Auteur du texte (12)
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Auteur probable (2)
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Détail
Liste
Résultats : 12 texte(s)
1
p. 86-90
ODE ANACREONTIQUE. Par Mr Roy. Réception d'une nouvelle Muse.
Début :
Jusqu'à quand verrons-nous par neuf Filles ridées [...]
Mots clefs :
Amour, Muses
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texteReconnaissance textuelle : ODE ANACREONTIQUE. Par Mr Roy. Réception d'une nouvelle Muse.
ODE
ANACREONTIVE
Par Mr Roy.
Reception d'une nouvelle
Mule.
lulqUaquand verrons.
nous par neuf Filles
ridées
Le doublesommet habité
Avec de tels objetsoù
prendre des idées
D'agrément & de noUr
rveautc.
-W.
JMuJesj qui dans nos
Vers laiffezj couler la
g_ace
Maigre noflreétude
nosJoins
Lorsque d'un feu si heau
'Vous enjlamieZj,Horace
Vous avieZ deux mille
ans de moins.
Arvôtre âge tified bien dô
parlerdel'Hifloire
De ïAffyrie & deJes
Roiss
Mais laijjezj-la l'Amour:
pourcelebrerfa
gloire
Ce Dieu veutdeplusjeunes
VOIX.
Quoy, nous redirieZj*vou$
desfleurettes contées
Dutemps a'Helene&de
Pâris
Ah! ces fades douceurs
des Sçavansrefpeëtées
LeJeroient peu de nos
Iris.
C'a, veut - on dans nos
Vers ressusciter les Graces3
Conjultons L'Enfant de
PafJhos
Deles anitiques Soeurs
Phebusremplit lesplaces
Parautant dejeunesSaphos.
B;
Le choix estimportant,
quAmour tâche À le
faire.,
Ne prene que de tendres
coeurs
Des appas quonpourroit
adorera Cythere
Charmans mais modestes
vatnqueurs.
H
Qui choisis-tu d'abord?
ClinJeneJah
9 tu men.
chantes
Par l'hommage que tu
luy rends
Je nefuisinquiet que des
huit prétendantes
Qui doivent entrer fùr
les rangs.
ANACREONTIVE
Par Mr Roy.
Reception d'une nouvelle
Mule.
lulqUaquand verrons.
nous par neuf Filles
ridées
Le doublesommet habité
Avec de tels objetsoù
prendre des idées
D'agrément & de noUr
rveautc.
-W.
JMuJesj qui dans nos
Vers laiffezj couler la
g_ace
Maigre noflreétude
nosJoins
Lorsque d'un feu si heau
'Vous enjlamieZj,Horace
Vous avieZ deux mille
ans de moins.
Arvôtre âge tified bien dô
parlerdel'Hifloire
De ïAffyrie & deJes
Roiss
Mais laijjezj-la l'Amour:
pourcelebrerfa
gloire
Ce Dieu veutdeplusjeunes
VOIX.
Quoy, nous redirieZj*vou$
desfleurettes contées
Dutemps a'Helene&de
Pâris
Ah! ces fades douceurs
des Sçavansrefpeëtées
LeJeroient peu de nos
Iris.
C'a, veut - on dans nos
Vers ressusciter les Graces3
Conjultons L'Enfant de
PafJhos
Deles anitiques Soeurs
Phebusremplit lesplaces
Parautant dejeunesSaphos.
B;
Le choix estimportant,
quAmour tâche À le
faire.,
Ne prene que de tendres
coeurs
Des appas quonpourroit
adorera Cythere
Charmans mais modestes
vatnqueurs.
H
Qui choisis-tu d'abord?
ClinJeneJah
9 tu men.
chantes
Par l'hommage que tu
luy rends
Je nefuisinquiet que des
huit prétendantes
Qui doivent entrer fùr
les rangs.
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Résumé : ODE ANACREONTIQUE. Par Mr Roy. Réception d'une nouvelle Muse.
Le poème 'ODE ANACREONTIVE' de Mr Roy célèbre la réception d'une nouvelle mule. Il commence par décrire neuf filles ridées et des sommets habités, évoquant des idées d'agrément et de nouveauté. L'auteur s'adresse à Horace, soulignant que l'amour nécessite des voix plus jeunes pour célébrer sa gloire. Il critique les douceurs fades des savants et les histoires anciennes d'Hélène et de Pâris, préférant ressusciter les Grâces et les jeunes Saphos. Le poème met en avant l'importance du choix en amour, recommandant de sélectionner des cœurs tendres et des appas adorables, charmants mais modestes. L'auteur exprime son choix pour Clinjenejah, dont il chante les louanges, tout en mentionnant huit autres prétendantes qui doivent entrer dans les rangs.
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2
p. 47-55
APOLLON ET L'AMOUR. Par Mr ROY. DIALOGUE.
Début :
Si matin au Parnasse, Amour, qu'y viens-tu faire ? [...]
Mots clefs :
Amour, Apollon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APOLLON ET L'AMOUR. Par Mr ROY. DIALOGUE.
APOLLON
ET
L'AMOUR,
Par M' ROY.
DIALOGUE.
APOLLON.
Si matin au Parnasse, Amour
, qu'y vienstufaire?
L'AMOUR.
J'y vienscuëillirun Boti.-
quet pour Cloris
APOLLON.
UnBouquetpourCloris!
ehj'enfais mon affaire
Va va, retourne vers
Cypris,
Les fleurs entre mes
mains deviennentimmortelles,
Dans les tiennes,Amour,
qu'ont-elles à
durer?
Seuljesçayfaçonner les
Guirlandes nouvelles
Dont les Heros ont droit
de separer,
Efi-ce
Est-ce à d'autres qu'à
moy de couronner les
Bellesl
L'AMOUR.
Ma Mere ne vapoints
parer de vosfleurs,
MJeserseClorriseco.mme ma
APOLLON.
Si Venus connoist mal le
prix de mesfaveurs
Clorisfaitmieux, Cloris àl'Amour meprefere.
L'AMOUR.
EptlCaloirirseme.ddooiittIl"'aarrtt*ddee
APOLLON.
Atoy! Quoy donc, l'air
gracieux,Lesourireplein ddeeffiînneefjffee,1?
Lebaâinageingénieux
5 Art où Cloris ejïfi maitresse.
Tout cela ne vient pas
du plusbrillant dis
Dieux?
Quel autre, s'il vous
plaist, auroit mis dans
fisyeux
Cette prompte vertu de
guerir la tristesse ?
Maistu l'entenschanter,
parle de bonnefoy,
Enadmirant les sons
cette aimablecadence,
Seroit-cepas luyfaire offense
Que de croirequ'elle eût
d'autre Maistre que
moy?
Songe à l'Hiverpassé,
qu'un moment te rapelle
Le Bal avec tousses ap-
PtU,
Cloris dansoit,sa danse
teplut-elle?
Je luy montray les pre- mierspas.
Enfin cejlmoyfeulquelle
aime.
Veux-tu la voir dans un
Festin
Je lU) mets le verre en
main,
Bacchus en convient luymême.
•
L'AMOUR.
C'est donc de messuccés
quetu tefais honneur?
Tu parles de sa voix &
tu m'en dis merveille,
Maisjy donne un charmevainqueur,
Par toy les Chants neflattent
quel'oreille
Et , c'est par moy qu'ils
1-vontaucoeur.
Quefais-tu dansun Bah
tuprepares les Festes,
Moy j'y regne>fy jÙis
Clorissansla quitter,
Je luy sers chaque jour 4"
faire des Conquestes, Et tu n'és bon qu'à les
chanter.
Les repassont grossiers
avec le Dieu des Treilles,
Ilssontserieux avectoy,
Cloris à tespropos sen*
dormiroitsans moy Et renvoyroit bien des
Bouteilles.
APOLLON.
J'en ay trop dit, tu 'VtUX
mepiquerà ton tour,
Faisonsmieux, souffre
unyartage*)
Mêle ton nom au mien,
faisons-luy nostre cour,
Qu'elle reçoivethomma.
ge,
D'Apollon & de
mour.
ET
L'AMOUR,
Par M' ROY.
DIALOGUE.
APOLLON.
Si matin au Parnasse, Amour
, qu'y vienstufaire?
L'AMOUR.
J'y vienscuëillirun Boti.-
quet pour Cloris
APOLLON.
UnBouquetpourCloris!
ehj'enfais mon affaire
Va va, retourne vers
Cypris,
Les fleurs entre mes
mains deviennentimmortelles,
Dans les tiennes,Amour,
qu'ont-elles à
durer?
Seuljesçayfaçonner les
Guirlandes nouvelles
Dont les Heros ont droit
de separer,
Efi-ce
Est-ce à d'autres qu'à
moy de couronner les
Bellesl
L'AMOUR.
Ma Mere ne vapoints
parer de vosfleurs,
MJeserseClorriseco.mme ma
APOLLON.
Si Venus connoist mal le
prix de mesfaveurs
Clorisfaitmieux, Cloris àl'Amour meprefere.
L'AMOUR.
EptlCaloirirseme.ddooiittIl"'aarrtt*ddee
APOLLON.
Atoy! Quoy donc, l'air
gracieux,Lesourireplein ddeeffiînneefjffee,1?
Lebaâinageingénieux
5 Art où Cloris ejïfi maitresse.
Tout cela ne vient pas
du plusbrillant dis
Dieux?
Quel autre, s'il vous
plaist, auroit mis dans
fisyeux
Cette prompte vertu de
guerir la tristesse ?
Maistu l'entenschanter,
parle de bonnefoy,
Enadmirant les sons
cette aimablecadence,
Seroit-cepas luyfaire offense
Que de croirequ'elle eût
d'autre Maistre que
moy?
Songe à l'Hiverpassé,
qu'un moment te rapelle
Le Bal avec tousses ap-
PtU,
Cloris dansoit,sa danse
teplut-elle?
Je luy montray les pre- mierspas.
Enfin cejlmoyfeulquelle
aime.
Veux-tu la voir dans un
Festin
Je lU) mets le verre en
main,
Bacchus en convient luymême.
•
L'AMOUR.
C'est donc de messuccés
quetu tefais honneur?
Tu parles de sa voix &
tu m'en dis merveille,
Maisjy donne un charmevainqueur,
Par toy les Chants neflattent
quel'oreille
Et , c'est par moy qu'ils
1-vontaucoeur.
Quefais-tu dansun Bah
tuprepares les Festes,
Moy j'y regne>fy jÙis
Clorissansla quitter,
Je luy sers chaque jour 4"
faire des Conquestes, Et tu n'és bon qu'à les
chanter.
Les repassont grossiers
avec le Dieu des Treilles,
Ilssontserieux avectoy,
Cloris à tespropos sen*
dormiroitsans moy Et renvoyroit bien des
Bouteilles.
APOLLON.
J'en ay trop dit, tu 'VtUX
mepiquerà ton tour,
Faisonsmieux, souffre
unyartage*)
Mêle ton nom au mien,
faisons-luy nostre cour,
Qu'elle reçoivethomma.
ge,
D'Apollon & de
mour.
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Résumé : APOLLON ET L'AMOUR. Par Mr ROY. DIALOGUE.
Le texte relate un dialogue entre Apollon et l'Amour sur le mont Parnasse. Apollon, étonné de voir l'Amour, apprend que ce dernier cueille des fleurs pour Cloris. Apollon affirme que les fleurs deviennent immortelles entre ses mains et qu'il est le seul à pouvoir créer des guirlandes dignes des héros et à couronner les belles. L'Amour rétorque que sa mère, Vénus, et Cloris préfèrent ses dons. Apollon revendique divers talents de Cloris, tels que sa grâce, son sourire et ses danses, qu'il attribue à son influence. L'Amour conteste ces prétentions, affirmant que ses chants et sa présence sont essentiels pour toucher le cœur de Cloris et rendre les festins agréables. Reconnaissant la pertinence des arguments de l'Amour, Apollon propose de faire ensemble leur cour à Cloris, en mêlant leurs noms et leurs hommages.
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3
p. 173-186
Lettre de Mr Roy, [titre d'après la table]
Début :
Vous preferez donc, Climeine, [...]
Mots clefs :
Île, Ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de Mr Roy, [titre d'après la table]
Mr Roy de qui je
vous ay donné le Mois
passéune petite Galanterie
intitulé lajoje,a
écrit une Lettre à une
lD'aimgeitsuurrcee rqu'elle ve- dans Tlfc
le. Voicy la Lettre.
-, .,'i * >,;.
.* ; -i. i.>•
j:> <'
veus prefere7 donc,Cli..
metne A , tous les autresfijours,
beJejourquenotre Seine
Forme au milieu defin
cours?
Vous trowve7 un lieu
tranquile
, Dans Paris une autre
Ville.
Broüillards5Vents conjurez
Contre les voisins de
tonde
,
Frimats (jf Bi^e qui
gronde,
PourrvousJeront tempereZ,
Ce n'efl que pour la canaille
Quefont faits les maurvats
temps.
QuelquepartquuneBelle
aille
Elle y trouve le Printemps.
0!J cette Isle va nous
rire!
Amoursfontfortréjouis
De voir quelle vous attire.
De leurpartjevais vous
dire
Tous leurs droits sur ce
pays.
Dans cejourdheureux
presàge
Où Venussortit desflots,
Elleeutfourson appanage
Amatonte avec Vaphos.
Deux Islessc'estpeupour
elle,
Eifiere autant quelleetl
belle,
Dejasur tout IVnivers
Elle a des dejjeinscouruerts.
La voila dans fin domarne.
Tout change de bien en
mteuX.
L'Ennuyfuit devantses
yeux.
Les femmes Jàns foin , sans peine
Renouvellent d'agréments
i
Les maris malgré leur
claine
T redeviennentAmants*
La iendrefje ressuscite , Etsi bien, qu'en peu de
temps
Lifte devient trop petite
Pourtenirfès habitants..
Quefaire? agrandirune
Ille
N'estoitpas (loftfacile.
Proposer aux Dieux des
Eaux
Que leur lit ils refferraf
sent
Zue leurs flots ils reculaient,
Inconveniensnouveaux!
Venus avec un Genie
Avisa qu'il conviendrait
Defaire une Colonie
Lesse, &e,uis-effabliroit
Dans le lieuqui luyplairoit.
Les Caravanes s'uniffents
Les deuxjêxes nj fournijfent
Que des objetsaccomplis.
Amours marchent a la
tefie.
Lonvoyage. L'ons'arrefle
Enfin, aux murs qu'a
bafis
LefameuxAmantd'Helene:
Le heau, le tendreParis.
Là s'eleve dans la Seine
Vn lieu desjlotsrecette,.
Et recemment habité.
Quenojtre courje incertaine
Se home icy
,
dit l'Amoury
Voyezcette IJle3 je conte
En faire une autre Amatonte.
Tous admiroientcesejour.
Tous enfort bel ordre entrerent
;
LesConducteursarborerem
L'Etendart bleu de Venus.
Ilsfurent les bien venus;
Jamaisbonsairsn'essuyerent
Defroideur ny de refus.
Nos Etrangers, par methode
Vont deployer leurs talens.
L'un d'eux invente la
mode
Du deshabille commodes
L'autre, en Falbalasvolans
Change les Robestrop
graves, Et les Corps,dures entraves,
Où lesgorgessontesclames3
En Corcets bien entr'ouverts.
Ilschantoient,faisoient
desVers.
Les premiersils ordonnerent
Le culte du Carnarval,
Etmesme le premierBal
Cesont eux qui le donnerent.
Parfois ils regloient les
moeurs; Ils guerissoient les humeurs.
Le chagrin, lajalousie,
Les baillemens, les vapeursy
Dont la jeunesseejîjai~
sie.
Uufàge de lafierté,
Le beau ton, dontonsou-
-
pire,
L'air timide&concerté
Dont il faut qu'une
Beauté
Ecoute un tendre martyre
:
L'art de pleurer & de
rire L'art , de plaire sans rien
dire,
L'art de tromper un jaloux,
Art qui tout autre surpaffe
,
Tous les tours de pajJepasse
Les plussubtils
,
les plus
doux,
Ces maistres d'humeur
civile
Alloient les montrer en
Ville.
Leursleçons ontpar degre{
Passedes meres aux filles,
Et vous enretrouverez
La
La trace dans nosfamilles.
Climeine vous les lirez
Sur lefront de mille Belles,
Dans lesJeux dans les
Ruelles.
Amoursl'Hyver, (S
tEsté,
Dans ces lieux faisant
leurronde,
Font presterà tout le monde
Serment defidélité.
Quand quelquesbelles
arrivent,
Sur leur Registre ils l'inf'
crivent,
Et l'Amantquifuitses
loix.
N'ont-elles point fait de
choix?
Un tendre Amour leur
annonce
Qu'ilfaut choisir dans le
mois.
Climeine en cas que leur
qJOtX
Vousfassetellesemonce,
Prepare{qjoftre reponse.
vous ay donné le Mois
passéune petite Galanterie
intitulé lajoje,a
écrit une Lettre à une
lD'aimgeitsuurrcee rqu'elle ve- dans Tlfc
le. Voicy la Lettre.
-, .,'i * >,;.
.* ; -i. i.>•
j:> <'
veus prefere7 donc,Cli..
metne A , tous les autresfijours,
beJejourquenotre Seine
Forme au milieu defin
cours?
Vous trowve7 un lieu
tranquile
, Dans Paris une autre
Ville.
Broüillards5Vents conjurez
Contre les voisins de
tonde
,
Frimats (jf Bi^e qui
gronde,
PourrvousJeront tempereZ,
Ce n'efl que pour la canaille
Quefont faits les maurvats
temps.
QuelquepartquuneBelle
aille
Elle y trouve le Printemps.
0!J cette Isle va nous
rire!
Amoursfontfortréjouis
De voir quelle vous attire.
De leurpartjevais vous
dire
Tous leurs droits sur ce
pays.
Dans cejourdheureux
presàge
Où Venussortit desflots,
Elleeutfourson appanage
Amatonte avec Vaphos.
Deux Islessc'estpeupour
elle,
Eifiere autant quelleetl
belle,
Dejasur tout IVnivers
Elle a des dejjeinscouruerts.
La voila dans fin domarne.
Tout change de bien en
mteuX.
L'Ennuyfuit devantses
yeux.
Les femmes Jàns foin , sans peine
Renouvellent d'agréments
i
Les maris malgré leur
claine
T redeviennentAmants*
La iendrefje ressuscite , Etsi bien, qu'en peu de
temps
Lifte devient trop petite
Pourtenirfès habitants..
Quefaire? agrandirune
Ille
N'estoitpas (loftfacile.
Proposer aux Dieux des
Eaux
Que leur lit ils refferraf
sent
Zue leurs flots ils reculaient,
Inconveniensnouveaux!
Venus avec un Genie
Avisa qu'il conviendrait
Defaire une Colonie
Lesse, &e,uis-effabliroit
Dans le lieuqui luyplairoit.
Les Caravanes s'uniffents
Les deuxjêxes nj fournijfent
Que des objetsaccomplis.
Amours marchent a la
tefie.
Lonvoyage. L'ons'arrefle
Enfin, aux murs qu'a
bafis
LefameuxAmantd'Helene:
Le heau, le tendreParis.
Là s'eleve dans la Seine
Vn lieu desjlotsrecette,.
Et recemment habité.
Quenojtre courje incertaine
Se home icy
,
dit l'Amoury
Voyezcette IJle3 je conte
En faire une autre Amatonte.
Tous admiroientcesejour.
Tous enfort bel ordre entrerent
;
LesConducteursarborerem
L'Etendart bleu de Venus.
Ilsfurent les bien venus;
Jamaisbonsairsn'essuyerent
Defroideur ny de refus.
Nos Etrangers, par methode
Vont deployer leurs talens.
L'un d'eux invente la
mode
Du deshabille commodes
L'autre, en Falbalasvolans
Change les Robestrop
graves, Et les Corps,dures entraves,
Où lesgorgessontesclames3
En Corcets bien entr'ouverts.
Ilschantoient,faisoient
desVers.
Les premiersils ordonnerent
Le culte du Carnarval,
Etmesme le premierBal
Cesont eux qui le donnerent.
Parfois ils regloient les
moeurs; Ils guerissoient les humeurs.
Le chagrin, lajalousie,
Les baillemens, les vapeursy
Dont la jeunesseejîjai~
sie.
Uufàge de lafierté,
Le beau ton, dontonsou-
-
pire,
L'air timide&concerté
Dont il faut qu'une
Beauté
Ecoute un tendre martyre
:
L'art de pleurer & de
rire L'art , de plaire sans rien
dire,
L'art de tromper un jaloux,
Art qui tout autre surpaffe
,
Tous les tours de pajJepasse
Les plussubtils
,
les plus
doux,
Ces maistres d'humeur
civile
Alloient les montrer en
Ville.
Leursleçons ontpar degre{
Passedes meres aux filles,
Et vous enretrouverez
La
La trace dans nosfamilles.
Climeine vous les lirez
Sur lefront de mille Belles,
Dans lesJeux dans les
Ruelles.
Amoursl'Hyver, (S
tEsté,
Dans ces lieux faisant
leurronde,
Font presterà tout le monde
Serment defidélité.
Quand quelquesbelles
arrivent,
Sur leur Registre ils l'inf'
crivent,
Et l'Amantquifuitses
loix.
N'ont-elles point fait de
choix?
Un tendre Amour leur
annonce
Qu'ilfaut choisir dans le
mois.
Climeine en cas que leur
qJOtX
Vousfassetellesemonce,
Prepare{qjoftre reponse.
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Résumé : Lettre de Mr Roy, [titre d'après la table]
L'auteur d'une lettre poétique décrit une île imaginaire dans la Seine à Paris, célébrant sa beauté et sa tranquillité. Il compare cette île à un nouveau domaine pour Vénus, où l'ennui disparaît et les relations amoureuses se renouvellent. L'auteur imagine la fondation d'une colonie inspirée par les amours légendaires. Les habitants adoptent des modes et des comportements nouveaux, comme des vêtements plus confortables et des danses, ainsi que des traditions telles que le carnaval et les bals. Les étrangers apportent des leçons de civilité et de comportement, influençant les mœurs des habitants. Ces leçons se transmettent de génération en génération, laissant des traces visibles dans les familles et sur le visage des belles. Les amours, qu'ils soient hivernaux ou estivaux, y font prêter serment de fidélité, et chaque belle doit choisir un amant chaque mois.
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4
p. 123-131
AUTRE EPITALAME. A Monsieur de M** Par Monsieur ROY.
Début :
Le jour de l'Hymenée & souvent dés la veille [...]
Mots clefs :
Amour, Hymen
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE EPITALAME. A Monsieur de M** Par Monsieur ROY.
AUTRE EPITALAME
A Monfieur de M **
Par Monfieur Roy. I
Le jour de l'Hymenée , &
fouvent dés la veille.
Une Muſe fait à merveille i
Dépeindre les Epoux dans
leur naiflante ardeur.
Huit jours plus tard c'eft
trop attendre
Le couple devenu pas tendre
,
Baille au recit de fon bon-
む
heur.
Hhij
124
PIECES
Cher Morville pour toi dans
l'objet qui t'engage ,
Tu trouves chaque jour à
l'aimer davantage .
Je viens donc affez toſt chanter
Un
bonheur que le temps
doit encor
augmenter.
Le mois paffé Venus quittas
Cythere
Pour fe rendre auprés de
Themis ;
C'eft une nouveauté ; car
- Themis eft fevore ,
Venus voudroit changer
les Juges en amis ,
Themis peur de foupçon ne
la fréquente guere.
FUGITIVES. 125
Venus pour ce jour là prit
un fage maintien,
Elle affecta certain air do
referve
Sur le regard de Minerve ;
Elle compofa le fien ;
L'Amour marchoit à cofté
de fa mere
Déguilé fous les atours
De l'Hymen fon grave frere;
Mais il fautoit , danfoit toû
jours ,
Et fi ce n'eftoit pas le plus
svif des Amours ,
C'eftoit du moins l'Hymen
plus gay que l'ordinaire,
Ils entrerent à petit bruit.
Hh iij
126: PIECES
Au fonds du Temple eſt un
réduit
Où la Déeffe retirée
Jugeoit des Epoux diviſez
Voilà , dit- elle , à Citherée,
Les querelles que vous caufez.
Vous donnez aux Amans
l'efperance frivole
De ne les point quitter, d'entretenir
leur feux
Sur votrefoy l'Hymen ferre
leurs noeuds ,
Puis vous leur manquez de
parole.
Eh bien pour tous les coeurs
dont j'ai trompé les voeux
FUGITIVES . 127
J'en fçai deux,dit Venus , que
je vais rendre heureux ,
Vous & moi formerons leur
chaîne
,
Vous n'avez qu'à vouloir
voilà ce qui m'amene ,
Qu'avec plaifir je rappelle ce
temps
Où l'on vous vit regner
fous le beau nom d'Aftrée !
Il n'eftoit point alors d'u
nion alterée
Que vous rendiez d'Epour
contens !
Formons encor des noeuds
fur ce premier modele ,
Dans voſtre vertueufe Cour
Hh iii
128 PIECES
S'éleve une aimable mortelle
Celui dont elle tient le jour,
Eft voftre Miniftre fidelle.
La jeune de Vienne ; c'eſt
elle
Dont je voudrois difpofer
avec vous .
Mais , dit Themis à qui la
deſtinerons nous ?
Epoufe du Dieu Mars, vous
me parlez peut eftre
Pour vos Guerriers préfomptueux
;
La modefte raifon chez eux
n'ole paroiftre ,
Penfez vous que mon goût
fimpatife avec eux ?
Ad H
FUGITIVES . 119
Scachez auffi que ma candeur
abhore ..
Ces honneftes trompeurs
qu'on nomme courtisans.
Que de Vienne à jamais
ignore
Leurs Arts flateurs ou méprifants.
Tant mieux reprit Venus
nous n'avons plus
d'obſtacles ,
Celui que je propofe , eft un
de vos Oracles ;
Il faut vous dire tout , il eft
auffi le mien ,
Et pour vous & pour moi
parle également bien ,
130 PIECES
Pour vous , il perfuade , il
touche
Quand il s'explique en mon
nom ,
Et je crois parler raifon
Quand je parle par ſa bouche.
Lagrave Themis lui fourit :
C'eft Morville,à ces traits je
ne m'y puis méprendre;
L'Hymen qui fuit vos pas
lui peut aller aprendre
Que vos voeux , qu'aux fiens
j'ai fouferit ,
Au moins nous n'imitons ni
l'Amant , ni la Belle ,
S'ils ne devoient s'aimer
FUGITIVES. 131
d'un amour éternelle ,
Et mieux qu'on n'aime en ce
temps.ci.
Mais qui m'en répondra
l'Amour n'eft point ici.
Hymen amenezvoftre frere:
Non
, non il n'eſt pas ncceffaire,
>
Je vous en répond , moi ,
criá le petit Dieu ,
Themis le reconnut , Amour
fongez un peu
A ne pas nous en faire accroire
,
Allez , lui dit l'Amour , il y
va de ma gloire
J'en jure par de Vienne
Adicu.
A Monfieur de M **
Par Monfieur Roy. I
Le jour de l'Hymenée , &
fouvent dés la veille.
Une Muſe fait à merveille i
Dépeindre les Epoux dans
leur naiflante ardeur.
Huit jours plus tard c'eft
trop attendre
Le couple devenu pas tendre
,
Baille au recit de fon bon-
む
heur.
Hhij
124
PIECES
Cher Morville pour toi dans
l'objet qui t'engage ,
Tu trouves chaque jour à
l'aimer davantage .
Je viens donc affez toſt chanter
Un
bonheur que le temps
doit encor
augmenter.
Le mois paffé Venus quittas
Cythere
Pour fe rendre auprés de
Themis ;
C'eft une nouveauté ; car
- Themis eft fevore ,
Venus voudroit changer
les Juges en amis ,
Themis peur de foupçon ne
la fréquente guere.
FUGITIVES. 125
Venus pour ce jour là prit
un fage maintien,
Elle affecta certain air do
referve
Sur le regard de Minerve ;
Elle compofa le fien ;
L'Amour marchoit à cofté
de fa mere
Déguilé fous les atours
De l'Hymen fon grave frere;
Mais il fautoit , danfoit toû
jours ,
Et fi ce n'eftoit pas le plus
svif des Amours ,
C'eftoit du moins l'Hymen
plus gay que l'ordinaire,
Ils entrerent à petit bruit.
Hh iij
126: PIECES
Au fonds du Temple eſt un
réduit
Où la Déeffe retirée
Jugeoit des Epoux diviſez
Voilà , dit- elle , à Citherée,
Les querelles que vous caufez.
Vous donnez aux Amans
l'efperance frivole
De ne les point quitter, d'entretenir
leur feux
Sur votrefoy l'Hymen ferre
leurs noeuds ,
Puis vous leur manquez de
parole.
Eh bien pour tous les coeurs
dont j'ai trompé les voeux
FUGITIVES . 127
J'en fçai deux,dit Venus , que
je vais rendre heureux ,
Vous & moi formerons leur
chaîne
,
Vous n'avez qu'à vouloir
voilà ce qui m'amene ,
Qu'avec plaifir je rappelle ce
temps
Où l'on vous vit regner
fous le beau nom d'Aftrée !
Il n'eftoit point alors d'u
nion alterée
Que vous rendiez d'Epour
contens !
Formons encor des noeuds
fur ce premier modele ,
Dans voſtre vertueufe Cour
Hh iii
128 PIECES
S'éleve une aimable mortelle
Celui dont elle tient le jour,
Eft voftre Miniftre fidelle.
La jeune de Vienne ; c'eſt
elle
Dont je voudrois difpofer
avec vous .
Mais , dit Themis à qui la
deſtinerons nous ?
Epoufe du Dieu Mars, vous
me parlez peut eftre
Pour vos Guerriers préfomptueux
;
La modefte raifon chez eux
n'ole paroiftre ,
Penfez vous que mon goût
fimpatife avec eux ?
Ad H
FUGITIVES . 119
Scachez auffi que ma candeur
abhore ..
Ces honneftes trompeurs
qu'on nomme courtisans.
Que de Vienne à jamais
ignore
Leurs Arts flateurs ou méprifants.
Tant mieux reprit Venus
nous n'avons plus
d'obſtacles ,
Celui que je propofe , eft un
de vos Oracles ;
Il faut vous dire tout , il eft
auffi le mien ,
Et pour vous & pour moi
parle également bien ,
130 PIECES
Pour vous , il perfuade , il
touche
Quand il s'explique en mon
nom ,
Et je crois parler raifon
Quand je parle par ſa bouche.
Lagrave Themis lui fourit :
C'eft Morville,à ces traits je
ne m'y puis méprendre;
L'Hymen qui fuit vos pas
lui peut aller aprendre
Que vos voeux , qu'aux fiens
j'ai fouferit ,
Au moins nous n'imitons ni
l'Amant , ni la Belle ,
S'ils ne devoient s'aimer
FUGITIVES. 131
d'un amour éternelle ,
Et mieux qu'on n'aime en ce
temps.ci.
Mais qui m'en répondra
l'Amour n'eft point ici.
Hymen amenezvoftre frere:
Non
, non il n'eſt pas ncceffaire,
>
Je vous en répond , moi ,
criá le petit Dieu ,
Themis le reconnut , Amour
fongez un peu
A ne pas nous en faire accroire
,
Allez , lui dit l'Amour , il y
va de ma gloire
J'en jure par de Vienne
Adicu.
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Résumé : AUTRE EPITALAME. A Monsieur de M** Par Monsieur ROY.
Le poème 'Autre Épithalame' de Monsieur Roy célèbre un mariage et les sentiments amoureux des époux. La Muse loue les jeunes mariés dans leur ardeur initiale. Huit jours plus tard, le couple partage un bonheur plus serein. Venus, déesse de l'amour, consulte Thémis, déesse de la justice, pour un mariage. Venus souhaite transformer les juges en amis, mais Thémis reste prudente. Venus et l'Amour, déguisé en Hymen, se rendent dans le temple de Thémis. Thémis reproche à Venus de donner de faux espoirs aux amants. Venus propose de former un couple heureux et évoque les unions réussies sous le règne d'Astrée. Thémis exprime ses réserves sur les courtisans et les guerriers présomptueux. Venus suggère Morville comme époux pour la jeune de Vienne, fille du ministre fidèle de Thémis. Thémis reconnaît Morville comme un oracle favorable à l'amour. L'Amour assure que les vœux des époux seront éternels et que leur amour surpassera celui des amants actuels. Thémis accepte finalement, et l'Amour jure de la véracité de ses paroles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 285-290
PIECE NOUVELLE. LA VIOLETTE.
Début :
Je fus jadis une Nymphe assez belle [...]
Mots clefs :
Nymphe, Violette, Berger, Amour, Amant, Vertu, Séduire
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texteReconnaissance textuelle : PIECE NOUVELLE. LA VIOLETTE.
PIECE NOUVELLE
LA VIOLETTE.
JE. fus jadis une Nymphe
affez belle
Pour charmer Apollon &
n'attirer les vœux : ... ^.
Mais aux loix du devoir je
fus affez fidelle
Pourdemeurer toûjours infenfible aà fes feux..
Exilé du fejour celefte
Il paiffoit les troupeaux du
riche époux d'Alceſte.
Comme Berger , l'Amour
286 MERCURE
eut des droits fur fon
cœur;
Et comme Dieu , fon rang
& fa naiffance
Lui donnoient trop de confiance
Pour cacher long- temps
tofonardeur.
'Aux champs Theffaliens fi
j'allois chercher Flore,
Je n'y trouvois que lui :
Je le fuis dans les bois , Dia
ne que j'implore
Y devient mon appui.
Evitez , me dit-elle , évitez
·les montagnes ,
Evitez les vaftes campa
gnes,
GALANT. 287
Ces lieux font trop ouverts
aux regards d'Apollon.
A ces mots tremblante ,
certaine ,
inJe croyois me cacher au
bord d'une fontaine ,
Dans unbuiffon épais, dans
le creux d'un vallon ,
Afiles fûrs , s'il eût été pof
fible
D'en trouver contre un tel
Amant ,
De l'un de ſes tranſports
portant le châtiment ,
Periffent les attraits qui
l'ont rendu fenfible ,
M'écriai- je , Diane , exauce
288 MERCURE
mes fouhaits ,
Je quitte fans regret ma
blancheur éclatante ,
D'un voile prefque noir
j'obfcurcis mesattraits ,
Et modefte & rampante
Je tombe vers la terre , &
deviens une fleur.f
ADiane j'en fuis plus chere,,
Lavertu dont je garde en
cor le caractere
M'a confervé ma douce
odeur ::
C'eft à ce titre que j'efpere
Chez toy, fage Uranie, un
favorable accueil.
Simodefte aumilieu de tout
ces
GALANT. 289
ce qui peut faire
Le fujet du plus juſte orgüeil ,
Aux applaudiffemens ton
cœur fçait fe fouftraire ;
Sil'Amour te trouva moins.
fevere que moy,
C'eſt que la vertu même
en demandant ta foy,
Anima les ardeurs de qui
vouloit te plaire...!
Mais à tes côtez j'apperçoy
L'Amant qui cauſe ma colere :
Que dis-je ? ce n'eſt plus le
Berger temeraire ,
C'eft le Dieu tutelaire
May1712.
Bb
190 MERCURE
Des fages , des fçavans qu'il
range fous taloy.
Il ne cherche plus à feduire
Quiconque voudra l'écou
ter ;
S'il veut charmer, c'eft pour
inftruire ,
De tes fages leçons il a fçû
profiter.
LA VIOLETTE.
JE. fus jadis une Nymphe
affez belle
Pour charmer Apollon &
n'attirer les vœux : ... ^.
Mais aux loix du devoir je
fus affez fidelle
Pourdemeurer toûjours infenfible aà fes feux..
Exilé du fejour celefte
Il paiffoit les troupeaux du
riche époux d'Alceſte.
Comme Berger , l'Amour
286 MERCURE
eut des droits fur fon
cœur;
Et comme Dieu , fon rang
& fa naiffance
Lui donnoient trop de confiance
Pour cacher long- temps
tofonardeur.
'Aux champs Theffaliens fi
j'allois chercher Flore,
Je n'y trouvois que lui :
Je le fuis dans les bois , Dia
ne que j'implore
Y devient mon appui.
Evitez , me dit-elle , évitez
·les montagnes ,
Evitez les vaftes campa
gnes,
GALANT. 287
Ces lieux font trop ouverts
aux regards d'Apollon.
A ces mots tremblante ,
certaine ,
inJe croyois me cacher au
bord d'une fontaine ,
Dans unbuiffon épais, dans
le creux d'un vallon ,
Afiles fûrs , s'il eût été pof
fible
D'en trouver contre un tel
Amant ,
De l'un de ſes tranſports
portant le châtiment ,
Periffent les attraits qui
l'ont rendu fenfible ,
M'écriai- je , Diane , exauce
288 MERCURE
mes fouhaits ,
Je quitte fans regret ma
blancheur éclatante ,
D'un voile prefque noir
j'obfcurcis mesattraits ,
Et modefte & rampante
Je tombe vers la terre , &
deviens une fleur.f
ADiane j'en fuis plus chere,,
Lavertu dont je garde en
cor le caractere
M'a confervé ma douce
odeur ::
C'eft à ce titre que j'efpere
Chez toy, fage Uranie, un
favorable accueil.
Simodefte aumilieu de tout
ces
GALANT. 289
ce qui peut faire
Le fujet du plus juſte orgüeil ,
Aux applaudiffemens ton
cœur fçait fe fouftraire ;
Sil'Amour te trouva moins.
fevere que moy,
C'eſt que la vertu même
en demandant ta foy,
Anima les ardeurs de qui
vouloit te plaire...!
Mais à tes côtez j'apperçoy
L'Amant qui cauſe ma colere :
Que dis-je ? ce n'eſt plus le
Berger temeraire ,
C'eft le Dieu tutelaire
May1712.
Bb
190 MERCURE
Des fages , des fçavans qu'il
range fous taloy.
Il ne cherche plus à feduire
Quiconque voudra l'écou
ter ;
S'il veut charmer, c'eft pour
inftruire ,
De tes fages leçons il a fçû
profiter.
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Résumé : PIECE NOUVELLE. LA VIOLETTE.
La pièce 'La Violette' narre l'histoire d'une nymphe autrefois belle et aimée. Par fidélité à son devoir, elle repousse les avances d'Apollon et est exilée, devenant bergère. Elle rencontre l'Amour, qui la séduit. Pour échapper à l'Amour, elle se réfugie dans les bois et implore Diane. Diane lui conseille d'éviter les lieux ouverts aux regards d'Apollon. Désespérée, la nymphe souhaite perdre sa beauté. Diane exauce son vœu, et elle se transforme en violette, conservant une douce odeur. La violette espère l'accueil favorable de la sage Uranie, malgré la présence de l'Amour, désormais protecteur des sages et des savants, cherchant à instruire plutôt qu'à séduire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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6
p. 236-246
Ode de M. Roy qui a remporté le Prix de l'Académie. [titre d'après la table]
Début :
Si l'Imprimeur de l'Académie n'avoit pas un droit incontestable [...]
Mots clefs :
Roi, Extraits, Dieu, Ouvrages, Académie française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Ode de M. Roy qui a remporté le Prix de l'Académie. [titre d'après la table]
Si l'Imprimeur de l'Académic
n'avoit pas un droit incon
teſtable ſur tous lesOuvrages
qui en fortent , je ne balancerois
pas à vous donner une
copie entiere des deux Picces
de M. Roy , & je ne vous prierois
pas , comme je le fais , de
n'en attendre de moy que des
extraits.
Je vous laiſſe , Monfieur ,
faire toutes les reflexions qui
GALANT 237
vous conviendront ſur le Difcours
qui a remporté le Prix
de l' Eloquence ; on croiroit
peut être , ſi je m'étendois fur
les figures magnifiques & fur
les reſpectables citations dont
eſt enrichi le Sujet propofé, où
il s'agiſloit de prouver les inconvenients
de la richeße , non-
Seulementfelon l'Evangile; mais
encore felon les Philosophes
Payens , &dont voici letexte :
Va vobis divitibus. Luc. VI. 24.
Que j'aurois envie de me feliciter
moy- même du bonheur
que j'ay de n'être pas riche ;
mais à Dieu ne plaiſe. Ainfi
238 MERCURE
trouvez bon que je vous ren
voye au Libraire qui debite ces
pieux Ouvrages , ſi vous avez
envie de les lire. Pour lOde
de la façon du même Auteur ,
qui a été couronnée comme ſa
Profe , je vous diray , qu'aprés
la premiere Strophe que j'en
retranche(malgré ſes beautez)
à la confideration de M Jean-
BaptisteCoignard, Imprimeur
de l'Académie Françoiſe , il
continue en ces termes :
Quelle implacable Furie
Maiſtriſoit tout l'Univers ?
Contre nous & l'Iberie
S'a moient cent peuples diu rs.
1
GALANT. 239
Jamais le Dieu de la guerre
N'avoit donnéſur laterre
Tant de ſpectac'es d'horreur :
Jadis par moins de carnage
Rome, lafiere Carshage
Signalerent leurfureur.
f
Que la Fortune conduise
Toussles pas de nos guerriers,
Leur triomphe nous espuiſe;
Nous payons cherles Lauriers.
Que vois-je ? des champs ſteriles,
L'effroy ,le deüil dans lesVilles,
Les travaux abandonnez :
Les Arts ,&les Loix periffent,
Themisfuit, les Dieux gemiß.nt
Sur leurs Autels profanez. **
* Sacrileges des Fanatiques.
1
1
240 MERCURE
C'est en vain que nôtre monde *
De l'autre attend les threſors ,
Un orage éternel gronde
Sur lamer, &dans les ports.
Quel Dieu contre nous conſpire ?
Que dis-je ?Thetis ſouſpire
Du débris de nos vaisseaux.
Mortels , vostre aveugle rage
Vous a derobé l'usage
Etde la terre &des caux.
ॐ
OPaix , l'Europe en allarmes
N'efpere plus ton retour ;
Elle a méprifé tes charmes ,
Tu te vangesà ton tour.
Mais parmi tous ces rebelles ,
1
*Commerce interrompu.
१०
: Si
GALANT. 241
Si des mains pures , fidelles
Refſtabliſfoient tes autels ! ..
Vien les habiter encore ,
Et pour LOUIS qui t'implore ,
Fai grace àtous les mortels.
Par quel noble Sacrifice
Payera- t'il tes bienfaits ?
- Veux tu voir desaJustice
Ses ennemissatisfaits ?
Crain- t'on cette Fortereffe *
Des ondes fiere Maistresse ,
Seure retraite deMars?
Que la France s'en départe ;
Illuy ſuffit , comme à Sparte ,
D'avoirſes Rois pour remparts.
* Dunquerque.
Aoust 1715. X
242 MERCURE
Aprés d affreuſes tempestes ,
L'air s'eſclaircitànosyeux.
Tout estchangé. Surnos teftes
Vois-je rouler d'autres Cieux ?
Endépofant le tonnerre ,
LOUIS raffermit la terre,
Qu'eſbranlerent tant de coups :
Etsoussa main vigilante ,
L'Olive , àmeurir moins lente
Vafructfier pour nous.
BientoftCerés raßeurée
Contre d'injustes efforts ,
Ainsiqu'au fiecle de Rhée ,
Multipliera fes threfors.
LesArts,lesTravauxfertiles
Desja raniment'es Valles
GALANT. 243
Trop heureuse activité!
Ta recompense est certaine :
Lebeſoinfera la peine
De laſeule oiſiveté.
Mercure paroist ,il donne
Leſignal à cent climats ;
LaFoyfacompagne ordonne
- Que Plutusſuiveſes pas.
Neptune n'a plus de chaiſnes ;
Auxplages les plus lointaines
Les chemins nousfont ouverts.
Paixfeconde ,&falutaire ,
Regne,puiffes-tu nefaire
Qu'un peuple de l'Univers !
Maisla plus noble richeffe
A
Xij
244 MERCURE
Abondera dans nos murs
Pournous s'enfle le Permeffe ,
Il roule des flots plus purs.
Que le monde entiery puiſe ;
Qu'icy l'estranger s'inſtruiſe
Par nos chef- d'oeuvres nouveaux.
Et vous Filles de Memoire ,
De LOUIS chantez lagloire ,
C'eſt l'ame de vos travaux.
ॐ
Priere pour le Roy.
O Ciel daigne nous entendre ,
De LOUISfois leſouſtien.
Puiffe ton amourluy rendre ,
GALANT. 245
Ceque nous devons aufien.
Quefous fes regards meuriſſe
CeRoy,que le Ciel propice
Referve pour nos neveux :
Digne Eleve d'un tel Maistre ,
Qu'ilfaffefon bonheur d'eſtre
Le Pere d'un peuple heureux .
Le ſujet de cet Ole étoit
Sur les avantages de la Paix
l'obligation que nous avons au
Roy de nous l'avoir procurée.
Vous me direz peut eſtre ,
Monfieur , que voila une nouvelle
maniere de faire des extraits
des Ouvrages d'eſprit : je
le ſçay bien; mais que voulez .
Xiij
246 MERCURE
vous queje vous réponde à cela
, finon que je n'ay ni l'audace
, ni le loiſir de m'y prendre
autrement & que Mer.
ſieurs les Auteurs ne ſe plaignent
que trop ſouvent de la
liberté que je me donne de faire
des extraits de leurs Ouvrages.
n'avoit pas un droit incon
teſtable ſur tous lesOuvrages
qui en fortent , je ne balancerois
pas à vous donner une
copie entiere des deux Picces
de M. Roy , & je ne vous prierois
pas , comme je le fais , de
n'en attendre de moy que des
extraits.
Je vous laiſſe , Monfieur ,
faire toutes les reflexions qui
GALANT 237
vous conviendront ſur le Difcours
qui a remporté le Prix
de l' Eloquence ; on croiroit
peut être , ſi je m'étendois fur
les figures magnifiques & fur
les reſpectables citations dont
eſt enrichi le Sujet propofé, où
il s'agiſloit de prouver les inconvenients
de la richeße , non-
Seulementfelon l'Evangile; mais
encore felon les Philosophes
Payens , &dont voici letexte :
Va vobis divitibus. Luc. VI. 24.
Que j'aurois envie de me feliciter
moy- même du bonheur
que j'ay de n'être pas riche ;
mais à Dieu ne plaiſe. Ainfi
238 MERCURE
trouvez bon que je vous ren
voye au Libraire qui debite ces
pieux Ouvrages , ſi vous avez
envie de les lire. Pour lOde
de la façon du même Auteur ,
qui a été couronnée comme ſa
Profe , je vous diray , qu'aprés
la premiere Strophe que j'en
retranche(malgré ſes beautez)
à la confideration de M Jean-
BaptisteCoignard, Imprimeur
de l'Académie Françoiſe , il
continue en ces termes :
Quelle implacable Furie
Maiſtriſoit tout l'Univers ?
Contre nous & l'Iberie
S'a moient cent peuples diu rs.
1
GALANT. 239
Jamais le Dieu de la guerre
N'avoit donnéſur laterre
Tant de ſpectac'es d'horreur :
Jadis par moins de carnage
Rome, lafiere Carshage
Signalerent leurfureur.
f
Que la Fortune conduise
Toussles pas de nos guerriers,
Leur triomphe nous espuiſe;
Nous payons cherles Lauriers.
Que vois-je ? des champs ſteriles,
L'effroy ,le deüil dans lesVilles,
Les travaux abandonnez :
Les Arts ,&les Loix periffent,
Themisfuit, les Dieux gemiß.nt
Sur leurs Autels profanez. **
* Sacrileges des Fanatiques.
1
1
240 MERCURE
C'est en vain que nôtre monde *
De l'autre attend les threſors ,
Un orage éternel gronde
Sur lamer, &dans les ports.
Quel Dieu contre nous conſpire ?
Que dis-je ?Thetis ſouſpire
Du débris de nos vaisseaux.
Mortels , vostre aveugle rage
Vous a derobé l'usage
Etde la terre &des caux.
ॐ
OPaix , l'Europe en allarmes
N'efpere plus ton retour ;
Elle a méprifé tes charmes ,
Tu te vangesà ton tour.
Mais parmi tous ces rebelles ,
1
*Commerce interrompu.
१०
: Si
GALANT. 241
Si des mains pures , fidelles
Refſtabliſfoient tes autels ! ..
Vien les habiter encore ,
Et pour LOUIS qui t'implore ,
Fai grace àtous les mortels.
Par quel noble Sacrifice
Payera- t'il tes bienfaits ?
- Veux tu voir desaJustice
Ses ennemissatisfaits ?
Crain- t'on cette Fortereffe *
Des ondes fiere Maistresse ,
Seure retraite deMars?
Que la France s'en départe ;
Illuy ſuffit , comme à Sparte ,
D'avoirſes Rois pour remparts.
* Dunquerque.
Aoust 1715. X
242 MERCURE
Aprés d affreuſes tempestes ,
L'air s'eſclaircitànosyeux.
Tout estchangé. Surnos teftes
Vois-je rouler d'autres Cieux ?
Endépofant le tonnerre ,
LOUIS raffermit la terre,
Qu'eſbranlerent tant de coups :
Etsoussa main vigilante ,
L'Olive , àmeurir moins lente
Vafructfier pour nous.
BientoftCerés raßeurée
Contre d'injustes efforts ,
Ainsiqu'au fiecle de Rhée ,
Multipliera fes threfors.
LesArts,lesTravauxfertiles
Desja raniment'es Valles
GALANT. 243
Trop heureuse activité!
Ta recompense est certaine :
Lebeſoinfera la peine
De laſeule oiſiveté.
Mercure paroist ,il donne
Leſignal à cent climats ;
LaFoyfacompagne ordonne
- Que Plutusſuiveſes pas.
Neptune n'a plus de chaiſnes ;
Auxplages les plus lointaines
Les chemins nousfont ouverts.
Paixfeconde ,&falutaire ,
Regne,puiffes-tu nefaire
Qu'un peuple de l'Univers !
Maisla plus noble richeffe
A
Xij
244 MERCURE
Abondera dans nos murs
Pournous s'enfle le Permeffe ,
Il roule des flots plus purs.
Que le monde entiery puiſe ;
Qu'icy l'estranger s'inſtruiſe
Par nos chef- d'oeuvres nouveaux.
Et vous Filles de Memoire ,
De LOUIS chantez lagloire ,
C'eſt l'ame de vos travaux.
ॐ
Priere pour le Roy.
O Ciel daigne nous entendre ,
De LOUISfois leſouſtien.
Puiffe ton amourluy rendre ,
GALANT. 245
Ceque nous devons aufien.
Quefous fes regards meuriſſe
CeRoy,que le Ciel propice
Referve pour nos neveux :
Digne Eleve d'un tel Maistre ,
Qu'ilfaffefon bonheur d'eſtre
Le Pere d'un peuple heureux .
Le ſujet de cet Ole étoit
Sur les avantages de la Paix
l'obligation que nous avons au
Roy de nous l'avoir procurée.
Vous me direz peut eſtre ,
Monfieur , que voila une nouvelle
maniere de faire des extraits
des Ouvrages d'eſprit : je
le ſçay bien; mais que voulez .
Xiij
246 MERCURE
vous queje vous réponde à cela
, finon que je n'ay ni l'audace
, ni le loiſir de m'y prendre
autrement & que Mer.
ſieurs les Auteurs ne ſe plaignent
que trop ſouvent de la
liberté que je me donne de faire
des extraits de leurs Ouvrages.
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7
p. 252-260
ODE A Messieurs de l'Académie Françoise, prononcée dans l'Académie le jour de la distribution des Prix. Par M. ROY.
Début :
Quel jour ! mon bonheur m'étonne [...]
Mots clefs :
Académie française, Gloire, Dieux, Roi, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ODE A Messieurs de l'Académie Françoise, prononcée dans l'Académie le jour de la distribution des Prix. Par M. ROY.
ODE
A Meſſieurs de l'Académie
Françoile , prononcée dans
l'Académie le jour de la
diſtribution des Prix.
Par M. ROY.
Quel jour! mon bonheur m'é-
•tonne
L'espoir m'en paroiffoit vain.
Quoy! Minerve me couronne
Del'une ,&de l'autre main.
Voicy le champ de la gloire
GALANT. 253
Oùjadis une victoire
elles:
Marqua mes premiers eſſais. *
Minerve tu m'y rappelles :
Dans tes Annales fidelles
Efcri mes nouveaux fuccez.
Attens .. Il est unfilence
Enfant d'un orgueil ingrat.
Laiffe ma reconnoiſſance
Se monstrer avec éclat.
MesJuges furent mes guides ;
Déslongtems mesyeux avides
S'ouvrirentfur leurs Efcrits :
* Prix d'Eloquence en 1711 .
254 MERCURE
FaySurpris quelque éuncelle
De la lumiere immortelle ,
Qu'ils verfent dans les efprits.
ॐ
L'Eloquence à Demosthenes
Mitles foudres à la main ,
Elle tranſporta d'Athenes
Son throne chez le Romain.
Mais la Raifon ny les Graces
Neſuivirent pointſes traces
Cheznos rustiques ayeux :
Elleyparut derangée
Ou trop nue,ou trop chargée,
D'un fard qui bleſſoit lesyeux.
GALANT. 255
Quels nobles Efprits oferent
Luyprefenter lemiroir ?
Tousfes défauts s'éclipferent ,
Si toft qu'elle putles voir
La voix d'ARMAND
qu'elle implore
Ou rassemble , oufait éclore
Des Demofthenes nouveaux:
L'Art de parler,&d'écrire
Devint digne de l'Empire
Aggrandi parſes travaux.
AuxVertus,chafteEloquence,
Donned'illuftres amants
Touche,plais,àta puiſſance
256 MERCURE
Joins defacrez ornements.
Que les Cieux t'en applaudißent;
Quede tes foins retentißent
Les Thrones les Autels :
Rend nous les divins oracles ,
Ou nous vante les miracles
D'unRoy, l'honneur des mortels.
Mais la Muſe de lalyre ,
Qui des chants donne le prix ,
S'offre àmesyeux , &m'attire
Aux pieds de ſes favoris.
Enchantereße nouvelle
Parquel art évoque- telle
Les premiers fils d' Apollon ?
Icy
GALANT. 257
Icy reparoist Catulle ;
Pindare , Horace , Tibulle
N'ontfait que changer de nom.
C'est l'Auguste de la Seine
Qu'ils celebrent. Quels accords!
Autour d'eux plus d'un Mecene
Eſchauffe encor leurs tranſports.
Je vois ceux , que la naiſſance ,
La dignité,la puiſſance
Approchent de ſes regards :
Je vois ceux,qui dans la guerre ,
Firentà toute la Terre
Respecterſes Etendards.
Octobre 1715 . Y
158 MERCURE
Zele ardent , inépuisable !
Tribut qu'on doit aux bons Rois
Ace concert refpectable
On invite d'autres voix.
Fobéïs ... Paix renaiſſante
C'est ta Feste que je chante ,
Quelpouvoir brifa tes fers ?
Répons ,nomme en aßeurance
Le Bienfaicteur de la France ,
Et celuy de l'Univers.
C'est lay.Voilàson image
Quels traits ! quelleMajesté!
Que j'aime ce fier courage
Temperéparlabonté!
1
GALANT. 259
Autrefois , vainqueur rapide ,
Infatigable, intrepide ,
C'étoit Achille à nosyeux :
C'est Neftor,dont la vicilleſſe
N'est qu'une longue jeuneße ,
Egate à celle des Dieux.
Qu'ay-je dit ? Icy mon zele
Defoibles couleurs le peint.
LOUIS prend pourfon modele
Deſes ayeux le plus faint. *
Rois de noftrefang avares ,
deux, des duels barbares
4
Tous
* S. Louis.
Y ij
260 MERCURE
Defarmerent lafureur.
De leur peuple tendres Peres
Dela Foy vangeursfeveres
Tous deux chaßerent l'erreur.
3
Princes , mes Dieux tutelaires
Vos Portraitsfont mes threſors : *
Et desfignesfalutaires
Pour enbardir mes efforts.
Unjour..mais l'ofay je croire,
Que desFuges de la gloire
Vous m'attiriez les regards ?
Ainsi Romefortunée
Attachoitsa destinée
Aux Images des Cefars.
*Medailles du Roy &de S. Loüis.
A Meſſieurs de l'Académie
Françoile , prononcée dans
l'Académie le jour de la
diſtribution des Prix.
Par M. ROY.
Quel jour! mon bonheur m'é-
•tonne
L'espoir m'en paroiffoit vain.
Quoy! Minerve me couronne
Del'une ,&de l'autre main.
Voicy le champ de la gloire
GALANT. 253
Oùjadis une victoire
elles:
Marqua mes premiers eſſais. *
Minerve tu m'y rappelles :
Dans tes Annales fidelles
Efcri mes nouveaux fuccez.
Attens .. Il est unfilence
Enfant d'un orgueil ingrat.
Laiffe ma reconnoiſſance
Se monstrer avec éclat.
MesJuges furent mes guides ;
Déslongtems mesyeux avides
S'ouvrirentfur leurs Efcrits :
* Prix d'Eloquence en 1711 .
254 MERCURE
FaySurpris quelque éuncelle
De la lumiere immortelle ,
Qu'ils verfent dans les efprits.
ॐ
L'Eloquence à Demosthenes
Mitles foudres à la main ,
Elle tranſporta d'Athenes
Son throne chez le Romain.
Mais la Raifon ny les Graces
Neſuivirent pointſes traces
Cheznos rustiques ayeux :
Elleyparut derangée
Ou trop nue,ou trop chargée,
D'un fard qui bleſſoit lesyeux.
GALANT. 255
Quels nobles Efprits oferent
Luyprefenter lemiroir ?
Tousfes défauts s'éclipferent ,
Si toft qu'elle putles voir
La voix d'ARMAND
qu'elle implore
Ou rassemble , oufait éclore
Des Demofthenes nouveaux:
L'Art de parler,&d'écrire
Devint digne de l'Empire
Aggrandi parſes travaux.
AuxVertus,chafteEloquence,
Donned'illuftres amants
Touche,plais,àta puiſſance
256 MERCURE
Joins defacrez ornements.
Que les Cieux t'en applaudißent;
Quede tes foins retentißent
Les Thrones les Autels :
Rend nous les divins oracles ,
Ou nous vante les miracles
D'unRoy, l'honneur des mortels.
Mais la Muſe de lalyre ,
Qui des chants donne le prix ,
S'offre àmesyeux , &m'attire
Aux pieds de ſes favoris.
Enchantereße nouvelle
Parquel art évoque- telle
Les premiers fils d' Apollon ?
Icy
GALANT. 257
Icy reparoist Catulle ;
Pindare , Horace , Tibulle
N'ontfait que changer de nom.
C'est l'Auguste de la Seine
Qu'ils celebrent. Quels accords!
Autour d'eux plus d'un Mecene
Eſchauffe encor leurs tranſports.
Je vois ceux , que la naiſſance ,
La dignité,la puiſſance
Approchent de ſes regards :
Je vois ceux,qui dans la guerre ,
Firentà toute la Terre
Respecterſes Etendards.
Octobre 1715 . Y
158 MERCURE
Zele ardent , inépuisable !
Tribut qu'on doit aux bons Rois
Ace concert refpectable
On invite d'autres voix.
Fobéïs ... Paix renaiſſante
C'est ta Feste que je chante ,
Quelpouvoir brifa tes fers ?
Répons ,nomme en aßeurance
Le Bienfaicteur de la France ,
Et celuy de l'Univers.
C'est lay.Voilàson image
Quels traits ! quelleMajesté!
Que j'aime ce fier courage
Temperéparlabonté!
1
GALANT. 259
Autrefois , vainqueur rapide ,
Infatigable, intrepide ,
C'étoit Achille à nosyeux :
C'est Neftor,dont la vicilleſſe
N'est qu'une longue jeuneße ,
Egate à celle des Dieux.
Qu'ay-je dit ? Icy mon zele
Defoibles couleurs le peint.
LOUIS prend pourfon modele
Deſes ayeux le plus faint. *
Rois de noftrefang avares ,
deux, des duels barbares
4
Tous
* S. Louis.
Y ij
260 MERCURE
Defarmerent lafureur.
De leur peuple tendres Peres
Dela Foy vangeursfeveres
Tous deux chaßerent l'erreur.
3
Princes , mes Dieux tutelaires
Vos Portraitsfont mes threſors : *
Et desfignesfalutaires
Pour enbardir mes efforts.
Unjour..mais l'ofay je croire,
Que desFuges de la gloire
Vous m'attiriez les regards ?
Ainsi Romefortunée
Attachoitsa destinée
Aux Images des Cefars.
*Medailles du Roy &de S. Loüis.
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8
p. 2133-2135
LA Convalescence du ROI.
Début :
ILS sont passés ces jours de douleur & d'effroi, [...]
Mots clefs :
Temps, Dieu, Coeurs, France
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA Convalescence du ROI.
LA Convalescence du Ro1.
ILs font paffés ces jours de douleur & d'effroi ,
Et l'empire François renaît avec fon Roi.
Avions- nous mérité que le courroux Céleste
Fit fubir à nos coeurs cette épreuve funeſte ?
Nous perdions pour jamais ce tréfor précieux ,
Au moment qu'il étoit le plus cher à nos yeux.
Nos coeurs tournés vers lui dès fa plus tendre enfance
,
S'étoient liés encor par la reconnoiffance ;
Nos befoins en tout tems remplis , ou prevenus ;
Le Commerce affermi , nos voifins foutenus ;
Nos Champs fertilifés par une paix profonde ;
Tout immortalifoit le bienfaiteur du monde .
Mais enfin l'Univers s'eſt laffé d'être heureux ;
La Diſcorde s'éveille ; elle exhale fes feux ;
La grandeur du Héros bien- tôt fe développe ;
Le danger l'encourage , il fait trembler l'Europe :
Des rives de l'Escaut , il vole aux bords du Rhin.
A la fureur impie il va donner un frein......
Ciel ! Quelle affreuſe ſcéne à nos regards offerte !
Là , le Char de Triomphe , ici , la Tombe ouverte
De funébres clameurs s'élèvent jufqu'aux Cieux.
Ceffez bruyans Concerts d'an camp victorieux ;
La foudre va tomber ; l'inftant fatal s'avance ','
Et le coup retentit aux deux bouts de la France .
Lévi2134
MERCURE DE FRANCE.
Lévites , Magiftrats , Citoyens confternés ,
Et tout fexe , & tout âge aux Autels profternés ,
Attendent le ſecours que leur ferveur implore :
Le jour meurt , & renaît ; ils gémiffent encore.
La vieilleffe s'épuiſe en foûpirs languiffans ;
L'enfance étouffe & perd ſes timides accens.
Un peuple qu'adopta la Sageffe éternelle ,
Heureux , favorisé , tant qu'il reſta fidéle ,
Dans fes Temples profcrits reclame les bontés
D'un Dieu , qui dès long-tems les a deshérités :
Il femble qu'à Louis ils s'empreffent de rendre
L'hommage , qu'autrefois reçut d'eux Alexandre
Des Mortels féparés , & de culte & de loix ,
Un intérêt fi cher a réuni les voix.
Des Remparts de Paris & Vierge tutélaire ,
De tes concitoyens n'es- tu donc plus la Mere ?
Et ce Roi dans les Cieux couronné de nos Lys ,
Ne reconnoît- il plus fes fujets & fon Fils ?
Quelle nouvelle horreur nous frape , & nous ac
cable !
L'objet le plus augufte & le plus déplorable
Une Epouſe ... Elle part... Quel ſpectacle l'attend ?
Et toi , digne foutien de ce Trône flotant ,
Tu la fuis... Faudra t'il craindre auffi pour ta vie
Ton défeſpoir , tes pleurs te l'ont presque ravie.
Volez , volez tous deux à fes embraffemens ;
Recevez-les... Hélas ! Peut- être il n'eſt plus tems.
La
SEPTEMBRE . 1744: 2135
La Nature s'éteint ; l'Art n'a plus de reffource ;
Nouvel Ezéchias , au milieu de fa courſe ,
Il tombe ; courageux fans fafte & ſans effort ,
Il nous plaint , & ne craint , ni ne brave la mort.
Grand Dieu , qui nous êtois toute ombre d'eſpé
rance ,
Tu voulois au miracle affûrer l'évidence ;
Tu te voiles fouvent fous les fecours humains ;
Ici tu fais briller l'Ouvrage de tes mains.
LOUIS refpire enfin , objet de tant d'allarmes ,
Une feconde fois racheté pat nos larmes.
Que fes premiers périls nous en firent verſer ,
Quand cer Aftre naiffant fut près de s'éclipfer !
Les plus ardens tranfports, les Fêtes les plus belles;
Signalerent la fin de nos frayeurs mortelles .
Plus fortunés encor , & plus reconnoiſſans ,
Allons offrir au Ciel nos voeux & notre encens :
Le Sénat a donné le fignal d'allegreffe ;
L'organe de nos Loix , l'eft de notre tendreffe.
France , adore la main , qui rend en ce grand
jour ,
Un Héros à ta gloire , un Pere à ton amour.
Par M. Roy , Chevalier de l'Ordre de
Saint Michel.
ILs font paffés ces jours de douleur & d'effroi ,
Et l'empire François renaît avec fon Roi.
Avions- nous mérité que le courroux Céleste
Fit fubir à nos coeurs cette épreuve funeſte ?
Nous perdions pour jamais ce tréfor précieux ,
Au moment qu'il étoit le plus cher à nos yeux.
Nos coeurs tournés vers lui dès fa plus tendre enfance
,
S'étoient liés encor par la reconnoiffance ;
Nos befoins en tout tems remplis , ou prevenus ;
Le Commerce affermi , nos voifins foutenus ;
Nos Champs fertilifés par une paix profonde ;
Tout immortalifoit le bienfaiteur du monde .
Mais enfin l'Univers s'eſt laffé d'être heureux ;
La Diſcorde s'éveille ; elle exhale fes feux ;
La grandeur du Héros bien- tôt fe développe ;
Le danger l'encourage , il fait trembler l'Europe :
Des rives de l'Escaut , il vole aux bords du Rhin.
A la fureur impie il va donner un frein......
Ciel ! Quelle affreuſe ſcéne à nos regards offerte !
Là , le Char de Triomphe , ici , la Tombe ouverte
De funébres clameurs s'élèvent jufqu'aux Cieux.
Ceffez bruyans Concerts d'an camp victorieux ;
La foudre va tomber ; l'inftant fatal s'avance ','
Et le coup retentit aux deux bouts de la France .
Lévi2134
MERCURE DE FRANCE.
Lévites , Magiftrats , Citoyens confternés ,
Et tout fexe , & tout âge aux Autels profternés ,
Attendent le ſecours que leur ferveur implore :
Le jour meurt , & renaît ; ils gémiffent encore.
La vieilleffe s'épuiſe en foûpirs languiffans ;
L'enfance étouffe & perd ſes timides accens.
Un peuple qu'adopta la Sageffe éternelle ,
Heureux , favorisé , tant qu'il reſta fidéle ,
Dans fes Temples profcrits reclame les bontés
D'un Dieu , qui dès long-tems les a deshérités :
Il femble qu'à Louis ils s'empreffent de rendre
L'hommage , qu'autrefois reçut d'eux Alexandre
Des Mortels féparés , & de culte & de loix ,
Un intérêt fi cher a réuni les voix.
Des Remparts de Paris & Vierge tutélaire ,
De tes concitoyens n'es- tu donc plus la Mere ?
Et ce Roi dans les Cieux couronné de nos Lys ,
Ne reconnoît- il plus fes fujets & fon Fils ?
Quelle nouvelle horreur nous frape , & nous ac
cable !
L'objet le plus augufte & le plus déplorable
Une Epouſe ... Elle part... Quel ſpectacle l'attend ?
Et toi , digne foutien de ce Trône flotant ,
Tu la fuis... Faudra t'il craindre auffi pour ta vie
Ton défeſpoir , tes pleurs te l'ont presque ravie.
Volez , volez tous deux à fes embraffemens ;
Recevez-les... Hélas ! Peut- être il n'eſt plus tems.
La
SEPTEMBRE . 1744: 2135
La Nature s'éteint ; l'Art n'a plus de reffource ;
Nouvel Ezéchias , au milieu de fa courſe ,
Il tombe ; courageux fans fafte & ſans effort ,
Il nous plaint , & ne craint , ni ne brave la mort.
Grand Dieu , qui nous êtois toute ombre d'eſpé
rance ,
Tu voulois au miracle affûrer l'évidence ;
Tu te voiles fouvent fous les fecours humains ;
Ici tu fais briller l'Ouvrage de tes mains.
LOUIS refpire enfin , objet de tant d'allarmes ,
Une feconde fois racheté pat nos larmes.
Que fes premiers périls nous en firent verſer ,
Quand cer Aftre naiffant fut près de s'éclipfer !
Les plus ardens tranfports, les Fêtes les plus belles;
Signalerent la fin de nos frayeurs mortelles .
Plus fortunés encor , & plus reconnoiſſans ,
Allons offrir au Ciel nos voeux & notre encens :
Le Sénat a donné le fignal d'allegreffe ;
L'organe de nos Loix , l'eft de notre tendreffe.
France , adore la main , qui rend en ce grand
jour ,
Un Héros à ta gloire , un Pere à ton amour.
Par M. Roy , Chevalier de l'Ordre de
Saint Michel.
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9
p. 171-172
AU ROI.
Début :
Les Dames de S. Cyr ont cherché à donner au Roi le jour de l'an des marques de leur / LE plus grand de tous vos ayeux [...]
Mots clefs :
Roi, Saint-Cyr
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROI.
Les Dames de S. Cyr ont cherché à donner
au Roi le jour de l'an des marques de leur
zéle & deleur reconnoiflance.
Madame a bien voulu fe charger de
préfenter leurs hommages ; ce font les
Vers fuivans. S. M. les ayant lus , en devina
l'Auteur avant qu'on lui nommât M. Roy.
On fçait que M. Roy a célébré à Mets ,
à Soiffons , à l'Opéra , à S. Cyr & à l'Hôtel
de Ville , la Convalefcence de S. M.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
AU ROI.
LE plus grand de tous vos ayeux
D'une main qui tenoit la Victoire affervie
Aux filles des Guerriers a confacré ces Lieux ,
Comme lui Conquérant, magnifique , pieux ,
Au Printems de vos jours vous offrez à nos yeux
Tous les traits qui marquoient chaque âge de fa vie.
Sage Législateur des Peuples & des Rois ,
Il n'a pas dédaigné de nous tracer nos Loix .
Cet azile fut cher à votre Augufte mere ;
L'amour de nos devoirs fuffifoit pour lui plaire.
La jeuneffe ravie au danger des beſoins ,
Par vos feuls dons nourrie , inftruite par nos foins ,
Intéreffe le Dieu que votre Regne honore.
Puiffent nos voeux pour vous fans ceffe être écoutés!
Puiffions-nous à ce prix éfperer vos bontés !
Nous protéger , c'eft nous créer encore.
au Roi le jour de l'an des marques de leur
zéle & deleur reconnoiflance.
Madame a bien voulu fe charger de
préfenter leurs hommages ; ce font les
Vers fuivans. S. M. les ayant lus , en devina
l'Auteur avant qu'on lui nommât M. Roy.
On fçait que M. Roy a célébré à Mets ,
à Soiffons , à l'Opéra , à S. Cyr & à l'Hôtel
de Ville , la Convalefcence de S. M.
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
AU ROI.
LE plus grand de tous vos ayeux
D'une main qui tenoit la Victoire affervie
Aux filles des Guerriers a confacré ces Lieux ,
Comme lui Conquérant, magnifique , pieux ,
Au Printems de vos jours vous offrez à nos yeux
Tous les traits qui marquoient chaque âge de fa vie.
Sage Législateur des Peuples & des Rois ,
Il n'a pas dédaigné de nous tracer nos Loix .
Cet azile fut cher à votre Augufte mere ;
L'amour de nos devoirs fuffifoit pour lui plaire.
La jeuneffe ravie au danger des beſoins ,
Par vos feuls dons nourrie , inftruite par nos foins ,
Intéreffe le Dieu que votre Regne honore.
Puiffent nos voeux pour vous fans ceffe être écoutés!
Puiffions-nous à ce prix éfperer vos bontés !
Nous protéger , c'eft nous créer encore.
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10
p. 13-17
DISCOURS AU ROI, Sur le succès de ses Armes.
Début :
LE Samedi 5 Juin M. Roi Chevalier de l'Ordre de S. Michel eut l'honneur / GRAND ROI, je céde enfin à l'ardeur qui me guide ; [...]
Mots clefs :
Roi, Armes, Temps, Succès, Triomphe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISCOURS AU ROI, Sur le succès de ses Armes.
DISCOURS AU ROI ,
Sur le fuccès de fes Armes.
LeSandredeJ.Michel eut l'honneur
de préfenter à la Reine , à Madame la Dauphine
& à Mefdames le Difcours fur le
fuccès des armes du Roi . Il fut invité de le
prononcer. La Reine entendit ces Vers
pendant fon dîner , Madame la Dauphine
l'après midi , & Mefdames à leur fouper.
Elles en parurent également fatisfaites &
attendries. Il fut comblé de ces éloges toujours
précieux & toujoursnouveaux pour un
Auteur le plus accoûtumé à en recevoir .
E Samedi s Juin M. Roi Chevalier
Sa Majesté a reçû en même- tems à l'armée
cette Piéce ; elle a ordonné qu'elle
fût imprimée à Lille . C'eft le même honneur
que S. M. fit à M. Roi lors de la Convalefcence.
Le Poëme fut imprimé à Metz
par un pareil ordre.
14 MERCURE DE FRANCE.
GRAND ROI , je cúde enfin à l'ardeur qui me
guide ;
Tu peux rendre fécond l'efprit le plus aride.
C'est moi qui le premier chantai notre bonheur
Quand tes jours échapoient à la Parque en fureur.
Peut-être que ma Lyre , organe de tendreffe,
A chanter des combats va trahir la foibleffe.
Le zéle fuffiroit pour rendre les frayeurs
Dont tes derniers périls ont glacé tous les coeurs
Lorſqu'au pied de ces murs , d'où partoit le tonnerre
,
Au milieu de ces feux que vomiffoit la terre ,
Ton oeil bravoit la mort errante autour de toi ,
Et que la France entiere à tremblé pour fon Roi.
T
J'aimerois à me joindre à ces tranſports de joye
Qu'à ton heureux retour le citoyen déploie
A peindre ta famille embraffant tes genoux ,
Doux momens , où triomphe & le pere & l'époux !
x
Tel Horace autrefois , dans fa verve diſcrette ,
Laiffoit à Varius ** emboucher la trompette
Ebranler tout l'Olimpe aux clameurs des mourans
De fang dans Actium répandre les torrens ,
Montrer la terre en feu , les mers épouvantées ,
Et du Styx par les morts . les ondes arrêtées.
* Ode 5. l. 1 .
** Poëte Epique & Tragique , fous Augufte.
JUIN.
15 1745.
Du fuccès de la guerre il ne peint que les fruits ;
Les Romains raffûrés , les plaifirs reproduits ,
Le Capitole orné de fleurs , de facrifices ,
Les fpectacles ouverts fous de plus doux aufpices,
Les meres de leurs fils béniffant le retour ,
Et les drapeaux de Mars aux Autels de l'Amour .
'Ainfi , fans m'élancer à travers le carnage ,
Ma Mufe du triomphe ofe ébaucher l'image ;
Triomphe différent de ceux où les Céfars
Du malheur des captifs repaiffant leurs regards ,
De l'esclavage encor aggravoient les injures ;
Où ces Rois enchaînés , déchirant leurs bleffures ,
Déteſtoient leurs vainqueurs , & les cruels fecours ,
Qui pour un tel outrage avoient fauvé leurs jours .
Trop long-tems ébloui par ce fafte barbare ,
Dont gémit l'héroïfme, & dont l'orgueil fe pare ,
L'Univers de LOUIS apprend d'autres vertus ,
Joüiſſez- en , Mortels , fous fes pieds abattus ;.
Loin de vous accabler , une pieté tendre
Comme fur fes Sujets ſçaura ſur vous s'étendre
Vous mourez;leVAINQUEUR veille à vous ranimer;
Vous force à l'applaudir , & peut- être à l'aimer.
Si nos deux derniers Rois foudroyoient des murailles
,
Le Ciel lui réfervoit la gloire des batailles :
Mânes de Souverains fi grands & fi chéris ,
Ah ! vous feriez jaloux d'un autre que d'un fils .
16 MERCURE DE FRANCE.
HENRI même , HENRI , dont l'utile courage
A fçu de fes Ayeux recouvrer l'héritage ,
HENRI n'eut que le choix du Trône ou du trépass
Pour nos feuls intérêts LOUIS arme fon bras :
Déja fon Fils le fuir , ce Fils à qui la Gloire
Pour premiere leçon préfente une victoire.
PRINCE , nouvel objet de refpect & d'amo
Que d'exemples touchants il te donne en un jour !
Arbitre du mérite , il loue , il récompenfe ,
Il ſe reconnoît maître aux faveurs qu'il diſpenſe ,
Seul dédommagement de fes juftes regrets
Pour tous ceux que la mort dérobe à fes bienfaits.
Nobles & chers foutiens de ce puiffant Empire ,
Héros , à vous chanter ma voix ne peut fuffire.
Irois-je apprécier le talent des guerriers ,
Et felon mon caprice adjuger les lauriers ?
A l'envi des grands noms qui parent notre Hiftoire,
Il en eft dont ce jour commence la mémoire ,
Mais LOUIS dans fon coeur a gravé vos exploits ;
Le Soldat a tout dit ; qu'ajoûteroit ma voix ?
Puiffe long -tems l'Europe envier à la France
Ce Chef , qui parmi nous prit une autre naiſſance ,
Ce Chef , dont le courage en un corps épuiſé ,
Subjuguant la nature , a tout fait , tout ofé !
Un regard du MONARQUE , un regard plein
de flâme
JUIN.
17 1745%
Jetté fur le Héros , renouvelle fon ame ;
Et MAURICE applaudi du Prince & du Soldat ,
Fait revivre à nos yeux VENDÔME & Catinat.
Yous , qu'un joug étranger forçoit à vous défendre
,
Redevenez François , hâtez- vous de vous rendre ;
C'eft votre premier Maître ; éprouvez les bontés ,
Et rentrez dans des droits fi long-tems regrettés.
Au milieu de ces champs où le fang fume encore ,
Scéne dont la valeur & frémit & s'honore ,
Sur un Trône formé d'armes & de drapeaux
Il reçoit du Sénat des hommages nouveaux.
GRAND ROI , tous tes Sujets te parlent par
fa bouche ;
Répons à leurs défirs ; que leur zéle te touche !
Il veille par tes loix aux jours des Citoyens ';
Promets à fon amour de ménager les tiens ;
11 friffonne au moment qu'il célebre tes armes;
O Pere , épargne -nous de trop vives allarmes ,
Duffent- en murmurer tous ces braves guerriers ,
Toujours François , toujours avides de lauriers.
Rox, Chevalier de l'Ordre de S. Michel
Sur le fuccès de fes Armes.
LeSandredeJ.Michel eut l'honneur
de préfenter à la Reine , à Madame la Dauphine
& à Mefdames le Difcours fur le
fuccès des armes du Roi . Il fut invité de le
prononcer. La Reine entendit ces Vers
pendant fon dîner , Madame la Dauphine
l'après midi , & Mefdames à leur fouper.
Elles en parurent également fatisfaites &
attendries. Il fut comblé de ces éloges toujours
précieux & toujoursnouveaux pour un
Auteur le plus accoûtumé à en recevoir .
E Samedi s Juin M. Roi Chevalier
Sa Majesté a reçû en même- tems à l'armée
cette Piéce ; elle a ordonné qu'elle
fût imprimée à Lille . C'eft le même honneur
que S. M. fit à M. Roi lors de la Convalefcence.
Le Poëme fut imprimé à Metz
par un pareil ordre.
14 MERCURE DE FRANCE.
GRAND ROI , je cúde enfin à l'ardeur qui me
guide ;
Tu peux rendre fécond l'efprit le plus aride.
C'est moi qui le premier chantai notre bonheur
Quand tes jours échapoient à la Parque en fureur.
Peut-être que ma Lyre , organe de tendreffe,
A chanter des combats va trahir la foibleffe.
Le zéle fuffiroit pour rendre les frayeurs
Dont tes derniers périls ont glacé tous les coeurs
Lorſqu'au pied de ces murs , d'où partoit le tonnerre
,
Au milieu de ces feux que vomiffoit la terre ,
Ton oeil bravoit la mort errante autour de toi ,
Et que la France entiere à tremblé pour fon Roi.
T
J'aimerois à me joindre à ces tranſports de joye
Qu'à ton heureux retour le citoyen déploie
A peindre ta famille embraffant tes genoux ,
Doux momens , où triomphe & le pere & l'époux !
x
Tel Horace autrefois , dans fa verve diſcrette ,
Laiffoit à Varius ** emboucher la trompette
Ebranler tout l'Olimpe aux clameurs des mourans
De fang dans Actium répandre les torrens ,
Montrer la terre en feu , les mers épouvantées ,
Et du Styx par les morts . les ondes arrêtées.
* Ode 5. l. 1 .
** Poëte Epique & Tragique , fous Augufte.
JUIN.
15 1745.
Du fuccès de la guerre il ne peint que les fruits ;
Les Romains raffûrés , les plaifirs reproduits ,
Le Capitole orné de fleurs , de facrifices ,
Les fpectacles ouverts fous de plus doux aufpices,
Les meres de leurs fils béniffant le retour ,
Et les drapeaux de Mars aux Autels de l'Amour .
'Ainfi , fans m'élancer à travers le carnage ,
Ma Mufe du triomphe ofe ébaucher l'image ;
Triomphe différent de ceux où les Céfars
Du malheur des captifs repaiffant leurs regards ,
De l'esclavage encor aggravoient les injures ;
Où ces Rois enchaînés , déchirant leurs bleffures ,
Déteſtoient leurs vainqueurs , & les cruels fecours ,
Qui pour un tel outrage avoient fauvé leurs jours .
Trop long-tems ébloui par ce fafte barbare ,
Dont gémit l'héroïfme, & dont l'orgueil fe pare ,
L'Univers de LOUIS apprend d'autres vertus ,
Joüiſſez- en , Mortels , fous fes pieds abattus ;.
Loin de vous accabler , une pieté tendre
Comme fur fes Sujets ſçaura ſur vous s'étendre
Vous mourez;leVAINQUEUR veille à vous ranimer;
Vous force à l'applaudir , & peut- être à l'aimer.
Si nos deux derniers Rois foudroyoient des murailles
,
Le Ciel lui réfervoit la gloire des batailles :
Mânes de Souverains fi grands & fi chéris ,
Ah ! vous feriez jaloux d'un autre que d'un fils .
16 MERCURE DE FRANCE.
HENRI même , HENRI , dont l'utile courage
A fçu de fes Ayeux recouvrer l'héritage ,
HENRI n'eut que le choix du Trône ou du trépass
Pour nos feuls intérêts LOUIS arme fon bras :
Déja fon Fils le fuir , ce Fils à qui la Gloire
Pour premiere leçon préfente une victoire.
PRINCE , nouvel objet de refpect & d'amo
Que d'exemples touchants il te donne en un jour !
Arbitre du mérite , il loue , il récompenfe ,
Il ſe reconnoît maître aux faveurs qu'il diſpenſe ,
Seul dédommagement de fes juftes regrets
Pour tous ceux que la mort dérobe à fes bienfaits.
Nobles & chers foutiens de ce puiffant Empire ,
Héros , à vous chanter ma voix ne peut fuffire.
Irois-je apprécier le talent des guerriers ,
Et felon mon caprice adjuger les lauriers ?
A l'envi des grands noms qui parent notre Hiftoire,
Il en eft dont ce jour commence la mémoire ,
Mais LOUIS dans fon coeur a gravé vos exploits ;
Le Soldat a tout dit ; qu'ajoûteroit ma voix ?
Puiffe long -tems l'Europe envier à la France
Ce Chef , qui parmi nous prit une autre naiſſance ,
Ce Chef , dont le courage en un corps épuiſé ,
Subjuguant la nature , a tout fait , tout ofé !
Un regard du MONARQUE , un regard plein
de flâme
JUIN.
17 1745%
Jetté fur le Héros , renouvelle fon ame ;
Et MAURICE applaudi du Prince & du Soldat ,
Fait revivre à nos yeux VENDÔME & Catinat.
Yous , qu'un joug étranger forçoit à vous défendre
,
Redevenez François , hâtez- vous de vous rendre ;
C'eft votre premier Maître ; éprouvez les bontés ,
Et rentrez dans des droits fi long-tems regrettés.
Au milieu de ces champs où le fang fume encore ,
Scéne dont la valeur & frémit & s'honore ,
Sur un Trône formé d'armes & de drapeaux
Il reçoit du Sénat des hommages nouveaux.
GRAND ROI , tous tes Sujets te parlent par
fa bouche ;
Répons à leurs défirs ; que leur zéle te touche !
Il veille par tes loix aux jours des Citoyens ';
Promets à fon amour de ménager les tiens ;
11 friffonne au moment qu'il célebre tes armes;
O Pere , épargne -nous de trop vives allarmes ,
Duffent- en murmurer tous ces braves guerriers ,
Toujours François , toujours avides de lauriers.
Rox, Chevalier de l'Ordre de S. Michel
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11
p. 174-177
PLACET A. MADAME Pour faire recevoir à S. Cyr une Demoiselle.
Début :
Digne fille d'un Roi, des mortels adoré, [...]
Mots clefs :
Saint-Cyr, Roi, Cardinal, Prière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PLACET A. MADAME Pour faire recevoir à S. Cyr une Demoiselle.
PLACET A. MADAME
Pour faire recevoir à S. Cyr une Demoiselle,
DIgne fille d'un Roi , des mortels adoré,
Vous , dont la Piété fert d'exemple à la notre ,
Vous qui ſçavez à quel dégré
Le coeur porte les ſoins d'une fooeur pour une au
tre ;
Pour la mienne aujourd'hui je tombe à vos ge
noux.
La voix du ſang, loinde ſe taire,
Eft favorable auprès de vous.
Admiſeen cet azile auguſte & falutaire
Où l'on benit d'une ardeur ſi ſincere
Le nom de Dieu , le votre ,&celui de Louis
Pour une autre moi - même agréez quejeſpere
L'avantage dont je jouis.
Mon pere dans les Camps ayant vieilli dix luftres
Les armes à la main a terminé ſon fort ;
Sept guerriers de mon nomdans des hazards ille
ftres :
Ont trouvé la gloire & la mort
MA. 1. 1746.
A ces titres d'honneur je joins vos bontés même,
Le ſouvenir des jours pour moi ſi précieux ,
Où mes foibles talens aidés d'un zéle extrême
Attirerent fur moi vos yeux.
*Quand nous avons chanté les rapides conquêtes ,
La France renaiſſante avec fon Roi vainqueur ,
L'hymen qui de nos Lys affûre le bonheur ,
Vous étiés attendrie à nos pieuſes fêtes.
Quel préſage pour nous ! l'actrice de Saint Gyr .
Ofe, en vous implorant , compter de reuffir.
* La convalefcence du Roi, ſon départ & fon
retour , le mariage de Monſeigneur le Dau
phin. Trois Idyles dramatiques déclamées &
chantées à Saint Cyr en préſencede laReine
dans les années 1744 & 1745 , compofées
par M. Roy Chevalier de l'Ordre de Saint
Michel
Le Placet eſt de la même main; il a été préſenté
au nom de Mlle de la Bachelere qui
a deja deux foeurs à Saint Cyr ; la reception
d'une quatriéme eſt une grace ſinguliere qui
ne demandoit pas moins que la protection
de Madame.
Le même Auteur , auſſi devoué aux Dames
de Saint Cyr que l'étoit M. Racine , a
exprimé leurs ſentimens à M. l'Evêque de
Chartres leur Superieur à l'occafion de la
nouvelle année. :
د
Hiiij
876 MERCURE DE FRANCE ,
........
Nous avons recouvré depuis peu une piéce
de vers de M. Roy préſentée à M. le
Cardinal de par une Dame de ſes
parentes avec l'envoi d'un vafe de Saxe ; nous
avons cru que le public verroit avec plaifir
un éloge inſpiré par le ſentiment & rendu
avec élégance.
De cette coupe fortunée.
Hebé verſoit aux Dieux le nectar enchanté;
Source de l'immortalité ;
Auſſi n'eſt - elle environnée
Que des fleurs que produit le Printems ou l'Eté,
Eh! que feroient ces Dieux d'un éternelle vie
Aux infirmités aſſervie ?
Autant vaudroit l'humanité.
Vivre , c'eſt poſſeder& jeuneſſe & ſanté,
Quels tréſors pour mon ſexe! il en feroit dependre.
Sa ſuprême felicité.
Seigneur j'oſe vous aprendre ,
Qu'il eſt un ſentiment & plus noble & plus tendre
,
Où mon coeur s'eſt arrêté.
Quand je demeurerois toujours dans le bel âge ,
Qu'importe à l'Univers ? un ſi rare avantage
MAI 1746.
177
Ne feroit que pour moi , que pour ma vanité ;
J'en dois faire : un meilleur uſage.
Que ce charme vainqueur des ans &des deftins
Paſſe en de plus utiles mains ,
Dans celles que le Ciel employe au grand ou
vrage ,
;
Du bonheur de tous les humains.
i
Le Roi ayant écrit aux Vicaires Généraux
de l'Archevêché de Paris qu'il fouhaitoit
qu'on fit des prieres publiques pour
attirer la bénédiction du Ciel ſur les armes
de Sa Majesté ils ont ordonné ces prières
&elles commencerent le 8de ce mois dans
l'Egliſe Métropolitaine de Paris par l'expofition
du Saint Sacrement.
Pour faire recevoir à S. Cyr une Demoiselle,
DIgne fille d'un Roi , des mortels adoré,
Vous , dont la Piété fert d'exemple à la notre ,
Vous qui ſçavez à quel dégré
Le coeur porte les ſoins d'une fooeur pour une au
tre ;
Pour la mienne aujourd'hui je tombe à vos ge
noux.
La voix du ſang, loinde ſe taire,
Eft favorable auprès de vous.
Admiſeen cet azile auguſte & falutaire
Où l'on benit d'une ardeur ſi ſincere
Le nom de Dieu , le votre ,&celui de Louis
Pour une autre moi - même agréez quejeſpere
L'avantage dont je jouis.
Mon pere dans les Camps ayant vieilli dix luftres
Les armes à la main a terminé ſon fort ;
Sept guerriers de mon nomdans des hazards ille
ftres :
Ont trouvé la gloire & la mort
MA. 1. 1746.
A ces titres d'honneur je joins vos bontés même,
Le ſouvenir des jours pour moi ſi précieux ,
Où mes foibles talens aidés d'un zéle extrême
Attirerent fur moi vos yeux.
*Quand nous avons chanté les rapides conquêtes ,
La France renaiſſante avec fon Roi vainqueur ,
L'hymen qui de nos Lys affûre le bonheur ,
Vous étiés attendrie à nos pieuſes fêtes.
Quel préſage pour nous ! l'actrice de Saint Gyr .
Ofe, en vous implorant , compter de reuffir.
* La convalefcence du Roi, ſon départ & fon
retour , le mariage de Monſeigneur le Dau
phin. Trois Idyles dramatiques déclamées &
chantées à Saint Cyr en préſencede laReine
dans les années 1744 & 1745 , compofées
par M. Roy Chevalier de l'Ordre de Saint
Michel
Le Placet eſt de la même main; il a été préſenté
au nom de Mlle de la Bachelere qui
a deja deux foeurs à Saint Cyr ; la reception
d'une quatriéme eſt une grace ſinguliere qui
ne demandoit pas moins que la protection
de Madame.
Le même Auteur , auſſi devoué aux Dames
de Saint Cyr que l'étoit M. Racine , a
exprimé leurs ſentimens à M. l'Evêque de
Chartres leur Superieur à l'occafion de la
nouvelle année. :
د
Hiiij
876 MERCURE DE FRANCE ,
........
Nous avons recouvré depuis peu une piéce
de vers de M. Roy préſentée à M. le
Cardinal de par une Dame de ſes
parentes avec l'envoi d'un vafe de Saxe ; nous
avons cru que le public verroit avec plaifir
un éloge inſpiré par le ſentiment & rendu
avec élégance.
De cette coupe fortunée.
Hebé verſoit aux Dieux le nectar enchanté;
Source de l'immortalité ;
Auſſi n'eſt - elle environnée
Que des fleurs que produit le Printems ou l'Eté,
Eh! que feroient ces Dieux d'un éternelle vie
Aux infirmités aſſervie ?
Autant vaudroit l'humanité.
Vivre , c'eſt poſſeder& jeuneſſe & ſanté,
Quels tréſors pour mon ſexe! il en feroit dependre.
Sa ſuprême felicité.
Seigneur j'oſe vous aprendre ,
Qu'il eſt un ſentiment & plus noble & plus tendre
,
Où mon coeur s'eſt arrêté.
Quand je demeurerois toujours dans le bel âge ,
Qu'importe à l'Univers ? un ſi rare avantage
MAI 1746.
177
Ne feroit que pour moi , que pour ma vanité ;
J'en dois faire : un meilleur uſage.
Que ce charme vainqueur des ans &des deftins
Paſſe en de plus utiles mains ,
Dans celles que le Ciel employe au grand ou
vrage ,
;
Du bonheur de tous les humains.
i
Le Roi ayant écrit aux Vicaires Généraux
de l'Archevêché de Paris qu'il fouhaitoit
qu'on fit des prieres publiques pour
attirer la bénédiction du Ciel ſur les armes
de Sa Majesté ils ont ordonné ces prières
&elles commencerent le 8de ce mois dans
l'Egliſe Métropolitaine de Paris par l'expofition
du Saint Sacrement.
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12
p. 83-85
AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres remplis [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Gloire, Fils, Yeux, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
AU ROI,
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres
remplis
Eternisent ton sang, & la gloire des Lys.
Le Ciel qui dans tes mains déposa le Tonnerre,
Qui te soumit la Paix, pour la rendre à la Terre,
Par un dernier bienfait couronne ton bonheur.
Un Fils, de tes vertus fidele imitateur,
Vainqueur à tes côtés, au sortir de l'enfance,
Renfermoit en lui seul toute notre espérance.
Ta sagesse veillant pour ce fils, & pour nous,
Lui choisit un objet digne d'un tel Epoux,
La Vertu, sous les traits d'une jeune Mortelle,
Du Sexe né pour plaire ornement & modele.
Elle acquitte aujourd'hui la gloire de ton choix
De leurs chastes ardeurs quel doux fruit tu reçois
VoI tous les yeux trempés de larmes d'allégresse,
Tu peux avec ton Peuple en verset sans foiblesse,
Tes périls, tes combats, tes succès signalés;
Tes jours même, tes jours deux sois renouvellés,
Et le Ciel atrétant le ciseau de la Parque,
Rien ne put décelet l'homme dans le Monarque.
Tu vis d'un œil égal ces grands évenemens
Mais ce beau jour permet l'essor aux sentimens.
DV
84 MERCUREDEFRANCE.
Quand notre joie éclate & si vive, & si pure,
Laisse éclater aussi la voix de la Nature.
Des rives de la Seine Habitans fortunés,
Et du meilleur des Rois Sujets passionnés,
Sur le marbre & l'airain vous tracez son image;
De ses traits si chéris l'aspect vous dédommage
Des momens que l'on perd éloigné de ses yeux;
Du plus fidel amour ce gage précieux
Annonce les récits réservés à l'Histoire.
Mais tout l'effort des Arts suffit. il pour sa gloire ?
Des Vertus du Héros symboles éclatans
Renfermés dans l'espace, assujettis au Tems.
LOUIS se peindra mieux dans son auguste Race.
Eh! quels seront les tems, les lieux, qu'elle n'em-
brasse?
Ses Fils commanderont à nos derniers Neveux,
Et ses Filles rendront d'autres Peuples heureux.
CROISSIZ, cher Rejetton d'une Tige inimos-
t:lie;
Ajoutez à l'éclat que vous recevez d'elle.
Vous avez de l'Amour la douceur, la beauté,
Mais l'Amour est enfant, il l'a toujours été:
Bientôt, grace aux Destius, vous cesserez de
l'être,
La foiblesse de l'âge est prête à disparêtre.
AUTOUR de son berceau volez Jeux inocens,
Mais ne vous flattez pas de l'amuser long. tems;
JANVIER. 1752.
8
Il va vous échapper, la Gloire le réclame,
La Gloire, seule Amante à captiver son ame.
MUSES, déja pour lui vos trésors sont ouverts,
Vous allez à ses yeux offrir tout l'univers,
Tous les climats, où doit voler sa Renommée
Par des progrès constans accrue, & confirmée
Vous allez de l'Histoire évoquer les Hétos
Qui sçurent des Mortels assurer le repos,
Ses Ayeux couronnés, à qui l'heureuse France
Doit ses Autels, ses loix, ses armes, sa puissance;
Mais parmi tant d'objets, Muses, arrêtez-vous
A l'Exemple yivant, qui les rassemble tous.
Sit tibi consimilis natus.
Ovid Trist. 4.
ROY, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres
remplis
Eternisent ton sang, & la gloire des Lys.
Le Ciel qui dans tes mains déposa le Tonnerre,
Qui te soumit la Paix, pour la rendre à la Terre,
Par un dernier bienfait couronne ton bonheur.
Un Fils, de tes vertus fidele imitateur,
Vainqueur à tes côtés, au sortir de l'enfance,
Renfermoit en lui seul toute notre espérance.
Ta sagesse veillant pour ce fils, & pour nous,
Lui choisit un objet digne d'un tel Epoux,
La Vertu, sous les traits d'une jeune Mortelle,
Du Sexe né pour plaire ornement & modele.
Elle acquitte aujourd'hui la gloire de ton choix
De leurs chastes ardeurs quel doux fruit tu reçois
VoI tous les yeux trempés de larmes d'allégresse,
Tu peux avec ton Peuple en verset sans foiblesse,
Tes périls, tes combats, tes succès signalés;
Tes jours même, tes jours deux sois renouvellés,
Et le Ciel atrétant le ciseau de la Parque,
Rien ne put décelet l'homme dans le Monarque.
Tu vis d'un œil égal ces grands évenemens
Mais ce beau jour permet l'essor aux sentimens.
DV
84 MERCUREDEFRANCE.
Quand notre joie éclate & si vive, & si pure,
Laisse éclater aussi la voix de la Nature.
Des rives de la Seine Habitans fortunés,
Et du meilleur des Rois Sujets passionnés,
Sur le marbre & l'airain vous tracez son image;
De ses traits si chéris l'aspect vous dédommage
Des momens que l'on perd éloigné de ses yeux;
Du plus fidel amour ce gage précieux
Annonce les récits réservés à l'Histoire.
Mais tout l'effort des Arts suffit. il pour sa gloire ?
Des Vertus du Héros symboles éclatans
Renfermés dans l'espace, assujettis au Tems.
LOUIS se peindra mieux dans son auguste Race.
Eh! quels seront les tems, les lieux, qu'elle n'em-
brasse?
Ses Fils commanderont à nos derniers Neveux,
Et ses Filles rendront d'autres Peuples heureux.
CROISSIZ, cher Rejetton d'une Tige inimos-
t:lie;
Ajoutez à l'éclat que vous recevez d'elle.
Vous avez de l'Amour la douceur, la beauté,
Mais l'Amour est enfant, il l'a toujours été:
Bientôt, grace aux Destius, vous cesserez de
l'être,
La foiblesse de l'âge est prête à disparêtre.
AUTOUR de son berceau volez Jeux inocens,
Mais ne vous flattez pas de l'amuser long. tems;
JANVIER. 1752.
8
Il va vous échapper, la Gloire le réclame,
La Gloire, seule Amante à captiver son ame.
MUSES, déja pour lui vos trésors sont ouverts,
Vous allez à ses yeux offrir tout l'univers,
Tous les climats, où doit voler sa Renommée
Par des progrès constans accrue, & confirmée
Vous allez de l'Histoire évoquer les Hétos
Qui sçurent des Mortels assurer le repos,
Ses Ayeux couronnés, à qui l'heureuse France
Doit ses Autels, ses loix, ses armes, sa puissance;
Mais parmi tant d'objets, Muses, arrêtez-vous
A l'Exemple yivant, qui les rassemble tous.
Sit tibi consimilis natus.
Ovid Trist. 4.
ROY, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
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Résultats : 2 texte(s)
1
p. 50-51
CONTE Par M. Roy.
Début :
Maistre Alain fut un homme inimitable, [...]
Mots clefs :
Maître, Prose et Vers, Auteur, Fête, Honneur, Hasard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONTE Par M. Roy.
CONTE
M
Par M. Roy.
fut un hom.
Aiftre Alain
me inimitable
,
Un passé maitre en Profe &
Vers galans.
Pour un Auteur , autre point plus
notable ,
Homme de Cour, & des plus importans
,
Felé , Dieu fçait , car c'étoit le
bon tems.
Au Louvre un foir s'endormit le
bon homme,
La Reine arrive , au milieu de
Son Somme,
D'un baifer , mais d'un baifer
favoureux ,
Elle honora le dormeur trop henreux
:
MERCURE. SI
Meffieurs , au moins ici ce qui
me touche ,
Dit la Princeffe , au gros des
Courtisans
Ce n'est pas l'homme , il eft laid ,
c'est la bouche >
D'où font fortis tant de propos
plaifans.
Adreſſe aux Dames.
Si par hazard ,
peu vaine ,)
l'idée eft un
Ce Maiftre Alain m'avoit tranf
mis fa veine
Son bel efprit , en feries - vous
autant ?
Alain fur ce s'endort & vous
attend.
Ou bien de cette façon .
Qui de vous fera la belle ;
Qui voudra fur ce modelle
Prendre d'auffi doux trapfports ?
Qu'elle vienne , je m'endors .
M
Par M. Roy.
fut un hom.
Aiftre Alain
me inimitable
,
Un passé maitre en Profe &
Vers galans.
Pour un Auteur , autre point plus
notable ,
Homme de Cour, & des plus importans
,
Felé , Dieu fçait , car c'étoit le
bon tems.
Au Louvre un foir s'endormit le
bon homme,
La Reine arrive , au milieu de
Son Somme,
D'un baifer , mais d'un baifer
favoureux ,
Elle honora le dormeur trop henreux
:
MERCURE. SI
Meffieurs , au moins ici ce qui
me touche ,
Dit la Princeffe , au gros des
Courtisans
Ce n'est pas l'homme , il eft laid ,
c'est la bouche >
D'où font fortis tant de propos
plaifans.
Adreſſe aux Dames.
Si par hazard ,
peu vaine ,)
l'idée eft un
Ce Maiftre Alain m'avoit tranf
mis fa veine
Son bel efprit , en feries - vous
autant ?
Alain fur ce s'endort & vous
attend.
Ou bien de cette façon .
Qui de vous fera la belle ;
Qui voudra fur ce modelle
Prendre d'auffi doux trapfports ?
Qu'elle vienne , je m'endors .
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2
p. 149-150
PARODIE DE M. ROY SUR LE MÊME AIR. A Mlle. ***
Début :
L'Amour croyoit n'avoir ni soeur, ni frere, [...]
Mots clefs :
Amour, Frères et soeurs, Jeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARODIE DE M. ROY SUR LE MÊME AIR. A Mlle. ***
PARODIE DE M. ROY
A
SUR LE MEME AIR
A Mile. ***
L'Amour croyoit n'avoir ni ſoeur,
ni
Sans vous de R1s , il eut pû s'en
Aater :
Niij
so LEMERCURE
Soeur de l'Amour , vous lui devintes
chere ,
Les Ris , les Jeux vouloient vous
adopter :
Un d'eux vous tint fur les fonds de
Cythere ,
Et c'eft fon nom qu'il vous a fait
porter.
A
SUR LE MEME AIR
A Mile. ***
L'Amour croyoit n'avoir ni ſoeur,
ni
Sans vous de R1s , il eut pû s'en
Aater :
Niij
so LEMERCURE
Soeur de l'Amour , vous lui devintes
chere ,
Les Ris , les Jeux vouloient vous
adopter :
Un d'eux vous tint fur les fonds de
Cythere ,
Et c'eft fon nom qu'il vous a fait
porter.
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