Résultats : 8715 texte(s)
Détail
Liste
1402
p. 332
« La Figure estant déployée, doit regarder la page 280. [...] »
Début :
La Figure estant déployée, doit regarder la page 280. [...]
1403
s. p.
« ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant [...] »
Début :
ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant [...] »
N donnera toûjours an Volume
•-- nouveau du Mercure Galant le . premier jour de chaque Mois, & oa
le vèndra , auffi-bieQ. que !'Extraordinaire
, Trente fols relié en Veau,
& Vingt-cinq fols en Parchemin.
•-- nouveau du Mercure Galant le . premier jour de chaque Mois, & oa
le vèndra , auffi-bieQ. que !'Extraordinaire
, Trente fols relié en Veau,
& Vingt-cinq fols en Parchemin.
Fermer
1404
s. p.
Avis pour placer les Figures.
Début :
L'Air qui commence par, Dans un Bois la jeune Iris, doit regarder [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis pour placer les Figures.
Avis poMr placer les Fi.e;ures.
. L
• Air qui commence par, D,1ws Nn Boi1
/11 jNne lri.<, doit regarder la page f 1
(c Plan de Ttipoly, doit regarder la
page :a.9e.
. L
• Air qui commence par, D,1ws Nn Boi1
/11 jNne lri.<, doit regarder la page f 1
(c Plan de Ttipoly, doit regarder la
page :a.9e.
Fermer
1405
s. p.
TABLE DES MATIERES contenües dans ce Volume.
Début :
Prelude. Ceremonies faites à la Pompe funebre de Monsieur [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES MATIERES contenües dans ce Volume.
TABLE DES MATIERES
contenues dans ce Volume.
Relude.
Peremoniesfaites à la Pompe funebre
de Monfieur l'Electeur Palatin. S
Ouvrage de M. de Cantenac.
Autre du mefme Autheur.
•
22
29
Sujet du different des Habitans d'Andaye
& de Fontarabie. 35
Monfeigneur le Duc de Bourgogne dif
nepourla premiere fois en public avec
Madame la Dauphine.
Bout de l'an defeuë Madame la Princeſſe
Palatine . 42 Morts.
Lettre en Vers & en Profe.
41
43
47
Relation de tout ce qui s'eft paẞé à Tripoly.
Arrefts & Declarations.
Difcours prononcé au College des Graffins.
Abjuration.
52
93
130
130
Suite des Converfions faites dans le
Bearn , pendant le mois de Juin. 138
Tout ce qui s'eft paßé à la Reception de
ǎ ij
TABLE.
M.de la Haye, Ambaſſà Veniſe . 164
Affaires de Remiremont.
Hiftoire.
181.
196
205 Fin de l'Affemblée du Clergé.
Relation contenant toutes les particularités
duMariagede M. le D.de Bourbon. 207
Epithalame, 274. Devifes. 287.
Relation contenant ce qui s'eft paßé pendant
lefejour que Monfeigneur le Dauphin
a fait à Annet.
}
290
Lettre d'un Academ . de Ricovrati . 297
Thefes d'une invention finguliere . 301-
Thefes prefentées à l' Affemblée du Clergé
par Mr l'Abbé de Loraine , avec un
Abregé de l'Eloge du Roy fait par le
禽
meſme. 303
Explication de la Fable Enigmatique du
dernier mois.
Noms de ceux qui l'ont devinée .
Enigmes.
309
310
31-2
Evêchez Abbayes donées par le Roy.314
Intendances données par Sa Majesté. 319
Converfion 320 .
Nouvelles d'Angleterre.
Mariages.
316 Fin de la Table .
contenues dans ce Volume.
Relude.
Peremoniesfaites à la Pompe funebre
de Monfieur l'Electeur Palatin. S
Ouvrage de M. de Cantenac.
Autre du mefme Autheur.
•
22
29
Sujet du different des Habitans d'Andaye
& de Fontarabie. 35
Monfeigneur le Duc de Bourgogne dif
nepourla premiere fois en public avec
Madame la Dauphine.
Bout de l'an defeuë Madame la Princeſſe
Palatine . 42 Morts.
Lettre en Vers & en Profe.
41
43
47
Relation de tout ce qui s'eft paẞé à Tripoly.
Arrefts & Declarations.
Difcours prononcé au College des Graffins.
Abjuration.
52
93
130
130
Suite des Converfions faites dans le
Bearn , pendant le mois de Juin. 138
Tout ce qui s'eft paßé à la Reception de
ǎ ij
TABLE.
M.de la Haye, Ambaſſà Veniſe . 164
Affaires de Remiremont.
Hiftoire.
181.
196
205 Fin de l'Affemblée du Clergé.
Relation contenant toutes les particularités
duMariagede M. le D.de Bourbon. 207
Epithalame, 274. Devifes. 287.
Relation contenant ce qui s'eft paßé pendant
lefejour que Monfeigneur le Dauphin
a fait à Annet.
}
290
Lettre d'un Academ . de Ricovrati . 297
Thefes d'une invention finguliere . 301-
Thefes prefentées à l' Affemblée du Clergé
par Mr l'Abbé de Loraine , avec un
Abregé de l'Eloge du Roy fait par le
禽
meſme. 303
Explication de la Fable Enigmatique du
dernier mois.
Noms de ceux qui l'ont devinée .
Enigmes.
309
310
31-2
Evêchez Abbayes donées par le Roy.314
Intendances données par Sa Majesté. 319
Converfion 320 .
Nouvelles d'Angleterre.
Mariages.
316 Fin de la Table .
Fermer
Résumé : TABLE DES MATIERES contenües dans ce Volume.
Le document est une table des matières d'un volume historique couvrant divers événements et sujets. Il commence par les cérémonies funéraires de Monsieur l'Électeur Palatin et les œuvres de M. de Cantenac. Il mentionne des disputes locales, comme celle entre les habitants d'Andaye et de Fontarabie, et des événements publics, tels que la première apparition du Duc de Bourgogne avec Madame la Dauphine. Le texte relate également la fin de l'année de deuil pour Madame la Princesse Palatine et inclut des lettres en vers et en prose, ainsi qu'une relation des événements à Tripoli. Il détaille des discours, abjurations et conversions dans le Béarn, et la réception de M. de la Haye en tant qu'ambassadeur à Venise. Le document couvre aussi la fin de l'assemblée du clergé, le mariage de M. le Duc de Bourbon, et la visite du Dauphin à Annet. Il inclut des lettres académiques, des énigmes, des nominations d'évêques et d'abbayes, des intendances, et des nouvelles de mariages en Angleterre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1406
s. p.
Extrait du Privilege du Roy.
Début :
PAr Grace & Privilege du Roy, donné à Chaville, le 18. Juillet [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait du Privilege du Roy.
Extrait du Privilege du Roy.
Ar Grace & Privilege du Roy , donné à
Chaville, le 18. Juillet 1683. Signé , Par
le Roy en fon Confeil , JuNQUIERES . Il eft
permis au Sieur DANNEAU , Ecuyer, Sicur
Devizé, de continuer de faire imprimer, vendre
& debiter le Livre intitulé , MERCURE
GALANT, & generalement tout ce qui dépend
dudit Livre , par tel Imprimeur qu'il
voudra choifir ; Et defenfes font faites à tous
Imprimeurs & Libraires, & tous autres , de
faire imprimer, vendre & debiter ledit Livre,
ny graver aucunes Planches fervant à l'ornement
d'iceluy , ny mefme de le donner à
lire , pendant le temps & efpace de dix années
entieres , le tout à peine de fix mille livres.
d'amende contre les Contrevenans, ainfi que
plus au long il eft porté efdites Lettres .
Regiftré fur le Livre de la Communauté,
aux charges & conditions portées , le 14 .
Septembre 1683. Signé, ANGOT , Syndic .
Ledit Sieur DEVIZE ' a cedé fon droit du
préfent Privilege à C. Blageart, Imprimeur-
Libraire , pour en jouir fuivant l'accord fait
entr'eux.
Ar Grace & Privilege du Roy , donné à
Chaville, le 18. Juillet 1683. Signé , Par
le Roy en fon Confeil , JuNQUIERES . Il eft
permis au Sieur DANNEAU , Ecuyer, Sicur
Devizé, de continuer de faire imprimer, vendre
& debiter le Livre intitulé , MERCURE
GALANT, & generalement tout ce qui dépend
dudit Livre , par tel Imprimeur qu'il
voudra choifir ; Et defenfes font faites à tous
Imprimeurs & Libraires, & tous autres , de
faire imprimer, vendre & debiter ledit Livre,
ny graver aucunes Planches fervant à l'ornement
d'iceluy , ny mefme de le donner à
lire , pendant le temps & efpace de dix années
entieres , le tout à peine de fix mille livres.
d'amende contre les Contrevenans, ainfi que
plus au long il eft porté efdites Lettres .
Regiftré fur le Livre de la Communauté,
aux charges & conditions portées , le 14 .
Septembre 1683. Signé, ANGOT , Syndic .
Ledit Sieur DEVIZE ' a cedé fon droit du
préfent Privilege à C. Blageart, Imprimeur-
Libraire , pour en jouir fuivant l'accord fait
entr'eux.
Fermer
Résumé : Extrait du Privilege du Roy.
Le document est un privilège royal émis par le roi de France le 18 juillet 1683 à Chaville. Il accorde au Sieur Dannau, écuyer et seigneur de Devizé, le droit exclusif d'imprimer, vendre et distribuer le livre 'Mercure Galant' et ses annexes, en choisissant librement l'imprimeur. Toute reproduction, vente ou lecture de ce livre par d'autres imprimeurs, libraires ou personnes est interdite, ainsi que l'utilisation des planches gravées pour son ornementation, sous peine d'une amende de six mille livres. Cette interdiction est valable pour une durée de dix ans. Le privilège a été enregistré le 14 septembre 1683 par Angot, syndic de la communauté. Par la suite, le Sieur Devizé a transféré ses droits à C. Blageart, imprimeur-libraire, selon un accord entre eux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1407
s. p.
AVIS ET CATALOGUE des Livres qui se vendent chez la Veuve Blageart, Court Neuve du Palais, au Dauphin.
Début :
Recherches curieuses d'Antiquité, contenuës en plusieurs Dissertations, [...]
Mots clefs :
Dissertations , Sentiments, Lettres, Dialogue, Histoire, Fable, Conversions, Cérémonies, Description, Réflexion, Traité, Relations, Discours philosophiques, Dictionnaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS ET CATALOGUE des Livres qui se vendent chez la Veuve Blageart, Court Neuve du Palais, au Dauphin.
AVIS ET CATALOGVE
des Livres qui fe vendent chez
la Venue Blageart , Court Neuve
du Palau , au Dauphin .
RE
Echerches curieufes d'Antiquité
contenues en plufieurs Diflertations
, fur des Médailles , Bas- reliefs ,
Statuës , Mofaïques , & Infcriptions
antiques , enrichies d'un grand nombre
de Figures en taille- douce. In 4. 71 .
Heures en Vers , par feu Mr de Corneille,
30 f.
Sentimens fur les Lettres & fur l'Hiftoire
, avec des Scrupules fur le Stile.
Indouze.
Lettres diverfes de M. le Chevalier
d'Her. Indouze.
30 f.
30 f.
Nouveaux Dialogues des Morts
Premiere Partie. Indouze. 30 £
Seconde Partie des Dialogues des
Morts. Indonze.
30 f.
›
Jugement de Pluton fur les deux Parties
des Nouveaux Dialogues des
Morts,
La Ducheffe d'Eftramene .
Volumes in douze.
Le Napolitain , Nouv.Indouze.
Académie Galante , I. Partie,
Académie Galante , II. Partie ,
30f.
Deux
40 f.
20 f.
30 f.
30 f.
Cara Muftapha, dernier Grand Vizir,
Hiftoire contenant fon élevation , fes
amours dans le Serrail , fes divers emplois,
& le vray fujet qui luy a fait entreprendre
le Siege de Vienne, avec fa
30 f.
mort,
Les Dames Galantes , ou la Confidence
réciproque , en deux vol .
Les diférens Caracteres de l'Amour,
3 l.
in douze,
Le Serafkier, in douze ,
L'Illuftre Génoife, in douze,
30 .
30 f.
Fables Nouvelles en Vers,
30
f.
20 f.
Hiftoire du Siege de Luxembourg, 30f,
Relation Hiftorique de tout ce qui s'eft
fait devant Génes par l'Armée Navale
du Roy, 30 f.
X
-30 f.
is f.
15f.
10 f.
Reflexions nouvelles fur l'Acide &
fur l'Alcali. Indouze.
La Devinereffe, Comedie .
Artaxerce, avec fa Critique.
La Comete, Comedie.
Coverfions de M.Gilly& Courdil. 20f.
Cent quarante - deux Volumes du
Mercure, avec les Relations & les
Extraordinaires . Il y a huit Relations
qui contiennent
Ce qui s'eft paffé à la Ceremonie du
Mariage de Mademoiſelle avec le Roy
d'Espagne .
Le Mariage de Monfieur le Prince
de Conty avec Mademoiſelle de Blois .
Le Mariage de Monfeigneur le Dauphin
avec la Princeffe Anne - Chref
tienne Victoire de Baviere .
Le Voyage du Roy en Flandre en 1680.
La Négotiation du Mariage de M. le
Duc de Savoye avec l'Inf. de Portugal .
Deux Relations des Réjouillances
qui fe font faites pour la Naillance de
Monfeigneur le Duc de Bourgogne .
Une Defcription entiere du Siege de
量
Vienne, depuis le commencement jalqu'à
la levée du Siege en 1683 .
Les deux Relations de ce qui s'eſt ·
paflé au Carrouſel qui s'eft fait à Verfailles
par l'ordre de Monfeigneur le
Dauphin, enrichies de quatre grandes
Figures en taille douce , qui repreſentent
la Marche des deux Quadrilles
dans l'avant-Court de Verſailles ; La
Comparfe ; L'Ordre des Chevaliers
& de leur Suite pendant les Courſes;
L'Ordre de Bataille des deux Quadrilles
pour fortir de la Carriere . 45f
Traité de la Tranſpiration des [ humeurs
qui font les caufes des Maladies ,
ou la Méthode de guérir les Malades,
fans le trifte fecours de la fréquente
faignée, Difcours Philofophique. 30f.
Il y a trente Extraordinaires, qui
outre les Queſtions galantes, & d'éru
dition , & les Ouvrages de Vers , contiennent
plufieurs Difcours , Traitez,
& Origines, fçavoir.
Des Indices qu'on peut tirer fur la
maniere dont chacun forme fon Ecri
៩
ture . Des Deviſes , Emblèmes , & Revers
de Médailles De la Peinture , &
de la Sculpture. Du Parchemin , & du
Papier. Du Verre . Des Veritez qui font
contenues dans les Fables , & de l'excellence
de la Peinture. De la Contef
tion. Des Armes , Armoiries , & de leur
progrés . De l'Imprimerie. Des Rangs
& Cerémonies . Des Taliſmans. De la
Poudre à Canon. De la Pierre Philo
fophale . Des Feux dont les Anciens ſe
fervoient dans leurs Guerres, & de leur
compofition. De la fimpathie , & de
l'anthipatie des Corps . De la Dance,
de ceux qui l'ont inventée , & de ſes
diferentes efpeces . De ce qui contribue
le plus des cinq fens de Nature à la fasfaction
de l'Homme. De l'ufage de
la Glace. De la nature des Efprits folets
, s'ils font de tous Païs , & ce qu'ils
ont fait . De l'Harmonie, de ceux qui
l'ont inventée, & de fes effets . Du fréquent
ufage de la Saignée . De la Nobleffe.
Du bien & du mal que la fréquente
Saignée peut faire . Des effets
de l'Eau minérale. De la Superftition,
& des Erreurs populaires . Dela Chaſſe.
Des Metéores , & de la Comete apparue
en 1680. Des Armes de quelques
Familles de France . Du Secret d'une
Ecriture d'une nouvelle invention , tres
propre à eftre rendue univerfelle, avec
celuy d'une Langue qui en réfulte, l'un
& l'autre d'un ufage facile pour la com
munication des Nations . De l'air du
Monde, de la veritable Politeffe , & en
quoy il confifte. De la Medecine. Des
progrés & de l'état préfent de la Medecine.
Des Peintres anciens , & de leurs
manieres. De l'Eloquence ancienne &
moderne. Du Vin . De l'Honnefteté , &
de la veritable Sageffe . De la Pourpre
& de l'Ecarlate , de leur diférence , &
de leur ufage. De la marque la plus effentielle
de la veritable amitié. L'A
bregé du Dictionnaire Univerfel . Du
mépris de la Mort. De l'origine des
Couronnes , & de leurs efpeces . Des
Machines anciennes & modernes pour
élever les Eaux . Des Lunetes . Du SeCret.
De la Converfation . De la Vie
heureuſe . Des Cloches, & de leur antiquité.
Des bonnes & mauvaiſes qualitez
de l'Air. Des Bains . Du bon &
du mauvais ufage de la Lecture . De la
facile conftruction de toutes fortes de
Cadrans Solaires ; & des Jeux. Plufieurs
Traitez de l'Origine & de l'Antiquité
des Sepultures & des Monumens
.
On fera une bonne compofition à
ceux qui prendront les cent quarante
deux Volumes, ou la plus grande partie .
Quant aux nouveaux qui fe debitent
chaque mois, le prix fera toûjours de
trente fols en veau , & de vingt -cinq
en parchemin.
Elle fera toûjours les Pacquets gratis
pour les Particuliers & pour les Libraires
de Provinces . Ils n'auront le
foin que d'en acquiter le port fur les
Lieux
des Livres qui fe vendent chez
la Venue Blageart , Court Neuve
du Palau , au Dauphin .
RE
Echerches curieufes d'Antiquité
contenues en plufieurs Diflertations
, fur des Médailles , Bas- reliefs ,
Statuës , Mofaïques , & Infcriptions
antiques , enrichies d'un grand nombre
de Figures en taille- douce. In 4. 71 .
Heures en Vers , par feu Mr de Corneille,
30 f.
Sentimens fur les Lettres & fur l'Hiftoire
, avec des Scrupules fur le Stile.
Indouze.
Lettres diverfes de M. le Chevalier
d'Her. Indouze.
30 f.
30 f.
Nouveaux Dialogues des Morts
Premiere Partie. Indouze. 30 £
Seconde Partie des Dialogues des
Morts. Indonze.
30 f.
›
Jugement de Pluton fur les deux Parties
des Nouveaux Dialogues des
Morts,
La Ducheffe d'Eftramene .
Volumes in douze.
Le Napolitain , Nouv.Indouze.
Académie Galante , I. Partie,
Académie Galante , II. Partie ,
30f.
Deux
40 f.
20 f.
30 f.
30 f.
Cara Muftapha, dernier Grand Vizir,
Hiftoire contenant fon élevation , fes
amours dans le Serrail , fes divers emplois,
& le vray fujet qui luy a fait entreprendre
le Siege de Vienne, avec fa
30 f.
mort,
Les Dames Galantes , ou la Confidence
réciproque , en deux vol .
Les diférens Caracteres de l'Amour,
3 l.
in douze,
Le Serafkier, in douze ,
L'Illuftre Génoife, in douze,
30 .
30 f.
Fables Nouvelles en Vers,
30
f.
20 f.
Hiftoire du Siege de Luxembourg, 30f,
Relation Hiftorique de tout ce qui s'eft
fait devant Génes par l'Armée Navale
du Roy, 30 f.
X
-30 f.
is f.
15f.
10 f.
Reflexions nouvelles fur l'Acide &
fur l'Alcali. Indouze.
La Devinereffe, Comedie .
Artaxerce, avec fa Critique.
La Comete, Comedie.
Coverfions de M.Gilly& Courdil. 20f.
Cent quarante - deux Volumes du
Mercure, avec les Relations & les
Extraordinaires . Il y a huit Relations
qui contiennent
Ce qui s'eft paffé à la Ceremonie du
Mariage de Mademoiſelle avec le Roy
d'Espagne .
Le Mariage de Monfieur le Prince
de Conty avec Mademoiſelle de Blois .
Le Mariage de Monfeigneur le Dauphin
avec la Princeffe Anne - Chref
tienne Victoire de Baviere .
Le Voyage du Roy en Flandre en 1680.
La Négotiation du Mariage de M. le
Duc de Savoye avec l'Inf. de Portugal .
Deux Relations des Réjouillances
qui fe font faites pour la Naillance de
Monfeigneur le Duc de Bourgogne .
Une Defcription entiere du Siege de
量
Vienne, depuis le commencement jalqu'à
la levée du Siege en 1683 .
Les deux Relations de ce qui s'eſt ·
paflé au Carrouſel qui s'eft fait à Verfailles
par l'ordre de Monfeigneur le
Dauphin, enrichies de quatre grandes
Figures en taille douce , qui repreſentent
la Marche des deux Quadrilles
dans l'avant-Court de Verſailles ; La
Comparfe ; L'Ordre des Chevaliers
& de leur Suite pendant les Courſes;
L'Ordre de Bataille des deux Quadrilles
pour fortir de la Carriere . 45f
Traité de la Tranſpiration des [ humeurs
qui font les caufes des Maladies ,
ou la Méthode de guérir les Malades,
fans le trifte fecours de la fréquente
faignée, Difcours Philofophique. 30f.
Il y a trente Extraordinaires, qui
outre les Queſtions galantes, & d'éru
dition , & les Ouvrages de Vers , contiennent
plufieurs Difcours , Traitez,
& Origines, fçavoir.
Des Indices qu'on peut tirer fur la
maniere dont chacun forme fon Ecri
៩
ture . Des Deviſes , Emblèmes , & Revers
de Médailles De la Peinture , &
de la Sculpture. Du Parchemin , & du
Papier. Du Verre . Des Veritez qui font
contenues dans les Fables , & de l'excellence
de la Peinture. De la Contef
tion. Des Armes , Armoiries , & de leur
progrés . De l'Imprimerie. Des Rangs
& Cerémonies . Des Taliſmans. De la
Poudre à Canon. De la Pierre Philo
fophale . Des Feux dont les Anciens ſe
fervoient dans leurs Guerres, & de leur
compofition. De la fimpathie , & de
l'anthipatie des Corps . De la Dance,
de ceux qui l'ont inventée , & de ſes
diferentes efpeces . De ce qui contribue
le plus des cinq fens de Nature à la fasfaction
de l'Homme. De l'ufage de
la Glace. De la nature des Efprits folets
, s'ils font de tous Païs , & ce qu'ils
ont fait . De l'Harmonie, de ceux qui
l'ont inventée, & de fes effets . Du fréquent
ufage de la Saignée . De la Nobleffe.
Du bien & du mal que la fréquente
Saignée peut faire . Des effets
de l'Eau minérale. De la Superftition,
& des Erreurs populaires . Dela Chaſſe.
Des Metéores , & de la Comete apparue
en 1680. Des Armes de quelques
Familles de France . Du Secret d'une
Ecriture d'une nouvelle invention , tres
propre à eftre rendue univerfelle, avec
celuy d'une Langue qui en réfulte, l'un
& l'autre d'un ufage facile pour la com
munication des Nations . De l'air du
Monde, de la veritable Politeffe , & en
quoy il confifte. De la Medecine. Des
progrés & de l'état préfent de la Medecine.
Des Peintres anciens , & de leurs
manieres. De l'Eloquence ancienne &
moderne. Du Vin . De l'Honnefteté , &
de la veritable Sageffe . De la Pourpre
& de l'Ecarlate , de leur diférence , &
de leur ufage. De la marque la plus effentielle
de la veritable amitié. L'A
bregé du Dictionnaire Univerfel . Du
mépris de la Mort. De l'origine des
Couronnes , & de leurs efpeces . Des
Machines anciennes & modernes pour
élever les Eaux . Des Lunetes . Du SeCret.
De la Converfation . De la Vie
heureuſe . Des Cloches, & de leur antiquité.
Des bonnes & mauvaiſes qualitez
de l'Air. Des Bains . Du bon &
du mauvais ufage de la Lecture . De la
facile conftruction de toutes fortes de
Cadrans Solaires ; & des Jeux. Plufieurs
Traitez de l'Origine & de l'Antiquité
des Sepultures & des Monumens
.
On fera une bonne compofition à
ceux qui prendront les cent quarante
deux Volumes, ou la plus grande partie .
Quant aux nouveaux qui fe debitent
chaque mois, le prix fera toûjours de
trente fols en veau , & de vingt -cinq
en parchemin.
Elle fera toûjours les Pacquets gratis
pour les Particuliers & pour les Libraires
de Provinces . Ils n'auront le
foin que d'en acquiter le port fur les
Lieux
Fermer
Résumé : AVIS ET CATALOGUE des Livres qui se vendent chez la Veuve Blageart, Court Neuve du Palais, au Dauphin.
Le document est un catalogue de livres proposés à la vente par la Veuve Blageart, située au Palais du Dauphin. Il offre une large sélection d'ouvrages couvrant divers genres littéraires et historiques. Parmi les titres notables, on trouve 'Écherches curieuses d'Antiquité', enrichi de figures gravées, 'Heures en Vers' de Corneille, et 'Sentiments sur les Lettres & sur l'Histoire'. Plusieurs volumes des 'Dialogues des Morts' sont également disponibles. Le catalogue inclut des œuvres historiques telles que 'Histoire du Siège de Luxembourg' et 'Relation Historique de tout ce qui s'est fait devant Gênes par l'Armée Navale du Roy'. Des collections de 'Mercure' relatant des événements extraordinaires comme des mariages royaux et des cérémonies sont aussi mentionnées. Le document précise les prix des volumes individuels et propose des offres spéciales pour les achats en gros. De plus, les frais de port sont offerts pour les particuliers et les libraires de province.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1408
p. 1-7
PRelude. [titre d'après la table]
Début :
Ce que vous me dites, Madame, que vous avez senty en lisant le [...]
Mots clefs :
Princes, Souverains, Puissances, Admiration, Divan d'Alger, Esclaves, Tripoli, Madrigal, Religion catholique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRelude. [titre d'après la table]
E que vous me dites
, Madame
, que
vous avez fenty en
lifant le commencement de
ma Lettre de Juillet , a efté
commun à la plus part de
ceux qui l'ont leue . Ce pre-
Aoust 1685.
A
2 MERCURE
mier Article leur a fait verfer
des larmes de joye ; &
j'ajoûterois qu'il a redoublé
dans leurs coeurs , ces vifs
fentimens d'amour que les
Sujets ont naturellement
pour leurs Princes, s'il eftoit
poffible que celuy que tous
les François ont pour le Roy,
fuft encore capable de quelque
augmentation . Je ne
doute point que cette mefme
action que je vous ay décrite
la derniere fois, & dont
vous avez efté fi fortement
pénetrée , n'ait produit le
mefme effet dans les coeurs
GALANT.
3
d'une partie des Sujets de
tous les Souverains de l'Europe,
puis qu'il y a dans les Etats
de toutes ces Puiffances
d'heureux infortunez, qui ſe
feront un plaifir toute leur
vie de publier les louanges
de l'incomparable Monarque
, auquel ils doivent une
liberté , que par toutes les
raifons que
que je vous ay déja
expliquées , ils eftoient hors
d'efperance de trouver jamais
les moyens de recouvrer
. Ainfi leur malheur ne
pouvoit croiftre , puis qu'il
n'y en a point de plus grand
A ij
4 MERCURE
que celuy de ne pouvoir efperer
aucun foulagement à
fes peines. Mais le Roy ne
faifant rien que de grand
,
l'étonnement doit ceffer
pour faire place à tout ce
que l'admiration peut produire
de plus fort . En effet ,
on n'en
en fçauroit trop avoir
pour une action auffi ſurprenante
que cette derniere
qui a touché le Divan d'Alger
, c'eft à dire , une Affemblée
de coeurs endurcis , &
qui n'avoient jamais connu
ces émotions , qu'on ne reffent
que lors qu'un parfait
GALANT. 5
merite , & des vertus vrayment
extraordinaires lesfont
naître. Les bontez du Roy
n'en font pas demeurées à ce
que je vous ay dit, touchant
les Efclaves de toutes les Nations
de l'Europe , qu'il a
voulu que les Algeriens ayet
rendus. L'affaire de Tripoli
en eſt une fuite glorieuſe ,
meſme pour les malheureux
qui nefont pas nezfes Sujets .
C'est ce qui a obligé M. Vignier
à faire le Madrigal fuivant.
Il eft adreffé aux Peres
de la Mercy , que leur Inftitution
engage à employer
a
A iij
6 MERCURE
le
ratous
leurs foins
chapt des Efclaves.
Mc
pour
Es Peres , vivez en repos ,
Cherchez un plus doux exercice
;
Ne vous expofez plus à la mercy
des flots ,
LOUIS LE GRANDfait voftre
office.
Alger de fon deffein vit le commen
cement ;
A Tripoli prefentement ,
Des Efclavas Chretiens il a finy les
peines ;
Ses Bombes fes Canons ,
Scavent bien mieux rompre leurs
chaifnes ,
Qne ne faifoient vos Patagons.
GALANT. 7
Je devrois icy ,fuivant ma
coûtume , vous dire ce qui
s'eſt paffé à Tripoli , & enfuite
vous entretenir des Arrefts,
Edits , Declarations, &
generalement de tout ce
que le Roy a fait depuis un
mois , pour le bien de fes Sujets
, & pour l'avancement
de la Religion Catholique;
mais comme j'attens encore
quelque éclairciffement fur
ces diverfes matieres , vous
ne trouverez toutes ces cho
fur la fin de ma Let- fes
tre.
, Madame
, que
vous avez fenty en
lifant le commencement de
ma Lettre de Juillet , a efté
commun à la plus part de
ceux qui l'ont leue . Ce pre-
Aoust 1685.
A
2 MERCURE
mier Article leur a fait verfer
des larmes de joye ; &
j'ajoûterois qu'il a redoublé
dans leurs coeurs , ces vifs
fentimens d'amour que les
Sujets ont naturellement
pour leurs Princes, s'il eftoit
poffible que celuy que tous
les François ont pour le Roy,
fuft encore capable de quelque
augmentation . Je ne
doute point que cette mefme
action que je vous ay décrite
la derniere fois, & dont
vous avez efté fi fortement
pénetrée , n'ait produit le
mefme effet dans les coeurs
GALANT.
3
d'une partie des Sujets de
tous les Souverains de l'Europe,
puis qu'il y a dans les Etats
de toutes ces Puiffances
d'heureux infortunez, qui ſe
feront un plaifir toute leur
vie de publier les louanges
de l'incomparable Monarque
, auquel ils doivent une
liberté , que par toutes les
raifons que
que je vous ay déja
expliquées , ils eftoient hors
d'efperance de trouver jamais
les moyens de recouvrer
. Ainfi leur malheur ne
pouvoit croiftre , puis qu'il
n'y en a point de plus grand
A ij
4 MERCURE
que celuy de ne pouvoir efperer
aucun foulagement à
fes peines. Mais le Roy ne
faifant rien que de grand
,
l'étonnement doit ceffer
pour faire place à tout ce
que l'admiration peut produire
de plus fort . En effet ,
on n'en
en fçauroit trop avoir
pour une action auffi ſurprenante
que cette derniere
qui a touché le Divan d'Alger
, c'eft à dire , une Affemblée
de coeurs endurcis , &
qui n'avoient jamais connu
ces émotions , qu'on ne reffent
que lors qu'un parfait
GALANT. 5
merite , & des vertus vrayment
extraordinaires lesfont
naître. Les bontez du Roy
n'en font pas demeurées à ce
que je vous ay dit, touchant
les Efclaves de toutes les Nations
de l'Europe , qu'il a
voulu que les Algeriens ayet
rendus. L'affaire de Tripoli
en eſt une fuite glorieuſe ,
meſme pour les malheureux
qui nefont pas nezfes Sujets .
C'est ce qui a obligé M. Vignier
à faire le Madrigal fuivant.
Il eft adreffé aux Peres
de la Mercy , que leur Inftitution
engage à employer
a
A iij
6 MERCURE
le
ratous
leurs foins
chapt des Efclaves.
Mc
pour
Es Peres , vivez en repos ,
Cherchez un plus doux exercice
;
Ne vous expofez plus à la mercy
des flots ,
LOUIS LE GRANDfait voftre
office.
Alger de fon deffein vit le commen
cement ;
A Tripoli prefentement ,
Des Efclavas Chretiens il a finy les
peines ;
Ses Bombes fes Canons ,
Scavent bien mieux rompre leurs
chaifnes ,
Qne ne faifoient vos Patagons.
GALANT. 7
Je devrois icy ,fuivant ma
coûtume , vous dire ce qui
s'eſt paffé à Tripoli , & enfuite
vous entretenir des Arrefts,
Edits , Declarations, &
generalement de tout ce
que le Roy a fait depuis un
mois , pour le bien de fes Sujets
, & pour l'avancement
de la Religion Catholique;
mais comme j'attens encore
quelque éclairciffement fur
ces diverfes matieres , vous
ne trouverez toutes ces cho
fur la fin de ma Let- fes
tre.
Fermer
Résumé : PRelude. [titre d'après la table]
En août 1685, une lettre évoque la réaction du public à une action récente du roi de France. Le début de cette lettre, écrite en juillet, a provoqué des larmes de joie chez ses lecteurs, renforçant leur amour pour le souverain. Cette action royale a également ému les sujets de divers souverains européens, notamment les esclaves libérés par le roi. Ce dernier a en effet affranchi des esclaves de toutes les nations européennes détenus à Alger et à Tripoli, une initiative qualifiée de surprenante et admirable. L'auteur mentionne un madrigal adressé aux Pères de la Mercy, soulignant que le roi a pris en charge leur mission de libérer les esclaves chrétiens. La lettre promet de fournir plus de détails sur les événements récents et les actions royales visant le bien-être de ses sujets et l'avancement de la religion catholique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1409
p. 7-21
Ceremonies faites à la Pompe funebre de Monsieur l'Electeur Palatin. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay appris la mort de Monsieur l'Electeur Palatin. [...]
Mots clefs :
Décès, Électeur palatin, Cérémonies, Officiers de la Cour, Pompe funèbre, Gardes du corps, Valets, Gentilshommes, Capitaine, Chambre, Procession, Ambassadeur, Ministre, Ecclésiastiques, Seigneurs, Église, Bourgeoisie, Grands vassaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ceremonies faites à la Pompe funebre de Monsieur l'Electeur Palatin. [titre d'après la table]
Je vous ay appris la mort
A
iiij
8 MERCURE
de Monfieur l'Electeur Palatin.
Voicy ce que j'ay tiré
d'une Relation tres exacte ,
touchant les Ceremonies
qui ont efté faites à la Pompe
Funebre de ce Prince . Tous
les Officiers de la Cour , qui
devoient y affifter , s'eſtant
rendus le 10. du mois paffé
fur les dix heures & demie
du foir dans la grande Salle
des Gardes , avec de grands
Manteaux trainans , le Corps
de S. A.E. fut tiré de la Chambre
des
Empereurs, par vingt
quatre Seigneurs du Pays ,
Vaffaux de cet Electeur. Ils
GALANT. 9
le porterent fur leurs épaules
jnfqu'au Char lugubre fur
lequel il devoit eftre , & qui
eftoit attelé au pied de l'Efcalier
de la Salle . Ce Char
eftoit couvert de drap noir,
trainant jufqu'à terre . Si toſt
qu'on eut mis le Corps deffus
, on le couvrit auffi d'un
grand drap de velours noir,
bordé d'hermine aux extré
mitez , & pendant à terre
comme le premier. La marche
fut commencée par fix
Gardes du Corps , qui faifoient
retirer la foule , afin de
rendre le paffage libre. Deux
10 MERCURE
Seigneurs Vaffaux fuivoient,
chacun avec un Bafton de
Commandement
. On voyoit
enfuite deux à deux les vingt
quatreSeigneurs,qui avoient
porté le Corps fur le Char
funebre. Six Valets de pied
venoient apres eux. Ils tenoient
chacun deux Flambeaux
de cire blanche , &
marchoient devant M. de
Richt , Ordonnateur des ordres
du Palais, & grand Chabellan
de feu Mofieur l'Ele-
&teur, & M. Dorigny de Cormont,
Maistre d'Hoftel de ce
mefme Prince , qui avoient
GALANT. II
chacun un Bafton de Commandement
à la main. Quelques
pas apres fuivoit leChar
attelé de huit chevaux caparaçonnez
de noir . Quatre
Seigneurs Vaffaux menoient
les quatre premiers . M. de
Purcius , & M. de Geyder,
Gentilshommes de la Cour,
en menoient deux autres ; &
les deux derniers , qui eftoient
les plus proches de ce
Char, eftoient menez par M.
de Chevrieres Montauban ,
& par M" Colembahe
tous deux Gentilshommes.
de la Chambre du feu Prin12
MERCURE
:
ce, & Capitaines dás fes Gardes
. Le grand Drap qui couvroit
le Char, eftoit foûtenu
aux extrémitez de chaque
coin parM.de Barſchs, grand
Maître d'Hoftel de Madame
l'Electrice Mere ; par M. de
Flove , grand Maiſtre d'Hoftel
de Madame l'Electrice
;
par M. de Berneſtein , grand
Bailly d'Heidelberg
; & par
M. Dedelfein
, grand Bailly
de Mofbahc , & Ecuyer de
feu Monfieur l'Electeur.Il
avoit par deffus le Char un
Dais , que foûtenoient fix
Gentilshommes de la Chamy
GALANT. 13
bre de l'Electeur Charles
Loüis , Pere du Defunt , &
fix Seigneurs du Pays. Ce
Dais eftoit de velours noir,
bordé d'hermines. De chaque
cofté du Char , marchoient
feize Gardes du
Corps, & quatorze Trabans,
ayant à leur tefte M. de Feningen,
Lieutenant Colonel
des Gardes, & grand Veneur,
& M. de Vaкerbac
, Capitaine
Lieutenant des Gardes du
Corps. Vingt - quatre Pages
de la Chambre, chacun avec
deux Flambeaux de cire bláche
, marchoient à coſté des
14 MERCURE
Gardes. Apres le Char , venoit
M. le Baron de Stein-
Kandsfelds grand Maréchal
de l'Electorat, & grand Bailly
du Duché de Simmeren,
precedé par fix autres Pages
avec des Flambeaux. Le
Grand Maistre de l'Ordre
Teutonique , Fils de Monfieur
le Duc de Neubourg,
à preſent Electeur, marchoit
enfuite , precedé auſſi par
huit Pages avec des Flambeaux.
Douze Gardes du
Corps eftoient à coſté de fa
Perfonne , & la queuë de
fon Manteau eftoit portée
GALANT
15
par M. de Krelfem , Gentilhomme
de la Chambre du
Defunt , & par M' de Kreit
ges
& d'Altemberg , deux de fes
Gentilshommes
. Quatre Pafuivoient
encore la perfonne
de Monfieur le Grand
Maiſtre, avec douze Gardes
Suiffes armez de leurs Pertuifanes
; apres quoy venoit
M. le Comte de Statemberg
,
Frere du fameuxGouverneur
de Vienne , qui eft Lieutenant
General de l'Artillerie
Imperiale, & Gouverneur de
Philifbourg. Deux Pages le
precedoient avec des Flain16
MERCURE
beaux , & la queuë de fon
Manteau eftoit portée par
un autre Page. M. le Comte
de Caſtel , premier Miniſtre
de feu S. A. E. Grand Maître
de fa Maiſon , & Comte de
l'Empire , paroiffoit enfuite,
& precedoit trois Raugraves.
Les Ambaffadeurs &
Miniftres Etrangers marchoient
aprés eux , avec un
grand nombre de Gentilshommes
& de Pages . Ils eftoient
accompagnez des Envoyez
des Princes ou des
Comtes Souverains Vaffaux
du Prince defunt, & de ceux
GALANT. 17
des Villes Imperiales ou Vaffales
.Apres toute cette Troupe
venoit M. le Comte de
Vikeſtein, Grand Ecuyer de
S. A. E. accompagné de tous
les Officiers de la Cour , des
Gouverneurs des Places du
Pays , des Baillis , & autres
Commandans.Quatre Pages
le precedoient avec des Flabeaux
. Il eftoit fuivy du Con
feil d'Etat en Corps , du Confeil
Ecclefiaftique auffi en´
Corps , des deux Chambres .
de Juftice, & des deux Chambres
des Comptes , menées
parM.le Baron Deſtein, Pre-
Aoust 1685.
B
18 MERCURE
fident de la premiere, & Surintendant
des Finances . Le
Corps de l'Univerfité avec
fon Sceptre de Juſtice parti -
culiere , fuivoit tous ces
Corps , & precedoit celuy
des Ecclefiaftiques d'Heidelberg,
& Meffieurs du Magiftrat
, qui estoient accompagnez
du Corps des Doyens
de chaque Meîtier de la Ville
. Cette Troupe eftoit fuivie
des cent Dragons du
Corps,menez par M.de Marcheville
, qui en eſt le Capitaine
Lieutenant . Deux cens
perfonnes, portant des Flam-
1
GALANT.
19
beaux & de grands Manteaux
, marchoient deux à
deux , & finiffoient le Convoy
funebre . On partit de la
baffe -Court du Chafteau Electoral
, à l'heure que j'ay
marquée au commencemet
de cet article . Tous les Va
lets de pied de feu Monſieur
l'Electeur , des deux Electri--
ces , & des Officiers de la
Cour , marchoient en deux
files fur les ailes de tout ce
Convoy. Ils avoient de grads
Manteaux , & tenoient tous
des Flambeaux pour éclairer
la Ceremonie . On marcha
Bij
20 MERCURE
le
a
dans cet ordre- là , depuis le
Palais Electoral jufques à l'Eglife
du S. Efprit , en paſſant
long des remparts pour
venir à l'entrée de la Ville
par la porte du Fauxbourg,
où l'on avoit commencé à
mettre en haye les Soldats
du Regiment des Gardes,
jufques à la porte de l'Eglife.
Les vingt - quatre Seigneurs
Vaffaux qui avoient
mis le Corps fur le Char, l'en
ayant tiré , le porterent au
Maufolée qu'on luy avoit
prepare. Ils l'y placerent au
bruit de toute la Moufque-
1
GALANT. 21
terie des Soldats , jointe à
celle de la Bourgeoisie en
armes , & à l'Artillerie du
Chafteau & de la Ville , qui
frent dans ce moment une
décharge de tout leur Canon.
Cela eftant fait , M' le
Grand Maiſtre fortit de l'Eglife
, accompagné de toute
la Cour , & monta en Carroffe
, ce que firent la plûpart
de ceux qui s'eftoient
trouvez à cette lugubre Ceremonie,
à caufe du mauvais
temps qui furvint ,
A
iiij
8 MERCURE
de Monfieur l'Electeur Palatin.
Voicy ce que j'ay tiré
d'une Relation tres exacte ,
touchant les Ceremonies
qui ont efté faites à la Pompe
Funebre de ce Prince . Tous
les Officiers de la Cour , qui
devoient y affifter , s'eſtant
rendus le 10. du mois paffé
fur les dix heures & demie
du foir dans la grande Salle
des Gardes , avec de grands
Manteaux trainans , le Corps
de S. A.E. fut tiré de la Chambre
des
Empereurs, par vingt
quatre Seigneurs du Pays ,
Vaffaux de cet Electeur. Ils
GALANT. 9
le porterent fur leurs épaules
jnfqu'au Char lugubre fur
lequel il devoit eftre , & qui
eftoit attelé au pied de l'Efcalier
de la Salle . Ce Char
eftoit couvert de drap noir,
trainant jufqu'à terre . Si toſt
qu'on eut mis le Corps deffus
, on le couvrit auffi d'un
grand drap de velours noir,
bordé d'hermine aux extré
mitez , & pendant à terre
comme le premier. La marche
fut commencée par fix
Gardes du Corps , qui faifoient
retirer la foule , afin de
rendre le paffage libre. Deux
10 MERCURE
Seigneurs Vaffaux fuivoient,
chacun avec un Bafton de
Commandement
. On voyoit
enfuite deux à deux les vingt
quatreSeigneurs,qui avoient
porté le Corps fur le Char
funebre. Six Valets de pied
venoient apres eux. Ils tenoient
chacun deux Flambeaux
de cire blanche , &
marchoient devant M. de
Richt , Ordonnateur des ordres
du Palais, & grand Chabellan
de feu Mofieur l'Ele-
&teur, & M. Dorigny de Cormont,
Maistre d'Hoftel de ce
mefme Prince , qui avoient
GALANT. II
chacun un Bafton de Commandement
à la main. Quelques
pas apres fuivoit leChar
attelé de huit chevaux caparaçonnez
de noir . Quatre
Seigneurs Vaffaux menoient
les quatre premiers . M. de
Purcius , & M. de Geyder,
Gentilshommes de la Cour,
en menoient deux autres ; &
les deux derniers , qui eftoient
les plus proches de ce
Char, eftoient menez par M.
de Chevrieres Montauban ,
& par M" Colembahe
tous deux Gentilshommes.
de la Chambre du feu Prin12
MERCURE
:
ce, & Capitaines dás fes Gardes
. Le grand Drap qui couvroit
le Char, eftoit foûtenu
aux extrémitez de chaque
coin parM.de Barſchs, grand
Maître d'Hoftel de Madame
l'Electrice Mere ; par M. de
Flove , grand Maiſtre d'Hoftel
de Madame l'Electrice
;
par M. de Berneſtein , grand
Bailly d'Heidelberg
; & par
M. Dedelfein
, grand Bailly
de Mofbahc , & Ecuyer de
feu Monfieur l'Electeur.Il
avoit par deffus le Char un
Dais , que foûtenoient fix
Gentilshommes de la Chamy
GALANT. 13
bre de l'Electeur Charles
Loüis , Pere du Defunt , &
fix Seigneurs du Pays. Ce
Dais eftoit de velours noir,
bordé d'hermines. De chaque
cofté du Char , marchoient
feize Gardes du
Corps, & quatorze Trabans,
ayant à leur tefte M. de Feningen,
Lieutenant Colonel
des Gardes, & grand Veneur,
& M. de Vaкerbac
, Capitaine
Lieutenant des Gardes du
Corps. Vingt - quatre Pages
de la Chambre, chacun avec
deux Flambeaux de cire bláche
, marchoient à coſté des
14 MERCURE
Gardes. Apres le Char , venoit
M. le Baron de Stein-
Kandsfelds grand Maréchal
de l'Electorat, & grand Bailly
du Duché de Simmeren,
precedé par fix autres Pages
avec des Flambeaux. Le
Grand Maistre de l'Ordre
Teutonique , Fils de Monfieur
le Duc de Neubourg,
à preſent Electeur, marchoit
enfuite , precedé auſſi par
huit Pages avec des Flambeaux.
Douze Gardes du
Corps eftoient à coſté de fa
Perfonne , & la queuë de
fon Manteau eftoit portée
GALANT
15
par M. de Krelfem , Gentilhomme
de la Chambre du
Defunt , & par M' de Kreit
ges
& d'Altemberg , deux de fes
Gentilshommes
. Quatre Pafuivoient
encore la perfonne
de Monfieur le Grand
Maiſtre, avec douze Gardes
Suiffes armez de leurs Pertuifanes
; apres quoy venoit
M. le Comte de Statemberg
,
Frere du fameuxGouverneur
de Vienne , qui eft Lieutenant
General de l'Artillerie
Imperiale, & Gouverneur de
Philifbourg. Deux Pages le
precedoient avec des Flain16
MERCURE
beaux , & la queuë de fon
Manteau eftoit portée par
un autre Page. M. le Comte
de Caſtel , premier Miniſtre
de feu S. A. E. Grand Maître
de fa Maiſon , & Comte de
l'Empire , paroiffoit enfuite,
& precedoit trois Raugraves.
Les Ambaffadeurs &
Miniftres Etrangers marchoient
aprés eux , avec un
grand nombre de Gentilshommes
& de Pages . Ils eftoient
accompagnez des Envoyez
des Princes ou des
Comtes Souverains Vaffaux
du Prince defunt, & de ceux
GALANT. 17
des Villes Imperiales ou Vaffales
.Apres toute cette Troupe
venoit M. le Comte de
Vikeſtein, Grand Ecuyer de
S. A. E. accompagné de tous
les Officiers de la Cour , des
Gouverneurs des Places du
Pays , des Baillis , & autres
Commandans.Quatre Pages
le precedoient avec des Flabeaux
. Il eftoit fuivy du Con
feil d'Etat en Corps , du Confeil
Ecclefiaftique auffi en´
Corps , des deux Chambres .
de Juftice, & des deux Chambres
des Comptes , menées
parM.le Baron Deſtein, Pre-
Aoust 1685.
B
18 MERCURE
fident de la premiere, & Surintendant
des Finances . Le
Corps de l'Univerfité avec
fon Sceptre de Juſtice parti -
culiere , fuivoit tous ces
Corps , & precedoit celuy
des Ecclefiaftiques d'Heidelberg,
& Meffieurs du Magiftrat
, qui estoient accompagnez
du Corps des Doyens
de chaque Meîtier de la Ville
. Cette Troupe eftoit fuivie
des cent Dragons du
Corps,menez par M.de Marcheville
, qui en eſt le Capitaine
Lieutenant . Deux cens
perfonnes, portant des Flam-
1
GALANT.
19
beaux & de grands Manteaux
, marchoient deux à
deux , & finiffoient le Convoy
funebre . On partit de la
baffe -Court du Chafteau Electoral
, à l'heure que j'ay
marquée au commencemet
de cet article . Tous les Va
lets de pied de feu Monſieur
l'Electeur , des deux Electri--
ces , & des Officiers de la
Cour , marchoient en deux
files fur les ailes de tout ce
Convoy. Ils avoient de grads
Manteaux , & tenoient tous
des Flambeaux pour éclairer
la Ceremonie . On marcha
Bij
20 MERCURE
le
a
dans cet ordre- là , depuis le
Palais Electoral jufques à l'Eglife
du S. Efprit , en paſſant
long des remparts pour
venir à l'entrée de la Ville
par la porte du Fauxbourg,
où l'on avoit commencé à
mettre en haye les Soldats
du Regiment des Gardes,
jufques à la porte de l'Eglife.
Les vingt - quatre Seigneurs
Vaffaux qui avoient
mis le Corps fur le Char, l'en
ayant tiré , le porterent au
Maufolée qu'on luy avoit
prepare. Ils l'y placerent au
bruit de toute la Moufque-
1
GALANT. 21
terie des Soldats , jointe à
celle de la Bourgeoisie en
armes , & à l'Artillerie du
Chafteau & de la Ville , qui
frent dans ce moment une
décharge de tout leur Canon.
Cela eftant fait , M' le
Grand Maiſtre fortit de l'Eglife
, accompagné de toute
la Cour , & monta en Carroffe
, ce que firent la plûpart
de ceux qui s'eftoient
trouvez à cette lugubre Ceremonie,
à caufe du mauvais
temps qui furvint ,
Fermer
Résumé : Ceremonies faites à la Pompe funebre de Monsieur l'Electeur Palatin. [titre d'après la table]
Le texte décrit les cérémonies funéraires de l'Électeur Palatin. Le 10 du mois précédent, à dix heures et demie du soir, les officiers de la cour se rassemblèrent dans la grande salle des Gardes, vêtus de grands manteaux traînants. Le corps de l'Électeur fut transporté par vingt-quatre seigneurs jusqu'à un char funèbre situé au pied de l'escalier. Ce char, recouvert de drap noir et de velours noir bordé d'hermine, était tiré par huit chevaux caparaçonnés de noir. La procession débuta avec six gardes du corps, suivis par les seigneurs, six valets de pied portant des flambeaux, et divers dignitaires, dont M. de Richt et M. Dorigny de Cormont. Le cortège comprenait également des membres du conseil d'État, du conseil ecclésiastique, des chambres de justice et des chambres des comptes, ainsi que des ambassadeurs étrangers. Il se dirigea de la basse-cour du château électoral à l'église du Saint-Esprit, longeant les remparts. À l'arrivée à l'église, des soldats du régiment des Gardes étaient alignés. Les seigneurs transportèrent le corps jusqu'à un mausolée, accompagnés par une salve d'artillerie provenant des soldats, de la bourgeoisie en armes, ainsi que des canons du château et de la ville. Après la mise en place du corps, Monsieur le Grand Maître sortit de l'église, suivi par la cour, et tous montèrent en carrosse en raison du mauvais temps.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1410
p. 21-29
Ouvrage de M. de Cantenac. [titre d'après la table]
Début :
Je vous envoye un Ouvrage en Vers qui ne vous déplaira pas. [...]
Mots clefs :
Tyrans, Mortels, Faiblesse, Plaisirs, Amour, Malice, Imposture, Amants, Péril, Martyrs, Malheur, Châtiment, Fureurs, Triomphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ouvrage de M. de Cantenac. [titre d'après la table]
Je vous envoye un Ouvrage
en Vers qui ne vous
22 MERCURE
déplaira pas. Il eſt de M' de
Cantenac
, affez connu pardiverfes
Pieces qu'il a faites
auarefois. Celle-cy qui eft
contre l'Amour, marque fon
changement de profeffion .
Flir
Ier Tyran des Mortels , dont
l'aveugle puissance
Precipite la mort, & regle la naiffance,
Qui viens avec adreffe , & des traits
enchanteurs
Par la foibleffe hamaine , à l'empire:
des coeurs ;
Dicu des plaifirs du monde, &fource :
de mes peines,
Je t'abandonne , Amour , &je briſe
tes chaines.
Fe connois ta malice , & trompé mil-
Le fois ,
GALANT.
23
Je m'endurcis enfin au mépris de tes
loix .
Inhumain , dont la loy charmante à
la
nature ,
Met les fens en defordre , & l'ame à
la torture ,
Tes biens comme un éclair qu'on
voit fi toft finir,
Sont les fignes certains de la foudre
à venir.
Le dégoût qui les fuit en fait voir
P'impoffure,
Ce n'est qu'un faux brillant , qu'un
plaifir en peinture ,
Qu'un fot amusement , qu'une vaine
douceur ,
Qui des fens éblouis eft le charme
& l'erreur.
D'un faux bien toutefois l'ame préo-
сирее ,
S'égare en le cherchant , & vcut efire
trompée.
24 MERCURE
Et les foibles Amans paffent leurs
triftes jours
En de vaines langucurs & defolles
amours.
L'un foûpire en tremblant , &fon
efprit malade
•
Foudroit mourir cent fois pour une
douce oeillade.
Un autre pleure , prie , & meurt à
tout propos ;
Et perdant fa raison , fa bourse &
> Jon
repos,
Paffe
à poursuivré
un bien qu'il ne
Scauroit
atteindre
>
La nuit à fe morfondre , & lejour
à fe plaindre.
Quelqu'autre moins captif d'un objet
plus humain ,
Fait confifter fa gloire à luy baifer
la
main,
Et s'enchainant des noeuds de quilque
treffe blonde,
GALANT. 25
Préfere fa folie à l'empire du monde.
Par combien de perils , d'erreurs &
de tourmens
Vient- on au dernier but des plus heureux
Amans ?
Mais tous ces feux legers , qu'un moment
à fait naistre ,
Pareils à ceux de l'air , font moins à
difparoiftre,
Et j'en prens à témoin tant d'Epoux
malheureux ,
Qui fatiguent leur ame à rallumer
leurs feux.
Ces Martyrs immolez au chagrin domeftique,
Trouvent que leur fortune eft unbien
chimerique.
Ainfi voit- on des fleurs qui brillent
au Printemps >
Tromper par leur odeur le plus doux
de nos fens ;
Aouft 1685.
C
26 MERCURE
Et de leur riche émail n'eftant plus
embellies ,
Se flefrir par la main qui les avoit
cueillies.
D'où vient donc ce panchant d'une
amoureuse ardeur
Que la Nature imprime aufond de
noftre coeur ?
L'homme
agit - il en brute , &fa
raison perduë
Ne peut- elle combattre un poiſon qui
la tuë?
Oufi c'est un venin dont on ne peut
guerir ,
D'où vient qu'il nousfait naître auffi
bien mourir ?
que
Ah, que ce plaifir coûte , & que fes
triftes charmes
Ont remply l'Univers
de malheurs
& de larmes !
Ils ont donné des fers aux plus fiers
Conquerans.
GALANT. 27
Des Rois les plus benins , ils ontfait
des Tyrans,
D'un Sage un Idolatre, & d'un Saint
un Perfide ,
D'un Epoux un Bourreau , d'un Fils
un Parricide,
Et fouillant la Nature en leurs noirs
attentats,
Ont d'un fleuve de fang inondé les
Etats.
Quand le Ciel en couroux prepare
fon tonnerre
Aux tranfports criminels des amours
de la terre ,
Le bruit du châtiment eft à peine entendu
,
Et l'on court plus au mal , plus it eft
défendu.
Un plaifir n'est plus doux dés qu'il
est legitime ,
Le crime en eft le charme , & le char-
(me le crime.
Cij
28 MERCURE
Far l'orgueil des humains que
ne peut dompter,
Les loix ont fait le crime
peuvent l'ofter.
rien
& ne
En l'erreur de l'amour , la Nature eft
à plaindre.
Faloit - il tant de loix , où les doitelle
enfraindre ?
Si rien fur ce panchant ne la peut
retenir ,
Pourquoy
nous le donner , ou pourquoy
le punir ?
Mais ces defirs ardens des fureurs
amoureuſes ,
Sont d'un crime plus grand les fuites
malheureuſes ,
Et le Ciel a permispour punir nôtre
orgueil ,
Qu'un plaifir d'un moment fuſt pour
nous un écueil ;
Que l'homme en fes defirs, esclave
de foy mesme ,
GALANT. 29
De l'Amour fift un vice , &foüillaft
ce qu'il aime :
•
Et que rompant le frein de fa foible
raifon ,
D'un remcde innocent il fe fift un
poiſon.
Pour moy , qui vois l'écueil , & qui
crains le naufrage,
Echapé de la mer, je gagne le rivage.
Adieu , Superbe íru , je triomphe à
mon tour ,
L'Amant qui peut vous fuir , eft
maître de l'Amour.
en Vers qui ne vous
22 MERCURE
déplaira pas. Il eſt de M' de
Cantenac
, affez connu pardiverfes
Pieces qu'il a faites
auarefois. Celle-cy qui eft
contre l'Amour, marque fon
changement de profeffion .
Flir
Ier Tyran des Mortels , dont
l'aveugle puissance
Precipite la mort, & regle la naiffance,
Qui viens avec adreffe , & des traits
enchanteurs
Par la foibleffe hamaine , à l'empire:
des coeurs ;
Dicu des plaifirs du monde, &fource :
de mes peines,
Je t'abandonne , Amour , &je briſe
tes chaines.
Fe connois ta malice , & trompé mil-
Le fois ,
GALANT.
23
Je m'endurcis enfin au mépris de tes
loix .
Inhumain , dont la loy charmante à
la
nature ,
Met les fens en defordre , & l'ame à
la torture ,
Tes biens comme un éclair qu'on
voit fi toft finir,
Sont les fignes certains de la foudre
à venir.
Le dégoût qui les fuit en fait voir
P'impoffure,
Ce n'est qu'un faux brillant , qu'un
plaifir en peinture ,
Qu'un fot amusement , qu'une vaine
douceur ,
Qui des fens éblouis eft le charme
& l'erreur.
D'un faux bien toutefois l'ame préo-
сирее ,
S'égare en le cherchant , & vcut efire
trompée.
24 MERCURE
Et les foibles Amans paffent leurs
triftes jours
En de vaines langucurs & defolles
amours.
L'un foûpire en tremblant , &fon
efprit malade
•
Foudroit mourir cent fois pour une
douce oeillade.
Un autre pleure , prie , & meurt à
tout propos ;
Et perdant fa raison , fa bourse &
> Jon
repos,
Paffe
à poursuivré
un bien qu'il ne
Scauroit
atteindre
>
La nuit à fe morfondre , & lejour
à fe plaindre.
Quelqu'autre moins captif d'un objet
plus humain ,
Fait confifter fa gloire à luy baifer
la
main,
Et s'enchainant des noeuds de quilque
treffe blonde,
GALANT. 25
Préfere fa folie à l'empire du monde.
Par combien de perils , d'erreurs &
de tourmens
Vient- on au dernier but des plus heureux
Amans ?
Mais tous ces feux legers , qu'un moment
à fait naistre ,
Pareils à ceux de l'air , font moins à
difparoiftre,
Et j'en prens à témoin tant d'Epoux
malheureux ,
Qui fatiguent leur ame à rallumer
leurs feux.
Ces Martyrs immolez au chagrin domeftique,
Trouvent que leur fortune eft unbien
chimerique.
Ainfi voit- on des fleurs qui brillent
au Printemps >
Tromper par leur odeur le plus doux
de nos fens ;
Aouft 1685.
C
26 MERCURE
Et de leur riche émail n'eftant plus
embellies ,
Se flefrir par la main qui les avoit
cueillies.
D'où vient donc ce panchant d'une
amoureuse ardeur
Que la Nature imprime aufond de
noftre coeur ?
L'homme
agit - il en brute , &fa
raison perduë
Ne peut- elle combattre un poiſon qui
la tuë?
Oufi c'est un venin dont on ne peut
guerir ,
D'où vient qu'il nousfait naître auffi
bien mourir ?
que
Ah, que ce plaifir coûte , & que fes
triftes charmes
Ont remply l'Univers
de malheurs
& de larmes !
Ils ont donné des fers aux plus fiers
Conquerans.
GALANT. 27
Des Rois les plus benins , ils ontfait
des Tyrans,
D'un Sage un Idolatre, & d'un Saint
un Perfide ,
D'un Epoux un Bourreau , d'un Fils
un Parricide,
Et fouillant la Nature en leurs noirs
attentats,
Ont d'un fleuve de fang inondé les
Etats.
Quand le Ciel en couroux prepare
fon tonnerre
Aux tranfports criminels des amours
de la terre ,
Le bruit du châtiment eft à peine entendu
,
Et l'on court plus au mal , plus it eft
défendu.
Un plaifir n'est plus doux dés qu'il
est legitime ,
Le crime en eft le charme , & le char-
(me le crime.
Cij
28 MERCURE
Far l'orgueil des humains que
ne peut dompter,
Les loix ont fait le crime
peuvent l'ofter.
rien
& ne
En l'erreur de l'amour , la Nature eft
à plaindre.
Faloit - il tant de loix , où les doitelle
enfraindre ?
Si rien fur ce panchant ne la peut
retenir ,
Pourquoy
nous le donner , ou pourquoy
le punir ?
Mais ces defirs ardens des fureurs
amoureuſes ,
Sont d'un crime plus grand les fuites
malheureuſes ,
Et le Ciel a permispour punir nôtre
orgueil ,
Qu'un plaifir d'un moment fuſt pour
nous un écueil ;
Que l'homme en fes defirs, esclave
de foy mesme ,
GALANT. 29
De l'Amour fift un vice , &foüillaft
ce qu'il aime :
•
Et que rompant le frein de fa foible
raifon ,
D'un remcde innocent il fe fift un
poiſon.
Pour moy , qui vois l'écueil , & qui
crains le naufrage,
Echapé de la mer, je gagne le rivage.
Adieu , Superbe íru , je triomphe à
mon tour ,
L'Amant qui peut vous fuir , eft
maître de l'Amour.
Fermer
Résumé : Ouvrage de M. de Cantenac. [titre d'après la table]
L'auteur d'une lettre accompagnant un ouvrage en vers de Monsieur de Cantenac, célèbre pour ses pièces, exprime son souhait de se libérer de l'amour, qu'il qualifie de tyran aveugle et malicieux. Il critique les souffrances et les erreurs engendrées par l'amour, comparant ses plaisirs à un éclat éphémère et trompeur. Les amoureux sont décrits comme des martyrs, passant leurs jours dans des langueurs vaines et des amours folles, souvent au détriment de leur raison et de leur repos. L'auteur met en lumière les dangers et les tourments associés à l'amour, capables de transformer même les personnes les plus sages en tyrans ou en criminels. Il interroge la nature humaine, incapable de résister à ce 'poison' malgré les lois et les avertissements. Enfin, l'auteur affirme avoir échappé à l'emprise de l'amour et triomphé de ses chaînes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1411
p. 29-32
Autre du mesme Autheur. [titre d'après la table]
Début :
Voicy une autre piece du mesme Autheur, faite sur le / L'Univers étonné vante encor des miracles, [...]
Mots clefs :
Univers, Tonneau de Heidelberg, Miracles, Dieux, Trône, Esprit, Remède, Amants, Gloire, Inventeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre du mesme Autheur. [titre d'après la table]
Voicy une autre piece du
mefme Autheur , faite fur le
grand Tonneau de Heidelberg
, qui contient plus de
1200.muids, que feu Mófieur
l'Electeur Palatin , Pere de
Madame , a fait conſtruire.
30 MERCURE
L
'Univers étonné vante encor
des
miracles ,
Et des Templesfameux d'où fortoient
les Oracles ,
Où les Dieux adorez fur d'indignes
Autels ,
Abufoient les efprits des profanes
Mortels.
Admire icy , Paffant , de plus rares
merveilles ,
C'est le Throne pompeux du grand
Dicu des Bouteilles ,
De ce Dieu bien faisant qui charme
tous les coeurs
2
Et répand fon efprit fur fes adorateurs
.
Le puiffant Iupiter en fa gloire fupréme
,
Nous paroift redoutable au moment
qu'il nous aime,
GALANT. 31
Et la Foudre à la main , verſe de
deux tonneaux
Sur les Humains tremblans , & les
biens & les maux .
Mais de ce feul Tonneau dont Bachus
fait fon Temple ,
Le bien eft ordinaire , &le malfans
exemple,
Et ce Dieu qui folâtre , affis parmy
les Ieux ,
Prefente un prompt remede à tous les
malheureux.
Icy l'on voit bannir les foins de la
fortune ,
Er des tristes Amans la langueur importune.
Les folles paffions , & les mornes
foucis,
Quelque obftinez qu'ils foient , s'y
trouvent adoucis .
Mieux que l'ancien Vaiffeau qui bra
va le Deluge ,
32 MERCURE
Cegrand Vafe aux mortels ferviroit
de refuge,
Et les plus fiers affauts du perfide
Clement ,
N'en approchent jamais , ou le font
vainement.
C'eft icy , chers Beuveurs ,
de la Gloire ,
le
Temple
Quittez tout autre foin , & nefon
gez qu'à boire ;
Et d'une vaste coupe arrofez àplein
fonds
Vos poulmons alterez , & ves ventres
profonds.
Celebrez à l'envy dans le plaifir Bachique
,
D'un Ouvrage fi beau l'Inventeur
magnifique.
Faites volerfa gloire en cent Climats
divers ,
Luy mefme eft un miracle aux yeux
de l'Univers.
mefme Autheur , faite fur le
grand Tonneau de Heidelberg
, qui contient plus de
1200.muids, que feu Mófieur
l'Electeur Palatin , Pere de
Madame , a fait conſtruire.
30 MERCURE
L
'Univers étonné vante encor
des
miracles ,
Et des Templesfameux d'où fortoient
les Oracles ,
Où les Dieux adorez fur d'indignes
Autels ,
Abufoient les efprits des profanes
Mortels.
Admire icy , Paffant , de plus rares
merveilles ,
C'est le Throne pompeux du grand
Dicu des Bouteilles ,
De ce Dieu bien faisant qui charme
tous les coeurs
2
Et répand fon efprit fur fes adorateurs
.
Le puiffant Iupiter en fa gloire fupréme
,
Nous paroift redoutable au moment
qu'il nous aime,
GALANT. 31
Et la Foudre à la main , verſe de
deux tonneaux
Sur les Humains tremblans , & les
biens & les maux .
Mais de ce feul Tonneau dont Bachus
fait fon Temple ,
Le bien eft ordinaire , &le malfans
exemple,
Et ce Dieu qui folâtre , affis parmy
les Ieux ,
Prefente un prompt remede à tous les
malheureux.
Icy l'on voit bannir les foins de la
fortune ,
Er des tristes Amans la langueur importune.
Les folles paffions , & les mornes
foucis,
Quelque obftinez qu'ils foient , s'y
trouvent adoucis .
Mieux que l'ancien Vaiffeau qui bra
va le Deluge ,
32 MERCURE
Cegrand Vafe aux mortels ferviroit
de refuge,
Et les plus fiers affauts du perfide
Clement ,
N'en approchent jamais , ou le font
vainement.
C'eft icy , chers Beuveurs ,
de la Gloire ,
le
Temple
Quittez tout autre foin , & nefon
gez qu'à boire ;
Et d'une vaste coupe arrofez àplein
fonds
Vos poulmons alterez , & ves ventres
profonds.
Celebrez à l'envy dans le plaifir Bachique
,
D'un Ouvrage fi beau l'Inventeur
magnifique.
Faites volerfa gloire en cent Climats
divers ,
Luy mefme eft un miracle aux yeux
de l'Univers.
Fermer
Résumé : Autre du mesme Autheur. [titre d'après la table]
Le texte présente une œuvre dédiée au grand tonneau de Heidelberg, capable de contenir plus de 1200 muids, construit par le défunt Électeur Palatin, père de Madame. Ce tonneau est célébré comme le trône du dieu Bacchus, symbole de joie et de réconfort. À la différence de Jupiter, Bacchus offre des bienfaits quotidiens et des remèdes aux malheureux. Le tonneau est décrit comme un refuge contre les soucis et les passions tristes, plus efficace que l'arche de Noé. Les lecteurs sont invités à célébrer l'inventeur de cette merveille, considérée comme un miracle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1412
p. 33-41
Sujet du different des Habitans d'Andaye & de Fontarabie. [titre d'après la table]
Début :
Puis que les Nouvelles publiques qui parlent de temps / Sa Majesté pour maintenir ses Sujets d'Andaye dans une possession [...]
Mots clefs :
Hendaye, Fontarabie, Combats, Français, Espagnols, Couronne, Possessions, Rivière, Chevalier, Capitaine, Vaisseaux, Officiers, Pêcheurs, Attaque, Fort, Canons, Bombes, Munitions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sujet du different des Habitans d'Andaye & de Fontarabie. [titre d'après la table]
Puis que les Nouvelles publiques
qui parlent de temps
en temps des Differens furvenus
entre les Habitans
d'Andaye , & ceux de Fontarabie,
ne vous en ont point
donnéun affez entier éclairciffement
, je vay vous apprendre
d'où provient ce
Démeflé , qui a efté cauſe de
tant de petits Combats . Les
Habitans de Fontarabie pretendent
que la Riviere de
Bidaffoa ne foit pas commune
entre les François & les
Efpagnols , quoy que la feparation
qu'elle fait des deux:
34 MERCURE
Royaumes,& l'Ile de laConferéce,
foient des Titres qu'-
ils ne fçauroient contefter .
Ces pretentions font fi éloignées
de la vray -femblance ,
qu'il fuffit de les marquer
,
pour faire connoiftte qu'il y
à de la juftice à s'y oppofer.
C'eft ce que fait le Roy , &
ce que les Droits de fa Cou
ronne l'obligent de faire
pour les maintenir . Voicy
une Lettre , qui vous fera
voir l'eftat preſent de l'Af
faire.
f
GALANT. 35
A
A Andaye , ce 12. Juillet 1685.
Sa Majestépour maintenir fes Sujets d'Andaye dans
une poffeffion auffi jufte que celle
qu'ils ont de la Riviere de Bidaffea
, qui a toûjours efté commune
entre les deux Nations , a
envoyé trois Fregates fous le
commandement de M. le Chevalier
de Perinet , Capitaine de
Vaiffeau ; qui eftant arrivé le
de May fous le Canon de Fontarabie
, ne falüa cette Place , ny
n'en voya aucun Officier. Don Aguftin
de Robles, qui en eft le Gouverneur
, ne laiffa pas dés le lendemain
d'envoyer le Major de la
9.
36 MERCURE
Place avec deux Officiers de fa
Garniſon , pour offrir au Com
mandant tout ce qui dépendoit de
·buy. Fugez s'ilfut agreablement
furpris , en recevant
en recevant des avances
que les Efpagnols n'avoient jamais
faites. Ainfi poury répondre
, il envoya dés le mefme jour
M. de Roffel, Officier de Ma
rine , furfon Bord. Il eftoit accompagné
de Gardes Marines ,
fut receu dans la Place auffsbien
qu'il pouvoit l'eftre . Malgré
ce commerce de part & d'autre
comme ceux de Fontarabie ont
empeſché depuis peu une Cha
Loupe d'Andaye de fortir de la
*
GALANT.
37
Riviere , M. le Chevalier de
Perinet employe tous fesfoins &
une vigilance extraordinaire pour
faire qu'aucune de leurs Chalonpes
n'entre ny ne forte ; & il a
bloqué par mer cette Place , d'u
ne maniere qui l'affamera bientoft
, puis qu'elle eft privée de la
Pefche , qui eft l'endroit par où
elle fubfifie l'Efté.
Nos Pefcheurs François fe
voyant fi bien favoriſez par la
prefence des Vaiffeaux de guerre,
ne partent de cette Rade- là , où
ils prennent unefortgrande quantité
de Poiffon , & ils tendent
leurs filets jufque fous le Fort
38 MERCURE
du Figuier; ce que les Espagnols
n'ont pû endurer long-temps fans
en témoigner leur reffentiment,
juſque - là que
le 23. de May,
ils firent deuxdécharges de Mouf
queterie furune Chaloupe des Sujets
du Roy. Incontinent M. le
Chevalier de Perinet preſenta le
cofté au Fort ; & ayant fait preordonné
parer fes Batteries ,
aux deux autres Fregates d'en
faire autant , il commença
à les
chaftier rudement de leur infolence
par un feu continuel , qui
eut bien-toft délabré le Fort , &
démonté les pieces de Canon quiy
eftoient. Aprés qu'on eut canonné
GALANT. 39
une groffe heure , le Commandant
fit ceffer le feu , pourfaire armer
deux Chaloupes , dont il donna
le commandement à M. de Rof
fel , en luy ordonnant d'aller lever
les filets , que les Pefcheurs
avoient laiffez tendus à une portée
de Piftolet du Fort. Les Gens
qui eftoient dedans`, voyant
-ces deux Chaloupes fi bien armées
crurent nager vers eux
qu'elles s'avançoient
pour les infulter.
L'Officier en fit lever plus
de quatre cens braffes ,fans qu'ils
ofaffent tirer un coup de Moufquet.
Dés le lendemain
les Efpagnols
commencerent
à travail
40 MERCURE
ler dans leur Fort , pour mettre
leur Canon en eftat , & beaucoup
mieux àcouvert qu'il n'eftoit
auparavant. Cependant les Fregates
du Royfont toûjours moüil_
Tées au mefme endroit , & continuent
à donner aux Habitans
d'Andaye une entiere protection
pour la Pefche , les Espagnols
n'ofant fortir de deffous les Baftions
de Fontarabie pour
y aller.
Depuis que cette Relation
a efté receuë icy , on mande
que le Roy a envoyé neuf
Fluftes chargées de cent Canons
, de Mortiers, Bombes,
GALANT. 4r
Carcaffes , & autres muni
tions de guerre. Tout cela
doit débarquer à Bayonne..
qui parlent de temps
en temps des Differens furvenus
entre les Habitans
d'Andaye , & ceux de Fontarabie,
ne vous en ont point
donnéun affez entier éclairciffement
, je vay vous apprendre
d'où provient ce
Démeflé , qui a efté cauſe de
tant de petits Combats . Les
Habitans de Fontarabie pretendent
que la Riviere de
Bidaffoa ne foit pas commune
entre les François & les
Efpagnols , quoy que la feparation
qu'elle fait des deux:
34 MERCURE
Royaumes,& l'Ile de laConferéce,
foient des Titres qu'-
ils ne fçauroient contefter .
Ces pretentions font fi éloignées
de la vray -femblance ,
qu'il fuffit de les marquer
,
pour faire connoiftte qu'il y
à de la juftice à s'y oppofer.
C'eft ce que fait le Roy , &
ce que les Droits de fa Cou
ronne l'obligent de faire
pour les maintenir . Voicy
une Lettre , qui vous fera
voir l'eftat preſent de l'Af
faire.
f
GALANT. 35
A
A Andaye , ce 12. Juillet 1685.
Sa Majestépour maintenir fes Sujets d'Andaye dans
une poffeffion auffi jufte que celle
qu'ils ont de la Riviere de Bidaffea
, qui a toûjours efté commune
entre les deux Nations , a
envoyé trois Fregates fous le
commandement de M. le Chevalier
de Perinet , Capitaine de
Vaiffeau ; qui eftant arrivé le
de May fous le Canon de Fontarabie
, ne falüa cette Place , ny
n'en voya aucun Officier. Don Aguftin
de Robles, qui en eft le Gouverneur
, ne laiffa pas dés le lendemain
d'envoyer le Major de la
9.
36 MERCURE
Place avec deux Officiers de fa
Garniſon , pour offrir au Com
mandant tout ce qui dépendoit de
·buy. Fugez s'ilfut agreablement
furpris , en recevant
en recevant des avances
que les Efpagnols n'avoient jamais
faites. Ainfi poury répondre
, il envoya dés le mefme jour
M. de Roffel, Officier de Ma
rine , furfon Bord. Il eftoit accompagné
de Gardes Marines ,
fut receu dans la Place auffsbien
qu'il pouvoit l'eftre . Malgré
ce commerce de part & d'autre
comme ceux de Fontarabie ont
empeſché depuis peu une Cha
Loupe d'Andaye de fortir de la
*
GALANT.
37
Riviere , M. le Chevalier de
Perinet employe tous fesfoins &
une vigilance extraordinaire pour
faire qu'aucune de leurs Chalonpes
n'entre ny ne forte ; & il a
bloqué par mer cette Place , d'u
ne maniere qui l'affamera bientoft
, puis qu'elle eft privée de la
Pefche , qui eft l'endroit par où
elle fubfifie l'Efté.
Nos Pefcheurs François fe
voyant fi bien favoriſez par la
prefence des Vaiffeaux de guerre,
ne partent de cette Rade- là , où
ils prennent unefortgrande quantité
de Poiffon , & ils tendent
leurs filets jufque fous le Fort
38 MERCURE
du Figuier; ce que les Espagnols
n'ont pû endurer long-temps fans
en témoigner leur reffentiment,
juſque - là que
le 23. de May,
ils firent deuxdécharges de Mouf
queterie furune Chaloupe des Sujets
du Roy. Incontinent M. le
Chevalier de Perinet preſenta le
cofté au Fort ; & ayant fait preordonné
parer fes Batteries ,
aux deux autres Fregates d'en
faire autant , il commença
à les
chaftier rudement de leur infolence
par un feu continuel , qui
eut bien-toft délabré le Fort , &
démonté les pieces de Canon quiy
eftoient. Aprés qu'on eut canonné
GALANT. 39
une groffe heure , le Commandant
fit ceffer le feu , pourfaire armer
deux Chaloupes , dont il donna
le commandement à M. de Rof
fel , en luy ordonnant d'aller lever
les filets , que les Pefcheurs
avoient laiffez tendus à une portée
de Piftolet du Fort. Les Gens
qui eftoient dedans`, voyant
-ces deux Chaloupes fi bien armées
crurent nager vers eux
qu'elles s'avançoient
pour les infulter.
L'Officier en fit lever plus
de quatre cens braffes ,fans qu'ils
ofaffent tirer un coup de Moufquet.
Dés le lendemain
les Efpagnols
commencerent
à travail
40 MERCURE
ler dans leur Fort , pour mettre
leur Canon en eftat , & beaucoup
mieux àcouvert qu'il n'eftoit
auparavant. Cependant les Fregates
du Royfont toûjours moüil_
Tées au mefme endroit , & continuent
à donner aux Habitans
d'Andaye une entiere protection
pour la Pefche , les Espagnols
n'ofant fortir de deffous les Baftions
de Fontarabie pour
y aller.
Depuis que cette Relation
a efté receuë icy , on mande
que le Roy a envoyé neuf
Fluftes chargées de cent Canons
, de Mortiers, Bombes,
GALANT. 4r
Carcaffes , & autres muni
tions de guerre. Tout cela
doit débarquer à Bayonne..
Fermer
Résumé : Sujet du different des Habitans d'Andaye & de Fontarabie. [titre d'après la table]
Le texte décrit un conflit entre les habitants d'Andaye et ceux de Fontarabie au sujet de la rivière de Bidasoa. Les Espagnols affirment que cette rivière n'appartient pas aux deux nations. Pour protéger les droits de ses sujets, le roi de France envoie trois frégates commandées par le Chevalier de Perinet. À son arrivée, Perinet est reçu par des officiers espagnols, mais malgré les salutations courtoises, les Espagnols interdisent aux chaloupes d'Andaye de quitter la rivière. En réponse, Perinet bloque Fontarabie par mer, empêchant ainsi la ville de pêcher. Les pêcheurs français, sous la protection des navires de guerre, exploitent abondamment les ressources près du fort espagnol. Le 23 mai, les Espagnols ouvrent le feu sur une chaloupe française, ce qui pousse Perinet à riposter par un bombardement intense. Suite à cet incident, les Espagnols renforcent leurs fortifications. En réaction, le roi de France envoie neuf flûtes chargées de munitions à Bayonne pour renforcer la présence militaire française.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1413
p. 41-42
Monseigneur le Duc de Bourgogne disne pour la premiere fois en public avec Madame la Dauphine. [titre d'après la table]
Début :
Monseigneur le Duc de Bourgogne ayant eu trois ans accomplis [...]
Mots clefs :
Duc de Bourgogne, Madame la Dauphine, Prince, Grandeur, Esprit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Monseigneur le Duc de Bourgogne disne pour la premiere fois en public avec Madame la Dauphine. [titre d'après la table]
Monfeigneur le Duc de
Bourgogne ayant eu trois ,
ans accomplis le Lundy 6.
de ce mois ,difna pour la pre--
miere fois le lendemain en
Public avec Madame laDau
phine. Ce jeune Prince , qui
entroit ce jour là dans fa qua
triéme année , fit connoiftre
par fes manieres de Grandeur
, qu'il fentoit déja ce
qu'il eftoit. Il donna mille
marques d'efprit , qui paru
rent beaucoup au deffus de:
Aoust 1685.
D
42 MERCURE
fon âge , à tous ceux qui eurent
l'avantage de le voir.
Bourgogne ayant eu trois ,
ans accomplis le Lundy 6.
de ce mois ,difna pour la pre--
miere fois le lendemain en
Public avec Madame laDau
phine. Ce jeune Prince , qui
entroit ce jour là dans fa qua
triéme année , fit connoiftre
par fes manieres de Grandeur
, qu'il fentoit déja ce
qu'il eftoit. Il donna mille
marques d'efprit , qui paru
rent beaucoup au deffus de:
Aoust 1685.
D
42 MERCURE
fon âge , à tous ceux qui eurent
l'avantage de le voir.
Fermer
1414
p. 42-43
Bout de l'an de feuë Madame la Princesse Palatine. [titre d'après la table]
Début :
Le Jeudy 9. de ce mois, on fit un Service solemnel du [...]
Mots clefs :
Service solennel, Princesse palatine, Église, Couvent, Duchesse, Duc, Évêque, Oraison funèbre, Éloquence, Pompe funèbre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Bout de l'an de feuë Madame la Princesse Palatine. [titre d'après la table]
Le Jeudy 9. de ce mois, on
fit un Service folemnel du
bout de l'an pour Madame la
Princeffe Palatine . Il fut fait
dans l'Eglife des Carmelites
du grand Convent du Fauxbourg
Saint Jacques, en prefence
de Monfieur le Duc ,
de Madame la Ducheffe , &
de Monfieur le Duc de Bourbon.
Je ne parle point de
quantité d'autres Perſonnes
de tres-grande qualité qui
s'y trouverent. M. l'Evefque
de Meaux prononça l'OraiGALANT.
43
fon Funebre, avec un fuccés
qui ne furprit point, puiſque
l'éloquence luy eſt naturelle
, & qu'il eft prefque im
poffible d'aller au delà de
ce qu'il fait. Tout ce qui
concernoit la Pompe Funebre
, eftoit tres - bien entendu
; & l'on peut dire qu'il
y avoit de la beauté dans le
tuifte éclat de cette lugubre
magnificence,
fit un Service folemnel du
bout de l'an pour Madame la
Princeffe Palatine . Il fut fait
dans l'Eglife des Carmelites
du grand Convent du Fauxbourg
Saint Jacques, en prefence
de Monfieur le Duc ,
de Madame la Ducheffe , &
de Monfieur le Duc de Bourbon.
Je ne parle point de
quantité d'autres Perſonnes
de tres-grande qualité qui
s'y trouverent. M. l'Evefque
de Meaux prononça l'OraiGALANT.
43
fon Funebre, avec un fuccés
qui ne furprit point, puiſque
l'éloquence luy eſt naturelle
, & qu'il eft prefque im
poffible d'aller au delà de
ce qu'il fait. Tout ce qui
concernoit la Pompe Funebre
, eftoit tres - bien entendu
; & l'on peut dire qu'il
y avoit de la beauté dans le
tuifte éclat de cette lugubre
magnificence,
Fermer
Résumé : Bout de l'an de feuë Madame la Princesse Palatine. [titre d'après la table]
Le 9 du mois, un service funèbre pour Madame la Princesse Palatine a eu lieu à l'église des Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Présents : Monsieur le Duc, Madame la Duchesse, Monsieur le Duc de Bourbon et d'autres personnalités. L'évêque de Meaux a prononcé une oraison funèbre acclamée. La cérémonie était marquée par une grande magnificence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1415
p. 43-47
Morts. [titre d'après la table]
Début :
Ce ne sera point changer de matiere que de vous parler de [...]
Mots clefs :
Décès, Dame, Seigneur, Messire, Maître des requêtes, Abbé, Morts, Veuve, Cérémonies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts. [titre d'après la table]
Če ne fera point changer
de matiere que de vous par
ler de quelques Morts . Je
commenceray par celle de
Dame Madeleine Dorat,
Dij
44 MERCURE
Femme de Meffire Jean du
Bois , Seigneur du Menillet
& de Baillet , Confeiller en
la Grand' Chambre du Parlement
de Paris. Cette
mort eft arrivée fur la fin du
dernier mois . De fon Mariage
avec M.duBois du Menillet
, font venus quatre Enfans
, fçavoir , Meffire Nicolas
du Bois , Seigneur de Baillet
en France , cy devant
Avocat Genéral en la Cour
des Aydes , puis receu en
1679. Maistre des Requeſtes,
& prefentement Intendant .
de Juftice à Montauban ;
GALANT. 45
M. l'Abbé du Bois de Menillet
, Madame la Marquife
de Chantereine , & une
Fille Religieufe à Long-
Champ. M. du Bois de
Guedreville , Maistre des
Requeftes , & Preſident au
Grand Confeil , eft Frere de
M. du Bois du Menillet. Ils
portent d' Argent au Champ de
Sinople ; au Chefd' Azur , chargé
de trois Croiffans d'argent.
Le premier de ce mois
mourut Meffire François Bitaut
, Seigneur de Vaillé,
Confeiller au Grand Confeil
, & cette mort fut fuivie
46 MERCURE
peu de jours aprés de celle
de Dame Catherine de Becde-
Liévre , veuve de Meffire
Thomas de Franquetot
,
Seigneur de Carquebuc , Vaf
fy & autres lieux .
du mois
Le Dimanche 29.
paffé , M. l'Abbé de Morimond
, pourveu d'une des
quatre premieres Abbayes,
& Filles de Cifteaux , receut
icy dans l'Eglife des Bernardins
, la Benediction
Abbatiale
par M. l'Abbé Genéral
de Cifteaux. Il fut affifté
dans cette Cerémonie
de
M's les Abbez de la Charité
GALANT. 47
3
& du Pontifroid du mefme
Ordre.
de matiere que de vous par
ler de quelques Morts . Je
commenceray par celle de
Dame Madeleine Dorat,
Dij
44 MERCURE
Femme de Meffire Jean du
Bois , Seigneur du Menillet
& de Baillet , Confeiller en
la Grand' Chambre du Parlement
de Paris. Cette
mort eft arrivée fur la fin du
dernier mois . De fon Mariage
avec M.duBois du Menillet
, font venus quatre Enfans
, fçavoir , Meffire Nicolas
du Bois , Seigneur de Baillet
en France , cy devant
Avocat Genéral en la Cour
des Aydes , puis receu en
1679. Maistre des Requeſtes,
& prefentement Intendant .
de Juftice à Montauban ;
GALANT. 45
M. l'Abbé du Bois de Menillet
, Madame la Marquife
de Chantereine , & une
Fille Religieufe à Long-
Champ. M. du Bois de
Guedreville , Maistre des
Requeftes , & Preſident au
Grand Confeil , eft Frere de
M. du Bois du Menillet. Ils
portent d' Argent au Champ de
Sinople ; au Chefd' Azur , chargé
de trois Croiffans d'argent.
Le premier de ce mois
mourut Meffire François Bitaut
, Seigneur de Vaillé,
Confeiller au Grand Confeil
, & cette mort fut fuivie
46 MERCURE
peu de jours aprés de celle
de Dame Catherine de Becde-
Liévre , veuve de Meffire
Thomas de Franquetot
,
Seigneur de Carquebuc , Vaf
fy & autres lieux .
du mois
Le Dimanche 29.
paffé , M. l'Abbé de Morimond
, pourveu d'une des
quatre premieres Abbayes,
& Filles de Cifteaux , receut
icy dans l'Eglife des Bernardins
, la Benediction
Abbatiale
par M. l'Abbé Genéral
de Cifteaux. Il fut affifté
dans cette Cerémonie
de
M's les Abbez de la Charité
GALANT. 47
3
& du Pontifroid du mefme
Ordre.
Fermer
Résumé : Morts. [titre d'après la table]
Le texte évoque plusieurs décès et événements notables. Dame Madeleine Dorat, épouse de Meffire Jean du Bois, Seigneur du Menillet et de Baillet, Conseiller au Parlement de Paris, est décédée. Leur union a donné naissance à quatre enfants : Meffire Nicolas du Bois, Seigneur de Baillet, Intendant de Justice à Montauban ; l'Abbé du Bois de Menillet ; Madame la Marquise de Chantereine ; et une fille religieuse à Longchamp. M. du Bois de Guedreville, Maître des Requêtes et Président au Grand Conseil, est le frère de M. du Bois du Menillet. Leur blason est un champ de sinople avec trois croissants d'argent sur un chef d'azur. Meffire François Bitaut, Seigneur de Vaillé, Conseiller au Grand Conseil, est également décédé, suivi peu après par Dame Catherine de Becdelièvre, veuve de Meffire Thomas de Franquetot, Seigneur de Carquebuc. Le 29 du mois, M. l'Abbé de Morimond, pourvu d'une des quatre premières abbayes filles de Cîteaux, a reçu la bénédiction abbatiale dans l'église des Bernardins, en présence des Abbés de la Charité et du Pontifroid du même ordre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1416
p. 47-50
A MADAME DE M .....
Début :
Plusieurs Ouvrages galans que vous avez veus de M. Vignier, / J'Ay, Madame, une extréme passion de vous aller [...]
Mots clefs :
Passion, Constellations, Parlement, Chagrin, Magistrat, Cavaliers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MADAME DE M .....
Plufieurs
Ouvrages galans
que vous avez veus de M.
Vignier,vous ont affez divertie
, pour me donner lieu de
croire , que vous lirez la Lettre
fuivante avec plaifir. Il
l'a écrite au commencement
de ce mois à une Dame
de fes Amies.
A MADAME DE M .....
IA
Ay, Madame , une extréme
paffion de vous aller
voir dans votre belle Mai48
MERCURE
fon de campagne ; mais les
pluyes continuelles qu'il fait
s'y oppofent , & me retiennent
icy ,
Où beaucoup de monde m'aſſure
Qu'ilfait plus beau centfois ,
Quand le mauvais temps dure,
Que dans vos Prez & dans vos Bois.-
Ce dernier mois a efté fi
gens
déreglé , que des
aufli
fuperftitieux que vous en
connoiffez , fe laifferoient
facilement perfuader , que
quelques Conftellations
favorables
à Noffeigneurs du
Parlement en font la caufe,
& diroient Peut
GALANT. 49
Peut- eftre que l'Efié pretend,
De ne faire fes diligences ,
Pour donner à chacun le plaifir qu'il
attend ,
Que quand on aura les Vacances.
Mais , Madame , cela ne
m'accommoderoit
pas ; je
ne pourrois joüir de ce beau
temps fans chagrin . Tous
ces Meffieurs partiront en
foule de Paris pour n'en perdre
aucun moment . Vous en
aurez plufieurs dans voſtre
Voifinage qui voudront en
profiter ; & fi je fortois d'icy
dans le mefme temps ,je vous
trouverois affiegée d'une
Aouft 1685.
E
50 MERCURE
partie de ces graves Magiftrats
, qui fçavent fi bien fe
défaire de leurs habits longs ,
& paroiſtre avec des Cravates
auffi Cavaliers que nous.
Ainfifoit aux Champs ,ſoit en ville,
Le foin que je prendrois ſeroit fort
inutile.
C'eſt pourquoy, Madame,
Ie croy qu'il vaut mieux quej'attede,
Que l'apre Saifon des frimas
Que tous ees Meffieurs n'aimēt pas,
Les rameine oùje les demande.
Le mauvais temps que tout le monde
craint,
Ne peut faire la guerre
Aux fleurs de voftre teint
Comme aux fleurs de vôtre Parè
terre.
Ouvrages galans
que vous avez veus de M.
Vignier,vous ont affez divertie
, pour me donner lieu de
croire , que vous lirez la Lettre
fuivante avec plaifir. Il
l'a écrite au commencement
de ce mois à une Dame
de fes Amies.
A MADAME DE M .....
IA
Ay, Madame , une extréme
paffion de vous aller
voir dans votre belle Mai48
MERCURE
fon de campagne ; mais les
pluyes continuelles qu'il fait
s'y oppofent , & me retiennent
icy ,
Où beaucoup de monde m'aſſure
Qu'ilfait plus beau centfois ,
Quand le mauvais temps dure,
Que dans vos Prez & dans vos Bois.-
Ce dernier mois a efté fi
gens
déreglé , que des
aufli
fuperftitieux que vous en
connoiffez , fe laifferoient
facilement perfuader , que
quelques Conftellations
favorables
à Noffeigneurs du
Parlement en font la caufe,
& diroient Peut
GALANT. 49
Peut- eftre que l'Efié pretend,
De ne faire fes diligences ,
Pour donner à chacun le plaifir qu'il
attend ,
Que quand on aura les Vacances.
Mais , Madame , cela ne
m'accommoderoit
pas ; je
ne pourrois joüir de ce beau
temps fans chagrin . Tous
ces Meffieurs partiront en
foule de Paris pour n'en perdre
aucun moment . Vous en
aurez plufieurs dans voſtre
Voifinage qui voudront en
profiter ; & fi je fortois d'icy
dans le mefme temps ,je vous
trouverois affiegée d'une
Aouft 1685.
E
50 MERCURE
partie de ces graves Magiftrats
, qui fçavent fi bien fe
défaire de leurs habits longs ,
& paroiſtre avec des Cravates
auffi Cavaliers que nous.
Ainfifoit aux Champs ,ſoit en ville,
Le foin que je prendrois ſeroit fort
inutile.
C'eſt pourquoy, Madame,
Ie croy qu'il vaut mieux quej'attede,
Que l'apre Saifon des frimas
Que tous ees Meffieurs n'aimēt pas,
Les rameine oùje les demande.
Le mauvais temps que tout le monde
craint,
Ne peut faire la guerre
Aux fleurs de voftre teint
Comme aux fleurs de vôtre Parè
terre.
Fermer
Résumé : A MADAME DE M .....
L'auteur souhaite rendre visite à Madame de M., mais les pluies incessantes l'en empêchent. Il préfère rester à Paris plutôt que de se rendre à la campagne, où il y aurait trop de monde profitant des vacances du Parlement. Il redoute également la présence de magistrats chez elle, ce qui rendrait sa visite inutile. Il décide donc d'attendre la fin de l'été pour lui rendre visite, lorsque les magistrats seront retournés à Paris. Il souligne que le mauvais temps n'altère pas la beauté de Madame de M., contrairement aux fleurs de son jardin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1417
p. 51-52
AIR NOUVEAU.
Début :
Vous vous connoissez trop bien en Musique, pour n'estre pas / Dans un Bois la jeune Iris [...]
Mots clefs :
Iris, Verdure, Désirs, Brebis, Amour, Coeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AIR NOUVEAU.
Vous
vous connoiffez
trop bien en Mufique , pour
n'eftre pas contente de l'Air
nouveau que je vous envoye.
· Il eſt d'un fort ſça-
•
vant Homme
tout le monde.
eftimé de
AIR NOUVEAU .
D
Ans un Bois la jeune Iris
Sur la verdure nouvelle ,
Carreffoit l'autre jour ſa plus chere
Brebis;
Tircis y vint , & s'affit auprés
d'elle.
Par les plus doux tranſports que l'amour
faffe naistre ,
Ils exprimoient tous deux mille tendres
defirs ,
E ij
52. MERCURE
La Brebis troubloit leurs plaifirs ,
Iris l'envoya paiftre.
Amour , je me fuis plaint cent fois
Des rigueurs de tes loix ,
Ton feu m'eftoit insupportable ;
Mais je me trompois bien.
Un coeur eft miferable
Depuis qu'il n'aime rien.
vous connoiffez
trop bien en Mufique , pour
n'eftre pas contente de l'Air
nouveau que je vous envoye.
· Il eſt d'un fort ſça-
•
vant Homme
tout le monde.
eftimé de
AIR NOUVEAU .
D
Ans un Bois la jeune Iris
Sur la verdure nouvelle ,
Carreffoit l'autre jour ſa plus chere
Brebis;
Tircis y vint , & s'affit auprés
d'elle.
Par les plus doux tranſports que l'amour
faffe naistre ,
Ils exprimoient tous deux mille tendres
defirs ,
E ij
52. MERCURE
La Brebis troubloit leurs plaifirs ,
Iris l'envoya paiftre.
Amour , je me fuis plaint cent fois
Des rigueurs de tes loix ,
Ton feu m'eftoit insupportable ;
Mais je me trompois bien.
Un coeur eft miferable
Depuis qu'il n'aime rien.
Fermer
Résumé : AIR NOUVEAU.
L'auteur envoie un nouvel air musical intitulé 'Air Nouveau'. Cet air décrit Iris, une jeune femme, caressant sa brebis dans un bois. Tircis s'approche et ils expriment leur amour. La brebis les dérange, Iris l'envoie paître. Le narrateur évoque les rigueurs de l'amour, reconnaissant la misère du cœur sans amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1418
p. 52-92
Relation de tout ce qui s'est passé à Tripoly. [titre d'après la table]
Début :
J'ay ramassé avec soin toutes les Lettres qui parlent de [...]
Mots clefs :
Tripoli, Flotte, Amiral, Marquis, Chaloupes, Muraille, Vaisseaux, Armée, Guerres, Charles Quint, Turcs, Gouvernement, Grand seigneur, Forteresse, Mer, Bombardement, Galiotes, Ennemis, Bombes, Port, Cavalerie, Lieutenant, Funeste, Marchands, Otages, Trésors, Diamant, Joyaux, Argent, Ornements, Signature de paix, Blessés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation de tout ce qui s'est passé à Tripoly. [titre d'après la table]
J'ay ramaffé avec foin tou
tes les Lettres qui parlent
de l'affaire de Tripoli, afin de
vous en donner uneRelation
plus ample que celles qui ont
efté veuës ; c'est ce que je fais
toûjours , quand jay à traiter
quelque matiere importante
. La Flote commandée
par M. le Maréchal d'EGALANT.
53
ftrées Vice-Amiral de Fran
ce , eftant partie le 17. de
Juin de l'Ifle de Lampedouze
, arriva le 19. devant Tripoli
, où M. le Marquis
d'Anfreville croifoit avecM.
de Nefmond. L'on moüilla
avec un tres-beau temps, environà
deux lieues au large
de la Ville ; mais lefond s'étant
trouvéfort méchant,M.
de Tourville, fuivy de quelques
Chaloupes armées , alla
la nuit pour fonder jufque
fous les Murailles de Tripoli
; & ayant trouvé un plus
beau fond , M. d'Anfreville
E iij
54 MERCURE
leva l'Ancre , & alla moüiller
avec un autre Vaiffeau à
une lieuë de la Ville . Enfui
te le refte de l'Armée appareilla
pour venir moüiller
fur la mefme ligne. L'on
ne fçauroit découvrir que
les Murailles & les Fortereffes
, parce que la Ville eft
baffe , auffi bien que toute la
Cofte , qui eft fi dangereufe
, qu'il y a eu quelques-uns
de leurs Vaiffeaux qui s'y
font perdus. Cette Ville
qu'on appelle Tripoli de
Barbarie , eft grande , fort
ancienne , & la Capitale
f
1
GALANT. 55
d'un Royaume de ce nom .
Elle a efté baſtie par les Romains
fous le Régne de Trajan
, dont on voit encore diverfes
antiquitez. Elle porte
le nom de Tripoli , à caufe
de trois grands Ecueils ou
Rochers à fleur d'eau , qui
font à l'entrée de fon Port.
Elle a efté aux Genois qui
en furent chaffez par les Efpagnols.
Ce fut Dom Pedro
Navarro qui la prit en
1503. Ce Capitaine Efpagnol
eft celuy qui s'eſt ſignalé
dans les Guerres que
nous avons eues en Italie..
F iiij
56 MERCURE
L'Empereur Charles Quint,
donna Tripoli aux Chevaliers
de Jerufalem en 1525.
aprés qu'ils eurent perdu l'Ifle
de Rhodes
en 1522. Sinam
Bafla & Dragut Amiraux
de Soliman Empereur des
Turcs, ayant affiegé Malthe
inutilement , prirent Tripoli
en 1551. avec une Armée
Navale de cent cinquante
Vaiffeaux. Les Turcs en
eftant les maiſtres , en firent
un Gouvernement , où ils
envoyerent un Bacha ; mais
les Peuples s'eftant apperceus
que ces Bachas qui n'y
GALANT. $7
demeuroient que trois ou
quatre ans , emportoient des
fommes confiderables , ce
qui leur eſtoit d'un grand
>
préjudice
de ce dangereux Gouvernement
& fe mirent fur le
pied de Republique , commandée
par un d'entr'eux,
comme Tunis & Alger , ce
qui s'eft maintenu jufqu'à
prefent fous la protection du
Grand Seigneur. La principale
de leurs Fortereffes , &
qui avance le plus dans la
mer , s'appelle le Mandry.
C'est une groffe Tour gars'affranchirent
58 MERCURE
nie de Canon , & bien bâtie.
Il y en a plufieurs autres
fur le bord de la Mer.Le
Corps de la Place eft caché
par deux grands Baſtions
affez forts , fur lesquels il y
a plufieurs embrafeures . On
y compte foixante quatre
pieces de Canon en batterie.
L'Etat eft affez grand
entre la Mer & le Royaume
de Tunis , mais il y a peu
de Villes. Outre une premiére
Ville de Tripoli auffi
en Afrique , nommée Tripoli
Vecchio , qui eft l'ancienne
Sabrata fur la Mer MediterGALANT.
59
ranée , & dont l'air eft fi
mauvais , qu'elle eft prefque
demeurée fans Habitans , il
fe trouve encore deux autres
Villes de ce mefme
nom , qui appartiennent au
Turc. L'une eft Tripoli de
Natolie , Ville de la Turquie
d'Afie fur la Mer noire , &
l'autre Tripoli de Surie , Ville
& Port de Mer d'Afie, fur
la Mediterranée .
M. le Maréchal d'Eftrées.
ayant mouillé devant Tripoli
, & le mauvais temps
ne permettant pas d'abord
de rien entreprendre , on fe
60 MERCURE
contenta d'envoyer toutes
les nuits quelques Chaloupes
en garde , avec d'autres
petits Baftimens , où les Genéraux
s'embarquerent pour
reconnoiftre l'entrée du
Port , & faire prendre un
Plan de la Place qui fuft regulier.
Cela ſe fit juſqu'au 22 .
de Juin , que l'on donna ordre
aux cinq Bombardes
de fe préparer. Les Capitaines
firent démâter leurs
Huniers , & mirent leurs
Mortiers en place. Les
Chaloupes des Vaiffeaux de
Guerre allerent moüiller
GALANT. 61
des Ancres à portée de Canon
de la Ville , afin de ſe
pouvoir haler fur ces Ancres
pour tirer. On travailloit
avec une extréme diligence
lors qu'on découvrit fur la
Cofte trois Galiotes à Rames
, commandées par M.
le Motheux . M. du Mené,
& M. de Septemes qui
avoient quitté l'Armée par
ordre la
rejoignirent ce
mefme jour , & fournirent
des
détachemens pour le
foir. Ils furent compoſez de
quatorze grandes Chaloupes
à Rames ; des trois Ga
62 MERCURE
liotes , & de plufieurs autres
Baſtimens pour le ſervice
des Bombardes , qui commencerent
àfe haler fur les
huit heures du foir. M. de
Tourville qui commandoit
l'attaque , fit pofter les Baſtimens
armez à l'entrée du
Port , pour empefcher les
entrepriſes des Ennemis , &
les Galiotes à Bombes eftant
poftées à l'endroit marqué,
commencerent de jetter des
Bombes dans la Ville vers
les dix heures de ce mefme
foir. M. de Landoüillet,
Commiffaire Genéral , &
GALANT. 63
commandant une Compagnie
de Bombardiers , & M.
de Pointy commandant les
Galiotes à Bombes , avoient
fi bien mis toutes chofes en
état , qu'elles réüffirent comme
on fe l'eftoit promis .
Les Bombardiers tirerent
fort jufte ; mais cette Ville
qui les autres nuits avoit
fait un feu confiderable de
Moufqueterie fur nos Chaloupes
, qui n'en pouvoient
eſtre endommagées , changea
de conduite , & ne tira
pas un feul coup fur les
Bombardes qui en eſtoient
64 MERCURE
fort proches , & dont elle eftoit
tres-incommodée . L'on
continua de rirer juſqu'au
lendemain 23. à fix heures
du matin , que les détachemens'
fe retirerent avec les
Bomb.rdes , aprés avoir jetté
cinq cens Bombes . Pendant
tout ce temps , foit
que le feu de ces Bombes
qui tomboient dans les Batteries
des Tripolins, les empeſchaft
d'y refter,foit qu'ils
fuffent perfuadez qu'il eftoit
inutile de tirer , ils furent
toûjours dans une égale tran
quilité.
GALANT. 65
Les Bombardes demeurerent
au Poſte du Moüillage
jufques au foir qu'elles eurent
ordre de fe préparer avec
les Détachemens ordinaires
. Elles prirent chacu--
ne cent Bombes , &
du
leur eftoit neceffaires
le vent s'eftant rafraifchy ,
elles ne purent tirer que fur
les deux heures aprés minuit
24. ce qu'elles firent, fans
eftre incommodées du Canon
de la Ville , non plus
que le jour précedent, quoy
que les Bombes y fuffent jetrées
fi jufte , qu'on y vit le
Louſt 1685.
F
66 MERCURE
feu en plufieurs endroits.
M. le Maréchal d'Eftrées
ayant un autre deffein que
de leur jetter des Bombes,
commanda un détachement
pour aller fonder jufdans
le Port le fond
qu il pouvoit avoir , & defcendre
fur l'écueil le plus
proche de la Ville , afin de
voir s'il y auroit affez de terrain
pour y dreffer une Batterie
, d'où l'on puſt ruiner
la Place & les Fortereffes.
M. de Landoüillet , & M. de
Pointy s'embarquerent dans
une Chaloupe , & partirent
GALANT. 67
›
à dix heures du matin pour
aller au Port avec une Ga--
liote à Rames , commandée
par M. le Motheux , & cinq
Chaloupes
armées. Les Tripolins
commencerent
alors
à faire un grand feu ; mais ,
leur
Canon , quoy que
bien fervy ,
n'empefcha pas
que l'on n'abordaft
l'Ecueil,,
qui eft à une portée de
Moufquet de la Ville , & par
confequent
exposé à toutes
leurs Batteries M'S de Lán--
doüillet & de Pointy mi--
rent pied à terre fur l'Ecueil ,
&
connurent tout qui pou
E ij
68 MERCURE
voit fervir au deffein qu'on
- avoit pris. Pendant que les
cinq Chaloupes , malgré le
feu violent que faifoient les
Ennemis , fonderent dans le
Port , & à l'entour de l'Ecueil
, où l'on trouva un
beau fond , on vit au bord
de la Mer quantité de Troupes
de Cavalerie & d'Infanterie
, fur lesquelles M. de la
Guiche Lieutenant de Vaif
feau , commandant la premiere
des cinq Chaloupes,
tìra quelques coups de Canon
; ce qui furprit d'autant
plus les Ennemis , qu'ils n'aGALANT.
69
voient jamais veu que des
Chaloupes euffent du Canon.
Ceux qui eſtoient fur
l'Ecueil
, ayant remarqué
tout ce qu'ils vouloient fçavoir
, fe rembarquerent
, &
revinrent avec le détachement
. Plufieurs Boulets de
Canon porterent dans la
Galiote à Rames , de l'éclat
de l'un defquels , M. le Motheux
qui la commandoit
,
eut la cuiffe fracaffée . Trois
Soldats ou Matelots
y furent
auffi bleffez. Il y eut
plufieurs coups de Canon
dans les autres Chaloupes
;
70 MERCURE
mais elles n'en receurent au
cun dommage. M. le Comte
d'Eftrées , commandant
le Capable qui eftoit à la voile
pendant cette affaire , re--
vira de bord fur les Fortereffes
pour les canonner ;;
mais les Chaloupes s'eftant
retirées de deffous le feu
de la Ville , & le Vent s'étant
rafraiſchy , il revint :
moüiller auffi bien que la
Galiote qui avoit tiré
des Bombes jufqu'alors. Il
en tomba quelques - unes
dans la Ville , tandis que
le :
Peuple eftoit affemblé. Elless
GALANT. 71
tuerent environ trente
Hommes , & ce fracas fit
pouffer des cris épouventables.
Les Tripolins déconcertez
par l'effet des Bombes
, & incertains de ce
qu'on vouloit entreprendre
dans leur Port , fongerent
à fe garantir d'une Guerre,
dont la fin ne leur pouvoit
eftre que funefte , ce qu'ils
jugeoient aisément par l'intrépidité
de ceux qui en
plein jour , & malgré un feu
continuel , avoient abordé
un endroit , dont ils fe
croyoient entierement maî72
MERCURE
'
tres.
-
Ainfi ils réfolurent
d'envoyer demander la Paix,
& fur le midy on vit fortir
une Chaloupe avec un Pavillon
blanc. Elle vint à
bord de M. le Maréchal d'E
ftrées , & il parut un Vieillard
âgé de quatre – vingt
quatorze ans , qui aprés l'avoir
falué, luy dit. Jefuis l'infortuneTrik
, Beaupere de Babahaffan,
chaffe d' Alger ily a deux
ans, aprésy en avoir regné vingt
en qualité de Dey, & toujours
Amydes François .Je viens de la
du Divan de Tripoli , pour
Sçavoir ce que vous souhaitez,
part
&
GALANT. 73
eftre Médiateur de la Paix.
Cette propofition fut fort
bien receuë. M. le Maréchal
d'Eftrées répondit
, que
les Tripolins n'ignorant pas
les raiſons qui obligeoient
les François à les attaquer,
pouvoient aisément s'imaginer
de quelle façon il fal-
Toit agir pour faire finir la
Guerre ; qu'il vouloit bien
faire dreffer des Articles, fur
lefquels ils auroient à prendre
leurs meſures , & que
pour leur en faciliter les
moyens , non feulement il
leur accordoit une Tréve
Aoust 1685.
G
74 MERCURE
jufqu'au lendemain midy;
mais mefme qu'il leur envoyeroit
des Officiers auf
quels ils pourroient déclarer
leurs fentimens , mais
que s'ils vouloient profiter
d'une occafion fi favorable,
il falloit le faire fans aucun
delay , parce qu'il n'avoit
pas envie de perdre un feul
moment de beau temps.
Trik promit de leur faire
entendre ponctuellement
ces circonftances , & aprés
avoir affeuré M. le Maréchal
d'Eftrées qu'il avoit laiffé la
Villle dans une entiere dif
GALANT. 75
pofition à la Paix , il partit
du Vaiffeau laiffant pour
Oftage un des principaux
de Tripoli , qui eftoit venu
avec luy , pendant que M.
de Reymond , Major de
l'Armée , & M. de la Croix
Interprete, iroient à la Ville.
On tira cinq coups de Canon
pour le falüer à fon départ
, ce qui raffeura les Habitans
, que l'effet des Bombes
avoit jettez dans une
confternation
ble.M.de Reymond y partit
dans le mefme temps avec
M. de la Croix , & eſtant arinexprima-
Gij
76 MERCURE
rivé à la Ville , il fe rendit
chez le Dey, auquel il dit de
la part de M.le Vice- Amiral,
que l'on eftoit informé du
deffein que les Tripolins
avoient de faire la Paix , &
que s'il vouloit fçavoir à
quelles conditions on la
pouvoit obtenir , il n'avoit
qu'à préparer fon Confeil,
auquel on viendroit les expliquer
le lendemain . Le
Dey témoigna beaucoup de
joye d'une déclaration fi
avantageufe ; il affeura qu'il
employeroit tous les foins
pour mettre les Affaires en
GALANT. 77
état d'eſtre concluës au plûtoft
, & comme les honneftetez
font toûjours d'un
bon préfage dans le commencement
d'un Traité , il
en fit beaucoup à M. de
Reymond , qui en s'embar--
fut falué de plufieurs
quant y
coups de Canon .
Trix qui eftoit refté la nuit
dans la Ville , vint dés le ma---
tindu 25.à bord des Vaiffeaux , ›
pour prendre les Officiers
chargez des Conditions fous
lefquelles M. le Maréchal
d'Eftrées accordoit la Paix
aux Tripolins . Ils allerent
78 MERCURE
chez leDey ; & les plus confiderables
de Tripoli s'y eftant
rendus , on leut des articles .
Les principaux confiſtoient
à donner deux cens mille
écus pour le dédommagement
des prifes qu'ils avoiét
faites fur les Marchands Fráçois
, & à rendre tous les Efclaves
Chreftiens ; non feulement
les François , mais les
autres pris fous la Baniere
de France. Ils parurent étonnez
de ce qu'on leur demandoit
pour ce dédommagement.
Ils dirent qu'à la veri- ›
té ils avoient fait quelques
GALANT. 79
priſes , mais qu'il s'en falloit
beaucoup qu'elles n'allaſſent
à une fomme fi confiderable .
Ils ajoûterent qu'il leur feroit
entierement impoffible
de la trouver ; & ayant of
fert cent mille écus , ils prierent
avec tant de foûmiffion
& d'inftance qu'on diminuaft
la fomme qui leur ef
toit demandée
, que pour fi
nir toute conteftation , on la
modera à celle de cinq cens
mille livres ; ils tomberent
d'accord de la donner , avec
tous les Efclaves François
, &
dirent qu'à l'égard de la fom-
•
Giiij
80 MERCURE
me , ils en payeroient une
partie dés le lendemain , &
qu'ils fourniroient le refte
dans le terme de vingt jours.
On leur en accorda quinze,.
à condition que pendant ce
temps , ils envoyeroient des
Boeufs chaque jour pour la
fubfiftance des Equipages.
Pour ce qui eft des Efclaves,
ils affeurèrent qu'ils alloient ,
commencer à rendre tous
ceux qu'ils avoient dans la
Ville & fes Dépendances ,
environ au nombre de deux
cens, & que quatre cens autres
eftant partis dans les fept
GALANT. 8t
Vaiffeaux qu'ils avoient au
fervice du Grand Seigneur
contre les Venitiens , ils envoyeroient
dix des Principaux
d'entr'eux pour Oftage
en France , juſqu'à ce que
le retour de ces Vaiffeaux
les mift en pouvoir de renvoyer
ces Efclaves . Ils en
rendirent cent quatre -vingtdés
le lendemain 26. & envoyerent
deux Oltages. M..
Robert Commiffaire de la
Marine , alla ce mefme jour
à la Ville avec M. Biet , Secretaire
de M. le Maréchal
d'Etrées, pour recevoir cent
82 MERCURE
cinquante mille livres , qu'ils
avoient promis de donner.
Ils manquerent de parole ,
& n'apporterent que fort
peu de chofe , alleguant des
difficultez que le Peuple avoit
fait naiftre . C'eſtoient
autant de fauffes raifons ,
pour voir s'il n'y auroit pas
moyen de diminuer la fomme.
Cette conduite penfa
leur coûter de nouvelles pertes
. Les Galiotes à Bombes
s'eftoient retirées d'auprés
de la Ville. On les avoit fait
remafter de leurs Mafts de :
Hunes , & elles avoient reGALANT.
83
pris leurs voiles , & tout ce
qu'elles avoient quitté pour
tirer. M. le Vice - Amiral
voyant les Tripolins en balance,
leur fit dire qu'il trouveroit
les moyens de fe faire
tenir parole. En mefme teps
il ordonna aux Bombardes
de fe tenir preftes pour jetter
des Bombes au premier
fignal . En effet, elles mirent
bas leurs Mafts de Hune , &
s'approcherent de la Ville.
Cette difpofition effraya les
Tripolins . Ils avoient éprouvé
à leurs dépens ce qu'ils
avoient à craindre des Bom84
MERCURE
bes ; & le Dey voyant qu'on
alloit recommencer tout de
bon à en jetter , refolut de
tout remettre en uſage pour
en détourner l'effet. Le peuple
fe laiffa perfuader aiſément
, & offrit de contribuer
autant qu'il pourroit au
payement d'une fomme qui
devoir finir la guerre . On
impofa une taxe , & quelques
- uns des principaux
ayant dit qu'il eftoit honteux
d'accepter la Paix, & de
rendre les Efclaves , le Dey
fit couper la tefte à
des al riches ; &
quatre
par cet
GALANT. 85
1
I
exemple , cruel à la verité ,
mais fort neceffaire , il donna
lieu à la contribution de
la fomme que les Tripolins
avoient accordée. C'eft ce
qu'on apprit d'une Chaloupe
qu'ils envoyerent à bord.
Le 27. outre l'argent monnoyé,
& les lingots , ils apporterent
des bagues , des
colliers, des diamans , & plufieurs
autres joyaux de prix,
qu'ils ne faifoient point difficulté
d'ofter à leurs fem
mes , pour affeurer leur repos.
Ils rendirent auffi un
Vaiffeau Marchand du Ca86
MERCURE
pitaine Jean Carle de Marfeille
, qu'ils avoient pris
quelque temps auparavant.
Ils eurent jufqu'au 9. de Juillet
, à fournir la fomme entiere
, foit en argent , foit en
marchandiſe ; & ils donnerent
jufqu'aux Lampes d'argent
de la Sinagogue des
Juifs , aufquelles ils ajoûterent
des Harnois enrichis
d'argent , les ornemens des
Mitres des Janiffaires , & la
Pomme d'argent doré du
grand Etendard . M. le Vice-
Amiral avoit refolu de ne
point figner la Paix qu'aprés
GALANT. 87
ce temps-là ; mais ayant appris
que le Peuple qui avoit
abandonné la Ville , ne vouloit
point y rentrer qu'on ne
l'euft mis hors d'eftat de
craindre les Bombes , envoya
fon Secretaire à la maifon
du Dey , qui de fon coſté
luy envoya un Chaoux pour
ratifier la Paix . Ainſi M. de
la Croix, qui en avoit mis les
Articles en langue Turque ,
les leut en plein Divan ; &
aprés cette lecture , les Tripolins
la fignerent , & y mirent
le Sceau . Ils tirerent
vingt- cinq coups de Canon ,
88 MERCURE
pour faire paroiftre leur rẻ-
joüiffance ; & ils en tirerent
enfuite un pareil nombre
pour falüer M. le Maréchal
d'Eftrées. Un Patron Maltois,
forty de leur Port, avoit
affeuré qu'il y avoit plufieurs
maifons abattuës , plus de
trois cens perfonnes tuées ,
& que tous les Habitans ef
toient fi épouvantez
, qu'il
n'y a rien qu'ils n'euffent
donné pour avoir la Paix . Ils
demanderent un Conful de
la Nation Françoiſe , & M.
Martinet fut nommé pour
cet Employ , en attendant
GALANT. 89
les ordres de Sa Majesté. Si-
I toft que le Pavillon de Fran- -
ce parut fur la Maiſon , les
Tripolins tirerent encore
vingt-cinq coups de Canon
pour le falüer.
3
Cette Relation vous fem
bleroit imparfaite, fi je la finiffois
fans vous dire quel--
que chofe de particulier
de M. le Motheux , Capitai--
ne de Fregate legere , qui a
efté le feul Officier bleffe . Il
eut la cuiffe caffée en deux
endroits d'un éclat de boulet
de Canon, qui donna dans
la Galiote qu'il comman
Aguſt1685
H.
90 MERCURE
-
doit, comme je vous l'ay dé
ja marqué. M. le Motheux
eft tres diftingué dans le
Corps de la Marine. Il n'a
trouvé aucune occafion de
fe fignaler , qu'il n'ait embraffée
avec une ardeur digne
de fon zele. Il commandoit
une Galiote à l'affaire
d'Alger ; & il s'expoſoit avec
tant d'intrepidité & de valeur
, que les Officiers Generaux
furent obligez de luy
envoyer dire qu'il fe retiraft ;
à quoy il répondit , qu'il ef
toit neceffaire qu'il occupaft
le Poſte où il eftoit pour le
1
GALANT. GT
fervice de Sa Majesté . A la
defcente qui fut faite à Ge
nes , il fe trouva à la tefte des
Grenadiers , qui chafferent
tout ce qu'il y avoit de Troupes
dans Saint Pierre d'Are
ne ; & le refte de la Campagne
, il eut le commande--
ment de trois Galiotes à Ra-+
mes , avec lesquelles il pritt
dans la Riviere de Gehes
plufieurs petits Baftimens ,
qu'il aima mieux brûler que
d'écouter aucune ' dest propofitions
que luy firent lest
Proprietaires de ces Baftia !
mens, qui fe foûmettoient ài
Hij
92 MERCURE
luy payer tout ce qu'il voudroit
leur demander pour les
rendre . Il leur répondit , que
les Officiers qui avoient l'ho
neur de commander les Vaiffeaux
du Roy, eftoient incapables
de confentir à des
compofitions qui leur fuf
fent perfonnelles , & fit mettre
le feu à leurs Baftimens.
en leur preſence.
tes les Lettres qui parlent
de l'affaire de Tripoli, afin de
vous en donner uneRelation
plus ample que celles qui ont
efté veuës ; c'est ce que je fais
toûjours , quand jay à traiter
quelque matiere importante
. La Flote commandée
par M. le Maréchal d'EGALANT.
53
ftrées Vice-Amiral de Fran
ce , eftant partie le 17. de
Juin de l'Ifle de Lampedouze
, arriva le 19. devant Tripoli
, où M. le Marquis
d'Anfreville croifoit avecM.
de Nefmond. L'on moüilla
avec un tres-beau temps, environà
deux lieues au large
de la Ville ; mais lefond s'étant
trouvéfort méchant,M.
de Tourville, fuivy de quelques
Chaloupes armées , alla
la nuit pour fonder jufque
fous les Murailles de Tripoli
; & ayant trouvé un plus
beau fond , M. d'Anfreville
E iij
54 MERCURE
leva l'Ancre , & alla moüiller
avec un autre Vaiffeau à
une lieuë de la Ville . Enfui
te le refte de l'Armée appareilla
pour venir moüiller
fur la mefme ligne. L'on
ne fçauroit découvrir que
les Murailles & les Fortereffes
, parce que la Ville eft
baffe , auffi bien que toute la
Cofte , qui eft fi dangereufe
, qu'il y a eu quelques-uns
de leurs Vaiffeaux qui s'y
font perdus. Cette Ville
qu'on appelle Tripoli de
Barbarie , eft grande , fort
ancienne , & la Capitale
f
1
GALANT. 55
d'un Royaume de ce nom .
Elle a efté baſtie par les Romains
fous le Régne de Trajan
, dont on voit encore diverfes
antiquitez. Elle porte
le nom de Tripoli , à caufe
de trois grands Ecueils ou
Rochers à fleur d'eau , qui
font à l'entrée de fon Port.
Elle a efté aux Genois qui
en furent chaffez par les Efpagnols.
Ce fut Dom Pedro
Navarro qui la prit en
1503. Ce Capitaine Efpagnol
eft celuy qui s'eſt ſignalé
dans les Guerres que
nous avons eues en Italie..
F iiij
56 MERCURE
L'Empereur Charles Quint,
donna Tripoli aux Chevaliers
de Jerufalem en 1525.
aprés qu'ils eurent perdu l'Ifle
de Rhodes
en 1522. Sinam
Bafla & Dragut Amiraux
de Soliman Empereur des
Turcs, ayant affiegé Malthe
inutilement , prirent Tripoli
en 1551. avec une Armée
Navale de cent cinquante
Vaiffeaux. Les Turcs en
eftant les maiſtres , en firent
un Gouvernement , où ils
envoyerent un Bacha ; mais
les Peuples s'eftant apperceus
que ces Bachas qui n'y
GALANT. $7
demeuroient que trois ou
quatre ans , emportoient des
fommes confiderables , ce
qui leur eſtoit d'un grand
>
préjudice
de ce dangereux Gouvernement
& fe mirent fur le
pied de Republique , commandée
par un d'entr'eux,
comme Tunis & Alger , ce
qui s'eft maintenu jufqu'à
prefent fous la protection du
Grand Seigneur. La principale
de leurs Fortereffes , &
qui avance le plus dans la
mer , s'appelle le Mandry.
C'est une groffe Tour gars'affranchirent
58 MERCURE
nie de Canon , & bien bâtie.
Il y en a plufieurs autres
fur le bord de la Mer.Le
Corps de la Place eft caché
par deux grands Baſtions
affez forts , fur lesquels il y
a plufieurs embrafeures . On
y compte foixante quatre
pieces de Canon en batterie.
L'Etat eft affez grand
entre la Mer & le Royaume
de Tunis , mais il y a peu
de Villes. Outre une premiére
Ville de Tripoli auffi
en Afrique , nommée Tripoli
Vecchio , qui eft l'ancienne
Sabrata fur la Mer MediterGALANT.
59
ranée , & dont l'air eft fi
mauvais , qu'elle eft prefque
demeurée fans Habitans , il
fe trouve encore deux autres
Villes de ce mefme
nom , qui appartiennent au
Turc. L'une eft Tripoli de
Natolie , Ville de la Turquie
d'Afie fur la Mer noire , &
l'autre Tripoli de Surie , Ville
& Port de Mer d'Afie, fur
la Mediterranée .
M. le Maréchal d'Eftrées.
ayant mouillé devant Tripoli
, & le mauvais temps
ne permettant pas d'abord
de rien entreprendre , on fe
60 MERCURE
contenta d'envoyer toutes
les nuits quelques Chaloupes
en garde , avec d'autres
petits Baftimens , où les Genéraux
s'embarquerent pour
reconnoiftre l'entrée du
Port , & faire prendre un
Plan de la Place qui fuft regulier.
Cela ſe fit juſqu'au 22 .
de Juin , que l'on donna ordre
aux cinq Bombardes
de fe préparer. Les Capitaines
firent démâter leurs
Huniers , & mirent leurs
Mortiers en place. Les
Chaloupes des Vaiffeaux de
Guerre allerent moüiller
GALANT. 61
des Ancres à portée de Canon
de la Ville , afin de ſe
pouvoir haler fur ces Ancres
pour tirer. On travailloit
avec une extréme diligence
lors qu'on découvrit fur la
Cofte trois Galiotes à Rames
, commandées par M.
le Motheux . M. du Mené,
& M. de Septemes qui
avoient quitté l'Armée par
ordre la
rejoignirent ce
mefme jour , & fournirent
des
détachemens pour le
foir. Ils furent compoſez de
quatorze grandes Chaloupes
à Rames ; des trois Ga
62 MERCURE
liotes , & de plufieurs autres
Baſtimens pour le ſervice
des Bombardes , qui commencerent
àfe haler fur les
huit heures du foir. M. de
Tourville qui commandoit
l'attaque , fit pofter les Baſtimens
armez à l'entrée du
Port , pour empefcher les
entrepriſes des Ennemis , &
les Galiotes à Bombes eftant
poftées à l'endroit marqué,
commencerent de jetter des
Bombes dans la Ville vers
les dix heures de ce mefme
foir. M. de Landoüillet,
Commiffaire Genéral , &
GALANT. 63
commandant une Compagnie
de Bombardiers , & M.
de Pointy commandant les
Galiotes à Bombes , avoient
fi bien mis toutes chofes en
état , qu'elles réüffirent comme
on fe l'eftoit promis .
Les Bombardiers tirerent
fort jufte ; mais cette Ville
qui les autres nuits avoit
fait un feu confiderable de
Moufqueterie fur nos Chaloupes
, qui n'en pouvoient
eſtre endommagées , changea
de conduite , & ne tira
pas un feul coup fur les
Bombardes qui en eſtoient
64 MERCURE
fort proches , & dont elle eftoit
tres-incommodée . L'on
continua de rirer juſqu'au
lendemain 23. à fix heures
du matin , que les détachemens'
fe retirerent avec les
Bomb.rdes , aprés avoir jetté
cinq cens Bombes . Pendant
tout ce temps , foit
que le feu de ces Bombes
qui tomboient dans les Batteries
des Tripolins, les empeſchaft
d'y refter,foit qu'ils
fuffent perfuadez qu'il eftoit
inutile de tirer , ils furent
toûjours dans une égale tran
quilité.
GALANT. 65
Les Bombardes demeurerent
au Poſte du Moüillage
jufques au foir qu'elles eurent
ordre de fe préparer avec
les Détachemens ordinaires
. Elles prirent chacu--
ne cent Bombes , &
du
leur eftoit neceffaires
le vent s'eftant rafraifchy ,
elles ne purent tirer que fur
les deux heures aprés minuit
24. ce qu'elles firent, fans
eftre incommodées du Canon
de la Ville , non plus
que le jour précedent, quoy
que les Bombes y fuffent jetrées
fi jufte , qu'on y vit le
Louſt 1685.
F
66 MERCURE
feu en plufieurs endroits.
M. le Maréchal d'Eftrées
ayant un autre deffein que
de leur jetter des Bombes,
commanda un détachement
pour aller fonder jufdans
le Port le fond
qu il pouvoit avoir , & defcendre
fur l'écueil le plus
proche de la Ville , afin de
voir s'il y auroit affez de terrain
pour y dreffer une Batterie
, d'où l'on puſt ruiner
la Place & les Fortereffes.
M. de Landoüillet , & M. de
Pointy s'embarquerent dans
une Chaloupe , & partirent
GALANT. 67
›
à dix heures du matin pour
aller au Port avec une Ga--
liote à Rames , commandée
par M. le Motheux , & cinq
Chaloupes
armées. Les Tripolins
commencerent
alors
à faire un grand feu ; mais ,
leur
Canon , quoy que
bien fervy ,
n'empefcha pas
que l'on n'abordaft
l'Ecueil,,
qui eft à une portée de
Moufquet de la Ville , & par
confequent
exposé à toutes
leurs Batteries M'S de Lán--
doüillet & de Pointy mi--
rent pied à terre fur l'Ecueil ,
&
connurent tout qui pou
E ij
68 MERCURE
voit fervir au deffein qu'on
- avoit pris. Pendant que les
cinq Chaloupes , malgré le
feu violent que faifoient les
Ennemis , fonderent dans le
Port , & à l'entour de l'Ecueil
, où l'on trouva un
beau fond , on vit au bord
de la Mer quantité de Troupes
de Cavalerie & d'Infanterie
, fur lesquelles M. de la
Guiche Lieutenant de Vaif
feau , commandant la premiere
des cinq Chaloupes,
tìra quelques coups de Canon
; ce qui furprit d'autant
plus les Ennemis , qu'ils n'aGALANT.
69
voient jamais veu que des
Chaloupes euffent du Canon.
Ceux qui eſtoient fur
l'Ecueil
, ayant remarqué
tout ce qu'ils vouloient fçavoir
, fe rembarquerent
, &
revinrent avec le détachement
. Plufieurs Boulets de
Canon porterent dans la
Galiote à Rames , de l'éclat
de l'un defquels , M. le Motheux
qui la commandoit
,
eut la cuiffe fracaffée . Trois
Soldats ou Matelots
y furent
auffi bleffez. Il y eut
plufieurs coups de Canon
dans les autres Chaloupes
;
70 MERCURE
mais elles n'en receurent au
cun dommage. M. le Comte
d'Eftrées , commandant
le Capable qui eftoit à la voile
pendant cette affaire , re--
vira de bord fur les Fortereffes
pour les canonner ;;
mais les Chaloupes s'eftant
retirées de deffous le feu
de la Ville , & le Vent s'étant
rafraiſchy , il revint :
moüiller auffi bien que la
Galiote qui avoit tiré
des Bombes jufqu'alors. Il
en tomba quelques - unes
dans la Ville , tandis que
le :
Peuple eftoit affemblé. Elless
GALANT. 71
tuerent environ trente
Hommes , & ce fracas fit
pouffer des cris épouventables.
Les Tripolins déconcertez
par l'effet des Bombes
, & incertains de ce
qu'on vouloit entreprendre
dans leur Port , fongerent
à fe garantir d'une Guerre,
dont la fin ne leur pouvoit
eftre que funefte , ce qu'ils
jugeoient aisément par l'intrépidité
de ceux qui en
plein jour , & malgré un feu
continuel , avoient abordé
un endroit , dont ils fe
croyoient entierement maî72
MERCURE
'
tres.
-
Ainfi ils réfolurent
d'envoyer demander la Paix,
& fur le midy on vit fortir
une Chaloupe avec un Pavillon
blanc. Elle vint à
bord de M. le Maréchal d'E
ftrées , & il parut un Vieillard
âgé de quatre – vingt
quatorze ans , qui aprés l'avoir
falué, luy dit. Jefuis l'infortuneTrik
, Beaupere de Babahaffan,
chaffe d' Alger ily a deux
ans, aprésy en avoir regné vingt
en qualité de Dey, & toujours
Amydes François .Je viens de la
du Divan de Tripoli , pour
Sçavoir ce que vous souhaitez,
part
&
GALANT. 73
eftre Médiateur de la Paix.
Cette propofition fut fort
bien receuë. M. le Maréchal
d'Eftrées répondit
, que
les Tripolins n'ignorant pas
les raiſons qui obligeoient
les François à les attaquer,
pouvoient aisément s'imaginer
de quelle façon il fal-
Toit agir pour faire finir la
Guerre ; qu'il vouloit bien
faire dreffer des Articles, fur
lefquels ils auroient à prendre
leurs meſures , & que
pour leur en faciliter les
moyens , non feulement il
leur accordoit une Tréve
Aoust 1685.
G
74 MERCURE
jufqu'au lendemain midy;
mais mefme qu'il leur envoyeroit
des Officiers auf
quels ils pourroient déclarer
leurs fentimens , mais
que s'ils vouloient profiter
d'une occafion fi favorable,
il falloit le faire fans aucun
delay , parce qu'il n'avoit
pas envie de perdre un feul
moment de beau temps.
Trik promit de leur faire
entendre ponctuellement
ces circonftances , & aprés
avoir affeuré M. le Maréchal
d'Eftrées qu'il avoit laiffé la
Villle dans une entiere dif
GALANT. 75
pofition à la Paix , il partit
du Vaiffeau laiffant pour
Oftage un des principaux
de Tripoli , qui eftoit venu
avec luy , pendant que M.
de Reymond , Major de
l'Armée , & M. de la Croix
Interprete, iroient à la Ville.
On tira cinq coups de Canon
pour le falüer à fon départ
, ce qui raffeura les Habitans
, que l'effet des Bombes
avoit jettez dans une
confternation
ble.M.de Reymond y partit
dans le mefme temps avec
M. de la Croix , & eſtant arinexprima-
Gij
76 MERCURE
rivé à la Ville , il fe rendit
chez le Dey, auquel il dit de
la part de M.le Vice- Amiral,
que l'on eftoit informé du
deffein que les Tripolins
avoient de faire la Paix , &
que s'il vouloit fçavoir à
quelles conditions on la
pouvoit obtenir , il n'avoit
qu'à préparer fon Confeil,
auquel on viendroit les expliquer
le lendemain . Le
Dey témoigna beaucoup de
joye d'une déclaration fi
avantageufe ; il affeura qu'il
employeroit tous les foins
pour mettre les Affaires en
GALANT. 77
état d'eſtre concluës au plûtoft
, & comme les honneftetez
font toûjours d'un
bon préfage dans le commencement
d'un Traité , il
en fit beaucoup à M. de
Reymond , qui en s'embar--
fut falué de plufieurs
quant y
coups de Canon .
Trix qui eftoit refté la nuit
dans la Ville , vint dés le ma---
tindu 25.à bord des Vaiffeaux , ›
pour prendre les Officiers
chargez des Conditions fous
lefquelles M. le Maréchal
d'Eftrées accordoit la Paix
aux Tripolins . Ils allerent
78 MERCURE
chez leDey ; & les plus confiderables
de Tripoli s'y eftant
rendus , on leut des articles .
Les principaux confiſtoient
à donner deux cens mille
écus pour le dédommagement
des prifes qu'ils avoiét
faites fur les Marchands Fráçois
, & à rendre tous les Efclaves
Chreftiens ; non feulement
les François , mais les
autres pris fous la Baniere
de France. Ils parurent étonnez
de ce qu'on leur demandoit
pour ce dédommagement.
Ils dirent qu'à la veri- ›
té ils avoient fait quelques
GALANT. 79
priſes , mais qu'il s'en falloit
beaucoup qu'elles n'allaſſent
à une fomme fi confiderable .
Ils ajoûterent qu'il leur feroit
entierement impoffible
de la trouver ; & ayant of
fert cent mille écus , ils prierent
avec tant de foûmiffion
& d'inftance qu'on diminuaft
la fomme qui leur ef
toit demandée
, que pour fi
nir toute conteftation , on la
modera à celle de cinq cens
mille livres ; ils tomberent
d'accord de la donner , avec
tous les Efclaves François
, &
dirent qu'à l'égard de la fom-
•
Giiij
80 MERCURE
me , ils en payeroient une
partie dés le lendemain , &
qu'ils fourniroient le refte
dans le terme de vingt jours.
On leur en accorda quinze,.
à condition que pendant ce
temps , ils envoyeroient des
Boeufs chaque jour pour la
fubfiftance des Equipages.
Pour ce qui eft des Efclaves,
ils affeurèrent qu'ils alloient ,
commencer à rendre tous
ceux qu'ils avoient dans la
Ville & fes Dépendances ,
environ au nombre de deux
cens, & que quatre cens autres
eftant partis dans les fept
GALANT. 8t
Vaiffeaux qu'ils avoient au
fervice du Grand Seigneur
contre les Venitiens , ils envoyeroient
dix des Principaux
d'entr'eux pour Oftage
en France , juſqu'à ce que
le retour de ces Vaiffeaux
les mift en pouvoir de renvoyer
ces Efclaves . Ils en
rendirent cent quatre -vingtdés
le lendemain 26. & envoyerent
deux Oltages. M..
Robert Commiffaire de la
Marine , alla ce mefme jour
à la Ville avec M. Biet , Secretaire
de M. le Maréchal
d'Etrées, pour recevoir cent
82 MERCURE
cinquante mille livres , qu'ils
avoient promis de donner.
Ils manquerent de parole ,
& n'apporterent que fort
peu de chofe , alleguant des
difficultez que le Peuple avoit
fait naiftre . C'eſtoient
autant de fauffes raifons ,
pour voir s'il n'y auroit pas
moyen de diminuer la fomme.
Cette conduite penfa
leur coûter de nouvelles pertes
. Les Galiotes à Bombes
s'eftoient retirées d'auprés
de la Ville. On les avoit fait
remafter de leurs Mafts de :
Hunes , & elles avoient reGALANT.
83
pris leurs voiles , & tout ce
qu'elles avoient quitté pour
tirer. M. le Vice - Amiral
voyant les Tripolins en balance,
leur fit dire qu'il trouveroit
les moyens de fe faire
tenir parole. En mefme teps
il ordonna aux Bombardes
de fe tenir preftes pour jetter
des Bombes au premier
fignal . En effet, elles mirent
bas leurs Mafts de Hune , &
s'approcherent de la Ville.
Cette difpofition effraya les
Tripolins . Ils avoient éprouvé
à leurs dépens ce qu'ils
avoient à craindre des Bom84
MERCURE
bes ; & le Dey voyant qu'on
alloit recommencer tout de
bon à en jetter , refolut de
tout remettre en uſage pour
en détourner l'effet. Le peuple
fe laiffa perfuader aiſément
, & offrit de contribuer
autant qu'il pourroit au
payement d'une fomme qui
devoir finir la guerre . On
impofa une taxe , & quelques
- uns des principaux
ayant dit qu'il eftoit honteux
d'accepter la Paix, & de
rendre les Efclaves , le Dey
fit couper la tefte à
des al riches ; &
quatre
par cet
GALANT. 85
1
I
exemple , cruel à la verité ,
mais fort neceffaire , il donna
lieu à la contribution de
la fomme que les Tripolins
avoient accordée. C'eft ce
qu'on apprit d'une Chaloupe
qu'ils envoyerent à bord.
Le 27. outre l'argent monnoyé,
& les lingots , ils apporterent
des bagues , des
colliers, des diamans , & plufieurs
autres joyaux de prix,
qu'ils ne faifoient point difficulté
d'ofter à leurs fem
mes , pour affeurer leur repos.
Ils rendirent auffi un
Vaiffeau Marchand du Ca86
MERCURE
pitaine Jean Carle de Marfeille
, qu'ils avoient pris
quelque temps auparavant.
Ils eurent jufqu'au 9. de Juillet
, à fournir la fomme entiere
, foit en argent , foit en
marchandiſe ; & ils donnerent
jufqu'aux Lampes d'argent
de la Sinagogue des
Juifs , aufquelles ils ajoûterent
des Harnois enrichis
d'argent , les ornemens des
Mitres des Janiffaires , & la
Pomme d'argent doré du
grand Etendard . M. le Vice-
Amiral avoit refolu de ne
point figner la Paix qu'aprés
GALANT. 87
ce temps-là ; mais ayant appris
que le Peuple qui avoit
abandonné la Ville , ne vouloit
point y rentrer qu'on ne
l'euft mis hors d'eftat de
craindre les Bombes , envoya
fon Secretaire à la maifon
du Dey , qui de fon coſté
luy envoya un Chaoux pour
ratifier la Paix . Ainſi M. de
la Croix, qui en avoit mis les
Articles en langue Turque ,
les leut en plein Divan ; &
aprés cette lecture , les Tripolins
la fignerent , & y mirent
le Sceau . Ils tirerent
vingt- cinq coups de Canon ,
88 MERCURE
pour faire paroiftre leur rẻ-
joüiffance ; & ils en tirerent
enfuite un pareil nombre
pour falüer M. le Maréchal
d'Eftrées. Un Patron Maltois,
forty de leur Port, avoit
affeuré qu'il y avoit plufieurs
maifons abattuës , plus de
trois cens perfonnes tuées ,
& que tous les Habitans ef
toient fi épouvantez
, qu'il
n'y a rien qu'ils n'euffent
donné pour avoir la Paix . Ils
demanderent un Conful de
la Nation Françoiſe , & M.
Martinet fut nommé pour
cet Employ , en attendant
GALANT. 89
les ordres de Sa Majesté. Si-
I toft que le Pavillon de Fran- -
ce parut fur la Maiſon , les
Tripolins tirerent encore
vingt-cinq coups de Canon
pour le falüer.
3
Cette Relation vous fem
bleroit imparfaite, fi je la finiffois
fans vous dire quel--
que chofe de particulier
de M. le Motheux , Capitai--
ne de Fregate legere , qui a
efté le feul Officier bleffe . Il
eut la cuiffe caffée en deux
endroits d'un éclat de boulet
de Canon, qui donna dans
la Galiote qu'il comman
Aguſt1685
H.
90 MERCURE
-
doit, comme je vous l'ay dé
ja marqué. M. le Motheux
eft tres diftingué dans le
Corps de la Marine. Il n'a
trouvé aucune occafion de
fe fignaler , qu'il n'ait embraffée
avec une ardeur digne
de fon zele. Il commandoit
une Galiote à l'affaire
d'Alger ; & il s'expoſoit avec
tant d'intrepidité & de valeur
, que les Officiers Generaux
furent obligez de luy
envoyer dire qu'il fe retiraft ;
à quoy il répondit , qu'il ef
toit neceffaire qu'il occupaft
le Poſte où il eftoit pour le
1
GALANT. GT
fervice de Sa Majesté . A la
defcente qui fut faite à Ge
nes , il fe trouva à la tefte des
Grenadiers , qui chafferent
tout ce qu'il y avoit de Troupes
dans Saint Pierre d'Are
ne ; & le refte de la Campagne
, il eut le commande--
ment de trois Galiotes à Ra-+
mes , avec lesquelles il pritt
dans la Riviere de Gehes
plufieurs petits Baftimens ,
qu'il aima mieux brûler que
d'écouter aucune ' dest propofitions
que luy firent lest
Proprietaires de ces Baftia !
mens, qui fe foûmettoient ài
Hij
92 MERCURE
luy payer tout ce qu'il voudroit
leur demander pour les
rendre . Il leur répondit , que
les Officiers qui avoient l'ho
neur de commander les Vaiffeaux
du Roy, eftoient incapables
de confentir à des
compofitions qui leur fuf
fent perfonnelles , & fit mettre
le feu à leurs Baftimens.
en leur preſence.
Fermer
Résumé : Relation de tout ce qui s'est passé à Tripoly. [titre d'après la table]
En juin, le maréchal d'Estrées, vice-amiral de France, mena une expédition contre Tripoli. La flotte, partie de Lampedouse, atteignit Tripoli le 19 juin. Cette ville, ancienne capitale romaine, était alors sous contrôle ottoman dirigé par un bacha. En raison du mauvais temps, la flotte française envoya des chaloupes pour explorer le port. Le 22 juin, les bombardes françaises commencèrent à bombarder la ville. Les défenseurs de Tripoli ne répondirent pas aux tirs. Les Français réussirent à aborder un écueil près du port et à le sonder, ce qui impressionna les habitants de Tripoli, les incitant à entamer des négociations de paix. Un représentant tripolin, Trik, proposa une médiation, et une trêve fut accordée jusqu'au lendemain midi. Les négociations aboutirent à un accord stipulant que Tripoli devait verser 500 000 livres pour compenser les prises faites sur les marchands français et libérer les esclaves chrétiens. Initialement, les Tripolitains ne respectèrent pas leur promesse, mais ils finirent par payer la somme totale en argent et en biens précieux. La paix fut officiellement signée le 9 juillet. Les Tripolitains demandèrent la nomination d'un consul français, et Monsieur Martinet fut désigné pour ce poste. Le capitaine Motheux, blessé lors de l'incident, était reconnu pour son courage et son dévouement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1419
p. 92-130
Arrests & Declarations. [titre d'après la table]
Début :
Il est temps de vous parler des nouveaux Arrests du Conseil [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Ecclésiastique, Officiers, Ministres, Déclaration, Arrêts du conseil, Peine, Procès, Charge, Parlements, Édits, Procureur, Temples, Fonctions, Privilèges, Interdiction, Notaire, Démolition, Amende
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arrests & Declarations. [titre d'après la table]
Il est temps de vous parler
des nouveaux Arrests du Cófeil
d'Eftat , & des dernieres
Declarations du Roy contre
les Pretendus Reformez .
Leur grand nombre vous
GALANT. 93
fa
confirmera ce que je vous
ay dit plufieurs fois , que la
deftruction de l'Herefie eft
la principale affaire à laquelle
Sa Majeſté applique fes
foins ; & que ce Monarque ,
qui ne fe fait pas moins admirer
par fa pieté que par
fageſſe , regarde le falut des
Ames de fes Sujets , comme
la conquefte qui luy peut
donner le plus de gloire. Il a
paru trois Arrefts rendus au
Confeil d'Eftat le neuviéme
du mois paffé. Il y en avoit
déja un du 14 de May , par
lequel Sa Majefté avoit fait
94 MERCURE
defenfes à ceux qui font comis
pour la reception des
Imprimeurs & Libraires
d'en admettre à l'avenir aucuns
de la Religion Pretenduë
Reformée . On empefchoit
par là que les Libraires
de cette Religion , ne puſ
fent , ainfi qu'ils ont fait par
le paffé , vendre des Livres,
& autres Ecrits meflez de
Difcours fcandaleux & diffamatoires
, contre le refpect
dû aux veritez Catholiques ;
ce qui leur eftoit naturel ,
non feulement comme Li-
Braires , mais comme Parri
*
GALANT. 95
fans zelez d'une Religion
contraire à la noftre . Sa Majefté
s'étant fait repreſenter
cet Arreft , & ayant confideré
qu'on ne pouvoit apporter
un entier remede à ce
defordre,tant que les Libraires
& Imprimeurs qui ont
efté cy-devant receus , continueroient
d'exercer la Librairie
, ordonna Que l'Arreft
du quatorziéme May dernier
feroit executé felon fa forme &
teneur; y ajoutant , Elle a fait
de tres- expreffès Defenfes à tous
Libraires Imprimeurs de la
Religion Pretenduë Reformée, de
96 MERCURE
faire à l'avenir aucunes fonctions
de Librairie , à peine de confifca-
་
tion de leurs Livres , Formes ,
Marchandifes , &c.
9.
Le fecond Arreft rendu
le Juillet au Confeil d'Etat,
eft fondé fur ce que ceux
de la Religion Pretenduë
Reformée ont confervé des
Cimetieres en pluſieurs Vil--
les & Lieux du Royaume, où
l'Exercice de cette Religion
a efté interdit , & qu'ils continuent
à y enterrer les corps
morts . Comme ils ne peuvent
faire ces Enterremens
fans y paroiftre publiquement
GALANT. 97
S
ment affemblez ; ce qui eft
contraire aux Defenfes de
faire aucun Exercice , & que
d'ailleurs les Peuples n'étant
plus àccoûtumez à voir dans
ces Lieux l'exercice d'une
Religion differente de la
leur, de pareils Enterremens
pourroient donner lieu à des
émotions populaires, Sa Majefté
voulant y pourvoir , A
ordonné Que dans les Villes ,
Bourgs & Lieux du Royaume
où il n'y a plus d'exercice de la
Religion Pretendue Reformée ,
ceux de cette Religion ne pour-.
ront y avoir des Cimetiere , &
Aoust 1685.
I
98 MERCURE
qu'ils ferons obligez de délaiffer
dans fix mois ceux qu'ils y ont
àprefent , leur eftant permis defe
pourvoir d'autres Cimetieres hors
de ces Villes , Bourg's & Lieux
où il n'y a plus d'Exercice; s'ils
ne pouvoient trouver de lieux
les
Fuges propres
pour cela
Royaux
leur en marqueront
,
moyennant
quoy ils feront tenus
de payerces lieux aux Proprietai_
res , felon le rapport des Experts,
dont les Parties conviendront
, ou
que les Fuges nommeront
d'office.
Le troifiéme
Arreſt a esté
rendu au Confeil
d'Etat
le
mefine
jour 9. Juiller
, à las
•Lohr frub.
I
*
GALANT. 99
follicitation de M's les Archevefques
, Evefques , &
autres Ecclefiaftiques Députez
à l'Affemblée Generale
du Clergé de France ,
tenue à Saint Germain en
S
Laye. Ils ont repreſenté
qu'encore que le Clergé en
genéral ait deffein de n'affermer
les Biens Ecclefiaftiques
à aucun de ceux de la
Religion Prétenduë Reformée
, voulant en cela fe regler
fur ce qui a efté fait par
Sa Majefté , qui a exclus
ceux de cetteReligion de fes
Fermes & Receptes gené-
I ij
100 MERCURE
rales de fes Finances , & Receptes
particulieres desTailles
, neanmoins ils ont efté
informez que fous differens
prétextes , plufieurs Religionnaires
tiennent encore
des Fermes des Ecclefiaftiques
, ou font Cautions de
ceux qui les font valoir . Le
Roy ayant eſté ſupplié par
eux d'y pourvoir , a fait de
tres - expreffes défenfes à tous les
Ecclefiaftiques du Royaume , de
donner à ferme leurs biens Ecclefiaftiques
à aucuns de la Religion
Prétendue Reformée,ny de les recevoirpour
Cautions de leursFerGALANT.
IOI
mes >
à peine de confifcation au
profit de l'Hofpital du lieu , ou de
celuy qui s'en trouvera le plus proche
, des Revenus qui leur feroient
affermez , ou defquels ils
feroient Cautions, & de mille livres
d'amende contre les Prétendus
Reformez qui feroient Fermiers
ou Cautions, applicable à ces
mefmes Hofpitaux. Sa Majefté
ordonne par ce mefine
que
Arreſt , dans un an pout tout
delay
, les Ecclefiaftiques
dont les
Fermes
font
prefentement
tenues
par les Religionnaires
, on dont ils
font
Cautions
, feront
obligez
de
réfoudre
leurs Baux
à ferme
, t),
I iij.
102 MERCURE
Actes de cautionnement , fans toutefois
qu'ils foient déchargez de
la garantie des Fermes ou cautionnement
pour le paffé,fur quoy
Les Ecclefiaftiques les pourront
pourfuture. On ne peut trop
louer Meffieurs du Clergé
d'avoir demandé cét Arreft
auRoy . Une fréquente communication
entre des Gens
de Religion contraire eft
toûjours à éviter , & c'eft ce
qui feroit difficile de faire à
ceux que des intereſts confiderables
engageroient à
quelque commerce.
Le Roy par Arreſt de fon
GALANT. 103
4 .
Confeil du de Mars 1683-
ordonna à tous les Officiers
de fa Maiſon , & des Maifons
Royales , faifant profef
fion de la Religion Prétendue
Reformée , de fe dé- met
tre de leurs Charges, les déclarant
décheus de tous les
Privileges qui pourroient y
eftre attribuez ; & comme
il refte quelques Veuves
d'Officiers décedez dans
cette Religion , qui joüiſlent
encore actuellement des
Privileges attribuez aux
Charges dont leurs Maris
ont efté pourveus , il a efté
Lijij
104 MERCURE
donné un nouvel Arreft du
Confeil d'Etat le 13. du mois
paffé , par lequel Sa Majesté
déclare toutes Veuves d'Officiers
de fa Maiſon & des Maifons
Royales , lefquelles font profeffion
de la Religion Prétenduë Reformée
, décheuës dés à prefent de
tous les Privileges attribuez aux
Charges que poffedoient leurs
Maris , leur faifant défenfes de
s'en fervir , & à tous Fuges d'y
avoir égard.Il n'y arien de plus
équitable que cét Arreſt .
Puis qu'il eft permis au
moindre Particulier d'employer
à fon ſervice telles
GALANT. 105
Perfonnes qu'il veut , il doit
eftre encore bien plus libre
au Roy de ne fe fervir que
de Catholiques , & lors qu'il
exclut les Prétendus Reforinez
des Charges de fa Maifon
, les Privileges qui y font
attachez ne doivent plus
avoir aucun lieu .
Il y a eu cinq Déclarations
du Roy , enregistrées
Parlement le 26. du mefme
mois de Juillet. La premiere
a eſté donnée fur ce que
les Catholiques qui fervent
ceux de la Religion Prétenduë
Reformée, en qualité de
106 MERCURE
Domeftiques ,font employés
fouvent par leurs Maiſtres à
des occupations qui les empefchent
de fuivre ce qui eft
prefcrit par les Commandemens
de l'Eglife pour l'obfervation
des Feftes , & des
jours de Jeûnes & d'Abftinence
, & mefine fur ce qu'il
arrive que plufieurs de cette
Religion, aprés avoir perverty
leurs Domestiques Catho
liques , les obligent de paffer
dans les Pays Etrangers pour
quitter leur Religion , &
profeffer la Prétendue Reformée
tombant par là
GALANT 107
dans les cas des peines portées
par les Edits de Sa Majefté
contre ceux qui fe pervertiffent
, ou qui fortent du
Royaume
fans fa permiffion .
Le Roy toûjours remply de
bonté pour fes Sujets , voulant
ofter aux
Catholiques
les occafions
de defobeir
aux Commandemens
de l'Eglife
, & d'encourir
les peines
portées par fesEdits ,a déclaré
qu'il luy plaift, Qu'aucun
defes Sujets Catholiques ne puiffe
fous quelque pretexte que ce
fort ,fervir en qualité de Domeftique
les Pretendus Reformez,
108 MERCURE
aufquels il eftfait de tres expreffes
défenfes de les prendre à leur
Service en quelque qualité que ce
foit , à peine de mille livres d'amende
pour chaque contravention
, & pour donner moyen aux
Catholiques de fe pourvoir , &
aux Pretendus Reformez de
prendre d'autres Domestiques que
des Catholiques , Sa Majesté
leur a accordé le temps de fix mois
du jour que cette Déclaration aura
efté publiée & enregistrée,
aprés lequel temps , Elle veutqu'il
foit procedé concre les Pretendus
Reformez , qui fe trouveront
avoir des Domestiques Catholi
GALANT. 109
ques , qu'ils foient condamnez
à l'amende des mille livres à la
Requeſte de fes Procureurs Genéraux
, & de leurs Subftituts , chacun
dans l'étendue de fa Furifdiction.
Cette Déclaration
a
d'autant
plus de juftice que
ceux qui font reduits à fervir
, eſtant la pluſpart fort
jeunes , & ne voyant point
de Catholiques
chez les Religionnaires
, il eſt fort aiſé
de les ſurprendre à cauſe de
la foibleffe
de l'âge.
Voicy le motif de la feconde
Déclaration
. On a
reconnu que plufieurs de la
110 MERCURE
Religion Pretenduë Reformée
, aprés avoir eſté perſuadez
de leur erreur , avoient
efté détournez de rentrer
dans le fein de l'Eglife Catholique
par les Miniftres
établis dans les lieux de leur
demeure , qui par une longue
habitude s'emparent de
leurs efprits , & leur infpirent
des fentimens contraires
à leur Salut. Pour empefcher
ce defordre , le Roy
ordonna par fon Edit du
mois d'Aouft 1684. que les
Miniftres de la Religion Prétenduë
Reformée
ne pourGALANT.
III
roient exercer leur Miniftere
durant plus de trois ans
dans un meſme lieu , ny
eftre établis Miniftres en
d'autres lieux, s'ils n'eftoient
au moins éloignez de vingt
lieuës de ceux où ils auroient
exercé leur Miniftere. Quoy
que cét Edit ne porte aucune
exception , les Pretendus
Reformez ont voulu l'interpreter
à leur avantage
, &
faire entendre que les Miniftres
qui font exercice
dans les Fiefs n'y font pas
compris , fe fondant fur ce
que ces Miniftres doivent
1
112 MERCURE
eftre regardez comme des
Domestiques à gages de
'ceux chez qui ils exercent
leur Miniftere . Pour remedier
à cét abus ,le Roy a déclaré
qu'il luy plaiſt , Qu'à
l'avenir les Miniftres de la Religion
Pretendue Reformée ne
puiffent exercer leur Miniftere
plus de trois années confecutives
dans un mefme lieu , foit d'exercices
publics , réels , ou de Fiefs,
ny aprés ce temps , ny mesme avant
qu'ilfoit expiré , eftre envoyez
pour faire la fonction de
Minift e en aucun lieu de la mesme
Province ou autre , qu'il ne
GALANT. 113
foit éloigné au moins de vingt
lienës de tous ceux où ils auront
déja exercé leur Miniftere , fans
qu'ils puiffent retourner en aucun
des mefmes lieux où ils en au
ront fait les fonctions pour lesy
faire de nouveau , que douze ans
aprés en eftre fortis , avec de tres
expreffes défences de demeurer
aprés avoir ceffé l'exercice de leur
Miniftere , ou de s'établir dans
la fuite comme Particuliers , fous
quelque pretexte que ce foit , dans
les lieux où ils auront efté Minifres
, nyplus prés que de fix licies;
le tout fous les peines portées parcét
Edit du mois d' Aoust 1684,-
Aouſt 1685.
K
114 MERCURE
.
Les Prétendus Reformez
n'ont aucun lieu de fe plaindre
de cette nouvelle Déclaration
, puis que le Roy
ne leur ofte rien , & que les
trois ans eftant finis , d'autres
Miniftres prennent la place
de ceux qui font obligez de
fe retirer.
que
Il n'y a rien de plus jufte
la troifiéme Déclaration
. Plufieurs Femmes Catholiques
, veuves de Maris
qui faifoient profeſſion de
la Religion Frétenduë Reformée
, eftant inquietées
dans la conduite , & dans
1
8.
GALANT. 115
l'éducation de leurs Enfans,
par les Parens de leurs Ma--
ris , qui leur font établir des
Tuteurs ou Subrogez Tu--
teurs , profeffant leur mef
me Religion , le Roy voulant
donner à ces Veuvess
Catholiques dans la perte
de leurs Maris , la confolation
de pouvoir en veillant
aux biens & à l'avantage de
leurs Enfans , leur procurer
celuy d'eftré inftruits & éle
vez dans la veritable Reli--
gion , a déclaré qu'il luy
plaift , Que les enfans agez de
quatorze ans & au deffous, dones
Kij;
116 MERCURE
les Peres font morts dans la Religion
Pretenduë Reformée , &
qui auront leurs Meres Catholiques
, foient élevez & inftruits
dans la Religion Catholique , &
qu'il ne puiffe leur eſtre donné
pour Tuteurs ou Curateurs , d'autres
que des Catholiques , à peine
contre les Contrevenans, d'amende
& de banniffement pour neuf
ans du reffort des Bailliages , Senechauffees
, ou Justices Royales
du lieude leurdemeure , avec défences
aux Ministres de la Religion
Pretenduë Reformée , &
aux Anciens des Confistoires , de
fouffrir les Enfans des Meres Ca
GALANT. 117
tholiques dans leurs Temples , à
peine contre les Miniftres qui les
y auront foufferts , d'eftre condamnez
à Amende - honorable,
&au Banniſſement à perpetuité
hors du Royaume , avec confifcation
de leurs biens , & interdiction
d'exercice pour toujours dans
les lieux où la contravention aura
efté faite. On fuit par
regles de la Nature
veut qu'une Mere demeurée
veuve , foit Maiftreffe de
fes Enfans pendant leur minorité.
,
là les
qui
Le Roy par plufieurs Edits,
a exclus les Pretendus Refor118
MERCURE
mez , de toutes Charges de:
Judicature , mefme de celles
de Notaires , Procureurs
Huiffiers & Sergens ; & com→
me les Avocats ont beau→ -
dans la pourcoup
de part
fuite des Procez , à cauſe
qu'ils donnent
leursAvis aux
Parties fur la conduite
qu'elles
ont à y tenir , Sa Majeſté
ne jugeant pas moins neceffaire
d'exclure
ceux de la Re--
ligion Pretenduë
Reformée
des fonctions
d'Avocats
, quedes
autres Charges
de Judi--
catúre A declaré qu'Elle
veut Qu'à l'avenir ceux de cette
*
GALANT. 119
Religion ne feront plus receus
Docteurs aux Loix dans les Univerfitez
du Royaume , ny à prefter
Serment d'Avocats ; à quoy
Elle enjoint à fes Avocats
Procureurs Generaux , e leurs:
Subftituts , de tenir la main.
Il n'a pas fuffi à la pieté du
Roy , d'ordonner à tous Notaires
, Procureurs , Huiffiers
& Sergens qui faifoient profeffion
de la Religion Pretenduë
Reformée , de fe démettre
de leurs Offices en
faveur des Catholiques ; Sa
Majesté ayant eſté avertie
que plufieurs de ceux qui
120 MERCURE
poffedoient ces Offices , s'étoient
placez prés des Juges,
Avocats , & autres Officiers
de Juftice , & continuoient
leurs fonctions fous ce pretexte
, ſe meſlant journellement
de plufieurs Affaires ,
Elle a voulu y pourvoir ; &
pour empeſcher un tel abus,
Elle a defendu tres- expreßément
à tous Fuges , Avocats , Notaires
, Procureurs , Sergens , Huiffiers
& Praticiens , de fe fervir
d'aucuns Clercs de la Religion
Pretenduë Reformée , à peine de
mille livres d'amende contre les
Contrevenans,applicable à l'Hofpital
GALANT. 121
pital du lieu , ou le plus proche de
ce mefme lieu. Cette Declaration
eftoitune fuite neceffaire
de la precedente.
Je viens d'en voir deux
nouvelles , qui ont efté enregiſtrées
au Parlement le
14. de ce mois. La premiere
porte , que depuis l'Interdiction
de l'Exercice de la Réligion
Pretenduë Reformée,
& la démolition des Temples
en divers lieux du Royaume,
foit parce qu'ils y avoient
efté établis au prejudice de
l'Edit de Nantes , foit parce
qu'on avoit contrevenu aux
Aouſt 1685. L
122 MERCURE
Edits & Declarations de Sa
Majefté , les Pretendus Reformez
viennent & abor
dent de differens Bailliages
& Senéchauffées aux Temples
qui fubfiftent , quoy
qu'ils en foient éloignez de
plus de trente lieuës , en forte
que cette affluence de
Peuple caufe des attroupemens
dans les lieux où l'Exercice
eft permis, du fcandale
dans ceux où ils paſſent,
par les irreverences qu'ils
commettent devant les Eglifes
, & des querelles avec
les Catholiques , par leur
GALANT. 123
de marche tant de nuit que
jour , pendant laquelle ils
chantent leurs Pleaumes à
haute voix , au prejudice des
Défenfes qui en onteſté faites
par divers Arreſts & Declarations
. Comme ces Af
femblées tumultueufes pourroient
avoir de fâcheufes
ſuites , Sa Majeſté , qui veut
empefcher la continuation
de ces defordres , A declaré
qu'il luy plaift , Qu'aucunes
Perfonnes de la Religion Pretendue
Reformée ne puiffent doref
navant aller à l'Exercice aux
Temples qui fe trouveront dans
Lij
124 MERCURE
l'étendue des Bailliages & Senéchauffées
où elles n'ont pas leur
principal domicile , ny fait leur
demeure ordinaire pendant un an
fans difcontinuation, avec de tresexpreffes
Defenses aux Minif
tres & Anciens de les y recevoir,
à peine d'interdiction de l'Exercice
, & démolition des Temples
contre les Miniftres , d'eftre
privez pour toûjours desfonctions
de leur Miniftere dans le Royanme.
La prudence veut , que
dans un Etat bien police , on
empêche tout ce qui approche
de l'attroupement
, &
cela fait voir avec combien
“
GALANT. 125
d'équité cette Declaration a
efté donnée .
La feconde qui a eſté enregiftrée
au Parlement le
mefine jour 14. de ce mois ,
regarde de certains Juges.
Le Roy ayant trouvé à propos
d'ofter aux Confeillers
de fes Cours de Parlement,
qui font encore de la Religion
Pretenduë Reformée,
la connoiffance des Procez
Civils & Criminels des Ecclefiaftiques
, leur faifant
• auffi Defenſes d'eftre Rapporteurs
de ceux des perſonnes
qui auroient abjuré la
L
iij
126 MERCURE
mefme Religion , & de connoiftre
des contraventions
aux Edits & Declarations qui
la concernent ; Sa Majefté a
eſté informée , que quelques
Officiers Catholiques , qui
ont leurs femmes de la Religion
Pretenduë Reformée ,
favorifent dans les Procez
les Particuliers qui en font
auffi profeſſion , à cauſe de
l'accés que ces Particuliers
trouvent auprés d'eux par le
moyen de leurs Femmes , aux
prieres & follicitations def
quelles fe laiffant fouvent
perfuader , ils n'ont pas une
"
GALANT. 127
entiere exactitude, pour faire:
executer regulierement ſes
Edits , & foûtenir l'intereft
de l'Eglife Catholique ; &
voulant rompre le cours d'un
abus fi dangereux , Elle a declaré
qu'il luy plaift , Que les
Officiers Catholiques de fes Cours
de Parlement , & des Juftices in
ferieures , dont les Femmes font
de la Religion Pretenduë Refor
mée , ne puiffent à l'avenir eftre
Rapporteurs d'aucuns Precez , ou
des Ecclefiaftiques conftitaezdans
les Ordres Sacrez , ou Soudiacres,
auront intereft , foit pour raifon
des Benefices qu'ils conteftent , ou
Liiij
128 MERCURE
des droits de ceux dont ilsfont en
poffeffion , foitpour raiſon de leurs
biens particuliers ou patrimoniaux
, en forte que les Ecclefiaftiques
les pourront recufer dans
le Jugement de tous les Procez
où il s'agira de la Difcipline Ec.
clefiaftique , & de l'ordre & celebration
du Service divin , en
remontrant pour toute raison que
les Femmes de ces Officiers font
de la Religion Pretenduë Refor
mée . Sa Majefté a pareillement
ordonné , Que ces mesmes
Officiers ne pourront eftre
Rapporteurs d'aucuns Procez Civils
& Criminels , où ceux qui
GALANT. 129
afe feront convertis , feront Parties
principales ou intervenantes , Accufateurs
ou Accufez , & qu'ils .
pourront estre recufez par la mesme
raifon , par ceux qui auront
abjuré la Religion Pretenduë Reformée
, dans les trois ans avant
la Plainte renduë, ou la Demande
intentée , avec defenfes à ces mefmes
Officiers , de connoiftre & de
demeurer Fuges des Procez Criminels
inftruits, ou qui pourraient
l'eftre à l'avenir , tant aux Miniftres
de cette Religion , qu'aux
Particuliers qui la profeffent,pour
les contraventions qu'ils pourront
avoirfaites à fes Edits & Decla
130 MERCURE
rations , ny de tous les autres Procez
où il s'agira de l'Exercice de
la mefme Religion , & de la démolition
ou interdiction des Tem
ples , pour quelque cauſe que ce
puiffe eftre.
des nouveaux Arrests du Cófeil
d'Eftat , & des dernieres
Declarations du Roy contre
les Pretendus Reformez .
Leur grand nombre vous
GALANT. 93
fa
confirmera ce que je vous
ay dit plufieurs fois , que la
deftruction de l'Herefie eft
la principale affaire à laquelle
Sa Majeſté applique fes
foins ; & que ce Monarque ,
qui ne fe fait pas moins admirer
par fa pieté que par
fageſſe , regarde le falut des
Ames de fes Sujets , comme
la conquefte qui luy peut
donner le plus de gloire. Il a
paru trois Arrefts rendus au
Confeil d'Eftat le neuviéme
du mois paffé. Il y en avoit
déja un du 14 de May , par
lequel Sa Majefté avoit fait
94 MERCURE
defenfes à ceux qui font comis
pour la reception des
Imprimeurs & Libraires
d'en admettre à l'avenir aucuns
de la Religion Pretenduë
Reformée . On empefchoit
par là que les Libraires
de cette Religion , ne puſ
fent , ainfi qu'ils ont fait par
le paffé , vendre des Livres,
& autres Ecrits meflez de
Difcours fcandaleux & diffamatoires
, contre le refpect
dû aux veritez Catholiques ;
ce qui leur eftoit naturel ,
non feulement comme Li-
Braires , mais comme Parri
*
GALANT. 95
fans zelez d'une Religion
contraire à la noftre . Sa Majefté
s'étant fait repreſenter
cet Arreft , & ayant confideré
qu'on ne pouvoit apporter
un entier remede à ce
defordre,tant que les Libraires
& Imprimeurs qui ont
efté cy-devant receus , continueroient
d'exercer la Librairie
, ordonna Que l'Arreft
du quatorziéme May dernier
feroit executé felon fa forme &
teneur; y ajoutant , Elle a fait
de tres- expreffès Defenfes à tous
Libraires Imprimeurs de la
Religion Pretenduë Reformée, de
96 MERCURE
faire à l'avenir aucunes fonctions
de Librairie , à peine de confifca-
་
tion de leurs Livres , Formes ,
Marchandifes , &c.
9.
Le fecond Arreft rendu
le Juillet au Confeil d'Etat,
eft fondé fur ce que ceux
de la Religion Pretenduë
Reformée ont confervé des
Cimetieres en pluſieurs Vil--
les & Lieux du Royaume, où
l'Exercice de cette Religion
a efté interdit , & qu'ils continuent
à y enterrer les corps
morts . Comme ils ne peuvent
faire ces Enterremens
fans y paroiftre publiquement
GALANT. 97
S
ment affemblez ; ce qui eft
contraire aux Defenfes de
faire aucun Exercice , & que
d'ailleurs les Peuples n'étant
plus àccoûtumez à voir dans
ces Lieux l'exercice d'une
Religion differente de la
leur, de pareils Enterremens
pourroient donner lieu à des
émotions populaires, Sa Majefté
voulant y pourvoir , A
ordonné Que dans les Villes ,
Bourgs & Lieux du Royaume
où il n'y a plus d'exercice de la
Religion Pretendue Reformée ,
ceux de cette Religion ne pour-.
ront y avoir des Cimetiere , &
Aoust 1685.
I
98 MERCURE
qu'ils ferons obligez de délaiffer
dans fix mois ceux qu'ils y ont
àprefent , leur eftant permis defe
pourvoir d'autres Cimetieres hors
de ces Villes , Bourg's & Lieux
où il n'y a plus d'Exercice; s'ils
ne pouvoient trouver de lieux
les
Fuges propres
pour cela
Royaux
leur en marqueront
,
moyennant
quoy ils feront tenus
de payerces lieux aux Proprietai_
res , felon le rapport des Experts,
dont les Parties conviendront
, ou
que les Fuges nommeront
d'office.
Le troifiéme
Arreſt a esté
rendu au Confeil
d'Etat
le
mefine
jour 9. Juiller
, à las
•Lohr frub.
I
*
GALANT. 99
follicitation de M's les Archevefques
, Evefques , &
autres Ecclefiaftiques Députez
à l'Affemblée Generale
du Clergé de France ,
tenue à Saint Germain en
S
Laye. Ils ont repreſenté
qu'encore que le Clergé en
genéral ait deffein de n'affermer
les Biens Ecclefiaftiques
à aucun de ceux de la
Religion Prétenduë Reformée
, voulant en cela fe regler
fur ce qui a efté fait par
Sa Majefté , qui a exclus
ceux de cetteReligion de fes
Fermes & Receptes gené-
I ij
100 MERCURE
rales de fes Finances , & Receptes
particulieres desTailles
, neanmoins ils ont efté
informez que fous differens
prétextes , plufieurs Religionnaires
tiennent encore
des Fermes des Ecclefiaftiques
, ou font Cautions de
ceux qui les font valoir . Le
Roy ayant eſté ſupplié par
eux d'y pourvoir , a fait de
tres - expreffes défenfes à tous les
Ecclefiaftiques du Royaume , de
donner à ferme leurs biens Ecclefiaftiques
à aucuns de la Religion
Prétendue Reformée,ny de les recevoirpour
Cautions de leursFerGALANT.
IOI
mes >
à peine de confifcation au
profit de l'Hofpital du lieu , ou de
celuy qui s'en trouvera le plus proche
, des Revenus qui leur feroient
affermez , ou defquels ils
feroient Cautions, & de mille livres
d'amende contre les Prétendus
Reformez qui feroient Fermiers
ou Cautions, applicable à ces
mefmes Hofpitaux. Sa Majefté
ordonne par ce mefine
que
Arreſt , dans un an pout tout
delay
, les Ecclefiaftiques
dont les
Fermes
font
prefentement
tenues
par les Religionnaires
, on dont ils
font
Cautions
, feront
obligez
de
réfoudre
leurs Baux
à ferme
, t),
I iij.
102 MERCURE
Actes de cautionnement , fans toutefois
qu'ils foient déchargez de
la garantie des Fermes ou cautionnement
pour le paffé,fur quoy
Les Ecclefiaftiques les pourront
pourfuture. On ne peut trop
louer Meffieurs du Clergé
d'avoir demandé cét Arreft
auRoy . Une fréquente communication
entre des Gens
de Religion contraire eft
toûjours à éviter , & c'eft ce
qui feroit difficile de faire à
ceux que des intereſts confiderables
engageroient à
quelque commerce.
Le Roy par Arreſt de fon
GALANT. 103
4 .
Confeil du de Mars 1683-
ordonna à tous les Officiers
de fa Maiſon , & des Maifons
Royales , faifant profef
fion de la Religion Prétendue
Reformée , de fe dé- met
tre de leurs Charges, les déclarant
décheus de tous les
Privileges qui pourroient y
eftre attribuez ; & comme
il refte quelques Veuves
d'Officiers décedez dans
cette Religion , qui joüiſlent
encore actuellement des
Privileges attribuez aux
Charges dont leurs Maris
ont efté pourveus , il a efté
Lijij
104 MERCURE
donné un nouvel Arreft du
Confeil d'Etat le 13. du mois
paffé , par lequel Sa Majesté
déclare toutes Veuves d'Officiers
de fa Maiſon & des Maifons
Royales , lefquelles font profeffion
de la Religion Prétenduë Reformée
, décheuës dés à prefent de
tous les Privileges attribuez aux
Charges que poffedoient leurs
Maris , leur faifant défenfes de
s'en fervir , & à tous Fuges d'y
avoir égard.Il n'y arien de plus
équitable que cét Arreſt .
Puis qu'il eft permis au
moindre Particulier d'employer
à fon ſervice telles
GALANT. 105
Perfonnes qu'il veut , il doit
eftre encore bien plus libre
au Roy de ne fe fervir que
de Catholiques , & lors qu'il
exclut les Prétendus Reforinez
des Charges de fa Maifon
, les Privileges qui y font
attachez ne doivent plus
avoir aucun lieu .
Il y a eu cinq Déclarations
du Roy , enregistrées
Parlement le 26. du mefme
mois de Juillet. La premiere
a eſté donnée fur ce que
les Catholiques qui fervent
ceux de la Religion Prétenduë
Reformée, en qualité de
106 MERCURE
Domeftiques ,font employés
fouvent par leurs Maiſtres à
des occupations qui les empefchent
de fuivre ce qui eft
prefcrit par les Commandemens
de l'Eglife pour l'obfervation
des Feftes , & des
jours de Jeûnes & d'Abftinence
, & mefine fur ce qu'il
arrive que plufieurs de cette
Religion, aprés avoir perverty
leurs Domestiques Catho
liques , les obligent de paffer
dans les Pays Etrangers pour
quitter leur Religion , &
profeffer la Prétendue Reformée
tombant par là
GALANT 107
dans les cas des peines portées
par les Edits de Sa Majefté
contre ceux qui fe pervertiffent
, ou qui fortent du
Royaume
fans fa permiffion .
Le Roy toûjours remply de
bonté pour fes Sujets , voulant
ofter aux
Catholiques
les occafions
de defobeir
aux Commandemens
de l'Eglife
, & d'encourir
les peines
portées par fesEdits ,a déclaré
qu'il luy plaift, Qu'aucun
defes Sujets Catholiques ne puiffe
fous quelque pretexte que ce
fort ,fervir en qualité de Domeftique
les Pretendus Reformez,
108 MERCURE
aufquels il eftfait de tres expreffes
défenfes de les prendre à leur
Service en quelque qualité que ce
foit , à peine de mille livres d'amende
pour chaque contravention
, & pour donner moyen aux
Catholiques de fe pourvoir , &
aux Pretendus Reformez de
prendre d'autres Domestiques que
des Catholiques , Sa Majesté
leur a accordé le temps de fix mois
du jour que cette Déclaration aura
efté publiée & enregistrée,
aprés lequel temps , Elle veutqu'il
foit procedé concre les Pretendus
Reformez , qui fe trouveront
avoir des Domestiques Catholi
GALANT. 109
ques , qu'ils foient condamnez
à l'amende des mille livres à la
Requeſte de fes Procureurs Genéraux
, & de leurs Subftituts , chacun
dans l'étendue de fa Furifdiction.
Cette Déclaration
a
d'autant
plus de juftice que
ceux qui font reduits à fervir
, eſtant la pluſpart fort
jeunes , & ne voyant point
de Catholiques
chez les Religionnaires
, il eſt fort aiſé
de les ſurprendre à cauſe de
la foibleffe
de l'âge.
Voicy le motif de la feconde
Déclaration
. On a
reconnu que plufieurs de la
110 MERCURE
Religion Pretenduë Reformée
, aprés avoir eſté perſuadez
de leur erreur , avoient
efté détournez de rentrer
dans le fein de l'Eglife Catholique
par les Miniftres
établis dans les lieux de leur
demeure , qui par une longue
habitude s'emparent de
leurs efprits , & leur infpirent
des fentimens contraires
à leur Salut. Pour empefcher
ce defordre , le Roy
ordonna par fon Edit du
mois d'Aouft 1684. que les
Miniftres de la Religion Prétenduë
Reformée
ne pourGALANT.
III
roient exercer leur Miniftere
durant plus de trois ans
dans un meſme lieu , ny
eftre établis Miniftres en
d'autres lieux, s'ils n'eftoient
au moins éloignez de vingt
lieuës de ceux où ils auroient
exercé leur Miniftere. Quoy
que cét Edit ne porte aucune
exception , les Pretendus
Reformez ont voulu l'interpreter
à leur avantage
, &
faire entendre que les Miniftres
qui font exercice
dans les Fiefs n'y font pas
compris , fe fondant fur ce
que ces Miniftres doivent
1
112 MERCURE
eftre regardez comme des
Domestiques à gages de
'ceux chez qui ils exercent
leur Miniftere . Pour remedier
à cét abus ,le Roy a déclaré
qu'il luy plaiſt , Qu'à
l'avenir les Miniftres de la Religion
Pretendue Reformée ne
puiffent exercer leur Miniftere
plus de trois années confecutives
dans un mefme lieu , foit d'exercices
publics , réels , ou de Fiefs,
ny aprés ce temps , ny mesme avant
qu'ilfoit expiré , eftre envoyez
pour faire la fonction de
Minift e en aucun lieu de la mesme
Province ou autre , qu'il ne
GALANT. 113
foit éloigné au moins de vingt
lienës de tous ceux où ils auront
déja exercé leur Miniftere , fans
qu'ils puiffent retourner en aucun
des mefmes lieux où ils en au
ront fait les fonctions pour lesy
faire de nouveau , que douze ans
aprés en eftre fortis , avec de tres
expreffes défences de demeurer
aprés avoir ceffé l'exercice de leur
Miniftere , ou de s'établir dans
la fuite comme Particuliers , fous
quelque pretexte que ce foit , dans
les lieux où ils auront efté Minifres
, nyplus prés que de fix licies;
le tout fous les peines portées parcét
Edit du mois d' Aoust 1684,-
Aouſt 1685.
K
114 MERCURE
.
Les Prétendus Reformez
n'ont aucun lieu de fe plaindre
de cette nouvelle Déclaration
, puis que le Roy
ne leur ofte rien , & que les
trois ans eftant finis , d'autres
Miniftres prennent la place
de ceux qui font obligez de
fe retirer.
que
Il n'y a rien de plus jufte
la troifiéme Déclaration
. Plufieurs Femmes Catholiques
, veuves de Maris
qui faifoient profeſſion de
la Religion Frétenduë Reformée
, eftant inquietées
dans la conduite , & dans
1
8.
GALANT. 115
l'éducation de leurs Enfans,
par les Parens de leurs Ma--
ris , qui leur font établir des
Tuteurs ou Subrogez Tu--
teurs , profeffant leur mef
me Religion , le Roy voulant
donner à ces Veuvess
Catholiques dans la perte
de leurs Maris , la confolation
de pouvoir en veillant
aux biens & à l'avantage de
leurs Enfans , leur procurer
celuy d'eftré inftruits & éle
vez dans la veritable Reli--
gion , a déclaré qu'il luy
plaift , Que les enfans agez de
quatorze ans & au deffous, dones
Kij;
116 MERCURE
les Peres font morts dans la Religion
Pretenduë Reformée , &
qui auront leurs Meres Catholiques
, foient élevez & inftruits
dans la Religion Catholique , &
qu'il ne puiffe leur eſtre donné
pour Tuteurs ou Curateurs , d'autres
que des Catholiques , à peine
contre les Contrevenans, d'amende
& de banniffement pour neuf
ans du reffort des Bailliages , Senechauffees
, ou Justices Royales
du lieude leurdemeure , avec défences
aux Ministres de la Religion
Pretenduë Reformée , &
aux Anciens des Confistoires , de
fouffrir les Enfans des Meres Ca
GALANT. 117
tholiques dans leurs Temples , à
peine contre les Miniftres qui les
y auront foufferts , d'eftre condamnez
à Amende - honorable,
&au Banniſſement à perpetuité
hors du Royaume , avec confifcation
de leurs biens , & interdiction
d'exercice pour toujours dans
les lieux où la contravention aura
efté faite. On fuit par
regles de la Nature
veut qu'une Mere demeurée
veuve , foit Maiftreffe de
fes Enfans pendant leur minorité.
,
là les
qui
Le Roy par plufieurs Edits,
a exclus les Pretendus Refor118
MERCURE
mez , de toutes Charges de:
Judicature , mefme de celles
de Notaires , Procureurs
Huiffiers & Sergens ; & com→
me les Avocats ont beau→ -
dans la pourcoup
de part
fuite des Procez , à cauſe
qu'ils donnent
leursAvis aux
Parties fur la conduite
qu'elles
ont à y tenir , Sa Majeſté
ne jugeant pas moins neceffaire
d'exclure
ceux de la Re--
ligion Pretenduë
Reformée
des fonctions
d'Avocats
, quedes
autres Charges
de Judi--
catúre A declaré qu'Elle
veut Qu'à l'avenir ceux de cette
*
GALANT. 119
Religion ne feront plus receus
Docteurs aux Loix dans les Univerfitez
du Royaume , ny à prefter
Serment d'Avocats ; à quoy
Elle enjoint à fes Avocats
Procureurs Generaux , e leurs:
Subftituts , de tenir la main.
Il n'a pas fuffi à la pieté du
Roy , d'ordonner à tous Notaires
, Procureurs , Huiffiers
& Sergens qui faifoient profeffion
de la Religion Pretenduë
Reformée , de fe démettre
de leurs Offices en
faveur des Catholiques ; Sa
Majesté ayant eſté avertie
que plufieurs de ceux qui
120 MERCURE
poffedoient ces Offices , s'étoient
placez prés des Juges,
Avocats , & autres Officiers
de Juftice , & continuoient
leurs fonctions fous ce pretexte
, ſe meſlant journellement
de plufieurs Affaires ,
Elle a voulu y pourvoir ; &
pour empeſcher un tel abus,
Elle a defendu tres- expreßément
à tous Fuges , Avocats , Notaires
, Procureurs , Sergens , Huiffiers
& Praticiens , de fe fervir
d'aucuns Clercs de la Religion
Pretenduë Reformée , à peine de
mille livres d'amende contre les
Contrevenans,applicable à l'Hofpital
GALANT. 121
pital du lieu , ou le plus proche de
ce mefme lieu. Cette Declaration
eftoitune fuite neceffaire
de la precedente.
Je viens d'en voir deux
nouvelles , qui ont efté enregiſtrées
au Parlement le
14. de ce mois. La premiere
porte , que depuis l'Interdiction
de l'Exercice de la Réligion
Pretenduë Reformée,
& la démolition des Temples
en divers lieux du Royaume,
foit parce qu'ils y avoient
efté établis au prejudice de
l'Edit de Nantes , foit parce
qu'on avoit contrevenu aux
Aouſt 1685. L
122 MERCURE
Edits & Declarations de Sa
Majefté , les Pretendus Reformez
viennent & abor
dent de differens Bailliages
& Senéchauffées aux Temples
qui fubfiftent , quoy
qu'ils en foient éloignez de
plus de trente lieuës , en forte
que cette affluence de
Peuple caufe des attroupemens
dans les lieux où l'Exercice
eft permis, du fcandale
dans ceux où ils paſſent,
par les irreverences qu'ils
commettent devant les Eglifes
, & des querelles avec
les Catholiques , par leur
GALANT. 123
de marche tant de nuit que
jour , pendant laquelle ils
chantent leurs Pleaumes à
haute voix , au prejudice des
Défenfes qui en onteſté faites
par divers Arreſts & Declarations
. Comme ces Af
femblées tumultueufes pourroient
avoir de fâcheufes
ſuites , Sa Majeſté , qui veut
empefcher la continuation
de ces defordres , A declaré
qu'il luy plaift , Qu'aucunes
Perfonnes de la Religion Pretendue
Reformée ne puiffent doref
navant aller à l'Exercice aux
Temples qui fe trouveront dans
Lij
124 MERCURE
l'étendue des Bailliages & Senéchauffées
où elles n'ont pas leur
principal domicile , ny fait leur
demeure ordinaire pendant un an
fans difcontinuation, avec de tresexpreffes
Defenses aux Minif
tres & Anciens de les y recevoir,
à peine d'interdiction de l'Exercice
, & démolition des Temples
contre les Miniftres , d'eftre
privez pour toûjours desfonctions
de leur Miniftere dans le Royanme.
La prudence veut , que
dans un Etat bien police , on
empêche tout ce qui approche
de l'attroupement
, &
cela fait voir avec combien
“
GALANT. 125
d'équité cette Declaration a
efté donnée .
La feconde qui a eſté enregiftrée
au Parlement le
mefine jour 14. de ce mois ,
regarde de certains Juges.
Le Roy ayant trouvé à propos
d'ofter aux Confeillers
de fes Cours de Parlement,
qui font encore de la Religion
Pretenduë Reformée,
la connoiffance des Procez
Civils & Criminels des Ecclefiaftiques
, leur faifant
• auffi Defenſes d'eftre Rapporteurs
de ceux des perſonnes
qui auroient abjuré la
L
iij
126 MERCURE
mefme Religion , & de connoiftre
des contraventions
aux Edits & Declarations qui
la concernent ; Sa Majefté a
eſté informée , que quelques
Officiers Catholiques , qui
ont leurs femmes de la Religion
Pretenduë Reformée ,
favorifent dans les Procez
les Particuliers qui en font
auffi profeſſion , à cauſe de
l'accés que ces Particuliers
trouvent auprés d'eux par le
moyen de leurs Femmes , aux
prieres & follicitations def
quelles fe laiffant fouvent
perfuader , ils n'ont pas une
"
GALANT. 127
entiere exactitude, pour faire:
executer regulierement ſes
Edits , & foûtenir l'intereft
de l'Eglife Catholique ; &
voulant rompre le cours d'un
abus fi dangereux , Elle a declaré
qu'il luy plaift , Que les
Officiers Catholiques de fes Cours
de Parlement , & des Juftices in
ferieures , dont les Femmes font
de la Religion Pretenduë Refor
mée , ne puiffent à l'avenir eftre
Rapporteurs d'aucuns Precez , ou
des Ecclefiaftiques conftitaezdans
les Ordres Sacrez , ou Soudiacres,
auront intereft , foit pour raifon
des Benefices qu'ils conteftent , ou
Liiij
128 MERCURE
des droits de ceux dont ilsfont en
poffeffion , foitpour raiſon de leurs
biens particuliers ou patrimoniaux
, en forte que les Ecclefiaftiques
les pourront recufer dans
le Jugement de tous les Procez
où il s'agira de la Difcipline Ec.
clefiaftique , & de l'ordre & celebration
du Service divin , en
remontrant pour toute raison que
les Femmes de ces Officiers font
de la Religion Pretenduë Refor
mée . Sa Majefté a pareillement
ordonné , Que ces mesmes
Officiers ne pourront eftre
Rapporteurs d'aucuns Procez Civils
& Criminels , où ceux qui
GALANT. 129
afe feront convertis , feront Parties
principales ou intervenantes , Accufateurs
ou Accufez , & qu'ils .
pourront estre recufez par la mesme
raifon , par ceux qui auront
abjuré la Religion Pretenduë Reformée
, dans les trois ans avant
la Plainte renduë, ou la Demande
intentée , avec defenfes à ces mefmes
Officiers , de connoiftre & de
demeurer Fuges des Procez Criminels
inftruits, ou qui pourraient
l'eftre à l'avenir , tant aux Miniftres
de cette Religion , qu'aux
Particuliers qui la profeffent,pour
les contraventions qu'ils pourront
avoirfaites à fes Edits & Decla
130 MERCURE
rations , ny de tous les autres Procez
où il s'agira de l'Exercice de
la mefme Religion , & de la démolition
ou interdiction des Tem
ples , pour quelque cauſe que ce
puiffe eftre.
Fermer
Résumé : Arrests & Declarations. [titre d'après la table]
En 1685, le roi de France a mis en œuvre plusieurs mesures visant à réprimer la religion protestante, désignée sous le terme 'Religion Prétendue Réformée'. En juillet 1685, trois arrêts du Conseil d'État ont été promulgués : le premier interdisait aux libraires et imprimeurs protestants de vendre des ouvrages contraires à la foi catholique ; le second ordonnait aux protestants de quitter les cimetières dans les villes où leur religion était interdite ; le troisième empêchait les ecclésiastiques de louer leurs biens ou d'accepter des cautions de la part des protestants. Un précédent arrêt de mars 1683 avait déjà exigé que les officiers protestants se démettent de leurs charges, et un nouvel arrêt du 13 août 1685 concernait les veuves d'officiers protestants. Une déclaration royale du 26 juillet interdisait aux catholiques d'employer des protestants comme domestiques, sous peine d'amende. Une autre déclaration limitait le séjour des ministres protestants dans une même région à trois ans. Une troisième déclaration traitait des veuves catholiques de maris protestants, préoccupées par l'éducation de leurs enfants. Le roi a également ordonné que les enfants de moins de quatorze ans, dont les pères étaient protestants et les mères catholiques, soient élevés dans la religion catholique. Les protestants étaient exclus de diverses charges judiciaires et interdits de se rendre aux temples en dehors de leur lieu de résidence habituel. Les conseillers des parlements protestants étaient privés de la connaissance des procès ecclésiastiques et des affaires de conversion. Enfin, une déclaration royale interdisait aux officiers catholiques mariés à des protestantes de juger certains types de procès pour éviter les influences protestantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1420
p. 130-136
Discours prononcé au College des Grassins. [titre d'après la table]
Début :
Des soins si continuels pour ne laisser aucun lieu aux [...]
Mots clefs :
Hérétiques, Religion catholique, M. Godeau, Collège des Grassins, Auditoire, Discours, Prince, Monarque, Conversion, Applaudissements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours prononcé au College des Grassins. [titre d'après la table]
Des foins fi continuels
pour ne laiffer aucun licu
aux Heretiques d'abuſer des
Privileges qu'ils ont obtenus
pendant le malheur des téps,
font de fortes preuves du zeleardent
de Sa Majeſté, pour
les interefts de la Religion-
Catholique. C'eſt ce zele ,de
plus en plus admirable , qui
a fourny à M. Godeau Pro-
1
GALANT 131
feffeur en Rethorique , le ful
jet du Difcours qu'il prononça
le 10. de ce mois au College
des Graffins. La matiere
eftoit fi vafte , qu'il eut le
champ libre pour faire écla
ter fon éloquence . Auffireceut-
il de fon Auditoire tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit attendre. Il repre
fenta d'abord le Roy , avec
toutes les grandes qualitez
qui peuvent contribuer à
rendre un Prince parfait , &
foûtint que l'Univerfité de
Paris avoit une obligation
naturelle d'employer toute
3.
132 MERCURE
la force de fes Orateurs à
publier en toutes les Langues
qu'elle enfeigne , les ra
res vertus de cet Augufte
Monarque. Il dit , Que loin
d'eftre épouvanté par la grandeur
du Sujet qui paroiffoit infiny , il
éprouvoit au contraire une extra,
ordinaire facilité à le traiter, puis
qu'il apelloit àfonfecours une vertu
, qui eftoit comme le centre où
ellesfe réuniffoiet toutes en laperfonne
de Sa Majefté , fçavoirfon
zele , & fon invincible attachement
à affermir la Religion Catholique
par laforce defes Armes
hors de l'Eftat, à la faire fleu
GALANT. 133
rir dans l'Estat par fa fageffe.
Le partage de fon Difcours
fut juftifié dans toute ſon és
tenduë ; & pour le faire , M.
Godeau n'eut befoin que de
jetter la veuë fur l'Hiftoire
de la vie du Roy . Le Secours
de Raab , qui chaſſa les Infidelles
de la Chreftienté en
1664. les rapides Conquef
tes en Hollande , qui mirent
en liberté une infinité de Catholiques
opprimez; leVoyage
fait à Strasbourg , où Sa
Majefté en recevantles Soûmiffions
de fes Sujets, rendit
à la Ville fon legitime Paf134
MERCURE
teur , & y rétablit le veritable
Culte, enfin la Réduction
des Pirates d'Alger & de Tripoli
, trouverent
leur place
dans cet excellent Difcours,
auquel il mefla tous les ornemens
capables de mettre
dans un beau jour les plus
importantes
matieres. La feconde
Partie confiftaen une
expofition de la conduite
Chreftienne du Roy pour la
Converfion des Heretiques.
Il fit remarquer qu'il n'y avoit
que ce grand Monar
que qui puſt executer ce falutaire
Deffein. Il le prouva
GALANT. 135
“ማ
en parcourant les Regnes de
fes Predeceffeurs , depuis la
naiffance de l'Herefie , & fit
voir que Sa Majeſté avoit
fuivy pas à pas les premiers
Empereurs , dont la Pieté
s'eft exercée fi laborieufe
ment àprocurer l'unité de la
Foy parmy les Chreftiens.
Ce fut en cet endroit qu'il fit
plufieurs belles applications
des paroles & des maximes
des Saints Peres, & entre autres
de Saint Cyprien , de
Saint Auguftin , & de Saint
Paulin . Il finit par une Apoftrophe
à l'Univerfité , l'ex136
MERCURE
hortant de travailler à rendre
immortel par fes Difcours
& par fes Hiftoires le
fouvenir des grands avantages
que la Religion Catholique
avoit receus de
Louis LE GRAND , & promit
pour elle qu'aprés les
gravez dans les coeurs avoir
gravez
de tous fes Enfans , elle les
confacreroit encore par une
Fefte folemnelle à la memoire
de tous les Siecles.
pour ne laiffer aucun licu
aux Heretiques d'abuſer des
Privileges qu'ils ont obtenus
pendant le malheur des téps,
font de fortes preuves du zeleardent
de Sa Majeſté, pour
les interefts de la Religion-
Catholique. C'eſt ce zele ,de
plus en plus admirable , qui
a fourny à M. Godeau Pro-
1
GALANT 131
feffeur en Rethorique , le ful
jet du Difcours qu'il prononça
le 10. de ce mois au College
des Graffins. La matiere
eftoit fi vafte , qu'il eut le
champ libre pour faire écla
ter fon éloquence . Auffireceut-
il de fon Auditoire tous
les applaudiffemens qu'il
pouvoit attendre. Il repre
fenta d'abord le Roy , avec
toutes les grandes qualitez
qui peuvent contribuer à
rendre un Prince parfait , &
foûtint que l'Univerfité de
Paris avoit une obligation
naturelle d'employer toute
3.
132 MERCURE
la force de fes Orateurs à
publier en toutes les Langues
qu'elle enfeigne , les ra
res vertus de cet Augufte
Monarque. Il dit , Que loin
d'eftre épouvanté par la grandeur
du Sujet qui paroiffoit infiny , il
éprouvoit au contraire une extra,
ordinaire facilité à le traiter, puis
qu'il apelloit àfonfecours une vertu
, qui eftoit comme le centre où
ellesfe réuniffoiet toutes en laperfonne
de Sa Majefté , fçavoirfon
zele , & fon invincible attachement
à affermir la Religion Catholique
par laforce defes Armes
hors de l'Eftat, à la faire fleu
GALANT. 133
rir dans l'Estat par fa fageffe.
Le partage de fon Difcours
fut juftifié dans toute ſon és
tenduë ; & pour le faire , M.
Godeau n'eut befoin que de
jetter la veuë fur l'Hiftoire
de la vie du Roy . Le Secours
de Raab , qui chaſſa les Infidelles
de la Chreftienté en
1664. les rapides Conquef
tes en Hollande , qui mirent
en liberté une infinité de Catholiques
opprimez; leVoyage
fait à Strasbourg , où Sa
Majefté en recevantles Soûmiffions
de fes Sujets, rendit
à la Ville fon legitime Paf134
MERCURE
teur , & y rétablit le veritable
Culte, enfin la Réduction
des Pirates d'Alger & de Tripoli
, trouverent
leur place
dans cet excellent Difcours,
auquel il mefla tous les ornemens
capables de mettre
dans un beau jour les plus
importantes
matieres. La feconde
Partie confiftaen une
expofition de la conduite
Chreftienne du Roy pour la
Converfion des Heretiques.
Il fit remarquer qu'il n'y avoit
que ce grand Monar
que qui puſt executer ce falutaire
Deffein. Il le prouva
GALANT. 135
“ማ
en parcourant les Regnes de
fes Predeceffeurs , depuis la
naiffance de l'Herefie , & fit
voir que Sa Majeſté avoit
fuivy pas à pas les premiers
Empereurs , dont la Pieté
s'eft exercée fi laborieufe
ment àprocurer l'unité de la
Foy parmy les Chreftiens.
Ce fut en cet endroit qu'il fit
plufieurs belles applications
des paroles & des maximes
des Saints Peres, & entre autres
de Saint Cyprien , de
Saint Auguftin , & de Saint
Paulin . Il finit par une Apoftrophe
à l'Univerfité , l'ex136
MERCURE
hortant de travailler à rendre
immortel par fes Difcours
& par fes Hiftoires le
fouvenir des grands avantages
que la Religion Catholique
avoit receus de
Louis LE GRAND , & promit
pour elle qu'aprés les
gravez dans les coeurs avoir
gravez
de tous fes Enfans , elle les
confacreroit encore par une
Fefte folemnelle à la memoire
de tous les Siecles.
Fermer
Résumé : Discours prononcé au College des Grassins. [titre d'après la table]
Le 10 du mois en cours, M. Godeau, professeur de rhétorique au Collège des Granges, a prononcé un discours visant à louer le zèle du roi pour la défense de la religion catholique. Il a souligné les qualités du roi et l'obligation de l'Université de Paris de célébrer ses vertus. Godeau a mentionné plusieurs exploits militaires et politiques du roi, notamment le secours de Raab en 1664, les conquêtes en Hollande, la visite à Strasbourg, et la réduction des pirates d'Alger et de Tripoli. La seconde partie du discours a mis en avant la conduite chrétienne du roi pour la conversion des hérétiques, comparant ses actions à celles des premiers empereurs chrétiens. Godeau a conclu en exhortant l'Université à immortaliser les bienfaits du roi pour la religion catholique et à organiser une fête solennelle en sa mémoire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1421
p. 136-137
Abjuration. [titre d'après la table]
Début :
Le mesme jour que ce Discours fut prononcé par M. Godeau, avec une [...]
Mots clefs :
Abjuration, Église des Augustins, Médecin du roi, Vérités catholiques, Erreurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Abjuration. [titre d'après la table]
Le mefme jour que ce
Difcours fut prononcé par
M. Godeau , avec une entiere
fatisfaction de fes Au-
1
GALANT. 137
diteurs , il fe fit une Abjuration
tres-remarquable dans
l'Eglife des Auguftins Déchauffez.
Ce fut celle de M.
O du Clos , Medecin du Roy,
de l'Academie Royale des
Sciences. Il fit profeſſion
des Veritez Catholiques, entre
les mains du Pere Ame-
: dée
& vous jugez bien
qu'un Homme auffi éclairé
qu'il l'eft,n'a pas fait ce cha
gement fans eftre fortement
perfuadé des erreurs qu'il a
quittées ..
Difcours fut prononcé par
M. Godeau , avec une entiere
fatisfaction de fes Au-
1
GALANT. 137
diteurs , il fe fit une Abjuration
tres-remarquable dans
l'Eglife des Auguftins Déchauffez.
Ce fut celle de M.
O du Clos , Medecin du Roy,
de l'Academie Royale des
Sciences. Il fit profeſſion
des Veritez Catholiques, entre
les mains du Pere Ame-
: dée
& vous jugez bien
qu'un Homme auffi éclairé
qu'il l'eft,n'a pas fait ce cha
gement fans eftre fortement
perfuadé des erreurs qu'il a
quittées ..
Fermer
Résumé : Abjuration. [titre d'après la table]
Le même jour où M. Godeau prononça un discours acclamé, M. O du Clos, médecin du roi et académicien, abjura publiquement ses erreurs précédentes pour embrasser les vérités catholiques dans l'église des Augustins Déchaussés, devant le Père Amédée. Cette décision témoigne de sa profonde conviction et de sa claire persuasion des erreurs abandonnées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1422
p. 137-163
Suite des Conversions faites dans le Bearn, pendant le mois de Juin. [titre d'après la table]
Début :
Mais, Madame, je ne dois pas oublier que je vous ay [...]
Mots clefs :
Conversions, Abjurations, Béarn, Hérésie de Calvin, Succès, Religion prétendue réformée, Religion catholique, Gentilhommes, Religionnaires, Conseillers au Parlement, Lieutenant, Zèle, Seigneurs, Église romaine, Nouveaux convertis, Députés, Acte de délibération, Familles, Foi, Villes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Conversions faites dans le Bearn, pendant le mois de Juin. [titre d'après la table]
Mais , Madame,
je ne
dois pas
je vous ay promis la fuite
Aouſt 1685.
oublier que
M
曹
138 MERCURE
des Converfions qui fe font
faites dans le Bearn , pendant
le mois de Juin . Je
vous aurois tenu parole plûtoft
, fans le temps qu'il m'a
fallu employer à concilier
des Relations que j'ay receuës
de divers endroits fur
cette affaire . C'eſt ce qui me
fait vous affeurer que je ne
vous en écriray rien qui ne
foit certain. Je vous ay déja
marqué , que depuis le commencement
de Mars jufques
à la fin de May, plus de
quatre mille cinq cens Perfonnes
avoiét abjuré l'Heré-
1
1
GALANT. 139 *
3
1
fie de Calvin dans cette Province.
Ces heureux fuccez
ont toûjours continué , & les
dix premiers jours de Juin
ont produit plusde trois mille
Abjurations de plufieurs Villes,
Bourgs , &Villages, où M..
Foucault , Commiffaire de
party par Sa Majefté dans
cette même Province , a laif--
fé des Miffionnaires , & tous
les ordres qu'il faut pour
prendre foin de l'inſtruction a
de ceux qui ont demandé du
temps.
Mais ce qui a donné un
grand mouvement aux Con
Mija
140 MERCURE
verfions qui ont fuivy , a
efté la reduction entiere de
la Ville de Salies , dans laquelle
parmy cinq cens Familles
de la Religion Prétenduë
Reformée , il n'y en
avoit pas vingt Catholiques .
Ce fut cette Ville qui du
temps de la Reyne Jeanne,
foûtint un long Siege fur la
Religion Catholique ; ce qui
avoit fait craindre d'abord
qu'il ne fuft fort malaiſé d'en
chaffer l'Heréfie ; mais les
plus cófiderables d'entre les
Gentilhommes & les Bourgeois
ayant abjuré , le PeuGALANT.
141
I
3
S
ple a fuivy , & en moins de
trois jours , il s'eſt converty
plus de deux mille Perfonnes
. M. le Préſident de Gaffion
eftant venu à Salies où
il poffede beaucoup de bien ,
a extrémement contribué
aux Converſions dont je .
vous parle , & comme toutes
les autres Villes du Bearn
avoient les yeux ouverts fur
ce que feroit celle de Salies ;
ce changement genéral de
tous les Habitans les a ébranlées
;
fiter
de
ces
bonnes
difpofide
forte que pour protions
, M. Foucault a fait.
142 MERCURE
deux chofes . La premiere,
a efté d'engager les Sei--
gneurs Catholiques qui ont
des terres où il y avoit des
Religionnaires
, d'aller inceffamment
travailler à leur
Converfion, en quoy ils ont
agy fiefficacement, qu'ils les
ont prefque tous ramenez à
l'Eglife.M.le Préfidét deGaffion
, M " Dorogne , de Candau
, de S. Macary , & Senay,
Confeillers du Parlement de
Navarre , Mrs les Marquis
de Moneins , Senéchal du
Pays de Soulle , de la Taulade
, Lieutenant de Roy , de
GALANT. 143
S
1
Navarreux , M's les Barons
de Boil & d'Affat , & beaucoup
d'autres Officiers &
Gentilshommes , ont utilement
employé le credit
qu'ils ont dans leurs Paroiffes
, pour feconder les intentions
du Roy. Sur tout la
Famille de M. le Baron Darbomave
, n'a rien épargné
dans une occafion fi importante
de ce qui pouvoit fignaler-
fon zele pour la Reli-
B gion Catholique , & pour le
fervicede SaMajefté.La fecó.
de chofe que M. Foucault a
faite , a efté de fe rendre in144,
MERCURE
continent dans les Villes &
dans les Paroiffes qui appartiennent
au Roy , comme
auffi dans celles dont
les Seigneurs font profeffion
de la Religion Prétenduë
Reformée , & pendant:
trois femaines qu'il a employées
à vifiter , à exhorter,
& à faire inftruire les Religionnaires
, il s'eſt fait des
Converfions fans nombre:
dans tous les lieux où il a
efté . Mais ce qu'il y a de
bien
glorieux pour
le
Roy
dans ce grand mouvement
de Religion , c'eſt la ſoumif
fion
1
GALANT: 145
5
fion que les Habitans d'Oleron,
qui eft la plus grandeVille
de la Province, ont témoi
gnéo à fes Ordres , faifant
voir par là qu'ils eftoient
perfuadez qu'ils ne pouvoiết
manquer en fuivant les volontez
d'un Prince , dont
toutes les entrepriſes paroiffent
viſiblement foûtenuës
du Ciel. Ce fage & zelé
Commiffaire qui les fit affembler
en fa prefence , ne
leur eut pas plûtoft fait connoiſtre
que l'intention de Sa
Majeſté eftoit qu'ils ſe fiſfent
inftruire des Principes
Aouft 1685.
1
N
146 MERCURE
de l'Eglife Romaine , qu'ils
demanderent quinze jours
pour le faire , & ce terme
eftant expiré , ils députerent
vers luy M. Colomits , l'un
d'entr'eux , pour luy dire
qu'ils eftoient réfolus d'embraffer
la Religion de leur
Souverain. C'eft ce qu'ils
firent tous avec leurs Femmes
& leurs Enfans , entre
les mains de M. l'Evefque
d'Oleron , & le premier de
Juillet ils affifterent tous à la
Meffe pontificalement celebrée
par ce Prelat , & enrendirent
la Prédication du
GALANT. 147
Is
S
1
Pere Carriere Jeſuite , ayant
à leur tefte M. Goulard Miniftre
, qui s'eftoit converty
quinze jours auparavant , &
qui leur avoit rendu raiſon
des Motifs de fon Abjuration
. Ils vinrent auffi le foir
à l'Eglife , où l'on chanta le
Te Deum , en Action de graces
de cette importante
Converſion . M. l'Evefque
y porta le Saint Sacrement
en Proceffion , & y donna la
Benédiction aux nouveaux
Convertis , & aux autres Catholiques
, dont l'Eglife fe
trouva pleine , & pour mieux
Nij
148 MERCURE
folemnifer le jour heureux
de la réunion de tous les
Habitans d'Oleron fous une
mefme Communion , les Jurats
firent faire des Feux de
joye , & M. Foucaut alluma
le Bucher de celuy qui fut
élevé à la Place publique , au
bruit du Canon & de la
Moufqueterie , & aux acclamatrons
de Vive le Roy . Huit
jours avant le retour des
Prétendus Reformez d'Oleron
à l'Eglife , M. Foucault
retourna à Pau , où dans une
Affemblée des Principaux
de la Ville , il leur fit conGALANT.
149
I noiftre les Motifs preffans
S qu'ils avoient de fuivre au
plûtoft l'exéple de ceux d'Oleron
. Ils luy demanderent
quinze jours pour achever
de fe faire inftruire . Je n'ay
pas bien fceu quels moyens
il empløya pour réüffir dans
cette derniere entrepriſe;
mais il eſt certain que dés
l'onzième jour , les Habi
tans de Pau luy envoyerent
quatre Députez d'entr'eux .
M. Vidal ancien Avocat
porta la parole , & luy dit ,
Que leur Eglife , fi on pouvoir
encore luy donner ce nom ,
venoir
N iij
150 MERCURE
de les députer pour luy faire connoiftre
, qu'aprés avoir meurement
examiné les Points qui les
avoient tenus fi long- temps ſeparez
de la Communion Romaine , ils
avoiet ouvert les yeux à la verité;
qu'ils eftoient refolus de donner
au Roy , la fatisfaction de les
voir rentrerfousfon Augufte Regne
dans le fein de l'Eglife Catholique
, Apoftolique & Romaine;
qu'ils n'eftoient plus ces Enfans
rebelles & capricieux , qui
méprifoient la voix de leur Mere
, qui ne vouloient écouter
que
ue la voix de l'Etranger ; que
Le Roy qui fe fait un honneur
GALANT. 151
que
d'eftre le Fils aifné de l'Eglife,
les avoit enfin rangez fous fes
loix , mis fous fa Difcipline ,
qu'il leur faifoit prendre ce joug
aife , & ces falutaires chaifnes
leurs Peres avoient fi mal
beureufementbrifes qu'il nefalloit
pas des mains moins puiffantes que
Lesfiennes , pour rendre la veüe à
des Aveugles nez , &pour
transporter des tenebres à la lumiere,&
qu'il eftoit refervé à un Roy
auffi pieux que le LOUIS LE
GRAND , d'éteindre dans
leurs coeurs les fentimens d'une
Religion qu'ils avoient receüe
d'une illuftre Reyne . Ils fini
M. iiij
les
152 MERCURE
rent par des fouhaits , qu'aprés
que noftre invincible Monarque
aura eu ta fatisfaction de
ramener dans l'Eglife fes Sujets
dévoyez,il ait encore la gloire d'y
ranger toutes les Nations infidel
les.
Aprés ce Difcours ces
,
mefmes Députez remirent à
M. Foucault, un Acte de Déliberation
figné de tous les
Chefs de Famille qui
avoient affifté à leur Affeinblée
, conceu en ces termes.
,
GALANT. · 153
N
Ous fous-fignez Habi
tans & Chefs de Fa-
4145 mille de la Ville dePau, ayantfait
juſqu'à prefent profeffion de la
Religion Pretenduë Reformée ,
déclarons que fur ce qui nous a
efté reprefenté par M. Foucault,
Intendant de Bearn Navarre
, que le Roy n'avoit rien plus
à coeur , que de voir tous fes Sujets
reünis fous une mefme Com
munion , & ayant efté informez
que l'on nous avoit déguisé les
veritables fentimens de l'Eglife .
Romaine ; ce qui obligeoit Sa
Majefté qui veille continuelle154
MERCURE
ment au bien & à l'avantage de
fes Sujets , a defirer que nous nous
fiffions inftruire des Veritez Ca.
tholiques , nous aurions fupplié
ledit Sieur Foucault Intendant,
de nous permettre de nous affembler
pour déliberer fur une propofition
fi importante à noftre falut,
cette liberté nous ayant esté
accordée , nous nous sommes affemblez
prefque tous les jours
pendant trois semaines chez le
Sieur de Navailles , Sindic du
Pays de Bearn , & premierJurat
de la Ville de Pau , pour bien
reconnoftre les caufes de noftre feparation
d'avec l'Eglife Romai
GALANT. 155
1
> t nous déterminer fur le
Party que nous avions à fuivre;
fibien qu'aprés avoir meurement
déliberé fur tous les Poincts dans
lefquels
nous
differons , nous aurions
tous d'un commun accord
convenu qu'il eftoit de l'intereft
de nos confciences d'embraffer la
Foy Catholique , Apoftolique &
Romaine. Nous déclarons de
plus qu'encore que le defir de faire
noftrefalut , & la gloire de Dieu
foientles Motifs de noftre changement
; neanmoins l'obeïffance que
nous devons aux ordres de San
Majefté , & la reconnoiſſance
que nous avons de fes foins pa156
MERCURE
•
ternels , ont tres- utilement fervy
à noftre prompte détermination , à
quoy n'ont pas peu contribué les
fages follicitations qui nous ont
efté faites par ledit Sieur Intendant
, qui nous a pris charitablement
par la main pour nous remettre
dans l' Arche . Auffireconnoiffons-
nous dans cette Converfion
, que c'est par fon Canal
que nous avons fenty les effets de
la bonté de noftre Augufte Mo
narque, comme c'est par le Canal
de ce grand Prince , que nous
avons fenty les effets de la Grace
qui nous doit reünir à l'Eglife
Catholique , Apoftolique & Ros
GALANT. 157 .
maine , que nous déclarons vouloir
profeffer fincerement & de
bonne foy , jusqu'au dernier moment
de noftre vie , enfoydequoy
nous avons figné la prefente Déliberation
à Pau ce 12. Juiller
1685. Ainfi figné Vidal Député,
Faget Avocat & Deyen , la
Vie Avocat, Gruyer Avocat &
Doyen , Dogovein , Faget, Larrieu
Avocat , Remy , Vignat,
Cafaubon Medecin , Blair Avocat
,&c.
Cet Acte de Déliberation
fi folemnel , fut fuivy le Dimanche
15. Juillet , de leur
158 MERCURE
Abjuration , auquel jour on
fit une Proceffion , où le Parlement
& tous les Corps de la
Ville affifterent . Le Te Deum
y fut auffi chanté , & les acclamations
de Vive le Roy ,
furent accompagnées du
bruit du Canon du Château,
& fuivies d'un Feu d'artifice,
& de la décharge de la Mouf
queterie. On peut dire que
la Converfion des Pretendus
Reformez de la Ville de Pau
a efté generale , puis qu'il
n'y refte prefentement que
deux Familles de Gentilshommes
, & une d'un MarGALANT.
159
chand, qui témoignent youloir
perfeverer dans la Religion
Pretenduë Reformée ,
avec les Femmes de trois Of
ficiers du Parlement , & de
quatre autres Bourgeois .
A l'égard des Pretendus
Reformez de la Ville d'Orthez
, qui avoient auſſi demandé
quinze jours pour achever
de fe faire inftruire ,
M. Foucault s'eftant rendu
à Orthez le lendemain du
jour de l'échéance du terme
qu'il leur avoit accordé, plufieurs
des principaux Habitans
fe convertirent à fon ar
160 MERCURE
rivée, & leur Converfion fut
fuivie le mefine jour de celle
de plus de mille perfonnes,
le lendemain de mille autres ,
& en trois jours il n'y refta
pas deux cens perfonnes de
la Religion Pretenduë Reforinée
, de prés de quatre
mille qu'il y en avoit ;
forte qu'ils font preſentement
réduits à dix ou douze
Familles, qui avec une vingtaine
d'autres s'eftoient engagez
par un Traité , de demeurer
fermes dans leur Religion
, quand mefme tous
ceux qui en faifoient profeſ
de
GALANT. 16T
fion dans le Bearn , fe feroiét
Catholiques,ayat envoyé un
Deputé au Roy, pour le fupplier
de leur permettre d'en
cótinuer l'Exercice ; mais ces
20 autres Familles fe sót détachées,
aprés que M. Foucault
leur a fait
connoiftre que ce
Traité tenoit de la Faction.
Il y avoit encore cent Fa
milles de la Religion Pretenduë
Reformée , dans le Bourg
d'Orthez ; mais M. le Duc de
Grammont , qui en eft Sei--
gneur , leur ayant écrit pour
les engager à fuivre l'exem
ple de tous les autres lieux
Aoust 1685. O
162 MERCURE
de Bearn , elles fe font converties
, à la reſerve de trois
ou quatre qui font entrées
dans le Traité d'affociation
de celles qui perfeverent encore
dans leur opiniaſtreté
à Orthez. Cependant il y a
lieu d'efperer que ce petit
nombre , ainfi que quelques
Gentilshommes , & autres
poffedans des biens nobles ,
qui n'ont pû encore ſe déterminer
, ouvriront bientoft
les yeux à la verité, aprés
un exemple fi perſuaſif , &
fi memorable. Les chofes
eftant en ces termes on
?
GALANT. 163
peut regarder prefentement
le Bearn comme une Province
toute Catholique..
Huit cens Religionnaires
ou
environ difperfez dans toutes
ſes parties , doivent eſtre
comptez pour peu de chofe
fi l'on confidere que c'eft le
refte d'environ vingt deux.
mille , qui rempliffoient les
meilleures Villes & Bourgs
de la Province , & qui étoient
les plus riches. Joignez à
cela que parmy ces nouveaux
Convertis , il y a trois
Miniftres des plus habiles
qui ont fait leur Abjuration
depuis un mois.
je ne
dois pas
je vous ay promis la fuite
Aouſt 1685.
oublier que
M
曹
138 MERCURE
des Converfions qui fe font
faites dans le Bearn , pendant
le mois de Juin . Je
vous aurois tenu parole plûtoft
, fans le temps qu'il m'a
fallu employer à concilier
des Relations que j'ay receuës
de divers endroits fur
cette affaire . C'eſt ce qui me
fait vous affeurer que je ne
vous en écriray rien qui ne
foit certain. Je vous ay déja
marqué , que depuis le commencement
de Mars jufques
à la fin de May, plus de
quatre mille cinq cens Perfonnes
avoiét abjuré l'Heré-
1
1
GALANT. 139 *
3
1
fie de Calvin dans cette Province.
Ces heureux fuccez
ont toûjours continué , & les
dix premiers jours de Juin
ont produit plusde trois mille
Abjurations de plufieurs Villes,
Bourgs , &Villages, où M..
Foucault , Commiffaire de
party par Sa Majefté dans
cette même Province , a laif--
fé des Miffionnaires , & tous
les ordres qu'il faut pour
prendre foin de l'inſtruction a
de ceux qui ont demandé du
temps.
Mais ce qui a donné un
grand mouvement aux Con
Mija
140 MERCURE
verfions qui ont fuivy , a
efté la reduction entiere de
la Ville de Salies , dans laquelle
parmy cinq cens Familles
de la Religion Prétenduë
Reformée , il n'y en
avoit pas vingt Catholiques .
Ce fut cette Ville qui du
temps de la Reyne Jeanne,
foûtint un long Siege fur la
Religion Catholique ; ce qui
avoit fait craindre d'abord
qu'il ne fuft fort malaiſé d'en
chaffer l'Heréfie ; mais les
plus cófiderables d'entre les
Gentilhommes & les Bourgeois
ayant abjuré , le PeuGALANT.
141
I
3
S
ple a fuivy , & en moins de
trois jours , il s'eſt converty
plus de deux mille Perfonnes
. M. le Préſident de Gaffion
eftant venu à Salies où
il poffede beaucoup de bien ,
a extrémement contribué
aux Converſions dont je .
vous parle , & comme toutes
les autres Villes du Bearn
avoient les yeux ouverts fur
ce que feroit celle de Salies ;
ce changement genéral de
tous les Habitans les a ébranlées
;
fiter
de
ces
bonnes
difpofide
forte que pour protions
, M. Foucault a fait.
142 MERCURE
deux chofes . La premiere,
a efté d'engager les Sei--
gneurs Catholiques qui ont
des terres où il y avoit des
Religionnaires
, d'aller inceffamment
travailler à leur
Converfion, en quoy ils ont
agy fiefficacement, qu'ils les
ont prefque tous ramenez à
l'Eglife.M.le Préfidét deGaffion
, M " Dorogne , de Candau
, de S. Macary , & Senay,
Confeillers du Parlement de
Navarre , Mrs les Marquis
de Moneins , Senéchal du
Pays de Soulle , de la Taulade
, Lieutenant de Roy , de
GALANT. 143
S
1
Navarreux , M's les Barons
de Boil & d'Affat , & beaucoup
d'autres Officiers &
Gentilshommes , ont utilement
employé le credit
qu'ils ont dans leurs Paroiffes
, pour feconder les intentions
du Roy. Sur tout la
Famille de M. le Baron Darbomave
, n'a rien épargné
dans une occafion fi importante
de ce qui pouvoit fignaler-
fon zele pour la Reli-
B gion Catholique , & pour le
fervicede SaMajefté.La fecó.
de chofe que M. Foucault a
faite , a efté de fe rendre in144,
MERCURE
continent dans les Villes &
dans les Paroiffes qui appartiennent
au Roy , comme
auffi dans celles dont
les Seigneurs font profeffion
de la Religion Prétenduë
Reformée , & pendant:
trois femaines qu'il a employées
à vifiter , à exhorter,
& à faire inftruire les Religionnaires
, il s'eſt fait des
Converfions fans nombre:
dans tous les lieux où il a
efté . Mais ce qu'il y a de
bien
glorieux pour
le
Roy
dans ce grand mouvement
de Religion , c'eſt la ſoumif
fion
1
GALANT: 145
5
fion que les Habitans d'Oleron,
qui eft la plus grandeVille
de la Province, ont témoi
gnéo à fes Ordres , faifant
voir par là qu'ils eftoient
perfuadez qu'ils ne pouvoiết
manquer en fuivant les volontez
d'un Prince , dont
toutes les entrepriſes paroiffent
viſiblement foûtenuës
du Ciel. Ce fage & zelé
Commiffaire qui les fit affembler
en fa prefence , ne
leur eut pas plûtoft fait connoiſtre
que l'intention de Sa
Majeſté eftoit qu'ils ſe fiſfent
inftruire des Principes
Aouft 1685.
1
N
146 MERCURE
de l'Eglife Romaine , qu'ils
demanderent quinze jours
pour le faire , & ce terme
eftant expiré , ils députerent
vers luy M. Colomits , l'un
d'entr'eux , pour luy dire
qu'ils eftoient réfolus d'embraffer
la Religion de leur
Souverain. C'eft ce qu'ils
firent tous avec leurs Femmes
& leurs Enfans , entre
les mains de M. l'Evefque
d'Oleron , & le premier de
Juillet ils affifterent tous à la
Meffe pontificalement celebrée
par ce Prelat , & enrendirent
la Prédication du
GALANT. 147
Is
S
1
Pere Carriere Jeſuite , ayant
à leur tefte M. Goulard Miniftre
, qui s'eftoit converty
quinze jours auparavant , &
qui leur avoit rendu raiſon
des Motifs de fon Abjuration
. Ils vinrent auffi le foir
à l'Eglife , où l'on chanta le
Te Deum , en Action de graces
de cette importante
Converſion . M. l'Evefque
y porta le Saint Sacrement
en Proceffion , & y donna la
Benédiction aux nouveaux
Convertis , & aux autres Catholiques
, dont l'Eglife fe
trouva pleine , & pour mieux
Nij
148 MERCURE
folemnifer le jour heureux
de la réunion de tous les
Habitans d'Oleron fous une
mefme Communion , les Jurats
firent faire des Feux de
joye , & M. Foucaut alluma
le Bucher de celuy qui fut
élevé à la Place publique , au
bruit du Canon & de la
Moufqueterie , & aux acclamatrons
de Vive le Roy . Huit
jours avant le retour des
Prétendus Reformez d'Oleron
à l'Eglife , M. Foucault
retourna à Pau , où dans une
Affemblée des Principaux
de la Ville , il leur fit conGALANT.
149
I noiftre les Motifs preffans
S qu'ils avoient de fuivre au
plûtoft l'exéple de ceux d'Oleron
. Ils luy demanderent
quinze jours pour achever
de fe faire inftruire . Je n'ay
pas bien fceu quels moyens
il empløya pour réüffir dans
cette derniere entrepriſe;
mais il eſt certain que dés
l'onzième jour , les Habi
tans de Pau luy envoyerent
quatre Députez d'entr'eux .
M. Vidal ancien Avocat
porta la parole , & luy dit ,
Que leur Eglife , fi on pouvoir
encore luy donner ce nom ,
venoir
N iij
150 MERCURE
de les députer pour luy faire connoiftre
, qu'aprés avoir meurement
examiné les Points qui les
avoient tenus fi long- temps ſeparez
de la Communion Romaine , ils
avoiet ouvert les yeux à la verité;
qu'ils eftoient refolus de donner
au Roy , la fatisfaction de les
voir rentrerfousfon Augufte Regne
dans le fein de l'Eglife Catholique
, Apoftolique & Romaine;
qu'ils n'eftoient plus ces Enfans
rebelles & capricieux , qui
méprifoient la voix de leur Mere
, qui ne vouloient écouter
que
ue la voix de l'Etranger ; que
Le Roy qui fe fait un honneur
GALANT. 151
que
d'eftre le Fils aifné de l'Eglife,
les avoit enfin rangez fous fes
loix , mis fous fa Difcipline ,
qu'il leur faifoit prendre ce joug
aife , & ces falutaires chaifnes
leurs Peres avoient fi mal
beureufementbrifes qu'il nefalloit
pas des mains moins puiffantes que
Lesfiennes , pour rendre la veüe à
des Aveugles nez , &pour
transporter des tenebres à la lumiere,&
qu'il eftoit refervé à un Roy
auffi pieux que le LOUIS LE
GRAND , d'éteindre dans
leurs coeurs les fentimens d'une
Religion qu'ils avoient receüe
d'une illuftre Reyne . Ils fini
M. iiij
les
152 MERCURE
rent par des fouhaits , qu'aprés
que noftre invincible Monarque
aura eu ta fatisfaction de
ramener dans l'Eglife fes Sujets
dévoyez,il ait encore la gloire d'y
ranger toutes les Nations infidel
les.
Aprés ce Difcours ces
,
mefmes Députez remirent à
M. Foucault, un Acte de Déliberation
figné de tous les
Chefs de Famille qui
avoient affifté à leur Affeinblée
, conceu en ces termes.
,
GALANT. · 153
N
Ous fous-fignez Habi
tans & Chefs de Fa-
4145 mille de la Ville dePau, ayantfait
juſqu'à prefent profeffion de la
Religion Pretenduë Reformée ,
déclarons que fur ce qui nous a
efté reprefenté par M. Foucault,
Intendant de Bearn Navarre
, que le Roy n'avoit rien plus
à coeur , que de voir tous fes Sujets
reünis fous une mefme Com
munion , & ayant efté informez
que l'on nous avoit déguisé les
veritables fentimens de l'Eglife .
Romaine ; ce qui obligeoit Sa
Majefté qui veille continuelle154
MERCURE
ment au bien & à l'avantage de
fes Sujets , a defirer que nous nous
fiffions inftruire des Veritez Ca.
tholiques , nous aurions fupplié
ledit Sieur Foucault Intendant,
de nous permettre de nous affembler
pour déliberer fur une propofition
fi importante à noftre falut,
cette liberté nous ayant esté
accordée , nous nous sommes affemblez
prefque tous les jours
pendant trois semaines chez le
Sieur de Navailles , Sindic du
Pays de Bearn , & premierJurat
de la Ville de Pau , pour bien
reconnoftre les caufes de noftre feparation
d'avec l'Eglife Romai
GALANT. 155
1
> t nous déterminer fur le
Party que nous avions à fuivre;
fibien qu'aprés avoir meurement
déliberé fur tous les Poincts dans
lefquels
nous
differons , nous aurions
tous d'un commun accord
convenu qu'il eftoit de l'intereft
de nos confciences d'embraffer la
Foy Catholique , Apoftolique &
Romaine. Nous déclarons de
plus qu'encore que le defir de faire
noftrefalut , & la gloire de Dieu
foientles Motifs de noftre changement
; neanmoins l'obeïffance que
nous devons aux ordres de San
Majefté , & la reconnoiſſance
que nous avons de fes foins pa156
MERCURE
•
ternels , ont tres- utilement fervy
à noftre prompte détermination , à
quoy n'ont pas peu contribué les
fages follicitations qui nous ont
efté faites par ledit Sieur Intendant
, qui nous a pris charitablement
par la main pour nous remettre
dans l' Arche . Auffireconnoiffons-
nous dans cette Converfion
, que c'est par fon Canal
que nous avons fenty les effets de
la bonté de noftre Augufte Mo
narque, comme c'est par le Canal
de ce grand Prince , que nous
avons fenty les effets de la Grace
qui nous doit reünir à l'Eglife
Catholique , Apoftolique & Ros
GALANT. 157 .
maine , que nous déclarons vouloir
profeffer fincerement & de
bonne foy , jusqu'au dernier moment
de noftre vie , enfoydequoy
nous avons figné la prefente Déliberation
à Pau ce 12. Juiller
1685. Ainfi figné Vidal Député,
Faget Avocat & Deyen , la
Vie Avocat, Gruyer Avocat &
Doyen , Dogovein , Faget, Larrieu
Avocat , Remy , Vignat,
Cafaubon Medecin , Blair Avocat
,&c.
Cet Acte de Déliberation
fi folemnel , fut fuivy le Dimanche
15. Juillet , de leur
158 MERCURE
Abjuration , auquel jour on
fit une Proceffion , où le Parlement
& tous les Corps de la
Ville affifterent . Le Te Deum
y fut auffi chanté , & les acclamations
de Vive le Roy ,
furent accompagnées du
bruit du Canon du Château,
& fuivies d'un Feu d'artifice,
& de la décharge de la Mouf
queterie. On peut dire que
la Converfion des Pretendus
Reformez de la Ville de Pau
a efté generale , puis qu'il
n'y refte prefentement que
deux Familles de Gentilshommes
, & une d'un MarGALANT.
159
chand, qui témoignent youloir
perfeverer dans la Religion
Pretenduë Reformée ,
avec les Femmes de trois Of
ficiers du Parlement , & de
quatre autres Bourgeois .
A l'égard des Pretendus
Reformez de la Ville d'Orthez
, qui avoient auſſi demandé
quinze jours pour achever
de fe faire inftruire ,
M. Foucault s'eftant rendu
à Orthez le lendemain du
jour de l'échéance du terme
qu'il leur avoit accordé, plufieurs
des principaux Habitans
fe convertirent à fon ar
160 MERCURE
rivée, & leur Converfion fut
fuivie le mefine jour de celle
de plus de mille perfonnes,
le lendemain de mille autres ,
& en trois jours il n'y refta
pas deux cens perfonnes de
la Religion Pretenduë Reforinée
, de prés de quatre
mille qu'il y en avoit ;
forte qu'ils font preſentement
réduits à dix ou douze
Familles, qui avec une vingtaine
d'autres s'eftoient engagez
par un Traité , de demeurer
fermes dans leur Religion
, quand mefme tous
ceux qui en faifoient profeſ
de
GALANT. 16T
fion dans le Bearn , fe feroiét
Catholiques,ayat envoyé un
Deputé au Roy, pour le fupplier
de leur permettre d'en
cótinuer l'Exercice ; mais ces
20 autres Familles fe sót détachées,
aprés que M. Foucault
leur a fait
connoiftre que ce
Traité tenoit de la Faction.
Il y avoit encore cent Fa
milles de la Religion Pretenduë
Reformée , dans le Bourg
d'Orthez ; mais M. le Duc de
Grammont , qui en eft Sei--
gneur , leur ayant écrit pour
les engager à fuivre l'exem
ple de tous les autres lieux
Aoust 1685. O
162 MERCURE
de Bearn , elles fe font converties
, à la reſerve de trois
ou quatre qui font entrées
dans le Traité d'affociation
de celles qui perfeverent encore
dans leur opiniaſtreté
à Orthez. Cependant il y a
lieu d'efperer que ce petit
nombre , ainfi que quelques
Gentilshommes , & autres
poffedans des biens nobles ,
qui n'ont pû encore ſe déterminer
, ouvriront bientoft
les yeux à la verité, aprés
un exemple fi perſuaſif , &
fi memorable. Les chofes
eftant en ces termes on
?
GALANT. 163
peut regarder prefentement
le Bearn comme une Province
toute Catholique..
Huit cens Religionnaires
ou
environ difperfez dans toutes
ſes parties , doivent eſtre
comptez pour peu de chofe
fi l'on confidere que c'eft le
refte d'environ vingt deux.
mille , qui rempliffoient les
meilleures Villes & Bourgs
de la Province , & qui étoient
les plus riches. Joignez à
cela que parmy ces nouveaux
Convertis , il y a trois
Miniftres des plus habiles
qui ont fait leur Abjuration
depuis un mois.
Fermer
Résumé : Suite des Conversions faites dans le Bearn, pendant le mois de Juin. [titre d'après la table]
En juin 1685, plus de trois mille personnes en Béarn ont abjuré le calvinisme, portant à près de huit mille le nombre total de conversions depuis mars. Cette vague de conversions a été facilitée par M. Foucault, commissaire du roi, et des missionnaires. La ville de Salies, connue pour sa résistance au catholicisme, a vu une conversion massive en trois jours, influencée par des notables locaux comme le Président de Gassion. Les seigneurs catholiques ont également encouragé les conversions dans leurs domaines. À Oléron, les habitants ont demandé un délai pour s'instruire avant de se convertir collectivement le 1er juillet. À Pau, après une assemblée, les habitants ont décidé de se convertir après un délai de quinze jours. Les protestants de Pau ont envoyé des députés au roi pour annoncer leur retour au catholicisme. M. Vidal, ancien avocat, a déclaré que cette décision était mûrement réfléchie et motivée par la recherche du salut et l'obéissance aux ordres royaux. La conversion a été officialisée le 15 juillet par une procession et des célébrations. À Orthez, plusieurs habitants se sont également convertis, réduisant significativement le nombre de protestants. En août 1685, seules une dizaine de familles protestantes restaient en Béarn, ayant signé un traité pour maintenir leur religion. Cependant, vingt autres familles se sont retirées après avoir appris que ce traité était perçu comme une faction. Le duc de Grammont a encouragé cent familles protestantes à Orthez à se convertir, ne laissant que trois ou quatre familles fidèles à leur foi. Actuellement, le Béarn est considéré comme entièrement catholique, bien que quelques centaines de protestants dispersés subsistent. Trois ministres protestants influents figurent parmi les nouveaux convertis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1423
p. 164-181
Tout ce qui s'est passé à la Reception de M. de la Haye, Ambass. à Venise. [titre d'après la table]
Début :
M. de la Haye, choisi par Sa Majesté, pour succeder à [...]
Mots clefs :
M. de la Haye, Ambassade de Venise, Sénat, Cour de France, Ornements, Gondoles, Cortège, Compliments, Chevalier, Palais, Musique, Audience, Discours, Banquets, Décors, Ambassadeur du Levant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Tout ce qui s'est passé à la Reception de M. de la Haye, Ambass. à Venise. [titre d'après la table]
M. de la Haye , choifi
par Sa Majefté , pour fucceder
à M. Amelot dans l'Am
baffade de Veniſe , ayant réfolu
de faire fon Entrée publique
le 8. du mois paffé , le
Senat auquel il en fit donner
avis le 27. Juin par M.
Menault, Chanoine de Saint
Aignan d'Orleans , Secretaire
de l'Ambaſſade , députa
M. Jules Affanio Giuftiniani
Chevalier , que nous
avons veu Ambaſſadeur de
la Republique à la Cour de
France , pour aller le rece
voir à l'ile du Saint Efprit,
GALANT. 165
>
avec foixante Senateurs . Ce
jour eftant arrivé , M. l'Ambaffadeur
accompagné de
M. Menault , & du Conful
de toute la Nation , s'embar
qua dans fa premiere Gondole.
Elle eftoit d'une Scul- ◊
pture dorée , & garnie d'un
Velours rouge Cramoify,
remply de Franges d'or,
avec la couverture brodée
d'or fort richement. Ses
deux Fers eftoient les plus
magnifiques & les plus
beaux qui euffent jamais
paru à Venife. Il fut fuivy
de quatre Gondoles dans
166 MERCURE
lefquelles fe mirent ſes Gentilshommes
, Officiers , Pages
, & Valets de pied . Les
trois premieres de ces quatre
autres Gondoles eftoient
auffi d'une Soulphare dorée,
l'une garnie d'un Velours
noir à ramage , avec une
Crefpine tres-riche , l'autre
d'une Velours Cramoify
auffi à ramages , & la troifiéme
d'un Velours noir tout
uny . La derniere eftoit plus.
commune. Ces cinq Gondoles
avoient chacune quatre
Rameurs vétus dé livrées.
Tous les Gentilshommes
GALANT. 167
du Cortége , & autres des
principaux de la Nation qui
demeurent à Venife , fuivirent
avec leurs Gondoles à
Rames, au nombre de plus
de foixante, M. l'Ambaſſadeur
eftant arrivé à l'Ifle du
Saint Efprit , y fut receu par
les Cordeliers qui l'habi
tent. Ils l'accompagnerent
dans leur Eglife , précedé
de tout fon Cortége , &
aprés qu'il y cut fait la Priere
, ils le conduifirent dans
un appartement préparé &
meublé par ordre de la Republique
, où il receut auſſi168
MERCURE
toft des Complimens de la
part de M. l'Ambaffadeur
d'Efpagne , de la Nonciature
, & du Réfident de Mantouë.
M. le Chevalier Giuftiniani
ayant mis pied à terre en
cette Ifle , avec les foixante
Senateurs , tous en Habits
de cerémonie & venus
chacun
>
dans une Gon-
M.
defcendit
dole à quatre Rames ,
l'Ambaffadeur
dans l'Eglife , à la porte
de laquelle M. Menaut fe
rendit accompagné de trois
Gentilshommes , pour y recevoir
GALANT. 169
en
çevoir ce Chevalier.Il luy fit
un Compliment de peu de
paroles , & M. l'Ambaſſadeur
le voyant paroiftre ,
s'avança jufqu'au milieu de
l'Eglife , où M. le Chevalier
Giuftiniani fe trouva
mefme temps . Les Complimens
furent reciproques, &
M. l'Ambaffadeur répondit
tres - obligeamment à ce que
ce Chevalier luy dit de la
part du Senat. M. de la
Haye, auquel M.Giuftiniani
donna la main , fortit de l'E
glife , fuivy immediatement
du Secretaire de l'Ambaſſa-
Aoust 1685.
P
170 MERCURE
de,avec le premier Senateur,
& du Conful accompagné
d'un autre Senateur, & ainſi
tout le reste du Cortége. Il
monta le premier dans la
Gondole du Chevalier ayant
toûjours la droite , & il n'y
entra aprés eux que le Se
cretaire de la Republique
en Vefte violette . L'Ancien
Senateur fit entrer M.
Menault dans la fienne , où
il luy donna la droite , comme
les autres Senateurs à
tout le Cortége.On ſe rendit
au Palais de M. l'Ambafladeur
, jufque dans la Cham- +
GALANT. 171
bre d'Audience , qui eftoit
garnie d'une Tapiflerie de
Velours Crainoily à fond
d'or tres-riche , avec le Portrait
du Roy fous un Dais
de pareille étoffe . M. le
Chevalier Giuftiniani l'y
complimenta tout de nouveau
, & M. l'Ambaſſadeur
luy répondit avec beaucoup
d'éloquence . Il luy donna
la main , & l'accompagna
hors de la porte de fon Palais
, jufques proche fa Gondole
, fuivy de tous les Senateurs
, & du Cortége dans le
mefme ordre. Les Violons,
Pij
172 MERCURE
&
Trompettes , Haut- Bois ,
Tambours fonnerent en dif
ferens endroits du Palais juf
qu'à quatre heures de nuit , &
pendant cetemps là on diſtribua
quantité de Confitures,
d'Eaux fraifches , & de Liqueurs
à tous ceux qui s'y
trouverent , tant en Mafque
que fans Mafque , fur tout
aux Nobles & Gentilshommes
qui y vinrent en
grand nombre maſquez &
démafquez.
•
Le lendemain 9. Juillet, M.
le Chevalier Giuftiniani &
les Senateurs s'eftant affemGALANT.
173
blez à dix heures du matin
dansl'Eglife de laMadonna del
Horto, proche le Palais de M.
l'Ambaffadeur , envoyerent
le Secretaire de la Republi
que en Vefte violette luy
faire compliment , & prendre
fon heure pour aller à
l'Audience. Il répondit qu'il
eftoit tout preft , & cependant
on fit mettre toute la
Livrée hors le Palais , & le
Cortége devant la Porte.
M. Menault eftoit à la tefte ,
& receut M. Giuftiniani qui
vint par terre , fuivy des Senateurs
deux à deux depuis
Piij
174 MERCURE
F'Eglife jufques au Palais.
Il l'accompagna jufques au
milieu de l'Eſcalier , où M.
l'Ambaffadeur l'ayant receu
, il le conduifit à la
Chambre d'Audience . Aprés
quelques complimens
de part & d'autre
& d'autre , on remonta
en Gondole comme
le jour précedent jufqu'au
Palais de Saint Marc , & l'on
y mir pied à terre à la Piaz-
Zetta. De là aprés avoir tráverfé
la Court du Palais , on
monta l'Eſcalier des Geans ,
& M. l'Ambaffadeur s'étant
rendu à la porte du ColGALANT.
175
lege , elle s'ouvrit , le Doge
& le College eſtant debout.
M. de la Haye ayant fait les
réverences ordinaires , s'affit
à fa droite , & le couvrit .
Il luy preſenta la Lettre du
Roy ; le Doge la donna au
Secretaire de la Republique
pour en faire la lecture,
aprés quoy M. l'Ambaffadeur
fit fa Harangue au Senát
,
& la
prononça
d'une
maniere tres noble. Le Doge
répondit à ce Difcours
en des termes qui mar
quoient une entière vené,
ration pour le Roy , & une
Piiij.
176 MERCURE
eftime particuliere pour la
Perfonne de M. l'Ambaffa
deur , qui fe retira enfuite
toûjours à la droite de M. le
Chevalier Giuftiniani , qui
le conduifit dans fa Gondole
comme auparavant , &
l'accompagna jufques dans
la Chambre d'Audience . Là
s'eftant de nouveau compli
mentez , M. l'Ambaffadeur
luy donna la main , & l'ayant
conduit jufqu'à fa Gondole ,
il falua tous les Senateurs
qui pafferent devant luy en
s'en retournant . Enfuite il
monta en haut fuivy de tous
GALANT 177
les Gentilshommes de fon
Cortége qu'il fit difner
avec luy. Quatre Tables
furent fervies en mefme
temps avec beaucoup de
magnificence. Il y eut quatre
Services , & les Vins &
les Liqueurs ne furent point
épargnez. L'on avoit préparé
dés le matin un grand
Bufet remply d'argenterie
dans le Portique , & de l'au
tre cofté une grande Table
couverte de toute forte de
Fleurs , de Fruits , & de Confitures
à la Françoife . Aprés
le repas , les Violons & au178
MERCURE
tres Inftrumens recommencerent
à jouer , & on diftri
bua à tout le monde des
Eaux , des Liqueurs , & des
Confitures coinine le jour
précedent. La Feſte finit à
quatre heures de nuit fans.
eftre troublée par aucun de… ·
fordre.
M. de la Haye dont je
vous parle a efté plufieurs
années Ambaffadeur au Levant
, & il a continué de fervir
le Roy en plufieurs Négotiations
d'Etat vers les
Princes d'Allemagne . Il ett
Fils de feu M. de la Haye,
GALANT. 179
qui a efté long- temps Ambaffadeur
à Conftantinople
,
& porte Party de deux chaique
Party chevronné
contre - chevronné
d'or
2
>
&
عون
de gueules de feize pieces.
Madame fa Femme doit l'aller
trouver dans peu de
temps . Elle s'appelle Loüife
de Montholon , & eft de
l'Illuftre Famille des Montholons
fi féconde en
grands Hommes , & qui a
pris fon nom de Monthelon
ou Montholon , Bourg de
Bourgogne proche d'Autun.
Elle a donné un Car
>
180 MERCURE
dinal en 1350. fous Clement
VI. deux Gardes des Sceaux
de France fous François I.
& Henry III . plufieurs Préfidens
au Mortier , Confeillers
& Avocats Genéraux
aux Parlemens de Paris & de
Bourgogne, Confeillers d'Etat
, Maiftres des Reque
ftes , & un Ambaffadeur en
Suiffe. Eft eft alliée aux Maifons
de Silly , de Thoulongeon
, d'Aubuffon , de Ganay
, Chartier d'Alainville ,
de Mégrigny , Molé , de
Longueil -Maifons , Chaffebras-
de Cramailles , de Se 2:
+
*
1
1
GALANT. 181
ve , de Bragelongue , & autres
.
par Sa Majefté , pour fucceder
à M. Amelot dans l'Am
baffade de Veniſe , ayant réfolu
de faire fon Entrée publique
le 8. du mois paffé , le
Senat auquel il en fit donner
avis le 27. Juin par M.
Menault, Chanoine de Saint
Aignan d'Orleans , Secretaire
de l'Ambaſſade , députa
M. Jules Affanio Giuftiniani
Chevalier , que nous
avons veu Ambaſſadeur de
la Republique à la Cour de
France , pour aller le rece
voir à l'ile du Saint Efprit,
GALANT. 165
>
avec foixante Senateurs . Ce
jour eftant arrivé , M. l'Ambaffadeur
accompagné de
M. Menault , & du Conful
de toute la Nation , s'embar
qua dans fa premiere Gondole.
Elle eftoit d'une Scul- ◊
pture dorée , & garnie d'un
Velours rouge Cramoify,
remply de Franges d'or,
avec la couverture brodée
d'or fort richement. Ses
deux Fers eftoient les plus
magnifiques & les plus
beaux qui euffent jamais
paru à Venife. Il fut fuivy
de quatre Gondoles dans
166 MERCURE
lefquelles fe mirent ſes Gentilshommes
, Officiers , Pages
, & Valets de pied . Les
trois premieres de ces quatre
autres Gondoles eftoient
auffi d'une Soulphare dorée,
l'une garnie d'un Velours
noir à ramage , avec une
Crefpine tres-riche , l'autre
d'une Velours Cramoify
auffi à ramages , & la troifiéme
d'un Velours noir tout
uny . La derniere eftoit plus.
commune. Ces cinq Gondoles
avoient chacune quatre
Rameurs vétus dé livrées.
Tous les Gentilshommes
GALANT. 167
du Cortége , & autres des
principaux de la Nation qui
demeurent à Venife , fuivirent
avec leurs Gondoles à
Rames, au nombre de plus
de foixante, M. l'Ambaſſadeur
eftant arrivé à l'Ifle du
Saint Efprit , y fut receu par
les Cordeliers qui l'habi
tent. Ils l'accompagnerent
dans leur Eglife , précedé
de tout fon Cortége , &
aprés qu'il y cut fait la Priere
, ils le conduifirent dans
un appartement préparé &
meublé par ordre de la Republique
, où il receut auſſi168
MERCURE
toft des Complimens de la
part de M. l'Ambaffadeur
d'Efpagne , de la Nonciature
, & du Réfident de Mantouë.
M. le Chevalier Giuftiniani
ayant mis pied à terre en
cette Ifle , avec les foixante
Senateurs , tous en Habits
de cerémonie & venus
chacun
>
dans une Gon-
M.
defcendit
dole à quatre Rames ,
l'Ambaffadeur
dans l'Eglife , à la porte
de laquelle M. Menaut fe
rendit accompagné de trois
Gentilshommes , pour y recevoir
GALANT. 169
en
çevoir ce Chevalier.Il luy fit
un Compliment de peu de
paroles , & M. l'Ambaſſadeur
le voyant paroiftre ,
s'avança jufqu'au milieu de
l'Eglife , où M. le Chevalier
Giuftiniani fe trouva
mefme temps . Les Complimens
furent reciproques, &
M. l'Ambaffadeur répondit
tres - obligeamment à ce que
ce Chevalier luy dit de la
part du Senat. M. de la
Haye, auquel M.Giuftiniani
donna la main , fortit de l'E
glife , fuivy immediatement
du Secretaire de l'Ambaſſa-
Aoust 1685.
P
170 MERCURE
de,avec le premier Senateur,
& du Conful accompagné
d'un autre Senateur, & ainſi
tout le reste du Cortége. Il
monta le premier dans la
Gondole du Chevalier ayant
toûjours la droite , & il n'y
entra aprés eux que le Se
cretaire de la Republique
en Vefte violette . L'Ancien
Senateur fit entrer M.
Menault dans la fienne , où
il luy donna la droite , comme
les autres Senateurs à
tout le Cortége.On ſe rendit
au Palais de M. l'Ambafladeur
, jufque dans la Cham- +
GALANT. 171
bre d'Audience , qui eftoit
garnie d'une Tapiflerie de
Velours Crainoily à fond
d'or tres-riche , avec le Portrait
du Roy fous un Dais
de pareille étoffe . M. le
Chevalier Giuftiniani l'y
complimenta tout de nouveau
, & M. l'Ambaſſadeur
luy répondit avec beaucoup
d'éloquence . Il luy donna
la main , & l'accompagna
hors de la porte de fon Palais
, jufques proche fa Gondole
, fuivy de tous les Senateurs
, & du Cortége dans le
mefme ordre. Les Violons,
Pij
172 MERCURE
&
Trompettes , Haut- Bois ,
Tambours fonnerent en dif
ferens endroits du Palais juf
qu'à quatre heures de nuit , &
pendant cetemps là on diſtribua
quantité de Confitures,
d'Eaux fraifches , & de Liqueurs
à tous ceux qui s'y
trouverent , tant en Mafque
que fans Mafque , fur tout
aux Nobles & Gentilshommes
qui y vinrent en
grand nombre maſquez &
démafquez.
•
Le lendemain 9. Juillet, M.
le Chevalier Giuftiniani &
les Senateurs s'eftant affemGALANT.
173
blez à dix heures du matin
dansl'Eglife de laMadonna del
Horto, proche le Palais de M.
l'Ambaffadeur , envoyerent
le Secretaire de la Republi
que en Vefte violette luy
faire compliment , & prendre
fon heure pour aller à
l'Audience. Il répondit qu'il
eftoit tout preft , & cependant
on fit mettre toute la
Livrée hors le Palais , & le
Cortége devant la Porte.
M. Menault eftoit à la tefte ,
& receut M. Giuftiniani qui
vint par terre , fuivy des Senateurs
deux à deux depuis
Piij
174 MERCURE
F'Eglife jufques au Palais.
Il l'accompagna jufques au
milieu de l'Eſcalier , où M.
l'Ambaffadeur l'ayant receu
, il le conduifit à la
Chambre d'Audience . Aprés
quelques complimens
de part & d'autre
& d'autre , on remonta
en Gondole comme
le jour précedent jufqu'au
Palais de Saint Marc , & l'on
y mir pied à terre à la Piaz-
Zetta. De là aprés avoir tráverfé
la Court du Palais , on
monta l'Eſcalier des Geans ,
& M. l'Ambaffadeur s'étant
rendu à la porte du ColGALANT.
175
lege , elle s'ouvrit , le Doge
& le College eſtant debout.
M. de la Haye ayant fait les
réverences ordinaires , s'affit
à fa droite , & le couvrit .
Il luy preſenta la Lettre du
Roy ; le Doge la donna au
Secretaire de la Republique
pour en faire la lecture,
aprés quoy M. l'Ambaffadeur
fit fa Harangue au Senát
,
& la
prononça
d'une
maniere tres noble. Le Doge
répondit à ce Difcours
en des termes qui mar
quoient une entière vené,
ration pour le Roy , & une
Piiij.
176 MERCURE
eftime particuliere pour la
Perfonne de M. l'Ambaffa
deur , qui fe retira enfuite
toûjours à la droite de M. le
Chevalier Giuftiniani , qui
le conduifit dans fa Gondole
comme auparavant , &
l'accompagna jufques dans
la Chambre d'Audience . Là
s'eftant de nouveau compli
mentez , M. l'Ambaffadeur
luy donna la main , & l'ayant
conduit jufqu'à fa Gondole ,
il falua tous les Senateurs
qui pafferent devant luy en
s'en retournant . Enfuite il
monta en haut fuivy de tous
GALANT 177
les Gentilshommes de fon
Cortége qu'il fit difner
avec luy. Quatre Tables
furent fervies en mefme
temps avec beaucoup de
magnificence. Il y eut quatre
Services , & les Vins &
les Liqueurs ne furent point
épargnez. L'on avoit préparé
dés le matin un grand
Bufet remply d'argenterie
dans le Portique , & de l'au
tre cofté une grande Table
couverte de toute forte de
Fleurs , de Fruits , & de Confitures
à la Françoife . Aprés
le repas , les Violons & au178
MERCURE
tres Inftrumens recommencerent
à jouer , & on diftri
bua à tout le monde des
Eaux , des Liqueurs , & des
Confitures coinine le jour
précedent. La Feſte finit à
quatre heures de nuit fans.
eftre troublée par aucun de… ·
fordre.
M. de la Haye dont je
vous parle a efté plufieurs
années Ambaffadeur au Levant
, & il a continué de fervir
le Roy en plufieurs Négotiations
d'Etat vers les
Princes d'Allemagne . Il ett
Fils de feu M. de la Haye,
GALANT. 179
qui a efté long- temps Ambaffadeur
à Conftantinople
,
& porte Party de deux chaique
Party chevronné
contre - chevronné
d'or
2
>
&
عون
de gueules de feize pieces.
Madame fa Femme doit l'aller
trouver dans peu de
temps . Elle s'appelle Loüife
de Montholon , & eft de
l'Illuftre Famille des Montholons
fi féconde en
grands Hommes , & qui a
pris fon nom de Monthelon
ou Montholon , Bourg de
Bourgogne proche d'Autun.
Elle a donné un Car
>
180 MERCURE
dinal en 1350. fous Clement
VI. deux Gardes des Sceaux
de France fous François I.
& Henry III . plufieurs Préfidens
au Mortier , Confeillers
& Avocats Genéraux
aux Parlemens de Paris & de
Bourgogne, Confeillers d'Etat
, Maiftres des Reque
ftes , & un Ambaffadeur en
Suiffe. Eft eft alliée aux Maifons
de Silly , de Thoulongeon
, d'Aubuffon , de Ganay
, Chartier d'Alainville ,
de Mégrigny , Molé , de
Longueil -Maifons , Chaffebras-
de Cramailles , de Se 2:
+
*
1
1
GALANT. 181
ve , de Bragelongue , & autres
.
Fermer
Résumé : Tout ce qui s'est passé à la Reception de M. de la Haye, Ambass. à Venise. [titre d'après la table]
M. de la Haye a été nommé ambassadeur de France à Venise, succédant à M. Amelot. Le 8 juillet, il a informé le Sénat vénitien via M. Menault et a embarqué dans une gondole somptueuse accompagnée de soixante sénateurs, dont M. Jules Asserino Giustiniani, ancien ambassadeur de la République à la cour de France. Le cortège, composé de plusieurs gondoles ornées et de gentilshommes, s'est dirigé vers l'île du Saint-Esprit. À son arrivée, M. de la Haye a été accueilli par les Cordeliers et divers représentants diplomatiques. Le lendemain, M. Giustiniani et les sénateurs ont rendu visite à M. de la Haye pour une audience officielle, puis se sont dirigés au Palais de Saint-Marc. M. de la Haye y a présenté une lettre du roi au Doge, qui a répondu avec vénération et estime. Ensuite, M. de la Haye a prononcé une harangue au Sénat avant de se retirer. Lors d'une visite officielle ultérieure, M. de la Haye, accompagné de M. le Chevalier Giustiniani, a été conduit dans la Chambre d'Audience où il a salué les sénateurs et invité son cortège à dîner. Le repas, servi avec magnificence, comprenait quatre tables, quatre services, et une abondance de vins et liqueurs. Un buffet d'argenterie et une table de fleurs, fruits et confitures françaises avaient été préparés. Après le dîner, des musiciens ont joué et des rafraîchissements ont été distribués, la fête se terminant à quatre heures du matin sans incident. M. de la Haye est l'ancien ambassadeur au Levant et a été impliqué dans plusieurs négociations d'État avec les princes d'Allemagne. Il est le fils de feu M. de la Haye, ancien ambassadeur à Constantinople. Sa femme, Louise de Montholon, appartient à une famille illustre de Bourgogne, connue pour ses grands hommes, dont des gardes des sceaux, présidents au Parlement, conseillers d'État, et un ambassadeur en Suisse. La famille est alliée à plusieurs maisons nobles, telles que Silly, Thoulongeon, Aubusson, et Ganay.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1424
p. 181-195
Affaires de Remiremont. [titre d'après la table]
Début :
Le 23. du dernier mois, Dame Elisabeth Gabrielle Françoise Rouxel [...]
Mots clefs :
Dame de Médavy, Serment, Parlement, Dignité, Abbaye de Remiremont, Assemblée, Fille, Baron, Princesse, Abbesse, Audiences, Érudition, Chapitre, Esprit, Vertu, Archevêque, Comte, Chanoinesses, Établissement, Doyenne, Habillement, Procession
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Affaires de Remiremont. [titre d'après la table]
Le 23. du dernier mois , Dame
Elifabeth GabrielleFrançoife
Rouxel de Medavy,
prefta Serment au Parlemết
de Mets , dans les formes ordinaires,
& en Habit de Ceremonie
pour la Dignité de
Secrette ou Sacriftine , de l'Illuftre
College , Chapitre , &
Abbaye de Remiremont , à
laquelle elle avoit eſté éleuë
dans l'Affemblée du 16. du
mefine mois , en conformité
& en conféquence d'un Arreft
rendu quelques jours
182 MERCURE
auparavant
par ce mefme
Parlement
. Comme
l'affaire
a fort éclaté , il ſera bon
de vous l'expliquer
en peu
de mots
.
Dame Anne de Malin de
Luz , Fille de M. le Baron de
Luz , Lieutenant Genéral de
la Province de Bourgogne
,
derniere Secrete de Remiremont
, eftant morte au mois
d'Avril 1684. aprés 48. ans de
paifible poffeffion de cette
Dignité de Secrette , Madame
la Princeffe de Salm Abbeffe
, appuya les intéreſts
de Madame la Princeffe
*
GALANT. 183
Chriftine de Salm fa Soeur,
Niece de Prébende , qui s'étant
pourveuë en Cour de
Rome obtint une Bulle
comme ayant expofé la Vacance
de ce Benéfice , dans
un mois du Pape , mais lors
qu'elle voulut en prendre
poffeffion , il y eut oppofition
formée de la part du
Chapitre , qui ayant éleu en
mefme temps tumultuairement
& fans formalitez
Madame de Médavy, luy fit
pareillement prendre pof
feffion le 18. Juillet de la
meſme année , malgré l'op184
MERCURE
pofition reciproqûe de Madame
la Princeffe Chriftine
de Salm . Le lendemain jour
fixé pour
l'Election , Madame
l'Abbeffe de Remiremont
fit élire en cas de befoin
, Madame la Princeſſe
Chriſtine
fa Soeur par quatre
ou cinq de fesDames & quelques
Niéces ; & les autres en
bien plus grand nombre,
avec Madame la Doyenne
à leur tefte , éleurent une feconde
fois Madame de Médavy
. Les longues conteftations
que l'on fit de part
& d'autres , furent enfin
GALANT. 185
portées au Parlement de
Mets , où M. Thorel parla
pour Madame de Médavy,
pendant quatre Audiences
avec autant de grace que
d'éloquence , & il fut fecon--
dé dans la cinquième
pour
l'intervention
du Chapitre
par M. Viry , un des plus fameux
Avocats de ce Parle--
ment , & incomparable pour
les matieres Ecclefiaftiques
.
La fixiéme & la feptiéme
Audience furent remplies
,
avec beaucoup d'érudition
& de politeffe , par M. Bour--
fier Avocat de Madame la
Aoust 1685. Q.
186 MERCURE
Princeffe Chriftine ; & enfin
aprés que les repliques eurent
efté achevées dans la
huitiéme Audience une
neufiéme termina la difficulté.
Elle fut dignement occupée
par le plaidoyé de MCorberon
, Procureur Genéral
, au milieu d'une foule
extraordinaire de Perfonnes
de tousSexes & de tousEtats .
Il feroit inutile de vous parler
de la netteté & de la force
de fon expreſſion , puis qu'il
ne peut rien fortir duConfeil
que d'achevé , & qu'aprés y
avoir porté avec fuccez la
GALANT. 187
i parole pour le Roy , on eft
toûjours affeuré de paroiftre
ailleurs avec éclat. Auffi la
Courfuivant fesConclufions
ordonna le fecond du dernier
mois,que faifat droit fur l'ln.
tervention du Chapitre de
Remiremót, il feroit mainte--
nu dás le pouvoir d'élire une
Secrete ; & que fans avoir
égard à la Bulle de Madame
la Princeffe Chriftine , ny à
l'Election prétendue faite
de fa . Perfonne , non plus
qu'aux deux autres Elections
pareillement prétendues faites
de la Perfonne de Mada--
Qij
188 MERCURE
me de Medavy ,il feroit procedé
le
15.
de Juillet à une
nouvelle Election d'une Secrette
en la maniere ordinai
re.Cette Electió fe fit de nouveau
ce jour là 15. de l'autre
mois en faveur de Madame
de Médavy, qui joint à une Illuftre
naiſſance un efprit des
plus éclairez , & une vertu
des plus confommées . Elle
eft Fille de Meffire Guillaume
de Rouxel de Médavy,
Comte de Marey , Frere de
feu M. le Maréchal de Grancey
, & de M. l'Archevefque
de Rouen d'aujour
GALANT. 189
d'huy , & de Dame Marie
d'Achey , Fille d'Antoine
d'Achey , Gouverneur de
la Ville de Dole . Ce Comte
de Marey , Maréchal
des Camps & Armées du
Roy mourut affez jeu,
ne ,
8
d'une bleffeure receuë
au Combat de Briare en
1652 .. M. le Comte de Médavy
marié depuis peu à Mademoiſelle
de Maulévrier
Colbert , eft Neveu à la mode
de Bretagne de Madame
de Médavy , Secrette de Remiremont.
M. le Comte de
Marey tué en Candie en
190 MERCURE
1
1668. eftoit fon Frere . L'Illu
ftre College , Chapitre &
Abbaye de Remiront eft
auffi ancien que fingulier.
Plus de cinquante Dames .
s'y trouvent encore aujour--
d'huy , toutes de tres - grande
qualité. On n'y peut en..
trer qu'aprés avoir fait les
mefmes preuves de Noblef
fe que font Ms les Comtes :
de S. Jean de Lyon ; auffi
donne -t'on à ces Dames le:
Titre de Chanoineffes Comteffes
de Remiremont , quii
eft une petite Ville des .
Montagnes de la Vauge fur.
GALANT. 191
ου la Riviere de Mozelle ,
le dernier Tremblement de
terre fit tant de ravage . Cette
Abbaye reconnoiſt pour
Fondateur Romaric Comte
d'Avent , qui eftoit l'un des
principaux Seigneurs de la
Cour du Roy de Mets . Il fe
dépouilla de fon Comté , &
de tous fes autres biens en
faveur de cét établiſſement,
au commencement du fixiéme
Siecle . Ces Dames Chanoineffes
Comteffes ne font
point de Voeux folemnels , à
la réſerve de l'Abbeffe . Elles
peuvent ſe marier quand
192 MERCURE
bon leur femble , & poffeder
tous leurs biens en propre,.
de mefme que fi elles n'avoient
jamais quitté la Maifon
de leurs Parens. Elles
ont droit aprés quelques an
nées de prendre chez elles
une ou plufieurs Dames de
tous âges , qu'elles appellent
Niéces de Prébende , &
qui attendent des places vacantes
. Les unes ny les autres
ne portent point d'habits
différens des Dames du :
monde , fi ce n'eft au Chour
où elles chantent , & paroiffent
comme nos Chanoines
Seculiers..
GALANT. 191
Seculiers. Un long Manteau
traînant couvre leurs
épaules , & ce Manteau ſe
nouë par devant . Les Di
gnitez , qui font l'Abbeffe,
la Doyenne & la Secrette,
portent outre cela ce qu'-
elles appellent le grand
Couvrechef. C'est une efpece
de Voile de toile empefée
, qui s'attache avec
leurs Coifes. Il prend derriere
la tefte , & pend juſ
qu'à terre. L'Abbeffe ajoûte.
à cela une bordure d'Hermine
à fon Manteau , à fa
Jupe , & aux coûtures de fon
Aoust 1685.
R
194 MERCURE
Corps , avec une Croix dé
Diamans penduë au col , &
la Croffe auprés d'elle dans
fon Trône . Il y a dans le
Pays , & mefme dans la Ville
de Mets quelques Maifons
de Dames d'Eglife,
( c'eſt ainſi qu'on les "appelle
) qui font de ce caractere.
Elles vont en Proceffion de
leurs Eglifes à celle de Saint
Eftienne , Cathedrale de
Mets , le jour de la Feſte , &
aprés avoir chanté en arrivant
un Motet au Pulpitre,
elles fe retirent dans une
Chapelle particuliere , d'où
GALANT. 195
elles ne fortent que lors que
la grande Meffe eft achevée
; ce qui eftant fait , elles
s'en retournent chez elles
dans le mefme ordre. La
derniere fois que cette Proceffion
fe fit , qui fut le troifiéme
de ce mois Fefte de
l'Invention dé Saint Eftienne;
une des plus groffes Clo
ches tomba fur les trois heures
aprés midy fans fe caffer,
ny faire aucun autre mal
que de rompre deux Planchers
, & s'enfoncer dans
le dernier , qui touche la
voûte de l'un des Collateraux
.
Elifabeth GabrielleFrançoife
Rouxel de Medavy,
prefta Serment au Parlemết
de Mets , dans les formes ordinaires,
& en Habit de Ceremonie
pour la Dignité de
Secrette ou Sacriftine , de l'Illuftre
College , Chapitre , &
Abbaye de Remiremont , à
laquelle elle avoit eſté éleuë
dans l'Affemblée du 16. du
mefine mois , en conformité
& en conféquence d'un Arreft
rendu quelques jours
182 MERCURE
auparavant
par ce mefme
Parlement
. Comme
l'affaire
a fort éclaté , il ſera bon
de vous l'expliquer
en peu
de mots
.
Dame Anne de Malin de
Luz , Fille de M. le Baron de
Luz , Lieutenant Genéral de
la Province de Bourgogne
,
derniere Secrete de Remiremont
, eftant morte au mois
d'Avril 1684. aprés 48. ans de
paifible poffeffion de cette
Dignité de Secrette , Madame
la Princeffe de Salm Abbeffe
, appuya les intéreſts
de Madame la Princeffe
*
GALANT. 183
Chriftine de Salm fa Soeur,
Niece de Prébende , qui s'étant
pourveuë en Cour de
Rome obtint une Bulle
comme ayant expofé la Vacance
de ce Benéfice , dans
un mois du Pape , mais lors
qu'elle voulut en prendre
poffeffion , il y eut oppofition
formée de la part du
Chapitre , qui ayant éleu en
mefme temps tumultuairement
& fans formalitez
Madame de Médavy, luy fit
pareillement prendre pof
feffion le 18. Juillet de la
meſme année , malgré l'op184
MERCURE
pofition reciproqûe de Madame
la Princeffe Chriftine
de Salm . Le lendemain jour
fixé pour
l'Election , Madame
l'Abbeffe de Remiremont
fit élire en cas de befoin
, Madame la Princeſſe
Chriſtine
fa Soeur par quatre
ou cinq de fesDames & quelques
Niéces ; & les autres en
bien plus grand nombre,
avec Madame la Doyenne
à leur tefte , éleurent une feconde
fois Madame de Médavy
. Les longues conteftations
que l'on fit de part
& d'autres , furent enfin
GALANT. 185
portées au Parlement de
Mets , où M. Thorel parla
pour Madame de Médavy,
pendant quatre Audiences
avec autant de grace que
d'éloquence , & il fut fecon--
dé dans la cinquième
pour
l'intervention
du Chapitre
par M. Viry , un des plus fameux
Avocats de ce Parle--
ment , & incomparable pour
les matieres Ecclefiaftiques
.
La fixiéme & la feptiéme
Audience furent remplies
,
avec beaucoup d'érudition
& de politeffe , par M. Bour--
fier Avocat de Madame la
Aoust 1685. Q.
186 MERCURE
Princeffe Chriftine ; & enfin
aprés que les repliques eurent
efté achevées dans la
huitiéme Audience une
neufiéme termina la difficulté.
Elle fut dignement occupée
par le plaidoyé de MCorberon
, Procureur Genéral
, au milieu d'une foule
extraordinaire de Perfonnes
de tousSexes & de tousEtats .
Il feroit inutile de vous parler
de la netteté & de la force
de fon expreſſion , puis qu'il
ne peut rien fortir duConfeil
que d'achevé , & qu'aprés y
avoir porté avec fuccez la
GALANT. 187
i parole pour le Roy , on eft
toûjours affeuré de paroiftre
ailleurs avec éclat. Auffi la
Courfuivant fesConclufions
ordonna le fecond du dernier
mois,que faifat droit fur l'ln.
tervention du Chapitre de
Remiremót, il feroit mainte--
nu dás le pouvoir d'élire une
Secrete ; & que fans avoir
égard à la Bulle de Madame
la Princeffe Chriftine , ny à
l'Election prétendue faite
de fa . Perfonne , non plus
qu'aux deux autres Elections
pareillement prétendues faites
de la Perfonne de Mada--
Qij
188 MERCURE
me de Medavy ,il feroit procedé
le
15.
de Juillet à une
nouvelle Election d'une Secrette
en la maniere ordinai
re.Cette Electió fe fit de nouveau
ce jour là 15. de l'autre
mois en faveur de Madame
de Médavy, qui joint à une Illuftre
naiſſance un efprit des
plus éclairez , & une vertu
des plus confommées . Elle
eft Fille de Meffire Guillaume
de Rouxel de Médavy,
Comte de Marey , Frere de
feu M. le Maréchal de Grancey
, & de M. l'Archevefque
de Rouen d'aujour
GALANT. 189
d'huy , & de Dame Marie
d'Achey , Fille d'Antoine
d'Achey , Gouverneur de
la Ville de Dole . Ce Comte
de Marey , Maréchal
des Camps & Armées du
Roy mourut affez jeu,
ne ,
8
d'une bleffeure receuë
au Combat de Briare en
1652 .. M. le Comte de Médavy
marié depuis peu à Mademoiſelle
de Maulévrier
Colbert , eft Neveu à la mode
de Bretagne de Madame
de Médavy , Secrette de Remiremont.
M. le Comte de
Marey tué en Candie en
190 MERCURE
1
1668. eftoit fon Frere . L'Illu
ftre College , Chapitre &
Abbaye de Remiront eft
auffi ancien que fingulier.
Plus de cinquante Dames .
s'y trouvent encore aujour--
d'huy , toutes de tres - grande
qualité. On n'y peut en..
trer qu'aprés avoir fait les
mefmes preuves de Noblef
fe que font Ms les Comtes :
de S. Jean de Lyon ; auffi
donne -t'on à ces Dames le:
Titre de Chanoineffes Comteffes
de Remiremont , quii
eft une petite Ville des .
Montagnes de la Vauge fur.
GALANT. 191
ου la Riviere de Mozelle ,
le dernier Tremblement de
terre fit tant de ravage . Cette
Abbaye reconnoiſt pour
Fondateur Romaric Comte
d'Avent , qui eftoit l'un des
principaux Seigneurs de la
Cour du Roy de Mets . Il fe
dépouilla de fon Comté , &
de tous fes autres biens en
faveur de cét établiſſement,
au commencement du fixiéme
Siecle . Ces Dames Chanoineffes
Comteffes ne font
point de Voeux folemnels , à
la réſerve de l'Abbeffe . Elles
peuvent ſe marier quand
192 MERCURE
bon leur femble , & poffeder
tous leurs biens en propre,.
de mefme que fi elles n'avoient
jamais quitté la Maifon
de leurs Parens. Elles
ont droit aprés quelques an
nées de prendre chez elles
une ou plufieurs Dames de
tous âges , qu'elles appellent
Niéces de Prébende , &
qui attendent des places vacantes
. Les unes ny les autres
ne portent point d'habits
différens des Dames du :
monde , fi ce n'eft au Chour
où elles chantent , & paroiffent
comme nos Chanoines
Seculiers..
GALANT. 191
Seculiers. Un long Manteau
traînant couvre leurs
épaules , & ce Manteau ſe
nouë par devant . Les Di
gnitez , qui font l'Abbeffe,
la Doyenne & la Secrette,
portent outre cela ce qu'-
elles appellent le grand
Couvrechef. C'est une efpece
de Voile de toile empefée
, qui s'attache avec
leurs Coifes. Il prend derriere
la tefte , & pend juſ
qu'à terre. L'Abbeffe ajoûte.
à cela une bordure d'Hermine
à fon Manteau , à fa
Jupe , & aux coûtures de fon
Aoust 1685.
R
194 MERCURE
Corps , avec une Croix dé
Diamans penduë au col , &
la Croffe auprés d'elle dans
fon Trône . Il y a dans le
Pays , & mefme dans la Ville
de Mets quelques Maifons
de Dames d'Eglife,
( c'eſt ainſi qu'on les "appelle
) qui font de ce caractere.
Elles vont en Proceffion de
leurs Eglifes à celle de Saint
Eftienne , Cathedrale de
Mets , le jour de la Feſte , &
aprés avoir chanté en arrivant
un Motet au Pulpitre,
elles fe retirent dans une
Chapelle particuliere , d'où
GALANT. 195
elles ne fortent que lors que
la grande Meffe eft achevée
; ce qui eftant fait , elles
s'en retournent chez elles
dans le mefme ordre. La
derniere fois que cette Proceffion
fe fit , qui fut le troifiéme
de ce mois Fefte de
l'Invention dé Saint Eftienne;
une des plus groffes Clo
ches tomba fur les trois heures
aprés midy fans fe caffer,
ny faire aucun autre mal
que de rompre deux Planchers
, & s'enfoncer dans
le dernier , qui touche la
voûte de l'un des Collateraux
.
Fermer
Résumé : Affaires de Remiremont. [titre d'après la table]
Le 23 août 1685, Élisabeth Gabrielle Françoise Rouxel de Médavy a prêté serment au Parlement de Metz pour devenir Secrétaire ou Sacristine de l'Illustre Collège, Chapitre et Abbaye de Remiremont. Elle avait été élue lors de l'assemblée du 16 juillet précédent, suite à un arrêt du Parlement. Cette élection faisait suite au décès de Dame Anne de Malin de Luz, dernière Secrétaire, survenu en avril 1684 après 48 ans de service. La succession a été marquée par des conflits, notamment entre Madame la Princesse de Salm, abbesse de Remiremont, qui soutenait Madame Christine de Salm, sa nièce, et le Chapitre de Remiremont, qui avait élu Madame de Médavy. Après plusieurs audiences et plaidoiries, le procureur général Corberon a conclu en faveur de Madame de Médavy. Une nouvelle élection a été ordonnée le 15 septembre 1685, confirmant son élection. Madame de Médavy est issue d'une famille illustre, fille de Guillaume de Rouxel de Médavy, Comte de Marey, et de Marie d'Achey. L'Abbaye de Remiremont, fondée par Romaric au début du septième siècle, compte plus de cinquante dames de haute qualité. Le texte décrit également les vêtements et pratiques des dignitaires féminines, comme l'Abbesse, la Doyenne et la Secrétaire, qui portent des manteaux et des couvre-chefs spécifiques. Lors de la fête de l'Invention de Saint Étienne, les dames d'église participent à une procession vers la cathédrale Saint-Étienne de Metz, chantant un motet et suivant un ordre précis. Lors de la dernière procession, une grosse cloche est tombée, endommageant deux planchers et une voûte.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1425
p. 196-205
Histoire. [titre d'après la table]
Début :
Vostre aimable Amie, dont vous me demandez des nouvelles, a [...]
Mots clefs :
Voyage, Couvent, Province, Péril, Épouser, Affaire de coeur, Fuite , Travestissement, Enrôlement, Bravoure, Malheur, Amour lesbien, Passions, Désespoir, Libertinage, Innocence, Aventure
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire. [titre d'après la table]
Voftre aimable Amie, dont
yous me demandez des nou
velles , a fait un Voyage de
deux mois, & eftde retour icy
depuis peu de jours. En rédát
vifite dans un Convent de
Province , on luy a fait voir
unePerfonne fort bien faite,
qui mene une vie tres-exemplaire,
aprés avoir couru dans
fes premieres années, le peril
du plus grand defordre ou
une Fille foit capable de
tomber. Son Pere la voulant
contraindre d'époufer
un Homme d'un âge fort
avancé, elle refifta à les voGALANT.
197
lontez , & comme il avoit
l'affaire à coeur , & qu'il
eftoit violent quand il s'em
portoit , il s'oublia tellement
dans les mauvais traitemens
qu'il luy fit fouffrir,
que perdant enfin patience ,
elle réfolut de fuir déguiſée
en Homme. Elle prit l'habit
d'un de fes Freres , avec
tout l'argent dont elle put
fe faifir , & cét habit démentant
fon fexe , elle s'éloigna
du lieu où eftoit fon Pere,
fans qu'il puft fçavoir ce qu'
elle eftoit devenuë . Elle paffa
quelque temps à voya
Riij
198 MERCURE
ger , & la fin de fon argent
la réduifant à chercher employ
, elle s'enrolla dans un
Regimet d'Infanterie , où elle
fervit cinq années entieres
en fimple Soldat , avec beaucoup
plus d'exactitude qu'-
aucun de fes Camarades ;
mais la gorge commençant
à paroiftre, un Sergent foupçonna
qu'elle eftoit Fille.
Il luy en dit quelque chofe,
& la crainte de voir éclatter
fon déguiſement , l'engagea
à deferter. Elle s'enrolla
dans le Regiment de
Tournaifis , & elle y fervit
GALANT. 169
avec tant d'application , &
de bravoure pendant deux
autres années , qu'elle fe fit
diftinguer dans toutes les
occafions qui fe prefenterent.
Elle le battit mefme
dans un combat fingulier
où elle eut tout l'avantage ;
& quoy qu'elle ne puſt ſe
défendre d'avoir de la liai
fon avec quelques -uns de
ceux de fon Regiment , elle
fe tint toûjours fi bien furt
fes gardes , que perfonne ne
s'apperceut de fon ſexe. Enfin
fon malheur voulut qu'étant
dans un lieu de Garni--
R iiij
200 MERCURE
fon , elle inſpira de l'amour
à la Fille de fon hofte. Elle
creut qu'elle en feroit quitte
pour fe divertir fecrettement
des avances que luy
faifoit cette Fille. Elle y répondoit
d'une maniere qui
donnoit lieu à des converfations
affez agréables , & ne
s'imaginant pas que la pudeur
permift à la Belle de
pouffer les chofes , elle rioit
des vaines prététions qu'elle
avoit formées , fans pouvoir
croire qu'elle deuft jamais
les expliquer. En effet il fe
pafla quelque temps fans
GALANT. 201
4
que les marques que cette
Fille luy donnoit de fon
amour , l'engageaffent à autre
chofe qu'à des complaifances
, & à quelques petits
foins qu'elle luy rendoit
avec plaifir ; mais enfin la
paffion de la belle fut fi viofente
, que ne pouvant plus
la moderer , elle découvrit à
fon prétendu Amant , la réfolution
qu'elle avoit prife
de l'époufer en fecret , fi
fon Pere à qui elle le pria de
la demander , ne vouloit pas
confentir à leur Mariage.
L'aimable Guerriere qu'une
202 MERCURE
déclaration fi peu attendue
mettoit dans un fort grand
embarras , fe creut obligée
de faire ceffer cét amour
aveugle qui l'expoferoit
à des perfecutions conti
nuelles , fi elle ne luy faifoit
pas connoiftre l'impoffi
bilité où elle eftoit d'y ré
pondre. Elle exigea d'elle
tous les fermens qu'elle jugea
neceffaires pour l'obliger
au fecret , & luy dit enfuite
qu'elle eftoit Fille comme
elle , ce qu'elle ne juftifia
que trop bien pour le repos
de la Belle . La connoifGALANT
203
fance qu'elle eut de fon fexe
la mit dans un defefpoir
inconcevable
. Elle ne pouvoit
luy pardonner , d'avoir
entretenu fon erreur un feul
moment; & quelques confeils
que luy donnaſt ſa raifon
, elle fe trouva incapable
de s'en fervir.. Ainfi
bien loin de luy garder le
fecret , elle prit plaifir à le
publier , & fon
tournant en haine , elle fit
croire qe'elle n'avoit déguifé
fon fexe que pour s'aban-
& fon amour fe
donner avec moins de retenuë
au libertinage & à la dé204
MERCURE
·
bauche. Le Commandant
fut inftruit de tout. Il la fit
>
venir , & elle luy avoüa ce
qui l'avoit obligée à fuir de
la Maifon de fon Pere , le
conjurant de s'informer de
tous ceux qui avoient eu
quelque pratique avec élle
s'ils avoient trouvé le
moindre déreglement dans
fa conduite. Son innocence
fut juftifiée , & elle demanda
avec tant d'inftance
qu'on la mift dans un Convent
, qu'elle y fut menée
quelques jours aprés. C'eſt
où voftre Amie l'a veuë.
GALANT 205
Elle a appris d'elle-mefme
tout ce que je viens de vous
conter. Vous jugez bien
qu'on donna avis au Pere
de toute fon Avanture , &
qu'il ne s'oppofa pas au deffein
d'une retraite qui ferme
la bouche à la médifance.
yous me demandez des nou
velles , a fait un Voyage de
deux mois, & eftde retour icy
depuis peu de jours. En rédát
vifite dans un Convent de
Province , on luy a fait voir
unePerfonne fort bien faite,
qui mene une vie tres-exemplaire,
aprés avoir couru dans
fes premieres années, le peril
du plus grand defordre ou
une Fille foit capable de
tomber. Son Pere la voulant
contraindre d'époufer
un Homme d'un âge fort
avancé, elle refifta à les voGALANT.
197
lontez , & comme il avoit
l'affaire à coeur , & qu'il
eftoit violent quand il s'em
portoit , il s'oublia tellement
dans les mauvais traitemens
qu'il luy fit fouffrir,
que perdant enfin patience ,
elle réfolut de fuir déguiſée
en Homme. Elle prit l'habit
d'un de fes Freres , avec
tout l'argent dont elle put
fe faifir , & cét habit démentant
fon fexe , elle s'éloigna
du lieu où eftoit fon Pere,
fans qu'il puft fçavoir ce qu'
elle eftoit devenuë . Elle paffa
quelque temps à voya
Riij
198 MERCURE
ger , & la fin de fon argent
la réduifant à chercher employ
, elle s'enrolla dans un
Regimet d'Infanterie , où elle
fervit cinq années entieres
en fimple Soldat , avec beaucoup
plus d'exactitude qu'-
aucun de fes Camarades ;
mais la gorge commençant
à paroiftre, un Sergent foupçonna
qu'elle eftoit Fille.
Il luy en dit quelque chofe,
& la crainte de voir éclatter
fon déguiſement , l'engagea
à deferter. Elle s'enrolla
dans le Regiment de
Tournaifis , & elle y fervit
GALANT. 169
avec tant d'application , &
de bravoure pendant deux
autres années , qu'elle fe fit
diftinguer dans toutes les
occafions qui fe prefenterent.
Elle le battit mefme
dans un combat fingulier
où elle eut tout l'avantage ;
& quoy qu'elle ne puſt ſe
défendre d'avoir de la liai
fon avec quelques -uns de
ceux de fon Regiment , elle
fe tint toûjours fi bien furt
fes gardes , que perfonne ne
s'apperceut de fon ſexe. Enfin
fon malheur voulut qu'étant
dans un lieu de Garni--
R iiij
200 MERCURE
fon , elle inſpira de l'amour
à la Fille de fon hofte. Elle
creut qu'elle en feroit quitte
pour fe divertir fecrettement
des avances que luy
faifoit cette Fille. Elle y répondoit
d'une maniere qui
donnoit lieu à des converfations
affez agréables , & ne
s'imaginant pas que la pudeur
permift à la Belle de
pouffer les chofes , elle rioit
des vaines prététions qu'elle
avoit formées , fans pouvoir
croire qu'elle deuft jamais
les expliquer. En effet il fe
pafla quelque temps fans
GALANT. 201
4
que les marques que cette
Fille luy donnoit de fon
amour , l'engageaffent à autre
chofe qu'à des complaifances
, & à quelques petits
foins qu'elle luy rendoit
avec plaifir ; mais enfin la
paffion de la belle fut fi viofente
, que ne pouvant plus
la moderer , elle découvrit à
fon prétendu Amant , la réfolution
qu'elle avoit prife
de l'époufer en fecret , fi
fon Pere à qui elle le pria de
la demander , ne vouloit pas
confentir à leur Mariage.
L'aimable Guerriere qu'une
202 MERCURE
déclaration fi peu attendue
mettoit dans un fort grand
embarras , fe creut obligée
de faire ceffer cét amour
aveugle qui l'expoferoit
à des perfecutions conti
nuelles , fi elle ne luy faifoit
pas connoiftre l'impoffi
bilité où elle eftoit d'y ré
pondre. Elle exigea d'elle
tous les fermens qu'elle jugea
neceffaires pour l'obliger
au fecret , & luy dit enfuite
qu'elle eftoit Fille comme
elle , ce qu'elle ne juftifia
que trop bien pour le repos
de la Belle . La connoifGALANT
203
fance qu'elle eut de fon fexe
la mit dans un defefpoir
inconcevable
. Elle ne pouvoit
luy pardonner , d'avoir
entretenu fon erreur un feul
moment; & quelques confeils
que luy donnaſt ſa raifon
, elle fe trouva incapable
de s'en fervir.. Ainfi
bien loin de luy garder le
fecret , elle prit plaifir à le
publier , & fon
tournant en haine , elle fit
croire qe'elle n'avoit déguifé
fon fexe que pour s'aban-
& fon amour fe
donner avec moins de retenuë
au libertinage & à la dé204
MERCURE
·
bauche. Le Commandant
fut inftruit de tout. Il la fit
>
venir , & elle luy avoüa ce
qui l'avoit obligée à fuir de
la Maifon de fon Pere , le
conjurant de s'informer de
tous ceux qui avoient eu
quelque pratique avec élle
s'ils avoient trouvé le
moindre déreglement dans
fa conduite. Son innocence
fut juftifiée , & elle demanda
avec tant d'inftance
qu'on la mift dans un Convent
, qu'elle y fut menée
quelques jours aprés. C'eſt
où voftre Amie l'a veuë.
GALANT 205
Elle a appris d'elle-mefme
tout ce que je viens de vous
conter. Vous jugez bien
qu'on donna avis au Pere
de toute fon Avanture , &
qu'il ne s'oppofa pas au deffein
d'une retraite qui ferme
la bouche à la médifance.
Fermer
Résumé : Histoire. [titre d'après la table]
Une jeune femme a échappé à un mariage forcé avec un homme âgé en se déguisant en homme pour rejoindre un régiment d'infanterie. Elle y a servi pendant cinq ans avant que sa véritable identité ne soit suspectée. Par la suite, elle a intégré le régiment de Tournai, où elle s'est illustrée par sa bravoure. Sa couverture a été compromise lorsque une jeune fille, chez qui elle logeait, s'est éprise d'elle et a révélé son secret. Forcée d'avouer son sexe, elle a été publiquement dévoilée. Son innocence ayant été confirmée, elle a exprimé le souhait de se retirer dans un couvent, où elle réside désormais. Cette histoire a été rapportée par une amie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1426
p. 205-206
Fin de l'Assemblée du Clergé. [titre d'après la table]
Début :
J'ay oublié de vous dire, que l'Assemblée generale du Clergé de [...]
Mots clefs :
Assemblée générale du Clergé de France, Prélats, Députés, Audience, Versailles, Cérémonies, Marquis, Succès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Fin de l'Assemblée du Clergé. [titre d'après la table]
J'ay oublié de vous dire ,
que l'Affemblée generale du
Clergé de France a finy les
Seances qu'elle tenoit à Saint
Germain en Laye, & que les
Prelats & les Deputez qui la
compofoient , allerent à Verfailles
le 21. du dernier mois ,
206 MERCURE
prendre leur Audience
de
Congé du Roy. M. le Marquis
de Blainville
, Grand
Maiſtre des Ceremonies
, &
M. de Saintot Maiftre des
Ceremonies
, les y conduifi
rent , & ils furent preſentez
par M. le Marquis de Segnelay
Secretaire
d'Eftat , qui
avoit efté les prendre dans
leur Sale. M. le Coadjuteur
de Rouen porta la parole
avec un fuccés qui répondit
à tout ce que cette Illuftre
Affemblée
en pouvoit attendre.
que l'Affemblée generale du
Clergé de France a finy les
Seances qu'elle tenoit à Saint
Germain en Laye, & que les
Prelats & les Deputez qui la
compofoient , allerent à Verfailles
le 21. du dernier mois ,
206 MERCURE
prendre leur Audience
de
Congé du Roy. M. le Marquis
de Blainville
, Grand
Maiſtre des Ceremonies
, &
M. de Saintot Maiftre des
Ceremonies
, les y conduifi
rent , & ils furent preſentez
par M. le Marquis de Segnelay
Secretaire
d'Eftat , qui
avoit efté les prendre dans
leur Sale. M. le Coadjuteur
de Rouen porta la parole
avec un fuccés qui répondit
à tout ce que cette Illuftre
Affemblée
en pouvoit attendre.
Fermer
Résumé : Fin de l'Assemblée du Clergé. [titre d'après la table]
L'Assemblée générale du Clergé de France a terminé ses séances à Saint-Germain-en-Laye et s'est déplacée à Versailles le 21 du mois précédent pour saluer le roi. Les prélats et députés, accompagnés par le marquis de Blainville et M. de Saintot, ont été reçus par le marquis de Ségnelay. Le Coadjuteur de Rouen a prononcé un discours apprécié.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1427
p. 206-263
Relation contenant toutes les particularités du Mariage de M. le D. de Bourbon. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay promis que je rechercherois avec soin toutes les [...]
Mots clefs :
Duc de Bourbon, Roi, Duchesse, Argent, Diamant, Princesse, Mariage, Musique, Cour, Cérémonie, Ornements, Château, Broderie, Or , Magnificence, Cristal, Couleurs, Chapelle, Architecture, Fiançailles, Marquis, Honneur, Offrandes, Dentelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation contenant toutes les particularités du Mariage de M. le D. de Bourbon. [titre d'après la table]
Je vous ay promis ' que je
GALANT. 207
rechercherois avec foin toutes
les particularitez qui regardent
le Mariage de Monfieur
le Duc de Bourbon , &
de Mademoiſelle de Nantes,
afin de vous en donner une
Relation exacte ; mais il eſt
bien difficile qu'il n'échape
quelques circonftances de
tout ce qui a précedé,accompagné
, & fuivy l'Union de
ces deux Auguftes Perfonnes.
Le Roy ne fait rien qui
ne marque fa Grandeur ;
Monfieur le Duc eft galant
& magnifique , & tous ceux
qui touchent de prés au jeu208
MERCURE
ne Prince & à la jeune Princeffe
que le Mariage vient
d'unir , aiment la belle dépenfe.
La Liberalité leur eſt
naturelle ; ils n'épargnent
rien lors qu'il s'agit d'affaires
d'éclat , & il femble que le
bon gouſt ſoit né avec eux.
Jugez aprés cela , s'il m'a pû
eftre facile de ramaffer toutes
les circonftances qui ont
rapport à ce Mariage ; mais
il y a plus encore , c'eſt qu'il
s'eft fait avec un tel agrément
, & tant de joye de toute
la Cour , que chacun en
fon particulier a contribué
GALANT. 209
autant qu'il a pû , à l'éclat de
cette Feftè , par des Habits
magnifiques , par des mar
ques de réjouiffance, & mef
me par de fomptueux repas,,
accompagnez de divertiffemens.
Avant que d'entrev
dans ce détail , je vous diray
que Monfieur le Duc de
Bourbon eft un jeune Prin
ce, qui commençant à entrer
dans le monde, n'y a fait encore
aucun pas qui n'ait marqué
avec avantage qu'il foûtiendra
dignement , & l'Au
gufte Nom qu'il porte , & la
gloire des grands Hommes
Aoust 1685. Sto
210 MERCURE
qu'il a pour Ayeux. Il s'eft
fait admirer dans fes Etudes,
& il n'en eftoit pas encore
forty , qu'il a brillé dans fes
Exercices. Ainfi l'on peut
dire qu'il y a paru habile
dans un temps où l'on en
voit peu qui ayent commencé
un fi penible travail. Si
fon application luy a donné
de l'adreffe , le Sang de Bourbon
, & le defir de la gloire,
luy ont donné la force qu'il
luy manquoit. Sa bonne grace
jointe à toutes ces chofes,
l'a fait admirer dans le Carroufel
; & il y a receu des apGALANT.
211
playdiffemens fi publics ,
qu'ils ont efté entendus de :
toute l'Affemblée. Un Prin--
ce fi accomply , dans un âge :
où les autres n'ont pas enco
re refpiré l'air du monde
meritoit d'eftre uny à une
Princeffe toute parfaite . Il l'a
trouvée en Mademoiſelle de:
Nantes , qui , quoy que plus
jeune que ce Prince , a tout
l'efprit & toutes les grandes
**
qualitez que l'on pourroitt
fouhaiter dans une Princeffe :
beaucoup plus âgée. Elle
fçait plufieurs fortes de Lan--
gues ;fes reparties font prom--
Szijj
212 MERCURE
ptes & vives fur quelque fujet
que ce puiffe eftre , & elle
attire l'admiration de tout le
monde, par la grace & la jufteffe
avec laquelle elle danfe.
Ce n'est point à cauſe que
j'ay à vous entretenir de fon
Mariage que je vous en parle
de cette forte . Si vous
voulez bien vous fouvenir
de plufieurs de mes Lettres,
vous connoiftrez que je vous
ay fait la peinture de toutes
ces choſes en divers endroits
, & dans les temps où
cette Princeffe furprenoit
toute la Cour en les faifant
GALANT. 213
éclater. C'est ce qui fait voir
que la flaterie n'a aucune
part à ce que je dis .
Avant la Ceremonie des
Epoufailles , Monfieur le Duc
de Bourbon fit un Prefent à
Mademoiſelle de Nantes , digne
de la magnificence &
de la galanterie du Sang
dont ce Prince fort .
Une maniere de Table de
demy pied de haut , & qui
pouvoit eftre pofée ſur une
Table d'une hauteur ordinaire
, portoit dans fon milieu
une machine d'Orphéyrie
toute à jour , élevée en214
MERCURE
viron de huit pouces , foûte--
nuë par plufieurs petits pieds
antiques , & entourée d'une
Campane ornée d'Attributs
fur le Mariage que l'on eftoit
preft de faire. Cette Cam--
pane bordoit le haut de la
Corniche . Sur le milieu de
cette machine il y avoit une
élevation qui portoit un petit
Baſtiment de criftal de
roche , couvert en dôme furbaiffé
, & orné de huit colomnes
de criſtal. Les enchaffures
d'orphévrie , & le corps .
de
l'Architecture de ce petit
Batiment de criſtal eftoient .
GALANT. 215
d'or. Au haut du dôme & en
dedans , pendoient en maniere
de chandeliers de criſtal
deux pendans d'oreilles
de pendeloques de diamans
faits en cloches. Ils eftoient
accompagnez d'une parure
de rubis & de diamans . Toute
cette machine cuſt pû eftre
prife pour un des endroits
délicieux du Palais de Pfyché
, puis qu'une Figure d'or
émaillé y reprefentoit cette
Princeffe. Elle eftoit couchée
, & regardoit ces Prefens
de la mefme forte que
Pfyché regardoit ceux de
.
216 MERCURE
F'Amour , lors que ce Dieu
bornoit tous fes voeux au feul
defir de luy plaire .
Aux quatre faces de ceBâtiment,
eftoient quatre Caffettes
de cristal , dans chacune
defquelles il y avoit un Bracelet
, des Boucles de Ceintures,
de Jartieres & de Souliers
de Pierreries ;fçavoir des Diamans
brillans dans la premiere
; dans la feconde des
Rubis & des Diamans ; dans
la troifiéme des Emeraudes
& des Diamans ; & dans la
quatriéme de toutes fortes
de Pierreries , avec des Bracelets
GALANT. 217
celets de Perles , & plufieurs
petites Boucles d'oreilles de
Diamans, & d'autres de toutes
fortes de Pierres de couleur.
Des Confoles d'Orfevrie
portoient les Angles du Bâtiment
du milieu ; & fur
chacun de ces Angles qui
avançoient entre les Caffettes
de criſtal, eftoient élevées
quatre Urnes d'or fur de petits
Socles . Le haut de ces
Urnes eftoit en forme de dôme
, il y avoit dedans des
efpeces de Baguiers de velours
noir,remplis de Bagues
Aouft 1685.
T
218 MERCURE
de Diamans brillans , de
plufieurs Diamans de couleur,&
de toutes fortes d'autres
Pierres.
Il y avoit auffi huit vaſes
de Cryſtal de Roche ; fçavoir
deux de chaque cofté
des quatre Vafes d'or. Ils
achevoient de remplir les
Angles du Bâtiment du mi-
-lieu ; les Bouchons de ces
Vaſes eftoient d'or , & fur
chaque Bouchon il y avoit
un Diamant brillant.
La machine d'Orfévrerie
qui portoit tous ces Bijoux,
faifoit un plan extraordi-
韭
GALANT. 219
naire , & qui s'accommodoit
à la fituation de toutes
ces pieces. Toute cette machine
enſemble eftoit portée
dans le milieu d'une maniere
de Table , haute de
fix pouces. Elle eſtoit foûtenue
par des pieds d'argent,
& ornée autour de Points
d'Eſpagne , & autres agrémens
qui formoient des Feftons
.
Sur la mefme Table au
deffous de cette machine
d'argent , il y avoit huit
Corbeilles , fçavoir , quatre
carrées , vis à vis de chacune
Tij
220 MERCURE
des faces de la grande Machine
, & quatre ovales fur
les Angles ; mais qui ne cachoient
rien de toute la Machine
du milieu , qui eftoit
plus élevée que ces Corbeilles.
Elles eftoient toutes
de Brocard d'or , brodé d'ar-
Deux des grandes
gent.
eftoient remplies d'Eventails
, & les deux autres de
Jartieres de tiffu d'or &
d'argent de toutes couleurs.
Il y avoit dans chacune des
petites , un Etuy de Velours
vert , fur lequel eftoient des
Bijoux de Velours vert de
GALANT. 221
toutes façons. Chaque Etuy
cachoit un Tablier à travailler
, de Taffetas vert , brodé
d'or paffé , & garny aux poches
de Boutons de Diamans
brillans , avec tous les
Etuis d'or , garnis de fem
blables Diamans , & attachez
à la ceinture du Tablier
avec de petites chaînes
d'or. Aux deux bouts de cette
Table eftoient encore
deux grandes Corbeilles de
Brocard d'or brodé d'argent
, & remplies de Gands
garnis , de Bas de Soye & de
Rubans.
Tiij
222 MERCURE
Le deffus de la Table qui
portoit toutes ces chofes,
eftoit brodé d'or fur un
fonds de Velours cramoify ,
avec des compartimens de
Rabeſques , dont la broderie
eftoit plus relevée , & en
chaffoit les Corbeilles ; de
forte qu'en les levant , on
voyoit les places de chacune.
D'autres ornemens rempliffoient
ces places ; mais la
broderie en eftoit plus platafin
que les Corbeilles
te ,
pofaffent mieux deſſus .
Cette Table faifoit un
plan fuivant l'arrengement
GALANT. 223
des Corbeilles quarrées ou
ovales , & ces Corbeilles en
formoient un qui s'accommodoit
à la Machine du milieu.
>
On peut juger par la
beauté , & par la richeffe de
ce Prefent de toutes les
chofes qui ont regardé ce
Mariage , & que la galanterie
& la magnificence n'y
ont pas manqué.
Je ne dois pas oublier, en
vous parlant des Pierreries
qui faifoient la principale
partie de ce fuperbe & riche
Prefent
› que le Roy en a
L
Tiiij
224 MERCURE
,
donné plufieurs parures d'un
tres-grand prix à Mademoifelle
de Nantes outre les
avantages qu'il a faits à cette
Princeffe , & les biens ,
Charges & Gouvernemens,
dont il luy a plu de gratifier
ces deux Auguftes Epoux .
La Cerémonie des Fiançailles
fe fit le 23. de Juillet
dans le grand Salon de l'Appartement
du Roy. Toute
la Maiſon Royale s'y trouva
, auffi bien que tous les
Princes , & Princeffes
du
Sang qui y avoient eſté invitées.
Monfieur
le Duc de
GALANT·
225
Bourbon & Mademoiſelle
de Nantes , y furent conduits
par M. le Marquis de
Blainville , Grand Maiſtre
des Cerémonies , qui avoit
auparavant efté prendre ce
Prince & cette Princeffe,
chacun dans leur Appartement.
Monfieur le Duc de Bourbon
, avoit un habit de brocard
d'or à fonds brun , avec
de groffes Fleurs d'or frifé,
& tellement relevées , quelles
faifoient le mefme effet
de la broderie :
L'habit de Mademoiſelle
226 MERCURE
de Nantes eftoit de Taffetas
noir en broderie d'or , &
doublé de Taffetas couleur
de feu , auffi brodé d'or. ,
Quantité de Diamans couvroient
le corps & les manches.
La Ceinture de la Jupe ,
& le retrouffis eftoient de
Diamans , la Jupe de deffous
eftoit de Brocard d'argent
brodé d'or , & cette broderie
eftoit liferée de couleur
de feu . Sa Mante dont la
queue eftoit de fix aulnes de
long , eftoit de gaze d'or , &
portée par Mademoiſelle de
Blois .
GALANT. 227
Sa
Le Roy avoit un habit.
brodé d'argent , enrichy de
Boutons de Pierreries . Son
Baudrier & fon Epée en
eftoient aufli garnis .
Majefté fe mit au bout de la
Table qui avoit efté dreſſée
pour cette Cerémonie.
Monfeigneur le Dauphin
, Monfieur , Monfieur
le Duc de Chartres , Monfieur
le Prince , Monfieur le
Duc , Monfieur le Duc du
Maine , & Monfieur le
Comte de Thoulouze fe ran .
gerent à la droite du Roy .
Madame la Dauphine , Ma228
MERCURE
dame , Mademoiſelle , Madame
la Grande Ducheffe
de Tofcane , Madame la
Ducheffe , Madame la Princeffe
de Conty , Mademoifelle
de Bourbon , Mademoifelle
d'Anguien , Mademoiſelle
de Condé , Mademoiſelle
de Blois , & Madame
de Verneuil veuve d'un
Prince legitimé de France,
fe placerent à la gauche . Je
n'entreray dans aucun détail
de leurs habits , la déſcription
en feroit feule auffi
longue que toute ma Relation
. Imaginez - vous tout
GALANT. 229
ce que la Broderie , & les
plus riches Brocards d'or ,
tous differemment ornez de
Pierreries , peuvent former
de plus éclattant , & vous
aurez encore de la peine à
vous bien repreſenter le brillant
effet que produifoit
l'éboüiffant amas de ces diverfes
richeffes , tant il fembloit
que chacun euft pris
plaifir à fe parer à l'envy pour
faire honneur à la Fefte , &
pour marquer la fatisfaction
qu'il avoit de ce Mariage.
Tous ces Princes & ces Princeffes
formerent un cercle ,
230 MERCURE
de
& Monfieur le Duc de Bourbon&
Mademoiſelle de Nantes,
fe rangerent auprés de la
Table , au bout de laquelle
eftoit le Roy. M. le Marquis
Seignelay, Secretaire d'Etat
& de la Maiſon du Roy ,
fit la Lecture du Contract,
M. Colbert de Croiffy , Miniftre
& Secretaire d'Etat ,
eſtant preſent. M. de Seignelay
preſenta enſuite la
plume à Sa Majefté , qui le
figna , aprés quoy il fut ſigné
parMonfeigneur le Dauphin,
Madame la Dauphine,
Monfieur , Madame , MonGALANT.
231
fieur le Duc de Chartres
Mademoiſelle , Madame la
Grande Ducheffe de Tofcane,
Monfieur le Prince,Monfieur
le Duc,Madame la Ducheffe
, Monfieur le Duc de
Bourbon , Madame la Princeffe
de Conty , Mademoifelle
de Bourbon , Mademoiſelle
d'Anguien , Mademoifelle
de Condé, Monfieur le
Duc du Maine , Monfieur le
Comte de Thoulouſe , Mademoiſelle
de Nantes , Mademoiſelle
de Blois , & Madame
la Ducheffe de Verneüil.
Aprés que le Contract
232 MERCURE
eut efté figné , M. l'Evefque
d'Orleans , premier Aumônier
du Roy , fit la Ceremonie
des Fiançailles . Il eftoit
en Camail & enRochet avec
l'Etole. Cette Ceremonie
eſtant achevée , on ſe rendit
à Trianon , où le Roy donna
à Souper à toute la Maiſon
Royale , & aux Seigneurs
& Dames de la Cour. Il y
eut auparavant une Promenade
fur le Canal , que l'on
trouva tout couvert de Chaloupes
, Gondoles , Yacs , &
autres fortes de Bâtimens parez.
La Chaloupe où ſe mit
GALANT. 233
le Roy , eftoit garnie de Da--
mas bleu , avec de grandes :
Crefpines d'or . Les Carreaux
eftoient de mefme , & les Tapis
de Perfe, à fonds d'or . La
Chaloupe de Monſeigneur
le Dauphin, eftoit de Damas
cramoify,& enrichie de frange
d'or. Monfieur en avoit
une de Damas vert; avec des
franges or & argent . Celle
de Madame eftoit aurore ,
avec des franges d'argent..
Toutes ces Chaloupesavoiét
des Carreaux de mefme Damas
, avec de riches Tapis.
La Mufique eftoit dans un
Aoust 1685.
V
234 MERCURE
Vaiffeau qui fuivoit la Chaloupe
du Roy, & cette Chaloupe
de Sa Majeſté eſtoit
environnée de toutes les autres
. Les hommes fuivoient
à cheval le long du Canal ,
magnifiquement
veſtus . On
y voyoit auffi un grand nombre
de Caroffes , & une af
fluence de peuple extraordinaire
. Pendant cette Promenade
, on eut le plaifir d'entendre
tout ce qu'il y a de
plus belle Mufique dans tous
les Opera de M. de Lully. On
arriva fur les neuf heures du
foir à Trianon . Le Roy monGALANT.
235
ta par le degré du Jardin ,
dont les Berceaux eftoient.
éclairez par quantité de Chãdeliers
de criftal. Il y avoit
dans les quatre Cabinets qui
les terminent, quatre Tables
de vingt- cinq couverts cha--
cune. Le Roy en tenoit une,
& Monſeigneur le Dauphin,,
Monfieur & Madame , tenoient
les trois autres .. Il
y
en avoit auffi deux dans le
Chafteau pour les Seigneurs..
Au fortir de Table , le Roy
fit quelques tours de Jardin ,,
& il retourna fur l'eau par le
mefme degré par lequel il
Vij
236
MERCURE
eftoit venu. La nuit eftoit
affez fombre , &
cependant
le Canal ne laiffoit pas de paroiftre
fort brillant . Le réflechiffement
des
lumieres qu'-
on ne pouvoit encore découvrir,
le faifoit paroiſtre comme
une glace toute lumineufe.
Quoy que l'on en ſoupçonnaft
la cauſe, on n'en fut
éclaircy que lors qu'on fut à
la croifée du Canal, d'où l'on
connut que le Château étoit
éclairé depuis le haut jufqu'au
bas. Je croy qu'il eſt à
propos de vous dire , qu'on
appelle la croifée du Canal,
GALANT. 237
l'endroit où l'on détourne en
revenant de Trianon , & d'où
l'on commence à découvrir
le Château de Verfailles. Les
lumieres dont il eftoit éclairé
étoient vives . On les nomme
ainfi lors qu'elles font découvertes
, & qu'elles ne font
point dans des verres, ou derriere
des papiers ou toilles
peintes & huilées , qui faifoient
les anciennes Illuminations
, & dont on fe fert
peu aujourd'huy , fi ce n'eſt
qu'on les mefle avec les lumieres
vives . Celles qui faifoient
briller le Chafteau de
238 MERCURE
"
Verfailles, en profiloient toutes
les Corniches , & marquoient
l'Architecture . La
Galerie mefme qui occupe
toute la face du Chafteau
qui donne dans le Jardin ,
eftoit éclairée par dedans.
comme aux jours où l'on
tient Appartement, & ces lumieres
qui n'eftoient veuës
qu'au travers des vitres , formoient
un corps plus reculé
& moins vif que celuy de
l'Architecture , ce qui faifoit
une agreable union . Toutes
les Rampes & les Efcaliers de
la Fontaine de Latone étoiet
GALANT. 239
éclairez de lumieres telles
qu'eftoient celles du Chafteau
; ce qui les faifoit paroître
du Canal comme un gros
pied-d'eſtal de feu qui portoit
le Chafteau. A l'autre
bout du Canal qui donne
dans la campagne , on vit
une Piramide de feu , formée
par fept ou huit mille lumieres,
dont chacune étoit groffe
comme un flambeau. Cette
Piramide avoit prés de
cent toifes de face , & fa hauteur
eftoit proportionnée à
fa largeur. Il y avoit fur la
pointe de cette Piramide une
240 MERCURE
boule de feu d'environ vingt :
pieds de diamettre . On tira
de derriere cette Piramide
environ vingt mille fufées.
Elles eftoient difpofées de
telle forte qu'elles paroiffoient
partir de la boule qui
eftoit fur la pointe . On tira
d'abord plufieurs groſſes fųfées
les unes aprés les autres,
qui produifirent de differens
& nouveaux effets . Enfuite
elles partirent par trois , quatre
, cinq , & fix douzaines à
la fois , & augmenterent
toûjours
jufqu'au dernier partement
, qui fut de neuf à dix
mille
GALANT. 241
mille enſemble ; ce qui fit
une voûte de lumiere au
deffus de Verſailles & des environs
.
Aprés qu'on eut admiré
la beauté & les effets de ce
prodigieux amas d'artifice,
le Roy remonta en Caleche
, & retourna au Château
par le Jardin . Tout ce
qui eftoit fur la route de Sa
Majefté , brilloit d'une infinité
de lumieres , & princi
palement l'Allée des Caſcades
, la grande Piece du bas
de cette Allée , & la Pyramide
d'eau qui eft au haut
Aoust 1685.
X
242 MERCURE
de la mefme Allée. Le feu
paroiſſoit au travers de fes
Napes , & l'on voyoit au
deffus au lieu du gros jet
d'eau , un gros bouillon de
lumieres. La face du Château
eftoit illuminée de ce
cofté là , de la mefme maniere
que celle qu'on avoit
admirée du Canal ; de forte
qu'on ne voyoit que des enfilades
de lumieres , au bour
defquelles le Chafteau paroiffoit
comme une Montagne
de feu ; on y rentra à une
heure aprés minuit .
La Cerémonie des EpouGALANT.
243
24.
failles fe fit le lendemain
Juillet à une heure aprés
midy. M. de Saintot alla
prendre Monfieur le Duc
de Bourbon dans fon Appartement
, & le mera à celuy
de Mademoiſelle de
Nantes. Il les conduifit enfuite
dans la Galerie , où
Madame la Dauphine attendoit
le Roy. On alla de là
àla Chapelle , chacun en fon
rang.
1
L'habit de Monfieur le
Duc de Bourbon eftoit brodé
d'or , fur un fond de gros
de Naples noir. Le deffein
X ij
244 MERCURE
cette broderie eftoit d'une
inventiontoute nouvelle . Un
bord d'un quartier de haut
regnoit autour du Manteau.
La broderie en eftoit fort
particuliere , & compofée
de deux manieres d'ornemens
qui fe contraſtoient,
Le fond de l'étoffe faifoit
en quelques endroits le
fond des ornemens , & en
d'autres l'or faifoit le fond ,
& l'étoffe les ornemens &
dans les endroits où elle en
fervoit , elle eftoit ornée
d'Emeraudes & de Diamans
enchaſſez dans de petits or
>
GALANT. 245
nemens de broderie relevée .
Tous les ornemens du rebord
de ce Manteau eftoient
brodez de Perles , & les milieux
des grands Fleurons
eftoient ornez de plus groffesPerles,
qui tournoient fuivant
les Tiges .Tout le plein
duManteau eftoit d'un ornement
pareil ; mais un peu
plus petit . Le revers eftoit
auffi d'une broderie des plus
riches . Les Chauffes eftoient
comme le Manteau , & le
Pourpoint eftoit blanc &
brodé d'or ; mais plus déli
catement . Le Cordon du
X iij
246 MERCURE
Chapeau de ce Prince eftoit
de gros Diamans .
Mademoiſelle de Nantes
avoit un habit de Brocard
d'argent , chamaré de Dentelles
d'argent pliffées , &
tout femé de Rubis & de
Diamans , & le Corps & les
Manches en eftoient entierement
couvertes , de mefme
que celuy des Fiançailles.
La Jupe de deffous eftoit
de Brocard d'argent, chamarée
de Dentelles d'argent
pliffées >
eftoient des Boutonnieres
d'Emeraudes & de Diamans .
entre lefquelles
GALANT 247
Les parures de tefte étoient
afforties aux Pierreries de
l'habit .
Il feroit difficile de bién
décrire l'habit du Roy. La
broderie en eftoit or & argent
, & faite exprés pour
placer les Pierreries dont il
eftoit tout femé , de forte
qu'il paroifloit qu'il fuft tout
brodé de ces Pierreries .
Je ne ne vous parleray
point icy des places que chacun
occupa dans la Chapelle
, vous les ayant déja marquées
dans les Relations du
Mariage de la Reyne d'Ef
X iiij
248 MERCURE
pagne, & de celuy de Madame
de Savoye. La Mufique
de la Chapelle chanta plufieurs
Motets pendant la
Meffe , & à l'Offertoire M.
le Marquis de Blainville
Grand Maiftre des Cerémonies
, avertit Monfieur le
Duc de Bourbon d'aller à
l'Offrande
. Ce Prince aprés
avoir fait une révérence à
l'Autel , & une au Roy , baiſa
l'Anneau de l'Evefque
, &
luy prefenta un Cierge garny
de plufieurs pieces d'or,
qu'il avoit receu du Grand
Maistre des Cerémonies
,
GALANT. 249
celuy- cy l'ayant pris des
mains de M. Duché , Controlleur
Genéral de l'argenterie
en année . Les mefines
Cerémonies furent obfervées
pour Madame la Ducheffe
de Bourbon , qui alla
enfuite à l'Offrande . Aprés
le Pater , M' les Abbez du
Breüil & Milon , Aumôniers
du Roy , tous deux en
Rochet & en Manteau long,
étendirent un Poële de Brocard
d'argent fur la tefte de
Monfieur le Duc & de Madame
la Ducheffe de Bourbon,
pendant que M. l'Evefque
250 MERCURE
d'Orleans acheva la Cerémonie
des Epoufailles. La
Meffe eftant finie , le Curé
de la Paroiffe de Verfailles
preſenta au Roy le Regiſtre
des Mariages , qui fut figné
par Sa Mejefté , Monfeigneur
le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfieur,
Madame , Monfieur le Prince
, Monfieur le Duc , Madame
la Ducheffe , & Monfieur
le Duc & Madame la
Ducheffe de Bourbon. Au
fortir de la Meffe , on remonta
dans le mefme ordre
qu'on eftoit venu , excepté
GALANT: 251
que Mademoiſelle
de Nantes
pour lors Madame la
Ducheffe
de Bourbon
, prit
fon rang aprés Madame la
Ducheffe . A huit heures du
foir , le Roy fe trouva dans
fon grand appartement
, où
toute la Cour fe rendit .Je ne
vous parle point de la magnificence
de cét appartement;
elle eft genéralement
connuë , & je vous en ay en
voyé une deſcription particuliere
. On alla enfuite fur
le grand degré de Marbre.
Toutes les Dames fe partagerent
dans les deux Tribu252
MERCURE
nes & tous les Hommes
fur les Rampes. La Mufique
eftoit en bas , & divertit
jufques à dix heures
qu'on alla fouper. La Table
eftoit dans la grande
Salle des Gardes du Corps.
Cetse Salle eftoit tenduë
d'une riche Tapiflerie rehauſſée
d'or , qui repreſentoit
l'Hiftoire de Henry III..
Il y avoit à ce fouper,
Le Roy,
Monfeigneur le Dauphin ..
Madame la Dauphine.
Monfieur.
Madame..
GALANT. 253
Monfieur le Duc de Chartres.
Madame la grande Ducheffe.
Monfieur le Duc .
Madame la Ducheffe.
Monfieur le Duc de Bourbon
.
Bourbon.
Madame la Ducheffe de
Madame la Princeffe de
Conty.
Mademoiſelle de Bourbon.
Monfieur le Duc du Mayne.
Monfieur le Comte de
Thoulouze .
254 MERCURE
Mademoiſelle de Blois.
Madame la Ducheffe de
Verneüil .
pas
Et quatre-vingt Perſonnes
de la premiere qualité.
Il y eut quatre Services,
& le grand nombre de mets
& de Conviez´n'empeſcha
le bon ordre
, & que L'abondance
ne paruſt avec la
magnificence
. Au ſortir de
la Table , on revint dans le
grand Appartementdu
Roy ,
où M. l'Evefque
d'Orleans
benit le lit , puis on deshabilla
les Mariez. Le Roy
donna la Chemiſe à Mon-
1
GALANT. 255
fieur le Duc de Bourbon ,
aprés qu'elle luy eut elté
prefentée par Monſieur le
Duc & Madame la Ducheffe
la prefenta à Madame
la Dauphine , qui la donna
enfuite à Madame la Ducheffe
de Bourbon. Le Roy
fit l'honneur à cette Princef
fe de la vifiter le lendemain
dans le mefme Appartement
de Sa Majefté , où elle
avoit couché. Elle
y receut
le mefme honneur de
Monfeigneur le Dauphin ,
& le Complimens de toute
la Cour , & le foir elle alla
256 MERCURE
.
fouper chez Monfieur le
Prince , où on luy donna le
divertiffement
d'entendre
chanter des Vers que M.
l'Abbé Geneft avoit compo.
fez fur fon Mariage , & dont
je vous feray part à la fin de
cette Relation. La Mufique
eftoit de M. de la Lande,
l'un des Maiftres de Mufique
de la Chapelle du
Roy.
Le Jeudy , Monfeigneur
le Dauphin donna un grand
Soupé dans fon Apparte-
& l'on chanta enfuiment
,
te l'Idille que je vous ay enGALANT.
257
voyé en vous parlant du divertiffement
de Sceaux.
Le Samedy le Roy alla
difner à Marly. Il y mena
Madame la Ducheffe de
Bourbon , Madame la Princeffe
de Conty , & les Da
mes qui eftoient neceffaires
pour le petit Balet , que l'on
`y dança le foir devant Madame
la Dauphine , qui y
vint ſouper avec un grand
nombre de Dames. Les
Vers de ce divertiffement
eftoient de M. Morel , Valet
de Chambre de cette
Princeffe , & la Mufique de
Aoust 1685.
Y
258 MERCURE
M. de la Lande . Madame
la Ducheffe de Bourbon , &
Madame la Princeffe de
Conty , dancerent des entrées
dans les Intermedes , &
l'une & l'autre s'y firent admirer
par leur bonne
leur bonne grace ,
& par la juſteſſe de leur dance.
Le Dimanche Monfieur
donna une grande Fefte à
Saint Cloud. Il y eut Col
lation , Mufique , Jeu ,
Promenade , Bal , Souper , &
Comédie. Il s'eft fait encore
beaucoup d'autres Feftes
devant & aprés ce Mariage
,
GALANT. 259
& qui y ont toutes rapport
par la joye que la Cour at
fait paroiftre , & par les mar--
ques d'amitié que le Roy a
données aux Mariez .
Quoy qu'il femble que
rien ne fe puiffe ajoûter à
l'éclat dont la Cour brille or
dinairement , on peut dire
que pendant quatre ou cinq
jours , elle a paru avec une
magnificence extraordinaire.
Toutes les Perfonnes.
diftinguées ont fait faire des
habits tres-riches , pour honorer
cette Fefte , en y pa--
roiffant avec éclat. On ne
Y ij
260 MERCURE
peut rien s'imaginer de
plus beau que ceux de
de Monfieur le Duc de
Bourbon ; ccee Prince en
ayant changé de trois ou
quatre en broderie , qui ont
efte beaucoup moins eftimez
par leur richeffe , que
par leur travail , & par la
nouveauté de leur deffein ;
mais on ne doit
pas en
en eftre
furpris
, puis
qu'on
ne fait
rien dans
cette
Maifon
fans
fe diftinguer
, de quelque
nature
d'affaire
dont
il s'agiffe.
Je ne vous diray rien daGALANT.
261
vantage de ce qui regarde la
Princeffe, touchát ces fortes
de chofes , puis qu'il eft aifé
de s'imaginer qu'on les a portées
au plus haut point, & que
je n'en pourrois dire affez .
Monfieur le Prince , qui fait.
fon fejour ordinaire dans fa
délicieufe Maifon de Chantilly
, a demeuré plufieurs
jours à la Cour , avant &
aprés ceMariage, & il y a paru
mefme avec éclat ,
, pour
marquer la ſatisfaction qu'il
en avoit.
Je ne puis m'empefcher
de dire icy , que Monfieur
ه ت
262 MERCURE
le Duc a fait faire plufieurs
Carroffes magnifiques , entre
lefquels celuy du Corps:
eft d'une invention auffi galante
que riche. Les orne--
mens y font fans confuſion ,
& d'une maniere nouvelle .
Il y a mefme des chofes fingulieres
, & qui doivent furprendre
, parce qu'elles ne
font pas ordinaires aux au--
tres Carroffes . Toute la Ferrure
eft d'or moulu auffi bien
que les Clouds ; & tous les ornemens
de Cuivre , avec la
dorure de la Sculpture font
d'or bruny qui réfiſte à l'eau .
GALANT. 263
Le Secret en a efté trouvé depuis
peu , & l'on ne s'en eſtoit
point encore fervy . Je ne
vous dis rien des attelages
de tous ces Carroffes , dont
les Chevaux eftoient d'une
tres-grande beauté.
GALANT. 207
rechercherois avec foin toutes
les particularitez qui regardent
le Mariage de Monfieur
le Duc de Bourbon , &
de Mademoiſelle de Nantes,
afin de vous en donner une
Relation exacte ; mais il eſt
bien difficile qu'il n'échape
quelques circonftances de
tout ce qui a précedé,accompagné
, & fuivy l'Union de
ces deux Auguftes Perfonnes.
Le Roy ne fait rien qui
ne marque fa Grandeur ;
Monfieur le Duc eft galant
& magnifique , & tous ceux
qui touchent de prés au jeu208
MERCURE
ne Prince & à la jeune Princeffe
que le Mariage vient
d'unir , aiment la belle dépenfe.
La Liberalité leur eſt
naturelle ; ils n'épargnent
rien lors qu'il s'agit d'affaires
d'éclat , & il femble que le
bon gouſt ſoit né avec eux.
Jugez aprés cela , s'il m'a pû
eftre facile de ramaffer toutes
les circonftances qui ont
rapport à ce Mariage ; mais
il y a plus encore , c'eſt qu'il
s'eft fait avec un tel agrément
, & tant de joye de toute
la Cour , que chacun en
fon particulier a contribué
GALANT. 209
autant qu'il a pû , à l'éclat de
cette Feftè , par des Habits
magnifiques , par des mar
ques de réjouiffance, & mef
me par de fomptueux repas,,
accompagnez de divertiffemens.
Avant que d'entrev
dans ce détail , je vous diray
que Monfieur le Duc de
Bourbon eft un jeune Prin
ce, qui commençant à entrer
dans le monde, n'y a fait encore
aucun pas qui n'ait marqué
avec avantage qu'il foûtiendra
dignement , & l'Au
gufte Nom qu'il porte , & la
gloire des grands Hommes
Aoust 1685. Sto
210 MERCURE
qu'il a pour Ayeux. Il s'eft
fait admirer dans fes Etudes,
& il n'en eftoit pas encore
forty , qu'il a brillé dans fes
Exercices. Ainfi l'on peut
dire qu'il y a paru habile
dans un temps où l'on en
voit peu qui ayent commencé
un fi penible travail. Si
fon application luy a donné
de l'adreffe , le Sang de Bourbon
, & le defir de la gloire,
luy ont donné la force qu'il
luy manquoit. Sa bonne grace
jointe à toutes ces chofes,
l'a fait admirer dans le Carroufel
; & il y a receu des apGALANT.
211
playdiffemens fi publics ,
qu'ils ont efté entendus de :
toute l'Affemblée. Un Prin--
ce fi accomply , dans un âge :
où les autres n'ont pas enco
re refpiré l'air du monde
meritoit d'eftre uny à une
Princeffe toute parfaite . Il l'a
trouvée en Mademoiſelle de:
Nantes , qui , quoy que plus
jeune que ce Prince , a tout
l'efprit & toutes les grandes
**
qualitez que l'on pourroitt
fouhaiter dans une Princeffe :
beaucoup plus âgée. Elle
fçait plufieurs fortes de Lan--
gues ;fes reparties font prom--
Szijj
212 MERCURE
ptes & vives fur quelque fujet
que ce puiffe eftre , & elle
attire l'admiration de tout le
monde, par la grace & la jufteffe
avec laquelle elle danfe.
Ce n'est point à cauſe que
j'ay à vous entretenir de fon
Mariage que je vous en parle
de cette forte . Si vous
voulez bien vous fouvenir
de plufieurs de mes Lettres,
vous connoiftrez que je vous
ay fait la peinture de toutes
ces choſes en divers endroits
, & dans les temps où
cette Princeffe furprenoit
toute la Cour en les faifant
GALANT. 213
éclater. C'est ce qui fait voir
que la flaterie n'a aucune
part à ce que je dis .
Avant la Ceremonie des
Epoufailles , Monfieur le Duc
de Bourbon fit un Prefent à
Mademoiſelle de Nantes , digne
de la magnificence &
de la galanterie du Sang
dont ce Prince fort .
Une maniere de Table de
demy pied de haut , & qui
pouvoit eftre pofée ſur une
Table d'une hauteur ordinaire
, portoit dans fon milieu
une machine d'Orphéyrie
toute à jour , élevée en214
MERCURE
viron de huit pouces , foûte--
nuë par plufieurs petits pieds
antiques , & entourée d'une
Campane ornée d'Attributs
fur le Mariage que l'on eftoit
preft de faire. Cette Cam--
pane bordoit le haut de la
Corniche . Sur le milieu de
cette machine il y avoit une
élevation qui portoit un petit
Baſtiment de criftal de
roche , couvert en dôme furbaiffé
, & orné de huit colomnes
de criſtal. Les enchaffures
d'orphévrie , & le corps .
de
l'Architecture de ce petit
Batiment de criſtal eftoient .
GALANT. 215
d'or. Au haut du dôme & en
dedans , pendoient en maniere
de chandeliers de criſtal
deux pendans d'oreilles
de pendeloques de diamans
faits en cloches. Ils eftoient
accompagnez d'une parure
de rubis & de diamans . Toute
cette machine cuſt pû eftre
prife pour un des endroits
délicieux du Palais de Pfyché
, puis qu'une Figure d'or
émaillé y reprefentoit cette
Princeffe. Elle eftoit couchée
, & regardoit ces Prefens
de la mefme forte que
Pfyché regardoit ceux de
.
216 MERCURE
F'Amour , lors que ce Dieu
bornoit tous fes voeux au feul
defir de luy plaire .
Aux quatre faces de ceBâtiment,
eftoient quatre Caffettes
de cristal , dans chacune
defquelles il y avoit un Bracelet
, des Boucles de Ceintures,
de Jartieres & de Souliers
de Pierreries ;fçavoir des Diamans
brillans dans la premiere
; dans la feconde des
Rubis & des Diamans ; dans
la troifiéme des Emeraudes
& des Diamans ; & dans la
quatriéme de toutes fortes
de Pierreries , avec des Bracelets
GALANT. 217
celets de Perles , & plufieurs
petites Boucles d'oreilles de
Diamans, & d'autres de toutes
fortes de Pierres de couleur.
Des Confoles d'Orfevrie
portoient les Angles du Bâtiment
du milieu ; & fur
chacun de ces Angles qui
avançoient entre les Caffettes
de criſtal, eftoient élevées
quatre Urnes d'or fur de petits
Socles . Le haut de ces
Urnes eftoit en forme de dôme
, il y avoit dedans des
efpeces de Baguiers de velours
noir,remplis de Bagues
Aouft 1685.
T
218 MERCURE
de Diamans brillans , de
plufieurs Diamans de couleur,&
de toutes fortes d'autres
Pierres.
Il y avoit auffi huit vaſes
de Cryſtal de Roche ; fçavoir
deux de chaque cofté
des quatre Vafes d'or. Ils
achevoient de remplir les
Angles du Bâtiment du mi-
-lieu ; les Bouchons de ces
Vaſes eftoient d'or , & fur
chaque Bouchon il y avoit
un Diamant brillant.
La machine d'Orfévrerie
qui portoit tous ces Bijoux,
faifoit un plan extraordi-
韭
GALANT. 219
naire , & qui s'accommodoit
à la fituation de toutes
ces pieces. Toute cette machine
enſemble eftoit portée
dans le milieu d'une maniere
de Table , haute de
fix pouces. Elle eſtoit foûtenue
par des pieds d'argent,
& ornée autour de Points
d'Eſpagne , & autres agrémens
qui formoient des Feftons
.
Sur la mefme Table au
deffous de cette machine
d'argent , il y avoit huit
Corbeilles , fçavoir , quatre
carrées , vis à vis de chacune
Tij
220 MERCURE
des faces de la grande Machine
, & quatre ovales fur
les Angles ; mais qui ne cachoient
rien de toute la Machine
du milieu , qui eftoit
plus élevée que ces Corbeilles.
Elles eftoient toutes
de Brocard d'or , brodé d'ar-
Deux des grandes
gent.
eftoient remplies d'Eventails
, & les deux autres de
Jartieres de tiffu d'or &
d'argent de toutes couleurs.
Il y avoit dans chacune des
petites , un Etuy de Velours
vert , fur lequel eftoient des
Bijoux de Velours vert de
GALANT. 221
toutes façons. Chaque Etuy
cachoit un Tablier à travailler
, de Taffetas vert , brodé
d'or paffé , & garny aux poches
de Boutons de Diamans
brillans , avec tous les
Etuis d'or , garnis de fem
blables Diamans , & attachez
à la ceinture du Tablier
avec de petites chaînes
d'or. Aux deux bouts de cette
Table eftoient encore
deux grandes Corbeilles de
Brocard d'or brodé d'argent
, & remplies de Gands
garnis , de Bas de Soye & de
Rubans.
Tiij
222 MERCURE
Le deffus de la Table qui
portoit toutes ces chofes,
eftoit brodé d'or fur un
fonds de Velours cramoify ,
avec des compartimens de
Rabeſques , dont la broderie
eftoit plus relevée , & en
chaffoit les Corbeilles ; de
forte qu'en les levant , on
voyoit les places de chacune.
D'autres ornemens rempliffoient
ces places ; mais la
broderie en eftoit plus platafin
que les Corbeilles
te ,
pofaffent mieux deſſus .
Cette Table faifoit un
plan fuivant l'arrengement
GALANT. 223
des Corbeilles quarrées ou
ovales , & ces Corbeilles en
formoient un qui s'accommodoit
à la Machine du milieu.
>
On peut juger par la
beauté , & par la richeffe de
ce Prefent de toutes les
chofes qui ont regardé ce
Mariage , & que la galanterie
& la magnificence n'y
ont pas manqué.
Je ne dois pas oublier, en
vous parlant des Pierreries
qui faifoient la principale
partie de ce fuperbe & riche
Prefent
› que le Roy en a
L
Tiiij
224 MERCURE
,
donné plufieurs parures d'un
tres-grand prix à Mademoifelle
de Nantes outre les
avantages qu'il a faits à cette
Princeffe , & les biens ,
Charges & Gouvernemens,
dont il luy a plu de gratifier
ces deux Auguftes Epoux .
La Cerémonie des Fiançailles
fe fit le 23. de Juillet
dans le grand Salon de l'Appartement
du Roy. Toute
la Maiſon Royale s'y trouva
, auffi bien que tous les
Princes , & Princeffes
du
Sang qui y avoient eſté invitées.
Monfieur
le Duc de
GALANT·
225
Bourbon & Mademoiſelle
de Nantes , y furent conduits
par M. le Marquis de
Blainville , Grand Maiſtre
des Cerémonies , qui avoit
auparavant efté prendre ce
Prince & cette Princeffe,
chacun dans leur Appartement.
Monfieur le Duc de Bourbon
, avoit un habit de brocard
d'or à fonds brun , avec
de groffes Fleurs d'or frifé,
& tellement relevées , quelles
faifoient le mefme effet
de la broderie :
L'habit de Mademoiſelle
226 MERCURE
de Nantes eftoit de Taffetas
noir en broderie d'or , &
doublé de Taffetas couleur
de feu , auffi brodé d'or. ,
Quantité de Diamans couvroient
le corps & les manches.
La Ceinture de la Jupe ,
& le retrouffis eftoient de
Diamans , la Jupe de deffous
eftoit de Brocard d'argent
brodé d'or , & cette broderie
eftoit liferée de couleur
de feu . Sa Mante dont la
queue eftoit de fix aulnes de
long , eftoit de gaze d'or , &
portée par Mademoiſelle de
Blois .
GALANT. 227
Sa
Le Roy avoit un habit.
brodé d'argent , enrichy de
Boutons de Pierreries . Son
Baudrier & fon Epée en
eftoient aufli garnis .
Majefté fe mit au bout de la
Table qui avoit efté dreſſée
pour cette Cerémonie.
Monfeigneur le Dauphin
, Monfieur , Monfieur
le Duc de Chartres , Monfieur
le Prince , Monfieur le
Duc , Monfieur le Duc du
Maine , & Monfieur le
Comte de Thoulouze fe ran .
gerent à la droite du Roy .
Madame la Dauphine , Ma228
MERCURE
dame , Mademoiſelle , Madame
la Grande Ducheffe
de Tofcane , Madame la
Ducheffe , Madame la Princeffe
de Conty , Mademoifelle
de Bourbon , Mademoifelle
d'Anguien , Mademoiſelle
de Condé , Mademoiſelle
de Blois , & Madame
de Verneuil veuve d'un
Prince legitimé de France,
fe placerent à la gauche . Je
n'entreray dans aucun détail
de leurs habits , la déſcription
en feroit feule auffi
longue que toute ma Relation
. Imaginez - vous tout
GALANT. 229
ce que la Broderie , & les
plus riches Brocards d'or ,
tous differemment ornez de
Pierreries , peuvent former
de plus éclattant , & vous
aurez encore de la peine à
vous bien repreſenter le brillant
effet que produifoit
l'éboüiffant amas de ces diverfes
richeffes , tant il fembloit
que chacun euft pris
plaifir à fe parer à l'envy pour
faire honneur à la Fefte , &
pour marquer la fatisfaction
qu'il avoit de ce Mariage.
Tous ces Princes & ces Princeffes
formerent un cercle ,
230 MERCURE
de
& Monfieur le Duc de Bourbon&
Mademoiſelle de Nantes,
fe rangerent auprés de la
Table , au bout de laquelle
eftoit le Roy. M. le Marquis
Seignelay, Secretaire d'Etat
& de la Maiſon du Roy ,
fit la Lecture du Contract,
M. Colbert de Croiffy , Miniftre
& Secretaire d'Etat ,
eſtant preſent. M. de Seignelay
preſenta enſuite la
plume à Sa Majefté , qui le
figna , aprés quoy il fut ſigné
parMonfeigneur le Dauphin,
Madame la Dauphine,
Monfieur , Madame , MonGALANT.
231
fieur le Duc de Chartres
Mademoiſelle , Madame la
Grande Ducheffe de Tofcane,
Monfieur le Prince,Monfieur
le Duc,Madame la Ducheffe
, Monfieur le Duc de
Bourbon , Madame la Princeffe
de Conty , Mademoifelle
de Bourbon , Mademoiſelle
d'Anguien , Mademoifelle
de Condé, Monfieur le
Duc du Maine , Monfieur le
Comte de Thoulouſe , Mademoiſelle
de Nantes , Mademoiſelle
de Blois , & Madame
la Ducheffe de Verneüil.
Aprés que le Contract
232 MERCURE
eut efté figné , M. l'Evefque
d'Orleans , premier Aumônier
du Roy , fit la Ceremonie
des Fiançailles . Il eftoit
en Camail & enRochet avec
l'Etole. Cette Ceremonie
eſtant achevée , on ſe rendit
à Trianon , où le Roy donna
à Souper à toute la Maiſon
Royale , & aux Seigneurs
& Dames de la Cour. Il y
eut auparavant une Promenade
fur le Canal , que l'on
trouva tout couvert de Chaloupes
, Gondoles , Yacs , &
autres fortes de Bâtimens parez.
La Chaloupe où ſe mit
GALANT. 233
le Roy , eftoit garnie de Da--
mas bleu , avec de grandes :
Crefpines d'or . Les Carreaux
eftoient de mefme , & les Tapis
de Perfe, à fonds d'or . La
Chaloupe de Monſeigneur
le Dauphin, eftoit de Damas
cramoify,& enrichie de frange
d'or. Monfieur en avoit
une de Damas vert; avec des
franges or & argent . Celle
de Madame eftoit aurore ,
avec des franges d'argent..
Toutes ces Chaloupesavoiét
des Carreaux de mefme Damas
, avec de riches Tapis.
La Mufique eftoit dans un
Aoust 1685.
V
234 MERCURE
Vaiffeau qui fuivoit la Chaloupe
du Roy, & cette Chaloupe
de Sa Majeſté eſtoit
environnée de toutes les autres
. Les hommes fuivoient
à cheval le long du Canal ,
magnifiquement
veſtus . On
y voyoit auffi un grand nombre
de Caroffes , & une af
fluence de peuple extraordinaire
. Pendant cette Promenade
, on eut le plaifir d'entendre
tout ce qu'il y a de
plus belle Mufique dans tous
les Opera de M. de Lully. On
arriva fur les neuf heures du
foir à Trianon . Le Roy monGALANT.
235
ta par le degré du Jardin ,
dont les Berceaux eftoient.
éclairez par quantité de Chãdeliers
de criftal. Il y avoit
dans les quatre Cabinets qui
les terminent, quatre Tables
de vingt- cinq couverts cha--
cune. Le Roy en tenoit une,
& Monſeigneur le Dauphin,,
Monfieur & Madame , tenoient
les trois autres .. Il
y
en avoit auffi deux dans le
Chafteau pour les Seigneurs..
Au fortir de Table , le Roy
fit quelques tours de Jardin ,,
& il retourna fur l'eau par le
mefme degré par lequel il
Vij
236
MERCURE
eftoit venu. La nuit eftoit
affez fombre , &
cependant
le Canal ne laiffoit pas de paroiftre
fort brillant . Le réflechiffement
des
lumieres qu'-
on ne pouvoit encore découvrir,
le faifoit paroiſtre comme
une glace toute lumineufe.
Quoy que l'on en ſoupçonnaft
la cauſe, on n'en fut
éclaircy que lors qu'on fut à
la croifée du Canal, d'où l'on
connut que le Château étoit
éclairé depuis le haut jufqu'au
bas. Je croy qu'il eſt à
propos de vous dire , qu'on
appelle la croifée du Canal,
GALANT. 237
l'endroit où l'on détourne en
revenant de Trianon , & d'où
l'on commence à découvrir
le Château de Verfailles. Les
lumieres dont il eftoit éclairé
étoient vives . On les nomme
ainfi lors qu'elles font découvertes
, & qu'elles ne font
point dans des verres, ou derriere
des papiers ou toilles
peintes & huilées , qui faifoient
les anciennes Illuminations
, & dont on fe fert
peu aujourd'huy , fi ce n'eſt
qu'on les mefle avec les lumieres
vives . Celles qui faifoient
briller le Chafteau de
238 MERCURE
"
Verfailles, en profiloient toutes
les Corniches , & marquoient
l'Architecture . La
Galerie mefme qui occupe
toute la face du Chafteau
qui donne dans le Jardin ,
eftoit éclairée par dedans.
comme aux jours où l'on
tient Appartement, & ces lumieres
qui n'eftoient veuës
qu'au travers des vitres , formoient
un corps plus reculé
& moins vif que celuy de
l'Architecture , ce qui faifoit
une agreable union . Toutes
les Rampes & les Efcaliers de
la Fontaine de Latone étoiet
GALANT. 239
éclairez de lumieres telles
qu'eftoient celles du Chafteau
; ce qui les faifoit paroître
du Canal comme un gros
pied-d'eſtal de feu qui portoit
le Chafteau. A l'autre
bout du Canal qui donne
dans la campagne , on vit
une Piramide de feu , formée
par fept ou huit mille lumieres,
dont chacune étoit groffe
comme un flambeau. Cette
Piramide avoit prés de
cent toifes de face , & fa hauteur
eftoit proportionnée à
fa largeur. Il y avoit fur la
pointe de cette Piramide une
240 MERCURE
boule de feu d'environ vingt :
pieds de diamettre . On tira
de derriere cette Piramide
environ vingt mille fufées.
Elles eftoient difpofées de
telle forte qu'elles paroiffoient
partir de la boule qui
eftoit fur la pointe . On tira
d'abord plufieurs groſſes fųfées
les unes aprés les autres,
qui produifirent de differens
& nouveaux effets . Enfuite
elles partirent par trois , quatre
, cinq , & fix douzaines à
la fois , & augmenterent
toûjours
jufqu'au dernier partement
, qui fut de neuf à dix
mille
GALANT. 241
mille enſemble ; ce qui fit
une voûte de lumiere au
deffus de Verſailles & des environs
.
Aprés qu'on eut admiré
la beauté & les effets de ce
prodigieux amas d'artifice,
le Roy remonta en Caleche
, & retourna au Château
par le Jardin . Tout ce
qui eftoit fur la route de Sa
Majefté , brilloit d'une infinité
de lumieres , & princi
palement l'Allée des Caſcades
, la grande Piece du bas
de cette Allée , & la Pyramide
d'eau qui eft au haut
Aoust 1685.
X
242 MERCURE
de la mefme Allée. Le feu
paroiſſoit au travers de fes
Napes , & l'on voyoit au
deffus au lieu du gros jet
d'eau , un gros bouillon de
lumieres. La face du Château
eftoit illuminée de ce
cofté là , de la mefme maniere
que celle qu'on avoit
admirée du Canal ; de forte
qu'on ne voyoit que des enfilades
de lumieres , au bour
defquelles le Chafteau paroiffoit
comme une Montagne
de feu ; on y rentra à une
heure aprés minuit .
La Cerémonie des EpouGALANT.
243
24.
failles fe fit le lendemain
Juillet à une heure aprés
midy. M. de Saintot alla
prendre Monfieur le Duc
de Bourbon dans fon Appartement
, & le mera à celuy
de Mademoiſelle de
Nantes. Il les conduifit enfuite
dans la Galerie , où
Madame la Dauphine attendoit
le Roy. On alla de là
àla Chapelle , chacun en fon
rang.
1
L'habit de Monfieur le
Duc de Bourbon eftoit brodé
d'or , fur un fond de gros
de Naples noir. Le deffein
X ij
244 MERCURE
cette broderie eftoit d'une
inventiontoute nouvelle . Un
bord d'un quartier de haut
regnoit autour du Manteau.
La broderie en eftoit fort
particuliere , & compofée
de deux manieres d'ornemens
qui fe contraſtoient,
Le fond de l'étoffe faifoit
en quelques endroits le
fond des ornemens , & en
d'autres l'or faifoit le fond ,
& l'étoffe les ornemens &
dans les endroits où elle en
fervoit , elle eftoit ornée
d'Emeraudes & de Diamans
enchaſſez dans de petits or
>
GALANT. 245
nemens de broderie relevée .
Tous les ornemens du rebord
de ce Manteau eftoient
brodez de Perles , & les milieux
des grands Fleurons
eftoient ornez de plus groffesPerles,
qui tournoient fuivant
les Tiges .Tout le plein
duManteau eftoit d'un ornement
pareil ; mais un peu
plus petit . Le revers eftoit
auffi d'une broderie des plus
riches . Les Chauffes eftoient
comme le Manteau , & le
Pourpoint eftoit blanc &
brodé d'or ; mais plus déli
catement . Le Cordon du
X iij
246 MERCURE
Chapeau de ce Prince eftoit
de gros Diamans .
Mademoiſelle de Nantes
avoit un habit de Brocard
d'argent , chamaré de Dentelles
d'argent pliffées , &
tout femé de Rubis & de
Diamans , & le Corps & les
Manches en eftoient entierement
couvertes , de mefme
que celuy des Fiançailles.
La Jupe de deffous eftoit
de Brocard d'argent, chamarée
de Dentelles d'argent
pliffées >
eftoient des Boutonnieres
d'Emeraudes & de Diamans .
entre lefquelles
GALANT 247
Les parures de tefte étoient
afforties aux Pierreries de
l'habit .
Il feroit difficile de bién
décrire l'habit du Roy. La
broderie en eftoit or & argent
, & faite exprés pour
placer les Pierreries dont il
eftoit tout femé , de forte
qu'il paroifloit qu'il fuft tout
brodé de ces Pierreries .
Je ne ne vous parleray
point icy des places que chacun
occupa dans la Chapelle
, vous les ayant déja marquées
dans les Relations du
Mariage de la Reyne d'Ef
X iiij
248 MERCURE
pagne, & de celuy de Madame
de Savoye. La Mufique
de la Chapelle chanta plufieurs
Motets pendant la
Meffe , & à l'Offertoire M.
le Marquis de Blainville
Grand Maiftre des Cerémonies
, avertit Monfieur le
Duc de Bourbon d'aller à
l'Offrande
. Ce Prince aprés
avoir fait une révérence à
l'Autel , & une au Roy , baiſa
l'Anneau de l'Evefque
, &
luy prefenta un Cierge garny
de plufieurs pieces d'or,
qu'il avoit receu du Grand
Maistre des Cerémonies
,
GALANT. 249
celuy- cy l'ayant pris des
mains de M. Duché , Controlleur
Genéral de l'argenterie
en année . Les mefines
Cerémonies furent obfervées
pour Madame la Ducheffe
de Bourbon , qui alla
enfuite à l'Offrande . Aprés
le Pater , M' les Abbez du
Breüil & Milon , Aumôniers
du Roy , tous deux en
Rochet & en Manteau long,
étendirent un Poële de Brocard
d'argent fur la tefte de
Monfieur le Duc & de Madame
la Ducheffe de Bourbon,
pendant que M. l'Evefque
250 MERCURE
d'Orleans acheva la Cerémonie
des Epoufailles. La
Meffe eftant finie , le Curé
de la Paroiffe de Verfailles
preſenta au Roy le Regiſtre
des Mariages , qui fut figné
par Sa Mejefté , Monfeigneur
le Dauphin , Madame
la Dauphine , Monfieur,
Madame , Monfieur le Prince
, Monfieur le Duc , Madame
la Ducheffe , & Monfieur
le Duc & Madame la
Ducheffe de Bourbon. Au
fortir de la Meffe , on remonta
dans le mefme ordre
qu'on eftoit venu , excepté
GALANT: 251
que Mademoiſelle
de Nantes
pour lors Madame la
Ducheffe
de Bourbon
, prit
fon rang aprés Madame la
Ducheffe . A huit heures du
foir , le Roy fe trouva dans
fon grand appartement
, où
toute la Cour fe rendit .Je ne
vous parle point de la magnificence
de cét appartement;
elle eft genéralement
connuë , & je vous en ay en
voyé une deſcription particuliere
. On alla enfuite fur
le grand degré de Marbre.
Toutes les Dames fe partagerent
dans les deux Tribu252
MERCURE
nes & tous les Hommes
fur les Rampes. La Mufique
eftoit en bas , & divertit
jufques à dix heures
qu'on alla fouper. La Table
eftoit dans la grande
Salle des Gardes du Corps.
Cetse Salle eftoit tenduë
d'une riche Tapiflerie rehauſſée
d'or , qui repreſentoit
l'Hiftoire de Henry III..
Il y avoit à ce fouper,
Le Roy,
Monfeigneur le Dauphin ..
Madame la Dauphine.
Monfieur.
Madame..
GALANT. 253
Monfieur le Duc de Chartres.
Madame la grande Ducheffe.
Monfieur le Duc .
Madame la Ducheffe.
Monfieur le Duc de Bourbon
.
Bourbon.
Madame la Ducheffe de
Madame la Princeffe de
Conty.
Mademoiſelle de Bourbon.
Monfieur le Duc du Mayne.
Monfieur le Comte de
Thoulouze .
254 MERCURE
Mademoiſelle de Blois.
Madame la Ducheffe de
Verneüil .
pas
Et quatre-vingt Perſonnes
de la premiere qualité.
Il y eut quatre Services,
& le grand nombre de mets
& de Conviez´n'empeſcha
le bon ordre
, & que L'abondance
ne paruſt avec la
magnificence
. Au ſortir de
la Table , on revint dans le
grand Appartementdu
Roy ,
où M. l'Evefque
d'Orleans
benit le lit , puis on deshabilla
les Mariez. Le Roy
donna la Chemiſe à Mon-
1
GALANT. 255
fieur le Duc de Bourbon ,
aprés qu'elle luy eut elté
prefentée par Monſieur le
Duc & Madame la Ducheffe
la prefenta à Madame
la Dauphine , qui la donna
enfuite à Madame la Ducheffe
de Bourbon. Le Roy
fit l'honneur à cette Princef
fe de la vifiter le lendemain
dans le mefme Appartement
de Sa Majefté , où elle
avoit couché. Elle
y receut
le mefme honneur de
Monfeigneur le Dauphin ,
& le Complimens de toute
la Cour , & le foir elle alla
256 MERCURE
.
fouper chez Monfieur le
Prince , où on luy donna le
divertiffement
d'entendre
chanter des Vers que M.
l'Abbé Geneft avoit compo.
fez fur fon Mariage , & dont
je vous feray part à la fin de
cette Relation. La Mufique
eftoit de M. de la Lande,
l'un des Maiftres de Mufique
de la Chapelle du
Roy.
Le Jeudy , Monfeigneur
le Dauphin donna un grand
Soupé dans fon Apparte-
& l'on chanta enfuiment
,
te l'Idille que je vous ay enGALANT.
257
voyé en vous parlant du divertiffement
de Sceaux.
Le Samedy le Roy alla
difner à Marly. Il y mena
Madame la Ducheffe de
Bourbon , Madame la Princeffe
de Conty , & les Da
mes qui eftoient neceffaires
pour le petit Balet , que l'on
`y dança le foir devant Madame
la Dauphine , qui y
vint ſouper avec un grand
nombre de Dames. Les
Vers de ce divertiffement
eftoient de M. Morel , Valet
de Chambre de cette
Princeffe , & la Mufique de
Aoust 1685.
Y
258 MERCURE
M. de la Lande . Madame
la Ducheffe de Bourbon , &
Madame la Princeffe de
Conty , dancerent des entrées
dans les Intermedes , &
l'une & l'autre s'y firent admirer
par leur bonne
leur bonne grace ,
& par la juſteſſe de leur dance.
Le Dimanche Monfieur
donna une grande Fefte à
Saint Cloud. Il y eut Col
lation , Mufique , Jeu ,
Promenade , Bal , Souper , &
Comédie. Il s'eft fait encore
beaucoup d'autres Feftes
devant & aprés ce Mariage
,
GALANT. 259
& qui y ont toutes rapport
par la joye que la Cour at
fait paroiftre , & par les mar--
ques d'amitié que le Roy a
données aux Mariez .
Quoy qu'il femble que
rien ne fe puiffe ajoûter à
l'éclat dont la Cour brille or
dinairement , on peut dire
que pendant quatre ou cinq
jours , elle a paru avec une
magnificence extraordinaire.
Toutes les Perfonnes.
diftinguées ont fait faire des
habits tres-riches , pour honorer
cette Fefte , en y pa--
roiffant avec éclat. On ne
Y ij
260 MERCURE
peut rien s'imaginer de
plus beau que ceux de
de Monfieur le Duc de
Bourbon ; ccee Prince en
ayant changé de trois ou
quatre en broderie , qui ont
efte beaucoup moins eftimez
par leur richeffe , que
par leur travail , & par la
nouveauté de leur deffein ;
mais on ne doit
pas en
en eftre
furpris
, puis
qu'on
ne fait
rien dans
cette
Maifon
fans
fe diftinguer
, de quelque
nature
d'affaire
dont
il s'agiffe.
Je ne vous diray rien daGALANT.
261
vantage de ce qui regarde la
Princeffe, touchát ces fortes
de chofes , puis qu'il eft aifé
de s'imaginer qu'on les a portées
au plus haut point, & que
je n'en pourrois dire affez .
Monfieur le Prince , qui fait.
fon fejour ordinaire dans fa
délicieufe Maifon de Chantilly
, a demeuré plufieurs
jours à la Cour , avant &
aprés ceMariage, & il y a paru
mefme avec éclat ,
, pour
marquer la ſatisfaction qu'il
en avoit.
Je ne puis m'empefcher
de dire icy , que Monfieur
ه ت
262 MERCURE
le Duc a fait faire plufieurs
Carroffes magnifiques , entre
lefquels celuy du Corps:
eft d'une invention auffi galante
que riche. Les orne--
mens y font fans confuſion ,
& d'une maniere nouvelle .
Il y a mefme des chofes fingulieres
, & qui doivent furprendre
, parce qu'elles ne
font pas ordinaires aux au--
tres Carroffes . Toute la Ferrure
eft d'or moulu auffi bien
que les Clouds ; & tous les ornemens
de Cuivre , avec la
dorure de la Sculpture font
d'or bruny qui réfiſte à l'eau .
GALANT. 263
Le Secret en a efté trouvé depuis
peu , & l'on ne s'en eſtoit
point encore fervy . Je ne
vous dis rien des attelages
de tous ces Carroffes , dont
les Chevaux eftoient d'une
tres-grande beauté.
Fermer
Résumé : Relation contenant toutes les particularités du Mariage de M. le D. de Bourbon. [titre d'après la table]
Le texte relate le mariage du Duc de Bourbon et de Mademoiselle de Nantes, marqué par une grande magnificence et une générosité exceptionnelle. Le Duc, jeune prince prometteur, et Mademoiselle de Nantes, reconnue pour son esprit vif et sa maîtrise de plusieurs langues, furent célébrés pour leurs qualités. Avant la cérémonie, le Duc offrit à sa future épouse une table d'orfèvrerie représentant Psyché, entourée de bijoux précieux et de pierres rares, ainsi que divers objets de valeur. Les fiançailles eurent lieu le 23 juillet dans le grand salon de l'appartement du roi, en présence de la Maison Royale et des princes et princesses du sang. Les fiancés et le roi portaient des tenues somptueuses, brodées d'or et ornées de diamants. Après la signature du contrat, la cour se rendit à Trianon pour un souper, précédé d'une promenade en bateau sur le canal. Le château de Versailles fut illuminé et des feux d'artifice furent tirés. La veille du mariage, les festivités commencèrent à une heure après minuit. Le lendemain, la procession se dirigea vers la chapelle pour la cérémonie nuptiale. Le Duc et la Duchesse portaient des habits richement brodés et ornés de pierreries. Après la messe, un souper fut servi dans la salle des Gardes du Corps, suivi de la bénédiction du lit par l'évêque d'Orléans. Le roi offrit la chemise au Duc de Bourbon, qui la transmit à la Dauphine puis à la Duchesse. Les festivités continuèrent avec des visites, des compliments, des soupers, des ballets, des jeux et des comédies. Le roi et la cour montrèrent leur joie et leur amitié envers les mariés. La cour brilla par sa magnificence, avec des habits très riches portés par toutes les personnes distinguées. Le Duc de Bourbon se distingua par ses habits brodés et fit construire des carrosses magnifiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1428
p. 263-287
EPITHALAME POUR LES NOCES DE MONSIEUR LE DUC DE BOURBON, ET DE MADEMOISELLE DE NANTES.
Début :
L'Epithalame qui suit est de M. l'Abbé Genest, dont je viens / Voicy les momens desirez. [...]
Mots clefs :
Noces, Duc de Bourbon, Nymphes, Divinités, Hymen, Charmant, Immortelle, Époux, Épouse, Fête, Beauté, Douceur, Déesse, Coeur, Larmes, Douleur, Liberté, Sentiments, Destin, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITHALAME POUR LES NOCES DE MONSIEUR LE DUC DE BOURBON, ET DE MADEMOISELLE DE NANTES.
L'Epithalame
qui fuit eſt de M.
l'Abbé Geneft , dont je viens
de vous parler.Il a fait quantité
d'autres beauxOuvrages
,
dont les grands fuccez font
connus de tout le monde .
274 MERCURE
$25:52:55S :SSEESSSE
EPITHALAME
POUR LES NOPCES
DE MONSIEUR
LE DUC DE BOURBON,
ET DE
MADEMOISELLE DE NANTES.
DE
TROUPE DE DIVINITÉZ DE
VERSAILLES , TROUPE
JEUNES NYMPHES , TROUPE
DE JEUNES NYMPHES.
V
UN DIEU chante.
Oicy les momens defirez.
Venez , charmant Himen , venez , dose
Himenée ;
Allamez vos flambeaux facrez.
Heureux
GALANT. 275
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
CHOEUR .
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée ,
LE DIEU.
Couronne de fleurs immortelles
Triomphez avec les Amours ;
Amenez des plaifirs qui renaiffent toûjours
,
Des tendreffes toûjours nouvelles.
Chantez, Silvains , Nymphes , chantez ,
La jeune Epoufe & fes Beautez ,
Le jeune Epoux & fa Conquefte.
Famais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux.
LE CHOEUR .
Jamais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux..
Aouft 1685.
Ꮓ
276 MERCURE
LE DIEU & LE CHOEUR.
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
Quels doux plaifirs préparez - vous
A ces jeunes Epoux ?
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez, doux
Himenée .
LES DIVINITEZ DE VERSAILLES
danfent , & l'on chante ce Menuet.
Rien n'eft fi doux
Que l'Himen qui vous lie,
Rien n'eft fi doux
Pour deux jeunes Epoux.
O fort heureux ! ô douceur infinie
Pour deux coeurs l'un de l'autre charmez
!
O fort heureux ! ô douceur infinie
Quand ces Noeuds par l'Amourfont
formez.
UNE JEUNE NYMPHE
fe détache de fa Troupe , & chante.
Fefte que l'on trouve fi belle ·
GALANT. 277
Que tu nous fembles cruelle !
Tu viens ravir à nos jeux innocens
La Deeffe
De la Jeuneſſe.
Tu viens ravir à nos jeux innocens
Ses Attraits encore naifans.
EN
Verrons - nous fans verfer des larmes
Qu'on nous enleve fon coeur ?
Qu'on livre fi-toft fes charmes
Aux transports d'un jeune Vainqueur?
Quelle rigueur!
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelles !
LE CHOEUR.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UN JEUNE SILVAIN
fe détache auffi de fa Troupe, & chante.
Nymphes , fi l'éclat de fes yeux
Alloit embellir d'autres lieux,
Voftre douleur feroit plus juſte.
Mille Eftats , mille Rois
A
Zij
278 MERCURE
Auroient brigué l'honneur de vivre
fous fes loix ;
Mais LOUIS par un plus beau choix
Veut qu'elle orne fa Cour Augufte.
Ce Roy , l'Arbitre des Mortels ,
L'arrefte fur ces bords par des noeuds
eternels.
L'Amour le feconde,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'est le plus beau Sang du monde
Qui fe mefle & se reunit.
LE CHOEUR.
L'Amour le feconde ,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'eft le plus beau Sang du monde
Qui ſe meſe & ſe réunit.
UNE NYMPHE.
Comme eu la plaine_odorante
La Rofe Reine des fleurs ,
Eft vive & riante
Tant qu'une chaleur brûlante
N'offenfe point fes couleurs ;
De mefme une Beauté tendre
Conferve un éclat charmant ,
GALANT. 279
Tant qu'elle fçait fe defendre
Des ardeurs d'un jeune Amant.
UN SILVAIN.
Comme en ces lieux où la glace
Dure trop long- temps ,
Flore fans appas & fans grace
Languit au milieu du Printemps 5
Ainfi la Beauté la plus rare
Languit & ne peut charmer ,
Si l'Amour ne la pare ,
Et de fes feux ne la vient animer.
CHOEUR DES NYMPHES.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UNE NYMPHE .
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nouds où l'Himen engage.
Peut- on quitter l'avantage
D'une douce liberté ?
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nænds on l'Himen engage .
Penfe-t-on dans l'Esclavage
Trouver la felicité ?
Un jeune coeur doit eftre épouvanté
Z iij
280 MERCURE
Des nænds ou l'Himen engage.
UN SILVAIN.
Nymphes , vous aurez votre tour s
Quand par ces plaintes
Vous blamez l'Himen & l'Amour,
Ce font des feintes.
Le fort que vous déplorez ,
En fecret vous le defirez.
UN AUTRE SILVAIN .
Entre la crainte le defir ,
Une jeune Beauté curieufe & timide
Tremble au nom d'un Epoux qu'on parle
de cheifir ,
Mais elle écoute avec plaifir.
En attendant
que
le choix fe decide,
Son coeur laiffe échaper plus d'un fon
pir
Entre la crainte & le defir.
UNE NYMPHE .
Folle erreur!
SILVAIN.
Feintes vaines !
NYMPHE .
Trompeurs Jugemens !
GALANT. 281
SILVAIN.
Faux fentimens !
NYMPH E.
Redoutables chaines !
SILVAIN.
Noeuds charmans !
ENSEMBLE .
Noeuds cruels ! Redoutables chaines !
Nauds charmans ! Agreables chames!
LE DIEU qui a chanté le premier.
Cedez Nymphes , rendez- vous .
Uniffons tous nos voix , & chantez
Avec nous.
De ces jeunes Amans le parfait af
Semblage
Des Deftins & des Dieux eft l'immortel
ouvrage.
Celebrons ce neud glorieux ,
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux .
LES NYMPHES & LES SILVAINS.
Celebrons ce noeud glorieux ,
Z iiij
282 MERCURE
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux.
LES NYMPHES & LES SILVAINS
danſent .
LES NYMPHES.
Divins accords ! celeftes flames !
LES SILVAINS.
Heureux liens ! douces ardeurs !
LES NYMPHES.
Jamais des neuds plus beaux n'ont
attaché deux ames. '
LES SILVAINS.
Famais de plus beaux feux n'ont embraze
deux coeurs.
TOUS ENSEMBLE.
Famais des noeuds plus beaux n'ont
attaché deux ames ,
Famais de plus beaux feux n'ont embrazé
deux cours.`
UN SILVAIN , UNE NYMPHE.
Quelles fplendeurs les environnent !
Que de Ris & de Feux accompagnent ›
leurs pas !
1
Y
GALANT. 283
Que d'attraits,de charmes, d'appas !
De quels dons précieux les Graces les
couronnent !
UN SILVAIN & UNE NYMPHE .
A voir tant d'agremens
Nos yeux doutent toûjours ,
Si ce font deux Amans ,
Ou deux Amours .
UN SILVAIN & UNE NYMPHE.
Nos yeux doutent toûjours
A voir tant d'agremens,
Si ce font deux Amours ,
Ou deux Amans .
TOUS ENSEMBLE
Repetent ce couplet des deux façons ,
& l'on danfe dans les intervalles .
LE DIEU.
Nous qu'un fort immortelfixe fur ces
rivages ,
Songeons qu'en leurs Deferts inconnus
& fauvages
Nous eftions ensevelis.
Mais aujourd'huy l'Olimpe mefme
Pourroit-il furpaffer cette ſplendeur ſuprême
284 MERCURE
Dont nos bords font embellis ?
UNE NYMPHE.
Rendons grace au Heros , qui de ces
grands spectacles
Charme nos efprits & nos yeux.
UN SILVAIN.
Celebrons , beniffons le Regne glorieux
Où naiffent tant de Miracles.
UNE NYMPHE.
LOUIS eft le Maistre des Rois ,
Ilfoûmet tout à l'Empire François .
On le craint , on l'implore , on le revere,
on l'aime.
Sa Bontéfeule arrefte fes Exploits :
Plus grand par fes V'ertus que par fen
Diademe,
Vainqueur des Nations , & Vainqueur
de luy- mefme.
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UN SILVAIN.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maistre des Rois.
Tous les Dieux de la Terre
GALANT. 285
Obeiffent à fa voix ;
Ils viennent à genoux reconnoiſtre ſes
Loix.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UNE NYMPHE.
De cette Majefté fur fon front reverée,
La jeune Epouse a pris des traits ,
Et les Graces l'ont parée
De leurs divins Attraits.
UN SILVAIN.
Le jeune Epoux animé
D'un Sang par la gloire enflame ,
Plein des grands Noms de fa Race ,
Du choix de ce grand Roy, defes Bontez
charmé ,
Sent redoubler fa belle audace ,
Et meflera bien - toft au gré de tous
fes voeux
Les Lauriers de Bellonne aux Mir
thes amoureux.
CHOEUR .
Heureux Amans ! heureuſe deſtinée !
286 MERCURE
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
TOUT DANSE.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
chantent l'un après l'autre.
A quoy fert la resistance ;
A quoy fervent les rigueurs ,
L'Amour doit fous fa puiſſance
Toft ou tard ranger vos coeurs ,
Sans le craindre
Sans vous plaindre ,
Cedez , cedez à fes traits vainqueurs.
CHOEUR.
Heureux Amans ! heureufe deftinée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
Venez , jeunes Amans , que ces noeuds
pleins d'attraits
Qui commencent ſi - toſt ne finiſſent jamais
;
Que tous les jours les Deftins favora
} bles
Redoublent vos contentemens.
GALANT. 287
Vivez , vivez toûjours Amans ,
Tous les jours plus aimez , tous les jours
plus aimables ,
Que vos plaifirs foient auſſi durables
Qu'ils font charmans ;
Que les fiecles pour vous ne foient que
des
momens ,
Vivez , vivez heureux Amans.
LES TROIS CHOEURS.
Vivez , vivez , heureux Amans ,
Qu'uneflame fi belle
Soit immortelle ,
Que ces vives ardeurs
A jamais , à jamais triomphent dans
Vos coeurs.
qui fuit eſt de M.
l'Abbé Geneft , dont je viens
de vous parler.Il a fait quantité
d'autres beauxOuvrages
,
dont les grands fuccez font
connus de tout le monde .
274 MERCURE
$25:52:55S :SSEESSSE
EPITHALAME
POUR LES NOPCES
DE MONSIEUR
LE DUC DE BOURBON,
ET DE
MADEMOISELLE DE NANTES.
DE
TROUPE DE DIVINITÉZ DE
VERSAILLES , TROUPE
JEUNES NYMPHES , TROUPE
DE JEUNES NYMPHES.
V
UN DIEU chante.
Oicy les momens defirez.
Venez , charmant Himen , venez , dose
Himenée ;
Allamez vos flambeaux facrez.
Heureux
GALANT. 275
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
CHOEUR .
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée ,
LE DIEU.
Couronne de fleurs immortelles
Triomphez avec les Amours ;
Amenez des plaifirs qui renaiffent toûjours
,
Des tendreffes toûjours nouvelles.
Chantez, Silvains , Nymphes , chantez ,
La jeune Epoufe & fes Beautez ,
Le jeune Epoux & fa Conquefte.
Famais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux.
LE CHOEUR .
Jamais en de fi beaux lieux
Une fi belle Fefte
N'affembla les Dieux..
Aouft 1685.
Ꮓ
276 MERCURE
LE DIEU & LE CHOEUR.
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
Quels doux plaifirs préparez - vous
A ces jeunes Epoux ?
Heureux Amans ! Nuit fortunée !
Venez , charmant Himen , venez, doux
Himenée .
LES DIVINITEZ DE VERSAILLES
danfent , & l'on chante ce Menuet.
Rien n'eft fi doux
Que l'Himen qui vous lie,
Rien n'eft fi doux
Pour deux jeunes Epoux.
O fort heureux ! ô douceur infinie
Pour deux coeurs l'un de l'autre charmez
!
O fort heureux ! ô douceur infinie
Quand ces Noeuds par l'Amourfont
formez.
UNE JEUNE NYMPHE
fe détache de fa Troupe , & chante.
Fefte que l'on trouve fi belle ·
GALANT. 277
Que tu nous fembles cruelle !
Tu viens ravir à nos jeux innocens
La Deeffe
De la Jeuneſſe.
Tu viens ravir à nos jeux innocens
Ses Attraits encore naifans.
EN
Verrons - nous fans verfer des larmes
Qu'on nous enleve fon coeur ?
Qu'on livre fi-toft fes charmes
Aux transports d'un jeune Vainqueur?
Quelle rigueur!
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelles !
LE CHOEUR.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UN JEUNE SILVAIN
fe détache auffi de fa Troupe, & chante.
Nymphes , fi l'éclat de fes yeux
Alloit embellir d'autres lieux,
Voftre douleur feroit plus juſte.
Mille Eftats , mille Rois
A
Zij
278 MERCURE
Auroient brigué l'honneur de vivre
fous fes loix ;
Mais LOUIS par un plus beau choix
Veut qu'elle orne fa Cour Augufte.
Ce Roy , l'Arbitre des Mortels ,
L'arrefte fur ces bords par des noeuds
eternels.
L'Amour le feconde,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'est le plus beau Sang du monde
Qui fe mefle & se reunit.
LE CHOEUR.
L'Amour le feconde ,
L'Olimpe aplaudit ;
Et c'eft le plus beau Sang du monde
Qui ſe meſe & ſe réunit.
UNE NYMPHE.
Comme eu la plaine_odorante
La Rofe Reine des fleurs ,
Eft vive & riante
Tant qu'une chaleur brûlante
N'offenfe point fes couleurs ;
De mefme une Beauté tendre
Conferve un éclat charmant ,
GALANT. 279
Tant qu'elle fçait fe defendre
Des ardeurs d'un jeune Amant.
UN SILVAIN.
Comme en ces lieux où la glace
Dure trop long- temps ,
Flore fans appas & fans grace
Languit au milieu du Printemps 5
Ainfi la Beauté la plus rare
Languit & ne peut charmer ,
Si l'Amour ne la pare ,
Et de fes feux ne la vient animer.
CHOEUR DES NYMPHES.
Fefte que l'on trouve fi belle ,
Que tu nous fembles cruelle !
UNE NYMPHE .
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nouds où l'Himen engage.
Peut- on quitter l'avantage
D'une douce liberté ?
Un jeune coeur doit eftre épouvante
Des nænds on l'Himen engage .
Penfe-t-on dans l'Esclavage
Trouver la felicité ?
Un jeune coeur doit eftre épouvanté
Z iij
280 MERCURE
Des nænds ou l'Himen engage.
UN SILVAIN.
Nymphes , vous aurez votre tour s
Quand par ces plaintes
Vous blamez l'Himen & l'Amour,
Ce font des feintes.
Le fort que vous déplorez ,
En fecret vous le defirez.
UN AUTRE SILVAIN .
Entre la crainte le defir ,
Une jeune Beauté curieufe & timide
Tremble au nom d'un Epoux qu'on parle
de cheifir ,
Mais elle écoute avec plaifir.
En attendant
que
le choix fe decide,
Son coeur laiffe échaper plus d'un fon
pir
Entre la crainte & le defir.
UNE NYMPHE .
Folle erreur!
SILVAIN.
Feintes vaines !
NYMPHE .
Trompeurs Jugemens !
GALANT. 281
SILVAIN.
Faux fentimens !
NYMPH E.
Redoutables chaines !
SILVAIN.
Noeuds charmans !
ENSEMBLE .
Noeuds cruels ! Redoutables chaines !
Nauds charmans ! Agreables chames!
LE DIEU qui a chanté le premier.
Cedez Nymphes , rendez- vous .
Uniffons tous nos voix , & chantez
Avec nous.
De ces jeunes Amans le parfait af
Semblage
Des Deftins & des Dieux eft l'immortel
ouvrage.
Celebrons ce neud glorieux ,
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux .
LES NYMPHES & LES SILVAINS.
Celebrons ce noeud glorieux ,
Z iiij
282 MERCURE
C'est l'Ouvrage immortel des Deftins
& des Dieux.
LES NYMPHES & LES SILVAINS
danſent .
LES NYMPHES.
Divins accords ! celeftes flames !
LES SILVAINS.
Heureux liens ! douces ardeurs !
LES NYMPHES.
Jamais des neuds plus beaux n'ont
attaché deux ames. '
LES SILVAINS.
Famais de plus beaux feux n'ont embraze
deux coeurs.
TOUS ENSEMBLE.
Famais des noeuds plus beaux n'ont
attaché deux ames ,
Famais de plus beaux feux n'ont embrazé
deux cours.`
UN SILVAIN , UNE NYMPHE.
Quelles fplendeurs les environnent !
Que de Ris & de Feux accompagnent ›
leurs pas !
1
Y
GALANT. 283
Que d'attraits,de charmes, d'appas !
De quels dons précieux les Graces les
couronnent !
UN SILVAIN & UNE NYMPHE .
A voir tant d'agremens
Nos yeux doutent toûjours ,
Si ce font deux Amans ,
Ou deux Amours .
UN SILVAIN & UNE NYMPHE.
Nos yeux doutent toûjours
A voir tant d'agremens,
Si ce font deux Amours ,
Ou deux Amans .
TOUS ENSEMBLE
Repetent ce couplet des deux façons ,
& l'on danfe dans les intervalles .
LE DIEU.
Nous qu'un fort immortelfixe fur ces
rivages ,
Songeons qu'en leurs Deferts inconnus
& fauvages
Nous eftions ensevelis.
Mais aujourd'huy l'Olimpe mefme
Pourroit-il furpaffer cette ſplendeur ſuprême
284 MERCURE
Dont nos bords font embellis ?
UNE NYMPHE.
Rendons grace au Heros , qui de ces
grands spectacles
Charme nos efprits & nos yeux.
UN SILVAIN.
Celebrons , beniffons le Regne glorieux
Où naiffent tant de Miracles.
UNE NYMPHE.
LOUIS eft le Maistre des Rois ,
Ilfoûmet tout à l'Empire François .
On le craint , on l'implore , on le revere,
on l'aime.
Sa Bontéfeule arrefte fes Exploits :
Plus grand par fes V'ertus que par fen
Diademe,
Vainqueur des Nations , & Vainqueur
de luy- mefme.
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UN SILVAIN.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maistre des Rois.
Tous les Dieux de la Terre
GALANT. 285
Obeiffent à fa voix ;
Ils viennent à genoux reconnoiſtre ſes
Loix.
Semblable au Dieu qui lance le Tonnerre
,
LOUIS eft le Maiftre des Rois.
UNE NYMPHE.
De cette Majefté fur fon front reverée,
La jeune Epouse a pris des traits ,
Et les Graces l'ont parée
De leurs divins Attraits.
UN SILVAIN.
Le jeune Epoux animé
D'un Sang par la gloire enflame ,
Plein des grands Noms de fa Race ,
Du choix de ce grand Roy, defes Bontez
charmé ,
Sent redoubler fa belle audace ,
Et meflera bien - toft au gré de tous
fes voeux
Les Lauriers de Bellonne aux Mir
thes amoureux.
CHOEUR .
Heureux Amans ! heureuſe deſtinée !
286 MERCURE
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
TOUT DANSE.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
chantent l'un après l'autre.
A quoy fert la resistance ;
A quoy fervent les rigueurs ,
L'Amour doit fous fa puiſſance
Toft ou tard ranger vos coeurs ,
Sans le craindre
Sans vous plaindre ,
Cedez , cedez à fes traits vainqueurs.
CHOEUR.
Heureux Amans ! heureufe deftinée !
Venez , charmant Himen , venez , doux
Himenée.
UNE NYMPHE & UN SILVAIN.
Venez , jeunes Amans , que ces noeuds
pleins d'attraits
Qui commencent ſi - toſt ne finiſſent jamais
;
Que tous les jours les Deftins favora
} bles
Redoublent vos contentemens.
GALANT. 287
Vivez , vivez toûjours Amans ,
Tous les jours plus aimez , tous les jours
plus aimables ,
Que vos plaifirs foient auſſi durables
Qu'ils font charmans ;
Que les fiecles pour vous ne foient que
des
momens ,
Vivez , vivez heureux Amans.
LES TROIS CHOEURS.
Vivez , vivez , heureux Amans ,
Qu'uneflame fi belle
Soit immortelle ,
Que ces vives ardeurs
A jamais , à jamais triomphent dans
Vos coeurs.
Fermer
Résumé : EPITHALAME POUR LES NOCES DE MONSIEUR LE DUC DE BOURBON, ET DE MADEMOISELLE DE NANTES.
Le texte présente un épithalame composé par l'Abbé Genest pour célébrer les noces du Duc de Bourbon et de Mademoiselle de Nantes. Ce poème met en scène diverses divinités, nymphes et sylvains de Versailles qui chantent et dansent pour honorer l'événement. L'épithalame commence par l'invocation d'Hyménée, le dieu du mariage, et célèbre la beauté et la félicité des jeunes époux. Les divinités expriment leur joie et leur admiration pour cette union, soulignant qu'une telle fête n'a jamais réuni autant de dieux. Les nymphes et les sylvains alternent entre regret pour la jeunesse perdue et admiration pour l'amour des mariés. Le texte se conclut par une célébration joyeuse et harmonieuse de l'union des époux, mettant en avant la beauté et la perfection de leur amour. Par ailleurs, le texte décrit une scène théâtrale célébrant la grandeur et la majesté du roi Louis XIV. Les personnages, incluant des dieux, des nymphes et des sylvains, expriment leur admiration et leur gratitude envers le roi. Ils soulignent sa bonté, ses exploits militaires et son autorité sur les nations, le comparant à un dieu respecté et adoré par tous. La jeune épouse du roi est également louée pour sa majesté et ses grâces. La scène se termine par des chants et des danses célébrant l'amour et le bonheur des amants, avec des vœux pour une vie longue et heureuse. Les personnages invitent les jeunes amants à céder à l'amour et à vivre dans le bonheur éternel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1429
p. 287-289
Devises. [titre d'après la table]
Début :
Voicy deux Devises de M. Magnin, qui ont esté faites sur / HANC MENTEM SOL IPSE FECIT. Par un esprit secret [...]
Mots clefs :
Devises, Mariage, Ardeur , Soleil, Lys, Gloire, Paix, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Devises. [titre d'après la table]
Voicy deux Devifes de
M. Magnin , qui ont eſté
faites fur ce Mariage. Deux
Palmiers inclinez l'un vers
l'autre , & fur lefquels le Soleil
darde fes rayons
.
288 MERCURE
HANC MENTEM SOL
IPSE FECIT.
Par un efprit fecret l'un vers
l'autre inclinez,
S'ilsparoiffent épris d'une ardeur
innocente
,
De ces doux mouvemens la caufe
eft éclatante,
C'est l'aspect du Soleil qui les leur
a donnez.
AUTRE DEVISE.
Le Soleil formant l'Arc-en-
Ciel courbé fur deux Lys.
GALANT. 289
HOC FOEDERE LILIA
NECTIT .
Sous ce Signe qui les affemble,
Parles foins de l'Aftre du jour,
La Gloire , la Paix & l'Amour,
Semblent s'intereffer à les unir enfemble.
M. Magnin , qui ont eſté
faites fur ce Mariage. Deux
Palmiers inclinez l'un vers
l'autre , & fur lefquels le Soleil
darde fes rayons
.
288 MERCURE
HANC MENTEM SOL
IPSE FECIT.
Par un efprit fecret l'un vers
l'autre inclinez,
S'ilsparoiffent épris d'une ardeur
innocente
,
De ces doux mouvemens la caufe
eft éclatante,
C'est l'aspect du Soleil qui les leur
a donnez.
AUTRE DEVISE.
Le Soleil formant l'Arc-en-
Ciel courbé fur deux Lys.
GALANT. 289
HOC FOEDERE LILIA
NECTIT .
Sous ce Signe qui les affemble,
Parles foins de l'Aftre du jour,
La Gloire , la Paix & l'Amour,
Semblent s'intereffer à les unir enfemble.
Fermer
Résumé : Devises. [titre d'après la table]
M. Magnin a créé deux devises pour un mariage. La première montre deux palmiers inclinés sous le soleil, symbolisant une ardeur innocente. La seconde représente un arc-en-ciel unissant deux lys sous les rayons du soleil, symbolisant la gloire, la paix et l'amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1430
p. 289-290
« Dans le temps que je vous ay parlé de l'Affaire de Tripoli, [...] »
Début :
Dans le temps que je vous ay parlé de l'Affaire de Tripoli, [...]
Mots clefs :
Affaire de Tripoli, Plan, Exactitude
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Dans le temps que je vous ay parlé de l'Affaire de Tripoli, [...] »
Dans le temps que je vous
ay parlé de l'Affaire de Tripoli
, qui fait un des grands
Articles de cette Lettre , je
n'avois pas encore le Plan
de cette Place ; je l'ay receu
depuis peude jours, & l'ayant
fait graver auffi- toft, je vous
290 MERCURE
l'envoye , afin qu'en l'examinant
vous goûtiez mieux le
plaifir qu'a deu vous donner
la Relation de ce que M. le
Maréchal d'Eftrées vient
d'executer. Ce Plan a efté
dreffé avec une entiere exactitude
, & je puis vous affurer
qu'il n'y manque rien de
ce qu'y pourront fouhaiter
les Curieux.
ay parlé de l'Affaire de Tripoli
, qui fait un des grands
Articles de cette Lettre , je
n'avois pas encore le Plan
de cette Place ; je l'ay receu
depuis peude jours, & l'ayant
fait graver auffi- toft, je vous
290 MERCURE
l'envoye , afin qu'en l'examinant
vous goûtiez mieux le
plaifir qu'a deu vous donner
la Relation de ce que M. le
Maréchal d'Eftrées vient
d'executer. Ce Plan a efté
dreffé avec une entiere exactitude
, & je puis vous affurer
qu'il n'y manque rien de
ce qu'y pourront fouhaiter
les Curieux.
Fermer
Résumé : « Dans le temps que je vous ay parlé de l'Affaire de Tripoli, [...] »
L'auteur a reçu un plan détaillé de la place de Tripoli, gravé avec précision, suite à une discussion sur l'Affaire de Tripoli. Ce plan est envoyé pour illustrer les actions du Maréchal d'Estrées et répondre aux attentes des lecteurs intéressés par les détails.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1431
p. 290-293
Relation contenant ce qui s'est passé pendant le sejour que Monseigneur le Dauphin a fait à Annet. [titre d'après la table]
Début :
Le 10. de ce mois, Monseigneur le Dauphin partit de Versailles, pour [...]
Mots clefs :
Monseigneur le Dauphin, Versailles, Anet, Chasse, Couverts, Cheval, Chien, Cerf, Château, Table, Loup, Honneurs, Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation contenant ce qui s'est passé pendant le sejour que Monseigneur le Dauphin a fait à Annet. [titre d'après la table]
Le 10. de ce mois , Monfeigneur
le Dauphin partit
de Verſailles › pour
aller
prendre
à Anet
le divertiffement
de la Chaſſe
. Il y arri va fur les onze
heures
. Sa
GALANT. 291
{ à
Table eftoit préparée dans
in Salon qui eft des plus
beaux. Elle eftoit de quinze
ou feize Couverts. On
fervit fi- toft que ce Prince
fut entré , & à peine le difné
fut-il finy qu'il monta
à Cheval , pour aller chaffer
avec les Chiens de M. le
Grand Prieur.On laiffa cour
re un gros Cerf, qui aprés avoirdonné
beaucoup de plai
fir , vint fe faire prendre à la
Riviere , à cent pas du Châ
teau . On l'apporta dans la
Court oùl'on en fit la curée.
La nuit eftant venue , Mon
་ ་
Aoust 1685,
Aa
292 MERCURE
feigneur alla entendre un
Concert compofé d'une
douzaine de Perfonnes des
plus illuftres . Je ne dis rien
du Soupé qui fut magnifique.
Ce Prince avoit envoyé
fes Officiers à Anot.
Quoy que M. le Duc de
Vendôme mangeaft avec
luy , il avoit fa Table ſervie
*
délicatement & dont M.
Le
l'Abbé de Chaulieu faifoit
tres-bien les honneurs.
lendemain Monfeigneur le
Dauphin alla courre le
Loup avec fes Chiens ,
ceux de M. le Duc de Ven-
&
GALANT. 293
D
dôme. Cette Chaffe fut par
faitementbelle. Aprés qu'on
eut pris le Loup dont la
ourée fe fit encore dans la
Courtdub Chasteauon revint
difner & Pon alla enfiite
tirer dans le Parc du
l'on trouva beaucoup de GPbiely
eut encore Mafi
que
le foir ainfi qu'aux
deux jours fuivans . On paffa
de 121 àtirer matin & for..
Le 13. il y eut chaffe du
Loup , & le 14, on courut
le Cerf. Monfeigneur retourna
ce jour là à Verfail
les , où il arriva fur les cinq
heures,
le Dauphin partit
de Verſailles › pour
aller
prendre
à Anet
le divertiffement
de la Chaſſe
. Il y arri va fur les onze
heures
. Sa
GALANT. 291
{ à
Table eftoit préparée dans
in Salon qui eft des plus
beaux. Elle eftoit de quinze
ou feize Couverts. On
fervit fi- toft que ce Prince
fut entré , & à peine le difné
fut-il finy qu'il monta
à Cheval , pour aller chaffer
avec les Chiens de M. le
Grand Prieur.On laiffa cour
re un gros Cerf, qui aprés avoirdonné
beaucoup de plai
fir , vint fe faire prendre à la
Riviere , à cent pas du Châ
teau . On l'apporta dans la
Court oùl'on en fit la curée.
La nuit eftant venue , Mon
་ ་
Aoust 1685,
Aa
292 MERCURE
feigneur alla entendre un
Concert compofé d'une
douzaine de Perfonnes des
plus illuftres . Je ne dis rien
du Soupé qui fut magnifique.
Ce Prince avoit envoyé
fes Officiers à Anot.
Quoy que M. le Duc de
Vendôme mangeaft avec
luy , il avoit fa Table ſervie
*
délicatement & dont M.
Le
l'Abbé de Chaulieu faifoit
tres-bien les honneurs.
lendemain Monfeigneur le
Dauphin alla courre le
Loup avec fes Chiens ,
ceux de M. le Duc de Ven-
&
GALANT. 293
D
dôme. Cette Chaffe fut par
faitementbelle. Aprés qu'on
eut pris le Loup dont la
ourée fe fit encore dans la
Courtdub Chasteauon revint
difner & Pon alla enfiite
tirer dans le Parc du
l'on trouva beaucoup de GPbiely
eut encore Mafi
que
le foir ainfi qu'aux
deux jours fuivans . On paffa
de 121 àtirer matin & for..
Le 13. il y eut chaffe du
Loup , & le 14, on courut
le Cerf. Monfeigneur retourna
ce jour là à Verfail
les , où il arriva fur les cinq
heures,
Fermer
Résumé : Relation contenant ce qui s'est passé pendant le sejour que Monseigneur le Dauphin a fait à Annet. [titre d'après la table]
Le 10 août 1685, le Dauphin se rendit à Anet pour une partie de chasse. À son arrivée, il fut accueilli par un dîner somptueux. Après le repas, il chassa un cerf avec les chiens du Grand Prieur, qui fut capturé près de la rivière. En soirée, il assista à un concert et participa à un souper magnifique. Le lendemain, il chassa le loup avec ses propres chiens et ceux du Duc de Vendôme, et le loup fut pris dans la cour du château. L'après-midi, il tira du gibier dans le parc. Les activités de chasse continuèrent les jours suivants, avec une chasse au loup le 13 août et une chasse au cerf le 14 août. Le Dauphin retourna à Versailles le 14 août en fin d'après-midi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1432
p. 294-296
« Voicy quatre Couplets de Chanson faits in promptu l'un des / Super Anet, ornement de la France, [...] »
Début :
Voicy quatre Couplets de Chanson faits in promptu l'un des / Super Anet, ornement de la France, [...]
Mots clefs :
Chanson, Couplets, Musique, Ornement, Dauphin, Charmer, Louanges, Bergers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Voicy quatre Couplets de Chanson faits in promptu l'un des / Super Anet, ornement de la France, [...] »
Voicy quatre Couplers de
Chanfon faits in promptu
l'un des quatre ſoirs qu'il y
eut Mufique. Ils font fur l'air
des Zephirs de Mode Cham
bonniere. Lesdeux premiers
furent faits par un Homme,
que fon efprit ne diftingue
pas moins que fa naiffance &
fes Charges , & les deux au
tres par un Abbé fort connu,
& fort eftimé dans le beau
monde. 132 V
9J
Uperbe Anet , ornement de la
SupeFrance,
De nos Dauphins féjourjadis chery,
GALANT. 295
Nostre LOUIS plus grand que vôtre
Henry,
Vient embellir ces lieux de fa prefence
,
Redoublez donc veftre magnificence.
I²
L faut charmer les yeux & les
oreilles,
Chantres fameux , preparez luy des
Airs;
Que fa louange éclate en vos Concerts.
Peintres , Sculpteurs , n'épargnez pas
vos veilles,
Faites luy voir de nouvelles merveil-
Nes.
I Leux où jadis la Reyne de Cy-
L
there,
Vint établir fon Empire & fa Cour,
Sauvenez Yourfeulement en cejour,
296 MERCURE
Que ce Horos à qui vous devez
plaire,
Aplus d'appas que l'Amour &fa
Mere..
To
Ous nos Bergersque fa prefence
attire,
Vont ranimer leurs amoureux defirss
Nos Champs verront renaitre les
plaifirs,
Et l'on verrafous cet heureux Em.
pire,
Chaque Amarille avecque fon Titire..
Chanfon faits in promptu
l'un des quatre ſoirs qu'il y
eut Mufique. Ils font fur l'air
des Zephirs de Mode Cham
bonniere. Lesdeux premiers
furent faits par un Homme,
que fon efprit ne diftingue
pas moins que fa naiffance &
fes Charges , & les deux au
tres par un Abbé fort connu,
& fort eftimé dans le beau
monde. 132 V
9J
Uperbe Anet , ornement de la
SupeFrance,
De nos Dauphins féjourjadis chery,
GALANT. 295
Nostre LOUIS plus grand que vôtre
Henry,
Vient embellir ces lieux de fa prefence
,
Redoublez donc veftre magnificence.
I²
L faut charmer les yeux & les
oreilles,
Chantres fameux , preparez luy des
Airs;
Que fa louange éclate en vos Concerts.
Peintres , Sculpteurs , n'épargnez pas
vos veilles,
Faites luy voir de nouvelles merveil-
Nes.
I Leux où jadis la Reyne de Cy-
L
there,
Vint établir fon Empire & fa Cour,
Sauvenez Yourfeulement en cejour,
296 MERCURE
Que ce Horos à qui vous devez
plaire,
Aplus d'appas que l'Amour &fa
Mere..
To
Ous nos Bergersque fa prefence
attire,
Vont ranimer leurs amoureux defirss
Nos Champs verront renaitre les
plaifirs,
Et l'on verrafous cet heureux Em.
pire,
Chaque Amarille avecque fon Titire..
Fermer
Résumé : « Voicy quatre Couplets de Chanson faits in promptu l'un des / Super Anet, ornement de la France, [...] »
Le texte décrit quatre couplets improvisés lors d'un événement musical. Les deux premiers couplets sont attribués à un homme dont l'esprit et la naissance se distinguent par leur simplicité et leurs charges. Les deux autres couplets sont écrits par un abbé reconnu et respecté dans les cercles élégants. Le texte exalte la grandeur et la magnificence du roi Louis, le comparant favorablement à Henri IV. Il appelle les artistes, tels que les chanteurs, peintres et sculpteurs, à célébrer le roi par leurs œuvres. Il mentionne également des lieux associés à la reine de Cyrène et invite à raviver les plaisirs et les désirs amoureux sous le règne du roi. Les bergers et leurs amours sont comparés aux personnages mythologiques Amaryllis et Tityre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1433
p. 296-301
Lettre d'un Academ. de Ricovrati. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay mandé que M. le Duc de Saint Aignan / MONSEIGNEUR, L'honneur que vostre Grandeur veut bien faire [...]
Mots clefs :
Honneur, Académie, Amis, Qualités, Empire, Duc, Louis le Grand, Lauriers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre d'un Academ. de Ricovrati. [titre d'après la table]
Je vous ay mandé que M.
le Duc de Saint Aignan
avoit efté aggregé à l'Académie
de Padouë , avec de
fort grands honneurs Voi
GALANT. 297
cy ce que M. Patin luy a
écrit là deffus de la part de
ceux qui compofent cette il
luftre Académie .
MONSEIGNEUR,
L'honneur que voftre Grandeur
veut bien faire à l'Academie
des Ricovrati , a fait le
mefme effet dans toutes fes parties
, queje l'avois d'abord reffenty
, lors que mes Amis me l'ont
fait fçavoir. On y eftoit pleine
ment informé de vos héroïques
qualitez. On y fçavoit qu'elles
Dous font aller de pair avec ce
298 MERCURE
ne reconnoit
Jules Cefar , qu'on
pas moins dans la Republique des
Lettres , que dans l'Empire du
monde;mais on n'y avoit ofe efperer
qu'un Duc & Pair de France,
un Protecteur de l'Academie
d'Arles , & un Homme confideré
de LourS LE GRAND ,
euft voulu mefler fon Nom avec
le noftre , & fe venir délaffer
fous les Lauriers de noftre petit
Parnaffe , aprés en avoir tant recueillyfur
l'Olimpe. Augufte ne
dédaigna pas autrefois d'eftre
Conful d'une petite Ville en Sicile
, & je ne çay que cét exemple
de genereufe modeftie , qui ait
quel
GALANT. 299
quelque rapport à la voſtre. Notre
Academie l'a admirée ,
m'a donné charge en mefme temps
de remercier V. G. de l'honneur
qu'elle luy fait de vouloir bien
accepter le titre d'Academico
Ricovrato , dont elle luy envoye
le témoignage. Elle prend
cette occafion de la prier d'eftre
fortement perfuadée que l'Acade
mie Fronçoife ny celle d'Arles
n'auront jamais pour V. G. ny
plus d'eftime ny plus de respect
qu'elle en a pour vous ,
celles là ne l'emporteront fur la
noftre , que par de plus grandes
& de plus frequentes occafions de
Aoust1685.
世
Bb
que
300 MERCURE
reconnoiffance. Je fuis , Mon-
Seigneur,
D. V. G.
Le tres-humble & tresobeïffant
ferviteur
PATIN.
Les louanges que l'on
donne icy à M. de Saint Aignan
, ne doivent pas vous
furprendre. On a raiſon de
louer ce Duc , & on le peut
faire par tant d'endroits,
que fi l'on parloit de luy
auffi fouvent que ce qu'il
fait de louable donne fujet
d'en parler , on ne finiroit
jamais fur ce qu'il en fauGALANT.
301
droit dire. Il a fait depuis
un mois diverſes Chanſons,
& d'autres Ouvrages galants
In promptu , pour les
plus Auguftes Perfonnes de
la terre . On les a écoutez
avec beaucoup de plaifir,
mais comme ils ont efté faits
pour des divertiſſemens de
Cabinet, & que ce qu'on fait
pour ces lieux là en fort rarement
, ils ne font pas venus
jufqu'à moy.
le Duc de Saint Aignan
avoit efté aggregé à l'Académie
de Padouë , avec de
fort grands honneurs Voi
GALANT. 297
cy ce que M. Patin luy a
écrit là deffus de la part de
ceux qui compofent cette il
luftre Académie .
MONSEIGNEUR,
L'honneur que voftre Grandeur
veut bien faire à l'Academie
des Ricovrati , a fait le
mefme effet dans toutes fes parties
, queje l'avois d'abord reffenty
, lors que mes Amis me l'ont
fait fçavoir. On y eftoit pleine
ment informé de vos héroïques
qualitez. On y fçavoit qu'elles
Dous font aller de pair avec ce
298 MERCURE
ne reconnoit
Jules Cefar , qu'on
pas moins dans la Republique des
Lettres , que dans l'Empire du
monde;mais on n'y avoit ofe efperer
qu'un Duc & Pair de France,
un Protecteur de l'Academie
d'Arles , & un Homme confideré
de LourS LE GRAND ,
euft voulu mefler fon Nom avec
le noftre , & fe venir délaffer
fous les Lauriers de noftre petit
Parnaffe , aprés en avoir tant recueillyfur
l'Olimpe. Augufte ne
dédaigna pas autrefois d'eftre
Conful d'une petite Ville en Sicile
, & je ne çay que cét exemple
de genereufe modeftie , qui ait
quel
GALANT. 299
quelque rapport à la voſtre. Notre
Academie l'a admirée ,
m'a donné charge en mefme temps
de remercier V. G. de l'honneur
qu'elle luy fait de vouloir bien
accepter le titre d'Academico
Ricovrato , dont elle luy envoye
le témoignage. Elle prend
cette occafion de la prier d'eftre
fortement perfuadée que l'Acade
mie Fronçoife ny celle d'Arles
n'auront jamais pour V. G. ny
plus d'eftime ny plus de respect
qu'elle en a pour vous ,
celles là ne l'emporteront fur la
noftre , que par de plus grandes
& de plus frequentes occafions de
Aoust1685.
世
Bb
que
300 MERCURE
reconnoiffance. Je fuis , Mon-
Seigneur,
D. V. G.
Le tres-humble & tresobeïffant
ferviteur
PATIN.
Les louanges que l'on
donne icy à M. de Saint Aignan
, ne doivent pas vous
furprendre. On a raiſon de
louer ce Duc , & on le peut
faire par tant d'endroits,
que fi l'on parloit de luy
auffi fouvent que ce qu'il
fait de louable donne fujet
d'en parler , on ne finiroit
jamais fur ce qu'il en fauGALANT.
301
droit dire. Il a fait depuis
un mois diverſes Chanſons,
& d'autres Ouvrages galants
In promptu , pour les
plus Auguftes Perfonnes de
la terre . On les a écoutez
avec beaucoup de plaifir,
mais comme ils ont efté faits
pour des divertiſſemens de
Cabinet, & que ce qu'on fait
pour ces lieux là en fort rarement
, ils ne font pas venus
jufqu'à moy.
Fermer
Résumé : Lettre d'un Academ. de Ricovrati. [titre d'après la table]
Le texte décrit l'intégration du Duc de Saint Aignan à l'Académie des Ricovrati de Padoue, un événement honorifique. Monsieur Patin, dans une lettre au Duc, exprime la gratitude de l'Académie pour cet honneur et loue les qualités héroïques et les contributions littéraires du Duc. Patin souligne que l'Académie connaissait déjà les mérites du Duc et admire sa modestie, la comparant à celle d'Auguste. L'Académie décerne au Duc le titre d'Académicien Ricovrato et affirme lui porter un grand respect. Patin conclut en soulignant que les éloges adressés au Duc sont justifiés par ses nombreuses réalisations, notamment la création récente de chansons et d'autres œuvres littéraires appréciées par des personnes de haut rang. Ces œuvres, destinées à des divertissements privés, n'ont pas été largement diffusées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1434
p. 301-303
Theses d'une invention singuliere. [titre d'après la table]
Début :
M. du Four, Professeur en Rhétorique au College d'Harcourt, fit [...]
Mots clefs :
Professeur, Rhétorique, Collège d'Harcourt, Thèses, Gentilhomme, Tragédie, Géographie, Écriture, Nonce
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Theses d'une invention singuliere. [titre d'après la table]
M. du Four, Profeffeur en
Rhétorique au College
d'Harcourt , fit foûtenir le
io. de ce mois des Théfes
Bb ij
202 MERCURE
vence ,
fort fingulieres. M. Ricard
fut le foûtenant. C'eſt un
jeune Gentilhomme de Proâgé
feulement de
quatorze ans. Il répondit
fur toute la Rhétorique , fur
la Tragédie,fur le Blafon, fur
la Sphere,fur la Geographie,
fur l'Hiftoire Sainte & Prophane,
fur lesContradictions
de l'Ecriture touchant la
Chronologie , & fur d'autres
matieres égalemét curieuſes
& utiles. Il fatisfit avec tant
de feu & de netteté d'eſprit à
toutes les objections qui luy
furent faites , qu'on ne fut
GALANT. 303
pas étonné de luy voir faire
à l'arrivée de M. le Nonce,
une courte , mais fort exa-
&te récapitulation de tout
ce qu'il avoit répondu aux
difficultez qu'on luy avoit
oppofées .L'Affemblée eftoit
compofée de plufieurs Prélats
, & de quantité d'autres
Perfonnes confiderables, qui
avoüerent qu'on ne pouvoit
poffeder plus folidement
toutes ces matieres .
Rhétorique au College
d'Harcourt , fit foûtenir le
io. de ce mois des Théfes
Bb ij
202 MERCURE
vence ,
fort fingulieres. M. Ricard
fut le foûtenant. C'eſt un
jeune Gentilhomme de Proâgé
feulement de
quatorze ans. Il répondit
fur toute la Rhétorique , fur
la Tragédie,fur le Blafon, fur
la Sphere,fur la Geographie,
fur l'Hiftoire Sainte & Prophane,
fur lesContradictions
de l'Ecriture touchant la
Chronologie , & fur d'autres
matieres égalemét curieuſes
& utiles. Il fatisfit avec tant
de feu & de netteté d'eſprit à
toutes les objections qui luy
furent faites , qu'on ne fut
GALANT. 303
pas étonné de luy voir faire
à l'arrivée de M. le Nonce,
une courte , mais fort exa-
&te récapitulation de tout
ce qu'il avoit répondu aux
difficultez qu'on luy avoit
oppofées .L'Affemblée eftoit
compofée de plufieurs Prélats
, & de quantité d'autres
Perfonnes confiderables, qui
avoüerent qu'on ne pouvoit
poffeder plus folidement
toutes ces matieres .
Fermer
Résumé : Theses d'une invention singuliere. [titre d'après la table]
Le 20 mars, M. du Four a supervisé la soutenance de thèses au Collège d'Harcourt. Le principal candidat, M. Ricard, 14 ans, a répondu à des questions sur la rhétorique, la tragédie, le blason, la géographie, l'histoire et la chronologie biblique. Il a impressionné l'assemblée par sa maîtrise et sa clarté. L'assemblée, incluant plusieurs prélats, a reconnu la solidité de ses connaissances.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1435
p. 303-308
Theses presentées à l'Assemblée du Clergé par Mr l'Abbé de Loraine, avec un Abregé de l'Eloge du Roy fait par le mesme. [titre d'après la table]
Début :
Quand je vous parlay de l'Action que M. l'Abbé de Lorraine [...]
Mots clefs :
Abbé de Lorraine, Sorbonne, Thèses, Assemblée générale du Clergé de France, Discours, Prince, Église universelle, Hérésie, Ennemis, Monarque, Religion catholique, Honneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Theses presentées à l'Assemblée du Clergé par Mr l'Abbé de Loraine, avec un Abregé de l'Eloge du Roy fait par le mesme. [titre d'après la table]
Quand je vous parlay de
l'Action que M. l'Abbé de
Lorraine fit en Sorbonne il
y a un mois , j'oubliay de
Bb iij
304 MERCURE
vous marquer qu'il avoit
efté auparavant à Saint Germain
en Laye , où il preſenta
de fes Théfes à M's les
Prélats & Députez de l'Affemblée
Genérale du Clergé
de France , aufquels il fit
un tres -beau Difcours Latin
. Ce jeune Prince leur
dit , Qu'il eust fouhaité avec
paffion , les avoir tous pour témoins
des premiers effays de fa
Theologie ; mais qu'il n'avoit
garde de les en prier , fçachant de
quelle importance eftoient les Affaires
qui les occupoient , & qu'il
sagiffoit du bien de l'Eglife uniGALANT:
395
verfelle , & des interests du plus
grand des Roys , qui n'ayant
pointde defirs plus empreſſez que
de s'en montrer le Defenfeur , que
de la combler tous les jours de fes
bien faits , & d'arracher dans
tout fon Royaume juſqu'aux racines
de l'Hérefie , faifoit fa premiere
affaire parmy tant d'autres
qui luy coûtoient tant de foins,
de reüffir dans ce loüable& pieux
deffein. Il ajoûta , que ce grand
Monarque avoit battu fes En.
nemis en tous lieux , qu'il avoir
mis une fin auffi glorieuse que furprenante
, aux guerres qu'il avoit
eues en Flandre , en Allemagne,
Bb iiij
306 MERCURE
en Hollande , & jufqu'en Affrique
; qu'il avoit fecouru fes Atliez
, & agrandy en me mesme
temps fes Etats ; mais qu'il s'en
falloit beaucoup que tout cela ne
luy eust coûté autant de peines
& d'inquiétudes que le defir
d'augmenter le Patrimoine du
Sauveur du monde , de foûmettre
les Ennemis de la Croix , &
d'étouffer entierement l'Herefie;
de forte que fi elle refpiroit encore,
il ne falloit pas s'imaginer que
ce qui luy reftoit de vie pust
donner la moindre atteinte à lou
gloire de Sa Majefté , qui dans
le degré où Elle eftoit , auroit toû
GALANT. 307
jours moins de peine à couronner
Ifes deffeins , qu'à faire croire qu'il
les euft formez.
M. l'Abbé de Lorraine
paffa de là à l'Eloge de M.
'Archevefque de Paris , en
difant , Qu'il n'eftoit pas besoin
de nommer celuy , qui aprés le
Roy avoit le plus de part dans ce
qu'on faifoit à l'avantage de la
Religion Catholique . Que cét
illuftre Prelat , l'honneur du Clergé,&
la lumiere de l'Eglife Gallicane
, dont on ne pouvoit affez
louer la vigilance extraordinaire
lesfoins infatigables , faifoit
tous les jours éclater fon zele
308 MERCURE
contre l'Heréfie , &fon attachement
inviolable pour la Perfonne
de Sa Majesté ; qu'il le touchoit
de trop préspour parler de fa naiffance
; mais qu'il pouvoit dire que
quelque honneur que répandiſſent
fur luy les grands fervices que fes
Anceftres avoient rendus à l'Etat,
l'éclatant merite qui le diftinguoit,
paffoit de beaucoup tout ce que l'on
pouvoirdire d'eux, & queperfonne
avant luy n'avoit trouvé le fecret
, de joindre tant de délicateffe
d'efprit à tant de profondeur , ny
de tant de facilité
tant de force & de penétration.
l'Action que M. l'Abbé de
Lorraine fit en Sorbonne il
y a un mois , j'oubliay de
Bb iij
304 MERCURE
vous marquer qu'il avoit
efté auparavant à Saint Germain
en Laye , où il preſenta
de fes Théfes à M's les
Prélats & Députez de l'Affemblée
Genérale du Clergé
de France , aufquels il fit
un tres -beau Difcours Latin
. Ce jeune Prince leur
dit , Qu'il eust fouhaité avec
paffion , les avoir tous pour témoins
des premiers effays de fa
Theologie ; mais qu'il n'avoit
garde de les en prier , fçachant de
quelle importance eftoient les Affaires
qui les occupoient , & qu'il
sagiffoit du bien de l'Eglife uniGALANT:
395
verfelle , & des interests du plus
grand des Roys , qui n'ayant
pointde defirs plus empreſſez que
de s'en montrer le Defenfeur , que
de la combler tous les jours de fes
bien faits , & d'arracher dans
tout fon Royaume juſqu'aux racines
de l'Hérefie , faifoit fa premiere
affaire parmy tant d'autres
qui luy coûtoient tant de foins,
de reüffir dans ce loüable& pieux
deffein. Il ajoûta , que ce grand
Monarque avoit battu fes En.
nemis en tous lieux , qu'il avoir
mis une fin auffi glorieuse que furprenante
, aux guerres qu'il avoit
eues en Flandre , en Allemagne,
Bb iiij
306 MERCURE
en Hollande , & jufqu'en Affrique
; qu'il avoit fecouru fes Atliez
, & agrandy en me mesme
temps fes Etats ; mais qu'il s'en
falloit beaucoup que tout cela ne
luy eust coûté autant de peines
& d'inquiétudes que le defir
d'augmenter le Patrimoine du
Sauveur du monde , de foûmettre
les Ennemis de la Croix , &
d'étouffer entierement l'Herefie;
de forte que fi elle refpiroit encore,
il ne falloit pas s'imaginer que
ce qui luy reftoit de vie pust
donner la moindre atteinte à lou
gloire de Sa Majefté , qui dans
le degré où Elle eftoit , auroit toû
GALANT. 307
jours moins de peine à couronner
Ifes deffeins , qu'à faire croire qu'il
les euft formez.
M. l'Abbé de Lorraine
paffa de là à l'Eloge de M.
'Archevefque de Paris , en
difant , Qu'il n'eftoit pas besoin
de nommer celuy , qui aprés le
Roy avoit le plus de part dans ce
qu'on faifoit à l'avantage de la
Religion Catholique . Que cét
illuftre Prelat , l'honneur du Clergé,&
la lumiere de l'Eglife Gallicane
, dont on ne pouvoit affez
louer la vigilance extraordinaire
lesfoins infatigables , faifoit
tous les jours éclater fon zele
308 MERCURE
contre l'Heréfie , &fon attachement
inviolable pour la Perfonne
de Sa Majesté ; qu'il le touchoit
de trop préspour parler de fa naiffance
; mais qu'il pouvoit dire que
quelque honneur que répandiſſent
fur luy les grands fervices que fes
Anceftres avoient rendus à l'Etat,
l'éclatant merite qui le diftinguoit,
paffoit de beaucoup tout ce que l'on
pouvoirdire d'eux, & queperfonne
avant luy n'avoit trouvé le fecret
, de joindre tant de délicateffe
d'efprit à tant de profondeur , ny
de tant de facilité
tant de force & de penétration.
Fermer
Résumé : Theses presentées à l'Assemblée du Clergé par Mr l'Abbé de Loraine, avec un Abregé de l'Eloge du Roy fait par le mesme. [titre d'après la table]
L'Abbé de Lorraine a présenté ses thèses devant les prélats et députés de l'Assemblée Générale du Clergé de France à Saint-Germain-en-Laye. Dans un discours en latin, il a invité ces dignitaires à assister à ses premiers essais théologiques, tout en respectant leurs engagements actuels. Il a souligné l'engagement du roi à protéger l'Église universelle et à combattre l'hérésie, comparant cet effort aux victoires militaires en Flandre, en Allemagne, en Hollande et en Afrique. L'Abbé a également rendu hommage à l'archevêque de Paris, le qualifiant de principal défenseur de la religion catholique après le roi. Il a loué sa vigilance, ses efforts constants contre l'hérésie et sa loyauté envers le roi. Les mérites de l'archevêque ont été décrits comme surpassant ceux de ses ancêtres, grâce à sa délicatesse d'esprit, sa profondeur, sa facilité et sa pénétration.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1436
p. 309-310
Explication de la Fable Enigmatique du dernier mois. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay mandé que la Fable énigmatique que je vous / On décrit icy les Travaux [...]
Mots clefs :
Fable énigmatique, Explications, Travaux, Rayons, Roi d'Espagne, Étoile, Soleil, Louis, Lecteur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Explication de la Fable Enigmatique du dernier mois. [titre d'après la table]
Je vous ay mandé que la
Fable énigmatique que je
vous envoyay le dernier
mois , eftoit de M. B.
D. de Thoulouze. Je vous
l'ay dit fur un faux Memoire.
Elle eft de M. Broüilhet
du Rocq , qui eft de
Blaye , & non de Thoulouze .
Je vous en envoye l'explication
faite par luy mefme.
ONN décrit icy les Travaux
De Seignelay, la derniere Campagne;
Par Aftres & Rayons on entend des
Vaiffeaux,
310 MERCURE
Par la Lune le Roy d'Espagne.
Venusfigure les Genois .
Fiefque eft l'Etoile gemiſſante,
Et le Soleil nous reprefente
L'invincible LOUIS , le plus parfait
des Roys .
Enfin Saturne qui s'engage
Dans lepenible foin d'un accommodement,
De noftre Saint Pontife eft une vive'
Image.
En voila , cher Lecteur , plus que fuffifamment,
Pour trouver de ma Fable un entier
dénouement.
Fable énigmatique que je
vous envoyay le dernier
mois , eftoit de M. B.
D. de Thoulouze. Je vous
l'ay dit fur un faux Memoire.
Elle eft de M. Broüilhet
du Rocq , qui eft de
Blaye , & non de Thoulouze .
Je vous en envoye l'explication
faite par luy mefme.
ONN décrit icy les Travaux
De Seignelay, la derniere Campagne;
Par Aftres & Rayons on entend des
Vaiffeaux,
310 MERCURE
Par la Lune le Roy d'Espagne.
Venusfigure les Genois .
Fiefque eft l'Etoile gemiſſante,
Et le Soleil nous reprefente
L'invincible LOUIS , le plus parfait
des Roys .
Enfin Saturne qui s'engage
Dans lepenible foin d'un accommodement,
De noftre Saint Pontife eft une vive'
Image.
En voila , cher Lecteur , plus que fuffifamment,
Pour trouver de ma Fable un entier
dénouement.
Fermer
Résumé : Explication de la Fable Enigmatique du dernier mois. [titre d'après la table]
Le texte clarifie l'auteur d'une fable énigmatique, M. Broüilhet du Rocq de Blaye, et non M. B. D. de Thoulouze. La fable décrit les travaux de Seignelay. Les éléments symboliques incluent les astres pour les vaisseaux, la Lune pour le roi d'Espagne, Vénus pour les Génois, Fiefque comme l'étoile du Berger, et le Soleil pour Louis, le roi parfait. Saturne représente le Saint-Père en effort d'accommodement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1437
p. 310-311
Noms de ceux qui l'ont devinée. [titre d'après la table]
Début :
Ceux qui l'ont expliquée sur Genes soumise, sont Mrs Vignier, Giraut de [...]
Mots clefs :
Réponses, Explications, Liste de noms
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Noms de ceux qui l'ont devinée. [titre d'après la table]
Ceux qui l'ont expliquée
fur Genes foumife , font M'S
Vignier , Giraut de Sainville,
de la Tronche de Rouen,
GALANT. 311
Hutuge d'Orleans , demeurant
à Mets , ces quatre en
Vers , P. Carrier de Rouen,
l'Epinay Buret , de Vitré ; la
Beauté de Chalons fur Saol'Infenfible
de Monne
;
talte , & la Fidelle Solitaire
defolée.
On a expliqué cette mefme
Hiſtoire énigmatique fur
la Montre.
fur Genes foumife , font M'S
Vignier , Giraut de Sainville,
de la Tronche de Rouen,
GALANT. 311
Hutuge d'Orleans , demeurant
à Mets , ces quatre en
Vers , P. Carrier de Rouen,
l'Epinay Buret , de Vitré ; la
Beauté de Chalons fur Saol'Infenfible
de Monne
;
talte , & la Fidelle Solitaire
defolée.
On a expliqué cette mefme
Hiſtoire énigmatique fur
la Montre.
Fermer
1438
p. 311-314
ENIGME.
Début :
Je vous envoye deux Enigmes nouvelles. La premiere est du Berger / Deux Soeurs d'antique extraction, [...]
Mots clefs :
Lettres I et V
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
Je vous envoye deux Enigmes
nouvelles . La premiere
eft du Berger de Flore
.
312 MERCURE
25222-22-2522:22225
ENIGME.
D
Eux Seurs d'antique extraction,
Dontl'une eft pourla Paix , &l'autre
pour la Guerre,
Sont d'une compagnie , où la divifion
Forme depuis long- temps deux Partis
furla Terre.
Et chacune à la liberté,
Ou pour mieux dire , l'avantage
De s'employer pour l'un & pour l'autre
cofté,
Sans que l'on blâme cét ufage.
La Iuftice, & la Verité,
En portent témoignage,
Qui nefe rendroit pas àleur authorité?
GALANT. 313
Sa
Auffi chacune eftde doublefigure,
Etfans eftre Monftre à deux corps,
Les mettre en oeuvre à l'avanture,
Comme ontfait presque tous les vivans
& les Morts ,
C'est un pechécontre nature.
$2
Vous dire que ces Soeurs paroiffent
autrement
Dans lajeuneſſe,
Qu'elles ne font dans la vieilleffe,
Vousle croirez facilement.
Rien n'eft plus familier que cét évenement,
Mais fije vous difois ; les vis &la
trifeffe,
Les douceurs & les maux ne changent
point leurs traits,
Ne douteriez - vous point fices propos
font vrays?
314 MERCURE
$2
Ils ne le font que trop pour duper l'efperance
Des mediocres Devineurs;
La voftre , nullement , fameux Explicateurs,
Nez au Pays de Sapience.
Trop vive eft voftre intelligence,
Rien ne luy fçauroit échaper.
Ieparle à vous, Rault , la Tronche,
Hermophile ,
Obligeant Alcidor , Gyges , Diéreville
,
Scroit bien fin qui vous pourroit
tromper.
nouvelles . La premiere
eft du Berger de Flore
.
312 MERCURE
25222-22-2522:22225
ENIGME.
D
Eux Seurs d'antique extraction,
Dontl'une eft pourla Paix , &l'autre
pour la Guerre,
Sont d'une compagnie , où la divifion
Forme depuis long- temps deux Partis
furla Terre.
Et chacune à la liberté,
Ou pour mieux dire , l'avantage
De s'employer pour l'un & pour l'autre
cofté,
Sans que l'on blâme cét ufage.
La Iuftice, & la Verité,
En portent témoignage,
Qui nefe rendroit pas àleur authorité?
GALANT. 313
Sa
Auffi chacune eftde doublefigure,
Etfans eftre Monftre à deux corps,
Les mettre en oeuvre à l'avanture,
Comme ontfait presque tous les vivans
& les Morts ,
C'est un pechécontre nature.
$2
Vous dire que ces Soeurs paroiffent
autrement
Dans lajeuneſſe,
Qu'elles ne font dans la vieilleffe,
Vousle croirez facilement.
Rien n'eft plus familier que cét évenement,
Mais fije vous difois ; les vis &la
trifeffe,
Les douceurs & les maux ne changent
point leurs traits,
Ne douteriez - vous point fices propos
font vrays?
314 MERCURE
$2
Ils ne le font que trop pour duper l'efperance
Des mediocres Devineurs;
La voftre , nullement , fameux Explicateurs,
Nez au Pays de Sapience.
Trop vive eft voftre intelligence,
Rien ne luy fçauroit échaper.
Ieparle à vous, Rault , la Tronche,
Hermophile ,
Obligeant Alcidor , Gyges , Diéreville
,
Scroit bien fin qui vous pourroit
tromper.
Fermer
1439
p. 314-315
AUTRE ENIGME.
Début :
Nous sommes trois de mesme nom, [...]
Mots clefs :
Soufflet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE ENIGME.
AUTRE ENIGME.
Ous fommes trois de mefme
NO nom,
Maisde differente nature,
L'un utile dans lafroidure,
GALANT. 315
En tout temps eft en fonction,
Pour qui veut amolir la matiere trop
dure ,
Et c'est a fi par luy qu'un barmonicux
fon,
Grandplaisir quelquefois aux Curieuxprocure.
L'autre en Automne , Hyver , Printemps
, Efté,
Depuis quelque temps à la mode ,
Pour ceux qui dans les pieds n'ont nul
le agileté,
Eft d'un ufage tres commode,
Et le troifiéme enfin , caufe de mille
morts,
Quandle Fer eft dedans , le fait met--
tre dehors.
Ous fommes trois de mefme
NO nom,
Maisde differente nature,
L'un utile dans lafroidure,
GALANT. 315
En tout temps eft en fonction,
Pour qui veut amolir la matiere trop
dure ,
Et c'est a fi par luy qu'un barmonicux
fon,
Grandplaisir quelquefois aux Curieuxprocure.
L'autre en Automne , Hyver , Printemps
, Efté,
Depuis quelque temps à la mode ,
Pour ceux qui dans les pieds n'ont nul
le agileté,
Eft d'un ufage tres commode,
Et le troifiéme enfin , caufe de mille
morts,
Quandle Fer eft dedans , le fait met--
tre dehors.
Fermer
1440
p. 315-318
Evêchez & Abbayes données par le Roy. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy voulant récompenser les Services que M. l'Abbé Desmarests, [...]
Mots clefs :
Abbé, Clergé, Nominations, Abbaye, Diocèse, Archevêque, Prieuré
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Evêchez & Abbayes données par le Roy. [titre d'après la table]
Le Roy voulant récompen
fer les Services que M. l'Ab--
bé Defmarefts , & M. l'Abbé
Aouſt 1685.
Cc
316 MERCURE
de Befons , tous deux anciens
Agens du Clergé , ont
rendus à l'Eglife , a nommé
le premier à l'Evefché de
Riez , & l'autre à l'Evefché
d'Aire . Je vous ay parlé
a
plufieurs fois de M. l'Abbé
Defmarefts , dont les belles.
qualitez furpaffent tout le
bien qu'on en peut dire..
Vous fçavez qu'ila une honnefteté
toute engageante
,
& que fon zele toûjours tres
exact à remplir tous fes devoirs
, le rend tres - digne de
l'Epiſcopat . M. l'Abbé de
Befons eft Fils de feu M. de
GALANT.
7
Befons , Confeiller d'Ear
Vous n'avez pas oublié que
je vous parlay de luy en vous
apprenant la mort de M. for
Pere.
L'Abbaye de Gimont, Ordre
de Cifteaux , Dioceſe
d'Auch , a efté donnée à M.
l'Archevefque de Thoulouze.
Il eſt d'une des plus an--
ciennes Maiſons du Royaume
, dont il eft forty depuis
plufieurs Siecles de tresgrands
Hommes , qui ont
remply les
les plus importans de l'E
tat & de l'Eglife. Ce Pre-
Miniſteres
Cc ij
318 MERCURE
lat montre un zele infatigable
dans la conduite de
fon Diocefe , & a fait des
Converfions celébres depuis
que la Chambre de l'Edit
a efté incorporée au Parlement
de Thoulouze . M.
l'Archevefque de Sens eft
fon Frere aifné . M. le Marquis
de Taian , qui s'eſt diftingué
par plufieurs occafions
glorieuſes , eft auffi ſon
Frere.
M. l'Abbé de Brochan a
eſté pouryeu dans le meſme
temps du Prieuré de Boucachard,
Dioceſe de Roüen.
fer les Services que M. l'Ab--
bé Defmarefts , & M. l'Abbé
Aouſt 1685.
Cc
316 MERCURE
de Befons , tous deux anciens
Agens du Clergé , ont
rendus à l'Eglife , a nommé
le premier à l'Evefché de
Riez , & l'autre à l'Evefché
d'Aire . Je vous ay parlé
a
plufieurs fois de M. l'Abbé
Defmarefts , dont les belles.
qualitez furpaffent tout le
bien qu'on en peut dire..
Vous fçavez qu'ila une honnefteté
toute engageante
,
& que fon zele toûjours tres
exact à remplir tous fes devoirs
, le rend tres - digne de
l'Epiſcopat . M. l'Abbé de
Befons eft Fils de feu M. de
GALANT.
7
Befons , Confeiller d'Ear
Vous n'avez pas oublié que
je vous parlay de luy en vous
apprenant la mort de M. for
Pere.
L'Abbaye de Gimont, Ordre
de Cifteaux , Dioceſe
d'Auch , a efté donnée à M.
l'Archevefque de Thoulouze.
Il eſt d'une des plus an--
ciennes Maiſons du Royaume
, dont il eft forty depuis
plufieurs Siecles de tresgrands
Hommes , qui ont
remply les
les plus importans de l'E
tat & de l'Eglife. Ce Pre-
Miniſteres
Cc ij
318 MERCURE
lat montre un zele infatigable
dans la conduite de
fon Diocefe , & a fait des
Converfions celébres depuis
que la Chambre de l'Edit
a efté incorporée au Parlement
de Thoulouze . M.
l'Archevefque de Sens eft
fon Frere aifné . M. le Marquis
de Taian , qui s'eſt diftingué
par plufieurs occafions
glorieuſes , eft auffi ſon
Frere.
M. l'Abbé de Brochan a
eſté pouryeu dans le meſme
temps du Prieuré de Boucachard,
Dioceſe de Roüen.
Fermer
Résumé : Evêchez & Abbayes données par le Roy. [titre d'après la table]
En août 1685, le roi a récompensé les services rendus à l'Église par deux abbés. L'abbé Defmarefts, reconnu pour ses qualités exceptionnelles, son honnêteté et son zèle, a été nommé à l'évêché de Riez. L'abbé de Besons, fils du défunt conseiller d'État M. de Galant, a été nommé à l'évêché d'Aire. De plus, l'abbaye de Gimont, une des plus anciennes du royaume et située dans le diocèse d'Auch, a été attribuée à l'archevêque de Toulouse. Cet archevêque est connu pour son zèle dans la gestion de son diocèse et ses conversions célèbres depuis l'incorporation de la Chambre de l'Édit au Parlement de Toulouse. Il a pour frère aîné l'archevêque de Sens et pour frère le marquis de Trian, distingué par plusieurs actions glorieuses. Enfin, l'abbé de Brochan a été pourvu du prieuré de Boucachard, dans le diocèse de Rouen.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1441
p. 319-320
Intendances données par Sa Majesté. [titre d'après la table]
Début :
M. de Baville a succedé à M. d'Aguesseau, Conseiller d'Etat, dans [...]
Mots clefs :
Intendance, Conseiller, Président, Conversion, Maître des requêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Intendances données par Sa Majesté. [titre d'après la table]
M. de Baville a fuccedé à
M. d'Agueffeau , Conſeiller
d'Etat, dans l'Intendance de
Languedoc . Il eft Fils de
feu M. le premier Prefident
de Lamoignon, & Frere de
M. Lamoignon Avocat Genéral.
Il parle tres-bien , &
s'eft acquité avec un tresgrand
fuccez de l'Intendance
de Poitou , où il a contribué
à quantité de Converfions.
M. Foucault va remplir
fa place dans cette Intendance.
Vous fçavez l'eftime
qu'il s'eft acquife dans cel
320 MERCURE
les de Montauban & de
Bearn. Je vous ay écrit fi
amplement de ce qu'il a fait
de glorieux & d'utile dans
l'une & dans l'autre , queje
n'ay rien à y ajoûter.
M. de Vaubourg Maiſtre
des Requeſtes , elt Intendant
de Bearn . Il eſt d'un
merite genéralement connu
& Frere de M. l'Abbé
Defmarefts, dont je viens de
vous parler.
M. d'Agueffeau , Conſeiller
d'Etat, dans l'Intendance de
Languedoc . Il eft Fils de
feu M. le premier Prefident
de Lamoignon, & Frere de
M. Lamoignon Avocat Genéral.
Il parle tres-bien , &
s'eft acquité avec un tresgrand
fuccez de l'Intendance
de Poitou , où il a contribué
à quantité de Converfions.
M. Foucault va remplir
fa place dans cette Intendance.
Vous fçavez l'eftime
qu'il s'eft acquife dans cel
320 MERCURE
les de Montauban & de
Bearn. Je vous ay écrit fi
amplement de ce qu'il a fait
de glorieux & d'utile dans
l'une & dans l'autre , queje
n'ay rien à y ajoûter.
M. de Vaubourg Maiſtre
des Requeſtes , elt Intendant
de Bearn . Il eſt d'un
merite genéralement connu
& Frere de M. l'Abbé
Defmarefts, dont je viens de
vous parler.
Fermer
Résumé : Intendances données par Sa Majesté. [titre d'après la table]
M. de Baville succède à M. d'Agueffeau comme Conseiller d'État et Intendant du Languedoc. Fils du Premier Président de Lamoignon et frère de M. Lamoignon, il est reconnu pour ses compétences oratoires et ses succès en Poitou. M. Foucault, expérimenté dans les intendances de Montauban et de Béarn, le remplace. M. de Vaubourg, Maître des Requêtes, est Intendant de Béarn et frère de l'Abbé Desmarets.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1442
p. 320-321
Conversion. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay fait part au mois de Juin, d'une Lettre de M. Gilbert [...]
Mots clefs :
Ministre, Gentilhomme, Dauphiné, Artillerie, Convertir, Erreur, Abjuration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Conversion. [titre d'après la table]
Je vous ay fait part au mois
de Juin, d'une Lettre de M.
Gilbert cy-devant Miniftre,
écrite à M. de Salieres fon
GALANT.
321
Frere aifné,Gentilhomme de
Die en Dauphiné , prefentement
Commiffaire Provincialde
l'Artillerie ,par laquel
le, en luy expliquant les raifons
qui l'ont obligé à fe convertir,
il l'exhortoit à examiner
ferieuſement les erreurs
quefa naiffance luy avoit fait
fuivre. Cettre Lette a eu
l'effet qu'il en avoit attendu .
M. de Salieres s'eft rendu à
fes raifons , & a fait fon Abjuration
depuis peu de jours
entre les mains de M. l'Archevefque
de Paris .
de Juin, d'une Lettre de M.
Gilbert cy-devant Miniftre,
écrite à M. de Salieres fon
GALANT.
321
Frere aifné,Gentilhomme de
Die en Dauphiné , prefentement
Commiffaire Provincialde
l'Artillerie ,par laquel
le, en luy expliquant les raifons
qui l'ont obligé à fe convertir,
il l'exhortoit à examiner
ferieuſement les erreurs
quefa naiffance luy avoit fait
fuivre. Cettre Lette a eu
l'effet qu'il en avoit attendu .
M. de Salieres s'eft rendu à
fes raifons , & a fait fon Abjuration
depuis peu de jours
entre les mains de M. l'Archevefque
de Paris .
Fermer
Résumé : Conversion. [titre d'après la table]
En juin, M. Gilbert, ancien ministre, a écrit à M. de Salières, commissaire provincial de l'artillerie, pour expliquer sa conversion et inciter ce dernier à réfléchir sur ses erreurs. La lettre a convaincu M. de Salières, qui a abjuré entre les mains de l'archevêque de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1443
p. 321-322
Mariages. [titre d'après la table]
Début :
J'ay oublié de vous dire, que M. le Duc de Luynes avoit [...]
Mots clefs :
Mariage, Duc, Madame, Chancelier, Mademoiselle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages. [titre d'après la table]
Jay oublié de vous dire,
322 MERCURE
que M. le Duc de Luynes
avoit époufé Madame de
Manneville depuis fix femaines.
Elle eft Fille de feu
M.leChancelier d'Aligre.M.
le Duc de Luynes eft Pere
de M. le Duc de Chevreuſe,
de Madame la Princeffe de
Bournonville , & de Madame
la Comteffe de Vervé.
M. de Barbanfon , que
l'on appelloit toûjours M. le
Chevalier de Nantouillet,
époufa Mademoiſelle du
Terron Colbert,dans le mef
me
temps.
322 MERCURE
que M. le Duc de Luynes
avoit époufé Madame de
Manneville depuis fix femaines.
Elle eft Fille de feu
M.leChancelier d'Aligre.M.
le Duc de Luynes eft Pere
de M. le Duc de Chevreuſe,
de Madame la Princeffe de
Bournonville , & de Madame
la Comteffe de Vervé.
M. de Barbanfon , que
l'on appelloit toûjours M. le
Chevalier de Nantouillet,
époufa Mademoiſelle du
Terron Colbert,dans le mef
me
temps.
Fermer
1444
p. 322-3[2]6
« L'avantage que Paris a de donner aux Provinces le modele [...] »
Début :
L'avantage que Paris a de donner aux Provinces le modele [...]
Mots clefs :
Provinces, Remèdes, Apothicaire, Assemblée, Antidote, Palpitations, Accidents, Poudre de vipère, Sueurs, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'avantage que Paris a de donner aux Provinces le modele [...] »
L'avantage que Paris a de
donner
GALANT. 3T3
donner aux Provinces le modele
de toutes chofes , s'étend
jufque fur les Remedes,
puis qu'à l'exemple de cette
grande Ville, on prépara publiquement
à Rouen la Theriaque
le 15. de Juillet. Mais
ce qu'il y eut de fingulier
fut que le fieur Quillebeuf
Apotiquaire , s'eftant attiré
l'approbation generale d'une
fçavante Aſſemblée , par
la démonftraction exacte
qu'il fit des Remedes qui en
trent dans cette compofition
, tous dans leur pureté,
il, fut obligé le lendemain
Aouſt 1685.
Dd
>
314 MERCURE
d'en faire l'épreuve fur luymême,
& il la fit tres -heureufement
; car comme il travailloit
à la preparation des
Viperes, qui entrent en tresgrand
nombre dans cet Antidote
, il y en eut une qui
luy mordit le doigt , & luy
enfonça fi avant les dents,
qu'on nomme Canines, qu'il
fortit de chaque playe plufieurs
goutes de fang. Peu de
momens aprés , le doigt luy
enfla prodigieufement, & devint
tout livide.L'enflure ac
compagnée d'une grande
douleur, s'étendit fort promGALANT.
315
ptement vers le bras , l'épau
le & le fein! Il eut des palpitations
de coeur frequentes,
fon poux fut bien - toft intermittent
, il fut faifi de fincopes,
& fe fentit tres-affou
py. Tous ces accidens ne le
déconcerterent point , il fit
promptement écrafer la Vipere
qui l'avoit mordu , & ſe
la fit appliquer fur le doigt ,
mais fans foulagement . Il
prit en moins de vingt- quatre
heures demie once de
Theriaque en plufieurs dofes
, autant de poudre de Vipere
, une dragme de leur
Dd ij
316 MERCURE
fel volatil , & de fel de chardon
benit ', par l'avis de M.
du Perray , un des premiers
Medecins de Roüen ; ce qui
ayant caufé au fieur Quillebeuf
des fueurs tres -abondantes
, diffipa l'enflure , la
douleur, & tous les accidens
facheux dont il eftoit attaque.
Rien affuremét ne peut
mieux faire voir & l'activité
du venin de la Vipere , & la
force de la Theriaque .
donner
GALANT. 3T3
donner aux Provinces le modele
de toutes chofes , s'étend
jufque fur les Remedes,
puis qu'à l'exemple de cette
grande Ville, on prépara publiquement
à Rouen la Theriaque
le 15. de Juillet. Mais
ce qu'il y eut de fingulier
fut que le fieur Quillebeuf
Apotiquaire , s'eftant attiré
l'approbation generale d'une
fçavante Aſſemblée , par
la démonftraction exacte
qu'il fit des Remedes qui en
trent dans cette compofition
, tous dans leur pureté,
il, fut obligé le lendemain
Aouſt 1685.
Dd
>
314 MERCURE
d'en faire l'épreuve fur luymême,
& il la fit tres -heureufement
; car comme il travailloit
à la preparation des
Viperes, qui entrent en tresgrand
nombre dans cet Antidote
, il y en eut une qui
luy mordit le doigt , & luy
enfonça fi avant les dents,
qu'on nomme Canines, qu'il
fortit de chaque playe plufieurs
goutes de fang. Peu de
momens aprés , le doigt luy
enfla prodigieufement, & devint
tout livide.L'enflure ac
compagnée d'une grande
douleur, s'étendit fort promGALANT.
315
ptement vers le bras , l'épau
le & le fein! Il eut des palpitations
de coeur frequentes,
fon poux fut bien - toft intermittent
, il fut faifi de fincopes,
& fe fentit tres-affou
py. Tous ces accidens ne le
déconcerterent point , il fit
promptement écrafer la Vipere
qui l'avoit mordu , & ſe
la fit appliquer fur le doigt ,
mais fans foulagement . Il
prit en moins de vingt- quatre
heures demie once de
Theriaque en plufieurs dofes
, autant de poudre de Vipere
, une dragme de leur
Dd ij
316 MERCURE
fel volatil , & de fel de chardon
benit ', par l'avis de M.
du Perray , un des premiers
Medecins de Roüen ; ce qui
ayant caufé au fieur Quillebeuf
des fueurs tres -abondantes
, diffipa l'enflure , la
douleur, & tous les accidens
facheux dont il eftoit attaque.
Rien affuremét ne peut
mieux faire voir & l'activité
du venin de la Vipere , & la
force de la Theriaque .
Fermer
Résumé : « L'avantage que Paris a de donner aux Provinces le modele [...] »
En juillet 1685 à Rouen, l'apothicaire Quillebeuf a préparé publiquement la thériaque, un remède médicinal, devant une assemblée savante. Le 1er août 1685, lors de la manipulation de vipères pour ce remède, Quillebeuf a été mordu par une vipère, entraînant une enflure rapide et une lividité de son doigt, qui se sont étendues à son bras, son épaule et son sein. Il a également ressenti des palpitations cardiaques, une respiration intermittente, des syncopes et une grande faiblesse. Malgré ses efforts pour traiter la morsure en écrasant la vipère et en appliquant son corps sur la plaie, les symptômes ont persisté. Sur les conseils du médecin Du Perray, Quillebeuf a ingéré une dose de thériaque, de poudre de vipère, de fiel volatil et de fiel de chardon bénit. Ce traitement a provoqué des sueurs abondantes, dissipant ainsi l'enflure, la douleur et les autres symptômes. Cet incident a démontré l'efficacité de la thériaque contre le venin de vipère.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1445
p. 3[2]6-3[3]4
Nouvelles d'Angleterre. [titre d'après la table]
Début :
Je n'ay rien à ajoûter à ce que je vous ay déja dit [...]
Mots clefs :
Angleterre, Duc de Montmouth, Rébellion, Roi, Église anglicane, Sentences, Religion, Religion catholique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Angleterre. [titre d'après la table]
Je n'ay rien à ajoûter à ce
que je vous ay déja dit touchant
la mort du Duc de
Montmouth , fi ce n'est que
GALANT. 317
les Evefques qui l'aſſiſterent
fur l'Echafaut, l'ayant preffé
de faire une reconnoiſſance
publique de fon crime , il dit
qu'il fe remettoit de tout ce
qui regardoit ſa Rebellion ,à
un Ecrit qu'il avoit figné en
leur prefence. Il declare par
·cet Ecrit ; Qu'il n'avoit pris le
titre de Roy que par force, que ce
fut contrefon fentiment qu'il fut
proclamé, & que le feu Roy luy
avoit dit que jamais il n'avoit
épousé fa Mere ; aprés laquelle
declaration , il efperoit que le Roy
qui regne prefentement , ne
pas maltraiterfes Enfans fous
feroit
ce
318 MERCURE
pretexte. Vous aurez veu des
Relations
qui portent qu'il
a témoigné de la fermeté en
mourant , & qu'il eſt mort
dans la Communion de l'Eglife
Anglicane , ce qui eft
contraire
à ce que je vous en
ay écrit.Cependant ces mefmesRelations
nous fontconnoïftre
, que lors qu'on luy
montra l'ordre qu'on avoit
de le remettre entre les
mains des Sherifs , qui ont
foin de faire executer les Sentences
criminelles , il changea
de couleur , demeura
quelque temps fans parole ,
婴
GALANT. 319
& fit voir en un moment la
crainte de la mort peinte fur
tout fon viſage. Elles nous
marquent encore , que lors
qu'il vantoit le plus fa fermeté
, & qu'il l'attribuoit à un
principe furnaturel , il fe tourna
avec beaucoup d'inquietude
de cofté & d'autre , &
qu'il regardoit toûjours s'il
ne venoit aucun meſſage de
la Cour , parce qu'il gardoit
encore quelque efperance
qu'on luy feroit grace . Ainfi
l'on peut dire que s'il a fait
voir quelque fermeté par fes
paroles , il l'a auffi - toſt dé320
MERCURE
mentie par fes actions. Il a
pû fe contrefaire pendant de
certains momens , afin que
s'il obtenoit grace , il
ne
paruft pas dans le monde
comme un homme
que
les
frayeurs de la mort avoient
troublé ; mais fon vifage l'a
toûjours trahy , & il luy a
efté impoffible de cacher
les mouvemens de fon ame.
Quant à la Religion Anglicane
dans laquelle on a
publié que ce Duc eft mort,
s'il y a un peu plus d'apparence
à le dire qu'à foûtenir
qu'il a montré un coeur ferGALANT.
321
me , peut - eſtre ne croira--
t-on pas qu'il y ait plus de
verité , fi l'on y veut faire reflexion
. Le Comte de Salfburyl'avoit
engagé dans
toutes les méchantes affaires;
qui ont efté cauſe de ſa per--
te , & fon Party eftoit fi puiffant
, qu'il a mefme ſubſiſté
aprés fa mort , & fait agir le
Duc de Montmouth . Il eft fi
vray que ce Comte haïfſoit :
les Evefques & la Religion
Anglicane , qu'il ne s'en ca--
choit pas , mefme dans le
temps qu'il eftoit encore
bich en Cour , & jay veu
Aoust 1685,
Ee
322 MERCURE
quantité de perfonnes qui
l'ont oüy s'emporter contre
eux par des difcours qui faifoient
connoiftre le fond de
fon ame . Le Duc de Montmouth
a toûjours efté de ce
party. Tous les Manifeſtes
des Rebelles ont attaqué la
Religion Anglicane , que ce
Duc connoiffoit peu , parce
qu'il avoit efté élevé juſqu'à
quatorze ans dans la Reli
gion Catholique. Ainfi il entra
facilement dans des engagemens
contre elle avec
Le Comte de Salfbury ; & juf
qu'au jour de fa prife , il n'a
.....
GALANT 323
E veu que des Miniftres oppofez
à la Religion Anglicane.
S'il avoit eu deffein d'y mourir
, il auroit deu faire voir
un retour plus éclatant , au
lieu qu'il ne nous paroift rien
autre chofe,finon qu'il répód
qu'il meurt dans la Religion
Anglicane. Aprés qu'il a fait
cette réponſe , il ne remplit
aucun des devoirs où cette
Religion engage , & l'on eft
contraint de le laiffer mourir
fans luy donner la Benediction
qu'on donne en mourant
à ceux qui en font profeffion.
Si vous examinez
324 MERCURE
tout cela , vous demeurerez
d'accord que je ne me fuis
pas trompé, en vous écrivant
il y a un mois, ce que je vous
ay mandé fur cet article,ficen'eft
que l'on pretéde que ce
Duc foit mort fans Religion .
que je vous ay déja dit touchant
la mort du Duc de
Montmouth , fi ce n'est que
GALANT. 317
les Evefques qui l'aſſiſterent
fur l'Echafaut, l'ayant preffé
de faire une reconnoiſſance
publique de fon crime , il dit
qu'il fe remettoit de tout ce
qui regardoit ſa Rebellion ,à
un Ecrit qu'il avoit figné en
leur prefence. Il declare par
·cet Ecrit ; Qu'il n'avoit pris le
titre de Roy que par force, que ce
fut contrefon fentiment qu'il fut
proclamé, & que le feu Roy luy
avoit dit que jamais il n'avoit
épousé fa Mere ; aprés laquelle
declaration , il efperoit que le Roy
qui regne prefentement , ne
pas maltraiterfes Enfans fous
feroit
ce
318 MERCURE
pretexte. Vous aurez veu des
Relations
qui portent qu'il
a témoigné de la fermeté en
mourant , & qu'il eſt mort
dans la Communion de l'Eglife
Anglicane , ce qui eft
contraire
à ce que je vous en
ay écrit.Cependant ces mefmesRelations
nous fontconnoïftre
, que lors qu'on luy
montra l'ordre qu'on avoit
de le remettre entre les
mains des Sherifs , qui ont
foin de faire executer les Sentences
criminelles , il changea
de couleur , demeura
quelque temps fans parole ,
婴
GALANT. 319
& fit voir en un moment la
crainte de la mort peinte fur
tout fon viſage. Elles nous
marquent encore , que lors
qu'il vantoit le plus fa fermeté
, & qu'il l'attribuoit à un
principe furnaturel , il fe tourna
avec beaucoup d'inquietude
de cofté & d'autre , &
qu'il regardoit toûjours s'il
ne venoit aucun meſſage de
la Cour , parce qu'il gardoit
encore quelque efperance
qu'on luy feroit grace . Ainfi
l'on peut dire que s'il a fait
voir quelque fermeté par fes
paroles , il l'a auffi - toſt dé320
MERCURE
mentie par fes actions. Il a
pû fe contrefaire pendant de
certains momens , afin que
s'il obtenoit grace , il
ne
paruft pas dans le monde
comme un homme
que
les
frayeurs de la mort avoient
troublé ; mais fon vifage l'a
toûjours trahy , & il luy a
efté impoffible de cacher
les mouvemens de fon ame.
Quant à la Religion Anglicane
dans laquelle on a
publié que ce Duc eft mort,
s'il y a un peu plus d'apparence
à le dire qu'à foûtenir
qu'il a montré un coeur ferGALANT.
321
me , peut - eſtre ne croira--
t-on pas qu'il y ait plus de
verité , fi l'on y veut faire reflexion
. Le Comte de Salfburyl'avoit
engagé dans
toutes les méchantes affaires;
qui ont efté cauſe de ſa per--
te , & fon Party eftoit fi puiffant
, qu'il a mefme ſubſiſté
aprés fa mort , & fait agir le
Duc de Montmouth . Il eft fi
vray que ce Comte haïfſoit :
les Evefques & la Religion
Anglicane , qu'il ne s'en ca--
choit pas , mefme dans le
temps qu'il eftoit encore
bich en Cour , & jay veu
Aoust 1685,
Ee
322 MERCURE
quantité de perfonnes qui
l'ont oüy s'emporter contre
eux par des difcours qui faifoient
connoiftre le fond de
fon ame . Le Duc de Montmouth
a toûjours efté de ce
party. Tous les Manifeſtes
des Rebelles ont attaqué la
Religion Anglicane , que ce
Duc connoiffoit peu , parce
qu'il avoit efté élevé juſqu'à
quatorze ans dans la Reli
gion Catholique. Ainfi il entra
facilement dans des engagemens
contre elle avec
Le Comte de Salfbury ; & juf
qu'au jour de fa prife , il n'a
.....
GALANT 323
E veu que des Miniftres oppofez
à la Religion Anglicane.
S'il avoit eu deffein d'y mourir
, il auroit deu faire voir
un retour plus éclatant , au
lieu qu'il ne nous paroift rien
autre chofe,finon qu'il répód
qu'il meurt dans la Religion
Anglicane. Aprés qu'il a fait
cette réponſe , il ne remplit
aucun des devoirs où cette
Religion engage , & l'on eft
contraint de le laiffer mourir
fans luy donner la Benediction
qu'on donne en mourant
à ceux qui en font profeffion.
Si vous examinez
324 MERCURE
tout cela , vous demeurerez
d'accord que je ne me fuis
pas trompé, en vous écrivant
il y a un mois, ce que je vous
ay mandé fur cet article,ficen'eft
que l'on pretéde que ce
Duc foit mort fans Religion .
Fermer
Résumé : Nouvelles d'Angleterre. [titre d'après la table]
Le texte relate la mort du Duc de Monmouth et les événements entourant son exécution. Lors de celle-ci, les évêques présents lui demandèrent de reconnaître publiquement son crime. Il répondit en se référant à un écrit signé en leur présence, affirmant avoir pris le titre de roi sous contrainte et que le défunt roi lui avait révélé que sa mère n'avait jamais été épousée. Il espérait ainsi éviter que le roi régnant ne maltraitât ses enfants sous prétexte de rébellion. Des témoignages divergents décrivent son comportement face à la mort : certains soulignent sa fermeté, d'autres rapportent sa peur et son espoir d'une grâce jusqu'au bout. Son visage trahissait ses émotions malgré ses efforts pour les dissimuler. Concernant sa religion, bien que certaines sources affirment qu'il mourut dans la communion de l'Église anglicane, cela semble douteux. Élevé dans la religion catholique jusqu'à quatorze ans et associé au Comte de Salisbury, connu pour son hostilité envers les évêques et la religion anglicane, le duc n'accomplit aucun devoir religieux anglican avant sa mort, suggérant qu'il ne mourut pas dans cette foi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1446
p. 3[3]4
« La longueur de ma Lettre m'empesche de vous parler aujourd'huy [...] »
Début :
La longueur de ma Lettre m'empesche de vous parler aujourd'huy [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La longueur de ma Lettre m'empesche de vous parler aujourd'huy [...] »
La longueur de ma Lettre
m'empefche de vous parler
aujourd'huy des grands avátages
que les Imperiaux ont
remportez fur les Turcs , de la
prife de Neuhaufel , & de la
mort de M. le Duc du Lude..
Je fuis, Madame, Voltre, & c ..
/ XU90 % 1967
ContinA Paris de 3¿¿Aouſt 1683.
m'empefche de vous parler
aujourd'huy des grands avátages
que les Imperiaux ont
remportez fur les Turcs , de la
prife de Neuhaufel , & de la
mort de M. le Duc du Lude..
Je fuis, Madame, Voltre, & c ..
/ XU90 % 1967
ContinA Paris de 3¿¿Aouſt 1683.
Fermer
1447
s. p.
Extrait du Privilege du Roy.
Début :
PAr Grace & Privilege du Roy, donné à Chaville, le 18 Juillet [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait du Privilege du Roy.
Extrait du Privilege du Roy.
Phaville, le 18. Juillet 1683. Signé, Par
Ar Grace & Privilege du Roy, donné à
le Roy en fon Confeil , JuN QUIERES . Il eft
permis au Sieur DANNEAU , Ecuyer, Sieur
Devizé, de continuer de faire imprimer, vendre
& debiter le Livre intitulé , MERCURE
GALANT, & generalement tout ce qui dépend
dudit Livre , par tel Imprimeur qu'il
voudra choifir ; Et defenſes font faites à tous
Imprimeurs & Libraires, & tous autres , de
faire imprimer, vendre & debiter ledit Livre,
nygraver aucunes Planches fervant à l'ornement
d'iceluy , ny mefme de le donner à
lire, pendant le temps & efpace de dix années
entieres , le tout à peine de fix mille livres
d'amende contre les Contrevenans , ainfi que
plus au long il eft porté efdites Lettres .
Registré fur le Livre de la Communauté,
aux charges & conditions portées , le 14 .
Septembre 1683. Signé, ANGOT , Syndic.
Ledit Sieur DEVIZE ' a cedé fon droit du
préfent Privilege à C. Blageart, Imprimeur-
Libraire , pour en jouir fuivant l'accord fait
entr'eux .
Phaville, le 18. Juillet 1683. Signé, Par
Ar Grace & Privilege du Roy, donné à
le Roy en fon Confeil , JuN QUIERES . Il eft
permis au Sieur DANNEAU , Ecuyer, Sieur
Devizé, de continuer de faire imprimer, vendre
& debiter le Livre intitulé , MERCURE
GALANT, & generalement tout ce qui dépend
dudit Livre , par tel Imprimeur qu'il
voudra choifir ; Et defenſes font faites à tous
Imprimeurs & Libraires, & tous autres , de
faire imprimer, vendre & debiter ledit Livre,
nygraver aucunes Planches fervant à l'ornement
d'iceluy , ny mefme de le donner à
lire, pendant le temps & efpace de dix années
entieres , le tout à peine de fix mille livres
d'amende contre les Contrevenans , ainfi que
plus au long il eft porté efdites Lettres .
Registré fur le Livre de la Communauté,
aux charges & conditions portées , le 14 .
Septembre 1683. Signé, ANGOT , Syndic.
Ledit Sieur DEVIZE ' a cedé fon droit du
préfent Privilege à C. Blageart, Imprimeur-
Libraire , pour en jouir fuivant l'accord fait
entr'eux .
Fermer
Résumé : Extrait du Privilege du Roy.
Le 18 juillet 1683, un privilège royal a été accordé par le roi à Jean Quinières, permettant au Sieur Dannau, écuyer et seigneur de Devizé, d'imprimer, vendre et distribuer le livre 'Mercure Galant' ainsi que ses annexes. Ce privilège interdit à toute autre personne de reproduire, vendre ou lire ce livre, ainsi que d'utiliser les planches gravées pour son ornementation, sous peine d'une amende de six mille livres. Cette interdiction est valable pour une durée de dix ans. Le privilège a été enregistré le 14 septembre 1683 par Angot, syndic. Par la suite, le Sieur Devizé a cédé ses droits de ce privilège à C. Blageart, imprimeur-libraire, selon un accord entre eux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1448
s. p.
« ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant le [...] »
Début :
ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ON donnera toûjours un Volume nouveau du Mercure Galant le [...] »
N donnera toûjours un Volume
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois , & on
le vendra , auffi -bien que l'Extraordinaire
, Trente fols relié en Veau ,
& Vingt- cinq fols en Parchemin.
nouveau du Mercure Galant le
premier jour de chaque Mois , & on
le vendra , auffi -bien que l'Extraordinaire
, Trente fols relié en Veau ,
& Vingt- cinq fols en Parchemin.
Fermer
1449
s. p.
Avis pour placer les Figures.
Début :
L'Air qui commence par, Vous aimez, jeune Iris, mes tendres [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Avis pour placer les Figures.
Avis pour placer les Figures.
L'euneris, mes
Air qui commence par , Fous aimez
jeune Iris , mes tendres Chanfonnettés
, doit regarder la page 107.
Le Plan de Neuhaufel , doit regarder
la page 269.
La Figure de l'Etendard , doit regarder
la page 314.
L'euneris, mes
Air qui commence par , Fous aimez
jeune Iris , mes tendres Chanfonnettés
, doit regarder la page 107.
Le Plan de Neuhaufel , doit regarder
la page 269.
La Figure de l'Etendard , doit regarder
la page 314.
Fermer
1450
p. 1-23
Harange faite au Roy, par Mr le Coadjuteur de Roüen. [titre d'après la table]
Début :
Il ne me sera pas difficile, Madame, de vous convaincre que [...]
Mots clefs :
Coadjuteur, Harangue, Roi, Éloge, Éloquence, Assemblée du Clergé, Souverain, Religion, Piété, Ennemis, Zèle, Bonté, Sagesse, Victoire, Action héroïque, Hérésie, Conversions, Erreurs, Hydre, Lois, Vengeance, Honneur, Religion catholique, Édit de Nantes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Harange faite au Roy, par Mr le Coadjuteur de Roüen. [titre d'après la table]
L ne me fera pas difficile,
Madame , de vous convaincre
que je n'ay fait
que rendre juftice à M. le
Coadjuteur de Roüen , quád
je vous ay vanté la Harangue
qu'il a faite au Roy ,
Septembre 1685.
A
2 MERCURE
comme une des plus belles
chofes qu'on ait entenduës
depuis long- temps. Je vous
en envoye une Copie , qui
juſtifiera ce que je vous en ay
dit . L'Eloge de Sa Majeſté
vous plait au commencement
de toutes mes Lettres ,
& vous l'aimerez d'autant
plus en celle - cy , que vous
le trouverez
fait par un grad
Prelat , dont l'Eloquence
a
charmé toute la Cour. Il fut
affifté dans cette action de
Ms les Archevelques, Evef
ques , & autres Deputez de
1 Affemblée du Clergé , & ce
IS
GALANT.
3
fut en prenant congé duRoy
qu'il luy parla en ces termes
au nom de tous ceux qui avoient
compofé cette Affemblée.
owy shoup so monu
VIRE,
STRE Le Clergé de France,qui ne
s'approchoit autrefois de fes Sou
leur tracer de
verains , que pour
triftes images de la Religion opprimée
& gemiffante
, vient aujourd'huy
, la reconnoiſſance
&
la joye dans le coeur , faire paroître
à Voftre Majefté, cette mefme
Religion toute couverte de la gloire
, qu'elle tient de voſtre P.eté,
A ij
4 MERCURE
Elle a paru durant plus d'un
fiecle fur le panchant deſa ruine ;
on l'a veuë déchirée par fes propres
enfans , trahie par ceux qui
devoient la foûtenir la defendre
, en proye à fes plus cruels ennemis
. Enfin aprés une longue &
funefte oppreffion , elle refpira peu
de temps avant voftre Naiffance
beureuſe ; avecVous elle commença
de revivre , avec Vous elle
monta fur le Trône. Nous contons
les années de fon accroiffement
par les années de vôtre Regne
; & c'eftfous le plusfloriffant
Empire du monde , que
› que
nous
la
voyons aujourd'huy plus floriffan
te que jamais.
GALANT.
5
Si elle fefouvient encore de fes
troubles de fes malheurs paffez
, ce n'eft plus que pour mieux
goûter le parfait bonheur dont
vous la faitesjouir. Elle eftfans
agitation fans crainte à l'ombre
de votre autorité ; elle eft mefme,
fi j'ofe ainfi dire , fans defirs
puifque voftre Zele ne luy laiffe
pas le temps d'en former , & que
votre Bonté va fifouvent au dela
de fes
fouhaits
. ou la Foy
,
Ce Zele ardent pour
22041
cette Bonte paternelle dans tous
les befoins de l'Eglife , Qualitez
fi rares dans les Princes , font ,
SIRE , le veritablefujet de nos
A iij
Eloges.
6 MERCURE
Nous laiffons à vos autres Sujets
affez d'autres Vertus à admirer
en Vous. Les uns vous reprefenteront
comme un Monarque
Bienfaisant , Liberal, Magnifique,
Fidelle dans fespromef
fes, Ferme & Inflexible contre
toute forte d'injuftice , Droit
Equitable , jufques à prononcer
contre fes propres interefts , veritablement
Maistre de fes Penples
, & plus Maiftre encore de
luy-mefme.
Les autres vous refpecteront
comme un Roy , toûjours Sage &
toûjours Victorieux , dont les im
pénetrables deffeins font plutoft
GALANT. 7
executez, que connus ; qui ne regne
pas feulement fur fes Sujets
par fon Autorité Souveraine ,
mais furfon Confeil par la Superiorité
defon Genie , mais fur les
Cours de fes Voifins par
tration defon Efprit , & par la
Sageffe dont il fait inftruire fes
la
péne-
Miniftres; qui pouvant tout par
Luy-mefme , fçaitfe paffer des plus
grands Hommes , & fans eux refoudre
, entreprendre , executer ;
qui donne la Loy fur la Mer ,
auffi bien que fur la Terre ; qui
tance quand il luy plaift la foudre
jufque fur les bords de l'Afrique ;
qui fçait à ſon gré humilier les
A iiij
8 MERCURE
Nations fuperbes & réduire des
Souverains à venir aux pieds de
fon Trône reconnoiftre fon pou
voir , & implorerfa clemence.
Vos Ennemis mefme , SIRE,
ne peuvent s'empefcher de louer
vos actions heroïques ; ils font
contrains d'avouer , que rien n'eft
capable de vous refifter , & le merite
du Vainqueur adoucit en quel
que forte le malheur des Vaincus.
à
Će
n'est pas nous , SIRE
,
à parler
des progrés
étonnans
de
vos Armes
triomphantes
; nous ne
devons
pas confondre
l'éclat
d'une
valeur
qui n'est que
l'objet
de
l'admiration
des
Hommes
, avec
GALANT
9
ces Ocuvres Saintes qui font en
eftime devant Dieu Le Clergé,
SIRE,s'attachera fur tout à louer
en Vous cette Pietés, qui toûjours
attentive aux interefts de la Religion
, n'obmet rien de ce quipeut
estre neceſſaire pour la relever
dans les lieux où elle est abattue,
l'étendre au delà des Mers,
pour
dans les lieux où elle est inconnuë,
pour la faire triompher dans l'un
&l'autre monde.
Mais
que dis je ! l'Eglife ne
duit- elle pas elle - mefme confacrer
des Victoires , que Vous avezfi
heureuſementfaitfervir à la Propagation
de la Foy, & à l'ex10
MERCURE
que
tinction de l'Herefte ? Ilfemble
que vous n'ayez combattu &
triomphé que pour Dieu , & le
fruit que vous tirez de la Paix ,
nous fait affez connoistre quel ef
toit le principal but de vos Vie
toires. C'est par ces Victoires
vous avez étably cette redouta
ble Puiffance , qui tenant deſormais
vos Voifins en bride , oste
aux Heretiques de voſtre Royanme,
& l'audace de fe revolter,
l'espoir de fe maintenirpar de
feditieux commerces avec les Ennemis
de l'Etat.
4
Si c'euft efté la feule ambition
qui vous cuſtarmé , jufqu'où n'au
GALANT.
11
riez- vous point étendu vôtre Empire
? Vous vous estes hasté de fi
nir la Guerre , lorsque vous en
pouviez tirerde plus grands a -vantages.
Nefçait- on pas que ce n'a
efté que par l'empressement
que
vous aviez de donner tous vos
foins au progrés de la Religion ?
La Converfion de tant d'ames engagées
dans l'erreur , vous a paru
La plusbelle de toutes les Conquéle
triomphe le plus digne tes ,
d'un Roy Tres- Chrétien.
Maisquelle quefoit vôtre Puiffance
, elle avoit encore befoin dis
fecours de vôtre Bonté ; C'eſt en
gagnant le coeur des Heretiques ,
12 MERCURE
que vous domtez l'obftination de
leur efprit ; c'eſt par vos bienfaits
que vous combattez leurendurcif-
Sement , & ils ne feroient peuteftre
jamais rentrez dans le Sein
de l'Eglife par une autre voye ,
que par le chemin ſemé de fleurs
que vous leur avez ouvert.
Auffifaut -il l'avouer , SIRE.
Quelque intereft que nous ayons à
l'extinction de l'Herefie , notre joye
l'emporteroit peu fur noftre douleur,
fi pourfurmonter cet Hydre,
une fâcheufe neceffité avoit forcé
voftre Zele à recourir au fer
feu , comme on a efté obligé de
faire dans les Regnes précedens.
au
GALANT. 13
Nous prendrions part à une Guerre
qui feroit fainte , & nous en
aurions quelque horreur , parce
qu'elle feroitfanglante. Nous ferions
des Voeux pour le fuccés de
vos Armes facrées ; mais nous ne
verrions qu'avec tremblement, les
terribles executions , dont le Dieu
des vangeances vous feroit l'in
ftrument redoutable. Enfin nous
mêlerions nos voix aux acclamations
publiques fur vos Victoires,
enous gemirions enfecretfur un
Triomphe , qui avec la défaite des
Ennemis de l'Eglife , enveloperoit
la perte de nos Freres.
Aujourd'huy donc
donc
que Vous ne
14 MERCURE
*
combattez l'orgueil de l'Herefie
, que par la douceur & par
la fageffe du Gouvernement
:
que vos Loix foûtenues de vos
bienfaits font vos feules armes ;
& que les avantages que vous
remportez ne ſont dommaged.
bles qu'au Demon de la Revolte
& du Schiſme , nous n'avons
que de
graces à rendre au Ciel , qui a
infpiré à Voftre Majefté, ces doux
&fages moyens de vaincre l'erreur,
& de pouvoir en mêlant
avec peu de feverité , beaucoup de
graces & de faveurs ramener à
I'Eglife ceux qui s'en trouvoient
. ع و ب
pures
actions de
GALANT. 15
malheureusement feparez.
Nous le confeffons , SIRE ,
c'eſt à Vôtre Majestéſeule , que
nous devons bien-tost le rétablis
fement entier de la Foy de nos
Peres auffi ne falloir il pas que
l'Etat vous devant déja fon falut
&fa gloire , l'Eglife deuft"
un autre qu'à Vous , fa victoire
fon triomphe : fans cela voftre
Regne , que le Ciel a voulu qu'il
fuft un Regne de merveilles , auroit
manqué de fon plus bel ornement
On auroit bien dit un jour
de Vôtre Majefté , ce que l'Ecriture
dit de plufieurs grands Rois
de Juda : Il a terraffé fes En16
MERCURE
nemis , & relevé la Monarchie
; il a autorifé & reformé
les Loix , il a fait regner
la Juftice ; mais on auroit ajoúté
ce que le Saint Efprit reproche
à ces Princes : Il n'a pas aboly
les Sacrifices qui fe faifoient
fur la Montagne
.
Que votre Nom , SIRE,fera
éloigné de ce reproche ! Ce que
vôtre Zele a déja fait , la Pofte
rité le regardera toûjours comme
La fource de vos Profperitez , &
le comble de vostre Gloire.
Mais ce n'eft pas au rétabliffement
des Temples & des Autels
, que fe borne vôtre Zele.
GALANT.
17
Vous avez entrepris de faire revivre
la Pieté & les bonnes
moeurs ; & c'est à quoy Voftre
Majefte travaille avec fuccés ,
autant par fon exemple que par
fes ordres. C'est un honneur maintenantde
pratiquer la Vertu ; &
fi le vice n'eft pas tout à -fait détruit
, au moins est-il réduit à fe
cacher les voiles dont il fe
couvre , épargnent aux gens de
bien unfâcheux ſcandale, &fau
vent les ames foibles du peril d'une
contagion funefte:
Ne penfons plus à ces jours de
tenebres , où la plupart de ceux
qui eftoient encore dans le Sein de
A
Septembre 1685.
18 MERCURE
l'Eglife , fembloient n'y eftre demeurez
que pour l'outrager de plus
prés ; où les blafphemes ) les
railleriesfacrileges de ce qu'ily a
de plusfaint , éclatoient avec audace.
Ces Monftres d'infidelité ont
difparufous votre Regne heureuxs
files Remontrances tant de
fois réiterées fur ce fujet , ne nous
donnoient connoiffance de ce defor
dre , nous l'ignorerions à jamais.
Qu'eft devenu cet autre Mon
fire produit par l'esprit de vangeance
, toûjours alteré du fang
des Hommes , mais plus encore de
celuy de la Nobleffe Françoife ?
Nous n'avons qu'à le laiffer dans
GALANT
19
1
Doubly eternel , où depuis tant de
temps vous l'avez enfevely. Kous
lavez étouffé , tout indomtable
qu'il paroiffoit. Votre Majesté a
feu renverser les fauffes maximes:
de l'honneur & de la bonte ; &
autant qu'une déteftable erreur
avoit mis de fauffe gloire à fe
vanger, autant y auroit- il d'ignominie
à ne vous pas obeir. C'eft
ainsi que vostre volonté ſeule
l'emportefur la coûtume invete
rée du mal , & fur le panchante
criminel des hommes:
&
Le Clergé ne fe difpofe plus
qu'à eftre le Spectateur de la fin
& de toutes vos faintes Entreprifes,
Aij
20 MERCURE
aprés en avoir admiré de fi heureux
commencemens , il ceffe d'ufer
de Remontrances. S'il a enco
re quelques befoins , vous les connoiffez
, cela luy fuffit. Il vient
encore de reffentir en cette Affemblée,
d'infignes effets de vôtre Protection
Royale ; & perfuadé que
vous luy avez deftiné une longue
fuite de graces dans d'autres
temps , avec les circonstances
dont vous feul les fçavez fi bien
accompagner, il craindroit par fes
demandes , ou de troubler l'ordre
que vôtre Sageffe y a étably , ou
peut eftre de mettre des bornes où
vôtre Zele n'en a point mis.
GALANT 2
L'unique affaire qui nous occu
pe , c'eſt l'obligation de rendre
Vôtre Majefté de tres - humbles
actions de graces. Aprés un fijufte
de voir , affûrez que nousfammes
de votre puiffante Protection,
nous pouvons nous feparer fans
inquietude. Nous allons dans les
Provinces de voftre Royaume ,
faire retentir les louanges que
Eglife doit à voftre Zele, Cha
que Pafteur aura la joye de retronverpar
vosfoins , fon Troupeau
plus nombreux qu'il ne l'avoit
laißé , & chacun de nous redou—
blera fes voeux pour obtenir du
Ciel, qu'il redouble fes Benedic22
MERCURE
tions en faveur d'un Prince qui
fe les attire par des actions fi glow
rieufes & fi utiles à la Religion,
M.leCoadjuteur de Rouen,
comme Membre du Clergé,
fçachant encore plus parti
culierement que le reſte de
la France , ou pour mieux
dire , de l'Europe entiere ,
avec quel zele & quelle ap
plication le Roy s'attache à
faire fleurir la Religion Ca--
tholique , en corrigeant les
abus qui s'eftoient gliſſez à
fon préjudice depuis l'Edit
de Nantes, & en rétabliſſant
་
GALANT. 23
La plupart des chofes auf
quelles une longue ufurpation
avoit fait changer de
face, ne pouvoit donner trop
de louanges à ce Prince , fur
les avantages que l'Eglife tire
de fa Pieté. Elle produit
tous les jours des effets fi fur
prenans & fi extraordinai
res , qu'ils n'ont jamais eu
d'exemple ; & ils paroistront
auffi incroyables à la Poſterité
, que toutes les autres actions
de grandeur & de 'moderation
, qui le font admirer
de toute la terre .
Madame , de vous convaincre
que je n'ay fait
que rendre juftice à M. le
Coadjuteur de Roüen , quád
je vous ay vanté la Harangue
qu'il a faite au Roy ,
Septembre 1685.
A
2 MERCURE
comme une des plus belles
chofes qu'on ait entenduës
depuis long- temps. Je vous
en envoye une Copie , qui
juſtifiera ce que je vous en ay
dit . L'Eloge de Sa Majeſté
vous plait au commencement
de toutes mes Lettres ,
& vous l'aimerez d'autant
plus en celle - cy , que vous
le trouverez
fait par un grad
Prelat , dont l'Eloquence
a
charmé toute la Cour. Il fut
affifté dans cette action de
Ms les Archevelques, Evef
ques , & autres Deputez de
1 Affemblée du Clergé , & ce
IS
GALANT.
3
fut en prenant congé duRoy
qu'il luy parla en ces termes
au nom de tous ceux qui avoient
compofé cette Affemblée.
owy shoup so monu
VIRE,
STRE Le Clergé de France,qui ne
s'approchoit autrefois de fes Sou
leur tracer de
verains , que pour
triftes images de la Religion opprimée
& gemiffante
, vient aujourd'huy
, la reconnoiſſance
&
la joye dans le coeur , faire paroître
à Voftre Majefté, cette mefme
Religion toute couverte de la gloire
, qu'elle tient de voſtre P.eté,
A ij
4 MERCURE
Elle a paru durant plus d'un
fiecle fur le panchant deſa ruine ;
on l'a veuë déchirée par fes propres
enfans , trahie par ceux qui
devoient la foûtenir la defendre
, en proye à fes plus cruels ennemis
. Enfin aprés une longue &
funefte oppreffion , elle refpira peu
de temps avant voftre Naiffance
beureuſe ; avecVous elle commença
de revivre , avec Vous elle
monta fur le Trône. Nous contons
les années de fon accroiffement
par les années de vôtre Regne
; & c'eftfous le plusfloriffant
Empire du monde , que
› que
nous
la
voyons aujourd'huy plus floriffan
te que jamais.
GALANT.
5
Si elle fefouvient encore de fes
troubles de fes malheurs paffez
, ce n'eft plus que pour mieux
goûter le parfait bonheur dont
vous la faitesjouir. Elle eftfans
agitation fans crainte à l'ombre
de votre autorité ; elle eft mefme,
fi j'ofe ainfi dire , fans defirs
puifque voftre Zele ne luy laiffe
pas le temps d'en former , & que
votre Bonté va fifouvent au dela
de fes
fouhaits
. ou la Foy
,
Ce Zele ardent pour
22041
cette Bonte paternelle dans tous
les befoins de l'Eglife , Qualitez
fi rares dans les Princes , font ,
SIRE , le veritablefujet de nos
A iij
Eloges.
6 MERCURE
Nous laiffons à vos autres Sujets
affez d'autres Vertus à admirer
en Vous. Les uns vous reprefenteront
comme un Monarque
Bienfaisant , Liberal, Magnifique,
Fidelle dans fespromef
fes, Ferme & Inflexible contre
toute forte d'injuftice , Droit
Equitable , jufques à prononcer
contre fes propres interefts , veritablement
Maistre de fes Penples
, & plus Maiftre encore de
luy-mefme.
Les autres vous refpecteront
comme un Roy , toûjours Sage &
toûjours Victorieux , dont les im
pénetrables deffeins font plutoft
GALANT. 7
executez, que connus ; qui ne regne
pas feulement fur fes Sujets
par fon Autorité Souveraine ,
mais furfon Confeil par la Superiorité
defon Genie , mais fur les
Cours de fes Voifins par
tration defon Efprit , & par la
Sageffe dont il fait inftruire fes
la
péne-
Miniftres; qui pouvant tout par
Luy-mefme , fçaitfe paffer des plus
grands Hommes , & fans eux refoudre
, entreprendre , executer ;
qui donne la Loy fur la Mer ,
auffi bien que fur la Terre ; qui
tance quand il luy plaift la foudre
jufque fur les bords de l'Afrique ;
qui fçait à ſon gré humilier les
A iiij
8 MERCURE
Nations fuperbes & réduire des
Souverains à venir aux pieds de
fon Trône reconnoiftre fon pou
voir , & implorerfa clemence.
Vos Ennemis mefme , SIRE,
ne peuvent s'empefcher de louer
vos actions heroïques ; ils font
contrains d'avouer , que rien n'eft
capable de vous refifter , & le merite
du Vainqueur adoucit en quel
que forte le malheur des Vaincus.
à
Će
n'est pas nous , SIRE
,
à parler
des progrés
étonnans
de
vos Armes
triomphantes
; nous ne
devons
pas confondre
l'éclat
d'une
valeur
qui n'est que
l'objet
de
l'admiration
des
Hommes
, avec
GALANT
9
ces Ocuvres Saintes qui font en
eftime devant Dieu Le Clergé,
SIRE,s'attachera fur tout à louer
en Vous cette Pietés, qui toûjours
attentive aux interefts de la Religion
, n'obmet rien de ce quipeut
estre neceſſaire pour la relever
dans les lieux où elle est abattue,
l'étendre au delà des Mers,
pour
dans les lieux où elle est inconnuë,
pour la faire triompher dans l'un
&l'autre monde.
Mais
que dis je ! l'Eglife ne
duit- elle pas elle - mefme confacrer
des Victoires , que Vous avezfi
heureuſementfaitfervir à la Propagation
de la Foy, & à l'ex10
MERCURE
que
tinction de l'Herefte ? Ilfemble
que vous n'ayez combattu &
triomphé que pour Dieu , & le
fruit que vous tirez de la Paix ,
nous fait affez connoistre quel ef
toit le principal but de vos Vie
toires. C'est par ces Victoires
vous avez étably cette redouta
ble Puiffance , qui tenant deſormais
vos Voifins en bride , oste
aux Heretiques de voſtre Royanme,
& l'audace de fe revolter,
l'espoir de fe maintenirpar de
feditieux commerces avec les Ennemis
de l'Etat.
4
Si c'euft efté la feule ambition
qui vous cuſtarmé , jufqu'où n'au
GALANT.
11
riez- vous point étendu vôtre Empire
? Vous vous estes hasté de fi
nir la Guerre , lorsque vous en
pouviez tirerde plus grands a -vantages.
Nefçait- on pas que ce n'a
efté que par l'empressement
que
vous aviez de donner tous vos
foins au progrés de la Religion ?
La Converfion de tant d'ames engagées
dans l'erreur , vous a paru
La plusbelle de toutes les Conquéle
triomphe le plus digne tes ,
d'un Roy Tres- Chrétien.
Maisquelle quefoit vôtre Puiffance
, elle avoit encore befoin dis
fecours de vôtre Bonté ; C'eſt en
gagnant le coeur des Heretiques ,
12 MERCURE
que vous domtez l'obftination de
leur efprit ; c'eſt par vos bienfaits
que vous combattez leurendurcif-
Sement , & ils ne feroient peuteftre
jamais rentrez dans le Sein
de l'Eglife par une autre voye ,
que par le chemin ſemé de fleurs
que vous leur avez ouvert.
Auffifaut -il l'avouer , SIRE.
Quelque intereft que nous ayons à
l'extinction de l'Herefie , notre joye
l'emporteroit peu fur noftre douleur,
fi pourfurmonter cet Hydre,
une fâcheufe neceffité avoit forcé
voftre Zele à recourir au fer
feu , comme on a efté obligé de
faire dans les Regnes précedens.
au
GALANT. 13
Nous prendrions part à une Guerre
qui feroit fainte , & nous en
aurions quelque horreur , parce
qu'elle feroitfanglante. Nous ferions
des Voeux pour le fuccés de
vos Armes facrées ; mais nous ne
verrions qu'avec tremblement, les
terribles executions , dont le Dieu
des vangeances vous feroit l'in
ftrument redoutable. Enfin nous
mêlerions nos voix aux acclamations
publiques fur vos Victoires,
enous gemirions enfecretfur un
Triomphe , qui avec la défaite des
Ennemis de l'Eglife , enveloperoit
la perte de nos Freres.
Aujourd'huy donc
donc
que Vous ne
14 MERCURE
*
combattez l'orgueil de l'Herefie
, que par la douceur & par
la fageffe du Gouvernement
:
que vos Loix foûtenues de vos
bienfaits font vos feules armes ;
& que les avantages que vous
remportez ne ſont dommaged.
bles qu'au Demon de la Revolte
& du Schiſme , nous n'avons
que de
graces à rendre au Ciel , qui a
infpiré à Voftre Majefté, ces doux
&fages moyens de vaincre l'erreur,
& de pouvoir en mêlant
avec peu de feverité , beaucoup de
graces & de faveurs ramener à
I'Eglife ceux qui s'en trouvoient
. ع و ب
pures
actions de
GALANT. 15
malheureusement feparez.
Nous le confeffons , SIRE ,
c'eſt à Vôtre Majestéſeule , que
nous devons bien-tost le rétablis
fement entier de la Foy de nos
Peres auffi ne falloir il pas que
l'Etat vous devant déja fon falut
&fa gloire , l'Eglife deuft"
un autre qu'à Vous , fa victoire
fon triomphe : fans cela voftre
Regne , que le Ciel a voulu qu'il
fuft un Regne de merveilles , auroit
manqué de fon plus bel ornement
On auroit bien dit un jour
de Vôtre Majefté , ce que l'Ecriture
dit de plufieurs grands Rois
de Juda : Il a terraffé fes En16
MERCURE
nemis , & relevé la Monarchie
; il a autorifé & reformé
les Loix , il a fait regner
la Juftice ; mais on auroit ajoúté
ce que le Saint Efprit reproche
à ces Princes : Il n'a pas aboly
les Sacrifices qui fe faifoient
fur la Montagne
.
Que votre Nom , SIRE,fera
éloigné de ce reproche ! Ce que
vôtre Zele a déja fait , la Pofte
rité le regardera toûjours comme
La fource de vos Profperitez , &
le comble de vostre Gloire.
Mais ce n'eft pas au rétabliffement
des Temples & des Autels
, que fe borne vôtre Zele.
GALANT.
17
Vous avez entrepris de faire revivre
la Pieté & les bonnes
moeurs ; & c'est à quoy Voftre
Majefte travaille avec fuccés ,
autant par fon exemple que par
fes ordres. C'est un honneur maintenantde
pratiquer la Vertu ; &
fi le vice n'eft pas tout à -fait détruit
, au moins est-il réduit à fe
cacher les voiles dont il fe
couvre , épargnent aux gens de
bien unfâcheux ſcandale, &fau
vent les ames foibles du peril d'une
contagion funefte:
Ne penfons plus à ces jours de
tenebres , où la plupart de ceux
qui eftoient encore dans le Sein de
A
Septembre 1685.
18 MERCURE
l'Eglife , fembloient n'y eftre demeurez
que pour l'outrager de plus
prés ; où les blafphemes ) les
railleriesfacrileges de ce qu'ily a
de plusfaint , éclatoient avec audace.
Ces Monftres d'infidelité ont
difparufous votre Regne heureuxs
files Remontrances tant de
fois réiterées fur ce fujet , ne nous
donnoient connoiffance de ce defor
dre , nous l'ignorerions à jamais.
Qu'eft devenu cet autre Mon
fire produit par l'esprit de vangeance
, toûjours alteré du fang
des Hommes , mais plus encore de
celuy de la Nobleffe Françoife ?
Nous n'avons qu'à le laiffer dans
GALANT
19
1
Doubly eternel , où depuis tant de
temps vous l'avez enfevely. Kous
lavez étouffé , tout indomtable
qu'il paroiffoit. Votre Majesté a
feu renverser les fauffes maximes:
de l'honneur & de la bonte ; &
autant qu'une déteftable erreur
avoit mis de fauffe gloire à fe
vanger, autant y auroit- il d'ignominie
à ne vous pas obeir. C'eft
ainsi que vostre volonté ſeule
l'emportefur la coûtume invete
rée du mal , & fur le panchante
criminel des hommes:
&
Le Clergé ne fe difpofe plus
qu'à eftre le Spectateur de la fin
& de toutes vos faintes Entreprifes,
Aij
20 MERCURE
aprés en avoir admiré de fi heureux
commencemens , il ceffe d'ufer
de Remontrances. S'il a enco
re quelques befoins , vous les connoiffez
, cela luy fuffit. Il vient
encore de reffentir en cette Affemblée,
d'infignes effets de vôtre Protection
Royale ; & perfuadé que
vous luy avez deftiné une longue
fuite de graces dans d'autres
temps , avec les circonstances
dont vous feul les fçavez fi bien
accompagner, il craindroit par fes
demandes , ou de troubler l'ordre
que vôtre Sageffe y a étably , ou
peut eftre de mettre des bornes où
vôtre Zele n'en a point mis.
GALANT 2
L'unique affaire qui nous occu
pe , c'eſt l'obligation de rendre
Vôtre Majefté de tres - humbles
actions de graces. Aprés un fijufte
de voir , affûrez que nousfammes
de votre puiffante Protection,
nous pouvons nous feparer fans
inquietude. Nous allons dans les
Provinces de voftre Royaume ,
faire retentir les louanges que
Eglife doit à voftre Zele, Cha
que Pafteur aura la joye de retronverpar
vosfoins , fon Troupeau
plus nombreux qu'il ne l'avoit
laißé , & chacun de nous redou—
blera fes voeux pour obtenir du
Ciel, qu'il redouble fes Benedic22
MERCURE
tions en faveur d'un Prince qui
fe les attire par des actions fi glow
rieufes & fi utiles à la Religion,
M.leCoadjuteur de Rouen,
comme Membre du Clergé,
fçachant encore plus parti
culierement que le reſte de
la France , ou pour mieux
dire , de l'Europe entiere ,
avec quel zele & quelle ap
plication le Roy s'attache à
faire fleurir la Religion Ca--
tholique , en corrigeant les
abus qui s'eftoient gliſſez à
fon préjudice depuis l'Edit
de Nantes, & en rétabliſſant
་
GALANT. 23
La plupart des chofes auf
quelles une longue ufurpation
avoit fait changer de
face, ne pouvoit donner trop
de louanges à ce Prince , fur
les avantages que l'Eglife tire
de fa Pieté. Elle produit
tous les jours des effets fi fur
prenans & fi extraordinai
res , qu'ils n'ont jamais eu
d'exemple ; & ils paroistront
auffi incroyables à la Poſterité
, que toutes les autres actions
de grandeur & de 'moderation
, qui le font admirer
de toute la terre .
Fermer
Résumé : Harange faite au Roy, par Mr le Coadjuteur de Roüen. [titre d'après la table]
En septembre 1685, une lettre célèbre la harangue du Coadjuteur de Rouen adressée au roi, qualifiée d'une des plus remarquables récemment entendues. Cette harangue, prononcée devant les archevêques, évêques et députés de l'Assemblée du Clergé, célèbre la restauration de la religion catholique en France sous le règne du roi. Le clergé exprime sa reconnaissance et sa joie, soulignant que la religion a retrouvé sa gloire grâce à la piété du souverain. Le discours met en avant les vertus royales telles que la bienveillance, la libéralité, la magnanimité, la fidélité, la fermeté contre l'injustice, la droiture et l'équité. Le roi est également respecté pour sa sagesse et ses victoires militaires. Le clergé souligne la piété du roi, qui a combattu pour Dieu, étendu la foi et réprimé l'hérésie. Sa puissance maintient les voisins en respect et empêche les hérétiques de se révolter. Le roi a mis fin à la guerre pour promouvoir la religion et convertir les âmes égarées. Le Mercure Galant souligne la douceur et la sagesse du roi dans la gestion des hérétiques, préférant la persuasion aux méthodes brutales. Le clergé exprime sa gratitude pour les mesures royales qui ont ramené les égarés dans le sein de l'Église sans violence excessive. Le texte met en lumière les efforts du roi pour restaurer la piété et les bonnes mœurs, réduisant ainsi les scandales publics et protégeant les âmes faibles. Le clergé reconnaît la protection royale et assure qu'il ne fera plus de remontrances, se contentant de bénéficier des grâces royales. Il exprime son intention de propager les louanges du roi à travers le royaume et de prier pour lui. Le Coadjuteur de Rouen souligne le zèle du roi pour corriger les abus post-Édit de Nantes et rétablir l'ordre religieux, des actions admirées par l'Église.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer