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12151
p. 150
ENIGME.
Début :
Quand le mortel qui me cherit [...]
Mots clefs :
Flûte
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENİGME.
Uand lemortel quime cherit
Applique ſa bouche à la mienne ,
Ilme prête auſſitôt ſon coeur & ſon eſprit ;
Jene dis rienqui ne leur appartienne ;
-C'est lui qui s'exprime par moi ,
Soumiſe à ſes deſirsje me borne à lui rendre
Les fentimens que j'en reçoi ;
Vive quand il eſt vif, tendre quand il eſt tendre,
Ilme donne toujours la loi.
Pour l'amour ſeul je ſemblois faite ;
Autrefois c'étoit mon deſtin ;
Aujourd'hui je fu's l'interpréte
Du caprice bruiant &j'ai le ton lutin.
Par M Jacques, Marchand Evansaillifte,rneMouffetar.
Uand lemortel quime cherit
Applique ſa bouche à la mienne ,
Ilme prête auſſitôt ſon coeur & ſon eſprit ;
Jene dis rienqui ne leur appartienne ;
-C'est lui qui s'exprime par moi ,
Soumiſe à ſes deſirsje me borne à lui rendre
Les fentimens que j'en reçoi ;
Vive quand il eſt vif, tendre quand il eſt tendre,
Ilme donne toujours la loi.
Pour l'amour ſeul je ſemblois faite ;
Autrefois c'étoit mon deſtin ;
Aujourd'hui je fu's l'interpréte
Du caprice bruiant &j'ai le ton lutin.
Par M Jacques, Marchand Evansaillifte,rneMouffetar.
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12152
p. 150-152
ENIGME EN LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis du genre feminin, [...]
Mots clefs :
Conversation
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME EN LOGOGRYPHE.
ENIGME EN LOGO GRYPHE.
JE fuis du genre feminin ,
Quelquefois legere& brillante ,
Et d'autres fois platte & pefante ,
Cependant on me tient fans fatiguer ſa main.
Voici bien un autre miftere.
Sur douze piedsje marche gravement.
1
DECEMBRE.. 1744. 157
En les prenant conjointement
Les ſept premiers vous donneront un frere .
Ce frere ne fera pourtant ni maternel ,
Ni confanguin , ni paternel ,
Mais frere d'une autre maniere .
Quand de moi vous avez ôté
Le premiermembre & la lettre huitiéme ,
Si vous retranchez la neuviéme ,
Je ſuis ſujette à l'infidélité,
L'Ecolier pareffeux me hait autant qu'un Thême .
Ce premier membre à mon corps rapporté ,
Onme prêche , fur-tout à la fin du Carême .
Trois de mes pieds fontendegré conjoint
Un animal qui n'en a point.
Le pied qui fuit , crac , memétamorphofe .
Je deviens foudain autre choſe ,
Ayant des pieds quoique ne marchant pas.
Pardon , tout ceci vous cauſe
Dans la tête quelque embarras .
Les Eſprits les plus délicats ,
Quand ſous cet e forme on m'expoſe ,
Ne peuvent pas me dire en profe.
3
商
Sans faire d'autres changemens ,
Si vous voulez échanger & tranſmettre
Ma quatriéme & ma ſeptiéme lettre ,
1
Giij
#52 MERCURE DE FRANCE
1
Vous trouverez que chacun en tout tems
Songe à moi plûtôt qu'à ſa femme ,
Qu'à ſon Pere , qu'à ſes Parens ,
Etquelquefois plus qu'à ſon ame.
C'en eſt aſſés , Belle Iris , devinez ;
Vos appas , votre voix , votre eſprit, tout enchante
Avec autant d'attraits , fi vous me foutenez ,
Que je vais paroître charmante !
Parlemême,
JE fuis du genre feminin ,
Quelquefois legere& brillante ,
Et d'autres fois platte & pefante ,
Cependant on me tient fans fatiguer ſa main.
Voici bien un autre miftere.
Sur douze piedsje marche gravement.
1
DECEMBRE.. 1744. 157
En les prenant conjointement
Les ſept premiers vous donneront un frere .
Ce frere ne fera pourtant ni maternel ,
Ni confanguin , ni paternel ,
Mais frere d'une autre maniere .
Quand de moi vous avez ôté
Le premiermembre & la lettre huitiéme ,
Si vous retranchez la neuviéme ,
Je ſuis ſujette à l'infidélité,
L'Ecolier pareffeux me hait autant qu'un Thême .
Ce premier membre à mon corps rapporté ,
Onme prêche , fur-tout à la fin du Carême .
Trois de mes pieds fontendegré conjoint
Un animal qui n'en a point.
Le pied qui fuit , crac , memétamorphofe .
Je deviens foudain autre choſe ,
Ayant des pieds quoique ne marchant pas.
Pardon , tout ceci vous cauſe
Dans la tête quelque embarras .
Les Eſprits les plus délicats ,
Quand ſous cet e forme on m'expoſe ,
Ne peuvent pas me dire en profe.
3
商
Sans faire d'autres changemens ,
Si vous voulez échanger & tranſmettre
Ma quatriéme & ma ſeptiéme lettre ,
1
Giij
#52 MERCURE DE FRANCE
1
Vous trouverez que chacun en tout tems
Songe à moi plûtôt qu'à ſa femme ,
Qu'à ſon Pere , qu'à ſes Parens ,
Etquelquefois plus qu'à ſon ame.
C'en eſt aſſés , Belle Iris , devinez ;
Vos appas , votre voix , votre eſprit, tout enchante
Avec autant d'attraits , fi vous me foutenez ,
Que je vais paroître charmante !
Parlemême,
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12153
p. 153-155
« Le 29 du mois dernier premier Dimanche de l'Avent, le Roi & la Reine entendirent [...] »
Début :
Le 29 du mois dernier premier Dimanche de l'Avent, le Roi & la Reine entendirent [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Chapelle, Musique, Messe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 29 du mois dernier premier Dimanche de l'Avent, le Roi & la Reine entendirent [...] »
L
E 29du mois dernier premier Dimanche
de l'Avent , le Roi & la Reine entendirent
dans la Chapelle du Château de Ver- .
failles la Meſſe chantée par la Muſique.
L'après midi la Reine accompagnée deMonſeigneur
le Dauphin aſſiſta au Sermon du
Pere de Beauvais de la Compagnie de Jeſus .
Le premier de ce mois, le Roi accompagné
de Monſeigneur le Dauphin entendit
dans la même Chapelle la Meſſe pendant laquelle
le Te Deum fut chanté par la Mufique
pour la priſe de la Ville & des Châteaux de
Fribourg.
Le 6ſecond Dimanche de l'Avent, le Roi
& la Reine entendirent dans la même Chapelle
la Meſſe chantée par la Muſique.
Le 8 Fête de la Conception de la Sainte
Vierge , la Reine communia par les mains
de l'Abbé de Fleury , ſon Premier Aumonier.
S M. accompagnée de Monſeigneur le
Dauphin &de Mesdames de France , ailifta
l'après midi au Sermon du P. de Beauvais ,
& enſuite aux Vépres chantées par la Mufique,
Gv
154MERCURE DE FRANCE.
Le 13 , troifiéme Dimanche & le 20 , quatriême
Dimanche de l'Avent , la Reine entendit
dans la même Chapelle la Meffe chantée
par la Muſique , & S. M. accompagnée de
Menſeigneur le Dauphin & de Meſdames de
France , affiſta l'après midi au Sermon du méme
Prédicateur.
Le 10 Dom Raymond Garat fut élû Géneral
de l'Ordre de Grandmont à la place
de Dom René-François Pierre de la Gueriniere
, mort à Paris le 30. Septembre dernier.
Le Roi a nommé Intendant en Dauphiné
M. de la Porte, Maître des Requétes , quieft
remplacé dans l'Intendance de la Généralite
de Moulins par M. de Bernage de Vaux ,
Maître des Requêtes & l'un des Préfidens du
Grand Confeil.
Le 3 de ce mois , M. le Beau , Profeffour
de Réthorique au College des Graffins , prononça
dans les Ecoles exterieures de Sorbonne
au nom de l'Univerſité un Difcours
Latin ſur la Convalefcence du Roi , & fur
l'heureux ſuccès des armes de S. M. Il fit voir
dans la premiere partie ce que le Roi a fait
pour fon Peuple , & dans la feconde ce que
le Peuple a fait pour le Roi. Le Parlement
& un grand nombre de perſonnes de diftinetion
affifterent à ce Diſcours qui fut géréraement
applauli.
DECEMBRE. 1744. 155
M. Benoit , Prêtre & Maître de Muſique
de l'Egliſe Cathédrale de Chartres éleve de
feu M. Michel Maître de Muſique de la Sainte
Chapelle de Dijon fit chanter Vendredi quatriéme
, & Samedi cinquiéme du préfent mois
de Décembre à la Meſſe du Roi & à celle de
la Reine , un Motet tiré du Pleaume 41.
Quemadmodum qui fut fort approuvé.
E 29du mois dernier premier Dimanche
de l'Avent , le Roi & la Reine entendirent
dans la Chapelle du Château de Ver- .
failles la Meſſe chantée par la Muſique.
L'après midi la Reine accompagnée deMonſeigneur
le Dauphin aſſiſta au Sermon du
Pere de Beauvais de la Compagnie de Jeſus .
Le premier de ce mois, le Roi accompagné
de Monſeigneur le Dauphin entendit
dans la même Chapelle la Meſſe pendant laquelle
le Te Deum fut chanté par la Mufique
pour la priſe de la Ville & des Châteaux de
Fribourg.
Le 6ſecond Dimanche de l'Avent, le Roi
& la Reine entendirent dans la même Chapelle
la Meſſe chantée par la Muſique.
Le 8 Fête de la Conception de la Sainte
Vierge , la Reine communia par les mains
de l'Abbé de Fleury , ſon Premier Aumonier.
S M. accompagnée de Monſeigneur le
Dauphin &de Mesdames de France , ailifta
l'après midi au Sermon du P. de Beauvais ,
& enſuite aux Vépres chantées par la Mufique,
Gv
154MERCURE DE FRANCE.
Le 13 , troifiéme Dimanche & le 20 , quatriême
Dimanche de l'Avent , la Reine entendit
dans la même Chapelle la Meffe chantée
par la Muſique , & S. M. accompagnée de
Menſeigneur le Dauphin & de Meſdames de
France , affiſta l'après midi au Sermon du méme
Prédicateur.
Le 10 Dom Raymond Garat fut élû Géneral
de l'Ordre de Grandmont à la place
de Dom René-François Pierre de la Gueriniere
, mort à Paris le 30. Septembre dernier.
Le Roi a nommé Intendant en Dauphiné
M. de la Porte, Maître des Requétes , quieft
remplacé dans l'Intendance de la Généralite
de Moulins par M. de Bernage de Vaux ,
Maître des Requêtes & l'un des Préfidens du
Grand Confeil.
Le 3 de ce mois , M. le Beau , Profeffour
de Réthorique au College des Graffins , prononça
dans les Ecoles exterieures de Sorbonne
au nom de l'Univerſité un Difcours
Latin ſur la Convalefcence du Roi , & fur
l'heureux ſuccès des armes de S. M. Il fit voir
dans la premiere partie ce que le Roi a fait
pour fon Peuple , & dans la feconde ce que
le Peuple a fait pour le Roi. Le Parlement
& un grand nombre de perſonnes de diftinetion
affifterent à ce Diſcours qui fut géréraement
applauli.
DECEMBRE. 1744. 155
M. Benoit , Prêtre & Maître de Muſique
de l'Egliſe Cathédrale de Chartres éleve de
feu M. Michel Maître de Muſique de la Sainte
Chapelle de Dijon fit chanter Vendredi quatriéme
, & Samedi cinquiéme du préfent mois
de Décembre à la Meſſe du Roi & à celle de
la Reine , un Motet tiré du Pleaume 41.
Quemadmodum qui fut fort approuvé.
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Résumé : « Le 29 du mois dernier premier Dimanche de l'Avent, le Roi & la Reine entendirent [...] »
En décembre 1744, plusieurs événements religieux et administratifs ont marqué la vie à la cour. Le 29 novembre, le Roi et la Reine ont assisté à la messe chantée au Château de Versailles. La Reine, accompagnée du Dauphin, a écouté le sermon du Père de Beauvais. Le 1er décembre, le Roi et le Dauphin ont célébré la prise de Fribourg par le Te Deum. Le 6 décembre, le Roi et la Reine ont de nouveau assisté à la messe chantée. Le 8 décembre, à la fête de la Conception de la Sainte Vierge, la Reine a communié avec l'Abbé de Fleury, écouté le sermon du Père de Beauvais et assisté aux vêpres chantées, accompagnée du Dauphin et des princesses de France. Les 13 et 20 décembre, la Reine a écouté la messe chantée, toujours accompagnée du Dauphin et des princesses. Le 10 décembre, Dom Raymond Garat a été élu Général de l'Ordre de Grandmont, succédant à Dom René-François Pierre de la Guerinière. Le Roi a nommé M. de la Porte Intendant en Dauphiné, remplaçant M. de Bernage de Vaux. Le 3 décembre, M. le Beau a prononcé un discours latin sur la convalescence du Roi et les succès militaires, acclamé par le Parlement et de nombreuses personnalités. Enfin, M. Benoit, maître de musique de la cathédrale de Chartres, a fait chanter un motet lors des messes du Roi et de la Reine les 24 et 25 décembre.
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12154
p. 155-156
Nouveaux Académiciens reçus, [titre d'après la table]
Début :
M. l'abbé Fenel (Jean Basile Paschal) Chanoine de la Métropole de Sens, Député [...]
Mots clefs :
Académie des inscriptions et belles-lettres, Jean-Basile-Pascal Fenel, Sciences, Académie française, Gabriel Girard, François-Joachim de Pierre de Bernis
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texteReconnaissance textuelle : Nouveaux Académiciens reçus, [titre d'après la table]
M. l'Abbé Fenel ( Jean Bafile Paſchal )
Chanoine de la Métropole de Sens , Député
Réſident de ſon Chapitre à Paris , prit
féance à l'Académie des Inſcriptions &
Belles - Lettres le Vendredi 11 Décembre
ayant été choiſi par le Roi entre les Sujets
propoſés pour remplir la place d'Afſocié, vacante
par la promotion de M. Falconnet
(Camille ) à la place de Penſionnaire.
M. Fenel a travaillé en 1740. pour le fameux
prix du Cabeſtan. Son ouvrage a eû un
Acceffit au Prix en 1741 , & l'Académie des
Sciences a ordonné qu'il fût imprimé. Ildoit
paroître inceſſamment avec les autres préces
de ce Prix chés Hyppolite- LouisGuerin.
En faiſant des experiences pour la compofition
de cetOuvrage M. Fenel a fait une découverte
remarquable fur le roidiffement &
le relâchement alternatifs des cordes qui tirent
des fardeaux. L'Académie des Sciences
ajugé que cela méritoit d'étre m's dans fon
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE
Hiſtoire de 1741. où on le trouvera pag
155. Ce méme Auteur a depuis perfectionné
ſa découverte & l'a appliquée à de nouveaux
cas : il en a envoyé le Mémoire à la même
Académie.
Il a travaillé en 1742 au Prix de l'étatdes
Sciences en France pendant le quatorziéme
fiécle , & l'a remporté à Pâques 1743 au
jugement de l'Academie des Belles- Letres.
Cet Ouvrage n'eſt pasencore imprimé , quoiqu'il
foit approuvé du Cenſeur Royal , l'Auteury
voulant faire quelques additions.
La même année il eût le premier Prix de
l'Académie Françoiſe de Soiffons , fur la
Conquête de la Bourgogne par les fils du
Grand Clovis , &c .
CetOuvrage a été imprimé au commencement
de la préſente année chés Chaubert
Libraire du Journal des Sçavans.
Le 29 M. l'Abbé Girard & M. l'Abbé de
Bernis qui avoient été élus le 26 du mois de
Novembre pour remplir les places vacantes
dans l'Académie Françoiſe par la mort de
l'Abbé de Rothelin ,& par celle de l'Abbé
Gedoyn, y furent reçus,& ils firent leurs
Diſcours de remerciment auxquels M. de
Crebillon Directeur de l'Académie répondit.
Chanoine de la Métropole de Sens , Député
Réſident de ſon Chapitre à Paris , prit
féance à l'Académie des Inſcriptions &
Belles - Lettres le Vendredi 11 Décembre
ayant été choiſi par le Roi entre les Sujets
propoſés pour remplir la place d'Afſocié, vacante
par la promotion de M. Falconnet
(Camille ) à la place de Penſionnaire.
M. Fenel a travaillé en 1740. pour le fameux
prix du Cabeſtan. Son ouvrage a eû un
Acceffit au Prix en 1741 , & l'Académie des
Sciences a ordonné qu'il fût imprimé. Ildoit
paroître inceſſamment avec les autres préces
de ce Prix chés Hyppolite- LouisGuerin.
En faiſant des experiences pour la compofition
de cetOuvrage M. Fenel a fait une découverte
remarquable fur le roidiffement &
le relâchement alternatifs des cordes qui tirent
des fardeaux. L'Académie des Sciences
ajugé que cela méritoit d'étre m's dans fon
Gvj
156 MERCURE DE FRANCE
Hiſtoire de 1741. où on le trouvera pag
155. Ce méme Auteur a depuis perfectionné
ſa découverte & l'a appliquée à de nouveaux
cas : il en a envoyé le Mémoire à la même
Académie.
Il a travaillé en 1742 au Prix de l'étatdes
Sciences en France pendant le quatorziéme
fiécle , & l'a remporté à Pâques 1743 au
jugement de l'Academie des Belles- Letres.
Cet Ouvrage n'eſt pasencore imprimé , quoiqu'il
foit approuvé du Cenſeur Royal , l'Auteury
voulant faire quelques additions.
La même année il eût le premier Prix de
l'Académie Françoiſe de Soiffons , fur la
Conquête de la Bourgogne par les fils du
Grand Clovis , &c .
CetOuvrage a été imprimé au commencement
de la préſente année chés Chaubert
Libraire du Journal des Sçavans.
Le 29 M. l'Abbé Girard & M. l'Abbé de
Bernis qui avoient été élus le 26 du mois de
Novembre pour remplir les places vacantes
dans l'Académie Françoiſe par la mort de
l'Abbé de Rothelin ,& par celle de l'Abbé
Gedoyn, y furent reçus,& ils firent leurs
Diſcours de remerciment auxquels M. de
Crebillon Directeur de l'Académie répondit.
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Résumé : Nouveaux Académiciens reçus, [titre d'après la table]
L'abbé Jean-Baptiste Pascal Fenel, chanoine de la Métropole de Sens et député, a été élu membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres le 11 décembre. Il avait été choisi par le roi pour succéder à Camille Falconnet, promu pensionnaire. En 1740, Fenel a concouru pour le prix du Cabestan et son ouvrage a été récompensé en 1741. L'Académie des Sciences a ordonné l'impression de son travail, prévu chez Hyppolite-Louis Guerin. Ses recherches ont révélé des phénomènes sur le raidissement et le relâchement alternatifs des cordes utilisées pour tirer des fardeaux, jugés remarquables par l'Académie des Sciences. En 1742, Fenel a remporté le prix de l'Académie des Belles-Lettres pour un ouvrage sur l'état des sciences en France au XIVe siècle, bien que non encore imprimé malgré l'approbation du censeur royal. La même année, il a obtenu le premier prix de l'Académie Française de Soissons pour un travail sur la conquête de la Bourgogne par les fils de Clovis, imprimé chez Chaubert. Le 29 novembre, les abbés Girard et Bernis ont été reçus à l'Académie Française pour remplacer les abbés de Rothelin et Gedoyn, décédés, et ont prononcé des discours de remerciement auxquels M. de Crébillon a répondu.
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12155
p. 156-157
Audience donnée par le Roi aux Députés des Etats de la Province d'Artois, [titre d'après la table]
Début :
Les Députés des Etats de la Province d'Artois ont eû le 24 de ce mois audience du [...]
Mots clefs :
Députés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Audience donnée par le Roi aux Députés des Etats de la Province d'Artois, [titre d'après la table]
Les Députés des Etats de laProvince d'Artois
ont eû le 24 de ce mois audience du
DECEMBRE. 1744 157
Roi , étant préſentés par le Prince Charles
de Lorraine , Gouverneur de la Province ,
en ſurvivance du Duc d'Elboeuf& par le
Comte d'Argenſon , Miniſtre & Secretaire
d'Etat& conduits par le Marquis deBrezé
Grand Maître des Cérémonies. La Députation
étoit compoſée pour le Clergé de
l'Abbé de France de Noyelles , Chanoine
de l'Eglile Cathédrale d'Arras , lequel porta
la parole;du Marquis de Vignacourt pour la
Nobleffe , & de M. Henin pour le tiers Etat,
tous trois Députés pour la troiſiéme fois.
ont eû le 24 de ce mois audience du
DECEMBRE. 1744 157
Roi , étant préſentés par le Prince Charles
de Lorraine , Gouverneur de la Province ,
en ſurvivance du Duc d'Elboeuf& par le
Comte d'Argenſon , Miniſtre & Secretaire
d'Etat& conduits par le Marquis deBrezé
Grand Maître des Cérémonies. La Députation
étoit compoſée pour le Clergé de
l'Abbé de France de Noyelles , Chanoine
de l'Eglile Cathédrale d'Arras , lequel porta
la parole;du Marquis de Vignacourt pour la
Nobleffe , & de M. Henin pour le tiers Etat,
tous trois Députés pour la troiſiéme fois.
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Résumé : Audience donnée par le Roi aux Députés des Etats de la Province d'Artois, [titre d'après la table]
Le 24 décembre 1744, les députés des États de la province d'Artois ont été reçus par le roi, accompagnés du prince Charles de Lorraine et du comte d'Argenson. La délégation, dirigée par le marquis de Brézé, comprenait l'abbé de France de Noyelles pour le clergé, le marquis de Vignacourt pour la noblesse et M. Henin pour le tiers état. Ces députés avaient déjà été élus à deux reprises.
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12156
p. 157-158
Combat d'un Vaisseau de la Religion avec des Bâtimens Algériens, [titre d'après la table]
Début :
Les Lettres de Marseille marquent que l'on a appris de Malthe que la nuit du 19 [...]
Mots clefs :
Vaisseau, Le Saint-Jean, Bâtiments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Combat d'un Vaisseau de la Religion avec des Bâtimens Algériens, [titre d'après la table]
Les Lettres de Marſeille marquent que
l'on a appris de Malthe que la nuit du 19
au 20 du mois dernier le Vaiſſeau de guerre
le Saint Jean appartenant à la Religion ,
avoit découvert en croiſant à la hauteur du
Cap - Honne 6 Bâtimens Algériens qui
venoient vent arriere ſur lui , que le lendemain
ces Bâtimens l'ayant reconnu & ayant
fait auffi-tốt force de voiles pour s'éloigner ,
il les avoit pourſuivis , que 5 l'avoient paffé
de l'avant &que le ſixiéme qui n'étoit pas
aufli bon voilier que les autres avoit pris le
parti d'aller mouiller à un endroit nommé
Limache , qu'alors un dess premiers avoit
réviré de bord pour ne pas abandonner ce
Bâtiment , pendant que quatre avoient coutinué
leur route , que ſur le midi le Vaiſſeau
138 MERCURE DE FRANCE.
le Saint Jean avoit mis ſon Canot à la Me
pour ſonder afin de s'aſſurer ſi on pouvoit
s'approcher de la terre , que les deux Bâtimens
Algériens avoient tiré quelques coups
de canon & une grande quantité de coups
defufil , mais que leur feu n'avoit point empêché
le Canot d'exécuter ſa commiffion ,
que comme on avoit trouvé qu'il y avoit fuffſiſamment
d'eau , le Vaiſſeau le Saint Jean
s'étoit avancé le 21 pour attaquer les Algériens
, que ceux-ci avoient tiré pluſieurs volées
de canon & qu'il y avoit eu un Chevalier
& un Matelot de bleſſés & un Soldat de
tué , que le Vaiſſeau le Saint Jean ayant préſenté
le travets & ayant fait un feu très-vif,
les ennemis avoient abandonné leurs Bâtimens
qui ont été coulés à fond. Les équipages
qui s'étoient retirés ſur une pointe de
rocher , tirerent plus de 2000 coups de fufil
ſur le Vaiſſeau de la Religion , mais ils
ne cauferent aucun mal parce qu'ils étoient
hors de portée.
Le tems & le lieu étant trop dangereux
pour paſſer la nuit près de la côte , le Vaifſeau
le Saint Jean repiit le large & il retourna
à ſa croifiere .
l'on a appris de Malthe que la nuit du 19
au 20 du mois dernier le Vaiſſeau de guerre
le Saint Jean appartenant à la Religion ,
avoit découvert en croiſant à la hauteur du
Cap - Honne 6 Bâtimens Algériens qui
venoient vent arriere ſur lui , que le lendemain
ces Bâtimens l'ayant reconnu & ayant
fait auffi-tốt force de voiles pour s'éloigner ,
il les avoit pourſuivis , que 5 l'avoient paffé
de l'avant &que le ſixiéme qui n'étoit pas
aufli bon voilier que les autres avoit pris le
parti d'aller mouiller à un endroit nommé
Limache , qu'alors un dess premiers avoit
réviré de bord pour ne pas abandonner ce
Bâtiment , pendant que quatre avoient coutinué
leur route , que ſur le midi le Vaiſſeau
138 MERCURE DE FRANCE.
le Saint Jean avoit mis ſon Canot à la Me
pour ſonder afin de s'aſſurer ſi on pouvoit
s'approcher de la terre , que les deux Bâtimens
Algériens avoient tiré quelques coups
de canon & une grande quantité de coups
defufil , mais que leur feu n'avoit point empêché
le Canot d'exécuter ſa commiffion ,
que comme on avoit trouvé qu'il y avoit fuffſiſamment
d'eau , le Vaiſſeau le Saint Jean
s'étoit avancé le 21 pour attaquer les Algériens
, que ceux-ci avoient tiré pluſieurs volées
de canon & qu'il y avoit eu un Chevalier
& un Matelot de bleſſés & un Soldat de
tué , que le Vaiſſeau le Saint Jean ayant préſenté
le travets & ayant fait un feu très-vif,
les ennemis avoient abandonné leurs Bâtimens
qui ont été coulés à fond. Les équipages
qui s'étoient retirés ſur une pointe de
rocher , tirerent plus de 2000 coups de fufil
ſur le Vaiſſeau de la Religion , mais ils
ne cauferent aucun mal parce qu'ils étoient
hors de portée.
Le tems & le lieu étant trop dangereux
pour paſſer la nuit près de la côte , le Vaifſeau
le Saint Jean repiit le large & il retourna
à ſa croifiere .
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Résumé : Combat d'un Vaisseau de la Religion avec des Bâtimens Algériens, [titre d'après la table]
Le 19 et 20 du mois précédent, le vaisseau 'le Saint Jean', appartenant à la Religion, a repéré six bâtiments algériens près du Cap Honne. Le lendemain, cinq de ces bâtiments ont tenté de fuir, tandis que le sixième, plus lent, a jeté l'ancre à Limache. Un vaisseau de la Religion a rebroussé chemin pour ne pas abandonner ce bâtiment, tandis que quatre autres ont poursuivi leur route. Le 21, le 'Saint Jean' a sondé les eaux pour s'approcher de la côte malgré les tirs de canon et de mousquets des Algériens. Lors de l'attaque, un chevalier et un matelot ont été blessés, et un soldat tué. Face à la riposte du 'Saint Jean', les Algériens ont abandonné leurs bâtiments, qui ont coulé. Les équipages algériens, réfugiés sur une pointe de rocher, ont tiré plus de 2000 coups de mousquet sans causer de dommages. En raison des dangers du lieu, le 'Saint Jean' a repris la mer et est retourné à sa croisière.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12157
p. 158-159
« On avoit mis dans la Gazette d'Utrecht du 24 Novembre 1744 à l'article de Paris, [...] »
Début :
On avoit mis dans la Gazette d'Utrecht du 24 Novembre 1744 à l'article de Paris, [...]
Mots clefs :
Chevalier Servandoni
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On avoit mis dans la Gazette d'Utrecht du 24 Novembre 1744 à l'article de Paris, [...] »
On avoit mis dans la Gazette d'Utrecht
du 24 Novembre 1744, à l'article de Paris,
que le Chevalier Servandoni , Chevalier de
DECEMBRE. 1744.5
l'Ordre de Chrift en Portugal étoit mort ,
mais cette nouvelle eſt fauſſe;il eſt employé
à faire , tant à Bayonne qu'à Bordeaux , de
magnifiques Décorations pour le paffage de
Madame la Dauphine.
du 24 Novembre 1744, à l'article de Paris,
que le Chevalier Servandoni , Chevalier de
DECEMBRE. 1744.5
l'Ordre de Chrift en Portugal étoit mort ,
mais cette nouvelle eſt fauſſe;il eſt employé
à faire , tant à Bayonne qu'à Bordeaux , de
magnifiques Décorations pour le paffage de
Madame la Dauphine.
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12158
p. 159-162
PRISES DE VAISSEAUX.
Début :
IL est arrivé à Marseille cinq Navires de saint Malo venans de la pêche de la [...]
Mots clefs :
Tonneaux, Capitaine, Vaisseau, Port
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texteReconnaissance textuelle : PRISES DE VAISSEAUX.
PRISES DE VAISSEAU X.
Leſt arrivé
faint Malo venans de la péche de la
Moruë , leſquels ont amené un Bâtiment
Anglois de 200 tonneaux , dont ils ſe ſont
emparés. Les mêmes Navires ſe ſont rendus
maîtres de quatre autres Vaiſſeaux ennemis ,
dont trois ont été rançonnés , & l'autre
d'environ 100 tonneaux , chargé de ſel ,
a été envoyé à Nantes,
à Marſeille cinq Navires de
Onapprend de Bayonne que le Corfaire
le Chaffeur , commandé par le Capitaine
Girandel , eft entré dans ce Port avec un
Bátiment , ſur lequel ily avoit cent Boucaux
de Sucre , & quelques autres marchandiſes .
Le Capitaine du Peat , qui monte le
Vaiſſeau le Renard , du même Port , a enlevé
les Navires le Delight & la Branche d'Olivier
, le dernier de 300 tonneaux , dont la
cargaifon étoit compoſée de Pelleteries , de
Cuivre , d'Huile de Baleine , de Bois de Menuiſerie
, de Goudron , de Merains , de
Raiſine & de Therebentine,
160 MERCURE DE FRANCE .
Le Pinque la Jeanne , de Bristol , de
180 tonneaux , avec un chargement de Sucre
, de Poivre , de Coton , de Bois d'Acajou
& de Tafia , a été pris par le Corſaire
la Victoire , que commande le Capitaine
du Ler.
Les lettres de Bordeaux marquent qu'on
y a reçû avis deſaint Sebaſtien , que le Navire
la Saxonne , armé en courſe par le Capitaine
Barreyre avoit conduit dans ce dernier
Port l'Armateur Anglois la Reine de
Hongrie, de 24 canons , de 18 pierriers &
de 200 hommes d'équipage.
Le Corſaire le Malo , de ſaint Malo , a
repris le Vaiſſeau l'Elizabeth , dont un Aramateur
de Guernſey s'étoit rendu maître.
Les Capitaines Clement & Figoli , commandans
, l'un le Vaiſſeau le Charles Grenot ,
de Granville , l'autre le Vaiſſeau le Renard, de
Dieppe , font arrivés à ſaint Malo , le premier
avec le Brigantin l'Experimenté de Bofton
chargé de Charbon de terre , le deuxieme
avec le Navire le Malberry , de Bristol ,
à bord duquel on a trouvé du Sucre , du
Coton & d'autres effets.
On écrit du Havre qu'il y est arrivé un
Corſaire Anglois de 22 canons , d'un pareil
nombre de pierriers & de 148 hommes
d'équipage qu'ont pris les Frégares
l'Emeraul &Ja Fine commandées par Mel
,
DECEMBRE 1744 161
fieurs de Saint Allouarn & Azan .
Ces deux Fregates ſe ſont encore emparées
de quatre autres Batimens ennemis ,
P'un deſquels nommé le Cerf, chargé de 400
Boucaux de Tabac , & de trente tonneaux
de Fer , a été mené au Port Louis.
Le Capitaine Noël Guillaume Denis ,
commandant le Corſaire la Suzanne , de
Calais , a conduit à Boulogne un Vaiſſeau
Anglois , dont la charge conſiſtoit en Lin ,
en Vin & en Eau de vie.
Deux Armateurs Anglois , l'un de 26
canons & l'autre de 20 , & pluſieurs Vaiffeaux
qui revenoient des Colonies de l'Amérique
ont été pris par des Armateurs
François.
Le Capitaine du Pleſſis commandant le
Vaiſſeau le Stanislas , armé en courſe ,à conduit
à la Rochelle le Navire Anglois le
Black-River de 200 tonneaux , chargé de
Sucre , de Tafia & de Bois de Campeche.
On mande de ſaint Malo que le Vaiffeau
le Jean Jofeph , monté par le Capitaine
Ruault étoit entré dans ce Port avec le
Bâtiment le François de Londres , de 190
tonneaux qui portoit des munitions à la
Jamaïque , & que quelques jours après il
s'étoit emparé du Vaiſſeau la Charlotte , de
6 canons & d'un pareil nombre de pier
riers qu'il avoit envoyé au Havre.
MERCURED E FRANCE.
On a appris de Calais que deux autres
Navires ennemis dont les chargemens con
ſiſtoient en Grains , en Bierre & en Bifcuit
avoient été pris par le Corſaire l'Ejiurgeon.
Leſt arrivé
faint Malo venans de la péche de la
Moruë , leſquels ont amené un Bâtiment
Anglois de 200 tonneaux , dont ils ſe ſont
emparés. Les mêmes Navires ſe ſont rendus
maîtres de quatre autres Vaiſſeaux ennemis ,
dont trois ont été rançonnés , & l'autre
d'environ 100 tonneaux , chargé de ſel ,
a été envoyé à Nantes,
à Marſeille cinq Navires de
Onapprend de Bayonne que le Corfaire
le Chaffeur , commandé par le Capitaine
Girandel , eft entré dans ce Port avec un
Bátiment , ſur lequel ily avoit cent Boucaux
de Sucre , & quelques autres marchandiſes .
Le Capitaine du Peat , qui monte le
Vaiſſeau le Renard , du même Port , a enlevé
les Navires le Delight & la Branche d'Olivier
, le dernier de 300 tonneaux , dont la
cargaifon étoit compoſée de Pelleteries , de
Cuivre , d'Huile de Baleine , de Bois de Menuiſerie
, de Goudron , de Merains , de
Raiſine & de Therebentine,
160 MERCURE DE FRANCE .
Le Pinque la Jeanne , de Bristol , de
180 tonneaux , avec un chargement de Sucre
, de Poivre , de Coton , de Bois d'Acajou
& de Tafia , a été pris par le Corſaire
la Victoire , que commande le Capitaine
du Ler.
Les lettres de Bordeaux marquent qu'on
y a reçû avis deſaint Sebaſtien , que le Navire
la Saxonne , armé en courſe par le Capitaine
Barreyre avoit conduit dans ce dernier
Port l'Armateur Anglois la Reine de
Hongrie, de 24 canons , de 18 pierriers &
de 200 hommes d'équipage.
Le Corſaire le Malo , de ſaint Malo , a
repris le Vaiſſeau l'Elizabeth , dont un Aramateur
de Guernſey s'étoit rendu maître.
Les Capitaines Clement & Figoli , commandans
, l'un le Vaiſſeau le Charles Grenot ,
de Granville , l'autre le Vaiſſeau le Renard, de
Dieppe , font arrivés à ſaint Malo , le premier
avec le Brigantin l'Experimenté de Bofton
chargé de Charbon de terre , le deuxieme
avec le Navire le Malberry , de Bristol ,
à bord duquel on a trouvé du Sucre , du
Coton & d'autres effets.
On écrit du Havre qu'il y est arrivé un
Corſaire Anglois de 22 canons , d'un pareil
nombre de pierriers & de 148 hommes
d'équipage qu'ont pris les Frégares
l'Emeraul &Ja Fine commandées par Mel
,
DECEMBRE 1744 161
fieurs de Saint Allouarn & Azan .
Ces deux Fregates ſe ſont encore emparées
de quatre autres Batimens ennemis ,
P'un deſquels nommé le Cerf, chargé de 400
Boucaux de Tabac , & de trente tonneaux
de Fer , a été mené au Port Louis.
Le Capitaine Noël Guillaume Denis ,
commandant le Corſaire la Suzanne , de
Calais , a conduit à Boulogne un Vaiſſeau
Anglois , dont la charge conſiſtoit en Lin ,
en Vin & en Eau de vie.
Deux Armateurs Anglois , l'un de 26
canons & l'autre de 20 , & pluſieurs Vaiffeaux
qui revenoient des Colonies de l'Amérique
ont été pris par des Armateurs
François.
Le Capitaine du Pleſſis commandant le
Vaiſſeau le Stanislas , armé en courſe ,à conduit
à la Rochelle le Navire Anglois le
Black-River de 200 tonneaux , chargé de
Sucre , de Tafia & de Bois de Campeche.
On mande de ſaint Malo que le Vaiffeau
le Jean Jofeph , monté par le Capitaine
Ruault étoit entré dans ce Port avec le
Bâtiment le François de Londres , de 190
tonneaux qui portoit des munitions à la
Jamaïque , & que quelques jours après il
s'étoit emparé du Vaiſſeau la Charlotte , de
6 canons & d'un pareil nombre de pier
riers qu'il avoit envoyé au Havre.
MERCURED E FRANCE.
On a appris de Calais que deux autres
Navires ennemis dont les chargemens con
ſiſtoient en Grains , en Bierre & en Bifcuit
avoient été pris par le Corſaire l'Ejiurgeon.
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Résumé : PRISES DE VAISSEAUX.
En 1744, plusieurs navires français ont capturé des bâtiments ennemis, principalement anglais. À Saint-Malo, des navires de pêche ont pris un vaisseau anglais de 200 tonneaux et quatre autres navires, dont trois rançonnés et un envoyé à Nantes. À Bayonne, le corsaire 'le Chaffeur' a ramené un bâtiment chargé de sucre. Le capitaine du 'Renard' a capturé les navires 'Delight' et 'Branche d'Olivier'. Le corsaire 'la Victoire' a pris le pinque 'la Jeanne' de Bristol, chargé de diverses marchandises. À Bordeaux, 'la Saxonne' a conduit l'armateur anglais 'la Reine de Hongrie' et 'le Malo' a repris 'l'Elizabeth'. Les capitaines Clément et Figoli ont ramené respectivement 'l'Experimenté' et 'le Malberry'. Au Havre, les frégates 'l'Émeraude' et 'la Fine' ont capturé cinq bâtiments ennemis, dont un nommé 'le Cerf'. 'la Suzanne' a conduit un vaisseau anglais à Boulogne. Le capitaine du Plessis a ramené 'Black-River' à La Rochelle. À Saint-Malo, 'le Jean Joseph' a capturé 'la Charlotte'. À Calais, 'l'Épervier' a pris deux navires ennemis chargés de grains, bière et biscuit.
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12159
p. 162-163
BENEFICES accordés par le Roi au mois de Décembre 1744.
Début :
L'Evêché de Beziers en Languedocn, vacant par la mort de M. Louis-Charles des [...]
Mots clefs :
Ordre, Diocèse, Abbaye
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texteReconnaissance textuelle : BENEFICES accordés par le Roi au mois de Décembre 1744.
BENEFICES accordés par le Roi
mois de Décembre 1744 .
an
L'Evêché de Beziers en Languedoc , va
cant par la mort de M. Louis- Charles des
Atries du Rouſſet , à Meſſire Louis-Ange de
Ghiſtelle de S. Floris , Aumonier du Roi,
Abbé de Beaulieu Lez-Mans .
L'Evêché de Saintes, Capitale de la Saintonge
, vacant par la mort de Meſſire Leon
de Beaumont Gibaud , à Meſlire Simon-
Pierre de la Corée , Vicaire Général de
Saintes , Abbé de Benevent , Diocese de
Limoges.
L'Abbaye de Fontcombaud, Ordre de faint
Benoît , Dioceſe de Bourges , à l'Abbé du
Fau , Vicaire Général de l'Evêque de Langres.
Le Prieuré de Gigny du même Ordre ,
Dioceſe de Lyon , à l'Abbé de la Farre ,
Aumonier du Roi,
DECEMBRE. 1744 164
Le Prieuré de Mortagne , Ordre de ſaint
Augustin , Dicceſe de Saintes , à l'Abbé de
la Tour du Pin.
L'Abbaye Réguliere de Bucilly , Ordre
de Prémontré reformé ,Dioceſe de Laon , au
P. Meneffier Vicaire Général de cet Ordre.
L'Abbaye Réguliere de S. Bertin , Ordre
de S. Benoît , Dioceſe de S. Omer , à Dong
Gherbode.
L'Abbaye Réguliere de Canigou , meme
Ordre , Dioceſe de Perpignan , à Dom
Jacques Bombes , Religieux de cet Ordre,
L'Abbaye Reguliere de Criſſerton ,même
Ordre , Dioceſe d'Auxerre , à Madame de
Sennevoy.
Et celle de Parc aux Dames , Ordre de
Citeaux , Dioceſe de Senlis , à Madame de
Renanſarte, Prieure de l'Abbaye deMorien
val.
mois de Décembre 1744 .
an
L'Evêché de Beziers en Languedoc , va
cant par la mort de M. Louis- Charles des
Atries du Rouſſet , à Meſſire Louis-Ange de
Ghiſtelle de S. Floris , Aumonier du Roi,
Abbé de Beaulieu Lez-Mans .
L'Evêché de Saintes, Capitale de la Saintonge
, vacant par la mort de Meſſire Leon
de Beaumont Gibaud , à Meſlire Simon-
Pierre de la Corée , Vicaire Général de
Saintes , Abbé de Benevent , Diocese de
Limoges.
L'Abbaye de Fontcombaud, Ordre de faint
Benoît , Dioceſe de Bourges , à l'Abbé du
Fau , Vicaire Général de l'Evêque de Langres.
Le Prieuré de Gigny du même Ordre ,
Dioceſe de Lyon , à l'Abbé de la Farre ,
Aumonier du Roi,
DECEMBRE. 1744 164
Le Prieuré de Mortagne , Ordre de ſaint
Augustin , Dicceſe de Saintes , à l'Abbé de
la Tour du Pin.
L'Abbaye Réguliere de Bucilly , Ordre
de Prémontré reformé ,Dioceſe de Laon , au
P. Meneffier Vicaire Général de cet Ordre.
L'Abbaye Réguliere de S. Bertin , Ordre
de S. Benoît , Dioceſe de S. Omer , à Dong
Gherbode.
L'Abbaye Réguliere de Canigou , meme
Ordre , Dioceſe de Perpignan , à Dom
Jacques Bombes , Religieux de cet Ordre,
L'Abbaye Reguliere de Criſſerton ,même
Ordre , Dioceſe d'Auxerre , à Madame de
Sennevoy.
Et celle de Parc aux Dames , Ordre de
Citeaux , Dioceſe de Senlis , à Madame de
Renanſarte, Prieure de l'Abbaye deMorien
val.
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Résumé : BENEFICES accordés par le Roi au mois de Décembre 1744.
En décembre 1744, plusieurs bénéfices ecclésiastiques ont été attribués par le Roi. L'Évêché de Béziers, en Languedoc, a été attribué à Messire Louis-Ange de Ghistelle de Saint-Floris, Aumonier du Roi et Abbé de Beaulieu Lez-Mans, succédant à M. Louis-Charles des Atries du Rousset. L'Évêché de Saintes, en Saintonge, a été confié à Messire Simon-Pierre de la Corrée, Vicaire Général de Saintes et Abbé de Benevent, après le décès de Messire Léon de Beaumont Gibaud. L'Abbaye de Fontcombaud, relevant de l'Ordre de Saint-Benoît et située dans le diocèse de Bourges, a été donnée à l'Abbé du Fau, Vicaire Général de l'Évêque de Langres. Le Prieuré de Gigny, également de l'Ordre de Saint-Benoît et situé dans le diocèse de Lyon, a été attribué à l'Abbé de la Farre, Aumonier du Roi. D'autres attributions incluent le Prieuré de Mortagne, Ordre de Saint-Augustin, diocèse de Saintes, à l'Abbé de la Tour du Pin ; l'Abbaye Régulière de Bucilly, Ordre de Prémontré réformé, diocèse de Laon, au Père Meneffier, Vicaire Général de cet Ordre ; l'Abbaye Régulière de Saint-Bertin, Ordre de Saint-Benoît, diocèse de Saint-Omer, à Dom Gherbode ; l'Abbaye Régulière de Canigou, même ordre, diocèse de Perpignan, à Dom Jacques Bombes.
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12160
p. 164-165
CHARGES Militaires accordées par le Roi au mois de Décembre 1744.
Début :
La Compagnie des Gendarmes de Flandre, à M. de Montchal, Sous-Lieutenant de [...]
Mots clefs :
Compagnie des gendarmes, Sous-lieutenant
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texteReconnaissance textuelle : CHARGES Militaires accordées par le Roi au mois de Décembre 1744.
CHARGES Militaires acordées par le
Roi au mois de Décembre 1744.
La Compagnie des Gendarmes de Flandre
, à M. de Montchal , Sous-Lieutenant de
cette Compagnie.
Celle des Gendarmes de la Reine au
Baron de Montmorency , Chef de l'Illuftre
Maiſon de ce nom , Capitaine Lieutenant
des Gendarmes d'Anjou ,
Celle des Gendarmes Dauphins au Marquis
de Dromefnil .
Celle des Gendarmes d'Orleans à M.
Dauvet , Sous-Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux-Legers de Berry.
Celle des Chevaux - Legers de Berry
à M. d'Oſſun , Enſeigne de la Compagnie
des Gendarmes d'Anjou.
Celle des Chevaux-Legers Dauphins , au
Comte de Jonſac Sous-Lieutenant des
Chevaux- legers d'Orleans.
La Sous-Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes de Flandre au Chevalier de
Biffy , qui en étoit Enſeigne.
DECEMBRE , 1744. 165
La Sous -Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes de la Reine , à Mr de Courtomer
, Enſeigne de la Compagnie des Gen
darmes Anglois.
La Compagnie des Gendarmes d'Anjou
au Comte de Bacqueville , Sous - Lieute,
nant des Gendarmes d'Orleans ,
Celle des Chevaux - Legers d'Anjou au
Chevalier d'Antragues , Sous- Lieutenant de
la Compagnie des Gendarmes Bourguignons,
Et la Sous-Lieutenance des Gendarmes
Bourguignons au Marquis d'Argouges qui
en étoit Enſeigne ; il eſt Fils de M. le Lieutenant
Civil,
Roi au mois de Décembre 1744.
La Compagnie des Gendarmes de Flandre
, à M. de Montchal , Sous-Lieutenant de
cette Compagnie.
Celle des Gendarmes de la Reine au
Baron de Montmorency , Chef de l'Illuftre
Maiſon de ce nom , Capitaine Lieutenant
des Gendarmes d'Anjou ,
Celle des Gendarmes Dauphins au Marquis
de Dromefnil .
Celle des Gendarmes d'Orleans à M.
Dauvet , Sous-Lieutenant de la Compagnie
des Chevaux-Legers de Berry.
Celle des Chevaux - Legers de Berry
à M. d'Oſſun , Enſeigne de la Compagnie
des Gendarmes d'Anjou.
Celle des Chevaux-Legers Dauphins , au
Comte de Jonſac Sous-Lieutenant des
Chevaux- legers d'Orleans.
La Sous-Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes de Flandre au Chevalier de
Biffy , qui en étoit Enſeigne.
DECEMBRE , 1744. 165
La Sous -Lieutenance de la Compagnie des
Gendarmes de la Reine , à Mr de Courtomer
, Enſeigne de la Compagnie des Gen
darmes Anglois.
La Compagnie des Gendarmes d'Anjou
au Comte de Bacqueville , Sous - Lieute,
nant des Gendarmes d'Orleans ,
Celle des Chevaux - Legers d'Anjou au
Chevalier d'Antragues , Sous- Lieutenant de
la Compagnie des Gendarmes Bourguignons,
Et la Sous-Lieutenance des Gendarmes
Bourguignons au Marquis d'Argouges qui
en étoit Enſeigne ; il eſt Fils de M. le Lieutenant
Civil,
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Résumé : CHARGES Militaires accordées par le Roi au mois de Décembre 1744.
En décembre 1744, plusieurs charges militaires ont été attribuées par le Roi. M. de Montchal a reçu la Compagnie des Gendarmes de Flandre en tant que Sous-Lieutenant. La Compagnie des Gendarmes de la Reine a été confiée au Baron de Montmorency, Chef de la Maison de Montmorency et Capitaine Lieutenant des Gendarmes d'Anjou. Le Marquis de Dromefnil a obtenu la Compagnie des Gendarmes Dauphins. M. Dauvet, Sous-Lieutenant des Chevaux-Légers de Berry, a reçu la Compagnie des Chevaux-Légers d'Orléans. M. d'Ossun, Enseigne des Gendarmes d'Anjou, a été nommé à la tête de la Compagnie des Chevaux-Légers de Berry. Le Comte de Jonsac, Sous-Lieutenant des Chevaux-Légers d'Orléans, a reçu la Compagnie des Chevaux-Légers Dauphins. Le Chevalier de Biffy est devenu Sous-Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes de Flandre. M. de Courtomer, Enseigne des Gendarmes Anglais, a été nommé Sous-Lieutenant de la Compagnie des Gendarmes de la Reine. Le Comte de Bacqueville, Sous-Lieutenant des Gendarmes d'Orléans, a obtenu la Compagnie des Gendarmes d'Anjou. Le Chevalier d'Antragues, Sous-Lieutenant des Gendarmes Bourguignons, a reçu la Compagnie des Chevaux-Légers d'Anjou. Enfin, la Sous-Lieutenance des Gendarmes Bourguignons a été confiée au Marquis d'Argouges, Enseigne de cette compagnie et fils de M. le Lieutenant Civil.
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12161
p. 166-169
Célébration du Mariage de M. le Duc de Penthievre avec Mademoiselle de Modéne, [titre d'après la table]
Début :
Le 28 Décembre à 6 heures du soir le Roi, la Reine, Monseigneur le Dauphin, Madame [...]
Mots clefs :
Roi, Reine, Duc de Penthiévre, Mlle de Modène, Monseigneur le Dauphin
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texteReconnaissance textuelle : Célébration du Mariage de M. le Duc de Penthievre avec Mademoiselle de Modéne, [titre d'après la table]
Le 28 Décembre à 6heures du ſoir le Roi,
la Reine , Monſeigneur le Dauphin , Madame
ſeconde , tous les Princes & Princefſes
du Sang , ſe trouverent dans la piece
de l'ancienne Chambre du Roi , à la
lecture du Contrat de Mariage de M. le
Duc de Penthiévre avec Mlle. de Modéne
fille aînée de M. le Duc de Modéne , fait &
lû par M. le Marquis d'Argenſon , Miniftre &
Secretaire d'Etat pour les Affaires Etrangeres
; la lecture faite , le Roi , la Reine ,
Monſeigneur le Dauphin & Madame feconde
figuerent le Contrat chacun felon fon
rang , & Madame la Duchefſe de Modéne ,
&Mile. de Modéne étant venues par la
Chambre du Roi pendant les fignatures , y
fignerent.
Le Mardi 29 fur le midi & demi le Roi ,
la Reine, Monſeigneur le Dauphin, les Prin--
ces & Princefles du Sang, ſuivis des Princes &
Dames de la Cour, ſe rendirent à la Chapelle
en bas par l'eſcalier de marbre , précédés du
Marquis de Brezé, Grand Maître desCérémonies
, & Mlle. de Modéne étant entrée par
la Sacriftie , M. le Cardinal de Rohan fiança
&maria enfuite le Prince & la Princefle en
préſence du Curé de Verſailles ; cette cérémonie
faite , un Aumonier du Roi dit la
Meffe, pendant laquelle on chanta unMotet
de M. de Lalande ; deux Aumôniers du Roi
DECEMBRE. 1744. 167
tinrent le poile,&deux Clercs de la Chapelle
préſenterent le cierge aux mariés.
Les Ambaſſadeurs ſe ſont preſque tous
trouvés à cette cérémonie. La Meſſe finie le
Roi eſt revenu chés lui , & dans la marche
Madame la Ducheſſe de Modéne a pris fon
rang de Princeſſe fille après Madame la
Princeffe de Conty , & M. de Penthievre tenant
la main de Madaine la Ducheſſe de
Penthievre fermoit la marche,
La Reine fut reconduite chés elle par
Monſeigneur le Dauphin, Meſdames de Frara
ce , les Princes & Princeſſes du Sang & par
les nouveaux mariés.
Delà ils ont conduit Monſeigneur le Dauphin
, puis Meſdames & ont été diner chés
Madame la Ducheffe de Modéne.
L'après midi ſur les fix heures , la Reine ,
Monſeigneur le Dauphin & Meſdames , accompagnés
de plus de foixante Dames ,
des Seigneurs de la Cour & des Miniſtres
Etrangers ſe rendirent dans les grands apparments
pour le Concert ; on y éxécuta
les Amours de Zéphire & de Flore, divertif
ſement de M. de Blamont Surintendant de
la Mufique du Roi , dont les paroles font
de M. de Bonneval Intendant & Contrôleur
des menus plaiſirs & affaires de la Chambre ;
les paroles & la muſique ont été généralement
applaudies, Après le concert on paſſa
68 MERCURE DE FRANCE.
dans deux autres ſales où l'on joua au Cavagnol
& au Quadrille juſqu'à neuf heures ,
alors le Roi vint prendre la Reine pour le
ſouper dugrand couvert,
Le repas s'eft fait dans l'antichambre de la
Reine ; la table étoit en fer àcheval ; il y
avoit 12 couverts , le Roi & laReine au milieu
; à droite du Roi étoient Monſeigneur
le Dauphin , Madame ſeconde , Madame
la Princeſſe de Conty , Mlle. de Charolois ,
Mlle. de la Roche-Sur-Yon & Madame la
Duchefle de Penthievre. A gauche de la
Reine étoient Madame premiere , Madame
la Duchefſſe de Chartres , Madame la Ducheſſe
de Modéne &Mlle, de Sens.
Après le grand couvert le Roi eſt reve.
nu aux grands appartemens & de-là a conduit
les mariés chés Madame la Comteffe
deToulouſe qui leur avoit cédé ſon appartement
où ſe fit la Bénédiction du Lit nuptial
par M. le Cardinal de Rohan en préfence
de leurs Majeftés & de Monſeigneur
le Dauphin ; enſuite le Roi donna la chemiſe
à M. le Duc de Penthievre & la
Reine la donna à Madame la Ducheſſe de
Penthievre .
M. le Duc de Penthievre ſenomme Louis-
Jean - Marie de Bourbon , Pair , Amiral &
Grand Veneur de France , Lieutenant Général
des Armées du Roi , Chevalier de
fes
DECEMBRE. 1744. 169
'ſes Ordres & de la Toiſon d'Or , Gouverneur
de la Province de Bretagne. Il eſt né le
16 Novembre 1725 , & il eſt Fils de Louis-
Alexandre de Bourbon , Comte de Toulouſe
, Duc de Penthievre , Pair , Amiral &
Grand Veneur de France , mort le 1 Decembre
1737 , & de Marie- Sophie-Victoire
de Noailles , mariés le 22 Février
1723 .
Madame la Ducheſſe de Penthievre ſe
nomme Marie-Thereſe-Felicité d'Eft. Elle
eſt née le 6 Octobre 1726 , Fille aînée de
François- Marie d'Eſt , Duc de Modene &
de Reggio , & de Charlotte-Aglaé d'Orleans.
la Reine , Monſeigneur le Dauphin , Madame
ſeconde , tous les Princes & Princefſes
du Sang , ſe trouverent dans la piece
de l'ancienne Chambre du Roi , à la
lecture du Contrat de Mariage de M. le
Duc de Penthiévre avec Mlle. de Modéne
fille aînée de M. le Duc de Modéne , fait &
lû par M. le Marquis d'Argenſon , Miniftre &
Secretaire d'Etat pour les Affaires Etrangeres
; la lecture faite , le Roi , la Reine ,
Monſeigneur le Dauphin & Madame feconde
figuerent le Contrat chacun felon fon
rang , & Madame la Duchefſe de Modéne ,
&Mile. de Modéne étant venues par la
Chambre du Roi pendant les fignatures , y
fignerent.
Le Mardi 29 fur le midi & demi le Roi ,
la Reine, Monſeigneur le Dauphin, les Prin--
ces & Princefles du Sang, ſuivis des Princes &
Dames de la Cour, ſe rendirent à la Chapelle
en bas par l'eſcalier de marbre , précédés du
Marquis de Brezé, Grand Maître desCérémonies
, & Mlle. de Modéne étant entrée par
la Sacriftie , M. le Cardinal de Rohan fiança
&maria enfuite le Prince & la Princefle en
préſence du Curé de Verſailles ; cette cérémonie
faite , un Aumonier du Roi dit la
Meffe, pendant laquelle on chanta unMotet
de M. de Lalande ; deux Aumôniers du Roi
DECEMBRE. 1744. 167
tinrent le poile,&deux Clercs de la Chapelle
préſenterent le cierge aux mariés.
Les Ambaſſadeurs ſe ſont preſque tous
trouvés à cette cérémonie. La Meſſe finie le
Roi eſt revenu chés lui , & dans la marche
Madame la Ducheſſe de Modéne a pris fon
rang de Princeſſe fille après Madame la
Princeffe de Conty , & M. de Penthievre tenant
la main de Madaine la Ducheſſe de
Penthievre fermoit la marche,
La Reine fut reconduite chés elle par
Monſeigneur le Dauphin, Meſdames de Frara
ce , les Princes & Princeſſes du Sang & par
les nouveaux mariés.
Delà ils ont conduit Monſeigneur le Dauphin
, puis Meſdames & ont été diner chés
Madame la Ducheffe de Modéne.
L'après midi ſur les fix heures , la Reine ,
Monſeigneur le Dauphin & Meſdames , accompagnés
de plus de foixante Dames ,
des Seigneurs de la Cour & des Miniſtres
Etrangers ſe rendirent dans les grands apparments
pour le Concert ; on y éxécuta
les Amours de Zéphire & de Flore, divertif
ſement de M. de Blamont Surintendant de
la Mufique du Roi , dont les paroles font
de M. de Bonneval Intendant & Contrôleur
des menus plaiſirs & affaires de la Chambre ;
les paroles & la muſique ont été généralement
applaudies, Après le concert on paſſa
68 MERCURE DE FRANCE.
dans deux autres ſales où l'on joua au Cavagnol
& au Quadrille juſqu'à neuf heures ,
alors le Roi vint prendre la Reine pour le
ſouper dugrand couvert,
Le repas s'eft fait dans l'antichambre de la
Reine ; la table étoit en fer àcheval ; il y
avoit 12 couverts , le Roi & laReine au milieu
; à droite du Roi étoient Monſeigneur
le Dauphin , Madame ſeconde , Madame
la Princeſſe de Conty , Mlle. de Charolois ,
Mlle. de la Roche-Sur-Yon & Madame la
Duchefle de Penthievre. A gauche de la
Reine étoient Madame premiere , Madame
la Duchefſſe de Chartres , Madame la Ducheſſe
de Modéne &Mlle, de Sens.
Après le grand couvert le Roi eſt reve.
nu aux grands appartemens & de-là a conduit
les mariés chés Madame la Comteffe
deToulouſe qui leur avoit cédé ſon appartement
où ſe fit la Bénédiction du Lit nuptial
par M. le Cardinal de Rohan en préfence
de leurs Majeftés & de Monſeigneur
le Dauphin ; enſuite le Roi donna la chemiſe
à M. le Duc de Penthievre & la
Reine la donna à Madame la Ducheſſe de
Penthievre .
M. le Duc de Penthievre ſenomme Louis-
Jean - Marie de Bourbon , Pair , Amiral &
Grand Veneur de France , Lieutenant Général
des Armées du Roi , Chevalier de
fes
DECEMBRE. 1744. 169
'ſes Ordres & de la Toiſon d'Or , Gouverneur
de la Province de Bretagne. Il eſt né le
16 Novembre 1725 , & il eſt Fils de Louis-
Alexandre de Bourbon , Comte de Toulouſe
, Duc de Penthievre , Pair , Amiral &
Grand Veneur de France , mort le 1 Decembre
1737 , & de Marie- Sophie-Victoire
de Noailles , mariés le 22 Février
1723 .
Madame la Ducheſſe de Penthievre ſe
nomme Marie-Thereſe-Felicité d'Eft. Elle
eſt née le 6 Octobre 1726 , Fille aînée de
François- Marie d'Eſt , Duc de Modene &
de Reggio , & de Charlotte-Aglaé d'Orleans.
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Résumé : Célébration du Mariage de M. le Duc de Penthievre avec Mademoiselle de Modéne, [titre d'après la table]
Le 28 décembre à 18 heures, le roi, la reine, le dauphin, Madame seconde et les princes et princesses du sang assistèrent à la lecture du contrat de mariage entre le duc de Penthièvre et Mademoiselle de Modène, fille aînée du duc de Modène. Le contrat fut lu par le marquis d'Argenson, ministre et secrétaire d'État aux Affaires étrangères. Après la lecture, les membres de la famille royale signèrent le contrat selon leur rang, suivis par la duchesse de Modène et Mademoiselle de Modène. Le 29 décembre à midi et demie, la famille royale et les princes et princesses du sang se rendirent à la chapelle pour la cérémonie de mariage, précédés par le marquis de Brezé, Grand Maître des Cérémonies. Le cardinal de Rohan célébra la cérémonie en présence du curé de Versailles. Une messe fut dite par un aumônier du roi, accompagnée d'un motet de M. de Lalande. Les ambassadeurs étaient présents. Après la messe, la duchesse de Modène prit son rang de princesse fille après la princesse de Conty, et le duc de Penthièvre ferma la marche avec la duchesse de Penthièvre. La reine fut reconduite chez elle par le dauphin, Mesdames de France, les princes et princesses du sang, ainsi que les nouveaux mariés. Ils conduisirent ensuite le dauphin et Mesdames chez la duchesse de Modène pour dîner. L'après-midi, la reine, le dauphin et Mesdames, accompagnés de nombreuses dames et seigneurs de la cour, assistèrent à un concert dans les grands appartements. Le divertissement musical, 'Les Amours de Zéphire et de Flore' de M. de Blamont, fut applaudi. Après le concert, on joua au cavagnole.
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12162
p. 169-170
Celui de M. le Comte de Brionne, [titre d'après la table]
Début :
Le 19 Decembre Louis-Charles de Lorraine, Comte de Brionne, Gouverneur [...]
Mots clefs :
Comte de Brionne, Augustine de Coëtquen, Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Celui de M. le Comte de Brionne, [titre d'après la table]
Le 29 Decembre Louis-Charles de Lorraine
, Comte de Brionne , Gouverneur
de la Province d'Anjou , Grand Ecuyer de
France en ſurvivance de M. le Prince Charles
de I.orraine ,fon Oncle, depuis le mois
de Novembre dernier , & veuf depuis le
2 Février 1742 de Dame Louife-Charlotte
de Gramont , fut marié avec Dame
Auguſtine de Coetquen , veuve de Charles-
Auguſte de Rochechouart , Duc de Mortemart
, Pair de France , Grand d'Eſpagne ,
premier Gentilhomme de la Chambre du
Roi , Meſtre de Camp du Regiment d'Infanterie
de Mortemart , connu ſous le nom
H
170 MERCURE DE FRANCE.
de Duc de Rochechouart , tué au combat
d'Ettingen le 27 Juin 1743 , & fille de Jules-
Malo de Coetquen , Comte de Combourg
, Gouverneur en ſurvivance du Marquis
de Coetquen ſon Pere , des Ville ,
Château & Citadelle de S. Malo , & de
Dame Marie - Eliſabeth Nicolaï , femme en
ſecondes Nôces du Duc de Mortemart,pere
du Duc de Rochechouart.
M. le Comte de Brionne eſt fils aîné de
feu Louis de Lorraine Prince de Lambefc,
mort le 9 Septembre 1743 & de Dame
Jeanne - Henriette - Marguerite de Durfort-
Duras. Voyez la Genealogie de la Maiſon
deCoetquen , une des premieres de la Province
de Bretagne , dans l'Histoire du Maréchal
de Guébriant , par le ſieur le Laboureur.
, Comte de Brionne , Gouverneur
de la Province d'Anjou , Grand Ecuyer de
France en ſurvivance de M. le Prince Charles
de I.orraine ,fon Oncle, depuis le mois
de Novembre dernier , & veuf depuis le
2 Février 1742 de Dame Louife-Charlotte
de Gramont , fut marié avec Dame
Auguſtine de Coetquen , veuve de Charles-
Auguſte de Rochechouart , Duc de Mortemart
, Pair de France , Grand d'Eſpagne ,
premier Gentilhomme de la Chambre du
Roi , Meſtre de Camp du Regiment d'Infanterie
de Mortemart , connu ſous le nom
H
170 MERCURE DE FRANCE.
de Duc de Rochechouart , tué au combat
d'Ettingen le 27 Juin 1743 , & fille de Jules-
Malo de Coetquen , Comte de Combourg
, Gouverneur en ſurvivance du Marquis
de Coetquen ſon Pere , des Ville ,
Château & Citadelle de S. Malo , & de
Dame Marie - Eliſabeth Nicolaï , femme en
ſecondes Nôces du Duc de Mortemart,pere
du Duc de Rochechouart.
M. le Comte de Brionne eſt fils aîné de
feu Louis de Lorraine Prince de Lambefc,
mort le 9 Septembre 1743 & de Dame
Jeanne - Henriette - Marguerite de Durfort-
Duras. Voyez la Genealogie de la Maiſon
deCoetquen , une des premieres de la Province
de Bretagne , dans l'Histoire du Maréchal
de Guébriant , par le ſieur le Laboureur.
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Résumé : Celui de M. le Comte de Brionne, [titre d'après la table]
Le 29 décembre, Louis-Charles de Lorraine, Comte de Brionne, Gouverneur de la Province d'Anjou et Grand Écuyer de France en survivance de son oncle, le Prince Charles de Lorraine, a épousé Augustine de Coetquen. Augustine était veuve de Charles-Auguste de Rochechouart, Duc de Mortemart, Pair de France, Grand d'Espagne, premier Gentilhomme de la Chambre du Roi et Mestre de Camp du Régiment d'Infanterie de Mortemart. Le Duc de Rochechouart avait été tué au combat d'Ettingen le 27 juin 1743. Augustine de Coetquen était la fille de Jules-Malo de Coetquen, Comte de Combourg, et de Dame Marie-Elisabeth Nicolaï, seconde épouse du Duc de Mortemart, père du Duc de Rochechouart. Le Comte de Brionne est le fils aîné de Louis de Lorraine, Prince de Lambesc, décédé le 9 septembre 1743, et de Jeanne-Henriette-Marguerite de Durfort-Duras. La Maison de Coetquen, une des premières familles de la Province de Bretagne, est détaillée dans l'Histoire du Maréchal de Guébriant par le sieur le Laboureur.
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12163
p. 171-174
Extrait d'une Lettre écrite de Constantinople le 24 Octobre 1744.
Début :
ON nous avoit écrit du 26 Septembre d'Alep, que l'armée Turque qui étoit [...]
Mots clefs :
Pacha , Persans, Thamas Kouli-Kan
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre écrite de Constantinople le 24 Octobre 1744.
Extrait d'une Lettre écrite de Constantinople
le 24 Octobre 1744.
Od'Alep , que farmée Turque quit
N nous avoit écrit du 26 Septembre
campée devant Cars ayant été battue , cette
Place avoit été priſe , & que les Perſans
s'avançoient vers Erzerum. On ajoutoit que
d'un autre côté , le Conſul Anglois établi
à Bafſora avoit écrit qu'on y étoit dans la
derniere conſternation , parce qu'un Corps
conſidérable de Perſans , étoit entré dans
l'Euphrate ſur des Barques legeres , pour
venir faire le Siége de cette Place , après de
pareilles nouvelles , je vous laiſſe à penſer
avec quelle ſurpriſe nous avons entendu le
20 de ce mois à midi , une double décharge
de toute l'artillerie de cette Capitale , de
celle des Vaiſſeaux & des Galeres qui font
dans le Port. Une heure auparavant étoit
arrivé le Buch - Choadar du Seraskier Hamet
Pacha , & le Reys Effendi a dit à tous
ceux qui ont voulu l'entendre que les troupes
Ottomanes avoient été conſidérablement
diminuées par l'imprudente négocia
Hij
47.2 MERCURE DE FRANCE.
د
&
tion de paix de Sereki Effendi , qui par fes
allées & venues avoit dégouté les troupes
fans s'appercevoir qu'il étoit joué parThamas-
Kouli- kan qu'effectivement au lieu de
rien conclure, celui- ci avoit donné à la Place
de Cars juſqu'à neuf afſſauts qui tous avoient
mal réufli , & qu'enfin le 2 de la Lune de
Ramafan il en avoit donné un général
que non ſeulement il avoit échoué dans cette
entrepriſe , mais que les Afliégés avoient fait
une ſi vigoureuſe ſortie , qu'après s'etre emparés
du Fort d'où il battoit la Place avec
des piéces de canon d'un calibre extraordinaire
, ils les avoient tournées contre les
Perfans , & étant enſuite tombés fur eux ,
en avoient fait un fi grand carnage , qu'ils
les avoient obligés de prendre la fuite &
d'abandonner leur camp & leurs bagages ,
que Thamas- Kouli-kan avoit pris la route
du Ellogan.
Le Drogman de la Porte qui est venu le
22 de ce mois notifier en forme cet évé
nement , a dit par ordre de la Porte , que
la déroute des Perſans avoit été telle qu'on
pouvoit etre afſuré que Thamas n'étoit plus
en état de ſe montrer , & que c'étoit un ennemi
dont on n'entendroit plus parler. On
a fait un beau preſent au Drogman , pour
qu'il afſurât bien ſes Maitres de la joye avec
laquelle on avoit appris ces importantes
nouvelles.
DECEMBRE 1744. 173
On ne doit pas en étre ſurpris quand on
fçaura de quelle eſpece de gens l'armée de
Thamas - Kouli - kan ſe trouve compofée.
Ce n'eſt que de la canaille ramafiée à la
hâte , mal armée , & fervant par force. Le
Pacha s'eft contenté d'écrire deux lignes au
grand-Vifir du champ de bataille , & s'en
eſt rapporté à la relation verbale que feroit
fon Bueh - Choadar. On attend de moment
en moment fon Keſnadar qui apportera unie
relation en forme.
Il doit y avoir ici de grands changemens,
Le ci-devantGouverneur du Caire Yedeckchi
Pacha , a été fait Nichandgi & Viſir de
Voute,on écritqu'il aura bonne part auGrand
Viſariat. Yeghen Pacha de Boſnie eſt envoyé
à Eyden en Natolie. Aly Pacha , cidevant
grand Viſir lui ſuccédera en Boſnie ,
& fera relevé en Candie par Hamet Pacha
Cuperly , celui qui a repris Niſſa. On envoyera
à la place de ce dernier à Yedda ,
Selictar Mehemet Pacha de Negrepont, le
même qui étoit grand Vifir quand on étrangla
Ofman Kiaga à Babadag.
L'Ambaſſadeur de Ruffie qui étoit en
Crimée , & le Général des Coſaques Zaporoviens
ſe ſont rendus à Batchiſaray , fous
prétexte, de liquider les prétentions réci
proques que les Tartares & les Ruſſes élevent
les uns contre les autres. On s'eſt
Hiij
74 MERCURE DE FRAN CE.
quitté ſans convenir de rien , & l'on croir
que les uns & les autres n'étoient venus que
pour faire des recrues pour les levées que la
Czarine fait en Ukraine.
le 24 Octobre 1744.
Od'Alep , que farmée Turque quit
N nous avoit écrit du 26 Septembre
campée devant Cars ayant été battue , cette
Place avoit été priſe , & que les Perſans
s'avançoient vers Erzerum. On ajoutoit que
d'un autre côté , le Conſul Anglois établi
à Bafſora avoit écrit qu'on y étoit dans la
derniere conſternation , parce qu'un Corps
conſidérable de Perſans , étoit entré dans
l'Euphrate ſur des Barques legeres , pour
venir faire le Siége de cette Place , après de
pareilles nouvelles , je vous laiſſe à penſer
avec quelle ſurpriſe nous avons entendu le
20 de ce mois à midi , une double décharge
de toute l'artillerie de cette Capitale , de
celle des Vaiſſeaux & des Galeres qui font
dans le Port. Une heure auparavant étoit
arrivé le Buch - Choadar du Seraskier Hamet
Pacha , & le Reys Effendi a dit à tous
ceux qui ont voulu l'entendre que les troupes
Ottomanes avoient été conſidérablement
diminuées par l'imprudente négocia
Hij
47.2 MERCURE DE FRANCE.
د
&
tion de paix de Sereki Effendi , qui par fes
allées & venues avoit dégouté les troupes
fans s'appercevoir qu'il étoit joué parThamas-
Kouli- kan qu'effectivement au lieu de
rien conclure, celui- ci avoit donné à la Place
de Cars juſqu'à neuf afſſauts qui tous avoient
mal réufli , & qu'enfin le 2 de la Lune de
Ramafan il en avoit donné un général
que non ſeulement il avoit échoué dans cette
entrepriſe , mais que les Afliégés avoient fait
une ſi vigoureuſe ſortie , qu'après s'etre emparés
du Fort d'où il battoit la Place avec
des piéces de canon d'un calibre extraordinaire
, ils les avoient tournées contre les
Perfans , & étant enſuite tombés fur eux ,
en avoient fait un fi grand carnage , qu'ils
les avoient obligés de prendre la fuite &
d'abandonner leur camp & leurs bagages ,
que Thamas- Kouli-kan avoit pris la route
du Ellogan.
Le Drogman de la Porte qui est venu le
22 de ce mois notifier en forme cet évé
nement , a dit par ordre de la Porte , que
la déroute des Perſans avoit été telle qu'on
pouvoit etre afſuré que Thamas n'étoit plus
en état de ſe montrer , & que c'étoit un ennemi
dont on n'entendroit plus parler. On
a fait un beau preſent au Drogman , pour
qu'il afſurât bien ſes Maitres de la joye avec
laquelle on avoit appris ces importantes
nouvelles.
DECEMBRE 1744. 173
On ne doit pas en étre ſurpris quand on
fçaura de quelle eſpece de gens l'armée de
Thamas - Kouli - kan ſe trouve compofée.
Ce n'eſt que de la canaille ramafiée à la
hâte , mal armée , & fervant par force. Le
Pacha s'eft contenté d'écrire deux lignes au
grand-Vifir du champ de bataille , & s'en
eſt rapporté à la relation verbale que feroit
fon Bueh - Choadar. On attend de moment
en moment fon Keſnadar qui apportera unie
relation en forme.
Il doit y avoir ici de grands changemens,
Le ci-devantGouverneur du Caire Yedeckchi
Pacha , a été fait Nichandgi & Viſir de
Voute,on écritqu'il aura bonne part auGrand
Viſariat. Yeghen Pacha de Boſnie eſt envoyé
à Eyden en Natolie. Aly Pacha , cidevant
grand Viſir lui ſuccédera en Boſnie ,
& fera relevé en Candie par Hamet Pacha
Cuperly , celui qui a repris Niſſa. On envoyera
à la place de ce dernier à Yedda ,
Selictar Mehemet Pacha de Negrepont, le
même qui étoit grand Vifir quand on étrangla
Ofman Kiaga à Babadag.
L'Ambaſſadeur de Ruffie qui étoit en
Crimée , & le Général des Coſaques Zaporoviens
ſe ſont rendus à Batchiſaray , fous
prétexte, de liquider les prétentions réci
proques que les Tartares & les Ruſſes élevent
les uns contre les autres. On s'eſt
Hiij
74 MERCURE DE FRAN CE.
quitté ſans convenir de rien , & l'on croir
que les uns & les autres n'étoient venus que
pour faire des recrues pour les levées que la
Czarine fait en Ukraine.
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Résumé : Extrait d'une Lettre écrite de Constantinople le 24 Octobre 1744.
En octobre 1744, des nouvelles inquiétantes provenaient de Syrie et de Perse. Les Persans avaient conquis la ville de Cars et progressaient vers Erzerum, tandis qu'un autre contingent assiégeait Bafsora. Cependant, le 20 octobre, Constantinople célébra une victoire ottomane. Les troupes ottomanes, malgré une négociation de paix mal conduite par Sereki Effendi, avaient repoussé les Persans à Cars. Les assiégés capturèrent un fort et infligèrent de lourdes pertes aux Persans, qui furent contraints de battre en retraite. La défaite persane fut confirmée par le Drogman de la Porte, qui annonça la fuite de Thamas-Kouli-kan, le chef persan. À Constantinople, des changements politiques majeurs eurent lieu : Yedeckchi Pacha devint Nichandgi et Visir, et plusieurs gouverneurs furent mutés ou nommés à de nouveaux postes. Parallèlement, l'ambassadeur russe et le général des Cosaques Zaporoviens se rencontrèrent en Crimée pour discuter de leurs revendications respectives, sans parvenir à un accord.
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12164
p. 174-177
Extrait d'une Lettre écrite de Smyrne le 28 Octobre.
Début :
LE 20 Octobre il arriva dans la Rade de cette Ville un Chebek Anglois qui [...]
Mots clefs :
Polacre, Chebec, Bâtiments, Corsaire
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre écrite de Smyrne le 28 Octobre.
Extrait d'une Lettre écrite de Smyrne
le 28 Octobre.
E 20 Octobre il arriva dans la Rade
de cette Ville un Chebek Anglois qui.
avoit dix pieces de canon , & 36 hommes
d'équipage , il avoit été armé à Mahon , &
avoit déja pris deux de nos Bâtimens dans
les eaux de Tripoli & de Barbarie. Ce Corfaire
remit à la voile la nuit du 21 au 22 ,
& il fut mouiller au Château de la Rade
qui eſt à environ neuf milles de diſtance .
Nous ſcumes le lendemain que le Conful
d'Angleterre lui avoit envoyé un renfort
d'hommes , & dans le moment nos Négocians
& nos Capitaines vinrent chés M. de
Seleran pour lui faire part de leurs appréhenfions.
Il y avoit actuellement dans la
Rade de Sanderli , qui eſt foraine ſans chateau,
quatre de nos Bâtimens Caravaneurs ,
qui ayant pris des fonds ici , étoient là pour
ycharger des Bleds qu'ils devoient porter
à la côte de Syrie , où l'on dit qu'il y a
cherté. Nous avons encore pluſieurs de nos.
Bâtimens qui n'oſans s'écarter ont pris le
L
DECEMBRE 1744. 175
1
parti de s'occuper dans l'Archipel pendant
cet hyver , & la détention des Bâtimens juſqu'au
mois d'Octobre étant finie , on peut
voir arriver tous les jours des Bâtimens venans
de France . Ce Chebek étoit à voiles
& à rames , & d'autant plus à craindre que
fon peu d'apparence ne le faiſoit pas paroître
ſuſpect , de forte qu'on pouvoit s'attendre
à lui voir faire beaucoup de priſes dans
ces mers . Le Capitaine Jacinte Mouriès de
Toulon commandant la PolacreJefus-Maria-
Sainte Anne a offert de donner la chaſſe à
ce Corſaire , pourvu qu'on lui fournit fix
canons de quatre , deux Barils de poudre
d'un quintal chacun , un renfort de 25 hommes
avec leurs fufils en état , leurs gargoufſes
garnies de balles , & chacun un fabre ,
& que la Nation lui aſſurât ſon Bâtiment
pour 5000 Piaſtres. On accepta ſes offres ,
& en moins de deux heures la Polacre fut
en état. Le 23 au jour le Corſaire mit ſous
voile , mais ayant apperçu à la manoeuvre
de la Polacre qu'elle étoit là pour lui , il
revint vers le Chateau ſous lequel il jetta
fon ancre. Le 23 & le 24 ſe paſſerent en
allées & venues des Bateaux du Corſaire au
Conſul Anglois ; cependant ce premier ſpalmoit
& recevoit toujours de nouveaux renforts.
Les Anglois ont fait pour cela des
ecrues parmi les Rayats & Bandits , dont
رس
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE.
,
&
on trouve toujours à Smyrne. Enfin la nuit
du 25 au 26 le Corſaire mit ſous voile par
un gros tems à la faveur duquel il ſe flatoit
d'échapper . Le matin nous ne vimes plus ni
le Chebek ni la Polacre , & toute la journee
du 25 ſe paſſa ſans nouvelle , & dans l'in
quiétude. Le 26 nous aprimes que la Polacre
n'avoit pas perdu le Chebek de vue
qu'elle le tenoit toujours ſous le vent malgré
les ſtratagêmes qu'il employoit pour échaper.
Le foir les Anglois firent courir le bruit
que la Polacre étoit priſe; un de leursDrogmans
alloit le dire de porte en porte , nous
nous couchâmes fort en peine , mais vers
minuit un Officier dépéché par le Capitaine
Mouriés vint nous annoncer que le Chebek
avoit été brulé.
Cet Officier a rapporté que dans la nuir
du 25 la Polacre avoit mis ſous voile en
même tems que le Corſaire ; qu'ils ne s'étoient
pas vus dans la nuit, mais qu'au matin
du 26 ils s'étoient trouvés à portée l'un de
l'autre. La Polacre ayant le vent ils ſe canonnerent
quelque tems , le Chebek refufa
deux fois l'abordage , & ne pouvant fortir
du Golphe ni ratraper le Château , il alla
échoir fur la Côte au lieu nommé Ouila ,
où dans l'inſtant la plus grande partie de fon
équipage , tous gens ramaflés au hazard ſe
ſauva à terre , ceux qui étoient reftés firent
DECEMBRE. 1744. 177
La même choſe en voyant aprocher la Cha-
Toupe du Capitaine Mouriés. On s'empara
du Batiment & on y mit le feu , après avoir
enlevé ce qui en valoit la peine. Il y a eu
3 hommes tués & pluſieurs bleſſés ſur le
Corfaire: Perſonne n'a eu de mal fur la Polacre.
Cette expédition fait un fort bon effet
fur le Pays & prévient les dommages que
cette Vipere n'auroit pas manqué de caufer..
le 28 Octobre.
E 20 Octobre il arriva dans la Rade
de cette Ville un Chebek Anglois qui.
avoit dix pieces de canon , & 36 hommes
d'équipage , il avoit été armé à Mahon , &
avoit déja pris deux de nos Bâtimens dans
les eaux de Tripoli & de Barbarie. Ce Corfaire
remit à la voile la nuit du 21 au 22 ,
& il fut mouiller au Château de la Rade
qui eſt à environ neuf milles de diſtance .
Nous ſcumes le lendemain que le Conful
d'Angleterre lui avoit envoyé un renfort
d'hommes , & dans le moment nos Négocians
& nos Capitaines vinrent chés M. de
Seleran pour lui faire part de leurs appréhenfions.
Il y avoit actuellement dans la
Rade de Sanderli , qui eſt foraine ſans chateau,
quatre de nos Bâtimens Caravaneurs ,
qui ayant pris des fonds ici , étoient là pour
ycharger des Bleds qu'ils devoient porter
à la côte de Syrie , où l'on dit qu'il y a
cherté. Nous avons encore pluſieurs de nos.
Bâtimens qui n'oſans s'écarter ont pris le
L
DECEMBRE 1744. 175
1
parti de s'occuper dans l'Archipel pendant
cet hyver , & la détention des Bâtimens juſqu'au
mois d'Octobre étant finie , on peut
voir arriver tous les jours des Bâtimens venans
de France . Ce Chebek étoit à voiles
& à rames , & d'autant plus à craindre que
fon peu d'apparence ne le faiſoit pas paroître
ſuſpect , de forte qu'on pouvoit s'attendre
à lui voir faire beaucoup de priſes dans
ces mers . Le Capitaine Jacinte Mouriès de
Toulon commandant la PolacreJefus-Maria-
Sainte Anne a offert de donner la chaſſe à
ce Corſaire , pourvu qu'on lui fournit fix
canons de quatre , deux Barils de poudre
d'un quintal chacun , un renfort de 25 hommes
avec leurs fufils en état , leurs gargoufſes
garnies de balles , & chacun un fabre ,
& que la Nation lui aſſurât ſon Bâtiment
pour 5000 Piaſtres. On accepta ſes offres ,
& en moins de deux heures la Polacre fut
en état. Le 23 au jour le Corſaire mit ſous
voile , mais ayant apperçu à la manoeuvre
de la Polacre qu'elle étoit là pour lui , il
revint vers le Chateau ſous lequel il jetta
fon ancre. Le 23 & le 24 ſe paſſerent en
allées & venues des Bateaux du Corſaire au
Conſul Anglois ; cependant ce premier ſpalmoit
& recevoit toujours de nouveaux renforts.
Les Anglois ont fait pour cela des
ecrues parmi les Rayats & Bandits , dont
رس
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE.
,
&
on trouve toujours à Smyrne. Enfin la nuit
du 25 au 26 le Corſaire mit ſous voile par
un gros tems à la faveur duquel il ſe flatoit
d'échapper . Le matin nous ne vimes plus ni
le Chebek ni la Polacre , & toute la journee
du 25 ſe paſſa ſans nouvelle , & dans l'in
quiétude. Le 26 nous aprimes que la Polacre
n'avoit pas perdu le Chebek de vue
qu'elle le tenoit toujours ſous le vent malgré
les ſtratagêmes qu'il employoit pour échaper.
Le foir les Anglois firent courir le bruit
que la Polacre étoit priſe; un de leursDrogmans
alloit le dire de porte en porte , nous
nous couchâmes fort en peine , mais vers
minuit un Officier dépéché par le Capitaine
Mouriés vint nous annoncer que le Chebek
avoit été brulé.
Cet Officier a rapporté que dans la nuir
du 25 la Polacre avoit mis ſous voile en
même tems que le Corſaire ; qu'ils ne s'étoient
pas vus dans la nuit, mais qu'au matin
du 26 ils s'étoient trouvés à portée l'un de
l'autre. La Polacre ayant le vent ils ſe canonnerent
quelque tems , le Chebek refufa
deux fois l'abordage , & ne pouvant fortir
du Golphe ni ratraper le Château , il alla
échoir fur la Côte au lieu nommé Ouila ,
où dans l'inſtant la plus grande partie de fon
équipage , tous gens ramaflés au hazard ſe
ſauva à terre , ceux qui étoient reftés firent
DECEMBRE. 1744. 177
La même choſe en voyant aprocher la Cha-
Toupe du Capitaine Mouriés. On s'empara
du Batiment & on y mit le feu , après avoir
enlevé ce qui en valoit la peine. Il y a eu
3 hommes tués & pluſieurs bleſſés ſur le
Corfaire: Perſonne n'a eu de mal fur la Polacre.
Cette expédition fait un fort bon effet
fur le Pays & prévient les dommages que
cette Vipere n'auroit pas manqué de caufer..
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Résumé : Extrait d'une Lettre écrite de Smyrne le 28 Octobre.
Le 20 octobre, un chebec anglais armé de dix pièces de canon et équipé de 36 hommes, ayant déjà capturé deux bâtiments français près de Tripoli et de Barbarie, arriva dans la rade de Smyrne. Ce navire, parti de Mahon, reçut des renforts du consul anglais. Les négociants et capitaines locaux informèrent M. de Seleran de leurs inquiétudes concernant la présence du chebec. Quatre bâtiments français étaient ancrés à Sanderli, prêts à charger des blés pour la côte de Syrie, tandis que d'autres bâtiments français restaient dans l'Archipel par crainte des attaques. Le capitaine Jacinte Mouriès, commandant la polacre Jefus-Maria-Sainte-Anne, proposa de poursuivre le corsaire. Il demanda six canons, deux barils de poudre et un renfort de 25 hommes. Sa demande fut acceptée, et la polacre fut prête en deux heures. Le 23 octobre, le corsaire tenta de fuir mais revint se mettre à l'abri. Les 23 et 24 octobre, des échanges eurent lieu entre les bateaux du corsaire et le consul anglais. La nuit du 25 au 26 octobre, le corsaire tenta de s'échapper par mauvais temps. Le 26 octobre, il fut confirmé que la polacre avait suivi le chebec et l'avait finalement détruit. Lors de l'affrontement, trois hommes furent tués et plusieurs blessés sur le corsaire, tandis que la polacre ne subit aucune perte. Cette action permit de prévenir les dommages que le corsaire aurait pu causer aux bâtiments français.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12165
p. 177-178
DUNKERQU[E].
Début :
ON écrit de Dunkerque du 24 Decembre, qu'un Vaisseau de guerre Anglois, [...]
Mots clefs :
Vaisseau de guerre, Navire anglais
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texteReconnaissance textuelle : DUNKERQU[E].
DUNKERQUB.
Nécrit deDunkerque, du 24 Decem-
Obre , qu'un Vaiſſeau de guerre Anglois
, s'eſt perdu le matin à la Côte , qui
fe trouve dans un endroit couverte de cadavres
& des débris de ce Vaiſſeau ; le même
jour un Smach , Navire de guerre Anglois
a aufli péri près de Calais. Un Armateur
du même Port , chargé de bled , a pris à
la côte entre Dunkerque, & Graveline un
autre Navire Anglois. On voit encore un
Vaiſſeau de la meme Nationqui s'eſt mis
dans les brabans de cette Rade , & on doute
que par le tems qu'il fait il puiſſe s'en
retirer.
Les Anglois ne ſont pas les ſeuls qui
fouffrent du mauvais tems , & on voit en
Rade un Maloüm qui vient de Marseille , &
qui demande à force du ſecours , fans qu'il
Hy
178 MERCURE DE FRANCE.
oit poffible de lui en donner , le vent
avoit diminué ſur les 4 heures , mais il a
repris ſa force & augmente.
Nécrit deDunkerque, du 24 Decem-
Obre , qu'un Vaiſſeau de guerre Anglois
, s'eſt perdu le matin à la Côte , qui
fe trouve dans un endroit couverte de cadavres
& des débris de ce Vaiſſeau ; le même
jour un Smach , Navire de guerre Anglois
a aufli péri près de Calais. Un Armateur
du même Port , chargé de bled , a pris à
la côte entre Dunkerque, & Graveline un
autre Navire Anglois. On voit encore un
Vaiſſeau de la meme Nationqui s'eſt mis
dans les brabans de cette Rade , & on doute
que par le tems qu'il fait il puiſſe s'en
retirer.
Les Anglois ne ſont pas les ſeuls qui
fouffrent du mauvais tems , & on voit en
Rade un Maloüm qui vient de Marseille , &
qui demande à force du ſecours , fans qu'il
Hy
178 MERCURE DE FRANCE.
oit poffible de lui en donner , le vent
avoit diminué ſur les 4 heures , mais il a
repris ſa force & augmente.
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Résumé : DUNKERQU[E].
Le 24 décembre, plusieurs incidents maritimes ont eu lieu près de Dunkerque et Calais. Un vaisseau anglais s'est échoué près de Dunkerque, laissant des cadavres et des débris. Un autre navire anglais a sombré près de Calais. Un armateur de Dunkerque a capturé un navire anglais chargé de blé. Un vaisseau anglais est bloqué dans la rade de Dunkerque à cause du mauvais temps. Un navire français est en détresse dans la rade, mais les secours sont impossibles en raison des vents violents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12166
p. 178
RUSSIE.
Début :
ON a appris de Moscou, que la Czarine a fait remettre deux Mémoires au [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Mémoires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE,
N a appris de Moſcou , que la Czarinea
fait remettre deux Mémoires au
Baron de Mardefeldt reſident auprès d'elle
en qualité de Miniſtre du Roi de Pruffe.
Elle a figné de fa main le premier de ces
Mémoires , & elle y déclare qu'elle ſouhaite
que la réſolution priſe par le Roi de Pologne
Electeur de Saxe, de faire marcher
un corps de troupes Saxonnes au ſecours
de la Reine de Hongrie , ne faffle naître aucun
differend entre S. M. P. & le Roi de
Pruſſe , mais que ſi ce malheur arrivoit , elle
ſe trouveroit dans le néceſſité de remplir
les engagemens qu'elle a pris avec le Roi &
la République.
Le ſecond Mémoire contient la réponſe
l'invitation que l'Empereur a faite auDue
de Holſtein d'acceder an Traité de Francfort.
On a appris en même tems qu'on attendoit
de Vienne les dernieres explications.
méceſſaires pour terminer l'affaire du Marquis
de Botta..
N a appris de Moſcou , que la Czarinea
fait remettre deux Mémoires au
Baron de Mardefeldt reſident auprès d'elle
en qualité de Miniſtre du Roi de Pruffe.
Elle a figné de fa main le premier de ces
Mémoires , & elle y déclare qu'elle ſouhaite
que la réſolution priſe par le Roi de Pologne
Electeur de Saxe, de faire marcher
un corps de troupes Saxonnes au ſecours
de la Reine de Hongrie , ne faffle naître aucun
differend entre S. M. P. & le Roi de
Pruſſe , mais que ſi ce malheur arrivoit , elle
ſe trouveroit dans le néceſſité de remplir
les engagemens qu'elle a pris avec le Roi &
la République.
Le ſecond Mémoire contient la réponſe
l'invitation que l'Empereur a faite auDue
de Holſtein d'acceder an Traité de Francfort.
On a appris en même tems qu'on attendoit
de Vienne les dernieres explications.
méceſſaires pour terminer l'affaire du Marquis
de Botta..
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Résumé : RUSSIE.
La tsarine russe a transmis deux mémoires au baron de Mardefeldt. Le premier exprime son souhait d'éviter un conflit entre le roi de Prusse et elle concernant l'envoi de troupes saxonnes à la reine de Hongrie. Elle mentionne cependant ses engagements avec le roi et la République. Le second mémoire concerne l'adhésion du duc de Holstein au traité de Francfort. Vienne doit fournir des explications finales pour l'affaire du marquis de Botta.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12167
p. 179
POLOGNE.
Début :
ON apprend que la Czarine avoit fait assûrer le Roi de & la République de [...]
Mots clefs :
Polonais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE .
N apprend que la Czarine avoit fait
affurer le Roi de &la République de
Pologne qu'elle fecoureroit les Polonois de
toutes ſes forces , s'ils étoient attaqués par
quelque Puiſſance Etrangere.
N apprend que la Czarine avoit fait
affurer le Roi de &la République de
Pologne qu'elle fecoureroit les Polonois de
toutes ſes forces , s'ils étoient attaqués par
quelque Puiſſance Etrangere.
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12168
p. 179-187
ALLEMAGNE.
Début :
ON mande de Vienne du 24 du mois dernier, qu'un courier arrivé de Boheme [...]
Mots clefs :
Troupes, Prince Charles de Lorraine, Reine, Armée, Grenadiers, Empereur, Roi de Prusse, Elbe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE,
N mande de Vienne du 24 du mois
dernier , qu'un courier arrivé de Boheme
le ar a rapporté que le 19 l'armée
commandée par le Prince Charles de Lorraine
avoit paffé l'Elbe , ſans éprouver aucun
obſtacle de la part des Pruffiens , &
qu'elle s'étoit avancée entre Tainitz & Clumez,
و
Le Général Nadaſti s'eſt emparé d'une
caiſſe d'argent , qu'un Commiſſaire des guerres
conduiſoit au camp du Roi de Pruffe
& dans laquelle étoient quelques contributions
que ce Prince avoit exigées dans le
Royaume de Bohéme.
La reponſe des Etats Generaux aux lettres
que la Reine leur a écrites , pour les
prier de la fecourir encore plus efficacement
qu'ils n'ont fait juſqu'à preſent , porte que
leur intentionest non ſeulement d'entretenir
Hvi
180 MERCURE DE FRANCE.
une étroite union avec S. M. mais encore
de l'aider autant que leurs forces pourront
le permettre;qu'elle a déja reçu des marques
de leur attachement & de leur bonne volonté
, & qu'ils continueront de lui en donner
des preuves en rempliſſant tous les engagemens
dans lesquels ils font entrés , mais
qu'ils ſe détermineroient difficilement à une
rupture ouverte avec la France; qu'ils efperent
que la Reine n'inſiſtera pas davantage
fur cet article , & que du refte ils font
diſpoſés à concerter dès à preſent avec
elle toutes les méſures qu'il conviendra de
prendre pour ſes intérêts , qu'ils lui fourniront
toujours les troupes qu'ils ont deja.
fait marcher pour ſa défenſe , qu'ils les augmenteront
même, s'ils peuvent en engager
d'Etrangeres à leur folde ,& qu'ils fe conformeront
volontiers aux défirs & aux beſoins .
de S. M. pour ce qui regarde l'uſage qu'on
fera de ces troupes , & les lieux dans lesquels
elles feront employées ; qu'ils feront leurs
efforts pour perfuader à diverſes Puittances
de joindre leurs forces à celles de la Reine
& de fes Alliés , & qu'il eſt ſur-tout néceffaire
d'avoir l'année prochaine dans les
Pays Bas une Armée nonbreuſe fous la conduite
d'un General expérimenté.
On a appris de Bourghaufen du 21 du mois
dernier qu'un détachement des troupes ImDECEMBRE.
1744. 18
periales , commandé par le Comte de Saint
Germain , emporta le 20 cette Ville l'épée à
Ia main , & que le Comte de la Roche , Capitaine
dans le Régiment de Dragons Walons
, eft entré le premier dans le Château
dont il a eſcaladé les murs avec 30 Dragons .
Il fut ſuivi des Grénadiers du Régiment de
Saxe Hildsburghauſen , à la tête deſquels
étoit M. de la Roſée , Lieutenant Colonel de
ce Régiment , qui s'eſt extrêmement diftingué
dans cette expédition , ainſi que fon
frere , qui eſt Lieutenant- Colonel du Régiment
de Cuiraffiers de Terring , & qui a ett
une très-grande part nonſeulement au fuccès
de l'entrepriſe , mais encore au projet
l'arrangement des meſures priſes pour l'éxécuter.
&à
Les Compagnies de Grenadiers de troupes
Françoiſes , qui étoient dansle détachement
du Comte de Saint Germain ont eſcaladé les
deux Poligones ſous les ordres du Comte de
Ruppelmonde , & ils ont donné des preuves
de la plus grande intrépidité.
Les Grenadiers à cheval de l'Empereur ,
commandés par M.de Cofpor,& le Régiment
de Fugger ont auſſi combattu avec beaucoup
de valeur . De 1500 hommes dont la garnifon
étoit compoſée 450 ont été tués , il y
en a eu plus de 400 de bleſſés & les autres.
ont été faits priſonniers de guerre , à l'exception
de 80 qui ſe ſont ſauvés..
182 MERCURE DE FRANCE.
Les Imperiaux & les François ont perdu
très-peu d'Officiers & de Soldats. M. de Chevry,
Capitaine dans les Grénadiers à cheval,a
été bleſſé mortellement , & il est fort regretté.
Onmande de Hambourg du 30 du mois
dernier , que ſuivant les avis reçus de l'armée
du Roi de Pruſſe il paroiffoit que ce
Prince , en faiſant repaſſer l'Elbe à ſes troupes
, n'avoit d'autre deſſein que de les faire
cantonner le long de cette riviere.
(Les nouvelles du camp Impérial portent que
le 16 du mois dernier l'Empereur ayant fait
canoner le Château de Griefbach , la garnifon
n'avoit pas attendu pour ſe rendre prifonniere
de guerre , que la brêche eut été
faite; que la priſe de ce Château eft d'autant
plus importante , que ſa ſituation est trèsavantageuſe
, parce qu'il fait face à la riviere
d'Inn , & qu'il défend l'approche de celle de
Vils; que l'Empereur s'étoit déterminé à faire
entrer ſes troupes en quartiers d'hyver , &
qu'une partie de l'armée Impériale s'étoit
déja ſéparée ; que le 20 S. M I. étoit retournée
à Munich , où elle a trouvé le Prince
Royal & le Prince Clement de Baviere.
On apprend de Vienne du premier de ce
mois qu'il ſe tint le : 6du mois dernier une
Conference chés le Conte d'Vhlefeldt ,
qui communiqua aux Envoyés ExtraordiDECEMBRE.
1744. F1S83
naires du Roi de la Grande Bretagne &
des Etats Généraux le projet d'un nouveau
Traité d'Alliance que la Reine de Hongrie
propoſe à ces deux Puiſſances.
Suivant ce projet tous les engagemens
contractés reſpectivement par les trois Puiffances
feront renouvellés & confirmés de la
maniere la plus folemnelle. Les poffeffions
de chacune feront garanties par les deux
autres dans la meilleure forme poffible : on
conviendra de toutes les meſures qui feront
jugées néceſſaires à la ſureté commune ,&
les trois Puiſſances feront obligées de faire
agir , en cas de beſoin , leurs forces réunies.
On employera les plus vives inſtances pour
engager pluſieurs Princes de l'Empire d'accéder
à ce Traité , & l'on exigera que ceux
qui prendront ce parti entretiennent toujours
un Corps de troupes proportionné à
leurs revenus..
On a reçu avis du Camp de Clumez
du 24 du mois dernier que le 14 le
Prince Charles de Lorraine tint un Conſeil
de Guerre , dans lequel il fut réſolu de tenter
le paſſage de l'Elbe. En conféquence les
Troupes combinées ſe mirent en marche
dès la nuit fuivante , & le Baron de Trenck
fut détaché vers Kollin pour faire croire au
Roi de Prufſe qu'on ne penſoit qu'à l'atta
que de ce Poſte, Les meſures étoient ſi bien
184 MERCURE DE FRANCE.
priſes qu'on en attendoit un heureux fuccès
, mais les Pontons deſtinés pour le paffage
ne purent arriver aſſés tôt. Le Prince
Charles de Lorraine , obligé par cet accident
de différer ſon entrepriſe , s'arréta à
Perloch, & il fit attaquer Kollin par le Baron
de Trenck qui fut repouffé par la garniſon
& qui fut bleſſé conſidérablement.
Les troupes de la Reine firent le 18
un nouveau mouvement par leur gauche
pour s'approcher de celles de Saxe , & le
Duc de Saxe Weiſſenfels ayant reconnu le
même jour l'endroit où l'on avoit projetté
de paſſer l'Elbe , il donna ordre au Comte
de Schulembourg , Lieutenant Général des
troupes Saxonnes , d'aller ſe poſter avec
de l'Artillerie & des Pontons entre Kwalewitz
& Szdeckowitz. Le Baron de Haxthauſen
, Major Général , fut auffi détaché par
ce Prince avec 29ompagnies de Grenadiers
& plufieurs Piéces de campagne pour
occuper les hauteurs de ffcheliz .
Le 19 à fix heures du matin toutes les
troupes étant arrivées fur le bord de la
riviere , & ayant été diftribuées ſelon les
arrangemens qui avoient été pris , on fit fur
quatreBaraillons & quelques Efcadrons Pruffiens
un feu très - vit de deux Batteries qui
prenoient les Ennemis de front & en écharpė.
On commença en meme tems à jetter
DECEMBRE 1744.
139
les Pontons , & le Colonel Pirch ayant paffé
avec quelques Compagnies de,Grenadiers
malgré les efforts des Pruffiens il fut fuivi'de
pluſieurs Régimens qui furent fort maltraités
par les Eſcadrons qu'ils avoient en tête & qui
eurent beaucoup de peine à s'établir de ce
côté de l'Elbe , mais qui enfin y réuffirent.
Comme les ennemis avoient pris des quartiers
de cantonnement , leurs troupes étoient
diſperſées , & le détachement que l'on attaquoit
ne pouvant eſpérer d'étre foutenu ,
l'Officier qui le commandoit prit le parti de
fe retirer. On conſtruifit auffi-tôt cinq autres
Ponts ſur leſquels toute l'armée combinée
acheva de paſſer la riviere , & le Prince
Charles de Lorraine alla camper à Tenitz .
Le 21 il s'avanca à Schiſſelitz où l'on ſéjourna
le lendemain , & le 23 il vint occuper
le Camp de Clumez.
Depuis le paſſage de l'armée le Roi de
Prufſe a été rejoint par toutes les troupes
qu'il avoit laiffées à Kollin , à Nimbourg &
àPodiebrodt , & étant décampé de New
Biczow il s'eft replié vers Konigſgratz.
Les Pruffiens qui occupoient le pofte de
Pardubitz l'ont auſſi abandonné après avoir
jetté dans la riviere les munitions qu'ils n'ont
pu emporter.
On a appris de Munich du 30 du mois
dernier que les troupes Impériales ſe ren
,
186 MERCURE DE FRANCE.
doient ſucceſſivement dans les quartiers qui
leur ont été aſſignés & que l'on en diftribuoit
la plus grande partie depuis Vilshoven juf.
qu'à Bourghauſen & fur les Frontieres de
l'Archevéché de Saltzbourg.
L'Empereur a envoyé ordre au Prince de
Saxe Hildſburghauſen de marcher avec un
corps conſidérable pour chaſſer de la Ville
de Lauffen le détachement de troupes de
la Reine de Hongrie qui s'en étoit emparé.
Le Maréchal de Seckendorf a fait conduire
à Straubingen tous les prifonniers faits
fur les ennemis. On a conſtruit plufieurs redoutes
en divers endroits de la Frontiere
pour mettre l'Electorat de Baviere à couvert
des courſes des troupes de la Reine de
Hongrie
,
Le Chapitre de Saltzbourg ayant écrit à
l'Empereur pour s'excuſer d'avoir permis à
un détachement des troupes de cette Princeſſe
d'entrer dans la Ville de Saltzbourg
S. M. I. a fait réponſe qu'elle regardoit la
démarche de ce Chapitre comme contraire
à la neutralité qu'il doit obſerver , & que
s'il ne faiſoit fortir inceſſamment de la Ville
les troupes qui y avoient été recues , un
Corps de troupes Impériales iroit prendre
des quartiers dans le territoire qui en depend.
On a appris de Francfort que le Mémoire
DECEMBRE 1744 187
préſenté à la Diette de l'Empire par les Mi
niſtres des Electeurs de Mayence , de Treves
, de Cologne , de Saxe & de Hanover
&par ceux de l'Evêque de Bamberg & de
Wurtzbourg , du Duc de Saxe Gotha &
du Landgrave de Heſſe Darmſtadt , porte
que les Princes leurs Maîtres ayant été informés
des préparatifs faits pour la marche
d'un Corps de troupes Françoiſes , qui devoit
ſe rendre ſur le bas Rhin, ils ne pouvoient
ſe diſpenſer de repréſenter les allar-
- mes que cette nouvelle leur cauſoit ; que
# pluſieurs Etats d'Allemagne , particulierement
ceux qui ſont ſitués entre le Haut &
le Bas Rhin étoient menacés de voir ces
troupes paffer l'hyver chés eux ; qu'i's fu-
- plioient très-humblement l'Empereur d'employer
ſes efforts pour affûrer la tranquillité
de ces Etats , & pour qu'ils continuent
de joiir de tous les avantages de la neutra
lité.
Les avis reçûs de Boheme portent que le
premier & le ſecond de ce mois - l'armée
commandée par le Prince Charles de Lorraine
avoit campé à Czernilop , qu'elle avoit
marché le trois vers les Frontieres du Comté
deGlatz , que ce Prince avoit établi fon quartier
à Oppotſcna .
L'Impératrice partit le 12 de ce mois de
Francfort pour ſe rendre à Munich,
N mande de Vienne du 24 du mois
dernier , qu'un courier arrivé de Boheme
le ar a rapporté que le 19 l'armée
commandée par le Prince Charles de Lorraine
avoit paffé l'Elbe , ſans éprouver aucun
obſtacle de la part des Pruffiens , &
qu'elle s'étoit avancée entre Tainitz & Clumez,
و
Le Général Nadaſti s'eſt emparé d'une
caiſſe d'argent , qu'un Commiſſaire des guerres
conduiſoit au camp du Roi de Pruffe
& dans laquelle étoient quelques contributions
que ce Prince avoit exigées dans le
Royaume de Bohéme.
La reponſe des Etats Generaux aux lettres
que la Reine leur a écrites , pour les
prier de la fecourir encore plus efficacement
qu'ils n'ont fait juſqu'à preſent , porte que
leur intentionest non ſeulement d'entretenir
Hvi
180 MERCURE DE FRANCE.
une étroite union avec S. M. mais encore
de l'aider autant que leurs forces pourront
le permettre;qu'elle a déja reçu des marques
de leur attachement & de leur bonne volonté
, & qu'ils continueront de lui en donner
des preuves en rempliſſant tous les engagemens
dans lesquels ils font entrés , mais
qu'ils ſe détermineroient difficilement à une
rupture ouverte avec la France; qu'ils efperent
que la Reine n'inſiſtera pas davantage
fur cet article , & que du refte ils font
diſpoſés à concerter dès à preſent avec
elle toutes les méſures qu'il conviendra de
prendre pour ſes intérêts , qu'ils lui fourniront
toujours les troupes qu'ils ont deja.
fait marcher pour ſa défenſe , qu'ils les augmenteront
même, s'ils peuvent en engager
d'Etrangeres à leur folde ,& qu'ils fe conformeront
volontiers aux défirs & aux beſoins .
de S. M. pour ce qui regarde l'uſage qu'on
fera de ces troupes , & les lieux dans lesquels
elles feront employées ; qu'ils feront leurs
efforts pour perfuader à diverſes Puittances
de joindre leurs forces à celles de la Reine
& de fes Alliés , & qu'il eſt ſur-tout néceffaire
d'avoir l'année prochaine dans les
Pays Bas une Armée nonbreuſe fous la conduite
d'un General expérimenté.
On a appris de Bourghaufen du 21 du mois
dernier qu'un détachement des troupes ImDECEMBRE.
1744. 18
periales , commandé par le Comte de Saint
Germain , emporta le 20 cette Ville l'épée à
Ia main , & que le Comte de la Roche , Capitaine
dans le Régiment de Dragons Walons
, eft entré le premier dans le Château
dont il a eſcaladé les murs avec 30 Dragons .
Il fut ſuivi des Grénadiers du Régiment de
Saxe Hildsburghauſen , à la tête deſquels
étoit M. de la Roſée , Lieutenant Colonel de
ce Régiment , qui s'eſt extrêmement diftingué
dans cette expédition , ainſi que fon
frere , qui eſt Lieutenant- Colonel du Régiment
de Cuiraffiers de Terring , & qui a ett
une très-grande part nonſeulement au fuccès
de l'entrepriſe , mais encore au projet
l'arrangement des meſures priſes pour l'éxécuter.
&à
Les Compagnies de Grenadiers de troupes
Françoiſes , qui étoient dansle détachement
du Comte de Saint Germain ont eſcaladé les
deux Poligones ſous les ordres du Comte de
Ruppelmonde , & ils ont donné des preuves
de la plus grande intrépidité.
Les Grenadiers à cheval de l'Empereur ,
commandés par M.de Cofpor,& le Régiment
de Fugger ont auſſi combattu avec beaucoup
de valeur . De 1500 hommes dont la garnifon
étoit compoſée 450 ont été tués , il y
en a eu plus de 400 de bleſſés & les autres.
ont été faits priſonniers de guerre , à l'exception
de 80 qui ſe ſont ſauvés..
182 MERCURE DE FRANCE.
Les Imperiaux & les François ont perdu
très-peu d'Officiers & de Soldats. M. de Chevry,
Capitaine dans les Grénadiers à cheval,a
été bleſſé mortellement , & il est fort regretté.
Onmande de Hambourg du 30 du mois
dernier , que ſuivant les avis reçus de l'armée
du Roi de Pruſſe il paroiffoit que ce
Prince , en faiſant repaſſer l'Elbe à ſes troupes
, n'avoit d'autre deſſein que de les faire
cantonner le long de cette riviere.
(Les nouvelles du camp Impérial portent que
le 16 du mois dernier l'Empereur ayant fait
canoner le Château de Griefbach , la garnifon
n'avoit pas attendu pour ſe rendre prifonniere
de guerre , que la brêche eut été
faite; que la priſe de ce Château eft d'autant
plus importante , que ſa ſituation est trèsavantageuſe
, parce qu'il fait face à la riviere
d'Inn , & qu'il défend l'approche de celle de
Vils; que l'Empereur s'étoit déterminé à faire
entrer ſes troupes en quartiers d'hyver , &
qu'une partie de l'armée Impériale s'étoit
déja ſéparée ; que le 20 S. M I. étoit retournée
à Munich , où elle a trouvé le Prince
Royal & le Prince Clement de Baviere.
On apprend de Vienne du premier de ce
mois qu'il ſe tint le : 6du mois dernier une
Conference chés le Conte d'Vhlefeldt ,
qui communiqua aux Envoyés ExtraordiDECEMBRE.
1744. F1S83
naires du Roi de la Grande Bretagne &
des Etats Généraux le projet d'un nouveau
Traité d'Alliance que la Reine de Hongrie
propoſe à ces deux Puiſſances.
Suivant ce projet tous les engagemens
contractés reſpectivement par les trois Puiffances
feront renouvellés & confirmés de la
maniere la plus folemnelle. Les poffeffions
de chacune feront garanties par les deux
autres dans la meilleure forme poffible : on
conviendra de toutes les meſures qui feront
jugées néceſſaires à la ſureté commune ,&
les trois Puiſſances feront obligées de faire
agir , en cas de beſoin , leurs forces réunies.
On employera les plus vives inſtances pour
engager pluſieurs Princes de l'Empire d'accéder
à ce Traité , & l'on exigera que ceux
qui prendront ce parti entretiennent toujours
un Corps de troupes proportionné à
leurs revenus..
On a reçu avis du Camp de Clumez
du 24 du mois dernier que le 14 le
Prince Charles de Lorraine tint un Conſeil
de Guerre , dans lequel il fut réſolu de tenter
le paſſage de l'Elbe. En conféquence les
Troupes combinées ſe mirent en marche
dès la nuit fuivante , & le Baron de Trenck
fut détaché vers Kollin pour faire croire au
Roi de Prufſe qu'on ne penſoit qu'à l'atta
que de ce Poſte, Les meſures étoient ſi bien
184 MERCURE DE FRANCE.
priſes qu'on en attendoit un heureux fuccès
, mais les Pontons deſtinés pour le paffage
ne purent arriver aſſés tôt. Le Prince
Charles de Lorraine , obligé par cet accident
de différer ſon entrepriſe , s'arréta à
Perloch, & il fit attaquer Kollin par le Baron
de Trenck qui fut repouffé par la garniſon
& qui fut bleſſé conſidérablement.
Les troupes de la Reine firent le 18
un nouveau mouvement par leur gauche
pour s'approcher de celles de Saxe , & le
Duc de Saxe Weiſſenfels ayant reconnu le
même jour l'endroit où l'on avoit projetté
de paſſer l'Elbe , il donna ordre au Comte
de Schulembourg , Lieutenant Général des
troupes Saxonnes , d'aller ſe poſter avec
de l'Artillerie & des Pontons entre Kwalewitz
& Szdeckowitz. Le Baron de Haxthauſen
, Major Général , fut auffi détaché par
ce Prince avec 29ompagnies de Grenadiers
& plufieurs Piéces de campagne pour
occuper les hauteurs de ffcheliz .
Le 19 à fix heures du matin toutes les
troupes étant arrivées fur le bord de la
riviere , & ayant été diftribuées ſelon les
arrangemens qui avoient été pris , on fit fur
quatreBaraillons & quelques Efcadrons Pruffiens
un feu très - vit de deux Batteries qui
prenoient les Ennemis de front & en écharpė.
On commença en meme tems à jetter
DECEMBRE 1744.
139
les Pontons , & le Colonel Pirch ayant paffé
avec quelques Compagnies de,Grenadiers
malgré les efforts des Pruffiens il fut fuivi'de
pluſieurs Régimens qui furent fort maltraités
par les Eſcadrons qu'ils avoient en tête & qui
eurent beaucoup de peine à s'établir de ce
côté de l'Elbe , mais qui enfin y réuffirent.
Comme les ennemis avoient pris des quartiers
de cantonnement , leurs troupes étoient
diſperſées , & le détachement que l'on attaquoit
ne pouvant eſpérer d'étre foutenu ,
l'Officier qui le commandoit prit le parti de
fe retirer. On conſtruifit auffi-tôt cinq autres
Ponts ſur leſquels toute l'armée combinée
acheva de paſſer la riviere , & le Prince
Charles de Lorraine alla camper à Tenitz .
Le 21 il s'avanca à Schiſſelitz où l'on ſéjourna
le lendemain , & le 23 il vint occuper
le Camp de Clumez.
Depuis le paſſage de l'armée le Roi de
Prufſe a été rejoint par toutes les troupes
qu'il avoit laiffées à Kollin , à Nimbourg &
àPodiebrodt , & étant décampé de New
Biczow il s'eft replié vers Konigſgratz.
Les Pruffiens qui occupoient le pofte de
Pardubitz l'ont auſſi abandonné après avoir
jetté dans la riviere les munitions qu'ils n'ont
pu emporter.
On a appris de Munich du 30 du mois
dernier que les troupes Impériales ſe ren
,
186 MERCURE DE FRANCE.
doient ſucceſſivement dans les quartiers qui
leur ont été aſſignés & que l'on en diftribuoit
la plus grande partie depuis Vilshoven juf.
qu'à Bourghauſen & fur les Frontieres de
l'Archevéché de Saltzbourg.
L'Empereur a envoyé ordre au Prince de
Saxe Hildſburghauſen de marcher avec un
corps conſidérable pour chaſſer de la Ville
de Lauffen le détachement de troupes de
la Reine de Hongrie qui s'en étoit emparé.
Le Maréchal de Seckendorf a fait conduire
à Straubingen tous les prifonniers faits
fur les ennemis. On a conſtruit plufieurs redoutes
en divers endroits de la Frontiere
pour mettre l'Electorat de Baviere à couvert
des courſes des troupes de la Reine de
Hongrie
,
Le Chapitre de Saltzbourg ayant écrit à
l'Empereur pour s'excuſer d'avoir permis à
un détachement des troupes de cette Princeſſe
d'entrer dans la Ville de Saltzbourg
S. M. I. a fait réponſe qu'elle regardoit la
démarche de ce Chapitre comme contraire
à la neutralité qu'il doit obſerver , & que
s'il ne faiſoit fortir inceſſamment de la Ville
les troupes qui y avoient été recues , un
Corps de troupes Impériales iroit prendre
des quartiers dans le territoire qui en depend.
On a appris de Francfort que le Mémoire
DECEMBRE 1744 187
préſenté à la Diette de l'Empire par les Mi
niſtres des Electeurs de Mayence , de Treves
, de Cologne , de Saxe & de Hanover
&par ceux de l'Evêque de Bamberg & de
Wurtzbourg , du Duc de Saxe Gotha &
du Landgrave de Heſſe Darmſtadt , porte
que les Princes leurs Maîtres ayant été informés
des préparatifs faits pour la marche
d'un Corps de troupes Françoiſes , qui devoit
ſe rendre ſur le bas Rhin, ils ne pouvoient
ſe diſpenſer de repréſenter les allar-
- mes que cette nouvelle leur cauſoit ; que
# pluſieurs Etats d'Allemagne , particulierement
ceux qui ſont ſitués entre le Haut &
le Bas Rhin étoient menacés de voir ces
troupes paffer l'hyver chés eux ; qu'i's fu-
- plioient très-humblement l'Empereur d'employer
ſes efforts pour affûrer la tranquillité
de ces Etats , & pour qu'ils continuent
de joiir de tous les avantages de la neutra
lité.
Les avis reçûs de Boheme portent que le
premier & le ſecond de ce mois - l'armée
commandée par le Prince Charles de Lorraine
avoit campé à Czernilop , qu'elle avoit
marché le trois vers les Frontieres du Comté
deGlatz , que ce Prince avoit établi fon quartier
à Oppotſcna .
L'Impératrice partit le 12 de ce mois de
Francfort pour ſe rendre à Munich,
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Résumé : ALLEMAGNE.
En décembre 1744, plusieurs événements militaires et diplomatiques marquent l'Europe. L'armée du Prince Charles de Lorraine traverse l'Elbe et progresse entre Tainitz et Clumez. Le Général Nadasti s'empare d'une caisse d'argent destinée au roi de Prusse. Les États Généraux affirment leur soutien à la reine tout en exprimant des réserves sur une éventuelle rupture avec la France et promettent de renforcer les troupes. À Bourghausen, un détachement impérial prend la ville, infligeant des pertes lourdes à l'ennemi tandis que les pertes impériales et françaises restent minimes. Le roi de Prusse retire ses troupes de l'autre côté de l'Elbe. L'empereur s'empare du château de Griefbach et l'armée impériale s'installe en quartiers d'hiver. Une conférence à Vienne discute d'un nouveau traité d'alliance entre la reine de Hongrie, le roi de Grande-Bretagne et les États Généraux. Le Prince Charles de Lorraine prépare le passage de l'Elbe avec des actions de diversion. Le baron de Trenck attaque Kollin mais est repoussé. Le 18 décembre, les troupes de la reine se rapprochent des forces saxonnes. Le 19 décembre, après un bombardement d'artillerie, les troupes traversent l'Elbe et avancent vers Schisselitz, occupant le camp de Clumez le 23 décembre. En réponse, le roi de Prusse rassemble ses troupes et se replie vers Königsgrätz, abandonnant le poste de Pardubitz. À Munich, les troupes impériales se préparent à défendre l'Électorat de Bavière.
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12169
p. 188-192
PRUSSE.
Début :
ON mande de Berlin du 17 du mois dernier, que le Roi de Prusse, après avoir [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Troupes, Prince Charles, Saxe, Prague, Sázava
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texteReconnaissance textuelle : PRUSSE.
PRUSSE.
,
onttra-
Nmandede Berlin du 17 du mois der-
Οnier , que le Roi de Pruſſe , après avoir
renforcé la Garniſon de Prague , a quire
les bords de la Szazawa ,an d'etre joir
plus facilement par les convois qui font venus
par l'Elbe , & d'aſſurer le paffage de ceut
qui ayant pris leur route par terre
verſé le cercle de Buntzlau. S. M. avant cre
informée que les troupes de la Reine de
Hongrie ,& celles du Roi de Pologne,
Electeur de Saxe , avoient paffé la Szazawa ,
elle a gagné deux marches fur les ennemis ,
& elle s'eſt emparée des poftes de Kollin
& de Podiebrodt , par le moyen deſquels
elle peut conſerver la communication avec
la Silefie , & le Comté de Naſſau a occupé
en même tems les principaux poftes neceffaires
pour entretenir cette communication.
Les le Rois'avança du côté de Kuttenberg
, & étant arrivé le lendemain à une
demie lieue du Camp du Prince Charles de
Lorraine , il fut occupé depuis la pointe du
jour juſqu'à midi , à faire fes difpofitiors
pour recevoir les ennemis en cas qu'as
Pattaquaflent; ils ne prirent point ce parti ,
&il ne ſe paſſa dans cette journée que
DECEMBRE. 1744 . 189
:
quelques legeres eſcarmouches entre les
Huffards.
Les deux armées demeurerent le 7 & le
8. en préſence , étant preſque dans la méme
poſition qu'à la bataille qui s'eſt donnée
le 17 Mai 1742
Le Prince Charles fit le 9 au matin un
mouvement pour s'approcher de l'Elbe , & la
nuit ſuivante le Roi jugea à propos de repaffer
cette riviere , après avoir laiſſé un
détachement de 1500 hommes à Podie
brot & un de 1200 à Kollin .
Le Général Marwitz , qui commande les
troupes de S. M. en Siléfie , les a diſtribuées
le long des Frontieres de ce Duché,
de forte qu'elles couvrent le Comté de
Glatz , & tout le Pays qui eſt au de-là juſ
qu'a la Neiff.
* La Régence de l'Electorat de Saxe a
declaré au Comte de Bees , qui réſide à
Drefde en qualité de Miniftre du Roi , que
le Roi de Pologne Electeur de Saxe ne
pouvoit plus permettre que S. M. fit paffer
par la Saxe les troupes ni les munitions de
Guerre qu'elle voudroit envoyer dans le
Royaume de Bohême.
On apprend du Camp de Czaflaw du
13 du mois dernier , que depuis que le Roi
de Pruffe s'eſt rapproché de Prague , l'objet
190 MERCURE DEFRANCE
du Prince Charles de Lorraine a été de
tâcher de lui couper la communication ave:
le Comté de Glatz & avec la Sitéfie. Il 2
paflé dans ce deſſein la Szazawa , & ayant
marchépar ſadroite dans le cercle de Kaurzin
, il s'eſt poſté dans les environs de Kuttenberg.
Le Roi de Pruſſe , peu de jours après ce
mouvement de l'armée de la Reine de Hongrie
, sett éloigné de la Szazawa pour fe
replier vers l'Ebe , qu'il a fait pafler à une
partie de l'Artillerie & des équipages de
Jon Armée ; on apprit qu'il avoit dérobe
deux marchés au Prince Charles , & que
s'étant rendu maître de pluſieurs poftes le
long de l'Elbe , il étoit allé camper à Zafmuck.
Un corps conſidérable de Huſſards Prufſiens
attaqua les équipages de l'armée ,
que le Prince Charles avoit fait marcher à
Kaurzin. Ces Huſſards ne purent enlever
que quelques chariots , & on leur fit pluſieurs
prifonniers , du nombre deſquels
étoient cinq Officiers .
Le Prince Charles s'étant avancé fous
Czaſlaw , il détacha quelques troupes fous
les ordres du Major Général Roth , pour
inveſtir le poſte de Kollin , & fit marcher
pluſieurs Régimens pour s'emparer de Pardubitz.
DECEMBRE . 1744. 191
Le Roi de Pruſſe lui ayant propofé
l'échange des priſonniers , il y a confenti ,
&les Commiſſaires nommés pour y procé
der ſe ſont déja aſſemblés pluſieurs fois dans
unChâteau ſitué à quelques lieuës de Prague,
On mande de Berlin du 30 du mois derniér
, que la nuit du 26 au 27 les troupes
Pruffiennes , quiétoient reſtées dans Prague ,
étoient forties de cette Place en exécution
des ordres que le Baron d'Enfiedel avoit
reçûs du Roi de Pruffe.
Sa M. après avoir campé pendant quelques
jours dans les environs de Konigsgratz
s'eſt rapproché de la Siléſie , & elle a tel
lement diftribué ſes troupes qu'en couvrant
cette Province , elle étoit également à portée
de penetrer dans la Saxe , ou de retourner
quand elle le jugeroit à propos dans
l'intérieur du Royaume de Boheme.
Le General Keyl , qui commande dans
Olmutz pour la Reine de Hongrie s'étant
joint avec une partie de la garniſon de
cette Ville au corps de troupes Hongroiſes
que le Comte Rodolphe Palfy a conduit
en Moravie , ces deux Generaux ont marché
vers les Frontieres de la Siléfie , le 10
ils ſurprirent le poſte de Friedlan dans la
Principauté de Troppau , & ils avoient
formé le deffein de s'emparer de Jagerndorft ,
MERCURE DE FRANCE.
mais le General Marwitz ayant raſſemblé
10000 hommes, il s'avança pour les attaquer
, ils n'oferent avec des troupes inférieures
riſquer une action & ils prirent la
fuite après avoir abandonné Friedland&le
village de Grotz dans lequel ils avoient
poſté un détachement de 7 à 800 hommes,
,
onttra-
Nmandede Berlin du 17 du mois der-
Οnier , que le Roi de Pruſſe , après avoir
renforcé la Garniſon de Prague , a quire
les bords de la Szazawa ,an d'etre joir
plus facilement par les convois qui font venus
par l'Elbe , & d'aſſurer le paffage de ceut
qui ayant pris leur route par terre
verſé le cercle de Buntzlau. S. M. avant cre
informée que les troupes de la Reine de
Hongrie ,& celles du Roi de Pologne,
Electeur de Saxe , avoient paffé la Szazawa ,
elle a gagné deux marches fur les ennemis ,
& elle s'eſt emparée des poftes de Kollin
& de Podiebrodt , par le moyen deſquels
elle peut conſerver la communication avec
la Silefie , & le Comté de Naſſau a occupé
en même tems les principaux poftes neceffaires
pour entretenir cette communication.
Les le Rois'avança du côté de Kuttenberg
, & étant arrivé le lendemain à une
demie lieue du Camp du Prince Charles de
Lorraine , il fut occupé depuis la pointe du
jour juſqu'à midi , à faire fes difpofitiors
pour recevoir les ennemis en cas qu'as
Pattaquaflent; ils ne prirent point ce parti ,
&il ne ſe paſſa dans cette journée que
DECEMBRE. 1744 . 189
:
quelques legeres eſcarmouches entre les
Huffards.
Les deux armées demeurerent le 7 & le
8. en préſence , étant preſque dans la méme
poſition qu'à la bataille qui s'eſt donnée
le 17 Mai 1742
Le Prince Charles fit le 9 au matin un
mouvement pour s'approcher de l'Elbe , & la
nuit ſuivante le Roi jugea à propos de repaffer
cette riviere , après avoir laiſſé un
détachement de 1500 hommes à Podie
brot & un de 1200 à Kollin .
Le Général Marwitz , qui commande les
troupes de S. M. en Siléfie , les a diſtribuées
le long des Frontieres de ce Duché,
de forte qu'elles couvrent le Comté de
Glatz , & tout le Pays qui eſt au de-là juſ
qu'a la Neiff.
* La Régence de l'Electorat de Saxe a
declaré au Comte de Bees , qui réſide à
Drefde en qualité de Miniftre du Roi , que
le Roi de Pologne Electeur de Saxe ne
pouvoit plus permettre que S. M. fit paffer
par la Saxe les troupes ni les munitions de
Guerre qu'elle voudroit envoyer dans le
Royaume de Bohême.
On apprend du Camp de Czaflaw du
13 du mois dernier , que depuis que le Roi
de Pruffe s'eſt rapproché de Prague , l'objet
190 MERCURE DEFRANCE
du Prince Charles de Lorraine a été de
tâcher de lui couper la communication ave:
le Comté de Glatz & avec la Sitéfie. Il 2
paflé dans ce deſſein la Szazawa , & ayant
marchépar ſadroite dans le cercle de Kaurzin
, il s'eſt poſté dans les environs de Kuttenberg.
Le Roi de Pruſſe , peu de jours après ce
mouvement de l'armée de la Reine de Hongrie
, sett éloigné de la Szazawa pour fe
replier vers l'Ebe , qu'il a fait pafler à une
partie de l'Artillerie & des équipages de
Jon Armée ; on apprit qu'il avoit dérobe
deux marchés au Prince Charles , & que
s'étant rendu maître de pluſieurs poftes le
long de l'Elbe , il étoit allé camper à Zafmuck.
Un corps conſidérable de Huſſards Prufſiens
attaqua les équipages de l'armée ,
que le Prince Charles avoit fait marcher à
Kaurzin. Ces Huſſards ne purent enlever
que quelques chariots , & on leur fit pluſieurs
prifonniers , du nombre deſquels
étoient cinq Officiers .
Le Prince Charles s'étant avancé fous
Czaſlaw , il détacha quelques troupes fous
les ordres du Major Général Roth , pour
inveſtir le poſte de Kollin , & fit marcher
pluſieurs Régimens pour s'emparer de Pardubitz.
DECEMBRE . 1744. 191
Le Roi de Pruſſe lui ayant propofé
l'échange des priſonniers , il y a confenti ,
&les Commiſſaires nommés pour y procé
der ſe ſont déja aſſemblés pluſieurs fois dans
unChâteau ſitué à quelques lieuës de Prague,
On mande de Berlin du 30 du mois derniér
, que la nuit du 26 au 27 les troupes
Pruffiennes , quiétoient reſtées dans Prague ,
étoient forties de cette Place en exécution
des ordres que le Baron d'Enfiedel avoit
reçûs du Roi de Pruffe.
Sa M. après avoir campé pendant quelques
jours dans les environs de Konigsgratz
s'eſt rapproché de la Siléſie , & elle a tel
lement diftribué ſes troupes qu'en couvrant
cette Province , elle étoit également à portée
de penetrer dans la Saxe , ou de retourner
quand elle le jugeroit à propos dans
l'intérieur du Royaume de Boheme.
Le General Keyl , qui commande dans
Olmutz pour la Reine de Hongrie s'étant
joint avec une partie de la garniſon de
cette Ville au corps de troupes Hongroiſes
que le Comte Rodolphe Palfy a conduit
en Moravie , ces deux Generaux ont marché
vers les Frontieres de la Siléfie , le 10
ils ſurprirent le poſte de Friedlan dans la
Principauté de Troppau , & ils avoient
formé le deffein de s'emparer de Jagerndorft ,
MERCURE DE FRANCE.
mais le General Marwitz ayant raſſemblé
10000 hommes, il s'avança pour les attaquer
, ils n'oferent avec des troupes inférieures
riſquer une action & ils prirent la
fuite après avoir abandonné Friedland&le
village de Grotz dans lequel ils avoient
poſté un détachement de 7 à 800 hommes,
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Résumé : PRUSSE.
En décembre 1744, le roi de Prusse a renforcé la garnison de Prague et sécurisé les communications avec la Silésie en occupant les postes de Kollin et de Podiebrodt. Les troupes de la reine de Hongrie et du roi de Pologne, également électeur de Saxe, ont traversé la Szazawa, mais le roi de Prusse a réussi à les devancer par deux marches. Les deux armées se sont rencontrées près de Kuttenberg, où des escarmouches légères ont eu lieu sans combat majeur. Le prince Charles de Lorraine a tenté de couper les lignes de communication prussiennes vers la Silésie et le comté de Glatz. En réponse, le roi de Prusse a replié ses troupes vers l'Elbe et a établi son camp à Zasmuck. Des hussards prussiens ont attaqué les équipages de l'armée du prince Charles, capturant plusieurs chariots et officiers. Un échange de prisonniers a été proposé et accepté par le roi de Prusse. Par la suite, les troupes prussiennes ont quitté Prague pour se déplacer vers la Silésie, assurant la protection de cette province tout en restant prêtes à intervenir en Saxe ou en Bohême. En Moravie, le général Keyl et le comte Rodolphe Palfy ont surpris le poste de Friedlan, mais ont dû se retirer face aux forces du général Marwitz.
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12170
p. 192-196
ITALIE.
Début :
LES avis reçus de Rome du 8 du mois dernier portent que le Prince de Lobckowitz [...]
Mots clefs :
Prince de Lobkowitz, Roi des deux Siciles, Viterbe, Tibre, Naples, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
Es avis reçus de Rome du 8 du mois
dernier portent que le Prince de Lobckowitz
s'étant déterminé à décamper de
Nemi , il fit le 30 Octobre dernier divers
mouvemens pour cacher fon deffein , & que
feignant de vouloir engager au combat l'armée
du Roi des deux Siciles , il détacha un
corps de Huffards , qui attaqua un pofte
avancé des Eſpagnols. Les Huſſards furent
repoufiés & 5. M. Sic. apprit le lendemain
que le Prince de Lobckowitz avoit
abandonné fon camp avec precipitation &
qu'il s'étoit replić à Monte Roffo. La plus
grande partie de la Cavalerie du Roi des
deux Siciles étoit au fourage , lorſque ce
Prince fut informé de la retraite des troupes
de la Reine de Hongrie. Ce contre- tems
ayant empeché le Comte de Gages de les
pourſuivre aufli - tôt qu'il l'auroit défiré
elles
DECEMBRE. 1744. 193
elles paſſerent le Tibre avant que les Efpagnols
& les Napolitains puſſent les joindre
, & elles eurent même le tems de rompre
les Ponts qu'elles avoient ſur ce Fleuve.
-Dans le tems qu'elle achevoient de les
détruire , l'avant garde des Eſpagnols compoſée
de Dragons & de Miquelets arriva fur
le bord du Tibre ; le feu fut très vif de
part & d'autre , & il y eut quelques Officiers
& pluſieurs Soldats de tués & de
bleffés dans les deux armées .
Le 3 du mois dernier le Prince de Lobckowitz
campa à Acqua Traverſa & il marcha
le 4 du côté de Viterbe . L'armée combinée
d'Eſpagne & de Naples commença le
même jour à jetter ſur le Tibre deux Ponts,
qui furent achevés le 5 , elle paſſa ce Fleuve
& le 7 elle ſe trouva entierement rafſemblée
dans les environs d'Acqua Traverſa.
;
Le Roi des deux Siciles qui arriva le 2
à Villa Patrici , y fut complimenté par plufieurs
Cardinaux & par tous les Seigneurs
Feudataires du Royaume de Naples , & il
envoya au Pape le Prince de Santo Buono ,
pour témoigner à Sa Sainteté le defir qu'il
avoit de la voir. Le Cardinal Secretaire
d'Etat alla de la part du Pape affurer S.
M, Sic. qu'elle étoit attenduë de Sa Sain-
I
1
194MERCURE
DE FRANCE
,
teté avec beaucoup d'impatience. Le lendemain la Garde Suiffe & les caroffes
du Pape ſe rendirent à Villa Patrici
pour y prendre le Roi des deux Siciles mais ce Prince voulut entrer à cheval dans
cette Ville. Il étoit accompagné du Duc de
Modene & d'ungrand nombre de Seigneurs
Romains & Napolitains , & eſcorté de fes
Gardes du Corps , & quoiqu'il gardât l'incognito
ſous le nom du Comte de Pouzoles
, il fut falué par une décharge generale
de l'Artillerie du Château faint Ange. S.
M. Sic. s'entretint pendant une heure avec
le Pape & étant remontée à cheval , elle
alla à l'Egliſe des Saints Apôtres où elle trouva le Chevalier de ſaint Georges. Eile
dina enſuite au Palais du Vatican & l'après.
midi elle retourna joindre ſon armée.
Selon les lettres reçuës de Rome , l'armée. de la Reine de Hongrie étoit arrivée à Viterbe
, & celle du Roi des deux Siciles à
Ronciglione. On à appris depuis que le Prince de Lobckowitz qui étoit décampé d'Acqua.
Traverſa le 4 du mois dernier , pour ſe rendre du côté de Viterbe , ayant été in- formé le 6 que les troupes Eſpagnoles qui compoſent lesigarniſons des Places de l'Etat
d'Egli Prefidii s'étoient raffemblées pour lui
DECEMBRE
1744 195
fermer le paſſage des Montagnes , ce General
n'avoit pas jugé à propos d'entreprendre
de les y forcer , & qu'il avoit préféré
d'allonger ſon chemin en marchant par
ſa droite.
Apeine fut-il arrivé à Borghetto qu'il y
reçût avis que l'armée Eſpagnole le ſuivoit
&que le 5 elle avoit paſſé le Tibre. Sur
cette nouvelle il fit occuper Monte - Roſſo
par 1500 hommes , pour arrêter quelquetems
cette armée & pour empêcher qu'elle
ne l'inquiétât dans ſa retraite. Il ſe rendit
le 8 à Viterbe , & après avoir rappellé les
1500 hommes qu'il avoit laiſſés à Monte-
Roffo , il continua le lendemain ſa marche
vers Perouſe. Le to il arriva dans les environs
de cette derniere Ville ou il a demeuré
pendant quatre jours. En décampant
de Perouſe il s'eſt replić vers Orviette.
Les troupes du Roi d'Eſpagne camperent
le 9 à Monte Roffo , le 10 à Ronciglione ,
le 11à Viterbe. Elles allerent le 14 occuper
près de Perouſe le camp que celles de
la Reine de Hongrie avoient abandonné ,
& elles s'avancerent le 15 à Utricoli. Elles
ont enlevé un convoi de chariots chargés
d'avoine ,& les équipages du Colonel Commandant
du Régiment de Vaſquez.
On a appris du Royaume de Naples que
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
:
leRoi des deux Siciles s'étant rendu à Gactte
, leurs Majeftés Siciliennes étoient retournèes
à Naples , où elles étoient arrivées le
7 du mois dernier , & où elles avoient été
reçûës avec les plus grandes démonftrations
de joye des habitans.
Es avis reçus de Rome du 8 du mois
dernier portent que le Prince de Lobckowitz
s'étant déterminé à décamper de
Nemi , il fit le 30 Octobre dernier divers
mouvemens pour cacher fon deffein , & que
feignant de vouloir engager au combat l'armée
du Roi des deux Siciles , il détacha un
corps de Huffards , qui attaqua un pofte
avancé des Eſpagnols. Les Huſſards furent
repoufiés & 5. M. Sic. apprit le lendemain
que le Prince de Lobckowitz avoit
abandonné fon camp avec precipitation &
qu'il s'étoit replić à Monte Roffo. La plus
grande partie de la Cavalerie du Roi des
deux Siciles étoit au fourage , lorſque ce
Prince fut informé de la retraite des troupes
de la Reine de Hongrie. Ce contre- tems
ayant empeché le Comte de Gages de les
pourſuivre aufli - tôt qu'il l'auroit défiré
elles
DECEMBRE. 1744. 193
elles paſſerent le Tibre avant que les Efpagnols
& les Napolitains puſſent les joindre
, & elles eurent même le tems de rompre
les Ponts qu'elles avoient ſur ce Fleuve.
-Dans le tems qu'elle achevoient de les
détruire , l'avant garde des Eſpagnols compoſée
de Dragons & de Miquelets arriva fur
le bord du Tibre ; le feu fut très vif de
part & d'autre , & il y eut quelques Officiers
& pluſieurs Soldats de tués & de
bleffés dans les deux armées .
Le 3 du mois dernier le Prince de Lobckowitz
campa à Acqua Traverſa & il marcha
le 4 du côté de Viterbe . L'armée combinée
d'Eſpagne & de Naples commença le
même jour à jetter ſur le Tibre deux Ponts,
qui furent achevés le 5 , elle paſſa ce Fleuve
& le 7 elle ſe trouva entierement rafſemblée
dans les environs d'Acqua Traverſa.
;
Le Roi des deux Siciles qui arriva le 2
à Villa Patrici , y fut complimenté par plufieurs
Cardinaux & par tous les Seigneurs
Feudataires du Royaume de Naples , & il
envoya au Pape le Prince de Santo Buono ,
pour témoigner à Sa Sainteté le defir qu'il
avoit de la voir. Le Cardinal Secretaire
d'Etat alla de la part du Pape affurer S.
M, Sic. qu'elle étoit attenduë de Sa Sain-
I
1
194MERCURE
DE FRANCE
,
teté avec beaucoup d'impatience. Le lendemain la Garde Suiffe & les caroffes
du Pape ſe rendirent à Villa Patrici
pour y prendre le Roi des deux Siciles mais ce Prince voulut entrer à cheval dans
cette Ville. Il étoit accompagné du Duc de
Modene & d'ungrand nombre de Seigneurs
Romains & Napolitains , & eſcorté de fes
Gardes du Corps , & quoiqu'il gardât l'incognito
ſous le nom du Comte de Pouzoles
, il fut falué par une décharge generale
de l'Artillerie du Château faint Ange. S.
M. Sic. s'entretint pendant une heure avec
le Pape & étant remontée à cheval , elle
alla à l'Egliſe des Saints Apôtres où elle trouva le Chevalier de ſaint Georges. Eile
dina enſuite au Palais du Vatican & l'après.
midi elle retourna joindre ſon armée.
Selon les lettres reçuës de Rome , l'armée. de la Reine de Hongrie étoit arrivée à Viterbe
, & celle du Roi des deux Siciles à
Ronciglione. On à appris depuis que le Prince de Lobckowitz qui étoit décampé d'Acqua.
Traverſa le 4 du mois dernier , pour ſe rendre du côté de Viterbe , ayant été in- formé le 6 que les troupes Eſpagnoles qui compoſent lesigarniſons des Places de l'Etat
d'Egli Prefidii s'étoient raffemblées pour lui
DECEMBRE
1744 195
fermer le paſſage des Montagnes , ce General
n'avoit pas jugé à propos d'entreprendre
de les y forcer , & qu'il avoit préféré
d'allonger ſon chemin en marchant par
ſa droite.
Apeine fut-il arrivé à Borghetto qu'il y
reçût avis que l'armée Eſpagnole le ſuivoit
&que le 5 elle avoit paſſé le Tibre. Sur
cette nouvelle il fit occuper Monte - Roſſo
par 1500 hommes , pour arrêter quelquetems
cette armée & pour empêcher qu'elle
ne l'inquiétât dans ſa retraite. Il ſe rendit
le 8 à Viterbe , & après avoir rappellé les
1500 hommes qu'il avoit laiſſés à Monte-
Roffo , il continua le lendemain ſa marche
vers Perouſe. Le to il arriva dans les environs
de cette derniere Ville ou il a demeuré
pendant quatre jours. En décampant
de Perouſe il s'eſt replić vers Orviette.
Les troupes du Roi d'Eſpagne camperent
le 9 à Monte Roffo , le 10 à Ronciglione ,
le 11à Viterbe. Elles allerent le 14 occuper
près de Perouſe le camp que celles de
la Reine de Hongrie avoient abandonné ,
& elles s'avancerent le 15 à Utricoli. Elles
ont enlevé un convoi de chariots chargés
d'avoine ,& les équipages du Colonel Commandant
du Régiment de Vaſquez.
On a appris du Royaume de Naples que
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
:
leRoi des deux Siciles s'étant rendu à Gactte
, leurs Majeftés Siciliennes étoient retournèes
à Naples , où elles étoient arrivées le
7 du mois dernier , & où elles avoient été
reçûës avec les plus grandes démonftrations
de joye des habitans.
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Résumé : ITALIE.
En octobre 1744, le Prince de Lobkowitz, commandant les troupes de la Reine de Hongrie, effectua une manœuvre de diversion en simulant une attaque contre l'armée du Roi des Deux-Siciles, ce qui lui permit de se replier vers Monte Rosso. La cavalerie napolitaine, occupée par le fourrage, ne put les poursuivre. Les troupes de la Reine de Hongrie traversèrent ensuite le Tibre et détruisirent les ponts pour empêcher la poursuite des Espagnols et des Napolitains. Un combat opposa les dragons espagnols aux forces ennemies près du Tibre. Le 3 décembre, Lobkowitz établit son camp à Acqua Traversa et marcha vers Viterbe. L'armée combinée d'Espagne et de Naples construisit des ponts sur le Tibre et se rassembla près d'Acqua Traversa. Le Roi des Deux-Siciles arriva à Villa Patrizi, où il fut accueilli par des cardinaux et des seigneurs napolitains. Il rencontra le Pape à Rome, escorté par le Duc de Modène et des seigneurs romains et napolitains, malgré une salve d'artillerie du Château Saint-Ange. Après une visite à l'Église des Saints Apôtres, il dîna au Palais du Vatican avant de rejoindre son armée. L'armée de la Reine de Hongrie atteignit Viterbe, tandis que celle du Roi des Deux-Siciles se trouvait à Ronciglione. Informé de la concentration des troupes espagnoles, Lobkowitz évita les montagnes et marcha vers Borghetto. Il occupa Monte Rosso pour retarder l'armée espagnole et continua vers Pérouse, puis se retira vers Orvieto. Les troupes espagnoles avancèrent jusqu'à Utricoli, capturant un convoi de chariots chargés d'avoine.
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12171
p. 196
ESPAGNE.
Début :
On a appris de Madrid du 24 du mois dernier qu'il y a eu des illuminations & des réjouissances [...]
Mots clefs :
Madrid, Illuminations, Marchandises
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE
On a appris de Madrid du 24 du mois
dernier qu'il y a eu des illuminations & des réjouiſſances
en cette Ville pendant trois jours
confécutifs , à l'occaſion de la priſe de Fribourg.
L'Intendant de Marine du Ferol a mandé
au Roi que l'Armateur Jean Fernanddel
Villar avoit conduit au Port de Marin la Balandre
Angloiſe la Sainte Catherine de 60
tonneaux , qui alloit de Faro à Londres ,
& dont il s'eſt emparé à40 lieues de Muros.
La charge de ce Bâtiment confiftoit en
Vin , en Oranges , en Sucre & en pluſieurs
auties marchandiſes .
On a appris de Madrid du 24 du mois
dernier qu'il y a eu des illuminations & des réjouiſſances
en cette Ville pendant trois jours
confécutifs , à l'occaſion de la priſe de Fribourg.
L'Intendant de Marine du Ferol a mandé
au Roi que l'Armateur Jean Fernanddel
Villar avoit conduit au Port de Marin la Balandre
Angloiſe la Sainte Catherine de 60
tonneaux , qui alloit de Faro à Londres ,
& dont il s'eſt emparé à40 lieues de Muros.
La charge de ce Bâtiment confiftoit en
Vin , en Oranges , en Sucre & en pluſieurs
auties marchandiſes .
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Résumé : ESPAGNE.
Madrid a célébré la prise de Fribourg avec des illuminations et des réjouissances sur trois jours. L'intendant de marine du Ferrol a rapporté que Jean Fernand del Villar a capturé la balandre anglaise Sainte Catherine, de 60 tonneaux, près de Muros. Le navire transportait du vin, des oranges, du sucre et d'autres marchandises de Faro à Londres.
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12172
p. 196-198
GENE ET ISLE DE CORSE.
Début :
Selon les nouvelles du Camp des Espagnols, le Comte de Gages ayant reconnu [...]
Mots clefs :
Troupes, Comte de Gages, Reine de Hongrie
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texteReconnaissance textuelle : GENE ET ISLE DE CORSE.
GENE ET ISLE DE CORSE.
Sols
Elon les nouvelles du Camp des Eſpale
Comte de Gages ayant reconnu
que le deſſein du Prince de Lobcokwitz
DECEMBRE. 1744 . 197
étoit de retourner en Lombardie il a fait
marcher un corps de Troupes à Citta
Caſtellana , pour couper à l'armée de la
Reine de Hongrie le chemin du Bolonois ,
& pour l'obliger de ſe retirer en Tofcane.
L'approche des deux armées paroît
donner beaucoup d'inquietude à la Regence
de ce Grand Duché , laquelle a fait affûrer
les Miniſtres qui réſident à Florence de
la part du Roi Très - Chrétien & de Sa
Majesté Catholique , que le Grand Duc
defiroit de garder une parfaite neutralité.
On a appris depuis que l'armée Eſpagnole
commandée par le Comte de Gages étoit
arrivée près de Foligno ; que ce Général
ayant été averti qu'un détachement des troupes
de la Reine de Hongrie étoit à No--
cera avec une partie des équipages de
ces troupes , il avoit fait marcher pour attaquer
ce détachement Don Francois Ducheze
, Capitaine de Grenadiers dans les
Gardes Walonnes , & Maréchal de Camp ,
qui s'eſt conduit avec tant de prudence &
de valeur , que les Allemands n'ont pû ni ſe
retirer , ni faire une affés longue réſiſtance
pour donner au Prince de Lobckovitz le
tems de les ſecourir. Tout leur détachement
compoſé de 800 Soldats & de 36
Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
Officiers , parmi leſquels ne ſont point compris
un Colonel ni le Comte de Soro qui
les commandoit , a été obligé de ſe rendre
prifonnier de guerre , & les Eſpagnols ont
pris en cette occafion deux Etendarts qui
ont été envoyés au Roi des deux Siciles.
Dans le nombre des priſonniers on a
trouvé le Partiſan Chieſa qui avoit déferté
des troupes d'Eſpagne avec ſa Compagnie
pour paſſer dans l'armée de la Reine de
Hongrie , & il a été pendule 20 à Foligno.
Sols
Elon les nouvelles du Camp des Eſpale
Comte de Gages ayant reconnu
que le deſſein du Prince de Lobcokwitz
DECEMBRE. 1744 . 197
étoit de retourner en Lombardie il a fait
marcher un corps de Troupes à Citta
Caſtellana , pour couper à l'armée de la
Reine de Hongrie le chemin du Bolonois ,
& pour l'obliger de ſe retirer en Tofcane.
L'approche des deux armées paroît
donner beaucoup d'inquietude à la Regence
de ce Grand Duché , laquelle a fait affûrer
les Miniſtres qui réſident à Florence de
la part du Roi Très - Chrétien & de Sa
Majesté Catholique , que le Grand Duc
defiroit de garder une parfaite neutralité.
On a appris depuis que l'armée Eſpagnole
commandée par le Comte de Gages étoit
arrivée près de Foligno ; que ce Général
ayant été averti qu'un détachement des troupes
de la Reine de Hongrie étoit à No--
cera avec une partie des équipages de
ces troupes , il avoit fait marcher pour attaquer
ce détachement Don Francois Ducheze
, Capitaine de Grenadiers dans les
Gardes Walonnes , & Maréchal de Camp ,
qui s'eſt conduit avec tant de prudence &
de valeur , que les Allemands n'ont pû ni ſe
retirer , ni faire une affés longue réſiſtance
pour donner au Prince de Lobckovitz le
tems de les ſecourir. Tout leur détachement
compoſé de 800 Soldats & de 36
Iiij
198 MERCURE DE FRANCE.
Officiers , parmi leſquels ne ſont point compris
un Colonel ni le Comte de Soro qui
les commandoit , a été obligé de ſe rendre
prifonnier de guerre , & les Eſpagnols ont
pris en cette occafion deux Etendarts qui
ont été envoyés au Roi des deux Siciles.
Dans le nombre des priſonniers on a
trouvé le Partiſan Chieſa qui avoit déferté
des troupes d'Eſpagne avec ſa Compagnie
pour paſſer dans l'armée de la Reine de
Hongrie , & il a été pendule 20 à Foligno.
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Résumé : GENE ET ISLE DE CORSE.
En décembre 1744, le comte de Gages a déplacé des troupes vers Citta Castellana pour bloquer l'armée de la reine de Hongrie et la contraindre à se retirer en Toscane. Cette manœuvre a alarmé la régence du Grand-Duché de Toscane, qui a obtenu des assurances de neutralité des ministres du roi Très-Chrétien et de Sa Majesté Catholique. L'armée espagnole, sous le commandement du comte de Gages, s'est ensuite dirigée vers Foligno. Informé de la présence d'un détachement des troupes de la reine de Hongrie à Nocera, Gages a ordonné au maréchal de camp François Ducheze d'attaquer ce détachement. Ducheze a capturé 800 soldats et 36 officiers, incluant le colonel et le comte de Soro, ainsi que deux étendards destinés au roi des Deux-Siciles. Parmi les prisonniers se trouvait le partisan Chiesa, déserteur des troupes espagnoles. Chiesa a été exécuté à Foligno.
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12173
p. 198-199
GRANDE BRETAGNE.
Début :
ON mande de Londres du 4 de ce mois que le Capitaine Woods commandant [...]
Mots clefs :
Capitaine, Corsaire, Vaisseau
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texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE,
N mande de Lordres du 4 de ce
mois que le Capitaine Woods commandant
le Corſaire le Trial , s'eſt emparé
des Vaiſſeaux François le Vainqueur , le
Prophete Samuel , & la Themis qui alloient
de Bordeaux à ſaint Domingue. Le premier
de ces Bâtimens étoit de vingt canons
&de cent hommes d'équipage , & il y avoit
50 hommes fur chacun des deux autres , qui
étoient de dix à douze canons .
Le Corſaire l'Expédition monté par le
Capitaine Bowden a conduit à Falmouth
une autre priſe Françoiſe.
Le Vaiſſeau la Marie de Dieppe qui venoit
de Terre-neuve a été rançonné par le
DECEMBRE. 1744. 199
Vaiſſeau le Grand Duc commandé par le
Capitaine Mauger.
Le 8de ce mois le Roi de la Grande
Bretagne ſe rendit à la Chambre des Pairs ,
&S. M. ayant mandé la Chambre des Communes,
elle les exhorta à lui accorder de
nouveaux Subſides pour continuer la
guerre.
N mande de Lordres du 4 de ce
mois que le Capitaine Woods commandant
le Corſaire le Trial , s'eſt emparé
des Vaiſſeaux François le Vainqueur , le
Prophete Samuel , & la Themis qui alloient
de Bordeaux à ſaint Domingue. Le premier
de ces Bâtimens étoit de vingt canons
&de cent hommes d'équipage , & il y avoit
50 hommes fur chacun des deux autres , qui
étoient de dix à douze canons .
Le Corſaire l'Expédition monté par le
Capitaine Bowden a conduit à Falmouth
une autre priſe Françoiſe.
Le Vaiſſeau la Marie de Dieppe qui venoit
de Terre-neuve a été rançonné par le
DECEMBRE. 1744. 199
Vaiſſeau le Grand Duc commandé par le
Capitaine Mauger.
Le 8de ce mois le Roi de la Grande
Bretagne ſe rendit à la Chambre des Pairs ,
&S. M. ayant mandé la Chambre des Communes,
elle les exhorta à lui accorder de
nouveaux Subſides pour continuer la
guerre.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En décembre 1744, plusieurs actions navales britanniques ont eu lieu. Le 4 décembre, le capitaine Woods a capturé trois navires français près de Saint-Domingue. Le même jour, le capitaine Bowden a pris un autre navire français à Falmouth. Le 8 décembre, le roi de Grande-Bretagne a convoqué le Parlement pour obtenir des fonds afin de continuer la guerre.
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12174
p. 200-212
MORTS.
Début :
LE 16 Decembre mourut à Bruxelles Marie-Anne-Eleonore-Willemine-Josephe Archiduchesse d'Autriche [...]
Mots clefs :
Roi, Chevalier, Lieutenant, Duc, Prince, Armées, Maréchal, Pair de France, Duchesse de Ventadour, Maison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS
L
E 16 Decembre mourut àBruxelles Marie-
Anne-Eleonore-Willelmine-Joſephe
Archiducheſſe d'Autriche Gouvernante des
Païs-Bas agée de 26 ans 3 mois & deux
jours,étant néo le 14 du mois de Septembre
de l'année 1718 , ſans laiſſer d'Enfans du
Prince Charles Alexandre de Lorraine , avec
lequel elle avoit été mariée le 7 Janvier de
l'année 1744; elle étoit Soeur puînée de la
Reine de Hongrie Epouſe du Grand Duc
de Toſcane Frere ainé du Prince Charles ,
& la ſeule reſtante aujourd'hui de l'Augufte
Maiſon d'Autriche.
書
Le 26 il arriva à Paris un courier dépeché
à Son AlteſſeRoyale Madame la Duchefſe
d'Orléans par l'Abbeffe de Remire -
mont pour informer cette Princeſſe que la
Ducheſſe Douairiere de Lorraine étoi morte
à Commercy le 23 agée de 68 ans ,
3 mois & 10 jours , étant née à S. Cloud le
13 Septembre 1676 , elle ſe nommoit Elfabeth
Charlotte , & étoit fille de feu Monfieur
( Philippe de France , ) & Frere de Louis
XIV , mort le 9 mai 1701 & d'Elifabeth
DECEMBRE. 1744 . 201
Charlotte de Baviere Palatine du Rhin fa
ſeconde Femme morte le 8 Decembre 1722
Elle àvoit été mariée le 13 Octobre 1698
avec Léopold Joſeph Charles Duc de Lorraine
& de Bar ; elle en étoit reſtée veuve le
27 Mai 1729 , & de ce mariage étoient nés
5 Princes & 8 Princeſſes dont il ne reſte
que François Etienne GrandDuc de Tofcane
né le 22 Septembre 1708 marié depuis
le 12 Fevrier 1736 avec Marie-Théreſe
Walburge Amelie-Chriftine Archiducheſſe
d'Autriche aujourd'hui Reine de Hongrie
, Charles Alexandre de Lorraine appellé
le Prince Charles né le 12 Decembre
1712, Généraliſſime des armées de la Reine
de Hongrie ſa belle--Soeur , & 3 Anne Charlotte
de Lorraine née le 17 Mai 1714, Abbeſſe
de Remiremont depuis le 7 mai 1738 .
Voyez pour l'Etat preſent de la Maiſon de
Lorraine le vol. 4des Souverains du Monde
fol 450 .
د
Le 3 Novembre Honorine Charlotte de
Berghes femme depuis le 17 Mars
1715 de Louis Joſeph d'Albert , Prince de
Grimberghen & du S. Empire , Conſeiller
d'Etat actuel & privé de l'Empereur , Feldt
Maréchal des armées de Sa Majesté Impériale
, Colonel de ſon Régiment des Gardes
(
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
à pied & fon Ambaſſadeur Extraordinaire
auprès du Roi , mourut à Paris dans la
ſoixante-quatrième année de ſon âge. Elle
avoit été Chanoineſſe de Mons ; elle étoit
Niéce de Georges Louis de Berghes Evéque
& Prince de Liége & du S. Empire ,
mort le 4 Decembre 1743. Elle étoit
fille de Philippe François de Berghes
Prince de Berghes , Chevalier de la Toifon
d'Or, & Gouverneur de Bruxelles , mort le
13 Septembre 1704 & , de Marie Jacqueline
de Lalain , & avoit eu de ſon Mariage
avec M. le Prince de Grimberghen de la
Maiſon d'Albert Luynes , & oncle de M.
le Maréchal Duc de Chaulnes dont la mort
va être raportée ſous le du préſent mois
Théreſe Pelagie d'Albert Luynes , née Princeffe
de Grimberghen en 1722 , mariée le
25 Janvier 1735 avec Marie Charles Louis
d'Albert à préſent Duc de Chevreuſe fon
coufin du 4 au deuxième dégré , & morte
fans enfans les Juillet 1736. La Maiſon
de Berghes eſt une branche des Anciens
Ducs de Brabant connue ſous le nom de
Glimes & marquée entre les plus grandes
Maiſons du Pays , par ſes alliances, par fon
illuſtration , & par l'entrée qu'elle a eu de
tous les tems dans les. Chapitres les plus
nobles ; elle porte pour armes coupé au 1.
de ſable à un Lion d'Or parti d'Or à 3 pals
DECEMBRE. 1744. 203
de gueules ; au deuxième de Sinople à 3 Lozanges
d'argent poſées deux & une : voyez
les Souverains du monde , imprimés à Paris
en 1734 vol. 1. fol. 320.
Le 9 Louis Auguſte d'Albert d'Ailly Duc
de Chaulnes , Pair & Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roi , Vidame d'Amiens
, Gouverneur de la même Ville &
de celle de Corbie , & ci-devant Capitaine
Lieutenant des Chevau - legers de la Garde
de ſa Majesté ,mourut à Paris agé de 67
ans , étant né le 22 Decembre 1676 du
Mariage de Charles Honoré d'Albert Duc
de Luynes , de Chevreuſe & de Chaulnes ,
Pair de France Gouverneur & Lieutenant
Genéral pour le Roi de la Province de Guyenne,
Chevalier des Ordres de Sa Majesté, LieutenantGénéral
de fes armées & Capitaine
Lieutenant des Chevau - legers de la Garde ,
mort le 6Novembre 1712 , &de JeanneMa-
-rieColbert morte le 26 Juin 1732. Il commença
à ſervir dans la ſeconde Compagnie
des Mouſquetaires en 1693 , fut depuis fucceſſivement
Lieutenant dans le Régiment
du Roi Infanterie en 1694 , Capitaine dans
le même Régiment en 1695 , Colonel d'un
Régiment d'Infanterie la même année , Meftre
de Camp d'un Régiment de Dragons ,
par lamort du Chevalier d'Albert tué à Car
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
py le 9 Juillet 1701. Il traita de la Charge
de Sous-Lieutenant de la Compagnie des
Chevau - legers de la Garde du Roi en
1702 , fut fait Brigadier le 10 Fevrier
1704 & fut pourvu le 2 Novembre de la
même année de la Charge de CapitaineLieutenant
de la même Compagnie des Chevaulegers
par la mort du Duc de Montfort fon
frere ainé; il fut fait Maréchal de Camp le
19 Juin 1708 , Lieutenant Général des armées
du Roi le 8 Mars 1718 , & fut nommé
Chevalier desOrdres & reçu le 3 Juin 1724:
il eut au mois Février 1729 les Gouvernements
des Villes d'Amiens & de Corbie , fut
nommé au mois d'Avril 1734 pour être employé
dans l'armée d'Allemagne en qualité
de Lieutenant Général, dont il fit la fonction
au fiége de Philifbourg , de même que dans
la campagne de 1735 dans la même armée,
enfin ſes Services lui firent mériter le bâton
de Maréchal de France à la promotion du 11
Fevrier 1741 ; il avoit été marié le 22 Fevrier
1704 avec Marie Anne Romaine de
Beaumanoir Lavardin, fille de Henri Charles
de Beaumanoir Marquis de Lavardin, Che
valier des Ordres du Roi, Lieutenant Géné-
-ral des armées de Sa Majefté & au Gouvernement
de la Haute & Baffe Bretagne &
ei-devant fon Ambaſſadeur Extraordinaire
à Rome , & d'Anne Louiſe Marie de Noailles;
de ce Mariage font né entre-autres EnDECEMBRE.
1744. 205
y
fans 1. Louis Marie d'Albert d'Ailly , Vidame
d'Amiens recu en ſurvivance de ſon pere
le 5 Avril 1717 enla Charge de Capitaine
Lieutenant de la Compagnie des Chevaulegers
de la Garde du Roi, mort ſans être
marié en 1724.2.Charles- François d'Albert
d'Ailly Ducde Picquigny , Pair de France
Capitaine Lieutenant de la Compagnie des
Chevau-legers de la Garde du Roi parla
démiffion de ſon Pere , mort le 14 Juillet
1731 ne laiffant qu'une fille morte à l'âge
de fix ans le 13 Mai 1736 , 3. Michel Ferdinand
d'Albert d'Ailly Duc de Picquigny ,
à préſent de Chaulnes , Pair de France , Ca-
• pitaine Lieutenant des Chevaux- legers de la
Garde du Roi ſur la démiſſion de fon Pere
du 19 Fevrier 1735 , & Maréchal des Camps
& armées du Roi du ... Juin 1743 , marié depuis
le 25 Fevrier 1734 avec Anne Joſephe
Bonnier Fille de Joſeph Bonnier Baron de
la Mofſon près Montpellier, Secretaire du
Roi & Treforier Général des Etats de Languedoc,&
d'Anne Melon,dont il a un fils, âgé
de 3 à 4 ans en 1744 : voyez la Généalogie
de la Maiſon d'Albert dans l'Hiſtoire des
Grands Officiers de la Couronne vol 4 fol
263.
Le 12 Eminentiſſeme & Reverendiffime
• Monſeigneur Leon Potier de Gefures , Cardinal
, Prêtre de la Sainte Egliſe Romaine
ancien Patriarche - Archevêque de Bour-
و
106 MERCURE DE FRANCE.
ges , Primat des Aquitaines , Commandeur
des Ordres du Saint Eſprit du 3 Juin 1724,
Abbé Commandataire des Abbayes de Saint
Amand Ordre de S. Benoist Diocéſe de
Tournay depuis 1720,de S. Landelin de
Creſpin Ordre de S. Benoît Diocèſe de Cambray
depuis 1725, de S. Pierre d'Auri sc
Diocèſe de S. Flour depuis 1679 , de Notre-
Dame de Bernay O. S. B. Diocèſe de Lizieux
depuis 1666 , de l'Archimonaftere S.
Remy de Reims O. S. B. depuis l'an 1729 ,
cidevant Conſeiller auConſeildeConſcience,
mourut à Paris dans la quatre-vingt huitieme
année de fon âge étantné le 15 Août 1656 .
Il avoit été nommé à l'Archevêché de Bourges
le 29 mai 1694, & fut créé CardinalPrétre
par le PapeClement XI ſur la nomination
duRoi de Pologne le 29 Mai 1719. Il étoit
fils puîné de LeonPotier Duc de Geſvres Pair
de France Chevalier des Ordres du Roi, Premier
Gentilhomme de la hambre de SaMajeſté,
Lieutenant Général de ſes armées, Gouverneur
de laVille de Paris,mort le 9Decembre
1704, &deMarie- Françoiſe-Angélique
Duval de Fontenay Mareuil ſa premiere femme
, morte le 4 Octob. 1702 : le Frere aîné
de M. le Cardinal de Geſvres , étoit François-
Bernard Potier deGeſvres Duc de Trémes
Pair de France,Chevalier des Ordres du Roi ,
Premier Gentilhomme de ſa Chambre , &
DECEMBRE. 1744. 207
Brigadier de ſes armées , Gouverneur de la
Ville de Paris , mort le 12 Avril 1739 ,
laiſſant de fon mariage avec Marie Magdeleine-
Louiſe-Genevieve de Seigliere deBoisfranc
morte le 3 Avril 1702 , 1. François
Joachim - Bernard Potier Duc de Geſvres
Pair de France né le 29 Septembre 1692 ,
Chevalier des Ordres du Roi , Premier Gentilhomme
de ſa Chambre , Gouverneur de
la Ville de Paris , 2. Louis - Leon Potier
Comte de Trêmes , né le 28 Juillet 1695 ,
Maréchal des Camps & armées du Roi ,marié
depuis le 26 Avril 1729 avec Eléonore
Marie de Montmorency Luxembourg fille
de M. le Maréchal de Montmorency & de
laquelle il n'a qu'un fils, appellé le Marquis de
Geſvres né le 9mai 1733 , non encore baptiſé
, 3. Etienne René Potier né le 2 Janvier
1697 , Evêque & Comte de Beauvais Pair de
France depuis 1728 , & 4 Marie-Françoife
Potier de Gévres née le 25 Decembre 1697 ,
mariée depuis le 17 Septembre 1715 avec
Louis- Marie Victoire de Bethune-Selles , appellé
le Comte de Bethune duquel elle ades
Enfans. Voyez la Généalogie de la Maiſon
de Potier dans l'Hiſtoire des Grands Officiers
de la Couronne vol. 4 fol. 763 .
Le 14 Frere Jean Antoine de Thumery
de Boiſſiſe , Chevalier de l'Ordre de faint
Σ 2
08 MERCURE DE FRANCE.
à
,
Jean de Jerufalem , dans lequel il fut reçu
au Grand Prieuré de France en 1688 , & depuis
Commandeur de Haute-Avennes , en
Flandre entre Douay & Arras , mourut
Paris dans la 63 année de ſon âge , étant né
le 20 Novembre 1682 ; il étoit fils de feu
M. Germain Chriſtophe de Thumery
Chevalier de Boiſſiſe , Preſident de la feconde
Chambre des Enquêtes du Parlement de
Paris , mort le premier Septembre 1714 , &
de Dame Magdeleine le Tellier de Morfan ,
morte le 11 Decembre 1730 , duquel mariage
, outre feu M. le Commandeur de Boifſiſe
qui donne lieu à cet article , étoient nés
1. René de Thumery , Chevalier Seigneur de
Boiſſiſe , aujourd'hui marié depuis 1738 , &
ſans enfans, avec Demoiselle Jacqueline - Marguerite
Richer , 2. Chriftophe Edouart François
de Thumery , auſſi Chevalier de l'Ordre
de ſaint Jean de Jerufalem depuis 1688
& aujourd'hui Commandeur de Beauvais ,
en Gatinois, & 3. Dame Magdeleine de Thumery
, Comteſſe de Bregy. La Famille de
Thumery eſt une des plus conſidérables de la
Ville de Paris par ſon ancienneté , ſes alliances
, & par les charges marquées dans la
Robe qu'elle a poffedées en différens tems .
Le 18 Dame Celeste- Efther Rivié femme de
Louis -Emanuel de Coetlogon- Loyal , appelle
DECEMBRE. 1744 . 209
le Comte de Coetlogon , Brigadier des armées
du Roi , Colonel-Lieutenant du Régiment
d'Infanterie de Penthievre , avec lequel
elle avoit été malice le t Février de
cette année , mourut à Paris dans la vingttroifiéme
année de fon âge , laiſſant un fils
unique nommé Emanuel - Etienne – Marie
de Coetlogon , duquel elle étoit acouchée
quelques jours avant. Elle étoit fille d'Etienne
Rivié Seigneur de Marine & de Riquebourg,
Baron de Chors , Grand Maître des Eaux &
Foreſts de l'Iſfle de France , &de Dame Françoiſe-
Anne-Agathe Marguerite de laRiviere
de Paulmy , d'une des plus anciennes Maifons
de Bretagne. Voyez pour la Généalogie
de la Maiſon de Coetlogon , auffi une
des premieres de la même Province , le ſeptiéme
vol. de l'Hiſtoire des Grands-Officiers
de la Couronne , fol 717.
Le 8.Décembre , Dame Marie-Anne de
Mailly- Nefle , Ducheffe de Chateauroux ,
veuve de Meſſire Jean- Louis de la Tournelle
, Marquis de la Tournelle , Colonel
Lieutenant du Régiment de Condé Infanterie,
mort le 23 Novembre 1740 à l'âge
de 22 ans ſans laiſſer d'enfans , & avec lequel
elle avoit été mariée le 19 Juin 1734 ,
mourut à Paris à l'âge de 27 ans , étant née
le ... Octobre 1717. Elle avoit été Dame
210 MERCURE DE FRANCE.
du Palais de la Reine , & avoit été nommée
pour remplir la Charge de Surintendante
de laMaiſonde Madame la Dauphine. Elle
écoitladerniere desîlles de Louis de Mailly,
Marquis de Nefle & de Mailly , Chevalier
des Ordres du Roi , & de feue Dame Fe'ice-
Armande Mazarini de la Meilleraye ,
Dame du Palais de la Reine , morte le 11
Octobre 1729 âgée de 38 ans , & elle avoit
pour ſoeurs aînées Meſdames les Comteffes
de Mailly &de Vintimille , la Duchefſe de
Lauraguais , & la Marquiſe de Flavacourt.
Pour la Généalogiede laMaiſon de Mailly,
une des plus anciennes &des plus illſtures
de Picardie , voyez le vol. 8 de l'Hiſtoire des
Grands Officiers de la Couronne, fol. 625.
Le 15 Décembre Dame Charlotte bleo-
*nore Magdeleine de la Mothe Houdancourt ,
veuve de Louis-Charles de Levis , Duc de
Ventadour, Pair de France , ci-devant Gouvernante
du Roi , de Monſeigneur le Dauphin
, de Monfieur le Ducd'Anjou , & de
Meſdames de France , mourut a Glatigny
dans la 93 année de ſon âge. Elle etoit
Soeur de Meſdames les Ducheſſes d'Aumont ,
& de la Ferté Senecterre & feconde
Fille de Philippe de la Mothe Houdancourt
, Duc de Cardonne en Caralogne, Maréchal
de France , Viceroi de Catalogne ,
mort le 24 Mars 167 , & de Louiſe de
Prie ,mariée le 22 Novembre 1650 ,depuis
,
DECEMBRE. 1744.
Gouvernante des Enfans de France , morte le
6Janvier 1709. agée de 85 ans. La Mere
& la fille ont eu l'honneur d'élever 22
Princes ou Princeſſes de la Maiſon Royale ,
du nombre deſquels font les Rois de France
& d'Eſpagne , & Madame la Ducheſſe de
Ventadour eut encore celui de tenir le Roi
Louis XV. ſur ſes genoux au Lit de Juſtice ,
qui ſe tint au Parlement deux jours après
la mort de Louis XIV , & d'occuper une
Place , où il n'y avoit que la Reine Mere
qui eût été aſſiſe avant elle ; les marques de
fouvenir &de reconnoiſſance que lui donna
le feuRoi , & qui fe trouvent dans ſes dernieres
paroles au Roi Louis XV. ſon arriere
perit fils , feront un monument éternel du
zéle vif & de l'attachement tendre & refpectueux
avec lequel elle s'eſt toujours
acquittée de l'emploi important qui
lui avoit été confié ; n'oubliez jamais dit le
Roi àfon petit fils,les grandes obligations que
vous avez à Madame de Ventadour , pour
moi, Madame , ajouta-t-il en ſe tournant vers
elle,je ſuis bien faché de n'être plusen état de
vous en marquerma reconnoiſſance.
Madame la Ducheſſe de Ventadour avoit
étémariée le 14 Mars 1672 ,& elle n'avoit
eû de ſon Mariage que Anne-Genevieve de
Levis , née le .. Février 1673. mariée 1º. le
16 Février 169 1 à Louis-Charles de laTourd'Auvergne
appellé le Prince de Turenne,tut
212 MERCURE DE FRANCE
à Steinkerque en 1692. ſans laiſſer d'enfans.
20. le 15 Fevrier 1694. à Hercule Meriadec
Duc de Rohan Rohan , Prince de Soubiſe
appellé le Prince de Rohan , & morte la
nuit du 20 au 21 Mers 1727. laiſſant feu M.
le Prince de Soubiſe , Pere de M. le Prince
de Soubiſe , & de M. le Coadjuteur de Strafbourg
; voyez le volume 7 de l'Histoire
des Grands Officiers de la Couronne , fol.
530. pour la Généalogie de la Maiſon de la
Mothe Houdancourt , de laquelle il ne refte
aujourd'hui que Louis Charles de la Mothe
Houdancourt , Neveu à la mode de Bretagne
de feue Madame de Ventadour,
Comte de la Mothe Houdancourt , Grand
d'Eſpagne de la premiere Claſſe , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Chevalier de
ſes Ordres , & Chevalier d'honneur de la
Reine.
L
E 16 Decembre mourut àBruxelles Marie-
Anne-Eleonore-Willelmine-Joſephe
Archiducheſſe d'Autriche Gouvernante des
Païs-Bas agée de 26 ans 3 mois & deux
jours,étant néo le 14 du mois de Septembre
de l'année 1718 , ſans laiſſer d'Enfans du
Prince Charles Alexandre de Lorraine , avec
lequel elle avoit été mariée le 7 Janvier de
l'année 1744; elle étoit Soeur puînée de la
Reine de Hongrie Epouſe du Grand Duc
de Toſcane Frere ainé du Prince Charles ,
& la ſeule reſtante aujourd'hui de l'Augufte
Maiſon d'Autriche.
書
Le 26 il arriva à Paris un courier dépeché
à Son AlteſſeRoyale Madame la Duchefſe
d'Orléans par l'Abbeffe de Remire -
mont pour informer cette Princeſſe que la
Ducheſſe Douairiere de Lorraine étoi morte
à Commercy le 23 agée de 68 ans ,
3 mois & 10 jours , étant née à S. Cloud le
13 Septembre 1676 , elle ſe nommoit Elfabeth
Charlotte , & étoit fille de feu Monfieur
( Philippe de France , ) & Frere de Louis
XIV , mort le 9 mai 1701 & d'Elifabeth
DECEMBRE. 1744 . 201
Charlotte de Baviere Palatine du Rhin fa
ſeconde Femme morte le 8 Decembre 1722
Elle àvoit été mariée le 13 Octobre 1698
avec Léopold Joſeph Charles Duc de Lorraine
& de Bar ; elle en étoit reſtée veuve le
27 Mai 1729 , & de ce mariage étoient nés
5 Princes & 8 Princeſſes dont il ne reſte
que François Etienne GrandDuc de Tofcane
né le 22 Septembre 1708 marié depuis
le 12 Fevrier 1736 avec Marie-Théreſe
Walburge Amelie-Chriftine Archiducheſſe
d'Autriche aujourd'hui Reine de Hongrie
, Charles Alexandre de Lorraine appellé
le Prince Charles né le 12 Decembre
1712, Généraliſſime des armées de la Reine
de Hongrie ſa belle--Soeur , & 3 Anne Charlotte
de Lorraine née le 17 Mai 1714, Abbeſſe
de Remiremont depuis le 7 mai 1738 .
Voyez pour l'Etat preſent de la Maiſon de
Lorraine le vol. 4des Souverains du Monde
fol 450 .
د
Le 3 Novembre Honorine Charlotte de
Berghes femme depuis le 17 Mars
1715 de Louis Joſeph d'Albert , Prince de
Grimberghen & du S. Empire , Conſeiller
d'Etat actuel & privé de l'Empereur , Feldt
Maréchal des armées de Sa Majesté Impériale
, Colonel de ſon Régiment des Gardes
(
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
à pied & fon Ambaſſadeur Extraordinaire
auprès du Roi , mourut à Paris dans la
ſoixante-quatrième année de ſon âge. Elle
avoit été Chanoineſſe de Mons ; elle étoit
Niéce de Georges Louis de Berghes Evéque
& Prince de Liége & du S. Empire ,
mort le 4 Decembre 1743. Elle étoit
fille de Philippe François de Berghes
Prince de Berghes , Chevalier de la Toifon
d'Or, & Gouverneur de Bruxelles , mort le
13 Septembre 1704 & , de Marie Jacqueline
de Lalain , & avoit eu de ſon Mariage
avec M. le Prince de Grimberghen de la
Maiſon d'Albert Luynes , & oncle de M.
le Maréchal Duc de Chaulnes dont la mort
va être raportée ſous le du préſent mois
Théreſe Pelagie d'Albert Luynes , née Princeffe
de Grimberghen en 1722 , mariée le
25 Janvier 1735 avec Marie Charles Louis
d'Albert à préſent Duc de Chevreuſe fon
coufin du 4 au deuxième dégré , & morte
fans enfans les Juillet 1736. La Maiſon
de Berghes eſt une branche des Anciens
Ducs de Brabant connue ſous le nom de
Glimes & marquée entre les plus grandes
Maiſons du Pays , par ſes alliances, par fon
illuſtration , & par l'entrée qu'elle a eu de
tous les tems dans les. Chapitres les plus
nobles ; elle porte pour armes coupé au 1.
de ſable à un Lion d'Or parti d'Or à 3 pals
DECEMBRE. 1744. 203
de gueules ; au deuxième de Sinople à 3 Lozanges
d'argent poſées deux & une : voyez
les Souverains du monde , imprimés à Paris
en 1734 vol. 1. fol. 320.
Le 9 Louis Auguſte d'Albert d'Ailly Duc
de Chaulnes , Pair & Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roi , Vidame d'Amiens
, Gouverneur de la même Ville &
de celle de Corbie , & ci-devant Capitaine
Lieutenant des Chevau - legers de la Garde
de ſa Majesté ,mourut à Paris agé de 67
ans , étant né le 22 Decembre 1676 du
Mariage de Charles Honoré d'Albert Duc
de Luynes , de Chevreuſe & de Chaulnes ,
Pair de France Gouverneur & Lieutenant
Genéral pour le Roi de la Province de Guyenne,
Chevalier des Ordres de Sa Majesté, LieutenantGénéral
de fes armées & Capitaine
Lieutenant des Chevau - legers de la Garde ,
mort le 6Novembre 1712 , &de JeanneMa-
-rieColbert morte le 26 Juin 1732. Il commença
à ſervir dans la ſeconde Compagnie
des Mouſquetaires en 1693 , fut depuis fucceſſivement
Lieutenant dans le Régiment
du Roi Infanterie en 1694 , Capitaine dans
le même Régiment en 1695 , Colonel d'un
Régiment d'Infanterie la même année , Meftre
de Camp d'un Régiment de Dragons ,
par lamort du Chevalier d'Albert tué à Car
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
py le 9 Juillet 1701. Il traita de la Charge
de Sous-Lieutenant de la Compagnie des
Chevau - legers de la Garde du Roi en
1702 , fut fait Brigadier le 10 Fevrier
1704 & fut pourvu le 2 Novembre de la
même année de la Charge de CapitaineLieutenant
de la même Compagnie des Chevaulegers
par la mort du Duc de Montfort fon
frere ainé; il fut fait Maréchal de Camp le
19 Juin 1708 , Lieutenant Général des armées
du Roi le 8 Mars 1718 , & fut nommé
Chevalier desOrdres & reçu le 3 Juin 1724:
il eut au mois Février 1729 les Gouvernements
des Villes d'Amiens & de Corbie , fut
nommé au mois d'Avril 1734 pour être employé
dans l'armée d'Allemagne en qualité
de Lieutenant Général, dont il fit la fonction
au fiége de Philifbourg , de même que dans
la campagne de 1735 dans la même armée,
enfin ſes Services lui firent mériter le bâton
de Maréchal de France à la promotion du 11
Fevrier 1741 ; il avoit été marié le 22 Fevrier
1704 avec Marie Anne Romaine de
Beaumanoir Lavardin, fille de Henri Charles
de Beaumanoir Marquis de Lavardin, Che
valier des Ordres du Roi, Lieutenant Géné-
-ral des armées de Sa Majefté & au Gouvernement
de la Haute & Baffe Bretagne &
ei-devant fon Ambaſſadeur Extraordinaire
à Rome , & d'Anne Louiſe Marie de Noailles;
de ce Mariage font né entre-autres EnDECEMBRE.
1744. 205
y
fans 1. Louis Marie d'Albert d'Ailly , Vidame
d'Amiens recu en ſurvivance de ſon pere
le 5 Avril 1717 enla Charge de Capitaine
Lieutenant de la Compagnie des Chevaulegers
de la Garde du Roi, mort ſans être
marié en 1724.2.Charles- François d'Albert
d'Ailly Ducde Picquigny , Pair de France
Capitaine Lieutenant de la Compagnie des
Chevau-legers de la Garde du Roi parla
démiffion de ſon Pere , mort le 14 Juillet
1731 ne laiffant qu'une fille morte à l'âge
de fix ans le 13 Mai 1736 , 3. Michel Ferdinand
d'Albert d'Ailly Duc de Picquigny ,
à préſent de Chaulnes , Pair de France , Ca-
• pitaine Lieutenant des Chevaux- legers de la
Garde du Roi ſur la démiſſion de fon Pere
du 19 Fevrier 1735 , & Maréchal des Camps
& armées du Roi du ... Juin 1743 , marié depuis
le 25 Fevrier 1734 avec Anne Joſephe
Bonnier Fille de Joſeph Bonnier Baron de
la Mofſon près Montpellier, Secretaire du
Roi & Treforier Général des Etats de Languedoc,&
d'Anne Melon,dont il a un fils, âgé
de 3 à 4 ans en 1744 : voyez la Généalogie
de la Maiſon d'Albert dans l'Hiſtoire des
Grands Officiers de la Couronne vol 4 fol
263.
Le 12 Eminentiſſeme & Reverendiffime
• Monſeigneur Leon Potier de Gefures , Cardinal
, Prêtre de la Sainte Egliſe Romaine
ancien Patriarche - Archevêque de Bour-
و
106 MERCURE DE FRANCE.
ges , Primat des Aquitaines , Commandeur
des Ordres du Saint Eſprit du 3 Juin 1724,
Abbé Commandataire des Abbayes de Saint
Amand Ordre de S. Benoist Diocéſe de
Tournay depuis 1720,de S. Landelin de
Creſpin Ordre de S. Benoît Diocèſe de Cambray
depuis 1725, de S. Pierre d'Auri sc
Diocèſe de S. Flour depuis 1679 , de Notre-
Dame de Bernay O. S. B. Diocèſe de Lizieux
depuis 1666 , de l'Archimonaftere S.
Remy de Reims O. S. B. depuis l'an 1729 ,
cidevant Conſeiller auConſeildeConſcience,
mourut à Paris dans la quatre-vingt huitieme
année de fon âge étantné le 15 Août 1656 .
Il avoit été nommé à l'Archevêché de Bourges
le 29 mai 1694, & fut créé CardinalPrétre
par le PapeClement XI ſur la nomination
duRoi de Pologne le 29 Mai 1719. Il étoit
fils puîné de LeonPotier Duc de Geſvres Pair
de France Chevalier des Ordres du Roi, Premier
Gentilhomme de la hambre de SaMajeſté,
Lieutenant Général de ſes armées, Gouverneur
de laVille de Paris,mort le 9Decembre
1704, &deMarie- Françoiſe-Angélique
Duval de Fontenay Mareuil ſa premiere femme
, morte le 4 Octob. 1702 : le Frere aîné
de M. le Cardinal de Geſvres , étoit François-
Bernard Potier deGeſvres Duc de Trémes
Pair de France,Chevalier des Ordres du Roi ,
Premier Gentilhomme de ſa Chambre , &
DECEMBRE. 1744. 207
Brigadier de ſes armées , Gouverneur de la
Ville de Paris , mort le 12 Avril 1739 ,
laiſſant de fon mariage avec Marie Magdeleine-
Louiſe-Genevieve de Seigliere deBoisfranc
morte le 3 Avril 1702 , 1. François
Joachim - Bernard Potier Duc de Geſvres
Pair de France né le 29 Septembre 1692 ,
Chevalier des Ordres du Roi , Premier Gentilhomme
de ſa Chambre , Gouverneur de
la Ville de Paris , 2. Louis - Leon Potier
Comte de Trêmes , né le 28 Juillet 1695 ,
Maréchal des Camps & armées du Roi ,marié
depuis le 26 Avril 1729 avec Eléonore
Marie de Montmorency Luxembourg fille
de M. le Maréchal de Montmorency & de
laquelle il n'a qu'un fils, appellé le Marquis de
Geſvres né le 9mai 1733 , non encore baptiſé
, 3. Etienne René Potier né le 2 Janvier
1697 , Evêque & Comte de Beauvais Pair de
France depuis 1728 , & 4 Marie-Françoife
Potier de Gévres née le 25 Decembre 1697 ,
mariée depuis le 17 Septembre 1715 avec
Louis- Marie Victoire de Bethune-Selles , appellé
le Comte de Bethune duquel elle ades
Enfans. Voyez la Généalogie de la Maiſon
de Potier dans l'Hiſtoire des Grands Officiers
de la Couronne vol. 4 fol. 763 .
Le 14 Frere Jean Antoine de Thumery
de Boiſſiſe , Chevalier de l'Ordre de faint
Σ 2
08 MERCURE DE FRANCE.
à
,
Jean de Jerufalem , dans lequel il fut reçu
au Grand Prieuré de France en 1688 , & depuis
Commandeur de Haute-Avennes , en
Flandre entre Douay & Arras , mourut
Paris dans la 63 année de ſon âge , étant né
le 20 Novembre 1682 ; il étoit fils de feu
M. Germain Chriſtophe de Thumery
Chevalier de Boiſſiſe , Preſident de la feconde
Chambre des Enquêtes du Parlement de
Paris , mort le premier Septembre 1714 , &
de Dame Magdeleine le Tellier de Morfan ,
morte le 11 Decembre 1730 , duquel mariage
, outre feu M. le Commandeur de Boifſiſe
qui donne lieu à cet article , étoient nés
1. René de Thumery , Chevalier Seigneur de
Boiſſiſe , aujourd'hui marié depuis 1738 , &
ſans enfans, avec Demoiselle Jacqueline - Marguerite
Richer , 2. Chriftophe Edouart François
de Thumery , auſſi Chevalier de l'Ordre
de ſaint Jean de Jerufalem depuis 1688
& aujourd'hui Commandeur de Beauvais ,
en Gatinois, & 3. Dame Magdeleine de Thumery
, Comteſſe de Bregy. La Famille de
Thumery eſt une des plus conſidérables de la
Ville de Paris par ſon ancienneté , ſes alliances
, & par les charges marquées dans la
Robe qu'elle a poffedées en différens tems .
Le 18 Dame Celeste- Efther Rivié femme de
Louis -Emanuel de Coetlogon- Loyal , appelle
DECEMBRE. 1744 . 209
le Comte de Coetlogon , Brigadier des armées
du Roi , Colonel-Lieutenant du Régiment
d'Infanterie de Penthievre , avec lequel
elle avoit été malice le t Février de
cette année , mourut à Paris dans la vingttroifiéme
année de fon âge , laiſſant un fils
unique nommé Emanuel - Etienne – Marie
de Coetlogon , duquel elle étoit acouchée
quelques jours avant. Elle étoit fille d'Etienne
Rivié Seigneur de Marine & de Riquebourg,
Baron de Chors , Grand Maître des Eaux &
Foreſts de l'Iſfle de France , &de Dame Françoiſe-
Anne-Agathe Marguerite de laRiviere
de Paulmy , d'une des plus anciennes Maifons
de Bretagne. Voyez pour la Généalogie
de la Maiſon de Coetlogon , auffi une
des premieres de la même Province , le ſeptiéme
vol. de l'Hiſtoire des Grands-Officiers
de la Couronne , fol 717.
Le 8.Décembre , Dame Marie-Anne de
Mailly- Nefle , Ducheffe de Chateauroux ,
veuve de Meſſire Jean- Louis de la Tournelle
, Marquis de la Tournelle , Colonel
Lieutenant du Régiment de Condé Infanterie,
mort le 23 Novembre 1740 à l'âge
de 22 ans ſans laiſſer d'enfans , & avec lequel
elle avoit été mariée le 19 Juin 1734 ,
mourut à Paris à l'âge de 27 ans , étant née
le ... Octobre 1717. Elle avoit été Dame
210 MERCURE DE FRANCE.
du Palais de la Reine , & avoit été nommée
pour remplir la Charge de Surintendante
de laMaiſonde Madame la Dauphine. Elle
écoitladerniere desîlles de Louis de Mailly,
Marquis de Nefle & de Mailly , Chevalier
des Ordres du Roi , & de feue Dame Fe'ice-
Armande Mazarini de la Meilleraye ,
Dame du Palais de la Reine , morte le 11
Octobre 1729 âgée de 38 ans , & elle avoit
pour ſoeurs aînées Meſdames les Comteffes
de Mailly &de Vintimille , la Duchefſe de
Lauraguais , & la Marquiſe de Flavacourt.
Pour la Généalogiede laMaiſon de Mailly,
une des plus anciennes &des plus illſtures
de Picardie , voyez le vol. 8 de l'Hiſtoire des
Grands Officiers de la Couronne, fol. 625.
Le 15 Décembre Dame Charlotte bleo-
*nore Magdeleine de la Mothe Houdancourt ,
veuve de Louis-Charles de Levis , Duc de
Ventadour, Pair de France , ci-devant Gouvernante
du Roi , de Monſeigneur le Dauphin
, de Monfieur le Ducd'Anjou , & de
Meſdames de France , mourut a Glatigny
dans la 93 année de ſon âge. Elle etoit
Soeur de Meſdames les Ducheſſes d'Aumont ,
& de la Ferté Senecterre & feconde
Fille de Philippe de la Mothe Houdancourt
, Duc de Cardonne en Caralogne, Maréchal
de France , Viceroi de Catalogne ,
mort le 24 Mars 167 , & de Louiſe de
Prie ,mariée le 22 Novembre 1650 ,depuis
,
DECEMBRE. 1744.
Gouvernante des Enfans de France , morte le
6Janvier 1709. agée de 85 ans. La Mere
& la fille ont eu l'honneur d'élever 22
Princes ou Princeſſes de la Maiſon Royale ,
du nombre deſquels font les Rois de France
& d'Eſpagne , & Madame la Ducheſſe de
Ventadour eut encore celui de tenir le Roi
Louis XV. ſur ſes genoux au Lit de Juſtice ,
qui ſe tint au Parlement deux jours après
la mort de Louis XIV , & d'occuper une
Place , où il n'y avoit que la Reine Mere
qui eût été aſſiſe avant elle ; les marques de
fouvenir &de reconnoiſſance que lui donna
le feuRoi , & qui fe trouvent dans ſes dernieres
paroles au Roi Louis XV. ſon arriere
perit fils , feront un monument éternel du
zéle vif & de l'attachement tendre & refpectueux
avec lequel elle s'eſt toujours
acquittée de l'emploi important qui
lui avoit été confié ; n'oubliez jamais dit le
Roi àfon petit fils,les grandes obligations que
vous avez à Madame de Ventadour , pour
moi, Madame , ajouta-t-il en ſe tournant vers
elle,je ſuis bien faché de n'être plusen état de
vous en marquerma reconnoiſſance.
Madame la Ducheſſe de Ventadour avoit
étémariée le 14 Mars 1672 ,& elle n'avoit
eû de ſon Mariage que Anne-Genevieve de
Levis , née le .. Février 1673. mariée 1º. le
16 Février 169 1 à Louis-Charles de laTourd'Auvergne
appellé le Prince de Turenne,tut
212 MERCURE DE FRANCE
à Steinkerque en 1692. ſans laiſſer d'enfans.
20. le 15 Fevrier 1694. à Hercule Meriadec
Duc de Rohan Rohan , Prince de Soubiſe
appellé le Prince de Rohan , & morte la
nuit du 20 au 21 Mers 1727. laiſſant feu M.
le Prince de Soubiſe , Pere de M. le Prince
de Soubiſe , & de M. le Coadjuteur de Strafbourg
; voyez le volume 7 de l'Histoire
des Grands Officiers de la Couronne , fol.
530. pour la Généalogie de la Maiſon de la
Mothe Houdancourt , de laquelle il ne refte
aujourd'hui que Louis Charles de la Mothe
Houdancourt , Neveu à la mode de Bretagne
de feue Madame de Ventadour,
Comte de la Mothe Houdancourt , Grand
d'Eſpagne de la premiere Claſſe , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Chevalier de
ſes Ordres , & Chevalier d'honneur de la
Reine.
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Résumé : MORTS.
En décembre 1744, plusieurs décès notables ont été enregistrés parmi la noblesse française. Le 16 décembre, Marie-Anne-Éléonore-Willelmine-Josèphe, archiduchesse d'Autriche et gouvernante des Pays-Bas, est décédée à Bruxelles à l'âge de 26 ans. Elle était la sœur cadette de la reine de Hongrie et l'épouse du prince Charles Alexandre de Lorraine. Le 26 décembre, Élisabeth Charlotte, duchesse douairière de Lorraine, est morte à Commercy à l'âge de 68 ans. Née en 1676, elle était la fille de Monsieur Philippe de France et d'Élisabeth Charlotte de Bavière Palatine, et avait épousé Léopold Joseph Charles, duc de Lorraine et de Bar, en 1698. Le 3 novembre, Honorine Charlotte de Berghes, épouse de Louis Joseph d'Albert, prince de Grimberghen, est décédée à Paris à l'âge de 64 ans. Le 9 décembre, Louis Auguste d'Albert d'Ailly, duc de Chaulnes, pair et maréchal de France, est mort à Paris à l'âge de 67 ans. Il avait une carrière militaire distinguée, servant notamment dans les Mousquetaires et les Chevau-légers de la Garde du Roi. Le document mentionne également plusieurs autres personnalités. Louis Marie d'Albert d'Ailly, Vidame d'Amiens, est mort célibataire en 1724. Charles-François d'Albert d'Ailly, Duc de Picquigny, est décédé en 1731, laissant une fille morte à six ans en 1736. Michel Ferdinand d'Albert d'Ailly, Duc de Picquigny puis de Chaulnes, est devenu Capitaine Lieutenant des Chevau-légers en 1735 et Maréchal des camps et armées du Roi en 1743. Léon Potier de Gesvres, Cardinal et Archevêque de Bourges, est décédé en 1744 à l'âge de 88 ans. Son père, Léon Potier Duc de Gesvres, fut Premier Gentilhomme de la Chambre du Roi et Gouverneur de Paris. D'autres membres de la famille Potier de Gesvres sont également mentionnés, ainsi que leurs titres et fonctions. Marie-Anne de Mailly-Nesle, Duchesse de Châteauroux, est décédée à Paris le 8 décembre à l'âge de 27 ans. Elle était Dame du Palais de la Reine et destinée à devenir Surintendante de la Maison de Madame la Dauphine. Charlotte Béatrice Magdeleine de La Mothe Houdancourt, veuve du Duc de Ventadour, est décédée à Glatigny le 15 décembre à l'âge de 93 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12175
p. 212
EPITAPHE de Madame la Duchesse de Ventadour.
Début :
Cy gist qui passa dix huit lustres ; [...]
Mots clefs :
Duchesse de Ventadour
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texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE de Madame la Duchesse de Ventadour.
EPITAPHE de Madame la Duckere
de Ventadour.
C
y gift qui paſſa dix huit luftres ;
Helas ! ce ne fut point affés ;
Dans des Gouvernemens illuftres
Ses pieux jours font écoulés ;
Ils fignalerent fa ſageſſe
Son zéle & fon attachement :
Et les Eleves qu'elle laiffe
En font l'Augufte monument.
de Ventadour.
C
y gift qui paſſa dix huit luftres ;
Helas ! ce ne fut point affés ;
Dans des Gouvernemens illuftres
Ses pieux jours font écoulés ;
Ils fignalerent fa ſageſſe
Son zéle & fon attachement :
Et les Eleves qu'elle laiffe
En font l'Augufte monument.
Fermer
12176
p. 213-214
RECAPITULATION GENERALE DES Baptêmes, Mariages, Mortuaires, & Enfans Trouvés de la Ville & Fauxbourgs de Paris & de toutes les Maisons Religieuses d'Hommes & de Filles, pendant l'Année 1743.
Début :
Mois. Baptêmes. Mariages. Morts. Enfans Trouvés Janvier.... 1718 422 1724 291 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RECAPITULATION GENERALE DES Baptêmes, Mariages, Mortuaires, & Enfans Trouvés de la Ville & Fauxbourgs de Paris & de toutes les Maisons Religieuses d'Hommes & de Filles, pendant l'Année 1743.
RECAPITULATION GENERALE DES
Baptêmes, Mariages, Mortuaires, &Enfans
Trouvés de la Ville & Fauxbourgs de Paris
de toutes les Maiſons Religieuses d'Home
mes & de Filles , perdant l'Année 1743 .
Mois. Baptêmes. Mariages. Morts. Enfans
Trouvés
Janvier .
... 1718 422 1724 291
Février • 1600 930 2029 291
Mars. • ,
• 1640 89 2776 302
Avril • •
• 1597 271 1784 297
Mai. •
• 1567 461 1489 303
Juin .. 1376 400 1165 271
Juillet.
.. 1410 $43
1186 210
Λοût.
• • • 1408 451
1260 222
:
Septembre.. 1423 $73 1344 227
Octobre ... 1448 422 1420 248
Novembre . 1392 501 1115 253
Decembre . 1294
80 1402 186
Total 17873 5143 1.8694 3101
214 MERCURE DE FRANCE.
Au Cimetiere des Etrangers
Dans toutes les Maiſons Religieuſes,
tant d'hommes que de Filles , il
il y a eu en la préſente année
17 3 .
Total général
Partant le
nombre des
Morts de la
préſente année
1743excéde celui
des Baptêmes
de
Il y a eu en
1712
1160
3
336
19033
Baptêmes. Mariages. Morts. Enfans
4178 22784
Celui
des
Trouves
17722 3163
Le nombre
des Baptêmes
Celui
desMa-
Celui des
Enfans
de la préſente riages Trouvés
année 1743 , eftaug- eſtdi- eft dimiest
augmen- menté minué nué de
té de celui de de 3751 62
de 1742de 151 965
Baptêmes, Mariages, Mortuaires, &Enfans
Trouvés de la Ville & Fauxbourgs de Paris
de toutes les Maiſons Religieuses d'Home
mes & de Filles , perdant l'Année 1743 .
Mois. Baptêmes. Mariages. Morts. Enfans
Trouvés
Janvier .
... 1718 422 1724 291
Février • 1600 930 2029 291
Mars. • ,
• 1640 89 2776 302
Avril • •
• 1597 271 1784 297
Mai. •
• 1567 461 1489 303
Juin .. 1376 400 1165 271
Juillet.
.. 1410 $43
1186 210
Λοût.
• • • 1408 451
1260 222
:
Septembre.. 1423 $73 1344 227
Octobre ... 1448 422 1420 248
Novembre . 1392 501 1115 253
Decembre . 1294
80 1402 186
Total 17873 5143 1.8694 3101
214 MERCURE DE FRANCE.
Au Cimetiere des Etrangers
Dans toutes les Maiſons Religieuſes,
tant d'hommes que de Filles , il
il y a eu en la préſente année
17 3 .
Total général
Partant le
nombre des
Morts de la
préſente année
1743excéde celui
des Baptêmes
de
Il y a eu en
1712
1160
3
336
19033
Baptêmes. Mariages. Morts. Enfans
4178 22784
Celui
des
Trouves
17722 3163
Le nombre
des Baptêmes
Celui
desMa-
Celui des
Enfans
de la préſente riages Trouvés
année 1743 , eftaug- eſtdi- eft dimiest
augmen- menté minué nué de
té de celui de de 3751 62
de 1742de 151 965
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Résumé : RECAPITULATION GENERALE DES Baptêmes, Mariages, Mortuaires, & Enfans Trouvés de la Ville & Fauxbourgs de Paris & de toutes les Maisons Religieuses d'Hommes & de Filles, pendant l'Année 1743.
En 1743, les événements démographiques à Paris et ses faubourgs incluent 17 873 baptêmes, 5 143 mariages, 18 694 décès et 3 101 enfants trouvés. Les données mensuelles révèlent que février a connu le plus grand nombre de décès (2029) et janvier le plus grand nombre de mariages (1724). Les cimetières des étrangers et les maisons religieuses ont enregistré 1 160 décès supplémentaires. Globalement, le nombre de décès a dépassé celui des baptêmes. Par rapport à 1742, les baptêmes ont augmenté de 3 751, les mariages ont diminué de 62 et les enfants trouvés ont augmenté de 965.
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12177
s. p.
TABLE.
Début :
PIECES FUGITIVES en Vers & en Prose. Imitation de l'Ode 24e. du 3e. Liv. d'Horace 3 [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE.
TABLE.
P
IFCES FUGITIVES en Vers&enProſe,
Imitation de l'Ode 24e, du 3e.Liv d'Horace 3
Suite duManuscrit Arabe , traduit par M. Jacques, 7
Ode tirée du Pleaume 67 , Exurgat Deus , &c. 23
Extrait d'une Differtation ſur l'effet du Topique du
ſieur Arnoult ,
Diſcours fur l'utilité des Fluides ,
30
39
Madrigal , SI
Ode Anacreontique , Ibid.
A M. Dela Bruere , 53
La Police ſous Louis XIV. S5
Séance publique de l'Académie des Inſcriptions ,
&c . Extrait , 60
Nouvelles Littéraires , Mémoires de Melvil , Extrait
, 87
Cinquiéme Edition des Principes généraux & ra
founés de laGrammaire Françoie , 100
Almanach & Calendrier journalier , Ibid.
Diſcours fur la manoeuvre de Vaiſſeaux,Extrait, 101
Traité Moral de la Charité Chrétienne , 102
Seconde Edition du Dictionnaire Militaire , 103
Traité des ſubſiſtances Militaires , 104
Hiſtoire générale d'Allemagne , Extrait , 105
Les Elemens de la Medecine-Pratique , 109
OEuvres Phyſiques & Géographiques , Extrait , 115
Voyages& Avantures du Comté de ** &de fon
fils , 121
Journal deHenri III , Extrait , 123
par Souſcription ,
La fainte Bible en Latin & en François propoſée
Nouvelle Diſpoſition de l'Ecriture Sainte ,
Cantatilles du ſieur Lemaire ,
Recueil d'Airs par le ſieur Blavet ,
Prix propofé par l'Académie de Berlin
Estampes Nouvelles ,
Le ſecret de faire de l'Encre parfaite ,
Spectacles ,
TeDeum chantéà la Cour ,
130
133
134
135
Ibid.
137
138
149
144
Concerts de la Reine , 145
Concert Spirituel , 146
Comédies repréſentées à la Cour , 147
Explication de l'Enigme & du Logogrype , 149
Enigmes , 150
France , Nouvelles de la Cour , de Paris , &c . 153
Nouveaux Académiciens reçus , 155
Audience donnée par le Roi aux Députés des Etats
de la Province d'Artois , 156
Combat d'un Vaiſſeau de la Religion avec des Bâumens
Algériens , 157
Priſes de Vaiſſeaux , 159
Bénéfices donnés . 162
Charges Militaires accordées , 164
Célébration du Mariage de M.le Ducde Penthievre
avecMademoiselle de Modéne , 166
Celui de M. le Comte de Brionne , 169
Nouvelles Etrangeres , Extrait de Lettre de Conſtantinople
, 171
Autre Extrait de Lettre de Smyrne , 174
Calais , Ruffie , Pologne, Allemagne, Pruſſe, Italie,
Eſpagne , Genes & Ile de Corſe , 177 , & faro.
Grande Bretagne , 198
Morts , 200
Epitaphe deMadame la Duchefſe de Ventadour, 212
Récapitulation générale des Baptêmes , Mariages ,
Mortuaires& Enfans Trouvés de la Ville& Fauxbourgs
de Paris& de toutes les Maiſons Religieufes
d'Hommes & de Filles , pendant l'année
1743 , 213
P
IFCES FUGITIVES en Vers&enProſe,
Imitation de l'Ode 24e, du 3e.Liv d'Horace 3
Suite duManuscrit Arabe , traduit par M. Jacques, 7
Ode tirée du Pleaume 67 , Exurgat Deus , &c. 23
Extrait d'une Differtation ſur l'effet du Topique du
ſieur Arnoult ,
Diſcours fur l'utilité des Fluides ,
30
39
Madrigal , SI
Ode Anacreontique , Ibid.
A M. Dela Bruere , 53
La Police ſous Louis XIV. S5
Séance publique de l'Académie des Inſcriptions ,
&c . Extrait , 60
Nouvelles Littéraires , Mémoires de Melvil , Extrait
, 87
Cinquiéme Edition des Principes généraux & ra
founés de laGrammaire Françoie , 100
Almanach & Calendrier journalier , Ibid.
Diſcours fur la manoeuvre de Vaiſſeaux,Extrait, 101
Traité Moral de la Charité Chrétienne , 102
Seconde Edition du Dictionnaire Militaire , 103
Traité des ſubſiſtances Militaires , 104
Hiſtoire générale d'Allemagne , Extrait , 105
Les Elemens de la Medecine-Pratique , 109
OEuvres Phyſiques & Géographiques , Extrait , 115
Voyages& Avantures du Comté de ** &de fon
fils , 121
Journal deHenri III , Extrait , 123
par Souſcription ,
La fainte Bible en Latin & en François propoſée
Nouvelle Diſpoſition de l'Ecriture Sainte ,
Cantatilles du ſieur Lemaire ,
Recueil d'Airs par le ſieur Blavet ,
Prix propofé par l'Académie de Berlin
Estampes Nouvelles ,
Le ſecret de faire de l'Encre parfaite ,
Spectacles ,
TeDeum chantéà la Cour ,
130
133
134
135
Ibid.
137
138
149
144
Concerts de la Reine , 145
Concert Spirituel , 146
Comédies repréſentées à la Cour , 147
Explication de l'Enigme & du Logogrype , 149
Enigmes , 150
France , Nouvelles de la Cour , de Paris , &c . 153
Nouveaux Académiciens reçus , 155
Audience donnée par le Roi aux Députés des Etats
de la Province d'Artois , 156
Combat d'un Vaiſſeau de la Religion avec des Bâumens
Algériens , 157
Priſes de Vaiſſeaux , 159
Bénéfices donnés . 162
Charges Militaires accordées , 164
Célébration du Mariage de M.le Ducde Penthievre
avecMademoiselle de Modéne , 166
Celui de M. le Comte de Brionne , 169
Nouvelles Etrangeres , Extrait de Lettre de Conſtantinople
, 171
Autre Extrait de Lettre de Smyrne , 174
Calais , Ruffie , Pologne, Allemagne, Pruſſe, Italie,
Eſpagne , Genes & Ile de Corſe , 177 , & faro.
Grande Bretagne , 198
Morts , 200
Epitaphe deMadame la Duchefſe de Ventadour, 212
Récapitulation générale des Baptêmes , Mariages ,
Mortuaires& Enfans Trouvés de la Ville& Fauxbourgs
de Paris& de toutes les Maiſons Religieufes
d'Hommes & de Filles , pendant l'année
1743 , 213
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Résumé : TABLE.
Le document est une table des matières d'une publication comprenant divers textes et extraits. Elle inclut des traductions et imitations poétiques, telles que des 'IFCES FUGITIVES' et des odes inspirées d'Horace. Des extraits de dissertations et discours abordent des sujets variés comme l'effet du topique, l'utilité des fluides, et la manœuvre des vaisseaux. La table mentionne aussi des publications académiques et littéraires, incluant des mémoires, des grammaires, des dictionnaires militaires, et des traités moraux. Des ouvrages historiques et géographiques, ainsi que des journaux et récits de voyages, sont également listés. Le document traite d'événements culturels et religieux, tels que des concerts, spectacles, et célébrations royales. Des nouvelles politiques et militaires rapportent des combats navals et des nominations militaires. Enfin, des nouvelles étrangères provenant de Constantinople, Smyrne, et la Grande-Bretagne sont mentionnées, ainsi qu'une récapitulation des événements démographiques à Paris pour l'année 1743.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12178
s. p.
« Il s'est glissé un nombre très-considérable de fautes dans les trois derniers Volumes ; la precipitation [...] »
Début :
Il s'est glissé un nombre très-considérable de fautes dans les trois derniers Volumes ; la precipitation [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il s'est glissé un nombre très-considérable de fautes dans les trois derniers Volumes ; la precipitation [...] »
Il s'eſt gliffé un nombre très -conſidérable de fautes
dans les trois derniers Volumes ; la précipitation
avec laquelle nous avons été obligés de les compofer
, ne nous a pas permis de veiller à l'impreffion
avec la même exaclitude que nous aurons doref
navant.
dans les trois derniers Volumes ; la précipitation
avec laquelle nous avons été obligés de les compofer
, ne nous a pas permis de veiller à l'impreffion
avec la même exaclitude que nous aurons doref
navant.
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12179
s. p.
« De l'Imprimerie de ROB[USTEL], rue de la Calendre près le Palais. 1744. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de ROB[USTEL], rue de la Calendre près le Palais. 1744. [...]
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texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de ROB[USTEL], rue de la Calendre près le Palais. 1744. [...] »
De l'Imprimerie de ROBUST1 , rue de la Calendre
près le Palais . 1744-
près le Palais . 1744-
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12180
p. 113
ENIGME.
Début :
Je tiens le premier rang dans l'Art [...]
Mots clefs :
Lettre A
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG M E.
E tiens le premier rang dans l'Art
Et le fecond dans la Nature .
On ne me voit jamais dans l'impofture ,
Et dans la vérité je n'ai point plus de part ;
Sans être dans le tout je fuis dans la partie , '
Avec les Affiegés , jamais dans la ſortie ,
Je me pofte fur le Rempart.
On ne me connoît point dans la Robe & l'Epée ,
Et dans le tiers Etat on me voit occupée.
>
Quoique jamais je ne quitte un Caton ,
Je parois dans un fat ainfi que dans un fage ,
Et fans faire de bruit , primant dans le tapage ,
On me trouve à la fois aux champs , à la maiſon
Je brille dans l'extravagance
Beaucoup plus que dans la raifon .
J'ai de la patience
Sans avoir de vertu ,
Et jamais dans le droit plus que dans le tortu ,
Je fuis dans le Sçavant & non dans la Science ,
Et fans être opulent , je fuis dans la Finance,
E tiens le premier rang dans l'Art
Et le fecond dans la Nature .
On ne me voit jamais dans l'impofture ,
Et dans la vérité je n'ai point plus de part ;
Sans être dans le tout je fuis dans la partie , '
Avec les Affiegés , jamais dans la ſortie ,
Je me pofte fur le Rempart.
On ne me connoît point dans la Robe & l'Epée ,
Et dans le tiers Etat on me voit occupée.
>
Quoique jamais je ne quitte un Caton ,
Je parois dans un fat ainfi que dans un fage ,
Et fans faire de bruit , primant dans le tapage ,
On me trouve à la fois aux champs , à la maiſon
Je brille dans l'extravagance
Beaucoup plus que dans la raifon .
J'ai de la patience
Sans avoir de vertu ,
Et jamais dans le droit plus que dans le tortu ,
Je fuis dans le Sçavant & non dans la Science ,
Et fans être opulent , je fuis dans la Finance,
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12181
p. 114-115
ENIGME en Logogryphe, sur une partie des rimes de celui de Monsieur Jacques sur le mot Conversation.
Début :
Je suis du genre masculin ; [...]
Mots clefs :
Éventail
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME en Logogryphe, sur une partie des rimes de celui de Monsieur Jacques sur le mot Conversation.
ENIG ME en Logogryphe , fur une partie
des rimes de celui de Monfieur Jacques
fur le mot Converſation.
J E fuis du genre mafculin;
Ma ftructure eft & légere & brillante
Et plutôt platté que peſante,
On me porte avec foi fans fatiguer fa main,
Au moyen de huit pieds je marche gravement ;
Le premier feul , & non conjointement ,
A pourtant ailleurs quatre freres ,
Qui ne font entr'eux maternels
Ni confanguins , ni paternels ,
Mais freres d'autres manieres.
***
Mes quatre pieds ſuivans font en dégré conjoint
Un Etre furieux , inconftant de tout point ;
Quant à ma queue , autre métamorphoſe ,.
A dire vrai , c'eſt une choſe
Que nez délicat n'aime
pas.
Pardon fi tout ceci vous cauſe
Dans la tête quelqu'embarras .
Encor un coup les délicats ,
Lorfque trop près d'eux on m'expofe ,
JANVIER 1745 . iis .
S'ils ne peuvent en vers me déteſtent en profes
A faire d'autres changemens
Je pourrois employer le tems ,
Mais je croi que c'en eft affés ,
Mr. Jacques , vous me teneż ?
par M. de Pomancourt.
des rimes de celui de Monfieur Jacques
fur le mot Converſation.
J E fuis du genre mafculin;
Ma ftructure eft & légere & brillante
Et plutôt platté que peſante,
On me porte avec foi fans fatiguer fa main,
Au moyen de huit pieds je marche gravement ;
Le premier feul , & non conjointement ,
A pourtant ailleurs quatre freres ,
Qui ne font entr'eux maternels
Ni confanguins , ni paternels ,
Mais freres d'autres manieres.
***
Mes quatre pieds ſuivans font en dégré conjoint
Un Etre furieux , inconftant de tout point ;
Quant à ma queue , autre métamorphoſe ,.
A dire vrai , c'eſt une choſe
Que nez délicat n'aime
pas.
Pardon fi tout ceci vous cauſe
Dans la tête quelqu'embarras .
Encor un coup les délicats ,
Lorfque trop près d'eux on m'expofe ,
JANVIER 1745 . iis .
S'ils ne peuvent en vers me déteſtent en profes
A faire d'autres changemens
Je pourrois employer le tems ,
Mais je croi que c'en eft affés ,
Mr. Jacques , vous me teneż ?
par M. de Pomancourt.
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12182
p. 115-116
ENIGME.
Début :
Je suis un composé de divers parties, [...]
Mots clefs :
Chaîne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME
JE fuis un compofé de divers parties ,
Qui font & ne font point unies
Souvent je n'ai commencement ni fin ,
De mon ventre , aiſement , on peut faire ma tête
D'un Vainqueur , quelquefois j'affure la conquête
Je fuis un ornement du fexe feminin ,
Sur plus d'un animal j'exerce ma puiffance ,
J'ai de plus d'un mortel laffé la patience ,
J'habite le lieu Saint , & les jours folemnels
J'approche en pompe des Autels ,
Mais fi laiffant là la matière ,
Par mon plus beau côté quelqu'un me confidere
Il verra que des tendres coeurs ,
Je fuis le plus doux appanage :
Et qu'on ne peut obtenir des faveurs ,
118 MERCURE DE FRANCE.
Si l'on ne feint du moins de m'avoir en partage
De plus par un choix glorieux
La Déeffe Terpficore
M'admet fréquemment dans fes jeux.
Ami Lecteur , que te dirai-je encore ?
Je n'en ai dit que trop pour me faire connoître ;
Si tu ne me tiens pas , moi je te tiens peut- être.
J
M.... de Rouen.
JE fuis un compofé de divers parties ,
Qui font & ne font point unies
Souvent je n'ai commencement ni fin ,
De mon ventre , aiſement , on peut faire ma tête
D'un Vainqueur , quelquefois j'affure la conquête
Je fuis un ornement du fexe feminin ,
Sur plus d'un animal j'exerce ma puiffance ,
J'ai de plus d'un mortel laffé la patience ,
J'habite le lieu Saint , & les jours folemnels
J'approche en pompe des Autels ,
Mais fi laiffant là la matière ,
Par mon plus beau côté quelqu'un me confidere
Il verra que des tendres coeurs ,
Je fuis le plus doux appanage :
Et qu'on ne peut obtenir des faveurs ,
118 MERCURE DE FRANCE.
Si l'on ne feint du moins de m'avoir en partage
De plus par un choix glorieux
La Déeffe Terpficore
M'admet fréquemment dans fes jeux.
Ami Lecteur , que te dirai-je encore ?
Je n'en ai dit que trop pour me faire connoître ;
Si tu ne me tiens pas , moi je te tiens peut- être.
J
M.... de Rouen.
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12183
p. 116-117
LOGOGRIPHE.
Début :
Je sers les Magistrats, les Bourgeois, les Manans, [...]
Mots clefs :
Charron
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRIPHE.
LOGOGRIPHE.
E fers les Magiftrats , les Bourgeois , les Manans
,
Je fers à tranfporter dans toutes les Provinces
Ce qui couvre , nourrit , chauffe les habitans ,
Jefuis utile enfin aux Chartiers comme aux Princes.
Otez deux de mon chef , d'un grand Légiſlateur
Je deviens frere & facrificateur .
Ma premiere moitié dans les jeux Olimpiques
S'attiroit quelquefois les louanges publiques ,
Et quelquefois dans Rome illuftroit l'Empereur.
Ma derniere moitié , figure très-feconde ,
Se trouve par tout dans le monde ,
Dans les jeux & dans les combats
Dans toutes fortes d'Ecritures ,
Dans toutes fortes de Repas ,
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
THE NEW YORK!
PUBLIC LIBRARY
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
Qu
n
JANVIER 117 1745 .
Et fans elle on ne peut former des ouvertures ;
Les deux lettres de ma fin
Ont un glorieux deftin ,
Dans la Paix , dans la Guerre en France
Elles font tout & difent tout ,
Rien ne s'acheve & ne commence
Sans flater ni choquer leur gout .
E fers les Magiftrats , les Bourgeois , les Manans
,
Je fers à tranfporter dans toutes les Provinces
Ce qui couvre , nourrit , chauffe les habitans ,
Jefuis utile enfin aux Chartiers comme aux Princes.
Otez deux de mon chef , d'un grand Légiſlateur
Je deviens frere & facrificateur .
Ma premiere moitié dans les jeux Olimpiques
S'attiroit quelquefois les louanges publiques ,
Et quelquefois dans Rome illuftroit l'Empereur.
Ma derniere moitié , figure très-feconde ,
Se trouve par tout dans le monde ,
Dans les jeux & dans les combats
Dans toutes fortes d'Ecritures ,
Dans toutes fortes de Repas ,
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY
.
ASTOR
, LENOX
AND
TILDEN
FOUNDATIONS
THE NEW YORK!
PUBLIC LIBRARY
ASTOR, LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
Qu
n
JANVIER 117 1745 .
Et fans elle on ne peut former des ouvertures ;
Les deux lettres de ma fin
Ont un glorieux deftin ,
Dans la Paix , dans la Guerre en France
Elles font tout & difent tout ,
Rien ne s'acheve & ne commence
Sans flater ni choquer leur gout .
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12184
p. 117
AUTRE.
Début :
Je suis une ville fameuse, [...]
Mots clefs :
Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
JE fuis une ville fameuſe
Et depuis peu très - glorieufe ;
Qu'on me fepare en deux ,
Ma fin eft un Village ,
Elle eft encor un mouvement joyeux ;
La Chine & fon peuple nombreux
De cette fin font grand ufage.
JE fuis une ville fameuſe
Et depuis peu très - glorieufe ;
Qu'on me fepare en deux ,
Ma fin eft un Village ,
Elle eft encor un mouvement joyeux ;
La Chine & fon peuple nombreux
De cette fin font grand ufage.
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12185
p. 117
CHANSON.
Début :
Préférons mes Amis, la Pinte à la Bouteille. [...]
Mots clefs :
Pinte, Bouteille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON.
CHANSON.
P Réferons mes Amis , la Pinte à la Bouteille .
La Bouteille eft friponne & chacun le fçait bien
La Pinte ne nous vole rien
Et verfe fans tricher le doux jus de la Treille.
En faisant fauter un bouchon
>
La Bouteille à l'inſtant nous rejouit l'oreille ,
La Pinte à notre gré nous flatte & nous reveille
Par fon bachique carillon.
P Réferons mes Amis , la Pinte à la Bouteille .
La Bouteille eft friponne & chacun le fçait bien
La Pinte ne nous vole rien
Et verfe fans tricher le doux jus de la Treille.
En faisant fauter un bouchon
>
La Bouteille à l'inſtant nous rejouit l'oreille ,
La Pinte à notre gré nous flatte & nous reveille
Par fon bachique carillon.
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12186
p. 150
« DISCOURS sur la Convalescence du Roi, prononcé aux Assises de Caën le 5 Octobre [...] »
Début :
DISCOURS sur la Convalescence du Roi, prononcé aux Assises de Caën le 5 Octobre [...]
Mots clefs :
Caen, Roi, Discours, Convalescence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DISCOURS sur la Convalescence du Roi, prononcé aux Assises de Caën le 5 Octobre [...] »
DISCOURS fur la Convalefcence du Roi ,
prononcé aux Affifes de Caën le 5 Octobre
1744. par M. Dejean , Docteur ès Loix , premier
& ancien Avocat du Roi au Bailliage
& Siége Préfidial de Caën . Caën 1744 .
Si les bornes de ce Recueil nous l'avoient
permis , nous aurions inferé ici cet
excellent Difcours en fon entier ; il a été
fort applaudi dans une Ville où l'efprit &
le goût abondent , & le fuffrage de tant de
Juges éclairés doit faire juger du prix de
cet Ouvrage.
prononcé aux Affifes de Caën le 5 Octobre
1744. par M. Dejean , Docteur ès Loix , premier
& ancien Avocat du Roi au Bailliage
& Siége Préfidial de Caën . Caën 1744 .
Si les bornes de ce Recueil nous l'avoient
permis , nous aurions inferé ici cet
excellent Difcours en fon entier ; il a été
fort applaudi dans une Ville où l'efprit &
le goût abondent , & le fuffrage de tant de
Juges éclairés doit faire juger du prix de
cet Ouvrage.
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12187
p. 150
« ON avertit le Public qu'on travaille depuis long-tems à l'Histoire Politique du [...] »
Début :
ON avertit le Public qu'on travaille depuis long-tems à l'Histoire Politique du [...]
Mots clefs :
Comte de Provence, Familles nobles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « ON avertit le Public qu'on travaille depuis long-tems à l'Histoire Politique du [...] »
ON avertit le Public qu'on travaille depuis
long -tems à l'Hiftoire Politique du
Comté de Provence. On y décrit l'état de
l'Eglife , de la Justice & de la Nobleſſe . Il
manque à l'égard de ce dernier article bien
des titres concernant les Familles Nobles
de cette Province. L'Auteur les prie de ne
pas lui refufer des éclairciffemens , & d'adreffer
les paquets en les affranchiffant , à
l'Eſperance chés de fieur l'Efclapard , pere ,
Libraire , rue S. André des Arts , vis-à-vis
la rue Pavée , à Paris .
long -tems à l'Hiftoire Politique du
Comté de Provence. On y décrit l'état de
l'Eglife , de la Justice & de la Nobleſſe . Il
manque à l'égard de ce dernier article bien
des titres concernant les Familles Nobles
de cette Province. L'Auteur les prie de ne
pas lui refufer des éclairciffemens , & d'adreffer
les paquets en les affranchiffant , à
l'Eſperance chés de fieur l'Efclapard , pere ,
Libraire , rue S. André des Arts , vis-à-vis
la rue Pavée , à Paris .
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Résumé : « ON avertit le Public qu'on travaille depuis long-tems à l'Histoire Politique du [...] »
L'Histoire Politique du Comté de Provence est en cours de rédaction, couvrant l'Église, la justice et la noblesse. Des informations manquent sur les familles nobles. Les nobles sont invités à fournir des éclaircissements et des documents. Envoyer les contributions à l'Espérance, libraire, rue Saint-André des Arts, Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12188
p. 150-151
« ON vend chés Thiboust Place de Cambrai le Discours que le R. P. du Baudory [...] »
Début :
ON vend chés Thiboust Place de Cambrai le Discours que le R. P. du Baudory [...]
Mots clefs :
Latin, Suffrages, Roi
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texteReconnaissance textuelle : « ON vend chés Thiboust Place de Cambrai le Discours que le R. P. du Baudory [...] »
ON vend chés Thibouft Place de Cambrai
le Difcours que le R. P. du Baudory
Prêtre de la Société de Jefus , récita le Vendredi
20 Novembre dernier , devant un
Auditoire refpectable , dont les fuffrages
unanimes applaudirent à l'éloquence de
JANVIER 1745 . 151
l'Orateur. Cette Piece intitulée De Reditu
Regis gratulatio , eft un tableau très - naturel
de la joie que le retour du Roi a infpiré
aux Habitans de Paris , lorfqu'il honora
cette Capitale de fa préfence . Nous
renvoyons les Lecteurs à l'Ouvrage même
dont les beautés frappantes fe feroient mal
fentir dans un Extrait.
Le texte Latin eft accompagné d'une traduction
Françoiſe du R. P. du Rivet . L'élegant
Traducteur fe foutient à côté de
l'original , & affure au P. du Baudory les
fuffrages de ceux qui n'entendent pas le
Latin.
le Difcours que le R. P. du Baudory
Prêtre de la Société de Jefus , récita le Vendredi
20 Novembre dernier , devant un
Auditoire refpectable , dont les fuffrages
unanimes applaudirent à l'éloquence de
JANVIER 1745 . 151
l'Orateur. Cette Piece intitulée De Reditu
Regis gratulatio , eft un tableau très - naturel
de la joie que le retour du Roi a infpiré
aux Habitans de Paris , lorfqu'il honora
cette Capitale de fa préfence . Nous
renvoyons les Lecteurs à l'Ouvrage même
dont les beautés frappantes fe feroient mal
fentir dans un Extrait.
Le texte Latin eft accompagné d'une traduction
Françoiſe du R. P. du Rivet . L'élegant
Traducteur fe foutient à côté de
l'original , & affure au P. du Baudory les
fuffrages de ceux qui n'entendent pas le
Latin.
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Résumé : « ON vend chés Thiboust Place de Cambrai le Discours que le R. P. du Baudory [...] »
Le 20 novembre 1744, le Père du Baudory prononce à Cambrai le discours 'De Reditu Regis gratulatio' célébrant le retour du roi. L'orateur est loué pour son éloquence, et l'audience réagit positivement. Le texte latin est traduit en français par le Père du Rivet pour les non-latinistes.
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12189
p. 161-163
« L'Opéra continue les représentations de Thésée, & les jeudis celles du Ballet des [...] »
Début :
L'Opéra continue les représentations de Thésée, & les jeudis celles du Ballet des [...]
Mots clefs :
Danse, Antiquité, Lucien, Licinus, Art
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L'Opéra continue les représentations de Thésée, & les jeudis celles du Ballet des [...] »
L'Opéra continue les repréfentations de
Théfée , & les jeudis celles du Ballet des
Graces , qui eft fuivi d'une nouvelle PantoJANVIER
1745 . 161
mime , exécutée par Mlle. D'allemand &
Mrs. Guerardi & Soli.
tes ;
Cette Pantomime & toutes celles qui
l'ont précédée , danfées tant par l'incomparable
& charmante Barbarine que par le fignor
Foffant , nous infpirent le deffein de rifquer
nos idées fur les Ballets que nous examinons
depuis très-long-tems avec attention.
Il nous paroît qu'on y a renfermé le
mérite de la Danfe dans des bornes trop étroi →
nous avons reflechi fouvent & avec
étude fur cet Art aimable, nous avons étéfurpris
qu'un fiécle auffi éclairé que le nôtre
ignore fur ce chapitre ce qui n'a pas échappé
à l'Antiquité la plus reculée , ce qui a été
connu par nos ancêtres , fi inférieurs à nous
dans tant d'autres fciences plus profondes.
Nous oferons attaquer fur cette matiere les
préjugés régnans , & nous expofer à la cenfure
des admirateurs aveugles des Danſes modernes
. Nous espérons que les efprits judicieux
peferont fcrupuleufement nos raifons
avant que de les rejetter. Elles font appuyées
par des autorités fi refpectables que nous.
ne doutons pas qu'elles ne frappent les Lecteurs
les plus opiniâtres , & qu'elles ne s'infinuent
dans les efprits les plus rebelles
aux opinions démontrées. On peut avancer
fans témérité que le Public ne regarde la
Danfe que comme un Exercice inventé feuement
pour arranger gracieufement les mou162
MERCURE DE FRANCE.
vemens du corps & pour briller dans une
Nôce ou dans un Bal ; c'étoit peut-être là le
premier but de l'enfance de cet Art. La Comédie
a commencé de-même par de fimples
Récits. En fe perfectionnant elle a
imaginé des Dialogues , des Intrigues , des
Situations , des Dénoûmens. La Danfe at
fans doute fait le même chemin d'abord chés
les Grecs , enfuite chés les Romains.
Les plus habiles Danfeurs ignorent les illuftrations
de la Danfe , ils ignorent l'étendue
de cet Art pittorefque , ils en ignorent
l'antiquité. Nous ne la prouverons pas comme
Lucien qui dans le Dialogue intitulé l'Apologie
de la Danfe , fait dire par Licinus
fon deffenfeur à fon antagoniſte Craton.
La Danfe eft auffi ancienne que le monde , témoin
le Bal mefuré des Aftres & les diverfes
conjonctions des Etoiles fixes & errantes . Cette
propofition avancée férieuſement par Lucien
, quoiqu'il fût un des plus déterminés
railleurs de la Grece , ne fait pas grand honneur
à fa Philofophie , mais elle démontre
clairement l'estime que les Anciens avoient
pour la Danſe , puifqu'ils lui donnoient une
origine célefte. Voici bien une autre preuve
de l'eftime que l'Antiquité faifoit de la
Danfe , & qui ne fera crue que par les Lecteurs
qui ont de l'érudition. C'eſt encore le
Philofophe Licinus qui parle dans le DialoJANVIER
1745. 163
n'a gue cité. Socrate le plus fage de tous les hommes
, au jugement des Dieux même , pas
feulement loué la Danfe comme une chose qui fert
beaucoup à donner de la grace, mais il l'a voulu
apprendre en fa vieilleſſe , tant il admiroit cet
Exercice, Le Grondeur quoique Médecin , n'a
pas fans doute vu ce paffage là , il ne rebuteroit
pas les entrechâts de M. Rigaudon
, & l'exemple de Socrate le détermineroit
à apprendre la Bourée . On fe mocqueroit
bien à préfent d'un fexagénaire qui
feroit fa premiere révérence. On voit parlà ,
que ce qui eft un mérite dans un fiécle , devient
fouvent un ridicule dans un autre , &
que tout eſt arbitraire chés les foibles mortels.
Nous ne rapporterons pas ici la foule
de citations en faveur de la Danfe que Licinus
débite au morofif Craton. Les curieux
peuvent les aller chercher dans le Lucien ,
de la Traduction de Perrot d'Ablancourt ,
Tome II. Page 171. Nous ne pretendons
pas faire unTraité dogmatique divifé géométriquement
par Chapitres & par Sections ,
mais feulement hazarder fans méthode ce que
nous penfons des Ballets modernes , & ramaffer
fans ordre ce que les Anciens ont dit fur
cette matiere ; nos réflexions fuivront tous
les mois l'article de l'Opéra qui les a fait naî
tre,
Théfée , & les jeudis celles du Ballet des
Graces , qui eft fuivi d'une nouvelle PantoJANVIER
1745 . 161
mime , exécutée par Mlle. D'allemand &
Mrs. Guerardi & Soli.
tes ;
Cette Pantomime & toutes celles qui
l'ont précédée , danfées tant par l'incomparable
& charmante Barbarine que par le fignor
Foffant , nous infpirent le deffein de rifquer
nos idées fur les Ballets que nous examinons
depuis très-long-tems avec attention.
Il nous paroît qu'on y a renfermé le
mérite de la Danfe dans des bornes trop étroi →
nous avons reflechi fouvent & avec
étude fur cet Art aimable, nous avons étéfurpris
qu'un fiécle auffi éclairé que le nôtre
ignore fur ce chapitre ce qui n'a pas échappé
à l'Antiquité la plus reculée , ce qui a été
connu par nos ancêtres , fi inférieurs à nous
dans tant d'autres fciences plus profondes.
Nous oferons attaquer fur cette matiere les
préjugés régnans , & nous expofer à la cenfure
des admirateurs aveugles des Danſes modernes
. Nous espérons que les efprits judicieux
peferont fcrupuleufement nos raifons
avant que de les rejetter. Elles font appuyées
par des autorités fi refpectables que nous.
ne doutons pas qu'elles ne frappent les Lecteurs
les plus opiniâtres , & qu'elles ne s'infinuent
dans les efprits les plus rebelles
aux opinions démontrées. On peut avancer
fans témérité que le Public ne regarde la
Danfe que comme un Exercice inventé feuement
pour arranger gracieufement les mou162
MERCURE DE FRANCE.
vemens du corps & pour briller dans une
Nôce ou dans un Bal ; c'étoit peut-être là le
premier but de l'enfance de cet Art. La Comédie
a commencé de-même par de fimples
Récits. En fe perfectionnant elle a
imaginé des Dialogues , des Intrigues , des
Situations , des Dénoûmens. La Danfe at
fans doute fait le même chemin d'abord chés
les Grecs , enfuite chés les Romains.
Les plus habiles Danfeurs ignorent les illuftrations
de la Danfe , ils ignorent l'étendue
de cet Art pittorefque , ils en ignorent
l'antiquité. Nous ne la prouverons pas comme
Lucien qui dans le Dialogue intitulé l'Apologie
de la Danfe , fait dire par Licinus
fon deffenfeur à fon antagoniſte Craton.
La Danfe eft auffi ancienne que le monde , témoin
le Bal mefuré des Aftres & les diverfes
conjonctions des Etoiles fixes & errantes . Cette
propofition avancée férieuſement par Lucien
, quoiqu'il fût un des plus déterminés
railleurs de la Grece , ne fait pas grand honneur
à fa Philofophie , mais elle démontre
clairement l'estime que les Anciens avoient
pour la Danſe , puifqu'ils lui donnoient une
origine célefte. Voici bien une autre preuve
de l'eftime que l'Antiquité faifoit de la
Danfe , & qui ne fera crue que par les Lecteurs
qui ont de l'érudition. C'eſt encore le
Philofophe Licinus qui parle dans le DialoJANVIER
1745. 163
n'a gue cité. Socrate le plus fage de tous les hommes
, au jugement des Dieux même , pas
feulement loué la Danfe comme une chose qui fert
beaucoup à donner de la grace, mais il l'a voulu
apprendre en fa vieilleſſe , tant il admiroit cet
Exercice, Le Grondeur quoique Médecin , n'a
pas fans doute vu ce paffage là , il ne rebuteroit
pas les entrechâts de M. Rigaudon
, & l'exemple de Socrate le détermineroit
à apprendre la Bourée . On fe mocqueroit
bien à préfent d'un fexagénaire qui
feroit fa premiere révérence. On voit parlà ,
que ce qui eft un mérite dans un fiécle , devient
fouvent un ridicule dans un autre , &
que tout eſt arbitraire chés les foibles mortels.
Nous ne rapporterons pas ici la foule
de citations en faveur de la Danfe que Licinus
débite au morofif Craton. Les curieux
peuvent les aller chercher dans le Lucien ,
de la Traduction de Perrot d'Ablancourt ,
Tome II. Page 171. Nous ne pretendons
pas faire unTraité dogmatique divifé géométriquement
par Chapitres & par Sections ,
mais feulement hazarder fans méthode ce que
nous penfons des Ballets modernes , & ramaffer
fans ordre ce que les Anciens ont dit fur
cette matiere ; nos réflexions fuivront tous
les mois l'article de l'Opéra qui les a fait naî
tre,
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Résumé : « L'Opéra continue les représentations de Thésée, & les jeudis celles du Ballet des [...] »
En janvier 1745, des représentations à l'Opéra, incluant 'Théée' et le 'Ballet des Grâces', ont suscité des réflexions sur les ballets. Les auteurs estiment que la danse est souvent réduite à un simple exercice corporel pour les noces ou les bals, négligeant ainsi son histoire et ses potentialités artistiques. Ils soulignent que, malgré les progrès du siècle, la danse reste sous-estimée. Les auteurs observent que la danse, comme la comédie, a évolué au fil du temps, passant de récits simples à des formes plus complexes. Ils critiquent les danseurs modernes pour leur méconnaissance de l'histoire et de la profondeur de cet art, autrefois respecté par les Grecs et les Romains. Lucien et Socrate sont cités pour illustrer l'importance accordée à la danse dans l'Antiquité, montrant que même des figures sages et respectées la pratiquaient et l'admiraient. Le texte note également la variabilité des perceptions à travers les époques, soulignant que ce qui est considéré comme méritoire dans un siècle peut devenir ridicule dans un autre. Les auteurs ne visent pas à écrire un traité formel mais souhaitent partager leurs réflexions sur les ballets modernes et les opinions des Anciens sur la danse, en s'appuyant sur des sources érudites comme Lucien.
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12190
p. 164-165
CONCERT DE LA REINE.
Début :
Le lundi onze Janvier on exécuta le Ballet des Indes-Galantes : les paroles sont de [...]
Mots clefs :
Musique, Rôles, Paroles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONCERT DE LA REINE.
CONCERT DE LA REINE.
Le lundi onze Janvier on exécuta le Baĺlet
des Indes- Galantes : les paroles font dè
M. Fuzelier , & la Mufique de M. Rameau.
Les Rôles ont été remplis par Made.
de Lalande , Mlle . Fel , Mlle . des Champs ,
M.Benoît , M. Jeliotte , M. Latour & enfin
M. de Chaffé qui vient de rentrer à la Mufique
du Roi.
Le deux , le quatre & le neuf Janvier la
Reine entendit avec plaifir la charmante Paltorale
d'Iffé . Les paroles font de M. Houdart
de la Motte. La Mufique eft de la compofition
de M. Deſtouches , Sur-Intendant de la
Mufique du Roi.
Les Rôles du Prologue furent exécutés
par Mde, de Lalande , M. Benoît & M. Dubourg.
Les Rôles de la Paſtorale ne furent
pas moins bien remplis. Iffé par Mlle , de Romainville,
Doris par Mlle. Defchamps , Apollonfous
le nom de Philemon par M. Jeliotte,
Hilas par M. Benoît, Pan par M. Godonelche,
le Grand Prêtre par M. de la Garde.
Les Comédiens François ont repréfenté à
la Cour Mahomet , II . Tragédie de M. de la
Nouë Acteur de la Comédie Françoiſe , qui
réunit les talens de la Poëfie & de la déclamation.
Cette Tragédie fut très-bien reçue
JANVIER 1745. 165
à Verfailles, & Paris lui fait à prefent le même
accueil : on en parlera plus amplement.
Elle mérite d'être détaillée .
Le lundi onze Janvier on exécuta le Baĺlet
des Indes- Galantes : les paroles font dè
M. Fuzelier , & la Mufique de M. Rameau.
Les Rôles ont été remplis par Made.
de Lalande , Mlle . Fel , Mlle . des Champs ,
M.Benoît , M. Jeliotte , M. Latour & enfin
M. de Chaffé qui vient de rentrer à la Mufique
du Roi.
Le deux , le quatre & le neuf Janvier la
Reine entendit avec plaifir la charmante Paltorale
d'Iffé . Les paroles font de M. Houdart
de la Motte. La Mufique eft de la compofition
de M. Deſtouches , Sur-Intendant de la
Mufique du Roi.
Les Rôles du Prologue furent exécutés
par Mde, de Lalande , M. Benoît & M. Dubourg.
Les Rôles de la Paſtorale ne furent
pas moins bien remplis. Iffé par Mlle , de Romainville,
Doris par Mlle. Defchamps , Apollonfous
le nom de Philemon par M. Jeliotte,
Hilas par M. Benoît, Pan par M. Godonelche,
le Grand Prêtre par M. de la Garde.
Les Comédiens François ont repréfenté à
la Cour Mahomet , II . Tragédie de M. de la
Nouë Acteur de la Comédie Françoiſe , qui
réunit les talens de la Poëfie & de la déclamation.
Cette Tragédie fut très-bien reçue
JANVIER 1745. 165
à Verfailles, & Paris lui fait à prefent le même
accueil : on en parlera plus amplement.
Elle mérite d'être détaillée .
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Résumé : CONCERT DE LA REINE.
En janvier 1745, plusieurs événements musicaux et théâtraux ont eu lieu à la cour. Le 11 janvier, le ballet 'Les Indes galantes' a été présenté, avec des paroles de M. Fuzelier et la musique de M. Rameau. Les interprètes comprenaient Madeleine de Lalande, Mlle Fel, Mlle des Champs, M. Benoît, M. Jeliotte, M. Latour et M. de Chaffé. Les 2, 4 et 9 janvier, la Reine a assisté à la pastorale 'Iphigénie' de M. Houdar de la Motte, avec la musique de M. Destouches. Les rôles du prologue étaient tenus par Mme de Lalande, M. Benoît et M. Dubourg, tandis que ceux de la pastorale incluaient Mlle de Romainville en Iphigénie, Mlle Deschamps en Doris, M. Jeliotte en Philemon, M. Benoît en Hilas, M. Godenèche en Pan et M. de la Garde en Grand Prêtre. Par ailleurs, la tragédie 'Mahomet II' de M. de La Nouë a été bien reçue à Versailles et à Paris, mettant en lumière les talents de la poésie et de la déclamation.
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12191
p. 165
« On a oublié dans le dernier Mercure d'insérer dans le Répertoire de la Cour, [...] »
Début :
On a oublié dans le dernier Mercure d'insérer dans le Répertoire de la Cour, [...]
Mots clefs :
Comédie, Cour, Conquêtes, Maladie du roi
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texteReconnaissance textuelle : « On a oublié dans le dernier Mercure d'insérer dans le Répertoire de la Cour, [...] »
On a oublié dans le dernier Mercure
d'inférer dans le Répertoire de la Cour
que les Fêtes Sincéres , Comédie d'un Acte
de Mrs. Panard & Sticoti , a été repréſentée
fur le Théatre de Verfailles après le Jeu de
l'Amour & du Hazard , Comédie de M. de
Marivaux ; les Fêtes Sincéres font le feul Ouvrage
Dramatique fait à l'occafion des Conquêtes
& de la maladie du Roi qui ait eu
l'honneur de paroître à la Cour ; c'eft dans
cette petite Comédie que le Roi a été nommé
la premiere fois Louis le Bien-aimé : elle
eft en Vers , imprimée , & dédiée à la Reine
qui l'a reçu très - favorablement
d'inférer dans le Répertoire de la Cour
que les Fêtes Sincéres , Comédie d'un Acte
de Mrs. Panard & Sticoti , a été repréſentée
fur le Théatre de Verfailles après le Jeu de
l'Amour & du Hazard , Comédie de M. de
Marivaux ; les Fêtes Sincéres font le feul Ouvrage
Dramatique fait à l'occafion des Conquêtes
& de la maladie du Roi qui ait eu
l'honneur de paroître à la Cour ; c'eft dans
cette petite Comédie que le Roi a été nommé
la premiere fois Louis le Bien-aimé : elle
eft en Vers , imprimée , & dédiée à la Reine
qui l'a reçu très - favorablement
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Résumé : « On a oublié dans le dernier Mercure d'insérer dans le Répertoire de la Cour, [...] »
Le dernier numéro du Mercure omet le Répertoire de la Cour. La comédie 'Les Fêtes Sincères', écrite par Messieurs Panard et Sticoti, a été jouée à Versailles après 'L'Amour et le Hazard' de Marivaux. Elle célèbre les conquêtes et la maladie du Roi, qui y est nommé 'Louis le Bien-aimé' pour la première fois. La pièce, en vers et dédiée à la Reine, a été bien accueillie.
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12192
p. 171-172
AU ROI.
Début :
Les Dames de S. Cyr ont cherché à donner au Roi le jour de l'an des marques de leur / LE plus grand de tous vos ayeux [...]
Mots clefs :
Roi, Saint-Cyr
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROI.
Les Dames de S. Cyr ont cherché à donner
au Roi le jour de l'an des marques de leur
zéle & deleur reconnoiflance.
Madame a bien voulu fe charger de
préfenter leurs hommages ; ce font les
Vers fuivans. S. M. les ayant lus , en devina
l'Auteur avant qu'on lui nommât M. Roy.
On fçait que M. Roy a célébré à Mets ,
à Soiffons , à l'Opéra , à S. Cyr & à l'Hôtel
de Ville , la Convalefcence de S. M.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
AU ROI.
LE plus grand de tous vos ayeux
D'une main qui tenoit la Victoire affervie
Aux filles des Guerriers a confacré ces Lieux ,
Comme lui Conquérant, magnifique , pieux ,
Au Printems de vos jours vous offrez à nos yeux
Tous les traits qui marquoient chaque âge de fa vie.
Sage Législateur des Peuples & des Rois ,
Il n'a pas dédaigné de nous tracer nos Loix .
Cet azile fut cher à votre Augufte mere ;
L'amour de nos devoirs fuffifoit pour lui plaire.
La jeuneffe ravie au danger des beſoins ,
Par vos feuls dons nourrie , inftruite par nos foins ,
Intéreffe le Dieu que votre Regne honore.
Puiffent nos voeux pour vous fans ceffe être écoutés!
Puiffions-nous à ce prix éfperer vos bontés !
Nous protéger , c'eft nous créer encore.
au Roi le jour de l'an des marques de leur
zéle & deleur reconnoiflance.
Madame a bien voulu fe charger de
préfenter leurs hommages ; ce font les
Vers fuivans. S. M. les ayant lus , en devina
l'Auteur avant qu'on lui nommât M. Roy.
On fçait que M. Roy a célébré à Mets ,
à Soiffons , à l'Opéra , à S. Cyr & à l'Hôtel
de Ville , la Convalefcence de S. M.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
AU ROI.
LE plus grand de tous vos ayeux
D'une main qui tenoit la Victoire affervie
Aux filles des Guerriers a confacré ces Lieux ,
Comme lui Conquérant, magnifique , pieux ,
Au Printems de vos jours vous offrez à nos yeux
Tous les traits qui marquoient chaque âge de fa vie.
Sage Législateur des Peuples & des Rois ,
Il n'a pas dédaigné de nous tracer nos Loix .
Cet azile fut cher à votre Augufte mere ;
L'amour de nos devoirs fuffifoit pour lui plaire.
La jeuneffe ravie au danger des beſoins ,
Par vos feuls dons nourrie , inftruite par nos foins ,
Intéreffe le Dieu que votre Regne honore.
Puiffent nos voeux pour vous fans ceffe être écoutés!
Puiffions-nous à ce prix éfperer vos bontés !
Nous protéger , c'eft nous créer encore.
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Résumé : AU ROI.
Les Dames de Saint-Cyr ont manifesté leur dévouement et leur gratitude envers le Roi lors du jour de l'an. Madame a transmis leurs hommages en vers, écrits par M. Roy. Le Roi a immédiatement reconnu l'auteur. M. Roy avait précédemment célébré la convalescence royale à Metz, Soissons, à l'Opéra, à Saint-Cyr et à l'Hôtel de Ville. Les vers louent les vertus du Roi et de ses ancêtres, soulignant leur sagesse et générosité. Ils mettent aussi en avant l'importance de Saint-Cyr comme refuge pour les jeunes filles, soutenu par les dons royaux et l'enseignement des religieuses. Les Dames souhaitent la santé et la bienveillance du Roi, espérant ainsi obtenir sa protection.
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12193
p. 59-60
EPITRE De M. de la Soriniere à M. des Forges Maillard à l'occasion de sa Piéce au Roi, insérée dans le Mercure de Novembre I vol.
Début :
AMI Maillard, l'honneur de ta Province, [...]
Mots clefs :
Vers, Aimable, Vive le roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE De M. de la Soriniere à M. des Forges Maillard à l'occasion de sa Piéce au Roi, insérée dans le Mercure de Novembre I vol.
EPITRE
De M. de la Soriniere à M. des Forges
Maillard à l'occafion de fa Piéce au Roi , inferée
dans le Mercure de Novembre 1I vol.
A Mi Maillard , l'honneur de ta Province ,
L'Horace du Climat Breton ,
Lorfque tu célébres ton Prince ,
Que tu prens un aimable ton !
Ce mot , enfant de l'allégreffe ,
Que je repete d'après toi ,
Eft plein d'amour & de tendreffe :
Et je repeterai fans ceffe
VIVE LE ROI , VIVE LE ROI.
Que d'Ecrivains au Temple de mémoire
Comptant porter leurs quolibets tortus ,
Vont l'ennuier du recit de fa gloire ,
Et le punir de ſes vertus !
Ils feroient bien mieux de fe taire :
Dans un champ fi vafte & fi beau
Quand ils furpafferoient Rouffeau
Ils n'égaleroient pas Voltaire .
"
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
Je hais ces vers entortillés ,
Je hais ces écrits faméliques ,
Que plus d'un rimeur a pillés
Et fuperbement habillés
D'Epithetes hyperboliques.
Non , je n'eftime que très peu
Ces vers dont la burleſque enflure
A plus de phlegme que de feu ,
Et femblent abhorrer la nature .
Pour toi rimer ce n'eft qu'un jeu
Où fe plaît ta Mufe docile ,
Et dans ta diction facile
J'aime ce doux enchaînement
Qui lie avec les tendres graces
La force du raiſonnement .
Quand pourrai-je , en ſuivant tes traces ,
Errer dans le facré Vallon ,
Au gré de l'aimable caprice
Qu'infpire le docte Apollon ,
Et confacrer à ma Clarice
De ces immortelles Chanfons
Que t'apprit l'Amant de Lefbie ,
Et que la divine Uranie
Ne dicte qu'à fes Nouriffons ?
A la Soriniere en Anjou.
De M. de la Soriniere à M. des Forges
Maillard à l'occafion de fa Piéce au Roi , inferée
dans le Mercure de Novembre 1I vol.
A Mi Maillard , l'honneur de ta Province ,
L'Horace du Climat Breton ,
Lorfque tu célébres ton Prince ,
Que tu prens un aimable ton !
Ce mot , enfant de l'allégreffe ,
Que je repete d'après toi ,
Eft plein d'amour & de tendreffe :
Et je repeterai fans ceffe
VIVE LE ROI , VIVE LE ROI.
Que d'Ecrivains au Temple de mémoire
Comptant porter leurs quolibets tortus ,
Vont l'ennuier du recit de fa gloire ,
Et le punir de ſes vertus !
Ils feroient bien mieux de fe taire :
Dans un champ fi vafte & fi beau
Quand ils furpafferoient Rouffeau
Ils n'égaleroient pas Voltaire .
"
C vj
60 MERCURE DE FRANCE.
Je hais ces vers entortillés ,
Je hais ces écrits faméliques ,
Que plus d'un rimeur a pillés
Et fuperbement habillés
D'Epithetes hyperboliques.
Non , je n'eftime que très peu
Ces vers dont la burleſque enflure
A plus de phlegme que de feu ,
Et femblent abhorrer la nature .
Pour toi rimer ce n'eft qu'un jeu
Où fe plaît ta Mufe docile ,
Et dans ta diction facile
J'aime ce doux enchaînement
Qui lie avec les tendres graces
La force du raiſonnement .
Quand pourrai-je , en ſuivant tes traces ,
Errer dans le facré Vallon ,
Au gré de l'aimable caprice
Qu'infpire le docte Apollon ,
Et confacrer à ma Clarice
De ces immortelles Chanfons
Que t'apprit l'Amant de Lefbie ,
Et que la divine Uranie
Ne dicte qu'à fes Nouriffons ?
A la Soriniere en Anjou.
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Résumé : EPITRE De M. de la Soriniere à M. des Forges Maillard à l'occasion de sa Piéce au Roi, insérée dans le Mercure de Novembre I vol.
L'épître est une lettre poétique de M. de la Sorinière à M. des Forges, alias Maillard. L'auteur admire profondément Maillard, le comparant à Horace et louant ses talents poétiques. Il dénonce ceux qui tentent de nuire à la réputation de Maillard en colportant des rumeurs malveillantes sur sa gloire et ses vertus. La Sorinière apprécie le style simple et naturel de Maillard, préférant cela aux poètes qui usent d'épithètes excessives et de vers compliqués. Il admire la facilité et la grâce de l'écriture de Maillard et souhaite pouvoir s'en inspirer pour créer des chansons immortelles sous l'influence d'Apollon et d'Uranie. La lettre se termine par une mention de la Sorinière en Anjou.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12194
p. 147-150
L'ASSEMBLÉE publique de l'Académie des Belles Lettres de Montauban, du 25 Aoust 1744.
Début :
La Société Littéraire de Montauban, érigée en Académie des Belles Lettres par Lettres patentes [...]
Mots clefs :
Académie des belles-lettres de Montauban, Roi, Discours, Prix, Te Deum, Illumination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ASSEMBLÉE publique de l'Académie des Belles Lettres de Montauban, du 25 Aoust 1744.
L'ASSEMBLEE publique de l'Académie
des Belles Lettres de Montauban ,
du 25 Aoust 1744 .
La Societé Littéraire de Montauban , érigée en
Académie des Belles Lettres par Lettres patentes
du mois de Juillet 1744 , enrégiftrées au Parlement
de Toulouſe le 21 Août fuivant , tint fon
affemblée publique le 25 d'Août dernier , Fête de
S. Louis. Elle avoit affifté le matin à la Meffe cé
lebrée par Mr l'Evêque , pendant laquelle on exécuta
un Motet à grand Choeur , fuivi de l'Exandiat
pour le Roi , & du Panégyrique de S. Louis prononcé
par M. l'Abbé Pons , neveu du R. P. Pons
de la Compagnie de Jefus , Prédicateur de Sa
Majesté .
La féance de l'après - midi ſe tint dans le Palais
Epifcopal , & commença par la lecture des Lettres
atentes , de la Lifte des Académiciens , du Réglement
donné par le Roi à la nouvelle Académie
, & de l'Arrêt d'Enregistrement .
M. Forestier Directeur de l'Académie parla enfuite
fur l'érection de la Societé Littéraire en Académie
des Belles Lettres , & finit par l'éloge du
Roi.
M. de Bernoy lut une Ode , qui étoit une Priere
pour le Roi.
M. l'Abbé Bellet lut un Difcours où il prouva
qu'il n'eft point de meilleur Citoyen que l'homm de Lettres.
M. Pradal lut une traduction en Vers de l'Ode
d'Horace , folvitur acris hyems , & une Epitre à M.
je Franc.
M. l'Abbé de Verthamont lut la premiere partie
1
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
d'un Difcours fur l'ufage des talens , & prouva que la
Religion fournit abondammant dequoi les exercer.
M. de Lamothe lut un Dialogue en vers de Momus
& des Mufes .
M. Duroy lut une Ode intitulée : “le Philofophe
Chrétien .
M. Duclos lut un difcours preliminaire fur la Tra
duction qu'il a faite de l'Oraifon de Ciceron pro Archia
ceta , de l'Epiſode d'Ariftée tirée du quatrieme
livre des Géorgiques , & de l'Idylle d'Aufonne
intitulée Amor cruci affixus ,
La féance fut terminée par la lecture du Programme.
A la nouvelle du Retabliffement de la fanté
du Roi l'Académie s'eft fait un devoir de faire chanter
le Te Deum en actions de graces , fuivi de l'Exaudiat,
Le Soir elle a fait faire une brillante illu
mination dans la maifon de M. Foreftier , où elle
tient fes affemblées ordinaires.
Programme de l'Académie des Belles Lettres
de Montauban.
M. l'Evêque de Montauban ayant deftiné la fomme
de 250 liv. pour donner un Prix de pareille valeur
à celui qui au jugement de la Société Littéraire
établie dans cette Ville par Permiffion du
Roi , fe trouvera avoir fait le meilleur Difcours fur
un fujet relatif à quelque point de Morale tiré des
Livres faints , fuivant l'ufage de l'Académie Françoife
; la focieté Litteraire érigée en Academie de
Belles Lettres par Lettres Patentes du mois de Juillet
1744 , enregistrées au Parlement de Toulouſe le
21 Août fuivant , avertit le Public qu'elle diftribue
ra ce prix le 25 Août prochain , Fête de S, Louis
Roi de France,
E
FEVRIER. 1745 149
Le Sujet de ce Difcours fera pour l'année 1745.
L'EPREUVE DE L'ADVERSITE' EST POUR
LE SAGE UNE SOURCE DE LUMIERE.
Conformément à ces paroles de l'Ecriture : Qui non
eft tentatus quid feit ? Ecclef. cap. 34. . 9.
Le prix de cette année ayant été reſervé , il y
en aura deux à diftribuer l'année 1745 , ce qui doit
exciter l'émulation des Auteurs .
L'Académie a lieu d'attribuer au peu de tems
que les Auteurs ont eu pour travailler à leur Ouvrage
les négligences où les fautes qui les ont
fait exclure du Prix .
Toutes fortes de perfonnés , de quelque qualité
qu'elles foient , feront reçues à prétendre au Prix ,
hors les Membres de l'Académie qui en doivent
être les Juges.
Les Difcours ne feront tout au plus que de demie
heure de lecture , & finiront toujours par une
courte Priere à JESUS - CHRIST . Ceux qui en
auront compofé , les feront remettre le mois
de Mai prochain entre les mains de M DE BERNOY
, Secretaire perpetuel de l'Académie , en fa
maiſon ruë Montmura , ou en ſon abſence , à M.
l'Abbé BELLET , en fa maiſon ruë Cour de Toulouſe.
On n'en recevra aucun qui n'ait une Approbation
fignée de deux Docteurs en Théologie . Les
Auteurs n'y mettront point leur nom , mais feulement
une marque où paraphe , avec un Paffage
de l'Ecriture - Sainte ou d'un Pére de l'Eglife qu'on
écrira auffi fur le Registre du Secretaire de l'Acadé
mie.
Le Prix ne fera délivré à aucun , qu'il ne fe nomme
,& qu'il ne fe prefente en perfonne ou par Procureur
, pour le recevoir , & pour figner le Difcours.
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
Les Auteurs font priés d'adreffer à M. le Secretaire
trois copies bien liſibles de leur Diſcours , &
d'affranchir les Paquets qui feront envoyés par la
pofte. Sans ces deux conditions , les Quvrages ne
feront point admis au concours.
des Belles Lettres de Montauban ,
du 25 Aoust 1744 .
La Societé Littéraire de Montauban , érigée en
Académie des Belles Lettres par Lettres patentes
du mois de Juillet 1744 , enrégiftrées au Parlement
de Toulouſe le 21 Août fuivant , tint fon
affemblée publique le 25 d'Août dernier , Fête de
S. Louis. Elle avoit affifté le matin à la Meffe cé
lebrée par Mr l'Evêque , pendant laquelle on exécuta
un Motet à grand Choeur , fuivi de l'Exandiat
pour le Roi , & du Panégyrique de S. Louis prononcé
par M. l'Abbé Pons , neveu du R. P. Pons
de la Compagnie de Jefus , Prédicateur de Sa
Majesté .
La féance de l'après - midi ſe tint dans le Palais
Epifcopal , & commença par la lecture des Lettres
atentes , de la Lifte des Académiciens , du Réglement
donné par le Roi à la nouvelle Académie
, & de l'Arrêt d'Enregistrement .
M. Forestier Directeur de l'Académie parla enfuite
fur l'érection de la Societé Littéraire en Académie
des Belles Lettres , & finit par l'éloge du
Roi.
M. de Bernoy lut une Ode , qui étoit une Priere
pour le Roi.
M. l'Abbé Bellet lut un Difcours où il prouva
qu'il n'eft point de meilleur Citoyen que l'homm de Lettres.
M. Pradal lut une traduction en Vers de l'Ode
d'Horace , folvitur acris hyems , & une Epitre à M.
je Franc.
M. l'Abbé de Verthamont lut la premiere partie
1
Gij
148 MERCURE DE FRANCE.
d'un Difcours fur l'ufage des talens , & prouva que la
Religion fournit abondammant dequoi les exercer.
M. de Lamothe lut un Dialogue en vers de Momus
& des Mufes .
M. Duroy lut une Ode intitulée : “le Philofophe
Chrétien .
M. Duclos lut un difcours preliminaire fur la Tra
duction qu'il a faite de l'Oraifon de Ciceron pro Archia
ceta , de l'Epiſode d'Ariftée tirée du quatrieme
livre des Géorgiques , & de l'Idylle d'Aufonne
intitulée Amor cruci affixus ,
La féance fut terminée par la lecture du Programme.
A la nouvelle du Retabliffement de la fanté
du Roi l'Académie s'eft fait un devoir de faire chanter
le Te Deum en actions de graces , fuivi de l'Exaudiat,
Le Soir elle a fait faire une brillante illu
mination dans la maifon de M. Foreftier , où elle
tient fes affemblées ordinaires.
Programme de l'Académie des Belles Lettres
de Montauban.
M. l'Evêque de Montauban ayant deftiné la fomme
de 250 liv. pour donner un Prix de pareille valeur
à celui qui au jugement de la Société Littéraire
établie dans cette Ville par Permiffion du
Roi , fe trouvera avoir fait le meilleur Difcours fur
un fujet relatif à quelque point de Morale tiré des
Livres faints , fuivant l'ufage de l'Académie Françoife
; la focieté Litteraire érigée en Academie de
Belles Lettres par Lettres Patentes du mois de Juillet
1744 , enregistrées au Parlement de Toulouſe le
21 Août fuivant , avertit le Public qu'elle diftribue
ra ce prix le 25 Août prochain , Fête de S, Louis
Roi de France,
E
FEVRIER. 1745 149
Le Sujet de ce Difcours fera pour l'année 1745.
L'EPREUVE DE L'ADVERSITE' EST POUR
LE SAGE UNE SOURCE DE LUMIERE.
Conformément à ces paroles de l'Ecriture : Qui non
eft tentatus quid feit ? Ecclef. cap. 34. . 9.
Le prix de cette année ayant été reſervé , il y
en aura deux à diftribuer l'année 1745 , ce qui doit
exciter l'émulation des Auteurs .
L'Académie a lieu d'attribuer au peu de tems
que les Auteurs ont eu pour travailler à leur Ouvrage
les négligences où les fautes qui les ont
fait exclure du Prix .
Toutes fortes de perfonnés , de quelque qualité
qu'elles foient , feront reçues à prétendre au Prix ,
hors les Membres de l'Académie qui en doivent
être les Juges.
Les Difcours ne feront tout au plus que de demie
heure de lecture , & finiront toujours par une
courte Priere à JESUS - CHRIST . Ceux qui en
auront compofé , les feront remettre le mois
de Mai prochain entre les mains de M DE BERNOY
, Secretaire perpetuel de l'Académie , en fa
maiſon ruë Montmura , ou en ſon abſence , à M.
l'Abbé BELLET , en fa maiſon ruë Cour de Toulouſe.
On n'en recevra aucun qui n'ait une Approbation
fignée de deux Docteurs en Théologie . Les
Auteurs n'y mettront point leur nom , mais feulement
une marque où paraphe , avec un Paffage
de l'Ecriture - Sainte ou d'un Pére de l'Eglife qu'on
écrira auffi fur le Registre du Secretaire de l'Acadé
mie.
Le Prix ne fera délivré à aucun , qu'il ne fe nomme
,& qu'il ne fe prefente en perfonne ou par Procureur
, pour le recevoir , & pour figner le Difcours.
Giij
150 MERCURE DE FRANCE.
Les Auteurs font priés d'adreffer à M. le Secretaire
trois copies bien liſibles de leur Diſcours , &
d'affranchir les Paquets qui feront envoyés par la
pofte. Sans ces deux conditions , les Quvrages ne
feront point admis au concours.
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Résumé : L'ASSEMBLÉE publique de l'Académie des Belles Lettres de Montauban, du 25 Aoust 1744.
L'Assemblée publique de l'Académie des Belles Lettres de Montauban a eu lieu le 25 août 1744, à l'occasion de la fête de Saint Louis. La Société Littéraire de Montauban avait été récemment élevée au rang d'Académie des Belles Lettres par des lettres patentes du mois de juillet 1744, enregistrées au Parlement de Toulouse le 21 août suivant. La matinée débuta par une messe célébrée par l'évêque, suivie d'un motet à grand chœur, de l'Exaudiat pour le roi et du panégyrique de Saint Louis prononcé par l'abbé Pons. L'après-midi, la séance se tint au Palais Épiscopal. Elle débuta par la lecture des lettres patentes, de la liste des académiciens, du règlement royal et de l'arrêt d'enregistrement. M. Forestier, directeur de l'Académie, prit ensuite la parole pour discuter de l'érection de la Société Littéraire en Académie des Belles Lettres et termina par un éloge du roi. Plusieurs membres de l'Académie présentèrent des œuvres littéraires : M. de Bernoy lut une ode prière pour le roi, l'abbé Bellet discourut sur la figure du citoyen lettré, M. Pradal présenta une traduction en vers d'une ode d'Horace et une épître, l'abbé de Verthamont lut un discours sur l'usage des talents, M. de Lamothe récita un dialogue en vers, M. Duroy lut une ode intitulée 'Le Philosophe Chrétien', et M. Duclos parla de ses traductions de l'Oraison de Cicéron, de l'Épisode d'Aristée et de l'Idylle d'Ausone. La séance se conclut par la lecture du programme. À l'annonce du rétablissement de la santé du roi, l'Académie fit chanter le Te Deum suivi de l'Exaudiat et organisa une collation.
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12195
p. 157-158
AUTRE.
Début :
Je suis fille de Roi, sans esprit & sans corps ; [...]
Mots clefs :
Tontine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E fuis fille de Rói , fans efprit & fans corps ;
Avec mes enfans je prens vie ,
Je retourne avec eux dans le fejour des morts .
Le même lait à s'aimer les convie ,
Et cependant freres dénaturés ,
Chacun d'eux voudroit voir les autres expirés.
Ils deviennent bientôt pourriture & pouffiere :
Mais moi qui fuis leur mere , après un certa in tem
Je retrouve lavie avec d'aues enfans ,
Qui comme les premiers à leur heure derniere
Dans le même tombeau renfermeront leur mere :
158 MERCURE DE FRANCE
Et c'eft ainfi que fucceffivement
Sans éprouver les coups de la maligne envie
De la mort je paffe à la vie ,
Et de la vie au monument ,
Mais fi-tôt que j'en fors , le bruit de ma naiſſance
Que je prends au ſein de la France ,
Et qui pour moi n'eſt qu'un reveil
M'annonce en tous les lieux qu'éclaire le foleil :
Alors d'adorateurs une troupe fidelle ,
De tout Pays vient me montrer fon zéle¸
Et repand en mon ſein avec profuſion
Le lait qui me nourrit , & dont en ma jeuneffe,
Prodige d'admiration !
Plus avare qu'en ma vieilleffe
Je fais moins de largeffe.
Lecteur , à ce portrait
Tu dois connoitre trait pour
Celle qui dans la France
trait
- Depuis trois mois a pris naiffance.
E fuis fille de Rói , fans efprit & fans corps ;
Avec mes enfans je prens vie ,
Je retourne avec eux dans le fejour des morts .
Le même lait à s'aimer les convie ,
Et cependant freres dénaturés ,
Chacun d'eux voudroit voir les autres expirés.
Ils deviennent bientôt pourriture & pouffiere :
Mais moi qui fuis leur mere , après un certa in tem
Je retrouve lavie avec d'aues enfans ,
Qui comme les premiers à leur heure derniere
Dans le même tombeau renfermeront leur mere :
158 MERCURE DE FRANCE
Et c'eft ainfi que fucceffivement
Sans éprouver les coups de la maligne envie
De la mort je paffe à la vie ,
Et de la vie au monument ,
Mais fi-tôt que j'en fors , le bruit de ma naiſſance
Que je prends au ſein de la France ,
Et qui pour moi n'eſt qu'un reveil
M'annonce en tous les lieux qu'éclaire le foleil :
Alors d'adorateurs une troupe fidelle ,
De tout Pays vient me montrer fon zéle¸
Et repand en mon ſein avec profuſion
Le lait qui me nourrit , & dont en ma jeuneffe,
Prodige d'admiration !
Plus avare qu'en ma vieilleffe
Je fais moins de largeffe.
Lecteur , à ce portrait
Tu dois connoitre trait pour
Celle qui dans la France
trait
- Depuis trois mois a pris naiffance.
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12196
p. 158-159
ENIGME.
Début :
Nous sommes bien plusieurs, mais nous ne faisons qu'une ; [...]
Mots clefs :
Voie de bois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
Ous fommes bien plufieurs , mais nous ne
faifons qu'une ;
Avec raiſon aimant la liberté ,
Nous prenons d'ordinaire un lieu ſombre , écarté
FEVRIER 1745. 159
Pour notre retraite commune ,
Mais nous n'y trouvons pas entiere fûreté :
On arme contre nous une troupe cruelle ;
Ayant pour nous connoître une marque fidelle ,
Chacun d'eux n'écoutant que le gain , la fureur ,
Armé d'un inftrument meurtrier ou vengeur ,
Nous vient bientôt livrer une guerre mortelle ;
On nous faifit foudain : liés étroitement
On nous mêne à la ville
Quoique bleffés mortellement.
Là tout fecours nous devient inutile :
Des hommes fans pitié mais Officiers des Rois
Nous jugent en fuivant leurs regles & leurs loix ;
On no us jette auffitôt dans une humble charrette;
Et fuivis de l'exécuteur
Dufupplice qu'on nous apprête ,
Nous arrivons , helas ! dans ce lieu de douleurs ,
Où doit un fer maudit combler tous nos malheurs
Le cruel dont la bouche
Ordonne n os tourmens , d'un oeil fec & farouche
Vient préfider lui-même à l'exécution ,
Si quelqu'autre pour lui n'en fait la fonction.
Ce n'eft pas tout , lecteur , comme tu vas l'entendre ,
Nos membres difloqués font mis en un monçeau ;
Et maints cruelles gens fecondant le bourreau ,
Allument un grand feu qui les réduit en cendre ,
Ami , des affaffins , dis fe nous franchement ,
Seroient-ils done traités plus rigoureuſement ?
Par M, Gaillon
Ous fommes bien plufieurs , mais nous ne
faifons qu'une ;
Avec raiſon aimant la liberté ,
Nous prenons d'ordinaire un lieu ſombre , écarté
FEVRIER 1745. 159
Pour notre retraite commune ,
Mais nous n'y trouvons pas entiere fûreté :
On arme contre nous une troupe cruelle ;
Ayant pour nous connoître une marque fidelle ,
Chacun d'eux n'écoutant que le gain , la fureur ,
Armé d'un inftrument meurtrier ou vengeur ,
Nous vient bientôt livrer une guerre mortelle ;
On nous faifit foudain : liés étroitement
On nous mêne à la ville
Quoique bleffés mortellement.
Là tout fecours nous devient inutile :
Des hommes fans pitié mais Officiers des Rois
Nous jugent en fuivant leurs regles & leurs loix ;
On no us jette auffitôt dans une humble charrette;
Et fuivis de l'exécuteur
Dufupplice qu'on nous apprête ,
Nous arrivons , helas ! dans ce lieu de douleurs ,
Où doit un fer maudit combler tous nos malheurs
Le cruel dont la bouche
Ordonne n os tourmens , d'un oeil fec & farouche
Vient préfider lui-même à l'exécution ,
Si quelqu'autre pour lui n'en fait la fonction.
Ce n'eft pas tout , lecteur , comme tu vas l'entendre ,
Nos membres difloqués font mis en un monçeau ;
Et maints cruelles gens fecondant le bourreau ,
Allument un grand feu qui les réduit en cendre ,
Ami , des affaffins , dis fe nous franchement ,
Seroient-ils done traités plus rigoureuſement ?
Par M, Gaillon
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12197
p. 160-161
LOGOGRYPHE. A Mlle. A.
Début :
Je suis jeune, badin, imprudent, inconstant ; [...]
Mots clefs :
Écolier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE. A Mlle. A.
LOGOGRYPHE.
A Mlle. A.
JE fuis jeune , badin , imprudent , inconftant
Un rien me met Cloris en colere & me pique ,
Mais je m'appaiſe au même inftant ;
De tout défaut je fuis un fûr critique ;
La même heure me voit joyeux , mélancholique ;
Ma tête eft , me dit- on , auffi dure qu'un roc :
Certain fçavant pourtant me compare à la cire ;
Son nom ? je n'en ſçais rien , mais je viens de le
lire.
Vous voyez que je fuis plus étourdi qu'un Coq.
Lecteur , fans doute tu dévines.
Maintenant fi tu me combines ,
Tu trouveras un Inftrument
Fort en honneur dans la Gréce & dans Rome ,
Ce qui foutient la tête d'un grand homme ,
Un continent entouré d'eau ,
Un animal , en France une riviere ,
Le nom d'une noble carriere ,
Ce qui reste au fond du tonneau ,
Le plus vieux de tous les Prophêtes ,
Un Inftrument que redoutent les bêtes
Qui vivent dans les bois : un métal précieux ,
Un bruit que la douleur excite ,
}
FEVRIER. 1745 . 161
Ou que fait quelqu'un qu'on irrite
Enfin ce qui fait voir ; peut-on ſe montrer mieux ?
A Mlle. A.
JE fuis jeune , badin , imprudent , inconftant
Un rien me met Cloris en colere & me pique ,
Mais je m'appaiſe au même inftant ;
De tout défaut je fuis un fûr critique ;
La même heure me voit joyeux , mélancholique ;
Ma tête eft , me dit- on , auffi dure qu'un roc :
Certain fçavant pourtant me compare à la cire ;
Son nom ? je n'en ſçais rien , mais je viens de le
lire.
Vous voyez que je fuis plus étourdi qu'un Coq.
Lecteur , fans doute tu dévines.
Maintenant fi tu me combines ,
Tu trouveras un Inftrument
Fort en honneur dans la Gréce & dans Rome ,
Ce qui foutient la tête d'un grand homme ,
Un continent entouré d'eau ,
Un animal , en France une riviere ,
Le nom d'une noble carriere ,
Ce qui reste au fond du tonneau ,
Le plus vieux de tous les Prophêtes ,
Un Inftrument que redoutent les bêtes
Qui vivent dans les bois : un métal précieux ,
Un bruit que la douleur excite ,
}
FEVRIER. 1745 . 161
Ou que fait quelqu'un qu'on irrite
Enfin ce qui fait voir ; peut-on ſe montrer mieux ?
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12198
p. 161
AUTRE.
Début :
Prenez mon Logogryphe en tout son composé ; [...]
Mots clefs :
Toison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Prenez mon Logogryphe en tout fon compofé ;
Jadis on me gardoit ; quiconque auroit ofé
Jufqu'à l'enlevement faire éclater fa gloire ,
N'étoit pas fûr de fa victoire.
Quelqu'un pourtant en vint à bout
Voilà que je fuis en mon tout .
Qu'en deux l'on me partage ,
Dans l'un c'eft un pronom , je fuis pour le Langage
Que l'on tient à l'inferieur ,
L'autre est pour un crieur ,
C'eft le produit de fa furie :
Ou bien c'eft la douce harmonie :
Ou bien encor c'eft le repas
D'un animal dont on fait peu de cas .
F. dA .
Prenez mon Logogryphe en tout fon compofé ;
Jadis on me gardoit ; quiconque auroit ofé
Jufqu'à l'enlevement faire éclater fa gloire ,
N'étoit pas fûr de fa victoire.
Quelqu'un pourtant en vint à bout
Voilà que je fuis en mon tout .
Qu'en deux l'on me partage ,
Dans l'un c'eft un pronom , je fuis pour le Langage
Que l'on tient à l'inferieur ,
L'autre est pour un crieur ,
C'eft le produit de fa furie :
Ou bien c'eft la douce harmonie :
Ou bien encor c'eft le repas
D'un animal dont on fait peu de cas .
F. dA .
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12199
p. 163-170
Suite des Réfléxions sur les Ballets.
Début :
Nous avons rapporté le témoignage de Lucien en faveur de la Danse, parce que [...]
Mots clefs :
Danse, Ballets, Danseur, Pantomime, Lucien, Anciens, Théâtre, Opéra, Fêtes, Comédie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Réfléxions sur les Ballets.
Suite des Réfléxions fur les Ballets.
Nous avons rapporté le témoignage de
Lucien en faveur de la Danfe , parce que
le fuffrage d'un Critique mérite plus de foi
que les amplifications fleuries des Panegiriftes.
Ce railleur impitoyable qui perfécutoit
fans ceffe les Philofophes & les Rhéteurs
Grecs les plus accrédités , & qui n'épargnoit
pas même les Dieux que la fçavante Athêne
adoroit, a fait très-férieuſement l'apologie
de la Danſe, condamnée par les faux la184
MERCURE DE FRANCE.
ges ; ( car les hypocrites font auffi anciens
que les Religions. ) Oui , Lucien nous traçant
la route que nous allons fuivre n'a pas
donné fon fentiment comme l'unique garand
du mérité de la Danſe . Il s'eft appuyé des
citations les plus impofantes , tant de fon
fiécle que de l'Antiquité la plus voifine de
la Création du monde. La Créte , la Phrygie
, les Phéaques , les Theffaliens , les Deliens
, les Indiens , les Ethiopiens , les Bithiniens
, les Tirrheniens , l'Egypte ou la
Fable de Prothée , doit fon origine * à un
excellent Danfeur dont le corps fouple & l'ef
prit ingenieux fçavoient tout contrefaire &
tout imiterfi adroitement qu'il fembloit devenir
ce qu'il imitoit , enfin l'auftere & vertueufe
Lacedémone lui fournit mille preuves
fon opinion , foutenue encore par l'autorité
d'Hefiode , d'Homere & du divin Platon .
Quelle idée n'avoit- on pas alors de la Danfe
? Nous allons laiffer parler Lucien ' luimême
, on croiroit que nous plaifanterions
fi nous ofions prendre fur notre compte ce
qu'il exige des Maîtres de cet Art . Je repréfenterai
, dit-il , les qualités que doit avoir un
bon Danfeur pour faire voir que fa profeffion
n'eft pas des plus faciles , car il faut que le
Pantomime on Danfeur de Ballets qui eft celui
dont j'entens parler,fcache plufieurs chofes, com-
* Luc. Apol, de la Danfe.
de
FEVRIER 1745. 165
me la Poëfie , la Géometrie , la Musique &
la Philofophie même , quoiqu'il n'ait pas
befoin
des Ergo de la Dialectique ; il faut qu'il
ait auffi le fecret d'exprimer les Paffions & les
Mouvemens de l'ime que la Rethorique enfeigne
, & qu'il emprunte de la Peinture & de
la Sculpture les diverfes Poftures & Contenan
ces , enforte qu'il ne le cede point à Phidias ni
à Appelle pour ce regard ; mais furtout il a
befoin de mémoire , car il faut que comme Calchas
il fache le passé , le préfent & l'avenir
& qu'il les ait toujourspréfens dans fon efprit
pour les pouvoir repréfenter dans l'occafion.
Mais il doit fçavoir particulierement expliquer
les conceptions de l'Ame & découvrir fes
Sentimens par les geftes & les mouvemens du
corps ; enfin il doit avoir ce que Thucidide attribue
à Pericles , le fecret de voir par tout ce
qui convient.
Enfuite il fait une longue énumeration
de tous les Tableaux que l'excellent Pantomime
doit fçavoir peindre , & ce détail
embraffe tous les évenemens rapportés par
l'Hiftoire où inventés par la Fable.
Nous croyons que c'eft ici l'occafion de
détruire une erreur moderne généralement
répandue non-feulement dans le Public qui
fouvent ne connoît pas les principes des
plaifirs qu'il goute , mais qui eft encore
1.66 MERCURE DE FRANCE.
plus enracinée dans la tête des Maîtres de
Danfe. Ils n'entendent tous ordinairement
par le mot de Pantomime qu'un danfeur Comique
digne feulement de n'exercer ſes talens
qu'aux Spectacles de la Foire ; ils fe figurent
que toute la ſcienſe doit être bornée au genre
badin & même burleſque . Les Pantomimes
eux-mêmes , du moins ceux que nous avons
ûs fur nos Théatres partagent cette injufte
erreur avec les danfeurs férieux qui les méprifent.
Ils ne connoiffent pas leurs droits &
fe reftraignent à un grotefque bas & rifible
que l'ignorance prefque univerfelle leur affigne.
Que les uns & les autres apprennent
que la Danfe Pantomime renferme tous les
differens caracteres Comiques & Tragiques ,
imaginés & imaginables, que le danfeur Pantomime
, c'eft- à- dire , le parfait danfeur
fuivant la définition des Sçavans de tous les
fiecles, doit être noble & ferieux dans les
Ballets Heroïques , galand & naif dans les
Paftorales , terrible & furieux dans les entrées
de Demons. Enfin que tout bon danfeur
doit être Pantomime fur le Théatre , &
que tout Baller doit être un Tableau expreffif
& changeant où l'on reconnoiffe les
perfonnages repréſentés par leurs habillemens,
leurs cocffures , leurs attitudes & leurs
geftes. Nos Ballets de l'Opera manquent
Louvent de toutes ces marques diftinctives 8
>
FEVRIER $ 745 , 169
sh y voit des Matelots fans rames ; des Bergeres
coëffées en femmes de la Cour & des
Magiciennes en Bavolet ; cependant la Danſe
qui eft muette a befoin pour fe faire entendre
du fecours des fymboles & des ornemens . Si
Jupiter danfoit , il devroit danfer avec fon
foudre , & Mercure avec fon Caducée.
Qu'on ne fe figure pas que ces réflexions
n'appartiennent qu'au fiécle d'Homere, quoiqu'elles
foient plus anciennes que l'enlevement
d'Hélene , & que le long fiége de
Troye,qu'on ne croye pas qu'elles ne foient
approuvées que par Lucien & par la foule
étonnante des Auteurs qu'il a cités . Nous
avons des autorités récentes qui préconiſent
laDanfe Pantomime & qui n'admettent qu'elle
fur le Théatre où l'on doit toujours voir ,
comme le dit Athenée dans fes Entretiens
que le Ballet eft une imitation fidelle des chofes
que l'on dit& que l'onfait,
Nous avons omis ce qui honore le plus la
Danfe ; on nous permettra de le placer ici.
Nous n'avons pas promis un difcours fcrupuleufement
arrangé , qu'on ne nous faffe
donc point de procès fur les défauts de liaifon.
Nous ne fommes comptables que de'
la jufteffe des idées & non pas deleur ordre.
Voici la plus grande cauſe de ſurpriſe
pour les Amateurs & même les Profeffeurs
de la Danfe , c'eft que cet exercice regardé
à prefent comme une occupation frivole
68 MERCURE DE FRANCE. '
de la jeuneffe légere & diffipée , doit fon
origine à la Religion . * Nous foupçonnons
bien d'illuftres Danfeurs de ne pas fçavoir
la génealogie de leur Art & de n'en avoir
jamais feuilleté les Titres. ) Les Juifs à qui
Dieu donna lui -même les Loix & les Cerémonie
qu'ils obferverent , l'introduisirent dans
leurs Fêtes & les Payens après eux la confacrerent
à leurs Dieux.
Ainfi donc la Danfe eft non feulement
célebre par les Fêtes de la Politique , mais
encore par celles de la Religion . Nous n'accumulerons
point ici tous les paffages de
l'Ecriture & des Peres de l'Eglife qui confirment
cette Propofition . On peut verifier
cette immenfe multitude de Collections qui
font l'Eloge de la Danfe dans le Traité des
Ballets anciens & modernes felon les Regles du
Theatre.Compofé par le R. P.Menetrier, Sçayant
Jefuite, & dedié à M. le Duc d'Aumont,
Nous nous contenterons de nommer David
le Prophête Royal , qui danfa devant
l'Arche quand on la portoit de la maiſon
d'Obédedon en Bethićem.
Ce n'eft pas pour trancher des Erudits
que nous avons entaffé tant de doctes Citations.
C'eſt pour montrer que nous ne
rifquons pas des Opinions nouvelles & que
notre fentiment eſt foutenu par celui des
Des Ballets anciens & modernes
Sages
FEVRIER 1745 169
Sages de la Grece . Nous fçavons que bien.
des Lecteurs déferent plus à la célébrité
des noms qu'à la force des raifons , & que
tel qui réfifte opiniatrément à l'évidence fe
rend dès qu'on lui allegue' Ciceron ; fi
c'eft un opiniatre qui n'eftime pas les Anciens
, il faut lui opofer Defcartes & encore
mieux Newton. Nous efperons fondés fur
cette connoiffance exacte du pouvoir immenfe
des préjugés , qu'on ne nous regardera
pas comme l'intimé de la Comedie
des Plaideurs , qui remonte à la Création
du Monde pour tomber fur un chien
qui a dérobé un chapon. On ne nous mettra
pas auffi dans la Claffe de cet Herille
que peint le Moralifte la Bruiere parmi fes
excellens Portraits , de cet Herille qui fait dire
an Prince des Philofophes que l'eau l'enyvre ,
& à l'Orateur Romain que l'eau le tempere.
Les Comediens François ont interrompu
les repréſentations de Mahomet II. Les
fêtes préparées pour Verfailles les occupent
trop pour leur permettre de donner inceffamment
une Comedie en cinq Actes de
M. de Boiffi , dont ils ont pourtant déja
commencé les Répétitions .
On a continué à la Comédie Italienne le Siege
de Grenade & ony a ajouté Arlequin Thefee,
Parodie nouvelle de la Tragedie de Thefée,
qui a été repréſentée pour la premiere-
H
170 MERCURE DE FRANCE.
fois le Samedi trente Janvier. C'eft une imitation
comique & fuivie des principales Scenes
de l'Opera; il y a des Vaudevilles heureufement
appliqués ; en voici un échantillon
dans le dénouement, lorfque le Roi d'Athêne
reconnoit fon fils par fon Epée.
EGEE A EGLE',
Oui je reconnois cette lame
Voilà la marque fur mon ame
Que ce cher Enfant doit avoir .
Quel bonheur imprévu , Madame !
Ici pour aider mon pouvoir ,
J'avois un fils grace à ma femme ,
Sans le fçavoir,
Les Ballets font naifs , ingénieux & parodiés
de ceux de l'Opéra,
Nous avons rapporté le témoignage de
Lucien en faveur de la Danfe , parce que
le fuffrage d'un Critique mérite plus de foi
que les amplifications fleuries des Panegiriftes.
Ce railleur impitoyable qui perfécutoit
fans ceffe les Philofophes & les Rhéteurs
Grecs les plus accrédités , & qui n'épargnoit
pas même les Dieux que la fçavante Athêne
adoroit, a fait très-férieuſement l'apologie
de la Danſe, condamnée par les faux la184
MERCURE DE FRANCE.
ges ; ( car les hypocrites font auffi anciens
que les Religions. ) Oui , Lucien nous traçant
la route que nous allons fuivre n'a pas
donné fon fentiment comme l'unique garand
du mérité de la Danſe . Il s'eft appuyé des
citations les plus impofantes , tant de fon
fiécle que de l'Antiquité la plus voifine de
la Création du monde. La Créte , la Phrygie
, les Phéaques , les Theffaliens , les Deliens
, les Indiens , les Ethiopiens , les Bithiniens
, les Tirrheniens , l'Egypte ou la
Fable de Prothée , doit fon origine * à un
excellent Danfeur dont le corps fouple & l'ef
prit ingenieux fçavoient tout contrefaire &
tout imiterfi adroitement qu'il fembloit devenir
ce qu'il imitoit , enfin l'auftere & vertueufe
Lacedémone lui fournit mille preuves
fon opinion , foutenue encore par l'autorité
d'Hefiode , d'Homere & du divin Platon .
Quelle idée n'avoit- on pas alors de la Danfe
? Nous allons laiffer parler Lucien ' luimême
, on croiroit que nous plaifanterions
fi nous ofions prendre fur notre compte ce
qu'il exige des Maîtres de cet Art . Je repréfenterai
, dit-il , les qualités que doit avoir un
bon Danfeur pour faire voir que fa profeffion
n'eft pas des plus faciles , car il faut que le
Pantomime on Danfeur de Ballets qui eft celui
dont j'entens parler,fcache plufieurs chofes, com-
* Luc. Apol, de la Danfe.
de
FEVRIER 1745. 165
me la Poëfie , la Géometrie , la Musique &
la Philofophie même , quoiqu'il n'ait pas
befoin
des Ergo de la Dialectique ; il faut qu'il
ait auffi le fecret d'exprimer les Paffions & les
Mouvemens de l'ime que la Rethorique enfeigne
, & qu'il emprunte de la Peinture & de
la Sculpture les diverfes Poftures & Contenan
ces , enforte qu'il ne le cede point à Phidias ni
à Appelle pour ce regard ; mais furtout il a
befoin de mémoire , car il faut que comme Calchas
il fache le passé , le préfent & l'avenir
& qu'il les ait toujourspréfens dans fon efprit
pour les pouvoir repréfenter dans l'occafion.
Mais il doit fçavoir particulierement expliquer
les conceptions de l'Ame & découvrir fes
Sentimens par les geftes & les mouvemens du
corps ; enfin il doit avoir ce que Thucidide attribue
à Pericles , le fecret de voir par tout ce
qui convient.
Enfuite il fait une longue énumeration
de tous les Tableaux que l'excellent Pantomime
doit fçavoir peindre , & ce détail
embraffe tous les évenemens rapportés par
l'Hiftoire où inventés par la Fable.
Nous croyons que c'eft ici l'occafion de
détruire une erreur moderne généralement
répandue non-feulement dans le Public qui
fouvent ne connoît pas les principes des
plaifirs qu'il goute , mais qui eft encore
1.66 MERCURE DE FRANCE.
plus enracinée dans la tête des Maîtres de
Danfe. Ils n'entendent tous ordinairement
par le mot de Pantomime qu'un danfeur Comique
digne feulement de n'exercer ſes talens
qu'aux Spectacles de la Foire ; ils fe figurent
que toute la ſcienſe doit être bornée au genre
badin & même burleſque . Les Pantomimes
eux-mêmes , du moins ceux que nous avons
ûs fur nos Théatres partagent cette injufte
erreur avec les danfeurs férieux qui les méprifent.
Ils ne connoiffent pas leurs droits &
fe reftraignent à un grotefque bas & rifible
que l'ignorance prefque univerfelle leur affigne.
Que les uns & les autres apprennent
que la Danfe Pantomime renferme tous les
differens caracteres Comiques & Tragiques ,
imaginés & imaginables, que le danfeur Pantomime
, c'eft- à- dire , le parfait danfeur
fuivant la définition des Sçavans de tous les
fiecles, doit être noble & ferieux dans les
Ballets Heroïques , galand & naif dans les
Paftorales , terrible & furieux dans les entrées
de Demons. Enfin que tout bon danfeur
doit être Pantomime fur le Théatre , &
que tout Baller doit être un Tableau expreffif
& changeant où l'on reconnoiffe les
perfonnages repréſentés par leurs habillemens,
leurs cocffures , leurs attitudes & leurs
geftes. Nos Ballets de l'Opera manquent
Louvent de toutes ces marques diftinctives 8
>
FEVRIER $ 745 , 169
sh y voit des Matelots fans rames ; des Bergeres
coëffées en femmes de la Cour & des
Magiciennes en Bavolet ; cependant la Danſe
qui eft muette a befoin pour fe faire entendre
du fecours des fymboles & des ornemens . Si
Jupiter danfoit , il devroit danfer avec fon
foudre , & Mercure avec fon Caducée.
Qu'on ne fe figure pas que ces réflexions
n'appartiennent qu'au fiécle d'Homere, quoiqu'elles
foient plus anciennes que l'enlevement
d'Hélene , & que le long fiége de
Troye,qu'on ne croye pas qu'elles ne foient
approuvées que par Lucien & par la foule
étonnante des Auteurs qu'il a cités . Nous
avons des autorités récentes qui préconiſent
laDanfe Pantomime & qui n'admettent qu'elle
fur le Théatre où l'on doit toujours voir ,
comme le dit Athenée dans fes Entretiens
que le Ballet eft une imitation fidelle des chofes
que l'on dit& que l'onfait,
Nous avons omis ce qui honore le plus la
Danfe ; on nous permettra de le placer ici.
Nous n'avons pas promis un difcours fcrupuleufement
arrangé , qu'on ne nous faffe
donc point de procès fur les défauts de liaifon.
Nous ne fommes comptables que de'
la jufteffe des idées & non pas deleur ordre.
Voici la plus grande cauſe de ſurpriſe
pour les Amateurs & même les Profeffeurs
de la Danfe , c'eft que cet exercice regardé
à prefent comme une occupation frivole
68 MERCURE DE FRANCE. '
de la jeuneffe légere & diffipée , doit fon
origine à la Religion . * Nous foupçonnons
bien d'illuftres Danfeurs de ne pas fçavoir
la génealogie de leur Art & de n'en avoir
jamais feuilleté les Titres. ) Les Juifs à qui
Dieu donna lui -même les Loix & les Cerémonie
qu'ils obferverent , l'introduisirent dans
leurs Fêtes & les Payens après eux la confacrerent
à leurs Dieux.
Ainfi donc la Danfe eft non feulement
célebre par les Fêtes de la Politique , mais
encore par celles de la Religion . Nous n'accumulerons
point ici tous les paffages de
l'Ecriture & des Peres de l'Eglife qui confirment
cette Propofition . On peut verifier
cette immenfe multitude de Collections qui
font l'Eloge de la Danfe dans le Traité des
Ballets anciens & modernes felon les Regles du
Theatre.Compofé par le R. P.Menetrier, Sçayant
Jefuite, & dedié à M. le Duc d'Aumont,
Nous nous contenterons de nommer David
le Prophête Royal , qui danfa devant
l'Arche quand on la portoit de la maiſon
d'Obédedon en Bethićem.
Ce n'eft pas pour trancher des Erudits
que nous avons entaffé tant de doctes Citations.
C'eſt pour montrer que nous ne
rifquons pas des Opinions nouvelles & que
notre fentiment eſt foutenu par celui des
Des Ballets anciens & modernes
Sages
FEVRIER 1745 169
Sages de la Grece . Nous fçavons que bien.
des Lecteurs déferent plus à la célébrité
des noms qu'à la force des raifons , & que
tel qui réfifte opiniatrément à l'évidence fe
rend dès qu'on lui allegue' Ciceron ; fi
c'eft un opiniatre qui n'eftime pas les Anciens
, il faut lui opofer Defcartes & encore
mieux Newton. Nous efperons fondés fur
cette connoiffance exacte du pouvoir immenfe
des préjugés , qu'on ne nous regardera
pas comme l'intimé de la Comedie
des Plaideurs , qui remonte à la Création
du Monde pour tomber fur un chien
qui a dérobé un chapon. On ne nous mettra
pas auffi dans la Claffe de cet Herille
que peint le Moralifte la Bruiere parmi fes
excellens Portraits , de cet Herille qui fait dire
an Prince des Philofophes que l'eau l'enyvre ,
& à l'Orateur Romain que l'eau le tempere.
Les Comediens François ont interrompu
les repréſentations de Mahomet II. Les
fêtes préparées pour Verfailles les occupent
trop pour leur permettre de donner inceffamment
une Comedie en cinq Actes de
M. de Boiffi , dont ils ont pourtant déja
commencé les Répétitions .
On a continué à la Comédie Italienne le Siege
de Grenade & ony a ajouté Arlequin Thefee,
Parodie nouvelle de la Tragedie de Thefée,
qui a été repréſentée pour la premiere-
H
170 MERCURE DE FRANCE.
fois le Samedi trente Janvier. C'eft une imitation
comique & fuivie des principales Scenes
de l'Opera; il y a des Vaudevilles heureufement
appliqués ; en voici un échantillon
dans le dénouement, lorfque le Roi d'Athêne
reconnoit fon fils par fon Epée.
EGEE A EGLE',
Oui je reconnois cette lame
Voilà la marque fur mon ame
Que ce cher Enfant doit avoir .
Quel bonheur imprévu , Madame !
Ici pour aider mon pouvoir ,
J'avois un fils grace à ma femme ,
Sans le fçavoir,
Les Ballets font naifs , ingénieux & parodiés
de ceux de l'Opéra,
Fermer
Résumé : Suite des Réfléxions sur les Ballets.
Le texte 'Suite des Réflexions sur les Ballets' met en avant la danse comme une activité noble et complexe, soutenue par le critique respecté Lucien. Lucien souligne l'importance de la danse en se référant à diverses cultures antiques telles que la Crète, la Phrygie et l'Égypte. Il insiste sur les compétences nécessaires à un bon danseur, incluant la poésie, la géométrie, la musique, la philosophie et l'expression des passions. Le texte critique la tendance moderne à réduire la pantomime à un rôle comique, affirmant qu'elle doit intégrer des caractères tant comiques que tragiques. Il regrette que les ballets de l'Opéra manquent souvent de distinctions essentielles et appelle à une meilleure utilisation des symboles pour rendre la danse plus expressive. La danse est décrite comme ayant des origines religieuses, introduite par les Juifs lors de leurs fêtes et adoptée par les païens. Elle est célébrée dans les fêtes politiques et religieuses, comme en témoigne le prophète David dansant devant l'Arche. Cette vision est appuyée par des sages grecs et des érudits modernes comme Descartes et Newton. Le texte mentionne également des événements récents dans le monde du théâtre, tels que l'interruption de la pièce 'Mahomet II' et la préparation de fêtes à Versailles. À la Comédie Italienne, la représentation de 'Le Siège de Grenade' a été poursuivie et une nouvelle parodie, 'Arlequin Théée', a été jouée le 30 janvier, imitant comiquement l'opéra 'Théée'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
12200
p. 152-158
ODE à la louange du Roi Héros de la paix & de la guerre.
Début :
MUSES, dont les voix immortelles [...]
Mots clefs :
Roi, Héros, Gloire, Grand, Vertu, Rois, Louis, Thémis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE à la louange du Roi Héros de la paix & de la guerre.
ODE à la louange du Roi Héros de la paix & de
la guerre.
M
USES , dont les voix immortelles
Confacrent les faftes des Rois ,
Chéris de leurs peuples fidéles
Pour leurs vertus & pour leurs loix
Donnez - moi votre ton fublime
Pour chanter le plus magnanime ,
Le plus jufte des Souverains ,
Que pour rendre heureux les humains.
Qui chéri d'un peuple qu'il aime ,
N'ufe de fon pouvoir fuprême
Quel beau Spectacle ! le Permeffe
S'offre à mes regards éblouis ;
Mais quoi ! tout l'Olympe s'empreffe
D'y defcendre au nom de Louis.
En vain les filles de Mémoire
Comptent d'avoir feules la gloire
D'immortalifer ce grand Roi ;
Charmé de fa vertu ſuprême ,
Le plus puiffant des Dieux lui -même
Veut partager ce noble emploi..
Viens , m'a dit la troupe immortelle ,
FEVRIER 1745 153
Viens apprendre dans nos concerts
Comme on doit chanter le modele
Des arbitres de l'Univers.
J'approche . .... que d'art ! de nobleffe !
Minerve exaltoit fa ſageffe ,
Thémis louoit fon équité ,
Jupiter vantoit fa clémence ,
Appollon fon intelligence
Et Mars fon intrépidité.
Plein, de leur divine harmonie ,
Sur les monts chéris de neuf fours
Je vais conduit par mon génie
Voir s'il eft encore des fleurs ,
Mais déja ma Lyre réfonne ,
Ma voix s'éleve jufqu'au Trône ,
Quel digne objet pour mes chanfons ,
Qu'un Monarque dont la jeuneffe
Inftruit & furprend la vieilleffe
Par la grandeur de fes leçons !
Prince , en qui revit pour la France
De Rome l'immortel Titus ,
Jette un regard de complaifance
Sur ce tableau de tes vertus.
Vous , qui vivez fous fon Empire ,
Peuples , apprenez de ma Lyre
A connoître votre bonheur ;
Gv
154 MERCURE DE FRANCE
Sachez que ce Héros préfere
La gloire d'être votre pere
A celle du plus grand vainqueur
Tout l'éclat dont brille la guerré
N'a rien qui féduiſe ſes yeux ;
Il fait que les Rois fur la terre
Doivent repréſenter les Dieux.
Vertumne , Cérès & Pomone
Ne redoutent plus de Bellone
Les ravages , les cruautés ,
Et les Nochers vainqueurs des ondes
Sans crainte peuvent des deux mondes
Réunir les Tréfors vantés.
Loin ambition criminelle
Avide d'un fanglant laurier !
La raiſon n'admire que celle
Qui lui préfere l'Olivier.
Un Roi , qui ne porte la foudre
Que pour réduire tout en poudre ,
N'eft jamais qu'un monftre inhumain,
Celui qui met dans la balance
Ce qu'il fait & ce qu'il difpenfe ,
Eft feul l'homme & le fouverain .
Rois , votre premiere conquête
Doit toujours être votre coeur ;
FEVRIER 1745 . 155
C'eft la route qui mene au faîte
De la véritable grandeur ;
Comme Louis marchez fans ceffe
Dans le fentier de la fageffe
De vos pareils trop peu battu ,
Vos cours fous fon heureux aufpice
Deviendront le tombeau du vice
Et le Temple de la vertu .
Amant des Arts & des Sciences
11 leur donne un nouvel éclat..
L'attrait des juftes récompenſes
D'hommes fameux peuple l'Etat.
Chaque talent trouve fon * Temple
Où par lui-même & par l'exemple
Il atteint la perfection .
Tout s'approfondit , fe découvre.
Le fein de la nature s'ouvre
Aux yeux de l'émulation .
Où fuis-je ? quel lieu reſpectable !
Du deftin tout y fuit la Loi ;
Dans l'avenir im pénétrable
Sous quels traits m'offre-t-il mon Roi ?
Ciel ! quelle brillante carriere
Tracent à fa vertu guerriere
De concert Thémis & Pallas !
Précédé par la fage gloire
* Les Académies . G vj
156 MERCURE DE FRANCE,
Il y vole avec la victoire ;
Tremblez injuftes potentats.
Quels rugiffemens effroyables !
Tu frémis , orgueilleux Lion ,
De voir des exploits incroyables ,
En un mois un triple Ilion .
Menin , Ypres , Furnes en cendre
A tes Maîtres doivent apprendre
Que le Héros qui t'a foumis
Reçût la redoutable épée
Que dans ton fang il a trempée
De la main même de Thémis .
Ame & chef d'une ligue altiere ,
Qu'anime & guide la fureur ,
Charles recule fa frontiere ,
Et répand le trouble & l'horreur,
Mais tel que le Dieu du Tonnere ,
Quand aux fiers enfans de la Terre
11 fit reffentir fon courroux ,
Couronné de lauriers Belgiques
Louis , fur les bords germaniques.
Va lui porter de nouveaux coups.
Il s'avance ; la palme eft prête.
Quel revers ! de l'affreufe mort
Un miniftre cruel l'arrête.
FEVRIER. 1745. 157
La France déplore fon fort ;
» Grand Dieu ! dit- elle en fes allarmes ,
» Sauve pour l'honneur de mes armes ,
» Pour ma gloire & pour mon bonheur ,
» Un Roi ta plus parfaite image ,
» Moins flaté de fon apanage
» Que de l'empire de mon coeur.
Le Ciel touché de ſa priere
Rend ce Héros à fon amour ;
Il parle , il entend ; fa paupiere
Se rouvre à la clarté du jour.
Soudain la douleur , la trifteile
Par-tout font place à l'allegreffe ;
Pour un Roi , quels flateurs objets !
Quifait que les forces des Princes
Sont moins le nombre des Provinces
Que les fentiments des fujets !
Ainfi , quand un orage gronde',
Et que fa noire opacité
Eclipfe le flambeau du monde ,
Tout languit , tout eſt attriſté ;
Reparoit-il en fon langage
Chaque être lui rend un hommage ,
Charmé de revoir fes attraits ,
Et cet Aftre , qui les ranime ,
Dans ce que leur tendreffe exprime
18 MERCURE DE FRANCE
Trouve le prix de fes bienfaits.
Fribourg , ta conquête pénible
De fa fanté fera le fruit ;
C'en est fait ; fa foudre terrible
Part , vole , éclate & te détruit.
Sur fon Egide éblouiffante
Cette devife intéreffante
Au loin frappe tous les regards ;
MON BRASNE LANCÈLETONNERRI
QUE POUR EXILER DE LA TERRE
A JAMAIS LA DISCORDE ET MAR S.
Des Bourbons la tige féconde
Etend fes branches , fes rameaux ;
Un jour ils couvriront le monde ;
Mortels , que ces tems feront beaux !
Mais je reviens de mon délire ;
Qu'ai-je prédit ! qu'ai-je ofé dire !
Grand Roi , pardonne à mes effais ;
Ils n'ont fait qu'ébaucher l'image
De ta vertu , de ton courage
Et de son amour pour la Paix .
Par M. de S. Roman de Monrpellier
la guerre.
M
USES , dont les voix immortelles
Confacrent les faftes des Rois ,
Chéris de leurs peuples fidéles
Pour leurs vertus & pour leurs loix
Donnez - moi votre ton fublime
Pour chanter le plus magnanime ,
Le plus jufte des Souverains ,
Que pour rendre heureux les humains.
Qui chéri d'un peuple qu'il aime ,
N'ufe de fon pouvoir fuprême
Quel beau Spectacle ! le Permeffe
S'offre à mes regards éblouis ;
Mais quoi ! tout l'Olympe s'empreffe
D'y defcendre au nom de Louis.
En vain les filles de Mémoire
Comptent d'avoir feules la gloire
D'immortalifer ce grand Roi ;
Charmé de fa vertu ſuprême ,
Le plus puiffant des Dieux lui -même
Veut partager ce noble emploi..
Viens , m'a dit la troupe immortelle ,
FEVRIER 1745 153
Viens apprendre dans nos concerts
Comme on doit chanter le modele
Des arbitres de l'Univers.
J'approche . .... que d'art ! de nobleffe !
Minerve exaltoit fa ſageffe ,
Thémis louoit fon équité ,
Jupiter vantoit fa clémence ,
Appollon fon intelligence
Et Mars fon intrépidité.
Plein, de leur divine harmonie ,
Sur les monts chéris de neuf fours
Je vais conduit par mon génie
Voir s'il eft encore des fleurs ,
Mais déja ma Lyre réfonne ,
Ma voix s'éleve jufqu'au Trône ,
Quel digne objet pour mes chanfons ,
Qu'un Monarque dont la jeuneffe
Inftruit & furprend la vieilleffe
Par la grandeur de fes leçons !
Prince , en qui revit pour la France
De Rome l'immortel Titus ,
Jette un regard de complaifance
Sur ce tableau de tes vertus.
Vous , qui vivez fous fon Empire ,
Peuples , apprenez de ma Lyre
A connoître votre bonheur ;
Gv
154 MERCURE DE FRANCE
Sachez que ce Héros préfere
La gloire d'être votre pere
A celle du plus grand vainqueur
Tout l'éclat dont brille la guerré
N'a rien qui féduiſe ſes yeux ;
Il fait que les Rois fur la terre
Doivent repréſenter les Dieux.
Vertumne , Cérès & Pomone
Ne redoutent plus de Bellone
Les ravages , les cruautés ,
Et les Nochers vainqueurs des ondes
Sans crainte peuvent des deux mondes
Réunir les Tréfors vantés.
Loin ambition criminelle
Avide d'un fanglant laurier !
La raiſon n'admire que celle
Qui lui préfere l'Olivier.
Un Roi , qui ne porte la foudre
Que pour réduire tout en poudre ,
N'eft jamais qu'un monftre inhumain,
Celui qui met dans la balance
Ce qu'il fait & ce qu'il difpenfe ,
Eft feul l'homme & le fouverain .
Rois , votre premiere conquête
Doit toujours être votre coeur ;
FEVRIER 1745 . 155
C'eft la route qui mene au faîte
De la véritable grandeur ;
Comme Louis marchez fans ceffe
Dans le fentier de la fageffe
De vos pareils trop peu battu ,
Vos cours fous fon heureux aufpice
Deviendront le tombeau du vice
Et le Temple de la vertu .
Amant des Arts & des Sciences
11 leur donne un nouvel éclat..
L'attrait des juftes récompenſes
D'hommes fameux peuple l'Etat.
Chaque talent trouve fon * Temple
Où par lui-même & par l'exemple
Il atteint la perfection .
Tout s'approfondit , fe découvre.
Le fein de la nature s'ouvre
Aux yeux de l'émulation .
Où fuis-je ? quel lieu reſpectable !
Du deftin tout y fuit la Loi ;
Dans l'avenir im pénétrable
Sous quels traits m'offre-t-il mon Roi ?
Ciel ! quelle brillante carriere
Tracent à fa vertu guerriere
De concert Thémis & Pallas !
Précédé par la fage gloire
* Les Académies . G vj
156 MERCURE DE FRANCE,
Il y vole avec la victoire ;
Tremblez injuftes potentats.
Quels rugiffemens effroyables !
Tu frémis , orgueilleux Lion ,
De voir des exploits incroyables ,
En un mois un triple Ilion .
Menin , Ypres , Furnes en cendre
A tes Maîtres doivent apprendre
Que le Héros qui t'a foumis
Reçût la redoutable épée
Que dans ton fang il a trempée
De la main même de Thémis .
Ame & chef d'une ligue altiere ,
Qu'anime & guide la fureur ,
Charles recule fa frontiere ,
Et répand le trouble & l'horreur,
Mais tel que le Dieu du Tonnere ,
Quand aux fiers enfans de la Terre
11 fit reffentir fon courroux ,
Couronné de lauriers Belgiques
Louis , fur les bords germaniques.
Va lui porter de nouveaux coups.
Il s'avance ; la palme eft prête.
Quel revers ! de l'affreufe mort
Un miniftre cruel l'arrête.
FEVRIER. 1745. 157
La France déplore fon fort ;
» Grand Dieu ! dit- elle en fes allarmes ,
» Sauve pour l'honneur de mes armes ,
» Pour ma gloire & pour mon bonheur ,
» Un Roi ta plus parfaite image ,
» Moins flaté de fon apanage
» Que de l'empire de mon coeur.
Le Ciel touché de ſa priere
Rend ce Héros à fon amour ;
Il parle , il entend ; fa paupiere
Se rouvre à la clarté du jour.
Soudain la douleur , la trifteile
Par-tout font place à l'allegreffe ;
Pour un Roi , quels flateurs objets !
Quifait que les forces des Princes
Sont moins le nombre des Provinces
Que les fentiments des fujets !
Ainfi , quand un orage gronde',
Et que fa noire opacité
Eclipfe le flambeau du monde ,
Tout languit , tout eſt attriſté ;
Reparoit-il en fon langage
Chaque être lui rend un hommage ,
Charmé de revoir fes attraits ,
Et cet Aftre , qui les ranime ,
Dans ce que leur tendreffe exprime
18 MERCURE DE FRANCE
Trouve le prix de fes bienfaits.
Fribourg , ta conquête pénible
De fa fanté fera le fruit ;
C'en est fait ; fa foudre terrible
Part , vole , éclate & te détruit.
Sur fon Egide éblouiffante
Cette devife intéreffante
Au loin frappe tous les regards ;
MON BRASNE LANCÈLETONNERRI
QUE POUR EXILER DE LA TERRE
A JAMAIS LA DISCORDE ET MAR S.
Des Bourbons la tige féconde
Etend fes branches , fes rameaux ;
Un jour ils couvriront le monde ;
Mortels , que ces tems feront beaux !
Mais je reviens de mon délire ;
Qu'ai-je prédit ! qu'ai-je ofé dire !
Grand Roi , pardonne à mes effais ;
Ils n'ont fait qu'ébaucher l'image
De ta vertu , de ton courage
Et de son amour pour la Paix .
Par M. de S. Roman de Monrpellier
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Résumé : ODE à la louange du Roi Héros de la paix & de la guerre.
L'ode célèbre les vertus et les actions d'un roi, invoquant les Muses pour chanter ses louanges. Le souverain est décrit comme le plus magnanime et juste des rois, aimé de son peuple et utilisant son pouvoir pour le bien-être des humains. Les dieux de l'Olympe, tels que Minerve, Thémis, Jupiter, Apollon et Mars, louent respectivement sa sagesse, son équité, sa clémence, son intelligence et son intrépidité. Le roi est comparé à l'empereur romain Titus pour son impact positif sur la France. Il privilégie la paix à la guerre, et son règne est marqué par la justice et la vertu. Il soutient les arts et les sciences, encourageant les talents et la perfection. Le texte mentionne plusieurs victoires militaires, notamment à Menin, Ypres et Furnes, ainsi que la résistance contre des ennemis comme Charles. La France pleure la blessure du roi lors d'une bataille, mais il guérit et continue à gouverner avec sagesse. La conquête de Fribourg est également soulignée, mettant en avant la puissance et la justice du roi. L'ode se conclut par une prédiction de prospérité future sous le règne des Bourbons, tout en reconnaissant que les louanges offertes ne font qu'esquisser les véritables mérites du roi.
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