Résultats : 2 texte(s)
Accéder à la liste des mots clefs.
Détail
Liste
1
p. 55-75
Prix de l'Arquebuze. [titre d'après la table]
Début :
Vous sçavez, Madame, que le Roy donnant sa protection aux [...]
Mots clefs :
Prix, Compagnies, Chevalier, Provinces, Honneur, Duc, Maréchal, Arquebusiers, Officiers, Instruments, Procession, Symphonie, Chant, Messe, Marquis, Capitaine, Architecture, Monseigneur le Dauphin, Devises, Sonnet, Gloire, Illustre, Chevalier, Lauriers, Armes, Grandeur, Épée, Suffrages, Piédestal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prix de l'Arquebuze. [titre d'après la table]
Vous sçavez, Madame,,
que le Roy donnant saprotection
aux Exercices quiont
quelque chose de mar- tial, accorde de temps en temps des permiffons de tirerdes
Prix entre les Compagnies
de l'Arquebuze du
Royaume, & aux Chevaliers.
des Villes, de s'assembler en
celle quiareceu le Bouquet
par le fy^Frage des Bandes.
Comme il y aune Association
ancienne entre les Provinces
de Brie, Champagne,
8c Soissonnois pour cet Exercice,
la Ville deSezanne, limitrophe
des deux premières
,
eutl'honneur du Bouquet
en la Ville d'Epernay
au mois de Juin 1685. & le rendit
au commencement du
mois passé, en vertu de Lettres
Patentes, & après que
Sa Majesté se fut expliquée
sur la concurrence de ceux
de Vitry, au rapport de Mr
le Maréchal Duc de Vivon..,,
ne, Gouverneur des mesmes
Provinces de Brie & de Chapagne,
& de Mr de Croitry"c
Secretaire d'Estat du Département.
LesMandemensimprimez
ayant elle envoyez
à toutes les Villes associées,
qui ont de semblables Compagnies
d'Arquebuziers, la
pluspart se rendirent à Sezanne,
le Samedy premier
de Septembre. Les Chevaliers
de la Ville en deux bandes
, l'une de cheval, & l'autre
de pied, leurs Officiers
a leur telte avec les Guidon
& Enseigne; Trompettes,
Tambours, Fifres,Violons
&Hautbois, tous fort lestes
& en bon ordre, allerent devant,àmesure au que leGuet
qu'on avoit mis sur la Tour,
donnoit le Signal, & en huit
heures de temps on receut jusqu'à vingt-huitCompagniesdesVilles
Illandées,
sçavoir, de Reims, Chalons,
Meaux, Provins, Chasteauthierry,
Coulomniers,Crespy,
Noyon, la Ferté-Milon, Nogent
sur Seine, Epernay, Villenoce,.
Montmirail,Barbone.
ne y
Vertus, Arcies, &c. avec
les Presensordinaires de Vins
excellens,Jambons deMayéce
, & de Venaison. Le lendemain
au matin, les Compagnies
s'assemblerent en
l'Eglise des Cordeliers, qui.
est fort spacieuse
; ôcaprés
que l'on eut tiré la Marche
au fort, elles furent conduites
en Procession parlaVille,
& dans les endroits principaux
du dehors, ayant Mrle
Marquis de Pleurs,Bailly,
Capitaine & Gouverneur a
leur teste, suivy du Corps de
Ville. Elles marcherent au
bruitdes mesmes Instruments
de toutes les Bandes,qui faisoient
une symphonie ble agréa- par intervalles,& sans interruption
du Chant, avec plusieurs décharges deMouf
queterie. La ProcessîoneC<
tant faite,laMesse fut solemnellement
celebrée par Mr
Collot, Aumonier de laCompagnie
de Sezanne, l'Orgue,&quelquesMoatvetesc
chantez par de belles Voix
accompagnées d'lnllrtiinés.
Mrle Marquis dePleurs alla
à roHrande,câprés luyles
Cornetes & les Enfeicrnes
Yf
j*
avec leurs Guidons & leurs
Drapeaux. Apres le disner,
toutes les Compagnies passerent
en reveuë
,
& on exposa
les Prix, qui estoient d'environ
seize mille livres d'argen-
1terie de toutes pieces, comime
Bassins, grosses Eguieres,
&autres d'une Orphevrerie
exquise. Le soir M' de Villiers,
Capitaine de la Compagnie
de la Ville, regala la
pluspart desOfficiers desBan-
) des avec Mr de Pleurs, les
Magistrats & Officiers de
r Ville; ce qu'il continua tous
les jours avec une propreté
- & une profusion extraordinaire.
Ce Soupéfut suivy
d'un grand Bal, où toutes les
Dames, tant de la Ville que
des environs, se trouvèrent
fort parées. On servit ensuite
une magnifique Collation
dans vingtquatre grandsBasfins
, avec toutes fortes de
liqueurs & de rafraicl-ilffemens.
Le Lundy 3. de ce mois,
on se rendit à la Bute. C'est
un Pavillon d'une Architecture
fort délicate & moderne,
nouvellement basty exprés
pour le Prix. Dans la
SCrande Salle estoient les Arrimes
du Roy, de Monseiggneur
le Dauphin, de Monitièigneur
le Duc de Bourgogne
)
& de Monseigneur le
IDuc d'Anjou,avec des Devises.
Sous celle du Roy, on lisoit ces mots Latins, Media
de Pace triumphi; avec ce Sonmet,
dans lequel Sa,Majesté
parle aux Chevaliers.
> SONNET.
[1Cy du champ de Mtirs, on va
droit 4 la Gloire;
Vn rayon de la mienne y conduira,
vos pat,
Inspirera vos coeurs, animera, vos
bras,
.Et placeravos noms,prés du mien,
dans CHistoire.
Làpour eternifer voftte illufire mé- - moire
,
*
Déjàle Dieu Mercure a convié Pallasi
Elle tient le Burin, le Ciseau, le
Compas,
Prcfte decouronner deses mains la
Victoire.
Tout ce queurentjadisdeplus mïïjpjluetix
Olympie & corinthe,en leurs fupcr-
6es jeux
LA Paix l'ajîemble icy,mieux qu'aux
bords du Meandrt.
'-,)Vnpeu d'orgwelifîcdbien, dessous
mesjufiesLois;
Î.Etifq^elcjuUmefioitde Fhumeurd'A~
- lexandre,
99our dijputerles Prix, il trouvera
des Riis.
Pour l'intelligence de ce"
dernier Vers,on doit sçavoir
que chaque Compagnie de
- Chevaliers a/ sonRoy. Au-
Oteubus des Armes de Monseigneur
le Dauphin
,
onli-
Toitj L&ws innéctitolivoe.. LA Faix a fis Lauriers, M/S--
bien qfïe-la Gmrfei dits mijjemfins culture en ces bco-t-
- rcuxClimats,
Et sans craindre les Yents ,
les Soleils,
les Frir/htts,
On diroit que Sezanne efileur narale
Terre.
JjAdrejjè & la Valeur viennent de
toutes partsy
lufqu'aufein de la Faix, rechercher
le Dieu Mars,
Couchésur un fiifceau de Lauriers
& de Palmes.
Chevaliers, VOUA dit-il, LOVIS et s
ses raisons,
Et comme il fait luy fiul les temps l
troubles ou cAlmes,
Il veut que l'on en cueille en toutes i
les Saisons.
Au dessous des Armes de
Monseigneur leDuc deBourgogne,
Crescensadfulmina. cEformidable nom,fatal à tar.ï
d'Empires,
>
g™ deux Siecles entiers riont itifaire
eublitr,
> N'dpprehende atijourd'huj reproches
ny fI/ires,
L Etrenaissant en moyria rien encor
defier.
) On minflruit douctment amaniey Ufoudre
L.Auprès de mon Ayeul, le plmçrar.d
des Humains,
L Tourriavoirpas de peine un jour a'
m'y rejÕttdre)
i Ij touche de bonne heure
1
& men
jouë en ses mains.
!, Sipour remplirbien-toif mes grandis.' *
diftinêes, pij
Dx/îs les premiers efforts de mes bel.
les années,
le vouleis regagner la fameuse Toison.
Lorfcjuc jauraydrtJse mes redoutdblcs
Flûtes,
Chevaliers, voulez,
- vous eJlre mes
Argonautes ?
le vous promets déja d'cfire vejlre
lafon.
Au dessous des Armes de
Monseigneur le Duc d'Anjq¡
1, Discat fortuna renasci. EN Cadet de bonne Mllifin,
L'on mimpofe, en nitiffint un
nom, £htidejtgne déjà mes hautes avan*
q turcss
ilmarqne,lfndi m'aguerrir
Deux Royaumes A conquérir:
Woi!àmonAppanage} 0' mes Gran*
deurs futures.
, Voulczrvouspat beauxChevaliersa
Eftrc de mes AvantUÏU Ys f
YDans troù lustres au plus on s'y peut
bien attendrr,
^Tenez, - njom en ha/tint) exercezvotu
toujours
^Jïuatjd le De(Hit voudra hajler ces
heureux jours,
UtflraJ bien-toif press,&jeviendray
vom prendYe.
L'on commença à tirer,
prés que Mrle Marquis de
Pleurs en eut fait l'ouverture
qpa.r le coup du Roy qu'il tira
comme Gouverneur. Ensuite
on tira à deux butes pour abreger,&
for quatre Pantons
en quatre Chasses
; c'est
à dire que chaque Chevalier
tira quatre coups pendant
le reste de la semaines
La Compagnie de Chasteau-
Thierry remporra le premier
Prix par un coup de
broche qui est unique, &
ce Prix fut ungrand Bassin,
d'argent avec une épée de
six Louis qui eA due au plus
beau coup. Ce coup fut suivy
de plusieurs coups de
noir, qui acquirent encore
bdautres Prix aux Chevaliers
bde cette Compagnie avec
lle premier ôc le troisiéme
Panton. Ceux de Reims eurent
le second Panton avec
uun plus grand nombre de
IPrix aussi considerables que
iles premiers. Les Chevaliers
de Provins gagnerent le quatrièmePanton
avec un quatrième
Prix, & plusieurs
G autres par des coups de
noir. Le reste des Prix de
moindre valeur fut distribué
aux Chevaliers des
autres Compagnies suivant
les coups qu'ils avoient faits,
& avec une espece de justice
scru puleuse
,
jusqu'à diviser
les lignes & les points qui
les composent. Il feroit fort
mal-aisé de mieux réus- ence genre d'exercice,
puis qu'il y a eu quantité de
coups prés du noir, demeurez
inutiles.
-
Tous les Prix èstant tirez
le Samedy au soir 8.
du mois, on délibéra sur le
Bouquet& presque tous
les Suffrages l'accorderent à
la Compagnie de Reims qui
l'avoit demandé avec instance
, pour le reunir au
particulier
particulier qui luy avoit esté
adjugéà Vitry, selon l'intention
de Sa Majesté dans sa
Lettre de Cachet. Ainsi là
délivrance s'en fit le lendemain,
dans la grande ruë dewant
l'Hostel de Reims au
bruit de la Mousquetterie,
£&: au son d'un grand nomcbre
de Hautbois, Tromperrcs,
& autres Instrumens de
toutes fortes; aprèsquoy
xetteCompagnie donna une
magnifique Collation,servie
ueufci-nentaune foule
extraordinaire d'Officiers &:
Chevaliers
)
& à toutes les
Dames. Elle partit sur le foir,
& à son déparr
,
le Prix fut
porté publiquement au milieu
de la Troupe qui estoit
à cheval & en très bel ordre.
Les Officiers estoient en Caleche.
Ils furent conduits par
ceux de la Ville jusqu'au dehors
du Faux-bourg où une
galante Collation les attendoit
pour se dire adieu. Ce
Bouquet est une Statuë d'argent
mollit" cizelé,de prés de
deux pieds de hauteur, sur
un Piedestal d'ebeine. Elle
represente une Paix ou une
Pallas avec un Guidon d'argent
mis en couleur, & embelly
de plusieurs Devises
l& Inscriptions. On peut a- jouter à l'avantage des Chevaliers
de la Compagnie de
Reims, que dans cette occassonils
ont épuisé tous les
moyens ingenieux dont on
se peut servir pour faire éclater
la profu sionenFestins
; Bals,Collations, & Feux d'artifices,
qui les ont distinguez
:des autres Villes,avec un
L
applaudissement gcneral.
que le Roy donnant saprotection
aux Exercices quiont
quelque chose de mar- tial, accorde de temps en temps des permiffons de tirerdes
Prix entre les Compagnies
de l'Arquebuze du
Royaume, & aux Chevaliers.
des Villes, de s'assembler en
celle quiareceu le Bouquet
par le fy^Frage des Bandes.
Comme il y aune Association
ancienne entre les Provinces
de Brie, Champagne,
8c Soissonnois pour cet Exercice,
la Ville deSezanne, limitrophe
des deux premières
,
eutl'honneur du Bouquet
en la Ville d'Epernay
au mois de Juin 1685. & le rendit
au commencement du
mois passé, en vertu de Lettres
Patentes, & après que
Sa Majesté se fut expliquée
sur la concurrence de ceux
de Vitry, au rapport de Mr
le Maréchal Duc de Vivon..,,
ne, Gouverneur des mesmes
Provinces de Brie & de Chapagne,
& de Mr de Croitry"c
Secretaire d'Estat du Département.
LesMandemensimprimez
ayant elle envoyez
à toutes les Villes associées,
qui ont de semblables Compagnies
d'Arquebuziers, la
pluspart se rendirent à Sezanne,
le Samedy premier
de Septembre. Les Chevaliers
de la Ville en deux bandes
, l'une de cheval, & l'autre
de pied, leurs Officiers
a leur telte avec les Guidon
& Enseigne; Trompettes,
Tambours, Fifres,Violons
&Hautbois, tous fort lestes
& en bon ordre, allerent devant,àmesure au que leGuet
qu'on avoit mis sur la Tour,
donnoit le Signal, & en huit
heures de temps on receut jusqu'à vingt-huitCompagniesdesVilles
Illandées,
sçavoir, de Reims, Chalons,
Meaux, Provins, Chasteauthierry,
Coulomniers,Crespy,
Noyon, la Ferté-Milon, Nogent
sur Seine, Epernay, Villenoce,.
Montmirail,Barbone.
ne y
Vertus, Arcies, &c. avec
les Presensordinaires de Vins
excellens,Jambons deMayéce
, & de Venaison. Le lendemain
au matin, les Compagnies
s'assemblerent en
l'Eglise des Cordeliers, qui.
est fort spacieuse
; ôcaprés
que l'on eut tiré la Marche
au fort, elles furent conduites
en Procession parlaVille,
& dans les endroits principaux
du dehors, ayant Mrle
Marquis de Pleurs,Bailly,
Capitaine & Gouverneur a
leur teste, suivy du Corps de
Ville. Elles marcherent au
bruitdes mesmes Instruments
de toutes les Bandes,qui faisoient
une symphonie ble agréa- par intervalles,& sans interruption
du Chant, avec plusieurs décharges deMouf
queterie. La ProcessîoneC<
tant faite,laMesse fut solemnellement
celebrée par Mr
Collot, Aumonier de laCompagnie
de Sezanne, l'Orgue,&quelquesMoatvetesc
chantez par de belles Voix
accompagnées d'lnllrtiinés.
Mrle Marquis dePleurs alla
à roHrande,câprés luyles
Cornetes & les Enfeicrnes
Yf
j*
avec leurs Guidons & leurs
Drapeaux. Apres le disner,
toutes les Compagnies passerent
en reveuë
,
& on exposa
les Prix, qui estoient d'environ
seize mille livres d'argen-
1terie de toutes pieces, comime
Bassins, grosses Eguieres,
&autres d'une Orphevrerie
exquise. Le soir M' de Villiers,
Capitaine de la Compagnie
de la Ville, regala la
pluspart desOfficiers desBan-
) des avec Mr de Pleurs, les
Magistrats & Officiers de
r Ville; ce qu'il continua tous
les jours avec une propreté
- & une profusion extraordinaire.
Ce Soupéfut suivy
d'un grand Bal, où toutes les
Dames, tant de la Ville que
des environs, se trouvèrent
fort parées. On servit ensuite
une magnifique Collation
dans vingtquatre grandsBasfins
, avec toutes fortes de
liqueurs & de rafraicl-ilffemens.
Le Lundy 3. de ce mois,
on se rendit à la Bute. C'est
un Pavillon d'une Architecture
fort délicate & moderne,
nouvellement basty exprés
pour le Prix. Dans la
SCrande Salle estoient les Arrimes
du Roy, de Monseiggneur
le Dauphin, de Monitièigneur
le Duc de Bourgogne
)
& de Monseigneur le
IDuc d'Anjou,avec des Devises.
Sous celle du Roy, on lisoit ces mots Latins, Media
de Pace triumphi; avec ce Sonmet,
dans lequel Sa,Majesté
parle aux Chevaliers.
> SONNET.
[1Cy du champ de Mtirs, on va
droit 4 la Gloire;
Vn rayon de la mienne y conduira,
vos pat,
Inspirera vos coeurs, animera, vos
bras,
.Et placeravos noms,prés du mien,
dans CHistoire.
Làpour eternifer voftte illufire mé- - moire
,
*
Déjàle Dieu Mercure a convié Pallasi
Elle tient le Burin, le Ciseau, le
Compas,
Prcfte decouronner deses mains la
Victoire.
Tout ce queurentjadisdeplus mïïjpjluetix
Olympie & corinthe,en leurs fupcr-
6es jeux
LA Paix l'ajîemble icy,mieux qu'aux
bords du Meandrt.
'-,)Vnpeu d'orgwelifîcdbien, dessous
mesjufiesLois;
Î.Etifq^elcjuUmefioitde Fhumeurd'A~
- lexandre,
99our dijputerles Prix, il trouvera
des Riis.
Pour l'intelligence de ce"
dernier Vers,on doit sçavoir
que chaque Compagnie de
- Chevaliers a/ sonRoy. Au-
Oteubus des Armes de Monseigneur
le Dauphin
,
onli-
Toitj L&ws innéctitolivoe.. LA Faix a fis Lauriers, M/S--
bien qfïe-la Gmrfei dits mijjemfins culture en ces bco-t-
- rcuxClimats,
Et sans craindre les Yents ,
les Soleils,
les Frir/htts,
On diroit que Sezanne efileur narale
Terre.
JjAdrejjè & la Valeur viennent de
toutes partsy
lufqu'aufein de la Faix, rechercher
le Dieu Mars,
Couchésur un fiifceau de Lauriers
& de Palmes.
Chevaliers, VOUA dit-il, LOVIS et s
ses raisons,
Et comme il fait luy fiul les temps l
troubles ou cAlmes,
Il veut que l'on en cueille en toutes i
les Saisons.
Au dessous des Armes de
Monseigneur leDuc deBourgogne,
Crescensadfulmina. cEformidable nom,fatal à tar.ï
d'Empires,
>
g™ deux Siecles entiers riont itifaire
eublitr,
> N'dpprehende atijourd'huj reproches
ny fI/ires,
L Etrenaissant en moyria rien encor
defier.
) On minflruit douctment amaniey Ufoudre
L.Auprès de mon Ayeul, le plmçrar.d
des Humains,
L Tourriavoirpas de peine un jour a'
m'y rejÕttdre)
i Ij touche de bonne heure
1
& men
jouë en ses mains.
!, Sipour remplirbien-toif mes grandis.' *
diftinêes, pij
Dx/îs les premiers efforts de mes bel.
les années,
le vouleis regagner la fameuse Toison.
Lorfcjuc jauraydrtJse mes redoutdblcs
Flûtes,
Chevaliers, voulez,
- vous eJlre mes
Argonautes ?
le vous promets déja d'cfire vejlre
lafon.
Au dessous des Armes de
Monseigneur le Duc d'Anjq¡
1, Discat fortuna renasci. EN Cadet de bonne Mllifin,
L'on mimpofe, en nitiffint un
nom, £htidejtgne déjà mes hautes avan*
q turcss
ilmarqne,lfndi m'aguerrir
Deux Royaumes A conquérir:
Woi!àmonAppanage} 0' mes Gran*
deurs futures.
, Voulczrvouspat beauxChevaliersa
Eftrc de mes AvantUÏU Ys f
YDans troù lustres au plus on s'y peut
bien attendrr,
^Tenez, - njom en ha/tint) exercezvotu
toujours
^Jïuatjd le De(Hit voudra hajler ces
heureux jours,
UtflraJ bien-toif press,&jeviendray
vom prendYe.
L'on commença à tirer,
prés que Mrle Marquis de
Pleurs en eut fait l'ouverture
qpa.r le coup du Roy qu'il tira
comme Gouverneur. Ensuite
on tira à deux butes pour abreger,&
for quatre Pantons
en quatre Chasses
; c'est
à dire que chaque Chevalier
tira quatre coups pendant
le reste de la semaines
La Compagnie de Chasteau-
Thierry remporra le premier
Prix par un coup de
broche qui est unique, &
ce Prix fut ungrand Bassin,
d'argent avec une épée de
six Louis qui eA due au plus
beau coup. Ce coup fut suivy
de plusieurs coups de
noir, qui acquirent encore
bdautres Prix aux Chevaliers
bde cette Compagnie avec
lle premier ôc le troisiéme
Panton. Ceux de Reims eurent
le second Panton avec
uun plus grand nombre de
IPrix aussi considerables que
iles premiers. Les Chevaliers
de Provins gagnerent le quatrièmePanton
avec un quatrième
Prix, & plusieurs
G autres par des coups de
noir. Le reste des Prix de
moindre valeur fut distribué
aux Chevaliers des
autres Compagnies suivant
les coups qu'ils avoient faits,
& avec une espece de justice
scru puleuse
,
jusqu'à diviser
les lignes & les points qui
les composent. Il feroit fort
mal-aisé de mieux réus- ence genre d'exercice,
puis qu'il y a eu quantité de
coups prés du noir, demeurez
inutiles.
-
Tous les Prix èstant tirez
le Samedy au soir 8.
du mois, on délibéra sur le
Bouquet& presque tous
les Suffrages l'accorderent à
la Compagnie de Reims qui
l'avoit demandé avec instance
, pour le reunir au
particulier
particulier qui luy avoit esté
adjugéà Vitry, selon l'intention
de Sa Majesté dans sa
Lettre de Cachet. Ainsi là
délivrance s'en fit le lendemain,
dans la grande ruë dewant
l'Hostel de Reims au
bruit de la Mousquetterie,
£&: au son d'un grand nomcbre
de Hautbois, Tromperrcs,
& autres Instrumens de
toutes fortes; aprèsquoy
xetteCompagnie donna une
magnifique Collation,servie
ueufci-nentaune foule
extraordinaire d'Officiers &:
Chevaliers
)
& à toutes les
Dames. Elle partit sur le foir,
& à son déparr
,
le Prix fut
porté publiquement au milieu
de la Troupe qui estoit
à cheval & en très bel ordre.
Les Officiers estoient en Caleche.
Ils furent conduits par
ceux de la Ville jusqu'au dehors
du Faux-bourg où une
galante Collation les attendoit
pour se dire adieu. Ce
Bouquet est une Statuë d'argent
mollit" cizelé,de prés de
deux pieds de hauteur, sur
un Piedestal d'ebeine. Elle
represente une Paix ou une
Pallas avec un Guidon d'argent
mis en couleur, & embelly
de plusieurs Devises
l& Inscriptions. On peut a- jouter à l'avantage des Chevaliers
de la Compagnie de
Reims, que dans cette occassonils
ont épuisé tous les
moyens ingenieux dont on
se peut servir pour faire éclater
la profu sionenFestins
; Bals,Collations, & Feux d'artifices,
qui les ont distinguez
:des autres Villes,avec un
L
applaudissement gcneral.
Fermer
Résumé : Prix de l'Arquebuze. [titre d'après la table]
En juin 1685, la ville de Sézanne a reçu le privilège d'accueillir le Bouquet à Épernay, officialisant sa victoire sur Vitry grâce à un rapport du maréchal duc de Vivonne et de Monsieur de Croissy. Les villes voisines, telles que Reims, Châlons, Meaux et Provins, ont été invitées et ont offert des présents comme du vin, des jambons et de la venaison. Le 1er septembre, ces villes se sont rassemblées à Sézanne pour une procession musicale et une messe solennelle, suivie d'un repas où des prix en argenterie étaient exposés. La journée s'est conclue par un banquet et un bal. Le lendemain, une compétition de tir a été organisée par le Duc d'Anjou pour regagner la Toison d'Or. Les participants, nommés 'Chevaliers,' ont montré leur habileté au tir sur plusieurs jours. La Compagnie de Château-Thierry a remporté le premier prix, un grand bassin d'argent avec une épée, pour un coup de broche remarquable. D'autres prix ont été décernés aux Compagnies de Reims et de Provins, ainsi qu'à divers Chevaliers pour leurs coups de noir. Le samedi soir, la Compagnie de Reims a obtenu le Bouquet, une statue d'argent représentant une Paix ou une Pallas, après délibération. La remise du prix a eu lieu publiquement, accompagnée de festivités et de collations. Les Chevaliers de Reims ont été particulièrement acclamés pour leur organisation et les festivités offertes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2
p. 1560-1565
ÉTABLISSEMENT d'une Compagnie de cent Arqubusiers dans la Ville d'Auxerre, par Lettres Patentes du mois de Decembre 1729.
Début :
La permission que la Ville d'Auxerre vient d'obtenir du Roi pour l'établissement [...]
Mots clefs :
Arquebusiers, Auxerre, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉTABLISSEMENT d'une Compagnie de cent Arqubusiers dans la Ville d'Auxerre, par Lettres Patentes du mois de Decembre 1729.
ETABLISSEMENT d'une Com-
-pagnie de cent Arquebufiers dans la Ville
d'Auxerre , par Lettres Patentes du mois
de Decembre 1729..
L
A permiffion que la Ville d'Auxerre
vient d'obtenir du Roi- pour l'établiſſement
d'une Compagnie de cent Arquebufiers
, la fait rentrer dans l'ancien
ufage où elle étoit autrefois de s'exercer
au fait des armes , ufage qu'on fait re-..-
monter jufqu'au commencement du se
fiecle , & dont on voit encore des traces :
près les murs de la Ville dans un lieu
nommé les Butes, anciennement deſtiné à
l'exercice de l'Arbalête. C'étoit là que les
habitans d'Auxerre faifoient montre de
leur adreffe , & où celui qui avoit furpaffé
tous les autres en cet exercice étoit
honoré du nom de Roi de l'Arbalête
& de chef de la Compagnie.
A
LeJeu de l'Arbalête étant enfuite déchû
de fon premier luftre , & la poudre ayant
été inventée , on lui fubftitua le noble:
Jeu de l'Arquebufe. Nos Rois voulurent :
bien l'honorer de leur agrément & accor--
derrà la Compagnie naiffante des privile--
ges confiderables . Mais l'inobfervance de
JUILLET. 1730. 156r
la Difcipline autant que le mélange des
conditions , lequel fit difparoître l'égalité
qui devoit regner dans ce Corps hâta fa
ruine , & enfin tous les exercices cefferent
dès l'année 1626 .
Après un fiecle entier d'interruption ,
on fe reveilla , & on parla de rétablir ce
qui avoit fait honneur aux Auxerrois ;
on dreffa des projets , & une heureuſe .
conjoncture permit d'en eſperer l'execu--
tion.
Aux Etats Generaux de la Province de
Bourgogne , tenus en 1727. M. Baudeſſon ,
Maire de la Ville d'Auxerre , fut nommé
Elû du Tiers- Etat , la Jeuneffe de cette
Ville ranima alors fes efperances ; M. l'Elû
fe chargea de conduire à ſa perfection
l'établiſſement projetté , & il ne negligea
rien pour cela, pendant les trois années
de fon élection..
S. A. S. M. le Duc de Bourbon , Gou- .
verneur de cette Province , ayant donné
fon agrément au projet , eut la bonté de
porter aux pieds du Trône du Roi la très
humble Requête de la Ville d'Auxerre ,.
& Sa Majefté a bien voulu au mois de
Decembre 1729. accorder des Lettres Patentes
par lesquelles elle permet à la Ville
d'Auxerre ( à laquelle le Roi rend le glorieux
témoignage de s'être toujours maintenuë
ſous ſon obéïſſance ) d'établir une =
Compa--
1562 MERCURE DE FRANCE
Compagnie de cent Arquebufiers , dans laquelle
feront reçus les Officiers de guerre &
de Justice , les Bourgeois , les Marchands
& non autres . Cette derniere claufe contribuëra
fans doute à conferver l'honneur
de la Compagnie, en éloignant les conditions
méchaniques dont l'efprit & les
manieres font peu propres à maintenir
l'égalité neceffaire."
Sa Majefté par les mêmes Lettrés daigne
accorder à celui qui le premier & le
plus habilement d'un coup d'Arquebuſe
abat a l'oifeau , l'exemption pendant un
an de toutes tailles , logement de Gens
de Guerre , fubfiftances & autres charges
quelconques , d'Aides & Gabelles qui fe
perçoivent fur les vins qui fe levert en
cette Ville. Les Lettres portent auſſi ce
qui fuit en ontre celui qui abatra ledit
eifeau , on mettra le plus proche dans le noir
de la cible pendant trois années confecutives
jouira des mêmes exemptions pendant fa vie,
fa Veuve durant fa viduité. Les Lettres
Patentes ont été enregistrées par tout où
befoin étoit , & dès cette année on a commencé
à en recueillir les fruits.
Il ne manquoit plus à cette Compagnie
qu'un Chef, qui fous les ordres de S. A.S.
pût par fa naiffance , fon exemple & .fon
experience entretenir & accroître dans
cetteCompagnie les fentimens d'honneurt
&
7
JUILLET. 1730. 1963
& de vertu , aufquels fuivant fon inftitution
elle doit fe porter. Elle a trouvé ce
digne Chef en la perfonne de M. le Comte
de Latournelle , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , & ancien Capitaine
dans le Regiment Royal Etranger .
Les Arquebufiers honorés de fon accep
tation ſe diſpenſerent du foin de choir
un Lieutenant ; M. le Capitaine leur indiqua
avec politeffe celui qui devoit remplir
cette place en nommant le fils de
M. Baudeffon actuellement Maire , &
petit-fils de M. Baudeffon , l'Elû , auquel
ils font redevables de leur établiſſement.
و
Les choſes ainfi difpofées , & le jour
de S. Jean Baptifte fixé par les Lettres
Patentes pour l'expofition du prix étant
arrivé la Compagnie fit chanter dans
l'Eglife des Cordeliers une Meffe folemnelle
à laquelle M M. les Arquebufiers
affifterent tous en habit d'écarlate , avec
la coquarde blanche. Après là Meffe , ils
fe rendirent à l'Hôtel de M. le Comte de
Latournelle , leur Capitaine , au fon des
Tambours , des Violons & des Hautbois
pour l'inviter à honorer de la préfence le
nouveau fpectacle.
A deux heures après midi , les Arque-
Bufiers s'étant encore rendus à l'Hôtel de
leur Capitaine , partirent au fon des mêmes
Inftrumens pour aller au lieu où l'on
devoir
1564 MERCURE DE FRANCE
devoit tirer l'oifeau. M. le Comte de
Guerchy , fils de M. le Marquis de Guerchy
, Lieutenant General des Armées du
Roi , marchoit avec M. le Comte de Latournelle
à la tête de la Compagnie. Le
premier coup , appellé le coup du Roi ,
fut déferé à ce jeune Seigneur qui le tira
avec toute la grace & l'adreffe poffible ;
après lui M. le Comte de Latournelle qui
étoit en droit de tirer défera cet honneur
à M. le Maire dont la modeftie fouffrit
beaucoup ; mais il falut ceder, M. le Comte
tira fon coup enfuite . Aprês ce prélude
de politeffe , les Arquebufiers ayant pris
chacun le rang que le fort leur avoit don--
né tirerent à l'oifeau . Après trente trois
coups hazardés , un jeune Arquebufier
tira fi heureuſement que fon® coup jetta
par terre l'oifeau qui étoit élèvé à centcinquante
pas de lui.
Auffi -tôt que l'oifeau fut abatu , les
acclamations & les cris de joye redoublés
& mêlés aux fuffrages de tous les fpectareurs
, celebrerent cette victoire ; M. les
Comte de Latournelle qui pour la premiere
fois paroiffoit à la tête de la Compagnie
, careffa fort le victorieux , & le
proclama Roi de l'Arquebuſe , lui rendant:
enfuite les honneurs accoutumés.
Le nouveau Roi de l'Arquebuſe far reconduit
au fon des Inftrumens on fa maifon
JUILLET . 1730. 1565
fon , où il donna un régal qui étoit neceffaire
après un tel exercice , & auquel
rien ne manquoit. Le lendernain , la Compagnie
des Arquebufiers donna dans une
Maifon de Campagne près de la Ville
un fomptueux repas qui fut fuivi d'un
Bal. Rien ne fut épargné pour le plaifir
dans cette journée , & tous ceux qui s'y
trouverent charmés des manieres galantes
& polies des nouveaux Arquebufiers ,
s'en retournerent chantant les louanges
& la noble magnificence de cette lefte
Compagnie.
-pagnie de cent Arquebufiers dans la Ville
d'Auxerre , par Lettres Patentes du mois
de Decembre 1729..
L
A permiffion que la Ville d'Auxerre
vient d'obtenir du Roi- pour l'établiſſement
d'une Compagnie de cent Arquebufiers
, la fait rentrer dans l'ancien
ufage où elle étoit autrefois de s'exercer
au fait des armes , ufage qu'on fait re-..-
monter jufqu'au commencement du se
fiecle , & dont on voit encore des traces :
près les murs de la Ville dans un lieu
nommé les Butes, anciennement deſtiné à
l'exercice de l'Arbalête. C'étoit là que les
habitans d'Auxerre faifoient montre de
leur adreffe , & où celui qui avoit furpaffé
tous les autres en cet exercice étoit
honoré du nom de Roi de l'Arbalête
& de chef de la Compagnie.
A
LeJeu de l'Arbalête étant enfuite déchû
de fon premier luftre , & la poudre ayant
été inventée , on lui fubftitua le noble:
Jeu de l'Arquebufe. Nos Rois voulurent :
bien l'honorer de leur agrément & accor--
derrà la Compagnie naiffante des privile--
ges confiderables . Mais l'inobfervance de
JUILLET. 1730. 156r
la Difcipline autant que le mélange des
conditions , lequel fit difparoître l'égalité
qui devoit regner dans ce Corps hâta fa
ruine , & enfin tous les exercices cefferent
dès l'année 1626 .
Après un fiecle entier d'interruption ,
on fe reveilla , & on parla de rétablir ce
qui avoit fait honneur aux Auxerrois ;
on dreffa des projets , & une heureuſe .
conjoncture permit d'en eſperer l'execu--
tion.
Aux Etats Generaux de la Province de
Bourgogne , tenus en 1727. M. Baudeſſon ,
Maire de la Ville d'Auxerre , fut nommé
Elû du Tiers- Etat , la Jeuneffe de cette
Ville ranima alors fes efperances ; M. l'Elû
fe chargea de conduire à ſa perfection
l'établiſſement projetté , & il ne negligea
rien pour cela, pendant les trois années
de fon élection..
S. A. S. M. le Duc de Bourbon , Gou- .
verneur de cette Province , ayant donné
fon agrément au projet , eut la bonté de
porter aux pieds du Trône du Roi la très
humble Requête de la Ville d'Auxerre ,.
& Sa Majefté a bien voulu au mois de
Decembre 1729. accorder des Lettres Patentes
par lesquelles elle permet à la Ville
d'Auxerre ( à laquelle le Roi rend le glorieux
témoignage de s'être toujours maintenuë
ſous ſon obéïſſance ) d'établir une =
Compa--
1562 MERCURE DE FRANCE
Compagnie de cent Arquebufiers , dans laquelle
feront reçus les Officiers de guerre &
de Justice , les Bourgeois , les Marchands
& non autres . Cette derniere claufe contribuëra
fans doute à conferver l'honneur
de la Compagnie, en éloignant les conditions
méchaniques dont l'efprit & les
manieres font peu propres à maintenir
l'égalité neceffaire."
Sa Majefté par les mêmes Lettrés daigne
accorder à celui qui le premier & le
plus habilement d'un coup d'Arquebuſe
abat a l'oifeau , l'exemption pendant un
an de toutes tailles , logement de Gens
de Guerre , fubfiftances & autres charges
quelconques , d'Aides & Gabelles qui fe
perçoivent fur les vins qui fe levert en
cette Ville. Les Lettres portent auſſi ce
qui fuit en ontre celui qui abatra ledit
eifeau , on mettra le plus proche dans le noir
de la cible pendant trois années confecutives
jouira des mêmes exemptions pendant fa vie,
fa Veuve durant fa viduité. Les Lettres
Patentes ont été enregistrées par tout où
befoin étoit , & dès cette année on a commencé
à en recueillir les fruits.
Il ne manquoit plus à cette Compagnie
qu'un Chef, qui fous les ordres de S. A.S.
pût par fa naiffance , fon exemple & .fon
experience entretenir & accroître dans
cetteCompagnie les fentimens d'honneurt
&
7
JUILLET. 1730. 1963
& de vertu , aufquels fuivant fon inftitution
elle doit fe porter. Elle a trouvé ce
digne Chef en la perfonne de M. le Comte
de Latournelle , Chevalier de l'Ordre Militaire
de S. Louis , & ancien Capitaine
dans le Regiment Royal Etranger .
Les Arquebufiers honorés de fon accep
tation ſe diſpenſerent du foin de choir
un Lieutenant ; M. le Capitaine leur indiqua
avec politeffe celui qui devoit remplir
cette place en nommant le fils de
M. Baudeffon actuellement Maire , &
petit-fils de M. Baudeffon , l'Elû , auquel
ils font redevables de leur établiſſement.
و
Les choſes ainfi difpofées , & le jour
de S. Jean Baptifte fixé par les Lettres
Patentes pour l'expofition du prix étant
arrivé la Compagnie fit chanter dans
l'Eglife des Cordeliers une Meffe folemnelle
à laquelle M M. les Arquebufiers
affifterent tous en habit d'écarlate , avec
la coquarde blanche. Après là Meffe , ils
fe rendirent à l'Hôtel de M. le Comte de
Latournelle , leur Capitaine , au fon des
Tambours , des Violons & des Hautbois
pour l'inviter à honorer de la préfence le
nouveau fpectacle.
A deux heures après midi , les Arque-
Bufiers s'étant encore rendus à l'Hôtel de
leur Capitaine , partirent au fon des mêmes
Inftrumens pour aller au lieu où l'on
devoir
1564 MERCURE DE FRANCE
devoit tirer l'oifeau. M. le Comte de
Guerchy , fils de M. le Marquis de Guerchy
, Lieutenant General des Armées du
Roi , marchoit avec M. le Comte de Latournelle
à la tête de la Compagnie. Le
premier coup , appellé le coup du Roi ,
fut déferé à ce jeune Seigneur qui le tira
avec toute la grace & l'adreffe poffible ;
après lui M. le Comte de Latournelle qui
étoit en droit de tirer défera cet honneur
à M. le Maire dont la modeftie fouffrit
beaucoup ; mais il falut ceder, M. le Comte
tira fon coup enfuite . Aprês ce prélude
de politeffe , les Arquebufiers ayant pris
chacun le rang que le fort leur avoit don--
né tirerent à l'oifeau . Après trente trois
coups hazardés , un jeune Arquebufier
tira fi heureuſement que fon® coup jetta
par terre l'oifeau qui étoit élèvé à centcinquante
pas de lui.
Auffi -tôt que l'oifeau fut abatu , les
acclamations & les cris de joye redoublés
& mêlés aux fuffrages de tous les fpectareurs
, celebrerent cette victoire ; M. les
Comte de Latournelle qui pour la premiere
fois paroiffoit à la tête de la Compagnie
, careffa fort le victorieux , & le
proclama Roi de l'Arquebuſe , lui rendant:
enfuite les honneurs accoutumés.
Le nouveau Roi de l'Arquebuſe far reconduit
au fon des Inftrumens on fa maifon
JUILLET . 1730. 1565
fon , où il donna un régal qui étoit neceffaire
après un tel exercice , & auquel
rien ne manquoit. Le lendernain , la Compagnie
des Arquebufiers donna dans une
Maifon de Campagne près de la Ville
un fomptueux repas qui fut fuivi d'un
Bal. Rien ne fut épargné pour le plaifir
dans cette journée , & tous ceux qui s'y
trouverent charmés des manieres galantes
& polies des nouveaux Arquebufiers ,
s'en retournerent chantant les louanges
& la noble magnificence de cette lefte
Compagnie.
Fermer
Résumé : ÉTABLISSEMENT d'une Compagnie de cent Arqubusiers dans la Ville d'Auxerre, par Lettres Patentes du mois de Decembre 1729.
En décembre 1729, le roi accorde à la ville d'Auxerre des lettres patentes pour créer une compagnie de cent arquebusiers. Cette décision vise à restaurer une ancienne tradition d'exercice des armes, remontant au début du siècle, où les habitants s'entraînaient près des murs de la ville, notamment aux Buttes. À l'origine, les habitants s'exerçaient à l'arbalète, et le meilleur tireur était honoré du titre de 'Roi de l'Arbalète'. Avec l'invention de la poudre, l'arbalète fut remplacée par l'arquebuse, mais les exercices cessèrent en 1626 en raison de l'inobservance de la discipline et du mélange des conditions sociales. En 1727, lors des États Généraux de la province de Bourgogne, M. Baudesson, maire d'Auxerre, fut nommé élu du Tiers-État et se chargea de rétablir la compagnie. Avec l'accord du Duc de Bourbon, gouverneur de la province, et du roi, les lettres patentes autorisent la création de cette compagnie, composée d'officiers de guerre et de justice, de bourgeois et de marchands. Le roi accorde également des exemptions fiscales et autres charges à celui qui abattra un oiseau d'un coup d'arquebuse. La compagnie choisit M. le Comte de Latournelle comme chef, et le fils de M. Baudesson comme lieutenant. Le jour de la Saint-Jean-Baptiste, la compagnie célèbre une messe solennelle et participe à une compétition de tir à l'arquebuse. Un jeune arquebusier abat l'oiseau à cent cinquante pas, et est proclamé 'Roi de l'Arquebuse'. Des festivités suivent cette victoire, incluant un repas somptueux et un bal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer