VII.
Our Etrennes, belle Denife,
L'illuftre Rault vous donne une Cerife..
Ne vous étonnez pas de voirunfi bean
Fruit
Dans une Saifon fi contraire;
C'eft fon efprit qui le produit,
Vousfçavez qu'ilfçait tout bienfaire.
DIEREVILLE .
VIII.
Ors que dans nos Jardins on ne voit
plus de Rofes,
Et que l'Hyver cruel fait tout languir
aux Champs,
On voitfur voftre teint autant de Fleurs
éclofes,
QueFlore dans nos Prez en fait naiſtre au
Printemps.
Ces Fleurs, malgré le vert de Bife,
Nefont qu'embellir tous lesjours,
Et vous font paroiftre toûjours
Plus vermeille qu'une Cerife.
Iris , j'enfuis amoureux,
Mais d'une ardeurpeu commune.
Hélas! pourmerendreheureux,
Laiffez-m'en cueillir quelqu'une.
Le mefme .
Reconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS PROPOSEES DANS LE DERNIER EXTRAORDINAIRE.
SENTIMENS
SUR TOUTES LES QUESTIONS
PROPOSEES DANS LE DERNIER
EXTRAORDINAIRE.
QUELLE FORTUNE EST
la plus fatisfaifante en Amour,
celle d'un Amant dont les foins
font receus d'abord agreablement
, & prefque auffi toft re.
compenfez , ou le bonheur de
celuy qui apres avoir aimé
quelque temps fans efpérance ,
trouve enfin le coeur de fa
Maiftreffe fenfible .
Lo
Ors que dans l'Amoureux Empire
Sans efpoir un Amant foûpire,
Et qu'enfin la Beauté qu'il aime tendrement
158
Extraordinaire
Paroiftfenfible à fon martyre,
Pour ce tendre & fidelle Amant
C'eft fans doute un plaifir charmant.
Cependant, ma chere Sylvie,
Ilne flatte point mon envies
Unplaifir en Amour trop long- temps
attendu
N'a pour moy que defoibles charmes ,
Je ne puis m'empêcher de fonger qu'il
m'eft dû
Apres de longs ennuis , des foûpirs, &.
des larmes.
Je commence à fentirpour vous
Tout ce qu'Amour a de plus doux,
Fen reffens en un mot toute la violence;
Si vous voulez de bonne intelligence
Me donner un plaifir divin,
C'eft de m'entémoigner voftre reconnoiffance
Aujourd'huyplûtoft que demain.
du Mercure Galant. 159
Si l'entiere liberté de le voir peut
long-temps entretenir l'Amour
dans toute fa force,
Quandje voyois Philis à toute heure
- Pour luy parlerde mon amour,
Rien ne s'oppofoit à ma flâme,
Je la voyoisfacilement,
Mais auffifentois-je en mon ame
Que c'eftoitfans empreſſement,
Et que l'amour que cette Belle
Avoitfçu m'inspirer pour elle,
Diminuoit fenfiblement.
Aujourd'huy c'est toute autre chofe,
Tout fait obftacle à mes plaifirs,
Et plus je reconnois qu'à mes voeux l'on
s'oppoſe,
Plus je fens croiftre mes defirs .
Un Amant eft bafty d'une certaine forte,
Qu'ilnepeut long-temps vivre enpaixi
Le trouble a pour luy tant d'attraits,
Qu'il rendfa paffion plusforte.
160 Extraordinaire
Il ne peut goufter la douceur
D'un bien qu'il poffe defans peine ;
Ilfaut qu'ilfoit traversé dans fa chaine,
Pour qu'il enfaffe fon bonheur.
Enfin je connois par moy-mefme,
Qu'un Amant dansfes fers vent eftre inquieté,
Et qu'il n'auroit jamais une conftance extréme
Parmy trop de tranquilité.
Si un honneſte Homme eft excufable
, d'eftre affez Efclave
de fa paffion pour continuer
d'aimér une Perfonne qui le
pouffe à faire une lâcheté.
J
Aime Philis de tout mon coeur,
Enfin autant qu'elle eſt aimable;
Mais malgré toute mon ardeur,
Je ne croiray jamais que jefuffe excufable,
Sipour tousfes appas je perdois mon bonneur.
Cetteperte eftindubitable
du Mercure Galant. 1611
Enfaifant une lâcheté,
Et qui plus eft, irréparable;
Ce n'eft pascomme une Beauté.
Je n'ay qu'un honneur en partage,
Des Maiftreffes, vingt ſi je veuxs :
Ainfi , lors que Philism'engage
A le perdre pourfesbeaux yeux,
Je ne puis, je croy , faire mieux,
Que de me titer d'esclavage.
Un Homme en mourant a deux
Amis auprés de luy , il en fait
retirer un parce que fa préfence
l'afflige , & il fait demeurer
l'autre , par ce que
préfence le confole . On demande
lequel il aime davantage.
J E ſuppoſe eſtre à l'agonie,
Car, Dieu-mercy, je mefens pleinde
vie;
Si j'eftois dans un bon Repas,
Q. de Fanvier 1685,
fa
162 Extraordinaire-
1
Ou-bien auprés de ma Sylvie,
Sans doute Lapétit ne me manqueroit pass
Enfin je ne croy point aller fi- teft là- bas.
Selon l'ordre de la Nature
Je franchirois trop vite un fi dangereux
Pas;
Mais toutes ces raisons ne me font rien.
conclure.
Ilfaut que je pofe le cas
Que la Parque me tend les bras ,
(O Ciel, quelle horrible figure! )
Et que deux bons Amis , Damon, & Licidas,
Sont les triftes Témoins dù tourment quej'endure.
Dans une telle occafion ·
Faygrand befoin de confolation,
Et quipeut m'en donner, m'obliges
C'eft Damon Licidas m'afflige,.
;
Lors que je n'ay déja que trop d'affliction.
Ainfi dans cet étatfunefte
Je lefais retirer, & l'autre feul me refte,.
L'en aimay-je mieux pour cela?
La Queftion eft difficiles
du Mercure Galant: 163
Je ne lefais demeurer là,
Que parce qu'il me femble utile .
Mon coeur pour Licidas s'intéreſſe plus
fort,
Jefens une Amitiéplus belle & plus conftante;
Et lors que je veux qu'il s'abfente,
C'est quedu coup tout preft à me donner la
mort
Je crains trop qu'il neſe reſſente.
DIEREVILLE
Résumé : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS PROPOSEES DANS LE DERNIER EXTRAORDINAIRE.
Le texte, extrait du Mercure Galant de 1685, explore divers sentiments amoureux et dilemmes moraux. L'auteur compare deux types de bonheur en amour : celui d'un amant dont les désirs sont immédiatement satisfaits et celui qui, après avoir aimé sans espoir, voit finalement son amour réciproque. Il préfère le bonheur immédiat, trouvant peu d'attrait à un amour longuement attendu. L'auteur évoque ensuite sa relation avec Sylvie, exprimant son désir de voir sa reconnaissance sans délai. Il compare cette situation à son amour pour Philis, qu'il voyait librement mais sans empressement, contrairement à maintenant où les obstacles augmentent ses désirs. Il réfléchit sur la nature de l'amour, affirmant qu'un amant est troublé et que la passion est plus forte lorsqu'elle est contrariée. Il se demande si un homme est excusable de sacrifier son honneur pour l'amour, concluant qu'il ne le serait pas. Enfin, l'auteur utilise une métaphore de la mort pour illustrer la difficulté de choisir entre deux amis en fin de vie, soulignant que son cœur s'intéresse davantage à Licidas, malgré la présence de Damon. Il conclut que son choix est dicté par l'utilité et la crainte de blesser Licidas.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Reconnaissance textuelle : EPITAPHE D'UN PERROQUET.
EPITAPHE D'UN PERROQUET.
Y gift unfort beau Perroquet,
une C gravitéfansfeconde;
Il n'avoit point ce for caquet-
Qui ne fait qu'étourdir le monde..
Ilparloit agréablement,
On prenoit plaifir à l'entendre:
Et ce qu'on nefçauroit comprendre,
C'est qu'il retenoit aisément
Tout ce qu'on luy vouloit apprendre .
Il ne luy faloit qu'un moment.
Il n'eftoit point de tours d'adreffe
Qu'on ne luy viftfaire fans ceffe :
Souvent ce beau petit Mignon tr
Entroit en converfation,
a
Ett
du Mercure Galant. 241
1
Et parloit de tout à merveille;
Mais dés qu'il voyoit la Bouteille,
Ilne vouloit plus tant jaſer.
Toft, toft, difoit-il, que j'en goufte.
On nepouvoit le refufer,
Et le Drôle à tremper la croufte
Prenoit plaifir à s'amuser.
Quand il en avoit dans le cafque,
Ilreprenoitfon tonplus haut :
Iljouoit du Tambourde Bafque,
Et s'en acquitoit comme ilfaut.
Aux Belles il contoit fleurette,
Et leurdifoit la Chansonnette
Sansprendre jamais un tonfaux.
S'il entendoit la Symphonie,
Ilfoûtenoit bienfa Partie
Avec les Inftrumens d'accord.
Mais ce n'eftpoint là, quoy qu'on die,
Lesplus beaux endroits de fonfort.
Philis le chériffoit fifort,
Que je n'aurois point d'autre envie
Que de me voir apresfa mort
Ce qu'il eftoit pendantfavie.
Q. deFanvier 1685.
DIEREVILLE.
En janvier 1685, Diereville rédigea une épitaphe pour un perroquet exceptionnel. Cet oiseau se distinguait par sa capacité à parler agréablement et à retenir facilement ce qu'on lui enseignait. Il maîtrisait divers tours et pouvait converser sur divers sujets, comme le rapportait le Mercure Galant. Cependant, à la vue d'une bouteille, il préférait boire plutôt que de parler. Après avoir bu, il reprenait la parole avec enthousiasme, jouait du tambour et chantait des chansons aux femmes sans jamais fausser une note. Il accompagnait également les symphonies avec les instruments. Malgré ces talents, Diereville exprimait son désir de posséder un perroquet aussi remarquable après sa mort, soulignant ainsi l'admiration et l'affection qu'il portait à l'oiseau.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
I.
N ne m'attrape pas deuxfois,
Galant Mercure ; l'autre mois
Fe manquay lafeconde Enigme,
Ne pouvantfaire un jufte choix
Duvrayfens que cachoit la Rime;
dis deux bons mots toutefois .
Pour la premiere Enigme aujourd'huy
j'en dis trois,
De peur de faire encorfolie.
C'est l'Encre, l'Ecriture, ou - bien l'Impri
merie;
Et c'est à ce dernier que je donne ma voix,
Mercure, fans fupercherie.
DIEREVILLE
I X.
Autre jour entre Chien & Loup,
Commeon fçait, à telle heure on ne voit
pas beaucoup
Z ij
268..
Extraordinaire
Le Galant & divin Mercure
Me fit voir une Enigme obfcure,
Voyez comme ilprenoit fon temps.
Bien loin d'en deviner lefens,
Apeineje pouvois difcerner l'écriture,
En un mot je n'y voyois pas
Nonplus que dans une Caverne,
Mais pour me tirer d'embarras,
Par bonheur à cinquante pas
Je vis paroistre une Lanterne .
Je feeus m'en approcher, & quandjefus
tout prés,
Je lus facilement Enigme,
Et fans trop refverfur la Rime,
Fen découvris tous les fecrets.
DIEREVILLE.
L'auteur rencontre Mercure, qui lui présente une énigme illisible. Dans une caverne obscure, il distingue une lanterne à une cinquantaine de pas. En s'en approchant, il déchiffre facilement l'énigme. Le nom 'DIEREVILLE' est mentionné à la fin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Reconnaissance textuelle : SENTIMENS D'UNE BELLE qui se repent de n'avoir pas conservé une Conqueste qu'elle avoit faite. / MADRIGAL.
SENTIMENS D'UNE BELLE
qui fe repent de n'avoir pas confervé
une Conquefte qu'elle:
avoit faite.
MADRIGAL.
Ors
que
Queje
Tircis bruloit d'amour,
Que je le voyais chaque jour
Avec empressement chercher l' Art de me
plaire,
Et qu'il me paroiffoitfincere:
Que parmillefermens, mais fermensfu
perfluss
du Mercure Galant. 31
Il me juroit d'eftre fidelle & tendre,
Et queles yeux m'en difoient encor plus,
Il avoit beau parler, je ne daignois l'en...
tendre:
Et par un changement queje nepuis comprendre,
Si- toft que més mépris l'ont forcé de
changer,
L'Amour, pour le vanger,
M'afait connoistreque je l'aime,
Et je me veux un mal extréme,
D'avoir pû voirfon coeur fe dégager.
Je m'en repens , Amour , ceffe demou
trager,
Soulage unfi cruel martires,
Et fi jamais dans ton Empire
Fe puis charmer quelque Berger,
Je te promets, Amour , de le bien ménager.
DIEREVILLE
Résumé : SENTIMENS D'UNE BELLE qui se repent de n'avoir pas conservé une Conqueste qu'elle avoit faite. / MADRIGAL.
Le madrigal 'Sentimens d'une belle' relate les regrets d'une femme d'avoir repoussé Tircis, un homme amoureux. Après l'avoir dédaigné, elle réalise son amour pour lui. Elle supplie l'Amour de soulager ses souffrances et promet de mieux traiter un futur amant.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
II. NOn, ierpr;tn'efl plus defaison,
Les Belles rien font au,-un- copte,
Elles luypréfèrentsans honte
tJn Homme qui ria pas feulement la
raVon.
Tourveu qu'ilaitJAir du beau Monde,
Et qu'il rçache bien grimacer,
Sous la Perruque brune ou blonde,,
BellemontrelefaitpllJfèr.
Vn simant de ce carattere
SçaitadmirAbtementJe taire;
Sabeflife le ren idiferet,
Et cefl tout ce qu'on veut dans tAmoureux
mistere,
Tointdeplaisir, s'ilrieflfecret.
DnHommed'espritaucontraireEflfujet
àfairedes P*frs,
Et toncraint qu'à tout l'Vnivers,
Il nefajJe récitd'unesecrette affaire.
• Enfin ilse voit éprisé,
Lors qu'un Sot eftfAvorifé.
DIEREVILLE.
Le texte critique les 'Belles' de la haute société, qui privilégient les hommes capables de dissimuler leurs émotions et de se conformer aux attentes sociales. Ces hommes, maîtrisant l'art de la manipulation, sont admirés pour leur silence et leur indifférence. Les hommes d'esprit, eux, craignent la révélation de leurs secrets et se sentent aimés seulement lorsque des individus stupides sont favorisés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Quenouillenest plus l'app4Mge
des femmes,
Cher Mercure
, pour un Galant
Cest malfaire (a cour aux Daines,
Qjte de leur en faireunpresent.
Il estvray quautrefoispar des loix trop
cruelles
On les obligeait àfiler,
Et cestoit-là tout ce qu'on vouloit dd''eelllleesr..
Mais aujourd'huy qu'on les voit exceller
Dans les Sciences les plus bel/es,
Ne peuvent-elles pas, estantuniverfellest
De toutes chosesse meflu?
Elles fontsispirituelles
Quelles triomphent dans les Arts,
Etmesme l'on en voit s'exposeraux hafards
Au.ffihardiment qu'aux ruelles; Enfin des hauts emplois descendant aux plus bas,
Desfoins de la maison avoir tout l'embarras.
Et jepuis dire enleurrendantjuflice,
Sansfaire tortaMeffieurs les Maris,
Que leménage iroitcomme va l'Ecrevillè,
Sans lef".cours de leurs esprits.
DIEREVILLE.
Les femmes, autrefois limitées à des tâches comme le filage, excellent aujourd'hui dans divers domaines scientifiques et artistiques. Elles montrent courage et polyvalence, s'impliquant dans des responsabilités variées, des postes élevés aux tâches domestiques. Leur rôle est crucial, comparé à la gestion ordonnée d'un foyer, sans nuire à l'honneur des maris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
11. Ercuye pourlecoupsurtEnigme
premiere layfaitdes tffrtt Superflus;
1*expliquerois plûtofl le Flux & le Reflux,
Qued'en deviner lemfière,
c malheur ne m"itrrive Ce m'arriveofJuueerrCeI,l
De chagrin mon esprit s'abat,
Ainsi je laisse IIIaerniere,
De peurde prendre encor un Rat.
ÎDIEREVILLE.
Reconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
SENTIMENS. s-V'll
les trois premières Zuelfions pro.
foféesdms le XXIX,Extraordi-
-
- naire du Mercure Gdant.
Si un Courtisan trompé dans ses
esperances,est plus à plaindre
qu'un Amant passionné
,
qui
ne peut toucher le coeur de la
Personne qu'il aime. IL n'eflcharmant lrüJCj(¡J,'lIn LOVIS
dans le monde;
Lors ejuun Courtisandanssa Cour.
Surquelqueesperancesefonde, 1
Et qu'il ne voit jamais le jour
Qttecefameux Héros a ses defirsrépondt;
Je le p'ains centfois plus qu'un Amant
dont l'amour
Nepeuttoucher lecoeur desa Bruneousa
Blonde.
C'estunmortelchagrin pour luy,
Qui luyfait d'autantplus âennuJ
Qitilnytrouvepoint deremede.
Vnefaveurdu Royferoittomfèsplaifirr;
LAnobleambition qui toujours lepossede
L'empe!êh! deformer ailleurs d'autres
desirs.
A{AU un Amantquipourune MattreJlè
Pleu-re.,languit, &roupireranscefe,
Sans quesesmaux puissent toucherfsll
coeur,
Ne peut-il pas avec une aute Belle
Qui ne luy fera point cruelle
Seconsolerde
@
sonmalheur?
Il eneP tant defavorables
Jldais je fais malma couravouât charmante
Iris,
£>ui pbaleros,ijfez. toujours des plut impitoya-
Et qui n'avez, pourmoy que de cruels mépris.
Changez d'humeur, beautésevère,
TrAirez-moy plm humainement,
Et pour lors ilse pourra faire
Qu'on me verra changer mt/fi de sentiment.
Si l'Infidélité d'une Maistresse
peutautoriserun Amant trahy àestreindiscret.
O
VandcCunetendre pafilon
'AlcandrepourPkiltsfentque[on Al ame efi prist,fènt queson est
JQuoy que cettebeauté lefuye&le mé- prise
Quelle teillee eennff~inn Ppoouurr ltuy jjvujfrqquu'aà lIao ttrraa--
hison,
Soninfidéliténar'en qui l'authorife
Afaire a cette Belleune indifèretion.
Lesecret en Amour doit e/lre inviolable, Et lui nesçauroit le garder,
Merite peu ce quunob, etaimable
Afou amour peut accorder.
Tourse vanger ll/tle infidelle,
Tout ce ejut peutfaire un Amant,
Ccfimitant cettecruelle
Defaire unautreengagement.
SilacharmanteIris dontmonameejf
ravie,
Voitloitdunefaveursoulagermonamour.
Et me trahir le mesme jour,
Je nenparlerait de ma vie.
Si la Prodigalité est moins condamnablequel'Avarice.
J E condamne fort rAVttricc,
Dans les Hommes cejlun grand
vice.
Tel vsrroit tout languirauprès deset
tresors,
Sans enmettre un tessondehors.
Poursecourirun Misérable,
Et
Et luy-mesme d'argent toujours infajjùtblej
Avec tout ce qu'il a de bien,
Manque de tout, plutofl que dese donner
rien.
Est-il rien de plut condamnable?
Mais dans la Prodigalité
Je ne voy rien digne de blâme;
C'est une genérosité
Quinesçauroitsortirque d'unegrandeur
d'ame.
Etsi r excez. enfaitdu mal,
Ce nest rien qu'à celuy dont le coeur libéral
.A moins pour luy quep4ur les aH/ru,
Oude qui les biensfont les nofires.
Maisou je ne pourray jamais la soûtenir,
C'efl dans le coeur d'une beauté cruelle
Dtnt mes Rivauxsçavent tout obtenir
Quandje ne puis rien avoird'elle.
DIEREVILLE,
Résumé : SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
Dans cet extrait du 'Mercure Galant', l'auteur compare la déception d'un courtisan à celle d'un amant passionné, jugeant le courtisan plus à plaindre car ses espoirs ne se réalisent jamais. Il exprime son chagrin face à l'indifférence de sa bien-aimée, Iris, qui le traite avec mépris. Le texte aborde ensuite l'infidélité en amour, justifiant l'indiscrétion de l'amant trahi tout en soulignant que les secrets amoureux doivent rester inviolables. L'auteur condamne l'avarice, qu'il considère comme un grand vice, décrivant l'avare comme quelqu'un qui accumule des trésors sans les partager, même pour aider les nécessiteux. À l'inverse, il voit la prodigalité comme une générosité née d'une grandeur d'âme, bien que les excès puissent être nuisibles. Enfin, il avoue son incapacité à soutenir cette prodigalité face à une beauté cruelle qui favorise ses rivaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
IL MErcure efi un Galant Garçon
De nom donnerchair &poijfen;
Pour nout bien régaler il nepouvaitmieux
faire;
Cela s'appelle chere entiere.
La Truite efl le premier plat,
C'eflunmorceau fort délicAt.
-A luy seul auffl je marrefie,
Et laisse-la l'Homme à Cheval,
yMes dents neferont pointde mal
sî l'Homme non plus qu'à la Beste.
D1iersy.ilib.
11 E que vous vous imaginez
Aimable Bergen Fleurette^,
Et cfUa deviner vous donnez.,
Efl une Enigme assez. secrete.
Sans me donner beaucoupdemal,
jfay pourtant trouvé
1
ce miflere,
St vous me voyiez, achevai,
Serait-ce pas juste ïaffaireï
Le mefmflk
AIIRIII. S.
DAns la Fable 4 MercllreJ 01'"
voit la verité.
Autrefois Genes la Superbe,
Rombpea,nte aujourd'huy comme ther-
AH.'t: pieds du GRAND LoürsAflHmilsa
fierté.
Contre luyles efforts font toujours inutiles,
De mesme que tAmour efllemaiflre des
coeurs,
Ce Héros invincible efl le Aiaiflre des
YiJles#-
7/ les br/tic. il les prend malgré leurs défendeurs.
Tripoli vient encor d'en sentir les ardeurst.
IrisJ depuis long tftnps je languis dllnJ
vos chaînes,
Vous méprisez.toujours le pouvoir de
CAmour;
Pour me vanner de tant de peines,
Craignez, que ce Dien quelque jour
Ne faJfe avcftre coeursentirle fort de
Genes.
DiEREVILH.
Le poème célèbre la puissance de Louis XIV, surnommé 'le Grand', qui a vaincu Gênes et Rome. Il compare cette domination à l'amour invincible. Tripoli a récemment subi cette puissance. Le poète exprime son tourment amoureux face à une personne insensible à l'amour, mettant en garde contre la résistance à ce pouvoir irrésistible.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Reconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS du dernier EXTRAORDINAIRE.
SENTIMENS
JUELTOUTES LES QUESTIONS
du dernier Extraordinaire.
O'aùvient que plusieurs Maris,
quiontde très-bellesFemmes,
en aiment fouvent, non seulement
de beaucoup moins belles,
maismesmedetres-laides. Edemeure d'accord avec vous, belle
W ,IrIS
Qu'on voit tous les jours des Maris
Posseder de tres-belles Femmes,
xlEt cependant aimer avec beaucoup dar"
deur
Des objets die qui la laideur
\1Êien'loin'de les charmer, & d'enflamer
lettrs ames,
Devroient a leurs jeuxsafre peur.
(De ce gÓujl dépravé dans- tampnr eux
empire, 1
Vom demandez,la catife ? Ht bien, fm
vais la dir.
Quoy que le défautfoit en mus,
'.AH beausexetoûioursilfautrendreiisflicc,
* C'efique ces Hommes-lafont foux,
Et n'aiment rien que parcaprice,
Je rrien rapporte a tous.
Maissi vous voulez, un Epoux |
Qui fo:t toujours fidelle & tendrer
Le Ciel masa;t ainsîpour vouss
Irie, vous riavez, qu-' a< meprendre. a<
Lequel donne plus de joye de féal
faire aimer d'une Belle fiere
qui sèmblen'avoiraucun pan--c
chant pour l'amour, ou de re..-
gagner le coeur d'une MaîtreC-3
fè justement irritée, & dontla
haine nous paroist invincible.. DEpais que je me fuis Attiré voflrew
haine.
Et que/'aymérité vos plus cruels mêpris&x
l'ay voulu, trop aimable Iris
Formerailleurs , une autre chaine.
Vhilis est mon objet
,
ses Attraits mont
charmé.
Elle efloitfiere
,
înltcæ/fible,
Et cependant aysceu la rendrefifenjîhle,
Quejefuis pres cTen eflre aimé.
Cependant, aimable Bevgeret Dans le temps que iedesespere
?epouvoir de mes jours regagner vofire
coeur,
rrite contre moydune jufie colere;
lelasp!lsai jie rpoeuv.ois recommencer de
Avogreoeil mon premier vainqueur,
J.eflimeroisplus selsimerotspluscceebboonnhheeuurr
Que toute autre conquefieàfaire*.
Si un Amant peut voir conti--1
nud lement la Maîtrelf fan¡'<il
s'ennuyer.
LOrs quun Amant
Aime bien tendrement,
uluprès de sa Silvie
Parlant deses amours, Ilpeut eflre toujours
Sansqu'il s'ennuye.
Dans un doux Entretien
De l'amoureux mdrtire,
Le temps ne dure rien,
On a tropa se Jill.
Tourmoy lors que je fuis auprès de m* t
Beauté,
Je plljJè sans ennuy les plus longs jours v riEsté
A luy témoigner que je faimei
Charmé de vivre fous sa loy,
Mêlas! s'il netenoit qu'a moy
J'y passerois les nuits de mefrne.
DlEREYIIL{.
Résumé : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS du dernier EXTRAORDINAIRE.
Le texte aborde les paradoxes de l'amour conjugal, soulignant que certains hommes préfèrent des femmes moins attrayantes à leurs épouses belles. Il explore les motivations derrière l'attirance pour une femme laide plutôt qu'une belle. Le narrateur suggère que l'amour véritable et la fidélité peuvent émerger dans des situations inattendues, comme gagner l'affection d'une femme fière ou irritée. Il exprime son admiration pour une femme nommée Iris, malgré ses cruels mépris, et avoue avoir réussi à la rendre sensible à son amour. Le narrateur compare également la joie de reconquérir un amour perdu à celle de conquérir une nouvelle personne. Enfin, il met en avant que l'amour véritable permet de passer du temps sans s'ennuyer, même dans les moments les plus longs, contrairement à la monotonie ressentie par un amant indifférent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
I, & lA lettre V, estoient le vray
'ot de la pretniere Enigme du mois
¿oNH
,
& le Souflet ccluy de la
etnde. En voicy flufieurs Explic4.
ions en Yers.
I. vRayment oüy
, vous pllrle a nota,
Açreable Berqer de Flore,
Vont quartefiime & qu'on honore) en puis répondre icy pour tout.
Aiai*ffavez-vou* que par vos rimes
Votu embarrAssèz. trop les gens?
Sur vos plus faciles Enigmes
7faut rêver huit jours pour en trouver
le sens. JJ leu cent fois vojlre nouvelle
Avant que dy rien remarquer; ïnfîn votre trtijîcme& cinquième voyelle,
roflre I, vojlre V.. pour me mieuxexpli.
quer1
Xfontpensé tourner la cervelle,
je ne fçaurais vous le nier,
Berger, quand vous voudrez dansi
Galant Mercure
Nous exercer sur quelque Enigme cio
fcure,
Yo," en sçavez. bien le métier,
Donnez-nous un mot tout entier,
Il nous mettra bien moinsl'ejprit à
i 1
torture.
DIlREVILL:
Le texte discute d'une énigme dont la solution repose sur les lettres 'I' et 'V'. L'auteur critique la complexité des énigmes du 'Berger de Flore' et admire son talent. Il mentionne avoir relu une nouvelle sans en comprendre le sens et demande un mot entier plus facile à déchiffrer. Le texte se conclut par le nom 'DIREVILL'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
II.
BElle Iris, il ejf des Souflets
Qui pour nous promener ont de pu",
sans attraits,
Rien au monde n'ejf plus commode,
Et ceux-là font fort à la mode. -
Il en efl encor pour Valcain,
Et dont l'utilité me semble sans égal6h
Lors quefiant plus petits pour quelq^\
bon festin
, -
On en fait boüillir la Timhalle.
Mais lors qu'auprès de vous faisant tni
le badin,
BelleIris,vous leve la main,
Peur men donnersur le visage,
Cessouflets-là n'ont rien defain.
r peur d'en recevoir saime mieux eflre
fage.
L- e mei-me.
Les soufflets sont des objets pratiques pour se promener et sont utilisés par Vulcain pour attiser le feu. Cependant, ils deviennent inutiles face à une gifle de la belle Iris. Le narrateur évite cette situation embarrassante en restant sage.
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