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Résultats : 3 texte(s)
1
p. 21-29
Ouvrage de M. de Cantenac. [titre d'après la table]
Début :
Je vous envoye un Ouvrage en Vers qui ne vous déplaira pas. [...]
Mots clefs :
Tyrans, Mortels, Faiblesse, Plaisirs, Amour, Malice, Imposture, Amants, Péril, Martyrs, Malheur, Châtiment, Fureurs, Triomphe
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texteReconnaissance textuelle : Ouvrage de M. de Cantenac. [titre d'après la table]
Je vous envoye un Ouvrage
en Vers qui ne vous
22 MERCURE
déplaira pas. Il eſt de M' de
Cantenac
, affez connu pardiverfes
Pieces qu'il a faites
auarefois. Celle-cy qui eft
contre l'Amour, marque fon
changement de profeffion .
Flir
Ier Tyran des Mortels , dont
l'aveugle puissance
Precipite la mort, & regle la naiffance,
Qui viens avec adreffe , & des traits
enchanteurs
Par la foibleffe hamaine , à l'empire:
des coeurs ;
Dicu des plaifirs du monde, &fource :
de mes peines,
Je t'abandonne , Amour , &je briſe
tes chaines.
Fe connois ta malice , & trompé mil-
Le fois ,
GALANT.
23
Je m'endurcis enfin au mépris de tes
loix .
Inhumain , dont la loy charmante à
la
nature ,
Met les fens en defordre , & l'ame à
la torture ,
Tes biens comme un éclair qu'on
voit fi toft finir,
Sont les fignes certains de la foudre
à venir.
Le dégoût qui les fuit en fait voir
P'impoffure,
Ce n'est qu'un faux brillant , qu'un
plaifir en peinture ,
Qu'un fot amusement , qu'une vaine
douceur ,
Qui des fens éblouis eft le charme
& l'erreur.
D'un faux bien toutefois l'ame préo-
сирее ,
S'égare en le cherchant , & vcut efire
trompée.
24 MERCURE
Et les foibles Amans paffent leurs
triftes jours
En de vaines langucurs & defolles
amours.
L'un foûpire en tremblant , &fon
efprit malade
•
Foudroit mourir cent fois pour une
douce oeillade.
Un autre pleure , prie , & meurt à
tout propos ;
Et perdant fa raison , fa bourse &
> Jon
repos,
Paffe
à poursuivré
un bien qu'il ne
Scauroit
atteindre
>
La nuit à fe morfondre , & lejour
à fe plaindre.
Quelqu'autre moins captif d'un objet
plus humain ,
Fait confifter fa gloire à luy baifer
la
main,
Et s'enchainant des noeuds de quilque
treffe blonde,
GALANT. 25
Préfere fa folie à l'empire du monde.
Par combien de perils , d'erreurs &
de tourmens
Vient- on au dernier but des plus heureux
Amans ?
Mais tous ces feux legers , qu'un moment
à fait naistre ,
Pareils à ceux de l'air , font moins à
difparoiftre,
Et j'en prens à témoin tant d'Epoux
malheureux ,
Qui fatiguent leur ame à rallumer
leurs feux.
Ces Martyrs immolez au chagrin domeftique,
Trouvent que leur fortune eft unbien
chimerique.
Ainfi voit- on des fleurs qui brillent
au Printemps >
Tromper par leur odeur le plus doux
de nos fens ;
Aouft 1685.
C
26 MERCURE
Et de leur riche émail n'eftant plus
embellies ,
Se flefrir par la main qui les avoit
cueillies.
D'où vient donc ce panchant d'une
amoureuse ardeur
Que la Nature imprime aufond de
noftre coeur ?
L'homme
agit - il en brute , &fa
raison perduë
Ne peut- elle combattre un poiſon qui
la tuë?
Oufi c'est un venin dont on ne peut
guerir ,
D'où vient qu'il nousfait naître auffi
bien mourir ?
que
Ah, que ce plaifir coûte , & que fes
triftes charmes
Ont remply l'Univers
de malheurs
& de larmes !
Ils ont donné des fers aux plus fiers
Conquerans.
GALANT. 27
Des Rois les plus benins , ils ontfait
des Tyrans,
D'un Sage un Idolatre, & d'un Saint
un Perfide ,
D'un Epoux un Bourreau , d'un Fils
un Parricide,
Et fouillant la Nature en leurs noirs
attentats,
Ont d'un fleuve de fang inondé les
Etats.
Quand le Ciel en couroux prepare
fon tonnerre
Aux tranfports criminels des amours
de la terre ,
Le bruit du châtiment eft à peine entendu
,
Et l'on court plus au mal , plus it eft
défendu.
Un plaifir n'est plus doux dés qu'il
est legitime ,
Le crime en eft le charme , & le char-
(me le crime.
Cij
28 MERCURE
Far l'orgueil des humains que
ne peut dompter,
Les loix ont fait le crime
peuvent l'ofter.
rien
& ne
En l'erreur de l'amour , la Nature eft
à plaindre.
Faloit - il tant de loix , où les doitelle
enfraindre ?
Si rien fur ce panchant ne la peut
retenir ,
Pourquoy
nous le donner , ou pourquoy
le punir ?
Mais ces defirs ardens des fureurs
amoureuſes ,
Sont d'un crime plus grand les fuites
malheureuſes ,
Et le Ciel a permispour punir nôtre
orgueil ,
Qu'un plaifir d'un moment fuſt pour
nous un écueil ;
Que l'homme en fes defirs, esclave
de foy mesme ,
GALANT. 29
De l'Amour fift un vice , &foüillaft
ce qu'il aime :
•
Et que rompant le frein de fa foible
raifon ,
D'un remcde innocent il fe fift un
poiſon.
Pour moy , qui vois l'écueil , & qui
crains le naufrage,
Echapé de la mer, je gagne le rivage.
Adieu , Superbe íru , je triomphe à
mon tour ,
L'Amant qui peut vous fuir , eft
maître de l'Amour.
en Vers qui ne vous
22 MERCURE
déplaira pas. Il eſt de M' de
Cantenac
, affez connu pardiverfes
Pieces qu'il a faites
auarefois. Celle-cy qui eft
contre l'Amour, marque fon
changement de profeffion .
Flir
Ier Tyran des Mortels , dont
l'aveugle puissance
Precipite la mort, & regle la naiffance,
Qui viens avec adreffe , & des traits
enchanteurs
Par la foibleffe hamaine , à l'empire:
des coeurs ;
Dicu des plaifirs du monde, &fource :
de mes peines,
Je t'abandonne , Amour , &je briſe
tes chaines.
Fe connois ta malice , & trompé mil-
Le fois ,
GALANT.
23
Je m'endurcis enfin au mépris de tes
loix .
Inhumain , dont la loy charmante à
la
nature ,
Met les fens en defordre , & l'ame à
la torture ,
Tes biens comme un éclair qu'on
voit fi toft finir,
Sont les fignes certains de la foudre
à venir.
Le dégoût qui les fuit en fait voir
P'impoffure,
Ce n'est qu'un faux brillant , qu'un
plaifir en peinture ,
Qu'un fot amusement , qu'une vaine
douceur ,
Qui des fens éblouis eft le charme
& l'erreur.
D'un faux bien toutefois l'ame préo-
сирее ,
S'égare en le cherchant , & vcut efire
trompée.
24 MERCURE
Et les foibles Amans paffent leurs
triftes jours
En de vaines langucurs & defolles
amours.
L'un foûpire en tremblant , &fon
efprit malade
•
Foudroit mourir cent fois pour une
douce oeillade.
Un autre pleure , prie , & meurt à
tout propos ;
Et perdant fa raison , fa bourse &
> Jon
repos,
Paffe
à poursuivré
un bien qu'il ne
Scauroit
atteindre
>
La nuit à fe morfondre , & lejour
à fe plaindre.
Quelqu'autre moins captif d'un objet
plus humain ,
Fait confifter fa gloire à luy baifer
la
main,
Et s'enchainant des noeuds de quilque
treffe blonde,
GALANT. 25
Préfere fa folie à l'empire du monde.
Par combien de perils , d'erreurs &
de tourmens
Vient- on au dernier but des plus heureux
Amans ?
Mais tous ces feux legers , qu'un moment
à fait naistre ,
Pareils à ceux de l'air , font moins à
difparoiftre,
Et j'en prens à témoin tant d'Epoux
malheureux ,
Qui fatiguent leur ame à rallumer
leurs feux.
Ces Martyrs immolez au chagrin domeftique,
Trouvent que leur fortune eft unbien
chimerique.
Ainfi voit- on des fleurs qui brillent
au Printemps >
Tromper par leur odeur le plus doux
de nos fens ;
Aouft 1685.
C
26 MERCURE
Et de leur riche émail n'eftant plus
embellies ,
Se flefrir par la main qui les avoit
cueillies.
D'où vient donc ce panchant d'une
amoureuse ardeur
Que la Nature imprime aufond de
noftre coeur ?
L'homme
agit - il en brute , &fa
raison perduë
Ne peut- elle combattre un poiſon qui
la tuë?
Oufi c'est un venin dont on ne peut
guerir ,
D'où vient qu'il nousfait naître auffi
bien mourir ?
que
Ah, que ce plaifir coûte , & que fes
triftes charmes
Ont remply l'Univers
de malheurs
& de larmes !
Ils ont donné des fers aux plus fiers
Conquerans.
GALANT. 27
Des Rois les plus benins , ils ontfait
des Tyrans,
D'un Sage un Idolatre, & d'un Saint
un Perfide ,
D'un Epoux un Bourreau , d'un Fils
un Parricide,
Et fouillant la Nature en leurs noirs
attentats,
Ont d'un fleuve de fang inondé les
Etats.
Quand le Ciel en couroux prepare
fon tonnerre
Aux tranfports criminels des amours
de la terre ,
Le bruit du châtiment eft à peine entendu
,
Et l'on court plus au mal , plus it eft
défendu.
Un plaifir n'est plus doux dés qu'il
est legitime ,
Le crime en eft le charme , & le char-
(me le crime.
Cij
28 MERCURE
Far l'orgueil des humains que
ne peut dompter,
Les loix ont fait le crime
peuvent l'ofter.
rien
& ne
En l'erreur de l'amour , la Nature eft
à plaindre.
Faloit - il tant de loix , où les doitelle
enfraindre ?
Si rien fur ce panchant ne la peut
retenir ,
Pourquoy
nous le donner , ou pourquoy
le punir ?
Mais ces defirs ardens des fureurs
amoureuſes ,
Sont d'un crime plus grand les fuites
malheureuſes ,
Et le Ciel a permispour punir nôtre
orgueil ,
Qu'un plaifir d'un moment fuſt pour
nous un écueil ;
Que l'homme en fes defirs, esclave
de foy mesme ,
GALANT. 29
De l'Amour fift un vice , &foüillaft
ce qu'il aime :
•
Et que rompant le frein de fa foible
raifon ,
D'un remcde innocent il fe fift un
poiſon.
Pour moy , qui vois l'écueil , & qui
crains le naufrage,
Echapé de la mer, je gagne le rivage.
Adieu , Superbe íru , je triomphe à
mon tour ,
L'Amant qui peut vous fuir , eft
maître de l'Amour.
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Résumé : Ouvrage de M. de Cantenac. [titre d'après la table]
L'auteur d'une lettre accompagnant un ouvrage en vers de Monsieur de Cantenac, célèbre pour ses pièces, exprime son souhait de se libérer de l'amour, qu'il qualifie de tyran aveugle et malicieux. Il critique les souffrances et les erreurs engendrées par l'amour, comparant ses plaisirs à un éclat éphémère et trompeur. Les amoureux sont décrits comme des martyrs, passant leurs jours dans des langueurs vaines et des amours folles, souvent au détriment de leur raison et de leur repos. L'auteur met en lumière les dangers et les tourments associés à l'amour, capables de transformer même les personnes les plus sages en tyrans ou en criminels. Il interroge la nature humaine, incapable de résister à ce 'poison' malgré les lois et les avertissements. Enfin, l'auteur affirme avoir échappé à l'emprise de l'amour et triomphé de ses chaînes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 29-32
Autre du mesme Autheur. [titre d'après la table]
Début :
Voicy une autre piece du mesme Autheur, faite sur le / L'Univers étonné vante encor des miracles, [...]
Mots clefs :
Univers, Tonneau de Heidelberg, Miracles, Dieux, Trône, Esprit, Remède, Amants, Gloire, Inventeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre du mesme Autheur. [titre d'après la table]
Voicy une autre piece du
mefme Autheur , faite fur le
grand Tonneau de Heidelberg
, qui contient plus de
1200.muids, que feu Mófieur
l'Electeur Palatin , Pere de
Madame , a fait conſtruire.
30 MERCURE
L
'Univers étonné vante encor
des
miracles ,
Et des Templesfameux d'où fortoient
les Oracles ,
Où les Dieux adorez fur d'indignes
Autels ,
Abufoient les efprits des profanes
Mortels.
Admire icy , Paffant , de plus rares
merveilles ,
C'est le Throne pompeux du grand
Dicu des Bouteilles ,
De ce Dieu bien faisant qui charme
tous les coeurs
2
Et répand fon efprit fur fes adorateurs
.
Le puiffant Iupiter en fa gloire fupréme
,
Nous paroift redoutable au moment
qu'il nous aime,
GALANT. 31
Et la Foudre à la main , verſe de
deux tonneaux
Sur les Humains tremblans , & les
biens & les maux .
Mais de ce feul Tonneau dont Bachus
fait fon Temple ,
Le bien eft ordinaire , &le malfans
exemple,
Et ce Dieu qui folâtre , affis parmy
les Ieux ,
Prefente un prompt remede à tous les
malheureux.
Icy l'on voit bannir les foins de la
fortune ,
Er des tristes Amans la langueur importune.
Les folles paffions , & les mornes
foucis,
Quelque obftinez qu'ils foient , s'y
trouvent adoucis .
Mieux que l'ancien Vaiffeau qui bra
va le Deluge ,
32 MERCURE
Cegrand Vafe aux mortels ferviroit
de refuge,
Et les plus fiers affauts du perfide
Clement ,
N'en approchent jamais , ou le font
vainement.
C'eft icy , chers Beuveurs ,
de la Gloire ,
le
Temple
Quittez tout autre foin , & nefon
gez qu'à boire ;
Et d'une vaste coupe arrofez àplein
fonds
Vos poulmons alterez , & ves ventres
profonds.
Celebrez à l'envy dans le plaifir Bachique
,
D'un Ouvrage fi beau l'Inventeur
magnifique.
Faites volerfa gloire en cent Climats
divers ,
Luy mefme eft un miracle aux yeux
de l'Univers.
mefme Autheur , faite fur le
grand Tonneau de Heidelberg
, qui contient plus de
1200.muids, que feu Mófieur
l'Electeur Palatin , Pere de
Madame , a fait conſtruire.
30 MERCURE
L
'Univers étonné vante encor
des
miracles ,
Et des Templesfameux d'où fortoient
les Oracles ,
Où les Dieux adorez fur d'indignes
Autels ,
Abufoient les efprits des profanes
Mortels.
Admire icy , Paffant , de plus rares
merveilles ,
C'est le Throne pompeux du grand
Dicu des Bouteilles ,
De ce Dieu bien faisant qui charme
tous les coeurs
2
Et répand fon efprit fur fes adorateurs
.
Le puiffant Iupiter en fa gloire fupréme
,
Nous paroift redoutable au moment
qu'il nous aime,
GALANT. 31
Et la Foudre à la main , verſe de
deux tonneaux
Sur les Humains tremblans , & les
biens & les maux .
Mais de ce feul Tonneau dont Bachus
fait fon Temple ,
Le bien eft ordinaire , &le malfans
exemple,
Et ce Dieu qui folâtre , affis parmy
les Ieux ,
Prefente un prompt remede à tous les
malheureux.
Icy l'on voit bannir les foins de la
fortune ,
Er des tristes Amans la langueur importune.
Les folles paffions , & les mornes
foucis,
Quelque obftinez qu'ils foient , s'y
trouvent adoucis .
Mieux que l'ancien Vaiffeau qui bra
va le Deluge ,
32 MERCURE
Cegrand Vafe aux mortels ferviroit
de refuge,
Et les plus fiers affauts du perfide
Clement ,
N'en approchent jamais , ou le font
vainement.
C'eft icy , chers Beuveurs ,
de la Gloire ,
le
Temple
Quittez tout autre foin , & nefon
gez qu'à boire ;
Et d'une vaste coupe arrofez àplein
fonds
Vos poulmons alterez , & ves ventres
profonds.
Celebrez à l'envy dans le plaifir Bachique
,
D'un Ouvrage fi beau l'Inventeur
magnifique.
Faites volerfa gloire en cent Climats
divers ,
Luy mefme eft un miracle aux yeux
de l'Univers.
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Résumé : Autre du mesme Autheur. [titre d'après la table]
Le texte présente une œuvre dédiée au grand tonneau de Heidelberg, capable de contenir plus de 1200 muids, construit par le défunt Électeur Palatin, père de Madame. Ce tonneau est célébré comme le trône du dieu Bacchus, symbole de joie et de réconfort. À la différence de Jupiter, Bacchus offre des bienfaits quotidiens et des remèdes aux malheureux. Le tonneau est décrit comme un refuge contre les soucis et les passions tristes, plus efficace que l'arche de Noé. Les lecteurs sont invités à célébrer l'inventeur de cette merveille, considérée comme un miracle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 33-41
ELEGIE.
Début :
La Piece qui suit, renferme de nouveaux Eloges de Sa Majesté. / Affligé de ma peine, & du bien qui me suit, [...]
Mots clefs :
Éloges, Monarque, Repentir, Seigneurs, Peine, Blâmer, Esprit, Fortune, Soleil, Auguste, Louis le Grand, Bonheur, Vertu, Piété, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ELEGIE.
La Piece qui fuit , renfer
me de nouveaux Eloges de
Sa Majesté. Elle eſt de M.
de Cantenac Theologal de
Seez, qui témoigne ſe repen
tir de ne s'eftre pas attaché
toute fa vie à la Perfonne &
au fervice du Roy , au lieu
de s'attacher à celuy de quelques
grands Seigneurs, com.b
me il a fait autrefois , caug
is sramod au
Sa bingazdo yul
basa aid sol l'up wit
on Kup other ob zvans ab
34 MERCURE
25222-22-2522-22225
ELEGIE.
A·Ffligé de ma peine, & du bien
qui me fuit,
Paffant mes triftes jours , comme une
longue nuit,
Je ne veux pas blâmer d'une voix importune
L'injufte cruauté d'une ingrate fortune.
Les Aftres ny le fort ne font pas nos
malheurs ,
Chacun fait fon Etoile , & caufe fes
douleurs .
L'Homme eft Royfur luy mesme , &
fuft il dans les chaines ,
C'eftfon efprit qui fait fes plaifirs on
Les peines.
GALANT. 35
Qui reglefa conduite , & les évene
ments ,
Tel qu'un Pilote expert, malgré l'Onede
& les Vents,
Conduit beureufement fur la Mer ir
ritée ,
Le timon chancelant de fa Barque agiz
tée.
Onfouffrepeu de maux qu'on nepuiſſe
éviter,
Et nous pouvons les fuir mieux que
les Jupporter.
Te fuis l'unique Ouvrier de ma fatale
peine,
L'imprudence a renduma fortune in.
bumaine.
M'éloignant du Soleil , dont j'eftois
éclairé ,
Par de fauffes lueurs je meſuis égaré.
Sij'avois confacré le cours de mes années
,
36 MERCURE
Au Roy le plus puiſſant qu'ontfait les
Deftinées ,
Ace Monarque Augufte , & Favori
des Cieux ,
Ie vivrois fortuné , tranquille &glorieux
.
Mais comme un bon Vaiffean qui ten
tant la fortune ,
Sort de la grande route , & duſein de
Neptune ,
Et voguant au hazardfur un Fleuve
inconnu
3
S'ouvre au fable mouvant qui l'avoit
retenu,
R
Par mon éloignementj'ay causé mon
naufrage ,
Prés de l'Aftre du jour on ne voit
point d'orage.
Tout le monde est heureux prés de
Louis LE GRAND ,
Et nefe voit chargé que des biens qu'il
Aw répand.
GALANT. 37
Mais quelbonheurpour moy ,fi témoin
defa vie
l'avois veufavertu triompher de l'en.
vie ,
Porter , comme elle a fait , parmy tant
de hazards
Son Empire &fon Nom au deffus des
Cefars!
Sa valeurredoutable a domptédésl'ex-
No fance ,
Et le Lyond'Espagne , & l'Hydre de
la France.
Eft- il rien que fon bras nefoumette
aujourd'huy ,
Si les Monftres alors n'eftoient qu'un
jeu pour luy?
Le Batave infolent , & l'orgueilleux
Ibere ,
Ont gemy fous le poids de fa jufte colerei
Et l'Aigle accoutumée à pénetrer les
Cieux ,
38 MERCURE
Limite aux pieds des Lys fon vol´andacieux.
De cent Peuples armez en vain la Ligue
cft faite ,
Unis dans leurs combats , unis dans
leur défaite,
Onles a veus tremblans , venir de tou
tes parts
Implorer fa clemence , & ceder leurs
remparts.
Le perfide Ennemy du Ciel & de la
Terre
,
L'Africain fubjugué tremble encor du
tonnerre
De ce fracas terrible , & de ces feux
nouveaux
Que ce nouveau Soleil faifoitfortir
des
eaux.
On ne compte fesjours que par quelque
victoire,
Pour luy chaque moment eft un pas
la gloire.
GALANT. 39
Et bien qu'à fa valeur cent Peuples
foient foumis ,
Ilfoumet plus de coeurs qu'il n'a fait
d'ennemis.
Son grand Nom redouté du Sarmate
& du More ,.
Sefait aimer & craindre aux Climats
de l'Aurore ;
Et ces Rois que le Peuple adore comme
Dieux ,
Fondent à l'honorer leurs titres glorieux
.
Si par toutfa valeur établit ſon Empire
,
Sa grandepieté que l'Vnivers admire,
Du Dieu que nous fervons redreſſe les
·Autels .
Et l'éleve luy- mefme au rangdes Immortels.
Par des traits inouis defa rareprudence,
40 MERCURE
Le Monftre de l'Erreur eft chassé de la
France ;
Et Rome accoutumée aux Prefens de
nos Reis,
Prend de luy fes Enfans qui méprifoientfes
lois.
Appuy de la vertu, comme ennemy du
vice
Ilfait fleurirpar tout les Arts & la
Iuftice
Mille Peuples conquis éprouvent fa
douceur,
Il en paroift le Pere autant
Vainqueur.
que
le
Monarque inimitable, Auguste & Ma
guanime,
Tout le monde vous aime autant qu'il
vous estimes upyo
Etl'on ne vitjamaisfortir d'un meſ-
JA me soeur 90G)
Defi grandes bontez avec tant de valeur.
འ འ
GALANT. 41
Maisj'éprouve en ce point que la peine
eft extréme
D'aimer infiniment fans plaire à ce
qu'on aime.
Pour plaire , ilfaut fervir l'objet de
fon amour,
Et l'Amant inutile eft indigne du
jour.
Je voudroispour toutbien vous fervir
& vous plaire,
Heureux eft le mortel capable de le
faire,
Sa gloire peut combattre un deſtin
rigoureux ,
Et qui fert bien fon Roy, n'estjamais
malheureux
me de nouveaux Eloges de
Sa Majesté. Elle eſt de M.
de Cantenac Theologal de
Seez, qui témoigne ſe repen
tir de ne s'eftre pas attaché
toute fa vie à la Perfonne &
au fervice du Roy , au lieu
de s'attacher à celuy de quelques
grands Seigneurs, com.b
me il a fait autrefois , caug
is sramod au
Sa bingazdo yul
basa aid sol l'up wit
on Kup other ob zvans ab
34 MERCURE
25222-22-2522-22225
ELEGIE.
A·Ffligé de ma peine, & du bien
qui me fuit,
Paffant mes triftes jours , comme une
longue nuit,
Je ne veux pas blâmer d'une voix importune
L'injufte cruauté d'une ingrate fortune.
Les Aftres ny le fort ne font pas nos
malheurs ,
Chacun fait fon Etoile , & caufe fes
douleurs .
L'Homme eft Royfur luy mesme , &
fuft il dans les chaines ,
C'eftfon efprit qui fait fes plaifirs on
Les peines.
GALANT. 35
Qui reglefa conduite , & les évene
ments ,
Tel qu'un Pilote expert, malgré l'Onede
& les Vents,
Conduit beureufement fur la Mer ir
ritée ,
Le timon chancelant de fa Barque agiz
tée.
Onfouffrepeu de maux qu'on nepuiſſe
éviter,
Et nous pouvons les fuir mieux que
les Jupporter.
Te fuis l'unique Ouvrier de ma fatale
peine,
L'imprudence a renduma fortune in.
bumaine.
M'éloignant du Soleil , dont j'eftois
éclairé ,
Par de fauffes lueurs je meſuis égaré.
Sij'avois confacré le cours de mes années
,
36 MERCURE
Au Roy le plus puiſſant qu'ontfait les
Deftinées ,
Ace Monarque Augufte , & Favori
des Cieux ,
Ie vivrois fortuné , tranquille &glorieux
.
Mais comme un bon Vaiffean qui ten
tant la fortune ,
Sort de la grande route , & duſein de
Neptune ,
Et voguant au hazardfur un Fleuve
inconnu
3
S'ouvre au fable mouvant qui l'avoit
retenu,
R
Par mon éloignementj'ay causé mon
naufrage ,
Prés de l'Aftre du jour on ne voit
point d'orage.
Tout le monde est heureux prés de
Louis LE GRAND ,
Et nefe voit chargé que des biens qu'il
Aw répand.
GALANT. 37
Mais quelbonheurpour moy ,fi témoin
defa vie
l'avois veufavertu triompher de l'en.
vie ,
Porter , comme elle a fait , parmy tant
de hazards
Son Empire &fon Nom au deffus des
Cefars!
Sa valeurredoutable a domptédésl'ex-
No fance ,
Et le Lyond'Espagne , & l'Hydre de
la France.
Eft- il rien que fon bras nefoumette
aujourd'huy ,
Si les Monftres alors n'eftoient qu'un
jeu pour luy?
Le Batave infolent , & l'orgueilleux
Ibere ,
Ont gemy fous le poids de fa jufte colerei
Et l'Aigle accoutumée à pénetrer les
Cieux ,
38 MERCURE
Limite aux pieds des Lys fon vol´andacieux.
De cent Peuples armez en vain la Ligue
cft faite ,
Unis dans leurs combats , unis dans
leur défaite,
Onles a veus tremblans , venir de tou
tes parts
Implorer fa clemence , & ceder leurs
remparts.
Le perfide Ennemy du Ciel & de la
Terre
,
L'Africain fubjugué tremble encor du
tonnerre
De ce fracas terrible , & de ces feux
nouveaux
Que ce nouveau Soleil faifoitfortir
des
eaux.
On ne compte fesjours que par quelque
victoire,
Pour luy chaque moment eft un pas
la gloire.
GALANT. 39
Et bien qu'à fa valeur cent Peuples
foient foumis ,
Ilfoumet plus de coeurs qu'il n'a fait
d'ennemis.
Son grand Nom redouté du Sarmate
& du More ,.
Sefait aimer & craindre aux Climats
de l'Aurore ;
Et ces Rois que le Peuple adore comme
Dieux ,
Fondent à l'honorer leurs titres glorieux
.
Si par toutfa valeur établit ſon Empire
,
Sa grandepieté que l'Vnivers admire,
Du Dieu que nous fervons redreſſe les
·Autels .
Et l'éleve luy- mefme au rangdes Immortels.
Par des traits inouis defa rareprudence,
40 MERCURE
Le Monftre de l'Erreur eft chassé de la
France ;
Et Rome accoutumée aux Prefens de
nos Reis,
Prend de luy fes Enfans qui méprifoientfes
lois.
Appuy de la vertu, comme ennemy du
vice
Ilfait fleurirpar tout les Arts & la
Iuftice
Mille Peuples conquis éprouvent fa
douceur,
Il en paroift le Pere autant
Vainqueur.
que
le
Monarque inimitable, Auguste & Ma
guanime,
Tout le monde vous aime autant qu'il
vous estimes upyo
Etl'on ne vitjamaisfortir d'un meſ-
JA me soeur 90G)
Defi grandes bontez avec tant de valeur.
འ འ
GALANT. 41
Maisj'éprouve en ce point que la peine
eft extréme
D'aimer infiniment fans plaire à ce
qu'on aime.
Pour plaire , ilfaut fervir l'objet de
fon amour,
Et l'Amant inutile eft indigne du
jour.
Je voudroispour toutbien vous fervir
& vous plaire,
Heureux eft le mortel capable de le
faire,
Sa gloire peut combattre un deſtin
rigoureux ,
Et qui fert bien fon Roy, n'estjamais
malheureux
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Résumé : ELEGIE.
Le texte présente une pièce intitulée 'La Pièce qui fuit' écrite par M. de Cantenac, théologal de Seez. L'auteur exprime son regret de n'avoir pas dédié toute sa vie au service du roi, contrairement à ses actions antérieures où il servait des grands seigneurs. Il déplore sa situation actuelle, qualifiant sa vie de longue nuit de tristesse et de malheurs, qu'il attribue à son imprudence plutôt qu'à la fortune. L'auteur utilise une métaphore maritime pour illustrer la gestion de sa vie, regrettant de ne pas avoir suivi une voie plus sage. Il admire profondément le roi Louis XIV, soulignant ses victoires militaires et sa grandeur. Le roi est décrit comme un monarque puissant et juste, ayant soumis de nombreux peuples et établi son empire grâce à sa valeur et sa piété. Sa réputation inspire respect et admiration à travers le monde. L'auteur exprime également son désir ardent de servir le roi pour échapper à sa misère actuelle, affirmant que servir fidèlement son roi est la clé du bonheur et de la gloire.
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