LA FLATERIE.
CORDE
Lein de cette noble furie ,
Qu'Horace sentit autrefois ,
Contre la basse flaterie ,
Aujourd'hui j'éleve ma voix;
Tremblez , sujets de la perfide ,
Le Dieu qui m'anime , et me guide ,
Dans mes mains a mis son pinceau ;
Je vais par des traits pleins de flammes ,
A ij De
1690 MERCURE DE FRANCE
De l'imposture de vos ames ,
Immortaliser le tableau.
+
Loin de moi , Troupe abominable
Dont l'Univers est infecté ;
Du Monstre le plus effroïable ,
Je crains moins la férocité :
Contre sa meurtriere rage
On peut opposer un courage ,
Un bras qui triomphe en Vainqueur ; "
Mais contre vous on est sans armes ,
Vos mensonges ont tant de charmes
Que l'on n'en peut sauver son coeur !
T
C'est nous qui sommes vos Ministres ;
Verra-t-on toujours les mortels ,
Charmezl que vos bouches sinistres , I
Les trouvent dignes des Autels ?
Le fol amour qui les domine
Sera - t- il toujours l'origine
De leur vaine crédulité ?
N'auront-ils jamais le courage ,
xicy am svoldi imenom
De ne point accepter l'hommage ,
Base al so se uz sadmit
Qu'ils connoîtront peu mérité ?
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vous , redoutables Monarquesa la mag day :1
ImaAOUST.
1733.
1691
Images vivantes des Dieux ,
Montrez-vous par d'illustres marques ;
Dignes d'un nom si glorieux,
Vos Palais seroient- ils l'azyle ,
D'une Troupe infâme et servile ,
D'Admirateurs de vos défauts?
Trop heureux celui qui gouverne ,
Quand du haut du Thrône il discerne ,
Les vrais honneurs d'avec les faux !
M
Tels que les trompeuses Sirénes ,
Dont les chants font faits pour toucher,
Donnent sur les liquides plaintes ,
Le trépas au foible Nocher.
t
Tels des flateurs , les traits fanestes ,
Dans des ames toutes célestes ,
Font couler leur fatal poison ;
Rois , imitez le sage Ulisse ;
Il triompha de leur malice ,
Par le flambeau de la raison.
W
Ainsi , jaloux de votre gloire ,
N'écoutez que la vérité ;
Elle rendra votre memoire ,
Plus chere à la postérité ;
Méprisez ces langues maudites
Qui sçavent peindre les Thersites
之
A iij Avec
1692 MERCURE DE FRANCE
Avec les couleurs des Héros ;
Et malgré la Parque , elle- même ,
Vous porterez le Diadême ,
Jusques dans le sein des Tombeaux.
M
Flateurs , que votre art disparoisse ;
Non , ne croyez pas désormais ,
Triompher de notre foiblesse ;
Nos coeurs vont repousser vos traits ;
De vos conseils illégitimes ,
Les vertus étoient les victimes ;
Nous en ignorions les beautez ;
Quelle étoit notre erreur extrême !
Nous préférions au bien suprême ,
Les vices les plus détestez.
Delâ la parricide rage ,
Qui massacra tant de Romains
Barbares , ce fut là l'ouvrage ,
De vos conseils trop inhumains .
Sans vous , ni Néron , ni Tibere ,
Jusqu'au sein d'un fils , d'une mere ;
N'eussent point porté leur fureur ;
Malheureux qui vous prend pour guides !
Il ose jusqu'aux parricides ,
De ses forfaits porter l'horreur.
Fille
A OUST.
1693 1733.
Fille du ciel , vérné sainte
Viens nous éclairer à jamais ,
Afin que leur maligne feinte ,,
Dans nos coeurs n'ait aucun accès ,
Ennemis de ce doux délire ,
Qui nous arrache à ton empire ,
Tout notre encen's sera pour toi ;
Et loin d'applaudir au mensonge ;
Nous le traiterons comme un songe ,
Trop indigne de notre foy.
Craignez la colère céleste ,
Vous qui sous des dehors charmans ;
Cachez un venin plus funeste ,
Que ne l'est celui des Serpens.
Déja sur vos coupables têtes ,
J'entends gronder mille tempêtes ,
L'air s'embraze , le jour s'enfuit ;
Et la foudre qui vous menace ,
A cette clarté qui s'efface ,
Va joindreune éternelle nuit.
Par M. de S. R.