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51
p. 201-202
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
La Dame d'Aubeterre, que le Roi avoit nommée à l'Abbaye de [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Religieuse, Abbé, Chanoine
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Dame d'Aubeterre , que le Roi avoit nommée
à l'Abbaye de Saint Jean de Bonneval - lez-
Thouars , Ordre de Citeaux , Diocefe de Poitiers,
ayant fupplié Sa Majefté de lui permettre de ne
pas l'accepter , cette Abbaye a été donnée à la
Dame de la Guiche , Religieufe Bénédictine de
P'Abbaye de Saint Julien , à Dijon ; l'Abbaye de
Saint Germain d'Auxerre , Ordre de Saint Benoît
à M. PAbbé Dutrouffet d'Héricourt , Confeiller-
Clerc du Parlement de Paris , lequel a remis celle
de Saint Crefpin- le-Grand , Diocefe & ville de
"*
Liv
)-
202 MERCURE DE FRANCE,
Soiffons , & l'Abbaye de Saint Cheron , Ordre de
Saint Auguftin , Dioceſe de Chartres, à M. l'Abbé
Riviere , Chanoine de Saint Merry , & Clerc de la
Chapelle de la Reine .
A Dame d'Aubeterre , que le Roi avoit nommée
à l'Abbaye de Saint Jean de Bonneval - lez-
Thouars , Ordre de Citeaux , Diocefe de Poitiers,
ayant fupplié Sa Majefté de lui permettre de ne
pas l'accepter , cette Abbaye a été donnée à la
Dame de la Guiche , Religieufe Bénédictine de
P'Abbaye de Saint Julien , à Dijon ; l'Abbaye de
Saint Germain d'Auxerre , Ordre de Saint Benoît
à M. PAbbé Dutrouffet d'Héricourt , Confeiller-
Clerc du Parlement de Paris , lequel a remis celle
de Saint Crefpin- le-Grand , Diocefe & ville de
"*
Liv
)-
202 MERCURE DE FRANCE,
Soiffons , & l'Abbaye de Saint Cheron , Ordre de
Saint Auguftin , Dioceſe de Chartres, à M. l'Abbé
Riviere , Chanoine de Saint Merry , & Clerc de la
Chapelle de la Reine .
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Résumé : BÉNÉFICES DONNÉS.
Le Roi a redistribué plusieurs abbayes. Dame d'Aubeterre a refusé l'Abbaye de Saint Jean de Bonneval, attribuée à la Dame de la Guiche. L'Abbaye de Saint Germain d'Auxerre a été donnée à M. l'Abbé Dutrouffet d'Héricourt, qui a cédé l'Abbaye de Saint Crefpin-le-Grand. L'Abbaye de Saint Cheron a été attribuée à M. l'Abbé Rivière.
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52
p. 206
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye de Bonnesaigne, Ordre de Saint [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Abbesse, Diocèse, Dame, Religieuse
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
A Majefté a donné l'Abbaye de Bonnefaigne
Ordre de Saint Benoît , Diocefe de Limoges , à la
Dame d'Uffel -de Chateauvert , Abbeffe des Allois ;
celle des Allois , même Ordre & même Dioceſe ,
à la Dame de Lentilhac , Religieufe du Monaftere
de la Regle , à Limoges ; & l'Abbaye de Buffiere.
Ordre de Citeaux , Dioceſe & ville de Bourges ,
la Dame de Bry d'Arcy , Religieufe de l'Abbaye
aux Bois , à Paris.
A Majefté a donné l'Abbaye de Bonnefaigne
Ordre de Saint Benoît , Diocefe de Limoges , à la
Dame d'Uffel -de Chateauvert , Abbeffe des Allois ;
celle des Allois , même Ordre & même Dioceſe ,
à la Dame de Lentilhac , Religieufe du Monaftere
de la Regle , à Limoges ; & l'Abbaye de Buffiere.
Ordre de Citeaux , Dioceſe & ville de Bourges ,
la Dame de Bry d'Arcy , Religieufe de l'Abbaye
aux Bois , à Paris.
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53
p. 203-204
BÉNÉFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile, Ordre de Cîteaux, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Ordre, Religieuse, Abbé, Chapitre
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texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICES DONNÉS.
BÉNÉFICES DONNÉS.
SaMajesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile
, Ordre de Citeaux , Diocese de Poitiers , à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé de la Corne , Doyen du Chapitre de
Québec , & Conſeiller-Clerc au Conſeil Souve
rain de la même Ville ; & l'Abbaye de la Déferte,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe & Ville de Lyon ,
àla Dame de Monjouvent , Religieuſe Ursuline à
Bourg enBrefle..
SaMajesté a donné l'Abbaye Réguliere de l'Etoile
, Ordre de Citeaux , Diocese de Poitiers , à
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
M. l'Abbé de la Corne , Doyen du Chapitre de
Québec , & Conſeiller-Clerc au Conſeil Souve
rain de la même Ville ; & l'Abbaye de la Déferte,
Ordre de Saint Benoît , Dioceſe & Ville de Lyon ,
àla Dame de Monjouvent , Religieuſe Ursuline à
Bourg enBrefle..
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54
p. 206-209
DE VERSAILLES, le 14. Décembre.
Début :
Sa Majesté a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché d'Angers. [...]
Mots clefs :
Roi de France, Nominations, Archevêque, Évêque, Vicaire, Abbé, Abbaye, Ordre, Chevalier, Comte, Conseil, Prieuré, Ambassadeur de Russie, Audience, Famille royale, Duc, Marquis, Commandement
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texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 14. Décembre.
DE VERSAILLES , le 14. Décembre.
SAA Majefté a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché
d'Angers..
L'Abbé Gautier , Vicaire Général du Diocéfe
de Bourges à l'Evêché de Luçon.
Et l'Abbé Moreau Chanoine de NotreDame
& Confeiller Clerc au Parlement , à l'Evêché '
de Vence.
Le Roi a donné l'Abbaye de Longvilliers , Ordre
de Cifteaux , Diocéle de Boulogne , à 1 Abbé
de Narboune- Pelet Chanoine de Saint - Paul-
Trois - Châteaux .
L'Abbaye d'Uzerche, Diocéfe de Limoges , Ordre
de Saint Benoît , à l'Abbé de Cugnac de Dampierre
, Chanoine & Chancelier de l'Eglite Mé--
tropolitaine de Tours.
L'Abbaye Réguliere de Saint Pierre de Hafnon ,
Diocéfe d'Arras , a Dom Lernould , Religieux de
la même Abbaye.
L'Abbaye de Perray , Ordre de Cifteaux , Diocéfe
d'Angers , à la Dame de Gourcy - Charcy ,
Religieufe à l'Abbaye aux Bois , à Paris.
Ville' L'Abbaye de Kerlot , Ordre de Ciſteaux ,
& Diocéfe de Quimper , à la Dame de Cuillé ,
Religieule à l'Abbaye de Banceray , à Angers.
Et un Canonicat de la Sainte Chapelle du
Palais à Paris , à l'Abbé Coriambleu , Prêtre du
Diocéfe d'Orléans.
Le fieur de Chevert , Lieutenant Général des
Armées du Roi , Commandeur , Grand Croix
JANVIER . 1759. 207,
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-Louis
ayant été nommé par le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , Chevalier de l'Ordre de l'Aigle
Blanc , reçut le 2. ce mois , avec la permiffion de
S. M. des mains du Comté de Luface,le Cordon
de cet Ordre avec le Portrait du Roi de Pologne ,
dans une Boëte d'or enrichie de diamants,& une.
Lettre de ce Monarque , remplie de témoignages.
d'eftime & de bienveillance .
Le ro. le Roi , en entrant au Confeil , créa
Pair de France le Duc de Choifeuit , Miniftre &
Secrétaire d'Etat des Affaires Etrangeres.
Le Roi a donné l'Abbaye de Preuilly , Ordre de
S. Benoit , Diocéfe de Tours , a l'Abbé de Gabriac
, Grand-Vicaire de Sens .
L'Abbaye de Bellozanne , Ordre de Prémon
tré , Diocéfe de Rouen , a l'Abbé le Rat , Chanoine
de l'Eglife Cathédrale de Rouen .
Le Prieuré de S. Maurice lès S. nlis , à l'Abbé
Mauffac , Prêtre de la Communauté de S. Sulpice.
Le Prieuré de Liern , Ordre de S. Auguftin ,
Biocéle d'Evreux , a l'Abbé Machelart , Chapelain
de la Chap ile de Madame.
Le Prieuré de Vicuxpoux , Ordre de Grammont
, Diocéfe de Seus , a l'Abbé de Maſtin
Grand- Vicaire d'Orleans.
Le Prieuré de S. Martin du Lamballe , Diocéle
de S. Brieux , à l'Abbé de Champorcin ,
Chanoine & Théologal de l'Eglife d'Arles.
Le Prieuré de Friardel , Ordre de S. Auguf
tin , Diocéfe de Lilieux , a l'Abbé de la Tour d'Auvergne
, Aumônier du Régiment Royal des Vaiſ➡
feaux .
Le Prieuré de Montguyon & de la Primaudiere,
fon Annexe, Ordre de Grammont, Dioceſe d'Angers
, à l'Abbé Dupont , Clerc de la Chapelle
du Roi
208 MERCURE DE FRANCE.
Le Prieuré de Saugé , Diocéfe de Poitiers , au
fieur Lebrun , Chapelain des Prifons du Grand
Châtelet ;
Le Prieuré de S. Martin fous Beaumont , Diocéfe
de Dijon , au fieur Bodier , Promoteur du
même Diocéfe.
Et le Prieuré de Mauves , Diocéfe de Nantes ,
au fieur des Rochelles Petit Prêtre du même
Diocéfe.
Le 21. Décembre.
Le 19. le Comte de Beftuchef , Ambaffadeur
Extraordinaire de Ruffie , eut une Audience particuliere
du Roi , à laquelle il fut conduit par le
Sieur de la Live , Introducteur des Amballadeurs.
Du 4 Janvier.
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Eſprit , s'étant aſſemblés vers les
II heures dans le Cabinet du Roi , S. M. tint
un Chapitre , & admit au nombre des Chevaliers
de l'Ordre , le Duc de Chevreufe , le Duc de Broglie
, le Maréchal de Contades , le Comte de Graville
, le Comte de Rochechouart , le Comte de
Guerchy , le Prince de Crony & le Comte de
Lannion.
Le Roi fortit enfuite de fon Appartement pour
fe rendre à la Chapelle . Sa Majefté étoit en mauteau
avec le Collier de l'Ordre . Elle étoit précédée
de Monſeigneur le Dauphin , du Duc d'Orléans
, du Prince de Condé , du Comte de Clermont
, du Prince de Conty , du Comte de la Marche
, du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre , des
Chevaliers , des Commandeurs & des Officiers de
l'Ordre.
Après qu'on eut chanté l'Hymne du Veni Creator
, le Roi monta ſur ſon Trône , & mit au Cardinal
de Luynes le Cordon de l'Ordre. La Grand-
Mefle fut célébrée par l'Evêque de Langres , PréJANVIER.
1759. 200
lat-Commandeur. Après la Meffe , Sa Majefté
fut reconduite à ſon Appartement , à la maniere
accoutumée.
Sa Majesté a fait Duc à Brevet , le Marquis de
Villequier , fils du Duc d'Aumont.
Le Roi a permis au Comte d'Albert , fils du
Chevreufe de prendre le titre de Duc de Luynes.
Sa Majesté a nommé le Marquis de Quefne ,
Chef d'Efcadre , Commandeur de l'Ordre Royal
& Militaire de Saint- Louis , avec la Penfion de
trois mille livres.
SAA Majefté a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché
d'Angers..
L'Abbé Gautier , Vicaire Général du Diocéfe
de Bourges à l'Evêché de Luçon.
Et l'Abbé Moreau Chanoine de NotreDame
& Confeiller Clerc au Parlement , à l'Evêché '
de Vence.
Le Roi a donné l'Abbaye de Longvilliers , Ordre
de Cifteaux , Diocéle de Boulogne , à 1 Abbé
de Narboune- Pelet Chanoine de Saint - Paul-
Trois - Châteaux .
L'Abbaye d'Uzerche, Diocéfe de Limoges , Ordre
de Saint Benoît , à l'Abbé de Cugnac de Dampierre
, Chanoine & Chancelier de l'Eglite Mé--
tropolitaine de Tours.
L'Abbaye Réguliere de Saint Pierre de Hafnon ,
Diocéfe d'Arras , a Dom Lernould , Religieux de
la même Abbaye.
L'Abbaye de Perray , Ordre de Cifteaux , Diocéfe
d'Angers , à la Dame de Gourcy - Charcy ,
Religieufe à l'Abbaye aux Bois , à Paris.
Ville' L'Abbaye de Kerlot , Ordre de Ciſteaux ,
& Diocéfe de Quimper , à la Dame de Cuillé ,
Religieule à l'Abbaye de Banceray , à Angers.
Et un Canonicat de la Sainte Chapelle du
Palais à Paris , à l'Abbé Coriambleu , Prêtre du
Diocéfe d'Orléans.
Le fieur de Chevert , Lieutenant Général des
Armées du Roi , Commandeur , Grand Croix
JANVIER . 1759. 207,
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-Louis
ayant été nommé par le Roi de Pologne , Electeur
de Saxe , Chevalier de l'Ordre de l'Aigle
Blanc , reçut le 2. ce mois , avec la permiffion de
S. M. des mains du Comté de Luface,le Cordon
de cet Ordre avec le Portrait du Roi de Pologne ,
dans une Boëte d'or enrichie de diamants,& une.
Lettre de ce Monarque , remplie de témoignages.
d'eftime & de bienveillance .
Le ro. le Roi , en entrant au Confeil , créa
Pair de France le Duc de Choifeuit , Miniftre &
Secrétaire d'Etat des Affaires Etrangeres.
Le Roi a donné l'Abbaye de Preuilly , Ordre de
S. Benoit , Diocéfe de Tours , a l'Abbé de Gabriac
, Grand-Vicaire de Sens .
L'Abbaye de Bellozanne , Ordre de Prémon
tré , Diocéfe de Rouen , a l'Abbé le Rat , Chanoine
de l'Eglife Cathédrale de Rouen .
Le Prieuré de S. Maurice lès S. nlis , à l'Abbé
Mauffac , Prêtre de la Communauté de S. Sulpice.
Le Prieuré de Liern , Ordre de S. Auguftin ,
Biocéle d'Evreux , a l'Abbé Machelart , Chapelain
de la Chap ile de Madame.
Le Prieuré de Vicuxpoux , Ordre de Grammont
, Diocéfe de Seus , a l'Abbé de Maſtin
Grand- Vicaire d'Orleans.
Le Prieuré de S. Martin du Lamballe , Diocéle
de S. Brieux , à l'Abbé de Champorcin ,
Chanoine & Théologal de l'Eglife d'Arles.
Le Prieuré de Friardel , Ordre de S. Auguf
tin , Diocéfe de Lilieux , a l'Abbé de la Tour d'Auvergne
, Aumônier du Régiment Royal des Vaiſ➡
feaux .
Le Prieuré de Montguyon & de la Primaudiere,
fon Annexe, Ordre de Grammont, Dioceſe d'Angers
, à l'Abbé Dupont , Clerc de la Chapelle
du Roi
208 MERCURE DE FRANCE.
Le Prieuré de Saugé , Diocéfe de Poitiers , au
fieur Lebrun , Chapelain des Prifons du Grand
Châtelet ;
Le Prieuré de S. Martin fous Beaumont , Diocéfe
de Dijon , au fieur Bodier , Promoteur du
même Diocéfe.
Et le Prieuré de Mauves , Diocéfe de Nantes ,
au fieur des Rochelles Petit Prêtre du même
Diocéfe.
Le 21. Décembre.
Le 19. le Comte de Beftuchef , Ambaffadeur
Extraordinaire de Ruffie , eut une Audience particuliere
du Roi , à laquelle il fut conduit par le
Sieur de la Live , Introducteur des Amballadeurs.
Du 4 Janvier.
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Eſprit , s'étant aſſemblés vers les
II heures dans le Cabinet du Roi , S. M. tint
un Chapitre , & admit au nombre des Chevaliers
de l'Ordre , le Duc de Chevreufe , le Duc de Broglie
, le Maréchal de Contades , le Comte de Graville
, le Comte de Rochechouart , le Comte de
Guerchy , le Prince de Crony & le Comte de
Lannion.
Le Roi fortit enfuite de fon Appartement pour
fe rendre à la Chapelle . Sa Majefté étoit en mauteau
avec le Collier de l'Ordre . Elle étoit précédée
de Monſeigneur le Dauphin , du Duc d'Orléans
, du Prince de Condé , du Comte de Clermont
, du Prince de Conty , du Comte de la Marche
, du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre , des
Chevaliers , des Commandeurs & des Officiers de
l'Ordre.
Après qu'on eut chanté l'Hymne du Veni Creator
, le Roi monta ſur ſon Trône , & mit au Cardinal
de Luynes le Cordon de l'Ordre. La Grand-
Mefle fut célébrée par l'Evêque de Langres , PréJANVIER.
1759. 200
lat-Commandeur. Après la Meffe , Sa Majefté
fut reconduite à ſon Appartement , à la maniere
accoutumée.
Sa Majesté a fait Duc à Brevet , le Marquis de
Villequier , fils du Duc d'Aumont.
Le Roi a permis au Comte d'Albert , fils du
Chevreufe de prendre le titre de Duc de Luynes.
Sa Majesté a nommé le Marquis de Quefne ,
Chef d'Efcadre , Commandeur de l'Ordre Royal
& Militaire de Saint- Louis , avec la Penfion de
trois mille livres.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 14. Décembre.
Le 14 décembre, plusieurs nominations ecclésiastiques ont été effectuées par Sa Majesté. L'évêque de Vence a été transféré à l'évêché d'Angers, tandis que l'abbé Gautier a été nommé au diocèse de Luçon et l'abbé Moreau à l'évêché de Vence. Diverses abbayes et prieurés ont également été attribués, notamment l'abbaye de Longvilliers à l'abbé de Narbonne-Pelet, l'abbaye d'Uzerche à l'abbé de Cugnac de Dampierre, et l'abbaye de Perray à la dame de Gourcy-Charcy. Le sieur de Chevert, lieutenant général des armées du roi, a reçu l'ordre de l'Aigle Blanc du roi de Pologne. Le duc de Choiseul a été créé pair de France. Plusieurs prieurés ont été attribués à des abbés et chapelains, comme le prieuré de S. Maurice lès S. nlis à l'abbé Mauffac et le prieuré de Mauves au sieur des Rochelles. Le 21 décembre, le comte de Bestuchef, ambassadeur de Russie, a eu une audience particulière avec le roi. Le 4 janvier, plusieurs chevaliers ont été admis dans l'Ordre du Saint-Esprit, et le roi a assisté à une messe solennelle. Sa Majesté a également fait duc à brevet le marquis de Villequier et permis au comte d'Albert de prendre le titre de duc de Luynes. Le marquis de Quefne a été nommé chef d'escadre et commandeur de l'Ordre de Saint-Louis.
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55
p. 209-211
De Versailles le 22 Février.
Début :
Le Baron de Beckers, Ministre d'État & de Conférence, Ministre Plénipotentiaire de l'Electeur [...]
Mots clefs :
Baron, Ministre d'État, Roi, Nominations, Marquis, Abbaye, Ordre, Marquis, Régiment, Infanterie, Vicomte, Grade, Québec
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texteReconnaissance textuelle : De Versailles le 22 Février.
DE VERSAILLES le 22 Février.
Le Baron de Beckers , Miniftre d'État & de
Conférence , Miniftre Plénipotentaire de l'Electeur
Palatin , eut le 11 une Audience particuliere
du Roi , dans laquelle il préfenta à Sa Majesté
fes Lettres de Créance.
Le 17 , le Roi a tenu fur les Fonds de Baptême ,
avec la Marquife de Pompadour , Dame du Palais
de la Reine, le Fils du Vicomte de Bouville ,
Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire de S.
Louis , Capitaine de Vaiffeau du Roi . Le Baptême
a été fait à la Paroiffe de Notre-Dame. Sa Majesté
a été repréſenté par le Duc de Duras , Pair
de France , & premier Gentilhomme de la
Chambre.
Le 18 , le Roi a nommé Miniftre d'État le
Maréchal Prince de Soubife qui a pris en cette
qualité féance au Confeil de Sa Majesté.
Le Marquis de Chabannes , Sous- Lieutenant de
la feconde Compagnie des Moufquetaire de la
Garde , ayant obtenu du Roi la permiffion defe
démettre de cet emploi , Sa Majeflé a accordé la
Cornette vacante par cette démiffion , au Marquis
de Varennes- Nagu , Capitaine dans le Régiment
du Roi , Infanterie .
Le Roi a donné l'Abbaye de l'Eau , Ordre de
Citeaux , Diocèſe de Chartres , à la Dame de
Vauldrey , Abbeffe de Beauvoir.
L'Abbaye de Beauvoir , Ordre de Citeaux
Diocèle de Bourges , à la Dame Joly de Fleury ,
Religieufe du Monaftere de Foilly , Diocèfe de
Troyes.
Et l'Abbaye d'Effey , Ordre de S. Auguſtin ,
Diocèle de Sées , à la Dame de Beauville ; Religieufe
à l'Abbaye de Bonlieu , Diocèſe du Mans.
Du premier Mars.
Le 24 du mois dernier le Roi tint le Sceau
pour la quarante- cinquième fois.
210 MERCURE DE FRANCE:
Sa Majefté a difpofé du Régiment de Berry ;
Infanterie , vacant par la démiffion du Marquis
de Contades , en faveur du fieur Hugues , Capitaine
dans le Régiment du Roi , Infanterie ; de
celui de la Ferre , Infanterie , vacant par la promotion
du Marquis de Fenelon au grade de Maréchal
de Camp , en faveur du Marquis de Beaumont
, Ayde-Major- Général de l'Infanterie de
l'Armée ; de celui de Beauvoifis , Ipfanterie , vacant
par la promotion du Marquis de Lugeac
au grade de Maréchal de Camp , en faveur da
Chevalier de Clugny, Capitaine dans ce Régiment.
Le Roi a nommé Guidons de Gendarmerie ,
les fieurs Comte de Mornay de Monchevreuil ,
Colbert de Preffigny, Marquis de la Haye, Comte
de Chabannois , Comte de Flavacourt , Marquis
de Roquefort , Vicomte de la Riviere , & de Manneville.
Le Roi a accordé au Comte de Barbazan , Sénéchal
& Gouverneur de Bigore , le Commandement
de cette Province.
Du 8 .
Le 24. du mois dernier , les fieurs de Saint-
Germain , de Ballette , & de Boignorel , reçus
ci-devant Chevaliers de minorité dans les Ordrés
Royaux Militaires & Hofpitaliers de Notre- Damedu
Mont Carmel & dé Saint Lazare de Jérufalem
, furent admis dans l'appartement de Monfeigneur
le Duc de Berry ; & immédiatement
après la meſſe à faire leur profeffion , & à prononcer
leurs voeux entre les mains du Comte de
Saint- Florentin , Gérent & Adminiftrateur de ces
Ordres. Le Comte de Comminges fut enfuite reçu
Chevalier des mêmes Ordres. Le fieur Dorat de
Chameule prêta le même jour ferment en qualité
de Survivancier du fieur Dorat fon pere , dans
la Charge de Greffier & Secrétaire Général de
ces Ordres.
AVRIL. 1759. 211
Le fieur de Boullongne s'étant démis de la place
de Contrôleur Général des Finances. Sa Majesté
à nommé le fieur de Silhouette pour le remplacer.
Le fieur de Kergarfon , Enfeigne de Vaiffeau ,
Commandant la Corvette du Roi la Sardoine
qui revient de la Martinique & de S. Domingue
d'où il eft parti les Décembre , a rapporté que
ces Colonies étoient alors en bon état.
Le fieur de Bougainville, premier Aide de Camp
du Marquis de Montcalm , Lieutenant- Général ,
Commandant les Troupes Françoiſes en Canada ,
fous les ordres du Marquis de Vaudreuil , Gouverneur
& Lieutenant- Général de la Colonie , eft
arrivé de Québec pour rendre compte au Roi de
l'état de cette Colonie , & a eu l'honneur de préfenter
à S. M. les plans des forts & la Carte des
lieux qui font le théâtre de la guerre dans ce
pays. Ces plans ont été levés par le fieur de Crevecoeur
, Officier au Régiment de la Sarre , employé
dans le Génie , & qui s'eft fait beaucoup
de réputation par fa bravoure & fes talens . Le
Roi a accordé au fieur de Bougainville une gratification
, le brevet de Colonel , & la Croix de
Saint-Louis. Cet Officier arrivé de Québec au
commencement du mois de Janvier dernier, vient
de repartir pour le Canada.
Le Roi a nominé à l'Evêché d'Agde l'Abbé de
S. Simon de Sandricourt , Vicaire Général de
l'Evêché de Metz .
Sa Majesté a donné P'Abbaye Royale de Conches
, Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Evreux ,
fur la démiffion de l'Abbé de S. Simon , à l'ancien
Évêque de Limoges , Précepteur de Monſeigneur
le Duc de Bourgogne;
Et l'Abbaye de Peffan , Ordre de S. Benoît ,
Diocèle d'Auch , à l'Abbé de Narbonne de Lara ,
Grand- Vicaire d'Agen.
Le Baron de Beckers , Miniftre d'État & de
Conférence , Miniftre Plénipotentaire de l'Electeur
Palatin , eut le 11 une Audience particuliere
du Roi , dans laquelle il préfenta à Sa Majesté
fes Lettres de Créance.
Le 17 , le Roi a tenu fur les Fonds de Baptême ,
avec la Marquife de Pompadour , Dame du Palais
de la Reine, le Fils du Vicomte de Bouville ,
Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire de S.
Louis , Capitaine de Vaiffeau du Roi . Le Baptême
a été fait à la Paroiffe de Notre-Dame. Sa Majesté
a été repréſenté par le Duc de Duras , Pair
de France , & premier Gentilhomme de la
Chambre.
Le 18 , le Roi a nommé Miniftre d'État le
Maréchal Prince de Soubife qui a pris en cette
qualité féance au Confeil de Sa Majesté.
Le Marquis de Chabannes , Sous- Lieutenant de
la feconde Compagnie des Moufquetaire de la
Garde , ayant obtenu du Roi la permiffion defe
démettre de cet emploi , Sa Majeflé a accordé la
Cornette vacante par cette démiffion , au Marquis
de Varennes- Nagu , Capitaine dans le Régiment
du Roi , Infanterie .
Le Roi a donné l'Abbaye de l'Eau , Ordre de
Citeaux , Diocèſe de Chartres , à la Dame de
Vauldrey , Abbeffe de Beauvoir.
L'Abbaye de Beauvoir , Ordre de Citeaux
Diocèle de Bourges , à la Dame Joly de Fleury ,
Religieufe du Monaftere de Foilly , Diocèfe de
Troyes.
Et l'Abbaye d'Effey , Ordre de S. Auguſtin ,
Diocèle de Sées , à la Dame de Beauville ; Religieufe
à l'Abbaye de Bonlieu , Diocèſe du Mans.
Du premier Mars.
Le 24 du mois dernier le Roi tint le Sceau
pour la quarante- cinquième fois.
210 MERCURE DE FRANCE:
Sa Majefté a difpofé du Régiment de Berry ;
Infanterie , vacant par la démiffion du Marquis
de Contades , en faveur du fieur Hugues , Capitaine
dans le Régiment du Roi , Infanterie ; de
celui de la Ferre , Infanterie , vacant par la promotion
du Marquis de Fenelon au grade de Maréchal
de Camp , en faveur du Marquis de Beaumont
, Ayde-Major- Général de l'Infanterie de
l'Armée ; de celui de Beauvoifis , Ipfanterie , vacant
par la promotion du Marquis de Lugeac
au grade de Maréchal de Camp , en faveur da
Chevalier de Clugny, Capitaine dans ce Régiment.
Le Roi a nommé Guidons de Gendarmerie ,
les fieurs Comte de Mornay de Monchevreuil ,
Colbert de Preffigny, Marquis de la Haye, Comte
de Chabannois , Comte de Flavacourt , Marquis
de Roquefort , Vicomte de la Riviere , & de Manneville.
Le Roi a accordé au Comte de Barbazan , Sénéchal
& Gouverneur de Bigore , le Commandement
de cette Province.
Du 8 .
Le 24. du mois dernier , les fieurs de Saint-
Germain , de Ballette , & de Boignorel , reçus
ci-devant Chevaliers de minorité dans les Ordrés
Royaux Militaires & Hofpitaliers de Notre- Damedu
Mont Carmel & dé Saint Lazare de Jérufalem
, furent admis dans l'appartement de Monfeigneur
le Duc de Berry ; & immédiatement
après la meſſe à faire leur profeffion , & à prononcer
leurs voeux entre les mains du Comte de
Saint- Florentin , Gérent & Adminiftrateur de ces
Ordres. Le Comte de Comminges fut enfuite reçu
Chevalier des mêmes Ordres. Le fieur Dorat de
Chameule prêta le même jour ferment en qualité
de Survivancier du fieur Dorat fon pere , dans
la Charge de Greffier & Secrétaire Général de
ces Ordres.
AVRIL. 1759. 211
Le fieur de Boullongne s'étant démis de la place
de Contrôleur Général des Finances. Sa Majesté
à nommé le fieur de Silhouette pour le remplacer.
Le fieur de Kergarfon , Enfeigne de Vaiffeau ,
Commandant la Corvette du Roi la Sardoine
qui revient de la Martinique & de S. Domingue
d'où il eft parti les Décembre , a rapporté que
ces Colonies étoient alors en bon état.
Le fieur de Bougainville, premier Aide de Camp
du Marquis de Montcalm , Lieutenant- Général ,
Commandant les Troupes Françoiſes en Canada ,
fous les ordres du Marquis de Vaudreuil , Gouverneur
& Lieutenant- Général de la Colonie , eft
arrivé de Québec pour rendre compte au Roi de
l'état de cette Colonie , & a eu l'honneur de préfenter
à S. M. les plans des forts & la Carte des
lieux qui font le théâtre de la guerre dans ce
pays. Ces plans ont été levés par le fieur de Crevecoeur
, Officier au Régiment de la Sarre , employé
dans le Génie , & qui s'eft fait beaucoup
de réputation par fa bravoure & fes talens . Le
Roi a accordé au fieur de Bougainville une gratification
, le brevet de Colonel , & la Croix de
Saint-Louis. Cet Officier arrivé de Québec au
commencement du mois de Janvier dernier, vient
de repartir pour le Canada.
Le Roi a nominé à l'Evêché d'Agde l'Abbé de
S. Simon de Sandricourt , Vicaire Général de
l'Evêché de Metz .
Sa Majesté a donné P'Abbaye Royale de Conches
, Ordre de S. Benoît , Diocèse d'Evreux ,
fur la démiffion de l'Abbé de S. Simon , à l'ancien
Évêque de Limoges , Précepteur de Monſeigneur
le Duc de Bourgogne;
Et l'Abbaye de Peffan , Ordre de S. Benoît ,
Diocèle d'Auch , à l'Abbé de Narbonne de Lara ,
Grand- Vicaire d'Agen.
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Résumé : De Versailles le 22 Février.
En février, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour. Le 11 février, le Baron de Beckers, Ministre d'État et Ministre Plénipotentiaire de l'Électeur Palatin, a été reçu en audience particulière par le Roi, qui a accepté ses lettres de créance. Le 17 février, le Roi a assisté au baptême du fils du Vicomte de Bouville à la paroisse de Notre-Dame, représenté par le Duc de Duras. Le 18 février, le Roi a nommé le Maréchal Prince de Soubise Ministre d'État. Le Marquis de Chabannes a démissionné de son poste de Sous-Lieutenant des Mousquetaires de la Garde, et sa cornette a été attribuée au Marquis de Varennes-Nagu. Le Roi a également attribué plusieurs abbayes à des religieuses : l'Abbaye de l'Eau à la Dame de Vauldrey, l'Abbaye de Beauvoir à la Dame Joly de Fleury, et l'Abbaye d'Effey à la Dame de Beauville. Le 24 février, le Roi a scellé pour la quarante-cinquième fois. Il a nommé plusieurs officiers dans divers régiments d'infanterie et de cavalerie, et a accordé des commandements provinciaux. Les sieurs de Saint-Germain, de Ballette, et de Boignorel ont été admis dans les Ordres Royaux Militaires et Hospitaliers de Notre-Dame du Mont Carmel et de Saint Lazare de Jérusalem. Le sieur Dorat de Chameule a prêté serment en tant que survivancier de son père dans la charge de Greffier et Secrétaire Général de ces Ordres. En avril 1759, le sieur de Silhouette a été nommé Contrôleur Général des Finances à la place du sieur de Boullongne. Le sieur de Kergarfon a rapporté que les colonies de la Martinique et de Saint-Domingue étaient en bon état. Le sieur de Bougainville, de retour du Canada, a présenté au Roi des plans de forts et des cartes des lieux de guerre. Il a été récompensé par une gratification, un brevet de Colonel, et la Croix de Saint-Louis. Le Roi a nommé l'Abbé de Saint-Simon de Sandricourt à l'Évêché d'Agde, et a attribué plusieurs abbayes à des ecclésiastiques.
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56
p. 207-209
DE VERSAILLES, le 15 Mars.
Début :
Le 13 de ce mois le Roi a tenu le Sceau pour la 46e fois. [...]
Mots clefs :
Sceau, Sa Majesté, Marquis, Capitaine, Comte, Nominations, Régiment, Infanterie, Gouverneur, Abbaye, Ordre, Diocèse, Lieutenant, Compagnie, Chevalier, Colonel, Évêque, Abbé, Archevêque
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texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 15 Mars.
De VERSAILLES , le 15 Mars .
L E 13 de ce mois le Roi a tenu le Sceau pour
la 46 ° fois.
Sa Majesté a donné au Marquis de Villeroi ,
Capitaine des Gardes- du - Corps en furvivance les
honneurs du Louvre , au Marquis de Lugeac le
commandement de la Compagnie des Grenadiers
à Cheval ; au Comte de Beaujeu l'infpection
générale & la Direction des Côtes maritimes
des Provinces de Poitou , Aulnis , Saintonge ,
Guyenne , Rouffillon , Languedoc & Provence 5.
& il a eu l'honneur de remercier le Roi en cette
qualité.
Du 29.
Sa Majesté tint le fceau pour la 47.fois.
Le Roia donné au Sieur du Tiller , le Régiment
Royal , Infanterie vacant par là promotion du
Marquis de Puifignieux au grade de Maréchal de
Camp.
Sa Majefté a nommé le Comte de Barbazan
208 MERCURE DE FRANCE
Sénéchal , Gouverneur de Bigorre , pour com
mander les Troupes qui feront dans cette Province.
Le Roi a donné l'Abbaye de S. Etienne de
Caen , Ordre de S. Benoît , Diocèſe de Bayeux
au Cardinal de Gefvres ; l'Abbaye de S. Paul de
Verdun à l'ancien Evêque de Limoges , Précepteur
de Monteigneur le Duc de Bourgogne ; &
l'Abbaye de S. Michel , Diocèfe de Laon à l'Abbé
Colbert , Doyen de l'Eglife & Vicaire Général du
Diocèfe d'Orléans .
Sa Majesté a nominé le Comte de Fumel ,
Meftre de Camp , Lieutenant du Régiment de
Clermont-Prince ; & elle a donné le Régiment
de Fumel au Chevalier de ce nom. Le Chevalier
de Mirabeau a été nommé Inſpecteur Général
des Gardes- Côtes , avec la Direction des batteries
& des fignaux dans toute la partie de la Côte qui
s'étend depuis la Loire jufqu'à l'extrémité de la
frontière , ainfi que le Comte de Beaujeu l'a été
pour l'autre partie . Toutes les Côtes font partagées
entre ces deux Officiers , dans toute l'étendue
du Royaume . Ils ont fous eux dix Infpecteurs
, & commandent à tous les Capitaines
Généraux , Majors & Lieutenans - Colonels des
Milices Gardes - Côtes.
Du s Avril.
Le Roi ayant jugé convenable au bien de fon
Service , de créer un Exempt Sous - Aide- Major
d'augmentation dans chaque Compagnie de fes
Gardes-du-Corps , Sa Majefté a nommé à cette
Place dans la Compagnie Ecoffoiſe , le Chevalier
d'Etouville ; dans celle de illeroi , le fieur dela
Pujade ; dans celle de Beauveau , le fieur de Bachaffon
; & dans celle de Luxembourg , le Chevalier
de Reymondis. Sa Majefté a auffi difpofé des
deux Bâtons d'Exempt vacans dans la Compagnie
AVRIL. 1759. 209
Ecoffoife , en faveur du Chevalier de Fontaine &
du fieur de Saint - Meffani , & de la Sous-Aide-
Majorité de la Compagnie de Villeroi , vacante
par la retraite du Chevalier de Laftic , en faveur
du Chevalier de Mélée. Le Roi a accordé le Régiment
d'Infanterie de Bretagne , vacant par la
démiffion du Chevalier de Clermont d'Amboiſe ,
au Vicomte de Beaune. Sa Majefté a lifpolé du
Régiment d'Auvergne , Infanterie , en faveur du
Comte de Rochambeau. Le Marquis de Chaftellux
, qui en étoit Colonel , a donné la démiffion
à caufe que fa vue s'eft affoiblie au point de ne
pouvoir continuer fes fervices à la tête de ce Régiment
; & dans l'efpérance qu'elle pourra fe rétablir
, il a obtenu du Roi d'être Colonel réformé à
la fuite de ce Régiment ; celui de la Marche- Province
a été donné au Chevalier de Chaſtellux .
Sa Majesté a accordé des Places de Colonel
dans le Régiment des Grenadiers de France , au
fieur de Machault d'Arnouville, au Marquis de Tavanne
au Comte de Choifeul , & au Comte de
Peyre.
>
Le Roi a nommé à l'Archevêché de Rouen , l'Archevêque
d'Alby , à l'Archevêché d'Alby , l'Evêque
d'Evreux , & à l'Evêché d'Evreux , l'Abbé de
Marnezia , Doyen de l'Eglife , & Comte de Lyon,
& Vicaire Général du même Diocèfe . Sa Majeſté
a donné l'Abbaye de S. Rigaud , Ordre de faint
Benoît , Diocèle de Mâcon , à l'Abbé d'Eſpiard ,
Chanoine de la Métropole & Confeiller - Clerc au
Parlement de Besançon.
L E 13 de ce mois le Roi a tenu le Sceau pour
la 46 ° fois.
Sa Majesté a donné au Marquis de Villeroi ,
Capitaine des Gardes- du - Corps en furvivance les
honneurs du Louvre , au Marquis de Lugeac le
commandement de la Compagnie des Grenadiers
à Cheval ; au Comte de Beaujeu l'infpection
générale & la Direction des Côtes maritimes
des Provinces de Poitou , Aulnis , Saintonge ,
Guyenne , Rouffillon , Languedoc & Provence 5.
& il a eu l'honneur de remercier le Roi en cette
qualité.
Du 29.
Sa Majesté tint le fceau pour la 47.fois.
Le Roia donné au Sieur du Tiller , le Régiment
Royal , Infanterie vacant par là promotion du
Marquis de Puifignieux au grade de Maréchal de
Camp.
Sa Majefté a nommé le Comte de Barbazan
208 MERCURE DE FRANCE
Sénéchal , Gouverneur de Bigorre , pour com
mander les Troupes qui feront dans cette Province.
Le Roi a donné l'Abbaye de S. Etienne de
Caen , Ordre de S. Benoît , Diocèſe de Bayeux
au Cardinal de Gefvres ; l'Abbaye de S. Paul de
Verdun à l'ancien Evêque de Limoges , Précepteur
de Monteigneur le Duc de Bourgogne ; &
l'Abbaye de S. Michel , Diocèfe de Laon à l'Abbé
Colbert , Doyen de l'Eglife & Vicaire Général du
Diocèfe d'Orléans .
Sa Majesté a nominé le Comte de Fumel ,
Meftre de Camp , Lieutenant du Régiment de
Clermont-Prince ; & elle a donné le Régiment
de Fumel au Chevalier de ce nom. Le Chevalier
de Mirabeau a été nommé Inſpecteur Général
des Gardes- Côtes , avec la Direction des batteries
& des fignaux dans toute la partie de la Côte qui
s'étend depuis la Loire jufqu'à l'extrémité de la
frontière , ainfi que le Comte de Beaujeu l'a été
pour l'autre partie . Toutes les Côtes font partagées
entre ces deux Officiers , dans toute l'étendue
du Royaume . Ils ont fous eux dix Infpecteurs
, & commandent à tous les Capitaines
Généraux , Majors & Lieutenans - Colonels des
Milices Gardes - Côtes.
Du s Avril.
Le Roi ayant jugé convenable au bien de fon
Service , de créer un Exempt Sous - Aide- Major
d'augmentation dans chaque Compagnie de fes
Gardes-du-Corps , Sa Majefté a nommé à cette
Place dans la Compagnie Ecoffoiſe , le Chevalier
d'Etouville ; dans celle de illeroi , le fieur dela
Pujade ; dans celle de Beauveau , le fieur de Bachaffon
; & dans celle de Luxembourg , le Chevalier
de Reymondis. Sa Majefté a auffi difpofé des
deux Bâtons d'Exempt vacans dans la Compagnie
AVRIL. 1759. 209
Ecoffoife , en faveur du Chevalier de Fontaine &
du fieur de Saint - Meffani , & de la Sous-Aide-
Majorité de la Compagnie de Villeroi , vacante
par la retraite du Chevalier de Laftic , en faveur
du Chevalier de Mélée. Le Roi a accordé le Régiment
d'Infanterie de Bretagne , vacant par la
démiffion du Chevalier de Clermont d'Amboiſe ,
au Vicomte de Beaune. Sa Majefté a lifpolé du
Régiment d'Auvergne , Infanterie , en faveur du
Comte de Rochambeau. Le Marquis de Chaftellux
, qui en étoit Colonel , a donné la démiffion
à caufe que fa vue s'eft affoiblie au point de ne
pouvoir continuer fes fervices à la tête de ce Régiment
; & dans l'efpérance qu'elle pourra fe rétablir
, il a obtenu du Roi d'être Colonel réformé à
la fuite de ce Régiment ; celui de la Marche- Province
a été donné au Chevalier de Chaſtellux .
Sa Majesté a accordé des Places de Colonel
dans le Régiment des Grenadiers de France , au
fieur de Machault d'Arnouville, au Marquis de Tavanne
au Comte de Choifeul , & au Comte de
Peyre.
>
Le Roi a nommé à l'Archevêché de Rouen , l'Archevêque
d'Alby , à l'Archevêché d'Alby , l'Evêque
d'Evreux , & à l'Evêché d'Evreux , l'Abbé de
Marnezia , Doyen de l'Eglife , & Comte de Lyon,
& Vicaire Général du même Diocèfe . Sa Majeſté
a donné l'Abbaye de S. Rigaud , Ordre de faint
Benoît , Diocèle de Mâcon , à l'Abbé d'Eſpiard ,
Chanoine de la Métropole & Confeiller - Clerc au
Parlement de Besançon.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 15 Mars.
Entre mars et avril 1759, le Roi a effectué plusieurs nominations et promotions. Le 13 mars, il a nommé le Marquis de Villeroi aux honneurs du Louvre, le Marquis de Lugeac au commandement des Grenadiers à Cheval, et le Comte de Beaujeu à l'inspection générale des côtes maritimes de plusieurs provinces. Le 29 mars, il a nommé le Sieur du Tiller au Régiment Royal d'Infanterie et le Comte de Barbazan Sénéchal et Gouverneur de Bigorre. Le Roi a également attribué des abbayes à des dignitaires religieux, comme l'Abbaye de Saint-Étienne de Caen au Cardinal de Gesvres et l'Abbaye de Saint-Paul de Verdun à l'ancien Évêque de Limoges. Le Comte de Fumel a été nommé Maître de Camp et Lieutenant du Régiment de Clermont-Prince, et le Chevalier de Mirabeau Inspecteur Général des Gardes-Côtes. Le 5 avril, le Roi a créé des postes d'Exempt Sous-Aide-Major dans les Compagnies des Gardes-du-Corps et nommé plusieurs officiers à ces postes. Il a également accordé des régiments d'infanterie au Vicomte de Beaune et au Comte de Rochambeau, et nommé des colonels dans le Régiment des Grenadiers de France. Enfin, il a nommé l'Archevêque d'Alby à l'Archevêché de Rouen, l'Évêque d'Évreux à l'Archevêché d'Alby, et l'Abbé de Marnezia à l'Évêché d'Évreux.
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57
p. 198-200
DE VERSAILLES, le 12 Avril.
Début :
Le Roi a chargé de l'Inspection générale des Bataillons de Milice, [...]
Mots clefs :
Bataillons, Armée, Inspection, Grade, Nominations, Compagnie, Prince, Camp, Lieutenant, Comtesse, Abbaye, Ordre, Diocèse, Abbé, Religieuse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 12 Avril.
De VERSAILLEs, le 12 Avril.
Les tira sº •
-
M A I. 1759. 1 99
•
Bataillons de Milice, actuellement employés dans
l'Armée du Bas - Rhin, le ſieur Merlet, ancien
Lieutenant-Colonel d'Infanterie, & commandant
les Milices de la Ville de Paris Le ſieur de la
Caze , Premier-Préſident du Parlement de Pau,
a prété ſerment entre les mains de Sa Majeſté.
Le premier de ce mois, le Roi a élevé au Grade
de Sousbrigadier dans les Gardes de ſon Corps,
dans la Compagnie que commande M. le Prince
de Beauvau, M. Deſoûſlamontier , au lieu & pla
ce de M. de Bachaſſon.
-
Nota. On a omis dans la Liſte des Maréchaux
de Camp de la derniere promotion , le Marquis
de Gantès, qui eſt employé en cette qualité dans
le Dauphiné.
-Du 19.
: Le Roi a nommé Inſpecteur général des Ré
gimens d'Infanterie Irlandoiſe & Ecoſſoiſe, le
Comte de Rothe, Lieutenant Général de ſes Ar
mées, & Colonei du Régiment d'Infanterie Irlan
doiſe de ſon nom.
La Comteſſe de Chabannes Curton , Fille de
M. Daniel de Talleyrand-Perigord, Marquis de
Talleyrand, a été nommée par Sa Majeſté, Dame
de Compagnie de Madame.
Le Roi a donné l'Abbaye de Noirlac, Ordre
de Cîteaux, Diocèſe de Bourges, à l'Abbé de Lu
·berſac, vicaire Général du Diocèſe de Toulouſe.
L'Abbaye de S. Pierre de Beaulieu, Ordre de
S. Benoît, Diocèſe de Limoges , à l'Abbé de Ga
briac , Vicaire Général du Diocèſe de Sens ; celle
de Previlly , Ordre de S. Benoît , Diocèſe de
Tours, à l'Abbé Thomas, Grand Aumônier &
Chanoine de la Cathédrale de Metz.
Le Prieuré de la Trinité de Fougeres, Ordre
de S. Benoît, Diocèſe de Rennes #º de
ly
2 eo ME RCU R E DE P RA N CE.
\
Goyon , Aumônier de Madame, Vicaire Général
du Diocèſe de Leon.
L'Abbaye de Faremoutiers, Ordre de S. Be
n°ît, Diocèſe de Meaux , à la Dame le Nor
mand , Abbeſſe de Gercy.
Et l'Abbaye de Gercy , Ordre de S. Benoît,
Dioceſe de l'aris , à la Dame de Braque , Reli
gieuſe du Monaſtère de S. Nicolas de Compiégne.
Les tira sº •
-
M A I. 1759. 1 99
•
Bataillons de Milice, actuellement employés dans
l'Armée du Bas - Rhin, le ſieur Merlet, ancien
Lieutenant-Colonel d'Infanterie, & commandant
les Milices de la Ville de Paris Le ſieur de la
Caze , Premier-Préſident du Parlement de Pau,
a prété ſerment entre les mains de Sa Majeſté.
Le premier de ce mois, le Roi a élevé au Grade
de Sousbrigadier dans les Gardes de ſon Corps,
dans la Compagnie que commande M. le Prince
de Beauvau, M. Deſoûſlamontier , au lieu & pla
ce de M. de Bachaſſon.
-
Nota. On a omis dans la Liſte des Maréchaux
de Camp de la derniere promotion , le Marquis
de Gantès, qui eſt employé en cette qualité dans
le Dauphiné.
-Du 19.
: Le Roi a nommé Inſpecteur général des Ré
gimens d'Infanterie Irlandoiſe & Ecoſſoiſe, le
Comte de Rothe, Lieutenant Général de ſes Ar
mées, & Colonei du Régiment d'Infanterie Irlan
doiſe de ſon nom.
La Comteſſe de Chabannes Curton , Fille de
M. Daniel de Talleyrand-Perigord, Marquis de
Talleyrand, a été nommée par Sa Majeſté, Dame
de Compagnie de Madame.
Le Roi a donné l'Abbaye de Noirlac, Ordre
de Cîteaux, Diocèſe de Bourges, à l'Abbé de Lu
·berſac, vicaire Général du Diocèſe de Toulouſe.
L'Abbaye de S. Pierre de Beaulieu, Ordre de
S. Benoît, Diocèſe de Limoges , à l'Abbé de Ga
briac , Vicaire Général du Diocèſe de Sens ; celle
de Previlly , Ordre de S. Benoît , Diocèſe de
Tours, à l'Abbé Thomas, Grand Aumônier &
Chanoine de la Cathédrale de Metz.
Le Prieuré de la Trinité de Fougeres, Ordre
de S. Benoît, Diocèſe de Rennes #º de
ly
2 eo ME RCU R E DE P RA N CE.
\
Goyon , Aumônier de Madame, Vicaire Général
du Diocèſe de Leon.
L'Abbaye de Faremoutiers, Ordre de S. Be
n°ît, Diocèſe de Meaux , à la Dame le Nor
mand , Abbeſſe de Gercy.
Et l'Abbaye de Gercy , Ordre de S. Benoît,
Dioceſe de l'aris , à la Dame de Braque , Reli
gieuſe du Monaſtère de S. Nicolas de Compiégne.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 12 Avril.
Le document du 12 avril 1759 mentionne plusieurs nominations et promotions au sein de l'armée et de la cour royale. Le sieur Merlet, ancien Lieutenant-Colonel d'Infanterie, et le sieur de la Caze, Premier-Président du Parlement de Pau, ont prêté serment au roi. M. Desoûslamontier a été promu Sousbrigadier dans les Gardes du Corps, succédant à M. de Bachasson. Une omission a été relevée dans la liste des Maréchaux de Camp, incluant le Marquis de Gantès, employé dans le Dauphiné. Le 19 avril, le Comte de Rothe a été nommé Inspecteur général des Régiments d'Infanterie Irlandoise et Écossaise. La Comtesse de Chabannes Curton, fille de M. Daniel de Talleyrand-Perigord, a été nommée Dame de Compagnie de Madame. Diverses abbayes et prieurés ont été attribués, notamment l'Abbaye de Noirlac à l'Abbé de Lubersac, l'Abbaye de Saint-Pierre de Beaulieu à l'Abbé de Gabriac, et l'Abbaye de Faremoutiers à la Dame le Normand.
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58
p. 211-212
DE VERSAILLES, le 3 Mai.
Début :
L'Ecole des Chevaux-Legers de la Garde ordinaire du Roi, vient de donner à Monseigneur [...]
Mots clefs :
Duc de Bourgogne, École, Garde du roi, Maniement des armes, Infanterie, Exercices, Représentation, Inspection, Milice, Abbaye, Diocèse, Ordre, Abbé, Sceau, Marquis, Sa Majesté
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texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 3 Mai.
DE VERSAILLES le 3 Mai.
L'Ecole des Chevaux- Legers de la Garde ordinaire
du Roi , vient de donner à Monfeigneur le
Duc de Bourgogne le même fpectacle qu'elle offrit
à Sa Majesté au mois de Juin 1756. Les Eleves
de cette Ecole firent devant ce Prince le maniement
des armes , les évolutions de l'infanterie ,
les exercices de l'efcrime & du voltiger. De la
falle de ces exercices , le Prince paffa à une galle
-rie qui domine une vafte carriere , d'où il vit faire
le manége , les évolutions de cavalerie & différentes
courfes de tête. Enfuite les Eléves lui donnèrent
des images de choc & de mêlée de cavalerie
, de poftes attaqués , d'infanterie forcée dans
212 MERCURE DE FRANCE .
fes retranchemens . Ce fpectacle guerrier fe ter
mina par la réunion de l'infanterie & de la cavalerie
formée en bataille devant le Prince , qui en
parut fort fatisfait.
Toutes les perfonnes qui accompagnèrent Monfeigneur
le Duc de Bourgogne, & une foule nombreuſe
de ſpectateurs , applaudirent aux ſuccès des
Eleves de cette Ecole , qui fe perfectionne tous les
jours.
Sa Majefté a chargé de l'Infpection des Milices
Gardes Côtes de la Province de Bretagne , le
Comte de la Noue de Vair , Colonel réformé à la
fuire du régiment de Picardie.
Du 1000
Le Roi a donné l'Abbaye de la Garde - Dieu ,
Ordre de Citeaux , Diocèle de Cahors , à l'Abbé
de Foy , Prêtre du Diocèle de Bourges.
L'Abbaye de Bonlieu , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Limoges , à l'Abbé Defmarais , Grand-Vicaire
& Chanoine de la Cathédrale de Troyes.
L'Abbaye de Madion , Ordre de S. Benoît
Diocèle de Saintes , à l'Abbé d'Hériffon , Chanoine
de la Cathé Irale de Saintes.
Et le Prieuré de S. Pierre Defurunnes , Diocèfe
de la Rochelle , au fieur la Boucherie de Varaiſe ,
Chanoine de la Rochelle , & Confeiller- Clerc au
Préfidial de cette Ville.
Du 17.
Lei de ce mois , le Roi tint le fceau la
pour
quarante-neuvieme fois. Le Marquis de Bethune
prêta ferment entre les mains de Sa Majeſté ,
pour la charge de Colonel- Général de la Cavalerie
Légere , vacante par la mort du Prince de Turenne.
L'Ecole des Chevaux- Legers de la Garde ordinaire
du Roi , vient de donner à Monfeigneur le
Duc de Bourgogne le même fpectacle qu'elle offrit
à Sa Majesté au mois de Juin 1756. Les Eleves
de cette Ecole firent devant ce Prince le maniement
des armes , les évolutions de l'infanterie ,
les exercices de l'efcrime & du voltiger. De la
falle de ces exercices , le Prince paffa à une galle
-rie qui domine une vafte carriere , d'où il vit faire
le manége , les évolutions de cavalerie & différentes
courfes de tête. Enfuite les Eléves lui donnèrent
des images de choc & de mêlée de cavalerie
, de poftes attaqués , d'infanterie forcée dans
212 MERCURE DE FRANCE .
fes retranchemens . Ce fpectacle guerrier fe ter
mina par la réunion de l'infanterie & de la cavalerie
formée en bataille devant le Prince , qui en
parut fort fatisfait.
Toutes les perfonnes qui accompagnèrent Monfeigneur
le Duc de Bourgogne, & une foule nombreuſe
de ſpectateurs , applaudirent aux ſuccès des
Eleves de cette Ecole , qui fe perfectionne tous les
jours.
Sa Majefté a chargé de l'Infpection des Milices
Gardes Côtes de la Province de Bretagne , le
Comte de la Noue de Vair , Colonel réformé à la
fuire du régiment de Picardie.
Du 1000
Le Roi a donné l'Abbaye de la Garde - Dieu ,
Ordre de Citeaux , Diocèle de Cahors , à l'Abbé
de Foy , Prêtre du Diocèle de Bourges.
L'Abbaye de Bonlieu , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Limoges , à l'Abbé Defmarais , Grand-Vicaire
& Chanoine de la Cathédrale de Troyes.
L'Abbaye de Madion , Ordre de S. Benoît
Diocèle de Saintes , à l'Abbé d'Hériffon , Chanoine
de la Cathé Irale de Saintes.
Et le Prieuré de S. Pierre Defurunnes , Diocèfe
de la Rochelle , au fieur la Boucherie de Varaiſe ,
Chanoine de la Rochelle , & Confeiller- Clerc au
Préfidial de cette Ville.
Du 17.
Lei de ce mois , le Roi tint le fceau la
pour
quarante-neuvieme fois. Le Marquis de Bethune
prêta ferment entre les mains de Sa Majeſté ,
pour la charge de Colonel- Général de la Cavalerie
Légere , vacante par la mort du Prince de Turenne.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 3 Mai.
Le 3 mai, l'École des Chevaux-Légers de la Garde ordinaire du Roi a présenté un spectacle au Duc de Bourgogne, similaire à celui offert au Roi en juin 1756. Les élèves ont démontré le maniement des armes, les évolutions de l'infanterie, ainsi que les exercices d'escrime et de voltige. Le Duc a ensuite observé des manœuvres de cavalerie et diverses courses de tête depuis une galerie. Les élèves ont simulé des combats de cavalerie, des attaques de postes et de l'infanterie forcée dans ses retranchements. Le spectacle s'est conclu par une formation en bataille de l'infanterie et de la cavalerie devant le Prince, qui en a été très satisfait. Les spectateurs ont applaudi les performances des élèves, soulignant leur perfectionnement constant. Par ailleurs, le Roi a nommé le Comte de la Noue de Vair à l'inspection des Milices Gardes Côtes de la Province de Bretagne. Il a également attribué diverses abbayes et prieurés à des ecclésiastiques. Le 17 mai, le Roi a tenu le sceau pour la quarante-neuvième fois, et le Marquis de Béthune a prêté serment pour la charge de Colonel-Général de la Cavalerie Légère, vacante suite au décès du Prince de Turenne.
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59
p. 217-220
DE VERSAILLES le 24 Mai.
Début :
Le Roi a disposé du Régiment des Volontaires Etrangers de [...]
Mots clefs :
Roi, Baron, Régiment, Marquis, Famille royale, Comte, Parlement, Cavalerie, Abbé, Abbaye, Diocèse, Ordre, Colonel, Nominations, Ambassadeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 24 Mai.
DE VERSAILLES le 24. Mai.
LERoi a difpofé du Régiment des Volontaires
Etrangers de Clermont-Prince , vacant par
1. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
la promotion du Baron du Blaizel au grade de
Maréchal de Camp , en faveur du fieur de Commeiras.
Le 19 de ce mois le Marquis de Montalembert
prit congé du Roi & de la Famille Royale ,
pour aller à Petersbourg , & de là à l'Armée
Ruffe où il doit faire la campagne prochaine.
Le Roi ayant agréé le choix que S. A. R. l'In-
Fant Duc de Parme a fait du Comte d'Argental ,
Confeiller d'honneur au Parlement de Paris, pour
fon Miniftre plénipotentiaire auprès de Sa Majefté
, il eut fes audiences du Roi & de la Famille
Royale le 22 de ce mois , où il fut conduit par
le fieur Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs,
Du 31 Mai,
Le Roi a difpofé du Régiment de Xaintonges,
Infanterie , vacant par la démiffion du fieur de la
Grandville , en faveur du Comte Deffalles.
De celui d'Harcourt , Cavalerie , vacant par la
promotion du Marquis de Beuvron à la charge
de Commiffaire général de la Cavalerie , en faveur
du Comte de Preyffac de Cadilhac.
en faveur
De celui d'Henrichemont , Cavalerie , vacant
par la démiffion du Prince de ce nom ,
du Marquis d'Efcouloubre.
Et de celui des Volontaires de Flandre , en faveur
du Chevalier de Jaucourt,
Sa Majesté a donné la majorité de la Gendar
merie , vacante par la démiffion du Vicomte de
Sabran , au Comte de Lordat,
Et un Guidon de Gendarmerie au Comte de
Mauroy.
Le Comte de Beffe de la Richardje eft monté à
la Sous- Lieutenance.
Le Roi a donné l'Evêché de Toulon à l'Abbé
Lafcaris de Vintimille , Aumônier dy Roi,
JUILLET. 1759 ..
219
La Prévôté de Pignan à l'Abbé de Jarente ,
Chanoine honoraire de la Cathédrale de Marfeille.
L'Abbaye de Longues , Ordre de S. Benoît
Dioceſe de Bayeux , à l'Abbé de Cugnac , Chenoine
de l'Eglife de Paris , Vicaire - Général d ♫
Diocéle de Bayeux.
L'Abbaye de l'Iſle de Medoc , Ordre de Š. Auguftin
, Diocéle de Bordeaux , à l'Evêque de
Bazas.
L'Abbaye d'Iffoire , Ordre de S. Benoît , Diocéſe
de Clermont , à l'Abbé de Retz , de Fraiſſinet ,
Grand-Vicaire du Diocèfe de Mende.
Et l'Abbaye de S. Leonard de Chaume , Ordre
de Citeaux , Diocéfe de la Rochelle , à l'Abbé Dupuy
de Montmejan , Vicaire- Général du Diocéfe
de Bellay.
Du Juin.
Le Roi a accordé dès le 20 Mars dernier , la
Commiffion de Colonel de Cavalerie au Baron de
Breteuil , fon Miniftre Plénipotentiaire auprès de
l'Electeur de Cologne.
Du 14.
Le Roi a accordé le Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Marquis de Saint-
Sernin , au fieur de Chevert , Lieutenant- général
des Armées du Roi , commandant les troupes de
Sa Majesté en Flandre & en Artois.
Hier la Cour prit le deuil pour quatre jours à
Poccafion de la mort de la Princeffe de Sultz→
bach.
Du 21.
Le Roi a nommé le Marquis de Paulmy , cl
devant Miniftre & Secrétaire d'Etat au Départe
ment de la guerre , ſon Ambaſſadeur auprès da
Roi & de la République de Pologne.
Sa Majeſté à admis au nombre de fes Aumo-
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
niers l'Abbé de Clugny , Chanoine de l'Eglife &
Comte de Lyon , à la place de l'Abbé de Laſçaris,
nommé à l'Evêché de Toulon .
LERoi a difpofé du Régiment des Volontaires
Etrangers de Clermont-Prince , vacant par
1. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
la promotion du Baron du Blaizel au grade de
Maréchal de Camp , en faveur du fieur de Commeiras.
Le 19 de ce mois le Marquis de Montalembert
prit congé du Roi & de la Famille Royale ,
pour aller à Petersbourg , & de là à l'Armée
Ruffe où il doit faire la campagne prochaine.
Le Roi ayant agréé le choix que S. A. R. l'In-
Fant Duc de Parme a fait du Comte d'Argental ,
Confeiller d'honneur au Parlement de Paris, pour
fon Miniftre plénipotentiaire auprès de Sa Majefté
, il eut fes audiences du Roi & de la Famille
Royale le 22 de ce mois , où il fut conduit par
le fieur Dufort , Introducteur des Ambaſſadeurs,
Du 31 Mai,
Le Roi a difpofé du Régiment de Xaintonges,
Infanterie , vacant par la démiffion du fieur de la
Grandville , en faveur du Comte Deffalles.
De celui d'Harcourt , Cavalerie , vacant par la
promotion du Marquis de Beuvron à la charge
de Commiffaire général de la Cavalerie , en faveur
du Comte de Preyffac de Cadilhac.
en faveur
De celui d'Henrichemont , Cavalerie , vacant
par la démiffion du Prince de ce nom ,
du Marquis d'Efcouloubre.
Et de celui des Volontaires de Flandre , en faveur
du Chevalier de Jaucourt,
Sa Majesté a donné la majorité de la Gendar
merie , vacante par la démiffion du Vicomte de
Sabran , au Comte de Lordat,
Et un Guidon de Gendarmerie au Comte de
Mauroy.
Le Comte de Beffe de la Richardje eft monté à
la Sous- Lieutenance.
Le Roi a donné l'Evêché de Toulon à l'Abbé
Lafcaris de Vintimille , Aumônier dy Roi,
JUILLET. 1759 ..
219
La Prévôté de Pignan à l'Abbé de Jarente ,
Chanoine honoraire de la Cathédrale de Marfeille.
L'Abbaye de Longues , Ordre de S. Benoît
Dioceſe de Bayeux , à l'Abbé de Cugnac , Chenoine
de l'Eglife de Paris , Vicaire - Général d ♫
Diocéle de Bayeux.
L'Abbaye de l'Iſle de Medoc , Ordre de Š. Auguftin
, Diocéle de Bordeaux , à l'Evêque de
Bazas.
L'Abbaye d'Iffoire , Ordre de S. Benoît , Diocéſe
de Clermont , à l'Abbé de Retz , de Fraiſſinet ,
Grand-Vicaire du Diocèfe de Mende.
Et l'Abbaye de S. Leonard de Chaume , Ordre
de Citeaux , Diocéfe de la Rochelle , à l'Abbé Dupuy
de Montmejan , Vicaire- Général du Diocéfe
de Bellay.
Du Juin.
Le Roi a accordé dès le 20 Mars dernier , la
Commiffion de Colonel de Cavalerie au Baron de
Breteuil , fon Miniftre Plénipotentiaire auprès de
l'Electeur de Cologne.
Du 14.
Le Roi a accordé le Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Marquis de Saint-
Sernin , au fieur de Chevert , Lieutenant- général
des Armées du Roi , commandant les troupes de
Sa Majesté en Flandre & en Artois.
Hier la Cour prit le deuil pour quatre jours à
Poccafion de la mort de la Princeffe de Sultz→
bach.
Du 21.
Le Roi a nommé le Marquis de Paulmy , cl
devant Miniftre & Secrétaire d'Etat au Départe
ment de la guerre , ſon Ambaſſadeur auprès da
Roi & de la République de Pologne.
Sa Majeſté à admis au nombre de fes Aumo-
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
niers l'Abbé de Clugny , Chanoine de l'Eglife &
Comte de Lyon , à la place de l'Abbé de Laſçaris,
nommé à l'Evêché de Toulon .
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Résumé : DE VERSAILLES le 24 Mai.
Le 24 mai 1759, le roi a transféré le Régiment des Volontaires Étrangers de Clermont-Prince au sieur de Commeiras, suite à la promotion du Baron du Blaizel au grade de Maréchal de Camp. Le Marquis de Montalembert a quitté la cour pour se rendre à Petersbourg puis à l'Armée Russe. Le Comte d'Argental, Conseiller d'honneur au Parlement de Paris, a été nommé Ministre plénipotentiaire auprès du roi par l'Infant Duc de Parme et a eu ses audiences le 22 mai. Le 31 mai, plusieurs régiments ont été redistribués : le Régiment de Xaintonges au Comte Deffalles, le Régiment d'Harcourt au Comte de Preyffac de Cadilhac, le Régiment d'Henrichemont au Marquis d'Escouloubre, et le Régiment des Volontaires de Flandre au Chevalier de Jaucourt. Le Comte de Lordat a reçu la majorité de la Gendarmerie, et le Comte de Mauroy un Guidon de Gendarmerie. Le Comte de Besse de la Richardière a été promu à la Sous-Lieutenance. L'Abbé Lafcaris de Vintimille a été nommé à l'Évêché de Toulon. En juillet 1759, plusieurs abbayes et prévôtés ont été attribuées, notamment la Prévôté de Pignan à l'Abbé de Jarente et l'Abbaye de Longues à l'Abbé de Cugnac. En juin, le roi a accordé la commission de Colonel de Cavalerie au Baron de Breteuil et le Gouvernement de Belle-Isle au sieur de Chevert. La cour a observé le deuil pour la mort de la Princesse de Sulzbach. Le Marquis de Paulmy a été nommé Ambassadeur auprès du Roi et de la République de Pologne, et l'Abbé de Clugny a été admis parmi les Aumôniers du roi.
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60
p. 210
DE VERSAILLES, le 15 Juillet.
Début :
Le sieur Vicaire, Recteur de l'Université, a eu l'honneur de présenter [...]
Mots clefs :
Vicaire, Recteur de l'Université, Écoliers, Prix, Abbaye, Ordre, Diocèse, Nominations, Comte, Régiment
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 15 Juillet.
DE VERSAILLES , le 15 Juillet.
E fieur Vicaire , Recteur de l'Univerſité, a eu
l'honneur de préfenter au Roi , à Monfeigneur
le Dauphin & à Monfeigneur le Duc de Bourgogne
la lifte des noms des Ecoliers qui ont été couronnés
à la diftribution des Prix généraux de
l'Univerfité.
Du 2 Août.
Le Roi a donné l'Abbaye de Vaucelles , Ordre
de Cheaux , Diocèfe de Cambrai , à Dom Pierre
Ruffin , Prieur de la même Abbaye.
Du 16.
Le 10 de ce mois , Sa Majeſté tint le Sceau.
Le Roi a accordé au Comte de Jumilhac , le
Régiment de Royal - Marine , Infanterie , vacant
par la démiffion du Marquis de Mirepoix.
E fieur Vicaire , Recteur de l'Univerſité, a eu
l'honneur de préfenter au Roi , à Monfeigneur
le Dauphin & à Monfeigneur le Duc de Bourgogne
la lifte des noms des Ecoliers qui ont été couronnés
à la diftribution des Prix généraux de
l'Univerfité.
Du 2 Août.
Le Roi a donné l'Abbaye de Vaucelles , Ordre
de Cheaux , Diocèfe de Cambrai , à Dom Pierre
Ruffin , Prieur de la même Abbaye.
Du 16.
Le 10 de ce mois , Sa Majeſté tint le Sceau.
Le Roi a accordé au Comte de Jumilhac , le
Régiment de Royal - Marine , Infanterie , vacant
par la démiffion du Marquis de Mirepoix.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 15 Juillet.
Le 15 juillet, le Recteur de l'Université a présenté au Roi, au Dauphin et au Duc de Bourgogne les écoliers couronnés. Le 2 août, le Roi a attribué l'Abbaye de Vaucelles à Dom Pierre Ruffin. Le 16 août, le Roi a tenu le Sceau le 10 du mois. Il a nommé le Comte de Jumilhac au commandement du Régiment de Royal-Marine.
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61
p. 213-216
DE VERSAILLES le 30 Août.
Début :
Le Roi a donné l'Abbaye de Massay, Ordre de S. Benoît, Diocèse de Bourges, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse, Ordre, Abbé, Église, Chevalier, Baron, Comte, Conseiller d'État, Dresde, Capitulation, Garnison, Honneurs, Général, Édits, Parlement, Officiers, Arrêt du conseil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 30 Août.
DE
VERSAILLES
le
30
Août
.
L
E
Roi
a
donné
l'Abbaye
de Maffay
,
Ordre
de
S.
Benoît
,
Diocèle
de
Bourges
,
à l'Abbé
deJubert
de
Bouville
,
Grand
Vicaire
de
Chartres
.
L'Abbaye de Balle-fontaine , Ordre de Pré-
montré , Diocèſe de Troyes , a l'Abbé de Lomienie
de Brienne , Grand Vicaire de Rouen.
Et la Prevôté de l'Eglife d'Alais , à l'Abbé de
Montolieu , Vicaire Général de ce Diocèfe.
Le 24 , le Roi tint le Sceau.
Le même jour , la Ducheffe de Grammont fur
préfentée aleurs Majeftés & a la Famille Royale,
& prit le tabouret chez la Reine.
Du
6
Septembre
.
Le
26
du
mois
dernier
,
le
Roi
reçut
Cheva-
liers
de
l'Ordre
du
mérite
Militaire le
Prince
de
Nallau
-
Saarbruck
,
L
eutenant général
des
armées
'
de Sa
Majeſté
,
les
Barons de
Wurmier
&
deTunderfeldt
,
le
Marquis de
Salis
de Mayentel
,
&
le
feur
Hirtzal
de
Saint Gratien
.
Le
même
jour
,
Sa
Majefté
nomma
le
Prince de Nallau-
Saarbruck
,
Grand'Croix
,
&
le
Baron de
Wurme
ler
,
Commandeur du même
ordre
.
"
214 MERCURE DE FRANCE.
Le
8
de
ce
mois
,
la
Cour
prendra
le
deuil
pour
un
mois
,
à
l'occafion
de
la
mort du
Roi
d'El-
pagne
.
Du
13
.
Le
Roi a
donné
la
place
de
Conſeiller
d'Etat
d'épée
,
vacante par
la
mort
du
Marquis
du
May
,
au
Marquis
d'Havrincourt
,
Ambaſſadeur de
Sa
Majefté
en Suéde
.
Le 8 de ce mois le Roi tint le Sceau.
Un Gentilhomme du Comte de Luface fut
dépêché par ce Prince pour apporter à Sa Ma-
jefté la nouvelle de la délivrance de Dreſde ,
dont l'armée de l'Empire s'eft emparée.
Le Prince de Deux-Ponts étant arrivé le 30
du mois d'Août devant Drefde , fit fommer fur
le champ le Comte de Schmettau. Ce Com-
mandant répondit qu'il fe défendroit jufqu'à la
derniere extrémité. Ce même jour , la groffe
artillerie qui avoit été embarquée à Leutmeritz
arriva à Pyrna on la fit defcendre jufqu'à une
lieue de Drefde , où elle fut débarquée.
>
Les trois jours fuivans, on fut occupé à conf-
truire les batteries. Ce travail fut pouffé fi vive-
ment , que le 2 de ce mois le Comte de Schmet-
tau le voyant fur le point d'être attaqué , fit
propofer au Comte de Maquire , qui comman-
doit dans la Ville neuve , une fufpenfion d'armes
de vingt- quatre heures , pour régler les articles.
préliminaires de la capitulation. Le Prince de
Deux-Ponts lui fit répondre qu'il pouvoit dreffer
ces articles ; qu'il les examineroit ; & que s'il
attendoit qu'on eût tiré contre lui le premier coup
de canon , il feroit prifonnier de guerre.
Le
3
,
le
Comte
de Macquire
apporta
au
Prince
de Deux
-
Ponts
les
propofitions
du
Commandantde Dreide
:
elles
parurent peu convenables
;
elles
furent renvoyées fur le
champ
;
&
les hoftilités
OCTOBRE
.
1759.
215
recommencerent
.
Les travaux
des
batteries
furent
achevés dans
la
journée
du
4.
On
y
plaça
le
ca-
non
pendant
la nuit
pour
être
en
état
de
tirer
les
à
la
pointe
du
jour
:
mais
une
heure avant
le
jour
le
Comte
de
Schmettau
demanda
à
capi-
tuler
.
On
employa
toute
la
journée
à régler
les
Articles
.
La
capitulation fut
fignée
le foir
;
on
fit
rafer
le
retranchement
qui
couvroit
la tête
du
pont
du
côté
de
la
vieille
Ville
,
&
deux
Compa➡
gnies
de
Grenadiers
en
prirent
poffeffion
.
La
garniſon a
obtenu de
fortir
avec
les
hon-
neurs
de
la
guerre
.
On
a
permis aux
régimens
d'emmener
leurs
canons
&
leur
caiffe
militaire
;
&
on
a exigé
qu'ils
fe
rendroient
à
Magdebourg
.
La
caille
du
Roi de
Pruffe
eft
restée
au
pouvoir
des
Vainqueurs
.
Les
prifonniers
&
les
ôtages qui
avoient
été
emmenés
de
différens
Pays ont
été
mis en
liberté
.
Les , le Général Wunschqui forçoit fa marche
dans le deflein de fecourir la Ville de Dreſde ,
ayant appris que la garnifon venoit de capituler ,
fe retira à l'entrée de la nuit. Il fut pourſuivi par
le Général de Vehla , qui l'atteignit le lende
main. Il l'attaqua conjointement avec les Croates
qui avoient été poftés la veille dans les bois. Il
lui tua fix cens hommes , lui prit dix pièces de
canon , & lui fit environ mille prifonniers.
Du
20
.
Le Roi ayant jugé à propos de faire enregif-
trer plufieurs Edits & Déclarations , a mandé à
fon Parlement de fe rendre aujourd'hui à Ver
failles pour prendre féance au Lit de Juſtice que
Sa Majesté à tenu en la maniere accoutumée. En
conféquence le Parlement eft arrivé ici à onze
heures. A midi le Lit de Juftice s'eft ouvert , & Sa
Majesté a ordonné l'enregistrement 1º de l'Edit
portant fuppreffion des Officiers crées fur les Ports,
216
MERCURE
DE
FRANCE
.
Quais
,
Halles
&
Marchés de
la
Ville
de
Paris
,
depuis
le
Janvier
1727
,
&
la fuppreffion
des
droits
fur le
beurre
,
les
oeufs
&
le
fromage
,
éta-
blis
par
Edit
du
mois
de Septembre
1743. 2
°.
de
l'Edit
portant
création
de
cent
Receveurs
des
rentes
crées fur l'Hôtel
-
de
-
Ville
de
Paris
,
&
autres
effets
publics
.
3
°
.
de
l'Edit
portant
établiſſement
d'une fubvention générale
dans
le
Royaume
,
pour
le
foutien
de
la
guerre
&
pour
l'acquitte-
ment
de
fes
charges
.
4.
d'une
Déclaration
por-
tant
que
la
prorogation
des féances
du
Parlement
ordonnée
par
celle
du
s
du
préfent
mois
,
ceflera
d'avoir
lieu
dès
-
a
-
préfent
.
Il paroît un Edit du Roi du mois d'Août , por-
tant fuppreffion des Offices de Jurés- Vendeurs ,
Prudhommes Contrôleurs , Marqueurs , Lotif-
feurs & Déchargeurs de cuirs , & autres, fous
quelque nom que ce foit , ainfi que des droits à
eux attribués : & établiſſement d'un droit unique
dans tout le Royaume fur les cuirs tanés & ap-
prêtés.
Il paroît auffi deux Arrêts du Confeil , l'un du
25 Août , qui modére les droits fur les fucres
bruts venant de l'étranger ; l'autre dus Sep-
tembre concernant les toiles de coton blanches &
les coiles peintes , teintés & imprimées
VERSAILLES
le
30
Août
.
L
E
Roi
a
donné
l'Abbaye
de Maffay
,
Ordre
de
S.
Benoît
,
Diocèle
de
Bourges
,
à l'Abbé
deJubert
de
Bouville
,
Grand
Vicaire
de
Chartres
.
L'Abbaye de Balle-fontaine , Ordre de Pré-
montré , Diocèſe de Troyes , a l'Abbé de Lomienie
de Brienne , Grand Vicaire de Rouen.
Et la Prevôté de l'Eglife d'Alais , à l'Abbé de
Montolieu , Vicaire Général de ce Diocèfe.
Le 24 , le Roi tint le Sceau.
Le même jour , la Ducheffe de Grammont fur
préfentée aleurs Majeftés & a la Famille Royale,
& prit le tabouret chez la Reine.
Du
6
Septembre
.
Le
26
du
mois
dernier
,
le
Roi
reçut
Cheva-
liers
de
l'Ordre
du
mérite
Militaire le
Prince
de
Nallau
-
Saarbruck
,
L
eutenant général
des
armées
'
de Sa
Majeſté
,
les
Barons de
Wurmier
&
deTunderfeldt
,
le
Marquis de
Salis
de Mayentel
,
&
le
feur
Hirtzal
de
Saint Gratien
.
Le
même
jour
,
Sa
Majefté
nomma
le
Prince de Nallau-
Saarbruck
,
Grand'Croix
,
&
le
Baron de
Wurme
ler
,
Commandeur du même
ordre
.
"
214 MERCURE DE FRANCE.
Le
8
de
ce
mois
,
la
Cour
prendra
le
deuil
pour
un
mois
,
à
l'occafion
de
la
mort du
Roi
d'El-
pagne
.
Du
13
.
Le
Roi a
donné
la
place
de
Conſeiller
d'Etat
d'épée
,
vacante par
la
mort
du
Marquis
du
May
,
au
Marquis
d'Havrincourt
,
Ambaſſadeur de
Sa
Majefté
en Suéde
.
Le 8 de ce mois le Roi tint le Sceau.
Un Gentilhomme du Comte de Luface fut
dépêché par ce Prince pour apporter à Sa Ma-
jefté la nouvelle de la délivrance de Dreſde ,
dont l'armée de l'Empire s'eft emparée.
Le Prince de Deux-Ponts étant arrivé le 30
du mois d'Août devant Drefde , fit fommer fur
le champ le Comte de Schmettau. Ce Com-
mandant répondit qu'il fe défendroit jufqu'à la
derniere extrémité. Ce même jour , la groffe
artillerie qui avoit été embarquée à Leutmeritz
arriva à Pyrna on la fit defcendre jufqu'à une
lieue de Drefde , où elle fut débarquée.
>
Les trois jours fuivans, on fut occupé à conf-
truire les batteries. Ce travail fut pouffé fi vive-
ment , que le 2 de ce mois le Comte de Schmet-
tau le voyant fur le point d'être attaqué , fit
propofer au Comte de Maquire , qui comman-
doit dans la Ville neuve , une fufpenfion d'armes
de vingt- quatre heures , pour régler les articles.
préliminaires de la capitulation. Le Prince de
Deux-Ponts lui fit répondre qu'il pouvoit dreffer
ces articles ; qu'il les examineroit ; & que s'il
attendoit qu'on eût tiré contre lui le premier coup
de canon , il feroit prifonnier de guerre.
Le
3
,
le
Comte
de Macquire
apporta
au
Prince
de Deux
-
Ponts
les
propofitions
du
Commandantde Dreide
:
elles
parurent peu convenables
;
elles
furent renvoyées fur le
champ
;
&
les hoftilités
OCTOBRE
.
1759.
215
recommencerent
.
Les travaux
des
batteries
furent
achevés dans
la
journée
du
4.
On
y
plaça
le
ca-
non
pendant
la nuit
pour
être
en
état
de
tirer
les
à
la
pointe
du
jour
:
mais
une
heure avant
le
jour
le
Comte
de
Schmettau
demanda
à
capi-
tuler
.
On
employa
toute
la
journée
à régler
les
Articles
.
La
capitulation fut
fignée
le foir
;
on
fit
rafer
le
retranchement
qui
couvroit
la tête
du
pont
du
côté
de
la
vieille
Ville
,
&
deux
Compa➡
gnies
de
Grenadiers
en
prirent
poffeffion
.
La
garniſon a
obtenu de
fortir
avec
les
hon-
neurs
de
la
guerre
.
On
a
permis aux
régimens
d'emmener
leurs
canons
&
leur
caiffe
militaire
;
&
on
a exigé
qu'ils
fe
rendroient
à
Magdebourg
.
La
caille
du
Roi de
Pruffe
eft
restée
au
pouvoir
des
Vainqueurs
.
Les
prifonniers
&
les
ôtages qui
avoient
été
emmenés
de
différens
Pays ont
été
mis en
liberté
.
Les , le Général Wunschqui forçoit fa marche
dans le deflein de fecourir la Ville de Dreſde ,
ayant appris que la garnifon venoit de capituler ,
fe retira à l'entrée de la nuit. Il fut pourſuivi par
le Général de Vehla , qui l'atteignit le lende
main. Il l'attaqua conjointement avec les Croates
qui avoient été poftés la veille dans les bois. Il
lui tua fix cens hommes , lui prit dix pièces de
canon , & lui fit environ mille prifonniers.
Du
20
.
Le Roi ayant jugé à propos de faire enregif-
trer plufieurs Edits & Déclarations , a mandé à
fon Parlement de fe rendre aujourd'hui à Ver
failles pour prendre féance au Lit de Juſtice que
Sa Majesté à tenu en la maniere accoutumée. En
conféquence le Parlement eft arrivé ici à onze
heures. A midi le Lit de Juftice s'eft ouvert , & Sa
Majesté a ordonné l'enregistrement 1º de l'Edit
portant fuppreffion des Officiers crées fur les Ports,
216
MERCURE
DE
FRANCE
.
Quais
,
Halles
&
Marchés de
la
Ville
de
Paris
,
depuis
le
Janvier
1727
,
&
la fuppreffion
des
droits
fur le
beurre
,
les
oeufs
&
le
fromage
,
éta-
blis
par
Edit
du
mois
de Septembre
1743. 2
°.
de
l'Edit
portant
création
de
cent
Receveurs
des
rentes
crées fur l'Hôtel
-
de
-
Ville
de
Paris
,
&
autres
effets
publics
.
3
°
.
de
l'Edit
portant
établiſſement
d'une fubvention générale
dans
le
Royaume
,
pour
le
foutien
de
la
guerre
&
pour
l'acquitte-
ment
de
fes
charges
.
4.
d'une
Déclaration
por-
tant
que
la
prorogation
des féances
du
Parlement
ordonnée
par
celle
du
s
du
préfent
mois
,
ceflera
d'avoir
lieu
dès
-
a
-
préfent
.
Il paroît un Edit du Roi du mois d'Août , por-
tant fuppreffion des Offices de Jurés- Vendeurs ,
Prudhommes Contrôleurs , Marqueurs , Lotif-
feurs & Déchargeurs de cuirs , & autres, fous
quelque nom que ce foit , ainfi que des droits à
eux attribués : & établiſſement d'un droit unique
dans tout le Royaume fur les cuirs tanés & ap-
prêtés.
Il paroît auffi deux Arrêts du Confeil , l'un du
25 Août , qui modére les droits fur les fucres
bruts venant de l'étranger ; l'autre dus Sep-
tembre concernant les toiles de coton blanches &
les coiles peintes , teintés & imprimées
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Résumé : DE VERSAILLES le 30 Août.
En août et septembre 1759, plusieurs événements et décisions royales ont marqué la cour. Le 30 août, le roi a attribué diverses abbayes et prévôtés à des abbés et vicaires. Le 24 août, le roi a tenu le sceau et la duchesse de Grammont a été présentée à la famille royale. Le 26 août, le roi a reçu des chevaliers de l'Ordre du mérite militaire et a nommé le prince de Nassau-Saarbruck Grand'Croix et le baron de Wurmer Commandeur du même ordre. Le 8 septembre, la cour a observé un deuil pour la mort du roi d'Espagne. Le 13 septembre, le roi a nommé le marquis d'Havrincourt conseiller d'État d'épée. Sur le front militaire, le 30 août, le prince de Deux-Ponts a assiégé Dresde, qui a capitulé le 5 septembre après des négociations. Les termes de la capitulation ont permis à la garnison de sortir avec les honneurs de la guerre. Le 20 octobre, le roi a tenu un lit de justice pour enregistrer plusieurs édits, notamment la suppression de certains offices et droits, et l'établissement de nouvelles subventions pour soutenir la guerre.
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62
p. 207-208
DE VERSAILLES le 15 Septembre.
Début :
Madame la Dauphine accoucha très-heureusement le 23 de ce mois, [...]
Mots clefs :
Madame la Dauphine, Accouchement, Princesse, Abbaye, Diocèse, Ordre, Religieux, Abbé, Sceaux, Gouvernement, Nominations
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texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 15 Septembre.
DE VERSAILLES le 15 Septembre.
MA
Adame la Dauphine accoucha très-heu
reufement le 23 de ce mois , à cinq heures &
un quart du matin , d'une Princeſſe qui fut ondoyée ·
par l'Evêque d'Auton , premier Aumônier du
Roi en préfence du Vicaire de la paroiffe du Château
Cette Princeffe fut remile enfuite à la
Comtelle de Marían , Gouvernante des enfans de
France.
Le Roi a donné l'Abbaye de Mouzon ,
ordre
de S. Benoît , Diocèfe de Rheims , à l'Abbé de
Rohan-Guimenée , Chanoine de Strasbourg ;
Celle de Cherbourg , Ordre de Saint Auguſtin ,
Diocèle de Coutances , à l'Abbé de Mury , Docteur
de Sorbonne ;
Celle de Niſors , Ordre de Cîteaux , Diocèfe de
Comminges , a l'Abbé de Laftic , Vicaire Géné
ral du même Diocèfe ;
Celle de Moreuil , Ordre de S. Benoît , Dio
cèle d'Amiens , à l'Abbé d'Inguimbert , Vicaire
Général du même Diocèfe ;
Et l'Abbaye régulière de Chaloché , Ordre de
Citeaux, Diocèle d'Angers , à Don Contaud , Re
ligieux du même Ordre.
Du 4 Octobre.
Le 29 du mois dernier le Roi tint le Scean
208 MERCURE DE FRANCE.
Sa Majefté a difpofé du Gouvernement de
T'e de Ré , vacant par la mort du fieur de
Irincé , en faveur du Comte de Rezilly.
Le Roi a donné le Régiment de Briffac,
vacant par la mort du Duc de Coffé , au Chevalier
de Lemps ; celui de Rouergue , vacant
par la mort du fieur de Sechelles , au Comte de
Champagne- Chapton.
MA
Adame la Dauphine accoucha très-heu
reufement le 23 de ce mois , à cinq heures &
un quart du matin , d'une Princeſſe qui fut ondoyée ·
par l'Evêque d'Auton , premier Aumônier du
Roi en préfence du Vicaire de la paroiffe du Château
Cette Princeffe fut remile enfuite à la
Comtelle de Marían , Gouvernante des enfans de
France.
Le Roi a donné l'Abbaye de Mouzon ,
ordre
de S. Benoît , Diocèfe de Rheims , à l'Abbé de
Rohan-Guimenée , Chanoine de Strasbourg ;
Celle de Cherbourg , Ordre de Saint Auguſtin ,
Diocèle de Coutances , à l'Abbé de Mury , Docteur
de Sorbonne ;
Celle de Niſors , Ordre de Cîteaux , Diocèfe de
Comminges , a l'Abbé de Laftic , Vicaire Géné
ral du même Diocèfe ;
Celle de Moreuil , Ordre de S. Benoît , Dio
cèle d'Amiens , à l'Abbé d'Inguimbert , Vicaire
Général du même Diocèfe ;
Et l'Abbaye régulière de Chaloché , Ordre de
Citeaux, Diocèle d'Angers , à Don Contaud , Re
ligieux du même Ordre.
Du 4 Octobre.
Le 29 du mois dernier le Roi tint le Scean
208 MERCURE DE FRANCE.
Sa Majefté a difpofé du Gouvernement de
T'e de Ré , vacant par la mort du fieur de
Irincé , en faveur du Comte de Rezilly.
Le Roi a donné le Régiment de Briffac,
vacant par la mort du Duc de Coffé , au Chevalier
de Lemps ; celui de Rouergue , vacant
par la mort du fieur de Sechelles , au Comte de
Champagne- Chapton.
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Résumé : DE VERSAILLES le 15 Septembre.
Le 23 septembre, la Dauphine donna naissance à une princesse à Versailles. La princesse fut ondoyée par l'évêque d'Autun et placée sous la garde de la comtesse de Marly, gouvernante des enfants de France. Le roi attribua plusieurs abbayes à divers abbés : l'abbaye de Mouzon à l'abbé de Rohan-Guimenée, celle de Cherbourg à l'abbé de Mury, celle de Nisors à l'abbé de Laftic, celle de Moreuil à l'abbé d'Inguimbert, et l'abbaye régulière de Chaloché à Dom Contaud. Le 29 septembre, le roi tint un conseil durant lequel il nomma le comte de Rezilly au gouvernement de l'île de Ré, le chevalier de Lemps au régiment de Brissac, et le comte de Champagne-Chapt à celui de Rouergue.
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63
p. 201
DE BERLIN, le 1 Octobre.
Début :
Les Cosaques profitent de l'éloignement du Roi, qui a passé en Silésie, [...]
Mots clefs :
Cosaques, Silésie, Roi, Général, Ordre, Frontières
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE BERLIN, le 1 Octobre.
De BERLIN , le 1 Oftobre.
Les Cofaques profitent de l'éloignement du
Roi , qui a pallé en Siléfie , pour faire des incurfions
fur nos frontières . Le Général Totleben leur
a donné ordre de mettre à contribution la Poméranie
& la Nouvelle - Matche , & ils exécutent cet
ordre très rigoureuſement ."
Les Cofaques profitent de l'éloignement du
Roi , qui a pallé en Siléfie , pour faire des incurfions
fur nos frontières . Le Général Totleben leur
a donné ordre de mettre à contribution la Poméranie
& la Nouvelle - Matche , & ils exécutent cet
ordre très rigoureuſement ."
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64
p. 206-207
DE ROME, le 23 Septembre.
Début :
La Congrégation des Rites s'assembla le 15 de ce mois au Quirinal, [...]
Mots clefs :
Congrégation des Rites, Procès, Soeur Claire-Marie de la Passion, Frère Crispin de Viterbe, Promotion, Cardinaux, Liste, Ordre, Prêtres, Diacres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE ROME, le 23 Septembre.
De ROME , le 23 Septembre.
La Congrégation des Rites s'affembla le is de
ce mois au Quirinal , pour inftruire le procès de
la béatification de la vénérable Soeur Claire-
Marie de la Paffion , de l'Ordre des Carmélites
de fainte Therefe , Fondatrice du Monaftere de
Regina Cali.
La même Congrégation dans une feconde Affemblée
admit la pourfuite de la béatification du
vénérable Serviteur de Dieu , Frere Crifpin de
Viterbe , Religieux Lai de l'Ordre des Capucins.
NOVEBMRE. 1759. 207
Du 27.
Le 24 de ce mois Sa Sainteté fit une nombreuſe
promotion de Cardinaux , dont voici la
lifte .
De l'ordre des Prêtres . Ferdinand de Roſſi , Romain
; Ignace Crivelli , Milanois ; Louis Gualterio
, de l'état Eccléfiaftique ; Louis Merlini , de
l'état Eccléfiaftique ; Philippe Acciajuoli , Florentin
; Jerôme Spinola , Génois ; Sante - Veronese ,
Vénitien ; Louis Valenti , de l'état Eccléfiaftique ;
Pierre Guglielmi , de l'état Eccléfiaftique ; Jofeph
Furietti , de Bergame ; Antoine Erba Odescalchi ,
Milanois ; Pierre Buffi , Romain ; Cajetan Fantuzzi
, de Ferrare ; Nicolas Antonelli , de l'état
Eccléfiaftique ; Pierre Conti , de l'état Eccléfiaftique
; Jofeph Caftelli , Milanois ; le Pere Jofeph
Orfi , Florentin , Religieux Dominicain ; le Pere
Laurent Ganganelli , de l'état Eccléfiaftique , Mineur
conventuel.
De l'ordre des Diacres. Jofeph Caraccioli dl
Santo Bono ; Nicolas Perrelli , Napolitain ; Marc
Antoine Colonna , Romain ; André Corfini , Romain.
Par cette promotion toutes les Places du Sacré
Collége fe trouvent remplies.
Du 2 Octobre.
Le Grand-Maitre de l'Ordre de Malte a accordé
au Marquis de Montpefat la permiffion
de porter la Croix de cet Ordre , en reconnoiffance
des anciens fervices rendus par les Chevaliers
de fa maiſon.
La Congrégation des Rites s'affembla le is de
ce mois au Quirinal , pour inftruire le procès de
la béatification de la vénérable Soeur Claire-
Marie de la Paffion , de l'Ordre des Carmélites
de fainte Therefe , Fondatrice du Monaftere de
Regina Cali.
La même Congrégation dans une feconde Affemblée
admit la pourfuite de la béatification du
vénérable Serviteur de Dieu , Frere Crifpin de
Viterbe , Religieux Lai de l'Ordre des Capucins.
NOVEBMRE. 1759. 207
Du 27.
Le 24 de ce mois Sa Sainteté fit une nombreuſe
promotion de Cardinaux , dont voici la
lifte .
De l'ordre des Prêtres . Ferdinand de Roſſi , Romain
; Ignace Crivelli , Milanois ; Louis Gualterio
, de l'état Eccléfiaftique ; Louis Merlini , de
l'état Eccléfiaftique ; Philippe Acciajuoli , Florentin
; Jerôme Spinola , Génois ; Sante - Veronese ,
Vénitien ; Louis Valenti , de l'état Eccléfiaftique ;
Pierre Guglielmi , de l'état Eccléfiaftique ; Jofeph
Furietti , de Bergame ; Antoine Erba Odescalchi ,
Milanois ; Pierre Buffi , Romain ; Cajetan Fantuzzi
, de Ferrare ; Nicolas Antonelli , de l'état
Eccléfiaftique ; Pierre Conti , de l'état Eccléfiaftique
; Jofeph Caftelli , Milanois ; le Pere Jofeph
Orfi , Florentin , Religieux Dominicain ; le Pere
Laurent Ganganelli , de l'état Eccléfiaftique , Mineur
conventuel.
De l'ordre des Diacres. Jofeph Caraccioli dl
Santo Bono ; Nicolas Perrelli , Napolitain ; Marc
Antoine Colonna , Romain ; André Corfini , Romain.
Par cette promotion toutes les Places du Sacré
Collége fe trouvent remplies.
Du 2 Octobre.
Le Grand-Maitre de l'Ordre de Malte a accordé
au Marquis de Montpefat la permiffion
de porter la Croix de cet Ordre , en reconnoiffance
des anciens fervices rendus par les Chevaliers
de fa maiſon.
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Résumé : DE ROME, le 23 Septembre.
Le 11 septembre 1759, la Congrégation des Rites s'est réunie pour instruire le procès de béatification de la vénérable Soeur Claire-Marie de la Passion, fondatrice du monastère de Regina Caeli, et pour poursuivre celle du vénérable Frère Crispin de Viterbe. Le 24 septembre, le pape a promu de nouveaux cardinaux, remplissant ainsi toutes les places du Sacré Collège. Parmi les nouveaux cardinaux de l'ordre des prêtres figurent Ferdinand de Rossi, Ignace Crivelli, Louis Gualterio, Louis Merlini, Philippe Acciajuoli, Jérôme Spinola, Sante Veronese, Louis Valenti, Pierre Guglielmi, Joseph Furietti, Antoine Erba Odescalchi, Pierre Buffi, Cajetan Fantuzzi, Nicolas Antonelli, Pierre Conti, Joseph Castelli, Joseph Orsi, et Laurent Ganganelli. De l'ordre des diacres, les nouveaux cardinaux sont Joseph Caraccioli, Nicolas Perrelli, Marc Antoine Colonna, et André Corfini. Le 2 octobre, le Grand-Maître de l'Ordre de Malte a permis au Marquis de Montpezat de porter la Croix de cet Ordre, en reconnaissance des services rendus par les Chevaliers de sa maison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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65
p. 211-212
DE VERSAILLES le 25 Octobre.
Début :
Le 19 de ce mois, le Roi tint le sceau. Sa Majesté [...]
Mots clefs :
Roi, Abbaye, Diocèse, Ordre, Vicaire, Abbé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 25 Octobre.
DE VERSAILLES le 25 Octobre.
LE19 de ce mois , le Roi tint le ſceau .
Sa Majefté a donné l'Abbaye de la Peyroufe ;
Ordre de Citeaux , Diocèle de Périgueux , à l'Abbé
12 MERCURE DE FRANCE.
de Chapt de Raftignac , Docteur de Sorbonne , &
Vicaire Général du Diocèfe d'Arles ;
Et le Prieuré de Peyraç , Ordre de S. Auguſtin ,
Diocèle de Périgueux , à l'Abbé d'Hymbercourt ,
ancien Vicaire Général du Diocèfe d'Orléans.
LE19 de ce mois , le Roi tint le ſceau .
Sa Majefté a donné l'Abbaye de la Peyroufe ;
Ordre de Citeaux , Diocèle de Périgueux , à l'Abbé
12 MERCURE DE FRANCE.
de Chapt de Raftignac , Docteur de Sorbonne , &
Vicaire Général du Diocèfe d'Arles ;
Et le Prieuré de Peyraç , Ordre de S. Auguſtin ,
Diocèle de Périgueux , à l'Abbé d'Hymbercourt ,
ancien Vicaire Général du Diocèfe d'Orléans.
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66
p. 207-210
DE VERSAILLES le 8 Novembre.
Début :
Le 2 de ce mois, le Roi tint le Sceau. Sa Majesté a disposé en faveur [...]
Mots clefs :
Nominations, Comte, Abbaye, Diocèse, Ordre, Gouvernement, Maréchal, Arrêt du Conseil d'État, Monnaies, Remboursement, Finances, Parlement, Cérémonie d'ouverture, Vaisseaux, Escadre, Martinique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES le 8 Novembre.
DE VERSAILLES le 8 Novembre.
LE2
E 2 de ce mois , le Roi tint le Sceau.
Sa Majefté a difpofé en faveur du Comte d'Erce
de la charge de Sénéchal & Gouverneur du
Neboufan vacante par la mort du Marquis
d'Espagne.
>
-
Du 15.
Le Roi a accordé au fieur Fremyn de Fontenille
, Sous Brigadier de la feconde Compagnie
des Moufquetaires , le Gouvernement de
Rhetel Mazarin en Champagne , vacant par la
mort du fieur Fremyn de Fontenille , fon frere ,
Meftre - de- Camp & Capitaine au Régiment de
Marcieu , Cavalerie , tué à la bataille du premier
Août.
Sa Majefté a donné l'Abbaye d'Airveaux, Ordre
de S. Auguftin , Diocèle de la Rochelle ,
l'Abbé de Stoupy , Chanoine de l'Eglife de Liége
& Vicaire Général de ce Diocèfe.
Celle de Bugue , Ordre de S. Benoît , Diocèfe
de Périgueux , à la Dame d'Aubullon , Religieufe
& Prieure de la même Abbaye..
Et celle de Fontaine- Guérard , Ordre de Citeaux
, Diocèle de Rouen , à la Dame de Chateaumo
rand , Religieufe aux Filles de Notre-Da
me de Linioges .
208 MERCURE DE FRANCE.
Les Maréchaux d'Eftrées & de Contades font
arrivés ici le ro de ce mois & ont eu l'hon
neur de faluer le Roi.
>
Le Grand - Maître de Malthe a accordé au
Comte de Maulevrier du Fay la permiffion de
porter la Croix de l'Ordre , en reconnoiffance des
Tervices rendus par les ancêtres en 1645 , lorf
que l'Ifle fur menacée d'être affiégée .
On lit dans le Mercure précédent que le
Grand - Maître de Malthe a accordé le même
honneur au Marquis de Montpefat ; il faut lire ,
au Duc de Montpefat. Il portoit le titre de Marquis
avant que le feu Pape dont il étoit fujet
fui eût accordé celui de Duc ou de Prince , de
même qu'à fes defcendans.
110 116 11 Du 17
On vient de publier un Arrêt du Confeil d'Etat
du Roi, en date du 6 de ce mois , où il eft dit
que Sa Majefté a vu avec la plus grande fenfibilité
le zèle & l'empreffement de les fidèles Sujets
à prévenir fes defirs , en portant leurs vaiffelles
à l'Hôtel des Monnoies , avant l'enregistrement
& la publication des Lettres patentes du 26 du
mois dernier & youlant pourvoir à ce qu'il
ne fe commette point d'abus au fujet des reconnoiffances
qui doivent être données par les Direc
teurs des Monnoies , & affurer d'une façon inva
fiable le remboursement de ces reconnoiffances
ainfi que le payement des indemnités qui y font
attribuées , le Roi ordonne qu'au 8 Janvier prochain
, l'état des vaiffelles & argenteries portées
dans chaque Monnoie , & des reconnoiffances
délivrées en conféquence , fera arrêté & figné par
les Directeurs & Contrôleurs , vife dans les Provinces
par les Juges- Gardes , & dans les Villes
de Paris & de Lyon , par les Premiers Prélidens
& Procureurs Généraux Commiffaires des Mon
DECEMBRE. 1759. 200
noies. Cet état fera envoyé au Contrôleur Géné
ral des Finances ; & l'Adjudicataire des Fermes
générales aura ordre de payer entre les mains
des Directeurs des Monnoies , en deniers comp
rans, fur le prix de fon bail , par préférence à
la partie du Tréfor Royal , les fommes néceſſai→
res pour le remboursement des reconnoiffances
& des indemnités qui y font attribuées , conformément
aux états qui feront arrêtés chaque
année au Conſeil de Sa Majeſté.
Le 8 les Docteurs de la maifon & fociété de
Sorbonne ont tenu affemblée pour l'élection de
leur Proviſeur , & ils ont élu unanimement l'Arthevêque
de Paris.
Le 12 , l'ouverture du Parlement fe fit avec
les cérémonies accoutumées par une meffe folemnelle
, à laquelle le fieur Molé , Premier Préfident
, & les Chambres affifterent , & qui fut cé
lébrée par l'Abbé de Sailly , Chantre de la Sainte
Chapelle, & Aumônier de Madame la Dauphine.
On apprend de Breft que le vaiffeau du Roi,
l'Achille , commandé par le fieur de Marimires,
Capitaine de vailleau , eft arrivé dans ce porr
les de ce mois , avec les frégates le Zephire &
la Syrenne , commandées par les Sieurs Chevalier
de Graffe , de Bar & de Brofley du Maz , revenant
du Cap de Bonne- Efpérance & de la baye de tous
les Saints .
Le 7 l'efcadre commandée par le fieur de
Bompart , Chef d'Efcadre des armées navales , a
auffi mouillé à la rade de Breft . Elle eſt composée
des vaifleaux le Défenfeur , qu'il commande ; de
L'Hector, commandé par le Comte de Roquefeuille
; du Courageux , par le Comte de Coulage ;
du Diademe , par le fieur de Rofily de Meros ; du
Prothée , par le Chevalier Fouquet ; du Sage , par
le fieur Guichen , Capitaines de vailleau ; de Am
110 MERCURE DE FRANCE.
phion , par le fieur Riouffe ; & de la Fleur-de-lys ,
par le Chevalier d'Oify , Lieutenant de vailleau.
Cette efcadre qui revient de la Martinique & de
Saint Domingue , a apporté une quantité confidérable
de fucre , d'indigo & de caffé pour le
compte du commerce.
LE2
E 2 de ce mois , le Roi tint le Sceau.
Sa Majefté a difpofé en faveur du Comte d'Erce
de la charge de Sénéchal & Gouverneur du
Neboufan vacante par la mort du Marquis
d'Espagne.
>
-
Du 15.
Le Roi a accordé au fieur Fremyn de Fontenille
, Sous Brigadier de la feconde Compagnie
des Moufquetaires , le Gouvernement de
Rhetel Mazarin en Champagne , vacant par la
mort du fieur Fremyn de Fontenille , fon frere ,
Meftre - de- Camp & Capitaine au Régiment de
Marcieu , Cavalerie , tué à la bataille du premier
Août.
Sa Majefté a donné l'Abbaye d'Airveaux, Ordre
de S. Auguftin , Diocèle de la Rochelle ,
l'Abbé de Stoupy , Chanoine de l'Eglife de Liége
& Vicaire Général de ce Diocèfe.
Celle de Bugue , Ordre de S. Benoît , Diocèfe
de Périgueux , à la Dame d'Aubullon , Religieufe
& Prieure de la même Abbaye..
Et celle de Fontaine- Guérard , Ordre de Citeaux
, Diocèle de Rouen , à la Dame de Chateaumo
rand , Religieufe aux Filles de Notre-Da
me de Linioges .
208 MERCURE DE FRANCE.
Les Maréchaux d'Eftrées & de Contades font
arrivés ici le ro de ce mois & ont eu l'hon
neur de faluer le Roi.
>
Le Grand - Maître de Malthe a accordé au
Comte de Maulevrier du Fay la permiffion de
porter la Croix de l'Ordre , en reconnoiffance des
Tervices rendus par les ancêtres en 1645 , lorf
que l'Ifle fur menacée d'être affiégée .
On lit dans le Mercure précédent que le
Grand - Maître de Malthe a accordé le même
honneur au Marquis de Montpefat ; il faut lire ,
au Duc de Montpefat. Il portoit le titre de Marquis
avant que le feu Pape dont il étoit fujet
fui eût accordé celui de Duc ou de Prince , de
même qu'à fes defcendans.
110 116 11 Du 17
On vient de publier un Arrêt du Confeil d'Etat
du Roi, en date du 6 de ce mois , où il eft dit
que Sa Majefté a vu avec la plus grande fenfibilité
le zèle & l'empreffement de les fidèles Sujets
à prévenir fes defirs , en portant leurs vaiffelles
à l'Hôtel des Monnoies , avant l'enregistrement
& la publication des Lettres patentes du 26 du
mois dernier & youlant pourvoir à ce qu'il
ne fe commette point d'abus au fujet des reconnoiffances
qui doivent être données par les Direc
teurs des Monnoies , & affurer d'une façon inva
fiable le remboursement de ces reconnoiffances
ainfi que le payement des indemnités qui y font
attribuées , le Roi ordonne qu'au 8 Janvier prochain
, l'état des vaiffelles & argenteries portées
dans chaque Monnoie , & des reconnoiffances
délivrées en conféquence , fera arrêté & figné par
les Directeurs & Contrôleurs , vife dans les Provinces
par les Juges- Gardes , & dans les Villes
de Paris & de Lyon , par les Premiers Prélidens
& Procureurs Généraux Commiffaires des Mon
DECEMBRE. 1759. 200
noies. Cet état fera envoyé au Contrôleur Géné
ral des Finances ; & l'Adjudicataire des Fermes
générales aura ordre de payer entre les mains
des Directeurs des Monnoies , en deniers comp
rans, fur le prix de fon bail , par préférence à
la partie du Tréfor Royal , les fommes néceſſai→
res pour le remboursement des reconnoiffances
& des indemnités qui y font attribuées , conformément
aux états qui feront arrêtés chaque
année au Conſeil de Sa Majeſté.
Le 8 les Docteurs de la maifon & fociété de
Sorbonne ont tenu affemblée pour l'élection de
leur Proviſeur , & ils ont élu unanimement l'Arthevêque
de Paris.
Le 12 , l'ouverture du Parlement fe fit avec
les cérémonies accoutumées par une meffe folemnelle
, à laquelle le fieur Molé , Premier Préfident
, & les Chambres affifterent , & qui fut cé
lébrée par l'Abbé de Sailly , Chantre de la Sainte
Chapelle, & Aumônier de Madame la Dauphine.
On apprend de Breft que le vaiffeau du Roi,
l'Achille , commandé par le fieur de Marimires,
Capitaine de vailleau , eft arrivé dans ce porr
les de ce mois , avec les frégates le Zephire &
la Syrenne , commandées par les Sieurs Chevalier
de Graffe , de Bar & de Brofley du Maz , revenant
du Cap de Bonne- Efpérance & de la baye de tous
les Saints .
Le 7 l'efcadre commandée par le fieur de
Bompart , Chef d'Efcadre des armées navales , a
auffi mouillé à la rade de Breft . Elle eſt composée
des vaifleaux le Défenfeur , qu'il commande ; de
L'Hector, commandé par le Comte de Roquefeuille
; du Courageux , par le Comte de Coulage ;
du Diademe , par le fieur de Rofily de Meros ; du
Prothée , par le Chevalier Fouquet ; du Sage , par
le fieur Guichen , Capitaines de vailleau ; de Am
110 MERCURE DE FRANCE.
phion , par le fieur Riouffe ; & de la Fleur-de-lys ,
par le Chevalier d'Oify , Lieutenant de vailleau.
Cette efcadre qui revient de la Martinique & de
Saint Domingue , a apporté une quantité confidérable
de fucre , d'indigo & de caffé pour le
compte du commerce.
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Résumé : DE VERSAILLES le 8 Novembre.
En novembre 1759, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 2 novembre, le roi a nommé le Comte d'Erce au poste de Sénéchal et Gouverneur du Neboufan, succédant au Marquis d'Espagne décédé. Le 15 novembre, le Sieur Fremyn de Fontenille, Sous Brigadier des Mousquetaires, a été désigné Gouverneur de Rhetel Mazarin en Champagne, après le décès de son frère. Le roi a également attribué diverses abbayes : l'Abbaye d'Airveaux à l'Abbé de Stoupy, celle de Bugue à la Dame d'Aubullon, et celle de Fontaine-Guérard à la Dame de Chateaumorand. Les Maréchaux d'Estrées et de Contades ont été reçus par le roi le 10 novembre. Le Grand Maître de Malthe a autorisé le Comte de Maulevrier du Fay à porter la Croix de l'Ordre, en reconnaissance des services rendus par ses ancêtres en 1645. Un arrêt du Conseil d'État, daté du 6 novembre, a été publié pour réguler le dépôt des vaisselles à l'Hôtel des Monnoies et assurer le remboursement des reconnaissances. Le 8 novembre, les Docteurs de la maison et société de Sorbonne ont élu l'Archevêque de Paris comme leur Proviseur. Le 12 novembre, le Parlement a été ouvert par une messe solennelle célébrée par l'Abbé de Sailly. Par ailleurs, des vaisseaux royaux, l'Achille et une escadre commandée par le Sieur de Bompart, sont revenus de missions en Afrique et aux Antilles, apportant des marchandises pour le commerce.
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67
p. 199-201
DE PARIS, le 1 Décembre.
Début :
Le 20 du mois dernier, l'Escadre aux ordres du Maréchal de Conflans [...]
Mots clefs :
Escadre, Maréchal, Amiral Hawke, Bretagne, Vaisseaux, Capitaine, Combat, Artillerie, Maréchal Daun, Ordre, Enrôlement, Garnison, Capitulation
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texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 1 Décembre.
De PARIS , le 1 Décembre.
Le zo du mois dernier , l'Eſcadre aux ordres
du Maréchal de Conflans fut rencontrée à la hauteur
de Belle- Ifle par celle de l'Amiral Hawke ,
renforcée de tous les vaiffeaux que les Anglois
avoient à la côte de Bretagne. La mer étoit fort
grofle , il y a eu des changemens de vent par
grains dans la journée , ce qui n'a permis à aucune
des deux Efcadres de fe mettre en ligne . Cependant
le combat s'engagea vers deux heures aprèsmidi
entre les vaiffeaux de l'arriere garde , qui
étoient le Magnifique , le Héros & le Formidable
, lefquels furent attaqués & environnés
par huit ou dix vaiffeaux Anglois. Peu de tems
après le combat devint général , mais fans ordre
de part & d'autre. Le Formidable commandé par
le fieur de Saint-André du Verger , Chef d'Efcadre
des armées navales , eft le feul vaiffeau qui ait été
pris. On a eu le malheur de perdre le vaiffeau le
Théfée & le Superbe , commandés par les fieurs de
Kerfaint & de Montalais , Capitaines de Vaiffeau.
Ils ont coulé à fond dans le combat , pen
dant lequel un Vaiffeau de l'Eſcadre Angloife
dont on ignore le nom , a auffi coulé à fond. Le
Vailleau le Soleil Royal , que montoit le Maréchal
de Conflans , s'eſt brûlé à la côte du Croific
le 21 , après qu'on a eu fauvé l'équipage . Le
Héros , commandé par le Vicomte de Sanfay ,
qui a eu trente hommes tués , & quatre-vingt-fix
bleffés dans le combat , s'eſt brûlé au même en-
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
droit. Le Jufte , commandé par le fieur de Saint-
Allouarn , Capitaine de Vaiffeau , tué dans le combat,
& après lui par le fieur Rofmader de Saint-
Allouarn , fon frere , auffi tué dans le combat , a
péri à l'ance d'Ecoublas à l'entrée de la Loire , &
on a fauvé une partie de l'équipage . Les vaiffeaux
Anglois la Réfolution , de foixante- quatorze canons
, & l'Effex de foixante - dix , ont péri à la
côte du Croilic. Un autre vaiffeau Anglois dont
on ignore lenom a aufli péri à l'entrée de la Loire.
Une partie des vaiffeaux de l'efcadre de Breſt eſt à
la rade de l'lfle d'Aix , & les autres font dans la
rivière de Vilaine.
Le fieur Galibert , dépêché par le Comte de
Montazet, apporta la nouvelle fuivante . Le Maréchal
de Daun attaqua le 20 Novembre un corps
de Pruffiens d'environ vingt-quatre mille hommes
commandés par les Généraux Finck "
Wunsch & Rebentiſch. Le combat s'eft donné
à Maxen à deux lieues de Pyrna & à trois lieues
de Drefde. Il a commencé à midi & n'a fini
qu'a la nuit Les Prufliens ayant été dépoftés des
hauteurs qu'il occupoient & forcés de ſe retirer
dans un fond , ont perdu dans cette occafion
la plus grande partie de leur artillerie & toutes
leurs munitions.
Le Maréchal de Daun avoit fait fes difpofitions,
de maniere que ce Corps d'Arinée étoit entouré
par les troupes Autrichiennes & par celles de
l'Empire. Le lendemain le Général Rebentiſch fur
envoyé au Maréchal de Daun par le Général
Finck , pour capituler. Le Maréchal de Daun exigea
que cette armée mit les arines bas , & fe rendit
prifonniere de guerre ; & il ne donna que
quatre minutes pour fe déterminer . Les Pruffiens
ont été forcés de fubir ces conditions . On les a fait
partir ce même jour pour la Bohême . Il y avoit
JANVIER. 1760 .
201
dans ce corps d'armée fix mille hommes de Cavalerie.
On aifure que le Roi de Pruffe & le Prince
Henri étoient à quatre lieues du champ de bataille
avec trente mille hommes.
On affure auffi qu'il a envoyé ordre dans tous
fes Etats d'enrôler tout ce qu'il y refte d'hommes
depuis l'âge de 14 ans jufqu'à celui de 60 .
Du 8.
La garnifon de Munfter a capitulé le 21 du
mois dernier. Elle a obtenu les honneurs de la
guerre Les ennemis ont donné toutes fortes de
marques de confidérations aux troupes qui la
compofent ainsi qu'au Marquis de Gayon , Maréchal-
de-camp , qui la commande , & au fieur de
Boisclaireau , Lieutenant de Roi & de la Ville,
La garnifon eft arrivée à Wefel le 26 .
Le zo du mois dernier , l'Eſcadre aux ordres
du Maréchal de Conflans fut rencontrée à la hauteur
de Belle- Ifle par celle de l'Amiral Hawke ,
renforcée de tous les vaiffeaux que les Anglois
avoient à la côte de Bretagne. La mer étoit fort
grofle , il y a eu des changemens de vent par
grains dans la journée , ce qui n'a permis à aucune
des deux Efcadres de fe mettre en ligne . Cependant
le combat s'engagea vers deux heures aprèsmidi
entre les vaiffeaux de l'arriere garde , qui
étoient le Magnifique , le Héros & le Formidable
, lefquels furent attaqués & environnés
par huit ou dix vaiffeaux Anglois. Peu de tems
après le combat devint général , mais fans ordre
de part & d'autre. Le Formidable commandé par
le fieur de Saint-André du Verger , Chef d'Efcadre
des armées navales , eft le feul vaiffeau qui ait été
pris. On a eu le malheur de perdre le vaiffeau le
Théfée & le Superbe , commandés par les fieurs de
Kerfaint & de Montalais , Capitaines de Vaiffeau.
Ils ont coulé à fond dans le combat , pen
dant lequel un Vaiffeau de l'Eſcadre Angloife
dont on ignore le nom , a auffi coulé à fond. Le
Vailleau le Soleil Royal , que montoit le Maréchal
de Conflans , s'eſt brûlé à la côte du Croific
le 21 , après qu'on a eu fauvé l'équipage . Le
Héros , commandé par le Vicomte de Sanfay ,
qui a eu trente hommes tués , & quatre-vingt-fix
bleffés dans le combat , s'eſt brûlé au même en-
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
droit. Le Jufte , commandé par le fieur de Saint-
Allouarn , Capitaine de Vaiffeau , tué dans le combat,
& après lui par le fieur Rofmader de Saint-
Allouarn , fon frere , auffi tué dans le combat , a
péri à l'ance d'Ecoublas à l'entrée de la Loire , &
on a fauvé une partie de l'équipage . Les vaiffeaux
Anglois la Réfolution , de foixante- quatorze canons
, & l'Effex de foixante - dix , ont péri à la
côte du Croilic. Un autre vaiffeau Anglois dont
on ignore lenom a aufli péri à l'entrée de la Loire.
Une partie des vaiffeaux de l'efcadre de Breſt eſt à
la rade de l'lfle d'Aix , & les autres font dans la
rivière de Vilaine.
Le fieur Galibert , dépêché par le Comte de
Montazet, apporta la nouvelle fuivante . Le Maréchal
de Daun attaqua le 20 Novembre un corps
de Pruffiens d'environ vingt-quatre mille hommes
commandés par les Généraux Finck "
Wunsch & Rebentiſch. Le combat s'eft donné
à Maxen à deux lieues de Pyrna & à trois lieues
de Drefde. Il a commencé à midi & n'a fini
qu'a la nuit Les Prufliens ayant été dépoftés des
hauteurs qu'il occupoient & forcés de ſe retirer
dans un fond , ont perdu dans cette occafion
la plus grande partie de leur artillerie & toutes
leurs munitions.
Le Maréchal de Daun avoit fait fes difpofitions,
de maniere que ce Corps d'Arinée étoit entouré
par les troupes Autrichiennes & par celles de
l'Empire. Le lendemain le Général Rebentiſch fur
envoyé au Maréchal de Daun par le Général
Finck , pour capituler. Le Maréchal de Daun exigea
que cette armée mit les arines bas , & fe rendit
prifonniere de guerre ; & il ne donna que
quatre minutes pour fe déterminer . Les Pruffiens
ont été forcés de fubir ces conditions . On les a fait
partir ce même jour pour la Bohême . Il y avoit
JANVIER. 1760 .
201
dans ce corps d'armée fix mille hommes de Cavalerie.
On aifure que le Roi de Pruffe & le Prince
Henri étoient à quatre lieues du champ de bataille
avec trente mille hommes.
On affure auffi qu'il a envoyé ordre dans tous
fes Etats d'enrôler tout ce qu'il y refte d'hommes
depuis l'âge de 14 ans jufqu'à celui de 60 .
Du 8.
La garnifon de Munfter a capitulé le 21 du
mois dernier. Elle a obtenu les honneurs de la
guerre Les ennemis ont donné toutes fortes de
marques de confidérations aux troupes qui la
compofent ainsi qu'au Marquis de Gayon , Maréchal-
de-camp , qui la commande , & au fieur de
Boisclaireau , Lieutenant de Roi & de la Ville,
La garnifon eft arrivée à Wefel le 26 .
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Résumé : DE PARIS, le 1 Décembre.
Le 1er décembre, une bataille navale a opposé les escadres française et anglaise près de Belle-Île. La mer agitée et les changements de vent ont perturbé les manœuvres. Le vaisseau français Formidable a été capturé, tandis que les Thésée et Superbe ont coulé, ainsi qu'un vaisseau anglais inconnu. Le Soleil Royal, commandé par le Maréchal de Conflans, s'est échoué et a brûlé. Le Héros et le Juste ont également brûlé après de lourdes pertes. Plusieurs vaisseaux anglais ont été perdus. Sur le front terrestre, le Maréchal de Daun a attaqué un corps prussien de 24 000 hommes près de Maxen le 20 novembre. Les Prussiens ont été délogés et ont perdu une grande partie de leur artillerie et munitions. Le lendemain, le Général Rebentisch a négocié la capitulation, et les Prussiens ont été faits prisonniers et envoyés en Bohême. Le Roi de Prusse et le Prince Henri étaient proches avec 30 000 hommes. La garnison de Münster a capitulé le 21 novembre, obtenant les honneurs de la guerre, et est arrivée à Wesel le 26 novembre.
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68
p. 209-211
DE VERSAILLES, le 17 Janvier 1760, & jours suivans.
Début :
Sa Majesté a nommé le Comte de Polastron, ci-devant Colonel du Régiment de [...]
Mots clefs :
Nominations, Comte, Régiment, Comtesse, Famille royale, Roi, Maréchal, Marquis, Colonel, Ambassadeur, Sceau, Officiers, Chancellerie, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, Chevaliers, Monseigneur le Dauphin, Duc, Prince, Abbaye, Abbé, Ordre, Diocèse, Vicaire
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texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 17 Janvier 1760, & jours suivans.
De VERSAILLES , le 17 Janvier 1760 , &
jours fuivans.
SA Majeſté a nommé le Comte de Polaſtron ,
ci- devant Colonel du Régiment de la Couronne ,
Infanterie , grand Sénéchal du Comté d'Armagnac
, & Gouverneur de la Ville d'Auch .
Le 6 , la Comteffe de Jumilhac eut l'honneur
d'être préſentée à leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
Le Roi a nommé la Comteffe de Narbonne ,
ci-devant Dame du Palais de feue Madame Infante
, Ducheffe de Parme , pour accompagner
Madame .
Sa Majesté a difpofé du Régiment Royal de
Corfe , vacant par la mort du Comte de Vence ,
en faveur du Vicomte de Vence , Colonel réformé
à la fuite de ce Régiment.
Le 27 de ce mois , le Maréchal de Maillebois ,
prêta ferment entre les mains de Sa Majefté ,pour
le gouvernement d'Alface .
Sa Majefté a nommé , pour fon Ambaffadeur
extraordinaire auprès du Roi des Deux - Siciles ,
le Marquis de Durfort, actuellement Ambaffadeur
auprès de la République de Venife .
Le Comte de Bafchi , ci - devant Ambaffadeur
auprès du Roi de Portugal , remplacera le Marquis
de Durfort à Venife.
Sa Majefté a aufli nommé le Marquis de
210 MERCURE DE FRANCE.
Beauflet, fon Miniftre Plénipotentiaire auprès de
I'Electeur de Cologne .
Le 1 Février , le Roi tint le Sceau. Le même
jour , les Officiers de la Chancellerie de France ,
de fervice & en quartier , & deux Syndics des
Secrétaires du Roi , eurent l'honneur de remettre
à Sa Majefté , en la manière accoutumée &
fuivant l'ufage , les cierges de la Chandeleur . Ils
furent préſentés par le fieur de Brou , Doyen des
Confeillers d'État.
Le lendemain, fête de la Purification de la fainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre du S. Elprit , s'étant aſſemblés ,
vers les onze heures du matin dans le cabinet du
Roi , Sa Majesté tint chapitre , & admit au nombre
des Chevaliers , le Prince des Afturies, & l'Infant
Don Louis. Le Roi fortit enfuite de fon appartement
, pour fe rendre à la Chapelle . S. M.
étoit en manteau , avec le Collier de l'Ordre pardellus
. Les deux Huiffiers de la Chambre marchoient
devant Elle avec leurs maffes , & Elle
étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc d'Orléans , du Prince de Condé , du Comte
de Clermont , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre
, des Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre. Le Roi affiſta à la Bénédiction
des Cierges & à la Proceflion qui fe fit dans la
Chapelle . La Grand-Meffe fut célébrée par l'Archevêque
de Narbonne, Prélat Commandeur. La
Reine , Madame la Dauphine , Madame, & Mefdame
Victoire , Sophie & Louife , étoient dans la
tribune.
Après la Meffe , S. M. fut reconduite à fon ap
partement en la manière accoutumée.
Le Roi a accordé l'Abbaye de Vezelai , Diocèſe
Autun , à l'Abbé Berthier , Doyen du Chapitre
FEVRIER. 1760. 211
de la même Abbaye , & ci- devant Vicaire- Géné
ral du Diocèſe de Troyes.
L'Abbaye d'Igny , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Rheims , à l'Abbé de Puyfignieux , ancien
Vicaire - Général du Diocèfe de Lyon.
jours fuivans.
SA Majeſté a nommé le Comte de Polaſtron ,
ci- devant Colonel du Régiment de la Couronne ,
Infanterie , grand Sénéchal du Comté d'Armagnac
, & Gouverneur de la Ville d'Auch .
Le 6 , la Comteffe de Jumilhac eut l'honneur
d'être préſentée à leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
Le Roi a nommé la Comteffe de Narbonne ,
ci-devant Dame du Palais de feue Madame Infante
, Ducheffe de Parme , pour accompagner
Madame .
Sa Majesté a difpofé du Régiment Royal de
Corfe , vacant par la mort du Comte de Vence ,
en faveur du Vicomte de Vence , Colonel réformé
à la fuite de ce Régiment.
Le 27 de ce mois , le Maréchal de Maillebois ,
prêta ferment entre les mains de Sa Majefté ,pour
le gouvernement d'Alface .
Sa Majefté a nommé , pour fon Ambaffadeur
extraordinaire auprès du Roi des Deux - Siciles ,
le Marquis de Durfort, actuellement Ambaffadeur
auprès de la République de Venife .
Le Comte de Bafchi , ci - devant Ambaffadeur
auprès du Roi de Portugal , remplacera le Marquis
de Durfort à Venife.
Sa Majefté a aufli nommé le Marquis de
210 MERCURE DE FRANCE.
Beauflet, fon Miniftre Plénipotentiaire auprès de
I'Electeur de Cologne .
Le 1 Février , le Roi tint le Sceau. Le même
jour , les Officiers de la Chancellerie de France ,
de fervice & en quartier , & deux Syndics des
Secrétaires du Roi , eurent l'honneur de remettre
à Sa Majefté , en la manière accoutumée &
fuivant l'ufage , les cierges de la Chandeleur . Ils
furent préſentés par le fieur de Brou , Doyen des
Confeillers d'État.
Le lendemain, fête de la Purification de la fainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre du S. Elprit , s'étant aſſemblés ,
vers les onze heures du matin dans le cabinet du
Roi , Sa Majesté tint chapitre , & admit au nombre
des Chevaliers , le Prince des Afturies, & l'Infant
Don Louis. Le Roi fortit enfuite de fon appartement
, pour fe rendre à la Chapelle . S. M.
étoit en manteau , avec le Collier de l'Ordre pardellus
. Les deux Huiffiers de la Chambre marchoient
devant Elle avec leurs maffes , & Elle
étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc d'Orléans , du Prince de Condé , du Comte
de Clermont , du Prince de Conti , du Comte de
la Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre
, des Chevaliers , Commandeurs & Offciers
de l'Ordre. Le Roi affiſta à la Bénédiction
des Cierges & à la Proceflion qui fe fit dans la
Chapelle . La Grand-Meffe fut célébrée par l'Archevêque
de Narbonne, Prélat Commandeur. La
Reine , Madame la Dauphine , Madame, & Mefdame
Victoire , Sophie & Louife , étoient dans la
tribune.
Après la Meffe , S. M. fut reconduite à fon ap
partement en la manière accoutumée.
Le Roi a accordé l'Abbaye de Vezelai , Diocèſe
Autun , à l'Abbé Berthier , Doyen du Chapitre
FEVRIER. 1760. 211
de la même Abbaye , & ci- devant Vicaire- Géné
ral du Diocèſe de Troyes.
L'Abbaye d'Igny , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Rheims , à l'Abbé de Puyfignieux , ancien
Vicaire - Général du Diocèfe de Lyon.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 17 Janvier 1760, & jours suivans.
En janvier 1760, plusieurs nominations et événements notables ont eu lieu à la cour de Versailles. Le 17 janvier, le Comte de Polastron a été nommé grand Sénéchal du Comté d'Armagnac et Gouverneur de la Ville d'Auch. Le 6 janvier, la Comtesse de Jumilhac a été présentée au Roi et à la Famille Royale. La Comtesse de Narbonne a été désignée pour accompagner Madame, succédant à son rôle précédent de Dame du Palais de la défunte Madame Infante, Duchesse de Parme. Le Régiment Royal de Corse a été attribué au Vicomte de Vence. Le 27 janvier, le Maréchal de Maillebois a prêté serment pour le gouvernement d'Alsace. Le Marquis de Durfort a été nommé Ambassadeur extraordinaire auprès du Roi des Deux-Siciles, remplaçant le Comte de Bashi, qui prendra sa place à Venise. Le Marquis de Beauflet a été nommé Ministre Plénipotentiaire auprès de l'Électeur de Cologne. Le 1er février, le Roi a tenu le Sceau et reçu les cierges de la Chandeleur des Officiers de la Chancellerie de France. Le lendemain, lors de la fête de la Purification de la Sainte Vierge, le Roi a tenu un chapitre de l'Ordre du Saint-Esprit, admettant le Prince des Asturies et l'Infant Don Louis parmi les Chevaliers. La Grand-Messe a été célébrée par l'Archevêque de Narbonne, en présence de la Reine et des princesses. Le Roi a également accordé l'Abbaye de Vezelay à l'Abbé Berthier et l'Abbaye d'Igny à l'Abbé de Puyfignieux.
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69
p. 208-209
DE VIENNE, le 10 Mars.
Début :
Entre autres priviléges accordés à l'Ordre de Marie-Thérese, auquel leurs Majestés [...]
Mots clefs :
Privilèges, Ordre, Maréchal Daun, Quartier général, Armée, Baron de Laudon, Anniversaire, Archiduc, Feld-maréchal, Titre
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texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 10 Mars.
De VIENNE , le 10 Mars.
Entre autres priviléges accordés à l'Ordre de
Marie-Thérefe, auquel leurs Majeftés Impériales
AVRIL. 1760 . 209
viennent de mettre la derniere main , la Croix
de cet Ordre donnera la Nobleffe héréditaire ,
avec le titre de Baron.
Le Maréchal de Daun , a toujours fon quartier
général à Pyrna. Il a pourvû a la fureté de Drefde
, par de nouvelles difpofitions . Le Général
Baron de Beck , conferve toujours fa pofition audelà
de l'Elbe . Il a environ feize mille hommes
fous les ordres.
L'armée deſtinée à agir en Siléfie , fous les
ordres du Baron de Laudon , continue de ſe raffembler
en Moravie. Ce Général eft préfentement
à Groff- Herlitz . .
On célébra , le 14 de Mars , dans cette Cour ,
L'anniverfaire de la naiffance de l'Archiduc Joféph
, qui eft entré dans fa vingtiéme année. On
travaille aux préparatifs de fon Mariage avec
l'Infante , Princeffe de Parme.
Le Feld Maréchal , Baron de Marshall , n'eft
point mort , comme on l'avoit publié . Il eft arrivé
dans cette Ville , où il a été bien reçu de leurs
Majeftés Impériales , & l'Empereur lui a conféré
le titre de Comte du Saint-Empire.
Entre autres priviléges accordés à l'Ordre de
Marie-Thérefe, auquel leurs Majeftés Impériales
AVRIL. 1760 . 209
viennent de mettre la derniere main , la Croix
de cet Ordre donnera la Nobleffe héréditaire ,
avec le titre de Baron.
Le Maréchal de Daun , a toujours fon quartier
général à Pyrna. Il a pourvû a la fureté de Drefde
, par de nouvelles difpofitions . Le Général
Baron de Beck , conferve toujours fa pofition audelà
de l'Elbe . Il a environ feize mille hommes
fous les ordres.
L'armée deſtinée à agir en Siléfie , fous les
ordres du Baron de Laudon , continue de ſe raffembler
en Moravie. Ce Général eft préfentement
à Groff- Herlitz . .
On célébra , le 14 de Mars , dans cette Cour ,
L'anniverfaire de la naiffance de l'Archiduc Joféph
, qui eft entré dans fa vingtiéme année. On
travaille aux préparatifs de fon Mariage avec
l'Infante , Princeffe de Parme.
Le Feld Maréchal , Baron de Marshall , n'eft
point mort , comme on l'avoit publié . Il eft arrivé
dans cette Ville , où il a été bien reçu de leurs
Majeftés Impériales , & l'Empereur lui a conféré
le titre de Comte du Saint-Empire.
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Résumé : DE VIENNE, le 10 Mars.
Le 10 mars 1760, à Vienne, l'Ordre de Marie-Thérèse a reçu plusieurs privilèges, dont la Croix conférant la noblesse héréditaire avec le titre de Baron. Le Maréchal de Daun a établi son quartier général à Pyrna et renforcé les défenses de Dresde. Le Général Baron de Beck, avec environ seize mille hommes, maintient sa position au-delà de l'Elbe. L'armée destinée à agir en Silésie, sous les ordres du Baron de Laudon, se rassemble en Moravie, où ce général se trouve à Gross-Herlitz. Le 14 mars, l'anniversaire des vingt ans de l'Archiduc Joseph a été célébré à la cour, et les préparatifs pour son mariage avec l'Infante de Parme sont en cours. Le Feld Maréchal Baron de Marshall, contrairement aux rumeurs, est arrivé à Vienne et a été bien accueilli par leurs Majestés Impériales. L'Empereur lui a conféré le titre de Comte du Saint-Empire.
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70
p. 213-214
DE VERSAILLES, le 3 Avril.
Début :
Le Roi a donné l'Abbaye de Signy, Ordre de Cîteaux, Diocèse de Rheims, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Religieux, Commandant, Président du Parlement, Nominations, Duchesse, Famille royale, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 3 Avril.
De VERSAILLES le
, 3
Avril.
LE Roi a donné l'Abbaye de Signy , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Rheinis , à l'Evêque Duc de
Laon , Ambaſſadeur Extraordinaire de Sa Majesté
à Rome.
L'Abbaye de Jumieges , Ordre de S. Benoît ,
Diocèle de Rouen , à l'Abbé de Lorraine , Grand
Doyen de Strasbourg.
L'Abbaye Régulière de Choquèz , Ordre de
S. Auguftin , Diocèle de S. Omer , à Dom Chavatte
, Religieux de la même Abbaye.
Et celle de Notre- Dame des Anges , Ordre de
S. Benoît , Diocèſe & Ville de Coutances , à la
Dame de Canouville , Religieufe à l'Abbaye de
S. Sauveur à Evreux .
Le Roi a nommé le Chevalier d'Argence , cidevant
Lieutenant Colonel dans la Légion Royale
, Meſtre de Camp , commandant le Régiment
de Beaufremont.
La place de Premier Préfident du Parlement
de Grenoble , vacante par la mort du fieur de
Piolenc , a été donnée, par Sa Majefté, au fieur de
Berulle , Intendant de Moulins ; & le fieur le
Nain , Maître des Requêtes , a été nommé à l'Intendance
de Moulins.
214 MERCURE DE FRANCE.
Le 19 Mars , la Ducheffe de Coffe fut préfentée
au Roi , à la Reine , & à la Famille Royale ,
& prit le tabouret chez la Reine.
Le 26 , la Duchefle de Charoft fut auffi préfentée
au Roi , à la Reine , & à la Famille Royale
, & prit le tabouret chez la Reine.
Le 29 , le Comte de Curé prêta ferment entre
les mains du Roi , pour la charge de Maître de
la garde-robe de Sa Majeſtć.
Le 2 de ce mois , le Roi tint le fceau.
, 3
Avril.
LE Roi a donné l'Abbaye de Signy , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Rheinis , à l'Evêque Duc de
Laon , Ambaſſadeur Extraordinaire de Sa Majesté
à Rome.
L'Abbaye de Jumieges , Ordre de S. Benoît ,
Diocèle de Rouen , à l'Abbé de Lorraine , Grand
Doyen de Strasbourg.
L'Abbaye Régulière de Choquèz , Ordre de
S. Auguftin , Diocèle de S. Omer , à Dom Chavatte
, Religieux de la même Abbaye.
Et celle de Notre- Dame des Anges , Ordre de
S. Benoît , Diocèſe & Ville de Coutances , à la
Dame de Canouville , Religieufe à l'Abbaye de
S. Sauveur à Evreux .
Le Roi a nommé le Chevalier d'Argence , cidevant
Lieutenant Colonel dans la Légion Royale
, Meſtre de Camp , commandant le Régiment
de Beaufremont.
La place de Premier Préfident du Parlement
de Grenoble , vacante par la mort du fieur de
Piolenc , a été donnée, par Sa Majefté, au fieur de
Berulle , Intendant de Moulins ; & le fieur le
Nain , Maître des Requêtes , a été nommé à l'Intendance
de Moulins.
214 MERCURE DE FRANCE.
Le 19 Mars , la Ducheffe de Coffe fut préfentée
au Roi , à la Reine , & à la Famille Royale ,
& prit le tabouret chez la Reine.
Le 26 , la Duchefle de Charoft fut auffi préfentée
au Roi , à la Reine , & à la Famille Royale
, & prit le tabouret chez la Reine.
Le 29 , le Comte de Curé prêta ferment entre
les mains du Roi , pour la charge de Maître de
la garde-robe de Sa Majeſtć.
Le 2 de ce mois , le Roi tint le fceau.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 3 Avril.
Le document du 3 avril relate plusieurs nominations et présentations à la cour royale. Le Roi a attribué diverses abbayes : l'Abbaye de Signy à l'Évêque Duc de Laon, l'Abbaye de Jumieges à l'Abbé de Lorraine, l'Abbaye de Choquèz à Dom Chavatte, et l'Abbaye de Notre-Dame des Anges à la Dame de Canouville. Le Chevalier d'Argence a été nommé Mestre de Camp du Régiment de Beaufremont. La place de Premier Président du Parlement de Grenoble, vacante après la mort du sieur de Piolenc, a été attribuée au sieur de Bérulle, Intendant de Moulins, tandis que le sieur Le Nain a été nommé à l'Intendance de Moulins. Le 19 mars, la Duchesse de Coffe a été présentée au Roi, à la Reine et à la Famille Royale, et a pris le tabouret chez la Reine. Le 26 mars, la Duchesse de Charost a également été présentée et a pris le tabouret chez la Reine. Le 29 mars, le Comte de Curé a prêté serment pour la charge de Maître de la garde-robe du Roi. Le 2 avril, le Roi a tenu le sceau.
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71
p. 197
DE MADRID, le 27 Mai.
Début :
Le Roi Très-Chrétien, ayant nommé le Prince des Asturies Chevalier de l'Ordre [...]
Mots clefs :
Roi Très-Chrétien, Prince des Asturies, Chevalier, Ordre, Nomination, Marquis, Vaisseaux, Ports, Frégates
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texteReconnaissance textuelle : DE MADRID, le 27 Mai.
De MADRID , le 27 Mai.
Le Roi Très- Chrétien , ayant nommé le Prince.
des Afturies Chevalier de l'Ordre du Saint ECprit
; Sa Majesté revêtit , le 18 de ce mois , ce
Prince du Collier de cet Ordre, qui lui fut renfis
par le Marquis d'Offun , Ambaffadeur extraordinaire
du Roi de France en cette Cour ,
Il y a préfentement dans nos Ports quarantehuit
Vaiffeaux de ligne , douze Frégates & quinzo
Schebecs armés & en état de partir aux premiers
ordres.
Le Roi Très- Chrétien , ayant nommé le Prince.
des Afturies Chevalier de l'Ordre du Saint ECprit
; Sa Majesté revêtit , le 18 de ce mois , ce
Prince du Collier de cet Ordre, qui lui fut renfis
par le Marquis d'Offun , Ambaffadeur extraordinaire
du Roi de France en cette Cour ,
Il y a préfentement dans nos Ports quarantehuit
Vaiffeaux de ligne , douze Frégates & quinzo
Schebecs armés & en état de partir aux premiers
ordres.
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72
p. 200-202
DE VERSAILLES, le 12 Juin.
Début :
Le 25 du mois dernier, fête de la Pentecôte, les Chevaliers, Commandeurs & [...]
Mots clefs :
Chevaliers, Cabinet du roi, Monseigneur le Dauphin, Prince, Duc, Grand-messe, Comte, Famille royale, Contrat de mariage, Nominations, Abbaye, Ordre, Diocèse, Dame, Marquise
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texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 12 Juin.
De VERSAILLES , le 12 Juin.
E 25 du mois dernier,fète de la Pentecôte,les
Chevaliers , Commandeurs & Officiers de l'Ordre
du Saint- Esprit , s'étant aſſemblés vers les onze
heures du matin dans le Cabinet du Roi ; Sa Ma
jefté fortit de ſon appartement pour aller à la
Chapelle , accompagné de Monfeigneur le Dau
phin , du Duc d'Orleans , du Prince de Condé
dn Prince de Conty , du Comte de la Marche
du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre , & des ,
Chevaliers, Commandeurs & Officiers de l'Ordre.
La Grand'Mefle fut célébrée par l'Evêque de
Langres , Prélat-Commandeur ; & le Roi fut reconduit
enfuite a fon appartement , en la maniere
accoutumée.
Le Comte d'Affry , qui eft arrivé de Hollande
depuis plufieurs jours , fut préſenté à Sa Majelté
le 25 .
Le même jour , le Roi , la Reine , & la Famille.
Royale, fignerent le Contrat de mariage du Marquis
de Nargut , Cornette de la premiere Compagnie
des Moufquetaires , avee Demoiſelle DuJUILLET.
1760. 201
hamel de Melmont ; & celui du Marquis de Salutes
, avec Demoifelle de Molde.
Le 26 , Sa Majeſté tint le Sceau .
Le même jour , la Comteffe de Gaucourt a été
préſentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale;
par la Comteffe de Marfan.
Le Roi a difpofé de la Charge de Confeiller
d'Etat , vacante par la mort du fieur Bidé de li
Grandville , en faveur du fear Barentin , intendant
d'Orléans.
Le Roi a nommé le fieur de Cypiere , Maître
des Requêtes , Intendant d'Orléans , à la place du
feur de Barentin .
Le Juin , Fête du S. Sacrement , le Roi & la
Reine, accompagnés de Monſeigneur le Dauphin,
de Madame la Dauphine , de Madame , & de
Meſdames Victoire , Sophie & Louiſe , ſe font rendus
à l'Eglife de Notre - Dame ; Leurs Majeſtés
y ont entenda la Grand- Meffe , après avoir affifté
à la Proceffion , qui eft venuë , felon l'uſage , à
La Chapelle du Château.
י
Le 12 , le Roi a fait , dans la Cour du Châteam,
la revue des deux Compagnies des Mouſquetaires
de fa Garde,
Le même jour , Sa Majeſté a tenu le Scean.
La fanté de Mgr le Duc de Bourgogne , donne
toujours d'heureuſes efpérances. La Faculté et
contente du panfement & de la fuppuration.
Le Roi a accordé l'Abbaye d'Ivry , Ordre de
S. Benoît , Diocèle d'Evreux , à l'Abbé de Monclar
, Grand-Vicaire d'Orléans , fur la démiſſion
de l'Abbé Aniffon.
L'Abbaye aux Bois , Ordre de Citeaux , Diocèls
& Ville de Paris , à la Dame de Richelien , Abbelle
du Tréfor .
Celle du Tréfor , Ordre de Cireaur , Diocéfe
A 7
202 MERCURE DE FRANCE.
de Rouen , à la Dame d'Alégre , Grande- Prieure
de l'Abbaye de Saint George à Rennes.
Et celle de la Joye , Ordie de Cîteaux , Diocéfe
de Vannes , à la Dame de Bertin , Religieufe
du Monaftère de Coiroux , Diocèle de Limoges.
Le o du mois dernier , le Marquise de Lité ,
née Princeffe Lubomirska , a été préfentée a Leurs
Majenés & à la Famille Royale , par la Ducheſſe
d'Aiguillon.
E 25 du mois dernier,fète de la Pentecôte,les
Chevaliers , Commandeurs & Officiers de l'Ordre
du Saint- Esprit , s'étant aſſemblés vers les onze
heures du matin dans le Cabinet du Roi ; Sa Ma
jefté fortit de ſon appartement pour aller à la
Chapelle , accompagné de Monfeigneur le Dau
phin , du Duc d'Orleans , du Prince de Condé
dn Prince de Conty , du Comte de la Marche
du Comte d'Eu , du Duc de Penthiévre , & des ,
Chevaliers, Commandeurs & Officiers de l'Ordre.
La Grand'Mefle fut célébrée par l'Evêque de
Langres , Prélat-Commandeur ; & le Roi fut reconduit
enfuite a fon appartement , en la maniere
accoutumée.
Le Comte d'Affry , qui eft arrivé de Hollande
depuis plufieurs jours , fut préſenté à Sa Majelté
le 25 .
Le même jour , le Roi , la Reine , & la Famille.
Royale, fignerent le Contrat de mariage du Marquis
de Nargut , Cornette de la premiere Compagnie
des Moufquetaires , avee Demoiſelle DuJUILLET.
1760. 201
hamel de Melmont ; & celui du Marquis de Salutes
, avec Demoifelle de Molde.
Le 26 , Sa Majeſté tint le Sceau .
Le même jour , la Comteffe de Gaucourt a été
préſentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale;
par la Comteffe de Marfan.
Le Roi a difpofé de la Charge de Confeiller
d'Etat , vacante par la mort du fieur Bidé de li
Grandville , en faveur du fear Barentin , intendant
d'Orléans.
Le Roi a nommé le fieur de Cypiere , Maître
des Requêtes , Intendant d'Orléans , à la place du
feur de Barentin .
Le Juin , Fête du S. Sacrement , le Roi & la
Reine, accompagnés de Monſeigneur le Dauphin,
de Madame la Dauphine , de Madame , & de
Meſdames Victoire , Sophie & Louiſe , ſe font rendus
à l'Eglife de Notre - Dame ; Leurs Majeſtés
y ont entenda la Grand- Meffe , après avoir affifté
à la Proceffion , qui eft venuë , felon l'uſage , à
La Chapelle du Château.
י
Le 12 , le Roi a fait , dans la Cour du Châteam,
la revue des deux Compagnies des Mouſquetaires
de fa Garde,
Le même jour , Sa Majeſté a tenu le Scean.
La fanté de Mgr le Duc de Bourgogne , donne
toujours d'heureuſes efpérances. La Faculté et
contente du panfement & de la fuppuration.
Le Roi a accordé l'Abbaye d'Ivry , Ordre de
S. Benoît , Diocèle d'Evreux , à l'Abbé de Monclar
, Grand-Vicaire d'Orléans , fur la démiſſion
de l'Abbé Aniffon.
L'Abbaye aux Bois , Ordre de Citeaux , Diocèls
& Ville de Paris , à la Dame de Richelien , Abbelle
du Tréfor .
Celle du Tréfor , Ordre de Cireaur , Diocéfe
A 7
202 MERCURE DE FRANCE.
de Rouen , à la Dame d'Alégre , Grande- Prieure
de l'Abbaye de Saint George à Rennes.
Et celle de la Joye , Ordie de Cîteaux , Diocéfe
de Vannes , à la Dame de Bertin , Religieufe
du Monaftère de Coiroux , Diocèle de Limoges.
Le o du mois dernier , le Marquise de Lité ,
née Princeffe Lubomirska , a été préfentée a Leurs
Majenés & à la Famille Royale , par la Ducheſſe
d'Aiguillon.
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Résumé : DE VERSAILLES, le 12 Juin.
Le 25 mai, à l'occasion de la fête de la Pentecôte, les membres de l'Ordre du Saint-Esprit se réunirent à Versailles. Le roi, accompagné de princes et membres de l'Ordre, assista à la Grand'Messe célébrée par l'Évêque de Langres. Le Comte d'Affry, de retour de Hollande, fut présenté au roi. Ce jour-là, le roi, la reine et la famille royale signèrent les contrats de mariage du Marquis de Nargut et du Marquis de Salutes. Le 26 mai, le roi tint le Sceau et reçut la Comtesse de Gaucourt, présentée par la Comtesse de Marfan. Il nomma Barentin Intendant d'Orléans et Cypiere à la place de Barentin. Le 9 juin, lors de la fête du Saint-Sacrement, le roi et la reine assistèrent à la Grand'Messe à l'église Notre-Dame. Le 12 juin, le roi passa en revue les Mousquetaires et tint le Sceau. La santé du Duc de Bourgogne s'améliorait. Le roi attribua plusieurs abbayes, dont l'Abbaye d'Ivry à l'Abbé de Monclar et l'Abbaye aux Bois à la Dame de Richelieu. Le 30 mai, la Marquise de Lité, née Princesse Lubomirska, fut présentée à la famille royale par la Duchesse d'Aiguillon.
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73
p. 203-206
DE PARIS, le 14 Juin.
Début :
Le 18 du mois dernier, le Prince Louis de Rohan, Evêque de Canope, [...]
Mots clefs :
Évêque, Sacre, Ordre, Service, Bénédiction, Paix, Alliés, Défense, Prières publiques, Campagne militaire, Conseil, Magistrats, Arrêts, Martinique, Capitaine, Ennemis, Loterie, Médecin, Lettres de noblesse
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texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 14 Juin.
De PARIS , le 14 Juin.
1
-Le 18 du mois dernier , le Prince Louis de
Rohan, Evêque de Canope, Coadjuteur de l'Evêché
de Strasbourg , fut facré dans l'Eglife Métropolisaine
, par l'Archevêque de Paris , affifté des
Evêques du Puy & de Blois. Un grand nombre .
d'Archevêques , d'Evêques , & de perfonnes du
premier rang, affiftèrent à cette cérémonie.
Le 19 , l'Ordre Royal , Militaire & Hofpitalier ,
de Notre-Dame du Mont- Carmel,& de S. Lazare ,
de Jérufalem , fit célébrer dans la Chapelle du
Louvre,l'Anniverfaire duRoi Henri IVde glorieufe .
mémoire , Fondateur de l'Ordre. Le Service a été
célébré par l'Abbé de Sainte Hermine , Aumônier ,
de la Reine Gommandeur Eccléfiaftique de.
l'Ordre. LeComte de Saint-Florentin , les grands
Officiers , & plufieurs Chevaliers de cet Ordre y
oar affifté. the
Sa Majefté ; conduite par l'efprit de piété qui a
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE
tonjours caractérisé les Rois Très - Chrétiens , a
voulu , au commencement de cette Campagne ',
implorer la bénédiction du Ciel fur les armes.
Elle a écrit à l'Archevêque de Paris , ainfi qu'à
tous les Archevêques & Evêques de fon Royaume ,
la Lettre fuivante.
» MON COUSIN, le maintien de la tranquillité
» de l'Europe a toujours été le principal objet de
» mes voeux & de mes démarches : ce fentiment
» s'eft fortifié par le defir que j'ai de contribuer
>> au bonheur de mes Peuples , & de diminuer les
>> charges qu'ils fupportent d'une manière digne
» de leur zéle pour la gloire de mon régne , &
>> de l'amour que j'ai pour eux. C'eft pour leur
> en faire reffentir les effets , que je n'ai négligé
>> aucun des moyens capables de déterminer les
>> Puiffances qui m'ont forcé à reprendre les ar-- ·
» mes , à concourir au rétabliſſement d'une paix
dont on pût affurer la duréc.Mais avant quel'on
ait pû parvenir définitivement au but defirable
> de la paix générale , la continuation des hofti-
» lités des Ennemis de la France m'oblige à de
> nouveaux efforts pour la défenſe de mes propres
» Etats , & pour foutenir les Engagemens que j'ai
» pris avec mes fidéles Alliés . Quelque confiance
que j'aye dans la volonté de mes Troupes , dans
leur zéle pour mon fervice , je n'en dois pass
moins implorer le Dieu des Armées ; & je vous
» fais cette Lettre pour vous dire , que je ſouhaiter
»que vous ordonniez des prieres particulieres
» dans toutes les Eglifes de votre Diocéfe , pour
» obtenir du Tout- puillant qu'il daigne répandre
fa bénédiction fur mes armes , & favorifer le
fuccès de mes juftes entrepriſes. Sur ce &c.
L'Archevêque de Paris a donné, en conféquence
de cette Lettre , fon Mandement , par lequel il
indique des prieres publiques dans toutes les
JUILLET. 1760. 205
Eglifes de fon Diocèle . Ce Mandement eft ter
miné par une priere fervente & pathétique pour
leurs Majeftés & la Famille Royale , & en particulier
pour le jeune Prince dont l'état chancelants
excite notre inquiétude. » Attendriſſons - nous
» dit le Prélat , fur les dangers qui ont menacé les
>>-jours d'un jeune Prince , déja l'amour de la Na-
»-tion , en attendant qu'il foit la terreur des En-
>>>nemis. Qu'un rejetton fi précieux n'ait pas le
fort des fleurs de la Campagne qui , felon le
langage de l'Ecriture , naiſſent & périffent prèf-
»>que dans le même temps. Que le fils de tant de
» Rois , nous faffe recueillir en fa perfonne les
»fruits de l'éducation Chrétienne qu'il reçoit des
» mains de la Vertu ; éducation toute propre à
>>fervir de baſe & de principe aux leçons qui for
» ment le grand homme:
Sa Majesté s'étant fait rendre compte , enfon
Confeil , des différentes plaintes qui lui ont été
faites de la conduite que les Magiftrats & Habitans
de la Ville de Hambourg ont tenue au
préjudice de la France & de fes Alliés , en favo
rifant les enrôlemens que les Ennemis font continuellement
dans leus Ville , & ne voulantpoint
faire éprouver à cette Ville tous les effets de fon
reffentiment ; elle s'eft contentée d'ordonner , par
um Arre de fon Confeil d'Etat , qu'à l'avenir &
à commencer du jour de la publication de cer
Arrêt , cette Ville ceffera de jouir , dans tous les
Ports & Villes du Royaume & de la domination
de Sa Majefté , de tous les avantages accordés
aux Villes Anféatiques , par le traité de Com
merce , fait à Versailles le 28 Septembre 1716,
entre elle & lefdites Villes. 1 .
On a appris,de la Martinique, que le Capitaine
Mares, de Bordeaux , Commandant un Corfaire
de cette life de douze canons , a pris un Senaw
206 MERCURE DE FRANCE
7.
Anglois , richement chargé, & armé de quatorze
canons. Ce Capitaine , étant venu à l'abordage ,
& s'étant jetté dans le Vaiffeau Anglois , s'y trouva
feul. Il ne perdit point courage ; après avoir
tué le Capitaine ennemi & un autre homme ,
il- remonta fur le pont , & il fondit l'épée à la ‹
main fur l'équipage Anglois , qui , le croyante
fuivi d'une troupe nombreule , s'enfuit par les
écoutilles, Il les ferma , & ayant eu bientôt après
du fecours , il conduifit fa prife à la Martinique .
Sa cargaifon eft eftimée trois cens mille livres.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire,
s'eft fait , en la manière accoutumée , le
6 de ce mois. Les numéros qui font fortis de :
la roue de fortune font , 71 , 58 , 30 , 35 & 64
Le prochain tirage , fe fera le 8 du mois de .
Juillet
•
Le fieur Richard, premier Médecin des Camps
& Armées du Roi , à qui Sa Majeſté , en confidération
de fes Services , avoit accordé des Let- :
tres de Nobleffe , l'année derniere , vient d'avoir
l'inſpection des Hôpitaux Militaires du Royaume ,
aux appoinsements de 3000 liv. Sa Majesté l'a ..
nommé , en même temps , Chevalier de fon Or- ·
dre de Saint Michel , & l'un de fes, Médecins
confultans
1
-Le 18 du mois dernier , le Prince Louis de
Rohan, Evêque de Canope, Coadjuteur de l'Evêché
de Strasbourg , fut facré dans l'Eglife Métropolisaine
, par l'Archevêque de Paris , affifté des
Evêques du Puy & de Blois. Un grand nombre .
d'Archevêques , d'Evêques , & de perfonnes du
premier rang, affiftèrent à cette cérémonie.
Le 19 , l'Ordre Royal , Militaire & Hofpitalier ,
de Notre-Dame du Mont- Carmel,& de S. Lazare ,
de Jérufalem , fit célébrer dans la Chapelle du
Louvre,l'Anniverfaire duRoi Henri IVde glorieufe .
mémoire , Fondateur de l'Ordre. Le Service a été
célébré par l'Abbé de Sainte Hermine , Aumônier ,
de la Reine Gommandeur Eccléfiaftique de.
l'Ordre. LeComte de Saint-Florentin , les grands
Officiers , & plufieurs Chevaliers de cet Ordre y
oar affifté. the
Sa Majefté ; conduite par l'efprit de piété qui a
1 vj
204 MERCURE DE FRANCE
tonjours caractérisé les Rois Très - Chrétiens , a
voulu , au commencement de cette Campagne ',
implorer la bénédiction du Ciel fur les armes.
Elle a écrit à l'Archevêque de Paris , ainfi qu'à
tous les Archevêques & Evêques de fon Royaume ,
la Lettre fuivante.
» MON COUSIN, le maintien de la tranquillité
» de l'Europe a toujours été le principal objet de
» mes voeux & de mes démarches : ce fentiment
» s'eft fortifié par le defir que j'ai de contribuer
>> au bonheur de mes Peuples , & de diminuer les
>> charges qu'ils fupportent d'une manière digne
» de leur zéle pour la gloire de mon régne , &
>> de l'amour que j'ai pour eux. C'eft pour leur
> en faire reffentir les effets , que je n'ai négligé
>> aucun des moyens capables de déterminer les
>> Puiffances qui m'ont forcé à reprendre les ar-- ·
» mes , à concourir au rétabliſſement d'une paix
dont on pût affurer la duréc.Mais avant quel'on
ait pû parvenir définitivement au but defirable
> de la paix générale , la continuation des hofti-
» lités des Ennemis de la France m'oblige à de
> nouveaux efforts pour la défenſe de mes propres
» Etats , & pour foutenir les Engagemens que j'ai
» pris avec mes fidéles Alliés . Quelque confiance
que j'aye dans la volonté de mes Troupes , dans
leur zéle pour mon fervice , je n'en dois pass
moins implorer le Dieu des Armées ; & je vous
» fais cette Lettre pour vous dire , que je ſouhaiter
»que vous ordonniez des prieres particulieres
» dans toutes les Eglifes de votre Diocéfe , pour
» obtenir du Tout- puillant qu'il daigne répandre
fa bénédiction fur mes armes , & favorifer le
fuccès de mes juftes entrepriſes. Sur ce &c.
L'Archevêque de Paris a donné, en conféquence
de cette Lettre , fon Mandement , par lequel il
indique des prieres publiques dans toutes les
JUILLET. 1760. 205
Eglifes de fon Diocèle . Ce Mandement eft ter
miné par une priere fervente & pathétique pour
leurs Majeftés & la Famille Royale , & en particulier
pour le jeune Prince dont l'état chancelants
excite notre inquiétude. » Attendriſſons - nous
» dit le Prélat , fur les dangers qui ont menacé les
>>-jours d'un jeune Prince , déja l'amour de la Na-
»-tion , en attendant qu'il foit la terreur des En-
>>>nemis. Qu'un rejetton fi précieux n'ait pas le
fort des fleurs de la Campagne qui , felon le
langage de l'Ecriture , naiſſent & périffent prèf-
»>que dans le même temps. Que le fils de tant de
» Rois , nous faffe recueillir en fa perfonne les
»fruits de l'éducation Chrétienne qu'il reçoit des
» mains de la Vertu ; éducation toute propre à
>>fervir de baſe & de principe aux leçons qui for
» ment le grand homme:
Sa Majesté s'étant fait rendre compte , enfon
Confeil , des différentes plaintes qui lui ont été
faites de la conduite que les Magiftrats & Habitans
de la Ville de Hambourg ont tenue au
préjudice de la France & de fes Alliés , en favo
rifant les enrôlemens que les Ennemis font continuellement
dans leus Ville , & ne voulantpoint
faire éprouver à cette Ville tous les effets de fon
reffentiment ; elle s'eft contentée d'ordonner , par
um Arre de fon Confeil d'Etat , qu'à l'avenir &
à commencer du jour de la publication de cer
Arrêt , cette Ville ceffera de jouir , dans tous les
Ports & Villes du Royaume & de la domination
de Sa Majefté , de tous les avantages accordés
aux Villes Anféatiques , par le traité de Com
merce , fait à Versailles le 28 Septembre 1716,
entre elle & lefdites Villes. 1 .
On a appris,de la Martinique, que le Capitaine
Mares, de Bordeaux , Commandant un Corfaire
de cette life de douze canons , a pris un Senaw
206 MERCURE DE FRANCE
7.
Anglois , richement chargé, & armé de quatorze
canons. Ce Capitaine , étant venu à l'abordage ,
& s'étant jetté dans le Vaiffeau Anglois , s'y trouva
feul. Il ne perdit point courage ; après avoir
tué le Capitaine ennemi & un autre homme ,
il- remonta fur le pont , & il fondit l'épée à la ‹
main fur l'équipage Anglois , qui , le croyante
fuivi d'une troupe nombreule , s'enfuit par les
écoutilles, Il les ferma , & ayant eu bientôt après
du fecours , il conduifit fa prife à la Martinique .
Sa cargaifon eft eftimée trois cens mille livres.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire,
s'eft fait , en la manière accoutumée , le
6 de ce mois. Les numéros qui font fortis de :
la roue de fortune font , 71 , 58 , 30 , 35 & 64
Le prochain tirage , fe fera le 8 du mois de .
Juillet
•
Le fieur Richard, premier Médecin des Camps
& Armées du Roi , à qui Sa Majeſté , en confidération
de fes Services , avoit accordé des Let- :
tres de Nobleffe , l'année derniere , vient d'avoir
l'inſpection des Hôpitaux Militaires du Royaume ,
aux appoinsements de 3000 liv. Sa Majesté l'a ..
nommé , en même temps , Chevalier de fon Or- ·
dre de Saint Michel , & l'un de fes, Médecins
confultans
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Résumé : DE PARIS, le 14 Juin.
Le 18 mai, le Prince Louis de Rohan, Évêque de Canope et Coadjuteur de l'Évêché de Strasbourg, a été sacré dans l'Église Métropolitaine de Paris par l'Archevêque de Paris, en présence des Évêques du Puy et de Blois ainsi que de nombreuses personnalités de haut rang. Le 19 mai, l'Ordre Royal, Militaire et Hospitalier de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem a célébré l'anniversaire du Roi Henri IV au Louvre, sous la direction de l'Abbé de Sainte Hermine, Aumônier de la Reine et Commandeur Ecclésiastique de l'Ordre. Le Roi, motivé par la piété et le désir de maintenir la tranquillité en Europe, a demandé aux Archevêques et Évêques de son royaume d'organiser des prières publiques pour obtenir la bénédiction divine sur les armes françaises. L'Archevêque de Paris a répondu en ordonnant des prières dans toutes les églises de son diocèse, incluant une prière pour la santé du jeune Prince. Le Roi a également réagi aux plaintes concernant la conduite des Magistrats et habitants de Hambourg, qui favorisaient les enrôlements ennemis, en ordonnant que Hambourg cesse de bénéficier des avantages accordés par le traité de commerce de 1716. En Martinique, le Capitaine Mares a capturé un navire anglais richement chargé après un combat à l'abordage. Le tirage de la Loterie de l'École Royale Militaire a eu lieu le 6 juin, avec les numéros gagnants 71, 58, 30, 35 et 64. Le prochain tirage est prévu pour le 8 juillet. Le sieur Richard, premier Médecin des Camps et Armées du Roi, a été nommé inspecteur des Hôpitaux Militaires avec un appointement de 3000 livres et a été fait Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel.
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74
p. 206-208
MARIAGES.
Début :
Messire René-Antoine de Raity de Villeneuve, Marquis de Vitré, Capitaine de Cavalerie au Régiment [...]
Mots clefs :
Marquis, Capitaine, Ordre, Demoiselle, Comte, Chevalier, Comtesse, Marquise , Maison de Melun
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Methre René - Antoine de Raity de Villeneuve,
Marquis de Vitré , Capitaine de Cavaletie au Ré
gment de Fumel , Chevalier de l'Ordre Militaire
de Saint Louis fils de fea Mellite Antoine'
de Raity de Villeneuve, Marquis de Trans , &
de Marie-Anne-Therefe de Caftellane ; a épouJUILLET.
1760. 207
fé le quatre de Mai , a Angoulême , Demoiſelle
Renée - Marguerite d'Allogny , fille de Meffire
Thomas d'Allogny , Marquis d'Allogny , & de
feue Marguerite le Berthon.
-L'on ne donne pomt de généalogie de ces deux
grandes & anciennes Mailons. On les trouvera
dans l'Ordre de Malthe, & les grands Officiers
de la Couronne.
> Louis , Marquis de Melun Comte de Nogent
, fils de feu Armand , Comte de Melun ,'
Gouverneur du Fort de Sainte Croix de Bordeaux
, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , & de Marie - Françoiſe de Saint Si
mon Rouvroy , veuf d'Henriette- Emilie de Bautru
, Comteffe de Nogent le Roi ; a été marié
lę 28 Avril dernier , dans l'Eglife de Saint Sulpice
de Paris , avec Angelique - Geneviève de
Guiry - Chaumont , fille de Jean - Baptifte René ,
Comte de Guiry , Maréchal des Camps & Ar
mées du Roi , & d'Angelique - Marguerite de Pitard
d'Ivry.
Voyez le deuxième volume du Mercure dé
Juin 1743. où eft rapporté l'article du mariage .
du Marquis de Melun , avec la Comtelle de
Nogent ; & celui de Janvier 1798 , où eft l'article
de fa mort .
La nouvelle Marquife de Melun eft d'une des
plus anciennes & illuftres maifons du Vexin François.
L'aîné de fa maifon , eft Maréchal héréditane
du Vexin. Il eft en poffeffion de ce titre ,
dès l'an 1475 , fuivant les actes de ce temps ;
& autres jufques à nos jours.
Cette Mailon avoit fait don , précédemment , de
la cinquième partie de fa terre de Guiry , à l'Ab- 7
baye de Notre Dame du Tréfor, Ordre de Citeaux™
dans le Vexin Normand , en 1243. Ce don fut
208 MERCURE DE FRANCE
1
confirmé par la Reine Blanche & par le Rof
Saint Louis , par Lettres données à Vincennes erc
Juillet 1245. Les Religieufes s'engagerent , pir
Use tranfaction , de recevoir en reconnoiffance
de cette donation , dans leur Abbaye , fans
dot & à perpétuité une Demoiſelle de la maifon
de Guiry , defcendante en ligne directe der
mâle en mále. Elle jouit toujours de ce privi
lége.
Cette Maiſon a donné à l'Etat , deux grands
Veneurs de France en 700 , & 820 , un grand
Chambellan en 883 , un Evêque de Lifieux en
900 , un chef de la Légion de Normandie , en
912 , puis Lieutenant Général de Richard- fanspeur
, Duc de Normandie en 954 , un Seigneur
de Guiry , ancêtre de la Marquise de Melun
qui fue choifi & donné en ôtage pour la Per
fonne du Roi Jean , après la bataille de Poitiers
deux Lieutenants Généraux du pays d'Aunis
Ville & Gouvernement de la Rochelle , Meftress
de Camp de Cavalerie pere & fils.
Cette maifon de Guiry , deſcend de Philippes
de Guiry , qui époufa en 1755 , Marguerite de
Dreux , fille de François de Dreux , Seigneur de
Morainville , lequel avoit pour dixiéme ayeul le
Roi Louis-le-Gros.
-Les deux freres de la Marquife de Melun ,
Capitaines de Carabiniers , Chevaliers de Saint
Louis , ont été tués , l'aîné à la bataille de Fontenoi
, & l'autre à celle de Laufeld .
Methre René - Antoine de Raity de Villeneuve,
Marquis de Vitré , Capitaine de Cavaletie au Ré
gment de Fumel , Chevalier de l'Ordre Militaire
de Saint Louis fils de fea Mellite Antoine'
de Raity de Villeneuve, Marquis de Trans , &
de Marie-Anne-Therefe de Caftellane ; a épouJUILLET.
1760. 207
fé le quatre de Mai , a Angoulême , Demoiſelle
Renée - Marguerite d'Allogny , fille de Meffire
Thomas d'Allogny , Marquis d'Allogny , & de
feue Marguerite le Berthon.
-L'on ne donne pomt de généalogie de ces deux
grandes & anciennes Mailons. On les trouvera
dans l'Ordre de Malthe, & les grands Officiers
de la Couronne.
> Louis , Marquis de Melun Comte de Nogent
, fils de feu Armand , Comte de Melun ,'
Gouverneur du Fort de Sainte Croix de Bordeaux
, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , & de Marie - Françoiſe de Saint Si
mon Rouvroy , veuf d'Henriette- Emilie de Bautru
, Comteffe de Nogent le Roi ; a été marié
lę 28 Avril dernier , dans l'Eglife de Saint Sulpice
de Paris , avec Angelique - Geneviève de
Guiry - Chaumont , fille de Jean - Baptifte René ,
Comte de Guiry , Maréchal des Camps & Ar
mées du Roi , & d'Angelique - Marguerite de Pitard
d'Ivry.
Voyez le deuxième volume du Mercure dé
Juin 1743. où eft rapporté l'article du mariage .
du Marquis de Melun , avec la Comtelle de
Nogent ; & celui de Janvier 1798 , où eft l'article
de fa mort .
La nouvelle Marquife de Melun eft d'une des
plus anciennes & illuftres maifons du Vexin François.
L'aîné de fa maifon , eft Maréchal héréditane
du Vexin. Il eft en poffeffion de ce titre ,
dès l'an 1475 , fuivant les actes de ce temps ;
& autres jufques à nos jours.
Cette Mailon avoit fait don , précédemment , de
la cinquième partie de fa terre de Guiry , à l'Ab- 7
baye de Notre Dame du Tréfor, Ordre de Citeaux™
dans le Vexin Normand , en 1243. Ce don fut
208 MERCURE DE FRANCE
1
confirmé par la Reine Blanche & par le Rof
Saint Louis , par Lettres données à Vincennes erc
Juillet 1245. Les Religieufes s'engagerent , pir
Use tranfaction , de recevoir en reconnoiffance
de cette donation , dans leur Abbaye , fans
dot & à perpétuité une Demoiſelle de la maifon
de Guiry , defcendante en ligne directe der
mâle en mále. Elle jouit toujours de ce privi
lége.
Cette Maiſon a donné à l'Etat , deux grands
Veneurs de France en 700 , & 820 , un grand
Chambellan en 883 , un Evêque de Lifieux en
900 , un chef de la Légion de Normandie , en
912 , puis Lieutenant Général de Richard- fanspeur
, Duc de Normandie en 954 , un Seigneur
de Guiry , ancêtre de la Marquise de Melun
qui fue choifi & donné en ôtage pour la Per
fonne du Roi Jean , après la bataille de Poitiers
deux Lieutenants Généraux du pays d'Aunis
Ville & Gouvernement de la Rochelle , Meftress
de Camp de Cavalerie pere & fils.
Cette maifon de Guiry , deſcend de Philippes
de Guiry , qui époufa en 1755 , Marguerite de
Dreux , fille de François de Dreux , Seigneur de
Morainville , lequel avoit pour dixiéme ayeul le
Roi Louis-le-Gros.
-Les deux freres de la Marquife de Melun ,
Capitaines de Carabiniers , Chevaliers de Saint
Louis , ont été tués , l'aîné à la bataille de Fontenoi
, & l'autre à celle de Laufeld .
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Résumé : MARIAGES.
En 1760, deux mariages aristocratiques français notables ont eu lieu. Le premier fut celui de René-Antoine de Raity de Villeneuve, Marquis de Vitré, avec Renée-Marguerite d'Allogny, fille de Thomas d'Allogny, Marquis d'Allogny. Les généalogies de ces familles peuvent être consultées dans l'Ordre de Malthe et les grands Officiers de la Couronne. Le second mariage concerna Louis, Marquis de Melun et Comte de Nogent, fils d'Armand, Comte de Melun, et de Marie-Françoise de Saint Simon Rouvroy. Louis était veuf d'Henriette-Émilie de Bautru, Comtesse de Nogent le Roi. La cérémonie eut lieu le 28 avril à l'église Saint-Sulpice de Paris. La nouvelle Marquise de Melun, Angélique-Geneviève de Guiry-Chaumont, appartient à une des plus anciennes et illustres maisons du Vexin Français, détentrice du titre héréditaire de Maréchal du Vexin depuis 1475. La maison de Guiry a fait don d'une partie de sa terre de Guiry à l'abbaye de Notre Dame du Tréport en 1243, don confirmé par la Reine Blanche et Saint Louis en 1245. La famille a fourni à l'État plusieurs personnalités notables, dont des Veneurs de France, un Chambellan, un Évêque de Lisieux, et des Lieutenants Généraux. La Marquise descend de Philippe de Guiry, qui épousa Marguerite de Dreux en 1755. Ses deux frères, Capitaines de Carabiniers et Chevaliers de Saint Louis, furent tués respectivement aux batailles de Fontenoy et de Laufeld.
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75
p. 198-199
De VERSAILLES, le 3 Juillet.
Début :
Le 29 du mois dernier, le Roi a donné l'Evêché de Leictoure à l'Abbé de Jumilhac, [...]
Mots clefs :
Évêché, Abbé, Ordre, Abbaye, Duc, Diocèse, Comte, Ambassadeur du roi , Marquis, Ministre
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 3 Juillet.
De VERSAILLES , le 3 Juillet.
LE 29 du mois dernier , le Roi a donné l'Evêché
de Leictoure à l'Abbé de Jumilhac , ci - devant
Agent Général du Clergé ;
L'Abbaye de Saint Jean d'Amiens , Ordre de
Prémontré , à l'Abbé de Crillon , ci-devant Agent
Général du Clergé ;
à
Et fur la démiffion de l'Evêque , Duc de Laon ,
Ambaffadeur Extraordinaire de Sa Majefté ,
Rome , le Prieuré de Saint Michel de Charray
Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe de Viviers , à
JUILLET. 1760. 199
F'Abbé d'Elvincourt , Secrétaire de cet Ambaffadeur.
Le même jour , le Compte d'Affry , Ambaſſadeur
du Roi , près des Etats- Généraux des Provinces-
unies .; le Marquis de Monciel , Miniftre
Plénipotentiaire de Sa Majefté , près du Duc de
Wirtemberg ; & le Marquis de Bauffet , Miniftre
Plénipotentiaire du Roi , près l'Electeur de Cologne
, eurent l'honneur de prendre congé de
Leurs Majeftés & de la famille Royale , pour fe
rendre incellamment chacun à fa deftination .
LE 29 du mois dernier , le Roi a donné l'Evêché
de Leictoure à l'Abbé de Jumilhac , ci - devant
Agent Général du Clergé ;
L'Abbaye de Saint Jean d'Amiens , Ordre de
Prémontré , à l'Abbé de Crillon , ci-devant Agent
Général du Clergé ;
à
Et fur la démiffion de l'Evêque , Duc de Laon ,
Ambaffadeur Extraordinaire de Sa Majefté ,
Rome , le Prieuré de Saint Michel de Charray
Ordre de Saint Auguftin , Diocèfe de Viviers , à
JUILLET. 1760. 199
F'Abbé d'Elvincourt , Secrétaire de cet Ambaffadeur.
Le même jour , le Compte d'Affry , Ambaſſadeur
du Roi , près des Etats- Généraux des Provinces-
unies .; le Marquis de Monciel , Miniftre
Plénipotentiaire de Sa Majefté , près du Duc de
Wirtemberg ; & le Marquis de Bauffet , Miniftre
Plénipotentiaire du Roi , près l'Electeur de Cologne
, eurent l'honneur de prendre congé de
Leurs Majeftés & de la famille Royale , pour fe
rendre incellamment chacun à fa deftination .
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Résumé : De VERSAILLES, le 3 Juillet.
Le 29 juin 1760, le roi a attribué plusieurs postes ecclésiastiques et diplomatiques. L'Abbé de Jumilhac a été nommé à l'Évêché de Lectoure. L'Abbé de Crillon a reçu l'Abbaye de Saint Jean d'Amiens. L'Abbé d'Elvincourt a obtenu le Prieuré de Saint Michel de Charray. Le Comte d'Affry, le Marquis de Monciel et le Marquis de Bauffet ont pris congé pour rejoindre leurs postes respectifs.
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76
p. 207-210
De VERSAILLES, le 14 Août.
Début :
Le 20 du mois dernier, l'Archevêque de Narbonne prêta serment entre les mains du Roi [...]
Mots clefs :
Archevêque, Serment, Intendant, Ambassadeur de Venise, Audience, Capitaine, Comte, Duc, Sceau, Ambassadeur extraordinaire, Abbaye, Ordre, Diocèse, Abbé, Vicaire, Église, Nominations, Famille royale
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 14 Août.
De VERSAILLES , le 14 Août.
E 20 du mois dernier , l'Archevêque de Narbonne
prêta ferment entre les mains du Roi pour
la Charge de Grand Aumônier.
Le fieur de Berulle , ci devant Intendant de
Moulins , prêta auffi ferment , le même jour ,
pour la place de Premier Préſident du Parlement
de Grenoble.
Le 22 , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur de la
République de Venife , qui avoit eu audience de
Sa Majefté , le 22 Juin , n'ayant pu être admis ,
le même jour , à celle de Madame Victoire , qui
étoit indifpofée , eut audience de cette Princeſſe.
208 MERCURE DE FRANCE.
Il y fut conduit par le fieur de la Live , Intro
ducteur des Ambaffadeurs .
Le Roi a fait préfent d'une épée au Capitaine
Bernard de Paimpol , en confidération de fes actions
diftinguées fur mer .
Sa Majefté a accordé au Comte de Rannes ,
Gouverneur des Ville & Château d'Alençon , des
Lettres de commandement dans la Ville & le
Château
Le 17 du même mois dernier , le Roi a donné
au Duc de Choifeul , Miniftre & Secrétaire d'Etat
au département des Affaires Etrangeres , le
Gouvernement de Tourdine , vacant par la mort
du Comte de Charolois.
Le 29 , Sa Majesté tint le Sceau .
Le même jour , Don Jaime Maffones de Lima,
Ambaffadeur Extraordinaire du Roi d'Espagne ,
eut une audience particuliere du Roi , dans laquelle
il préfenta à Sa Majefté le Comte de
Aranda , Grand d'Espagne , & Ambaſſadeur Extraordinaire
du Roi fon Maître , auprès du Roi
de Pologne , Electeur de Saxe . Don Jaime Ma
fones de Lima , fut conduit à cette audience ,
ainfi qu'à celle de la Reine & de toute la Famille
Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le Roi a donné l'Abbaye de Chambre- Fontaine,
Ordre de Prémontré , Diocèle de Meaux , à
l'Abbé de Grimaldi , Grand- Vicaire de Rouen ;
Celle de Saint Acheuil , Ordre de Saint Auguflin
, Diocèle d'Amiens , à l'Abbé le Gros ,
Chanoine de la fainte Chapelle de Paris ;
Celle de Notre Dame des Alleuds , Ordre de
Saint Benoit , Diocèle de Poitiers , à l'Abbé de
Graves , Grand Vicaire de Saintes ;
Celle de Chante- Merle , Ordre de Saint Auguftin
, Diocèfe de Troyes , à l'Abbé de Cicé ,
Vicaire Général du même Diocèle.
SEPTEMBRE. 1760. 209
Celle de Vierzon , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèle de Bourges , à l'Abbé le Corgne de Launay
, Docteur de Sorbonne ;
Cele de Saint Symphorien , lès - Bauvais , Ordre
de Saint Benoît , à l'Abbé de Gauville , Grand
Vicaire d'Evreux ;
Celle de la Mercy - Dieu , Ordre de Citeaux ,
Diocèle de Poitiers , à l'Abbé de Jons , Grand
Vicaire de Couzerans ;
Celle de Celle -Frouin , O dre de Saint Auguf
tin , Diocèle d'Angoulême , à l'Abbé de Montgazin
de Mérie , Grand Vicaire de Boulogne ;
Celle de Bourfas , Ordre de Citeaux , Diocèle
d'Auxerre , à l'Abbé d'Ailly de faint Vidal , Chanoine
d'Ainay , à Lyon ;
Celle de Pleine- Selve , Ordre de Prémontré ,
Diocèle de Eo deaux à l'Abbé de Blanquefort ,
Grand Vicaire de Carcaflonne ;
Le Prieuré de Boulogne , Ordre de Prémontré
, Diocèle de Blois , à l'Abbé de Broves , Grand
Vicaire de Fréjus ;
Le Doyenné de Vezelay , Diocèle d'Autun , à
l'Abbé de Phalles ;
Et la Prevôté de l'Eglife Métropole de Lyon ,
à l'Abbé de Ciuni , Comte de Lyon , Aumônier
de Sa Ma efté.
Le ro de ce mois , Don Jaime Maffones de
Lina , eat une audience particuliere du Roi ,
dans laquelle il préfenta à Sa Majesté le Comte
d'Aranda , qui prit congé de Sa Majefté , pour
fe rendre auprès du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe. Don Jaime Maffones de Lima fut conduit
à cette audience , ainfi qu'à celle de la Rei
ne , de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, de Monfeignear le Duc de Berry , de
Monfeigneur le Comte de Provence , de Mon210
MERCURE DE FRANCE.
feigneur le Comte d'Artois , de Madame Adé
laide , & de Mefdames Victoire , Sophie & Louife
, par le fieur de la Live , Introducteur des
Ambaffadeurs.
E 20 du mois dernier , l'Archevêque de Narbonne
prêta ferment entre les mains du Roi pour
la Charge de Grand Aumônier.
Le fieur de Berulle , ci devant Intendant de
Moulins , prêta auffi ferment , le même jour ,
pour la place de Premier Préſident du Parlement
de Grenoble.
Le 22 , le fieur Tiepolo , Ambaſſadeur de la
République de Venife , qui avoit eu audience de
Sa Majefté , le 22 Juin , n'ayant pu être admis ,
le même jour , à celle de Madame Victoire , qui
étoit indifpofée , eut audience de cette Princeſſe.
208 MERCURE DE FRANCE.
Il y fut conduit par le fieur de la Live , Intro
ducteur des Ambaffadeurs .
Le Roi a fait préfent d'une épée au Capitaine
Bernard de Paimpol , en confidération de fes actions
diftinguées fur mer .
Sa Majefté a accordé au Comte de Rannes ,
Gouverneur des Ville & Château d'Alençon , des
Lettres de commandement dans la Ville & le
Château
Le 17 du même mois dernier , le Roi a donné
au Duc de Choifeul , Miniftre & Secrétaire d'Etat
au département des Affaires Etrangeres , le
Gouvernement de Tourdine , vacant par la mort
du Comte de Charolois.
Le 29 , Sa Majesté tint le Sceau .
Le même jour , Don Jaime Maffones de Lima,
Ambaffadeur Extraordinaire du Roi d'Espagne ,
eut une audience particuliere du Roi , dans laquelle
il préfenta à Sa Majefté le Comte de
Aranda , Grand d'Espagne , & Ambaſſadeur Extraordinaire
du Roi fon Maître , auprès du Roi
de Pologne , Electeur de Saxe . Don Jaime Ma
fones de Lima , fut conduit à cette audience ,
ainfi qu'à celle de la Reine & de toute la Famille
Royale , par le fieur de la Live , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le Roi a donné l'Abbaye de Chambre- Fontaine,
Ordre de Prémontré , Diocèle de Meaux , à
l'Abbé de Grimaldi , Grand- Vicaire de Rouen ;
Celle de Saint Acheuil , Ordre de Saint Auguflin
, Diocèle d'Amiens , à l'Abbé le Gros ,
Chanoine de la fainte Chapelle de Paris ;
Celle de Notre Dame des Alleuds , Ordre de
Saint Benoit , Diocèle de Poitiers , à l'Abbé de
Graves , Grand Vicaire de Saintes ;
Celle de Chante- Merle , Ordre de Saint Auguftin
, Diocèfe de Troyes , à l'Abbé de Cicé ,
Vicaire Général du même Diocèle.
SEPTEMBRE. 1760. 209
Celle de Vierzon , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèle de Bourges , à l'Abbé le Corgne de Launay
, Docteur de Sorbonne ;
Cele de Saint Symphorien , lès - Bauvais , Ordre
de Saint Benoît , à l'Abbé de Gauville , Grand
Vicaire d'Evreux ;
Celle de la Mercy - Dieu , Ordre de Citeaux ,
Diocèle de Poitiers , à l'Abbé de Jons , Grand
Vicaire de Couzerans ;
Celle de Celle -Frouin , O dre de Saint Auguf
tin , Diocèle d'Angoulême , à l'Abbé de Montgazin
de Mérie , Grand Vicaire de Boulogne ;
Celle de Bourfas , Ordre de Citeaux , Diocèle
d'Auxerre , à l'Abbé d'Ailly de faint Vidal , Chanoine
d'Ainay , à Lyon ;
Celle de Pleine- Selve , Ordre de Prémontré ,
Diocèle de Eo deaux à l'Abbé de Blanquefort ,
Grand Vicaire de Carcaflonne ;
Le Prieuré de Boulogne , Ordre de Prémontré
, Diocèle de Blois , à l'Abbé de Broves , Grand
Vicaire de Fréjus ;
Le Doyenné de Vezelay , Diocèle d'Autun , à
l'Abbé de Phalles ;
Et la Prevôté de l'Eglife Métropole de Lyon ,
à l'Abbé de Ciuni , Comte de Lyon , Aumônier
de Sa Ma efté.
Le ro de ce mois , Don Jaime Maffones de
Lina , eat une audience particuliere du Roi ,
dans laquelle il préfenta à Sa Majesté le Comte
d'Aranda , qui prit congé de Sa Majefté , pour
fe rendre auprès du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe. Don Jaime Maffones de Lima fut conduit
à cette audience , ainfi qu'à celle de la Rei
ne , de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
la Dauphine , de Monfeigneur le Duc de Bourgogne
, de Monfeignear le Duc de Berry , de
Monfeigneur le Comte de Provence , de Mon210
MERCURE DE FRANCE.
feigneur le Comte d'Artois , de Madame Adé
laide , & de Mefdames Victoire , Sophie & Louife
, par le fieur de la Live , Introducteur des
Ambaffadeurs.
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Résumé : De VERSAILLES, le 14 Août.
En juillet, plusieurs nominations et audiences eurent lieu à la cour. Le 20 juillet, l'Archevêque de Narbonne devint Grand Aumônier du Roi et le sieur de Bérulle fut nommé Premier Président du Parlement de Grenoble. Le 22 juillet, l'Ambassadeur de Venise, le sieur Tiepolo, fut reçu par le Roi et Madame Victoire, accompagné par le sieur de la Live. Le Roi décerna une épée au Capitaine Bernard de Paimpol pour ses actions en mer et accorda des lettres de commandement au Comte de Rannes pour Alençon. Le 17 juillet, le Duc de Choiseul reçut le gouvernement de Tourdine. Le 29 juillet, le Roi tint le Sceau et reçut Don Jaime Massones de Lima, Ambassadeur Extraordinaire du Roi d'Espagne, qui présenta le Comte d'Aranda, Ambassadeur auprès du Roi de Pologne. Le Roi attribua diverses abbayes et prieurés à des abbés et vicaires généraux. Le 10 septembre, Don Jaime Massones de Lima présenta à nouveau le Comte d'Aranda, qui prit congé pour se rendre auprès du Roi de Pologne, en présence de la famille royale.
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77
p. 212-217
De PARIS, le 16 Août.
Début :
On a appris des Pays bas, qu'on y a ressenti le 16 du mois dernier. [...]
Mots clefs :
Tremblement de terre, Comte, Prince du sang, Décès, Duc, Marquis, Fête, Ordre, Chevaliers, Pont, Tonnerre, Chambre mortuaire, Colonnes, Estrade, Cérémonies, Clergé, Officiers, Escadre, Vaisseaux, Pillage, Île, Tirage, Loterie de l'école royale militaire
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texteReconnaissance textuelle : De PARIS, le 16 Août.
De PARIS , le 16 Août.
On a appris des Pays bas , qu'on y a reffenti
le 16 du mois dernier , plufieurs fecoufles de
tremblement de terre . La principale s'eft fait
fentir vers les deux heures du matin ; elle a
duré près de d.ux minutes. Les autres ont été
peu fenfibles.
SEPTEMBRE. 1760. 213
Le Comte de Charolois , Prince du Sang ,
Gouverneur de Touraine , eft mort en cette
Ville , le 22 , vers les onze heures du foir , âgé
de foixante ans , un mois & trois jours . Ce Prince,
qui fe nommoit Charles de Bourbon Condé,
étoit fils de Louis , Duc de Bourbon Condé ,
Prince du Sang , Grand - Maître de la Maiſon du
Roi , & Gouverneur du Duché de Bourgogne,
mort le 4 Mars 1710 ; & de Louife - Françoite
de Bourbon , légitimée de France , fille du feu
Roi , morte le 16 Juin 1743 .
L'Ordre Royal Militaire & Hofpitalier de Notre
Dame du Mont- Carmel & de Saint - Lazare
de Jérufalem , fit célébrer , le 21 du mois dernier
, dans la Chapelle du Louvre , la Fête folemnelle
de Notre - Dame du Mont Carmel , Patrone
de l'Ordre. L'Abbé de Bouville , Commandeur
Eccléfiaftique de l'Ordre , officia , & les
Grands Officiers , ainfi que plufieurs Chevaliers ,
y affilterent. Le 11 du même mois , Monfeigneur
le Duc de Berry , Grand - Maître de cet Ordre ,
reçut , a l'illue de fa Melle , & dans fon appartement
, par le miniflere du Comte de Saint Florentin
, en qualité de Chevaliers novices , les
fieurs de la Rocheblave & de Feriet , Gentilshommes
élevés a l'Ecole Militaire . Cette cérémonie
fut faite en préfence des Grands Officiers
& de plufieurs Chevaliers.
Le 20 du même mois , on commença à paffer
fur le nouveau pont que Sa Majetté a fie
conftruire à Orléans. Ce pont , l'un des plus
beaux de l'Europe par fa grandeur , par la beauté
de fes proportions , & par la magnificence
de fes abords , et formé de neuf arches , dont
celle du milieu a cent pieds d'ouverture . La
longueur eft de mille pieds. Il a été contruit
far les defleins & fous la direction du fieur Hu
214 MERCURE DE FRANCE.
peau , premier Ingénieur des ponts & chauffées
de France .
Le tonnerre tomba , la nuit du 19 au 20 du
même mois , fur le Couvent des Peres Récollers
de la Ville de Melun , & confuma leur Eglife ,
ainfi qu'une partie de ce Couvent.
Le corps du Comte de Charolois , après avoir
été embaumé , a été expofé pendant plufieurs
jours , dans une Chambre de parade , éclairée
par un grand nombre de lumières & tendue de
noir.
On avoit élevé , aux deux côtés de l'Eftrade ,
deux Aurels. Aux pieds de l'Eftrade étoient les
Hérauts d'Armes , vêrus de leur robe , le chaperon
en tête , & le caducée à la main ; à la droite
étoient douze Prêtres de la Paroille , qui avoient
été priés de la part du premier Gentilhomme de
la Chambre , de venir garder le corps ; à gauche
, étoit le même nombre de Cordeliers.
Le 26 , le Curé de Saint Gervais vint avec fon
Clergé jetter de l'eau bénite fur le Corps. Le
29, l'Univerfité , le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aides , la Cour des onnoyes
& le Corps de Ville , ainfi que plufieurs
Communautés , rendirent au Corps les mêmes
devoirs. Le Chapitre de l'Eglife de Paris y vint
le 30 , ainfi que le Châtelet.
Le Roi avoit choifi le Comte de la Marche ,
pour jetter l'eau bénite fur le Corps ; Sa Majesté
avoit nommé en même temps le Duc de Rohan
& le Marquis de la Salle pour accompagner ce
Prince. Le 28 , le Comte de la Marche ſe rendit ,
à quatre heures àprès midi , à l'Hôtel du Comte
de Charolois , dans le caroffe du Roi , accompagne
du Duc de Rohan , du Marquis de la Salle,
& du Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies.
Un détachement des Cent- Suilles préSEPTEMBRE.
1760 . 215
-
cédoit le caroffe , après lequel marchoit un déchement
des Gardes du Corps du Roi.
Le Comte de Clermont , Prince , qui faifoit
les honneurs , & les Ducs de Boutteville , de
Briffac , & le Comte de Montmorency , ainſi que
tous les Gentilshommes & les Officiers de la
Maiſon , fe trouverent au bas de l'elcalier pour
recevoir le Comte de la Marche, Le Marquis de
Dreux le conduifit dans la chambre du dépôt , où
l'Aumonier' du Roi lui préfenta le goupillon. II
fut conduit jufqu'à fon carofle , ainfi qu'il avoit
été reçu ; peu de temps après , le Comte de la
Marche revint pour faire , en fon nom , la même
cérémonie.
Le 30 , le coeur du Comte de Charolois fut
transporté aux Jéfuites de la Maiſon Profeffe , où
il fut préfenté par l'Archevêque de Bordeaux ; &
le premier de ce nois , le corps fut porté à Enghien
pour y être inhumé. Le Curé de S. Gervais
, accompagné de fon Clergé , fe rendit proceffionnellement
à l'Hôtel du Prince , où l'Archevêque
de Bordeaux , qui devoit faire la cérémonie
, le trouva . Après les prieres accoutumées,
le corps fut defcendu de la chambre du dépôt par
douze valets de chambre. Les quatre coins du
poëte étoient portés par quatre Gentilshommes.
Le cortège du convoi étoit compoté de vingt
Suiffes du Régiment des Gardes , tenant chacun
un flambeau , de douze Pages , des Officiers , des
Suiffes , & des Valets - de Chambre du Prince à
cheval , de plus de cent cinquante Valets de pied ,
des quatre Hérauts & le Roi d'Armes , de huit
carolles drappés , à fix chevaux , harnachés & caparaçonnés
de noir , qui étoient remplis par les
Ecuyers , les Gentilshommes & les principaux
Officiers. Le dernier de fes carolles , étoit occupé
par le Comte de Luffan , premier Gentilhomme
216 MERCURE DE FRANCE.
de la Chambre , & par le fieur de Nantouillet ,
Maître des Cérémonies. Enfuite marchoit le ca-
Toile à huit chevaux , dans lequel étoit le corps
du Prince , entouré de quatre Aumôniers , porsant
les quatre coins du poèle, du premie: Ecuyer
à cheval , & du Capitaine des Gardes , de quatre
Suilles , & d'un grand nombre de Valets de pied.
Lorfqu'on fut arrivé a Enghien , le Corps fut reçu
par le Général des Peres de l'Oratoire ; & le lendemain
, après le Service , auquela ffiftérent le
Comte de la Marche , accompagné des Ducs de
Bouteville , de Briffac , & du Comite de Montmorenci
, il fut inhumé dans le Caveau deftiné à la
fépulture des Princes de la Maifon de Condé.
Une Efcadre Angloife, compotée de deux Vaiſfeaux
de ligne & de trois Frégates , parut le 28
du mois dernier , devant l'ifle de Grouais & elle
vint mouiller , à dix heures du matin , dans la
rade. Le Lord Hervey , Commandant de cette
Elcadre , envoya auffitôt un Officier fommer le
Château de Sainte- Croix de fe ren fre . Cette fommation
étoit accompagnée de la menace de mettre
l'Ile au pillage , & de ne faire aucun quartier
aux habitans & à la Garniſon, Le Comte de Véné
rofi Peſciolini , Commandant pour le Roi dans
l'Ifle & dans le Château , répondit qu'il étoit réfolu
de fe défendre. Sur cette réponſe , le Lord
fit avancer dix-huit bâtimens de tranſports , el
cortés de quelques Frégates qui entrerent dans la
rade le lendemain au matin . On fit les difpofitions
néceffaires pour le bien défendre . Ce të
contenance en impofa aux Anglois , & lear flote
fe retira , peu de temps après , fans aucune at
taque. Les cinq Vaiffeaux de guerre re'ierent
feulement , pendant pufieurs jours , devant le
Fort ; ils tirerent quelques bordées auxque les
l'artillerie du Fort répondit. On leur a tué quel
ques
SEPTEMBRE. 1760. 217
ques hommes dans une de leurs Chaloupes.
On écrit des environs d'Aufch & de Commiąges
qu'il y eft tombé , le 20 du même mois ,
une grêle qui a fait dans ce Pays le plus grand ravage
dont on ait conſervé la mémoire . Les hom-
' mes & les animaux qui fe font trouvés trop éloignés
de quelque abri , ont été tués . Les arbres
fruitiers ont été dépouillés de leurs branches ,
les campagnes enfin font dans l'état le plus déplorable
, & comme dans le milieu de l'hyver.
Les grains étoient auffi gros que des oeufs de
poule d'inde , & quelques - uns avoient cinq pouces
de diamêtre.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
s'eft fait , dans l'Hôtel de Ville , en la maniere
accoutumée , le 7. Les Numéros qui font
fortis de la roue de fortune , font 46 , 77 , 49 ,
88 , 50. Le prochain tirage ſe fera le 6 du mois
de Septembre:
On a appris des Pays bas , qu'on y a reffenti
le 16 du mois dernier , plufieurs fecoufles de
tremblement de terre . La principale s'eft fait
fentir vers les deux heures du matin ; elle a
duré près de d.ux minutes. Les autres ont été
peu fenfibles.
SEPTEMBRE. 1760. 213
Le Comte de Charolois , Prince du Sang ,
Gouverneur de Touraine , eft mort en cette
Ville , le 22 , vers les onze heures du foir , âgé
de foixante ans , un mois & trois jours . Ce Prince,
qui fe nommoit Charles de Bourbon Condé,
étoit fils de Louis , Duc de Bourbon Condé ,
Prince du Sang , Grand - Maître de la Maiſon du
Roi , & Gouverneur du Duché de Bourgogne,
mort le 4 Mars 1710 ; & de Louife - Françoite
de Bourbon , légitimée de France , fille du feu
Roi , morte le 16 Juin 1743 .
L'Ordre Royal Militaire & Hofpitalier de Notre
Dame du Mont- Carmel & de Saint - Lazare
de Jérufalem , fit célébrer , le 21 du mois dernier
, dans la Chapelle du Louvre , la Fête folemnelle
de Notre - Dame du Mont Carmel , Patrone
de l'Ordre. L'Abbé de Bouville , Commandeur
Eccléfiaftique de l'Ordre , officia , & les
Grands Officiers , ainfi que plufieurs Chevaliers ,
y affilterent. Le 11 du même mois , Monfeigneur
le Duc de Berry , Grand - Maître de cet Ordre ,
reçut , a l'illue de fa Melle , & dans fon appartement
, par le miniflere du Comte de Saint Florentin
, en qualité de Chevaliers novices , les
fieurs de la Rocheblave & de Feriet , Gentilshommes
élevés a l'Ecole Militaire . Cette cérémonie
fut faite en préfence des Grands Officiers
& de plufieurs Chevaliers.
Le 20 du même mois , on commença à paffer
fur le nouveau pont que Sa Majetté a fie
conftruire à Orléans. Ce pont , l'un des plus
beaux de l'Europe par fa grandeur , par la beauté
de fes proportions , & par la magnificence
de fes abords , et formé de neuf arches , dont
celle du milieu a cent pieds d'ouverture . La
longueur eft de mille pieds. Il a été contruit
far les defleins & fous la direction du fieur Hu
214 MERCURE DE FRANCE.
peau , premier Ingénieur des ponts & chauffées
de France .
Le tonnerre tomba , la nuit du 19 au 20 du
même mois , fur le Couvent des Peres Récollers
de la Ville de Melun , & confuma leur Eglife ,
ainfi qu'une partie de ce Couvent.
Le corps du Comte de Charolois , après avoir
été embaumé , a été expofé pendant plufieurs
jours , dans une Chambre de parade , éclairée
par un grand nombre de lumières & tendue de
noir.
On avoit élevé , aux deux côtés de l'Eftrade ,
deux Aurels. Aux pieds de l'Eftrade étoient les
Hérauts d'Armes , vêrus de leur robe , le chaperon
en tête , & le caducée à la main ; à la droite
étoient douze Prêtres de la Paroille , qui avoient
été priés de la part du premier Gentilhomme de
la Chambre , de venir garder le corps ; à gauche
, étoit le même nombre de Cordeliers.
Le 26 , le Curé de Saint Gervais vint avec fon
Clergé jetter de l'eau bénite fur le Corps. Le
29, l'Univerfité , le Parlement , la Chambre des
Comptes , la Cour des Aides , la Cour des onnoyes
& le Corps de Ville , ainfi que plufieurs
Communautés , rendirent au Corps les mêmes
devoirs. Le Chapitre de l'Eglife de Paris y vint
le 30 , ainfi que le Châtelet.
Le Roi avoit choifi le Comte de la Marche ,
pour jetter l'eau bénite fur le Corps ; Sa Majesté
avoit nommé en même temps le Duc de Rohan
& le Marquis de la Salle pour accompagner ce
Prince. Le 28 , le Comte de la Marche ſe rendit ,
à quatre heures àprès midi , à l'Hôtel du Comte
de Charolois , dans le caroffe du Roi , accompagne
du Duc de Rohan , du Marquis de la Salle,
& du Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies.
Un détachement des Cent- Suilles préSEPTEMBRE.
1760 . 215
-
cédoit le caroffe , après lequel marchoit un déchement
des Gardes du Corps du Roi.
Le Comte de Clermont , Prince , qui faifoit
les honneurs , & les Ducs de Boutteville , de
Briffac , & le Comte de Montmorency , ainſi que
tous les Gentilshommes & les Officiers de la
Maiſon , fe trouverent au bas de l'elcalier pour
recevoir le Comte de la Marche, Le Marquis de
Dreux le conduifit dans la chambre du dépôt , où
l'Aumonier' du Roi lui préfenta le goupillon. II
fut conduit jufqu'à fon carofle , ainfi qu'il avoit
été reçu ; peu de temps après , le Comte de la
Marche revint pour faire , en fon nom , la même
cérémonie.
Le 30 , le coeur du Comte de Charolois fut
transporté aux Jéfuites de la Maiſon Profeffe , où
il fut préfenté par l'Archevêque de Bordeaux ; &
le premier de ce nois , le corps fut porté à Enghien
pour y être inhumé. Le Curé de S. Gervais
, accompagné de fon Clergé , fe rendit proceffionnellement
à l'Hôtel du Prince , où l'Archevêque
de Bordeaux , qui devoit faire la cérémonie
, le trouva . Après les prieres accoutumées,
le corps fut defcendu de la chambre du dépôt par
douze valets de chambre. Les quatre coins du
poëte étoient portés par quatre Gentilshommes.
Le cortège du convoi étoit compoté de vingt
Suiffes du Régiment des Gardes , tenant chacun
un flambeau , de douze Pages , des Officiers , des
Suiffes , & des Valets - de Chambre du Prince à
cheval , de plus de cent cinquante Valets de pied ,
des quatre Hérauts & le Roi d'Armes , de huit
carolles drappés , à fix chevaux , harnachés & caparaçonnés
de noir , qui étoient remplis par les
Ecuyers , les Gentilshommes & les principaux
Officiers. Le dernier de fes carolles , étoit occupé
par le Comte de Luffan , premier Gentilhomme
216 MERCURE DE FRANCE.
de la Chambre , & par le fieur de Nantouillet ,
Maître des Cérémonies. Enfuite marchoit le ca-
Toile à huit chevaux , dans lequel étoit le corps
du Prince , entouré de quatre Aumôniers , porsant
les quatre coins du poèle, du premie: Ecuyer
à cheval , & du Capitaine des Gardes , de quatre
Suilles , & d'un grand nombre de Valets de pied.
Lorfqu'on fut arrivé a Enghien , le Corps fut reçu
par le Général des Peres de l'Oratoire ; & le lendemain
, après le Service , auquela ffiftérent le
Comte de la Marche , accompagné des Ducs de
Bouteville , de Briffac , & du Comite de Montmorenci
, il fut inhumé dans le Caveau deftiné à la
fépulture des Princes de la Maifon de Condé.
Une Efcadre Angloife, compotée de deux Vaiſfeaux
de ligne & de trois Frégates , parut le 28
du mois dernier , devant l'ifle de Grouais & elle
vint mouiller , à dix heures du matin , dans la
rade. Le Lord Hervey , Commandant de cette
Elcadre , envoya auffitôt un Officier fommer le
Château de Sainte- Croix de fe ren fre . Cette fommation
étoit accompagnée de la menace de mettre
l'Ile au pillage , & de ne faire aucun quartier
aux habitans & à la Garniſon, Le Comte de Véné
rofi Peſciolini , Commandant pour le Roi dans
l'Ifle & dans le Château , répondit qu'il étoit réfolu
de fe défendre. Sur cette réponſe , le Lord
fit avancer dix-huit bâtimens de tranſports , el
cortés de quelques Frégates qui entrerent dans la
rade le lendemain au matin . On fit les difpofitions
néceffaires pour le bien défendre . Ce të
contenance en impofa aux Anglois , & lear flote
fe retira , peu de temps après , fans aucune at
taque. Les cinq Vaiffeaux de guerre re'ierent
feulement , pendant pufieurs jours , devant le
Fort ; ils tirerent quelques bordées auxque les
l'artillerie du Fort répondit. On leur a tué quel
ques
SEPTEMBRE. 1760. 217
ques hommes dans une de leurs Chaloupes.
On écrit des environs d'Aufch & de Commiąges
qu'il y eft tombé , le 20 du même mois ,
une grêle qui a fait dans ce Pays le plus grand ravage
dont on ait conſervé la mémoire . Les hom-
' mes & les animaux qui fe font trouvés trop éloignés
de quelque abri , ont été tués . Les arbres
fruitiers ont été dépouillés de leurs branches ,
les campagnes enfin font dans l'état le plus déplorable
, & comme dans le milieu de l'hyver.
Les grains étoient auffi gros que des oeufs de
poule d'inde , & quelques - uns avoient cinq pouces
de diamêtre.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
s'eft fait , dans l'Hôtel de Ville , en la maniere
accoutumée , le 7. Les Numéros qui font
fortis de la roue de fortune , font 46 , 77 , 49 ,
88 , 50. Le prochain tirage ſe fera le 6 du mois
de Septembre:
Fermer
Résumé : De PARIS, le 16 Août.
En août 1760, plusieurs secousses sismiques ont été ressenties aux Pays-Bas, dont la principale a duré près de deux minutes. En septembre 1760, le Comte de Charolois, Prince du Sang et Gouverneur de Touraine, est décédé à Paris à l'âge de soixante ans. Il était le fils de Louis, Duc de Bourbon Condé, et de Louise-Françoise de Bourbon, légitimée de France. Après son décès, son corps a été embaumé et exposé plusieurs jours dans une chambre de parade. Diverses cérémonies et hommages lui ont été rendus par le clergé, l'Université, le Parlement et d'autres institutions. Le 30 septembre, son cœur a été transporté aux Jésuites de la Maison Professe et son corps a été inhumé à Enghien. Le 21 septembre, l'Ordre Royal Militaire et Hospitalier de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare a célébré la fête solennelle de Notre-Dame du Mont-Carmel au Louvre. Le 11 septembre, le Duc de Berry a reçu les sieurs de la Rocheblave et de Feriet comme Chevaliers novices. Le 20 septembre, la construction d'un nouveau pont à Orléans a commencé, ce pont étant l'un des plus beaux d'Europe par sa grandeur et sa magnificence. Le 19 au 20 septembre, la foudre a frappé le couvent des Pères Récollets de Melun, endommageant leur église et une partie du couvent. Une escadre anglaise a menacé l'île de Grouais mais s'est retirée sans attaquer. Une grêle dévastatrice a frappé les environs d'Auch et de Comminges, causant des ravages considérables. Le tirage de la loterie de l'École Royale Militaire a eu lieu le 7 septembre, avec les numéros 46, 77, 49, 88 et 50.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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78
p. 190-194
De l'Armée de l'Empire, le 21 Août.
Début :
Le Feld-Maréchal Prince de Deux-Ponts, ayant résolu d'obliger les Prussiens [...]
Mots clefs :
Armée, Feld-maréchal, Prince de Deux-Ponts, Général, Mouvements des troupes, Prussiens, Corps, Ennemis, Camps militaires, Colonel, Ordre, Attaques, Résistance, Positions, Détachement, Cavalerie, Artillerie, Infanterie, Grenadiers, Prince Henri, Marche, Forces armées, Perte de l'ennemi, Champ de bataille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De l'Armée de l'Empire, le 21 Août.
De l'Armée de l'Empire , le 21 Août.
Le Feld-Maréchal Prince de Deux -Ponts , ayant
réfolu d'obligerles Pruffiens à quitter les environs
de Drefde , fit avancer , dès le de ce mois , le
Prince de Stolberg avec la réferve à Keffeldorff.
Le Général de Weczey fe porta avec les troupes
Jégéres à Wilfdruff , d'où il étendit les poftes jufqu'à
Weiffdrop & Lamperfdorff. En même temps
le Général de Klééfeld marcha de Freyberg à Auguftulberg
, & il fit occuper par des détachemens
Roffwein & Seligenstadt . Ces difpofitions obligerent
les Pruffiens à fe retirer de la Ville de Noffen .
Il ne fe fit le 10 & le 11 aucun mouvement confidérable
, les poftes que nous avions du côté de
Seligenstadt furent attaqués par un Corps de Huffards
& de Dragons Pruffiens ; mais il fut repous
fé & fuivi jufqu'à Windifchbora ; l'on fit dans cetteoccafion
plufieurs prifonniers. Le pofte de Roffwein
fut attaqué le 11 par des forces fupérieures ,
& nos troupes furent obligées de fe replier. Mais
les Pruffiens , après avoir exigé des contributions
de cette petite ville , l'abandonnerent la nuit fuivante
; & nous y rentrâmes auffitôt . On eut avis
le même jour , que les ennemis raffembloient
au- deffous de leur Camp un grand nombre de
bateaux ; ce qui détermina le Prince de Deux-
Ponts à renforcer par un Corps de Grenadiers
& de Huffards le Colonel de Zetwitz , qui étoit
chargé de garder , avec les Bannaliſtes , la rive
OCTOBRE. 1760 191
droite de l'Elbe . On apprit que le fieur de Graven ,
Colonel dans le Régiment de Baroniai , avoit
marché de Gera à Naumbourg , & qu'à ſon approche
, le Colonel de Salemon s'étoit replie
fur Léipfick , & le Capitaine Kowars ſur Merſe
bourg.
L'Armée eut ordre , le 12 au foir , de fe tenir
prête à marcher. Les Grenadiers & les Carabiniers
, avec l'artillerie de réſerve , fe mirent en
mouvement , à l'entrée de la nuit , fous les ordres
du Lieutenant Général Comte de Guafco.
L'Armée décampa de Plawen , le 13 à la pointe
du jour , & marcha vers Meiffen . Elle établit fon
camp près de Reiodorff, fa droite appuyée à
Conitabel , & fa gauche à Sora . Le corps du
Général de Guafco prit pofte entre Seligenstadt
& Burckerswalde . Le Prince de Deux-Ponts fit
en même temps attaquer les poftes avancés des
ennemis par la réſerve du Général Prince de
Stolberg. Cette attaque eut tout le fuccès qu'on
pouvoit defirer. On délogea les Pruffiens des hauteurs
de Polentz & de Sihenrichen , & on les
pouffa jufqu'aux Fauxbourgs de Meiffen.Le Géné
ral Klééfeld chaffa auffi les ennemis des retran--
chemens qu'ils occupoient du côté d'Auguſtuſberg
, & il les repouffa jufqu'à Katzenhaufen :
pendant qu'on exécutoit ces attaques à la gauche
de l'Elbe , le Colonel de Zetwitz fe pofta fur la
droite à Alten- Clofter au - deffous du camp des
Ennemis , & il brûla les bateaux qu'ils y avoient
raffemblés . Il s'en trouva plufieurs qui venoient
d'arriver de Torgau , & qui étoient chargés de
vivres & de munitions de guerre. On continua ,
le 14 , de pouffer les Pruffiens de pofte en pofte ,
ils furent délogés des hauteurs de Katzenhaufen,
ainfi que des Villages de Miltitz , de Sopen & de
Gregitz , & ils le retirerent dans leur camp re
91 MERCURE DE FRANCE
tranché entre Lotayn & Meyffen, L'Armée occur
pa le pofte de Katzenhaufen , & le quartier général
fut établi à Haynitz. La Ville de Meiffen
fut évacuée , & nous en prîmes poffeffion . On y
trouva un magazin confidérable & beaucoup d'armes
. Un des fauxbourgs avoit été brûlé la veille ,
par ordre du Commandant Pruffien .
L'armée ne fit aucun mouvement le rs & le 16;
le Maréchal Prince de Deux - Ponts alla reconnoître
le Camp Pruffien , & il en trouva la poſition extrêmement
avantageufe. La difficulté de le forcer
lui fit prendre la réfolution d'en déloger l'ennemi
, en lui coupant fes communications ; dans ce
deffein il pouffa le corps de réſerve en avant juſqu'à
Giezenhayn fur le chemin de Lomatfch. Ce
mouvement détermina le Général Hulsen à quitter
fa pofition. L'Armée Pruffienne détendit fon
camp à dix heures du foir . Elle marcha toure
la nuit par Nieder-Miltitz , & par Welfch , &
elle alla camper entre Riefa & Brauffnitz. Auffitôt
qu'on eut avis de fa retraite , les troupes légéres
& quelques détachemens de Cavalerie furent
envoyés à fa pourſuite. On amena plufieurs
prifonniers avec quelques chevaux . Le Colonel
Zetwitz continua , le même jour , de marcher
le long de la rive droite de l'Elbe ; il fe porta de
de Wienbiehla à Zahdel , où il brûla encore fix
bateaux qui venoient de Torgau chargés de vivres
& de fourages pour l'Armée Pruffienne. Il y eur ,
près de Waldheim , une vive efcarmouche entre un
gros détachement Pruffien fous les ordres du Cofonel
de Kleift & un corps de nos Chaffeurs com .
mandé par le Colonel Otto ; ce dernier fut obligé
de fe replier fur Sloha . Il ne fut point pourfuivi
par les Pruffiens.
On fe remit en marche le 17 à midi , & l'on
occupa les hauteurs de Lomatfch. Le Corps des
Grenadiers
OCTOBRE . 1760. 193
Grenadiers fut porté en avant , & le Colonel de
Zetwitz fe pofta a Zeidlitz , d'où il poulla des Détachemens
jufqu'a Zehrhauzen. La réſerve du
Prince de Stolberg , qui avoit cottoyé les Pruffiens
pendant leur marche , prit poſte à Staucha..
Nous fumes informés , le lendemain au matin,
que l'armée Prullienne avoit profité de l'obfcurité
pour continuer fa retraite fur Strehla , & qu'elle
y campoit dans la même pofition que le Prince.
Henri avoit occupée l'année précédente. Sur cette.
nouvelle , l'Armée reçut ordre de poursuivre fa
marche , & elle vint camper à Riefa , où le quartier
général fut établi . On fit le même jour quel
ques prifonniers aux Pruffiens, & l'on reçut un
grand nombre de déſerteurs.
Le Maréchal Prince de Deux Ponts alla reconnoître
, le 19 au matin , avec le Baron de Haddick
, la pofition des Pruffiens. Il remarqua qu'ils
Occupoient une étendue beaucoup plus confidérable
que leurs forces ne leur permettoient. Cette
circonftance le détermina à les attaquer dès le
lendemain.
On le mit en marche , à minuit , du Camp de
Riela fur quatre colonnes ; & l'on fut , avant le
jour , à la portée de l'ennemi. La principale attaque
fut dirigée contre le Corps qui occupoit les
retranchemens de la montagne de Dirrenberg,
& le foin en fut confié au Prince de Stolberg. Ce
Général, à la tête de la réſerve ſoutenue par les
Grenadiers & par les Régimens de Palavicini &
de Saxe-Gotha aux ordres du Général Comte de
Guafco , commença l'attaque au point du jour.
Notre artillerie fut fi bien fervie , que les bateries
des ennemis furent démontées en peu de
temps ; & en moins de demi heure , nous fumes
maîtres de ce pofte important. Les ennemis fe
replierent en défordre fur une hauteur qu'ils
I. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
avoient derriere eux . Ils firent pendant quelques
hêúres une vigoureuſe réſiſtance ; mais le Géné
ral de Kleefeld , qui étoit chargé d'une des atta
ques , les prit en flanc avec tant de vivacité , qu'il
les obligea d'abandonner ce fecond poſte. Ils le res
tirèrent dans les retranchemens de Strehla , laillant
fur le champ de bataille un grand nombre de
morts & de bleffés . Il étoit à peine huit heures du
matin, lorſque nos troupes remporterent ce fecond
avantage.
Cependant les ennemis occupoient en Force
leur Camp de Strehla. Pour en rendre l'accès plus
difficile , ils mirent le feu à deux villages qu'ils
avoient en avant. Mais lorfqu'ils virent qu'on fe
difpofoit à les attaquer , ils fe retirèrent du côté de
Torgau , à travers les bois & les défilés. Le Maréchal
Prince de Deux- Ponts détacha fur le champ
pour les pourfuivre fes troupes légères , foutenues
par quelques régimens de Cavalerie & de Dragons,
fous les ordres du Lieutenant Général Comte
de Lanthieri. La perte des ennemis n'eſt pas
encore conftatée ; mais on eftime qu'elle monte
à plus de deux mille hommes , & qu'elle eft au
moins double de la nôtre.
Le Feld-Maréchal Prince de Deux -Ponts , ayant
réfolu d'obligerles Pruffiens à quitter les environs
de Drefde , fit avancer , dès le de ce mois , le
Prince de Stolberg avec la réferve à Keffeldorff.
Le Général de Weczey fe porta avec les troupes
Jégéres à Wilfdruff , d'où il étendit les poftes jufqu'à
Weiffdrop & Lamperfdorff. En même temps
le Général de Klééfeld marcha de Freyberg à Auguftulberg
, & il fit occuper par des détachemens
Roffwein & Seligenstadt . Ces difpofitions obligerent
les Pruffiens à fe retirer de la Ville de Noffen .
Il ne fe fit le 10 & le 11 aucun mouvement confidérable
, les poftes que nous avions du côté de
Seligenstadt furent attaqués par un Corps de Huffards
& de Dragons Pruffiens ; mais il fut repous
fé & fuivi jufqu'à Windifchbora ; l'on fit dans cetteoccafion
plufieurs prifonniers. Le pofte de Roffwein
fut attaqué le 11 par des forces fupérieures ,
& nos troupes furent obligées de fe replier. Mais
les Pruffiens , après avoir exigé des contributions
de cette petite ville , l'abandonnerent la nuit fuivante
; & nous y rentrâmes auffitôt . On eut avis
le même jour , que les ennemis raffembloient
au- deffous de leur Camp un grand nombre de
bateaux ; ce qui détermina le Prince de Deux-
Ponts à renforcer par un Corps de Grenadiers
& de Huffards le Colonel de Zetwitz , qui étoit
chargé de garder , avec les Bannaliſtes , la rive
OCTOBRE. 1760 191
droite de l'Elbe . On apprit que le fieur de Graven ,
Colonel dans le Régiment de Baroniai , avoit
marché de Gera à Naumbourg , & qu'à ſon approche
, le Colonel de Salemon s'étoit replie
fur Léipfick , & le Capitaine Kowars ſur Merſe
bourg.
L'Armée eut ordre , le 12 au foir , de fe tenir
prête à marcher. Les Grenadiers & les Carabiniers
, avec l'artillerie de réſerve , fe mirent en
mouvement , à l'entrée de la nuit , fous les ordres
du Lieutenant Général Comte de Guafco.
L'Armée décampa de Plawen , le 13 à la pointe
du jour , & marcha vers Meiffen . Elle établit fon
camp près de Reiodorff, fa droite appuyée à
Conitabel , & fa gauche à Sora . Le corps du
Général de Guafco prit pofte entre Seligenstadt
& Burckerswalde . Le Prince de Deux-Ponts fit
en même temps attaquer les poftes avancés des
ennemis par la réſerve du Général Prince de
Stolberg. Cette attaque eut tout le fuccès qu'on
pouvoit defirer. On délogea les Pruffiens des hauteurs
de Polentz & de Sihenrichen , & on les
pouffa jufqu'aux Fauxbourgs de Meiffen.Le Géné
ral Klééfeld chaffa auffi les ennemis des retran--
chemens qu'ils occupoient du côté d'Auguſtuſberg
, & il les repouffa jufqu'à Katzenhaufen :
pendant qu'on exécutoit ces attaques à la gauche
de l'Elbe , le Colonel de Zetwitz fe pofta fur la
droite à Alten- Clofter au - deffous du camp des
Ennemis , & il brûla les bateaux qu'ils y avoient
raffemblés . Il s'en trouva plufieurs qui venoient
d'arriver de Torgau , & qui étoient chargés de
vivres & de munitions de guerre. On continua ,
le 14 , de pouffer les Pruffiens de pofte en pofte ,
ils furent délogés des hauteurs de Katzenhaufen,
ainfi que des Villages de Miltitz , de Sopen & de
Gregitz , & ils le retirerent dans leur camp re
91 MERCURE DE FRANCE
tranché entre Lotayn & Meyffen, L'Armée occur
pa le pofte de Katzenhaufen , & le quartier général
fut établi à Haynitz. La Ville de Meiffen
fut évacuée , & nous en prîmes poffeffion . On y
trouva un magazin confidérable & beaucoup d'armes
. Un des fauxbourgs avoit été brûlé la veille ,
par ordre du Commandant Pruffien .
L'armée ne fit aucun mouvement le rs & le 16;
le Maréchal Prince de Deux - Ponts alla reconnoître
le Camp Pruffien , & il en trouva la poſition extrêmement
avantageufe. La difficulté de le forcer
lui fit prendre la réfolution d'en déloger l'ennemi
, en lui coupant fes communications ; dans ce
deffein il pouffa le corps de réſerve en avant juſqu'à
Giezenhayn fur le chemin de Lomatfch. Ce
mouvement détermina le Général Hulsen à quitter
fa pofition. L'Armée Pruffienne détendit fon
camp à dix heures du foir . Elle marcha toure
la nuit par Nieder-Miltitz , & par Welfch , &
elle alla camper entre Riefa & Brauffnitz. Auffitôt
qu'on eut avis de fa retraite , les troupes légéres
& quelques détachemens de Cavalerie furent
envoyés à fa pourſuite. On amena plufieurs
prifonniers avec quelques chevaux . Le Colonel
Zetwitz continua , le même jour , de marcher
le long de la rive droite de l'Elbe ; il fe porta de
de Wienbiehla à Zahdel , où il brûla encore fix
bateaux qui venoient de Torgau chargés de vivres
& de fourages pour l'Armée Pruffienne. Il y eur ,
près de Waldheim , une vive efcarmouche entre un
gros détachement Pruffien fous les ordres du Cofonel
de Kleift & un corps de nos Chaffeurs com .
mandé par le Colonel Otto ; ce dernier fut obligé
de fe replier fur Sloha . Il ne fut point pourfuivi
par les Pruffiens.
On fe remit en marche le 17 à midi , & l'on
occupa les hauteurs de Lomatfch. Le Corps des
Grenadiers
OCTOBRE . 1760. 193
Grenadiers fut porté en avant , & le Colonel de
Zetwitz fe pofta a Zeidlitz , d'où il poulla des Détachemens
jufqu'a Zehrhauzen. La réſerve du
Prince de Stolberg , qui avoit cottoyé les Pruffiens
pendant leur marche , prit poſte à Staucha..
Nous fumes informés , le lendemain au matin,
que l'armée Prullienne avoit profité de l'obfcurité
pour continuer fa retraite fur Strehla , & qu'elle
y campoit dans la même pofition que le Prince.
Henri avoit occupée l'année précédente. Sur cette.
nouvelle , l'Armée reçut ordre de poursuivre fa
marche , & elle vint camper à Riefa , où le quartier
général fut établi . On fit le même jour quel
ques prifonniers aux Pruffiens, & l'on reçut un
grand nombre de déſerteurs.
Le Maréchal Prince de Deux Ponts alla reconnoître
, le 19 au matin , avec le Baron de Haddick
, la pofition des Pruffiens. Il remarqua qu'ils
Occupoient une étendue beaucoup plus confidérable
que leurs forces ne leur permettoient. Cette
circonftance le détermina à les attaquer dès le
lendemain.
On le mit en marche , à minuit , du Camp de
Riela fur quatre colonnes ; & l'on fut , avant le
jour , à la portée de l'ennemi. La principale attaque
fut dirigée contre le Corps qui occupoit les
retranchemens de la montagne de Dirrenberg,
& le foin en fut confié au Prince de Stolberg. Ce
Général, à la tête de la réſerve ſoutenue par les
Grenadiers & par les Régimens de Palavicini &
de Saxe-Gotha aux ordres du Général Comte de
Guafco , commença l'attaque au point du jour.
Notre artillerie fut fi bien fervie , que les bateries
des ennemis furent démontées en peu de
temps ; & en moins de demi heure , nous fumes
maîtres de ce pofte important. Les ennemis fe
replierent en défordre fur une hauteur qu'ils
I. Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
avoient derriere eux . Ils firent pendant quelques
hêúres une vigoureuſe réſiſtance ; mais le Géné
ral de Kleefeld , qui étoit chargé d'une des atta
ques , les prit en flanc avec tant de vivacité , qu'il
les obligea d'abandonner ce fecond poſte. Ils le res
tirèrent dans les retranchemens de Strehla , laillant
fur le champ de bataille un grand nombre de
morts & de bleffés . Il étoit à peine huit heures du
matin, lorſque nos troupes remporterent ce fecond
avantage.
Cependant les ennemis occupoient en Force
leur Camp de Strehla. Pour en rendre l'accès plus
difficile , ils mirent le feu à deux villages qu'ils
avoient en avant. Mais lorfqu'ils virent qu'on fe
difpofoit à les attaquer , ils fe retirèrent du côté de
Torgau , à travers les bois & les défilés. Le Maréchal
Prince de Deux- Ponts détacha fur le champ
pour les pourfuivre fes troupes légères , foutenues
par quelques régimens de Cavalerie & de Dragons,
fous les ordres du Lieutenant Général Comte
de Lanthieri. La perte des ennemis n'eſt pas
encore conftatée ; mais on eftime qu'elle monte
à plus de deux mille hommes , & qu'elle eft au
moins double de la nôtre.
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Résumé : De l'Armée de l'Empire, le 21 Août.
Le 21 août, le Feld-Maréchal Prince de Deux-Ponts initia une offensive contre les Prussiens autour de Dresde. Il déploya le Prince de Stolberg avec la réserve à Keffeldorff et le Général de Weczey avec les troupes légères à Wilfdruff, étendant les postes jusqu'à Weiffdrop et Lamperfdorff. Le Général de Klééfeld, ayant marché de Freyberg à Auguftulberg, occupa Rosswein et Seligenstadt, forçant les Prussiens à se retirer de Nossen. Les 10 et 11 août, les Prussiens tentèrent d'attaquer les postes à Seligenstadt et Rosswein, mais furent repoussés. Le 12 août, l'armée reçut l'ordre de se préparer à marcher. Le 13 août, elle quitta Plawen pour Meissen et établit son camp près de Reiodorff. Les attaques contre les Prussiens furent couronnées de succès, les repoussant jusqu'aux faubourgs de Meissen. Le 14 août, les Prussiens furent délogés de plusieurs positions et se retirèrent dans leur camp retranché entre Lomatz et Meissen. Le 16 août, le Maréchal Prince de Deux-Ponts décida de couper les communications ennemies, forçant les Prussiens à se retirer. Le 17 août, l'armée occupa les hauteurs de Lomatz. Le 18 août, elle poursuivit les Prussiens en retraite jusqu'à Strehla. Le 19 août, le Maréchal reconnut la position ennemie et décida de les attaquer le lendemain. À minuit, l'armée se mit en marche et attaqua les Prussiens, les repoussant de plusieurs positions. Les Prussiens se retirèrent vers Torgau, laissant de lourdes pertes sur le champ de bataille.
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79
p. 207
De VERSAILLES, le 2 Octobre.
Début :
Le 29 du mois dernier, le Roi tint le sceau. Sa Majesté a donné l'Abbaye [...]
Mots clefs :
Sceau, Roi, Abbaye, Ordre, Diocèse, Prieuré, Religieuse
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 2 Octobre.
De VERSAILLES , le 2 Octobre.
L 29 du mois dernier , le Roi tint le fceau.
B
Sa Majefté a donné l'Abbaye de Saint Antoine,
Ordre de Cieaux , Diocèle & fauxbourg de Paris ,
à la Dame de Beauvau-Craon , Religeufe de celle
de Juvigni ;
L'Abbaye de la Regle , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèle de Limoges , à la Dame de Bois- jolland ,
Religieufe de celle de Saint Aufonne ;
L'Abbaye de Nidoifeau , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèse d'Angers , à la Dame de Scépeaux ,
Religieufe de celle d'Eftival , Diocèle du Mans ;
L'Abbaye de la Vaflin , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèfe de Clermont , à la Dame de la Salle ,
Religieufe de la même Abbaye ;
Et le Prieuré de la Ferté - Milon , à la Dame
de Rochelambert , Religieufe du même Monaftere.
L 29 du mois dernier , le Roi tint le fceau.
B
Sa Majefté a donné l'Abbaye de Saint Antoine,
Ordre de Cieaux , Diocèle & fauxbourg de Paris ,
à la Dame de Beauvau-Craon , Religeufe de celle
de Juvigni ;
L'Abbaye de la Regle , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèle de Limoges , à la Dame de Bois- jolland ,
Religieufe de celle de Saint Aufonne ;
L'Abbaye de Nidoifeau , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèse d'Angers , à la Dame de Scépeaux ,
Religieufe de celle d'Eftival , Diocèle du Mans ;
L'Abbaye de la Vaflin , Ordre de Saint Benoît ,
Diocèfe de Clermont , à la Dame de la Salle ,
Religieufe de la même Abbaye ;
Et le Prieuré de la Ferté - Milon , à la Dame
de Rochelambert , Religieufe du même Monaftere.
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Résumé : De VERSAILLES, le 2 Octobre.
Le 29 septembre, le Roi a attribué plusieurs abbayes et prieurés. L'Abbaye de Saint-Antoine à Paris a été donnée à la Dame de Beauvau-Craon. L'Abbaye de la Règle à Limoges à la Dame de Bois-jolland. L'Abbaye de Nidifau à Angers à la Dame de Scépeaux. L'Abbaye de la Vauisle à Clermont à la Dame de la Salle. Le Prieuré de la Ferté-Milon à la Dame de Rochelambert.
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80
p. 191
De Rome, le 26 Septembre.
Début :
On écrit de Naples que le sieur Bignon, chargé de porter au Roi [...]
Mots clefs :
Naples, Roi des deux Siciles, Ordre, Cordon, Vaisseau
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texteReconnaissance textuelle : De Rome, le 26 Septembre.
De
Rome , le 26
Septembre .
On écrit de
Naples que le fieur
Bignon ,
chargé
de porter au Roi des Deux - Siciles le Cordon de
l'Ordre du Saint- Elprit , y eft arrivé , le 12 , à
bord du
Vaiſſeau de guerre
Efpagnol le Ferme,
Rome , le 26
Septembre .
On écrit de
Naples que le fieur
Bignon ,
chargé
de porter au Roi des Deux - Siciles le Cordon de
l'Ordre du Saint- Elprit , y eft arrivé , le 12 , à
bord du
Vaiſſeau de guerre
Efpagnol le Ferme,
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81
p. 191-192
De VERSAILLES, le 20 Novembre.
Début :
Le Roi a donné l'Abbaye de Jouy, Ordre de S. Benoît, [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Archevêque, Vicaire, Religieuse, Deuil, Cour, Roi d'Angleterre, Sceau
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 20 Novembre.
De VERSAILLES , le 20 Novembre.
E Rol a donné l'Abbaye de Jouy , Ordre de
S. Benoît , Diocéfe de Sens , à l'Archevêque de
Tours.
Celle de S. Faron , Ordre de S. Benoît , Diocèle
de Meaux , à l'Abbé de Soulange , Vicaire Général
du Diocéfe de Vannes & Aumônier de Madame
Adelaide.
Celle de Préaux , Ordre de S. Benoît , Diocèle
de Lifieux , à la Dame de Gimel de Lantilhac ,
192 MERCURE DE FRANCE.
C
Religieufe de l'Abbaye de la Régle à Limoges.
Et le Prieuré de Neufchâtel, Diocéle de Rouen,
à la Dame de Rofée , Religieufe Bénédictine du
Monaftére de Belfond à Rouen .
Le 24 du mois dernier , Sa Majeſté tint le
Sceau.
La Cour a pris le deuil pour trois ſemaines à
l'occafion de la mort du Roi d'Angleterre . Ce
Prince mourut fubitement âgé de foixante & dixfept
ans.
Le 12 de ce mois , la Reine & Monfeigneur le
Dauphin fe rendirent à la Chapelle pour y tenir
fur les Fonts de Baptême un fils du fieur Thierry,
Moufquetaire , & Huiffier de la Chambre du Roi ,
que Sa Majefté nomma Marie - Louis . L'Abbé de
-Saint- Hermine , fon Aumônier de Quartier , fit
la Cérémonie.
Le 17 , le Roi tint le Sceau.
E Rol a donné l'Abbaye de Jouy , Ordre de
S. Benoît , Diocéfe de Sens , à l'Archevêque de
Tours.
Celle de S. Faron , Ordre de S. Benoît , Diocèle
de Meaux , à l'Abbé de Soulange , Vicaire Général
du Diocéfe de Vannes & Aumônier de Madame
Adelaide.
Celle de Préaux , Ordre de S. Benoît , Diocèle
de Lifieux , à la Dame de Gimel de Lantilhac ,
192 MERCURE DE FRANCE.
C
Religieufe de l'Abbaye de la Régle à Limoges.
Et le Prieuré de Neufchâtel, Diocéle de Rouen,
à la Dame de Rofée , Religieufe Bénédictine du
Monaftére de Belfond à Rouen .
Le 24 du mois dernier , Sa Majeſté tint le
Sceau.
La Cour a pris le deuil pour trois ſemaines à
l'occafion de la mort du Roi d'Angleterre . Ce
Prince mourut fubitement âgé de foixante & dixfept
ans.
Le 12 de ce mois , la Reine & Monfeigneur le
Dauphin fe rendirent à la Chapelle pour y tenir
fur les Fonts de Baptême un fils du fieur Thierry,
Moufquetaire , & Huiffier de la Chambre du Roi ,
que Sa Majefté nomma Marie - Louis . L'Abbé de
-Saint- Hermine , fon Aumônier de Quartier , fit
la Cérémonie.
Le 17 , le Roi tint le Sceau.
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Résumé : De VERSAILLES, le 20 Novembre.
Le 20 novembre, plusieurs abbayes et prieurés ont été attribués à divers dignitaires religieux. L'Abbaye de Jouy, Ordre de Saint Benoît, Diocèse de Sens, a été donnée à l'Archévêque de Tours. L'Abbaye de Saint Faron, Ordre de Saint Benoît, Diocèse de Meaux, a été attribuée à l'Abbé de Soulange, Vicaire Général du Diocèse de Vannes et Aumônier de Madame Adelaide. L'Abbaye de Préaux, Ordre de Saint Benoît, Diocèse de Lifieux, a été confiée à la Dame de Gimel de Lantilhac. La Religieuse de l'Abbaye de la Règle à Limoges et le Prieuré de Neufchâtel, Diocèse de Rouen, ont été donnés à la Dame de Rosée, Religieuse Bénédictine du Monastère de Belfond à Rouen. Le 24 du mois précédent, Sa Majesté a tenu le Sceau et la Cour a observé un deuil de trois semaines à la suite du décès du Roi d'Angleterre, âgé de soixante-dix-sept ans. Le 12 novembre, la Reine et Monseigneur le Dauphin se sont rendus à la Chapelle pour le baptême d'un fils du sieur Thierry, Mousquetaire et Huissier de la Chambre du Roi, nommé Marie-Louis. La cérémonie a été effectuée par l'Abbé de Saint-Hermine, Aumônier de Quartier. Le 17 novembre, le Roi a de nouveau tenu le Sceau.
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82
p. 195
MORTS.
Début :
Le sieur Aunillon, Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de Gué-de-l'Annay, [...]
Mots clefs :
Abbé commandataire, Ordre, Abbaye, Archidiacre, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORTS.
Le fieur Aunillon , Abbé Commendataire de
P'Abbaye Royale de Gué - de- l'Annay , Ordre de
Saint Benoît , Diocèfe du Mans , mourut en cette
Ville , le 15 du mois dernier , dans fa foixante &
dix-feptiéme année.
Le fieur Du Vigier , Abbé de l'Abbaye Royale
de Gondon , Ordre de Citeaux , Diocèle d'Agen ,
eft mort à Bordeaux , le 17 , âgé de foixante ans.
N. de Valcroiffant , Archidiacre de l'Eglife
Cathédrale d'Aix , Abbé de l'Abbaye Royale de
Saint Sauveur de Vertus , Ordre de Saint Benoît
, Diocèſe de Châlons- fur- Marne , mourut à
Aix , le 18 , dans la quatre- vingt-troifiéme année
de fon âge.
Le fieur Aunillon , Abbé Commendataire de
P'Abbaye Royale de Gué - de- l'Annay , Ordre de
Saint Benoît , Diocèfe du Mans , mourut en cette
Ville , le 15 du mois dernier , dans fa foixante &
dix-feptiéme année.
Le fieur Du Vigier , Abbé de l'Abbaye Royale
de Gondon , Ordre de Citeaux , Diocèle d'Agen ,
eft mort à Bordeaux , le 17 , âgé de foixante ans.
N. de Valcroiffant , Archidiacre de l'Eglife
Cathédrale d'Aix , Abbé de l'Abbaye Royale de
Saint Sauveur de Vertus , Ordre de Saint Benoît
, Diocèſe de Châlons- fur- Marne , mourut à
Aix , le 18 , dans la quatre- vingt-troifiéme année
de fon âge.
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Résumé : MORTS.
Le texte annonce le décès de trois ecclésiastiques. Le sieur Aunillon, Abbé de l'Abbaye Royale de Gué-de-l'Annay, est décédé à soixante-dix-sept ans. Le sieur Du Vigier, Abbé de l'Abbaye Royale de Gondon, est mort à Bordeaux à soixante ans. N. de Valcroissant, Archidiacre de l'Église Cathédrale d'Aix, est décédé à Aix à quatre-vingt-trois ans.
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83
p. 115-116
PRINCIPES de certitude ou Essai sur la Logique, brochure in-12 avec cette épigraphe : Difficile est propriè communia dicere, Horat. Art. Poet. A Paris, chez Desain Junior, quai des Augustins, à la Bonne-Foi, 1763, avec approbation & permission.
Début :
Il paroît que l'Auteur de ce petit ouvrage n'a eu d'autre dessein que d'exposer [...]
Mots clefs :
Ordre, Simplicité, Discussions métaphysiques
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texteReconnaissance textuelle : PRINCIPES de certitude ou Essai sur la Logique, brochure in-12 avec cette épigraphe : Difficile est propriè communia dicere, Horat. Art. Poet. A Paris, chez Desain Junior, quai des Augustins, à la Bonne-Foi, 1763, avec approbation & permission.
PRINCIPES de certitude > ou Effai
fur la Logique , brochure in- 12 avec
cette épigraphe : Difficile eft propriè
communia dicere , Horat. Art. Poet.
A Paris , chez Defain Junior , quai
des Auguftins, à la Bonne- Foi , 1763 ,
avec approbation & permiffion.
ItL
paroît que l'Auteur de ce petit ouvrage
n'a eu d'autre deffein que d'expofer
avec plus d'ordre & de fimplicité
qu'on ne l'a fait jufqu'ici , des vérités
qu'il importe à tout le monde de connoître
. Au lieu d'entrer dans des difcuffions
métaphyfiques , il a préféré la multiplicité
des exemples,pour rendre fenfi
ble par plufieurs applications , ce qui
peut-être ne l'eût pas été par une feule.
il préfente tellement les chofes , que ce
qui précéde fuffit toujours pour entendre
ce qui fuit. Ainfi dans la premiere
partie , où il s'agit des idées ; dans la
feconde , où il s'agit du jugement ; dans
la troifiéme , où il s'agit du raiſonnement
, il examine d'abord la nature de
toutes ces opérations , pour en déduire
116 MERCURE DE FRANCE.
les qualités , & paffer enfuite aux différentes
efpéces. Il réfulte de tout cela
une clarté & une précifion qui font tout
l'avantage & le mérite de ces fortes
d'écrits.
fur la Logique , brochure in- 12 avec
cette épigraphe : Difficile eft propriè
communia dicere , Horat. Art. Poet.
A Paris , chez Defain Junior , quai
des Auguftins, à la Bonne- Foi , 1763 ,
avec approbation & permiffion.
ItL
paroît que l'Auteur de ce petit ouvrage
n'a eu d'autre deffein que d'expofer
avec plus d'ordre & de fimplicité
qu'on ne l'a fait jufqu'ici , des vérités
qu'il importe à tout le monde de connoître
. Au lieu d'entrer dans des difcuffions
métaphyfiques , il a préféré la multiplicité
des exemples,pour rendre fenfi
ble par plufieurs applications , ce qui
peut-être ne l'eût pas été par une feule.
il préfente tellement les chofes , que ce
qui précéde fuffit toujours pour entendre
ce qui fuit. Ainfi dans la premiere
partie , où il s'agit des idées ; dans la
feconde , où il s'agit du jugement ; dans
la troifiéme , où il s'agit du raiſonnement
, il examine d'abord la nature de
toutes ces opérations , pour en déduire
116 MERCURE DE FRANCE.
les qualités , & paffer enfuite aux différentes
efpéces. Il réfulte de tout cela
une clarté & une précifion qui font tout
l'avantage & le mérite de ces fortes
d'écrits.
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Résumé : PRINCIPES de certitude ou Essai sur la Logique, brochure in-12 avec cette épigraphe : Difficile est propriè communia dicere, Horat. Art. Poet. A Paris, chez Desain Junior, quai des Augustins, à la Bonne-Foi, 1763, avec approbation & permission.
La brochure 'PRINCIPES de certitude ou Effai fur la Logique' a été publiée à Paris en 1763 par Defain Junior. Cet ouvrage se propose d'exposer des vérités essentielles de manière ordonnée et simple, en privilégiant les exemples concrets plutôt que les discussions métaphysiques. L'auteur divise son travail en trois parties : les idées, le jugement et le raisonnement. Pour chaque partie, il commence par analyser la nature des opérations mentales concernées, puis en déduit les qualités et examine les différentes espèces. Cette méthode assure une clarté et une précision qui sont les principaux atouts de l'ouvrage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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84
p. 124-127
SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
Début :
LE 24 Août 1762, l'Académie de Besançon fit célébrer dans l'Eglise des [...]
Mots clefs :
Académie, Prix, Séance, Ordre, Besançon, Discours, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
SÉANCE publique de l'Académie de
BESANÇON pour la diftribution
des Prix.
LE 24 Août 1762 , l'Académie de
Befançon fit célébrer dans l'Eglife des
P P. Carmes une Meffe avec un Motet ;
le Panégyrique de S. Louis fut enfuite
AVRIL. 1763. 125
prononcé par M. Pavoy , Docteur en
Théologie , Curé de Pugé en Franche-
Comté. L'après - midi du même jour
l'Académie tint une Séance publique
pour la diftribution des Prix . M. de
Frafne , Avocat Général Honoraire du
Parlement de Franche-Comté , Préfident
de l'Académie , fit un difcours
relatif à l'objet de cette Séance. Il obferva
fur la réferve du Prix d'éloquence
pour l'année prochaine : " Que c'eſt un
» moment de repos qui devient l'affu-
» rance d'une récolte plus abondante
» pour l'avenir ; que d'efprit n'eft pas
» toujours également fertile dans fes
» productions ; qu'expofé à des varia-
» tions qui le rendent fouvent mécon-
» noiffable à lui-même , il reffent ainſi
» que la Nature , les influences du temps
» & des circonftances ; que dans un
" Sujet propofé pour un Difcours ,
" tout dépend de la manière de l'apper-
» cevoir , de l'impreffion plus ou moins
» vive qu'il fait dans l'âme & des idées
» qui en résultent ; que de là naît cet-
» te heureufe facilité à préfenter le
L
chofes fous l'afpect qui leur con-
» vient , à les traiter avec ordre , à leur
» appliquer des principes qui devien-
» nent une fource féconde de confé-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
» quences , & à répandre à propos fur
» tout l'ouvrage les agrémens du colo-
» ris ; qu'au contraire fi l'efprit foible-
» ment affecté ne faifit pas le véritable
» point de la queſtion à difcuter , il fe
» rétrécit en quelque forte , il tombe
» dans la langueur & de là dans les
» écarts.
M. de Frafne déclara enfuite que le
prix d'érudition avoit été décerné à
Dom Berthod , Bénédictin , Bibliothé
caire de l'Abbaye de S. Vincent de Befançon
, Auteur déja couronné plus d'une
fois par l'Académie ; que l'Acceffit
avoit été déféré en premier ordre à Dom
Coudret, Religieux de la même Abbaye,
& à l'Auteur de la Differtation qui a pour
devife Vivit poft funera Virtus. Le
mérite de ces deux derniers Ouvrages
fit remarquer à M. de Frafne » que
» quand on fuit d'auffi près le vainqueur
, on participe à fa gloire , &
» qu'il femble même que l'on peut
détacher
quelques fleurs de fa couronne
fans en diminuer l'éclat.
M. de Frafne annonça enfin que le
prix des Arts avoit été également adjugé
à M. Perreciot , Etudiant en Médecine
à Befançon & à André Vautheret,
Thuillier , demeurantau Village
AVRIL 1763. 127
"
de Four en Franche-Comté. Cette décifion
occafionna un acte de générosité
dont l'Académie eut la fatisfaction d'être
témoin avec le Public ; M. Perreciot
refufa de profiter du partage dont le
prix étoit fufceptible ; il s'empreffa de
céder à fon concurrent la médaille d'or
qui eft de la valeur de 200 liv . il ne fe
réferva que la gloire de la mériter deux
fois. Un procédé fi digne des Arts &
des Lettres aufquels il confacre fa jeuneffe
, excita l'admiration de toute l'Af
femblée. Dans la même Séance on inftalla
parmi les Affociés étrangers de l'Académie
le R. P. Pacioudi , Théatin
ancien Procureur général de fon Ordre,
Hiftoriographe de l'Ordre de Malthe ,
Bibliothécaire & Antiquaire de S. A. R.
le Duc de Parme , Membre de l'Académie
des Infcriptions & Belles-Lettres
de Paris , de celles de Florence , de Cortone
, de Pefaro , &c . On dérogea en
faveur de ce fçavant Etranger à l'ufage
des Académies de France ; on lui permit
de faire en Latin fon Difcours de réception,
auquel M. de Frafne , en qualité
de Préfident, répondit en François . La
Séance fut terminée par la lecture du
Programme des Sujets propofés pour
les Prix de 1763.
BESANÇON pour la diftribution
des Prix.
LE 24 Août 1762 , l'Académie de
Befançon fit célébrer dans l'Eglife des
P P. Carmes une Meffe avec un Motet ;
le Panégyrique de S. Louis fut enfuite
AVRIL. 1763. 125
prononcé par M. Pavoy , Docteur en
Théologie , Curé de Pugé en Franche-
Comté. L'après - midi du même jour
l'Académie tint une Séance publique
pour la diftribution des Prix . M. de
Frafne , Avocat Général Honoraire du
Parlement de Franche-Comté , Préfident
de l'Académie , fit un difcours
relatif à l'objet de cette Séance. Il obferva
fur la réferve du Prix d'éloquence
pour l'année prochaine : " Que c'eſt un
» moment de repos qui devient l'affu-
» rance d'une récolte plus abondante
» pour l'avenir ; que d'efprit n'eft pas
» toujours également fertile dans fes
» productions ; qu'expofé à des varia-
» tions qui le rendent fouvent mécon-
» noiffable à lui-même , il reffent ainſi
» que la Nature , les influences du temps
» & des circonftances ; que dans un
" Sujet propofé pour un Difcours ,
" tout dépend de la manière de l'apper-
» cevoir , de l'impreffion plus ou moins
» vive qu'il fait dans l'âme & des idées
» qui en résultent ; que de là naît cet-
» te heureufe facilité à préfenter le
L
chofes fous l'afpect qui leur con-
» vient , à les traiter avec ordre , à leur
» appliquer des principes qui devien-
» nent une fource féconde de confé-
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
» quences , & à répandre à propos fur
» tout l'ouvrage les agrémens du colo-
» ris ; qu'au contraire fi l'efprit foible-
» ment affecté ne faifit pas le véritable
» point de la queſtion à difcuter , il fe
» rétrécit en quelque forte , il tombe
» dans la langueur & de là dans les
» écarts.
M. de Frafne déclara enfuite que le
prix d'érudition avoit été décerné à
Dom Berthod , Bénédictin , Bibliothé
caire de l'Abbaye de S. Vincent de Befançon
, Auteur déja couronné plus d'une
fois par l'Académie ; que l'Acceffit
avoit été déféré en premier ordre à Dom
Coudret, Religieux de la même Abbaye,
& à l'Auteur de la Differtation qui a pour
devife Vivit poft funera Virtus. Le
mérite de ces deux derniers Ouvrages
fit remarquer à M. de Frafne » que
» quand on fuit d'auffi près le vainqueur
, on participe à fa gloire , &
» qu'il femble même que l'on peut
détacher
quelques fleurs de fa couronne
fans en diminuer l'éclat.
M. de Frafne annonça enfin que le
prix des Arts avoit été également adjugé
à M. Perreciot , Etudiant en Médecine
à Befançon & à André Vautheret,
Thuillier , demeurantau Village
AVRIL 1763. 127
"
de Four en Franche-Comté. Cette décifion
occafionna un acte de générosité
dont l'Académie eut la fatisfaction d'être
témoin avec le Public ; M. Perreciot
refufa de profiter du partage dont le
prix étoit fufceptible ; il s'empreffa de
céder à fon concurrent la médaille d'or
qui eft de la valeur de 200 liv . il ne fe
réferva que la gloire de la mériter deux
fois. Un procédé fi digne des Arts &
des Lettres aufquels il confacre fa jeuneffe
, excita l'admiration de toute l'Af
femblée. Dans la même Séance on inftalla
parmi les Affociés étrangers de l'Académie
le R. P. Pacioudi , Théatin
ancien Procureur général de fon Ordre,
Hiftoriographe de l'Ordre de Malthe ,
Bibliothécaire & Antiquaire de S. A. R.
le Duc de Parme , Membre de l'Académie
des Infcriptions & Belles-Lettres
de Paris , de celles de Florence , de Cortone
, de Pefaro , &c . On dérogea en
faveur de ce fçavant Etranger à l'ufage
des Académies de France ; on lui permit
de faire en Latin fon Difcours de réception,
auquel M. de Frafne , en qualité
de Préfident, répondit en François . La
Séance fut terminée par la lecture du
Programme des Sujets propofés pour
les Prix de 1763.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie de BESANÇON pour la distribution des Prix.
Le 24 août 1762, l'Académie de Besançon organisa une messe suivie d'un panégyrique de Saint Louis à l'église des Pères Carmes. L'après-midi, une séance publique eut lieu pour la distribution des prix. M. de Frafne, Président de l'Académie, prononça un discours soulignant que l'esprit n'est pas toujours également fertile. Le prix d'érudition fut attribué à Dom Berthod, Bénédictin et Bibliothécaire de l'Abbaye de Saint Vincent de Besançon, tandis que l'accessit fut partagé entre Dom Coudret et l'auteur de la dissertation 'Vivit post funera Virtus'. Le prix des Arts fut décerné à M. Perreciot et André Vautheret, ce dernier habitant Four en Franche-Comté. M. Perreciot céda sa médaille d'or à son concurrent, suscitant l'admiration de l'assemblée. La séance se conclut par l'installation du R. P. Pacioudi parmi les associés étrangers de l'Académie, qui fit un discours en latin, auquel M. de Frafne répondit en français. La séance se termina par la lecture des sujets proposés pour les prix de 1763.
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85
p. 183
DE NUREMBERG, le 3 Février 1763.
Début :
On vient d'apprendre que l'Electeur Palatin a envoyé ordre au Général d'Effern, qui [...]
Mots clefs :
Électeur, Général, Ordre, Armée impériale, Altesse, Troupes palatines, Déplacement des troupes, Duché
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE NUREMBERG, le 3 Février 1763.
DE NUREMBERG , le 3 Février 1763 .
On vient d'apprendre que l'Electeur Palatin
envoyé ordre au Général d'Effern , qui commande
fon contingent , de quitter l'Armée de l'Empire
& de fe rendre dans les Etats de fon Alteffe
Electorale ; & qu'en conféquence les troupes Pa
latines fe font mifes en marche , & ont paffé la
riviére du Tauber le premier de ce mois , pour
fe porter dans le Duché de Neubourg.
On vient d'apprendre que l'Electeur Palatin
envoyé ordre au Général d'Effern , qui commande
fon contingent , de quitter l'Armée de l'Empire
& de fe rendre dans les Etats de fon Alteffe
Electorale ; & qu'en conféquence les troupes Pa
latines fe font mifes en marche , & ont paffé la
riviére du Tauber le premier de ce mois , pour
fe porter dans le Duché de Neubourg.
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86
p. 184-190
De VERSAILLES, le 16 Février 1763.
Début :
Le Maréchal Duc de Biron & le Duc de Choiseul ont fait entendre au Roi [...]
Mots clefs :
Maréchal de Biron, Duc de Choiseul, Musique militaire, Roi, Régiment, Famille royale, Contrat de mariage, Comte, Bal, Monseigneur le Dauphin, Comtesse, Académie française, Commandement, Nominations, Cour, Chevaliers, Officiers, Honneur, Fête de la Purification de la Sainte Vierge, Duc, Prince héréditaire, Célébrations, Église, Capitaine, Promotion, Archevêque, Diocèse, Abbé, Ordre, Impératrice de Russie
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 16 Février 1763.
DeVERSAILLES , le 16 Fevrier 1763 .
Le Maréchal Duc de Biron & le Duc de
Choifeul ont fait entendre au Roi tes Mufiques
AVRIL. 1763 . 185
attachées au Régiment des Gardes Françoiles &
Suiffes ; & Sa Majesté en a paru très - fatisfaite .
Leurs Majeftés ainfi que la Famille Royale ,
ont figné , le 23 du mois dernier , le Contrat
de mariage du Comte de Sparre avec la Demoiſelle
de Camufet. Le Comte de Sparre eft
d'une Famille de Suede , très - ancienne dans ce
Royaume ,& illuftrée par plufieurs alliances avec
des Maifons Souveraines. Son Père , le Comte
de Sparre , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , eft petit-fils du Comte Pierre Sparre , Ambaffadeur
de Suede en France en 1675 .
Le 24 du même mois il y a eu Bal à la Cour.
Leurs Majeftés , ainfi que Monſeigneur le Dauphin
, Madame la Dauphine , Madame Adélaïde ,
Mesdames Victoire & Sophie l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres
, le Prince de Condé , le Comte de Luface
, & la Comreffe de Henneberg , affifterent
à cette affemblée , qui fut très -brillante par le
concours & la magnificence des Seigneurs &
des Dames de la Cour.
Le 25 la Comteffe de Choifeul- la - Beaume a
été préfentée à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Ducheffe de Choifeut.
Le fieur Hardion , de l'Académie Françoife ;
a eu l'honneur de préfenter à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale les 15 & 16 ° volumes
de fon Hiftoire Univerfelle. Le fieur Targe , ci
devant Proffeffeur de Langue Françoife , & ac
tuellement Profeffeur de Mathématique à l'Ecole
Royale Militaire , a préfenté auffi à Monfeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
de Provence , les Tomes 5 , 6 , 7 , & 8 de
fa Traduction de l'Hiftoire d Angleterre ; par le
feur Smolett. £
Sa Majesté a difpofé de la Lieutenance Géné186
MERCURE DE FRANCE.
rale du Comté de Charolois & du commande,
ment en Chef de la Province de Bourgogne
vacant par la mort du Marquis d'Anlezy , en
faveur du Comte de la Guiche , Lieutenant Gćnéral
des Armées du Roi.
Le 30 , le fieur d'Argouges , nommé à la.
place de Lieutenant Civil au Châtelet de Paris ,
après la retraite de fon père , fut préſenté en
cette qualité à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
54
Le même jour , l'Abbé de Voifenon , préfenta
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
le Difcours qu'il a prononcé à l'Académie Françoife
pour la réception.
Le 31 , il y eut Bal à la Cour. Le Roi , ainf
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe l'honorerent de leur préfence,
Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le Prince
de Condé , le Prince de Conti , le Comte dẹ.
la Marche , le Comte de Luface & la Comteffe
de Henneberg , affifterent à cette Affemblée
, qui fut auffi brillante que les précédentes.
Le 1. de ce mois , les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre , affifterent au fervice
anniverfaire qu'on célébre pour les Cheva
diers de l'Ordre. L'Evêque de Langres y officia
Le même jour , le feur Gigot , Ex- Recteur
de l'Univerfité , accompagné des Doyens des quatre
Facultés , ent l'honneur de préfenter , felon
Tufage , un Cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur
le Dauphin , à Madame la Dauphine ,
à Monfeigneur le Duc de Berry , & à Monfeigneur
le Comte de Provence.
Le même jour , le Père Pays , Commandeur
de la Merci , accompagné de trois de fes ReliAVRIL.
1763. 187
gieux , a eu l'honneur de préfenter un Cierge
à la Reine , en conféquence d'une condition im
pofée à cet Ordre , lorfque Marie de Médicis
en permit l'établiſſement à Paris en 1613 .
> du
Le 2 , Fête de la Purification de la Sainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offi
ciers de l'Ordre du Saint Eſprit , s'étant affemblés
vers les onze heures du matin dans le Cabinet
du Roi , le Prince de Lamballe fut introduit
dans ce Cabinet , où il fut reçu Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel . Le Roi fortit enfuite
de fon appartement pour aller à la Chapelle :Sa
Majefté étoit précédée du Duc d'Orléans , dú
Duc de Chartres du Prince de Condé ,
Prince de Conti du Comte de la Marche , du
Comte d'Eu , du Duc de Penthievre & des Che
valiers , Commandeurs de l'Ordre . Le Prince de
Lamballe , en habit de Novice , marchoit entre
les Chevaliers & les Officiers . Le Roi , devant
qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs maffes , étoit en manteau , le Collier de l'Or
dre pardeffus , ainfi que celui de la Toifon d'Or.
Lorfqu'on eut chanté l'Hymne Veni Creator
le Roi monta fur fon Trône , & reçur Cheva
lier le Prince de Lamballe . L'Evêque Duc de
Langres, Prélat,Commandeur, célébra la Grand-
Meffe , à laquelle la Reine , accompagnée de
Madame la Dauphine , de Madame Adélaïde
& de Meſdames Victoire , Sophie & Louiſe , affifta
dans la Tribune ; après quoi , le Roi fut reconduit
à fon appartement en la maniere accoutumée.
2.
Le même jour , la Marquife de Belfunce fut
préſentée à Leurs Majeſtés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Comteffe de Belfunce ; & le Comte
d'Apchon , Maréchal des Camps & Armées du
188 MERCURE DE FRANCE.
Roi , à été présenté à Sa Majeſté en qualité de
Gouverneur du Duc de Bourbon .
Le 7 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés ,
ainní que Monfeigneur le Dauphin , Madame la
Dauphine , & Meldames , l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Lamballe , &
le Conte de Luface affiftérent à cette affemblée .
Le même jour , le Prince de Beauvau , qui
commandoit les Troupes Françoiles en Portugal
, eft arrivé , & a été préſenté au Roi ,
Le 6 , Leurs Majeftés , ainsi que la Famille
Royale , fignérent le Contrat de mariage du Comte
de la Luzerne , avec la Demoifelle Angrand
d'Alleret. Le même jour , la Ducheffe d'Havré .
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Marquife de Léde , & prit le Tabouret
chez la Reine.
Le 8 , le Prince Héréditaire de Naffau-Saarbruck
eut l'honneur d'être préfenté au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le 10 , on célébra dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour feue Madame
Henriette de France. La Reine y affifta , ainfi
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meldames Victoire ,.
Sophie & Louife.
Le 13 Leurs Majeftés , ainfi que la Famille
Royale , fignerent le Contrat de mariage du
Comte de Montboiffier avec la Demoiſelle de
- Rochechouart.
Le 14 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés
, ainfi que Monfeigneur, le Dauphin , Madame
la Dauphine , le Duc d'Orléans , le Duc
de Chartres , le Prince de Condé , le Prince de
Lamballe , le Comte de Laface , & la ComAVRIL.
1763: 189
teffe de Henneberg affifterent à cette Affemblée
.
La Ducheffe de la Rochefoucault & la Ba
ronne de Warsberg furent préfentées à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale ; la premiere ,
par la Ducheffe d'Enville ; & la feconde , par
la Comteffe d'Helmftat. La Ducheffe de la Rochefoucault
prit le Tabouret le même jour.
Le Comte de Bonneguife , Capitaine dans le
Régiment de Bourgogne , Cavalerie , a obtenu
l'agrément du Roi , pour la charge de Colo
nel- Lieutenant du Régiment d'Infanterie d'Eu ,
vacante par la promotion du Comte de Caſtellane
au grade de Maréchal de Camp.
Aujourd'hui la Cour a pris le deuil pour quinze
jours , à l'occafion de la mort du Cardinal de
Baviere , Evêque & Prince de Liége.
Le 2 de ce mois , Archevêque de Narbonne ,
Grand -Aumônier de France , prêta ferment entre
les mains du Roi , pour l'Archevêché de
Rheims.
Sa Majefté a difpofé de l'Archevêché de Touloufe
en faveur de l'Evêque de Condom ; & de
l'Evêché de Condom en faveur de l'Abbé d'Anteroche
, Vicaire Général du Diocèle de Cambray.
Le Roi a donné l'Abbaye de Reclus , Ordre
de Citeaux , Diocèle de Troyes , à l'Abbé de
Ventoux , Vicaire - Général du même Diocèle ;
Celle de Sainte Claire d'Annonay en Vivarais ,
Diocèle de Vienne , à la Dame de Belmés , Religieufe
Urfuline du Monaftere de Pernés , Diocèle
de Carpentras ; & le Prieuré de Poiffy' ,
Ordre de Saint Dominique , Diocèle de Chartres
, à la Dame de la Beaume-Suze , Religieufe
Bénédiaine de l'Abbaye de, Saint Honoré de
Tarafcon.
190 MERCURE DE FRANCE.
L'Impératrice Catherine de Ruffie , depuis
fon avenement au Trône , ayant fait difficulté
de renouveller la reverfale qui avoit été fucceffivement
donnée par l'Impératrice Elifabeth &
par l'Empereur Pierre III . au fujet du titre
Impérial , le Baron de Breteuil , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majefté en Ruffie , a été
quelque temps fans avoir fon audience & fans
remettre les lettres de créance ; mais pour lever
cette difficulté , l'Impératrice Catherine à fait
remettre la déclaration fuivante à tous les
Miniftres Etrangers réſidans à ſa Cour.
Le Maréchal Duc de Biron & le Duc de
Choifeul ont fait entendre au Roi tes Mufiques
AVRIL. 1763 . 185
attachées au Régiment des Gardes Françoiles &
Suiffes ; & Sa Majesté en a paru très - fatisfaite .
Leurs Majeftés ainfi que la Famille Royale ,
ont figné , le 23 du mois dernier , le Contrat
de mariage du Comte de Sparre avec la Demoiſelle
de Camufet. Le Comte de Sparre eft
d'une Famille de Suede , très - ancienne dans ce
Royaume ,& illuftrée par plufieurs alliances avec
des Maifons Souveraines. Son Père , le Comte
de Sparre , Maréchal des Camps & Armées du
Roi , eft petit-fils du Comte Pierre Sparre , Ambaffadeur
de Suede en France en 1675 .
Le 24 du même mois il y a eu Bal à la Cour.
Leurs Majeftés , ainfi que Monſeigneur le Dauphin
, Madame la Dauphine , Madame Adélaïde ,
Mesdames Victoire & Sophie l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres
, le Prince de Condé , le Comte de Luface
, & la Comreffe de Henneberg , affifterent
à cette affemblée , qui fut très -brillante par le
concours & la magnificence des Seigneurs &
des Dames de la Cour.
Le 25 la Comteffe de Choifeul- la - Beaume a
été préfentée à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Ducheffe de Choifeut.
Le fieur Hardion , de l'Académie Françoife ;
a eu l'honneur de préfenter à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale les 15 & 16 ° volumes
de fon Hiftoire Univerfelle. Le fieur Targe , ci
devant Proffeffeur de Langue Françoife , & ac
tuellement Profeffeur de Mathématique à l'Ecole
Royale Militaire , a préfenté auffi à Monfeigneur
le Duc de Berry & à Monſeigneur le Comte
de Provence , les Tomes 5 , 6 , 7 , & 8 de
fa Traduction de l'Hiftoire d Angleterre ; par le
feur Smolett. £
Sa Majesté a difpofé de la Lieutenance Géné186
MERCURE DE FRANCE.
rale du Comté de Charolois & du commande,
ment en Chef de la Province de Bourgogne
vacant par la mort du Marquis d'Anlezy , en
faveur du Comte de la Guiche , Lieutenant Gćnéral
des Armées du Roi.
Le 30 , le fieur d'Argouges , nommé à la.
place de Lieutenant Civil au Châtelet de Paris ,
après la retraite de fon père , fut préſenté en
cette qualité à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale.
54
Le même jour , l'Abbé de Voifenon , préfenta
à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
le Difcours qu'il a prononcé à l'Académie Françoife
pour la réception.
Le 31 , il y eut Bal à la Cour. Le Roi , ainf
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe l'honorerent de leur préfence,
Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres , le Prince
de Condé , le Prince de Conti , le Comte dẹ.
la Marche , le Comte de Luface & la Comteffe
de Henneberg , affifterent à cette Affemblée
, qui fut auffi brillante que les précédentes.
Le 1. de ce mois , les Chevaliers , Commandeurs
& Officiers de l'Ordre , affifterent au fervice
anniverfaire qu'on célébre pour les Cheva
diers de l'Ordre. L'Evêque de Langres y officia
Le même jour , le feur Gigot , Ex- Recteur
de l'Univerfité , accompagné des Doyens des quatre
Facultés , ent l'honneur de préfenter , felon
Tufage , un Cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur
le Dauphin , à Madame la Dauphine ,
à Monfeigneur le Duc de Berry , & à Monfeigneur
le Comte de Provence.
Le même jour , le Père Pays , Commandeur
de la Merci , accompagné de trois de fes ReliAVRIL.
1763. 187
gieux , a eu l'honneur de préfenter un Cierge
à la Reine , en conféquence d'une condition im
pofée à cet Ordre , lorfque Marie de Médicis
en permit l'établiſſement à Paris en 1613 .
> du
Le 2 , Fête de la Purification de la Sainte
Vierge , les Chevaliers , Commandeurs & Offi
ciers de l'Ordre du Saint Eſprit , s'étant affemblés
vers les onze heures du matin dans le Cabinet
du Roi , le Prince de Lamballe fut introduit
dans ce Cabinet , où il fut reçu Chevalier
de l'Ordre de Saint Michel . Le Roi fortit enfuite
de fon appartement pour aller à la Chapelle :Sa
Majefté étoit précédée du Duc d'Orléans , dú
Duc de Chartres du Prince de Condé ,
Prince de Conti du Comte de la Marche , du
Comte d'Eu , du Duc de Penthievre & des Che
valiers , Commandeurs de l'Ordre . Le Prince de
Lamballe , en habit de Novice , marchoit entre
les Chevaliers & les Officiers . Le Roi , devant
qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs maffes , étoit en manteau , le Collier de l'Or
dre pardeffus , ainfi que celui de la Toifon d'Or.
Lorfqu'on eut chanté l'Hymne Veni Creator
le Roi monta fur fon Trône , & reçur Cheva
lier le Prince de Lamballe . L'Evêque Duc de
Langres, Prélat,Commandeur, célébra la Grand-
Meffe , à laquelle la Reine , accompagnée de
Madame la Dauphine , de Madame Adélaïde
& de Meſdames Victoire , Sophie & Louiſe , affifta
dans la Tribune ; après quoi , le Roi fut reconduit
à fon appartement en la maniere accoutumée.
2.
Le même jour , la Marquife de Belfunce fut
préſentée à Leurs Majeſtés , ainfi qu'à la Famille
Royale , par la Comteffe de Belfunce ; & le Comte
d'Apchon , Maréchal des Camps & Armées du
188 MERCURE DE FRANCE.
Roi , à été présenté à Sa Majeſté en qualité de
Gouverneur du Duc de Bourbon .
Le 7 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés ,
ainní que Monfeigneur le Dauphin , Madame la
Dauphine , & Meldames , l'honorerent de leur
préfence. Le Duc d'Orléans , le Duc de Chartres ,
le Prince de Condé , le Prince de Lamballe , &
le Conte de Luface affiftérent à cette affemblée .
Le même jour , le Prince de Beauvau , qui
commandoit les Troupes Françoiles en Portugal
, eft arrivé , & a été préſenté au Roi ,
Le 6 , Leurs Majeftés , ainsi que la Famille
Royale , fignérent le Contrat de mariage du Comte
de la Luzerne , avec la Demoifelle Angrand
d'Alleret. Le même jour , la Ducheffe d'Havré .
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Marquife de Léde , & prit le Tabouret
chez la Reine.
Le 8 , le Prince Héréditaire de Naffau-Saarbruck
eut l'honneur d'être préfenté au Roi , à
la Reine & à la Famille Royale.
Le 10 , on célébra dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour feue Madame
Henriette de France. La Reine y affifta , ainfi
que Monfeigneur le Dauphin , Madame la Dauphine
, Madame Adélaïde , Meldames Victoire ,.
Sophie & Louife.
Le 13 Leurs Majeftés , ainfi que la Famille
Royale , fignerent le Contrat de mariage du
Comte de Montboiffier avec la Demoiſelle de
- Rochechouart.
Le 14 , il y eut Bal à la Cour. Leurs Majeftés
, ainfi que Monfeigneur, le Dauphin , Madame
la Dauphine , le Duc d'Orléans , le Duc
de Chartres , le Prince de Condé , le Prince de
Lamballe , le Comte de Laface , & la ComAVRIL.
1763: 189
teffe de Henneberg affifterent à cette Affemblée
.
La Ducheffe de la Rochefoucault & la Ba
ronne de Warsberg furent préfentées à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale ; la premiere ,
par la Ducheffe d'Enville ; & la feconde , par
la Comteffe d'Helmftat. La Ducheffe de la Rochefoucault
prit le Tabouret le même jour.
Le Comte de Bonneguife , Capitaine dans le
Régiment de Bourgogne , Cavalerie , a obtenu
l'agrément du Roi , pour la charge de Colo
nel- Lieutenant du Régiment d'Infanterie d'Eu ,
vacante par la promotion du Comte de Caſtellane
au grade de Maréchal de Camp.
Aujourd'hui la Cour a pris le deuil pour quinze
jours , à l'occafion de la mort du Cardinal de
Baviere , Evêque & Prince de Liége.
Le 2 de ce mois , Archevêque de Narbonne ,
Grand -Aumônier de France , prêta ferment entre
les mains du Roi , pour l'Archevêché de
Rheims.
Sa Majefté a difpofé de l'Archevêché de Touloufe
en faveur de l'Evêque de Condom ; & de
l'Evêché de Condom en faveur de l'Abbé d'Anteroche
, Vicaire Général du Diocèle de Cambray.
Le Roi a donné l'Abbaye de Reclus , Ordre
de Citeaux , Diocèle de Troyes , à l'Abbé de
Ventoux , Vicaire - Général du même Diocèle ;
Celle de Sainte Claire d'Annonay en Vivarais ,
Diocèle de Vienne , à la Dame de Belmés , Religieufe
Urfuline du Monaftere de Pernés , Diocèle
de Carpentras ; & le Prieuré de Poiffy' ,
Ordre de Saint Dominique , Diocèle de Chartres
, à la Dame de la Beaume-Suze , Religieufe
Bénédiaine de l'Abbaye de, Saint Honoré de
Tarafcon.
190 MERCURE DE FRANCE.
L'Impératrice Catherine de Ruffie , depuis
fon avenement au Trône , ayant fait difficulté
de renouveller la reverfale qui avoit été fucceffivement
donnée par l'Impératrice Elifabeth &
par l'Empereur Pierre III . au fujet du titre
Impérial , le Baron de Breteuil , Miniftre Plénipotentiaire
de Sa Majefté en Ruffie , a été
quelque temps fans avoir fon audience & fans
remettre les lettres de créance ; mais pour lever
cette difficulté , l'Impératrice Catherine à fait
remettre la déclaration fuivante à tous les
Miniftres Etrangers réſidans à ſa Cour.
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Résumé : De VERSAILLES, le 16 Février 1763.
En février et avril 1763, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour de France. Le 16 février, le Maréchal Duc de Biron et le Duc de Choiseul ont présenté au roi les musiques des Régiments des Gardes Français et Suisses, obtenant sa satisfaction. Le 23 février, le contrat de mariage entre le Comte de Sparre, d'une famille suédoise illustre, et la Demoiselle de Camuset a été signé par les souverains et la famille royale. Le 24 février, un bal a réuni les souverains, le Dauphin, la Dauphine, et plusieurs princes et princesses. Le 25 février, la Comtesse de Choiseul-La Baume a été présentée aux souverains et à la famille royale par la Duchesse de Choiseul. Le 30 février, le sieur Hardion a présenté les volumes 15 et 16 de son Histoire Universelle, et le sieur Targe a présenté des tomes de la traduction de l'Histoire d'Angleterre de Smollett. Le roi a nommé le Comte de la Guiche Lieutenant Général des Armées du Roi et commandant en chef de la province de Bourgogne. Le même jour, le sieur d'Argouges a été présenté en qualité de Lieutenant Civil au Châtelet de Paris. Le 31 mars, un bal a eu lieu à la cour avec la présence des souverains et de plusieurs princes et princesses. Le 1er avril, les Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit ont célébré leur service annuel, et divers dignitaires ont présenté des cierges à la famille royale. Le 2 avril, le Prince de Lamballe a été reçu Chevalier de l'Ordre de Saint-Michel. Le 7 avril, un bal a eu lieu à la cour, et le Prince de Beauvau, commandant des troupes françaises au Portugal, a été présenté au roi. Le 6 avril, le contrat de mariage entre le Comte de la Luzerne et la Demoiselle Angrand d'Alleret a été signé. Le 10 avril, un service a été célébré en mémoire de Madame Henriette de France. Le 13 avril, le contrat de mariage entre le Comte de Montboissier et la Demoiselle de Rochechouart a été signé. Le 14 avril, un bal a eu lieu à la cour, et la Duchesse de la Rochefoucault a été présentée aux souverains. Le roi a également pris le deuil pour la mort du Cardinal de Bavière. Diverses nominations et présentations de dignitaires ecclésiastiques et militaires ont également été mentionnées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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87
p. 200
DE MUNICH, le 19 Février 1763.
Début :
L'Electeur a envoyé ordre au Comte Van-Eick, son Envoyé Extraordinaire [...]
Mots clefs :
Électeur, Comte, Ordre, Envoyé extraordinaire, Roi de France, Liège, Élévation, Prince Clément de Saxe, Intérêts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MUNICH, le 19 Février 1763.
DE MUNICH , le 19 Février 1763 .
L'Electeur a envoyé ordre au Comte Van-Eick ;
fon Envoyé Extraordinaire & Miniftre Plénipotentiaire
près du Roi de France , de fe rendre inceffamment
à Liége , pour faire connoître auChapitre
tout l'intérêt que S. A. S. E. prend à l'éléva
tion du Prince Clément de Saxe , ſon beau-frère ,
& pour veiller à ſes intérêts .
L'Electeur a envoyé ordre au Comte Van-Eick ;
fon Envoyé Extraordinaire & Miniftre Plénipotentiaire
près du Roi de France , de fe rendre inceffamment
à Liége , pour faire connoître auChapitre
tout l'intérêt que S. A. S. E. prend à l'éléva
tion du Prince Clément de Saxe , ſon beau-frère ,
& pour veiller à ſes intérêts .
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88
p. 90-95
DICTIONNAIRE portatif des Théâtres, par M. de LÉRIS.
Début :
NOUS avons promis quelques détails sur ce Dictionnaire portatif, que [...]
Mots clefs :
Dictionnaire, Recherches, Ordre, Volume, Ouvrages, Pièces, Ordre chronologique, Journalistes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DICTIONNAIRE portatif des Théâtres, par M. de LÉRIS.
DICTIONNAIRE portatif des
Théâtres , par M. de LÉRIS .
NOUS
Ous avons promis quelques détails
fur ce Dictionnaire portatif, que
JUILLET: 1763. 9t
nous n'avons fait qu'annoncer dans le
Mercure précédent , où nous avons rapporté
le titre entier de l'Ouvrage.
On fent bien qu'un pareil Livre n'eft
pas fufceptible d'une Analyſe fuivie ; il
fuffira de quelques Remarques que nous
fournira l'Avertiffement de l'Auteur fur
l'objet & l'utilité de fon , travail , & fur
la forme de Dictionnaire qu'il a cru devoir
préférer à toute autre.
En effet , s'il eft quelque Ouvrage
naturellement fufceptible de cette forme
, & pour lequel elle puiffe être regardée
comme abfolument effentielle , c'eſt
fans contredit un Recueil de recherches
fur les Piéces de Théâtre . L'ordre chronologique
n'a ni l'avantage , ni la faci-
Tité de l'ordre alphabétique pour indiquer
au premier coup d'oeil , la Piéce que l'on
cherche , le nom de fon Auteur , le
temps de fa repréfentation , fa réuffite ,
& enfin tout ce qui peut être un objet
dé curiofité pour les Amateurs de la
Scène Françoife.
On fent aifément combien il eût été
facile de rendre ce Livre plus volumineux.
La matière étoit abondante ; il
ne s'agiffeit que d'analyfer chaque Piéce
, oude copier même les Extraits qu'en
ont donné les Journaliſtes ; & , à l'égard
92 MERCURE DE FRANCE.
des Auteurs , de puifer dans les Dictionnaires
hiſtoriques , dans les Préfaces de
leurs OEuvres , dans la France Littérai
res , & c, des détails hiftoriques de leurs
vies . Mais comme un Dictionnaire n'eft
jamais plus commode que lorfqu'il peut
être renfermé dans un feul volume , &
furtout dans un volume portatif , il paroît
que M. de Léris a eu principalement
en vue de fimplifier les objets , d'éviter
les doubles emplois , les répétitions inutiles
; & en difant tout ce qu'il y a
d'effentiel & de curieux fur les Spectacles
, de ne point paffer certaines bornes.
Pour avoir la facilité d'employer plus
de matière qu'un volume feul ne paroiffoit
naturellement devoir en contenir
on s'eft fervi d'un caractère moyen
& l'on a fouvent mis en ufage des abréviations
qui ne nuifent ni à la clarté de
l'Ouvrage , ni à l'agrément du coup
d'oeil
Afin de moins confondre les objets ,
& de faciliter l'ufage de fon Dictionnaire
, l'Auteur , en y mettant tout d'ordre
dont un femblable travail peut être
fufceptible , a divifé fon Livre en deux
parties. La première contient la lifte alphabétique
de toutes les les Piéces de
JUILLET. 1763 .
93
Théâtre , avec ce qui les concerne . La
feconde renferme , auffi dans le même
ordre , un Abrégé de la vie des Auteurs ,
des Muficiens & des Acteurs , avec le
Catalogue de leurs Ouvrages Dramatiques
; & , lorfque ce font des Acteurs ,
le genre dans lequel ils fe font fignalés.
*
"
La première de ces parties eft précédée
d'une hiftoire fommaire de tous les'
Théâtres établis à Paris , leurs divers
changemens , & leur état actuel . On
trouve à la tête de la feconde , une
Table Chronologique des Auteurs &
une autre des Muficiens ; & elle eft fui
vie de celle de tous les Opéra qui ont
été repréfentés depuis le commencement
de ce Spectacle jufqu'à préfent. Plufieurs
perfonnes defirant qu'on pût voir
d'un coup d'oeil les piéces jouées depuis
un certain nombre d'années , M. de
Léris , pour leur faire plaifir , a donné
une autre table chronologique qui contient
le nom de toutes ces Piéces , &
l'a placée à la fin de fon Livre après celle
de l'Opéra,
Cequi ête à ce Dictionnaire la féchereffe
dont les Ouvrages de ce genre font
ordinairement fufceptibles , ce font des
Anecdotes curieufes dont c Recueil est
rempli , & qui y jettent beaucoup d'an
4 MERCURE DE FRANCE.
1
grément. Il eft rare qu'à l'ouverture du
livre , on ne trouve pas toujours quelque
trait amufant qu'on eft charmé d'ap--
prendre & de retenir. Cela feul , indépendamment
de tous les avantages
qu'à ce Dictionnaire fur les autres livres
de cette nature , le mettroit audeffus
de quantité de recueils que nous
avons déja fur le même objet.
Enfin nous ne craignons pas de dire
que cette Edition fera plaifir au Public
dont elle mérite l'eftime , par les recherches
, l'exactitude & la correction. Cependant
, comme ces fortes d'ouvrages
peuvent devenir toujours plus parfaits ,
l'Auteur invite les gens de Lettres à vouloir
bien leur communiquer leurs avis ,
fur les fautes qui peuvent lui être échap
pées , afin de faire encore mieux dans
une nouvelle Edition. Satisfaire la curiofité
du Lecteur , ll''iinnffttrruuiirree par des
détails & des faits fùrs , l'amufer par
des anecdotes , rendre juftice aux Auteurs
& aux Acteurs vivans , fans flaterie
, & aux morts fans partialité ; voilà
ce qu'il déclare avoir été fon but , &
nous ofons affurer qu'il ne s'en eft
point écarté, Les perfonnes qui font au
fait de ce travail , peuvent feules connoître
combien il faut d'attention
JUILLET. 1763. 95
de conftance & .de recherches pour compour.
com ,
pofer un pareil Dictionnaire , le fimpli
fier & le rendre complet & exact . La
matière eft féche & difficile , & les Auteurs
qui en ont traité , he font pas tou
jours d'accord fur le même Sujet. D'après
cela in mot , un nom , une date
occafionnent des lectures de plufieurs
jours, & dans différens genres fouvent
fort éloignés de celui qui femble faire
l'objet du Théâtre . Ces recherches , ces
vétifications demandent un efprit patient
, laborieux , exact & toujours plein
de fon objet pour ne rien négliger.de
ce qui peut y fervir tôt ou tard ; &
ce font toutes ces qualités que poffédé
fupérieurement l'Auteur de cet excellent
Dictionnaire.
Théâtres , par M. de LÉRIS .
NOUS
Ous avons promis quelques détails
fur ce Dictionnaire portatif, que
JUILLET: 1763. 9t
nous n'avons fait qu'annoncer dans le
Mercure précédent , où nous avons rapporté
le titre entier de l'Ouvrage.
On fent bien qu'un pareil Livre n'eft
pas fufceptible d'une Analyſe fuivie ; il
fuffira de quelques Remarques que nous
fournira l'Avertiffement de l'Auteur fur
l'objet & l'utilité de fon , travail , & fur
la forme de Dictionnaire qu'il a cru devoir
préférer à toute autre.
En effet , s'il eft quelque Ouvrage
naturellement fufceptible de cette forme
, & pour lequel elle puiffe être regardée
comme abfolument effentielle , c'eſt
fans contredit un Recueil de recherches
fur les Piéces de Théâtre . L'ordre chronologique
n'a ni l'avantage , ni la faci-
Tité de l'ordre alphabétique pour indiquer
au premier coup d'oeil , la Piéce que l'on
cherche , le nom de fon Auteur , le
temps de fa repréfentation , fa réuffite ,
& enfin tout ce qui peut être un objet
dé curiofité pour les Amateurs de la
Scène Françoife.
On fent aifément combien il eût été
facile de rendre ce Livre plus volumineux.
La matière étoit abondante ; il
ne s'agiffeit que d'analyfer chaque Piéce
, oude copier même les Extraits qu'en
ont donné les Journaliſtes ; & , à l'égard
92 MERCURE DE FRANCE.
des Auteurs , de puifer dans les Dictionnaires
hiſtoriques , dans les Préfaces de
leurs OEuvres , dans la France Littérai
res , & c, des détails hiftoriques de leurs
vies . Mais comme un Dictionnaire n'eft
jamais plus commode que lorfqu'il peut
être renfermé dans un feul volume , &
furtout dans un volume portatif , il paroît
que M. de Léris a eu principalement
en vue de fimplifier les objets , d'éviter
les doubles emplois , les répétitions inutiles
; & en difant tout ce qu'il y a
d'effentiel & de curieux fur les Spectacles
, de ne point paffer certaines bornes.
Pour avoir la facilité d'employer plus
de matière qu'un volume feul ne paroiffoit
naturellement devoir en contenir
on s'eft fervi d'un caractère moyen
& l'on a fouvent mis en ufage des abréviations
qui ne nuifent ni à la clarté de
l'Ouvrage , ni à l'agrément du coup
d'oeil
Afin de moins confondre les objets ,
& de faciliter l'ufage de fon Dictionnaire
, l'Auteur , en y mettant tout d'ordre
dont un femblable travail peut être
fufceptible , a divifé fon Livre en deux
parties. La première contient la lifte alphabétique
de toutes les les Piéces de
JUILLET. 1763 .
93
Théâtre , avec ce qui les concerne . La
feconde renferme , auffi dans le même
ordre , un Abrégé de la vie des Auteurs ,
des Muficiens & des Acteurs , avec le
Catalogue de leurs Ouvrages Dramatiques
; & , lorfque ce font des Acteurs ,
le genre dans lequel ils fe font fignalés.
*
"
La première de ces parties eft précédée
d'une hiftoire fommaire de tous les'
Théâtres établis à Paris , leurs divers
changemens , & leur état actuel . On
trouve à la tête de la feconde , une
Table Chronologique des Auteurs &
une autre des Muficiens ; & elle eft fui
vie de celle de tous les Opéra qui ont
été repréfentés depuis le commencement
de ce Spectacle jufqu'à préfent. Plufieurs
perfonnes defirant qu'on pût voir
d'un coup d'oeil les piéces jouées depuis
un certain nombre d'années , M. de
Léris , pour leur faire plaifir , a donné
une autre table chronologique qui contient
le nom de toutes ces Piéces , &
l'a placée à la fin de fon Livre après celle
de l'Opéra,
Cequi ête à ce Dictionnaire la féchereffe
dont les Ouvrages de ce genre font
ordinairement fufceptibles , ce font des
Anecdotes curieufes dont c Recueil est
rempli , & qui y jettent beaucoup d'an
4 MERCURE DE FRANCE.
1
grément. Il eft rare qu'à l'ouverture du
livre , on ne trouve pas toujours quelque
trait amufant qu'on eft charmé d'ap--
prendre & de retenir. Cela feul , indépendamment
de tous les avantages
qu'à ce Dictionnaire fur les autres livres
de cette nature , le mettroit audeffus
de quantité de recueils que nous
avons déja fur le même objet.
Enfin nous ne craignons pas de dire
que cette Edition fera plaifir au Public
dont elle mérite l'eftime , par les recherches
, l'exactitude & la correction. Cependant
, comme ces fortes d'ouvrages
peuvent devenir toujours plus parfaits ,
l'Auteur invite les gens de Lettres à vouloir
bien leur communiquer leurs avis ,
fur les fautes qui peuvent lui être échap
pées , afin de faire encore mieux dans
une nouvelle Edition. Satisfaire la curiofité
du Lecteur , ll''iinnffttrruuiirree par des
détails & des faits fùrs , l'amufer par
des anecdotes , rendre juftice aux Auteurs
& aux Acteurs vivans , fans flaterie
, & aux morts fans partialité ; voilà
ce qu'il déclare avoir été fon but , &
nous ofons affurer qu'il ne s'en eft
point écarté, Les perfonnes qui font au
fait de ce travail , peuvent feules connoître
combien il faut d'attention
JUILLET. 1763. 95
de conftance & .de recherches pour compour.
com ,
pofer un pareil Dictionnaire , le fimpli
fier & le rendre complet & exact . La
matière eft féche & difficile , & les Auteurs
qui en ont traité , he font pas tou
jours d'accord fur le même Sujet. D'après
cela in mot , un nom , une date
occafionnent des lectures de plufieurs
jours, & dans différens genres fouvent
fort éloignés de celui qui femble faire
l'objet du Théâtre . Ces recherches , ces
vétifications demandent un efprit patient
, laborieux , exact & toujours plein
de fon objet pour ne rien négliger.de
ce qui peut y fervir tôt ou tard ; &
ce font toutes ces qualités que poffédé
fupérieurement l'Auteur de cet excellent
Dictionnaire.
Fermer
89
p. 177
De VIENNE, le 4 Mai 1763.
Début :
Hier, Sa Majesté Impériale & Royale admit dans l'Ordre de la Croix [...]
Mots clefs :
Sa Majesté impériale, Ordre, Admission, Princesse de Turenne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 4 Mai 1763.
De VIENNE, le 4 Mai 1763 .
Hier , Sa Majefté Impériale & Royale admit
dans l'Ordre de la Croix de l'Etoile , Louife - Henriette-
Gabrielle de Lorraine , Princeffe de Turenne
, & Françoile de Lorraine , Princeſſe de
Marfan .
Hier , Sa Majefté Impériale & Royale admit
dans l'Ordre de la Croix de l'Etoile , Louife - Henriette-
Gabrielle de Lorraine , Princeffe de Turenne
, & Françoile de Lorraine , Princeſſe de
Marfan .
Fermer
90
p. 195-204
De VERSAILLES, le 22 Juin 1763.
Début :
Le Vendredi 27 du mois dernier, la Cour a pris un deuil de huit [...]
Mots clefs :
Cour, Deuil, Margrave, Chevaliers, Officiers, Audience, Prince, Comte, Duc, Roi, Chambre, Ministre plénipotentiaire de Naples, Famille royale, Nominations, Représentations, Ambassadeur, Serment, Cérémonie, Contrat de mariage, Marquis, Colonel, Abbaye, Diocèse, Ordre, Famille royale, Ouvrages, Nouvelles parutions, Ordonnances du roi, Promotion, Lieutenant-colonel, Régiments, Infanterie, Cavalerie, Dragons, Pensions, Fonctions, Gratification
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 22 Juin 1763.
De VERSAILLES , le 22 Juin 1763.
Le Vendredi 27 du mois dernier , la Cour a pris
un deuil de huit jours , pour le Margrave Frédéric
de Brandebourg Culmback , mort à Bareith , le
26 Février dernier .
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Efprit , s'étant affemblés , le 22
du mois dernier vers les onze heures du matin ,
dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté fortit de fon
Appartement, pour aller à la Chapelle : Elle étoit
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc de Chartres , du Prince de Condé , du Comte
de Clermont , du Prince de Conti , du Comte de la
Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthieyre ,
du Prince de Lamballe , & des Chevaliers , Com
mandeurs & Officiers de l'Ordre. Sa Majefté , de
vant qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs Maffes , étoit en Manteau , le Collier
de l'Ordre pardeffus , ainfi que celui de la Toiſon
d'or. L'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre , officia ; & après la Melle chantée par la
Mufique du Roi, Sa Majefté fut reconduite à fon
appartement , en la maniere accoutumée.
Le 24 , le Comte de Cantillana , Ambaffa deur
Extraordinaire du Roi des Deux-Siciles , eut une
Audience particuliere du Roi , dans la quelle il
préfenta à Sa Majefté le Prince Sanfeverino , Miniftre
Plénipotentaire de Naples à la Cour de
Portugal. Il fut conduit à cette Audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
par le fieur Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs.
Le Duc de Nivernois , de retour de fon Ambaffade
à la Cour de Londres , s'eft rendu ici le
29, & a été préſenté à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale , par le Duc de Praflin .
Le même jour , la Ducheffe de Bedfort a pris
congé du Roi , de la Reine & de la Famille Royale.
Le 30 , la Comteffe de Henneberg , après
avoir pris congé de la Cour , eft partie pour le
rendre à Luneville , & de là à Plombières.
Le 7 de ce mois , le Duc de Bedford , Ambaffadeur
Extraordinaire de la Cour de Londres , eur
une audience particulière du Roi , dans laquelle
il remit fes Lettres de Rappel & prit congé de Sa
Majefté.
Le fieurTiepolo , Ambaffadeur de la République
de Venife , en eut auffi une particulière , dans
laquelle il préfenta à Sa Majefté les fieurs Morofini
& Guerini , Ambaffadeurs de la même République
, revenans de la Cour de Londres. Le Duc de
Bedfort & le fieur de Tiepolo furent conduits à
cette audience , ainfi qu'à celles de la Reine &
de la Famille Royale , par le fieur Dufort , Introducteur
des Amballadeurs.
Le même jour , le Comte Dubois de la Mothe
prêta ferment entre les mains de Sa Majesté en
qualité de Vice - Amiral ..
Les Députés des Etats d'Artois eurent le 9 audience
du Roi. Ils furent préfentés à Sa Majefté
par le Duc de Chaulnes , Gouverneur de la Province
, & par le Duc de Choifeul , Miniftre & Secrétaire
d'État de la Guerre & de la Marine , ayant
le Département de cette Province ; & conduits
par le Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies
, & par le fieur Deſgranges , Maître
JUILLET. 1763. 197
des Cérémonies. La Députation étoit composée,
pour le Clergé , de l'Evêque de Saint Omer , qui
porta la parole ; du Marquis de Grény , pour la
Nobleffe ; du fieur Decanchy pour le Tiers - Erat.
Le même jour , la Comteffe de Sade fut préſentée
à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille Royale,
par Mademoiſelle de Sens ; la Comtelle de Vogué ,
par la Marquife de Sourches , & la Marquise de
Miran , par la Comtelle de Marfan.
Le fieur de la Caze , fils , qui vient d'obtenir la
furvivance de la place de la première Préfidence de
Pau , a fait , en cette qualité , fes remercîmens au
Roi.
Le 12, Leurs Majeftés & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage du Duc de la Trémoille
avec la Princelle Marie de Salm .
Celui du Marquis du Tillet , Colonel du Régiment
Royal , avec la Dile de Pellar de Bebbral ;
le 13 , celui du Marquis de Montmirel avec la
Dame de Lanmary ; & le^ 21 , celui du Comte
d'Avrimenil avec la Demoiſelle de Furgen.
Le 13 , l'Evêque de Condom prêta ferment
entre les mains de Sa Majefté , & l'Evêque de
Lefcar le 18.
Le Roi a donné le Prieuré de S. Thomas de la
Bloutière , Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de
Coutance , à l'Abbé d'Audiftret , ancien Vicaire-
Général & Official du Cardinal Ottoboni.
La Cour a pris le Deuil pour 8 jours à l'occaſion
de la mort de Marie- Victoire - Anne de Savoye ,
Princeffe de Carignan.
Le fieur Paffemant , Ingénieur du Roi , déja
connu par plufieurs ouvrages de Méchanique d'une
invention heureufe & d'un travail précieux , a eu
l'honneur de préfenter à Sa Majefté deux globes ,
Bun célefte d'un fond d'azur parfemé d'étoiles d'or,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
l'autre terreftre , & tous deux montés fur des ho
rizons & des confoles dorés ; avec un autre Ouvrage
de Méchanique éxécuté par les Diles Paffemant
fes filles , & repréfentant un Château élevé
fur une montagne couverte de divers objets , où
l'on remarque trente- deux figures mouvantes.
Le fieur de Saintfoix eut l'honneur de préfenter
, le 21 du nrois dernier , à Leurs Majeſtés , ainfi
qu'à la Famille Royale , une nouvelle Edition de
les Effais hiftoriques fur Paris.
. Le fieur Puget de Saint-Pierre a eu l'honneur
de préfenter , le 24 , à Monfeigneur le Duc de
Berry & à Monseigneur le Comte d'Artois l'Hif
toire des Drufes , Peuple du Liban , formé par une
Colonie de François , Ouvrage dont Monteigneur
le Duc de Berry a bien voulu accepter la Dédicace .
Le 29 , le fieur de Neuve- Eglife , ancien Officier
de Cavalerie , & le fieur Delagrange , Directeur
de l'Entreprife générale de l'Armée , Dépu
tés de la Société qui s'eft chargée de la compofi
tion du Corps complet de l' Agriculture , du Com-
& des Arts & Métiers de France , dédié au
Roi ; ont eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
& à Monfeigneur le Dauphin , le fecond Volume
de la partie de l'Agriculture & de celle du Corps
d'Obfervations de cette Société . Ces deux Volumes
font les derniers des fix qui doivent être donnés
au Public pour 1762 , fous le titre de l'Agronomie
& de l'Induftrie , & la Société ſe prépare à
faire faire la diftribution des neuf Volumes pour
1763.
merce ,
· Le même jour , le fils du feur Delpon , ancien
Capitaine de Dragons , âgé de cinq ans , & neveu
de l'un des Auteurs de l'Agronomie , a eu l'honneur
de préfenter à Monfeigneur le Comte d'Artois
les deux Volumes de cet Ouvrage , & ce
Prince a bien voulu lui permettre de faire , fous
JUILLET. 1763. 199
fon commandement les évolutions militaires.
L'Abbé de Burle de Réal de Curbon , a eu l'honneur
de présenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur
le Dauphin & à Madame Adélaide , la troifiéme
partie de la Science du Gouvernement , contenant le
droit public, Quvrage dédié à Monſeigneur le
Dauphin.
Le fieur de Vilevaulo , Maître des Requêtes , &
le fieur de Brequigny , de l'Académie Royale des
Infcriptions & Belles- Lettres , ont préſenté à Sa
Majefté le dixiéme Volume des Ordonnances des
Rois de France de la troifiéme Race , recueillies
par ordre , chronologique. Ce Volume contient
les Ordonnances de Charles VI. données depuis
le commencement de l'année 1411 ,juſqu'à la fin
de l'année 14 18%.
" Le 19, de ce mois , l'Abbé Coyer a eu l'honneur
de préfenter à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
& à Meldames , un Difcours qu'il a prononcé
le & Mai dernier pour fa réception à l'Académie
Royale des Sciences & Belles Lettres de Nancy.
>
Sa Majefté , par fupplément à la derniere!
Promotion vient de nommer au grade de
Maréchal de Camp , le feur Thomaflin , Capitaine
d'une Compagnie d'Ouvriers ; le Mar
quis d'Efquelbecq , Sous-Lieutenant des Chevaux-
Légers du Roi ; le fieur de la Roque , Lieutenant-
Colonel du Régiment de Cavalerie de Chartres ;
le fieur de Roquemore , Lieutenant- Colonel du
Régiment d'Infanterie de la Reine ; le Chevalier
de Montreuil , Lieutenant Colonel d'Infanterie ;
le fieur de Luberfac , Sous- Lieutenant des Chevaux-
Légers du Roi ; le Marquis de Tracy ,
Capitaine- Lieutenant des Gendarmes de Flandre :
le Marquis de Torcy , Capitaine- Lieutenant des
Chevaux - Légers de Monfeigneur le Dauphin :
I iv
200 MERCURE DE FRANCE :
le Marquis de Clermont-Tonnerre , Meftre- de
Camp- Commandant du Régiment du Meftrede-
Camp-Général de la Cavalerie : le fieur de
la Source , Major du Régiment de Cavalerie
d'Artois ; le Comte de Jaucourt , Capitaine
Lieutenant des Gendarmes d'Orléans ; Ïe Marquis
de Foffeufe , Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Reine ; le Comte de Sommievre ;
Capitaine-Lieutenant des Chevaux-Légers de la
Reine ; le Comte de Puyfegur Colonel du
Régiment de Normandie ; le Marquis de Timbrune
, Colonel du Régiment de Vermandois ;
le Comte de la Tour-du Pin -Paulin , Colonel
lu Régiment de Piémont ; le Comte de Chabrillant
, Meftre- de-Camp d'un Régiment de
Dragons ; le Marquis de Villeroy , Colonel du
Régiment de Lyonnois ; le Comte de Chabot ,
Meftre-de Camp du Régiment Royal- Etranger
le Marquis de Boufflers , ci- devant Colonel du
Régiment d'Infanterie de Monfeigneur le Dau
phin ; le Comte de Conflans , Colonel d'un Régiment
de Dragons , Chaffeurs ; le Comte de
Durfort , Colonel du Régiment de Picardie ; le
Comte de Schonberg , Meftre- de-Camp d'un
Régiment de Dragons ; le Comte de Choifeulla-
Baume , Meftre- de-Camp d'un Régiment de
Dragons ; le fieur de Valliere , Colonel de la
Légion Royale ; le fieur Charpentier d'Ennery ,
Meftre- de- Camp de Dragons ; le Chevalier de
Sarasfield , Meftre - de- Camp réformé de Cava-.
lerie ; le feur de Grand- Maiſon , Colonel des>
Volontaires du Haynault.
Le Roi a difpofé des Régimens vacans de la
maniere fuivante.
INFANTERIE .
Picardie le Comte " de Lévis , Colonel de
JUILLET. 1763 . 201
Royal-Rouffillon . Piémont , le Comte de Grave ,
Colonel du Régiment de Provence . Normandie,
le Comte de Hautefeuille , Colonel de Rouergue.
Lyonnois , le Marquis de Bouzols , Colonel
de Bourgogne . Royal-Rouffillon , le fieur
de Villeneuve de Trans , Capitaine au Régiment
du Roi. Rouergue , le fieur de Bloffet ,
Capitaine au Régiment du Roi . Vermandois , le
fieur de Malartic , Major de Royal - Comtois.
Provence , le Chevalier de Virieu , Exempt des
Gardes du Corps . Bourgogne , le fieur de Luker
Capitaine du Regiment de Fitz -James.
TROUPES LÉGÉRES.
Légion Royale , le Marquis de Nicolay- Dolny,
Meftre-de- Camp de Dragons. Légion du Hay
nault , le Baron de Viomefnil , ci- devant Colomel
du Régiment des Volontaires du Dauphiné.
CAVALERIE.
Royal- Etranger, le fieur de Vernaſſal , Capitaine
réformé du. Régiment de Languedoc , Dragons.
DRAGON´S
Choifeul , le Comte de Cuftine , Capitaine de
Schonberg. Chabrillant , le Chevalier de Mont
recler , Capitaine de Bauffremont . Nicolay , le
Chevalier de Lanans , Capitaine de Schonberg.
›
Le Roi a rendu une Ordonnance , du ƒ de ce
moi concernant la Gendarmerie. Suivant les
difpofitions qu'elle renferme, les dix Compagnies
des Gendarmes Ecoffois , Anglois , Bourguignons ,
de,Flandre , de la Reine , Dauphin , de Berry, de
Provence , d'Artois & d'Orléans feront confervées
fur pied & dans le même rang dont elles jouiffent
actuellement. Les fix Compagnies de Chevaux-
Légers de la Reine, Dauphin , de Berry , de Pro
Iv
262 MERCURE DE FRANCE .
vence , d'Artois & d'Orléans feront fupprimées &
incorporées dans les fix Compagnies de Gendarmes
qui font fous le même titre. Comme'il y aura
deux Officiers de chaque grade dans chacune des
fix Compagnies qui auront reçu cette incorporation,
le moins ancien de chaque grade fera réformé
. Chacune defdites Compagnies de Gendarmes
confervées formera à l'avenir un Efcadron ,
& continuera d'être commandée par un Capitaine-
Lieutenant, un Sous- Lieutenant & un Guidon ; il
fera établi trois Fourriers & douze places de Gendarmes
Appointés ; au moyen de quoi chaque
Compagnie fera compofée de trois Brigadiers ,
trois Sous- Brigadiers , un Porte- Etendard , trois
Fouriers , douze Gendarmes Appointés , quatrevingt-
quatre Gendarmes & trois Trompettes. Il
fera établi dans l'Etat-Major deux Sous-Aides-
Majors de plus , qui auront rang de prémiers Maréchaux
des Logis , & deux places de Fourriers-
Majors , lefquels auront rang de derniers Maréchaux
des Logis. L'Etat- Major fera compofé d'un
Major- Inspecteur du Corps , d'un Aide-Major ,
de quatre Sous- Aides-Majors , deux Fourriers-
Majors , deux Aumôniers & d'un Timbalier, Sa
Majefté a auffi réglé de la maniere fuivante une
paye , qui fera la même en temps de paix & en
tems de guerre. A chaque Capitaine- Lieutenant ,
9500 livres par an ; à chaque Sous- Lieutenant
6500 liv . à chaque Enfeigne , 4000 liv . à chaque
Guidon , 3000 liv. à chaque Maréchal des Logis ,
1230 liv. à chaque Brigadier ou Sous- Brigadier,
648 liv . à chaque Porte- Etendard , 540 livres à
chaque Fourrier , 480 liv. à chaque Gendanine
Appointé , 378 liv , à chaque Gendarme , 324 liv.
à chaque Trompette, 396 liv. ETAT- MAJOR.
Au Major , pour tout traitement & frais d'inſpec- -
"
JUILLET. 1763. 2.03
tion , 12000 liv ; l'Aide-Major , 6000 liv, à chacun
des deux premiers Sous-Aides- Majors , 2000
liv. à chacun des feconds Sous-Aides-Majors ,
1600 liv. à chacun des deux Fourriers- Majors ,
1200 liv. au premier Aumônier , en fupprimant
la retenue qui fe faifoit en la faveur pour le
port
de la Chapelle , 1200 liv . au fecond Aumônier
720 liv. au Timbalier , 396 liv.
eux ,
"
Au moyen de ce traitement , toutes les penfions
attachées aux charges d'Officiers fupérieurs , de
ceux de l'Etat- Major & aux places d'anciens Maréchaux
des Logis , Brigadiers & Gendarmes.
ainsi que les gratifications accordées pour le détail
aux Officiers de l'Etat- Major, feront fupprimées ,
à commencer du jour de la nouvelle compofition.
Les Gendarmes qui auront fervi vingt ans , &
qui fe trouveront hors d'état de continuer leurs
fervices , auront le choix , ou d'être reçus à l'Hôtel
Royal des Invalides , comme Lieutenans de
Cavalerie , ou de fe retirer chez & non ailleurs
, avec leur folde entiere . Ceux qui n'auront
pas vingt ans de fervice , mais qui , pour raifon
de bleffures confidérables reçues à la guerre , feroient
hors d'état de continuer , feront auffi reçus
dans le mênte Hôtel comme Lieutenans , ou ſe
retireront chez eux avec la moitié de leur folde.
Ceux enfin qui n'auront vingt ans de fervice qu'au
moyen du temps qu'ils auront paffé antérieurement
dans d'autres Corps, pourront dans le même
cas être reçus dans le même Hôtel , comme Bas-
Officiers , ou fe retirer chez eux avec la moitié de
leur folde. Les Gendarmes excédans le nombre
fixé feront réformés , & il leur fera donné des
congés pour fe retirer chez eux , avec leurs habit ,
chapeau & épée , & 36 liv . de gratification . Cette
Ordonnance contient plufieurs autres difpofitions
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
relatives aux fonctions & au choix des Officiers
& Gendarmes , au prix des charges des Officiers
ſupérieurs , à l'habillement , au taux & au rembourſement
des brevets de retenue , &c.
Le Vendredi 27 du mois dernier , la Cour a pris
un deuil de huit jours , pour le Margrave Frédéric
de Brandebourg Culmback , mort à Bareith , le
26 Février dernier .
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint- Efprit , s'étant affemblés , le 22
du mois dernier vers les onze heures du matin ,
dans le Cabinet du Roi , Sa Majesté fortit de fon
Appartement, pour aller à la Chapelle : Elle étoit
accompagnée de Monfeigneur le Dauphin , du
Duc de Chartres , du Prince de Condé , du Comte
de Clermont , du Prince de Conti , du Comte de la
Marche , du Comte d'Eu , du Duc de Penthieyre ,
du Prince de Lamballe , & des Chevaliers , Com
mandeurs & Officiers de l'Ordre. Sa Majefté , de
vant qui les deux Huiffiers de la Chambre portoient
leurs Maffes , étoit en Manteau , le Collier
de l'Ordre pardeffus , ainfi que celui de la Toiſon
d'or. L'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre , officia ; & après la Melle chantée par la
Mufique du Roi, Sa Majefté fut reconduite à fon
appartement , en la maniere accoutumée.
Le 24 , le Comte de Cantillana , Ambaffa deur
Extraordinaire du Roi des Deux-Siciles , eut une
Audience particuliere du Roi , dans la quelle il
préfenta à Sa Majefté le Prince Sanfeverino , Miniftre
Plénipotentaire de Naples à la Cour de
Portugal. Il fut conduit à cette Audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
par le fieur Dufort , Introducteur des Ambaffadeurs.
Le Duc de Nivernois , de retour de fon Ambaffade
à la Cour de Londres , s'eft rendu ici le
29, & a été préſenté à Leurs Majeſtés & à la Famille
Royale , par le Duc de Praflin .
Le même jour , la Ducheffe de Bedfort a pris
congé du Roi , de la Reine & de la Famille Royale.
Le 30 , la Comteffe de Henneberg , après
avoir pris congé de la Cour , eft partie pour le
rendre à Luneville , & de là à Plombières.
Le 7 de ce mois , le Duc de Bedford , Ambaffadeur
Extraordinaire de la Cour de Londres , eur
une audience particulière du Roi , dans laquelle
il remit fes Lettres de Rappel & prit congé de Sa
Majefté.
Le fieurTiepolo , Ambaffadeur de la République
de Venife , en eut auffi une particulière , dans
laquelle il préfenta à Sa Majefté les fieurs Morofini
& Guerini , Ambaffadeurs de la même République
, revenans de la Cour de Londres. Le Duc de
Bedfort & le fieur de Tiepolo furent conduits à
cette audience , ainfi qu'à celles de la Reine &
de la Famille Royale , par le fieur Dufort , Introducteur
des Amballadeurs.
Le même jour , le Comte Dubois de la Mothe
prêta ferment entre les mains de Sa Majesté en
qualité de Vice - Amiral ..
Les Députés des Etats d'Artois eurent le 9 audience
du Roi. Ils furent préfentés à Sa Majefté
par le Duc de Chaulnes , Gouverneur de la Province
, & par le Duc de Choifeul , Miniftre & Secrétaire
d'État de la Guerre & de la Marine , ayant
le Département de cette Province ; & conduits
par le Marquis de Dreux , Grand- Maître des Cérémonies
, & par le fieur Deſgranges , Maître
JUILLET. 1763. 197
des Cérémonies. La Députation étoit composée,
pour le Clergé , de l'Evêque de Saint Omer , qui
porta la parole ; du Marquis de Grény , pour la
Nobleffe ; du fieur Decanchy pour le Tiers - Erat.
Le même jour , la Comteffe de Sade fut préſentée
à Leurs Majeftés , ainfi qu'à la Famille Royale,
par Mademoiſelle de Sens ; la Comtelle de Vogué ,
par la Marquife de Sourches , & la Marquise de
Miran , par la Comtelle de Marfan.
Le fieur de la Caze , fils , qui vient d'obtenir la
furvivance de la place de la première Préfidence de
Pau , a fait , en cette qualité , fes remercîmens au
Roi.
Le 12, Leurs Majeftés & la Famille Royale
fignerent le contrat de mariage du Duc de la Trémoille
avec la Princelle Marie de Salm .
Celui du Marquis du Tillet , Colonel du Régiment
Royal , avec la Dile de Pellar de Bebbral ;
le 13 , celui du Marquis de Montmirel avec la
Dame de Lanmary ; & le^ 21 , celui du Comte
d'Avrimenil avec la Demoiſelle de Furgen.
Le 13 , l'Evêque de Condom prêta ferment
entre les mains de Sa Majefté , & l'Evêque de
Lefcar le 18.
Le Roi a donné le Prieuré de S. Thomas de la
Bloutière , Ordre de S. Auguftin , Diocèfe de
Coutance , à l'Abbé d'Audiftret , ancien Vicaire-
Général & Official du Cardinal Ottoboni.
La Cour a pris le Deuil pour 8 jours à l'occaſion
de la mort de Marie- Victoire - Anne de Savoye ,
Princeffe de Carignan.
Le fieur Paffemant , Ingénieur du Roi , déja
connu par plufieurs ouvrages de Méchanique d'une
invention heureufe & d'un travail précieux , a eu
l'honneur de préfenter à Sa Majefté deux globes ,
Bun célefte d'un fond d'azur parfemé d'étoiles d'or,
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
l'autre terreftre , & tous deux montés fur des ho
rizons & des confoles dorés ; avec un autre Ouvrage
de Méchanique éxécuté par les Diles Paffemant
fes filles , & repréfentant un Château élevé
fur une montagne couverte de divers objets , où
l'on remarque trente- deux figures mouvantes.
Le fieur de Saintfoix eut l'honneur de préfenter
, le 21 du nrois dernier , à Leurs Majeſtés , ainfi
qu'à la Famille Royale , une nouvelle Edition de
les Effais hiftoriques fur Paris.
. Le fieur Puget de Saint-Pierre a eu l'honneur
de préfenter , le 24 , à Monfeigneur le Duc de
Berry & à Monseigneur le Comte d'Artois l'Hif
toire des Drufes , Peuple du Liban , formé par une
Colonie de François , Ouvrage dont Monteigneur
le Duc de Berry a bien voulu accepter la Dédicace .
Le 29 , le fieur de Neuve- Eglife , ancien Officier
de Cavalerie , & le fieur Delagrange , Directeur
de l'Entreprife générale de l'Armée , Dépu
tés de la Société qui s'eft chargée de la compofi
tion du Corps complet de l' Agriculture , du Com-
& des Arts & Métiers de France , dédié au
Roi ; ont eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
& à Monfeigneur le Dauphin , le fecond Volume
de la partie de l'Agriculture & de celle du Corps
d'Obfervations de cette Société . Ces deux Volumes
font les derniers des fix qui doivent être donnés
au Public pour 1762 , fous le titre de l'Agronomie
& de l'Induftrie , & la Société ſe prépare à
faire faire la diftribution des neuf Volumes pour
1763.
merce ,
· Le même jour , le fils du feur Delpon , ancien
Capitaine de Dragons , âgé de cinq ans , & neveu
de l'un des Auteurs de l'Agronomie , a eu l'honneur
de préfenter à Monfeigneur le Comte d'Artois
les deux Volumes de cet Ouvrage , & ce
Prince a bien voulu lui permettre de faire , fous
JUILLET. 1763. 199
fon commandement les évolutions militaires.
L'Abbé de Burle de Réal de Curbon , a eu l'honneur
de présenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur
le Dauphin & à Madame Adélaide , la troifiéme
partie de la Science du Gouvernement , contenant le
droit public, Quvrage dédié à Monſeigneur le
Dauphin.
Le fieur de Vilevaulo , Maître des Requêtes , &
le fieur de Brequigny , de l'Académie Royale des
Infcriptions & Belles- Lettres , ont préſenté à Sa
Majefté le dixiéme Volume des Ordonnances des
Rois de France de la troifiéme Race , recueillies
par ordre , chronologique. Ce Volume contient
les Ordonnances de Charles VI. données depuis
le commencement de l'année 1411 ,juſqu'à la fin
de l'année 14 18%.
" Le 19, de ce mois , l'Abbé Coyer a eu l'honneur
de préfenter à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
& à Meldames , un Difcours qu'il a prononcé
le & Mai dernier pour fa réception à l'Académie
Royale des Sciences & Belles Lettres de Nancy.
>
Sa Majefté , par fupplément à la derniere!
Promotion vient de nommer au grade de
Maréchal de Camp , le feur Thomaflin , Capitaine
d'une Compagnie d'Ouvriers ; le Mar
quis d'Efquelbecq , Sous-Lieutenant des Chevaux-
Légers du Roi ; le fieur de la Roque , Lieutenant-
Colonel du Régiment de Cavalerie de Chartres ;
le fieur de Roquemore , Lieutenant- Colonel du
Régiment d'Infanterie de la Reine ; le Chevalier
de Montreuil , Lieutenant Colonel d'Infanterie ;
le fieur de Luberfac , Sous- Lieutenant des Chevaux-
Légers du Roi ; le Marquis de Tracy ,
Capitaine- Lieutenant des Gendarmes de Flandre :
le Marquis de Torcy , Capitaine- Lieutenant des
Chevaux - Légers de Monfeigneur le Dauphin :
I iv
200 MERCURE DE FRANCE :
le Marquis de Clermont-Tonnerre , Meftre- de
Camp- Commandant du Régiment du Meftrede-
Camp-Général de la Cavalerie : le fieur de
la Source , Major du Régiment de Cavalerie
d'Artois ; le Comte de Jaucourt , Capitaine
Lieutenant des Gendarmes d'Orléans ; Ïe Marquis
de Foffeufe , Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Reine ; le Comte de Sommievre ;
Capitaine-Lieutenant des Chevaux-Légers de la
Reine ; le Comte de Puyfegur Colonel du
Régiment de Normandie ; le Marquis de Timbrune
, Colonel du Régiment de Vermandois ;
le Comte de la Tour-du Pin -Paulin , Colonel
lu Régiment de Piémont ; le Comte de Chabrillant
, Meftre- de-Camp d'un Régiment de
Dragons ; le Marquis de Villeroy , Colonel du
Régiment de Lyonnois ; le Comte de Chabot ,
Meftre-de Camp du Régiment Royal- Etranger
le Marquis de Boufflers , ci- devant Colonel du
Régiment d'Infanterie de Monfeigneur le Dau
phin ; le Comte de Conflans , Colonel d'un Régiment
de Dragons , Chaffeurs ; le Comte de
Durfort , Colonel du Régiment de Picardie ; le
Comte de Schonberg , Meftre- de-Camp d'un
Régiment de Dragons ; le Comte de Choifeulla-
Baume , Meftre- de-Camp d'un Régiment de
Dragons ; le fieur de Valliere , Colonel de la
Légion Royale ; le fieur Charpentier d'Ennery ,
Meftre- de- Camp de Dragons ; le Chevalier de
Sarasfield , Meftre - de- Camp réformé de Cava-.
lerie ; le feur de Grand- Maiſon , Colonel des>
Volontaires du Haynault.
Le Roi a difpofé des Régimens vacans de la
maniere fuivante.
INFANTERIE .
Picardie le Comte " de Lévis , Colonel de
JUILLET. 1763 . 201
Royal-Rouffillon . Piémont , le Comte de Grave ,
Colonel du Régiment de Provence . Normandie,
le Comte de Hautefeuille , Colonel de Rouergue.
Lyonnois , le Marquis de Bouzols , Colonel
de Bourgogne . Royal-Rouffillon , le fieur
de Villeneuve de Trans , Capitaine au Régiment
du Roi. Rouergue , le fieur de Bloffet ,
Capitaine au Régiment du Roi . Vermandois , le
fieur de Malartic , Major de Royal - Comtois.
Provence , le Chevalier de Virieu , Exempt des
Gardes du Corps . Bourgogne , le fieur de Luker
Capitaine du Regiment de Fitz -James.
TROUPES LÉGÉRES.
Légion Royale , le Marquis de Nicolay- Dolny,
Meftre-de- Camp de Dragons. Légion du Hay
nault , le Baron de Viomefnil , ci- devant Colomel
du Régiment des Volontaires du Dauphiné.
CAVALERIE.
Royal- Etranger, le fieur de Vernaſſal , Capitaine
réformé du. Régiment de Languedoc , Dragons.
DRAGON´S
Choifeul , le Comte de Cuftine , Capitaine de
Schonberg. Chabrillant , le Chevalier de Mont
recler , Capitaine de Bauffremont . Nicolay , le
Chevalier de Lanans , Capitaine de Schonberg.
›
Le Roi a rendu une Ordonnance , du ƒ de ce
moi concernant la Gendarmerie. Suivant les
difpofitions qu'elle renferme, les dix Compagnies
des Gendarmes Ecoffois , Anglois , Bourguignons ,
de,Flandre , de la Reine , Dauphin , de Berry, de
Provence , d'Artois & d'Orléans feront confervées
fur pied & dans le même rang dont elles jouiffent
actuellement. Les fix Compagnies de Chevaux-
Légers de la Reine, Dauphin , de Berry , de Pro
Iv
262 MERCURE DE FRANCE .
vence , d'Artois & d'Orléans feront fupprimées &
incorporées dans les fix Compagnies de Gendarmes
qui font fous le même titre. Comme'il y aura
deux Officiers de chaque grade dans chacune des
fix Compagnies qui auront reçu cette incorporation,
le moins ancien de chaque grade fera réformé
. Chacune defdites Compagnies de Gendarmes
confervées formera à l'avenir un Efcadron ,
& continuera d'être commandée par un Capitaine-
Lieutenant, un Sous- Lieutenant & un Guidon ; il
fera établi trois Fourriers & douze places de Gendarmes
Appointés ; au moyen de quoi chaque
Compagnie fera compofée de trois Brigadiers ,
trois Sous- Brigadiers , un Porte- Etendard , trois
Fouriers , douze Gendarmes Appointés , quatrevingt-
quatre Gendarmes & trois Trompettes. Il
fera établi dans l'Etat-Major deux Sous-Aides-
Majors de plus , qui auront rang de prémiers Maréchaux
des Logis , & deux places de Fourriers-
Majors , lefquels auront rang de derniers Maréchaux
des Logis. L'Etat- Major fera compofé d'un
Major- Inspecteur du Corps , d'un Aide-Major ,
de quatre Sous- Aides-Majors , deux Fourriers-
Majors , deux Aumôniers & d'un Timbalier, Sa
Majefté a auffi réglé de la maniere fuivante une
paye , qui fera la même en temps de paix & en
tems de guerre. A chaque Capitaine- Lieutenant ,
9500 livres par an ; à chaque Sous- Lieutenant
6500 liv . à chaque Enfeigne , 4000 liv . à chaque
Guidon , 3000 liv. à chaque Maréchal des Logis ,
1230 liv. à chaque Brigadier ou Sous- Brigadier,
648 liv . à chaque Porte- Etendard , 540 livres à
chaque Fourrier , 480 liv. à chaque Gendanine
Appointé , 378 liv , à chaque Gendarme , 324 liv.
à chaque Trompette, 396 liv. ETAT- MAJOR.
Au Major , pour tout traitement & frais d'inſpec- -
"
JUILLET. 1763. 2.03
tion , 12000 liv ; l'Aide-Major , 6000 liv, à chacun
des deux premiers Sous-Aides- Majors , 2000
liv. à chacun des feconds Sous-Aides-Majors ,
1600 liv. à chacun des deux Fourriers- Majors ,
1200 liv. au premier Aumônier , en fupprimant
la retenue qui fe faifoit en la faveur pour le
port
de la Chapelle , 1200 liv . au fecond Aumônier
720 liv. au Timbalier , 396 liv.
eux ,
"
Au moyen de ce traitement , toutes les penfions
attachées aux charges d'Officiers fupérieurs , de
ceux de l'Etat- Major & aux places d'anciens Maréchaux
des Logis , Brigadiers & Gendarmes.
ainsi que les gratifications accordées pour le détail
aux Officiers de l'Etat- Major, feront fupprimées ,
à commencer du jour de la nouvelle compofition.
Les Gendarmes qui auront fervi vingt ans , &
qui fe trouveront hors d'état de continuer leurs
fervices , auront le choix , ou d'être reçus à l'Hôtel
Royal des Invalides , comme Lieutenans de
Cavalerie , ou de fe retirer chez & non ailleurs
, avec leur folde entiere . Ceux qui n'auront
pas vingt ans de fervice , mais qui , pour raifon
de bleffures confidérables reçues à la guerre , feroient
hors d'état de continuer , feront auffi reçus
dans le mênte Hôtel comme Lieutenans , ou ſe
retireront chez eux avec la moitié de leur folde.
Ceux enfin qui n'auront vingt ans de fervice qu'au
moyen du temps qu'ils auront paffé antérieurement
dans d'autres Corps, pourront dans le même
cas être reçus dans le même Hôtel , comme Bas-
Officiers , ou fe retirer chez eux avec la moitié de
leur folde. Les Gendarmes excédans le nombre
fixé feront réformés , & il leur fera donné des
congés pour fe retirer chez eux , avec leurs habit ,
chapeau & épée , & 36 liv . de gratification . Cette
Ordonnance contient plufieurs autres difpofitions
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
relatives aux fonctions & au choix des Officiers
& Gendarmes , au prix des charges des Officiers
ſupérieurs , à l'habillement , au taux & au rembourſement
des brevets de retenue , &c.
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Résumé : De VERSAILLES, le 22 Juin 1763.
En juin 1763, la cour de Versailles observa plusieurs événements marquants. Le 22 juin, un deuil de huit jours fut décrété en mémoire du Margrave Frédéric de Brandebourg Culmback, décédé en février précédent. Le 22 mai, les membres de l'Ordre du Saint-Esprit se réunirent pour une messe à la chapelle, où le roi, accompagné de princes et dignitaires, portait les insignes des ordres du Saint-Esprit et de la Toison d'or. Le 24 mai, le Comte de Cantillana présenta le Prince Sanfeverino, ministre plénipotentiaire de Naples à la cour du Portugal, et le Duc de Nivernois, de retour de Londres, fut présenté aux souverains. La Duchesse de Bedford prit congé le même jour. Le 30 mai, la Comtesse de Henneberg quitta la cour pour se rendre à Luneville puis à Plombières. Le 7 juin, le Duc de Bedford remit ses lettres de rappel au roi, et l'ambassadeur de Venise présenta les ambassadeurs Morosini et Guerini. Le Comte Dubois de la Mothe prêta serment en tant que Vice-Amiral, et les députés des États d'Artois furent reçus par le roi le 9 juin. Plusieurs contrats de mariage furent signés, notamment celui du Duc de la Trémoille avec la Princesse Marie de Salm. Un deuil de huit jours fut également observé pour la Princesse Marie-Victoire-Anne de Savoie. Différents ouvrages furent présentés au roi, tels que des globes et mécanismes par l'ingénieur Passemant, une nouvelle édition des 'Essais historiques sur Paris' par Saint-Foix, et l''Histoire des Druzes' par Puget de Saint-Pierre. La Société d'Agriculture, du Commerce et des Arts et Métiers de France présenta des volumes sur l'agriculture et les arts. Le roi nomma plusieurs officiers au grade de Maréchal de Camp et disposa des régiments vacants. Une ordonnance concernant la gendarmerie fut publiée, précisant les compagnies conservées et supprimées, ainsi que les nouvelles structures et paies. Les gendarmes ayant servi vingt ans et incapables de continuer leurs services pouvaient choisir entre être reçus à l'Hôtel Royal des Invalides ou se retirer chez eux avec leur solde entière. Ceux ayant moins de vingt ans de service mais blessés pouvaient également être reçus comme Lieutenants ou se retirer avec la moitié de leur solde. Les gendarmes atteignant vingt ans de service grâce à leur temps passé dans d'autres corps pouvaient être reçus comme Bas-Officiers ou se retirer avec la moitié de leur solde. Les gendarmes excédant le nombre fixé étaient réformés et recevaient des congés avec leurs habits, chapeau, épée et une gratification de 36 livres.
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91
p. 198-206
De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
Début :
Le Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché de Mâcon ; & à l'Evêché [...]
Mots clefs :
Abbaye, Ordre, Diocèse, Évêché, Abbé, Honneur, Famille royale, Comte, Marquis, Monseigneur, Académie, Chevalier, Parlement, Ministres, Commandeur, Princesse, Ministre plénipotentiaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
De VERSAILLES , le 31 Décembre 1763.
La Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché.
de Mâcon ; & à l'Evêché de Vence l'Abbé de
Lorry , Vicaire-Général du Diocèfe de Rouen :
à l'Abbaye de Vallemont , Ordre de Saint Be
noît , Diocèle de Rouen , l'Abbé Desforges ,
Vicaire Général du Diocèfe du Mans ; à l'Ab- .
baye de Previlly , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Sens , l'Abbé de Trudaine , Vicaire- Général du
Diocèſe de Senlis ; à l'Abbaye de Saint Manfuy ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Toul , l'Abbé
Bertin , Confeiller d'Etat ; à l'Abbaye de Saint
Sauveur de Blaye , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Bourdeaux , l'Abbé de Pingon , Comte de
Lyon , Vicaire Général du Diocèle de Vienne ; à
l'Abbaye de la Prée , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Bourges , l'Evêque d'Apollonie ; à l'Abbaye
de Saint Georges des Bois , Ordre de Saint Au
guftin , Diocèfe du Mans , l'Abbé de Pujols ,
Vicaire-Général du Diocèfe de Blois ; à l'Abbaye
Saint Vincent du Mans , Ordre de Saint Benoît
l'Evêque d'Orléans à l'Abbaye de Saint Alire ,
même Ordre , Diocèfe de Clermont , l'Archevêque
de Lyon , à l'Abbaye de Saint Auguftin de
Limoges , même Ordre de Saint Benoît , l'Abbé
de Veri , Auditeur de Rote; à l'Abbaye de Saint-
Sulpice de Bourges , même Ordre , l'Abbé le
Noir , Confeiller Clerc au Parlement de Paris
-
:
JANVLER . 1764. 1.99
à l'Abbaye de Chezal , même Ordre , l'Abbé
Gougenot , Confeiller - Clerc au Grand- Confeil
& à l'Abbaye de Saint Martin de Séez , même
Ordre , l'Abbé de Foy ; à l'Abbaye de Laval-
Brefliere , Ordre de Citeaux , Diocèle de Vienne
la Dame de Boiffac ,,Religieufe du Monaftere de
Montfleury , Diocèle de Grenoble ; & à l'Abbaye
de la Scauve , Ordre de Citeaux , Diocèle du ,
Puy, la Dame de Montmorin , Abbeffe de l'Abbaye,
de Clavas , du même Ordre & du même Diocèle :
Cette derniere Abbaye éteinte & demeurera
Ter
unie à celle de la Scauve.
Sa Majesté a nommé Aumônier de la Reine`
l'Abbé de Chilleau , Grand- Vicaire du Diocèſe,
de Metz .
La Ducheffe de Beauvilliers fut préfentée le 27
du mois dernier , à Leurs Majeftés & à la Famille.
Royale par la Ducheffe de Saint Aignan , & prit
enfuite le tabouret chez la Reine.
Le 29 du même mois , le Baron de Gleicken
Envoyé Extraordinaire de la Cour de Dannemarck
, a préfenté à Sa Majefté , de la part du
Roi fon Maître , cinquante- huit faucons d'Iflande.
Le Roi a nommé au Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Vicomte de Belfunce
, le Marquis de Vibraye , Lieutenant- Général
de fes Armées , & a bien voulu , en confidération
des fervices de cet Officier , lui accorder la
première Place de Commandeur qui vaquera
dans l'Ordre de Saint Louis. En conféquence , le
Marquis de Vibraye a eu l'honneur de remercier
Sa Majefté le 24 du même mois , & a prêté ferment
le 30 entre les mains du fieur de Maupeou,
Garde des Sceaux , Vice- Chancelier.
Le même jour , la Comtelfe de Holderneff fut
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Maréchale de Mirepoix ; & le Chevalier du
Buat , Miniftre du Roi auprès de la Diéte Générale
de l'Empire , prit congé de Sa Majefté pour
retourner à Ratisbonne.
Le i de ce mois , le Marquis de Villeroy prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté , pour le
Gouvernement du Lyonnois , du Forez & du
Beaujollois.
Le 4 , la Comteffe de Gacé , préfentée par la
Princeffe de Monaco , fit ſes révérences à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale.
Le même jour , le Baron de Zuckmantel, Maréchal
de Camp , l'un des Directeurs de la Nobleffe
immatriculée de la Baffe - Alface , & nommé
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de
l'Electeur de Saxe , prit congé de Sa Majesté à.
qui il fut préfenté par le Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département
des Affaires Etrangères .
Le 6 , on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour le repos de l'ame.
de Louife-Elifabeth de France , Ducheffe de Parme.
La Reine y a affifté , ainſi que Mgr le Dauphin
, Madame Adélaïde , & Mefdames Sophie
& Louife.
Le 8 , la Marquise de Pons fut préſentée à
Leurs Majeftés , ainſi qu'à la Famille Royale ,
par la Comtelle de Pons- Saint- Maurice.
Le 11 , la Marquife de Chalmazel , accompagnée
de la Marquife de Tallara & de la Marquife
de Caftries , fit fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le fieur Bertin , Contrôleur-Général des Fid
nances , ayant demandé au Roi la permiſſion dé
fe démettre de fa Place , Sa Majefté y a nommé le
JANVIER. 1764. 201
Sieur de L'Averdy, Conſeiller au Parlement de Paris
, & a rétabli en faveur du Sr Bertin , une Charge
de Secrétaire d'Etat qui avoit été fupprimée.
Le 13 , le Comte de Stharemberg , Ambaſſadeur
de la Cour de Vienne , eut une audience
particulière du Roi , à qui il notifia , de la part
de Leurs Majeftés Impériales & Royale , la mort
de l'Archiducheffe Infante . Il fut conduit , en
long manteau de deuil , à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaf
fadeurs. Le 15 , la Cour a pris le deuil , à cette
occafion , pour trois ſemaines.
La Marqnife de Pons , ayant été nommée par
Sa Majefté Dame pour accompagner Madame la
Dauphine , a eu l'honneur d'être préfentée au
Roi en cette qualité.
Le 18 , le fieur Bertin prêta ferment , entre les
mains de Sa Majefté , en qualité de Secrétaire
d'Etat. Le même jour , le Marquis de Bauffer ,
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice
de Ruffie , prit congé de Sa Majesté pour
fe rendre à fa deſtination .
Le 21 , la Comteffe de Virieu fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la Marquife
de Sourches.
Le 27 , la Comteffe de Sparre de Cronneberge
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Comteffe de Sparre , fa belle-
Soeur.
On a appris que , le 17 , l'Electeur de Saxe étoit
mort à Drefde , le troifiémejour d'une petite vérole
qu'on avoit prife d'abord pour une ébulli
tion peu dangereufe. Ce Prince s'appelloit Fréderic
- Chrétien - Léopold ; il étoit né le s Septem
bre 1722 & avoit été marié le 20 Juin 1747 à la
5
I-v
202 MERCURE DE FRANCE.
Soeur de l'Electeur de Baviere Frederic Augufte ,
Prince Electoral de Saxe , âgé de treize ans , fucèède
aux Etats du feu Electeur fon pere.
Le Marquis de Roux , de Marfeille , qui , en plafieurs
occafions , a donné des preuves de fon zèle
pour le bien de l'Etat , ayant demandé au Roi la
permiffion d'employer à la culture de fes terres
deux cens des familles étrangeres qui traverſent
le Royaume pour fe rendre à Cayenne , Sa Majefté
la lui a accordée & a donné ſes ordres en
conféquence.
Leurs Majeftés & la Famille Royale ont figné
Tes Contrats de mariage du Marquis de Beaucaire
avec Demoiselle de Hornbourg , fille du Comte
dé ce nom ; le 27 du mois dernier ) du Comte
de Sparre avec la Demoifelle Hardouin de Beaumois
, fille du Tréforier Général du Marc d'Or des
Ordres du Roi; du Marquis de Gauville avec la Demoifelle
Filleu , Dame & Patrone de S.Martin - le-
Viel des-Chenets : ( le 11'de ce mois ) da Comte
de Rouault avec la Dame de Brou , veuve du Sr
de Brou,Intendant de Rouen ; ( le 21 ) du Marquis
du Terrail avec Demoiſelle de Cruffol de Montauzier
; ( le 27 ) & du Baron de Boeil avec De
moifelle Saget , fille du fieur Saget , Confeiller
au Parlement de Paris. ľ le 28. )
Le Pere Bertier , Prêtre de l'Oratoire , a eur
T'honneur de préfenter à Sa Majesté trois volumes
de fa compofition , intitulés : Principes Phyfiques ,
"pour fervir de fuite aux Principes Mathématiques
d. Newton.
Le Baron de Zur- Lauben , Maréchal de Camp ,
commandant un bataillon de régiment des Gardes
Striffes & Honoraire Etranger de l'Académie
Royale des Infcriptons & Belles - Lettres , eut
Phonneur de préfenter le 13 de ce mois , fes Ou
A
JANVIER. 1764. 203
vrages à Monfeigneur le Duc de Berty & à Monfeigneur
le Comte de Provence : fçavoir , L'HISTOIRE
MILITAIRE des Suifes au fervice de la
France ; LES MÉMOIRES & LETTRES de Henry
Duc de Rohan ,fur la guerre de la Valteline , publiés
pour la premiere fois , & accompagnées de notes
Géographiques , Hiftoriques & Généalogiques ;
LE GÉNÉRAL D'ARMÉ E par Onofander , Ouvra➡
ge traduitdu Grec & dédié à Monfeigneur le Dauphin
; & les trois volumes de LA BIBLIOTHE
QUE Militaire , Politique & Hiftorique.
19,
Le fieur Clabault a eu l'honneur de préſenter,
fe
à Monfeigneur le Comte d'Artois un Tableau
Généalogique & Chronologique de la Maifon
Royale de France , dédié à ce Prince. Le len
demain , il a eu l'honneur de préfenter le même
Ouvrage à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine , à Monseigneur le Duc de Berry & à
Monſeigneur le Comte de Provence.
Le fieur de Saint Geniès Chevalier de Sains
Louis , & Commandant de Bataillon , a eu l'honi
neur de préfenter au Roi un Ouvrage de la com→
pofition, intitulé , l'Officier Partifan.
Le 26 , le fieur Marmontel eut l'honneur de
préfenter à Leurs Majestés & à la Famille Royale
Je Difcours qu'il a prononcé pour la réception à
P'Académie Françoife.
Du 4 Janvier 1764.
Le premier de ce mois , les Princes & Princeffes ,
ainfi que les Seigneurs & Dames de la Cour , ren
dirent leurs refpects au Roi à l'occaſion de la nouvelle
année. Le Corps de Ville de Paris eut le mê
me honneur. Les Hautbois de la Chambre exécu
terent différens morceaux de Mufique pendant le
lever de Sa Majesté.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
1
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Elprit , s'étant allemblés dans <
le Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté tint un Chapitre dans lequel Elle nomma
Chevaliers dudit Ordre , le Comte de Saulx
Tavannes, Lieutenant-Général & Chevalier d'Honneur
de la Reine , le Chevalier de Muy , Lieutenant-
Général & Menin de Monfeigneur le Dauphin ,.
le Comte du Châtelet-Lomont , Maréchal de Camp
& Ambaffadeur du Roi à la Cour de Vienne ,
& le Comte d'Eftaing , Maréchal de Camp.
Après le Chapitre , le Roi fe rendit à la Chapelle ,
précédé de Monfeigneur le Dauphin , du Duc
d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince de
Gondé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ?
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Les deux Huiffiers portoient leurs maſſes
devant Sa Majesté qui étoit revêtue du manteau :
Royal , ayant par - deffus , le Collier de l'Ordre &
celui de la Toifon d'Or. L'Evêque Duc de Langres
, Prélat Commandeur , célébra la Grand'
Meffe , à laquelle la Reine , Madame la Dauphine
, Madame Adelaide, & Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe affifterent dans la Tribune. La
quête fut faite par la Princeffe de Monaco . Après
la Meffe , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la maniere accoutumée. Il y eut le même jour
grand couvert pendant lequel les Muficiens du
Roi exécuterent plufieurs fymphonies.
•
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre affifterent , le 2 , au Service anniverſaire
qu'on célébre pour les Chevaliers défunts , & au- -
quel officia l'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre.
JANVIER 1764. 205
Le même jour , la Cour prit le deuil pour quatorze
jours , à l'occafion de la mort de l'Electeur
de Saxe.
Le 3 , le Parlement de Paris fe rendit à la Cour
pour rendre les reſpects au Roi à l'occafion de la
nouvelle année .
L'Académie Royale des Sciences a eu l'honneur
de préſenter au Roi le Volume de ſes Mémoires
pour l'année 17 ; 8. C'eft le fecond des quatre
volumes dont les fieurs le Roi , de la Lande ,
Tillet & Befout avoient été chargés par Sa Majesté
de compofer la Parrie Hiftorique & de procurer
la publication.
Les fieurs de Caffini , Camus & de Montigny ,
Membres de l'Académie Royale des Sciences , ont
préfenté au Roi une fuite de leur Carte Géographique
, c'eft -à - dire la foixante- neuviéme
Feuille N ° .175 , comprenant les Villes de Sierck,
Luxembourg & Treyes , le cours de la Mozelle
depuis Berg jufqu'à Treves , & celui de la Saxe
depuis Fremerdorfjufqu'à Conds où elle fe joint à
la Mozelle; & la foixante-dixiéme Feuille N° .165 ,-
qui comprend les Villes de Bafle, Huningue , Porrentru
, une partie du cours du Rhin & les lignes
qui féparent la France de la Suiffe .
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale des
Sciences , chargé par le Roi de compoſer chaque
année le Livre de la Connoiffance des Mouvemens
Céleftes , a eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
le Volume de cet Ouvrage , deſtiné pour l'année
prochaine 1765. Indépendamment des calculs
ordinaires faits pour l'ufage des Aftronomes & des
Navigateurs , ce Volume contient de nouvelles
Tables pour l'Aftronomie , une nouvelle théorie
fur la conftruction des Barometres , un détail cus
rieux des expériences faites depuis peu pour la dés
206 MERCURE DE FRANCE .
couverte des longitudes , & plufieurs articles inté
reffans.
L'Abbé de de Burle de Curban a eu l'honneur
de préfenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur le
Dauphin & à Madame Adélaide la cinquiéme
Partie de la Science du Gouvernement , Ouvrage
compofé par le feu fieur de Réal. Cette cinquiéme
Partie , qui contient le Droit des Gens , eft dédiée
au Roi. Le fieur le Rouge , ancien Ingénieur--
Géographe du Roi , a préfenté auffi à Sa Majefté &
à Monfeigneur le Dauphin les premiers Exem
plaires des Plans , Profils & Elévation de la nouvelle
Paroifle de la Magdelaine , gravés d'après
les deffeins du fieur Content , Architecte du Roi.
Cet Edifice , qu'on doit conſtruire à l'extrémité
Septentrionale de la nouvelle rue Royale , fervira
de point de vue à la Place de Louis XV.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mereure
prochain.
La Roi a nommé l'Evêque de Vence à l'Evêché.
de Mâcon ; & à l'Evêché de Vence l'Abbé de
Lorry , Vicaire-Général du Diocèfe de Rouen :
à l'Abbaye de Vallemont , Ordre de Saint Be
noît , Diocèle de Rouen , l'Abbé Desforges ,
Vicaire Général du Diocèfe du Mans ; à l'Ab- .
baye de Previlly , Ordre de Citeaux , Diocèle
de Sens , l'Abbé de Trudaine , Vicaire- Général du
Diocèſe de Senlis ; à l'Abbaye de Saint Manfuy ,
Ordre de Saint Benoît , Diocèfe de Toul , l'Abbé
Bertin , Confeiller d'Etat ; à l'Abbaye de Saint
Sauveur de Blaye , Ordre de Saint Benoît , Diocèfe
de Bourdeaux , l'Abbé de Pingon , Comte de
Lyon , Vicaire Général du Diocèle de Vienne ; à
l'Abbaye de la Prée , Ordre de Citeaux , Diocèfe
de Bourges , l'Evêque d'Apollonie ; à l'Abbaye
de Saint Georges des Bois , Ordre de Saint Au
guftin , Diocèfe du Mans , l'Abbé de Pujols ,
Vicaire-Général du Diocèfe de Blois ; à l'Abbaye
Saint Vincent du Mans , Ordre de Saint Benoît
l'Evêque d'Orléans à l'Abbaye de Saint Alire ,
même Ordre , Diocèfe de Clermont , l'Archevêque
de Lyon , à l'Abbaye de Saint Auguftin de
Limoges , même Ordre de Saint Benoît , l'Abbé
de Veri , Auditeur de Rote; à l'Abbaye de Saint-
Sulpice de Bourges , même Ordre , l'Abbé le
Noir , Confeiller Clerc au Parlement de Paris
-
:
JANVLER . 1764. 1.99
à l'Abbaye de Chezal , même Ordre , l'Abbé
Gougenot , Confeiller - Clerc au Grand- Confeil
& à l'Abbaye de Saint Martin de Séez , même
Ordre , l'Abbé de Foy ; à l'Abbaye de Laval-
Brefliere , Ordre de Citeaux , Diocèle de Vienne
la Dame de Boiffac ,,Religieufe du Monaftere de
Montfleury , Diocèle de Grenoble ; & à l'Abbaye
de la Scauve , Ordre de Citeaux , Diocèle du ,
Puy, la Dame de Montmorin , Abbeffe de l'Abbaye,
de Clavas , du même Ordre & du même Diocèle :
Cette derniere Abbaye éteinte & demeurera
Ter
unie à celle de la Scauve.
Sa Majesté a nommé Aumônier de la Reine`
l'Abbé de Chilleau , Grand- Vicaire du Diocèſe,
de Metz .
La Ducheffe de Beauvilliers fut préfentée le 27
du mois dernier , à Leurs Majeftés & à la Famille.
Royale par la Ducheffe de Saint Aignan , & prit
enfuite le tabouret chez la Reine.
Le 29 du même mois , le Baron de Gleicken
Envoyé Extraordinaire de la Cour de Dannemarck
, a préfenté à Sa Majefté , de la part du
Roi fon Maître , cinquante- huit faucons d'Iflande.
Le Roi a nommé au Gouvernement de Belle-
Ifle , vacant par la mort du Vicomte de Belfunce
, le Marquis de Vibraye , Lieutenant- Général
de fes Armées , & a bien voulu , en confidération
des fervices de cet Officier , lui accorder la
première Place de Commandeur qui vaquera
dans l'Ordre de Saint Louis. En conféquence , le
Marquis de Vibraye a eu l'honneur de remercier
Sa Majefté le 24 du même mois , & a prêté ferment
le 30 entre les mains du fieur de Maupeou,
Garde des Sceaux , Vice- Chancelier.
Le même jour , la Comtelfe de Holderneff fut
I iv
200 MERCURE DE FRANCE.
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale
par la Maréchale de Mirepoix ; & le Chevalier du
Buat , Miniftre du Roi auprès de la Diéte Générale
de l'Empire , prit congé de Sa Majefté pour
retourner à Ratisbonne.
Le i de ce mois , le Marquis de Villeroy prêta
ferment entre les mains de Sa Majefté , pour le
Gouvernement du Lyonnois , du Forez & du
Beaujollois.
Le 4 , la Comteffe de Gacé , préfentée par la
Princeffe de Monaco , fit ſes révérences à Leurs
Majeftés & à la Famille Royale.
Le même jour , le Baron de Zuckmantel, Maréchal
de Camp , l'un des Directeurs de la Nobleffe
immatriculée de la Baffe - Alface , & nommé
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de
l'Electeur de Saxe , prit congé de Sa Majesté à.
qui il fut préfenté par le Duc de Praflin , Miniftre
& Secrétaire d'Etat ayant le Département
des Affaires Etrangères .
Le 6 , on a célébré dans l'Eglife Paroiffiale de
Notre-Dame , un Service pour le repos de l'ame.
de Louife-Elifabeth de France , Ducheffe de Parme.
La Reine y a affifté , ainſi que Mgr le Dauphin
, Madame Adélaïde , & Mefdames Sophie
& Louife.
Le 8 , la Marquise de Pons fut préſentée à
Leurs Majeftés , ainſi qu'à la Famille Royale ,
par la Comtelle de Pons- Saint- Maurice.
Le 11 , la Marquife de Chalmazel , accompagnée
de la Marquife de Tallara & de la Marquife
de Caftries , fit fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le fieur Bertin , Contrôleur-Général des Fid
nances , ayant demandé au Roi la permiſſion dé
fe démettre de fa Place , Sa Majefté y a nommé le
JANVIER. 1764. 201
Sieur de L'Averdy, Conſeiller au Parlement de Paris
, & a rétabli en faveur du Sr Bertin , une Charge
de Secrétaire d'Etat qui avoit été fupprimée.
Le 13 , le Comte de Stharemberg , Ambaſſadeur
de la Cour de Vienne , eut une audience
particulière du Roi , à qui il notifia , de la part
de Leurs Majeftés Impériales & Royale , la mort
de l'Archiducheffe Infante . Il fut conduit , en
long manteau de deuil , à cette audience , ainfi
qu'à celles de la Reine & de la Famille Royale ,
par le fieur de la Live , Introducteur des Ambaf
fadeurs. Le 15 , la Cour a pris le deuil , à cette
occafion , pour trois ſemaines.
La Marqnife de Pons , ayant été nommée par
Sa Majefté Dame pour accompagner Madame la
Dauphine , a eu l'honneur d'être préfentée au
Roi en cette qualité.
Le 18 , le fieur Bertin prêta ferment , entre les
mains de Sa Majefté , en qualité de Secrétaire
d'Etat. Le même jour , le Marquis de Bauffer ,
Miniftre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice
de Ruffie , prit congé de Sa Majesté pour
fe rendre à fa deſtination .
Le 21 , la Comteffe de Virieu fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale , par la Marquife
de Sourches.
Le 27 , la Comteffe de Sparre de Cronneberge
fut préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille
Royale , par la Comteffe de Sparre , fa belle-
Soeur.
On a appris que , le 17 , l'Electeur de Saxe étoit
mort à Drefde , le troifiémejour d'une petite vérole
qu'on avoit prife d'abord pour une ébulli
tion peu dangereufe. Ce Prince s'appelloit Fréderic
- Chrétien - Léopold ; il étoit né le s Septem
bre 1722 & avoit été marié le 20 Juin 1747 à la
5
I-v
202 MERCURE DE FRANCE.
Soeur de l'Electeur de Baviere Frederic Augufte ,
Prince Electoral de Saxe , âgé de treize ans , fucèède
aux Etats du feu Electeur fon pere.
Le Marquis de Roux , de Marfeille , qui , en plafieurs
occafions , a donné des preuves de fon zèle
pour le bien de l'Etat , ayant demandé au Roi la
permiffion d'employer à la culture de fes terres
deux cens des familles étrangeres qui traverſent
le Royaume pour fe rendre à Cayenne , Sa Majefté
la lui a accordée & a donné ſes ordres en
conféquence.
Leurs Majeftés & la Famille Royale ont figné
Tes Contrats de mariage du Marquis de Beaucaire
avec Demoiselle de Hornbourg , fille du Comte
dé ce nom ; le 27 du mois dernier ) du Comte
de Sparre avec la Demoifelle Hardouin de Beaumois
, fille du Tréforier Général du Marc d'Or des
Ordres du Roi; du Marquis de Gauville avec la Demoifelle
Filleu , Dame & Patrone de S.Martin - le-
Viel des-Chenets : ( le 11'de ce mois ) da Comte
de Rouault avec la Dame de Brou , veuve du Sr
de Brou,Intendant de Rouen ; ( le 21 ) du Marquis
du Terrail avec Demoiſelle de Cruffol de Montauzier
; ( le 27 ) & du Baron de Boeil avec De
moifelle Saget , fille du fieur Saget , Confeiller
au Parlement de Paris. ľ le 28. )
Le Pere Bertier , Prêtre de l'Oratoire , a eur
T'honneur de préfenter à Sa Majesté trois volumes
de fa compofition , intitulés : Principes Phyfiques ,
"pour fervir de fuite aux Principes Mathématiques
d. Newton.
Le Baron de Zur- Lauben , Maréchal de Camp ,
commandant un bataillon de régiment des Gardes
Striffes & Honoraire Etranger de l'Académie
Royale des Infcriptons & Belles - Lettres , eut
Phonneur de préfenter le 13 de ce mois , fes Ou
A
JANVIER. 1764. 203
vrages à Monfeigneur le Duc de Berty & à Monfeigneur
le Comte de Provence : fçavoir , L'HISTOIRE
MILITAIRE des Suifes au fervice de la
France ; LES MÉMOIRES & LETTRES de Henry
Duc de Rohan ,fur la guerre de la Valteline , publiés
pour la premiere fois , & accompagnées de notes
Géographiques , Hiftoriques & Généalogiques ;
LE GÉNÉRAL D'ARMÉ E par Onofander , Ouvra➡
ge traduitdu Grec & dédié à Monfeigneur le Dauphin
; & les trois volumes de LA BIBLIOTHE
QUE Militaire , Politique & Hiftorique.
19,
Le fieur Clabault a eu l'honneur de préſenter,
fe
à Monfeigneur le Comte d'Artois un Tableau
Généalogique & Chronologique de la Maifon
Royale de France , dédié à ce Prince. Le len
demain , il a eu l'honneur de préfenter le même
Ouvrage à Monfeigneur le Dauphin , à Madame
la Dauphine , à Monseigneur le Duc de Berry & à
Monſeigneur le Comte de Provence.
Le fieur de Saint Geniès Chevalier de Sains
Louis , & Commandant de Bataillon , a eu l'honi
neur de préfenter au Roi un Ouvrage de la com→
pofition, intitulé , l'Officier Partifan.
Le 26 , le fieur Marmontel eut l'honneur de
préfenter à Leurs Majestés & à la Famille Royale
Je Difcours qu'il a prononcé pour la réception à
P'Académie Françoife.
Du 4 Janvier 1764.
Le premier de ce mois , les Princes & Princeffes ,
ainfi que les Seigneurs & Dames de la Cour , ren
dirent leurs refpects au Roi à l'occaſion de la nouvelle
année. Le Corps de Ville de Paris eut le mê
me honneur. Les Hautbois de la Chambre exécu
terent différens morceaux de Mufique pendant le
lever de Sa Majesté.
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
1
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre du Saint-Elprit , s'étant allemblés dans <
le Cabinet du Roi vers les onze heures du matin ,
Sa Majesté tint un Chapitre dans lequel Elle nomma
Chevaliers dudit Ordre , le Comte de Saulx
Tavannes, Lieutenant-Général & Chevalier d'Honneur
de la Reine , le Chevalier de Muy , Lieutenant-
Général & Menin de Monfeigneur le Dauphin ,.
le Comte du Châtelet-Lomont , Maréchal de Camp
& Ambaffadeur du Roi à la Cour de Vienne ,
& le Comte d'Eftaing , Maréchal de Camp.
Après le Chapitre , le Roi fe rendit à la Chapelle ,
précédé de Monfeigneur le Dauphin , du Duc
d'Orléans , du Duc de Chartres , du Prince de
Gondé , du Comte de Clermont , du Prince de
Conty , du Comte la Marche , du Comte d'Eu ,
du Duc de Penthievre & du Prince de Lamballe ?
& des Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre. Les deux Huiffiers portoient leurs maſſes
devant Sa Majesté qui étoit revêtue du manteau :
Royal , ayant par - deffus , le Collier de l'Ordre &
celui de la Toifon d'Or. L'Evêque Duc de Langres
, Prélat Commandeur , célébra la Grand'
Meffe , à laquelle la Reine , Madame la Dauphine
, Madame Adelaide, & Meſdames Victoire ,
Sophie & Louiſe affifterent dans la Tribune. La
quête fut faite par la Princeffe de Monaco . Après
la Meffe , le Roi fut reconduit à fon appartement
en la maniere accoutumée. Il y eut le même jour
grand couvert pendant lequel les Muficiens du
Roi exécuterent plufieurs fymphonies.
•
Les Chevaliers , Commandeurs & Officiers de
l'Ordre affifterent , le 2 , au Service anniverſaire
qu'on célébre pour les Chevaliers défunts , & au- -
quel officia l'Evêque d'Orléans , Commandeur de
l'Ordre.
JANVIER 1764. 205
Le même jour , la Cour prit le deuil pour quatorze
jours , à l'occafion de la mort de l'Electeur
de Saxe.
Le 3 , le Parlement de Paris fe rendit à la Cour
pour rendre les reſpects au Roi à l'occafion de la
nouvelle année .
L'Académie Royale des Sciences a eu l'honneur
de préſenter au Roi le Volume de ſes Mémoires
pour l'année 17 ; 8. C'eft le fecond des quatre
volumes dont les fieurs le Roi , de la Lande ,
Tillet & Befout avoient été chargés par Sa Majesté
de compofer la Parrie Hiftorique & de procurer
la publication.
Les fieurs de Caffini , Camus & de Montigny ,
Membres de l'Académie Royale des Sciences , ont
préfenté au Roi une fuite de leur Carte Géographique
, c'eft -à - dire la foixante- neuviéme
Feuille N ° .175 , comprenant les Villes de Sierck,
Luxembourg & Treyes , le cours de la Mozelle
depuis Berg jufqu'à Treves , & celui de la Saxe
depuis Fremerdorfjufqu'à Conds où elle fe joint à
la Mozelle; & la foixante-dixiéme Feuille N° .165 ,-
qui comprend les Villes de Bafle, Huningue , Porrentru
, une partie du cours du Rhin & les lignes
qui féparent la France de la Suiffe .
Le fieur de la Lande , de l'Académie Royale des
Sciences , chargé par le Roi de compoſer chaque
année le Livre de la Connoiffance des Mouvemens
Céleftes , a eu l'honneur de préfenter à Sa Majesté
le Volume de cet Ouvrage , deſtiné pour l'année
prochaine 1765. Indépendamment des calculs
ordinaires faits pour l'ufage des Aftronomes & des
Navigateurs , ce Volume contient de nouvelles
Tables pour l'Aftronomie , une nouvelle théorie
fur la conftruction des Barometres , un détail cus
rieux des expériences faites depuis peu pour la dés
206 MERCURE DE FRANCE .
couverte des longitudes , & plufieurs articles inté
reffans.
L'Abbé de de Burle de Curban a eu l'honneur
de préfenter à Leurs Majeftés , à Monseigneur le
Dauphin & à Madame Adélaide la cinquiéme
Partie de la Science du Gouvernement , Ouvrage
compofé par le feu fieur de Réal. Cette cinquiéme
Partie , qui contient le Droit des Gens , eft dédiée
au Roi. Le fieur le Rouge , ancien Ingénieur--
Géographe du Roi , a préfenté auffi à Sa Majefté &
à Monfeigneur le Dauphin les premiers Exem
plaires des Plans , Profils & Elévation de la nouvelle
Paroifle de la Magdelaine , gravés d'après
les deffeins du fieur Content , Architecte du Roi.
Cet Edifice , qu'on doit conſtruire à l'extrémité
Septentrionale de la nouvelle rue Royale , fervira
de point de vue à la Place de Louis XV.
La fuite des Nouvelles Politiques au Mereure
prochain.
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Résumé : De VERSAILLES, le 31 Décembre 1763.
Le document détaille les nominations et événements à la cour de France à la fin de l'année 1763 et au début de l'année 1764. Le roi a procédé à plusieurs nominations ecclésiastiques, notamment celle de l'évêque de Vence à l'évêché de Mâcon et de l'abbé de Lorry à l'évêché de Vence. D'autres nominations concernent diverses abbayes et diocèses à travers la France. Le marquis de Vibraye a été nommé gouverneur de Belle-Île. Plusieurs présentations et congés de diplomates et de nobles ont eu lieu, incluant le baron de Gleicken, envoyé extraordinaire de la cour de Danemark, et le chevalier du Buat, ministre du roi auprès de la Diète générale de l'Empire. Des événements marquants incluent un service pour le repos de l'âme de Louise-Élisabeth de France, duchesse de Parme, et la prise de deuil à la cour suite à la mort de l'archiduchesse infante. Le document mentionne également des présentations de livres et d'ouvrages par divers auteurs et membres de l'Académie Royale des Sciences. Le 1er janvier 1764, les princes, princesses, seigneurs et dames de la cour ont rendu leurs respects au roi à l'occasion de la nouvelle année. Par ailleurs, les premiers exemplaires des plans, profils et élévations de la nouvelle paroisse de la Madeleine, gravés d'après les dessins de l'architecte du roi, le sieur Content, ont été présentés. Cet édifice est prévu pour être construit à l'extrémité septentrionale de la nouvelle rue Royale et servira de point de vue à la Place de Louis XV. Enfin, la publication des nouvelles politiques est annoncée pour le prochain Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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92
p. 202
SERVICE.
Début :
Les Religieux de la Merci, au Marais, célébrérent, le 14 Mars, [...]
Mots clefs :
Religieux, Célébration, Ordre, Dame
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SERVICE.
S E R V I C E.
Les Religieux de la Merci, au Marais, célé
brérent, le 14 Mars, un Service Solemnel pour
le Père Chriſtophe-Emmanuel de Ximenès, Gé
néral de l'Ordre Royal & Militaire de Notre
Dame de la Merci , Rédemption des Captifs ,.
Docteur en l'Univerſité d'Alcala & Henarez en
la nouvelle Caſtille , Profeſſeur de l'Ecole de S.
Thomas, & Théologien de Sa Majeſté Catholi
que, mort à Madrid le 26 Janvier dernier.
Les Religieux de la Merci, au Marais, célé
brérent, le 14 Mars, un Service Solemnel pour
le Père Chriſtophe-Emmanuel de Ximenès, Gé
néral de l'Ordre Royal & Militaire de Notre
Dame de la Merci , Rédemption des Captifs ,.
Docteur en l'Univerſité d'Alcala & Henarez en
la nouvelle Caſtille , Profeſſeur de l'Ecole de S.
Thomas, & Théologien de Sa Majeſté Catholi
que, mort à Madrid le 26 Janvier dernier.
Fermer
93
p. 191
De FLORENCE, le 15 Juin 1764.
Début :
Les Religieux de l'Ordre des Minimes de Saint François de [...]
Mots clefs :
Religieux, Ordre, Chapitre, Général, Père
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De FLORENCE, le 15 Juin 1764.
De FLORENCE , le 15 Juin 1764 .
Les Religieux de l'Ordre des Minimes de Saint
François de Paule ont tenu ici leur Chapitre le
jour de la Pentecôte , & ont élu pour leur Général
le Père Marini de Parme. Le Père de Vaux
François , à qui il ſuccéde, eſt parti avant- hier
pour retourner en Champagne ſa patrie.
Les Religieux de l'Ordre des Minimes de Saint
François de Paule ont tenu ici leur Chapitre le
jour de la Pentecôte , & ont élu pour leur Général
le Père Marini de Parme. Le Père de Vaux
François , à qui il ſuccéde, eſt parti avant- hier
pour retourner en Champagne ſa patrie.
Fermer
94
p. 173-174
MORTS.
Début :
Jacques le Febvre du Quesnois, Evêque de Coutances, Abbé Comendataire [...]
Mots clefs :
Évêque, Abbé commandataire, Abbaye royale, Ordre, Marquis, Maréchal de camp, Compositeur, Ouvrage, Décès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Jacques le Febvre du Quefnois , Evêque de
Coutances , Abbé Commendataire de l'Abbaye
Royale de Saint Sauveur -le - Vicomte , Ordre de
S. Benoît , Diocèle de Courances , eft morten fon
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE .
Abbaye , le 9 Septembre , âgé de cinquante- fept
ans .
L'Abbé de Bragelongne , ancien Doyen &
Grand- Vicaire de Beauvais , Abbé Commendataire
de l'Abbaye Royale de Longuai , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Langres , eft mort en cette
Ville le 23 âgé de foixante- quatre ans. 7
Le fieur de Bertet , Marquis de la Clue , &
Lieutenant- Général des Armées Navales , elt
mort à Paily le 3 Octobre , âgé de foixante-huit
ans.
Le fieur de la Broue de Vareille , Maréchal de
Camp, Lieutenant des Gardes du Corps & Commandant
de la Compagnie de Luxembourg , eft
mort le premier Octobre , âgé de cinquante- fix
ans.
Jean - Philippe Rameau , Compofiteur de la
Mulique du Cabinet du Roi , dont le nom & les
Ouvrages feront une époque dans l'Hiftoire de la
Mufique , eft mort ici le 12 Septembre dans la
quatre-vingt- deuxième année de fon âge.
Jacques le Febvre du Quefnois , Evêque de
Coutances , Abbé Commendataire de l'Abbaye
Royale de Saint Sauveur -le - Vicomte , Ordre de
S. Benoît , Diocèle de Courances , eft morten fon
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE .
Abbaye , le 9 Septembre , âgé de cinquante- fept
ans .
L'Abbé de Bragelongne , ancien Doyen &
Grand- Vicaire de Beauvais , Abbé Commendataire
de l'Abbaye Royale de Longuai , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Langres , eft mort en cette
Ville le 23 âgé de foixante- quatre ans. 7
Le fieur de Bertet , Marquis de la Clue , &
Lieutenant- Général des Armées Navales , elt
mort à Paily le 3 Octobre , âgé de foixante-huit
ans.
Le fieur de la Broue de Vareille , Maréchal de
Camp, Lieutenant des Gardes du Corps & Commandant
de la Compagnie de Luxembourg , eft
mort le premier Octobre , âgé de cinquante- fix
ans.
Jean - Philippe Rameau , Compofiteur de la
Mulique du Cabinet du Roi , dont le nom & les
Ouvrages feront une époque dans l'Hiftoire de la
Mufique , eft mort ici le 12 Septembre dans la
quatre-vingt- deuxième année de fon âge.
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Résumé : MORTS.
Le texte relate le décès de plusieurs personnalités notables. Jacques le Febvre du Quefnois, Évêque de Coutances et Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de Saint-Sauveur-le-Vicomte, est décédé à l'âge de cinquante-sept ans le 9 septembre. L'Abbé de Bragelongne, ancien Doyen et Grand-Vicaire de Beauvais, Abbé Commendataire de l'Abbaye Royale de Longuai, est mort à Langres à l'âge de soixante-quatre ans le 23 septembre. Le sieur de Bertet, Marquis de la Clue et Lieutenant-Général des Armées Navales, est décédé à Paily à l'âge de soixante-huit ans le 3 octobre. Le sieur de la Broue de Vareille, Maréchal de Camp, Lieutenant des Gardes du Corps et Commandant de la Compagnie de Luxembourg, est mort à l'âge de cinquante-six ans le 1er octobre. Jean-Philippe Rameau, compositeur de la Musique du Cabinet du Roi, est décédé à Paris à l'âge de quatre-vingt-deux ans le 12 septembre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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p. 192-208
Lettre à M. de Chabanon, pour servir de réponse à celle qu'il a écrite sur les propriétés musicales de la langue Françoise. Par M. le C. de S. A.
Début :
A mon retour d'un voyage très-long, j'ai été frappé, Monsieur, de la Lettre que vous avez [...]
Mots clefs :
Langue, Musique, Chant, Sons, Son, Oreille, Genre, Sons mixtes, Force, Homme, Verbe, Paroles, Ordre, Goût, Dignité, Voyelle, Mixte, Élision, Raison, Caractère, Jean-Jacques Rousseau
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texteReconnaissance textuelle : Lettre à M. de Chabanon, pour servir de réponse à celle qu'il a écrite sur les propriétés musicales de la langue Françoise. Par M. le C. de S. A.
Lettre à M. de Chabanon , pourfervir de
réponse à celle qu'il a écrite fur les propriétés
musicales de la langue Françoise.
Par M. le C. de S. A.
A mon retour d'un voyage très - long , j'ai été
frappé , Monfieur , de la Lettre que vous avez
inférée dans le Mercure du mois de Janvier 1774 .
Voici les réflexions qu'elle m'a fait faire , & que
je prends la liberté de vous communiquer.
Sans entrer dans des détails inutiles , vous me
paroiſlez très perfuadé de l'aptitude de notre
langue àlamuſique. Vos remarques ſur la contra-.
diction exiſtante entre les ſtyles différens des Au- .
teurs & l'unité de caractère qui ſembleroit devoir
être inhérente à la Langue , ſont très judicieuſes .
Vous ajoutez que notre idiome François s'eſt
particulièrement diftingué par l'avantage directement
oppoſé au vice qu'on lui reproche , & de
tout
FÉVRIER . 1775 . 193
tout cela vous tirez cette conféquence : la Langue
eſt ce que les Ecrivains la font.
Je pourrois partir du même point pour conelure
de même à l'égard de la Muſique. Elle eſt,
ſelon vous , une langue à part , & peut- être indépendante
des paroles ; en ce cas , elle eft ce que
lesCompoſiteurs la font. Cette idée confondroit
abſolument toutes les différences de genre national
, & je n'en aurois pas un regret bien vif. Je
ne connois que le beau ; il m'eſt fort égalde quel
pays il peut être. Vous allez me demander ce que
c'eſt que lebeau ; vous ſentez aſſez que ce n'eſt
point ici le lieu de traiter une queſtion purement
métaphysique , &que cette diſcuſſion nous meneroit
trop loin. Revenons.
Sur les propriétés muſicales de notre Langue ,
il ſe préſente , dites- vous , trois opinions qui partagent
également le Public.
1°. Notre Langue eſt muſicale; mais Lulli a
créé le ſeul genre dont elle ſoit ſuſceptible. II
eſt aſſez égal , comme vous l'obſervez trèsbien
, que Lulli ait créé ce genre , que l'on dit
convenir ſeul à notre Langue , ou qu'il l'ait apportéd'Italie.
Eſt-ce le ſeul qui nous convienne?
Voilà le fait. Je ne dis pas que cela ſoit; mais je
ne ſuis point effrayé de l'objection que vous préſentez
contre cette opinion. Le diſcredit on eſt
tombé le chantde Lulli ne me paroît pas une raifon
ſuffiſante pour la nier. A-t- on jamais conclu
du droit par le fait ? C'eſt renverſer l'ordre des
choſes. S'il eſt vrai , comme on n'en peut douter,
que le goût ait changé depuis Lulli , ſoit en bien ,
foiten mal , on n'en doit pas tirer la conféquence
que la muſique de cet Auteur a été reconnue
inalliable au rithme de la Langue Françoile. On
1
194 MERCURE DE FRANCE.
devroit tout au plus en induire qu'elle n'eſt pas
la ſeule qui puiſle s'unir aux mots françois. J'efpère
vous prouver plus loin que l'on ne peut
même avancer cette propoſition. En attendant ,
je vous obſerve qu'avant de conclure par les
changemens faits au goût , il faudroit établir
comme certain que le goût s'eſt perfectionné.
Cette preuve n'eſt point aiſée.
J'ajoute que je regarde , comme très - poſſible ,
que la corruption du goût aille , non- feulement
juſqu'à faire ſubſiſter des monftres à côté des chefsd'oeuvre
, mais encore faire préférer les monſtres
aux chefs - d'oeuvre. La corruption du goût ne
vientque d'un ſentiment faux , &par conséquent
d'un jugement faux ;puiſqu'il eſt clair en méraphyſique
, que le jugement n'est qu'une modificationde
ſentiment. Pourquoi donc vouloir borner
cette corruption , puiſque l'on ne ſauroit
fixer le degré d'organiſation qui règle le ſentiment,
& dont elle dépend ſeule ? Corneille , Ra .
cine, Crébillon font actuellement une impreſſion
moins vive qu'autrefois. On ſe contente d'une
admiration ſtérile , &, à la honte du Théâtre &
de la Nation , on met en parallele avec eux des
génies médiocres , & ſouvent même on les leur
préfère. Un genre qui n'eût jamais olé paroître
dans ces fiècles heureux où brilloient ces grands
hommes , les éteint aujourd'hui. Peut - être dans
quelque temps verra- t-on ce genre , qui n'est pas
le véritable quoiqu'il ait ſes beautés particulières,
devenir le ſeul exiſtant , & plonger dansun
un oubli éternel les Pères & les Héros du Théâcre.
Vous voyez donc qu'on ne peut fixer ledegré
de la dépravation du goût. Au reſte , vous avez
fenti la foibleſſede votre argument ,& vous pafſez
de ſuite à la ſeconde opinion.
FÉVRIER. 1775. 195
2. Notre Langue ſe prête aux touraures du
chant moderne ; mais ces tournures ne ſiéroient
pasà la dignité de l'Opéra.
mon
Avant de diſcuter cette dernière opinion , je
crois qu'il ſeroit à propos de définir ce que l'on
entend par dignité; ſeroit- ce ſimplicité ? En ce
cas , il eſt clair que la Muſique Italienne étant
moins ſimple que celle de l'Opéra , cette dernière
doit être plus d'accord avec notre Langue , dont
le principal mérite eſt cette même ſimplicité. Qui
peut donc empêcher qu'elle ne ſe prête à la ſimplicité,
ni à la dignité de l'Opéra ? J'irai encore plus
loin. De tous les genres poſſibles , celui de Lulli
étoit certainement le plus fimple. Ce genre doit
donc convenir uniquement à la Langue Françoiſe
, qui eſt la plus ſimple des Langues modernes.
Qu'a- t- on à répliquer à cela de ſolide ? Rien ,à
moins que pour faire crouler l'édifice de
raiſonnement , vous ne donniez au mot dignité
une autre idée que celle que je vous ai offerte, &
qui m'a paru la plus naturelle. Par dignité, entendrez
-vous force ? Je ne fais ce que c'eſt qu'une
muſique forte. D'ailleurs , cette force ne peut être
continue , puiſqu'elle dépend des images avec leſquelles
elle doit s'allier. Au reſte , il faudroit encore
expliquer ce que c'eſt que force , & alors
nous nous engagerions dans un dédale , dont ni
vous , ni moi ne pourrions ſortir. Cette dignité
d'ailleurs , quelle qu'elle ſoit , doit être un caractère
décidé ; or , la force ne pouvant exiſter que
par contraſte avec la foibleſſe , ne peut produire
cet effet. Expliquez - moi donc ce mot dignité, &
alors je vous répondrai.
1. Vous regardez avec raiſon la troiſième opinion
comme la plus redoutable , & ce n'eſt pas tant ,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
dires-vous , par la force des raiſonnemens qui la
ſoutiennent que par la célébrité du grand homme
qui s'en eſt déclaré le protecteur. J'ai peut - être
tort , mais je penſe le contraire. Je crois que c'eſt
encore plus par les preuves ſolides qui la conſtatent
, que par le nom du fameux Jean - Jacques
Rouſleau , qu'elle doit en impoſer.
3 °. Aucune bonne muſique ne peut nous convenir
, & nous ſommes condamnés à ne jamais
chanter.
J'avoue que cette déciſion eſt un peu ſévère ;
mais c'eſt moins ſa ſévérité que ſa juſteſle qu'il
faut examiner. Les accuſations intentées contre
notre Langue ſe peuvent réduire à trois . 1 °. La
quantitéde ſons perdus & indiſtincts qui s'y trouvent.
2º. L'ordre trop didactique de nos conftructions.
3º . Le défaut de proſodie marquée. Allons
par ordre.
Voici , ſur le premier chef, les paroles de M.
Roufieau. Notre Langue, dit- il , compoſée de
>fons mixtes &de ſyllabes muettes , ſourdes on
naſales , ayant très-peu-de voyelles ſonores , &
>>beaucoup de conſonnes & d'articulations , eſt
> entièrement contraire à la muſique. »
Vous voudriez , dites - vous , cauſer avec M.
Rouſſeau pour ſavoir ce qu'il entend par des ſons
mixtes. Je vais tâcher de vous fatisfaire fur cet
article , à condition toutefois que vous aurez la
bonté de m'expliquer à votre tour ce que vous
entendez par dignité ; nous ferons compenfazion.
Pour revenir à notre question , je crois qu'il
faut d'abord avoir recours à l'idée la plus naturelle
que pourroit préſenter le mot mixte. En
FÉVRIER . 1775. 197
chimie, en phyſique , & dans toutes les ſciences
poſſibles , on appelle mixte tout ce qui tient de
deux natures. Ainsi , un corps mixte eſt un corps
compoſé de pluſieurs êtres de différens genres.
Une ſenſation mixte eſt une ſenſation qui n'eſt
pas décidée , & en embraſle pluſieurs. En politique,
unGouvernement mixte eſt celui qui ſe reſſent
de pluſieurs Gouvernemens différens ; il ſembledonc
que l'idée de mixte ſoit abſolument contraire
à l'idée d'unité , puiſqu'on ne peut l'enviſager
ſans diftinguer en même-temps plus d'une
unité. :
Qu'est- ce donc qu'un ſon mixte ? C'eſt un ſon
qui n'eſt point décidé. Toute Langue morte ou
moderne eſt compoſée de voyelles & de confonnes.
Tous ceux qui ont une oreille ſenſible conviendront
que le ſon d'une voyelle eſt plus diftinct
que celui d'une conſonne,qui n'eſt lui-même
formé que par la déſinence imparfaite d'une
voyelle. Ainfi τὸ , qui , en grec répond à l'article
le, François , eſt un ſon plus décidé que τον , acculatif
du même article, attendu qu'il ſe termine
par une voyelle appuyée , & que τον ne ſe termine
que par une voyelle coulée très rapidement , &
perdue dans l'air. Autre raiſon favorable à mon
idée. To , étant ſonore & marqué , peut s'adapter
àun chant marqué , au lieu que Tov ne peut au
contraire ſe lier qu'à un chant incertain. Cette
conféquence eſt tirée d'un principe que vous ne
combattrez fûrement pas. C'eſt que les ſons vocaux
doivent toujours exprimer la même idée que
les ſons muſicaux , ou , pour parler plus exactement
, la même idée doit être rendue par l'union
du chant & de la parole.
Voilà , Monfieur , ce que je regarde commedes
I iij
198 MRECURE DE FRANCE.
fons mixtes. Pour affirmer s'ils font contraires ou
favorables à la muſique , il faudroit qu'il fût démontré
que la musique ne peut peindre qu'un certain
nombre d'idées ; & , pour fixer le degré où
cette forte de ſons ſeroit contraire ou favorable
àlamuſique , il faudroit compter combien d'idées
elle pourroit peindre. Vous ſentez où cela nous
meneroit ; n'embrouillons point les objets. Il eſt
queſtion de ſavoir ſi , en général , les fons mixtes
conviennent ou non à la muſique. A cela je réponds
que ces fons peuvent très-bien convenir ,
ainſi que vous le remarquez judicieuſement à
loccafion des ſyllabes muettes , à ces parties de
chant où la voix doit mourir , & preſque s'anéantir
entièrement ; mais ce n'eſt point affez pour
conclure abſolument en leur faveur. On doit
avouer , bien loin delà , que ces ſons ſeront déplacés
toutes les fois qu'il ſera queſtion de former
un chant uni & marqué . Or , comme il eſt vraifemblable
que ce chant marqué doit être le vrai
caractère de la muſique , & qu'elle ne peut s'en
éloigner que par licence; on pourroit déduire au
contraire que les fons mixtes font en général peu
propres à la muſique , puiſqu'ils ne conviennent
qu'à ungenre.
Je conçois encore une autre eſpèce de fons
mixtes; ce ſont , par exemple , ceux où deux
voyelles expriment le même ſon , àpeu de choſe
près , qu'une ſeule ,& dont le ſon par conséquent
peut s'appeler mixte , puiſqu'il tient de l'intonation
de deux voyelles. Le mot pair eſt dans ce
cas; il ſe prononceroit preſque de même, s'il étoit
écritper; mais il retient un peu de la voyelle a,
&de la voyelle i, autrement il ſe prononceroie
paroupir. Ces forres de fons mixtes ne fontau
FÉVRIER . 1775. 199
cuntort à la mufique , & nous n'en parlerons pas
davantage.
Quant aux ſyllabes muettes, commes elles pof
sèdent les mêmes qualités que les ſons mixtes , &
qu'elles y reflemblent aſſez d'ailleurs , la conclu
ſion que j'en tirerai ſera donc qu'elles ne peuvent
convenir qu'à un genre , & que par là-même elles
ſont peu favorables à la muſique , qui doit tout
peindre. Au reſte , je puis le dire en paſſant : un
défaut attaché non- ſeulement à notre Langue ,
mais encore à celle des autres nations , eſt qu'on
n'y rencontre preſque jamais cette harmonie fi
defirable entre les mots & le chant. L'expreſſion
n'est jamais fondue ni identifiée avec eux. Les
ſons perdus dans la muſique, & les fons mixtes
ou muets dans la langue , exprimeront à merveilles
l'indéciſion , le trouble , l'agonie ou la mort;
mais rendront-t- ils d'autres idées que celles qui
auront quelque fimilitude avec les images dont
jeviens de parler ? N'importe , on les emploie à
tout dans la muſique françoife , ainſi que dans la
proſodie vocale , qui exigeroit la même délicarefle;
& par là on confond tout , on mêle tout ,
&l'on n'offre aux yeux du ſpectateur qu'un tableau
monstrueux , dont le deſſin eft étouffé ſous
un coloris uniforme & fatiguant .
Pour éviter ce triſte inconvénient , on devroit
ſe bien perfuader que jamais un morceau de mu.
ſique chanté ne peut réuffir, s'il unanque cette
union admirable entre les paroles& le chant. Si
l'on a à peindre une imagegrande & fublime , il
ne faut pas , en gardant l'ordre dans la muſique
feule, détruire la magie de l'expreſſion muſicale
par des ſons vocaux'éteints & (ans valeur. De
même, il ne faut point adapter à des mots har-
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
monieux & ſonores un chant incertain qui en abforbe
la mâle énergie ; mais c'eſt en vain que l'on
répète les leçons de la Nature; les hommes ont
oublié ſa voix , & l'art ingénieux & fubtil a enfin
réufi à éclipſer celle dont il emprunte ſa grandeur.
Vous donnez un exemple d'éliſion italienne &
d'éliſion françoiſe , & vous croyez par- là prouver
que notre éliſion qui fe fait d'une ſyllabe
muette contre une voyelle ſonore eſt bien plus
agréable & plus naturelle que l'autre. Vous citez
ces deux vers italiens fi connus :
Teneri sdegni , e placide , e tranquille
Repulſe , e cari vezzi , e liete paci .
On ne peut , dites vous , ſéparer ces voyelles
ſans marcher d'hiatusen hiatus , & rendre la pro.
nonciation cahoteule ; & on ne peut les unir au
contraire , fans tronquer , ſans défigurer les mots,
en leur ôtant une des ſyllabes qui les compoſent,
&d'ailleurs , vous fatiguez l'oreille par le retour
continuel des déſinences en e. On ne peut mettre
en queſtionſi on doit les féparer ou les unir.
L'oreille indique le dernier parti. Pourquoi, dans
ce cas , fatigueroit - t . on l'oreille par le retour
déſagréable des déſinences en e ? Ne vous rappelez-
vous plus ce que nous venons de dire fur
l'harmonie qui doit ſubſiſter entre l'expreffion
muſicale & l'expreſſion vocale ? Repréſentez-vous
un inftant l'idée que repréſentent ces deux vers
italiens. Elle eſt une , & en camayeu , ſi je puis
parler ainfi . Une idée une doit naturellement enfanter
une unité d'expreſſion . En ce cas , il faut
que l'idée , la muſique& les paroles nous préſen
FÉVRIER . 1775 . 201
tent l'uniformité. Ainsi , l'Auteur a très-bien réuſſi,
&le traînant que vous remarquez dans ces deux
vers charmans eſt une perfection & non un défaut
, puiſqu'il exprime ce qu'il doit exprimer.
Je paſſe à l'autre exemple d'éliſion françoiſe
que vous citez enfuite , pour la relever infiniment
au-deſſus de l'éliſion italienne. N'appercevezvous
pas que ce n'eſt point une voyelle qui la
forme, mais une conſonne ? On ne peut donc
proprement l'appeler éliſion. C'eſt plutôt une
eſpèced'union entre deux ſons différens, qui, loin
de les faire glifler l'un ſur l'autre comme dans
l'Italien , conſolident au contraire la prononciation
, & paroit plus propre à peindre un repos
majestueux qu'uire uniformité voluptueuſe , auſſi
levers françois :
Oui , je viensdans ſon Temple adorer l'Eternel ,
préſente-t-il une image bien différente de lapremière.
C'eſt , comme je viens de l'obſerver, une
pauſe noble & majestueule , qui eſt très-bien expriméepar
cette ſuſpenſion entre le mot Temple
&le commencement du mot adører .
Je crois ceci pris dans l'eſſence des choſes.
Je ne prétends point du tout dire pour cela que
cette union ou éliſion , ainſi que vous voudrez
Pappeler , foit moins agréable que l'autre , mais
je veux ſeulement dire que c'eſt une forte d'agrément
abſolument différente , & , par conféquent
, adaptable à un autre genre de peinture,
Je conclus de tout cela que les Vers Italiens&
François ſont très - bien choifis, & rendent trèsbien,
chacundans leurgenre , le ſentimentqu'il
faut rendre ; mais qu'ils ne prouvent rien , ni
pour , ni contre,
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
Je ne m'étendrai pas davantage fur le reproche
que l'on fait à notre Langue , d'être remplie de
conſones & d'articulations. Tout cela peut être
rangé dans la clafle des ſons- mixtes , & doit ,
par conséquent , avoir les mêmes défauts. Il eſt
ailé de voir , par les paroles mêmes de M.
Rouſleau , que le vice effentiel qu'il trouve àla
Langue Françoite , eſt de n'offrir qu'un genre
indécis , peu marqué , & propre à un ſeul genre ,
qui eſt celui que vous nommez perdu & indil
tinct.
1 Pafions à la ſeconde objection. L'ordre didac
tique de nos conſtructions , ( c'eſt encore M.
Rouſleau qui parle ) , empêche la phrafe muſicalede
ſe développer ; aulieu qu'elle ſe développe
beaucoup mieux , quand le ſens du diſcours,
long-temps ſuſpendu , ſe réſoud ſur le verbe
avec la cadence.
Vous ne ſentez point, Monfieur , le mérite
muſical de l'inverfion. Setoit- il poſſible que , connoiffant
les charmes de la Langue Latine , vous
neconveniez pas qu'un de ſes principaux agrémens
eſt cette inverſion dont vous vous plaignez
? Il est vrai que pour un homme qui en
ignoreroit entièrement les principes , elle paroît
d'abord plus obſcure. L'habitude , d'ailleurs , que
nous avons contractée , de parler & d'écrire un
idiome dans lequel l'ordre grammatical n'eſt
preſque jamais interrompu , doit nous prévenir
contre l'inverfion ; mais , en réfléchiſſant bien ,
vous trouverez ſûrement que la raiſon & le
goût justifient cette affertion de M. Roufleau.
Je ne dis rien de trop fort , & je vais vous
faire juge en votre propre cauſe. Les lumières
que vous avez acquiſes , en travaillant fur la
FEVRIER. 1775. 203
Muſique , ſont trop étendues & trop générales ,
pour ne pas être frappé de ce que je vais vous
dire à ce lujet.
Je ne parlerai point du plaiſir que toute oreille
exercée éprouve à la lecture des phraſes latines ,
où l'inverſion eſt la plus marquée. Quelque vif
qu'il puifle être , il ne concluroit rien pour
moi , & vous auriez toujours la reſſource de
répondre que ce n'eſt point l'homme corrompu
par mille conventions qui lui tiennent lieu de
réalités , que l'on doit citer ici; mais au contraire
l'homme qui n'auroit nulle connoiſſance
de la Muſique , &, autant qu'il ſeroit poſſible ,
dans l'état de nature. Il faut donc chercher
d'autres raiſons , & vous prouver que le goût ,
le ſentiment & la lumière naturelle de l'homme .
fans aucune réflexion , le porteront toujours à
préférer l'inverſion à l'ordre grammatical des
phrales. Vous ferez ſurpris de ce paradoxe ;
mais il eſt queſtion de vous convaincre, &
j'eſpère y réuſſir.
Je commence par établir un fait connu de tout
le monde , & pris dans la nature. C'eſt que de
deux idées de force égale , celle qui ſe préſente
la dernière à l'eſprit l'emporte preſque toujours
fur l'autre. Sans m'amuſer à prouver cette vérité
Métaphysique , par des objets peu connus,
je ferai ſentir à tout homine raiſonnable que
de tout ce qu'il voit , de tout ce qu'il entend ,
c'eſt le dernier tableau , c'eſt le dernier ſon qui
lui refte dans la tête . Delà vient cet amour
général de la nouveauté ; delà cette inconſtance
naturelle de l'homme , qui l'entraîne fans ceffe
vers tout ce qui a frappé le plus récemment
ſes ſens ou ſoname. Je dis plus; les attachemens
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
les plus longs & les plus anciens , les préjugés
les plus forts fur certains points , la plus conftante
obſervation de certains préceptes , ne viennent
d'autre choſe, finon de ce que ces attachemens,
ces préjugés , cette obſervation , le préfentent
fans cefle à nous , avec les graces de la nouvauté.
Nous croyons y découvrir de nouveaux charmes ,
& ce n'eſt que dans l'inconftance qu'il faut
chercher la raiſon de la fermeté.
D'après ces notions , vous ſentez toute la
fuite de mon raiſonnement & ne pouvez vous
y oppofer. De toute la phrafe , le verbe eſt ,
ſans nulle difficulté, le mot le plus frappant ,
celui qui doit produire le plus grand effet &
exciter la plus forte émotion. Que toute la
phraſe paroîtroit foible & languiſlante , fi le
verbe la commençoit toujours ! Voilà pourquoi
notre Langue eſt ſi peu énergique , & ſe prête
fi gauchement aux divins tranſports de la Poéfie.
Quelle impreffion peut faire dans les coeurs un
mot ſans force , après un mot plein d'harmonie ?
Raiſonnons de même à l'égard du verbe. C'eſt
de lui que l'on attend tout l'effet du morceau ;
on doit le defirer ardeinment , & il ne ſemble fait
que pour mettre le ſceau au caractère de la
phrafe. Au contraire , dans notre langue , ce
verbe ſi précieux paroît au commencement de la
période, fans qu'on ait eu le temps de ſe reconnoître
& de graduer ſes ſenſations ; & dela il
acrive un triſte effet. Outre qu'il ne produit pas
le quarr de l'ébranlement qu'il eût caufé , s'il
cût donné au coeur le temps de fouhaiter ſa
préſence il éteint toute la phrafe & en ôte
abfolument l'intérêt. La choſe eſt décidée ; il
n'eſt plus de retour : l'eſprit & le coeur , égale-
,
FÉVRIER . 1775.205
ment fatisfaits par l'harmonie impoſante da
verbe , ne parcourent qu'avec nonchalance le
reſte de la période qui ne ſert qu'à éclaircir l'idée ,
& qui ne peut plus que l'affoiblir. On ne produit
pas deux fois un grand effer. Toute la phraſe
devenue traînante , ennuyeuſe , ſans ame, ſans
force , ſans projet , ſans énergie , eſt écraſée par
la comparaiſon du verbe avec elle. Tels font les
inconvéniens de ce bel ordre didactique dont
vous nous vantez les avantages.
Voyez à préſent le triomphe du ſens ſuſpendu.
Repréſentez- vous , d'un côté , l'Orateur prêt à
déployer ſon éloquence par un tableau intéreflant
, & de l'autre , l'auditeur dont l'ouie
avide ſaiſit rapidement toutes les réflexions de
l'Orateur. Il commence , l'attention s'éveille ;
elle croit par degrés. Les participes , rangés avec
art après les noms , ont fait naître un intérêt plus
vif; l'auditeur attend , avec une impatience étonnante
, l'inſtant déciſif de la période : il l'attend
en frémiſſant , ſoit de defir , ſoit de crainte ,
ſuivant l'idée qu'offre le morceau . Enfin le verbe
paroît , frappe &décide le caractère de la phraſe.
Il ne frappe pas; mais il tonne , & l'effet qu'il
a produit eſt quelquefois fi fort qu'il ne fauroit
être détruit par une phrafe même auſſi harmonieuſe
que la première.
Tout mon ſyſtême eſt bâti ſur ceci. Point de
bonheur ſans deſir. Les choſes les plus ardemment
ſouhaitées ſont celles qui nous charment
le plus. D'après cela , je crois que tout le
monde conviendra que , puiſqu'il doit exiſter un
rapport harmonique entre les paroles& le chant,
puiſque c'eſt dans ce rapport , de votre aveu
même,que conſiſtent les plus grands effets de
206 MERCURE DE FRANCE.
Da Muſique, il s'enfuit très - naturellement que
la même raiſon qui donne au verbe , long tems
attendu , un attrait ſi puiſſant , meſuré à la force
du defir de l'auditeur , doit auſſi lui donner le
même attrait , quand on joint de la Muſique à
des paroles. La Muſique , dites- vous , Monfieur ,
eſt une Langue comme une autre , & peut- être
même moins arbitraire. En ce cas , toutes les
beautés grammaticales font auſſi des beautés
pour elle En ce cas , l'inverſion , qui produit
une impreſſion ſi profonde dans les Langues où
elle eſt en uſage , doit auſſi la produire dans
la Muſique. Je ne vois pas que l'on puifle empêcher
la conféquence que j'en tire.
J'abandonne cette ſeconde objection , pour
pafler à la troiſième qui eft certainement la
plus forte. C'eſt là le vice radical de notre
Langue , & je doute qu'elle ſe relève jamais de
la prévention funeſte où l'on eſt contr'elle à
cet égard : car enfin vous avez beau me parler
de l'oreille , vous avez beau me répéter qu'on
ne peut altérer la valeur d'une ſillabe , ſans
qu'elle en ſoit bleſſée ; quelque fort , quelque
puiſlant que foit ce préjugé , vous ne réuffirez
jamais à faire paſſer l'oreille pour une règle.
Donnez-vous la peine d'examiner toutes les
Langues anciennes , ſi harmonieuſes , ſi variées ,
ſi riches ; vous trouverez partout l'accent indiqué
d'unemanière claire&préciſe. La langue grecque
que vous citez vous- même , cette langue , ſi chère
à toute oreille ſenſible , avoit une profodie
marquée bien distinctement Comment , d'après
cela , pouvez-vous citer l'oreille comme une
règle Vous auriez raiſon , ſi vous me parliez
de l'homme naturel , en qui les conventions &
FÉVRIER . 1775. 207.
.
les images empruntées n'ont point encore gâté
cette pureté d'organes ſi précieuſe pour le
bonheur ; alors je vous dirois : Oui , l'oreille
de cet homme eſt un guide sûr , & toutes les
règles doivent être bâties fur celles - là ; mais il eſt
queſtion d'une oreille gâtée , pervertie, dépravée,
d'un ſens qui a perdu ſa netteté originaire ; je
vous demande qu'elle règle on doit attendre
d'elle; Elle doit , au contraire , ſe conformer à
cequi eſt établi ; & fi elle a droit de le cenſurer ,
ce ne ſera que lorſqu'on approchera le plus de
ſon ancienne fumplicité. Il eſt donc clair que
laMuſique Françoiſe n'a point de proſodie.
D'après une preuve auſſi évidente , vous ne
pouvez regarder comme une faute de quantité
leVers de M. Rouſleau : Si des galanis de la
Ville , &c. Il n'y a jamais eu d'accent qui ait déter.
miné la prononciation de la fillabe ga. L'uſage
a prévalu , à la vérité , & on la fait brève ;
mais M. Roufieau n'a pu faire une faute contre
la proſodie , puiſqu'il n'y en a point.
De plus longs raiſonnemens ſeroient ici ſuperflus
; la choſe parle d'elle- même , & il eſt
temps que cette lettre finifle. Je la terminerai ,
Monfieur , par l'aſſurance des ſentimens que
vous m'avez inſpirés par vos lumières & la
juſteſle de quelques-unes de vos vues. J'ai répondu
au defir que vous me paroiſlez avoir de
connoître le vrai , & je vous ai dit ce que je
penſois. Trop heureux ſi vous approuvez l'émulation
que m'a donné un talent auſi marqué
que le vôtre, & me communiquez les nouvelles
découvertes que vous pourrez faire en ce gente.
Encore un mot , & je finis. Toute mon intention
a été de vous démontrer qu'il s'en fallois
208 MERCURE DE FRANCE.
de beaucoup que la Langue Françoiſe fût auſſi
propre que l'Italienne à la Muſique , &je crois
avoit réuili ; mais après avoir vu tout ce que
vous avez avancé à ce ſujet , qui m'a paru
foible à tant d'égards , j'ai lu, avec autant d'étonnement
que dejoie , votre nouvelle opinon ,
qui nous offre la Langue de la Muſique comme
abſolument indépendante des paroles , & capable
d'exprimer, fans ſon ſecours , les paffions les
plus chères à l'homme. Il y a quelque temps
que je roule dans ma tête la même idée , quoiqu'un
peu plus étendue & plus générale. Mon
deſlein eſt de détailler mon ſyſtême à ce ſujet ,
dans un petit ouvrage que je compte donner ,
quand cette idée ſe ſera aſlez mûrie chez moi.
En attendant , recevez les témoignages de l'eſtime
fincère que m'a inſpiré l'étendue de vos
connoiſſances & la grandeur de votre projet.
J'ai l'honneur d'être , Monfieur , &c.
réponse à celle qu'il a écrite fur les propriétés
musicales de la langue Françoise.
Par M. le C. de S. A.
A mon retour d'un voyage très - long , j'ai été
frappé , Monfieur , de la Lettre que vous avez
inférée dans le Mercure du mois de Janvier 1774 .
Voici les réflexions qu'elle m'a fait faire , & que
je prends la liberté de vous communiquer.
Sans entrer dans des détails inutiles , vous me
paroiſlez très perfuadé de l'aptitude de notre
langue àlamuſique. Vos remarques ſur la contra-.
diction exiſtante entre les ſtyles différens des Au- .
teurs & l'unité de caractère qui ſembleroit devoir
être inhérente à la Langue , ſont très judicieuſes .
Vous ajoutez que notre idiome François s'eſt
particulièrement diftingué par l'avantage directement
oppoſé au vice qu'on lui reproche , & de
tout
FÉVRIER . 1775 . 193
tout cela vous tirez cette conféquence : la Langue
eſt ce que les Ecrivains la font.
Je pourrois partir du même point pour conelure
de même à l'égard de la Muſique. Elle eſt,
ſelon vous , une langue à part , & peut- être indépendante
des paroles ; en ce cas , elle eft ce que
lesCompoſiteurs la font. Cette idée confondroit
abſolument toutes les différences de genre national
, & je n'en aurois pas un regret bien vif. Je
ne connois que le beau ; il m'eſt fort égalde quel
pays il peut être. Vous allez me demander ce que
c'eſt que lebeau ; vous ſentez aſſez que ce n'eſt
point ici le lieu de traiter une queſtion purement
métaphysique , &que cette diſcuſſion nous meneroit
trop loin. Revenons.
Sur les propriétés muſicales de notre Langue ,
il ſe préſente , dites- vous , trois opinions qui partagent
également le Public.
1°. Notre Langue eſt muſicale; mais Lulli a
créé le ſeul genre dont elle ſoit ſuſceptible. II
eſt aſſez égal , comme vous l'obſervez trèsbien
, que Lulli ait créé ce genre , que l'on dit
convenir ſeul à notre Langue , ou qu'il l'ait apportéd'Italie.
Eſt-ce le ſeul qui nous convienne?
Voilà le fait. Je ne dis pas que cela ſoit; mais je
ne ſuis point effrayé de l'objection que vous préſentez
contre cette opinion. Le diſcredit on eſt
tombé le chantde Lulli ne me paroît pas une raifon
ſuffiſante pour la nier. A-t- on jamais conclu
du droit par le fait ? C'eſt renverſer l'ordre des
choſes. S'il eſt vrai , comme on n'en peut douter,
que le goût ait changé depuis Lulli , ſoit en bien ,
foiten mal , on n'en doit pas tirer la conféquence
que la muſique de cet Auteur a été reconnue
inalliable au rithme de la Langue Françoile. On
1
194 MERCURE DE FRANCE.
devroit tout au plus en induire qu'elle n'eſt pas
la ſeule qui puiſle s'unir aux mots françois. J'efpère
vous prouver plus loin que l'on ne peut
même avancer cette propoſition. En attendant ,
je vous obſerve qu'avant de conclure par les
changemens faits au goût , il faudroit établir
comme certain que le goût s'eſt perfectionné.
Cette preuve n'eſt point aiſée.
J'ajoute que je regarde , comme très - poſſible ,
que la corruption du goût aille , non- feulement
juſqu'à faire ſubſiſter des monftres à côté des chefsd'oeuvre
, mais encore faire préférer les monſtres
aux chefs - d'oeuvre. La corruption du goût ne
vientque d'un ſentiment faux , &par conséquent
d'un jugement faux ;puiſqu'il eſt clair en méraphyſique
, que le jugement n'est qu'une modificationde
ſentiment. Pourquoi donc vouloir borner
cette corruption , puiſque l'on ne ſauroit
fixer le degré d'organiſation qui règle le ſentiment,
& dont elle dépend ſeule ? Corneille , Ra .
cine, Crébillon font actuellement une impreſſion
moins vive qu'autrefois. On ſe contente d'une
admiration ſtérile , &, à la honte du Théâtre &
de la Nation , on met en parallele avec eux des
génies médiocres , & ſouvent même on les leur
préfère. Un genre qui n'eût jamais olé paroître
dans ces fiècles heureux où brilloient ces grands
hommes , les éteint aujourd'hui. Peut - être dans
quelque temps verra- t-on ce genre , qui n'est pas
le véritable quoiqu'il ait ſes beautés particulières,
devenir le ſeul exiſtant , & plonger dansun
un oubli éternel les Pères & les Héros du Théâcre.
Vous voyez donc qu'on ne peut fixer ledegré
de la dépravation du goût. Au reſte , vous avez
fenti la foibleſſede votre argument ,& vous pafſez
de ſuite à la ſeconde opinion.
FÉVRIER. 1775. 195
2. Notre Langue ſe prête aux touraures du
chant moderne ; mais ces tournures ne ſiéroient
pasà la dignité de l'Opéra.
mon
Avant de diſcuter cette dernière opinion , je
crois qu'il ſeroit à propos de définir ce que l'on
entend par dignité; ſeroit- ce ſimplicité ? En ce
cas , il eſt clair que la Muſique Italienne étant
moins ſimple que celle de l'Opéra , cette dernière
doit être plus d'accord avec notre Langue , dont
le principal mérite eſt cette même ſimplicité. Qui
peut donc empêcher qu'elle ne ſe prête à la ſimplicité,
ni à la dignité de l'Opéra ? J'irai encore plus
loin. De tous les genres poſſibles , celui de Lulli
étoit certainement le plus fimple. Ce genre doit
donc convenir uniquement à la Langue Françoiſe
, qui eſt la plus ſimple des Langues modernes.
Qu'a- t- on à répliquer à cela de ſolide ? Rien ,à
moins que pour faire crouler l'édifice de
raiſonnement , vous ne donniez au mot dignité
une autre idée que celle que je vous ai offerte, &
qui m'a paru la plus naturelle. Par dignité, entendrez
-vous force ? Je ne fais ce que c'eſt qu'une
muſique forte. D'ailleurs , cette force ne peut être
continue , puiſqu'elle dépend des images avec leſquelles
elle doit s'allier. Au reſte , il faudroit encore
expliquer ce que c'eſt que force , & alors
nous nous engagerions dans un dédale , dont ni
vous , ni moi ne pourrions ſortir. Cette dignité
d'ailleurs , quelle qu'elle ſoit , doit être un caractère
décidé ; or , la force ne pouvant exiſter que
par contraſte avec la foibleſſe , ne peut produire
cet effet. Expliquez - moi donc ce mot dignité, &
alors je vous répondrai.
1. Vous regardez avec raiſon la troiſième opinion
comme la plus redoutable , & ce n'eſt pas tant ,
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
dires-vous , par la force des raiſonnemens qui la
ſoutiennent que par la célébrité du grand homme
qui s'en eſt déclaré le protecteur. J'ai peut - être
tort , mais je penſe le contraire. Je crois que c'eſt
encore plus par les preuves ſolides qui la conſtatent
, que par le nom du fameux Jean - Jacques
Rouſleau , qu'elle doit en impoſer.
3 °. Aucune bonne muſique ne peut nous convenir
, & nous ſommes condamnés à ne jamais
chanter.
J'avoue que cette déciſion eſt un peu ſévère ;
mais c'eſt moins ſa ſévérité que ſa juſteſle qu'il
faut examiner. Les accuſations intentées contre
notre Langue ſe peuvent réduire à trois . 1 °. La
quantitéde ſons perdus & indiſtincts qui s'y trouvent.
2º. L'ordre trop didactique de nos conftructions.
3º . Le défaut de proſodie marquée. Allons
par ordre.
Voici , ſur le premier chef, les paroles de M.
Roufieau. Notre Langue, dit- il , compoſée de
>fons mixtes &de ſyllabes muettes , ſourdes on
naſales , ayant très-peu-de voyelles ſonores , &
>>beaucoup de conſonnes & d'articulations , eſt
> entièrement contraire à la muſique. »
Vous voudriez , dites - vous , cauſer avec M.
Rouſſeau pour ſavoir ce qu'il entend par des ſons
mixtes. Je vais tâcher de vous fatisfaire fur cet
article , à condition toutefois que vous aurez la
bonté de m'expliquer à votre tour ce que vous
entendez par dignité ; nous ferons compenfazion.
Pour revenir à notre question , je crois qu'il
faut d'abord avoir recours à l'idée la plus naturelle
que pourroit préſenter le mot mixte. En
FÉVRIER . 1775. 197
chimie, en phyſique , & dans toutes les ſciences
poſſibles , on appelle mixte tout ce qui tient de
deux natures. Ainsi , un corps mixte eſt un corps
compoſé de pluſieurs êtres de différens genres.
Une ſenſation mixte eſt une ſenſation qui n'eſt
pas décidée , & en embraſle pluſieurs. En politique,
unGouvernement mixte eſt celui qui ſe reſſent
de pluſieurs Gouvernemens différens ; il ſembledonc
que l'idée de mixte ſoit abſolument contraire
à l'idée d'unité , puiſqu'on ne peut l'enviſager
ſans diftinguer en même-temps plus d'une
unité. :
Qu'est- ce donc qu'un ſon mixte ? C'eſt un ſon
qui n'eſt point décidé. Toute Langue morte ou
moderne eſt compoſée de voyelles & de confonnes.
Tous ceux qui ont une oreille ſenſible conviendront
que le ſon d'une voyelle eſt plus diftinct
que celui d'une conſonne,qui n'eſt lui-même
formé que par la déſinence imparfaite d'une
voyelle. Ainfi τὸ , qui , en grec répond à l'article
le, François , eſt un ſon plus décidé que τον , acculatif
du même article, attendu qu'il ſe termine
par une voyelle appuyée , & que τον ne ſe termine
que par une voyelle coulée très rapidement , &
perdue dans l'air. Autre raiſon favorable à mon
idée. To , étant ſonore & marqué , peut s'adapter
àun chant marqué , au lieu que Tov ne peut au
contraire ſe lier qu'à un chant incertain. Cette
conféquence eſt tirée d'un principe que vous ne
combattrez fûrement pas. C'eſt que les ſons vocaux
doivent toujours exprimer la même idée que
les ſons muſicaux , ou , pour parler plus exactement
, la même idée doit être rendue par l'union
du chant & de la parole.
Voilà , Monfieur , ce que je regarde commedes
I iij
198 MRECURE DE FRANCE.
fons mixtes. Pour affirmer s'ils font contraires ou
favorables à la muſique , il faudroit qu'il fût démontré
que la musique ne peut peindre qu'un certain
nombre d'idées ; & , pour fixer le degré où
cette forte de ſons ſeroit contraire ou favorable
àlamuſique , il faudroit compter combien d'idées
elle pourroit peindre. Vous ſentez où cela nous
meneroit ; n'embrouillons point les objets. Il eſt
queſtion de ſavoir ſi , en général , les fons mixtes
conviennent ou non à la muſique. A cela je réponds
que ces fons peuvent très-bien convenir ,
ainſi que vous le remarquez judicieuſement à
loccafion des ſyllabes muettes , à ces parties de
chant où la voix doit mourir , & preſque s'anéantir
entièrement ; mais ce n'eſt point affez pour
conclure abſolument en leur faveur. On doit
avouer , bien loin delà , que ces ſons ſeront déplacés
toutes les fois qu'il ſera queſtion de former
un chant uni & marqué . Or , comme il eſt vraifemblable
que ce chant marqué doit être le vrai
caractère de la muſique , & qu'elle ne peut s'en
éloigner que par licence; on pourroit déduire au
contraire que les fons mixtes font en général peu
propres à la muſique , puiſqu'ils ne conviennent
qu'à ungenre.
Je conçois encore une autre eſpèce de fons
mixtes; ce ſont , par exemple , ceux où deux
voyelles expriment le même ſon , àpeu de choſe
près , qu'une ſeule ,& dont le ſon par conséquent
peut s'appeler mixte , puiſqu'il tient de l'intonation
de deux voyelles. Le mot pair eſt dans ce
cas; il ſe prononceroit preſque de même, s'il étoit
écritper; mais il retient un peu de la voyelle a,
&de la voyelle i, autrement il ſe prononceroie
paroupir. Ces forres de fons mixtes ne fontau
FÉVRIER . 1775. 199
cuntort à la mufique , & nous n'en parlerons pas
davantage.
Quant aux ſyllabes muettes, commes elles pof
sèdent les mêmes qualités que les ſons mixtes , &
qu'elles y reflemblent aſſez d'ailleurs , la conclu
ſion que j'en tirerai ſera donc qu'elles ne peuvent
convenir qu'à un genre , & que par là-même elles
ſont peu favorables à la muſique , qui doit tout
peindre. Au reſte , je puis le dire en paſſant : un
défaut attaché non- ſeulement à notre Langue ,
mais encore à celle des autres nations , eſt qu'on
n'y rencontre preſque jamais cette harmonie fi
defirable entre les mots & le chant. L'expreſſion
n'est jamais fondue ni identifiée avec eux. Les
ſons perdus dans la muſique, & les fons mixtes
ou muets dans la langue , exprimeront à merveilles
l'indéciſion , le trouble , l'agonie ou la mort;
mais rendront-t- ils d'autres idées que celles qui
auront quelque fimilitude avec les images dont
jeviens de parler ? N'importe , on les emploie à
tout dans la muſique françoife , ainſi que dans la
proſodie vocale , qui exigeroit la même délicarefle;
& par là on confond tout , on mêle tout ,
&l'on n'offre aux yeux du ſpectateur qu'un tableau
monstrueux , dont le deſſin eft étouffé ſous
un coloris uniforme & fatiguant .
Pour éviter ce triſte inconvénient , on devroit
ſe bien perfuader que jamais un morceau de mu.
ſique chanté ne peut réuffir, s'il unanque cette
union admirable entre les paroles& le chant. Si
l'on a à peindre une imagegrande & fublime , il
ne faut pas , en gardant l'ordre dans la muſique
feule, détruire la magie de l'expreſſion muſicale
par des ſons vocaux'éteints & (ans valeur. De
même, il ne faut point adapter à des mots har-
Liv
200 MERCURE DE FRANCE.
monieux & ſonores un chant incertain qui en abforbe
la mâle énergie ; mais c'eſt en vain que l'on
répète les leçons de la Nature; les hommes ont
oublié ſa voix , & l'art ingénieux & fubtil a enfin
réufi à éclipſer celle dont il emprunte ſa grandeur.
Vous donnez un exemple d'éliſion italienne &
d'éliſion françoiſe , & vous croyez par- là prouver
que notre éliſion qui fe fait d'une ſyllabe
muette contre une voyelle ſonore eſt bien plus
agréable & plus naturelle que l'autre. Vous citez
ces deux vers italiens fi connus :
Teneri sdegni , e placide , e tranquille
Repulſe , e cari vezzi , e liete paci .
On ne peut , dites vous , ſéparer ces voyelles
ſans marcher d'hiatusen hiatus , & rendre la pro.
nonciation cahoteule ; & on ne peut les unir au
contraire , fans tronquer , ſans défigurer les mots,
en leur ôtant une des ſyllabes qui les compoſent,
&d'ailleurs , vous fatiguez l'oreille par le retour
continuel des déſinences en e. On ne peut mettre
en queſtionſi on doit les féparer ou les unir.
L'oreille indique le dernier parti. Pourquoi, dans
ce cas , fatigueroit - t . on l'oreille par le retour
déſagréable des déſinences en e ? Ne vous rappelez-
vous plus ce que nous venons de dire fur
l'harmonie qui doit ſubſiſter entre l'expreffion
muſicale & l'expreſſion vocale ? Repréſentez-vous
un inftant l'idée que repréſentent ces deux vers
italiens. Elle eſt une , & en camayeu , ſi je puis
parler ainfi . Une idée une doit naturellement enfanter
une unité d'expreſſion . En ce cas , il faut
que l'idée , la muſique& les paroles nous préſen
FÉVRIER . 1775 . 201
tent l'uniformité. Ainsi , l'Auteur a très-bien réuſſi,
&le traînant que vous remarquez dans ces deux
vers charmans eſt une perfection & non un défaut
, puiſqu'il exprime ce qu'il doit exprimer.
Je paſſe à l'autre exemple d'éliſion françoiſe
que vous citez enfuite , pour la relever infiniment
au-deſſus de l'éliſion italienne. N'appercevezvous
pas que ce n'eſt point une voyelle qui la
forme, mais une conſonne ? On ne peut donc
proprement l'appeler éliſion. C'eſt plutôt une
eſpèced'union entre deux ſons différens, qui, loin
de les faire glifler l'un ſur l'autre comme dans
l'Italien , conſolident au contraire la prononciation
, & paroit plus propre à peindre un repos
majestueux qu'uire uniformité voluptueuſe , auſſi
levers françois :
Oui , je viensdans ſon Temple adorer l'Eternel ,
préſente-t-il une image bien différente de lapremière.
C'eſt , comme je viens de l'obſerver, une
pauſe noble & majestueule , qui eſt très-bien expriméepar
cette ſuſpenſion entre le mot Temple
&le commencement du mot adører .
Je crois ceci pris dans l'eſſence des choſes.
Je ne prétends point du tout dire pour cela que
cette union ou éliſion , ainſi que vous voudrez
Pappeler , foit moins agréable que l'autre , mais
je veux ſeulement dire que c'eſt une forte d'agrément
abſolument différente , & , par conféquent
, adaptable à un autre genre de peinture,
Je conclus de tout cela que les Vers Italiens&
François ſont très - bien choifis, & rendent trèsbien,
chacundans leurgenre , le ſentimentqu'il
faut rendre ; mais qu'ils ne prouvent rien , ni
pour , ni contre,
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
Je ne m'étendrai pas davantage fur le reproche
que l'on fait à notre Langue , d'être remplie de
conſones & d'articulations. Tout cela peut être
rangé dans la clafle des ſons- mixtes , & doit ,
par conséquent , avoir les mêmes défauts. Il eſt
ailé de voir , par les paroles mêmes de M.
Rouſleau , que le vice effentiel qu'il trouve àla
Langue Françoite , eſt de n'offrir qu'un genre
indécis , peu marqué , & propre à un ſeul genre ,
qui eſt celui que vous nommez perdu & indil
tinct.
1 Pafions à la ſeconde objection. L'ordre didac
tique de nos conſtructions , ( c'eſt encore M.
Rouſleau qui parle ) , empêche la phrafe muſicalede
ſe développer ; aulieu qu'elle ſe développe
beaucoup mieux , quand le ſens du diſcours,
long-temps ſuſpendu , ſe réſoud ſur le verbe
avec la cadence.
Vous ne ſentez point, Monfieur , le mérite
muſical de l'inverfion. Setoit- il poſſible que , connoiffant
les charmes de la Langue Latine , vous
neconveniez pas qu'un de ſes principaux agrémens
eſt cette inverſion dont vous vous plaignez
? Il est vrai que pour un homme qui en
ignoreroit entièrement les principes , elle paroît
d'abord plus obſcure. L'habitude , d'ailleurs , que
nous avons contractée , de parler & d'écrire un
idiome dans lequel l'ordre grammatical n'eſt
preſque jamais interrompu , doit nous prévenir
contre l'inverfion ; mais , en réfléchiſſant bien ,
vous trouverez ſûrement que la raiſon & le
goût justifient cette affertion de M. Roufleau.
Je ne dis rien de trop fort , & je vais vous
faire juge en votre propre cauſe. Les lumières
que vous avez acquiſes , en travaillant fur la
FEVRIER. 1775. 203
Muſique , ſont trop étendues & trop générales ,
pour ne pas être frappé de ce que je vais vous
dire à ce lujet.
Je ne parlerai point du plaiſir que toute oreille
exercée éprouve à la lecture des phraſes latines ,
où l'inverſion eſt la plus marquée. Quelque vif
qu'il puifle être , il ne concluroit rien pour
moi , & vous auriez toujours la reſſource de
répondre que ce n'eſt point l'homme corrompu
par mille conventions qui lui tiennent lieu de
réalités , que l'on doit citer ici; mais au contraire
l'homme qui n'auroit nulle connoiſſance
de la Muſique , &, autant qu'il ſeroit poſſible ,
dans l'état de nature. Il faut donc chercher
d'autres raiſons , & vous prouver que le goût ,
le ſentiment & la lumière naturelle de l'homme .
fans aucune réflexion , le porteront toujours à
préférer l'inverſion à l'ordre grammatical des
phrales. Vous ferez ſurpris de ce paradoxe ;
mais il eſt queſtion de vous convaincre, &
j'eſpère y réuſſir.
Je commence par établir un fait connu de tout
le monde , & pris dans la nature. C'eſt que de
deux idées de force égale , celle qui ſe préſente
la dernière à l'eſprit l'emporte preſque toujours
fur l'autre. Sans m'amuſer à prouver cette vérité
Métaphysique , par des objets peu connus,
je ferai ſentir à tout homine raiſonnable que
de tout ce qu'il voit , de tout ce qu'il entend ,
c'eſt le dernier tableau , c'eſt le dernier ſon qui
lui refte dans la tête . Delà vient cet amour
général de la nouveauté ; delà cette inconſtance
naturelle de l'homme , qui l'entraîne fans ceffe
vers tout ce qui a frappé le plus récemment
ſes ſens ou ſoname. Je dis plus; les attachemens
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
les plus longs & les plus anciens , les préjugés
les plus forts fur certains points , la plus conftante
obſervation de certains préceptes , ne viennent
d'autre choſe, finon de ce que ces attachemens,
ces préjugés , cette obſervation , le préfentent
fans cefle à nous , avec les graces de la nouvauté.
Nous croyons y découvrir de nouveaux charmes ,
& ce n'eſt que dans l'inconftance qu'il faut
chercher la raiſon de la fermeté.
D'après ces notions , vous ſentez toute la
fuite de mon raiſonnement & ne pouvez vous
y oppofer. De toute la phrafe , le verbe eſt ,
ſans nulle difficulté, le mot le plus frappant ,
celui qui doit produire le plus grand effet &
exciter la plus forte émotion. Que toute la
phraſe paroîtroit foible & languiſlante , fi le
verbe la commençoit toujours ! Voilà pourquoi
notre Langue eſt ſi peu énergique , & ſe prête
fi gauchement aux divins tranſports de la Poéfie.
Quelle impreffion peut faire dans les coeurs un
mot ſans force , après un mot plein d'harmonie ?
Raiſonnons de même à l'égard du verbe. C'eſt
de lui que l'on attend tout l'effet du morceau ;
on doit le defirer ardeinment , & il ne ſemble fait
que pour mettre le ſceau au caractère de la
phrafe. Au contraire , dans notre langue , ce
verbe ſi précieux paroît au commencement de la
période, fans qu'on ait eu le temps de ſe reconnoître
& de graduer ſes ſenſations ; & dela il
acrive un triſte effet. Outre qu'il ne produit pas
le quarr de l'ébranlement qu'il eût caufé , s'il
cût donné au coeur le temps de fouhaiter ſa
préſence il éteint toute la phrafe & en ôte
abfolument l'intérêt. La choſe eſt décidée ; il
n'eſt plus de retour : l'eſprit & le coeur , égale-
,
FÉVRIER . 1775.205
ment fatisfaits par l'harmonie impoſante da
verbe , ne parcourent qu'avec nonchalance le
reſte de la période qui ne ſert qu'à éclaircir l'idée ,
& qui ne peut plus que l'affoiblir. On ne produit
pas deux fois un grand effer. Toute la phraſe
devenue traînante , ennuyeuſe , ſans ame, ſans
force , ſans projet , ſans énergie , eſt écraſée par
la comparaiſon du verbe avec elle. Tels font les
inconvéniens de ce bel ordre didactique dont
vous nous vantez les avantages.
Voyez à préſent le triomphe du ſens ſuſpendu.
Repréſentez- vous , d'un côté , l'Orateur prêt à
déployer ſon éloquence par un tableau intéreflant
, & de l'autre , l'auditeur dont l'ouie
avide ſaiſit rapidement toutes les réflexions de
l'Orateur. Il commence , l'attention s'éveille ;
elle croit par degrés. Les participes , rangés avec
art après les noms , ont fait naître un intérêt plus
vif; l'auditeur attend , avec une impatience étonnante
, l'inſtant déciſif de la période : il l'attend
en frémiſſant , ſoit de defir , ſoit de crainte ,
ſuivant l'idée qu'offre le morceau . Enfin le verbe
paroît , frappe &décide le caractère de la phraſe.
Il ne frappe pas; mais il tonne , & l'effet qu'il
a produit eſt quelquefois fi fort qu'il ne fauroit
être détruit par une phrafe même auſſi harmonieuſe
que la première.
Tout mon ſyſtême eſt bâti ſur ceci. Point de
bonheur ſans deſir. Les choſes les plus ardemment
ſouhaitées ſont celles qui nous charment
le plus. D'après cela , je crois que tout le
monde conviendra que , puiſqu'il doit exiſter un
rapport harmonique entre les paroles& le chant,
puiſque c'eſt dans ce rapport , de votre aveu
même,que conſiſtent les plus grands effets de
206 MERCURE DE FRANCE.
Da Muſique, il s'enfuit très - naturellement que
la même raiſon qui donne au verbe , long tems
attendu , un attrait ſi puiſſant , meſuré à la force
du defir de l'auditeur , doit auſſi lui donner le
même attrait , quand on joint de la Muſique à
des paroles. La Muſique , dites- vous , Monfieur ,
eſt une Langue comme une autre , & peut- être
même moins arbitraire. En ce cas , toutes les
beautés grammaticales font auſſi des beautés
pour elle En ce cas , l'inverſion , qui produit
une impreſſion ſi profonde dans les Langues où
elle eſt en uſage , doit auſſi la produire dans
la Muſique. Je ne vois pas que l'on puifle empêcher
la conféquence que j'en tire.
J'abandonne cette ſeconde objection , pour
pafler à la troiſième qui eft certainement la
plus forte. C'eſt là le vice radical de notre
Langue , & je doute qu'elle ſe relève jamais de
la prévention funeſte où l'on eſt contr'elle à
cet égard : car enfin vous avez beau me parler
de l'oreille , vous avez beau me répéter qu'on
ne peut altérer la valeur d'une ſillabe , ſans
qu'elle en ſoit bleſſée ; quelque fort , quelque
puiſlant que foit ce préjugé , vous ne réuffirez
jamais à faire paſſer l'oreille pour une règle.
Donnez-vous la peine d'examiner toutes les
Langues anciennes , ſi harmonieuſes , ſi variées ,
ſi riches ; vous trouverez partout l'accent indiqué
d'unemanière claire&préciſe. La langue grecque
que vous citez vous- même , cette langue , ſi chère
à toute oreille ſenſible , avoit une profodie
marquée bien distinctement Comment , d'après
cela , pouvez-vous citer l'oreille comme une
règle Vous auriez raiſon , ſi vous me parliez
de l'homme naturel , en qui les conventions &
FÉVRIER . 1775. 207.
.
les images empruntées n'ont point encore gâté
cette pureté d'organes ſi précieuſe pour le
bonheur ; alors je vous dirois : Oui , l'oreille
de cet homme eſt un guide sûr , & toutes les
règles doivent être bâties fur celles - là ; mais il eſt
queſtion d'une oreille gâtée , pervertie, dépravée,
d'un ſens qui a perdu ſa netteté originaire ; je
vous demande qu'elle règle on doit attendre
d'elle; Elle doit , au contraire , ſe conformer à
cequi eſt établi ; & fi elle a droit de le cenſurer ,
ce ne ſera que lorſqu'on approchera le plus de
ſon ancienne fumplicité. Il eſt donc clair que
laMuſique Françoiſe n'a point de proſodie.
D'après une preuve auſſi évidente , vous ne
pouvez regarder comme une faute de quantité
leVers de M. Rouſleau : Si des galanis de la
Ville , &c. Il n'y a jamais eu d'accent qui ait déter.
miné la prononciation de la fillabe ga. L'uſage
a prévalu , à la vérité , & on la fait brève ;
mais M. Roufieau n'a pu faire une faute contre
la proſodie , puiſqu'il n'y en a point.
De plus longs raiſonnemens ſeroient ici ſuperflus
; la choſe parle d'elle- même , & il eſt
temps que cette lettre finifle. Je la terminerai ,
Monfieur , par l'aſſurance des ſentimens que
vous m'avez inſpirés par vos lumières & la
juſteſle de quelques-unes de vos vues. J'ai répondu
au defir que vous me paroiſlez avoir de
connoître le vrai , & je vous ai dit ce que je
penſois. Trop heureux ſi vous approuvez l'émulation
que m'a donné un talent auſi marqué
que le vôtre, & me communiquez les nouvelles
découvertes que vous pourrez faire en ce gente.
Encore un mot , & je finis. Toute mon intention
a été de vous démontrer qu'il s'en fallois
208 MERCURE DE FRANCE.
de beaucoup que la Langue Françoiſe fût auſſi
propre que l'Italienne à la Muſique , &je crois
avoit réuili ; mais après avoir vu tout ce que
vous avez avancé à ce ſujet , qui m'a paru
foible à tant d'égards , j'ai lu, avec autant d'étonnement
que dejoie , votre nouvelle opinon ,
qui nous offre la Langue de la Muſique comme
abſolument indépendante des paroles , & capable
d'exprimer, fans ſon ſecours , les paffions les
plus chères à l'homme. Il y a quelque temps
que je roule dans ma tête la même idée , quoiqu'un
peu plus étendue & plus générale. Mon
deſlein eſt de détailler mon ſyſtême à ce ſujet ,
dans un petit ouvrage que je compte donner ,
quand cette idée ſe ſera aſlez mûrie chez moi.
En attendant , recevez les témoignages de l'eſtime
fincère que m'a inſpiré l'étendue de vos
connoiſſances & la grandeur de votre projet.
J'ai l'honneur d'être , Monfieur , &c.
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Résumé : Lettre à M. de Chabanon, pour servir de réponse à celle qu'il a écrite sur les propriétés musicales de la langue Françoise. Par M. le C. de S. A.
La lettre traite des propriétés musicales de la langue française en réponse à M. de Chabanon. L'auteur reconnaît la diversité des styles des écrivains tout en soulignant l'unité de la langue, comparant cette dynamique à celle entre compositeurs et musique. Trois opinions sur la musicalité du français sont examinées : la première restreint cette musicalité au style de Lully, la deuxième affirme que la langue convient au chant moderne mais manque de dignité pour l'opéra, et la troisième, jugée pertinente, n'est pas détaillée. L'auteur aborde également les critiques de Jean-Jacques Rousseau, qui souligne la présence de sons mixtes et indistincts dans la langue française, un ordre trop didactique des constructions, et un défaut de prosodie marquée. Les sons mixtes sont jugés contraires à la musique en raison de leur nature confuse et monotone, bien qu'ils puissent exprimer des idées comme l'indécision ou la mort. L'auteur défend l'inversion grammaticale en français, soulignant son mérite musical et son rôle dans le développement de la phrase musicale. Il conteste l'idée que l'oreille puisse définir les règles linguistiques, affirmant que les langues anciennes avaient une prosodie bien définie. L'auteur conclut en admirant les connaissances de son interlocuteur et annonce un futur ouvrage sur l'indépendance de la musique par rapport aux paroles.
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96
p. 128-129
De VERSAILLES, le 17 Décembre.
Début :
Le 6 de ce mois l'assemblée du Clergé, composée de Cardinaux, d'Archevêques, [...]
Mots clefs :
Versailles, Ordre, Ordre de Cîteaux, Abbé, Dame, Diocèse, Vicaire
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texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 17 Décembre.
De VERSAILLES , le 17 Décembre.
LE 6 de ce mois l'affemblée du Clergé ,
compofée de Cardinaux , d'Archevêques ,
d'Evêques , & de Députés du fecond Ordre ,
fe rendit ici & fut préfentée à l'Audience du
Roi par M. Amelot , Secrétaire d'Etat . L'Evêque
d'Auxerre , au nom de l'Affemblée
porta la parole à S. M. , après quoi les
Députés du premier & du fecond Ordre
furent préfentés & nommés au Roi
Cardinal de la Rochefoucault.
par
le
Le Roi a nommé à l'Abbaye des Clairets ,
Ordre Cîteaux , Diocèle de Chartres , la
Dame de Galad- Bearn , Religieufe de l'Abbaye
de St-Julien d'Auxerre , fur la nomination
& préfentation de Monfieur en
vertu de fon Apanage ; à celle de St- Crépinle-
Grand , Ordre de St-Benoît , Diocèfe de
Soiffons , l'Abbé d'Argens , Vicaire-Général
de Paris ; à celle de Montolieu , même Ordre,
( 129 )
Diocèle de Carcaffonne , l'Abbé d'Alais de
Montales , Vicaire- Général de Cambray ; à
celle de Beaulieu , Ordre de Cîteaux , Diocèſe
de Langres , l'Abbé de Montefquieu ,
Vicaire Général d'Aix ; à celle de Lanvaux ,
même Ordre , Diocèfe de Vannes , l'Abbé
de la Villeon , Vicaire de St- Euſtache ; à
celle de St -Lo , Ordre de St- Auguſtin , Diocèfe
de Coutances , l'Abbé de Brandés ; à
l'Abbaye régulière de Notre - Dame de Prorection
, même Diocèfe ,' la Dame Millo , Religieufe
Profeffe de l'Ordre de Cîteaux ; à
celle des Ifles , Ordre de Cîteaux , Diocèle
d'Auxerre , la dame de Prioreau , Religieufe
Profeffe du même Ordre .
LE 6 de ce mois l'affemblée du Clergé ,
compofée de Cardinaux , d'Archevêques ,
d'Evêques , & de Députés du fecond Ordre ,
fe rendit ici & fut préfentée à l'Audience du
Roi par M. Amelot , Secrétaire d'Etat . L'Evêque
d'Auxerre , au nom de l'Affemblée
porta la parole à S. M. , après quoi les
Députés du premier & du fecond Ordre
furent préfentés & nommés au Roi
Cardinal de la Rochefoucault.
par
le
Le Roi a nommé à l'Abbaye des Clairets ,
Ordre Cîteaux , Diocèle de Chartres , la
Dame de Galad- Bearn , Religieufe de l'Abbaye
de St-Julien d'Auxerre , fur la nomination
& préfentation de Monfieur en
vertu de fon Apanage ; à celle de St- Crépinle-
Grand , Ordre de St-Benoît , Diocèfe de
Soiffons , l'Abbé d'Argens , Vicaire-Général
de Paris ; à celle de Montolieu , même Ordre,
( 129 )
Diocèle de Carcaffonne , l'Abbé d'Alais de
Montales , Vicaire- Général de Cambray ; à
celle de Beaulieu , Ordre de Cîteaux , Diocèſe
de Langres , l'Abbé de Montefquieu ,
Vicaire Général d'Aix ; à celle de Lanvaux ,
même Ordre , Diocèfe de Vannes , l'Abbé
de la Villeon , Vicaire de St- Euſtache ; à
celle de St -Lo , Ordre de St- Auguſtin , Diocèfe
de Coutances , l'Abbé de Brandés ; à
l'Abbaye régulière de Notre - Dame de Prorection
, même Diocèfe ,' la Dame Millo , Religieufe
Profeffe de l'Ordre de Cîteaux ; à
celle des Ifles , Ordre de Cîteaux , Diocèle
d'Auxerre , la dame de Prioreau , Religieufe
Profeffe du même Ordre .
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Résumé : De VERSAILLES, le 17 Décembre.
Le 6 décembre, l'assemblée du Clergé, incluant des cardinaux, archevêques, évêques et députés du second ordre, s'est réunie à Versailles et a été présentée au roi par M. Amelot, secrétaire d'État. L'évêque d'Auxerre a pris la parole au nom de l'assemblée. Les députés du premier et du second ordre ont ensuite été présentés et nommés au roi par le cardinal de la Rochefoucauld. Le roi a procédé à plusieurs nominations pour diverses abbayes : Dame de Galad-Bearn à l'abbaye des Clairets, diocèse de Chartres ; Abbé d'Argens à l'abbaye de Saint-Crépin-le-Grand, diocèse de Soissons ; Abbé d'Alais de Montals à l'abbaye de Montolieu, diocèse de Carcassonne ; Abbé de Montescieu à l'abbaye de Beaulieu, diocèse de Langres ; Abbé de la Villeon à l'abbaye de Lanvaux, diocèse de Vannes ; Abbé de Brandés à l'abbaye de Saint-Lô, diocèse de Coutances ; Dame Millo à l'abbaye régulière de Notre-Dame de Protection, diocèse de Coutances ; et Dame de Prioreau à l'abbaye des Isles, diocèse d'Auxerre.
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97
p. 142-144
Suite de la Lettre circulaire des Etats de Frise.
Début :
Quel jugement portera la direction de la Marine, en considérant ce qui s'est passé à l'égard [...]
Mots clefs :
États de Frise, Résolution, Lettre, Sortir, Brest, Ordre, Vaisseaux, Délibérations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de la Lettre circulaire des Etats de Frise.
Suite de la Lettre circulaire des Etats de Frife.
Quel jugement portera la direction de la
Marine , en confidérant ce qui s'eft paffé à l'égard
du vaiffeau la Gueldre , qui arriva le 8
Octobre de deffous le Vlierer au Texel , & qui fat
défigné par S. A. pour fortir avec l'eſcadre ; le
Vice-Amiral Harifinck avertit S. A. , par une lettre
du 13 Octobre , qu'il s'en falloit de beaucoup que
l'équipage de ce vaiffeaa fût complet ; que les
canons de fa première batterie avoient été mis à
terre à Medembik , & qu'ainfi il étoit hors d'état
de remplir les intentions de S. A. pour la fortie.
Enfin , pourra-t - on fe faire une idée nette de la
direction des affaires de la Marine , fi l'on confidère
que lorfque L. H. P. , renonçant le 9 Octobre à
l'expédition de Breft prirent le même jour la
réfolution de faire fortir une efcadre , pour aller
prendre le convoi de Drontheim mouillé à Bergen ,
S. A. avoit déjà envoyé le 7 Octobre précédent
au Vice Amiral Hartfinck l'ordre de faire d'abord
fortir les vaiffeaux prêts à appareiller , & cela
( comme il appert par l'ordre donné ) pour faire
une courfe dans la mer du Nord ? Comment cet
ordre anticipé de S. A. , tandis que LL. HH. PP.
n'avoient pas encore terminé leurs délibérations
fur l'envoi de l'efcadre , fur le tems de fa fortie
& fur fa deftination , peut-il ſe juſtifier ? En effet ,
deux chofes font certaines : Ou , au cas que LL.
HH. PP. , en ordonnant promptement de remédier
aux difficultés propofées & de pourvoir les vaiffeaux
( 143 )
du néceffaire , euffent cru ce nonobftant devoir ſe
déterminer à l'expédition de Breft , leur réfolution
fur ce point important auroit été rendue illufoire
& abfolument impraticable contre leur attente &
durant le cours de leurs délibérations : Ou , fi LL..
HH. PP. euffent écouté les avertiffemens férieux
qui , felon la lettre du Vice- Amiral du 5 Octobre ,
ont été donnés par les Pilotes - côtiers ; favoir , que
les vaiffeaux ne pouvoient plus être conduits dehors
fans dangers , & que , la bonne faifon étant paffée',
il falloit bien plutôt leur faire quitter la rade & les
faire entrer au mouillage d hiver ; fi fuivant ce
confeil ( puifque le voyage de Breft avoit échoué )
elles euffent jugé à propos de prendre une réfolution
en conféquence , la fuite en auroit été , que les
ordres préalables de S. A. , qui avoient fi évidemment
anticipé fur les délibérations de LL. HH . PP. ,
auroient rendu l'exécution de la réfolution impoffible
& l'auroient anéantie dans le fait. Si nous faisons
donc réflexion fur toutes ces circonftances , & fi
nous confidérons en même-tems , comment S. A. S.
femble éviter , d'une façon inconcevable , de s'intéreſler
le moins du monde à tout ce qui concerne
une affaire , qui a caufé tant de furprife & d'éclat ,
tandis que LL. HH . PP. ont renvoyé tout ce qui
n'eſt pallé , quant aux rapports reçus , à délibération
ultérieure , fans rien de plus . Nous nous
perdons dans un abîme de perplexité . C'eft par ces
motifs , N. & P. S. , que d'une part le fentiment
douloureux des embarras dont nous nous voyons
environnés de tous côtés , & le defir de nous raffurer
au fujet des difficultés fus - mentionnées , ( qui ne font
qu'une partie de la conduite incompréhensible tenue
à tous égards ) puifque nous ne faurions nous procurer
aucunes lumières ni éclairciffemens ; d'autre
part , la perception affligeante de la fituation de
notre chère patrie , dont le danger s'accroît tous
les jours , nous excitent à nous adreffer de nou
-
( 144 )
veau à V. N. P. , à les exhorter & exciter par tout
ce qui nous cft, cher, & de, la manière la plus
folemnelle , à ne plus refter fanière
う
, mais a concourir
fans perte de tems , en mettant de côté
tous intérêts particuliers , pour faire de concert les
efforts les plus extrêmes , & pour nous réunir tous enfemble
avec franchife & un patriotifme ardent , dans
la vue d'effectuer un prompt redreffement dans les
affaires , de façon qu'on concerte avec une intention
Pure & avec promptitude les moyens les plus falutaires
& les plus efficaces pour cette fin , qui fait
aujourd'hui l'objet principal de nos devoirs.
La fuite à l'ordinaire prochain.
Quel jugement portera la direction de la
Marine , en confidérant ce qui s'eft paffé à l'égard
du vaiffeau la Gueldre , qui arriva le 8
Octobre de deffous le Vlierer au Texel , & qui fat
défigné par S. A. pour fortir avec l'eſcadre ; le
Vice-Amiral Harifinck avertit S. A. , par une lettre
du 13 Octobre , qu'il s'en falloit de beaucoup que
l'équipage de ce vaiffeaa fût complet ; que les
canons de fa première batterie avoient été mis à
terre à Medembik , & qu'ainfi il étoit hors d'état
de remplir les intentions de S. A. pour la fortie.
Enfin , pourra-t - on fe faire une idée nette de la
direction des affaires de la Marine , fi l'on confidère
que lorfque L. H. P. , renonçant le 9 Octobre à
l'expédition de Breft prirent le même jour la
réfolution de faire fortir une efcadre , pour aller
prendre le convoi de Drontheim mouillé à Bergen ,
S. A. avoit déjà envoyé le 7 Octobre précédent
au Vice Amiral Hartfinck l'ordre de faire d'abord
fortir les vaiffeaux prêts à appareiller , & cela
( comme il appert par l'ordre donné ) pour faire
une courfe dans la mer du Nord ? Comment cet
ordre anticipé de S. A. , tandis que LL. HH. PP.
n'avoient pas encore terminé leurs délibérations
fur l'envoi de l'efcadre , fur le tems de fa fortie
& fur fa deftination , peut-il ſe juſtifier ? En effet ,
deux chofes font certaines : Ou , au cas que LL.
HH. PP. , en ordonnant promptement de remédier
aux difficultés propofées & de pourvoir les vaiffeaux
( 143 )
du néceffaire , euffent cru ce nonobftant devoir ſe
déterminer à l'expédition de Breft , leur réfolution
fur ce point important auroit été rendue illufoire
& abfolument impraticable contre leur attente &
durant le cours de leurs délibérations : Ou , fi LL..
HH. PP. euffent écouté les avertiffemens férieux
qui , felon la lettre du Vice- Amiral du 5 Octobre ,
ont été donnés par les Pilotes - côtiers ; favoir , que
les vaiffeaux ne pouvoient plus être conduits dehors
fans dangers , & que , la bonne faifon étant paffée',
il falloit bien plutôt leur faire quitter la rade & les
faire entrer au mouillage d hiver ; fi fuivant ce
confeil ( puifque le voyage de Breft avoit échoué )
elles euffent jugé à propos de prendre une réfolution
en conféquence , la fuite en auroit été , que les
ordres préalables de S. A. , qui avoient fi évidemment
anticipé fur les délibérations de LL. HH . PP. ,
auroient rendu l'exécution de la réfolution impoffible
& l'auroient anéantie dans le fait. Si nous faisons
donc réflexion fur toutes ces circonftances , & fi
nous confidérons en même-tems , comment S. A. S.
femble éviter , d'une façon inconcevable , de s'intéreſler
le moins du monde à tout ce qui concerne
une affaire , qui a caufé tant de furprife & d'éclat ,
tandis que LL. HH . PP. ont renvoyé tout ce qui
n'eſt pallé , quant aux rapports reçus , à délibération
ultérieure , fans rien de plus . Nous nous
perdons dans un abîme de perplexité . C'eft par ces
motifs , N. & P. S. , que d'une part le fentiment
douloureux des embarras dont nous nous voyons
environnés de tous côtés , & le defir de nous raffurer
au fujet des difficultés fus - mentionnées , ( qui ne font
qu'une partie de la conduite incompréhensible tenue
à tous égards ) puifque nous ne faurions nous procurer
aucunes lumières ni éclairciffemens ; d'autre
part , la perception affligeante de la fituation de
notre chère patrie , dont le danger s'accroît tous
les jours , nous excitent à nous adreffer de nou
-
( 144 )
veau à V. N. P. , à les exhorter & exciter par tout
ce qui nous cft, cher, & de, la manière la plus
folemnelle , à ne plus refter fanière
う
, mais a concourir
fans perte de tems , en mettant de côté
tous intérêts particuliers , pour faire de concert les
efforts les plus extrêmes , & pour nous réunir tous enfemble
avec franchife & un patriotifme ardent , dans
la vue d'effectuer un prompt redreffement dans les
affaires , de façon qu'on concerte avec une intention
Pure & avec promptitude les moyens les plus falutaires
& les plus efficaces pour cette fin , qui fait
aujourd'hui l'objet principal de nos devoirs.
La fuite à l'ordinaire prochain.
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Résumé : Suite de la Lettre circulaire des Etats de Frise.
La Lettre circulaire des États de Frise aborde divers problèmes affectant la Marine. Le vaisseau 'la Gueldre', arrivé le 8 octobre, ne pouvait pas partir en raison d'un équipage incomplet et de canons démontés. Le Vice-Amiral Harffinck en informa Son Altesse le 13 octobre. Les Hautes Puissances Prussiennes annulèrent l'expédition de Brest le 9 octobre et décidèrent d'envoyer une escadre à Bergen. Cependant, Son Altesse avait déjà ordonné le 7 octobre la sortie des vaisseaux prêts à appareiller pour une course en mer du Nord. Cet ordre anticipé pose des questions sur sa justification, car il pourrait compromettre l'exécution des décisions ultérieures des Hautes Puissances. De plus, les pilotes côtiers avaient signalé des dangers pour les vaisseaux. La situation est marquée par une confusion administrative : Son Altesse semble éviter toute implication directe, tandis que les Hautes Puissances reportent les rapports à une délibération ultérieure. Face à cette confusion et aux dangers croissants pour la patrie, les auteurs exhortent les destinataires à agir rapidement et de concert pour redresser la situation.
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