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1
p. 138-139
M. de Breteül est reçeu Lecteur du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur de Breteüil, Fils de Monsieur de Breteüil Conseiller d'Etat [...]
Mots clefs :
Monsieur de Breteüil, Charge, Lecteur
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texteReconnaissance textuelle : M. de Breteül est reçeu Lecteur du Roy. [titre d'après la table]
Monfieur de
, Breteüil, Fils de Monfieur
de Breteüil Confeiller dEtat ordinaire, en a au!»
efté traité d ’une manier*
dont il a lieu d’eftre f°ri:
fatisfait; 3c apres avoir fervy fous Monfieur Colbert
& Monfieur le Marquis $
Seignelay a
il a eu 1 agrC'
G A L A N T , w
ment de la Charge de Lecteur de Sa Majefté, qui l’a
préféré à plufieurs autres.
11 eft bien fait, il a de l’eCprit, & des Lettres, & s’cft
toûjours fait un très-grand
plaifir d’obliger fes Amis
quand il a elle en état de
les fervir.
, Breteüil, Fils de Monfieur
de Breteüil Confeiller dEtat ordinaire, en a au!»
efté traité d ’une manier*
dont il a lieu d’eftre f°ri:
fatisfait; 3c apres avoir fervy fous Monfieur Colbert
& Monfieur le Marquis $
Seignelay a
il a eu 1 agrC'
G A L A N T , w
ment de la Charge de Lecteur de Sa Majefté, qui l’a
préféré à plufieurs autres.
11 eft bien fait, il a de l’eCprit, & des Lettres, & s’cft
toûjours fait un très-grand
plaifir d’obliger fes Amis
quand il a elle en état de
les fervir.
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Résumé : M. de Breteül est reçeu Lecteur du Roy. [titre d'après la table]
Monsieur de Breteüil, fils du Conseiller d'État ordinaire, a été nommé Lecteur du Roi. Il a servi sous Colbert et le Marquis de Seignelay. Préféré à plusieurs candidats, il est reconnu pour son esprit et ses lettres, ainsi que pour son aide aux amis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 138-167
Extrait d'une Relation de la fameuse Bataille de Cassel.
Début :
Monsieur le Prince d'Orange ayant entrepris le Secours de [...]
Mots clefs :
Ennemis, Ruisseau, Bataille de Cassel, Armée, Luxembourg, Charge, Extraits, Prince d'Orange, Saint Omer, Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Relation de la fameuse Bataille de Cassel.
Extrait d'une Relation de lafa- meuse Bataille decaffel. !!!
Monfieur le Prince d'Orange ayant entrepris le ſe- cours de S. Omer , & ayant paffé avec ſon Armée le Canal de Bruges , il s'avança vers
Ypres. Sur la premiere nouvelle de ſa marche , Monfieur
de Louvois fut à Lile ; & ce
Miniſtre dont la prevoyance
ne peut eſtre aſſez admirée ,
donna ſes ordres pour faire marcher vers l'Armée deMonſieur , la petite Gendarmerie de la maiſon du Roy avec la
Cavalerie Legere, qui apres le
E iij
102 LE MERCURE
Siege de Valenciennes avoit eſté envoyée en Quartier de * rafraichiſſement dans la Flandre VValonne. LeRoy envoya
auſſi à Monfieur un Détachement commandé par Monfieur de la Cardonniere,compoſe de
huit Bataillons, deux du Regiment de la Reyne , deux de Bourgogne,deuxde Lyonnois,
&deux de Languedoc.
:
Le Prince d'Orangemarcha
à Poperingue d'une maniere qui fit douter s'il prendroit le
chemin de Bergues pour l'af- fieger , ou celuy de S. Omer pour le ſecourir.
Le Roy ayant appris que l'Armée ennemie continuoit
ſa marche, & qu'elle eſtoit plus nombreuſe qu'il n'avoit crû ,
fit partir Monfieur de Luxem-
GALANT. 103
bourg avec quelque Cavale -
rie Legere , les deux Compa- gnies de ſes mouſquetaires ,
deux Bataillons des Gardes
Françoiſes , trois du Regiment Suifle de Stoup,deuxdu Regiment Royal,& un du Maine,
Pendant que le Roy don- noit ſes ordres pour mettre l'Armée de Monfieur en bon
eſtat , fon Alteſſe Royale ſon- geoit à ſe bien ſervir des ſe- cours que Sa Majeſté luy don- noit , & envoyoit des Partis pour eſtre informé de la mar- che & du deſſein du Prince
d'Orange. Le Vendredy les ennemis ſe porterent devant un ruiſſeau
où il eſtoit difficile de les attaquer , parce que la rive qu'ils occupoiét étoit beaucoup plus
E iiij
104 LE MERCURE haute que celle qui estoit du coſté deMonfieur.
La bataille eſtant reſoluë ,
chacun fut àſon poſte , Mon- ſieur le Mareſchal d'Humieres
à la droite, & Monfieur le Duc
de Luxembourg à la gauche.
Ils laifferent Monfieur au
Corps de Bataille. Monfieur le Mareſchal d'humieres vit
que l'Aifle gauche des enne- mis s'avançoit , & qu'ils a- voient déja fait paſſer le ruif- ſeau à trois mille hommes de
pied; il les chargea &les dé- fit , puis paſſant à la teſte du ruiſſeau avec la Gendarmerie
qui compofoit l'Aifle droite qu'il commandoit , il prit l'Aî- le gauche des ennemis en flanc,&apres une aſſez vigou- reuſe reſiſtance : il la défit ab-
GALANT. 105
-
د
folument. Cependant Mon- ſieur s'avançoit avec ſon corps
deBataille. Celuy des enne- mis eſtoit ſur le ruiſſeau , par- tie d'un coſté , partie de l'au- tre , les détours du ruiſſeau en
ces endroits ne permettant
pas de faire une ligne droite- La reſiſtance des ennemis fut
tres- longue & tres vigouren- ſe , Monfieur chargea plu- ſieurs fois à la teſte des eſcadrons & des Bataillons ; &
comme il eſtoit toûjours au plus fort de la meſlée , il eut un cheval bleſſe ſous luy,& un coup de mouſquet dans ſes ar- mes. Pluſieurs perſonnes fu- rent tuées ou bleſſées auprés de luy. Monfieurle Chevalier de Lorraine fut legerement bleſſé au viſage, &Monfieurle
EV
106 LE MERCURE
2
Chevalier de Nantoüillet à la
jambe.
Toutes les Troupes firent
des miracles , animées par la prefencedeMonfieur: les Mouf.
quetaires du Royſe ſurpaſſe -
rent eux mêmes , &perdirent
Monfieur deMoiſſac , qui s'e.
ſtoit fi heureuſement diftingué à Valenciennes Les Regimens 'd'Humieres & du Maine allerent pluſieurs fois à la charge.
Les ennemis plierent enfin ;
&pendant qu'onles attaquoit avec tant de vigueur à la droi- te & au Corps de Bataille ,
Monfieur de Luxembourg vouloit paffer le ruiſſeau pour prendre en flanc leur gauche ;
mais il trouva deux Bataillons
retranchez dans l'Eglise de Peéne د & ne put ſe rendre
GALANT. 107
a
maiſtre de l'Egliſe &du paſſa- ge du ruiſſeau , qu'apres avoir fait venir du Canon. Dans
le temps qu'il voulut charger pourpaller de ſon coſte, MonYON
ennemis qui fuyoient, aban71 ſieur luy manda la défaite des
donnant leur Canon & leur
Bagage. Monfieur de Luxem- bourg qui voyoit les mouve- mens que les ennemis fai -
foient , manda à ſon Alteſſe
Royale , qu'il deferoit entie- rement le reſte des fuyards.
Il paſſa la riviere pour aller apres eux , &les pouſſa quel- que temps en taillant en pie- ces tout ce qui ſe ſauvoit , &
manda en ſuite à Monfieur ,
qui le faiſoit ſoûtenir de prés,
qu'il alloit continuer à les pourſuivre, &que leurdéfaite
108 LE MERCURE
eſtoit ſi enriere, qu'il n'y avoit pas dix des ennemis enſemble.
Il fit paſſer ceux qu'il cõduiſoit au travers du bagage de l'Ar- mée ennemie , qui avoit eſté
abandonné, &les empeſcha de
s'amuſer au pillage Quand on ſe fait obeïr en pareille rencontre, il faut qu'on ait bien du
pouvoir ſur les Troupes.
S'il m'eſt permis de faire des
reflexions fur cet Extrait, iediray que le Roy a le premier eſté cauſe du gain dela bataille, par les détachemens qu'il a
faits fi à propos, & que ſa pré- voyance en toutes choſes n'eſt pas moins à admirer , que le courage & l'intrepidité de Monfieur qui s'eſt toûjours trouvé dans les endroits les
plus perilleux.
xtrait d'une autre Relation.
L'armée eſtant rangée en bataille, l'Aifle droite où eſtoit
M. le Maréchal d'Humieres ,
commença à marcher aux ennemis,& pafla un ruiſſeau qui eftoit entre eux & nous. Les
Mouſquetaires commencerent
la charge, &mirent pied àterre pour charger deux batail- lons qui estoient dans des
hayes ; ils les en chafferent vigoureuſement,&les taillerent
en pieces. Il y eut quelque de- filé à paſſer pour s'aller mettre
enbataille dansun Païs unpeu
plus découvert où il y avoit
beaucoup de foffez; ce fut là où on trouva pluſieurs bataillons,&dix ou douze efcadrons
IJO LE MERCURE
:
des ennemis qui estoient en bataille. La Gendarmerie , les
brigades de Revel & de Mau- revert , formerent deux lignes.
Pendant ce temps Monfieur
ayant appris que Monfieur le Mareſchal d'Humieres avoit
chargé avec la droite, marcha à
lateſte du Corps de bataille, &
trouva l'Infanterie des ennemis poſtée dans des hayes fort avantageuſes : nonobſtant cela
il les fit charger & plier ; mais ils revinrent à la charge plu- ſieurs fois , ſouſtenus de leur
Cavalerie : Cefut là où Monfieur alla luy- même à la char- gedeuxou trois fois, encourageant par ſon exemple les fol- dats. Les ennemis y perdirent beaucoup de monde,la confu- ſion s'eſtant miſe parmy eux.
GALANT. III
}
2
Monfieur le Maréchal d'Humieres chargea à la teſte des Ecoſſois pluſieurs Efcadrons
desGardes du Prince d'Orange;mais étans ſoûtenus deleur
Infanterie , il fallut attendre
qu'une partie de la nôtre euſt paſſé de ce coſté- là,pour chaf- ſer la leur qui étoit retranchée
dans lesbuiffons. Unbataillon
de la Reyne eſtant arrivé avec Navarre , on chargea les bataillons qui estoient dans ces
hayes. Ils firent grands feu &
tinrent ferme quelque temps ,
mais ils plierent ayant veu la reſolution des nôtres. La Gendarmerie chargeaauſſi-tôt plu- ſieurs Efcadrons quiles receu- rent affez bien;mais ayanteſté
pris en flanc par les Cuirafſiers de Tilladet , ils laſcherent
312 LE MERCURE
pied &ſe retirerent derriere un petit ruiffeau. Ce fut pour lors quetoute leur armée commençant à filer & à fuir , tout fut mis en déroute.
Monfieur de Luxembourg n'euſt pas ſeulement les enne- mis àcombattre,mais il fut encor obligéà ſe tenir ſur ſes gar- des,de peur qu'ils ne ſe coulaf- ſent dans la mêlée pour aller à
SaintOmer.
Onaſceudepuisla bataille,
que le Prince d'Orange dans ſa fuite entra dans la maiſon
d'un païſan, à deux lieuës d'Y- pres , pour prendre un verre d'eau qu'il ne pût boire qu'en s'interrompant parſes ſanglots &par fes larmes. Il demanda s'il ne luy eſtoit point demeuré de carroffe,& s'en eſtant trou-
E GALANT. 113
1
10
vé un de reſte des trois qu'il avoit amenez,il ſe jettadedans comme un hommedeſeſperé.
Tous ſes gardes à pied &à
cheval ont fait des merveilles,
auſſi ont- ils eſté tous pris ou tuez : Ses Gardes du Corps fu rent pris dans la pourſuite.
Monfieurde Luxembourg,par la raiſon que ie vous aydite ,
eut beaucoup plus de part à la fin de l'action qu'au commen- cement : mais on peut dire qu'ayant empêchéles ennemis de ſecourir S.Omer ( ce qu'ils 1 avoient deſſeinde faire par ſon
coſté ) ſa grande vigilance ne luy a pas acquis moins degloi- re pendant le combat, quefon ardeur à pourſuivre les enne- mis apres le gain de la victoire.
114 LE MERCURE
Extrait d'une autre Relation.
Les choſes eſtant ainſi difpoſées , toute l'armée chargea en même temps. Nous trou- vâmes une grande reſiſtance d'abord , & nous fuſmes repouſſez où Son Alteſſe Roya- le eſtoit. Ayant trouvé un grand Corps d'Infanterie po- ſté dans des hayes d'uneépaif- ſeur extraordinaire , on peut
dire que Monfieur remit l'af- faire abſolument , car il ramena luy - meſme les bataillons à la charge , r'allia la Cavalerie , & fit charger fi vigoureu- ſement , qu'il pouſſa tout ce qu'il trouva devant luy.
7
GALANT. 115
Extrait d'une autre Relation.
Le premier choc fut tres- rude, les ennemis firent de furieuſes décharges par le front &le flanc , à la faveur des
hayes dont ils eſtoient couverts.Outre l'avantage du cer- tain qu'ils avoient , ils eſtoient plus forts que nous & nous
pouſſerent d'abord. Monfieur rallia luy- même, &envoya ſes ordres par les principaux Of- ficiers de ſa maiſon. Monfieur
le Chevalier de Nantoüillet
fit avancer quatre bataillons Suiſſes qui estoient à la fecon-
- de ligne : ceux de la premie- re ſe voyans ſouſtenus , prirent courage , & commence- rent à repouffer les ennemis ,
116 LE MERCURE
lors qu'unde ces quatre bataillons fut rompu. Monfieur fit auffi- toft mettre en Eſcadrons
ſes Gardes , & quelques- uns deſes domeſtiques qui estoient
accourus l'épée à la main ; &
les animant par ſonexemple,
leurinſpiratantde force&tant decourage,que toutesles trou- pes qui estoient aupresde luy ayant effuyé , à la portée du piſtolet, la décharge des enne- mis , allerent à eux l'épée à la main, &les rompirent. Monfieur le Chevalierde Lorraine
qui eſtoit avec M. de Luxem
bourg, s'appercevant queMon- ſieur faifoit avancer des troupes de la ſeconde ligne, retour- na aupresde SonAlteſſe Roya+
le, où remenant les noſtres à la
charge , il yeut le bord de ſon
GALANT.. 117
&
He
1
chapeau percé d'un coup de mouſquet qui luy fit une con- tuſion ducoſté de l'œil droit
aupres de la temple. Ce fut dans cette même occaſion que
Monfieur receut un coup de mouſquet dans ſa cuiraffe,que le Sieur Vaucher l'un de fes
valetsdechambre, eutuncoup dans lacuiſſe, en attachant une
caſaque ſur les armes de ce
Prince; ce fut là que M.le Che- valier de Nantoüillet receut
un coup de mouſquetdans la genoüillere qui touchoit celle deMonfieur , &que M. Tillet cadet aux Gardes eut ſon cheval bleſſé de deux coups derriere S. A. R. A noſtre droite ,
les mouſquetaires ayans mis pied à terre par l'ordre de M. delaCardonniere,avoient déja
118 LE MERCURE
?
mis en déroute un tres- gros bataillon qu'ils avoient forcé dansdes hayes, l'épée àla main,
apres en avoir eſſuyé la dé- charge , & les avoir pouffez dans une plaine tous botez qu'ils estoient. Cefut dans ce
même tempsque les gens d'armes Ecoſlois rencontrerent les
cuiraffiers ennemis,&lestaille.
rent en pieces. LesMouſquetaires eſtans en ſuite remontez
àcheval, revinrent dans la même plaine , où ils eſſayerent le feu de deux autres BatailJons qui estoient plus éloignez dans des hayes. Monfieur d'Humieres qui avoit com- mencé la bataille , commença auſſi la deroute des ennemis , les ayans chargez parle flanc àla tête des Eſcadrons
GALANT. 119
H
1
12
11
ef
de gendarmerie , des Cuiraf- ifiers , &mêmede l'Infanterie.
Ala gauche Monfieur de Lu- xembourg ayant paſſé auſſi fie- rement qu'heureuſement à la tête des Dragons Dauphins
&de Liſtenay , ſouſtenus de quelques bataillons , prit auſſi avec les Eſcadrons de Sourdis
la droite des ennemis par le
flanc. Cefut de ce coſté que leChevalierde Silly , l'un des Chambellans&Ayde deCamp deMonfieur , fut tué , & que
Monfieur le Marquis d'Effiat qui faiſoit travailler à un Pont,
eut la bridede ſon cheval coupée d'un coup de mouſquet.
Noftre canon fut tres -bien
ſervy parMonfieur leMarquis de la Freſeliere,qui fit changer des plafonds à propos, &avec
120 LE MERCURE
! une promptitude incroyable.
Nous avionsdeux cens hommes en garniſon au chaſteau
de Caffel , que les ennemis
n'avoient pas voulu attaquer,
eſperant les prendre àdifcre- tion, apres avoir gagné la ba- taille; mais les deux cens foldats les batirent , conduits par M. dela Motte Maréchal de
Camp, qui les prit en paſſant ,
apres s'eſtre ſignalé danslaba- taille.
Tous les Officiers de la maifonde Monfieur ont extremement ſignalé le zele qu'ils a- voient pour la gloire de leur
Maiſtre. Monfieur leMarquis d'Effiat r'allia plufieurs fois les troupes , & les remena à la charge.MonfieurdeNantoüil- let fit donner luy - même les Suiffes.
GALANT.. 121
Suiſſes. Monfieur du Purnon
executa tous les ordresqu'il receut, nonobitant le feu des ennemis. Monfieurle Marquis de
Pluyaux qui alloit & venoit,
paſſa à la teſte des Gardes au moment qu'elles chargeoient,
&chargea luy- meſme avec el- les l'épée à la m
Monfieur le Prince d'Orange ayant entrepris le ſe- cours de S. Omer , & ayant paffé avec ſon Armée le Canal de Bruges , il s'avança vers
Ypres. Sur la premiere nouvelle de ſa marche , Monfieur
de Louvois fut à Lile ; & ce
Miniſtre dont la prevoyance
ne peut eſtre aſſez admirée ,
donna ſes ordres pour faire marcher vers l'Armée deMonſieur , la petite Gendarmerie de la maiſon du Roy avec la
Cavalerie Legere, qui apres le
E iij
102 LE MERCURE
Siege de Valenciennes avoit eſté envoyée en Quartier de * rafraichiſſement dans la Flandre VValonne. LeRoy envoya
auſſi à Monfieur un Détachement commandé par Monfieur de la Cardonniere,compoſe de
huit Bataillons, deux du Regiment de la Reyne , deux de Bourgogne,deuxde Lyonnois,
&deux de Languedoc.
:
Le Prince d'Orangemarcha
à Poperingue d'une maniere qui fit douter s'il prendroit le
chemin de Bergues pour l'af- fieger , ou celuy de S. Omer pour le ſecourir.
Le Roy ayant appris que l'Armée ennemie continuoit
ſa marche, & qu'elle eſtoit plus nombreuſe qu'il n'avoit crû ,
fit partir Monfieur de Luxem-
GALANT. 103
bourg avec quelque Cavale -
rie Legere , les deux Compa- gnies de ſes mouſquetaires ,
deux Bataillons des Gardes
Françoiſes , trois du Regiment Suifle de Stoup,deuxdu Regiment Royal,& un du Maine,
Pendant que le Roy don- noit ſes ordres pour mettre l'Armée de Monfieur en bon
eſtat , fon Alteſſe Royale ſon- geoit à ſe bien ſervir des ſe- cours que Sa Majeſté luy don- noit , & envoyoit des Partis pour eſtre informé de la mar- che & du deſſein du Prince
d'Orange. Le Vendredy les ennemis ſe porterent devant un ruiſſeau
où il eſtoit difficile de les attaquer , parce que la rive qu'ils occupoiét étoit beaucoup plus
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104 LE MERCURE haute que celle qui estoit du coſté deMonfieur.
La bataille eſtant reſoluë ,
chacun fut àſon poſte , Mon- ſieur le Mareſchal d'Humieres
à la droite, & Monfieur le Duc
de Luxembourg à la gauche.
Ils laifferent Monfieur au
Corps de Bataille. Monfieur le Mareſchal d'humieres vit
que l'Aifle gauche des enne- mis s'avançoit , & qu'ils a- voient déja fait paſſer le ruif- ſeau à trois mille hommes de
pied; il les chargea &les dé- fit , puis paſſant à la teſte du ruiſſeau avec la Gendarmerie
qui compofoit l'Aifle droite qu'il commandoit , il prit l'Aî- le gauche des ennemis en flanc,&apres une aſſez vigou- reuſe reſiſtance : il la défit ab-
GALANT. 105
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د
folument. Cependant Mon- ſieur s'avançoit avec ſon corps
deBataille. Celuy des enne- mis eſtoit ſur le ruiſſeau , par- tie d'un coſté , partie de l'au- tre , les détours du ruiſſeau en
ces endroits ne permettant
pas de faire une ligne droite- La reſiſtance des ennemis fut
tres- longue & tres vigouren- ſe , Monfieur chargea plu- ſieurs fois à la teſte des eſcadrons & des Bataillons ; &
comme il eſtoit toûjours au plus fort de la meſlée , il eut un cheval bleſſe ſous luy,& un coup de mouſquet dans ſes ar- mes. Pluſieurs perſonnes fu- rent tuées ou bleſſées auprés de luy. Monfieurle Chevalier de Lorraine fut legerement bleſſé au viſage, &Monfieurle
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Chevalier de Nantoüillet à la
jambe.
Toutes les Troupes firent
des miracles , animées par la prefencedeMonfieur: les Mouf.
quetaires du Royſe ſurpaſſe -
rent eux mêmes , &perdirent
Monfieur deMoiſſac , qui s'e.
ſtoit fi heureuſement diftingué à Valenciennes Les Regimens 'd'Humieres & du Maine allerent pluſieurs fois à la charge.
Les ennemis plierent enfin ;
&pendant qu'onles attaquoit avec tant de vigueur à la droi- te & au Corps de Bataille ,
Monfieur de Luxembourg vouloit paffer le ruiſſeau pour prendre en flanc leur gauche ;
mais il trouva deux Bataillons
retranchez dans l'Eglise de Peéne د & ne put ſe rendre
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a
maiſtre de l'Egliſe &du paſſa- ge du ruiſſeau , qu'apres avoir fait venir du Canon. Dans
le temps qu'il voulut charger pourpaller de ſon coſte, MonYON
ennemis qui fuyoient, aban71 ſieur luy manda la défaite des
donnant leur Canon & leur
Bagage. Monfieur de Luxem- bourg qui voyoit les mouve- mens que les ennemis fai -
foient , manda à ſon Alteſſe
Royale , qu'il deferoit entie- rement le reſte des fuyards.
Il paſſa la riviere pour aller apres eux , &les pouſſa quel- que temps en taillant en pie- ces tout ce qui ſe ſauvoit , &
manda en ſuite à Monfieur ,
qui le faiſoit ſoûtenir de prés,
qu'il alloit continuer à les pourſuivre, &que leurdéfaite
108 LE MERCURE
eſtoit ſi enriere, qu'il n'y avoit pas dix des ennemis enſemble.
Il fit paſſer ceux qu'il cõduiſoit au travers du bagage de l'Ar- mée ennemie , qui avoit eſté
abandonné, &les empeſcha de
s'amuſer au pillage Quand on ſe fait obeïr en pareille rencontre, il faut qu'on ait bien du
pouvoir ſur les Troupes.
S'il m'eſt permis de faire des
reflexions fur cet Extrait, iediray que le Roy a le premier eſté cauſe du gain dela bataille, par les détachemens qu'il a
faits fi à propos, & que ſa pré- voyance en toutes choſes n'eſt pas moins à admirer , que le courage & l'intrepidité de Monfieur qui s'eſt toûjours trouvé dans les endroits les
plus perilleux.
xtrait d'une autre Relation.
L'armée eſtant rangée en bataille, l'Aifle droite où eſtoit
M. le Maréchal d'Humieres ,
commença à marcher aux ennemis,& pafla un ruiſſeau qui eftoit entre eux & nous. Les
Mouſquetaires commencerent
la charge, &mirent pied àterre pour charger deux batail- lons qui estoient dans des
hayes ; ils les en chafferent vigoureuſement,&les taillerent
en pieces. Il y eut quelque de- filé à paſſer pour s'aller mettre
enbataille dansun Païs unpeu
plus découvert où il y avoit
beaucoup de foffez; ce fut là où on trouva pluſieurs bataillons,&dix ou douze efcadrons
IJO LE MERCURE
:
des ennemis qui estoient en bataille. La Gendarmerie , les
brigades de Revel & de Mau- revert , formerent deux lignes.
Pendant ce temps Monfieur
ayant appris que Monfieur le Mareſchal d'Humieres avoit
chargé avec la droite, marcha à
lateſte du Corps de bataille, &
trouva l'Infanterie des ennemis poſtée dans des hayes fort avantageuſes : nonobſtant cela
il les fit charger & plier ; mais ils revinrent à la charge plu- ſieurs fois , ſouſtenus de leur
Cavalerie : Cefut là où Monfieur alla luy- même à la char- gedeuxou trois fois, encourageant par ſon exemple les fol- dats. Les ennemis y perdirent beaucoup de monde,la confu- ſion s'eſtant miſe parmy eux.
GALANT. III
}
2
Monfieur le Maréchal d'Humieres chargea à la teſte des Ecoſſois pluſieurs Efcadrons
desGardes du Prince d'Orange;mais étans ſoûtenus deleur
Infanterie , il fallut attendre
qu'une partie de la nôtre euſt paſſé de ce coſté- là,pour chaf- ſer la leur qui étoit retranchée
dans lesbuiffons. Unbataillon
de la Reyne eſtant arrivé avec Navarre , on chargea les bataillons qui estoient dans ces
hayes. Ils firent grands feu &
tinrent ferme quelque temps ,
mais ils plierent ayant veu la reſolution des nôtres. La Gendarmerie chargeaauſſi-tôt plu- ſieurs Efcadrons quiles receu- rent affez bien;mais ayanteſté
pris en flanc par les Cuirafſiers de Tilladet , ils laſcherent
312 LE MERCURE
pied &ſe retirerent derriere un petit ruiffeau. Ce fut pour lors quetoute leur armée commençant à filer & à fuir , tout fut mis en déroute.
Monfieur de Luxembourg n'euſt pas ſeulement les enne- mis àcombattre,mais il fut encor obligéà ſe tenir ſur ſes gar- des,de peur qu'ils ne ſe coulaf- ſent dans la mêlée pour aller à
SaintOmer.
Onaſceudepuisla bataille,
que le Prince d'Orange dans ſa fuite entra dans la maiſon
d'un païſan, à deux lieuës d'Y- pres , pour prendre un verre d'eau qu'il ne pût boire qu'en s'interrompant parſes ſanglots &par fes larmes. Il demanda s'il ne luy eſtoit point demeuré de carroffe,& s'en eſtant trou-
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vé un de reſte des trois qu'il avoit amenez,il ſe jettadedans comme un hommedeſeſperé.
Tous ſes gardes à pied &à
cheval ont fait des merveilles,
auſſi ont- ils eſté tous pris ou tuez : Ses Gardes du Corps fu rent pris dans la pourſuite.
Monfieurde Luxembourg,par la raiſon que ie vous aydite ,
eut beaucoup plus de part à la fin de l'action qu'au commen- cement : mais on peut dire qu'ayant empêchéles ennemis de ſecourir S.Omer ( ce qu'ils 1 avoient deſſeinde faire par ſon
coſté ) ſa grande vigilance ne luy a pas acquis moins degloi- re pendant le combat, quefon ardeur à pourſuivre les enne- mis apres le gain de la victoire.
114 LE MERCURE
Extrait d'une autre Relation.
Les choſes eſtant ainſi difpoſées , toute l'armée chargea en même temps. Nous trou- vâmes une grande reſiſtance d'abord , & nous fuſmes repouſſez où Son Alteſſe Roya- le eſtoit. Ayant trouvé un grand Corps d'Infanterie po- ſté dans des hayes d'uneépaif- ſeur extraordinaire , on peut
dire que Monfieur remit l'af- faire abſolument , car il ramena luy - meſme les bataillons à la charge , r'allia la Cavalerie , & fit charger fi vigoureu- ſement , qu'il pouſſa tout ce qu'il trouva devant luy.
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GALANT. 115
Extrait d'une autre Relation.
Le premier choc fut tres- rude, les ennemis firent de furieuſes décharges par le front &le flanc , à la faveur des
hayes dont ils eſtoient couverts.Outre l'avantage du cer- tain qu'ils avoient , ils eſtoient plus forts que nous & nous
pouſſerent d'abord. Monfieur rallia luy- même, &envoya ſes ordres par les principaux Of- ficiers de ſa maiſon. Monfieur
le Chevalier de Nantoüillet
fit avancer quatre bataillons Suiſſes qui estoient à la fecon-
- de ligne : ceux de la premie- re ſe voyans ſouſtenus , prirent courage , & commence- rent à repouffer les ennemis ,
116 LE MERCURE
lors qu'unde ces quatre bataillons fut rompu. Monfieur fit auffi- toft mettre en Eſcadrons
ſes Gardes , & quelques- uns deſes domeſtiques qui estoient
accourus l'épée à la main ; &
les animant par ſonexemple,
leurinſpiratantde force&tant decourage,que toutesles trou- pes qui estoient aupresde luy ayant effuyé , à la portée du piſtolet, la décharge des enne- mis , allerent à eux l'épée à la main, &les rompirent. Monfieur le Chevalierde Lorraine
qui eſtoit avec M. de Luxem
bourg, s'appercevant queMon- ſieur faifoit avancer des troupes de la ſeconde ligne, retour- na aupresde SonAlteſſe Roya+
le, où remenant les noſtres à la
charge , il yeut le bord de ſon
GALANT.. 117
&
He
1
chapeau percé d'un coup de mouſquet qui luy fit une con- tuſion ducoſté de l'œil droit
aupres de la temple. Ce fut dans cette même occaſion que
Monfieur receut un coup de mouſquet dans ſa cuiraffe,que le Sieur Vaucher l'un de fes
valetsdechambre, eutuncoup dans lacuiſſe, en attachant une
caſaque ſur les armes de ce
Prince; ce fut là que M.le Che- valier de Nantoüillet receut
un coup de mouſquetdans la genoüillere qui touchoit celle deMonfieur , &que M. Tillet cadet aux Gardes eut ſon cheval bleſſé de deux coups derriere S. A. R. A noſtre droite ,
les mouſquetaires ayans mis pied à terre par l'ordre de M. delaCardonniere,avoient déja
118 LE MERCURE
?
mis en déroute un tres- gros bataillon qu'ils avoient forcé dansdes hayes, l'épée àla main,
apres en avoir eſſuyé la dé- charge , & les avoir pouffez dans une plaine tous botez qu'ils estoient. Cefut dans ce
même tempsque les gens d'armes Ecoſlois rencontrerent les
cuiraffiers ennemis,&lestaille.
rent en pieces. LesMouſquetaires eſtans en ſuite remontez
àcheval, revinrent dans la même plaine , où ils eſſayerent le feu de deux autres BatailJons qui estoient plus éloignez dans des hayes. Monfieur d'Humieres qui avoit com- mencé la bataille , commença auſſi la deroute des ennemis , les ayans chargez parle flanc àla tête des Eſcadrons
GALANT. 119
H
1
12
11
ef
de gendarmerie , des Cuiraf- ifiers , &mêmede l'Infanterie.
Ala gauche Monfieur de Lu- xembourg ayant paſſé auſſi fie- rement qu'heureuſement à la tête des Dragons Dauphins
&de Liſtenay , ſouſtenus de quelques bataillons , prit auſſi avec les Eſcadrons de Sourdis
la droite des ennemis par le
flanc. Cefut de ce coſté que leChevalierde Silly , l'un des Chambellans&Ayde deCamp deMonfieur , fut tué , & que
Monfieur le Marquis d'Effiat qui faiſoit travailler à un Pont,
eut la bridede ſon cheval coupée d'un coup de mouſquet.
Noftre canon fut tres -bien
ſervy parMonfieur leMarquis de la Freſeliere,qui fit changer des plafonds à propos, &avec
120 LE MERCURE
! une promptitude incroyable.
Nous avionsdeux cens hommes en garniſon au chaſteau
de Caffel , que les ennemis
n'avoient pas voulu attaquer,
eſperant les prendre àdifcre- tion, apres avoir gagné la ba- taille; mais les deux cens foldats les batirent , conduits par M. dela Motte Maréchal de
Camp, qui les prit en paſſant ,
apres s'eſtre ſignalé danslaba- taille.
Tous les Officiers de la maifonde Monfieur ont extremement ſignalé le zele qu'ils a- voient pour la gloire de leur
Maiſtre. Monfieur leMarquis d'Effiat r'allia plufieurs fois les troupes , & les remena à la charge.MonfieurdeNantoüil- let fit donner luy - même les Suiffes.
GALANT.. 121
Suiſſes. Monfieur du Purnon
executa tous les ordresqu'il receut, nonobitant le feu des ennemis. Monfieurle Marquis de
Pluyaux qui alloit & venoit,
paſſa à la teſte des Gardes au moment qu'elles chargeoient,
&chargea luy- meſme avec el- les l'épée à la m
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Résumé : Extrait d'une Relation de la fameuse Bataille de Cassel.
Le Prince d'Orange, après avoir secouru S. Omer et traversé le canal de Bruges, se dirigea vers Ypres. À l'annonce de sa marche, le ministre de Louvois ordonna à la petite gendarmerie et à la cavalerie légère de se diriger vers l'armée du Prince. Le roi envoya également un détachement commandé par le marquis de la Cardonnière, composé de huit bataillons de divers régiments. Le Prince d'Orange avança ensuite vers Poperingue, incertain de sa destination finale. Informé de la progression de l'armée ennemie, le roi envoya le duc de Luxembourg avec de la cavalerie légère, des mousquetaires et plusieurs bataillons pour renforcer ses troupes. Le prince d'Orange se positionna près d'un ruisseau difficile à franchir. La bataille débuta avec le maréchal d'Humières à droite et le duc de Luxembourg à gauche. Le maréchal d'Humières chargea et défit l'aile gauche ennemie, tandis que le prince d'Orange avançait avec le corps de bataille. La résistance ennemie fut vigoureuse, mais les troupes françaises, animées par la présence du prince, chargèrent à plusieurs reprises. Plusieurs personnes furent blessées, dont le chevalier de Lorraine et le chevalier de Nantoüillet. Les régiments d'Humières et du Maine se distinguèrent par leur bravoure. Les ennemis finirent par plier, et le duc de Luxembourg, après avoir pris une église retranchée, poursuivit les fuyards. La bataille se solda par une victoire française, avec une déroute complète de l'armée ennemie. Le prince d'Orange, en fuite, fut vu en larmes, désespéré. Les gardes du prince furent tous capturés ou tués. Le duc de Luxembourg joua un rôle crucial dans la fin de la bataille et la poursuite des ennemis.
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3
p. 236-245
« Le Gouvernement de Mezieres a esté donné à Monsieur de [...] »
Début :
Le Gouvernement de Mezieres a esté donné à Monsieur de [...]
Mots clefs :
Gouvernement, Charge, Mérite, Dons, nommer, Campagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Gouvernement de Mezieres a esté donné à Monsieur de [...] »
Le Gouvernement de Mezieres a eſté donné àMonſieurde Lançon , &celuy de Sainte Menehoud à Monfieur
deNeuchelle,tousdeux Lieu- renans des Gardes du Corps de Sa Majeſté. Leurs Char- gesprouventleur mérite:elles ſe vendoient autre- fois ; mais
il y a douze ou quinze ans que le Roy voulant avoirau- pres de fa Perſonne ceuxqui avoient paffé toute leur vie dans ſes Troupes, en recom- penſa leurs ſervices.ll a conti- nué à meſure qu'elles ont va- qué à les remplir des plus bra- ves & des plus anciens Offi- ciers ; demaniere qu'il n'y en
GALANT. 175 a aucun dans ce Corps qui ne ſoit capable des plus grands Emplois militaires. 1
Le Roy a donné le Gouver- nement de Cambray àMon- ſieur de Cezan, Major du Re- giment des Gardes , & qui eſtoit Gouverneurde Condé.
C'eſt un ancien Officier , qui par ſes longs ſervices s'eſt ren- dudigne de cet honneur.
Monfieur Dreux , qui avoit la Lieutenance de Roy dans Bouchain, a cu celle de Cambray & Monfieur Pariſot la Majorité. Il ne faut que lire le détail du Siege de cette Pla- ce pour connoître ſon mérite.
Le Commandement de la
Citadelle de Cambray a été donné à Monfieur de Choiſy tres-habile Ingénieur ; &la Hiij
176 LE MERCURE
Lieutenance de Roy à Mon- ſieur du Freſne, qui estoit Ma- jor de Bouchain.
Monfieur de laLevretiere,
Commandant de Limbourg, a
eſté nommé au Gouvernementde Condé ; & Monfieur
de S. Geniers à celui de Saint
Omer. Il commandoit dans
Douay ainſi qu'il a fait dans Brifac. Il eſt Frere de Monfieur
le Maréchal de Navailles. Il a
donné en beaucoup d'occa- fions de grandes preuves de valeur,&il ne faut que le voir pour remarquer auffi- tôt qu'il a reçeudes coups tres-dangereux.
Monfieur Raouffet Capitai- ne dasNavarre,a êté fait Lieutenant deRoy de S.Omer ; &
la Majorité a été donnée à
GALAN T. 177
Monfieur de Rochepaire Ingenieur,ainſi quele Comma- dementdeDoüay à Monfieur
leMarquis de Pierrefite, qui a
ſervylong- tempsdans l'Infan- terie à la teſte du Regiment duRoy.
MonfieurdeRouvray,Lieu- tenant de la Veneric,ayant été tue danslaJournée de Caffe HEQOO le Roy a pourveu de cette LYON S
1993 *
ChargeMonfieurdela Mot- te Exempt des Gardes du
Corps. C'eſt un tres-honneſte
Homme , dont on a veu avec joye le mérite récompensé. Il futbleſſe à la Bataille de Senef, &il ne s'eſt trouvé dans
aucune occaſion où il n'air
donné beaucoup de marques
de courage.
2
Monfieur de laCardoniere
H iiij
178 LE MERCURE
a eu la Charge de Mestre de Camp General de la Cavale- rie Legere, vacante par la mort de M. le Marquis de Renel.Je vous ay parlé de ſon mérite dans mes dernieres Lettres , &
vous voyez que je vous ay dit -
vray , puis que le Roy l'a reconnu.
Les Pages du Roy s'étant fi- gnalés dans les occaſions les plus perilleuſes. Sa Ma- jeſté pour commencer à
leur en témoigner ſa ſatisfa- tion,adonné à M.de Boiſden.
nemets leur Doyen une En- ſeigne aux Gardes .
Le Roy a fait Monfieur du
Peré , Lieutenant Colonel du
Regiment Lyonois,en luy di- fant , Qu'il ne pouvoit remettre
cette Charge en de meilleures
mains, & qu'il lefift bienfervir.
GALANT. 179
-
2
On ne peut faire un préſent de meilleure grace; & des pa- roles ſi obligeantes , prononcées par un ſi grand Prince doivent cauſer plus de joye à
ungalant Homme , que tout ce qu'il en pouroit recevoir ;
auſſi en ont-elles donné beaucoup à Monfieur du Peré.
C'eſt un tres-ancien Officier ,
quoy que jeune encor. Il a
commencé à porter les armes dés l'âge de treize ans ; &depuis vingt-quatre années il s'eſt ſignalé dans toutes les occaſions où le Regiment Lyonois s'eſt trouvé. On ſçait combien de gloire ce Regi- ment s'eſt acquis , & qu'il a
fait des choſes incroyables.
Monfieurle Duc de Villeroy s'étantexpoſé depuis plu
Hv
180 LE MERCURE
ſieurs années aux périls les plus évidens, & ayant merité d'être Lieutenant General
dans un âge où les autres có- mencent à peine àfaire parler d'eux, Sa Majesté a voulu en- cor reconnoître l'ardeur avec
laquelle il a ſervy cette Cam- pagne, &luy adõnéune Pen- fion dedouze mille livres de
rente , en attendant qu'il luy faſſe autrement connoître
combien il eſt fatisfait de luy.
deNeuchelle,tousdeux Lieu- renans des Gardes du Corps de Sa Majeſté. Leurs Char- gesprouventleur mérite:elles ſe vendoient autre- fois ; mais
il y a douze ou quinze ans que le Roy voulant avoirau- pres de fa Perſonne ceuxqui avoient paffé toute leur vie dans ſes Troupes, en recom- penſa leurs ſervices.ll a conti- nué à meſure qu'elles ont va- qué à les remplir des plus bra- ves & des plus anciens Offi- ciers ; demaniere qu'il n'y en
GALANT. 175 a aucun dans ce Corps qui ne ſoit capable des plus grands Emplois militaires. 1
Le Roy a donné le Gouver- nement de Cambray àMon- ſieur de Cezan, Major du Re- giment des Gardes , & qui eſtoit Gouverneurde Condé.
C'eſt un ancien Officier , qui par ſes longs ſervices s'eſt ren- dudigne de cet honneur.
Monfieur Dreux , qui avoit la Lieutenance de Roy dans Bouchain, a cu celle de Cambray & Monfieur Pariſot la Majorité. Il ne faut que lire le détail du Siege de cette Pla- ce pour connoître ſon mérite.
Le Commandement de la
Citadelle de Cambray a été donné à Monfieur de Choiſy tres-habile Ingénieur ; &la Hiij
176 LE MERCURE
Lieutenance de Roy à Mon- ſieur du Freſne, qui estoit Ma- jor de Bouchain.
Monfieur de laLevretiere,
Commandant de Limbourg, a
eſté nommé au Gouvernementde Condé ; & Monfieur
de S. Geniers à celui de Saint
Omer. Il commandoit dans
Douay ainſi qu'il a fait dans Brifac. Il eſt Frere de Monfieur
le Maréchal de Navailles. Il a
donné en beaucoup d'occa- fions de grandes preuves de valeur,&il ne faut que le voir pour remarquer auffi- tôt qu'il a reçeudes coups tres-dangereux.
Monfieur Raouffet Capitai- ne dasNavarre,a êté fait Lieutenant deRoy de S.Omer ; &
la Majorité a été donnée à
GALAN T. 177
Monfieur de Rochepaire Ingenieur,ainſi quele Comma- dementdeDoüay à Monfieur
leMarquis de Pierrefite, qui a
ſervylong- tempsdans l'Infan- terie à la teſte du Regiment duRoy.
MonfieurdeRouvray,Lieu- tenant de la Veneric,ayant été tue danslaJournée de Caffe HEQOO le Roy a pourveu de cette LYON S
1993 *
ChargeMonfieurdela Mot- te Exempt des Gardes du
Corps. C'eſt un tres-honneſte
Homme , dont on a veu avec joye le mérite récompensé. Il futbleſſe à la Bataille de Senef, &il ne s'eſt trouvé dans
aucune occaſion où il n'air
donné beaucoup de marques
de courage.
2
Monfieur de laCardoniere
H iiij
178 LE MERCURE
a eu la Charge de Mestre de Camp General de la Cavale- rie Legere, vacante par la mort de M. le Marquis de Renel.Je vous ay parlé de ſon mérite dans mes dernieres Lettres , &
vous voyez que je vous ay dit -
vray , puis que le Roy l'a reconnu.
Les Pages du Roy s'étant fi- gnalés dans les occaſions les plus perilleuſes. Sa Ma- jeſté pour commencer à
leur en témoigner ſa ſatisfa- tion,adonné à M.de Boiſden.
nemets leur Doyen une En- ſeigne aux Gardes .
Le Roy a fait Monfieur du
Peré , Lieutenant Colonel du
Regiment Lyonois,en luy di- fant , Qu'il ne pouvoit remettre
cette Charge en de meilleures
mains, & qu'il lefift bienfervir.
GALANT. 179
-
2
On ne peut faire un préſent de meilleure grace; & des pa- roles ſi obligeantes , prononcées par un ſi grand Prince doivent cauſer plus de joye à
ungalant Homme , que tout ce qu'il en pouroit recevoir ;
auſſi en ont-elles donné beaucoup à Monfieur du Peré.
C'eſt un tres-ancien Officier ,
quoy que jeune encor. Il a
commencé à porter les armes dés l'âge de treize ans ; &depuis vingt-quatre années il s'eſt ſignalé dans toutes les occaſions où le Regiment Lyonois s'eſt trouvé. On ſçait combien de gloire ce Regi- ment s'eſt acquis , & qu'il a
fait des choſes incroyables.
Monfieurle Duc de Villeroy s'étantexpoſé depuis plu
Hv
180 LE MERCURE
ſieurs années aux périls les plus évidens, & ayant merité d'être Lieutenant General
dans un âge où les autres có- mencent à peine àfaire parler d'eux, Sa Majesté a voulu en- cor reconnoître l'ardeur avec
laquelle il a ſervy cette Cam- pagne, &luy adõnéune Pen- fion dedouze mille livres de
rente , en attendant qu'il luy faſſe autrement connoître
combien il eſt fatisfait de luy.
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Résumé : « Le Gouvernement de Mezieres a esté donné à Monsieur de [...] »
Le texte relate plusieurs nominations et promotions au sein de l'armée française. Monsieur de Lançon et Monsieur de Neuchelle, lieutenants des Gardes du Corps du roi, ont respectivement été nommés gouverneurs de Mézières et de Sainte Menehould. Le roi a privilégié des officiers ayant une longue carrière à son service pour remplir ces postes. Monsieur de Cezan, Major du Régiment des Gardes et ancien Gouverneur de Condé, a été nommé Gouverneur de Cambray. Monsieur Dreux, ancien Lieutenant du Roi à Bouchain, a reçu la Lieutenance de Cambray, tandis que Monsieur Parisot a obtenu la Majorité. Le Commandement de la Citadelle de Cambray a été confié à Monsieur de Choisy, ingénieur, et la Lieutenance du Roi à Monsieur du Fresne, ancien Major de Bouchain. Monsieur de la Levretière, Commandant de Limbourg, a été nommé Gouverneur de Condé. Monsieur de Saint Geniers, frère du Maréchal de Navailles, a reçu le Gouvernement de Saint Omer après avoir commandé à Douay et Brissac. Monsieur Raouffet, Capitaine au Navarre, a été nommé Lieutenant du Roi à Saint Omer, et la Majorité a été donnée à Monsieur de Rochepaire, ingénieur. Le Commandement de Douay a été confié au Marquis de Pierrefite, vétéran de l'infanterie. Monsieur de la Motte, Exempt des Gardes du Corps, a remplacé Monsieur de Rouvray, Lieutenant de la Vérine, tué à la bataille de Caffé. Monsieur de la Cardonnière a obtenu la charge de Mestre de Camp Général de la Cavalerie Légère après la mort du Marquis de Renel. Les Pages du Roi, ayant montré leur bravoure, ont reçu des distinctions, notamment Monsieur de Boisden, nommé Doyen des Pages. Le roi a promu Monsieur du Peré au rang de Lieutenant Colonel du Régiment Lyonois, soulignant ses vingt-quatre années de service distingué. Enfin, le Duc de Villeroy a reçu une pension de douze mille livres en reconnaissance de ses actions courageuses.
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4
p. 246-248
« Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...] »
Début :
Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...]
Mots clefs :
Monsieur de Bailleul, Conseiller au Parlement, Monsieur de Brétonvilliers, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...] »
Monfieur de Bailleul , Fils
deMonfieurde Bailleul Prefident à Mortier , & petit- Fils d'un autre Preſident à Mor
tier , Sur- Intendant des Finances,& Miniſtre d'Etat ſous
la Regence de la feuë Reyne Mere du Roy , a eſté reçeu depuis peu Conſeiller au Parlement. On ne peut donner plus demarques de ſuffiſance qu'il en a donné dans les exa- mensqui luy ont eſté faits.On n'en a point eſté ſurpris , &il n'a fait que confirmer l'opi- nion avantageuſe qu'il avoit fait concevoir de luy par ſes Plaïdoyez , dans lesquels il .
182 LE MERCURE
s'eſtoit fait ſouvent admirer à
la Grand Chambre & ailleurs,
depuis cinq ou fix ans qu'il fréquentoitle Barreau en qua- lité d'Avocat..
Monfieur de Bretonvilliers aeſté auſſi reçeu dans le meſme temps Conſeiller au
Parlement. On ne peut dou- ter qu'il ne ſoit tres- digne de cette Charge , apres qu'il a
exercé pendant deux ans celle de Conſeiller au Chaſtelet
avec toute la capacité qui peut rendreunJuge recomandable.
deMonfieurde Bailleul Prefident à Mortier , & petit- Fils d'un autre Preſident à Mor
tier , Sur- Intendant des Finances,& Miniſtre d'Etat ſous
la Regence de la feuë Reyne Mere du Roy , a eſté reçeu depuis peu Conſeiller au Parlement. On ne peut donner plus demarques de ſuffiſance qu'il en a donné dans les exa- mensqui luy ont eſté faits.On n'en a point eſté ſurpris , &il n'a fait que confirmer l'opi- nion avantageuſe qu'il avoit fait concevoir de luy par ſes Plaïdoyez , dans lesquels il .
182 LE MERCURE
s'eſtoit fait ſouvent admirer à
la Grand Chambre & ailleurs,
depuis cinq ou fix ans qu'il fréquentoitle Barreau en qua- lité d'Avocat..
Monfieur de Bretonvilliers aeſté auſſi reçeu dans le meſme temps Conſeiller au
Parlement. On ne peut dou- ter qu'il ne ſoit tres- digne de cette Charge , apres qu'il a
exercé pendant deux ans celle de Conſeiller au Chaſtelet
avec toute la capacité qui peut rendreunJuge recomandable.
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Résumé : « Monsieur de Bailleul, Fils de Monsieur de Bailleur President à [...] »
Le texte annonce la nomination de deux conseillers au Parlement. Monsieur de Bailleul, fils et petit-fils de présidents à Mortier, est nommé surintendant des finances et ministre d'État. Il a été reconnu pour ses compétences en tant qu'avocat. Monsieur de Bretonvilliers, conseiller au Châtelet depuis deux ans, est également nommé pour sa capacité démontrée.
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5
p. 238-240
« Il n'y a pas longtemps qu'un Capre Ostendois [...] »
Début :
Il n'y a pas longtemps qu'un Capre Ostendois [...]
Mots clefs :
Capre Ostendois, Duc de S. Aignan, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il n'y a pas longtemps qu'un Capre Ostendois [...] »
Iln'y apas long-temps qu'un Capre Oftendois attaqua prés des Coſtes du Havre de Grace,
&dans ceCouvernement, deux
Barques Marchandes de Diep- pe, qu'il auroit priſes indubita- blement , fi.M de Benouville ,
Capitaine de la Coſte , ne s'y fut promptement & vigoureuſemét oppoſe avec les Habitans qui font fous fa charge. Le Capre aprés avoir abadonné deuxBar- ques , les attaqua une féconde fois plus présduHavre, fotus la Capitainerie de MideCauville,
qui fit la meſime choſe antre pouffantleditCapre, quiſe ret
tira fans rien tenter davantage,
après avoir tiré plus de trente coups de Canons&& force coups de Moufquets. Getix qui font fous la charge de Mile Duode
Saint Aignan , imitenpaver tant
GALANT. 157 de bon-heur & d'empreſſement fon zele & fa vigilance pour le fervice duRoy,qu'il n'a pas eſté poſſible aux Ennemis , depuis la Declaration de la Guerre juf- ques à preſent , de réüffir dans aucunedetoutes les entrepriſes qu'ils ontfaites fur les Coftes de fon Gouvernement.
&dans ceCouvernement, deux
Barques Marchandes de Diep- pe, qu'il auroit priſes indubita- blement , fi.M de Benouville ,
Capitaine de la Coſte , ne s'y fut promptement & vigoureuſemét oppoſe avec les Habitans qui font fous fa charge. Le Capre aprés avoir abadonné deuxBar- ques , les attaqua une féconde fois plus présduHavre, fotus la Capitainerie de MideCauville,
qui fit la meſime choſe antre pouffantleditCapre, quiſe ret
tira fans rien tenter davantage,
après avoir tiré plus de trente coups de Canons&& force coups de Moufquets. Getix qui font fous la charge de Mile Duode
Saint Aignan , imitenpaver tant
GALANT. 157 de bon-heur & d'empreſſement fon zele & fa vigilance pour le fervice duRoy,qu'il n'a pas eſté poſſible aux Ennemis , depuis la Declaration de la Guerre juf- ques à preſent , de réüffir dans aucunedetoutes les entrepriſes qu'ils ontfaites fur les Coftes de fon Gouvernement.
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Résumé : « Il n'y a pas longtemps qu'un Capre Ostendois [...] »
Un navire corsaire d'Ouistreham a attaqué deux barques marchandes de Dieppe près du Havre. M. de Benouville et les habitants ont repoussé l'attaque. Le corsaire a ensuite été repoussé par M. de Cauville après avoir tiré plus de trente coups de canon. Les habitants, sous M. Duode Saint Aignan, ont montré une vigilance remarquable pour protéger les côtes depuis la déclaration de la guerre.
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6
p. 259-260
« Je croy avoir oublié à vous dire que le Roy [...] »
Début :
Je croy avoir oublié à vous dire que le Roy [...]
Mots clefs :
Marquis de Morvair, Commissaire général de la Cavalerie, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Je croy avoir oublié à vous dire que le Roy [...] »
Ie croy avoir oublié à vous dire que le Roy adonné à Mon- ſieur le Marquis de Morvair ,
Tome IV. E
170 LE MERCVRE
LieutenantdeRoyde Breffe, la Charge de Commiſſaire General de la Cavalerie qu'avoit M
de la Cardonnerie. Il s'eſt ſigna- lé enbeaucoup d'endroits, &fur
tout au Paffage duRhin.
Tome IV. E
170 LE MERCVRE
LieutenantdeRoyde Breffe, la Charge de Commiſſaire General de la Cavalerie qu'avoit M
de la Cardonnerie. Il s'eſt ſigna- lé enbeaucoup d'endroits, &fur
tout au Paffage duRhin.
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7
p. 159-161
Le Roy fait M. d'Argouges Conseiller d'Estat, & donne la Charge de Premier President de Bretagne à M. de Pontchartrain. [titre d'après la table]
Début :
Je ne sçay, Madame, si on vous aura appris que [...]
Mots clefs :
Premier président au Parlement de Bretagne, Monsieur d'Argouge, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy fait M. d'Argouges Conseiller d'Estat, & donne la Charge de Premier President de Bretagne à M. de Pontchartrain. [titre d'après la table]
Je ne ſçay , Madame, fi on vous aura appris que le Roy a
donné depuis peu unnouveau Premier Prefidentau Parlemét
de Bretagne. Monfieur d'Ar- gouge qui l'eſtoit , s'eſt démis
- volontairemet de cette Charge. C'eſt un Hommetres-fage,
- qui estoit fort eftimé de la feu
Reyne Mere, &qui abien fer- -vy le Roydans les EtatsdeBre1893*37714
116 LE MERCVRE
tagne. Sa Majesté 1 a fait Con- feiller d'Etat ordinaire, &a mis
en ſa place Mr Phelipcaux de Pontchartrain, qui estoit Con- feiller au Parlement. On ne
peutdouterde fon merite, puis quemEmploy de cette impor- tance ne ſe donne jamais qu'à des Perſonnes qui en ont infi- niment. Il eſt de la Maiſonde
la Vrillierie , c'eſt à dire d'une
des plus grandes & des meil- leures Familles de la Robe; on
peut meſmeadjoûterd'une Fa- mille pieuſe,puis que tous ceux dela Maiſonde Hodic qui en font, viventdans une régulari- té exemplaire dont tout le monde eſt édifié.
Monfieur l'A
donné depuis peu unnouveau Premier Prefidentau Parlemét
de Bretagne. Monfieur d'Ar- gouge qui l'eſtoit , s'eſt démis
- volontairemet de cette Charge. C'eſt un Hommetres-fage,
- qui estoit fort eftimé de la feu
Reyne Mere, &qui abien fer- -vy le Roydans les EtatsdeBre1893*37714
116 LE MERCVRE
tagne. Sa Majesté 1 a fait Con- feiller d'Etat ordinaire, &a mis
en ſa place Mr Phelipcaux de Pontchartrain, qui estoit Con- feiller au Parlement. On ne
peutdouterde fon merite, puis quemEmploy de cette impor- tance ne ſe donne jamais qu'à des Perſonnes qui en ont infi- niment. Il eſt de la Maiſonde
la Vrillierie , c'eſt à dire d'une
des plus grandes & des meil- leures Familles de la Robe; on
peut meſmeadjoûterd'une Fa- mille pieuſe,puis que tous ceux dela Maiſonde Hodic qui en font, viventdans une régulari- té exemplaire dont tout le monde eſt édifié.
Monfieur l'A
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Résumé : Le Roy fait M. d'Argouges Conseiller d'Estat, & donne la Charge de Premier President de Bretagne à M. de Pontchartrain. [titre d'après la table]
Le roi a nommé Philippe de Pontchartrain Premier Président du Parlement de Bretagne, remplaçant d'Argouge, démissionnaire volontaire. Pontchartrain, Conseiller au Parlement, est reconnu pour son mérite. Il appartient à la famille de la Vrillierie, respectée pour sa piété et sa régularité.
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8
p. 296-297
M. le Marquis de Saillant achete celle de Seneschal du Limosin. [titre d'après la table]
Début :
Monsieur le Marquis de Saillant Vicomte de Comborg, a acheté [...]
Mots clefs :
Marquis de Saillant, Sénéchal, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. le Marquis de Saillant achete celle de Seneschal du Limosin. [titre d'après la table]
MonfieurleMarquis de Sailさすっ て 。
210 LE MERCURE
lant Vicomte de Combourg, a
acheté de Monfieur le Ducde
Vantadour , la Charge de Senéchal de Limousin.
210 LE MERCURE
lant Vicomte de Combourg, a
acheté de Monfieur le Ducde
Vantadour , la Charge de Senéchal de Limousin.
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9
p. 184-191
Le Roy donne au Fils de feu M. le Comte de Cossé la Charge de Grand Pannetier de France. [titre d'après la table]
Début :
Apres avoir parlé des Conquestes du Roy, passons à la [...]
Mots clefs :
Charge, Comte de Cossé, Grand Pannetier de France, Maison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne au Fils de feu M. le Comte de Cossé la Charge de Grand Pannetier de France. [titre d'après la table]
Apres avoir parlé des Con- queſtes du Roy,paſſons à la bonté dece Prince, & diſonsqu'aimant àla faire paroiſtre pour toutes les Perſonnes confiderables de ſa
Cour, il a donné à Monfieur le
Comte de Coffe la Charge de
Grand Pannetier de France que poſſedoit feu M' le Comte de Coffé fonPere , dont je vous ay mandé la mort dans ma premiere Lettre de cetteAnnée. Ainfi,Ma-
GALANT. 117 dame , je ne vous repete point qu'il a eſté un des plus galans Hommes de ſon temps , que ſes belles qualitez luy avoient éga- lement attiré l'eſtime de l'un &
de l'autre Sexe , &qu'apres avoir donné des marques d'un grand courage &d'une extréme pru- dence, dans une infinité de Sieges & de Batailles dont il s'eſt toûjours glorieuſement tiré , il a conſerve juſqu'au dernier mo- THEO
mentde fa vie une fidelite inev
branlable pour fon Prince. Me le Comtede Coſſe ſon Fils , quoy qu'il n'ait pas encor dix ans , ſe montre déja preſt à marcher ſur les tracesde ſes Anceſtres , àqui une haute Naiſſance jointe aux ſignalez ſervices qu'ils ontde tout temps rendus à l'Etat , a fait ob- tenir les plus grandes Charges de la Maiſon de nos Roys. Celle
118 LE MERCVRE
de Grand Pannetier de France
eſt une des plus anciennes , &il yadeux cens ans qu'elle eſt dans laMaiſon de Coffe. Je ſerois trop long fije voulois nommertous les GrandsHommes qui en font for- tis ;jevayſeulement vous en fai- re connoiſtrequelques-uns. Jean deCoffé Senéchal de Provence,
eſtoit Favory de René d'Anjou,
Roy de Sicile & ComtedePro- vence, qui le fit ſon Ambaſſadeur aupres de Loüis XI. fon Ne- veu. Il eut l'adreſſe d'accorder
leurs Démeflez , & d'empefcher que la Comté de Provence ne fuft donnée au Duc de Bourgogne.
RenédeCoffeNeveudeJean,
Seigneur de Brifſac en Anjou,
Grand Pannetier & Fauconnier
de France accompagna Charles VII. à la Conqueſte de Naples,
E GALANT.
da
SC
ער
미
Ha
&ſe trouva aux Batailles d'Aignadel &de Marignan , oùil don- nade grandes marques de coura- ge&de valeur.
Charles de Coffe Mareſchal
deFrance , n'en fit pas moins pa- roiſtre en Italie à la Rencontre
des Impériaux& des Savoyards.
Il eſtoit Grand-Maistre de l'Ar
tillerie,Gouverneur de Paris &
de Picardie , & Lieutenant GeL
neral pour le Roy Henry I I. en Piemont. Je ne vous dis rien de
Timoleon de Coffe Grand Fauconnier de France ,& Colonel Generaldel'Infanterie Françoiſe.
Son tropd'ardeur luy coûtala vie au SiegedeMucidan. Il y fut tue,
pours'eftre trop avancé en vou- dant reconnoiſtre la Breche.
Charles deCoffe fon Frere, Duc
deBriſſac , Mareſchalde France,
&Chevalier des Ordres duRoy,
1-20 LE MERCVRE
a eu la gloire de remettre Paris ſous l'obeïſſance de Henry IV. &
c'eſt de lay que font deſcendus lesDucs deBriffac , & le Comte
deCoſſe d'aujourd'huy.
Cour, il a donné à Monfieur le
Comte de Coffe la Charge de
Grand Pannetier de France que poſſedoit feu M' le Comte de Coffé fonPere , dont je vous ay mandé la mort dans ma premiere Lettre de cetteAnnée. Ainfi,Ma-
GALANT. 117 dame , je ne vous repete point qu'il a eſté un des plus galans Hommes de ſon temps , que ſes belles qualitez luy avoient éga- lement attiré l'eſtime de l'un &
de l'autre Sexe , &qu'apres avoir donné des marques d'un grand courage &d'une extréme pru- dence, dans une infinité de Sieges & de Batailles dont il s'eſt toûjours glorieuſement tiré , il a conſerve juſqu'au dernier mo- THEO
mentde fa vie une fidelite inev
branlable pour fon Prince. Me le Comtede Coſſe ſon Fils , quoy qu'il n'ait pas encor dix ans , ſe montre déja preſt à marcher ſur les tracesde ſes Anceſtres , àqui une haute Naiſſance jointe aux ſignalez ſervices qu'ils ontde tout temps rendus à l'Etat , a fait ob- tenir les plus grandes Charges de la Maiſon de nos Roys. Celle
118 LE MERCVRE
de Grand Pannetier de France
eſt une des plus anciennes , &il yadeux cens ans qu'elle eſt dans laMaiſon de Coffe. Je ſerois trop long fije voulois nommertous les GrandsHommes qui en font for- tis ;jevayſeulement vous en fai- re connoiſtrequelques-uns. Jean deCoffé Senéchal de Provence,
eſtoit Favory de René d'Anjou,
Roy de Sicile & ComtedePro- vence, qui le fit ſon Ambaſſadeur aupres de Loüis XI. fon Ne- veu. Il eut l'adreſſe d'accorder
leurs Démeflez , & d'empefcher que la Comté de Provence ne fuft donnée au Duc de Bourgogne.
RenédeCoffeNeveudeJean,
Seigneur de Brifſac en Anjou,
Grand Pannetier & Fauconnier
de France accompagna Charles VII. à la Conqueſte de Naples,
E GALANT.
da
SC
ער
미
Ha
&ſe trouva aux Batailles d'Aignadel &de Marignan , oùil don- nade grandes marques de coura- ge&de valeur.
Charles de Coffe Mareſchal
deFrance , n'en fit pas moins pa- roiſtre en Italie à la Rencontre
des Impériaux& des Savoyards.
Il eſtoit Grand-Maistre de l'Ar
tillerie,Gouverneur de Paris &
de Picardie , & Lieutenant GeL
neral pour le Roy Henry I I. en Piemont. Je ne vous dis rien de
Timoleon de Coffe Grand Fauconnier de France ,& Colonel Generaldel'Infanterie Françoiſe.
Son tropd'ardeur luy coûtala vie au SiegedeMucidan. Il y fut tue,
pours'eftre trop avancé en vou- dant reconnoiſtre la Breche.
Charles deCoffe fon Frere, Duc
deBriſſac , Mareſchalde France,
&Chevalier des Ordres duRoy,
1-20 LE MERCVRE
a eu la gloire de remettre Paris ſous l'obeïſſance de Henry IV. &
c'eſt de lay que font deſcendus lesDucs deBriffac , & le Comte
deCoſſe d'aujourd'huy.
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Résumé : Le Roy donne au Fils de feu M. le Comte de Cossé la Charge de Grand Pannetier de France. [titre d'après la table]
Le texte évoque la bonté d'un roi et la nomination du comte de Cosse à la charge de Grand Pannetier de France, précédemment détenue par son père. Ce dernier, décrit comme galant et courageux, a servi fidèlement le roi jusqu'à sa mort. Son fils, bien que jeune, montre déjà des signes de suivre les traces de ses ancêtres, reconnus pour leurs services distingués à l'État. La charge de Grand Pannetier de France est l'une des plus anciennes et prestigieuses, détenue par la famille de Cosse depuis plus de deux cents ans. Plusieurs membres illustres de cette famille sont mentionnés, tels que Jean de Cosse, favori de René d'Anjou, et René de Cosse, qui participa aux batailles d'Agnadel et de Marignan. Charles de Cosse, maréchal de France, se distingua en Italie contre les Impériaux et les Savoyards. Timoléon de Cosse, colonel général de l'infanterie française, mourut héroïquement lors du siège de Mucidan. Enfin, Charles de Cosse, duc de Brissac, joua un rôle clé dans la soumission de Paris à Henri IV.
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10
p. 191-200
Monsieur le Marquis de Foix est reçu Chevalier d'Honneur de Madame. [titre d'après la table]
Début :
Puis que nous sommes sur le Chapitre des grandes Maisons [...]
Mots clefs :
Mr le Marquis de Foix, Maisons, Chevalier d'Honneur de Madame, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Monsieur le Marquis de Foix est reçu Chevalier d'Honneur de Madame. [titre d'après la table]
Puis que nous ſommes fur le Chapitre des grandes Maiſons du Royaume , je doyvousentre- tenir encord'une autre.
Je vous appris il y a deux mois que Monfieur le Marquis deFoix s'eſtoit marié , Vous ap- prendrez aujourd'huy qu'il a eſté reçeu dans la Charge de Che- valier d'Honneur de Madame,
apres avoir eu l'agrément de Leurs Alteſſes Royales pour en traiter avec Monfieur le Comte
de Vaillac qui la poſſedoit ; &
commejeme ſouviens que vous ne fuſtes pas contente alors de
ce que je vous marquay ſeule- ment qu'il eſtoit d'une des plus
gran
GALANT. 121.
grandes Maiſons du Royaume,
je vay vous en dire quelque choſede plus particulier. Il eſt certain que celle de Foix eſt Illuſtre par tant d'avantages ,
qu'il s'en trouve peu qui aye paru avec plus d'éclat. Elle a
poſſedé les Comtez de Barcelo- ne , deCarcafſonne, deBeſiers,
deFoix , de Montcade, de Perigord,&deCaſtelbon;laVicom- té de Narbonne , la Duchéde
Nemours , la Principauté de Bearn,&le Royaume deNavar- re. Elle est fortiedes Rois d'Arragon , alliée de ceux de Ca- ſtille , de Hongrie , de Boheme , & de France; des Empe- reurs d'Allemagne , des Archi- ducs d'Auſtriche; des Comtes
de Toulouſe , d'Urgel , de Car- donne , d'Artois , de Commin- ges, d'Albret , de Mioffens &
Tome VI. F
122 LE MERCVRE
de Candale des Marquis de Levy & de Montferrat ; des Ducs de Bretagne , de Lorrai- ne, d'Orleans , de Bourbon , &
de tant d'autres , qu'il ne faut pas s'étonner fi les Grands Hommes qui en font fortis ont toûjours tâché derépondre à la gloirede leur naiſſance paricelle de leurs actions. Je laiſſe un Roger deFoix , qui eftant entre le premier dans Antioche quand elle fut priſe d'affaut par les Chreſtiens , la defendit contre
tous les Infidelles affemblez , &
ne ſe rendit pas moins fameux queGodefroy de Boüillon dans laConqueſtede la Terre-Sain
te : Un Raymond , qui ayant ſuivy Philippe Auguſtedans la Syrie , fit des choles incroya bles an Sieged'Acre , où il com- batit ſeul à feul le Neveu du
t
GALANT. 123
des*
Sultan , qu'il tuaàvouë dedeux grandes Armées , & des Rois de France , d'Angleterre &de ■ Jerufalem : Un Roger-Bernard,
dit le Grand; UnRoger-Rotfer qui fit trembler les Sarrafins en Egypte ; & enfin unGaſton ,
qui s'eſtant montré invincible
contre l'Angleterre , vangea 'Eſpagne de la tyrannie Mores , & tua de ſa main à la
teſte de leur Armée GuilhemRaimond , Fils d'un de leurs Rois. Je viens à Jean de Foix,
Gouverneur de Languedoc pour le Roy Charles VI. qui ménagea fi bien les eſprits des Peuples, qu'il affura le repos de cette grande Provincedans un temps où il y avoit du trouble detous coſtez dans l'Estat. Odet
de Foix , Vicomte de Lautrec,
furnommé le Preneur de Villes,
1893*7771
Fij
124 LE MERCVRE
L
vangea par le ſang & par le feu ladiſgrace qui estoit arrivéede- vant Pavie aFrançois I.Et avant lity Gaſton de Foix , Duc de Nemours , ayant eſté fait Gene- 'ral de l'Armée du Roy Loüis XII. ſon Oncleàl'âge de vingt- deuxans , avoitdonné des marquesde la plus haute Valeur en Italie , où il renverſa les Forces
desVenitiens, duRoy-de Caſtil- le, &du Pape , avec une vîteſſe qui ne ſe peut concevoir. Mais fi le grandNom de roix a tant faitdebruitdas lesArmées, il ne
s'eſt pas rendu moins confidera- ble dans l'Eglife. On a veuun PierreCardinal de Foix , Legat duPapeen France , qui délivra l'Egliſe du Schiſme dont elle eſtoit déchirée depuis long- temps. Onaveu un autre Pierre,auffi Cardinal de Foix , qui
GALANT. 125
par ſaprudencediffipa lesTrou bles du Milanois ;Un Paul de
FoixArcheveſquede Thoulou- ſe , qui ſe montra un des plus fermesappuis de la Religion &
de l'Estat , en Ecoſſe , en An- gleterre & en ſuite à Rome , où in fur envoyé Ambaſſadeur; Et de nos jours , Madame , avec combien de gloire Jean-Roger de Foix a-t-il commandé des
RegimensdeCavalerie &d'In- fanterie en Catalogne , ſous M
leMareſchalde laMothe-Hou- dancourt ? Ils s'eſt ſignalépar la
maniere vigoureuſe dont il l'a defenduë contre la tyrannie des Eſpagnols, &fes grandes actions font affez connues de tout le
monde. Il eſtoit Pere deMon7
fieur le Marquis de Foix d'au- jourd'huy,qui ayant appris dans cette derniere Guerre , que les
Füj
126 LE MERCVRE
Ennemis eſtoient fortis de Puy cedra pour ravager la Province de Foixdont il eſt Gouverneur,
vint à eux àla teſte de la Nobleffe , &leur en ayant fermé F'entrée , les repouſſa juſqu'au fonddu Rouffillon avec autant
de honte pour eux , qu'il s'ef toientpromisdeſuccésdansleur entrepriſe
Je vous appris il y a deux mois que Monfieur le Marquis deFoix s'eſtoit marié , Vous ap- prendrez aujourd'huy qu'il a eſté reçeu dans la Charge de Che- valier d'Honneur de Madame,
apres avoir eu l'agrément de Leurs Alteſſes Royales pour en traiter avec Monfieur le Comte
de Vaillac qui la poſſedoit ; &
commejeme ſouviens que vous ne fuſtes pas contente alors de
ce que je vous marquay ſeule- ment qu'il eſtoit d'une des plus
gran
GALANT. 121.
grandes Maiſons du Royaume,
je vay vous en dire quelque choſede plus particulier. Il eſt certain que celle de Foix eſt Illuſtre par tant d'avantages ,
qu'il s'en trouve peu qui aye paru avec plus d'éclat. Elle a
poſſedé les Comtez de Barcelo- ne , deCarcafſonne, deBeſiers,
deFoix , de Montcade, de Perigord,&deCaſtelbon;laVicom- té de Narbonne , la Duchéde
Nemours , la Principauté de Bearn,&le Royaume deNavar- re. Elle est fortiedes Rois d'Arragon , alliée de ceux de Ca- ſtille , de Hongrie , de Boheme , & de France; des Empe- reurs d'Allemagne , des Archi- ducs d'Auſtriche; des Comtes
de Toulouſe , d'Urgel , de Car- donne , d'Artois , de Commin- ges, d'Albret , de Mioffens &
Tome VI. F
122 LE MERCVRE
de Candale des Marquis de Levy & de Montferrat ; des Ducs de Bretagne , de Lorrai- ne, d'Orleans , de Bourbon , &
de tant d'autres , qu'il ne faut pas s'étonner fi les Grands Hommes qui en font fortis ont toûjours tâché derépondre à la gloirede leur naiſſance paricelle de leurs actions. Je laiſſe un Roger deFoix , qui eftant entre le premier dans Antioche quand elle fut priſe d'affaut par les Chreſtiens , la defendit contre
tous les Infidelles affemblez , &
ne ſe rendit pas moins fameux queGodefroy de Boüillon dans laConqueſtede la Terre-Sain
te : Un Raymond , qui ayant ſuivy Philippe Auguſtedans la Syrie , fit des choles incroya bles an Sieged'Acre , où il com- batit ſeul à feul le Neveu du
t
GALANT. 123
des*
Sultan , qu'il tuaàvouë dedeux grandes Armées , & des Rois de France , d'Angleterre &de ■ Jerufalem : Un Roger-Bernard,
dit le Grand; UnRoger-Rotfer qui fit trembler les Sarrafins en Egypte ; & enfin unGaſton ,
qui s'eſtant montré invincible
contre l'Angleterre , vangea 'Eſpagne de la tyrannie Mores , & tua de ſa main à la
teſte de leur Armée GuilhemRaimond , Fils d'un de leurs Rois. Je viens à Jean de Foix,
Gouverneur de Languedoc pour le Roy Charles VI. qui ménagea fi bien les eſprits des Peuples, qu'il affura le repos de cette grande Provincedans un temps où il y avoit du trouble detous coſtez dans l'Estat. Odet
de Foix , Vicomte de Lautrec,
furnommé le Preneur de Villes,
1893*7771
Fij
124 LE MERCVRE
L
vangea par le ſang & par le feu ladiſgrace qui estoit arrivéede- vant Pavie aFrançois I.Et avant lity Gaſton de Foix , Duc de Nemours , ayant eſté fait Gene- 'ral de l'Armée du Roy Loüis XII. ſon Oncleàl'âge de vingt- deuxans , avoitdonné des marquesde la plus haute Valeur en Italie , où il renverſa les Forces
desVenitiens, duRoy-de Caſtil- le, &du Pape , avec une vîteſſe qui ne ſe peut concevoir. Mais fi le grandNom de roix a tant faitdebruitdas lesArmées, il ne
s'eſt pas rendu moins confidera- ble dans l'Eglife. On a veuun PierreCardinal de Foix , Legat duPapeen France , qui délivra l'Egliſe du Schiſme dont elle eſtoit déchirée depuis long- temps. Onaveu un autre Pierre,auffi Cardinal de Foix , qui
GALANT. 125
par ſaprudencediffipa lesTrou bles du Milanois ;Un Paul de
FoixArcheveſquede Thoulou- ſe , qui ſe montra un des plus fermesappuis de la Religion &
de l'Estat , en Ecoſſe , en An- gleterre & en ſuite à Rome , où in fur envoyé Ambaſſadeur; Et de nos jours , Madame , avec combien de gloire Jean-Roger de Foix a-t-il commandé des
RegimensdeCavalerie &d'In- fanterie en Catalogne , ſous M
leMareſchalde laMothe-Hou- dancourt ? Ils s'eſt ſignalépar la
maniere vigoureuſe dont il l'a defenduë contre la tyrannie des Eſpagnols, &fes grandes actions font affez connues de tout le
monde. Il eſtoit Pere deMon7
fieur le Marquis de Foix d'au- jourd'huy,qui ayant appris dans cette derniere Guerre , que les
Füj
126 LE MERCVRE
Ennemis eſtoient fortis de Puy cedra pour ravager la Province de Foixdont il eſt Gouverneur,
vint à eux àla teſte de la Nobleffe , &leur en ayant fermé F'entrée , les repouſſa juſqu'au fonddu Rouffillon avec autant
de honte pour eux , qu'il s'ef toientpromisdeſuccésdansleur entrepriſe
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Résumé : Monsieur le Marquis de Foix est reçu Chevalier d'Honneur de Madame. [titre d'après la table]
Le texte présente la maison de Foix, une des grandes familles du Royaume. Le Marquis de Foix a récemment été nommé Chevalier d'Honneur de Madame, succédant au Comte de Vaillac après avoir obtenu l'agrément des Altesses Royales. La maison de Foix est renommée et a possédé divers titres et territoires, incluant les comtés de Barcelone, Carcassonne, Béziers, Foix, Montcade, Périgord et Castelbon, ainsi que la vicomté de Narbonne, le duché de Nemours, la principauté de Béarn et le royaume de Navarre. Elle est alliée à de nombreuses maisons royales et ducales européennes. Plusieurs membres notables de la famille sont mentionnés. Roger de Foix a défendu Antioche, Raymond de Foix s'est distingué lors du siège d'Acre, et Gaston de Foix a combattu les Anglais et les Maures. Jean de Foix, gouverneur de Languedoc, a assuré le repos de la province. Odet de Foix, vicomte de Lautrec, a vengé la disgrâce de François Ier. Gaston de Foix, duc de Nemours, s'est distingué en Italie sous Louis XII. La famille compte également des ecclésiastiques influents, comme Pierre Cardinal de Foix, légat du pape, et Paul de Foix, archevêque de Toulouse. Jean-Roger de Foix a commandé des régiments en Catalogne et s'est signalé contre les Espagnols. Son fils, le Marquis de Foix actuel, a repoussé les ennemis lors d'une récente guerre, fermant l'entrée de la province de Foix et les repoussant jusqu'au fond du Roussillon.
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11
p. 336-341
Le Roy donne la mesme Charge à Monsieur le Tellier. [titre d'après la table]
Début :
Cependant je ne puis m'empescher de parler de Monsieur [...]
Mots clefs :
Monsieur Le Tellier, Ministre, Charge, Chancelier, Garde des sceaux, Mérite
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy donne la mesme Charge à Monsieur le Tellier. [titre d'après la table]
Cependant je ne puism'empécher de parler de M. le Tellier, pour apprendre da bonneheu- re à la France les avantages qu'elle doit tirer du choix que Sa Majefté.
vient de faire de ce Miniſtre pour la Charge de Chancelier &Garde des Sceaux de France. Me le Tellier, apres avoir paſſe pluſieurs années dans les Charges de Procureur du Roy au Chaſtelet &de Conſeiller au Grand
Conſeil , où il eut pluſieurs Commif
130 LE MERCVRE fions importantes, fut fait Maiſtre des Requeſtes , &en ſuite Intendant du Roy dans ſon Armée en Piémont,
puis ſon Amabaſſadeur aupres de Leurs Alteſſes Royales de Savoye ;
d'où eſtant revenu ,la Cour eftant per- fuadéedeſon merite par les Services importans qu'il avoit rendus à la Cou- ronne dans ces diférens Emplois,il fut choiſypar la ReyneMeredu Roypen- dant ſa Régence , pour eftre l'un des Secretaires d'Etat. Le Département de laGuerre luy eſtant échû, il ſervitdans cette Charge d'une maniere ſi utile à
l'Etat , & fi agreable aux Gens de Guerre , qu'on luy remit bientoſt le foindetoutes les Affaires qui la regar- doient. Il entra quelque temps apres dans le Conſeil enqualitéde Miniſtre.
Sa prudence y atoûjours paru ,& fon zele y a toûjours éclaté pour le Servi ce duRoy. Il a ſervy ce Prince pens dant les temps les plus difficiles ,avec une fidelité à l'épreuve de toutes cho- fes;&lamaniere dont il a veſcu avec
ceux qui s'écartoientde ce qu'ils de voient à leur Souverain ,leur a tou
GALANT. 213.F
B
F
1
jours fait appréhender ſes remontran- ées,& lors qu'ils ont voulu rentrer dans leur devoir, ils ont tenté pluſieurs foisd'obtenir leur pardon pat fon mo- yen ,ne connoiffant perſonne en qui l'on pût mettre plus ſeûrement en dé- poſt ſon honneur&ſa vie. De fi gran- des qualitez luy ontacquisenpluſieurs temps de grands honneurs , & luy avoient donné la confidence entiere de
la Reyne Mere ,dont il a reçeu des marques éclatantes par ſonTeftament &par les dernieres actions de ſa vie.. Tantde choſes avantageuſes luy ont attiréune conſidération particuliere du Grand Prince qu'il ſert aujourd'huy.
Onatoûjours admiréen luy une mo- dération ſans exemple, quela Fortune &les Honneurs n'ont jamais pu cor rompre ; mais parmy ces avantages il doit compter celuy d'avoir un Fils qui fert ſi bien & le Roy & l'Etat. Ie ne m'étendray point davantage ſur les grandesqualitez de ces deuxMiniſtres,
ils font tous deux imcomparables, &je dirayſeulement encorune fois ce que toute laTerre doit publier avec moys
232 LE MERCVRE CeChancelierchoiſy par le plusgrand des Roys pour remplir la premiere Chargede ſon Royaume , adonné un Homme à SaMajesté qui ſçait parfai- tement executer toutes les volontez de
cepuiſſantMonarque,&qui faitreüif- firdes chofer quin'ont jamais eſté me- ditées que par un ſi grand Roy , ny executées que par un ſi grandMini- Are.
ALyon ce 6. Novembre 1677.
vient de faire de ce Miniſtre pour la Charge de Chancelier &Garde des Sceaux de France. Me le Tellier, apres avoir paſſe pluſieurs années dans les Charges de Procureur du Roy au Chaſtelet &de Conſeiller au Grand
Conſeil , où il eut pluſieurs Commif
130 LE MERCVRE fions importantes, fut fait Maiſtre des Requeſtes , &en ſuite Intendant du Roy dans ſon Armée en Piémont,
puis ſon Amabaſſadeur aupres de Leurs Alteſſes Royales de Savoye ;
d'où eſtant revenu ,la Cour eftant per- fuadéedeſon merite par les Services importans qu'il avoit rendus à la Cou- ronne dans ces diférens Emplois,il fut choiſypar la ReyneMeredu Roypen- dant ſa Régence , pour eftre l'un des Secretaires d'Etat. Le Département de laGuerre luy eſtant échû, il ſervitdans cette Charge d'une maniere ſi utile à
l'Etat , & fi agreable aux Gens de Guerre , qu'on luy remit bientoſt le foindetoutes les Affaires qui la regar- doient. Il entra quelque temps apres dans le Conſeil enqualitéde Miniſtre.
Sa prudence y atoûjours paru ,& fon zele y a toûjours éclaté pour le Servi ce duRoy. Il a ſervy ce Prince pens dant les temps les plus difficiles ,avec une fidelité à l'épreuve de toutes cho- fes;&lamaniere dont il a veſcu avec
ceux qui s'écartoientde ce qu'ils de voient à leur Souverain ,leur a tou
GALANT. 213.F
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jours fait appréhender ſes remontran- ées,& lors qu'ils ont voulu rentrer dans leur devoir, ils ont tenté pluſieurs foisd'obtenir leur pardon pat fon mo- yen ,ne connoiffant perſonne en qui l'on pût mettre plus ſeûrement en dé- poſt ſon honneur&ſa vie. De fi gran- des qualitez luy ontacquisenpluſieurs temps de grands honneurs , & luy avoient donné la confidence entiere de
la Reyne Mere ,dont il a reçeu des marques éclatantes par ſonTeftament &par les dernieres actions de ſa vie.. Tantde choſes avantageuſes luy ont attiréune conſidération particuliere du Grand Prince qu'il ſert aujourd'huy.
Onatoûjours admiréen luy une mo- dération ſans exemple, quela Fortune &les Honneurs n'ont jamais pu cor rompre ; mais parmy ces avantages il doit compter celuy d'avoir un Fils qui fert ſi bien & le Roy & l'Etat. Ie ne m'étendray point davantage ſur les grandesqualitez de ces deuxMiniſtres,
ils font tous deux imcomparables, &je dirayſeulement encorune fois ce que toute laTerre doit publier avec moys
232 LE MERCVRE CeChancelierchoiſy par le plusgrand des Roys pour remplir la premiere Chargede ſon Royaume , adonné un Homme à SaMajesté qui ſçait parfai- tement executer toutes les volontez de
cepuiſſantMonarque,&qui faitreüif- firdes chofer quin'ont jamais eſté me- ditées que par un ſi grand Roy , ny executées que par un ſi grandMini- Are.
ALyon ce 6. Novembre 1677.
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Résumé : Le Roy donne la mesme Charge à Monsieur le Tellier. [titre d'après la table]
Le texte relate la nomination de Michel Le Tellier au poste de Chancelier et Garde des Sceaux de France par le Roi. Le Tellier a occupé plusieurs fonctions prestigieuses, telles que Procureur du Roi au Châtelet, Conseiller au Grand Conseil, Maître des Requêtes, Intendant de l'Armée en Piémont et Ambassadeur auprès des Altesses Royales de Savoie. Il a ensuite été choisi par la Reine Mère pour devenir Secrétaire d'État, où il a dirigé le Département de la Guerre avec succès. Sa prudence et son dévouement au service du Roi ont été reconnus, même dans les périodes difficiles. Sa réputation d'intégrité et de loyauté lui a valu la confiance de la Reine Mère et du Roi. Le Tellier est décrit comme un homme capable d'exécuter parfaitement les volontés du monarque. Le document souligne également les qualités exceptionnelles de son fils, qui sert également le Roi et l'État. Le texte est daté du 6 novembre 1677.
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12
p. 196-200
Complimens faits à M. le Tellier par M. Iassaut Doyen des Maistres des Requestes, M. Varoquier President au Bureau des Finances, & M. Berrier Secretaire du Conseil. [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja dit beaucoup de choses de Monsieur [...]
Mots clefs :
Monsieur Le Tellier, Maîtres des requêtes, Compliments, Compagnies, Charge, Bureau des finances, Secrétaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Complimens faits à M. le Tellier par M. Iassaut Doyen des Maistres des Requestes, M. Varoquier President au Bureau des Finances, & M. Berrier Secretaire du Conseil. [titre d'après la table]
Je vous ay dejadit beaucoup de choſes de Monfieur le TellierqueleRoyluy adonnépour Succeſſeur. Si-toſt qu'il eutprê- té le Serment accouſtumé, Mefſieurs les Maiſtres des Requê- tes , les Treſoriersde France de
Paris , & les Secretaires du Roy,
luy allerent faire leurs Compli- mens , ces trois Ordres d'Officiers ayant d'autant plus d'obli- gationdeprévenir toutesles autres Compagnies , qu'ils preſtent eux-meſmes le Serment de fidelité au Roy entre les mains des Chanceliers de France , à cauſe
de l'ancienne Dignité de leurs Charges , & de ce qu'ils font Commenſaux de la Maiſon du
Fij
124 LE MERCVRE Roy. M. Taſſaut , Doyen des Maiſtres des Requeſtes porta la parole pour leur Corps , & s'en acquita fort dignement. M. de Vvaroquier , Chevalier de l'un des Ordres du Roy , Preſident
au Bureau des Finances , Gen- tilhomme de noble & ancienne
Maiſon des Pays-Bas , & d'un merite connu , parla pour les Treſoriersde France , &parla à
ſon ordinaire , c'eſt àdire en ter- mes aiſez & infinuans , qui ſen- tent plus ſon Homme de Quali- té , qu'un Orateurqui veut dé- ployer ſon éloquence. Il loüa particulierement comme il le dévoit, ledigne choix de noſtre Auguſte Monarque qui avoit rendu la juſtice qui eſtoit deuë aux longs & confiderables fer- vices de Monfieur le Chancelier , auquel il ſouhaita de voir
GALAN T. 125
fer
tt
exercer cette grande Charge autant d'années qu'avoit fait feu Monfieur le Chancelier Seguier , afin qu'il joüiſt plus
'
longtemps du plaifir que luy
t
donneroient les ſervices qu'il rendroit encor à l'Estat , & ceux
qu'on doit attendre du zele qui attache ſans relâche Monfieur
le Marquis de Louvois à tout ce qui peut contribuer à la gloire de fon Maiſtre. M. Berrier Secretaire du Confeil , & Procu- reur perpetuel de la Commu- nauté des Secretaires du Roy,. le complimenta pourleurCorps,
& tout ce qu'il dit fut tres-di- gne d'eſtre écouté. Monfieur le Chancelier répondit à chacun d'eux avec ſon honneſteté ordinaire , & avec cette juſteſſe de paroles qui ne luyeſtpas moins particuliere que naturell
Paris , & les Secretaires du Roy,
luy allerent faire leurs Compli- mens , ces trois Ordres d'Officiers ayant d'autant plus d'obli- gationdeprévenir toutesles autres Compagnies , qu'ils preſtent eux-meſmes le Serment de fidelité au Roy entre les mains des Chanceliers de France , à cauſe
de l'ancienne Dignité de leurs Charges , & de ce qu'ils font Commenſaux de la Maiſon du
Fij
124 LE MERCVRE Roy. M. Taſſaut , Doyen des Maiſtres des Requeſtes porta la parole pour leur Corps , & s'en acquita fort dignement. M. de Vvaroquier , Chevalier de l'un des Ordres du Roy , Preſident
au Bureau des Finances , Gen- tilhomme de noble & ancienne
Maiſon des Pays-Bas , & d'un merite connu , parla pour les Treſoriersde France , &parla à
ſon ordinaire , c'eſt àdire en ter- mes aiſez & infinuans , qui ſen- tent plus ſon Homme de Quali- té , qu'un Orateurqui veut dé- ployer ſon éloquence. Il loüa particulierement comme il le dévoit, ledigne choix de noſtre Auguſte Monarque qui avoit rendu la juſtice qui eſtoit deuë aux longs & confiderables fer- vices de Monfieur le Chancelier , auquel il ſouhaita de voir
GALAN T. 125
fer
tt
exercer cette grande Charge autant d'années qu'avoit fait feu Monfieur le Chancelier Seguier , afin qu'il joüiſt plus
'
longtemps du plaifir que luy
t
donneroient les ſervices qu'il rendroit encor à l'Estat , & ceux
qu'on doit attendre du zele qui attache ſans relâche Monfieur
le Marquis de Louvois à tout ce qui peut contribuer à la gloire de fon Maiſtre. M. Berrier Secretaire du Confeil , & Procu- reur perpetuel de la Commu- nauté des Secretaires du Roy,. le complimenta pourleurCorps,
& tout ce qu'il dit fut tres-di- gne d'eſtre écouté. Monfieur le Chancelier répondit à chacun d'eux avec ſon honneſteté ordinaire , & avec cette juſteſſe de paroles qui ne luyeſtpas moins particuliere que naturell
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Résumé : Complimens faits à M. le Tellier par M. Iassaut Doyen des Maistres des Requestes, M. Varoquier President au Bureau des Finances, & M. Berrier Secretaire du Conseil. [titre d'après la table]
Le texte décrit la succession d'un chancelier et les hommages reçus par divers corps d'officiers. Après avoir prêté serment, le nouveau chancelier reçoit les félicitations des Maîtres des Requêtes, des Trésoriers de France de Paris et des Secrétaires du Roi. Ces trois ordres doivent une fidélité particulière au roi en raison de l'antiquité de leurs charges et de leur rôle de commensaux de la Maison du Roi. M. Tassaut, Doyen des Maîtres des Requêtes, s'exprime au nom de son corps. M. de Varroquier, Chevalier et Président au Bureau des Finances, parle pour les Trésoriers de France, louant le choix du monarque et souhaitant au nouveau chancelier une longue carrière. M. Berrier, Secrétaire du Conseil et Procureur perpétuel des Secrétaires du Roi, complimente également le nouveau chancelier. Ce dernier répond à chacun avec honneur et justesse.
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13
p. 144-146
Ce qui s'est passé touchant la Chaire Gréque de l'Université de Caen, [titre d'après la table]
Début :
La Place de Docteur Aggregé en la Faculté des Droits [...]
Mots clefs :
Université de Caen, Docteur, Charge, Avocat, Faculté de droit, Professeurs, Approbation, Confrères, Nomination
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texteReconnaissance textuelle : Ce qui s'est passé touchant la Chaire Gréque de l'Université de Caen, [titre d'après la table]
La Place de Docteur Aggregé
en la Faculté des Droits de l'Univerfité
de Caën , vacante par le
deceds de Monfieur Pyron , qui
eftoit auffi Porfeffeur d'Eloquen
ce au Collège du Bois , & qui
poffedoit la Chaire Grecque ,
dont je vous ay parlé dans ma
Lettre de Décembre , a efté rem-
{
plie
GALANT.
145
plie par Monfieur Cotelle, Avocat
au Préfidial de la même Ville.
Trois Perfonnés s'étoient prefentées
pour prendre le degré
de Docteur , afin d'eſtre en pouvoir
de difputer cette Place , Sa
Majefté fouhaitant que celuy
qu'on nommeroit cût la qualité
de Docteur , & aprés que chas
cun d'eux cut fait & fouftenu
des Théfes dans les Ecoles publiques
des Droits , tant du Droit
Civil , que du Droit Canonique ,
fur les Matiéres les plus difficiles
à refoudre , la Faculté , qui eft
compofée de quatre Docteurs
& Profeffeurs en Droit Civil &
Canon , d'un Docteur & Profeffeur
de Droit François , & de
hoit Docteurs aggregez , s'affembla
fur la fin de l'année derniére,
pour en choisir un qui fuft capable
de faire les fonctions de cet-
Ianvier 1685. G
146 MERCURE
te Charge , & fuivant la Déclaration
de fa Majefté , ils nommérent
Monfieur Cotelle , fameux
par plufieurs doctes Plajdoyers
, qui luy ont attiré l'approbation
de tous ceux qui l'ont entendu
parler , pour Succeffeur
de Monfieur Pyron . Aprés le
Serment fait de s'aquitter de la
Charge d'Aggregé , conformément
aux Edits du Roy , & aux
Statuts & Reglemens de la Faculté
, il fut mis en poffeffion de cette
Place, pour en joüir aux honneurs
profits émolumens &
prérogatives , dont jouiffent les
autres Docteurs Aggregez fes
Confreres.
en la Faculté des Droits de l'Univerfité
de Caën , vacante par le
deceds de Monfieur Pyron , qui
eftoit auffi Porfeffeur d'Eloquen
ce au Collège du Bois , & qui
poffedoit la Chaire Grecque ,
dont je vous ay parlé dans ma
Lettre de Décembre , a efté rem-
{
plie
GALANT.
145
plie par Monfieur Cotelle, Avocat
au Préfidial de la même Ville.
Trois Perfonnés s'étoient prefentées
pour prendre le degré
de Docteur , afin d'eſtre en pouvoir
de difputer cette Place , Sa
Majefté fouhaitant que celuy
qu'on nommeroit cût la qualité
de Docteur , & aprés que chas
cun d'eux cut fait & fouftenu
des Théfes dans les Ecoles publiques
des Droits , tant du Droit
Civil , que du Droit Canonique ,
fur les Matiéres les plus difficiles
à refoudre , la Faculté , qui eft
compofée de quatre Docteurs
& Profeffeurs en Droit Civil &
Canon , d'un Docteur & Profeffeur
de Droit François , & de
hoit Docteurs aggregez , s'affembla
fur la fin de l'année derniére,
pour en choisir un qui fuft capable
de faire les fonctions de cet-
Ianvier 1685. G
146 MERCURE
te Charge , & fuivant la Déclaration
de fa Majefté , ils nommérent
Monfieur Cotelle , fameux
par plufieurs doctes Plajdoyers
, qui luy ont attiré l'approbation
de tous ceux qui l'ont entendu
parler , pour Succeffeur
de Monfieur Pyron . Aprés le
Serment fait de s'aquitter de la
Charge d'Aggregé , conformément
aux Edits du Roy , & aux
Statuts & Reglemens de la Faculté
, il fut mis en poffeffion de cette
Place, pour en joüir aux honneurs
profits émolumens &
prérogatives , dont jouiffent les
autres Docteurs Aggregez fes
Confreres.
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Résumé : Ce qui s'est passé touchant la Chaire Gréque de l'Université de Caen, [titre d'après la table]
La place de Docteur Agrégé à la Faculté des Droits de l'Université de Caen, laissée vacante par le décès de Monsieur Pyron, Professeur d'Éloquence et titulaire de la Chaire Grecque, a été attribuée à Monsieur Cotelle, Avocat au Présidial de Caen. Trois candidats avaient postulé pour obtenir le degré de Docteur afin de briguer cette place. Sa Majesté avait exprimé le souhait que le candidat nommé soit Docteur. Après la soutenance de thèses publiques sur des matières de Droit Civil et Canonique, la Faculté, composée de quatre Docteurs et Professeurs en Droit Civil et Canon, d'un Docteur et Professeur en Droit Français, et de huit Docteurs Agrégés, s'est réunie fin 1684 pour choisir un candidat. Conformément à la Déclaration de Sa Majesté, ils ont nommé Monsieur Cotelle, reconnu pour ses plaidoyers doctes, comme successeur de Monsieur Pyron. Après avoir prêté serment, Monsieur Cotelle a pris possession de la place, bénéficiant ainsi des honneurs, profits, émoluments et prérogatives des autres Docteurs Agrégés.
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14
p. 151-154
Origine du Roy de la Féve, [titre d'après la table]
Début :
Si vous avez envie de sçavoir quelle est l'origine du Roy de la / On tient que de Solo, Legislateur fort sage, [...]
Mots clefs :
Roi de la fève, Solon, Athéniens, Élection, Illégitime, Charge, Romains, Respect, Trépas, Gâteau
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texteReconnaissance textuelle : Origine du Roy de la Féve, [titre d'après la table]
Si vous avez envie de fçavoir.
quelle eft l'origine du Roy de la
Féve, vous l'apprendrez dans ces
Vers d'Alcidor du Havre.
OV
N tient que de Solon , Legifla
teurfortfage,
Eft venu le premier ufage
D'employer une Féve , afin délire un
Roy5
Et que c'eftoit fuivant ſa Loy,
Que les Atheniens avoient cette
maxime,
G
4
2 MERCURE
>
Lors qu'ils créoient leurs Magistrats.
Toute autre élection étoit illegitime;
On les euft pris pour fcelerats,
S'ils avoient eu d'autre methode,
Tant celle- là pour eux estoit juste &
commode.
Pythagore ditfeul, qu'ilfaloit s'abftenir
Des Féves que chacun fouhaitoit
d'obtenir.
Il vaut mieux , difoit - il , n'avoir
aucune Charge,
Que d'en chercher ainsi , pour troubler
Son repos,
~Parce que bien fouvent c'est un chemin
fort large,
Qui nous conduit vers Atropos.
Il eft d'autres Autheurs d'un fentiment
contraire;
Soûtenant hautement que ce font
les Romains,
GALANT.
153
Qui font les premiers des Hu
mains
A qui cette methode ait commencé
de plaire ,
Car le jour qu'ilsfaifoient Festin
Pendant leurs Festes Saturnales,
Ils élifoient un Roy fans brigues ny
cabales,
Par le feul ordre du Deftin ;
La Féve eftoit la feule marque
Pour defigner celuy qu'ils devoient
Respecter
Pendant tout le Répas qu'on faifoit
apprefter,
Selon la volonté de ce petit Monarque.
Nous imitons encor fans aucun repentir
Les Romains plus que ceux d'Athenes
;
L'on en voit les preuves certaines,
Que l'on nesçauroit démentir.
G S
154
MERCURE
Lufage du Gafteau n'est - il pas tout
Semblable ?
Et n'est- ce pas le feul hazard
Qui fait un Roy d'un miferable,
Lors que la Féve eft dansfa part.
quelle eft l'origine du Roy de la
Féve, vous l'apprendrez dans ces
Vers d'Alcidor du Havre.
OV
N tient que de Solon , Legifla
teurfortfage,
Eft venu le premier ufage
D'employer une Féve , afin délire un
Roy5
Et que c'eftoit fuivant ſa Loy,
Que les Atheniens avoient cette
maxime,
G
4
2 MERCURE
>
Lors qu'ils créoient leurs Magistrats.
Toute autre élection étoit illegitime;
On les euft pris pour fcelerats,
S'ils avoient eu d'autre methode,
Tant celle- là pour eux estoit juste &
commode.
Pythagore ditfeul, qu'ilfaloit s'abftenir
Des Féves que chacun fouhaitoit
d'obtenir.
Il vaut mieux , difoit - il , n'avoir
aucune Charge,
Que d'en chercher ainsi , pour troubler
Son repos,
~Parce que bien fouvent c'est un chemin
fort large,
Qui nous conduit vers Atropos.
Il eft d'autres Autheurs d'un fentiment
contraire;
Soûtenant hautement que ce font
les Romains,
GALANT.
153
Qui font les premiers des Hu
mains
A qui cette methode ait commencé
de plaire ,
Car le jour qu'ilsfaifoient Festin
Pendant leurs Festes Saturnales,
Ils élifoient un Roy fans brigues ny
cabales,
Par le feul ordre du Deftin ;
La Féve eftoit la feule marque
Pour defigner celuy qu'ils devoient
Respecter
Pendant tout le Répas qu'on faifoit
apprefter,
Selon la volonté de ce petit Monarque.
Nous imitons encor fans aucun repentir
Les Romains plus que ceux d'Athenes
;
L'on en voit les preuves certaines,
Que l'on nesçauroit démentir.
G S
154
MERCURE
Lufage du Gafteau n'est - il pas tout
Semblable ?
Et n'est- ce pas le feul hazard
Qui fait un Roy d'un miferable,
Lors que la Féve eft dansfa part.
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Résumé : Origine du Roy de la Féve, [titre d'après la table]
Le texte explique l'origine de la tradition du 'Roi de la Fève', où une fève cachée dans un gâteau désigne le roi du repas. Selon Alcidor du Havre, cette coutume remonte aux Athéniens, qui utilisaient une fève pour élire leurs magistrats sous la loi de Solon. Cette méthode était perçue comme juste et pratique, toute autre élection étant considérée illégitime. Pythagore, en revanche, déconseillait de rechercher des charges publiques, craignant que cela ne perturbe le repos et n'entraîne des conséquences néfastes. Les Romains, lors des Saturnales, élisaient un roi par le hasard de la fève, sans intrigues. Ce roi était respecté durant le repas. Les pratiques modernes, comme l'usage du gâteau à la fève, imitent davantage les Romains que les Athéniens, car elles désignent le roi du repas par le hasard.
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15
p. 87-92
Morts, [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous parlay point la derniere fois de la mort de Messire [...]
Mots clefs :
Décès, Président du conseil, Intendant, Charge, Majesté, Église, Veuve, Comte, Mère, Seigneur, Abbé commandataire, Aumônier du roi, Érudition
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts, [titre d'après la table]
Je ne vous parlay point la
derniere fois de la mort de
Meffire André Scarron , Préfident
du Confeil Souverain
d'Artois , parce que je n'en
avois point encore reçû la
nouvelle . Cette mort eft arrivée
le 25. Decembre dernier
. Son rare mérite & fes
belles qualitez avoient obligé
Sa Majefté de le tirer du Parlement
de Metz en 1660. pour
kuy donner à Arras une Char88
MERCURE
ge plus honorable
, qu'il a
exercée
pendant
vingt- quatre
ans avec beaucoup
d'éclat
& de gloire. Il eft mort
dans fa foixante
& feiziéme
année , laiſſant M' fon Fils,
digne Succeffeur
de fa Charge
, dont le Roy luy avoit
donné la furvivance
. Ila efté
enterré dans l'Eglife des Peres
Récolets
d'Arras , où fix Huiffiers
du Confeil
en Robes
portérent
le Corps . Quarante
Pauvres
, reveſtus
de Noir,
tenant chacun un Flambeau
,
marchoient
à la tefte du Convoy.
Meffieurs
du Confeil y
GALANT. 89
affifterent, ainfi que le Corps
de Ville , & ceux de Juftice .
M' l'Evefque d'Arras eftoit
en l'Eglife à cofté de l'Autel,,
& quelques Abbez & Eccléfiaftiques
de marque . M
Chauvelin , Intendant de Picardie
& d'Artois fe trouva
auffi à cette lugubre Cerémonic
.
J'ay à vous apprendre trois
autres morts , arrivées icy
depuis peu de jours . La premiere
eft celle de Dame
Bonne Royer , Veuve de :
Meffire Jean Louis de Fau--
con , Seigneur de Rys, Mar
Février 1685. Hi
90 MERCURE
quis de Charleval , Comte de
Bacqueville,Confeiller d'Etat
Ordinaire , & Premier Pré
fident au Parlement de Normandie.
C'eftoit une Dame
d'une grande pieté , & que
fa vertu , & fes manieres pleines
de l'honncfteré la plus.
engageante, ont toûjours rendue
tres eftimable . Elle eftoit
Mere de M ' de Rys , Intendant
à Bordeaux , & de Madame
de Bernieres , Femme,
de M' de Bernieres , Confeiller
au Parlement de Paris .
Elle eft morte le s . de ce
mois.
$
1
GALANT. 91
Au-
Y
Meffire Claude du Val,
Seigneur de Mandre
mônier du Roy, ancien Abbé
de S. Pierre de Selincourt,
eft mort environ dans le
mefme temps aufli - bien
que Meffire Pierre Bourdelot
, Abbé Commendataire
.de S. Martin de Maffay , &
Médecin Ordinaire de Monfieur
le Prince . C'eftoit un
Homme qui avoit beaucoup
d'érudition , & des connoiffances
particulieres dans la
Médecine . Il y avoit chez
ly tous les Mardis des Conférences
publiques , où fe
·
Hi
ij
92 MERCURE
trouvoient beaucoup de Sçavans
. On y agitoit toute forte
de matieres.
derniere fois de la mort de
Meffire André Scarron , Préfident
du Confeil Souverain
d'Artois , parce que je n'en
avois point encore reçû la
nouvelle . Cette mort eft arrivée
le 25. Decembre dernier
. Son rare mérite & fes
belles qualitez avoient obligé
Sa Majefté de le tirer du Parlement
de Metz en 1660. pour
kuy donner à Arras une Char88
MERCURE
ge plus honorable
, qu'il a
exercée
pendant
vingt- quatre
ans avec beaucoup
d'éclat
& de gloire. Il eft mort
dans fa foixante
& feiziéme
année , laiſſant M' fon Fils,
digne Succeffeur
de fa Charge
, dont le Roy luy avoit
donné la furvivance
. Ila efté
enterré dans l'Eglife des Peres
Récolets
d'Arras , où fix Huiffiers
du Confeil
en Robes
portérent
le Corps . Quarante
Pauvres
, reveſtus
de Noir,
tenant chacun un Flambeau
,
marchoient
à la tefte du Convoy.
Meffieurs
du Confeil y
GALANT. 89
affifterent, ainfi que le Corps
de Ville , & ceux de Juftice .
M' l'Evefque d'Arras eftoit
en l'Eglife à cofté de l'Autel,,
& quelques Abbez & Eccléfiaftiques
de marque . M
Chauvelin , Intendant de Picardie
& d'Artois fe trouva
auffi à cette lugubre Cerémonic
.
J'ay à vous apprendre trois
autres morts , arrivées icy
depuis peu de jours . La premiere
eft celle de Dame
Bonne Royer , Veuve de :
Meffire Jean Louis de Fau--
con , Seigneur de Rys, Mar
Février 1685. Hi
90 MERCURE
quis de Charleval , Comte de
Bacqueville,Confeiller d'Etat
Ordinaire , & Premier Pré
fident au Parlement de Normandie.
C'eftoit une Dame
d'une grande pieté , & que
fa vertu , & fes manieres pleines
de l'honncfteré la plus.
engageante, ont toûjours rendue
tres eftimable . Elle eftoit
Mere de M ' de Rys , Intendant
à Bordeaux , & de Madame
de Bernieres , Femme,
de M' de Bernieres , Confeiller
au Parlement de Paris .
Elle eft morte le s . de ce
mois.
$
1
GALANT. 91
Au-
Y
Meffire Claude du Val,
Seigneur de Mandre
mônier du Roy, ancien Abbé
de S. Pierre de Selincourt,
eft mort environ dans le
mefme temps aufli - bien
que Meffire Pierre Bourdelot
, Abbé Commendataire
.de S. Martin de Maffay , &
Médecin Ordinaire de Monfieur
le Prince . C'eftoit un
Homme qui avoit beaucoup
d'érudition , & des connoiffances
particulieres dans la
Médecine . Il y avoit chez
ly tous les Mardis des Conférences
publiques , où fe
·
Hi
ij
92 MERCURE
trouvoient beaucoup de Sçavans
. On y agitoit toute forte
de matieres.
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Résumé : Morts, [titre d'après la table]
Le texte rapporte plusieurs décès notables. Meffire André Scarron, Président du Conseil Souverain d'Artois, est décédé le 25 décembre précédent. Nommé par le roi en 1660, il avait précédemment servi au Parlement de Metz. Ses funérailles ont eu lieu dans l'église des Pères Récollets d'Arras, en présence de dignitaires et de pauvres portant des flambeaux. Son fils a été désigné comme successeur. Dame Bonne Royer, veuve de Meffire Jean Louis de Faucon, Seigneur de Rys, est décédée au début du mois de février 1685. Connue pour sa piété et sa vertu, elle était la mère de Meffire de Rys, Intendant à Bordeaux, et de Madame de Bernières, épouse d'un conseiller au Parlement de Paris. Deux autres décès sont mentionnés : Meffire Claude du Val, Seigneur de Mandremont, ancien abbé de Saint-Pierre de Selincourt, et Meffire Pierre Bourdelot, abbé commendataire de Saint-Martin de Massay et médecin ordinaire du prince. Ce dernier était reconnu pour son érudition et ses connaissances en médecine, et organisait des conférences publiques chaque mardi, attirant de nombreux savants.
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16
p. 133-137
Morts, [titre d'après la table]
Début :
Je croy, Madame, que vous apprendrez avec déplaisir la perte [...]
Mots clefs :
Morts, François le Boults, Conseiller, Charge, Maison de la Chefnaye, Veuve, Soeur, Fils, Chancelière Daligre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Morts, [titre d'après la table]
Je croy , Madame , que vous
aprendrez avec déplaifir la
perte que le Parlement a faite
en la perfonne de Meffire
François le Boults , Seigneur
Dobuois , Confeiller en la feconde
Chambre des Requêtes
du Palais , mort le 5. de ce
mois . Son merite le fait regreter
de tout Paris . Il étoit
éclairé, penétrant , laborieux,
& le dernier de quatre Freres,
qui tous ayant eu des Charges
dans la Robe , les ont
exercées avec beaucoup de
crédit , d'éclat , & d'eftime.
Mellire Noël le Boults , Sei134
MERCURE
gneur de Chaumot , étoit l'aî
né. Il fut Cófeiller en la Grand'
Chambre , & mourut l'année
derniere. M' le Boults , à
preſent Confeiller en la troiféme
des Enqueftes
, & M *
l'Abbé le Boults Aumônier
du Roy , font fes Fils . Feu
Meffire Luc le Boults , Maître
des Comptes à Paris , étoit
le fecond. Il avoit pris alliance
dans la Maifon de la Chef
naye , & a laiffé plufieurs Enfans.
Le troifiéme eft Meffire
Louis le Boults , Seigneur de
Roncerey , Maiſtre des Requeſtes
, cy-devant ConfeilGALANT.
135
ler au Parlement de Metz.
Il a des Enfans de Dame
Marie Françoiſe Charreton ,
Fille unique du premier lit
de M le Prefident Charreton
, mort Doyen du Parlement
de Paris . C'eft le feul
qui refte des quatre Freres,
Meffire François le Boults,
Confeiller en la feconde des
Requestes du Palais , & auparavant
Conſeiller au Parlement
de Dijon , s'étoit allié à
la Maiſon de Choart , & laiffe
plufieurs Enfans. M's le
Boults avoient deux Soeurs ,
l'une mariée à M ' Blondeau ,
136 MERCURE
Prefident de la Chambre des
Comptes à Paris , dont font
ifflues Madame Daligre d'aujourd'huy
, Veuve du Maiſtre
des Requeftes , Fils aîné de
feu M le Chancelier d'Aligre
, & Madame de Fieubet-
Launac,Femme duConſeiller
d'Etat . L'autre Soeur époufa
Meffire Charles duTronchey,
Préfident aux Enquestes du
Parlement de Paris . On voit
fort peu de Familles , qui
ayent poffedé en meſme
temps tant de belles Charges ,
& fait des Alliances confiderables.
Auffi celle - cy eft elle
GALANT. 137
Elle vi--
des plus puifsátes de la Robe..
Madame la Chanceliere
Daligre , appellée Elizabet
Luillier, eft morte dans fa 78 .
année , quatre jours apres M *
le Boults. C'étoit la feconde
Femme de feu M' Daligre ,,
Chancelier , & Garde des
Sceaux de France .
voit dans de grandes pratiques
de pieté , & avoit fais :
bâtir un lieu au Fauxbourg .
S. Antoine , pour les Enfans :
trouvez , où elle demeuroit,,
& où elle a efté enterrée
aprendrez avec déplaifir la
perte que le Parlement a faite
en la perfonne de Meffire
François le Boults , Seigneur
Dobuois , Confeiller en la feconde
Chambre des Requêtes
du Palais , mort le 5. de ce
mois . Son merite le fait regreter
de tout Paris . Il étoit
éclairé, penétrant , laborieux,
& le dernier de quatre Freres,
qui tous ayant eu des Charges
dans la Robe , les ont
exercées avec beaucoup de
crédit , d'éclat , & d'eftime.
Mellire Noël le Boults , Sei134
MERCURE
gneur de Chaumot , étoit l'aî
né. Il fut Cófeiller en la Grand'
Chambre , & mourut l'année
derniere. M' le Boults , à
preſent Confeiller en la troiféme
des Enqueftes
, & M *
l'Abbé le Boults Aumônier
du Roy , font fes Fils . Feu
Meffire Luc le Boults , Maître
des Comptes à Paris , étoit
le fecond. Il avoit pris alliance
dans la Maifon de la Chef
naye , & a laiffé plufieurs Enfans.
Le troifiéme eft Meffire
Louis le Boults , Seigneur de
Roncerey , Maiſtre des Requeſtes
, cy-devant ConfeilGALANT.
135
ler au Parlement de Metz.
Il a des Enfans de Dame
Marie Françoiſe Charreton ,
Fille unique du premier lit
de M le Prefident Charreton
, mort Doyen du Parlement
de Paris . C'eft le feul
qui refte des quatre Freres,
Meffire François le Boults,
Confeiller en la feconde des
Requestes du Palais , & auparavant
Conſeiller au Parlement
de Dijon , s'étoit allié à
la Maiſon de Choart , & laiffe
plufieurs Enfans. M's le
Boults avoient deux Soeurs ,
l'une mariée à M ' Blondeau ,
136 MERCURE
Prefident de la Chambre des
Comptes à Paris , dont font
ifflues Madame Daligre d'aujourd'huy
, Veuve du Maiſtre
des Requeftes , Fils aîné de
feu M le Chancelier d'Aligre
, & Madame de Fieubet-
Launac,Femme duConſeiller
d'Etat . L'autre Soeur époufa
Meffire Charles duTronchey,
Préfident aux Enquestes du
Parlement de Paris . On voit
fort peu de Familles , qui
ayent poffedé en meſme
temps tant de belles Charges ,
& fait des Alliances confiderables.
Auffi celle - cy eft elle
GALANT. 137
Elle vi--
des plus puifsátes de la Robe..
Madame la Chanceliere
Daligre , appellée Elizabet
Luillier, eft morte dans fa 78 .
année , quatre jours apres M *
le Boults. C'étoit la feconde
Femme de feu M' Daligre ,,
Chancelier , & Garde des
Sceaux de France .
voit dans de grandes pratiques
de pieté , & avoit fais :
bâtir un lieu au Fauxbourg .
S. Antoine , pour les Enfans :
trouvez , où elle demeuroit,,
& où elle a efté enterrée
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Résumé : Morts, [titre d'après la table]
Le texte annonce la mort de François Le Boults, Seigneur Dubois, Conseiller à la seconde Chambre des Requêtes du Palais, survenue le 5 du mois. Sa disparition est déplorée par tout Paris en raison de ses qualités d'homme éclairé, pénétrant et laborieux. Il était le dernier survivant de quatre frères, tous ayant occupé des charges prestigieuses dans la Robe. Noël Le Boults, Seigneur de Chaumot, aîné des frères, était Conseiller à la Grand' Chambre et est décédé l'année précédente. Les autres frères sont un Conseiller à la troisième des Enquêtes, l'Abbé Le Boults, Aumônier du Roi, Louis Le Boults, Seigneur de Roncerey, Maître des Requestes, et François Le Boults, également Conseiller aux Requêtes du Palais. Ce dernier avait des alliances notables, notamment avec la Maison de Choart, et a laissé plusieurs enfants. La famille comptait aussi deux sœurs, l'une mariée à Monsieur Blondeau, Président de la Chambre des Comptes à Paris, et l'autre à Monsieur Charles Du Tronchey, Président aux Enquêtes du Parlement de Paris. Madame la Chanceliere Daligre, Élisabeth Luillier, seconde femme du défunt Chancelier Daligre, est également décédée à l'âge de 78 ans, quatre jours après Monsieur Le Boults. Elle était connue pour ses pratiques de piété et avait fait construire un lieu pour les enfants trouvés au Faubourg Saint-Antoine, où elle résidait et a été enterrée.
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17
p. 265-272
Proclamation du nouveau Roy, [titre d'après la table]
Début :
Les Seigneurs du Conseil prièrent humblement le Roy, [...]
Mots clefs :
Seigneur, Serment, Conseil privé, Proclamation, Charge, Gouvernement, Cérémonie, Baron, Duc, Comte, Milord, Chevalier
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texteReconnaissance textuelle : Proclamation du nouveau Roy, [titre d'après la table]
Les Seigneurs du Confeil
priérent humblement le Roy,
que les obligeantes expref
fions fuffent rendües publi-
Fevrier 1685.
Z
266 MERCURE
ques ; ce qui fut accordé
par Sa Majesté
. Elle ordonna
auffi , apres qu'Elle
cut fair
prefter
Serment
à tous ces
Seigneurs
, & autres du Confeil
Privé du feu Roy
, pour
eftre de fon Confeil
Privé, que
l'on publiaft
une Proclamafaire
fçavoir
que
tion ,
pour
fon plaifir
eftoit , que tous
ceux qui avoientCharge
dans
le Gouvernement
à la mort
du Roy Charles
II. continuaf
fent dans l'exercice
de leurs
Charges
jufqu'à
nouvel
ordre
de Sa Majesté
. Cette
Proclamation
fe fit l'aprefdînée
GALANT. 267
en ces termes , devant la
Porte de Witheall , à la Porte
deTemple- Barr, & à la Bourſe,
Royale, avec les Cerémonies.
accoûtumées.
Cremer dans
Omme il a plû à Dieu de
es mic
noftre fouverain Seigneur Char
les II, du
nom ,
nom
, de glorieuſe
mémoire
→ par la mort de qui les
Couronnes Impériales d'Angleterre,
d'Ecoffe & d'Irlande,font.
uniquement & légitimement dé
voluës à Haut & Puiffant Prince
Jacques Duc dYork & d Ah
banie, Frere Unique , &feul
Z ij
268 MERCURE
Héritier du feu Roy ; Nous les
Seigneurs Eccléfiaftiques & Sé
culiers de ce Royaume , eftant fe
condez de ceux du Confeil Privé
de Sa Majefté , & d'un grand
nombre des Principaux de la Nobleſſe,
comme aufſfidu LordMaire,
des Echevins , & de quantité
de Bourgeois de Londres , Pu
blions & Proclamons par ces
Préfentes , d'une commune voix
& d'un confentement , tant de
coeur que de bouche , que le Haut
& Puiffant Prince Facques 11.
est préfentement, par La mort de
noftre Souverain de glorieufe mé
moire , devenu nostre feul & lé
1
GALANT 269
gitime Prince , felon l'ordre de
la Succeffion , & le Droit du
Royaume , facques II. par la
grace de Dieu Roy d'Angleterre,
d'Ecoffe & d'Irlande , Défenfeur
de la Foy, &c, à qui nous
promettons toute fidélité & conftante
obeiffance de toutes les affe-
Etions de nos ames ; priant Dieu
par qui les Roys régnent , de benir
le Roy Jacques II. & de le
faire regner long- temps & heureuſementfur
nous.
Dieuconferve le Roy Jacques II.
La Proclamation fut fignée
de ceux dont yoicy les noms .
Z
iij
270 MERCURE
Guillaume Archevefque, de
Cantorbéry,
Le Baron de Guilford , Garde
"des Seaux .
Le Marquis Halyfax , Garde
du Seau Privé.
Le Comte de Rocheſter, Préfi'ent
du Confeil .
Le Duc de Norfolke.
Le Duc de Sommerfet.
Le Duc d'Albemarle.
Le Duc de Beaufort
Le Comte de Shravvdbury,
Le Comte de Kent.
Le Comte de Huntingdon ,
Le Comte de Pembroke .
Le Comte de Salisbury .
Le Comte de Brigvvater.
Le Comte de Vvoftmorland.
Le Comte de Mancheſter . ”
Le Comte de Peterborovv.
GALANT 271
Le Comte de Chefterfield..
Le Comte de Sunderland .
Le Comte de Scarfdale.
Le Comte de Clarendon .
Le Comte de Bath .
Le Comte de Craven.
Le Comte d'Ailesbury.
Le Comte de Lieckfield .
Le Comte de Feversham .
Le Comte de Berkeley.
Le Comte de Morray.
Le Comte de Mideleton .
Le Vicomte Faucomberg
.
Le Vicomte Nevvport
.
Le Vicomte de Veymouth.
Le Vicomte Lumley.
Le Vicomte Clifford .
1
Henry, Evefque de Londres .
Nathanaël , Evêque d'Arbam,
Thomas , Evefque de Rochefter.
Z iiij
272 MERCURE
Milord Nort & Gray.
Milord Maynard .
Milord Cornvvalis .
Milord Arundel .
Milord Godolphin.
Milord Drunimond.
Le Chevalier Jean Ernée.
Le Chevalier Thomas Chicheley.
Le Chevalier Lionel Jenkins.
priérent humblement le Roy,
que les obligeantes expref
fions fuffent rendües publi-
Fevrier 1685.
Z
266 MERCURE
ques ; ce qui fut accordé
par Sa Majesté
. Elle ordonna
auffi , apres qu'Elle
cut fair
prefter
Serment
à tous ces
Seigneurs
, & autres du Confeil
Privé du feu Roy
, pour
eftre de fon Confeil
Privé, que
l'on publiaft
une Proclamafaire
fçavoir
que
tion ,
pour
fon plaifir
eftoit , que tous
ceux qui avoientCharge
dans
le Gouvernement
à la mort
du Roy Charles
II. continuaf
fent dans l'exercice
de leurs
Charges
jufqu'à
nouvel
ordre
de Sa Majesté
. Cette
Proclamation
fe fit l'aprefdînée
GALANT. 267
en ces termes , devant la
Porte de Witheall , à la Porte
deTemple- Barr, & à la Bourſe,
Royale, avec les Cerémonies.
accoûtumées.
Cremer dans
Omme il a plû à Dieu de
es mic
noftre fouverain Seigneur Char
les II, du
nom ,
nom
, de glorieuſe
mémoire
→ par la mort de qui les
Couronnes Impériales d'Angleterre,
d'Ecoffe & d'Irlande,font.
uniquement & légitimement dé
voluës à Haut & Puiffant Prince
Jacques Duc dYork & d Ah
banie, Frere Unique , &feul
Z ij
268 MERCURE
Héritier du feu Roy ; Nous les
Seigneurs Eccléfiaftiques & Sé
culiers de ce Royaume , eftant fe
condez de ceux du Confeil Privé
de Sa Majefté , & d'un grand
nombre des Principaux de la Nobleſſe,
comme aufſfidu LordMaire,
des Echevins , & de quantité
de Bourgeois de Londres , Pu
blions & Proclamons par ces
Préfentes , d'une commune voix
& d'un confentement , tant de
coeur que de bouche , que le Haut
& Puiffant Prince Facques 11.
est préfentement, par La mort de
noftre Souverain de glorieufe mé
moire , devenu nostre feul & lé
1
GALANT 269
gitime Prince , felon l'ordre de
la Succeffion , & le Droit du
Royaume , facques II. par la
grace de Dieu Roy d'Angleterre,
d'Ecoffe & d'Irlande , Défenfeur
de la Foy, &c, à qui nous
promettons toute fidélité & conftante
obeiffance de toutes les affe-
Etions de nos ames ; priant Dieu
par qui les Roys régnent , de benir
le Roy Jacques II. & de le
faire regner long- temps & heureuſementfur
nous.
Dieuconferve le Roy Jacques II.
La Proclamation fut fignée
de ceux dont yoicy les noms .
Z
iij
270 MERCURE
Guillaume Archevefque, de
Cantorbéry,
Le Baron de Guilford , Garde
"des Seaux .
Le Marquis Halyfax , Garde
du Seau Privé.
Le Comte de Rocheſter, Préfi'ent
du Confeil .
Le Duc de Norfolke.
Le Duc de Sommerfet.
Le Duc d'Albemarle.
Le Duc de Beaufort
Le Comte de Shravvdbury,
Le Comte de Kent.
Le Comte de Huntingdon ,
Le Comte de Pembroke .
Le Comte de Salisbury .
Le Comte de Brigvvater.
Le Comte de Vvoftmorland.
Le Comte de Mancheſter . ”
Le Comte de Peterborovv.
GALANT 271
Le Comte de Chefterfield..
Le Comte de Sunderland .
Le Comte de Scarfdale.
Le Comte de Clarendon .
Le Comte de Bath .
Le Comte de Craven.
Le Comte d'Ailesbury.
Le Comte de Lieckfield .
Le Comte de Feversham .
Le Comte de Berkeley.
Le Comte de Morray.
Le Comte de Mideleton .
Le Vicomte Faucomberg
.
Le Vicomte Nevvport
.
Le Vicomte de Veymouth.
Le Vicomte Lumley.
Le Vicomte Clifford .
1
Henry, Evefque de Londres .
Nathanaël , Evêque d'Arbam,
Thomas , Evefque de Rochefter.
Z iiij
272 MERCURE
Milord Nort & Gray.
Milord Maynard .
Milord Cornvvalis .
Milord Arundel .
Milord Godolphin.
Milord Drunimond.
Le Chevalier Jean Ernée.
Le Chevalier Thomas Chicheley.
Le Chevalier Lionel Jenkins.
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Résumé : Proclamation du nouveau Roy, [titre d'après la table]
En février 1685, les Seigneurs du Conseil demandèrent au Roi de rendre publiques les expressions obligatoires. Le Roi accepta et ordonna que les membres du Conseil Privé du défunt Roi Charles II prêtent serment pour rejoindre son propre Conseil Privé. Une proclamation fut publiée, confirmant que les fonctionnaires en poste à la mort de Charles II continuaient leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre. Cette proclamation fut lue à Whitehall, Temple-Barr et la Bourse Royale. La proclamation annonça également que les couronnes d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande étaient transmises au Prince Jacques, Duc d'York et d'Albanie, frère et héritier du défunt Roi. Les dignitaires ecclésiastiques et séculiers, ainsi que la noblesse et les représentants de Londres, proclamèrent Jacques II comme leur souverain légitime et lui jurèrent fidélité. La proclamation fut signée par divers dignitaires, incluant des archevêques, barons, marquis, comtes, vicomtes et chevaliers.
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18
p. 311
M. le Marquis de Dangeau est pourvû de la Charge de Chevalier d'Honneur de Madame la Dauphine, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Marquis de Dangeau a esté pourvû de la Charge [...]
Mots clefs :
Marquis de Dangeau, Charge, Nomination, Chevalier d'Honneur de Madame la Dauphine, Duc de Richelieu, Qualités, Éloge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. le Marquis de Dangeau est pourvû de la Charge de Chevalier d'Honneur de Madame la Dauphine, [titre d'après la table]
M ' le Marquis de Dangeau
a efté pourvû de la Charge
de Chevalier d'Honneur de
Madame la Dauphine , par
la démiffion volontaire de
M' le Duc de Richelieu .
Ce Marquis eft connu par
tant d'excellentes qualitez
qui le diftinguent , & je vous
ay fi fouvent parlé de luy,
que vous faire fon éloge , ce
ne feroit que vous dire ce
vous fçavez déja.
a efté pourvû de la Charge
de Chevalier d'Honneur de
Madame la Dauphine , par
la démiffion volontaire de
M' le Duc de Richelieu .
Ce Marquis eft connu par
tant d'excellentes qualitez
qui le diftinguent , & je vous
ay fi fouvent parlé de luy,
que vous faire fon éloge , ce
ne feroit que vous dire ce
vous fçavez déja.
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19
p. 159-161
M. le Comte de Tessé preste Serment de fidelité pour la Charge de Mestre de Camp Général des Dragons, [titre d'après la table]
Début :
Le dixiéme de ce mois Mr le Comte de Tessé presta le [...]
Mots clefs :
Serment, Comte de Tessé, Fidélité, Marquis, Colonel des dragons, Chevalier, Officiers, Charge, Maitre de camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. le Comte de Tessé preste Serment de fidelité pour la Charge de Mestre de Camp Général des Dragons, [titre d'après la table]
Le dixiéme de ce mois M'
le Comte de Teffé prefta le
Serment de fidelité entre les
mains de M' le Marquis de
160 MERCURE
で
Bouflers , Colonel General
des Dragons de France , de
la Charge de Meftre deCamp
General des Dragons , dont
il a efté pourveu par Sa Majefté.
Cela fe fit en prefence
de M's les Marquis de Litfenoy
, Longueval , Barbefieres
, Chevalier de Teffé, Chevilly
, Chevalier de Marcé,
Colonels de Dragons, & plu
fieurs autres Officiers de ce
Corps. Je vous ay fi fouvent
entretenuë de M le Comte
de Teffé , & de ce qu'il a fait
dans les occafions importan
tes où il s'eft trouvé , que je
GALANT. 161
ne croy pas dévoir vous en
dire davantage
.
le Comte de Teffé prefta le
Serment de fidelité entre les
mains de M' le Marquis de
160 MERCURE
で
Bouflers , Colonel General
des Dragons de France , de
la Charge de Meftre deCamp
General des Dragons , dont
il a efté pourveu par Sa Majefté.
Cela fe fit en prefence
de M's les Marquis de Litfenoy
, Longueval , Barbefieres
, Chevalier de Teffé, Chevilly
, Chevalier de Marcé,
Colonels de Dragons, & plu
fieurs autres Officiers de ce
Corps. Je vous ay fi fouvent
entretenuë de M le Comte
de Teffé , & de ce qu'il a fait
dans les occafions importan
tes où il s'eft trouvé , que je
GALANT. 161
ne croy pas dévoir vous en
dire davantage
.
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Résumé : M. le Comte de Tessé preste Serment de fidelité pour la Charge de Mestre de Camp Général des Dragons, [titre d'après la table]
Le 10 du mois, le Comte de Teffé a prêté serment au Marquis. Bouflers a été nommé Maître de Camp Général des Dragons par le roi. La cérémonie a réuni plusieurs Marquis et Chevaliers, dont Litfenoy, Longueval et Chevilly. Le narrateur a déjà évoqué les actions du Comte de Teffé sans donner de détails supplémentaires.
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20
p. 161-162
Prise de possession de la Charge de Professeur aux Langues Grecques de l'Université de Caen, [titre d'après la table]
Début :
Je croy vous avoir déja mandé que la Chaire de Professeur [...]
Mots clefs :
Professeur, Langues grecques, Université de Caen, Charge, Nomination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prise de possession de la Charge de Professeur aux Langues Grecques de l'Université de Caen, [titre d'après la table]
Je croy vous avoir déja
mandé que la Chaire de Pro
feffeur aux Langues Grec..
de l'Univerfité de
quest ,
Caen , a efté remplie par M
Mars 1685, Q
162 MERCURE
de Laire , Profeffeur dans les
Humanitez au College du
Bois , choify par Sa Majeſté ,
apres les Difputes publiques
faites entre plufieurs Concurrens
. Depuis ce temps - là il a
pris poffeffion , & fait ſon entrée
par une Harangue Latine
à la louange du Roy , & de la
Langue Grecque , en preſence
de M ' Malloüin , Recteur
de l'Univerſité , & Principal
du College du Bois , des Docteurs
de la meſme Univerfité
, & des Perfonnes les plus
confiderables de la Ville.
mandé que la Chaire de Pro
feffeur aux Langues Grec..
de l'Univerfité de
quest ,
Caen , a efté remplie par M
Mars 1685, Q
162 MERCURE
de Laire , Profeffeur dans les
Humanitez au College du
Bois , choify par Sa Majeſté ,
apres les Difputes publiques
faites entre plufieurs Concurrens
. Depuis ce temps - là il a
pris poffeffion , & fait ſon entrée
par une Harangue Latine
à la louange du Roy , & de la
Langue Grecque , en preſence
de M ' Malloüin , Recteur
de l'Univerſité , & Principal
du College du Bois , des Docteurs
de la meſme Univerfité
, & des Perfonnes les plus
confiderables de la Ville.
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Résumé : Prise de possession de la Charge de Professeur aux Langues Grecques de l'Université de Caen, [titre d'après la table]
En mars 1685, M. Mercure de Laire a été nommé professeur de Langues Grecques à l'Université de Caen. Après des disputes publiques, il a été choisi par Sa Majesté. Il a pris possession de sa chaire lors d'une harangue en latin, en présence de M. Mallouin, recteur de l'Université, et des notables de la ville.
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21
p. 162-163
M. le Févre, Trésorier de la Maison du Roy, est nommé Trésorier des Menus, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Féyre, l'un des Tresoriers de la Maison du Roy, [...]
Mots clefs :
Trésorier de la maison du roi, Menues affaires de la Chambre, Nomination, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. le Févre, Trésorier de la Maison du Roy, est nommé Trésorier des Menus, [titre d'après la table]
M' le Féyre , l'un des Tre
GALANT. 163
S
foriers de la Maifon du Roy,
a efté nommé à la Commif
fion de l'un des Treforiers
des Menuës Affaires de la
Chambre de Sa Majesté . Il
n'avoit fait pour cela aucune
follicitation , & ne prétendoit
pas mefme à ce nouvel Employ
, lors que le Roy luy en
a fait prefent.
peut dire que ce grand & ju ,
dicieux Monarque , ne laiffe :
pas mefme le temps de for-
Ainfi l'on
mer des fouhaits à ceux qui
fe fentent affez de merite,.
pour en pouvoir efperer quel
que gratification.
GALANT. 163
S
foriers de la Maifon du Roy,
a efté nommé à la Commif
fion de l'un des Treforiers
des Menuës Affaires de la
Chambre de Sa Majesté . Il
n'avoit fait pour cela aucune
follicitation , & ne prétendoit
pas mefme à ce nouvel Employ
, lors que le Roy luy en
a fait prefent.
peut dire que ce grand & ju ,
dicieux Monarque , ne laiffe :
pas mefme le temps de for-
Ainfi l'on
mer des fouhaits à ceux qui
fe fentent affez de merite,.
pour en pouvoir efperer quel
que gratification.
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Résumé : M. le Févre, Trésorier de la Maison du Roy, est nommé Trésorier des Menus, [titre d'après la table]
Monsieur le Féyre, Trésorier de la Maison du Roi, a été nommé à la Commission des Menus Affaires de la Chambre du Roi sans sollicitation. Le Roi, reconnu pour sa sagesse, a récompensé les mérites de M. le Féyre, démontrant ainsi sa promptitude à gratifier ceux qui se distinguent.
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22
p. 236-280
Suite curieuse des Affaires d'Angleterre, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay parlé assez amplement dans ma derniere Lettre [...]
Mots clefs :
Angleterre, Proclamation, Décès, Monarque, Seigneurs, Milord, Couronne, Conseil, Charge, Armes, Cérémonies, Religion, Obéissance, Serments, Magistrats, Royaume, Archevêque, Héritiers, Reine
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texteReconnaissance textuelle : Suite curieuse des Affaires d'Angleterre, [titre d'après la table]
Je vous ay parlé aſſez amplement
dans ma derniere
Lettre de ce qui s'eſt paffé
pendant les premiers jours de
la maladie du Roy d'Angleterre
; mais comme je vous
ay dit peu de chofes des deux
derniers
, parce que je n'étois
pas encore bien informé
du détail , je crois que vous
ne ferez pas fâchée que je reprenne
cette matiere , pour
vous apprendre des chofes
que vous pouvez ignorer.
Le leudy is.de Fevrier, veille
GALANT. 237
7 de la mort de ce Monarque,
les Medecins dirent à Mon.
fieur le Duc d'York , qu'il étoit
hors de danger , qu'ils répondoient
de fa vie ; & que s'il mouroit de
cette maladie - là , ce ne pourroit
eftre que par leurfaute . Sur une
affeurance fi pofitive , Monfieur
le Duc d'York , qui par
la prudence qu'on a toûjours
veuë inféparable de toutes fes
actions , avoit fait fermer tous
les Ports d'Angleterre, donna
des ordres pour les faire'r'ouvrir.
Cependant le foir de ce
mefme jour, le Roy fut nouyellement
attaqué de con238
MERCURE
vulfions ; le poux commença
à luy manquer ; depuis le bas
de fon corps la moitié devint
froide , & il perdit peu à peu
la parole,quoy qu'il ait encore
parlé avec une grade préfence
d'efprit , trois heures avant fa
mort. On ne peut montrer
plus de refignation , ny des
fentimens plus pieux & plus
Chrétiens , qu'il en fit voir dás
les intervales de foulagement
que fon grand mal luy laiffoit,
Il demanda premierement
pardon à Dieu , & enfuite à la
Reyne fa femme , qui n'étoit
pas préfente dans ce moment,,
4
GALANT. 239
puis à Mofieur le Duc d'York,
Pappellant fon cher Frere , fon
aimable Frere, qui luy avoit toûjours
efté meilleur Frere , qu'il ne
L'avoit efté pour luy pendantfon
vivant; ce qui attendrit ſi fort
ceux qui l'écoutoient , qu'ils
ne purent retenir leurs larmes.
Il parla auffi fort avantageuſement
du grand merite de Madame
la Ducheffe d'York,
& de la haute eftime qu'il
avoit toûjours euë pour cette
Princeffe. Il recommanda à
tous les grands Officiers de la
Couronne qui eftoient autour
de fon lit , l'entiere obeïffance
240 MERCURE
qu'ils devoient à Monfieur le
Duc d'York , fon unique Frere,
& Heritier du Royaume , les
affurant qu'il le furpafferoit en
bonté pour eux . Apres cela
il pria ce Prince d'avoir foin
des Ducs de Graffeton , Northumberland
, S. Alban , &
Richemont, puis il luy donna
la Clef de fon Cabinet où
eftoient fes Papiers les plus
fecrets , & luy témoigna , & à
tous ceux qui avoient paffé la
nuit dans fa Chambre , & qui.
eftoient la plupart des Grands
du Royaume , beaucoup de
douleur des peines qu'ils prenoient
GALANT 241
noient pour l'affifter. Il ajoûtoit
par intervale , qu'il valoit
• mieux , puifque le temps de fa
1 mort eftoit venu , que ce moment
s'avançaft , afin que leurs fati-
I gues ceffaffent. Trois heures
avant qu'il expiraft , il parla
quelque temps à l'oreille de
Monfieur le Duc d'York , &
I mourut le Vendredy 16. à
onze heures trois quarts du
matin. Il a plus paru de convulfion
dans le fujet de la
mort de ce Monarque , que
d'Apoplexie. On l'a ouvert,
& on luy a trouvé les Vifceres
tres- bons. Il avoit une eau
X
Mars 1685.
242 MERCURE
noire dans le Cerveau , quelques
- uns veulent que cette
eau foit un effet du Tabac, &
la caufe de fa mort. D'autres
l'attribuent au contretemps
d'avoir arrefté une fluxion
qu'il avoit fur les Jambes .
Le Roy ayant rendu le
dernier foûpir , Monfieur le
Duc d'York fortit de laChambre
où ce Monarque venoit
de mourir , & dit luy- mefme
aux Seigneurs qu'il trouva
dehors , que le Roy fon Frere
eftoit mort , & qu'il eftoit
devenuleur Souverain . Quoy
que la plus vive douleur fuft
GALANT. 243.
peinte fur fon vifage, il avoit
neanmoins un air de grandeur
& de fermeté , qui imprimoit
du refpect , & qui
auroit pû intimider les malintentionnez
pour luy , s'il
s'en fuft trouvé quelquesuns.
Ce nouveau Monarque
alla enfuite apprendre cette
nouvelle à la Princeffe fa
Femme. Auffi- toft apres , le
Grand Chancelier avec le
Seau , accompagné des Confeillers
d'Etat , vint falüer le
nouveau Roy & la nouvelle
Reyne , & ils demandérent
à Sa Majefté fi Elle vouloit
x ij
244 MERCURE
tenir Confeil. Le Roy fe rendit
dans la Chambre où il fe
tient ordinairement , & la
Reyne , à l'Apartement de
la Reyne Douairiere , pour
la confoler dans fon déplaifir.
Le Roy eftant au Confeil
, fit appeller tous ceux
qui le compofoient , & tous
les Pairs du Royaume qui
eftoient pour lors à la Cour,
& Sa Majesté leur fit le Dif
cours que je vous ay envoyé
dans ma derniere Lettre . J'oubliay
de vous marquer qu'avant
qu'il le commençaſt , il
ſe ſentit fi vivement pénétré
GALANT. 245
de fa douleur , qu'il ne pût
retenir fes larmes , & pria
l'Affemblée de compatir à la
perte qu'il venoit de faire . Je
vous ay parlé de ce qui fe fit
dans le Confeil , & de la Pro
clamation du Roy , que je
yous ay envoyée dans les
mefmes termes qu'elle fut
faite ; mais je ne vous ay rien
dit des Cerémonies de cette
Proclamation
. Elles font affez
curieuſes pour eftre fçeües .'
Sur les trois heures apres midy
le Duc de Norfolk , Grand-
Maréchal , avec les Hérauts:
d'Armes fuivy du Grand
X iij
246 MERCURE
Chancelier , du Préfident du
Confeil, du Garde des Seaux ,,
de tous les Seigneurs du Confeil
, de l'Archevefque de
Cantorbery , & des Pairs du
Royaume , fit à la Porte de
Witheal la Proclamation du
nouveau Roy & de la nouvelle
Reyne ; & tous enfem
ble allérent à la Porte de la
Ville , partie en Carroffe, partie
à Cheval ,
accompagnez
d'un grand Corps deCavalerie
bien montée & bien armée ,
& dont les Chevaux eftoient
magnifiquement caparaçonnez.
Milord Maire fe trouva à
GALANT. 247.
la Porte de la Ville , fuivy des
Juges & des Magiftrats de la
Ville , reveftus de Robes d'Ecarlate,
& fuperbement montez.
Ils eftoient accompagnez
de cent de leurs Gardes
portans des Halebardes , &
d'un grand nombre d'Offciers
auffi à pied , avec des
Robes violettes. Dés que
Milord Maire apperceut !
Grand Maréchal avec faSuite,
il fit fermer la Porte de la
Ville. Un des Hérauts heurta
à cette Porte , criant
le
que
le
Roy
Charles
eftoit
mort
, &
que
Le
Roy
Jacques
vouloit
entrer
.
X iiij
248 MERCURE
LaPortefut auffi toft ouverte,
& l'on y fit une feconde Pro.
clamation . Le Peuple dont
la foule eftoit tres - grande,
cria d'abort en Anglois Vive
le Roy Jacques , avec de grandes
demonftrations d'allegreffe
, & plufieurs mefme,
pour mieux témoigner leur
joye,jettérent leurs Chapeaux
en l'air. Toute la Compagnie
entra dans la Ville avec Milord
Maire. La Cavalerie
eftoit à la tefte & à la queuë.
Cette Marche fut continuée
jufques à la moitié de la
Ville , & s'arreſta devant la
J
GALANT 249
Grande Bourſe , où l'on fit
une nouvelle Proclamation ;
de forte que trois heures apres
la mort du Roy , toutes ces
Cerémonies furent finies ,.
avec une tres - grande tranquilité.
Il ne faut pas s'en
étonner. Le Peuple craint,
eftime & aime le nouveau
Roy , & eft perfuadé de fon
intrépidité & de fa valeur .
Cette Cerémonie eftant finie,
toute l'Artillerie de la Tour
fit plufieurs Salves , & les
Cloches carillonnérent toute
la nuit.Je vous ay déja marqué
le mefme jour le nou
que
250 MERCURE
veau Roy déclara , Que ceux
dont le Pouvoir, & les Reve
nus , ou Salaires eftoient finis &
ceffez, feroient &fe tiendroient
continuez dans leurs Charges &
Emplois , fous les meſmes conditions
, & ainfi qu'ils en jouif
foient cy-devant , jusqu'à ce que
les intentions de Sa Majestéfuffent
plus amplement expliquées.
Je dois ajoûter icy , qu'il s'expliqua
dans le mefme temps
fur ce que plufieurs grands
Seigneurs ne payoient point
leurs debres , fous prétexte
qu'ils avoient des Charges à
la Cour , & dit que ce n'é
GALANT. 251
toit pas fon intention. Le 17.
les Juges preftérent Serment,
& reprirent leurs Séances ; &
le lendemain , Milord Chef
de Juſtice , avec tous les Juges
qui l'accompagnoient,
baifa la main à Sa Majefté.
Le mefme jour Elle déclara
par une Proclamation qui fut
publiée , qu'elle avoit deffein
de convoquer dans peu de
temps un Parlement , eſtant
perfuadée qu'il prendroit foin
d'établir des Revenus fuffifans
pour foûtenir les dépen
fes aufquelles le Gouverne
ment de l'Etat l'engageroit.
252 MERCURE
Elle ordonna cependant, que
l'on continüeroit à lever les
droits d'Entrée & de Sortie fur
toutes les Marchandiſes dans
les Ports de fon Royaume.Ce
jour- là Milord Darmouth &
Milord Chef de Juſtice , qui
n'avoient pû fe trouver au
Confeil le 16 , preftérent Serment
entre les mains de ce
Prince, & prirent Séance. Le
Corps du feu Roy fut embaumé
, & délivré pour cela
par le Comte de Bath , Premier
Gentilhomme
de fa
Chambre , au Comte d'At
lington , Chambellan de fa
1
GALANT. 253
Maiſon . On le tranſporta
fans Cerémonie à l'Apartement
du Prince au Palais de
Sommerfet , où il fut gardé
par fes Officiers jufques au
jour de l'Enterrement . Le
19. le Prince Georges de Dan.
nemark , qui a épousé la feconde
Fille du nouveau Roy,
prit Séance au Confeil Privé
de Sa Majesté. Le 24. le
Cercueil où l'on avoit mis le
Corps du feu Roy , fut porté
au Palais de Westminster, à
l'Eglife de l'Abbaïe , par les
Gentilshommes de la Chambre.
Six Comtes foûtenoient
254 MERCURE
les coins du Drap Mortuaire.
La Marche de ce Convoy fut
commencée par les Domeſtiques
des Seigneurs & des
Officiers de la Couronne , du
Prince & de la Princeffe de
Dannemark , du Roy & de
la Reyne,de la Reyne Douairiere
, & du feu Roy, Les
Officiers fuivoient , puis les
Barons , les Vicomtes , les
Comtes , les Marquis , les
Ducs , les Evefques , & les
Grands Officiers de la Couronne
, chacun felon fa Dignité.
L'Archevefque de Cantorbery
marchoit le dernier,
GALANT 255
1
à caufe qu'il eft le Premier
Pair d'Angleterre. Le Prince
Georges de Dannemark,Chef
du Deüil , marchoit apres
eux. Il eftoit conduit par les
Ducs de Sommerfet & de
Beaufort , & accompagné de
feize Comtes. Les Roys d'Armes
portoient la Couronne,
& les autres marques de la
Royauté ; & la marche eftoit
fermée par les Gentilshommies
Penfionnaires , & par
les Yeomans de la Garde . Le
Doven & les Chanoines de
Weſtminſter vinrent recevoir
le Corps à la Porte ; & le Ser256
MERCURE
Les
vice ayant efté fait felon l'U.
fage de l'Eglife Anglicane
,
on l'enterra dans la Chapelle
de Henry VII. C'est le Lieu
de la Sépulture ordinaire des
Roys d'Angleterre.
Grands Officiers rompirent
alors leurs Baftons , & un
Roy d'Armes proclama le
Roy Jacques H. felon la coûtume.
Comme en ces occafions
on attend toûjours à
donner les Charges
, que le
dernier Roy foit enterré, cette
lugubreCerémonie
ayanteſté
faite , on donna au Comte
de Rochefter
la Charge de
GALANT. 257
Grand Tréforier d'Angle
terre , exercée depuis quel
ques années par Commif
fion ; celle de Préfident Privé:
au Marquis de Hallifax , &
celle de Garde du Seau Privé
qu'avoit ce Marquis, au Cóte
de Clarendon. On fit le Duc
de Beaufort , Préfident du:
Raïs de Galles , & Milord
Godolphin , Chambellan dè
La Reyne..
Le lendemain 25, le Roy
?
& la Reyne firent leurs dévo
tions dans leur Chapelle , ens
prefence de plufieurs de leurs
premiers Officiers , & de
Mars 1685,
Ya
258 MERCURE
quantité de Seigneurs Anglois
, le Roy ayant fait ou
vrir les portes . Sa Majefté
ayant auparavant communiqué
fa réfolution à fon Confeil
, avoit dit , Que faifant profeffion
de la Religion Catholique,
il croyoit , pour faire mieux connoiftre
fa fincerité, & fa bonne
foy , ne devoirpas fe cacher à l'avenir
, faire mieux fon devoir,
comme chacun eft obligé de
faire dans la Religion qu'il profeffe.
Ces paroles eftant d'un
grand Roy , d'un Prince fincere
& plein de coeur , qui ne
fait point déguifer , & enfin
GALANT.. 259
d'un honnefte Homme , il
n'y a perfonne , de quelque
Religion qu'il puiffe eftre,
qui ne doive approuver la
franchiſe de ce procedé , &
qui ne tombe d'accord que
ce Monarque a pû ſe ſervic
de la mefme liberté qu'il laif
fe à ſes Sujets.
Le 27 on publia une Proclamation
, portant que le
Roy avoit fait examiner le .
Bail de l'Excife , par les Juges
& par les plus habiles Jurif
confultes , l'Excife eft un Impoftfur
la Biere & fur les Boif
fons étrangeres , conclu au:
Y ij
260 MERCURE
nom du feu Roy , par les
Commiflaires de la Treforerie
, avec les Fermiers Generaux
pour trois ans , moyen,
nant cinq cens cinquante
mille livres Sterlin par an,
payables par Quartier , dont
le premier Terme devoit eſtre
le de ce mois. Je croy,
Madame , que vous fçavez
qu'une livre Sterlin , eft en
viron treize Francs de noftre
Monnoye. Sa Majesté déclára
par cette Proclamation, que
la mort du Roy ne reſolvoit
pas ce Bail de l'Excife , & que
Lon intention estoit qu'on
25.
GALANT. 261
Texecutaft fuivant les Actes
du Parlement , par lesquels
ce Droit a efté accordé au feu
Roy , pour en jouir pendant
fa vie , & à caufe de la part
que les mefmes Actes en accordent
à fes Heritiers & Succeffeurs.
Je ne vous nommeray
point toutes les Villes où
le Roy a efté proclamé, fi-toft
qu'on y a receu la nouvelle
de la mort du Roy Charles II .
Je vous diray feulement que
cette Ceremonie s'eft faire
par tout , avec des marques
de joye extraordinaires . Elles
font connoiftre combien te
262 MERCURE
nouveau Roy eft aimé de fes
Sujets . Apres la Proclamation
faite par le principal Officier
à la grande Place de chaque
Ville, où les Magiftrats fe font
rendus en Robes d'écarlates,
les Canons ont fait trois dé
charges generales , qui ont
efté fuivies d'autant de Salves
des Milices , fous les Armes.
Dans les Villes Maritimes,
tous les Vaiffeaux qui étoient
dans les Ports , ont fait plu
fieurs décharges de leur Artillerie
, les Cloches ont fonné
dans toutes , pendant le jour-
& toute la nuit , & on n'a veu
GALANT. 263
que Feux de joye dans toutes
les Ruës. La Proclamation
de l'Univerfité de Cambridge
a efté particuliere. Le Vice-
I Chancelier ayant affemblé
tous les Principaux des Colle-
-ges, & tous les Ecoliers , ils fe
rendirent à la Proceffion à la
5 grande Place de la Ville , où
illût la Proclamation. Enſuite
elle fut annoncée à haute
voix , par l'Ancien de l'Univerfité
, & un grand Repas,
dans lequel on but la fanté du
Roy & de la Reyne , finit la
Ceremonie. Je paffe toutes
les Adreffes que l'on prefente
264 MERCURE
&
tous les jours à Sa Majeſté , aur
nom des principales Villes &
des Communautez du Royau
me. Les Affurances de zéle
& de fidelité pour ſon ſervice
dont elles font pleines , font
conceuës en des termes firef
pectueux & fi foûmis , qu'on
voit ailément qu'elles font
finceres. On y fait pareillement
des remercimens au
Roy,de ce qu'il a déclaré que
fa réfolution eft de maintenir
Gouvernement étably dans
l'Eglife & dans l'Etat , felon
les Loix du Royaume. Les
Compagnies du Commerce
d'Afrique
Le
GALANT 265
201
d'Afrique du Levant , des
Indes Orientales, & plufieurs
autres de Marchands , ont
auffi prefenté des Adreffes à
Sa Majefté , pour luy témoigner
qu'elles fe foûmettent
volontiers à payer les Impofts
fur les Marchandiſes , confor
mément à la Déclaration qui
en a efté publiée.
Il fautvous parler preſente
ment de la Proclamation qui
a efté faite en Ecoffe , apres
qu'on y eut receu les Lettres
du Roy , conceües en ces
termes.
Mars 1685.
z
266 MERCURE
JACQUES
ROY.
J AcquesVII. par la Grace de
Dieu , Roy d'Ecoffe , d'Angleterre
, d'Irlande , Défenfeur
de la Foy , à tous & un chacun
de nos bons Sujets qu'il apartiendra
, Salut. Comme il a plû à
Dieu d'appeller aujourd'huy de
cette vie , le feu Roy noftre trescher
& bien aimé Frere Charles
II, Nous avons jugé à propos
de vous faire fçavoir que
noftre Royal Plaifir eft , Que
tous nos Officiers d'Etat , Con
feillers du Confeil Privé , Ma
giftrats , & autres Officiers quel
GALANT. 267
conques, de Robe ou d'Epée, dans
noftre ancien Royaume d'Ecoffe,
continuent leurs Fonctions , ainfi
qu'ilsfont autorifez par les Prefentes
,pour executer tous cha
cun en particulier , toutes les chofes
qui font du devoir de leurs
> Charges
Commiffions Instructions à
eux données par le feu Roy de
benite Memoire , jufqu'à ce qu'ils
en ayent receu de nouvelles , qui
leur foient envoyées de noftre
part, & cette prefente Lettre
fervira à tous , & à chacun en
particulier à les autorifer fuffi-
Samment pour le faire . Donné à
conformément aux
Z ij
268 MERCURE
Witthal le 16. Fevrier 1685. de
noftre Regne le premier. Par
commandement de Sa Majefté,
I. D. RUMMOND.
Vous voyez , Madame ,
que fi le Roy qui fe fait nom
mer lacques II. en Angleterre
, prend icy le nom de Iacques
VII . c'est pour conſerver
la fucceffion des Roys d'E
coffe. lacques VI. Roy d'E
coffe , Fils de Marie Stuard,
eftoit petit Fils de Margueri
te d'Angleterre , Soeur de
Henry VIII. & Elizabeth ,Fille
de ce mefme Henry VIII
efant morte en 1603. la Cou
GALANT. 269
&
*
ronne d'Angleterre apartint
de droit à lacques VI. Roy.
d'Ecoffe , qui ayant uny les
trois Royaumes d'Angleterre
, d'Ecoffe & d'Irlande , prit
le Tître de Roy de la grande
Bretagne avec le nom de
Lacques I. Ainfi le Roy qui
regne prefentement , eft lacques
II. en Angleterre, & laċques
VII. en Ecoffe. Voicy
les termes dans lefquels Sa
Proclamation a eſté faite en
ce Royaume.
Comme il a pleu à Dieu d'appeller
le Roy Charles II. noftre
Souverain Seigneur de glorieufe
Z iij
270 MERCURE
Memoire , de la Couronne Temporelle
à une Couronne Eternelle
dans le Ciel , & qu'ainfi le Droit
inconteftable de la fucceffion à la
Couronne de ce Royaume , eft dévolu
à la Perfonne Sacrée de fon
Royal Tres- cher Frere , à prefent
noftre Souverain Seigneur,
que Dieu conferve longues an
nées Nous , les Seigneurs du
Confeil Privé du Roy , autorifez
à cet effet par les Lettres de Sa
Majefté , écrites à Withal le 16.
de ce mois , & du confentement·
de plufieurs autres Seigneurs, Ecclefiaftiques
, des Barons , & des
Bourgeois de ce Royaume, Décla
GALANT. 271
rons &
Proclamons à ce que perfonne
n'en ignore, que noftre Souverain
Seigneur Tacques VII. eft
par legitime indubitable Succeffion,
Roy d'Ecoffe , d'Angleter
re , d'Irlande , & des Pais qui en
dépendent , Défenfeur de la Foy,
c. Que Dieu conferve & beniffe,
en luy accordant une longue,
heureufe vie , glorieuse ,
un heureux Regne. Nous décla
rons que nous sommes réfolus de
Luy obeir , & de le fervir avec
toute lafoumiffion & fidelité poffible
, de le défendre au peril de
nos vies de nos biens , contre
toute forte d'Ennemis , comme
Z iiij
272 MERCURE
noftre feul legitime Roy , ayant
une autorité Souveraine fur toutes
Perſonnes , & en toute forte
d'affaires , comme tenant la Cou
ronne de Dieufeul. En témoi
gnage dequoy , Nous, en la prefence
de Dieu , & d'un grand
nombre de Peuple & de fidelles
Sujets de Sa Majesté , de tous
Etats & Conditions qui fent icy
prefens à cette Publication So-
Temnelle , par laquelle nous reconnoiſſons
fa fupreme # ſouveraine
Autorité , à la Croix du
Marché de cette Ville d'Edim
bourg , déclarons & publions que .
noftre Souverain Seigneur , eft
GALANT. 273
par la Grace & Providence de
Dieu , Tour-puiffant , Roy d'E
coffe , d'Angleterre , d'Irlande,
Pais dépendans ; & en mesme
temps nous faisons Serment
en levant la main , d'avoir une
veritable & entiere fidelité envers
noftre Souverain Seigneur
Lacques VII. Roy de la Grande
Bretagne , &c. & àfes legitimes!
Heritiers & Succeffeurs , & de
nous acquiter de tous devoirs,fervice,
& obeiffance qui luyfont
deus , ainsi qu'il apartient à de
loyaux, foumis , & fidelles Sujets .
Ainfi Dieu nous aide. Par Acte
des Secretaires du Confeil. A
274 MERCURE
Milord Lansdovvn le
Chevalier Silvius , M Poley,
Skelton , Rich , & Etheridge,
que le Roy Charles II. avoit
nommez pour aller en qualité
d'Envoyez Extraordinai
res en Efpagne , en Danemark
, en Suéde , en Hollan
de , à Hambourg , & à Ratisbonne
, ont efté confirmez
dans leurs Emplois par Sa
Majeſté.
Apres plufieurs Affemblées
des Seigneurs du Confeil Privé
, touchant les préparatifs
du Couronnement du Roy,
il a eſté réſolu qu'il fe fera le
GALANT. 275
May , Feſte de S. Georges,.
felon l'ancien Calendrier. On
y obfervera toutes les Cere-:
monies de celuy du défunt
Roy , à la referve de celle de
créer des Chevaliers du Bain,
de faire la Cavalcade de Witheal
à Weſtminſter , & d'une
partie des Services qui fe faifoient
ordinairement au Cel
pas Royal , apres le Couron
nement. La Reyne fera cou
ronnée en mefme temps,
comme le füt Anne de Danemark
,avec lacques I. Ayeuls
de Sa Majefté. Le Duc d'Or
mond , Gouverneur General
276 MERCURE
d'Irlande , a ordre de venir à
la Cour L'Archevefque d'Armagh
, Primat d'Irlande , &
le Comte de Granard , doivent
gouverner le Royaume,
comme Lords -Juftices , Out
fuprêmes Magiftrats , ſuivant
une Commiffion qui leur a
efté crpadiée par re du
Roy , & dont ils ne feront
ouverture qu'apres le depart
du Duc d'Ormond. On a
expedié les Lettres circulaires
pour convoquer le Parlement
au 29. May prochain , &
on les a envoyées dans les
Provinces, afin que les Villes ,
GALANT. 277.
les Bourgs & les Communautez
élifent les Députez , qui
doivent entrer à la Chambre
des Communes. Le feu Roy
avoit convoqué le Parlement
d'Ecoffe , & il devoit s'affembler
à Edimbourg , mais l'au
torité des Lettres Patentes ne
fubfiftant plus , Sa Majeſté
qui devoit y préfider en qualité
de grand Commiffaire , a
ordonné qu'il s'affemblera en
la maniere accoûtumée le 9.
d'Avril , fans avoir encore
'nommé celuy qui exercera la
Commiflion . On publia la
Proclamation à Edimbourg
278 MERCURE
le zo. du dernier mois , Par
my les Adreffes que l'on continue
de prefenter au Roy au
nom des principales Villes,
celle de l'Univerfitéd'Oxford
eft fort remarquable. Cette
Adreffe porte que confor
mément à la Religion que
les Loix ont établie , & à la
doctrine que profeffe cette
Univerfité , elle fe croit indifpenfablement
obligée à une
fidelité inviolable envers le
Roy,fans aucune reſtriction ,
nylimitation ; que ceux de fon
Corps l'ont affez fait paroiftre
dans les troubles arrivez fous 1
GALANT. 279
le regne de Charles I. & dans
les derniers temps , demeurát
fermes dás l'obeiffance qu'ils
devoient au Roy Charles II.
qu'ils font dans les mefmes
fentimens de fidelité & de
refpect pour Sa Majesté à
preſent regnante , & qu'ils
font prefts de luy en donner
des marques en toutes fortes
d'occafions , en maintenant
cette mefme Doctrine , & en
l'enſeignant dans les Ecoles ,
pour affeurer la tranquilité
publique. Le Roy doit aller
demeurer dans quelque
temps au Palais de Sommer280
MERCURE
fet , & on le prépare pour fon
logement. Le Service de la
Chapelle Royale à Witheal,
fe fait tous les jours de la
mefme maniere qu'il le faifoit
du temps du feu Roy . Le 4
de ce mois , Sa Majeſté apres
avoir entendu la Prédication ,
affifta à la Meffe dans la Chapelle
de la Reyne , & y communia.
dans ma derniere
Lettre de ce qui s'eſt paffé
pendant les premiers jours de
la maladie du Roy d'Angleterre
; mais comme je vous
ay dit peu de chofes des deux
derniers
, parce que je n'étois
pas encore bien informé
du détail , je crois que vous
ne ferez pas fâchée que je reprenne
cette matiere , pour
vous apprendre des chofes
que vous pouvez ignorer.
Le leudy is.de Fevrier, veille
GALANT. 237
7 de la mort de ce Monarque,
les Medecins dirent à Mon.
fieur le Duc d'York , qu'il étoit
hors de danger , qu'ils répondoient
de fa vie ; & que s'il mouroit de
cette maladie - là , ce ne pourroit
eftre que par leurfaute . Sur une
affeurance fi pofitive , Monfieur
le Duc d'York , qui par
la prudence qu'on a toûjours
veuë inféparable de toutes fes
actions , avoit fait fermer tous
les Ports d'Angleterre, donna
des ordres pour les faire'r'ouvrir.
Cependant le foir de ce
mefme jour, le Roy fut nouyellement
attaqué de con238
MERCURE
vulfions ; le poux commença
à luy manquer ; depuis le bas
de fon corps la moitié devint
froide , & il perdit peu à peu
la parole,quoy qu'il ait encore
parlé avec une grade préfence
d'efprit , trois heures avant fa
mort. On ne peut montrer
plus de refignation , ny des
fentimens plus pieux & plus
Chrétiens , qu'il en fit voir dás
les intervales de foulagement
que fon grand mal luy laiffoit,
Il demanda premierement
pardon à Dieu , & enfuite à la
Reyne fa femme , qui n'étoit
pas préfente dans ce moment,,
4
GALANT. 239
puis à Mofieur le Duc d'York,
Pappellant fon cher Frere , fon
aimable Frere, qui luy avoit toûjours
efté meilleur Frere , qu'il ne
L'avoit efté pour luy pendantfon
vivant; ce qui attendrit ſi fort
ceux qui l'écoutoient , qu'ils
ne purent retenir leurs larmes.
Il parla auffi fort avantageuſement
du grand merite de Madame
la Ducheffe d'York,
& de la haute eftime qu'il
avoit toûjours euë pour cette
Princeffe. Il recommanda à
tous les grands Officiers de la
Couronne qui eftoient autour
de fon lit , l'entiere obeïffance
240 MERCURE
qu'ils devoient à Monfieur le
Duc d'York , fon unique Frere,
& Heritier du Royaume , les
affurant qu'il le furpafferoit en
bonté pour eux . Apres cela
il pria ce Prince d'avoir foin
des Ducs de Graffeton , Northumberland
, S. Alban , &
Richemont, puis il luy donna
la Clef de fon Cabinet où
eftoient fes Papiers les plus
fecrets , & luy témoigna , & à
tous ceux qui avoient paffé la
nuit dans fa Chambre , & qui.
eftoient la plupart des Grands
du Royaume , beaucoup de
douleur des peines qu'ils prenoient
GALANT 241
noient pour l'affifter. Il ajoûtoit
par intervale , qu'il valoit
• mieux , puifque le temps de fa
1 mort eftoit venu , que ce moment
s'avançaft , afin que leurs fati-
I gues ceffaffent. Trois heures
avant qu'il expiraft , il parla
quelque temps à l'oreille de
Monfieur le Duc d'York , &
I mourut le Vendredy 16. à
onze heures trois quarts du
matin. Il a plus paru de convulfion
dans le fujet de la
mort de ce Monarque , que
d'Apoplexie. On l'a ouvert,
& on luy a trouvé les Vifceres
tres- bons. Il avoit une eau
X
Mars 1685.
242 MERCURE
noire dans le Cerveau , quelques
- uns veulent que cette
eau foit un effet du Tabac, &
la caufe de fa mort. D'autres
l'attribuent au contretemps
d'avoir arrefté une fluxion
qu'il avoit fur les Jambes .
Le Roy ayant rendu le
dernier foûpir , Monfieur le
Duc d'York fortit de laChambre
où ce Monarque venoit
de mourir , & dit luy- mefme
aux Seigneurs qu'il trouva
dehors , que le Roy fon Frere
eftoit mort , & qu'il eftoit
devenuleur Souverain . Quoy
que la plus vive douleur fuft
GALANT. 243.
peinte fur fon vifage, il avoit
neanmoins un air de grandeur
& de fermeté , qui imprimoit
du refpect , & qui
auroit pû intimider les malintentionnez
pour luy , s'il
s'en fuft trouvé quelquesuns.
Ce nouveau Monarque
alla enfuite apprendre cette
nouvelle à la Princeffe fa
Femme. Auffi- toft apres , le
Grand Chancelier avec le
Seau , accompagné des Confeillers
d'Etat , vint falüer le
nouveau Roy & la nouvelle
Reyne , & ils demandérent
à Sa Majefté fi Elle vouloit
x ij
244 MERCURE
tenir Confeil. Le Roy fe rendit
dans la Chambre où il fe
tient ordinairement , & la
Reyne , à l'Apartement de
la Reyne Douairiere , pour
la confoler dans fon déplaifir.
Le Roy eftant au Confeil
, fit appeller tous ceux
qui le compofoient , & tous
les Pairs du Royaume qui
eftoient pour lors à la Cour,
& Sa Majesté leur fit le Dif
cours que je vous ay envoyé
dans ma derniere Lettre . J'oubliay
de vous marquer qu'avant
qu'il le commençaſt , il
ſe ſentit fi vivement pénétré
GALANT. 245
de fa douleur , qu'il ne pût
retenir fes larmes , & pria
l'Affemblée de compatir à la
perte qu'il venoit de faire . Je
vous ay parlé de ce qui fe fit
dans le Confeil , & de la Pro
clamation du Roy , que je
yous ay envoyée dans les
mefmes termes qu'elle fut
faite ; mais je ne vous ay rien
dit des Cerémonies de cette
Proclamation
. Elles font affez
curieuſes pour eftre fçeües .'
Sur les trois heures apres midy
le Duc de Norfolk , Grand-
Maréchal , avec les Hérauts:
d'Armes fuivy du Grand
X iij
246 MERCURE
Chancelier , du Préfident du
Confeil, du Garde des Seaux ,,
de tous les Seigneurs du Confeil
, de l'Archevefque de
Cantorbery , & des Pairs du
Royaume , fit à la Porte de
Witheal la Proclamation du
nouveau Roy & de la nouvelle
Reyne ; & tous enfem
ble allérent à la Porte de la
Ville , partie en Carroffe, partie
à Cheval ,
accompagnez
d'un grand Corps deCavalerie
bien montée & bien armée ,
& dont les Chevaux eftoient
magnifiquement caparaçonnez.
Milord Maire fe trouva à
GALANT. 247.
la Porte de la Ville , fuivy des
Juges & des Magiftrats de la
Ville , reveftus de Robes d'Ecarlate,
& fuperbement montez.
Ils eftoient accompagnez
de cent de leurs Gardes
portans des Halebardes , &
d'un grand nombre d'Offciers
auffi à pied , avec des
Robes violettes. Dés que
Milord Maire apperceut !
Grand Maréchal avec faSuite,
il fit fermer la Porte de la
Ville. Un des Hérauts heurta
à cette Porte , criant
le
que
le
Roy
Charles
eftoit
mort
, &
que
Le
Roy
Jacques
vouloit
entrer
.
X iiij
248 MERCURE
LaPortefut auffi toft ouverte,
& l'on y fit une feconde Pro.
clamation . Le Peuple dont
la foule eftoit tres - grande,
cria d'abort en Anglois Vive
le Roy Jacques , avec de grandes
demonftrations d'allegreffe
, & plufieurs mefme,
pour mieux témoigner leur
joye,jettérent leurs Chapeaux
en l'air. Toute la Compagnie
entra dans la Ville avec Milord
Maire. La Cavalerie
eftoit à la tefte & à la queuë.
Cette Marche fut continuée
jufques à la moitié de la
Ville , & s'arreſta devant la
J
GALANT 249
Grande Bourſe , où l'on fit
une nouvelle Proclamation ;
de forte que trois heures apres
la mort du Roy , toutes ces
Cerémonies furent finies ,.
avec une tres - grande tranquilité.
Il ne faut pas s'en
étonner. Le Peuple craint,
eftime & aime le nouveau
Roy , & eft perfuadé de fon
intrépidité & de fa valeur .
Cette Cerémonie eftant finie,
toute l'Artillerie de la Tour
fit plufieurs Salves , & les
Cloches carillonnérent toute
la nuit.Je vous ay déja marqué
le mefme jour le nou
que
250 MERCURE
veau Roy déclara , Que ceux
dont le Pouvoir, & les Reve
nus , ou Salaires eftoient finis &
ceffez, feroient &fe tiendroient
continuez dans leurs Charges &
Emplois , fous les meſmes conditions
, & ainfi qu'ils en jouif
foient cy-devant , jusqu'à ce que
les intentions de Sa Majestéfuffent
plus amplement expliquées.
Je dois ajoûter icy , qu'il s'expliqua
dans le mefme temps
fur ce que plufieurs grands
Seigneurs ne payoient point
leurs debres , fous prétexte
qu'ils avoient des Charges à
la Cour , & dit que ce n'é
GALANT. 251
toit pas fon intention. Le 17.
les Juges preftérent Serment,
& reprirent leurs Séances ; &
le lendemain , Milord Chef
de Juſtice , avec tous les Juges
qui l'accompagnoient,
baifa la main à Sa Majefté.
Le mefme jour Elle déclara
par une Proclamation qui fut
publiée , qu'elle avoit deffein
de convoquer dans peu de
temps un Parlement , eſtant
perfuadée qu'il prendroit foin
d'établir des Revenus fuffifans
pour foûtenir les dépen
fes aufquelles le Gouverne
ment de l'Etat l'engageroit.
252 MERCURE
Elle ordonna cependant, que
l'on continüeroit à lever les
droits d'Entrée & de Sortie fur
toutes les Marchandiſes dans
les Ports de fon Royaume.Ce
jour- là Milord Darmouth &
Milord Chef de Juſtice , qui
n'avoient pû fe trouver au
Confeil le 16 , preftérent Serment
entre les mains de ce
Prince, & prirent Séance. Le
Corps du feu Roy fut embaumé
, & délivré pour cela
par le Comte de Bath , Premier
Gentilhomme
de fa
Chambre , au Comte d'At
lington , Chambellan de fa
1
GALANT. 253
Maiſon . On le tranſporta
fans Cerémonie à l'Apartement
du Prince au Palais de
Sommerfet , où il fut gardé
par fes Officiers jufques au
jour de l'Enterrement . Le
19. le Prince Georges de Dan.
nemark , qui a épousé la feconde
Fille du nouveau Roy,
prit Séance au Confeil Privé
de Sa Majesté. Le 24. le
Cercueil où l'on avoit mis le
Corps du feu Roy , fut porté
au Palais de Westminster, à
l'Eglife de l'Abbaïe , par les
Gentilshommes de la Chambre.
Six Comtes foûtenoient
254 MERCURE
les coins du Drap Mortuaire.
La Marche de ce Convoy fut
commencée par les Domeſtiques
des Seigneurs & des
Officiers de la Couronne , du
Prince & de la Princeffe de
Dannemark , du Roy & de
la Reyne,de la Reyne Douairiere
, & du feu Roy, Les
Officiers fuivoient , puis les
Barons , les Vicomtes , les
Comtes , les Marquis , les
Ducs , les Evefques , & les
Grands Officiers de la Couronne
, chacun felon fa Dignité.
L'Archevefque de Cantorbery
marchoit le dernier,
GALANT 255
1
à caufe qu'il eft le Premier
Pair d'Angleterre. Le Prince
Georges de Dannemark,Chef
du Deüil , marchoit apres
eux. Il eftoit conduit par les
Ducs de Sommerfet & de
Beaufort , & accompagné de
feize Comtes. Les Roys d'Armes
portoient la Couronne,
& les autres marques de la
Royauté ; & la marche eftoit
fermée par les Gentilshommies
Penfionnaires , & par
les Yeomans de la Garde . Le
Doven & les Chanoines de
Weſtminſter vinrent recevoir
le Corps à la Porte ; & le Ser256
MERCURE
Les
vice ayant efté fait felon l'U.
fage de l'Eglife Anglicane
,
on l'enterra dans la Chapelle
de Henry VII. C'est le Lieu
de la Sépulture ordinaire des
Roys d'Angleterre.
Grands Officiers rompirent
alors leurs Baftons , & un
Roy d'Armes proclama le
Roy Jacques H. felon la coûtume.
Comme en ces occafions
on attend toûjours à
donner les Charges
, que le
dernier Roy foit enterré, cette
lugubreCerémonie
ayanteſté
faite , on donna au Comte
de Rochefter
la Charge de
GALANT. 257
Grand Tréforier d'Angle
terre , exercée depuis quel
ques années par Commif
fion ; celle de Préfident Privé:
au Marquis de Hallifax , &
celle de Garde du Seau Privé
qu'avoit ce Marquis, au Cóte
de Clarendon. On fit le Duc
de Beaufort , Préfident du:
Raïs de Galles , & Milord
Godolphin , Chambellan dè
La Reyne..
Le lendemain 25, le Roy
?
& la Reyne firent leurs dévo
tions dans leur Chapelle , ens
prefence de plufieurs de leurs
premiers Officiers , & de
Mars 1685,
Ya
258 MERCURE
quantité de Seigneurs Anglois
, le Roy ayant fait ou
vrir les portes . Sa Majefté
ayant auparavant communiqué
fa réfolution à fon Confeil
, avoit dit , Que faifant profeffion
de la Religion Catholique,
il croyoit , pour faire mieux connoiftre
fa fincerité, & fa bonne
foy , ne devoirpas fe cacher à l'avenir
, faire mieux fon devoir,
comme chacun eft obligé de
faire dans la Religion qu'il profeffe.
Ces paroles eftant d'un
grand Roy , d'un Prince fincere
& plein de coeur , qui ne
fait point déguifer , & enfin
GALANT.. 259
d'un honnefte Homme , il
n'y a perfonne , de quelque
Religion qu'il puiffe eftre,
qui ne doive approuver la
franchiſe de ce procedé , &
qui ne tombe d'accord que
ce Monarque a pû ſe ſervic
de la mefme liberté qu'il laif
fe à ſes Sujets.
Le 27 on publia une Proclamation
, portant que le
Roy avoit fait examiner le .
Bail de l'Excife , par les Juges
& par les plus habiles Jurif
confultes , l'Excife eft un Impoftfur
la Biere & fur les Boif
fons étrangeres , conclu au:
Y ij
260 MERCURE
nom du feu Roy , par les
Commiflaires de la Treforerie
, avec les Fermiers Generaux
pour trois ans , moyen,
nant cinq cens cinquante
mille livres Sterlin par an,
payables par Quartier , dont
le premier Terme devoit eſtre
le de ce mois. Je croy,
Madame , que vous fçavez
qu'une livre Sterlin , eft en
viron treize Francs de noftre
Monnoye. Sa Majesté déclára
par cette Proclamation, que
la mort du Roy ne reſolvoit
pas ce Bail de l'Excife , & que
Lon intention estoit qu'on
25.
GALANT. 261
Texecutaft fuivant les Actes
du Parlement , par lesquels
ce Droit a efté accordé au feu
Roy , pour en jouir pendant
fa vie , & à caufe de la part
que les mefmes Actes en accordent
à fes Heritiers & Succeffeurs.
Je ne vous nommeray
point toutes les Villes où
le Roy a efté proclamé, fi-toft
qu'on y a receu la nouvelle
de la mort du Roy Charles II .
Je vous diray feulement que
cette Ceremonie s'eft faire
par tout , avec des marques
de joye extraordinaires . Elles
font connoiftre combien te
262 MERCURE
nouveau Roy eft aimé de fes
Sujets . Apres la Proclamation
faite par le principal Officier
à la grande Place de chaque
Ville, où les Magiftrats fe font
rendus en Robes d'écarlates,
les Canons ont fait trois dé
charges generales , qui ont
efté fuivies d'autant de Salves
des Milices , fous les Armes.
Dans les Villes Maritimes,
tous les Vaiffeaux qui étoient
dans les Ports , ont fait plu
fieurs décharges de leur Artillerie
, les Cloches ont fonné
dans toutes , pendant le jour-
& toute la nuit , & on n'a veu
GALANT. 263
que Feux de joye dans toutes
les Ruës. La Proclamation
de l'Univerfité de Cambridge
a efté particuliere. Le Vice-
I Chancelier ayant affemblé
tous les Principaux des Colle-
-ges, & tous les Ecoliers , ils fe
rendirent à la Proceffion à la
5 grande Place de la Ville , où
illût la Proclamation. Enſuite
elle fut annoncée à haute
voix , par l'Ancien de l'Univerfité
, & un grand Repas,
dans lequel on but la fanté du
Roy & de la Reyne , finit la
Ceremonie. Je paffe toutes
les Adreffes que l'on prefente
264 MERCURE
&
tous les jours à Sa Majeſté , aur
nom des principales Villes &
des Communautez du Royau
me. Les Affurances de zéle
& de fidelité pour ſon ſervice
dont elles font pleines , font
conceuës en des termes firef
pectueux & fi foûmis , qu'on
voit ailément qu'elles font
finceres. On y fait pareillement
des remercimens au
Roy,de ce qu'il a déclaré que
fa réfolution eft de maintenir
Gouvernement étably dans
l'Eglife & dans l'Etat , felon
les Loix du Royaume. Les
Compagnies du Commerce
d'Afrique
Le
GALANT 265
201
d'Afrique du Levant , des
Indes Orientales, & plufieurs
autres de Marchands , ont
auffi prefenté des Adreffes à
Sa Majefté , pour luy témoigner
qu'elles fe foûmettent
volontiers à payer les Impofts
fur les Marchandiſes , confor
mément à la Déclaration qui
en a efté publiée.
Il fautvous parler preſente
ment de la Proclamation qui
a efté faite en Ecoffe , apres
qu'on y eut receu les Lettres
du Roy , conceües en ces
termes.
Mars 1685.
z
266 MERCURE
JACQUES
ROY.
J AcquesVII. par la Grace de
Dieu , Roy d'Ecoffe , d'Angleterre
, d'Irlande , Défenfeur
de la Foy , à tous & un chacun
de nos bons Sujets qu'il apartiendra
, Salut. Comme il a plû à
Dieu d'appeller aujourd'huy de
cette vie , le feu Roy noftre trescher
& bien aimé Frere Charles
II, Nous avons jugé à propos
de vous faire fçavoir que
noftre Royal Plaifir eft , Que
tous nos Officiers d'Etat , Con
feillers du Confeil Privé , Ma
giftrats , & autres Officiers quel
GALANT. 267
conques, de Robe ou d'Epée, dans
noftre ancien Royaume d'Ecoffe,
continuent leurs Fonctions , ainfi
qu'ilsfont autorifez par les Prefentes
,pour executer tous cha
cun en particulier , toutes les chofes
qui font du devoir de leurs
> Charges
Commiffions Instructions à
eux données par le feu Roy de
benite Memoire , jufqu'à ce qu'ils
en ayent receu de nouvelles , qui
leur foient envoyées de noftre
part, & cette prefente Lettre
fervira à tous , & à chacun en
particulier à les autorifer fuffi-
Samment pour le faire . Donné à
conformément aux
Z ij
268 MERCURE
Witthal le 16. Fevrier 1685. de
noftre Regne le premier. Par
commandement de Sa Majefté,
I. D. RUMMOND.
Vous voyez , Madame ,
que fi le Roy qui fe fait nom
mer lacques II. en Angleterre
, prend icy le nom de Iacques
VII . c'est pour conſerver
la fucceffion des Roys d'E
coffe. lacques VI. Roy d'E
coffe , Fils de Marie Stuard,
eftoit petit Fils de Margueri
te d'Angleterre , Soeur de
Henry VIII. & Elizabeth ,Fille
de ce mefme Henry VIII
efant morte en 1603. la Cou
GALANT. 269
&
*
ronne d'Angleterre apartint
de droit à lacques VI. Roy.
d'Ecoffe , qui ayant uny les
trois Royaumes d'Angleterre
, d'Ecoffe & d'Irlande , prit
le Tître de Roy de la grande
Bretagne avec le nom de
Lacques I. Ainfi le Roy qui
regne prefentement , eft lacques
II. en Angleterre, & laċques
VII. en Ecoffe. Voicy
les termes dans lefquels Sa
Proclamation a eſté faite en
ce Royaume.
Comme il a pleu à Dieu d'appeller
le Roy Charles II. noftre
Souverain Seigneur de glorieufe
Z iij
270 MERCURE
Memoire , de la Couronne Temporelle
à une Couronne Eternelle
dans le Ciel , & qu'ainfi le Droit
inconteftable de la fucceffion à la
Couronne de ce Royaume , eft dévolu
à la Perfonne Sacrée de fon
Royal Tres- cher Frere , à prefent
noftre Souverain Seigneur,
que Dieu conferve longues an
nées Nous , les Seigneurs du
Confeil Privé du Roy , autorifez
à cet effet par les Lettres de Sa
Majefté , écrites à Withal le 16.
de ce mois , & du confentement·
de plufieurs autres Seigneurs, Ecclefiaftiques
, des Barons , & des
Bourgeois de ce Royaume, Décla
GALANT. 271
rons &
Proclamons à ce que perfonne
n'en ignore, que noftre Souverain
Seigneur Tacques VII. eft
par legitime indubitable Succeffion,
Roy d'Ecoffe , d'Angleter
re , d'Irlande , & des Pais qui en
dépendent , Défenfeur de la Foy,
c. Que Dieu conferve & beniffe,
en luy accordant une longue,
heureufe vie , glorieuse ,
un heureux Regne. Nous décla
rons que nous sommes réfolus de
Luy obeir , & de le fervir avec
toute lafoumiffion & fidelité poffible
, de le défendre au peril de
nos vies de nos biens , contre
toute forte d'Ennemis , comme
Z iiij
272 MERCURE
noftre feul legitime Roy , ayant
une autorité Souveraine fur toutes
Perſonnes , & en toute forte
d'affaires , comme tenant la Cou
ronne de Dieufeul. En témoi
gnage dequoy , Nous, en la prefence
de Dieu , & d'un grand
nombre de Peuple & de fidelles
Sujets de Sa Majesté , de tous
Etats & Conditions qui fent icy
prefens à cette Publication So-
Temnelle , par laquelle nous reconnoiſſons
fa fupreme # ſouveraine
Autorité , à la Croix du
Marché de cette Ville d'Edim
bourg , déclarons & publions que .
noftre Souverain Seigneur , eft
GALANT. 273
par la Grace & Providence de
Dieu , Tour-puiffant , Roy d'E
coffe , d'Angleterre , d'Irlande,
Pais dépendans ; & en mesme
temps nous faisons Serment
en levant la main , d'avoir une
veritable & entiere fidelité envers
noftre Souverain Seigneur
Lacques VII. Roy de la Grande
Bretagne , &c. & àfes legitimes!
Heritiers & Succeffeurs , & de
nous acquiter de tous devoirs,fervice,
& obeiffance qui luyfont
deus , ainsi qu'il apartient à de
loyaux, foumis , & fidelles Sujets .
Ainfi Dieu nous aide. Par Acte
des Secretaires du Confeil. A
274 MERCURE
Milord Lansdovvn le
Chevalier Silvius , M Poley,
Skelton , Rich , & Etheridge,
que le Roy Charles II. avoit
nommez pour aller en qualité
d'Envoyez Extraordinai
res en Efpagne , en Danemark
, en Suéde , en Hollan
de , à Hambourg , & à Ratisbonne
, ont efté confirmez
dans leurs Emplois par Sa
Majeſté.
Apres plufieurs Affemblées
des Seigneurs du Confeil Privé
, touchant les préparatifs
du Couronnement du Roy,
il a eſté réſolu qu'il fe fera le
GALANT. 275
May , Feſte de S. Georges,.
felon l'ancien Calendrier. On
y obfervera toutes les Cere-:
monies de celuy du défunt
Roy , à la referve de celle de
créer des Chevaliers du Bain,
de faire la Cavalcade de Witheal
à Weſtminſter , & d'une
partie des Services qui fe faifoient
ordinairement au Cel
pas Royal , apres le Couron
nement. La Reyne fera cou
ronnée en mefme temps,
comme le füt Anne de Danemark
,avec lacques I. Ayeuls
de Sa Majefté. Le Duc d'Or
mond , Gouverneur General
276 MERCURE
d'Irlande , a ordre de venir à
la Cour L'Archevefque d'Armagh
, Primat d'Irlande , &
le Comte de Granard , doivent
gouverner le Royaume,
comme Lords -Juftices , Out
fuprêmes Magiftrats , ſuivant
une Commiffion qui leur a
efté crpadiée par re du
Roy , & dont ils ne feront
ouverture qu'apres le depart
du Duc d'Ormond. On a
expedié les Lettres circulaires
pour convoquer le Parlement
au 29. May prochain , &
on les a envoyées dans les
Provinces, afin que les Villes ,
GALANT. 277.
les Bourgs & les Communautez
élifent les Députez , qui
doivent entrer à la Chambre
des Communes. Le feu Roy
avoit convoqué le Parlement
d'Ecoffe , & il devoit s'affembler
à Edimbourg , mais l'au
torité des Lettres Patentes ne
fubfiftant plus , Sa Majeſté
qui devoit y préfider en qualité
de grand Commiffaire , a
ordonné qu'il s'affemblera en
la maniere accoûtumée le 9.
d'Avril , fans avoir encore
'nommé celuy qui exercera la
Commiflion . On publia la
Proclamation à Edimbourg
278 MERCURE
le zo. du dernier mois , Par
my les Adreffes que l'on continue
de prefenter au Roy au
nom des principales Villes,
celle de l'Univerfitéd'Oxford
eft fort remarquable. Cette
Adreffe porte que confor
mément à la Religion que
les Loix ont établie , & à la
doctrine que profeffe cette
Univerfité , elle fe croit indifpenfablement
obligée à une
fidelité inviolable envers le
Roy,fans aucune reſtriction ,
nylimitation ; que ceux de fon
Corps l'ont affez fait paroiftre
dans les troubles arrivez fous 1
GALANT. 279
le regne de Charles I. & dans
les derniers temps , demeurát
fermes dás l'obeiffance qu'ils
devoient au Roy Charles II.
qu'ils font dans les mefmes
fentimens de fidelité & de
refpect pour Sa Majesté à
preſent regnante , & qu'ils
font prefts de luy en donner
des marques en toutes fortes
d'occafions , en maintenant
cette mefme Doctrine , & en
l'enſeignant dans les Ecoles ,
pour affeurer la tranquilité
publique. Le Roy doit aller
demeurer dans quelque
temps au Palais de Sommer280
MERCURE
fet , & on le prépare pour fon
logement. Le Service de la
Chapelle Royale à Witheal,
fe fait tous les jours de la
mefme maniere qu'il le faifoit
du temps du feu Roy . Le 4
de ce mois , Sa Majeſté apres
avoir entendu la Prédication ,
affifta à la Meffe dans la Chapelle
de la Reyne , & y communia.
Fermer
Résumé : Suite curieuse des Affaires d'Angleterre, [titre d'après la table]
Le texte relate les événements entourant la maladie, la mort de Charles II et l'accession au trône de son frère Jacques II. Le 7 février, les médecins rassurent le duc d'York (futur Jacques II) sur l'état de santé du roi, mais Charles II est de nouveau victime de convulsions et perd progressivement la parole. Le roi exprime sa résignation et ses sentiments pieux, demande pardon à Dieu, à la reine et au duc d'York, et recommande l'obéissance à ce dernier. Charles II meurt le 16 février à onze heures trois quarts du matin. Jacques II, devenu roi, annonce la nouvelle avec dignité et fermeté. Les cérémonies de proclamation se déroulent rapidement et sans trouble, le peuple acclamant le nouveau roi. Jacques II déclare que les fonctionnaires conservent leurs charges jusqu'à nouvel ordre et exprime son intention de convoquer un Parlement pour établir des revenus suffisants. Le corps de Charles II est embaumé et enterré à l'abbaye de Westminster. Jacques II et la reine font des dévotions publiques, et le roi annonce sa profession de la religion catholique, appelant à la franchise et à la sincérité. Les cérémonies et proclamations suivant l'accession au trône de Jacques II en Angleterre et Jacques VII en Écosse sont marquées par des manifestations de joie extraordinaire dans toutes les villes, avec des salves d'artillerie, des feux de joie et des proclamations officielles. Les magistrats, vêtus de robes d'écarlate, proclament l'avènement du nouveau roi, suivi de décharges de canons et de salves des milices. Dans les villes maritimes, les vaisseaux tirent également des salves. À Cambridge, la proclamation est faite lors d'une procession académique, suivie d'un grand repas en l'honneur du roi et de la reine. Les principales villes et communautés présentent des adresses au roi, exprimant leur zèle et leur fidélité, et remerciant le roi pour son engagement à maintenir le gouvernement établi dans l'Église et l'État selon les lois du royaume. Les compagnies de commerce soumettent également des adresses, acceptant de payer les impôts sur les marchandises conformément à la déclaration publiée. En Écosse, la proclamation est faite après la réception des lettres du roi, confirmant la continuité des officiers d'État et des magistrats dans leurs fonctions jusqu'à nouvel ordre. Jacques II, devenu Jacques VII en Écosse, est proclamé roi d'Écosse, d'Angleterre et d'Irlande, avec des serments de fidélité prêtés par les sujets. Les préparatifs pour le couronnement sont planifiés pour le mois de mai, avec des cérémonies similaires à celles du règne précédent, à l'exception de certaines traditions comme la création des chevaliers du Bain. Le duc d'Ormond reçoit l'ordre de se rendre à la cour, et des lettres circulaires sont envoyées pour convoquer le Parlement. L'université d'Oxford présente également une adresse, affirmant sa fidélité au roi et son engagement à maintenir la doctrine religieuse établie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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23
p. 302-307
M. de Chasteaugonthier receu en survivance à la Charge de Président au Mortier du Parlement de Paris, que possède M. le Président de Bailleul son Pere, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Président de Bailleul a fait paroistre tant de zéle [...]
Mots clefs :
Mr le Président de Bailleul, Zèle, Sa Majesté, Récompense, Parlement de Paris, Fils, Voyages, Maison de Chasteaugontier, Ambassadeur, Charge, Lieutenant civil, Chancelier, Angleterre, Venise, Marquise , Noblesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : M. de Chasteaugonthier receu en survivance à la Charge de Président au Mortier du Parlement de Paris, que possède M. le Président de Bailleul son Pere, [titre d'après la table]
Male Préfident de Bailleul
a fait paroiſtre tant de zéle
pour les ſervice du Roy &
pour le bien de l'Etat en plu
ſieurs occaſions , que Sa Majesté
qui cherche toûjours à
récompenfer le vray mérite,
abien voulu luy accorder la
ſurvivance de ſa Charge de
Préſident au Mortier au Par-p
lement de Paris , pour Mode
Chaſteaugontier , ſon Fils,
Conſeillerdans le meſme Par
lement , avec toutes les dill
penfes
menter ligrace que ce grand
nſes qui pouvoient au
GALANTM 303
joyez par las
Monarque luy a faite. Tout !
le monde en témoigne icy
beaucoup de joye
haute eftime qu'on a pourq
ce Préſident , dont la Mais
ſon eſt une des plus Nobles
de Normandie , où lespaño
ceſtres acquirent beaucoup
de gloire aux Voyages de
laTerre Sainte , & à la Conqueſte
d'Angleterre. MeffireT
Nicolas de Bailleul, fon Pere,ol
a eſté le premier de cette
Maiſon, qui ſe ſoit mis dans
la Robe. Il fut Conſeiller au
Parlement , & enfuite Maisq
ſtre des Requeſtes. Les mar304
MERCURE
ques d'habileté qu'il donna
dans cette Charge , obligérent
le feu Roy à luy confier
diverſesCommiffions des plus
importantes, dont il s'acquita
avec grandſuccés . Sa Majesté
l'envoya Ambaſſadeur en Savoye
; & à ſon retour , Elle
le nommaPréfident auGrand
Conſeil.Quoy que cetteCharge
fuft conſidérable , il s'en
démit pour accepter celle de
Lieutenant Civil de Paris. Il
fut éleu Prevoſt des Marchands
quelque temps apres ,
& continué pendant fix années.
En 1627. on le receut
GALANT. 305
Préſident au Mortier. Il fute
fait Chancelier de la feuë
Reyne Mere Anne d'Auftri
che, & enfin Miniſtre d'Etat :
&Sur- Intendant des Finances.
Ilmourut en 1652. apres
avoir rendu de nouveau de
grands ſervices pendant les ,
Guerres Civiles , & fur tout
dans les temps auſquels il ſe
trouva à la teſte du Parlemér..
Il laiſſa d'Elifabeth Mallier ſa
feconde Femme , Dame d'u--
ne vertu genéralement admirée
, Fille deM' du Houf
fay , Conſeiller d'Etat & In--
tendant des Finantes , &
Avril 1685. Gc
1306 MERCURE
Scoeur de feu M. FEvefque de
Tarbes, cy devantAmbaffadeuràVenise&
vers les Prin
coesd'Italie, Meffire Louys de
Bailleul , aujourd'huy Préfi
dent au Mortier, dontjevous
parle,Madame la Marquife
du Tillet veuverde Modu
Tillet , Préfident à la Cham
bre des Comptes de Paris;
Madame la Marquise diUxe
les veuve deMelle Marquis
d'Uxelles , Lieutenant General
des Armées de Sa Maje
Até Lieutenant de Royzen
Bourgogne, & Gouverneur
de la Ville & Citadellede
EGADANIM. 397
Chalons, &MadamelaMarquiſe
de S.Germain, veuve de
Mile Marquis de Saint Ger
main,Gouverneur de laHaute
& Baffe Marche. Vous voyez
parlà combien d'illuftres AL
Jiances fans celles quej'obmets/
comme plus éloignées,
accompagnent laNobleffe&
le merite deMl de Chasteau .
Gontier,dont la Femme,Fille
edepMidella Cour des Bois,
Maistre des Requeſtes ,joint
à des qualitez extraordinaireso
l'avantage d'eftre un
des plus grands Partys de
Barillas
a fait paroiſtre tant de zéle
pour les ſervice du Roy &
pour le bien de l'Etat en plu
ſieurs occaſions , que Sa Majesté
qui cherche toûjours à
récompenfer le vray mérite,
abien voulu luy accorder la
ſurvivance de ſa Charge de
Préſident au Mortier au Par-p
lement de Paris , pour Mode
Chaſteaugontier , ſon Fils,
Conſeillerdans le meſme Par
lement , avec toutes les dill
penfes
menter ligrace que ce grand
nſes qui pouvoient au
GALANTM 303
joyez par las
Monarque luy a faite. Tout !
le monde en témoigne icy
beaucoup de joye
haute eftime qu'on a pourq
ce Préſident , dont la Mais
ſon eſt une des plus Nobles
de Normandie , où lespaño
ceſtres acquirent beaucoup
de gloire aux Voyages de
laTerre Sainte , & à la Conqueſte
d'Angleterre. MeffireT
Nicolas de Bailleul, fon Pere,ol
a eſté le premier de cette
Maiſon, qui ſe ſoit mis dans
la Robe. Il fut Conſeiller au
Parlement , & enfuite Maisq
ſtre des Requeſtes. Les mar304
MERCURE
ques d'habileté qu'il donna
dans cette Charge , obligérent
le feu Roy à luy confier
diverſesCommiffions des plus
importantes, dont il s'acquita
avec grandſuccés . Sa Majesté
l'envoya Ambaſſadeur en Savoye
; & à ſon retour , Elle
le nommaPréfident auGrand
Conſeil.Quoy que cetteCharge
fuft conſidérable , il s'en
démit pour accepter celle de
Lieutenant Civil de Paris. Il
fut éleu Prevoſt des Marchands
quelque temps apres ,
& continué pendant fix années.
En 1627. on le receut
GALANT. 305
Préſident au Mortier. Il fute
fait Chancelier de la feuë
Reyne Mere Anne d'Auftri
che, & enfin Miniſtre d'Etat :
&Sur- Intendant des Finances.
Ilmourut en 1652. apres
avoir rendu de nouveau de
grands ſervices pendant les ,
Guerres Civiles , & fur tout
dans les temps auſquels il ſe
trouva à la teſte du Parlemér..
Il laiſſa d'Elifabeth Mallier ſa
feconde Femme , Dame d'u--
ne vertu genéralement admirée
, Fille deM' du Houf
fay , Conſeiller d'Etat & In--
tendant des Finantes , &
Avril 1685. Gc
1306 MERCURE
Scoeur de feu M. FEvefque de
Tarbes, cy devantAmbaffadeuràVenise&
vers les Prin
coesd'Italie, Meffire Louys de
Bailleul , aujourd'huy Préfi
dent au Mortier, dontjevous
parle,Madame la Marquife
du Tillet veuverde Modu
Tillet , Préfident à la Cham
bre des Comptes de Paris;
Madame la Marquise diUxe
les veuve deMelle Marquis
d'Uxelles , Lieutenant General
des Armées de Sa Maje
Até Lieutenant de Royzen
Bourgogne, & Gouverneur
de la Ville & Citadellede
EGADANIM. 397
Chalons, &MadamelaMarquiſe
de S.Germain, veuve de
Mile Marquis de Saint Ger
main,Gouverneur de laHaute
& Baffe Marche. Vous voyez
parlà combien d'illuftres AL
Jiances fans celles quej'obmets/
comme plus éloignées,
accompagnent laNobleffe&
le merite deMl de Chasteau .
Gontier,dont la Femme,Fille
edepMidella Cour des Bois,
Maistre des Requeſtes ,joint
à des qualitez extraordinaireso
l'avantage d'eftre un
des plus grands Partys de
Barillas
Fermer
Résumé : M. de Chasteaugonthier receu en survivance à la Charge de Président au Mortier du Parlement de Paris, que possède M. le Président de Bailleul son Pere, [titre d'après la table]
Nicolas de Bailleul, originaire d'une noble famille normande distinguée par ses exploits en Terre Sainte et lors de la conquête de l'Angleterre, débuta sa carrière comme conseiller au Parlement puis maître des Requêtes. Ses compétences lui permirent d'occuper divers postes prestigieux : ambassadeur en Savoie, président au Grand Conseil, lieutenant civil de Paris, prévôt des marchands, et enfin président à mortier en 1627. Il fut également chancelier de la reine mère Anne d'Autriche et ministre d'État, surintendant des finances. Nicolas de Bailleul décéda en 1652 après avoir servi durant les guerres civiles. Son épouse, Élisabeth Mallier, était renommée pour sa vertu. Leur fils, Louis de Bailleul, actuel président à mortier, a hérité de la charge de son père grâce à une survivance accordée par le roi en reconnaissance des services rendus par Nicolas. La famille Bailleul est également apparentée à plusieurs personnalités notables, telles que la marquise du Tillet, la marquise d'Uxelles et la marquise de Saint-Germain.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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24
p. 197-275
Couronnement du Roy d'Angleterre, contenant plusieurs particularitez qui n'ont point encore esté sceuës, [titre d'après la table]
Début :
Il y a long-temps qu'on préparoit tout ce qui estoit [...]
Mots clefs :
Roi d'Angleterre, Comte, Armes, Couronne, Édouard, Fils, Marquis, Baron, Archevêques, Autel, Seigneurs, Royaume, Cérémonie, Procession, Noblesse, Majesté, Sceptre, Dignité, Vicomte, Prince, Hérauts, Chapelle, Croix, Ornements, Palais, Héritiers, Velours, Habits, Couronnement, Charge, Prières, Acclamations, Services, Duc, Clercs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Couronnement du Roy d'Angleterre, contenant plusieurs particularitez qui n'ont point encore esté sceuës, [titre d'après la table]
Il y along- temps qu'on préparoit
tout ce qui eftoit neceffaire
pour la Cerémonie du
Couronnemét du Roy d'Anleterre.
Elle fut faite avec
le 23. d'Avril,
rande
pompe
fte de Saint
Georges
felon
l'ancien
Calendrier
, & felon
nous
le 3. de ce mois
.Tous
les
Seigneurs
& principaux
Offi
ciers
avoient
efté
avertis
de fe
tenir
prefts
, pour
y paroiſtre
felon
le rang
que leur
Dignité
leur
donne
. La
préféance
en
tre les Pairs
d'Angleterre
eft
R iij
198 MERCURE
reglée de cette maniere . Aprés
les Princes du Sang, c'eſt
à dire aprés les Fils , Petits
Fils , Freres , Oncles & Neveux
du Roy , ( car l'on ne reconnoit
pas ceux qui font
d'un degré plus éloigné , ) les
Ducs ont la premiere place .
Aprés eux vont les Marquis,
puis les Fils aifnez des Ducs,
enfuite les Comtes , les Fils
aifnez des Marquis , les puifnez
des Ducs , les Vicomtes ;
les Fils aifnez des Comtes , les
Fils puifnez des Marquis ; les
Barons ; les Fils aifnez des
Vicomtes , les Fils puifnez des
GALANT. 199
Comtes
les Fils aifnez des
Barons ; les Fils puifnez
des
Vicomtes
, & les puifnez des
Barons. Le nombre des
Lords , ou Seigneurs Temporels
en Angleterre eſt prefentement
de 170. ou environ
; fçavoir , dix Ducs , trois
Marquis , foixante huit Comtęs
, neuf Vicomtes , & foixante
& dix-huit Barons, Le
jour du Couronnement
étant
arrivé , le Roy & la Reyne firent
le matin leurs Devotions
en particulier, & s'étát rendus
enfuite de Witheal au Palais
de Weſtminſter ; ils allerent à
R iiij
200 MERCURE
l'Appartement du Prince , &
de là à la Chambre des Seigneurs.
Les Officiers de tous
les Ordres s'y eftoient affemainfi
que les Pairs ,
.blez
mais fans aucun de leurs Fils
qui ne prirent point de rangdans
cette Ceremonie . Ils :
eftoient tous reveftus des hai
bits de leur Dignité , ainfi
que les Dames , & les autres
Perfonnes à qui quelque fonction
appartenoit. Sur les
onze heures , leurs Majeftez :
defcendirent dans la grande
Salle de ce Palais , & fe pla
cerent furun Trône quiavoit
GALANT. 201
efté preparé fous un Dais.
L'Habit du Roy eftoit de Velours
Cramoify , fouré d'hermine.
Il avoit un Bonnet de
mefme , & la Reyne eftoit
revétuë d'un Manteau Royal .
Le Duc de Grafton , grand
Conneftable
, ayant pris des
mains du Maiftre ou Garde.
des Joyaux , l'Epée de l'Etat,
l'Epée appelée Curtana , qui
eft courte , & fans pointe , &
deux autres Epées pointues
dans leursFourreaux , les dóna
au Duc d'Ormond ,grad Stevvard
, ou grand Senéchal du
Royaume , & ce Duc les mit
202 MERCURE
fur une Table devant le Roy.
La mefme chofe fut faite des
Eperons d'or. Le grand Conneftable
eft le fixiéme grand
Officier d'Angleterre ,Sopou
voir eftoit anciennement d'une
ſi vaſte eftéduë, qu'aprés la
mort d'Edouard Bohun , Duc
de Bukinkan , dernier Conneftable
, on jugea qu'il eftoit
trop grand pour un Sujet;
mais depuis ce temps-là à l'occafion
des Couronnemens
,
ou des Combats folemnels ,
on fait un grand Conneftable
pour cette fois là feulement.
Le Comte de Nort
GALANT. 203
humberland le fut au Couronnement
du dernier Roy,
ainfi que Robert , Comte de
Lindſey,au Combat folemnel
quife fit en 1631. entré Rey &
Rameſey. Le grand Stevvart
, eft le dernier des huit
gráds Officiers d'Angleterre.
Cette importante Charge a
efté ſupprimée à caufe qu'elle
donnoit un pouvoir qui approchoit
trop de celuy du
Roy. Le dernier qui l'ait poffedée
en titre d'Office , & comme
par droit de fucceffion
heréditaire , fut Henry de
Bullinarooc Fils & heritier de
204 MERCURE
ce grand Duc de Lanclaftre,
Jean de Gand , qui a efté Roy
d'Angleterre. Depuis ce
temps- là , on n'a fait un grand
Stevvard , que pour affifter
au Sacre des Roys . En ver
tu de cette Charge , il tientla
Séance folemnelle dans fa
Cour du Roy à Weſtminſter ,
où il reçoit toutes les Requê
tes des Gentilhommes qui
prétendent devoir fervir à
cette Ceremonie , à caufe des
Fiefs qu'ils tiennent . On fait
auffi un grand Stevvard,
quand un Pair du Royaume,
fa Femme , ou fa Veuve font
GALANT 205
accuſez de trahifon . C'eft luy
qui les juge . Pendant le Procez
, il eft affis fous un Dais,
& ceux qui parlent à luy , le
traitent de Votre Grace.
Tant qu'il a la qualité de
Stevvard , il porte à la main
un Bâton blanc . Sa Charge
finit avec le Procez , & alors il
rompt le Bâton.
Le Doyen & les Chanoines
de Weftminſter apporte
rent en Proceffion folemnelle
de l'Eglife Collégiale à la
grande Salle du Palais de
Westminster , les Couronnes
& les autres marques de la
206 MERCURE
Royauté. Ils eftoient précedez
des Pourfuivans , He-
Faults , & Roys d'Armes , devant
leſquels marchoient les
Muficiens de la Chapelle en
Manteaux d'Ecarlate , & des
Chantres du Chapitre en Surplis.
Le Doyen portoit la
Couronne de S. Edouard , &
les Chanoines portoient deux
Sceptres , l'un orné d'une
Croix , & l'autre d'une Colombe
, avec le Globe orné
auffi d'une Croix , & le Bâton
de Saint Edouard . Tous s'arreſterent
à l'entrée de cette
Salle pour faire une profonde
GALANT. 207
réverence à leurs Majeſtez,
& ils en firent une autre au
milieu . Les Chantres qui s'étoient
avancez deux à deux ,
s'ouvrirent en haye pour
donner paffage au Doyen &
aux Chanoines , qui s'approcherent
du Trône précedez
par les Herauts , & par les
Roys d'Armes. Ils firent une
troifiéme réverence au Roy,
en luy preſentant la Couronne
, & les autres marques de
la Dignité Royale. Le grand
Conneftable qui les receut de
deurs mains , les mit entre
celles du grand Senéchal , &
208 MERCURE
ce dernier les mit furla Table
auprés des Epées.
Le nom de S. Edouard doit
eftre fi fouvent employé dans
le recit que j'ay à vous faire,
que je croy devoir vous en
dire quelque chofe . Il eftoit
Fils d'Ethelred , defcendu du
Roy Egbert, Prince d'un fort
grand mérite , qui vers l'an
801. reünit en un feul Etat
fous le nom d'Ergleland , qui
veut dire Angleterre , les fept
Royaumes que l'on avoit établis
en l'Ifle , & qui estoient
gouvernez chacun par des
Roys particuliers . On les ap
GALANT. 209
pelloit de Kent , de Nortumberland
, de Suffex , d'Effex ,
de Mercie , de Wetfex , &
d'Eftangle. Les Guerres excitées
par les Danois
, ayant
obligé le Prince Edouard,
auffi - bien que fon Frere Alfred
, tous deux nez d'une
feconde Femme d'Ethelred,
nommée Emme , Soeur de
Richard Duc de Normandie,
à chercher azile en ce Païs
là , il y demeura jusqu'à ce
qu'il fut rappellé en Angle
Terre , pour remplir le Trône :
qu'avoient occupé les Prédedeffeurs:
Gadyvin Comte-
May 1685.
,
Sp
210 MERCURE
Anglois , alla le chercher en
Normandie , pour diffiper le
bruit qui couroit , que dans
le deffein de faire regner fon
Fils Harald, il avoit fait affaffi
ner Alfred , que les Anglais
avoient apelle d'abord, comme
l'aîné des Fils d'Ethelred,
& qui fut tué fur le chemin,
lors qu'il eftoit preft de rentrer
à Londres. Edouard
ayant efté couronné en 1044
époufa la Fille de Godvvin,
nommée Edgite. Quelque
temps apres , Euſtache Comte
de Boulogne, qui avoit époufé
la Soeur d'Edouard eftant
J
GALANT. 211
paſſé en Angleterre , receut
quelque outrage en la perfonne
de fes Officiers , dans
la Ville de Cantorbery. Le
Royvoulut vanger cet affront
fur les Habitans. Godvvin
en prit le party , & n'ayant
pû eftre le plus fort , il fut
contraint de fe retirer en
Flandre. Il trouva enfin
moyen de calmer l'orage , &
de fe remettre dans les bon
nes graces du Roy , mais il
en jouit fort peu de temps..
Eftant un jour à fa Table,
& quelqu'un ayant parlé de
la mort du Prince Alfred , il
Sij
212 MERCURE
s'apperceut qu'Edouard jetta
l'oeil fur luy en foûpirant. Il
prit ce regard pour un reproche
, & dit que fes Ennemis
l'avoient foupçonné de
ce Parricide , mais qu'il prioit
Dieu que le morceau qu'il.
avoit dans la bouche l'étran
glaft , s'il eftoit coupable. II.
tomba mort fans le pouvoiravaler
, & Dieu permit que
fon propre jugement fuſt exécuté
fur l'heure, Edouard eut
quantité de guerres , qui fe
terminérent préfque toûjours
à fon avantage, mais comme
il n'eftoit pas né pour les ArGALANT.
213
mes , fes Capitaines en remportérent
toute la gloire. Il
vefcut dans une perpetuelle
continence avec la Femme;
& ſe ſouvenant des affiftances
qu'il avoit receues pendant
fon exil de Guillaume
Duc de Normandie , il luy
laiffa fa Couronne. Il mourut
le 4. de Janvier 1066. Le Pape
Alexandre III. le fit mettre
au Catalogue des Saints , à
caufe de les vertus , & des
miracles qui fe faifoient continuellement
à fon Tombeau.
La Couronne, & toutes les
autres marques de la Royauté
214 MERCURE
ayant efté diſtribuées par le
Roy mefme à ceux qu'il
nomma pour les porter , la
marche
commença par les
Tambours & par les Trom
petes , qui alloient quatre à
quatre de front. Les premiers.
eftoient fuivis du Tambour
Major, & les derniers du Premier
Trompete . Apres eux
venoient les fix Clercs de la
Chancellerie , les quatre plus
jeunes d'abord , & les deux
Anciens enfuite. Ils précé
doient les quarante -huit Cha
pelains ordinaires ou Aumôniers
du Roy , qui font la
GALANT. 215
plupart Docteurs en Theolo
gie, & le plus fouvent Doyens
ou Chanoines
. Ily en a quatre
qui fervent par mois , &
qui prefchent le Dimanche
& les jours de Fefte dans la
Chapelle en préſence du Roy..
Ils prefchent auffi pour le
Commun le matin de cha
que Dimanche. Ces Chape
lains précédoient les Aldermans
ou Echevins de Lon
dres, qui marchoient comme
eux quatre à quatre avec les
autres Officiers de Ville cha
cun en fon rang , ainfi que
les douzeMaiftres de la Chan
216 MERCURE
cellerie , & les Sergens ou
Conſeillers en Loy. Le Solliciteur
Genéral , & l'Attorney
ou Procureur Genéral de Sa
Majefté marchoient enſem
ble , & les deux plus anciens
Sergens de Loy de mefme.
On voyoit paroiſtre enfuite,
auffi quatre à quatre , les
Ecuyers du Corps , dont l'offi
ce eft de garder le Roy pen.
dant la nuit , de pofer la
Garde , & de donner le Mot,
& apres eux , les Gentilshom
mes de la Chambre Privée,
qui font au nombre de qua
ranto-huit, & qui fervent par
Quartier.
GALANT. 217
>
Quartier. Il s'en trouve toûjours
douze auprés du Roy
dans fon Palais , & dehors
tant qu'il eft à pied . Ils le
fervent , & portent la Viande
quand il mange dans laChambre
Privée , ou dans l'Antichambre.
Il y en a toûjours
deux qui couchent dans l'Antichambre.
Ils fervent auffi
aux Audiences des Ambaffadeurs
. Les quatreMaiſtres des
Requeftes marchoient apres
eux, fuivis des Juges & Chefs
de Juftice. Enfuite venoient
les Pages de la Mufique de la
Chapelle duRoy , lesChantres
May 1685.
T
218 MERCURE
de Weſtminſter , les Gentilshommes
de la Chapelle du
Roy, les douzeChanoines & le
Doyen de l'Eglife Cathedrale
de Weſtminſter, en Surplis &
avec leurs Habits de Choeur,
le Maître ou Garde desJoyaux
du Roy , & les Confeillers
d'Etat qui ne font point Pairs
du Royaume. Apres ceux - là
venoient deux Officiers d'Armes
, qui précédoient les Baronnes
ou Femmes desLords,
reveftuës de Robes de Velours
cramoifi, fourrées d'Hermine.
Elles eftoient fuivies
des Barons , Pairs du RoyauGALANT.
219
1
me , veftus auffi de Robes
de Velours cramoify , avec
leurs Bonnets de même Erofe
fourrez d'Herminé, qu'ils por-
I toient à la main . Tous les
Barons n'eftoient pas autrefois
Pairs du Royaume , mais
: feulement ceux qui tenoient
du Roy une Baronnie entiere
composée de treize Fiefs &
- un tiers , relevant directement
de la Couronne. Chaque
Fief eftoit de vingt livres
fterlin , cela faifoit quatre cens
marcs , & celuy qui poffedoit
cette fomme , eftoit
convié de ſe trouver au Par-
Tij
220 MERCURE
lement ; mais aujourd'huy
l'Heritier d'un Baron devient
Baron , quand mefme il ne
poffederoit point la valeur de
quatre cens marcs. Le Roy
fait quelquefois des Barons
par un fimple Acte , en les
conviant de venir prendre
féance au Parlement dans la
Chambre Haute ; mais le plus
fouvent il le fait par Lettres
Patentes.
Les Barons étoient fuivis des
Evefques chacun en Habit Epifcopal.
Celuy de Londres a
le premier rang , aprés les Archevefques
de Cantorbery &
GALANT. 221
5
d'York , puis les Evefques de
Durha & deWinchester.Tous
les autres prennent rang ſefon
l'ordre de leur Confecration
, fi ce n'eft que quel
qu'un d'eux foit fait Chancelier,
Treforier, Garde du Privé
Sceau , ou Secretaire d'Etat, ce
qui arrivoit fouvent autrefois,
l'intégrité de leur vie les faifant
juger plus propres à ces
Fonctions , que les Laïques .
Quand un Evefque eft fait
Chancelier , il prend place
immediatement aprés l'Archevefque
de Cantorbery, &
celuy d'York. S'il eft Secre
Tiij
222 MERCURE
taire d'Etat , il a rang aprés
l'Evefque de Wincheſter.
Tous les Evefques ont Séance
en la Chambre Haute du
Parlement , comme Barons
& Pairs du Royaume , &
font Lords , où Seigneurs fpirituels.
Deux autres Officiers
d'Armes fuivoient les Evelques
, & précedoient les Vicomteffes
, qui marchoient
devant les Vicomtes. Ceuxcy
avoient des Robes de Velours
doublées d'hermines,
& tenoient leurs Couronnes
à la main . Le Roy fair un
GALANT. 223
Vicomte par des Lettres Patentes
. Quelques- uns tiennent
que Jean Beaumont a
eu le premier cette qualité,
& qu'elle luy fut donnée par
Henry VI. dans la dix - huitiéme
année de fon Regne.
Cependant on trouve que
dés le Regne de Henry V.
Robert Brent fut fait Vicomte.
Deux Herauts d'Armes
du Titre de Sommerfet & de
Cheſter , avec leurs Cottes
d'Armes , marchoient devant
les Comteffes , qui estoient
en Robes de Velours. Les
Tiiij
224 MERCURE
Comtes venoient enfuite en
Robes longues d'Ecarlate , &
fourrées , la queuë portée à
chacun par un Gentilhomme
, avec les Bonnets de
mefme , & une petite Cou .
ronne à la main . Tous les
Comtes d'Angleterre font
nommez des Provinces , Villes
ou Places , dont ils portent
le Titre , à la réſerve de
deux , dont l'un eft perfonnel
; fçavoir le Comte Maré
chal d'Angleterre , & l'autre
eft particulier à l'Illuftre Famille
de Rivers , dont l'aisné
porte le Titre de Comte. Le
GALANT. 225
Roy fait un Comte en luy
mettant l'Epée au cofté , un
Manteau de Comte , un Bonnet
fur la tefte , & fes Lettres
Patentes entre les mains .
Aprés venoient les Marquifes
, précedées de deux
Herauts d'Armes du Titre de
Richemont & de Windfor;
puis les Marquis en Robes
de Cerémonies , & tenant
leurs Couronnes à la main.
Marchio ou Marquis eftoit
autrefois ainfi nommé du
Gouvernement des Marches
ou Frontieres . Le premier
Marquis qu'ait eu l'Angleter
226 MERCURE
re , fut Robert Vere Comte
d'Oxford , qui fut fait Marquis
de Dublin fous Henry
II. On fait un Marquis en
luy ceignant l'Epée au cofté.
& en luy mettant un Bonnet
avec une Couronne de Marquis
fur la tefte,
Deux Herauts d'Armes
du Titre de Lancaftre &
d'York marchoient devant
les Ducheffes. Les Ducs fuivoient
, couverts du Manteau
Ducal avec leurs Couronnes
à la main . Leurs
queues eftoient plus longues
que celles des autres , & fou-
>
GALANT. 227
tenues de deux Gentils -hom
mes. Les Ducs eftoient an
ciennement Genéraux ou
Conducteurs A d'Armée en
temps de Guerre , ou Gardiens
des Frontieres , & Gou-.
verneurs de Province en
temps de Paix. Apres cela
on les leur donna en Fief
pour les tenir à vie , & enfin
ils furent faits heréditaires &
titulaires . Edouard furnommé
le Prince noir , a efté le
premier Duc d'Angleterre,
aprés Guillaume le Conquerant.
Ce fut Edouard III . qui
le fit Duc. Le Roy crée un
228 MERCURE
Duc par fes Lettres Patentes,
en luy mettant l'Epée au côté
, un Bonnet avec une Cou
ne Ducale fur la tefte , & une
Verge d'or en la main.
Les differens degrez de
la Nobleffe d'Angleterre font
diftinguez par leurs Titres &
par les marques d'honneur.
On donne au Duc le Titre
de Grace , & en luy écrivant
on l'appelle tres-puiſſant & no
ble Prince. On appelle un
Marquis & un Comte tresnoble
& puiffant Seigneur ; un
Vicomte , veritablement noble
puiffant Seigneur , & un Ba.
GALANT. 229
.
ron veritablement noble Seigneur.
Leurs Couronnes font
toutes differentes , & cela
seft obfervé au Sacre du
Roy. La Couronne des Barons
eft un Cercle ou Bour
let à fix Perles ; celle des Vicomtes
un Chapelet de Perles
fans nombre ; celle des
Comtes un Cercle d'or à hau
tes pointes foûtenant des
Perles, celle des Marquis une
groffe Perle , & une ovale de
feuilles de Fraifier , & les
Couronnes des Ducs font des
Fleurons , ou des feuillages
fans Perles. Ils font auffi di230
MERCURE
ftinguez dans leurs Habits
de Čerémonie par les bordures
fur les épaules de leurs
Mantelines. Un Baron n'en
a que deux ; un Vicomte en
a deux & demy ; un Comté,
trois , un Marquis trois & demy
, & un Duc qua trẻ .
Les deux Herauts d'Armes
qu'on appelle Provinciaux
, & qui font du Titre
de Clarence , & de Norroy,
marchoient devant le Comte
de Clarendon Garde du
Sceau Privé , & le Marquis
d'Hallifax Préfident du Confeil
Privé faifant une meſme
GALANT. 231
ligne. Ils eftoient ſuivis du
Comte de Rocheſter grand
Treforier , & de l'Archevefque
d'York , qui faifoient une
autre ligne, & qui précedoient
Milord North , Garde du
grand Sceau , & l'Archeveſ
que de Cantorbery premier
Pair , & Primat du Royaume.
Aprés eux marchoient deux
Gentilshommes
, reprefentant
les Ducs d'Aquitaine &
de Normandie. Avant le re
gne des Saxons en Angleterre
les Chrétiens Bretons
avoient trois Archeveſques
,
fçavoir , de Londres , d'York,
>
232 MERCURE
Le
& de Caerleon , grande Ville
en ce temps - là fur la Riviere
d'Ufke , en la partie la plus
Meridionale de Galles.
Siege Epifcopal de Londres
& celuy de Caerleon furent
transferez , l'un à Cantorbery
à cauſe de Saint Auguftin
le Moine , qui y preſcha le
premier l'Evangile aux Saxons
Payens,& l'autre à Saint
Davids en la Province de
Pembroc. Ce dernier fut
enfuite affujetty tout à fait au
Siege de Cantorbery , & depuis
ce temps-là il n'y a cu
que deux Archevelques en
GALANT. 233
Angleterre , celuy de Cantorbery,
& celuy d'York . L'Archevefque
de Cantorbery
eftoit autrefois confideré
comme la feconde Perfonne
du Royaume , il avoit rang
avant les Princes du Sang. Il
eft aujourd'huy
le premier
Pair d'Angleterre , & aprés la
Famille Royale , il précede
non feulement les Ducs, mais
auffi tous les grands Officiers.
Ceft à luy à couronner le
Roy. L'Evefque de Londres
-eft fon Doyen Provincial,,
-Evefque de Wincheſter fon
Chancelier , & V'Evefque de
May 168.5.
V.
234 MERCURE
4
Rochefter fon Chapelain.
L'Archevefque d'York eft la
feconde Perfonne dans l'Eglife
d'Angleterre. Il a encore
la préfeance devant tous les
Ducs qui ne font pas du Sang
Royal , & devát tous les grads
Officiers du Royaume,à la réferve
du grand Chancelier.
Aprés ceux que j'ay nommez
marchoient le Vice-
Chambellan & le grand
Chambellan de la Reyne,,
qui eftoient fuivis du Comte
de Dorſet portant la Baguet
te d'Yvoire , ou le petit Sceptre
de Sa Majefté, du Comte
GALANT. 235
Rutland portant fon grand
Sceptre , & du Duc de Beaufort
portant fa Couronne..
Les Sergens d'Armes , & les
Gentilshommes Penfionnaires
fuivoient en haye dess
deux coſtez , & diviſez par
Brigades. Ils précedoient la
Reyne qui marchoit fous un
Dais , porté par feize Barons
des cinq Ports. Elle eftoit reveftue
des Habits Royaux,,
& avoit un Cercle d'or fur la
refte. La jeune Ducheffe
de Norfole portoit fa queue
avec quatre Filles de Com--
tes.. Les Evefques de Lon
V ij
236 MERCURE
dres & de Wincheſter mar
choient à cofté de cette Prin
ceffe , qui eftoit ſuivie de
deux Dames d'honneur , &
de deux Femmes de la Chambre
du lit.
Enfuite on voyoit paroiſtre
les Seigneurs qu'on avoit
chargez des marques de la
Royauté du Roy. Le Baſton
de S. Edouard eftoit porté
par le Comte d'Aylesbury ;
les Eperons par Milord Grey,
& le Sceptre orné d'une Croix,
par le Comte de Pertebo
roug. Ils marchoient tous
trois fur la meſme Ligne. Le
GALANT. 237
Comte de Pembrok portoit
la troifiéme Epée , le Comte
de Derby portoit la feconde,
& le Comte de Shrevvbury
qui marchoit entre les deux,
portoit celle qu'on appelle
Curtana , autrement l'Epée
fans pointe. Garter, premier
Roy d'Armes , venoit apres
eux , entre le Grand Huiffier
du Parlement , appellé de la
Verge noire, & Milord Maire
de Londres. Ce dernier eftoit
reveftu de fa Robe d'Ecarlate
, & portoit la Maffe de
la Ville. Le Comte de Lindfey
fuivoit feul en qualité de
238 MERCURE
Grand Chambellan . C'eſt le
cinquiéme Grand Officier
d'Angleterre. Quand on couronne
le Roy , on luy donne
quarante
aunes de Velours
cramoify pour une Robe , &
avant que le Roy fe leve le:
jour du Couronnement , il
luy apporte fa Chemiſe , fa
Coëfe , & fa Robe ; apres.
qu'il l'a habillé , il a pour
fon Droit le Lit , les Meu
bles de la Chambre du Lit,
& tout fon Deshabillé . Aux:
Cerémonies du Couronne..
ment , il porte la Coëfe , les
Gands , & le Linge dont le
GALANT. 239
Roy fe fert , comme l'Epée
& le Fourreau , les Piéces d'or
que le Roy doit offrir à l'Autel
, la Robe Royale , & la
Couronne. Il le fert tout ce
jour-là , en luy donnant à
laver devant & apres dîner,
& prend pour fon . Droit le
Baffin , & la Serviette. Les
Comtes d'Oxford ont pof
fedé long - temps cette Dignité
depuis le temps du Roy
Henry I. par une espece de
fuceffion heréditaire ; mais
aux deux derniers Couronnemens,
ces Cerémonies ont
efté faites par les Comtes de
240 MERCURE
Lindley, qui prétendent que
la Dignité de Grand Chambellan
leur eft deuë , comme
defcendus d'une Fille , Heri .
tiere univerfelle .
Le Comte de Lindfey étoit
fuivy du Comte d'Oxford ,
portant l'Epée de l'Etat, entre
le Duc de Grafton , Grand
Conneftable , & le Duc de
Norfolk , Grand Maréchal.
Ceux- cy précédoient le Duc
d'Ormond, Grand Seneſchal,
portant la Couronne de Saint
Edouard , & marchant entre
·les Ducs d'Albemarle & de
Sommerfet
. Le premier por
toit
GALANT 241
toit le Sceptre , audeffus duquel
il y a une Colombe,
& l'autre le Globe orné d'une
Croix .
Le Roy reveſtu de ſes Habits
Royaux fourrez d'Hermine
, & ayant un Bonnet
de Velours fur la tefte , marchoit
apres ces Seigneurs
fous un magnifique
Dais,
porté comme celuy de la
Reyne , par feize Barons des
cinq Ports. Il avoit à ſes côtez
les Evefques de Durham
& de Bathe . Quatre Fils aîne z
de Comtes, affiftez du Grand
Maistre de la Garderobe
, por-
May 1685.
X
242 MERCURE
toient la Queue du Manteau
Royal de Sa Majefte. Derriere
le Roy eftoit le Duc
de
Northumberland
, Capitaine
des Gardes du Corps ,
entre le Comte de Huntingdon
Capitaine de la Compagnie
des Gentilshommes Penfionnaires
, & le Vicomte
Grandifon , Capitaine des
Yeomans ou Gardes de la
Manche. Milord Churchil,
Gentilhomme de la Chambre
du Lit du Roy , marchoit
feul. Il eftoit fuivy de deux
Valets de Chambre de Sa
Majefté , & ceux- là des YeoGALANT
243
mans ou Gardes de la Manche
qui fermoient la Marche .
Les Sergens d'Armes marchoient
en haye devant le
Roy & devant la Reyne , &
les Gentilshommes
Penfionnaires
marchoient de mefme
à cofté des Dais de leurs Majeftez.
Tous ceux qui estoient
de cette marche avoient les
Habits de Cerémonie
qui appartiennent
à leurs Dignitez
ou à leurs Charges . Ils alloient
à pied fur un Drap
bleu , étendu depuis les marches
du Trône qui eftoit
dans la grande Salle de Weſt-
X ij
244 MERCURE
minfter jufqu'à l'Eglife . Tout
ce paffage eftoit enfermé de
Balustrades , & gardé par les
Gardes du Corps , & par les
Gardes à pied du Roy. On
appelle Yeomans en Angleterre
ceux qui font aprés la petite
Nobleffe . Ce font les premiers
du Peuple.Le mot Yeoman
qui fignifie commun , femble
venir du mot Flamand Yemant,
qui veut dire quelqu'un.
Das la Cour du Roy, il fignifie
un Officier qui tient le milieu
entre le Sergent & le Groom.
Les Grooms de la Chambre
du Lit font tous Ecuyers,
GALANT. 245
mais au deffous de la qualité
de Chevalier. Leur Office eft
de fervir le Roy dans la
Chambre , de l'habiller & de
le deshabiller.
"
La Nobleffe & toutes les
autres Perfonnes s'eftant placées
dans l'Eglife felon leur
rang , leurs Majeſtez monterent
fur un grand Théatre,
& aprés avoir fait quelques
Prieres en fe tournant du côté
de l'Orient , Elles prirent
place fur les Fauteuils qu'on
leur avoit préparez . On chanta
quelques Moters en Mufique
, & pour s'acquitter de
Y üj
246 MERCURE
l'ancienne Ceremonie appellée
Reconnoiffance , l'Ar
chevefque de Cantorbery
s'avança devant l'Autel , &
dit à la Nobleffe. Voicy Fac
ques II. Heritier legitime de
Charles II. Roy d'Angleterre,
Ecoffe & Irlande. Vous tous
icy affemblez , voulez- vous le
recevoir pour voftre Roy ? A peine
eut- il achevé , que tous
les Pairs & le Peuple poufferent
un grand cry qui témoignoit
leur difpofition à luy
rendre hommage. L'Arche
vefque repeta encore deux
fois les mefmes paroles aux
GALANT. 247
deux coftez du Choeur pour
fe faire entendre à tous les
Affiftans , & à chaque fois le
Roy fe levoit , & fe tournoit
vers le Peuple du mefme côté
que l'Archevefque. Toute
l'Eglife retentit toûjours des
mefmes acclamations . Enfuite
leurs Majeftez conduites
par les Evefques s'approcherent
de l'Autel , où Elles firent
leur premiere offrande .
C'eftoit une piece de Drap
d'or , & une Maffe d'or du
poids d'une livre , que leur
prefenta le Treforier de leur
Maiſon , & que receut l'Ar-
X iiij
* 248 MERCURE
chevefque , auquel les marques
de la Dignité Royale:
furent auffi preſentées par
tous les Seigneurs qui les
portoient. Alors deux Eveſques
, chanterent les Litanies
eftant à
fur
les
pregenoux
fur
les
miers degrez de l'Autel , &
le Choeur leur répondit. Le
Doyen de Weſtminſter eftoit
auffi à genoux auprés du
Roy à fa gauche. Cela éſtant
fait , le Docteur Turner Evefque
d'Ely , & grand Aumônier
, monta en Chaire , &
parla fort éloquemment de
l'excellence du GouverneGALANT.
249·
ment Monarchique . Il remontra
au Peuple combien
il. devoit s'eftimer heureux
de le voir entre les mains
d'un Roy dont les vertus , &
les rares qualitez luy eftoient
fi bien connues , luy reprefentant
la fidelité qu'il luy devoit
, & faiſant connoiftre en
à Sa Majesté
mefme
temps
fes
obligations
envers
Dieu
,
& envers
les Sujets
. Le Sermon
finy
, le Roy
oſta
ſon
Bonnet
fourré
d'hermine
, &
l'Archevefque
de Cantorbery
luy vint
demander
s'il luy
plaifoit
de prefter
le Serment
250 MERCURE
ordinaire . Ce Prince ayant répondu
qu'il le vouloit , un E
vefque leut la Requeſte du
Clergé , pour la confervation
de fes Privileges , & Sa Majefté
y répondit favorablement.
Les deux Evefques qui
avoient déja affifté le Roy,
l'ayant ramené à l'Autel , il y
prefta le Serment que prêtent
les Roys d'Angleterre
lors qu'on les couronne , &
fut reconduit à fon Prié Dieu.
On portoit l'Epée Royale
élevée devant luy.. On chan-i
ta le Veni Creator qui fut com
mencé par deux Evefques,
GALANT. 251
& achevé par la Mufique.
Aprés quelques autres Prieres
que prononça le Prélat
Officiant , Sa Majeſté ſe rapprocha
de l'Autel
& le
Comte de Lindſey , grand
Chambellan , le dépouilla des
Habits Royaux , par deffous
- lefquels il y en avoit d'au
tres , où eftoient des ouvertures
fermées d'Agrafes aux
endroits qu'on devoit oindre.
Ces Habits furent remis dans
la Chapelle de Saint Edouard .
Le Roy s'eftant mis fur le Fauteüil
qu'on avoit placé du
cofté du Nord , entre l'Autel
252 MERCURE
& la Chaife de S. Edouard ,
qui eftoit couverte de Drap
d'Or , le Doyen de Weftminfter
apporta l'Ampoulle,
& verfa quelques goutes
d'Huile dans la Cuiller. L'Archevefque
de Cantorbery en
oignit le Roy aux paumes des
mains en forme de Croix. Il
continua par l'eftomach , &
par la place qui eft entre les
épaules ; puis il oignit les
épaules mefmes , & acheva
par les bras & par le haut de
la tefte. Le Doyen de Weftminfter
effuya les onctions,
& referma les Agrafes où il y
GALANT. 253
>
en avoit. Les Prieres qui fe
difoient pendant ce temps . là
eftant finies , il fut reveftu
d'Habits partie Royaux , partie
Pontificaux. Le Doyen de
Westminster luymit une coef.
fe fur la tefte,aprés quoy il luy
donna la Dalmatique , & la
Supertunique de Drap d'or,
avec les Brodequins & les
Sandales en broderie qu'il prit
fur l'Autel.Il y prit aufli les Eperons
qu'il approcha ſeulement
des talons du Roy , &
les remit en leur place. Enfuite
le grand Chambellan
donna l'Epée Royale à l'Ar254
MERCURE
chevefque de Cantorbery qui
la pofa fur l'Autel , & prononça
une Oraifon , ce qui eftant
fait, il la donna à Sa Majefté,
en luy difant en Latin , Recevez
l'Epée de la main des Evef
ques. Le grand Chambellan
luy ayant ceint cette Epée , le
Doyen de
Weſtminſter
prefenta
l'Etole tiffuë d'orà l'Archevefque
, qui la mit au col
du Roy. Enfin , on apporta
le Manteau Royal de Drap
d'or , & l'on prononça des
Oraiſons particulieres fur chacun
des Ornemens Royaux
dont Sa Majesté fut reveſtuë.
$
GALANT. 255
Ce font ceux du Roy Saint
Edouard , confervez avec
beaucoup de foin depuis plus
de fix cens ans dans la grande
Garderobe. Aprés cela , le
Roy fut conduit à un Siege de
Pierre,qui eft laChaife ancienne
de ce mefme S.qu'on avoit
pofée au milieu du Choeur . Sa
Majefté s'y eftant affife , l'Archevefque
de Cantorbery prit
fur l'Autel la Couronne de
Saint Edouard , qu'il benit
par une courte Priere . Trois
heures fonnerent dans le
temps qu'il la luy mit fur la
tefte. Alors les Tambours &
256 MERCURE
les Trompettes ſe joignant
aux acclamations de toute la
Nobleffe & du Peuple , qui
cria plufieurs fois , Dien fau
ve le Roy , firent retentir
toute l'Eglife . Ce Spectacle
parut d'autant plus augufte,
qu'en mefme temps les Ducs ,
les Marquis , les Comtes , les
Vicomtes , les Barons & les
Roys d'Armes , mirent auſſi
leur Bonnets & leurs Couronnes
. Au fignal qui fut
donné , le Canon du Parc
de S. James , & celuy de la
Tour de Londres , annoncérent
à la Ville le Couronne-
>
GALANT. 257
ment du Roy par plufieurs
décharges. Ce furent par tout
des cris qui marquoient la
joye du Peuple . L'Archevêque
de Cantorbery mit enfuite
l'Anneau benit au quatriéme
doigt de Sa Majeſté,
qui receut les Gands de fil
des mains du Grand Chambellan
. Ce mefme Grand
Chambellan déceignit l'Epée
au Roy , & la porta en of
frande fur l'Autel Le Chambellan
de la Maiſon Royale la
racheta auffi toft , & elle fur
portée nuë devant Sa Majeſté
jufqu'à la fin de cette Ceré
May 1685. Y
258 MERCURE
monie. Le Seigneur de Worfcop
dans le Comté de No.
tingham , préſenta au Roy un
riche Gand. Il le mit à fa main
droite, & ceGentilhomme par
le droit de fon Fief , foûtint
cependant le bras de Sa Majefté.
Il ne reftoit plus que
les deux Sceptres . L'Archevefque
de Cantorbery les pric
fur l'Autel , & mit en la main
droite du Roy celuy qui eftoit
orné d'une Croix , & dans
la main gauche , celuy au deſfus
duquel eftoit la Colombe.
Sa Majefté à genoux , tenant
ces deux Sceptres reGALANT.
259
ceut la Benédiction ordinarre
, & alla enfuite à l'Autel
faire fa feconde Offrande . C'é
toit une piece d'or pefant un
Mare , qu'Elle prefenta dans
un Baffin.
3 Le Roy s'eftant remis dans
la Chaife de Saint Edouard , il
fe fit un grand filence.Il avoit
la Verge & le Sceptre en
main , le Globe à l'un de fes
coftez , & de l'autre les trois
Epées , portées par autant de
Comtes , hautes , & nuës ,
mais rompuës à demy , pour
fignifier la mifericorde. Alors
l'Archevefque de Cantorbery
Y
ij
260 MERCURE
fe mit à genoux devant Sa
Majefté , qui receut fa foûmiffion
& le baifa . L'Arche
vefque d'York , & tous les
Evelques & Prébendaires firent
aprés luy la meſme chofe
. On chanta le Te Deum , &
lors qu'il fut achevé , le Roy
monta fur un Trône magnifique
, dreffé au milieu du
Théatre . Ce fut là que les
Prélats & les Seigneurs luy
7
vinrent prefter Serment de
fidelité en fe mettant à genoux
, & le baifant à la joue .
Les Pairs du Royaume luy
rendant hommage , tous
GALANT. 261
felon leur rang , touchoient
de la main droite le cofté
gauche de fa Couronne . Cependant
le Treforier de fa
Maifon jettoit au Peuple des
Médailles d'or & d'argent,
ce qui faifoit redoubler les
cris de Vive le Roy Jacques II.
Le Garde du grand Sceau
proclama le Pardon accordé
par Sa Majesté à fes Sujets.
Il eftoit accompagné du premier
Roy d'Armes , de deux
Herauts , & de l'Huiffier à la
Verge noire .
L'Archevefque de Cantorbery
couronna enfuite la
262 MERCURE
t
ReyneMarie, &en même teps
toutes les Dames mirent leurs
Courónes fur leurs teftes ainfi
que les Seigneurs avoient fait
lors qu'on avoit couronné le
Roy. Cette Princeffe receur
le Bâton d'Yvoire & le grand
Sceptre , & fut conduite à
fon Siege fur le Trône. Cela
eſtant fait , & l'Archevefque
ayant finy la Solemnité par
Ja Benédiction , Leurs Majeftez
allerent à la Chapelle de
S. Edouard , oùle Roy remit
fa Couronne entre les mains
de l'Archevefque de Cantorbery
, qui la pofa fur l'AuGALANT.
263
tel. Il entra de là dans le
Veftibule, où le grand Chambellan
le dépouilla des Habits
Coyaux , qu'il délivra au
Doyen de Weſtminſter , &
Je reveftit d'autres tres- riches
de Velours Violet , préparez
pour ce jour là . Avec ce
nouvel Habit Sa Majesté ſe
rendit à la grande Salle de
Weftminster , ayant fur la
tefte la grande Couronne
couverte de Pierreries
Sceptre dans la main droite,
& le Globe dans la gauche.
Il n'y eut aucun changement
dans l'ordre de cette marche,
E
•
le
264 MERCURE
finon que leurs Majeſtez , les
Seigneurs & les Dames
avoient leurs Couronnes fur
leurs teftes , & que les Pairs
qui avoient porté les marques
de la Royauté , marchoient
felon le rang de leur
dignité . A l'entrée de leurs
Majeſtez dans ce Palais , les
fanfares des Trompettes recommencerent
avec le bruit
des Tambours . Elles furent
conduites fous le Dais juf
qu'au bout de la grande Salle,
où diverfes Tables avoient
eſté ſervies avant que l'on
fuft venu , excepté celle de
leurs
GALANT. 265
leurs Majeftez , qui fe retirerent
pendant quelque
temps dans une Chambre
voifine. Cette Salle capable
de contenir plus de trente
mille Perfonnes , eftoit tenduë
de riches Tapifferies , &
environnéed Amphitheatres
.
Le Peuple fut placé dans les
plus bas , & les Gens de qualité
& les Dames occuperent les
plus élevez . Lors qu'il fallut
fervir laTable duRoy ,les Contrôleurs
, les autres Officiers
de bouche , avec des Robes
& des Toques de Velours
noir , & fix Sergens d'Armes
May 1685.
Z
266 MERCURE
s'avancerent les premiers.
Les Plats du premier Service
furent portez chacun par
deux Chevaliers des Bains,
conduits par le grand Sené.
chal , ayant le grand Conne
ftable à fa droite , & le grand
Maréchal à fa gauche , tous
trois à cheval , leurs Couronnes
Ducales en tefte , & fuivis
de plufieurs Officiers de
Bouche.
>
Ce premier Service ayant
efté mis fur Table , aux chamades
des Tambours & des
Trompettes , Leurs Majeftez
en leurs Habits Royaux enGALANT.
267
trerent dans la Salle , ayant
la Couronne fur la tefte , &
le Sceptre dans la main. Elles
eftoient précedées de trois
Seigneurs qui portoient cha
cun une Epée nue. Le Roy
fe mit à Table aprés avoir la
vé les mains , & il fut fervy
en cette occafion par le
Grand Chambellan , & deux
autres Comtes , qui tenoient
l'Eguiere , le Baffin & la Serviete
, accompagnez de Sergens
d'armes. Les deux
Ecuyers du Corps fe place.
rent aux pieds de Sa Majeſté,
& les Officiers de fa Maiſon
Zij
268 MERCURE
autour de la Table , avec les
Seigneurs & les Dames , les
Ecuyers tranchans , & les
Comtes portant les Coupes.
Le Seigneur d'Addigton
dans le Comté de Surrey,
fervit un potage fur la Table
de leurs Majeftez , fuivant le
droit de fon Fief. Il eftoit conduit
par le grandChambellan.
Le Royayant demandé à boire
, le Seigneur de Widmondeley
dans le Comté d'Herfort
, luy en preſenta dans
une Coupe de Vermeil doré,
qui luy fut donnée pour récompenfe,
GALANT. 269
;
furent
On avoit dreffé plufieurs
autres Tables . Ala premiere
qui eftoit à droite.
traitez les Barons des Cinq
Ports d'Angleterre , avec les
Maiftres & Secretaires de la
Chancellerie à la feconde
qui eftoit à gauche , les Gouverneurs
& les Aldermans,
avec quelques - uns des principaux
Bourgeois de Londres ;
à la troifiéme auffi à droite ,
les Evefques , Juges & Barons
de l'Echiquier , & à la
quatriéme encore à gauche ,
les Pairs & autres Grands du
Royaume. Il y en eut auff
Z üj
270 MERCURE
pour les Dames , & toutes
ces Tables furent fervies.
avec une fomptuofité veritablement
Royale.
Avant le fecond Service ,
le Chevalier Charles Dymoke
, Champion du Roy , armé
de toutes pieces , & le
Cafque en tefte orné de plumes
entra dans la Salle ,
monté fur un tres -beau Cheval
blanc , & precedé de deux
Trompettes du premier
Trompette , d'un Sergent
d'Armes , d'un Ecuyer portant
l'Ecu aux Armes du
Champion , d'un autre E-
›
GALANT. 271
euyer portant fa Lance , &
d'Yorc Heraut d'Armes . II
eftoit accompagné
du Grand
Conneftable
, & du Grand
Maréchal
, auffi à Cheval , &
il faifoit cette fonction , à
cauſe de fon Fief de Scrivelsby
dans le Comté de Lincoln.
Aprés que les Trompettes
eurent fonné ,le Heraut
fit le Défien ces termes
, felon
ce qui fe pratique en Angleterre
en pareilles Ceremonies
. Il n'eft aucun , de quelque
condition
qu'il puiffe eftre , qui
que noftre Souverain Seigneur
Jacques II. Roy d'Angleofe
dire
Z iiij
272 MERCURE
terre , Ecoffe & Irlande , Frere
legitime heritier du feu Roy
Charles II. ne doit pas eftre couronné
, à qui ſon Champion icy
prefent , ne foit preft d'en donner
le démenty , & de juſtifier par la
voye des armes, & corps à corps,
qu'il eft un Traiftre. Auffi toft
le Champion jetta fon Gantelet
à terre , & perſonne ne
l'ayant ramaffé , il luy fut
rendu par le Heraut. Le mel
me Défi fut fait encore deux
fois dans le milieu de la Salle
avec les mefmes Cerémonies
, aprés quoy le Champ
luy fut adjugé. Les Officiers
GALANT 273
ayant enfuite prefenté du Vin
au Roy dans une Coupe de
Vermeil doré , Sa Majesté en
but une partie à la fanté de
fon Champion , & luy envoya
le refte. Le Champion
defcendit de Cheval, & ayant
receu la Coupe des mains de
l'Echanfon , il but à la Santé
du Roy aprés avoir fait trois
profondes réverences , & emporta
la Coupe felon la coûtume.
Si toft qu'il fut forty
de la Salle , les Pourfuivans
,
Herauts , & Roys d'Armes y
entrerent. Ils firent trois ré
vérences en s'arreftant au
274 MERCURE
bout de la Salle , au milieu
& au pied de l'Eſtrade , devant
la Table du Roy , &
Garter premier Roy d'Armes
ayant enfuite crié Largeffe
trois fois , proclama le Roy
en Latin , en François , & en
Anglois. Il fit la mefme cho
fe au milieu & au bout de la
Salle.
Le fecond Service fut aporté
par les Gentilhommes Penfionnaires,
deux à chaque Plat
come au premier. En mefme
teps Milord Maire de Londres
prefenta à boire au Roy dans
une autre Coupe d'or cou
1
GALANT. 275
verte ; dont Sa Majefté luy fit
prefent , comme de l'Eguiere
dans laquelle il luy avoit
apporté de l'eau. Il y eut un
troifiëme Service , & l'on tient
l'on fervit plus de 700 que
Plats. Le Deffert fut magnifique
, & remply de quantité
de machines de Paftes & de
Sucre, que les Italiens, qui en
font beaucoup, nómentTriom
phi. Aprés le Feftin leurs Majeftez
revinrent à Witheal
aux acclamations du Peuple.
tout ce qui eftoit neceffaire
pour la Cerémonie du
Couronnemét du Roy d'Anleterre.
Elle fut faite avec
le 23. d'Avril,
rande
pompe
fte de Saint
Georges
felon
l'ancien
Calendrier
, & felon
nous
le 3. de ce mois
.Tous
les
Seigneurs
& principaux
Offi
ciers
avoient
efté
avertis
de fe
tenir
prefts
, pour
y paroiſtre
felon
le rang
que leur
Dignité
leur
donne
. La
préféance
en
tre les Pairs
d'Angleterre
eft
R iij
198 MERCURE
reglée de cette maniere . Aprés
les Princes du Sang, c'eſt
à dire aprés les Fils , Petits
Fils , Freres , Oncles & Neveux
du Roy , ( car l'on ne reconnoit
pas ceux qui font
d'un degré plus éloigné , ) les
Ducs ont la premiere place .
Aprés eux vont les Marquis,
puis les Fils aifnez des Ducs,
enfuite les Comtes , les Fils
aifnez des Marquis , les puifnez
des Ducs , les Vicomtes ;
les Fils aifnez des Comtes , les
Fils puifnez des Marquis ; les
Barons ; les Fils aifnez des
Vicomtes , les Fils puifnez des
GALANT. 199
Comtes
les Fils aifnez des
Barons ; les Fils puifnez
des
Vicomtes
, & les puifnez des
Barons. Le nombre des
Lords , ou Seigneurs Temporels
en Angleterre eſt prefentement
de 170. ou environ
; fçavoir , dix Ducs , trois
Marquis , foixante huit Comtęs
, neuf Vicomtes , & foixante
& dix-huit Barons, Le
jour du Couronnement
étant
arrivé , le Roy & la Reyne firent
le matin leurs Devotions
en particulier, & s'étát rendus
enfuite de Witheal au Palais
de Weſtminſter ; ils allerent à
R iiij
200 MERCURE
l'Appartement du Prince , &
de là à la Chambre des Seigneurs.
Les Officiers de tous
les Ordres s'y eftoient affemainfi
que les Pairs ,
.blez
mais fans aucun de leurs Fils
qui ne prirent point de rangdans
cette Ceremonie . Ils :
eftoient tous reveftus des hai
bits de leur Dignité , ainfi
que les Dames , & les autres
Perfonnes à qui quelque fonction
appartenoit. Sur les
onze heures , leurs Majeftez :
defcendirent dans la grande
Salle de ce Palais , & fe pla
cerent furun Trône quiavoit
GALANT. 201
efté preparé fous un Dais.
L'Habit du Roy eftoit de Velours
Cramoify , fouré d'hermine.
Il avoit un Bonnet de
mefme , & la Reyne eftoit
revétuë d'un Manteau Royal .
Le Duc de Grafton , grand
Conneftable
, ayant pris des
mains du Maiftre ou Garde.
des Joyaux , l'Epée de l'Etat,
l'Epée appelée Curtana , qui
eft courte , & fans pointe , &
deux autres Epées pointues
dans leursFourreaux , les dóna
au Duc d'Ormond ,grad Stevvard
, ou grand Senéchal du
Royaume , & ce Duc les mit
202 MERCURE
fur une Table devant le Roy.
La mefme chofe fut faite des
Eperons d'or. Le grand Conneftable
eft le fixiéme grand
Officier d'Angleterre ,Sopou
voir eftoit anciennement d'une
ſi vaſte eftéduë, qu'aprés la
mort d'Edouard Bohun , Duc
de Bukinkan , dernier Conneftable
, on jugea qu'il eftoit
trop grand pour un Sujet;
mais depuis ce temps-là à l'occafion
des Couronnemens
,
ou des Combats folemnels ,
on fait un grand Conneftable
pour cette fois là feulement.
Le Comte de Nort
GALANT. 203
humberland le fut au Couronnement
du dernier Roy,
ainfi que Robert , Comte de
Lindſey,au Combat folemnel
quife fit en 1631. entré Rey &
Rameſey. Le grand Stevvart
, eft le dernier des huit
gráds Officiers d'Angleterre.
Cette importante Charge a
efté ſupprimée à caufe qu'elle
donnoit un pouvoir qui approchoit
trop de celuy du
Roy. Le dernier qui l'ait poffedée
en titre d'Office , & comme
par droit de fucceffion
heréditaire , fut Henry de
Bullinarooc Fils & heritier de
204 MERCURE
ce grand Duc de Lanclaftre,
Jean de Gand , qui a efté Roy
d'Angleterre. Depuis ce
temps- là , on n'a fait un grand
Stevvard , que pour affifter
au Sacre des Roys . En ver
tu de cette Charge , il tientla
Séance folemnelle dans fa
Cour du Roy à Weſtminſter ,
où il reçoit toutes les Requê
tes des Gentilhommes qui
prétendent devoir fervir à
cette Ceremonie , à caufe des
Fiefs qu'ils tiennent . On fait
auffi un grand Stevvard,
quand un Pair du Royaume,
fa Femme , ou fa Veuve font
GALANT 205
accuſez de trahifon . C'eft luy
qui les juge . Pendant le Procez
, il eft affis fous un Dais,
& ceux qui parlent à luy , le
traitent de Votre Grace.
Tant qu'il a la qualité de
Stevvard , il porte à la main
un Bâton blanc . Sa Charge
finit avec le Procez , & alors il
rompt le Bâton.
Le Doyen & les Chanoines
de Weftminſter apporte
rent en Proceffion folemnelle
de l'Eglife Collégiale à la
grande Salle du Palais de
Westminster , les Couronnes
& les autres marques de la
206 MERCURE
Royauté. Ils eftoient précedez
des Pourfuivans , He-
Faults , & Roys d'Armes , devant
leſquels marchoient les
Muficiens de la Chapelle en
Manteaux d'Ecarlate , & des
Chantres du Chapitre en Surplis.
Le Doyen portoit la
Couronne de S. Edouard , &
les Chanoines portoient deux
Sceptres , l'un orné d'une
Croix , & l'autre d'une Colombe
, avec le Globe orné
auffi d'une Croix , & le Bâton
de Saint Edouard . Tous s'arreſterent
à l'entrée de cette
Salle pour faire une profonde
GALANT. 207
réverence à leurs Majeſtez,
& ils en firent une autre au
milieu . Les Chantres qui s'étoient
avancez deux à deux ,
s'ouvrirent en haye pour
donner paffage au Doyen &
aux Chanoines , qui s'approcherent
du Trône précedez
par les Herauts , & par les
Roys d'Armes. Ils firent une
troifiéme réverence au Roy,
en luy preſentant la Couronne
, & les autres marques de
la Dignité Royale. Le grand
Conneftable qui les receut de
deurs mains , les mit entre
celles du grand Senéchal , &
208 MERCURE
ce dernier les mit furla Table
auprés des Epées.
Le nom de S. Edouard doit
eftre fi fouvent employé dans
le recit que j'ay à vous faire,
que je croy devoir vous en
dire quelque chofe . Il eftoit
Fils d'Ethelred , defcendu du
Roy Egbert, Prince d'un fort
grand mérite , qui vers l'an
801. reünit en un feul Etat
fous le nom d'Ergleland , qui
veut dire Angleterre , les fept
Royaumes que l'on avoit établis
en l'Ifle , & qui estoient
gouvernez chacun par des
Roys particuliers . On les ap
GALANT. 209
pelloit de Kent , de Nortumberland
, de Suffex , d'Effex ,
de Mercie , de Wetfex , &
d'Eftangle. Les Guerres excitées
par les Danois
, ayant
obligé le Prince Edouard,
auffi - bien que fon Frere Alfred
, tous deux nez d'une
feconde Femme d'Ethelred,
nommée Emme , Soeur de
Richard Duc de Normandie,
à chercher azile en ce Païs
là , il y demeura jusqu'à ce
qu'il fut rappellé en Angle
Terre , pour remplir le Trône :
qu'avoient occupé les Prédedeffeurs:
Gadyvin Comte-
May 1685.
,
Sp
210 MERCURE
Anglois , alla le chercher en
Normandie , pour diffiper le
bruit qui couroit , que dans
le deffein de faire regner fon
Fils Harald, il avoit fait affaffi
ner Alfred , que les Anglais
avoient apelle d'abord, comme
l'aîné des Fils d'Ethelred,
& qui fut tué fur le chemin,
lors qu'il eftoit preft de rentrer
à Londres. Edouard
ayant efté couronné en 1044
époufa la Fille de Godvvin,
nommée Edgite. Quelque
temps apres , Euſtache Comte
de Boulogne, qui avoit époufé
la Soeur d'Edouard eftant
J
GALANT. 211
paſſé en Angleterre , receut
quelque outrage en la perfonne
de fes Officiers , dans
la Ville de Cantorbery. Le
Royvoulut vanger cet affront
fur les Habitans. Godvvin
en prit le party , & n'ayant
pû eftre le plus fort , il fut
contraint de fe retirer en
Flandre. Il trouva enfin
moyen de calmer l'orage , &
de fe remettre dans les bon
nes graces du Roy , mais il
en jouit fort peu de temps..
Eftant un jour à fa Table,
& quelqu'un ayant parlé de
la mort du Prince Alfred , il
Sij
212 MERCURE
s'apperceut qu'Edouard jetta
l'oeil fur luy en foûpirant. Il
prit ce regard pour un reproche
, & dit que fes Ennemis
l'avoient foupçonné de
ce Parricide , mais qu'il prioit
Dieu que le morceau qu'il.
avoit dans la bouche l'étran
glaft , s'il eftoit coupable. II.
tomba mort fans le pouvoiravaler
, & Dieu permit que
fon propre jugement fuſt exécuté
fur l'heure, Edouard eut
quantité de guerres , qui fe
terminérent préfque toûjours
à fon avantage, mais comme
il n'eftoit pas né pour les ArGALANT.
213
mes , fes Capitaines en remportérent
toute la gloire. Il
vefcut dans une perpetuelle
continence avec la Femme;
& ſe ſouvenant des affiftances
qu'il avoit receues pendant
fon exil de Guillaume
Duc de Normandie , il luy
laiffa fa Couronne. Il mourut
le 4. de Janvier 1066. Le Pape
Alexandre III. le fit mettre
au Catalogue des Saints , à
caufe de les vertus , & des
miracles qui fe faifoient continuellement
à fon Tombeau.
La Couronne, & toutes les
autres marques de la Royauté
214 MERCURE
ayant efté diſtribuées par le
Roy mefme à ceux qu'il
nomma pour les porter , la
marche
commença par les
Tambours & par les Trom
petes , qui alloient quatre à
quatre de front. Les premiers.
eftoient fuivis du Tambour
Major, & les derniers du Premier
Trompete . Apres eux
venoient les fix Clercs de la
Chancellerie , les quatre plus
jeunes d'abord , & les deux
Anciens enfuite. Ils précé
doient les quarante -huit Cha
pelains ordinaires ou Aumôniers
du Roy , qui font la
GALANT. 215
plupart Docteurs en Theolo
gie, & le plus fouvent Doyens
ou Chanoines
. Ily en a quatre
qui fervent par mois , &
qui prefchent le Dimanche
& les jours de Fefte dans la
Chapelle en préſence du Roy..
Ils prefchent auffi pour le
Commun le matin de cha
que Dimanche. Ces Chape
lains précédoient les Aldermans
ou Echevins de Lon
dres, qui marchoient comme
eux quatre à quatre avec les
autres Officiers de Ville cha
cun en fon rang , ainfi que
les douzeMaiftres de la Chan
216 MERCURE
cellerie , & les Sergens ou
Conſeillers en Loy. Le Solliciteur
Genéral , & l'Attorney
ou Procureur Genéral de Sa
Majefté marchoient enſem
ble , & les deux plus anciens
Sergens de Loy de mefme.
On voyoit paroiſtre enfuite,
auffi quatre à quatre , les
Ecuyers du Corps , dont l'offi
ce eft de garder le Roy pen.
dant la nuit , de pofer la
Garde , & de donner le Mot,
& apres eux , les Gentilshom
mes de la Chambre Privée,
qui font au nombre de qua
ranto-huit, & qui fervent par
Quartier.
GALANT. 217
>
Quartier. Il s'en trouve toûjours
douze auprés du Roy
dans fon Palais , & dehors
tant qu'il eft à pied . Ils le
fervent , & portent la Viande
quand il mange dans laChambre
Privée , ou dans l'Antichambre.
Il y en a toûjours
deux qui couchent dans l'Antichambre.
Ils fervent auffi
aux Audiences des Ambaffadeurs
. Les quatreMaiſtres des
Requeftes marchoient apres
eux, fuivis des Juges & Chefs
de Juftice. Enfuite venoient
les Pages de la Mufique de la
Chapelle duRoy , lesChantres
May 1685.
T
218 MERCURE
de Weſtminſter , les Gentilshommes
de la Chapelle du
Roy, les douzeChanoines & le
Doyen de l'Eglife Cathedrale
de Weſtminſter, en Surplis &
avec leurs Habits de Choeur,
le Maître ou Garde desJoyaux
du Roy , & les Confeillers
d'Etat qui ne font point Pairs
du Royaume. Apres ceux - là
venoient deux Officiers d'Armes
, qui précédoient les Baronnes
ou Femmes desLords,
reveftuës de Robes de Velours
cramoifi, fourrées d'Hermine.
Elles eftoient fuivies
des Barons , Pairs du RoyauGALANT.
219
1
me , veftus auffi de Robes
de Velours cramoify , avec
leurs Bonnets de même Erofe
fourrez d'Herminé, qu'ils por-
I toient à la main . Tous les
Barons n'eftoient pas autrefois
Pairs du Royaume , mais
: feulement ceux qui tenoient
du Roy une Baronnie entiere
composée de treize Fiefs &
- un tiers , relevant directement
de la Couronne. Chaque
Fief eftoit de vingt livres
fterlin , cela faifoit quatre cens
marcs , & celuy qui poffedoit
cette fomme , eftoit
convié de ſe trouver au Par-
Tij
220 MERCURE
lement ; mais aujourd'huy
l'Heritier d'un Baron devient
Baron , quand mefme il ne
poffederoit point la valeur de
quatre cens marcs. Le Roy
fait quelquefois des Barons
par un fimple Acte , en les
conviant de venir prendre
féance au Parlement dans la
Chambre Haute ; mais le plus
fouvent il le fait par Lettres
Patentes.
Les Barons étoient fuivis des
Evefques chacun en Habit Epifcopal.
Celuy de Londres a
le premier rang , aprés les Archevefques
de Cantorbery &
GALANT. 221
5
d'York , puis les Evefques de
Durha & deWinchester.Tous
les autres prennent rang ſefon
l'ordre de leur Confecration
, fi ce n'eft que quel
qu'un d'eux foit fait Chancelier,
Treforier, Garde du Privé
Sceau , ou Secretaire d'Etat, ce
qui arrivoit fouvent autrefois,
l'intégrité de leur vie les faifant
juger plus propres à ces
Fonctions , que les Laïques .
Quand un Evefque eft fait
Chancelier , il prend place
immediatement aprés l'Archevefque
de Cantorbery, &
celuy d'York. S'il eft Secre
Tiij
222 MERCURE
taire d'Etat , il a rang aprés
l'Evefque de Wincheſter.
Tous les Evefques ont Séance
en la Chambre Haute du
Parlement , comme Barons
& Pairs du Royaume , &
font Lords , où Seigneurs fpirituels.
Deux autres Officiers
d'Armes fuivoient les Evelques
, & précedoient les Vicomteffes
, qui marchoient
devant les Vicomtes. Ceuxcy
avoient des Robes de Velours
doublées d'hermines,
& tenoient leurs Couronnes
à la main . Le Roy fair un
GALANT. 223
Vicomte par des Lettres Patentes
. Quelques- uns tiennent
que Jean Beaumont a
eu le premier cette qualité,
& qu'elle luy fut donnée par
Henry VI. dans la dix - huitiéme
année de fon Regne.
Cependant on trouve que
dés le Regne de Henry V.
Robert Brent fut fait Vicomte.
Deux Herauts d'Armes
du Titre de Sommerfet & de
Cheſter , avec leurs Cottes
d'Armes , marchoient devant
les Comteffes , qui estoient
en Robes de Velours. Les
Tiiij
224 MERCURE
Comtes venoient enfuite en
Robes longues d'Ecarlate , &
fourrées , la queuë portée à
chacun par un Gentilhomme
, avec les Bonnets de
mefme , & une petite Cou .
ronne à la main . Tous les
Comtes d'Angleterre font
nommez des Provinces , Villes
ou Places , dont ils portent
le Titre , à la réſerve de
deux , dont l'un eft perfonnel
; fçavoir le Comte Maré
chal d'Angleterre , & l'autre
eft particulier à l'Illuftre Famille
de Rivers , dont l'aisné
porte le Titre de Comte. Le
GALANT. 225
Roy fait un Comte en luy
mettant l'Epée au cofté , un
Manteau de Comte , un Bonnet
fur la tefte , & fes Lettres
Patentes entre les mains .
Aprés venoient les Marquifes
, précedées de deux
Herauts d'Armes du Titre de
Richemont & de Windfor;
puis les Marquis en Robes
de Cerémonies , & tenant
leurs Couronnes à la main.
Marchio ou Marquis eftoit
autrefois ainfi nommé du
Gouvernement des Marches
ou Frontieres . Le premier
Marquis qu'ait eu l'Angleter
226 MERCURE
re , fut Robert Vere Comte
d'Oxford , qui fut fait Marquis
de Dublin fous Henry
II. On fait un Marquis en
luy ceignant l'Epée au cofté.
& en luy mettant un Bonnet
avec une Couronne de Marquis
fur la tefte,
Deux Herauts d'Armes
du Titre de Lancaftre &
d'York marchoient devant
les Ducheffes. Les Ducs fuivoient
, couverts du Manteau
Ducal avec leurs Couronnes
à la main . Leurs
queues eftoient plus longues
que celles des autres , & fou-
>
GALANT. 227
tenues de deux Gentils -hom
mes. Les Ducs eftoient an
ciennement Genéraux ou
Conducteurs A d'Armée en
temps de Guerre , ou Gardiens
des Frontieres , & Gou-.
verneurs de Province en
temps de Paix. Apres cela
on les leur donna en Fief
pour les tenir à vie , & enfin
ils furent faits heréditaires &
titulaires . Edouard furnommé
le Prince noir , a efté le
premier Duc d'Angleterre,
aprés Guillaume le Conquerant.
Ce fut Edouard III . qui
le fit Duc. Le Roy crée un
228 MERCURE
Duc par fes Lettres Patentes,
en luy mettant l'Epée au côté
, un Bonnet avec une Cou
ne Ducale fur la tefte , & une
Verge d'or en la main.
Les differens degrez de
la Nobleffe d'Angleterre font
diftinguez par leurs Titres &
par les marques d'honneur.
On donne au Duc le Titre
de Grace , & en luy écrivant
on l'appelle tres-puiſſant & no
ble Prince. On appelle un
Marquis & un Comte tresnoble
& puiffant Seigneur ; un
Vicomte , veritablement noble
puiffant Seigneur , & un Ba.
GALANT. 229
.
ron veritablement noble Seigneur.
Leurs Couronnes font
toutes differentes , & cela
seft obfervé au Sacre du
Roy. La Couronne des Barons
eft un Cercle ou Bour
let à fix Perles ; celle des Vicomtes
un Chapelet de Perles
fans nombre ; celle des
Comtes un Cercle d'or à hau
tes pointes foûtenant des
Perles, celle des Marquis une
groffe Perle , & une ovale de
feuilles de Fraifier , & les
Couronnes des Ducs font des
Fleurons , ou des feuillages
fans Perles. Ils font auffi di230
MERCURE
ftinguez dans leurs Habits
de Čerémonie par les bordures
fur les épaules de leurs
Mantelines. Un Baron n'en
a que deux ; un Vicomte en
a deux & demy ; un Comté,
trois , un Marquis trois & demy
, & un Duc qua trẻ .
Les deux Herauts d'Armes
qu'on appelle Provinciaux
, & qui font du Titre
de Clarence , & de Norroy,
marchoient devant le Comte
de Clarendon Garde du
Sceau Privé , & le Marquis
d'Hallifax Préfident du Confeil
Privé faifant une meſme
GALANT. 231
ligne. Ils eftoient ſuivis du
Comte de Rocheſter grand
Treforier , & de l'Archevefque
d'York , qui faifoient une
autre ligne, & qui précedoient
Milord North , Garde du
grand Sceau , & l'Archeveſ
que de Cantorbery premier
Pair , & Primat du Royaume.
Aprés eux marchoient deux
Gentilshommes
, reprefentant
les Ducs d'Aquitaine &
de Normandie. Avant le re
gne des Saxons en Angleterre
les Chrétiens Bretons
avoient trois Archeveſques
,
fçavoir , de Londres , d'York,
>
232 MERCURE
Le
& de Caerleon , grande Ville
en ce temps - là fur la Riviere
d'Ufke , en la partie la plus
Meridionale de Galles.
Siege Epifcopal de Londres
& celuy de Caerleon furent
transferez , l'un à Cantorbery
à cauſe de Saint Auguftin
le Moine , qui y preſcha le
premier l'Evangile aux Saxons
Payens,& l'autre à Saint
Davids en la Province de
Pembroc. Ce dernier fut
enfuite affujetty tout à fait au
Siege de Cantorbery , & depuis
ce temps-là il n'y a cu
que deux Archevelques en
GALANT. 233
Angleterre , celuy de Cantorbery,
& celuy d'York . L'Archevefque
de Cantorbery
eftoit autrefois confideré
comme la feconde Perfonne
du Royaume , il avoit rang
avant les Princes du Sang. Il
eft aujourd'huy
le premier
Pair d'Angleterre , & aprés la
Famille Royale , il précede
non feulement les Ducs, mais
auffi tous les grands Officiers.
Ceft à luy à couronner le
Roy. L'Evefque de Londres
-eft fon Doyen Provincial,,
-Evefque de Wincheſter fon
Chancelier , & V'Evefque de
May 168.5.
V.
234 MERCURE
4
Rochefter fon Chapelain.
L'Archevefque d'York eft la
feconde Perfonne dans l'Eglife
d'Angleterre. Il a encore
la préfeance devant tous les
Ducs qui ne font pas du Sang
Royal , & devát tous les grads
Officiers du Royaume,à la réferve
du grand Chancelier.
Aprés ceux que j'ay nommez
marchoient le Vice-
Chambellan & le grand
Chambellan de la Reyne,,
qui eftoient fuivis du Comte
de Dorſet portant la Baguet
te d'Yvoire , ou le petit Sceptre
de Sa Majefté, du Comte
GALANT. 235
Rutland portant fon grand
Sceptre , & du Duc de Beaufort
portant fa Couronne..
Les Sergens d'Armes , & les
Gentilshommes Penfionnaires
fuivoient en haye dess
deux coſtez , & diviſez par
Brigades. Ils précedoient la
Reyne qui marchoit fous un
Dais , porté par feize Barons
des cinq Ports. Elle eftoit reveftue
des Habits Royaux,,
& avoit un Cercle d'or fur la
refte. La jeune Ducheffe
de Norfole portoit fa queue
avec quatre Filles de Com--
tes.. Les Evefques de Lon
V ij
236 MERCURE
dres & de Wincheſter mar
choient à cofté de cette Prin
ceffe , qui eftoit ſuivie de
deux Dames d'honneur , &
de deux Femmes de la Chambre
du lit.
Enfuite on voyoit paroiſtre
les Seigneurs qu'on avoit
chargez des marques de la
Royauté du Roy. Le Baſton
de S. Edouard eftoit porté
par le Comte d'Aylesbury ;
les Eperons par Milord Grey,
& le Sceptre orné d'une Croix,
par le Comte de Pertebo
roug. Ils marchoient tous
trois fur la meſme Ligne. Le
GALANT. 237
Comte de Pembrok portoit
la troifiéme Epée , le Comte
de Derby portoit la feconde,
& le Comte de Shrevvbury
qui marchoit entre les deux,
portoit celle qu'on appelle
Curtana , autrement l'Epée
fans pointe. Garter, premier
Roy d'Armes , venoit apres
eux , entre le Grand Huiffier
du Parlement , appellé de la
Verge noire, & Milord Maire
de Londres. Ce dernier eftoit
reveftu de fa Robe d'Ecarlate
, & portoit la Maffe de
la Ville. Le Comte de Lindfey
fuivoit feul en qualité de
238 MERCURE
Grand Chambellan . C'eſt le
cinquiéme Grand Officier
d'Angleterre. Quand on couronne
le Roy , on luy donne
quarante
aunes de Velours
cramoify pour une Robe , &
avant que le Roy fe leve le:
jour du Couronnement , il
luy apporte fa Chemiſe , fa
Coëfe , & fa Robe ; apres.
qu'il l'a habillé , il a pour
fon Droit le Lit , les Meu
bles de la Chambre du Lit,
& tout fon Deshabillé . Aux:
Cerémonies du Couronne..
ment , il porte la Coëfe , les
Gands , & le Linge dont le
GALANT. 239
Roy fe fert , comme l'Epée
& le Fourreau , les Piéces d'or
que le Roy doit offrir à l'Autel
, la Robe Royale , & la
Couronne. Il le fert tout ce
jour-là , en luy donnant à
laver devant & apres dîner,
& prend pour fon . Droit le
Baffin , & la Serviette. Les
Comtes d'Oxford ont pof
fedé long - temps cette Dignité
depuis le temps du Roy
Henry I. par une espece de
fuceffion heréditaire ; mais
aux deux derniers Couronnemens,
ces Cerémonies ont
efté faites par les Comtes de
240 MERCURE
Lindley, qui prétendent que
la Dignité de Grand Chambellan
leur eft deuë , comme
defcendus d'une Fille , Heri .
tiere univerfelle .
Le Comte de Lindfey étoit
fuivy du Comte d'Oxford ,
portant l'Epée de l'Etat, entre
le Duc de Grafton , Grand
Conneftable , & le Duc de
Norfolk , Grand Maréchal.
Ceux- cy précédoient le Duc
d'Ormond, Grand Seneſchal,
portant la Couronne de Saint
Edouard , & marchant entre
·les Ducs d'Albemarle & de
Sommerfet
. Le premier por
toit
GALANT 241
toit le Sceptre , audeffus duquel
il y a une Colombe,
& l'autre le Globe orné d'une
Croix .
Le Roy reveſtu de ſes Habits
Royaux fourrez d'Hermine
, & ayant un Bonnet
de Velours fur la tefte , marchoit
apres ces Seigneurs
fous un magnifique
Dais,
porté comme celuy de la
Reyne , par feize Barons des
cinq Ports. Il avoit à ſes côtez
les Evefques de Durham
& de Bathe . Quatre Fils aîne z
de Comtes, affiftez du Grand
Maistre de la Garderobe
, por-
May 1685.
X
242 MERCURE
toient la Queue du Manteau
Royal de Sa Majefte. Derriere
le Roy eftoit le Duc
de
Northumberland
, Capitaine
des Gardes du Corps ,
entre le Comte de Huntingdon
Capitaine de la Compagnie
des Gentilshommes Penfionnaires
, & le Vicomte
Grandifon , Capitaine des
Yeomans ou Gardes de la
Manche. Milord Churchil,
Gentilhomme de la Chambre
du Lit du Roy , marchoit
feul. Il eftoit fuivy de deux
Valets de Chambre de Sa
Majefté , & ceux- là des YeoGALANT
243
mans ou Gardes de la Manche
qui fermoient la Marche .
Les Sergens d'Armes marchoient
en haye devant le
Roy & devant la Reyne , &
les Gentilshommes
Penfionnaires
marchoient de mefme
à cofté des Dais de leurs Majeftez.
Tous ceux qui estoient
de cette marche avoient les
Habits de Cerémonie
qui appartiennent
à leurs Dignitez
ou à leurs Charges . Ils alloient
à pied fur un Drap
bleu , étendu depuis les marches
du Trône qui eftoit
dans la grande Salle de Weſt-
X ij
244 MERCURE
minfter jufqu'à l'Eglife . Tout
ce paffage eftoit enfermé de
Balustrades , & gardé par les
Gardes du Corps , & par les
Gardes à pied du Roy. On
appelle Yeomans en Angleterre
ceux qui font aprés la petite
Nobleffe . Ce font les premiers
du Peuple.Le mot Yeoman
qui fignifie commun , femble
venir du mot Flamand Yemant,
qui veut dire quelqu'un.
Das la Cour du Roy, il fignifie
un Officier qui tient le milieu
entre le Sergent & le Groom.
Les Grooms de la Chambre
du Lit font tous Ecuyers,
GALANT. 245
mais au deffous de la qualité
de Chevalier. Leur Office eft
de fervir le Roy dans la
Chambre , de l'habiller & de
le deshabiller.
"
La Nobleffe & toutes les
autres Perfonnes s'eftant placées
dans l'Eglife felon leur
rang , leurs Majeſtez monterent
fur un grand Théatre,
& aprés avoir fait quelques
Prieres en fe tournant du côté
de l'Orient , Elles prirent
place fur les Fauteuils qu'on
leur avoit préparez . On chanta
quelques Moters en Mufique
, & pour s'acquitter de
Y üj
246 MERCURE
l'ancienne Ceremonie appellée
Reconnoiffance , l'Ar
chevefque de Cantorbery
s'avança devant l'Autel , &
dit à la Nobleffe. Voicy Fac
ques II. Heritier legitime de
Charles II. Roy d'Angleterre,
Ecoffe & Irlande. Vous tous
icy affemblez , voulez- vous le
recevoir pour voftre Roy ? A peine
eut- il achevé , que tous
les Pairs & le Peuple poufferent
un grand cry qui témoignoit
leur difpofition à luy
rendre hommage. L'Arche
vefque repeta encore deux
fois les mefmes paroles aux
GALANT. 247
deux coftez du Choeur pour
fe faire entendre à tous les
Affiftans , & à chaque fois le
Roy fe levoit , & fe tournoit
vers le Peuple du mefme côté
que l'Archevefque. Toute
l'Eglife retentit toûjours des
mefmes acclamations . Enfuite
leurs Majeftez conduites
par les Evefques s'approcherent
de l'Autel , où Elles firent
leur premiere offrande .
C'eftoit une piece de Drap
d'or , & une Maffe d'or du
poids d'une livre , que leur
prefenta le Treforier de leur
Maiſon , & que receut l'Ar-
X iiij
* 248 MERCURE
chevefque , auquel les marques
de la Dignité Royale:
furent auffi preſentées par
tous les Seigneurs qui les
portoient. Alors deux Eveſques
, chanterent les Litanies
eftant à
fur
les
pregenoux
fur
les
miers degrez de l'Autel , &
le Choeur leur répondit. Le
Doyen de Weſtminſter eftoit
auffi à genoux auprés du
Roy à fa gauche. Cela éſtant
fait , le Docteur Turner Evefque
d'Ely , & grand Aumônier
, monta en Chaire , &
parla fort éloquemment de
l'excellence du GouverneGALANT.
249·
ment Monarchique . Il remontra
au Peuple combien
il. devoit s'eftimer heureux
de le voir entre les mains
d'un Roy dont les vertus , &
les rares qualitez luy eftoient
fi bien connues , luy reprefentant
la fidelité qu'il luy devoit
, & faiſant connoiftre en
à Sa Majesté
mefme
temps
fes
obligations
envers
Dieu
,
& envers
les Sujets
. Le Sermon
finy
, le Roy
oſta
ſon
Bonnet
fourré
d'hermine
, &
l'Archevefque
de Cantorbery
luy vint
demander
s'il luy
plaifoit
de prefter
le Serment
250 MERCURE
ordinaire . Ce Prince ayant répondu
qu'il le vouloit , un E
vefque leut la Requeſte du
Clergé , pour la confervation
de fes Privileges , & Sa Majefté
y répondit favorablement.
Les deux Evefques qui
avoient déja affifté le Roy,
l'ayant ramené à l'Autel , il y
prefta le Serment que prêtent
les Roys d'Angleterre
lors qu'on les couronne , &
fut reconduit à fon Prié Dieu.
On portoit l'Epée Royale
élevée devant luy.. On chan-i
ta le Veni Creator qui fut com
mencé par deux Evefques,
GALANT. 251
& achevé par la Mufique.
Aprés quelques autres Prieres
que prononça le Prélat
Officiant , Sa Majeſté ſe rapprocha
de l'Autel
& le
Comte de Lindſey , grand
Chambellan , le dépouilla des
Habits Royaux , par deffous
- lefquels il y en avoit d'au
tres , où eftoient des ouvertures
fermées d'Agrafes aux
endroits qu'on devoit oindre.
Ces Habits furent remis dans
la Chapelle de Saint Edouard .
Le Roy s'eftant mis fur le Fauteüil
qu'on avoit placé du
cofté du Nord , entre l'Autel
252 MERCURE
& la Chaife de S. Edouard ,
qui eftoit couverte de Drap
d'Or , le Doyen de Weftminfter
apporta l'Ampoulle,
& verfa quelques goutes
d'Huile dans la Cuiller. L'Archevefque
de Cantorbery en
oignit le Roy aux paumes des
mains en forme de Croix. Il
continua par l'eftomach , &
par la place qui eft entre les
épaules ; puis il oignit les
épaules mefmes , & acheva
par les bras & par le haut de
la tefte. Le Doyen de Weftminfter
effuya les onctions,
& referma les Agrafes où il y
GALANT. 253
>
en avoit. Les Prieres qui fe
difoient pendant ce temps . là
eftant finies , il fut reveftu
d'Habits partie Royaux , partie
Pontificaux. Le Doyen de
Westminster luymit une coef.
fe fur la tefte,aprés quoy il luy
donna la Dalmatique , & la
Supertunique de Drap d'or,
avec les Brodequins & les
Sandales en broderie qu'il prit
fur l'Autel.Il y prit aufli les Eperons
qu'il approcha ſeulement
des talons du Roy , &
les remit en leur place. Enfuite
le grand Chambellan
donna l'Epée Royale à l'Ar254
MERCURE
chevefque de Cantorbery qui
la pofa fur l'Autel , & prononça
une Oraifon , ce qui eftant
fait, il la donna à Sa Majefté,
en luy difant en Latin , Recevez
l'Epée de la main des Evef
ques. Le grand Chambellan
luy ayant ceint cette Epée , le
Doyen de
Weſtminſter
prefenta
l'Etole tiffuë d'orà l'Archevefque
, qui la mit au col
du Roy. Enfin , on apporta
le Manteau Royal de Drap
d'or , & l'on prononça des
Oraiſons particulieres fur chacun
des Ornemens Royaux
dont Sa Majesté fut reveſtuë.
$
GALANT. 255
Ce font ceux du Roy Saint
Edouard , confervez avec
beaucoup de foin depuis plus
de fix cens ans dans la grande
Garderobe. Aprés cela , le
Roy fut conduit à un Siege de
Pierre,qui eft laChaife ancienne
de ce mefme S.qu'on avoit
pofée au milieu du Choeur . Sa
Majefté s'y eftant affife , l'Archevefque
de Cantorbery prit
fur l'Autel la Couronne de
Saint Edouard , qu'il benit
par une courte Priere . Trois
heures fonnerent dans le
temps qu'il la luy mit fur la
tefte. Alors les Tambours &
256 MERCURE
les Trompettes ſe joignant
aux acclamations de toute la
Nobleffe & du Peuple , qui
cria plufieurs fois , Dien fau
ve le Roy , firent retentir
toute l'Eglife . Ce Spectacle
parut d'autant plus augufte,
qu'en mefme temps les Ducs ,
les Marquis , les Comtes , les
Vicomtes , les Barons & les
Roys d'Armes , mirent auſſi
leur Bonnets & leurs Couronnes
. Au fignal qui fut
donné , le Canon du Parc
de S. James , & celuy de la
Tour de Londres , annoncérent
à la Ville le Couronne-
>
GALANT. 257
ment du Roy par plufieurs
décharges. Ce furent par tout
des cris qui marquoient la
joye du Peuple . L'Archevêque
de Cantorbery mit enfuite
l'Anneau benit au quatriéme
doigt de Sa Majeſté,
qui receut les Gands de fil
des mains du Grand Chambellan
. Ce mefme Grand
Chambellan déceignit l'Epée
au Roy , & la porta en of
frande fur l'Autel Le Chambellan
de la Maiſon Royale la
racheta auffi toft , & elle fur
portée nuë devant Sa Majeſté
jufqu'à la fin de cette Ceré
May 1685. Y
258 MERCURE
monie. Le Seigneur de Worfcop
dans le Comté de No.
tingham , préſenta au Roy un
riche Gand. Il le mit à fa main
droite, & ceGentilhomme par
le droit de fon Fief , foûtint
cependant le bras de Sa Majefté.
Il ne reftoit plus que
les deux Sceptres . L'Archevefque
de Cantorbery les pric
fur l'Autel , & mit en la main
droite du Roy celuy qui eftoit
orné d'une Croix , & dans
la main gauche , celuy au deſfus
duquel eftoit la Colombe.
Sa Majefté à genoux , tenant
ces deux Sceptres reGALANT.
259
ceut la Benédiction ordinarre
, & alla enfuite à l'Autel
faire fa feconde Offrande . C'é
toit une piece d'or pefant un
Mare , qu'Elle prefenta dans
un Baffin.
3 Le Roy s'eftant remis dans
la Chaife de Saint Edouard , il
fe fit un grand filence.Il avoit
la Verge & le Sceptre en
main , le Globe à l'un de fes
coftez , & de l'autre les trois
Epées , portées par autant de
Comtes , hautes , & nuës ,
mais rompuës à demy , pour
fignifier la mifericorde. Alors
l'Archevefque de Cantorbery
Y
ij
260 MERCURE
fe mit à genoux devant Sa
Majefté , qui receut fa foûmiffion
& le baifa . L'Arche
vefque d'York , & tous les
Evelques & Prébendaires firent
aprés luy la meſme chofe
. On chanta le Te Deum , &
lors qu'il fut achevé , le Roy
monta fur un Trône magnifique
, dreffé au milieu du
Théatre . Ce fut là que les
Prélats & les Seigneurs luy
7
vinrent prefter Serment de
fidelité en fe mettant à genoux
, & le baifant à la joue .
Les Pairs du Royaume luy
rendant hommage , tous
GALANT. 261
felon leur rang , touchoient
de la main droite le cofté
gauche de fa Couronne . Cependant
le Treforier de fa
Maifon jettoit au Peuple des
Médailles d'or & d'argent,
ce qui faifoit redoubler les
cris de Vive le Roy Jacques II.
Le Garde du grand Sceau
proclama le Pardon accordé
par Sa Majesté à fes Sujets.
Il eftoit accompagné du premier
Roy d'Armes , de deux
Herauts , & de l'Huiffier à la
Verge noire .
L'Archevefque de Cantorbery
couronna enfuite la
262 MERCURE
t
ReyneMarie, &en même teps
toutes les Dames mirent leurs
Courónes fur leurs teftes ainfi
que les Seigneurs avoient fait
lors qu'on avoit couronné le
Roy. Cette Princeffe receur
le Bâton d'Yvoire & le grand
Sceptre , & fut conduite à
fon Siege fur le Trône. Cela
eſtant fait , & l'Archevefque
ayant finy la Solemnité par
Ja Benédiction , Leurs Majeftez
allerent à la Chapelle de
S. Edouard , oùle Roy remit
fa Couronne entre les mains
de l'Archevefque de Cantorbery
, qui la pofa fur l'AuGALANT.
263
tel. Il entra de là dans le
Veftibule, où le grand Chambellan
le dépouilla des Habits
Coyaux , qu'il délivra au
Doyen de Weſtminſter , &
Je reveftit d'autres tres- riches
de Velours Violet , préparez
pour ce jour là . Avec ce
nouvel Habit Sa Majesté ſe
rendit à la grande Salle de
Weftminster , ayant fur la
tefte la grande Couronne
couverte de Pierreries
Sceptre dans la main droite,
& le Globe dans la gauche.
Il n'y eut aucun changement
dans l'ordre de cette marche,
E
•
le
264 MERCURE
finon que leurs Majeſtez , les
Seigneurs & les Dames
avoient leurs Couronnes fur
leurs teftes , & que les Pairs
qui avoient porté les marques
de la Royauté , marchoient
felon le rang de leur
dignité . A l'entrée de leurs
Majeſtez dans ce Palais , les
fanfares des Trompettes recommencerent
avec le bruit
des Tambours . Elles furent
conduites fous le Dais juf
qu'au bout de la grande Salle,
où diverfes Tables avoient
eſté ſervies avant que l'on
fuft venu , excepté celle de
leurs
GALANT. 265
leurs Majeftez , qui fe retirerent
pendant quelque
temps dans une Chambre
voifine. Cette Salle capable
de contenir plus de trente
mille Perfonnes , eftoit tenduë
de riches Tapifferies , &
environnéed Amphitheatres
.
Le Peuple fut placé dans les
plus bas , & les Gens de qualité
& les Dames occuperent les
plus élevez . Lors qu'il fallut
fervir laTable duRoy ,les Contrôleurs
, les autres Officiers
de bouche , avec des Robes
& des Toques de Velours
noir , & fix Sergens d'Armes
May 1685.
Z
266 MERCURE
s'avancerent les premiers.
Les Plats du premier Service
furent portez chacun par
deux Chevaliers des Bains,
conduits par le grand Sené.
chal , ayant le grand Conne
ftable à fa droite , & le grand
Maréchal à fa gauche , tous
trois à cheval , leurs Couronnes
Ducales en tefte , & fuivis
de plufieurs Officiers de
Bouche.
>
Ce premier Service ayant
efté mis fur Table , aux chamades
des Tambours & des
Trompettes , Leurs Majeftez
en leurs Habits Royaux enGALANT.
267
trerent dans la Salle , ayant
la Couronne fur la tefte , &
le Sceptre dans la main. Elles
eftoient précedées de trois
Seigneurs qui portoient cha
cun une Epée nue. Le Roy
fe mit à Table aprés avoir la
vé les mains , & il fut fervy
en cette occafion par le
Grand Chambellan , & deux
autres Comtes , qui tenoient
l'Eguiere , le Baffin & la Serviete
, accompagnez de Sergens
d'armes. Les deux
Ecuyers du Corps fe place.
rent aux pieds de Sa Majeſté,
& les Officiers de fa Maiſon
Zij
268 MERCURE
autour de la Table , avec les
Seigneurs & les Dames , les
Ecuyers tranchans , & les
Comtes portant les Coupes.
Le Seigneur d'Addigton
dans le Comté de Surrey,
fervit un potage fur la Table
de leurs Majeftez , fuivant le
droit de fon Fief. Il eftoit conduit
par le grandChambellan.
Le Royayant demandé à boire
, le Seigneur de Widmondeley
dans le Comté d'Herfort
, luy en preſenta dans
une Coupe de Vermeil doré,
qui luy fut donnée pour récompenfe,
GALANT. 269
;
furent
On avoit dreffé plufieurs
autres Tables . Ala premiere
qui eftoit à droite.
traitez les Barons des Cinq
Ports d'Angleterre , avec les
Maiftres & Secretaires de la
Chancellerie à la feconde
qui eftoit à gauche , les Gouverneurs
& les Aldermans,
avec quelques - uns des principaux
Bourgeois de Londres ;
à la troifiéme auffi à droite ,
les Evefques , Juges & Barons
de l'Echiquier , & à la
quatriéme encore à gauche ,
les Pairs & autres Grands du
Royaume. Il y en eut auff
Z üj
270 MERCURE
pour les Dames , & toutes
ces Tables furent fervies.
avec une fomptuofité veritablement
Royale.
Avant le fecond Service ,
le Chevalier Charles Dymoke
, Champion du Roy , armé
de toutes pieces , & le
Cafque en tefte orné de plumes
entra dans la Salle ,
monté fur un tres -beau Cheval
blanc , & precedé de deux
Trompettes du premier
Trompette , d'un Sergent
d'Armes , d'un Ecuyer portant
l'Ecu aux Armes du
Champion , d'un autre E-
›
GALANT. 271
euyer portant fa Lance , &
d'Yorc Heraut d'Armes . II
eftoit accompagné
du Grand
Conneftable
, & du Grand
Maréchal
, auffi à Cheval , &
il faifoit cette fonction , à
cauſe de fon Fief de Scrivelsby
dans le Comté de Lincoln.
Aprés que les Trompettes
eurent fonné ,le Heraut
fit le Défien ces termes
, felon
ce qui fe pratique en Angleterre
en pareilles Ceremonies
. Il n'eft aucun , de quelque
condition
qu'il puiffe eftre , qui
que noftre Souverain Seigneur
Jacques II. Roy d'Angleofe
dire
Z iiij
272 MERCURE
terre , Ecoffe & Irlande , Frere
legitime heritier du feu Roy
Charles II. ne doit pas eftre couronné
, à qui ſon Champion icy
prefent , ne foit preft d'en donner
le démenty , & de juſtifier par la
voye des armes, & corps à corps,
qu'il eft un Traiftre. Auffi toft
le Champion jetta fon Gantelet
à terre , & perſonne ne
l'ayant ramaffé , il luy fut
rendu par le Heraut. Le mel
me Défi fut fait encore deux
fois dans le milieu de la Salle
avec les mefmes Cerémonies
, aprés quoy le Champ
luy fut adjugé. Les Officiers
GALANT 273
ayant enfuite prefenté du Vin
au Roy dans une Coupe de
Vermeil doré , Sa Majesté en
but une partie à la fanté de
fon Champion , & luy envoya
le refte. Le Champion
defcendit de Cheval, & ayant
receu la Coupe des mains de
l'Echanfon , il but à la Santé
du Roy aprés avoir fait trois
profondes réverences , & emporta
la Coupe felon la coûtume.
Si toft qu'il fut forty
de la Salle , les Pourfuivans
,
Herauts , & Roys d'Armes y
entrerent. Ils firent trois ré
vérences en s'arreftant au
274 MERCURE
bout de la Salle , au milieu
& au pied de l'Eſtrade , devant
la Table du Roy , &
Garter premier Roy d'Armes
ayant enfuite crié Largeffe
trois fois , proclama le Roy
en Latin , en François , & en
Anglois. Il fit la mefme cho
fe au milieu & au bout de la
Salle.
Le fecond Service fut aporté
par les Gentilhommes Penfionnaires,
deux à chaque Plat
come au premier. En mefme
teps Milord Maire de Londres
prefenta à boire au Roy dans
une autre Coupe d'or cou
1
GALANT. 275
verte ; dont Sa Majefté luy fit
prefent , comme de l'Eguiere
dans laquelle il luy avoit
apporté de l'eau. Il y eut un
troifiëme Service , & l'on tient
l'on fervit plus de 700 que
Plats. Le Deffert fut magnifique
, & remply de quantité
de machines de Paftes & de
Sucre, que les Italiens, qui en
font beaucoup, nómentTriom
phi. Aprés le Feftin leurs Majeftez
revinrent à Witheal
aux acclamations du Peuple.
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Résumé : Couronnement du Roy d'Angleterre, contenant plusieurs particularitez qui n'ont point encore esté sceuës, [titre d'après la table]
Le texte relate la préparation et le déroulement du couronnement du roi d'Angleterre, initialement prévu pour le 23 avril selon l'ancien calendrier, soit le 3 avril selon le calendrier actuel. Environ 170 seigneurs, classés par rang hiérarchique incluant princes du sang, ducs, marquis, comtes, vicomtes et barons, furent convoqués. Le jour du couronnement, le roi et la reine se rendirent au palais de Westminster, où ils prirent place sous un dais. Divers objets royaux furent remis par le duc de Grafton au duc d'Ormond, et les insignes royaux furent apportés en procession par le doyen et les chanoines de Westminster. Le texte mentionne également l'histoire des rois d'Angleterre, soulignant l'unification des sept royaumes de l'île de Bretagne et les conflits avec les Danois. Édouard, fils d'Ethelred, monta sur le trône après avoir trouvé refuge en France et épousa Edgite, fille de Godwin. Édouard mourut le 4 janvier 1066 et fut canonisé par le pape Alexandre III. La cérémonie de couronnement de Jacques II est détaillée : une procession de Westminster Hall à l'église, la demande de l'archevêque de Cantorbéry à l'assemblée, l'onction avec de l'huile sainte, la remise des symboles de pouvoir, et le couronnement avec la couronne de Saint Édouard. Les nobles et les rois d'armes mettent leurs bonnets et couronnes, et le canon annonce la couronne du roi à la ville. Après le serment et l'offrande, les pairs rendent hommage au roi, et des médailles sont distribuées au peuple. La reine Marie est ensuite couronnée, suivie d'un banquet à Westminster Hall.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
25
p. 88-89
Mr Faure est receu Conseiller au Parlement. [titre d'après la table]
Début :
Le 20. du dernier mois, Messire Jean Faure, Baron de [...]
Mots clefs :
Baron, Fils aîné, Conseiller, Grand Chambre, Charge, Nomination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mr Faure est receu Conseiller au Parlement. [titre d'après la table]
Le 20. du dernier mois,
Meffire Jean Faure , Baron
de Dampmard , Fils aifné de
feu Meffire Louis Faure,
auffi Baron de Dampmard,
Confeiller en la Grand
Chambre , fut receu au Parlement
à la Charge de Confeiller
qu'avoit poffedé M.
GALANT. 89
fon Pere , aprés en avoir eu
l'agrément de Sa Majeſté.
Meffire Jean Faure , Baron
de Dampmard , Fils aifné de
feu Meffire Louis Faure,
auffi Baron de Dampmard,
Confeiller en la Grand
Chambre , fut receu au Parlement
à la Charge de Confeiller
qu'avoit poffedé M.
GALANT. 89
fon Pere , aprés en avoir eu
l'agrément de Sa Majeſté.
Fermer
26
p. 92-130
Arrests & Declarations. [titre d'après la table]
Début :
Il est temps de vous parler des nouveaux Arrests du Conseil [...]
Mots clefs :
Religion prétendue réformée, Ecclésiastique, Officiers, Ministres, Déclaration, Arrêts du conseil, Peine, Procès, Charge, Parlements, Édits, Procureur, Temples, Fonctions, Privilèges, Interdiction, Notaire, Démolition, Amende
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Arrests & Declarations. [titre d'après la table]
Il est temps de vous parler
des nouveaux Arrests du Cófeil
d'Eftat , & des dernieres
Declarations du Roy contre
les Pretendus Reformez .
Leur grand nombre vous
GALANT. 93
fa
confirmera ce que je vous
ay dit plufieurs fois , que la
deftruction de l'Herefie eft
la principale affaire à laquelle
Sa Majeſté applique fes
foins ; & que ce Monarque ,
qui ne fe fait pas moins admirer
par fa pieté que par
fageſſe , regarde le falut des
Ames de fes Sujets , comme
la conquefte qui luy peut
donner le plus de gloire. Il a
paru trois Arrefts rendus au
Confeil d'Eftat le neuviéme
du mois paffé. Il y en avoit
déja un du 14 de May , par
lequel Sa Majefté avoit fait
94 MERCURE
defenfes à ceux qui font comis
pour la reception des
Imprimeurs & Libraires
d'en admettre à l'avenir aucuns
de la Religion Pretenduë
Reformée . On empefchoit
par là que les Libraires
de cette Religion , ne puſ
fent , ainfi qu'ils ont fait par
le paffé , vendre des Livres,
& autres Ecrits meflez de
Difcours fcandaleux & diffamatoires
, contre le refpect
dû aux veritez Catholiques ;
ce qui leur eftoit naturel ,
non feulement comme Li-
Braires , mais comme Parri
*
GALANT. 95
fans zelez d'une Religion
contraire à la noftre . Sa Majefté
s'étant fait repreſenter
cet Arreft , & ayant confideré
qu'on ne pouvoit apporter
un entier remede à ce
defordre,tant que les Libraires
& Imprimeurs qui ont
efté cy-devant receus , continueroient
d'exercer la Librairie
, ordonna Que l'Arreft
du quatorziéme May dernier
feroit executé felon fa forme &
teneur; y ajoutant , Elle a fait
de tres- expreffès Defenfes à tous
Libraires Imprimeurs de la
Religion Pretenduë Reformée, de
96 MERCURE
faire à l'avenir aucunes fonctions
de Librairie , à peine de confifca-
་
tion de leurs Livres , Formes ,
Marchandifes , &c.
9.
Le fecond Arreft rendu
le Juillet au Confeil d'Etat,
eft fondé fur ce que ceux
de la Religion Pretenduë
Reformée ont confervé des
Cimetieres en pluſieurs Vil--
les & Lieux du Royaume, où
l'Exercice de cette Religion
a efté interdit , & qu'ils continuent
à y enterrer les corps
morts . Comme ils ne peuvent
faire ces Enterremens
fans y paroiftre publiquement
GALANT. 97
S
ment affemblez ; ce qui eft
contraire aux Defenfes de
faire aucun Exercice , & que
d'ailleurs les Peuples n'étant
plus àccoûtumez à voir dans
ces Lieux l'exercice d'une
Religion differente de la
leur, de pareils Enterremens
pourroient donner lieu à des
émotions populaires, Sa Majefté
voulant y pourvoir , A
ordonné Que dans les Villes ,
Bourgs & Lieux du Royaume
où il n'y a plus d'exercice de la
Religion Pretendue Reformée ,
ceux de cette Religion ne pour-.
ront y avoir des Cimetiere , &
Aoust 1685.
I
98 MERCURE
qu'ils ferons obligez de délaiffer
dans fix mois ceux qu'ils y ont
àprefent , leur eftant permis defe
pourvoir d'autres Cimetieres hors
de ces Villes , Bourg's & Lieux
où il n'y a plus d'Exercice; s'ils
ne pouvoient trouver de lieux
les
Fuges propres
pour cela
Royaux
leur en marqueront
,
moyennant
quoy ils feront tenus
de payerces lieux aux Proprietai_
res , felon le rapport des Experts,
dont les Parties conviendront
, ou
que les Fuges nommeront
d'office.
Le troifiéme
Arreſt a esté
rendu au Confeil
d'Etat
le
mefine
jour 9. Juiller
, à las
•Lohr frub.
I
*
GALANT. 99
follicitation de M's les Archevefques
, Evefques , &
autres Ecclefiaftiques Députez
à l'Affemblée Generale
du Clergé de France ,
tenue à Saint Germain en
S
Laye. Ils ont repreſenté
qu'encore que le Clergé en
genéral ait deffein de n'affermer
les Biens Ecclefiaftiques
à aucun de ceux de la
Religion Prétenduë Reformée
, voulant en cela fe regler
fur ce qui a efté fait par
Sa Majefté , qui a exclus
ceux de cetteReligion de fes
Fermes & Receptes gené-
I ij
100 MERCURE
rales de fes Finances , & Receptes
particulieres desTailles
, neanmoins ils ont efté
informez que fous differens
prétextes , plufieurs Religionnaires
tiennent encore
des Fermes des Ecclefiaftiques
, ou font Cautions de
ceux qui les font valoir . Le
Roy ayant eſté ſupplié par
eux d'y pourvoir , a fait de
tres - expreffes défenfes à tous les
Ecclefiaftiques du Royaume , de
donner à ferme leurs biens Ecclefiaftiques
à aucuns de la Religion
Prétendue Reformée,ny de les recevoirpour
Cautions de leursFerGALANT.
IOI
mes >
à peine de confifcation au
profit de l'Hofpital du lieu , ou de
celuy qui s'en trouvera le plus proche
, des Revenus qui leur feroient
affermez , ou defquels ils
feroient Cautions, & de mille livres
d'amende contre les Prétendus
Reformez qui feroient Fermiers
ou Cautions, applicable à ces
mefmes Hofpitaux. Sa Majefté
ordonne par ce mefine
que
Arreſt , dans un an pout tout
delay
, les Ecclefiaftiques
dont les
Fermes
font
prefentement
tenues
par les Religionnaires
, on dont ils
font
Cautions
, feront
obligez
de
réfoudre
leurs Baux
à ferme
, t),
I iij.
102 MERCURE
Actes de cautionnement , fans toutefois
qu'ils foient déchargez de
la garantie des Fermes ou cautionnement
pour le paffé,fur quoy
Les Ecclefiaftiques les pourront
pourfuture. On ne peut trop
louer Meffieurs du Clergé
d'avoir demandé cét Arreft
auRoy . Une fréquente communication
entre des Gens
de Religion contraire eft
toûjours à éviter , & c'eft ce
qui feroit difficile de faire à
ceux que des intereſts confiderables
engageroient à
quelque commerce.
Le Roy par Arreſt de fon
GALANT. 103
4 .
Confeil du de Mars 1683-
ordonna à tous les Officiers
de fa Maiſon , & des Maifons
Royales , faifant profef
fion de la Religion Prétendue
Reformée , de fe dé- met
tre de leurs Charges, les déclarant
décheus de tous les
Privileges qui pourroient y
eftre attribuez ; & comme
il refte quelques Veuves
d'Officiers décedez dans
cette Religion , qui joüiſlent
encore actuellement des
Privileges attribuez aux
Charges dont leurs Maris
ont efté pourveus , il a efté
Lijij
104 MERCURE
donné un nouvel Arreft du
Confeil d'Etat le 13. du mois
paffé , par lequel Sa Majesté
déclare toutes Veuves d'Officiers
de fa Maiſon & des Maifons
Royales , lefquelles font profeffion
de la Religion Prétenduë Reformée
, décheuës dés à prefent de
tous les Privileges attribuez aux
Charges que poffedoient leurs
Maris , leur faifant défenfes de
s'en fervir , & à tous Fuges d'y
avoir égard.Il n'y arien de plus
équitable que cét Arreſt .
Puis qu'il eft permis au
moindre Particulier d'employer
à fon ſervice telles
GALANT. 105
Perfonnes qu'il veut , il doit
eftre encore bien plus libre
au Roy de ne fe fervir que
de Catholiques , & lors qu'il
exclut les Prétendus Reforinez
des Charges de fa Maifon
, les Privileges qui y font
attachez ne doivent plus
avoir aucun lieu .
Il y a eu cinq Déclarations
du Roy , enregistrées
Parlement le 26. du mefme
mois de Juillet. La premiere
a eſté donnée fur ce que
les Catholiques qui fervent
ceux de la Religion Prétenduë
Reformée, en qualité de
106 MERCURE
Domeftiques ,font employés
fouvent par leurs Maiſtres à
des occupations qui les empefchent
de fuivre ce qui eft
prefcrit par les Commandemens
de l'Eglife pour l'obfervation
des Feftes , & des
jours de Jeûnes & d'Abftinence
, & mefine fur ce qu'il
arrive que plufieurs de cette
Religion, aprés avoir perverty
leurs Domestiques Catho
liques , les obligent de paffer
dans les Pays Etrangers pour
quitter leur Religion , &
profeffer la Prétendue Reformée
tombant par là
GALANT 107
dans les cas des peines portées
par les Edits de Sa Majefté
contre ceux qui fe pervertiffent
, ou qui fortent du
Royaume
fans fa permiffion .
Le Roy toûjours remply de
bonté pour fes Sujets , voulant
ofter aux
Catholiques
les occafions
de defobeir
aux Commandemens
de l'Eglife
, & d'encourir
les peines
portées par fesEdits ,a déclaré
qu'il luy plaift, Qu'aucun
defes Sujets Catholiques ne puiffe
fous quelque pretexte que ce
fort ,fervir en qualité de Domeftique
les Pretendus Reformez,
108 MERCURE
aufquels il eftfait de tres expreffes
défenfes de les prendre à leur
Service en quelque qualité que ce
foit , à peine de mille livres d'amende
pour chaque contravention
, & pour donner moyen aux
Catholiques de fe pourvoir , &
aux Pretendus Reformez de
prendre d'autres Domestiques que
des Catholiques , Sa Majesté
leur a accordé le temps de fix mois
du jour que cette Déclaration aura
efté publiée & enregistrée,
aprés lequel temps , Elle veutqu'il
foit procedé concre les Pretendus
Reformez , qui fe trouveront
avoir des Domestiques Catholi
GALANT. 109
ques , qu'ils foient condamnez
à l'amende des mille livres à la
Requeſte de fes Procureurs Genéraux
, & de leurs Subftituts , chacun
dans l'étendue de fa Furifdiction.
Cette Déclaration
a
d'autant
plus de juftice que
ceux qui font reduits à fervir
, eſtant la pluſpart fort
jeunes , & ne voyant point
de Catholiques
chez les Religionnaires
, il eſt fort aiſé
de les ſurprendre à cauſe de
la foibleffe
de l'âge.
Voicy le motif de la feconde
Déclaration
. On a
reconnu que plufieurs de la
110 MERCURE
Religion Pretenduë Reformée
, aprés avoir eſté perſuadez
de leur erreur , avoient
efté détournez de rentrer
dans le fein de l'Eglife Catholique
par les Miniftres
établis dans les lieux de leur
demeure , qui par une longue
habitude s'emparent de
leurs efprits , & leur infpirent
des fentimens contraires
à leur Salut. Pour empefcher
ce defordre , le Roy
ordonna par fon Edit du
mois d'Aouft 1684. que les
Miniftres de la Religion Prétenduë
Reformée
ne pourGALANT.
III
roient exercer leur Miniftere
durant plus de trois ans
dans un meſme lieu , ny
eftre établis Miniftres en
d'autres lieux, s'ils n'eftoient
au moins éloignez de vingt
lieuës de ceux où ils auroient
exercé leur Miniftere. Quoy
que cét Edit ne porte aucune
exception , les Pretendus
Reformez ont voulu l'interpreter
à leur avantage
, &
faire entendre que les Miniftres
qui font exercice
dans les Fiefs n'y font pas
compris , fe fondant fur ce
que ces Miniftres doivent
1
112 MERCURE
eftre regardez comme des
Domestiques à gages de
'ceux chez qui ils exercent
leur Miniftere . Pour remedier
à cét abus ,le Roy a déclaré
qu'il luy plaiſt , Qu'à
l'avenir les Miniftres de la Religion
Pretendue Reformée ne
puiffent exercer leur Miniftere
plus de trois années confecutives
dans un mefme lieu , foit d'exercices
publics , réels , ou de Fiefs,
ny aprés ce temps , ny mesme avant
qu'ilfoit expiré , eftre envoyez
pour faire la fonction de
Minift e en aucun lieu de la mesme
Province ou autre , qu'il ne
GALANT. 113
foit éloigné au moins de vingt
lienës de tous ceux où ils auront
déja exercé leur Miniftere , fans
qu'ils puiffent retourner en aucun
des mefmes lieux où ils en au
ront fait les fonctions pour lesy
faire de nouveau , que douze ans
aprés en eftre fortis , avec de tres
expreffes défences de demeurer
aprés avoir ceffé l'exercice de leur
Miniftere , ou de s'établir dans
la fuite comme Particuliers , fous
quelque pretexte que ce foit , dans
les lieux où ils auront efté Minifres
, nyplus prés que de fix licies;
le tout fous les peines portées parcét
Edit du mois d' Aoust 1684,-
Aouſt 1685.
K
114 MERCURE
.
Les Prétendus Reformez
n'ont aucun lieu de fe plaindre
de cette nouvelle Déclaration
, puis que le Roy
ne leur ofte rien , & que les
trois ans eftant finis , d'autres
Miniftres prennent la place
de ceux qui font obligez de
fe retirer.
que
Il n'y a rien de plus jufte
la troifiéme Déclaration
. Plufieurs Femmes Catholiques
, veuves de Maris
qui faifoient profeſſion de
la Religion Frétenduë Reformée
, eftant inquietées
dans la conduite , & dans
1
8.
GALANT. 115
l'éducation de leurs Enfans,
par les Parens de leurs Ma--
ris , qui leur font établir des
Tuteurs ou Subrogez Tu--
teurs , profeffant leur mef
me Religion , le Roy voulant
donner à ces Veuvess
Catholiques dans la perte
de leurs Maris , la confolation
de pouvoir en veillant
aux biens & à l'avantage de
leurs Enfans , leur procurer
celuy d'eftré inftruits & éle
vez dans la veritable Reli--
gion , a déclaré qu'il luy
plaift , Que les enfans agez de
quatorze ans & au deffous, dones
Kij;
116 MERCURE
les Peres font morts dans la Religion
Pretenduë Reformée , &
qui auront leurs Meres Catholiques
, foient élevez & inftruits
dans la Religion Catholique , &
qu'il ne puiffe leur eſtre donné
pour Tuteurs ou Curateurs , d'autres
que des Catholiques , à peine
contre les Contrevenans, d'amende
& de banniffement pour neuf
ans du reffort des Bailliages , Senechauffees
, ou Justices Royales
du lieude leurdemeure , avec défences
aux Ministres de la Religion
Pretenduë Reformée , &
aux Anciens des Confistoires , de
fouffrir les Enfans des Meres Ca
GALANT. 117
tholiques dans leurs Temples , à
peine contre les Miniftres qui les
y auront foufferts , d'eftre condamnez
à Amende - honorable,
&au Banniſſement à perpetuité
hors du Royaume , avec confifcation
de leurs biens , & interdiction
d'exercice pour toujours dans
les lieux où la contravention aura
efté faite. On fuit par
regles de la Nature
veut qu'une Mere demeurée
veuve , foit Maiftreffe de
fes Enfans pendant leur minorité.
,
là les
qui
Le Roy par plufieurs Edits,
a exclus les Pretendus Refor118
MERCURE
mez , de toutes Charges de:
Judicature , mefme de celles
de Notaires , Procureurs
Huiffiers & Sergens ; & com→
me les Avocats ont beau→ -
dans la pourcoup
de part
fuite des Procez , à cauſe
qu'ils donnent
leursAvis aux
Parties fur la conduite
qu'elles
ont à y tenir , Sa Majeſté
ne jugeant pas moins neceffaire
d'exclure
ceux de la Re--
ligion Pretenduë
Reformée
des fonctions
d'Avocats
, quedes
autres Charges
de Judi--
catúre A declaré qu'Elle
veut Qu'à l'avenir ceux de cette
*
GALANT. 119
Religion ne feront plus receus
Docteurs aux Loix dans les Univerfitez
du Royaume , ny à prefter
Serment d'Avocats ; à quoy
Elle enjoint à fes Avocats
Procureurs Generaux , e leurs:
Subftituts , de tenir la main.
Il n'a pas fuffi à la pieté du
Roy , d'ordonner à tous Notaires
, Procureurs , Huiffiers
& Sergens qui faifoient profeffion
de la Religion Pretenduë
Reformée , de fe démettre
de leurs Offices en
faveur des Catholiques ; Sa
Majesté ayant eſté avertie
que plufieurs de ceux qui
120 MERCURE
poffedoient ces Offices , s'étoient
placez prés des Juges,
Avocats , & autres Officiers
de Juftice , & continuoient
leurs fonctions fous ce pretexte
, ſe meſlant journellement
de plufieurs Affaires ,
Elle a voulu y pourvoir ; &
pour empeſcher un tel abus,
Elle a defendu tres- expreßément
à tous Fuges , Avocats , Notaires
, Procureurs , Sergens , Huiffiers
& Praticiens , de fe fervir
d'aucuns Clercs de la Religion
Pretenduë Reformée , à peine de
mille livres d'amende contre les
Contrevenans,applicable à l'Hofpital
GALANT. 121
pital du lieu , ou le plus proche de
ce mefme lieu. Cette Declaration
eftoitune fuite neceffaire
de la precedente.
Je viens d'en voir deux
nouvelles , qui ont efté enregiſtrées
au Parlement le
14. de ce mois. La premiere
porte , que depuis l'Interdiction
de l'Exercice de la Réligion
Pretenduë Reformée,
& la démolition des Temples
en divers lieux du Royaume,
foit parce qu'ils y avoient
efté établis au prejudice de
l'Edit de Nantes , foit parce
qu'on avoit contrevenu aux
Aouſt 1685. L
122 MERCURE
Edits & Declarations de Sa
Majefté , les Pretendus Reformez
viennent & abor
dent de differens Bailliages
& Senéchauffées aux Temples
qui fubfiftent , quoy
qu'ils en foient éloignez de
plus de trente lieuës , en forte
que cette affluence de
Peuple caufe des attroupemens
dans les lieux où l'Exercice
eft permis, du fcandale
dans ceux où ils paſſent,
par les irreverences qu'ils
commettent devant les Eglifes
, & des querelles avec
les Catholiques , par leur
GALANT. 123
de marche tant de nuit que
jour , pendant laquelle ils
chantent leurs Pleaumes à
haute voix , au prejudice des
Défenfes qui en onteſté faites
par divers Arreſts & Declarations
. Comme ces Af
femblées tumultueufes pourroient
avoir de fâcheufes
ſuites , Sa Majeſté , qui veut
empefcher la continuation
de ces defordres , A declaré
qu'il luy plaift , Qu'aucunes
Perfonnes de la Religion Pretendue
Reformée ne puiffent doref
navant aller à l'Exercice aux
Temples qui fe trouveront dans
Lij
124 MERCURE
l'étendue des Bailliages & Senéchauffées
où elles n'ont pas leur
principal domicile , ny fait leur
demeure ordinaire pendant un an
fans difcontinuation, avec de tresexpreffes
Defenses aux Minif
tres & Anciens de les y recevoir,
à peine d'interdiction de l'Exercice
, & démolition des Temples
contre les Miniftres , d'eftre
privez pour toûjours desfonctions
de leur Miniftere dans le Royanme.
La prudence veut , que
dans un Etat bien police , on
empêche tout ce qui approche
de l'attroupement
, &
cela fait voir avec combien
“
GALANT. 125
d'équité cette Declaration a
efté donnée .
La feconde qui a eſté enregiftrée
au Parlement le
mefine jour 14. de ce mois ,
regarde de certains Juges.
Le Roy ayant trouvé à propos
d'ofter aux Confeillers
de fes Cours de Parlement,
qui font encore de la Religion
Pretenduë Reformée,
la connoiffance des Procez
Civils & Criminels des Ecclefiaftiques
, leur faifant
• auffi Defenſes d'eftre Rapporteurs
de ceux des perſonnes
qui auroient abjuré la
L
iij
126 MERCURE
mefme Religion , & de connoiftre
des contraventions
aux Edits & Declarations qui
la concernent ; Sa Majefté a
eſté informée , que quelques
Officiers Catholiques , qui
ont leurs femmes de la Religion
Pretenduë Reformée ,
favorifent dans les Procez
les Particuliers qui en font
auffi profeſſion , à cauſe de
l'accés que ces Particuliers
trouvent auprés d'eux par le
moyen de leurs Femmes , aux
prieres & follicitations def
quelles fe laiffant fouvent
perfuader , ils n'ont pas une
"
GALANT. 127
entiere exactitude, pour faire:
executer regulierement ſes
Edits , & foûtenir l'intereft
de l'Eglife Catholique ; &
voulant rompre le cours d'un
abus fi dangereux , Elle a declaré
qu'il luy plaift , Que les
Officiers Catholiques de fes Cours
de Parlement , & des Juftices in
ferieures , dont les Femmes font
de la Religion Pretenduë Refor
mée , ne puiffent à l'avenir eftre
Rapporteurs d'aucuns Precez , ou
des Ecclefiaftiques conftitaezdans
les Ordres Sacrez , ou Soudiacres,
auront intereft , foit pour raifon
des Benefices qu'ils conteftent , ou
Liiij
128 MERCURE
des droits de ceux dont ilsfont en
poffeffion , foitpour raiſon de leurs
biens particuliers ou patrimoniaux
, en forte que les Ecclefiaftiques
les pourront recufer dans
le Jugement de tous les Procez
où il s'agira de la Difcipline Ec.
clefiaftique , & de l'ordre & celebration
du Service divin , en
remontrant pour toute raison que
les Femmes de ces Officiers font
de la Religion Pretenduë Refor
mée . Sa Majefté a pareillement
ordonné , Que ces mesmes
Officiers ne pourront eftre
Rapporteurs d'aucuns Procez Civils
& Criminels , où ceux qui
GALANT. 129
afe feront convertis , feront Parties
principales ou intervenantes , Accufateurs
ou Accufez , & qu'ils .
pourront estre recufez par la mesme
raifon , par ceux qui auront
abjuré la Religion Pretenduë Reformée
, dans les trois ans avant
la Plainte renduë, ou la Demande
intentée , avec defenfes à ces mefmes
Officiers , de connoiftre & de
demeurer Fuges des Procez Criminels
inftruits, ou qui pourraient
l'eftre à l'avenir , tant aux Miniftres
de cette Religion , qu'aux
Particuliers qui la profeffent,pour
les contraventions qu'ils pourront
avoirfaites à fes Edits & Decla
130 MERCURE
rations , ny de tous les autres Procez
où il s'agira de l'Exercice de
la mefme Religion , & de la démolition
ou interdiction des Tem
ples , pour quelque cauſe que ce
puiffe eftre.
des nouveaux Arrests du Cófeil
d'Eftat , & des dernieres
Declarations du Roy contre
les Pretendus Reformez .
Leur grand nombre vous
GALANT. 93
fa
confirmera ce que je vous
ay dit plufieurs fois , que la
deftruction de l'Herefie eft
la principale affaire à laquelle
Sa Majeſté applique fes
foins ; & que ce Monarque ,
qui ne fe fait pas moins admirer
par fa pieté que par
fageſſe , regarde le falut des
Ames de fes Sujets , comme
la conquefte qui luy peut
donner le plus de gloire. Il a
paru trois Arrefts rendus au
Confeil d'Eftat le neuviéme
du mois paffé. Il y en avoit
déja un du 14 de May , par
lequel Sa Majefté avoit fait
94 MERCURE
defenfes à ceux qui font comis
pour la reception des
Imprimeurs & Libraires
d'en admettre à l'avenir aucuns
de la Religion Pretenduë
Reformée . On empefchoit
par là que les Libraires
de cette Religion , ne puſ
fent , ainfi qu'ils ont fait par
le paffé , vendre des Livres,
& autres Ecrits meflez de
Difcours fcandaleux & diffamatoires
, contre le refpect
dû aux veritez Catholiques ;
ce qui leur eftoit naturel ,
non feulement comme Li-
Braires , mais comme Parri
*
GALANT. 95
fans zelez d'une Religion
contraire à la noftre . Sa Majefté
s'étant fait repreſenter
cet Arreft , & ayant confideré
qu'on ne pouvoit apporter
un entier remede à ce
defordre,tant que les Libraires
& Imprimeurs qui ont
efté cy-devant receus , continueroient
d'exercer la Librairie
, ordonna Que l'Arreft
du quatorziéme May dernier
feroit executé felon fa forme &
teneur; y ajoutant , Elle a fait
de tres- expreffès Defenfes à tous
Libraires Imprimeurs de la
Religion Pretenduë Reformée, de
96 MERCURE
faire à l'avenir aucunes fonctions
de Librairie , à peine de confifca-
་
tion de leurs Livres , Formes ,
Marchandifes , &c.
9.
Le fecond Arreft rendu
le Juillet au Confeil d'Etat,
eft fondé fur ce que ceux
de la Religion Pretenduë
Reformée ont confervé des
Cimetieres en pluſieurs Vil--
les & Lieux du Royaume, où
l'Exercice de cette Religion
a efté interdit , & qu'ils continuent
à y enterrer les corps
morts . Comme ils ne peuvent
faire ces Enterremens
fans y paroiftre publiquement
GALANT. 97
S
ment affemblez ; ce qui eft
contraire aux Defenfes de
faire aucun Exercice , & que
d'ailleurs les Peuples n'étant
plus àccoûtumez à voir dans
ces Lieux l'exercice d'une
Religion differente de la
leur, de pareils Enterremens
pourroient donner lieu à des
émotions populaires, Sa Majefté
voulant y pourvoir , A
ordonné Que dans les Villes ,
Bourgs & Lieux du Royaume
où il n'y a plus d'exercice de la
Religion Pretendue Reformée ,
ceux de cette Religion ne pour-.
ront y avoir des Cimetiere , &
Aoust 1685.
I
98 MERCURE
qu'ils ferons obligez de délaiffer
dans fix mois ceux qu'ils y ont
àprefent , leur eftant permis defe
pourvoir d'autres Cimetieres hors
de ces Villes , Bourg's & Lieux
où il n'y a plus d'Exercice; s'ils
ne pouvoient trouver de lieux
les
Fuges propres
pour cela
Royaux
leur en marqueront
,
moyennant
quoy ils feront tenus
de payerces lieux aux Proprietai_
res , felon le rapport des Experts,
dont les Parties conviendront
, ou
que les Fuges nommeront
d'office.
Le troifiéme
Arreſt a esté
rendu au Confeil
d'Etat
le
mefine
jour 9. Juiller
, à las
•Lohr frub.
I
*
GALANT. 99
follicitation de M's les Archevefques
, Evefques , &
autres Ecclefiaftiques Députez
à l'Affemblée Generale
du Clergé de France ,
tenue à Saint Germain en
S
Laye. Ils ont repreſenté
qu'encore que le Clergé en
genéral ait deffein de n'affermer
les Biens Ecclefiaftiques
à aucun de ceux de la
Religion Prétenduë Reformée
, voulant en cela fe regler
fur ce qui a efté fait par
Sa Majefté , qui a exclus
ceux de cetteReligion de fes
Fermes & Receptes gené-
I ij
100 MERCURE
rales de fes Finances , & Receptes
particulieres desTailles
, neanmoins ils ont efté
informez que fous differens
prétextes , plufieurs Religionnaires
tiennent encore
des Fermes des Ecclefiaftiques
, ou font Cautions de
ceux qui les font valoir . Le
Roy ayant eſté ſupplié par
eux d'y pourvoir , a fait de
tres - expreffes défenfes à tous les
Ecclefiaftiques du Royaume , de
donner à ferme leurs biens Ecclefiaftiques
à aucuns de la Religion
Prétendue Reformée,ny de les recevoirpour
Cautions de leursFerGALANT.
IOI
mes >
à peine de confifcation au
profit de l'Hofpital du lieu , ou de
celuy qui s'en trouvera le plus proche
, des Revenus qui leur feroient
affermez , ou defquels ils
feroient Cautions, & de mille livres
d'amende contre les Prétendus
Reformez qui feroient Fermiers
ou Cautions, applicable à ces
mefmes Hofpitaux. Sa Majefté
ordonne par ce mefine
que
Arreſt , dans un an pout tout
delay
, les Ecclefiaftiques
dont les
Fermes
font
prefentement
tenues
par les Religionnaires
, on dont ils
font
Cautions
, feront
obligez
de
réfoudre
leurs Baux
à ferme
, t),
I iij.
102 MERCURE
Actes de cautionnement , fans toutefois
qu'ils foient déchargez de
la garantie des Fermes ou cautionnement
pour le paffé,fur quoy
Les Ecclefiaftiques les pourront
pourfuture. On ne peut trop
louer Meffieurs du Clergé
d'avoir demandé cét Arreft
auRoy . Une fréquente communication
entre des Gens
de Religion contraire eft
toûjours à éviter , & c'eft ce
qui feroit difficile de faire à
ceux que des intereſts confiderables
engageroient à
quelque commerce.
Le Roy par Arreſt de fon
GALANT. 103
4 .
Confeil du de Mars 1683-
ordonna à tous les Officiers
de fa Maiſon , & des Maifons
Royales , faifant profef
fion de la Religion Prétendue
Reformée , de fe dé- met
tre de leurs Charges, les déclarant
décheus de tous les
Privileges qui pourroient y
eftre attribuez ; & comme
il refte quelques Veuves
d'Officiers décedez dans
cette Religion , qui joüiſlent
encore actuellement des
Privileges attribuez aux
Charges dont leurs Maris
ont efté pourveus , il a efté
Lijij
104 MERCURE
donné un nouvel Arreft du
Confeil d'Etat le 13. du mois
paffé , par lequel Sa Majesté
déclare toutes Veuves d'Officiers
de fa Maiſon & des Maifons
Royales , lefquelles font profeffion
de la Religion Prétenduë Reformée
, décheuës dés à prefent de
tous les Privileges attribuez aux
Charges que poffedoient leurs
Maris , leur faifant défenfes de
s'en fervir , & à tous Fuges d'y
avoir égard.Il n'y arien de plus
équitable que cét Arreſt .
Puis qu'il eft permis au
moindre Particulier d'employer
à fon ſervice telles
GALANT. 105
Perfonnes qu'il veut , il doit
eftre encore bien plus libre
au Roy de ne fe fervir que
de Catholiques , & lors qu'il
exclut les Prétendus Reforinez
des Charges de fa Maifon
, les Privileges qui y font
attachez ne doivent plus
avoir aucun lieu .
Il y a eu cinq Déclarations
du Roy , enregistrées
Parlement le 26. du mefme
mois de Juillet. La premiere
a eſté donnée fur ce que
les Catholiques qui fervent
ceux de la Religion Prétenduë
Reformée, en qualité de
106 MERCURE
Domeftiques ,font employés
fouvent par leurs Maiſtres à
des occupations qui les empefchent
de fuivre ce qui eft
prefcrit par les Commandemens
de l'Eglife pour l'obfervation
des Feftes , & des
jours de Jeûnes & d'Abftinence
, & mefine fur ce qu'il
arrive que plufieurs de cette
Religion, aprés avoir perverty
leurs Domestiques Catho
liques , les obligent de paffer
dans les Pays Etrangers pour
quitter leur Religion , &
profeffer la Prétendue Reformée
tombant par là
GALANT 107
dans les cas des peines portées
par les Edits de Sa Majefté
contre ceux qui fe pervertiffent
, ou qui fortent du
Royaume
fans fa permiffion .
Le Roy toûjours remply de
bonté pour fes Sujets , voulant
ofter aux
Catholiques
les occafions
de defobeir
aux Commandemens
de l'Eglife
, & d'encourir
les peines
portées par fesEdits ,a déclaré
qu'il luy plaift, Qu'aucun
defes Sujets Catholiques ne puiffe
fous quelque pretexte que ce
fort ,fervir en qualité de Domeftique
les Pretendus Reformez,
108 MERCURE
aufquels il eftfait de tres expreffes
défenfes de les prendre à leur
Service en quelque qualité que ce
foit , à peine de mille livres d'amende
pour chaque contravention
, & pour donner moyen aux
Catholiques de fe pourvoir , &
aux Pretendus Reformez de
prendre d'autres Domestiques que
des Catholiques , Sa Majesté
leur a accordé le temps de fix mois
du jour que cette Déclaration aura
efté publiée & enregistrée,
aprés lequel temps , Elle veutqu'il
foit procedé concre les Pretendus
Reformez , qui fe trouveront
avoir des Domestiques Catholi
GALANT. 109
ques , qu'ils foient condamnez
à l'amende des mille livres à la
Requeſte de fes Procureurs Genéraux
, & de leurs Subftituts , chacun
dans l'étendue de fa Furifdiction.
Cette Déclaration
a
d'autant
plus de juftice que
ceux qui font reduits à fervir
, eſtant la pluſpart fort
jeunes , & ne voyant point
de Catholiques
chez les Religionnaires
, il eſt fort aiſé
de les ſurprendre à cauſe de
la foibleffe
de l'âge.
Voicy le motif de la feconde
Déclaration
. On a
reconnu que plufieurs de la
110 MERCURE
Religion Pretenduë Reformée
, aprés avoir eſté perſuadez
de leur erreur , avoient
efté détournez de rentrer
dans le fein de l'Eglife Catholique
par les Miniftres
établis dans les lieux de leur
demeure , qui par une longue
habitude s'emparent de
leurs efprits , & leur infpirent
des fentimens contraires
à leur Salut. Pour empefcher
ce defordre , le Roy
ordonna par fon Edit du
mois d'Aouft 1684. que les
Miniftres de la Religion Prétenduë
Reformée
ne pourGALANT.
III
roient exercer leur Miniftere
durant plus de trois ans
dans un meſme lieu , ny
eftre établis Miniftres en
d'autres lieux, s'ils n'eftoient
au moins éloignez de vingt
lieuës de ceux où ils auroient
exercé leur Miniftere. Quoy
que cét Edit ne porte aucune
exception , les Pretendus
Reformez ont voulu l'interpreter
à leur avantage
, &
faire entendre que les Miniftres
qui font exercice
dans les Fiefs n'y font pas
compris , fe fondant fur ce
que ces Miniftres doivent
1
112 MERCURE
eftre regardez comme des
Domestiques à gages de
'ceux chez qui ils exercent
leur Miniftere . Pour remedier
à cét abus ,le Roy a déclaré
qu'il luy plaiſt , Qu'à
l'avenir les Miniftres de la Religion
Pretendue Reformée ne
puiffent exercer leur Miniftere
plus de trois années confecutives
dans un mefme lieu , foit d'exercices
publics , réels , ou de Fiefs,
ny aprés ce temps , ny mesme avant
qu'ilfoit expiré , eftre envoyez
pour faire la fonction de
Minift e en aucun lieu de la mesme
Province ou autre , qu'il ne
GALANT. 113
foit éloigné au moins de vingt
lienës de tous ceux où ils auront
déja exercé leur Miniftere , fans
qu'ils puiffent retourner en aucun
des mefmes lieux où ils en au
ront fait les fonctions pour lesy
faire de nouveau , que douze ans
aprés en eftre fortis , avec de tres
expreffes défences de demeurer
aprés avoir ceffé l'exercice de leur
Miniftere , ou de s'établir dans
la fuite comme Particuliers , fous
quelque pretexte que ce foit , dans
les lieux où ils auront efté Minifres
, nyplus prés que de fix licies;
le tout fous les peines portées parcét
Edit du mois d' Aoust 1684,-
Aouſt 1685.
K
114 MERCURE
.
Les Prétendus Reformez
n'ont aucun lieu de fe plaindre
de cette nouvelle Déclaration
, puis que le Roy
ne leur ofte rien , & que les
trois ans eftant finis , d'autres
Miniftres prennent la place
de ceux qui font obligez de
fe retirer.
que
Il n'y a rien de plus jufte
la troifiéme Déclaration
. Plufieurs Femmes Catholiques
, veuves de Maris
qui faifoient profeſſion de
la Religion Frétenduë Reformée
, eftant inquietées
dans la conduite , & dans
1
8.
GALANT. 115
l'éducation de leurs Enfans,
par les Parens de leurs Ma--
ris , qui leur font établir des
Tuteurs ou Subrogez Tu--
teurs , profeffant leur mef
me Religion , le Roy voulant
donner à ces Veuvess
Catholiques dans la perte
de leurs Maris , la confolation
de pouvoir en veillant
aux biens & à l'avantage de
leurs Enfans , leur procurer
celuy d'eftré inftruits & éle
vez dans la veritable Reli--
gion , a déclaré qu'il luy
plaift , Que les enfans agez de
quatorze ans & au deffous, dones
Kij;
116 MERCURE
les Peres font morts dans la Religion
Pretenduë Reformée , &
qui auront leurs Meres Catholiques
, foient élevez & inftruits
dans la Religion Catholique , &
qu'il ne puiffe leur eſtre donné
pour Tuteurs ou Curateurs , d'autres
que des Catholiques , à peine
contre les Contrevenans, d'amende
& de banniffement pour neuf
ans du reffort des Bailliages , Senechauffees
, ou Justices Royales
du lieude leurdemeure , avec défences
aux Ministres de la Religion
Pretenduë Reformée , &
aux Anciens des Confistoires , de
fouffrir les Enfans des Meres Ca
GALANT. 117
tholiques dans leurs Temples , à
peine contre les Miniftres qui les
y auront foufferts , d'eftre condamnez
à Amende - honorable,
&au Banniſſement à perpetuité
hors du Royaume , avec confifcation
de leurs biens , & interdiction
d'exercice pour toujours dans
les lieux où la contravention aura
efté faite. On fuit par
regles de la Nature
veut qu'une Mere demeurée
veuve , foit Maiftreffe de
fes Enfans pendant leur minorité.
,
là les
qui
Le Roy par plufieurs Edits,
a exclus les Pretendus Refor118
MERCURE
mez , de toutes Charges de:
Judicature , mefme de celles
de Notaires , Procureurs
Huiffiers & Sergens ; & com→
me les Avocats ont beau→ -
dans la pourcoup
de part
fuite des Procez , à cauſe
qu'ils donnent
leursAvis aux
Parties fur la conduite
qu'elles
ont à y tenir , Sa Majeſté
ne jugeant pas moins neceffaire
d'exclure
ceux de la Re--
ligion Pretenduë
Reformée
des fonctions
d'Avocats
, quedes
autres Charges
de Judi--
catúre A declaré qu'Elle
veut Qu'à l'avenir ceux de cette
*
GALANT. 119
Religion ne feront plus receus
Docteurs aux Loix dans les Univerfitez
du Royaume , ny à prefter
Serment d'Avocats ; à quoy
Elle enjoint à fes Avocats
Procureurs Generaux , e leurs:
Subftituts , de tenir la main.
Il n'a pas fuffi à la pieté du
Roy , d'ordonner à tous Notaires
, Procureurs , Huiffiers
& Sergens qui faifoient profeffion
de la Religion Pretenduë
Reformée , de fe démettre
de leurs Offices en
faveur des Catholiques ; Sa
Majesté ayant eſté avertie
que plufieurs de ceux qui
120 MERCURE
poffedoient ces Offices , s'étoient
placez prés des Juges,
Avocats , & autres Officiers
de Juftice , & continuoient
leurs fonctions fous ce pretexte
, ſe meſlant journellement
de plufieurs Affaires ,
Elle a voulu y pourvoir ; &
pour empeſcher un tel abus,
Elle a defendu tres- expreßément
à tous Fuges , Avocats , Notaires
, Procureurs , Sergens , Huiffiers
& Praticiens , de fe fervir
d'aucuns Clercs de la Religion
Pretenduë Reformée , à peine de
mille livres d'amende contre les
Contrevenans,applicable à l'Hofpital
GALANT. 121
pital du lieu , ou le plus proche de
ce mefme lieu. Cette Declaration
eftoitune fuite neceffaire
de la precedente.
Je viens d'en voir deux
nouvelles , qui ont efté enregiſtrées
au Parlement le
14. de ce mois. La premiere
porte , que depuis l'Interdiction
de l'Exercice de la Réligion
Pretenduë Reformée,
& la démolition des Temples
en divers lieux du Royaume,
foit parce qu'ils y avoient
efté établis au prejudice de
l'Edit de Nantes , foit parce
qu'on avoit contrevenu aux
Aouſt 1685. L
122 MERCURE
Edits & Declarations de Sa
Majefté , les Pretendus Reformez
viennent & abor
dent de differens Bailliages
& Senéchauffées aux Temples
qui fubfiftent , quoy
qu'ils en foient éloignez de
plus de trente lieuës , en forte
que cette affluence de
Peuple caufe des attroupemens
dans les lieux où l'Exercice
eft permis, du fcandale
dans ceux où ils paſſent,
par les irreverences qu'ils
commettent devant les Eglifes
, & des querelles avec
les Catholiques , par leur
GALANT. 123
de marche tant de nuit que
jour , pendant laquelle ils
chantent leurs Pleaumes à
haute voix , au prejudice des
Défenfes qui en onteſté faites
par divers Arreſts & Declarations
. Comme ces Af
femblées tumultueufes pourroient
avoir de fâcheufes
ſuites , Sa Majeſté , qui veut
empefcher la continuation
de ces defordres , A declaré
qu'il luy plaift , Qu'aucunes
Perfonnes de la Religion Pretendue
Reformée ne puiffent doref
navant aller à l'Exercice aux
Temples qui fe trouveront dans
Lij
124 MERCURE
l'étendue des Bailliages & Senéchauffées
où elles n'ont pas leur
principal domicile , ny fait leur
demeure ordinaire pendant un an
fans difcontinuation, avec de tresexpreffes
Defenses aux Minif
tres & Anciens de les y recevoir,
à peine d'interdiction de l'Exercice
, & démolition des Temples
contre les Miniftres , d'eftre
privez pour toûjours desfonctions
de leur Miniftere dans le Royanme.
La prudence veut , que
dans un Etat bien police , on
empêche tout ce qui approche
de l'attroupement
, &
cela fait voir avec combien
“
GALANT. 125
d'équité cette Declaration a
efté donnée .
La feconde qui a eſté enregiftrée
au Parlement le
mefine jour 14. de ce mois ,
regarde de certains Juges.
Le Roy ayant trouvé à propos
d'ofter aux Confeillers
de fes Cours de Parlement,
qui font encore de la Religion
Pretenduë Reformée,
la connoiffance des Procez
Civils & Criminels des Ecclefiaftiques
, leur faifant
• auffi Defenſes d'eftre Rapporteurs
de ceux des perſonnes
qui auroient abjuré la
L
iij
126 MERCURE
mefme Religion , & de connoiftre
des contraventions
aux Edits & Declarations qui
la concernent ; Sa Majefté a
eſté informée , que quelques
Officiers Catholiques , qui
ont leurs femmes de la Religion
Pretenduë Reformée ,
favorifent dans les Procez
les Particuliers qui en font
auffi profeſſion , à cauſe de
l'accés que ces Particuliers
trouvent auprés d'eux par le
moyen de leurs Femmes , aux
prieres & follicitations def
quelles fe laiffant fouvent
perfuader , ils n'ont pas une
"
GALANT. 127
entiere exactitude, pour faire:
executer regulierement ſes
Edits , & foûtenir l'intereft
de l'Eglife Catholique ; &
voulant rompre le cours d'un
abus fi dangereux , Elle a declaré
qu'il luy plaift , Que les
Officiers Catholiques de fes Cours
de Parlement , & des Juftices in
ferieures , dont les Femmes font
de la Religion Pretenduë Refor
mée , ne puiffent à l'avenir eftre
Rapporteurs d'aucuns Precez , ou
des Ecclefiaftiques conftitaezdans
les Ordres Sacrez , ou Soudiacres,
auront intereft , foit pour raifon
des Benefices qu'ils conteftent , ou
Liiij
128 MERCURE
des droits de ceux dont ilsfont en
poffeffion , foitpour raiſon de leurs
biens particuliers ou patrimoniaux
, en forte que les Ecclefiaftiques
les pourront recufer dans
le Jugement de tous les Procez
où il s'agira de la Difcipline Ec.
clefiaftique , & de l'ordre & celebration
du Service divin , en
remontrant pour toute raison que
les Femmes de ces Officiers font
de la Religion Pretenduë Refor
mée . Sa Majefté a pareillement
ordonné , Que ces mesmes
Officiers ne pourront eftre
Rapporteurs d'aucuns Procez Civils
& Criminels , où ceux qui
GALANT. 129
afe feront convertis , feront Parties
principales ou intervenantes , Accufateurs
ou Accufez , & qu'ils .
pourront estre recufez par la mesme
raifon , par ceux qui auront
abjuré la Religion Pretenduë Reformée
, dans les trois ans avant
la Plainte renduë, ou la Demande
intentée , avec defenfes à ces mefmes
Officiers , de connoiftre & de
demeurer Fuges des Procez Criminels
inftruits, ou qui pourraient
l'eftre à l'avenir , tant aux Miniftres
de cette Religion , qu'aux
Particuliers qui la profeffent,pour
les contraventions qu'ils pourront
avoirfaites à fes Edits & Decla
130 MERCURE
rations , ny de tous les autres Procez
où il s'agira de l'Exercice de
la mefme Religion , & de la démolition
ou interdiction des Tem
ples , pour quelque cauſe que ce
puiffe eftre.
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Résumé : Arrests & Declarations. [titre d'après la table]
En 1685, le roi de France a mis en œuvre plusieurs mesures visant à réprimer la religion protestante, désignée sous le terme 'Religion Prétendue Réformée'. En juillet 1685, trois arrêts du Conseil d'État ont été promulgués : le premier interdisait aux libraires et imprimeurs protestants de vendre des ouvrages contraires à la foi catholique ; le second ordonnait aux protestants de quitter les cimetières dans les villes où leur religion était interdite ; le troisième empêchait les ecclésiastiques de louer leurs biens ou d'accepter des cautions de la part des protestants. Un précédent arrêt de mars 1683 avait déjà exigé que les officiers protestants se démettent de leurs charges, et un nouvel arrêt du 13 août 1685 concernait les veuves d'officiers protestants. Une déclaration royale du 26 juillet interdisait aux catholiques d'employer des protestants comme domestiques, sous peine d'amende. Une autre déclaration limitait le séjour des ministres protestants dans une même région à trois ans. Une troisième déclaration traitait des veuves catholiques de maris protestants, préoccupées par l'éducation de leurs enfants. Le roi a également ordonné que les enfants de moins de quatorze ans, dont les pères étaient protestants et les mères catholiques, soient élevés dans la religion catholique. Les protestants étaient exclus de diverses charges judiciaires et interdits de se rendre aux temples en dehors de leur lieu de résidence habituel. Les conseillers des parlements protestants étaient privés de la connaissance des procès ecclésiastiques et des affaires de conversion. Enfin, une déclaration royale interdisait aux officiers catholiques mariés à des protestantes de juger certains types de procès pour éviter les influences protestantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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27
p. 44-46
Serment presté pour la Lieutenance generale de la Province de Berry. [titre d'après la table]
Début :
Sur la fin du dernier mois, M. le Comte de Gaucour, presta [...]
Mots clefs :
Comte de Gaucour, Serment, Charge, Lieutenant général, Sa Majesté, Province de Berry, Seigneur, Gouvernement, Famille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Serment presté pour la Lieutenance generale de la Province de Berry. [titre d'après la table]
Sur la fin du dernier mois,
GALANT 45
M. de Comte de Gaucour
prefta entre les mains du
Roy , let Serment pour la
Charge de Lieutenant Ge
neral de Sa Majefté dans la
Province de Berry , left d'u
ne des plus anciennes Mai
fons du Royaume ; & dés
Fan1449 Raoul de Gaucour
Seigneur de Maifons fur Seiz
ne,Grand Maistre de France,
Ambaffadeur vers le Duc de
Bourgogne , Gouverneur de
Dauphine , & des Villes de
Paris & de Gifors , rendit de
grands fervices au Roy . Eu
Itache de Gaucour, for Frere
46 MERCURE
puifné , Seigneur de Viry
Chambellan du Roy , fut fait
Grand Fauconnier de France.
en 1415. De Charles de Gau
cour Fils de Raoul , font fortis
deux Eveſques d'Amiens ,
& les Seigneurs & Marquis
de Gaucour.
GALANT 45
M. de Comte de Gaucour
prefta entre les mains du
Roy , let Serment pour la
Charge de Lieutenant Ge
neral de Sa Majefté dans la
Province de Berry , left d'u
ne des plus anciennes Mai
fons du Royaume ; & dés
Fan1449 Raoul de Gaucour
Seigneur de Maifons fur Seiz
ne,Grand Maistre de France,
Ambaffadeur vers le Duc de
Bourgogne , Gouverneur de
Dauphine , & des Villes de
Paris & de Gifors , rendit de
grands fervices au Roy . Eu
Itache de Gaucour, for Frere
46 MERCURE
puifné , Seigneur de Viry
Chambellan du Roy , fut fait
Grand Fauconnier de France.
en 1415. De Charles de Gau
cour Fils de Raoul , font fortis
deux Eveſques d'Amiens ,
& les Seigneurs & Marquis
de Gaucour.
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Résumé : Serment presté pour la Lieutenance generale de la Province de Berry. [titre d'après la table]
Le comte de Gaucour a prêté serment comme Lieutenant Général du Berry. La famille Gaucour est distinguée : Raoul de Gaucour, Seigneur de Maisons sur Seine, fut Grand Maître de France et Ambassadeur en 1449. Son frère, Seigneur de Viry, devint Grand Fauconnier de France en 1415. Charles de Gaucour eut deux fils évêques d'Amiens et seigneurs de Gaucour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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28
p. 305-307
Charge de grand Maistre de l'Artillerie donnée à Mr le Maréchal de Humieres. [titre d'après la table]
Début :
La Charge de Grand Maistre de l'Artillerie que possedoit feu [...]
Mots clefs :
Charge, Grand maître de l'artillerie, Campagnes militaires, Batailles, Duc, Nomination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Charge de grand Maistre de l'Artillerie donnée à Mr le Maréchal de Humieres. [titre d'après la table]
La Charge de Grand
Maiftre de l'Artillerie que
poffedoit feu M le Duc du
Lude , a efté donnée à M¹ le
Maréchal de Humieres. I a
plû au Roy de reconnoiftre
par là les grands fervices qu'ill
Septembre 1685 .
C.c
306 MERCURE
•
luy a rendus en beaucoup de
Campagnes qu'il a faites ,
pendant lefquelles il s'eft
trouvé à plufieurs Batailles ,
& à la priſe de diverſes Places.
Sa Majefté le fit Lieutenant
Genéral de fes Armées
en 1657. & Maréchal de France
en 1668. Cette Charge de
Grand Maistre de l'Artillerie
, fut érigée en Charge de
la Couronne au mois de
Movembre 1599. en faveur
de Mr de Bethune , Duc de
Sully , Pair & Maréchal de
France. Ceux qui l'ont poffedée
auparavant n'eftoient
GALANT. 307
appellez que Maiftres de
L'Artillerie du Roy. Il y en
a eu vingt- neuf , & neuf qui
l'ont exercée par Commif
fion. Mr le Maréchal de
Humieres eft le fixiéme qui
ait eu la qualité de Grand
Maiftre. Entre ces fix, deux
Maréchaux de France l'ont
exercée par Commiſſion.
Ce font Mrs les Maréchaux
de Schomberg , & Deffiat .
Maiftre de l'Artillerie que
poffedoit feu M le Duc du
Lude , a efté donnée à M¹ le
Maréchal de Humieres. I a
plû au Roy de reconnoiftre
par là les grands fervices qu'ill
Septembre 1685 .
C.c
306 MERCURE
•
luy a rendus en beaucoup de
Campagnes qu'il a faites ,
pendant lefquelles il s'eft
trouvé à plufieurs Batailles ,
& à la priſe de diverſes Places.
Sa Majefté le fit Lieutenant
Genéral de fes Armées
en 1657. & Maréchal de France
en 1668. Cette Charge de
Grand Maistre de l'Artillerie
, fut érigée en Charge de
la Couronne au mois de
Movembre 1599. en faveur
de Mr de Bethune , Duc de
Sully , Pair & Maréchal de
France. Ceux qui l'ont poffedée
auparavant n'eftoient
GALANT. 307
appellez que Maiftres de
L'Artillerie du Roy. Il y en
a eu vingt- neuf , & neuf qui
l'ont exercée par Commif
fion. Mr le Maréchal de
Humieres eft le fixiéme qui
ait eu la qualité de Grand
Maiftre. Entre ces fix, deux
Maréchaux de France l'ont
exercée par Commiſſion.
Ce font Mrs les Maréchaux
de Schomberg , & Deffiat .
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Résumé : Charge de grand Maistre de l'Artillerie donnée à Mr le Maréchal de Humieres. [titre d'après la table]
En septembre 1685, la charge de Grand Maître de l'Artillerie a été confiée au Maréchal de Humières, succédant ainsi au Duc du Lude. Cette nomination royale récompensait les services distingués de Humières lors de diverses campagnes militaires, batailles et prises de places fortes. Le roi l'avait déjà honoré en le nommant Lieutenant Général de ses armées en 1657 et Maréchal de France en 1668. La charge de Grand Maître de l'Artillerie avait été instituée en novembre 1599 pour Monsieur de Béthune, Duc de Sully, Pair et Maréchal de France. Avant cette date, les titulaires étaient désignés comme Maîtres de l'Artillerie du Roi. Il y a eu vingt-neuf Maîtres de l'Artillerie, dont neuf ont exercé par commission. Humières est le sixième à porter le titre de Grand Maître. Parmi les précédents titulaires, deux Maréchaux de France, Schomberg et Dessiat, avaient exercé cette fonction par commission.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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29
p. 351-352
Charges remplies dans la Maison de Monsieur. [titre d'après la table]
Début :
de Boisfrant a esté pourveu peu de jours de la [...]
Mots clefs :
Charge, Maison, Prince, Chancelier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Charges remplies dans la Maison de Monsieur. [titre d'après la table]
de Boisfrantaesté pouryeu,
is peu de jours delaCharge
hancelier Chef du Conseil
1.o1:)sieur, dont la survivance
5. accordée en mesme temps
deBoisfrant sonFils,Maistre
equestes; & MrdeBecha- eu la Charge de Surinten
dant de la Maison de ce Prince,
qu'avoit cy-devant Mr de Boisfrant.
is peu de jours delaCharge
hancelier Chef du Conseil
1.o1:)sieur, dont la survivance
5. accordée en mesme temps
deBoisfrant sonFils,Maistre
equestes; & MrdeBecha- eu la Charge de Surinten
dant de la Maison de ce Prince,
qu'avoit cy-devant Mr de Boisfrant.
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30
p. 127-133
Le Roy nomme Mr le Duc de Beauviliers pour remplir la place de Chef du Conseil Royal des Finances. [titre d'après la table]
Début :
Sa Majesté voulant que la Place de Chef de son Conseil [...]
Mots clefs :
Conseil royal, Finances, Nominations, Duc de Beauvillier, Maison, Charge, Esprit, Honorer, Dignité, Ministre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Roy nomme Mr le Duc de Beauviliers pour remplir la place de Chef du Conseil Royal des Finances. [titre d'après la table]
Sa Majesté voulant que la
Place de Chef de fon Con-
·
Liiij
128 MERCURE
feil Royal des Finances que
poffedoit feu Mle Marefchal
de Villeroy , fuft remplie
par un homme d'une
probité reconnuë , nomma
quelques jours aprés la mort.
de ce Marefchal , M' le Duc
de Beauvilliers pour remplir
ce pofte . Le zele de fa Maifon
pour le fervice du Roy ,
fa conftante fidelité , & fon
attachement inviolable à la
feule perfonne de ce Monarque
ont commencé en
cette occafion , ce que le
merite perfonel de M' le
Duc de Beauviliers a acheGALANT,
129
vé , puis qu'à l'égard des lu-
-mieres qu'il faut avoir pour
un tel employ , on fçait que
l'homme eft né pour tout ,
& que la feule application
plus ou moins forte , le peut
rendre plus ou moins capable
de ce qu'il veut entreprendre.
Si l'homme à le
prendre en general, eft capable
de toutes les chofes auf
quelles il veut s'appliquer ,
on peut
dire que Mrle Duc
de Beauvilliers , ayant un ef
prit folide , beaucoup de pru
dence , & des vertus qui empefchent
qu'il ne foit dé130
MERCURE
tourné par aucunes paffions ,
pourra fe donner entier à
l'employ qu'il commence à
remplir , & quiconque eft
tout occupé de ce qu'il entreprend
, s'y rend en peu de
temps plus habile , que ceux
qui pendant toute leur vie ,
ont partagéleur temps entre
leurs plaifirs & les fonctions
de leurs emplois . Quand
on n'eft point parvenu à la
Dignité dont le Roy vient
d'honorer M' de Beauvilliers
par les degrés qui y
conduifent ordinairement
,
il faut en eftre pourveu dans
un âge pareil au ſien , parGALANT.
131
ce que bien qu'on ait la volonté
de travailler quand on
n'y eft appellé que dans le
temps où la vieilleffe comon
n'a pas toute la mence ,
force que demande l'application
neceffaire pour regagner
celuy que l'on auroit
pû donner des fes plus jeunes
années à l'étude de cét employ.
Le Roy qui n'ignore
rien de tout ce que doit fçavoir
la deffus un grand Monarque
, & qui par fes vives
lumieres penetre juſqu'à l'intericur
de ceux de fes Sujets ,
qui peuvent eftre élevez
132 MERCURE
aux plus hautes Dignitez , a
dit en nommant Mr de Beauvilliers
Chef de Son Confeil
Royal des Finances , qu'il recompenfoit
le Merite & laVertu.
On n'a qu'a jetter les yeux
fur la maniere dont ce Prince
eſt ſervy , pour eftre convaincu
de la jufteffe de tous.
les choix qu'il fait . Nous avons
vû quelques - uns de fes
confiderables Sujets plus
qu'il avoit formez luy-mefme
, qui dés l'âge de trente-
& un an , s'eftoient déja rendus
dignes d'entrer dans Son
Confeil en qualité de MiniGALANT.
133
ftres , & qui depuis ce temps
là ont fait trembler l'Europe
fous fes ordres , & font aujourd'huy
fortir de terre des
ouvrages qui furpaſſent ceux
que l'Antiquité
nous vante
le plus. Il ne faut au Roy
que la matiere , & ce Mo,
narque donne la forme ; il
luy fuffit d'avoir le Sujet ,
il fait le Miniftre.
Place de Chef de fon Con-
·
Liiij
128 MERCURE
feil Royal des Finances que
poffedoit feu Mle Marefchal
de Villeroy , fuft remplie
par un homme d'une
probité reconnuë , nomma
quelques jours aprés la mort.
de ce Marefchal , M' le Duc
de Beauvilliers pour remplir
ce pofte . Le zele de fa Maifon
pour le fervice du Roy ,
fa conftante fidelité , & fon
attachement inviolable à la
feule perfonne de ce Monarque
ont commencé en
cette occafion , ce que le
merite perfonel de M' le
Duc de Beauviliers a acheGALANT,
129
vé , puis qu'à l'égard des lu-
-mieres qu'il faut avoir pour
un tel employ , on fçait que
l'homme eft né pour tout ,
& que la feule application
plus ou moins forte , le peut
rendre plus ou moins capable
de ce qu'il veut entreprendre.
Si l'homme à le
prendre en general, eft capable
de toutes les chofes auf
quelles il veut s'appliquer ,
on peut
dire que Mrle Duc
de Beauvilliers , ayant un ef
prit folide , beaucoup de pru
dence , & des vertus qui empefchent
qu'il ne foit dé130
MERCURE
tourné par aucunes paffions ,
pourra fe donner entier à
l'employ qu'il commence à
remplir , & quiconque eft
tout occupé de ce qu'il entreprend
, s'y rend en peu de
temps plus habile , que ceux
qui pendant toute leur vie ,
ont partagéleur temps entre
leurs plaifirs & les fonctions
de leurs emplois . Quand
on n'eft point parvenu à la
Dignité dont le Roy vient
d'honorer M' de Beauvilliers
par les degrés qui y
conduifent ordinairement
,
il faut en eftre pourveu dans
un âge pareil au ſien , parGALANT.
131
ce que bien qu'on ait la volonté
de travailler quand on
n'y eft appellé que dans le
temps où la vieilleffe comon
n'a pas toute la mence ,
force que demande l'application
neceffaire pour regagner
celuy que l'on auroit
pû donner des fes plus jeunes
années à l'étude de cét employ.
Le Roy qui n'ignore
rien de tout ce que doit fçavoir
la deffus un grand Monarque
, & qui par fes vives
lumieres penetre juſqu'à l'intericur
de ceux de fes Sujets ,
qui peuvent eftre élevez
132 MERCURE
aux plus hautes Dignitez , a
dit en nommant Mr de Beauvilliers
Chef de Son Confeil
Royal des Finances , qu'il recompenfoit
le Merite & laVertu.
On n'a qu'a jetter les yeux
fur la maniere dont ce Prince
eſt ſervy , pour eftre convaincu
de la jufteffe de tous.
les choix qu'il fait . Nous avons
vû quelques - uns de fes
confiderables Sujets plus
qu'il avoit formez luy-mefme
, qui dés l'âge de trente-
& un an , s'eftoient déja rendus
dignes d'entrer dans Son
Confeil en qualité de MiniGALANT.
133
ftres , & qui depuis ce temps
là ont fait trembler l'Europe
fous fes ordres , & font aujourd'huy
fortir de terre des
ouvrages qui furpaſſent ceux
que l'Antiquité
nous vante
le plus. Il ne faut au Roy
que la matiere , & ce Mo,
narque donne la forme ; il
luy fuffit d'avoir le Sujet ,
il fait le Miniftre.
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Résumé : Le Roy nomme Mr le Duc de Beauviliers pour remplir la place de Chef du Conseil Royal des Finances. [titre d'après la table]
Après la mort du maréchal de Villeroy, le roi nomma le duc de Beauvilliers à la tête du Conseil Royal des Finances. Cette décision fut dictée par la probité et la loyauté du duc envers le roi. Le duc de Beauvilliers était reconnu pour son esprit solide, sa prudence et ses vertus, qui le préservaient des passions. Malgré l'absence d'une ascension traditionnelle vers ce poste, sa nomination à un âge avancé témoignait de la confiance royale en ses compétences. Le roi valorisait ainsi le mérite et la vertu, démontrant sa capacité à identifier et former des ministres compétents dès leur jeunesse, aptes à accomplir des œuvres remarquables.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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31
p. 308
Mr Richer est nommé Tresorier des Parties Casuelles, à la place de Mr Foin. / Charges de Secretaire & de Greffier du Conseil, remplies par Mr Foin & par M. [titre d'après la table]
Début :
Mr Richer Greffier en Chef de la Chambre des Comptes, [...]
Mots clefs :
Greffier, Chambre des comptes, Trésorier, Conseil, Nominations, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mr Richer est nommé Tresorier des Parties Casuelles, à la place de Mr Foin. / Charges de Secretaire & de Greffier du Conseil, remplies par Mr Foin & par M. [titre d'après la table]
MrRicher Greffier en Chef
de la Chambre des Comptes ,
a efté nommé Tréforier des
Parties Cafuelles , à la place
de M' Foin , qui eſtant cydevant
Greffier du Confeil ,
prefentement Secretaire eft
du mefme Confeil à la Place
de M' de Bechamel , aujour
d'huy Surintendant des Finances
de Monfieur , & M
· a la Charge
de Greffier du Confeil que
poffedoit Mr Foin.
de la Chambre des Comptes ,
a efté nommé Tréforier des
Parties Cafuelles , à la place
de M' Foin , qui eſtant cydevant
Greffier du Confeil ,
prefentement Secretaire eft
du mefme Confeil à la Place
de M' de Bechamel , aujour
d'huy Surintendant des Finances
de Monfieur , & M
· a la Charge
de Greffier du Confeil que
poffedoit Mr Foin.
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32
p. 252-253
Mr le Duc de Beauvilier ,obtient la survivance de sa Charge de premier Gentilhomme de la Chambre, pour Mr le Duc de Mortemart, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Duc de Beauvilier, ayant le malheur de n'avoir [...]
Mots clefs :
Duc de Beauvillier, Charge, Premier gentilhomme de la Chambre, Duc de Mortemart
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texteReconnaissance textuelle : Mr le Duc de Beauvilier ,obtient la survivance de sa Charge de premier Gentilhomme de la Chambre, pour Mr le Duc de Mortemart, [titre d'après la table]
Mr le Duc de Beauvillier ,
ayant le malheur de n'avoir
point d'enfans pour remplic
GALANT 253
aprés luy fa Chargede premier
Gentilhomme de la Chambre ,
a fupplié le Roy de luy en accorder la furvivance pour Mr
le Duc de Mortemart , fon
gendre , ce qui luy a attiré de
grands applaudiffemens de route la Cour, & Sa Majesté pour
marquer combien elle a efté
contente de ce choix, ya ajoûté un Brevet de retenue de cinq
cens mille livres. Mais on ne
doit pas s'en étonner , Sa Majefté ne faifant point degraces
à demi , & charmant autant
par les manieres que par les
graces prévenantes qu'elle fair
ayant le malheur de n'avoir
point d'enfans pour remplic
GALANT 253
aprés luy fa Chargede premier
Gentilhomme de la Chambre ,
a fupplié le Roy de luy en accorder la furvivance pour Mr
le Duc de Mortemart , fon
gendre , ce qui luy a attiré de
grands applaudiffemens de route la Cour, & Sa Majesté pour
marquer combien elle a efté
contente de ce choix, ya ajoûté un Brevet de retenue de cinq
cens mille livres. Mais on ne
doit pas s'en étonner , Sa Majefté ne faifant point degraces
à demi , & charmant autant
par les manieres que par les
graces prévenantes qu'elle fair
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Résumé : Mr le Duc de Beauvilier ,obtient la survivance de sa Charge de premier Gentilhomme de la Chambre, pour Mr le Duc de Mortemart, [titre d'après la table]
Le Duc de Beauvillier, sans héritier, a demandé au roi la survivance de sa charge de premier Gentilhomme de la Chambre pour son gendre, le Duc de Mortemart. La Cour a acclamé cette décision. Le roi a ajouté un brevet de retenue de cinq cents mille livres, montrant sa générosité et ses manières charmantes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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33
p. 275-278
Dons faits par le Roy, [titre d'après la table]
Début :
Je vous ay déja dit que feu Mr l'Archevêque de Reims a [...]
Mots clefs :
Charge, Testament, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Dons faits par le Roy, [titre d'après la table]
Je vous ay déja dit quefeu
276 MERCURE
Mr l'Archevêque de Reims a
donné par fon Teftament Choute
fa
Maifon de Verſailles
meublée à Mr l'Abbé de Louvois ; mais vous ignorez peuteftre que l'Appartement qu'il
avoit dans le Chasteau , a efté
donné par Sa Majesté à S. A,
S. Monfieur le Duc du Maine
pour Les Enfans.
Le Roy a auffi donné à Mt
de Chanlay , dont vous fçavez
les long & affidus fervices , un
Brevet de retenuë fort confiderable fur fa Charge de Maréchal general des Camps &
Armées de Sa Majesté.
GALANT 277
Mr Bourdelin , ci - devant
Secretaire de l'Ambaffade , lors
que Mr de Bonrepos alla Ambaffadeur en Dannemarck , a
a efté reçu Ordinaire du Roy.
Il a efté Confeiller au Chaftelet. Il fçait parfaitement les
Langues étrangeres , & Mr le
Comte de Pontchartrain le
mit auprés de luy pour traduire
les Lettres particulieres qui luy
venoient de divers Pays étrangers , & qui demandoient un
homme de confiance. Il a l'efprit univerfel , & quoy que
fort jeune encore , il eft Veterant de l'Academic Royale des
278 MERCURE
Medailles & Infcriptions. Il a
beaucoup d'efprit ; l'air fort
gracieux , & toutes les qualitez neceſſaires pour bien s'acquitter de la Charge dont Sa
Majefté luy a donné l'agréement avec plaifir , & il est déja
entré en exercice.
276 MERCURE
Mr l'Archevêque de Reims a
donné par fon Teftament Choute
fa
Maifon de Verſailles
meublée à Mr l'Abbé de Louvois ; mais vous ignorez peuteftre que l'Appartement qu'il
avoit dans le Chasteau , a efté
donné par Sa Majesté à S. A,
S. Monfieur le Duc du Maine
pour Les Enfans.
Le Roy a auffi donné à Mt
de Chanlay , dont vous fçavez
les long & affidus fervices , un
Brevet de retenuë fort confiderable fur fa Charge de Maréchal general des Camps &
Armées de Sa Majesté.
GALANT 277
Mr Bourdelin , ci - devant
Secretaire de l'Ambaffade , lors
que Mr de Bonrepos alla Ambaffadeur en Dannemarck , a
a efté reçu Ordinaire du Roy.
Il a efté Confeiller au Chaftelet. Il fçait parfaitement les
Langues étrangeres , & Mr le
Comte de Pontchartrain le
mit auprés de luy pour traduire
les Lettres particulieres qui luy
venoient de divers Pays étrangers , & qui demandoient un
homme de confiance. Il a l'efprit univerfel , & quoy que
fort jeune encore , il eft Veterant de l'Academic Royale des
278 MERCURE
Medailles & Infcriptions. Il a
beaucoup d'efprit ; l'air fort
gracieux , & toutes les qualitez neceſſaires pour bien s'acquitter de la Charge dont Sa
Majefté luy a donné l'agréement avec plaifir , & il est déja
entré en exercice.
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Résumé : Dons faits par le Roy, [titre d'après la table]
Le texte mentionne plusieurs événements et nominations. L'Archevêque de Reims a légué sa maison de Versailles, meublée, à l'Abbé de Louvois par testament. Le roi a attribué l'appartement de l'archevêque au Duc du Maine pour ses enfants. Monsieur de Chanlay a reçu un brevet de retenue substantiel en reconnaissance de ses loyaux et assidus services en tant que Maréchal général des camps et armées du roi. Monsieur Bourdelin, ancien secrétaire de l'ambassade en Danemark, a été nommé Ordinaire du roi et conseiller au Châtelet. Il maîtrise les langues étrangères et a été chargé par le Comte de Pontchartrain de traduire des lettres provenant de divers pays étrangers. Bourdelin, jeune mais expérimenté, est membre de l'Académie Royale des Médailles et Inscriptions. Il possède un esprit universel et les qualités nécessaires pour bien exercer sa charge, pour laquelle il a reçu l'agrément du roi avec plaisir et a déjà commencé à exercer ses fonctions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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34
p. 343
Sermens prestez par Monsieur le Duc pur la Charge de Grand Maistre de la Maison du Roy [titre d'après la table]
Début :
Le 24e Monsieur le Duc presta deux Sermens; le premier [...]
Mots clefs :
Serment, Charge, Grand maître de la Maison du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sermens prestez par Monsieur le Duc pur la Charge de Grand Maistre de la Maison du Roy [titre d'après la table]
Le 24 Monfieur le Duc
prefta deux Sermens ; le premier pour la Charge de Grand
Maitre de la Maiſon du Roy,
le Serment ayant efté lû par
Mr le Comte de Pontchartrain , & le fecond pour le
Gouvernement de Bourgogne;
ce fut Mr le Marquis de la
Vrillere qui lut le Serment.
prefta deux Sermens ; le premier pour la Charge de Grand
Maitre de la Maiſon du Roy,
le Serment ayant efté lû par
Mr le Comte de Pontchartrain , & le fecond pour le
Gouvernement de Bourgogne;
ce fut Mr le Marquis de la
Vrillere qui lut le Serment.
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35
p. 349-351
Prises nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Je crois que vous devez être satisfaite de ma Lettre, ne vous [...]
Mots clefs :
Charge, Expéditions de Mer
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prises nouvelles. [titre d'après la table]
Je crois que vous devez être
fatisfaite de ma Lettre , ne vous
en ayant jamais envoyé qui ait
efté remplie d'un auffi grand
nombre d'Articles curieux .
Comme on reçoit fouvent
des nouvelles de nos Expeditions de Mer , & que vous
Avril 1710.
Gg
350 MERCURE.
n'avez encore ouy parler que de la prife
duVaiffeau nommé la Galere d'Amfterdam ,je dois vous faire part de la Lifte
nouvellement arrivée de Toulon , de la
maniere qu'elle eft venue , & dans laquelle vous trouverez que cette prife a
efté accompagnée de plufieurs autres
Expeditions.
Ala Rade de Toulon le 22 , Avril.
Mr l'Aigle prit le 11. Mars , un Vail
feau Anglois, chargé de Hareng , & de
Stocfiche , eftimé 30. mille livres.
Le 28. Mars il prit un autre Vaiffeau
Anglois chargé de pareilles Marchandifes , eftimé 20. mille livres.
Le 15. Avril il prit un Corfaire Fleffingois de 28. cañons , & de 180. hom.
mes d'équipage , & reprit un Navire
François chargé d'huile , que ce Cor- faire avoit enlevé.
Le 17. Avril , il prit le Vaiffeau Hollandois nommé la Galere d'Amfterdam
commandé par le Capitaine d'Ierfeland,
& charge de Marchandifes de Levant,
foye, caffé , & autres , eftimées quatre
cens mille livres.
GALANT 351
Le Capitaine Houdart , Commandant le Corfaire , François nommé le
Prince deFrife , a auffi enlevé un Corfaire Fleffingois de 14. canons , & de 100.
hommes d'équipage.
fatisfaite de ma Lettre , ne vous
en ayant jamais envoyé qui ait
efté remplie d'un auffi grand
nombre d'Articles curieux .
Comme on reçoit fouvent
des nouvelles de nos Expeditions de Mer , & que vous
Avril 1710.
Gg
350 MERCURE.
n'avez encore ouy parler que de la prife
duVaiffeau nommé la Galere d'Amfterdam ,je dois vous faire part de la Lifte
nouvellement arrivée de Toulon , de la
maniere qu'elle eft venue , & dans laquelle vous trouverez que cette prife a
efté accompagnée de plufieurs autres
Expeditions.
Ala Rade de Toulon le 22 , Avril.
Mr l'Aigle prit le 11. Mars , un Vail
feau Anglois, chargé de Hareng , & de
Stocfiche , eftimé 30. mille livres.
Le 28. Mars il prit un autre Vaiffeau
Anglois chargé de pareilles Marchandifes , eftimé 20. mille livres.
Le 15. Avril il prit un Corfaire Fleffingois de 28. cañons , & de 180. hom.
mes d'équipage , & reprit un Navire
François chargé d'huile , que ce Cor- faire avoit enlevé.
Le 17. Avril , il prit le Vaiffeau Hollandois nommé la Galere d'Amfterdam
commandé par le Capitaine d'Ierfeland,
& charge de Marchandifes de Levant,
foye, caffé , & autres , eftimées quatre
cens mille livres.
GALANT 351
Le Capitaine Houdart , Commandant le Corfaire , François nommé le
Prince deFrife , a auffi enlevé un Corfaire Fleffingois de 14. canons , & de 100.
hommes d'équipage.
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Résumé : Prises nouvelles. [titre d'après la table]
En avril 1710, l'auteur d'une lettre exprime sa satisfaction quant au contenu riche en informations curieuses. Il relate plusieurs prises effectuées par des navires français. Le 11 mars, le navire 'Mr l'Aigle' a capturé un vaisseau anglais chargé de hareng et de stockfish, estimé à 30 000 livres. Le 28 mars, le même navire a pris un autre vaisseau anglais avec des marchandises similaires, estimé à 20 000 livres. Le 15 avril, 'Mr l'Aigle' a capturé un corsaire flessingois de 28 canons et 180 hommes d'équipage, et a repris un navire français chargé d'huile. Le 17 avril, il a pris le vaisseau hollandais 'la Galère d'Amsterdam', commandé par le Capitaine d'Ierfeland, chargé de marchandises du Levant, de soie, de café et d'autres produits, estimés à 400 000 livres. Par ailleurs, le Capitaine Houdart, commandant le corsaire français 'le Prince de Frise', a capturé un corsaire flessingois de 14 canons et 100 hommes d'équipage.
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36
p. 104
Mr le Duc de Noailles a obtenu du Roy un Brevet de retenuë de cent mille écus sur sa Charge de premier Capitaine des Gardes du Corps, [titre d'après la table]
Début :
Mr le Duc de Noailles son fils a obtenu du Roy un Brevet [...]
Mots clefs :
Duc de Noailles, Charge, Premier Capitaine des Gardes du Corps
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mr le Duc de Noailles a obtenu du Roy un Brevet de retenuë de cent mille écus sur sa Charge de premier Capitaine des Gardes du Corps, [titre d'après la table]
Mrle Duc de Noailles son
fils a
ob tenu du Roy un Bree
de retenuë de cent mille écus
sur sa Charge de premier Capitaine. des Gardes du Corps.
Jamais Seigneur n'estentré si
jeune dans le Service, & tout
cequ'il a
fait en Catalogne dans
un âge tres- peu avancé, a
donné des preuves éclatantes de
cette vérité. Elleest connuë de
tout le monde. Ainsi je n'entrerai dans aucun détail, car
quoy qu'il ne soit pas encore
fort avancé en âge
,
j'aurois
trop de choses à vous en dire,
sijevouloism'étendre sur toutes ses actions,
fils a
ob tenu du Roy un Bree
de retenuë de cent mille écus
sur sa Charge de premier Capitaine. des Gardes du Corps.
Jamais Seigneur n'estentré si
jeune dans le Service, & tout
cequ'il a
fait en Catalogne dans
un âge tres- peu avancé, a
donné des preuves éclatantes de
cette vérité. Elleest connuë de
tout le monde. Ainsi je n'entrerai dans aucun détail, car
quoy qu'il ne soit pas encore
fort avancé en âge
,
j'aurois
trop de choses à vous en dire,
sijevouloism'étendre sur toutes ses actions,
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Résumé : Mr le Duc de Noailles a obtenu du Roy un Brevet de retenuë de cent mille écus sur sa Charge de premier Capitaine des Gardes du Corps, [titre d'après la table]
Le duc de Noailles et son fils ont reçu une rétribution royale de cent mille écus pour la charge de premier capitaine des Gardes du Corps. Le fils, malgré son jeune âge, a démontré des compétences remarquables, notamment en Catalogne. Ses actions sont bien connues et reconnues.
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37
p. 243-245
Serment presté entre les mains du Roy par Mr le Bret, pour la Charge de Premier President du Parlement d'Aix, [titre d'après la table]
Début :
Voicy un Article qui regarde une autre prestation de serment. [...]
Mots clefs :
Serment, Premier président du Parlement d'Aix, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Serment presté entre les mains du Roy par Mr le Bret, pour la Charge de Premier President du Parlement d'Aix, [titre d'après la table]
Voicy un Article qui regarde une autre prestation de serment. Mr le Bret Intendant de
Provence, dont j'ay souvent
eu occasion de vous parler, &
dont le mérité & les services
sontgeneralement reconnus,
vient de recevoir des marques
que le Roy a
de la satisfaction
de ses services, & vient de
prester ferment entre les mains
de Sa Majesté, de la Charge de
Premier Président du Parlement d'Aix. Comme la Provence a
toûjours elle satisfaite
de ses maniérés d'agir dans
D
toutes les choses où il a
esté
employé par le Roy, il n'y a
pas lieu de douter qu'elle n'aie
beaucoup de joye de le voir élevé à la teste d'un Parlement
où il pourra tous les jours faire connoître aux Provençaux
l'amour qu'il a pour eux en
les servant,& en leurrendant
justice en tout ce qu'il pourra.
Provence, dont j'ay souvent
eu occasion de vous parler, &
dont le mérité & les services
sontgeneralement reconnus,
vient de recevoir des marques
que le Roy a
de la satisfaction
de ses services, & vient de
prester ferment entre les mains
de Sa Majesté, de la Charge de
Premier Président du Parlement d'Aix. Comme la Provence a
toûjours elle satisfaite
de ses maniérés d'agir dans
D
toutes les choses où il a
esté
employé par le Roy, il n'y a
pas lieu de douter qu'elle n'aie
beaucoup de joye de le voir élevé à la teste d'un Parlement
où il pourra tous les jours faire connoître aux Provençaux
l'amour qu'il a pour eux en
les servant,& en leurrendant
justice en tout ce qu'il pourra.
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Résumé : Serment presté entre les mains du Roy par Mr le Bret, pour la Charge de Premier President du Parlement d'Aix, [titre d'après la table]
L'article annonce la nomination de M. le Bret comme Premier Président du Parlement d'Aix. Le roi salue ses services et son mérite. La Provence approuve cette promotion, espérant que M. le Bret continuera à rendre justice aux Provençaux.
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38
s. p.
PREFACE.
Début :
Par où commencer ma Preface ? quel caractere prendrai-je ? [...]
Mots clefs :
Préface, Charge, Roi, Mes amusements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PREFACE.
PREFACE.
PAroùcommencer ma
Preface? quel caractere
prendrai-je? le serieuxou
le comique. UnePreface
serieuse à la teste d'un
Mercure Galant, c'est
s'engager par écrit à ennuyer
le Public toute
annee; mais aussi une
Préfacé comique promet
un Livre de même
,
c'est
trop promettre, & l'on
n'est jamais moins réjoüissant
que quand on
a promis de l'estre.
Quel parti prendre? Il
est bien triste d'ennuyer
d'honnestes gens & tresdifficile
de les réjoüir. Il
faut pourtant caracteriser
une Préface;elle doit
annoncerparsoncaractere
celuy du Livre & de
l'Auteur; c'estce quime
fait trembler. Lesconsequencesqu'on
tire d'une
Preface décident quelquefois
de la réüssice du
Livre. Il faut si peu de
chose pour prévenir les
hommes
, & la prévention
a tant de part à leurs
décidons !
Macrainte redouble:
le choix d'un caractere
me tiens en suspens ; tirons
parti de cette incertitude.
Ouy., mon incertitude
me détermine, ôc
puisqu'une Préface tire à
consequenceje me déter
mine à n'en point faire.
Point de Préfacé,s'écriera-
t-on ! Il en faut
une; on s'y attends:vous
nous la -devez. J'enconviens;
l'einploy dont on
111a chargéest une espece
de Charge publique.
Ilfaut enfin que je me
fkffe recevoir Auteur à
la tête du Mercure Ga"
lant, & c'est par une
humble Préfacé qu'un
Auteur doit prêter serment
entre les mains du
Publicqu'il travaillera fidellement
à luy plaire.
Je jure que j'y tâcheray:
ceux qui font ferment de
plaire sont Cujets à fausser
leur ferment.
VnAuteur efi bien embarraJJéàlatejfc
defion
Livre: il ne fiait quelle
contenance tenir. J'tlfait
lefietonfefiaita rabattre
safierté; s'il affecte de t
s'humilier, on le méprifl;
s'ilditqueson travailfera
merveilleux, on n'en croit
rien;s'il dit que cejlpeu
de chose, on le croitfurfa
parole.Neparlera-t-il
point de Jes Ouvrages j
la dure neceJlitépour un
Auteur.
J'en juge par moy-même.
Je n'ay pû m'empêcher
de citer icy un article
de mes Amusements
sérieux&comiques.Mais
puisquej'ay tant fait que
de franchir les bornes de
la modestie, disons que
ce Livre a eu de la reiiilîte.
Peut-être que celapréviendra
en faveur de
celui-ci. Peut-être aussi
que cela luy fera tort;
On s'attendra à trouver
dans celui-ci certain air
ncuf& original qui a plû
dans l'autre: & c'est ce
quon ne trouvera point
icy. J'estois Auteur dans
mes Amusements; mais
dans un Mercure, je ne
puis estre qu'un Compilateur
de bons ou de
mauvais matériaux,tels
quon me les fournira.
Onn'en doit attendre de
moy que le choix & l'arrangement.
Ce qu'on
pourrait exiger est un
long Avant-propos que
j'ay resolu de ne point
faire, &: ce qui vous paroîtra
singulier, plus j'ay
de choses à vous dire
pour vousmettre aufait
de mon Ouvrage, &:
plus il est à propos que je
retranche ma Preface.
Ceparadoxe affecté est
en effet tres-singulier;
dira malignement ua
Critique:à cette singularité
je reconnois eneen
re l'Auteur des Amust
ments.
Je n'affecte jamais d'.J
tre singulie,& le bon
sens seul m'éloigne icy
de l'usage ordinaire. Il
me viendra tant de sujets
à traiter que je n'en prévois
pas la difference.
Quel ordre puis- je vous
promettre la-dessus.
Il est donc plus sensé
d'attendre que chaque
sujet s'offrant à moy, fasse
naître les reflexions
qui lui conviennent. Mes
reflexions seront plusjustes
& moins ennuyeuses
séparément, que si je les
faisois ici toutes ensembles.
Je vous promets
donc à chaque Article
un petit préambule : il
ne tiendra qu'à vous de
l'appeller Preface. Ainsi,
pour peu que mes préambules
soient ennuyeux;
vous aurez plus de Préfaces
que vous ne voudrez.
On a jugé à propos
que je misse au commencement
de mon Mercu.
re le Placet en vers que
j'ay eu l'honneur depresenter
au Roy. Je ne
vous le donne que comme
un simple badinage,
& je dois dire icy pour
l'intelligence de ce Placet,
que le Roy qui sçait
jetter les yeux sur les
plus petites choses, sans
perdre de vûë les plus
grandes, a souvent daignés'amuser
demesOuvrages.
PAroùcommencer ma
Preface? quel caractere
prendrai-je? le serieuxou
le comique. UnePreface
serieuse à la teste d'un
Mercure Galant, c'est
s'engager par écrit à ennuyer
le Public toute
annee; mais aussi une
Préfacé comique promet
un Livre de même
,
c'est
trop promettre, & l'on
n'est jamais moins réjoüissant
que quand on
a promis de l'estre.
Quel parti prendre? Il
est bien triste d'ennuyer
d'honnestes gens & tresdifficile
de les réjoüir. Il
faut pourtant caracteriser
une Préface;elle doit
annoncerparsoncaractere
celuy du Livre & de
l'Auteur; c'estce quime
fait trembler. Lesconsequencesqu'on
tire d'une
Preface décident quelquefois
de la réüssice du
Livre. Il faut si peu de
chose pour prévenir les
hommes
, & la prévention
a tant de part à leurs
décidons !
Macrainte redouble:
le choix d'un caractere
me tiens en suspens ; tirons
parti de cette incertitude.
Ouy., mon incertitude
me détermine, ôc
puisqu'une Préface tire à
consequenceje me déter
mine à n'en point faire.
Point de Préfacé,s'écriera-
t-on ! Il en faut
une; on s'y attends:vous
nous la -devez. J'enconviens;
l'einploy dont on
111a chargéest une espece
de Charge publique.
Ilfaut enfin que je me
fkffe recevoir Auteur à
la tête du Mercure Ga"
lant, & c'est par une
humble Préfacé qu'un
Auteur doit prêter serment
entre les mains du
Publicqu'il travaillera fidellement
à luy plaire.
Je jure que j'y tâcheray:
ceux qui font ferment de
plaire sont Cujets à fausser
leur ferment.
VnAuteur efi bien embarraJJéàlatejfc
defion
Livre: il ne fiait quelle
contenance tenir. J'tlfait
lefietonfefiaita rabattre
safierté; s'il affecte de t
s'humilier, on le méprifl;
s'ilditqueson travailfera
merveilleux, on n'en croit
rien;s'il dit que cejlpeu
de chose, on le croitfurfa
parole.Neparlera-t-il
point de Jes Ouvrages j
la dure neceJlitépour un
Auteur.
J'en juge par moy-même.
Je n'ay pû m'empêcher
de citer icy un article
de mes Amusements
sérieux&comiques.Mais
puisquej'ay tant fait que
de franchir les bornes de
la modestie, disons que
ce Livre a eu de la reiiilîte.
Peut-être que celapréviendra
en faveur de
celui-ci. Peut-être aussi
que cela luy fera tort;
On s'attendra à trouver
dans celui-ci certain air
ncuf& original qui a plû
dans l'autre: & c'est ce
quon ne trouvera point
icy. J'estois Auteur dans
mes Amusements; mais
dans un Mercure, je ne
puis estre qu'un Compilateur
de bons ou de
mauvais matériaux,tels
quon me les fournira.
Onn'en doit attendre de
moy que le choix & l'arrangement.
Ce qu'on
pourrait exiger est un
long Avant-propos que
j'ay resolu de ne point
faire, &: ce qui vous paroîtra
singulier, plus j'ay
de choses à vous dire
pour vousmettre aufait
de mon Ouvrage, &:
plus il est à propos que je
retranche ma Preface.
Ceparadoxe affecté est
en effet tres-singulier;
dira malignement ua
Critique:à cette singularité
je reconnois eneen
re l'Auteur des Amust
ments.
Je n'affecte jamais d'.J
tre singulie,& le bon
sens seul m'éloigne icy
de l'usage ordinaire. Il
me viendra tant de sujets
à traiter que je n'en prévois
pas la difference.
Quel ordre puis- je vous
promettre la-dessus.
Il est donc plus sensé
d'attendre que chaque
sujet s'offrant à moy, fasse
naître les reflexions
qui lui conviennent. Mes
reflexions seront plusjustes
& moins ennuyeuses
séparément, que si je les
faisois ici toutes ensembles.
Je vous promets
donc à chaque Article
un petit préambule : il
ne tiendra qu'à vous de
l'appeller Preface. Ainsi,
pour peu que mes préambules
soient ennuyeux;
vous aurez plus de Préfaces
que vous ne voudrez.
On a jugé à propos
que je misse au commencement
de mon Mercu.
re le Placet en vers que
j'ay eu l'honneur depresenter
au Roy. Je ne
vous le donne que comme
un simple badinage,
& je dois dire icy pour
l'intelligence de ce Placet,
que le Roy qui sçait
jetter les yeux sur les
plus petites choses, sans
perdre de vûë les plus
grandes, a souvent daignés'amuser
demesOuvrages.
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Résumé : PREFACE.
L'auteur de la préface exprime d'abord son dilemme quant au ton à adopter, oscillant entre sérieux et comique, afin d'éviter d'ennuyer ou de décevoir le public. Il souligne la complexité de rédiger une préface, qui doit révéler le caractère du livre et de l'auteur, et peut influencer le succès de l'ouvrage. L'auteur avoue son incertitude et décide finalement de ne pas écrire de préface, bien qu'il reconnaisse que cela soit attendu de lui. Il compare sa situation à celle d'un auteur embarrassé par la rédaction de sa préface, soulignant les risques de se vanter ou de s'humilier. L'auteur mentionne un de ses ouvrages précédents, 'Amusements sérieux et comiques', dont il cite un article. Il explique que dans le Mercure Galant, il ne peut être qu'un compilateur de matériaux. Il refuse de rédiger un long avant-propos et préfère que chaque sujet traité dans le livre soit introduit par un petit préambule. Enfin, il conclut en mentionnant l'ajout d'un placet en vers adressé au roi, présenté comme un simple badinage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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39
p. 121-164
Bulle d'Or. [titre d'après la table]
Début :
ARTICLE XXII. De l'ordre de la Marche des Princes [...]
Mots clefs :
Bulle d'Or, Princes, Empereur, Électeurs, Roi, Romains, Cour, Ecclésiastique, Archevêque, Cheval, Duc, Honneur, Criminels, Sceau, Bâton, Logis, Saxe, Crime, Fille, Fils, Ordre, Coupable, Séance, Mort, Charge
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texteReconnaissance textuelle : Bulle d'Or. [titre d'après la table]
ARTLCLEXXII.
De l'ordre de la Marche des
FrincesELetteurs,dr parqui
sont portées les Marques honoraires.
pOur déclarer le rangquel
les Princes Electeurs doivent
tenir en marchant avec
l'Empereur ou avec le Roi
desRomains en public & erL
cérémonie, & dont nous
avons ci- dessus fait mention,
Nous ordonnons que toutes
les fois que pendant la tenuë
d'une Diete Imperiale, il
faudra que les Princes Electeurs
marchent processionnellement
avec l'Empereur au le
Roi des Romains, en quelques
actionsou solemnitez
que cesoit, & qu'ils y portent
les Ornemens Impériaux ou
Royalix; le Duc de Saxe portant
FEpee Imperiale ou
Royale, marchera immédiatement
devant l'Empereur,
étant au milieu entre luy &
l'Electeur de Trêves ; ledit
Electeur de Saxe aura à sa
droite le Comte Palatin du
Rhin, qui portera le Globe
ou la Pomme Imperiale, &à
sa gauche le Marquis de
Brandebourg
, portant le
Sceptre, tous trois marchant
de front: le. Roi de Boheme
suivra immédiatementl'EmpereurouleRoides
Romains;
sans que personne marche entre
l'Empereur ou ledit Roi
&lui.
ARTIClE XXIII.
DesBénédictions des Archevesques
en lapresence de1•'*-
,,.lT'Empereur. Outes les fois qu'on
celébrera en solemnité
la Méfie devant l'Empeteur
ou le Roy des Romains,
,U que les Archevesques de
Mayence, de Tréves & de
Cologne; ou deux d'entre eux s'y trouveront presens, on
observeraàla confession qui
se dità l'entrée de la Messe,
au baisen de l'Evangile & de
la Paix qu'on presente après
(Ag":/tsDei,& même aux Bénédictions
qui se donnent à la fin
de la Méfie
,
&: à celles qui
se font à l'entrée de table &
aux graces quife rendent après
le repas, cet ordre que Nous
avons estimé à propos d'y étatablir,
de leur avis & consentement;
qui est que le premier
aura cet honneur le premier
jour; le second, le second
jour; & le troisiéme, le
t,roin2e.m.e jour. Nousdéclarons en ce
cas, que l'ordre de la primauté
ou posteriorité entre
les Archevesques, doit estre
dreeglé sur l'ordre & le temps leur consecration. Et afin
qu'ils se préviennent les uns
les autres par des témoignages
d'honneur &de déference,
& que leur exemple oblige
les autres à s'honorer mutuellement,
Nous desirons que celui
que cet ordre, touchant
les choses susdites, regardera
le premier
,
fasse à ses Collegues
une civilité & une honnêteté
charitable pour les inviteràprendre
cet honneur, &
qu'après cela il procèdeaux
choses susdites, ou à quelqu'une
d'elles.
ARTICLE XXIV.
Les Loix suisantes ont ejlè
publiées en la Diete de Metz
lejour de Noël, l'an 13r6.
Par Charles IV.Empereur des
Romains toujours Auguste,
.RoydiBobeme,affiflédetous
les PÍinces Electeurs du Saint
Empire en presence du Vénérable
Pere en Dieu le Seigneur
Théodorique Evêque d'Albe,
Cardinal de la sainte Eglise
Romaine>& de CharlesFils
aîné du Roy de France, Illustre
Duc de Normandie, &
Dauphin de Viennois.
S.J. SI quelqu'un estoit
entrédans quelque
complotcriminel, ou auroit
fait ferment ou promesse de
s'y engager avec les Princes
& Gentilshommes, ou avec des Particuliers &: autres
Personnnes quelconques
mêmes roturieres, pour attenter
à la vie des Reverends
& Illustres Princes Electeurs
du saint Empire Romain,
tant Ecclesiastiques que Seculiers,
ou de quelqu'un d'eux,
qu'il périsse par le glaive, &:
que tous ses biens soient
confisquez comme criminel de
leze.Majesté ; car ils sont
partie de nostre Corps: Et en
ces rencontres les Loix punissent
lavolontéaveclamême
severité que le crime mesme.
Et bien qu'il fût juste que les
fils d'un tel parricide moururentd'une
pareille more)
parce que l'on en peut appréhender
les mêmes exemples;
néanmoins par une bonté
particuliére
,
Nous leur donnons
la vie: Mais Nous voulons
qu'ils soient fruftrez de
la succession maternelle ou
ayeule, comme aussi de tout
les biens qu'ils pouroient esperer
par droit d'heredité &
de succession, ou par testament
de leurs autres parens &.
amis; afin qu'étant toujours
pauvres & necessiteux, l'infamie
de leur pere les accompagne
toûjours;qu'ils ne puissent
jamais parvenir à aucun
honneur & Dignité, même à
celles qui sont conferées par
l'Eglise; & qu'ilssoient re-@
duits à telle extremité, qu'ils
languissent dans une necessité
continuelle
,
& trouvent par
ce moyen leur soulagement
dans la mort &: leur supplice
dans la vie. Nous voulons aussi
que ceux qui oseront intercéder
pour telles sortes de gens,
soient notez d'une infamie
perpetuelle.
§. 2. Pour ce qui est des
filles de ces criminels ,en
quelque nombre qu'elles
puissent estre
,
Nous ordonnons
qu'elles prennentla falcidie
ou la quatriéme partie
en la successionde leur mere,
foit qu'elle ait fait testament
ou non; afin qu'elles ayent plûcôc:
une médiocre nourriture
de fille, qu'un entier avantage
ou nom d'heritieres.Car
en effet la Sentence doit être
d'autant plus moderée à leur
égard, que nous sommes perfuadez
que la foiblesse de leur
sexe les empêchera de commettre
des crimes de cette
nature.
§. Déclarons aussi les
émancipations que telles gens
pourroient avoir faites de leur
fils ou de leurs filles, depuis
la publication de la presente
Loi
,
nulles &: de nul effet ;
pareillement Nous déclarons
nulles & de nulle valeur toutes
les constitutionsde dot, donations
& toutes les autres
aliénations qui auront été faites
par fraude
, &. même de
droit,depuis le temps qu'ils
auront commencé à faire le
premier projet de ces conspirations
&: complot. Si les
femmes ayant retiré leur dot
se trouvent en cet état, que
ce qu'elles auront reçu de
leurs maris à titre de donations,
elles le doiventreserver
à leurs fils, lorsquel'usufruit
n'aura plus lieu;qu'ellesçachent
que toutes ces choses,
qui selon la Loi devroient
retourner aux fils, seront appliquées
à nostre Fisc, à la
reserve de la falcidie ou quatriéme
qui en fera prise pour
les filles, & n n pour les fils.
§. 4. Ce que nous venons
de dire de ces criminels & de
leurs fils,doitaussi estre entendu
de leurs satelites, complices
& ministres, & de
leursfils. Toutefois si aucun
des complices, touché du
desir d'une veritable gloire
découvre la conspiration, en
son commencement, il en recevra
de Nous récompense
& honneur: Mais pour cel ui
qui aura eu part à ces conspirations
&: ne les aura revelées
que bien tard, avant
néanmoinsqu'elles ayent été
découvertes, il fera estimé
digne feulement d'absolution
&: du pardon de son crime.
§. 5. Nous ordonnons aussi,
que s'il est revelé quelque
attentat commis contre lesdits
Princes Electeurs Ecclesiastiques
ou Seculiers, l'on
puissemême après la mort
du coupable poursuivre de
nouveau la punition de ce
crime. ,-
§. 6.De même,l'on pourra
pour ce crime de leze-Majesté,
à l'égard deidics Princes
Electeurs, donner la question
aux serviteurs du Maître
qui aura été accusé.
- §.7. Ordonnons deplus
par ce presentEdit Imperial,
& voulons que même après
la mort du coupable l'on
puisse commencer à informer
contre lui,afin quele
crime, étant * averé, sa mémoire
puisse estre condamnée
&: ses biens confisquez.
Car dés là que quelqu'un a
formé le dessein d'uncrime
détestable,il en est en quelque
façon coupable & bourrelé
en son ame.
$. 8. C'estpourquoy, dés
que quelqu'un se trouvera
coupable d'untel attentat
Nous voulons qu'il ne puisse
plus ni vendre, ni aliener, ni
donner la liberté à ses esclaves,
& mêmequ'on ne lui
puissepluspayer ce qui lui
estdû.
§.9.Pareillement ordonnons
qu'à ce sujet on applique
à laquestion les serviteurs
du criminels c'est-à-dire,
pour le crime ducomplot détestable
fait contre les Princes
Electeurs Ecclesiastiques
'&. Seculiers.
§. 10. Et si quelqu'unde
ces criminels meurt pendant
l'instruction du Procez, Nous
voulons que ses biens, à cause
qu'on est encore incertain
qui en fera leSuccesseur,
soient mis entre les mains de
la Justice.
ARTICLE XXV.
De la conservation des Princi»
pautez, des Electeurs en
leurentier. sS'Il est expedient que toutes
Principautez soient
conservées en leur entier, afin
que la Justice s'affermisse, &
que les bons & fideles Sujets
jouissentd'un parfait repos
d'une paix profonde ;il est
encore ,
sans comparaison beaucoup plus juste queles,
grandes Principautez, Domaines
,
Honneurs & Droits
des Princes Electeurs
,
demeurent
aussi en leur entier;
car là où lepéril est leplus à
craindre
,
c'est là ou il faut
user de plus grandes précaurions
de peur que les colomnesVenant
à manquer 3 toute le bâtiment ne tombe
en ruine.
§. I. Nous voulons donc &
or donnons parcet Edit Imperial
perpetuel, qu'à l'avenir
&à perpétuité les grandes
& magnifiques Principatitez
,
tellesque sont le Royau-
me de Bohême , la Comtç,
Palatine du Rhin,la Duché
de Saxe & le Marquisat de
Brandebourg,leurs Terres
Jurisdictions , , Hommages &
Vasselages, avec leurs appartenances
& dépendances, ne
puissent estre partagées
,
diviséesoudémembrées
en
quelque façon que ce soit ;
mais qu'elles demeurent à
perpétuité unies &: conservées
en leur entier. ,:.
§. 2. Que le Fils aîné y
succéde,& que tout le Domaine&
tout le Droit appartienne
à luy seul ; si cen'est
qu'il soit insensé,ou qu'il ait
tel autre grand &: notable
défaut qui l'empêche absolument
de gouverner; auquel
cas la successionluy estanc
défenduë
,
Nous voulons que
le fécond Fils, s'il y en a un
en la même ligne, y foit appellé
; sinon l'aîné des Frères
ou Parens paternelslaïque
qui se trouvera estre le plus
proche en ligne directe &:
masculine: lequel toutefois
fera tenu de donner des preuves
continuelles de sa bonté
& liberalité envers ses autres
Frères ôc Soeurs, contribuant
à leur subsistance selon la
grace qu'il aura reçue de
Dieu, & selon la bonne vo- lonté& facultez de son
patrimoine; lui défendant
expressément tout partage, division&démembrement
des Principautez,&: de leurs
appartenances ôc dépendances,
en quelque façon que
ce puisse être.
ARTICLE XXV-I.,,-
De la Cour Impériale desa
séance. , I.LE jour que l'EmpereurouleRoides
Romains voudra tenir folemnellement
sa Cour, les Princes
Electeurs tant Ecclesiastiques
que Seculiers, se renfdront
à une heure ou environ,
au logis de la demeure
Impériale ou Royale,ou
l'Empereur ou le Roi, étant
revêtu de tous lesOrneniens
Impériaux monteraachevai,
avectous les Princes Electeurs
qui l'accompagneront
jusqu'au lieu préparé pour
la Séance chacun en l'ordre
& en la maniéré qui a été cidessusprescrite
, &: inserée
dans l'Ordonnance qui regle
les marches des mêmes Princes
Eleaeurs.
2. L'Archichancelier dansl'Archichancellariat
duquel
la Cour Impériale se tiendra,
portera aussi au bout d'un Bâton
d'argent tous les Sceaux'
Impériaux ou Royaux.
§. 3. Mais les Princes Electeurs
Seculiers porteront le
Septre
,
la Pomme & l'Epée
,
en la nlanie-re qui a été dite
ci
-
dessus.
§. 4.Quelques autres Prill
ces inférieurs qui feront dé
putez par l'Empereur &: à
son choix, porteront immédiatement
devant l'Archevesque
de Trevesmarchant eJt.,
son rang, premièrement la
Couronne d'Aix-la-Chapelle:,
& en secondlieu, celle de
Milan: Ce qui ne se pratiquera
feulement que devant
l'Empereur, orné de la Couronne
Impériale.
§. L'Imperatrice aussi, ou,
la Reine des Romains, étant
revêtue des Habits & Orne.
mens de Ceremonie, marchera
après le Roi ou l'Empereur
des Romains, &: auiïi
après le Roi de Boheme , qui
fuit immédiatement l'Emper
reur ,mais çloignécd'unçù.
pace compétant, & accom
pagnée de ses principaux Officiers
&: de ses Filles d'Honneur
¡& ce jusques au lieu de
la Séance.
ARTICLE XXVII.
Des Fondions des Princes Electeurs
dans les rencontres oh
lesEmpereurs oit. Rois des Romains
tiennent folemnellement
leur Cour. NOus ordonnons que
toutes les fois que l'Elnpereur
ou le Roi des Romains
voudra tenir solemnellement
sa Cour, &: où Ice
PrincesEle&enrs ferontobjigèt
de faireles Ponctions de,
leurs Charges,on observe eiv
cela l'ordre suivant.-
§. i.Premièrement,TEm-,
pereurou le Roides Roi-riainsf,-
étant assis en sa Chaire Roya-r
le, ou sur le TrôneImpérialv
le Duc de Saxe fera sa ChaiM
ge en la maniéré que nous;
allons dire. On mettra d-,
vàntle Logis de la Séance
Imperiale ou Royale, un tas
d'Avoine, de telle hauceuf)
qu'il aille jusqu'au poitrai"
ou juf ues à la Telle du cheval
sur lequel le Duc fera.,
monté;: & le Duc ayant en'
ses mai ns un Bâton d'argent
& une Mesure aussi d'argent,>
qui peseront ensemble douze,
Marcs d'argnt.'& étant ï;
cheval- remplira la' mesure
d'avoine & la donnerar' au
premier Palfrenier qu'il ren-'
contrera. Apres quoi, fichant
le Bâton dans l'avoine, il se
retirera; & son Vice-Maréchal
, sçavoir de Pappenheim,
s'approchant, ou lui
absent, le Mareschal de la
1Cour,Jpaermvettroa leipinllagee d.e
§.i Dés que l'Empereur
ou le Roi des Romains se fera
mis à table, les Princes Electeurs
Ecclesiastiques, c'est-à-,
dire les Archevêques, étant'
debout devant la table avec
les autres Prelats, la beniront
suivant l'ordre qui a été
ci- dessus par Nous prescrit.
La Bénédiction étant faite,
les
les mêmes Archevêques, s'ilt
font tous presens, ou bien
deux, ou un d'entr'eux, pren*
,dront les Sceaux Impériaux
ou Roïaux des mains du Chancelier
de la Cour;& l'Archevesque
dans lArchichancellariat
duquel la Cour se tiendra,
marchant au milieu des
deux autres Archevesques qui
feront à ses cotez,tenant avec
lui le Bâton d'argent où les
Sceaux feront suspendus
; tous
trois les porteront ainli, &
les mettront avec rcfpctt lui?
la Table devant l'Empereur
ou le Roy. Mais l'Empereur
cru le Roiles leur rendra auflktost
: Et celui dans l'Archichancellariat
duquell%Cerémonies
se feront, comml a
vçté dit, pendra à Ton col le
plus grand Sceau, & le portera
ainsi durant tout le Difner
& apiés, jusquesà ce qu'il
foit retourné à cheval du Pa-
Jais à son Logis. Or le Bâton
dont nous venons de parler,
doit estre d'argent, du poids
-de douze marcs; & les trois
Archevesques doivent payer
chacun le tiers, tant du poids
de l'argent que du prix de
la façon. Le Baston & les
Sceaux demeureront au Chancellier
de la Cour, qui en fera
ce qu'il lui plaira; & c'est
pourquoi aussi-tofi: que celui
des Archevesques auquel il
aura appartenu de porter le
plus grand Sceau au col, depuis
le-Palais jusqu'à son Logis
( comme il a été dit )y
sera arrivé) il renvoyera par
quelqu'un deses Domestiques
audit Chancelier de la. Cour
Imperiale,ledit Sceau sur le
même cheval; & l'Archevefque,
selon la décence desa
propre Dignité & l'amitié
qu'il portera audit Chancelier
de la Cour, fera tenu
de lui donner aussi le cheval.
§. 3. Ensuite le Marquis
de Brandebourg viendra à
cheval, ayant en ses mains un
Bassin &: une Aiguière d'Argent
, du poids de douze
marcs, avec de l'eau & une
belle Serviette. En mettant
pied à terre, il donnera à laver
au Seigneur Empereur
ou au Roi des Romains.
<§.A. Le Comte Palatin du
Rhin entrera de mesme à
Cheval, portant quatre Plats
d'argent remplis deViande,
chaque Plat du poids de trois
marcs; & ayant mis pied à
terre, mettra les Plats sur la
Table devant l'Empereur ou
Roi des Romains.
§,f. Aprés eux viendra
le Roi de Boheme, Archi-
Echanson, étant aussi à Cheval,
& tenant à la main une
Coupe ou Gobelet d'argent
du poids de douze marcs.
couvert tic plein de Vin &
d'eau;& ayant mis pied à
terre, presentera à boire à
l'Empereurou au -
Roi des
Romains.
§. 6. Nousordonnonsaussi,
quesuivant ce quia éç
ptac'iquéjufql'ici),lesPrin
ces Electeurs Seculiersayantfait
leuts Charges, le Vice-
Chambellan de Falkenstein
ait le Cheval , le Bassin &
l'Aiguiére du Marquis de
Brandebourg: le Maistre de
Cuisine de Norteniberg, le
Cheval &: les plats du Comte
Palatin du Rhin; le Vice-
Echanson de Limbourg, le
Cheval &le Gobelet du Roy
de Bohême ; & le Vice-
Marêchal de Pappenheim, le Cheval,le Bâton& la Mesure
du Duc de Saxe. Bien
entendu que c'est en cas que
ces Officiers se trouventen
Personne à la Cour Imperiale
ou Royale, &: y fassent les
Fonctions de leurs Charges:
Autrement
,
& siis sont tous
absens ou quelques-uns d'eux,
alors les Officiers ordinaires
de l'Empereur ou du Roy des
Romains serviront au lieu
des Absens, chacun en sa
Charge; & comme ils en
feront les fonctions
,
aussi
joyiront-ils des émolunens;
ARTICLE XXVIIL
Des Tables Impériales &
Electorales. ;I'LA Table Imperiale
ou Royale doitestre
disposée en forte qu'elle soit
plus haute de six pieds que
lesautres Tables de la Salle ;
& aux jours des Affciiiblée%
solemnelles personne ne s'y
mettra que l'Empereur ou le
Roy des Romains seul.
§. 2. Et même la Place ôâ
la Table de l'Impératrice ou
Reineseradressée à côté,&
plusbaffe de trois pieds que
celle de l'Empereur ou Roy
des Romains;mais plus haute
quecelle des Electeurs aussi
de trois pieds. Pour les Tables
& places des Princes
Electeurs
, on les dressera
toutes d'une même hauteur.
§. 3. On dressera sept Tables
pour les sept Elecceun
Ecclesiastiques & Seculiers,
au bas de la Table Impériale,
sçavoir trois du côté droit ,
&trois autres du côté gauche
& la septiéme vis-à-vis de
l'Empereur ou Roy des Romains
,
dans le même ordre
que nous avons dit icy à l'Article
des Séances & du Rang
des Princes Elctlcurs ; en
forte que Personne, de quelque
qualité & condition qu'elle
foit
, ne se puisse mettre
entre deux ou à leurs Tables.
§. 4. Il ne sera permis à
aucun des susdits Princes Electeurs
Seculiers qui aura raie
sa Charge, de s'aller mettre
à la Table qui luy aura esté
preparée
, que tous les autres
Electeurs les Collegues
n'ayent fait aussi leurs Charges
mais que dés que quelqu'un
d'eux ou quelqu'uns auroit
fait la leur, ils se retireront
auprès de leur Table, &: se
tiendront làdebout, jusqu'à
ce que tous les autres ayent
achevé les Fondions susdites
de leurs Charges; &: alors ils
s'assoiront tous en même
temps,chacun à sa Table. §. 5. Dautant que nous
prouvons par les Relations
tres-certaines& par des Tradirions
si anciennes qu'il n'y a
point de memoirede contraire,
qu'il a été de tout temps
heureusement observé, que
l'éledion du Roy des Romains
futur Empereur se doit faire
en la Ville de Francfort, & le
Couronnement à Aix-la-C ha
- pelle, &que l'Elû Empereur
doit tenir sa premiere Cour
Royale à Nuremberg
-,
c'est
pourquoy Nous voulons, par
plusieurs raisons, qu'il en soit
usé de même à l'avenir;si co
n'est qu'il y ait empêchement
legitimé.
§. 6. Toutes les fois que
quelque Electeur Ecclesiastique
ou Seculier qui aura esté
appelle à la Cour Imperiale,
ne pourra pour quelque raison
legitime s'y trouver en Personlie
,
&: qu'il yenvoyera un Ambassadeur
ou Deputé; cet Ambaffadeur
,
de quelque condition
ou qualité qu'il soit ;,
quoi qu'en vertu de son pouvoir
il doiveestre admis en la
place de celuyqu'ilreprefente,
ne se mettra pas à la Table
quel'on aura destinée pour celuy
qui l'aura envoyé.
b-,~ Enfin toutes les Ceremonies
de cette Cour Imperiale
estant achevées
, tout l'échaffaut
ou Bâtiment de bois qui
aura esté fait pour la Seance &
pour les Tables de l'Empereur
ou Roy des Romains,& des
Princes Electeursassemblez
pour ces Ceremonies solemnelles,
oupour donner l'Investiture
des Fiefs, appartiendraauMaistred'Hôtel.
ARTICLEXXIX,
Des Droits des officiers, lorsque
les Princes font Hommage
de leurs Fiefs à l'Empereurou
au Roydes Romains,
§.1.ORdonnons par le
present Edit Imperial,
que lorsque les Princes
Electeurs, tant Ecclesiastiques
que Seculiers,recevrontlenrs
Fiefs 011 Droits Souverains
des mains de l'Empereur ouJ
du Roy des Romains
,
ils ne
soient point obligez de payer
ou de donner aucune choseà
qui que se foit: Car comme
l'argent que l'on paye sousce
pretexte en:du aux Officiers,
& que les Princes Electeurs
ont la Superiorité sur tous les
Officiers de la Cour Impériale
, ayant même en ces fortes
d'Offices leurs Substituts étaablis
& gagezà cet eiFet par
les Empereurs, il feroit absurde
que des Officiers substituez
demandaient de l'argent
ou des«Presens à leurs
Supcrieurs; si ce n'est que
lesdits Princes Electeurs leus
veuillent donner quelque
chosede leur propre volonré
& libéralité.•
§. 2. Mais les autres Prin-
"#s de l'Empire, tant EccleSadiquesqueSéculiers,
en
recevant leurs Fiefs,comme
nous venons de dire, de l'Empereur
ou du Roy des Romains,
donneront aux Officiers
de la Cour Imperiale ou
Royale , ,chacun soixante-trois
marcs 5cun quart d'argent;
si ce n'est que quelqu'un d'eux
pûtverifier sonexemption,&
faire voir que par privilege
Impérial ou Royal il foit dispensé
de payer laditesomme
, & tous les autrès droits que
l'on a accoutumé de payer
quand on prend l'Invefiiture;
&. ce fera le Maistre d'Hostel
de l'Empereurou du Roydes
Romains qui fera le partage
de ladite somme de soixantetrois
marcs & un quart d'ar.
gent, enla manière quisuit.
Premièrement, il en prendra
dixmarcs pour lui; Il en
donnera autant au Chancelier
de l'Empereurou du Roi
des Romains ; aux Secrétaires
, Nottaires & Dicteurs
trois marcs ;& à celui qui
scelle
, pour la cire & le parchemin
,unquart; sans quele
C hancelier&les Secretaires
soient tenus de donner pour
cela autre chose, sinon un
Certificat du Fief reçû ou de
sîmples Lettres d'Investiture.
Semblablement, le Maistred'Hostel
donnera de ladite
somme dix marcs à l'Echanson
de Limbourg ; dix aux
Vice - Marêchal de Pappenheim
,
&dix auVice-Chambellan
de Falkenstein ; pourvu
qu'ils se trouvent en personne
à ces Investitures, ôc
qu'ils y fartent les Fondions
de leurs Charges; autrement
&: en leur absence
,
les Officiers
de la Cour de l' Empereur
ou du Roi des Romains
qui feront la Charge des Absens
, & qui enauront eu la
peine, en recevront aussi le
profit.& les émolumens
§. 3. Mais lorsquele Prince
monté sur un Cheval ou toute
autre Bête, recevra l'Investiture
deses Fiefsde l'Empereur
ou du Roi des Romains
, quelque foit cette Bête,
elleappartiendra au grand
Maréchal ,c'est-à-dirfcauDue
de Saxe, s'il estpresent; sinon
à son Vice-Marêchal de
Pappenheim, &- en son absence
au Marêchal dela Cour de
l'Empereur.
ARTicle XXX.
De ÏInftruftion des Princels
Electeurs aux Langues.
§. I.DAutant que la
Majestédusaint
EmpireRomain doit prc{cri..
re les Loix, & commander
plusieursPeuples de diverses
Nations, moeurs, façons
de faire &: de différentes Langues
; il est Julie, & les plus
Gige le jugent ainsi,.que tes
Princes Electeursquisont les
côlomnes & les arcs-boutans
de l'Empire, soient instruits
& ayent la connoissance de
plusieurs Langues;parce qu'étant
obligez de soulager lEm-'
pereur en ses plus importantes
affaires; il est necessaire
qu'ils entendent plusieurspersonnes
, & que reciproquement
ils se puissent faire entendre
à plusieurs.
2. C'est pourquoy Nous
ordonnons que les Fils ou Heritiers
& Successeurs des Illustres
Princes Electeurs; ravoir
du Roy de Bohême, du
Comte Palatin du Rhin, du
Duc de Saxe, & duMarquis
de Brandebourg, qui sçavent
apparemment la Langue Allemande,
parcequ'ils ta. doivent
avoir apprise.dés leur ensance
; estant parvenus à l'à..
ge de sept ans,se fassentinstruire
aux Langues Latines,
Italienne & Esclavonne : en
telle sorte qu'ayant atteint la
quatorzième annéede leurâge,
ils y soient sçavans, selon
le talent que Dieu leur en au.
ra-donné : ce que Nous ne
jugeons pas feulement utile;,
mais aussi necessaire, à eause
que l'usage de ces Langues
est fort ordinaire dans l'Empire
pour le maniement de ses
plus importantes affaires.
; §. 3. Nous laissons toutefois
à l'option des Peres le particulier
de cette Instruction;en
forte qu'ildépendra d'eux
d'envoyer leur fils ou les Tarens
qu'ils jugeront leur devoir
apparemment succéder
en l'Eledorat, aux lieux où
ils pourront apprendre commodément
ces Langues, ou
de leur donner dans leurs
Maison des Précepteurs &: de
jeunes Camarades, par l'inftruétion
8c la conversation desquels ils puissent s'instruire
dans ces Langues.
Fin.
De l'ordre de la Marche des
FrincesELetteurs,dr parqui
sont portées les Marques honoraires.
pOur déclarer le rangquel
les Princes Electeurs doivent
tenir en marchant avec
l'Empereur ou avec le Roi
desRomains en public & erL
cérémonie, & dont nous
avons ci- dessus fait mention,
Nous ordonnons que toutes
les fois que pendant la tenuë
d'une Diete Imperiale, il
faudra que les Princes Electeurs
marchent processionnellement
avec l'Empereur au le
Roi des Romains, en quelques
actionsou solemnitez
que cesoit, & qu'ils y portent
les Ornemens Impériaux ou
Royalix; le Duc de Saxe portant
FEpee Imperiale ou
Royale, marchera immédiatement
devant l'Empereur,
étant au milieu entre luy &
l'Electeur de Trêves ; ledit
Electeur de Saxe aura à sa
droite le Comte Palatin du
Rhin, qui portera le Globe
ou la Pomme Imperiale, &à
sa gauche le Marquis de
Brandebourg
, portant le
Sceptre, tous trois marchant
de front: le. Roi de Boheme
suivra immédiatementl'EmpereurouleRoides
Romains;
sans que personne marche entre
l'Empereur ou ledit Roi
&lui.
ARTIClE XXIII.
DesBénédictions des Archevesques
en lapresence de1•'*-
,,.lT'Empereur. Outes les fois qu'on
celébrera en solemnité
la Méfie devant l'Empeteur
ou le Roy des Romains,
,U que les Archevesques de
Mayence, de Tréves & de
Cologne; ou deux d'entre eux s'y trouveront presens, on
observeraàla confession qui
se dità l'entrée de la Messe,
au baisen de l'Evangile & de
la Paix qu'on presente après
(Ag":/tsDei,& même aux Bénédictions
qui se donnent à la fin
de la Méfie
,
&: à celles qui
se font à l'entrée de table &
aux graces quife rendent après
le repas, cet ordre que Nous
avons estimé à propos d'y étatablir,
de leur avis & consentement;
qui est que le premier
aura cet honneur le premier
jour; le second, le second
jour; & le troisiéme, le
t,roin2e.m.e jour. Nousdéclarons en ce
cas, que l'ordre de la primauté
ou posteriorité entre
les Archevesques, doit estre
dreeglé sur l'ordre & le temps leur consecration. Et afin
qu'ils se préviennent les uns
les autres par des témoignages
d'honneur &de déference,
& que leur exemple oblige
les autres à s'honorer mutuellement,
Nous desirons que celui
que cet ordre, touchant
les choses susdites, regardera
le premier
,
fasse à ses Collegues
une civilité & une honnêteté
charitable pour les inviteràprendre
cet honneur, &
qu'après cela il procèdeaux
choses susdites, ou à quelqu'une
d'elles.
ARTICLE XXIV.
Les Loix suisantes ont ejlè
publiées en la Diete de Metz
lejour de Noël, l'an 13r6.
Par Charles IV.Empereur des
Romains toujours Auguste,
.RoydiBobeme,affiflédetous
les PÍinces Electeurs du Saint
Empire en presence du Vénérable
Pere en Dieu le Seigneur
Théodorique Evêque d'Albe,
Cardinal de la sainte Eglise
Romaine>& de CharlesFils
aîné du Roy de France, Illustre
Duc de Normandie, &
Dauphin de Viennois.
S.J. SI quelqu'un estoit
entrédans quelque
complotcriminel, ou auroit
fait ferment ou promesse de
s'y engager avec les Princes
& Gentilshommes, ou avec des Particuliers &: autres
Personnnes quelconques
mêmes roturieres, pour attenter
à la vie des Reverends
& Illustres Princes Electeurs
du saint Empire Romain,
tant Ecclesiastiques que Seculiers,
ou de quelqu'un d'eux,
qu'il périsse par le glaive, &:
que tous ses biens soient
confisquez comme criminel de
leze.Majesté ; car ils sont
partie de nostre Corps: Et en
ces rencontres les Loix punissent
lavolontéaveclamême
severité que le crime mesme.
Et bien qu'il fût juste que les
fils d'un tel parricide moururentd'une
pareille more)
parce que l'on en peut appréhender
les mêmes exemples;
néanmoins par une bonté
particuliére
,
Nous leur donnons
la vie: Mais Nous voulons
qu'ils soient fruftrez de
la succession maternelle ou
ayeule, comme aussi de tout
les biens qu'ils pouroient esperer
par droit d'heredité &
de succession, ou par testament
de leurs autres parens &.
amis; afin qu'étant toujours
pauvres & necessiteux, l'infamie
de leur pere les accompagne
toûjours;qu'ils ne puissent
jamais parvenir à aucun
honneur & Dignité, même à
celles qui sont conferées par
l'Eglise; & qu'ilssoient re-@
duits à telle extremité, qu'ils
languissent dans une necessité
continuelle
,
& trouvent par
ce moyen leur soulagement
dans la mort &: leur supplice
dans la vie. Nous voulons aussi
que ceux qui oseront intercéder
pour telles sortes de gens,
soient notez d'une infamie
perpetuelle.
§. 2. Pour ce qui est des
filles de ces criminels ,en
quelque nombre qu'elles
puissent estre
,
Nous ordonnons
qu'elles prennentla falcidie
ou la quatriéme partie
en la successionde leur mere,
foit qu'elle ait fait testament
ou non; afin qu'elles ayent plûcôc:
une médiocre nourriture
de fille, qu'un entier avantage
ou nom d'heritieres.Car
en effet la Sentence doit être
d'autant plus moderée à leur
égard, que nous sommes perfuadez
que la foiblesse de leur
sexe les empêchera de commettre
des crimes de cette
nature.
§. Déclarons aussi les
émancipations que telles gens
pourroient avoir faites de leur
fils ou de leurs filles, depuis
la publication de la presente
Loi
,
nulles &: de nul effet ;
pareillement Nous déclarons
nulles & de nulle valeur toutes
les constitutionsde dot, donations
& toutes les autres
aliénations qui auront été faites
par fraude
, &. même de
droit,depuis le temps qu'ils
auront commencé à faire le
premier projet de ces conspirations
&: complot. Si les
femmes ayant retiré leur dot
se trouvent en cet état, que
ce qu'elles auront reçu de
leurs maris à titre de donations,
elles le doiventreserver
à leurs fils, lorsquel'usufruit
n'aura plus lieu;qu'ellesçachent
que toutes ces choses,
qui selon la Loi devroient
retourner aux fils, seront appliquées
à nostre Fisc, à la
reserve de la falcidie ou quatriéme
qui en fera prise pour
les filles, & n n pour les fils.
§. 4. Ce que nous venons
de dire de ces criminels & de
leurs fils,doitaussi estre entendu
de leurs satelites, complices
& ministres, & de
leursfils. Toutefois si aucun
des complices, touché du
desir d'une veritable gloire
découvre la conspiration, en
son commencement, il en recevra
de Nous récompense
& honneur: Mais pour cel ui
qui aura eu part à ces conspirations
&: ne les aura revelées
que bien tard, avant
néanmoinsqu'elles ayent été
découvertes, il fera estimé
digne feulement d'absolution
&: du pardon de son crime.
§. 5. Nous ordonnons aussi,
que s'il est revelé quelque
attentat commis contre lesdits
Princes Electeurs Ecclesiastiques
ou Seculiers, l'on
puissemême après la mort
du coupable poursuivre de
nouveau la punition de ce
crime. ,-
§. 6.De même,l'on pourra
pour ce crime de leze-Majesté,
à l'égard deidics Princes
Electeurs, donner la question
aux serviteurs du Maître
qui aura été accusé.
- §.7. Ordonnons deplus
par ce presentEdit Imperial,
& voulons que même après
la mort du coupable l'on
puisse commencer à informer
contre lui,afin quele
crime, étant * averé, sa mémoire
puisse estre condamnée
&: ses biens confisquez.
Car dés là que quelqu'un a
formé le dessein d'uncrime
détestable,il en est en quelque
façon coupable & bourrelé
en son ame.
$. 8. C'estpourquoy, dés
que quelqu'un se trouvera
coupable d'untel attentat
Nous voulons qu'il ne puisse
plus ni vendre, ni aliener, ni
donner la liberté à ses esclaves,
& mêmequ'on ne lui
puissepluspayer ce qui lui
estdû.
§.9.Pareillement ordonnons
qu'à ce sujet on applique
à laquestion les serviteurs
du criminels c'est-à-dire,
pour le crime ducomplot détestable
fait contre les Princes
Electeurs Ecclesiastiques
'&. Seculiers.
§. 10. Et si quelqu'unde
ces criminels meurt pendant
l'instruction du Procez, Nous
voulons que ses biens, à cause
qu'on est encore incertain
qui en fera leSuccesseur,
soient mis entre les mains de
la Justice.
ARTICLE XXV.
De la conservation des Princi»
pautez, des Electeurs en
leurentier. sS'Il est expedient que toutes
Principautez soient
conservées en leur entier, afin
que la Justice s'affermisse, &
que les bons & fideles Sujets
jouissentd'un parfait repos
d'une paix profonde ;il est
encore ,
sans comparaison beaucoup plus juste queles,
grandes Principautez, Domaines
,
Honneurs & Droits
des Princes Electeurs
,
demeurent
aussi en leur entier;
car là où lepéril est leplus à
craindre
,
c'est là ou il faut
user de plus grandes précaurions
de peur que les colomnesVenant
à manquer 3 toute le bâtiment ne tombe
en ruine.
§. I. Nous voulons donc &
or donnons parcet Edit Imperial
perpetuel, qu'à l'avenir
&à perpétuité les grandes
& magnifiques Principatitez
,
tellesque sont le Royau-
me de Bohême , la Comtç,
Palatine du Rhin,la Duché
de Saxe & le Marquisat de
Brandebourg,leurs Terres
Jurisdictions , , Hommages &
Vasselages, avec leurs appartenances
& dépendances, ne
puissent estre partagées
,
diviséesoudémembrées
en
quelque façon que ce soit ;
mais qu'elles demeurent à
perpétuité unies &: conservées
en leur entier. ,:.
§. 2. Que le Fils aîné y
succéde,& que tout le Domaine&
tout le Droit appartienne
à luy seul ; si cen'est
qu'il soit insensé,ou qu'il ait
tel autre grand &: notable
défaut qui l'empêche absolument
de gouverner; auquel
cas la successionluy estanc
défenduë
,
Nous voulons que
le fécond Fils, s'il y en a un
en la même ligne, y foit appellé
; sinon l'aîné des Frères
ou Parens paternelslaïque
qui se trouvera estre le plus
proche en ligne directe &:
masculine: lequel toutefois
fera tenu de donner des preuves
continuelles de sa bonté
& liberalité envers ses autres
Frères ôc Soeurs, contribuant
à leur subsistance selon la
grace qu'il aura reçue de
Dieu, & selon la bonne vo- lonté& facultez de son
patrimoine; lui défendant
expressément tout partage, division&démembrement
des Principautez,&: de leurs
appartenances ôc dépendances,
en quelque façon que
ce puisse être.
ARTICLE XXV-I.,,-
De la Cour Impériale desa
séance. , I.LE jour que l'EmpereurouleRoides
Romains voudra tenir folemnellement
sa Cour, les Princes
Electeurs tant Ecclesiastiques
que Seculiers, se renfdront
à une heure ou environ,
au logis de la demeure
Impériale ou Royale,ou
l'Empereur ou le Roi, étant
revêtu de tous lesOrneniens
Impériaux monteraachevai,
avectous les Princes Electeurs
qui l'accompagneront
jusqu'au lieu préparé pour
la Séance chacun en l'ordre
& en la maniéré qui a été cidessusprescrite
, &: inserée
dans l'Ordonnance qui regle
les marches des mêmes Princes
Eleaeurs.
2. L'Archichancelier dansl'Archichancellariat
duquel
la Cour Impériale se tiendra,
portera aussi au bout d'un Bâton
d'argent tous les Sceaux'
Impériaux ou Royaux.
§. 3. Mais les Princes Electeurs
Seculiers porteront le
Septre
,
la Pomme & l'Epée
,
en la nlanie-re qui a été dite
ci
-
dessus.
§. 4.Quelques autres Prill
ces inférieurs qui feront dé
putez par l'Empereur &: à
son choix, porteront immédiatement
devant l'Archevesque
de Trevesmarchant eJt.,
son rang, premièrement la
Couronne d'Aix-la-Chapelle:,
& en secondlieu, celle de
Milan: Ce qui ne se pratiquera
feulement que devant
l'Empereur, orné de la Couronne
Impériale.
§. L'Imperatrice aussi, ou,
la Reine des Romains, étant
revêtue des Habits & Orne.
mens de Ceremonie, marchera
après le Roi ou l'Empereur
des Romains, &: auiïi
après le Roi de Boheme , qui
fuit immédiatement l'Emper
reur ,mais çloignécd'unçù.
pace compétant, & accom
pagnée de ses principaux Officiers
&: de ses Filles d'Honneur
¡& ce jusques au lieu de
la Séance.
ARTICLE XXVII.
Des Fondions des Princes Electeurs
dans les rencontres oh
lesEmpereurs oit. Rois des Romains
tiennent folemnellement
leur Cour. NOus ordonnons que
toutes les fois que l'Elnpereur
ou le Roi des Romains
voudra tenir solemnellement
sa Cour, &: où Ice
PrincesEle&enrs ferontobjigèt
de faireles Ponctions de,
leurs Charges,on observe eiv
cela l'ordre suivant.-
§. i.Premièrement,TEm-,
pereurou le Roides Roi-riainsf,-
étant assis en sa Chaire Roya-r
le, ou sur le TrôneImpérialv
le Duc de Saxe fera sa ChaiM
ge en la maniéré que nous;
allons dire. On mettra d-,
vàntle Logis de la Séance
Imperiale ou Royale, un tas
d'Avoine, de telle hauceuf)
qu'il aille jusqu'au poitrai"
ou juf ues à la Telle du cheval
sur lequel le Duc fera.,
monté;: & le Duc ayant en'
ses mai ns un Bâton d'argent
& une Mesure aussi d'argent,>
qui peseront ensemble douze,
Marcs d'argnt.'& étant ï;
cheval- remplira la' mesure
d'avoine & la donnerar' au
premier Palfrenier qu'il ren-'
contrera. Apres quoi, fichant
le Bâton dans l'avoine, il se
retirera; & son Vice-Maréchal
, sçavoir de Pappenheim,
s'approchant, ou lui
absent, le Mareschal de la
1Cour,Jpaermvettroa leipinllagee d.e
§.i Dés que l'Empereur
ou le Roi des Romains se fera
mis à table, les Princes Electeurs
Ecclesiastiques, c'est-à-,
dire les Archevêques, étant'
debout devant la table avec
les autres Prelats, la beniront
suivant l'ordre qui a été
ci- dessus par Nous prescrit.
La Bénédiction étant faite,
les
les mêmes Archevêques, s'ilt
font tous presens, ou bien
deux, ou un d'entr'eux, pren*
,dront les Sceaux Impériaux
ou Roïaux des mains du Chancelier
de la Cour;& l'Archevesque
dans lArchichancellariat
duquel la Cour se tiendra,
marchant au milieu des
deux autres Archevesques qui
feront à ses cotez,tenant avec
lui le Bâton d'argent où les
Sceaux feront suspendus
; tous
trois les porteront ainli, &
les mettront avec rcfpctt lui?
la Table devant l'Empereur
ou le Roy. Mais l'Empereur
cru le Roiles leur rendra auflktost
: Et celui dans l'Archichancellariat
duquell%Cerémonies
se feront, comml a
vçté dit, pendra à Ton col le
plus grand Sceau, & le portera
ainsi durant tout le Difner
& apiés, jusquesà ce qu'il
foit retourné à cheval du Pa-
Jais à son Logis. Or le Bâton
dont nous venons de parler,
doit estre d'argent, du poids
-de douze marcs; & les trois
Archevesques doivent payer
chacun le tiers, tant du poids
de l'argent que du prix de
la façon. Le Baston & les
Sceaux demeureront au Chancellier
de la Cour, qui en fera
ce qu'il lui plaira; & c'est
pourquoi aussi-tofi: que celui
des Archevesques auquel il
aura appartenu de porter le
plus grand Sceau au col, depuis
le-Palais jusqu'à son Logis
( comme il a été dit )y
sera arrivé) il renvoyera par
quelqu'un deses Domestiques
audit Chancelier de la. Cour
Imperiale,ledit Sceau sur le
même cheval; & l'Archevefque,
selon la décence desa
propre Dignité & l'amitié
qu'il portera audit Chancelier
de la Cour, fera tenu
de lui donner aussi le cheval.
§. 3. Ensuite le Marquis
de Brandebourg viendra à
cheval, ayant en ses mains un
Bassin &: une Aiguière d'Argent
, du poids de douze
marcs, avec de l'eau & une
belle Serviette. En mettant
pied à terre, il donnera à laver
au Seigneur Empereur
ou au Roi des Romains.
<§.A. Le Comte Palatin du
Rhin entrera de mesme à
Cheval, portant quatre Plats
d'argent remplis deViande,
chaque Plat du poids de trois
marcs; & ayant mis pied à
terre, mettra les Plats sur la
Table devant l'Empereur ou
Roi des Romains.
§,f. Aprés eux viendra
le Roi de Boheme, Archi-
Echanson, étant aussi à Cheval,
& tenant à la main une
Coupe ou Gobelet d'argent
du poids de douze marcs.
couvert tic plein de Vin &
d'eau;& ayant mis pied à
terre, presentera à boire à
l'Empereurou au -
Roi des
Romains.
§. 6. Nousordonnonsaussi,
quesuivant ce quia éç
ptac'iquéjufql'ici),lesPrin
ces Electeurs Seculiersayantfait
leuts Charges, le Vice-
Chambellan de Falkenstein
ait le Cheval , le Bassin &
l'Aiguiére du Marquis de
Brandebourg: le Maistre de
Cuisine de Norteniberg, le
Cheval &: les plats du Comte
Palatin du Rhin; le Vice-
Echanson de Limbourg, le
Cheval &le Gobelet du Roy
de Bohême ; & le Vice-
Marêchal de Pappenheim, le Cheval,le Bâton& la Mesure
du Duc de Saxe. Bien
entendu que c'est en cas que
ces Officiers se trouventen
Personne à la Cour Imperiale
ou Royale, &: y fassent les
Fonctions de leurs Charges:
Autrement
,
& siis sont tous
absens ou quelques-uns d'eux,
alors les Officiers ordinaires
de l'Empereur ou du Roy des
Romains serviront au lieu
des Absens, chacun en sa
Charge; & comme ils en
feront les fonctions
,
aussi
joyiront-ils des émolunens;
ARTICLE XXVIIL
Des Tables Impériales &
Electorales. ;I'LA Table Imperiale
ou Royale doitestre
disposée en forte qu'elle soit
plus haute de six pieds que
lesautres Tables de la Salle ;
& aux jours des Affciiiblée%
solemnelles personne ne s'y
mettra que l'Empereur ou le
Roy des Romains seul.
§. 2. Et même la Place ôâ
la Table de l'Impératrice ou
Reineseradressée à côté,&
plusbaffe de trois pieds que
celle de l'Empereur ou Roy
des Romains;mais plus haute
quecelle des Electeurs aussi
de trois pieds. Pour les Tables
& places des Princes
Electeurs
, on les dressera
toutes d'une même hauteur.
§. 3. On dressera sept Tables
pour les sept Elecceun
Ecclesiastiques & Seculiers,
au bas de la Table Impériale,
sçavoir trois du côté droit ,
&trois autres du côté gauche
& la septiéme vis-à-vis de
l'Empereur ou Roy des Romains
,
dans le même ordre
que nous avons dit icy à l'Article
des Séances & du Rang
des Princes Elctlcurs ; en
forte que Personne, de quelque
qualité & condition qu'elle
foit
, ne se puisse mettre
entre deux ou à leurs Tables.
§. 4. Il ne sera permis à
aucun des susdits Princes Electeurs
Seculiers qui aura raie
sa Charge, de s'aller mettre
à la Table qui luy aura esté
preparée
, que tous les autres
Electeurs les Collegues
n'ayent fait aussi leurs Charges
mais que dés que quelqu'un
d'eux ou quelqu'uns auroit
fait la leur, ils se retireront
auprès de leur Table, &: se
tiendront làdebout, jusqu'à
ce que tous les autres ayent
achevé les Fondions susdites
de leurs Charges; &: alors ils
s'assoiront tous en même
temps,chacun à sa Table. §. 5. Dautant que nous
prouvons par les Relations
tres-certaines& par des Tradirions
si anciennes qu'il n'y a
point de memoirede contraire,
qu'il a été de tout temps
heureusement observé, que
l'éledion du Roy des Romains
futur Empereur se doit faire
en la Ville de Francfort, & le
Couronnement à Aix-la-C ha
- pelle, &que l'Elû Empereur
doit tenir sa premiere Cour
Royale à Nuremberg
-,
c'est
pourquoy Nous voulons, par
plusieurs raisons, qu'il en soit
usé de même à l'avenir;si co
n'est qu'il y ait empêchement
legitimé.
§. 6. Toutes les fois que
quelque Electeur Ecclesiastique
ou Seculier qui aura esté
appelle à la Cour Imperiale,
ne pourra pour quelque raison
legitime s'y trouver en Personlie
,
&: qu'il yenvoyera un Ambassadeur
ou Deputé; cet Ambaffadeur
,
de quelque condition
ou qualité qu'il soit ;,
quoi qu'en vertu de son pouvoir
il doiveestre admis en la
place de celuyqu'ilreprefente,
ne se mettra pas à la Table
quel'on aura destinée pour celuy
qui l'aura envoyé.
b-,~ Enfin toutes les Ceremonies
de cette Cour Imperiale
estant achevées
, tout l'échaffaut
ou Bâtiment de bois qui
aura esté fait pour la Seance &
pour les Tables de l'Empereur
ou Roy des Romains,& des
Princes Electeursassemblez
pour ces Ceremonies solemnelles,
oupour donner l'Investiture
des Fiefs, appartiendraauMaistred'Hôtel.
ARTICLEXXIX,
Des Droits des officiers, lorsque
les Princes font Hommage
de leurs Fiefs à l'Empereurou
au Roydes Romains,
§.1.ORdonnons par le
present Edit Imperial,
que lorsque les Princes
Electeurs, tant Ecclesiastiques
que Seculiers,recevrontlenrs
Fiefs 011 Droits Souverains
des mains de l'Empereur ouJ
du Roy des Romains
,
ils ne
soient point obligez de payer
ou de donner aucune choseà
qui que se foit: Car comme
l'argent que l'on paye sousce
pretexte en:du aux Officiers,
& que les Princes Electeurs
ont la Superiorité sur tous les
Officiers de la Cour Impériale
, ayant même en ces fortes
d'Offices leurs Substituts étaablis
& gagezà cet eiFet par
les Empereurs, il feroit absurde
que des Officiers substituez
demandaient de l'argent
ou des«Presens à leurs
Supcrieurs; si ce n'est que
lesdits Princes Electeurs leus
veuillent donner quelque
chosede leur propre volonré
& libéralité.•
§. 2. Mais les autres Prin-
"#s de l'Empire, tant EccleSadiquesqueSéculiers,
en
recevant leurs Fiefs,comme
nous venons de dire, de l'Empereur
ou du Roy des Romains,
donneront aux Officiers
de la Cour Imperiale ou
Royale , ,chacun soixante-trois
marcs 5cun quart d'argent;
si ce n'est que quelqu'un d'eux
pûtverifier sonexemption,&
faire voir que par privilege
Impérial ou Royal il foit dispensé
de payer laditesomme
, & tous les autrès droits que
l'on a accoutumé de payer
quand on prend l'Invefiiture;
&. ce fera le Maistre d'Hostel
de l'Empereurou du Roydes
Romains qui fera le partage
de ladite somme de soixantetrois
marcs & un quart d'ar.
gent, enla manière quisuit.
Premièrement, il en prendra
dixmarcs pour lui; Il en
donnera autant au Chancelier
de l'Empereurou du Roi
des Romains ; aux Secrétaires
, Nottaires & Dicteurs
trois marcs ;& à celui qui
scelle
, pour la cire & le parchemin
,unquart; sans quele
C hancelier&les Secretaires
soient tenus de donner pour
cela autre chose, sinon un
Certificat du Fief reçû ou de
sîmples Lettres d'Investiture.
Semblablement, le Maistred'Hostel
donnera de ladite
somme dix marcs à l'Echanson
de Limbourg ; dix aux
Vice - Marêchal de Pappenheim
,
&dix auVice-Chambellan
de Falkenstein ; pourvu
qu'ils se trouvent en personne
à ces Investitures, ôc
qu'ils y fartent les Fondions
de leurs Charges; autrement
&: en leur absence
,
les Officiers
de la Cour de l' Empereur
ou du Roi des Romains
qui feront la Charge des Absens
, & qui enauront eu la
peine, en recevront aussi le
profit.& les émolumens
§. 3. Mais lorsquele Prince
monté sur un Cheval ou toute
autre Bête, recevra l'Investiture
deses Fiefsde l'Empereur
ou du Roi des Romains
, quelque foit cette Bête,
elleappartiendra au grand
Maréchal ,c'est-à-dirfcauDue
de Saxe, s'il estpresent; sinon
à son Vice-Marêchal de
Pappenheim, &- en son absence
au Marêchal dela Cour de
l'Empereur.
ARTicle XXX.
De ÏInftruftion des Princels
Electeurs aux Langues.
§. I.DAutant que la
Majestédusaint
EmpireRomain doit prc{cri..
re les Loix, & commander
plusieursPeuples de diverses
Nations, moeurs, façons
de faire &: de différentes Langues
; il est Julie, & les plus
Gige le jugent ainsi,.que tes
Princes Electeursquisont les
côlomnes & les arcs-boutans
de l'Empire, soient instruits
& ayent la connoissance de
plusieurs Langues;parce qu'étant
obligez de soulager lEm-'
pereur en ses plus importantes
affaires; il est necessaire
qu'ils entendent plusieurspersonnes
, & que reciproquement
ils se puissent faire entendre
à plusieurs.
2. C'est pourquoy Nous
ordonnons que les Fils ou Heritiers
& Successeurs des Illustres
Princes Electeurs; ravoir
du Roy de Bohême, du
Comte Palatin du Rhin, du
Duc de Saxe, & duMarquis
de Brandebourg, qui sçavent
apparemment la Langue Allemande,
parcequ'ils ta. doivent
avoir apprise.dés leur ensance
; estant parvenus à l'à..
ge de sept ans,se fassentinstruire
aux Langues Latines,
Italienne & Esclavonne : en
telle sorte qu'ayant atteint la
quatorzième annéede leurâge,
ils y soient sçavans, selon
le talent que Dieu leur en au.
ra-donné : ce que Nous ne
jugeons pas feulement utile;,
mais aussi necessaire, à eause
que l'usage de ces Langues
est fort ordinaire dans l'Empire
pour le maniement de ses
plus importantes affaires.
; §. 3. Nous laissons toutefois
à l'option des Peres le particulier
de cette Instruction;en
forte qu'ildépendra d'eux
d'envoyer leur fils ou les Tarens
qu'ils jugeront leur devoir
apparemment succéder
en l'Eledorat, aux lieux où
ils pourront apprendre commodément
ces Langues, ou
de leur donner dans leurs
Maison des Précepteurs &: de
jeunes Camarades, par l'inftruétion
8c la conversation desquels ils puissent s'instruire
dans ces Langues.
Fin.
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Résumé : Bulle d'Or. [titre d'après la table]
Le texte présente plusieurs articles régissant les cérémonies et les lois du Saint-Empire Romain. L'article XXII décrit l'ordre de marche des Princes Électeurs lors des processions avec l'Empereur ou le Roi des Romains. Le Duc de Saxe porte l'épée impériale et marche devant l'Empereur, flanqué de l'Électeur de Trêves à gauche et du Comte Palatin du Rhin à droite, portant le globe impérial. Le Marquis de Brandebourg, portant le sceptre, complète ce trio. Le Roi de Bohême suit immédiatement l'Empereur sans que personne ne marche entre eux. L'article XXIII régit les bénédictions des archevêques en présence de l'Empereur. Les archevêques de Mayence, Trêves et Cologne se succèdent dans l'ordre de leur consécration pour les bénédictions lors des messes et des repas. L'article XXIV traite des lois contre les complots visant les Princes Électeurs. Toute personne impliquée dans un tel complot est passible de la peine de mort et de la confiscation de ses biens. Les descendants des criminels sont privés de leurs droits successoraux et des honneurs. Les complices peuvent obtenir une récompense s'ils révèlent le complot à temps. L'article XXV stipule que les grandes principautés des Princes Électeurs, telles que le Royaume de Bohême, la Comté Palatine du Rhin, le Duché de Saxe et le Marquisat de Brandebourg, doivent rester indivisibles et être transmises au fils aîné. En cas d'incapacité du fils aîné, la succession passe au frère ou au parent le plus proche. L'article XXVI décrit les cérémonies de la Cour Impériale. Les Princes Électeurs se rendent à la demeure impériale, où l'Empereur, revêtu de ses ornements, monte sur le trône accompagné des Électeurs. L'Archichancelier porte les sceaux impériaux, tandis que les Électeurs séculiers portent le sceptre, la pomme et l'épée. L'Impératrice ou la Reine des Romains suit l'Empereur. L'article XXVII détaille les fonctions des Princes Électeurs lors des cérémonies de la Cour Impériale. Le Duc de Saxe effectue une cérémonie symbolique avec de l'avoine et un bâton d'argent, suivie par son vice-maréchal ou le maréchal de la cour. Les archevêques bénissent la table avant que les Princes Électeurs ne prennent place. Les princes électeurs doivent accomplir leurs charges avant de s'asseoir à leurs tables respectives. La table impériale est la plus élevée, suivie de celle de l'impératrice, puis des tables des électeurs. Les cérémonies se déroulent traditionnellement à Francfort, Aix-la-Chapelle, et Nuremberg. Les princes électeurs ne paient pas pour recevoir leurs fiefs, mais les autres princes doivent verser une somme aux officiers impériaux. Les princes électeurs doivent également être instruits dans plusieurs langues pour mieux gérer les affaires de l'Empire.
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40
p. 110-111
« Les Services que Mr de Fontanieu a rendus dans la [...] »
Début :
Les Services que Mr de Fontanieu a rendus dans la [...]
Mots clefs :
Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Services que Mr de Fontanieu a rendus dans la [...] »
Les Services que Mr de
Fontanieu a rendus dans la
charge de Tresorier general
de la Marine qu'il a possedée
pendant plusieurs années,
lui procurerent au commencement
de 1710, la
Direction Gcneralle du
Commerce; La maniere
dont ill'a exercée luy ayant
de plus en plus attiré la
confiance, le Royl'achoisi
pour remplir la Charge
d'Intendant & Controlleur
General des Meubles de la
Couronne.
Fontanieu a rendus dans la
charge de Tresorier general
de la Marine qu'il a possedée
pendant plusieurs années,
lui procurerent au commencement
de 1710, la
Direction Gcneralle du
Commerce; La maniere
dont ill'a exercée luy ayant
de plus en plus attiré la
confiance, le Royl'achoisi
pour remplir la Charge
d'Intendant & Controlleur
General des Meubles de la
Couronne.
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41
p. 213-216
DONS DU ROY.
Début :
Le 4. de ce mois le Roy donna la charge [...]
Mots clefs :
Dons, Lieutenant général, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
DONS DU ROY.
:. Le 4. de ce mois le Roy
donna la charge de Lieutenant General de Sa Majesté en la haute Guyenne,
à Mr le Comte de Lautrec,
Mettre de Camp d'un Régiment de Dragons; il sert
le Roy depuis plus de vingt
années avec distinction, Ôc
s'estsignalé en Italie en
plusieurs combats & Ba-,
tailles,& entr'autresà celles
de Luzara, Cassan,Lavicto.
ria & Turin, & en dernier
lieu à Rumersheim en Allemagneoù son Regiment
fut en partie cause du gain
de cette bataille; ilestfils
de Messire François,Comte
de Gelas Marquis Dambres
&deLeberon,seul Vicomte
de Lautrec qui possedoit
la mesme Charge depuis
fort long temps donc il
vient de donner sa dcmif,
ifoi), ledit sieur Marquis
Dambres est fils de Messire
HeCtOl de Gelas Marquis
Dambres de Leberon& de
Vignoles, Vicomte de Lautrec Lieutenant General du
Royen Languedoc, Gouverneur des Villes & CitC7,
de Carcassonne, qui l'étoit
t. de MessireLifanderdeGelas
[ Marquis de Leberon Mares- | chal des Camps & Armée$
* du Roy & Conseiller d'Etat,Capitaine de çent hommes d'armes des ordonnances, & celuy-cy l'étoit de
Mcffirc Antoine de Gelas
Seigneur de Leber()n.t çbc.4
valier rfe l'Ordre, CortÏa
puifnés de l'Illustre Mai.,
son des anciens Seigneurs
considérable deGelas, l'une delades Province plus
de Guyenne, descendus par
les Comtes de Gascogne &
de Fefenfac des anciens &
premiers Roys de Navarre,
comme l'ont remarqué plusieurs graves Historiens
:. Le 4. de ce mois le Roy
donna la charge de Lieutenant General de Sa Majesté en la haute Guyenne,
à Mr le Comte de Lautrec,
Mettre de Camp d'un Régiment de Dragons; il sert
le Roy depuis plus de vingt
années avec distinction, Ôc
s'estsignalé en Italie en
plusieurs combats & Ba-,
tailles,& entr'autresà celles
de Luzara, Cassan,Lavicto.
ria & Turin, & en dernier
lieu à Rumersheim en Allemagneoù son Regiment
fut en partie cause du gain
de cette bataille; ilestfils
de Messire François,Comte
de Gelas Marquis Dambres
&deLeberon,seul Vicomte
de Lautrec qui possedoit
la mesme Charge depuis
fort long temps donc il
vient de donner sa dcmif,
ifoi), ledit sieur Marquis
Dambres est fils de Messire
HeCtOl de Gelas Marquis
Dambres de Leberon& de
Vignoles, Vicomte de Lautrec Lieutenant General du
Royen Languedoc, Gouverneur des Villes & CitC7,
de Carcassonne, qui l'étoit
t. de MessireLifanderdeGelas
[ Marquis de Leberon Mares- | chal des Camps & Armée$
* du Roy & Conseiller d'Etat,Capitaine de çent hommes d'armes des ordonnances, & celuy-cy l'étoit de
Mcffirc Antoine de Gelas
Seigneur de Leber()n.t çbc.4
valier rfe l'Ordre, CortÏa
puifnés de l'Illustre Mai.,
son des anciens Seigneurs
considérable deGelas, l'une delades Province plus
de Guyenne, descendus par
les Comtes de Gascogne &
de Fefenfac des anciens &
premiers Roys de Navarre,
comme l'ont remarqué plusieurs graves Historiens
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Résumé : DONS DU ROY.
Le 4 du mois en cours, le roi a nommé le Comte de Lautrec au poste de Lieutenant Général de Sa Majesté en Haute Guyenne. Monsieur de Lautrec, Maître de Camp d'un Régiment de Dragons, sert le roi depuis plus de vingt ans avec distinction. Il s'est illustré en Italie lors de plusieurs combats et batailles, notamment à Luzara, Cassan, Lvictoria, Turin, et plus récemment à Rumersheim en Allemagne, où son régiment a contribué à la victoire. Monsieur de Lautrec est le fils de Messire François, Comte de Gelas, Marquis d'Ambres et de Leberon, et Vicomte de Lautrec, qui a récemment démissionné de la même charge. Le Marquis d'Ambres est le fils de Messire Hector de Gelas, Marquis d'Ambres de Leberon et de Vignoles, Vicomte de Lautrec, Lieutenant Général du Roi en Languedoc, et Gouverneur des villes et cité de Carcassonne. Ce dernier était le fils de Messire Lifander de Gelas, Marquis de Leberon, Maréchal des Camps et Armées du Roi, Conseiller d'État, et Capitaine de cent hommes d'armes des ordonnances. La lignée des Gelas est issue des anciens Seigneurs considérables de Gascogne, descendants des Comtes de Gascogne et de Fézensac, premiers Roys de Navarre.
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42
p. 139-141
DONS DU ROY.
Début :
Le Roy a donné le Gouverment de la Province à [...]
Mots clefs :
Dons, Charge, Maréchal de Villars, Comte de Broglio
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
DONS DU ROY.
Le Roy a donné lo
Gouvernement de la Province à Mr le Maréchal de
Villars , qui doit douner
Soooo écus à Madame la
Ducheffe de Vendome , fur
le Gouvernemeut de cette
Province.
La Charge General des
Galeres à Mr le Maréchal
de Teffé , à condition de
payer à Madamela Ducheſſe
de Vandome quatre cent
cinquante quatre mille livres
Mij
140 MERCURE
de retenuë fur cette
Charge que le Roy luy a
donné fans qu'il l'ait
demandé , pour le dedommager de plus de quatrevingt mille livres de rente
qu'il a perdu à la mort de
Monfeigneur le Dauphin &
de Madame la Dauphine.
Le Gouvernement des
Evefchez qu'avoit Mr le
Maréchal de Villars à Mr
de Sailllant qui commandoit
à Namur
Celuy de Namur à Mr
de Geofreville.
Celuy de Charlemont
GALANT. 141
à Mr le Marquis de
Vieux-pont.
Celuy de Nifmes à Mr
de Vierue.
Celuy de Gravelines au
Comte de Broglio , Gendre
de Mr Voifin avec une penfion de onze mille livres
que le Roy a ajoûté au
Gouvernement qui en vaut
quatorze mille. Celuy du
Quefnoy à Mr de Valory.
Le Roy a donné lo
Gouvernement de la Province à Mr le Maréchal de
Villars , qui doit douner
Soooo écus à Madame la
Ducheffe de Vendome , fur
le Gouvernemeut de cette
Province.
La Charge General des
Galeres à Mr le Maréchal
de Teffé , à condition de
payer à Madamela Ducheſſe
de Vandome quatre cent
cinquante quatre mille livres
Mij
140 MERCURE
de retenuë fur cette
Charge que le Roy luy a
donné fans qu'il l'ait
demandé , pour le dedommager de plus de quatrevingt mille livres de rente
qu'il a perdu à la mort de
Monfeigneur le Dauphin &
de Madame la Dauphine.
Le Gouvernement des
Evefchez qu'avoit Mr le
Maréchal de Villars à Mr
de Sailllant qui commandoit
à Namur
Celuy de Namur à Mr
de Geofreville.
Celuy de Charlemont
GALANT. 141
à Mr le Marquis de
Vieux-pont.
Celuy de Nifmes à Mr
de Vierue.
Celuy de Gravelines au
Comte de Broglio , Gendre
de Mr Voifin avec une penfion de onze mille livres
que le Roy a ajoûté au
Gouvernement qui en vaut
quatorze mille. Celuy du
Quefnoy à Mr de Valory.
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Résumé : DONS DU ROY.
Le texte évoque plusieurs dons et nominations royales. Le maréchal de Villars reçoit le gouvernement de la province, avec l'obligation de verser 500 écus à Madame la Duchesse de Vendôme. Le maréchal de Tessé est nommé à la charge générale des galères, devant payer 454 000 livres à la même Duchesse. Cette nomination vise à compenser des pertes de revenus dues au décès du Dauphin et de la Dauphine. D'autres gouvernements sont attribués : celui des Évêchés à Monsieur de Saillant, celui de Namur à Monsieur de Geoffreville, celui de Charlemont au Marquis de Vieux-Pont, celui de Nîmes à Monsieur de Vieu, celui de Gravelines au Comte de Broglie, avec une pension supplémentaire de 11 000 livres, et celui du Quesnoy à Monsieur de Valory.
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43
p. 167-168
« Monsieur Amelot Maistre des Requestes, Intendant du Commerce, a obtenu [...] »
Début :
Monsieur Amelot Maistre des Requestes, Intendant du Commerce, a obtenu [...]
Mots clefs :
Charge, Amelot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Monsieur Amelot Maistre des Requestes, Intendant du Commerce, a obtenu [...] »
Monsieur AmelotMais
tre des Requestes, Intendant du Commerce, a
obtenu du Roy la permission
de garder la Charge d'Intendant du Commerce en
se defaisant de celle de
Maistre des Requestes en
faveur de Monsieur de
Chaillou son fils qui n'est
âgéque de vingt- trois ans
& demy
,
& qui exerce
avec distinction depuis quatre annéeslaCharge d'Avocat General aux Requestes de l'Hostel. On vous a
si souvent parléde la FaIl
mille de Monheur Amelot,
qu'il est inutile d'en rien
répéter
tre des Requestes, Intendant du Commerce, a
obtenu du Roy la permission
de garder la Charge d'Intendant du Commerce en
se defaisant de celle de
Maistre des Requestes en
faveur de Monsieur de
Chaillou son fils qui n'est
âgéque de vingt- trois ans
& demy
,
& qui exerce
avec distinction depuis quatre annéeslaCharge d'Avocat General aux Requestes de l'Hostel. On vous a
si souvent parléde la FaIl
mille de Monheur Amelot,
qu'il est inutile d'en rien
répéter
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44
p. 45-48
DON DU ROY.
Début :
Le Roy a donné la Charge de Grand Aumônier de France [...]
Mots clefs :
Grand Aumônier de France, Rohan, Hospices, Offrandes, Roi, Charge
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texteReconnaissance textuelle : DON DU ROY.
DON DV ROT.?
: LeRoy a donne' la Charge
de Grand Aumônier de
France au Cardinal de Rohan.
Le grand Aumônier de
France est le premier des
Officiers Ecclesiastiquesde
la Maison du Roy;ilest
,
considerécommel'Evêque
de la Cour. Il est Commandeur
de l'Ordre du
Saint Esprit dés qu'il est
nommé à la Charge de
Grand Aumônier, & ne
cesse point de l'être tant
qu'il en est revêtu. C'est un
honneur attaché à sa dignité
par l'institution de
l'Ordre en 1578. article10. Il
fait à present ferment de sidelité
entre les mains du
Roy, reçoit celui des Officiers
de la Chapelle,& donne
des certificats de ceux
que sont les Prelats entre
les mains de Sa Majesté ér.
nt àl'Eglise. Il disposè des
fonds destinez pour les offrandes
& aumônes, a l'intendance
& adminiltration
des Hôpitaux des quinze
vingt aveugles de Paris, &
des huitvingt de Chartres,
dont il donne les places,&
jouit de plusieurs autres prérogatives.
Il donnoit anciennement
les provisions
de la plus grande partie des
Maladeries de France, avant
leur reünion aux Hôpitaux
deslieux. Geofroy de
Pompadour est le premier
qui a été qualifié grand Aumonier
du Royen i486.fous
le regne de Charles VIH.
Ses successeurs en cette
Charge ont continué à
prendre la mêmequalité
iusqu'àAntoine Sanguin,dic
le Cardinal de Meudon, qui,
en fut pourvu par le Roy
François I. en 1543. fous le tittrreeddeeggrraannddAAuummôônniieerrddee
France; ce qui a,été fuiyi
par tous ceux qui en ont
été revêtus après lui.
On a si souvent parlé de la Maison
de Soubize,qu'on renvoye le lecteur à
ce qu'on en a dit dans les Mercures
precedens.
: LeRoy a donne' la Charge
de Grand Aumônier de
France au Cardinal de Rohan.
Le grand Aumônier de
France est le premier des
Officiers Ecclesiastiquesde
la Maison du Roy;ilest
,
considerécommel'Evêque
de la Cour. Il est Commandeur
de l'Ordre du
Saint Esprit dés qu'il est
nommé à la Charge de
Grand Aumônier, & ne
cesse point de l'être tant
qu'il en est revêtu. C'est un
honneur attaché à sa dignité
par l'institution de
l'Ordre en 1578. article10. Il
fait à present ferment de sidelité
entre les mains du
Roy, reçoit celui des Officiers
de la Chapelle,& donne
des certificats de ceux
que sont les Prelats entre
les mains de Sa Majesté ér.
nt àl'Eglise. Il disposè des
fonds destinez pour les offrandes
& aumônes, a l'intendance
& adminiltration
des Hôpitaux des quinze
vingt aveugles de Paris, &
des huitvingt de Chartres,
dont il donne les places,&
jouit de plusieurs autres prérogatives.
Il donnoit anciennement
les provisions
de la plus grande partie des
Maladeries de France, avant
leur reünion aux Hôpitaux
deslieux. Geofroy de
Pompadour est le premier
qui a été qualifié grand Aumonier
du Royen i486.fous
le regne de Charles VIH.
Ses successeurs en cette
Charge ont continué à
prendre la mêmequalité
iusqu'àAntoine Sanguin,dic
le Cardinal de Meudon, qui,
en fut pourvu par le Roy
François I. en 1543. fous le tittrreeddeeggrraannddAAuummôônniieerrddee
France; ce qui a,été fuiyi
par tous ceux qui en ont
été revêtus après lui.
On a si souvent parlé de la Maison
de Soubize,qu'on renvoye le lecteur à
ce qu'on en a dit dans les Mercures
precedens.
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Résumé : DON DU ROY.
Le document relate la nomination du Cardinal de Rohan au poste de Grand Aumônier de France par LeRoy. Le Grand Aumônier est le principal officier ecclésiastique de la Maison du Roi, souvent appelé l'Évêque de la Cour. Cette fonction confère automatiquement le titre de Commandeur de l'Ordre du Saint-Esprit, créé en 1578. Le Grand Aumônier prête serment de fidélité au Roi, reçoit les serments des officiers de la Chapelle et délivre des certificats aux prélats pour le Roi et l'Église. Il gère les fonds pour les offrandes et aumônes, ainsi que l'administration des hôpitaux des Quinze-Vingts aveugles de Paris et des Huit-Vingts de Chartres, attribuant les places dans ces hôpitaux. Historiquement, il avait aussi la charge des provisions des maladeries de France. Le premier Grand Aumônier du Roi fut Geoffroy de Pompadour en 1486 sous Charles VIII. Antoine Sanguin, le Cardinal de Meudon, fut nommé par François I en 1543, marquant l'utilisation officielle du titre de Grand Aumônier de France.
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45
p. 235-240
Reception de M. Duchevron en la Charge de Prevost General des Camps & Armées du Roy, par Messieurs les Marêchaux de France, au Parlement. [titre d'après la table]
Début :
& le nouveau Ceremonial dont je vais les entretenir dont [...]
Mots clefs :
Armées du roi, Cérémonial, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reception de M. Duchevron en la Charge de Prevost General des Camps & Armées du Roy, par Messieurs les Marêchaux de France, au Parlement. [titre d'après la table]
& le nouveau Ceremonial
dont je vais les entretenir
va me servir de vehi.
cule pour leur presenter d'autres
objets.
Le six de ce mois M.le Marêchal
de Villcroy
,
Doyen des
Maréchaux de France
,
Meffleurs
les Marêchaux de Villars,
d'Estrées, de Tessé
,
de
Matignon & de Montesquiou
serendirent au Parlement àla
Connestablie, pour y recevoir
M. Duchevron dans la Charge
de Prevost General de la
Connestablie, Gendarmerie,
Maréchaussee de France & des
Camps & Armées du Roy, vacante
par la mort de feu M.
de la Coste, & que le Roy
luya donnée en consideration
de ses longs services, & pour
le dédommager dela perte de
sa Charge de Lieutenant des
Gardes du Corps de feu Monseigneur
le Duc de Berry. Le
jour destinépour sareception,
la Compagniede laConnstablie
attendit au bas de TcC
calier de la Sainte Chapelle,
Messieurs les Marêchauxde
France qui arriverent
à onze heures du
matin. Dés qu'ils parurent
on leur presenta à chacun
un bouquet, les Gardes fç
mirent fous les armes, les
tambours battirent aux
champs,&les trompettes
&les hautbois sonnerent,
&lesaccompagnerent juf.,
qu'àlaConnêtablie,où1SI
prirent séance chacun félonleur
rang. On ylûtles
Provisions en commandement
accordées par SaMajesté
à M. Duchevron , aprés quoy on fût aux opinions
qui luy furent toutes
favorables. Il prêta ensuite
ferment entre les mains de
Messieurs les Maréchaux
de France. Le plus ancien
Lieutenant de la Compagnie
de la Connêtablie
presenta un Bâton de commandement
à M.le Maréchal
de Villeroy
,
qui le
remit dans les mains du
nouveau Prevost, qui prit
alors séance. Messieurs de
la Jonchere
,
de Sauroy èC
de Paparelle y prirent aussi
séance en qualité de Tre.
foriersGeneraux de l'Ordinaire6cExtraordinairedes
Guerres,. ayant voix déliberative
par la qualité de
leurs Charges.
Cette ceremonie finie
Meilleurs les Maréchaux
de France sortirent dans le
même ordre qu'ils étoient
entrez, & M. le Prevost
après les avoir remerciez,
fut joindre une douzaine
de ses amis, ( dont je fuis
du nombre ) au rendezvous
qu'il leur avoit donné
, & où le verre à la
main, nous le felicitâmes1
tous de grand coeur,sur sa.
nouvelledignité
dont je vais les entretenir
va me servir de vehi.
cule pour leur presenter d'autres
objets.
Le six de ce mois M.le Marêchal
de Villcroy
,
Doyen des
Maréchaux de France
,
Meffleurs
les Marêchaux de Villars,
d'Estrées, de Tessé
,
de
Matignon & de Montesquiou
serendirent au Parlement àla
Connestablie, pour y recevoir
M. Duchevron dans la Charge
de Prevost General de la
Connestablie, Gendarmerie,
Maréchaussee de France & des
Camps & Armées du Roy, vacante
par la mort de feu M.
de la Coste, & que le Roy
luya donnée en consideration
de ses longs services, & pour
le dédommager dela perte de
sa Charge de Lieutenant des
Gardes du Corps de feu Monseigneur
le Duc de Berry. Le
jour destinépour sareception,
la Compagniede laConnstablie
attendit au bas de TcC
calier de la Sainte Chapelle,
Messieurs les Marêchauxde
France qui arriverent
à onze heures du
matin. Dés qu'ils parurent
on leur presenta à chacun
un bouquet, les Gardes fç
mirent fous les armes, les
tambours battirent aux
champs,&les trompettes
&les hautbois sonnerent,
&lesaccompagnerent juf.,
qu'àlaConnêtablie,où1SI
prirent séance chacun félonleur
rang. On ylûtles
Provisions en commandement
accordées par SaMajesté
à M. Duchevron , aprés quoy on fût aux opinions
qui luy furent toutes
favorables. Il prêta ensuite
ferment entre les mains de
Messieurs les Maréchaux
de France. Le plus ancien
Lieutenant de la Compagnie
de la Connêtablie
presenta un Bâton de commandement
à M.le Maréchal
de Villeroy
,
qui le
remit dans les mains du
nouveau Prevost, qui prit
alors séance. Messieurs de
la Jonchere
,
de Sauroy èC
de Paparelle y prirent aussi
séance en qualité de Tre.
foriersGeneraux de l'Ordinaire6cExtraordinairedes
Guerres,. ayant voix déliberative
par la qualité de
leurs Charges.
Cette ceremonie finie
Meilleurs les Maréchaux
de France sortirent dans le
même ordre qu'ils étoient
entrez, & M. le Prevost
après les avoir remerciez,
fut joindre une douzaine
de ses amis, ( dont je fuis
du nombre ) au rendezvous
qu'il leur avoit donné
, & où le verre à la
main, nous le felicitâmes1
tous de grand coeur,sur sa.
nouvelledignité
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46
p. 295-301
Copie des Provisions accordées par Sa Majesté à M. Crozat pour la Charge de Commandeur & Grand Tresorier des Ordres du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Voici une copie des Provisions de la Charge de Commandeur [...]
Mots clefs :
Commerce maritime, Roi, Duc d'Orléans, Ordre du Saint-Esprit, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Copie des Provisions accordées par Sa Majesté à M. Crozat pour la Charge de Commandeur & Grand Tresorier des Ordres du Roy. [titre d'après la table]
Voici une copie des Provisions
de laCharge de Commandeur
& grandTresorier de
l:q.I:',rc du S.Esprit,dont leRoi
vicbiAhonorer M. Crozat.
LOUIS par la grace de Dieu ,
Roy de,France & de Navarre
Chef&Souverain,GrandMaître
de l'Ordre de S. Michel&du
S. Esprit: A tous ceux qui ces
Presentes Lettres verront,Salut.
Le Roy nostre tres-honoré Seigneur
&: Bisayeul,ayant par son
Editdumoisd'Aoust 1669. permis
aux Gentilshommes d'exercer
par eux, ou par personnes
interposées, le Commerce maritime
sans déroger à Noblesse;
nous avons v avec satisfaction
que p l usieurss'y sont adonnez
pour le bien de nostre Etat; mais
entre ceux qui s'y sont distinguez,
personne ne l'a fait avec plus de
Noblesse, de bonne foi, &: de
bonheur, &plus d'utilité pour la
Patrie, que nostre amé & féal
..:
Conseiller &Setretairç,Maison
& Couronne de France& de nos
Finances le Sieur Antoine Crorat,
qui par son zele, son application
& l'étendue de ses connoissances
dansle Commerce maritime,
a procuré à nostre Royaume
de grands avantages, & une
grande quantitédematiere d'or
& d'argent, dans des temps qu'-
elles lui estoient si neceflfaires,
G'est ce qui porta le Roynostre
Predecesseur & Bisayeul, d'accorder
audit Sieur Crozat par
lesLettres Parentes du 14. Septembre
1V11. la facultédefaire
seul le Commerce du Pays de
la Loüisiane, dontle succés
commence de répondre à nos esperances.
Mais voulanttémoigner
plus particulièrementnotre
satisfaction audit Sieur Crozat,
&; faire connoistre à nos Sujets
au commencement de nostre
Reancile desir que nous avons de
les rendre heureux, en excitant
l'émulation de ceux qui parleur,
industrie & leurstalens,sont en
état de leur procurer l'abondance
; nous avons résolu ensuivant
les intentions du Roi Loüis XIII
marquées dans son Ordonnance
de 1629. de relever &: faire honorer
ceux qui s'occupent au
Commerce maritime.C'est pourquoy
nous avons crû nepouvoir
donner une plus grande marque
d'honneur audit SieurCrozat,qui
convienne mieux aux alliances,
qu'il a faires, & lui témoigner la
satisfaction que nous avons de ses
services, & de ceux qui nous ont
esté rendus par sa famille, dans
les Charges de Conseiller au Parlement,
Maistres des Requestes,
& autres emplois, qu'en lui donnant
la Charge de Commandeur
& Grand Tresorier de nos Ordres.
A ces causes &autres bonnes
considerations, à ce nous
mouvans, nous avons audit Sieur
Crozat de l'avis de nôtre trescher
& tres-Amé Oncle le Duc
d'Orléans Regent, desPrinces de
nôtre Sang
,
des Cardinaux,Prelacs,
Commandeurs& Officiers
desdits Ordres, estant prés de nôtrePersonne,
donné &: octroyé par
ces Presentes signées de nostre
main, l'Etat & Office de Commandeur
& Grand Tresorier desdits
Ordres.
On ne peut rien dire qui fajfe
mien* CEloge de M. Crozat , ç$*
quiprouve davantage fin erilt.
quela copie deftsProvisions.
Les Provisions de la même
Charge vacante par la mort de
M. Chauvelin., avant que de
passeràMCrozat
, ont été accordées
par SaMajesté à M. Gaston
Jean-Baptiste de Terrat Marquis
de Chantofme & deTravers
Baron de Chaumont Chancelier
de feuMonsieur Frere unique du
•Roy,& de Monseigneur le Duc
d'Orleans Regent du Royaume,
Sur-Intendant de ses Finances.
M. de Terrat sans posseder
cette Charge pour laquelle il
n'avoit faire aucune démarche
joüit de tous ses honneurs , par
la grace de Sa Majesté, & par une
distinction singuliere. de Monseigneurle
Regent
,
à qui il a plû
luy donner cette preuve de son
attention &' de sa reconnoissance
pour tous les bons services qu'il
a rendus,& qu'il rend actuellement
à laMaison d'Orleans.
de laCharge de Commandeur
& grandTresorier de
l:q.I:',rc du S.Esprit,dont leRoi
vicbiAhonorer M. Crozat.
LOUIS par la grace de Dieu ,
Roy de,France & de Navarre
Chef&Souverain,GrandMaître
de l'Ordre de S. Michel&du
S. Esprit: A tous ceux qui ces
Presentes Lettres verront,Salut.
Le Roy nostre tres-honoré Seigneur
&: Bisayeul,ayant par son
Editdumoisd'Aoust 1669. permis
aux Gentilshommes d'exercer
par eux, ou par personnes
interposées, le Commerce maritime
sans déroger à Noblesse;
nous avons v avec satisfaction
que p l usieurss'y sont adonnez
pour le bien de nostre Etat; mais
entre ceux qui s'y sont distinguez,
personne ne l'a fait avec plus de
Noblesse, de bonne foi, &: de
bonheur, &plus d'utilité pour la
Patrie, que nostre amé & féal
..:
Conseiller &Setretairç,Maison
& Couronne de France& de nos
Finances le Sieur Antoine Crorat,
qui par son zele, son application
& l'étendue de ses connoissances
dansle Commerce maritime,
a procuré à nostre Royaume
de grands avantages, & une
grande quantitédematiere d'or
& d'argent, dans des temps qu'-
elles lui estoient si neceflfaires,
G'est ce qui porta le Roynostre
Predecesseur & Bisayeul, d'accorder
audit Sieur Crozat par
lesLettres Parentes du 14. Septembre
1V11. la facultédefaire
seul le Commerce du Pays de
la Loüisiane, dontle succés
commence de répondre à nos esperances.
Mais voulanttémoigner
plus particulièrementnotre
satisfaction audit Sieur Crozat,
&; faire connoistre à nos Sujets
au commencement de nostre
Reancile desir que nous avons de
les rendre heureux, en excitant
l'émulation de ceux qui parleur,
industrie & leurstalens,sont en
état de leur procurer l'abondance
; nous avons résolu ensuivant
les intentions du Roi Loüis XIII
marquées dans son Ordonnance
de 1629. de relever &: faire honorer
ceux qui s'occupent au
Commerce maritime.C'est pourquoy
nous avons crû nepouvoir
donner une plus grande marque
d'honneur audit SieurCrozat,qui
convienne mieux aux alliances,
qu'il a faires, & lui témoigner la
satisfaction que nous avons de ses
services, & de ceux qui nous ont
esté rendus par sa famille, dans
les Charges de Conseiller au Parlement,
Maistres des Requestes,
& autres emplois, qu'en lui donnant
la Charge de Commandeur
& Grand Tresorier de nos Ordres.
A ces causes &autres bonnes
considerations, à ce nous
mouvans, nous avons audit Sieur
Crozat de l'avis de nôtre trescher
& tres-Amé Oncle le Duc
d'Orléans Regent, desPrinces de
nôtre Sang
,
des Cardinaux,Prelacs,
Commandeurs& Officiers
desdits Ordres, estant prés de nôtrePersonne,
donné &: octroyé par
ces Presentes signées de nostre
main, l'Etat & Office de Commandeur
& Grand Tresorier desdits
Ordres.
On ne peut rien dire qui fajfe
mien* CEloge de M. Crozat , ç$*
quiprouve davantage fin erilt.
quela copie deftsProvisions.
Les Provisions de la même
Charge vacante par la mort de
M. Chauvelin., avant que de
passeràMCrozat
, ont été accordées
par SaMajesté à M. Gaston
Jean-Baptiste de Terrat Marquis
de Chantofme & deTravers
Baron de Chaumont Chancelier
de feuMonsieur Frere unique du
•Roy,& de Monseigneur le Duc
d'Orleans Regent du Royaume,
Sur-Intendant de ses Finances.
M. de Terrat sans posseder
cette Charge pour laquelle il
n'avoit faire aucune démarche
joüit de tous ses honneurs , par
la grace de Sa Majesté, & par une
distinction singuliere. de Monseigneurle
Regent
,
à qui il a plû
luy donner cette preuve de son
attention &' de sa reconnoissance
pour tous les bons services qu'il
a rendus,& qu'il rend actuellement
à laMaison d'Orleans.
Fermer
47
p. 288-291
Dons du Roy, [titre d'après la table]
Début :
Le 5. de ce mois M. d'Armenonville, Conseiller d'Etat, [...]
Mots clefs :
Roi, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy, [titre d'après la table]
Le 5. de ce mois M. d'Armenonville
,
Conleillerd'EtatK
cy devant Directeur général
des Financcsi-Prta fermententre
les mains du Roy
,
de la
Charge de Secretaire d'Etac
des Commandements & Finances
de Sa Majette dont il
a cfié porvû sur la dem(Tion
de M. le Marquis de Torcy.
Le choix que Monsieur le
Duc
)uc d'Orléans a fait de M.
1"Armenonville pour remplir
:cttc Charge fait son éloge,
54 son expérience & sa capacité
dans cous les différentsemplois
qui luy ont este confiez
fous le feu Roy, répondent
au public de la fatisfaaion
qu'il en attend.
Le 8. de ce mois, M. de
Verthamon prêta ferment entre
les mains du Roy, de la
Charge de Commandeur Secrétaire
des Ordres de Sa Majeftéjdc
laquelle Charge il n'a
confervé que les honneurs.
Le 11. Février MeflireClaude
le Bas de Monrargis, Confetllerdu
Royen fesConfeils
r- Garde du Tresor Royal, prêta
ferment entre lesmains du
Roy, de la Charge de Commandeur
Secrétaire des Ordres
du Roy
, en prefencc de S.A.
R Monseigneur le Duc dOrléans
,
Rrgenc du Royaume4
de Nofifcigneurs les Princes du
Sang, & des Seigneurs de la
Cour.
M. rAmbaÍfadeur d'Efpagne
a donné le 18. de ce
mois, en 1 honneur de la Naifrance
du Prince Don Carlos,
un des plus fupcrbes & des plus
magnifiques Bals qu'on puisse
donner.
M. de Robincau, cy-devanc
Intendant de M. le Maréchal
de Tallard, & avant la réforme
Commiffairc des Guerres, réfidant
à Dole,a donné un Bal
magnifique, en l'honneur de
la Naiflfance du Fils de M. le
Duc de Tallard.
,
Conleillerd'EtatK
cy devant Directeur général
des Financcsi-Prta fermententre
les mains du Roy
,
de la
Charge de Secretaire d'Etac
des Commandements & Finances
de Sa Majette dont il
a cfié porvû sur la dem(Tion
de M. le Marquis de Torcy.
Le choix que Monsieur le
Duc
)uc d'Orléans a fait de M.
1"Armenonville pour remplir
:cttc Charge fait son éloge,
54 son expérience & sa capacité
dans cous les différentsemplois
qui luy ont este confiez
fous le feu Roy, répondent
au public de la fatisfaaion
qu'il en attend.
Le 8. de ce mois, M. de
Verthamon prêta ferment entre
les mains du Roy, de la
Charge de Commandeur Secrétaire
des Ordres de Sa Majeftéjdc
laquelle Charge il n'a
confervé que les honneurs.
Le 11. Février MeflireClaude
le Bas de Monrargis, Confetllerdu
Royen fesConfeils
r- Garde du Tresor Royal, prêta
ferment entre lesmains du
Roy, de la Charge de Commandeur
Secrétaire des Ordres
du Roy
, en prefencc de S.A.
R Monseigneur le Duc dOrléans
,
Rrgenc du Royaume4
de Nofifcigneurs les Princes du
Sang, & des Seigneurs de la
Cour.
M. rAmbaÍfadeur d'Efpagne
a donné le 18. de ce
mois, en 1 honneur de la Naifrance
du Prince Don Carlos,
un des plus fupcrbes & des plus
magnifiques Bals qu'on puisse
donner.
M. de Robincau, cy-devanc
Intendant de M. le Maréchal
de Tallard, & avant la réforme
Commiffairc des Guerres, réfidant
à Dole,a donné un Bal
magnifique, en l'honneur de
la Naiflfance du Fils de M. le
Duc de Tallard.
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48
p. 122-140
De Cadix, le premier Mars. DESCRIPTION de la Pompe Funebre de Loüis XIV.
Début :
Le sieur Robin, chargé des affaires du Consulat de la Nation [...]
Mots clefs :
Louis XIV, Pompe funèbre, Couronne de laurier, Roi, Pieds, Charge, Fleurs, Hercule, Monarque, Pompe funèbre de Louis XIV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Cadix, le premier Mars. DESCRIPTION de la Pompe Funebre de Loüis XIV.
DDeCe aCJ~ixdi,le*'pleremier.Matsi
DESCRIPTION4 i
de la PomPt Funebre
deLamXIV. r
Le sieur Robin, chargé des
affaires du Coniulac de la Nation
Françoise
,
& les autres
Negocians François establis à
Cadix ,ont fait leurs efforts
pour rendre,à la mémoire de
Loüis le Grandles honneurs
qui luy font deus. '': r.
Ils ont fait ériger un va(le
Maufoléc dans le grand vaisseau
de l'Eglise de S. François
decetteVille. Il paroissoitêtre
d'un beau marbreazur&blanc
doré dans tous ses ornemenrs.
Il estoit de cinquante-un pied
de haut, survingt-quatre de
base.
Quatre pieds d'estaux terminoient
les quatre angles d'un
grand socle & portoient chacun
une pyramide chargée de
flambeaux, seméed'unegrosse
fleur-de lys dorée;douze grandes
colomnes,le tiers avec un
demy relief doré & disposées
de trois en trois sur les angles
du socle, supportoient un entablement
quarré enrichi d'une
belle corniche char gée dans
ses quatre faces des Armes de
France en gros relief avec une
riche Couronne. De Itenrablcment
s'élevoit un grand dôme
octogone accompagnéde quatre
grandes Statuës qui tc-j
:
noient une Couronne, un Sceptre
,une Epée, uneBalance
, dorées;quatreAnges l'encensoir
à la main,& quatre grandes
urnes doréts occupoient
huit vuides du dôme;il étoit
terminé par une Mort qui paroissoit
avoir arraché plusieurs
tiges de fleurs de-lys d'une
plante ,excepté une, avec ces
mots:PluTlbus avulsis non d(ftcil
alter; & aux pieds de laMort
estoit un trophée d'armes. &
d'étendarts qu'elle souloit. Enfin
entre les douze colomnes
ont découvroit sous un pavillond'un
riche damas noir ouvert
par quatre endroits, un
magnifique cercuëil couvert
d'un tapis de velours noir en
broderie d'or. Deuxcarreaux
de même estoient posez sur le
devant chargez d'une Main de
Justice & d'un Sceptre doré
passez en fauroir & d'une riche
Couronne. Les quatre faces
estoient semées de fleurs-de-lys
& la premiereestoit occupée
par un grand Ecu de Franceen
gros relief doré avec la Couronne
demême; quatre pyramides
garnies de flambeaux
éclairoient le cercuëil & le desfous
de l'entablement.Tous
lesbords dusocle & des coraidhes,
les pyramides, tout le
dessus du dôme estoient couverts
de cire blanche, tous les
Autels&tout le contour du
dedans de l'Eglise en ettotenc
également chargez.
- On a osé entreprendre de
ttoceraux yeux duPublic quelques
traits de la vie dece Monarque
aussi respectable par sa
pieté éclatante envers Dieu,
qu'il sur grand devant les hommes
par ses actions inoüies.
Les soubassements du Mausoiée
representoient douze
grandes faces.
La première representoit le
Roy mettant la Couronnesur
la teste de deux Princes de son
Sang, l'un grand,& l'autreencore
Enfant, avec ces paroles t
Secundam Cm tertiam coronavit
generationem; & une Renommée
qui mettoit au Royune
Couronnede lauriers, avec ces
paroles:Fatis vita cejjit9sed[d;"
tnâ gesta manebunt. :
La seconde representoit la
Mort qui renverfoic aux pieds
du Roy plusieurs jeunes Princes,
avec ces paroles qui marquoienr
la confiance du Prophere
Job: Fihos dederat mihi
Domious, DominusMnlit*
;
La troisiéme representoit
un Soleil éteint surla fin de sa
cour se,&une grande Etoile
naissante vers ~l'Ouent, avec ces
paroles: Minor )fd non eriL
tmpar.
La quatriéme representoit
une Couronne,contre laquelle
plusieursmainstiroient de toutes
parts des flêches, avec ces
paroles: Mille, ad illamautem
nulla appropinquavit.
La cinquiéme representoit
un Phoenix qui se brûloit sur
un bucher, & un autre jeune
Phoenixau- dessusnaissantd'une
nuë,avec ces paroles:IA
dlterorevivifeam:
•*; JJ,:
La sixiéme representoitun
Hercule qui scioituneMontagne,
avecces paroles:Milta.
planos fecit.- - 1
La septiéme representoit
encore un Hercule, & d'un
côté deux Combattants,qui
aprés avoir jeetez leurs cpecs
en l'airs'embrassoient; de l'autre
deux Lyons affrontez chacun
avec un mord à la bouche
avec cesparoles:Cuello,solus
quifroenum posuit. - La neuviéme representoit
lesneuf Muses qui pleuroient
autour du Roy étendu &cou..
ronné de lauriers,avec ces pa.,
roles: MUftt! nosterobiit j4polio.
La dixiémerepresentoit un
Berger melancolique gardant
un grand Troupeau, avec ces
paroles:Fletemcoe Lodoicum extinctumflet?
cAffclloe.
-': La onziéme representoit
un. grand Aigle qui prenoit
l'effort vers l'Orient ,portant
un Livre des Evangiles à son
bec, accompagné d'une foule
d'Aiglons;&un autre de mèr
me qui voloit vers le Couchant,
avec ces paroles:Ab
gOrieentleiaud omccasum. misit Evan- tn t Evan.
La douzièmerepresentoit la
Mortqui retwerfon d'un seul
pied une grande Tour & une
Chaumicre :Æquopedepulsat
paupemm tabernas
,
RrgumfJ!lt
turres.,Í -
Toute l'Egliseestoittapisfée
de noir, &de part & dautre
les Tapisseries furent ornées
de douze grands Tableaux.
Le premier representoit le
Roy donnant la main au Roy
& à la Reine de la Grande Bretagne,
accompagnez duPrince
& de la Princesse de Galles, &
achevants de descendre d'un
Navire, avec ces paroles: Reges
Regno Patriaque passospif*
cepit befpitio.
Le second representoit le
Buste du Roy avec un Trident
au dessous , présidant à la
jonction de l'Océan & de la
Mer Méditerranée, qui après
avoir nv.fle leurs caux, alloient
arroser un grand Globe, avec
ces paroles: Nomenejus currit
sicunt unda per orbem.
Le troisiéme representoit
le Roy cuirasse, qui d'une main
ébranloit un arbre chargé de
Pommes d'or
, autour de
l'ar brc estoient representez
ks beaux Arts sous la figure
deFemmes qui travailloient à
divers ouvrages; une Renom.
mée mettant une Couronne de
lauriers sur la celle du Roy,
avec ces paroles: Non minus
ac armis,artibus astra petit.
, Le quatriéme representoit
un Hercule,assommant avec
sa massuël'Hydreà sept tcfics,
avec ces paroles: Hoerejim ex-
ItrpaVtt è regno.
Le cinquiéme representoit
lesAmb)(fadeursdeSiam&de
Pet se,offrant leurs Prcfcns au
Roy sur son Trosne,avec ces
paroles: Ab Oriente venerunt
ut 'tJidtret gloâam ejns*
"i Le sixtémerepresentoit le
Roy à l'entrée du College des
quatre Nations, & un grand
Trophée d'armes à sespieds,
avec ces paroles Puguuuit ut
David, adtficaitit utSalomon. ,,..
Le septiéme representoit le
Roy à costé de tHoRet des
Invalidesn & une Compagnie
d'Officiers qui y entroit, avec
ces paroles: Invalidisquoesivit solatium.
Le huitiéme representoit
une Foy voilée, couronnant
le Roy étendu à sespieds,avec
ces paroles: Vere meus hic sir
lius IrAt.
Le neuviéme representoit
le Roy tenant entre ses mains
nostre,jeune.Monarque qu'il
estroit à Dieu à l'entrée d'un
Tabernacle, avec ces paroles:
Unum.petit 4 Domino., ut si
fortis in fide pArentum» !
- Le dixiéme representoie
l'Espagne sous la figure d'une
Femme, donnant la main à la
France fous lafigure d'une
jeune Fille affligée, avec ces paroles:
Soron non deficiam.
Le onziéme representoit un
grandVafc chargé deFleursde
Lysflêtries & abattues
toutes autour du Vase, exceptc
cepté deux qui s'élevoient au
milieu, une passant au travers
d'une Couronne de France,
& l'autre au travers d'une
Couronne d'Espagne ;.'-un
Ange les arrofoit avec l'huile
de la Sainte Ampoule , avec
ces paroles: Darabunt in fudlvitatem
odoris.
Le douziéme representoit
un Phaëton couronné -de
France ,porté dans le Char
du Soleil semé de Fleurs-dc-
Lys; une nouvelle Etoile d'un
grand éclat luy marquait la
route qu'il devoit tenir, avec
ces paroles; Auredia. Régente
luce a via non aberrabo.
1 Le Chapitre de laCathédrale
vint chanter une grande
Mené en Musique; toutes les
Communautez Religieuses y
vinrent à leur tout, ensuite
les Prestres de l'Ordre de S.
François occuperent tous les
Autels de l'Egliseen unmême
temps, & le Service se commença
au bruit des cloches de
toutes les Eglises de la Ville
qui avoient déjàsonné dés la
veille pendant l'Office des
Morts qui fut chanté. L'Oraison
funèbre fut prononcée
enEspagnol:MleGouverneur,
le Chapitre, les Prélats des Ordres
Religieux & toute la Noblesse:
honorercnt cette Pompe
funebre de leur presences
Ce
-
furent là les marques
extérieuresd'une douleur trésintimede
la Nation Françoise,
qui pour estreéloignée de sa
Patile,n'enaestéqueplusvivemencamigeelEMe
puise toute
sa consolation dans le bonheur
de voir la précieufc vie du
Monarque que le Ciel luy a
reservé, entre les mains de
Spn Altesse Royale Monfeigneur
le Duc d'Orléans,dont
l'habileté
,
la prévoyance ÔC
le génie superieurreconnus de
tout l'Univers, sont desassurances
certaines que son regne
ne fera pas moins formidable,
heureux & glorieux que l'a
cfié. celuy du Grand Roy que
nous venons de perdre.
DESCRIPTION4 i
de la PomPt Funebre
deLamXIV. r
Le sieur Robin, chargé des
affaires du Coniulac de la Nation
Françoise
,
& les autres
Negocians François establis à
Cadix ,ont fait leurs efforts
pour rendre,à la mémoire de
Loüis le Grandles honneurs
qui luy font deus. '': r.
Ils ont fait ériger un va(le
Maufoléc dans le grand vaisseau
de l'Eglise de S. François
decetteVille. Il paroissoitêtre
d'un beau marbreazur&blanc
doré dans tous ses ornemenrs.
Il estoit de cinquante-un pied
de haut, survingt-quatre de
base.
Quatre pieds d'estaux terminoient
les quatre angles d'un
grand socle & portoient chacun
une pyramide chargée de
flambeaux, seméed'unegrosse
fleur-de lys dorée;douze grandes
colomnes,le tiers avec un
demy relief doré & disposées
de trois en trois sur les angles
du socle, supportoient un entablement
quarré enrichi d'une
belle corniche char gée dans
ses quatre faces des Armes de
France en gros relief avec une
riche Couronne. De Itenrablcment
s'élevoit un grand dôme
octogone accompagnéde quatre
grandes Statuës qui tc-j
:
noient une Couronne, un Sceptre
,une Epée, uneBalance
, dorées;quatreAnges l'encensoir
à la main,& quatre grandes
urnes doréts occupoient
huit vuides du dôme;il étoit
terminé par une Mort qui paroissoit
avoir arraché plusieurs
tiges de fleurs de-lys d'une
plante ,excepté une, avec ces
mots:PluTlbus avulsis non d(ftcil
alter; & aux pieds de laMort
estoit un trophée d'armes. &
d'étendarts qu'elle souloit. Enfin
entre les douze colomnes
ont découvroit sous un pavillond'un
riche damas noir ouvert
par quatre endroits, un
magnifique cercuëil couvert
d'un tapis de velours noir en
broderie d'or. Deuxcarreaux
de même estoient posez sur le
devant chargez d'une Main de
Justice & d'un Sceptre doré
passez en fauroir & d'une riche
Couronne. Les quatre faces
estoient semées de fleurs-de-lys
& la premiereestoit occupée
par un grand Ecu de Franceen
gros relief doré avec la Couronne
demême; quatre pyramides
garnies de flambeaux
éclairoient le cercuëil & le desfous
de l'entablement.Tous
lesbords dusocle & des coraidhes,
les pyramides, tout le
dessus du dôme estoient couverts
de cire blanche, tous les
Autels&tout le contour du
dedans de l'Eglise en ettotenc
également chargez.
- On a osé entreprendre de
ttoceraux yeux duPublic quelques
traits de la vie dece Monarque
aussi respectable par sa
pieté éclatante envers Dieu,
qu'il sur grand devant les hommes
par ses actions inoüies.
Les soubassements du Mausoiée
representoient douze
grandes faces.
La première representoit le
Roy mettant la Couronnesur
la teste de deux Princes de son
Sang, l'un grand,& l'autreencore
Enfant, avec ces paroles t
Secundam Cm tertiam coronavit
generationem; & une Renommée
qui mettoit au Royune
Couronnede lauriers, avec ces
paroles:Fatis vita cejjit9sed[d;"
tnâ gesta manebunt. :
La seconde representoit la
Mort qui renverfoic aux pieds
du Roy plusieurs jeunes Princes,
avec ces paroles qui marquoienr
la confiance du Prophere
Job: Fihos dederat mihi
Domious, DominusMnlit*
;
La troisiéme representoit
un Soleil éteint surla fin de sa
cour se,&une grande Etoile
naissante vers ~l'Ouent, avec ces
paroles: Minor )fd non eriL
tmpar.
La quatriéme representoit
une Couronne,contre laquelle
plusieursmainstiroient de toutes
parts des flêches, avec ces
paroles: Mille, ad illamautem
nulla appropinquavit.
La cinquiéme representoit
un Phoenix qui se brûloit sur
un bucher, & un autre jeune
Phoenixau- dessusnaissantd'une
nuë,avec ces paroles:IA
dlterorevivifeam:
•*; JJ,:
La sixiéme representoitun
Hercule qui scioituneMontagne,
avecces paroles:Milta.
planos fecit.- - 1
La septiéme representoit
encore un Hercule, & d'un
côté deux Combattants,qui
aprés avoir jeetez leurs cpecs
en l'airs'embrassoient; de l'autre
deux Lyons affrontez chacun
avec un mord à la bouche
avec cesparoles:Cuello,solus
quifroenum posuit. - La neuviéme representoit
lesneuf Muses qui pleuroient
autour du Roy étendu &cou..
ronné de lauriers,avec ces pa.,
roles: MUftt! nosterobiit j4polio.
La dixiémerepresentoit un
Berger melancolique gardant
un grand Troupeau, avec ces
paroles:Fletemcoe Lodoicum extinctumflet?
cAffclloe.
-': La onziéme representoit
un. grand Aigle qui prenoit
l'effort vers l'Orient ,portant
un Livre des Evangiles à son
bec, accompagné d'une foule
d'Aiglons;&un autre de mèr
me qui voloit vers le Couchant,
avec ces paroles:Ab
gOrieentleiaud omccasum. misit Evan- tn t Evan.
La douzièmerepresentoit la
Mortqui retwerfon d'un seul
pied une grande Tour & une
Chaumicre :Æquopedepulsat
paupemm tabernas
,
RrgumfJ!lt
turres.,Í -
Toute l'Egliseestoittapisfée
de noir, &de part & dautre
les Tapisseries furent ornées
de douze grands Tableaux.
Le premier representoit le
Roy donnant la main au Roy
& à la Reine de la Grande Bretagne,
accompagnez duPrince
& de la Princesse de Galles, &
achevants de descendre d'un
Navire, avec ces paroles: Reges
Regno Patriaque passospif*
cepit befpitio.
Le second representoit le
Buste du Roy avec un Trident
au dessous , présidant à la
jonction de l'Océan & de la
Mer Méditerranée, qui après
avoir nv.fle leurs caux, alloient
arroser un grand Globe, avec
ces paroles: Nomenejus currit
sicunt unda per orbem.
Le troisiéme representoit
le Roy cuirasse, qui d'une main
ébranloit un arbre chargé de
Pommes d'or
, autour de
l'ar brc estoient representez
ks beaux Arts sous la figure
deFemmes qui travailloient à
divers ouvrages; une Renom.
mée mettant une Couronne de
lauriers sur la celle du Roy,
avec ces paroles: Non minus
ac armis,artibus astra petit.
, Le quatriéme representoit
un Hercule,assommant avec
sa massuël'Hydreà sept tcfics,
avec ces paroles: Hoerejim ex-
ItrpaVtt è regno.
Le cinquiéme representoit
lesAmb)(fadeursdeSiam&de
Pet se,offrant leurs Prcfcns au
Roy sur son Trosne,avec ces
paroles: Ab Oriente venerunt
ut 'tJidtret gloâam ejns*
"i Le sixtémerepresentoit le
Roy à l'entrée du College des
quatre Nations, & un grand
Trophée d'armes à sespieds,
avec ces paroles Puguuuit ut
David, adtficaitit utSalomon. ,,..
Le septiéme representoit le
Roy à costé de tHoRet des
Invalidesn & une Compagnie
d'Officiers qui y entroit, avec
ces paroles: Invalidisquoesivit solatium.
Le huitiéme representoit
une Foy voilée, couronnant
le Roy étendu à sespieds,avec
ces paroles: Vere meus hic sir
lius IrAt.
Le neuviéme representoit
le Roy tenant entre ses mains
nostre,jeune.Monarque qu'il
estroit à Dieu à l'entrée d'un
Tabernacle, avec ces paroles:
Unum.petit 4 Domino., ut si
fortis in fide pArentum» !
- Le dixiéme representoie
l'Espagne sous la figure d'une
Femme, donnant la main à la
France fous lafigure d'une
jeune Fille affligée, avec ces paroles:
Soron non deficiam.
Le onziéme representoit un
grandVafc chargé deFleursde
Lysflêtries & abattues
toutes autour du Vase, exceptc
cepté deux qui s'élevoient au
milieu, une passant au travers
d'une Couronne de France,
& l'autre au travers d'une
Couronne d'Espagne ;.'-un
Ange les arrofoit avec l'huile
de la Sainte Ampoule , avec
ces paroles: Darabunt in fudlvitatem
odoris.
Le douziéme representoit
un Phaëton couronné -de
France ,porté dans le Char
du Soleil semé de Fleurs-dc-
Lys; une nouvelle Etoile d'un
grand éclat luy marquait la
route qu'il devoit tenir, avec
ces paroles; Auredia. Régente
luce a via non aberrabo.
1 Le Chapitre de laCathédrale
vint chanter une grande
Mené en Musique; toutes les
Communautez Religieuses y
vinrent à leur tout, ensuite
les Prestres de l'Ordre de S.
François occuperent tous les
Autels de l'Egliseen unmême
temps, & le Service se commença
au bruit des cloches de
toutes les Eglises de la Ville
qui avoient déjàsonné dés la
veille pendant l'Office des
Morts qui fut chanté. L'Oraison
funèbre fut prononcée
enEspagnol:MleGouverneur,
le Chapitre, les Prélats des Ordres
Religieux & toute la Noblesse:
honorercnt cette Pompe
funebre de leur presences
Ce
-
furent là les marques
extérieuresd'une douleur trésintimede
la Nation Françoise,
qui pour estreéloignée de sa
Patile,n'enaestéqueplusvivemencamigeelEMe
puise toute
sa consolation dans le bonheur
de voir la précieufc vie du
Monarque que le Ciel luy a
reservé, entre les mains de
Spn Altesse Royale Monfeigneur
le Duc d'Orléans,dont
l'habileté
,
la prévoyance ÔC
le génie superieurreconnus de
tout l'Univers, sont desassurances
certaines que son regne
ne fera pas moins formidable,
heureux & glorieux que l'a
cfié. celuy du Grand Roy que
nous venons de perdre.
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49
p. 159-167
Suite des Nouvelles de Paris.
Début :
Le 12. le Roy donna à Mr l'Abbé de Beringhen, le Prieuré [...]
Mots clefs :
Abbesse, Cordeliers, Cour, Avocat, Charge, Procédure, Statuts, Chevalier, Plaidoirie, Évêque, Parlement, Duchesse, Applaudissements, Sagesse, Raison, Rétablissement, Lettres patentes, Ambassadrices, Éloge, Vertu, Serment, Aumônier, Chancelier, Conseil, Navires
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texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Paris.
Suite des Nouvelles de Paris.
Le 12. le Roy donna à Mª l'Abbé
de Beringhen , le Prieuré de Pignan,
fitué dans l'Evêché de Frejus .
Le 15. M de Saint Heremobtint
la furvivance du Gouvernement
de Fontainebleau , avec l'aplaudiffement
de toute la Cour , il en a remercié
le Roy.
Le 16. Mde de Saint Herem , conduite
par Mde la Ducheffe de S. Simon
, eut l'honneur de faire la réverence
au Roy.
Le 18 Mr le Comte de Dreux
Grand Maître des Cérémonies , exerçant
par provifion la Charge de
Grand Maréchal des Logis du Roy,
160 LE NOUVEAU
a eû un Brever pour continuer l'exercice
de cette Charge jufqu'à ce
que Mr le Marquis de Cany fon
neveu ait atteint l'âge de 16 ans ,
pour en faire les fonctions par lui
même .
Le 18 l'affaire de Madame de
Sallo Abbeffe des Cordelieres , fut
décidée en fa faveur ; elle a fait
trop de bruit dans le monde pour
n'en pas former un article des plus
curieux de ce Recueil .
Deniſe Elifabeth de Sallo , fille de
feu M de Sallo Confeiller au Parlement
, recommandable par fa naiffance
& fon mérite litteraire , fut
mife dès l'âge de fept ans dans le
Convent des petites Cordelieres :
Eile y fit fa profeffion à l'âge de
15 , & pendant 40 années qu'elle a
demeuré dans cette Communauté,
elle ena paffé plus de 20 , Maîtreffe
des Penfionaires. Aprés la mortde
Mde BETAUT Abbeffè , elle fut élûë
en fa place le 11 Avril 1711.
La Tranquilité regna dans ce
Monaftere jufques au 30 Décembre
1714
MERCURE. 161
que fes Religieufes la foupçonnant
d'être la caufe, que le fieur RENGEAR
n'avoit pas eu la continuation de
fes pouvoirs , l'accuferent devant
le GENERAL , d'Intrufion , d'Irrégularité
, & de Janfenifme. Sur
ces plaintes , le Provincial des Cordeliers
accompagné des fieurs
ET LE ROUGE HENRIOT
:
pour Commiffaires ; Aprés avoir entendus
tous les Griefs intentez contr'elle
elle fut enfin dépofée par
Sentence dudit Provincial , déclarée
inhabile à être élûe Abbeſſe >
& privée de voix active & paffive .
Cette Abbeffe ayant apelé de cette
Sentence , fut reléguée par Lettre
de Cachet , dans le Convent des
Cordelieres DE CHAULNY. Aprés
la mort du Roy , ayant demandé fon
rapel qu'elle obtint ; elle vint pourfuivre
fon apel , comme d'abus , au
Parlement. M CHEVALIER
Avocat s'étant chargé de fon affaire
, commença à plaider le prémier
, & le deuxième Jeudy de
Carême. Mr Guyor de Chefne
Mars
1717.
0
162 LE NOUVEAU
Avocat du Promoteur & Monfieut
de Lombreuil , celui du Provincial,
plaidérent les trois Jeudis fuivants ,
& le dernier Jeudy qui étoit le 11.
Mr Chevalier repliqua avec un
aplaudiffement général il apuya
fort, fur ce que les deux Avocats
adverfes ( forcés par la verité ) n'avoient
pû refufer des éloges à la
fageffe , au bon efprit , & à la folide
vertu de Mde de Sallo . Salutem
ex inimicis noftris , s'écria - t'il .
Le 18 de ce mois Mr de Lamoi,
gnon Avocat Général commença de
plaider à huit heures , & un quart ;
& ne finit qu'à midi , avec l'admiraration
de toute l'Affemblée : Il reprefenta
à la Cour que toute la France
étoit attentive à fa décifion ;
Que cette Abbeffe avoit été interrogée
fur les queftions les plus épineufes
de la Théologie , qui agitent
aujourd'huy l'Eglife de France,
que cependant il croyoit avoir de
bonnes raifons pour ne pas lire en
public les dépofitions des Témoins
touchant fa Doctrine , que la Cour
MERCURE. 163
pouroit voir les informations ,
Elle le jugeoit à propos. Il conelut
qu'il y avoit abus dans la Procédure
, dans le jugement du Provincial
; & par conféquent au Rétabliffement
de l'Abbeffe . De plus il
requit la Cour que trois Livres contenants
les Statuts des Cordeliers ,
qui lui avoient été remis entre les
mains,fuffent fuprimés, comme étant
contraires à l'autorité des Roys , des
Juges Royaux & des Evêques :
Deifenfe d'avoir d'autres Statuts que
ceux qui auroient été enregistrés à
la Cour , en vertu de Lettres Paten
tes. Aprés un délibéré , on fit retirer
tout le monde , une heure
aprés , on rouvrit les Portes. Mr le
Premier Prefident prononça l'Arrêt,
qui porte, qu'il y avoit eû abus dans
la Procédure & dans ce qui s'en eit
enfuivi. Ordonne que les Cordeliers
ne pouront avoir de Statuts, que
de la permiffion du Roy, par
des
Lettres Patentes Regiftrées en la
Cour , que l'Arreit fera lû au Prochain
Chapitre Provincial , dans le
Njj
162 LE NOUVEAU
Avocat du Promoteur & Monfieur
de Lombreiiil , celui du Provincial ,
plaidérent les trois Jeudis fuivants ,
& le dernier Jeudy qui étoit le 11.
Mr Chevalier repliqua avec un
aplaudiffement général il apuya
fort , fur ce que les deux Avocats
adverfes ( forcés par la verité ) n'avoient
pû refufer des éloges à la
fageffe , au bon efprit , & à la folide
vertu de Mde de Sallo . Salutem
ex inimicis noftris , s'écria - t'il .
:
Le 18 de ce mois Mr de Lamoignon
Avocat Général commença de
plaider à huit heures , &un quart ;
& ne finit qu'à midi , avec l'admiraration
de toute l'Affemblée : Il reprefenta
à la Cour que toute la France
étoit attentive à fa décifion ;
Que cette Abbeffe avoit été interrogée
fur les queftions les plus épineufes
de la Théologie , qui agitent
aujourd'huy l'Eglife de France,
que cependant il croyoit avoir de
bonnes raifons pour ne pas lire en
public les dépofitions des Témoins
touchant fa Doctrine , que la Cour
MERCURE. 163
pouroit voir les informations , fi
Elle le jugeoit à propos. Il conclut
qu'il y avoit abus dans la Procédure
, dans le jugement du Provincial
; & par conféquent au Rétabliffement
de l'Abbeffe . De plus il
requit la Cour que trois Livres contenants
les Statuts des Cordeliers,
qui lui avoient été remis entre les
mains,fuffent fuprimés, comme étant
contraires à l'autorité des Roys , des
Juges Royaux & des Evêques :
Deffenfe d'avoir d'autres Statuts que
ceux qui auroient été enregistrés à
la Cour , en vertu de Lettres Paten
tes . Aprés un délibéré , on fit retirer
tout le monde , une heure
aprés , on rouvrit les Portes. Mr le
Premier Prefident prononça l'Arrêt,
qui porte , qu'il y avoit eû abus dans
la Procédure & dans ce qui s'en eit
enfuivi. Ordonne que les Cordeliers
ne pouront avoir de Statuts, que
de la permiffion du Roy , par des
Lettres Patentes Regiftrées en la
Cour , que l'Arreit fera lû au Prochain
Chapitre Provincial , dans le
N jj
164 LE NOUVEAU
Grand Convent des Cordeliers &
dans ceux de la Province. Deffenfe
aux Cordeliers , de mettre à execution
lefdits Statuts , & notamment
en ce que par iceux , il eft
deffendu de fe pourvoir devant les
Archevêques & Evêques Royaux.
Ce Prononcé fut aplaudi unanimement
par tout l'Auditoire qui
étoit des plus nombreux , parce
qu'il s'agiffoit d'une Abbeffe
tuelle dépofée.
perpe-
Le 19. Mr le Maréchal de Villeroy
ayant pris médecine , pria
Mde la Ducheffe de Vantadour , de
venir fervir le Roy à Table ce jour
là, ce qu'elle continua le lendemain .
Le 20. on aprit la mort de
Mr l'Evêque de S. Paul trois Chateaux
, Suffragant de l'Archevêché
d'Arles.
Le Navire SPRIT , ponté de
Conftruction Hollandoife , nommé
la Ville de Paris , conduit par le
Capitaine Jean Darra , arriva le 20
de ce mois , vis -à-vis le gros Pavillon
du Louvre. Il eft parti de
MERCURE
165
la Rade du Havre , le dix du courant
, chargé de Marchandifes.
CetteEpreuve jointe à la premiere,
dont on a parlé dans le Mercure
de Janvier , perfuade que la Navigation
de laMer, en droiture dans
cette Capitale , eft très facile à établir.
Mrs Cabot de Cailletot , & Ronay
, Auteurs de cette entreprife ,
ont fournis au Confeil, des Mémoires
fort amples , fur l'utilité que,
Paris , & le Royaume en retireroient.
Ils font voir que l'avantage
qu'on en reçevra , réflechira néceffairement
fur tout le Commerce de
la France ; que l'abondance poura
toujours couler dans cette Ville ,
& à beaucoup moins de frais ; Puifla
facilité , & l'accélération de
la voiture , animeront davantage le
Marchand , à faire venir plus librement
des Danrées , dont il ne craindra
plus le dépériffement , comme
il arrivera toujours , lorfqu'on feri.
obligé de décharger une feconde
fois & à moitié Route , ces mêmes.
que
O iij
TGG LE NOUVEAU
Marchandiſes , dans des Bateaux
découverts ; ce qui les retardoit en
Riviere 2 & 3 mois , en alteroit la
qualité , faifoit perdre le tems de
la vente , & les chargeoit de frais
confidérables. Ces Meffieurs ont
fatisfait pleinement aux Objections ,
qu'on a pû leur propofer , contre un
Établiffement , qui va au bien public.
Mr le Comte de Kinigfeg , Amballadeur
de l'Empereur en France,
Gouverneur des Païs Bas , ci -devant
, fon Plenipotentiaire , arriva
Samedy 20 Mars de Bruxelles à
Paris , accompagné de Mde l'Ambaffadrice
fon Epoute , de Mlle de
Lanois fa Coufine ; de Mt le Comte
Charles de Kinigſeg , & de
Mr le Marquis de Catinara fes Neveux
, avec une fuite nombreuſe de
Gentils - hommes Allemands , des
Dlles de Me l'Ambaffadrice , de
plufieurs Pages & Officiers àcheval.
Le 21 de ce mois , Dimanche
des Rameaux , le Roy fe rendit à
la Chapelle du Palais des TuilleMERCURE.
167
ries , précédé par Mr l'Evêque de
Frejus fon Précepteur, par M l'Ab
bé de Maulevrier , & M l'Abbé
de Cambou fes Aumôniers , accompagné
deM le Duc du Maine ,
de Male Maréchal de Villeroy fon
Gouverneur , & de plufieurs Sei
gneurs. S. M. affifta à la Bénédiction
des Palmes , & l'après diné
au Sermon du P. Terraffon de l'Oratoire
, & aux Vêpres chantées
la Mufique.
par
Le Lundy 22. Mtle: Chancelier fe:
rendit aux grands Auguftins , pour
l'Extinction de la Chambre de Juftice
. Il étoit précédé par fes Gardes ,
& ceux de la Prévoté de l'Hôtel ,
commandés par Mr de Monticour
Lieutenant de la Compagnie , à la
fuire des Chanceliers de France.:
Les Huiffiers de la Chancellerie
& ceux de la Chaîne , dont deux
portoient les Maffes , marchans
devant lui avec fes Valets de pied,"
& un Cent- Suiffe du Roy; Il fur
reçû à la porte par le Superieur ‹
de la Maifon , qui le complimenta.
Le 12. le Roy donna à Mª l'Abbé
de Beringhen , le Prieuré de Pignan,
fitué dans l'Evêché de Frejus .
Le 15. M de Saint Heremobtint
la furvivance du Gouvernement
de Fontainebleau , avec l'aplaudiffement
de toute la Cour , il en a remercié
le Roy.
Le 16. Mde de Saint Herem , conduite
par Mde la Ducheffe de S. Simon
, eut l'honneur de faire la réverence
au Roy.
Le 18 Mr le Comte de Dreux
Grand Maître des Cérémonies , exerçant
par provifion la Charge de
Grand Maréchal des Logis du Roy,
160 LE NOUVEAU
a eû un Brever pour continuer l'exercice
de cette Charge jufqu'à ce
que Mr le Marquis de Cany fon
neveu ait atteint l'âge de 16 ans ,
pour en faire les fonctions par lui
même .
Le 18 l'affaire de Madame de
Sallo Abbeffe des Cordelieres , fut
décidée en fa faveur ; elle a fait
trop de bruit dans le monde pour
n'en pas former un article des plus
curieux de ce Recueil .
Deniſe Elifabeth de Sallo , fille de
feu M de Sallo Confeiller au Parlement
, recommandable par fa naiffance
& fon mérite litteraire , fut
mife dès l'âge de fept ans dans le
Convent des petites Cordelieres :
Eile y fit fa profeffion à l'âge de
15 , & pendant 40 années qu'elle a
demeuré dans cette Communauté,
elle ena paffé plus de 20 , Maîtreffe
des Penfionaires. Aprés la mortde
Mde BETAUT Abbeffè , elle fut élûë
en fa place le 11 Avril 1711.
La Tranquilité regna dans ce
Monaftere jufques au 30 Décembre
1714
MERCURE. 161
que fes Religieufes la foupçonnant
d'être la caufe, que le fieur RENGEAR
n'avoit pas eu la continuation de
fes pouvoirs , l'accuferent devant
le GENERAL , d'Intrufion , d'Irrégularité
, & de Janfenifme. Sur
ces plaintes , le Provincial des Cordeliers
accompagné des fieurs
ET LE ROUGE HENRIOT
:
pour Commiffaires ; Aprés avoir entendus
tous les Griefs intentez contr'elle
elle fut enfin dépofée par
Sentence dudit Provincial , déclarée
inhabile à être élûe Abbeſſe >
& privée de voix active & paffive .
Cette Abbeffe ayant apelé de cette
Sentence , fut reléguée par Lettre
de Cachet , dans le Convent des
Cordelieres DE CHAULNY. Aprés
la mort du Roy , ayant demandé fon
rapel qu'elle obtint ; elle vint pourfuivre
fon apel , comme d'abus , au
Parlement. M CHEVALIER
Avocat s'étant chargé de fon affaire
, commença à plaider le prémier
, & le deuxième Jeudy de
Carême. Mr Guyor de Chefne
Mars
1717.
0
162 LE NOUVEAU
Avocat du Promoteur & Monfieut
de Lombreuil , celui du Provincial,
plaidérent les trois Jeudis fuivants ,
& le dernier Jeudy qui étoit le 11.
Mr Chevalier repliqua avec un
aplaudiffement général il apuya
fort, fur ce que les deux Avocats
adverfes ( forcés par la verité ) n'avoient
pû refufer des éloges à la
fageffe , au bon efprit , & à la folide
vertu de Mde de Sallo . Salutem
ex inimicis noftris , s'écria - t'il .
Le 18 de ce mois Mr de Lamoi,
gnon Avocat Général commença de
plaider à huit heures , & un quart ;
& ne finit qu'à midi , avec l'admiraration
de toute l'Affemblée : Il reprefenta
à la Cour que toute la France
étoit attentive à fa décifion ;
Que cette Abbeffe avoit été interrogée
fur les queftions les plus épineufes
de la Théologie , qui agitent
aujourd'huy l'Eglife de France,
que cependant il croyoit avoir de
bonnes raifons pour ne pas lire en
public les dépofitions des Témoins
touchant fa Doctrine , que la Cour
MERCURE. 163
pouroit voir les informations ,
Elle le jugeoit à propos. Il conelut
qu'il y avoit abus dans la Procédure
, dans le jugement du Provincial
; & par conféquent au Rétabliffement
de l'Abbeffe . De plus il
requit la Cour que trois Livres contenants
les Statuts des Cordeliers ,
qui lui avoient été remis entre les
mains,fuffent fuprimés, comme étant
contraires à l'autorité des Roys , des
Juges Royaux & des Evêques :
Deifenfe d'avoir d'autres Statuts que
ceux qui auroient été enregistrés à
la Cour , en vertu de Lettres Paten
tes. Aprés un délibéré , on fit retirer
tout le monde , une heure
aprés , on rouvrit les Portes. Mr le
Premier Prefident prononça l'Arrêt,
qui porte, qu'il y avoit eû abus dans
la Procédure & dans ce qui s'en eit
enfuivi. Ordonne que les Cordeliers
ne pouront avoir de Statuts, que
de la permiffion du Roy, par
des
Lettres Patentes Regiftrées en la
Cour , que l'Arreit fera lû au Prochain
Chapitre Provincial , dans le
Njj
162 LE NOUVEAU
Avocat du Promoteur & Monfieur
de Lombreiiil , celui du Provincial ,
plaidérent les trois Jeudis fuivants ,
& le dernier Jeudy qui étoit le 11.
Mr Chevalier repliqua avec un
aplaudiffement général il apuya
fort , fur ce que les deux Avocats
adverfes ( forcés par la verité ) n'avoient
pû refufer des éloges à la
fageffe , au bon efprit , & à la folide
vertu de Mde de Sallo . Salutem
ex inimicis noftris , s'écria - t'il .
:
Le 18 de ce mois Mr de Lamoignon
Avocat Général commença de
plaider à huit heures , &un quart ;
& ne finit qu'à midi , avec l'admiraration
de toute l'Affemblée : Il reprefenta
à la Cour que toute la France
étoit attentive à fa décifion ;
Que cette Abbeffe avoit été interrogée
fur les queftions les plus épineufes
de la Théologie , qui agitent
aujourd'huy l'Eglife de France,
que cependant il croyoit avoir de
bonnes raifons pour ne pas lire en
public les dépofitions des Témoins
touchant fa Doctrine , que la Cour
MERCURE. 163
pouroit voir les informations , fi
Elle le jugeoit à propos. Il conclut
qu'il y avoit abus dans la Procédure
, dans le jugement du Provincial
; & par conféquent au Rétabliffement
de l'Abbeffe . De plus il
requit la Cour que trois Livres contenants
les Statuts des Cordeliers,
qui lui avoient été remis entre les
mains,fuffent fuprimés, comme étant
contraires à l'autorité des Roys , des
Juges Royaux & des Evêques :
Deffenfe d'avoir d'autres Statuts que
ceux qui auroient été enregistrés à
la Cour , en vertu de Lettres Paten
tes . Aprés un délibéré , on fit retirer
tout le monde , une heure
aprés , on rouvrit les Portes. Mr le
Premier Prefident prononça l'Arrêt,
qui porte , qu'il y avoit eû abus dans
la Procédure & dans ce qui s'en eit
enfuivi. Ordonne que les Cordeliers
ne pouront avoir de Statuts, que
de la permiffion du Roy , par des
Lettres Patentes Regiftrées en la
Cour , que l'Arreit fera lû au Prochain
Chapitre Provincial , dans le
N jj
164 LE NOUVEAU
Grand Convent des Cordeliers &
dans ceux de la Province. Deffenfe
aux Cordeliers , de mettre à execution
lefdits Statuts , & notamment
en ce que par iceux , il eft
deffendu de fe pourvoir devant les
Archevêques & Evêques Royaux.
Ce Prononcé fut aplaudi unanimement
par tout l'Auditoire qui
étoit des plus nombreux , parce
qu'il s'agiffoit d'une Abbeffe
tuelle dépofée.
perpe-
Le 19. Mr le Maréchal de Villeroy
ayant pris médecine , pria
Mde la Ducheffe de Vantadour , de
venir fervir le Roy à Table ce jour
là, ce qu'elle continua le lendemain .
Le 20. on aprit la mort de
Mr l'Evêque de S. Paul trois Chateaux
, Suffragant de l'Archevêché
d'Arles.
Le Navire SPRIT , ponté de
Conftruction Hollandoife , nommé
la Ville de Paris , conduit par le
Capitaine Jean Darra , arriva le 20
de ce mois , vis -à-vis le gros Pavillon
du Louvre. Il eft parti de
MERCURE
165
la Rade du Havre , le dix du courant
, chargé de Marchandifes.
CetteEpreuve jointe à la premiere,
dont on a parlé dans le Mercure
de Janvier , perfuade que la Navigation
de laMer, en droiture dans
cette Capitale , eft très facile à établir.
Mrs Cabot de Cailletot , & Ronay
, Auteurs de cette entreprife ,
ont fournis au Confeil, des Mémoires
fort amples , fur l'utilité que,
Paris , & le Royaume en retireroient.
Ils font voir que l'avantage
qu'on en reçevra , réflechira néceffairement
fur tout le Commerce de
la France ; que l'abondance poura
toujours couler dans cette Ville ,
& à beaucoup moins de frais ; Puifla
facilité , & l'accélération de
la voiture , animeront davantage le
Marchand , à faire venir plus librement
des Danrées , dont il ne craindra
plus le dépériffement , comme
il arrivera toujours , lorfqu'on feri.
obligé de décharger une feconde
fois & à moitié Route , ces mêmes.
que
O iij
TGG LE NOUVEAU
Marchandiſes , dans des Bateaux
découverts ; ce qui les retardoit en
Riviere 2 & 3 mois , en alteroit la
qualité , faifoit perdre le tems de
la vente , & les chargeoit de frais
confidérables. Ces Meffieurs ont
fatisfait pleinement aux Objections ,
qu'on a pû leur propofer , contre un
Établiffement , qui va au bien public.
Mr le Comte de Kinigfeg , Amballadeur
de l'Empereur en France,
Gouverneur des Païs Bas , ci -devant
, fon Plenipotentiaire , arriva
Samedy 20 Mars de Bruxelles à
Paris , accompagné de Mde l'Ambaffadrice
fon Epoute , de Mlle de
Lanois fa Coufine ; de Mt le Comte
Charles de Kinigſeg , & de
Mr le Marquis de Catinara fes Neveux
, avec une fuite nombreuſe de
Gentils - hommes Allemands , des
Dlles de Me l'Ambaffadrice , de
plufieurs Pages & Officiers àcheval.
Le 21 de ce mois , Dimanche
des Rameaux , le Roy fe rendit à
la Chapelle du Palais des TuilleMERCURE.
167
ries , précédé par Mr l'Evêque de
Frejus fon Précepteur, par M l'Ab
bé de Maulevrier , & M l'Abbé
de Cambou fes Aumôniers , accompagné
deM le Duc du Maine ,
de Male Maréchal de Villeroy fon
Gouverneur , & de plufieurs Sei
gneurs. S. M. affifta à la Bénédiction
des Palmes , & l'après diné
au Sermon du P. Terraffon de l'Oratoire
, & aux Vêpres chantées
la Mufique.
par
Le Lundy 22. Mtle: Chancelier fe:
rendit aux grands Auguftins , pour
l'Extinction de la Chambre de Juftice
. Il étoit précédé par fes Gardes ,
& ceux de la Prévoté de l'Hôtel ,
commandés par Mr de Monticour
Lieutenant de la Compagnie , à la
fuire des Chanceliers de France.:
Les Huiffiers de la Chancellerie
& ceux de la Chaîne , dont deux
portoient les Maffes , marchans
devant lui avec fes Valets de pied,"
& un Cent- Suiffe du Roy; Il fur
reçû à la porte par le Superieur ‹
de la Maifon , qui le complimenta.
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50
p. 200-207
SUITE DES NOUVELLES DE PARIS.
Début :
Le Commissaire la Minois ayant apposé le Scellé dans le Palais [...]
Mots clefs :
Commissaire, Marquis, Duc d'Orléans, Charge, Maisons royales, Arrêts, Grands officiers, Roi de France, Princesse, Maréchal, Reine mère, Vieux Louvre, Gardes françaises, Études, Conseils, Oratoire, Éloquence, Contrat de mariage, Nominations, Troupes
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texteReconnaissance textuelle : SUITE DES NOUVELLES DE PARIS.
SUITE DES NOUVELLES
DE PARIS ..
Le Commiffaire la Minois ayant
appofé le Scellé dans le Palais
Royal à l'Appartement de M le
Marquis d'Armentieres , mort à fa
Maifon de Campagne. Mr le Grand
Prévôt en alla porter fes plaintes
àM. le Duc d'Orleans , prétendant
qu'il avoit le pouvoir par fa Charge
de mettre le Scellé dans toutes les
Maifons Royales . Ainfi , qu'il prioit
S. A. R. de ne point permettre
qu'on contrevint à tous les Arrêts
qui lui adjugeoient ce Droit . Sur ces
remontrances , le Commiffire eut
ordre de fe retirer , & les Officiers
de la Grande Prévôté firent leur
fonction , tant pour le Scellé , que
que pour l'Inventaire .
{
D'AVRIL. 201
Le 17 , le Roy figna le Contrat
de Mile Duc d'Olonne , avec Mlle
de Harlus de Vertilly.
Le Roy a donné la furvivance
de la Charge de Maître de la Garde-
Robe à M. de Maillebois
. S. M. a
fait une grace bien plus éclatante ,
en accordant au Prince de Bouillon
âgé de treize ans , la furvivance
de
la Charge de Grand Chambellan
de France.
Mde qui s'étoit trouvée incommodée
d'un Rhume , Le porte
beaucoup mieux , cette Princeffe
va paffer l'Eté à Saint Cloud.
On difpofe, ici l'Appartement de
la Reine Mere dans le Louvre . Mr
Coëpelle a été chargé de faire nétoyer
toutes les Peintures & lés
Dorures .
il
M. Nerot eft occupé de le faire
meubler magnifiquement
, y a
toute apparence que tous ces préparatifs
font deſtinés pour le Czar.
Les Maréchaux des Logis ont reçû
l'ordre de chercher aux environs
du Louvre , des Maifons garnies ,
202
LE MERCURE
qu'ils marquent à la craye , pour
loger les Officiers de S. M. Ĉzarienne.
On fait en même tems préparer
l'Hôtel de Lefdiguiéres , au
cas que ce Prince refufe de loger
dans une Maifon Royale.
Le 19 , on a appris que Madame
Royale avoit été dangereufement
malade , mais que cette Princeffe
étoit hors de danger.
Les Réparations & Ameuble.
mens que l'on fait dans le Vieux
Louvre om difperfé les Confeils;
qui fe tiendront chez les Chefs .
La Revue des Gardes Françoifes
& Suifles , fe fit dans la Grande
Allée des Tuilleries , en préfence
du Roy , qui tenoit le Rôle entre
fes mains ; il l'examinoit à mefure
qu'il paffoit des Compagnies avec
une application qui excita autant
de furprife que de plaifir.
Il a la même attention dans fes Etudes
, & il fait tous fes Exercices avec
une grace & une envie de s'inftruire
qui charme toutes les perfonnes qui
D'AVRIL. 203
.ont
l'honneur d'être
propofées à fon
Education. Il eft
tellement reglé
qu'Il regarde lui même à fa Pendule
quel Maître il doit faire appeller.
Mr le Maréchal de Villeroy
doit fe féliciter de trouver des
difpofitions fi
vertueufes dans un
Prince , qui par des
préfages fi
heureux , doit faire le bonheur de
fes
Sujets.
"
Le 21 & le 22 , on tint le Confeil
des Finances & le Confeil de
Commerce , chez Mr le Maréchal
de
Villeroy
Le 23 , le R. Terraffon de l'Oratoire
a été
demandé par M.le
Duc de
Lorraine , pour prêcher le
Carême prochain. Ce Prince étant
curieux
d'entendre
fucceflivement
nos plus célébres
Prédicateurs .
Le même jourfe fit
l'Election
d'un
Profeffeur en Droit en la place
de feu M ,
l'Ecuyer. Les fuffrages
fe réunirent
unanimement dans
la
perfonne de M. Lorry.
Cechoix
a été
applaudi de tous ceux qui
connoiffent le mérite du
nouvean
204 LE MERCURE
Profeffeur , dont l'Efprit , le bon
Goût , l'Erudition , & l'Application
continuelle annonçent depuis longtemps
au Public la capacité avec
laquelle il remplira cette Chaire.
M. Dargouges Lieutenant Civil ,
Doyen d'Honneur de la Faculté ,
qui avoit adifté tres exactement à
toutes les actions de la difpute ,
opina dans l'Election avec un difcernement
& une Eloquence qui
firent l'admiration de toute l'Af
femblée.
Le 24. le Roy figna le Contrat
de Mariage de M. le Marquis de
Bretonvilliers
Lieutenant
de Roy
de Paris , avec Mlle de Cornillon
riche héritière
de Provence . Mr
le Marquis de la Vrilliere
à la
tête de tous les Parens , ût l'honneur
de préfenter la plume à S. M.
Mr le Préfident Nicolaï a obrenu
la Survivance de la Charge de
premier Préfident en la Chambre
des Comptes pour M. fon fils ,
Confeiller au Parlement , c'eſt le
8. de cette famille qui aura fuccédé
de
D'AVRI L.
205
de pere en fils à cette Charge importante
, en remontant à Jean Nicolaï
fieur de S. Victor Maître des
Requêtes , qui a vêcu fous les Régnes
de Charles VIII & Louis XII.
Le 21 le Roy a receu ce matin
le Serment de fidelité de M. le
Marquis d'Argenteuil pour la Charge
de Lieutenant Général au Gouvernement
de Champagne , dont
Mr de Lefville Lieutenant des Gardes
du Corps , s'eft défait en fa faveur.
Mrsles Maréchaux de Harcour, de
Villeroy & Mr le Marquis de
Louvois font allés demander à
Me le Duc Régent l'agrèment du
Roy , pour le Mariage de Mr le
Marquis de Harcour , avec Mlle de
Louvois fille de M. le Marquis
de Barbezieux . on fçait que ce jeune
Se neur eft veuf depuis peu de
Mlle de Villery.
Le 25 , on fut informé que le
Czar avoit débarqué à Dunkerque ,
il eft accompagné de plufieurs Princes
& Seigneurs : Il tient une Table
de 12 Couverts pour lui & une
autre de 17 pour les Perfonnes
qualifiées de fa fuite . Il fit l'hon-
Avril 1717. S
206 LE MERCURE
neur à M. du Lybois Gentil-homme
ordinaire , qui s'étoit rendu à Dun-
Kerque pour le recevoir , & à M.
d'Herouville Colonel fils & furvivancier
de M. d'Herouville ancien
Maître d'Hôtel du Roy , de
les faire manger avec lui. Ce Prince
a prié le Roy , & M. le Regent
de lui accorder 20 Places de Garde
de Marine , pour autant de Ġentils
- hommes qu'il fait venir de
Mofcovie , afin qu'ils s'inftruiſent
dans la Marine.
La quantité de Troupes qui filent
dans les Païs de Cleves & de
Gueldres appartenants
au Roy
de Pruffe , qu'on dit devoir venir
en France femble porter quelque
ombrage à une Puiffance voiline ,
qui, par precaution,a donné des ordres
de faire fortifier les Places de
la frontiere ; on ne fçait point d'autres
raifons de ces mouvemens , finon
, que les Miniftres du Roy de
Pruffe fe plaignent que l'on a arrêté
un des Vaiffeaux de leur Maître
fur les Cô es d'Affrique .
Le 27 , Mst le Prince de Dombe s
eft parti à fix heures du matin en
pofte pour la Hongrie . M. le MarD'AVRIL
207
quis d'Eftrades , & M. fon fils courrent
avec ce Prince , qui a pris le
nom du Comte de Tehalmont.
Le 30 du mois paffé S. M. à
honnoré du Cordon de Comman
deur de l'Ordre de S. Loüis , M.
Forteffon Maréchal des Logis, Ayde
Major de la Compagnie des Chevaux
Legers de fa Garde & ancien
Meftre de Camp de Cavalerie.
M. du Bois refté feul de 218 Rentiers
qui compofoient la 14° Claffe
de la premiére Tontine établie en
1689 & qui touchoit en cette
qualité 29125 liv. de rentes , depuis
le 23 Janvier 1716 , pour deux Actions
de 300 liv. chacune , jouïf.
foit encore de prés de 4000 liv.
de rentes dans la premiere Claffe
de la 2e Tontine , où il avoit un
feptième , & qui par fa mort arrivée
le 27 du mois dernier , âgé de
93 ans , eft réduite à fix Rentiers.
DE PARIS ..
Le Commiffaire la Minois ayant
appofé le Scellé dans le Palais
Royal à l'Appartement de M le
Marquis d'Armentieres , mort à fa
Maifon de Campagne. Mr le Grand
Prévôt en alla porter fes plaintes
àM. le Duc d'Orleans , prétendant
qu'il avoit le pouvoir par fa Charge
de mettre le Scellé dans toutes les
Maifons Royales . Ainfi , qu'il prioit
S. A. R. de ne point permettre
qu'on contrevint à tous les Arrêts
qui lui adjugeoient ce Droit . Sur ces
remontrances , le Commiffire eut
ordre de fe retirer , & les Officiers
de la Grande Prévôté firent leur
fonction , tant pour le Scellé , que
que pour l'Inventaire .
{
D'AVRIL. 201
Le 17 , le Roy figna le Contrat
de Mile Duc d'Olonne , avec Mlle
de Harlus de Vertilly.
Le Roy a donné la furvivance
de la Charge de Maître de la Garde-
Robe à M. de Maillebois
. S. M. a
fait une grace bien plus éclatante ,
en accordant au Prince de Bouillon
âgé de treize ans , la furvivance
de
la Charge de Grand Chambellan
de France.
Mde qui s'étoit trouvée incommodée
d'un Rhume , Le porte
beaucoup mieux , cette Princeffe
va paffer l'Eté à Saint Cloud.
On difpofe, ici l'Appartement de
la Reine Mere dans le Louvre . Mr
Coëpelle a été chargé de faire nétoyer
toutes les Peintures & lés
Dorures .
il
M. Nerot eft occupé de le faire
meubler magnifiquement
, y a
toute apparence que tous ces préparatifs
font deſtinés pour le Czar.
Les Maréchaux des Logis ont reçû
l'ordre de chercher aux environs
du Louvre , des Maifons garnies ,
202
LE MERCURE
qu'ils marquent à la craye , pour
loger les Officiers de S. M. Ĉzarienne.
On fait en même tems préparer
l'Hôtel de Lefdiguiéres , au
cas que ce Prince refufe de loger
dans une Maifon Royale.
Le 19 , on a appris que Madame
Royale avoit été dangereufement
malade , mais que cette Princeffe
étoit hors de danger.
Les Réparations & Ameuble.
mens que l'on fait dans le Vieux
Louvre om difperfé les Confeils;
qui fe tiendront chez les Chefs .
La Revue des Gardes Françoifes
& Suifles , fe fit dans la Grande
Allée des Tuilleries , en préfence
du Roy , qui tenoit le Rôle entre
fes mains ; il l'examinoit à mefure
qu'il paffoit des Compagnies avec
une application qui excita autant
de furprife que de plaifir.
Il a la même attention dans fes Etudes
, & il fait tous fes Exercices avec
une grace & une envie de s'inftruire
qui charme toutes les perfonnes qui
D'AVRIL. 203
.ont
l'honneur d'être
propofées à fon
Education. Il eft
tellement reglé
qu'Il regarde lui même à fa Pendule
quel Maître il doit faire appeller.
Mr le Maréchal de Villeroy
doit fe féliciter de trouver des
difpofitions fi
vertueufes dans un
Prince , qui par des
préfages fi
heureux , doit faire le bonheur de
fes
Sujets.
"
Le 21 & le 22 , on tint le Confeil
des Finances & le Confeil de
Commerce , chez Mr le Maréchal
de
Villeroy
Le 23 , le R. Terraffon de l'Oratoire
a été
demandé par M.le
Duc de
Lorraine , pour prêcher le
Carême prochain. Ce Prince étant
curieux
d'entendre
fucceflivement
nos plus célébres
Prédicateurs .
Le même jourfe fit
l'Election
d'un
Profeffeur en Droit en la place
de feu M ,
l'Ecuyer. Les fuffrages
fe réunirent
unanimement dans
la
perfonne de M. Lorry.
Cechoix
a été
applaudi de tous ceux qui
connoiffent le mérite du
nouvean
204 LE MERCURE
Profeffeur , dont l'Efprit , le bon
Goût , l'Erudition , & l'Application
continuelle annonçent depuis longtemps
au Public la capacité avec
laquelle il remplira cette Chaire.
M. Dargouges Lieutenant Civil ,
Doyen d'Honneur de la Faculté ,
qui avoit adifté tres exactement à
toutes les actions de la difpute ,
opina dans l'Election avec un difcernement
& une Eloquence qui
firent l'admiration de toute l'Af
femblée.
Le 24. le Roy figna le Contrat
de Mariage de M. le Marquis de
Bretonvilliers
Lieutenant
de Roy
de Paris , avec Mlle de Cornillon
riche héritière
de Provence . Mr
le Marquis de la Vrilliere
à la
tête de tous les Parens , ût l'honneur
de préfenter la plume à S. M.
Mr le Préfident Nicolaï a obrenu
la Survivance de la Charge de
premier Préfident en la Chambre
des Comptes pour M. fon fils ,
Confeiller au Parlement , c'eſt le
8. de cette famille qui aura fuccédé
de
D'AVRI L.
205
de pere en fils à cette Charge importante
, en remontant à Jean Nicolaï
fieur de S. Victor Maître des
Requêtes , qui a vêcu fous les Régnes
de Charles VIII & Louis XII.
Le 21 le Roy a receu ce matin
le Serment de fidelité de M. le
Marquis d'Argenteuil pour la Charge
de Lieutenant Général au Gouvernement
de Champagne , dont
Mr de Lefville Lieutenant des Gardes
du Corps , s'eft défait en fa faveur.
Mrsles Maréchaux de Harcour, de
Villeroy & Mr le Marquis de
Louvois font allés demander à
Me le Duc Régent l'agrèment du
Roy , pour le Mariage de Mr le
Marquis de Harcour , avec Mlle de
Louvois fille de M. le Marquis
de Barbezieux . on fçait que ce jeune
Se neur eft veuf depuis peu de
Mlle de Villery.
Le 25 , on fut informé que le
Czar avoit débarqué à Dunkerque ,
il eft accompagné de plufieurs Princes
& Seigneurs : Il tient une Table
de 12 Couverts pour lui & une
autre de 17 pour les Perfonnes
qualifiées de fa fuite . Il fit l'hon-
Avril 1717. S
206 LE MERCURE
neur à M. du Lybois Gentil-homme
ordinaire , qui s'étoit rendu à Dun-
Kerque pour le recevoir , & à M.
d'Herouville Colonel fils & furvivancier
de M. d'Herouville ancien
Maître d'Hôtel du Roy , de
les faire manger avec lui. Ce Prince
a prié le Roy , & M. le Regent
de lui accorder 20 Places de Garde
de Marine , pour autant de Ġentils
- hommes qu'il fait venir de
Mofcovie , afin qu'ils s'inftruiſent
dans la Marine.
La quantité de Troupes qui filent
dans les Païs de Cleves & de
Gueldres appartenants
au Roy
de Pruffe , qu'on dit devoir venir
en France femble porter quelque
ombrage à une Puiffance voiline ,
qui, par precaution,a donné des ordres
de faire fortifier les Places de
la frontiere ; on ne fçait point d'autres
raifons de ces mouvemens , finon
, que les Miniftres du Roy de
Pruffe fe plaignent que l'on a arrêté
un des Vaiffeaux de leur Maître
fur les Cô es d'Affrique .
Le 27 , Mst le Prince de Dombe s
eft parti à fix heures du matin en
pofte pour la Hongrie . M. le MarD'AVRIL
207
quis d'Eftrades , & M. fon fils courrent
avec ce Prince , qui a pris le
nom du Comte de Tehalmont.
Le 30 du mois paffé S. M. à
honnoré du Cordon de Comman
deur de l'Ordre de S. Loüis , M.
Forteffon Maréchal des Logis, Ayde
Major de la Compagnie des Chevaux
Legers de fa Garde & ancien
Meftre de Camp de Cavalerie.
M. du Bois refté feul de 218 Rentiers
qui compofoient la 14° Claffe
de la premiére Tontine établie en
1689 & qui touchoit en cette
qualité 29125 liv. de rentes , depuis
le 23 Janvier 1716 , pour deux Actions
de 300 liv. chacune , jouïf.
foit encore de prés de 4000 liv.
de rentes dans la premiere Claffe
de la 2e Tontine , où il avoit un
feptième , & qui par fa mort arrivée
le 27 du mois dernier , âgé de
93 ans , eft réduite à fix Rentiers.
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