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1
p. 42-59
MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Début :
Louis Joseph Duc de Vendosme, Pair de France, Prince de [...]
Mots clefs :
Duc de Vendôme, Mort, Général, Apprentissage, Armée, Commandement, Espagne, Roi, Siège, Campagne, Combat, Valeur, Victoire, Héros
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texteReconnaissance textuelle : MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Ona différé l'article de
la mort de Monsieur de Vendosme jtifcytes à ce mois
- cy
pour avoir les memoires fui..
vantsy ileustfallu le differer
trop long-temps pourrecevoirle
détail de toutes les belles agitons
qu'il a
faites.
MONSIEUR LE DUC
de Vendosme lLOU[S joseph Duc de
Vendosme,Pair de France,
Prince de Martigues,Chevalier des Ordres du Roy,
Grand Senechal & Gouverneur de la Provence,
General des Galeres, mourutàVinaros leII. dumois
de juin,âgé de cinquante
huitans, petit fils du plus
grand Roy qui ait veseu
avant Louis le Grand ,dû_'
quel il estoitune image
vivante par le trait de son
visage
,
plus encore par
ceux de son ameIl donna dès son enfance des marques de ses raresqualitez
,
qui dans les
Princes font au dessusdes
qualitez heroïques, deson
humanité affable, généreux, compatissant donnanttout &c.
Il s'appliqua dès sa plus
tendre jeunesse à ce grand
m'estier dont il s'est servy
depuis plusieurs fois si uti-
lement pourrestablir les
affaires dans tous les lieux
où il a
esté appelle.
Dés l'âge de dix-sept
ans, il fut à la teste d'un.
Regiment d'Infanterie,&
il servit avec la mesme assiduitéque s'il avoitesperé
delà sa fortune.
Il fit son chemin avec la
mesme lenteur d'un particulier, & passa par tousles
dégrez, ce qui le rendit un
si grand General.
Il fit son apprentissage
fous Monsieur de Turenne
,
qui à cet âge
-
là luy
donnoit mille marques de
saconfiance.
Il repoussales ennemis
ayant son seulRégiment,
au combat d'Althenem où
il fut grievement blessé.
Après la mort de Monsieur de Turenne, il eut
pour Maistre Monsieur le
Mareschal de Crequy
,
&
fit voir dans toutes forte4
d'occasions combien il avoitprofité des leçons de
ces deux grands Généraux.
Tous les temps de paix
ont esté signaléc par ses
magnificencesdans sa belle Maison d'Anet, où il
donnoit presque tous les
ans des sestes à Monseigneur le Dauphin qui l'honoroit d'une tendre ami-
"hé qui n'aefté ignorée de
perfonneJamais le Roy n'adonné
à personne de sa Cour
,
de si grandes marques de
sa confiance; & Sa Majesté le fie bien paroistre
par laLettre qu'Elle luy
fit l'honneur de luy escrire en rassemblant sur sa
telle le Generalat des Ga-
leresau Gouvernement de
Provence.
Il faudrait une histoire
commecelle de Mezerec, sil'onvouloirraconter toutes les astions particulières
qu'il afaites avant de commander en chef, en Allemagne fousMonseigneur,
& fous Messieurs les Mareschaux de Duras & de
Lorge; en Flandres fous
Monsieur de Luxemborg,
où toute l'armée vit avec
plaisir que le gain du combat de Steinkerque fut deu
à un avis qu'il avoit donné.
<
A la Marfaille Monsieur
le Mareschal de Catinat
publia que c'estoit Monsieur de Vendosme qui s'estoit avisé la veille de mettre la droite à la gauche,
&la gauche à la droite,
afin d'opposer par la la
Gendarmerie aux Cuirassiers de l'Empereur
,
& il
chargea le lendemain, &
fit des actions surprenantes à la teste de cette Gendarmerie.
Les commandements
dans la Vallée de BarceJonnette
,
à Nice, ôc en
Provence suffiroient pour faire l'éloge d'un autre,
mais voyonsle comman- der en chef.
Le Roy luy donne le
commandement de l'armée de Catalogne, il y
arrive, trouve nostre armée decouragée, nos Grenadiers tremblanrs devant
les Miquelets; son arrivée
restablit tout
,
&¡;en une
campagne;il fait lever le
siege de plusieurs places,
Palamos
,
Ostallery, Calcet- soüilles, &c.
Il bat un gros corps de
Cavalerie, commande par
le Prince d'Armée, & se
seroit mis en estac de faire
le siege de Barcelonne dès
cette campagne, si la Cour
n'avoit trouve à propos de
differer à la suivante.
Quelfut ce siege de Barcelonne! Une grandeVille
qui ne peut estre investiè
,
défendue par une garnison
au dedans qui estoit aussi
forte qu'unearmée, & et
tant assiege tuy.
-
mesme
au dehors par une armée
aussi forte que la sienne,
commandée par le Vice-
roy
,
il commence par le
battre, & le mettre entièrement en deroute; & aprés
cinquante deux jours de
tranchéeouverte
,
il se
rend maître de cette place.
Tout le monde se souvient
encore des aétions furprenances qui se passerent à ce
siege ; & c'est bien dommage que la paresse de
Monsieur Capiftron Tait
empefehéde lesescrire La
< prisede cette Ville fit faire
la paix de Rifwik.
L'affairede Cremonearrive,Monsieur deVendos-
me y vole, on tremiroit à
voir sur la Carte les pays
donc les Ennemis estoient
emparez
,
& dont il les
cbufTi depuisfaine Nazaro,
& de l'Etradel, jusques à
Goito au delà de Mancouë
que l'armée de l'Empereur
tenoit bloqué, & dont il fit
lever le blocus après avoir
pris chemin faisant cinq
ou six places ausquelles il
fallut ouvrir la tranchée, ilbattitcette même Campagne Vice-conty à la Victoria, & gagna fous les or- dres du Roy d'espagne la
fameuse bataille de Luzara.
La Campagne ensuite il
penetra jusqu'à Trente
aprèsavoir pris cinq ou six
Chasteaux qui paroissoient
im prenables par leur situation, & revient à la fin de
la Campagne, battre le
mesme Vice-conty à S.
Sebastien prés d'Alexandrie, laisse le commandement de l'armée dePiémont
à Monsieur le Grand Prieur
son frere, retourne à celle
deLombardie sur la Sequia,
d'où il partit pour suivre
1.
Nuremberg, & pendant
prés de quinze jours battre
tous les soirs fort arriere
garde, marche qui fut
égalertt£ri£glorieuse à la
respectable opiniatreté de
ses grands rivaux.
Que de Villes prises en
1704. Ivrée, Verceil
,
&:
toutes les places de Monsieur de Savoye
,
Veruë priseaucommencement
de 1705. & ce Prince réduit
au seul Turin.
Le Combat de Cassan
où sa seule valeur alla plusieursfois arracherJ^;vicr
toire dans les bataillons
des Ennemis.
Quelle ouverture pour
la Campagne de 1706. que
la glorieuseaffaire de Calsinat, il l'aprojette à Mantoüe, fait ses dispositions,
& profite de la rigueur de
l'hyverquile mettoit dans
l'impossibilité de les executer
,
pour venir faire sa
cour au Roy, qu'il n'avoit
eu l'honneur de voir depuis
quatre ans, & dont il ne
pouvoit plus vivre essoigné,
reçoit à Anet les applaudissements de toute la Fran-
ce ,qui l'y traita pendant
tous les six jours qu'ily fut
avec une magnificence qui
jusques là n'avoit point eu
d'exemple. Il part enfin de
ce sejour de delices pour
aller executer son dessein
sur Calsinat le mesme jour
qu'ill'avoit projette, &
Monsieur le Prince Eugene
y
arriva à
temps pour estre
le tesmoin de savictoire.
Il est rappelled'Italie
pour aller commander l'armée de Flandres après le
malheur de Ramilly. Il y
trouve le Generaldes En-
nemis enSe de ses prosperitez
,
& prometrant à son
armée de la mener à Paris;
il rabu si bien foi} audace,
que les soldats luy disoient
tout haut que Bruxelles
n'en estoit pas le chemin.
Sa valeur sur tousjours
la mesme, mais la victoire
l'abandonna à Oudenarde,
peut estre pour relever sa
gloire. On ne voir jamais
un Heros toutentier quand
on ne le voit que dans la
prosperité.
Tout ce qui s'est passé
en Espagne est si nouveau,
que je ferois tort d'en donner des Mémoires à celuy
qui prendra le foin d'escrire ce qu'il a
fait depuis son
dernier départ d'Anet jusqua sa mort. On travaille
à present au Journal exact
de cette suite de belles actions qui ont affermi la
Couronne du Roy d'Espagné, quand ce Journal serafaitj'en donnerai un extrait.
la mort de Monsieur de Vendosme jtifcytes à ce mois
- cy
pour avoir les memoires fui..
vantsy ileustfallu le differer
trop long-temps pourrecevoirle
détail de toutes les belles agitons
qu'il a
faites.
MONSIEUR LE DUC
de Vendosme lLOU[S joseph Duc de
Vendosme,Pair de France,
Prince de Martigues,Chevalier des Ordres du Roy,
Grand Senechal & Gouverneur de la Provence,
General des Galeres, mourutàVinaros leII. dumois
de juin,âgé de cinquante
huitans, petit fils du plus
grand Roy qui ait veseu
avant Louis le Grand ,dû_'
quel il estoitune image
vivante par le trait de son
visage
,
plus encore par
ceux de son ameIl donna dès son enfance des marques de ses raresqualitez
,
qui dans les
Princes font au dessusdes
qualitez heroïques, deson
humanité affable, généreux, compatissant donnanttout &c.
Il s'appliqua dès sa plus
tendre jeunesse à ce grand
m'estier dont il s'est servy
depuis plusieurs fois si uti-
lement pourrestablir les
affaires dans tous les lieux
où il a
esté appelle.
Dés l'âge de dix-sept
ans, il fut à la teste d'un.
Regiment d'Infanterie,&
il servit avec la mesme assiduitéque s'il avoitesperé
delà sa fortune.
Il fit son chemin avec la
mesme lenteur d'un particulier, & passa par tousles
dégrez, ce qui le rendit un
si grand General.
Il fit son apprentissage
fous Monsieur de Turenne
,
qui à cet âge
-
là luy
donnoit mille marques de
saconfiance.
Il repoussales ennemis
ayant son seulRégiment,
au combat d'Althenem où
il fut grievement blessé.
Après la mort de Monsieur de Turenne, il eut
pour Maistre Monsieur le
Mareschal de Crequy
,
&
fit voir dans toutes forte4
d'occasions combien il avoitprofité des leçons de
ces deux grands Généraux.
Tous les temps de paix
ont esté signaléc par ses
magnificencesdans sa belle Maison d'Anet, où il
donnoit presque tous les
ans des sestes à Monseigneur le Dauphin qui l'honoroit d'une tendre ami-
"hé qui n'aefté ignorée de
perfonneJamais le Roy n'adonné
à personne de sa Cour
,
de si grandes marques de
sa confiance; & Sa Majesté le fie bien paroistre
par laLettre qu'Elle luy
fit l'honneur de luy escrire en rassemblant sur sa
telle le Generalat des Ga-
leresau Gouvernement de
Provence.
Il faudrait une histoire
commecelle de Mezerec, sil'onvouloirraconter toutes les astions particulières
qu'il afaites avant de commander en chef, en Allemagne fousMonseigneur,
& fous Messieurs les Mareschaux de Duras & de
Lorge; en Flandres fous
Monsieur de Luxemborg,
où toute l'armée vit avec
plaisir que le gain du combat de Steinkerque fut deu
à un avis qu'il avoit donné.
<
A la Marfaille Monsieur
le Mareschal de Catinat
publia que c'estoit Monsieur de Vendosme qui s'estoit avisé la veille de mettre la droite à la gauche,
&la gauche à la droite,
afin d'opposer par la la
Gendarmerie aux Cuirassiers de l'Empereur
,
& il
chargea le lendemain, &
fit des actions surprenantes à la teste de cette Gendarmerie.
Les commandements
dans la Vallée de BarceJonnette
,
à Nice, ôc en
Provence suffiroient pour faire l'éloge d'un autre,
mais voyonsle comman- der en chef.
Le Roy luy donne le
commandement de l'armée de Catalogne, il y
arrive, trouve nostre armée decouragée, nos Grenadiers tremblanrs devant
les Miquelets; son arrivée
restablit tout
,
&¡;en une
campagne;il fait lever le
siege de plusieurs places,
Palamos
,
Ostallery, Calcet- soüilles, &c.
Il bat un gros corps de
Cavalerie, commande par
le Prince d'Armée, & se
seroit mis en estac de faire
le siege de Barcelonne dès
cette campagne, si la Cour
n'avoit trouve à propos de
differer à la suivante.
Quelfut ce siege de Barcelonne! Une grandeVille
qui ne peut estre investiè
,
défendue par une garnison
au dedans qui estoit aussi
forte qu'unearmée, & et
tant assiege tuy.
-
mesme
au dehors par une armée
aussi forte que la sienne,
commandée par le Vice-
roy
,
il commence par le
battre, & le mettre entièrement en deroute; & aprés
cinquante deux jours de
tranchéeouverte
,
il se
rend maître de cette place.
Tout le monde se souvient
encore des aétions furprenances qui se passerent à ce
siege ; & c'est bien dommage que la paresse de
Monsieur Capiftron Tait
empefehéde lesescrire La
< prisede cette Ville fit faire
la paix de Rifwik.
L'affairede Cremonearrive,Monsieur deVendos-
me y vole, on tremiroit à
voir sur la Carte les pays
donc les Ennemis estoient
emparez
,
& dont il les
cbufTi depuisfaine Nazaro,
& de l'Etradel, jusques à
Goito au delà de Mancouë
que l'armée de l'Empereur
tenoit bloqué, & dont il fit
lever le blocus après avoir
pris chemin faisant cinq
ou six places ausquelles il
fallut ouvrir la tranchée, ilbattitcette même Campagne Vice-conty à la Victoria, & gagna fous les or- dres du Roy d'espagne la
fameuse bataille de Luzara.
La Campagne ensuite il
penetra jusqu'à Trente
aprèsavoir pris cinq ou six
Chasteaux qui paroissoient
im prenables par leur situation, & revient à la fin de
la Campagne, battre le
mesme Vice-conty à S.
Sebastien prés d'Alexandrie, laisse le commandement de l'armée dePiémont
à Monsieur le Grand Prieur
son frere, retourne à celle
deLombardie sur la Sequia,
d'où il partit pour suivre
1.
Nuremberg, & pendant
prés de quinze jours battre
tous les soirs fort arriere
garde, marche qui fut
égalertt£ri£glorieuse à la
respectable opiniatreté de
ses grands rivaux.
Que de Villes prises en
1704. Ivrée, Verceil
,
&:
toutes les places de Monsieur de Savoye
,
Veruë priseaucommencement
de 1705. & ce Prince réduit
au seul Turin.
Le Combat de Cassan
où sa seule valeur alla plusieursfois arracherJ^;vicr
toire dans les bataillons
des Ennemis.
Quelle ouverture pour
la Campagne de 1706. que
la glorieuseaffaire de Calsinat, il l'aprojette à Mantoüe, fait ses dispositions,
& profite de la rigueur de
l'hyverquile mettoit dans
l'impossibilité de les executer
,
pour venir faire sa
cour au Roy, qu'il n'avoit
eu l'honneur de voir depuis
quatre ans, & dont il ne
pouvoit plus vivre essoigné,
reçoit à Anet les applaudissements de toute la Fran-
ce ,qui l'y traita pendant
tous les six jours qu'ily fut
avec une magnificence qui
jusques là n'avoit point eu
d'exemple. Il part enfin de
ce sejour de delices pour
aller executer son dessein
sur Calsinat le mesme jour
qu'ill'avoit projette, &
Monsieur le Prince Eugene
y
arriva à
temps pour estre
le tesmoin de savictoire.
Il est rappelled'Italie
pour aller commander l'armée de Flandres après le
malheur de Ramilly. Il y
trouve le Generaldes En-
nemis enSe de ses prosperitez
,
& prometrant à son
armée de la mener à Paris;
il rabu si bien foi} audace,
que les soldats luy disoient
tout haut que Bruxelles
n'en estoit pas le chemin.
Sa valeur sur tousjours
la mesme, mais la victoire
l'abandonna à Oudenarde,
peut estre pour relever sa
gloire. On ne voir jamais
un Heros toutentier quand
on ne le voit que dans la
prosperité.
Tout ce qui s'est passé
en Espagne est si nouveau,
que je ferois tort d'en donner des Mémoires à celuy
qui prendra le foin d'escrire ce qu'il a
fait depuis son
dernier départ d'Anet jusqua sa mort. On travaille
à present au Journal exact
de cette suite de belles actions qui ont affermi la
Couronne du Roy d'Espagné, quand ce Journal serafaitj'en donnerai un extrait.
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Résumé : MONSIEUR LE DUC de Vendosme.
Le texte relate la vie et les exploits militaires de Louis Joseph de Vendôme, Duc de Vendôme, Pair de France, Prince de Martigues, Chevalier des Ordres du Roy, Grand Sénéchal et Gouverneur de la Provence, et Général des Galères. Né petit-fils d'un grand roi, il montra dès son enfance des qualités rares telles que l'humanité, l'affabilité, la générosité et la compassion. Il s'illustra très tôt dans sa carrière militaire, servant avec assiduité et gravissant les échelons jusqu'à devenir un grand général. Sous la tutelle de Turenne et de Crequy, il participa à de nombreuses batailles, comme celle d'Altenheim où il fut grièvement blessé. Il se distingua également lors des sièges de Barcelone et de Cremone, et dans diverses campagnes en Allemagne, en Flandres et en Italie. Ses actions militaires, telles que la prise de plusieurs villes et la victoire à la bataille de Luzara, contribuèrent à affermir la couronne du Roi d'Espagne. Le Duc de Vendôme était également connu pour sa magnificence et son hospitalité, notamment lors des séjours du Dauphin à sa maison d'Anet. Il reçut de grandes marques de confiance du Roi, qui lui confia divers commandements importants. Sa carrière militaire fut marquée par des succès notables, bien que la victoire lui ait parfois échappé, comme à la bataille d'Oudenarde. Le texte mentionne également la préparation d'un journal détaillant ses actions en Espagne, soulignant l'impact de ses exploits sur la couronne espagnole.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 79-95
MORTS.
Début :
Dame Marie Guillaume de la Vieuville, veuve de Messire Pierre [...]
Mots clefs :
Roi, Seigneur, Chevalier, Chevalier, Famille, Commandement, Anglais, Maître des requêtes
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Daine Marie Guillaume de
la Vieuville
, veuve deMcffirc
Pierre Pollars,Seigneur de
Villequoy, Conseiller au Parlement)
mourut le io. du mois
pafleâgée de 31.ans,lailfant
trois filles de Ton mariage. Elle
étoit foeur de Messire Alexandre
Guillaume de la Vieuville,
ci devant Secrétaire des Commandemens
de feue Madame
la Dau pliine,de Pierre Guillaume
de la Vieuville, Abbé
& de Dame Henriette Guillau.
me de la Vieuville
,
femme
de Médire Pierre Poulietier
,
Seigneur de Nlinvilie
,
Maiftre
des Requêtes.Elle étoit
sile de Mflire Joseph Guillaume
deL Vieuville, Marquis
de MiuKs, Mailire des Requêtes
ordinaire delHôteldu
Roy,& Secretaire des Commandemens
de feue Madame
laDuchesse de Bourgogne,&
de Marie Luilher, & petite fille
de Pierre Guillaume Seigneur
de la Vieuville, Tresorier de
France en Bretagne
,
forti
d'une famille noble de la Ville
de S. Miio, où elle efteonnue
depuis l'an 1400.
Louis Doger
,
Mirquis de
Cavoye, grand Muéchal des
Logis de la Misson du Roy,
mourut le troisiéme dtFévrier
de cette année; il étoit le dernier
d'une famille îllustre de
Picardie. Sa meic sortie de la
Mlifondc Strignan, Maison
dillinguéc dans leLanguedoc,
ZD D avoir ineriré pir son eiprit &
par savertu la confiance dela
Reine Anne d' Autriche. Son
pereaprèsavoir toujours servi
avec éclat, sur tuédans lemoment
qu'il touchoit aux plus
grands honneurs de la guerre.
Deux des frercs de M. de Cavoye,
ont eu le même fort que
leur pere.
: M de Cavoye commença
de se faire connoistre fous le
nom de Chevalier de Cavoye,
par une action tres brillante.
Ilétoitavec Mcfficurs les Chevaliers
de Lorraine & de Coaflin
& M. de Bu fca, sur le bord
de l'Amiral Ruyter, à la Bataille
Navale que les Hollandois
perdirent contre les Anglois
,
l'an 1666. au mois
d'Aoult. Ruyteraccablé par le
nombre faisoit cette belleretraite
qui luy acquit plus de
gloire qu'une victoire.UiiBrulot
Angjois qui venoit à luy
alloitinfailliblement le faire
perir. M de Cavoye proposa
le seul moyen de le lauver, 8c
pria l'Amiral Hollandois de
permettre aux quatre Seigneurs
François, d'aller dani
une chaloupe couperles cables
des chaloupes du brulot :il
obtintcette permissïonSepar
une démarche si intrepide contraignit
les Anglois de mettre
eux meries le feu à leur brulot.
Ilr'pussaau travers descnnemis&
revinr joindrel'Amiral
qu'ilavoit fauve.
L' Auteur de lavie de Ruyter
avoue que la confervarion
de la F.otte & peut êcrc de
l'Etat dépendoit de ce coup
périlleux. Les Etats Généraux
voulurent recom pcn fer d une
somme confi Jerable la bravouiedes
François ; mais les
quatre Seigneurs aufli libéraux
que vaillans firent difiribuer
cetargent à l'Equipage M. le
Maréchal de Turenne qui fc
connoifloit mieux qu'un autre
en grandes actions, fut si touchécelle
du Chevalier de Cav qu'il voulut leconnoiftre&
qu'illiaavec lui une
amitié ,.que rien dans la fuite
n'a pu affoiblir.
L'attachement de M. de
Cavoye, pour le Roy défunt,
a été infiniment plus fort
J
clevéau prés de cegrand Prince
désragedefept ans3il avoic
merk-é son anvitié la plus intime,
la fermcté, la droiture du
coeur de M. de Cavoye onc
été lesliaifons de cetteamitié*
LoUIS le Grand aimoit en
lui des qualitez qu'il pofledoic iîéminemment. M. de Cavoye
luiatoujours dittaveure sans
craindre de lui déplafre
, &
quoiqu'il ait cû pour ennemis
des perfonncs qui pouvoienc
beaucoup auprès du Roy;
quoi qu'on air mis tout en ufage
pour le perdre dans (on
cfprit
, on n'a jamais pû y
réüssir,onatravcrfé safortune
,il s'en foucioit peu; mais
on n'a pû lui ôtcr le coeur ni
l'eftimcdc son maiftrç, c'est
toutcequ'ilvouloit du Roy.
Il a fUIVl cc Prince dans toutes
ses CUmp^gnes, & (on iorrepidue
luiavoir mérité le nom de
brave Cavoye.- le Roi lui donna
la Chargede grand Maréchal
des Logis, en le mariant à
Loiïifedc Coëtlogon
,
fortic
d'uneancienneMufbn deBretagne,
fille&<oeurdes Lieutenants
deRoy de cettcProvince,
Fille d'Honneur de la Reine
Marie Therese d'Autriche. Sa
vertu l'avoit rendue favorite
de la fainte Reine, & roure
la France la regarde comme un
modeleaccompli de l'amour
conjugal ; il n'cft venu de ce
mariage qu'un fils mort après
sa naissance.
M. de Cavoye ne s'est jamais
fcrvi de son crédit que pour
faire du bien. La France est
pleine de personnes à qui ila
rendu service
,
son plus grand
plaisirétoit detirer dei'obscu.
rirélemériteinconnu,&il n'a
jamais manqué de prendre
hautement leparti de l'innocent
opprimécontrelesPuiffances
les plus redoutables ; il
fufËfoic d'estre malheureux
pour obtenir sa recommandation
tior\.& ceux qui ne pouvaient
trouver d'accèsjusquau'foône
en trouvoienc (eurement un
- par lui. Toute la Cour jùfqu'au
plus bas Officicr lui rend
ce témoignage : M. de Vaux,
Ecuyer du Roi
, rencontrant
un jour M. de Cavoye, dit à
des personnes à qui il vcnoit de
montrer les beautez de Ver-
(ailles : Voiry ce qtïilya de plus
rare à la Cour :.regardez un horllme
quin a jamais mentI &qui ne
s'efifervideson credit que pour
-' fairepUijjra tout lemonde. L'Eloge
étoic d'autant plus sincere
que M. de Cavoyc n'a jamais
eu d'oecafion de lervir M. de
Vaut.
On peut juger qu'on s'cmpressoit
d'être ami d'un homme
si officieux, mais il n'a jamais
accordé Con amitié qu'au
rncrite. Elle étoir pour ceux
qui l'obtenaient un titre de
probité.Laconfiance des deux
derniers Princes de Condé, du
feu Due de Bour bon,& du
feu Prince de Conti pour luy
aefte sans rererve.M.Colbert
ce arand Min'stre n'en a eû
c> pour per sonne autant que
pour M deCavoyejla fidélité
de MonGeur de Cavoye pour
M"de Seignelai son filsfcroit
feule son éloge.M. leMaréchal
de Noailles) M. le Maréchal
deBouflers ,ont été ses amis
particuliers
; mais hors M. de
Turenne il n'a point eu de
liaison plus étroite qu'avec M.
le Maréchal de Luxembourg;
c'est par son conseil
, que ce
grand homme prés d'être op.
primé par un ennemi puissant
& par une accusation adroitement
concertée, prit le dtiTein
d'aller lui-meme se rendre prifonnier
à la Bartille. On ne parlera
point ici de ses amis vi.
vans , on' peut dire que les
noms detout ce quily a
d'hoftnêtes gensen France fcroienc
dans ce catalogue &
qu'il enaformé plusieurs par
ses infiruébons & par ses cxemples
qui feront gloire
d'avoikrcequ'ils lui doivent.
Un de ses plus parfaits élèves a
estéRené Guy Edouard Comte
de Tournemine
, neveu de
Madame de Cavoye, Capitaine
Lieutenant des Gensdarmes
dela Reinea mort d'une
blessure aprèslabataille de
Malplaquet. On n'a oublié ni à la Cour, ni dans les Armées
la probité) la generofiré
, la
rcrmete, 6cu religionde cec
imitateur de M de Cavoye.
M. de Cavoye n'avoic
fait aucunes études ; mais il
avoit le goût excellent, en cela
(enlblableau Roy son Maître,
& il a toujours favorisé
les gens de lettres. M. Racine
lui étoit fort attaché, & M.
l'Abbé Genefl: reconnoît qu'il
contribua beaucoup à le
faire
connoître à laCour.
Une fin Chrêtienne a couronné
tant de vertus; depuis
vingt ans il faisoit professîon
d'une pieté solide & finccre,
xachetoit ses pechez par de
grandes aumônes. Unehydropille
de poitrine l'a emporté
après un an de maladie; il pa.
roifloir guéri quand la maladie
du Roy commença: la
douleur que lui a causé la mort
de ce Prince le fit rcromber,
& a rendu son mal incurable.
Il a envisagé la morten Heros
Chtctien, avec un grand mé.
pris pour la vie, un vif regret
de ne l'avoir pas mieux employée
, une confiance entiere
dans la mifcricorde du Sauveur
Les trois derniers jours
de sa vie ont été une prière
prefquc continuelle. Il a reçu
trois fois en quinze jours le
Corps de Nôtre Sclgneur,&
ille reçut encore ta nuit. même
de sa mort : il fit dire luy- même
& se fitexpliquer la recommandation
de l'amc. Sa femme
surmontant par la religion.
& par la vertu l'extrême «S}tc.
tion qui fait craindre pour sa
vie, aeû lecourage de l'exhorter
elle-même à la mort, il
avoit deux ans moins que le
Roy, cft mort âgé de soixante
& quinze ans accomplis du
mois de Septembre pasle.
Daine Marie Guillaume de
la Vieuville
, veuve deMcffirc
Pierre Pollars,Seigneur de
Villequoy, Conseiller au Parlement)
mourut le io. du mois
pafleâgée de 31.ans,lailfant
trois filles de Ton mariage. Elle
étoit foeur de Messire Alexandre
Guillaume de la Vieuville,
ci devant Secrétaire des Commandemens
de feue Madame
la Dau pliine,de Pierre Guillaume
de la Vieuville, Abbé
& de Dame Henriette Guillau.
me de la Vieuville
,
femme
de Médire Pierre Poulietier
,
Seigneur de Nlinvilie
,
Maiftre
des Requêtes.Elle étoit
sile de Mflire Joseph Guillaume
deL Vieuville, Marquis
de MiuKs, Mailire des Requêtes
ordinaire delHôteldu
Roy,& Secretaire des Commandemens
de feue Madame
laDuchesse de Bourgogne,&
de Marie Luilher, & petite fille
de Pierre Guillaume Seigneur
de la Vieuville, Tresorier de
France en Bretagne
,
forti
d'une famille noble de la Ville
de S. Miio, où elle efteonnue
depuis l'an 1400.
Louis Doger
,
Mirquis de
Cavoye, grand Muéchal des
Logis de la Misson du Roy,
mourut le troisiéme dtFévrier
de cette année; il étoit le dernier
d'une famille îllustre de
Picardie. Sa meic sortie de la
Mlifondc Strignan, Maison
dillinguéc dans leLanguedoc,
ZD D avoir ineriré pir son eiprit &
par savertu la confiance dela
Reine Anne d' Autriche. Son
pereaprèsavoir toujours servi
avec éclat, sur tuédans lemoment
qu'il touchoit aux plus
grands honneurs de la guerre.
Deux des frercs de M. de Cavoye,
ont eu le même fort que
leur pere.
: M de Cavoye commença
de se faire connoistre fous le
nom de Chevalier de Cavoye,
par une action tres brillante.
Ilétoitavec Mcfficurs les Chevaliers
de Lorraine & de Coaflin
& M. de Bu fca, sur le bord
de l'Amiral Ruyter, à la Bataille
Navale que les Hollandois
perdirent contre les Anglois
,
l'an 1666. au mois
d'Aoult. Ruyteraccablé par le
nombre faisoit cette belleretraite
qui luy acquit plus de
gloire qu'une victoire.UiiBrulot
Angjois qui venoit à luy
alloitinfailliblement le faire
perir. M de Cavoye proposa
le seul moyen de le lauver, 8c
pria l'Amiral Hollandois de
permettre aux quatre Seigneurs
François, d'aller dani
une chaloupe couperles cables
des chaloupes du brulot :il
obtintcette permissïonSepar
une démarche si intrepide contraignit
les Anglois de mettre
eux meries le feu à leur brulot.
Ilr'pussaau travers descnnemis&
revinr joindrel'Amiral
qu'ilavoit fauve.
L' Auteur de lavie de Ruyter
avoue que la confervarion
de la F.otte & peut êcrc de
l'Etat dépendoit de ce coup
périlleux. Les Etats Généraux
voulurent recom pcn fer d une
somme confi Jerable la bravouiedes
François ; mais les
quatre Seigneurs aufli libéraux
que vaillans firent difiribuer
cetargent à l'Equipage M. le
Maréchal de Turenne qui fc
connoifloit mieux qu'un autre
en grandes actions, fut si touchécelle
du Chevalier de Cav qu'il voulut leconnoiftre&
qu'illiaavec lui une
amitié ,.que rien dans la fuite
n'a pu affoiblir.
L'attachement de M. de
Cavoye, pour le Roy défunt,
a été infiniment plus fort
J
clevéau prés de cegrand Prince
désragedefept ans3il avoic
merk-é son anvitié la plus intime,
la fermcté, la droiture du
coeur de M. de Cavoye onc
été lesliaifons de cetteamitié*
LoUIS le Grand aimoit en
lui des qualitez qu'il pofledoic iîéminemment. M. de Cavoye
luiatoujours dittaveure sans
craindre de lui déplafre
, &
quoiqu'il ait cû pour ennemis
des perfonncs qui pouvoienc
beaucoup auprès du Roy;
quoi qu'on air mis tout en ufage
pour le perdre dans (on
cfprit
, on n'a jamais pû y
réüssir,onatravcrfé safortune
,il s'en foucioit peu; mais
on n'a pû lui ôtcr le coeur ni
l'eftimcdc son maiftrç, c'est
toutcequ'ilvouloit du Roy.
Il a fUIVl cc Prince dans toutes
ses CUmp^gnes, & (on iorrepidue
luiavoir mérité le nom de
brave Cavoye.- le Roi lui donna
la Chargede grand Maréchal
des Logis, en le mariant à
Loiïifedc Coëtlogon
,
fortic
d'uneancienneMufbn deBretagne,
fille&<oeurdes Lieutenants
deRoy de cettcProvince,
Fille d'Honneur de la Reine
Marie Therese d'Autriche. Sa
vertu l'avoit rendue favorite
de la fainte Reine, & roure
la France la regarde comme un
modeleaccompli de l'amour
conjugal ; il n'cft venu de ce
mariage qu'un fils mort après
sa naissance.
M. de Cavoye ne s'est jamais
fcrvi de son crédit que pour
faire du bien. La France est
pleine de personnes à qui ila
rendu service
,
son plus grand
plaisirétoit detirer dei'obscu.
rirélemériteinconnu,&il n'a
jamais manqué de prendre
hautement leparti de l'innocent
opprimécontrelesPuiffances
les plus redoutables ; il
fufËfoic d'estre malheureux
pour obtenir sa recommandation
tior\.& ceux qui ne pouvaient
trouver d'accèsjusquau'foône
en trouvoienc (eurement un
- par lui. Toute la Cour jùfqu'au
plus bas Officicr lui rend
ce témoignage : M. de Vaux,
Ecuyer du Roi
, rencontrant
un jour M. de Cavoye, dit à
des personnes à qui il vcnoit de
montrer les beautez de Ver-
(ailles : Voiry ce qtïilya de plus
rare à la Cour :.regardez un horllme
quin a jamais mentI &qui ne
s'efifervideson credit que pour
-' fairepUijjra tout lemonde. L'Eloge
étoic d'autant plus sincere
que M. de Cavoyc n'a jamais
eu d'oecafion de lervir M. de
Vaut.
On peut juger qu'on s'cmpressoit
d'être ami d'un homme
si officieux, mais il n'a jamais
accordé Con amitié qu'au
rncrite. Elle étoir pour ceux
qui l'obtenaient un titre de
probité.Laconfiance des deux
derniers Princes de Condé, du
feu Due de Bour bon,& du
feu Prince de Conti pour luy
aefte sans rererve.M.Colbert
ce arand Min'stre n'en a eû
c> pour per sonne autant que
pour M deCavoyejla fidélité
de MonGeur de Cavoye pour
M"de Seignelai son filsfcroit
feule son éloge.M. leMaréchal
de Noailles) M. le Maréchal
deBouflers ,ont été ses amis
particuliers
; mais hors M. de
Turenne il n'a point eu de
liaison plus étroite qu'avec M.
le Maréchal de Luxembourg;
c'est par son conseil
, que ce
grand homme prés d'être op.
primé par un ennemi puissant
& par une accusation adroitement
concertée, prit le dtiTein
d'aller lui-meme se rendre prifonnier
à la Bartille. On ne parlera
point ici de ses amis vi.
vans , on' peut dire que les
noms detout ce quily a
d'hoftnêtes gensen France fcroienc
dans ce catalogue &
qu'il enaformé plusieurs par
ses infiruébons & par ses cxemples
qui feront gloire
d'avoikrcequ'ils lui doivent.
Un de ses plus parfaits élèves a
estéRené Guy Edouard Comte
de Tournemine
, neveu de
Madame de Cavoye, Capitaine
Lieutenant des Gensdarmes
dela Reinea mort d'une
blessure aprèslabataille de
Malplaquet. On n'a oublié ni à la Cour, ni dans les Armées
la probité) la generofiré
, la
rcrmete, 6cu religionde cec
imitateur de M de Cavoye.
M. de Cavoye n'avoic
fait aucunes études ; mais il
avoit le goût excellent, en cela
(enlblableau Roy son Maître,
& il a toujours favorisé
les gens de lettres. M. Racine
lui étoit fort attaché, & M.
l'Abbé Genefl: reconnoît qu'il
contribua beaucoup à le
faire
connoître à laCour.
Une fin Chrêtienne a couronné
tant de vertus; depuis
vingt ans il faisoit professîon
d'une pieté solide & finccre,
xachetoit ses pechez par de
grandes aumônes. Unehydropille
de poitrine l'a emporté
après un an de maladie; il pa.
roifloir guéri quand la maladie
du Roy commença: la
douleur que lui a causé la mort
de ce Prince le fit rcromber,
& a rendu son mal incurable.
Il a envisagé la morten Heros
Chtctien, avec un grand mé.
pris pour la vie, un vif regret
de ne l'avoir pas mieux employée
, une confiance entiere
dans la mifcricorde du Sauveur
Les trois derniers jours
de sa vie ont été une prière
prefquc continuelle. Il a reçu
trois fois en quinze jours le
Corps de Nôtre Sclgneur,&
ille reçut encore ta nuit. même
de sa mort : il fit dire luy- même
& se fitexpliquer la recommandation
de l'amc. Sa femme
surmontant par la religion.
& par la vertu l'extrême «S}tc.
tion qui fait craindre pour sa
vie, aeû lecourage de l'exhorter
elle-même à la mort, il
avoit deux ans moins que le
Roy, cft mort âgé de soixante
& quinze ans accomplis du
mois de Septembre pasle.
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3
p. 51-65
JOURNAL DE HONGRIE, ou RELATION De l'ouverture de la Campagne faite par l'Armée de l'Empereur, sous le commandement du Prince Eugene de Savoye. Du Camp de Visniza en servie le 23 Juin 1717-
Début :
Sa Majesté Imperiale, aprés les succez de la Compagne passée, [...]
Mots clefs :
Comte, Armée, Prince, Camp, Régiment, Cavalerie, Vaisseaux, Ennemis, Guerre, Grenadiers, Artillerie, Danube, Commandement, Bataille, Vaisseaux
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texteReconnaissance textuelle : JOURNAL DE HONGRIE, ou RELATION De l'ouverture de la Campagne faite par l'Armée de l'Empereur, sous le commandement du Prince Eugene de Savoye. Du Camp de Visniza en servie le 23 Juin 1717-
JOURNAL DE HONGRIE ,
ου
RELATION
De l'ouverture de la Campagnefaite
par l'Armée de l'Empereur ,
Sous le commandement du Prince
Eugene de Savoye.
Du Camp de Viſnitza en Servie le 28Juin 1717.
SAMajeft
A Majesté Imperiale , aprés les
laCampagnepafléc,
ayant mis toute ſon attention à
E ij
52 LE MERCURE
1
,
pourſuivre ſes avantages contre
l'Ennemi commun du Nom Chrétien
; a entretenu des garniſons
dans des poſtes avancez pendant
l'hiver, & a ordonné toutes les difpoſitions
poſſibles , tant pour recruter
& augmenter ſon armée
que pour la pourvoir d'Artillerie ,
d'Attirails de guerre , de Ponts ,
de Vaiffeaux de tranſport , & de
Magaſins de Vivres ; afin d'être
en état de faire cet Eté des entrepriſes
plus éclatantes contre les
Infideles. Les Régimens Imperiaux
qui étoient en quartier en deçà du
Tibiſque , en Tranfilvanie & dans
le Bannat de Temeſwar , eurent
ordre de s'afſſembler au commencement
de Mai , ſous le commandement
du Comte de Merci General
de la Cavalerie ; tandis que
le reste de l'Armée devoit ſe rendre
le douze , au Camp de Furack ,
afin d'y avoir les troupes néceffaires
, prêtes felon l'éxigence des
opérations.
Ces diſpoſitions faites , le PrinDE
JUILLET 53
ceEugene partit par eau de Vienne
le treize Mai , & arriva le 21. au
Camp de Futack ; mais,comme la
plupart des Regimens n'y étoient
pas encore , non plus que l'Artillerie
, S. A. jugea qu'il étoit convenable
au Service de Sa Majeſté
Imperiale , de s'aboucher àPantzova
avec le Comte de Merci ,
pour concerter avec lui , & reconnoître
de ce côté-là le Danube &
les environs. A fon retour au
Camp , les Regimens qui manquoient
, arriverent ſucceſſivemert
, avec lesquels le Prince réfolut
de commencer les opérations
, à deſſein de profiter du
tems , & de la ſituation des Ennemis
; par le paſſage de la Save ,
ou par celui du Danube : Aprés
avoir mûrement éxaminé les Čirconſtances
, il fut arrêté , que l'on:
tenteroit le paffage du Danube.
On commença pour cette expédition
de faire tous les préparatifs
néceſſaires ſur ce Fleuve ; les barques
furent envoyées plus bas danss
Eiij
LE MERCURE
le Donawitz : Le Comman
deur Schvvendiman reçût auſſi
ordre de s'avancer avec les vaifſeaux
de guerre près de Salanckemen,
pour exécuter ce que le Comte
de Merci ordonneroit . On diſtribua
les Troupes en divers Camremens
dans le Bannat,de maniere
qu'elles pouvoient s'aſſembler ,
•ſans donner de l'ombrage aux
Tures...
Le 9. Juin , l'Armée ſe mit en
marche près de Peter-Varadin ,
&campa la nuit à Kobila. On ne
pût avoir aucun avis certain de la
ſituation des Ennemis ; mais fuivant
ceux qu'on reçût de la frontiere
, leur armée ne pouvoit être
jointe de quelque tems , puiſque
le Grand Viſir étoit encore occupé
à la former près d'Andrinople.
Le 10. on s'avança au pont de
communication , conſtruit à Villova
fur le grand Marais : Le Com.
te de Merci y vine ſur le midi ,
pour informer S. A. le Prince Eu
gene des diſpoſitions qu'd avoit
DE JUILLET.
55
i
faites ,& recevoir ſes ordres. Les
Lettres que ceGeneral avoit reçûës
de Vipalanca marquoient , que
divers Batimens ennemis montoient
le Danube à force de rames,
d'Orfova vers Belgrade , & que
quoiqu'on ne leur laiſſat pas le
paſſage libre par le feu , & les
canonades du Fort de Vipalanca ,
il n'étoit pas cependant poſſible ,
àcauſe de la largeur de la riviere ,
deleur empêcher le paſſage , particulierement
de nuit.
Le 11. onpaſſa fur les pontsde
Villova , du Tibiſque & de la
Begue avec affez de fatigue , à
cauſe des défilez& de la grande
chaleur qu'il faiſoit ; on ſe campa
à Czige.
Le 11. leGeneral de bataille Baron
de Diesbach fut détaché avec
trois bataillons & 200. chevaux
vers l'embouchure du Donavvitz,
pour ſoûtenir par terre les deux
vaiſſeaux de guerre quiy étoient
àl'ancre , & pour couvrir la communication
; on fit élever pour cet
56 LE MERCURE
effet une Redoute ſur le Danube :
Les autres trois vaiſſeaux de guerre
étoient déja entrez dans le Donavvitz
avec quelques Saiques ,
&avec les aprêts qu'on avoit faits
àPeter-Varadin.
Le 13. on paffa le Temes , &
on marcha à Oppova , où le General
Comte de Merci avoit embarqué
ſon Infanterie deſtinée
pour le paſſage ; qu'il fit avancer
avec les vaiſſeaux de guerre& les
Saiques , ainſi que les pontons &
lesbarques de tranſport du Donavvitz
dans le Temes : Afin que ces
batimens ne fuſſent empêchez par
lepont de Pantzova , on en défit
une partie , & on arracha les pieux
du fond de l'eau .
Le 14. comme l'Armée de terre
ſe campaà une lieuë au deſſus de
Pantzova , on y fit avancer le tout
par eau , afin de tenter le lende
main le paſſage à une lieuë & demiede
ce poſte. On diſtribua pour
cer effet , le pain pour quelques
jours , avec les munitions nécefDEJUILLET
. $7
faires , aux 27. Bataillons , aux
24. compagnies de Grenadiers ,
fous le commandement du Comte
de Merci , aux troupes du Lieutenant
General Comte Broune de
Camus , & à celles des Generaux
de bataille Vobeſer , Vvallis,
&Odvier.
Le 15. à la pointe du jour ,
nonobſtant que les Ennemis s'étoient
fait voir partout pendant
la nuit , ſur les éminences où ils
avoient allumé beaucoup de feux,
pour faire voir qu'ils étoient alertes,
lemouvement des Nôtres ſe fit
en la maniere ſuivante. Les trois
vaiſſeaux de guerre , avec les Oranizzes
& les Saiques prirent le
devant ; un des vaiſſeaux ſe poſta
au-deſſus des trois Iſles devant
l'embouchure du Temes , où tout
devoit déboucher pour le couvrir
, & les deux autres vaiſſeaux
avec les Oranizzes & les Saiques
deſcendirent plus bas au-deſſous,
vis- à-vis du village de Vvuntſch ,
la droite & à la gauche de l'en58
LE MERCURE
droit où on devoit jetter le pont ,
pour legarantir contre les entrepriſes
des Ennemis , tant du côté
deBelgrade , que de celui d'Orſova
, de même que l'Infanterie
en flanc. Sur cela , un Sergent
Major , & fept compagnies de
Grenadiers ſuivirent, avec un General
de bataille , un Lieutenant
Colonel , un Sergent Major , &
dix compagnies de Grenadiers ;
enfuite , fix petites pièces de campagne,
pour s'en fervir à la tête ,
&où il feroit néceſſaire , aprés
avoir réconnu le terrain : Le reſte
de l'Infanterie , les Pontons , &
après eux quelques Saiques qui
les couvroient , &qui ſe poſterent
au-deſſus du Pont qu'on devoit
conſtruire, ſuccéderent. Les quatre
Régimens de Dragons de Savoye ,
Vvirtemberg , Vhelen , & Schonborn
furent placez fur le territoire
de Pantzova juſqu'au Danube, ſur
lebord de laquelle riviere on planta
quelques piéces de canon , & on
ytintbonnombre de faſſines prêtes.
DE JUILLET
59
S. A. le Prince Eugene voulant
ſe trouver avec les Generaux au
paſſage du trajet , laiſſa ordre dans
le Camp à toute l'Infanterie de
s'avancer , pour être à portée de
ſuivre le premier tranſport commandé
en Chef par le Comte de
Merci , qui réüffitſans la moindre
oppoſition ; quoique l'Ennemi voltigeât
partout ſur les éminences.
Les barques furent d'abord renvoyées
de l'autre côté , ſur lefquelles
s'embarquerent les compagnies
de Grenadiers , & les Bataillonsde
l'Infanterie qui étoient
à portée , avec le Feldt-maréchal
Comte deHeiſter , le Prince Alexandre
de Vvirtemberg , & leGeneral
de l'artillerie Comte de Regal.
On continuadetranſporter l'In.
fanterie juſqu'à ce qu'on la jugeât
ſuffiſante pour s'oppoſer aux entrepriſes
des Ennemis ; ce qui parut
d'autant plus facile que leterrain
étoit avantageux , & qu'il y
avoit un Marais en front.On tranfporta
auſſi quelque Cavalerie &
60 LE MERCURE
Huſſars , pour s'en ſervir ſelon les
occurrences. On fit avancer aprés
cela les Barques du Pontque l'on
joignit ,& le Pont étant formé de
84. barques , ony fit paſſer le reſte
de l'Infanterie.
Le 16 avant le jour , les Régimens
de Dragons qui étoient
entre Pantzova & le Danube ,
&le reſte du Corps du Comte de
Merci ſuivirent avec l'Aartillerie
& la Cavalerie du Corps
poſté au deſſus de Pantzova qui
artiva aflés tard. Le Camp fut for.
mé ſur la hauteur de Viſnitza à
une lieuë & demie au deſlous de
Belgrade,&le General debataille
Comte d'Odvier fut laiſſe avec
fix bataillons & quelque Cavale-
Tiede celle qui avoit paffé présdu
Pont du Danube , pour le couvrir.
Le 17. le bagage commença à
paffer le pont : Comme il a fallu
pénétrer par des défilés , le reſte
n'arriva ence Camp que ce jourlà.
L'Ennemi s'eſt fait voir par
rene & par eau affez prés de Vifnitza
DE JUILLET. 61
nitza ; mais il s'eſt retiré précipitemment
, voyant que nous avions
placé quatre pièces de canon ſur
unehauteur.
Le 18. au matin , le Prince Eugene
, accompagné du Prince Alexandre
de Vvirtemberg, des Comtes
Palfy , Heiſter & de quelques
autres Officiers Generaux , alla
*réconnoître le Terrain ſitué entre
la Save& le Danube , pour y faire
camper l'Armée le plus avantageuſement
qu'il feroit poſſible :
Commece Prince ſe retiroit avec
ſaTroupe , compoſée de fix Regimens
de Cavalerie , & de toutes
les Compagnies de Grenadiers &
Carabiniers à Cheval ; deux mille
Chevaux fortis de Belgrade , étant
tombez ſur ſon Arriere-Garde , en
furent reçûs ſi vivement , qu'ils
prirent le parti de fe retirer avec
quelque perte. Après cette expedition
, la marche de toute l'Armée.
fut ordonnée pour le lendemain.
Le 19. les mêmes Regimens &
Compagnies de la veille , avec les
Juillet 1717 .
F
62 LE MERCURE
Marêchaux des Logis,& les Fourriers
, ûrent l'Avant-Garde. L'Armée
les ſuivoit ſur quatre Colonnes.
L'Ennemi ayant obſervé ce
mouvement, fit deſcendre cinquante
, tant Saïques , que demi Galéres
armées , vers Viſnitza ; elles
firent d'abord un feu terrible de
Canon pendant quelque tems ſur
nôtre Cavalerie & nos Bagages ,
mais avec peu d'effet ; parce qu'on
avoit û la précautionde dreſſer ſur
les Bords du Danube quelques Batteries
, qui les forcérent de ſe retirer
promptement ſous le Canon
de Vvaſſerltad , autrement la Villed'Eau.
Durant cette marche , le
Comte de Nadaſti , Generalde la
Cavalerie ; & M. Ahumada ,
Lieutenant General & Marêchal
des Logis , avoient été laiſſez , le
premier avec ſix Regimens de Cavalerie
, & le ſecond avec quatre
Bataillons, pour couvrir notre Pont
fur le Danube. Entre 9. & 10.
heures du matin , on déboucha
dans la Plaine , quoique l'Ennemi
1
DE JUILLET . 63
:
:
|
fut forti avec un gros Corps de
Cavalerie& d'Infanterie juſqu'à la
Palanque. Nôtre Aîle gauche s'avança
ſur la Save , où elle fut expoſée
aux Canonades des Saïques
&Fregattesdes Infideles, pendant
qu'on plaçoit quelques pieces
de Canon , pour les faire retirer;
on enuſade même avec ſuccez à
la Droite qui s'étendoit au Danube.
Après que tout le Camp fut
formé , &la Ville inveſtie , depuis
la premiere Riviere , juſqu'à l'autre
, tout le reſte du Bagage arriva
le foir. On donna ordre de rompre
le Pont de Pantzova , pour le
faire remonter plus haut , &
de faire avancer les deux
Vaiſſeaux deGuerre , qui étoient
au Confluant de la Tenes , pour
couvrir la communication .
Le 21. on commença à travailler
aux Lignes de Circonvallation
&de Contrevallation : L'Ennemi
a fait un feu continuel , depuis 9.
heures du matin , juſqu'au foir.
Pendant cette manoeuvre, le Com
Fij
64
LE MERCURE
te de Hauben Lieutenant General,
Maréchal deCamp, avoit û ordre de
letranſporter avec ſes Troupes &
ſes Ponts de Batteaux fur la Save ,
pour y jetter auffi un Pont de communication
, & bloquer de ce côtélà
Belgrade , ce qu'il a executé
heureuſement .
P. S. Les avis de Petri-Varadin
portent, que les Turcs ayant apris
que nôtre Armée avoit paflé leDanube
, ont abandonnés le Fort de
Kupinova fur la Save, après l'avoir
brûlé:Nous avons paffé le Danube,
fans perdre un ſeul homme : Toute
l'Artillerie de Campagne , deftinée
pour l'Armée Ottomane &
pour l'Armement de leurs Vaifſeaux
,, ſe trouve renfermée dans
Belgrade. Nous nous ſommes emparez
ſans reſiſtance d'une Mofquée
du Faux- Bourg exterieur, &
lesTurcs ontdudepuis abandonnés
le Faux- Bourg qui étoit ſans retranchement
; le Glacis& les Ouvrages
exterieurs ſont minez &
contre -minez, partout : Leur ArDE
JUILLET. 65
méedoit arriver le 4. à la Hauteur
deselle des Imperiaux.
ου
RELATION
De l'ouverture de la Campagnefaite
par l'Armée de l'Empereur ,
Sous le commandement du Prince
Eugene de Savoye.
Du Camp de Viſnitza en Servie le 28Juin 1717.
SAMajeft
A Majesté Imperiale , aprés les
laCampagnepafléc,
ayant mis toute ſon attention à
E ij
52 LE MERCURE
1
,
pourſuivre ſes avantages contre
l'Ennemi commun du Nom Chrétien
; a entretenu des garniſons
dans des poſtes avancez pendant
l'hiver, & a ordonné toutes les difpoſitions
poſſibles , tant pour recruter
& augmenter ſon armée
que pour la pourvoir d'Artillerie ,
d'Attirails de guerre , de Ponts ,
de Vaiffeaux de tranſport , & de
Magaſins de Vivres ; afin d'être
en état de faire cet Eté des entrepriſes
plus éclatantes contre les
Infideles. Les Régimens Imperiaux
qui étoient en quartier en deçà du
Tibiſque , en Tranfilvanie & dans
le Bannat de Temeſwar , eurent
ordre de s'afſſembler au commencement
de Mai , ſous le commandement
du Comte de Merci General
de la Cavalerie ; tandis que
le reste de l'Armée devoit ſe rendre
le douze , au Camp de Furack ,
afin d'y avoir les troupes néceffaires
, prêtes felon l'éxigence des
opérations.
Ces diſpoſitions faites , le PrinDE
JUILLET 53
ceEugene partit par eau de Vienne
le treize Mai , & arriva le 21. au
Camp de Futack ; mais,comme la
plupart des Regimens n'y étoient
pas encore , non plus que l'Artillerie
, S. A. jugea qu'il étoit convenable
au Service de Sa Majeſté
Imperiale , de s'aboucher àPantzova
avec le Comte de Merci ,
pour concerter avec lui , & reconnoître
de ce côté-là le Danube &
les environs. A fon retour au
Camp , les Regimens qui manquoient
, arriverent ſucceſſivemert
, avec lesquels le Prince réfolut
de commencer les opérations
, à deſſein de profiter du
tems , & de la ſituation des Ennemis
; par le paſſage de la Save ,
ou par celui du Danube : Aprés
avoir mûrement éxaminé les Čirconſtances
, il fut arrêté , que l'on:
tenteroit le paffage du Danube.
On commença pour cette expédition
de faire tous les préparatifs
néceſſaires ſur ce Fleuve ; les barques
furent envoyées plus bas danss
Eiij
LE MERCURE
le Donawitz : Le Comman
deur Schvvendiman reçût auſſi
ordre de s'avancer avec les vaifſeaux
de guerre près de Salanckemen,
pour exécuter ce que le Comte
de Merci ordonneroit . On diſtribua
les Troupes en divers Camremens
dans le Bannat,de maniere
qu'elles pouvoient s'aſſembler ,
•ſans donner de l'ombrage aux
Tures...
Le 9. Juin , l'Armée ſe mit en
marche près de Peter-Varadin ,
&campa la nuit à Kobila. On ne
pût avoir aucun avis certain de la
ſituation des Ennemis ; mais fuivant
ceux qu'on reçût de la frontiere
, leur armée ne pouvoit être
jointe de quelque tems , puiſque
le Grand Viſir étoit encore occupé
à la former près d'Andrinople.
Le 10. on s'avança au pont de
communication , conſtruit à Villova
fur le grand Marais : Le Com.
te de Merci y vine ſur le midi ,
pour informer S. A. le Prince Eu
gene des diſpoſitions qu'd avoit
DE JUILLET.
55
i
faites ,& recevoir ſes ordres. Les
Lettres que ceGeneral avoit reçûës
de Vipalanca marquoient , que
divers Batimens ennemis montoient
le Danube à force de rames,
d'Orfova vers Belgrade , & que
quoiqu'on ne leur laiſſat pas le
paſſage libre par le feu , & les
canonades du Fort de Vipalanca ,
il n'étoit pas cependant poſſible ,
àcauſe de la largeur de la riviere ,
deleur empêcher le paſſage , particulierement
de nuit.
Le 11. onpaſſa fur les pontsde
Villova , du Tibiſque & de la
Begue avec affez de fatigue , à
cauſe des défilez& de la grande
chaleur qu'il faiſoit ; on ſe campa
à Czige.
Le 11. leGeneral de bataille Baron
de Diesbach fut détaché avec
trois bataillons & 200. chevaux
vers l'embouchure du Donavvitz,
pour ſoûtenir par terre les deux
vaiſſeaux de guerre quiy étoient
àl'ancre , & pour couvrir la communication
; on fit élever pour cet
56 LE MERCURE
effet une Redoute ſur le Danube :
Les autres trois vaiſſeaux de guerre
étoient déja entrez dans le Donavvitz
avec quelques Saiques ,
&avec les aprêts qu'on avoit faits
àPeter-Varadin.
Le 13. on paffa le Temes , &
on marcha à Oppova , où le General
Comte de Merci avoit embarqué
ſon Infanterie deſtinée
pour le paſſage ; qu'il fit avancer
avec les vaiſſeaux de guerre& les
Saiques , ainſi que les pontons &
lesbarques de tranſport du Donavvitz
dans le Temes : Afin que ces
batimens ne fuſſent empêchez par
lepont de Pantzova , on en défit
une partie , & on arracha les pieux
du fond de l'eau .
Le 14. comme l'Armée de terre
ſe campaà une lieuë au deſſus de
Pantzova , on y fit avancer le tout
par eau , afin de tenter le lende
main le paſſage à une lieuë & demiede
ce poſte. On diſtribua pour
cer effet , le pain pour quelques
jours , avec les munitions nécefDEJUILLET
. $7
faires , aux 27. Bataillons , aux
24. compagnies de Grenadiers ,
fous le commandement du Comte
de Merci , aux troupes du Lieutenant
General Comte Broune de
Camus , & à celles des Generaux
de bataille Vobeſer , Vvallis,
&Odvier.
Le 15. à la pointe du jour ,
nonobſtant que les Ennemis s'étoient
fait voir partout pendant
la nuit , ſur les éminences où ils
avoient allumé beaucoup de feux,
pour faire voir qu'ils étoient alertes,
lemouvement des Nôtres ſe fit
en la maniere ſuivante. Les trois
vaiſſeaux de guerre , avec les Oranizzes
& les Saiques prirent le
devant ; un des vaiſſeaux ſe poſta
au-deſſus des trois Iſles devant
l'embouchure du Temes , où tout
devoit déboucher pour le couvrir
, & les deux autres vaiſſeaux
avec les Oranizzes & les Saiques
deſcendirent plus bas au-deſſous,
vis- à-vis du village de Vvuntſch ,
la droite & à la gauche de l'en58
LE MERCURE
droit où on devoit jetter le pont ,
pour legarantir contre les entrepriſes
des Ennemis , tant du côté
deBelgrade , que de celui d'Orſova
, de même que l'Infanterie
en flanc. Sur cela , un Sergent
Major , & fept compagnies de
Grenadiers ſuivirent, avec un General
de bataille , un Lieutenant
Colonel , un Sergent Major , &
dix compagnies de Grenadiers ;
enfuite , fix petites pièces de campagne,
pour s'en fervir à la tête ,
&où il feroit néceſſaire , aprés
avoir réconnu le terrain : Le reſte
de l'Infanterie , les Pontons , &
après eux quelques Saiques qui
les couvroient , &qui ſe poſterent
au-deſſus du Pont qu'on devoit
conſtruire, ſuccéderent. Les quatre
Régimens de Dragons de Savoye ,
Vvirtemberg , Vhelen , & Schonborn
furent placez fur le territoire
de Pantzova juſqu'au Danube, ſur
lebord de laquelle riviere on planta
quelques piéces de canon , & on
ytintbonnombre de faſſines prêtes.
DE JUILLET
59
S. A. le Prince Eugene voulant
ſe trouver avec les Generaux au
paſſage du trajet , laiſſa ordre dans
le Camp à toute l'Infanterie de
s'avancer , pour être à portée de
ſuivre le premier tranſport commandé
en Chef par le Comte de
Merci , qui réüffitſans la moindre
oppoſition ; quoique l'Ennemi voltigeât
partout ſur les éminences.
Les barques furent d'abord renvoyées
de l'autre côté , ſur lefquelles
s'embarquerent les compagnies
de Grenadiers , & les Bataillonsde
l'Infanterie qui étoient
à portée , avec le Feldt-maréchal
Comte deHeiſter , le Prince Alexandre
de Vvirtemberg , & leGeneral
de l'artillerie Comte de Regal.
On continuadetranſporter l'In.
fanterie juſqu'à ce qu'on la jugeât
ſuffiſante pour s'oppoſer aux entrepriſes
des Ennemis ; ce qui parut
d'autant plus facile que leterrain
étoit avantageux , & qu'il y
avoit un Marais en front.On tranfporta
auſſi quelque Cavalerie &
60 LE MERCURE
Huſſars , pour s'en ſervir ſelon les
occurrences. On fit avancer aprés
cela les Barques du Pontque l'on
joignit ,& le Pont étant formé de
84. barques , ony fit paſſer le reſte
de l'Infanterie.
Le 16 avant le jour , les Régimens
de Dragons qui étoient
entre Pantzova & le Danube ,
&le reſte du Corps du Comte de
Merci ſuivirent avec l'Aartillerie
& la Cavalerie du Corps
poſté au deſſus de Pantzova qui
artiva aflés tard. Le Camp fut for.
mé ſur la hauteur de Viſnitza à
une lieuë & demie au deſlous de
Belgrade,&le General debataille
Comte d'Odvier fut laiſſe avec
fix bataillons & quelque Cavale-
Tiede celle qui avoit paffé présdu
Pont du Danube , pour le couvrir.
Le 17. le bagage commença à
paffer le pont : Comme il a fallu
pénétrer par des défilés , le reſte
n'arriva ence Camp que ce jourlà.
L'Ennemi s'eſt fait voir par
rene & par eau affez prés de Vifnitza
DE JUILLET. 61
nitza ; mais il s'eſt retiré précipitemment
, voyant que nous avions
placé quatre pièces de canon ſur
unehauteur.
Le 18. au matin , le Prince Eugene
, accompagné du Prince Alexandre
de Vvirtemberg, des Comtes
Palfy , Heiſter & de quelques
autres Officiers Generaux , alla
*réconnoître le Terrain ſitué entre
la Save& le Danube , pour y faire
camper l'Armée le plus avantageuſement
qu'il feroit poſſible :
Commece Prince ſe retiroit avec
ſaTroupe , compoſée de fix Regimens
de Cavalerie , & de toutes
les Compagnies de Grenadiers &
Carabiniers à Cheval ; deux mille
Chevaux fortis de Belgrade , étant
tombez ſur ſon Arriere-Garde , en
furent reçûs ſi vivement , qu'ils
prirent le parti de fe retirer avec
quelque perte. Après cette expedition
, la marche de toute l'Armée.
fut ordonnée pour le lendemain.
Le 19. les mêmes Regimens &
Compagnies de la veille , avec les
Juillet 1717 .
F
62 LE MERCURE
Marêchaux des Logis,& les Fourriers
, ûrent l'Avant-Garde. L'Armée
les ſuivoit ſur quatre Colonnes.
L'Ennemi ayant obſervé ce
mouvement, fit deſcendre cinquante
, tant Saïques , que demi Galéres
armées , vers Viſnitza ; elles
firent d'abord un feu terrible de
Canon pendant quelque tems ſur
nôtre Cavalerie & nos Bagages ,
mais avec peu d'effet ; parce qu'on
avoit û la précautionde dreſſer ſur
les Bords du Danube quelques Batteries
, qui les forcérent de ſe retirer
promptement ſous le Canon
de Vvaſſerltad , autrement la Villed'Eau.
Durant cette marche , le
Comte de Nadaſti , Generalde la
Cavalerie ; & M. Ahumada ,
Lieutenant General & Marêchal
des Logis , avoient été laiſſez , le
premier avec ſix Regimens de Cavalerie
, & le ſecond avec quatre
Bataillons, pour couvrir notre Pont
fur le Danube. Entre 9. & 10.
heures du matin , on déboucha
dans la Plaine , quoique l'Ennemi
1
DE JUILLET . 63
:
:
|
fut forti avec un gros Corps de
Cavalerie& d'Infanterie juſqu'à la
Palanque. Nôtre Aîle gauche s'avança
ſur la Save , où elle fut expoſée
aux Canonades des Saïques
&Fregattesdes Infideles, pendant
qu'on plaçoit quelques pieces
de Canon , pour les faire retirer;
on enuſade même avec ſuccez à
la Droite qui s'étendoit au Danube.
Après que tout le Camp fut
formé , &la Ville inveſtie , depuis
la premiere Riviere , juſqu'à l'autre
, tout le reſte du Bagage arriva
le foir. On donna ordre de rompre
le Pont de Pantzova , pour le
faire remonter plus haut , &
de faire avancer les deux
Vaiſſeaux deGuerre , qui étoient
au Confluant de la Tenes , pour
couvrir la communication .
Le 21. on commença à travailler
aux Lignes de Circonvallation
&de Contrevallation : L'Ennemi
a fait un feu continuel , depuis 9.
heures du matin , juſqu'au foir.
Pendant cette manoeuvre, le Com
Fij
64
LE MERCURE
te de Hauben Lieutenant General,
Maréchal deCamp, avoit û ordre de
letranſporter avec ſes Troupes &
ſes Ponts de Batteaux fur la Save ,
pour y jetter auffi un Pont de communication
, & bloquer de ce côtélà
Belgrade , ce qu'il a executé
heureuſement .
P. S. Les avis de Petri-Varadin
portent, que les Turcs ayant apris
que nôtre Armée avoit paflé leDanube
, ont abandonnés le Fort de
Kupinova fur la Save, après l'avoir
brûlé:Nous avons paffé le Danube,
fans perdre un ſeul homme : Toute
l'Artillerie de Campagne , deftinée
pour l'Armée Ottomane &
pour l'Armement de leurs Vaifſeaux
,, ſe trouve renfermée dans
Belgrade. Nous nous ſommes emparez
ſans reſiſtance d'une Mofquée
du Faux- Bourg exterieur, &
lesTurcs ontdudepuis abandonnés
le Faux- Bourg qui étoit ſans retranchement
; le Glacis& les Ouvrages
exterieurs ſont minez &
contre -minez, partout : Leur ArDE
JUILLET. 65
méedoit arriver le 4. à la Hauteur
deselle des Imperiaux.
Fermer
4
p. 1831-1834
MORTS, NAISSANCES,
Début :
Dame Louise-Therese de Barbançon, mourut à Blois, le 26. May dernier, [...]
Mots clefs :
Héritière, Commandeur de l'Ordre de Saint Louis, Commandement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES,
MORTS , NAISSANCES ,
Ame Louise -Therese de Barbançon,
mourut à Blois , le 26. May dernier,
âgée de 28. ans. Elle étoit seule heritiere
de la Branche des Barbançon du Moulin
Maison qui tire son origine des anciens
Comtes de Flandres. Elle étoit Epouse de
Jacques Savare , Ecuyer , Seigneur de
Charloy , cy- devant Mousquetaire du
Roi , et Ecuyer de feüe Madame la Duchesse
de Berry ..
Le 4. de ce mois , Dame Marie- Geneviéve
Routtier , Epouse de M. Jean- Jacques
Dubergier, Chevalier , Seigneur des
Salles et de Montaumere , mourut à Paris
, âgée de 74. ans.
François - Cesar de Roucy , Chevalier ,
Comte de Sissonne, mourut les Juillet,
âgé de 74. ans.
Dame Catherine Cheveret , veuve da
M. Florant de Cossart , Chevalier , Marquis
Despieds , et Epouse de M. Nicolas-
Louis Grosteste , Chevalier , Seigneur de
Jouy , &c. Commandeur de l'Ordre de
S. Louis , Maréchal des Camps et Armées
du Roi , mourut le 11. Juillet , âgée d'environ
78. ans.
1832 MERCURE DE FRANCE
Charles-François d'Albert Dailly, Duc
de Picquigny , Pair de France , Capitaine
Lieutenant de la Compagnie des Chevaux
Legers de la Garde ordinaire du Roi ,
et Colonel d'un Régiment d'Infanterie
mourut à Paris le 14. Juillet , âgé de
près de 24. ans.
Il laisse une fille de son Mariage avec
N.de Courcillon , Le Roi a donné au Duc
de Chaulnes , son pere, la Charge de Capitaine-
Lieutenant des Chevaux- Legers de
la Garde , à qui au mois d'Avril 1729.
S. M. en avoit conservé le commandement
pour six ans , Il reste encore un fils
au Duc de Chaulnes , qui avoit embrassé
l'Etat Ecclesiastique.
Au Duc de Chaulnes , sur la Mort du Duc
de Pequigny.
STANCES.
Pequigny n'est donc plus qu'un amas de poussiere
,
Et ce Heros naissant disparoît à nos yeux ;
Les larmes de l'Epouse et les vertus du Pere ,
N'ont pu fléchir les Cieux.
La Nature et l'amour observent le silence ,
Leurs regards mutuels expriment la douleur,
La raison rougiroit d'avoir de l'Eloquence ,
Dans un si grand malheur.
De
JUILLET. 1833 1731 .
De Chaulnes , pour ton coeur le moment est critique
,
Contre de pareils coups la valeur n'offre rien ,
Mais ce qui troubleroit l'ame la plus stoïque ,
Releve le Chrétien .
Souviens- toi d'Abraham et de son Sacrifice ,
Prêt d'immoler son fils , il étendit le bras.
La Nature en frémit , et sans l'Ange propice ,
Il ne balançoit pas.
Le Dieu qui t'a frappé , veut de l'obéïssance ;
La Foi doit soutenir ton courage abbatu :
Raison, Nature, amour, que peut votre puissance,
Contre tant de vertu.
Dame Therese de Lambert , veuve de
Louis de Beaupoil , Comte de S. Aulaire,
Seigneur de la Porcherie et de la Grenellerie
, Maréchal des Camps et Armées du
Roi , Colonel du Régiment d'Anguien ,
mourut le 14. Juillet, âgée de 52. ans environ
.
Louis de Montesquiou d'Artagnan, Abbé
Commandataire des Abbayes de Sortes
et de Marzan , mourut le 17. Juillet , âgé
de 82. ans.
Le 24. D. Aimée - Therese - Catherine de
Dreux de Nancré , Epouse de Joachim-
Ignace
1834 MERCURE DE FRANCE
L
Ignace de Berrenechea , Ambassadeur
Plénipotentiaire du Roi d'Espagne auprès
du Roi , pour le Congrès de Soissons
mourut , âgée d'environ 28. ans.
Le même jour , Louis l'Heritier , Ecuyer,
Secretaire du Roi , mourut , âgé de 69 .
ans ou environ .
D.Charlotte-Sophie de Sonning, Epouse
de M.Guy Etienne- Alexandre de Faoucq,
Chevalier , Marquis de Grenetot , Mestre
de Camp de Cavalerie , Sous Lieutenant
des Chevaux - Legers de Bretagne , accoucha
le 14 Juin d'une fille qui fut tenuë
sur les Fonts , et nommée Marie- Louise-
Sophie , par Louis - Auguste de Sonning ,
Chevalier , Conseiller du Roi , et Receveur
General des Finances de la Generalité
de Paris , et par D. Marie-Louise du
Moulley , Epouse de M. Guy de Faoucq,
Chevalier , Marquis de Grenetot.
Ame Louise -Therese de Barbançon,
mourut à Blois , le 26. May dernier,
âgée de 28. ans. Elle étoit seule heritiere
de la Branche des Barbançon du Moulin
Maison qui tire son origine des anciens
Comtes de Flandres. Elle étoit Epouse de
Jacques Savare , Ecuyer , Seigneur de
Charloy , cy- devant Mousquetaire du
Roi , et Ecuyer de feüe Madame la Duchesse
de Berry ..
Le 4. de ce mois , Dame Marie- Geneviéve
Routtier , Epouse de M. Jean- Jacques
Dubergier, Chevalier , Seigneur des
Salles et de Montaumere , mourut à Paris
, âgée de 74. ans.
François - Cesar de Roucy , Chevalier ,
Comte de Sissonne, mourut les Juillet,
âgé de 74. ans.
Dame Catherine Cheveret , veuve da
M. Florant de Cossart , Chevalier , Marquis
Despieds , et Epouse de M. Nicolas-
Louis Grosteste , Chevalier , Seigneur de
Jouy , &c. Commandeur de l'Ordre de
S. Louis , Maréchal des Camps et Armées
du Roi , mourut le 11. Juillet , âgée d'environ
78. ans.
1832 MERCURE DE FRANCE
Charles-François d'Albert Dailly, Duc
de Picquigny , Pair de France , Capitaine
Lieutenant de la Compagnie des Chevaux
Legers de la Garde ordinaire du Roi ,
et Colonel d'un Régiment d'Infanterie
mourut à Paris le 14. Juillet , âgé de
près de 24. ans.
Il laisse une fille de son Mariage avec
N.de Courcillon , Le Roi a donné au Duc
de Chaulnes , son pere, la Charge de Capitaine-
Lieutenant des Chevaux- Legers de
la Garde , à qui au mois d'Avril 1729.
S. M. en avoit conservé le commandement
pour six ans , Il reste encore un fils
au Duc de Chaulnes , qui avoit embrassé
l'Etat Ecclesiastique.
Au Duc de Chaulnes , sur la Mort du Duc
de Pequigny.
STANCES.
Pequigny n'est donc plus qu'un amas de poussiere
,
Et ce Heros naissant disparoît à nos yeux ;
Les larmes de l'Epouse et les vertus du Pere ,
N'ont pu fléchir les Cieux.
La Nature et l'amour observent le silence ,
Leurs regards mutuels expriment la douleur,
La raison rougiroit d'avoir de l'Eloquence ,
Dans un si grand malheur.
De
JUILLET. 1833 1731 .
De Chaulnes , pour ton coeur le moment est critique
,
Contre de pareils coups la valeur n'offre rien ,
Mais ce qui troubleroit l'ame la plus stoïque ,
Releve le Chrétien .
Souviens- toi d'Abraham et de son Sacrifice ,
Prêt d'immoler son fils , il étendit le bras.
La Nature en frémit , et sans l'Ange propice ,
Il ne balançoit pas.
Le Dieu qui t'a frappé , veut de l'obéïssance ;
La Foi doit soutenir ton courage abbatu :
Raison, Nature, amour, que peut votre puissance,
Contre tant de vertu.
Dame Therese de Lambert , veuve de
Louis de Beaupoil , Comte de S. Aulaire,
Seigneur de la Porcherie et de la Grenellerie
, Maréchal des Camps et Armées du
Roi , Colonel du Régiment d'Anguien ,
mourut le 14. Juillet, âgée de 52. ans environ
.
Louis de Montesquiou d'Artagnan, Abbé
Commandataire des Abbayes de Sortes
et de Marzan , mourut le 17. Juillet , âgé
de 82. ans.
Le 24. D. Aimée - Therese - Catherine de
Dreux de Nancré , Epouse de Joachim-
Ignace
1834 MERCURE DE FRANCE
L
Ignace de Berrenechea , Ambassadeur
Plénipotentiaire du Roi d'Espagne auprès
du Roi , pour le Congrès de Soissons
mourut , âgée d'environ 28. ans.
Le même jour , Louis l'Heritier , Ecuyer,
Secretaire du Roi , mourut , âgé de 69 .
ans ou environ .
D.Charlotte-Sophie de Sonning, Epouse
de M.Guy Etienne- Alexandre de Faoucq,
Chevalier , Marquis de Grenetot , Mestre
de Camp de Cavalerie , Sous Lieutenant
des Chevaux - Legers de Bretagne , accoucha
le 14 Juin d'une fille qui fut tenuë
sur les Fonts , et nommée Marie- Louise-
Sophie , par Louis - Auguste de Sonning ,
Chevalier , Conseiller du Roi , et Receveur
General des Finances de la Generalité
de Paris , et par D. Marie-Louise du
Moulley , Epouse de M. Guy de Faoucq,
Chevalier , Marquis de Grenetot.
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Résumé : MORTS, NAISSANCES,
Le texte relate divers décès et naissances survenus entre 1731 et 1734. En 1731, plusieurs personnalités notables sont décédées, dont Ame Louise-Thérèse de Barbançon, âgée de 28 ans, héritière des Barbançon du Moulin et épouse de Jacques Savare. Dame Marie-Geneviève Routtier, épouse de Jean-Jacques Dubergier, est morte à Paris à 74 ans. François-César de Roucy, chevalier et comte de Sissonne, est décédé à 74 ans. Dame Catherine Cheveret, veuve de Florant de Cossart et épouse de Nicolas-Louis Grosteste, est morte à environ 78 ans. Charles-François d'Albert Dailly, duc de Picquigny et pair de France, est mort à près de 24 ans, laissant une fille et un fils. Dame Thérèse de Lambert, veuve de Louis de Beaupoil, est décédée à environ 52 ans. Louis de Montesquiou d'Artagnan, abbé commandataire, est mort à 82 ans. Dame Aimée-Thérèse-Catherine de Dreux de Nancré, épouse de Joachim-Ignace de Berrenechea, est décédée à environ 28 ans. Louis l'Héritier, écuyer et secrétaire du roi, est mort à environ 69 ans. En 1734, Dame Charlotte-Sophie de Sonning, épouse de Guy Étienne-Alexandre de Faoucq, a accouché d'une fille nommée Marie-Louise-Sophie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 1457-1465
Mort du Maréchal de Villars, [titre d'après la table]
Début :
LOUIS-HECTOR DE VILLARS, Duc de Villars, Pair de France, Grand d'Espagne de la premiere [...]
Mots clefs :
Maréchal de Villars, Roi, Armée impériale, Pair de France, Lieutenant général, Ennemis, Victoire complète, Commandement, Rhin, Armées, Troupes, Campagne, Électeur de Bavière, Prince Louis de Bade, Prince Eugène, Roi de Sardaigne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort du Maréchal de Villars, [titre d'après la table]
HOVA TUIN (1731 ) $1457
Ar-
-ALOUISHECTOR DE VILLARS , Duc de Villars,
Pair de France , Grand d'Espagne de la premiete
classe , Prince de Martigues ; Vicomte de Melun,
Marquis de la. Mele , Comte de la Rochemilley,
Golleville la Chapelle , Villeneuve & c. Minissitrend'Era
Maréchal general des Camps et Armées
du Roy , Doyen des Maréchaux de Frad-
Seege Chevalier des Ordres du Ror et de l'Ordre
de la Toison d'ar , Ambassadeur extraordinaire
de S1M2 auprès du Roy de Sardaigne General
-des Troupes Françoises en Italie , Gouverneur et
-Lieutenant . General de Provence ,...Gouverneur
des Ville , Gitadelle et Eott de Marseille ,
idés etterres adjacentes Ville Tours et Forts de
Boulon , Ville et Citadelle, de S.: Tropez et cidevant
de Fribourg en Brisgaw , l'um des 40s de
-BAcadémicobrançoisen eindevant Ambaſſadeur
sextraordinaire, or Plenipotentiaire pour les Traistez
de Paix à Rastattetina, Bade , President du
Conseil.de guerre et Conseiller au Conseil
de Regence , commepça) à porter les armes en
U167xtraprèsavoir servi d'Aide de Camp dau
Maréchal dp Beliefand , son , cousin , germain.
dlsivile Rayb au siege diOrsoy en 16725 I'
se detacha Volontaire avec un de ses camarades
zeb entraйcćobeaucoup d'hardiesse jusques dan
ales bathieres de Mastricht ; ipour y faire des pr
ssonniers.Ise trouvá ensuite aux sieges de Zut
-pheul ,cde Cravecitur de Doosbourg et au Pas
sage du Rhin, où s'étant extrémement distingué
da Corneredesompagnie des Chevaux- Le
gers Boatgongmons A‘qui se trouva vacante ilum
fundōngécang basamos x sub
siekkagheva dette campagnasup la Moselle et sui
Jabonoestorsaestdu : Vacomte de Turenne
byver suivantil fuc enyoié en Espagne pou
i1t1 II, Vol.
I v com
1458 MERCURE DE FRANCE
complimenter le Roi Catholique sur sa confalescence.
En 1673. il se rendit de Madrid au siege de
Mastricht , et fit le reste de la campagne sous les
-ordres du Vicomte de Turenné , qui le mertdie
de tous les Partis commandez par les plus hardis
Partisans.
En 1674. aprés avoit commencé la campagne
sur le Rhin , il revintratec la Gendarmerie en
Flandres et sentroava au combat de Sèrief, on,
quoique blessé dès le commencement de l'action
, il demeura jusqu'à la fin , et chargea plusieurs
fois malgré les douleurs de sa blessure
qui le firent évanouir deux fois le Roy li
donna un des trois Regimens de Cavalerie qui
vacquerent én cette occasion.
Il fit les campagnes suivanges sõus les Maréchaux
de Luxembourg et de Crequy , et se tronva
aux sieges de Condé et d'Aire , au secours de
Mastricht , au siege de S. Omery à la bataille de
Cassel , au combar de Coquesberg , od il fit six
charges differentes à la tête de son Regiment, au
combat de Kel , où commandant 200 chevaux
' il força une barrière et mir en déroute deux mille
des ennemis.
Il servit aa siege de Fribourg; od il mona des
premiers à l'assaut de la première muraille , erse
trouva au combat de Valkrik , où il sauva le
quartier de sa Brigade , investie par 4000 hommes
de pied des ennemis.
La campagne suivante il sotint au passage de
tuisseau de Neufbourg l'Arrieresgarde poussée
par mille chevaux commandés par le Prince
Louis de Bade , quitta son poste où il n'y avoit
rien à faire , marcha diligemment aux ennemis ,
les chargea , & les contint jusqu'à l'arrivée du
secours.
11
JUIN 1734.
T459
•
Il attaqua encore fous les ordres du Maréchal
de Créquy l'arriere - garde de l'Armée
Imperiale dans la vallée de Gueguembach au passage
de la Kinche , & fit prisonnier le Colonel
qui y commandoit.
Il servit ensuite au siege du Fort de Kell , &
monta le premier à l'assaut , qui fut donné en
plein jour , et dans lequel cette Forteresse fur
emportée.
Il fut envoyé au mois de Decembre 168%.
à Vienne à l'occasion de la mort de l'Impéra
trice Eleonore. De-là il passa en Hongrie , ou
il gagna la confiance de l'Electeur de Baviere
et se trouva auprès de lui à la Bataille d'Ersen ,
od les Troupes Impériales remportérent une
Victoire complette contre les Turcs en 1687 .
Il eut ordre ensuite de passer l'Hyver auprés
de l'Electeur de Baviere , d'où étant de retour
il fut fait Brigadier le 24 Août 1688. et pourvú
presque en même tems de la charge de Commissaire
General de la Cavalerie.
Le Roi le renvoya ensuite auprès le l'Electeur
de Baviere pour l'empêcher de se déclarer pendant
le Siége de Philisbourg.
Ayant été fait Maréchal de Camp le 18.
Mars 1890. Il eut le commandement des Troupes
pendant l'Hyver du côté de Tournai , er
exigea du Pays Ennemis plus de trois millions
de contributions ; et marchant ensuite au bombardement
de Liége , il prit le Fort de Cherai ,
dont la Garnison fut taillée en pièces. Il eut
ensuite le commandement d'un Corps de Trou
pes , pour garder les Lignes , d'où il sortit pour
marcher au devant du Marquis de Castanaga si
qui venoit pour les forcer , mais il se posta ,
bien , que l'autre n'osa ni l'attaquer ni s'approcher
desLignes ... Lvj
I
1460 MERCURE DE FRANCE
Il se trouva au Combat de Leuze , où avec
1200 Chevaux , il harcela la marche de l'Arrieregarde
Ennemie , commanda l'aile gauche
débordée par la droite des Ennemis , er fit des
charges si vives avec un seul Regiment qu'il
rompit trois Lignes des Ennemis.
Au commencement de la Campagne de 1692 .
il défit 3000 Chevaux commandez par le Comte
de la Lippe , se trouva à la défaite du Prince
Administrateur de Wirtemberg , qui se rendit
à lui , et eut l'Hyver suivant un commandement
en Flandres pour établir et pousser les contributions.
Il fut fait Lieutenant General le 30. Mars
1693. et destiné en même- temps pour servir en
Allemagne , où il défit près de. Vislocq une arriere-
garde des Ennemis , soutenuë par le Prince
Louis de Bade , leur General.
Envoyé ensuite pour retirer des postes d'Infanterie
trop avancez , il fit une retraite de deux
lieues , malgré les défilez et l'avant - garde de
l'Armée Imperiale , qui ne put jamais l'entamer.
Il passa dans l'Armée d'Italie , et au mois de
Novembre de la même année 1693. le Roy lui
donna le Gouvernement de Fribourg. Il revint
servir en Allemagne , et ayant été renvoyé en
Italie pour y commander la Cavalerie , il se trouva
au Siege de Valence.
Il repassa en France et alla servir sur le Rhin ,
où il baitit un corps considerable de Hussarts
commandé par le Comte Palfi , leur General, qui
y fut blessé. La Paix étant faite , il fut nommé
au mois de Novembre 1697. Envoyé extraordi
maire vers l'Empereur,dont il eut sa premiere Audience
au mois de Septembre 1698.
La guerre ayant recommencé , il eut son Au-
II. Vol dience
JUIN. 1734 1461
dience de congé de l'Empereur le 25. Juillez
1701. et se rendit en Italie , où en allant joindre
P'Armée il défit avec son escorte 900. Chevaux ,
commandez par le General Mercy.
En 1702. il fut rappellé d'Italie pour aller ser
vir sur le Rhin .
Il fut détaché sur la fin de Septembre de l'Ar
mée du Maréchal de Catinat avec un corps de
Troupes, auquel il fit passer le Rhin à Huningue
la nuit du premier au 2. Octobre ; ensuite de
quoi il rétablit , à la vue de l'Armée ennemie , le
Fort que les François avoient autrefois à la tête
du Pont de Huningue du côté d'Allemagne ,
se rendit maître de la Ville et du Château de
Neubourg sur le Rhin ; et profitant des mouve
mens que fit le Prince Louis de Bade pour reprendre
cette Place , il l'attaqua à Fridlingue le 14.
du même mois , et remporta sur lui une victoire
complette.
Le 21. suivant , le Roy , pour le récompenser
d'une entreprise si importante et si heureusement
executée , le déclara Maréchal de France , et en
même-temps General de son Armée en Alle
magne.
En 1703. il fit le Siege du Fort de Kell ; qu'il
prit au mois de Février en 13. jours de tranchée .
Trois semaines après ayant passé le Rhin et
reconnu l'impossibilité de forcer les lignes de
Stolhofen pour se faire un passage de côté - là ,
il tourna par la Vallée de Kentzig , surmonta
toutes les difficultez du passage des 'Montagnes .
Noires , força en un jour et demi divers postes
er joignit heureusement l'Electeur de Baviere ,
qui voulant marcher du côté du Tirol , lui laissa
le soin de garder le Danube , ce qu'il fit avec un
grand succès.
II. Vol.
II
Il battit, sous les ordres du Duc de Baviere,
les Impériaux à Hochstet le io. Septembre
,
prit
ensuite Kemptcn
, et ayant forcé le Prince de
Bade à quitter son Camp d'Ausbourg,il demanda
son rappel, qu'il obtint au mois d'Octobre.
Il eut en 1704. le commandement de la Province
de Languedoc, où il pacifia les troubles
qui s'étoient '11eevez dans les Sevennes.
Le premier Janvier '7°f. le Roy le proposa
pour être reçu Chevalier de ses Ordres et lui en
donna la Croix et le Collier le a. Février suivant.
Il eut la même année le commandement de
l'Armée sur la Moselle,où par sa bonne conduite,
il déconcerta les projets des Ennemis, et obligea
leur Armée nombreuse de s'éloigner de nos
Frontières
,
après quoi il porta la guerre dans
leur Pays
, y fit subsister son Armée
, passa le
Rhin et mit l'épouvante dans le Pays ennemi.
Le Roy pour reconnoître de si importans services
,
érigea sa Terre de Vaux-le-Vicomte et ses
dépendances en titre de Duché
, sous le nom de
Villars, par Lettres données à Versailles au mois
de Septembre 1705. et registrées au Parlement
lé f. du même mois.
Le Maréchal de Villars ayant été continué en
I705.dans le commandement de l'Armée d'Aile^
magne ,
délivra le Foit-Louis bloqué depuis six
mois, renversa les lignes que les Ennemis avoient
faites aux environs
, et prir ensuite Haguenau y
Bitscheviler et Drusenheim.
En 1707. il força le 1J May les lignes de Stolhoffen
,
pénétra dans le Wirtemberg, mit le Pays
à contribution jusqu'aux portes de Francfort, er
obligea la Ville d'Ulm de lui rcndre les prisonniers
qu'elle retenoi, depuis la seconde liataiils
d'Hochstct.
En 1708. le Roy l'envoya commander soit
Armée de Dauphiné, où il prit des postes si
avantageux qu'il empêcha le Duc de Savoye de'
penetrer dans cette Province.
En 1709. Il eut le commandement de l'Armée
en Flandres, et reçut une blessure- considérable
à la jambe à la sanglante Bataille de Maiplaquct
le II. Septembre
,
de serte qu'on fut oblige de
l'emporter avant la fin de l'action. Le Roy, pour
lui témoigner la satisfaction qu'il avoit de sa
conduite
,
érigea son Duché de Villars en Pairie
de France-, par Lettres données à Versailles au
mois de Septembre 1709. lesquelles furent registrées
au Parlement de Paris le 7. Avril J7JÔ)
après quoi il prêta serment et prit séance en qualité
de Pair de France.
-
Il partit le 11. May suivant pour aller prendre:
le commandement de l'Armée en Flandres
,
dan?
lequel il fut continué les annéés suivantes. '
La Campagne de 171 z- lui fut des plus glorieuses
, ayant forcé les Ennemis dans leur Camp retranché
de Dénain sur l'Escaut, le 14. Juillet et
Pris ensuite le poste de Marchiennes
, ce qui
obligea le Prince Eugene de lever le Siégé dei:
Landrecies Ces heureux succès furent suivis dd
la Prise du Fort de Scarpe
-,
de Doiïay, du QueS-$
noy et de Bouchain. - '
En 1-7 ?• il fut envoyé en Allemagne, où
prit Landau
,
força les lignes d'Etlinghen et ter-1
mina cette derniere Campagne par la Prise de-r
Fribourg
,
d'où il se rendu à Rastatt, où il signal
le 6. M.irs 1714; avec le Prince Eugene de Sa-1
voye , un Traité de Paix entre l'Empereur et le;1
Roy. Il sigfia encore le 7. Septembre suivant le::
Traité de Paix conclu à en Suisse, entre laP
France et IFinire
T454 MERGURE DE FRANCE
A son retour de Rastatt il reçût à Versailles le
28. Mars 1714. par les mains du Duc de Berry ,
le Collier de l'Ordre de la Toison d'or, que le
Roy d'Espagne lui avoit envoyé , et le 23. Juin
suivant il fut reçû l'un des 40. de l'Académie
Françoise. 10 911 J
Il fut fait Président du Conseil de Guerre étai
bli au mois de Septembre, 1715. et ce ?Conseil
ayant été supprimé au mois de Septembre 1718.
il fut déclaré Conseiller au Conseil de Régencel
Il représenta le Connétable au Sacre du Roy
regnant , le 25. Octobre 1732 ; et il fut admis
dans les Conseils du Roy en qualité de Minis◄
tre d'Etat au mois de Décembre 1723. 1. 22
Le Roy l'ayant nommé pour aller commander
sous les ordres du Roy de Sardaigne , les Trou
pes que S Mavoit fait passer en Italie , le déclara
le 18. Octobre de l'année derniere Maréé
chal General de ses Camps, et Armées. Il partit
de Fontainebleau le 24. du même mois pour se
rendre en Italie , et étant arrivé le 11 Novembre
au Camp sous Pisighitone , il pritle commandes
ment de l'Armée , qu'il conserva jusqu'à ce que
sa santé alterée par les farigues d'une Campagne
continuée, jusqu'au milieu de l'hywers , l'ayant
mis hors d'état de rester a tase des Troupes !
il demanda la permission devenir en Francea
Après ; Lavoir obtenue , il partit le 27. May dernier
du Camp de, Bozolo, mais étant arrivé à Tne
rin le 3. Juin , il y tomba malade et les remedes
qu'on lui fit prendre n'ayant eu aupun succès fill
reçût ses Sacremens et mourut le 17, du nêmei
mois , âgé d'environ 82 ans , n'étant nó, qu'ear
1652 au mois de Mayhos . Outre quel
cette date ng accorde pas avec celle du Cóntrat
de Mariage des Pere et Mere du deffunt: quia
II. Vol.
JUIN. 1734. €465
est du 24. Janvier 1651. Il est certain que le
Maréchal de Villars avoit eu un frere aîné , mort
en bas âge , ce qui fait voir qu'il ne pouvoit être
né plutôt qu'en 1652.
Le Maréchal de Villars , que ses talens pour
la guerre et ses exploits militaires feront toujours
regarder comme un des plus grands et desplus
heureux Capitaines qui ait commandé les
Armées de France depuis long - temps , étoit fils
de Pierre de Villars , Baron de Mase as , Seigneur
de la Chapelle , & c . appellé le Marquis de Villars
, Chevalier des Ordres du Roy , Lieutenant
General de ses Armées , Conseiller d'Etat d'Epée,
Envoyé Extraordinaire à Vienne et Ambassadeur
Extraordinaire en Savoye , à Madrid et en Dannemarck
, aussi Chevalier d'honneur de la Duchesse
de Chartres , mort le 20 Mars 1698. à
Pâge de 75. ans et de Marie Gigault de Bellefonds
, morte le 24. Juin 1706. âgée de 82. ans.
11 avoit été marié le 23. Janvier 1702. avec
Jeanne - Angelique Rocque de Varengeville , Dame
du Palais de la Reine , seconde fille de Jacques
Rocque , Seigneur de Varengeville , Galleville
, Oudeville , Archanville et Noville , Ambassadeur
Extraordinaire de France à Venise ,
mort le 20. Octobre 1692. et de Charlotte - Angelique
Courtin , morte le 6. Mars 1732 , il n'en
laisse qu'un fils unique , qui est Honoré-Armand
de Villars , à present Duc de Villars , Pair de
France , Gouverneur de Provence , Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie , par Commission
du 26. Mars 1718. qui ayant apporté au
Roy le 4. Janvier dernier la nouvelle de la réduction
du Château de Milan , fut nommé peu
après Brigadier des Armées de S. M. ainsi qu'il a
été remarqué dans le Mercure de Février der
nier , page 391.
Ar-
-ALOUISHECTOR DE VILLARS , Duc de Villars,
Pair de France , Grand d'Espagne de la premiete
classe , Prince de Martigues ; Vicomte de Melun,
Marquis de la. Mele , Comte de la Rochemilley,
Golleville la Chapelle , Villeneuve & c. Minissitrend'Era
Maréchal general des Camps et Armées
du Roy , Doyen des Maréchaux de Frad-
Seege Chevalier des Ordres du Ror et de l'Ordre
de la Toison d'ar , Ambassadeur extraordinaire
de S1M2 auprès du Roy de Sardaigne General
-des Troupes Françoises en Italie , Gouverneur et
-Lieutenant . General de Provence ,...Gouverneur
des Ville , Gitadelle et Eott de Marseille ,
idés etterres adjacentes Ville Tours et Forts de
Boulon , Ville et Citadelle, de S.: Tropez et cidevant
de Fribourg en Brisgaw , l'um des 40s de
-BAcadémicobrançoisen eindevant Ambaſſadeur
sextraordinaire, or Plenipotentiaire pour les Traistez
de Paix à Rastattetina, Bade , President du
Conseil.de guerre et Conseiller au Conseil
de Regence , commepça) à porter les armes en
U167xtraprèsavoir servi d'Aide de Camp dau
Maréchal dp Beliefand , son , cousin , germain.
dlsivile Rayb au siege diOrsoy en 16725 I'
se detacha Volontaire avec un de ses camarades
zeb entraйcćobeaucoup d'hardiesse jusques dan
ales bathieres de Mastricht ; ipour y faire des pr
ssonniers.Ise trouvá ensuite aux sieges de Zut
-pheul ,cde Cravecitur de Doosbourg et au Pas
sage du Rhin, où s'étant extrémement distingué
da Corneredesompagnie des Chevaux- Le
gers Boatgongmons A‘qui se trouva vacante ilum
fundōngécang basamos x sub
siekkagheva dette campagnasup la Moselle et sui
Jabonoestorsaestdu : Vacomte de Turenne
byver suivantil fuc enyoié en Espagne pou
i1t1 II, Vol.
I v com
1458 MERCURE DE FRANCE
complimenter le Roi Catholique sur sa confalescence.
En 1673. il se rendit de Madrid au siege de
Mastricht , et fit le reste de la campagne sous les
-ordres du Vicomte de Turenné , qui le mertdie
de tous les Partis commandez par les plus hardis
Partisans.
En 1674. aprés avoit commencé la campagne
sur le Rhin , il revintratec la Gendarmerie en
Flandres et sentroava au combat de Sèrief, on,
quoique blessé dès le commencement de l'action
, il demeura jusqu'à la fin , et chargea plusieurs
fois malgré les douleurs de sa blessure
qui le firent évanouir deux fois le Roy li
donna un des trois Regimens de Cavalerie qui
vacquerent én cette occasion.
Il fit les campagnes suivanges sõus les Maréchaux
de Luxembourg et de Crequy , et se tronva
aux sieges de Condé et d'Aire , au secours de
Mastricht , au siege de S. Omery à la bataille de
Cassel , au combar de Coquesberg , od il fit six
charges differentes à la tête de son Regiment, au
combat de Kel , où commandant 200 chevaux
' il força une barrière et mir en déroute deux mille
des ennemis.
Il servit aa siege de Fribourg; od il mona des
premiers à l'assaut de la première muraille , erse
trouva au combat de Valkrik , où il sauva le
quartier de sa Brigade , investie par 4000 hommes
de pied des ennemis.
La campagne suivante il sotint au passage de
tuisseau de Neufbourg l'Arrieresgarde poussée
par mille chevaux commandés par le Prince
Louis de Bade , quitta son poste où il n'y avoit
rien à faire , marcha diligemment aux ennemis ,
les chargea , & les contint jusqu'à l'arrivée du
secours.
11
JUIN 1734.
T459
•
Il attaqua encore fous les ordres du Maréchal
de Créquy l'arriere - garde de l'Armée
Imperiale dans la vallée de Gueguembach au passage
de la Kinche , & fit prisonnier le Colonel
qui y commandoit.
Il servit ensuite au siege du Fort de Kell , &
monta le premier à l'assaut , qui fut donné en
plein jour , et dans lequel cette Forteresse fur
emportée.
Il fut envoyé au mois de Decembre 168%.
à Vienne à l'occasion de la mort de l'Impéra
trice Eleonore. De-là il passa en Hongrie , ou
il gagna la confiance de l'Electeur de Baviere
et se trouva auprès de lui à la Bataille d'Ersen ,
od les Troupes Impériales remportérent une
Victoire complette contre les Turcs en 1687 .
Il eut ordre ensuite de passer l'Hyver auprés
de l'Electeur de Baviere , d'où étant de retour
il fut fait Brigadier le 24 Août 1688. et pourvú
presque en même tems de la charge de Commissaire
General de la Cavalerie.
Le Roi le renvoya ensuite auprès le l'Electeur
de Baviere pour l'empêcher de se déclarer pendant
le Siége de Philisbourg.
Ayant été fait Maréchal de Camp le 18.
Mars 1890. Il eut le commandement des Troupes
pendant l'Hyver du côté de Tournai , er
exigea du Pays Ennemis plus de trois millions
de contributions ; et marchant ensuite au bombardement
de Liége , il prit le Fort de Cherai ,
dont la Garnison fut taillée en pièces. Il eut
ensuite le commandement d'un Corps de Trou
pes , pour garder les Lignes , d'où il sortit pour
marcher au devant du Marquis de Castanaga si
qui venoit pour les forcer , mais il se posta ,
bien , que l'autre n'osa ni l'attaquer ni s'approcher
desLignes ... Lvj
I
1460 MERCURE DE FRANCE
Il se trouva au Combat de Leuze , où avec
1200 Chevaux , il harcela la marche de l'Arrieregarde
Ennemie , commanda l'aile gauche
débordée par la droite des Ennemis , er fit des
charges si vives avec un seul Regiment qu'il
rompit trois Lignes des Ennemis.
Au commencement de la Campagne de 1692 .
il défit 3000 Chevaux commandez par le Comte
de la Lippe , se trouva à la défaite du Prince
Administrateur de Wirtemberg , qui se rendit
à lui , et eut l'Hyver suivant un commandement
en Flandres pour établir et pousser les contributions.
Il fut fait Lieutenant General le 30. Mars
1693. et destiné en même- temps pour servir en
Allemagne , où il défit près de. Vislocq une arriere-
garde des Ennemis , soutenuë par le Prince
Louis de Bade , leur General.
Envoyé ensuite pour retirer des postes d'Infanterie
trop avancez , il fit une retraite de deux
lieues , malgré les défilez et l'avant - garde de
l'Armée Imperiale , qui ne put jamais l'entamer.
Il passa dans l'Armée d'Italie , et au mois de
Novembre de la même année 1693. le Roy lui
donna le Gouvernement de Fribourg. Il revint
servir en Allemagne , et ayant été renvoyé en
Italie pour y commander la Cavalerie , il se trouva
au Siege de Valence.
Il repassa en France et alla servir sur le Rhin ,
où il baitit un corps considerable de Hussarts
commandé par le Comte Palfi , leur General, qui
y fut blessé. La Paix étant faite , il fut nommé
au mois de Novembre 1697. Envoyé extraordi
maire vers l'Empereur,dont il eut sa premiere Audience
au mois de Septembre 1698.
La guerre ayant recommencé , il eut son Au-
II. Vol dience
JUIN. 1734 1461
dience de congé de l'Empereur le 25. Juillez
1701. et se rendit en Italie , où en allant joindre
P'Armée il défit avec son escorte 900. Chevaux ,
commandez par le General Mercy.
En 1702. il fut rappellé d'Italie pour aller ser
vir sur le Rhin .
Il fut détaché sur la fin de Septembre de l'Ar
mée du Maréchal de Catinat avec un corps de
Troupes, auquel il fit passer le Rhin à Huningue
la nuit du premier au 2. Octobre ; ensuite de
quoi il rétablit , à la vue de l'Armée ennemie , le
Fort que les François avoient autrefois à la tête
du Pont de Huningue du côté d'Allemagne ,
se rendit maître de la Ville et du Château de
Neubourg sur le Rhin ; et profitant des mouve
mens que fit le Prince Louis de Bade pour reprendre
cette Place , il l'attaqua à Fridlingue le 14.
du même mois , et remporta sur lui une victoire
complette.
Le 21. suivant , le Roy , pour le récompenser
d'une entreprise si importante et si heureusement
executée , le déclara Maréchal de France , et en
même-temps General de son Armée en Alle
magne.
En 1703. il fit le Siege du Fort de Kell ; qu'il
prit au mois de Février en 13. jours de tranchée .
Trois semaines après ayant passé le Rhin et
reconnu l'impossibilité de forcer les lignes de
Stolhofen pour se faire un passage de côté - là ,
il tourna par la Vallée de Kentzig , surmonta
toutes les difficultez du passage des 'Montagnes .
Noires , força en un jour et demi divers postes
er joignit heureusement l'Electeur de Baviere ,
qui voulant marcher du côté du Tirol , lui laissa
le soin de garder le Danube , ce qu'il fit avec un
grand succès.
II. Vol.
II
Il battit, sous les ordres du Duc de Baviere,
les Impériaux à Hochstet le io. Septembre
,
prit
ensuite Kemptcn
, et ayant forcé le Prince de
Bade à quitter son Camp d'Ausbourg,il demanda
son rappel, qu'il obtint au mois d'Octobre.
Il eut en 1704. le commandement de la Province
de Languedoc, où il pacifia les troubles
qui s'étoient '11eevez dans les Sevennes.
Le premier Janvier '7°f. le Roy le proposa
pour être reçu Chevalier de ses Ordres et lui en
donna la Croix et le Collier le a. Février suivant.
Il eut la même année le commandement de
l'Armée sur la Moselle,où par sa bonne conduite,
il déconcerta les projets des Ennemis, et obligea
leur Armée nombreuse de s'éloigner de nos
Frontières
,
après quoi il porta la guerre dans
leur Pays
, y fit subsister son Armée
, passa le
Rhin et mit l'épouvante dans le Pays ennemi.
Le Roy pour reconnoître de si importans services
,
érigea sa Terre de Vaux-le-Vicomte et ses
dépendances en titre de Duché
, sous le nom de
Villars, par Lettres données à Versailles au mois
de Septembre 1705. et registrées au Parlement
lé f. du même mois.
Le Maréchal de Villars ayant été continué en
I705.dans le commandement de l'Armée d'Aile^
magne ,
délivra le Foit-Louis bloqué depuis six
mois, renversa les lignes que les Ennemis avoient
faites aux environs
, et prir ensuite Haguenau y
Bitscheviler et Drusenheim.
En 1707. il força le 1J May les lignes de Stolhoffen
,
pénétra dans le Wirtemberg, mit le Pays
à contribution jusqu'aux portes de Francfort, er
obligea la Ville d'Ulm de lui rcndre les prisonniers
qu'elle retenoi, depuis la seconde liataiils
d'Hochstct.
En 1708. le Roy l'envoya commander soit
Armée de Dauphiné, où il prit des postes si
avantageux qu'il empêcha le Duc de Savoye de'
penetrer dans cette Province.
En 1709. Il eut le commandement de l'Armée
en Flandres, et reçut une blessure- considérable
à la jambe à la sanglante Bataille de Maiplaquct
le II. Septembre
,
de serte qu'on fut oblige de
l'emporter avant la fin de l'action. Le Roy, pour
lui témoigner la satisfaction qu'il avoit de sa
conduite
,
érigea son Duché de Villars en Pairie
de France-, par Lettres données à Versailles au
mois de Septembre 1709. lesquelles furent registrées
au Parlement de Paris le 7. Avril J7JÔ)
après quoi il prêta serment et prit séance en qualité
de Pair de France.
-
Il partit le 11. May suivant pour aller prendre:
le commandement de l'Armée en Flandres
,
dan?
lequel il fut continué les annéés suivantes. '
La Campagne de 171 z- lui fut des plus glorieuses
, ayant forcé les Ennemis dans leur Camp retranché
de Dénain sur l'Escaut, le 14. Juillet et
Pris ensuite le poste de Marchiennes
, ce qui
obligea le Prince Eugene de lever le Siégé dei:
Landrecies Ces heureux succès furent suivis dd
la Prise du Fort de Scarpe
-,
de Doiïay, du QueS-$
noy et de Bouchain. - '
En 1-7 ?• il fut envoyé en Allemagne, où
prit Landau
,
força les lignes d'Etlinghen et ter-1
mina cette derniere Campagne par la Prise de-r
Fribourg
,
d'où il se rendu à Rastatt, où il signal
le 6. M.irs 1714; avec le Prince Eugene de Sa-1
voye , un Traité de Paix entre l'Empereur et le;1
Roy. Il sigfia encore le 7. Septembre suivant le::
Traité de Paix conclu à en Suisse, entre laP
France et IFinire
T454 MERGURE DE FRANCE
A son retour de Rastatt il reçût à Versailles le
28. Mars 1714. par les mains du Duc de Berry ,
le Collier de l'Ordre de la Toison d'or, que le
Roy d'Espagne lui avoit envoyé , et le 23. Juin
suivant il fut reçû l'un des 40. de l'Académie
Françoise. 10 911 J
Il fut fait Président du Conseil de Guerre étai
bli au mois de Septembre, 1715. et ce ?Conseil
ayant été supprimé au mois de Septembre 1718.
il fut déclaré Conseiller au Conseil de Régencel
Il représenta le Connétable au Sacre du Roy
regnant , le 25. Octobre 1732 ; et il fut admis
dans les Conseils du Roy en qualité de Minis◄
tre d'Etat au mois de Décembre 1723. 1. 22
Le Roy l'ayant nommé pour aller commander
sous les ordres du Roy de Sardaigne , les Trou
pes que S Mavoit fait passer en Italie , le déclara
le 18. Octobre de l'année derniere Maréé
chal General de ses Camps, et Armées. Il partit
de Fontainebleau le 24. du même mois pour se
rendre en Italie , et étant arrivé le 11 Novembre
au Camp sous Pisighitone , il pritle commandes
ment de l'Armée , qu'il conserva jusqu'à ce que
sa santé alterée par les farigues d'une Campagne
continuée, jusqu'au milieu de l'hywers , l'ayant
mis hors d'état de rester a tase des Troupes !
il demanda la permission devenir en Francea
Après ; Lavoir obtenue , il partit le 27. May dernier
du Camp de, Bozolo, mais étant arrivé à Tne
rin le 3. Juin , il y tomba malade et les remedes
qu'on lui fit prendre n'ayant eu aupun succès fill
reçût ses Sacremens et mourut le 17, du nêmei
mois , âgé d'environ 82 ans , n'étant nó, qu'ear
1652 au mois de Mayhos . Outre quel
cette date ng accorde pas avec celle du Cóntrat
de Mariage des Pere et Mere du deffunt: quia
II. Vol.
JUIN. 1734. €465
est du 24. Janvier 1651. Il est certain que le
Maréchal de Villars avoit eu un frere aîné , mort
en bas âge , ce qui fait voir qu'il ne pouvoit être
né plutôt qu'en 1652.
Le Maréchal de Villars , que ses talens pour
la guerre et ses exploits militaires feront toujours
regarder comme un des plus grands et desplus
heureux Capitaines qui ait commandé les
Armées de France depuis long - temps , étoit fils
de Pierre de Villars , Baron de Mase as , Seigneur
de la Chapelle , & c . appellé le Marquis de Villars
, Chevalier des Ordres du Roy , Lieutenant
General de ses Armées , Conseiller d'Etat d'Epée,
Envoyé Extraordinaire à Vienne et Ambassadeur
Extraordinaire en Savoye , à Madrid et en Dannemarck
, aussi Chevalier d'honneur de la Duchesse
de Chartres , mort le 20 Mars 1698. à
Pâge de 75. ans et de Marie Gigault de Bellefonds
, morte le 24. Juin 1706. âgée de 82. ans.
11 avoit été marié le 23. Janvier 1702. avec
Jeanne - Angelique Rocque de Varengeville , Dame
du Palais de la Reine , seconde fille de Jacques
Rocque , Seigneur de Varengeville , Galleville
, Oudeville , Archanville et Noville , Ambassadeur
Extraordinaire de France à Venise ,
mort le 20. Octobre 1692. et de Charlotte - Angelique
Courtin , morte le 6. Mars 1732 , il n'en
laisse qu'un fils unique , qui est Honoré-Armand
de Villars , à present Duc de Villars , Pair de
France , Gouverneur de Provence , Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie , par Commission
du 26. Mars 1718. qui ayant apporté au
Roy le 4. Janvier dernier la nouvelle de la réduction
du Château de Milan , fut nommé peu
après Brigadier des Armées de S. M. ainsi qu'il a
été remarqué dans le Mercure de Février der
nier , page 391.
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Résumé : Mort du Maréchal de Villars, [titre d'après la table]
Louis Hector de Villars, Duc de Villars, fut un militaire et diplomate français de renom, né en 1652. Il débuta sa carrière militaire en 1671 comme aide de camp du maréchal de Bellefonds. Il se distingua lors de plusieurs sièges et batailles, notamment à Maastricht, Zutphen, et sur le Rhin. En 1673, il servit sous le vicomte de Turenne et participa à de nombreux combats, se montrant particulièrement courageux et stratégique. Promu brigadier en 1688 et maréchal de camp en 1690, il commanda des troupes en Allemagne et en Italie. Il fut nommé lieutenant général en 1693 et participa à diverses campagnes, notamment en Italie et sur le Rhin. En 1702, il fut déclaré maréchal de France et général de l'armée en Allemagne. Il joua un rôle crucial dans plusieurs batailles, comme celle de Hochstädt en 1704, et participa à la prise de plusieurs villes et forteresses. En 1709, il reçut une blessure grave à la bataille de Malplaquet. En reconnaissance de ses services, le roi érigea sa terre de Vaux-le-Vicomte en duché et le nomma pair de France. Il continua de servir dans diverses campagnes, notamment en Flandres et en Allemagne, et participa à la signature de traités de paix à Rastatt et en Suisse en 1714. Villars fut également ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire pour les traités de paix à Rastatt. Il fut nommé président du Conseil de guerre en 1715 et conseiller au Conseil de régence en 1718. En 1723, il devint ministre d'État. En 1731, il fut nommé maréchal général des camps et armées du roi et commanda les troupes en Italie. Il mourut en 1734 à l'âge de 82 ans. Le Maréchal de Villars était le fils de Pierre de Villars, Marquis de Villars, Chevalier des Ordres du Roy, et de Marie Gigault de Bellefonds. Son père, décédé en 1698 à l'âge de 75 ans, avait occupé divers postes prestigieux, dont celui d'Ambassadeur en Savoie, à Madrid et au Danemark. Sa mère est morte en 1706 à l'âge de 82 ans. Le Maréchal de Villars s'est marié le 23 janvier 1702 avec Jeanne-Angélique Rocque de Varengeville, fille de Jacques Rocque, Ambassadeur de France à Venise, et de Charlotte-Angélique Courtin, décédée en 1732. De cette union est né un fils unique, Honoré-Armand de Villars, Duc de Villars, Pair de France, Gouverneur de Provence et Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie. Honoré-Armand a été nommé Brigadier des Armées du Roi après avoir rapporté la nouvelle de la réduction du Château de Milan en janvier 1734.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 197-220
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 5 Juin, Leurs Majestés & la Famille Royale signerent le contrat de mariage [...]
Mots clefs :
Contrats de mariage, Maison de Sorbonne, Portrait, Pape, Roi de France, Famille royale, Compagnie des Mousquetaires, Déserteurs, Électeur palatin, Convention, Articles, Soldats, Officiers, Nouvelle frégate, Armée, Commandement, Ducs, Marquis, Comtes, Madame la Dauphine, Canada, Ennemis, Colonies, Approvisionnement, Bataillons, Forts, Mouvements des troupes, Combats, Français et Anglais, Marquis de Vaudreuil, Expéditions, Maréchal, Victoire, Hamelin, Capitulation, Corsaires, Marchandises, Voyages, Capitaines, Navires
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE
B5 Juin , Leurs Majeftés & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage de M. le Marquis de
Caumont , feul héritier de la maiſon de la Force ,
avec Mademoiſelle Galard de Braffac de Bearn ,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
petite- fille du Duc de la Force ; & celui de M. le
Comte de Lorda avec Mademoiſelle de Seignelay.
La maison de Sorbonne fit le 6 une députation
folemnelle au Nonce du Pape , à l'occafion du
préfent que Sa Sainteté a fait de fon Portrait à
cette Maiſon. Le Curé de la Paroiffe de Saint
Paul porta la parole Le Portrait du Pape eft l'original
fait en 1741 par Subleiras , célebre Peintre
François , mort à Rome. Ce préſent eſt d'autant
plus flatteur pour la Maifon de Sorbonne ,
que les Souverains Pontifes ne font point dans l'u
fage de donner leurs Portraits à qui que ce foit.
Sa Sainteté , dans le bref qu'elle a adreflé à la
maiſon , dit « qu'Elle veut bien lui accorder certe
» marque de diftinction , comme un témoignage
» extraordinaire & nouveau de fa bienveillance
» & comme un gage affuré de fon eſtime , afin ,
ajoute-t'elle , que placé au milieu de vous à
côté du Roi Très -Chrétien , Nous foyons con-
» tinuellement fous vos yeux , comme vous êtes
» toujours préfens à notre coeur » . On voit ce tableau
en Sorbonne dans la grande falle des actes,
Il a été mis entre le Portrait du Roi & celui du
Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar. Sa
Sainteté avoit envoyé précédemment à la Sorbonne
toutes les éditions de fes ouvrages , & en
particulier le Recueil complet de fes Euvres en
15 vol. in fol.
Le 12 Juin Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignerent le contrat de mariage de M. le
Marquis de Marbeuf, Meftre de Camp d'un Régiment
de Dragons de fon nom , avec Mademoifelle
Michel , fille de M. Michel , Directeur de la
Compagnie des Indes .
Le Roi fit le 14 dans la cour du Château la
revue des deux Compagnies des Moufquetaires de
SEPTEMBRE. 1757. 199
fa Garde ordinaire. Sa Majefté paffa dans les
rangs , & après que les deux Compagnies eurent
fait l'exercice , Elle les vit défiler tant à pied qu'à
cheval . Monfeigneur le Dauphin accompagna le
Roi à cette revue .
Le temps fixé par la convention du 4 Juillet
1746 , entre le Roi & l'Electeur Palatin , pour la
reftitution réciproque des Déferteurs , étant expiré
le 3 Juillet de l'année derniere : Sa Majefté vient
de conclure pour le même objet avec Son Alteffe
Electorale Palatine une nouvelle convention >
portant ce qui fuit : « ART. I. Les Cavaliers , Dra-
» gons & Fantaffins , qui déferteront des troupes
>> Françoiſes ou Palatines , & qui pafferont des
» pays ou places d'une domination dans les pays
» ou places de l'autre , feront refpectivement ar-
» rêtés pour être rendus , auquel effet il fera
» donné avis de leur détention , le plutôt que
faire fe pourra , au Gouverneur ou Comman-
» dant de la plus prochaine place de guerre de la
» domination d'où ils auront déferté , afin qu'on
» envoie les chercher . ART. II. Le Gouverneur
≫ou Commandant d'une place , qui aura été averti
» de la détention de quelque déferteur , l'enverra
>> auffi-tôt chercher , & fera payer les frais de la
» prifon & la fimple fubfiftance du prifonnier , à
>> raifon de deux livres de pain par jour pour cha-
» que Cavalier , Dragon ou Fantaffin au prix
» courant de la place où le déferteur fera retenu .
» ART. III . Les déferteurs feront rendus dans le
» même état qu'ils auront été arrêtés , c'eſt- à-
» dire avec leurs chevaux , équipages , habits &
» armes ; & le fourrage qui aura été fourni à leurs
>> chevaux , fera payé de gré à gré fuivant le prix
>> courant des lieux . ART. IV. Les Officiers de
part & d'autre ne pourront pourfuivre ni enle-
>
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
» ver lesdits déſerteurs hors des terres de l'obéif-
» fance de leur Souverain : pourront cependant
» requérir en ce cas les Officiers & habitans des
» terres de la domination du Roi ou de S. A. Elec-
» torale Palatine , où lesdits déferteurs fe trouve-
>> ront , de les arrêter & conduire dans la place
» la plus prochaine de la domination fur laquelle
» ils auront été arrêtés. ART. V. Après la ratification
& publication de la préfente convention ,
» il fera fait très - expreffe défenſe aux habitans du
» plat- pays dans l'étendue des gouvernemens qui
>font fur les frontieres des deux dominations , &
» à tous autres, d'acheter les chevaux , armes , équi-
» pages , habits , & généralement quelque chofe
» que ce puiffe être defdits défetteurs , & même
» de leur donner aucun afyle ou fecours , ni de les
» receler ou de faciliter leur évafion , à peine
» contre les contrevenans de trente livres , mon-
> noie de France , d'amende pour un déferteur à
pied , & de foixante livres pour un Cavalier ou
» Dragon qui défertera à cheval. ART. VI. Pour
» engager les habitans & fujets de part & d'autre
» d'arrêter les déferteurs , & de les conduire dans
la place la plus prochaine de la domination fur
» laquelle ils auront été arrêtés , on eft convenu
» qu'il fera donné trente livres de récompenfe à
» celui ou ceux qui auront arrêté & conduit dans
ladite place un déferteur à pied , & foixante li-
» vres pour un déferteur à cheval , lefquelles
» fommes leur feront payées fur le champ par le
» Gouverneur ou Commandant de ladite place
» lequel fera remboursé par l'Officier qui viendra
» chercher le déferteur. ART. VII. Il est en outre
» convenu que les criminels , qui auront commis
» quelque crime dans l'une des deux dominations ,
» & qui chercheront à fe réfugier dans l'autre
SEPTEMBRE. 1757. 201
» feront arrêtés & rendus à la premiere réquifi-
» tion , moyennant la reftitution des frais qu'ils
>> auront caufés pendant le temps de leur déten-
» tion , fuppofé qu'ils aient été mis en priſon .
» ART. VIII. La préſente convention durera dix
» années , à commencer du 26 Avril de cette an-
» née , & fera publiée & obſervée immédiatement
après l'échange des ratifications dans l'Alface ,
» les trois Evêchés , à Sarre- Louis & autres lieux
» de la Sarre , & dans toute l'étendue des Villes &
» Bailliages de l'Electorat Palatin , & des deux
» Duchés de Bergues & de Juliers , & leurs dépendances
jufqu'au Rhin , & à dix lieues au delà
» de ce fleuve. »
Cette Convention a été fignée le 26 Avril , an
nom du Roi, parM.le Marquis de Paulmy , Miniftre
& Secretaire d'Etat ayant le département de la
guerre , & au nom de l'Electeur Palatin , par M.
le Baron de Grevenbroch , Confeiller d'Etat de ce
Prince , & fon Miniftre Plénipotentiaire à la Cour
de France.
Le Roi étant informé qu'il y a plufieurs Déferteurs
de fes troupes qui ont pris parti dans
celles qui font actuellement dans le Royaume
fans être connus pour tels , & qui par conféquent
ne pourroient , fans commettre une nouvelle défertion
, fatisfaire à l'obligation impofée par
l'Ordonnance d'amniftie , rendue le 20 Avril dernier
, de s'engager dans l'armée que Sa Majeſté a
fait paffer en Allemagne ; Sa Majesté ordonne
tous Soldats , Cavaliers & Dragons qui , aiant déferté
de fes troupes avant le premier Février dernier
, auront pris parti dans d'autres Compagnies
avant le 20 Avril dernier , ne pourront être pour
fuivis pour ladite défertion : Voulant Sa Majeſté ,
qu'ils foient compris dans l'amnistie qu'Elle a
que
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
accordée par fon Ordonnance dudit jour 20 Avril
dernier , à condition qu'ils continueront de fervir
dans lefdites troupes où ils fe trouvent actuellement
engagés , jufqu'à ce que Sa Majefté ayant
rétabli la diftribution des congés d'ancienneté , ils
foient dans le cas d'être renvoyés à leur tour.
Sa Majesté a fait expédier un brevet de Lieutenant
de Frégate au Capitaine Canon .
afin
Selon les avis reçus de Marfeille , M. Couturier
, Echevin de la Ville , y fait conftruire dans
l'Arcenal du Roi une Frégate fur les proportions.
d'un vaiffeau de de Elle eft 54 canons.. guerre
percée fur fon pont pour 26 canons de 18 livres
de balle , & elle aura un entre- deux ponts volant
pour y placer la vogue de 60 avirons , que
dans un temps calme elle puiffe au befoin faire
ufage de fes avirons auffi légérement qu'une galere
. On compte que ce fera le bâtiment le plus
fort , le plus léger & le meilleur voilier , qui ait
été conftruit dans les proportions qu'on lui a
données .
* Le 16 & le 19 Juillet , le Roi tint à Compiegne
le Sceau pour la dixieme & onzième fois .
le
Le même jour 16 , M. le Maréchal Duc de Richelieu
prit congé du Roi , & le lendemain il partit
pour fe rendre à l'armée qu'il va commander fur le
Mein. Les Lieutenans - Généraux , qui feront employés
fous les ordres de ce Général , font le
Comte de Noailles , le Marquis du Mefnil ,
Baron de Montmorency , le Chevalier de Muy ,
le Duc de Duras , le Comte d'Andlau , le Comte
de la Vauguyon , & le Duc d'Havré. Les Maréchaux
de Camp , qui ferviront dans la même
armée , font MM. le Chevalier du Châtelet , de
Planta , le Marquis de Laſtic , le Comte de Lutzelbourg,
le Comte du Luc , le Comte de Vence
SEPTEMBRE. 1757. 203
le Marquis de Voyer , le Marquis de Laval , le
Prince de Beauvau , le Comte de la Guiche , le
Marquis de Béthune , le Marquis de Roquépine ,
le Marquis de Traifnel & le Comte d'Egmond.
Le Marquis de Monteynard eft nommé Maréchal
Général des Logis de cette armée. Le Chevalier
de Redmond fera les fonctions de Maréchal des
Logis de la Cavalerie , & le Comte de Rochambeau
celles de Major Général de l'Infanterie.
Madame la Dauphine apprit le 31 Juillet , par
un Courier que lui dépêcha le Roi , la victoire
Haftembecke. L'émotion que caufe une pareille
nouvelle , fit voir toute fa bonté & ſon humanité.
Cette Princeffe ne s'occupa , dans ce moment critique
, que des inquiétudes des perſonnes de fa
cour , qui ayant de proches parens à cette affaire
pouvoient craindre pour eux quelqu'accident ;
aucune de celles qu'elle pût tranquillifer ou confoler
n'échappa à fon attention.
Le lendemain Madame la Dauphine envoya a
Compiegne M. de Goy- de Didogne , fon Ecuyer
de main en quartier , porter au Roi des lettres de
complimens fur cet heureux événement , & à fon
retour M. de Didogne fut chargé des lettres de
Sa Majefté & de la Famille Royale pour Madame
Ja Dauphine.
T
Le Roi a fait préfent d'une épée au Capitaine la
Fargue , commandant le Corfaire l'Aigle , de
Bayonne en confidération de la prife que ce Capitaine
a faite d'un Corfaire Anglois après un combat
des plus opiniâtres , dans lequel M. la Fargue
a été griévement bleffé . Sa Majesté a accordé
la même marque de diftinction à M. Forestier ,
qui après la bleffure de M. la Fargue a pris le commandement
, & a continué le combat .
On a reçu des lettres du Canada , qui contien-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
nent le détail de ce qui s'eft paffé dans ce Pays- l
durant l'hyver , relativement à la guerre.
Indépendamment des Partis de Canadiens & de
Sauvages , qui ont été continuellement en campagne
durant l'hyver , & qui , dans les incurfions
qu'ils ont faites fur les ennemis , leur ont tué
beaucoup de monde , & donné l'allarme dans les
Colonies Angloifes , le Marquis de Vaudreuil a
exécuté une expédition , dont l'objet étoit trèsimportant..
Il avoit été informé au mois de Janvier , que
les ennemis avoient raffemblé au Fort Georges ,
fitué fur le Lac Saint - Sacrement , une quantité
très- confidérable d'approvifionnemens de toutes
les efpeces , & qu'ils avoient fait conftruire fous.
le canon de ce Fort un grand nombre de Barques ,
de Bateaux , & d'autres Bâtimens , non feulement
pour le tranfport de ces approvifionnemens
mais encore pour s'affurer la navigation de ce Lac.
Jugeant que tous ces préparatifs étoient deſtinés .
pour les entreprifes que les ennemis fe propo-.
foient d'exécuter au printemps , il forma le projet
de leur en ôter les moyens.
Dans cette vue , il fit un détachement de 1500
hommes , compofé des Piquets des Bataillons
des troupes de terre , dont un de Grenadiers ,
300 Soldats des troupes de la Colonie , 150 Miliciens
, dont une Compagnie de so Volontaires,
& 300 Sauvages. Ce détachement
ayant été
promptement
raffemblé au Fort Saint -Jean , M.
de Rigaud de Vaudreuil , Gouverneur des Trois
Rivieres , qui le commandoit , le fit marcher en
quatre divifions. La premiere partit le 20 Février::
elle étoit compofée de 6 Compagnies mêlées dés
troupes & des Milices de la Colonie avec quelques.
Sauvages Abenakis , & elle étoit commandée par
SEPTEMBRE. 1757. 205
M. de Saint-Martin , Lieutenant de ces troupes.
La feconde que commandoit M. du Chat , Capitaine
au Régiment de Languedoc , étoit compofée
de deux Piquets de troupes de terre , de trois
Compagnies mêlées de la Colonie & de quelques
Sauvages , & elle fe mit en marche le 21. Elle fut
fuivie le lendemain par la troifieme , qui étoit
commandée par M. Coni , Capitaine au Régiment
de Royal Rouffillon , & qui étoit compofée,
comme la feconde. M. de Rigaud devoit partit
le 23 avec le Piquet de Grenadiers , la Compagnie
des Volontaires Canadiens , & le reste des
Sauvages , qui compofoient la quatrieme Divifion;
mais fon départ fut retardé par le dégel
juſqu'au 2 s .
Les quatre Divifions s'étant réunies au Fort de
Carillon , toute la troupe en partit le 15 de Mars ,
la Compagnie de Volontaires Canadiens faifant
l'avant-garde ; & le 17 à fept heures du foir, on fe
trouva à une lieue & demie du Fort Georges.
Le 18 , M. de Rigaud détacha M. Poullariez
Capitaine de Grenadiers du Régiment de Royal
Rouffillon , avec deux autres Officiers , pour aller
reconnoître le Fort , d'une hauteur qui le domine
à environ une demi-lieue de diftance . Quoique
fur le rapport que lui fit M. Poullariez , il ne
pût pas douter que les ennemis ne fuffent informés
defa marche, il fit fes difpofitions pour l'exécution.
des ordres dont il étoit chargé..
Il fe mit en mouvement avec toute fa troupe
l'entrée de la nuit du 18 au 19. Il détacha M. Dumas
, Capitaine , avec deux autres Officiers &
quelques Grenadiers , pour aller reconnoître les
approches du Fort . Le bruit qu'ils ne pouvoient
s'empêcher de faire , en marchant fur la glace ,,
les fit bientôt découvrir ; & ils furent obligés de
206 MERCURE DE FRANCE
rejoindre la troupe. M. de Rigaud prit cependant
le parti de faire mettre le feu aux Bateaux qui
étoient fous le Fort ; mais il n'y en eut qu'un petit
nombre de brûlés . Les ennemis tuerent deux
hommes , & en bleſſerent un autre. Le 20 , M.
de Rigaud fit inveftir le Fort , afin d'en impoſer à
la Garnifon , qu'il fçavoit être de 5 à 6co hommes
d'élite ; & il envoya un détachement de Sauvages
fur le chemin du Fort Lidius , pour en couper
la communication . Il fit même fommer le
Commandant de fe rendre . Cette fommation fixa
l'attention du Commandant aux difpofitions relatives
à la défenſe du Fort ; enforte que la nuit fuivante
il ne fit tirer que quelques coups de canon &
quelques bombes , qui n'empêcherest pas qu'on
ne brûlât beaucoup d'effers.
Le Fort refta encore inveſti le 21 , fans que les
ennemis oſaflent faire aucune fortie . Ils demeurerent
également tranquilles toute la nuit , mais il
tomba en même temps une fi prodigieufe quantité
de neige fondue, qu'il ne fut pas poſſible de mettre
le feu aux dehors . Le temps fut plus favorable la
nuit ſuivante , & l'on en profita pour biûler tout
ce qui étoit dans le Lac & aux environs du Fort ,
malgré le feu d'artillerie & de moufqueterie que
les ennemis firent de leur côté , & qui tua trois
Soldats , & bleſſa un Officier .
Les ennemis ont perdu par cet incendie quatre
Brigantins de 10 à 14 canons , & deux Galeres à
so rames , qu'ils deftinoient pour la navigation
des Lacs ; plus de trois cens cinquante Bateaux de
tranfport ; une quantité confidérable de bois de
conſtruction ; beaucoup d'affûts de campagne ;
un moulin à fcier des planches ; les hangards &
les magafins qui étoient entourés d'un Fort de
pieux , & où il y avoit plus de 4 mille quarts de
SEPTEMBRE . 1757. 207
farine , & d'autres vivres de toute espece à proportion
, des armes , des habillemens , & génétalement
toutes fortes d'uftenciles de campagne ;
les hôpitaux ; plus de 20 maiſons qui étoient tant
en dedans qu'en dehors du Fort de pieux ; & enfin
toute leur provifion de bois de chauffage. Le
Fort eft refté ifolé ; il n'a même été préfervé du
feu , que parce qu'il n'a point fait de vent durant
tout l'incendie .
Dans cette expédition , qui eft une des plus importantes
qu'on pût entreprendre en Canada durant
l'hyver , il n'y a eu que 5 François tués , un
Officier & un Sauvage bleffés , quoiqu'elle ait
été exécutée fous le feu de l'artillerie & de la
moufqueterie du Fort Georges. On ignore lenombre
d'hommes que les ennemis y ont perdu
mais les Canadiens & les Sauvages avoient été pla
cés , de maniere que par le feu de leur moufquete
rie , ils faifoient fouvent ceffer celui des ennemis ..
Ce fuccès eft principalement dû à la fageffe des
difpofitions que M. de Rigaud a faites , à l'attention
avec laquelle il en a fuivi l'exécution , & à la conftance
avec laquelle il a fupporté les fatigues exceffives
du voyage dans une faifon fi rigoureuſe.
Les différens Corps des troupes & des Milices s'y
font également diftingués à tous égards ; & M. de
Rigaud a été infiniment content de la conduite des
Sauvages qui y étoient employés..
On a lieu de l'être pareillement des difpofitions
de toutes les Nations Sauvages de la Colonie . Celles
qui ont de tout temps été fes alliées , donnent
tous les jours de nouvelles preuves de leur fidélité ,
& font continuellement en parti contre les ennemis.
Il y a d'ailleurs quelques Nations affez nombreufes
, & entr'autres les Tétes-plates , qui font X
208 MERCURE DE FRANCE.
entrées nouvellement dans cette alliance , & quí
ont pris part à la guerre. Les Cinq Nations Iroquoifes
ont envoyé une députation des plus folemnelles
au Marquis de Vaudreuil , pour renouveller
leurs anciens engagemens avec la France. Ils ont
promis non feulement de renoncer à tout commerce
avec les ennemis , mais même de fe joindre aux
autres Nations amies de la France pour agir contr'eux.
Les ennemis de leur côté n'ont tenté qu'une expédition
durant l'hyver. Ayant été informés qu'on
devoit faire paffer du Fort Saint-Frédéric au Fort
de Carillon quelques provifions fous l'eſcorte
d'un petit détachement , ils en envoyerent un de
80 hommes , qui enleva les premieres traînes de
ce convoi , & 7 Soldats . Mais le Commandant
du Fort Saint -Frédéric fit marcher un nouveau
détachement , pour couper celui des ennemis
dans fon chemin . Ils tomberent effectivement
dans l'embuſcade . Le combat fut des plus vifs &
des plus opiniâtres. Il refta du côté des ennemis ,
fur le champ de bataille , 40 hommes dont 3 Offi
ciers . On fit & prifonniers , & le refte du détachement
fe fauva dans les bois , où il a péri de
fes bleffures , de maniere qu'il n'en rentra que 3
hommes dans le Fort Georges. Les François en
eurent 11 de tués , & 26 de bleffés . Ils reprirent
les traînes dont les ennemis s'étoient emparés ; &
à l'égard des 7 Soldats que les ennemis avoient
enlevés , il ne s'en trouva que 3 , les 4 autres ayant
été tués. Cette action s'eſt paſſée le 22 Janvier.
M. le Comte de Gifors qui eft arrivé ici le 31 de
Juillet , a apporté au Roi la nouvelle d'une victoire
, que les troupes de Sa Majefté , commandées
par M. le Maréchal d'Eftrées, ont remportée le 26
de ce mois fur l'armée du Duc de Cumberland. M
SEPTEMBRE. 1757. 209
le Maréchal d'Eftrées ayant fait reconnoître le 25
au foir la poſition des ennemis , réfolut de les attaquer
le lendemain. Ils avoient leur droite vers
Hamelen. Devant leur front étoit un marais impraticable.
Leur gauche étoit appuyée à des montagnes
très- hautes , couvertes de bois , & traverfées
par fept ou huits ravins de vingt pieds de
profondeur. Elle avoit à gauche une redoute , &
droite le village de Haftembecke. Dans cette
fituation , les ennemis ne pouvoient être attaqués
que par leur flanc gauche fur un front de
deux cens toifes ou environ , & après que nous
aurions tourné les fommités des montagnes. M.
de Chevert fut détaché pour cet effet le 25 avant
minuit , avec quatre Brigades d'Infanterie. Mais
ayant quatre lieues à faire , il ne put arriver que
le lendemain 26 à neuf heures du matin. Le canon
de l'ennemi commença à tirer dès fix heures. On
y répondit de notre part jufqu'à huit que fe fit la
véritable attaque , & les batteries des ennemis
furent détruites fucceffivement. M. le Marquis
d'Armentieres & M. de Chevert , chacun avec un
corps féparé , chafferent l'ennemi de la montagne
après un feu très-vif. M. le Comte de Montmorency-
Laval , Colonel du Régiment de Guyenne ,
& qui fervoit dans l'armée en qualité d'Aide-
Maréchal Général des Logis , y fut tué. M. le Marquis
du Châtelet , Colonel du Régiment de Navarre
, y fut dangereufement bleffé d'un coup de
fufil au travers du corps , & M. le Marquis de
Belfunce eut le bras percé d'une balle . Cette attaque
ouvrit le chemin aux troupes de notre aîle
droite , compofée de la brigade Autrichienne ; de
celles de Picardie , de Champagne , de Navarre &
de la Marine ; du Régiment du Roi , & des Grenadiers
de France. Ces troupes ont montré la plus
210 MERCURE DE FRANCE..
οι
grande valeur , & particuliérement celles de l'Impératrice
Reine fe font diftinguées dans l'action .
La Cavalerie & la plus grande partie de l'Infanterie
n'ont pu aborder l'ennemi. La brigade de
Champagne a forcé une batterie retranchée ,
il y avoit huit pieces de canon & deux haubits ,
dont elle s'eft emparé ; & l'ennemi , après avoir
eu plus de trois mille hommes tués ou bleffés , a
été obligé d'abandonner fucceffivement tous fes
poftes , pour gagner les gorges qui menent vers
Hanovre. Sa perte auroit été beaucoup plus confidérable
fans un accident qui a mis quelque interruption
dans l'attaque , & qui a retardé la
pourfuite des fuyards. Plufieurs de nos bataillons
marchant dans la montagne à travers des bois , fe
font fufiliés fans fe reconnoître , & c'eft où nous
avons le plus perdu , ayant environ quinze cens
bleffés , quoique le nombre des morts ne monte
pas à cinq cens .
On attend un plus grand détail de cette action .
L'armée du Roi , lorfque M. le Comte de Gifors
en eft parti , étoit établie fort au-delà de l'ancien
camp des ennemis.
Le même jour que le Roi reçut la nouvelle de
cette victoire , Leurs Majeftés affifterent dans la
Chapelle , au Te Deum qui y fut chanté en action
de graces. M. l'Abbé de Gandras , Chapelain du
Roi , y officia. Le Motet étoit de la compofition ,
& fut exécuté ſous la directión de M. Colin- de
Blamont , Surintendant de la Mufique de la Chambre.
Il y eut le foir trois décharges d'artillerie ,
& toute la ville fut illuminée .
Le 7 Août , la Cour a pris le deuil pour trois
femaines , à l'occaſion de la mort de la Reine
Douairiere de Pruffe.
Le même jour , Sa Majefté reçut M. le Comte
SEPTEMBRE. 1757 . 211
de Gifors Chevalier de l'Ordre de S. Louis.
La ville de Hamelen s'étant rendue le 28 Juil
let , il a été ftipulé par la Capitulation , que la
garnifon , compofée de fept cens Heffois , fortiroit
le 30 avec les honneurs de la guerre , mais
fans canon , & qu'elle feroit conduite à Hanovre
avec tous les chevaux & équipages , fans pouvoir
néanmoins emmener ceux appartenans au refte
de l'armée ennemie ; que les Invalides & les Miliciens
, faifant partie de la garniſon , feroient
renvoyés chez eux , & ne pourroient fervir pendant
tout le temps de la guerre ; que le Major
Général Hodemberg , & tous les autres bleflés &
malades renfermés dans la place , feroient prifonniers
de guerre. Ils font au nombre de huit
cens. Les articles de cette Capitulation ont été
réglés entre M. le Maréchal d'Eftrées & le fieur
Brunck , Major Général des troupes Hanovrien-
- nes .
On a trouvé à Hamelen cinquante- quatre canons
de fonte , & dix- neuf de fer ; dix mortiers
de fonte , trois haubits , vingt - huit mille boulets
, & quatre mille bombes ; deux mille fufils ,
cent cinquante - cinq milliers de poudre , deux
cens mille livres de plomb , & des bateaux qui
étoient deftinés à former un pont fur le Wefer .
Selon l'état que le Roi a reçu de la perte faite
par les troupes à la bataille de Haftembecke , il
y a eu dix -fept Officiers tués & cent dix -huit
bleffés. Le nombre des foldats tués monte à mille
trente-huit , & celui des bleffés à onze cens cinquante-
neuf.
L'armée eft demeurée dans fon camp près de
Hamelen, jufqu'au 31 Juillet : l'ennemi étoit alors
à Minden , qui eft à neuf lieuès de cette place . Le
31 , l'armée s'étant miſe en marche paſſa la ri212
MERCURE DE FRANCE.
viere de Hamel ; la referve du Duc de Randan ſe
tenant à Bifphrode , & le corps du Duc de Broglie
à la hauteur de Hamelen. On fut informé le premier
de ce mois , que le Duc de Cumberland
avoit quitté Minden , pour fe retirer à Niembourg
Les Magiftrats de Minden envoyerent des
Députés offrir les clefs de leur Ville. Le 3 Août , le
Duc de Broglie , après avoir fait occuper cette place
par un détachement , repaffa le Wefer avec
fon corps , & fe dirigea fur Remen. Le corps du
Marquis d'Armentieres s'avança vers Harienbourg
à trois lieues de Minden , & celui du Duc
de Randan fe porta près de Hallerfprinck fur le
grand chemin de Hanovre. Le 4 , jour du départ
du courier qui a apporté ces détails , les habitans
de cette derniere Ville n'attendoient que les troùpes
du Roi pour ouvrir leurs portes . M. le Comte
de Platen étoit chargé de venir traiter des contributions
de l'Electorat. M. le Maréchal- Duc de Richelieu
eft arrivé le 3 au foir au quartier général
d'Oldendorff, &, comme l'ancien de M. le Maréchal
d'Eftrées , il a pris le commandement de l'armée.
Il y eut le 27 Juillet à Saint-Dié , en Lorraine ,
un incendie , qui a réduit en cendres l'Hôtel de
Ville , le Couvent des Capucins , les prifons , &
cent feize maifons , dans lefquelles on comptoir
près de trois cens ménages.
Le Corfaire l'Hobereau , de Calais , comman
dé par le Capitaine Jacques Bonvarlet , s'eft emparé
du Brigantin le Molley , de Linn , de 120
tonneaux , chargé de fer & de planches ; & il l'a
ranconné pour 630 livres fterlings.
Le même Corfaire s'eft rendu maître des Navires
Anglois le Samuel & le Thomas : le premier ,
armé de 6 canons , a pour cargaiſon 6 12 facs de
SEPTEMBRE. 1757. 213
farine , & des légumes ; le fecond eft chargé de
charbon de terre.
Le Bateau la Princeffe de Galles , de Carmar
then , de 70 tonneaux , chargé d'avoine & de
quelques barrils de beurre , dont le Corfaire le
+ Prince de Condé , de Boulogne , s'eft emparé ,
a été conduit à Calais.
La Corvette la Diligente a pris & conduit à la
Hougue , le petit Corfaire Anglois le Duc de
Marlborough , de Grenezey , armé de 4 canons
10 pierriers , & de 23 hommes d'équipage.
•
Il eft arrivé à Cherbourg un Navire d'environ
300 tonneaux , chargé d'huile fine , que le Corfaire
la Comteffe de Bentheim , de Saint-Malo ,
enlevé aux Anglois qui s'en étoient emparés.
Par des lettres écrites de Marfeille , on a été
informé de l'arrivée en ce port des Navires Anglois
la Tofcane , de 350 tonneaux , chargé de
faie & de raifins de Corinthe ; la Sirene & le
Guillaume Elizabeth , n'ayant pour cargaifon
que des raifins de Corinthe. Ces priſes ont été faites
, les deux premieres par le Capitaine Megy
commandant le Corfaire la Marie Défirée , la
troifieme par le Corfaire l'Heureufe Therefe.
Le Vicomte de Rochechouart , Capitaine de
Vaiffeau , commandant la Frégate du Roi la Thétis
, ayant avec lui la Frégate la Pomone , commandée
par le fieur Hector , s'eft rendu maître du
Corfaire Anglois le Boscawen , ( ci- devant le
Mefnil- Montant , de Nantes , ) armé de 22 ca
nons , & de 102 hommes déquipages ; il l'a fait
conduire à Saint- Nazaire au bas de la riviere de
Nantes .
Le Corfaire la Comteffe de Bentheim , de Saints
Malo , y eft rentré avec deux Navires Anglois ,
l'un de 200 tonneaux , qui venoit de la Caroling
214 MERCURE DE FRANCE.
avec une cargaifon d'indigo , de café , de peau
de caftor , de riz & de bois de Campeche ; l'au
tre de 150 tonneaux , chargé de falaiſons . Le même
Corfaire a fait une autre priſe de 120 tonneaux
, qui a été conduite à Perros , & dont le
chargement confifte en huile de Baleine , & en
taffia.
Le Tavignon , autre Corfaire de Saint -Malo ,
a pris & fait conduire au Port Louis le Navire Anglois
le Baal , de Londres , de 160 tonneaux ,
chargé de fucre , de coton , de gingembre , &
de taffia.
Le Navire Anglois le Gorges , chargé de riz , a
été pris par le Corfaire la Nouvelle Saxonne , de
Bordeaux , & conduit à Breft.
Le Corfaire la Bafquaife , de Saint-Jean- de-
Luz , y a conduit le Navire Anglois le Falmouth ,
de Glafcow , dont le chargement confifte en ballots
, & en une caifle contenant diveries marchandifes
.
Le Capitaine Louis Simon , commandant le
Corfaire le Bien -Aimé , de Marſeille , s'eft rendu :
maître du Corſaire Anglois le Blackney , de 16
canons , 24 pierriers , & 71 hommes d'équipa
ge. Il s'eft auffi emparé du Navire la Jeanne Sara,
chargé d'huile & de raifins .
La Sainte-Barbe , le Jefus Maria , Sainte-An=
ne , & la Junon , autres Corfaires de Marſeille
y ont auffi fait conduire les Navires Anglois le
Patfey chargé de bled , le Préfervé , ayant pour
chargement des raifins de Corinthe & d'autres
marchandifes , & la Galere Stapleton , qui n'a
fon left.
que
Le Capitaine Morel , qui commande le Cor
faire l'Actif, de Dunkerque , s'eft emparé des
Bateaux Anglois la Sufanne , de Montroff , le
SEPTEMBRE. 1757. 215
Bon Accord , de Petershead , la Catherine , de
Montroff , & l'Elizabeth , d'Airth en Ecoffe , &
il les a rançonnés pour 12720 livres . Il s'eft auffi
rendu maître des Navires le Dodgfon , de 120 tonneaux
, chargé d'indigo , de fucre , de café , de
quinquina , de tabac & de riz ; la Jeanne , de
Leith , dont la cargaifon eft compofée de fucre ,
de cuirs & de laine ; & l'Escap , de Portfoy , chargé
de charbon de terre & de fel.
Le Saint-Louis , autre Corfaire de Dunkerque ,
dont eft Capitaine le fieur Bachelier , a rançonné
pour 9600 livres les Navires Anglois le Thomus
Elizabeth & le Guillaume , dont il s'étoit emparé.
Les Navires Anglois , la Charmante Marthe
chargé de 30 futailles d'indigo , d'un boucaut &
onze paquets de pelleteries , de riz , &c. & le
Jean-Jofeph , chargé de falaifons , ont été pris
par le Corfaire le Comte de Grammont , & font arrivés
à Bayonne.
Le même Corfaire a fait , conjointement avec
le Corfaire le Maréchal de Richelieu , de Nantes ,
une autre prife chargée de fucre & de tabac , qui
a été conduite à Guetaris près de Saint- Sébaſtien.
Le Corfaire la Comteſſe de Grammont a fait conduire
à Bayonne les Navires Anglois le Grampes,
de Liverpool , fur lequel on a trouvé 8000 livres
en piaftres , & dont la cargaiſon confiſte en diverfes
marchandiſes propres pour la traite des Negres
, & le Triton , de Rodyland , armé de 6 canons
& 6 pierriers , qui a pour chargement des
balloteries.
Il eft auffi arrivê à Bayonne un Navire Anglois,
appellé l'Antelope , qui a été pris par le Corfaire
la Bafquaife , de ce Port , & qui eft chargé de
viandes falées.
La Goëlette la Surpriſe a pris un Brigantin Ang
216 MERCURE DE FRANCE.
glois de 100 tonneaux , dont la cargaiſon eſt com .
pofé de balloteries , & de deux rangs de futailles
dont on ignoroit encore le contenu .
>
Le Vicomte de Rochechouart , Capitaine de
Vaiffeau commandant la Frégate du Roi la
Thétis , ayant avec lui la Frégate la Pomone ,
commandée par le fieur Hector , s'eft emparé le
26 du mois dernier des Corfaires Anglois le Volcan
, de Londres , & le Bofcawen , de Jerzey ,
armés , l'un de 20 canons , 10 pierriers , & 59
hommes ; l'autre de 4 canons , 8 pierriers , &
32 hommes d'équipage. Ces deux Corfaires , pris
à 4 lieues au Nord- Ouest des Glenans , ont été
conduits au Port - Louis .
Le Corfaire le Prince de Condé , de Boulogne ,
a pris & conduit à Calais un Brigantin Anglois ,
de 70 tonneaux , chargé d'avoine.
Le Capitaine Papin , qui commande le Corfaire
l'Hyver , du Havre , a rançonné pour 26000
livres le Navire le Molly , dont il s'étoit rendu
maître ; & il a conduit à Breft un Bâtiment chargé
de chandelle & de falaifons.
Le Corfaire le Machault , de Granville , a pris
& fait conduire dans la Rade de l'Ile de Bas un
Brigantin Anglois , qui eft auffi chargé de falaifons
& de chandelle .
On mande de Nantes , que le Corfaire le Maréchal
de Richelieu , de ce port , y eft rentré avec
un Navire Anglois dont il s'eft emparé , & dont
la cargaiſon confifte en 250 barriques de fucre.
Le Corfaire le Machault , de Saint - Malo , a enlevé
au Corfaire Anglois le Duc de Bedfort , de
Dublin , une Barque Efpagnole , chargée de 150
balles de café de moka , 100 demi - balles de café
de Bourbon , 16 balles de marchandiſes des Indes
, & de quelques bois de teinture,
Le
1
+
SEPTEMBRE . 1757. 217
Le Saint - Florentin & le Puyzieulx , autres
Corfaires de Saint- Malo , fe font emparé , l'un
d'un Navire Anglois venant de la Caroline , avec
un chargement compofé de 900 barriques de riz ,
& de quelques dents d'Eléphant ; l'autre du Corfaire
la Mary-Galley , de Guernezey , armé de 4
canons , 6 pierriers , & 41 hommes d'équipage.
Les Navires Anglois le Dehel , de 70 tonneaux,
chargé de charbon de terre , & le Falmouth , dont
la cargaifon confifte en fel & autres marchandifes
, ont été pris par le Corfaire le Comte d'Hé
rouville, de Bordeaux , & conduits à Breft.
Le Corfaire l'aimable Françoife , de Bayonne ,
s'eft rendu maître des Navires Anglois la Marthe
Anne , chargé de boeuf , petit- falé , beurre &
fromage ; & la Charmante Nancy , de la nouvelle
Yorck , qui a pour cargaifon des toiles , du
fil de carret , & autres marchandiſes . Ces deux
priſes font arrivées , l'une à Saint - Sébaſtien , l'au
tre à Saint- Jean - de- Luz.
Le Navire Anglois le Dauphin , de Juingmouth
, allant à Terre - Neuve , avec 150 hommes
d'équipage , & une partie affez confidérable
de boeuf, de tan & de fuif, a été pris par le Corfaire
la Bafquaife , de Saint -Jean-de - Luz.
On apprend par des lettres écrites de Marſeille ,
que le Corfaire le Tigre , de ce Port , a pris & y
a fait conduire le Navire Anglois le Guillaume,
chargé d'huile.
On a été informé que M. du Reveft , commandant
une des Efcadres que le Roi a fait armer à
Toulon , s'eft rendu maître du Navire Anglois
Les deux Freres , armé de 16 canons , 25 hommes
d'équipage , & chargé de fucre , de café &
d'indigo . Le conducteur de cette priſe , qui eft
arrivée à Cadix , a rapporté que M. du Revest
K
218 MERCURE DE FRANCE.
s'eft emparé d'un autre Bâtiment Anglois , appellé
le Dobbs- Galley , de 190 tonneaux , dont la
cargaifon confiftoit en goudron , tabac & quelques
paquets de pelleteries , & qu'on a mis le feu
à ce dernier Navire , qui n'étoit pas en état de naviger.
Les Corfaires le Machault de Dunkerque , &
L'Amaranthe , de Dieppe , fe font emparé de huit
Bâtimens Anglois , chargés de charbon de terre
& de meules de moulin . Une de ces prifes eft arri
vée à Dunkerque quatre autres ont relâché à
Oftende , & l'on a eu avis de Terveer , qu'il en
eft entré deux dans ce Port.
Le Corfaire la Princeſſe de Soubize a pris un Ba
teau Anglois , chargé de boeuf falé , & il l'a fait
conduire à Breft..
Le Senaw Anglois l'Edward , qui alloit de la
Caroline à Londres avec une cargaiſon compofée
d'indigo , de café , de fucre , de brai & de pelleteries
, a été pris par le Coifaire le Vainqueur ,
de Bayonne. de çe
Les Corfaires le Comte de Grammont ,
Port , & le Maréchal de Richelieu , de Nantes ,
ont enlevé au Corfaire Anglois la Défiance , de
Briſtol , un Navire dont il s'étoit emparé , & qui
a pour chargement du fucre , du tabac & du bois
de bréfil .
" Le Capitaine Marfans-Haraneder , qui commande
le Corfaire la Bafquaife , de Saint Jeande
Luz , a rançonné pour 290 livres sterlings un
Navire Anglois , dont il s'étoit rendu maître , &
il a conduit dans ce Port un autre Bâtiment Anglois
nommé le Lady - Strauge , de Liverpool ,
chargé de balloteries.
Le Navire le Mari , de Waterford , chargé de
fel , de beurre , de lard & de farine , a été pris
SEPTEMBRE . 1757. 219
par le Corfaire le Mars , & conduit à Bayonne.
Le Capitaine Danglade , commandant le Corfaire
la Françoife , de ce Port , s'eft rendu maître
du Navire Anglois l'Industrie , chargé de 300
boucauts de tabac. Ce Bâtiment eft arrivé par relâche
à Saint- Sébastien .
Le Corfaire le Comte de Maurepas , commandé
par le Capitaine Jean- Baptifte de Cock , a rançonné
quinze Bâtimens ennemis pendant les deux
mois de fa feconde courſe. Le fieur de Cock a
conduit dans le port de Dunkerque les ôtages, qui
lui ont été remis pour la fûreté de ces différentes
rançons. Ce Capitaine eft le même , qui dans le
mois d'Octobre de l'année derniere n'ayant que
16 canons , foutint un combat devant Calais , contre
un Vaiffeau Anglois de 36 , & qui à la fin de
Décembre fe défendit près d'Oftende contre qua
tre Corfaires , dont un de 16 canons , un de 12 ,
& les deux autres de 8. Dans ces deux actions , il
montoit le même Corfaire le Comte de Mau-.
repas.
Le fieur de Kerfaint & le fieur de Caumont ,
Capitaines de Vaiffeaux , qui étoient partis de
Breft à la fin du mois de Novembre dernier , avec
trois Vaiffeaux & trois Frégates , font arrivés à la
Martinique le 17 & le 20 Mai , après avoir croisé
féparément fur différentes parties de la côte d'Afrique
. Il fe font emparés fur cette côte de plufieurs
Navires Anglois, qui y faifoient la traite des
Negres , & le fieur de Kerfaint avoit pris dans fa
route au Cap Verd le Corfaire le Boscawen , de
Londres , & les Navires le Sphinx & le Wilkinton
Il a conduit à la Martinique , tant fur les Vaiffeaux
de Sa Majefté , que fur trois Bâtimens qu'il a confervés
des prifes qu'il a faites , onze cens Negres ,
indépendamment de ceux que le fieur de Cau
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
mont a enlevés , & qu'il y a conduits également.
A l'égard des prifonniers , le fieur de Kerfaint en
a débarqué 94 à l'Ile de Bonneviſte , & 71 au
grand Jonk , fur les inftances que les uns & les
autres lui en ont faites , & il a mené le ſurplus à
la Martinique .
Le fieur de l'Ile de Beauchefne , Capitaine de
Vaiffeau commandant la Frégate du Roi le
Zéphyr , s'eft rendu maître du Corfaire Anglois le
Roi de Pruffe , de Briſtol , armé de 20 canons
16 pierriers , 90 hommes d'équipage , & il l'a fait
conduire à Rochefort .
Un autre Corſaire Anglois , appellé le Saint-
Olive , de Londres , de 18 canons , 20 pierriers
& 97 hommes d'équipage , a été pris & conduit
à Breft par le fieur de Longueval , Lieutenant de
Vaiffeau , commandant la Corvette du Roi l'EScarboucle.
Le Corfaire l'Hobereau , de Calais , s'eft emparé
du Brigantin Anglois le Dauphin , chargé de
bois de campêche , & il l'a rançonné pour 19200
livres.
Le Corfaire la Marquise de Beringhen a auffi
rançonné pour 45 livres fterlings un petit Bâtiment
Anglois,
LE
B5 Juin , Leurs Majeftés & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage de M. le Marquis de
Caumont , feul héritier de la maiſon de la Force ,
avec Mademoiſelle Galard de Braffac de Bearn ,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
petite- fille du Duc de la Force ; & celui de M. le
Comte de Lorda avec Mademoiſelle de Seignelay.
La maison de Sorbonne fit le 6 une députation
folemnelle au Nonce du Pape , à l'occafion du
préfent que Sa Sainteté a fait de fon Portrait à
cette Maiſon. Le Curé de la Paroiffe de Saint
Paul porta la parole Le Portrait du Pape eft l'original
fait en 1741 par Subleiras , célebre Peintre
François , mort à Rome. Ce préſent eſt d'autant
plus flatteur pour la Maifon de Sorbonne ,
que les Souverains Pontifes ne font point dans l'u
fage de donner leurs Portraits à qui que ce foit.
Sa Sainteté , dans le bref qu'elle a adreflé à la
maiſon , dit « qu'Elle veut bien lui accorder certe
» marque de diftinction , comme un témoignage
» extraordinaire & nouveau de fa bienveillance
» & comme un gage affuré de fon eſtime , afin ,
ajoute-t'elle , que placé au milieu de vous à
côté du Roi Très -Chrétien , Nous foyons con-
» tinuellement fous vos yeux , comme vous êtes
» toujours préfens à notre coeur » . On voit ce tableau
en Sorbonne dans la grande falle des actes,
Il a été mis entre le Portrait du Roi & celui du
Roi de Pologne , Duc de Lorraine & de Bar. Sa
Sainteté avoit envoyé précédemment à la Sorbonne
toutes les éditions de fes ouvrages , & en
particulier le Recueil complet de fes Euvres en
15 vol. in fol.
Le 12 Juin Leurs Majeftés & la Famille
Royale fignerent le contrat de mariage de M. le
Marquis de Marbeuf, Meftre de Camp d'un Régiment
de Dragons de fon nom , avec Mademoifelle
Michel , fille de M. Michel , Directeur de la
Compagnie des Indes .
Le Roi fit le 14 dans la cour du Château la
revue des deux Compagnies des Moufquetaires de
SEPTEMBRE. 1757. 199
fa Garde ordinaire. Sa Majefté paffa dans les
rangs , & après que les deux Compagnies eurent
fait l'exercice , Elle les vit défiler tant à pied qu'à
cheval . Monfeigneur le Dauphin accompagna le
Roi à cette revue .
Le temps fixé par la convention du 4 Juillet
1746 , entre le Roi & l'Electeur Palatin , pour la
reftitution réciproque des Déferteurs , étant expiré
le 3 Juillet de l'année derniere : Sa Majefté vient
de conclure pour le même objet avec Son Alteffe
Electorale Palatine une nouvelle convention >
portant ce qui fuit : « ART. I. Les Cavaliers , Dra-
» gons & Fantaffins , qui déferteront des troupes
>> Françoiſes ou Palatines , & qui pafferont des
» pays ou places d'une domination dans les pays
» ou places de l'autre , feront refpectivement ar-
» rêtés pour être rendus , auquel effet il fera
» donné avis de leur détention , le plutôt que
faire fe pourra , au Gouverneur ou Comman-
» dant de la plus prochaine place de guerre de la
» domination d'où ils auront déferté , afin qu'on
» envoie les chercher . ART. II. Le Gouverneur
≫ou Commandant d'une place , qui aura été averti
» de la détention de quelque déferteur , l'enverra
>> auffi-tôt chercher , & fera payer les frais de la
» prifon & la fimple fubfiftance du prifonnier , à
>> raifon de deux livres de pain par jour pour cha-
» que Cavalier , Dragon ou Fantaffin au prix
» courant de la place où le déferteur fera retenu .
» ART. III . Les déferteurs feront rendus dans le
» même état qu'ils auront été arrêtés , c'eſt- à-
» dire avec leurs chevaux , équipages , habits &
» armes ; & le fourrage qui aura été fourni à leurs
>> chevaux , fera payé de gré à gré fuivant le prix
>> courant des lieux . ART. IV. Les Officiers de
part & d'autre ne pourront pourfuivre ni enle-
>
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
» ver lesdits déſerteurs hors des terres de l'obéif-
» fance de leur Souverain : pourront cependant
» requérir en ce cas les Officiers & habitans des
» terres de la domination du Roi ou de S. A. Elec-
» torale Palatine , où lesdits déferteurs fe trouve-
>> ront , de les arrêter & conduire dans la place
» la plus prochaine de la domination fur laquelle
» ils auront été arrêtés. ART. V. Après la ratification
& publication de la préfente convention ,
» il fera fait très - expreffe défenſe aux habitans du
» plat- pays dans l'étendue des gouvernemens qui
>font fur les frontieres des deux dominations , &
» à tous autres, d'acheter les chevaux , armes , équi-
» pages , habits , & généralement quelque chofe
» que ce puiffe être defdits défetteurs , & même
» de leur donner aucun afyle ou fecours , ni de les
» receler ou de faciliter leur évafion , à peine
» contre les contrevenans de trente livres , mon-
> noie de France , d'amende pour un déferteur à
pied , & de foixante livres pour un Cavalier ou
» Dragon qui défertera à cheval. ART. VI. Pour
» engager les habitans & fujets de part & d'autre
» d'arrêter les déferteurs , & de les conduire dans
la place la plus prochaine de la domination fur
» laquelle ils auront été arrêtés , on eft convenu
» qu'il fera donné trente livres de récompenfe à
» celui ou ceux qui auront arrêté & conduit dans
ladite place un déferteur à pied , & foixante li-
» vres pour un déferteur à cheval , lefquelles
» fommes leur feront payées fur le champ par le
» Gouverneur ou Commandant de ladite place
» lequel fera remboursé par l'Officier qui viendra
» chercher le déferteur. ART. VII. Il est en outre
» convenu que les criminels , qui auront commis
» quelque crime dans l'une des deux dominations ,
» & qui chercheront à fe réfugier dans l'autre
SEPTEMBRE. 1757. 201
» feront arrêtés & rendus à la premiere réquifi-
» tion , moyennant la reftitution des frais qu'ils
>> auront caufés pendant le temps de leur déten-
» tion , fuppofé qu'ils aient été mis en priſon .
» ART. VIII. La préſente convention durera dix
» années , à commencer du 26 Avril de cette an-
» née , & fera publiée & obſervée immédiatement
après l'échange des ratifications dans l'Alface ,
» les trois Evêchés , à Sarre- Louis & autres lieux
» de la Sarre , & dans toute l'étendue des Villes &
» Bailliages de l'Electorat Palatin , & des deux
» Duchés de Bergues & de Juliers , & leurs dépendances
jufqu'au Rhin , & à dix lieues au delà
» de ce fleuve. »
Cette Convention a été fignée le 26 Avril , an
nom du Roi, parM.le Marquis de Paulmy , Miniftre
& Secretaire d'Etat ayant le département de la
guerre , & au nom de l'Electeur Palatin , par M.
le Baron de Grevenbroch , Confeiller d'Etat de ce
Prince , & fon Miniftre Plénipotentiaire à la Cour
de France.
Le Roi étant informé qu'il y a plufieurs Déferteurs
de fes troupes qui ont pris parti dans
celles qui font actuellement dans le Royaume
fans être connus pour tels , & qui par conféquent
ne pourroient , fans commettre une nouvelle défertion
, fatisfaire à l'obligation impofée par
l'Ordonnance d'amniftie , rendue le 20 Avril dernier
, de s'engager dans l'armée que Sa Majeſté a
fait paffer en Allemagne ; Sa Majesté ordonne
tous Soldats , Cavaliers & Dragons qui , aiant déferté
de fes troupes avant le premier Février dernier
, auront pris parti dans d'autres Compagnies
avant le 20 Avril dernier , ne pourront être pour
fuivis pour ladite défertion : Voulant Sa Majeſté ,
qu'ils foient compris dans l'amnistie qu'Elle a
que
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
accordée par fon Ordonnance dudit jour 20 Avril
dernier , à condition qu'ils continueront de fervir
dans lefdites troupes où ils fe trouvent actuellement
engagés , jufqu'à ce que Sa Majefté ayant
rétabli la diftribution des congés d'ancienneté , ils
foient dans le cas d'être renvoyés à leur tour.
Sa Majesté a fait expédier un brevet de Lieutenant
de Frégate au Capitaine Canon .
afin
Selon les avis reçus de Marfeille , M. Couturier
, Echevin de la Ville , y fait conftruire dans
l'Arcenal du Roi une Frégate fur les proportions.
d'un vaiffeau de de Elle eft 54 canons.. guerre
percée fur fon pont pour 26 canons de 18 livres
de balle , & elle aura un entre- deux ponts volant
pour y placer la vogue de 60 avirons , que
dans un temps calme elle puiffe au befoin faire
ufage de fes avirons auffi légérement qu'une galere
. On compte que ce fera le bâtiment le plus
fort , le plus léger & le meilleur voilier , qui ait
été conftruit dans les proportions qu'on lui a
données .
* Le 16 & le 19 Juillet , le Roi tint à Compiegne
le Sceau pour la dixieme & onzième fois .
le
Le même jour 16 , M. le Maréchal Duc de Richelieu
prit congé du Roi , & le lendemain il partit
pour fe rendre à l'armée qu'il va commander fur le
Mein. Les Lieutenans - Généraux , qui feront employés
fous les ordres de ce Général , font le
Comte de Noailles , le Marquis du Mefnil ,
Baron de Montmorency , le Chevalier de Muy ,
le Duc de Duras , le Comte d'Andlau , le Comte
de la Vauguyon , & le Duc d'Havré. Les Maréchaux
de Camp , qui ferviront dans la même
armée , font MM. le Chevalier du Châtelet , de
Planta , le Marquis de Laſtic , le Comte de Lutzelbourg,
le Comte du Luc , le Comte de Vence
SEPTEMBRE. 1757. 203
le Marquis de Voyer , le Marquis de Laval , le
Prince de Beauvau , le Comte de la Guiche , le
Marquis de Béthune , le Marquis de Roquépine ,
le Marquis de Traifnel & le Comte d'Egmond.
Le Marquis de Monteynard eft nommé Maréchal
Général des Logis de cette armée. Le Chevalier
de Redmond fera les fonctions de Maréchal des
Logis de la Cavalerie , & le Comte de Rochambeau
celles de Major Général de l'Infanterie.
Madame la Dauphine apprit le 31 Juillet , par
un Courier que lui dépêcha le Roi , la victoire
Haftembecke. L'émotion que caufe une pareille
nouvelle , fit voir toute fa bonté & ſon humanité.
Cette Princeffe ne s'occupa , dans ce moment critique
, que des inquiétudes des perſonnes de fa
cour , qui ayant de proches parens à cette affaire
pouvoient craindre pour eux quelqu'accident ;
aucune de celles qu'elle pût tranquillifer ou confoler
n'échappa à fon attention.
Le lendemain Madame la Dauphine envoya a
Compiegne M. de Goy- de Didogne , fon Ecuyer
de main en quartier , porter au Roi des lettres de
complimens fur cet heureux événement , & à fon
retour M. de Didogne fut chargé des lettres de
Sa Majefté & de la Famille Royale pour Madame
Ja Dauphine.
T
Le Roi a fait préfent d'une épée au Capitaine la
Fargue , commandant le Corfaire l'Aigle , de
Bayonne en confidération de la prife que ce Capitaine
a faite d'un Corfaire Anglois après un combat
des plus opiniâtres , dans lequel M. la Fargue
a été griévement bleffé . Sa Majesté a accordé
la même marque de diftinction à M. Forestier ,
qui après la bleffure de M. la Fargue a pris le commandement
, & a continué le combat .
On a reçu des lettres du Canada , qui contien-
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
nent le détail de ce qui s'eft paffé dans ce Pays- l
durant l'hyver , relativement à la guerre.
Indépendamment des Partis de Canadiens & de
Sauvages , qui ont été continuellement en campagne
durant l'hyver , & qui , dans les incurfions
qu'ils ont faites fur les ennemis , leur ont tué
beaucoup de monde , & donné l'allarme dans les
Colonies Angloifes , le Marquis de Vaudreuil a
exécuté une expédition , dont l'objet étoit trèsimportant..
Il avoit été informé au mois de Janvier , que
les ennemis avoient raffemblé au Fort Georges ,
fitué fur le Lac Saint - Sacrement , une quantité
très- confidérable d'approvifionnemens de toutes
les efpeces , & qu'ils avoient fait conftruire fous.
le canon de ce Fort un grand nombre de Barques ,
de Bateaux , & d'autres Bâtimens , non feulement
pour le tranfport de ces approvifionnemens
mais encore pour s'affurer la navigation de ce Lac.
Jugeant que tous ces préparatifs étoient deſtinés .
pour les entreprifes que les ennemis fe propo-.
foient d'exécuter au printemps , il forma le projet
de leur en ôter les moyens.
Dans cette vue , il fit un détachement de 1500
hommes , compofé des Piquets des Bataillons
des troupes de terre , dont un de Grenadiers ,
300 Soldats des troupes de la Colonie , 150 Miliciens
, dont une Compagnie de so Volontaires,
& 300 Sauvages. Ce détachement
ayant été
promptement
raffemblé au Fort Saint -Jean , M.
de Rigaud de Vaudreuil , Gouverneur des Trois
Rivieres , qui le commandoit , le fit marcher en
quatre divifions. La premiere partit le 20 Février::
elle étoit compofée de 6 Compagnies mêlées dés
troupes & des Milices de la Colonie avec quelques.
Sauvages Abenakis , & elle étoit commandée par
SEPTEMBRE. 1757. 205
M. de Saint-Martin , Lieutenant de ces troupes.
La feconde que commandoit M. du Chat , Capitaine
au Régiment de Languedoc , étoit compofée
de deux Piquets de troupes de terre , de trois
Compagnies mêlées de la Colonie & de quelques
Sauvages , & elle fe mit en marche le 21. Elle fut
fuivie le lendemain par la troifieme , qui étoit
commandée par M. Coni , Capitaine au Régiment
de Royal Rouffillon , & qui étoit compofée,
comme la feconde. M. de Rigaud devoit partit
le 23 avec le Piquet de Grenadiers , la Compagnie
des Volontaires Canadiens , & le reste des
Sauvages , qui compofoient la quatrieme Divifion;
mais fon départ fut retardé par le dégel
juſqu'au 2 s .
Les quatre Divifions s'étant réunies au Fort de
Carillon , toute la troupe en partit le 15 de Mars ,
la Compagnie de Volontaires Canadiens faifant
l'avant-garde ; & le 17 à fept heures du foir, on fe
trouva à une lieue & demie du Fort Georges.
Le 18 , M. de Rigaud détacha M. Poullariez
Capitaine de Grenadiers du Régiment de Royal
Rouffillon , avec deux autres Officiers , pour aller
reconnoître le Fort , d'une hauteur qui le domine
à environ une demi-lieue de diftance . Quoique
fur le rapport que lui fit M. Poullariez , il ne
pût pas douter que les ennemis ne fuffent informés
defa marche, il fit fes difpofitions pour l'exécution.
des ordres dont il étoit chargé..
Il fe mit en mouvement avec toute fa troupe
l'entrée de la nuit du 18 au 19. Il détacha M. Dumas
, Capitaine , avec deux autres Officiers &
quelques Grenadiers , pour aller reconnoître les
approches du Fort . Le bruit qu'ils ne pouvoient
s'empêcher de faire , en marchant fur la glace ,,
les fit bientôt découvrir ; & ils furent obligés de
206 MERCURE DE FRANCE
rejoindre la troupe. M. de Rigaud prit cependant
le parti de faire mettre le feu aux Bateaux qui
étoient fous le Fort ; mais il n'y en eut qu'un petit
nombre de brûlés . Les ennemis tuerent deux
hommes , & en bleſſerent un autre. Le 20 , M.
de Rigaud fit inveftir le Fort , afin d'en impoſer à
la Garnifon , qu'il fçavoit être de 5 à 6co hommes
d'élite ; & il envoya un détachement de Sauvages
fur le chemin du Fort Lidius , pour en couper
la communication . Il fit même fommer le
Commandant de fe rendre . Cette fommation fixa
l'attention du Commandant aux difpofitions relatives
à la défenſe du Fort ; enforte que la nuit fuivante
il ne fit tirer que quelques coups de canon &
quelques bombes , qui n'empêcherest pas qu'on
ne brûlât beaucoup d'effers.
Le Fort refta encore inveſti le 21 , fans que les
ennemis oſaflent faire aucune fortie . Ils demeurerent
également tranquilles toute la nuit , mais il
tomba en même temps une fi prodigieufe quantité
de neige fondue, qu'il ne fut pas poſſible de mettre
le feu aux dehors . Le temps fut plus favorable la
nuit ſuivante , & l'on en profita pour biûler tout
ce qui étoit dans le Lac & aux environs du Fort ,
malgré le feu d'artillerie & de moufqueterie que
les ennemis firent de leur côté , & qui tua trois
Soldats , & bleſſa un Officier .
Les ennemis ont perdu par cet incendie quatre
Brigantins de 10 à 14 canons , & deux Galeres à
so rames , qu'ils deftinoient pour la navigation
des Lacs ; plus de trois cens cinquante Bateaux de
tranfport ; une quantité confidérable de bois de
conſtruction ; beaucoup d'affûts de campagne ;
un moulin à fcier des planches ; les hangards &
les magafins qui étoient entourés d'un Fort de
pieux , & où il y avoit plus de 4 mille quarts de
SEPTEMBRE . 1757. 207
farine , & d'autres vivres de toute espece à proportion
, des armes , des habillemens , & génétalement
toutes fortes d'uftenciles de campagne ;
les hôpitaux ; plus de 20 maiſons qui étoient tant
en dedans qu'en dehors du Fort de pieux ; & enfin
toute leur provifion de bois de chauffage. Le
Fort eft refté ifolé ; il n'a même été préfervé du
feu , que parce qu'il n'a point fait de vent durant
tout l'incendie .
Dans cette expédition , qui eft une des plus importantes
qu'on pût entreprendre en Canada durant
l'hyver , il n'y a eu que 5 François tués , un
Officier & un Sauvage bleffés , quoiqu'elle ait
été exécutée fous le feu de l'artillerie & de la
moufqueterie du Fort Georges. On ignore lenombre
d'hommes que les ennemis y ont perdu
mais les Canadiens & les Sauvages avoient été pla
cés , de maniere que par le feu de leur moufquete
rie , ils faifoient fouvent ceffer celui des ennemis ..
Ce fuccès eft principalement dû à la fageffe des
difpofitions que M. de Rigaud a faites , à l'attention
avec laquelle il en a fuivi l'exécution , & à la conftance
avec laquelle il a fupporté les fatigues exceffives
du voyage dans une faifon fi rigoureuſe.
Les différens Corps des troupes & des Milices s'y
font également diftingués à tous égards ; & M. de
Rigaud a été infiniment content de la conduite des
Sauvages qui y étoient employés..
On a lieu de l'être pareillement des difpofitions
de toutes les Nations Sauvages de la Colonie . Celles
qui ont de tout temps été fes alliées , donnent
tous les jours de nouvelles preuves de leur fidélité ,
& font continuellement en parti contre les ennemis.
Il y a d'ailleurs quelques Nations affez nombreufes
, & entr'autres les Tétes-plates , qui font X
208 MERCURE DE FRANCE.
entrées nouvellement dans cette alliance , & quí
ont pris part à la guerre. Les Cinq Nations Iroquoifes
ont envoyé une députation des plus folemnelles
au Marquis de Vaudreuil , pour renouveller
leurs anciens engagemens avec la France. Ils ont
promis non feulement de renoncer à tout commerce
avec les ennemis , mais même de fe joindre aux
autres Nations amies de la France pour agir contr'eux.
Les ennemis de leur côté n'ont tenté qu'une expédition
durant l'hyver. Ayant été informés qu'on
devoit faire paffer du Fort Saint-Frédéric au Fort
de Carillon quelques provifions fous l'eſcorte
d'un petit détachement , ils en envoyerent un de
80 hommes , qui enleva les premieres traînes de
ce convoi , & 7 Soldats . Mais le Commandant
du Fort Saint -Frédéric fit marcher un nouveau
détachement , pour couper celui des ennemis
dans fon chemin . Ils tomberent effectivement
dans l'embuſcade . Le combat fut des plus vifs &
des plus opiniâtres. Il refta du côté des ennemis ,
fur le champ de bataille , 40 hommes dont 3 Offi
ciers . On fit & prifonniers , & le refte du détachement
fe fauva dans les bois , où il a péri de
fes bleffures , de maniere qu'il n'en rentra que 3
hommes dans le Fort Georges. Les François en
eurent 11 de tués , & 26 de bleffés . Ils reprirent
les traînes dont les ennemis s'étoient emparés ; &
à l'égard des 7 Soldats que les ennemis avoient
enlevés , il ne s'en trouva que 3 , les 4 autres ayant
été tués. Cette action s'eſt paſſée le 22 Janvier.
M. le Comte de Gifors qui eft arrivé ici le 31 de
Juillet , a apporté au Roi la nouvelle d'une victoire
, que les troupes de Sa Majefté , commandées
par M. le Maréchal d'Eftrées, ont remportée le 26
de ce mois fur l'armée du Duc de Cumberland. M
SEPTEMBRE. 1757. 209
le Maréchal d'Eftrées ayant fait reconnoître le 25
au foir la poſition des ennemis , réfolut de les attaquer
le lendemain. Ils avoient leur droite vers
Hamelen. Devant leur front étoit un marais impraticable.
Leur gauche étoit appuyée à des montagnes
très- hautes , couvertes de bois , & traverfées
par fept ou huits ravins de vingt pieds de
profondeur. Elle avoit à gauche une redoute , &
droite le village de Haftembecke. Dans cette
fituation , les ennemis ne pouvoient être attaqués
que par leur flanc gauche fur un front de
deux cens toifes ou environ , & après que nous
aurions tourné les fommités des montagnes. M.
de Chevert fut détaché pour cet effet le 25 avant
minuit , avec quatre Brigades d'Infanterie. Mais
ayant quatre lieues à faire , il ne put arriver que
le lendemain 26 à neuf heures du matin. Le canon
de l'ennemi commença à tirer dès fix heures. On
y répondit de notre part jufqu'à huit que fe fit la
véritable attaque , & les batteries des ennemis
furent détruites fucceffivement. M. le Marquis
d'Armentieres & M. de Chevert , chacun avec un
corps féparé , chafferent l'ennemi de la montagne
après un feu très-vif. M. le Comte de Montmorency-
Laval , Colonel du Régiment de Guyenne ,
& qui fervoit dans l'armée en qualité d'Aide-
Maréchal Général des Logis , y fut tué. M. le Marquis
du Châtelet , Colonel du Régiment de Navarre
, y fut dangereufement bleffé d'un coup de
fufil au travers du corps , & M. le Marquis de
Belfunce eut le bras percé d'une balle . Cette attaque
ouvrit le chemin aux troupes de notre aîle
droite , compofée de la brigade Autrichienne ; de
celles de Picardie , de Champagne , de Navarre &
de la Marine ; du Régiment du Roi , & des Grenadiers
de France. Ces troupes ont montré la plus
210 MERCURE DE FRANCE..
οι
grande valeur , & particuliérement celles de l'Impératrice
Reine fe font diftinguées dans l'action .
La Cavalerie & la plus grande partie de l'Infanterie
n'ont pu aborder l'ennemi. La brigade de
Champagne a forcé une batterie retranchée ,
il y avoit huit pieces de canon & deux haubits ,
dont elle s'eft emparé ; & l'ennemi , après avoir
eu plus de trois mille hommes tués ou bleffés , a
été obligé d'abandonner fucceffivement tous fes
poftes , pour gagner les gorges qui menent vers
Hanovre. Sa perte auroit été beaucoup plus confidérable
fans un accident qui a mis quelque interruption
dans l'attaque , & qui a retardé la
pourfuite des fuyards. Plufieurs de nos bataillons
marchant dans la montagne à travers des bois , fe
font fufiliés fans fe reconnoître , & c'eft où nous
avons le plus perdu , ayant environ quinze cens
bleffés , quoique le nombre des morts ne monte
pas à cinq cens .
On attend un plus grand détail de cette action .
L'armée du Roi , lorfque M. le Comte de Gifors
en eft parti , étoit établie fort au-delà de l'ancien
camp des ennemis.
Le même jour que le Roi reçut la nouvelle de
cette victoire , Leurs Majeftés affifterent dans la
Chapelle , au Te Deum qui y fut chanté en action
de graces. M. l'Abbé de Gandras , Chapelain du
Roi , y officia. Le Motet étoit de la compofition ,
& fut exécuté ſous la directión de M. Colin- de
Blamont , Surintendant de la Mufique de la Chambre.
Il y eut le foir trois décharges d'artillerie ,
& toute la ville fut illuminée .
Le 7 Août , la Cour a pris le deuil pour trois
femaines , à l'occaſion de la mort de la Reine
Douairiere de Pruffe.
Le même jour , Sa Majefté reçut M. le Comte
SEPTEMBRE. 1757 . 211
de Gifors Chevalier de l'Ordre de S. Louis.
La ville de Hamelen s'étant rendue le 28 Juil
let , il a été ftipulé par la Capitulation , que la
garnifon , compofée de fept cens Heffois , fortiroit
le 30 avec les honneurs de la guerre , mais
fans canon , & qu'elle feroit conduite à Hanovre
avec tous les chevaux & équipages , fans pouvoir
néanmoins emmener ceux appartenans au refte
de l'armée ennemie ; que les Invalides & les Miliciens
, faifant partie de la garniſon , feroient
renvoyés chez eux , & ne pourroient fervir pendant
tout le temps de la guerre ; que le Major
Général Hodemberg , & tous les autres bleflés &
malades renfermés dans la place , feroient prifonniers
de guerre. Ils font au nombre de huit
cens. Les articles de cette Capitulation ont été
réglés entre M. le Maréchal d'Eftrées & le fieur
Brunck , Major Général des troupes Hanovrien-
- nes .
On a trouvé à Hamelen cinquante- quatre canons
de fonte , & dix- neuf de fer ; dix mortiers
de fonte , trois haubits , vingt - huit mille boulets
, & quatre mille bombes ; deux mille fufils ,
cent cinquante - cinq milliers de poudre , deux
cens mille livres de plomb , & des bateaux qui
étoient deftinés à former un pont fur le Wefer .
Selon l'état que le Roi a reçu de la perte faite
par les troupes à la bataille de Haftembecke , il
y a eu dix -fept Officiers tués & cent dix -huit
bleffés. Le nombre des foldats tués monte à mille
trente-huit , & celui des bleffés à onze cens cinquante-
neuf.
L'armée eft demeurée dans fon camp près de
Hamelen, jufqu'au 31 Juillet : l'ennemi étoit alors
à Minden , qui eft à neuf lieuès de cette place . Le
31 , l'armée s'étant miſe en marche paſſa la ri212
MERCURE DE FRANCE.
viere de Hamel ; la referve du Duc de Randan ſe
tenant à Bifphrode , & le corps du Duc de Broglie
à la hauteur de Hamelen. On fut informé le premier
de ce mois , que le Duc de Cumberland
avoit quitté Minden , pour fe retirer à Niembourg
Les Magiftrats de Minden envoyerent des
Députés offrir les clefs de leur Ville. Le 3 Août , le
Duc de Broglie , après avoir fait occuper cette place
par un détachement , repaffa le Wefer avec
fon corps , & fe dirigea fur Remen. Le corps du
Marquis d'Armentieres s'avança vers Harienbourg
à trois lieues de Minden , & celui du Duc
de Randan fe porta près de Hallerfprinck fur le
grand chemin de Hanovre. Le 4 , jour du départ
du courier qui a apporté ces détails , les habitans
de cette derniere Ville n'attendoient que les troùpes
du Roi pour ouvrir leurs portes . M. le Comte
de Platen étoit chargé de venir traiter des contributions
de l'Electorat. M. le Maréchal- Duc de Richelieu
eft arrivé le 3 au foir au quartier général
d'Oldendorff, &, comme l'ancien de M. le Maréchal
d'Eftrées , il a pris le commandement de l'armée.
Il y eut le 27 Juillet à Saint-Dié , en Lorraine ,
un incendie , qui a réduit en cendres l'Hôtel de
Ville , le Couvent des Capucins , les prifons , &
cent feize maifons , dans lefquelles on comptoir
près de trois cens ménages.
Le Corfaire l'Hobereau , de Calais , comman
dé par le Capitaine Jacques Bonvarlet , s'eft emparé
du Brigantin le Molley , de Linn , de 120
tonneaux , chargé de fer & de planches ; & il l'a
ranconné pour 630 livres fterlings.
Le même Corfaire s'eft rendu maître des Navires
Anglois le Samuel & le Thomas : le premier ,
armé de 6 canons , a pour cargaiſon 6 12 facs de
SEPTEMBRE. 1757. 213
farine , & des légumes ; le fecond eft chargé de
charbon de terre.
Le Bateau la Princeffe de Galles , de Carmar
then , de 70 tonneaux , chargé d'avoine & de
quelques barrils de beurre , dont le Corfaire le
+ Prince de Condé , de Boulogne , s'eft emparé ,
a été conduit à Calais.
La Corvette la Diligente a pris & conduit à la
Hougue , le petit Corfaire Anglois le Duc de
Marlborough , de Grenezey , armé de 4 canons
10 pierriers , & de 23 hommes d'équipage.
•
Il eft arrivé à Cherbourg un Navire d'environ
300 tonneaux , chargé d'huile fine , que le Corfaire
la Comteffe de Bentheim , de Saint-Malo ,
enlevé aux Anglois qui s'en étoient emparés.
Par des lettres écrites de Marfeille , on a été
informé de l'arrivée en ce port des Navires Anglois
la Tofcane , de 350 tonneaux , chargé de
faie & de raifins de Corinthe ; la Sirene & le
Guillaume Elizabeth , n'ayant pour cargaifon
que des raifins de Corinthe. Ces priſes ont été faites
, les deux premieres par le Capitaine Megy
commandant le Corfaire la Marie Défirée , la
troifieme par le Corfaire l'Heureufe Therefe.
Le Vicomte de Rochechouart , Capitaine de
Vaiffeau , commandant la Frégate du Roi la Thétis
, ayant avec lui la Frégate la Pomone , commandée
par le fieur Hector , s'eft rendu maître du
Corfaire Anglois le Boscawen , ( ci- devant le
Mefnil- Montant , de Nantes , ) armé de 22 ca
nons , & de 102 hommes déquipages ; il l'a fait
conduire à Saint- Nazaire au bas de la riviere de
Nantes .
Le Corfaire la Comteffe de Bentheim , de Saints
Malo , y eft rentré avec deux Navires Anglois ,
l'un de 200 tonneaux , qui venoit de la Caroling
214 MERCURE DE FRANCE.
avec une cargaifon d'indigo , de café , de peau
de caftor , de riz & de bois de Campeche ; l'au
tre de 150 tonneaux , chargé de falaiſons . Le même
Corfaire a fait une autre priſe de 120 tonneaux
, qui a été conduite à Perros , & dont le
chargement confifte en huile de Baleine , & en
taffia.
Le Tavignon , autre Corfaire de Saint -Malo ,
a pris & fait conduire au Port Louis le Navire Anglois
le Baal , de Londres , de 160 tonneaux ,
chargé de fucre , de coton , de gingembre , &
de taffia.
Le Navire Anglois le Gorges , chargé de riz , a
été pris par le Corfaire la Nouvelle Saxonne , de
Bordeaux , & conduit à Breft.
Le Corfaire la Bafquaife , de Saint-Jean- de-
Luz , y a conduit le Navire Anglois le Falmouth ,
de Glafcow , dont le chargement confifte en ballots
, & en une caifle contenant diveries marchandifes
.
Le Capitaine Louis Simon , commandant le
Corfaire le Bien -Aimé , de Marſeille , s'eft rendu :
maître du Corſaire Anglois le Blackney , de 16
canons , 24 pierriers , & 71 hommes d'équipa
ge. Il s'eft auffi emparé du Navire la Jeanne Sara,
chargé d'huile & de raifins .
La Sainte-Barbe , le Jefus Maria , Sainte-An=
ne , & la Junon , autres Corfaires de Marſeille
y ont auffi fait conduire les Navires Anglois le
Patfey chargé de bled , le Préfervé , ayant pour
chargement des raifins de Corinthe & d'autres
marchandifes , & la Galere Stapleton , qui n'a
fon left.
que
Le Capitaine Morel , qui commande le Cor
faire l'Actif, de Dunkerque , s'eft emparé des
Bateaux Anglois la Sufanne , de Montroff , le
SEPTEMBRE. 1757. 215
Bon Accord , de Petershead , la Catherine , de
Montroff , & l'Elizabeth , d'Airth en Ecoffe , &
il les a rançonnés pour 12720 livres . Il s'eft auffi
rendu maître des Navires le Dodgfon , de 120 tonneaux
, chargé d'indigo , de fucre , de café , de
quinquina , de tabac & de riz ; la Jeanne , de
Leith , dont la cargaifon eft compofée de fucre ,
de cuirs & de laine ; & l'Escap , de Portfoy , chargé
de charbon de terre & de fel.
Le Saint-Louis , autre Corfaire de Dunkerque ,
dont eft Capitaine le fieur Bachelier , a rançonné
pour 9600 livres les Navires Anglois le Thomus
Elizabeth & le Guillaume , dont il s'étoit emparé.
Les Navires Anglois , la Charmante Marthe
chargé de 30 futailles d'indigo , d'un boucaut &
onze paquets de pelleteries , de riz , &c. & le
Jean-Jofeph , chargé de falaifons , ont été pris
par le Corfaire le Comte de Grammont , & font arrivés
à Bayonne.
Le même Corfaire a fait , conjointement avec
le Corfaire le Maréchal de Richelieu , de Nantes ,
une autre prife chargée de fucre & de tabac , qui
a été conduite à Guetaris près de Saint- Sébaſtien.
Le Corfaire la Comteſſe de Grammont a fait conduire
à Bayonne les Navires Anglois le Grampes,
de Liverpool , fur lequel on a trouvé 8000 livres
en piaftres , & dont la cargaiſon confiſte en diverfes
marchandiſes propres pour la traite des Negres
, & le Triton , de Rodyland , armé de 6 canons
& 6 pierriers , qui a pour chargement des
balloteries.
Il eft auffi arrivê à Bayonne un Navire Anglois,
appellé l'Antelope , qui a été pris par le Corfaire
la Bafquaife , de ce Port , & qui eft chargé de
viandes falées.
La Goëlette la Surpriſe a pris un Brigantin Ang
216 MERCURE DE FRANCE.
glois de 100 tonneaux , dont la cargaiſon eſt com .
pofé de balloteries , & de deux rangs de futailles
dont on ignoroit encore le contenu .
>
Le Vicomte de Rochechouart , Capitaine de
Vaiffeau commandant la Frégate du Roi la
Thétis , ayant avec lui la Frégate la Pomone ,
commandée par le fieur Hector , s'eft emparé le
26 du mois dernier des Corfaires Anglois le Volcan
, de Londres , & le Bofcawen , de Jerzey ,
armés , l'un de 20 canons , 10 pierriers , & 59
hommes ; l'autre de 4 canons , 8 pierriers , &
32 hommes d'équipage. Ces deux Corfaires , pris
à 4 lieues au Nord- Ouest des Glenans , ont été
conduits au Port - Louis .
Le Corfaire le Prince de Condé , de Boulogne ,
a pris & conduit à Calais un Brigantin Anglois ,
de 70 tonneaux , chargé d'avoine.
Le Capitaine Papin , qui commande le Corfaire
l'Hyver , du Havre , a rançonné pour 26000
livres le Navire le Molly , dont il s'étoit rendu
maître ; & il a conduit à Breft un Bâtiment chargé
de chandelle & de falaifons.
Le Corfaire le Machault , de Granville , a pris
& fait conduire dans la Rade de l'Ile de Bas un
Brigantin Anglois , qui eft auffi chargé de falaifons
& de chandelle .
On mande de Nantes , que le Corfaire le Maréchal
de Richelieu , de ce port , y eft rentré avec
un Navire Anglois dont il s'eft emparé , & dont
la cargaiſon confifte en 250 barriques de fucre.
Le Corfaire le Machault , de Saint - Malo , a enlevé
au Corfaire Anglois le Duc de Bedfort , de
Dublin , une Barque Efpagnole , chargée de 150
balles de café de moka , 100 demi - balles de café
de Bourbon , 16 balles de marchandiſes des Indes
, & de quelques bois de teinture,
Le
1
+
SEPTEMBRE . 1757. 217
Le Saint - Florentin & le Puyzieulx , autres
Corfaires de Saint- Malo , fe font emparé , l'un
d'un Navire Anglois venant de la Caroline , avec
un chargement compofé de 900 barriques de riz ,
& de quelques dents d'Eléphant ; l'autre du Corfaire
la Mary-Galley , de Guernezey , armé de 4
canons , 6 pierriers , & 41 hommes d'équipage.
Les Navires Anglois le Dehel , de 70 tonneaux,
chargé de charbon de terre , & le Falmouth , dont
la cargaifon confifte en fel & autres marchandifes
, ont été pris par le Corfaire le Comte d'Hé
rouville, de Bordeaux , & conduits à Breft.
Le Corfaire l'aimable Françoife , de Bayonne ,
s'eft rendu maître des Navires Anglois la Marthe
Anne , chargé de boeuf , petit- falé , beurre &
fromage ; & la Charmante Nancy , de la nouvelle
Yorck , qui a pour cargaifon des toiles , du
fil de carret , & autres marchandiſes . Ces deux
priſes font arrivées , l'une à Saint - Sébaſtien , l'au
tre à Saint- Jean - de- Luz.
Le Navire Anglois le Dauphin , de Juingmouth
, allant à Terre - Neuve , avec 150 hommes
d'équipage , & une partie affez confidérable
de boeuf, de tan & de fuif, a été pris par le Corfaire
la Bafquaife , de Saint -Jean-de - Luz.
On apprend par des lettres écrites de Marſeille ,
que le Corfaire le Tigre , de ce Port , a pris & y
a fait conduire le Navire Anglois le Guillaume,
chargé d'huile.
On a été informé que M. du Reveft , commandant
une des Efcadres que le Roi a fait armer à
Toulon , s'eft rendu maître du Navire Anglois
Les deux Freres , armé de 16 canons , 25 hommes
d'équipage , & chargé de fucre , de café &
d'indigo . Le conducteur de cette priſe , qui eft
arrivée à Cadix , a rapporté que M. du Revest
K
218 MERCURE DE FRANCE.
s'eft emparé d'un autre Bâtiment Anglois , appellé
le Dobbs- Galley , de 190 tonneaux , dont la
cargaifon confiftoit en goudron , tabac & quelques
paquets de pelleteries , & qu'on a mis le feu
à ce dernier Navire , qui n'étoit pas en état de naviger.
Les Corfaires le Machault de Dunkerque , &
L'Amaranthe , de Dieppe , fe font emparé de huit
Bâtimens Anglois , chargés de charbon de terre
& de meules de moulin . Une de ces prifes eft arri
vée à Dunkerque quatre autres ont relâché à
Oftende , & l'on a eu avis de Terveer , qu'il en
eft entré deux dans ce Port.
Le Corfaire la Princeſſe de Soubize a pris un Ba
teau Anglois , chargé de boeuf falé , & il l'a fait
conduire à Breft..
Le Senaw Anglois l'Edward , qui alloit de la
Caroline à Londres avec une cargaiſon compofée
d'indigo , de café , de fucre , de brai & de pelleteries
, a été pris par le Coifaire le Vainqueur ,
de Bayonne. de çe
Les Corfaires le Comte de Grammont ,
Port , & le Maréchal de Richelieu , de Nantes ,
ont enlevé au Corfaire Anglois la Défiance , de
Briſtol , un Navire dont il s'étoit emparé , & qui
a pour chargement du fucre , du tabac & du bois
de bréfil .
" Le Capitaine Marfans-Haraneder , qui commande
le Corfaire la Bafquaife , de Saint Jeande
Luz , a rançonné pour 290 livres sterlings un
Navire Anglois , dont il s'étoit rendu maître , &
il a conduit dans ce Port un autre Bâtiment Anglois
nommé le Lady - Strauge , de Liverpool ,
chargé de balloteries.
Le Navire le Mari , de Waterford , chargé de
fel , de beurre , de lard & de farine , a été pris
SEPTEMBRE . 1757. 219
par le Corfaire le Mars , & conduit à Bayonne.
Le Capitaine Danglade , commandant le Corfaire
la Françoife , de ce Port , s'eft rendu maître
du Navire Anglois l'Industrie , chargé de 300
boucauts de tabac. Ce Bâtiment eft arrivé par relâche
à Saint- Sébastien .
Le Corfaire le Comte de Maurepas , commandé
par le Capitaine Jean- Baptifte de Cock , a rançonné
quinze Bâtimens ennemis pendant les deux
mois de fa feconde courſe. Le fieur de Cock a
conduit dans le port de Dunkerque les ôtages, qui
lui ont été remis pour la fûreté de ces différentes
rançons. Ce Capitaine eft le même , qui dans le
mois d'Octobre de l'année derniere n'ayant que
16 canons , foutint un combat devant Calais , contre
un Vaiffeau Anglois de 36 , & qui à la fin de
Décembre fe défendit près d'Oftende contre qua
tre Corfaires , dont un de 16 canons , un de 12 ,
& les deux autres de 8. Dans ces deux actions , il
montoit le même Corfaire le Comte de Mau-.
repas.
Le fieur de Kerfaint & le fieur de Caumont ,
Capitaines de Vaiffeaux , qui étoient partis de
Breft à la fin du mois de Novembre dernier , avec
trois Vaiffeaux & trois Frégates , font arrivés à la
Martinique le 17 & le 20 Mai , après avoir croisé
féparément fur différentes parties de la côte d'Afrique
. Il fe font emparés fur cette côte de plufieurs
Navires Anglois, qui y faifoient la traite des
Negres , & le fieur de Kerfaint avoit pris dans fa
route au Cap Verd le Corfaire le Boscawen , de
Londres , & les Navires le Sphinx & le Wilkinton
Il a conduit à la Martinique , tant fur les Vaiffeaux
de Sa Majefté , que fur trois Bâtimens qu'il a confervés
des prifes qu'il a faites , onze cens Negres ,
indépendamment de ceux que le fieur de Cau
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
mont a enlevés , & qu'il y a conduits également.
A l'égard des prifonniers , le fieur de Kerfaint en
a débarqué 94 à l'Ile de Bonneviſte , & 71 au
grand Jonk , fur les inftances que les uns & les
autres lui en ont faites , & il a mené le ſurplus à
la Martinique .
Le fieur de l'Ile de Beauchefne , Capitaine de
Vaiffeau commandant la Frégate du Roi le
Zéphyr , s'eft rendu maître du Corfaire Anglois le
Roi de Pruffe , de Briſtol , armé de 20 canons
16 pierriers , 90 hommes d'équipage , & il l'a fait
conduire à Rochefort .
Un autre Corſaire Anglois , appellé le Saint-
Olive , de Londres , de 18 canons , 20 pierriers
& 97 hommes d'équipage , a été pris & conduit
à Breft par le fieur de Longueval , Lieutenant de
Vaiffeau , commandant la Corvette du Roi l'EScarboucle.
Le Corfaire l'Hobereau , de Calais , s'eft emparé
du Brigantin Anglois le Dauphin , chargé de
bois de campêche , & il l'a rançonné pour 19200
livres.
Le Corfaire la Marquise de Beringhen a auffi
rançonné pour 45 livres fterlings un petit Bâtiment
Anglois,
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Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
En juin 1757, plusieurs contrats de mariage furent signés par la Famille Royale, notamment ceux du Marquis de Caumont, du Comte de Lorda et du Marquis de Marbeuf. Le 6 juin, la Sorbonne reçut une députation du Nonce du Pape, offrant un portrait du Pape et toutes les éditions de ses ouvrages. Le 14 juin, le Roi passa en revue les Mousquetaires de sa Garde. Le 26 avril, une convention fut signée entre le Roi et l'Électeur Palatin concernant la restitution des déserteurs. Le Roi ordonna également une amnistie pour les déserteurs ayant rejoint d'autres troupes avant le 20 avril. À Marseille, une frégate de 54 canons fut construite. Le 16 et 19 juillet, le Roi tint le Sceau à Compiègne, et le Maréchal Duc de Richelieu prit congé pour commander une armée. Madame la Dauphine apprit la victoire d'Hastembecke et envoya des lettres de compliments au Roi, qui décerna des épées pour bravoure. En Amérique du Nord, des opérations militaires furent menées contre les ennemis au Fort Georges sur le Lac Saint-Sacrement. Une troupe dirigée par M. de Rigaud attaqua le fort, détruisant des bateaux et des provisions ennemis. Les troupes françaises et alliées autochtones montrèrent discipline et efficacité. Une expédition ennemie contre un convoi français fut repoussée. En Allemagne, le Maréchal d'Estrées remporta une victoire. Des lettres détaillèrent les mouvements et les pertes des armées. En septembre 1757, des corsaires français capturèrent plusieurs navires anglais. Parmi les prises notables, le Prince de Condé captura un brigantin anglais à Calais, et la Diligente prit le Duc de Marlborough à la Hougue. La Comtesse de Bentheim reprit un navire chargé d'huile et ramena deux navires anglais à Saint-Malo. D'autres corsaires capturèrent des navires chargés de diverses marchandises, telles que du sucre, du coton, du riz, du café, et des pelleteries. Les prises furent conduites dans différents ports français, certaines étant rançonnées.
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7
p. 203-205
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On va faire embarquer pour Embden quatre Compagnies d'anciennes Troupes [...]
Mots clefs :
Londres, Compagnies, Parlement, Dettes nationales, Dépenses, Soldats, Commandement, Tribunaux de l'Amirauté, Amérique, Pêche à la baleine, Commerce du nord, Corsaires, Suède
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES, le 16 Juillet.
On va faire embarquer pour Embdem quatre
Compagnies d'anciennes Troupes qui remplaceront
le Régiment Anglois de Brudenell , actuellement
engarnison dans cette Place , & que l'on envoye
à l'armée d'Hanovre.
Suivant l'état remis au Parlement dans la derniere
ſéance,nos dettes nationales montoient le 11
Janvier dernier à ſoixante- dix- ſept millions ſeptcens
quatre-vingt mille trois cens quatre-vingtfix
livres ſterlings. Elles ont été augmentées depuis
decinq millions de livres , pour les dépenſes extraordinaires
de cette campagne. Ainfielles montent
actuellement à quatre-vingt-deux millions
fept cens quatre-vingt mille trois cens quatrevingt-
fix livres ſterlings , le tout non compris less
dettes de la Marine qui font ſeules un objet d'enron
deux millions de livres ſterlings .
Il paroît décidé que la Cour ne fera paſſer en
Allemagne que dix mille hommes , au lieu de
trente ou de vingt mille qu'on s'étoit d'abord propoſé
de joindre à l'armée d'Hanovre
Lecommandement de ces troupes é tant deſtiné
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
au Duc de Marlborough , on croit que le Comte
d'Ancram commandera celles qu'on a deſſein de
renvoyer ſur les côtes de France. On aſſure même
que le Prince Edouard Augufte , frere du Prince
de Galles , a obtenu de Sa Majesté la permiſſion
d'aller ſervir , en qualité de volontaire , dans l'expédition
qu'on doit tenter de nouveau ſur ces mêmes
côtes , & qu'il s'embarquera ſur la flotte du
Chefd'eſcadre Howe.
Les Tribunaux de l'Amirauté , établis dans nos
Iſles de l'Amérique , ont pris le parti , pour abréger
les procédures, de déclarer de bonne priſe tous
les vaiſſeaux Hollandois qu'on trouve munis de
permiffions données par les François. Ces permiffions
, ſuivant leur Jurisprudence , naturaliſent les
vaiſſeaux , & les rendent ſujets à confiſcation ,
comme s'ils appartenoient véritablement à l'ennemi.
La pêche de la Baleine a mal réuſſi cette année
dans les mers du Nord. Six vaiſſeaux Hollandois ,
& cinq des nôtres , y ont péri ; pluſieurs autres ont
beaucoup fouffert , & quelques-uns auront de la
peine à ſe dégager des glaces.
Notre commerce du Nord commence à ſe reſſentir
de la méſintelligence ſurvenue entre cette
Cour & celle de Suede. Aux priſes que nos Corſaires
ont faites de pluſieurs Navires Suédois , qui
n'ont point été reſtitués , on oppoſe ici le refus
que la Cour de Suede a fait d'admettre, en qualité
deMiniſtre , le Chevalier Goodrick, envoyé par le
Roi pour réſider à Stockolm. Mais dans un Mémoire
que le ſieur Wynants , Secretaire de Légation
de Suede , préſenta au Roi , avant que de ſe
retirer , on obſerve que le Chevalier Goodrick
ayant pris ſa route par Breſlaw , & ayant eu pluſieurs
conférences avec les ennemis des Puiſſances
AOUST. 1758 . 109
auxquelles eſt alliée la Suede , il étoit devenu juftement
ſuſpect ; que d'ailleurs , pendant tout le
temps que le ſieur Goodrick avoit mis au voyage
de Suede, la Cour de Londres avoit gardé le filence
ſur la miffion de ſon Miniſtre , & qu'on n'avoit
été inſtruit de ſa deſtination à Stockholm que par
des voies indirectes ; qu'au reſte , outre ces motifs
d'excluſion , ſuffiſamment juſtifiés par les circonftances,
le refus de ſa Majesté Suédoiſe étoit fondé
ſur le droit que tous les Souverains ont à cet
égard, & fur l'exemple qu'en a donné la Cour de
Londres à l'occaſion d'un Miniftre nommé il y a
quelques années par le Roi de Suede , & qu'elle
ne voulut point recevoir , quoique le cas fut bien
différent de celui qui ſe préſente aujourd'hui.
DE LONDRES, le 16 Juillet.
On va faire embarquer pour Embdem quatre
Compagnies d'anciennes Troupes qui remplaceront
le Régiment Anglois de Brudenell , actuellement
engarnison dans cette Place , & que l'on envoye
à l'armée d'Hanovre.
Suivant l'état remis au Parlement dans la derniere
ſéance,nos dettes nationales montoient le 11
Janvier dernier à ſoixante- dix- ſept millions ſeptcens
quatre-vingt mille trois cens quatre-vingtfix
livres ſterlings. Elles ont été augmentées depuis
decinq millions de livres , pour les dépenſes extraordinaires
de cette campagne. Ainfielles montent
actuellement à quatre-vingt-deux millions
fept cens quatre-vingt mille trois cens quatrevingt-
fix livres ſterlings , le tout non compris less
dettes de la Marine qui font ſeules un objet d'enron
deux millions de livres ſterlings .
Il paroît décidé que la Cour ne fera paſſer en
Allemagne que dix mille hommes , au lieu de
trente ou de vingt mille qu'on s'étoit d'abord propoſé
de joindre à l'armée d'Hanovre
Lecommandement de ces troupes é tant deſtiné
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
au Duc de Marlborough , on croit que le Comte
d'Ancram commandera celles qu'on a deſſein de
renvoyer ſur les côtes de France. On aſſure même
que le Prince Edouard Augufte , frere du Prince
de Galles , a obtenu de Sa Majesté la permiſſion
d'aller ſervir , en qualité de volontaire , dans l'expédition
qu'on doit tenter de nouveau ſur ces mêmes
côtes , & qu'il s'embarquera ſur la flotte du
Chefd'eſcadre Howe.
Les Tribunaux de l'Amirauté , établis dans nos
Iſles de l'Amérique , ont pris le parti , pour abréger
les procédures, de déclarer de bonne priſe tous
les vaiſſeaux Hollandois qu'on trouve munis de
permiffions données par les François. Ces permiffions
, ſuivant leur Jurisprudence , naturaliſent les
vaiſſeaux , & les rendent ſujets à confiſcation ,
comme s'ils appartenoient véritablement à l'ennemi.
La pêche de la Baleine a mal réuſſi cette année
dans les mers du Nord. Six vaiſſeaux Hollandois ,
& cinq des nôtres , y ont péri ; pluſieurs autres ont
beaucoup fouffert , & quelques-uns auront de la
peine à ſe dégager des glaces.
Notre commerce du Nord commence à ſe reſſentir
de la méſintelligence ſurvenue entre cette
Cour & celle de Suede. Aux priſes que nos Corſaires
ont faites de pluſieurs Navires Suédois , qui
n'ont point été reſtitués , on oppoſe ici le refus
que la Cour de Suede a fait d'admettre, en qualité
deMiniſtre , le Chevalier Goodrick, envoyé par le
Roi pour réſider à Stockolm. Mais dans un Mémoire
que le ſieur Wynants , Secretaire de Légation
de Suede , préſenta au Roi , avant que de ſe
retirer , on obſerve que le Chevalier Goodrick
ayant pris ſa route par Breſlaw , & ayant eu pluſieurs
conférences avec les ennemis des Puiſſances
AOUST. 1758 . 109
auxquelles eſt alliée la Suede , il étoit devenu juftement
ſuſpect ; que d'ailleurs , pendant tout le
temps que le ſieur Goodrick avoit mis au voyage
de Suede, la Cour de Londres avoit gardé le filence
ſur la miffion de ſon Miniſtre , & qu'on n'avoit
été inſtruit de ſa deſtination à Stockholm que par
des voies indirectes ; qu'au reſte , outre ces motifs
d'excluſion , ſuffiſamment juſtifiés par les circonftances,
le refus de ſa Majesté Suédoiſe étoit fondé
ſur le droit que tous les Souverains ont à cet
égard, & fur l'exemple qu'en a donné la Cour de
Londres à l'occaſion d'un Miniftre nommé il y a
quelques années par le Roi de Suede , & qu'elle
ne voulut point recevoir , quoique le cas fut bien
différent de celui qui ſe préſente aujourd'hui.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En 1758, la Grande-Bretagne prépare plusieurs opérations militaires. Quatre compagnies de troupes anciennes doivent se rendre à Emden pour remplacer le régiment de Brudenell à Hanovre. La dette nationale britannique a augmenté de 15 millions de livres sterling, atteignant 82 millions 780 000 livres sterling, sans inclure les dettes de la Marine, estimées à 2 millions de livres. La Cour britannique prévoit d'envoyer 10 000 hommes en Allemagne sous le commandement du Duc de Marlborough, tandis que le Comte d'Ancram dirigera les troupes sur les côtes de France. Le Prince Édouard Auguste, frère du Prince de Galles, s'embarquera avec la flotte du Chef d'escadre Howe. Les tribunaux de l'Amirauté en Amérique déclarent de bonne prise les vaisseaux hollandais munis de permissions françaises. La pêche à la baleine dans les mers du Nord a été désastreuse, avec la perte de vaisseaux hollandais et britanniques. Le commerce britannique avec la Suède est affecté par des tensions diplomatiques, notamment le refus de la Suède d'accepter le Chevalier Goodrick comme ministre britannique.
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8
p. 204-212
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 15 Août, Fête de l'Assomption de la Sainte Vierge, la Procession [...]
Mots clefs :
Fête de l'Ascension, Assemblée générale, Marquis, Duc, Ennemis, Armée, Mouvements des troupes, Prince de Soubise, Commandement, Généraux, Flotte anglaise, Normandie, Attaque, Retraite, Défense, Amérique, Fortifications, Capitaine, Élection pontificale, Pape Clément XIII
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 15 Août , Fête de l'Aſſomption de la Sainte
Vierge, la Procefſion ſolemnelle , qui ſe fait tous
les ans à pareil jour , en exécution du Voeu de
Louis XIII , ſe fit avec les cérémonies accoutumées.
M. l'Abbé d'Agoult , Doyen du Chapitre
de l'Egliſe Métropolitaine , y officia. Le Parlement
, la Chambre des Comptes , la Cour des Aydes
, & le Corps de Ville , y aſſiſterent .
Dans l'Aſſemblé générale tenue le 16 par le
Corpsde Ville , M. Camus-de Pontcarré-de Viarmes
, Conſeiller d'Etat , a été élu Prevôt des Marchands
, & MM. Boutray , Confeiller de la Ville
&André , Avocat ès Conſeils du Roi , ont été élus
Echevins.
,
Le Roi prit le même jour le divertiſſement de
la chaſſe dans la plaine de Grenelle , & Sa Majeſté
fit l'honneur à M. le Duc de la Valliere de
fouper chez lui à Montrouge.
M. le Marquis de Broglie eſt mort à Caſſel des
bleſſures qu'il avoit reçues au combat de Sunderhaufen.
Par un extrait d'une lettre de l'Armée du bas-
Rhin , le 16 Août 1758 , on a reçu avis que M. le
Marquis de Contades ayant mis le Prince Ferdinand
dans l'impoſſibilité de paſſer le Rhin à Rhinberg
, comme il l'avoit projetté , ce Prince a été
obligé , manquant de vivres , de forcer ſes marchespour
gagner ſes ponts de Rées & d'Emme,
SEPTEMBRE. 1758 . 205
rick. Il a confidérablement perdu , ayant été continuellement
harcelé par nos troupes légeres , &
par le Corps que commandoit M. le Duc de Chevreuſe
ſousGueldres. L'armée de M. le Marquis
de Contades n'a pu ſuivre à cauſe du pain qu'il
falloit tirer par des convois de Cologne , la navigation
du Rhin étant interceptée par la Garniſon
ennemie de Duſſeldorp .
Les ennemis qui avoient détaché des troupes
pour ſoutenir la queue de leur pont de Rées , ont
été obligés de deſcendre au deſſous d'Emmerick ,
où leur armée a achevé de paſſer à la rive droite
du Rhin le 9 & le 10.
Notre armée a ſéjourné à Alpen le 10 & le 11 ,
tant pour ſe repoſer , que pour conſtruire nos
ponts à Weſel . Il n'y en a eu qu'un d'achevé le 12 :
une partie de l'armée l'a paſſé le même jour ;
mais un oragan extrêmement violent a retardé le
reſte , qui n'a pu achever de le paſſer en entier
que le 13 & le 14. Ily a apparence que nous ne
tarderons pas à marcher pour nous rapprocher de
l'armée du Prince de Soubife .
La tête de l'armée des ennemis étoit campée
les à Boicholt , où elle doit être jointe par les
Anglois , qui ont débarqué à Embden .
On a appris le 10 à midi , au camp d'Alpen ,
par un Officier dépêché à M. le Marquis de Contades,
par M. le Marquis de Caraman , que M.
d'Hardenberg , Général Hanovrien , qui commandoit
dans Duſſeldorp , dont la garniſon étoit
d'environ deux mille hommes , avoit évacué cette
Place le même jour au matin. M. le Marquis de
Caraman l'a ſuivi avec un gros détachement , &
a fait cent cinquante prifonniers. Cet abandon eſt
la ſuite des bonnes manoeuvres de notre Général ,
qui a empêché le Prince Ferdinand de pouvoir
paſſer àRhinberg.
206 MERCURE DE FRANCE.
M. de Chevert , qui avoit été détaché de Colo
gnepour ſe rendre par la rive droite à Weſel , ne
putyarriver que le 4 à cauſe des débordemens de
la Roer , de l'Ems , de la Lippe , & de tous les
ruiſſeaux ; ce qui a fait qu'il n'a pu marcher que
les avec cinq à fix millehommes extrêmement
fatigués , &la plus grande partie de Milices. Ce
retardement l'a empêché de ſurprendre le Corps
commandé par le Général Imhoff , qui couvroitle
pont de Rées à la rive droite , & qui avoit été
confidérablement renforcé par les garniſons de
Cleves , de Moeurs , & par un détachement de
l'armée du Prince Ferdinand. M. de Chevert a
trouvé ces troupes ſi bien poſtées , qu'il n'a pu les
forcer. Il s'eſt mis du déſordre dans les troupes
deſagauche preſque toutes compoſée de Milices;
cequi l'a obligé de ſe retirer , après avoir perdu
cent quatre-vingt-quatorze hommes de tués ou
reftés dans la retraite , trois cens trente-quatre
bleſſés , & fix pieces de petit canon dont les chevaux
avoient été tués.
On a appris de l'Armée du Prince de Soubiſe à
Caffel , le 9 Août 1758 , les nouvelles ſuivantes.
M. Fiſcher, avec un gros détachement , a pouffé
fort avant au de là de la Verra dans le pays d'Ha
novte , où il a établi des contributions.
Nous avons un Corps ſous le commandement
deM. le Marquis de Caſtries à Gottingen , qui a
obligé le Prince d'iſembourg de ſe retirer partie
à Fimbeck , d'où il a envoyé ſes équipages & fes
malades à Hamelen. M. le Marquis Dumeſnil a
marché avec notre avant-garde à Warbourg le 7,
d'où il a pouffé des détachemens à Paderborn.
On aſſure que nous allons tous nous raſſembler
en avant, & marcher à la rencontre de notre
grande armée , pour exécuter les opérations pro
SEPTEMBRE. 1758 .. 207
jettées par nosGénéraux. On ne ſçauroit exprimer
la bonne volonté de toutes les troupes , qui n'afpirent
qu'à joindre l'ennemi .
Les dix mille Saxons ſont déja arrivés àAnder
nach , & vont inceſſamment joindre l'armée. Ce
renfort ſera ſupérieur à celui des Anglois , qui ne
monte qu'à huit mille hommes. Ces Saxonsſeront
commandés par M. le Comte de Luſace , qui
s'eſt acquis l'eſtime générale de toute l'armée, &
l'affection de tous les Officiers .
Une flotte Angloiſe a reparu ſur les côtes de
Normandie. Le 7 , les Anglois débarquerent au
nombre de dix mille par l'anſe d'Arville , ſituée à
une lieue&demie de Cherbourg. M.le Comte de
Raymond , Maréchal de Camp , qui commande
dans cette partie de la Normandie , n'avoit pour
lors que les deux Régimens de Clare & d'Horion.
Ces deux Corps demandoient avec la plus vive
ardeur de combattre les Anglois; mais M. le
Comte de Raymond jugea qu'ils étoient trop inférieurs
pour s'oppofer à l'ennemi , protégé d'ailleurs
par le feu des canons de la Flotte , & que ce
feroit les expoſer à une deſtruction certaine. It fie
fa retraite pour couvrir Valogne , & pour raffembler
les Régimens qui font ſous ſes ordres. Les
ennemis ſont maîtres de Cherbourg. Il font campés
ſur la hauteur du Roule , s'étendant du côté
deTour-la-Ville & d'Igauville d'une part , & de
Pautre , du côté de Noinville- Oeteville & de Martinwaſt.
Toutes les troupes que nous avons fur
ces côtes , ſont en mouvement pour venir au ſecours
,& forcer l'ennemi de ſe rembarquer , ou au
moins pour le reſſerrer de façon que la priſe de
Cherbourg lui devienne inutile. M. le Duc d'Har
court, Lieutenant-Général des armées du Roi &
de la Province , & qui y commande en chef, s'eft
208 MERCURE DE FRANCE.
:
porté en toute diligence à Tamerville , ainſi que
MM. les Marquis de Brancas & de Braffac , Maréchaux
de camp. M. le Maréchal de Luxembourg ,
Gouverneur de la province , partit le 12 pour aller
prendre le commandement des troupes.
M. le Marquis Deſgouttes a fait partir de Louifbourg
le quinze Juillet dernier , M. du Drefnay
des Roches , Capitaine de vaiſſeau , fur la Frégate
l'Aréthuſe , avec les paquets de la Colonie. Cette
Frégate a relâché à Saint-Ander en Eſpagne , d'où
M. du Dreſnay s'eſt rendu à Verſailles .
Les Lettres qu'il a remiſes portent , que depuis
le 20 Juin les Anglois avoient été plus occupés à
fortifier leurs retranchemens & à faire des lignes
de communication , qu'à s'approcher de la Place ,
dont ils étoient encore éloignés d'environ quatre
cens toiſes ; & qu'il paroiſſoit que leur deſſein
étoit de réduire la ville par le feu des canons &
des mortiers , en établiſſant des batteries ſur toutes
les hauteurs qui la dominent , & eny employant
le feu de leurs vaiſſeaux du côté de la mer. Celui
de leurs batteries eſt très-vif , & il n'y a point
d'endroit dans la ville qui n'y ſois expoſé ; cependant
on y travaille avec une ardeur ſans égale
àéteindre le feu , & à réparer les dommages que
les bombes & les boulets y cauſent. Il y a eu deux
Religieux de la Charité & un Chirurgien tués à
l'hôpital , ainſi que pluſieurs malades.
Pour rendre l'entrée du Port plus difficile aux
vaiſſeaux Anglois , en cas qu'ils vouluſſent la forcer
, on a coulé à fond trois bâtimens du Roi
&trois navires marchands , dans la paſſe du côté
de la batterie du Fanal. On continue à faire fortir
tous les jours des détachemens de volontaires ,
pour reconnoître les travaux des ennemis , & les
inquiéter dans leurs opérations.
1
SEPTEMBRE. 1758 . 209
La nuit du 8 au 9 Juillet , on fit une fortie compoſée
de pluſieurs piquets commandés par M.
Marin , Lieutenant- Colonel du bataillon de Bourgogne.
Ce détachement ſe porta ſur la partie des
ouvrages des ennemis , entre le Cap Noir & la
Pointe Blanche. Nos troupes ont raſé une partie
de leurs travaux , leur ont tué beaucoup de monde
, & auroient remporté un avantage des plus
confidérables , fi elles ne s'étoient pas un peu trop
preſſées. Outre le monde qu'on leur a tué , on
leur a fait priſonniers un Ingénieur & un autre
Officier , avec trente grenadiers. Nous avons perdu
de notre côté M. de Chauvelin , capitaine dans
le bataillon de Bourgogne , M. de Garſemes , capitaine
dans les troupes de la Colonie , & environ
cinquante hommes tués ou bleſſés. M. de Jarnage
, Lieutenant des grenadiers d'Artois , a eu la
jambe caſſée dans la retraite , & a été fait prifonnier.
M. de Boishébert eſt à Miray avec ſa troupe ,
d'où il ne tardera pas de venir attaquer les ennemis.
On a reçu la confirmation de la mort de Mefſieurs
la Gardepayan , Lieutenant de vaiſſeau ;
Rouillé d'Orfeuil , Enſeigne ; & Dubois , Garde
de la Marine , qui ont été tués ſur les vaiſſeaux
par le canon des ennemis.
La Frégate l'Arethuse , commandée par M. Vauquelin,
Lieutenant de Frégate , s'eſt diſtinguée
par la fermeté avec laquelle elle a ſoutenu le feu
de pluſieurs batteries des ennemis , vis-a- vis defquelles
elle s'étoit emboſſée dans le Port , pour
interrompre leurs travaux ; & tous les Officiers en
général ont donné les plus grandes preuves de
zele dans les différentes occaſions où ils ont été
employés.
210 MERCURE DE FRANCE.
Par un Courier arrivé à Parme le 9. du mois au
matin , & expédié de Rome , à Milan au Comte
Deila Torre Rezzonico , neveu & coufin du Cardinal
Rezzonico , on a appris que le 6 Juillet ce
Cardinal a été élu unanimement , & avec une joie
univerſelle de toute laVille de Rome, Souverain
Pontife. Ce Pape est né à Veniſe le 7 Mars 1693
de Jean-Baptifte Rezzonico , Patricien , &Décurion
de la Cité de Côme , noble Vénitien , & Barondu
Saint Empire Romain , mort l'année derniere
, qui avoit rempli les emplois les plus diftingués
de la République. Sa mere , qui eft encore
vivante, ſe nomme Victoire Barbarigo ,& elle est
foeur du feu Patriarche de Veniſe Barbarigo. Don
Aurelle Rezzonico , frere de Sa Sainteté , eſt ace
tuellement Sénateur de Venife. En 1723 il fut Podeftat
de Bergame , où l'on conſerve encore la
mémoire de ſon adminiſtration , généralement applaudie.
Dans le même temps il rempliffoit encore
l'emploi de Grand Capitaine: il avoit épousé
Anne Juftiniani , dont la Maiſon deſcend des Empereurs
de Conftantinople. Les neveux du Pape
font Charles Rezzonico , Vicaire de Saint Marc ,
& élu de la Chambre , lequel a déja été Préſident
de la Chambre Apoftolique. Louis Rezzonico , qui
a étéGrand Capitaine à Vicenze , & qui a épousé
depuis peu la Comteſſe de Savorgnan. Quintilia
Rezzonico , niece de Sa Sainteté , eſt mariée au
Seigneur Louis Vidman , Comte du Saint Empire
Romain , & noble Vénitien. Toutes ces familles
font non-feulement des plus diftinguées de Venife
, mais font très- connues dans toute l'Europe,
La Maiſon de Rezzonico deſcend de celle de la
Torre , qui étoit en poſſeſſion de Milan &de Côme
avant les Viſcomti. Cette famille eſt nombreufe&
des plus illuftrées par les dignités de robe &
SEPTEMBRE. 1758. 210
d'épée, les Ordres de Malthe & autres Ordres Militaires
dont elle a été revêtue : elle eſt d'ailleurs
liée étroitement de pluſieurs côtés à celle d'Innocent
XI. Le Pape , nouveau Pontife , eſt Docteur
de la Collégiale de Come. Son extrême libéralité
pour les pauvres & la douceur de ſes moeurs , l'avoient
fait paſſer par les premieres charges de l'Eglife
: il a étéGouverneur de Fano , Protonotaire
Apoftolique des Participans , Référendairedes deux
Signatures , & enſuite Auditeur de Rote pour la
République de Veniſe. Il fut créé Cardinal par le
Pape Clément XII , dans la nomination des Couronnes
, le 20 Décembre 1737. Le 11 Mars 1743
il fut nommé Evêque de Padoue par le défunt Pape
Benoît XIV , & la Bulle d'Election ſuffit pour
faire fon éloge. C'eſt dans les fonctions de cet
Epifcopat , qu'ayant été choiſi par la République
de Venise , pour traiter devant le Pape du Patriar
chat d'Aquilée , il ſçut habilement terminer les
différends qui s'étoient élevés entre cette Répu
blique & l'Auguſte Maiſon d'Autriche. Lorſqu'il
partit dePadoue pour le Conclave , tout le peuplé
l'accompagna en le félicitant & en le pleurant ,
parce qu'on s'attendoit bien qu'il ne retourneroit
plus dans cette Ville , & que tout le monde avoir
un preſſentiment qu'il feroit élu Pape ; ainſi la
joie de le voir élevé à la plus haute Dignité de l'Eglife
, étoit altérée par la douleur de perdre un
Prince&un Evêque , qui avoit toujours été le pere
des pauvres, desorphelins, des veuves & des pupilles
, diſpoſitions qui font justement eſpérer que
fon gouvernement ſera très heureux. Cette relation
a été imprimée à Parme , & nous a été communiquée
par M. le Duc de Montpezat , qui eft
de retour de ſes voyages d'Italie , & qui eft parti
pour aller conclure le mariage de Mademoiselle
212 MERCURE DE FRANCE .
deMontpezat , ſa fille , avec M.le Duc des Iſſarts ,
dont il a obtenu l'agrément de Madame la Dauphine&
de la Cour.
LE 15 Août , Fête de l'Aſſomption de la Sainte
Vierge, la Procefſion ſolemnelle , qui ſe fait tous
les ans à pareil jour , en exécution du Voeu de
Louis XIII , ſe fit avec les cérémonies accoutumées.
M. l'Abbé d'Agoult , Doyen du Chapitre
de l'Egliſe Métropolitaine , y officia. Le Parlement
, la Chambre des Comptes , la Cour des Aydes
, & le Corps de Ville , y aſſiſterent .
Dans l'Aſſemblé générale tenue le 16 par le
Corpsde Ville , M. Camus-de Pontcarré-de Viarmes
, Conſeiller d'Etat , a été élu Prevôt des Marchands
, & MM. Boutray , Confeiller de la Ville
&André , Avocat ès Conſeils du Roi , ont été élus
Echevins.
,
Le Roi prit le même jour le divertiſſement de
la chaſſe dans la plaine de Grenelle , & Sa Majeſté
fit l'honneur à M. le Duc de la Valliere de
fouper chez lui à Montrouge.
M. le Marquis de Broglie eſt mort à Caſſel des
bleſſures qu'il avoit reçues au combat de Sunderhaufen.
Par un extrait d'une lettre de l'Armée du bas-
Rhin , le 16 Août 1758 , on a reçu avis que M. le
Marquis de Contades ayant mis le Prince Ferdinand
dans l'impoſſibilité de paſſer le Rhin à Rhinberg
, comme il l'avoit projetté , ce Prince a été
obligé , manquant de vivres , de forcer ſes marchespour
gagner ſes ponts de Rées & d'Emme,
SEPTEMBRE. 1758 . 205
rick. Il a confidérablement perdu , ayant été continuellement
harcelé par nos troupes légeres , &
par le Corps que commandoit M. le Duc de Chevreuſe
ſousGueldres. L'armée de M. le Marquis
de Contades n'a pu ſuivre à cauſe du pain qu'il
falloit tirer par des convois de Cologne , la navigation
du Rhin étant interceptée par la Garniſon
ennemie de Duſſeldorp .
Les ennemis qui avoient détaché des troupes
pour ſoutenir la queue de leur pont de Rées , ont
été obligés de deſcendre au deſſous d'Emmerick ,
où leur armée a achevé de paſſer à la rive droite
du Rhin le 9 & le 10.
Notre armée a ſéjourné à Alpen le 10 & le 11 ,
tant pour ſe repoſer , que pour conſtruire nos
ponts à Weſel . Il n'y en a eu qu'un d'achevé le 12 :
une partie de l'armée l'a paſſé le même jour ;
mais un oragan extrêmement violent a retardé le
reſte , qui n'a pu achever de le paſſer en entier
que le 13 & le 14. Ily a apparence que nous ne
tarderons pas à marcher pour nous rapprocher de
l'armée du Prince de Soubife .
La tête de l'armée des ennemis étoit campée
les à Boicholt , où elle doit être jointe par les
Anglois , qui ont débarqué à Embden .
On a appris le 10 à midi , au camp d'Alpen ,
par un Officier dépêché à M. le Marquis de Contades,
par M. le Marquis de Caraman , que M.
d'Hardenberg , Général Hanovrien , qui commandoit
dans Duſſeldorp , dont la garniſon étoit
d'environ deux mille hommes , avoit évacué cette
Place le même jour au matin. M. le Marquis de
Caraman l'a ſuivi avec un gros détachement , &
a fait cent cinquante prifonniers. Cet abandon eſt
la ſuite des bonnes manoeuvres de notre Général ,
qui a empêché le Prince Ferdinand de pouvoir
paſſer àRhinberg.
206 MERCURE DE FRANCE.
M. de Chevert , qui avoit été détaché de Colo
gnepour ſe rendre par la rive droite à Weſel , ne
putyarriver que le 4 à cauſe des débordemens de
la Roer , de l'Ems , de la Lippe , & de tous les
ruiſſeaux ; ce qui a fait qu'il n'a pu marcher que
les avec cinq à fix millehommes extrêmement
fatigués , &la plus grande partie de Milices. Ce
retardement l'a empêché de ſurprendre le Corps
commandé par le Général Imhoff , qui couvroitle
pont de Rées à la rive droite , & qui avoit été
confidérablement renforcé par les garniſons de
Cleves , de Moeurs , & par un détachement de
l'armée du Prince Ferdinand. M. de Chevert a
trouvé ces troupes ſi bien poſtées , qu'il n'a pu les
forcer. Il s'eſt mis du déſordre dans les troupes
deſagauche preſque toutes compoſée de Milices;
cequi l'a obligé de ſe retirer , après avoir perdu
cent quatre-vingt-quatorze hommes de tués ou
reftés dans la retraite , trois cens trente-quatre
bleſſés , & fix pieces de petit canon dont les chevaux
avoient été tués.
On a appris de l'Armée du Prince de Soubiſe à
Caffel , le 9 Août 1758 , les nouvelles ſuivantes.
M. Fiſcher, avec un gros détachement , a pouffé
fort avant au de là de la Verra dans le pays d'Ha
novte , où il a établi des contributions.
Nous avons un Corps ſous le commandement
deM. le Marquis de Caſtries à Gottingen , qui a
obligé le Prince d'iſembourg de ſe retirer partie
à Fimbeck , d'où il a envoyé ſes équipages & fes
malades à Hamelen. M. le Marquis Dumeſnil a
marché avec notre avant-garde à Warbourg le 7,
d'où il a pouffé des détachemens à Paderborn.
On aſſure que nous allons tous nous raſſembler
en avant, & marcher à la rencontre de notre
grande armée , pour exécuter les opérations pro
SEPTEMBRE. 1758 .. 207
jettées par nosGénéraux. On ne ſçauroit exprimer
la bonne volonté de toutes les troupes , qui n'afpirent
qu'à joindre l'ennemi .
Les dix mille Saxons ſont déja arrivés àAnder
nach , & vont inceſſamment joindre l'armée. Ce
renfort ſera ſupérieur à celui des Anglois , qui ne
monte qu'à huit mille hommes. Ces Saxonsſeront
commandés par M. le Comte de Luſace , qui
s'eſt acquis l'eſtime générale de toute l'armée, &
l'affection de tous les Officiers .
Une flotte Angloiſe a reparu ſur les côtes de
Normandie. Le 7 , les Anglois débarquerent au
nombre de dix mille par l'anſe d'Arville , ſituée à
une lieue&demie de Cherbourg. M.le Comte de
Raymond , Maréchal de Camp , qui commande
dans cette partie de la Normandie , n'avoit pour
lors que les deux Régimens de Clare & d'Horion.
Ces deux Corps demandoient avec la plus vive
ardeur de combattre les Anglois; mais M. le
Comte de Raymond jugea qu'ils étoient trop inférieurs
pour s'oppofer à l'ennemi , protégé d'ailleurs
par le feu des canons de la Flotte , & que ce
feroit les expoſer à une deſtruction certaine. It fie
fa retraite pour couvrir Valogne , & pour raffembler
les Régimens qui font ſous ſes ordres. Les
ennemis ſont maîtres de Cherbourg. Il font campés
ſur la hauteur du Roule , s'étendant du côté
deTour-la-Ville & d'Igauville d'une part , & de
Pautre , du côté de Noinville- Oeteville & de Martinwaſt.
Toutes les troupes que nous avons fur
ces côtes , ſont en mouvement pour venir au ſecours
,& forcer l'ennemi de ſe rembarquer , ou au
moins pour le reſſerrer de façon que la priſe de
Cherbourg lui devienne inutile. M. le Duc d'Har
court, Lieutenant-Général des armées du Roi &
de la Province , & qui y commande en chef, s'eft
208 MERCURE DE FRANCE.
:
porté en toute diligence à Tamerville , ainſi que
MM. les Marquis de Brancas & de Braffac , Maréchaux
de camp. M. le Maréchal de Luxembourg ,
Gouverneur de la province , partit le 12 pour aller
prendre le commandement des troupes.
M. le Marquis Deſgouttes a fait partir de Louifbourg
le quinze Juillet dernier , M. du Drefnay
des Roches , Capitaine de vaiſſeau , fur la Frégate
l'Aréthuſe , avec les paquets de la Colonie. Cette
Frégate a relâché à Saint-Ander en Eſpagne , d'où
M. du Dreſnay s'eſt rendu à Verſailles .
Les Lettres qu'il a remiſes portent , que depuis
le 20 Juin les Anglois avoient été plus occupés à
fortifier leurs retranchemens & à faire des lignes
de communication , qu'à s'approcher de la Place ,
dont ils étoient encore éloignés d'environ quatre
cens toiſes ; & qu'il paroiſſoit que leur deſſein
étoit de réduire la ville par le feu des canons &
des mortiers , en établiſſant des batteries ſur toutes
les hauteurs qui la dominent , & eny employant
le feu de leurs vaiſſeaux du côté de la mer. Celui
de leurs batteries eſt très-vif , & il n'y a point
d'endroit dans la ville qui n'y ſois expoſé ; cependant
on y travaille avec une ardeur ſans égale
àéteindre le feu , & à réparer les dommages que
les bombes & les boulets y cauſent. Il y a eu deux
Religieux de la Charité & un Chirurgien tués à
l'hôpital , ainſi que pluſieurs malades.
Pour rendre l'entrée du Port plus difficile aux
vaiſſeaux Anglois , en cas qu'ils vouluſſent la forcer
, on a coulé à fond trois bâtimens du Roi
&trois navires marchands , dans la paſſe du côté
de la batterie du Fanal. On continue à faire fortir
tous les jours des détachemens de volontaires ,
pour reconnoître les travaux des ennemis , & les
inquiéter dans leurs opérations.
1
SEPTEMBRE. 1758 . 209
La nuit du 8 au 9 Juillet , on fit une fortie compoſée
de pluſieurs piquets commandés par M.
Marin , Lieutenant- Colonel du bataillon de Bourgogne.
Ce détachement ſe porta ſur la partie des
ouvrages des ennemis , entre le Cap Noir & la
Pointe Blanche. Nos troupes ont raſé une partie
de leurs travaux , leur ont tué beaucoup de monde
, & auroient remporté un avantage des plus
confidérables , fi elles ne s'étoient pas un peu trop
preſſées. Outre le monde qu'on leur a tué , on
leur a fait priſonniers un Ingénieur & un autre
Officier , avec trente grenadiers. Nous avons perdu
de notre côté M. de Chauvelin , capitaine dans
le bataillon de Bourgogne , M. de Garſemes , capitaine
dans les troupes de la Colonie , & environ
cinquante hommes tués ou bleſſés. M. de Jarnage
, Lieutenant des grenadiers d'Artois , a eu la
jambe caſſée dans la retraite , & a été fait prifonnier.
M. de Boishébert eſt à Miray avec ſa troupe ,
d'où il ne tardera pas de venir attaquer les ennemis.
On a reçu la confirmation de la mort de Mefſieurs
la Gardepayan , Lieutenant de vaiſſeau ;
Rouillé d'Orfeuil , Enſeigne ; & Dubois , Garde
de la Marine , qui ont été tués ſur les vaiſſeaux
par le canon des ennemis.
La Frégate l'Arethuse , commandée par M. Vauquelin,
Lieutenant de Frégate , s'eſt diſtinguée
par la fermeté avec laquelle elle a ſoutenu le feu
de pluſieurs batteries des ennemis , vis-a- vis defquelles
elle s'étoit emboſſée dans le Port , pour
interrompre leurs travaux ; & tous les Officiers en
général ont donné les plus grandes preuves de
zele dans les différentes occaſions où ils ont été
employés.
210 MERCURE DE FRANCE.
Par un Courier arrivé à Parme le 9. du mois au
matin , & expédié de Rome , à Milan au Comte
Deila Torre Rezzonico , neveu & coufin du Cardinal
Rezzonico , on a appris que le 6 Juillet ce
Cardinal a été élu unanimement , & avec une joie
univerſelle de toute laVille de Rome, Souverain
Pontife. Ce Pape est né à Veniſe le 7 Mars 1693
de Jean-Baptifte Rezzonico , Patricien , &Décurion
de la Cité de Côme , noble Vénitien , & Barondu
Saint Empire Romain , mort l'année derniere
, qui avoit rempli les emplois les plus diftingués
de la République. Sa mere , qui eft encore
vivante, ſe nomme Victoire Barbarigo ,& elle est
foeur du feu Patriarche de Veniſe Barbarigo. Don
Aurelle Rezzonico , frere de Sa Sainteté , eſt ace
tuellement Sénateur de Venife. En 1723 il fut Podeftat
de Bergame , où l'on conſerve encore la
mémoire de ſon adminiſtration , généralement applaudie.
Dans le même temps il rempliffoit encore
l'emploi de Grand Capitaine: il avoit épousé
Anne Juftiniani , dont la Maiſon deſcend des Empereurs
de Conftantinople. Les neveux du Pape
font Charles Rezzonico , Vicaire de Saint Marc ,
& élu de la Chambre , lequel a déja été Préſident
de la Chambre Apoftolique. Louis Rezzonico , qui
a étéGrand Capitaine à Vicenze , & qui a épousé
depuis peu la Comteſſe de Savorgnan. Quintilia
Rezzonico , niece de Sa Sainteté , eſt mariée au
Seigneur Louis Vidman , Comte du Saint Empire
Romain , & noble Vénitien. Toutes ces familles
font non-feulement des plus diftinguées de Venife
, mais font très- connues dans toute l'Europe,
La Maiſon de Rezzonico deſcend de celle de la
Torre , qui étoit en poſſeſſion de Milan &de Côme
avant les Viſcomti. Cette famille eſt nombreufe&
des plus illuftrées par les dignités de robe &
SEPTEMBRE. 1758. 210
d'épée, les Ordres de Malthe & autres Ordres Militaires
dont elle a été revêtue : elle eſt d'ailleurs
liée étroitement de pluſieurs côtés à celle d'Innocent
XI. Le Pape , nouveau Pontife , eſt Docteur
de la Collégiale de Come. Son extrême libéralité
pour les pauvres & la douceur de ſes moeurs , l'avoient
fait paſſer par les premieres charges de l'Eglife
: il a étéGouverneur de Fano , Protonotaire
Apoftolique des Participans , Référendairedes deux
Signatures , & enſuite Auditeur de Rote pour la
République de Veniſe. Il fut créé Cardinal par le
Pape Clément XII , dans la nomination des Couronnes
, le 20 Décembre 1737. Le 11 Mars 1743
il fut nommé Evêque de Padoue par le défunt Pape
Benoît XIV , & la Bulle d'Election ſuffit pour
faire fon éloge. C'eſt dans les fonctions de cet
Epifcopat , qu'ayant été choiſi par la République
de Venise , pour traiter devant le Pape du Patriar
chat d'Aquilée , il ſçut habilement terminer les
différends qui s'étoient élevés entre cette Répu
blique & l'Auguſte Maiſon d'Autriche. Lorſqu'il
partit dePadoue pour le Conclave , tout le peuplé
l'accompagna en le félicitant & en le pleurant ,
parce qu'on s'attendoit bien qu'il ne retourneroit
plus dans cette Ville , & que tout le monde avoir
un preſſentiment qu'il feroit élu Pape ; ainſi la
joie de le voir élevé à la plus haute Dignité de l'Eglife
, étoit altérée par la douleur de perdre un
Prince&un Evêque , qui avoit toujours été le pere
des pauvres, desorphelins, des veuves & des pupilles
, diſpoſitions qui font justement eſpérer que
fon gouvernement ſera très heureux. Cette relation
a été imprimée à Parme , & nous a été communiquée
par M. le Duc de Montpezat , qui eft
de retour de ſes voyages d'Italie , & qui eft parti
pour aller conclure le mariage de Mademoiselle
212 MERCURE DE FRANCE .
deMontpezat , ſa fille , avec M.le Duc des Iſſarts ,
dont il a obtenu l'agrément de Madame la Dauphine&
de la Cour.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 15 août 1758, une procession solennelle en l'honneur de l'Assomption de la Sainte Vierge a été organisée à Paris, conformément au vœu de Louis XIII. L'Abbé d'Agoult, Doyen du Chapitre de l'Église Métropolitaine, a officié. Le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aydes et le Corps de Ville étaient présents. Le 16 août, Camus-de Pontcarré-de Viarmes a été élu Prévôt des Marchands, et Boutray et André ont été élus Échevins. Le Roi a chassé dans la plaine de Grenelle et a dîné chez le Duc de la Vallière à Montrouge. Le Marquis de Broglie est décédé à Cassel des suites de blessures reçues au combat de Sunderhaufen. L'armée du bas-Rhin a rapporté que le Marquis de Contades a empêché le Prince Ferdinand de passer le Rhin à Rhinberg, le forçant à se replier. Cependant, l'armée de Contades n'a pu poursuivre en raison des difficultés de ravitaillement. En septembre, les ennemis ont dû se replier en dessous d'Emmerick. L'armée française s'est reposée à Alpen et a construit des ponts à Wesel. Les troupes ennemies étaient campées à Boicholt, attendant des renforts anglais débarqués à Embden. Le Général Hanovrien d'Hardenberg a évacué Dusseldorp, permettant au Marquis de Caraman de faire cent cinquante prisonniers. Le Comte de Chevert, détaché de Cologne, n'a pu surprendre le Corps commandé par le Général Imhoff en raison des inondations et des renforts ennemis, subissant des pertes significatives. L'armée du Prince de Soubise a rapporté des mouvements et des contributions en Hanovte. Les Saxons, commandés par le Comte de Lusace, ont rejoint l'armée, surpassant en nombre les renforts anglais. En Normandie, une flotte anglaise a débarqué et pris Cherbourg. Les troupes françaises se sont mobilisées sous le commandement du Duc d'Harcourt et du Maréchal de Luxembourg. À Louisbourg, les Anglais ont fortifié leurs positions et bombardé la ville. Les défenseurs ont réparé les dommages et effectué des sorties contre les ennemis. La frégate l'Aréthuse s'est distinguée face aux batteries ennemies. Le Cardinal Rezzonico a été élu Pape à Rome le 6 juillet 1758. Issu d'une famille vénitienne distinguée, il a occupé diverses charges ecclésiastiques avant son élection. Le Duc de Montpezat a rapporté des dispositions en faveur des pauvres, des orphelins, des veuves et des pupilles en Italie, laissant espérer un gouvernement heureux. Il est également parti conclure le mariage de sa fille, Mademoiselle de Montpezat, avec le Duc des Issarts, obtenant l'agrément de Madame la Dauphine et de la Cour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 197-199
Du 18.
Début :
Le 13, l'Armée se mit en mouvement, pour se porter de Nossen à Waldheim ; [...]
Mots clefs :
Mouvements des troupes, Général, Commandement, Défense, Armée prussienne, Ennemis, Prince, Camp, Soldats, Blessés et morts, Combats, Quartier d'hiver
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 18.
Du 18.
Le 13 , l'Armée fe mit en mouvement , pour fe
porter de Noffen à Waldheim ; elle y fejourna
le 14. Dans le même tems , le Général Lufinski
marcha avec les Huffards qu'il commande , de
Rublitz à Grima . Le fieur Weczey s'avança fur
Lanfig , & le Général de Ried vint occuper Hoff ,
après avoir laiffé Garniſon dans Mellen. Le Corps
des Grenadiers foutenu de trois Régimens de Cavalerie
aux ordres du Baron de Brettach, vint camper
a Naunhoff , & on envoya un Détachement
pour conferver le Pofte de Borne.
Le même jour , le Prince de Deux- Ponts fat in
formé par le Général Haddick , qu'étant arrivé
la veille auprès de Torgan , il avoit trouvé l'Avant-
garde des Troupes Pruffiennes , détachée de
l'Armée du Comte de Bohna , déja formée devant
cette Ville & qu'on lui avoit donné avis dans le
même moment , que cette Avant-garde alloit
être jointe partout le Corps détaché , qui paffoit
déja l'Elbe , que dans le deffein de profiter du
court intervalle qui reftoit , avant que cette jonction
fût effectuée , il avoit commandé à fes Huffards
& à fes Croates de charger cette Avant- garde ,
qui avoit été renversée & pourfuivie jufques fous
le canon de Torgan.
Pendant ce tems-la, toutile Corps ennemi entroit
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
dans Torgan . Alors le Général Haddick ſe voyant
dans l'impoffibilité de réuflir dans l'attaque de
cette Place , défendue par des forces fi fupérieures ,
fe replia fur Eulembourg , & alla camper fur le
Moldaw , dont il fit occuper les bords par divers
détachemens , qui eurent ordre d'obſerver exac
tement les mouvemens des Pruffiens , & de leur
difputer le paffage de cette riviere. Le Prince de
Lichtenftein fut commandé prefqu'auffitôt pour
fe porter fur Leipfick, avec un Corps de 800 hommes
de Cavalerie Allemande , & de 300 Huffards
& de 400 Croates.
Le 15 , l'Armée fe remit en marche pour aller
camper à Colditz. On apprit ce jour- là que le
Corps ennemi qui occupoit Torgan , venoit de
faire un mouvement en avant , dans l'intention
de dépofter le Général Haddick des environs
d'Eulembourg. Comme il n'étoit plus poffible de
rien entreprendre fur Leipfick , parce que les Pruffiens
réunis , étoient en état de foutenir & de renforcer
la Garniſon de cette Ville . Le Prince de
Deux- Ponts envoya ordre au Général Haddick ,
ďarrêter , le plus qu'il pourroit , les Ennemis au
paffage de la Moldaw , & de prendre fon tems
pour faire la retraite.
Les Ennemis marchoient en effet pour attaquer
le Pont d'Eulembourg. Le Prince de Stolberg ,
qui étoit chargé de le défendre avec le Régiment
de Giulai & les Troupes de Cologne , leur oppofa
une réfiftance vigoureuſe , & fit plier deux ou trois
Régimens qui le chargeoient . Cependant toute la
Cavalerie des Pruffiens & tous leurs Huffards paffoient
la riviere au gué. Le Général Haddick, inférieur
de beaucoup aux Ennemis , voyant cette
manoeuvre , exécuta fa Retraite en bon ordre.
Il fut pourſuivi par toute leur Cavalerie . Mais
ces mêmes Troupes qui avoient montré tant de
JANVIER. 1759. 199
valeur auPont d'Eulembourg , couvrirent ſon Arriere
Garde , & en impoferent aux Pruffiens , par
leur contenance affurée ; de forte que la Retraite
fe fit tranquillement jufqu'à Grima , où le Général
Haddick fut joint par les Généraux de Ried &
Luzinski.
Le 16 , l'Armée continua fa marche de Colditz
à Widnau. Le 17 , elle vint camper à Kemnitz.
Le Corps des Grenadiers & la Cavalerie aux ordres
du Baron de Brettach , fe porta de Borna à Bonig .
Le Général Haddick retira le Détachement que
le Prince Lichtenſtein commandoit du côté de
Leipfick ; il vint camper à Colditz , & il donna
ordre au fieur Weczey , d'aller occuper Noffen
avec fa divifion .
Nous avons fçu que nos Troupes n'avoient perdu
à l'affaire d'Eulembourg , que 230 hommes ,
tués , bleffés ou Prifonniers. La perte des Pruffiens
a été beaucoup plus confidérable , furtout à l'attaque
du Pont , où notre Artillerie a fait fur eux
un feu vif & foutenu . Depuis ce combat , les Pruf
fiens ont marché à Leipfick avec toutes leurs forces.
Du 22 .
Le 19 , le Prince de Deux-Ponts déclara la réfo
lution où il étoit de prendre desQuartiers d'Hyver,
à caufe que la rigueur de la faifon ne permettoit
plus de laiffer le Soldat fous la toile . En conféquence
, l'Armée ſe remit en marche le 20 , & arriva
ce jour-là à Langwitz. Le lendemain , elle
fe
porta à Zwickau , où le Quartier Général fur
établi. Le Corps aux ordres du Général Haddick ,
refta à Bonig , & le Détachement aux ordres du
feur Weczey , marcha à Chemnitz .
Le 13 , l'Armée fe mit en mouvement , pour fe
porter de Noffen à Waldheim ; elle y fejourna
le 14. Dans le même tems , le Général Lufinski
marcha avec les Huffards qu'il commande , de
Rublitz à Grima . Le fieur Weczey s'avança fur
Lanfig , & le Général de Ried vint occuper Hoff ,
après avoir laiffé Garniſon dans Mellen. Le Corps
des Grenadiers foutenu de trois Régimens de Cavalerie
aux ordres du Baron de Brettach, vint camper
a Naunhoff , & on envoya un Détachement
pour conferver le Pofte de Borne.
Le même jour , le Prince de Deux- Ponts fat in
formé par le Général Haddick , qu'étant arrivé
la veille auprès de Torgan , il avoit trouvé l'Avant-
garde des Troupes Pruffiennes , détachée de
l'Armée du Comte de Bohna , déja formée devant
cette Ville & qu'on lui avoit donné avis dans le
même moment , que cette Avant-garde alloit
être jointe partout le Corps détaché , qui paffoit
déja l'Elbe , que dans le deffein de profiter du
court intervalle qui reftoit , avant que cette jonction
fût effectuée , il avoit commandé à fes Huffards
& à fes Croates de charger cette Avant- garde ,
qui avoit été renversée & pourfuivie jufques fous
le canon de Torgan.
Pendant ce tems-la, toutile Corps ennemi entroit
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
dans Torgan . Alors le Général Haddick ſe voyant
dans l'impoffibilité de réuflir dans l'attaque de
cette Place , défendue par des forces fi fupérieures ,
fe replia fur Eulembourg , & alla camper fur le
Moldaw , dont il fit occuper les bords par divers
détachemens , qui eurent ordre d'obſerver exac
tement les mouvemens des Pruffiens , & de leur
difputer le paffage de cette riviere. Le Prince de
Lichtenftein fut commandé prefqu'auffitôt pour
fe porter fur Leipfick, avec un Corps de 800 hommes
de Cavalerie Allemande , & de 300 Huffards
& de 400 Croates.
Le 15 , l'Armée fe remit en marche pour aller
camper à Colditz. On apprit ce jour- là que le
Corps ennemi qui occupoit Torgan , venoit de
faire un mouvement en avant , dans l'intention
de dépofter le Général Haddick des environs
d'Eulembourg. Comme il n'étoit plus poffible de
rien entreprendre fur Leipfick , parce que les Pruffiens
réunis , étoient en état de foutenir & de renforcer
la Garniſon de cette Ville . Le Prince de
Deux- Ponts envoya ordre au Général Haddick ,
ďarrêter , le plus qu'il pourroit , les Ennemis au
paffage de la Moldaw , & de prendre fon tems
pour faire la retraite.
Les Ennemis marchoient en effet pour attaquer
le Pont d'Eulembourg. Le Prince de Stolberg ,
qui étoit chargé de le défendre avec le Régiment
de Giulai & les Troupes de Cologne , leur oppofa
une réfiftance vigoureuſe , & fit plier deux ou trois
Régimens qui le chargeoient . Cependant toute la
Cavalerie des Pruffiens & tous leurs Huffards paffoient
la riviere au gué. Le Général Haddick, inférieur
de beaucoup aux Ennemis , voyant cette
manoeuvre , exécuta fa Retraite en bon ordre.
Il fut pourſuivi par toute leur Cavalerie . Mais
ces mêmes Troupes qui avoient montré tant de
JANVIER. 1759. 199
valeur auPont d'Eulembourg , couvrirent ſon Arriere
Garde , & en impoferent aux Pruffiens , par
leur contenance affurée ; de forte que la Retraite
fe fit tranquillement jufqu'à Grima , où le Général
Haddick fut joint par les Généraux de Ried &
Luzinski.
Le 16 , l'Armée continua fa marche de Colditz
à Widnau. Le 17 , elle vint camper à Kemnitz.
Le Corps des Grenadiers & la Cavalerie aux ordres
du Baron de Brettach , fe porta de Borna à Bonig .
Le Général Haddick retira le Détachement que
le Prince Lichtenſtein commandoit du côté de
Leipfick ; il vint camper à Colditz , & il donna
ordre au fieur Weczey , d'aller occuper Noffen
avec fa divifion .
Nous avons fçu que nos Troupes n'avoient perdu
à l'affaire d'Eulembourg , que 230 hommes ,
tués , bleffés ou Prifonniers. La perte des Pruffiens
a été beaucoup plus confidérable , furtout à l'attaque
du Pont , où notre Artillerie a fait fur eux
un feu vif & foutenu . Depuis ce combat , les Pruf
fiens ont marché à Leipfick avec toutes leurs forces.
Du 22 .
Le 19 , le Prince de Deux-Ponts déclara la réfo
lution où il étoit de prendre desQuartiers d'Hyver,
à caufe que la rigueur de la faifon ne permettoit
plus de laiffer le Soldat fous la toile . En conféquence
, l'Armée ſe remit en marche le 20 , & arriva
ce jour-là à Langwitz. Le lendemain , elle
fe
porta à Zwickau , où le Quartier Général fur
établi. Le Corps aux ordres du Général Haddick ,
refta à Bonig , & le Détachement aux ordres du
feur Weczey , marcha à Chemnitz .
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Résumé : Du 18.
Entre le 13 et le 17 janvier 1759, les troupes menées par le prince de Deux-Ponts effectuèrent plusieurs déplacements stratégiques. Le 13 janvier, l'armée se déplaça de Noffen à Waldheim, tandis que divers généraux et leurs unités se positionnèrent à Grima, Lanfig, Hoff et Naunhoff. Le 14 janvier, l'armée resta à Waldheim. Le général Haddick informa le prince de Deux-Ponts que l'avant-garde prussienne était formée devant Torgan. Haddick ordonna une charge contre cette avant-garde, qui fut repoussée jusqu'au canon de Torgan, mais face à des forces supérieures, il se replia sur Eulembourg. Le 15 janvier, l'armée se remit en marche pour camper à Colditz. Les Prussiens tentèrent de déloger Haddick des environs d'Eulembourg, mais furent repoussés par le prince de Stolberg. Haddick effectua une retraite ordonnée et rejoignit les généraux de Ried et Luzinski à Grima. Le 16 janvier, l'armée continua vers Widnau et campa à Kemnitz le 17 janvier. Les grenadiers et la cavalerie se déplacèrent de Borna à Bonig, et Haddick retira un détachement près de Leipzig pour camper à Colditz, ordonnant à Weczey d'occuper Noffen. Lors du combat d'Eulembourg, les troupes perdirent 230 hommes, tandis que les pertes prussiennes furent plus importantes, notamment à l'attaque du pont. Après ce combat, les Prussiens marchèrent sur Leipzig. Le 19 janvier, en raison de la rigueur de la saison, le prince de Deux-Ponts décida de prendre des quartiers d'hiver. L'armée se remit en marche le 20 janvier, arrivant à Langwitz, puis à Zwickau le lendemain. Le corps de Haddick resta à Bonig, et le détachement de Weczey marcha sur Chemnitz.
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10
p. 206-209
DE VERSAILLES, le 14. Décembre.
Début :
Sa Majesté a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché d'Angers. [...]
Mots clefs :
Roi de France, Nominations, Archevêque, Évêque, Vicaire, Abbé, Abbaye, Ordre, Chevalier, Comte, Conseil, Prieuré, Ambassadeur de Russie, Audience, Famille royale, Duc, Marquis, Commandement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 14. Décembre.
DE VERSAILLES , le 14. Décembre.
SAA Majefté a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché
d'Angers..
L'Abbé Gautier , Vicaire Général du Diocéfe
de Bourges à l'Evêché de Luçon.
Et l'Abbé Moreau Chanoine de NotreDame
& Confeiller Clerc au Parlement , à l'Evêché '
de Vence.
Le Roi a donné l'Abbaye de Longvilliers , Ordre
de Cifteaux , Diocéle de Boulogne , à 1 Abbé
de Narboune- Pelet Chanoine de Saint - Paul-
Trois - Châteaux .
L'Abbaye d'Uzerche, Diocéfe de Limoges , Ordre
de Saint Benoît , à l'Abbé de Cugnac de Dampierre
, Chanoine & Chancelier de l'Eglite Mé--
tropolitaine de Tours.
L'Abbaye Réguliere de Saint Pierre de Hafnon ,
Diocéfe d'Arras , a Dom Lernould , Religieux de
la même Abbaye.
L'Abbaye de Perray , Ordre de Cifteaux , Diocéfe
d'Angers , à la Dame de Gourcy - Charcy ,
Religieufe à l'Abbaye aux Bois , à Paris.
Ville' L'Abbaye de Kerlot , Ordre de Ciſteaux ,
& Diocéfe de Quimper , à la Dame de Cuillé ,
Religieule à l'Abbaye de Banceray , à Angers.
Et un Canonicat de la Sainte Chapelle du
Palais à Paris , à l'Abbé Coriambleu , Prêtre du
Diocéfe d'Orléans.
Le fieur de Chevert , Lieutenant Général des
Armées du Roi , Commandeur , Grand Croix
JANVIER . 1759. 207,
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-Louis
ayant été nommé par le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , Chevalier de l'Ordre de l'Aigle
Blanc , reçut le 2. ce mois , avec la permiffion de
S. M. des mains du Comté de Luface,le Cordon
de cet Ordre avec le Portrait du Roi de Pologne ,
dans une Boëte d'or enrichie de diamants,& une.
Lettre de ce Monarque , remplie de témoignages.
d'eftime & de bienveillance .
Le ro. le Roi , en entrant au Confeil , créa
Pair de France le Duc de Choifeuit , Miniftre &
Secrétaire d'Etat des Affaires Etrangeres.
Le Roi a donné l'Abbaye de Preuilly , Ordre de
S. Benoit , Diocéfe de Tours , a l'Abbé de Gabriac
, Grand-Vicaire de Sens .
L'Abbaye de Bellozanne , Ordre de Prémon
tré , Diocéfe de Rouen , a l'Abbé le Rat , Chanoine
de l'Eglife Cathédrale de Rouen .
Le Prieuré de S. Maurice lès S. nlis , à l'Abbé
Mauffac , Prêtre de la Communauté de S. Sulpice.
Le Prieuré de Liern , Ordre de S. Auguftin ,
Biocéle d'Evreux , a l'Abbé Machelart , Chapelain
de la Chap ile de Madame.
Le Prieuré de Vicuxpoux , Ordre de Grammont
, Diocéfe de Seus , a l'Abbé de Maſtin
Grand- Vicaire d'Orleans.
Le Prieuré de S. Martin du Lamballe , Diocéle
de S. Brieux , à l'Abbé de Champorcin ,
Chanoine & Théologal de l'Eglife d'Arles.
Le Prieuré de Friardel , Ordre de S. Auguf
tin , Diocéfe de Lilieux , a l'Abbé de la Tour d'Auvergne
, Aumônier du Régiment Royal des Vaiſ➡
feaux .
Le Prieuré de Montguyon & de la Primaudiere,
fon Annexe, Ordre de Grammont, Dioceſe d'Angers
, à l'Abbé Dupont , Clerc de la Chapelle
du Roi
208 MERCURE DE FRANCE.
Le Prieuré de Saugé , Diocéfe de Poitiers , au
fieur Lebrun , Chapelain des Prifons du Grand
Châtelet ;
Le Prieuré de S. Martin fous Beaumont , Diocéfe
de Dijon , au fieur Bodier , Promoteur du
même Diocéfe.
Et le Prieuré de Mauves , Diocéfe de Nantes ,
au fieur des Rochelles Petit Prêtre du même
Diocéfe.
Le 21. Décembre.
Le 19. le Comte de Beftuchef , Ambaffadeur
Extraordinaire de Ruffie , eut une Audience particuliere
du Roi , à laquelle il fut conduit par le
Sieur de la Live , Introducteur des Amballadeurs.
Du 4 Janvier.
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Eſprit , s'étant aſſemblés vers les
II heures dans le Cabinet du Roi , S. M. tint
un Chapitre , & admit au nombre des Chevaliers
de l'Ordre , le Duc de Chevreufe , le Duc de Broglie
, le Maréchal de Contades , le Comte de Graville
, le Comte de Rochechouart , le Comte de
Guerchy , le Prince de Crony & le Comte de
Lannion.
Le Roi fortit enfuite de fon Appartement pour
fe rendre à la Chapelle . Sa Majefté étoit en mauteau
avec le Collier de l'Ordre . Elle étoit précédée
de Monſeigneur le Dauphin , du Duc d'Orléans
, du Prince de Condé , du Comte de Clermont
, du Prince de Conty , du Comte de la Marche
, du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre , des
Chevaliers , des Commandeurs & des Officiers de
l'Ordre.
Après qu'on eut chanté l'Hymne du Veni Creator
, le Roi monta ſur ſon Trône , & mit au Cardinal
de Luynes le Cordon de l'Ordre. La Grand-
Mefle fut célébrée par l'Evêque de Langres , PréJANVIER.
1759. 200
lat-Commandeur. Après la Meffe , Sa Majefté
fut reconduite à ſon Appartement , à la maniere
accoutumée.
Sa Majesté a fait Duc à Brevet , le Marquis de
Villequier , fils du Duc d'Aumont.
Le Roi a permis au Comte d'Albert , fils du
Chevreufe de prendre le titre de Duc de Luynes.
Sa Majesté a nommé le Marquis de Quefne ,
Chef d'Efcadre , Commandeur de l'Ordre Royal
& Militaire de Saint- Louis , avec la Penfion de
trois mille livres.
SAA Majefté a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché
d'Angers..
L'Abbé Gautier , Vicaire Général du Diocéfe
de Bourges à l'Evêché de Luçon.
Et l'Abbé Moreau Chanoine de NotreDame
& Confeiller Clerc au Parlement , à l'Evêché '
de Vence.
Le Roi a donné l'Abbaye de Longvilliers , Ordre
de Cifteaux , Diocéle de Boulogne , à 1 Abbé
de Narboune- Pelet Chanoine de Saint - Paul-
Trois - Châteaux .
L'Abbaye d'Uzerche, Diocéfe de Limoges , Ordre
de Saint Benoît , à l'Abbé de Cugnac de Dampierre
, Chanoine & Chancelier de l'Eglite Mé--
tropolitaine de Tours.
L'Abbaye Réguliere de Saint Pierre de Hafnon ,
Diocéfe d'Arras , a Dom Lernould , Religieux de
la même Abbaye.
L'Abbaye de Perray , Ordre de Cifteaux , Diocéfe
d'Angers , à la Dame de Gourcy - Charcy ,
Religieufe à l'Abbaye aux Bois , à Paris.
Ville' L'Abbaye de Kerlot , Ordre de Ciſteaux ,
& Diocéfe de Quimper , à la Dame de Cuillé ,
Religieule à l'Abbaye de Banceray , à Angers.
Et un Canonicat de la Sainte Chapelle du
Palais à Paris , à l'Abbé Coriambleu , Prêtre du
Diocéfe d'Orléans.
Le fieur de Chevert , Lieutenant Général des
Armées du Roi , Commandeur , Grand Croix
JANVIER . 1759. 207,
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-Louis
ayant été nommé par le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , Chevalier de l'Ordre de l'Aigle
Blanc , reçut le 2. ce mois , avec la permiffion de
S. M. des mains du Comté de Luface,le Cordon
de cet Ordre avec le Portrait du Roi de Pologne ,
dans une Boëte d'or enrichie de diamants,& une.
Lettre de ce Monarque , remplie de témoignages.
d'eftime & de bienveillance .
Le ro. le Roi , en entrant au Confeil , créa
Pair de France le Duc de Choifeuit , Miniftre &
Secrétaire d'Etat des Affaires Etrangeres.
Le Roi a donné l'Abbaye de Preuilly , Ordre de
S. Benoit , Diocéfe de Tours , a l'Abbé de Gabriac
, Grand-Vicaire de Sens .
L'Abbaye de Bellozanne , Ordre de Prémon
tré , Diocéfe de Rouen , a l'Abbé le Rat , Chanoine
de l'Eglife Cathédrale de Rouen .
Le Prieuré de S. Maurice lès S. nlis , à l'Abbé
Mauffac , Prêtre de la Communauté de S. Sulpice.
Le Prieuré de Liern , Ordre de S. Auguftin ,
Biocéle d'Evreux , a l'Abbé Machelart , Chapelain
de la Chap ile de Madame.
Le Prieuré de Vicuxpoux , Ordre de Grammont
, Diocéfe de Seus , a l'Abbé de Maſtin
Grand- Vicaire d'Orleans.
Le Prieuré de S. Martin du Lamballe , Diocéle
de S. Brieux , à l'Abbé de Champorcin ,
Chanoine & Théologal de l'Eglife d'Arles.
Le Prieuré de Friardel , Ordre de S. Auguf
tin , Diocéfe de Lilieux , a l'Abbé de la Tour d'Auvergne
, Aumônier du Régiment Royal des Vaiſ➡
feaux .
Le Prieuré de Montguyon & de la Primaudiere,
fon Annexe, Ordre de Grammont, Dioceſe d'Angers
, à l'Abbé Dupont , Clerc de la Chapelle
du Roi
208 MERCURE DE FRANCE.
Le Prieuré de Saugé , Diocéfe de Poitiers , au
fieur Lebrun , Chapelain des Prifons du Grand
Châtelet ;
Le Prieuré de S. Martin fous Beaumont , Diocéfe
de Dijon , au fieur Bodier , Promoteur du
même Diocéfe.
Et le Prieuré de Mauves , Diocéfe de Nantes ,
au fieur des Rochelles Petit Prêtre du même
Diocéfe.
Le 21. Décembre.
Le 19. le Comte de Beftuchef , Ambaffadeur
Extraordinaire de Ruffie , eut une Audience particuliere
du Roi , à laquelle il fut conduit par le
Sieur de la Live , Introducteur des Amballadeurs.
Du 4 Janvier.
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Eſprit , s'étant aſſemblés vers les
II heures dans le Cabinet du Roi , S. M. tint
un Chapitre , & admit au nombre des Chevaliers
de l'Ordre , le Duc de Chevreufe , le Duc de Broglie
, le Maréchal de Contades , le Comte de Graville
, le Comte de Rochechouart , le Comte de
Guerchy , le Prince de Crony & le Comte de
Lannion.
Le Roi fortit enfuite de fon Appartement pour
fe rendre à la Chapelle . Sa Majefté étoit en mauteau
avec le Collier de l'Ordre . Elle étoit précédée
de Monſeigneur le Dauphin , du Duc d'Orléans
, du Prince de Condé , du Comte de Clermont
, du Prince de Conty , du Comte de la Marche
, du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre , des
Chevaliers , des Commandeurs & des Officiers de
l'Ordre.
Après qu'on eut chanté l'Hymne du Veni Creator
, le Roi monta ſur ſon Trône , & mit au Cardinal
de Luynes le Cordon de l'Ordre. La Grand-
Mefle fut célébrée par l'Evêque de Langres , PréJANVIER.
1759. 200
lat-Commandeur. Après la Meffe , Sa Majefté
fut reconduite à ſon Appartement , à la maniere
accoutumée.
Sa Majesté a fait Duc à Brevet , le Marquis de
Villequier , fils du Duc d'Aumont.
Le Roi a permis au Comte d'Albert , fils du
Chevreufe de prendre le titre de Duc de Luynes.
Sa Majesté a nommé le Marquis de Quefne ,
Chef d'Efcadre , Commandeur de l'Ordre Royal
& Militaire de Saint- Louis , avec la Penfion de
trois mille livres.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 14. Décembre.
Le 14 décembre, plusieurs nominations ecclésiastiques ont été effectuées par Sa Majesté. L'évêque de Vence a été transféré à l'évêché d'Angers, tandis que l'abbé Gautier a été nommé au diocèse de Luçon et l'abbé Moreau à l'évêché de Vence. Diverses abbayes et prieurés ont également été attribués, notamment l'abbaye de Longvilliers à l'abbé de Narbonne-Pelet, l'abbaye d'Uzerche à l'abbé de Cugnac de Dampierre, et l'abbaye de Perray à la dame de Gourcy-Charcy. Le sieur de Chevert, lieutenant général des armées du roi, a reçu l'ordre de l'Aigle Blanc du roi de Pologne. Le duc de Choiseul a été créé pair de France. Plusieurs prieurés ont été attribués à des abbés et chapelains, comme le prieuré de S. Maurice lès S. nlis à l'abbé Mauffac et le prieuré de Mauves au sieur des Rochelles. Le 21 décembre, le comte de Bestuchef, ambassadeur de Russie, a eu une audience particulière avec le roi. Le 4 janvier, plusieurs chevaliers ont été admis dans l'Ordre du Saint-Esprit, et le roi a assisté à une messe solennelle. Sa Majesté a également fait duc à brevet le marquis de Villequier et permis au comte d'Albert de prendre le titre de duc de Luynes. Le marquis de Quefne a été nommé chef d'escadre et commandeur de l'Ordre de Saint-Louis.
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11
p. 211-212
DE FRANCFORT, le 23 Mai.
Début :
On mande de Wuitzbourg que le Général Kols, à qui le Prince de [...]
Mots clefs :
Général, Commandement, Prussiens, Incendie, Provisions, Troupes françaises, Franconie, Violences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE FRANCFORT, le 23 Mai.
DE FRANCFORT , le 23 Mai.
On mande de Wuitzbourg que le Général
Kols , à qui le Prince de Deux - Ponts avoit confié
le Commandement de Bamberg avec huit
cens hommes , pour garder le magafin , s'eft
trouvé hors d'état de fe maintenir dans cette
Place contre les forces fupérieures des Pruffiens.
Il a brûlé & Hétruit toutes les provifions qui n'ont
pu être transportées. Il a enfuite abandonné la
Ville pour fe replier fur le gros de l'armée.
Du 29.
L'approche des Troupes Françoifes a contraint
les Hanovriens d'abandonner la Franconie , & de
fe replier avec précipitation dans le Pays de Heffe.
Les Prufliens , qui avoient pénétré jufqu'àitzingen
& a Baierdorff , fe font retirés promptement
vers Clofter- Ebrach. Ils ont abandonné Bamberg
le 24 , dirigeant leur retraite fur Bareith. Le
Général Haddic a été détaché à leur pourſuite. Il
a chargé déjà pluſieurs fois leur arrière-garde ,
212 MERCURE DE FRANCE
il continue de la harceler , & lui fait chaque jou
des Prifonniers.
Les Pruffiens ont exercé dans le Pays de Ban
berg leurs violences accoutumées. Ils ont exig
fept cens mille écus de contribution . Comme
n'y ont féjourné que fort peu de temps ils n'o
pu faire acquitter qu'une légere partie de cet
fomme ; & en partant ils ont emmené le Barc
de Weinheim & le Chancelier de Karg pour
affurer l'entier payement.
On mande de Wuitzbourg que le Général
Kols , à qui le Prince de Deux - Ponts avoit confié
le Commandement de Bamberg avec huit
cens hommes , pour garder le magafin , s'eft
trouvé hors d'état de fe maintenir dans cette
Place contre les forces fupérieures des Pruffiens.
Il a brûlé & Hétruit toutes les provifions qui n'ont
pu être transportées. Il a enfuite abandonné la
Ville pour fe replier fur le gros de l'armée.
Du 29.
L'approche des Troupes Françoifes a contraint
les Hanovriens d'abandonner la Franconie , & de
fe replier avec précipitation dans le Pays de Heffe.
Les Prufliens , qui avoient pénétré jufqu'àitzingen
& a Baierdorff , fe font retirés promptement
vers Clofter- Ebrach. Ils ont abandonné Bamberg
le 24 , dirigeant leur retraite fur Bareith. Le
Général Haddic a été détaché à leur pourſuite. Il
a chargé déjà pluſieurs fois leur arrière-garde ,
212 MERCURE DE FRANCE
il continue de la harceler , & lui fait chaque jou
des Prifonniers.
Les Pruffiens ont exercé dans le Pays de Ban
berg leurs violences accoutumées. Ils ont exig
fept cens mille écus de contribution . Comme
n'y ont féjourné que fort peu de temps ils n'o
pu faire acquitter qu'une légere partie de cet
fomme ; & en partant ils ont emmené le Barc
de Weinheim & le Chancelier de Karg pour
affurer l'entier payement.
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Résumé : DE FRANCFORT, le 23 Mai.
Le 23 mai, à Francfort, des nouvelles de Wurtzbourg indiquent que le général Kols, chargé par le Prince de Deux-Ponts de défendre Bamberg avec huit cents hommes, a dû se replier face aux forces prussiennes supérieures. Il a détruit les provisions non transportables et s'est retiré avec le reste de l'armée. Le 29 mai, l'approche des troupes françaises a contraint les Hanovriens à quitter la Franconie et à se replier vers le pays de Hesse. Les Prussiens, qui avaient avancé jusqu'à Izzingen et Baierdorf, se sont retirés vers Clofter-Ebrach et ont abandonné Bamberg le 24 mai, se dirigeant vers Bareith. Le général Haddic, à la poursuite des Prussiens, a attaqué plusieurs fois leur arrière-garde, capturant des prisonniers chaque jour. Les Prussiens ont imposé une contribution de sept cent mille écus à la région de Bamberg, mais n'ont pu en recouvrer qu'une partie avant de partir. Ils ont emmené le baron de Weinheim et le chancelier de Karg pour garantir le paiement complet.
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12
p. 208
DE VERSAILLES, le 28 Juin.
Début :
Le 22 l'Archevêque d'Alby prêta serment entre les mains du Roi. [...]
Mots clefs :
Archevêque, Serment, Nominations, Colonel, Comte, Commandement, Lettre de noblesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 28 Juin.
DE VERSAILLES , le 28 Juin.
LE 22 l'Archevêque d'Alby prèia ſerment entre
les mains du Roi.
Le même jour Sa Majesté tint le Sceau pour
la cinquante-deuxième fois.
Le Roi a donné une place de Colonel dant les
Grenadiers de France au Comte de Chabannes ,
ci-devant Enfeigne de vaiffeau & fervant actuellement
en qualité de Volontaire dans le Régiment
du Comte de Talleyrand fon beau-frere.
>
Le 28 la Cour a pris le deuil pour quatre
jours , à l'occafion de la mort de la Princeſſe
d'Anhalt-Zerbſt.
Dus Juillet.
Le Roi a donné au Comte de Raymond , Ma-:
réchal- de- Camp , le commandement de la Province
d'Angoumois.
Sa Majefté a accordé des Lettres de Nobleffe
au fieur Ratte , ci-devant chargé des affaires da
Roi à la Cour de Vienne , en récompenfe de les
fervices.
Dans le dernier Mercure il s'eft gliffé une erreur
de la Gazette , où en parlant du Marquis de
Paulmy , il y eft dit ci-devant Miniftre & Secre
taire d'Etat , il falloit mettre Miniftre , & cia
devant Secrétaire d'Etat.
LE 22 l'Archevêque d'Alby prèia ſerment entre
les mains du Roi.
Le même jour Sa Majesté tint le Sceau pour
la cinquante-deuxième fois.
Le Roi a donné une place de Colonel dant les
Grenadiers de France au Comte de Chabannes ,
ci-devant Enfeigne de vaiffeau & fervant actuellement
en qualité de Volontaire dans le Régiment
du Comte de Talleyrand fon beau-frere.
>
Le 28 la Cour a pris le deuil pour quatre
jours , à l'occafion de la mort de la Princeſſe
d'Anhalt-Zerbſt.
Dus Juillet.
Le Roi a donné au Comte de Raymond , Ma-:
réchal- de- Camp , le commandement de la Province
d'Angoumois.
Sa Majefté a accordé des Lettres de Nobleffe
au fieur Ratte , ci-devant chargé des affaires da
Roi à la Cour de Vienne , en récompenfe de les
fervices.
Dans le dernier Mercure il s'eft gliffé une erreur
de la Gazette , où en parlant du Marquis de
Paulmy , il y eft dit ci-devant Miniftre & Secre
taire d'Etat , il falloit mettre Miniftre , & cia
devant Secrétaire d'Etat.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 28 Juin.
Le 22 juin, l'Archevêque d'Alby a prêté serment devant le Roi, qui a également scellé un document pour la cinquante-deuxième fois. Le Roi a nommé le Comte de Chabannes Colonel des Grenadiers de France, alors qu'il servait comme Volontaire dans le Régiment du Comte de Talleyrand, son beau-frère. Le 28 juin, la Cour a observé un deuil de quatre jours suite au décès de la Princesse d'Anhalt-Zerbst. Le 2 juillet, le Roi a confié au Comte de Raymond, Maréchal de Camp, le commandement de la Province d'Angoumois. De plus, Sa Majesté a accordé des Lettres de Noblesse à M. Ratte, ancien représentant du Roi à la Cour de Vienne, en reconnaissance de ses services. Une erreur a été corrigée dans le dernier Mercure concernant le Marquis de Paulmy, qui doit être désigné comme Ministre et ancien Secrétaire d'État.
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13
p. 206-207
DE LONDRES, le 16 Septembre.
Début :
L'Amiral Boscawen a laissé le commandement de son Escadre à l'Amiral [...]
Mots clefs :
Amiral, Escadre, Commandement, Combat naval, Fort de Niagara, Amérique, Prise d'un fort, Officiers, Régiment, Prisonniers de guerre, New York, Montréal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE LONDRES, le 16 Septembre.
DE LONDRES , le 16 Septembre.
L'Amiral Bofcawen a laiffé le commandement
de fon Efcadre à l'Amiral Broderick. Il s'eft détaché
avec trois vaiffeaux pour amener ici les
vaiffeaux François dont il s'eft emparé fur les
côtes de Portugal. Il mande que le combat a été
très- difputé, & que quoique l'ennemi fùt inférieur
de beaucoup , il s'eft défendu avec une bravoure
extraordinaire. Il ajoute que plufieurs de nos
vaiffeaux ont beaucoup fouffert , & quequelquesuns
ont été mis hors de combat.
La Cour a fait publier le détail fuivant de la
prife du Fort de Niagara dans l'Amérique Septentrionale
. Le 22 Juillet , le général Johnſon
fut averti qu'un corps ennemi compofé de douze
cens François , & de cinq cens Sauvages , s'avançoit
du faut de Niagara , pour fecourir le Fort
de ce nom . Le 23 , il fit occuper le chemin qui
eft entre le faut & le Fort par les troupes légeres,
foutenues de plufieurs piquets d'Infanterie , de
tous les grenadiers , & d'un gros détachement
tiré du quarante-fixieme Régiment .Il pourvut à
la garde de la tranchée , & fit ſes difpofitions
pour le combat . Le 24 , l'ennemi parut , & attaqua
nos troupes en tournant leur flanc. L'attaque
fut pouffée avec tant de vivacité , qu'en
moins d'une heure les principaux Officiers furent
engagés au milieu de nos rangs. Cette ardeur de
T'ennemi lui devint funefte. Il fe trouva séparé
en plufieurs pelotons , qui furent enveloppés &
accablés par nos troupes beaucoup plus nombreufes.
Les fieurs Aubri & de Ligneri , qui commandoient
ce détachement , fe rendirent prifon
niers de guerre , après avoir reçu l'un & l'autre
plufieus bleffures. La garnifon du Fort qui n'a
voit plus d'eſpérance d'être ſecourue , capitula le
OCTOBRE. 1759.
207
25. Elle a été conduite à la nouvelle Yorck . Tour:
ce qu'il y avoit d'habitans dans le Fort a eu permiffion
de le retirer à Montreal.
L'Amiral Bofcawen a laiffé le commandement
de fon Efcadre à l'Amiral Broderick. Il s'eft détaché
avec trois vaiffeaux pour amener ici les
vaiffeaux François dont il s'eft emparé fur les
côtes de Portugal. Il mande que le combat a été
très- difputé, & que quoique l'ennemi fùt inférieur
de beaucoup , il s'eft défendu avec une bravoure
extraordinaire. Il ajoute que plufieurs de nos
vaiffeaux ont beaucoup fouffert , & quequelquesuns
ont été mis hors de combat.
La Cour a fait publier le détail fuivant de la
prife du Fort de Niagara dans l'Amérique Septentrionale
. Le 22 Juillet , le général Johnſon
fut averti qu'un corps ennemi compofé de douze
cens François , & de cinq cens Sauvages , s'avançoit
du faut de Niagara , pour fecourir le Fort
de ce nom . Le 23 , il fit occuper le chemin qui
eft entre le faut & le Fort par les troupes légeres,
foutenues de plufieurs piquets d'Infanterie , de
tous les grenadiers , & d'un gros détachement
tiré du quarante-fixieme Régiment .Il pourvut à
la garde de la tranchée , & fit ſes difpofitions
pour le combat . Le 24 , l'ennemi parut , & attaqua
nos troupes en tournant leur flanc. L'attaque
fut pouffée avec tant de vivacité , qu'en
moins d'une heure les principaux Officiers furent
engagés au milieu de nos rangs. Cette ardeur de
T'ennemi lui devint funefte. Il fe trouva séparé
en plufieurs pelotons , qui furent enveloppés &
accablés par nos troupes beaucoup plus nombreufes.
Les fieurs Aubri & de Ligneri , qui commandoient
ce détachement , fe rendirent prifon
niers de guerre , après avoir reçu l'un & l'autre
plufieus bleffures. La garnifon du Fort qui n'a
voit plus d'eſpérance d'être ſecourue , capitula le
OCTOBRE. 1759.
207
25. Elle a été conduite à la nouvelle Yorck . Tour:
ce qu'il y avoit d'habitans dans le Fort a eu permiffion
de le retirer à Montreal.
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Résumé : DE LONDRES, le 16 Septembre.
Le 16 septembre, l'amiral Bofcawen a cédé le commandement de son escadre à l'amiral Broderick et a quitté avec trois vaisseaux pour ramener des vaisseaux français capturés au large du Portugal. Malgré la supériorité numérique des forces britanniques, les Français se sont défendus avec bravoure, causant des dommages à plusieurs vaisseaux britanniques, certains étant même mis hors de combat. Par ailleurs, la Cour a publié les détails de la prise du Fort de Niagara en Amérique du Nord. Le 22 juillet, le général Johnson a été informé de l'approche d'un corps ennemi composé de 1 200 Français et 500 Amérindiens pour secourir le Fort de Niagara. Le 23 juillet, Johnson a positionné des troupes légères et des grenadiers pour défendre le chemin entre le fleuve et le fort. Le 24 juillet, l'ennemi a attaqué en tournant le flanc des troupes britanniques. Malgré une résistance acharnée, les forces ennemies ont été divisées et vaincues par les troupes britanniques plus nombreuses. Les chefs français, sieurs Aubri et de Lignery, ont été blessés et faits prisonniers. La garnison du fort, n'ayant plus d'espoir de secours, a capitulé le 25 juillet. Les habitants du fort ont été autorisés à se rendre à Montréal.
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14
p. 196-197
DE CASSEL, le 30 Mai.
Début :
L'Armée alliée, est presque entierement rassemblée. L'Infanterie entra le [...]
Mots clefs :
Armée alliée, Infanterie, Cavalerie, Camp, Général, Quartier général, Commandement
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texteReconnaissance textuelle : DE CASSEL, le 30 Mai.
De CASSEL , le 30 Mai.
L'Armée alliée,eft prefque entierement raſſemblée.
L'Infanterie entra le 20 de ce mois , dans
le Camp tracé près de Fritzlar . Sa droite eft
appuyée à cette Ville , & fa gauche à Nieder-
Melrich. La Cavalerie fortit le lendemain de ſes
cantonnemens. Le Quartier Général de l'Armée ,
eſt toujours à Vavern . Le Général Imhoff occupe
Kirckain avec un Corps de fix mille honmes
environ. Hirſchfeld , fur la Fulde , eft occupé
par le Général Gilfe.
Le Général de Sporcken , qui doit commanJUILLET.
1760. 197
der l'Armée deftinée à faire tête aux François du
côté du Bas-Rhin , a établi for Quartier Général
à Dulmen.
L'Armée alliée,eft prefque entierement raſſemblée.
L'Infanterie entra le 20 de ce mois , dans
le Camp tracé près de Fritzlar . Sa droite eft
appuyée à cette Ville , & fa gauche à Nieder-
Melrich. La Cavalerie fortit le lendemain de ſes
cantonnemens. Le Quartier Général de l'Armée ,
eſt toujours à Vavern . Le Général Imhoff occupe
Kirckain avec un Corps de fix mille honmes
environ. Hirſchfeld , fur la Fulde , eft occupé
par le Général Gilfe.
Le Général de Sporcken , qui doit commanJUILLET.
1760. 197
der l'Armée deftinée à faire tête aux François du
côté du Bas-Rhin , a établi for Quartier Général
à Dulmen.
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Résumé : DE CASSEL, le 30 Mai.
Le 30 mai, l'armée alliée est rassemblée près de Fritzlar. L'infanterie occupe le camp, la cavalerie a quitté ses cantonnements. Le quartier général est à Vavern. Imhoff est à Kirkain avec six mille hommes, Gilse à Hirschfeld. Sporcken commande l'armée près du Bas-Rhin, son quartier général est à Dulmen.
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15
p. 202-203
De l'Armée à Francfort, le 4 Juin.
Début :
Il a été convenu le 16 Mai, entre Sa Majesté Très-Chrétienne & le Duc de Virtemberg, [...]
Mots clefs :
Duc, Prince, Armée française, Maréchal de Broglie, Ennemis, Détachement, Baron, Commandement, Lieutenant, Alliés, Armée, Citadelle, Artillerie
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texteReconnaissance textuelle : De l'Armée à Francfort, le 4 Juin.
De l'Armée à Francfort , le 4 Juin .
Il a été convenu le 16 Mai , entre Sa Majeſté
Très-Chrétienne & le Duc de Virtemberg , que
ce Prince retirera fes troupes de l'Armée Françoiſe
pour les faire rentrer dans fes Etats , où elles continueront
d'être à la difpofition du Roi de France
& de fes Alliést
Le Maréchal de Broglie ayanteu avis le 143
que le Corps avancé des Ennemis s'étoit porté
le même jour , de grand matin , fur Butzbach
& que les détachemens qui occupoient ce poſte
avoient été obligés de céder au nombre , fe rendit
le 25 àFriberg, où il apprit que les ennemis s'étoient
retirés de Butzbach , & que des détachemens de
nos Huffards y étoient rentrés . Il fe porta jufqu'à
Butzbach , où il eut nouvelle que le corps des Ennemis
, commandé par le fieur Luckner , avoit paffé
la Lohn entre Giellen & Marburg , & qu'il s'étoit
retiré fur les hauteurs de Krofdorf. Il apprit en
même tems que le Baron du Blaifel , Commandant
a Gieffen , avoit attaqué avec des détachemens
de la Garnifon l'arriere - garde du fieur
Luckner , & qu'il avoit fait plufieurs prifonniers.
Le Maréchal de Broglie eft revenu ici , après
avoir donné tous les ordres néceflaires pour les
pofte de Butzbach & de Fridberg , dont il a remis
le Commandement au Comte de Vaux , LieuJUILLET.
1760. 203
tenant -Général . Depuis ce tems on n'a point entendu
parler des ennemis , & l'on juge que l'Armée
du Prince Ferdinand n'a fait aucun mouvement.
Le Comte de Luface commande la réferve
de notre Armée, qui s'eft affemblé a Lohr.
L'Electeur de Cologne arriva ici , le 31 du mois
dernier , vers le midi. Le Maréchal Duc d. Broglie
alla le recevoir à Sakenhaufen , où les Grenadiers
de France étoient fous les armes. Ce Prince
entra dans la Ville au bruit de l'Artillerie des
Remparts. Il foupa chez le Maréchal de Broglie ;
& il partit, le premier de ce nois , pour Bonn ,
lieu de la réfidence ordinaire.
Les Alliés travaillent à mettre la Citadelle de
Munſter , en état de faire une bonne défenfe. C'eſt
le Comte de la Lippe- Schaunbourg , qui dirige
ces travaux,
Il a été convenu le 16 Mai , entre Sa Majeſté
Très-Chrétienne & le Duc de Virtemberg , que
ce Prince retirera fes troupes de l'Armée Françoiſe
pour les faire rentrer dans fes Etats , où elles continueront
d'être à la difpofition du Roi de France
& de fes Alliést
Le Maréchal de Broglie ayanteu avis le 143
que le Corps avancé des Ennemis s'étoit porté
le même jour , de grand matin , fur Butzbach
& que les détachemens qui occupoient ce poſte
avoient été obligés de céder au nombre , fe rendit
le 25 àFriberg, où il apprit que les ennemis s'étoient
retirés de Butzbach , & que des détachemens de
nos Huffards y étoient rentrés . Il fe porta jufqu'à
Butzbach , où il eut nouvelle que le corps des Ennemis
, commandé par le fieur Luckner , avoit paffé
la Lohn entre Giellen & Marburg , & qu'il s'étoit
retiré fur les hauteurs de Krofdorf. Il apprit en
même tems que le Baron du Blaifel , Commandant
a Gieffen , avoit attaqué avec des détachemens
de la Garnifon l'arriere - garde du fieur
Luckner , & qu'il avoit fait plufieurs prifonniers.
Le Maréchal de Broglie eft revenu ici , après
avoir donné tous les ordres néceflaires pour les
pofte de Butzbach & de Fridberg , dont il a remis
le Commandement au Comte de Vaux , LieuJUILLET.
1760. 203
tenant -Général . Depuis ce tems on n'a point entendu
parler des ennemis , & l'on juge que l'Armée
du Prince Ferdinand n'a fait aucun mouvement.
Le Comte de Luface commande la réferve
de notre Armée, qui s'eft affemblé a Lohr.
L'Electeur de Cologne arriva ici , le 31 du mois
dernier , vers le midi. Le Maréchal Duc d. Broglie
alla le recevoir à Sakenhaufen , où les Grenadiers
de France étoient fous les armes. Ce Prince
entra dans la Ville au bruit de l'Artillerie des
Remparts. Il foupa chez le Maréchal de Broglie ;
& il partit, le premier de ce nois , pour Bonn ,
lieu de la réfidence ordinaire.
Les Alliés travaillent à mettre la Citadelle de
Munſter , en état de faire une bonne défenfe. C'eſt
le Comte de la Lippe- Schaunbourg , qui dirige
ces travaux,
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Résumé : De l'Armée à Francfort, le 4 Juin.
Le 16 mai 1760, un accord fut conclu entre le roi de France et le duc de Wurtemberg, permettant aux troupes du duc de se retirer de l'armée française tout en restant disponibles pour le roi et ses alliés. Le 14 juin, le maréchal de Broglie apprit que les forces ennemies s'étaient déplacées vers Butzbach, forçant les détachements français à se retirer. Le 25 juin, il découvrit que les ennemis avaient quitté Butzbach et que des hussards français avaient repris le poste. Il apprit aussi que le corps ennemi, dirigé par Luckner, s'était retiré sur les hauteurs de Krofdorf. Le baron du Blaifel avait attaqué l'arrière-garde de Luckner, capturant plusieurs prisonniers. Le maréchal de Broglie revint ensuite à Francfort et confia le commandement des postes de Butzbach et de Friedberg au comte de Vaux. Aucun mouvement ennemi n'a été signalé depuis. Le comte de Luface commande la réserve de l'armée française à Lohr. L'électeur de Cologne arriva à Francfort le 31 mai et quitta la ville le 1er juin pour Bonn. Les alliés fortifient la citadelle de Münster sous la direction du comte de la Lippe-Schaumbourg.
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16
p. 184
De PETERSBOURG, le 16 Octobre 1760.
Début :
Le Feld-Maréchal Comte de Butturlin est parti vers le commencement de [...]
Mots clefs :
Feld-maréchal, Armée, Commandement, Frontières, Comte, Contribution financière, Corps
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texteReconnaissance textuelle : De PETERSBOURG, le 16 Octobre 1760.
De PETERSBOURG , le 16 Octobre 1760.
Le Feld-Maréchal Comte de Buttarlin eft parti
vers le commencement de ce mois , pour aller
prendre le Commandement de notre Armée fur
les Frontieres de la Siléfie ; la maladie continuelle
du Feld Maréchal Comte de Soltikoff ne lui permettant
plus de faire les Fonctions de Général . Le
Comte de Fermer commande cette Armée jufqu'à
l'arrivée du Comte de Butturlin .
Les Ruffes , après avoir exigé de la Ville de
Francfort fur l'Oder , une comtribution de cinquante
mille écus , ont décampé de fes environs , & ils
marchent , par Droffen & Zietenzig fur Driefen ,
pour entrer dans la Poméranie. Un de leurs Corps
a déjà pénétré jufqu'auprès de Schwedt , fous les
ordres du Général de Czernichew.
Le Feld-Maréchal Comte de Buttarlin eft parti
vers le commencement de ce mois , pour aller
prendre le Commandement de notre Armée fur
les Frontieres de la Siléfie ; la maladie continuelle
du Feld Maréchal Comte de Soltikoff ne lui permettant
plus de faire les Fonctions de Général . Le
Comte de Fermer commande cette Armée jufqu'à
l'arrivée du Comte de Butturlin .
Les Ruffes , après avoir exigé de la Ville de
Francfort fur l'Oder , une comtribution de cinquante
mille écus , ont décampé de fes environs , & ils
marchent , par Droffen & Zietenzig fur Driefen ,
pour entrer dans la Poméranie. Un de leurs Corps
a déjà pénétré jufqu'auprès de Schwedt , fous les
ordres du Général de Czernichew.
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Résumé : De PETERSBOURG, le 16 Octobre 1760.
Le 16 octobre 1760, le comte de Buttarlin prend le commandement de l'armée en Silésie en raison de la maladie du comte de Soltikoff. Le comte de Fermer assure l'intérim. Les Russes exigent 50 000 écus de Francfort-sur-l'Oder et se dirigent vers la Poméranie. Un corps d'armée atteint Schwedt sous les ordres du général de Czernichew.
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17
p. 184-190
De VERSAILLES, le 16 Février 1763.
Début :
Le Maréchal Duc de Biron & le Duc de Choiseul ont fait entendre au Roi [...]
Mots clefs :
Maréchal de Biron, Duc de Choiseul, Musique militaire, Roi, Régiment, Famille royale, Contrat de mariage, Comte, Bal, Monseigneur le Dauphin, Comtesse, Académie française, Commandement, Nominations, Cour, Chevaliers, Officiers, Honneur, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, Duc, Prince héréditaire, Célébrations, Église, Capitaine, Promotion, Archevêque, Diocèse, Abbé, Ordre, Impératrice de Russie
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 16 Février 1763.
DeVERSAILLES , le 16 Fevrier 1763 .
Le Maréchal Duc de Biron & le Duc de
Choifeul ont fait entendre au Roi tes Mufiques
AVRIL. 1763 . 185
attachées au Régiment des Gardes Françoiles &
Suiffes ; & Sa Majesté en a paru très - fatisfaite .
Leurs Majeftés ainfi que la Famille Royale ,
ont figné , le 23 du mois dernier , le Contrat
de mariage du Comte de Sparre avec la Demoiſelle
de Camufet. Le Comte de Sparre eft
d'une Famille de Suede , très - ancienne dans ce
Royaume ,& illuftrée par plufieurs alliances avec
des Maifons Souveraines. Son Père , le Comte
de Sparre , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , eft petit-fils du Comte Pierre Sparre , Ambaffadeur
de Suede en France en 1675 .
Le 24 du même mois il y a eu Bal à la Cour.
Leurs Majeftés , ainfi que Monſeigneur le Dauphin
, Madame la Dauphine , Madame Adélaïde ,
Mesdames Victoire & Sophie l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres
, le Prince de Condé , le Comte de Luface
, & la Comreffe de Henneberg , affifterent
à cette affemblée , qui fut très -brillante par le
concours & la magnificence des Seigneurs &
des Dames de la Cour.
Le 25 la Comteffe de Choifeul- la - Beaume a
été préfentée à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Ducheffe de Choifeut.
Le fieur Hardion , de l'Académie Françoife ;
a eu l'honneur de préfenter à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale les 15 & 16 ° volumes
de fon Hiftoire Univerfelle. Le fieur Targe , ci
devant Proffeffeur de Langue Françoife , & ac
tuellement Profeffeur de Mathématique à l'Ecole
Royale Militaire , a préfenté auffi à Monfeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
de Provence , les Tomes 5 , 6 , 7 , & 8 de
fa Traduction de l'Hiftoire d Angleterre ; par le
feur Smolett. £
Sa Majesté a difpofé de la Lieutenance Géné186
MERCURE DE FRANCE.
rale du Comté de Charolois & du commande,
ment en Chef de la Province de Bourgogne
vacant par la mort du Marquis d'Anlezy , en
faveur du Comte de la Guiche , Lieutenant Gćnéral
des Armées du Roi.
Le 30 , le fieur d'Argouges , nommé à la.
place de Lieutenant Civil au Châtelet de Paris ,
après la retraite de fon père , fut préſenté en
cette qualité à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
54
Le même jour , l'Abbé de Voifenon , préfenta
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
le Difcours qu'il a prononcé à l'Académie Françoife
pour la réception.
Le 31 , il y eut Bal à la Cour. Le Roi , ainf
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe l'honorerent de leur préfence,
Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le Prince
de Condé , le Prince de Conti , le Comte dẹ.
la Marche , le Comte de Luface & la Comteffe
de Henneberg , affifterent à cette Affemblée
, qui fut auffi brillante que les précédentes.
Le 1. de ce mois , les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre , affifterent au fervice
anniverfaire qu'on célébre pour les Cheva
diers de l'Ordre. L'Evêque de Langres y officia
Le même jour , le feur Gigot , Ex- Recteur
de l'Univerfité , accompagné des Doyens des quatre
Facultés , ent l'honneur de préfenter , felon
Tufage , un Cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur
le Dauphin , à Madame la Dauphine ,
à Monfeigneur le Duc de Berry , & à Monfeigneur
le Comte de Provence.
Le même jour , le Père Pays , Commandeur
de la Merci , accompagné de trois de fes ReliAVRIL.
1763. 187
gieux , a eu l'honneur de préfenter un Cierge
à la Reine , en conféquence d'une condition im
pofée à cet Ordre , lorfque Marie de Médicis
en permit l'établiſſement à Paris en 1613 .
> du
Le 2 , Fête de la Purification de la Sainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offi
ciers de l'Ordre du Saint Eſprit , s'étant affemblés
vers les onze heures du matin dans le Cabinet
du Roi , le Prince de Lamballe fut introduit
dans ce Cabinet , où il fut reçu Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel . Le Roi fortit enfuite
de fon appartement pour aller à la Chapelle :Sa
Majefté étoit précédée du Duc d'Orléans , dú
Duc de Chartres du Prince de Condé ,
Prince de Conti du Comte de la Marche , du
Comte d'Eu , du Duc de Penthievre & des Che
valiers , Commandeurs de l'Ordre . Le Prince de
Lamballe , en habit de Novice , marchoit entre
les Chevaliers & les Officiers . Le Roi , devant
qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs maffes , étoit en manteau , le Collier de l'Or
dre pardeffus , ainfi que celui de la Toifon d'Or.
Lorfqu'on eut chanté l'Hymne Veni Creator
le Roi monta fur fon Trône , & reçur Cheva
lier le Prince de Lamballe . L'Evêque Duc de
Langres, Prélat,Commandeur, célébra la Grand-
Meffe , à laquelle la Reine , accompagnée de
Madame la Dauphine , de Madame Adélaïde
& de Meſdames Victoire , Sophie & Louiſe , affifta
dans la Tribune ; après quoi , le Roi fut reconduit
à fon appartement en la maniere accoutumée.
2.
Le même jour , la Marquife de Belfunce fut
préſentée à Leurs Majeſtés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Comteffe de Belfunce ; & le Comte
d'Apchon , Maréchal des Camps & Armées du
188 MERCURE DE FRANCE.
Roi , à été présenté à Sa Majeſté en qualité de
Gouverneur du Duc de Bourbon .
Le 7 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés ,
ainní que Monfeigneur le Dauphin , Madame la
Dauphine , & Meldames , l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Lamballe , &
le Conte de Luface affiftérent à cette affemblée .
Le même jour , le Prince de Beauvau , qui
commandoit les Troupes Françoiles en Portugal
, eft arrivé , & a été préſenté au Roi ,
Le 6 , Leurs Majeftés , ainsi que la Famille
Royale , fignérent le Contrat de mariage du Comte
de la Luzerne , avec la Demoifelle Angrand
d'Alleret. Le même jour , la Ducheffe d'Havré .
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Marquife de Léde , & prit le Tabouret
chez la Reine.
Le 8 , le Prince Héréditaire de Naffau-Saarbruck
eut l'honneur d'être préfenté au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le 10 , on célébra dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour feue Madame
Henriette de France. La Reine y affifta , ainfi
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meldames Victoire ,.
Sophie & Louife.
Le 13 Leurs Majeftés , ainfi que la Famille
Royale , fignerent le Contrat de mariage du
Comte de Montboiffier avec la Demoiſelle de
- Rochechouart.
Le 14 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés
, ainfi que Monfeigneur, le Dauphin , Madame
la Dauphine , le Duc d'Orléans , le Duc
de Chartres , le Prince de Condé , le Prince de
Lamballe , le Comte de Laface , & la ComAVRIL.
1763: 189
teffe de Henneberg affifterent à cette Affemblée
.
La Ducheffe de la Rochefoucault & la Ba
ronne de Warsberg furent préfentées à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale ; la premiere ,
par la Ducheffe d'Enville ; & la feconde , par
la Comteffe d'Helmftat. La Ducheffe de la Rochefoucault
prit le Tabouret le même jour.
Le Comte de Bonneguife , Capitaine dans le
Régiment de Bourgogne , Cavalerie , a obtenu
l'agrément du Roi , pour la charge de Colo
nel- Lieutenant du Régiment d'Infanterie d'Eu ,
vacante par la promotion du Comte de Caſtellane
au grade de Maréchal de Camp.
Aujourd'hui la Cour a pris le deuil pour quinze
jours , à l'occafion de la mort du Cardinal de
Baviere , Evêque & Prince de Liége.
Le 2 de ce mois , Archevêque de Narbonne ,
Grand -Aumônier de France , prêta ferment entre
les mains du Roi , pour l'Archevêché de
Rheims.
Sa Majefté a difpofé de l'Archevêché de Touloufe
en faveur de l'Evêque de Condom ; & de
l'Evêché de Condom en faveur de l'Abbé d'Anteroche
, Vicaire Général du Diocèle de Cambray.
Le Roi a donné l'Abbaye de Reclus , Ordre
de Citeaux , Diocèle de Troyes , à l'Abbé de
Ventoux , Vicaire - Général du même Diocèle ;
Celle de Sainte Claire d'Annonay en Vivarais ,
Diocèle de Vienne , à la Dame de Belmés , Religieufe
Urfuline du Monaftere de Pernés , Diocèle
de Carpentras ; & le Prieuré de Poiffy' ,
Ordre de Saint Dominique , Diocèle de Chartres
, à la Dame de la Beaume-Suze , Religieufe
Bénédiaine de l'Abbaye de, Saint Honoré de
Tarafcon.
190 MERCURE DE FRANCE.
L'Impératrice Catherine de Ruffie , depuis
fon avenement au Trône , ayant fait difficulté
de renouveller la reverfale qui avoit été fucceffivement
donnée par l'Impératrice Elifabeth &
par l'Empereur Pierre III . au fujet du titre
Impérial , le Baron de Breteuil , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majefté en Ruffie , a été
quelque temps fans avoir fon audience & fans
remettre les lettres de créance ; mais pour lever
cette difficulté , l'Impératrice Catherine à fait
remettre la déclaration fuivante à tous les
Miniftres Etrangers réſidans à ſa Cour.
Le Maréchal Duc de Biron & le Duc de
Choifeul ont fait entendre au Roi tes Mufiques
AVRIL. 1763 . 185
attachées au Régiment des Gardes Françoiles &
Suiffes ; & Sa Majesté en a paru très - fatisfaite .
Leurs Majeftés ainfi que la Famille Royale ,
ont figné , le 23 du mois dernier , le Contrat
de mariage du Comte de Sparre avec la Demoiſelle
de Camufet. Le Comte de Sparre eft
d'une Famille de Suede , très - ancienne dans ce
Royaume ,& illuftrée par plufieurs alliances avec
des Maifons Souveraines. Son Père , le Comte
de Sparre , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , eft petit-fils du Comte Pierre Sparre , Ambaffadeur
de Suede en France en 1675 .
Le 24 du même mois il y a eu Bal à la Cour.
Leurs Majeftés , ainfi que Monſeigneur le Dauphin
, Madame la Dauphine , Madame Adélaïde ,
Mesdames Victoire & Sophie l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres
, le Prince de Condé , le Comte de Luface
, & la Comreffe de Henneberg , affifterent
à cette affemblée , qui fut très -brillante par le
concours & la magnificence des Seigneurs &
des Dames de la Cour.
Le 25 la Comteffe de Choifeul- la - Beaume a
été préfentée à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Ducheffe de Choifeut.
Le fieur Hardion , de l'Académie Françoife ;
a eu l'honneur de préfenter à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale les 15 & 16 ° volumes
de fon Hiftoire Univerfelle. Le fieur Targe , ci
devant Proffeffeur de Langue Françoife , & ac
tuellement Profeffeur de Mathématique à l'Ecole
Royale Militaire , a préfenté auffi à Monfeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
de Provence , les Tomes 5 , 6 , 7 , & 8 de
fa Traduction de l'Hiftoire d Angleterre ; par le
feur Smolett. £
Sa Majesté a difpofé de la Lieutenance Géné186
MERCURE DE FRANCE.
rale du Comté de Charolois & du commande,
ment en Chef de la Province de Bourgogne
vacant par la mort du Marquis d'Anlezy , en
faveur du Comte de la Guiche , Lieutenant Gćnéral
des Armées du Roi.
Le 30 , le fieur d'Argouges , nommé à la.
place de Lieutenant Civil au Châtelet de Paris ,
après la retraite de fon père , fut préſenté en
cette qualité à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
54
Le même jour , l'Abbé de Voifenon , préfenta
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
le Difcours qu'il a prononcé à l'Académie Françoife
pour la réception.
Le 31 , il y eut Bal à la Cour. Le Roi , ainf
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe l'honorerent de leur préfence,
Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le Prince
de Condé , le Prince de Conti , le Comte dẹ.
la Marche , le Comte de Luface & la Comteffe
de Henneberg , affifterent à cette Affemblée
, qui fut auffi brillante que les précédentes.
Le 1. de ce mois , les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre , affifterent au fervice
anniverfaire qu'on célébre pour les Cheva
diers de l'Ordre. L'Evêque de Langres y officia
Le même jour , le feur Gigot , Ex- Recteur
de l'Univerfité , accompagné des Doyens des quatre
Facultés , ent l'honneur de préfenter , felon
Tufage , un Cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur
le Dauphin , à Madame la Dauphine ,
à Monfeigneur le Duc de Berry , & à Monfeigneur
le Comte de Provence.
Le même jour , le Père Pays , Commandeur
de la Merci , accompagné de trois de fes ReliAVRIL.
1763. 187
gieux , a eu l'honneur de préfenter un Cierge
à la Reine , en conféquence d'une condition im
pofée à cet Ordre , lorfque Marie de Médicis
en permit l'établiſſement à Paris en 1613 .
> du
Le 2 , Fête de la Purification de la Sainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offi
ciers de l'Ordre du Saint Eſprit , s'étant affemblés
vers les onze heures du matin dans le Cabinet
du Roi , le Prince de Lamballe fut introduit
dans ce Cabinet , où il fut reçu Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel . Le Roi fortit enfuite
de fon appartement pour aller à la Chapelle :Sa
Majefté étoit précédée du Duc d'Orléans , dú
Duc de Chartres du Prince de Condé ,
Prince de Conti du Comte de la Marche , du
Comte d'Eu , du Duc de Penthievre & des Che
valiers , Commandeurs de l'Ordre . Le Prince de
Lamballe , en habit de Novice , marchoit entre
les Chevaliers & les Officiers . Le Roi , devant
qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs maffes , étoit en manteau , le Collier de l'Or
dre pardeffus , ainfi que celui de la Toifon d'Or.
Lorfqu'on eut chanté l'Hymne Veni Creator
le Roi monta fur fon Trône , & reçur Cheva
lier le Prince de Lamballe . L'Evêque Duc de
Langres, Prélat,Commandeur, célébra la Grand-
Meffe , à laquelle la Reine , accompagnée de
Madame la Dauphine , de Madame Adélaïde
& de Meſdames Victoire , Sophie & Louiſe , affifta
dans la Tribune ; après quoi , le Roi fut reconduit
à fon appartement en la maniere accoutumée.
2.
Le même jour , la Marquife de Belfunce fut
préſentée à Leurs Majeſtés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Comteffe de Belfunce ; & le Comte
d'Apchon , Maréchal des Camps & Armées du
188 MERCURE DE FRANCE.
Roi , à été présenté à Sa Majeſté en qualité de
Gouverneur du Duc de Bourbon .
Le 7 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés ,
ainní que Monfeigneur le Dauphin , Madame la
Dauphine , & Meldames , l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Lamballe , &
le Conte de Luface affiftérent à cette affemblée .
Le même jour , le Prince de Beauvau , qui
commandoit les Troupes Françoiles en Portugal
, eft arrivé , & a été préſenté au Roi ,
Le 6 , Leurs Majeftés , ainsi que la Famille
Royale , fignérent le Contrat de mariage du Comte
de la Luzerne , avec la Demoifelle Angrand
d'Alleret. Le même jour , la Ducheffe d'Havré .
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Marquife de Léde , & prit le Tabouret
chez la Reine.
Le 8 , le Prince Héréditaire de Naffau-Saarbruck
eut l'honneur d'être préfenté au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le 10 , on célébra dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour feue Madame
Henriette de France. La Reine y affifta , ainfi
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meldames Victoire ,.
Sophie & Louife.
Le 13 Leurs Majeftés , ainfi que la Famille
Royale , fignerent le Contrat de mariage du
Comte de Montboiffier avec la Demoiſelle de
- Rochechouart.
Le 14 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés
, ainfi que Monfeigneur, le Dauphin , Madame
la Dauphine , le Duc d'Orléans , le Duc
de Chartres , le Prince de Condé , le Prince de
Lamballe , le Comte de Laface , & la ComAVRIL.
1763: 189
teffe de Henneberg affifterent à cette Affemblée
.
La Ducheffe de la Rochefoucault & la Ba
ronne de Warsberg furent préfentées à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale ; la premiere ,
par la Ducheffe d'Enville ; & la feconde , par
la Comteffe d'Helmftat. La Ducheffe de la Rochefoucault
prit le Tabouret le même jour.
Le Comte de Bonneguife , Capitaine dans le
Régiment de Bourgogne , Cavalerie , a obtenu
l'agrément du Roi , pour la charge de Colo
nel- Lieutenant du Régiment d'Infanterie d'Eu ,
vacante par la promotion du Comte de Caſtellane
au grade de Maréchal de Camp.
Aujourd'hui la Cour a pris le deuil pour quinze
jours , à l'occafion de la mort du Cardinal de
Baviere , Evêque & Prince de Liége.
Le 2 de ce mois , Archevêque de Narbonne ,
Grand -Aumônier de France , prêta ferment entre
les mains du Roi , pour l'Archevêché de
Rheims.
Sa Majefté a difpofé de l'Archevêché de Touloufe
en faveur de l'Evêque de Condom ; & de
l'Evêché de Condom en faveur de l'Abbé d'Anteroche
, Vicaire Général du Diocèle de Cambray.
Le Roi a donné l'Abbaye de Reclus , Ordre
de Citeaux , Diocèle de Troyes , à l'Abbé de
Ventoux , Vicaire - Général du même Diocèle ;
Celle de Sainte Claire d'Annonay en Vivarais ,
Diocèle de Vienne , à la Dame de Belmés , Religieufe
Urfuline du Monaftere de Pernés , Diocèle
de Carpentras ; & le Prieuré de Poiffy' ,
Ordre de Saint Dominique , Diocèle de Chartres
, à la Dame de la Beaume-Suze , Religieufe
Bénédiaine de l'Abbaye de, Saint Honoré de
Tarafcon.
190 MERCURE DE FRANCE.
L'Impératrice Catherine de Ruffie , depuis
fon avenement au Trône , ayant fait difficulté
de renouveller la reverfale qui avoit été fucceffivement
donnée par l'Impératrice Elifabeth &
par l'Empereur Pierre III . au fujet du titre
Impérial , le Baron de Breteuil , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majefté en Ruffie , a été
quelque temps fans avoir fon audience & fans
remettre les lettres de créance ; mais pour lever
cette difficulté , l'Impératrice Catherine à fait
remettre la déclaration fuivante à tous les
Miniftres Etrangers réſidans à ſa Cour.
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Résumé : De VERSAILLES, le 16 Février 1763.
En février et avril 1763, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 16 février, le Maréchal Duc de Biron et le Duc de Choiseul ont présenté au roi les musiques des Régiments des Gardes Français et Suisses, obtenant sa satisfaction. Le 23 février, le contrat de mariage entre le Comte de Sparre, d'une famille suédoise illustre, et la Demoiselle de Camuset a été signé par les souverains et la famille royale. Le 24 février, un bal a réuni les souverains, le Dauphin, la Dauphine, et plusieurs princes et princesses. Le 25 février, la Comtesse de Choiseul-La Baume a été présentée aux souverains et à la famille royale par la Duchesse de Choiseul. Le 30 février, le sieur Hardion a présenté les volumes 15 et 16 de son Histoire Universelle, et le sieur Targe a présenté des tomes de la traduction de l'Histoire d'Angleterre de Smollett. Le roi a nommé le Comte de la Guiche Lieutenant Général des Armées du Roi et commandant en chef de la province de Bourgogne. Le même jour, le sieur d'Argouges a été présenté en qualité de Lieutenant Civil au Châtelet de Paris. Le 31 mars, un bal a eu lieu à la cour avec la présence des souverains et de plusieurs princes et princesses. Le 1er avril, les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit ont célébré leur service annuel, et divers dignitaires ont présenté des cierges à la famille royale. Le 2 avril, le Prince de Lamballe a été reçu Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel. Le 7 avril, un bal a eu lieu à la cour, et le Prince de Beauvau, commandant des troupes françaises au Portugal, a été présenté au roi. Le 6 avril, le contrat de mariage entre le Comte de la Luzerne et la Demoiselle Angrand d'Alleret a été signé. Le 10 avril, un service a été célébré en mémoire de Madame Henriette de France. Le 13 avril, le contrat de mariage entre le Comte de Montboissier et la Demoiselle de Rochechouart a été signé. Le 14 avril, un bal a eu lieu à la cour, et la Duchesse de la Rochefoucault a été présentée aux souverains. Le roi a également pris le deuil pour la mort du Cardinal de Bavière. Diverses nominations et présentations de dignitaires ecclésiastiques et militaires ont également été mentionnées.
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18
p. 211-212
De VIENNE, le 16 Mars 1763.
Début :
Le Comte de Montazet, Lieutenant Général des Armées du Roi de France, [...]
Mots clefs :
Comte, Lieutenant général, Campagnes militaires, Troupes, Commandement, Prince Charles, Maréchal, Duchesse de Saxe, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 16 Mars 1763.
De VIENNE , le 16 Mars 1763 .
Le Comte de Montazer , Lieutenant Général
des Armées du Roi de France , qui a fait par
ordre de Sa Majesté Très- Chrétienne , toutes les
campagnes depuis 1757 dans les Armées de
l'Impératrice Reine , part demain pour retourner
en France , comblé des bontés que lui ont
témoigné Leurs Majestés Impériales & Royales
pendant le ſéjour qu'il a fait ici.
La Cour a réglé définitivement la répartition
des troupesdans les Etats de Lears Majestés Impériales
, & les Commandemens en Chef ont été
diſtribués de la manière ſuivante . Le Prince
Charles commande dans les Pays-Bas ; le Duc
de Modene en Italie ; le Prince des Deux- Ponts.
212 MERCURE DE FRANCE.
en Bohême ; le Maréchal de Kollowrath dans la
Moravie ; le Maréchal de Neyperg dans la haute
&Balle-Autriche ; & le Maréchal de Palfy dans
la Hongrie& la Tranfilvanie .
Anne Chriſtine , Ducheſſe de Saxe , Juliers ,
Cléves & Berg- Engern & Westphalie Landgrave
de Thuringe , Margrave de Meillen , de la
Haute & Bafle Luſace , Comteile de Henneberg ,
de la Marck , Ravemperg & Barby , Dame de
Ravenſtein , & demi Soeur des Princes Joſeph-
Wenceslas & Emmanuel de Lichtenſtein , frères ,
Ducs de Toppau & Jagerndorff en Siléſie , eſt
morte ici les de ce mois , âgée de ſoixante- treize
ans.
Le Comte de Montazer , Lieutenant Général
des Armées du Roi de France , qui a fait par
ordre de Sa Majesté Très- Chrétienne , toutes les
campagnes depuis 1757 dans les Armées de
l'Impératrice Reine , part demain pour retourner
en France , comblé des bontés que lui ont
témoigné Leurs Majestés Impériales & Royales
pendant le ſéjour qu'il a fait ici.
La Cour a réglé définitivement la répartition
des troupesdans les Etats de Lears Majestés Impériales
, & les Commandemens en Chef ont été
diſtribués de la manière ſuivante . Le Prince
Charles commande dans les Pays-Bas ; le Duc
de Modene en Italie ; le Prince des Deux- Ponts.
212 MERCURE DE FRANCE.
en Bohême ; le Maréchal de Kollowrath dans la
Moravie ; le Maréchal de Neyperg dans la haute
&Balle-Autriche ; & le Maréchal de Palfy dans
la Hongrie& la Tranfilvanie .
Anne Chriſtine , Ducheſſe de Saxe , Juliers ,
Cléves & Berg- Engern & Westphalie Landgrave
de Thuringe , Margrave de Meillen , de la
Haute & Bafle Luſace , Comteile de Henneberg ,
de la Marck , Ravemperg & Barby , Dame de
Ravenſtein , & demi Soeur des Princes Joſeph-
Wenceslas & Emmanuel de Lichtenſtein , frères ,
Ducs de Toppau & Jagerndorff en Siléſie , eſt
morte ici les de ce mois , âgée de ſoixante- treize
ans.
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Résumé : De VIENNE, le 16 Mars 1763.
Le 16 mars 1763, à Vienne, le Comte de Montazer, Lieutenant Général des Armées du Roi de France, quitte Vienne pour retourner en France. Il a servi dans les armées de l'Impératrice Reine depuis 1757 et a reçu les faveurs des Majestés Impériales et Royales durant son séjour. La Cour a finalisé la répartition des troupes dans les États des Majestés Impériales et attribué les commandements en chef. Le Prince Charles commande dans les Pays-Bas, le Duc de Modène en Italie, le Prince des Deux-Ponts en Bohême, le Maréchal de Kollowrath en Moravie, le Maréchal de Neyperg en Haute et Basse-Autriche, et le Maréchal de Palfy en Hongrie et Transylvanie. Par ailleurs, Anne Christine, Duchesse de Saxe, Juliers, Cléves et Berg, est décédée à l'âge de soixante-treize ans. Elle était également demi-sœur des Princes Joseph-Wenceslas et Emmanuel de Lichtenstein, Ducs de Toppau et Jägerndorff en Silésie.
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19
p. 186
De GENES, le 13 Juin 1763.
Début :
Suivant les nouvelles arrivées en dernier lieu de l'Isle de Corse, les Rebelles ont [...]
Mots clefs :
Corse, Rebelles, Troupes, Général, Officiers, Commandement, Chef, Mise à mort
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De GENES, le 13 Juin 1763.
De GENES , le 13 Juin 1763 .
2
Suivant les nouvelles arrivées én dernier lieu
de l'ine de Corfe , les Rebelles ont , à ce qu'on
affure , perdu dans l'action d'Aleria quarante
hommes , & les troupes de la République trentedeux
Corfes & trois foldats. Le Général Matra
vient de faire bloquer & attaquer le Fort de
Furiani. Deux Piéves , qui étoient ci - devant du
parti rebelle , ont envoyé à ce Général une députation
par laquelle elles lui offrent leurs fecours
toutes les fois qu'il en aura befoin pour
foutenir les poftes qu'il occupe . Jean- Carlo ' ,
l'un des principatix Officiers de Paoli , mécontent
du peu d'obéillance & de difcipline qu'il
trouvoit dans le Corps de Troupes dont il avoit
le Commandement , & des contradictions coftinuelles
qu'il éprouvoit dans toutes fes opérations
de la part du Chef des Rebelles , s'eſt déterminé
à quitter leur parti . Le Prêtre Confalvi
& un autre de la Province de Balagna , qui
avoient été faits prifonniers à Aleria ont été
mis à mort par l'ordre de Paoli
2
Suivant les nouvelles arrivées én dernier lieu
de l'ine de Corfe , les Rebelles ont , à ce qu'on
affure , perdu dans l'action d'Aleria quarante
hommes , & les troupes de la République trentedeux
Corfes & trois foldats. Le Général Matra
vient de faire bloquer & attaquer le Fort de
Furiani. Deux Piéves , qui étoient ci - devant du
parti rebelle , ont envoyé à ce Général une députation
par laquelle elles lui offrent leurs fecours
toutes les fois qu'il en aura befoin pour
foutenir les poftes qu'il occupe . Jean- Carlo ' ,
l'un des principatix Officiers de Paoli , mécontent
du peu d'obéillance & de difcipline qu'il
trouvoit dans le Corps de Troupes dont il avoit
le Commandement , & des contradictions coftinuelles
qu'il éprouvoit dans toutes fes opérations
de la part du Chef des Rebelles , s'eſt déterminé
à quitter leur parti . Le Prêtre Confalvi
& un autre de la Province de Balagna , qui
avoient été faits prifonniers à Aleria ont été
mis à mort par l'ordre de Paoli
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Résumé : De GENES, le 13 Juin 1763.
Le 13 juin 1763, à Gênes, des rapports indiquent que les rebelles ont subi des pertes de quarante hommes lors de l'action d'Aleria, tandis que les troupes de la République ont perdu trente-deux Corfes et trois soldats. Le Général Matra a récemment bloqué et attaqué le Fort de Furiani. Deux Pièves, précédemment alliées des rebelles, ont envoyé une députation au Général Matra pour offrir leur soutien et maintenir les postes qu'il occupe. Jean-Carlo, un des principaux officiers de Paoli, a quitté le parti rebelle en raison du manque de discipline et des contradictions continues dans ses opérations. De plus, le Prêtre Confalvi et un autre habitant de la Province de Balagna, faits prisonniers à Aleria, ont été exécutés sur ordre de Paoli.
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20
p. 192-196
MARIAGES.
Début :
Henri de Tripoly de Mark de Panisses de Passis, Chevalier Marquis de la Garde [...]
Mots clefs :
Chevalier, Marquis, Dame, Maison de Panisses, Descendance, Famille, Armes, Commandement, Époux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Henri de Tripoly de Mark de Paniffes de
Palis , Chevalier Marquis de la Garde - Enſeigne
de la Gendarmerie de la Compagnie de
Flandre , Fils de Jofeph-Charles de Tripoly de
Mark de Paniffes de Paffis , Chevalier Marquis
de la Garde Baron de Cipieres & Cauffols ,
Seigneur de Villeneuve , &c , & de Dame
Elizabeth de Vintimille des Comtes de Marfeille
, époufa le 21 Mars 1764 , à Aix en
Provence , Jeanne- Charlotte d'Albertas , fille de
Jean- Baptifte d'Albertas , Chevalier , Premier
Préſident en la Cour des Comptes , Aides &
Finances de Provence ; Marquis de Bouc , Comte
de Ners & de Pechauris , Seigneur de Gemenos
, Confonoves , &c , & de Dame Marguerite.
Françoile de Montullé,
Les différens Auteurs qui ont fait les Génealogies
des Mailons nobles de Provence , n'ont
pas été d'accord entr'eux fur la véritable origine
de cette Maiſon, Les uns ont dit que cette
Famille
JUILLET. 1764 : 193
Famille deſcendoit des anciens Comtes de Tripoli
, les autres de la Maiſon de Paniffes , & le
plus grand nombre de celle de Mark & ils n'ont
jamais été contredits par ceux qui étoient de
cette Famille , dont les papiers avoient été égarés
du temps des Guerres civiles qu'il y avoit
eu dans cette Province , dans lesquelles ils avoient
joué un rôle. Les pupillarités & minorités des
chefs de cette Famille qui fuccédérent à ce temps
de trouble avoient ôté les moyens d'en chercher
les titres dont une partie fe trouvoit hors
du Royaume ; mais en ayant connu la néceffité
par la variété des origines qu'on leur donnoit
ils ont fait des perquifitions & les ont
trouvés. Ils font en état de prouver qu'ils defcendent
des anciens Comtes de Tripoly , Famille
qui étoit établie dans la Comté de Nice
depuis longues années .
Cette Famille porte pour Armes parti d'un ,
coupé d'un qui fait quatre quartiers .
Au premier le champ taillé de Gueule fur
argent , le Gueule chargé d'une Croix clichée ,
vuidée & pommetée d'or taillée en coeur ,
l'argent chargé de rofes de gueule , pofée en
pal , qui elt Tripoly , au deuxième d'azur à
trois pointes de diamant d'argent les pointes
en haut pofées , deux & une furmontées d'une
étoile à 6 rayes d'or qui eft Mark .
Au troifiéme d'azur à 6 épics de bled renverfés
d'or , 3. 2. & 1. qui eſt Panilles.
Au quatrième d'azur femé de Croix recroifetées
, au pied fiché d'or , à deux dauphins
adollés de même qui eft Paffis .
Jofeph - Charles de Tripoly de Paffis , Pere
d'Henri qui vient d'époufer Mlle d'Albertas ,
a eu aufi de fon mariage avec Mlle de Vin-
II. Vol. I
194
MERCURE DE FRANCE .
54
timille des Comtes de Marſeille , un autre fils
qui eft mort Chevalier de Malte & une fille
mariée avec M. le Marquis de Grimaldy d'Antibes;
il eft Fils de Céfar de Tripoli de Panif
fes , & de Magdelaine de Ballon ; celui - ci a
recueilli Phéritage de Charles de Paniffes de
Paffis fon grand Oncle maternel , qui l'a obli̟-
gé lui & fes defcendans de porter fon nom &
Tes armes. C'eſt en exécution de cette volonté
qu'on a pris dans cette Famille le Nom & les
Armes de Paniffes ; & c'eft ce qui a donné
lieu à Pérreur qu'ont fait quelques Hiftoriens
de prétendre qu'ils en defcendoient. Célar etoit
fils de François Tripoly & de Therefe de Chabert
& petit fils de Marc Antoine de Tripoli ,
& de Françoife de Paniffes ; l'un & l'autre ont
paffé leurs vies au fervice de leur Prince &
font morts jeunes des bleflures qu'ils avoient
effuyées.
,
Marc-Antoine de Tripoly étoit né du Mariage
de Claude de Tripoly avec Honorade de
Roux. Celui- ci a rendu des grands fervices à fon
Roi qui l'avoit employé en différentes occafions ,
comme l'on voit par les commiflions dont il
l'avoit chargé ; il étoit fils d'Antoine Tripoly ,
marié en 1560 , avec Honorade de Marſeille
des Comtes de Vintimille , parente de M. le
Comte de Tende , pour lors Gouverneur de
Provence , qui fit lui-même ce mariage , & les
fit époufer dans une campagne qu'il avoit dans
le terroir de Marfeille. Il comptoit fi fort fur
fa valeur & fa droiture , qu'il l'occupa toujours
dans le tems des Guerres civiles , lui fit avoir
bien des Commiffions honorables & lui procura
le Commandement de la Ville d'Aix , &
de plufieurs autres Villes de la Province. Il
JUILLET. 1764. 195
B
>
mourut peu de temps après fon mariage , lailfant
fon fils en pupillarité ; il étoit fils de
Louis Mark dê Tripoly, & de Marguerite de
Mark , Fille de Louis de Mark & d'Antoinette
de Guaft de Venafque , mariés en 1505. Voilà
ce qui a donné lieu à l'érreur de quelques
Hiftoriens qui ont avancé que cette Famille
defcendoit de celle de Mark ils ont trouvé à
propos de fupprimer le Mariage intermédiaire
de Louis de Mark de Tripoly & de Marguerite
de Mark , & ont fait naître Antoine de
Tripoly de celui de Louis de Mark & d'Antoinette
de Guaft , fans faire attention au temps
des ans qui fe trouvoit entre ces deux mariages.
Ils ont véritablement été autorifés à
cette mépriſe par le nom de Louis de Mark ,
qu'Antoine donne à ſon père dans ſon contrat de
mariage ; mais voici ce qui y a donné lieu.
Louis de Mark , époux d'Antoinette de Guaft ,
avoit un fils nommé Antoine , & entr'autres filles
, une appellée Marguerite , qui épousa Louis
de Tripoly. Antoine , héritier de fon père , fe
voyant fans enfans , laiffa fa foeur Marguerite se
Louis de Tripoly , ſon beau- frère , ſes héritiers ,
les chargeant de porter fon nom & armes. C'eſt
en exécution de ce teftament que ce Louis prit le
• nom de Mark . La preuve de ce fait eft claire &
préciſe.
Ce Louis de Tripoly , furnommé Louis de
Mark , étoit fils de Paul de Tripoly & de Marguerite
Chabauda , & petit-fils de Pierre de Tripoly
& de Marie Fabry ; l'un & l'autre habitoient
la Comté de Nice , & avoient , autant qu'on en
peut recueillir de divers fragmens, paſſé leur vie
au Service.
Pierre de Tripoly étoit fils de Claude & d'He-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
leine de Beire , & Claude de Michel & de Magdelaine
Gaufredy , mariés le 18 Juin 1369. Il le dit
fils dans ce contrat de mariage d'Antoine de Tripoly
& de Magdelaine Berengara , dont on n'a
encore pû trouver le contrat de mariage , qui
vraisemblablement fe fera égaré dans le temps
des troubles.
Le 26 Juin 1764 , Denis Laurian Turmeau
de la Morandiere , Membre des Sociétés Royales
d'Agriculture des Généralités d'Orléans & de
Soiffons , connu par différens Ouvrages eſtimables
, a époufé Dame Marie Françoife Mallet ,
fille de Meffire Jacques-François Mallet , Chevalier
, Seigneur de Trumilly , Chanteloup , Godonvilliers
& autres Lieux , Confeiller du Roi en
fes Confeils , Préſident de fa Chambre des Comptes
, & veuve de Simon - Louis de Brulart , Chevalier
, Marquis de Brulart & de Rouvre , Seigneur
de Beaubourg , Clotomond & autres
Lieux .
Henri de Tripoly de Mark de Paniffes de
Palis , Chevalier Marquis de la Garde - Enſeigne
de la Gendarmerie de la Compagnie de
Flandre , Fils de Jofeph-Charles de Tripoly de
Mark de Paniffes de Paffis , Chevalier Marquis
de la Garde Baron de Cipieres & Cauffols ,
Seigneur de Villeneuve , &c , & de Dame
Elizabeth de Vintimille des Comtes de Marfeille
, époufa le 21 Mars 1764 , à Aix en
Provence , Jeanne- Charlotte d'Albertas , fille de
Jean- Baptifte d'Albertas , Chevalier , Premier
Préſident en la Cour des Comptes , Aides &
Finances de Provence ; Marquis de Bouc , Comte
de Ners & de Pechauris , Seigneur de Gemenos
, Confonoves , &c , & de Dame Marguerite.
Françoile de Montullé,
Les différens Auteurs qui ont fait les Génealogies
des Mailons nobles de Provence , n'ont
pas été d'accord entr'eux fur la véritable origine
de cette Maiſon, Les uns ont dit que cette
Famille
JUILLET. 1764 : 193
Famille deſcendoit des anciens Comtes de Tripoli
, les autres de la Maiſon de Paniffes , & le
plus grand nombre de celle de Mark & ils n'ont
jamais été contredits par ceux qui étoient de
cette Famille , dont les papiers avoient été égarés
du temps des Guerres civiles qu'il y avoit
eu dans cette Province , dans lesquelles ils avoient
joué un rôle. Les pupillarités & minorités des
chefs de cette Famille qui fuccédérent à ce temps
de trouble avoient ôté les moyens d'en chercher
les titres dont une partie fe trouvoit hors
du Royaume ; mais en ayant connu la néceffité
par la variété des origines qu'on leur donnoit
ils ont fait des perquifitions & les ont
trouvés. Ils font en état de prouver qu'ils defcendent
des anciens Comtes de Tripoly , Famille
qui étoit établie dans la Comté de Nice
depuis longues années .
Cette Famille porte pour Armes parti d'un ,
coupé d'un qui fait quatre quartiers .
Au premier le champ taillé de Gueule fur
argent , le Gueule chargé d'une Croix clichée ,
vuidée & pommetée d'or taillée en coeur ,
l'argent chargé de rofes de gueule , pofée en
pal , qui elt Tripoly , au deuxième d'azur à
trois pointes de diamant d'argent les pointes
en haut pofées , deux & une furmontées d'une
étoile à 6 rayes d'or qui eft Mark .
Au troifiéme d'azur à 6 épics de bled renverfés
d'or , 3. 2. & 1. qui eſt Panilles.
Au quatrième d'azur femé de Croix recroifetées
, au pied fiché d'or , à deux dauphins
adollés de même qui eft Paffis .
Jofeph - Charles de Tripoly de Paffis , Pere
d'Henri qui vient d'époufer Mlle d'Albertas ,
a eu aufi de fon mariage avec Mlle de Vin-
II. Vol. I
194
MERCURE DE FRANCE .
54
timille des Comtes de Marſeille , un autre fils
qui eft mort Chevalier de Malte & une fille
mariée avec M. le Marquis de Grimaldy d'Antibes;
il eft Fils de Céfar de Tripoli de Panif
fes , & de Magdelaine de Ballon ; celui - ci a
recueilli Phéritage de Charles de Paniffes de
Paffis fon grand Oncle maternel , qui l'a obli̟-
gé lui & fes defcendans de porter fon nom &
Tes armes. C'eſt en exécution de cette volonté
qu'on a pris dans cette Famille le Nom & les
Armes de Paniffes ; & c'eft ce qui a donné
lieu à Pérreur qu'ont fait quelques Hiftoriens
de prétendre qu'ils en defcendoient. Célar etoit
fils de François Tripoly & de Therefe de Chabert
& petit fils de Marc Antoine de Tripoli ,
& de Françoife de Paniffes ; l'un & l'autre ont
paffé leurs vies au fervice de leur Prince &
font morts jeunes des bleflures qu'ils avoient
effuyées.
,
Marc-Antoine de Tripoly étoit né du Mariage
de Claude de Tripoly avec Honorade de
Roux. Celui- ci a rendu des grands fervices à fon
Roi qui l'avoit employé en différentes occafions ,
comme l'on voit par les commiflions dont il
l'avoit chargé ; il étoit fils d'Antoine Tripoly ,
marié en 1560 , avec Honorade de Marſeille
des Comtes de Vintimille , parente de M. le
Comte de Tende , pour lors Gouverneur de
Provence , qui fit lui-même ce mariage , & les
fit époufer dans une campagne qu'il avoit dans
le terroir de Marfeille. Il comptoit fi fort fur
fa valeur & fa droiture , qu'il l'occupa toujours
dans le tems des Guerres civiles , lui fit avoir
bien des Commiffions honorables & lui procura
le Commandement de la Ville d'Aix , &
de plufieurs autres Villes de la Province. Il
JUILLET. 1764. 195
B
>
mourut peu de temps après fon mariage , lailfant
fon fils en pupillarité ; il étoit fils de
Louis Mark dê Tripoly, & de Marguerite de
Mark , Fille de Louis de Mark & d'Antoinette
de Guaft de Venafque , mariés en 1505. Voilà
ce qui a donné lieu à l'érreur de quelques
Hiftoriens qui ont avancé que cette Famille
defcendoit de celle de Mark ils ont trouvé à
propos de fupprimer le Mariage intermédiaire
de Louis de Mark de Tripoly & de Marguerite
de Mark , & ont fait naître Antoine de
Tripoly de celui de Louis de Mark & d'Antoinette
de Guaft , fans faire attention au temps
des ans qui fe trouvoit entre ces deux mariages.
Ils ont véritablement été autorifés à
cette mépriſe par le nom de Louis de Mark ,
qu'Antoine donne à ſon père dans ſon contrat de
mariage ; mais voici ce qui y a donné lieu.
Louis de Mark , époux d'Antoinette de Guaft ,
avoit un fils nommé Antoine , & entr'autres filles
, une appellée Marguerite , qui épousa Louis
de Tripoly. Antoine , héritier de fon père , fe
voyant fans enfans , laiffa fa foeur Marguerite se
Louis de Tripoly , ſon beau- frère , ſes héritiers ,
les chargeant de porter fon nom & armes. C'eſt
en exécution de ce teftament que ce Louis prit le
• nom de Mark . La preuve de ce fait eft claire &
préciſe.
Ce Louis de Tripoly , furnommé Louis de
Mark , étoit fils de Paul de Tripoly & de Marguerite
Chabauda , & petit-fils de Pierre de Tripoly
& de Marie Fabry ; l'un & l'autre habitoient
la Comté de Nice , & avoient , autant qu'on en
peut recueillir de divers fragmens, paſſé leur vie
au Service.
Pierre de Tripoly étoit fils de Claude & d'He-
I ij
196 MERCURE DE FRANCE .
leine de Beire , & Claude de Michel & de Magdelaine
Gaufredy , mariés le 18 Juin 1369. Il le dit
fils dans ce contrat de mariage d'Antoine de Tripoly
& de Magdelaine Berengara , dont on n'a
encore pû trouver le contrat de mariage , qui
vraisemblablement fe fera égaré dans le temps
des troubles.
Le 26 Juin 1764 , Denis Laurian Turmeau
de la Morandiere , Membre des Sociétés Royales
d'Agriculture des Généralités d'Orléans & de
Soiffons , connu par différens Ouvrages eſtimables
, a époufé Dame Marie Françoife Mallet ,
fille de Meffire Jacques-François Mallet , Chevalier
, Seigneur de Trumilly , Chanteloup , Godonvilliers
& autres Lieux , Confeiller du Roi en
fes Confeils , Préſident de fa Chambre des Comptes
, & veuve de Simon - Louis de Brulart , Chevalier
, Marquis de Brulart & de Rouvre , Seigneur
de Beaubourg , Clotomond & autres
Lieux .
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Résumé : MARIAGES.
Le texte relate le mariage d'Henri de Tripoly de Mark de Paniffes de Palis, Chevalier Marquis de la Garde et Enseigne de la Gendarmerie de la Compagnie de Flandre, avec Jeanne-Charlotte d'Albertas, fille de Jean-Baptiste d'Albertas, Chevalier et Premier Président à la Cour des Comptes, Aides et Finances de Provence. La cérémonie a eu lieu le 21 mars 1764 à Aix-en-Provence. La famille de Tripoly de Mark de Paniffes de Palis possède une origine controversée. Certains historiens la font descendre des anciens Comtes de Tripoli, d'autres de la Maison de Paniffes, et la majorité de la Maison de Mark. La famille a retrouvé des documents prouvant qu'elle descend des anciens Comtes de Tripoli, établis dans la Comté de Nice depuis longtemps. Les armes de la famille combinent des éléments héraldiques des maisons de Tripoli, Mark, Paniffes et Paffis. Joseph-Charles de Tripoly de Paffis, père d'Henri, a eu un autre fils, mort Chevalier de Malte, et une fille mariée au Marquis de Grimaldi d'Antibes. Joseph-Charles est le fils de César de Tripoli de Paniffes et de Magdelaine de Ballon. Le texte mentionne également plusieurs générations précédentes, telles que Marc-Antoine de Tripoly, Claude de Tripoly, et Louis de Mark de Tripoly. Ces ancêtres ont servi leur prince et sont morts jeunes des blessures de guerre. Le texte corrige des erreurs historiques concernant les origines de la famille, notamment l'erreur selon laquelle ils descendraient de la Maison de Mark. Enfin, le texte mentionne le mariage de Denis Laurian Turmeau de la Morandiere avec Dame Marie Françoise Mallet, veuve de Simon-Louis de Brulart, Chevalier et Marquis de Brulart et de Rouvre, le 26 juin 1764.
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21
p. 198
De GENES, le 29 Octobre 1764.
Début :
On a appris que le 14 de ce mois, sept hommes de la Garnison [...]
Mots clefs :
Garnison, Rebelles, Commandement, Assassinat
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texteReconnaissance textuelle : De GENES, le 29 Octobre 1764.
De GENES , le 29. Oftobre 1764.
On a appris que , le 14 de ce mois , fept
hommes de la Garnifon de la Tour d'Erbalonga
, qui eft au pouvoir des Rebelles , fe font
révoltés contre le Commandant , & qu'ils l'ont
tué. Les Troupes des Rebelles , craignant que
celles de la République ne profitaffent de ce défordre
pour reprendre ce Pofte , s'y font portées
fur le champ & ont mis à mort les deux Chefs
de la révolte,
Nous apprenons dans le moment par une
expédition dépêchée de la Baftie , que les Rebelles
ont abandonné le Siége de S. Florent,
qu'ils fe font retirés & ont tranfporté tout le
Canon qu'ils avoient devant.cette - Place.
On a appris que , le 14 de ce mois , fept
hommes de la Garnifon de la Tour d'Erbalonga
, qui eft au pouvoir des Rebelles , fe font
révoltés contre le Commandant , & qu'ils l'ont
tué. Les Troupes des Rebelles , craignant que
celles de la République ne profitaffent de ce défordre
pour reprendre ce Pofte , s'y font portées
fur le champ & ont mis à mort les deux Chefs
de la révolte,
Nous apprenons dans le moment par une
expédition dépêchée de la Baftie , que les Rebelles
ont abandonné le Siége de S. Florent,
qu'ils fe font retirés & ont tranfporté tout le
Canon qu'ils avoient devant.cette - Place.
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Résumé : De GENES, le 29 Octobre 1764.
Le 14 octobre 1764, une révolte éclate dans la garnison de la Tour d'Erbalonga. Sept hommes tuent leur commandant. Les rebelles exécutent les chefs de la révolte, craignant une contre-attaque. Par ailleurs, les rebelles lèvent le siège de Saint-Florent et emportent leurs canons.
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