Résultats : 356 textes (indexation en cours)
Détail
Liste
151
p. 194-195
LES NYMPHES de la Fontaine Saint Martin, au Berger de Bressoles.
Début :
Berger, ton soin est grand d'envoyer les Mercures [...]
Mots clefs :
Berger, Nymphes, Énigmes, Mercure galant, Quenouille, Écrevisse, Sens caché, Honneur
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texteReconnaissance textuelle : LES NYMPHES de la Fontaine Saint Martin, au Berger de Bressoles.
LESNYMPHES
de la Fontaine Saint Martin, au
Berger de Bressoles.
BErger, tonfoinestgrandd'envoyer
les Mercures
ExABernentauxNymphes deces boisi
"¡')AÚ peux - tu. deviner les Enigmes obfcurcs,
Qaproposé, celuy du dernier moUt RE'PONSE.
Cenestp.u difficile chose
En tous les MercuïesGalans,
De trouver a;-iffl*'tofl lefcnS
Des Engmes qu'on y propose;
Et pourlapremiersd'Avrily ,
Je veux que l'on me chantepouiSe ,
Si l'on n'y parle d'un-outil
Sljfez.semblable a la Qjcnouille,
Ou le fit/eau tient Írttachi.
Lesens de l'autre efl plus caché.
(
Mais j'y fuis, & que je perisse
, SSii- ssoonnvvrraaymotfre'eîfïbcrçviffè :
Carffâchez, que [on nom de Cancer en
Latin,
Efl un nom en Grammaire appelle Masculin.
De plus Cancer efl un Signe celefle,
Etpcefel enscorluen m.atdangereuxcam^è
Nymphes,sij"ay bien deviné
Qnk voscharmans appasThonneuren
foit donnéEt ; quele doux foinde vonspU're
Soit toujours maplusgrandeaffaire.
Le Bergerde Bresolles.
de la Fontaine Saint Martin, au
Berger de Bressoles.
BErger, tonfoinestgrandd'envoyer
les Mercures
ExABernentauxNymphes deces boisi
"¡')AÚ peux - tu. deviner les Enigmes obfcurcs,
Qaproposé, celuy du dernier moUt RE'PONSE.
Cenestp.u difficile chose
En tous les MercuïesGalans,
De trouver a;-iffl*'tofl lefcnS
Des Engmes qu'on y propose;
Et pourlapremiersd'Avrily ,
Je veux que l'on me chantepouiSe ,
Si l'on n'y parle d'un-outil
Sljfez.semblable a la Qjcnouille,
Ou le fit/eau tient Írttachi.
Lesens de l'autre efl plus caché.
(
Mais j'y fuis, & que je perisse
, SSii- ssoonnvvrraaymotfre'eîfïbcrçviffè :
Carffâchez, que [on nom de Cancer en
Latin,
Efl un nom en Grammaire appelle Masculin.
De plus Cancer efl un Signe celefle,
Etpcefel enscorluen m.atdangereuxcam^è
Nymphes,sij"ay bien deviné
Qnk voscharmans appasThonneuren
foit donnéEt ; quele doux foinde vonspU're
Soit toujours maplusgrandeaffaire.
Le Bergerde Bresolles.
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Résumé : LES NYMPHES de la Fontaine Saint Martin, au Berger de Bressoles.
Le Berger de Bressoles défie les Nymphes de la Fontaine Saint-Martin de résoudre des énigmes des 'Mercures'. Il demande une poésie sans référence à la quenouille pour le 1er avril. Il évoque le mot 'Cancer', masculin en latin et signe astrologique dangereux. Il admire les charmes et la douceur des Nymphes.
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152
p. 196-197
X.
Début :
De tous, comme l'on dit, on ne peut estre aimé, [...]
Mots clefs :
Aimer, Livre, Quenouille, Nouvelles
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texteReconnaissance textuelle : X.
X.
DE tous, comme ton dit;mHepellt
eflreaimé,
Et je vienstféprowlJer quepour lAchosè
mesme,
L'un vont hiyt
,
& l'autre vont
aime;
Je[uu contre des gens encor bien Animé,
J'ay pris voffre party, Mercure, jiutant que je l'ay pû j'ay repousé finjure
;
Mats contre voflre Livre ils se font déchaînez,
JufejH, luy chantermille poûilles.
Ces railleurs soutenant ( ne vous en chagrinez
)
iJ.!!:'en ce mDisil estoit le Livre des
Quenouilles.
Sgnorans, ay-je dit, je le veux, qu'il
foit vray,
Vous contez, de grandes nouvelles,'
Apprtnez. quon l'envoye aux belles,
Et que d'une Quenouille elles fflfUront
bon gré..
G Y - - - CES, du Havre.
DE tous, comme ton dit;mHepellt
eflreaimé,
Et je vienstféprowlJer quepour lAchosè
mesme,
L'un vont hiyt
,
& l'autre vont
aime;
Je[uu contre des gens encor bien Animé,
J'ay pris voffre party, Mercure, jiutant que je l'ay pû j'ay repousé finjure
;
Mats contre voflre Livre ils se font déchaînez,
JufejH, luy chantermille poûilles.
Ces railleurs soutenant ( ne vous en chagrinez
)
iJ.!!:'en ce mDisil estoit le Livre des
Quenouilles.
Sgnorans, ay-je dit, je le veux, qu'il
foit vray,
Vous contez, de grandes nouvelles,'
Apprtnez. quon l'envoye aux belles,
Et que d'une Quenouille elles fflfUront
bon gré..
G Y - - - CES, du Havre.
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Résumé : X.
Un interlocuteur soutient Mercure et dénonce les insultes à son égard, mentionnant des critiques dans 'Le Livre des Quenouilles', un ouvrage distribué aux femmes. G.Y.C. du Havre confirme ces informations.
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153
p. 197-198
XI.
Début :
Quel affront ! & quel contretemps [...]
Mots clefs :
Affront, Épée, Quenouille, Coeur, Courage, Hercule, Mercure, Héros
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texteReconnaissance textuelle : XI.
& quel contretemps
En ce mois faites-vont, Mercure!
Beaucoup en feront mècontens.
Vintrautres ÀlciJoren gronde,pest't;ure.
Et toit croit- qu'il a bien rAison.,
Quoy ! dans dans le mesmejourquun
Mars, qu'un Apollon
Le choisit pour porter CT l'épée & la
ptque
Vous lay mettez, vont mesme une Quenouille
en main!
Tourquoycettnftrument? Quel est votre
dejfeln?
Efl-ce a cause qu'il estd'une humeur pacifique
Et q,u'ilestdecoeurhumble &douxr'
apprenez que pour estrefage
Il n'en a pat moins de courage.
Vne Qaenoiiiile,direz-vom,
Fut birndonnée au grand Achille,
, Et tonilit cefameuxGuerrier
Nepour la guerre & le laurier,
S'en serviren habit defille;
HeYculeenfit de mesme on ne peut l,
nier,
Mais tout cela ne peut appaiser noftrt
hile,
Lepresent efl trop bas, & paroist in*
sultant,
Mercure, vous déviez rendre plus de
jnftice
A nostre Gouverneur plut subtil qu'àig
-Vlife, Dontlechoixefl toujours prudent.
Si du brave Alcidorilfait un Capitaine,
Ilconnoijifm mérité, & veut que lon
.* apprenne '!!J!emalgrévostre don outrageHx, pt-l-l
Galant,
Il va dans les périls devenir un RolAnd.
Lemefmet
En ce mois faites-vont, Mercure!
Beaucoup en feront mècontens.
Vintrautres ÀlciJoren gronde,pest't;ure.
Et toit croit- qu'il a bien rAison.,
Quoy ! dans dans le mesmejourquun
Mars, qu'un Apollon
Le choisit pour porter CT l'épée & la
ptque
Vous lay mettez, vont mesme une Quenouille
en main!
Tourquoycettnftrument? Quel est votre
dejfeln?
Efl-ce a cause qu'il estd'une humeur pacifique
Et q,u'ilestdecoeurhumble &douxr'
apprenez que pour estrefage
Il n'en a pat moins de courage.
Vne Qaenoiiiile,direz-vom,
Fut birndonnée au grand Achille,
, Et tonilit cefameuxGuerrier
Nepour la guerre & le laurier,
S'en serviren habit defille;
HeYculeenfit de mesme on ne peut l,
nier,
Mais tout cela ne peut appaiser noftrt
hile,
Lepresent efl trop bas, & paroist in*
sultant,
Mercure, vous déviez rendre plus de
jnftice
A nostre Gouverneur plut subtil qu'àig
-Vlife, Dontlechoixefl toujours prudent.
Si du brave Alcidorilfait un Capitaine,
Ilconnoijifm mérité, & veut que lon
.* apprenne '!!J!emalgrévostre don outrageHx, pt-l-l
Galant,
Il va dans les périls devenir un RolAnd.
Lemefmet
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Résumé : XI.
Un poème satirique critique une décision récente concernant la nomination d'un gouverneur à une tâche militaire. Le narrateur exprime son mécontentement face au choix d'une personne pacifique et humble pour ce rôle. Il compare cette situation à Achille, célèbre guerrier déguisé en fille avec une quenouille, soulignant l'injustice et l'insulte faite au gouverneur. Malgré cela, le narrateur affirme que le gouverneur prouvera sa valeur et deviendra un héros, comparable à Roland. Le poème se conclut par une confiance en la capacité du gouverneur à surmonter les défis et à démontrer ses mérites.
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154
p. 199
XII.
Début :
ET de l'Epoux, & de la Femme, [...]
Mots clefs :
Époux, Femme, Maître de maison, Art de plaire, Quenouille
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texteReconnaissance textuelle : XII.
XII.
ETde £Epoux> & de la Femme,
Si les emplois ne font divers
,
Le ménage va de travers.,
Ou je n'entens rien a. lagamme.
Comme Maijlre de la Maison,
Le Afary ne doit entreprendre
Que tout ce. quipourrait dépendre
Des lumières de la raison. m
Le foin de la Femme au cDntraire,'
Selonmesmelesfaintes Lois,
Cess, travaillant deses dix doigts,
.De chercher par tout a luyplaire.
-
SX3
,J44HuXx mains du jietuunnee && dd;Ji reirfl'o;-,n
Uni Quenouille eflridicule;
Et quand il ferait un Hercule3
Cet outil le feroit passer pour un
oison.
C. Hutuge d'Orléans,
demeurant à Metz.
ETde £Epoux> & de la Femme,
Si les emplois ne font divers
,
Le ménage va de travers.,
Ou je n'entens rien a. lagamme.
Comme Maijlre de la Maison,
Le Afary ne doit entreprendre
Que tout ce. quipourrait dépendre
Des lumières de la raison. m
Le foin de la Femme au cDntraire,'
Selonmesmelesfaintes Lois,
Cess, travaillant deses dix doigts,
.De chercher par tout a luyplaire.
-
SX3
,J44HuXx mains du jietuunnee && dd;Ji reirfl'o;-,n
Uni Quenouille eflridicule;
Et quand il ferait un Hercule3
Cet outil le feroit passer pour un
oison.
C. Hutuge d'Orléans,
demeurant à Metz.
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Résumé : XII.
Le texte décrit les rôles traditionnels des époux dans un ménage. Il insiste sur l'importance de définir clairement les responsabilités pour éviter les problèmes. Le mari, en tant que maître de maison, doit faire preuve de raison et de sagesse. La femme doit travailler pour plaire à son mari. Les tâches domestiques, comme filer avec une quenouille, sont jugées ridicules pour un homme, même fort. Le texte cite Charles d'Orléans, résidant à Metz.
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155
p. 200
XIV.
Début :
HE, Mercure, à quoy songez-vous, [...]
Mots clefs :
Quenouille, Embarras
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texteReconnaissance textuelle : XIV.
XIV. H Mercure, a quoyfongez-vont,,
De nom envoyer des Quenouilles,,
Anon* fui trouverionsplm doux
VnpreflntdeiAmbnJ
, de passez, &-
dandoûilles ?
Milfoy
, nom ne les prendrons pat,
Ce ne fsroit pour nom quun fâcheux
embarras
> Dont nom ne voulons point 1".
charge;
Gardez.- donc cepresent, ou le portez
AiLleurs
Etnevomrendez,point silarge
Si vous ne voulez, pas en faire de meilleurs.
LA PETITE ASSEMBLEE A.
du Havre.
De nom envoyer des Quenouilles,,
Anon* fui trouverionsplm doux
VnpreflntdeiAmbnJ
, de passez, &-
dandoûilles ?
Milfoy
, nom ne les prendrons pat,
Ce ne fsroit pour nom quun fâcheux
embarras
> Dont nom ne voulons point 1".
charge;
Gardez.- donc cepresent, ou le portez
AiLleurs
Etnevomrendez,point silarge
Si vous ne voulez, pas en faire de meilleurs.
LA PETITE ASSEMBLEE A.
du Havre.
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156
p. 200-201
XV.
Début :
Quand nostre voisin Maistre Antoine [...]
Mots clefs :
Maître, Maison, Quenouille
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texteReconnaissance textuelle : XV.
XV. QVand nojfre voisin Maiflre Antoine
-A.pritson picotindaveine,
Et qu'il retourne a la maison,
Jacqueline luy chante pDÏtiOe,
Et le change avec sa Quenouille.
Hé bien, n'a-t-elle pat. ra(on ?
Le Rival du Charbonnier
de Reims.
-A.pritson picotindaveine,
Et qu'il retourne a la maison,
Jacqueline luy chante pDÏtiOe,
Et le change avec sa Quenouille.
Hé bien, n'a-t-elle pat. ra(on ?
Le Rival du Charbonnier
de Reims.
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157
p. 201-202
XVI.
Début :
Dans un charmant sejour, où l'on voit les Zephirs [...]
Mots clefs :
Charmant, Zéphyrs, Plaisirs, Énigme, Quenouille, Filer
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texteReconnaissance textuelle : XVI.
XVI. DAns un charmant sejour
,
où ['OfZ.T
voit les Zephirs
D'une haleine Innocente & pure
Caresser en tout temps lesfleNrs & U
verdure,
Je goûte mille doux plaiftrs ;
Çyeft-là que des beautez. que contient
le Mercure
Je fais tous les mots la letbtre :
Et cest dans cet endroitsi propre pour
rêver
Que aune Enigme fort obscure
Jè cherche le vray [ens, & ne puis lé
trouver;
Plus je rêve plus je m'embrouille,
jilors a mon esprit je ne puis rien celer.
Je ne fais que le quereller,
L'injurier, luy chanter poüille.--
Va
,
luy dis-je en couroix , va prendre
une Qjenoiiille,
Tu n:spropre que pour filer.
Larcangc de Bourbon l'Archamb-aut,
Amant de Ciimene.
,
où ['OfZ.T
voit les Zephirs
D'une haleine Innocente & pure
Caresser en tout temps lesfleNrs & U
verdure,
Je goûte mille doux plaiftrs ;
Çyeft-là que des beautez. que contient
le Mercure
Je fais tous les mots la letbtre :
Et cest dans cet endroitsi propre pour
rêver
Que aune Enigme fort obscure
Jè cherche le vray [ens, & ne puis lé
trouver;
Plus je rêve plus je m'embrouille,
jilors a mon esprit je ne puis rien celer.
Je ne fais que le quereller,
L'injurier, luy chanter poüille.--
Va
,
luy dis-je en couroix , va prendre
une Qjenoiiille,
Tu n:spropre que pour filer.
Larcangc de Bourbon l'Archamb-aut,
Amant de Ciimene.
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Résumé : XVI.
Dans un cadre pastoral agréable, le narrateur savoure des plaisirs et admire les beautés décrites dans le Mercure. Il est cependant perturbé par une énigme insoluble. Plus il réfléchit, plus il s'embrouille. Il critique son esprit, le comparant à une quenouille, en référence à l'Arcanget de Bourbon l'Archambaut.
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158
p. 202
XVII.
Début :
QUand je devrois passer pour soi, [...]
Mots clefs :
Écolier, Novice, Écrevisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : XVII.
XVII.
QVand jedevrois pt,Ter pour sots
Pour un Ecolier, un Novice,
Jose avancer que /'Ecreviflc
De l'antre Enigme efl le vray mot. - Le tac(me.
QVand jedevrois pt,Ter pour sots
Pour un Ecolier, un Novice,
Jose avancer que /'Ecreviflc
De l'antre Enigme efl le vray mot. - Le tac(me.
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159
p. 202-203
XVIII.
Début :
Quoy ! dans le temps que le Dieu Mars [...]
Mots clefs :
Mars, Mercure, Dieux, Quenouille, Amant
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texteReconnaissance textuelle : XVIII.
XVIII.
QVoy! dans le temps que le Dieu
Aiars
1M'-enrolle fousfes Etendars,
Pour me faire porter & la pique &
Cépée;
Mercure veut-ilminfulter,
Venant ce mois me presenter
Yne Quenouille encor couverte de poupée?
Qu'il la porte, s'ilveut, a quelqu'autre
qu'à moy Je , ne veux point de ce rsgale;
Et s'il trouve quelqr/ltn qui prenne cet
employ,
Ce doit eflre i'Am.fnt d'une nouvelle
Omphale.
ALCIDOR, du Havre,
QVoy! dans le temps que le Dieu
Aiars
1M'-enrolle fousfes Etendars,
Pour me faire porter & la pique &
Cépée;
Mercure veut-ilminfulter,
Venant ce mois me presenter
Yne Quenouille encor couverte de poupée?
Qu'il la porte, s'ilveut, a quelqu'autre
qu'à moy Je , ne veux point de ce rsgale;
Et s'il trouve quelqr/ltn qui prenne cet
employ,
Ce doit eflre i'Am.fnt d'une nouvelle
Omphale.
ALCIDOR, du Havre,
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160
p. 203-204
XIX.
Début :
J'Ay veu que j'avois mal pensé [...]
Mots clefs :
Énigme, Quenouille, Esprit
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texteReconnaissance textuelle : XIX.
XIX.
I)-A] veu que savois mal pensé
Des Enigmes du mois pasé;
Mais bien facilement j'ay connu le fnystere,
Que vous avez, caché dans l'Enigme
premiere:
Mercure, & sans beaucoup me fatiguer
Cefprit,
J'y reconnais une Qnenouille.
Si quelqu'un me le contredit,
Y'HJ tomberez, d'accord que fort esprit
f? brouille,
~t/~M~Mf convenir que c'est lejlifie
sens
De les détours embarrafTans.
SYLVIE,du Havre.
I)-A] veu que savois mal pensé
Des Enigmes du mois pasé;
Mais bien facilement j'ay connu le fnystere,
Que vous avez, caché dans l'Enigme
premiere:
Mercure, & sans beaucoup me fatiguer
Cefprit,
J'y reconnais une Qnenouille.
Si quelqu'un me le contredit,
Y'HJ tomberez, d'accord que fort esprit
f? brouille,
~t/~M~Mf convenir que c'est lejlifie
sens
De les détours embarrafTans.
SYLVIE,du Havre.
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161
p. 204-231
Lettre de Mr de Vienne Plancy, sur l'Ecriture universelle. [titre d'après la table]
Début :
Voicy, Madame, une nouvelle Lettre de Mr de Vienne / Ce n'a pas esté sans raison, Monsieur, que j'ay differé [...]
Mots clefs :
Écriture, Mystère, Promesse, Abréviation, Réflexions, Dictionnaires, Grammaire, Expressions, Verbes, Adjectifs, Adverbe, Langue, Discours, Écrivain, Terminaisons, Déclinaisons, Élocution, Nations, Capitales, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de Mr de Vienne Plancy, sur l'Ecriture universelle. [titre d'après la table]
Voicy
,
Madame, une nouvelle
Lettre de M*deVienne Plancy sur
£Ecriture univcrfelle.
cAEau-Cleranton le4. luin1685. E n'a pas esté sans raison,
Monsieur, que j'ay differé
si long-temps à m'acquitter de
ce quejevousay promis à la fin
de ma derniere Lettre, sur mes
projers d'Ecrirure universelle,
rapportée dans le 23 Extraordinaire.
Dispensez moy neanmoins
de vous apprendre aujourd'huy
la cause de ce retardement;
c'est un mystere qui sera
plus propre à estre éclaircy
uneautrefois. La promesse que
je vous en ay faite a deux parties.
La premiere, m'engageà donner
du jour à mes deux Lettres précedentes
; & la seconde, à fournir
des moyens d'abréviation
pour ces fortes d'Ecriture. Le
jour que je leur puis donner, ne
se tire quedesreflexions qu'il est
à propos de faire sur leur composition
, sur l'enchaînement genéral
& naturel de leurs Djébonnaires;
sur le grand nombre de
mots simples, dont je les ay enrichies
; sur l'exacte distribution
de leurs Chiffres en neuf & en
trois, pour le rapport particulier
rieces mots; sur la faciledistin-
.cion des manieres differentes,
dont elles marquent les neuf parties
du discours, sur la réduction
de leurs noms à une feule façon
de les décliner, & de leurs verbes
à une feule façon aussi de les conjuguer;
&: enfin sur la regle d'équité
que j'ay observée partour
autant que j'ay pû, qui veut qu'on
traite ~égalemenc les choses égales.
Moyens qui ont pour fondemens
la nature, la raison & l'ordre; &
qui parconsequent ne sçauroient
manquer de rendre ces Ecritures
trespropres à s'imprimer dans
l'esprir,&ày conserver sans embarras
le souvenir de leurs caracteres,
tantà l'égard de l'expression
, que de la signification;
mais comme il suffit de proposer
aux Personnes intelligentes les
sujets sur lesquels elles doivent
refléchir,pour les leur faire a pprofondir
,
6c y voir clair, sans
qu'il foit besoin de leséterdre
,
je
laisseray, Monsieur vostre penetration
l'accroissement des lu.
mieres que j'ay données, & je ne
vous en diray rien davantage.
Quant aux moyens d'abreviation
, vous sçavez que toute Ecriture
, comme toute Langue, consiste
dans son Dictionnaire &
dans sa Grammaire ; & qu'il est
impossible dans le fonds, d'abreger
le Dictionnaire
, parce qu'il
doit contenir les expressions de
tous les estres
,
& de tous leurs
accompagnemens;foir qu'on les
détaille directement, commej'ay
fait par un grand cmiloy de
Chiffres primitifs, dans celuy
que j'ay dressé,suivantlamethode
commune; soit qu'on en marque
une partie directement
,
&
l'autre indirectement, en rapportant
les choses subalternes aux
principales, comme j'ay fait par lesecoursdesChiffres auxiliaires,
dans celuy que j'ay proposé selon
la methode particuliere.
Il n'en est pas de mesme de la
Grammaire; on peut abreger les
expressions qui en dépendent,
j'entends les variations de ses
mots. Nostre langue & ses voilîties
réduisent par exemple,
toutes les déclinaisons
,
à celles'
de l'article définy, ou de l'indéfiny
, & ne leur attribuent que
deux genres,&quatre cas. Elles
expriment les degrez de comparaison
,par des adverbes; ceux
de diminution & d'augmentation,
par des adjectifs; les verbes
passifs, par le verbe substantif
avec un participe; &les verbes
meslez ,par la jonctiond'un
pronom personnel, au verbe aébf-
&au passif.
On peut imiter ces abreviations
,
& mesme encherir sur ellis
,
puis qu'on peut reduire les
deux articles àun seul
,
tel que
l'article general de ma methode
particuliere
;
marquer parluy,
le singulier & le plurieldetout
ce qui sedécline ,**aufïîbienque
les genres & les cas, comme je
l'ay déjaproposédanscette Méthode
; joindre dans sa déclinaison
le vocatifau nominatif;commejel'ay
pratiqué dansmaMevÇjwdpÇpmmun.
e ; employerles
aJverbçs plus & moinsleplus Be
Jemoinsà exprimerles degrez de
-
diminution ,ècd/augmçntation,
Auih.bie# que ceux qecomparai.
'JRl1 i:j& former les verbes actifs
par, le verbesubstantifavec leur
participedu temps present, comme
nous composons les verbes
paOEf.çpr.hlY) avec leur participedutemps
passé, selonma premiere
idée, expliquée dans m.t
Lettre de vostre19. Extraordinaire
p. 304&dire parex. jefuis
tyrnant, tuesaimant, il estaimant;
j'ay jil aimant jefiray aimant,
&c.aulieu dedire,j'aime, tuaimes,
il aime,j'ay aiméj'aimerçiy,
&c.
<-. Op peutajoûterd'autresabreviationsà
ceilesrlà* & parex. ne
point donner devariations aux
genres desadjectifs& dtVpàrtU
cipes, commeenont beauIle7
apprùchtnjtlbiitppYockiifftèTmaisles
Craiter comme sage\brave'lessàtrt,
tymt, dont les genresne sont
point distincts ; reduirelaconjugaifon
,
aussi b~in que ladéclinaison
,&à cet effetnelacomposer
que de trois moeufs & modes
à l'imitation de l Hebreu,
sçavoir, de l'infinitif, de l'imperarif,
Be del'indicatif; qui fera
aussi subjonctif&optatifmoyennant
quelques prépositions dont
on l'accompagnera au besoin telles
que sontsi quand, àJmme,flNft
à Dieu quey&c ne luy laisser que
les trois temps principaux, &exprimer
les autres, pardesAdverbes,
comme autrefois, dernitrement
,l'autrejour, recemment, &c..
ny distinguerles Personnes
, que
par les pronoms personnelscomme
on fait en nostre Langue, lors,
qu'on dit,j'aime, tu aime, il aime,
& comme on feroit si l'on y disoit
usm aimons
, vom aimons, ils aimons
& exprimer mesme sans
variation lesingulier & le pluriel
des personnes
,
& en marquer
feulement les nombres par le
moyen des mesmes Pronoms personnels,
à qui on lesattribuera,
commej'ay dit qu'on les pouvoit
attribuer àl'article,pour marquer
ceux des Noms.
On peut enfin à l'imitation de
la Longue Franque bannir mesme
l'arcicle; reduire ladéclinaisonàun
seul Cas commun, & la
conjuguaisonau seul Infinitif, &
en representer encore les temps
principaux par lesAdverbes déja,
presentement,tantost,hier, AUjourd'huy
,
demain,&c. & dire comme
elle par ex. Ji vous vouloir pre..
sentement aimer moy , moy donner
d/ifjitoj?vom mil écus (Ir, au lieu
dedire, sisousme voulez, aimer,
je vota donne)ay mille écus a'or.
Je ne vous-propose pas de mettre
les conjonctions 6c les préposicionsau
rang des Adverbes,
comme les Grecs font à l'égard
des interjections;d'unir les participes
avec les adjectifs, fous le titre
de noms, fie de necompter
ainsiquecinq parties dudiscours;
au lieu de neuf, sçavoir l'article,
le pronom,le nom,le verbe &
l'adverbe. Cette réduction ne
feroit rien à l'abréviation de l'Ecricureny
de la Langue,rpar,ce.qure1
les Caractères ny les mots n'en
feroient pas en moindre quantité,
quoy qu'ils fussentdistribuez
en moins de Classes ,estant tous
également nécellaires pour l'expression
du discours .,;'& devant
par consequent estre distinguez
en quelque sorce l'unde l'autre.
D'ailleurs j'ay marqué dans mes
deux Ecritures, les parties invariables,
par une barre sur elles,
les déclinables par une barre inserée
& droite; & celles qui se
conjuguent par une barre inserée
& courbe: & c'est avoir réduit
toutesles parties du discoursen
trois Classes au lieu de cinq ;mais
il nes'agit pasdecela,comme:je
viens de dire. d 1:)uHôr'rn,(ri
ï,Le; retranchementdes, Car
âcres& des mots ne peut proceder
que des moyensprécedens,
&. je n'en vois point d'autres
que ceux que je viens de
rapporter. On peutlesemployer,
le champ est libre, l'interprete
en échapera. J'aylaide au choix
de l' Ecrivain, dans le cours de
mesLettres
,
l'usage de la pluspart
de ces moyens,& j'en ayexpliqué
mon sentiment
,
mais à
examiner la chose à fonds, ils
font plutost à rejetter qu'à mettre
en pratique. La nature donne
trois genres aux Eftres, 6c
les separe ; pourquoy quitter foa
exemple, 6c mettre en un, le
Masculin 6c leNeutre? La raison
nous montre que leVerbe a six
maniérés d'influersur le nom, 6c
cinqdetémoigner son aéhon;
Pourquoy donc confondre les
Cas & les Modes qui les distinguent?
Estceuneaffaireàlameémoired'apprendre
trois genres
aulieu dedeux,six Cas&cinq-
Modes aulieu d'un plus petit
nombre? Non sans doute, un
quart d'heure de plus, est plus de
temps qu'il ne faut pour s'instruire
pleinement detoutes ces choses;
On dira peut-estre, que si les
mots simples font l'abondance SC-1'
la richessedesLangues.,ils en
augmententaussila peine,au lieu
que les phrases la diminuent;
qu'ainsisçachant en nostre Langue
déclinerl'article, on en sçait
décliner tous les noms ,
puis
qu'on n'a qu'à placer cet article
devanteux,pour en marquer les
Cas;
Cas; que fçachant^ quatre ou
cinq adverbes de comparaison,
on sçaic composer tous les comparatifs
& tous les superlatifs,
puis qu'on n'a qu'à associer ces
Adverbes avec les Adjedifs,
pour les former; que sçachant
conjuguer le Verbe estre
, on
sçait conjuguer tous les Verbes
passifs, puisqu'on n'a qu'à joindre
leur participe passé àcette conjuguaifon
, pour avoir toutes les
autres.
Je réponds à cela, que je remarque
plus d'éclaircissement
que de verité
,
dans l'opinion
qu'on a que ces fortes d'usages
abregent plus l'instruction d'une
Langue, que ceux que j'ay pro.
posez dans mes deux dernieres
Lettres. J'y fais décliner tous les
Noms, tous les Pronoms, & tous
les Participes d'une mesme maniere,
puis que je leur donne à
tous les mesmesterminaisons, 8c
j'en use ainsi à l'égard des Verbes;
& je maintiens que routes
ces déclinaisons & toutes ces
conjuguaifons ne font pas plus
difficiles à retenir, que la déclinaison
du seul article, & que la
conjuguaifon du seul Verbe fubftatftifj
parce qu'on ne sçait pas
plûtost décliner un Nom & conjuguer
un Verbe, qu'on sçait décliner'tous
les autres Noms, ôc
conjuguer tous les autres Verbes.
, -
,
Il en est demesmedelacomposition
de degrez de comparai-
-
son, dediminution, &d'augmentation.
Qui en sçaitformer un,
sçait former tous les autres; 6c
ces compositions ne sont pas
moins aisées que les associations
des Adverbes pour leurs expressions.
C'est le fruit & l'avantagedesrégies
générales,&desrégles
d'équité, que j'ay suivies par
tout le plus exactement qu'il m'a
estépossible. L'un revient donc à
l'autre, mais ce qui résulte de
mon usage me semble bien important;
c'est qu'il me fait exprimer
les choses par la simplicité
des mots, au lieu qu'on tombe
presque à tout momentpar l'autre
maniere dans l'embarras des phrases;
car enfin je ne croy pasm'être
trompé d'avoir préferé jusqu'icy
les mots simples aux phrases
,
5c
par ex. YZJtbs Rema des Latins, à
la VilledeRome des François; l'e
mtllllY; à il est aimé; le deambulavimus
,
à nosu nom femmespromenez,;
le doctior illo, à f>lu&Jfavant
que tuy, &c. Je me fuis fondé sur
l'exemple delanature, qui n'employe
jamais les lignes courbes,
lors qu'elle peut venir à ses fins,
par les lignes droites; & sur la
Sentence des Sages, qui témoignent
qu'en vain on fait avec
beaucoup, cequ'on peut faire
avec peu. Ces raisons m'ont sceu
persuader qu'il falloit éviter les
détours&les longueurs dans l'E.
criture&dansla Langueuniverfelle
, autant qu'ilestoit possible.
Ondira peutestreencore,que
l'Article, le Verbesubstantif,les
Adverbes
,
les comparatifs, &c.
desquels se forment les petites
phrases ou constructions allongées,
font des marques quiaident
à juger de ce qui les suit; mais j'ay
à répondre que les terminaisons,
ou les Chiffres auxiliaires de mes
Caracteres, sont des si;nes qui
aident aussi à juger de ce qui les
précede, &:qu'ainG l'un revient
encore à l'autre
-,
si bien que le
mot simple cftuu: plus au goust
de la nature tk de la sagesse que
la phrase , il est ce me semble à
préferer à elle dans cette occafioti.-
Mais encore une fois, j'en
laisse lechamp libre, commeje
l'ay laissé dans tout le cours de
mes lettres,en y donnantaux Nations
le choix de toutes ces différentes
manieres de s'exprimer; je
ne prétens les obliger qu'à ce
qu'elles trouveront deplus commode
; une élocunon allongée,
quoyqu'ennuyeu se,nelaisse pas
d'estre intelligible. La concordance
l'il: arbitraire, & bien que
Je defaut de ses a gréables rapports
oste beaucoup de la grace
6cde la perfection du stile
,
il ne
luy fait pas perdre toute sa clarté.
Le soinnéccessaire en de prendre
garde seulement qu'il ne se glisse
point d'équivoque dans cét -La barbarie Cepeutsouffrir
mais l'équivoqueest insupportable
;
elle rend le senspropre à décevoir,
& le met quelquefois hors
d'inrel:iTence.
, Voib, Monsieur
, ce que je
pensedes moyens d'abréviation.
Pour peu que vous les exa-
111inicz,vousJuerez1vec moy,
qu'ils sont plus propres à ébloüir,
comme j'aydit, qu'à servir; 6c
que le meilleur partyest de s'en
tenir aux bornes que j'ay données
à l'Ecriture universelle dans
mes deux dernieres Lettres, sans y
innover aucune chose.
Je n'aurois plus rien à vous dire
decette Ecriture, sans la singularité
que jeluyay attribuée
,
dans
ma Lettre de vostre 14. Extraord.
p.345. où j'ay avance qu'elle nétoit
pm sujette à équivoque, & que
mesme on ne luy en causeroit ¡dl,
quand-on en figureroitUsCd)acftns
sans separation,tant ils estointaisez.
adémejlcr. Vous sçavez,Monsieur,
que par ce nlnt de Caractere, je
n'entens pas un Chiffre seul, mais
un Chiffre ou plusieursavec une
enseigne, comme je l'ayexpliqué
dans ma Lettre de vostre 19. Extraord.
p. 323. & c'est de la maniere
dont cette enses gne est faite,&
de l'endroit où elle est mise
, que résulte ce facile démeslement.
Il vous seraaisedereconnoiftre
cetteveriré
,
sans que je
m'étende dans son explication
& le débutdu Textesacré que
j'ay exprimé par l'une & par l'autre
de mes Ecritures, servira à
vous Ll montrer, sans que je m'en
mesle, pour peu que vous preniez
garde aux principes que j'ay établis
en parlant de l'enseigne.
D'autres Thémes vous produiront
aussi cette connoissance, si
vous vous donnez la peine d'en
faire, je vous demanderois volontiers
quelques momens d'application
pour cela,afin que vous
vissiez en mesme temps la grace &
acilité de ces Ecritures, dans
r pratique.
e iii'ciloisperfutadéjusqu'i
sent, qu'on donnoit à nos
chiffresordinaires le nom d)A-
\ques
,
à cause qu'ils devoient
origineàl'industriedes Ara-
; mais je viens d'e stredesabule
cette opinion,par un de mes sAmis de Paris, tres éclairé
toutes sortes de Sciences. Il
mande que cesPeuples qui ha-
,nt le milieu de l'ancien monn'ont
fait que communiquer
Figures, & la maniere de les
ployeràl'occident; & qu'ils
bnt tirées de l'Orient, non pas
la Chine, mais des Indes où
ÎS onteste inventées; &: que
LIT cette raison les Turcs
,
les;
rfes
, 6c les autres Orientaux
appellent ces Chiffres, chiffres
Indiens" Il ajoûte qu'à la verité,
il ya un peu de diffé rence entre
quelques-unes de leurs Figures,
& quelquesunesdecelles dont
nous nous servons
,
toutesfois si
peu considerable
,
qu'on voie
bien que les nostres sont issuës
des leurs, & qu'au restela maniere
de les employer est toute
semblable. Il me cite làdessus,
outre les Relations Orientales,
un AutheurAngloisnommé Bre-
- veredge, dont son Livre imprimé
à Londres en 1669. intitulé
Instutionum Chronologicarum libri
duo, unà cllm totidem Arithmetices
Chronoligicælibellis.Cetteorigine
de nos Chiffres est encore un
grandavantage pourune Ecriture
qui est fondée sur eux, & iln'y a
pas lieu de douter qu'éstant venuJ.
des Indes jusqu'à nous, ils n'ayent
aussi passé jusqu'à la Chine, Se
auxautresEtats les plus avancez
dans l'Orient. Grand acheminement
pour y faire recevoir la
nouvel!C,si"nifiation que j'ay ccc.
trepris de leur donner, pour la
communication des Nations, &
pour la commodité du Commerce.
Car enfin, Monsieur, legrand
& le facile servicequ'on en peut
tirer, doit faire avoüer aux 1plus
opiniâtres
, que les Peuples qui
écrivent à la Chinoise, & les
Chinois mesmes tÎ sonttant les
sages
, ne le seroient glleres s'ils
en avoient la connoissance
,
6c
qu'ils en refusassent l'usage. Je
prierois vojontiers,par vostre entremise,
le sçavant Mr Comiers
Ji\:n faire l'ouverture au jeunè,
Chinois, qui est le sujet de sa Lettre
inserée dans vostre Mercure
de Septembre dernier, si cetEtranger
est encore à Paris,comtne ilyalieudelejuger,parle temps
qu'il faut pour voir les beautez
de cerreincomparableVille, qui
seroit sans doute plus grande que
les deux Capitales de son Pays,,
si les Maisons qu'elle peuple
avoient leurs étages à leurs côfez,
au lieu de les avoir l'un sur
l'autre comme elles,
La façon d'écrire de ceux qui
parlent la Latigue-Latine, la
Grecque, la Teutonique,Se
l' Esclavone
quatreLangues
Meres qui ont pour Filles toutes
les Langues de l'Europe, excepté
la Turque,
est de conduire
leur Plume du costé gauche au
cofté droit; celle desHebreux,
fiede leurs branches est de la mener-
du costé droit au costé gauche,
& celle des Chinois est de la
tirer du haut en bas. Peut-estre
qued'autres Peuples la font aller
debas en haut, tant l'art allffi
bien que la nature se plaist à la
diversité. Mesdeux sortes d' Ecriture
se peuvent marquer de
toutes ces manieres , sans aucun
desordre; & la situation de leurs
Caracteres leur est indifferente.
Il est vray qu'à y bien penser, cét
avantage est commun à toute autre
Ecriture ou Langue, puis qu'il
ne dépend que du capricedes Ecrivains.
Ce qui est à souhaiter pour
l'employ des miennes, c'est qu'il
se trouve quelque Personne assez
charitableenvers le Public, pour
vouloir bien prendre la peine
d'en mettre les deux Dictionnaires
universels dans toutes leurs
étendues
,
afin que les Nations
n'ayant plus qu'à dresser leurs
Dictionnaires particuliers sur l'un
ou sur l'autre de ces universels
à leur choix, elles soient excitées
à y travailler, & à s'en servir. Il
me suffit d'en avoir tracéle plan,
il faut laisser quelque choseà faire
aux autres, comme dit Sorel,
dans l'endroit de sa Science universelle,
où il traite de ce grand
secrer. L'utilité de l'Ouvrage y
doit porter les interessez dans
le Commerce, &la Chambre
Royale qui prend tant de foin
d'étendre le nostre par toute la
terre, peut l'ordonner à quelqu'un
d'eux, avec la récompense
qui luy ensera deuë.
Vous concevez assez,Monsieur
l'avantage que les Peuples en tire.
roient,sans que je m'en explique.
Je serois pourtant bierfaÜe de
sçavoir de vous, qui de l'Ecriture
universelle
, ou de la Langue
de mesme nature, vous sembleroit
d'un plus grand service pour
les Nations? Je vous ay découvert
toutes mes pensées sur le
premier moyen de communicacation
,reste à vous entretenir du
fecond. Le Quartier d'Octobre
ne se passera pas que je n'aye cet
honneur. Je m'y engage, &je
fuis vostre, &c.
DE VIENNE PLANCY.
,
Madame, une nouvelle
Lettre de M*deVienne Plancy sur
£Ecriture univcrfelle.
cAEau-Cleranton le4. luin1685. E n'a pas esté sans raison,
Monsieur, que j'ay differé
si long-temps à m'acquitter de
ce quejevousay promis à la fin
de ma derniere Lettre, sur mes
projers d'Ecrirure universelle,
rapportée dans le 23 Extraordinaire.
Dispensez moy neanmoins
de vous apprendre aujourd'huy
la cause de ce retardement;
c'est un mystere qui sera
plus propre à estre éclaircy
uneautrefois. La promesse que
je vous en ay faite a deux parties.
La premiere, m'engageà donner
du jour à mes deux Lettres précedentes
; & la seconde, à fournir
des moyens d'abréviation
pour ces fortes d'Ecriture. Le
jour que je leur puis donner, ne
se tire quedesreflexions qu'il est
à propos de faire sur leur composition
, sur l'enchaînement genéral
& naturel de leurs Djébonnaires;
sur le grand nombre de
mots simples, dont je les ay enrichies
; sur l'exacte distribution
de leurs Chiffres en neuf & en
trois, pour le rapport particulier
rieces mots; sur la faciledistin-
.cion des manieres differentes,
dont elles marquent les neuf parties
du discours, sur la réduction
de leurs noms à une feule façon
de les décliner, & de leurs verbes
à une feule façon aussi de les conjuguer;
&: enfin sur la regle d'équité
que j'ay observée partour
autant que j'ay pû, qui veut qu'on
traite ~égalemenc les choses égales.
Moyens qui ont pour fondemens
la nature, la raison & l'ordre; &
qui parconsequent ne sçauroient
manquer de rendre ces Ecritures
trespropres à s'imprimer dans
l'esprir,&ày conserver sans embarras
le souvenir de leurs caracteres,
tantà l'égard de l'expression
, que de la signification;
mais comme il suffit de proposer
aux Personnes intelligentes les
sujets sur lesquels elles doivent
refléchir,pour les leur faire a pprofondir
,
6c y voir clair, sans
qu'il foit besoin de leséterdre
,
je
laisseray, Monsieur vostre penetration
l'accroissement des lu.
mieres que j'ay données, & je ne
vous en diray rien davantage.
Quant aux moyens d'abreviation
, vous sçavez que toute Ecriture
, comme toute Langue, consiste
dans son Dictionnaire &
dans sa Grammaire ; & qu'il est
impossible dans le fonds, d'abreger
le Dictionnaire
, parce qu'il
doit contenir les expressions de
tous les estres
,
& de tous leurs
accompagnemens;foir qu'on les
détaille directement, commej'ay
fait par un grand cmiloy de
Chiffres primitifs, dans celuy
que j'ay dressé,suivantlamethode
commune; soit qu'on en marque
une partie directement
,
&
l'autre indirectement, en rapportant
les choses subalternes aux
principales, comme j'ay fait par lesecoursdesChiffres auxiliaires,
dans celuy que j'ay proposé selon
la methode particuliere.
Il n'en est pas de mesme de la
Grammaire; on peut abreger les
expressions qui en dépendent,
j'entends les variations de ses
mots. Nostre langue & ses voilîties
réduisent par exemple,
toutes les déclinaisons
,
à celles'
de l'article définy, ou de l'indéfiny
, & ne leur attribuent que
deux genres,&quatre cas. Elles
expriment les degrez de comparaison
,par des adverbes; ceux
de diminution & d'augmentation,
par des adjectifs; les verbes
passifs, par le verbe substantif
avec un participe; &les verbes
meslez ,par la jonctiond'un
pronom personnel, au verbe aébf-
&au passif.
On peut imiter ces abreviations
,
& mesme encherir sur ellis
,
puis qu'on peut reduire les
deux articles àun seul
,
tel que
l'article general de ma methode
particuliere
;
marquer parluy,
le singulier & le plurieldetout
ce qui sedécline ,**aufïîbienque
les genres & les cas, comme je
l'ay déjaproposédanscette Méthode
; joindre dans sa déclinaison
le vocatifau nominatif;commejel'ay
pratiqué dansmaMevÇjwdpÇpmmun.
e ; employerles
aJverbçs plus & moinsleplus Be
Jemoinsà exprimerles degrez de
-
diminution ,ècd/augmçntation,
Auih.bie# que ceux qecomparai.
'JRl1 i:j& former les verbes actifs
par, le verbesubstantifavec leur
participedu temps present, comme
nous composons les verbes
paOEf.çpr.hlY) avec leur participedutemps
passé, selonma premiere
idée, expliquée dans m.t
Lettre de vostre19. Extraordinaire
p. 304&dire parex. jefuis
tyrnant, tuesaimant, il estaimant;
j'ay jil aimant jefiray aimant,
&c.aulieu dedire,j'aime, tuaimes,
il aime,j'ay aiméj'aimerçiy,
&c.
<-. Op peutajoûterd'autresabreviationsà
ceilesrlà* & parex. ne
point donner devariations aux
genres desadjectifs& dtVpàrtU
cipes, commeenont beauIle7
apprùchtnjtlbiitppYockiifftèTmaisles
Craiter comme sage\brave'lessàtrt,
tymt, dont les genresne sont
point distincts ; reduirelaconjugaifon
,
aussi b~in que ladéclinaison
,&à cet effetnelacomposer
que de trois moeufs & modes
à l'imitation de l Hebreu,
sçavoir, de l'infinitif, de l'imperarif,
Be del'indicatif; qui fera
aussi subjonctif&optatifmoyennant
quelques prépositions dont
on l'accompagnera au besoin telles
que sontsi quand, àJmme,flNft
à Dieu quey&c ne luy laisser que
les trois temps principaux, &exprimer
les autres, pardesAdverbes,
comme autrefois, dernitrement
,l'autrejour, recemment, &c..
ny distinguerles Personnes
, que
par les pronoms personnelscomme
on fait en nostre Langue, lors,
qu'on dit,j'aime, tu aime, il aime,
& comme on feroit si l'on y disoit
usm aimons
, vom aimons, ils aimons
& exprimer mesme sans
variation lesingulier & le pluriel
des personnes
,
& en marquer
feulement les nombres par le
moyen des mesmes Pronoms personnels,
à qui on lesattribuera,
commej'ay dit qu'on les pouvoit
attribuer àl'article,pour marquer
ceux des Noms.
On peut enfin à l'imitation de
la Longue Franque bannir mesme
l'arcicle; reduire ladéclinaisonàun
seul Cas commun, & la
conjuguaisonau seul Infinitif, &
en representer encore les temps
principaux par lesAdverbes déja,
presentement,tantost,hier, AUjourd'huy
,
demain,&c. & dire comme
elle par ex. Ji vous vouloir pre..
sentement aimer moy , moy donner
d/ifjitoj?vom mil écus (Ir, au lieu
dedire, sisousme voulez, aimer,
je vota donne)ay mille écus a'or.
Je ne vous-propose pas de mettre
les conjonctions 6c les préposicionsau
rang des Adverbes,
comme les Grecs font à l'égard
des interjections;d'unir les participes
avec les adjectifs, fous le titre
de noms, fie de necompter
ainsiquecinq parties dudiscours;
au lieu de neuf, sçavoir l'article,
le pronom,le nom,le verbe &
l'adverbe. Cette réduction ne
feroit rien à l'abréviation de l'Ecricureny
de la Langue,rpar,ce.qure1
les Caractères ny les mots n'en
feroient pas en moindre quantité,
quoy qu'ils fussentdistribuez
en moins de Classes ,estant tous
également nécellaires pour l'expression
du discours .,;'& devant
par consequent estre distinguez
en quelque sorce l'unde l'autre.
D'ailleurs j'ay marqué dans mes
deux Ecritures, les parties invariables,
par une barre sur elles,
les déclinables par une barre inserée
& droite; & celles qui se
conjuguent par une barre inserée
& courbe: & c'est avoir réduit
toutesles parties du discoursen
trois Classes au lieu de cinq ;mais
il nes'agit pasdecela,comme:je
viens de dire. d 1:)uHôr'rn,(ri
ï,Le; retranchementdes, Car
âcres& des mots ne peut proceder
que des moyensprécedens,
&. je n'en vois point d'autres
que ceux que je viens de
rapporter. On peutlesemployer,
le champ est libre, l'interprete
en échapera. J'aylaide au choix
de l' Ecrivain, dans le cours de
mesLettres
,
l'usage de la pluspart
de ces moyens,& j'en ayexpliqué
mon sentiment
,
mais à
examiner la chose à fonds, ils
font plutost à rejetter qu'à mettre
en pratique. La nature donne
trois genres aux Eftres, 6c
les separe ; pourquoy quitter foa
exemple, 6c mettre en un, le
Masculin 6c leNeutre? La raison
nous montre que leVerbe a six
maniérés d'influersur le nom, 6c
cinqdetémoigner son aéhon;
Pourquoy donc confondre les
Cas & les Modes qui les distinguent?
Estceuneaffaireàlameémoired'apprendre
trois genres
aulieu dedeux,six Cas&cinq-
Modes aulieu d'un plus petit
nombre? Non sans doute, un
quart d'heure de plus, est plus de
temps qu'il ne faut pour s'instruire
pleinement detoutes ces choses;
On dira peut-estre, que si les
mots simples font l'abondance SC-1'
la richessedesLangues.,ils en
augmententaussila peine,au lieu
que les phrases la diminuent;
qu'ainsisçachant en nostre Langue
déclinerl'article, on en sçait
décliner tous les noms ,
puis
qu'on n'a qu'à placer cet article
devanteux,pour en marquer les
Cas;
Cas; que fçachant^ quatre ou
cinq adverbes de comparaison,
on sçaic composer tous les comparatifs
& tous les superlatifs,
puis qu'on n'a qu'à associer ces
Adverbes avec les Adjedifs,
pour les former; que sçachant
conjuguer le Verbe estre
, on
sçait conjuguer tous les Verbes
passifs, puisqu'on n'a qu'à joindre
leur participe passé àcette conjuguaifon
, pour avoir toutes les
autres.
Je réponds à cela, que je remarque
plus d'éclaircissement
que de verité
,
dans l'opinion
qu'on a que ces fortes d'usages
abregent plus l'instruction d'une
Langue, que ceux que j'ay pro.
posez dans mes deux dernieres
Lettres. J'y fais décliner tous les
Noms, tous les Pronoms, & tous
les Participes d'une mesme maniere,
puis que je leur donne à
tous les mesmesterminaisons, 8c
j'en use ainsi à l'égard des Verbes;
& je maintiens que routes
ces déclinaisons & toutes ces
conjuguaifons ne font pas plus
difficiles à retenir, que la déclinaison
du seul article, & que la
conjuguaifon du seul Verbe fubftatftifj
parce qu'on ne sçait pas
plûtost décliner un Nom & conjuguer
un Verbe, qu'on sçait décliner'tous
les autres Noms, ôc
conjuguer tous les autres Verbes.
, -
,
Il en est demesmedelacomposition
de degrez de comparai-
-
son, dediminution, &d'augmentation.
Qui en sçaitformer un,
sçait former tous les autres; 6c
ces compositions ne sont pas
moins aisées que les associations
des Adverbes pour leurs expressions.
C'est le fruit & l'avantagedesrégies
générales,&desrégles
d'équité, que j'ay suivies par
tout le plus exactement qu'il m'a
estépossible. L'un revient donc à
l'autre, mais ce qui résulte de
mon usage me semble bien important;
c'est qu'il me fait exprimer
les choses par la simplicité
des mots, au lieu qu'on tombe
presque à tout momentpar l'autre
maniere dans l'embarras des phrases;
car enfin je ne croy pasm'être
trompé d'avoir préferé jusqu'icy
les mots simples aux phrases
,
5c
par ex. YZJtbs Rema des Latins, à
la VilledeRome des François; l'e
mtllllY; à il est aimé; le deambulavimus
,
à nosu nom femmespromenez,;
le doctior illo, à f>lu&Jfavant
que tuy, &c. Je me fuis fondé sur
l'exemple delanature, qui n'employe
jamais les lignes courbes,
lors qu'elle peut venir à ses fins,
par les lignes droites; & sur la
Sentence des Sages, qui témoignent
qu'en vain on fait avec
beaucoup, cequ'on peut faire
avec peu. Ces raisons m'ont sceu
persuader qu'il falloit éviter les
détours&les longueurs dans l'E.
criture&dansla Langueuniverfelle
, autant qu'ilestoit possible.
Ondira peutestreencore,que
l'Article, le Verbesubstantif,les
Adverbes
,
les comparatifs, &c.
desquels se forment les petites
phrases ou constructions allongées,
font des marques quiaident
à juger de ce qui les suit; mais j'ay
à répondre que les terminaisons,
ou les Chiffres auxiliaires de mes
Caracteres, sont des si;nes qui
aident aussi à juger de ce qui les
précede, &:qu'ainG l'un revient
encore à l'autre
-,
si bien que le
mot simple cftuu: plus au goust
de la nature tk de la sagesse que
la phrase , il est ce me semble à
préferer à elle dans cette occafioti.-
Mais encore une fois, j'en
laisse lechamp libre, commeje
l'ay laissé dans tout le cours de
mes lettres,en y donnantaux Nations
le choix de toutes ces différentes
manieres de s'exprimer; je
ne prétens les obliger qu'à ce
qu'elles trouveront deplus commode
; une élocunon allongée,
quoyqu'ennuyeu se,nelaisse pas
d'estre intelligible. La concordance
l'il: arbitraire, & bien que
Je defaut de ses a gréables rapports
oste beaucoup de la grace
6cde la perfection du stile
,
il ne
luy fait pas perdre toute sa clarté.
Le soinnéccessaire en de prendre
garde seulement qu'il ne se glisse
point d'équivoque dans cét -La barbarie Cepeutsouffrir
mais l'équivoqueest insupportable
;
elle rend le senspropre à décevoir,
& le met quelquefois hors
d'inrel:iTence.
, Voib, Monsieur
, ce que je
pensedes moyens d'abréviation.
Pour peu que vous les exa-
111inicz,vousJuerez1vec moy,
qu'ils sont plus propres à ébloüir,
comme j'aydit, qu'à servir; 6c
que le meilleur partyest de s'en
tenir aux bornes que j'ay données
à l'Ecriture universelle dans
mes deux dernieres Lettres, sans y
innover aucune chose.
Je n'aurois plus rien à vous dire
decette Ecriture, sans la singularité
que jeluyay attribuée
,
dans
ma Lettre de vostre 14. Extraord.
p.345. où j'ay avance qu'elle nétoit
pm sujette à équivoque, & que
mesme on ne luy en causeroit ¡dl,
quand-on en figureroitUsCd)acftns
sans separation,tant ils estointaisez.
adémejlcr. Vous sçavez,Monsieur,
que par ce nlnt de Caractere, je
n'entens pas un Chiffre seul, mais
un Chiffre ou plusieursavec une
enseigne, comme je l'ayexpliqué
dans ma Lettre de vostre 19. Extraord.
p. 323. & c'est de la maniere
dont cette enses gne est faite,&
de l'endroit où elle est mise
, que résulte ce facile démeslement.
Il vous seraaisedereconnoiftre
cetteveriré
,
sans que je
m'étende dans son explication
& le débutdu Textesacré que
j'ay exprimé par l'une & par l'autre
de mes Ecritures, servira à
vous Ll montrer, sans que je m'en
mesle, pour peu que vous preniez
garde aux principes que j'ay établis
en parlant de l'enseigne.
D'autres Thémes vous produiront
aussi cette connoissance, si
vous vous donnez la peine d'en
faire, je vous demanderois volontiers
quelques momens d'application
pour cela,afin que vous
vissiez en mesme temps la grace &
acilité de ces Ecritures, dans
r pratique.
e iii'ciloisperfutadéjusqu'i
sent, qu'on donnoit à nos
chiffresordinaires le nom d)A-
\ques
,
à cause qu'ils devoient
origineàl'industriedes Ara-
; mais je viens d'e stredesabule
cette opinion,par un de mes sAmis de Paris, tres éclairé
toutes sortes de Sciences. Il
mande que cesPeuples qui ha-
,nt le milieu de l'ancien monn'ont
fait que communiquer
Figures, & la maniere de les
ployeràl'occident; & qu'ils
bnt tirées de l'Orient, non pas
la Chine, mais des Indes où
ÎS onteste inventées; &: que
LIT cette raison les Turcs
,
les;
rfes
, 6c les autres Orientaux
appellent ces Chiffres, chiffres
Indiens" Il ajoûte qu'à la verité,
il ya un peu de diffé rence entre
quelques-unes de leurs Figures,
& quelquesunesdecelles dont
nous nous servons
,
toutesfois si
peu considerable
,
qu'on voie
bien que les nostres sont issuës
des leurs, & qu'au restela maniere
de les employer est toute
semblable. Il me cite làdessus,
outre les Relations Orientales,
un AutheurAngloisnommé Bre-
- veredge, dont son Livre imprimé
à Londres en 1669. intitulé
Instutionum Chronologicarum libri
duo, unà cllm totidem Arithmetices
Chronoligicælibellis.Cetteorigine
de nos Chiffres est encore un
grandavantage pourune Ecriture
qui est fondée sur eux, & iln'y a
pas lieu de douter qu'éstant venuJ.
des Indes jusqu'à nous, ils n'ayent
aussi passé jusqu'à la Chine, Se
auxautresEtats les plus avancez
dans l'Orient. Grand acheminement
pour y faire recevoir la
nouvel!C,si"nifiation que j'ay ccc.
trepris de leur donner, pour la
communication des Nations, &
pour la commodité du Commerce.
Car enfin, Monsieur, legrand
& le facile servicequ'on en peut
tirer, doit faire avoüer aux 1plus
opiniâtres
, que les Peuples qui
écrivent à la Chinoise, & les
Chinois mesmes tÎ sonttant les
sages
, ne le seroient glleres s'ils
en avoient la connoissance
,
6c
qu'ils en refusassent l'usage. Je
prierois vojontiers,par vostre entremise,
le sçavant Mr Comiers
Ji\:n faire l'ouverture au jeunè,
Chinois, qui est le sujet de sa Lettre
inserée dans vostre Mercure
de Septembre dernier, si cetEtranger
est encore à Paris,comtne ilyalieudelejuger,parle temps
qu'il faut pour voir les beautez
de cerreincomparableVille, qui
seroit sans doute plus grande que
les deux Capitales de son Pays,,
si les Maisons qu'elle peuple
avoient leurs étages à leurs côfez,
au lieu de les avoir l'un sur
l'autre comme elles,
La façon d'écrire de ceux qui
parlent la Latigue-Latine, la
Grecque, la Teutonique,Se
l' Esclavone
quatreLangues
Meres qui ont pour Filles toutes
les Langues de l'Europe, excepté
la Turque,
est de conduire
leur Plume du costé gauche au
cofté droit; celle desHebreux,
fiede leurs branches est de la mener-
du costé droit au costé gauche,
& celle des Chinois est de la
tirer du haut en bas. Peut-estre
qued'autres Peuples la font aller
debas en haut, tant l'art allffi
bien que la nature se plaist à la
diversité. Mesdeux sortes d' Ecriture
se peuvent marquer de
toutes ces manieres , sans aucun
desordre; & la situation de leurs
Caracteres leur est indifferente.
Il est vray qu'à y bien penser, cét
avantage est commun à toute autre
Ecriture ou Langue, puis qu'il
ne dépend que du capricedes Ecrivains.
Ce qui est à souhaiter pour
l'employ des miennes, c'est qu'il
se trouve quelque Personne assez
charitableenvers le Public, pour
vouloir bien prendre la peine
d'en mettre les deux Dictionnaires
universels dans toutes leurs
étendues
,
afin que les Nations
n'ayant plus qu'à dresser leurs
Dictionnaires particuliers sur l'un
ou sur l'autre de ces universels
à leur choix, elles soient excitées
à y travailler, & à s'en servir. Il
me suffit d'en avoir tracéle plan,
il faut laisser quelque choseà faire
aux autres, comme dit Sorel,
dans l'endroit de sa Science universelle,
où il traite de ce grand
secrer. L'utilité de l'Ouvrage y
doit porter les interessez dans
le Commerce, &la Chambre
Royale qui prend tant de foin
d'étendre le nostre par toute la
terre, peut l'ordonner à quelqu'un
d'eux, avec la récompense
qui luy ensera deuë.
Vous concevez assez,Monsieur
l'avantage que les Peuples en tire.
roient,sans que je m'en explique.
Je serois pourtant bierfaÜe de
sçavoir de vous, qui de l'Ecriture
universelle
, ou de la Langue
de mesme nature, vous sembleroit
d'un plus grand service pour
les Nations? Je vous ay découvert
toutes mes pensées sur le
premier moyen de communicacation
,reste à vous entretenir du
fecond. Le Quartier d'Octobre
ne se passera pas que je n'aye cet
honneur. Je m'y engage, &je
fuis vostre, &c.
DE VIENNE PLANCY.
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Résumé : Lettre de Mr de Vienne Plancy, sur l'Ecriture universelle. [titre d'après la table]
Dans une lettre du 4 juin 1685, M. de Vienne Plancy présente ses projets concernant une écriture universelle. Il divise son projet en deux parties : l'illustration de ses lettres précédentes et les moyens d'abréviation pour cette écriture. Il aborde plusieurs aspects nécessaires à la compréhension de cette écriture, tels que la composition, l'enchaînement des idées, le nombre de mots simples, la distribution des chiffres, et la distinction des parties du discours. L'auteur souligne que toute écriture repose sur un dictionnaire et une grammaire. Bien que le dictionnaire ne puisse être abrégé, la grammaire peut l'être en réduisant les variations des mots. Il propose de limiter les déclinaisons et les degrés de comparaison, et de simplifier les articles, pronoms, et temps verbaux. Il suggère de réduire les parties du discours à cinq : l'article, le pronom, le nom, le verbe et l'adverbe, et de les classer en trois catégories selon leur invariabilité. M. de Vienne Plancy discute également de la nature des genres et des cas grammaticaux, affirmant que la simplification des genres et des modes ne rendrait pas l'apprentissage plus difficile. Il préfère les mots simples aux phrases complexes et insiste sur la clarté et l'absence d'ambiguïté dans l'écriture. Il aborde la question des chiffres, soulignant leur origine indienne, et mentionne diverses directions d'écriture selon les langues. Enfin, il propose la création de dictionnaires universels pour faciliter la communication entre les nations, laissant aux autres le soin de les développer. Il espère que la Chambre Royale encouragera cette initiative et demande l'avis de son interlocuteur sur la préférence entre une écriture universelle ou une langue de même nature.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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162
p. 232-241
SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS DU XXVII. EXTRAORDINAIRE.
Début :
Si un Mary qui découvre que la Personne qu'il a épousée, [...]
Mots clefs :
Époux, Passion, Femme, Amant, Mariage, Malheur, Amour, Destin, Coeur, Aimer, Liberté, Voeux, Fidélité, Bonheur, Douleur, Tombeaux, Histoire antique, Obsèques, Architecture, Défunts, Sépulture
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texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS DU XXVII. EXTRAORDINAIRE.
SENTIMENS
SUR TOUTES LES QUESTIONS
-DU XXVII.,
EXTRAORDINAIRE.
Si un Mary qui découvre que la
Personne qu'il a épousée,estoit
prévenuedepassion pour un
autre en l'épousant,a plus sujet
de se plaindre d'elle, qu'un
autre Maryn'ena de seplaindre
de sa Femme, lors qu'il
s'apperçoit que depuis son mariageelle
est devenue sensible
auxsoins d'unAmant.
pA- les termes exprès de cette Quession,
Je conclus que le mariage
Malgré toute précaution,
Eflundangereux esclavage
Et bien sujet à1caution.
C'est un rnalhertrinévitable,
Tofl ou tard, une Femme ilimablè"
Trouvequelqueplaijïràsenfaire conten-
Etle joug qu'un Galant nom aidea porter,
Devient un [ouf'infupportaMe. d'
Mats jenesçay lequelefl le plus malheureux,
Deceluy qui découvreen épousantfa-
Femme,
Quavecunautre Amantelleavoit dattii
son ame,
Vn engagement amfJUrCHX::
,OH. celuy qui Jepuù) voitsaFemme
delle
MAlgré l'amourqu'ilapourelle,
Abandonnerson coeur-Àd"impudsq*ueslfQtx>*-$
0
Cependant quand je confidere
De ces deux Maris, la misere,
Avec un peu d'attention:
Je trouve dufécond, le dessin ordinaire,
Et j'ay pour le premier, plus de compaf-
/ion.
W3
Tous deux ont sujet defeplaindre,
Maifils avoienttous deux également a craindre:*• -
EpouferuneBelle &quin'eustpointaime,.
Neferort-ce pas un miracle?
Et dans le Sacrement un coeuraccoutume
PeHto.il àbsonfalmaoucr troluever?un grand
Lequel est le plus facile de n'avoir
jamais d'amour, ou de n'en
avoir qu'une seule fois en toute sa
vie. IL estrare, belle Sylvie,
De n'avoir jAmllü dans la vie»
Mais lors que de ïamour on afuby les--
¡oix *
Heflplus rare encor de riaimerquune
foù. es
VOUSvoirobjlinéeanejamais armer
Peut estre osez.-vous pré urner,
De pouvoir aisement éviter dans la vieiy.
L'amour &[es plus doue:sloix:
Mais apprenez,, belle Sylvie.
S^ue 1 on efl obligé d'aimer tous Unefois!.
80
Quandde ee Dieula tendre violence
VoussoumettrafmssapuiJfllnce;
Quand le moment feravenu,
Moment qui vous efl inconnu
Mais qui vientsans que ton y pcnfe
jPJecroyez. pas d'amoursuivre les douceis
loix
Unefeulefois dans lavie;
Car apprenez., belleSylvie,
onmpeut toeujoufrs lloimerquiandson aÎ.mf':
S'il estplus cruelde ne pouvoir
réüssir à sefaire aimer d'une Personne,
pour qui on sent unetresforte
inclination
, que de la voir
infidele a près qu'on en a receules
plus engageantes marques d'amour.
TVsçais, mon cher Damtn, fiqHclauautre
que moy Doit plusserécrierfu* , un manque defoy.
J'aimais,j'estois aimé d'une jeune Bérgere,
Dontje croyois le coeur &sidette & sincere.
Cependant la volageaprèsmilleferment,
M'abandDnne, mefuit, cherched'autres
Amans, * la confiance est pourelleune chose inconnue,
Et etunnouvel amourson lime
estpre'venue,
Olry, je n'en puis douter ; un rival trop
heureux,
Jouit en liberté de l'objet de mes voeux,- -
Et moy, mIn' cher Damon, je nay de ma
conflance
J^iteletr'fte regret pourtoute recompettfe.
Elle avoit, je£avoué,écoutémesfoupirs»
Et de quelques faveurscontentémes
drfirs;
Maiscefl en celamesmeOH je fuisplus «-
plaindre,
Lors que de monamourje navoisriens
craindret
jQue tout me répondoit de sa ideiité
L'ingrate metrahiti quiltnferoit duté?
Toy-mesme qui cannois jusquou va d'sa
ne Femme,
'Le changement d'humeur, Cinégalité
cEamc>
Tu rnas dit millefois,ravy de mon bonheur,
Que jeferoistoujours lemaifire defort
coeur.
Ctpendant aujourd'hui tu vois bien le
contraire:
Juge dema douleur, jugede macetera
Et tu confie[feras qu'unpareil traitement,
Efl le plus granddes maux que l'onfoujfre
en aimant.
QU'ELLE EST L'ORIGINE
DES TOMBEAUX.
pOur I"Origine des TombeAux,
Superbes, magnifiques, beaux,
Et telsque les Htfloires GrecqueSt
Dififnt qu'on dreffoit aux Obséques
Des Heros de tantiqHité;
LesEgyptiens ont eslé
Les prlmeeru/ui parla druBure
D'HWsuperbe architeElure,
bâtirent magnifiquement, ji leurs Défuntsunmonument.
En des lieuxsecs & non humides.
Dans l Egypte on voitPyramides-
Obelisques, Arcstriomphaux,
Et tout celttfont des TombeAux;
Onvoitaujjidans UJudée3
La Palestine,&l'idumée,
DesSepulchres tes (omptueHX
Où fontenterrez* les Hebreux,
Car ce Peuple a dure cervelle, (C'efl ainsi que le Juif s'appelle,
Chez, sonfameux Legislateur)
Portoit aux Aiorts un grand honneur»
MaisChonneur de la Sépulture,
Ef/oit dans la Loy de Nature,
Pratiqué bien auparavant,
Par tous les Peuplesdu Levant.
Puis quAbrahamfor son vieilâge
Voulut avoir en héritage,
Pourluy ,sa Femme, & tous lesftenii
Vn. Tombeau chez, les Hhhiens,
Lesquels avoient, dit £Ecriture,
Vn qrandfoin de la Sépulture,
Detous ceux de leur Nation:
Chacun danssa condition,
jivo'tun Tombeau domestique,
scunsuperbe
,
l'antre rustique;
Mais tousces divers Monumens;
Ne manquoient larnais <£o*nemettSiuibrahamdoncaleurexemple,
Trfte, menarttnn deuil très amples
Desa chere EpouseS-ara,
Pourl'enterrer-Iekrdemanda,
Non pas cdmmcune récompense,-
JvJais?noyentrant grojfefinanûe, * -
Fourcetemps*la, cela&èntend,
QHilleur délivratout compta)ik*"
Leunfrmdndtt, dis-se,Uneplacé,
Pourinhumertoutesa race,
Dans un certain Champ retiré,
Qui*egardoitdeversÀfembré»
«*
Maisce Peupleàcettesemonce,
Luy fit une honnefle rtponre.
Pniiez., dit-il, de nosTombeaux
Les plus exquis, & lesfins beauxt
Il rieflaucun qui nefefajfè
Ungrand honneurde cette grâce*
uibraham pourcecompliment,
Ne changea pointdefenùment.
Demandant toujours la Caverne,
Le Champ) avecque la Citerne
Quiregardoitdevers Membré.
- Ainsi qu'ilCavoitdejîré,
La chose luyfut accardit. , Et
Et depuis, toute[alignée
Tprit un éternél repos.
Juffue la mesme que les os
De Jacob
, avec grande fuite,
Tfurentapportez, d*Egypte;
Selon qu'il l'avaitsoubassé.
Farsa derniere volonté;
D"où jeconclusparcetteHistoires
Qui mest venue en la mémoire,
Que les PeuplesOrientaux
Ont eu des premiers des TomheAux;
Et qu'enfuitecettecoutume,
EftPa(fëeenplusgrosvolume,
Chez, les Grecs, & chez, les Romains,
Et delà chez, tous les Humains,
DE LA F.lUP.EllIE.
SUR TOUTES LES QUESTIONS
-DU XXVII.,
EXTRAORDINAIRE.
Si un Mary qui découvre que la
Personne qu'il a épousée,estoit
prévenuedepassion pour un
autre en l'épousant,a plus sujet
de se plaindre d'elle, qu'un
autre Maryn'ena de seplaindre
de sa Femme, lors qu'il
s'apperçoit que depuis son mariageelle
est devenue sensible
auxsoins d'unAmant.
pA- les termes exprès de cette Quession,
Je conclus que le mariage
Malgré toute précaution,
Eflundangereux esclavage
Et bien sujet à1caution.
C'est un rnalhertrinévitable,
Tofl ou tard, une Femme ilimablè"
Trouvequelqueplaijïràsenfaire conten-
Etle joug qu'un Galant nom aidea porter,
Devient un [ouf'infupportaMe. d'
Mats jenesçay lequelefl le plus malheureux,
Deceluy qui découvreen épousantfa-
Femme,
Quavecunautre Amantelleavoit dattii
son ame,
Vn engagement amfJUrCHX::
,OH. celuy qui Jepuù) voitsaFemme
delle
MAlgré l'amourqu'ilapourelle,
Abandonnerson coeur-Àd"impudsq*ueslfQtx>*-$
0
Cependant quand je confidere
De ces deux Maris, la misere,
Avec un peu d'attention:
Je trouve dufécond, le dessin ordinaire,
Et j'ay pour le premier, plus de compaf-
/ion.
W3
Tous deux ont sujet defeplaindre,
Maifils avoienttous deux également a craindre:*• -
EpouferuneBelle &quin'eustpointaime,.
Neferort-ce pas un miracle?
Et dans le Sacrement un coeuraccoutume
PeHto.il àbsonfalmaoucr troluever?un grand
Lequel est le plus facile de n'avoir
jamais d'amour, ou de n'en
avoir qu'une seule fois en toute sa
vie. IL estrare, belle Sylvie,
De n'avoir jAmllü dans la vie»
Mais lors que de ïamour on afuby les--
¡oix *
Heflplus rare encor de riaimerquune
foù. es
VOUSvoirobjlinéeanejamais armer
Peut estre osez.-vous pré urner,
De pouvoir aisement éviter dans la vieiy.
L'amour &[es plus doue:sloix:
Mais apprenez,, belle Sylvie.
S^ue 1 on efl obligé d'aimer tous Unefois!.
80
Quandde ee Dieula tendre violence
VoussoumettrafmssapuiJfllnce;
Quand le moment feravenu,
Moment qui vous efl inconnu
Mais qui vientsans que ton y pcnfe
jPJecroyez. pas d'amoursuivre les douceis
loix
Unefeulefois dans lavie;
Car apprenez., belleSylvie,
onmpeut toeujoufrs lloimerquiandson aÎ.mf':
S'il estplus cruelde ne pouvoir
réüssir à sefaire aimer d'une Personne,
pour qui on sent unetresforte
inclination
, que de la voir
infidele a près qu'on en a receules
plus engageantes marques d'amour.
TVsçais, mon cher Damtn, fiqHclauautre
que moy Doit plusserécrierfu* , un manque defoy.
J'aimais,j'estois aimé d'une jeune Bérgere,
Dontje croyois le coeur &sidette & sincere.
Cependant la volageaprèsmilleferment,
M'abandDnne, mefuit, cherched'autres
Amans, * la confiance est pourelleune chose inconnue,
Et etunnouvel amourson lime
estpre'venue,
Olry, je n'en puis douter ; un rival trop
heureux,
Jouit en liberté de l'objet de mes voeux,- -
Et moy, mIn' cher Damon, je nay de ma
conflance
J^iteletr'fte regret pourtoute recompettfe.
Elle avoit, je£avoué,écoutémesfoupirs»
Et de quelques faveurscontentémes
drfirs;
Maiscefl en celamesmeOH je fuisplus «-
plaindre,
Lors que de monamourje navoisriens
craindret
jQue tout me répondoit de sa ideiité
L'ingrate metrahiti quiltnferoit duté?
Toy-mesme qui cannois jusquou va d'sa
ne Femme,
'Le changement d'humeur, Cinégalité
cEamc>
Tu rnas dit millefois,ravy de mon bonheur,
Que jeferoistoujours lemaifire defort
coeur.
Ctpendant aujourd'hui tu vois bien le
contraire:
Juge dema douleur, jugede macetera
Et tu confie[feras qu'unpareil traitement,
Efl le plus granddes maux que l'onfoujfre
en aimant.
QU'ELLE EST L'ORIGINE
DES TOMBEAUX.
pOur I"Origine des TombeAux,
Superbes, magnifiques, beaux,
Et telsque les Htfloires GrecqueSt
Dififnt qu'on dreffoit aux Obséques
Des Heros de tantiqHité;
LesEgyptiens ont eslé
Les prlmeeru/ui parla druBure
D'HWsuperbe architeElure,
bâtirent magnifiquement, ji leurs Défuntsunmonument.
En des lieuxsecs & non humides.
Dans l Egypte on voitPyramides-
Obelisques, Arcstriomphaux,
Et tout celttfont des TombeAux;
Onvoitaujjidans UJudée3
La Palestine,&l'idumée,
DesSepulchres tes (omptueHX
Où fontenterrez* les Hebreux,
Car ce Peuple a dure cervelle, (C'efl ainsi que le Juif s'appelle,
Chez, sonfameux Legislateur)
Portoit aux Aiorts un grand honneur»
MaisChonneur de la Sépulture,
Ef/oit dans la Loy de Nature,
Pratiqué bien auparavant,
Par tous les Peuplesdu Levant.
Puis quAbrahamfor son vieilâge
Voulut avoir en héritage,
Pourluy ,sa Femme, & tous lesftenii
Vn. Tombeau chez, les Hhhiens,
Lesquels avoient, dit £Ecriture,
Vn qrandfoin de la Sépulture,
Detous ceux de leur Nation:
Chacun danssa condition,
jivo'tun Tombeau domestique,
scunsuperbe
,
l'antre rustique;
Mais tousces divers Monumens;
Ne manquoient larnais <£o*nemettSiuibrahamdoncaleurexemple,
Trfte, menarttnn deuil très amples
Desa chere EpouseS-ara,
Pourl'enterrer-Iekrdemanda,
Non pas cdmmcune récompense,-
JvJais?noyentrant grojfefinanûe, * -
Fourcetemps*la, cela&èntend,
QHilleur délivratout compta)ik*"
Leunfrmdndtt, dis-se,Uneplacé,
Pourinhumertoutesa race,
Dans un certain Champ retiré,
Qui*egardoitdeversÀfembré»
«*
Maisce Peupleàcettesemonce,
Luy fit une honnefle rtponre.
Pniiez., dit-il, de nosTombeaux
Les plus exquis, & lesfins beauxt
Il rieflaucun qui nefefajfè
Ungrand honneurde cette grâce*
uibraham pourcecompliment,
Ne changea pointdefenùment.
Demandant toujours la Caverne,
Le Champ) avecque la Citerne
Quiregardoitdevers Membré.
- Ainsi qu'ilCavoitdejîré,
La chose luyfut accardit. , Et
Et depuis, toute[alignée
Tprit un éternél repos.
Juffue la mesme que les os
De Jacob
, avec grande fuite,
Tfurentapportez, d*Egypte;
Selon qu'il l'avaitsoubassé.
Farsa derniere volonté;
D"où jeconclusparcetteHistoires
Qui mest venue en la mémoire,
Que les PeuplesOrientaux
Ont eu des premiers des TomheAux;
Et qu'enfuitecettecoutume,
EftPa(fëeenplusgrosvolume,
Chez, les Grecs, & chez, les Romains,
Et delà chez, tous les Humains,
DE LA F.lUP.EllIE.
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Résumé : SENTIMENS SUR TOUTES LES QUESTIONS DU XXVII. EXTRAORDINAIRE.
Le texte explore deux thèmes principaux : la fidélité conjugale et l'origine des tombeaux. En ce qui concerne la fidélité conjugale, il compare deux situations : celle d'un mari apprenant une passion passée de son épouse pour un autre homme avant le mariage, et celle d'un mari découvrant l'infidélité de son épouse après le mariage. Le texte conclut que le premier mari est plus à plaindre, bien que les deux soient malheureux. Il souligne également la nature inévitable de l'amour et de l'infidélité, affirmant que l'amour peut survenir à tout moment et que l'infidélité cause une douleur profonde. Sur le plan historique, le texte traite de l'origine des tombeaux. Il attribue aux Égyptiens l'invention des monuments funéraires magnifiques, tels que les pyramides et les obélisques. Il mentionne aussi les sépulcres des Hébreux en Judée, en Palestine et en Idumée. Les Égyptiens accordaient une grande importance à la sépulture, comme en témoigne l'exemple d'Abraham, qui demanda un tombeau pour lui-même, sa femme Sara et sa descendance. Cette pratique fut ensuite adoptée par d'autres peuples, y compris les Grecs et les Romains, et se répandit parmi tous les humains.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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163
p. 241-244
I.
Début :
Le vray mot de la premiere Enigme du mois de May, / Mes mouvemens sont fort secrets, [...]
Mots clefs :
Secrets, Doctrine, Ange, Gouffre, Onde, Fièvre, Incertitude, Astre, Flux et reflux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : I.
Le vray mot de laprcmiere Enigmedumoisde
May, efloit le Flux &
leReflux. Envoicyquelquesexplications
en F-ers.
M I. Es mouvementfont fort secrets, 01 auilsproduifem leurs
effets;--
JParrégléaux yeux detout le mopde.
La DottrlnC;la plus pofonde
Neffoaurboit,silcest vurayrsaintsèquelque , Penetrer&mon ordre, .& marapidité.y ,,. CertainAiman, dans lanature, .') Cause-t-il en moy la figure
Quon mevoitfaire tous les jours?
Vn Ange regle-t-ilmoncours?
Efl-cerufnneverantmegnferiemté,,feou,s leseaux,lpt1
RessorS'jeaussi J'unGOhJfre.
cipite? ou jem'prtr IP -Le Globe itsonbalancement -,
CAuferoient-ils ce mouvement,
Quimèleve & puis t¡uiJmtp¡mt..
Commme un DoeEleur?du temps fexpri- Suis-je unfeusouterrain qui dilate des
flots,
Que le poidsféalrainene aulieu deleur
npsf
1 -
":
00 , Sort-je,parmoyfeul, de mon terme?
Suis-je de l'air, que rOnde enferme
Et quifemeten mouvement
Pour rejoindresonElément?
Le tour & le retour des Rivieres du
monde,
Ou le Soleil enfiruigitent-ils mon Ondci
M ,-
Me croira-t-on un anitrMl,
S£ui refaire, ou quifent un mal,
JQui mecaufe une Fievreéthique,
Dont l'accez.al'heurecrytique,
Produit & reproduit lemefmeeffettoûioursy
Oujila terretourne&forme ainsimon
cours? -
- B3* Ceftdumoins le premiermobile;
Maislarechercheejiinutile
Puis que ¡'Il' découvert monfort, - Lors qu'il tnefl échapé d'abord,
Que danstincertitude,,suparoist mon
> essence,
Lecorapisrtcqout-itfmtaenfgeo.'uverne est tout -< 03
'OHJl'AflreincQnflantenejfit
Prendquelquepartacesujet• ,,
Soit qu'ilpresse tAir foit qu'ilguide
Parsoncourschaquecorps humide,
SSiittoouuttcceellaa ddéiplltift, je nefçay rien de
î plus Jêmaleà mon gré, le Flux& le Re*
flux.
l'INSENSIBLE MONTALTE
May, efloit le Flux &
leReflux. Envoicyquelquesexplications
en F-ers.
M I. Es mouvementfont fort secrets, 01 auilsproduifem leurs
effets;--
JParrégléaux yeux detout le mopde.
La DottrlnC;la plus pofonde
Neffoaurboit,silcest vurayrsaintsèquelque , Penetrer&mon ordre, .& marapidité.y ,,. CertainAiman, dans lanature, .') Cause-t-il en moy la figure
Quon mevoitfaire tous les jours?
Vn Ange regle-t-ilmoncours?
Efl-cerufnneverantmegnferiemté,,feou,s leseaux,lpt1
RessorS'jeaussi J'unGOhJfre.
cipite? ou jem'prtr IP -Le Globe itsonbalancement -,
CAuferoient-ils ce mouvement,
Quimèleve & puis t¡uiJmtp¡mt..
Commme un DoeEleur?du temps fexpri- Suis-je unfeusouterrain qui dilate des
flots,
Que le poidsféalrainene aulieu deleur
npsf
1 -
":
00 , Sort-je,parmoyfeul, de mon terme?
Suis-je de l'air, que rOnde enferme
Et quifemeten mouvement
Pour rejoindresonElément?
Le tour & le retour des Rivieres du
monde,
Ou le Soleil enfiruigitent-ils mon Ondci
M ,-
Me croira-t-on un anitrMl,
S£ui refaire, ou quifent un mal,
JQui mecaufe une Fievreéthique,
Dont l'accez.al'heurecrytique,
Produit & reproduit lemefmeeffettoûioursy
Oujila terretourne&forme ainsimon
cours? -
- B3* Ceftdumoins le premiermobile;
Maislarechercheejiinutile
Puis que ¡'Il' découvert monfort, - Lors qu'il tnefl échapé d'abord,
Que danstincertitude,,suparoist mon
> essence,
Lecorapisrtcqout-itfmtaenfgeo.'uverne est tout -< 03
'OHJl'AflreincQnflantenejfit
Prendquelquepartacesujet• ,,
Soit qu'ilpresse tAir foit qu'ilguide
Parsoncourschaquecorps humide,
SSiittoouuttcceellaa ddéiplltift, je nefçay rien de
î plus Jêmaleà mon gré, le Flux& le Re*
flux.
l'INSENSIBLE MONTALTE
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Résumé : I.
Le texte traite des mouvements du flux et du reflux, probablement en référence aux marées. L'auteur se questionne sur leurs causes possibles, évoquant divers facteurs tels qu'un ange, une force divine, la Lune, le Soleil, ou les rivières du monde. Il envisage également l'influence d'un feu souterrain ou de l'air. Malgré ses investigations, l'auteur reste incertain quant à l'origine exacte de ces phénomènes, soulignant leur mystère persistant. Il conclut en affirmant qu'il observe ces mouvements sans les comprendre pleinement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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164
p. 244-245
II.
Début :
Merveilleux inconnu, quoy que souvent visible, [...]
Mots clefs :
Esprits, Écrits, Astre, Caverne, Flux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
II. Erveilleux inconnu
, quoy que
Couvent visible,
- Que tu furprens lesyeux, & charmes
les esprits!
Detes rares effets la causeimperceptible,
Nesipeut expliquerpar deffavant
écrits.
- Quedigs-joe ?suansvcheercherrfnAstereq,ui te Ilnefaut que passeraucreuxdune C..
verne,
T boire sans Argent, pour ne tignorer
fins.
Sansconsulter Platon,Aristote, ny Pline*
On connaîttrop ton oriqine,
Si-tostqu'uneBourseale Flux.
1
RAULT,deRoüen.
, quoy que
Couvent visible,
- Que tu furprens lesyeux, & charmes
les esprits!
Detes rares effets la causeimperceptible,
Nesipeut expliquerpar deffavant
écrits.
- Quedigs-joe ?suansvcheercherrfnAstereq,ui te Ilnefaut que passeraucreuxdune C..
verne,
T boire sans Argent, pour ne tignorer
fins.
Sansconsulter Platon,Aristote, ny Pline*
On connaîttrop ton oriqine,
Si-tostqu'uneBourseale Flux.
1
RAULT,deRoüen.
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165
p. 245
III.
Début :
Mercure, j'avouë avec toy, [...]
Mots clefs :
Mer, Flux et reflux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
favoué avec toy,
Et iene fçauraism'endéfendre,
*QuonnapuA j-ttfquicy comprendre
Delà Merl'immuableloy;
Au moins aùoiieru-tu, je croy, Que je puis biensansmeméprendre
Dire, quand j'ay peineatentendre,
Queceft Flux&: Refluxpourmov.
L'HEROÏNE,de Dormais
Et iene fçauraism'endéfendre,
*QuonnapuA j-ttfquicy comprendre
Delà Merl'immuableloy;
Au moins aùoiieru-tu, je croy, Que je puis biensansmeméprendre
Dire, quand j'ay peineatentendre,
Queceft Flux&: Refluxpourmov.
L'HEROÏNE,de Dormais
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166
p. 245-246
IV.
Début :
Pourquoy, Catin, sur cette Enigme [...]
Mots clefs :
Flux et reflux, Énigme, Mer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IV.
IV.
Ottrqttoy, Catift,sur cette Enlvme
Tenez-vousfilong-tempsvostreespritat-
..tAchh -
Puis que lelèns en ejf caché
JMefmealefpnttesublime,
Vwsriy con/ioiflrez. pas plusctair
Quai* Flux& Reflux de laMen
L'HERMAPHRODITE.
Ottrqttoy, Catift,sur cette Enlvme
Tenez-vousfilong-tempsvostreespritat-
..tAchh -
Puis que lelèns en ejf caché
JMefmealefpnttesublime,
Vwsriy con/ioiflrez. pas plusctair
Quai* Flux& Reflux de laMen
L'HERMAPHRODITE.
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167
p. 246
V.
Début :
De mon peu de talent à deviner surpris [...]
Mots clefs :
Talent, Mépris, Flux et reflux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : V.
1 Injufiemet pour moy tii nietrès du mépris,
Etmefais un reprocherez,peu Legitime.
Il estvray
,
Mercureeflfortclair
Enparier autrement,ceferaitmalparleri
Maisceux qui lifcnt cette Enigme,
Pourtant nyconnaissent pat plut,
Direntils,, qu'auFluxReflux.
LE MOYNE,deDormais
Etmefais un reprocherez,peu Legitime.
Il estvray
,
Mercureeflfortclair
Enparier autrement,ceferaitmalparleri
Maisceux qui lifcnt cette Enigme,
Pourtant nyconnaissent pat plut,
Direntils,, qu'auFluxReflux.
LE MOYNE,deDormais
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168
p. 246
VI.
Début :
En vain à mon esprit je done la torture [...]
Mots clefs :
Torture, Ignorance, Énigme, Flux et reflux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VI.
VI.
-
ENvainàmonesprit jedone la torture
Peur pouvoir découvrirlejens
Delaiierniere Enigme ou le Galant Mercure,
S'explique en mots embarrafans*
J'avoue a mon desavantage,
Dcuftde mon ignorance un chacunme
blâmer,
qhc jen'y voispointdavantage
Qu'an Flux & KcfluxdelaMer.
LESPADASSIN, de Dormans.
-
ENvainàmonesprit jedone la torture
Peur pouvoir découvrirlejens
Delaiierniere Enigme ou le Galant Mercure,
S'explique en mots embarrafans*
J'avoue a mon desavantage,
Dcuftde mon ignorance un chacunme
blâmer,
qhc jen'y voispointdavantage
Qu'an Flux & KcfluxdelaMer.
LESPADASSIN, de Dormans.
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169
p. 247
« Ceux qui ont trouvé ce mesme mot sont Messieurs l'Agneau [...] »
Début :
Ceux qui ont trouvé ce mesme mot sont Messieurs l'Agneau [...]
Mots clefs :
Liste de noms, Réponses, Énigmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ceux qui ont trouvé ce mesme mot sont Messieurs l'Agneau [...] »
Ceuxiini ont trouvé ce mflinPfnct , J" font McJJleurs PAgneau de Fere en
Tertenois ë dé -S-enlt~ ; Lieu- ; Eftienhedé Senlis; Lieutondde,
BrignollejT. T. le Çhevalitr
de Montans de Dormans> C. MachottddelaRué
des cinq Diamans;
dT/kon d*Amiens;C. H. d,;4bbfi/.
le,Mcfdemoifdles M.Provais i Nanon
Chajferet de U Vieille Rue du
Temfki1. du:Pa1rc d1e la"Rue Saint Honoré ile Maifire à Mirette ; Pa.fri
UJfan;l*Habitantde UMassin Grillée
du coin delallüe aux OursAmazone
de la Riie des Poulies; la CharmtltePricdfidi
chtfiie; la Prjn.
essè de la Forefid*Afcléon; de /4
Grand- posse; Leger de Verbijjonne
; £Indiffèrent enjoué, de l'arts..
Tertenois ë dé -S-enlt~ ; Lieu- ; Eftienhedé Senlis; Lieutondde,
BrignollejT. T. le Çhevalitr
de Montans de Dormans> C. MachottddelaRué
des cinq Diamans;
dT/kon d*Amiens;C. H. d,;4bbfi/.
le,Mcfdemoifdles M.Provais i Nanon
Chajferet de U Vieille Rue du
Temfki1. du:Pa1rc d1e la"Rue Saint Honoré ile Maifire à Mirette ; Pa.fri
UJfan;l*Habitantde UMassin Grillée
du coin delallüe aux OursAmazone
de la Riie des Poulies; la CharmtltePricdfidi
chtfiie; la Prjn.
essè de la Forefid*Afcléon; de /4
Grand- posse; Leger de Verbijjonne
; £Indiffèrent enjoué, de l'arts..
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Résumé : « Ceux qui ont trouvé ce mesme mot sont Messieurs l'Agneau [...] »
Le texte énumère des personnes et des lieux. Les individus incluent le chevalier de Montans de Dormans, C. Machot de la Rue des Cinq Diamants, C. H. d'Abbéville, le marquis de Provais, et Nanon Chajferet de la Vieille Rue. Les lieux mentionnés sont Senlis, Brignolles, Amiens, la Rue Saint-Honoré, Mirette, Massin Grillée, la Rue aux Ours, et la Rue des Poulies. Des titres comme 'le Chevalier' et 'le Marquis' apparaissent, ainsi que des descriptions telles que 'l'Indifférent enjoué, de l'art'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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170
p. 247-248
I.
Début :
Je n'ay receu que deux explications sur le mot / Pour pouvoir ébloüir le monde de ses charmes [...]
Mots clefs :
Charme, Débat, Coeur, Rat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : I.
.ren'J reccuque deux explications
sur le motde Ufécondé, qui cftoit le
Rat.
p I. QnrfoHVoiréblouir le mondedeses
charmes
Catin depuisHang-temps, pna-tlondisse
-débaty-
MAIS pourgagnerdes coeimcefont de
faibles armes,
Elle neprtpdra pasunRar.
LE MOYNE,deDormans.
sur le motde Ufécondé, qui cftoit le
Rat.
p I. QnrfoHVoiréblouir le mondedeses
charmes
Catin depuisHang-temps, pna-tlondisse
-débaty-
MAIS pourgagnerdes coeimcefont de
faibles armes,
Elle neprtpdra pasunRar.
LE MOYNE,deDormans.
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171
p. 248
II.
Début :
QUand je voy le Seigneur Mercure, [...]
Mots clefs :
Seigneur, Rat, Souris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
II. Vandje voy le Seigneur Merture,
VenirenR&ivêtu degris,
Je drs, ledrôle a rencolcure
D'en vouloir à quelquesSouris.
L'AVOCAT LANDREUX.
Mademoifetle Petit
,
& M. Berj,
tousdeuxde la Fere en Tartenois, ont
aujjitrouvécemot.
Rajoute quelquesExplications
VenirenR&ivêtu degris,
Je drs, ledrôle a rencolcure
D'en vouloir à quelquesSouris.
L'AVOCAT LANDREUX.
Mademoifetle Petit
,
& M. Berj,
tousdeuxde la Fere en Tartenois, ont
aujjitrouvécemot.
Rajoute quelquesExplications
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172
p. 248-249
I.
Début :
J'ajoûte quelques Explications qui ont esté faites / Philosophes fameux qui n'avez pû comprendre, [...]
Mots clefs :
Flux et reflux, Efforts, Rat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : I.
Rajoute quelquesExplications
qui ont estefaites de l'une &de l'autre
Enigme parUllfiNI Madrigal.
p I. Uilçfophesfameuxquin'avez, pu
comprendre,-- DesMenteflux &leReflux »
Je viens tout d un coup de l'apprendre,
Sansfairecommevous mille effortsfuper*
flus.
Jl nefaut yas pourtantque je m'en glorisse,
Depeurquemonftible gémi
Sur unsujet moinsdélicat,
Uneautrefois ne prenne un Rat.
.> L'ABBE DE MARILLAc, autrefois
Lieutenant de Cavalerie.
qui ont estefaites de l'une &de l'autre
Enigme parUllfiNI Madrigal.
p I. Uilçfophesfameuxquin'avez, pu
comprendre,-- DesMenteflux &leReflux »
Je viens tout d un coup de l'apprendre,
Sansfairecommevous mille effortsfuper*
flus.
Jl nefaut yas pourtantque je m'en glorisse,
Depeurquemonftible gémi
Sur unsujet moinsdélicat,
Uneautrefois ne prenne un Rat.
.> L'ABBE DE MARILLAc, autrefois
Lieutenant de Cavalerie.
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173
p. 249-250
II.
Début :
Mercure pour le coup sur l'Enigme premiere [...]
Mots clefs :
Rat, Flux et reflux, Chagrin
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
11. Ercuye pourlecoupsurtEnigme
premiere layfaitdes tffrtt Superflus;
1*expliquerois plûtofl le Flux & le Reflux,
Qued'en deviner lemfière,
c malheur ne m"itrrive Ce m'arriveofJuueerrCeI,l
De chagrin mon esprit s'abat,
Ainsi je laisse IIIaerniere,
De peurde prendre encor un Rat.
ÎDIEREVILLE.
premiere layfaitdes tffrtt Superflus;
1*expliquerois plûtofl le Flux & le Reflux,
Qued'en deviner lemfière,
c malheur ne m"itrrive Ce m'arriveofJuueerrCeI,l
De chagrin mon esprit s'abat,
Ainsi je laisse IIIaerniere,
De peurde prendre encor un Rat.
ÎDIEREVILLE.
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174
p. 250
III.
Début :
Tous ces fameux Docteurs en Vers ainsi qu'en Prose, [...]
Mots clefs :
Docteurs, Prose, Flux et reflux, Vers, Rat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
cesfameuxDoElenrs en Fers
ainsi auen Prose,
.Q.ji du Flux & Reflux ont creu trouver
lacause,
Malgré licence& doflorat,
N'ont souventprisqu'un Rat.
LE SACRIFICATEUR,dela Rue
duPlastre.
ainsi auen Prose,
.Q.ji du Flux & Reflux ont creu trouver
lacause,
Malgré licence& doflorat,
N'ont souventprisqu'un Rat.
LE SACRIFICATEUR,dela Rue
duPlastre.
Fermer
175
p. 250
IV.
Début :
Nos Sçavans du vieux temps, autrefois si celébres [...]
Mots clefs :
Savants, Célèbre, Flux et reflux, Ténèbres, Science, Rat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IV.
Sfavans.4* vieuxtemps,autrefoissicélèbres
ulprès beaucoup defoinfont demeurez
tonftll
Lors que du Flux & du Reflux,
Ils ont voulu percer les èpaisses t-enèbves,
Maigritous leurs travauxsuivis d'un
long debat,
Si pourlepenétrer leursciencefutvaine,
S'ils n'en ont pli trouverune cause certaine,
N'efl-ce pasavoir pris un Ratî
LE -SOLITAIRE DU PARNASSE, de
Reims.
ulprès beaucoup defoinfont demeurez
tonftll
Lors que du Flux & du Reflux,
Ils ont voulu percer les èpaisses t-enèbves,
Maigritous leurs travauxsuivis d'un
long debat,
Si pourlepenétrer leursciencefutvaine,
S'ils n'en ont pli trouverune cause certaine,
N'efl-ce pasavoir pris un Ratî
LE -SOLITAIRE DU PARNASSE, de
Reims.
Fermer
176
p. 251
V.
Début :
Je croyois n'estre qu'une beste [...]
Mots clefs :
Bêtes, Mers, Flux et reflux, Aristote, Onde, Mystère, Rat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : V.
v.
J E croyaisn'estre qu'une bcfie
Aiaûvrjyment ie ne le crois plus,
Vuiïcj.'ienraisonnant dans matelfe,
Tay devine des Mers le Flux & le Re- flux. 7randGénie.,
Sîriflotecegrand Génie,
Ne pÛt jAfflaûleconcevoirf
Ce quifit que par defifPoir,
SoHs tOndsiltermina,favi.
Pourmoy cessun grandcoup d'état;
Je ne ponvois jamaismieuxfaire,
Qucde-déceuvrirunmyfiere,
Ou les plus beaux esprits riontjamais prit
qu'unRit.
Le disgracié Mimi de la Belle Tonton,
de la Ruë Montmartre.
J E croyaisn'estre qu'une bcfie
Aiaûvrjyment ie ne le crois plus,
Vuiïcj.'ienraisonnant dans matelfe,
Tay devine des Mers le Flux & le Re- flux. 7randGénie.,
Sîriflotecegrand Génie,
Ne pÛt jAfflaûleconcevoirf
Ce quifit que par defifPoir,
SoHs tOndsiltermina,favi.
Pourmoy cessun grandcoup d'état;
Je ne ponvois jamaismieuxfaire,
Qucde-déceuvrirunmyfiere,
Ou les plus beaux esprits riontjamais prit
qu'unRit.
Le disgracié Mimi de la Belle Tonton,
de la Ruë Montmartre.
Fermer
177
p. 251-252
« Ces deux Enigmes ont esté aussi expliquées dans leur vray [...] »
Début :
Ces deux Enigmes ont esté aussi expliquées dans leur vray [...]
Mots clefs :
Énigmes, Réponses, Liste de noms, Découverte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Ces deux Enigmes ont esté aussi expliquées dans leur vray [...] »
Ces deux Enigmes ont ellé tfujfl
expliquées dans leur vray fins par
Mijifeurs F.Carrier de Roueni Guét'in
d'Annonay Medecin de t'Hofpipital,
Lieutenat au Greniera Sel de
Paris; de la £>uilie de la Rue Beaubourg
; D C. deBeauvaù ; duMef.
nil>•lespetits Thtangeaux du Phrygien
; CAmant qui J)Lrfevere de U
fethe Ruedes P. I Avocat de Fere
en Tartenoà i le brave Marais &si"
Ajjociésle fohVLraiu Arbitre del'HôteldesZJrfîns.
expliquées dans leur vray fins par
Mijifeurs F.Carrier de Roueni Guét'in
d'Annonay Medecin de t'Hofpipital,
Lieutenat au Greniera Sel de
Paris; de la £>uilie de la Rue Beaubourg
; D C. deBeauvaù ; duMef.
nil>•lespetits Thtangeaux du Phrygien
; CAmant qui J)Lrfevere de U
fethe Ruedes P. I Avocat de Fere
en Tartenoà i le brave Marais &si"
Ajjociésle fohVLraiu Arbitre del'HôteldesZJrfîns.
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178
p. 252-285
ELOGE DU GRAND CORNEILLE A MONSIEUR L'ABBÉ DES VIVIERS AUMOSNIER du Roy, Chanoine de Constance, Protonotaire du Saint Siege.
Début :
Il seroit difficile que l'Ouvrage qui suit ne vous plust pas, / Je voy bien, Monsieur, que vous m'écrivez, non seulement pour m'apprendre [...]
Mots clefs :
Grand, Corneille, Poète, Gloire, Horace, Roi, Ouvrage, Théâtre, Vieillesse, Pièces, Éclat, Louanges, Sentiments, Divertissements, Beauté, Esprit, Agréable, Mort, Excellence, Déclin, Éloge funèbre, Discours
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELOGE DU GRAND CORNEILLE A MONSIEUR L'ABBÉ DES VIVIERS AUMOSNIER du Roy, Chanoine de Constance, Protonotaire du Saint Siege.
isseroitdifficile que fOuvrage qui
fuitne t'eus plaflpàs,puùqu'ilefi de
M. de laFevrtrie
,
&fait à la gloire
du fameux M.deCorneille, àla mort
duquelveuiavez, donnédeslarmes»
ELOGE
DU GRAND CORNEILLE
A MONSIEURL'ABBE
DES VIVIERS AUMOSNIER.
du Roy, Chanoine de Constance,
Protonotaire du Saint
Siege. jE voy bien, Monsieur, que
vous m'écrivez, non feulement
- - pour mapprendre la mort de
l'incomparable Monsieur Corneille,
mais encore pour m'engagerà
faire son Oraison Funèbre,
comme si un Panégyrique de ma
façon
,
pouvoit contribuer quelque
chose à sa mémoire ; mais
enfin il ne tiendra pas à*vous,5c àmoy
,
quetoutle monde no
l'admire, &; que ses Envieux, 6c
ses Ennemis, ne soient contraints
de reconnoistre son mérite.Mélons
donc nos larmes avec celles
du Parnasse, &de tous les beaux
esprits qui pleurent la mort de
cet Illustre, ouplutost mélons
nos voix parmy celles de toute la
France, qui chante si hautement
ses louanges. Que dis-je, toute
la France? Rome & l'Italie. entiere
ne luy refuseront pas à sa
mort, des applaudissemens qu'-
elles luy accorderent pendant sa
vie, lors qu'un grand Pape en fit
les éloges ; car enfin, Monsieur.
qui n'est pas convaincu du prix
& de l'excellence de l'admirable
Corneille?Et ne pouvons-nous
pasdirede luy,ceque Virgilea
ditautrefois de son Héros, ou du
moins de ion Daphnis?
Bine ufqm adfydera moins.
Le plus excellent Critique de
nostre Siecle
,
& qu'on pourroit
justement appeller le Génie de la
Satyre,a reconnu leméritédece
grand Homme. Il a remarqué
des défautsdans les plus celébré-
Aurheursj il a fait la guerre
genéralementà tous nos Poëtes,
& par sa delicatesse
,
& par ion
,discernement
,
il les a presque
tous mis au desespoir. Cependant
il a toûjours excepté de sa
cenfute l'Illustre Mr Corneille,
.& mesme ill'a toujours proposé
comme un grand Maistre de
FAit; digne de leiintnattalité., Zc
- de la donner aux autres. Voicy
comme il en parle au Roy.
Etparmy tant£Autbeurs,jtveux
bien£avouer,
Apollon en connoiifqui te peuvent
-
louer.
oiji,j*efcay quentre ceux qui t'adrèssent
leursveilles,
Parmy les Pelletiers,eonn ccoommpittee des
corneilles.
Et dans sa Poëtique, où il désigne
quatre Poëtes qui doivent
travailler à la gloire&au divertissementdu
Rov. eCornâUe pourtoyrallumantfo»
audace,
Soit encor le Corneille, & du Cid &
£Horace.
I.
Il sembleroit d'abord que M.
Despreaux feroit du sentiment
de ceux dont M. Corneille se
plaint dans cette belle Epistre
qu'il adressa au Roy, il y aquelquesannées.
;
J'affaiblis, ou dumoins ilssi le jermaient.
Et qu'il n'arien faitdepuis Horace
&.. le Çid,deUÉorcede ces
deux Pièces ; mais si l'on y fait
un peu de reflexion,on verra
que M. Boisleau est d'un sentimenttout
contraire. Illuytrouve
encore la mesme vigueur, &
le juge capable plus quejamais de
travailler au divertissement du
plus grand, Roy du monde. Ce
feu estoit encore sous la cendre,
il n'estoit pas encore éteint ,il
n'estoit feulement qu'assoupy, &
on levoyoit avec lemefme éclat
& la mesme ardeurquand il en
estoitbesoin. Estcequ'ilneparoissoit
pas dans Sertorius, dans
Oedipe& dans Rhodogune?Eftce
que ces Ouvrages estoientsans
force & languissans
, &que luy
mesme ait eu raison de dire au
Roy?
1
-
Cefont desmalheureux élouffiZJ AU
Berceau, jqL Jjhtunfiul de tes regards peut tirer
du Tomkedu.
Non, non, M. Corneillea
toujours eu le mesmefeu &Ilde
mcÍme génie que dans Horace
,& dans le Cid. Les regards de
sa Majesté pouvoient, je l'avoue,
donner un nouveau lustreàses
Pieces; mais elles meritoient bien
aussi ses regards favorables ; car
il n'y en a aucune qui manque
de grace& de beauté, ôc il a pû
dire hardiment de ses Ouvrages.
Achevé, les derniers rient rien qttï
dégénéré,
Rienqui lesfajfecroire enfansdut*
autrepere.
Il faut donc avouer que M,
Corneille n'a point vieilly,&n'a
point dégeneré. Cependant
l'Autheur des Nouvelles nouvelles,
ditqu'il a pris un vol 1J
haut, que l'âge l'oblige malgré
luy de descendre. Si cet Autheur
a dit cela en parlant de Sophonisbe,
qu'a-t'il pû dire depuis
Mais enfin si les Pieces du grand
Corneille n'ont pas toutes la mesme
vigueur,&la mesme beauté,,
est-ce une raison de l'acculerde
vieillesse, &de s'écrier foy-meC.
we? • Pour bien écrire encorjay trop long*
tempsécrity1l -'r,.
MUls rides dufient passent jufq$ta*
l'esprit
Les Poëtes ont cela de commun
avec les belles Femmes,
qu'iln'y a rienqu'ils a pprehendent
tant que de vieillir
, ou di*
moins de paroistre vieux; & pour
ce sujet, ils font à leurs écrits,
tout ce que lesautres font à leurs
visages. Il semble que les Mufes
leur ayent inspiré cette inclinanation.
Comme elles font toujours
vierges & belles
,
ils,! voudraient
ettre toujours jeunes&
vigonreux Il n'y a rien qu'ils
ne faisent pour conserver cet
agrément,& cette fleur de jeunesse
quifait tout l'êclat, &tout
le brillant de leurs Ouvrages,
Horaceestoitdece sentiment;il
nesouhaitoit ny les honneurs, ny
les richesses
;
il secontentoitd'une
viefrugale & tranquille. Mais ildemandoit au grand Apollon,
d'estre toujourscet Horace
agréable& charmant, cet Horace
plein d'esprit & de feu, cet
Horace les délices de Mecenas ôc
d'Auguste.
Frui parâtù dr validomt'hi
LatoedûRtsxc?precorintégra
Cllm ment*:ntc turptm fencttam
Degere, ueccythata camtim.
Vous voyezcomme il appréhende
la vieillesse, & qu'il l'appelle
la honte & l'infamie des
Poëtes.UnCommentateurd'Horace
, dit sur ces paroles,Nec turpcm
Sencctam. Non delirentem, vel
inhonoratam ferutttutrn,fed lauda
hiltvt
,
dr jucundam. En effet,
Horace & tous les Poëtes doivent
craindre ces deux choses.
Le bon sens & la faveur ne les accompagnent
pas toujours.L'oserây-
je dire, en vous parlant de
M. Corneille? Les Poëtes ontun
grand panchant à la folie;& le
déclin de leur âge est bien souvent
le déclin de leur fortune. Il
faut donc sacrifieràApollon,pour
obtenir comme Horace cette
vieillesse agréable & glorieuse
toutenfemble.
Mais les voeux de Virgile sontà
mon gré bien plus nobles, &bien
plusgenéreux. Horacenecherche
icy que sa [atisFaébon- particuliere.
Unedemandequeleplaisir
&lajoye;&il craintautant
que sa vieillessene soit privée de laMusique, que de l'honneur &
dela gloire. Il ne demande pas
une longue vie, ny une vieillesse
heureuse pour loüer Auguste, &
Mecenas ; mais feulement pour
vivre long-temps,& pour vivre
agréablement:.Virgile au contraire
ne souhaite de longues années
& d'heureux jours, que
pour loüer dignementPollion,
& pour chanter sa gloire.
Omwitamlonge marnâtpars ultimA
vit*,
Spiritut,&\quantumfat erittua di.
cercfaté.
M.Corneille faitles mêmes fou*
haits,& il est bien plus fasché d'être
vieux, que de ce qu'on croit
qu'il a vieilly.Cependant il confa.
creau Roy ce qui luy reste de vie,
& veut finir comme il a commencé
, en travaillant toujours
à la gloire de son Prince, mais il
veut que le Roy profice du temps,
8c fc haste de luy commander
quelque chose. Car
L'offreriejipasbicngranâe, &le
moindre moment,
Teut dispenser mes voeux de l'accomplissement.
Préviens ce dur moment par des ordres
propices,
Compte tous mes desirs pourautant de
x, Jervices. Et laraisonqui l'obligeà parler
dela sorte, c'est que
Cesilluflresbien-tofiriauront plus
- rienàcraindre,
C'estledernier édat d'un feu prefA
s'éteindre,
Sur le pointd'expirer il ta"cbee--
blouir,
Etnefrappt les yeux queiosrs'éva
nüir.
Ou
Oucommeil aditailleurs:
IJ^uipq7rcujtaiJulcc'oambetrftoeusilanmotr,t Jetteun plus viféclat,& tout£uii
coup séteint. ,,,,",,,,, w
»"* Mais,Monsieur
, ce quifaifoit
sa crainte, n'estoit pas la perte
d'une si belle vie, de cette vie
de l'esprit qui le rendra immortel
àla Posterité, & dont lesderniersmomensont
jetté tant d'éclat
& de lumieres; ill'a toujours
possedée sans interruption & sans
foiblesse, & il pouvoit direaussi
iustementque Malherbe.
Je fuù vaincu du temps,jecede kses
outrages,
Mon cjprii feulementexemptdesi "- rigueur9-' Adequoy témoignerenCes derniers
Ouvrages,
SApremierevigueur.
LuJuiJJànüs faveurs dont Pllrnaf/è
m'honore.
Non loin de mon Berceau commencèrent
leur cours,
Je les pojfedayjeune, & les possede
encore,
AUfin de mes jonrs.
Il n'y -avoit queles foiblesses
du corps ,
qui pouvoient allarmer
Mr Corneille,&luy faire dira
en parlant de Sophocle.
le niraypassiloin, d" si mes quinzeluflres,
Fontencor quelque peineaux Modernesillujlres.
S'il en eft^defâcheuxjujqu'a s'en chagriner,
lenauraypou long-tempsA lesimportuner.
Cependant un peu de j-al-ousie
femblefe mêleràsa viei llesse, &
luy faire regarder la reputatiort
de nos jeunes Poëtes, avecquelque
sorte d'émulation; mais pouvoit-
il estre fâché de voir briller
ses Disciples de l'éclat de ses
rayons, & qu'ils empruntaient
quelques lumieres de cette gloire
qui l'environnoit?N'étoit-il point
assez remply de cette éclatante
renommée qu'il s'était acquise,&
que personne ne luy avoit disputée?
Ilest vray que l'honneur est
quelque chose de plus cher, èc
de plus prétieux que la vie. Il
est vray que la vieillesse est ordinairement
avare, mais quelqu'un
a-t-ilpilléoucritiquéses Ouvrages?
On les fuit, on les imite, en
cela feulement où ils ne font pas
inimitables
; car c'est encoreun
avantage qui luy est particulier.
Il a ouvert la Carriere, mais qui
a pû courre avec luy ? Y at'il encor
quelque chose à remporter
au delà du prix qui luy estoit deu?
Nos Poëtes modernes ont prétendu
feulement envisager le but
qu'il avoit touché, & de quelques
loüanges qu'ils soient dignes
, & quelques récompenses
qu'ils reçoivent de la Posterité,
le grand Corneilleaura toûjours
l'avantage de les avoir devancez
en gloire aussi bien qu'en mérite.
Pour 010Y ,
s'il m'est permis de
dire mon sentiment des Ouvrages
de M[ Corneille,je trouve
que trois choses l'ontmisau det:
fus de tous les Autheurs qui ont
paru en ce genre d'écrire; & ces
trois choses l'ont rendu avec justice
digne de la réputation & de
l'immortalité qu'il s'est acquise.
Personne n'a mieux appliquéce
qu'il a pris des Anciens que luy.
Personne n'a mieux entendu le
Théeatre que luy. Personne enfin
n'a écrit en ce genre,d'unemaniére
plus solide& plus durable.Voila,
Monsieur, de la maniere que je
comprens le grand Corneille,&
cequifaitàmonavis,qu'on luy a
donné tant de loüanges.
Si le Théâtre doit en France
toute sa gloire & tout son appuy
au grand Cardinal de Richelieu,il
doit toute sa beauté, & tous ses
ornemens à l'incomparableCorneille.
Commeavant ceCardinal
Théatre estoit peu de chose, le
avant ce Poëtela Comédieavoit
peu d'estime. Les Pieces de Théatre
n'estoient que de grossieres
ébauchesaussi imparfaites quele
Théâtre mesme. Celuy icy n'avoit
point de Loix
,
celles-là n'avoient
point de Regles ; mais ce
grand Ministre faisant son divertissement
de Li Comédie, la Scene
vit alors le plus grand changement
qui eut jamais paru sur le
Théatre. La pudeurJ'honnesteté
,
la bienséance en chasserent
l'effronterie
,
l'impudence & le
libertinage. Enfin la presence
du Cardinal ne purifia pas seulementle
Théâtre
,
il devinr une
étude aussibienqu'unlieude divertissement.
Mais de tous les
Poëtes qui travaillerent à ce
grand Ouvrage, Mr Corneille
sur celuy qui remplir mieux l'idée
que ce Ministre en avoit
conceuë. En effet qui a porté
plus loin que luy l'excellence &
la majesté du Poëme Dramatique?
Qui en a mieux connu les
régles? Qui a eu plus de lumieres
sur ce sujet? Il a réprimé cette
colereimpétueuse, 8ccet amour
licentieux qui faisoient l'horreur
& la corruption de la Scene. Il
en a modéré toutes les passions,
& a joint l'utile, & l'agréable
dans <;es patrions. Il a suivy les
régles avec exactitude
,
mais il
s'en est détaché avec prudence,
& je ne sçay s'il est plus admirable
,
lors qu'illes fuit, que lors
qu'il s'en éloigne. Lors qu'il les
observe,ilsuit Aristote, Horace
& l'antiquité qui souvent n'est
pas sans défauts,&quis'oppose
presque toûjours à nos moeurs,
Seà nostre temps; mais lors qu'il
s'en écarte
,
c'eil: un grand génie
qui sçait ce qui nous plaist,&ce
qui nous déplaist; & pour lors les
regles qu'il tire de cette connoifs-- sance, bien qu'opposées à celles
d'Aristote,sont pourtant les plus
seures&les plus infaillibles. ,:.7 Quelques-uns jaloux de la
gloire de Mr Corneille, n'ont pû
souffrir qu'il ait porté la connois.
sance du Théâtre
,
plus loin que
la Poëtique d'Arsftore. Ils ont
critiquéses Pieces, & ont voulu
que les regles condamnasssent un desesOuvrages, qui avoitréüssi
sans les regles. On dit mesme
que le grand Cardinal estoit de
la partie; maisles beaux Ouvrages
font non seulement au dessüs
des regles, ils font encore au
dessus de lasuffisance&del'authorité.
En vain contre le Cidm Minijhefi"
ligue,
Tout Paris four cbimenea lesjeux
de Rodrigue.
&AcadémieenCerps a beau le cesurer,
Le Public révoltés'objlineal'admirer.
Le Cid fera donc toujours une
preuve immortelle de l'excellent
génie de Mr Corneille. Mairet,
des Marets, Scudery
,
&tant
d'autresont travaillé comme luy
au Poëme Dramatique
,
mais
qu'ont ilsfait devant ou après le
Cid, qui approche du merite de
cette Piece ? Scudcrv, tour appuyé
qu'il estoit d'Aristote,& du
grand Cardinal qui faisoit la for.
tune& la destinée des Ouvrages
de son temps, n'a jamais pu faire
en faveur de l'AmourTirannique,
ce que le Public a fait pour le
Cid. Mais si l'Illustre Corneille atriomphé en dépit d'Aristote,
quelsavantages n'ail point eus
lors qu'il a suivy cét excellent
Maistre de l'Art Poërique? Qjelles
Pieces approchent de la réhu,
laritéde celles qu'il a travaillées
sur ses Préceptes ? Arminius le
disputera-ila ~Ciuna? toineà Rodogune ? Les Vinonmiresà
Dom Sanche d'Aragon?"
Il faut donc demeurer d'accord
qu'il l'emporte en ce genre sur
tous les Poëtes qui l'ont précedé
, soit qu'il suive Aristote ou
qu'il s'en éloigne
; & comme il
dit quelque part luy mesme;si les
premiers qui ont travaillé pour
le Théâtre
, ont travaillé sans
exemple, n'auronsnous pas le
mesme privilege ? Les regles des
Anciens font bonnes, continuëil,
mais leur methode n'est pas
de nostre Siècle; &. qui s'attacheroit
à ne marcher que sur
leurs pas, feroit sans doute peu
de progrez, & divertiroit mal
sonAuditoire. C'estlàentendre
Aristore, mais c'est mieux entendre
le Théatre qu'Aristote. Il
faut lire les Anciens, il faut les
étudier,il fautconnoistre.
- -- vos exemplaria Groecs.
NoBumbvcrfate wauu ,
verfite
diurnâ.
Mais ilne faut pas toujours les
suivre, il faut s'en éloigner quelquefois.
C'estunArt,il faut le
perfectionner, & pour cela aller
plus loin que les Anciens, si l'on
veut découvrir quelque
-
chose.
Il faut. aller au delà des regles
pour en établir de meilleures.
.Nilintcntatum nostri liquere Poé't£t
Nccminimum mtruere decus, vejligia
Groeca
Aufidefcrere.
Il faut faire de nouvelles découvertes.
Il faut risquer quand
ce feroit à ses périls, comme il l'a
dit luy mesme
,
& c'est ce qu'il a
pratiqué si heureusement
,
qu'il
s'est acquis par là la réputation
du piusgrand MustreduThéâtre
qui ait jamaisesté.
Mais s'il a esté plus loin que
les Anciens
,
il a ponssé les Anciens
plus loin qu'ils ne croyoient
aller. Ilapenetréleurgenie,&
luya donné toute l'étenauë qu'il
pouvoit avoir. Ila rectifié, leurs
moeurs, & leurs sentimens, sans
les rendre semblables aux nôtres.
Il a fait les Anciens meilleurs
sans nous les faite ressembler,
ny parler comme nous, 8c
nous comme|eux. Enfin tous ces
Caractères ont esté plûtost des
Originaux que des Copies. Il a
embelly Rome&Athènes;mais
de Rome & d'Athènes, il n'en a
point fait Paris. Il a toujours distingue
l'Areopage & le Senar,
du Parlement, & du Chastelet;
& si LOÜIS LE GRAND ressembleà
Cesar, il distingue toujours
l'Empereur des François,du Conquerant
des Gaules. Voila pour
ce qui regarde les moeurs, & les
caracteres. Quedirons-nousdes
Piecesde Théatre des Anciens,
qu'il a traitées & donc il a soûtenu
le genie & l'invention? Telles
font OCdlpé, Medée, & les
autres qu'il a tirées des Grecs &
des Latins, dans lesquelles on
peut voir cette belle & délicate
imitation des Anciens. Il donne
un tour à tout ce qu'il prend
d'eux, qu'il accommode à son
genie, mais qui est toujours propre
à leur caractere. Ce n'est
point du Latin en François,encore
moins du François en Latin,
Vous m'entendez
,
Monsieur, il
rend les pcnÍees des Anciens naturelles
en nostre Langue, mais
ces pensées ne font point Françoises,
elles demeurent toujours
Grecques & Romaines. C'estoit
le défaut des Poëtes qui l'avoient
précedé
,
ils parloient toujours
comme les Anciens, & faisoient
toujours parler les Anciens comme
eux;c'est à dire que leurs sentimens
estoient François, & leurs
expressions Latines. Quelleconfusion!
quelle barbarie! Cependant
cette Science pedantesque
faisoit une partie de leur entousiasme.
Ils faisoient gloire des
Galimathias, & croyoient n'être
pas Poëtes, si leurs Ouvrages
ne ressembloient aux Oracles.
Pour moy je vous avoüe que je
reconnois la Poësie divine en
cela, de s'estre tirée d'une pareille
obscurité. !Ær Corneille est
un de ceux quia le plus travaillé
à luy donner cette élegance &
cette pureté, dans laquelle nous
la voyions aujourd'huy. Rien
n'est plus net, rien n'est plusno- -
ble que sa diction. Il a de la facilité,
de la.grâce ; il*le
beau tour ,
&. ce font lesqualitez
deson slilequilerendent à mon
avis si recommandable
, & qui
l'élevent au dessus des autres. Il
a écrit d'une maniere solide &
durable, & propre pour tous
les temps ; d'un stile égal, ny
trop vieux, ny trop nouveau.
Point d'affectation
,
point de
préciosité, s'il m'est permis d'user
de ce mot. Toutes ses expressions
font de mise & de bon aloy
,
& sa
Poësie est aussi chaste pour les
moeurs, que pour le stile, ce qui
rendra sa memoire immortelle,
& fera estimer ses Ouvrages dans
tous les Siecles.
Aprés cela, Monsieur
,
puisje
trouver à redire aux honneurs
qu'il a receus de nostre grand
Monarque
,
& luy refuser un
grain d'encens, lors qu'on luy
donne par toutmille loüanges?
Je souscris hautement à cette
grande réputation
,
& j'approuve
qu'il ait dit au Roy dans son remerciement.
Mais centre ces abtu que j'aurûts de
fiffrages
Situ donnois le tiena mes derniers
Ouvrages!
iz me souviens mesme avec
joye du renouvellement d'estime
qu'il plut à Sa Majesté de luy
marquer il y a quelques années,
& qu'Ellese soit Souvenuëdece
Vers.
Sire, un bon mot de grace an Pere de
la chaise.
On ne sçauroit trop payer le
fli vice des Muses, & sur toutle
travail de M. Corneille.
lefers depuàdix am, mais cefi pat
d'autres bras,
J>)ucje versepour toy dufangdans
noscombats,
lepleureciicoreunFils & trembleray
pour l'autre,
Tant que Mtirstroublera Un repos é*
le fJofJre.
Jamais Virgile ne sur plus à
plaindre,quandil décritles maux
que la Guerreluy avoit faits.
Barbarmhasfeçetes?
Mig jamais aussiVirgilenefut
mieux récompensé d'Auguste,
que Mr Corneille l'a esté de nôtre
Grand Monarque. Ilest certain
que tout ce qu'Alexandre a
fait pour Homere, tout ce qu'-
Augusteafait pour Virgile, tout
qu Henry III. a fait pour des
Portes, n'approche point de l'estime
que le Roy a toujours euë
pourcetexcellent Poëte.
Il en connoissoit le merite, &
son rare discernement rendra
toujours sa glorie solide & durable.
Ainsi il pouvoit dire dans
un autre sens que Virgile.
- - - -- Sedcarminatantum
Ncflra valent,
Mais pour joüir d'uneréputatation
aussi longue & aussi glorieuse
que celle de Sophocle, auquel
il a ressemblé en tant de
choses
,
& jusqu'à son vieil âge,
il a toujours eu en veüe lesActions
éclatantes du Roy,& ena iaiffe
une éternelle image dans tous ses
écrits. Le Théatre en effet, ne
peur mieux estre employé qu'à
representerlesvertus du Prince,
& le Prince ne peut ailleurs recevoir
de plus dignes loüanges.
Sa gloire y paroist sans flaterie.
Il y remarque sa Personne & sa
conduite. Il y voit ce qu'il a fait
& ce qu'il doit faire. Enfin quand
le Poëte est habile, le Poëme
Dramatique est un miroir,où le
Prince se voit, & où les Sujets
voyentlePrince.Quinereconnoift
dans Attila nostre invincible
Monarque
,
fous le nom de
Meroüée? Ce n'est point là Celà..
ou Alexandre, c'est L o ii i s
LE GRAND.Ce n'est pointaussi
Aristophane ou Virgile qui en
ont fait le Portraie, c'est l'incomparable
Corneille qui pouvoir
direen mourant quis caneret
Nympk,is, ou plutost quis canerct
Ktccs ? Car si Appelles seul estoit
digne de peindre Alexandre,Corneille.
seul étoit digne depeindre
Loiiis LEGRAND. C'est ce que
j'ay toujourspensédecetillustre
Poëte, & ce que j'ay crudevoir
vous écrire pour vostre Msraction,
& la mienne. Je fuis, &c.
fuitne t'eus plaflpàs,puùqu'ilefi de
M. de laFevrtrie
,
&fait à la gloire
du fameux M.deCorneille, àla mort
duquelveuiavez, donnédeslarmes»
ELOGE
DU GRAND CORNEILLE
A MONSIEURL'ABBE
DES VIVIERS AUMOSNIER.
du Roy, Chanoine de Constance,
Protonotaire du Saint
Siege. jE voy bien, Monsieur, que
vous m'écrivez, non feulement
- - pour mapprendre la mort de
l'incomparable Monsieur Corneille,
mais encore pour m'engagerà
faire son Oraison Funèbre,
comme si un Panégyrique de ma
façon
,
pouvoit contribuer quelque
chose à sa mémoire ; mais
enfin il ne tiendra pas à*vous,5c àmoy
,
quetoutle monde no
l'admire, &; que ses Envieux, 6c
ses Ennemis, ne soient contraints
de reconnoistre son mérite.Mélons
donc nos larmes avec celles
du Parnasse, &de tous les beaux
esprits qui pleurent la mort de
cet Illustre, ouplutost mélons
nos voix parmy celles de toute la
France, qui chante si hautement
ses louanges. Que dis-je, toute
la France? Rome & l'Italie. entiere
ne luy refuseront pas à sa
mort, des applaudissemens qu'-
elles luy accorderent pendant sa
vie, lors qu'un grand Pape en fit
les éloges ; car enfin, Monsieur.
qui n'est pas convaincu du prix
& de l'excellence de l'admirable
Corneille?Et ne pouvons-nous
pasdirede luy,ceque Virgilea
ditautrefois de son Héros, ou du
moins de ion Daphnis?
Bine ufqm adfydera moins.
Le plus excellent Critique de
nostre Siecle
,
& qu'on pourroit
justement appeller le Génie de la
Satyre,a reconnu leméritédece
grand Homme. Il a remarqué
des défautsdans les plus celébré-
Aurheursj il a fait la guerre
genéralementà tous nos Poëtes,
& par sa delicatesse
,
& par ion
,discernement
,
il les a presque
tous mis au desespoir. Cependant
il a toûjours excepté de sa
cenfute l'Illustre Mr Corneille,
.& mesme ill'a toujours proposé
comme un grand Maistre de
FAit; digne de leiintnattalité., Zc
- de la donner aux autres. Voicy
comme il en parle au Roy.
Etparmy tant£Autbeurs,jtveux
bien£avouer,
Apollon en connoiifqui te peuvent
-
louer.
oiji,j*efcay quentre ceux qui t'adrèssent
leursveilles,
Parmy les Pelletiers,eonn ccoommpittee des
corneilles.
Et dans sa Poëtique, où il désigne
quatre Poëtes qui doivent
travailler à la gloire&au divertissementdu
Rov. eCornâUe pourtoyrallumantfo»
audace,
Soit encor le Corneille, & du Cid &
£Horace.
I.
Il sembleroit d'abord que M.
Despreaux feroit du sentiment
de ceux dont M. Corneille se
plaint dans cette belle Epistre
qu'il adressa au Roy, il y aquelquesannées.
;
J'affaiblis, ou dumoins ilssi le jermaient.
Et qu'il n'arien faitdepuis Horace
&.. le Çid,deUÉorcede ces
deux Pièces ; mais si l'on y fait
un peu de reflexion,on verra
que M. Boisleau est d'un sentimenttout
contraire. Illuytrouve
encore la mesme vigueur, &
le juge capable plus quejamais de
travailler au divertissement du
plus grand, Roy du monde. Ce
feu estoit encore sous la cendre,
il n'estoit pas encore éteint ,il
n'estoit feulement qu'assoupy, &
on levoyoit avec lemefme éclat
& la mesme ardeurquand il en
estoitbesoin. Estcequ'ilneparoissoit
pas dans Sertorius, dans
Oedipe& dans Rhodogune?Eftce
que ces Ouvrages estoientsans
force & languissans
, &que luy
mesme ait eu raison de dire au
Roy?
1
-
Cefont desmalheureux élouffiZJ AU
Berceau, jqL Jjhtunfiul de tes regards peut tirer
du Tomkedu.
Non, non, M. Corneillea
toujours eu le mesmefeu &Ilde
mcÍme génie que dans Horace
,& dans le Cid. Les regards de
sa Majesté pouvoient, je l'avoue,
donner un nouveau lustreàses
Pieces; mais elles meritoient bien
aussi ses regards favorables ; car
il n'y en a aucune qui manque
de grace& de beauté, ôc il a pû
dire hardiment de ses Ouvrages.
Achevé, les derniers rient rien qttï
dégénéré,
Rienqui lesfajfecroire enfansdut*
autrepere.
Il faut donc avouer que M,
Corneille n'a point vieilly,&n'a
point dégeneré. Cependant
l'Autheur des Nouvelles nouvelles,
ditqu'il a pris un vol 1J
haut, que l'âge l'oblige malgré
luy de descendre. Si cet Autheur
a dit cela en parlant de Sophonisbe,
qu'a-t'il pû dire depuis
Mais enfin si les Pieces du grand
Corneille n'ont pas toutes la mesme
vigueur,&la mesme beauté,,
est-ce une raison de l'acculerde
vieillesse, &de s'écrier foy-meC.
we? • Pour bien écrire encorjay trop long*
tempsécrity1l -'r,.
MUls rides dufient passent jufq$ta*
l'esprit
Les Poëtes ont cela de commun
avec les belles Femmes,
qu'iln'y a rienqu'ils a pprehendent
tant que de vieillir
, ou di*
moins de paroistre vieux; & pour
ce sujet, ils font à leurs écrits,
tout ce que lesautres font à leurs
visages. Il semble que les Mufes
leur ayent inspiré cette inclinanation.
Comme elles font toujours
vierges & belles
,
ils,! voudraient
ettre toujours jeunes&
vigonreux Il n'y a rien qu'ils
ne faisent pour conserver cet
agrément,& cette fleur de jeunesse
quifait tout l'êclat, &tout
le brillant de leurs Ouvrages,
Horaceestoitdece sentiment;il
nesouhaitoit ny les honneurs, ny
les richesses
;
il secontentoitd'une
viefrugale & tranquille. Mais ildemandoit au grand Apollon,
d'estre toujourscet Horace
agréable& charmant, cet Horace
plein d'esprit & de feu, cet
Horace les délices de Mecenas ôc
d'Auguste.
Frui parâtù dr validomt'hi
LatoedûRtsxc?precorintégra
Cllm ment*:ntc turptm fencttam
Degere, ueccythata camtim.
Vous voyezcomme il appréhende
la vieillesse, & qu'il l'appelle
la honte & l'infamie des
Poëtes.UnCommentateurd'Horace
, dit sur ces paroles,Nec turpcm
Sencctam. Non delirentem, vel
inhonoratam ferutttutrn,fed lauda
hiltvt
,
dr jucundam. En effet,
Horace & tous les Poëtes doivent
craindre ces deux choses.
Le bon sens & la faveur ne les accompagnent
pas toujours.L'oserây-
je dire, en vous parlant de
M. Corneille? Les Poëtes ontun
grand panchant à la folie;& le
déclin de leur âge est bien souvent
le déclin de leur fortune. Il
faut donc sacrifieràApollon,pour
obtenir comme Horace cette
vieillesse agréable & glorieuse
toutenfemble.
Mais les voeux de Virgile sontà
mon gré bien plus nobles, &bien
plusgenéreux. Horacenecherche
icy que sa [atisFaébon- particuliere.
Unedemandequeleplaisir
&lajoye;&il craintautant
que sa vieillessene soit privée de laMusique, que de l'honneur &
dela gloire. Il ne demande pas
une longue vie, ny une vieillesse
heureuse pour loüer Auguste, &
Mecenas ; mais feulement pour
vivre long-temps,& pour vivre
agréablement:.Virgile au contraire
ne souhaite de longues années
& d'heureux jours, que
pour loüer dignementPollion,
& pour chanter sa gloire.
Omwitamlonge marnâtpars ultimA
vit*,
Spiritut,&\quantumfat erittua di.
cercfaté.
M.Corneille faitles mêmes fou*
haits,& il est bien plus fasché d'être
vieux, que de ce qu'on croit
qu'il a vieilly.Cependant il confa.
creau Roy ce qui luy reste de vie,
& veut finir comme il a commencé
, en travaillant toujours
à la gloire de son Prince, mais il
veut que le Roy profice du temps,
8c fc haste de luy commander
quelque chose. Car
L'offreriejipasbicngranâe, &le
moindre moment,
Teut dispenser mes voeux de l'accomplissement.
Préviens ce dur moment par des ordres
propices,
Compte tous mes desirs pourautant de
x, Jervices. Et laraisonqui l'obligeà parler
dela sorte, c'est que
Cesilluflresbien-tofiriauront plus
- rienàcraindre,
C'estledernier édat d'un feu prefA
s'éteindre,
Sur le pointd'expirer il ta"cbee--
blouir,
Etnefrappt les yeux queiosrs'éva
nüir.
Ou
Oucommeil aditailleurs:
IJ^uipq7rcujtaiJulcc'oambetrftoeusilanmotr,t Jetteun plus viféclat,& tout£uii
coup séteint. ,,,,",,,,, w
»"* Mais,Monsieur
, ce quifaifoit
sa crainte, n'estoit pas la perte
d'une si belle vie, de cette vie
de l'esprit qui le rendra immortel
àla Posterité, & dont lesderniersmomensont
jetté tant d'éclat
& de lumieres; ill'a toujours
possedée sans interruption & sans
foiblesse, & il pouvoit direaussi
iustementque Malherbe.
Je fuù vaincu du temps,jecede kses
outrages,
Mon cjprii feulementexemptdesi "- rigueur9-' Adequoy témoignerenCes derniers
Ouvrages,
SApremierevigueur.
LuJuiJJànüs faveurs dont Pllrnaf/è
m'honore.
Non loin de mon Berceau commencèrent
leur cours,
Je les pojfedayjeune, & les possede
encore,
AUfin de mes jonrs.
Il n'y -avoit queles foiblesses
du corps ,
qui pouvoient allarmer
Mr Corneille,&luy faire dira
en parlant de Sophocle.
le niraypassiloin, d" si mes quinzeluflres,
Fontencor quelque peineaux Modernesillujlres.
S'il en eft^defâcheuxjujqu'a s'en chagriner,
lenauraypou long-tempsA lesimportuner.
Cependant un peu de j-al-ousie
femblefe mêleràsa viei llesse, &
luy faire regarder la reputatiort
de nos jeunes Poëtes, avecquelque
sorte d'émulation; mais pouvoit-
il estre fâché de voir briller
ses Disciples de l'éclat de ses
rayons, & qu'ils empruntaient
quelques lumieres de cette gloire
qui l'environnoit?N'étoit-il point
assez remply de cette éclatante
renommée qu'il s'était acquise,&
que personne ne luy avoit disputée?
Ilest vray que l'honneur est
quelque chose de plus cher, èc
de plus prétieux que la vie. Il
est vray que la vieillesse est ordinairement
avare, mais quelqu'un
a-t-ilpilléoucritiquéses Ouvrages?
On les fuit, on les imite, en
cela feulement où ils ne font pas
inimitables
; car c'est encoreun
avantage qui luy est particulier.
Il a ouvert la Carriere, mais qui
a pû courre avec luy ? Y at'il encor
quelque chose à remporter
au delà du prix qui luy estoit deu?
Nos Poëtes modernes ont prétendu
feulement envisager le but
qu'il avoit touché, & de quelques
loüanges qu'ils soient dignes
, & quelques récompenses
qu'ils reçoivent de la Posterité,
le grand Corneilleaura toûjours
l'avantage de les avoir devancez
en gloire aussi bien qu'en mérite.
Pour 010Y ,
s'il m'est permis de
dire mon sentiment des Ouvrages
de M[ Corneille,je trouve
que trois choses l'ontmisau det:
fus de tous les Autheurs qui ont
paru en ce genre d'écrire; & ces
trois choses l'ont rendu avec justice
digne de la réputation & de
l'immortalité qu'il s'est acquise.
Personne n'a mieux appliquéce
qu'il a pris des Anciens que luy.
Personne n'a mieux entendu le
Théeatre que luy. Personne enfin
n'a écrit en ce genre,d'unemaniére
plus solide& plus durable.Voila,
Monsieur, de la maniere que je
comprens le grand Corneille,&
cequifaitàmonavis,qu'on luy a
donné tant de loüanges.
Si le Théâtre doit en France
toute sa gloire & tout son appuy
au grand Cardinal de Richelieu,il
doit toute sa beauté, & tous ses
ornemens à l'incomparableCorneille.
Commeavant ceCardinal
Théatre estoit peu de chose, le
avant ce Poëtela Comédieavoit
peu d'estime. Les Pieces de Théatre
n'estoient que de grossieres
ébauchesaussi imparfaites quele
Théâtre mesme. Celuy icy n'avoit
point de Loix
,
celles-là n'avoient
point de Regles ; mais ce
grand Ministre faisant son divertissement
de Li Comédie, la Scene
vit alors le plus grand changement
qui eut jamais paru sur le
Théatre. La pudeurJ'honnesteté
,
la bienséance en chasserent
l'effronterie
,
l'impudence & le
libertinage. Enfin la presence
du Cardinal ne purifia pas seulementle
Théâtre
,
il devinr une
étude aussibienqu'unlieude divertissement.
Mais de tous les
Poëtes qui travaillerent à ce
grand Ouvrage, Mr Corneille
sur celuy qui remplir mieux l'idée
que ce Ministre en avoit
conceuë. En effet qui a porté
plus loin que luy l'excellence &
la majesté du Poëme Dramatique?
Qui en a mieux connu les
régles? Qui a eu plus de lumieres
sur ce sujet? Il a réprimé cette
colereimpétueuse, 8ccet amour
licentieux qui faisoient l'horreur
& la corruption de la Scene. Il
en a modéré toutes les passions,
& a joint l'utile, & l'agréable
dans <;es patrions. Il a suivy les
régles avec exactitude
,
mais il
s'en est détaché avec prudence,
& je ne sçay s'il est plus admirable
,
lors qu'illes fuit, que lors
qu'il s'en éloigne. Lors qu'il les
observe,ilsuit Aristote, Horace
& l'antiquité qui souvent n'est
pas sans défauts,&quis'oppose
presque toûjours à nos moeurs,
Seà nostre temps; mais lors qu'il
s'en écarte
,
c'eil: un grand génie
qui sçait ce qui nous plaist,&ce
qui nous déplaist; & pour lors les
regles qu'il tire de cette connoifs-- sance, bien qu'opposées à celles
d'Aristote,sont pourtant les plus
seures&les plus infaillibles. ,:.7 Quelques-uns jaloux de la
gloire de Mr Corneille, n'ont pû
souffrir qu'il ait porté la connois.
sance du Théâtre
,
plus loin que
la Poëtique d'Arsftore. Ils ont
critiquéses Pieces, & ont voulu
que les regles condamnasssent un desesOuvrages, qui avoitréüssi
sans les regles. On dit mesme
que le grand Cardinal estoit de
la partie; maisles beaux Ouvrages
font non seulement au dessüs
des regles, ils font encore au
dessus de lasuffisance&del'authorité.
En vain contre le Cidm Minijhefi"
ligue,
Tout Paris four cbimenea lesjeux
de Rodrigue.
&AcadémieenCerps a beau le cesurer,
Le Public révoltés'objlineal'admirer.
Le Cid fera donc toujours une
preuve immortelle de l'excellent
génie de Mr Corneille. Mairet,
des Marets, Scudery
,
&tant
d'autresont travaillé comme luy
au Poëme Dramatique
,
mais
qu'ont ilsfait devant ou après le
Cid, qui approche du merite de
cette Piece ? Scudcrv, tour appuyé
qu'il estoit d'Aristote,& du
grand Cardinal qui faisoit la for.
tune& la destinée des Ouvrages
de son temps, n'a jamais pu faire
en faveur de l'AmourTirannique,
ce que le Public a fait pour le
Cid. Mais si l'Illustre Corneille atriomphé en dépit d'Aristote,
quelsavantages n'ail point eus
lors qu'il a suivy cét excellent
Maistre de l'Art Poërique? Qjelles
Pieces approchent de la réhu,
laritéde celles qu'il a travaillées
sur ses Préceptes ? Arminius le
disputera-ila ~Ciuna? toineà Rodogune ? Les Vinonmiresà
Dom Sanche d'Aragon?"
Il faut donc demeurer d'accord
qu'il l'emporte en ce genre sur
tous les Poëtes qui l'ont précedé
, soit qu'il suive Aristote ou
qu'il s'en éloigne
; & comme il
dit quelque part luy mesme;si les
premiers qui ont travaillé pour
le Théâtre
, ont travaillé sans
exemple, n'auronsnous pas le
mesme privilege ? Les regles des
Anciens font bonnes, continuëil,
mais leur methode n'est pas
de nostre Siècle; &. qui s'attacheroit
à ne marcher que sur
leurs pas, feroit sans doute peu
de progrez, & divertiroit mal
sonAuditoire. C'estlàentendre
Aristore, mais c'est mieux entendre
le Théatre qu'Aristote. Il
faut lire les Anciens, il faut les
étudier,il fautconnoistre.
- -- vos exemplaria Groecs.
NoBumbvcrfate wauu ,
verfite
diurnâ.
Mais ilne faut pas toujours les
suivre, il faut s'en éloigner quelquefois.
C'estunArt,il faut le
perfectionner, & pour cela aller
plus loin que les Anciens, si l'on
veut découvrir quelque
-
chose.
Il faut. aller au delà des regles
pour en établir de meilleures.
.Nilintcntatum nostri liquere Poé't£t
Nccminimum mtruere decus, vejligia
Groeca
Aufidefcrere.
Il faut faire de nouvelles découvertes.
Il faut risquer quand
ce feroit à ses périls, comme il l'a
dit luy mesme
,
& c'est ce qu'il a
pratiqué si heureusement
,
qu'il
s'est acquis par là la réputation
du piusgrand MustreduThéâtre
qui ait jamaisesté.
Mais s'il a esté plus loin que
les Anciens
,
il a ponssé les Anciens
plus loin qu'ils ne croyoient
aller. Ilapenetréleurgenie,&
luya donné toute l'étenauë qu'il
pouvoit avoir. Ila rectifié, leurs
moeurs, & leurs sentimens, sans
les rendre semblables aux nôtres.
Il a fait les Anciens meilleurs
sans nous les faite ressembler,
ny parler comme nous, 8c
nous comme|eux. Enfin tous ces
Caractères ont esté plûtost des
Originaux que des Copies. Il a
embelly Rome&Athènes;mais
de Rome & d'Athènes, il n'en a
point fait Paris. Il a toujours distingue
l'Areopage & le Senar,
du Parlement, & du Chastelet;
& si LOÜIS LE GRAND ressembleà
Cesar, il distingue toujours
l'Empereur des François,du Conquerant
des Gaules. Voila pour
ce qui regarde les moeurs, & les
caracteres. Quedirons-nousdes
Piecesde Théatre des Anciens,
qu'il a traitées & donc il a soûtenu
le genie & l'invention? Telles
font OCdlpé, Medée, & les
autres qu'il a tirées des Grecs &
des Latins, dans lesquelles on
peut voir cette belle & délicate
imitation des Anciens. Il donne
un tour à tout ce qu'il prend
d'eux, qu'il accommode à son
genie, mais qui est toujours propre
à leur caractere. Ce n'est
point du Latin en François,encore
moins du François en Latin,
Vous m'entendez
,
Monsieur, il
rend les pcnÍees des Anciens naturelles
en nostre Langue, mais
ces pensées ne font point Françoises,
elles demeurent toujours
Grecques & Romaines. C'estoit
le défaut des Poëtes qui l'avoient
précedé
,
ils parloient toujours
comme les Anciens, & faisoient
toujours parler les Anciens comme
eux;c'est à dire que leurs sentimens
estoient François, & leurs
expressions Latines. Quelleconfusion!
quelle barbarie! Cependant
cette Science pedantesque
faisoit une partie de leur entousiasme.
Ils faisoient gloire des
Galimathias, & croyoient n'être
pas Poëtes, si leurs Ouvrages
ne ressembloient aux Oracles.
Pour moy je vous avoüe que je
reconnois la Poësie divine en
cela, de s'estre tirée d'une pareille
obscurité. !Ær Corneille est
un de ceux quia le plus travaillé
à luy donner cette élegance &
cette pureté, dans laquelle nous
la voyions aujourd'huy. Rien
n'est plus net, rien n'est plusno- -
ble que sa diction. Il a de la facilité,
de la.grâce ; il*le
beau tour ,
&. ce font lesqualitez
deson slilequilerendent à mon
avis si recommandable
, & qui
l'élevent au dessus des autres. Il
a écrit d'une maniere solide &
durable, & propre pour tous
les temps ; d'un stile égal, ny
trop vieux, ny trop nouveau.
Point d'affectation
,
point de
préciosité, s'il m'est permis d'user
de ce mot. Toutes ses expressions
font de mise & de bon aloy
,
& sa
Poësie est aussi chaste pour les
moeurs, que pour le stile, ce qui
rendra sa memoire immortelle,
& fera estimer ses Ouvrages dans
tous les Siecles.
Aprés cela, Monsieur
,
puisje
trouver à redire aux honneurs
qu'il a receus de nostre grand
Monarque
,
& luy refuser un
grain d'encens, lors qu'on luy
donne par toutmille loüanges?
Je souscris hautement à cette
grande réputation
,
& j'approuve
qu'il ait dit au Roy dans son remerciement.
Mais centre ces abtu que j'aurûts de
fiffrages
Situ donnois le tiena mes derniers
Ouvrages!
iz me souviens mesme avec
joye du renouvellement d'estime
qu'il plut à Sa Majesté de luy
marquer il y a quelques années,
& qu'Ellese soit Souvenuëdece
Vers.
Sire, un bon mot de grace an Pere de
la chaise.
On ne sçauroit trop payer le
fli vice des Muses, & sur toutle
travail de M. Corneille.
lefers depuàdix am, mais cefi pat
d'autres bras,
J>)ucje versepour toy dufangdans
noscombats,
lepleureciicoreunFils & trembleray
pour l'autre,
Tant que Mtirstroublera Un repos é*
le fJofJre.
Jamais Virgile ne sur plus à
plaindre,quandil décritles maux
que la Guerreluy avoit faits.
Barbarmhasfeçetes?
Mig jamais aussiVirgilenefut
mieux récompensé d'Auguste,
que Mr Corneille l'a esté de nôtre
Grand Monarque. Ilest certain
que tout ce qu'Alexandre a
fait pour Homere, tout ce qu'-
Augusteafait pour Virgile, tout
qu Henry III. a fait pour des
Portes, n'approche point de l'estime
que le Roy a toujours euë
pourcetexcellent Poëte.
Il en connoissoit le merite, &
son rare discernement rendra
toujours sa glorie solide & durable.
Ainsi il pouvoit dire dans
un autre sens que Virgile.
- - - -- Sedcarminatantum
Ncflra valent,
Mais pour joüir d'uneréputatation
aussi longue & aussi glorieuse
que celle de Sophocle, auquel
il a ressemblé en tant de
choses
,
& jusqu'à son vieil âge,
il a toujours eu en veüe lesActions
éclatantes du Roy,& ena iaiffe
une éternelle image dans tous ses
écrits. Le Théatre en effet, ne
peur mieux estre employé qu'à
representerlesvertus du Prince,
& le Prince ne peut ailleurs recevoir
de plus dignes loüanges.
Sa gloire y paroist sans flaterie.
Il y remarque sa Personne & sa
conduite. Il y voit ce qu'il a fait
& ce qu'il doit faire. Enfin quand
le Poëte est habile, le Poëme
Dramatique est un miroir,où le
Prince se voit, & où les Sujets
voyentlePrince.Quinereconnoift
dans Attila nostre invincible
Monarque
,
fous le nom de
Meroüée? Ce n'est point là Celà..
ou Alexandre, c'est L o ii i s
LE GRAND.Ce n'est pointaussi
Aristophane ou Virgile qui en
ont fait le Portraie, c'est l'incomparable
Corneille qui pouvoir
direen mourant quis caneret
Nympk,is, ou plutost quis canerct
Ktccs ? Car si Appelles seul estoit
digne de peindre Alexandre,Corneille.
seul étoit digne depeindre
Loiiis LEGRAND. C'est ce que
j'ay toujourspensédecetillustre
Poëte, & ce que j'ay crudevoir
vous écrire pour vostre Msraction,
& la mienne. Je fuis, &c.
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Résumé : ELOGE DU GRAND CORNEILLE A MONSIEUR L'ABBÉ DES VIVIERS AUMOSNIER du Roy, Chanoine de Constance, Protonotaire du Saint Siege.
Pierre Corneille, dramaturge français, est renommé pour son génie et son mérite exceptionnel, même reconnu par des critiques rigoureux comme Nicolas Boileau. Contrairement à l'idée d'un déclin avec l'âge, ses œuvres tardives telles que 'Sertorius', 'Œdipe' et 'Rodogune' montrent une vigueur constante. Corneille aspirait à rester productif jusqu'à la fin de sa vie, redoutant surtout la perte de sa capacité créative. Il a profondément influencé le théâtre français en élevant le niveau de la comédie et en introduisant des règles et une moralité sur scène. Avant Richelieu et Corneille, le théâtre était grossier et dépourvu de règles. Corneille a su modérer les passions et allier l'utile à l'agréable dans ses œuvres, respectant les règles classiques tout en sachant s'en affranchir avec prudence. Ses pièces, comme 'Le Cid', ont toujours rencontré un succès populaire incontestable. Son style est décrit comme solide, durable, clair, noble, facile et gracieux, exempt d'affectation et de préciosité. La reconnaissance royale envers Corneille est comparée aux honneurs accordés à Homère, Virgile et autres grands poètes. Le théâtre, selon le texte, permet de représenter les vertus du prince et de montrer au prince sa propre image et celle de ses sujets. Corneille est ainsi considéré comme le seul digne de peindre Louis le Grand.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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179
p. 285-2[89]
SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
Début :
Si un Courtisan trompé dans ses esperances, est plus à plaindre [...]
Mots clefs :
Amant, Coeur, Amour, Courtisan, Tromperie, Passion, Héros, Chagrin, Maîtresse, Maux, Trahison, Beauté, Indiscrétion, Prodigalité, Avarice, Secourir, Misérables
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
SENTIMENS. s-V'll
les trois premières Zuelfions pro.
foféesdms le XXIX,Extraordi-
-
- naire du Mercure Gdant.
Si un Courtisan trompé dans ses
esperances,est plus à plaindre
qu'un Amant passionné
,
qui
ne peut toucher le coeur de la
Personne qu'il aime. IL n'eflcharmant lrüJCj(¡J,'lIn LOVIS
dans le monde;
Lors ejuun Courtisandanssa Cour.
Surquelqueesperancesefonde, 1
Et qu'il ne voit jamais le jour
Qttecefameux Héros a ses defirsrépondt;
Je le p'ains centfois plus qu'un Amant
dont l'amour
Nepeuttoucher lecoeur desa Bruneousa
Blonde.
C'estunmortelchagrin pour luy,
Qui luyfait d'autantplus âennuJ
Qitilnytrouvepoint deremede.
Vnefaveurdu Royferoittomfèsplaifirr;
LAnobleambition qui toujours lepossede
L'empe!êh! deformer ailleurs d'autres
desirs.
A{AU un Amantquipourune MattreJlè
Pleu-re.,languit, &roupireranscefe,
Sans quesesmaux puissent toucherfsll
coeur,
Ne peut-il pas avec une aute Belle
Qui ne luy fera point cruelle
Seconsolerde
@
sonmalheur?
Il eneP tant defavorables
Jldais je fais malma couravouât charmante
Iris,
£>ui pbaleros,ijfez. toujours des plut impitoya-
Et qui n'avez, pourmoy que de cruels mépris.
Changez d'humeur, beautésevère,
TrAirez-moy plm humainement,
Et pour lors ilse pourra faire
Qu'on me verra changer mt/fi de sentiment.
Si l'Infidélité d'une Maistresse
peutautoriserun Amant trahy àestreindiscret.
O
VandcCunetendre pafilon
'AlcandrepourPkiltsfentque[on Al ame efi prist,fènt queson est
JQuoy que cettebeauté lefuye&le mé- prise
Quelle teillee eennff~inn Ppoouurr ltuy jjvujfrqquu'aà lIao ttrraa--
hison,
Soninfidéliténar'en qui l'authorife
Afaire a cette Belleune indifèretion.
Lesecret en Amour doit e/lre inviolable, Et lui nesçauroit le garder,
Merite peu ce quunob, etaimable
Afou amour peut accorder.
Tourse vanger ll/tle infidelle,
Tout ce ejut peutfaire un Amant,
Ccfimitant cettecruelle
Defaire unautreengagement.
SilacharmanteIris dontmonameejf
ravie,
Voitloitdunefaveursoulagermonamour.
Et me trahir le mesme jour,
Je nenparlerait de ma vie.
Si la Prodigalité est moins condamnablequel'Avarice.
J E condamne fort rAVttricc,
Dans les Hommes cejlun grand
vice.
Tel vsrroit tout languirauprès deset
tresors,
Sans enmettre un tessondehors.
Poursecourirun Misérable,
Et
Et luy-mesme d'argent toujours infajjùtblej
Avec tout ce qu'il a de bien,
Manque de tout, plutofl que dese donner
rien.
Est-il rien de plut condamnable?
Mais dans la Prodigalité
Je ne voy rien digne de blâme;
C'est une genérosité
Quinesçauroitsortirque d'unegrandeur
d'ame.
Etsi r excez. enfaitdu mal,
Ce nest rien qu'à celuy dont le coeur libéral
.A moins pour luy quep4ur les aH/ru,
Oude qui les biensfont les nofires.
Maisou je ne pourray jamais la soûtenir,
C'efl dans le coeur d'une beauté cruelle
Dtnt mes Rivauxsçavent tout obtenir
Quandje ne puis rien avoird'elle.
DIEREVILLE,
les trois premières Zuelfions pro.
foféesdms le XXIX,Extraordi-
-
- naire du Mercure Gdant.
Si un Courtisan trompé dans ses
esperances,est plus à plaindre
qu'un Amant passionné
,
qui
ne peut toucher le coeur de la
Personne qu'il aime. IL n'eflcharmant lrüJCj(¡J,'lIn LOVIS
dans le monde;
Lors ejuun Courtisandanssa Cour.
Surquelqueesperancesefonde, 1
Et qu'il ne voit jamais le jour
Qttecefameux Héros a ses defirsrépondt;
Je le p'ains centfois plus qu'un Amant
dont l'amour
Nepeuttoucher lecoeur desa Bruneousa
Blonde.
C'estunmortelchagrin pour luy,
Qui luyfait d'autantplus âennuJ
Qitilnytrouvepoint deremede.
Vnefaveurdu Royferoittomfèsplaifirr;
LAnobleambition qui toujours lepossede
L'empe!êh! deformer ailleurs d'autres
desirs.
A{AU un Amantquipourune MattreJlè
Pleu-re.,languit, &roupireranscefe,
Sans quesesmaux puissent toucherfsll
coeur,
Ne peut-il pas avec une aute Belle
Qui ne luy fera point cruelle
Seconsolerde
@
sonmalheur?
Il eneP tant defavorables
Jldais je fais malma couravouât charmante
Iris,
£>ui pbaleros,ijfez. toujours des plut impitoya-
Et qui n'avez, pourmoy que de cruels mépris.
Changez d'humeur, beautésevère,
TrAirez-moy plm humainement,
Et pour lors ilse pourra faire
Qu'on me verra changer mt/fi de sentiment.
Si l'Infidélité d'une Maistresse
peutautoriserun Amant trahy àestreindiscret.
O
VandcCunetendre pafilon
'AlcandrepourPkiltsfentque[on Al ame efi prist,fènt queson est
JQuoy que cettebeauté lefuye&le mé- prise
Quelle teillee eennff~inn Ppoouurr ltuy jjvujfrqquu'aà lIao ttrraa--
hison,
Soninfidéliténar'en qui l'authorife
Afaire a cette Belleune indifèretion.
Lesecret en Amour doit e/lre inviolable, Et lui nesçauroit le garder,
Merite peu ce quunob, etaimable
Afou amour peut accorder.
Tourse vanger ll/tle infidelle,
Tout ce ejut peutfaire un Amant,
Ccfimitant cettecruelle
Defaire unautreengagement.
SilacharmanteIris dontmonameejf
ravie,
Voitloitdunefaveursoulagermonamour.
Et me trahir le mesme jour,
Je nenparlerait de ma vie.
Si la Prodigalité est moins condamnablequel'Avarice.
J E condamne fort rAVttricc,
Dans les Hommes cejlun grand
vice.
Tel vsrroit tout languirauprès deset
tresors,
Sans enmettre un tessondehors.
Poursecourirun Misérable,
Et
Et luy-mesme d'argent toujours infajjùtblej
Avec tout ce qu'il a de bien,
Manque de tout, plutofl que dese donner
rien.
Est-il rien de plut condamnable?
Mais dans la Prodigalité
Je ne voy rien digne de blâme;
C'est une genérosité
Quinesçauroitsortirque d'unegrandeur
d'ame.
Etsi r excez. enfaitdu mal,
Ce nest rien qu'à celuy dont le coeur libéral
.A moins pour luy quep4ur les aH/ru,
Oude qui les biensfont les nofires.
Maisou je ne pourray jamais la soûtenir,
C'efl dans le coeur d'une beauté cruelle
Dtnt mes Rivauxsçavent tout obtenir
Quandje ne puis rien avoird'elle.
DIEREVILLE,
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Résumé : SENTIMENS SUR les trois premieres Questions proposées dans le XXIX Extraordinaire du Mercure Galant.
Dans cet extrait du 'Mercure Galant', l'auteur compare la déception d'un courtisan à celle d'un amant passionné, jugeant le courtisan plus à plaindre car ses espoirs ne se réalisent jamais. Il exprime son chagrin face à l'indifférence de sa bien-aimée, Iris, qui le traite avec mépris. Le texte aborde ensuite l'infidélité en amour, justifiant l'indiscrétion de l'amant trahi tout en soulignant que les secrets amoureux doivent rester inviolables. L'auteur condamne l'avarice, qu'il considère comme un grand vice, décrivant l'avare comme quelqu'un qui accumule des trésors sans les partager, même pour aider les nécessiteux. À l'inverse, il voit la prodigalité comme une générosité née d'une grandeur d'âme, bien que les excès puissent être nuisibles. Enfin, il avoue son incapacité à soutenir cette prodigalité face à une beauté cruelle qui favorise ses rivaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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180
p. 2[89]-[301]
DIALOGUE ENTRE LES MUSES DE L?ACADEMIE DE VILLEFRANCHE ET CUPIDON.
Début :
Il m'est tombé depuis peu entre les mains un ouvrage fort galant, / Les Muses. Petit Dieu de l'amour [...]
Mots clefs :
Muses, Cupidon, Dieu, Paix, Plaisirs, Empire, Amour, Coeur, Héros, Âme, Hymen, Compliments, Douceur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DIALOGUE ENTRE LES MUSES DE L?ACADEMIE DE VILLEFRANCHE ET CUPIDON.
il m'efltombê depuis peu entre les
mainsun Ouvrage fori galant, qui
futfait ily a quelques années ,sir le
mariage d'un Académicien de Villefranche
en Beaujolois. Il efl de M1
Mignêt de Bussy,de U mesme Académie.
DIALOGUE ENTRE LES
MUSES DE L'ACADEMIE
DE VLLLEFRANCHEET CUPIDON.
LES MUSES. P
Etit Dieu de £amour
Vous nom jouez, tout les jours quelque
tour:
Non content cCexercersur la terre &sur
Fonde
Vn empire AbJlIH.
Vout efles encore résolu
-'
De troubler le repos de nostre faix profonde:
Et mèprisant nos Chansons&vos
Jeux,
Vontvenez,près denos FontAines,
jivecque tous vosfeux
Pour en tarir les veines.
C UP IDON.
Belles & dottes Soeurs,pourquoy vont
plaignez-vous
Que dans voffresejourj'étende
ma puissance,
Têtu ceux quifontfournis a mon obèif*
sance,
Ont toujour' reffintylesplaisirslesplUl
doux?
llrieft point de lieuxsur Uterre
Qui ne reconlloij[ent mes Loix, JajfHiertü les plus grands Roys,
Et influes dans les Cieux le Maistre du
Tonnerre,
Ne ffauroit soùtenir mes plusfoibles
efforts,
Tlutonmesmeaumilieu du noirsejour
des morts, Bbij
OHtonne voit jamais que peine & que
martyre,
Reconnaît mon empire
Et mefait avecfoin sa cour.
Aprés cela les filles de mémoire,
Bleffint-elles leur gloire,
Defefoumettreau pouvoirdel'amour?
LES MUSES.
Non, non, filsde Venns, vos parolesfont
veinesy
On ne doit pointsur nostre Mont,
S*amuferkporterleschaînes^
D'un Dieu qui rarement a nos âprs répond,
Et cefi une pure chimere,
D'accorder les loixde Cithére,
Avec celles del'Hèlicon.
Ce riefi pat nostrefait dans nos douces
retraites,
D*estreamoureuses& coquettes;
Etst nom ressentons de tardeur dans nos
cfturs,
Ce nest que pour chanterteplus grand
des Painqnemrs,
Ilméritéseulnoflre zele,
Et ce rieft que pour luy quefont faits nos
Concerts,
Encore efi-ce bien peu riemployer tota nos
Airs,
A celèbrer les faits desa gloire immortelle,
Puis que tant d'autres coeurspleins de
force & etappas,
JnfcjHicy n'y fnfiffentpat.
Enfin des Mufes bien (enfîtes,
Doiventplntofldonnerleurschants &
leurs pensées,
jittxexploits glorieux cCun Héros triomphAnt
QriaHXVaintamusemens d'un jeune&
foible Enfant.
CUPiDo N.
Oüy, M'ifes, ie leconfeffe.
Ilfaut cjuinceffamment voflreTroupe
s'empresse,
Achanterde LOVlS,
Tous lesfaits inouïs:
Il riefi point de Héros qui par leur concurrence,
Bbiij
Puissent avecijue luy partager vos Chansons.
Les ayantfurpa/fezde toutes les façons,
Ilmérite luy seul•/avoir la préférence;
Et merme jurcjua moy,
Bien ro vntilafaitlaloy,
Quand par les vains efforts de mes traits,
derr.es chàrmes, ray voulu tingagtrau milieu des Hyvrrs,
Ou mes jeuxfont goûter mille plaisirs
divers;
Asuspendre le cours deses terribles armes.
Maisbiencjuavecraison ce plus grand
des Guerriers,
Meriteseuld'occuper leParnasse,
Mes Mirtes nefont pont de honteàses
Lauriers;
Maté ils leurs donnent plus de grace.
Les Chants
Quifont unis pourMars & pourma
A:ere,
Ne doivent pas moins plaire,
S'ilsn'enfont pat (ifiers, ils en font plut
touchans.
Ne vous fâchez, doncpasj Mufesprudes
& fages,
De me voirdansvostrefîjour,
Les Bellescomme vousa l'afpeElde lAmour
N'ont jamais estèsisauvages.
Je neveux point d'ailleurs
Faire bréche avos coeurs:
C'est un autre dessein qui vom plairasans
doute,
Si pour un seul moment
Vostre Troupe m'écoute.
Je ne viens feulement
Que pour votufaire part d'une douce nouvelle,
Unde vos Nourrlffons AUjJi tendrequheureux,
sceu par Cesfoins Amoureux,
Enflamerleceeitrd'une Belle: 1 Ilsdoivent au plutost s'unir des plus doux
noeuds,
Et l'Hymen se prépare à couronnerleurs-
- feux, « Bb iiij
Nereïentez-vou4 pas la joye,
Devoir un de vos chers Enfans,
Par des efforts heureux & triomphant
Maif/re d'une si riche proye,
Qf££ charge defiesferstantd'illuflres Captifs.
ji lafpeSi defts yeuxsi brillants &si
vifs,
Le Soleilaujji-tofl paroiss obscur &flm
bre,
Sesrayonsnefont pins qu'un nuage &
qu'une ombre,
Hé! quepo'irroit-ilfaireencet état fâcheux?
Ilfautbien malgré ly qu'un seul le cede
adeux,
Contre leurs doux regards ilneflpointde
coeur tendre
Qjtise puissedéfendre.
On diroit qu'elle <*fat au Lis comme an.
J'mm,
Un notable larcin;
PU;f que leur blancheurlllm égale,
Présdesonteinteiftoujoursfale,
La Rose mesmey perdson incarnat,
Vnautreplusviflesurmonte,
Et quoy quellefait rouge, en ce méchant
état
Onconnoit bien que ce nefl que de honte.
Sanscejje Fon yVoitl'image du Printemps,
Et certainspetitstrqui[ont surson
l'i'ége,
Font tazileasseuréque]aypris en partare
Pourmecouvrirdu mauvais temps.
Je sçay quelle a beaucoup d'autres beautez.
secrettes,
M;,s ce n'est pas dans vos retraites,
Où l';;nioit fairele portrait.
L'heureux Amant qui va s'en rendre
maiflre,
Voudra bien quelque jour peut-eflre,
YOUI en dépeindre quelque trait.
Pourcompoferun tout qui jette mille fiâmes
Danslesplusdures Amn,
L'esprit répond aux charmes deson corps,
Ma Aiere & la Nature en ont fait let
accords,
llneluy manquoit plus quun coeurunpen
fcnfible,
J'aytantfait parmesfoins,
Queje me fuisplacé dans toitssescoins,
Aprés quoyfen ayfait le poJfeJfenrpaisible,
Celuy qui tranrporté d'unesivive ardeur
Voui informe par moy d'unsi rare bonheur.
LES Muses.
Aimable Cupidtn, noj/re Troupe immortelle,
approuve le âeffein qui vom tient prés
deno-'M,
Et ressentaussibien quevous,
LepLiifirque produitvoflre douce nouvelle.
Nomvoulons par nos Airs celebrer le
brau jour,
Où l'Hymen rendra pinsdurables,
Les liensquaformel'Amour
Entre deux objets admirableç.
LOVISpendantun peudetemps
Notu permettra desuspendre les
chants,
Que nofire heureuse destinée,
NousfaitformerpourvanterfesExploit.^
Et nous pourrons donnertoutes nos vtix
Pour un sicharmant Himenée.
Cependant,petit Dieu,
Dépesche-vous d'abandonnerce lieu,
Allez plûtofl auprès de cette belle,
Aiderson tendre Amant a la rendrefidelle.
Allez.inrp'rera son coeur
L',ftime & la tendreJft"
Queméritentl'esprit, la douceur, la fitgejJe,
Deson heureux vainqueur.
Faites luy voir la vive image
Desafélicité,
Etlamoureux hommage,
QjSunsi digne Sujet va rendreasa
beduté.
Allez, dépefehez-vous, napportez plut d'exufes
C'est inutilement consumer tous vosfeux,
Et vos plus tendres jeux,
Ne peuvent qu'ennuyerles Mufes,
Vouiemploirez. bien mieux ces prètieux
momens,
Avecce beau couple£Amans
Sans Vous ils nefçauraient rienfaire,
Quelque (fortquehazarde en
leurfaveur,
Il n'a jammsassez. d'arleur,
Pourarriverau buJt.Iqui peut lesfatisfaire.
Compliment de Cupidon, fait à
Ja Belle.. de la partdes Miu
fcs, sur le sujet de son Mariage.
B
.'SlleJ quej'aimetendrement,
Parle ChoeurdesnenfSoeurs, ma bouche
efldestinée,
Four venirde leur part VOHSfaire compliment
Survofirecharmante Himenée.
Elles mesmes viendraient pour votale
faire en Corps,
Mais leurs jeuxsi paisibles
Ne leur rend pas loisibles,
De semblables efforts.
Depuis le temps qu'il cft, des Mufesy
Elles quittent peu leursejour,
Etsefont peur tfJûlOUrSexclufes
Desmyfieres d'amour.
Elles craindroient de voiriefurieux ravage,
Que tonferasur vos appas:
Mais quoy qu'ilsfnent mis au pillAge,
Belle Iris,n'en rougissez pa4,
Puts que les Mufes mesme,
Quelques grndes que soient leur crainte
& leurfro'deur,
Ne croiront pai offenserleurpudeur,
D'en avoirune joye extrémc;
Si ce ravageun jour pour leurs dosses lefons,
Peut leur fournirdes petits Nourriffons.
mainsun Ouvrage fori galant, qui
futfait ily a quelques années ,sir le
mariage d'un Académicien de Villefranche
en Beaujolois. Il efl de M1
Mignêt de Bussy,de U mesme Académie.
DIALOGUE ENTRE LES
MUSES DE L'ACADEMIE
DE VLLLEFRANCHEET CUPIDON.
LES MUSES. P
Etit Dieu de £amour
Vous nom jouez, tout les jours quelque
tour:
Non content cCexercersur la terre &sur
Fonde
Vn empire AbJlIH.
Vout efles encore résolu
-'
De troubler le repos de nostre faix profonde:
Et mèprisant nos Chansons&vos
Jeux,
Vontvenez,près denos FontAines,
jivecque tous vosfeux
Pour en tarir les veines.
C UP IDON.
Belles & dottes Soeurs,pourquoy vont
plaignez-vous
Que dans voffresejourj'étende
ma puissance,
Têtu ceux quifontfournis a mon obèif*
sance,
Ont toujour' reffintylesplaisirslesplUl
doux?
llrieft point de lieuxsur Uterre
Qui ne reconlloij[ent mes Loix, JajfHiertü les plus grands Roys,
Et influes dans les Cieux le Maistre du
Tonnerre,
Ne ffauroit soùtenir mes plusfoibles
efforts,
Tlutonmesmeaumilieu du noirsejour
des morts, Bbij
OHtonne voit jamais que peine & que
martyre,
Reconnaît mon empire
Et mefait avecfoin sa cour.
Aprés cela les filles de mémoire,
Bleffint-elles leur gloire,
Defefoumettreau pouvoirdel'amour?
LES MUSES.
Non, non, filsde Venns, vos parolesfont
veinesy
On ne doit pointsur nostre Mont,
S*amuferkporterleschaînes^
D'un Dieu qui rarement a nos âprs répond,
Et cefi une pure chimere,
D'accorder les loixde Cithére,
Avec celles del'Hèlicon.
Ce riefi pat nostrefait dans nos douces
retraites,
D*estreamoureuses& coquettes;
Etst nom ressentons de tardeur dans nos
cfturs,
Ce nest que pour chanterteplus grand
des Painqnemrs,
Ilméritéseulnoflre zele,
Et ce rieft que pour luy quefont faits nos
Concerts,
Encore efi-ce bien peu riemployer tota nos
Airs,
A celèbrer les faits desa gloire immortelle,
Puis que tant d'autres coeurspleins de
force & etappas,
JnfcjHicy n'y fnfiffentpat.
Enfin des Mufes bien (enfîtes,
Doiventplntofldonnerleurschants &
leurs pensées,
jittxexploits glorieux cCun Héros triomphAnt
QriaHXVaintamusemens d'un jeune&
foible Enfant.
CUPiDo N.
Oüy, M'ifes, ie leconfeffe.
Ilfaut cjuinceffamment voflreTroupe
s'empresse,
Achanterde LOVlS,
Tous lesfaits inouïs:
Il riefi point de Héros qui par leur concurrence,
Bbiij
Puissent avecijue luy partager vos Chansons.
Les ayantfurpa/fezde toutes les façons,
Ilmérite luy seul•/avoir la préférence;
Et merme jurcjua moy,
Bien ro vntilafaitlaloy,
Quand par les vains efforts de mes traits,
derr.es chàrmes, ray voulu tingagtrau milieu des Hyvrrs,
Ou mes jeuxfont goûter mille plaisirs
divers;
Asuspendre le cours deses terribles armes.
Maisbiencjuavecraison ce plus grand
des Guerriers,
Meriteseuld'occuper leParnasse,
Mes Mirtes nefont pont de honteàses
Lauriers;
Maté ils leurs donnent plus de grace.
Les Chants
Quifont unis pourMars & pourma
A:ere,
Ne doivent pas moins plaire,
S'ilsn'enfont pat (ifiers, ils en font plut
touchans.
Ne vous fâchez, doncpasj Mufesprudes
& fages,
De me voirdansvostrefîjour,
Les Bellescomme vousa l'afpeElde lAmour
N'ont jamais estèsisauvages.
Je neveux point d'ailleurs
Faire bréche avos coeurs:
C'est un autre dessein qui vom plairasans
doute,
Si pour un seul moment
Vostre Troupe m'écoute.
Je ne viens feulement
Que pour votufaire part d'une douce nouvelle,
Unde vos Nourrlffons AUjJi tendrequheureux,
sceu par Cesfoins Amoureux,
Enflamerleceeitrd'une Belle: 1 Ilsdoivent au plutost s'unir des plus doux
noeuds,
Et l'Hymen se prépare à couronnerleurs-
- feux, « Bb iiij
Nereïentez-vou4 pas la joye,
Devoir un de vos chers Enfans,
Par des efforts heureux & triomphant
Maif/re d'une si riche proye,
Qf££ charge defiesferstantd'illuflres Captifs.
ji lafpeSi defts yeuxsi brillants &si
vifs,
Le Soleilaujji-tofl paroiss obscur &flm
bre,
Sesrayonsnefont pins qu'un nuage &
qu'une ombre,
Hé! quepo'irroit-ilfaireencet état fâcheux?
Ilfautbien malgré ly qu'un seul le cede
adeux,
Contre leurs doux regards ilneflpointde
coeur tendre
Qjtise puissedéfendre.
On diroit qu'elle <*fat au Lis comme an.
J'mm,
Un notable larcin;
PU;f que leur blancheurlllm égale,
Présdesonteinteiftoujoursfale,
La Rose mesmey perdson incarnat,
Vnautreplusviflesurmonte,
Et quoy quellefait rouge, en ce méchant
état
Onconnoit bien que ce nefl que de honte.
Sanscejje Fon yVoitl'image du Printemps,
Et certainspetitstrqui[ont surson
l'i'ége,
Font tazileasseuréque]aypris en partare
Pourmecouvrirdu mauvais temps.
Je sçay quelle a beaucoup d'autres beautez.
secrettes,
M;,s ce n'est pas dans vos retraites,
Où l';;nioit fairele portrait.
L'heureux Amant qui va s'en rendre
maiflre,
Voudra bien quelque jour peut-eflre,
YOUI en dépeindre quelque trait.
Pourcompoferun tout qui jette mille fiâmes
Danslesplusdures Amn,
L'esprit répond aux charmes deson corps,
Ma Aiere & la Nature en ont fait let
accords,
llneluy manquoit plus quun coeurunpen
fcnfible,
J'aytantfait parmesfoins,
Queje me fuisplacé dans toitssescoins,
Aprés quoyfen ayfait le poJfeJfenrpaisible,
Celuy qui tranrporté d'unesivive ardeur
Voui informe par moy d'unsi rare bonheur.
LES Muses.
Aimable Cupidtn, noj/re Troupe immortelle,
approuve le âeffein qui vom tient prés
deno-'M,
Et ressentaussibien quevous,
LepLiifirque produitvoflre douce nouvelle.
Nomvoulons par nos Airs celebrer le
brau jour,
Où l'Hymen rendra pinsdurables,
Les liensquaformel'Amour
Entre deux objets admirableç.
LOVISpendantun peudetemps
Notu permettra desuspendre les
chants,
Que nofire heureuse destinée,
NousfaitformerpourvanterfesExploit.^
Et nous pourrons donnertoutes nos vtix
Pour un sicharmant Himenée.
Cependant,petit Dieu,
Dépesche-vous d'abandonnerce lieu,
Allez plûtofl auprès de cette belle,
Aiderson tendre Amant a la rendrefidelle.
Allez.inrp'rera son coeur
L',ftime & la tendreJft"
Queméritentl'esprit, la douceur, la fitgejJe,
Deson heureux vainqueur.
Faites luy voir la vive image
Desafélicité,
Etlamoureux hommage,
QjSunsi digne Sujet va rendreasa
beduté.
Allez, dépefehez-vous, napportez plut d'exufes
C'est inutilement consumer tous vosfeux,
Et vos plus tendres jeux,
Ne peuvent qu'ennuyerles Mufes,
Vouiemploirez. bien mieux ces prètieux
momens,
Avecce beau couple£Amans
Sans Vous ils nefçauraient rienfaire,
Quelque (fortquehazarde en
leurfaveur,
Il n'a jammsassez. d'arleur,
Pourarriverau buJt.Iqui peut lesfatisfaire.
Compliment de Cupidon, fait à
Ja Belle.. de la partdes Miu
fcs, sur le sujet de son Mariage.
B
.'SlleJ quej'aimetendrement,
Parle ChoeurdesnenfSoeurs, ma bouche
efldestinée,
Four venirde leur part VOHSfaire compliment
Survofirecharmante Himenée.
Elles mesmes viendraient pour votale
faire en Corps,
Mais leurs jeuxsi paisibles
Ne leur rend pas loisibles,
De semblables efforts.
Depuis le temps qu'il cft, des Mufesy
Elles quittent peu leursejour,
Etsefont peur tfJûlOUrSexclufes
Desmyfieres d'amour.
Elles craindroient de voiriefurieux ravage,
Que tonferasur vos appas:
Mais quoy qu'ilsfnent mis au pillAge,
Belle Iris,n'en rougissez pa4,
Puts que les Mufes mesme,
Quelques grndes que soient leur crainte
& leurfro'deur,
Ne croiront pai offenserleurpudeur,
D'en avoirune joye extrémc;
Si ce ravageun jour pour leurs dosses lefons,
Peut leur fournirdes petits Nourriffons.
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Résumé : DIALOGUE ENTRE LES MUSES DE L?ACADEMIE DE VILLEFRANCHE ET CUPIDON.
Le texte décrit un dialogue entre les Muses de l'Académie de Villefranche et Cupidon. Les Muses reprochent à Cupidon de troubler leur sérénité et de chercher à dominer leur domaine. Cupidon répond que son influence est partout, touchant même les dieux et les âmes des défunts. Les Muses refusent de se soumettre à l'amour, affirmant que leurs chants célèbrent les grands héros plutôt que les amours éphémères. Cupidon reconnaît la grandeur des héros mais insiste sur l'importance des exploits amoureux. Il annonce ensuite une bonne nouvelle : un jeune couple va se marier. Touchées, les Muses décident d'interrompre leurs chants pour célébrer cette union et demandent à Cupidon de les aider. Le poème est dédié à une jeune femme à l'occasion de son mariage. Il l'encourage à rejoindre une personne aimée et à aider un amant à conquérir son cœur par la douceur et la fidélité. Les Muses, bien qu'elles souhaitent féliciter la mariée, préfèrent éviter les excès amoureux et restent dans leurs jeux paisibles. Elles expriment néanmoins leur joie et leur espoir que ce mariage soit fécond. Le poème se conclut par un compliment des Muses, transmis par le narrateur, pour célébrer cette union charmante.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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181
p. [302]-[303]
QUESTIONS A DECIDER.
Début :
I. D'où vient que plusieurs Maris qui ont de tres belles Femmes, [...]
Mots clefs :
Questions, Maris, Femmes, Beauté, Laideur, Maîtresse, Amant, Orgues
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : QUESTIONS A DECIDER.
gVESTIONS A DECIDER.
D I. 'Où vient que plusieurs
Maris qui ont de tres-belles
Femmes, en aimentsouvent,
non feu1lemen.t de beaucoup moins belles, mais meime de treslaides.
ir.
Lequel donne plus de joye, de
se faire aimer d'une belle Fiere
qui semble n'avoir aucun panchant
pour l'amour, ou de regagner
le coeur d'une Maistressejustement
irritée, & dent la haine
pour nous paroistinvincible.
III.
Si un Amant peut voir continuellement
sa Maistresse sans s'ennuyer.
IV.
On demande quelle estrougir
ne des Orgues.
D I. 'Où vient que plusieurs
Maris qui ont de tres-belles
Femmes, en aimentsouvent,
non feu1lemen.t de beaucoup moins belles, mais meime de treslaides.
ir.
Lequel donne plus de joye, de
se faire aimer d'une belle Fiere
qui semble n'avoir aucun panchant
pour l'amour, ou de regagner
le coeur d'une Maistressejustement
irritée, & dent la haine
pour nous paroistinvincible.
III.
Si un Amant peut voir continuellement
sa Maistresse sans s'ennuyer.
IV.
On demande quelle estrougir
ne des Orgues.
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Résumé : QUESTIONS A DECIDER.
Le texte pose quatre questions sur les relations amoureuses. Il s'interroge sur les préférences masculines pour des femmes moins attrayantes, compare le plaisir d'être aimé par une belle femme indifférente à celui de reconquérir une maîtresse en colère, et demande si un amant peut voir continuellement sa maîtresse sans s'ennuyer. Il mentionne également la plus haute note des orgues.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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182
p. [303]
« Il me reste une conversation Académique de Mr de la Fevrerie, [...] »
Début :
Il me reste une conversation Académique de Mr de la Fevrerie, [...]
Mots clefs :
Conversation académique, Origine des tombeaux, Questions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il me reste une conversation Académique de Mr de la Fevrerie, [...] »
Il me reste une conversation
Académique deMr de la Fevrerie,
dans laquelleil est traite de
l'origine des Tombeaux 6c des
magnifiques Sepultures, avec
d'autres pieces, sur les Questions
du dernier Extraordinaire. Je les
4 Paris ce is.îutile116S/.
Académique deMr de la Fevrerie,
dans laquelleil est traite de
l'origine des Tombeaux 6c des
magnifiques Sepultures, avec
d'autres pieces, sur les Questions
du dernier Extraordinaire. Je les
4 Paris ce is.îutile116S/.
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183
s. p.
« ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant [...] »
Début :
ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant [...] »
ON donnera toujours un Volumw
nouveau du Mercure Galant
lperemierjour de chaque Mois, &
vendra, aussi-bien que l'Extraono
dinaire, Trente sols relié en Veao£:
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
nouveau du Mercure Galant
lperemierjour de chaque Mois, &
vendra, aussi-bien que l'Extraono
dinaire, Trente sols relié en Veao£:
& Vingt-cinq sols en Parchemin.
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184
s. p.
TABLE DES MATIERES contenuës dans ce Volume.
Début :
Reponse à la Question. Si un Courtisan trompé dans ses esperances, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES MATIERES contenuës dans ce Volume.
TABLE DES MATIERES
contenues dans ce Volume.
REponfe à laQueftion. SiunCour»
tifAn trompé dans ses esperances,
efl plmapUindre qu'un Amant passionnè
,
qui ne peut réüssir dans fort
amourt par Mr A. Ad.A. D. M. D*
page 3
Réponft A deux Quefiionsdu XXIX. Extraordinaire
,par Air Atagnin.17
ConverfationAcademiéjne,surl'origine des
Tombeauxypar MrJe la Fevrerie.14
Tortrait d'une; Damede qualité, par Aiademoiselle
B. D.R. 93
Sonnet a Air le Duc de Saint Aignan sur le Carrousel. , 97
Madrigauxsur lesEnigmesdeJuin, dont
les mots efloient la Truite & l'Hommeàcheval,
99
Entière expojîtion etune première Langut
uriwerfellt. 1-U
TABLE.
flions du 3 Centimens sur les Que/lions 3o0.. EMl
traordinaire, par MrBouchet, "ncn.,
Curé de Nagent teRoy. n
Explications de la
Fable
Enigmatt'q^
11
Onzième Partie du Traité des Lunet\':-\
par Air Comiers. 2s
Sonnet an Rey
, par'Mr MaNguin «j
Bourbon l'Archambaut. 1:.t
L'amour Amant, Baltet 21
Sentimens sur les Quefllons du dernm,
Extraordinaire, par Mr Diercviki:
xx
Vers galans aune jeune Enjouée. iê
MAdrigllux sur les deuxEnigmes x
mots d'Aoufl^dont les deux mots éloiot\)
1 & Vvoyelles &consonnes,ôcle SçoZ
flet, avec les 'noms de'ceux qui les a
expliquées. i
Questions a decider.
1
Fin de la Table.
contenues dans ce Volume.
REponfe à laQueftion. SiunCour»
tifAn trompé dans ses esperances,
efl plmapUindre qu'un Amant passionnè
,
qui ne peut réüssir dans fort
amourt par Mr A. Ad.A. D. M. D*
page 3
Réponft A deux Quefiionsdu XXIX. Extraordinaire
,par Air Atagnin.17
ConverfationAcademiéjne,surl'origine des
Tombeauxypar MrJe la Fevrerie.14
Tortrait d'une; Damede qualité, par Aiademoiselle
B. D.R. 93
Sonnet a Air le Duc de Saint Aignan sur le Carrousel. , 97
Madrigauxsur lesEnigmesdeJuin, dont
les mots efloient la Truite & l'Hommeàcheval,
99
Entière expojîtion etune première Langut
uriwerfellt. 1-U
TABLE.
flions du 3 Centimens sur les Que/lions 3o0.. EMl
traordinaire, par MrBouchet, "ncn.,
Curé de Nagent teRoy. n
Explications de la
Fable
Enigmatt'q^
11
Onzième Partie du Traité des Lunet\':-\
par Air Comiers. 2s
Sonnet an Rey
, par'Mr MaNguin «j
Bourbon l'Archambaut. 1:.t
L'amour Amant, Baltet 21
Sentimens sur les Quefllons du dernm,
Extraordinaire, par Mr Diercviki:
xx
Vers galans aune jeune Enjouée. iê
MAdrigllux sur les deuxEnigmes x
mots d'Aoufl^dont les deux mots éloiot\)
1 & Vvoyelles &consonnes,ôcle SçoZ
flet, avec les 'noms de'ceux qui les a
expliquées. i
Questions a decider.
1
Fin de la Table.
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Résumé : TABLE DES MATIERES contenuës dans ce Volume.
Le document est une table des matières d'un volume regroupant divers écrits littéraires et académiques. Il comprend des réponses à des questions, des conversations académiques, des portraits, des sonnets, des madrigaux et des traités. Les auteurs mentionnés incluent Mr A. Ad.A. D. M. D., Air Atagnan, Mr Je la Fevrerie, Mademoiselle B. D.R., Mr Bouchet, Curé de Nangent, Air Comiers, Mr Manguin Bourbon l'Archambaut et Mr Diercviki. Les thèmes abordés varient des réflexions sur l'amour et les sentiments aux explications de fables et d'énigmes. Le volume se conclut par une section intitulée 'Questions à décider'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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185
p. 1-16
VERS LIBRES.
Début :
On n'a point encore proposé de Question plus difficile / L'Ambition & l'Amour [...]
Mots clefs :
Question, Courtisan, Amant, Amour, Ambition, Ouvrage, Auteur, Tromperie, Complaisance, Tircis, Dorilas, Tourments, Dispute, Ombre, Coeur, Douleur, Âme, Tendresse, Ardeur , Heureux, Faiblesse, Fourberie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VERS LIBRES.
,séde,/[ssion plus
difficiledr:foudre
, que
celle qui met en balance
lainquiétudes d'unCoarii/an,a qui
la Fortune efl toujours contraire
,
&
les peines d'un Amant) qui rend des
foins inutiles à la personne auil aime.
Comme CAmour & l*Ambitions
font deuxpaJftens tres-viotentes, eU-V
les déchirent si crutliement le coeunm
de ccluy qu'elles agitent, qu'on peuagdire
que dans l'un & l'awtre efldt, iài
n'y a rien qui puisse égaler ce quifa*.
endure.L'Ouvrage par leqtieljecom-t,
mence le Recueil de Pieces diverjestx\
quejevous envoyetoiu les troismois
nous en donnelin vifportraityquivotm>\
fraperafans doute, tant la matierey^\
efi délicatement traitée. se ne pue'u
voeuen dire davantage,sansretardent
le plaisir que vsm donnera cette lec-ii
ture.VAutheur, qui n'a voulu dejfàq
gner sonnom -que parlessix lettres*
qui fontaubas deJes Versseferacon,
noiftre qflandil luypUirapard'autres
Ouvrages, puis qu'il efl aisé de voi.)\
qu'un homme quiauntalcmsihCllr(NJ.
pour laPoésie,nedédaigne jaidans/&\j
-
heures de loisir
,
d'tmploytr quelques
wornens à s'entreteniravecles Mujes.
Si un Courtifah trompé dans ses
esperances, est plus à plaindre
qu'un Amant passionné, qui ne
peutfléchir le coeur de la personne
qu'il aime.
VERS LIBRES.
L)Ambition & tAmour
,
Sont de toutes les' affaires;
Et ces deux passionsménagent tour à
tour
De la Ville & de la Cour.',
Et l'intrigueCJ" les mifleres ;
Mais de fçavoir au vray laquelle fait
des deux
Vn plus sensible martire,
Elles font si peu d'heureux
i Qgl* peinepeut-on le dire.
Mercure toigtefoù desire de fçavoir
Quelle en efl la differcnce;
Et je voudrais bien pouvoir
Par raison & par devoir,
Etmlfme par complaisance
Luy donner contentement.
Hier je revoit comment
Je pourrois lesatisfaire,
QuandTircis & Dorilas
JQue je trouvay sur mes pas,
Vinrent me tirer d'affairei
Tircü, le tendre Tircü,
Dont les James amoureuses,
Fidelles & malheureuses,
Parlent dans tous les écrits;
Dorilas qui de la gloire
Fait tout [on enteffement
»
Dorilas qui ne peut croire
Rue la peine d'un Amant
Puisseégaler le tourment
D"un homme ambitieux dont le dessein
échoue
jin moment qu'ilse crott au dejfta dé
la rouë.
Ils Mnteftoientfirtementl
-
Et loin te m'avifcrtCappaiftr leur querelle
J Tranquille & d'un grand loisîr animay leur Dispute, & m'en fis un
plaisir.
yoflre difficulté, leur dis-je, ep assez. belle
Sil faut pour vous accorder
Vn homme qui n'ait point d'interest dans
l'affaire,
Ce(l a moy dé la décider ; Dites donc vos rai/ans,ie[HÜ press *
me taire.
Le languissant Tircis me répondits helatî
Se peut-il que du mal extrême ilun malheureux Amant baydece qu'il
aime,
Et des maux de Doriltu
On pitijfe faire un Problème?
MAil plûtofl, répondit Dorilas a son
tour,
Croira-t-onqu'ilfoit possible
JQu'un Jegertranfptrt d'amour,
Cause un mal aussi sensible
jQue ce quonfoujfre a la Cour,
Lors qu'un fourbe impofieur, plusffa*
vant dans ¡'intrigu,
A rompre vos desseins s'appliquant nuit
& jour,
Fait échouervotfrehrivue.
Expliquez, voi raisons alternativement,
Les Mufes, dit Virgile, en aiment la
maniéré,
La c,n!I:/f:'tiÕn paroiss plus clairement,
Et la décision en efl plus reguliere
Leur dis-je; &' dans ce moment
A tombre tom les deux,auprès de moy
s'agirent
Et , tour a tour Je plaignirent;
A peu prés voicy comment. TIRCIS.
f.!..!!'un cJlr tendre &sensible a de maux
nom expose!
Ouel'on foujfre en amour de secretes langUCHfS,
Quand de lObjet qui lescause
On ne sçauroitfléchir les rf/verts rigueurs
! DORILAS.
QHune ame du dejir de la gleire tnflamÙ
A de douloureux mowvemens !
Qui peut comprendre les tourmens
Dont sans cesse elle est alarmée?
Sera-ce vous, foibles Amans? j TIRCIS. aime, faymillemaux queje noftrois
dires
Alfjlres d'Amarilis je languis je fokr
pire,
Et lorsque ma douleur est peinte dans
mes yeux , Si jecherche les fiens, l'ingratt se re-- tire.
Qui peut en ce moment concevoir mon
mardre?
Sera-ce vous ,
dorAimlbaitiseu.x?
Lanoblepassion dont mon ame est éprise,
ji pourobjet lagloiret & lagloire £efi
tout.
Quel charme, quel transport quand en
en vient a bout!
S^ucl desespoir pour qui manque dans
Centreprise !
1 TIRCIS.
J'ay pour AmÍfrillis une flame fidelle ;
Si je pouvois toucher le coeur de Ucruelle,
Sice-coeursentoit pour moy
Ce que le mien fent pour elle,
OH), ma gloireferait telle,
Que lafélicité d'un Roy
Ne me poroiftroit pas si touchante &J%
belle.
DORILAS.
Si Dardas ponvoit pretendre
De s'établir quelque jour
Au posse ou l'heureux Alcandre,
Efl maintenant à la Cour3
Desfouffiances de tAmour
Il (çauroit bien se defendre. TIRCIS.
Si mon Amarilis,sensible a ma tendrejfc,
Refpondoit un marnental'ardeur qui me
presse,
Herosï dont la vaillance itonneI'Vnivers,
Non,ce-n'elf pas pour vous que jefsrois
des Vers.
DORILAS.
L'Amour a quelques appas,
A4ais il en fait bien accroire,
Et ne dédommage pas.
Des pertes quefait la GlDire.
TIRCIS.
La Gloire,jel'avoué,ade nobles efforts
Mais peut - elle égaler dansses plus
beaux transports
La sensibilité douce & delicieuse
!0'un tendre amour inppire aux coeurs
quifonttouchez ?
1 dk! qu'uneflameamoureuse
Donne de plaijîrscachez.,
Et qu'une ame ambitieuse
Pourroits'estimer heureuse
De lesavoir recherchez!
Mais quand un amour fineert
Ne peutfléchir les rigueurs
D'une inhumaineBergere,
Que de maux, que de langueurs
Son ame injuste & fellerc
Faitressentir à noscoeurs!
Vous qui courez ala gloire,
Si vous le compreniezbien,
rfJUS n'auriez,paspeine à croire
Que tous vos maux ne font rien.
D ORILAS.
Je vous l'avoué à mon tourj Il est vray ,
Tircú lAmour
si des endroits agreabbs ;
Mais aux faveurs de la Cour
Ils ne font pas comparables.
VAin; &faiblesAmans, si vous aviez.
goûté
Desùcharmes flateurs de la Gloire,
Tous les appas de.lABeaUté
Qui vous tient en captivité,
Seroient en un moment hors de vostre
memoire.
Jlfaissi votu ffaviez, aussi
R!!,e/le est la douleur mortelle
D'ln Courtisan qui ria pat rtiffi,
Le chagrin & le feucy
Que vous canfe une Criielle,
Ne feroient que bagatelle. TIRCIS.
La fiere Amarillis d'un air indiffèrent
Regarde tous les maux quej'endurepour
elle.
Ah! Berger tendre & fide/le
Que ta douleur efi cruelle!
Personne ne la comprend. DORILAS.
Le fier Alcimedor peutfaire ma fortune,
11sçait que je m'attache uniquement a
fay lt'Y de l'ambition, cependant aujourd'huy
Sans cmploy,Cans refonree aucune Jemevois accab,'é de chagrin & d'ermur.
Comprend-t-ondemmfort la rigueur importune?
TIRCIS.
ilne tiendroit qu'à VOHS de vouloir vivre
heureux.
1 DORILAS.
Si vousvouliez aussi cesser d'efïreamoureux.
TIR CI S.
Ostez. de vojire esprit cette vainefoible(se.
DORILAS.
Guerissez. Vojirecoeurdesafolle tenàreffi.
TIRCIS.
QuefoHffrez-vopu? Yosmauxfontaifez;,
àquérir.
DORILAS.
Les Amansfont toujours malades a mourir.
TIR CI S.
Contre lemauvaisfort ayez, tifprit Jelle.
DO RILA S,
JQuittez* Amarilis, &vousvoilatranquille.
TIRCIS.
JHelai ! pour la quitter il faut perdre le
jour.
DORILAS.
llmefaudroit mourirsijequittaislaCoun
TIRCIS.
jvQu/md le bonheur vousfuit, aquoy bon
yfretendre?
DORILAS.
R!!,And l'amourvous rebute, a quoy bon
efiretendre ? TIRCIS.
Quay-je a vous dire, hellU ! mon eoenr
ie veut ainsi.
DO RI LAS.
Jefuis néPour la gloire, & j*obéisanssi. TIRCIS.
LifandYIfortuné tu dois a tes richesses
Les plaisirs que l'Himen enleve a mes
tlndrejJès,
jimaritlù efl preste a vivrefous ta loy
Aiais si jufliceestoit faite t
A ma passion discrete,
Amarilis jamais ne vivroit que pour
moDy. ORI LAS.
Trop heureuxFloridorjafourberieinsigne
T'eleve en un hautrang, a laCourde
hOVISt
Tuffais qui denom deux en efloit leplus
digne,
Tu [çaù à qui tu dois l'honneur dont tu
jokis. TIRCIS.
Vous est:,s sur vos pieds,faitesuneautre
brigue. DORILAS.
Ilne tiendra qua vont de faire uneautre
intrigue.
TIRCIS.
Il est d'autres appuis qui votu eleveront.
DO RI LAS.
Il est d'autres beautez. qui vous conflleront.
TIRCIS.
Tous mes voeux malgrémoy font pour
AVJltrillis,
Celimcne, Aminte,Cloris,
Ne sçauroient me rendre inftielle.
Pe'ut-estreauxyeuxdun autre elle n'etf
passi belle,
Mon amour me captive & ne maveugle
pas,
me connais leur merite & jevois leurs appas1
eMais je nDefçOauRroIisLaiAmeSr .qu'elle. peut faire l'amour M fambition regné?
Gelimene, AminteJ Cloris,
Ce n'est pat que je vous dédaigne,
Vont encor moins, uimarillis
> &,Vôtre merite efi grand & peut, jele
veux croire
Contenter , un ambitieux ;
MAisn'en dépiaife à vos beauxyeux,
Je ne puis aimer que la oloire.
J'enviens d'oüirasez, leur dis-je
, pour
comprendre,
Sans
davantage
vous entendre
Quelefi ledegréds vos maux; Mais poursçavoir s'ilsfontégaux,
QUi na plUsenty l'un & l'autre
Le dira difficilement.
Il parle pour le fien, vous parlez, pour le
vofire3
L'unAmbitieux,fantre jAmanu
Si vos tourmcns fontgrands, ilstUfont
pas semblables
, Tour terminer enfinenspropos AmbitUl,
Jecrois vos maux, Tircis. un peu plus
incurables,
Ceux de Dorilas plus aigus.
Le tout roule & se partage
,
Entre îefpprriitt & le ccooeeuurr..
Si Tircis meurt de langueur,
Dorilas moura de rage.
le n'ajoute rien deplus,
On peut juger là-desus
Lequelfoijfre dAvantage.
A.M. A. D. M. D.
difficiledr:foudre
, que
celle qui met en balance
lainquiétudes d'unCoarii/an,a qui
la Fortune efl toujours contraire
,
&
les peines d'un Amant) qui rend des
foins inutiles à la personne auil aime.
Comme CAmour & l*Ambitions
font deuxpaJftens tres-viotentes, eU-V
les déchirent si crutliement le coeunm
de ccluy qu'elles agitent, qu'on peuagdire
que dans l'un & l'awtre efldt, iài
n'y a rien qui puisse égaler ce quifa*.
endure.L'Ouvrage par leqtieljecom-t,
mence le Recueil de Pieces diverjestx\
quejevous envoyetoiu les troismois
nous en donnelin vifportraityquivotm>\
fraperafans doute, tant la matierey^\
efi délicatement traitée. se ne pue'u
voeuen dire davantage,sansretardent
le plaisir que vsm donnera cette lec-ii
ture.VAutheur, qui n'a voulu dejfàq
gner sonnom -que parlessix lettres*
qui fontaubas deJes Versseferacon,
noiftre qflandil luypUirapard'autres
Ouvrages, puis qu'il efl aisé de voi.)\
qu'un homme quiauntalcmsihCllr(NJ.
pour laPoésie,nedédaigne jaidans/&\j
-
heures de loisir
,
d'tmploytr quelques
wornens à s'entreteniravecles Mujes.
Si un Courtifah trompé dans ses
esperances, est plus à plaindre
qu'un Amant passionné, qui ne
peutfléchir le coeur de la personne
qu'il aime.
VERS LIBRES.
L)Ambition & tAmour
,
Sont de toutes les' affaires;
Et ces deux passionsménagent tour à
tour
De la Ville & de la Cour.',
Et l'intrigueCJ" les mifleres ;
Mais de fçavoir au vray laquelle fait
des deux
Vn plus sensible martire,
Elles font si peu d'heureux
i Qgl* peinepeut-on le dire.
Mercure toigtefoù desire de fçavoir
Quelle en efl la differcnce;
Et je voudrais bien pouvoir
Par raison & par devoir,
Etmlfme par complaisance
Luy donner contentement.
Hier je revoit comment
Je pourrois lesatisfaire,
QuandTircis & Dorilas
JQue je trouvay sur mes pas,
Vinrent me tirer d'affairei
Tircü, le tendre Tircü,
Dont les James amoureuses,
Fidelles & malheureuses,
Parlent dans tous les écrits;
Dorilas qui de la gloire
Fait tout [on enteffement
»
Dorilas qui ne peut croire
Rue la peine d'un Amant
Puisseégaler le tourment
D"un homme ambitieux dont le dessein
échoue
jin moment qu'ilse crott au dejfta dé
la rouë.
Ils Mnteftoientfirtementl
-
Et loin te m'avifcrtCappaiftr leur querelle
J Tranquille & d'un grand loisîr animay leur Dispute, & m'en fis un
plaisir.
yoflre difficulté, leur dis-je, ep assez. belle
Sil faut pour vous accorder
Vn homme qui n'ait point d'interest dans
l'affaire,
Ce(l a moy dé la décider ; Dites donc vos rai/ans,ie[HÜ press *
me taire.
Le languissant Tircis me répondits helatî
Se peut-il que du mal extrême ilun malheureux Amant baydece qu'il
aime,
Et des maux de Doriltu
On pitijfe faire un Problème?
MAil plûtofl, répondit Dorilas a son
tour,
Croira-t-onqu'ilfoit possible
JQu'un Jegertranfptrt d'amour,
Cause un mal aussi sensible
jQue ce quonfoujfre a la Cour,
Lors qu'un fourbe impofieur, plusffa*
vant dans ¡'intrigu,
A rompre vos desseins s'appliquant nuit
& jour,
Fait échouervotfrehrivue.
Expliquez, voi raisons alternativement,
Les Mufes, dit Virgile, en aiment la
maniéré,
La c,n!I:/f:'tiÕn paroiss plus clairement,
Et la décision en efl plus reguliere
Leur dis-je; &' dans ce moment
A tombre tom les deux,auprès de moy
s'agirent
Et , tour a tour Je plaignirent;
A peu prés voicy comment. TIRCIS.
f.!..!!'un cJlr tendre &sensible a de maux
nom expose!
Ouel'on foujfre en amour de secretes langUCHfS,
Quand de lObjet qui lescause
On ne sçauroitfléchir les rf/verts rigueurs
! DORILAS.
QHune ame du dejir de la gleire tnflamÙ
A de douloureux mowvemens !
Qui peut comprendre les tourmens
Dont sans cesse elle est alarmée?
Sera-ce vous, foibles Amans? j TIRCIS. aime, faymillemaux queje noftrois
dires
Alfjlres d'Amarilis je languis je fokr
pire,
Et lorsque ma douleur est peinte dans
mes yeux , Si jecherche les fiens, l'ingratt se re-- tire.
Qui peut en ce moment concevoir mon
mardre?
Sera-ce vous ,
dorAimlbaitiseu.x?
Lanoblepassion dont mon ame est éprise,
ji pourobjet lagloiret & lagloire £efi
tout.
Quel charme, quel transport quand en
en vient a bout!
S^ucl desespoir pour qui manque dans
Centreprise !
1 TIRCIS.
J'ay pour AmÍfrillis une flame fidelle ;
Si je pouvois toucher le coeur de Ucruelle,
Sice-coeursentoit pour moy
Ce que le mien fent pour elle,
OH), ma gloireferait telle,
Que lafélicité d'un Roy
Ne me poroiftroit pas si touchante &J%
belle.
DORILAS.
Si Dardas ponvoit pretendre
De s'établir quelque jour
Au posse ou l'heureux Alcandre,
Efl maintenant à la Cour3
Desfouffiances de tAmour
Il (çauroit bien se defendre. TIRCIS.
Si mon Amarilis,sensible a ma tendrejfc,
Refpondoit un marnental'ardeur qui me
presse,
Herosï dont la vaillance itonneI'Vnivers,
Non,ce-n'elf pas pour vous que jefsrois
des Vers.
DORILAS.
L'Amour a quelques appas,
A4ais il en fait bien accroire,
Et ne dédommage pas.
Des pertes quefait la GlDire.
TIRCIS.
La Gloire,jel'avoué,ade nobles efforts
Mais peut - elle égaler dansses plus
beaux transports
La sensibilité douce & delicieuse
!0'un tendre amour inppire aux coeurs
quifonttouchez ?
1 dk! qu'uneflameamoureuse
Donne de plaijîrscachez.,
Et qu'une ame ambitieuse
Pourroits'estimer heureuse
De lesavoir recherchez!
Mais quand un amour fineert
Ne peutfléchir les rigueurs
D'une inhumaineBergere,
Que de maux, que de langueurs
Son ame injuste & fellerc
Faitressentir à noscoeurs!
Vous qui courez ala gloire,
Si vous le compreniezbien,
rfJUS n'auriez,paspeine à croire
Que tous vos maux ne font rien.
D ORILAS.
Je vous l'avoué à mon tourj Il est vray ,
Tircú lAmour
si des endroits agreabbs ;
Mais aux faveurs de la Cour
Ils ne font pas comparables.
VAin; &faiblesAmans, si vous aviez.
goûté
Desùcharmes flateurs de la Gloire,
Tous les appas de.lABeaUté
Qui vous tient en captivité,
Seroient en un moment hors de vostre
memoire.
Jlfaissi votu ffaviez, aussi
R!!,e/le est la douleur mortelle
D'ln Courtisan qui ria pat rtiffi,
Le chagrin & le feucy
Que vous canfe une Criielle,
Ne feroient que bagatelle. TIRCIS.
La fiere Amarillis d'un air indiffèrent
Regarde tous les maux quej'endurepour
elle.
Ah! Berger tendre & fide/le
Que ta douleur efi cruelle!
Personne ne la comprend. DORILAS.
Le fier Alcimedor peutfaire ma fortune,
11sçait que je m'attache uniquement a
fay lt'Y de l'ambition, cependant aujourd'huy
Sans cmploy,Cans refonree aucune Jemevois accab,'é de chagrin & d'ermur.
Comprend-t-ondemmfort la rigueur importune?
TIRCIS.
ilne tiendroit qu'à VOHS de vouloir vivre
heureux.
1 DORILAS.
Si vousvouliez aussi cesser d'efïreamoureux.
TIR CI S.
Ostez. de vojire esprit cette vainefoible(se.
DORILAS.
Guerissez. Vojirecoeurdesafolle tenàreffi.
TIRCIS.
QuefoHffrez-vopu? Yosmauxfontaifez;,
àquérir.
DORILAS.
Les Amansfont toujours malades a mourir.
TIR CI S.
Contre lemauvaisfort ayez, tifprit Jelle.
DO RILA S,
JQuittez* Amarilis, &vousvoilatranquille.
TIRCIS.
JHelai ! pour la quitter il faut perdre le
jour.
DORILAS.
llmefaudroit mourirsijequittaislaCoun
TIRCIS.
jvQu/md le bonheur vousfuit, aquoy bon
yfretendre?
DORILAS.
R!!,And l'amourvous rebute, a quoy bon
efiretendre ? TIRCIS.
Quay-je a vous dire, hellU ! mon eoenr
ie veut ainsi.
DO RI LAS.
Jefuis néPour la gloire, & j*obéisanssi. TIRCIS.
LifandYIfortuné tu dois a tes richesses
Les plaisirs que l'Himen enleve a mes
tlndrejJès,
jimaritlù efl preste a vivrefous ta loy
Aiais si jufliceestoit faite t
A ma passion discrete,
Amarilis jamais ne vivroit que pour
moDy. ORI LAS.
Trop heureuxFloridorjafourberieinsigne
T'eleve en un hautrang, a laCourde
hOVISt
Tuffais qui denom deux en efloit leplus
digne,
Tu [çaù à qui tu dois l'honneur dont tu
jokis. TIRCIS.
Vous est:,s sur vos pieds,faitesuneautre
brigue. DORILAS.
Ilne tiendra qua vont de faire uneautre
intrigue.
TIRCIS.
Il est d'autres appuis qui votu eleveront.
DO RI LAS.
Il est d'autres beautez. qui vous conflleront.
TIRCIS.
Tous mes voeux malgrémoy font pour
AVJltrillis,
Celimcne, Aminte,Cloris,
Ne sçauroient me rendre inftielle.
Pe'ut-estreauxyeuxdun autre elle n'etf
passi belle,
Mon amour me captive & ne maveugle
pas,
me connais leur merite & jevois leurs appas1
eMais je nDefçOauRroIisLaiAmeSr .qu'elle. peut faire l'amour M fambition regné?
Gelimene, AminteJ Cloris,
Ce n'est pat que je vous dédaigne,
Vont encor moins, uimarillis
> &,Vôtre merite efi grand & peut, jele
veux croire
Contenter , un ambitieux ;
MAisn'en dépiaife à vos beauxyeux,
Je ne puis aimer que la oloire.
J'enviens d'oüirasez, leur dis-je
, pour
comprendre,
Sans
davantage
vous entendre
Quelefi ledegréds vos maux; Mais poursçavoir s'ilsfontégaux,
QUi na plUsenty l'un & l'autre
Le dira difficilement.
Il parle pour le fien, vous parlez, pour le
vofire3
L'unAmbitieux,fantre jAmanu
Si vos tourmcns fontgrands, ilstUfont
pas semblables
, Tour terminer enfinenspropos AmbitUl,
Jecrois vos maux, Tircis. un peu plus
incurables,
Ceux de Dorilas plus aigus.
Le tout roule & se partage
,
Entre îefpprriitt & le ccooeeuurr..
Si Tircis meurt de langueur,
Dorilas moura de rage.
le n'ajoute rien deplus,
On peut juger là-desus
Lequelfoijfre dAvantage.
A.M. A. D. M. D.
Fermer
Résumé : VERS LIBRES.
Le texte examine la comparaison entre l'amour et l'ambition, deux passions intenses génératrices de souffrances. Un recueil de pièces anonymes, où l'auteur se dissimule derrière un acronyme, traite de cette question. Dans le poème 'Vers Libres', Mercure interroge la distinction entre ces deux passions. Tircis, un amant passionné, et Dorilas, un ambitieux, débattent de leurs souffrances respectives. Tircis affirme que la douleur d'un amour non réciproque est extrême, tandis que Dorilas soutient que les déceptions ambitieuses, souvent sabotées par des intrigants, sont tout aussi douloureuses. Les Muses sont sollicitées pour trancher le débat. Tircis décrit les tourments secrets de l'amour non partagé, tandis que Dorilas évoque les alarmes constantes de l'âme assoiffée de gloire. Tircis met en avant la douceur et la délicatesse de l'amour, alors que Dorilas vante les efforts nobles et les transports de la gloire. Le débat reste ouvert, chaque passion ayant ses propres souffrances et plaisirs. Tircis et Dorilas discutent ensuite de leurs dilemmes personnels. Tircis, épris d'Amarillis, exprime sa douleur face à son amour non partagé et compare ses souffrances à celles d'un courtisan déçu. Dorilas est déchiré entre son ambition et son amour pour une autre personne, reconnaissant que son attachement à l'ambition le rend malheureux. Ils comparent leurs souffrances : Tircis souffre de langueur amoureuse, tandis que Dorilas est consumé par la rage et l'ambition. Le texte se conclut par une réflexion sur la nature de leurs maux, soulignant que les tourments de Tircis sont peut-être plus incurables, tandis que ceux de Dorilas sont plus aigus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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186
p. 16-18
SONNET.
Début :
Les deux Réponses qui suivent à deux Questions du / Si un Amant qui est trahi par sa Maitresse, [...]
Mots clefs :
Amant, Maîtresse, Amour, Bergère, Mort, Trahison, Honneur, Plaisir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SONNET.
Les deux Reponjes qui JuiveM À
deux guefions du XXIX.Extraordinaire,
font de M. Magnin,
dont je vom ay envoyé tant de
beaux Ouvrages à U gloire de SA
'-JJajel".
Si un Amant qui est trahi par sa
Maistresse, est en droit de publier
ses faveurs.
SONNET.
JEtaimois, tu leifçais, je taimois tert »
drement ;
Tu connoiffiis mon coeur, il efloitfifidelle,
Hors toy ,nulle Bergere a mes yeux nel - toitbelle,
Et ne pouvoit pretendre a m'avoirpour
AmAnt.
Jetefiuivoispartout, fAbfenc d'un mo.;-
ment
Efloit a mon amour une mort eternelle ;
Jamais enfin, jamais, tu t'en fiouviens j
cruelle,
Vn Berger amoureux naimasiconfiant-*
mont-
Et tu mofies trahir,perfide! a cet ou* trage
J.:/q!:'a,:! devrait A ller le transport de ma
r.{(!( !
Après celay dtvrois-je encortcménager?
Mais ne crains point quicy le courroux
me furmente,
J'estimeplus l'honneur de ne mepointvav.
Ier>
Ruelefoible plalfîrde te couvrirde honte.
deux guefions du XXIX.Extraordinaire,
font de M. Magnin,
dont je vom ay envoyé tant de
beaux Ouvrages à U gloire de SA
'-JJajel".
Si un Amant qui est trahi par sa
Maistresse, est en droit de publier
ses faveurs.
SONNET.
JEtaimois, tu leifçais, je taimois tert »
drement ;
Tu connoiffiis mon coeur, il efloitfifidelle,
Hors toy ,nulle Bergere a mes yeux nel - toitbelle,
Et ne pouvoit pretendre a m'avoirpour
AmAnt.
Jetefiuivoispartout, fAbfenc d'un mo.;-
ment
Efloit a mon amour une mort eternelle ;
Jamais enfin, jamais, tu t'en fiouviens j
cruelle,
Vn Berger amoureux naimasiconfiant-*
mont-
Et tu mofies trahir,perfide! a cet ou* trage
J.:/q!:'a,:! devrait A ller le transport de ma
r.{(!( !
Après celay dtvrois-je encortcménager?
Mais ne crains point quicy le courroux
me furmente,
J'estimeplus l'honneur de ne mepointvav.
Ier>
Ruelefoible plalfîrde te couvrirde honte.
Fermer
Résumé : SONNET.
La lettre évoque deux ouvrages de M. Magnin dédiés à Sa Majesté et discute de la publication des faveurs d'un amant trahi. Le sonnet exprime la douleur d'un amant fidèle trahi subitement. Il choisit de préserver son honneur sans se venger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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187
p. 18-22
VERS LIBRES.
Début :
Si la Prodigalité est moins condamnable que l'Avarice. / Qui donne tout est fort blasmable, [...]
Mots clefs :
Pardonner, Avares, Dangereux, Prodigue, Passions, Sentiments, Innocent
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texteReconnaissance textuelle : VERS LIBRES.
SilaProdigalité.estmoins condamnable
que l rivarce.
VERS LIBRES. QVidonne tout efl fort blafmable,
Car avec un panchant semblable
A force de s'abandonner,
On saccoutume enfin a prendre pourdon
ner;
Et cela n'est pas raisonnable,
1 e moyen de le pardonner?
Qui ga-de tout est encor pire,
Et les Avares ont beau dire,
Les croire, cefl trop hazarder.
A cette méchante habitude
Quand on se laiJlè foJlèder,
On s'accoutume enfina prendre pour
,
garder,
Et cefl pour le salut un dangereux
prélude.
Que le Prodigueefl imprudent?
Sans regle il diJIipe, il déptn/f.
Il mesure encor moins sa vie, &cependant
Il arrive souvent qu'il vit plus qu'il"
ne pense.
Oh! qu'il fait beau le voir, quand
tout est fricafé
} Mourir lançuijfant & café
Dans une honteuseindigence?
Mais aujji que 1"Avartest fou!
Tremblant sur favenir
,
il vit dansla
misere,
Comme s'il navoit pas unfou;
Et narrive-1-il pas qu'il vit moins
qu'ilnespere?
Oh! qu'il fait beau le voirvieux *
languissant, perclus,
Se retrancher le necessaire,
Pour laisser des biens superflus
A quelques héritiers, quine leplaindront
guere!
Quand un Prodigue a tout mange,
Le monde contre Iny murmure.
Franchement fen connais
s
qui fontpauvre
figure,
Et qui vaudraient peut - estre avoir
mieuxménagé.
Lorsque pour senrichir
,
sans regl,
sans mesure,
Vn Avare a tout ravagé,
Tout le monde en efl enragé;
Et dit qu'il efl contre nature.
Me voilà donc bien partagé
Pour me dberminer, Mercure;
Sur cette grande Queflion;
',MAis à ptrier sans passion,
Voulantex-cuser un Prodigue,
Ml est vray ,je prendrais des foins
fort fuperfius,
La Retorique là-dessûs
P:troit un vain effort pour si tirer
r dâi"ntrigue;
\JSkvare toutesfois me déplaift beaucoup
plus.
lEn voicylaraison qui me paroijt
sensible.
LA force de donner en fait quelques
heureux, rVn Avare au contraire, inhumAin)
inflexible,
K Vouiroit encor piller tHospital & les
Gueux.
De nul devoir il ne s'acquitte
La misere du Mendiant
Au lieu de le toucher l'irrite,
Il regarde peu le merite
Du plus honneste Suppliant.
Il veut tout engloutir, il efl insatiable,
Son aveugle fureurne peut je contenir}
Toujours tremblant & miserable,
Par la peur de le devenir.
Le Prodilue, il cft vray, qui na plus
de reffiurce,
Se voit abandonné
,
sans amis, sans
secours;
Mais tandis qu'il vuide sa burfil"
Il a du moins quelques beaux jours.
Enfin c'efi sur la Loy divine
Que je réglé mon sentiment ; Et Cans plus de raisonnement
Vcicy ce qui me determine.
Si je vay consulter F Evangile
, il
mapprend
, Qxetan lis que VEnfantProdigue
Et se ravise &se repent; Par sa detcftable intrigue
Ayant livré l'Innocent)
L'avare Judas se pend.
que l rivarce.
VERS LIBRES. QVidonne tout efl fort blafmable,
Car avec un panchant semblable
A force de s'abandonner,
On saccoutume enfin a prendre pourdon
ner;
Et cela n'est pas raisonnable,
1 e moyen de le pardonner?
Qui ga-de tout est encor pire,
Et les Avares ont beau dire,
Les croire, cefl trop hazarder.
A cette méchante habitude
Quand on se laiJlè foJlèder,
On s'accoutume enfina prendre pour
,
garder,
Et cefl pour le salut un dangereux
prélude.
Que le Prodigueefl imprudent?
Sans regle il diJIipe, il déptn/f.
Il mesure encor moins sa vie, &cependant
Il arrive souvent qu'il vit plus qu'il"
ne pense.
Oh! qu'il fait beau le voir, quand
tout est fricafé
} Mourir lançuijfant & café
Dans une honteuseindigence?
Mais aujji que 1"Avartest fou!
Tremblant sur favenir
,
il vit dansla
misere,
Comme s'il navoit pas unfou;
Et narrive-1-il pas qu'il vit moins
qu'ilnespere?
Oh! qu'il fait beau le voirvieux *
languissant, perclus,
Se retrancher le necessaire,
Pour laisser des biens superflus
A quelques héritiers, quine leplaindront
guere!
Quand un Prodigue a tout mange,
Le monde contre Iny murmure.
Franchement fen connais
s
qui fontpauvre
figure,
Et qui vaudraient peut - estre avoir
mieuxménagé.
Lorsque pour senrichir
,
sans regl,
sans mesure,
Vn Avare a tout ravagé,
Tout le monde en efl enragé;
Et dit qu'il efl contre nature.
Me voilà donc bien partagé
Pour me dberminer, Mercure;
Sur cette grande Queflion;
',MAis à ptrier sans passion,
Voulantex-cuser un Prodigue,
Ml est vray ,je prendrais des foins
fort fuperfius,
La Retorique là-dessûs
P:troit un vain effort pour si tirer
r dâi"ntrigue;
\JSkvare toutesfois me déplaift beaucoup
plus.
lEn voicylaraison qui me paroijt
sensible.
LA force de donner en fait quelques
heureux, rVn Avare au contraire, inhumAin)
inflexible,
K Vouiroit encor piller tHospital & les
Gueux.
De nul devoir il ne s'acquitte
La misere du Mendiant
Au lieu de le toucher l'irrite,
Il regarde peu le merite
Du plus honneste Suppliant.
Il veut tout engloutir, il efl insatiable,
Son aveugle fureurne peut je contenir}
Toujours tremblant & miserable,
Par la peur de le devenir.
Le Prodilue, il cft vray, qui na plus
de reffiurce,
Se voit abandonné
,
sans amis, sans
secours;
Mais tandis qu'il vuide sa burfil"
Il a du moins quelques beaux jours.
Enfin c'efi sur la Loy divine
Que je réglé mon sentiment ; Et Cans plus de raisonnement
Vcicy ce qui me determine.
Si je vay consulter F Evangile
, il
mapprend
, Qxetan lis que VEnfantProdigue
Et se ravise &se repent; Par sa detcftable intrigue
Ayant livré l'Innocent)
L'avare Judas se pend.
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Résumé : VERS LIBRES.
Le texte compare la prodigalité et l'avarice, deux comportements moralement répréhensibles. La prodigalité, bien que condamnable, peut amener à demander pardon, mais cela n'est pas raisonnable. Le prodigue, sans règle, dilapide ses biens sans mesure et peut vivre plus longtemps que prévu. L'avare, obsédé par l'avenir, vit dans la misère et laisse des biens superflus à des héritiers indifférents. La société critique davantage le prodigue, mais certains devraient mieux gérer leurs finances. L'avare, en accumulant sans mesure, est jugé contre nature. Le narrateur, consulté par Mercure, préfère la prodigalité car elle rend heureux quelques personnes. L'avare, inhumain et inflexible, néglige ses devoirs et ignore la misère des autres. Le prodigue, ruiné, se retrouve seul mais profite de moments agréables. La décision finale du narrateur repose sur la loi divine : l'Évangile montre le prodigue se repentant, tandis que l'avare Judas se pend.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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188
p. 23-93
CONVERSATION ACADEMIQUE dans laquelle il est traité de l'Origine des Tombeaux, & des magnifiques Sepultures. A MADAME LA COMTESSE DE C. H. C.
Début :
Quoy que vous ayez veu un Traité des Sepultures dans le dernier / La mort de la Reyne, de glorieuse & de pieuse [...]
Mots clefs :
Tombeau, Mort, Cendres, Sépulture, Chevalier, Épitaphes, Marquis, Honneur, Corps, Mémoire, Conversation, Vénération, Monument, Origine, Peuple, Vertus, Funérailles, Dieux
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texteReconnaissance textuelle : CONVERSATION ACADEMIQUE dans laquelle il est traité de l'Origine des Tombeaux, & des magnifiques Sepultures. A MADAME LA COMTESSE DE C. H. C.
Jgttdy que vous aJtz veu un
Traité dcs Sépultures dans le dernier
Extraordinaire
,• UOUÔ neferez,
pas finfihéc quen vais renouvelle
cette Matière,quand je vous aufay
appris que la ConverjctimJcadcmiquequiftit
,
efi de M. de la Fe-
? vrc/ie. Elle est diverfifée par tant
j
d*agreables chefes
}
6'-v par des re..
< marques sipropres 4 rendrel'esprit
> content, qu'enpeutdire que leseul
i nom de Tombeau,est ce quelle a de
lugubre.
CONVERSATION
A CADEMI QJJ E
dans laquelle il est traité
de l'Origine des Tombeaux
,ôc des magnifiques
Sepultures.
A MADAME
LA COMTESSEDE,C.H.C.
: LA mort de laReyne, de glorieuse
& de pieuse memoi-
-
re ,
puis qu'elle est en benediction
chez tous les Peuples, a
touché sensiblement toute la
France, mais particulierement
nostre IllustreAbbé. Outre qu'il.:
est bon sujet, & fidelle serviteur du
du Roy, vous savez, Madame,
qu'ilavoir encore d'autres raisons
d'en estre affligé. Ses Amis
prirent parc à sa douleur, mais sur
toutlapetite Troupe choisie, vint
mesler ses larmes avec les siennes.
Comme il estoit alors en
cette Province, elle tâcha de le
consoler par ses frequentes visites,
& elle n'oublia rien pour le
divertir, & pour chasser la mélancolie
que cette mort, & son
indisposition ordinaire luy causoient
dans ce tem ps-là.
Un jour qu'elle estoit venue à
ce dessein
,
& qu'elle commençoit
un Entretien un peu plus gay
qu'à l'ordinaire, elle fut interrompuë
par une Lettre que l'on
aporta à nostre Abbé, de la part
du Reverend Pere de Soria. Vous
sçavez encore, Madame
,
les liaifons
étroites qu'il avoir avec ce
digne Confesseur de la Reyne.
Il nous enfit la lecture, ce qui redoubla
nos regrets, & engagea
la Compagnie dans une Conversation
bien plus serieuse qu'elle
n'avoit crû. On y fit le Panegyrique
de cette Auguste Princesse
en diverses façons, & chacun
s'efforça de marquer le respect
& la veneration qu'il avoit pour
toutes ses vertus. On parla enfuite
de la Ceremonie qu'on devoit
faire pour elle, àNostre-Da
me, & à Saint Denys, & voila,
Madame,ce qui donna sujet, de
traiter dans cette Conversation
de l'Origine des Tombeaux, &
des magnifiques Sepultures.
Que cette matiere ne vous effraye
point, Madame. Toute lugubre
& triste qu'elle est
,
j'ose
vous asseurer qu'elle ne vous inspirera
rien de sombre & de mélancolique
; & mesme qu'elle
vous defennuyëra quelque temps,
comme elle fit nostre Illustre Abbé
qui y prit plaisir, &quiasouhaitéqueje
vousfille part de céc
Entrerien. Il n'y a point icy de
Spectres, & de Fantômes
,
de
Squelettes & de Cadavres rongez
des Vers. L'Or, le Marbre,
leJaspe
, &, le Porphire couvrent
tout cela; & l'Art par ses embellissemens,
donne icy l'Immortalité
à ceux que la Nature avoit
abandonnez à la corruption.
Aussi-tost que le premier Homme
eut peché
,
dit le Dodeur, il
fut condamné à la mort, & dés
ce moment il ne songea plus qu'à
mourir,&, à faire son Tombeau.
Il commença de s'ensevelir en
couvrant sa nudité, & il ne fit
qu'un pas du Paradis terrestre au
Sepulchre, maisdessçavoiroùfut
basti ce Sepulchre, c'est ce qu'on
ne peutdire. Ilesttoujourscertain
que ce ne fut point dans lisle
de Cylon aux Indes Orientales,
comme le croyent quelques Indiens
, auraport d'un Voyageur,
qui nous a faitmention du Tombeau
, & de l'Epitaphe de nostre
premier Pere. Une Epitaphe
d'Adam, s'écria le Chevalier!
Oüy,Monsieur, repartit le Docteur,
& une Epitaphe qui est
dans une Langue,qu'on peutapeller
justement la Langue matrice.
Le Public vous seroit fort obli.
gé, répliqua le Chevalier,si vous
vouliez l'expliquer, car personne
que je sçache, n'a encore pû en venir about. C'est un jeu d'esprit
de l'Auteur, dit le Marquis, qui
aplutost faitun Roman, qu'une
veritable Relation de ses Voyages.
Quoyqu'il en soit, reprit le
Docteur, l'usage desTombeaux
est très ancien, puis que nous
voyons, dans la Genese, que les
Hethéens, ausquels Abraham demanda
le droit de Sepulture pour
sa femme Sara, en avoient de
tres magnifiques. In electissepulchris-
nostris sepeli mortuum tuum,
repondit ce Peuple à Abraham.
Mais il me semble qu'on a mal
traduitelectis en nostre langne,
parbeaux&exquis. Car electis en
cet endroit, veut,dire choisis,,
comme si ce Peuple eustdit,Ensevelijftz,
ce Mort dans les Tombeaux,
que nous avons shoisis pour mus &
nostre famille. D'où vientque
nous disons ordinairement
, ild
thoifïsa. Sepulture en un tel lits.
Mais enfin Abrahamne voulut
pas accepter cette offre, & souhaitra
qu'on kuy vendist un
Champ de terre, & une Caverne
pour y bastir un Tombeau;non
seulement pour Sara& pour luy,
mais encore pour toute sa PoIle,,.
rité. D-iteinibijussepulchrivobif-
Cttm ,& confirmants est ager & antrum
quoderat in eobrabein pqfsessionem
mmumenti àfiliïshetb.
Voila donc un usage & un droit
de Sepulture,le plus ancien qui
soitau Monde, & ce fut suivant
ce droit, & cette coustume, que
Jacob voulut apres la mort en
Egypte
,
qu'on rapportait son
corps dans ce Tombeau d'Abraham.
Sepelite me, ditil à ses Ensans
, campatribus meis in spelunca
duplici (jujt est in agro Ephron, quant
emit Abrahaminpossessionem Sepulchri.
L'Origine des Tombeaux n'est
pas moins ancienne chez les
Pavens, puis que leur grand Dieu
Jupiter avoit son Sepulchre en
l'Islede Crete , &nos Voyageurs
asseurent qu'on voit encore aujourd'huy
cet antique Monument.
Oüy, mais interrompit le
Chevalier, un vieux Poëtea dit,
Les Crétins ont dressé,fowvtrain
Roy, ta Tombe,
Mais ton Efire divin à la mort ne
fuccombe*
Quoy qu'en dise nostre Poëte,
Jupiter estoit mortel
,
reprit le
Docteur. Mais sans nous arrester
là-dessus, c'est à la Grece qu'on
doit l'usage des Charniers, & des
Voutes souterraines, où l'on mertoit
les Corps & les cendres des
Défunts; car les Grecs estoient
fort curieux de la Sépulture des
Morts, en sorte mesme que l'on
croit que toutes ces Grotes qu'on
voit en Candie, n'estoient autre
chose que des Tombeaux. Mais
les Egyptiensont estésans doute
les premiers Inventeurs de ces
Magnifiques Sepultures, & les
premiers Peuples qui ont embaumé
les Corp s ;
fondez sur cette
opinion
, que l'ame estoit aurant
de temps immortelle,que le corps
demeuroir sans corruption. Il ne
faut donc pas s'éronner
,
s'ils
avoientun grand soindebastir à
leurs Morts, de superbes Tombeaux
pour y conserver leurs Momies
, puis que le Monument, se-
Ion qu'il estoit somptueux & magnifique
,rendoit la memoire du
défunt plusillustre& plusglorieu.
se. Qui a rendu immortels Semiramis
, & les Rois d'Egypte?
leurs Pyramides & leurs Tombeaux.
Leur mort a esté plus
éclatante que leur vie, & ils n'ont
esté celebres, &. n'ont survècu
jusqu'à laPosterité
, que par où
les autres Roys de la terre meurent
& ensevelissent toute leur
gloire dans un oubli éternel.
A propos de ces Momies
,
interrompit
le President
, un de
nos Voyageurs prétend que le
Bitume qui croist dans laMermorte,
servoit autrefois à embaumer
les Corps des Egyptiens,& que:
cette poix est un véritable
-
Baume,
pour conserver les Corps en
leur entier. Il estvray, dit Je Marquis
,que Villamont &, quelques
autres, ont avancé cela; mais je
ne fuis pas de leur avis. Lesveri-
-
tables Momies estoientembaumées
d'une miniere bien plusexquife,
& ce n'est que par l'excellence
des matières Aromatiquesqu'on
y employoit, qu'ellessont
pn^ieufes* propresàla gueri- l' son de tant de maladies,C5 Q!.JC;:
n'auroit pas la vertu du Bitule."
qui peur bien exempter un Corps
de pourriture, mais nonpas en
faire une veritable Momie;car
ce mot ne-veut pas dire fiinpléJ:
ment unCorpsentier & embaumé
; mais quelque chose de plus
excellent. Quoy qu'il en soit,
tout ce qu'on peut asseurer du
Bitume de la Mer morte, est que
c'estoit le Baume du vulgaire, &
du simple Peuple de ce Pays-là
car dansles Momies qu'on a découvertes
s on a trouvé qu'elles
font pleines de parfuns les plus
exquis. Cette maniere d'inhumer
les Morts estoit d'une grande dépense.
J'ay lû
,
dit le Chevalier
, une méthode d'enterrer les
Corps, & de leur bâtirdes Tombeaux
, qui efl bien plus facile, &
qui se fait à bien moins de frais.
Les Anciens la pratiquoient pour
tous ceux qui manquoientdeSepulture.
C'est de répeter par trois
fois le nom du Mort. Toute la
Compagnie se prit à rire, & le
Chevalier mesmeavoitde la peine
à s'en em pescher.Vous riez,
leur dit-il d'un air serieux
; c'est
pourtant de Daviry que je riens
cesecret, & jenetrouvepas qu'il
y ait tantà rire; lesPauvres qu'on
jettoit à Rome dans des Puys
apres leurmort,avoient besoin
d'un pareil Tombeau. On avoit
encore trouvé ce secret pour ensevelir
honorablement, & promptement
les Morts qu'on rencontroit
sans Scpulture par le chemin
;car ce devoir estoit si étroitementpratiqué
chez les Anciens
, que l'on se tenoit poilu si
on rencontroitun Mort, qui ne
fust pasenseveli, à moins que de
jetter dessus un peu de terre ou
de poussiere
, ou de répeter trois
fois son nom. Mais quand on ne
le sçavoit pas, ditle Marquis?
Mon Dieu, vous me faites toûjours
des affaires, reprit le Chevalier
, on jettoit de la terre dessus.
Mais que dites vous de Varron,
continua-t-il, pour se tirer
de l'embarras, où le Marquis l'a.
voitmis? Il voulut qu'on le mÍÍt
apres sa mort dans un grand Vaisseau
de terre cuite, avec des
feüillesdeMeurte, d'Olivier, &
de Pavot: tous Symboles de la
paix, du repos, & de la tranquilité
de l'Ame
,
si peut estre vous ne
trouvez finesses dans cette forte
d Inhumation, car Varron estoit
un Sçavant, qu'on peut soupçonner
de Science secrete & de cabale.
Quoy qu'il en soit, les Riches
de Rome estoient inhumez
dans leurs maisons
,
& nonobstans
la coustume de brusler les
Corps en ce temps-là, Popéefut
embaumée,&, portée au Tombeau
des Jules, ce qui me fait
croire, que le Bucher n'estoit pas
la Sepulture de toutes les personnes
de qualité, particulierement
- des femmes; mais seulement des
grands Hommes qu'on vouloit
mettre au rang des Dieux, comme
un moyen plus facile d'élever
leur ame au Ciel, & de faire leur
Apotheose. J'approuve vostre
conjecture, dit l'Abbé, car Néron
n'épargna rien pour les funérailles
de Popée, & il eust fait
brûler son corps, s'il eust creu
rendre par là, un plus grand hon. neuràladéfunte. Ilaimoitlefeu,
comme voussçavez,jusqu'à brûler
Rome, pour s'en faire un divertisement.
Cependanton brûloitde
ce temps,là les Corps des
Empereurs& des personnes considérables
,
dont on conservoit
fore soigneusement les cendres.
Vous me demanderez peut estre
de quelle maniere on recüeilloit
ces cendres ? car elles pouvoient
estre meslées avec celles du bois
qui confumoit le Corps. Pline
vous aprendra cela comme moy,
mais pour vous épargner la peine
de le consulter là dessus, voicy
ce qu'il en dit autant que je puis
m'en souvenir. On donnoit aux
Empereurs & aux personnes de
qualité qu'on devoir brûler,des
chemises faites d'un certain lin
des Indes qui est incombustible,
ce qui rendoit ce lin fort rare, &
tort précieux, ou bien on enfermoit
le Corps dans un coffre de
fer qui estoit percé, de façon que
l'humidité pouvoit s'exhaler,sàns
que la cendre sortist. On mectoit
après cela ces cendres dans
des Urnes d'argent, d'or, ou
d'agathe. On les arofoit de vin,
& d'eaux de senteurs, on les parfumoit,
& souvent on pofoit sur
ces Urnes des Couronnes précieuses
, ensuite dequoy on les
mettoit en dépost dans le Tombeau
de la famille
; & voila de
quelle forte on inhumoit les
Grands à Rome. si
Pour moy, dit le Président, je
croy que la vénération qu'on a
toujours euë pour les cendres des
Morts, vient de ce que la cendre
de chaque chose, contient sa forme
Se sa figure, comme l'experience
nous le fait voir dans la
cendredes Plantes.
Secret dont on comprend que quoy que
le corps meure,
La forme faitpourtantaux cendres
sa demeure.
a dit un grand homme
,
qui prétend
que les cendres des Trépassez
qu'on voitsouvent dans
les Cimetieres font naturelles,
puis qu'elles ont la forme & la
figure extérieure des Cor ps,
qu'on a enterrez en ces lieux; ôc
que ce ne font pas leurs ames, ou
des fantômes representez par les
Démos, comme le croit le simple
Peuple;Car enfin quoyque lecorps
foit réduit en poudre, la figure
ne se perd point. Mais cela se
voit encore mieux dans le champ
d'uneBataille nouvellement don- -
née; & voicy comme la chose feé
fait. Cesfiguresfontexcitées,&
élevées en partie parla chaleur
internede la terre, &, des Mourans,
& en partie parla chaleurs
externe du Soleil & du Canon
<]ui a échauffé l'air. Voila une?
plaisante opération de chimie, dit
Je Chevalier.Elleestnaturelle,
repond le Docteur
,
& c'ell: une
très-bellevision de quelques Rabins
Talmudistes, dont Monsieur
le Président a fait une fort heureuse
aplication, aux devoirs queai
nous rendons à la cendre des
morts, en leurdonnant desTombeaux
magnifiques. C'est [OÛ--J
jours une vision, reprit leChevalier
, mais Monsieur le Docteur, (,
continua-t-l,ditesnousun peus'il
xfy a point de différence entre
ces termes d'Ensevelir
, d'InhkmtY,
d'Enterrer, que nous confondons
si souvent? Il y a quelque différence
entre ces termes, répondit
le Docteur, mais elle n'est pas
grande, &. elle est plus propre à
un Grammairien qu'a un Philosophe,
car tout le monde entend
par-là,la mesme chose. Qui est
inhumé, est enterré, qui est l'un
& l'autre,est enfevely. Choisissez-
- lequel il vous plaira, Le Traducteur
de Pline s'est lourdement
trompé, en voulant faire cette
distinction; car il dit que les Latins
appelloient un homme enfevely,
dequelque maniere qu'il fust
enterré; & qu'il estoit inhumé,
lors qu'on mettoit son corpsen
terre. Je vous demande un peu la..
différence qu'il y a entre un corps
mis en terre, & un corps enterré ? Vous voyez bien que cela est ridicule.
Mais tout ce que je puis
vous direest que lemotd'ensevelir
,
se doit entendre principalement
des Corps qu'on embaume
,& qu'on met en déport dans
des caves, & inhumer de ceux
qu'on laisse pourrir dans la terre
& les uns & les aurres, ayant des
Tombeaux, & des sepultures,
on peut dire indifféremment inhumer
, & ensevelir les Morts.
Pline dans le Chapitre qui fuit ce.
luyque je vous ay cité, s'explique
de maniere qu'il entend toujours
par le mot d'enfevely, un
homme qui est inhumé, &qui
est dans leTombeau;ce quesignifie
conduits que son Traducteur a
mal rendu en nostre langue, par
enterré en quelqueforte que ce
foire
Mais pour ne pas nous éloigner
de nostre sujet, continua le
Docteur, Thevet dans sa Cosmographie
universelle
,
dit que
les Anciens, ôc sur tout les Romains,
firent faire des Tombeaux
& des Monumens publics, aussi
bien pour les pauvres que pour
les riches, voulant montrer parlà
,
dit cet Auteur., que l'h omme
capable deraison est préférable
aux bestes, & que nos corp s doivent
estre ensevelis, & enterrez
en memoire de la condition humaine.
LesentimentdeThevet
est raisonnable, dit l'Abbé, mais
nous y devons remarquer trois
choses. Premièrement les Romains
n'ont élevé des Monument
publics à la memoire des Morrs.
qu'en faveur de leur vercu;6c
alors il est vray , que les pauvres
en ont esté honorez aussi bien que:
les riches;mais avec quelque distinction.
Secondement on a éri.
gé à des bestes de superbes Tombeaux
, comme on le peut voir
dans l'Histoire;&cesTombeaux
les ont élevez au dessus de la condition
humaine; & en troisiéme
lieu le méprisdes honneurs funèbres
,& de nostre sepulture apres
la mort, a esté respecté
,
& approuvé
des plusSages. Lucien a
ditapres Homere, que celuy qui
a un superbeTombeau, est comme
celuyqui n'en a point, & que
chez les Morts on ne rend pas
plus d'honneur à Agamemnon,
qu'à son valet, à Achille, qu'à
Therfite.
De n'eflre enfevely ce n'cftpM grande
perte.
dit Virgile, ou comme a dit cét
autre.
Le Ciel couvre celuy qui na point de
Tombeau.
Seneque méprisa les honneurs
funébres apres sa mort, 6c l'ordonna
expres par son Testament,
cequi fit qu'on brûla son corps,
sans aucunes cérémonies. Il ne
faut point nous mesurer par l'inégalité
des Tombeaux, disoit-il
pendant sa vie. La cendre nous
égale tous. La naissance est inégale,
mais la mort estpareille. Il
raporte que Mécenas avoit de
coustume de dire
je n'ay point de soucy qu'un Sepulçbre
on me drtjfe.
r
Saint AugustinaprèsSeneque,
nous avertit de mépriser ces choses,
& nous asseure qu'elles regardent
plûtost la consolation
des Vivans, que le besoin des
Morts. Laissons doncce foin là,
à nos Parens & à nos Amis,ausquels
il est glorieux de s'en souvenir
& honteux de l'oublier;
Maiscommedit Moiitaecne111 y a
des gens qui pendant leur vie
veulent jouir de l'ordre, & de
l'honneur de leur sepulture, &
qui se plaisent devoir en Marbre
leur morte contenance. Tel est
mon bon homme de pere, dit le
Chevalier, dontje vous veux con- teruneloire surce sujet.
Il est, comme vous sçavez
,
de
bonne & de ferme constitution,
& la mort ne l'épouvante guere.
CepenCependant
il a fongé à faire lou
Tombeau,& il ya quelque temps,
qu'il commença de faire tirer les
pierres qu'il y veut employer;
mais parce que la Carriere luy
apartient, & qu'il ne prétend pas
qu'il soit achevé plûtost qu'en
l'annéequatrevingt seize de son
âge, ne comptant que soixante ôc
dixhuitaine presse point l'executiondetondessein,
& le Public
n'en seroit point informé
,
si des,
Chartiers passant à vuide prés de
cette Carriere
,
An avoient pris
quelques pierres déja taillées, ôc
qui leur semblerent propres 8c
commodes pour faire quelques
jambages de fenestresà leur maison
de village. CVft l'excuse qu'ils
en ont donnée avecoffres de les
payer au double, ou de les raporter
bien humblement à la Carriere.
Mais Mr le Conseillernes'en
contente pas, &ces pauvres Païsans
sont furieusement embarrasfez.
Il y a plainte contre eux, information
, & confrontation de
témoins. Je ne raille point, mon
Pere crie au voleur, & à l'assasin,
& ne prétend pas qu'ils soient
moins coupables que des Sacrileges,
qui auroient violé son Tombeau,
& troublé ses cendres. Son
beau fils, à qui l'un de ces Chartiers
appartiens, le folicite fort
pour sa grâce, mais il ne l'écoute
non plus qu'un Mort, & agittoujours
en Juge severe
,
& terrible
vivant. Le Procez de-ces Chartiers
, fera fait comme à des Voleurs
de grand chemin
,
& le
moins qui leur en puisse arriver,
je dis par grâce, 6c par accommodement
,
c'e st qu'i ls front
condamnez aux depens du Tombeau
toutentier. Ne voila t.il pas
des Chartiers bien redressez
,
ez
ne vaudroit - il pas mieux qu'ils
eussent versé vingt fois? Mais
n'cft-ce pas une bonne fortune
& une heureuse rencontre pour
Mr le Conseiller, d'épargner de
son vivant, la dépense de son
Tombeau. Celle néanmoins de
l'Epitaphen'y fera pas comprise,
&il a besoin de trouver d'autres
Orateurs pour faire son Oraison
funèbre. Dieu garde quelque
pauvre Poëte de tomber entre
ses mains, interrompit le Marquis,
il ne manqueroit pas de le
faire condamner à composer son
Epitaphe,afin d'avoir son Tombeau
complet, au dépens du public.
Mais ne pourroit - on point
direàvostrePere, ce qu'Horace
ditsi à propos aux Viellards
Tufecanda marmora j
Locassubipsumftwus, &ftpulchri.
Jmmtmer ferais domos.
Car il est grand batisseur
,
&
songe bien plus volontiers à sa
Bergerie, qu'à son Tombeau,
quoy qu'il sedispose si glorieusement
a vous laisser la place, 3e
qu'il dise souvent contre son gré.
rixi, & tjuem dederatcursumfortufla,
percgi.
Maisjeveux vous conter quelque
chose d'assez plaisant du Receveur
du Marquis de. Vous
sçavez que cét homme avoitesté
autrefois son Précepteur,& que
ce Marquis avoit beaucoup de
confiance en luy. Il voulut en
mourant reconnoistre ses services,&
il luy donna cinq ou six
mille livres par son Testament.
Comme il mourut en cette Province
, Madame sa femme laissa
a cét homme le foin du Tombeau
de son Mary, mais bien loin de
s'en acquiter d'une maniere proportionnée
à la qualité & aux
grandsbiens dudéfunt, pours'épargner
un Loüis d'or, que luy
Revoit couder une pierre pour
mettre sur le corps de son disciple
,
& de ion bienfaicteur; il remarqua
une vieilleTable d'Autel,
quiestoitabandonnée en un coin
lel'Eglise, où le Marquis estoit
nhumé;il la fit prendre aussi. tost
parun Maçon,sans autre formaité
,
& sans écourer les plaintes
du Curé, & des Marguilliers, &
en sir faire un Tombeau à ce pauvre
Marquis. Er sur ce que ses
Amis luy representoient, que cette
pierre estoit trop cherive
,
&
mesme trop petite, illeur répondoit
, qu'il s'en servoit pardignité
,à cause de l'usageauquel elle
avoirestéemployée, qu'elleestoit
plus noble, & plus précieuse que,
le Marbre & le Jaspe
,
& allé,
guoit sans cesse ce Vers de Virgile.
Condidimm terra moefkafque facravimusaras.
Il ajoûtoit encore que les
Tombeaux des Saines dans la
primitive Eglise
,
servoient dAu':'
tels pour offrir le Sacrifice; .&'
que les Tombeaux & les Autels,
estoient presquela-mesmechose,
lA l'égarddes Héros, dans les cecrémonies
qu'on faisoità leur memoire,
Eji vérité vous me surprenez
,
dir le President, je croyois que
cor Receveur estoit honneste
homme ,& il me sembloit qu'il
avoit de l'esprit. Mais qu'elle mesquinerie
, &quelleingratitude!
Voila comme on est trompé de
ceux en qui l'on se confiele plus.
N'en soyez pas surpris, Mrrepartit
le Marquis, si on ne garde pas
la foy aux vivans, comment voulez
vous qu'on la garde aux morts.
Nos femmes & nos enfans nous
sourbentmesme en ce temps-là.
Vous avez connu cette Dame qui
dans un petitcorps, avoit l'esprit
d'un grand homme;quand je dis,
d'ungrand homme,j'entens d'un
habille homme
5 car dans les Affait
es, elle auroit confondu Cujas
& Berthole, ou pour ne pas m'éloigner
des Loix de sa Province,
elle auroit commenté Beraut, &
corrigé Banage. Mais ce qui fait
àmon sujet, elle estoit sage &aimoit
son Mary, cependant elle
n'a fait faireson Tombeau,&n'a
execuré son Testament qu'en faisant
le fk-n. Et le Monument de
-
ce pieux Chevalier, estoit quatre
mille francs qu'il donnoit aux
pauvres, & à l'Eglise de sa Pa- -
roisse. Il ne falloit pointlà
,
de
Steficrate, ny de Æsyphon ; il
ne falloit qu'un Homme de bien
qui scût compter. On néglige
facilement les morts, pour peu -
de foin que l'on, prenne des vivans.
C'est pourquoy je conclus
Idettour ce que nous avons dit,,
oque c'est une chose frivole de
t'embarrasser pendant sa vie de
~on Tombeau, & desa Sepulrure.
Il y aura toujours quelque Coquin
de Charrier, qui interrompra
nostredessein, on quelque
Receveur qui fruftrera nostre attenté.
Scaliger, continua le Marquis,
sevantefort desTombeaux
deses Ancestres qui font à Verone,
& il s'étonne de ce qu'ils
n'ont pasestédémolis. Mais ilne
s'en soucie point, ditil, & (i ce
n'estoit la Résurrection
,
il ne se
mettroit pas en peine de si Sepulture.
Il ne m'importe où je seray
ensevely quand je feray
*
mort
Mon corps fera comme le corps
d'un Asne. Il y en a qui ne veulent
pas que d'autr(es soient mis
dans leurs Sepultures, mais dans
nostre Religion
, il n'en doit pas
estreainsi.
Voila, interrompit le Docteur,
les beaux sentimens que le Calvinisme
avoitinspirez à ce grand
homme : qui avoit la teste bien
meilleure que le coeur, & plus
d'esprit que de Religion ; beaucoup
de suffisance & peu de pieré.
J'avoue que quelques-uns ont
fait peu de cas des Honneurs sunébres,
& les ont défendus en
mourant ,
mais la pluspart l'ont
fait, pour paroistre après leur
port , ce qu'ils estoient pendant
leur vie, & peurestre ce qu'ils n'étoient
pas, c'est à dire,humbles,
sans orgueil, & sans vanité. Mais
ce n'est pas en cela que consîste
l'a-ff'dire. Un orgueilleux sans
Tombeau
,
&. sans honneurs funèbres
demeure toujours orgueilleux
Il y a mesmede la vanité
à mépriser
,
& à rejetter ces
~ortes de devoirs, autant qu'à les
pendier, & à les rechercher avec
frep de soin.Tela fait plus de
ruit sansTorches, & sans Ecufons
; que sion luy avoit fait les
unérailles d'un Empereur Romain.
Le Chancelier de Lhospitalmëprisa
cette pompe funèbre,
mais comme vous sçavez, plus Huguenot, en qu'en veritable Catholique;&
j-si ce que vous venez
dedire avoir liéu
,
il n'y a point
clé Calviniste qui ne remportai
en cela, sur tous les Philosophes
re la'Grcce sur tout les Marfrsdel'Eglise,
je me promenois un jour dans
leJardin d'une personne dela premiere
qualité,de la Religion Prétendue
Reformée. J'apperçeus au
bouc d'une Allée qu'on fréquentoit
peu; parce quelleestoit fort
négligée;j'apperçeus, dis-je, au
travers des brossailles, uneespece
de caverne toute ouverte ,
d'où
il me fcmbJa voir quelque figures
en bosse
, comme si ce lieu eust
esté autre fois une Chapelle, &
en effet ce caveau estoit au dessous
de l'ancienne Chapelle de la
maison. J'y entray donc par curiosité
,
& malgré la puanteur qui
en sortoit, j'y remarquay quatre
coffres de plôb, dont il yen avoic
deux rangez de leur hauteur contre
la muraille, & les deux autres
couchez à terre. Mais ce
qui estoit remarquable,& qui
causa masurprise, est que ces
Coffres estoient faits selon la forme
du Corps. Que je considéray
bien dans ce moment, le peu que
c'est des grands Hommes apres
leur mort! C'estoient les Corps
des quatre plus considérables
Heros de cette Illustre Famille,
qui estoient là gisans parmy les
Crapaux, dans un Cloaque d'ordures.
Voila quelle esthumilité
Huguenotte touchant les Tombeaux,
&. la Sépulture des Morts.
Il faut au reste n'estre guere persuadé
de la Resurrection des
Corps, pour en faire si peu de
cas, ç'a pourtant esté cette
creance, quia introduit l'usage
des Urnes & des Tombeaux
,
où
l'on conserve soigneusement
,
&
dans nos Eglises mesme, leurs
Cendres &: leurs Reliques.--
Detoutes les Religionsqui ont
esté au Monde, dit l'Abbé,iln'y
a que la Chrestienne, qui-ait permis
la Sépulture des Morts dans
les Temples:car ny chez lesJuifs,
ny chez les Payens,ny chez les
Mahometans, nul homme, non
pas mesme leurs Héros&.leurs
demy-Dieux n'a eu cér avantage.
Ilmesemble pourtant, dit le
Chevalier, que quelques-unsont
esté mis apres leurmort, dans les
Temples des Payens, -& je me
souviensd'avoir leu que les cendres
d'Hypocrare
,
furent mises
dans un Temple de Junon. IL est
vray ,
repartit l'Abbé
, que les
Payens ontaccordé cet honneur
aux cendres de quelques-uns de
leurs Héros, & de leurs demyDieux
,qui pouvoient eux mesmes
avoir un jour des Temples
& des Autels; mais je parle seulement
de la Sepulture
,
ôc il est
constans qu'elle n'a esté pratiquée
dans aucune autre Religion)
que la Chrestienne
,
&. la raison
est, que les Anciens craignoient
l'infection des Morts; ce qui les
obligeoit de les enterrer en des
lieux fort éloignez, ou de les
brusler,& de n'çn conserver que
les cendres. En effet, la putrefaction
des Corps peut nuire à la
santé, sur tout dans les Pays
chauds. Ainsi les Juifs, dont la
Famille des Prestres & des Sacrificateurs
demeuroit dans leur
Temple; ôcles Mahometans qui
vont cinq fois par jour àlapriere
dans leurs Mosquées, ont eu raiion
d'éloigner la Sépulture des
Morts. Mais outre cette raison,
continua l'Abbé, les Juifs estoient
respectueux jusqu'à la Superstition
, & adoroient un Dieu trop
pur, &. trop majestueux
, pour
souffrir rien de fale & de corronjpu
dans leurTemple. Quoy qu'ils
attendisssent le Messie qui dévoit
élever nostre Nature jusqu'à la
Divinité,ils ignoroientun culte
quiestrelatifàcetteNature, par
le moyen d'un Dieu fait Homme.
Il falloit que Dieu prist nostre
Chair, & fust devenu nostre Frere
, avant que nous eussîons parc
icy basà son Heritage. Et comme
cét Herirage,étoit un Champ
de terre, qui luy servit de Cimetiere
, & qui fut payé du prix de
tout son Sang, il a bien voulu que
'ufa
nous fumons ensevelis auprès de
luy
,
& que les Tombeaux des
Fidelles fussent nu pied de ses Autels.
Le Chrestien est trop uny
avec le Sauveur du Monde,pour
en estre separé après la mort. II
n'en est pas comme du Juif ôc du
Mahometan, qui n'ont eu qu'une
relation servile avec leurs Pro.
phetes. Le Sauveur s'est fait comme
un de nous. C'est un Dieu
quis'est abaissé jusqu'àestredela
maniere d'un Mort au Sacrement
de l'Autel, Se comme ensevely
fous les Especes. Nos Tabernacles
&nos Eglises fontde veritables
Tombeaux, qui renferment
son Corps; & comme le Tombeauest
un héritage commun à
toute la famille, il est juste que
nous sovonsinhumez avec lUYt,
puis qu'il est nostre Pere
,
& itre no- Frere aussï bien que nostre
Dieu. Ainsi le Chrestien a seul,
céravantaged'estreinhumé Jans
le Temple de son Dieu, dont il
est membre & partie. Pardonnez
moy, Meilleurs, si je vous parle
de la sorte, & devant un Docteur
; mais il est difficile de ne
laisser pas écha per quelques traits
du métier. Toute la Compagnie
qui avoit esté fort attentive à
tout ce que l'Abbé avoit dit, luy
marqua qu'elle en estoit tres satisfaire,
& le Docteur mesme,
ce qui l'obligea de continuer
ainsi.
Au commencement du Christianisme
les Fidelles s'assembloient
où Iton avoit inhumé les
Martyrs,car alors l'Eglise avoit
déja des Tombeaux,&n'avoit
pas encor de Temples. Or es
Tombeaux, quoy que souterrains&
cachez, estoient grands,
& fpaciux ; en sorte que les premiers
Chrestiens y faisoient leurs
Cérémonies, & offraient le Saint
Sacrifice sur les Corps des Martyrs
, dont le Tombeau servoit
d'Autel; d'où est encore venu
l'usage de dire la Messe pour les
Morts, & à l'honneur des Saints,
parce que le Prestre faisoit toujours
Commémoration du Défunt
sur le Tombeau duquel, il
célébroit le Sacrifice. Voila donc
é mon sens, ce quiaintroduit, êc.
autorisé la Coustume d'enterrer
les Morts dans nos Eglises
,
mais
enfin l'usage des Tombeaux est
aussi commun, qu'il est ancien
parmy toutes les Nations du
Monde. Ce qui est admirable,
c'est que l'usage de ces Tom.
beaux, qui ont presque toujours
esté embellis des Ornemens de
l'Architecture ait devancé l'Architecture
mesme. L'Ordre Corinthien
apris son Origine du
Tombeau Rustique, qu'une charitable
Nourriceavoit élevé félon
la Mode du Pays, à la Mé.
moire d'une jeune fillede Corinthe.
Et pour ce qui est des autres
Ordres d'Archicedure, il est certain
qu'ils font postérieurs aux
Sepulchres, & aux Tombeaux
qu'on a bastis pour les Morts;mais
il est certain aussi, que ces Monumens
n'ont paru avec éclat, Se
n'ont esté célébres, que depuis
que l'Architecture a esté dans sa
ferfcâion,comme c'est dans les
Tombeaux où elle a fait des chef
pdjoeuvres
,
& montré ce qu'elle
avoir de plus rare & de plus ex-
[ quis.
J'ay lu, interrompit le Chevalier,
dans les Relations des Indes
Orjen[ales, une.aÍfe-z plaisante
maniere deTombeaux
,
qu'on
:bârit pour le Vulgaire,dans lesquels
le Mary & la Femme sont
ensevelis. C'est un simple Mur
en rond ,ou en quarré
,
qui les
renferme tous deux,&qu'on éleve
de la hauteur d'un homme
taffis, car c'est ainsi qu'on enterre
4es Morts en ce pays-là. On en-
:terre la Femme vivante au genoux
de son Mary;&; on luy tord
le cou lors que la muraille est bâtic
àsahauteur. Apres quoy on
la couvre, & on termine ce Sepulchre.
Il n'y a pas là grande Architecture
, ny grande dépense,
mais aussi il y a moins d'orgueil,
& de vanité.Je me souviens à propos
de cela,dit le Marquis, que
dans le premier Voyage que je fis
en Flandre avec le Roy,j'estois
surpris de voir plusieurs monceaux
de pierre,qu'on appelle en
ce pays-là des Tombes. On me
dit que c'estoient les Tombeaux
de quelquesAnciens Capitaines,,
qui avoientesté tuez en ces lieuxlà,
où l'on avoir autrefois donné
Bataille. En eff t je n'en vis que
dans quelquesPlaines,qui étoient
propres pour combattre, &pour
ranger une Armée. Il va peu de
ces Sepulchres Rustiques qui
soient considérables. Il me fem
ble
,
Monsieur le Docteur
, que
j'ay leu quelque choie de pareil
dans l'Ecriture Sainte. Vous y
avez leu la mort d'Absalon
,
réponditle
Docteur, auquel on fit
un semblable Tombeau
,
d'un
grand nombre de pierres qu'on
j;¡rra sur safosse. Cependant ce
Prince tout jeune qu'il estoit,
avoit déjà fait construire son
Tombeau. Porro Absalon crexerat
sibi cum adhuc vivent,titulum qui
eft-invdleReçis. Or titulum veut
direicy la mesmechose que tumuluin.
Et on voit encore aujourd'huy
ce Tombeaud'Absalon,
presqueensonentier. Mais vous
remarquerez que cet amas de
pierres que l'on jettoit sur les
Morts, estoitsouvent une marque
de punition & d'infamie,
comme a l'égard d'Abialon dont
on ne combla la foÍfe de pierres,
que pour chastiment d'avoir esté
Rebelle, & pris les Armes contre
son Pere; ce que l'on pratique
aussi envers les Scelerats & les
Criminels. Cen'est pasàceux-là,
dit le Chevalier, qu'on doit souhaiter
que la terre leur foit légere.
Sit tibi terra levis
,
mollique tegaris
arena.
Les Tombeaux del'Antiquité,
& ceux mesme d'aprefent
,
sont
Ils legers pour les Morts?Je voudrois
bien, Monsieur le Docteur,
que vous m'eussiez expliqué ce
terra,levisde Marrial, dansl'Epitaphe
de Philenis. Martial n'est
pas le seul qui parle de cette sorte,
répondit le Docteur.C'estle
langage ordinaire des Poëres.
Ovide
Ovide fait dire à Procris mourante,
uinte dicm morior, fcd nnUâ yellict
Ufa.,
HQC faciet fofit* te mihi, terra,, le-
V(M.
Et tout cela ne veut dire autre
chose que les attaches & les affections
de la terre qui nous retiennent
icy-bas, & qui nous empeschenr
de nous éleverau Ciel. Les
Anciens, dont plusieursn'estoient
pas persuadez de la Resurrection
des Morts, l'estoientneanmoins
d'une certaine Transmigration
des Ameshors desTombeaux,qui
se communiquoient aux hommes,
& qui habicoient dans les Cimetieres.
Or ils croyoient que les
corps qui estoient privez de sepulture,
empeschoientlepassage des
Aines; 6c c'est pourquoy ils estoient
si soigneuxdeladonneraux
Morrs; mais aussi ils leur souhaitoient
une terre legere, afin que
leur Tombeau ne fust pas un obstacle
à cette communication.
Voilà laraison des Tombeaux légers,
Monsieur le Chevalier, &
pourquoy vous avez accordé si
obligeamment la Sepulture au fameux
Archytas. Vous voudrez
bien faire part à la Compagnie de
cette Ode d'Horace,que vous
avez si heureusement imitèe. A
quoy m'engagez-vous, Monsieur
le Docteur, répondit le Cheva.
lier? C'est l'amusement d'une aprés
dinée, quinevautpaslapeine
qu'on s'en souvienne. Cependant
pour ne pas nous faire acheter
si peu de chose, & augmenter
par là vostre curiosité, voicy ce
quec'est.
JZjtoy, la Terre e la Mer vous manquent,
Archytts
, Et vous estes sans Sepulture;
Vous qui cent & centfois d'un artisse
compas,
Avez, pris leur mestre ?
Bien loin que le bel art vous rendifi
immortel,
Vous payez, comme noué un tribut à
Nature
Jjhtand elle nous doit un Autel.
Il est vray jesaù mort ,
mais U
Geometrie
, Non plUJ que la Phitofophié
N'ontjamaisfaitdes Immirtds.
Connoijlre le Ciel & la Terre,
Nejùrer leur contour, & tout ce qu'il
enferre,
Merite des Autels;
Mais il n'exempte point de payer a
NAture
Ce tribut odieux,
Dont la loy rigoureuse & dure,
S'étendjusques aux demy. Dieux.
Tout le monde estfijtt à cette loysevere,
Le Fils meurt ainjî que le Pere;
Soit en courant les Mers, foit parmy
les Combats,
Par tout, la mort cruelle, inexorable
d-Jiere,
Leurfait, rencontrer le trépan.
PJlagore, Tyton, Radamante, Tantait,
Pour vivre en differens état>,
Ontpourtant unefn égale
A celle du pauvre Archytas.
Peur tftre tout-a-fait comme eux,
Cher Pafant,exîucemesvoeux,
En me donnant la Sepulture;
J'ayperysur la Merj mais d4nscette
avanture,
c!i¿ui peut avoir un fort piu* beau
.!l!..uc le mien, si tes mains- me dref-
-
fent un Tombeau?
Le Chevalier, pour ne pas donner
le temps à la Compagnie de
l'aplaudir sur cette Picce
,
conti.
nuadela sorte. Mon Dieu, dit-il,
que les Funerailles de Pompée
font belles dans Lucain! Voyezvous
ce Soldat officieux qui parcourt
le Nil,pour trouver le corps
desonMaistre?Et qui enfinl'ayant
trouvé, le brûle à un petit Bucher
qu'on avoit allumé pour le corps
d'tt1 pauvre Pescheur. Cela vaut
mieux chez lePoëte, que toutes
lesPompes funebresdesRomains;
& ce Monument simple & rustique,
semble braver icy l'orgueil
des Tombeaux & des Pyramides
des Rois d'Egypte. Son Epitaphe
est cavaliere, permettez - moy ce
mot,mais elle est digne d'un grand
Capitaine, &. je la préféré à tout
ce que les Grecs & les Latins ont
fait sur ce fbjer.
-
Jlgrave sur JI., roche, & dure à*
mal coulée;
Adoreicy ,
FaJJknt, Us cendres de
Pùmpée.
Les Epitaphes, dit le President,
sont desTombeaux spirituels, de
peu de dépense à la vérité,mais
qui honorent quelquefois davanrage,
que les plus superbes Mausolées.
Tous les Poëtes&les Gens
de lettres, qui ont dordinaire
plus de réputation que de richesses
, en ont élevé de semblables à
leur memoire, de leur propre façon
,
S: ont fait leur Epitaphe avant
leur mort. Voulant du moins
qu'on leust dans leurs Ecrits, ce
qu'on ne pourroit pas voir sur leur
Sepulrure. Ils en ont mesme ho..
noré leursAmis,croyant leur donner
par là, une glorieuse immortalité;&
en effet,tel à qui le temps
ou la fortune a renversé leTombeau,
& dissipé les cendres,trouve
encore tout entier, & son nom,
& sa memoire dans leursLivres.
Les Anciens, &. sur tout les Peuples
de Syrie,ont esté fort curieux
d'Epitaphes&d'Inscriptions pour
les Défunts. Il me semble qu'on
les néglige aujourd'huy, & qu'on
envoie peu deconsiderableshor
mis dans les Livres. On a fait plusieurs
Recüeils d'Epitaphes,où il
s'en trouve deplaisantes. Caron
en a fait de ridiculesaussi bien que
de funebres. Surquoy Marot fait
direàun certain Fou dans son Epitaphe.
- Jguand quelque fage homme
Viendra mon EpitApbe lire,
lyi oorr"d{o)nnnnee ss''-ilsee'fJr'{e'nnud à rire, A, il{oit rtri, des FousMaifire pall:
Faut-ilrire d'un Trêpassé?
Il avoit raison, dit le-Docteur,
il ne faut pas s'arrester à gloser sur
les Morts. Cela est indigne d'un
bonnette homme, &. sur tout d'un
Chrestien. On peut avec justice
crier dans nos Temples, à ces railleurs
curieux, hors d'icy, Propbanes.
Pour moy je ne puis souffrir dans
ces lieux-là, d'Epitaphes plaisantes-
Se ridicules, & j'admire jusqu'où
aesté l'impudence de quelques
Chrétiens, ou plurostleur
ignorance & leur simplicite
,
d'avoir
gravé leurs fades railleries
dans nos Eglises, & jusque dans
le Sanctuaire. Il y a mesme plusieurs
de ces Epiraphes impies, &
plusdignes d'unathée Sed'un Li-»
bertin, que d'un Chrestien& d'un
Fidele. Mais pour quitter cette
Morale, je veux vous dire que
c'est à Symonides qu'on doit cette
invention, d'honorer les Tombeaux
des Morts, d'Epitaphes
pleines de leurs louanges;&Ronsard
nous asseure que ces devoirs
& çes éloges agréent beaucoup
aux Manes des Defunts.
Tel bien memoratifallege leurfoucy,
Etse plaisènt de lire en sipetit espace
) 1
Leurs Noms & leurs Surnoms, leurs
Villes & leur Race..
Mais quel ressentimenten peut
avoir unChien ou unCheval,pour
qui on a fait des Tombeaux &. des
Epitaphes? Et quel honneur en
doivent attendre ceux qu'une lâche
complaisance abaisse à cette
ridicule flaterie?Vous retombez
toujours dans vostre Morale.,
Monueur le Docteur, dit le Marquis.
Pour y faire diversion, vous
me permettrez de vous dire, que
les Turcs sontfort curieux de leur
Sepulture, & qu'iln'y a si miferableparmy
eux,qui n'ait son Tombeau
&. son Epitaphe. Ceux qui
n'en peuvent pas avoir d'embellis
d'Architecture, prennent foin de
les orner tous les jours de fleurs.
C'est pourquoy ils les entourent
d'un parterre, où il yen a des plus
belles & des plus odoriferentes.
Ils s'inclinent devant ces Tombeaux,
& les ont en si grande
vénération, qu'aucun n'oseroit
parler à cheval dçvant un Sepulchre,
sans mettre pied à terre, ou
se resoudre à souffrir hl. bastonnade.
Cela fait que mefjne ils respechem
ceux des Fideles, & s'en servent
de la pluspart pour leurs
Mosquées,comme des
Tombeaux
des plus grands Prophetes, &de
quelques Rois deJudée, pour qui
ils ont de la vénération. La beauté
de ces Tombeaux,qui sontspacieux5cmagnifiques,
les obligeà
cela; mais ils le fontsuffi, pour la
reputation des personnes qui y
ont esté inhumées, afin que les
lieux où ils font leurs Prieres,
soient plus célébrés & plus dignes
de la grandeur de leur Prophere.
Ils font encore fort jaloux
de leurs Tombeaux,&conservent
cxachemenc en cela
,
l'honneur&
l'interest de leurs familles, ne permettant
pas qu'aucun Etranger y soitinhumé.lisontimitélesGrecs
& les Romains, quiestoientaussi
fort jaloux de leurs Sepultures.
Cependant leurs Tombeaux n'étoient
pas tellement reservez pour
Jes Familles, qu'on n'y enterraft
ses Amis, & ceux dont on honoroit
le mérité &la vertu. Ennuis
fut mis dans le Tombeau de Scipion
, parce que ce Poëte avoit,
écrit dans ses Vers, la seconde
Guerre Punique. Nous en usons
delalorte,& de nos jours, le brave
& judicieux Prince de Turenne
a elle inhumé à Saint Denys,
qui est le Tombeau & la Sepulture
de nos Rois , honneur qu'on
avoit fait autrefois au genereux
Connestable du Guesclin.
Ces Monumens publics qu'on
dresse à la memoire des Defunts,
produisent toujours de bons effets,
die le Doéteur. Ils avertiffent
les jeunes & les vieux, les
Grands & le Peuple, que nous
sommes tous mortels, &: que nous
ne ferons un jour que cendre &
que poussiere
; mais ils nous excitenten
mesme temps à pratiquer
les vertus qui ont rendu celebres
ces grands Hommes, dont nous
honorons si chèrement les cendres.
Eneffet,selon les Grammairiens
& les Etimologisteun Monument
est un ressouvenir 5c un
avertissement public, qui nous inspire
une parfaite resignation à la
mort, & un grand desir de mourir
en homme de bien, puis qu'on
n'accorde cet honneur qu'à ceux
qui ont eu du mérité &de la vertu.
Ceux qui se tuënr, perdent, selon
les Loix, l'honneur avec la vie;
car il n'appartient pas à tout le
monde de faire le Caton, ccuxlà,
dis.je,font privez de Sepulrure
& de Tombeau, parce que ce sont
des marques d'honneur qu'on
donne à la memoire du Defunr.
Mais ces magnifiques Tombeaux
font quelquefois toute la gloire
des Morts; & tel qui a mené une
viefortobscure, devient célébré
par ses funerailles, l'or & le marbre
quile couvrent, font la ma.
riere-aussi-bien que l'éloge de les
vertus. UnTombeau somptueux
nous donne une grande idée de la
personne qu'il renferme;& quoy
lIue nous sçachions qu'on peut
dater en Tombeaux,comme-en
Panégyriques,& qu'on peut cor- , rompre le ciseau des Architectes,
mauiti-bien que la langue des Orateurs,
on se laisse plus aisément
prévenir par ces forces de Monumens,
& on ne sçauroit croire que
les cendres d'un fat, soient conservées
dans une Urne de Jaspeou
d'Agathe. Il nous souvient de la
Fourmyembaumée dans de l'ambre,
dont parle Martial; vous me
permettrez bien de vous rapporter
icy cette jolie Epigramme, de
LaTraduccion de Marot. Elle ne
vous déplaira pas dans son vieux
fiile, qui pour n'estre pas fort juste
dans les rimes, l'est beaucoup
dans le sens.
DeJfeuAl'arbre oul'ambre dégoûte
La petite Fourmisalla :
Siur elle en tomba une goulet tout à coup se congela:
Dent la Fourmis demeura la
Au milieu de l'ambreenfermée. j
Ainsi la bejle déprisée
,
j
Et peu prisée quandvivoit,
Easinadsa mortfort eflimée si beau Sepulchre on lay
voit.
Il feroit aisé d'appliquer cette
Morale à plusieurs de ce fïecljj*
mais l'honnesteté m'empesche de
la pouffer plus loin. J'aime mieux
vous dire, que comme les Tom- *
beaux des Anciens estoientbâcisi
sur les grands chemins, de u uc
venuë la coutume de mettre'.ans
les Epitaphes,Staviator.0 1. ion
'.veut, on prouvera de cet-2 en -
tume, que les Tombeaux estoit c
bâtis aucrefois sur les grand s ch -
mins. Cette voye Appia, ouc? voye qu'Appius Ciaudiusnc faite
quiduroit depuis Rome juÍq;'iei
Brindes, c'est à dire six grandes
journées, n'estoit prefquc qu'on
Cimeriere remply deTombeaux., Ce fut là que l'on trouva sous le
Pontificat d'Alexandre VI. le'
corps de Tullia fille de Ciceron,
encor tout entier, après treize fiecles.
Et ce futdans son Tombeau
)où l'on trouva une de ces Lampes
imerveilleufes
,
dont les Anciens
1fe servoient pour éclairer leurs
iîSepulchres, parce qu'elles étoienc
inextinguibles, pourveu qu'elles
ne recceuseèntaucun air. Maisap..
prouvez-vous, dit le Chevalier, le
procedé de ce Pape, qui fit jetter
le corps de cette illustre Fille dans
leTibre? Pourmoy jeluy en veux
mal, &jefçay tjpngréau Conservateur
de Rome, qui la fit porter
au Capitole, comme une Relique
rare & precieuse5 c'estoit garder
le respect qui est deu aux Morts.
Mais ce Pape ne devoit pas ainti
violer les Tombeaux, & traiter de
la forte ce que l'aruigultéavoitde
plus venerable. Il devoit respecter
les Mânes de la fille de Ciceron,
ou du moins ne les pas diffamer.
Ce Pape,dit le Marquis, eftoic
cruel, & n'avoit aucun égard pour
personne.Maisremarquezje vous
prie, combien le foin de la Sepulture
eit inutile, queiqae precaution
qu'on puisse prendre pour
conservernoscendrcs. Jadmire
ces gens qui craignent de mourir
ailleurs que chez eux, parce qu'on
negligeroit leurs Obseques. Socrate
préféra la mortàl'exil, luy
qui le disoit Citoyen du Monde-,
parce qu'il craignoitde porter Tes
os ailleurs) & qu'il vouloirquele
lieude son Berceau, fust celuy de
son Sepulchre; c'est qu'il vouloic
mourir entre les brasdesa. Nourice,
dit le Chevalier. Quoyqu'il
en fait, reprit le Marquis;on die
qu'il n'avait jamais mis le pied
hors le territoire d'Afrique. Montagne
dit de Juy. mesme, que s'il
croyoit mourir en autre lieu que
celuy de sa naissance, il ne fortiroit
pas sans effrov hors de (a Paroisse.
Cependant il alfeure ailleurs,
que s'il suivoitsa volonté,
il voudrait mourir horsde sa maison
, & loin des Gens; m;is enfin
la nature est toûjours plus forte
que la raison, & nos inclinations
ne manquent jamais de s'opposer
ànos raisonnemens.Socrateaima
mieux mourir à Athenes, que de
vivreàSparte. Pour moy j'aimea
vivre par rour, &il m'importe peu
en quel lieu je dois mourir. AIna
ne croyez pas que j'ambitionne la
gloire d'avoir un Tombeau superbe
& magnifique. Mais il est
tard, &, nous abuions de la patience
de Monlieur 1.Abbé. A ces
mots il prit congé, & toute la
Compagnie se separa.
Jevous ay tenu parole, Madame,
vous n'avez rien trouvédans
ce Recit de terrible-& de lugubre.
Le serieux y est temperé d'un honneste
enjouement ; car les genies
qui habitent ces Tombeaux, sont
bons & agréables, & n'inspirent
que la joye & la consolation à
ceux qui les Frequentent. C'estce
qui me fair esperer, Madame, que
vous agréerez cette Conversation
,
& le soin que j'ay pris de
satisfaire vostre curiosite. Je fuis
vostre, &c. DE LA FEVRERlE.
Traité dcs Sépultures dans le dernier
Extraordinaire
,• UOUÔ neferez,
pas finfihéc quen vais renouvelle
cette Matière,quand je vous aufay
appris que la ConverjctimJcadcmiquequiftit
,
efi de M. de la Fe-
? vrc/ie. Elle est diverfifée par tant
j
d*agreables chefes
}
6'-v par des re..
< marques sipropres 4 rendrel'esprit
> content, qu'enpeutdire que leseul
i nom de Tombeau,est ce quelle a de
lugubre.
CONVERSATION
A CADEMI QJJ E
dans laquelle il est traité
de l'Origine des Tombeaux
,ôc des magnifiques
Sepultures.
A MADAME
LA COMTESSEDE,C.H.C.
: LA mort de laReyne, de glorieuse
& de pieuse memoi-
-
re ,
puis qu'elle est en benediction
chez tous les Peuples, a
touché sensiblement toute la
France, mais particulierement
nostre IllustreAbbé. Outre qu'il.:
est bon sujet, & fidelle serviteur du
du Roy, vous savez, Madame,
qu'ilavoir encore d'autres raisons
d'en estre affligé. Ses Amis
prirent parc à sa douleur, mais sur
toutlapetite Troupe choisie, vint
mesler ses larmes avec les siennes.
Comme il estoit alors en
cette Province, elle tâcha de le
consoler par ses frequentes visites,
& elle n'oublia rien pour le
divertir, & pour chasser la mélancolie
que cette mort, & son
indisposition ordinaire luy causoient
dans ce tem ps-là.
Un jour qu'elle estoit venue à
ce dessein
,
& qu'elle commençoit
un Entretien un peu plus gay
qu'à l'ordinaire, elle fut interrompuë
par une Lettre que l'on
aporta à nostre Abbé, de la part
du Reverend Pere de Soria. Vous
sçavez encore, Madame
,
les liaifons
étroites qu'il avoir avec ce
digne Confesseur de la Reyne.
Il nous enfit la lecture, ce qui redoubla
nos regrets, & engagea
la Compagnie dans une Conversation
bien plus serieuse qu'elle
n'avoit crû. On y fit le Panegyrique
de cette Auguste Princesse
en diverses façons, & chacun
s'efforça de marquer le respect
& la veneration qu'il avoit pour
toutes ses vertus. On parla enfuite
de la Ceremonie qu'on devoit
faire pour elle, àNostre-Da
me, & à Saint Denys, & voila,
Madame,ce qui donna sujet, de
traiter dans cette Conversation
de l'Origine des Tombeaux, &
des magnifiques Sepultures.
Que cette matiere ne vous effraye
point, Madame. Toute lugubre
& triste qu'elle est
,
j'ose
vous asseurer qu'elle ne vous inspirera
rien de sombre & de mélancolique
; & mesme qu'elle
vous defennuyëra quelque temps,
comme elle fit nostre Illustre Abbé
qui y prit plaisir, &quiasouhaitéqueje
vousfille part de céc
Entrerien. Il n'y a point icy de
Spectres, & de Fantômes
,
de
Squelettes & de Cadavres rongez
des Vers. L'Or, le Marbre,
leJaspe
, &, le Porphire couvrent
tout cela; & l'Art par ses embellissemens,
donne icy l'Immortalité
à ceux que la Nature avoit
abandonnez à la corruption.
Aussi-tost que le premier Homme
eut peché
,
dit le Dodeur, il
fut condamné à la mort, & dés
ce moment il ne songea plus qu'à
mourir,&, à faire son Tombeau.
Il commença de s'ensevelir en
couvrant sa nudité, & il ne fit
qu'un pas du Paradis terrestre au
Sepulchre, maisdessçavoiroùfut
basti ce Sepulchre, c'est ce qu'on
ne peutdire. Ilesttoujourscertain
que ce ne fut point dans lisle
de Cylon aux Indes Orientales,
comme le croyent quelques Indiens
, auraport d'un Voyageur,
qui nous a faitmention du Tombeau
, & de l'Epitaphe de nostre
premier Pere. Une Epitaphe
d'Adam, s'écria le Chevalier!
Oüy,Monsieur, repartit le Docteur,
& une Epitaphe qui est
dans une Langue,qu'on peutapeller
justement la Langue matrice.
Le Public vous seroit fort obli.
gé, répliqua le Chevalier,si vous
vouliez l'expliquer, car personne
que je sçache, n'a encore pû en venir about. C'est un jeu d'esprit
de l'Auteur, dit le Marquis, qui
aplutost faitun Roman, qu'une
veritable Relation de ses Voyages.
Quoyqu'il en soit, reprit le
Docteur, l'usage desTombeaux
est très ancien, puis que nous
voyons, dans la Genese, que les
Hethéens, ausquels Abraham demanda
le droit de Sepulture pour
sa femme Sara, en avoient de
tres magnifiques. In electissepulchris-
nostris sepeli mortuum tuum,
repondit ce Peuple à Abraham.
Mais il me semble qu'on a mal
traduitelectis en nostre langne,
parbeaux&exquis. Car electis en
cet endroit, veut,dire choisis,,
comme si ce Peuple eustdit,Ensevelijftz,
ce Mort dans les Tombeaux,
que nous avons shoisis pour mus &
nostre famille. D'où vientque
nous disons ordinairement
, ild
thoifïsa. Sepulture en un tel lits.
Mais enfin Abrahamne voulut
pas accepter cette offre, & souhaitra
qu'on kuy vendist un
Champ de terre, & une Caverne
pour y bastir un Tombeau;non
seulement pour Sara& pour luy,
mais encore pour toute sa PoIle,,.
rité. D-iteinibijussepulchrivobif-
Cttm ,& confirmants est ager & antrum
quoderat in eobrabein pqfsessionem
mmumenti àfiliïshetb.
Voila donc un usage & un droit
de Sepulture,le plus ancien qui
soitau Monde, & ce fut suivant
ce droit, & cette coustume, que
Jacob voulut apres la mort en
Egypte
,
qu'on rapportait son
corps dans ce Tombeau d'Abraham.
Sepelite me, ditil à ses Ensans
, campatribus meis in spelunca
duplici (jujt est in agro Ephron, quant
emit Abrahaminpossessionem Sepulchri.
L'Origine des Tombeaux n'est
pas moins ancienne chez les
Pavens, puis que leur grand Dieu
Jupiter avoit son Sepulchre en
l'Islede Crete , &nos Voyageurs
asseurent qu'on voit encore aujourd'huy
cet antique Monument.
Oüy, mais interrompit le
Chevalier, un vieux Poëtea dit,
Les Crétins ont dressé,fowvtrain
Roy, ta Tombe,
Mais ton Efire divin à la mort ne
fuccombe*
Quoy qu'en dise nostre Poëte,
Jupiter estoit mortel
,
reprit le
Docteur. Mais sans nous arrester
là-dessus, c'est à la Grece qu'on
doit l'usage des Charniers, & des
Voutes souterraines, où l'on mertoit
les Corps & les cendres des
Défunts; car les Grecs estoient
fort curieux de la Sépulture des
Morts, en sorte mesme que l'on
croit que toutes ces Grotes qu'on
voit en Candie, n'estoient autre
chose que des Tombeaux. Mais
les Egyptiensont estésans doute
les premiers Inventeurs de ces
Magnifiques Sepultures, & les
premiers Peuples qui ont embaumé
les Corp s ;
fondez sur cette
opinion
, que l'ame estoit aurant
de temps immortelle,que le corps
demeuroir sans corruption. Il ne
faut donc pas s'éronner
,
s'ils
avoientun grand soindebastir à
leurs Morts, de superbes Tombeaux
pour y conserver leurs Momies
, puis que le Monument, se-
Ion qu'il estoit somptueux & magnifique
,rendoit la memoire du
défunt plusillustre& plusglorieu.
se. Qui a rendu immortels Semiramis
, & les Rois d'Egypte?
leurs Pyramides & leurs Tombeaux.
Leur mort a esté plus
éclatante que leur vie, & ils n'ont
esté celebres, &. n'ont survècu
jusqu'à laPosterité
, que par où
les autres Roys de la terre meurent
& ensevelissent toute leur
gloire dans un oubli éternel.
A propos de ces Momies
,
interrompit
le President
, un de
nos Voyageurs prétend que le
Bitume qui croist dans laMermorte,
servoit autrefois à embaumer
les Corps des Egyptiens,& que:
cette poix est un véritable
-
Baume,
pour conserver les Corps en
leur entier. Il estvray, dit Je Marquis
,que Villamont &, quelques
autres, ont avancé cela; mais je
ne fuis pas de leur avis. Lesveri-
-
tables Momies estoientembaumées
d'une miniere bien plusexquife,
& ce n'est que par l'excellence
des matières Aromatiquesqu'on
y employoit, qu'ellessont
pn^ieufes* propresàla gueri- l' son de tant de maladies,C5 Q!.JC;:
n'auroit pas la vertu du Bitule."
qui peur bien exempter un Corps
de pourriture, mais nonpas en
faire une veritable Momie;car
ce mot ne-veut pas dire fiinpléJ:
ment unCorpsentier & embaumé
; mais quelque chose de plus
excellent. Quoy qu'il en soit,
tout ce qu'on peut asseurer du
Bitume de la Mer morte, est que
c'estoit le Baume du vulgaire, &
du simple Peuple de ce Pays-là
car dansles Momies qu'on a découvertes
s on a trouvé qu'elles
font pleines de parfuns les plus
exquis. Cette maniere d'inhumer
les Morts estoit d'une grande dépense.
J'ay lû
,
dit le Chevalier
, une méthode d'enterrer les
Corps, & de leur bâtirdes Tombeaux
, qui efl bien plus facile, &
qui se fait à bien moins de frais.
Les Anciens la pratiquoient pour
tous ceux qui manquoientdeSepulture.
C'est de répeter par trois
fois le nom du Mort. Toute la
Compagnie se prit à rire, & le
Chevalier mesmeavoitde la peine
à s'en em pescher.Vous riez,
leur dit-il d'un air serieux
; c'est
pourtant de Daviry que je riens
cesecret, & jenetrouvepas qu'il
y ait tantà rire; lesPauvres qu'on
jettoit à Rome dans des Puys
apres leurmort,avoient besoin
d'un pareil Tombeau. On avoit
encore trouvé ce secret pour ensevelir
honorablement, & promptement
les Morts qu'on rencontroit
sans Scpulture par le chemin
;car ce devoir estoit si étroitementpratiqué
chez les Anciens
, que l'on se tenoit poilu si
on rencontroitun Mort, qui ne
fust pasenseveli, à moins que de
jetter dessus un peu de terre ou
de poussiere
, ou de répeter trois
fois son nom. Mais quand on ne
le sçavoit pas, ditle Marquis?
Mon Dieu, vous me faites toûjours
des affaires, reprit le Chevalier
, on jettoit de la terre dessus.
Mais que dites vous de Varron,
continua-t-il, pour se tirer
de l'embarras, où le Marquis l'a.
voitmis? Il voulut qu'on le mÍÍt
apres sa mort dans un grand Vaisseau
de terre cuite, avec des
feüillesdeMeurte, d'Olivier, &
de Pavot: tous Symboles de la
paix, du repos, & de la tranquilité
de l'Ame
,
si peut estre vous ne
trouvez finesses dans cette forte
d Inhumation, car Varron estoit
un Sçavant, qu'on peut soupçonner
de Science secrete & de cabale.
Quoy qu'il en soit, les Riches
de Rome estoient inhumez
dans leurs maisons
,
& nonobstans
la coustume de brusler les
Corps en ce temps-là, Popéefut
embaumée,&, portée au Tombeau
des Jules, ce qui me fait
croire, que le Bucher n'estoit pas
la Sepulture de toutes les personnes
de qualité, particulierement
- des femmes; mais seulement des
grands Hommes qu'on vouloit
mettre au rang des Dieux, comme
un moyen plus facile d'élever
leur ame au Ciel, & de faire leur
Apotheose. J'approuve vostre
conjecture, dit l'Abbé, car Néron
n'épargna rien pour les funérailles
de Popée, & il eust fait
brûler son corps, s'il eust creu
rendre par là, un plus grand hon. neuràladéfunte. Ilaimoitlefeu,
comme voussçavez,jusqu'à brûler
Rome, pour s'en faire un divertisement.
Cependanton brûloitde
ce temps,là les Corps des
Empereurs& des personnes considérables
,
dont on conservoit
fore soigneusement les cendres.
Vous me demanderez peut estre
de quelle maniere on recüeilloit
ces cendres ? car elles pouvoient
estre meslées avec celles du bois
qui confumoit le Corps. Pline
vous aprendra cela comme moy,
mais pour vous épargner la peine
de le consulter là dessus, voicy
ce qu'il en dit autant que je puis
m'en souvenir. On donnoit aux
Empereurs & aux personnes de
qualité qu'on devoir brûler,des
chemises faites d'un certain lin
des Indes qui est incombustible,
ce qui rendoit ce lin fort rare, &
tort précieux, ou bien on enfermoit
le Corps dans un coffre de
fer qui estoit percé, de façon que
l'humidité pouvoit s'exhaler,sàns
que la cendre sortist. On mectoit
après cela ces cendres dans
des Urnes d'argent, d'or, ou
d'agathe. On les arofoit de vin,
& d'eaux de senteurs, on les parfumoit,
& souvent on pofoit sur
ces Urnes des Couronnes précieuses
, ensuite dequoy on les
mettoit en dépost dans le Tombeau
de la famille
; & voila de
quelle forte on inhumoit les
Grands à Rome. si
Pour moy, dit le Président, je
croy que la vénération qu'on a
toujours euë pour les cendres des
Morts, vient de ce que la cendre
de chaque chose, contient sa forme
Se sa figure, comme l'experience
nous le fait voir dans la
cendredes Plantes.
Secret dont on comprend que quoy que
le corps meure,
La forme faitpourtantaux cendres
sa demeure.
a dit un grand homme
,
qui prétend
que les cendres des Trépassez
qu'on voitsouvent dans
les Cimetieres font naturelles,
puis qu'elles ont la forme & la
figure extérieure des Cor ps,
qu'on a enterrez en ces lieux; ôc
que ce ne font pas leurs ames, ou
des fantômes representez par les
Démos, comme le croit le simple
Peuple;Car enfin quoyque lecorps
foit réduit en poudre, la figure
ne se perd point. Mais cela se
voit encore mieux dans le champ
d'uneBataille nouvellement don- -
née; & voicy comme la chose feé
fait. Cesfiguresfontexcitées,&
élevées en partie parla chaleur
internede la terre, &, des Mourans,
& en partie parla chaleurs
externe du Soleil & du Canon
<]ui a échauffé l'air. Voila une?
plaisante opération de chimie, dit
Je Chevalier.Elleestnaturelle,
repond le Docteur
,
& c'ell: une
très-bellevision de quelques Rabins
Talmudistes, dont Monsieur
le Président a fait une fort heureuse
aplication, aux devoirs queai
nous rendons à la cendre des
morts, en leurdonnant desTombeaux
magnifiques. C'est [OÛ--J
jours une vision, reprit leChevalier
, mais Monsieur le Docteur, (,
continua-t-l,ditesnousun peus'il
xfy a point de différence entre
ces termes d'Ensevelir
, d'InhkmtY,
d'Enterrer, que nous confondons
si souvent? Il y a quelque différence
entre ces termes, répondit
le Docteur, mais elle n'est pas
grande, &. elle est plus propre à
un Grammairien qu'a un Philosophe,
car tout le monde entend
par-là,la mesme chose. Qui est
inhumé, est enterré, qui est l'un
& l'autre,est enfevely. Choisissez-
- lequel il vous plaira, Le Traducteur
de Pline s'est lourdement
trompé, en voulant faire cette
distinction; car il dit que les Latins
appelloient un homme enfevely,
dequelque maniere qu'il fust
enterré; & qu'il estoit inhumé,
lors qu'on mettoit son corpsen
terre. Je vous demande un peu la..
différence qu'il y a entre un corps
mis en terre, & un corps enterré ? Vous voyez bien que cela est ridicule.
Mais tout ce que je puis
vous direest que lemotd'ensevelir
,
se doit entendre principalement
des Corps qu'on embaume
,& qu'on met en déport dans
des caves, & inhumer de ceux
qu'on laisse pourrir dans la terre
& les uns & les aurres, ayant des
Tombeaux, & des sepultures,
on peut dire indifféremment inhumer
, & ensevelir les Morts.
Pline dans le Chapitre qui fuit ce.
luyque je vous ay cité, s'explique
de maniere qu'il entend toujours
par le mot d'enfevely, un
homme qui est inhumé, &qui
est dans leTombeau;ce quesignifie
conduits que son Traducteur a
mal rendu en nostre langue, par
enterré en quelqueforte que ce
foire
Mais pour ne pas nous éloigner
de nostre sujet, continua le
Docteur, Thevet dans sa Cosmographie
universelle
,
dit que
les Anciens, ôc sur tout les Romains,
firent faire des Tombeaux
& des Monumens publics, aussi
bien pour les pauvres que pour
les riches, voulant montrer parlà
,
dit cet Auteur., que l'h omme
capable deraison est préférable
aux bestes, & que nos corp s doivent
estre ensevelis, & enterrez
en memoire de la condition humaine.
LesentimentdeThevet
est raisonnable, dit l'Abbé, mais
nous y devons remarquer trois
choses. Premièrement les Romains
n'ont élevé des Monument
publics à la memoire des Morrs.
qu'en faveur de leur vercu;6c
alors il est vray , que les pauvres
en ont esté honorez aussi bien que:
les riches;mais avec quelque distinction.
Secondement on a éri.
gé à des bestes de superbes Tombeaux
, comme on le peut voir
dans l'Histoire;&cesTombeaux
les ont élevez au dessus de la condition
humaine; & en troisiéme
lieu le méprisdes honneurs funèbres
,& de nostre sepulture apres
la mort, a esté respecté
,
& approuvé
des plusSages. Lucien a
ditapres Homere, que celuy qui
a un superbeTombeau, est comme
celuyqui n'en a point, & que
chez les Morts on ne rend pas
plus d'honneur à Agamemnon,
qu'à son valet, à Achille, qu'à
Therfite.
De n'eflre enfevely ce n'cftpM grande
perte.
dit Virgile, ou comme a dit cét
autre.
Le Ciel couvre celuy qui na point de
Tombeau.
Seneque méprisa les honneurs
funébres apres sa mort, 6c l'ordonna
expres par son Testament,
cequi fit qu'on brûla son corps,
sans aucunes cérémonies. Il ne
faut point nous mesurer par l'inégalité
des Tombeaux, disoit-il
pendant sa vie. La cendre nous
égale tous. La naissance est inégale,
mais la mort estpareille. Il
raporte que Mécenas avoit de
coustume de dire
je n'ay point de soucy qu'un Sepulçbre
on me drtjfe.
r
Saint AugustinaprèsSeneque,
nous avertit de mépriser ces choses,
& nous asseure qu'elles regardent
plûtost la consolation
des Vivans, que le besoin des
Morts. Laissons doncce foin là,
à nos Parens & à nos Amis,ausquels
il est glorieux de s'en souvenir
& honteux de l'oublier;
Maiscommedit Moiitaecne111 y a
des gens qui pendant leur vie
veulent jouir de l'ordre, & de
l'honneur de leur sepulture, &
qui se plaisent devoir en Marbre
leur morte contenance. Tel est
mon bon homme de pere, dit le
Chevalier, dontje vous veux con- teruneloire surce sujet.
Il est, comme vous sçavez
,
de
bonne & de ferme constitution,
& la mort ne l'épouvante guere.
CepenCependant
il a fongé à faire lou
Tombeau,& il ya quelque temps,
qu'il commença de faire tirer les
pierres qu'il y veut employer;
mais parce que la Carriere luy
apartient, & qu'il ne prétend pas
qu'il soit achevé plûtost qu'en
l'annéequatrevingt seize de son
âge, ne comptant que soixante ôc
dixhuitaine presse point l'executiondetondessein,
& le Public
n'en seroit point informé
,
si des,
Chartiers passant à vuide prés de
cette Carriere
,
An avoient pris
quelques pierres déja taillées, ôc
qui leur semblerent propres 8c
commodes pour faire quelques
jambages de fenestresà leur maison
de village. CVft l'excuse qu'ils
en ont donnée avecoffres de les
payer au double, ou de les raporter
bien humblement à la Carriere.
Mais Mr le Conseillernes'en
contente pas, &ces pauvres Païsans
sont furieusement embarrasfez.
Il y a plainte contre eux, information
, & confrontation de
témoins. Je ne raille point, mon
Pere crie au voleur, & à l'assasin,
& ne prétend pas qu'ils soient
moins coupables que des Sacrileges,
qui auroient violé son Tombeau,
& troublé ses cendres. Son
beau fils, à qui l'un de ces Chartiers
appartiens, le folicite fort
pour sa grâce, mais il ne l'écoute
non plus qu'un Mort, & agittoujours
en Juge severe
,
& terrible
vivant. Le Procez de-ces Chartiers
, fera fait comme à des Voleurs
de grand chemin
,
& le
moins qui leur en puisse arriver,
je dis par grâce, 6c par accommodement
,
c'e st qu'i ls front
condamnez aux depens du Tombeau
toutentier. Ne voila t.il pas
des Chartiers bien redressez
,
ez
ne vaudroit - il pas mieux qu'ils
eussent versé vingt fois? Mais
n'cft-ce pas une bonne fortune
& une heureuse rencontre pour
Mr le Conseiller, d'épargner de
son vivant, la dépense de son
Tombeau. Celle néanmoins de
l'Epitaphen'y fera pas comprise,
&il a besoin de trouver d'autres
Orateurs pour faire son Oraison
funèbre. Dieu garde quelque
pauvre Poëte de tomber entre
ses mains, interrompit le Marquis,
il ne manqueroit pas de le
faire condamner à composer son
Epitaphe,afin d'avoir son Tombeau
complet, au dépens du public.
Mais ne pourroit - on point
direàvostrePere, ce qu'Horace
ditsi à propos aux Viellards
Tufecanda marmora j
Locassubipsumftwus, &ftpulchri.
Jmmtmer ferais domos.
Car il est grand batisseur
,
&
songe bien plus volontiers à sa
Bergerie, qu'à son Tombeau,
quoy qu'il sedispose si glorieusement
a vous laisser la place, 3e
qu'il dise souvent contre son gré.
rixi, & tjuem dederatcursumfortufla,
percgi.
Maisjeveux vous conter quelque
chose d'assez plaisant du Receveur
du Marquis de. Vous
sçavez que cét homme avoitesté
autrefois son Précepteur,& que
ce Marquis avoit beaucoup de
confiance en luy. Il voulut en
mourant reconnoistre ses services,&
il luy donna cinq ou six
mille livres par son Testament.
Comme il mourut en cette Province
, Madame sa femme laissa
a cét homme le foin du Tombeau
de son Mary, mais bien loin de
s'en acquiter d'une maniere proportionnée
à la qualité & aux
grandsbiens dudéfunt, pours'épargner
un Loüis d'or, que luy
Revoit couder une pierre pour
mettre sur le corps de son disciple
,
& de ion bienfaicteur; il remarqua
une vieilleTable d'Autel,
quiestoitabandonnée en un coin
lel'Eglise, où le Marquis estoit
nhumé;il la fit prendre aussi. tost
parun Maçon,sans autre formaité
,
& sans écourer les plaintes
du Curé, & des Marguilliers, &
en sir faire un Tombeau à ce pauvre
Marquis. Er sur ce que ses
Amis luy representoient, que cette
pierre estoit trop cherive
,
&
mesme trop petite, illeur répondoit
, qu'il s'en servoit pardignité
,à cause de l'usageauquel elle
avoirestéemployée, qu'elleestoit
plus noble, & plus précieuse que,
le Marbre & le Jaspe
,
& allé,
guoit sans cesse ce Vers de Virgile.
Condidimm terra moefkafque facravimusaras.
Il ajoûtoit encore que les
Tombeaux des Saines dans la
primitive Eglise
,
servoient dAu':'
tels pour offrir le Sacrifice; .&'
que les Tombeaux & les Autels,
estoient presquela-mesmechose,
lA l'égarddes Héros, dans les cecrémonies
qu'on faisoità leur memoire,
Eji vérité vous me surprenez
,
dir le President, je croyois que
cor Receveur estoit honneste
homme ,& il me sembloit qu'il
avoit de l'esprit. Mais qu'elle mesquinerie
, &quelleingratitude!
Voila comme on est trompé de
ceux en qui l'on se confiele plus.
N'en soyez pas surpris, Mrrepartit
le Marquis, si on ne garde pas
la foy aux vivans, comment voulez
vous qu'on la garde aux morts.
Nos femmes & nos enfans nous
sourbentmesme en ce temps-là.
Vous avez connu cette Dame qui
dans un petitcorps, avoit l'esprit
d'un grand homme;quand je dis,
d'ungrand homme,j'entens d'un
habille homme
5 car dans les Affait
es, elle auroit confondu Cujas
& Berthole, ou pour ne pas m'éloigner
des Loix de sa Province,
elle auroit commenté Beraut, &
corrigé Banage. Mais ce qui fait
àmon sujet, elle estoit sage &aimoit
son Mary, cependant elle
n'a fait faireson Tombeau,&n'a
execuré son Testament qu'en faisant
le fk-n. Et le Monument de
-
ce pieux Chevalier, estoit quatre
mille francs qu'il donnoit aux
pauvres, & à l'Eglise de sa Pa- -
roisse. Il ne falloit pointlà
,
de
Steficrate, ny de Æsyphon ; il
ne falloit qu'un Homme de bien
qui scût compter. On néglige
facilement les morts, pour peu -
de foin que l'on, prenne des vivans.
C'est pourquoy je conclus
Idettour ce que nous avons dit,,
oque c'est une chose frivole de
t'embarrasser pendant sa vie de
~on Tombeau, & desa Sepulrure.
Il y aura toujours quelque Coquin
de Charrier, qui interrompra
nostredessein, on quelque
Receveur qui fruftrera nostre attenté.
Scaliger, continua le Marquis,
sevantefort desTombeaux
deses Ancestres qui font à Verone,
& il s'étonne de ce qu'ils
n'ont pasestédémolis. Mais ilne
s'en soucie point, ditil, & (i ce
n'estoit la Résurrection
,
il ne se
mettroit pas en peine de si Sepulture.
Il ne m'importe où je seray
ensevely quand je feray
*
mort
Mon corps fera comme le corps
d'un Asne. Il y en a qui ne veulent
pas que d'autr(es soient mis
dans leurs Sepultures, mais dans
nostre Religion
, il n'en doit pas
estreainsi.
Voila, interrompit le Docteur,
les beaux sentimens que le Calvinisme
avoitinspirez à ce grand
homme : qui avoit la teste bien
meilleure que le coeur, & plus
d'esprit que de Religion ; beaucoup
de suffisance & peu de pieré.
J'avoue que quelques-uns ont
fait peu de cas des Honneurs sunébres,
& les ont défendus en
mourant ,
mais la pluspart l'ont
fait, pour paroistre après leur
port , ce qu'ils estoient pendant
leur vie, & peurestre ce qu'ils n'étoient
pas, c'est à dire,humbles,
sans orgueil, & sans vanité. Mais
ce n'est pas en cela que consîste
l'a-ff'dire. Un orgueilleux sans
Tombeau
,
&. sans honneurs funèbres
demeure toujours orgueilleux
Il y a mesmede la vanité
à mépriser
,
& à rejetter ces
~ortes de devoirs, autant qu'à les
pendier, & à les rechercher avec
frep de soin.Tela fait plus de
ruit sansTorches, & sans Ecufons
; que sion luy avoit fait les
unérailles d'un Empereur Romain.
Le Chancelier de Lhospitalmëprisa
cette pompe funèbre,
mais comme vous sçavez, plus Huguenot, en qu'en veritable Catholique;&
j-si ce que vous venez
dedire avoir liéu
,
il n'y a point
clé Calviniste qui ne remportai
en cela, sur tous les Philosophes
re la'Grcce sur tout les Marfrsdel'Eglise,
je me promenois un jour dans
leJardin d'une personne dela premiere
qualité,de la Religion Prétendue
Reformée. J'apperçeus au
bouc d'une Allée qu'on fréquentoit
peu; parce quelleestoit fort
négligée;j'apperçeus, dis-je, au
travers des brossailles, uneespece
de caverne toute ouverte ,
d'où
il me fcmbJa voir quelque figures
en bosse
, comme si ce lieu eust
esté autre fois une Chapelle, &
en effet ce caveau estoit au dessous
de l'ancienne Chapelle de la
maison. J'y entray donc par curiosité
,
& malgré la puanteur qui
en sortoit, j'y remarquay quatre
coffres de plôb, dont il yen avoic
deux rangez de leur hauteur contre
la muraille, & les deux autres
couchez à terre. Mais ce
qui estoit remarquable,& qui
causa masurprise, est que ces
Coffres estoient faits selon la forme
du Corps. Que je considéray
bien dans ce moment, le peu que
c'est des grands Hommes apres
leur mort! C'estoient les Corps
des quatre plus considérables
Heros de cette Illustre Famille,
qui estoient là gisans parmy les
Crapaux, dans un Cloaque d'ordures.
Voila quelle esthumilité
Huguenotte touchant les Tombeaux,
&. la Sépulture des Morts.
Il faut au reste n'estre guere persuadé
de la Resurrection des
Corps, pour en faire si peu de
cas, ç'a pourtant esté cette
creance, quia introduit l'usage
des Urnes & des Tombeaux
,
où
l'on conserve soigneusement
,
&
dans nos Eglises mesme, leurs
Cendres &: leurs Reliques.--
Detoutes les Religionsqui ont
esté au Monde, dit l'Abbé,iln'y
a que la Chrestienne, qui-ait permis
la Sépulture des Morts dans
les Temples:car ny chez lesJuifs,
ny chez les Payens,ny chez les
Mahometans, nul homme, non
pas mesme leurs Héros&.leurs
demy-Dieux n'a eu cér avantage.
Ilmesemble pourtant, dit le
Chevalier, que quelques-unsont
esté mis apres leurmort, dans les
Temples des Payens, -& je me
souviensd'avoir leu que les cendres
d'Hypocrare
,
furent mises
dans un Temple de Junon. IL est
vray ,
repartit l'Abbé
, que les
Payens ontaccordé cet honneur
aux cendres de quelques-uns de
leurs Héros, & de leurs demyDieux
,qui pouvoient eux mesmes
avoir un jour des Temples
& des Autels; mais je parle seulement
de la Sepulture
,
ôc il est
constans qu'elle n'a esté pratiquée
dans aucune autre Religion)
que la Chrestienne
,
&. la raison
est, que les Anciens craignoient
l'infection des Morts; ce qui les
obligeoit de les enterrer en des
lieux fort éloignez, ou de les
brusler,& de n'çn conserver que
les cendres. En effet, la putrefaction
des Corps peut nuire à la
santé, sur tout dans les Pays
chauds. Ainsi les Juifs, dont la
Famille des Prestres & des Sacrificateurs
demeuroit dans leur
Temple; ôcles Mahometans qui
vont cinq fois par jour àlapriere
dans leurs Mosquées, ont eu raiion
d'éloigner la Sépulture des
Morts. Mais outre cette raison,
continua l'Abbé, les Juifs estoient
respectueux jusqu'à la Superstition
, & adoroient un Dieu trop
pur, &. trop majestueux
, pour
souffrir rien de fale & de corronjpu
dans leurTemple. Quoy qu'ils
attendisssent le Messie qui dévoit
élever nostre Nature jusqu'à la
Divinité,ils ignoroientun culte
quiestrelatifàcetteNature, par
le moyen d'un Dieu fait Homme.
Il falloit que Dieu prist nostre
Chair, & fust devenu nostre Frere
, avant que nous eussîons parc
icy basà son Heritage. Et comme
cét Herirage,étoit un Champ
de terre, qui luy servit de Cimetiere
, & qui fut payé du prix de
tout son Sang, il a bien voulu que
'ufa
nous fumons ensevelis auprès de
luy
,
& que les Tombeaux des
Fidelles fussent nu pied de ses Autels.
Le Chrestien est trop uny
avec le Sauveur du Monde,pour
en estre separé après la mort. II
n'en est pas comme du Juif ôc du
Mahometan, qui n'ont eu qu'une
relation servile avec leurs Pro.
phetes. Le Sauveur s'est fait comme
un de nous. C'est un Dieu
quis'est abaissé jusqu'àestredela
maniere d'un Mort au Sacrement
de l'Autel, Se comme ensevely
fous les Especes. Nos Tabernacles
&nos Eglises fontde veritables
Tombeaux, qui renferment
son Corps; & comme le Tombeauest
un héritage commun à
toute la famille, il est juste que
nous sovonsinhumez avec lUYt,
puis qu'il est nostre Pere
,
& itre no- Frere aussï bien que nostre
Dieu. Ainsi le Chrestien a seul,
céravantaged'estreinhumé Jans
le Temple de son Dieu, dont il
est membre & partie. Pardonnez
moy, Meilleurs, si je vous parle
de la sorte, & devant un Docteur
; mais il est difficile de ne
laisser pas écha per quelques traits
du métier. Toute la Compagnie
qui avoit esté fort attentive à
tout ce que l'Abbé avoit dit, luy
marqua qu'elle en estoit tres satisfaire,
& le Docteur mesme,
ce qui l'obligea de continuer
ainsi.
Au commencement du Christianisme
les Fidelles s'assembloient
où Iton avoit inhumé les
Martyrs,car alors l'Eglise avoit
déja des Tombeaux,&n'avoit
pas encor de Temples. Or es
Tombeaux, quoy que souterrains&
cachez, estoient grands,
& fpaciux ; en sorte que les premiers
Chrestiens y faisoient leurs
Cérémonies, & offraient le Saint
Sacrifice sur les Corps des Martyrs
, dont le Tombeau servoit
d'Autel; d'où est encore venu
l'usage de dire la Messe pour les
Morts, & à l'honneur des Saints,
parce que le Prestre faisoit toujours
Commémoration du Défunt
sur le Tombeau duquel, il
célébroit le Sacrifice. Voila donc
é mon sens, ce quiaintroduit, êc.
autorisé la Coustume d'enterrer
les Morts dans nos Eglises
,
mais
enfin l'usage des Tombeaux est
aussi commun, qu'il est ancien
parmy toutes les Nations du
Monde. Ce qui est admirable,
c'est que l'usage de ces Tom.
beaux, qui ont presque toujours
esté embellis des Ornemens de
l'Architecture ait devancé l'Architecture
mesme. L'Ordre Corinthien
apris son Origine du
Tombeau Rustique, qu'une charitable
Nourriceavoit élevé félon
la Mode du Pays, à la Mé.
moire d'une jeune fillede Corinthe.
Et pour ce qui est des autres
Ordres d'Archicedure, il est certain
qu'ils font postérieurs aux
Sepulchres, & aux Tombeaux
qu'on a bastis pour les Morts;mais
il est certain aussi, que ces Monumens
n'ont paru avec éclat, Se
n'ont esté célébres, que depuis
que l'Architecture a esté dans sa
ferfcâion,comme c'est dans les
Tombeaux où elle a fait des chef
pdjoeuvres
,
& montré ce qu'elle
avoir de plus rare & de plus ex-
[ quis.
J'ay lu, interrompit le Chevalier,
dans les Relations des Indes
Orjen[ales, une.aÍfe-z plaisante
maniere deTombeaux
,
qu'on
:bârit pour le Vulgaire,dans lesquels
le Mary & la Femme sont
ensevelis. C'est un simple Mur
en rond ,ou en quarré
,
qui les
renferme tous deux,&qu'on éleve
de la hauteur d'un homme
taffis, car c'est ainsi qu'on enterre
4es Morts en ce pays-là. On en-
:terre la Femme vivante au genoux
de son Mary;&; on luy tord
le cou lors que la muraille est bâtic
àsahauteur. Apres quoy on
la couvre, & on termine ce Sepulchre.
Il n'y a pas là grande Architecture
, ny grande dépense,
mais aussi il y a moins d'orgueil,
& de vanité.Je me souviens à propos
de cela,dit le Marquis, que
dans le premier Voyage que je fis
en Flandre avec le Roy,j'estois
surpris de voir plusieurs monceaux
de pierre,qu'on appelle en
ce pays-là des Tombes. On me
dit que c'estoient les Tombeaux
de quelquesAnciens Capitaines,,
qui avoientesté tuez en ces lieuxlà,
où l'on avoir autrefois donné
Bataille. En eff t je n'en vis que
dans quelquesPlaines,qui étoient
propres pour combattre, &pour
ranger une Armée. Il va peu de
ces Sepulchres Rustiques qui
soient considérables. Il me fem
ble
,
Monsieur le Docteur
, que
j'ay leu quelque choie de pareil
dans l'Ecriture Sainte. Vous y
avez leu la mort d'Absalon
,
réponditle
Docteur, auquel on fit
un semblable Tombeau
,
d'un
grand nombre de pierres qu'on
j;¡rra sur safosse. Cependant ce
Prince tout jeune qu'il estoit,
avoit déjà fait construire son
Tombeau. Porro Absalon crexerat
sibi cum adhuc vivent,titulum qui
eft-invdleReçis. Or titulum veut
direicy la mesmechose que tumuluin.
Et on voit encore aujourd'huy
ce Tombeaud'Absalon,
presqueensonentier. Mais vous
remarquerez que cet amas de
pierres que l'on jettoit sur les
Morts, estoitsouvent une marque
de punition & d'infamie,
comme a l'égard d'Abialon dont
on ne combla la foÍfe de pierres,
que pour chastiment d'avoir esté
Rebelle, & pris les Armes contre
son Pere; ce que l'on pratique
aussi envers les Scelerats & les
Criminels. Cen'est pasàceux-là,
dit le Chevalier, qu'on doit souhaiter
que la terre leur foit légere.
Sit tibi terra levis
,
mollique tegaris
arena.
Les Tombeaux del'Antiquité,
& ceux mesme d'aprefent
,
sont
Ils legers pour les Morts?Je voudrois
bien, Monsieur le Docteur,
que vous m'eussiez expliqué ce
terra,levisde Marrial, dansl'Epitaphe
de Philenis. Martial n'est
pas le seul qui parle de cette sorte,
répondit le Docteur.C'estle
langage ordinaire des Poëres.
Ovide
Ovide fait dire à Procris mourante,
uinte dicm morior, fcd nnUâ yellict
Ufa.,
HQC faciet fofit* te mihi, terra,, le-
V(M.
Et tout cela ne veut dire autre
chose que les attaches & les affections
de la terre qui nous retiennent
icy-bas, & qui nous empeschenr
de nous éleverau Ciel. Les
Anciens, dont plusieursn'estoient
pas persuadez de la Resurrection
des Morts, l'estoientneanmoins
d'une certaine Transmigration
des Ameshors desTombeaux,qui
se communiquoient aux hommes,
& qui habicoient dans les Cimetieres.
Or ils croyoient que les
corps qui estoient privez de sepulture,
empeschoientlepassage des
Aines; 6c c'est pourquoy ils estoient
si soigneuxdeladonneraux
Morrs; mais aussi ils leur souhaitoient
une terre legere, afin que
leur Tombeau ne fust pas un obstacle
à cette communication.
Voilà laraison des Tombeaux légers,
Monsieur le Chevalier, &
pourquoy vous avez accordé si
obligeamment la Sepulture au fameux
Archytas. Vous voudrez
bien faire part à la Compagnie de
cette Ode d'Horace,que vous
avez si heureusement imitèe. A
quoy m'engagez-vous, Monsieur
le Docteur, répondit le Cheva.
lier? C'est l'amusement d'une aprés
dinée, quinevautpaslapeine
qu'on s'en souvienne. Cependant
pour ne pas nous faire acheter
si peu de chose, & augmenter
par là vostre curiosité, voicy ce
quec'est.
JZjtoy, la Terre e la Mer vous manquent,
Archytts
, Et vous estes sans Sepulture;
Vous qui cent & centfois d'un artisse
compas,
Avez, pris leur mestre ?
Bien loin que le bel art vous rendifi
immortel,
Vous payez, comme noué un tribut à
Nature
Jjhtand elle nous doit un Autel.
Il est vray jesaù mort ,
mais U
Geometrie
, Non plUJ que la Phitofophié
N'ontjamaisfaitdes Immirtds.
Connoijlre le Ciel & la Terre,
Nejùrer leur contour, & tout ce qu'il
enferre,
Merite des Autels;
Mais il n'exempte point de payer a
NAture
Ce tribut odieux,
Dont la loy rigoureuse & dure,
S'étendjusques aux demy. Dieux.
Tout le monde estfijtt à cette loysevere,
Le Fils meurt ainjî que le Pere;
Soit en courant les Mers, foit parmy
les Combats,
Par tout, la mort cruelle, inexorable
d-Jiere,
Leurfait, rencontrer le trépan.
PJlagore, Tyton, Radamante, Tantait,
Pour vivre en differens état>,
Ontpourtant unefn égale
A celle du pauvre Archytas.
Peur tftre tout-a-fait comme eux,
Cher Pafant,exîucemesvoeux,
En me donnant la Sepulture;
J'ayperysur la Merj mais d4nscette
avanture,
c!i¿ui peut avoir un fort piu* beau
.!l!..uc le mien, si tes mains- me dref-
-
fent un Tombeau?
Le Chevalier, pour ne pas donner
le temps à la Compagnie de
l'aplaudir sur cette Picce
,
conti.
nuadela sorte. Mon Dieu, dit-il,
que les Funerailles de Pompée
font belles dans Lucain! Voyezvous
ce Soldat officieux qui parcourt
le Nil,pour trouver le corps
desonMaistre?Et qui enfinl'ayant
trouvé, le brûle à un petit Bucher
qu'on avoit allumé pour le corps
d'tt1 pauvre Pescheur. Cela vaut
mieux chez lePoëte, que toutes
lesPompes funebresdesRomains;
& ce Monument simple & rustique,
semble braver icy l'orgueil
des Tombeaux & des Pyramides
des Rois d'Egypte. Son Epitaphe
est cavaliere, permettez - moy ce
mot,mais elle est digne d'un grand
Capitaine, &. je la préféré à tout
ce que les Grecs & les Latins ont
fait sur ce fbjer.
-
Jlgrave sur JI., roche, & dure à*
mal coulée;
Adoreicy ,
FaJJknt, Us cendres de
Pùmpée.
Les Epitaphes, dit le President,
sont desTombeaux spirituels, de
peu de dépense à la vérité,mais
qui honorent quelquefois davanrage,
que les plus superbes Mausolées.
Tous les Poëtes&les Gens
de lettres, qui ont dordinaire
plus de réputation que de richesses
, en ont élevé de semblables à
leur memoire, de leur propre façon
,
S: ont fait leur Epitaphe avant
leur mort. Voulant du moins
qu'on leust dans leurs Ecrits, ce
qu'on ne pourroit pas voir sur leur
Sepulrure. Ils en ont mesme ho..
noré leursAmis,croyant leur donner
par là, une glorieuse immortalité;&
en effet,tel à qui le temps
ou la fortune a renversé leTombeau,
& dissipé les cendres,trouve
encore tout entier, & son nom,
& sa memoire dans leursLivres.
Les Anciens, &. sur tout les Peuples
de Syrie,ont esté fort curieux
d'Epitaphes&d'Inscriptions pour
les Défunts. Il me semble qu'on
les néglige aujourd'huy, & qu'on
envoie peu deconsiderableshor
mis dans les Livres. On a fait plusieurs
Recüeils d'Epitaphes,où il
s'en trouve deplaisantes. Caron
en a fait de ridiculesaussi bien que
de funebres. Surquoy Marot fait
direàun certain Fou dans son Epitaphe.
- Jguand quelque fage homme
Viendra mon EpitApbe lire,
lyi oorr"d{o)nnnnee ss''-ilsee'fJr'{e'nnud à rire, A, il{oit rtri, des FousMaifire pall:
Faut-ilrire d'un Trêpassé?
Il avoit raison, dit le-Docteur,
il ne faut pas s'arrester à gloser sur
les Morts. Cela est indigne d'un
bonnette homme, &. sur tout d'un
Chrestien. On peut avec justice
crier dans nos Temples, à ces railleurs
curieux, hors d'icy, Propbanes.
Pour moy je ne puis souffrir dans
ces lieux-là, d'Epitaphes plaisantes-
Se ridicules, & j'admire jusqu'où
aesté l'impudence de quelques
Chrétiens, ou plurostleur
ignorance & leur simplicite
,
d'avoir
gravé leurs fades railleries
dans nos Eglises, & jusque dans
le Sanctuaire. Il y a mesme plusieurs
de ces Epiraphes impies, &
plusdignes d'unathée Sed'un Li-»
bertin, que d'un Chrestien& d'un
Fidele. Mais pour quitter cette
Morale, je veux vous dire que
c'est à Symonides qu'on doit cette
invention, d'honorer les Tombeaux
des Morts, d'Epitaphes
pleines de leurs louanges;&Ronsard
nous asseure que ces devoirs
& çes éloges agréent beaucoup
aux Manes des Defunts.
Tel bien memoratifallege leurfoucy,
Etse plaisènt de lire en sipetit espace
) 1
Leurs Noms & leurs Surnoms, leurs
Villes & leur Race..
Mais quel ressentimenten peut
avoir unChien ou unCheval,pour
qui on a fait des Tombeaux &. des
Epitaphes? Et quel honneur en
doivent attendre ceux qu'une lâche
complaisance abaisse à cette
ridicule flaterie?Vous retombez
toujours dans vostre Morale.,
Monueur le Docteur, dit le Marquis.
Pour y faire diversion, vous
me permettrez de vous dire, que
les Turcs sontfort curieux de leur
Sepulture, & qu'iln'y a si miferableparmy
eux,qui n'ait son Tombeau
&. son Epitaphe. Ceux qui
n'en peuvent pas avoir d'embellis
d'Architecture, prennent foin de
les orner tous les jours de fleurs.
C'est pourquoy ils les entourent
d'un parterre, où il yen a des plus
belles & des plus odoriferentes.
Ils s'inclinent devant ces Tombeaux,
& les ont en si grande
vénération, qu'aucun n'oseroit
parler à cheval dçvant un Sepulchre,
sans mettre pied à terre, ou
se resoudre à souffrir hl. bastonnade.
Cela fait que mefjne ils respechem
ceux des Fideles, & s'en servent
de la pluspart pour leurs
Mosquées,comme des
Tombeaux
des plus grands Prophetes, &de
quelques Rois deJudée, pour qui
ils ont de la vénération. La beauté
de ces Tombeaux,qui sontspacieux5cmagnifiques,
les obligeà
cela; mais ils le fontsuffi, pour la
reputation des personnes qui y
ont esté inhumées, afin que les
lieux où ils font leurs Prieres,
soient plus célébrés & plus dignes
de la grandeur de leur Prophere.
Ils font encore fort jaloux
de leurs Tombeaux,&conservent
cxachemenc en cela
,
l'honneur&
l'interest de leurs familles, ne permettant
pas qu'aucun Etranger y soitinhumé.lisontimitélesGrecs
& les Romains, quiestoientaussi
fort jaloux de leurs Sepultures.
Cependant leurs Tombeaux n'étoient
pas tellement reservez pour
Jes Familles, qu'on n'y enterraft
ses Amis, & ceux dont on honoroit
le mérité &la vertu. Ennuis
fut mis dans le Tombeau de Scipion
, parce que ce Poëte avoit,
écrit dans ses Vers, la seconde
Guerre Punique. Nous en usons
delalorte,& de nos jours, le brave
& judicieux Prince de Turenne
a elle inhumé à Saint Denys,
qui est le Tombeau & la Sepulture
de nos Rois , honneur qu'on
avoit fait autrefois au genereux
Connestable du Guesclin.
Ces Monumens publics qu'on
dresse à la memoire des Defunts,
produisent toujours de bons effets,
die le Doéteur. Ils avertiffent
les jeunes & les vieux, les
Grands & le Peuple, que nous
sommes tous mortels, &: que nous
ne ferons un jour que cendre &
que poussiere
; mais ils nous excitenten
mesme temps à pratiquer
les vertus qui ont rendu celebres
ces grands Hommes, dont nous
honorons si chèrement les cendres.
Eneffet,selon les Grammairiens
& les Etimologisteun Monument
est un ressouvenir 5c un
avertissement public, qui nous inspire
une parfaite resignation à la
mort, & un grand desir de mourir
en homme de bien, puis qu'on
n'accorde cet honneur qu'à ceux
qui ont eu du mérité &de la vertu.
Ceux qui se tuënr, perdent, selon
les Loix, l'honneur avec la vie;
car il n'appartient pas à tout le
monde de faire le Caton, ccuxlà,
dis.je,font privez de Sepulrure
& de Tombeau, parce que ce sont
des marques d'honneur qu'on
donne à la memoire du Defunr.
Mais ces magnifiques Tombeaux
font quelquefois toute la gloire
des Morts; & tel qui a mené une
viefortobscure, devient célébré
par ses funerailles, l'or & le marbre
quile couvrent, font la ma.
riere-aussi-bien que l'éloge de les
vertus. UnTombeau somptueux
nous donne une grande idée de la
personne qu'il renferme;& quoy
lIue nous sçachions qu'on peut
dater en Tombeaux,comme-en
Panégyriques,& qu'on peut cor- , rompre le ciseau des Architectes,
mauiti-bien que la langue des Orateurs,
on se laisse plus aisément
prévenir par ces forces de Monumens,
& on ne sçauroit croire que
les cendres d'un fat, soient conservées
dans une Urne de Jaspeou
d'Agathe. Il nous souvient de la
Fourmyembaumée dans de l'ambre,
dont parle Martial; vous me
permettrez bien de vous rapporter
icy cette jolie Epigramme, de
LaTraduccion de Marot. Elle ne
vous déplaira pas dans son vieux
fiile, qui pour n'estre pas fort juste
dans les rimes, l'est beaucoup
dans le sens.
DeJfeuAl'arbre oul'ambre dégoûte
La petite Fourmisalla :
Siur elle en tomba une goulet tout à coup se congela:
Dent la Fourmis demeura la
Au milieu de l'ambreenfermée. j
Ainsi la bejle déprisée
,
j
Et peu prisée quandvivoit,
Easinadsa mortfort eflimée si beau Sepulchre on lay
voit.
Il feroit aisé d'appliquer cette
Morale à plusieurs de ce fïecljj*
mais l'honnesteté m'empesche de
la pouffer plus loin. J'aime mieux
vous dire, que comme les Tom- *
beaux des Anciens estoientbâcisi
sur les grands chemins, de u uc
venuë la coutume de mettre'.ans
les Epitaphes,Staviator.0 1. ion
'.veut, on prouvera de cet-2 en -
tume, que les Tombeaux estoit c
bâtis aucrefois sur les grand s ch -
mins. Cette voye Appia, ouc? voye qu'Appius Ciaudiusnc faite
quiduroit depuis Rome juÍq;'iei
Brindes, c'est à dire six grandes
journées, n'estoit prefquc qu'on
Cimeriere remply deTombeaux., Ce fut là que l'on trouva sous le
Pontificat d'Alexandre VI. le'
corps de Tullia fille de Ciceron,
encor tout entier, après treize fiecles.
Et ce futdans son Tombeau
)où l'on trouva une de ces Lampes
imerveilleufes
,
dont les Anciens
1fe servoient pour éclairer leurs
iîSepulchres, parce qu'elles étoienc
inextinguibles, pourveu qu'elles
ne recceuseèntaucun air. Maisap..
prouvez-vous, dit le Chevalier, le
procedé de ce Pape, qui fit jetter
le corps de cette illustre Fille dans
leTibre? Pourmoy jeluy en veux
mal, &jefçay tjpngréau Conservateur
de Rome, qui la fit porter
au Capitole, comme une Relique
rare & precieuse5 c'estoit garder
le respect qui est deu aux Morts.
Mais ce Pape ne devoit pas ainti
violer les Tombeaux, & traiter de
la forte ce que l'aruigultéavoitde
plus venerable. Il devoit respecter
les Mânes de la fille de Ciceron,
ou du moins ne les pas diffamer.
Ce Pape,dit le Marquis, eftoic
cruel, & n'avoit aucun égard pour
personne.Maisremarquezje vous
prie, combien le foin de la Sepulture
eit inutile, queiqae precaution
qu'on puisse prendre pour
conservernoscendrcs. Jadmire
ces gens qui craignent de mourir
ailleurs que chez eux, parce qu'on
negligeroit leurs Obseques. Socrate
préféra la mortàl'exil, luy
qui le disoit Citoyen du Monde-,
parce qu'il craignoitde porter Tes
os ailleurs) & qu'il vouloirquele
lieude son Berceau, fust celuy de
son Sepulchre; c'est qu'il vouloic
mourir entre les brasdesa. Nourice,
dit le Chevalier. Quoyqu'il
en fait, reprit le Marquis;on die
qu'il n'avait jamais mis le pied
hors le territoire d'Afrique. Montagne
dit de Juy. mesme, que s'il
croyoit mourir en autre lieu que
celuy de sa naissance, il ne fortiroit
pas sans effrov hors de (a Paroisse.
Cependant il alfeure ailleurs,
que s'il suivoitsa volonté,
il voudrait mourir horsde sa maison
, & loin des Gens; m;is enfin
la nature est toûjours plus forte
que la raison, & nos inclinations
ne manquent jamais de s'opposer
ànos raisonnemens.Socrateaima
mieux mourir à Athenes, que de
vivreàSparte. Pour moy j'aimea
vivre par rour, &il m'importe peu
en quel lieu je dois mourir. AIna
ne croyez pas que j'ambitionne la
gloire d'avoir un Tombeau superbe
& magnifique. Mais il est
tard, &, nous abuions de la patience
de Monlieur 1.Abbé. A ces
mots il prit congé, & toute la
Compagnie se separa.
Jevous ay tenu parole, Madame,
vous n'avez rien trouvédans
ce Recit de terrible-& de lugubre.
Le serieux y est temperé d'un honneste
enjouement ; car les genies
qui habitent ces Tombeaux, sont
bons & agréables, & n'inspirent
que la joye & la consolation à
ceux qui les Frequentent. C'estce
qui me fair esperer, Madame, que
vous agréerez cette Conversation
,
& le soin que j'ay pris de
satisfaire vostre curiosite. Je fuis
vostre, &c. DE LA FEVRERlE.
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Résumé : CONVERSATION ACADEMIQUE dans laquelle il est traité de l'Origine des Tombeaux, & des magnifiques Sepultures. A MADAME LA COMTESSE DE C. H. C.
Le texte décrit une conversation académique sur les origines et les pratiques des tombeaux et des sépultures, inspirée par la mort d'une reine. Les participants évoquent l'importance des sépultures pour la mémoire des défunts et les pratiques variées observées dans différentes cultures. Les Grecs et les Égyptiens sont mentionnés pour leurs méthodes élaborées, telles que l'embaumement et la construction de monuments somptueux. Les Égyptiens croyaient en l'immortalité de l'âme et conservaient les corps pour les rendre illustres. Les Romains, quant à eux, inhumaient souvent les riches dans leurs maisons et incinéraient les empereurs, vénérant ensuite leurs cendres. La discussion clarifie les termes 'ensevelir', 'inhumer' et 'enterrer', notant que les Anciens érigeaient des monuments pour tous, indépendamment du statut social. Des sages comme Sénèque et Saint Augustin critiquaient les honneurs funèbres, affirmant que la mort égalise tous les hommes. Deux anecdotes illustrent des conflits liés à la construction de tombeaux, révélant des comportements futiles. Le texte explore également les attitudes envers les honneurs funéraires et les sépultures à travers diverses religions. Les chrétiens permettent les sépultures dans les temples, contrairement aux Juifs, Païens et Mahométans. Les pratiques funéraires évoluent, et l'architecture des tombeaux précède souvent celle des bâtiments. Les épitaphes sont vues comme des tombeaux spirituels qui honorent les défunts mieux que les mausolées. Enfin, l'auteur d'une lettre assure à une dame qu'il a respecté sa promesse de traiter le sujet avec légèreté, présentant les esprits des tombeaux comme bons et agréables. Il espère que la dame appréciera cette conversation et le soin apporté à satisfaire sa curiosité.
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189
p. 93-97
PORTRAIT D'UNE DAME de Qualité, fait par Mademoiselle B. D. R.
Début :
Quoy que je ne sois pas habile, [...]
Mots clefs :
Peinture, Portrait, Yeux, Éclat, Feux, Charme, Bouche, Amants, Plaisirs, Éloges, Déesse, Coeur, Iris, Beauté, Coeurs, Amour
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texteReconnaissance textuelle : PORTRAIT D'UNE DAME de Qualité, fait par Mademoiselle B. D. R.
PORTRAIT D'UNE DAME
de Qualité,fait par Mademoiselle
B. D. R.
a.QVoy que je nefois pas habile,
Je peins Irist & veux la peindre
- - bien,
VOriginalefltelqu'ilferait difficile
Que le Portrait nen valnft rien. A
Si 11ècUt de ses yeux ne sçauroit se de
crire,
Au moinsils font connm par leur divin
pouvoir;
Leursfeuxfitnt si persans, que ce qu'il
enfant dire,
C'efl que s'ils regardaient, on ne les pourroit
voir.
Sa bouchecharme & plaijl
, quoy que
trop inhumaine,
Et qu'il n'enferterien quisiaste les de-
PrS
Sensourire aux Amans donne mille plaisirs,
Quandmesme elle rit de leur peine.
Diray-je que le teint d'Iris
Défait les Roses & les Lis?
A de foibles beautez. comme feroient les
nojfres
Ceséloges communs peuvent eflre tlàreffés:
Onena trop dit pourles autres,
Etpour elle on nepeut jamais en dire asîés.
Unegorge, des bras dignes d'une Deejje,
De l'agrément, de la dellcatejfe,
Ilefl pour eHe un eternel Printemps,
Elle paroist avoir quinze ouseize ans,
Peut-ef/re en a-1-elle bien trente,
Maissa beautécroist & croft*ai
Et quand elle en aura soixante,
Je nesçay qui s'ensauvera.
Son esprit est galant & tendre
Délicat, prmptIl concevoir,
Quand on la voit, on ne veut que la voit;
Quand on tentend, on ne veut que fentendre.
Soncoeur estfait pour l'amitié,
Four la rccennoijfance
, ou bien pour lA
pitié,
Car pour l'amour, Iris le hait & le redoute,
Son coeurest tranquille & content,
Heureux les Amans quelle entend,
Puis quiln'en estpoint qu'elleéepute.
Regarde1.t- en ces lieux, quand on voit
cette belle:
Quand elle en efi absente,yporte-t-onfes
ptU?
On ny voit rien quand on ne Lyvoit
pas;
Quand on ty voit,onny voit ql1elle.
Iris veut connoilfre à loisir,
De pénétrer les coeurs ellefaitson étude,
uiu choix deses amispins qua lamultitude
Elle
Ellea toujours mis son plaisir.
EDe choisit par gDUft, & non parsantasfie
;
On est en eflat de choisir
Quand entre mille on peut eflre chiste.
Que de mérité & <£agreemens,
Et que d'amourtous les jours ilsfontnaître!
On ej1 forcé de reconnotflre
Que la louer,cefl plaindre bien des gens.
de Qualité,fait par Mademoiselle
B. D. R.
a.QVoy que je nefois pas habile,
Je peins Irist & veux la peindre
- - bien,
VOriginalefltelqu'ilferait difficile
Que le Portrait nen valnft rien. A
Si 11ècUt de ses yeux ne sçauroit se de
crire,
Au moinsils font connm par leur divin
pouvoir;
Leursfeuxfitnt si persans, que ce qu'il
enfant dire,
C'efl que s'ils regardaient, on ne les pourroit
voir.
Sa bouchecharme & plaijl
, quoy que
trop inhumaine,
Et qu'il n'enferterien quisiaste les de-
PrS
Sensourire aux Amans donne mille plaisirs,
Quandmesme elle rit de leur peine.
Diray-je que le teint d'Iris
Défait les Roses & les Lis?
A de foibles beautez. comme feroient les
nojfres
Ceséloges communs peuvent eflre tlàreffés:
Onena trop dit pourles autres,
Etpour elle on nepeut jamais en dire asîés.
Unegorge, des bras dignes d'une Deejje,
De l'agrément, de la dellcatejfe,
Ilefl pour eHe un eternel Printemps,
Elle paroist avoir quinze ouseize ans,
Peut-ef/re en a-1-elle bien trente,
Maissa beautécroist & croft*ai
Et quand elle en aura soixante,
Je nesçay qui s'ensauvera.
Son esprit est galant & tendre
Délicat, prmptIl concevoir,
Quand on la voit, on ne veut que la voit;
Quand on tentend, on ne veut que fentendre.
Soncoeur estfait pour l'amitié,
Four la rccennoijfance
, ou bien pour lA
pitié,
Car pour l'amour, Iris le hait & le redoute,
Son coeurest tranquille & content,
Heureux les Amans quelle entend,
Puis quiln'en estpoint qu'elleéepute.
Regarde1.t- en ces lieux, quand on voit
cette belle:
Quand elle en efi absente,yporte-t-onfes
ptU?
On ny voit rien quand on ne Lyvoit
pas;
Quand on ty voit,onny voit ql1elle.
Iris veut connoilfre à loisir,
De pénétrer les coeurs ellefaitson étude,
uiu choix deses amispins qua lamultitude
Elle
Ellea toujours mis son plaisir.
EDe choisit par gDUft, & non parsantasfie
;
On est en eflat de choisir
Quand entre mille on peut eflre chiste.
Que de mérité & <£agreemens,
Et que d'amourtous les jours ilsfontnaître!
On ej1 forcé de reconnotflre
Que la louer,cefl plaindre bien des gens.
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Résumé : PORTRAIT D'UNE DAME de Qualité, fait par Mademoiselle B. D. R.
Le texte 'Portrait d'une Dame' présente Iris, une femme aux qualités exceptionnelles. Ses yeux possèdent un pouvoir divin, rendant leur regard presque invisible. Sa bouche, bien que parfois cruelle, offre des plaisirs à ses amants. Son teint est plus éclatant que les roses et les lis. Iris semble éternellement jeune, paraissant avoir quinze ou seize ans, alors qu'elle pourrait en avoir trente ou plus. Son esprit est galant, tendre et délicat, et son cœur est ouvert à l'amitié, la reconnaissance ou la pitié, mais elle évite l'amour. Sa présence éclaire les lieux, tandis que son absence les assombrit. Iris choisit ses amis avec soin, privilégiant la qualité à la quantité. Ses mérites et ses charmes suscitent admiration et amour au quotidien, forçant beaucoup à reconnaître ses qualités.
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190
p. 97-98
A MONSIEUR LE DUC DE SAINT AIGNAN, Sonnet sur le Carrousel.
Début :
Qu'il te faisoit beau voir dans le jour solemnel [...]
Mots clefs :
Carrousels, Ornement, Immortalité, Douceur, Courage, Honneur, Plaisirs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR LE DUC DE SAINT AIGNAN, Sonnet sur le Carrousel.
jaurois voulu tepeindre,& d'un trait immortel
Exprimer tafierté,ta douceurjon courage,
Et donner aux François un modelle eternel
Me merite & d'honneur, en traçant ton
image.
Mais Minerve & Fallas de concert avec
toy, faifattt tous leurs plaisîrs des plaisirs de
ton Roy,
Semploientsefaireunjeu desfureursde
la guerre.
Mars ce Dieu sicruel d'accord avec la
Paix,
Luy quifait tout tremblersur rOnde &
sur la Terre,
Divertit partes foinsLOXJIS & ses
Su]ets.
AMOUREUX, de Digne, Avocat
au Parlement d'Aix.
Exprimer tafierté,ta douceurjon courage,
Et donner aux François un modelle eternel
Me merite & d'honneur, en traçant ton
image.
Mais Minerve & Fallas de concert avec
toy, faifattt tous leurs plaisîrs des plaisirs de
ton Roy,
Semploientsefaireunjeu desfureursde
la guerre.
Mars ce Dieu sicruel d'accord avec la
Paix,
Luy quifait tout tremblersur rOnde &
sur la Terre,
Divertit partes foinsLOXJIS & ses
Su]ets.
AMOUREUX, de Digne, Avocat
au Parlement d'Aix.
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Résumé : A MONSIEUR LE DUC DE SAINT AIGNAN, Sonnet sur le Carrousel.
Le poème est dédié à une personne anonyme, célébrant sa fierté, douceur et courage pour inspirer les Français. L'auteur, Amoureux de Digne, avocat au Parlement d'Aix, évoque des divinités comme Minerve, les Furies, Mars et la Paix, qui se divertissent avec le roi et ses sujets.
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191
p. 99
Madrigaux sur les Enigmes de Juin, dont les mots estoient la Truite & l'Homme à cheval. [titre d'après la table]
Début :
Voicy les Explications en Vers, que j'ay receuës sur les deux Enigmes [...]
Mots clefs :
Truite, Homme à cheval
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Madrigaux sur les Enigmes de Juin, dont les mots estoient la Truite & l'Homme à cheval. [titre d'après la table]
Voicy les Explications en Vers,
quej'ay recettessurles deux Enigmes
du mois de Juin, dont les wsts esment la Truice
,
ér l'Homme à
cheval.
quej'ay recettessurles deux Enigmes
du mois de Juin, dont les wsts esment la Truice
,
ér l'Homme à
cheval.
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192
p. 99
I.
Début :
Qui pourroit s'empescher de dire [...]
Mots clefs :
Truite, Mercure galant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : I.
I.
Vi pourroit s'empescher de dire
Que le Galant Mercure est toujeurs libéral
nom, donne toujours par un foin
prefijue égal
Dequoy nom divertir, & dequoy nous
instruire ?
Il nom donne mesme à gruger
Vif Poisson d'un mérité à ne pas negliger,
Vne Truitte d'importance,
Qui pourroit plaire IIUgoust du plusgrand
Potientat. nauroit de la complaisance
Pour un morceau si délicat?
- L.- BOUCHET.
ancien Curé de Nogentle Roy.
Vi pourroit s'empescher de dire
Que le Galant Mercure est toujeurs libéral
nom, donne toujours par un foin
prefijue égal
Dequoy nom divertir, & dequoy nous
instruire ?
Il nom donne mesme à gruger
Vif Poisson d'un mérité à ne pas negliger,
Vne Truitte d'importance,
Qui pourroit plaire IIUgoust du plusgrand
Potientat. nauroit de la complaisance
Pour un morceau si délicat?
- L.- BOUCHET.
ancien Curé de Nogentle Roy.
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193
p. 100
II.
Début :
Mercure est un Galant Garçon [...]
Mots clefs :
Homme à cheval, Truite, Mercure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II.
IL MErcure efi un Galant Garçon
De nom donnerchair &poijfen;
Pour nout bien régaler il nepouvaitmieux
faire;
Cela s'appelle chere entiere.
La Truite efl le premier plat,
C'eflunmorceau fort délicAt.
-A luy seul auffl je marrefie,
Et laisse-la l'Homme à Cheval,
yMes dents neferont pointde mal
sî l'Homme non plus qu'à la Beste.
D1iersy.ilib.
De nom donnerchair &poijfen;
Pour nout bien régaler il nepouvaitmieux
faire;
Cela s'appelle chere entiere.
La Truite efl le premier plat,
C'eflunmorceau fort délicAt.
-A luy seul auffl je marrefie,
Et laisse-la l'Homme à Cheval,
yMes dents neferont pointde mal
sî l'Homme non plus qu'à la Beste.
D1iersy.ilib.
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194
p. 100
III.
Début :
Ce que vous imaginez, [...]
Mots clefs :
Homme à cheval
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : III.
11 E que vous vous imaginez
Aimable Bergen Fleurette^,
Et cfUa deviner vous donnez.,
Efl une Enigme assez. secrete.
Sans me donner beaucoupdemal,
jfay pourtant trouvé
1
ce miflere,
St vous me voyiez, achevai,
Serait-ce pas juste ïaffaireï
Le mefmflk
Aimable Bergen Fleurette^,
Et cfUa deviner vous donnez.,
Efl une Enigme assez. secrete.
Sans me donner beaucoupdemal,
jfay pourtant trouvé
1
ce miflere,
St vous me voyiez, achevai,
Serait-ce pas juste ïaffaireï
Le mefmflk
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195
p. 101-102
IV.
Début :
Vive le poisson frais & la belle marée, [...]
Mots clefs :
Truite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : IV.
IV. Ive le poisson frais & la belle marée,
Jabhorre le poissonfalé;
Qu'ilne menfoitjamais parle,
Ce n'efl que pour ces gens dont Came est
Alurée
'A qui racrimonie est tonjours de bon
gouss,
Et tout autre cause un degoufl.
Pourmoy j'aime mieux une Truire
Quand elle efl fraische& pins pttin
Que le PfJijfo" le plue exquis;
S'il n'efl pointfrais*je le bannis
De ma table} & de ma cuisine ; sufl>-ce mesme un Turbot,dejlorsqu'ilefl Il n,efl plus de bon gouss, on eflptalrétAlé;
Ilfaut donc le laisser a ces gens de marine,
Illeur plaifl,s'il efl de bonsel.
No], je m"en trouverais blesée,
Il faut eflre spirituel
Pour enfaire une fausse un peu bien poli- -
cee.
La belle Nouriture da
Havre.
Jabhorre le poissonfalé;
Qu'ilne menfoitjamais parle,
Ce n'efl que pour ces gens dont Came est
Alurée
'A qui racrimonie est tonjours de bon
gouss,
Et tout autre cause un degoufl.
Pourmoy j'aime mieux une Truire
Quand elle efl fraische& pins pttin
Que le PfJijfo" le plue exquis;
S'il n'efl pointfrais*je le bannis
De ma table} & de ma cuisine ; sufl>-ce mesme un Turbot,dejlorsqu'ilefl Il n,efl plus de bon gouss, on eflptalrétAlé;
Ilfaut donc le laisser a ces gens de marine,
Illeur plaifl,s'il efl de bonsel.
No], je m"en trouverais blesée,
Il faut eflre spirituel
Pour enfaire une fausse un peu bien poli- -
cee.
La belle Nouriture da
Havre.
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Résumé : IV.
L'auteur privilégie le poisson frais, rejetant tout poisson avarié. Il préfère une petite truite fraîche à un poisson non frais, même de qualité. Il conseille de laisser le poisson non frais aux marins. Il souligne l'importance de l'esprit pour apprécier la fausse politesse et vante la bonne nourriture du Havre.
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196
p. 102-103
V.
Début :
En Mer aussi-bien que sur terre [...]
Mots clefs :
Truite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : V.
V. E
N Mer Aussi-bitn quesur terre
On voit Us animaux sentrefaire la guer
re, Legrand devore le pltit,
Pourveu qu'on ait un peu d'adrcjfe
-
Onprofitedesafoiblesse,
Et d'unindefendu le puissantse nourrit.
VIII impertinente Ecrevice
!!.!Ji ne marche qua reculoNs,
Parce -qu'elle a des crocs bienlongs,
A le pouvoir & l'artifice
Degoûtertout, Merlans,Turbots,
Soles, Alozes, Saumons, Truites,
Sans garder aucunes limites- Fussent-ils mesmes des plu*gros,
Tant il est vray qùonprend tout ce que Ion peut prendre
,
jQue ses griffes on fait valoir,
Dejlors qu'on en a le pouvoir,
Et qu'on a dequoy se defendre.
GYGEZ du Havre.
N Mer Aussi-bitn quesur terre
On voit Us animaux sentrefaire la guer
re, Legrand devore le pltit,
Pourveu qu'on ait un peu d'adrcjfe
-
Onprofitedesafoiblesse,
Et d'unindefendu le puissantse nourrit.
VIII impertinente Ecrevice
!!.!Ji ne marche qua reculoNs,
Parce -qu'elle a des crocs bienlongs,
A le pouvoir & l'artifice
Degoûtertout, Merlans,Turbots,
Soles, Alozes, Saumons, Truites,
Sans garder aucunes limites- Fussent-ils mesmes des plu*gros,
Tant il est vray qùonprend tout ce que Ion peut prendre
,
jQue ses griffes on fait valoir,
Dejlors qu'on en a le pouvoir,
Et qu'on a dequoy se defendre.
GYGEZ du Havre.
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Résumé : V.
Le texte décrit les relations de prédation et de domination chez les animaux. Les plus forts exploitent les plus faibles pour se nourrir. Par exemple, une écrevisse repousse des poissons plus gros grâce à ses crocs et son intelligence. Ce comportement illustre la brutalité et l'opportunisme naturels.
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197
p. 103-104
VI.
Début :
Mercure, j'avois oüy dire [...]
Mots clefs :
Truite, Homme à cheval, Courrier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VI.
VI. Ercure, j'avoisoùy dire
Que vous estiez. adroit,fkbtil,
Le Prince des Poissons d'Avril.
Vn Ministreâamour mais fonvientd
m'instruire
Que vous esses de tous messiers,
Et que ton vous a veu tout chargé de
marée,
QueVêw-mesmeavezdecîarée,
^4inji que font les Polfonniers;
Huevowaviez, beaucoup de Truites
faumonnèes
Pour tous vos amis def/inées,
A tenvychacun a receu
De ce beaufruit de vofîrePesche,
Mais pour moy je n'enay point eu,
Que comme à l'ordinaire assez. tard, &,
peu fraische;
Je neffay point pourquoyjefuis tout le
dernier,
Si c'est lafaune du * Courrie.
* Homme à Cheval.
Le mesme.
Que vous estiez. adroit,fkbtil,
Le Prince des Poissons d'Avril.
Vn Ministreâamour mais fonvientd
m'instruire
Que vous esses de tous messiers,
Et que ton vous a veu tout chargé de
marée,
QueVêw-mesmeavezdecîarée,
^4inji que font les Polfonniers;
Huevowaviez, beaucoup de Truites
faumonnèes
Pour tous vos amis def/inées,
A tenvychacun a receu
De ce beaufruit de vofîrePesche,
Mais pour moy je n'enay point eu,
Que comme à l'ordinaire assez. tard, &,
peu fraische;
Je neffay point pourquoyjefuis tout le
dernier,
Si c'est lafaune du * Courrie.
* Homme à Cheval.
Le mesme.
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Résumé : VI.
L'auteur adresse une lettre au 'Prince des Poissons d'Avril', admirant ses compétences et générosités. Il a reçu des truites fumées mais note un retard dans la fraîcheur de son poisson, attribuant cela à un problème de distribution lié à un homme à cheval. La lettre se conclut par la répétition du mot 'Le mesme'.
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198
p. 104-105
VII.
Début :
D'où vient que dans un Port de Mer [...]
Mots clefs :
Truite, Homme à cheval, Courrier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VII.
VII.
D'Où vient que dans un Port J,
Mer
Lepoijfondevientrare ,
& dans lautre
il abonde ?
Qui vendra bien s'en informer,
Verra que de tout temps ces Citoyens
de l'Onde
Suivent leur route ,
& vont leur
train
Selon la cosse & le terrain,
OH se trouve leur nourrituret
Par un inftinft de la Nature
Ils la sentent de loin, tif dans les
douces taux
CArpes , Truites, vont par mot*,
Ce-aux
Où leur pasture tft abondante,
Ce que l'on ne petitcontefier;
Mais je crois quon peut ajouter
four éclaircir de pltu la qutftion presentes
JQue pour avoir de bon poisson,
EtJ comme lrtm dit, 'à foism On , ne doit point faired"outro«ge,
N, de chagrinauPoissonnier,
Je nen diray pas davantage,
Je le laisse a dire au Courrier.
Lemesme.,
D'Où vient que dans un Port J,
Mer
Lepoijfondevientrare ,
& dans lautre
il abonde ?
Qui vendra bien s'en informer,
Verra que de tout temps ces Citoyens
de l'Onde
Suivent leur route ,
& vont leur
train
Selon la cosse & le terrain,
OH se trouve leur nourrituret
Par un inftinft de la Nature
Ils la sentent de loin, tif dans les
douces taux
CArpes , Truites, vont par mot*,
Ce-aux
Où leur pasture tft abondante,
Ce que l'on ne petitcontefier;
Mais je crois quon peut ajouter
four éclaircir de pltu la qutftion presentes
JQue pour avoir de bon poisson,
EtJ comme lrtm dit, 'à foism On , ne doit point faired"outro«ge,
N, de chagrinauPoissonnier,
Je nen diray pas davantage,
Je le laisse a dire au Courrier.
Lemesme.,
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Résumé : VII.
Le texte examine les variations de la présence de poissons dans différents ports. Les poissons suivent des routes naturelles vers des zones riches en nourriture, guidés par leur instinct. Par exemple, les carpes et les truites se déplacent vers des zones où leur pâture est abondante. Il est conseillé de ne pas perturber ces mouvements pour éviter de causer du chagrin aux pêcheurs. Le Courrier est invité à expliquer davantage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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199
p. 105-109
VIII.
Début :
Mercure, permettez que je hausse la voix [...]
Mots clefs :
Truite, Homme à cheval, Yeux, Poètes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VIII.
VIII.
MErcure, permettez, que jehausse
lavoix
Sur les deux Enigmes du mois.
La première inferwit une Truite,
Dont le goust délicat charme les plus
friands,
Dont les yeux font vifs & riants,
Le corp'sllger) prompta la fuite;
On peut la prendre au feu quand on
pesche la nuit,
On la prend à la ligne, au filet;
mais sans bruit.
Les eaux font son PIIYS, font le lit
de samere,
Elle aime les ruisseaux & la source
d'eau claire,
Elle chaj/c an GouJon,auGravier, au
Veron
y 'Aux autres Poiffonnels, aux Vers, au
Moucheron,
Elle prend quelquefois le raisin la
cerift. roil quel est son aliment,
Ajoutez, que sur fil chemise,
pourm'expliquer mieux
,
surson
éca>''lesrife,- On découvreordinairement
Des Etoilles abondamment.
Dans la feconde Enigme on voit Dme
Fleurette
D'une fort agreable humeur.
Elle y fait un Portrait qui pourroit
faire peur,
Mesme aux avaleurs de Charette.
Six jambes & deux brlU, quatre
oreilles, quatre yeux, Deux bouches
,
& de plus, écoutez
Curieux,
Marcher dessus des clous, la chose eftsinguliere,
jlvoir sur le dos un derriere.
Fuyez., Petits. Cachez.-vous fieuxi
Car si ce Tout avoit envie
De vous gober en un- morceau,
Ce feroit fait de vostre peau,
Ce feroit fait de vostre vie:
Cependant revenez. , VOHS n'aurez, point
de mlli,
Ce terrible Portraitnest qu'un Honu
me à Cheval.
M?!;j que diroit Dame Tleurette
Si ce Cheval estoit sans fcrs.
Si l'Homme estoit fani jambe
, ousans
moule à manchette,
Si borgne des deux jeux, l'un Wiar.
choit de travers?
Ma foy
j je croy que sa peinture
S'expliquerait a1 tavanture,
Et que qui voudroit disputer,
Et luy donner quelque torture,
Pourroit enfin la rebutter.
Mais supposé billes pareilles
Qu'ils , eussent chacun deux oreilles,
L'un quatre pieds, &l'autredeux,
Chacun fil bouche &ses deux yeux,
Et que les pieds de la monture,
Tour ne pas perdre leur chaujptret
Fussent garnis de clous pointus,
Que l'homme enfin de son derrière
Sans felle
,
sans bass, sans fessus-
TOHChAfl le des a nud de la beste a
criniere
Je croirois fort probablement
Le tout expliqué nettement.
A voflreavis, Seigneur Mercure*
Ay-ie fait bonne conjeEbure?
Et me pais-je flater davoir bien ren*
contré
Expliquant cette Enigme obscure?
Non, ee feroit vanité pure,
De croire que mon nom doiveestre enregifiré
Parmy ceux qui chez,vontfont si be/ú
figure, #
Qui font Poètes par nature,
Qui dlabord ont tout pénetré.
Ces Ssavons de toutes manieres,
Comme la doftc des Houlieres,
Lesublime Magnin, Cadmirable Morel,
La fage $cudery dont le bon naturel
Paroiff-dans [es Ecrits autant prudent
qu'habile,
L'incomparable Diereville,
Et tant £autres que tous les jours
V9Ht rendez, tres - recommen !ables
Par vos louanges AdmirAbles,
Ou bien pour leurs Ecrits, ou bien
pour leurs Amours.
LucuAPPE' de Lomprey.
MErcure, permettez, que jehausse
lavoix
Sur les deux Enigmes du mois.
La première inferwit une Truite,
Dont le goust délicat charme les plus
friands,
Dont les yeux font vifs & riants,
Le corp'sllger) prompta la fuite;
On peut la prendre au feu quand on
pesche la nuit,
On la prend à la ligne, au filet;
mais sans bruit.
Les eaux font son PIIYS, font le lit
de samere,
Elle aime les ruisseaux & la source
d'eau claire,
Elle chaj/c an GouJon,auGravier, au
Veron
y 'Aux autres Poiffonnels, aux Vers, au
Moucheron,
Elle prend quelquefois le raisin la
cerift. roil quel est son aliment,
Ajoutez, que sur fil chemise,
pourm'expliquer mieux
,
surson
éca>''lesrife,- On découvreordinairement
Des Etoilles abondamment.
Dans la feconde Enigme on voit Dme
Fleurette
D'une fort agreable humeur.
Elle y fait un Portrait qui pourroit
faire peur,
Mesme aux avaleurs de Charette.
Six jambes & deux brlU, quatre
oreilles, quatre yeux, Deux bouches
,
& de plus, écoutez
Curieux,
Marcher dessus des clous, la chose eftsinguliere,
jlvoir sur le dos un derriere.
Fuyez., Petits. Cachez.-vous fieuxi
Car si ce Tout avoit envie
De vous gober en un- morceau,
Ce feroit fait de vostre peau,
Ce feroit fait de vostre vie:
Cependant revenez. , VOHS n'aurez, point
de mlli,
Ce terrible Portraitnest qu'un Honu
me à Cheval.
M?!;j que diroit Dame Tleurette
Si ce Cheval estoit sans fcrs.
Si l'Homme estoit fani jambe
, ousans
moule à manchette,
Si borgne des deux jeux, l'un Wiar.
choit de travers?
Ma foy
j je croy que sa peinture
S'expliquerait a1 tavanture,
Et que qui voudroit disputer,
Et luy donner quelque torture,
Pourroit enfin la rebutter.
Mais supposé billes pareilles
Qu'ils , eussent chacun deux oreilles,
L'un quatre pieds, &l'autredeux,
Chacun fil bouche &ses deux yeux,
Et que les pieds de la monture,
Tour ne pas perdre leur chaujptret
Fussent garnis de clous pointus,
Que l'homme enfin de son derrière
Sans felle
,
sans bass, sans fessus-
TOHChAfl le des a nud de la beste a
criniere
Je croirois fort probablement
Le tout expliqué nettement.
A voflreavis, Seigneur Mercure*
Ay-ie fait bonne conjeEbure?
Et me pais-je flater davoir bien ren*
contré
Expliquant cette Enigme obscure?
Non, ee feroit vanité pure,
De croire que mon nom doiveestre enregifiré
Parmy ceux qui chez,vontfont si be/ú
figure, #
Qui font Poètes par nature,
Qui dlabord ont tout pénetré.
Ces Ssavons de toutes manieres,
Comme la doftc des Houlieres,
Lesublime Magnin, Cadmirable Morel,
La fage $cudery dont le bon naturel
Paroiff-dans [es Ecrits autant prudent
qu'habile,
L'incomparable Diereville,
Et tant £autres que tous les jours
V9Ht rendez, tres - recommen !ables
Par vos louanges AdmirAbles,
Ou bien pour leurs Ecrits, ou bien
pour leurs Amours.
LucuAPPE' de Lomprey.
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Résumé : VIII.
Le texte présente deux énigmes. La première décrit une truite, poisson au goût délicat, vivant dans des eaux claires comme les ruisseaux et les sources. Elle se nourrit de divers aliments tels que le goujon, le gravier, le veron, d'autres poissons, des vers, des moucherons, et parfois du raisin. Ses écailles brillantes ressemblent à des étoiles. La seconde énigme dépeint une créature effrayante avec six jambes, deux bras, quatre oreilles, quatre yeux et deux bouches, capable de marcher sur des clous et ayant un derrière sur le dos. Cette description est révélée être un homme à cheval. L'auteur imagine diverses modifications à cette créature pour expliquer l'énigme, comme un cheval sans fer, un homme sans jambe ou borgne. Il mentionne également plusieurs poètes célèbres, tels que la docte Scudéry, l'incomparable Diereville, et d'autres, loués par Mercure pour leurs écrits ou leurs amours. L'auteur, Lucappe de Lomprey, demande à Mercure s'il a bien résolu l'énigme, tout en reconnaissant l'excellence des poètes mentionnés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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200
p. 110-111
XI.
Début :
Qu'il est rare d'avoir de sages domestiques, [...]
Mots clefs :
Truite, Domestiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : XI.
XI.
QVilest rare d'avoirde fagesdo*
meftiques
Et , que leumindifcretion
NOHl produit souvent de Critiq«es!
Ils font toujours en faEHon
Pour mieux conmiftre nos affaires,
Nom leur mettons faut en dèpost,
Mais ils nous trahissent bien-tost
- Ces dangereux dépoftaires.
Heureux donc ceux dont les Agens
Sont fidelles
,
discrets
, autant quintelligens,
Qui ne font rien que de licite,
Qui n'ont des mains que pour signer
Ce que le Droit peut ordonner,
Et font muets comme une Truire
jQumd il font cacher nos secrets
Dont la conduite irréprochable ,
Rend a tous la noflre honorable;
Et gardant nos vraisinterefls
Peuvent imiter la Merlette
Sans'griffes &[uns becpiuette;
S'ilsfont autres tous ces Mouchards
Qnjls nousfont donner de brocardsJ
LA PETITE ASSEMBLEE G.
du Havre.
QVilest rare d'avoirde fagesdo*
meftiques
Et , que leumindifcretion
NOHl produit souvent de Critiq«es!
Ils font toujours en faEHon
Pour mieux conmiftre nos affaires,
Nom leur mettons faut en dèpost,
Mais ils nous trahissent bien-tost
- Ces dangereux dépoftaires.
Heureux donc ceux dont les Agens
Sont fidelles
,
discrets
, autant quintelligens,
Qui ne font rien que de licite,
Qui n'ont des mains que pour signer
Ce que le Droit peut ordonner,
Et font muets comme une Truire
jQumd il font cacher nos secrets
Dont la conduite irréprochable ,
Rend a tous la noflre honorable;
Et gardant nos vraisinterefls
Peuvent imiter la Merlette
Sans'griffes &[uns becpiuette;
S'ilsfont autres tous ces Mouchards
Qnjls nousfont donner de brocardsJ
LA PETITE ASSEMBLEE G.
du Havre.
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Résumé : XI.
Le texte met en garde contre les agents indélicats qui trahissent la confiance. Il oppose ces agents à ceux fidèles, discrets et intelligents, agissant de manière licite et gardant les secrets. Les agents malhonnêtes nuisent et attirent des critiques. Il est crucial d'avoir des agents dignes de confiance pour éviter les reproches.
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