
la justice présente son Epée
an Roy.LaRenomméevole,
& publie un Manifeste qui
contient les raisons qui atti
rèrent la Guerre en Flandre
pour les droits de la Reyne,
que l'Espagne refusoit.
a îbfont£az.urafortesd\r, alaClef
dht Vo.-.'ît,ancoftéditTablc.1Hditmil:(u.
Dans l'autre
, a lEipagne
reçoit du Roy une Branche
d'Olivier,ensigne de laPaix
i;
qu'il vient de luy offrir àAix
la Chapelle, en rendant libé
ralement la Franche-Comté
qu'ilavoirconquiseenvingt
joursau milieu de l'Hyver.
Cette Provinceestàgenoux,
& entourée de Canons pour
laréjouissance dela Paix. La
Victoire couronne le Vain
queur.
)I! Les quatre Ovales b qui
a Acoftèdugrand TableaualaClefde
la Voute.
b Du coflédes Miroirs ,
prés des Cam-
fagnes deHollande.
font aux costez du Tableau
des Campagnes de Hollande,
représententdans l'un la Hol
lande quisuit;mais la France
qui vient à son secours, arra
che le Bouclier de Munster
qui la poursuivoit. Les Trou
pes du Roy sirent retirer l'E
vesque de Munster & l'o
bligerent de conclure la Paix
avec lesEtats.
Dans un autre,aune Fem
mevêtuëd'écarlate, 6c suivie
d'une Louve, signifieRome,
quivient reparer la violence
faire par les Corses à nostre
a D:.< cojîédes Fencftrcs.
Ambassadeur, & offrir pour
satisfaire à cet attentat, de
faire élever une Pyramide,
dontlaFrance,accompagnée
;
de la Force
Plan.
, luy montre le
Le troisiéme
a fait voir la
France l'Epée à la main ,
qui.
pouriuK des Turcs effrayez,
&renversez.L'Aigle de l'Em
pire chancelant, se raffermit
à l'ombre de son Epée
; ce
qui arriva à la Bataille de
S. Godart, où la valeur d'un
petit nombre de François
rassura l'Empireétonné
,&
a DUccftè-dssFcneftrcs.
contraignit une Armée for
midabled'Infidelles à faire
une Paix honteuse.
Le quatrième a nous mon
tre l'Espagne, accompagnée
de son Lion soûmis & ram
pant, parce qu'elle vient sa
tisfaire à L'insulteque son
Ambassadeur avoit faite au
nostre en laVille deLondres.
La France a prcs d'elle la
Force &
la Justice; elle re
çoit b la soûmission & la pro
testation publique faite par
l'Espagne de ne luy disputer
jamais le premier rang.
aDiscoftéde
tFenefîres. b En1661.
Dans un Basrelief, a la
:Justice sépare d'une main les
Combatans, qu'elle menace
de l'autre. Dans l'éloigne.
ment, des Archers en traî
nent un en prison, pour ex
primer avec quelle rigueur
le Roy fait observer la DCN
fente des Duels.
L'autre b fait ressouvenir
de sa bonté pendant la Fa
ine.,l1ne belle Femme avec
11'
une Flâmesur la teste, & une
Corne d'abondance fous le
a A
la Cléfde la F"o;t;e,prés les Cam
pagnesde H"
faride.
b AlaClefA? lufouts.
bras, nous designe sa pieté,
qui faitdistribuer a du Pain à
des Pauvres, qui semblent le
recevoir avec empressement.
Il Les quatre derniers Ova
les,b & les deux Bas reliefs;
font autour du Tableau des
Campagnes deFlandre. Dans
l'un des quatre Ovales, les
Ambassadeurs des Nations
les plus reculées, viennent
*
admirer la France, que les
glorieuses Actions du Roy
ont renduë redoutable jus
ques aux Lieux quivoyent
lever & coucher le Soleil.
a En1662. bAiidejfnidesFeneflres.
Dans un autre, a les Am
bassadeurs des Treize Can
tons viennent renouveler
l'Alliance avec elle.
Lajonction des Mers étant
d'une extrêmeutilité pour le
Commerce
, le Roy a fait
creuser ce fameux Canal de
Languedoc; ce qui se voit
dans le troisiéme, b où Ne
ptune qui est l'Océan, &';
Thétis la Méditerranée, se
joignent en figne de leur
communication.
Les Soldats, que les longs
a Aude(fusdes F'enejîres.
b sixdejfus des Miroirs.
services, ou les malheurs de
la Guerre, avoient rendus
inutiles, estoient contraints
de chercher dans la charité
des Peuples un soulagement
à leurs misères, l'extréme
nécessité estant presque la
feule récompense de leurs
travaux. Le Roy voulant
adoucir leur disgrace, & les
récompenser, a fait bâtir ce
fameux Hostelde Mars, où
sa magnificence les entre
tient. C'est le sujet du der
nier
a Ovale. LaPieté paroist
sur un Trône, donnant l'Or
a AudeJfusdel Miroirs.
dre de S. Lazare aux Offi
ciers, & distribuant de l'ar
gent aux Soldats. Minerve
luy présente le Plan de ce ma
gnifique Bâtiment, où ils
sont logez.
Dés que la nuit estoitve
nuë, les Voleurs se rendoient
maistres de Paris. On couroit
risque de la vie, si l'on estoit
contraint de sortir, & les
Maisons mesme n'estoient
pas un lieu de seûreté. Le
Roy, pour remédier à ces
désordres, ordonna des Com
pagnies d'Archers à pied &
à cheval dans la Ville,& sur
les grandsChemins; ce que
l'on a représentédans ce Bas
relief aoù la Justiceassise sur
sur son Tribunal, ordonne à
des Archers d'aller prendre
des Voleurs qui assassinent
les Passans au coin des Ruës.
La Seûreté reposent à l'om
bre de la Justice, tient une
Bourse ouverte.
Dans le dernier b Bas-re
lief, on a mis l'acquisition
de Dunquerque. C'estoit le
seul Port qui restoit aux E--
trangers sur nos Costes, &le
a AUClefdelaVm
te.
b A La Clefdl LA Voute.
refuse de tous lesCorfau'es.
Le Roy voyantà regret cette
Place de son Royaume sous
une domination opposée à
l'Eglifc Romaine, n'épargna
rien pour l'obtenir. Dun
querque présente ses Clefs à
la France, qui ordonne à Il
Pieté de répandre ses riches
ses que l'A ngleterre fait ser
rer. L'Herésie se retire.
P( Le Roy lassé de l'ingrati
tude des Hollandois, porte
la Guerre dans leurs États,
L'Allemagne & l'Espagne,
étonnées de la rapidité de ses
Conquestes, s'unissent à la
Hollande pour s'opposer aux
progrès de ses armes victo
rieuses; mais cette union leur
fut si funeste, qu'elles se vi
rent obligées de demander
la Paix, & de la recevoiraux
conditions qu'il plût au
Vainqueur de leur imposer.
Cette Guerre estle sujet des
huit Tableaux qui restent à
décrire. Dans le premier,le
Roy animé par sa, valeur à
une Conqueste juste, déli
bérant en luymesme s'il la
commencera ,
écoute sasa
•
gesse,poursurmonter par ses
conseils lesobstacles qu'elle
à
luy fait remarquer dans son
entreprise.
Il paroist
acouvert duMan
teau Royal, sur un Trône
magnifique,sousunPavillon
bleu semé de Fleurs de Lys,
attaché par des Cordons
d'or à des Colomnes d'un
superbe Ordre Ionique. La
Victoire &laRenommée l'at
tendent sur des nuages aux
costez d'un Chartraîné par
deux Chevaux dont l'adhcn
marque l'impatience. Mars
l'invited'y monter, en luy
a Audefus Feneftres.entre Jearanct}
Tablcatt & les Campagnes de Hollande,
faisant voir l'éclat de la Vic
toire
, dont le Char paroist
tout resplendissant, & l'ex
cite à une nouvelle Con
queste , par la veüe de ses
premiers Trophées a qu'il
luy montre; la Justice der
riere le Prince
, semble in
spirer un dessein si noble.
Toutl'invite à marcher
;mais.
Minerveassise au bas du Trô
ne, luy fait remarquer les
horreurs de la Guerre, qu'elle
a tissües dans une Tap1ÍTene,_.
où la Canicule en feu se voiH
a Ce font des Boucliers, oufont les noms
des Villespries en la premiere Gueye de
JFUadrts--
dansl'éloignement. Des Ma
ladesexpirans de peste & de
fièvres ardentes, sont les sui
tes de la contagion d'un air
enflâmé;L'EnvieaunAigle
en8~mé. L'Envie a un Aigle
& un Lion à les costez, pour
faire connoistre que les deux
Puissances qu'ils signifient,
devoient s'opposeraux des
feins du Roy. Un Fleuvequi
soûleve sesflots, entraînedes
Soldats, dont on ne revoit
qu'une partie du corps; ôc
l'avidité d'un Soldat man
geant de la terre & de l'her
be, marque la faim qui le
devoresur la pented'un Ro
cher glacé, fous la forme d'un
vieil Homme. L'Hyver presse.
entre ses bras unSoldat, que
l'excès du froid rend immo
bile. L'airestplein de vents
& de frimats.C'est par ces
imagesdediférens obstacles
capables de détruire ou de
retarder une entreprise,que
la Sagesselaissant agir la
Valeur, fait prévoir tous les
inconveniens qui peuvent
tromper une ardeur inconsi
dérée.
Jusques icy le Roy a paru
avec un Manteau Royal
;
mais dans les sept Tableaux
suivans il en a un de Brocard
d'or, comme les portoient
les Demy Dieux & les Hé
ros, pour montrer que les
premièresActions,toutes
justes & toutes grandes qu'
elles sont, n'aprochent point
des Prodigesquisontrepré
sentez en suite. <*nn npism
si Dans lesecond
aTableau;
ce Monarque prépare tout
pour la Guerre qu'il estprest
d'entreprendre, & fait les
provisionsnécessaires pour
remédier aux inconveniens
k
*
aAmde[Tu
1
sdes Fçnefîres, entre legrand.
Tableau & les Campagnes de Hollande
que la Sagesse luy a fait pré
voir. Les Dieux qui luy ont
promis leur assistance, luy
donnent leur secours. Sur
le devant, Neptune dans un
Char traîné par des Chevaux
marins, & suivy de Tritons,
présente son Trident au Roy
qui est debout,& qui avance
la main pour recevoir le Sce
ptre du liquide Empire.
Mars dans son Char for
tant d'une Tranchée, luy a
mene des Troupes dont les
Chefs baissent la Pique
, en
s'inclinant devant leur Gé
néral
Vulcain
Vulcain offredes Armes
portées par des Forgerons,
lx. c'est Mercure qui présen
te le Bouclier, parce que l'A
dresse & l'Eloquence four
nissent les raisons dont les
Roys font leurs premières
Armes. Aux pieds du Prin
ce on voit des Vases pleins
de richesses, que Pluton qui
estau haut du Tableau, luy
vient de donner. La Terrasse
estcouverte d'Instrumens &:
de Machines de guerre. Sur
desNuages au dessus duRoy,
Minerve soûtient un Casque
d'or qu'elle luy va mettre sur
la teste. dont le sens allégori
riqueest, que la Sagesse sor
tisse l'entendement, & em
pesche qu'il ne se corrompe. ;
La Prévoyance à costé de
Minerve , montre de son
Compas le Livre qu'elle
tient
, pour faire enten
dre qn'il a tout préveu
, &
mis ordreàtout. Cerésvient
offrir ses riches Moissons.
Son Char traîné par des Dra
gons est plus loin,& l'Abon
dance la suit.Del'autre costé
Apollon, A
semble y donner
a II bastit avec Neptnne les AlMrs de
Troye.
1
1
les ordres, & prendre le soin
des Bastions qu'on élève.
Dansl'éloignement on dé
couvre un Arsenal
construit avec diligence des
,oùl'on
Vaisseaux & des Galéres. La
Vigilance, comme l'âme de
cette action ,
est dans dans
le milieu
, &laplus élevéedu
Tableau.
Voila de quels moyens le
Roy s'estservy pour faire
reüssir les desseins qu'il avoit
méditez,& qu'il proposeà les
~«
Genéraux. Dans le Tableau
suivant , il y est debout
a Au drJtM des Miroirs entre le grand
T-abkau (5 les Campagnes deHollande.
appuyé sur un Bâton deCom
mandement.Monsieur,Mon
sieur le Prince,MrleVicomte
de Turenne, l'accopagnent.
Minerve déploye une Carte
des Pays-Bas, qu'un Amour
couronné de Laurier, repré
sentant l'amour de la gloire,
tient devant eux. Vésel, Bu
rich, Orfoy & Rhimberg,s'y
voyent en Lettres d'or
, &
d'un plus grand caradere,
parce que ce sont les Villes
que le Roy veut attaqueren
mesme temps , & qu'il or
donne aux Princes d'aller as
siéger
; &pour faire conce,
voir qu'il n'avoit encore com
muniqué ce desseinà person
ne, le Secret est derriere luy,
& porte son Casque. Prés du
Secret, on remarque laVigi
lance; &
laPrévoyance est z
cofté de Minerve. La Gloire
préside à l'entreprise qu'elle
a inspirée, & le Nuage épais
qui la soûtient, fert à expri
mer le filcnce, & le secret du
Conseilau milieu d'un Camp,
que l'on découvre derriere,
& dans lequel des Cavaliers
& des Soldats s'apprestent à
suivre le Dieu des Combats,
qui paroist en l'air portant
un Ecu armoiriéde France.
'La Victoire vole déja ,
d'au
tant qu'il y eut si peu d'inter
vale entre l'entrepirise , &: le
succés
,
que l'on sçût aussi
,
tost laprise des Villes , que
leurs Sièges.
Dans laa premiere Cam
pagne de Hollande,les Ar
mées du Roy ayant passé le
Rhin
, on prit plus de qua
rante Places ; on remporta
une grandevictoire sur Mer; Î
on battit les Ennemis par
tout. Les Etats effrayez ou
blierent leur ambition er- j
a En \Cf 2.
dirent presque leur libeney
&: les secours secrets de l'Es
pagne ne leur pouvans fuffirc,
ils furent contraints d'inon
der leur Pays pour en em
pescher l'entière perte. La
seconde a ne fut pas moins
heureuse. LeRoy emporta
Mastrich en treize jours ,
(es
Troupes prirentTréves ,
te
(esArméesNavalesga
gnerent deux grandes Ba
tailles. Ces deux Campa
gnes composent le quatriè
me Tableau
, où toutes ces
Conquestes & ces Vidboire^
a 1673.
font merveilleusementrepré
[entées.
Les plus vivescouleurs
font remarquer le Roy la
Foudre à la main ,
les Che
veux & son Manteau agitez
par les vents ,
son Char rapi
dement traîné par des Che
vaux fougueux. Minerve le
guide, la Gloire l'accompa
gne) Herculele fuit, &pous
le le Char par dessus lesflots
que le Rhin soûleve. Ce
Fleuve qui depuis ce fameux
Romain quis"'assujettitl'Em
pire de l'Univers ,
n'avoit
point souffert de Vainqueur,
paroilt plein de courroux 3c
de dépit
j de n'avoirpu par la
rapidité de son cours arrester
ce Monarque, & de se voir
obscurcir par une Victoire
qui vole au dessus de luy
,
&
porte un Etendart
critTolmk
, où est é
,nom du lieuoù
ce renommé partage se
fit.
L'Efp,l.çyt-ie tient un Mas
que , pour marquer les se
cours secrets qu'elle donnoit
aux Hollandois. Elle tâche
envain d'arrester le Char,
parce qu'au lieu de se jetter
aux Guides des Chevaux,el
le ne s'attache qu'aux traits,
ce qui sert à l'entraîner elle
mesme
5
& figure la guerre
qu'elle s'attira. Le Char passe
sur les premieres Villes con
quises, représentéespar des
Femmes terrassées.
L'ambition de Il Hollan
de mord la poussiere. Ses
aîles font rompuës ,
elle ne
peut plus s'élever
, comme
Cuc ÛvOlt âCCGiltUVnÇ
j ^4 un.
Homme renversé sur le dos
parmy des Balots & des Li
vres.de Compte,signifie le
desordre de son commerce.
La Libertédes ProvincesUL J
nies assise sur un Lion qui
tient les sept Fléches
,
tâche
de se défendre. Elle a l'Epée
dune main , & presentede
l'autre son Bouclier, où se lit
cette Inscription , qui pro
mettoit tant de forces, &
qui fut suivie de tant de foi
blesse. Les Peuples paroissent
dans une si grande conster
nation ,
qu'ils viennent de
loin presenter les Clefs de
leurs Places.LesRenommées
volent de tous costez. Un
groupe deVittoires qui se ca
chent &se succedentlesunes
aux autres,tiennent desPal
mes ôc des Lauriers, & for
ment en l'air un triomphe
autour du Vainqueur. Les
plus remarquables portent
quatre Couronnes murales
pour la prisedes quatre Villes
en un mesmejour.
De l'autre costé a du Ta
bleau
,
l'Europe regarde le
Roy avec surprise. SonChe
val épouvanté se cabre. Les
Fruits& Instrumens des Arts
qui marquentla fertilité
, &
le génie de ses Peuples, sont
à ses pieds. Plusieurs Victoi
res emportent les Armoiries
des Villes conquises. Celle
a AHdejfpu des Feneftres.
deMastrichse met seule en
défense, mais Mars arrache
en passant son Bouclier,
poursignifier le peu detemps
que dura cette Place
, que
l'on croyoit imprénable.
Dans un Angle duTableau,
deux Amériquainsadmirent
ce grand spectacle. Ils ont
place ence lieu, comme té
moins des Victoires que nos
Armées Navals ont rem
,
portées dans leurs isles les
plus reculées.
L'Allemagne & l'Espagne
se repentant de ne s'estre pas
plûtostopposéesaux Armes
du Roy, se liguérent avec la
Hollande, pour arrester s'il
le pouvoit, la rapiditédes ses
conquestes. L'Espagne leva
le masque, & se déclara ou
vertement. L'Empereura
,
assembla les Princes d'Alle
gne
, mitune Armée consi
dérable sur pied
,&: le Roy
resta seul
,
comme il l'avoit
préveu ,
& mesme desiré,
pour faire voir à ces Puissan
ces qui s'estoient toujours
flatées
,
que leur union feroit
fatale à la France; qu'elle
estoitpluspuissante
, quoy
a 1674.
que feule
, qu'elles ne l'e
toient toutes ensembles.C'est
cette union dont le cinquié
me Tableau a est composé,
qui donne une admirable
idée de la crainte & de l'en
vie qui obligerent ces Puis.
fances à s'unir, pour arrester
les progrés delagloire d'un
Prince, dont elles ne purent
retarder les prospéritez.
L'obscurité regne dans le
milieu, où fousun riche Pa
villon ces mesmes Puissances
se donnent la main. La Hol
a An deffiu de la Po?te du Salon dela
Guerre, iloccupe tout
tcfpacedepuis la
C-ornxhe jiifquala Voute.
lande vétuë à la mode de ses
Habitans, & par dessus or
née d'un riche Manteau, por
te sur son visage les marques
de sa desolation & de son de
sespoir.
Pour avoir du se
cours, elle s'attache d'une
main à lEfpagne qui leve
le masque
,
& fait voir le dé
pit sur son viiage. Elle tend
la mainà la Hollande;& l'Al
lemagne aŒlèau milieu, fem
ble les unir & le joindre avec
elles. Toute son action mar
que le repentir; & l'Aigle de
l'Empirepressefortement
avec une de ses serres une des
pattes du Lion de Hollande
que l'on voit dans une po
sturesouffrante
, pour faire
connoistre que les secours
qu'on luy donnoit luy coû
toient cher.Des Furies repre
sentent la peine, le dépit,&
la jalousie
,
dont ces Puissan
ces sontagitées
Dans le bas
èc dans l'un des costez du
Tableau, les Electeurs &:les
Princes d'Allemagne s'as
semblent. Onles reconnoist
à leurs Ecus, & à leurs Eten
darts.
Un Timbaliertâche
,
d'intéresser toute l'Europe:
dans leur querelle, ôc hs>
Troupes viennent de toutes
parts., Dans l'autre costé on
forge des Armes que l'on
emporte avec précipitation..
Les Forgerons refusent d'en
livrer une partie
, pour signi
fier le retardement que le
manque d'argent apportoic
aux armemens des Ennemis.
Des Renomméesparoissent
dansleCiel.Elles augmentent
le desordre &l'éprouvate par le
récit desnouvelles Victoires
qu'elles publient de toutes
leurs forces) & dans l'Eten
dart qu'une d'elles présente,
où se lit cette Fameuse Il-i--
i
scription, queCésar&leRoy
ont
seulsméritée,Veni
rvïàirs
La Campagne de la Fran
che Comté commence les
Conquestes de Flandre. Le
Roy partit pour cette expé
dition au mois de Févrierde
l'année 1674. Jamais il n'y
eut de fin d'Hyver plus fâ
cheufe
,
& la resistance des
Ennemis fut le moindredes
obstacles que les Troupes.)
eurent à combatre.
Le Roy paroist tranquille:
au milieu d'un grand mou
vement qui est exprime A
dans le Tableau. Le Doux b
saisi de frayeur étend les bras
pour s'opposer au passage.
Mars traîne avec violence
un grand nombre de Fem
mes de tout âge. Ce sont
toutes les Villes de la Pro
vince que le Roy dompta
comme en passant. On les
reconnoift à leurs Ecus char
gez de leurs Armoiries. La
Franche Comté est abattuë
aux pieds du Vainqueur.
Malgré le desespoir qui luy
a Entre le çrrartdTableau & les Cam"
pAonesdeFlandre au de(fui des Miroirs'- b PrincpalFleuvedela Province.
fait arracher les cheveux, on
ne laisse pas de remarquer la
beauté de son visage. Son.
habit est à la maniere de ses
Habitans.Toutes les passions
quiagissent sur l'esprit des
Vaincus
, sont merveilleuse
mentexprimées dans l'action
de ces Captives, oùla crain
te, l'espérance, & le dépit, se
remarquent en je ne sçay
combien de maniérés difé
rentes.
Sur la pente d'un
Rocher, Minerve présente sa
Pique,se couvre de son Bou.
clier. Hercule leve sa Massue
pour chasser l'Aigle , & le
Lion en fureur, quitâche
de défendre le sommes. Les
Signes des, trois mois que
dura cetee conqueste
, se
voyent parmy les Frimats, la.
Greste, la Neige ,
&laPluye
que l'Hyver jette à plei
nes mains en se retirant, &
que les Venrs poussent
avecimpétuosité
,mais toiis.
les obstacles de la saison
, ny
la resistance des Ennemis,,
ne peuvent rerarder la Force
conduire' par fa- Sagessequi
paroissént au haut du Ro
cher
, <%
ayant précipité uiïa
awC-estBesançon..
partie des- Soldats qui le dé
sendoient. L'Aigle cric de
dessus l Arbre où il est perché
au coin du Tableau De l'au
ne costé)les Troupes fuventv
& donnent une idée du trou
ble & de l'épouvante que
les Armes du Roy avoient
portée dans cette Province.
La Victoire attache des Bou
cliers des Places conquises à
un grand Palmier
, &pose
deux Couronnes sur le Tro
phée
, pour marquer que
c'est pour la seconde fois qu'
elles sont domptées; &
la Re
nommée embouche deux
Trompettes pour aller pu
blier cette double conquerte.
La Gloire paroist dans le Ciel;
son éclat rejallit sur le Heros,
&l'oppositiondecette lumie
re à l'obscurité des Frimats,
rend cét Ouvrage un des plus
brillants qui,sevoyent.
La Campagne de1675.fut
celebre par la prise de Cam
bray, deValenciennes
, de
SaintOrner,& par la Batail
le de Mont-Cassel. En 1676.
le Roy formaplusieurs Corps
d'Armées en Flandre
, insulta
quasi toutes les Places
, en
leva Gand par une conduite"
c,
fij
si admirable, que le Gouver
neur des Pays-Bas n'eut pas
L
plûtost les nouvelles du Sie- •
je que de la prise de la Vil
e. ».
le, Voila la matiere du Ta-,
bleau qui fait cimetrie aux
Campagnes de Hollande.
Au milieu du Ciel , le Roy
porte sur l'Aigle de Jupiter,
ance la foudre.Un gros nua
re d'où partent des tourbil
ons deNuées, des Tonner
cs & des Eclairs) quiinfpi
ent la frayeur aux Villes que
Ion voit dans la crainte
, font
'image des diférens Corps
d'Armées qui les investirent.
i
Le Secret & la Vigilance ac
compagnent ce Monarque, j
les Renommées le devan
cent,* la Gloire tient sur [a. !
teste la Couronne d'immor- 1
talité. Il ne regarde point les 1
Villes effrayées, & tient sa <
veüe attachée sur Mars qui
abatl'Hydre ,
& force
l'Envie à se cacher dans un
coin du Tableau
, parce qu'
en domptant toutes ces
Places, le Roy ne songeoit
qu'à vaincre l'opiniastreté de
ses Ennemis
, &ne se ren
doit redoutable que pour les
à
contraindre
a recevoir la
Paix qu'il leur veuloit don
ner. A l'autre coin Ypre est
tremblante. Elle écoute &
regarde avec frayeur la Ter
reur qui la menace , & dans
le milieu Minerve qui a déjà
enlevél'Etendart de la Ville
de Gand ,
luy arracheencore
les Clefs qu'elle tâche inuti
lement de retenir; cette Vil
le paroist dans une vive dou
leur. Une grande Jeunesse
& une extrême Beauté re
présentent bien ce Tître de
Pucelle que les Flamans luy
ont donné,avcc un Parc qui
l'environne, &unLion cou
ronné pour la garde. Il sem
ble qu'elle ait glisse de dessus
les genoux de la Flandre, sur
le sein de laquelle elle lre
croyoit en seureté. Cette
Province porte le Torquet
& la Mante noire comme
ses Peuples, & danssasurprise
elle étend les bras aux pieds
, sans scayoir àquoy
duLion
se resoudre. Valenciennes est
renversée sur un de ses Ca
nons qui la fait tomber, par
ce qu'on s'en servit pour s'en
rendre maistre.Cambray
est enchaînée à un Char ar
morie de France
, & charge
des dépouilles de cette Cam
pagne.
j
tk®
A l'autre cofté du Ta
bleau, la Politique, le Con
seil, & la Prévoyance d'Efpa
gne, paroissent déconcertées.
Au milieu le Conleil est ob
fcurcy d'un nuage qui le
couvre y & qui l'empesche
de penetrer dans les desseins
du Kov
; & pour marquer
son aveuglement
, on luy a
mislamain sur les yeux.
La Prévoyance trouve son
Compas court, & une de (es
branches rompuë. Elle tire
en vain la Politique par sa
robe
,elle ne la peutsecourir
ny en estre secouruë
,
la for
ce luy manque
, le Sceptre
luy tombe des mains
,& le
Lion quelle excice, recule,&:
1
ne veut point avancer. La
Ruse representée par le Ty
gre qui s'enfuir, luy devient
aussi inutile.L'Aigle crie
, il
fait ployer fous luy les co
lombes d'Hercule où l'on a
attaché l'Inscription, Plus ott
t;:e, que prit autrefois Char
les- Quint.
Les Troupes
fPyent; & leConsèil, la Pré
yoyance
,&la Politique, re-.
sfent sans recours, & hors
d'étatd'aOgir dans la fraveur
que leur cause
le bruit d'un
événement si extraordinaire,
ôc si peu attendu, qu'une
Renommée qui vole au def
fus de leur cette semble leur
annoncer.- La Paix de Hollande finit
la Galerie. C'clt la desunion
des trois Puissances que l'on
voit se lierenfemble dans le
Tableau qui luy est opposé.
L'Allemagne paroist tombée
sur'des marches de Marbre
aAudeJfn4de la Porte du Salon de la
>
Paix.
fous un grand Pavillon atta
chéàlavoûte. Les nuées qui
luy servoient deTrône/eper
de nt,&se dissipent. Ellere
garde la Paix avec étonne
ment, & paroist surprise de
la foudre, qui semble gron
der sur sa cette. Son Aigle en
est étonne, il tire la Hollan
de par sa robe pour tâcher de
la retenir. L'Etpagne tourne
la teste du oofté de l'Eclair
elle étend la main pour en
garantir son Lion qui en est
renversé sur le dos.* Les
Troupes en font épouvan
tées,& fuyenr. LesForgerons
emportent leurs Marteaux,
;
& laissent des Armes qui re
stent inutiles. Mercure en
l'air semble dissiper un nua
ge épais, qui empefehoit la
Hollande de recevoirla Paix,
dont illuy apportc pour si
gne une branche d'Olivier.
CetteDéesse viét du Ciel pour
se donner à elle.On larecon
t
noist à son airgracieux
,aux
[Caducées qu'elle tient,à la
Corne d'abondance
, à (a
Couronne d'Olivier, &aux
Enfans qui l'accompagnent,
& qui jettent des fleurs pour
marquer les douceurs qui la
L
Clivent partout. LaHollan
de s'élance,&tend les bras
pour larecevoir. Elle fendes
besoins qu'elle en a ;
Ton
Lion ne peut plus la {bûte
nir , & ployé fous Tes ge
noüils, ce quiluy faitmépri
fer les conseils de ses Voi
jfïns, ôclavanité d'unPrince,
représentéé par une Femme
accompagnée d'un Paon,
;
qui pour se laffujettir tâche
de la détourner de la Paix en ;
.la tirant par le bras
, &luy
montrantdes Troupes &des
Vaisseaux qu'elle amene à
<
son(ecours, mais elle ne veut.
plus de guerre, & ne s'appli
que qu'à recevoir la Paix.
Voila l'explication de la
Galerie. Elle a 40toises de'
long
, & 36
piedsdelarge.
Tour y est finy
& dans le
nombre prodigieux des Fi--
gures qui la composent, on
n'en remarque pas une qui
ne soit terminée avec le mes
me foin que si elle devoir
estre seule, & qui ne fasse
son effet.
Il est étonnantqueMr le
Brun ait pû en quatre an
nées l'achever, ayant voulu
Peindre le
tout luymesme,
&nesestant confié à.per
sonne , pour se faire soula-,
ger dans une si grande en
treprise,qu'il a heureufcment
terminée à la fitisfa&ion du
Roy, qui par des louanges
publiques & particulières a
témoigne qu'il n'avoit jamais
rien vû de si beau
; &toute
la Cour instruite des foins &
du tempsque demandent les
grandsOuvrages,& charmée
;
de celuy-cy, dit hautement
que Mr
le Brun méritoit plus
que pèrsonne du monde,de
travailler pour Sa Majefté3
& qu'il cull salu à tous au..
es plus de temps pour pen
r de si grandes choies, qu'il
luy en avoir fallu pour les
cecuter.
ne puis mieux répondre
à ce que vous attendez du
premier Article de ma Letrre
sur les choses qui regardentla
gloire du Roy,qu'en vous envoyant
une Description de la
Galerie deVersailles,quim'est
tombée depuis peu de jours
entre lesmains,&que MrLorne
Peintre a faite avec une entiere
exattitude. Elle est belle,
succincte, fort intelligible, &
comprend toute la vie de nôtre
auguste Monarque, depuis
qu'ila commencé à gouverner
par luy-mesme. Vous
me l'aviez demadée il y a déjà
long temps de la part de vos « Amis,& jevoy par toutes les
Lettres que je reçois, qu'elle
est extrêmement souhaitée
dans les Païs Etrangers.Ainsi,
Madame, comme vous foufrez
que celles que je vous
adresse devinent publiques,
en vous faisant part de cette
Description, je puis dire que
je satisfais à la curiosité de
toute l'Europe.
EXPLICATION
DELAGALERIE
DEVERSAILLES. r.
LAllégorie estla maniere
1
la plus ancienned'expri
mer les pensées par des cara
toute l'Europe. 'Dln>171
,
cteres. Les lettres n'ont esté
en usage que logtemps après
que les Egyptiens eurent, par
des figures, laissé à la Posté
rité les Mistéres de leur Re
ligion
,& les Loix de leur
Etat. Les Poëtes depuis, sous
des sens allégoriques, dans
les Métamorphoses, & dans
les Fables
,nousont donné
les plus beaux préceptes, &
les leçons les plus utiles de la
Philosophie. Les ornemens
de ce fameuxTemple,a dont
Dieu luy-mesme donna le
dessein au plus sage des Mo
narques, estoientmistérieux
;
mais cette science a esté en
usage de tout temps, princi
palement parmy les Peintres
A Temple de Salomon
&les Sculpteurs, quin'ont
point d'autre langage pour se
faireentendre dans leurs ou
vrages. Jupiter est la Puis
sance
; Junon, l'Autorité
.,
;
Mars, la Valeur; Hercule, la
Force.. Une belle Femme
qui rient un Sceptre & une
Couronne d'Etoiles,estla
Gloire. Une autre avec des
aîles, qui tient un Sable &
un Eperon, accompagnée
:
r
d'un Coq, est la Vigilance.
Pour la Prévoyance
,ils font
¥
*
une Femme avec un Compas
& un Livre. La figurede la
Renommée est assez con
nuë. Ils expriment le Secret
par un jeune Homme tenant
un Cachet sur sa bouche, &
ayant ses cheveux attachez
à un Bandeau d'or, qui soû
tient une Sphinx. LaVictoire
estcouronnée de Laurier;
elle a des aîles, & porte un
Trophée. La Peur tient un
Lièvre.L'Envie est entourée
de Serpens. La Terreur em
bouche une Trompette, &
menace avec des Fouëts; sa
coëfure est une teste de Dra
gon en forme de Chimere.
L'Abondance tient la Corne
d'Amalthée,&la Tranquilité
couronnée de Fleurs, a dans
lamain une Grenade. Ils ont
encore quantité d'autres fi
gures,qu'il seroit inutile de
décrireicy, n'estant point ou
peu représèntées dans la Ga
lerie de Versailles, où Mrle
Brun a peint l'Histoire du
Roy,depuis la Paix des Py
renées jusqu'à celle de Ni
mégue.Pourexprimer les,
mégue. Pour exprimer les
diférens mouvemens qui ont
fait agir. ce Prince, & les En
nemis qui le font opposez à.
ses desseins, il ne s'est servy
que des Divinitez qui nous
sontles plus connues, & qu'il
a accompagnéesde toutes
les marques propres à les
distinguer. Les Royaumes,
comme les Provinces & les
Villes, sontreprésentez par
desFemmes vêtues à la mode
de leurs Peuples, & ayant
leurs Armoiries auprès d'el
les. Les Fleuves sous la fi
gure de vieux Hommes cou
ronnez de Roseaux, sont re
marquables par des Urnes,
d'où sort l'eau de leur source.
Enfin il a pris un si grand
soin de marquer tout cequi
peut rendre ses pensées intel
ligibles, que pour peu que
l'on sçache les Poëtes,on ex
plique sans peine les tujets*
& l'Allégorie. loin de les ob
fcurcir,les éclaircir & les en
richir, estanttraitée avec tout
l'art & toute la delicatesse
necessaire, pour faire com
prendre une infinité de cir
constances tres-importantes
au sujet,qu'il eust esté im
5
possible de faire concevoir,
sans ce moyen dont il s'est:
ingénieusement servy pour
les marquer.
L'Histoire commence par
un des Tableaux a qui estau
aJ!a^.opieds Je Ion?.
milieu de la Galerie, où le
Roy dans la fleur dela jeu
nesse, envisageant la Gloire,
prend après son Mariage le
Gouvernement de l'Etat, &
quitant pour la mériter les
heureux
plaisirs d'un Regne paisible,
médite de rendre ses Sujets
,
& d'humilier ses
Ennemis.
Dans douze Ovales,
voit le commencement de
a on
ses glorieuxdesseins exécuté.j
On y remarque l'ordre qu'il'
met dans les Finances; le
foin qu'il prend de faire ren
a.Ils ont 8 pieds de haut.
dre la Justice
; le rétablisse.
ment du commerce
,l'insti
tution des Académies, le se
cours qu'il donne à l'Empire
:ontre les Turcs; les Trou
pes qu'il envoyé en Hollande
contre l'Evesque de Munster;
la satisfaction que luy faitl'Es
pagne pour l'insulte que son
Ambassadeur avoit faire au
nôtre en laVille deLondres,la
Pyramide élevée dans Rome
pour réparation de la violence
faire par les Corses à nostre
tiaiiceavec
les Treize Cantons; l'arrivée
des Ambassadeurs des Na
i
tions les plus reculées ;
k
jondtiondes deux Mers &
des.
la construction des Invali
]
octogones,à feintsdeLapis
à
Dans les six Bas reliefs
fondd'or, onapeint laGuerre
de Flandre, pour les droits-1
de la Reyne ;
la Paix d'Aix
la Chapelle, qui finit cette
Guerre; la défentedesDuels
la distribution desBleds pen
dant la Famine la seûreté &:
la Police du dedans de la
Ville de Paris; &: l'acquisi
tion deDunquerque.
a Depareilleme/hre;
Laderniere Guerre est le
sujet des huit plus grands
Tableaux.
Dans l'un a on voit le Roy
méditer sur toutes les diffi
cultez qui se pourroient ren
contrer dans la Guerre qu'il
veut entreprendre contre les
Hollandois.
;5-j
Les Provisions qu'il fait
pour surmonter tous les ac
cidens qu'il a préveus com
posent
b
le second.
Dans
le troisiéme,ilpro
pose à ses Généraux le def.
sein qu'il à formé& de quelle
,3.4 2.0pieds. b lia15 pieds.c 55pieds..
maniéré il prétend l'exécu
ter.
Le quatrième a représente
lesCampagnes de Hollande.
Dans le cinquième b on
voit l'Empire & l'Espagne
s'unir avec la Hollande con
tre le Roy.
Le sixiéme c
fait voir la
Conqueste de la Franche
Comté.
Le septiéme donne une
idée de la Prisè de Gand
, &
des Campagnes de Flandre.
Et le huitième e
forme
a 35
pieds,b55pie.lsJœrgeHr10. c 25p.
d 3$p. e 55p.delargesurvingt.
l'image de la desunion des
trois Puissances par la Paix
de Hollande.
Tous ces Tableaux font
enfermez dans de riches
Compartimens, &: les Ovales
font accompagnez de Ther
mes peints couleur de bron
ze, rechaussez d'or, qui por
tent des Corniches, avec des
Frontons feints de marbre,
sur chacun desquels sont
deux Enfans de coloris, qui,
se joüent à des Festons de
Fleurs sortans d'une Cor
beille
, posée sur un Masque
coloré, qui est au milieu de
chaque Fronton. Deriches
Tapis de velours, où l'onvoit
les amusemens de l'Enfance
de ce Prince, decorenrl'es
pape d'entre les Bordures.
Aubas des Tableaux.,sur des
Cartouches deSculpture,
l'on a écrit des Inscriptions
sur chaque sujet.
Des Victoires semblent
retrousser le Tapis, en inten
tion d'y mettre 4 la place
d'autres Tapisseries d'Actions
plus sérieuses, & plus impor
tantes..
Voila engrosla distribu- j
tion& l'ordonnancede la j
Galerie
;mais comme l'Hit
toire y est traitée avectoutes
ses circonstances, ilfaut par
ticulariser un peu plus de
choses, pour tâcherde faire
mieux comprendre l'allégo
rie des Figures qui entrent
dans cegrand Ouvrage. Le
premierdesSujets est dans
leplusgrand des Tableaux,à
où l'on voit au milieu le Roy
dans la fleur de la jeunesse.
Son Habit est à la Romaine,
avec un Manteau Royal qui
couvre une partiedu Trône,
a-dumilieu de la Voutedont il tient
toute lalaraeitr.
Ó
'JL*
î
*'
f
sur lequel il est assis. Il tie
un Gouvernail,pour marq
qu'il commence à gouveri
son Etat; 8c les trois Grad
qui le couronnent, représent
tent celles que l'on voit bi
ler dans toute sa persons
L'Amour leur donne c
Fleurs; & la Tranquilité
reposant au bas du Trôr
marque celle que ce Prin
vient de donner à son Et
Des Enfans figurant les G
nies des Divertissemens, s'e
cupent à toutes forces de pl
fil s & de jeux au bas& da
l'un des costez duTableau.
Al'autre costé, la France
assise tous un Pavillon de
brocard d'or, tient unFaif
ceau Romain. Elle étouffe
la Discorde fous son Bou
clier. L'Hymen
àcostéd'elle,
porte la Corne d'abondance,,
&son Flambeau dont elle est
éclairée, parce que le Ma
riageduRoy estoit. la princi
:pale cause de son bonheur.
LaSeine, a couronnée de
s
marquent
Raisins, s'appuye sur forp.
Urne,d'oùsortentavec l'eau
des Fleurs & des Fruits, quii
sa source, & l'a
aRivieredont IdfourceeftenBourgognerr
bondance que son cours
porte dans laCapitale dui
Royaume.
i
A costé, &un peuaudes
sus du Roy, Minerve assise
sur unNuage,-luyprélente
j
d'une mainsonBouclier,al
luy montrant de lautre la
Gloire preste à le. couronner..
Mars en
quercecette Déesse qui l'at
l'air luy fait remat
tend. Le Prince la regarde
attentivement. La Déesseluy
présente la Couronne d'im
mortalité.LaVictoire & la
'-i
Renommée l'accopagnent;;
Le Temps leve un bout du
Pavillon sous lequel est le
Roy, pour marquerqu'il a
fait connoistre lesvertushe
roïques de ce Prince, auquel
|
il fait voir par le Sable
a qu'il
luy présente., que l'heure est
venued'entreprendre i
les
grandes Actions qu'il a mé
ditées, & de profiter des mo
mens qu'ilfaitcouler en sa
faveur. Les Dieux paroissent
dans le Ciel, luy offrant leur
assistance Pluton, sesriches
sesVulcain, sesarmesCe
1.
rés & Bacchus, des vivres
pourses Armées.
;Apollon
a. Horlogedu Temps.
précédé de l'Etoile de Vénus,
vient du plus haut des nues
pouréclairer ses grandes Ac
tions& Diane paroist pour
le guider dans les ombres de
laNuit. Jupiter offre son Fou
dre. Mercure traverse les airs
*
pour allerfaire connoistre ce
Prince à toute la Terre. Ju
non,Protectrice delaVanité,
se tourne de l'autre costé du,
ceintre ou regardant favo
rablement l'Allemagne, elle,
luy envoye une Niiée.,aaub
luy servant de Trône, mar
que la vaine supériorité quL
a fable riIxion.
elle prétend iur les autres
Royaumes. La Couronne
Impériale, & l'Aigle, la font
reconnoistre. Son attitude
estfiere, son habillement
pompeux. Elle tient le Bâton
decommandement
; &l'Es
pagne à costé, & un peu plus
bas, sembleobserver les mou
vemens. Elle s'appuye sur son
Lion, qui devore un Roy des
Indes renversé sur desTrésors
épars. Son ambition est re
présentée par une Femme
avec des aîles, qui a la teste
& les bras chargez de Cou
ronnes. Elle embrase d'un
Flambeau qu'elle tient dela
>
main droite, les Palais des
malheureux Princes qu'elle a
dépoüillez, &-, arrache de
l'autre la Couronne de l'un
de ces Infortunez, accablé
fous le Trône qu'elle a ren
versé. La Hollande à la gau
che de l'Allemagne,&plus
basencore que l'Espagne,est
assise surunLion quitientles
sept Fleches que les Provin
ces Unies ont prises pour
marque de leurconfédera
rion. Elle a le Trident à k
main, & tientThétis enchaî
née,prétendantavoir l'Em
pire
pire de la Mer par son Com
merce. Onvoit auprès d'elle
des Balots de Marchandises,
& des Vaisseaux prests à par
tir pour le Voyage de long
cours.
Ces trois Puissances pa
roissent avec toutes les mar
ques d'ambition & de fierté,
quipouvoient exciter le Roy
à vanger la France des inju
res qu'elle avoit souffertes
pendant sa Minorité, & la
leur rendre plus redoutable
qu'elles ne l'avoient trouvée
fous les Regnes précedens.
Pour remédier aux abus
qui lecommettoient dans les
Finances, le Roy suprima la
Charge de SurIntendant, &
s'en réserva le foin, pour estre
Luy-mesme l'Oeconome &
le Dispensateur de ses Tré
sors; ce qui le voit dans le
premier
ades quatre Ovales
qui entourent
le Tableau que
nous venons de décrire. La
France estaux pieds du Prin-*
ce, entre les mains duquel
elle a remis le Gouvernail.
La Fidélité a son Chien pres
d'elle. Elle tient une Clef
d'or, parce que cemétal in
£ DHCefiédesMiroirs.
corruptible marque que rien
ne la peut corrompre. Elle
accompagne Minerve,
chasse,l'Epée à la main
qui
o'
, des
Harpies, qui laissent tomber
en fuyant une partie de l'ar
gent qu'elles emportent; ce
qui signifie les comptes que
l'on fit rendre à ceux qui a
voient pillé les Finances dont
ils avoient eu le manîment.
Dans lesecond , aonre
connoist l'institution des A
cadémies.LeRoy estaccom
pagné de Minerve, qui tient
un Plan de l'Obesrvatoire.
a DHcofté des Fenefires.
L'Académie Françoise po
un Caducée
aà la main. E
est à la telle de ses Comp
gnes, pour lesquelles elle
~r
mercie le Prince de l'ho
neur de sa protection.
Pour rétablir le Commerc
que les Guerres avoienc ~bar
ny duRoyaume, Sa ~Majesté
établit deux Compagnies
pour les Indes Orientalesà
Occidentales, dona la ~chass
aux Pyrates, rendit la ~Me
libre pour tous sesSujets au
voudroientcommercer.~C'es
a Symboledel'Elquencc.
jb £«1664.
le troisiéme a Ovale, où le
Roy tient un Trident. Des
Corsaires sont enchaînezà
ses pieds; un Matelot porce
des Balors sur le Port qui pa
roist couvert de Vaisseaux;
& l'Abondance que l'on y
voit, exprime l' unticcdu
Commerce.
Le quatriéme b estl'image
de l'ordre remis dans la Jus
tice. Elle est pres du Roy,
qui donne le Code aux Ma
gistrats. La Chicane ,
sous
l'ap*parence d'une Femme
a Sfude/fus des Miroirs.
b Du cgjléduFenestres.
maigre & décharnée
, dont
le corps fè termine en viz sans
fin, pour signifier ses diférens
velles.
décours, est terrassée fous les
pieds du Prince, qui la vient
d'éroufcr par des Loix nou
Dans l'un des Basreliefs,a
la justice présente son Epée
an Roy.LaRenomméevole,
& publie un Manifeste qui
contient les raisons qui atti
rèrent la Guerre en Flandre
pour les droits de la Reyne,
que l'Espagne refusoit.
a îbfont£az.urafortesd\r, alaClef
dht Vo.-.'ît,ancoftéditTablc.1Hditmil:(u.
Dans l'autre
, a lEipagne
reçoit du Roy une Branche
d'Olivier,ensigne de laPaix
i;
qu'il vient de luy offrir àAix
la Chapelle, en rendant libé
ralement la Franche-Comté
qu'ilavoirconquiseenvingt
joursau milieu de l'Hyver.
Cette Provinceestàgenoux,
& entourée de Canons pour
laréjouissance dela Paix. La
Victoire couronne le Vain
queur.
)I! Les quatre Ovales b qui
a Acoftèdugrand TableaualaClefde
la Voute.
b Du coflédes Miroirs ,
prés des Cam-
fagnes deHollande.
font aux costez du Tableau
des Campagnes de Hollande,
représententdans l'un la Hol
lande quisuit;mais la France
qui vient à son secours, arra
che le Bouclier de Munster
qui la poursuivoit. Les Trou
pes du Roy sirent retirer l'E
vesque de Munster & l'o
bligerent de conclure la Paix
avec lesEtats.
Dans un autre,aune Fem
mevêtuëd'écarlate, 6c suivie
d'une Louve, signifieRome,
quivient reparer la violence
faire par les Corses à nostre
a D:.< cojîédes Fencftrcs.
Ambassadeur, & offrir pour
satisfaire à cet attentat, de
faire élever une Pyramide,
dontlaFrance,accompagnée
;
de la Force
Plan.
, luy montre le
Le troisiéme
a fait voir la
France l'Epée à la main ,
qui.
pouriuK des Turcs effrayez,
&renversez.L'Aigle de l'Em
pire chancelant, se raffermit
à l'ombre de son Epée
; ce
qui arriva à la Bataille de
S. Godart, où la valeur d'un
petit nombre de François
rassura l'Empireétonné
,&
a DUccftè-dssFcneftrcs.
contraignit une Armée for
midabled'Infidelles à faire
une Paix honteuse.
Le quatrième a nous mon
tre l'Espagne, accompagnée
de son Lion soûmis & ram
pant, parce qu'elle vient sa
tisfaire à L'insulteque son
Ambassadeur avoit faite au
nostre en laVille deLondres.
La France a prcs d'elle la
Force &
la Justice; elle re
çoit b la soûmission & la pro
testation publique faite par
l'Espagne de ne luy disputer
jamais le premier rang.
aDiscoftéde
tFenefîres. b En1661.
Dans un Basrelief, a la
:Justice sépare d'une main les
Combatans, qu'elle menace
de l'autre. Dans l'éloigne.
ment, des Archers en traî
nent un en prison, pour ex
primer avec quelle rigueur
le Roy fait observer la DCN
fente des Duels.
L'autre b fait ressouvenir
de sa bonté pendant la Fa
ine.,l1ne belle Femme avec
11'
une Flâmesur la teste, & une
Corne d'abondance fous le
a A
la Cléfde la F"o;t;e,prés les Cam
pagnesde H"
faride.
b AlaClefA? lufouts.
bras, nous designe sa pieté,
qui faitdistribuer a du Pain à
des Pauvres, qui semblent le
recevoir avec empressement.
Il Les quatre derniers Ova
les,b & les deux Bas reliefs;
font autour du Tableau des
Campagnes deFlandre. Dans
l'un des quatre Ovales, les
Ambassadeurs des Nations
les plus reculées, viennent
*
admirer la France, que les
glorieuses Actions du Roy
ont renduë redoutable jus
ques aux Lieux quivoyent
lever & coucher le Soleil.
a En1662. bAiidejfnidesFeneflres.
Dans un autre, a les Am
bassadeurs des Treize Can
tons viennent renouveler
l'Alliance avec elle.
Lajonction des Mers étant
d'une extrêmeutilité pour le
Commerce
, le Roy a fait
creuser ce fameux Canal de
Languedoc; ce qui se voit
dans le troisiéme, b où Ne
ptune qui est l'Océan, &';
Thétis la Méditerranée, se
joignent en figne de leur
communication.
Les Soldats, que les longs
a Aude(fusdes F'enejîres.
b sixdejfus des Miroirs.
services, ou les malheurs de
la Guerre, avoient rendus
inutiles, estoient contraints
de chercher dans la charité
des Peuples un soulagement
à leurs misères, l'extréme
nécessité estant presque la
feule récompense de leurs
travaux. Le Roy voulant
adoucir leur disgrace, & les
récompenser, a fait bâtir ce
fameux Hostelde Mars, où
sa magnificence les entre
tient. C'est le sujet du der
nier
a Ovale. LaPieté paroist
sur un Trône, donnant l'Or
a AudeJfusdel Miroirs.
dre de S. Lazare aux Offi
ciers, & distribuant de l'ar
gent aux Soldats. Minerve
luy présente le Plan de ce ma
gnifique Bâtiment, où ils
sont logez.
Dés que la nuit estoitve
nuë, les Voleurs se rendoient
maistres de Paris. On couroit
risque de la vie, si l'on estoit
contraint de sortir, & les
Maisons mesme n'estoient
pas un lieu de seûreté. Le
Roy, pour remédier à ces
désordres, ordonna des Com
pagnies d'Archers à pied &
à cheval dans la Ville,& sur
les grandsChemins; ce que
l'on a représentédans ce Bas
relief aoù la Justiceassise sur
sur son Tribunal, ordonne à
des Archers d'aller prendre
des Voleurs qui assassinent
les Passans au coin des Ruës.
La Seûreté reposent à l'om
bre de la Justice, tient une
Bourse ouverte.
Dans le dernier b Bas-re
lief, on a mis l'acquisition
de Dunquerque. C'estoit le
seul Port qui restoit aux E--
trangers sur nos Costes, &le
a AUClefdelaVm
te.
b A La Clefdl LA Voute.
refuse de tous lesCorfau'es.
Le Roy voyantà regret cette
Place de son Royaume sous
une domination opposée à
l'Eglifc Romaine, n'épargna
rien pour l'obtenir. Dun
querque présente ses Clefs à
la France, qui ordonne à Il
Pieté de répandre ses riches
ses que l'A ngleterre fait ser
rer. L'Herésie se retire.
P( Le Roy lassé de l'ingrati
tude des Hollandois, porte
la Guerre dans leurs États,
L'Allemagne & l'Espagne,
étonnées de la rapidité de ses
Conquestes, s'unissent à la
Hollande pour s'opposer aux
progrès de ses armes victo
rieuses; mais cette union leur
fut si funeste, qu'elles se vi
rent obligées de demander
la Paix, & de la recevoiraux
conditions qu'il plût au
Vainqueur de leur imposer.
Cette Guerre estle sujet des
huit Tableaux qui restent à
décrire. Dans le premier,le
Roy animé par sa, valeur à
une Conqueste juste, déli
bérant en luymesme s'il la
commencera ,
écoute sasa
•
gesse,poursurmonter par ses
conseils lesobstacles qu'elle
à
luy fait remarquer dans son
entreprise.
Il paroist
acouvert duMan
teau Royal, sur un Trône
magnifique,sousunPavillon
bleu semé de Fleurs de Lys,
attaché par des Cordons
d'or à des Colomnes d'un
superbe Ordre Ionique. La
Victoire &laRenommée l'at
tendent sur des nuages aux
costez d'un Chartraîné par
deux Chevaux dont l'adhcn
marque l'impatience. Mars
l'invited'y monter, en luy
a Audefus Feneftres.entre Jearanct}
Tablcatt & les Campagnes de Hollande,
faisant voir l'éclat de la Vic
toire
, dont le Char paroist
tout resplendissant, & l'ex
cite à une nouvelle Con
queste , par la veüe de ses
premiers Trophées a qu'il
luy montre; la Justice der
riere le Prince
, semble in
spirer un dessein si noble.
Toutl'invite à marcher
;mais.
Minerveassise au bas du Trô
ne, luy fait remarquer les
horreurs de la Guerre, qu'elle
a tissües dans une Tap1ÍTene,_.
où la Canicule en feu se voiH
a Ce font des Boucliers, oufont les noms
des Villespries en la premiere Gueye de
JFUadrts--
dansl'éloignement. Des Ma
ladesexpirans de peste & de
fièvres ardentes, sont les sui
tes de la contagion d'un air
enflâmé;L'EnvieaunAigle
en8~mé. L'Envie a un Aigle
& un Lion à les costez, pour
faire connoistre que les deux
Puissances qu'ils signifient,
devoient s'opposeraux des
feins du Roy. Un Fleuvequi
soûleve sesflots, entraînedes
Soldats, dont on ne revoit
qu'une partie du corps; ôc
l'avidité d'un Soldat man
geant de la terre & de l'her
be, marque la faim qui le
devoresur la pented'un Ro
cher glacé, fous la forme d'un
vieil Homme. L'Hyver presse.
entre ses bras unSoldat, que
l'excès du froid rend immo
bile. L'airestplein de vents
& de frimats.C'est par ces
imagesdediférens obstacles
capables de détruire ou de
retarder une entreprise,que
la Sagesselaissant agir la
Valeur, fait prévoir tous les
inconveniens qui peuvent
tromper une ardeur inconsi
dérée.
Jusques icy le Roy a paru
avec un Manteau Royal
;
mais dans les sept Tableaux
suivans il en a un de Brocard
d'or, comme les portoient
les Demy Dieux & les Hé
ros, pour montrer que les
premièresActions,toutes
justes & toutes grandes qu'
elles sont, n'aprochent point
des Prodigesquisontrepré
sentez en suite. <*nn npism
si Dans lesecond
aTableau;
ce Monarque prépare tout
pour la Guerre qu'il estprest
d'entreprendre, & fait les
provisionsnécessaires pour
remédier aux inconveniens
k
*
aAmde[Tu
1
sdes Fçnefîres, entre legrand.
Tableau & les Campagnes de Hollande
que la Sagesse luy a fait pré
voir. Les Dieux qui luy ont
promis leur assistance, luy
donnent leur secours. Sur
le devant, Neptune dans un
Char traîné par des Chevaux
marins, & suivy de Tritons,
présente son Trident au Roy
qui est debout,& qui avance
la main pour recevoir le Sce
ptre du liquide Empire.
Mars dans son Char for
tant d'une Tranchée, luy a
mene des Troupes dont les
Chefs baissent la Pique
, en
s'inclinant devant leur Gé
néral
Vulcain
Vulcain offredes Armes
portées par des Forgerons,
lx. c'est Mercure qui présen
te le Bouclier, parce que l'A
dresse & l'Eloquence four
nissent les raisons dont les
Roys font leurs premières
Armes. Aux pieds du Prin
ce on voit des Vases pleins
de richesses, que Pluton qui
estau haut du Tableau, luy
vient de donner. La Terrasse
estcouverte d'Instrumens &:
de Machines de guerre. Sur
desNuages au dessus duRoy,
Minerve soûtient un Casque
d'or qu'elle luy va mettre sur
la teste. dont le sens allégori
riqueest, que la Sagesse sor
tisse l'entendement, & em
pesche qu'il ne se corrompe. ;
La Prévoyance à costé de
Minerve , montre de son
Compas le Livre qu'elle
tient
, pour faire enten
dre qn'il a tout préveu
, &
mis ordreàtout. Cerésvient
offrir ses riches Moissons.
Son Char traîné par des Dra
gons est plus loin,& l'Abon
dance la suit.Del'autre costé
Apollon, A
semble y donner
a II bastit avec Neptnne les AlMrs de
Troye.
1
1
les ordres, & prendre le soin
des Bastions qu'on élève.
Dansl'éloignement on dé
couvre un Arsenal
construit avec diligence des
,oùl'on
Vaisseaux & des Galéres. La
Vigilance, comme l'âme de
cette action ,
est dans dans
le milieu
, &laplus élevéedu
Tableau.
Voila de quels moyens le
Roy s'estservy pour faire
reüssir les desseins qu'il avoit
méditez,& qu'il proposeà les
~«
Genéraux. Dans le Tableau
suivant , il y est debout
a Au drJtM des Miroirs entre le grand
T-abkau (5 les Campagnes deHollande.
appuyé sur un Bâton deCom
mandement.Monsieur,Mon
sieur le Prince,MrleVicomte
de Turenne, l'accopagnent.
Minerve déploye une Carte
des Pays-Bas, qu'un Amour
couronné de Laurier, repré
sentant l'amour de la gloire,
tient devant eux. Vésel, Bu
rich, Orfoy & Rhimberg,s'y
voyent en Lettres d'or
, &
d'un plus grand caradere,
parce que ce sont les Villes
que le Roy veut attaqueren
mesme temps , & qu'il or
donne aux Princes d'aller as
siéger
; &pour faire conce,
voir qu'il n'avoit encore com
muniqué ce desseinà person
ne, le Secret est derriere luy,
& porte son Casque. Prés du
Secret, on remarque laVigi
lance; &
laPrévoyance est z
cofté de Minerve. La Gloire
préside à l'entreprise qu'elle
a inspirée, & le Nuage épais
qui la soûtient, fert à expri
mer le filcnce, & le secret du
Conseilau milieu d'un Camp,
que l'on découvre derriere,
& dans lequel des Cavaliers
& des Soldats s'apprestent à
suivre le Dieu des Combats,
qui paroist en l'air portant
un Ecu armoiriéde France.
'La Victoire vole déja ,
d'au
tant qu'il y eut si peu d'inter
vale entre l'entrepirise , &: le
succés
,
que l'on sçût aussi
,
tost laprise des Villes , que
leurs Sièges.
Dans laa premiere Cam
pagne de Hollande,les Ar
mées du Roy ayant passé le
Rhin
, on prit plus de qua
rante Places ; on remporta
une grandevictoire sur Mer; Î
on battit les Ennemis par
tout. Les Etats effrayez ou
blierent leur ambition er- j
a En \Cf 2.
dirent presque leur libeney
&: les secours secrets de l'Es
pagne ne leur pouvans fuffirc,
ils furent contraints d'inon
der leur Pays pour en em
pescher l'entière perte. La
seconde a ne fut pas moins
heureuse. LeRoy emporta
Mastrich en treize jours ,
(es
Troupes prirentTréves ,
te
(esArméesNavalesga
gnerent deux grandes Ba
tailles. Ces deux Campa
gnes composent le quatriè
me Tableau
, où toutes ces
Conquestes & ces Vidboire^
a 1673.
font merveilleusementrepré
[entées.
Les plus vivescouleurs
font remarquer le Roy la
Foudre à la main ,
les Che
veux & son Manteau agitez
par les vents ,
son Char rapi
dement traîné par des Che
vaux fougueux. Minerve le
guide, la Gloire l'accompa
gne) Herculele fuit, &pous
le le Char par dessus lesflots
que le Rhin soûleve. Ce
Fleuve qui depuis ce fameux
Romain quis"'assujettitl'Em
pire de l'Univers ,
n'avoit
point souffert de Vainqueur,
paroilt plein de courroux 3c
de dépit
j de n'avoirpu par la
rapidité de son cours arrester
ce Monarque, & de se voir
obscurcir par une Victoire
qui vole au dessus de luy
,
&
porte un Etendart
critTolmk
, où est é
,nom du lieuoù
ce renommé partage se
fit.
L'Efp,l.çyt-ie tient un Mas
que , pour marquer les se
cours secrets qu'elle donnoit
aux Hollandois. Elle tâche
envain d'arrester le Char,
parce qu'au lieu de se jetter
aux Guides des Chevaux,el
le ne s'attache qu'aux traits,
ce qui sert à l'entraîner elle
mesme
5
& figure la guerre
qu'elle s'attira. Le Char passe
sur les premieres Villes con
quises, représentéespar des
Femmes terrassées.
L'ambition de Il Hollan
de mord la poussiere. Ses
aîles font rompuës ,
elle ne
peut plus s'élever
, comme
Cuc ÛvOlt âCCGiltUVnÇ
j ^4 un.
Homme renversé sur le dos
parmy des Balots & des Li
vres.de Compte,signifie le
desordre de son commerce.
La Libertédes ProvincesUL J
nies assise sur un Lion qui
tient les sept Fléches
,
tâche
de se défendre. Elle a l'Epée
dune main , & presentede
l'autre son Bouclier, où se lit
cette Inscription , qui pro
mettoit tant de forces, &
qui fut suivie de tant de foi
blesse. Les Peuples paroissent
dans une si grande conster
nation ,
qu'ils viennent de
loin presenter les Clefs de
leurs Places.LesRenommées
volent de tous costez. Un
groupe deVittoires qui se ca
chent &se succedentlesunes
aux autres,tiennent desPal
mes ôc des Lauriers, & for
ment en l'air un triomphe
autour du Vainqueur. Les
plus remarquables portent
quatre Couronnes murales
pour la prisedes quatre Villes
en un mesmejour.
De l'autre costé a du Ta
bleau
,
l'Europe regarde le
Roy avec surprise. SonChe
val épouvanté se cabre. Les
Fruits& Instrumens des Arts
qui marquentla fertilité
, &
le génie de ses Peuples, sont
à ses pieds. Plusieurs Victoi
res emportent les Armoiries
des Villes conquises. Celle
a AHdejfpu des Feneftres.
deMastrichse met seule en
défense, mais Mars arrache
en passant son Bouclier,
poursignifier le peu detemps
que dura cette Place
, que
l'on croyoit imprénable.
Dans un Angle duTableau,
deux Amériquainsadmirent
ce grand spectacle. Ils ont
place ence lieu, comme té
moins des Victoires que nos
Armées Navals ont rem
,
portées dans leurs isles les
plus reculées.
L'Allemagne & l'Espagne
se repentant de ne s'estre pas
plûtostopposéesaux Armes
du Roy, se liguérent avec la
Hollande, pour arrester s'il
le pouvoit, la rapiditédes ses
conquestes. L'Espagne leva
le masque, & se déclara ou
vertement. L'Empereura
,
assembla les Princes d'Alle
gne
, mitune Armée consi
dérable sur pied
,&: le Roy
resta seul
,
comme il l'avoit
préveu ,
& mesme desiré,
pour faire voir à ces Puissan
ces qui s'estoient toujours
flatées
,
que leur union feroit
fatale à la France; qu'elle
estoitpluspuissante
, quoy
a 1674.
que feule
, qu'elles ne l'e
toient toutes ensembles.C'est
cette union dont le cinquié
me Tableau a est composé,
qui donne une admirable
idée de la crainte & de l'en
vie qui obligerent ces Puis.
fances à s'unir, pour arrester
les progrés delagloire d'un
Prince, dont elles ne purent
retarder les prospéritez.
L'obscurité regne dans le
milieu, où fousun riche Pa
villon ces mesmes Puissances
se donnent la main. La Hol
a An deffiu de la Po?te du Salon dela
Guerre, iloccupe tout
tcfpacedepuis la
C-ornxhe jiifquala Voute.
lande vétuë à la mode de ses
Habitans, & par dessus or
née d'un riche Manteau, por
te sur son visage les marques
de sa desolation & de son de
sespoir.
Pour avoir du se
cours, elle s'attache d'une
main à lEfpagne qui leve
le masque
,
& fait voir le dé
pit sur son viiage. Elle tend
la mainà la Hollande;& l'Al
lemagne aŒlèau milieu, fem
ble les unir & le joindre avec
elles. Toute son action mar
que le repentir; & l'Aigle de
l'Empirepressefortement
avec une de ses serres une des
pattes du Lion de Hollande
que l'on voit dans une po
sturesouffrante
, pour faire
connoistre que les secours
qu'on luy donnoit luy coû
toient cher.Des Furies repre
sentent la peine, le dépit,&
la jalousie
,
dont ces Puissan
ces sontagitées
Dans le bas
èc dans l'un des costez du
Tableau, les Electeurs &:les
Princes d'Allemagne s'as
semblent. Onles reconnoist
à leurs Ecus, & à leurs Eten
darts.
Un Timbaliertâche
,
d'intéresser toute l'Europe:
dans leur querelle, ôc hs>
Troupes viennent de toutes
parts., Dans l'autre costé on
forge des Armes que l'on
emporte avec précipitation..
Les Forgerons refusent d'en
livrer une partie
, pour signi
fier le retardement que le
manque d'argent apportoic
aux armemens des Ennemis.
Des Renomméesparoissent
dansleCiel.Elles augmentent
le desordre &l'éprouvate par le
récit desnouvelles Victoires
qu'elles publient de toutes
leurs forces) & dans l'Eten
dart qu'une d'elles présente,
où se lit cette Fameuse Il-i--
i
scription, queCésar&leRoy
ont
seulsméritée,Veni
rvïàirs
La Campagne de la Fran
che Comté commence les
Conquestes de Flandre. Le
Roy partit pour cette expé
dition au mois de Févrierde
l'année 1674. Jamais il n'y
eut de fin d'Hyver plus fâ
cheufe
,
& la resistance des
Ennemis fut le moindredes
obstacles que les Troupes.)
eurent à combatre.
Le Roy paroist tranquille:
au milieu d'un grand mou
vement qui est exprime A
dans le Tableau. Le Doux b
saisi de frayeur étend les bras
pour s'opposer au passage.
Mars traîne avec violence
un grand nombre de Fem
mes de tout âge. Ce sont
toutes les Villes de la Pro
vince que le Roy dompta
comme en passant. On les
reconnoift à leurs Ecus char
gez de leurs Armoiries. La
Franche Comté est abattuë
aux pieds du Vainqueur.
Malgré le desespoir qui luy
a Entre le çrrartdTableau & les Cam"
pAonesdeFlandre au de(fui des Miroirs'- b PrincpalFleuvedela Province.
fait arracher les cheveux, on
ne laisse pas de remarquer la
beauté de son visage. Son.
habit est à la maniere de ses
Habitans.Toutes les passions
quiagissent sur l'esprit des
Vaincus
, sont merveilleuse
mentexprimées dans l'action
de ces Captives, oùla crain
te, l'espérance, & le dépit, se
remarquent en je ne sçay
combien de maniérés difé
rentes.
Sur la pente d'un
Rocher, Minerve présente sa
Pique,se couvre de son Bou.
clier. Hercule leve sa Massue
pour chasser l'Aigle , & le
Lion en fureur, quitâche
de défendre le sommes. Les
Signes des, trois mois que
dura cetee conqueste
, se
voyent parmy les Frimats, la.
Greste, la Neige ,
&laPluye
que l'Hyver jette à plei
nes mains en se retirant, &
que les Venrs poussent
avecimpétuosité
,mais toiis.
les obstacles de la saison
, ny
la resistance des Ennemis,,
ne peuvent rerarder la Force
conduire' par fa- Sagessequi
paroissént au haut du Ro
cher
, <%
ayant précipité uiïa
awC-estBesançon..
partie des- Soldats qui le dé
sendoient. L'Aigle cric de
dessus l Arbre où il est perché
au coin du Tableau De l'au
ne costé)les Troupes fuventv
& donnent une idée du trou
ble & de l'épouvante que
les Armes du Roy avoient
portée dans cette Province.
La Victoire attache des Bou
cliers des Places conquises à
un grand Palmier
, &pose
deux Couronnes sur le Tro
phée
, pour marquer que
c'est pour la seconde fois qu'
elles sont domptées; &
la Re
nommée embouche deux
Trompettes pour aller pu
blier cette double conquerte.
La Gloire paroist dans le Ciel;
son éclat rejallit sur le Heros,
&l'oppositiondecette lumie
re à l'obscurité des Frimats,
rend cét Ouvrage un des plus
brillants qui,sevoyent.
La Campagne de1675.fut
celebre par la prise de Cam
bray, deValenciennes
, de
SaintOrner,& par la Batail
le de Mont-Cassel. En 1676.
le Roy formaplusieurs Corps
d'Armées en Flandre
, insulta
quasi toutes les Places
, en
leva Gand par une conduite"
c,
fij
si admirable, que le Gouver
neur des Pays-Bas n'eut pas
L
plûtost les nouvelles du Sie- •
je que de la prise de la Vil
e. ».
le, Voila la matiere du Ta-,
bleau qui fait cimetrie aux
Campagnes de Hollande.
Au milieu du Ciel , le Roy
porte sur l'Aigle de Jupiter,
ance la foudre.Un gros nua
re d'où partent des tourbil
ons deNuées, des Tonner
cs & des Eclairs) quiinfpi
ent la frayeur aux Villes que
Ion voit dans la crainte
, font
'image des diférens Corps
d'Armées qui les investirent.
i
Le Secret & la Vigilance ac
compagnent ce Monarque, j
les Renommées le devan
cent,* la Gloire tient sur [a. !
teste la Couronne d'immor- 1
talité. Il ne regarde point les 1
Villes effrayées, & tient sa <
veüe attachée sur Mars qui
abatl'Hydre ,
& force
l'Envie à se cacher dans un
coin du Tableau
, parce qu'
en domptant toutes ces
Places, le Roy ne songeoit
qu'à vaincre l'opiniastreté de
ses Ennemis
, &ne se ren
doit redoutable que pour les
à
contraindre
a recevoir la
Paix qu'il leur veuloit don
ner. A l'autre coin Ypre est
tremblante. Elle écoute &
regarde avec frayeur la Ter
reur qui la menace , & dans
le milieu Minerve qui a déjà
enlevél'Etendart de la Ville
de Gand ,
luy arracheencore
les Clefs qu'elle tâche inuti
lement de retenir; cette Vil
le paroist dans une vive dou
leur. Une grande Jeunesse
& une extrême Beauté re
présentent bien ce Tître de
Pucelle que les Flamans luy
ont donné,avcc un Parc qui
l'environne, &unLion cou
ronné pour la garde. Il sem
ble qu'elle ait glisse de dessus
les genoux de la Flandre, sur
le sein de laquelle elle lre
croyoit en seureté. Cette
Province porte le Torquet
& la Mante noire comme
ses Peuples, & danssasurprise
elle étend les bras aux pieds
, sans scayoir àquoy
duLion
se resoudre. Valenciennes est
renversée sur un de ses Ca
nons qui la fait tomber, par
ce qu'on s'en servit pour s'en
rendre maistre.Cambray
est enchaînée à un Char ar
morie de France
, & charge
des dépouilles de cette Cam
pagne.
j
tk®
A l'autre cofté du Ta
bleau, la Politique, le Con
seil, & la Prévoyance d'Efpa
gne, paroissent déconcertées.
Au milieu le Conleil est ob
fcurcy d'un nuage qui le
couvre y & qui l'empesche
de penetrer dans les desseins
du Kov
; & pour marquer
son aveuglement
, on luy a
mislamain sur les yeux.
La Prévoyance trouve son
Compas court, & une de (es
branches rompuë. Elle tire
en vain la Politique par sa
robe
,elle ne la peutsecourir
ny en estre secouruë
,
la for
ce luy manque
, le Sceptre
luy tombe des mains
,& le
Lion quelle excice, recule,&:
1
ne veut point avancer. La
Ruse representée par le Ty
gre qui s'enfuir, luy devient
aussi inutile.L'Aigle crie
, il
fait ployer fous luy les co
lombes d'Hercule où l'on a
attaché l'Inscription, Plus ott
t;:e, que prit autrefois Char
les- Quint.
Les Troupes
fPyent; & leConsèil, la Pré
yoyance
,&la Politique, re-.
sfent sans recours, & hors
d'étatd'aOgir dans la fraveur
que leur cause
le bruit d'un
événement si extraordinaire,
ôc si peu attendu, qu'une
Renommée qui vole au def
fus de leur cette semble leur
annoncer.- La Paix de Hollande finit
la Galerie. C'clt la desunion
des trois Puissances que l'on
voit se lierenfemble dans le
Tableau qui luy est opposé.
L'Allemagne paroist tombée
sur'des marches de Marbre
aAudeJfn4de la Porte du Salon de la
>
Paix.
fous un grand Pavillon atta
chéàlavoûte. Les nuées qui
luy servoient deTrône/eper
de nt,&se dissipent. Ellere
garde la Paix avec étonne
ment, & paroist surprise de
la foudre, qui semble gron
der sur sa cette. Son Aigle en
est étonne, il tire la Hollan
de par sa robe pour tâcher de
la retenir. L'Etpagne tourne
la teste du oofté de l'Eclair
elle étend la main pour en
garantir son Lion qui en est
renversé sur le dos.* Les
Troupes en font épouvan
tées,& fuyenr. LesForgerons
emportent leurs Marteaux,
;
& laissent des Armes qui re
stent inutiles. Mercure en
l'air semble dissiper un nua
ge épais, qui empefehoit la
Hollande de recevoirla Paix,
dont illuy apportc pour si
gne une branche d'Olivier.
CetteDéesse viét du Ciel pour
se donner à elle.On larecon
t
noist à son airgracieux
,aux
[Caducées qu'elle tient,à la
Corne d'abondance
, à (a
Couronne d'Olivier, &aux
Enfans qui l'accompagnent,
& qui jettent des fleurs pour
marquer les douceurs qui la
L
Clivent partout. LaHollan
de s'élance,&tend les bras
pour larecevoir. Elle fendes
besoins qu'elle en a ;
Ton
Lion ne peut plus la {bûte
nir , & ployé fous Tes ge
noüils, ce quiluy faitmépri
fer les conseils de ses Voi
jfïns, ôclavanité d'unPrince,
représentéé par une Femme
accompagnée d'un Paon,
;
qui pour se laffujettir tâche
de la détourner de la Paix en ;
.la tirant par le bras
, &luy
montrantdes Troupes &des
Vaisseaux qu'elle amene à
<
son(ecours, mais elle ne veut.
plus de guerre, & ne s'appli
que qu'à recevoir la Paix.
Voila l'explication de la
Galerie. Elle a 40toises de'
long
, & 36
piedsdelarge.
Tour y est finy
& dans le
nombre prodigieux des Fi--
gures qui la composent, on
n'en remarque pas une qui
ne soit terminée avec le mes
me foin que si elle devoir
estre seule, & qui ne fasse
son effet.
Il est étonnantqueMr le
Brun ait pû en quatre an
nées l'achever, ayant voulu
Peindre le
tout luymesme,
&nesestant confié à.per
sonne , pour se faire soula-,
ger dans une si grande en
treprise,qu'il a heureufcment
terminée à la fitisfa&ion du
Roy, qui par des louanges
publiques & particulières a
témoigne qu'il n'avoit jamais
rien vû de si beau
; &toute
la Cour instruite des foins &
du tempsque demandent les
grandsOuvrages,& charmée
;
de celuy-cy, dit hautement
que Mr
le Brun méritoit plus
que pèrsonne du monde,de
travailler pour Sa Majefté3
& qu'il cull salu à tous au..
es plus de temps pour pen
r de si grandes choies, qu'il
luy en avoir fallu pour les
cecuter.
Fermer
7
p. 98-99
X.
Début :
Est-ce un resve, Mercure, & me suis-je méprise, [...]
Mots clefs :
Cerise, Coeur, Valeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : X.
X.
St-ce un refve , Mercure, & mefuis-je
méprife,
Quand j'ay cru que d'une Cerife
Vous eftes venu m'étrener?
Dans la Saifonqu'il eft, c'eſt un Préſent
bien rare,
Et cependant un coeur avare
D'un mépris évident le pourroitprofaneri
Mais pour moy, jefais trop d'eftime
De ce qui vient de vostre part .
Jefçay quece n'eft point par un coup du
hazard,
Que vous en avez fait un choixfort légitime,
Et qu'ilfaut eftre enfin un rigoureux Ceng
feur
du Mercure Galant.
DOYON
DELA
VILLE,
Pour ne pas eftimerfon prix & fa
leur.
La mefme.
St-ce un refve , Mercure, & mefuis-je
méprife,
Quand j'ay cru que d'une Cerife
Vous eftes venu m'étrener?
Dans la Saifonqu'il eft, c'eſt un Préſent
bien rare,
Et cependant un coeur avare
D'un mépris évident le pourroitprofaneri
Mais pour moy, jefais trop d'eftime
De ce qui vient de vostre part .
Jefçay quece n'eft point par un coup du
hazard,
Que vous en avez fait un choixfort légitime,
Et qu'ilfaut eftre enfin un rigoureux Ceng
feur
du Mercure Galant.
DOYON
DELA
VILLE,
Pour ne pas eftimerfon prix & fa
leur.
La mefme.
Fermer
Résumé : X.
Un personnage s'adresse à Mercure, incertain de la valeur d'un présent reçu. Il reconnaît sa rareté et sa précieuse origine divine, mais craint qu'un cœur avare puisse le mépriser. Il affirme que ce choix n'est pas fortuit et doit être apprécié à sa juste valeur. Le texte se termine par les noms 'DOYON DE LA VILLE' et 'Pour ne pas eftimerfon prix & fa leur'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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8
p. 22-24
« Voicy un Sonnet fort heureusement remply, sur les / Estre en tout & par tout NON IMPAR omnibus, [...] »
Début :
Voicy un Sonnet fort heureusement remply, sur les / Estre en tout & par tout NON IMPAR omnibus, [...]
Mots clefs :
Bouts-rimés, Latin, Art de parler, Hercule, Ennemi, Univers, Peuple, Gouverner, Valeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voicy un Sonnet fort heureusement remply, sur les / Estre en tout & par tout NON IMPAR omnibus, [...] »
Voicy un Sonnet fort heureufement
remply , fur les
GALANT. 23
Bouts- rimez Latins qui ont
cours: Comme il eft fait pour
le Roy , il ne fçauroit manquer
de vous plaire . M ' Blanchard
, Curé de Fiffé aux En--
virons de Dijon , en eft l'Autheur.
E
"Stre en tout par tout NON
... IMPARC omnibus,
Sçavoir l'Art de parler, fans rien dire
qui fâche,
Pourfa gloire& l'Etat travaillerfans .
relâche ,
Plus qu ' Hercule jadis , faire tefte
tribus. "
$2
Contraindre l'Ennemy de ramper
comme un lâche ,
24 MERCURE
Effre dans l'Univers ce qu'au Ciel eft
Phoebus,
Faire parfon espritplusqueparfon
quibus ,
Qu'au milieu des Lauriersfon Peuplebaive
& mâche.
༡ .
Quoy que ten,ohrs vainqueur ,faire
la Paix , item
La donner, la régler, d'eft- là lé tu.
autem
Regner gouvernerful
, & commander
fans irez.
S
N'ouir de fes Sujets que
vivat &
qu'amo,
Faire par fa valeur plus qu'on ne
Scauroit lire,
C'est plus que Peliffon n'en dira ca--
lamo.
remply , fur les
GALANT. 23
Bouts- rimez Latins qui ont
cours: Comme il eft fait pour
le Roy , il ne fçauroit manquer
de vous plaire . M ' Blanchard
, Curé de Fiffé aux En--
virons de Dijon , en eft l'Autheur.
E
"Stre en tout par tout NON
... IMPARC omnibus,
Sçavoir l'Art de parler, fans rien dire
qui fâche,
Pourfa gloire& l'Etat travaillerfans .
relâche ,
Plus qu ' Hercule jadis , faire tefte
tribus. "
$2
Contraindre l'Ennemy de ramper
comme un lâche ,
24 MERCURE
Effre dans l'Univers ce qu'au Ciel eft
Phoebus,
Faire parfon espritplusqueparfon
quibus ,
Qu'au milieu des Lauriersfon Peuplebaive
& mâche.
༡ .
Quoy que ten,ohrs vainqueur ,faire
la Paix , item
La donner, la régler, d'eft- là lé tu.
autem
Regner gouvernerful
, & commander
fans irez.
S
N'ouir de fes Sujets que
vivat &
qu'amo,
Faire par fa valeur plus qu'on ne
Scauroit lire,
C'est plus que Peliffon n'en dira ca--
lamo.
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Résumé : « Voicy un Sonnet fort heureusement remply, sur les / Estre en tout & par tout NON IMPAR omnibus, [...] »
Le sonnet 'Voicy un Sonnet fort heureufement' de M. Blanchard, curé de Fiffé, utilise des bouts-rimés latins. Il loue un souverain maître de l'art de parler sans offenser, travaillant pour la gloire et l'État. Le poème évoque la soumission de l'ennemi, l'inspiration de la paix et un règne sage. Le souverain est décrit comme un vainqueur pacifique, gouvernant avec amour et sagesse, sa valeur dépassant les mots.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 109-115
LA DEFAITE DE PORUS ROY DES INDES. CHANT ROYAL.
Début :
On a beau du Destin mépriser la puissance, [...]
Mots clefs :
Destin, Valeur, Prudence, Héros, Ambition, Rois, Prince, Vainqueur, Paix, Honneur, Alexandre, Soldats, Exploits, Espérance, Ennemis, Lauriers, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA DEFAITE DE PORUS ROY DES INDES. CHANT ROYAL.
LA DEFAITE
DE PORUS
ROY DES INDES.
CHANT ROYAL.
Na beau du Deftin mépriserla
puiffance,
O
La valeur brave en vainfes ordres
diférens,
Rien ne peutles changer, courage ny
prudences
Mille exemples fameux en font de
feurs garands.
Souvent les hauts deffeins qu'an Héros
envisage
Sont de l'ambition in fuperbe étalage.
110 MERCURE
On a beaufe fier à des biensfi legers ,
Les plus grandsfont tombez dans la
bethonte des fers;
'
Et quoy que la valeurpuifle tout entreprendre,
Hélas ! n'a-t-on pas veu parun trifte
revers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre?
Sa
Porus, ce grand Héros , dont lafeule
présence
Donnoit de la terreur aux Roys les plus
puifans;
CePrince infortuné, mais remply d'af-
Seurance,
Attendfans s'effrayer le Vainqueur
des Perfans.
La Paix qu'on luy préfente offensefon
courage,
∙GALANT. III
Ellefait à fa gloire un trop fenfible
outrage,
Pour l'honneur feulement il a les yeux
ouverts ;
Lefeul bruit defon Nom fait trembler
l'Univers;
Mais quelque heureuxfuccés quefon
caurpuiffe attendre,
·Bellone a refervé pour des destins
amers
Porus qui fuccomba fous le bras.
d'Alexandre.
Sur le bord de l'Hydafpe ilparoist, il
s'avance,
Tous lesflotsfont couverts de cadavresfanglans.
Ilfaitpar mille morts reffentirfa vaillance,
On nefçauroit donner des coups plus .
violens.
112 MERCURE
Millefiers Elephans animez au car.
nage
·Secondent des Soldats l'impitoyable.
rage.
Mais lefier Alexandre oppofant fes
Courfiers
Encourage lesfiensparfes Exploits ·
guerriers,
Et cegenéreux Chefqu'on ne fçauroit
Surprendre,
Court & vole à l'inftant attaquer des
premiers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre.
SS
2
Alexandre tout plein d'une noble
espérance,
Affronte fiérement les périls les plus
grands
Dans ce cruel Combat on levoit quife
Lance,
GALANT 113
Il enfance, il poursuit les Ennemis
errans .
Dans le Campde Porus il fond comme
un Orage,
Par tout fon Bras vainqueur &fou
droye & ravage,
Par tout ce Conquérant moiffonne des
Lauriers,
Ce Héros vaut luy feul des Bataillons
entiers.
En vain les Ennemis tâchent de s'en
défendre,
Il menace déja par des regards altiers‹
Porus qui fuccomba fous le bras
and Alexandre vin r
cand
Enfin on ne voit plus la victoire en
balance DJIA
On n'entend que les cris des Soldats
expirans.
May 1685..
K
114 MERCURE
Porus dans ce Combat estprefquefans
défense,
Toutbaigné dansfonfangfur le corps
des Mourans.
Alexandre pour lors le preffe davantage,
A travers fes Soldats ilſefait un paf-
Sage,
Il renverse lesTours dont ils marchent
couverts.
On voit coulerleurfangpar cent en
droits divers,
La crainte &lafoibleffe à l'envy les
2. font rendre.odoot impiut
Ils livrent aux hazards dès plus
triftes dangers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre. riobair mo ripe
ALLEGORIE.
LOVIS toujours Vainqueur , meſme
audelà des Mers,
GALANT. IS
Part & va conquerir le reste de la
Flandre,
Etfon Royjustement répréfente en ce
Vers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre .
DE PORUS
ROY DES INDES.
CHANT ROYAL.
Na beau du Deftin mépriserla
puiffance,
O
La valeur brave en vainfes ordres
diférens,
Rien ne peutles changer, courage ny
prudences
Mille exemples fameux en font de
feurs garands.
Souvent les hauts deffeins qu'an Héros
envisage
Sont de l'ambition in fuperbe étalage.
110 MERCURE
On a beaufe fier à des biensfi legers ,
Les plus grandsfont tombez dans la
bethonte des fers;
'
Et quoy que la valeurpuifle tout entreprendre,
Hélas ! n'a-t-on pas veu parun trifte
revers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre?
Sa
Porus, ce grand Héros , dont lafeule
présence
Donnoit de la terreur aux Roys les plus
puifans;
CePrince infortuné, mais remply d'af-
Seurance,
Attendfans s'effrayer le Vainqueur
des Perfans.
La Paix qu'on luy préfente offensefon
courage,
∙GALANT. III
Ellefait à fa gloire un trop fenfible
outrage,
Pour l'honneur feulement il a les yeux
ouverts ;
Lefeul bruit defon Nom fait trembler
l'Univers;
Mais quelque heureuxfuccés quefon
caurpuiffe attendre,
·Bellone a refervé pour des destins
amers
Porus qui fuccomba fous le bras.
d'Alexandre.
Sur le bord de l'Hydafpe ilparoist, il
s'avance,
Tous lesflotsfont couverts de cadavresfanglans.
Ilfaitpar mille morts reffentirfa vaillance,
On nefçauroit donner des coups plus .
violens.
112 MERCURE
Millefiers Elephans animez au car.
nage
·Secondent des Soldats l'impitoyable.
rage.
Mais lefier Alexandre oppofant fes
Courfiers
Encourage lesfiensparfes Exploits ·
guerriers,
Et cegenéreux Chefqu'on ne fçauroit
Surprendre,
Court & vole à l'inftant attaquer des
premiers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre.
SS
2
Alexandre tout plein d'une noble
espérance,
Affronte fiérement les périls les plus
grands
Dans ce cruel Combat on levoit quife
Lance,
GALANT 113
Il enfance, il poursuit les Ennemis
errans .
Dans le Campde Porus il fond comme
un Orage,
Par tout fon Bras vainqueur &fou
droye & ravage,
Par tout ce Conquérant moiffonne des
Lauriers,
Ce Héros vaut luy feul des Bataillons
entiers.
En vain les Ennemis tâchent de s'en
défendre,
Il menace déja par des regards altiers‹
Porus qui fuccomba fous le bras
and Alexandre vin r
cand
Enfin on ne voit plus la victoire en
balance DJIA
On n'entend que les cris des Soldats
expirans.
May 1685..
K
114 MERCURE
Porus dans ce Combat estprefquefans
défense,
Toutbaigné dansfonfangfur le corps
des Mourans.
Alexandre pour lors le preffe davantage,
A travers fes Soldats ilſefait un paf-
Sage,
Il renverse lesTours dont ils marchent
couverts.
On voit coulerleurfangpar cent en
droits divers,
La crainte &lafoibleffe à l'envy les
2. font rendre.odoot impiut
Ils livrent aux hazards dès plus
triftes dangers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre. riobair mo ripe
ALLEGORIE.
LOVIS toujours Vainqueur , meſme
audelà des Mers,
GALANT. IS
Part & va conquerir le reste de la
Flandre,
Etfon Royjustement répréfente en ce
Vers
Porus qui fuccomba fous le bras
d'Alexandre .
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Résumé : LA DEFAITE DE PORUS ROY DES INDES. CHANT ROYAL.
Le texte décrit la défaite de Porus, roi des Indes, face à Alexandre le Grand lors d'une bataille sur les bords de l'Hydaspe. Cette confrontation est marquée par une grande violence, avec des eaux remplies de cadavres et l'engagement d'éléphants. Alexandre, animé par une noble espérance, surmonte les dangers et triomphe finalement. Porus, presque sans défense et entouré de morts, est vaincu. Le récit utilise cette bataille comme une allégorie pour célébrer les victoires du roi Louis, comparé à Alexandre, notamment en Flandre.
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10
p. 12-13
LA FRANCE, AU ROY.
Début :
A Ta haute Valeur quel Heros peut atteindre ? [...]
Mots clefs :
Valeur, Héros, Piété, Monarque, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA FRANCE, AU ROY.
LA FRANCE,
JV ROY.
- ATa haute Valeur quel Héros
peutatteindre?
TA Pietéfuitvoir de grandes actions*
Mwdrqiteteut parfait, la nos pl.uJs
rien a craindre,
Ny de tes Ennemis, ny de tes fiaffions.
JV ROY.
- ATa haute Valeur quel Héros
peutatteindre?
TA Pietéfuitvoir de grandes actions*
Mwdrqiteteut parfait, la nos pl.uJs
rien a craindre,
Ny de tes Ennemis, ny de tes fiaffions.
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11
p. 208-209
Gouvernement de Broüage, donné à Mr du Saussay. [titre d'après la table]
Début :
Ceux qui sont montez à la qualité d'Officiers Generaux [...]
Mots clefs :
Officiers, Règne, Valeur, Services, Gouvernement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Gouvernement de Broüage, donné à Mr du Saussay. [titre d'après la table]
Ceux qui font montez à
la qualité d'Officiers Generaux
fous le Regne du Roy ,
ne pouvant eftre d'une
éprouvée , à cauſe de valeur
que
a
la maniere dont on a fait la
GALANT. 209
guerre , & parce que Sa Majefté
jugeElle - mefmę du vray
merite , on ne doit pas s'étonner
fi leurs fervices fontglorieufement
recompenfez.
Ceux de M¹ du Sauffay
font affez connus. Ainfi l'on
Sn'eft
pas furpris que le Roy
luy ait donné le Gouverne
ment de Broüage , vacant;
par la mort de M³ de Car
navalet.
la qualité d'Officiers Generaux
fous le Regne du Roy ,
ne pouvant eftre d'une
éprouvée , à cauſe de valeur
que
a
la maniere dont on a fait la
GALANT. 209
guerre , & parce que Sa Majefté
jugeElle - mefmę du vray
merite , on ne doit pas s'étonner
fi leurs fervices fontglorieufement
recompenfez.
Ceux de M¹ du Sauffay
font affez connus. Ainfi l'on
Sn'eft
pas furpris que le Roy
luy ait donné le Gouverne
ment de Broüage , vacant;
par la mort de M³ de Car
navalet.
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12
p. 36-42
Edit touchant les Monnoyes. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy qui applique tous ses soins à faire goûter [...]
Mots clefs :
Monnaies, Provinces, Édits, Conseillers, Juridiction, Monnaies de France, Valeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Edit touchant les Monnoyes. [titre d'après la table]
Le Roy qui applique tous
fes foins à faire goûter à fes
Peuples les heureux fruits de
la Paix,ayant reconnu l'abus
qui s'eft introduit dans les
Provinces & Villes conquifes
aux Pays-bas , au fujet des
Monnoyes étrangeres , particulierement
des Reaux appellez
Caftilles , la pluſpart
legers & rognez , où il y a un
fixiéme , & quelquesfois un
quart , & plus de perte , Sa
Majefté les a décriez , & par
fon Edit donné à Chambord
au mois de Septembre 1685.
Elle a ordonné l'étebliffeGALANT.
37
ment d'un Hoftel & Chambre
de Monnoye en la Ville
de l'Ifle en Flandres
, compofée
de Confeillers
, Juges ,
Gardes , Contregarde , Procureur
du Roy , & autres Of
ficiers , & de douze Ouvriers
Ajufteurs , & d'autant de
Monnoyeurs , aux mefmes
droits, privileges & fonctions
que ceux de pareille qualité
des Monnoyes de France ,
Elle leur attribuë la Jurifdic
tion en premiere Inſtance fur
les Monnoyes , Metaux &
Poids dans les Provinces de
Flandres , Artois , Henault ,
38 MERCURE
Luxembourg , Villes & Païs
de l'Ifle , Tournay , Tournaifis
, Cambray & Cambrefis ,
veut que l'appel des Jugemens
de cette Chambre des
Monnoyes de l'Ifle , reffortiffe
en la Cour des Monnoyes à
Paris , qui feule reçoit l'appel
des autres Chambres des
Monnoyes de France , & des
Païs des Conqueftes de Sa
Majefté. Elle a auffi ordonné
qu'il fera fabriqué à l'ifle,une
nouvelle Monnoye d'argent
aux Armes de France écartelées
de Bourgogne ancien
& nouveau , afin de les dif
GALANT. 39
re de
tinguer des autres Monnoïes
pour avoir cours feulement
dans ces Païs de Conquef
tes. Il y en a de cinq prix
differens , fçavoir la premiefoixante-
quatre Patars
valant quatre livres mon
noye de France du poids d'u
ne once , cinq deniers fix
grains trebuchans ; les
tre autres font de
quarante
fols , vingt fols , dix fols &
cinq fols. Elle veut que l'on
fe ferve du Poids de France,
pour y avoir cours , afin de
pefer ces efpeces , & de s'en
fervir en autres chofes , &
qua
40 MERCURE
qu'il en foit envoyé d'ajuftez
, & conformes aux Poids
Originaux de France conferyez
en la Cour des Monnoyes
, & pour l'execution de
çet Etabliffement & Fabrique,
elle a commis M'Hourlier
Prefident & Commiffaire
General en fa Cour des Monnoyes
, & veut qu'en attendant
qu'il foit fait , on fabrique
de ces nouvelles Monnoyes
dans les Hoſtels des
Monnoyes de Paris & d'Amiens
; ce qui a eſté executé
par les foins de M´ de Selve,
Procureur General en fa
GALANT. 41
Cour des Monnoyes , & on
en a envoyé grand nombre
en Flandres , pour fervir au
Change des Efpeces Etrangeres
décriées. M' Rouffeau
Commis par le Roy à la Fa
brique & Régie de fes Monnoyes
, est allé en la Ville
d'Amiens à ce fujet, pour y
faire fabriquer de ces Efpeces
. Cet Edit a efté enregiſtré
en la Cour des Monnoyes
le 26. Septembre , au Rapport
de M¹ Boizard Confeiller
, les Semeftres eſtans afſemblez
pour cela par l'ordre
de M de Chauvry quien
Decembre 1685. D
42 MERCURE
eft Premier Prefident. Apres
l'Enregiſtrement dont je
vous parle, on a fait desPoids,.
Livres & Marcs , & grand
nombre de Deneraux de ces
Monnoyes, qui font les Poids
fervans d'Etalons aux Ouvriers
, lefquels ont eſté ren
dus dans la derniere jufteffe ,
& conformes aux Poids Ori
ginaux de France, en preſence
& par l'ordre de M¹ Chaf
febras du Breau ,Confeiller &
CommiſſaireGeneral député
pour l'Uniformité de tous les
Poids & Marcs de France.
fes foins à faire goûter à fes
Peuples les heureux fruits de
la Paix,ayant reconnu l'abus
qui s'eft introduit dans les
Provinces & Villes conquifes
aux Pays-bas , au fujet des
Monnoyes étrangeres , particulierement
des Reaux appellez
Caftilles , la pluſpart
legers & rognez , où il y a un
fixiéme , & quelquesfois un
quart , & plus de perte , Sa
Majefté les a décriez , & par
fon Edit donné à Chambord
au mois de Septembre 1685.
Elle a ordonné l'étebliffeGALANT.
37
ment d'un Hoftel & Chambre
de Monnoye en la Ville
de l'Ifle en Flandres
, compofée
de Confeillers
, Juges ,
Gardes , Contregarde , Procureur
du Roy , & autres Of
ficiers , & de douze Ouvriers
Ajufteurs , & d'autant de
Monnoyeurs , aux mefmes
droits, privileges & fonctions
que ceux de pareille qualité
des Monnoyes de France ,
Elle leur attribuë la Jurifdic
tion en premiere Inſtance fur
les Monnoyes , Metaux &
Poids dans les Provinces de
Flandres , Artois , Henault ,
38 MERCURE
Luxembourg , Villes & Païs
de l'Ifle , Tournay , Tournaifis
, Cambray & Cambrefis ,
veut que l'appel des Jugemens
de cette Chambre des
Monnoyes de l'Ifle , reffortiffe
en la Cour des Monnoyes à
Paris , qui feule reçoit l'appel
des autres Chambres des
Monnoyes de France , & des
Païs des Conqueftes de Sa
Majefté. Elle a auffi ordonné
qu'il fera fabriqué à l'ifle,une
nouvelle Monnoye d'argent
aux Armes de France écartelées
de Bourgogne ancien
& nouveau , afin de les dif
GALANT. 39
re de
tinguer des autres Monnoïes
pour avoir cours feulement
dans ces Païs de Conquef
tes. Il y en a de cinq prix
differens , fçavoir la premiefoixante-
quatre Patars
valant quatre livres mon
noye de France du poids d'u
ne once , cinq deniers fix
grains trebuchans ; les
tre autres font de
quarante
fols , vingt fols , dix fols &
cinq fols. Elle veut que l'on
fe ferve du Poids de France,
pour y avoir cours , afin de
pefer ces efpeces , & de s'en
fervir en autres chofes , &
qua
40 MERCURE
qu'il en foit envoyé d'ajuftez
, & conformes aux Poids
Originaux de France conferyez
en la Cour des Monnoyes
, & pour l'execution de
çet Etabliffement & Fabrique,
elle a commis M'Hourlier
Prefident & Commiffaire
General en fa Cour des Monnoyes
, & veut qu'en attendant
qu'il foit fait , on fabrique
de ces nouvelles Monnoyes
dans les Hoſtels des
Monnoyes de Paris & d'Amiens
; ce qui a eſté executé
par les foins de M´ de Selve,
Procureur General en fa
GALANT. 41
Cour des Monnoyes , & on
en a envoyé grand nombre
en Flandres , pour fervir au
Change des Efpeces Etrangeres
décriées. M' Rouffeau
Commis par le Roy à la Fa
brique & Régie de fes Monnoyes
, est allé en la Ville
d'Amiens à ce fujet, pour y
faire fabriquer de ces Efpeces
. Cet Edit a efté enregiſtré
en la Cour des Monnoyes
le 26. Septembre , au Rapport
de M¹ Boizard Confeiller
, les Semeftres eſtans afſemblez
pour cela par l'ordre
de M de Chauvry quien
Decembre 1685. D
42 MERCURE
eft Premier Prefident. Apres
l'Enregiſtrement dont je
vous parle, on a fait desPoids,.
Livres & Marcs , & grand
nombre de Deneraux de ces
Monnoyes, qui font les Poids
fervans d'Etalons aux Ouvriers
, lefquels ont eſté ren
dus dans la derniere jufteffe ,
& conformes aux Poids Ori
ginaux de France, en preſence
& par l'ordre de M¹ Chaf
febras du Breau ,Confeiller &
CommiſſaireGeneral député
pour l'Uniformité de tous les
Poids & Marcs de France.
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Résumé : Edit touchant les Monnoyes. [titre d'après la table]
En septembre 1685, le roi a reconnu les abus liés à l'utilisation de monnaies étrangères, notamment les réaux castillans, dans les provinces conquises des Pays-Bas. Pour y remédier, il a publié un édit à Chambord interdisant ces monnaies étrangères. Cet édit prévoit la création d'un hôtel et d'une chambre des monnaies à l'île de Flandres, dotée de divers conseillers, juges, et officiers, ainsi que de douze ajusteurs et monnayeurs. Cette chambre a juridiction sur les monnaies, métaux et poids dans les provinces de Flandres, Artois, Hainaut, Luxembourg, et plusieurs villes et pays conquis. L'édit ordonne la fabrication d'une nouvelle monnaie d'argent aux armes de France, disponible en cinq valeurs : soixante-quatre patars valant quatre livres, quarante sols, vingt sols, dix sols et cinq sols. Le poids de France doit être utilisé pour ces espèces, avec des poids ajustés et conformes aux originaux de France. M. Hourlier est nommé président et commissaire général pour l'exécution de cet établissement. En attendant la mise en place, les nouvelles monnaies sont fabriquées à Paris et Amiens sous la supervision de M. de Selve, tandis que M. Rousseau est chargé de la fabrication et de la régie des monnaies à Amiens. L'édit a été enregistré à la Cour des monnaies le 26 septembre 1685, après quoi des poids, livres et marcs ont été créés et rendus conformes aux étalons français.
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13
p. 30-38
EPITRE. De Madame des Houlieres à M. le Duc de Montausier.
Début :
Le Dieu couronné de pavots [...]
Mots clefs :
Gloire, Apollon, Philisbourg, Louis, Valeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE. De Madame des Houlieres à M. le Duc de Montausier.
EPITRE.
De Madame des Houlieres à
M. le Ducde Montaufur.
E Dieu couronné de pavots
Apeinece matin m'avoit abandonnée,
Qu'Apollon à mes yeux encor à demi clos
S'eft fait voir de lauriers la tefte environnée,
Luy que j'avois prié,depuis prés d'une
année',
De ne plus troubler mon repos.
Vien chanter , m'a- t-il dit , vien , il
faut te réfoudre,
A célébrer encor de glorieux Exploits.
31 LOUIS à fon Dauphin vient de pref
ter fa foudre ;
Et ce jeune Heros , dont tout fuivra
les Loix ,
A pour fon coup d'Effay mis Philisbourg en poudre.
Quel plus noble Employ
pour ta voixà
Apollon , à ces mots , m'a préfenté fa
Lyre , (fons.
Dont j'ay déja tiré tant d'agréables
Je l'ay prife ; & malgré les mauxdont
jefoupire ,
Pleine du beau feu qu'il
m'inſpire , Je vais recommencer d'héroïques
chanfons.
IlluAre Montaufier , daigne les faire
entendre.
Au Vainqueur , à qui je les doy.
Sur elles tu fçauras répandre Uncharme , à qui fon coeur fe laiffera
furprendre :
b iv
32
Sers mon zele, & dis-
**
lny pour moy :
La Saifon , la Nature , & l'Art unis
enfemble
On fait pour Philisbourg des efforts
inoüis.
Tu les as furmontez ; par toy l'Empire
tremble ;
Tu reffembleras à LOUIS ,
Grand Prince , s'il fe peut que quelqu'un luy reffemble.
哈哈
Je m'étois attendue à tout ce que tu fais. (racles,
Le Dieu des Vers , dans fes OQuoy qu'on ait dit
jamais.
› ne ment
Lors qu'un Fils vint remplir tes plus
tendres fouhaits,
Apollon par ma bouche annonça les
miracles
Que tu ferois , lors que la paix
A ta fiére valeur ne mettroit plus
d'obstacles.
-33
Tu n'as que trop tenu ce qu'il avoit
promis.
Exposé nuit & jour au feu des Ennemis
On t'a yeû méprifer , en jeune teme- raire ,
Mille & mille volantes morts ,
Et l'on diroit à te voir faire
Que tu crois , qu'en naiffant on ait
plonge ton corps,
Comme celuy d'Achille , au fond des
eaux fatales ,
Qui voyent fur leurs fombres
bords ,
Des Rois & des Bergers les fortunes
égales.
Qu'on vient de découvrir de vertus.
dans ton cœur
Et que tu fais du temps un glorieux
partage!
Que ce partage cauſe &de joye &de
peur !
Reut, onregarder ſans frayeur
34
Les differens perils où ta valeur t'engage ?
Peut-on , fans t'adorer , te voir donnertes foins ,
Tantoft à pourvoir aux befoins
Des Guerriers que la gloire a couverts
de bleſſures ,
Et tantoft à tracer de fidelles peintures
Des grandes actions dont tes yeux
asl
font témoins ?
<
Le Soleil , infortuné Pere
D'un Fils indocile , imprudent ,
Depuis que Philisbourg a fenti ta colere ,
(dent,
Moins lumineux , & moins arD'un cours precipité paffe à l'autre
hemifphere ; (ploy;
11 remplit à regret fon glorieux emTu renouvelles fa trifteffe ,
Lors qu'il te voit conduire avec tant
de fageffe
Les deffeins dont Louis s'eft réposé
fur toy.
35
De quel oil penfes tu que l'Europe
regarde
Ce que tu viens d'executet ?
Tant d'Eftats , qu'en deux mois ton
bras vient d'ajoûter
Aux Eftats que le Ciel te garde,
Luyfont voir tout ce qu'on hazarde
Et tout ce qu'on s'apprête encore de
regrets
Quand on irrite un Roy , de qui rien
ne retarde
Ni les deffeins, ni les progrés.
Quelque loin que ta gloire aujour d'hui foit allée , f
Elle fait le plaifir du plus fage des Rois ,
Quand il voit ta prudence à ta valeur
mcflée ,
Affeurer le bonheur de l'Empire Fran
çois.
Plus feur de fon deftin que ne fut autrefois
b vj
36
Le tonnant Rival de Pelée , 10
Il ne craint point qu'un Fils, efface fes
exploits.
Arrêté une courfe fi belle ,
Aux douceurs du repos la faifon te
rappelle ,
Mars fuit les Aquilons & cherche les
Zephirs ,
Vien fécher les beaux yeux d'une augufte Princelle
Vien remplir fes plus doux defirs:: Ton ardeur pour la gloire allarme fa
tendreffe :
L'inquietude &la trifteffe
En ton abfence ont pris la place des
plaifirs.
Tu jouis , Montaufier , du doux
fruit de tes peines ,
Ton jeune Achille eft triomphant
De l'orgueil des Aigles Romaines ;
Vainement contre lui l'Empire. Le.
défend.
37
Philisbourg , Frankendal , Manhein,
Treves , Mayence ,
Que leurs Dieux n'ont pû garantir ,
Font bien voir,de quel fang le Ciel l'a
fait fortir ,
Et quelle habile main cultiva dés l'enfance ,
Lavaleur du Heros qui vient d'affu
jettir
Et du Necre & du Rhin l'orgueilleu
le puiffance..
Sur nos facrez Autels , on voit fumerl'encens ,.
Pourune fi grande victoire ;
Tout retentit icy du doux bruit de fa
gloire ::
Mais rien n'eft comparable aux tranf
ports que je fens.
Oui , l'amitié , l'eftime , & la recon
noiffance
Que depuis long- temps je te
doy,
38
Me font bien mieux fentir qu'au refte
de la France ,
Unfuccés dont l'éclat réjaillit jufqu'à
toy
De Madame des Houlieres à
M. le Ducde Montaufur.
E Dieu couronné de pavots
Apeinece matin m'avoit abandonnée,
Qu'Apollon à mes yeux encor à demi clos
S'eft fait voir de lauriers la tefte environnée,
Luy que j'avois prié,depuis prés d'une
année',
De ne plus troubler mon repos.
Vien chanter , m'a- t-il dit , vien , il
faut te réfoudre,
A célébrer encor de glorieux Exploits.
31 LOUIS à fon Dauphin vient de pref
ter fa foudre ;
Et ce jeune Heros , dont tout fuivra
les Loix ,
A pour fon coup d'Effay mis Philisbourg en poudre.
Quel plus noble Employ
pour ta voixà
Apollon , à ces mots , m'a préfenté fa
Lyre , (fons.
Dont j'ay déja tiré tant d'agréables
Je l'ay prife ; & malgré les mauxdont
jefoupire ,
Pleine du beau feu qu'il
m'inſpire , Je vais recommencer d'héroïques
chanfons.
IlluAre Montaufier , daigne les faire
entendre.
Au Vainqueur , à qui je les doy.
Sur elles tu fçauras répandre Uncharme , à qui fon coeur fe laiffera
furprendre :
b iv
32
Sers mon zele, & dis-
**
lny pour moy :
La Saifon , la Nature , & l'Art unis
enfemble
On fait pour Philisbourg des efforts
inoüis.
Tu les as furmontez ; par toy l'Empire
tremble ;
Tu reffembleras à LOUIS ,
Grand Prince , s'il fe peut que quelqu'un luy reffemble.
哈哈
Je m'étois attendue à tout ce que tu fais. (racles,
Le Dieu des Vers , dans fes OQuoy qu'on ait dit
jamais.
› ne ment
Lors qu'un Fils vint remplir tes plus
tendres fouhaits,
Apollon par ma bouche annonça les
miracles
Que tu ferois , lors que la paix
A ta fiére valeur ne mettroit plus
d'obstacles.
-33
Tu n'as que trop tenu ce qu'il avoit
promis.
Exposé nuit & jour au feu des Ennemis
On t'a yeû méprifer , en jeune teme- raire ,
Mille & mille volantes morts ,
Et l'on diroit à te voir faire
Que tu crois , qu'en naiffant on ait
plonge ton corps,
Comme celuy d'Achille , au fond des
eaux fatales ,
Qui voyent fur leurs fombres
bords ,
Des Rois & des Bergers les fortunes
égales.
Qu'on vient de découvrir de vertus.
dans ton cœur
Et que tu fais du temps un glorieux
partage!
Que ce partage cauſe &de joye &de
peur !
Reut, onregarder ſans frayeur
34
Les differens perils où ta valeur t'engage ?
Peut-on , fans t'adorer , te voir donnertes foins ,
Tantoft à pourvoir aux befoins
Des Guerriers que la gloire a couverts
de bleſſures ,
Et tantoft à tracer de fidelles peintures
Des grandes actions dont tes yeux
asl
font témoins ?
<
Le Soleil , infortuné Pere
D'un Fils indocile , imprudent ,
Depuis que Philisbourg a fenti ta colere ,
(dent,
Moins lumineux , & moins arD'un cours precipité paffe à l'autre
hemifphere ; (ploy;
11 remplit à regret fon glorieux emTu renouvelles fa trifteffe ,
Lors qu'il te voit conduire avec tant
de fageffe
Les deffeins dont Louis s'eft réposé
fur toy.
35
De quel oil penfes tu que l'Europe
regarde
Ce que tu viens d'executet ?
Tant d'Eftats , qu'en deux mois ton
bras vient d'ajoûter
Aux Eftats que le Ciel te garde,
Luyfont voir tout ce qu'on hazarde
Et tout ce qu'on s'apprête encore de
regrets
Quand on irrite un Roy , de qui rien
ne retarde
Ni les deffeins, ni les progrés.
Quelque loin que ta gloire aujour d'hui foit allée , f
Elle fait le plaifir du plus fage des Rois ,
Quand il voit ta prudence à ta valeur
mcflée ,
Affeurer le bonheur de l'Empire Fran
çois.
Plus feur de fon deftin que ne fut autrefois
b vj
36
Le tonnant Rival de Pelée , 10
Il ne craint point qu'un Fils, efface fes
exploits.
Arrêté une courfe fi belle ,
Aux douceurs du repos la faifon te
rappelle ,
Mars fuit les Aquilons & cherche les
Zephirs ,
Vien fécher les beaux yeux d'une augufte Princelle
Vien remplir fes plus doux defirs:: Ton ardeur pour la gloire allarme fa
tendreffe :
L'inquietude &la trifteffe
En ton abfence ont pris la place des
plaifirs.
Tu jouis , Montaufier , du doux
fruit de tes peines ,
Ton jeune Achille eft triomphant
De l'orgueil des Aigles Romaines ;
Vainement contre lui l'Empire. Le.
défend.
37
Philisbourg , Frankendal , Manhein,
Treves , Mayence ,
Que leurs Dieux n'ont pû garantir ,
Font bien voir,de quel fang le Ciel l'a
fait fortir ,
Et quelle habile main cultiva dés l'enfance ,
Lavaleur du Heros qui vient d'affu
jettir
Et du Necre & du Rhin l'orgueilleu
le puiffance..
Sur nos facrez Autels , on voit fumerl'encens ,.
Pourune fi grande victoire ;
Tout retentit icy du doux bruit de fa
gloire ::
Mais rien n'eft comparable aux tranf
ports que je fens.
Oui , l'amitié , l'eftime , & la recon
noiffance
Que depuis long- temps je te
doy,
38
Me font bien mieux fentir qu'au refte
de la France ,
Unfuccés dont l'éclat réjaillit jufqu'à
toy
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Résumé : EPITRE. De Madame des Houlieres à M. le Duc de Montausier.
L'épître de Madame des Houlières à Monsieur le Duc de Montaufier célèbre les exploits militaires du duc, en particulier la prise de Philisbourg. Madame des Houlières décrit une vision où Apollon lui apparaît pour lui demander de chanter les glorieux exploits du duc. Elle exprime son admiration pour le jeune héros dont les lois seront suivies par tous. Le duc est comparé à Louis XIV, et ses actions sont décrites comme surhumaines, rappelant celles d'Achille. Madame des Houlières loue également la bravoure et la sagesse du duc, soulignant qu'il a su conquérir de nombreux États en peu de temps. Elle mentionne les villes conquises, telles que Philisbourg, Frankendal, Mayence et Trèves, et exprime sa joie et son admiration pour ses victoires. Elle conclut en affirmant que son amitié et son estime pour le duc sont profondes et partagées par toute la France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14
p. 126-139
PARAPHRASE ALLEGORIQUE Aux Victoires de Monseigneur le Dauphin. Du PSEAUME LXXI.
Début :
Je ne doute pas qu'aprés vous estre fait un si grand / Donne, Seigneur, au Fils du plus grand de nos Rois, [...]
Mots clefs :
Roi, Rois, Efforts, Héros, Lois, Peuples, Valeur, Gloire, Dauphin, Sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARAPHRASE ALLEGORIQUE Aux Victoires de Monseigneur le Dauphin. Du PSEAUME LXXI.
Je ne doute point qu'après
vous estre fait un
si
grand
plaisir des diversOuvrages
que je vous ayenvoyez sur
les Conquestes de Monseigneur
le Dauphin, vous ne
soyez extrêmement sâtisfaite
de celuy que vous allez lire.
Il estdeMr l'Abbé de Viani,
Prieur de l'Eglise de S. Jean
d'Aix, qui l'a adîefleà Mf:,
e Duc de Montausier.Cest
£.'a ParaphraseAllégorique
£Tun P/eaume que David
):zzomposa pour souhaiter à
Ton Fils Salomon) les vertus
rpqui luy estoient necessaires
pour bien regner. Vous y
werrez un juste rapport à tout
ixe qui est connu de lapiet,é
àôc des vertus admirables de
nostre Auguste Monarque.
C'est une matière jnépuifable
J
& qui renouvelle de
I( jour en jour.
PARAPHRASE
ALLEGORIQUE 1
Aux Victoires de Monfcïgneui
le Dauphin.
oDu PsEAUJvIE LXXI. - Onne,Seig&èar, AtéXiù.dté.
plusgrâtîdde nos Rois
1 Vamour ferme &- confiant de tes di^
vines Loix ; ,
Fais quesans s*écartet de la droite
lufiiee, -'
¡fa Pauvre ilfoittoujours fivcrible
& propice)
Et que ses lugemens des Peuples
¡zdgreZ,
Contre l'opprcjjlon les rendent assiren.
kVdiS que ceux qu'unhAut Rang at-.
tache àsaPersonne,
Soutenant a l'envy le poids de la
Couronne )
\Hin ftffint respecter £Augufie Majessé
) [leurVietéy
x'Sien mainspar leur Valeur que par
\*Et que les Magifirats qui dans leur
Rangsuprème
,
\Ont lesacrêdêpojt des droits du Dia*
dême,
\¥ou/fcZ de ton esprit,remplisde
leurdevoir
,
!3En fiachent menager le fouveraw
pouvoir? .-
7Wousverrons dans ces lieux la rAleu",
laPuiss.-.nce
,
Tfaire reg.icrU P:'; ,
la Vertu, VA- bondd
,
fiN&usverrons uj; '(.!i/u' Roy
,
leplus
grand desù Guera^/-s>
De la main definFils recevoir der-
Lauriers,
Etsentir le tranifport de cette doltce--
gloire
£)ne donne , aux leunes Coeurs lapremiert
Viffoire.
Nous verrons ce Vainqueur par fis
premiers exploits,
Biglerdes opprimeZ les légitimés
droits;
Etpar les beaux efforts desa valeur *
guerriere
Rétablir dansfies biens une Augufie
Héritiere.
Cesien vain, Thilisbourg
, que
ceint de toutes parts5 - far des Marais profonds) pardefermes
Rempartsy
Tu mépriflis les coups delàfiere
Tempefie : [ quefie3
De cejeune Héros tu fieras la Con,..
VSi deton Difevfenr le nomsifort
vanté3
-j?,r uniraplus célébré à lapofierrté>
'Q'avoir pu quelques jours arreflet
fin audace>
£^fte d*avoirsurmonté les efforts de
la rhrdce.
Martheinsuivra ta chcllle, &fin
JîerFalAtin
fuyant de ses Eflats le rigoureux
Jifin,
yprés avoir canfé cette cruelle
guerre,
Sentira le premier les éclats du Tonnerre.
Malgréses Bastions & ses fiperbes
Forts,
13frankendal tombera fins les nob, les
efforts
M'un Heros qui suivant sa course
glorieuse
>
Mangerafousses Loix & le Rhin di-
, laMeuse.
En vain,fer Hollandois de fii
grandeurjaloux,
Tu te crois dans tes eaux à couvert
de.fiscoups ;
On aJeu tedomptermalgrétes fortes
Digues,
Et trancherpar le Fer tes Traitez&
tes Ligues , Et te donnant ia Loy dans us propresEtats9
Te rendre le mépris de tous les Potentats..
Jïuinsidelie à fin Sang, à fin
Pere perfide>
Ton ingratProtecteurm:dite un Parricide
4
Jïuefier de ces Vaijjcaux
,
plein de
va/les projets, [ Sujets;
Il arme contre un Roy fis rebelles
*arfespremierssucc,éss*accoAutu,m0'a- n- t
aa crime, ( gitime,
gytfil traite en fippofél'heritier le.
St de la calomnieemprllntaitt le
pinceau, Quil attaque sans honte un Enfant
au Berceau,
\e Cielpour le punirformera des
orages5
Et le Prince anime par tant d'hen.
reuxpréfiges*
ïcrafcra ce Monstre ennemy de la Foy,
57surfinTroneAugufie affermira,
ce Roy.
Rome deceshautsfaits heureusement
sûrprise,
Voyant dans ce Héroslesoutien de
l'Eglifi,
De tous nos démèter, oubliant le
malheur, (Valeur.
De mon Roy
>
defin Fils bénira la
- Cefialors que LOFIS AU dejjk*
de l'Envie,
Prolongeant par fin Fils la gloire
deJaVie,
formera par fis foins des Frinces
genereNx,
Et si verra revivre encor dans siJs
Neveux,
Dont la posterité dessiécles reverée"
Aura du Firmament£éternelle
durée.;
Ettoujoursplus féconde en Héros
immortels,
Expofem fin Sang en faveur des
Autels ;
Et par elle bientost, les Sultans de
Bifance
Malgré , tous leurs efforts, & leur
vaste JNiffince,
rerront far les rayons de ce Soleil
naissant,
Çpbjcurcir a jamais leur funejïe
Croissant.
Ce DAFPHIN que la France&
que le Monde adn ire,
"SDes Fleuves & des Mers hornera
son Empire,
hJEt ses jalonx craignant la force de
son bras, [ pas.
Udifèront,par refpecl la trace deses
Les Flotes de Siam à travers les
orages
t porteront leurs Tresorssur nos heureux
Rivages,
i Et Us Barbares Rois des Peuples
basanez,,
Seront à sesgenoux humblement
profiernez
Le Pirated'Alger cent foisplus
redoutable
Au timideMarchand qu'un écûeil
efrojat-iei
Sous les débrisfumonsdeses MufSte
embrasez,,
Se reverra purty des maux q"
caufcT^.
Des méchants ilflra /'impitoyable
luge,
Des pauvres opprimez, ilfera h\
refuge,
Contre leurs ennemis il fera lettmrî
apuy ; [ lu
Etleur étatabjeEtferagrand devante
L'Indien parfin Orviendra le\
reconnoijlre,
Et les Peuples diversvoulantFavoirtw
pour Maifire
Par de riches Tributsobligeront
leurs Rois
De venirpromptement se foumetire
a ses Loix.
Sous un Regnesifiint, si remply
de lufiiee,
.!."a Vermfousfispiedspra tremblerleVice.
"Nas monts ou ne croisoient que
d'aridesbuissons,
Produiront sans travail de fertiles
moiffins,
\=-t ceux dont Dieu bénit le chasle
Mariage, [partage.
à(De Vertueux Ensansauront le doux
^>ui repeuplant nos Camps des plus
braves soldats
, ^Deviendront lejoûticn desesvases
Etats.
Apres tant de bcn-hcuricevrince
incomparable
Mura dans l'Vnivers une gloire
d/trable.
rTiés Ennernisfrilpe- de sa vivt
splendeur,
tenteront vainement d'affaiblir sa
grandeur,
Ori te verra briller d'une lè,2
lumiere,
Tant que fAstre dit jour fournirai
sa carriere.
Grand Dieu, de qui les Rois 0;;1\\
toute leurgrandeur,
jtjïnqunu Monde entier t'adore-v
avec ardeur GonfervedansLOV,IS ton plusw
p.zrJait ouvrage ;
Conflrve en son DArPHI NV
sa rejfemblantc image;
ParEux ton sacré Nom des Mor—\
tels refpcffê
,
Regnera dans son lufire di dansvt , sa Maio/fé.
liluftr* MOKTAFSIER , dcmÀf\
l'ame genereuse
A toâjous protégé la rerlll mal»'
heureuse s
2Toy qui receu du Ciel la Candeur,
la Bonté)
Et du mondenaissant l'antique
Probli'té;
uanddes Cygnes fameux
,
qui , charment tes oreilles ,
De ton jeune Heros annoncent les
merveilles
„ Daigne encore écouter ce quauxbords
du Jourdain
Pn Saint Roy prononça par un
esprit Divin,
Et ne refufl pas de presenter (lM;
PRINCE,
Ce tribut qui luy vient du fond
d'une Province.
vous estre fait un
si
grand
plaisir des diversOuvrages
que je vous ayenvoyez sur
les Conquestes de Monseigneur
le Dauphin, vous ne
soyez extrêmement sâtisfaite
de celuy que vous allez lire.
Il estdeMr l'Abbé de Viani,
Prieur de l'Eglise de S. Jean
d'Aix, qui l'a adîefleà Mf:,
e Duc de Montausier.Cest
£.'a ParaphraseAllégorique
£Tun P/eaume que David
):zzomposa pour souhaiter à
Ton Fils Salomon) les vertus
rpqui luy estoient necessaires
pour bien regner. Vous y
werrez un juste rapport à tout
ixe qui est connu de lapiet,é
àôc des vertus admirables de
nostre Auguste Monarque.
C'est une matière jnépuifable
J
& qui renouvelle de
I( jour en jour.
PARAPHRASE
ALLEGORIQUE 1
Aux Victoires de Monfcïgneui
le Dauphin.
oDu PsEAUJvIE LXXI. - Onne,Seig&èar, AtéXiù.dté.
plusgrâtîdde nos Rois
1 Vamour ferme &- confiant de tes di^
vines Loix ; ,
Fais quesans s*écartet de la droite
lufiiee, -'
¡fa Pauvre ilfoittoujours fivcrible
& propice)
Et que ses lugemens des Peuples
¡zdgreZ,
Contre l'opprcjjlon les rendent assiren.
kVdiS que ceux qu'unhAut Rang at-.
tache àsaPersonne,
Soutenant a l'envy le poids de la
Couronne )
\Hin ftffint respecter £Augufie Majessé
) [leurVietéy
x'Sien mainspar leur Valeur que par
\*Et que les Magifirats qui dans leur
Rangsuprème
,
\Ont lesacrêdêpojt des droits du Dia*
dême,
\¥ou/fcZ de ton esprit,remplisde
leurdevoir
,
!3En fiachent menager le fouveraw
pouvoir? .-
7Wousverrons dans ces lieux la rAleu",
laPuiss.-.nce
,
Tfaire reg.icrU P:'; ,
la Vertu, VA- bondd
,
fiN&usverrons uj; '(.!i/u' Roy
,
leplus
grand desù Guera^/-s>
De la main definFils recevoir der-
Lauriers,
Etsentir le tranifport de cette doltce--
gloire
£)ne donne , aux leunes Coeurs lapremiert
Viffoire.
Nous verrons ce Vainqueur par fis
premiers exploits,
Biglerdes opprimeZ les légitimés
droits;
Etpar les beaux efforts desa valeur *
guerriere
Rétablir dansfies biens une Augufie
Héritiere.
Cesien vain, Thilisbourg
, que
ceint de toutes parts5 - far des Marais profonds) pardefermes
Rempartsy
Tu mépriflis les coups delàfiere
Tempefie : [ quefie3
De cejeune Héros tu fieras la Con,..
VSi deton Difevfenr le nomsifort
vanté3
-j?,r uniraplus célébré à lapofierrté>
'Q'avoir pu quelques jours arreflet
fin audace>
£^fte d*avoirsurmonté les efforts de
la rhrdce.
Martheinsuivra ta chcllle, &fin
JîerFalAtin
fuyant de ses Eflats le rigoureux
Jifin,
yprés avoir canfé cette cruelle
guerre,
Sentira le premier les éclats du Tonnerre.
Malgréses Bastions & ses fiperbes
Forts,
13frankendal tombera fins les nob, les
efforts
M'un Heros qui suivant sa course
glorieuse
>
Mangerafousses Loix & le Rhin di-
, laMeuse.
En vain,fer Hollandois de fii
grandeurjaloux,
Tu te crois dans tes eaux à couvert
de.fiscoups ;
On aJeu tedomptermalgrétes fortes
Digues,
Et trancherpar le Fer tes Traitez&
tes Ligues , Et te donnant ia Loy dans us propresEtats9
Te rendre le mépris de tous les Potentats..
Jïuinsidelie à fin Sang, à fin
Pere perfide>
Ton ingratProtecteurm:dite un Parricide
4
Jïuefier de ces Vaijjcaux
,
plein de
va/les projets, [ Sujets;
Il arme contre un Roy fis rebelles
*arfespremierssucc,éss*accoAutu,m0'a- n- t
aa crime, ( gitime,
gytfil traite en fippofél'heritier le.
St de la calomnieemprllntaitt le
pinceau, Quil attaque sans honte un Enfant
au Berceau,
\e Cielpour le punirformera des
orages5
Et le Prince anime par tant d'hen.
reuxpréfiges*
ïcrafcra ce Monstre ennemy de la Foy,
57surfinTroneAugufie affermira,
ce Roy.
Rome deceshautsfaits heureusement
sûrprise,
Voyant dans ce Héroslesoutien de
l'Eglifi,
De tous nos démèter, oubliant le
malheur, (Valeur.
De mon Roy
>
defin Fils bénira la
- Cefialors que LOFIS AU dejjk*
de l'Envie,
Prolongeant par fin Fils la gloire
deJaVie,
formera par fis foins des Frinces
genereNx,
Et si verra revivre encor dans siJs
Neveux,
Dont la posterité dessiécles reverée"
Aura du Firmament£éternelle
durée.;
Ettoujoursplus féconde en Héros
immortels,
Expofem fin Sang en faveur des
Autels ;
Et par elle bientost, les Sultans de
Bifance
Malgré , tous leurs efforts, & leur
vaste JNiffince,
rerront far les rayons de ce Soleil
naissant,
Çpbjcurcir a jamais leur funejïe
Croissant.
Ce DAFPHIN que la France&
que le Monde adn ire,
"SDes Fleuves & des Mers hornera
son Empire,
hJEt ses jalonx craignant la force de
son bras, [ pas.
Udifèront,par refpecl la trace deses
Les Flotes de Siam à travers les
orages
t porteront leurs Tresorssur nos heureux
Rivages,
i Et Us Barbares Rois des Peuples
basanez,,
Seront à sesgenoux humblement
profiernez
Le Pirated'Alger cent foisplus
redoutable
Au timideMarchand qu'un écûeil
efrojat-iei
Sous les débrisfumonsdeses MufSte
embrasez,,
Se reverra purty des maux q"
caufcT^.
Des méchants ilflra /'impitoyable
luge,
Des pauvres opprimez, ilfera h\
refuge,
Contre leurs ennemis il fera lettmrî
apuy ; [ lu
Etleur étatabjeEtferagrand devante
L'Indien parfin Orviendra le\
reconnoijlre,
Et les Peuples diversvoulantFavoirtw
pour Maifire
Par de riches Tributsobligeront
leurs Rois
De venirpromptement se foumetire
a ses Loix.
Sous un Regnesifiint, si remply
de lufiiee,
.!."a Vermfousfispiedspra tremblerleVice.
"Nas monts ou ne croisoient que
d'aridesbuissons,
Produiront sans travail de fertiles
moiffins,
\=-t ceux dont Dieu bénit le chasle
Mariage, [partage.
à(De Vertueux Ensansauront le doux
^>ui repeuplant nos Camps des plus
braves soldats
, ^Deviendront lejoûticn desesvases
Etats.
Apres tant de bcn-hcuricevrince
incomparable
Mura dans l'Vnivers une gloire
d/trable.
rTiés Ennernisfrilpe- de sa vivt
splendeur,
tenteront vainement d'affaiblir sa
grandeur,
Ori te verra briller d'une lè,2
lumiere,
Tant que fAstre dit jour fournirai
sa carriere.
Grand Dieu, de qui les Rois 0;;1\\
toute leurgrandeur,
jtjïnqunu Monde entier t'adore-v
avec ardeur GonfervedansLOV,IS ton plusw
p.zrJait ouvrage ;
Conflrve en son DArPHI NV
sa rejfemblantc image;
ParEux ton sacré Nom des Mor—\
tels refpcffê
,
Regnera dans son lufire di dansvt , sa Maio/fé.
liluftr* MOKTAFSIER , dcmÀf\
l'ame genereuse
A toâjous protégé la rerlll mal»'
heureuse s
2Toy qui receu du Ciel la Candeur,
la Bonté)
Et du mondenaissant l'antique
Probli'té;
uanddes Cygnes fameux
,
qui , charment tes oreilles ,
De ton jeune Heros annoncent les
merveilles
„ Daigne encore écouter ce quauxbords
du Jourdain
Pn Saint Roy prononça par un
esprit Divin,
Et ne refufl pas de presenter (lM;
PRINCE,
Ce tribut qui luy vient du fond
d'une Province.
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Résumé : PARAPHRASE ALLEGORIQUE Aux Victoires de Monseigneur le Dauphin. Du PSEAUME LXXI.
L'œuvre 'Paraphrase Allégorique' de l'Abbé de Viani, dédiée au Duc de Montausier, est une paraphrase du Psaume 71 de David destinée à Salomon. Elle met en avant les vertus requises pour gouverner et établit un parallèle avec les qualités du Dauphin. Le texte célèbre les exploits militaires du Dauphin, le comparant à un héros guerrier victorieux. Il mentionne des victoires telles que la prise de Thionville et de Frankerdal, ainsi que la soumission des Hollandais. Le Dauphin est également décrit comme un protecteur des opprimés et un défenseur de la foi, capable de soumettre les ennemis et de rétablir les droits légitimes. La lettre souligne la grandeur et la bravoure du Dauphin, prédisant une ère de prospérité et de justice sous son règne. Elle évoque l'impact positif de son règne sur la France et le monde, avec des peuples lointains reconnaissant sa suprématie et apportant des tributs. La gloire éternelle du Dauphin et la bénédiction divine sur son règne sont également exaltées. Le texte se présente comme une prière ou une ode adressée à Dieu, soulignant Sa grandeur et Son adoration universelle. Il mentionne la conservation de l'image divine dans un temple et l'invocation du nom sacré de Dieu pour régner dans la lumière et la majesté. La prière loue un prince jeune, doté d'une âme généreuse, protégé par Dieu, et possédant des qualités telles que la candeur, la bonté et l'antique probité. Des cygnes célèbres chantent ses mérites. La prière demande à Dieu d'écouter les paroles prononcées par un saint roi près du Jourdain, inspirées par un esprit divin, et de ne pas refuser l'hommage venant du cœur d'une province.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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15
p. 42-59
MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Début :
Louis Joseph Duc de Vendosme, Pair de France, Prince de [...]
Mots clefs :
Duc de Vendôme, Mort, Général, Apprentissage, Armée, Commandement, Espagne, Roi, Siège, Campagne, Combat, Valeur, Victoire, Héros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Ona différé l'article de
la mort de Monsieur de Vendosme jtifcytes à ce mois
- cy
pour avoir les memoires fui..
vantsy ileustfallu le differer
trop long-temps pourrecevoirle
détail de toutes les belles agitons
qu'il a
faites.
MONSIEUR LE DUC
de Vendosme lLOU[S joseph Duc de
Vendosme,Pair de France,
Prince de Martigues,Chevalier des Ordres du Roy,
Grand Senechal & Gouverneur de la Provence,
General des Galeres, mourutàVinaros leII. dumois
de juin,âgé de cinquante
huitans, petit fils du plus
grand Roy qui ait veseu
avant Louis le Grand ,dû_'
quel il estoitune image
vivante par le trait de son
visage
,
plus encore par
ceux de son ameIl donna dès son enfance des marques de ses raresqualitez
,
qui dans les
Princes font au dessusdes
qualitez heroïques, deson
humanité affable, généreux, compatissant donnanttout &c.
Il s'appliqua dès sa plus
tendre jeunesse à ce grand
m'estier dont il s'est servy
depuis plusieurs fois si uti-
lement pourrestablir les
affaires dans tous les lieux
où il a
esté appelle.
Dés l'âge de dix-sept
ans, il fut à la teste d'un.
Regiment d'Infanterie,&
il servit avec la mesme assiduitéque s'il avoitesperé
delà sa fortune.
Il fit son chemin avec la
mesme lenteur d'un particulier, & passa par tousles
dégrez, ce qui le rendit un
si grand General.
Il fit son apprentissage
fous Monsieur de Turenne
,
qui à cet âge
-
là luy
donnoit mille marques de
saconfiance.
Il repoussales ennemis
ayant son seulRégiment,
au combat d'Althenem où
il fut grievement blessé.
Après la mort de Monsieur de Turenne, il eut
pour Maistre Monsieur le
Mareschal de Crequy
,
&
fit voir dans toutes forte4
d'occasions combien il avoitprofité des leçons de
ces deux grands Généraux.
Tous les temps de paix
ont esté signaléc par ses
magnificencesdans sa belle Maison d'Anet, où il
donnoit presque tous les
ans des sestes à Monseigneur le Dauphin qui l'honoroit d'une tendre ami-
"hé qui n'aefté ignorée de
perfonneJamais le Roy n'adonné
à personne de sa Cour
,
de si grandes marques de
sa confiance; & Sa Majesté le fie bien paroistre
par laLettre qu'Elle luy
fit l'honneur de luy escrire en rassemblant sur sa
telle le Generalat des Ga-
leresau Gouvernement de
Provence.
Il faudrait une histoire
commecelle de Mezerec, sil'onvouloirraconter toutes les astions particulières
qu'il afaites avant de commander en chef, en Allemagne fousMonseigneur,
& fous Messieurs les Mareschaux de Duras & de
Lorge; en Flandres fous
Monsieur de Luxemborg,
où toute l'armée vit avec
plaisir que le gain du combat de Steinkerque fut deu
à un avis qu'il avoit donné.
<
A la Marfaille Monsieur
le Mareschal de Catinat
publia que c'estoit Monsieur de Vendosme qui s'estoit avisé la veille de mettre la droite à la gauche,
&la gauche à la droite,
afin d'opposer par la la
Gendarmerie aux Cuirassiers de l'Empereur
,
& il
chargea le lendemain, &
fit des actions surprenantes à la teste de cette Gendarmerie.
Les commandements
dans la Vallée de BarceJonnette
,
à Nice, ôc en
Provence suffiroient pour faire l'éloge d'un autre,
mais voyonsle comman- der en chef.
Le Roy luy donne le
commandement de l'armée de Catalogne, il y
arrive, trouve nostre armée decouragée, nos Grenadiers tremblanrs devant
les Miquelets; son arrivée
restablit tout
,
&¡;en une
campagne;il fait lever le
siege de plusieurs places,
Palamos
,
Ostallery, Calcet- soüilles, &c.
Il bat un gros corps de
Cavalerie, commande par
le Prince d'Armée, & se
seroit mis en estac de faire
le siege de Barcelonne dès
cette campagne, si la Cour
n'avoit trouve à propos de
differer à la suivante.
Quelfut ce siege de Barcelonne! Une grandeVille
qui ne peut estre investiè
,
défendue par une garnison
au dedans qui estoit aussi
forte qu'unearmée, & et
tant assiege tuy.
-
mesme
au dehors par une armée
aussi forte que la sienne,
commandée par le Vice-
roy
,
il commence par le
battre, & le mettre entièrement en deroute; & aprés
cinquante deux jours de
tranchéeouverte
,
il se
rend maître de cette place.
Tout le monde se souvient
encore des aétions furprenances qui se passerent à ce
siege ; & c'est bien dommage que la paresse de
Monsieur Capiftron Tait
empefehéde lesescrire La
< prisede cette Ville fit faire
la paix de Rifwik.
L'affairede Cremonearrive,Monsieur deVendos-
me y vole, on tremiroit à
voir sur la Carte les pays
donc les Ennemis estoient
emparez
,
& dont il les
cbufTi depuisfaine Nazaro,
& de l'Etradel, jusques à
Goito au delà de Mancouë
que l'armée de l'Empereur
tenoit bloqué, & dont il fit
lever le blocus après avoir
pris chemin faisant cinq
ou six places ausquelles il
fallut ouvrir la tranchée, ilbattitcette même Campagne Vice-conty à la Victoria, & gagna fous les or- dres du Roy d'espagne la
fameuse bataille de Luzara.
La Campagne ensuite il
penetra jusqu'à Trente
aprèsavoir pris cinq ou six
Chasteaux qui paroissoient
im prenables par leur situation, & revient à la fin de
la Campagne, battre le
mesme Vice-conty à S.
Sebastien prés d'Alexandrie, laisse le commandement de l'armée dePiémont
à Monsieur le Grand Prieur
son frere, retourne à celle
deLombardie sur la Sequia,
d'où il partit pour suivre
1.
Nuremberg, & pendant
prés de quinze jours battre
tous les soirs fort arriere
garde, marche qui fut
égalertt£ri£glorieuse à la
respectable opiniatreté de
ses grands rivaux.
Que de Villes prises en
1704. Ivrée, Verceil
,
&:
toutes les places de Monsieur de Savoye
,
Veruë priseaucommencement
de 1705. & ce Prince réduit
au seul Turin.
Le Combat de Cassan
où sa seule valeur alla plusieursfois arracherJ^;vicr
toire dans les bataillons
des Ennemis.
Quelle ouverture pour
la Campagne de 1706. que
la glorieuseaffaire de Calsinat, il l'aprojette à Mantoüe, fait ses dispositions,
& profite de la rigueur de
l'hyverquile mettoit dans
l'impossibilité de les executer
,
pour venir faire sa
cour au Roy, qu'il n'avoit
eu l'honneur de voir depuis
quatre ans, & dont il ne
pouvoit plus vivre essoigné,
reçoit à Anet les applaudissements de toute la Fran-
ce ,qui l'y traita pendant
tous les six jours qu'ily fut
avec une magnificence qui
jusques là n'avoit point eu
d'exemple. Il part enfin de
ce sejour de delices pour
aller executer son dessein
sur Calsinat le mesme jour
qu'ill'avoit projette, &
Monsieur le Prince Eugene
y
arriva à
temps pour estre
le tesmoin de savictoire.
Il est rappelled'Italie
pour aller commander l'armée de Flandres après le
malheur de Ramilly. Il y
trouve le Generaldes En-
nemis enSe de ses prosperitez
,
& prometrant à son
armée de la mener à Paris;
il rabu si bien foi} audace,
que les soldats luy disoient
tout haut que Bruxelles
n'en estoit pas le chemin.
Sa valeur sur tousjours
la mesme, mais la victoire
l'abandonna à Oudenarde,
peut estre pour relever sa
gloire. On ne voir jamais
un Heros toutentier quand
on ne le voit que dans la
prosperité.
Tout ce qui s'est passé
en Espagne est si nouveau,
que je ferois tort d'en donner des Mémoires à celuy
qui prendra le foin d'escrire ce qu'il a
fait depuis son
dernier départ d'Anet jusqua sa mort. On travaille
à present au Journal exact
de cette suite de belles actions qui ont affermi la
Couronne du Roy d'Espagné, quand ce Journal serafaitj'en donnerai un extrait.
la mort de Monsieur de Vendosme jtifcytes à ce mois
- cy
pour avoir les memoires fui..
vantsy ileustfallu le differer
trop long-temps pourrecevoirle
détail de toutes les belles agitons
qu'il a
faites.
MONSIEUR LE DUC
de Vendosme lLOU[S joseph Duc de
Vendosme,Pair de France,
Prince de Martigues,Chevalier des Ordres du Roy,
Grand Senechal & Gouverneur de la Provence,
General des Galeres, mourutàVinaros leII. dumois
de juin,âgé de cinquante
huitans, petit fils du plus
grand Roy qui ait veseu
avant Louis le Grand ,dû_'
quel il estoitune image
vivante par le trait de son
visage
,
plus encore par
ceux de son ameIl donna dès son enfance des marques de ses raresqualitez
,
qui dans les
Princes font au dessusdes
qualitez heroïques, deson
humanité affable, généreux, compatissant donnanttout &c.
Il s'appliqua dès sa plus
tendre jeunesse à ce grand
m'estier dont il s'est servy
depuis plusieurs fois si uti-
lement pourrestablir les
affaires dans tous les lieux
où il a
esté appelle.
Dés l'âge de dix-sept
ans, il fut à la teste d'un.
Regiment d'Infanterie,&
il servit avec la mesme assiduitéque s'il avoitesperé
delà sa fortune.
Il fit son chemin avec la
mesme lenteur d'un particulier, & passa par tousles
dégrez, ce qui le rendit un
si grand General.
Il fit son apprentissage
fous Monsieur de Turenne
,
qui à cet âge
-
là luy
donnoit mille marques de
saconfiance.
Il repoussales ennemis
ayant son seulRégiment,
au combat d'Althenem où
il fut grievement blessé.
Après la mort de Monsieur de Turenne, il eut
pour Maistre Monsieur le
Mareschal de Crequy
,
&
fit voir dans toutes forte4
d'occasions combien il avoitprofité des leçons de
ces deux grands Généraux.
Tous les temps de paix
ont esté signaléc par ses
magnificencesdans sa belle Maison d'Anet, où il
donnoit presque tous les
ans des sestes à Monseigneur le Dauphin qui l'honoroit d'une tendre ami-
"hé qui n'aefté ignorée de
perfonneJamais le Roy n'adonné
à personne de sa Cour
,
de si grandes marques de
sa confiance; & Sa Majesté le fie bien paroistre
par laLettre qu'Elle luy
fit l'honneur de luy escrire en rassemblant sur sa
telle le Generalat des Ga-
leresau Gouvernement de
Provence.
Il faudrait une histoire
commecelle de Mezerec, sil'onvouloirraconter toutes les astions particulières
qu'il afaites avant de commander en chef, en Allemagne fousMonseigneur,
& fous Messieurs les Mareschaux de Duras & de
Lorge; en Flandres fous
Monsieur de Luxemborg,
où toute l'armée vit avec
plaisir que le gain du combat de Steinkerque fut deu
à un avis qu'il avoit donné.
<
A la Marfaille Monsieur
le Mareschal de Catinat
publia que c'estoit Monsieur de Vendosme qui s'estoit avisé la veille de mettre la droite à la gauche,
&la gauche à la droite,
afin d'opposer par la la
Gendarmerie aux Cuirassiers de l'Empereur
,
& il
chargea le lendemain, &
fit des actions surprenantes à la teste de cette Gendarmerie.
Les commandements
dans la Vallée de BarceJonnette
,
à Nice, ôc en
Provence suffiroient pour faire l'éloge d'un autre,
mais voyonsle comman- der en chef.
Le Roy luy donne le
commandement de l'armée de Catalogne, il y
arrive, trouve nostre armée decouragée, nos Grenadiers tremblanrs devant
les Miquelets; son arrivée
restablit tout
,
&¡;en une
campagne;il fait lever le
siege de plusieurs places,
Palamos
,
Ostallery, Calcet- soüilles, &c.
Il bat un gros corps de
Cavalerie, commande par
le Prince d'Armée, & se
seroit mis en estac de faire
le siege de Barcelonne dès
cette campagne, si la Cour
n'avoit trouve à propos de
differer à la suivante.
Quelfut ce siege de Barcelonne! Une grandeVille
qui ne peut estre investiè
,
défendue par une garnison
au dedans qui estoit aussi
forte qu'unearmée, & et
tant assiege tuy.
-
mesme
au dehors par une armée
aussi forte que la sienne,
commandée par le Vice-
roy
,
il commence par le
battre, & le mettre entièrement en deroute; & aprés
cinquante deux jours de
tranchéeouverte
,
il se
rend maître de cette place.
Tout le monde se souvient
encore des aétions furprenances qui se passerent à ce
siege ; & c'est bien dommage que la paresse de
Monsieur Capiftron Tait
empefehéde lesescrire La
< prisede cette Ville fit faire
la paix de Rifwik.
L'affairede Cremonearrive,Monsieur deVendos-
me y vole, on tremiroit à
voir sur la Carte les pays
donc les Ennemis estoient
emparez
,
& dont il les
cbufTi depuisfaine Nazaro,
& de l'Etradel, jusques à
Goito au delà de Mancouë
que l'armée de l'Empereur
tenoit bloqué, & dont il fit
lever le blocus après avoir
pris chemin faisant cinq
ou six places ausquelles il
fallut ouvrir la tranchée, ilbattitcette même Campagne Vice-conty à la Victoria, & gagna fous les or- dres du Roy d'espagne la
fameuse bataille de Luzara.
La Campagne ensuite il
penetra jusqu'à Trente
aprèsavoir pris cinq ou six
Chasteaux qui paroissoient
im prenables par leur situation, & revient à la fin de
la Campagne, battre le
mesme Vice-conty à S.
Sebastien prés d'Alexandrie, laisse le commandement de l'armée dePiémont
à Monsieur le Grand Prieur
son frere, retourne à celle
deLombardie sur la Sequia,
d'où il partit pour suivre
1.
Nuremberg, & pendant
prés de quinze jours battre
tous les soirs fort arriere
garde, marche qui fut
égalertt£ri£glorieuse à la
respectable opiniatreté de
ses grands rivaux.
Que de Villes prises en
1704. Ivrée, Verceil
,
&:
toutes les places de Monsieur de Savoye
,
Veruë priseaucommencement
de 1705. & ce Prince réduit
au seul Turin.
Le Combat de Cassan
où sa seule valeur alla plusieursfois arracherJ^;vicr
toire dans les bataillons
des Ennemis.
Quelle ouverture pour
la Campagne de 1706. que
la glorieuseaffaire de Calsinat, il l'aprojette à Mantoüe, fait ses dispositions,
& profite de la rigueur de
l'hyverquile mettoit dans
l'impossibilité de les executer
,
pour venir faire sa
cour au Roy, qu'il n'avoit
eu l'honneur de voir depuis
quatre ans, & dont il ne
pouvoit plus vivre essoigné,
reçoit à Anet les applaudissements de toute la Fran-
ce ,qui l'y traita pendant
tous les six jours qu'ily fut
avec une magnificence qui
jusques là n'avoit point eu
d'exemple. Il part enfin de
ce sejour de delices pour
aller executer son dessein
sur Calsinat le mesme jour
qu'ill'avoit projette, &
Monsieur le Prince Eugene
y
arriva à
temps pour estre
le tesmoin de savictoire.
Il est rappelled'Italie
pour aller commander l'armée de Flandres après le
malheur de Ramilly. Il y
trouve le Generaldes En-
nemis enSe de ses prosperitez
,
& prometrant à son
armée de la mener à Paris;
il rabu si bien foi} audace,
que les soldats luy disoient
tout haut que Bruxelles
n'en estoit pas le chemin.
Sa valeur sur tousjours
la mesme, mais la victoire
l'abandonna à Oudenarde,
peut estre pour relever sa
gloire. On ne voir jamais
un Heros toutentier quand
on ne le voit que dans la
prosperité.
Tout ce qui s'est passé
en Espagne est si nouveau,
que je ferois tort d'en donner des Mémoires à celuy
qui prendra le foin d'escrire ce qu'il a
fait depuis son
dernier départ d'Anet jusqua sa mort. On travaille
à present au Journal exact
de cette suite de belles actions qui ont affermi la
Couronne du Roy d'Espagné, quand ce Journal serafaitj'en donnerai un extrait.
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Résumé : MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Le texte relate la vie et les exploits militaires de Louis Joseph de Vendôme, Duc de Vendôme, Pair de France, Prince de Martigues, Chevalier des Ordres du Roy, Grand Sénéchal et Gouverneur de la Provence, et Général des Galères. Né petit-fils d'un grand roi, il montra dès son enfance des qualités rares telles que l'humanité, l'affabilité, la générosité et la compassion. Il s'illustra très tôt dans sa carrière militaire, servant avec assiduité et gravissant les échelons jusqu'à devenir un grand général. Sous la tutelle de Turenne et de Crequy, il participa à de nombreuses batailles, comme celle d'Altenheim où il fut grièvement blessé. Il se distingua également lors des sièges de Barcelone et de Cremone, et dans diverses campagnes en Allemagne, en Flandres et en Italie. Ses actions militaires, telles que la prise de plusieurs villes et la victoire à la bataille de Luzara, contribuèrent à affermir la couronne du Roi d'Espagne. Le Duc de Vendôme était également connu pour sa magnificence et son hospitalité, notamment lors des séjours du Dauphin à sa maison d'Anet. Il reçut de grandes marques de confiance du Roi, qui lui confia divers commandements importants. Sa carrière militaire fut marquée par des succès notables, bien que la victoire lui ait parfois échappé, comme à la bataille d'Oudenarde. Le texte mentionne également la préparation d'un journal détaillant ses actions en Espagne, soulignant l'impact de ses exploits sur la couronne espagnole.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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16
p. 73-86
LE SOUVERAIN, ODE.
Début :
Heros, qui vous vantez de l'estre, [...]
Mots clefs :
Héros, Gloire, Vertu, Autels, Histoire, Valeur, Vainqueur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE SOUVERAIN, ODE.
LE SOUVERAIN,
0 DE.
HEros,qui
vous vantez de l'estre,
Pour donner des Loix
aux Mortels,
Par vos vertus faites connoistre
Que nous vous devons
des Autels.
OUi, nous l'avoüons
,
nous ne sommes
Devant vous que de lim..
ples hommes
:
Mais estes-vous des Demidieux ?
Apprenez que la seule
Gloire,
Qui peut vous placer
dans l'Histoire,
N'éleve pas jusques aux
Cieux.
Voussçavez lancer le
Tonnerre,
Et vous brillez dans les
assauts
:
Mais cette valeur dans la
Guerre
Nous cache-telle vos
défauts?
Au retour des champs
de Bellone,
Cet éclat qui vous environne
S'évanoüit dans le repos.
Prompts à vous rendre à
la molefle,
Nous voyons que vostre
foiblesse
Efface à l'instant le Heros.
Loin d'icy ce meslange énorme
De superbe & de volupté
:
C'est la pure vertu qui
forme
Le grand Homme tant
respecté.
Sans elle
,
avec tout ce
,
faux lustre
A nos yeux ce phantosme illustre.,
Ce prétendu Heros n'est
rien.
Celuy. la ternit sa me-
moire
Qui pour aimer trop la
victoire
,
Neglige d'estre homme
de bien.
L'Héroïsmeseroitfacile
Si par de belliqueux ex-
, ploits,
Ou par quelque vertu
sterile
Vousmeritiez d'estre nos
Rois.
Ce César & cet Ale- -
xandre
N'eurent le droit de nous
surprendre
Que par des triomphes
nombreux
:
Je doute que dans la disgrace
, Ainsique CHARLE, avec
audace
Ils sceuffent estre malheureux.
En vain cette valeur
brillante
Fait valoir un heureux
Vainqueur;
Son mérite nous épouvante,
S'il n'est scellé par nostre cœur.
Loince Héros qui par
vengeance
Ofefaire une indigne
offense
A la gloire de (on Rival.
Souvent les Dieux dans
leur colere,
Pour nous plonger dans
la misere
, Nous font un present si
fatal.
Le vrai Héros est tousjours fage;
S'il triomphe, c'est pour
la Paix;
Elle estl'objet de son
courage ;
Nous le sommes de les
bienfaits.
Occupé de nostre fortune
,
Jamais Mortel ne l'importune ;
Il nous consacre les projets:
On le revere, on le con-
.,
tcmple>*v
Il sçait faire par son exemple
De vrais Héros de les
sujets.
Tout est sacré pour sa
grande ame,
Ses Loix,ses mœurs &
son honneur;
Et si quelque desir l'enflâme,
C'est de faire nostre bonheur.
Inviolable en sa parole,
Mille fois son grandcœur
s'immole
Au denousla tenir.
Du malheureux il est
l'asyle;
Chacun, en ses foyers
tranquille)
Est seur d'un heureux
avenir.
Son cœur au dessus du
vulgaire
o Rempli d'une noble
fierté)
N'eil: pas si grand quand
il prospere,
Qu'au comble de l'adverfité.
C'est alors que par sa
confiance,
Satisfait de sa conscience,
Il fait trembler ses ennemis
,
Et que par une vertu
ferme
Il reproche au Destin le
terme
Ou son injustice l'a mis.
C'est donc à
ces illuf-
très marques
, Héros qui voulez impofer,
Que je vous reconnois
Monarques;
Non à l'ardeur de tout
oser.
Le triomphe devient car- *•
nage
Lorsque rien ne nous dédommage
D'estrefournis à vostre
fort.
Point de Héros si l'on
ne l'aime,
S'il ne sçait se vaincre
luy
-
mesme,
S'il ne ressemble au Roy
du Nord.
L'exemple que je vous
propose
Est un prodige à runivers:
Jamais ce Prince ne repose
Dans l'éclat, ny dans les
revers.
C'est peu pour ce Héros
terrible
Qu'ilose tenter l'impôt
sible,
Quil ait vaillamment
combattu;
Malgré tous les traits de
l'Envie,
Il sçait pendant sa belle
vie
Joindre la Gloire à la
Vertu
0 DE.
HEros,qui
vous vantez de l'estre,
Pour donner des Loix
aux Mortels,
Par vos vertus faites connoistre
Que nous vous devons
des Autels.
OUi, nous l'avoüons
,
nous ne sommes
Devant vous que de lim..
ples hommes
:
Mais estes-vous des Demidieux ?
Apprenez que la seule
Gloire,
Qui peut vous placer
dans l'Histoire,
N'éleve pas jusques aux
Cieux.
Voussçavez lancer le
Tonnerre,
Et vous brillez dans les
assauts
:
Mais cette valeur dans la
Guerre
Nous cache-telle vos
défauts?
Au retour des champs
de Bellone,
Cet éclat qui vous environne
S'évanoüit dans le repos.
Prompts à vous rendre à
la molefle,
Nous voyons que vostre
foiblesse
Efface à l'instant le Heros.
Loin d'icy ce meslange énorme
De superbe & de volupté
:
C'est la pure vertu qui
forme
Le grand Homme tant
respecté.
Sans elle
,
avec tout ce
,
faux lustre
A nos yeux ce phantosme illustre.,
Ce prétendu Heros n'est
rien.
Celuy. la ternit sa me-
moire
Qui pour aimer trop la
victoire
,
Neglige d'estre homme
de bien.
L'Héroïsmeseroitfacile
Si par de belliqueux ex-
, ploits,
Ou par quelque vertu
sterile
Vousmeritiez d'estre nos
Rois.
Ce César & cet Ale- -
xandre
N'eurent le droit de nous
surprendre
Que par des triomphes
nombreux
:
Je doute que dans la disgrace
, Ainsique CHARLE, avec
audace
Ils sceuffent estre malheureux.
En vain cette valeur
brillante
Fait valoir un heureux
Vainqueur;
Son mérite nous épouvante,
S'il n'est scellé par nostre cœur.
Loince Héros qui par
vengeance
Ofefaire une indigne
offense
A la gloire de (on Rival.
Souvent les Dieux dans
leur colere,
Pour nous plonger dans
la misere
, Nous font un present si
fatal.
Le vrai Héros est tousjours fage;
S'il triomphe, c'est pour
la Paix;
Elle estl'objet de son
courage ;
Nous le sommes de les
bienfaits.
Occupé de nostre fortune
,
Jamais Mortel ne l'importune ;
Il nous consacre les projets:
On le revere, on le con-
.,
tcmple>*v
Il sçait faire par son exemple
De vrais Héros de les
sujets.
Tout est sacré pour sa
grande ame,
Ses Loix,ses mœurs &
son honneur;
Et si quelque desir l'enflâme,
C'est de faire nostre bonheur.
Inviolable en sa parole,
Mille fois son grandcœur
s'immole
Au denousla tenir.
Du malheureux il est
l'asyle;
Chacun, en ses foyers
tranquille)
Est seur d'un heureux
avenir.
Son cœur au dessus du
vulgaire
o Rempli d'une noble
fierté)
N'eil: pas si grand quand
il prospere,
Qu'au comble de l'adverfité.
C'est alors que par sa
confiance,
Satisfait de sa conscience,
Il fait trembler ses ennemis
,
Et que par une vertu
ferme
Il reproche au Destin le
terme
Ou son injustice l'a mis.
C'est donc à
ces illuf-
très marques
, Héros qui voulez impofer,
Que je vous reconnois
Monarques;
Non à l'ardeur de tout
oser.
Le triomphe devient car- *•
nage
Lorsque rien ne nous dédommage
D'estrefournis à vostre
fort.
Point de Héros si l'on
ne l'aime,
S'il ne sçait se vaincre
luy
-
mesme,
S'il ne ressemble au Roy
du Nord.
L'exemple que je vous
propose
Est un prodige à runivers:
Jamais ce Prince ne repose
Dans l'éclat, ny dans les
revers.
C'est peu pour ce Héros
terrible
Qu'ilose tenter l'impôt
sible,
Quil ait vaillamment
combattu;
Malgré tous les traits de
l'Envie,
Il sçait pendant sa belle
vie
Joindre la Gloire à la
Vertu
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Résumé : LE SOUVERAIN, ODE.
Le texte explore la véritable nature de l'héroïsme et de la royauté. Il met en garde contre les souverains qui se vantent de leurs exploits guerriers, soulignant que la valeur et les victoires ne suffisent pas à garantir le respect. La pure vertu est essentielle pour former un grand homme respecté. Le texte critique les héros qui privilégient la victoire à la vertu, citant César et Alexandre comme exemples de triomphes nombreux mais douteux en termes de véritable valeur. Le vrai héros est sage, cherche la paix et consacre ses projets au bien-être de ses sujets. Il est fidèle à sa parole, protecteur des malheureux et montre sa grandeur dans l'adversité. Les monarques doivent être reconnus non par leur audace, mais par leur capacité à se vaincre eux-mêmes et à incarner la vertu et la gloire, à l'image du roi du Nord.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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17
p. 129-135
Reflexions Politiques & Morales par M. l'Abbé Pegere. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît depuis peu un Livre de Réflexions Politiques & Morales, [...]
Mots clefs :
Réflexions politiques, Réflexions morales, Valeur, Belles actions, Guerre, Vérité, Grand Prince, Notes, Souverain, Gouvernement, Sagesse, Auguste, Cicéron, Discours, Peuple, Indépendance, Romains, François I
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reflexions Politiques & Morales par M. l'Abbé Pegere. [titre d'après la table]
Il paroît depuis peu un Livre de
Réflexions Politiques & Morales,
130 LE MERCURE
dédié à M. le Duc de Noailles.
Mr l'Abbé Pegere qui en eft l'Auteur
, dit dans fon Epître Dédicatoire
, qu'il les lui préfente avec d'autant
plus de confiance , que la
valeur foûtenuë de la prúdence lui
eft comme héréditaire : Qu'après
s'être diftingué à la Guerre par fes
belles Actions , il effaye à préfent
de nous faire goûter les fruits de la
Paix , à la vérité toujours amers
dans leur primeur , mais qui ne
peuvent manquer de devenir très
agréables , en fecondant , comme
il fait , le GRAND PRINCE qui
veut bien par fes foins infinis ,
être le Reftaurateur de la France ,
comme il en eft les délices.
Donnons à préfent quelque idée
de l'Ouvrage.
L'Auteur prouve qu'après avoir
confideré les Hommes par raport
à eux-mêmes , il a cru pouvoir les
confiderer par raport à la fociété
Civile : Que c'est ce qui a donné
lieu aux Réflexions Politiques qu'il
a ajoutées dans cette e Edition de
D'AVRIL. r31
ce Livre , avec des Notes la plupart
Hiftoriques .
Le Lecteur fera peut- être plus
à portée de juger de l'Ouvrage ,
fi on donne ici quelques Exemples
de ces Réflexions Politiques.
ARTICLE PREMIER
DU PRINCE OU DU SOUVERAIN.
Quelquefois une feule tête dans
11ºReft, un Etat y change toute la face des
affaires & y maintient la dignité
du Gouvernement
.
MARTIAL dit que Ciceron étoit Note.
la Tête de la Republique Romaine.
" Hoc tibi Roma Caput cum loquereris
erat .
Peut-on fçavoir trop bon gré à Refl.xie
un Prince , qui déclare à fon Con.
feil , qu'il veut avoir les mains liées
pour faire le mal , mais qu'il fouhaire
être libre pour faire le bien.
Un Grand Prince * a autrefois * Trajan
ébauché ce trait de Sageffe : Un autre
Grand Prince de nos jours l'a
accompli.
132 LE MERCURE
Refl. 4° Un Prince , qui non content de
gouverner avec beaucoup d'attention
, veut bien entrer , comme
en focieté de plaifirs , avec le Public
, ne peut manquer d'en être
les délices , & il eft bien fûr par
cette conduite gracieufe & populaire
, de ne point compromettre fa
Grandeur.
Notto. Auguite gagnoit ainfi l'affection
des Peuples , quia Auguftus comiter
interfuiffet & civile
rebatur mifceri voluptatibus vulgi
Réfl.56€
Notte.
"
"
››
"
Tac. ann. I.
Unbon Politique faifant peu d'attention
aux Difcours des Peuples ;
s'attache feulement à les conduire ,
de maniere qu'ils ne s'apperçoivent
pas de la route qu'il leurs fait
tenir; & à ne donner que des atteintes
delicates , & comme imperceptibles
à leur chere liberté.
Galba repréfentoit à Pifon ( qu'-
il avoit deffein d'adopter ) toutes
les difficultez qu'on trouve à gouverner
des Peuples jaloux d'une
liberté mal entendue.
ImD'AVRIL.
133
"9 Imperaturus es hominibus qui nec
totam libertatem , nee totamfervitutem
pati poffunt. 7 ac. His .
""
"
Lib. I.
Un Prince peut s'affûrer qu'il Refl.58 .
fera toûjours Maître de la Langue
des Peuples dont il aura gagné les
coeurs.
Parceque Domitien avoit le fé- Notte,
cret de fe faire quelque fois aimer,
il étoit appellé le pere des Peuples,
que n'en n'eut - t'on point dit , s'il
cût toujours été aimable .
* Populorum vox tamen una
Cum verus Patria diceris effe Pater.
La bonne foy & la confiance étant
le principal lien du Commerce , &
de la Société Civile ; les hommes,
pour
leur
propre
interêt
, devroient
s'attacher , à entretenir l'une &
l'autre ; le défordre des Finances
d'un Etat contribue bien à rompre
ce lien précieux .
Du Tems de TI BERE, les prêts,
Refl.Si .
ou les Traitez Ufuraires avoient Notte.
* Mart . ad Domiti. L. 1. Ep . 3 .
Avril 1717.
M
134
LE MERCURE
mis la confufion dans tous les biens;
il y apporta du remede , & par ce
moyen rétablit la confiance Publique;
c'est l'image naturelle de ce
qu'on voit aujourd'hui , & il ne faut
pas moins auffi qu'un grand homme,
pour apporter un pareil remede
à de femblables maux » Реси-
nias fanore anlitabant , & inopia
rei nummaria commoto are
alieno everfio rei familiaris
""
""
و د
ر د
"
famam præceps dabat; Donec opem
tulit Cafar, &fic fides refecta eft.
Tac. an. 6.
Refl.103 Les Peuples les plus amateurs
de l'indépendence ne font jainais
fi libres , que quand ils obéïffent
à un Prince aimable ; c'eft pour
les plus féroces un attrait pareil
à celui de l'Ayman.
Notte Ces mêmes Romains qui venoient
de donner un exemple éclatant de
leur Amour pour la liberté , en ſe
défaifant de CESAR , s'accoûtumerent
infenfiblement à la perdre
feus l'agréable domination de fon
Succeffeur.
D'AVRIL. 135
C'eftune confolation pour le Peu- Reflex.
ple de voir , qu'en s'épuifant pour
les befoins de l'Etat , il n'enrichit
au moins , & ne foutient que l'Etat .
Lorfque fous François I. les Note:
Peuples fe plaignirent des Impôts
exceflifs qui ne fervoient qu'à enrichir
quelques Particuliers , &fur
tout , le Chancelier du Prat. Ce-
Prince leur répondit par ces Vers
de Virgile , qu'il envoya même à
du Prat..
"" * Claudite jam rivos ,pueri ,fat
›› prata biberunt.
Réflexions Politiques & Morales,
130 LE MERCURE
dédié à M. le Duc de Noailles.
Mr l'Abbé Pegere qui en eft l'Auteur
, dit dans fon Epître Dédicatoire
, qu'il les lui préfente avec d'autant
plus de confiance , que la
valeur foûtenuë de la prúdence lui
eft comme héréditaire : Qu'après
s'être diftingué à la Guerre par fes
belles Actions , il effaye à préfent
de nous faire goûter les fruits de la
Paix , à la vérité toujours amers
dans leur primeur , mais qui ne
peuvent manquer de devenir très
agréables , en fecondant , comme
il fait , le GRAND PRINCE qui
veut bien par fes foins infinis ,
être le Reftaurateur de la France ,
comme il en eft les délices.
Donnons à préfent quelque idée
de l'Ouvrage.
L'Auteur prouve qu'après avoir
confideré les Hommes par raport
à eux-mêmes , il a cru pouvoir les
confiderer par raport à la fociété
Civile : Que c'est ce qui a donné
lieu aux Réflexions Politiques qu'il
a ajoutées dans cette e Edition de
D'AVRIL. r31
ce Livre , avec des Notes la plupart
Hiftoriques .
Le Lecteur fera peut- être plus
à portée de juger de l'Ouvrage ,
fi on donne ici quelques Exemples
de ces Réflexions Politiques.
ARTICLE PREMIER
DU PRINCE OU DU SOUVERAIN.
Quelquefois une feule tête dans
11ºReft, un Etat y change toute la face des
affaires & y maintient la dignité
du Gouvernement
.
MARTIAL dit que Ciceron étoit Note.
la Tête de la Republique Romaine.
" Hoc tibi Roma Caput cum loquereris
erat .
Peut-on fçavoir trop bon gré à Refl.xie
un Prince , qui déclare à fon Con.
feil , qu'il veut avoir les mains liées
pour faire le mal , mais qu'il fouhaire
être libre pour faire le bien.
Un Grand Prince * a autrefois * Trajan
ébauché ce trait de Sageffe : Un autre
Grand Prince de nos jours l'a
accompli.
132 LE MERCURE
Refl. 4° Un Prince , qui non content de
gouverner avec beaucoup d'attention
, veut bien entrer , comme
en focieté de plaifirs , avec le Public
, ne peut manquer d'en être
les délices , & il eft bien fûr par
cette conduite gracieufe & populaire
, de ne point compromettre fa
Grandeur.
Notto. Auguite gagnoit ainfi l'affection
des Peuples , quia Auguftus comiter
interfuiffet & civile
rebatur mifceri voluptatibus vulgi
Réfl.56€
Notte.
"
"
››
"
Tac. ann. I.
Unbon Politique faifant peu d'attention
aux Difcours des Peuples ;
s'attache feulement à les conduire ,
de maniere qu'ils ne s'apperçoivent
pas de la route qu'il leurs fait
tenir; & à ne donner que des atteintes
delicates , & comme imperceptibles
à leur chere liberté.
Galba repréfentoit à Pifon ( qu'-
il avoit deffein d'adopter ) toutes
les difficultez qu'on trouve à gouverner
des Peuples jaloux d'une
liberté mal entendue.
ImD'AVRIL.
133
"9 Imperaturus es hominibus qui nec
totam libertatem , nee totamfervitutem
pati poffunt. 7 ac. His .
""
"
Lib. I.
Un Prince peut s'affûrer qu'il Refl.58 .
fera toûjours Maître de la Langue
des Peuples dont il aura gagné les
coeurs.
Parceque Domitien avoit le fé- Notte,
cret de fe faire quelque fois aimer,
il étoit appellé le pere des Peuples,
que n'en n'eut - t'on point dit , s'il
cût toujours été aimable .
* Populorum vox tamen una
Cum verus Patria diceris effe Pater.
La bonne foy & la confiance étant
le principal lien du Commerce , &
de la Société Civile ; les hommes,
pour
leur
propre
interêt
, devroient
s'attacher , à entretenir l'une &
l'autre ; le défordre des Finances
d'un Etat contribue bien à rompre
ce lien précieux .
Du Tems de TI BERE, les prêts,
Refl.Si .
ou les Traitez Ufuraires avoient Notte.
* Mart . ad Domiti. L. 1. Ep . 3 .
Avril 1717.
M
134
LE MERCURE
mis la confufion dans tous les biens;
il y apporta du remede , & par ce
moyen rétablit la confiance Publique;
c'est l'image naturelle de ce
qu'on voit aujourd'hui , & il ne faut
pas moins auffi qu'un grand homme,
pour apporter un pareil remede
à de femblables maux » Реси-
nias fanore anlitabant , & inopia
rei nummaria commoto are
alieno everfio rei familiaris
""
""
و د
ر د
"
famam præceps dabat; Donec opem
tulit Cafar, &fic fides refecta eft.
Tac. an. 6.
Refl.103 Les Peuples les plus amateurs
de l'indépendence ne font jainais
fi libres , que quand ils obéïffent
à un Prince aimable ; c'eft pour
les plus féroces un attrait pareil
à celui de l'Ayman.
Notte Ces mêmes Romains qui venoient
de donner un exemple éclatant de
leur Amour pour la liberté , en ſe
défaifant de CESAR , s'accoûtumerent
infenfiblement à la perdre
feus l'agréable domination de fon
Succeffeur.
D'AVRIL. 135
C'eftune confolation pour le Peu- Reflex.
ple de voir , qu'en s'épuifant pour
les befoins de l'Etat , il n'enrichit
au moins , & ne foutient que l'Etat .
Lorfque fous François I. les Note:
Peuples fe plaignirent des Impôts
exceflifs qui ne fervoient qu'à enrichir
quelques Particuliers , &fur
tout , le Chancelier du Prat. Ce-
Prince leur répondit par ces Vers
de Virgile , qu'il envoya même à
du Prat..
"" * Claudite jam rivos ,pueri ,fat
›› prata biberunt.
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18
p. 833-838
LE HEROS PARFAIT. ODE. A M. le Maréchal Duc de Villars.
Début :
Quel est ce Héros plein de gloire, [...]
Mots clefs :
Villars, Héros, Paix, Gloire, Victoire, Valeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE HEROS PARFAIT. ODE. A M. le Maréchal Duc de Villars.
LE HEROS PARFAIT.
O D E.
A. M. le Maréchal Duc de Villars.
Uel est ce Héros plein de gloire ,
Qui vient s'offrir à mes regards !
Ceint des Lauriers de la Victoire ,
Et Vainqueur de tous les hazards?
N'est - ce point le Dieu de la Guerre
Qui , lassé d'effrayer la terre ,
•
A ij Vient
50
834 MERCURE DE FRANCE
Vient respirer dans ( 1 ) ce séjour ?
Mais près de lui les doctes Fées ,
Les Amphions et les Orphées ,
S'empressent à faire leur cour.
Depuis quand le Dieu de la Thrace ,
Des beaux Arts est - il protecteur ?
Lui de qui la guerriere audace ,
Répand l'épouvante et l'horreur ?
Non , non de mon ame surprise :
Je connois enfin la méprise ;
C'est VILLARS qui s'offre à mes yeuxs
Sa valeur étonna Bellonne ;
La Paix à son tour le couronne ,
Et vient le mettre au rang des Dieux.
讚
Né pour le bonheur de la France ,
VILLARS dompte ses ennemis ;
Sa valeur nous rend l'esperance ,
Dès qu'il paroît , tout est soumis ,
Le Batave , la Germanie ,
(2 ) Cédent à son noble génie ,
Rien ne résiste à ses efforts :
A la terreur , à la tristesse ,
I (1 ) A Vaux- le-Villars.
( 2 ) La Bataille de Dénain,
MAY. 835 17330
On voit succéder l'allégresse ,
Qui s'exprime par nos transports.
讚
A l'instant que de la tempête ,
11 a garanti nos Etats ,
Sa prudence active s'apprête ,
A livrer encor des combats ;
Du Rhin , les Ondes étonnées
Ne paroissent plus mutinées“ ,
A l'aspect de ses étendarts ;
Landau , Fribourg ouvrent leurs Portes ;
L'on voit ses vaillantes cohortes ,
Se ranger sur leurs fiers Remparts. 01.01
Mais c'est peu que dans les allarmes ,
Il immortalise son nom ;
La Paix vient , avec tous ses charmes ,'
Illustrer encor son renom.
Prémice des biens qu'elle accorde ,
Déja s'avance la concorde ,
Objet de nos ardens désirs .
De notre sort Villars est Maître ,
Peuples , vous allez voir renaître ,
Et vos beaux jours et vos plaisirs.
De la vertu la plus sublime ,
An▲ iij. ↑ Nous
3
1
"
36 MERCURE DE FRANCE
Nous voyons les heureux effets ;
*
Des deux grands Héros qu'elle anime ,
Seule elle régle les projets ;
Plein d'une sagesse profonde ,
Villars , du plus grand Roy du monde ,
Maintient dignement tous les droits :
Eugène l'écoute et l'admire ,
Et du feu divin qui l'inspire
Il fait son exemple et ses loix.
Fille du Ciel ! Paix désirable !
Qui conduit un heureux repos ,
Enfin ton retour favorable ,
Est l'ouvrage de mon Héros.
Pour lui quelle gloire immortelle !
Non , la victoire la plus belle ,
N'a point un si parfait éclat ;
Mais la sagesse , le courage ,
En lui disputent l'avantage .
De grand Guerrier , d'homme d'Etat.
Aussi- tôt que d'un sort tranquile ,
L'Europe goûte les douceurs ,
Villars rend son loisir utile ,
Il vient protéger les neuf Soeurs.
* La Paix de Rastad.
La
MAY. 837
1733.
La sublimité , la justesse ,
Le bon goût , la délicatesse ,
Eclatent dans ses jugemens ,
Le vrai seul peut le satisfaire ,
Et l'on ne parvient à lui plaire ,
Que par de solides talens.
送
* Un nouveau Parnasse s'éleve ,
Dans des murs chéris d'Apollon ,
Déja le prodige s'achève ,
J'y trouve le sacré Vallon .
Qui peut surmonter tant d'obstacles ?
A qui devons - nous ces miracies ,
Dont notre esprit est enchanté ?
C'est Villars qui sçait les produire ;
Il commande , l'on voit construire ,
Un Temple à l'immortalité.
LOUIS , d'une gloire si pure ,
Héros délices des Mortels ;
La jalousie en vain murmure ,
Nos coeurs t'érigent des Autels :
Toutes les vertus à ta suite ,
Forcent les vices à la fuite ;
Est-il un triomphe plus beau ?
L'établissement de l'Academie de Marseille.
A iiij
Paisse
838 MERCURE DE FRANCE
Puisse l'Auteur des destinées ,
En éternisant tes années ,
• T'affranchir des loix du tombeau.
O D E.
A. M. le Maréchal Duc de Villars.
Uel est ce Héros plein de gloire ,
Qui vient s'offrir à mes regards !
Ceint des Lauriers de la Victoire ,
Et Vainqueur de tous les hazards?
N'est - ce point le Dieu de la Guerre
Qui , lassé d'effrayer la terre ,
•
A ij Vient
50
834 MERCURE DE FRANCE
Vient respirer dans ( 1 ) ce séjour ?
Mais près de lui les doctes Fées ,
Les Amphions et les Orphées ,
S'empressent à faire leur cour.
Depuis quand le Dieu de la Thrace ,
Des beaux Arts est - il protecteur ?
Lui de qui la guerriere audace ,
Répand l'épouvante et l'horreur ?
Non , non de mon ame surprise :
Je connois enfin la méprise ;
C'est VILLARS qui s'offre à mes yeuxs
Sa valeur étonna Bellonne ;
La Paix à son tour le couronne ,
Et vient le mettre au rang des Dieux.
讚
Né pour le bonheur de la France ,
VILLARS dompte ses ennemis ;
Sa valeur nous rend l'esperance ,
Dès qu'il paroît , tout est soumis ,
Le Batave , la Germanie ,
(2 ) Cédent à son noble génie ,
Rien ne résiste à ses efforts :
A la terreur , à la tristesse ,
I (1 ) A Vaux- le-Villars.
( 2 ) La Bataille de Dénain,
MAY. 835 17330
On voit succéder l'allégresse ,
Qui s'exprime par nos transports.
讚
A l'instant que de la tempête ,
11 a garanti nos Etats ,
Sa prudence active s'apprête ,
A livrer encor des combats ;
Du Rhin , les Ondes étonnées
Ne paroissent plus mutinées“ ,
A l'aspect de ses étendarts ;
Landau , Fribourg ouvrent leurs Portes ;
L'on voit ses vaillantes cohortes ,
Se ranger sur leurs fiers Remparts. 01.01
Mais c'est peu que dans les allarmes ,
Il immortalise son nom ;
La Paix vient , avec tous ses charmes ,'
Illustrer encor son renom.
Prémice des biens qu'elle accorde ,
Déja s'avance la concorde ,
Objet de nos ardens désirs .
De notre sort Villars est Maître ,
Peuples , vous allez voir renaître ,
Et vos beaux jours et vos plaisirs.
De la vertu la plus sublime ,
An▲ iij. ↑ Nous
3
1
"
36 MERCURE DE FRANCE
Nous voyons les heureux effets ;
*
Des deux grands Héros qu'elle anime ,
Seule elle régle les projets ;
Plein d'une sagesse profonde ,
Villars , du plus grand Roy du monde ,
Maintient dignement tous les droits :
Eugène l'écoute et l'admire ,
Et du feu divin qui l'inspire
Il fait son exemple et ses loix.
Fille du Ciel ! Paix désirable !
Qui conduit un heureux repos ,
Enfin ton retour favorable ,
Est l'ouvrage de mon Héros.
Pour lui quelle gloire immortelle !
Non , la victoire la plus belle ,
N'a point un si parfait éclat ;
Mais la sagesse , le courage ,
En lui disputent l'avantage .
De grand Guerrier , d'homme d'Etat.
Aussi- tôt que d'un sort tranquile ,
L'Europe goûte les douceurs ,
Villars rend son loisir utile ,
Il vient protéger les neuf Soeurs.
* La Paix de Rastad.
La
MAY. 837
1733.
La sublimité , la justesse ,
Le bon goût , la délicatesse ,
Eclatent dans ses jugemens ,
Le vrai seul peut le satisfaire ,
Et l'on ne parvient à lui plaire ,
Que par de solides talens.
送
* Un nouveau Parnasse s'éleve ,
Dans des murs chéris d'Apollon ,
Déja le prodige s'achève ,
J'y trouve le sacré Vallon .
Qui peut surmonter tant d'obstacles ?
A qui devons - nous ces miracies ,
Dont notre esprit est enchanté ?
C'est Villars qui sçait les produire ;
Il commande , l'on voit construire ,
Un Temple à l'immortalité.
LOUIS , d'une gloire si pure ,
Héros délices des Mortels ;
La jalousie en vain murmure ,
Nos coeurs t'érigent des Autels :
Toutes les vertus à ta suite ,
Forcent les vices à la fuite ;
Est-il un triomphe plus beau ?
L'établissement de l'Academie de Marseille.
A iiij
Paisse
838 MERCURE DE FRANCE
Puisse l'Auteur des destinées ,
En éternisant tes années ,
• T'affranchir des loix du tombeau.
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Résumé : LE HEROS PARFAIT. ODE. A M. le Maréchal Duc de Villars.
Le poème célèbre les exploits du Maréchal Duc de Villars, le décrivant comme un héros victorieux et couronné par la Paix. Villars est présenté comme un protecteur des arts et un guerrier redoutable, ayant dompté ses ennemis et rendu l'espérance à la France. Ses victoires, notamment celle de la Bataille de Dénain, sont soulignées, ainsi que sa prudence et son courage, qui ont garanti la sécurité des États. Le poème met en avant la sagesse et la vertu de Villars, qui maintient dignement les droits du plus grand roi du monde. La Paix de Rastadt est mentionnée comme un de ses ouvrages, apportant un heureux repos à l'Europe. Villars est également loué pour son soutien aux arts et à la culture, notamment par la création de l'Académie de Marseille. Le texte se termine par une invocation à l'Auteur des destinées pour éterniser les années de Villars et le libérer des lois du tombeau, soulignant ainsi sa gloire immortelle et les vertus qu'il incarne.
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19
p. 168-169
LA COCARDE, Remerciment de M*** à Mlle *** qui lui avoit envoyé une Cocarde à l'Armée.
Début :
J'ai fait briller au champ de Mars [...]
Mots clefs :
Cocarde, Valeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA COCARDE, Remerciment de M*** à Mlle *** qui lui avoit envoyé une Cocarde à l'Armée.
LA COCARDE ,
Remerciment de M * * * à Mlle * * * qui
lui avoit envoyé une Cocarde à l'Armée.
J Ai fait briller au champ de Mars
L'Ornement galant et terrible ,
Par qui désormais invincible
Je puis affronter les hazards :
JANVIER. 1734.
169
Préferable aux Lauriers que donne la victoire ,
Ce panache éclatant va sous nos Etendarts
Accroître ma valeur comme il accroît ma gloire;
Formez pour des Guerriers , ces militaires dons ,
Jusqu'à ce que la Paix repeuplant nos retraites ,
Vous puissiez couronner nos fronts ,
Du mirthe qui croît où vous êtes.
Ainsi la Mere des Amours ,
Paroit le fils d'Anchise et lui prétoit des
armes ;
En couragé par elle au milieu des allarmes.
Les regards de Venus l'accompagnoient
toujours :
J'aurai la même destinée ,
Armé par d'aussi belles mains ,
Et si du Héros des Troyens
La valeur ne m'est pas donnée ,
Pour suppléer au moins à ses exploite
vantez ,
J'imite le pieux Enée
Dans le respect qu'il eut pour les Divinite
Remerciment de M * * * à Mlle * * * qui
lui avoit envoyé une Cocarde à l'Armée.
J Ai fait briller au champ de Mars
L'Ornement galant et terrible ,
Par qui désormais invincible
Je puis affronter les hazards :
JANVIER. 1734.
169
Préferable aux Lauriers que donne la victoire ,
Ce panache éclatant va sous nos Etendarts
Accroître ma valeur comme il accroît ma gloire;
Formez pour des Guerriers , ces militaires dons ,
Jusqu'à ce que la Paix repeuplant nos retraites ,
Vous puissiez couronner nos fronts ,
Du mirthe qui croît où vous êtes.
Ainsi la Mere des Amours ,
Paroit le fils d'Anchise et lui prétoit des
armes ;
En couragé par elle au milieu des allarmes.
Les regards de Venus l'accompagnoient
toujours :
J'aurai la même destinée ,
Armé par d'aussi belles mains ,
Et si du Héros des Troyens
La valeur ne m'est pas donnée ,
Pour suppléer au moins à ses exploite
vantez ,
J'imite le pieux Enée
Dans le respect qu'il eut pour les Divinite
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Résumé : LA COCARDE, Remerciment de M*** à Mlle *** qui lui avoit envoyé une Cocarde à l'Armée.
En janvier 1734, M * * * remercie Mlle * * * pour une cocarde destinée à l'armée. Il la voit comme un ornement galant et protecteur, préférable aux lauriers de la victoire. Il espère recevoir d'autres dons militaires jusqu'à la paix. Comparant la demoiselle à Vénus, il se sent encouragé et armé par elle, aspirant à imiter la piété d'Énée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 783-785
PORTUGAL.
Début :
Les Lettres de Lisbonne du commencement du mois dernier, portent que le grand nombre [...]
Mots clefs :
Diamants, Mines de diamant, Roi, Compagnie, Brésil, Valeur, Vente, Propriétaires
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texteReconnaissance textuelle : PORTUGAL.
PORTUGA L.
Es Lettres de Lisbonne du commencement
?
Ldu mois dernier , portent que le grand nom
bre de Diamans apportez du Brezil depuis quel
ques années , ayant causé un préjudice considérable
au Commerce de cette précieuse Marchandise
, et le Roy voulant prêvenir ce désordre et
maintenir les Diamans dans leur juste valeur
S. M. fit assembler le 3. Février dernier dans son
Palais 14. Marchands des plus experts pour déliberer
sur quatre diverses propositions qui lui
avoient été faites à ce sujet. On résolut dans cette
Assemblée l'établissement d'une Compagnie , et
P'on y convint en attendant des Articles suivans.
1º. Que S. M.fera cesser tout travail aux Mines
de Diamans au Brezil , sous peine de mort.
2.Que tous les Diamans à bord des Flotes qu'on
attend de la Baye de Tous les Saints et de Rio de
Janeiro , seront portez à la Monnoye.
D
3°. Qu'on choisira des Experts pour évaluer
en présence des Proprietaires , lesdits Diamans sur
le prix qu'ils pourront valoir en Europe.
4° . Que les Proprietaires éliront entre eux neuf
Directeurs , auxquels le Roy en ajoûtera unun , et que
ceux
784 MERCURE DE FRANCE
ceux qui auront la valeur de 20000. Cruzades y
auront une voix.
5. Qu'on fournira aux Proprietaires des Obli
gations pour la valeur de leurs Effets .
6°. Qu'il leur sera permis de vendre leurs Obli
gations de la maniere qu'ils jugeront la plus convenable.
7°. Que le Roy abonnera lesdites Obligations sur
leur valeur , offrant de l'argent comptant à ceux
qui en voudront.
8°. Que tous ceux qui auront des, Diamans invendus
, seront obligez de les porter à la Monnoye ,
sous peine de confiscation .
9° . Que la Compagnie aura le Privilege d'exposer
en vente une quantité de Diamans limitée et non
assez considerable pour en alterer le prix , et qu'on
publiera d'avance le tems de la vente , afin que
les
Etrangers puissent y assister ou donner leurs ordres.
10°. Que cette vente se fera à Lisbonne , au plus
offrant et dernier encherisseur.
11°. Qu'on imprimera le compte du produit de la
vente et qu'on en payera aux Porteurs d'Obligations
le provenu à proportion de leurs interêts.
12°. Que la Compagnie aura seule le Privilege
de faire traaviller aux Mines ,selon l'occurrence des
temps , en y employant seulement 5. à 600. Escla
ves , afin que ce Commerce se soutienne.
13 ° . Qu'on accordera à ladite Compagnie tous
les avantages possibles , afin de l'encourager.
14°. Que ladite Compagnie , pour indemniser le
Roy de la fermeture des Mines , payera à S. M.
10. pour cent du profit qu'elle fera.
15º . Qu'on ne vendra rien qu'après qu'on aura
placé ce qui est hors de terre , à moins qu'il n'arrive
quelque changement considerable dans les prix
des Diamans.
AVRIL. 1734. 785
On ne doute pas que le Projet cy - dessus ne
soit inis en execution immédiatement après l'arrivée
de la Flote de la Baye de Tous les Saints ,
quoique ceux qui attendent des Diamans ayent
fait offrir 15. pour cent au Roy, pour avoir la liberté
de disposer de leurs Marchandises à leur gré..
Es Lettres de Lisbonne du commencement
?
Ldu mois dernier , portent que le grand nom
bre de Diamans apportez du Brezil depuis quel
ques années , ayant causé un préjudice considérable
au Commerce de cette précieuse Marchandise
, et le Roy voulant prêvenir ce désordre et
maintenir les Diamans dans leur juste valeur
S. M. fit assembler le 3. Février dernier dans son
Palais 14. Marchands des plus experts pour déliberer
sur quatre diverses propositions qui lui
avoient été faites à ce sujet. On résolut dans cette
Assemblée l'établissement d'une Compagnie , et
P'on y convint en attendant des Articles suivans.
1º. Que S. M.fera cesser tout travail aux Mines
de Diamans au Brezil , sous peine de mort.
2.Que tous les Diamans à bord des Flotes qu'on
attend de la Baye de Tous les Saints et de Rio de
Janeiro , seront portez à la Monnoye.
D
3°. Qu'on choisira des Experts pour évaluer
en présence des Proprietaires , lesdits Diamans sur
le prix qu'ils pourront valoir en Europe.
4° . Que les Proprietaires éliront entre eux neuf
Directeurs , auxquels le Roy en ajoûtera unun , et que
ceux
784 MERCURE DE FRANCE
ceux qui auront la valeur de 20000. Cruzades y
auront une voix.
5. Qu'on fournira aux Proprietaires des Obli
gations pour la valeur de leurs Effets .
6°. Qu'il leur sera permis de vendre leurs Obli
gations de la maniere qu'ils jugeront la plus convenable.
7°. Que le Roy abonnera lesdites Obligations sur
leur valeur , offrant de l'argent comptant à ceux
qui en voudront.
8°. Que tous ceux qui auront des, Diamans invendus
, seront obligez de les porter à la Monnoye ,
sous peine de confiscation .
9° . Que la Compagnie aura le Privilege d'exposer
en vente une quantité de Diamans limitée et non
assez considerable pour en alterer le prix , et qu'on
publiera d'avance le tems de la vente , afin que
les
Etrangers puissent y assister ou donner leurs ordres.
10°. Que cette vente se fera à Lisbonne , au plus
offrant et dernier encherisseur.
11°. Qu'on imprimera le compte du produit de la
vente et qu'on en payera aux Porteurs d'Obligations
le provenu à proportion de leurs interêts.
12°. Que la Compagnie aura seule le Privilege
de faire traaviller aux Mines ,selon l'occurrence des
temps , en y employant seulement 5. à 600. Escla
ves , afin que ce Commerce se soutienne.
13 ° . Qu'on accordera à ladite Compagnie tous
les avantages possibles , afin de l'encourager.
14°. Que ladite Compagnie , pour indemniser le
Roy de la fermeture des Mines , payera à S. M.
10. pour cent du profit qu'elle fera.
15º . Qu'on ne vendra rien qu'après qu'on aura
placé ce qui est hors de terre , à moins qu'il n'arrive
quelque changement considerable dans les prix
des Diamans.
AVRIL. 1734. 785
On ne doute pas que le Projet cy - dessus ne
soit inis en execution immédiatement après l'arrivée
de la Flote de la Baye de Tous les Saints ,
quoique ceux qui attendent des Diamans ayent
fait offrir 15. pour cent au Roy, pour avoir la liberté
de disposer de leurs Marchandises à leur gré..
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Résumé : PORTUGAL.
Le roi du Portugal a pris des mesures pour réguler le commerce des diamants, notamment ceux du Brésil. Le 3 février précédent, il a réuni 14 experts marchands pour délibérer sur diverses propositions visant à maintenir la valeur des diamants. Les décisions incluent l'interdiction de travailler les mines de diamants au Brésil sous peine de mort, la collecte de tous les diamants à bord des flottes en provenance de la Baye de Tous les Saints et de Rio de Janeiro pour les évaluer et les monnayer, et la création d'une compagnie chargée de gérer ce commerce. Cette compagnie aura le privilège exclusif de vendre des diamants et d'exploiter les mines avec un nombre limité d'esclaves. Les propriétaires de diamants recevront des obligations pour la valeur de leurs effets, qu'ils pourront vendre à leur convenance. Le roi abondera ces obligations et offrira de l'argent comptant à ceux qui en voudront. La vente des diamants se fera à Lisbonne au plus offrant et dernier enchérisseur, avec publication préalable des dates de vente pour permettre la participation des étrangers. La compagnie devra payer 10 % de ses profits au roi pour indemniser la fermeture des mines. Le projet doit être mis en exécution immédiatement après l'arrivée de la flotte de la Baye de Tous les Saints.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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21
p. 201-203
DU NORD
Début :
Par ordre du Roi, le Comte de Brulh a fait dresser, pour être insérée dans [...]
Mots clefs :
Varsovie, Comte de Brulh, Note, Gazette de Berlin, Monnaies, Frappe, Différentes sortes, Valeur
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texteReconnaissance textuelle : DU NORD
DU NORD
DE WARSOVIE , le 22 Mars.
PAR ordre du Roi , le Comte de Brulh a fait
dreffer , pour être inférée dans les papiers publics
, une note dont voici l'extrait. « Cette
» Cour a vu avec étonnement l'article inféré dans
» la Gazette de Berlin , N° 31 , en date du 12,
» Mars , où l'on prétend démentir , comme
❤faux très-calomnieux , les avis donnés d'ici ,
au fujet des monnoies que les Juifs Ephraim
» font frapper actuellement à Leipfick.... La fa-
» çon , dont l'Auteur de cet article s'y prend
» pour éblouir le public , eft des plus fingulieres.
» Il met en queftion ce qui n'y eft pas. Au
» contraire , il paffe fous filence ce dont il s'agit.
Il protefte qu'on ne frappe point à Drefde d'au-
» tres efpeces que fous la date de 1757 , & fur
» le pied ordinaire , & qu'à Leipfick on n'a
point fabriqué de pieces de deux gros , de
» quatre gros , & d'un tiers d'écu. Les avis de
» Saxe n'ont rien dit d'oppofé à ces deux affer-
>> tions. S'ils ont nommé les différentes efpeces,
» ci-deffus mentionnées , ce n'a été qu'en com-
» paraifon avec les feules dont il s'agit , fçavoir
les pieces de huit gros , qu'il ne faut pas con-
Iv
202 MERCURE DE FRANCE:
fondre avec les tiers d'écu & avec les fimples
gros.... On a affirmé feulement , que celles qui
» fe frappoient actuellement à Leipfick , fous les
» dates de 1753 , & des trois années fuivantes ,
» avec les anciens coins extorqués , étoient debeaucoup
inférieures aux mêmes pieces que l'Entre-
» preneur Frege avoit fait battre de fon temps.
» Voilà ce que portent les avis de Saxe ; & l'arti-
» cle de Berlin , fe taifant fur ce point , en fait
» l'aveu tacite ..... Quoique l'Ecrivain Pruffien
» avance en termes généraux , que les efpeces ,
» qui fe frappent actuellement à Leipfick , font
» égales à celles de Frege , fi même elles ne les
» excédent pas en valeur intrinfeque ; il n'en eft
>> pas moins certain ( & c'eft une vérité incon-
» teftable , fondée fur une évaluation faite , dont
>> tous les monnoyeurs impartiaux peuvent at-
»
22
413
tefter l'exactitude ) que les nouveaux gros de la
» fabrique des Juffs Ephraïm à Leipfick , ne va-
» lent que fennins , & leurs nouvelles pieces
» de huit gros , que 6 gros o fennins , c'eft-à-
» dire , que les gros font de 18 écus , is gros ,
69 fennins , & les pieces de huit gros , de 18
» écus , 14 gros , 1 fennins , au marc fin d'ar-
» gent , qui n'étoit auparavant monnoyé en gros
» qu'à 15 écus , & en pieces de huit gros , qu'à
» 14 écus , 2 gros , 25, fennins , ce qui fait
ainfi , pour cent , un déchet de 19 écus , 13
gros , fenpins ', fur les gros , & de 24
écus , gros , 3 fennins , fur les pieces de
» huit gros.... On a cru devoir en avertir le public
, afin que chacun puiffe fe garantir de préjudice
: attendu que les Juifs Ephraïm réfon-
>> dant поп feulement toutes les monnoies de
Saxe , mais encore une partie de celles de
» Pruffe , le dommage , qui en réfulteroit à l'ag
MIA 1.17570 203
» venir , feroit immenfe , fi ces nouvelles efpe-
>> ces continuoient d'avoir un libre cours dans le
» commerce.... »
DE WARSOVIE , le 22 Mars.
PAR ordre du Roi , le Comte de Brulh a fait
dreffer , pour être inférée dans les papiers publics
, une note dont voici l'extrait. « Cette
» Cour a vu avec étonnement l'article inféré dans
» la Gazette de Berlin , N° 31 , en date du 12,
» Mars , où l'on prétend démentir , comme
❤faux très-calomnieux , les avis donnés d'ici ,
au fujet des monnoies que les Juifs Ephraim
» font frapper actuellement à Leipfick.... La fa-
» çon , dont l'Auteur de cet article s'y prend
» pour éblouir le public , eft des plus fingulieres.
» Il met en queftion ce qui n'y eft pas. Au
» contraire , il paffe fous filence ce dont il s'agit.
Il protefte qu'on ne frappe point à Drefde d'au-
» tres efpeces que fous la date de 1757 , & fur
» le pied ordinaire , & qu'à Leipfick on n'a
point fabriqué de pieces de deux gros , de
» quatre gros , & d'un tiers d'écu. Les avis de
» Saxe n'ont rien dit d'oppofé à ces deux affer-
>> tions. S'ils ont nommé les différentes efpeces,
» ci-deffus mentionnées , ce n'a été qu'en com-
» paraifon avec les feules dont il s'agit , fçavoir
les pieces de huit gros , qu'il ne faut pas con-
Iv
202 MERCURE DE FRANCE:
fondre avec les tiers d'écu & avec les fimples
gros.... On a affirmé feulement , que celles qui
» fe frappoient actuellement à Leipfick , fous les
» dates de 1753 , & des trois années fuivantes ,
» avec les anciens coins extorqués , étoient debeaucoup
inférieures aux mêmes pieces que l'Entre-
» preneur Frege avoit fait battre de fon temps.
» Voilà ce que portent les avis de Saxe ; & l'arti-
» cle de Berlin , fe taifant fur ce point , en fait
» l'aveu tacite ..... Quoique l'Ecrivain Pruffien
» avance en termes généraux , que les efpeces ,
» qui fe frappent actuellement à Leipfick , font
» égales à celles de Frege , fi même elles ne les
» excédent pas en valeur intrinfeque ; il n'en eft
>> pas moins certain ( & c'eft une vérité incon-
» teftable , fondée fur une évaluation faite , dont
>> tous les monnoyeurs impartiaux peuvent at-
»
22
413
tefter l'exactitude ) que les nouveaux gros de la
» fabrique des Juffs Ephraïm à Leipfick , ne va-
» lent que fennins , & leurs nouvelles pieces
» de huit gros , que 6 gros o fennins , c'eft-à-
» dire , que les gros font de 18 écus , is gros ,
69 fennins , & les pieces de huit gros , de 18
» écus , 14 gros , 1 fennins , au marc fin d'ar-
» gent , qui n'étoit auparavant monnoyé en gros
» qu'à 15 écus , & en pieces de huit gros , qu'à
» 14 écus , 2 gros , 25, fennins , ce qui fait
ainfi , pour cent , un déchet de 19 écus , 13
gros , fenpins ', fur les gros , & de 24
écus , gros , 3 fennins , fur les pieces de
» huit gros.... On a cru devoir en avertir le public
, afin que chacun puiffe fe garantir de préjudice
: attendu que les Juifs Ephraïm réfon-
>> dant поп feulement toutes les monnoies de
Saxe , mais encore une partie de celles de
» Pruffe , le dommage , qui en réfulteroit à l'ag
MIA 1.17570 203
» venir , feroit immenfe , fi ces nouvelles efpe-
>> ces continuoient d'avoir un libre cours dans le
» commerce.... »
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Résumé : DU NORD
Le 22 mars, le Comte de Brulh, par ordre du Roi, a publié une note en réponse à un article de la Gazette de Berlin. Cet article démentait les informations sur les monnaies frappées par les Juifs Ephraim à Leipzig. La Cour de Saxe exprime son étonnement face à la méthode utilisée par l'auteur de l'article pour éblouir le public, en passant sous silence les faits importants. L'article de Berlin affirme que seules les monnaies datées de 1757 sont frappées à Dresde et que Leipzig n'a pas fabriqué certaines pièces spécifiques. Les avis de Saxe mentionnent uniquement les pièces de huit gros, distinctes des tiers d'écu et des simples gros. Les avis de Saxe affirment que les pièces frappées à Leipzig entre 1753 et 1756, avec les anciens coins, sont de moindre valeur que celles frappées par l'Entrepreneur Frege. L'article de Berlin, en ne contestant pas ce point, en fait tacitement l'aveu. Bien que l'auteur prussien affirme que les nouvelles pièces de Leipzig sont égales ou supérieures à celles de Frege, il est prouvé que les nouveaux gros valent seulement 18 écus, 1 gros, 69 fennins, et les pièces de huit gros, 18 écus, 14 gros, 1 fennin, au marc fin d'argent. Cela représente un déchet de 19 écus, 13 gros, 69 fennins pour les gros, et de 24 écus, 1 gros, 3 fennins pour les pièces de huit gros. La Cour de Saxe avertit le public pour éviter des préjudices, car les Juifs Ephraim résident non seulement en Saxe mais aussi en Prusse, et le dommage serait immense si ces nouvelles pièces continuaient à circuler librement dans le commerce.
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22
p. 25
ENVOI.
Début :
Pardonnez à ces vers de trop peu de valeur ; [...]
Mots clefs :
Feu, Valeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOI.
ENVOL.
Pardonnez à ces vers de trop peu de valeur ;
( Ma Mufe à chaque pas chancelle ; ).
S'ils font dépourvus de chaleur ,
C'est d'un feu qui s'éteint la derniere étincelle.
Pardonnez à ces vers de trop peu de valeur ;
( Ma Mufe à chaque pas chancelle ; ).
S'ils font dépourvus de chaleur ,
C'est d'un feu qui s'éteint la derniere étincelle.
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23
p. 129-131
PRIX proposés par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de BESANÇON, pour l'année 1763.
Début :
L'ACADÉMIE des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de Besançon, distribuera le [...]
Mots clefs :
Prix, Académie, Médaille, Arts, Sujet, Valeur
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposés par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de BESANÇON, pour l'année 1763.
PRIX propofés par l'Académie des
Sciences , Belles - Lettres , & Arts de
BESANÇON , pour l'année 1763. ,
L'ACADÉMIE 'ACADÉMIE des Sciences , Belles-
Lettres , & Arts de Befançon , diftribuera
le 24 Août 1763 trois Prix différens.
Le premier Prix , fondé par feu M. le
Duc de Tallard , eft deſtiné pour l'Eloquence
; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de trois cens cinquante
ivres. Le Sujet du Difcours fera :
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
•
Combien les moeurs donnent de luftre
aux talens ?
Le Difcours doit être à-peu-près d'u
ne demi- heure de lecture. L'Académie
ayant réfervé le Prix de 1762 , en aura
deux de la même efpéce à diftribuer en
1763.
Le fecond Prix , également fondé par
feu M. le Duc de Tallard , eſt deſtiné
pour l'Erudition ; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de deux cens
cinquante livres . Le Sujet de la Differtation
fera :
Comment fe font établis les Comtes
héréditaires de Bourgogne ; quelle fut
d'abord leur autorité , & de quelle nature
étoit leur Domaine ?
La Differtation doit être à- peu près
de trois quarts d'heure de lecture , fans
y comprendre le chapitre de preuves ,
qui devra être placé à la fin de l'Ouvrage.
Les Auteurs qui auront à produire
des Chartres non encore imprimées ,
font priés de les tranfcrire en entier ,
pour mettre l'Académie à portée de
mieux apprécier les preuves qui en réfulteront.
Le troifiéme Prix , fondé par la V
AVRIL 1763
131
12
de Besançon , eft deftiné pour les Arts ;
il confifte en une Médaille d'or de la
valeur de deux cens livres, Le Sujet du
Mémoire fera :
Quelle eft la nature des maladies épidémiques
qui attaquent le plus fouvent
les bêtes à cornes ; quelles en font les
caufes & les fymptômes , & quels font
les moyens de les prévenir ou de les
guérir?
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms à leurs ouvrages , mais feulement
une devife ou fentence à leur choix
ils la répéteront dans un billet cacheté
dans lequel ils écriront leurs noms &
leurs adreffes . Ils enverront leurs ouvrages
francs de port , au fieur Daclin,
Imprimeur de l'Académie , avant le premier
du mois de Mai prochain.
Les ouvrages de ceux qui fe feront
connoître par eux-mêmes , ou par leurs
amis , feront exclus du concours..
Sciences , Belles - Lettres , & Arts de
BESANÇON , pour l'année 1763. ,
L'ACADÉMIE 'ACADÉMIE des Sciences , Belles-
Lettres , & Arts de Befançon , diftribuera
le 24 Août 1763 trois Prix différens.
Le premier Prix , fondé par feu M. le
Duc de Tallard , eft deſtiné pour l'Eloquence
; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de trois cens cinquante
ivres. Le Sujet du Difcours fera :
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
•
Combien les moeurs donnent de luftre
aux talens ?
Le Difcours doit être à-peu-près d'u
ne demi- heure de lecture. L'Académie
ayant réfervé le Prix de 1762 , en aura
deux de la même efpéce à diftribuer en
1763.
Le fecond Prix , également fondé par
feu M. le Duc de Tallard , eſt deſtiné
pour l'Erudition ; il confifte en une Médaille
d'or de la valeur de deux cens
cinquante livres . Le Sujet de la Differtation
fera :
Comment fe font établis les Comtes
héréditaires de Bourgogne ; quelle fut
d'abord leur autorité , & de quelle nature
étoit leur Domaine ?
La Differtation doit être à- peu près
de trois quarts d'heure de lecture , fans
y comprendre le chapitre de preuves ,
qui devra être placé à la fin de l'Ouvrage.
Les Auteurs qui auront à produire
des Chartres non encore imprimées ,
font priés de les tranfcrire en entier ,
pour mettre l'Académie à portée de
mieux apprécier les preuves qui en réfulteront.
Le troifiéme Prix , fondé par la V
AVRIL 1763
131
12
de Besançon , eft deftiné pour les Arts ;
il confifte en une Médaille d'or de la
valeur de deux cens livres, Le Sujet du
Mémoire fera :
Quelle eft la nature des maladies épidémiques
qui attaquent le plus fouvent
les bêtes à cornes ; quelles en font les
caufes & les fymptômes , & quels font
les moyens de les prévenir ou de les
guérir?
Les Auteurs ne mettront point leurs
noms à leurs ouvrages , mais feulement
une devife ou fentence à leur choix
ils la répéteront dans un billet cacheté
dans lequel ils écriront leurs noms &
leurs adreffes . Ils enverront leurs ouvrages
francs de port , au fieur Daclin,
Imprimeur de l'Académie , avant le premier
du mois de Mai prochain.
Les ouvrages de ceux qui fe feront
connoître par eux-mêmes , ou par leurs
amis , feront exclus du concours..
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Résumé : PRIX proposés par l'Académie des Sciences, Belles-Lettres, & Arts de BESANÇON, pour l'année 1763.
L'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Besançon attribuera trois prix le 24 août 1763. Le premier prix, doté d'une médaille d'or valant 350 livres, récompense l'éloquence sur le sujet 'Combien les mœurs donnent de lustre aux talents'. Le discours doit durer environ une demi-heure. Deux prix seront distribués en 1763, car celui de 1762 a été réservé. Le second prix, fondé par le Duc de Tallard et valant 250 livres, est destiné à l'érudition et porte sur les comtes héréditaires de Bourgogne, leur autorité et leur domaine. La dissertation doit durer environ trois quarts d'heure, sans compter le chapitre des preuves. Le troisième prix, doté d'une médaille d'or valant 200 livres, est destiné aux arts et traite des maladies épidémiques des bêtes à cornes, leurs causes, symptômes et moyens de prévention ou de guérison. Les œuvres doivent être soumises anonymement, accompagnées d'une devise ou sentence, avant le 1er mai 1763. Les candidatures révélées par les auteurs ou leurs amis seront exclues.
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24
p. 191-193
DECLARATION faite par l'ordre exprès du Roi, pour servir de réponse à celle qui a été remise aux Baron de Breteuil par les Ministres de Sa Majesté Impériale de toutes les Russie.
Début :
Les titres ne sont rien par eux-mêmes ; ils n'ont de réalité qu'autant qu'ils sont reconnus ; [...]
Mots clefs :
Titres, Valeur, Souverains, Puissance, Couronne, Successeur, Princesse, Impératrice Élisabeth, Comtesse, Russie, Reconnaissance, Engagement, Déclaration
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texteReconnaissance textuelle : DECLARATION faite par l'ordre exprès du Roi, pour servir de réponse à celle qui a été remise aux Baron de Breteuil par les Ministres de Sa Majesté Impériale de toutes les Russie.
DECLARATION faite par l'ordre exprès du Roi ,
pourfervir de réponſe à celle qui a été remiſe au
Baron de Breteuil par les Miniftres de Sa Majefté
Impéria e de toutes les Ruffies.
20
» Les titres ne font rien par eux- mêmes ; ils
n'ont de réalité qu'autant qu'ils font reconnus ;
& leur valeur dépend de l'idée qu'on y attache
& de l'étendue leur donnent ceux qui ont le
que
droit de les admettre , de les rejetter ou de les
limitter. Les Souverains eux - mêmes ne peuvent
pas s'attribuer des titres à leur choix ; l'aven
de leurs Sujets ne fuffit pas ; celui des autres
» Puiſſances eſt néceffaire , & chaque Couronne,
כ
192 MERCURE DE FRANCE .
libre de reconnoître ou de récufer un titre nou-
» veau , peut auſſi l'adopter avec les modifications
» & les conditions qui lui conviennent.
» En fuivant ce principe , Pierre I & ſes fucceffeurs
, jufqu'à l'impératrice Elifabeth , n'ont ja-
» mais été connus en France que fous la dénomi-
» nation de Czar. Cette Princeffe eft la premiere
de tous les Souverains de Ruffie à qui le Roi
ait accordé le titre Impérial , mais ce fut fous
» la condition expreffe que ce titre ne porteroit
aucun préjudice au cérémonial ufité entre
» les deux Cours.
39
L'Impératrice Elifabeth foufcrivit fans peine
» à cette condition , & s'en eft expliquée de la
se manière la plus précife dans la réverfale , dreffée
par fon ordre & fignée au mois de Mars 1745
par les Comtes de Beftucheff & de Woronzow.
La fille de Pierre I y témoigne toute fa fatisfaction
. Elle y reconnoît que c'eft par amitié & par
» une attention toute particuliere du Roi pour Elle,
que Sa Majeflé a condefcendu à la reconnoif
fance du titre Impérial que d'autres Puissances
lui ont déja concédé , & Elle avoue que cette com-
» plaifance du Roi lui eft tres - agréable.
و د
» Le Roi , animé des mêmes fentimens pour
» l'Impératrice Cathérine , ne fait point difficulté
s de lui accorder aujourd'hui le titre Impérial , & 33
de le reconnoître en Elle comme attaché au
30 Trône de Ruffie : mais Sa Majesté entend que
ɔ cette reconnoiſſance ſoit faite aux mêmes conditions
que fous les deux regnes précédens , &
» Elle déclare que, fi par la fuite quelqu'un des
fucceffeurs de l'Impératrice Catherine , oubliant
» cet engagement folemnel & réciproque , venoit
à former quelque prétention contraire à l'ufage
conftamment fuivi entre les deux Cours fur le
» rang
AVRIL. 1763. 193
८
» rang & la préféance , de ce moment la Couronne
de France , par une jufte réciprocité , reprendroit
fon ancien flyle , & cefferoit de don-
»ner le titre Impérial à celle de Ruffie.
כ כ
Cette déclaration tendante à prévenir tout
fujet de difficulté pour l'avenir , eft une preuve
de l'amitié du Roi pour l'Impératrice , & du defir
fincere qu'il a d'établir entre les deux Cours
une union folide & inaltérable .
Fait à Versailles le 18 Janvier 1763 .
Signé LE DUC DE PRASLIN.
pourfervir de réponſe à celle qui a été remiſe au
Baron de Breteuil par les Miniftres de Sa Majefté
Impéria e de toutes les Ruffies.
20
» Les titres ne font rien par eux- mêmes ; ils
n'ont de réalité qu'autant qu'ils font reconnus ;
& leur valeur dépend de l'idée qu'on y attache
& de l'étendue leur donnent ceux qui ont le
que
droit de les admettre , de les rejetter ou de les
limitter. Les Souverains eux - mêmes ne peuvent
pas s'attribuer des titres à leur choix ; l'aven
de leurs Sujets ne fuffit pas ; celui des autres
» Puiſſances eſt néceffaire , & chaque Couronne,
כ
192 MERCURE DE FRANCE .
libre de reconnoître ou de récufer un titre nou-
» veau , peut auſſi l'adopter avec les modifications
» & les conditions qui lui conviennent.
» En fuivant ce principe , Pierre I & ſes fucceffeurs
, jufqu'à l'impératrice Elifabeth , n'ont ja-
» mais été connus en France que fous la dénomi-
» nation de Czar. Cette Princeffe eft la premiere
de tous les Souverains de Ruffie à qui le Roi
ait accordé le titre Impérial , mais ce fut fous
» la condition expreffe que ce titre ne porteroit
aucun préjudice au cérémonial ufité entre
» les deux Cours.
39
L'Impératrice Elifabeth foufcrivit fans peine
» à cette condition , & s'en eft expliquée de la
se manière la plus précife dans la réverfale , dreffée
par fon ordre & fignée au mois de Mars 1745
par les Comtes de Beftucheff & de Woronzow.
La fille de Pierre I y témoigne toute fa fatisfaction
. Elle y reconnoît que c'eft par amitié & par
» une attention toute particuliere du Roi pour Elle,
que Sa Majeflé a condefcendu à la reconnoif
fance du titre Impérial que d'autres Puissances
lui ont déja concédé , & Elle avoue que cette com-
» plaifance du Roi lui eft tres - agréable.
و د
» Le Roi , animé des mêmes fentimens pour
» l'Impératrice Cathérine , ne fait point difficulté
s de lui accorder aujourd'hui le titre Impérial , & 33
de le reconnoître en Elle comme attaché au
30 Trône de Ruffie : mais Sa Majesté entend que
ɔ cette reconnoiſſance ſoit faite aux mêmes conditions
que fous les deux regnes précédens , &
» Elle déclare que, fi par la fuite quelqu'un des
fucceffeurs de l'Impératrice Catherine , oubliant
» cet engagement folemnel & réciproque , venoit
à former quelque prétention contraire à l'ufage
conftamment fuivi entre les deux Cours fur le
» rang
AVRIL. 1763. 193
८
» rang & la préféance , de ce moment la Couronne
de France , par une jufte réciprocité , reprendroit
fon ancien flyle , & cefferoit de don-
»ner le titre Impérial à celle de Ruffie.
כ כ
Cette déclaration tendante à prévenir tout
fujet de difficulté pour l'avenir , eft une preuve
de l'amitié du Roi pour l'Impératrice , & du defir
fincere qu'il a d'établir entre les deux Cours
une union folide & inaltérable .
Fait à Versailles le 18 Janvier 1763 .
Signé LE DUC DE PRASLIN.
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Résumé : DECLARATION faite par l'ordre exprès du Roi, pour servir de réponse à celle qui a été remise aux Baron de Breteuil par les Ministres de Sa Majesté Impériale de toutes les Russie.
Le document est une déclaration royale française datée du 18 janvier 1763, adressée à l'impératrice Élisabeth de Russie. Elle stipule que les titres souverains n'ont de valeur que s'ils sont reconnus par d'autres puissances. Les souverains ne peuvent s'attribuer des titres sans l'aval des autres cours. En France, les souverains russes étaient connus sous le titre de Czar jusqu'à Élisabeth, qui a reçu le titre impérial sous condition de ne pas modifier le cérémonial entre les deux cours. Élisabeth a accepté cette condition en mars 1745. Le roi de France accorde également le titre impérial à l'impératrice Catherine II, mais sous les mêmes conditions. La déclaration précise que si un successeur de Catherine II conteste ces conditions, la France cessera de reconnaître le titre impérial. Cette déclaration vise à prévenir tout conflit futur et témoigne de l'amitié et du désir d'une union solide entre les deux cours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
25
p. 15-24
RÉFLEXIONS SUR HENRI IV. NIL ACTUM REPUTANS SI QUID SUPERESSET AGENDUM. Lucain.
Début :
QUAND on considére ce Prince, sa grandeur, ses exploits, sa valeur, ses [...]
Mots clefs :
Vertus, Valeur, Talents, Guerre, Armée, Combattre, Ligue, Victoire
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texteReconnaissance textuelle : RÉFLEXIONS SUR HENRI IV. NIL ACTUM REPUTANS SI QUID SUPERESSET AGENDUM. Lucain.
RÉFLEXIONS SUR HENRI IV.
NIL ACTUM REPUTANS SI QUID
SUPERESSET AGENDUM. Lucain.
Q UAND on confidére ce Prince ,
fa grandeur , fes exploits , fa valeur , fes
lumières , fa douceur , fa bonté , fes
talens pour le gouvernement , ſon affabilité
, fa clémence ; quand on penſe
qu'avec de fi foibles moyens , il a conquis
à la pointe de fon épée un Royaume
tel que la France , qu'il a eu à combattre
à la fois , la Ligue , l'Espagne &
Les foudres du Vatican ; qu'il a eu à
}
16 MERCURE DE FRANCE.
furmonter mille obftacles dont le moindre
fuffifoit pour faire échouer un grand
homme ; que dans tout le cours de fon
régne , il n'a fongé qu'à faire le bonheur
de fes Sujets ; on eft tenté de lui rendre
les honneurs divins : au moins eft- il certain
qu'Augufte , Titus , & peut-être
Trajan même les méritoient bien moins
que lui.
Au fortir de l'enfance , il fit fon apprentiffage
dans l'art de la guerre fous
le fameux Amiral de Coligny ; ce fut à
cette école qu'il apprit à fuppléer au
nombre par l'avantage du terrein , à faire
fubfifter une armée dans un pays ruiné,
à modérer cette impétuofité naturelle au
François , & dont les fuites fouvent ont
été fi funeftes ; à n'engager une affaire
qu'à propos , à fçavoir l'éviter quand il
le falloit , à profiter de la victoire , & à
fe ménager des reffources dans le malheur
, à maintenir la difcipline en confervant
l'affection du Soldat ; ce fut en
un mot à cette école qu'il devint le premier
Général de fon fiécle .
Suivons ce Prince dont toutes les démarches
intéreffent ; voyons-le à Courtras
à la tête d'une armée bien moins
nombreufe que celle de fon ennemi ,
mais compofée de vieux Soldats aguésJUILLET.
1763 .
ris couverts de bleffures , exercés par
vingt ans de combats , accoutumés à
braver la faim , la foif, & l'intempérie
des climats ; tels étoient ces vieux Légionnaires
que Céfar menoit combattre
Pompée ; tels étoient encore ces braves
Macédoniens qui fous Alexandre firent
la conquête du Monde. Le Duc de
Joyenfe n'avoità lui oppofer qu'unejeune
Nobleffe pleine à la vérité de fentimens,
& de courage , mais prefomptueufe &
efféminée , ne prenant d'ordre que du
caprice , & d'un courage aveugle qui
lui faifoit plutôt affronter la mort que
marcher à la victoire . Auffi arriva- til
ce qui naturellement devoit arriver ;
les Légionnaires de Céfar l'emporterent
fur la Nobleffe Romaine ; la victoire
fut complette ; le Duc de Joyeuse
& fon frère furent au nombre des morts.
Après l'affaire de Coutras , il fe ligue
avec ce même Henri III. qu'il venoit
d'humilier , & qui imploroit fon fecours;
il en devient le plus ferme appui . Son
bras feul foutien un Thrône ébranlé par
tant de fecouffes ; il méne le Roidevant
les remparts de Paris. Il alloit lui faire
ouvrir les portes de fa Capitale , lorfque
l'accident funefte qui enleva Henri III.
changea totalement la face des chofes .
18 MERCURE DE FRANCE.
Il hérite par cette mort d'un Royaume
puiffant à la vérité , mais dechiré par
mille factions différentes qui ne s'accor
doient qu'en ce qu'elles ne vouloient
pas le reconnoître ; détefté des Ligueurs ,
mal fervi par les Royaliftes qui ne lui
donnerent que fix mois pour faire abjuration
, fufpect aux Huguenots même.
jamais fituation ne fut plus critique , ni
plus embarraffante que la fienne. Comment
débrouiller ce cahos ? Comment
appaiferles murmures , prévenir les complots
, étouffer les confpirations , ménager
les Catholiques fans fe rendre fufpect
aux Proteftans ? La moindre fauffe
démarche lui faifoit perdre & les uns &
les autres . Que de refus n'effuyat-il pas
du Surintendant le plus prodigue , le
plus prodigue , & le plus diffipateur des
hommes ! D'O faifcit une dépenfe énorme
,
tandis que
le Roi manquoit du
néceffaire ; la table du Surintendant étoit
fervie avec prcfufion , & le Roi portoit
un pourpoint déchiré. Sa douceur , fon
habileté , fa rare valeur , ce courage d'ef
prit que rien n'étonne ,& furtout l'abjuration
du Calviniſme faite à -propos , lui
ramenèrent les efprits , lui gagnerent les
coeurs , & l'éleverent enfin fur unThrône
dont il étoit fi digne.
JUILLET. 1763 .
Tremporta fur le Duc de Mayenne
un avantage confidérable à Arques ,
quoiqu'il n'eût guères plus de trois mille
hommes à oppofer à dix -huit mille ; il
le défit encore à Iviy , & ayant à peine
neuf mille hommes contre plus de trente
mille. Rappellons- nous ces mots fi
dignes d'être cités, & retenus : » Si vous
perdez vosEnfeignes, ralliez-vous à mon
Pannache blanc : vous le trouverez tou-
»jours au chemin de l'honneur & de la
gloire.
-
A
Quels prodiges de valeur ne fit - il pas
dans cette fameufe journée ? Il chargea
plufieurs fois à la tête de fon efcadron ,
& l'Ecuyer du Comte d'Egmont fut
tué de fa main. Lorfque l'affaire fut
· décidée , il couroit de tous côtés criant
au Soldat » Mes amis , épargnons le
fang François.
Le Duc de Mayenne fut vaincu malgré
la fupériorité du nombre , & cela
ne doit point étonner , fi l'on fait at
tention que ce Duc étoit plus longtems
à table qu'Henri IV. au lit. L'activité eft
fans contredit la premiere qualité du Général
; l'expérience d'ailleurs a fouvent
fait voir que la force d'une armée eft
moins dans le nombre , que dans la capacité
de celui qui la commande. Cefar
20 MERCURE DE FRANCE .
fut toujours inférieur à l'ennemi , les
Soldats de Pompée valoient bien les
fiens , mais Pompée ne valoit pas Céfar.
Après l'extinction de la Ligue & la
paix de Vervins , Henri IV. ne s'occupa
que du bonheur de fes Sujets , les
impôts furent diminués , l'ordre rétabli
dans les finances par les foins & les
lumières du Duc de Sully , grand hom
me d'Etat , grand homme de guerre ,
d'une vertu rigide qui facrifioit tout au
devoir & à la gloire de fon Maître .
Quelques années de paix avoient élevé
le Royaume à ce haut point de
grandeur & de gloire qui l'a mis de
tout temps au-deffus de tous les Etats
de l'Europe. Henri IV. voyoit la Couronne
fixée dans fa Maifon par la naiffance
de deux Princes qu'il avoit eus
de Marie de Médicis ; vingt millions
étoient déposés dans les caves de la Baftille
; une armée de cinquante mille
hommes étoit raffemblée fur les frontières
de l'Allemagne ; il alloit partir pour
en prendre le commandement ; le jour
même étoit déja fixé. On ignoroit fes
deffeins ; mais tout le monde fçavoit
les juftes fujets de plainte qu'il avoit
contre la Maifon d'Autriche : elle lui
retenoit le Royaume de Navarre ; & que
JUILLET. 1763.
n'avoit elle point fait pour lui ravir le
Trône fur lequel fa naiffance & fes vertus
lui donnoient de fi juftes prétentions
! La formidable puiffance de cette
Maiſon , la vafte étendue de fes Etats ,
les richeffes immenfes qu'elle tiroit du
nouveau Monde allarmoient l'Europe ;
tous les yeux fe tournoient fur Henri.
On le regardoit comme le feul Prince
en état d'abattre ce Coloffe , & l'on ne
doutoit pas que fes grands préparatifs ne
fuffent deſtinés à cet objet... Pouvoiton
prévoir que le meilleur des Rois , le
Père de fes Peuples , feroit affaffiné dans
fa capitale , au milieu de fes Courtisans
par un de fes Sujets ? Ciel ! gardonsnous
d'approfondir tes jugemens . Mais
c'eft Céfar , c'eft Henri IV. qui périffent
par la main de ceux que
leurs bienfaits
auroient dû défarmer , tandis que
Sylla, Philippe II. & l'odieux Cromwell
meurent tranquilles dans leurs lits !
On trouve plus d'une reffemblance
entre Henri IV. & Céfar. L'un & l'autre
ne fongerent qu'au bonheur de leurs
Sujets ; la clémence , la douceur , l'humanité
, la valeur , l'oubli des injures
furent leurs principales vertus ; tous
deux par la force des armes parvinrent
à la fuprême domination avec cette
22 MERCURE DE FRANCE .
différence qu'Henri IV. ne combattoir
que pour un bien qui lui appartenoit
& que Céfar ufurpcit celui d'autrui .
Tous deux fobres , tous deux vigilans ,
tous deux actifs , tous deux fçavans dans
l'art de régner , tous deux fçavans dans
celui de combattre ; le Romain fit peutêtre
de plus grandes chofes , mais le
François en fit de plus belles . Nés l'un
& l'autre avec un tempérament qui les
portoit à l'amour , Cefar fit toujours
céder ce penchant à fa paffion dominante
, l'ambition ; Henri IV. en fut
fouvent l'efclave . L'un fe fit de l'amour
un amuſement qui rempliffoit les intervalles
que lui donnoient fes grandes affaires
; l'autre en fit trop fouvent fon
Occupation unique , & c'eft peut - être
la feule tache qu'on puiffe reprocher à
fa mémoire. Cefar donnoit à pleines
mains l'argent qu'il devoit à fes extorfions.
Henri IV. oeconomifoit fur fes revenus
pour ne point véxer fes Peuples
dans les cas d'une dépenfe extraordinaire.
Tous deux crurent ne pouvoirvivre
tranquilles qu'en négligeant les
précautions que prennent les Tyrans
pour la confervation de leurs jours ; l'un
difoit que la mort la plus prompte & la
moins prévue eft la plus defirable , l'au
JUILLET. 1763. 23
2
tre qu'il vaut mieux mourir une fois
que de vivre dans des tranfes continuelles
perfuadés d'ailleurs de cette vérité
que toutes les précautions poffibles ne
peuvent retarder l'inftant où nous devons
périr. Céfar facrifia tout au defir
de s'agrandir ; on regrette que tant de
talens , tant de vertus , tant de grandes
qualités n'ayent fervi qu'à la deftruction
de fon Pays ; Henri IV n'envisagea jamais
que la gloire & le bonheur de la
France : ce fut le feul mobile des belles
actions qui le mettent à côté de Titus
& de Trajan : donc il l'emporte fur Céfar.
Si celui-ci a pris plus de villes , gagna
plus de batailles , celui-là acquit
plus de vraie gloire en rendant fes Peuples
heureux après les avoir délivrés des
Tyrans qui les opprimcient ; il joignit
aux talens de l'homme de guerre , les
vertus civiles & morales qui manquoient
à Céfar. Ils furent tous deux ambitieux ;
mais l'ambition de Céfar fut un crime
& celle d'Henri IV une vertu . En un
mot , l'un malgré fes grandes qualités
fut le fléau de l'humanité ; l'autre en
fut le père. Ils périrent tous deux du
même genre de mort & dans les mêmes
circonftances ; l'un alloit faire la
guerre
aux Parthes , l'autre aux Autrichiens.
24 MERCURE DE FRANCE
on ne peut voir fans verfer des larmes
à quel'excès d'aveuglement
& de rage ,
l'amour de la liberté d'un côté , le fanatifme
de l'autre poufferent des monftres
dont le nom feul fait frémir d'horreur
. Pour achever le parallèle , je dirai
que Céfar fut le plus grand des hom-
Henri IV le meilleur des Rois.
L'un eut plus de talens , l'autre plus de
mes ,
vertus.
Par M. de MONTAGNAC , ancien Capitaine
d'Infanterie.
NIL ACTUM REPUTANS SI QUID
SUPERESSET AGENDUM. Lucain.
Q UAND on confidére ce Prince ,
fa grandeur , fes exploits , fa valeur , fes
lumières , fa douceur , fa bonté , fes
talens pour le gouvernement , ſon affabilité
, fa clémence ; quand on penſe
qu'avec de fi foibles moyens , il a conquis
à la pointe de fon épée un Royaume
tel que la France , qu'il a eu à combattre
à la fois , la Ligue , l'Espagne &
Les foudres du Vatican ; qu'il a eu à
}
16 MERCURE DE FRANCE.
furmonter mille obftacles dont le moindre
fuffifoit pour faire échouer un grand
homme ; que dans tout le cours de fon
régne , il n'a fongé qu'à faire le bonheur
de fes Sujets ; on eft tenté de lui rendre
les honneurs divins : au moins eft- il certain
qu'Augufte , Titus , & peut-être
Trajan même les méritoient bien moins
que lui.
Au fortir de l'enfance , il fit fon apprentiffage
dans l'art de la guerre fous
le fameux Amiral de Coligny ; ce fut à
cette école qu'il apprit à fuppléer au
nombre par l'avantage du terrein , à faire
fubfifter une armée dans un pays ruiné,
à modérer cette impétuofité naturelle au
François , & dont les fuites fouvent ont
été fi funeftes ; à n'engager une affaire
qu'à propos , à fçavoir l'éviter quand il
le falloit , à profiter de la victoire , & à
fe ménager des reffources dans le malheur
, à maintenir la difcipline en confervant
l'affection du Soldat ; ce fut en
un mot à cette école qu'il devint le premier
Général de fon fiécle .
Suivons ce Prince dont toutes les démarches
intéreffent ; voyons-le à Courtras
à la tête d'une armée bien moins
nombreufe que celle de fon ennemi ,
mais compofée de vieux Soldats aguésJUILLET.
1763 .
ris couverts de bleffures , exercés par
vingt ans de combats , accoutumés à
braver la faim , la foif, & l'intempérie
des climats ; tels étoient ces vieux Légionnaires
que Céfar menoit combattre
Pompée ; tels étoient encore ces braves
Macédoniens qui fous Alexandre firent
la conquête du Monde. Le Duc de
Joyenfe n'avoità lui oppofer qu'unejeune
Nobleffe pleine à la vérité de fentimens,
& de courage , mais prefomptueufe &
efféminée , ne prenant d'ordre que du
caprice , & d'un courage aveugle qui
lui faifoit plutôt affronter la mort que
marcher à la victoire . Auffi arriva- til
ce qui naturellement devoit arriver ;
les Légionnaires de Céfar l'emporterent
fur la Nobleffe Romaine ; la victoire
fut complette ; le Duc de Joyeuse
& fon frère furent au nombre des morts.
Après l'affaire de Coutras , il fe ligue
avec ce même Henri III. qu'il venoit
d'humilier , & qui imploroit fon fecours;
il en devient le plus ferme appui . Son
bras feul foutien un Thrône ébranlé par
tant de fecouffes ; il méne le Roidevant
les remparts de Paris. Il alloit lui faire
ouvrir les portes de fa Capitale , lorfque
l'accident funefte qui enleva Henri III.
changea totalement la face des chofes .
18 MERCURE DE FRANCE.
Il hérite par cette mort d'un Royaume
puiffant à la vérité , mais dechiré par
mille factions différentes qui ne s'accor
doient qu'en ce qu'elles ne vouloient
pas le reconnoître ; détefté des Ligueurs ,
mal fervi par les Royaliftes qui ne lui
donnerent que fix mois pour faire abjuration
, fufpect aux Huguenots même.
jamais fituation ne fut plus critique , ni
plus embarraffante que la fienne. Comment
débrouiller ce cahos ? Comment
appaiferles murmures , prévenir les complots
, étouffer les confpirations , ménager
les Catholiques fans fe rendre fufpect
aux Proteftans ? La moindre fauffe
démarche lui faifoit perdre & les uns &
les autres . Que de refus n'effuyat-il pas
du Surintendant le plus prodigue , le
plus prodigue , & le plus diffipateur des
hommes ! D'O faifcit une dépenfe énorme
,
tandis que
le Roi manquoit du
néceffaire ; la table du Surintendant étoit
fervie avec prcfufion , & le Roi portoit
un pourpoint déchiré. Sa douceur , fon
habileté , fa rare valeur , ce courage d'ef
prit que rien n'étonne ,& furtout l'abjuration
du Calviniſme faite à -propos , lui
ramenèrent les efprits , lui gagnerent les
coeurs , & l'éleverent enfin fur unThrône
dont il étoit fi digne.
JUILLET. 1763 .
Tremporta fur le Duc de Mayenne
un avantage confidérable à Arques ,
quoiqu'il n'eût guères plus de trois mille
hommes à oppofer à dix -huit mille ; il
le défit encore à Iviy , & ayant à peine
neuf mille hommes contre plus de trente
mille. Rappellons- nous ces mots fi
dignes d'être cités, & retenus : » Si vous
perdez vosEnfeignes, ralliez-vous à mon
Pannache blanc : vous le trouverez tou-
»jours au chemin de l'honneur & de la
gloire.
-
A
Quels prodiges de valeur ne fit - il pas
dans cette fameufe journée ? Il chargea
plufieurs fois à la tête de fon efcadron ,
& l'Ecuyer du Comte d'Egmont fut
tué de fa main. Lorfque l'affaire fut
· décidée , il couroit de tous côtés criant
au Soldat » Mes amis , épargnons le
fang François.
Le Duc de Mayenne fut vaincu malgré
la fupériorité du nombre , & cela
ne doit point étonner , fi l'on fait at
tention que ce Duc étoit plus longtems
à table qu'Henri IV. au lit. L'activité eft
fans contredit la premiere qualité du Général
; l'expérience d'ailleurs a fouvent
fait voir que la force d'une armée eft
moins dans le nombre , que dans la capacité
de celui qui la commande. Cefar
20 MERCURE DE FRANCE .
fut toujours inférieur à l'ennemi , les
Soldats de Pompée valoient bien les
fiens , mais Pompée ne valoit pas Céfar.
Après l'extinction de la Ligue & la
paix de Vervins , Henri IV. ne s'occupa
que du bonheur de fes Sujets , les
impôts furent diminués , l'ordre rétabli
dans les finances par les foins & les
lumières du Duc de Sully , grand hom
me d'Etat , grand homme de guerre ,
d'une vertu rigide qui facrifioit tout au
devoir & à la gloire de fon Maître .
Quelques années de paix avoient élevé
le Royaume à ce haut point de
grandeur & de gloire qui l'a mis de
tout temps au-deffus de tous les Etats
de l'Europe. Henri IV. voyoit la Couronne
fixée dans fa Maifon par la naiffance
de deux Princes qu'il avoit eus
de Marie de Médicis ; vingt millions
étoient déposés dans les caves de la Baftille
; une armée de cinquante mille
hommes étoit raffemblée fur les frontières
de l'Allemagne ; il alloit partir pour
en prendre le commandement ; le jour
même étoit déja fixé. On ignoroit fes
deffeins ; mais tout le monde fçavoit
les juftes fujets de plainte qu'il avoit
contre la Maifon d'Autriche : elle lui
retenoit le Royaume de Navarre ; & que
JUILLET. 1763.
n'avoit elle point fait pour lui ravir le
Trône fur lequel fa naiffance & fes vertus
lui donnoient de fi juftes prétentions
! La formidable puiffance de cette
Maiſon , la vafte étendue de fes Etats ,
les richeffes immenfes qu'elle tiroit du
nouveau Monde allarmoient l'Europe ;
tous les yeux fe tournoient fur Henri.
On le regardoit comme le feul Prince
en état d'abattre ce Coloffe , & l'on ne
doutoit pas que fes grands préparatifs ne
fuffent deſtinés à cet objet... Pouvoiton
prévoir que le meilleur des Rois , le
Père de fes Peuples , feroit affaffiné dans
fa capitale , au milieu de fes Courtisans
par un de fes Sujets ? Ciel ! gardonsnous
d'approfondir tes jugemens . Mais
c'eft Céfar , c'eft Henri IV. qui périffent
par la main de ceux que
leurs bienfaits
auroient dû défarmer , tandis que
Sylla, Philippe II. & l'odieux Cromwell
meurent tranquilles dans leurs lits !
On trouve plus d'une reffemblance
entre Henri IV. & Céfar. L'un & l'autre
ne fongerent qu'au bonheur de leurs
Sujets ; la clémence , la douceur , l'humanité
, la valeur , l'oubli des injures
furent leurs principales vertus ; tous
deux par la force des armes parvinrent
à la fuprême domination avec cette
22 MERCURE DE FRANCE .
différence qu'Henri IV. ne combattoir
que pour un bien qui lui appartenoit
& que Céfar ufurpcit celui d'autrui .
Tous deux fobres , tous deux vigilans ,
tous deux actifs , tous deux fçavans dans
l'art de régner , tous deux fçavans dans
celui de combattre ; le Romain fit peutêtre
de plus grandes chofes , mais le
François en fit de plus belles . Nés l'un
& l'autre avec un tempérament qui les
portoit à l'amour , Cefar fit toujours
céder ce penchant à fa paffion dominante
, l'ambition ; Henri IV. en fut
fouvent l'efclave . L'un fe fit de l'amour
un amuſement qui rempliffoit les intervalles
que lui donnoient fes grandes affaires
; l'autre en fit trop fouvent fon
Occupation unique , & c'eft peut - être
la feule tache qu'on puiffe reprocher à
fa mémoire. Cefar donnoit à pleines
mains l'argent qu'il devoit à fes extorfions.
Henri IV. oeconomifoit fur fes revenus
pour ne point véxer fes Peuples
dans les cas d'une dépenfe extraordinaire.
Tous deux crurent ne pouvoirvivre
tranquilles qu'en négligeant les
précautions que prennent les Tyrans
pour la confervation de leurs jours ; l'un
difoit que la mort la plus prompte & la
moins prévue eft la plus defirable , l'au
JUILLET. 1763. 23
2
tre qu'il vaut mieux mourir une fois
que de vivre dans des tranfes continuelles
perfuadés d'ailleurs de cette vérité
que toutes les précautions poffibles ne
peuvent retarder l'inftant où nous devons
périr. Céfar facrifia tout au defir
de s'agrandir ; on regrette que tant de
talens , tant de vertus , tant de grandes
qualités n'ayent fervi qu'à la deftruction
de fon Pays ; Henri IV n'envisagea jamais
que la gloire & le bonheur de la
France : ce fut le feul mobile des belles
actions qui le mettent à côté de Titus
& de Trajan : donc il l'emporte fur Céfar.
Si celui-ci a pris plus de villes , gagna
plus de batailles , celui-là acquit
plus de vraie gloire en rendant fes Peuples
heureux après les avoir délivrés des
Tyrans qui les opprimcient ; il joignit
aux talens de l'homme de guerre , les
vertus civiles & morales qui manquoient
à Céfar. Ils furent tous deux ambitieux ;
mais l'ambition de Céfar fut un crime
& celle d'Henri IV une vertu . En un
mot , l'un malgré fes grandes qualités
fut le fléau de l'humanité ; l'autre en
fut le père. Ils périrent tous deux du
même genre de mort & dans les mêmes
circonftances ; l'un alloit faire la
guerre
aux Parthes , l'autre aux Autrichiens.
24 MERCURE DE FRANCE
on ne peut voir fans verfer des larmes
à quel'excès d'aveuglement
& de rage ,
l'amour de la liberté d'un côté , le fanatifme
de l'autre poufferent des monftres
dont le nom feul fait frémir d'horreur
. Pour achever le parallèle , je dirai
que Céfar fut le plus grand des hom-
Henri IV le meilleur des Rois.
L'un eut plus de talens , l'autre plus de
mes ,
vertus.
Par M. de MONTAGNAC , ancien Capitaine
d'Infanterie.
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Résumé : RÉFLEXIONS SUR HENRI IV. NIL ACTUM REPUTANS SI QUID SUPERESSET AGENDUM. Lucain.
Le texte 'RÉFLEXIONS SUR HENRI IV' souligne les qualités et réalisations exceptionnelles du roi Henri IV. Négligeant les obstacles, Henri IV a conquis la France grâce à sa grandeur, sa valeur, ses lumières, sa douceur, sa bonté et ses talents pour le gouvernement. Il a combattu la Ligue, l'Espagne et le Vatican avec des moyens limités. Formé par l'amiral de Coligny, il est devenu un grand général, capable de surmonter divers défis et de maintenir la discipline et l'affection de ses soldats. Henri IV a remporté des victoires significatives, comme à Coutras, Arques et Ivry, grâce à sa stratégie et son leadership. Après la mort d'Henri III, il a hérité d'un royaume divisé et a su regagner la confiance de ses sujets, naviguant entre les factions catholiques et protestantes. La paix de Vervins lui a permis de se concentrer sur le bonheur de ses sujets, réduisant les impôts et rétablissant l'ordre financier avec l'aide du duc de Sully. La France a connu une période de grandeur et de gloire sous son règne. Henri IV a assuré la stabilité de sa dynastie avec la naissance de deux princes et accumulé des ressources financières et militaires. Il se préparait à combattre la Maison d'Autriche lorsqu'il fut assassiné à Paris. Le texte compare Henri IV à Jules César, soulignant leurs similitudes en termes de clémence, douceur et humanité, mais note que Henri IV agissait pour le bien de la France, contrairement à César. Henri IV est présenté comme un dirigeant bénéfique pour ses peuples, comparable à des empereurs comme Titus et Trajan. Le texte conclut en réfléchissant sur l'aveuglement et la rage ayant conduit à cet acte tragique.
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p. 191-192
De COPPENHAGUE, le 3 Décembre 1763.
Début :
Le Président Ogier, Ambassadeur de France en cette Cour, remit, le 20 du mois [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Majesté très chrétienne, Épée d'or, Capitaine, Service, Distinction, Valeur
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texteReconnaissance textuelle : De COPPENHAGUE, le 3 Décembre 1763.
De COPPENHAGUE , le 3 Décembre 1763 .
Le Préfident Ogier , Ambaffadeur de France.
en cette Cour , remit , le 20 du mois dernier ,
au nom de Sa Majefté Très- Chrétienne , une
épée d'or au fieur Laub , Capitaine- Lieutenant
de la Marine Danoife , lequel a fervi avec diftination
pendant la derniere guerre dans la Marine
de France . Des fept Officiers Danois qui ont
été admis à fervir conjointement avec les Offi192
MERCURE DE FRANCE .
ciers François , le fieur Laub eft le quatrième qui
air reçu des marques diftinguées de la bienveillance
de Sa Majesté Très- Chrétienne ; deux autres
ont été tués en combattant avec vvaleur fur
les Vailleaux François , & un troifiéme eft mort
ici peu de temps après fon retour en cette Ca- cette Capitale.
Le Préfident Ogier , Ambaffadeur de France.
en cette Cour , remit , le 20 du mois dernier ,
au nom de Sa Majefté Très- Chrétienne , une
épée d'or au fieur Laub , Capitaine- Lieutenant
de la Marine Danoife , lequel a fervi avec diftination
pendant la derniere guerre dans la Marine
de France . Des fept Officiers Danois qui ont
été admis à fervir conjointement avec les Offi192
MERCURE DE FRANCE .
ciers François , le fieur Laub eft le quatrième qui
air reçu des marques diftinguées de la bienveillance
de Sa Majesté Très- Chrétienne ; deux autres
ont été tués en combattant avec vvaleur fur
les Vailleaux François , & un troifiéme eft mort
ici peu de temps après fon retour en cette Ca- cette Capitale.
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Résumé : De COPPENHAGUE, le 3 Décembre 1763.
Le 3 décembre 1763, à Copenhague, l'ambassadeur de France Ogier remit une épée d'or au capitaine danois Laub pour ses services distingués dans la Marine française. Sept officiers danois avaient servi avec les Français, deux étaient morts au combat, et un autre après son retour.
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