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1
p. 10-24
Conversions, [titre d'après la table]
Début :
Il y a eu icy dans le mesme temps beaucoup [...]
Mots clefs :
Conversions, Amour, Cavalier, Demoiselle, Croyances, Coeur, Habits, Religion, Mariage, Religion prétendue réformée, Catholique, Renoncer à l'erreur, Aveu, Vérité, Abjuration
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texteReconnaissance textuelle : Conversions, [titre d'après la table]
Il y a eu icy dans le meſ
me temps beaucoup de Converfrons
de Perfonnes remarquables,
entre lefquelles
il s'en eft fait une, dont fi la
force de la verité a infpiré le
deffein , on peut dire que
l'amour en a hafté l'exécu
tion . En voicy les circon
tances.
Un Cavalier fe promenant
feul aux Thuileries , y vit une
jeune Demoiſelle qui luy
parut toute aimable . Elle
GALANT. M
avoit l'air fin , la taille bien
prife, & tant d'agrément fur
le vifage , quoy qu'avec des
traits irréguliers, que dés ce
premier moment il en eut
le coeur touché. Il la regarda
avec un plaifir qui
auroit deû luy eftre fufpect,
s'il en euft voulu penétrer la
caufe , & apres qu'elle fe fut:
retirée , il en conferva une
idée fi forte, que la rencontrant
le lendemain dans le
mefme Lieu veftuë d'une autre
maniere , il n'eut pas de
peine à la reconnoiftre . Il la
vit ainfi cinq ou fix fois fans
12 MERCVRE
que
trouver perfonne qui la connuft.
Cela luy fit croire
c'eftoit une Fille de Provin
ce ; & pour découvrir qui
elle eftoit , il ſe réfolvoit enfin
à la fuivre , quand il apperçeut
un de fes Amis qui
la falua. Il le joignit auffitoft
, & luy demanda fi ce
falut eftoit civilité genérale
pour toutes les Belles , ou
particuliere pour une Perfonne
qui luy fuft connue.
Il reçeut de luy l'éclairciffement
qu'il fouhaitoit ; mais
s'il apprit avec joye que la
Belle vivoit à Paris avec une
GALANT. 13
Mere qui n'afpiroit qu'à la
marier , il apprit en meſme
temps avec beaucoup de
chagrin qu'elle eftoit d'une
Croyance contraire à la fienne.
Ses efpérances, formées
confufément par l'amour, ſe
trouvòiết détruites par cette
nouvelle. Cependant les fentimens
de fon coeur l'empor
tant fur fa raifon , il voulut
hier habitude avec la Belle,
& crût n'y pouvoir mieux
réüffir qu'en fe feignant Re
ligionnaire. Ainfi l'ayant
aperçeuë le jour fuivant, accompagnée
feulement d'une
14 MERCVRE
Parente, il fit fi bien, qu'en
paſſant tout proche d'elle,
fon Epée s'embaraſſa dans
un des Rubans qui eftoient
autour d'un petitHabit d'Eté
qu'elle portoit, couleur de
Rofe. La Belle qui fe fentit
arreftée, demanda au Cavalier
s'il nevouloit point faire
grace à fon Ruban. Il luy
répondit, que quand il l'em.
porteroit , elle devoit peu
s'en inquiéter, puis qu'il luy
laiffoit un gage qui eftoit
d'un autre prix. La galanterie
de la réponſe obligea la
Belle à répliquer ; & la conGALANT.
K
verfation s'eftant noüée infenfiblement,
leCavalier luy
fit croire qu'il l'avoit veuë
plufieurs fois à Charenton
& qu'il fouhaitoit depuis
longtemps de trouver loccafion
que le hazard luy
avoit fait naître. Ils fe féparerent
fort fatisfaits l'un de
l'autre, & la Belle eftant venue
plufieurs autres foirs
aux Thuileries , le Cavalier
luy fit paroiftre des fenti
mens fi paflionnez , qu'ils
firent l'effet qu'il en avoit
attendu. La Parente de la
Belle qui le croyoit du
16 MERCVRE
mefme party pour ce qui re
garde la Religion, favorifoit
cet amour naiſſant , & en
peu de jours les affurances
que
ue le Cavalier donna du
fien, allerent fi loin, qu'elle
fe crût en droit de luy dire
qu'il n'avoit qu'à le déclarer
avec la Mere , & qu'on tâcheroit
à le fervir. Le Cal
valier, que cette propofition
embarafla , pria la Belle de
venir le lendemain accom
pagnée de pluſieurs Perſonnes
, afin qu'il puft luy dire
un fecret fans eltre entendu
de fa Parente. La chofe fe
GALANT. 17
fit comme il l'avoit fouhaité.
Une Amie commune accompagna
la Parente , &
apres un tour d'Allée, le Ca
valier qui les avoit jointes,
engagea la Belle à les laiffer
quelques pas derriere, pour
apprendre ce qu'il avoit à
luy confier. Il commença
par les plus tendres protefta
tions , & apres luy avoir
fait fes, remercîmens de ce
qu'elle confentoit qu'il la
demandaft en mariage , il
adjoûta , que ne voulant
point qu'on luy reprochaft
de l'avoir trompée, il ſe ſeng
May 1681 .
B
18 MERCVRE
toit obligé de luy découvrir
qu'il trouvoit de grands
abus dans la prétenduë réforme
de leur Eglife, & que
n'en croyant de vraye que
la Catholique, il ne pouvoit
fe défendre de renoncer à
l'erreur. Ce difcours furprit
la Belle , mais fans luy donner
aucun chagrin. Elle demanda
s'il avoit pris une
veritable réſolution , & le
voyant comme inébranlable
dans fon deffein, elle ne put
luy.cacher qu'elle eftoit perfuadée
auffi- bien que luy,
que la Religion qu'elle pro
t
GALANT. 19
feffoit n'eftoit point la vraye;;
qu'on l'avoit déja inftruite
fur plufieurs doutes ; que la
crainte d'une Mere de qui
elle dépendoit, l'avoit empefchée
de pouffer plus loin
l'éclairciffement qui luy ef
toit néceffaire ; & que fon
exemple la fortifiant , elle
écouteroit avec plaifir les
mefmes Perfonnes qui a
voient fervy à le détromper.
Le Cavalier ménagea la
chofe adroitement , qu'il
* la mit en conférence avec
un des Hommes les plus
confommez dans ces fortes
Bij
20 MERCVRE
de matieres. Ce fçavant
Homme la convainquit fi
bien de la verité , que ſon
Amant ne crût plus aucun
péril à luy avouer la tromperie
qu'il luy avoit faite.
Elle ne pût l'en blâmer ; &
l'amitié qu'elle avoit pour
fa Parente, l'obligeant à fou
haiter que les lumieres qu '
elle recevoit fe répandiſſent
fur elle, il ne luy fut pas poffible
de luy déguifer ce qui
ſe paffoit. Elle cut cependant
beau faire. Sa Parente .
ceffa d'eſtre ſon Amie , fi
toft qu'elle luy parla d'ouGALANT.
21
vrir les
yeux
à la verité ; &
apprenant
que le Cavalier
eftoit Catholique
, le chagrin
qu'elle eut de voir que
c'eftoit par luy que la Belle
changeoit de Religion , &
qu'elle avoit elle - meſme
contribué à ce changement,
en foufrant leurs entreveuës,
luy fit former le deffein
d'empefcher leur mariage.
Les avis qu'elle donna à la
Mere de la Belle , l'aigrirent
fi fort contre fon Amant,
qu'il euſt eſté mal ro
çey s'il euſt fait quelques
avances. Cette Mere au de22
MERCVRE
feſpoir , n'oublia rien pour
gagner fa Fille . Elle pria,
elle menaça, & fes menaces
n'obtinrent pas plus que fes
prieres. La Belle foûtint ces
divers affauts avec une fer
meté qui ne fe peut conce-
8
..
voir ; & tous les obftacles .
qu'on luy fit naître ayant
efté furmontez par fon cou
rage, il falut enfin la laiffer
maîtreffe de fes volontez ,
La cerémonté dé fon Abju
ration a eſté publique , &
s'eft faite icy depuis affez
peu de temps. Si le bonheur
qu'elle s'est acquis par là
C
ˇ
GALANT. 23
luy doit donner de la joye,
fes peines font grandes pour
ce qui regarde l'intéreſt de
fon amour. Sa Mere indignée
de fon changement de
Religion , ne peut pardonner
au Cavalier qui en eft la
caufe. Les
avantages que la
Belle trouveroit en l'époufant,
ne la touchent point,
& pour empefcher qu'elle
ne luy parle , elle la fait obferver
par tout. D'un autre
cofté , le Pere du Cavalier
qui a fçeu la chofe, ne trou
vant point la Belle affez riche,
défend à fon Fils de
24 MERCVRE
fonger à elle , & dans la contrainte
où ils font forcez de
vivre , ils n'ont que les Lettres
pour fe confoler. Ils.
cherchent en s'écrivant , cepour
fe qu'il y a de plus fort
jurer l'un à l'autre une conf
tance etèrnelle , & eſperent
que le temps les fera venirà
bout de tous les obftacles
qui les font foufrir
me temps beaucoup de Converfrons
de Perfonnes remarquables,
entre lefquelles
il s'en eft fait une, dont fi la
force de la verité a infpiré le
deffein , on peut dire que
l'amour en a hafté l'exécu
tion . En voicy les circon
tances.
Un Cavalier fe promenant
feul aux Thuileries , y vit une
jeune Demoiſelle qui luy
parut toute aimable . Elle
GALANT. M
avoit l'air fin , la taille bien
prife, & tant d'agrément fur
le vifage , quoy qu'avec des
traits irréguliers, que dés ce
premier moment il en eut
le coeur touché. Il la regarda
avec un plaifir qui
auroit deû luy eftre fufpect,
s'il en euft voulu penétrer la
caufe , & apres qu'elle fe fut:
retirée , il en conferva une
idée fi forte, que la rencontrant
le lendemain dans le
mefme Lieu veftuë d'une autre
maniere , il n'eut pas de
peine à la reconnoiftre . Il la
vit ainfi cinq ou fix fois fans
12 MERCVRE
que
trouver perfonne qui la connuft.
Cela luy fit croire
c'eftoit une Fille de Provin
ce ; & pour découvrir qui
elle eftoit , il ſe réfolvoit enfin
à la fuivre , quand il apperçeut
un de fes Amis qui
la falua. Il le joignit auffitoft
, & luy demanda fi ce
falut eftoit civilité genérale
pour toutes les Belles , ou
particuliere pour une Perfonne
qui luy fuft connue.
Il reçeut de luy l'éclairciffement
qu'il fouhaitoit ; mais
s'il apprit avec joye que la
Belle vivoit à Paris avec une
GALANT. 13
Mere qui n'afpiroit qu'à la
marier , il apprit en meſme
temps avec beaucoup de
chagrin qu'elle eftoit d'une
Croyance contraire à la fienne.
Ses efpérances, formées
confufément par l'amour, ſe
trouvòiết détruites par cette
nouvelle. Cependant les fentimens
de fon coeur l'empor
tant fur fa raifon , il voulut
hier habitude avec la Belle,
& crût n'y pouvoir mieux
réüffir qu'en fe feignant Re
ligionnaire. Ainfi l'ayant
aperçeuë le jour fuivant, accompagnée
feulement d'une
14 MERCVRE
Parente, il fit fi bien, qu'en
paſſant tout proche d'elle,
fon Epée s'embaraſſa dans
un des Rubans qui eftoient
autour d'un petitHabit d'Eté
qu'elle portoit, couleur de
Rofe. La Belle qui fe fentit
arreftée, demanda au Cavalier
s'il nevouloit point faire
grace à fon Ruban. Il luy
répondit, que quand il l'em.
porteroit , elle devoit peu
s'en inquiéter, puis qu'il luy
laiffoit un gage qui eftoit
d'un autre prix. La galanterie
de la réponſe obligea la
Belle à répliquer ; & la conGALANT.
K
verfation s'eftant noüée infenfiblement,
leCavalier luy
fit croire qu'il l'avoit veuë
plufieurs fois à Charenton
& qu'il fouhaitoit depuis
longtemps de trouver loccafion
que le hazard luy
avoit fait naître. Ils fe féparerent
fort fatisfaits l'un de
l'autre, & la Belle eftant venue
plufieurs autres foirs
aux Thuileries , le Cavalier
luy fit paroiftre des fenti
mens fi paflionnez , qu'ils
firent l'effet qu'il en avoit
attendu. La Parente de la
Belle qui le croyoit du
16 MERCVRE
mefme party pour ce qui re
garde la Religion, favorifoit
cet amour naiſſant , & en
peu de jours les affurances
que
ue le Cavalier donna du
fien, allerent fi loin, qu'elle
fe crût en droit de luy dire
qu'il n'avoit qu'à le déclarer
avec la Mere , & qu'on tâcheroit
à le fervir. Le Cal
valier, que cette propofition
embarafla , pria la Belle de
venir le lendemain accom
pagnée de pluſieurs Perſonnes
, afin qu'il puft luy dire
un fecret fans eltre entendu
de fa Parente. La chofe fe
GALANT. 17
fit comme il l'avoit fouhaité.
Une Amie commune accompagna
la Parente , &
apres un tour d'Allée, le Ca
valier qui les avoit jointes,
engagea la Belle à les laiffer
quelques pas derriere, pour
apprendre ce qu'il avoit à
luy confier. Il commença
par les plus tendres protefta
tions , & apres luy avoir
fait fes, remercîmens de ce
qu'elle confentoit qu'il la
demandaft en mariage , il
adjoûta , que ne voulant
point qu'on luy reprochaft
de l'avoir trompée, il ſe ſeng
May 1681 .
B
18 MERCVRE
toit obligé de luy découvrir
qu'il trouvoit de grands
abus dans la prétenduë réforme
de leur Eglife, & que
n'en croyant de vraye que
la Catholique, il ne pouvoit
fe défendre de renoncer à
l'erreur. Ce difcours furprit
la Belle , mais fans luy donner
aucun chagrin. Elle demanda
s'il avoit pris une
veritable réſolution , & le
voyant comme inébranlable
dans fon deffein, elle ne put
luy.cacher qu'elle eftoit perfuadée
auffi- bien que luy,
que la Religion qu'elle pro
t
GALANT. 19
feffoit n'eftoit point la vraye;;
qu'on l'avoit déja inftruite
fur plufieurs doutes ; que la
crainte d'une Mere de qui
elle dépendoit, l'avoit empefchée
de pouffer plus loin
l'éclairciffement qui luy ef
toit néceffaire ; & que fon
exemple la fortifiant , elle
écouteroit avec plaifir les
mefmes Perfonnes qui a
voient fervy à le détromper.
Le Cavalier ménagea la
chofe adroitement , qu'il
* la mit en conférence avec
un des Hommes les plus
confommez dans ces fortes
Bij
20 MERCVRE
de matieres. Ce fçavant
Homme la convainquit fi
bien de la verité , que ſon
Amant ne crût plus aucun
péril à luy avouer la tromperie
qu'il luy avoit faite.
Elle ne pût l'en blâmer ; &
l'amitié qu'elle avoit pour
fa Parente, l'obligeant à fou
haiter que les lumieres qu '
elle recevoit fe répandiſſent
fur elle, il ne luy fut pas poffible
de luy déguifer ce qui
ſe paffoit. Elle cut cependant
beau faire. Sa Parente .
ceffa d'eſtre ſon Amie , fi
toft qu'elle luy parla d'ouGALANT.
21
vrir les
yeux
à la verité ; &
apprenant
que le Cavalier
eftoit Catholique
, le chagrin
qu'elle eut de voir que
c'eftoit par luy que la Belle
changeoit de Religion , &
qu'elle avoit elle - meſme
contribué à ce changement,
en foufrant leurs entreveuës,
luy fit former le deffein
d'empefcher leur mariage.
Les avis qu'elle donna à la
Mere de la Belle , l'aigrirent
fi fort contre fon Amant,
qu'il euſt eſté mal ro
çey s'il euſt fait quelques
avances. Cette Mere au de22
MERCVRE
feſpoir , n'oublia rien pour
gagner fa Fille . Elle pria,
elle menaça, & fes menaces
n'obtinrent pas plus que fes
prieres. La Belle foûtint ces
divers affauts avec une fer
meté qui ne fe peut conce-
8
..
voir ; & tous les obftacles .
qu'on luy fit naître ayant
efté furmontez par fon cou
rage, il falut enfin la laiffer
maîtreffe de fes volontez ,
La cerémonté dé fon Abju
ration a eſté publique , &
s'eft faite icy depuis affez
peu de temps. Si le bonheur
qu'elle s'est acquis par là
C
ˇ
GALANT. 23
luy doit donner de la joye,
fes peines font grandes pour
ce qui regarde l'intéreſt de
fon amour. Sa Mere indignée
de fon changement de
Religion , ne peut pardonner
au Cavalier qui en eft la
caufe. Les
avantages que la
Belle trouveroit en l'époufant,
ne la touchent point,
& pour empefcher qu'elle
ne luy parle , elle la fait obferver
par tout. D'un autre
cofté , le Pere du Cavalier
qui a fçeu la chofe, ne trou
vant point la Belle affez riche,
défend à fon Fils de
24 MERCVRE
fonger à elle , & dans la contrainte
où ils font forcez de
vivre , ils n'ont que les Lettres
pour fe confoler. Ils.
cherchent en s'écrivant , cepour
fe qu'il y a de plus fort
jurer l'un à l'autre une conf
tance etèrnelle , & eſperent
que le temps les fera venirà
bout de tous les obftacles
qui les font foufrir
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Résumé : Conversions, [titre d'après la table]
Dans un parc parisien, un cavalier s'éprend d'une jeune femme appartenant à une religion différente de la sienne. Pour se rapprocher d'elle, il simule l'adoption de ses croyances et obtient ainsi sa confiance. Leur relation évolue rapidement, et la jeune femme accepte de l'épouser après qu'il lui a révélé sa véritable foi catholique. Elle décide de se convertir, soutenue par un érudit. Cependant, une parente de la jeune femme, scandalisée par cette conversion, persuade la mère de s'opposer au mariage. La mère refuse catégoriquement l'union malgré les supplications et les menaces de sa fille, qui reste résolue. La jeune femme abjure publiquement sa foi, mais cette action ne lui procure guère de satisfaction en raison des obstacles rencontrés. La mère, furieuse, refuse de pardonner à l'amant et surveille étroitement sa fille. Parallèlement, le père du cavalier désapprouve la relation en raison d'une dot insuffisante, interdisant à son fils de fréquenter la jeune femme. Malgré ces difficultés, les amants continuent de communiquer par lettres, se promettant une fidélité éternelle et espérant surmonter les obstacles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 224-238
Histoire, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait aussi beaucoup de Conversions de Personnes de qualité [...]
Mots clefs :
Conversions, Normandie, Demoiselle, Calvinistes, Religion, Protestants, Obstination, Religion prétendue réformée, Vérité, Liberté, Déclaration, Zèle, Catholiques
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texteReconnaissance textuelle : Histoire, [titre d'après la table]
Il s'eft fait auffi beaucoup
de Converfions de Perfonnes
de qualité en Normandie
; mais depuis longtemps
GALANT. 225
aucune n'a fait tant de bruit
que celle dont je vay vous
apprendre le détail . Une
jeune Demoiſelle du Ponteaudemer
, d'une tres- bonne
Maiſon , & alliée des plus
illuftres Calviniftes de France
, & mefme de quelques
Seigneurs d'Angleterre , ne
trouvant perfonne de fon
rang dans la Religion qu'-
elle profeffoit , fut obligée
de faire focieté avec quelques
Demoiselles Catholiques
, pour ne pas vivre toûjours
feparée du monde. Elle
s'attacha particulierement
226 MERCURE
à une de ſes Voiſines , chez
qui plufieurs autres avoient
accoûtumé de fe rendre , attirées
par le tour aifé de fon
efprit , & par l'enjoüement
de fon humeur . Il s'y rencontroit
de temps en temps
quelques Cavaliers , qui ne
contribuoient
pas peu àrendre
la converfation agreable ;
& comme les inclinations
fe trouvent ordinairement
partagées , quelques -uns furent
touchez de cette jeune
& aimable Proteftante
, &
F'intéreſt qu'ils prenoient en
elle leur faifoit fouvent mêGALANT.
227
ler la Controverfe aux Difcours
galans. Elle répondoit
fort jufte à tout ce qu'on
luy difoit ; & quand on attaquoit
fa Religion , elle
montroit tant d'efprit à la
défendre , qu'il eftoit aifé de
voir qu'on l'en avoit bien
inftruite. Quoy
Quoy que fes
réponſes
fuffent fortes , &
qu'elle paruft opiniâtre , c'étoit
un grand fujet d'eſpérance
de la voir fi volontiers
conſentir à la difpute.
Ses Parens ayant apris ce qui
fe paffoit par une Demoifelle
Ecoffoife , qui l'accom228
MERCURE
pagnoit quelquefois dans ſes
viftes , réfolurent de l'envoyer
à la Campagne chez
une Perfonne de qualité de
la R. P. R. pour l'éloigner
d'un lieu où ils ` croyoient
que fa Religion & ſon coeur
couroient un fort grand danger.
Elle y fut conduite , &
tellement obfervée
, qu'une
Femme mefme qu'on luy
envoya , fous le prétexte de
faccommoder
des Points ,
ne put trouver le moyen de
luy donner un Billet. Mais
la contrainte
n'eft pas ce qui
gagne les efprits . Elle ne
GALANT: 229
fervit qu'à luy faire faire des
refléxions fort férieuſes , &
qu'à luy rendre fufpect le
party qu'on craignoit tant
qu'elle ne quitaft . Enfin
l'obligation de faire la Céne
à Paſques , la fit rappeller de
fon éxil. Elle revint au Ponteaudemer
, où un ſejour de
huit ou dix jours parut n'avoir
rien de dangereux. Elle
obtint la liberté d'y voir fes
Amies , & on la luy accorda
avec d'autant moins de
peine, qu'elle montroit grande
fermeté pour les erreurs
où elle eftoit née. On de-
•
230 MERCURE
voit dans peu l'envoyer plus
loin , & mefme on avoit def
fein de la marier avecun des
plus zelez Religionnaires ,
pour luy ofter toute forte de
moyens de fe convertir.Pendant
qu'on difpofoit tout
pour le voyage, fes Amies remirent
fur le tapis les mefmes
matieres. Elle écouta ,
refifta , & deux jours avant
qu'elle duft partir , elle fe
fentit fi fort ébranlée , qu'il
n'y avoit plus que les fentimens
de la Nature qui la faifoient
balancer. C'estoit pour
elle un rude combat à foûte,
GALANT. 231
nir, que fe repréſenter une
Mere en pleurs , accablée de
douleur & de chagrins, mais
la Grace demeura victorieufe,
& la fit réfoudre de fe foûmettre
à la Verité, quoy qui
arrivaft. Il fut arrefté par la
Compagnie , qui ce jour là
eftoit fort nom breu fe, qu'on
la conduiroit , ou dans un
Convent, ou chez une Dame
de qualité dont on luy avoit
offert la Maifon ; & c'est ce
qu'on auroit fait fur l'heure,
fi elle n'euft demandé le reſte
du jour pour de petits foins
qui la regardoient. Cepen
232 MERCURE
dant elle ne put s'échaper le
lendemain ; & comme les
chofes les mieux concertées
n'ont pas toûjours la fin que
l'on s'eft promife , le trouble
& la crainte qu'une fi grande
réſolution luy caufa , éclaterent
malgré elle, & trahirent
fon fecret. Madame fa Mere
qui le foupçonna , jugea qu'il
n'y avoit plus à diférer. Son
départ fut réſolu à l'inftant
meſme . On la mit dans un
Carroffe , & par des chemins
détournez , elle fut conduite
à Camamber. On y mit tout
en ufage pour l'obliger à
9
GALANT. 233
changer de fentimens. On fit
fucceder la douceur à la colere
, les promeffes aux menaces
, & plufieurs Partis avantageux
qu'on luy propofa
, luy laiffoient le choix d'une
affez grande fortune. Cet
enlevement ayant fait éclat,
M' le Lieutenant General du
Ponteaudemer , remply de
zele pour l'intéreſt de l'Egli
fe, & excité par les Lettres de
M' le Blanc , Intendant en
Normandie, informa de cette
affaire , & ayant mis en
comparence perfonelle tous
ceux qu'on fçavoit y avoir
Juin 1682. V
234 MERCURE
contribué , il ordonna que la
Demoiſelle feroit repréfentée
dans trois jours , fous les
peines contenues dans les
Déclarations de Sa Majesté.
On fut contraint d'obeïr.
Elle parut au jour ordonné,
accompagnée de dix ou douze
de fes Parens , & leurs remontrances
l'ayant étonnée,
elle declara d'abord qu'elle
trouvoit fa Religion bonne.
On luy voulut donner le
temps de s'examiner ; & pour
l'empefcher d'eftre obfedée,
elle fut mife chez une Dame
Catholique , pleine de fagef
GALANT 235
fc & de vertu. On luy fit voir
dans cette Maiſon un Cavalier
nouveau converty , &
fort éclairé , qui luy expli
qua les puiffans motifs qui
l'avoient porté à fe féparer
des Calviniftes. Elle goufta
fes raiſons , & déclara hautement
quelques jours apres,
qu'elle vouloit faire abjuration.
Madame fa Mere qui
eftoit allée à Rouen préſenter
requeſte à la Cour , pour
obtenir permiffion de la
voir , fut confternée de cette
nouvelle qu'elle apprit à fon
retour. Elle prétendit qu'on
Vij
236 MERCURE
avoit feduit la Fille, & le refte
du Party la voyant ferme
dans fa déclaration , commença
de publier que l'efpérance
de fe marier plus aifément
chez les Catholiques ,
cftoit la feule & vraye cauſe -
de fon changement de Religion.
Cette calomnie ne l'ébranla
point. Le refus qu'elle
avoit fait des avantages qui
luy venoient d'eſtre offerts à
Camamber, la juftifioit affez.
Apres s'eftre fait pleinement
inftruite des Veritez qui luy
avoient toûjours efté inconnuës
, elle abjura le jour de la
GALANT. 237
Pentecofte entre les mains
de M' le Curé de S. Oüen du
Ponteaudemer ; & la retraite
luy paroiffant neceffaire pour
ouvrir entierement fon coeur
à la Grace , elle entra le 17. de
ce mois dans l'Abbaye de
Preaux , celebre par les Dames
de qualité qui y font ,
par fa fituation agréable , &
par les grands revenus . Elle
acheva de cette maniere genéreuſe
ce qu'elle avoit fi
bien commencé , & laiffa
dans le monde de tres -avanpurs
fentageuſes
idées des
timens qui l'avoient portée à
238 MERCURE
fe convertir. La Femme de
Chambre d'une de fes Tantes
fuivit fon exemple dans
le meſme lieu , & le jour meſ
me de fon abjuration . Quelques-
uns de ce party l'ont
imitée depuis ce temps- là.
D'autres fe font veus contrains
d'éloigner leurs Enfans
tout prefts de le faire , & fi
l'on en croit le bruit commun
, leur Miniſtre meſme
donne lieu de préfumer qu'il
ne mourra pas dans fon erreur.
de Converfions de Perfonnes
de qualité en Normandie
; mais depuis longtemps
GALANT. 225
aucune n'a fait tant de bruit
que celle dont je vay vous
apprendre le détail . Une
jeune Demoiſelle du Ponteaudemer
, d'une tres- bonne
Maiſon , & alliée des plus
illuftres Calviniftes de France
, & mefme de quelques
Seigneurs d'Angleterre , ne
trouvant perfonne de fon
rang dans la Religion qu'-
elle profeffoit , fut obligée
de faire focieté avec quelques
Demoiselles Catholiques
, pour ne pas vivre toûjours
feparée du monde. Elle
s'attacha particulierement
226 MERCURE
à une de ſes Voiſines , chez
qui plufieurs autres avoient
accoûtumé de fe rendre , attirées
par le tour aifé de fon
efprit , & par l'enjoüement
de fon humeur . Il s'y rencontroit
de temps en temps
quelques Cavaliers , qui ne
contribuoient
pas peu àrendre
la converfation agreable ;
& comme les inclinations
fe trouvent ordinairement
partagées , quelques -uns furent
touchez de cette jeune
& aimable Proteftante
, &
F'intéreſt qu'ils prenoient en
elle leur faifoit fouvent mêGALANT.
227
ler la Controverfe aux Difcours
galans. Elle répondoit
fort jufte à tout ce qu'on
luy difoit ; & quand on attaquoit
fa Religion , elle
montroit tant d'efprit à la
défendre , qu'il eftoit aifé de
voir qu'on l'en avoit bien
inftruite. Quoy
Quoy que fes
réponſes
fuffent fortes , &
qu'elle paruft opiniâtre , c'étoit
un grand fujet d'eſpérance
de la voir fi volontiers
conſentir à la difpute.
Ses Parens ayant apris ce qui
fe paffoit par une Demoifelle
Ecoffoife , qui l'accom228
MERCURE
pagnoit quelquefois dans ſes
viftes , réfolurent de l'envoyer
à la Campagne chez
une Perfonne de qualité de
la R. P. R. pour l'éloigner
d'un lieu où ils ` croyoient
que fa Religion & ſon coeur
couroient un fort grand danger.
Elle y fut conduite , &
tellement obfervée
, qu'une
Femme mefme qu'on luy
envoya , fous le prétexte de
faccommoder
des Points ,
ne put trouver le moyen de
luy donner un Billet. Mais
la contrainte
n'eft pas ce qui
gagne les efprits . Elle ne
GALANT: 229
fervit qu'à luy faire faire des
refléxions fort férieuſes , &
qu'à luy rendre fufpect le
party qu'on craignoit tant
qu'elle ne quitaft . Enfin
l'obligation de faire la Céne
à Paſques , la fit rappeller de
fon éxil. Elle revint au Ponteaudemer
, où un ſejour de
huit ou dix jours parut n'avoir
rien de dangereux. Elle
obtint la liberté d'y voir fes
Amies , & on la luy accorda
avec d'autant moins de
peine, qu'elle montroit grande
fermeté pour les erreurs
où elle eftoit née. On de-
•
230 MERCURE
voit dans peu l'envoyer plus
loin , & mefme on avoit def
fein de la marier avecun des
plus zelez Religionnaires ,
pour luy ofter toute forte de
moyens de fe convertir.Pendant
qu'on difpofoit tout
pour le voyage, fes Amies remirent
fur le tapis les mefmes
matieres. Elle écouta ,
refifta , & deux jours avant
qu'elle duft partir , elle fe
fentit fi fort ébranlée , qu'il
n'y avoit plus que les fentimens
de la Nature qui la faifoient
balancer. C'estoit pour
elle un rude combat à foûte,
GALANT. 231
nir, que fe repréſenter une
Mere en pleurs , accablée de
douleur & de chagrins, mais
la Grace demeura victorieufe,
& la fit réfoudre de fe foûmettre
à la Verité, quoy qui
arrivaft. Il fut arrefté par la
Compagnie , qui ce jour là
eftoit fort nom breu fe, qu'on
la conduiroit , ou dans un
Convent, ou chez une Dame
de qualité dont on luy avoit
offert la Maifon ; & c'est ce
qu'on auroit fait fur l'heure,
fi elle n'euft demandé le reſte
du jour pour de petits foins
qui la regardoient. Cepen
232 MERCURE
dant elle ne put s'échaper le
lendemain ; & comme les
chofes les mieux concertées
n'ont pas toûjours la fin que
l'on s'eft promife , le trouble
& la crainte qu'une fi grande
réſolution luy caufa , éclaterent
malgré elle, & trahirent
fon fecret. Madame fa Mere
qui le foupçonna , jugea qu'il
n'y avoit plus à diférer. Son
départ fut réſolu à l'inftant
meſme . On la mit dans un
Carroffe , & par des chemins
détournez , elle fut conduite
à Camamber. On y mit tout
en ufage pour l'obliger à
9
GALANT. 233
changer de fentimens. On fit
fucceder la douceur à la colere
, les promeffes aux menaces
, & plufieurs Partis avantageux
qu'on luy propofa
, luy laiffoient le choix d'une
affez grande fortune. Cet
enlevement ayant fait éclat,
M' le Lieutenant General du
Ponteaudemer , remply de
zele pour l'intéreſt de l'Egli
fe, & excité par les Lettres de
M' le Blanc , Intendant en
Normandie, informa de cette
affaire , & ayant mis en
comparence perfonelle tous
ceux qu'on fçavoit y avoir
Juin 1682. V
234 MERCURE
contribué , il ordonna que la
Demoiſelle feroit repréfentée
dans trois jours , fous les
peines contenues dans les
Déclarations de Sa Majesté.
On fut contraint d'obeïr.
Elle parut au jour ordonné,
accompagnée de dix ou douze
de fes Parens , & leurs remontrances
l'ayant étonnée,
elle declara d'abord qu'elle
trouvoit fa Religion bonne.
On luy voulut donner le
temps de s'examiner ; & pour
l'empefcher d'eftre obfedée,
elle fut mife chez une Dame
Catholique , pleine de fagef
GALANT 235
fc & de vertu. On luy fit voir
dans cette Maiſon un Cavalier
nouveau converty , &
fort éclairé , qui luy expli
qua les puiffans motifs qui
l'avoient porté à fe féparer
des Calviniftes. Elle goufta
fes raiſons , & déclara hautement
quelques jours apres,
qu'elle vouloit faire abjuration.
Madame fa Mere qui
eftoit allée à Rouen préſenter
requeſte à la Cour , pour
obtenir permiffion de la
voir , fut confternée de cette
nouvelle qu'elle apprit à fon
retour. Elle prétendit qu'on
Vij
236 MERCURE
avoit feduit la Fille, & le refte
du Party la voyant ferme
dans fa déclaration , commença
de publier que l'efpérance
de fe marier plus aifément
chez les Catholiques ,
cftoit la feule & vraye cauſe -
de fon changement de Religion.
Cette calomnie ne l'ébranla
point. Le refus qu'elle
avoit fait des avantages qui
luy venoient d'eſtre offerts à
Camamber, la juftifioit affez.
Apres s'eftre fait pleinement
inftruite des Veritez qui luy
avoient toûjours efté inconnuës
, elle abjura le jour de la
GALANT. 237
Pentecofte entre les mains
de M' le Curé de S. Oüen du
Ponteaudemer ; & la retraite
luy paroiffant neceffaire pour
ouvrir entierement fon coeur
à la Grace , elle entra le 17. de
ce mois dans l'Abbaye de
Preaux , celebre par les Dames
de qualité qui y font ,
par fa fituation agréable , &
par les grands revenus . Elle
acheva de cette maniere genéreuſe
ce qu'elle avoit fi
bien commencé , & laiffa
dans le monde de tres -avanpurs
fentageuſes
idées des
timens qui l'avoient portée à
238 MERCURE
fe convertir. La Femme de
Chambre d'une de fes Tantes
fuivit fon exemple dans
le meſme lieu , & le jour meſ
me de fon abjuration . Quelques-
uns de ce party l'ont
imitée depuis ce temps- là.
D'autres fe font veus contrains
d'éloigner leurs Enfans
tout prefts de le faire , & fi
l'on en croit le bruit commun
, leur Miniſtre meſme
donne lieu de préfumer qu'il
ne mourra pas dans fon erreur.
Fermer
Résumé : Histoire, [titre d'après la table]
Le texte relate la conversion religieuse d'une jeune demoiselle protestante de Pont-Audemer, appartenant à une famille noble liée à des calvinistes influents de France et d'Angleterre. Ne trouvant pas de compagnons partageant ses croyances, elle fréquente des jeunes filles catholiques et engage des discussions religieuses avec des cavaliers. Ses parents, informés par une amie, l'envoient à la campagne pour la tenir éloignée des influences protestantes. À son retour, elle maintient sa décision de se convertir au catholicisme. Sa mère, doutant de cette conversion, l'envoie à Camembert, mais la jeune femme réaffirme son désir de changer de religion. Le lieutenant général de Pont-Audemer ordonne alors son retour, et elle proclame publiquement son attachement au catholicisme. Les protestants la soupçonnent de vouloir faciliter son mariage, mais elle reste ferme dans sa conviction. Sa conversion est perçue comme motivée par une foi sincère plutôt que par des intérêts matériels. Elle abjure le jour de la Pentecôte et rejoint l'Abbaye de Preaux pour approfondir sa foi. Sa conversion suscite une impression favorable et incite plusieurs personnes de son entourage à suivre son exemple.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 108-126
Histoire, [titre d'après la table]
Début :
Il est dangereux de forcer l'amour à se tourner en fureur ; [...]
Mots clefs :
Belle, Cavalier, Amour, Mariage, Demoiselle, Amants, Adorateur, Coeur, Destin funeste, Scrupule, Charme, Passion, Obstacle, Promesses, Gloire, Désespoir, Jalousie, Honneur, Blessures , Malheur, Peine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire, [titre d'après la table]
Il eſt dangereux de forcer
l'amour à le tourner en fu
reur ; il en arrive ordinairement
des fuites funeftes , &
ce qui s'eft paffé depuis peu
de temps dans une des plus
grandes Villes du Royaume,.
confirme les fanglans exemples
que nous en trouvons
dans les Hiftoires. Une jeu
ne Demoiselle naturellement
fenfible à la gloire , & pleine
de cette louable & noble
fierté , qui donne un nouveau
merite aux belles Perfonnes
, vivoit dans une con--
duite qui la mettoit à cou
GALANT. 109
vert de toute cenfure. L'agrément
de ſes manieres , joint
à un brillant d'efprit qui la
diftinguoit avec beaucoup
d'avantage , luy attiroit des
Amans de tous côtez . Elle
recevoit leurs foins , fans
marquer de préférence , &
confervoit une égalité , qui
n'en rebutant aucun leur
faifoit connoître qu'elle vouloit
fe donner le temps de
choifir. C'eftoit en effet fon
but ; elle gardoit avec eux
la plus éxacte regularité ; ne
leur permettant ny vifites
affidues , ny empreffemens
110 MERCURE
trop remarquables
. Ainſi la
bienséance
régloit tous les
égards complaifans
qu'elle
croyoit leur devoir ; & la raifon
demeurant
toûjours maîtreffe
de fes fentimens
, elle
attendoit qu'elle connût aſſez
bien leurs differens caractepour
pouvoir faire un
res
-
heureux , fans fe rendre
malheureuſe , ou qu'il s'offrist
un Party plus confiderable
, qui déterminaft fon
choix. Elle approchoit de
vingt ans , quand un Cavalier
affez bienfait vint fe méler
parmy fes Adorateurs
GALANT. I
Comme il n'avoit ny plus de
naiffance , ny plus de bien
que les autres il ne reçût
la mefme honne .
d'elle
que
fteté
qu'elle
avoit
pour
tous
;
& cette
maniere
trop
indifferente
l'auroit
fans
doute
obligé
de
renoncer
à la voir
,
fi par
une
vanité
que
quelques
bonnes
fortunes
luy
avoient
fait
prendre
, il n'euſt
trouvé
de
la
honte
à ne
pas
venir
à bout
de
toucher
un
coeur
qui
avoit
toûjours
paru
infenfible
. C'eftoit
un
homme
d'un
efprit
infinuant
, &
qui
fçavoit
les
moyens
de
112 MERCURE
plaire mieux que perfonne
du monde , quand il vouloit
les mettre en ufage. Il feignit
d'eftre content des conditions
que luy préſcrivit la
Belle , & fans fe plaindre du
peu de liberté qu'elle luy laiffoit
pour les vifites , il la vit
encore plus rarement qu'elle
ne parut le fouhaiter. Il eſt
vray qu'il repara
le manque
d'empreffement qu'il fembloit
avoir pour elle , par le
foin qu'il prit de ſe trouver
aux lieux de devotion où elle
alloit ordinairement . Il la faluoit
fans luy parler que des
GALANT. 113
1
yeux , & ne manquoit pas .
dans la premiere entreveuë ,
de faire valoir d'une maniere
galante le facrifice qu'il luy
avoit fait en s'impofant la
contrainte de ne luy rien dire
, pour ne pas donner ma--
tiere à fes fcrupules. Il prenoit
d'ailleurs un plaifir par--
ticulier à élever fon merite :
devant tous ceux qui la connoiffoient
, & ce qu'elle en
apprenoit la flatoit en même
temps , & luy donnoir de l'e
ftime pour le Cavalier . Tou--
tes ces chofes firent l'effet
qu'il avoit prévû. On fou-
Mars 1685. KA
114 MERCURE
haita de s'en faire aimer. I
s'en apperçût ; & rendit des
foins un peu plus frequens,
en proteſtant que fon refpect
luy en feroit toûjours retrancher
ce qu'on trouveroit contre
les regles . La Belle qui
commençoit à eftre touchée,
adoucit en fa faveur la feve
rité de fes maximes . Elle apprehenda
qu'il n'euft trop d'exactitude
à luy, obéir , fi elle
vouloit s'opposer à ſes affi
duitez & trouvant dans fa
converfation un charme fecret
qu'elle n'avoit point fen
ty dans celle des autres , elle
GALANT. 115
crût que ce feroit ufer de:
trop de rigueur envers eile .
même , que de fe refoudre à
s'en priver. Tous fes Amans
eurent bientôt remarqué le
progrés avantageux que le
Cavalier faifoit dans fon
coeur. Ils le voyoient applaudy
fur toutes chofes ; & le
dépit les forçant d'éteindre
leur paffion , ils fe retirerent,
& laifferent leur Rival fansaucun
obftacle qui puft troubler
fes deffeins . Ce fut alors
la Belle ouvrit les yeuxque
fur le pas qu'elle avoit fait.
Le Cavalier demeuré feul au-
Kij
116 MERCURE
prés d'elle , fit examiner le
changement que l'Amour
mettoit dans fa conduite .
Toute la Ville en parla ; &
ce murmure l'ayant obligée
à s'expliquer avec luy , il
luy répondit qu'elle devoit
peu s'embaraffer de ce qu'on
penfoit de l'un & de l'autre ,
fi elle l'aimoit affez pour
vouloir bien devenir fa Fem-
; que c'eftoit dans cette
veuë qu'il avoit pris de l'attachement
pour elle ; & que·
ne fouhaitant rien avec plus
d'ardeur que de l'époufer , il
luy demandoit feulement un
me
GALANT. 117
peu
de temps pour obtenir
le confentement d'un Oncle
dont il efperoit quelque a .
vantage . Je ne puis vous dire
s'il parloit fincerement ; ce
qu'il y a de certain , c'est que
la Belle fe laiffa perfuader ..
Les promeffes que luy fit le:
Cavalier la fatisfirent &%
croyant n'avoir befoin de reputation
que pour luy , elle
fe mit peu en peine d'eftre
juftifiée envers le Public
pourvûqu'un homme qu'elle
regardoit comme fon Mary,
n'euft point fujet de fe plaindre.
Une année entiere fe
;
118 MERCURE
paffa de cette forte . Elle par
la plufieurs fois d'accomplir
le Mariage , & le fâcheux
obftacle d'un Oncle difficile
à ménager empéchoit toû
jours qu'on n'éxecutaft ce
qu'on luy avoit promis . Cependant
le Cavalier qui ne
s'eftoit obftiné à cette conquefte
, que par un vain ſentiment
de gloire , s'en dégoûta
quand elle fut faite.
L'amour de la Belle ne pouvant
plus s'augmenter , il
ceffa d'avoir pour elle les
mêmes empreffemens qui
faifoient d'abord tout fon
GALANT. 119
bonheur. Elle s'en plaignit ,
& il rejetta fur fes plaintes
trop continuelles les manie
res froides qu'il ne pouvoit
s'empécher de laiffer paroître.
Elles luy fervirent même
de prétexte pour eftre moins
affidu. Les reproches redoublerent
; & leurs converfations
n'eftant plus remplies
que de chofes chagrinantes
,
le Cavalier s'éloigna entierement.
Ce fut pour la Belle un
fujet de defefpoir qu'on ne
fçauroit exprimer . Elle envoya
plufieurs perfonnes
chez luy , elle y alla elle mê120
MERCURE
me ; & fes réponſes eſtant
toûjours qu'il l'épouferoit fitôt
qu'il auroit gagné l'efprit
de fon Oncle , elle luy fit
propofer un mariage fecret .
Il rejetta cette propofition
d'une maniere qui fit connoiſtre
à la Belle , qu'elle
efperoit inutilement luy faire
tenir parole . L'excés de fon
déplaifir égala celuy de fon
amour. Elle aimoit le Cavalier
éperdument ; & quand
elle cuft pû changer cet amour
en haine , aprés l'éclat
qu'avoient fait les chofes ,
l'intereft de fon honneur l'auroit
GALANT. 121
roit obligé à l'époufer. Toutes
les voyes de douceur
ayant manqué de fuccez,
elle forma une refolution qui
n'eftoit pas de fon fexe . Elle
employa quelque temps à
s'y affermir , & s'informa cependant
de ce que faiſoit ſon
Infidele. Elle découvrit qu'il
voyoit ſouvent une jeune
Veuve , chez qui il paffoit la
plupart des foirs. La jaloufie
augmentant fa rage , elle prit
un habit d'homme , & encouragée
par fon amour &
par la juftice de fa cauſe , elle
alla l'attendre un foir dans
Mars 1685.
L
{
122 MERCURE
une affez large ruë où elle
fçavoit qu'il devoit paffer. La
Lune eftoit alors dans fon
༣ ་
plein , & favorifoit fon entre
prife. Le Cavalier revenant
chez luy comme de coûtume
, elle l'aborda ; & à peine
luy euft- elle dit quelques paroles
, qu'il la connût à fa
voix. Il plaifanta fur cette
metamorphofe ; & la Belle .
luy déclarant d'un ton refo
lu , qu'il faloit fur l'heure ve
nir luy figner un contract de
mariage , ou luy arracher la
vie , il continua de plaifanter .
La Belle outrée de fes raille
GALANT. 123
3
ries , éxecuta ce qu'elle avoit
refolu . Elle mit l'épée à la
main ; & le contraignant de
l'y mettre auffi , elle l'attaqua
avec tant de force , que
quelque foin qu'il prît de
parer , il fut percé de deux
coups qui le jetterent par
terre. Il tomba , en difant
qu'il eftoit mort. La Belle fa.
tisfaite & defefperée en méme
temps de fa vengeance ,
cria au fecours fans vouloir
prendre la fuite . Les Voifins
parurent , & on porta
Bleffé chez un Chirurgien
qui demeuroit à vingt pas
·le
Lij
124 MERCURE
de là. Les bleffures du Cava
lier eftant mortelles , il n'eut
que le temps de déclarer
qu'il meritoit fon malheur;
qu'il avoit voulu tromper la
Belle , & qu'il en eſtoit juftement
puny. Il ajouta qu'-
elle eftoit fa Femme par la
promeffe qu'il luy avoit faite
plufieurs fois de l'époufer;
qu'il vouloit qu'on la reconnuft
pour telle , & qu'il la
prioit de luy pardonner les
déplaifirs que fon injuſtice
luy avoit caufez. Il mourut
en achevant ces paroles , &
la laiffa dans une douleur qui
GALANT. 125
paffe tout ce qu'on peut s'en
imaginer. Le repentir qu'il
avoit marqué luy rendit tout
fon amour ; & le defefpoir
où elle tomba , ne fit que
trop voir combien il avoit de
violence. Jugez de la ſurpriſe
de ceux qui eftoient preſens,
dé voir une Fille ` déguifée en
Homme , & qui demandoit
par grace qu'on vängeaſt ſur
elle la mort d'un Amant qu'
elle avoit dû facrifier à fa
gloire. Elle dit les chofes du
monde les plus touchantes ;
& il n'y eut perfonne qui ne
partageât la peine . Je n'ay
Liij
126 MERCURE
point fçeû ce que la Justice
avoit ordonné contre elle .
Son crime eft de ceux que
l'honneur fait faire , & il en
eft peu qui ne femblent excufables
, quand ils partent
d'une caufe dont on n'a point
les
à rougir.
l'amour à le tourner en fu
reur ; il en arrive ordinairement
des fuites funeftes , &
ce qui s'eft paffé depuis peu
de temps dans une des plus
grandes Villes du Royaume,.
confirme les fanglans exemples
que nous en trouvons
dans les Hiftoires. Une jeu
ne Demoiselle naturellement
fenfible à la gloire , & pleine
de cette louable & noble
fierté , qui donne un nouveau
merite aux belles Perfonnes
, vivoit dans une con--
duite qui la mettoit à cou
GALANT. 109
vert de toute cenfure. L'agrément
de ſes manieres , joint
à un brillant d'efprit qui la
diftinguoit avec beaucoup
d'avantage , luy attiroit des
Amans de tous côtez . Elle
recevoit leurs foins , fans
marquer de préférence , &
confervoit une égalité , qui
n'en rebutant aucun leur
faifoit connoître qu'elle vouloit
fe donner le temps de
choifir. C'eftoit en effet fon
but ; elle gardoit avec eux
la plus éxacte regularité ; ne
leur permettant ny vifites
affidues , ny empreffemens
110 MERCURE
trop remarquables
. Ainſi la
bienséance
régloit tous les
égards complaifans
qu'elle
croyoit leur devoir ; & la raifon
demeurant
toûjours maîtreffe
de fes fentimens
, elle
attendoit qu'elle connût aſſez
bien leurs differens caractepour
pouvoir faire un
res
-
heureux , fans fe rendre
malheureuſe , ou qu'il s'offrist
un Party plus confiderable
, qui déterminaft fon
choix. Elle approchoit de
vingt ans , quand un Cavalier
affez bienfait vint fe méler
parmy fes Adorateurs
GALANT. I
Comme il n'avoit ny plus de
naiffance , ny plus de bien
que les autres il ne reçût
la mefme honne .
d'elle
que
fteté
qu'elle
avoit
pour
tous
;
& cette
maniere
trop
indifferente
l'auroit
fans
doute
obligé
de
renoncer
à la voir
,
fi par
une
vanité
que
quelques
bonnes
fortunes
luy
avoient
fait
prendre
, il n'euſt
trouvé
de
la
honte
à ne
pas
venir
à bout
de
toucher
un
coeur
qui
avoit
toûjours
paru
infenfible
. C'eftoit
un
homme
d'un
efprit
infinuant
, &
qui
fçavoit
les
moyens
de
112 MERCURE
plaire mieux que perfonne
du monde , quand il vouloit
les mettre en ufage. Il feignit
d'eftre content des conditions
que luy préſcrivit la
Belle , & fans fe plaindre du
peu de liberté qu'elle luy laiffoit
pour les vifites , il la vit
encore plus rarement qu'elle
ne parut le fouhaiter. Il eſt
vray qu'il repara
le manque
d'empreffement qu'il fembloit
avoir pour elle , par le
foin qu'il prit de ſe trouver
aux lieux de devotion où elle
alloit ordinairement . Il la faluoit
fans luy parler que des
GALANT. 113
1
yeux , & ne manquoit pas .
dans la premiere entreveuë ,
de faire valoir d'une maniere
galante le facrifice qu'il luy
avoit fait en s'impofant la
contrainte de ne luy rien dire
, pour ne pas donner ma--
tiere à fes fcrupules. Il prenoit
d'ailleurs un plaifir par--
ticulier à élever fon merite :
devant tous ceux qui la connoiffoient
, & ce qu'elle en
apprenoit la flatoit en même
temps , & luy donnoir de l'e
ftime pour le Cavalier . Tou--
tes ces chofes firent l'effet
qu'il avoit prévû. On fou-
Mars 1685. KA
114 MERCURE
haita de s'en faire aimer. I
s'en apperçût ; & rendit des
foins un peu plus frequens,
en proteſtant que fon refpect
luy en feroit toûjours retrancher
ce qu'on trouveroit contre
les regles . La Belle qui
commençoit à eftre touchée,
adoucit en fa faveur la feve
rité de fes maximes . Elle apprehenda
qu'il n'euft trop d'exactitude
à luy, obéir , fi elle
vouloit s'opposer à ſes affi
duitez & trouvant dans fa
converfation un charme fecret
qu'elle n'avoit point fen
ty dans celle des autres , elle
GALANT. 115
crût que ce feroit ufer de:
trop de rigueur envers eile .
même , que de fe refoudre à
s'en priver. Tous fes Amans
eurent bientôt remarqué le
progrés avantageux que le
Cavalier faifoit dans fon
coeur. Ils le voyoient applaudy
fur toutes chofes ; & le
dépit les forçant d'éteindre
leur paffion , ils fe retirerent,
& laifferent leur Rival fansaucun
obftacle qui puft troubler
fes deffeins . Ce fut alors
la Belle ouvrit les yeuxque
fur le pas qu'elle avoit fait.
Le Cavalier demeuré feul au-
Kij
116 MERCURE
prés d'elle , fit examiner le
changement que l'Amour
mettoit dans fa conduite .
Toute la Ville en parla ; &
ce murmure l'ayant obligée
à s'expliquer avec luy , il
luy répondit qu'elle devoit
peu s'embaraffer de ce qu'on
penfoit de l'un & de l'autre ,
fi elle l'aimoit affez pour
vouloir bien devenir fa Fem-
; que c'eftoit dans cette
veuë qu'il avoit pris de l'attachement
pour elle ; & que·
ne fouhaitant rien avec plus
d'ardeur que de l'époufer , il
luy demandoit feulement un
me
GALANT. 117
peu
de temps pour obtenir
le confentement d'un Oncle
dont il efperoit quelque a .
vantage . Je ne puis vous dire
s'il parloit fincerement ; ce
qu'il y a de certain , c'est que
la Belle fe laiffa perfuader ..
Les promeffes que luy fit le:
Cavalier la fatisfirent &%
croyant n'avoir befoin de reputation
que pour luy , elle
fe mit peu en peine d'eftre
juftifiée envers le Public
pourvûqu'un homme qu'elle
regardoit comme fon Mary,
n'euft point fujet de fe plaindre.
Une année entiere fe
;
118 MERCURE
paffa de cette forte . Elle par
la plufieurs fois d'accomplir
le Mariage , & le fâcheux
obftacle d'un Oncle difficile
à ménager empéchoit toû
jours qu'on n'éxecutaft ce
qu'on luy avoit promis . Cependant
le Cavalier qui ne
s'eftoit obftiné à cette conquefte
, que par un vain ſentiment
de gloire , s'en dégoûta
quand elle fut faite.
L'amour de la Belle ne pouvant
plus s'augmenter , il
ceffa d'avoir pour elle les
mêmes empreffemens qui
faifoient d'abord tout fon
GALANT. 119
bonheur. Elle s'en plaignit ,
& il rejetta fur fes plaintes
trop continuelles les manie
res froides qu'il ne pouvoit
s'empécher de laiffer paroître.
Elles luy fervirent même
de prétexte pour eftre moins
affidu. Les reproches redoublerent
; & leurs converfations
n'eftant plus remplies
que de chofes chagrinantes
,
le Cavalier s'éloigna entierement.
Ce fut pour la Belle un
fujet de defefpoir qu'on ne
fçauroit exprimer . Elle envoya
plufieurs perfonnes
chez luy , elle y alla elle mê120
MERCURE
me ; & fes réponſes eſtant
toûjours qu'il l'épouferoit fitôt
qu'il auroit gagné l'efprit
de fon Oncle , elle luy fit
propofer un mariage fecret .
Il rejetta cette propofition
d'une maniere qui fit connoiſtre
à la Belle , qu'elle
efperoit inutilement luy faire
tenir parole . L'excés de fon
déplaifir égala celuy de fon
amour. Elle aimoit le Cavalier
éperdument ; & quand
elle cuft pû changer cet amour
en haine , aprés l'éclat
qu'avoient fait les chofes ,
l'intereft de fon honneur l'auroit
GALANT. 121
roit obligé à l'époufer. Toutes
les voyes de douceur
ayant manqué de fuccez,
elle forma une refolution qui
n'eftoit pas de fon fexe . Elle
employa quelque temps à
s'y affermir , & s'informa cependant
de ce que faiſoit ſon
Infidele. Elle découvrit qu'il
voyoit ſouvent une jeune
Veuve , chez qui il paffoit la
plupart des foirs. La jaloufie
augmentant fa rage , elle prit
un habit d'homme , & encouragée
par fon amour &
par la juftice de fa cauſe , elle
alla l'attendre un foir dans
Mars 1685.
L
{
122 MERCURE
une affez large ruë où elle
fçavoit qu'il devoit paffer. La
Lune eftoit alors dans fon
༣ ་
plein , & favorifoit fon entre
prife. Le Cavalier revenant
chez luy comme de coûtume
, elle l'aborda ; & à peine
luy euft- elle dit quelques paroles
, qu'il la connût à fa
voix. Il plaifanta fur cette
metamorphofe ; & la Belle .
luy déclarant d'un ton refo
lu , qu'il faloit fur l'heure ve
nir luy figner un contract de
mariage , ou luy arracher la
vie , il continua de plaifanter .
La Belle outrée de fes raille
GALANT. 123
3
ries , éxecuta ce qu'elle avoit
refolu . Elle mit l'épée à la
main ; & le contraignant de
l'y mettre auffi , elle l'attaqua
avec tant de force , que
quelque foin qu'il prît de
parer , il fut percé de deux
coups qui le jetterent par
terre. Il tomba , en difant
qu'il eftoit mort. La Belle fa.
tisfaite & defefperée en méme
temps de fa vengeance ,
cria au fecours fans vouloir
prendre la fuite . Les Voifins
parurent , & on porta
Bleffé chez un Chirurgien
qui demeuroit à vingt pas
·le
Lij
124 MERCURE
de là. Les bleffures du Cava
lier eftant mortelles , il n'eut
que le temps de déclarer
qu'il meritoit fon malheur;
qu'il avoit voulu tromper la
Belle , & qu'il en eſtoit juftement
puny. Il ajouta qu'-
elle eftoit fa Femme par la
promeffe qu'il luy avoit faite
plufieurs fois de l'époufer;
qu'il vouloit qu'on la reconnuft
pour telle , & qu'il la
prioit de luy pardonner les
déplaifirs que fon injuſtice
luy avoit caufez. Il mourut
en achevant ces paroles , &
la laiffa dans une douleur qui
GALANT. 125
paffe tout ce qu'on peut s'en
imaginer. Le repentir qu'il
avoit marqué luy rendit tout
fon amour ; & le defefpoir
où elle tomba , ne fit que
trop voir combien il avoit de
violence. Jugez de la ſurpriſe
de ceux qui eftoient preſens,
dé voir une Fille ` déguifée en
Homme , & qui demandoit
par grace qu'on vängeaſt ſur
elle la mort d'un Amant qu'
elle avoit dû facrifier à fa
gloire. Elle dit les chofes du
monde les plus touchantes ;
& il n'y eut perfonne qui ne
partageât la peine . Je n'ay
Liij
126 MERCURE
point fçeû ce que la Justice
avoit ordonné contre elle .
Son crime eft de ceux que
l'honneur fait faire , & il en
eft peu qui ne femblent excufables
, quand ils partent
d'une caufe dont on n'a point
les
à rougir.
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Résumé : Histoire, [titre d'après la table]
Le texte narre l'histoire d'une jeune demoiselle résidant dans une grande ville du royaume. Réputée pour sa sensibilité à la gloire et sa fierté, elle attire de nombreux admirateurs grâce à son charme et son esprit brillant. Elle veille à maintenir une conduite irréprochable, évitant les visites fréquentes et les démonstrations excessives, tout en laissant le temps à ses admirateurs de la convaincre. Parmi ses admirateurs, un cavalier se distingue par son esprit fin et ses bonnes fortunes. Bien qu'il feigne de se conformer aux règles de la jeune femme, il utilise divers stratagèmes pour gagner son affection, tels que la fréquenter dans des lieux de dévotion et la flatter publiquement. La jeune femme finit par s'attacher à lui, adoucissant ses principes. Ses autres admirateurs, jaloux, se retirent, laissant le champ libre au cavalier. Après une année de promesses de mariage, le cavalier, lassé par son succès, commence à négliger la jeune femme. Elle tente de le retenir, mais il refuse de s'engager. Désespérée, elle décide de le confronter déguisée en homme et le blesse mortellement lors d'un duel. Avant de mourir, le cavalier reconnaît ses torts et demande pardon, confirmant leur union par promesse. La jeune femme, dévastée, est laissée dans un état de profond désespoir.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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4
p. 169-181
Histoire, [titre d'après la table]
Début :
Il s'est fait depuis peu de temps un Mariage, par [...]
Mots clefs :
Mariage, Sexagénaire, Demoiselle, Fortune, Passion, Présents, Dégoût, Ornements, Froideur, Vengeance, Amant, Coeur, Noces, Modération, Église, Refus, Vieillard, Belle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire, [titre d'après la table]
Il s'eft fait depuis peu de
temps un Mariage , par un
motif qui vous furprendra.
Un Homme tout au moins
Sexagenaire, s'eftant aviſé dé
devenir amoureux d'une jeu
ne Demoiſelle, plus confide.
rable par fon agrément que
par fa fortune, ne pût refifter
à fa paffion. Aprés luy avoir
rendu pluſieurs viſites , il
parla de l'époufer , & la
pofition qu'il en fit,fut receuë
de fes Parens d'une maniere
affez agreable. Il ne falloit
plus que gagner la Belle, que
T'inégalité de l'âge n'ac-
Juin 1685.
P
pro170
MERCURE
*
commodoit pas. Elle eut de
la peine à fe refoudre à pren .
dre un mary fi vieux . Ce,
pendant comme fa jeuneffe
& fa beauté faifoient preſque
tout fon bien , elle crût devoir
fonger au folide . Ainfi fes
Amis luy confeillant de ne
pas laiffer échaper l'occaſion ,
elle confentit à ce qu'on voulut.
On dreffa le Contrat de
Mariage , dont le bon Homme
regla les conditions biên
moins à fon avantage qu'elle
n'avoit efperé. Cette conduite
luy donna quelque dégoût.
Elle voulut éprouver en d'aua
GALANT. 171
tres chofes fi elle avoit du
pouvoir fur luy. Il luy fit quel
ques prefens de peu de valeur
, & ces prefens luy don- & c
nerent ouverture à s'expliquer
fur un fil de Perles qu'-
elle fouhaitoit. Elle le pria
d'y vouloir bien mettre juf
qu'à mille écus , afin qu'en
luy fervant d'ornement , il luy
pût auffi fervir de reffources
dans l'occafion . Le Vieillard
promit, mais il n'exécuta pas.
Il remit de jour en jour à la
fatisfaire ; & la Belle aprés
s'eftre plainte plufieurs fois
de fon peu d'exactitude ,
re-
Pij
172 MERCURE
folut enfin de ne luy en plus
parler. Il eft vray qu'elle luy
marqua de la froideur , & le
bon Homme qui en devina
la caufe , vit bien qu'il ne la
feroit ceffer qu'en luy appor
tant un fil de Perles . Aprés
avoir combatu plus de trois
femaines , il fit effort fur fon
avarice , & acheta ce que fa
Maiftreffe avoit demandé.
Cependant la Belle qui ne
s'y attendoit plus , ſe fit un
plaifir de fe vanger de fon
vieil Amant. Elle crût ne
pouvoir mieux executer fon
deffein qu'en augmentant
GALANT. 173
pour
le
fon amour. Elle affecta
cela les manieres les plus engageantes
& les plus flateufes
qui puiffent marquer un
coeur veritablement touché
& elle commença
à les prendre
le jour mefme que
Vieillard vint la voir , chargé
du prefent qu'il luy vouloit
faire. Il fut agreablement
furpris
d'un changement
fi peu
attendu , & il en eut d'autant
plus de joye , que n'ayant
plus aucune froideur à ef
fuyer , il pouvoit fe diſpenſer
de donner le fil de Perles.
Cette referve fatisfaifant fon
P iij
174 MERCURE
humeur avare , il le rempor
ta , fans faire connoiftre qu'h
l'eût acheté. C'eftoit un meu
ble , dont à peu de chofe prés
il luy devoit eftre aiſé de retirer
fon argent. Il ne voulut
pas pourtant fe hafter de s'en
défaire. La Belle pouvoit retomber
dans fes froideurs, &
le prefent de fes Perles eftoit
un moyen certain pour l'en
garentir. La complaifance
qu'elle eut pour fon vieil Amant
pendant plus d'an
mois l'ayant rendu éper
duëment amoureux , il pref
fa fi fort la conclufion de fon
GALANT. 175
3
Mariage , qu'on fut enfin
obligé de prendre jour. Ce
qui l'étonna , c'eft que la
Belle ne voulut point qu'on
perdift de temps à aucun appreft
de Nopces , non pas
mefme à luy faire faire des
habirs , dont elle pria qu'on
remift le choix quand on
n'auroit plus d'autres foins à
prendre. Cette moderation
dans une jeune Perfonne qui
devoit eftre fenfible à toutes
les chofes de cette nature ,
eut pour le Vieillard un char
me incroyable . Il s'imagina
qu'elle partageoit les impa
P iii
176 MERCURE
"
tiences que luy donnoit fon
amour , & ne foupçonnanto
& ne
rien moins que le vray motifa
qui la faifoit agir de la forte,
il concerta avec elle qu'ils feu
marieroient de fort grandst
matin , & qu'elle feroit ens
fimple deshabillé . Ils alle
rent à l'Eglife , & le bom
Homme qui avoit fi fort fouhaité
cét heureux jour , s'y
rendit avec la plus vive joye
que peut caufer un bonheurs
parfait. Elle brilloit dans fes
yeux , & jamais perſonne ne
fut fi content qu'il le
Mais un revers auffi cruel
parutu
GALANT. 177
qu'impréveu , troubla bientoft
cette joye. Il fallut donner
fon confentement devant
le Prêtre , & fa Maiftreffe
dit non au lieu du oüy
favorable qu'il en avoit at
tendu . Comme on fe perfuada
qu'elle avoit dit un mot
pour un autre , on luy de
manda jufqu'à trois fois fi
elle vouloit le Vieillard pour
fon Mary ; & d'une voix tresintelligible
, elle repeta
meſme non juſques à trois fois.
Tous les Affiftans furent en
tumulte. On voulut fçavoir
quelle eſtoit la cauſe de ce
Ic
"
178 MERCURE
changement. Elle dit d'a
bord, qu'une fecrette inſpiration
qu'elle avoit eue lors
qu'elle eftoit entrée à l'Eglife
, l'avoit dégoûtée du Ma
riage , & le bon Homme
defefperé de cette réponſe,
la preffa fi bien de s'expliquer
mieux , qu'elle dit enfin tout
haut que fe voyant fur le
•
point de s'engager pour toujours
, elle s'eftoit fouvenue
d'un fil de Perles qu'il luy
avoit promis plufieurs fois ,
fans fe mettre en peine de
dégager fa parole , & qu'elle
ne pouvoit s'imaginer qu'un
GALANT 179
fon-
Homme qui n'eftant que fon
F Amant , manquoit de complaifance
pour elle
geaft à la rendre heureuſe
quand il feroit fon Mary. Le
bon Homme qui depuis l'at
Echat des Perles les avoit toû
jours portées fur luy pour
s'en fervir en cas de beſoin,
fe remit un peu de fa frayeur.
Il dit à la Belle qu'elle fe plaignoit
de luy fort injuftement
, qu'il ne chercheroit
jamais qu'à luy plaire en toutes
chofes , & qu'ayant ache
té le Fil de Perlés fi - toft qu'
elle luy avoit marqué quel180
MERCURE
un , if
que envie d'en avoir un
avoit creu à propos
de ne luy
en faire prefent
qu'aprés
qu'-
elle l'auroit
époufé
, afin qu
elle fuft perfuadée
qu'il ne le
faifoit par aucune
honneſteté
d'Amant
complaifant
, mais
par le feul plaifir qu'il trouvoit
à la convaincre
qu'il la
rendroit
en tout temps Maiftreffe
abfolue
de fes volontez
. En achevant
ces paroles
,
il tira le fil de Perles
, & la
conjura
de l'accepter
. L'excufe
eftoit affez bien tournée
, & les Parens
de la Belle
prirent
avec tant d'ardeur
les
६९
GALANT. 181
iterefts du Vieillard , qu'elle
ne pût fe défendre de rece.
voir fon prefent. Elle prononça
enfuite le terrible mot
dont fi peu de Gens examinent
l'importance . Ainfi l'on
peut dire
que ce Mariage
seft fat pour des Perles. Il
ne laiffe pas d'eftre fort heureux
. La Belle a étudié l'humeur
de fon vieux Mary , &
elle s'y eft accommodée avec
tant d'adreffe , qu'il ne fait
rien que par elle , & veut
toûjours tout ce qu'elle veut.
temps un Mariage , par un
motif qui vous furprendra.
Un Homme tout au moins
Sexagenaire, s'eftant aviſé dé
devenir amoureux d'une jeu
ne Demoiſelle, plus confide.
rable par fon agrément que
par fa fortune, ne pût refifter
à fa paffion. Aprés luy avoir
rendu pluſieurs viſites , il
parla de l'époufer , & la
pofition qu'il en fit,fut receuë
de fes Parens d'une maniere
affez agreable. Il ne falloit
plus que gagner la Belle, que
T'inégalité de l'âge n'ac-
Juin 1685.
P
pro170
MERCURE
*
commodoit pas. Elle eut de
la peine à fe refoudre à pren .
dre un mary fi vieux . Ce,
pendant comme fa jeuneffe
& fa beauté faifoient preſque
tout fon bien , elle crût devoir
fonger au folide . Ainfi fes
Amis luy confeillant de ne
pas laiffer échaper l'occaſion ,
elle confentit à ce qu'on voulut.
On dreffa le Contrat de
Mariage , dont le bon Homme
regla les conditions biên
moins à fon avantage qu'elle
n'avoit efperé. Cette conduite
luy donna quelque dégoût.
Elle voulut éprouver en d'aua
GALANT. 171
tres chofes fi elle avoit du
pouvoir fur luy. Il luy fit quel
ques prefens de peu de valeur
, & ces prefens luy don- & c
nerent ouverture à s'expliquer
fur un fil de Perles qu'-
elle fouhaitoit. Elle le pria
d'y vouloir bien mettre juf
qu'à mille écus , afin qu'en
luy fervant d'ornement , il luy
pût auffi fervir de reffources
dans l'occafion . Le Vieillard
promit, mais il n'exécuta pas.
Il remit de jour en jour à la
fatisfaire ; & la Belle aprés
s'eftre plainte plufieurs fois
de fon peu d'exactitude ,
re-
Pij
172 MERCURE
folut enfin de ne luy en plus
parler. Il eft vray qu'elle luy
marqua de la froideur , & le
bon Homme qui en devina
la caufe , vit bien qu'il ne la
feroit ceffer qu'en luy appor
tant un fil de Perles . Aprés
avoir combatu plus de trois
femaines , il fit effort fur fon
avarice , & acheta ce que fa
Maiftreffe avoit demandé.
Cependant la Belle qui ne
s'y attendoit plus , ſe fit un
plaifir de fe vanger de fon
vieil Amant. Elle crût ne
pouvoir mieux executer fon
deffein qu'en augmentant
GALANT. 173
pour
le
fon amour. Elle affecta
cela les manieres les plus engageantes
& les plus flateufes
qui puiffent marquer un
coeur veritablement touché
& elle commença
à les prendre
le jour mefme que
Vieillard vint la voir , chargé
du prefent qu'il luy vouloit
faire. Il fut agreablement
furpris
d'un changement
fi peu
attendu , & il en eut d'autant
plus de joye , que n'ayant
plus aucune froideur à ef
fuyer , il pouvoit fe diſpenſer
de donner le fil de Perles.
Cette referve fatisfaifant fon
P iij
174 MERCURE
humeur avare , il le rempor
ta , fans faire connoiftre qu'h
l'eût acheté. C'eftoit un meu
ble , dont à peu de chofe prés
il luy devoit eftre aiſé de retirer
fon argent. Il ne voulut
pas pourtant fe hafter de s'en
défaire. La Belle pouvoit retomber
dans fes froideurs, &
le prefent de fes Perles eftoit
un moyen certain pour l'en
garentir. La complaifance
qu'elle eut pour fon vieil Amant
pendant plus d'an
mois l'ayant rendu éper
duëment amoureux , il pref
fa fi fort la conclufion de fon
GALANT. 175
3
Mariage , qu'on fut enfin
obligé de prendre jour. Ce
qui l'étonna , c'eft que la
Belle ne voulut point qu'on
perdift de temps à aucun appreft
de Nopces , non pas
mefme à luy faire faire des
habirs , dont elle pria qu'on
remift le choix quand on
n'auroit plus d'autres foins à
prendre. Cette moderation
dans une jeune Perfonne qui
devoit eftre fenfible à toutes
les chofes de cette nature ,
eut pour le Vieillard un char
me incroyable . Il s'imagina
qu'elle partageoit les impa
P iii
176 MERCURE
"
tiences que luy donnoit fon
amour , & ne foupçonnanto
& ne
rien moins que le vray motifa
qui la faifoit agir de la forte,
il concerta avec elle qu'ils feu
marieroient de fort grandst
matin , & qu'elle feroit ens
fimple deshabillé . Ils alle
rent à l'Eglife , & le bom
Homme qui avoit fi fort fouhaité
cét heureux jour , s'y
rendit avec la plus vive joye
que peut caufer un bonheurs
parfait. Elle brilloit dans fes
yeux , & jamais perſonne ne
fut fi content qu'il le
Mais un revers auffi cruel
parutu
GALANT. 177
qu'impréveu , troubla bientoft
cette joye. Il fallut donner
fon confentement devant
le Prêtre , & fa Maiftreffe
dit non au lieu du oüy
favorable qu'il en avoit at
tendu . Comme on fe perfuada
qu'elle avoit dit un mot
pour un autre , on luy de
manda jufqu'à trois fois fi
elle vouloit le Vieillard pour
fon Mary ; & d'une voix tresintelligible
, elle repeta
meſme non juſques à trois fois.
Tous les Affiftans furent en
tumulte. On voulut fçavoir
quelle eſtoit la cauſe de ce
Ic
"
178 MERCURE
changement. Elle dit d'a
bord, qu'une fecrette inſpiration
qu'elle avoit eue lors
qu'elle eftoit entrée à l'Eglife
, l'avoit dégoûtée du Ma
riage , & le bon Homme
defefperé de cette réponſe,
la preffa fi bien de s'expliquer
mieux , qu'elle dit enfin tout
haut que fe voyant fur le
•
point de s'engager pour toujours
, elle s'eftoit fouvenue
d'un fil de Perles qu'il luy
avoit promis plufieurs fois ,
fans fe mettre en peine de
dégager fa parole , & qu'elle
ne pouvoit s'imaginer qu'un
GALANT 179
fon-
Homme qui n'eftant que fon
F Amant , manquoit de complaifance
pour elle
geaft à la rendre heureuſe
quand il feroit fon Mary. Le
bon Homme qui depuis l'at
Echat des Perles les avoit toû
jours portées fur luy pour
s'en fervir en cas de beſoin,
fe remit un peu de fa frayeur.
Il dit à la Belle qu'elle fe plaignoit
de luy fort injuftement
, qu'il ne chercheroit
jamais qu'à luy plaire en toutes
chofes , & qu'ayant ache
té le Fil de Perlés fi - toft qu'
elle luy avoit marqué quel180
MERCURE
un , if
que envie d'en avoir un
avoit creu à propos
de ne luy
en faire prefent
qu'aprés
qu'-
elle l'auroit
époufé
, afin qu
elle fuft perfuadée
qu'il ne le
faifoit par aucune
honneſteté
d'Amant
complaifant
, mais
par le feul plaifir qu'il trouvoit
à la convaincre
qu'il la
rendroit
en tout temps Maiftreffe
abfolue
de fes volontez
. En achevant
ces paroles
,
il tira le fil de Perles
, & la
conjura
de l'accepter
. L'excufe
eftoit affez bien tournée
, & les Parens
de la Belle
prirent
avec tant d'ardeur
les
६९
GALANT. 181
iterefts du Vieillard , qu'elle
ne pût fe défendre de rece.
voir fon prefent. Elle prononça
enfuite le terrible mot
dont fi peu de Gens examinent
l'importance . Ainfi l'on
peut dire
que ce Mariage
seft fat pour des Perles. Il
ne laiffe pas d'eftre fort heureux
. La Belle a étudié l'humeur
de fon vieux Mary , &
elle s'y eft accommodée avec
tant d'adreffe , qu'il ne fait
rien que par elle , & veut
toûjours tout ce qu'elle veut.
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Résumé : Histoire, [titre d'après la table]
Le texte relate deux histoires distinctes impliquant un mariage entre un homme âgé et une jeune femme. Dans la première histoire, un homme sexagénaire souhaite épouser une jeune femme et obtient l'accord de ses parents. Cependant, la jeune femme hésite en raison de la différence d'âge. Convaincue par ses amis, elle accepte. Le contrat de mariage est rédigé, mais la jeune femme est déçue par les conditions. Elle demande un collier de perles pour tester son influence. Bien que le vieillard promette de l'acheter, il tarde à le faire, ce qui provoque une froideur chez elle. Après trois semaines, il finit par acheter le collier. La jeune femme feint alors de l'aimer davantage, mais refuse de dire 'oui' lors de la cérémonie, invoquant la promesse non tenue. Malgré les explications du vieillard, elle révèle la véritable raison de son comportement. Dans la seconde histoire, un vieillard surnomme la jeune femme 'la Belle' et lui offre un collier de perles. Il affirme que son geste n'est pas motivé par l'amour, mais par le désir de domination. Convaincue par les arguments du vieillard, la Belle accepte le présent et prononce un engagement formel. Leur mariage, conclu pour des perles, se révèle heureux. La Belle adapte son comportement à celui de son mari, influençant toutes ses décisions et obtenant tous ses désirs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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5
p. 209-221
Histoire. [titre d'après la table]
Début :
Quelques mesures qu'on prenne pour venir à bout [...]
Mots clefs :
Neveux, Audience, Vieillard, Riche, Entreprise, Amoureux, Mariages, Obstacles, Demoiselle, Prisonnier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire. [titre d'après la table]
Quelques mefures qu'on
prenne pour venir à bout
d'une entreprife , elles ne
font jamais affurées , & ce
qu'on employe pour empef
Novembre 1685.
S.
210 MERCURE
cher une chofe , eft bien fou
vent ce qui la fait reüffir. Un
homme tres-riche avoit atteint
un âge fort avancé ,
fans autre chagrin confiderable
, que celuy de n'avoir
point eu d'Enfans, quoy qu'il
fe fuft marié deux fois. Sa fe.
conde Femme , qu'il avoit
épousée depuis quinze ans ,
n'en avoit encore que trente
, & les Neveux du bon.
Homme , à qui elle plaifoit
fort par une Sterilité qui leur
étoit favorable, faifoient des
voeux tous les jours pour
confervation de fa vie, Cela
GALANT. 211
pendat quelque jeune qu'elle
fuft , une fiévre violente
l'emporta en peu de jours
malgré tous les foins qu'i's
prirent de faire venir les plus
fameux Medecins. Sa mort
les mit en inquietude tou
chant la fucceffion de l'Onclequi
leur pouvoit échaper...
Ils le connoiffoient d'un
temperament fort amou
reux , & fa fanté qui n'eftoit
point affoiblie par fa vieilleſ
fe , leur faifoit apprehender
un troifiéme Mariage . Il n'y
avoit que fix mois qu'il eftoit
veuf lors qu'ils découvri
Sij
212 MERCURE
rent qu'il fongeoit à époufer
une Fille de vingt ans qu'il
voyoit fecretement. Ils firent
d'abord éclater la chofe , &
comme ils eftoient puiffans ,
ils apporterent de ſi grands
obftacles à ce qu'il avoit conclu
, que l'affaire fut rompuë.
Ce ne fut pas affezpour les rafurer
contre la crainte continuelle
où ils eftoient qu'il
ne s'égageât ailleurs, & qu'ils
ne puffent pas toûjours empefcher'
qu'il ne difpofaft de
luy . Pour s'en délivrer entierement
, ils s'emparerent de
fon bien fous divers pretex
GALANT. 213
tes, luy fufciterent quelques
affaires facheufes , & fe ren.
dant maiſtres de fa perfonne
ils l'enfermerent dans une
Priſon, où le credit qu'ils a
voient leur fit efperer qu'ils
luy laiſſeroient finir les jours.
Afin qu'il la fupportaft avec
moins d'impatience, ils le fi
rent mettre dans une Chambre
fort propre, & à la reſerve
de la liberté, rien ne luy manquoit
de toutes les chofes
qu'il témoignoit fouhaiter.
Il ne manqua pas d'intenter
Procez contre fesNeveuxqui
luy rerenoient fon bien fi in214
MERCURE
juſtement , & qui le trai
toient avec tant d'indignité,
mais il eut beau demander à
eftre oüy , toutes ſes inſtances
furent inutiles , & il fe
paffa deux ans fans qu'il puſt
avoir raifon de la violence
qui luy eftoit faite . Il avoit
quelques Amis de l'un & de
l'autre Sexe , qui n'eſtant
point du party de fes Neveux,
luy rendoient vifite de
temps en temps. S'ils ne
pouvoient le remettre en
liberté , du moins ils le confoloient
dans fa diſgrace , &
c'eftoit toûjours pour luy un
GALANT. 215
foulagement qui adouciſſoit
fes déplaifirs. Un jour que
quelques Dames parloient
d'aller paffer avec luy une
apreſdinée , une jeune Demoiſelle
qui eftoit prefente
voulut les
accompagner
.
Elle n'avoit jamais veu au
cune Prifon , & la curiofité
fut le feul motifqui l'engagea
à eftre de la partie. Le
Prifonnier les receut avec
beaucoup de marques de
joye , & comme il eft naturel
de faire le détail de fes
malheurs , il exagera dans
les termes les plus forts,
216 MERCURE
l'indigne maniere dont fes
Neveux le traitoient , &
ajoûta qu'il reſſentoit d'autant
plus le chagrin de fa
Prifon qu'il eftoit feur d'en
fortir , pourveu qu'on vouluft
luy accorder Audience
. La Demoiſelle à qui le
difcours étoit fur tout adreffé
, parce que c'eftoit la
premiere fois que le Vieilfard
la voyoit , tafcha de le
confoler en le plaignant
.
Elle témoigna entrer dans
ſes interefts & l'affura
qu'ayant des Parens au Parlement
fort confiderez dans
leur
GALANT. 217
leur Compagnie , elle employeroit
tous fes foins pour
obtenir ce qu'il fouhaitoit.
Le bon Homme luy promit
que fi elle luy rendoit un pareil
fervice , il n'eftoit rien
-qu'il ne fift pour elle , & cette
promeffe luy donnant des
veuës qu'elle n'avoit pas d'abord
, elle fongea ferieuſement
àle tirer de Prifon . Elle
avoit fort peu de bien , &
le Vieillard qui pouvoit luy
faire de grands avantages
en l'époufant , l'auroit fort
acccomodée . L'occafion étoit
favorable , il ne s'agiffoit
Novembre 1685. T
218 MERCURE
que d'en profiter. L'agré
ment de fa Perfonne joint à
un efprit fort délicat luy en
donna l'efperance . Ainfi elle
diſpoſa les choſes en faveur
du Prifonnier , & trois ou
quatre vifites qu'elle luy rendit
encore fous pretexte de
venir luy demander quelques
éclairciffemens , l'ayant
mis au point où elle croyoit
devoir l'amener , elle fit agir
fi heureuſement
le pouvoir
de ceux qui s'interef
foient pour elle , qu'enfin
on luy donna Audience.
Cette Audience obtenuë
GALANT 219
il eut bien-toft gagné ſon
Procés. Si toft qu'il fut libre
, il courut marquer la reconnoiffance
à la Demoifelle
, en luy offrant telle partie
de fon bien qu'elle pouvoit
ſouhaiter. Elle répondit
, que n'ayant envisagé
que le feul plaifir de faire
ceffer une injuftice , il fuffifoit
qu'elle cuft réüſſi pour
avoir fujet d'eftre contente.
L'air tout charmant qui accompagna
cette réponſe ,
toucha
fenfiblement le coeur
du Vieillard . Il luy dit tout
tranſporté , que c'eftoit trop
Tij
220 MERCURE
que
peu pour elle qu'une partie
de fon bien , & que s'il eftoit
affez heureux pour ne luy
voir point de repugnance
à l'accepter tout entier avec
fa perfonne , il la rendoit
Maiftreffe de tout. Vous jugez
bien l'offre fut acceptée.
Le Notaire vint : les
Articles furent dreſſez & fignez
, & le Mariage fe fit
en trois jours. Le deſeſpoir
des Neveux fut grand , mais
il a bien augmenté depuis ,
lors qu'ils ont appris la grof
feffe de la Dame . Le Vieillard
en a une joye inconce
GALANT. 221
vable , & il eſt ravy qu'un
Heritier leur ofte entierement
l'efperance d'avoir ja
mais aucune part à fon bien.
prenne pour venir à bout
d'une entreprife , elles ne
font jamais affurées , & ce
qu'on employe pour empef
Novembre 1685.
S.
210 MERCURE
cher une chofe , eft bien fou
vent ce qui la fait reüffir. Un
homme tres-riche avoit atteint
un âge fort avancé ,
fans autre chagrin confiderable
, que celuy de n'avoir
point eu d'Enfans, quoy qu'il
fe fuft marié deux fois. Sa fe.
conde Femme , qu'il avoit
épousée depuis quinze ans ,
n'en avoit encore que trente
, & les Neveux du bon.
Homme , à qui elle plaifoit
fort par une Sterilité qui leur
étoit favorable, faifoient des
voeux tous les jours pour
confervation de fa vie, Cela
GALANT. 211
pendat quelque jeune qu'elle
fuft , une fiévre violente
l'emporta en peu de jours
malgré tous les foins qu'i's
prirent de faire venir les plus
fameux Medecins. Sa mort
les mit en inquietude tou
chant la fucceffion de l'Onclequi
leur pouvoit échaper...
Ils le connoiffoient d'un
temperament fort amou
reux , & fa fanté qui n'eftoit
point affoiblie par fa vieilleſ
fe , leur faifoit apprehender
un troifiéme Mariage . Il n'y
avoit que fix mois qu'il eftoit
veuf lors qu'ils découvri
Sij
212 MERCURE
rent qu'il fongeoit à époufer
une Fille de vingt ans qu'il
voyoit fecretement. Ils firent
d'abord éclater la chofe , &
comme ils eftoient puiffans ,
ils apporterent de ſi grands
obftacles à ce qu'il avoit conclu
, que l'affaire fut rompuë.
Ce ne fut pas affezpour les rafurer
contre la crainte continuelle
où ils eftoient qu'il
ne s'égageât ailleurs, & qu'ils
ne puffent pas toûjours empefcher'
qu'il ne difpofaft de
luy . Pour s'en délivrer entierement
, ils s'emparerent de
fon bien fous divers pretex
GALANT. 213
tes, luy fufciterent quelques
affaires facheufes , & fe ren.
dant maiſtres de fa perfonne
ils l'enfermerent dans une
Priſon, où le credit qu'ils a
voient leur fit efperer qu'ils
luy laiſſeroient finir les jours.
Afin qu'il la fupportaft avec
moins d'impatience, ils le fi
rent mettre dans une Chambre
fort propre, & à la reſerve
de la liberté, rien ne luy manquoit
de toutes les chofes
qu'il témoignoit fouhaiter.
Il ne manqua pas d'intenter
Procez contre fesNeveuxqui
luy rerenoient fon bien fi in214
MERCURE
juſtement , & qui le trai
toient avec tant d'indignité,
mais il eut beau demander à
eftre oüy , toutes ſes inſtances
furent inutiles , & il fe
paffa deux ans fans qu'il puſt
avoir raifon de la violence
qui luy eftoit faite . Il avoit
quelques Amis de l'un & de
l'autre Sexe , qui n'eſtant
point du party de fes Neveux,
luy rendoient vifite de
temps en temps. S'ils ne
pouvoient le remettre en
liberté , du moins ils le confoloient
dans fa diſgrace , &
c'eftoit toûjours pour luy un
GALANT. 215
foulagement qui adouciſſoit
fes déplaifirs. Un jour que
quelques Dames parloient
d'aller paffer avec luy une
apreſdinée , une jeune Demoiſelle
qui eftoit prefente
voulut les
accompagner
.
Elle n'avoit jamais veu au
cune Prifon , & la curiofité
fut le feul motifqui l'engagea
à eftre de la partie. Le
Prifonnier les receut avec
beaucoup de marques de
joye , & comme il eft naturel
de faire le détail de fes
malheurs , il exagera dans
les termes les plus forts,
216 MERCURE
l'indigne maniere dont fes
Neveux le traitoient , &
ajoûta qu'il reſſentoit d'autant
plus le chagrin de fa
Prifon qu'il eftoit feur d'en
fortir , pourveu qu'on vouluft
luy accorder Audience
. La Demoiſelle à qui le
difcours étoit fur tout adreffé
, parce que c'eftoit la
premiere fois que le Vieilfard
la voyoit , tafcha de le
confoler en le plaignant
.
Elle témoigna entrer dans
ſes interefts & l'affura
qu'ayant des Parens au Parlement
fort confiderez dans
leur
GALANT. 217
leur Compagnie , elle employeroit
tous fes foins pour
obtenir ce qu'il fouhaitoit.
Le bon Homme luy promit
que fi elle luy rendoit un pareil
fervice , il n'eftoit rien
-qu'il ne fift pour elle , & cette
promeffe luy donnant des
veuës qu'elle n'avoit pas d'abord
, elle fongea ferieuſement
àle tirer de Prifon . Elle
avoit fort peu de bien , &
le Vieillard qui pouvoit luy
faire de grands avantages
en l'époufant , l'auroit fort
acccomodée . L'occafion étoit
favorable , il ne s'agiffoit
Novembre 1685. T
218 MERCURE
que d'en profiter. L'agré
ment de fa Perfonne joint à
un efprit fort délicat luy en
donna l'efperance . Ainfi elle
diſpoſa les choſes en faveur
du Prifonnier , & trois ou
quatre vifites qu'elle luy rendit
encore fous pretexte de
venir luy demander quelques
éclairciffemens , l'ayant
mis au point où elle croyoit
devoir l'amener , elle fit agir
fi heureuſement
le pouvoir
de ceux qui s'interef
foient pour elle , qu'enfin
on luy donna Audience.
Cette Audience obtenuë
GALANT 219
il eut bien-toft gagné ſon
Procés. Si toft qu'il fut libre
, il courut marquer la reconnoiffance
à la Demoifelle
, en luy offrant telle partie
de fon bien qu'elle pouvoit
ſouhaiter. Elle répondit
, que n'ayant envisagé
que le feul plaifir de faire
ceffer une injuftice , il fuffifoit
qu'elle cuft réüſſi pour
avoir fujet d'eftre contente.
L'air tout charmant qui accompagna
cette réponſe ,
toucha
fenfiblement le coeur
du Vieillard . Il luy dit tout
tranſporté , que c'eftoit trop
Tij
220 MERCURE
que
peu pour elle qu'une partie
de fon bien , & que s'il eftoit
affez heureux pour ne luy
voir point de repugnance
à l'accepter tout entier avec
fa perfonne , il la rendoit
Maiftreffe de tout. Vous jugez
bien l'offre fut acceptée.
Le Notaire vint : les
Articles furent dreſſez & fignez
, & le Mariage fe fit
en trois jours. Le deſeſpoir
des Neveux fut grand , mais
il a bien augmenté depuis ,
lors qu'ils ont appris la grof
feffe de la Dame . Le Vieillard
en a une joye inconce
GALANT. 221
vable , & il eſt ravy qu'un
Heritier leur ofte entierement
l'efperance d'avoir ja
mais aucune part à fon bien.
Fermer
Résumé : Histoire. [titre d'après la table]
Un homme riche et âgé, sans enfants malgré deux mariages, perd sa seconde épouse à l'âge de trente ans. Ses neveux, inquiets qu'il ne se remarie et ait des héritiers, tentent de l'en empêcher. Ils découvrent qu'il projette d'épouser une jeune fille de vingt ans et sabotent ce projet. Pour l'empêcher de se remarier ailleurs, ils s'emparent de ses biens et l'emprisonnent sous divers prétextes. Malgré ses tentatives pour intenter un procès, il reste incarcéré pendant deux ans. Durant sa détention, il reçoit la visite de quelques amis et d'une jeune demoiselle curieuse de voir une prison. Touchée par ses malheurs, elle promet d'utiliser ses relations au Parlement pour l'aider. Elle lui rend plusieurs visites, renforçant ainsi leur lien. Grâce à ses interventions, il obtient une audience et gagne son procès. Libéré, il exprime sa gratitude à la demoiselle en lui offrant une partie de ses biens. Elle refuse, mais il insiste et lui propose de l'épouser et de lui léguer toute sa fortune. Elle accepte, et ils se marient rapidement. Les neveux sont désespérés, surtout lorsqu'ils apprennent que la nouvelle épouse est enceinte, éliminant ainsi toute chance pour eux d'hériter.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
6
p. 59-76
HISTORIETTE.
Début :
Une veuve de qualité tres-âgée & tres-riche avoit pris [...]
Mots clefs :
Veuve, Demoiselle, Succession, Épouser, Négociation, Hôte, Amant
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texteReconnaissance textuelle : HISTORIETTE.
HISTORIETTE:
UNe veuve de qualité
très-âgée & très-riche
avoit pris auprès d'elle
une Demoiselle fort pauvre
,
mais d'une famille
tres -
noble, jeune, belle,
ôc d'un tres-grand merite
; & estoit tellement
attachée à elle qu'elle lui
promit de lui laisser tout
son bien si elle vouloit
rester auprès d'elle sans
se marier tant qu'elle vivroit,
cette vieille Dame
n'ayantpourtant que soixante
& douze ans, pouvoir
vivre assez, longtemps
pour la fairevieillir
fille auprès d'elle.
Cette aimable personne
qui pouvoitavoir desja
vingt
-
deux - ou vingttrois
ans, estoit plus ob..
servée de cette maiftreiTc;
quelle ne l'eust esté d'un
mary jaloux;car la vieille
craignoit que quelque
engagement de coeur
ne l'engageait à se marier
malgré
-
l'esperance
de sa succession
5
cependant deux Amants
trouverent moyen de lui
faire des declarations d'amour
: le premier estoit
un vieux gentilhomme
très-riche qu'elle auroit
peut-estre accepté pour
mary plustost que dercC,
ter avec sa vieille, pire
encore pour elle quun
vieuxmari, mais elleestoit
aimée d'un homme
qu'elle aimoit aussi. Cet
homme avoit pour ne se
point marier des raisons
à peu près pareilles àcelles
de sa maistresse; premierement
point de bien
par lui
-
mesme, & n'en
esperant que d'un vieil
oncle. Ce vieil oncle le
vouloit marier d'un autrecosté,
Se l'avoit menacé
plusieurs fois de le
desheriter s'iln'épousoit ,
une personnequ-ils'estoit
mis en teste de luy donner
, & le neveu n'osoit
lui dire absolument qu'il
ne l'épouseroit pas, mais
trouvoit tous les jours de
nouveaux prétextes de
< differer ce mariage,qu'il
avoit bien resolu de ne
jamais executer. C'estoit
un caprice de sononcle
qui pouvoit passer ou Hnir
par sa morts;il attiendoit
cette mort sans la
denrer
,
mais pourtant
avec un peu d'impatience
; ensorte que d'un autre
costé son amour le
prenant pour la jeune
personne dont la passion
n'estoit pas moins forte
que la sienne
, tous deux
semarierent,mais Secrètement
pour ne pas perdre
les successionsqu'ils esperoient.
Cellequ'il épousoit
avoit pris pour nom
Julie,
Julie & avoit cache le
sien,&: celui de sa famille
pour ne la pas deshonorer
en se mettant en
service. Son nom ignoré
luy fit grand bien, car
l'ondeayant eu quelque
avis de ce mariage secret
de son neveu,apprit bien
le vray nom de celle que
son neveu époufoit par
les perquisitions qu'il fit
à la paroisse où ils s'estoient
mariez; mais ne
connoissant point le vray
nom qu'il trouva sur le
Registre, & ne pouvant
pas deviner que c'estoit
- une fille de Chambre, le
neveuse consola du bien
de son oncle qu'il perdoit,
parce que du moins
la vieille ne pouvant sçavoir
le mariage sa femmeavoitde
soncosté cette
successionqui leur su£
firoit à tous deux pour
vivre assezàleur aise.
Ce neveu cacha donc obstinement
à son oncle le
nom de sa femme, ne
pouvant nier qu'il nefuft
marié
,
&C fut quelque
temps sans la voir pour
nerien risquer en cette
occasion.
L'oncle fut si piqué
dumariage de son neveu
,
qu'il resolut d'époufer
une jeune personnequ'ilaimoitdepuis
quelque temps, ôC 4?
luy donner tous ses biens
en mariage.
Pendant ce temps -là
Julie estoit fort pressée
par son vieux Amant, ôc
lui donnoit pour exeuse
l'affectionqu'elle portoit
à sa maistresse, qui la faifoit
resoudre à ne la point
quitter, le vieux Amant
ne croyant pas qu'il pust
y avoir d'autre obstacle
que celuy
-
là, s'avisa de
faire amitié avec la vieilj
le, & de ménager auprès
d'ellequ'elle luy loüast
une partie de sa maison
qui luy estoit fort inutile
parce quelle ne l'occupoit
pas; elle luy ceda
plustost par amitié que
par interest , & Julie fut
fort surprise quand elle
vit que le vieillard luy
faisoit une telle galanterie,
& luy promit d'obtenir
de sa vieille maistresse,
qu'elle confentist
à ce mariage qui ne la
fepareroit point de Julie
qu'elle vouloit tousjours
voir. En effet quelque
temps après non seulement
la vieille consentit
à voir Julie mariée à son
vieux hoste, car elle jugea
quec'estoitun moyen
de l'attacher encore plus
à elle, empeschant par
là qu'elle ne pensast à
quelque autre mariage:
elle proposa donc cette
affaire à Julie qui se defsendit
fort sur une resolution
qu'elle avoit prise
de ne se jamais marier.
Cette negociation dura
quelque temps, mais les
amours de Julie & de
son mary secretn'avoient
pû estre si cachez que
quelqu'un de la maison
n'en eust des soupçons,
non pas du mariage fait
mais de leur amour, cet
incident fut un coup terrible
pour Julie, car sa
Inaiftretfe, pour rompre
cette intrigue, luy donna
pour alternative, ou de
rompre avec elle pour
tousjours ,iou d'époufer
son hoste, 6C elle ne luy
donna que huit jours de
delay,ensorte que Julie
vit par ce coup inévitabla
la successionde la
vieille perduë pour elle..
& celle del'oncle estant
desja perduë pour son
mary. On peut juger du
desespoir où se trouverent
ces jeunes mariez.
Sur ces entrefaites le
vieux Amant tomba malade,
ilavoit plus de quatre-
vingt ans, mais ny sa
maladie, nyson âge ne
diminuant
diminuant point son amour,
& se voyant prest
de mourir il fit un testament
captieux, par lequel
il laissoit tout son
bien à Julie à condition
qu'elle ne sust point
mariée , ôC qu'elle ne
se mariast jamais; ce
testament, quelque mauvais
qu'il sust, ne laissa
pas d'estre admirable
pour nos jeunes mariez,
puifquil empescha
le vieillard de faire d'autres
dispositions de son
bien qui leur revint naturellement
,parce que
ce vieillard estoit justement
l'oncle du mary & , que Julie l'avoit ménagé
pour l'empescher
,ci'oster son bien à ion neyeju,
qui eust tout perdu
si par malheur l'oncle avoit
pû découvrir qu'il
estoit son rival heureux.
Le neveune laissapas de
commencer un procez
contre Julie pour cacher
à la vieillequ'elle sust sa
femme, & Julie ensuite
tourna si bien son esprit
qu'elle proposad'ellemesme
à ce neveu d'épouser
Julie par accommodement
,
ensorte que
les mariez après avoir af.
seuré à la vieille que Julie
nela quitteroit jamais,
& que son mary occuperoit
le logement de son
oncle,avouërent leur mariage
, 8( heriterent peu
de temps aprés de la
bonne vieille qui leur
laissa tout. PARODIE
UNe veuve de qualité
très-âgée & très-riche
avoit pris auprès d'elle
une Demoiselle fort pauvre
,
mais d'une famille
tres -
noble, jeune, belle,
ôc d'un tres-grand merite
; & estoit tellement
attachée à elle qu'elle lui
promit de lui laisser tout
son bien si elle vouloit
rester auprès d'elle sans
se marier tant qu'elle vivroit,
cette vieille Dame
n'ayantpourtant que soixante
& douze ans, pouvoir
vivre assez, longtemps
pour la fairevieillir
fille auprès d'elle.
Cette aimable personne
qui pouvoitavoir desja
vingt
-
deux - ou vingttrois
ans, estoit plus ob..
servée de cette maiftreiTc;
quelle ne l'eust esté d'un
mary jaloux;car la vieille
craignoit que quelque
engagement de coeur
ne l'engageait à se marier
malgré
-
l'esperance
de sa succession
5
cependant deux Amants
trouverent moyen de lui
faire des declarations d'amour
: le premier estoit
un vieux gentilhomme
très-riche qu'elle auroit
peut-estre accepté pour
mary plustost que dercC,
ter avec sa vieille, pire
encore pour elle quun
vieuxmari, mais elleestoit
aimée d'un homme
qu'elle aimoit aussi. Cet
homme avoit pour ne se
point marier des raisons
à peu près pareilles àcelles
de sa maistresse; premierement
point de bien
par lui
-
mesme, & n'en
esperant que d'un vieil
oncle. Ce vieil oncle le
vouloit marier d'un autrecosté,
Se l'avoit menacé
plusieurs fois de le
desheriter s'iln'épousoit ,
une personnequ-ils'estoit
mis en teste de luy donner
, & le neveu n'osoit
lui dire absolument qu'il
ne l'épouseroit pas, mais
trouvoit tous les jours de
nouveaux prétextes de
< differer ce mariage,qu'il
avoit bien resolu de ne
jamais executer. C'estoit
un caprice de sononcle
qui pouvoit passer ou Hnir
par sa morts;il attiendoit
cette mort sans la
denrer
,
mais pourtant
avec un peu d'impatience
; ensorte que d'un autre
costé son amour le
prenant pour la jeune
personne dont la passion
n'estoit pas moins forte
que la sienne
, tous deux
semarierent,mais Secrètement
pour ne pas perdre
les successionsqu'ils esperoient.
Cellequ'il épousoit
avoit pris pour nom
Julie,
Julie & avoit cache le
sien,&: celui de sa famille
pour ne la pas deshonorer
en se mettant en
service. Son nom ignoré
luy fit grand bien, car
l'ondeayant eu quelque
avis de ce mariage secret
de son neveu,apprit bien
le vray nom de celle que
son neveu époufoit par
les perquisitions qu'il fit
à la paroisse où ils s'estoient
mariez; mais ne
connoissant point le vray
nom qu'il trouva sur le
Registre, & ne pouvant
pas deviner que c'estoit
- une fille de Chambre, le
neveuse consola du bien
de son oncle qu'il perdoit,
parce que du moins
la vieille ne pouvant sçavoir
le mariage sa femmeavoitde
soncosté cette
successionqui leur su£
firoit à tous deux pour
vivre assezàleur aise.
Ce neveu cacha donc obstinement
à son oncle le
nom de sa femme, ne
pouvant nier qu'il nefuft
marié
,
&C fut quelque
temps sans la voir pour
nerien risquer en cette
occasion.
L'oncle fut si piqué
dumariage de son neveu
,
qu'il resolut d'époufer
une jeune personnequ'ilaimoitdepuis
quelque temps, ôC 4?
luy donner tous ses biens
en mariage.
Pendant ce temps -là
Julie estoit fort pressée
par son vieux Amant, ôc
lui donnoit pour exeuse
l'affectionqu'elle portoit
à sa maistresse, qui la faifoit
resoudre à ne la point
quitter, le vieux Amant
ne croyant pas qu'il pust
y avoir d'autre obstacle
que celuy
-
là, s'avisa de
faire amitié avec la vieilj
le, & de ménager auprès
d'ellequ'elle luy loüast
une partie de sa maison
qui luy estoit fort inutile
parce quelle ne l'occupoit
pas; elle luy ceda
plustost par amitié que
par interest , & Julie fut
fort surprise quand elle
vit que le vieillard luy
faisoit une telle galanterie,
& luy promit d'obtenir
de sa vieille maistresse,
qu'elle confentist
à ce mariage qui ne la
fepareroit point de Julie
qu'elle vouloit tousjours
voir. En effet quelque
temps après non seulement
la vieille consentit
à voir Julie mariée à son
vieux hoste, car elle jugea
quec'estoitun moyen
de l'attacher encore plus
à elle, empeschant par
là qu'elle ne pensast à
quelque autre mariage:
elle proposa donc cette
affaire à Julie qui se defsendit
fort sur une resolution
qu'elle avoit prise
de ne se jamais marier.
Cette negociation dura
quelque temps, mais les
amours de Julie & de
son mary secretn'avoient
pû estre si cachez que
quelqu'un de la maison
n'en eust des soupçons,
non pas du mariage fait
mais de leur amour, cet
incident fut un coup terrible
pour Julie, car sa
Inaiftretfe, pour rompre
cette intrigue, luy donna
pour alternative, ou de
rompre avec elle pour
tousjours ,iou d'époufer
son hoste, 6C elle ne luy
donna que huit jours de
delay,ensorte que Julie
vit par ce coup inévitabla
la successionde la
vieille perduë pour elle..
& celle del'oncle estant
desja perduë pour son
mary. On peut juger du
desespoir où se trouverent
ces jeunes mariez.
Sur ces entrefaites le
vieux Amant tomba malade,
ilavoit plus de quatre-
vingt ans, mais ny sa
maladie, nyson âge ne
diminuant
diminuant point son amour,
& se voyant prest
de mourir il fit un testament
captieux, par lequel
il laissoit tout son
bien à Julie à condition
qu'elle ne sust point
mariée , ôC qu'elle ne
se mariast jamais; ce
testament, quelque mauvais
qu'il sust, ne laissa
pas d'estre admirable
pour nos jeunes mariez,
puifquil empescha
le vieillard de faire d'autres
dispositions de son
bien qui leur revint naturellement
,parce que
ce vieillard estoit justement
l'oncle du mary & , que Julie l'avoit ménagé
pour l'empescher
,ci'oster son bien à ion neyeju,
qui eust tout perdu
si par malheur l'oncle avoit
pû découvrir qu'il
estoit son rival heureux.
Le neveune laissapas de
commencer un procez
contre Julie pour cacher
à la vieillequ'elle sust sa
femme, & Julie ensuite
tourna si bien son esprit
qu'elle proposad'ellemesme
à ce neveu d'épouser
Julie par accommodement
,
ensorte que
les mariez après avoir af.
seuré à la vieille que Julie
nela quitteroit jamais,
& que son mary occuperoit
le logement de son
oncle,avouërent leur mariage
, 8( heriterent peu
de temps aprés de la
bonne vieille qui leur
laissa tout. PARODIE
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Résumé : HISTORIETTE.
Le texte relate l'histoire d'une veuve riche et âgée qui accueille une jeune demoiselle noble, pauvre mais méritante. La veuve promet de léguer toute sa fortune à la jeune femme à condition qu'elle reste à son service sans se marier. La jeune femme, âgée de vingt-deux ou vingt-trois ans, accepte malgré les avances de deux amants : un vieux gentilhomme riche et un homme qu'elle aime réciproquement. Ce dernier, ne pouvant se marier sans perdre l'héritage d'un vieil oncle, épouse secrètement la jeune femme, qui se fait appeler Julie pour cacher son identité. L'oncle du mari découvre le mariage mais ne devine pas l'identité de Julie. Pendant ce temps, Julie est courtisée par le vieux gentilhomme, qui obtient de la vieille dame une partie de sa maison. La vieille dame, voulant garder Julie auprès d'elle, propose de la marier à son vieil hôte. Julie refuse initialement, mais un domestique révèle leur amour secret. La vieille dame donne alors à Julie le choix entre rompre avec elle ou épouser l'hôte. Julie et son mari, désespérés, voient leurs héritages menacés. Le vieux gentilhomme, malade, laisse sa fortune à Julie à condition qu'elle ne se marie jamais. Après sa mort, le neveu de Julie intente un procès pour cacher leur mariage à la vieille dame. Finalement, Julie propose à ce neveu de l'épouser pour régler le problème. Les jeunes mariés avouent leur union à la vieille dame, qui leur légue toute sa fortune peu après.
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7
p. 264-267
Compliment de condoleance en Vers à une belle qui se plaignoit de n'avoir point d'Amants. [titre d'après la table]
Début :
Une belle Demoiselle de la Campagne ayant eû la malice / Iris se plaint de n'avoir point d'Amant, [...]
Mots clefs :
Demoiselle, Amant
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texteReconnaissance textuelle : Compliment de condoleance en Vers à une belle qui se plaignoit de n'avoir point d'Amants. [titre d'après la table]
Une belle Demoiselle de la
Campagne ayant eu la malice
de faire confidence à une ſienne
parente de la Ville de Paris,
qu'elle étoit affez malheureuſe
de n'avoir point d'Aimant ou
du moins quedans le lieu où
elle avoit eſté élevée , il ne ſe
trouvoit pas un Sujet raiſonnable
fur quielle pût jetter la
vûë pour en faire un époux ,
celle-ci à fon retour en racon-
горьлот tant
GALANT. 265
-10
لان
fo
la
taſt l'hiſtoire à un de ſes amis,
qui fit à l'inſtant les vers ſuivants
qui furent envoyez à la
Demoiselle Plaignante avec
maint autre compliment de
condoleance.
Iris ſe plaint de n'avoir point
• d'Amant ,
Elle ditque dans fon Village ,
Les Bergersfontfans agrément , ans agrém
Qu'ils ont l'humeur bruſque
volage ,
Et qu'il estfâcheux àson âge
D'ignorer lesplaisirs d'un tendre
engagement.
La douleur estdéja peintefurfon
visage.
Aouſt 1715 . Z
266 MERCURE
Elleſe deplaît tellement ,
Que fans attendre davantage ,
Elle renonce au mariage.
Et menace ces lieux d'un promt éloignement.
Ah ! Si j'estois auprés d'elle un
moment .
Fesçaurois bien calmer ce rigoureux
tourment ,
Qui peutà ſa beauté caufer un
grand dommage.
Je lui dirois ,objetrare & charmant
Vous,de la maindes Dieux le
plus parfait ouvrage ,
Vous, qui de nos cantons eftes
tout l'ornement.
1
GALANT. 267
t
Acceptez de mon coeurun éternel
hommage.
Regnezfurlui ſiſouverainement
Que vous trouviez l'amour un
doux apprentiſffage ,
Heureuxfidans mon esclavage ,
Vous mefavorifiez d'unregard
C
Seulement.
Jeprendrois tant de foins pour
Son foulagements
Que cettebelle enfin changeroit de
langage , L
Etqu'on ne diroit plus dans notrevoisinage;
Iris ſe plaint de n'avoir point
C
d'amant.
Campagne ayant eu la malice
de faire confidence à une ſienne
parente de la Ville de Paris,
qu'elle étoit affez malheureuſe
de n'avoir point d'Aimant ou
du moins quedans le lieu où
elle avoit eſté élevée , il ne ſe
trouvoit pas un Sujet raiſonnable
fur quielle pût jetter la
vûë pour en faire un époux ,
celle-ci à fon retour en racon-
горьлот tant
GALANT. 265
-10
لان
fo
la
taſt l'hiſtoire à un de ſes amis,
qui fit à l'inſtant les vers ſuivants
qui furent envoyez à la
Demoiselle Plaignante avec
maint autre compliment de
condoleance.
Iris ſe plaint de n'avoir point
• d'Amant ,
Elle ditque dans fon Village ,
Les Bergersfontfans agrément , ans agrém
Qu'ils ont l'humeur bruſque
volage ,
Et qu'il estfâcheux àson âge
D'ignorer lesplaisirs d'un tendre
engagement.
La douleur estdéja peintefurfon
visage.
Aouſt 1715 . Z
266 MERCURE
Elleſe deplaît tellement ,
Que fans attendre davantage ,
Elle renonce au mariage.
Et menace ces lieux d'un promt éloignement.
Ah ! Si j'estois auprés d'elle un
moment .
Fesçaurois bien calmer ce rigoureux
tourment ,
Qui peutà ſa beauté caufer un
grand dommage.
Je lui dirois ,objetrare & charmant
Vous,de la maindes Dieux le
plus parfait ouvrage ,
Vous, qui de nos cantons eftes
tout l'ornement.
1
GALANT. 267
t
Acceptez de mon coeurun éternel
hommage.
Regnezfurlui ſiſouverainement
Que vous trouviez l'amour un
doux apprentiſffage ,
Heureuxfidans mon esclavage ,
Vous mefavorifiez d'unregard
C
Seulement.
Jeprendrois tant de foins pour
Son foulagements
Que cettebelle enfin changeroit de
langage , L
Etqu'on ne diroit plus dans notrevoisinage;
Iris ſe plaint de n'avoir point
C
d'amant.
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8
p. 612-615
« Le premier Mars, il y eut Concert à Marly chez la Reine, qui fut continué [...] »
Début :
Le premier Mars, il y eut Concert à Marly chez la Reine, qui fut continué [...]
Mots clefs :
Reine, Concert, Demoiselle, Marly, Reine, Musique, Roi, Destouches, Opéra, Marie Pélissier, Chasse, Église paroissiale de Saint-Sulpice, Fête de l'Annonciation de la Vierge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le premier Mars, il y eut Concert à Marly chez la Reine, qui fut continué [...] »
Le premier Mars , il y eut Concert à
Marly chez la Reine , qui fut continué
3 et le 6. M. Destouches Sur- Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter
l'Opéra de Pirame et Thisbé , mis en
Musique par les Sieurs Rebel et Francoeur,
le premier, Sur- Intendant de la Musique
en Survivance de M. Destouches , et le
second, Compositeur de la Chambre. Les
Diles Lenner , d'Aigremont et Roblin ,
chanterent lesRolles du Prologue; ceux de
Zoroastre, de Ninus, et de Pirame , furent
chantez dans laTragédie par les SrsChassé,
d'Angerville etJelior, la voix de ce dernier
parut
MARS 1734: 613
parut très touchante . Les Dlles Erremens et
Pelissier remplirent les Rolles deZoraïde et
de Thisbé avec beaucoup de précision .
La Reine eut la bonté de marquer aux
Auteurs sa satisfaction , et de louer leurs
talens. Le Poëme est de M. de la Serre.
›
Le 8 et le 9 , S. M. souhaita d'entendre
le Ballet du Carnaval et de la Folie ,
dont l'exécution parut très- brillante . Le
Rolle de la Folie fut rempli avec applaudissement
par la Dlle Pelissier , celui du
Carnaval par le Sieur d'Angerville ; la
Dlle Mathieu et le Sr Petillot , chanterent
ceux de Plutus , et de la Jeunesse. Cet
Opéra,de la composition de M. Destouches
, plut beaucoup à la Reine , S. M.
ordonna qu'on le chanteroit tous les
ahs pendant le Carnaval .
2
Le 15 , 17 et 22 , on chanta l'Opéra
·de Telemaque du même Auteur. Le Rolle
de Minerve dans le Prologue et dans la
Piéce , fut chanté par la Dlle Lenner ;
celui de Calipso par la Dlle Anuer , et
ceux d'Eucharis et de Telemaque furent
remplis d'une façon très interessante par
la Dile Pelissier et par le Sr Jeliot.
Le 11 de ce mois , le Roy étant allé
chasser sur Lotti , le cerf mena la chasse
jusqu'au près de Magni , d'où le Roy
ICVC614
MERCURE DE FRANCE
revenant à Marly , la nuit le surprit à
Meulan , et Sa Majesté prévoyant qu'il
arriveroit trop tard à Marly , alla demander
à souper à l'Abbé Bignon, qui se trouvoit
par hazard dans sa Maison de l'Isle - Belle.
Au sortir de table , le Roy partit vers les
dix heures un quart pour retourner à
Marly , témoignant beaucoup de satisfaction
de la maniere dont il avoit éte reçu .
S.M.n'étoit accompagnée que du Duc de
Richelieu , du Comte d'Ayen , du Marquis
de Coigny et du Marquis de Sourches.
Le 20 Mars on consacra solemnellement
le Grand Autel de l'Eglise Paroissiale
de Saint Sulpice ; M. l'Archevêque
de Sens en fit la cérémonie : la Reine
d'Espagne y assista avec plusieurs personnes
de considération . La cérémonie finit
par une décharge d'un grand nombre
de boëtes, et par les Aumônes que M. le
Curé fit distribuer à quantité de Pauvres
.
Le 25 Mars , Fête de l'Anronciation de
la Vierge , il y eut Concert Spirituel au
Chateau des Thuilleries . M. Mouret y
fit chanter le Magnus Dominus , excelent
Motet de M. de la Lande. La Dlle Petite .
pas
MARS 1734.
619
pas , et le Sr Jeliot en chanterent un au
tre à deux voix , qui fut très applaudi
par une très nombreuse Assemblée ; de
même que les Concerto exécutez par les
Srs Blavet et le Clair . Le Concert fut
terminé par le Motet Cantate du même
Auteur dans lequel la Dlle Erremens
chanta le beau verset Viderunt avec toute
la précision que demande un si beau
morceau de Musique .
Marly chez la Reine , qui fut continué
3 et le 6. M. Destouches Sur- Intendant
de la Musique du Roy , fit chanter
l'Opéra de Pirame et Thisbé , mis en
Musique par les Sieurs Rebel et Francoeur,
le premier, Sur- Intendant de la Musique
en Survivance de M. Destouches , et le
second, Compositeur de la Chambre. Les
Diles Lenner , d'Aigremont et Roblin ,
chanterent lesRolles du Prologue; ceux de
Zoroastre, de Ninus, et de Pirame , furent
chantez dans laTragédie par les SrsChassé,
d'Angerville etJelior, la voix de ce dernier
parut
MARS 1734: 613
parut très touchante . Les Dlles Erremens et
Pelissier remplirent les Rolles deZoraïde et
de Thisbé avec beaucoup de précision .
La Reine eut la bonté de marquer aux
Auteurs sa satisfaction , et de louer leurs
talens. Le Poëme est de M. de la Serre.
›
Le 8 et le 9 , S. M. souhaita d'entendre
le Ballet du Carnaval et de la Folie ,
dont l'exécution parut très- brillante . Le
Rolle de la Folie fut rempli avec applaudissement
par la Dlle Pelissier , celui du
Carnaval par le Sieur d'Angerville ; la
Dlle Mathieu et le Sr Petillot , chanterent
ceux de Plutus , et de la Jeunesse. Cet
Opéra,de la composition de M. Destouches
, plut beaucoup à la Reine , S. M.
ordonna qu'on le chanteroit tous les
ahs pendant le Carnaval .
2
Le 15 , 17 et 22 , on chanta l'Opéra
·de Telemaque du même Auteur. Le Rolle
de Minerve dans le Prologue et dans la
Piéce , fut chanté par la Dlle Lenner ;
celui de Calipso par la Dlle Anuer , et
ceux d'Eucharis et de Telemaque furent
remplis d'une façon très interessante par
la Dile Pelissier et par le Sr Jeliot.
Le 11 de ce mois , le Roy étant allé
chasser sur Lotti , le cerf mena la chasse
jusqu'au près de Magni , d'où le Roy
ICVC614
MERCURE DE FRANCE
revenant à Marly , la nuit le surprit à
Meulan , et Sa Majesté prévoyant qu'il
arriveroit trop tard à Marly , alla demander
à souper à l'Abbé Bignon, qui se trouvoit
par hazard dans sa Maison de l'Isle - Belle.
Au sortir de table , le Roy partit vers les
dix heures un quart pour retourner à
Marly , témoignant beaucoup de satisfaction
de la maniere dont il avoit éte reçu .
S.M.n'étoit accompagnée que du Duc de
Richelieu , du Comte d'Ayen , du Marquis
de Coigny et du Marquis de Sourches.
Le 20 Mars on consacra solemnellement
le Grand Autel de l'Eglise Paroissiale
de Saint Sulpice ; M. l'Archevêque
de Sens en fit la cérémonie : la Reine
d'Espagne y assista avec plusieurs personnes
de considération . La cérémonie finit
par une décharge d'un grand nombre
de boëtes, et par les Aumônes que M. le
Curé fit distribuer à quantité de Pauvres
.
Le 25 Mars , Fête de l'Anronciation de
la Vierge , il y eut Concert Spirituel au
Chateau des Thuilleries . M. Mouret y
fit chanter le Magnus Dominus , excelent
Motet de M. de la Lande. La Dlle Petite .
pas
MARS 1734.
619
pas , et le Sr Jeliot en chanterent un au
tre à deux voix , qui fut très applaudi
par une très nombreuse Assemblée ; de
même que les Concerto exécutez par les
Srs Blavet et le Clair . Le Concert fut
terminé par le Motet Cantate du même
Auteur dans lequel la Dlle Erremens
chanta le beau verset Viderunt avec toute
la précision que demande un si beau
morceau de Musique .
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Résumé : « Le premier Mars, il y eut Concert à Marly chez la Reine, qui fut continué [...] »
En mars 1734, plusieurs événements musicaux et cérémoniels marquèrent le mois. Du 1er au 6 mars, l'opéra 'Pirame et Thisbé' de Rebel et Francoeur fut interprété à Marly chez la Reine, avec des rôles principaux chantés par les demoiselles Lenner, d'Aigremont, Roblin, Erremens et Pelissier, ainsi que par les sieurs Chassé, d'Angerville et Jeliot. La Reine exprima sa satisfaction. Les 8 et 9 mars, le roi écouta le ballet 'Le Carnaval et la Folie' de Destouches, interprété par la demoiselle Pelissier, le sieur d'Angerville, la demoiselle Mathieu et le sieur Petillot. La Reine ordonna que cet opéra soit chanté quotidiennement pendant le Carnaval. Du 15 au 22 mars, l'opéra 'Télémaque' de Destouches fut chanté, avec les rôles de Minerve, Calypso, Eucharis et Télémaque interprétés par les demoiselles Lenner, Anuer, Pelissier et le sieur Jeliot. Le 11 mars, le roi chassa sur l'île de Loiti avec plusieurs nobles et soupa à Meulan chez l'abbé Bignon. Le 20 mars, l'archevêque de Sens consacra solennellement le grand autel de l'église paroissiale de Saint-Sulpice en présence de la reine d'Espagne et de personnes de considération. Le 25 mars, à l'occasion de la fête de l'Annonciation de la Vierge, un concert spirituel eut lieu au château des Tuileries. M. Mouret dirigea le 'Magnus Dominus' de M. de la Lande, et les demoiselles Petitepas et Erremens, ainsi que le sieur Jeliot, chantèrent d'autres morceaux applaudis. Les concerts furent exécutés par les sieurs Blavet et le Clair.
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9
p. 213-215
Mariages & Morts.
Début :
Messire Denis-Auguste de Beauvoir de Grimoard, Marquis de Roure, Colonel [...]
Mots clefs :
Colonel, Comte, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Duc, Marquis, Morts, Abbé, Duchesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mariages & Morts.
Mariages Morts.
Meffire Denis - Augufte de Beauvoir de Grimoard
, Marquis du Roure , Colonel dans les
Grenadiers de France , fils de feu Meffire Louis-
Claude- Scipion de Grimoard , Comte du Roure ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , & de
Marie - Victoire - Antonine de Gontault- Biron ,
époufa le 24 de Janvier , Demoiſelle Françoife-
Sophie- Scholaftique de Baglion de la Salle , fille
de Meffire Pierre - François-Marie de Baglion ,
Comte de la Salle , ancien Capitaine au Régiment
des Gardes-Françoiles , & de feue Dame
Angelique Louife - Sophie de Louville . L'Evêque
de Senlis leur donna la béné liction nuptiale dans
la Chapelle de l'Archevêché de Cambrai . Leurs
Majeftés & la Famille Royale avoient figné le 21
leur contrat de mariage.
214 MERCURE DE FRANCE.
Louis-Alexandre- Célefte d'Aumont , Duc de
Villequier , fils de Louis- Marie d'Aumont , Duc
d'Aumont , Pair de France , & de feue Felix-Victoire
de Durfort , a épousé le 25 de Janvier , Demoifelle
Felicité-Louife le Tellier de Montmirail ,
fille de François - Céfar le Tellier , Marquis de
Courtanvaux , Capitaine- Colonel des Cent Suiffes
de la Garde ordinaire du Corps du Roi , & de
Louife-Antonine de Gontault-Biron. La bénédietion
nuptiale leur a été donnée par l'Evêque d'Evreux
, dans la Chapelle particuliere de l'Hôtel de
Louvois. Leur contrat de mariage avoit été figné
le 21 par leurs Majeftés & la Famille Royale.
Le 28 Novembre dernier , Meffire- Claude Marquis
de Villiers-l'Ifleadam , ancien Officier d'Infanterie
, Seigneur de Reiges en Champagne , &c.
a épousé au Château de la Louptiere en Champagne
, Dame Marie- Claire de Relongue de la Louptiere
, Veuve de Meffire François - Edouard le Gras
de Vauberfay , Chevalier , Seigneur de Mongenot,
Lieutenant des Maréchaux de France , au Département
de Champagne & de Brie.
La Maiſon de Villiers l'Ifleadam eft fi connue
pour avoir donné des Grands Officiers de la Couronne
& un Grand -Maître de l'Ordre de Malthe ,
qu'il fuffit de la nommer.
Ses autres Alliances font de Montmorency , de
Nefle , de Chatillon , d'Harcourt , de Melun , &c.
N. d'Eterno , Abbé Commendataire de l'Abbaye
de S. Rigaud , Ordre de S. Benoit , Diocéfe
de Mâcon , mourut à Besançon le 20 Janvier dans
la foixantiéme année de ſon âge .
Louiſe- Henriette de Bourbon Conty , Ducheſſe
d'Orleans , mourut en certe Ville le , de ce mois ,
âgée de trente- deux ans , fept mois & vingt jours.
La Cour a pris le deuil pour dix jours à l'occaſion
de la mort de cette Princeffe.
" MARS. 1759. 215
Meffire Jofeph François de Charleval , Evêque
d'Aigde , Abbé Commendataire de l'Abbaye de
Pellan , Ordre de S. Benoît , Diocéſe d'Auch , eſt
mort à Agde le 22 du mois dernier , âge de cinquante-
cinq ans.
Paul- François de Bethune , Duc de Bethune-
Charoft , Pair de France , Lieutenant - Général
des Armées du Roi , & au Gouvernement de Picardie
& Boulonnois , Gouverneur de Calais , Che-"
valier des Ordres du Roi , Chef du Confeil Royal
des Finances , & ancien Capitaine des Gardes-du-
Corps de Sa Majefté, mourut à Paris le 11 , dans
la foixante- dix feptiéme année de fon âge .
Frere Jean-Philbert de Fay de la Tour- Maubourg
, Chevalier Hofpitalier de S, Jean de Jérufalem
, Grand- Bailli de Lyon , Commandeur de
la Commanderie de Morchamp , mourut le 4 de
ce mois au Puy-en- Velay , dans la quatre-vingtiéme
année de fon âge. Il avoit été nommé par
le Grand- Maître , Grand Maréchal de l'Ordre de
Malthe.
Le 27 Janvier 1759 , Marie-Gertrude Marille
de Fouquerolles eft décédée, âgée de 68 ans , dans
fa Terre de la Bretudiere , proche Chinon en
Touraine ; elle étoit veuve de Mellire François le
Royer de la Sauvagere , Sieur Darteré , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis , &
Directeur des Fortifications de l'Anjou , dont le
Mercure de France a fait mention au mois de
Novembre 1749 , pag. 212 , ainfi que des enfans
iffus de ce mariage . La Famille de varille
de Fouquerolles eft noble & originaire de Picardie ,
Meffire Denis - Augufte de Beauvoir de Grimoard
, Marquis du Roure , Colonel dans les
Grenadiers de France , fils de feu Meffire Louis-
Claude- Scipion de Grimoard , Comte du Roure ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , & de
Marie - Victoire - Antonine de Gontault- Biron ,
époufa le 24 de Janvier , Demoiſelle Françoife-
Sophie- Scholaftique de Baglion de la Salle , fille
de Meffire Pierre - François-Marie de Baglion ,
Comte de la Salle , ancien Capitaine au Régiment
des Gardes-Françoiles , & de feue Dame
Angelique Louife - Sophie de Louville . L'Evêque
de Senlis leur donna la béné liction nuptiale dans
la Chapelle de l'Archevêché de Cambrai . Leurs
Majeftés & la Famille Royale avoient figné le 21
leur contrat de mariage.
214 MERCURE DE FRANCE.
Louis-Alexandre- Célefte d'Aumont , Duc de
Villequier , fils de Louis- Marie d'Aumont , Duc
d'Aumont , Pair de France , & de feue Felix-Victoire
de Durfort , a épousé le 25 de Janvier , Demoifelle
Felicité-Louife le Tellier de Montmirail ,
fille de François - Céfar le Tellier , Marquis de
Courtanvaux , Capitaine- Colonel des Cent Suiffes
de la Garde ordinaire du Corps du Roi , & de
Louife-Antonine de Gontault-Biron. La bénédietion
nuptiale leur a été donnée par l'Evêque d'Evreux
, dans la Chapelle particuliere de l'Hôtel de
Louvois. Leur contrat de mariage avoit été figné
le 21 par leurs Majeftés & la Famille Royale.
Le 28 Novembre dernier , Meffire- Claude Marquis
de Villiers-l'Ifleadam , ancien Officier d'Infanterie
, Seigneur de Reiges en Champagne , &c.
a épousé au Château de la Louptiere en Champagne
, Dame Marie- Claire de Relongue de la Louptiere
, Veuve de Meffire François - Edouard le Gras
de Vauberfay , Chevalier , Seigneur de Mongenot,
Lieutenant des Maréchaux de France , au Département
de Champagne & de Brie.
La Maiſon de Villiers l'Ifleadam eft fi connue
pour avoir donné des Grands Officiers de la Couronne
& un Grand -Maître de l'Ordre de Malthe ,
qu'il fuffit de la nommer.
Ses autres Alliances font de Montmorency , de
Nefle , de Chatillon , d'Harcourt , de Melun , &c.
N. d'Eterno , Abbé Commendataire de l'Abbaye
de S. Rigaud , Ordre de S. Benoit , Diocéfe
de Mâcon , mourut à Besançon le 20 Janvier dans
la foixantiéme année de ſon âge .
Louiſe- Henriette de Bourbon Conty , Ducheſſe
d'Orleans , mourut en certe Ville le , de ce mois ,
âgée de trente- deux ans , fept mois & vingt jours.
La Cour a pris le deuil pour dix jours à l'occaſion
de la mort de cette Princeffe.
" MARS. 1759. 215
Meffire Jofeph François de Charleval , Evêque
d'Aigde , Abbé Commendataire de l'Abbaye de
Pellan , Ordre de S. Benoît , Diocéſe d'Auch , eſt
mort à Agde le 22 du mois dernier , âge de cinquante-
cinq ans.
Paul- François de Bethune , Duc de Bethune-
Charoft , Pair de France , Lieutenant - Général
des Armées du Roi , & au Gouvernement de Picardie
& Boulonnois , Gouverneur de Calais , Che-"
valier des Ordres du Roi , Chef du Confeil Royal
des Finances , & ancien Capitaine des Gardes-du-
Corps de Sa Majefté, mourut à Paris le 11 , dans
la foixante- dix feptiéme année de fon âge .
Frere Jean-Philbert de Fay de la Tour- Maubourg
, Chevalier Hofpitalier de S, Jean de Jérufalem
, Grand- Bailli de Lyon , Commandeur de
la Commanderie de Morchamp , mourut le 4 de
ce mois au Puy-en- Velay , dans la quatre-vingtiéme
année de fon âge. Il avoit été nommé par
le Grand- Maître , Grand Maréchal de l'Ordre de
Malthe.
Le 27 Janvier 1759 , Marie-Gertrude Marille
de Fouquerolles eft décédée, âgée de 68 ans , dans
fa Terre de la Bretudiere , proche Chinon en
Touraine ; elle étoit veuve de Mellire François le
Royer de la Sauvagere , Sieur Darteré , Chevalier
de l'Ordre Royal & Militaire de S. Louis , &
Directeur des Fortifications de l'Anjou , dont le
Mercure de France a fait mention au mois de
Novembre 1749 , pag. 212 , ainfi que des enfans
iffus de ce mariage . La Famille de varille
de Fouquerolles eft noble & originaire de Picardie ,
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Résumé : Mariages & Morts.
En 1759, plusieurs événements familiaux et décès ont marqué la noblesse française. Le 24 janvier, Denis-Auguste de Beauvoir de Grimoard, Marquis du Roure et Colonel des Grenadiers de France, a épousé Françoise-Sophie-Scolastique de Baglion de la Salle. Leur contrat de mariage a été signé par Leurs Majestés et la Famille Royale le 21 janvier, et la bénédiction nuptiale a été donnée par l'Évêque de Senlis dans la Chapelle de l'Archevêché de Cambrai. Le 25 janvier, Louis-Alexandre-Céleste d'Aumont, Duc de Villequier, a épousé Félicité-Louise Le Tellier de Montmirail. Leur contrat de mariage a également été signé par Leurs Majestés et la Famille Royale le 21 janvier, et la bénédiction nuptiale a été donnée par l'Évêque d'Évreux dans la Chapelle particulière de l'Hôtel de Louvois. Le 28 novembre 1758, Claude Marquis de Villiers-l'Îsle-Adam a épousé Marie-Claire de Relongue de la Louptière, veuve de François-Édouard Le Gras de Vauberfay, au Château de la Louptière en Champagne. Parmi les décès notables, N. d'Éterno, Abbé Commendataire de l'Abbaye de Saint-Rigaud, est mort à Besançon le 20 janvier à l'âge de soixante ans. Louise-Henriette de Bourbon Conty, Duchesse d'Orléans, est décédée à l'âge de trente-deux ans, sept mois et vingt jours, entraînant un deuil de dix jours à la Cour. Joseph-François de Charleval, Évêque d'Agde, est mort à Agde le 22 du mois précédent à l'âge de cinquante-cinq ans. Paul-François de Béthune, Duc de Béthune-Chârost et Lieutenant Général des Armées du Roi, est mort à Paris le 11 janvier à l'âge de soixante-dix-sept ans. Jean-Philbert de Fay de la Tour-Maubourg, Chevalier Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem et Grand-Bailli de Lyon, est mort au Puy-en-Velay le 4 janvier à l'âge de quatre-vingts ans. Marie-Gertrude Marille de Fouquerolles est décédée le 27 janvier 1759 à l'âge de soixante-huit ans dans sa Terre de la Bretaudière, proche de Chinon en Touraine.
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10
p. 249
MARIAGE.
Début :
Messire Armand Gabriel de Rasilly, Lieutenant général des Armées du Roi, [...]
Mots clefs :
Lieutenant général des armées du roi, Commandant, Mariage, Demoiselle, Fille, Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Meffire Armand Gabriel de Rafilly , Lieutenant
général des Armées duRoi , Commandeur de l'Ordre
royal & Militaire de S.Louis Ancien Comman→
dant de bataillon du Régiment des Gardes Françoifes
Gouverneur de l'ifle de Ré a épousé ,,
le 23 du mois dernier , Damoiſelle Amédée Adélaïde
de Lorme , fille de . Jean Amédée de Lorme
, Intendant des Finances de feu M. le Duc
d'Orléans , Régent , Intendant de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis , & de Louife- Margueritede
Graville , foeur de M. le Comte de Graville ,
Lieutenant général des Armées du Roi, Infpecteur
général de Cavalerie , & Chevalier des Ordres da
Roi:
Meffire Armand Gabriel de Rafilly , Lieutenant
général des Armées duRoi , Commandeur de l'Ordre
royal & Militaire de S.Louis Ancien Comman→
dant de bataillon du Régiment des Gardes Françoifes
Gouverneur de l'ifle de Ré a épousé ,,
le 23 du mois dernier , Damoiſelle Amédée Adélaïde
de Lorme , fille de . Jean Amédée de Lorme
, Intendant des Finances de feu M. le Duc
d'Orléans , Régent , Intendant de l'Ordre Royal
& Militaire de S. Louis , & de Louife- Margueritede
Graville , foeur de M. le Comte de Graville ,
Lieutenant général des Armées du Roi, Infpecteur
général de Cavalerie , & Chevalier des Ordres da
Roi:
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Résumé : MARIAGE.
Le mariage de Meffire Armand Gabriel de Rafilly, Lieutenant général des Armées du Roi, a eu lieu le 23 du mois précédent. La mariée est Damoiselle Amédée Adélaïde de Lorme, fille de Jean Amédée de Lorme, Intendant des Finances du Duc d'Orléans. La mère de la mariée est Louise-Marguerite de Graville, fille du Comte de Graville, Lieutenant général des Armées du Roi.
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11
p. 204-206
DE VERSAILLES, le 28 Février, & jours suivans.
Début :
Le sieur Bignon, Commandeur, Prevôt, & Maître des Cérémonies des Ordres [...]
Mots clefs :
Prévôt, Cérémonies, Ordres du roi, Famille royale, Contrat de mariage, Colonel, Demoiselle, Chapitre, Nominations, Capitaine, Commandant, Chevalier, Abbé, Marquis, Prince de Condé, Abbaye, Prieuré
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texteReconnaissance textuelle : DE VERSAILLES, le 28 Février, & jours suivans.
De VERSAILLES , le 28 Février , & jours
L
fuivans.
E fieur Bignon , Commandeur , Prevôt , &
Maître des Cérémonies des Ordres du Roi , fon
Eibliothécaire , Maître des Requêtes , de l'Académie
Françoife , & honoraire de celle des Infcriptions
, a été chargé par Sa Majefté de porter au
Prince des Afturies , & à l'Infant . Don Louis , le
Collier , & les marques des ordres du Roi.
AVRIL. 1760. 205
Le 18 Février , le Roi , la Reine , & la Famille
Royale , fignerent le contrat de mariage du Marquis
de Juigné , Colonel du Régiment de Champagne
, avec Demoiſelle Thiroux de Chammeville
, fille du feur de Chammeville , l'un des
Adminiſtrateurs généraux des Poftes.
Le 2 , le Roi tint un Chapitre extraordinaire
de l'Ordre du S. Efprit , & il nomma Chevalier
de cet Ordre , le Roi des Deux - Siciles . Le 3 , Sa
Majefté tint le Sceau .
Le Roi a nommé le fieur de Sinety. , Capitaine
dans le Régiment des Gardes Françoifes , Sous-
Gouverneur de Monfeigneur le Duc de Berry ; &
il lui a accordé une penfion de retraite de fix
mille livres. Sa Majeſté a auffi nommé le Comte
de Montault & le Vicomte de Boisgelin , Gentilshommes
de la Manche du même Prince.
Le Roi a donné le commandement de la Province
de Rouergue , & de toute l'étendue des Evêchés
de Rhodes & de Vabre , au Baron de Tullier
, Meftre-de-Camp de Dragons , Inspecteur
des Milices Garde-côtes de Guyenne , & Gouverneur
de Rhodès.
Sa Majesté a accordé au Chevalier de Crancé,
Ecuyer de main de Madame la Dauphine , le
Gouvernement de Châlons en Champagne , vadepuis
la mort du Comte d'Estaing. cant
Le Roi a nommé l'Abbé Moftuejour , Grand-
Vicaire de Chartres , Sous- Précepteur de Monfeigneur
le Duc de Berry
Le 1 ,, le Roi , la Reine , & la Famille Royale ,
fignerent le contrat de mariage du Marquis de
Rougé . Colonel du Régiment de Foix , avec N..
d'Havré , fille du Duc de ce nom ; & celui du
Comte de Parabere , avec Dile de Perigni.
Le 17 , le Prince de Condé eut l'honneur de
faire les révérences au Roi , a la Reine , & a la ›
Famille Royale. Il étoit en manteau long , ainfi
206 MERCURE DE FRANCE.
que les Gentilshommes de fa fuite. Les Princes
qui l'ont accompagné à cette cérémonie , font le
Comte de Charolois & le Comte de Clermont.
Le 18 , Sa Majesté tint le Sceau .
Le Roi a donné l'Abbaye Royale & Séculière
de S. Pierre de Metz , à la Dame de Choiſeul ,
Chanoineffe de Remiremont.
Et le Prieuré des Filles- Dieu , Diocèfe & Ville
de Rouen , à la Dame Dutot de Beaunay , Religieufe
a l'Abbaye de Fontaine- Guérard .
L
fuivans.
E fieur Bignon , Commandeur , Prevôt , &
Maître des Cérémonies des Ordres du Roi , fon
Eibliothécaire , Maître des Requêtes , de l'Académie
Françoife , & honoraire de celle des Infcriptions
, a été chargé par Sa Majefté de porter au
Prince des Afturies , & à l'Infant . Don Louis , le
Collier , & les marques des ordres du Roi.
AVRIL. 1760. 205
Le 18 Février , le Roi , la Reine , & la Famille
Royale , fignerent le contrat de mariage du Marquis
de Juigné , Colonel du Régiment de Champagne
, avec Demoiſelle Thiroux de Chammeville
, fille du feur de Chammeville , l'un des
Adminiſtrateurs généraux des Poftes.
Le 2 , le Roi tint un Chapitre extraordinaire
de l'Ordre du S. Efprit , & il nomma Chevalier
de cet Ordre , le Roi des Deux - Siciles . Le 3 , Sa
Majefté tint le Sceau .
Le Roi a nommé le fieur de Sinety. , Capitaine
dans le Régiment des Gardes Françoifes , Sous-
Gouverneur de Monfeigneur le Duc de Berry ; &
il lui a accordé une penfion de retraite de fix
mille livres. Sa Majeſté a auffi nommé le Comte
de Montault & le Vicomte de Boisgelin , Gentilshommes
de la Manche du même Prince.
Le Roi a donné le commandement de la Province
de Rouergue , & de toute l'étendue des Evêchés
de Rhodes & de Vabre , au Baron de Tullier
, Meftre-de-Camp de Dragons , Inspecteur
des Milices Garde-côtes de Guyenne , & Gouverneur
de Rhodès.
Sa Majesté a accordé au Chevalier de Crancé,
Ecuyer de main de Madame la Dauphine , le
Gouvernement de Châlons en Champagne , vadepuis
la mort du Comte d'Estaing. cant
Le Roi a nommé l'Abbé Moftuejour , Grand-
Vicaire de Chartres , Sous- Précepteur de Monfeigneur
le Duc de Berry
Le 1 ,, le Roi , la Reine , & la Famille Royale ,
fignerent le contrat de mariage du Marquis de
Rougé . Colonel du Régiment de Foix , avec N..
d'Havré , fille du Duc de ce nom ; & celui du
Comte de Parabere , avec Dile de Perigni.
Le 17 , le Prince de Condé eut l'honneur de
faire les révérences au Roi , a la Reine , & a la ›
Famille Royale. Il étoit en manteau long , ainfi
206 MERCURE DE FRANCE.
que les Gentilshommes de fa fuite. Les Princes
qui l'ont accompagné à cette cérémonie , font le
Comte de Charolois & le Comte de Clermont.
Le 18 , Sa Majesté tint le Sceau .
Le Roi a donné l'Abbaye Royale & Séculière
de S. Pierre de Metz , à la Dame de Choiſeul ,
Chanoineffe de Remiremont.
Et le Prieuré des Filles- Dieu , Diocèfe & Ville
de Rouen , à la Dame Dutot de Beaunay , Religieufe
a l'Abbaye de Fontaine- Guérard .
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Résumé : DE VERSAILLES, le 28 Février, & jours suivans.
En février et avril 1760, plusieurs événements et nominations marquèrent la cour de France. Le 28 février, le sieur Bignon fut chargé de remettre le Collier et les marques des ordres du Roi au Prince des Asturies et à l'Infant Don Louis. Le 18 février, le Roi, la Reine et la Famille Royale signèrent le contrat de mariage du Marquis de Juigné avec Demoiselle Thiroux de Chammeville. Le 2 avril, le Roi organisa un Chapitre extraordinaire de l'Ordre du Saint-Esprit et nomma Chevalier le Roi des Deux-Siciles. Plusieurs nominations furent annoncées, dont celle du sieur de Sinety comme Sous-Gouverneur du Duc de Berry, du Baron de Tullier comme commandant de la Province de Rouergue, et du Chevalier de Crancé comme Gouverneur de Châlons en Champagne. L'Abbé Moftuejour fut nommé Sous-Précepteur du Duc de Berry. Le 1er avril, les contrats de mariage du Marquis de Rougé et du Comte de Parabere furent signés par le Roi, la Reine et la Famille Royale. Le 17 avril, le Prince de Condé fit les révérences au Roi, à la Reine et à la Famille Royale. Le Roi attribua l'Abbaye Royale de Saint-Pierre de Metz à la Dame de Choiseul et le Prieuré des Filles-Dieu de Rouen à la Dame Dutot de Beaunay.
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12
p. 216
MARIAGE.
Début :
Messire Vital-Auguste de Grégoire de Nozieres, Colonel du Régiment de Flandres, [...]
Mots clefs :
Messire, Colonel, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Contrat de mariage, Famille royale
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Meffire Vital-Augufte de Grégoire de Nozieres
, Colonel du Régiment de Flandres , Infanterie
, a épousé , le 17 du mois dernier , Demoifelle
Françoiſe-Marie Terray de Rozieres. La bénédiction
nuptiale leur a été donnée , dans la
Chapelle de la Bibliothèque du Roi , par l'Evêque
de Comminges. Leurs Majeftés, & la Famille
Royale, avoient figné leur Contrat de mariage le
15 du même mois.
Meffire Vital-Augufte de Grégoire de Nozieres
, Colonel du Régiment de Flandres , Infanterie
, a épousé , le 17 du mois dernier , Demoifelle
Françoiſe-Marie Terray de Rozieres. La bénédiction
nuptiale leur a été donnée , dans la
Chapelle de la Bibliothèque du Roi , par l'Evêque
de Comminges. Leurs Majeftés, & la Famille
Royale, avoient figné leur Contrat de mariage le
15 du même mois.
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13
p. 206-208
MARIAGES.
Début :
M. le Marquis de Citran, Capitaine de Cavalerie dans le Régiment d'Espinchal, [...]
Mots clefs :
Marquis, Fille, Comte, Mariage, Duc, Maréchal, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Contrat de mariage, Lieutenant général des armées du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
M. le Marquis de Citran , Capitaine de Cavaferie
dans le Régiment d'Efpinchal , a épousé , le
15 Mars , à Bordeaux , Mlle de Durfort , fille de
M. le Comte de Durfort , Ambaffadeur à Naples.
Le mariage a été célébré dans la Chapelle
de l'Archevêché , en préſence du Curé de
la Paroifle , par M. l'Evêque de Bazas , affifté
de MM. les Abbés d'Entragues & de Monville ,
MAI. 1760. 207
Chanoines & Dignitaires de l'Eglife Métropoli
taine , & Grands Vicaires ; le premier , de Bordeaux
, & l'autre de Bazas .
M. le Duc de Lorges , en qualité de parent de
la Mariée , & comme faifant les fonctions de
Commandant de la Province , pendant l'abſence
de M. le Maréchal Duc de Richelieu , a fait les
honneurs de la cérémonie , & de la Fète..
-
Guy-André- Marie-Jofeph , Comte de Laval ,
fils de Guy- André - Pierre , Duc de Laval- Montmorenci
, Lieutenant Général des Armées du Roi,
& de Dame Marie-Jacqueline - Hortence de Bulkon
, a époufé , le 14 Avril , Demoiſelle Anne-
Célefte-Françoiſe Jacquier de Vieux - Maiſons ,
fille de Melfire Philippe Guillaume Jacquier
de Vieux Maifons , Confeiller au Parlement , &
de Dame Louife- Renée- Magdeleine Hatte. La
bénédiction nuptiale leur a été donnée , par le
Curé de S. Sulpice , dans la Chapelle titulaire du
S. Efprit Leur Contrat de mariage avoit été figné
le 12 par Leurs Majeftés , & par la Famille
Royale.
>
Pierre -Emé Guiffrey de Monteynard de Marcieu,
Marquis de Bouttieres , Chevalier de l'Ordre
de S. Jean de Jérufalem , Meſtre de Camp d'un
Régiment de Cavalerie de fon nom , Brigadier
des armées du Roi , Gouverneur des Ville , Citadelle
de Grenoble & du Bailliage du Grailivodan
, fils de feu Laurent- Joſeph - Emé Guiffrey de
Monteynard de Marrieu , Marquis de Bouttières,
Seigneur du Touvet , S. Vincent de Mercuze ,
S. Michel Goncelin , Cheylas , Moreftet , S. Jean
d'Avalon , Marcieu , Savel , &c. Gouverneur pour
le Roi , des Ville , Citadelle de Grenoble , & du
Bailliage du Graifivodan ; & de Françoife Gabrielle
de Miſtral , Marquife de Montmiral ,
208 MERCURE DE FRANCE.
Baronne de Creffol , & Chandieu , Dame de la
Savalle , du Chaftellard en Trièves, de S. Egreve,
Provifien , Mont S. Martin , & c. a époulé , avec
l'agrément du Roi , le 15 Avril 1760 , à Grenoble
, Françoiſe de Prunier de Saint- André , fille
de René- Ifmidon - Nicolas de Prunier , Comte
de Saint André , Marquis de Virieu , Baron de
Beauchêne , Seigneur de la Buiffiere , Bellecombe
, & c . Lieutenant général des armées du Roi ;
& d'Alexandrine Guicharde de Chaponnay . La
bénédiction. nuptiale leur a été donnée dans la
Chapelle des Pénitens , par M. l'Abbé de Bardonnenche
, Vicaire général du Diocèle de Grenoble.
M. le Marquis de Citran , Capitaine de Cavaferie
dans le Régiment d'Efpinchal , a épousé , le
15 Mars , à Bordeaux , Mlle de Durfort , fille de
M. le Comte de Durfort , Ambaffadeur à Naples.
Le mariage a été célébré dans la Chapelle
de l'Archevêché , en préſence du Curé de
la Paroifle , par M. l'Evêque de Bazas , affifté
de MM. les Abbés d'Entragues & de Monville ,
MAI. 1760. 207
Chanoines & Dignitaires de l'Eglife Métropoli
taine , & Grands Vicaires ; le premier , de Bordeaux
, & l'autre de Bazas .
M. le Duc de Lorges , en qualité de parent de
la Mariée , & comme faifant les fonctions de
Commandant de la Province , pendant l'abſence
de M. le Maréchal Duc de Richelieu , a fait les
honneurs de la cérémonie , & de la Fète..
-
Guy-André- Marie-Jofeph , Comte de Laval ,
fils de Guy- André - Pierre , Duc de Laval- Montmorenci
, Lieutenant Général des Armées du Roi,
& de Dame Marie-Jacqueline - Hortence de Bulkon
, a époufé , le 14 Avril , Demoiſelle Anne-
Célefte-Françoiſe Jacquier de Vieux - Maiſons ,
fille de Melfire Philippe Guillaume Jacquier
de Vieux Maifons , Confeiller au Parlement , &
de Dame Louife- Renée- Magdeleine Hatte. La
bénédiction nuptiale leur a été donnée , par le
Curé de S. Sulpice , dans la Chapelle titulaire du
S. Efprit Leur Contrat de mariage avoit été figné
le 12 par Leurs Majeftés , & par la Famille
Royale.
>
Pierre -Emé Guiffrey de Monteynard de Marcieu,
Marquis de Bouttieres , Chevalier de l'Ordre
de S. Jean de Jérufalem , Meſtre de Camp d'un
Régiment de Cavalerie de fon nom , Brigadier
des armées du Roi , Gouverneur des Ville , Citadelle
de Grenoble & du Bailliage du Grailivodan
, fils de feu Laurent- Joſeph - Emé Guiffrey de
Monteynard de Marrieu , Marquis de Bouttières,
Seigneur du Touvet , S. Vincent de Mercuze ,
S. Michel Goncelin , Cheylas , Moreftet , S. Jean
d'Avalon , Marcieu , Savel , &c. Gouverneur pour
le Roi , des Ville , Citadelle de Grenoble , & du
Bailliage du Graifivodan ; & de Françoife Gabrielle
de Miſtral , Marquife de Montmiral ,
208 MERCURE DE FRANCE.
Baronne de Creffol , & Chandieu , Dame de la
Savalle , du Chaftellard en Trièves, de S. Egreve,
Provifien , Mont S. Martin , & c. a époulé , avec
l'agrément du Roi , le 15 Avril 1760 , à Grenoble
, Françoiſe de Prunier de Saint- André , fille
de René- Ifmidon - Nicolas de Prunier , Comte
de Saint André , Marquis de Virieu , Baron de
Beauchêne , Seigneur de la Buiffiere , Bellecombe
, & c . Lieutenant général des armées du Roi ;
& d'Alexandrine Guicharde de Chaponnay . La
bénédiction. nuptiale leur a été donnée dans la
Chapelle des Pénitens , par M. l'Abbé de Bardonnenche
, Vicaire général du Diocèle de Grenoble.
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Résumé : MARIAGES.
En 1760, trois mariages notables ont eu lieu. Le premier fut celui du Marquis de Citran, Capitaine de Cavaferie, et de Mlle de Durfort, fille de l'Ambassadeur à Naples, le Comte de Durfort. La cérémonie s'est déroulée le 15 mars à Bordeaux, dans la Chapelle de l'Archevêché, en présence de l'Évêque de Bazas et du Duc de Lorges. Le second mariage a uni Guy-André-Marie-Joseph, Comte de Laval, fils du Duc de Laval-Montmorenci, et Demoiselle Anne-Céleste-Françoise Jacquier de Vieux-Maisons, fille d'un Conseiller au Parlement, le 14 avril. La bénédiction nuptiale a été donnée par le Curé de Saint-Sulpice, et le contrat de mariage a été signé par la Famille Royale. Enfin, Pierre-Émé Guiffrey de Monteynard de Marcieu, Marquis de Bouttieres et Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, a épousé Françoise de Prunier de Saint-André le 15 avril à Grenoble. La bénédiction nuptiale a été donnée par l'Abbé de Bardonnenche, Vicaire général du Diocèse de Grenoble.
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14
p. 251-253
MARIAGES.
Début :
Messire François-Hypolite Sanguin, Marquis de Livry, Chef d'Escadre [...]
Mots clefs :
Messire, Marquis, Lieutenant, Bénédiction nuptiale, Demoiselle, Gentilhomme, Comte, Contrat de mariage, Comtesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Meffire François - Hypolite Sanguin , Marqu
de Livry , Chef d'Efcadre des Armées Navales ,
fils de feu Melfire Louis Sanguin , Marquis de
Livry , Lieutenant général des Armées du Rồi
Chevalier de fes Ordres , Conſeiller d'Etat & premier
Maître - d'Hôtel de Sa Majefté ; & de feu
Dame Magdelaine Robert , a épousé , le 15
Avril , Demoiſelle Thérefe - Bonne Gillain , fille
de Mellfire Antoine , Marquis de Benouville ,
L vj
252 MERCURE DE FRANCE.
Meftre de Camp de Cavalerie , ci - devant fous-
Lieutenant des Gendarmes de Bretagne , & de
Dame Bonne Charlotte Hue de Langrune . La
Bénédiction Nuptiale leur a été donnée , dans la
Chapelle de l'hôtel de Saint Aignan , par l'E-.
vêque Lombez.
Anne- Pierre , Marquis de Montefquiou , Gentil-,
hommie de la Manche de Moafeigneur le Duc de
Bourgogne , & Colonel dans les Grenadiers de
France , fils de feu Pierre , Comte de Monteſquiou
, Lieutenant -Général des Armées du Roi ,´
premier Sous- Lieutenant de la premiere Compagnie
des Moulquetaires , & Gouverneur du Fort-
Louis du Rhin ; & de Dame Gertrude - Marie -
Louife Bombarde de Beaulieu , époufa , le 16
Avril , Demoiſelle Jeanne- Marie , fille du fieur
Jean Hyacinte Hocquart , & de feue Dame Marie-
Anne Gaillard de la Bouéxiére . La Bénédiction
nuptiale leur fut donnée , dans l'Eglife Paroiliale
de S. Roch , par l'Ancien Evêque de Limoges.
Charles- Olivier de S George , Marquis de Vérac
, Lieutenant - Général de la Province de Poitou,
fils de feu François Olivier de S. George , Marquis
de Vérac; & de Catherine Adelaide de Riencourt
d'Orival , a épouſé , le 28 Avril , Marie - Charlotte-
Jofephine Sabine de Croy d'Havré , Chanoineſſe
de Maubeuge , fille de Louis -Ferdinand - Jofeph
de Croy , Duc d'Havré & de Croy , Lieutenant
Général des Armées du Roi ; & de Marie- Louife-
Cunegonde de Montmorency - Luxembourg . La
Bénédiction nuptiale leur a été donnée par le
Curé de S. Sulpice , dans la Chapelle particuliére
de l'Hôtel d'Havré leur contrat de mariage
avoit été figné , le 24 , par leurs Majeftés & par
la Famille Royale.
"
Mellire Sebaltien- François Ange Lenormant de
JUIN. 1760. 253.
Mery , Confeiller d'Etat , Intendant général de
la Marine & des Colonies , Veaf de Dame Elizabeth
le Coffier , a époufé , les Mai , Marie-
Louife Auguftine , fille de feu Gabriel - Jacques
de Salignac de la Motte Fénelon , Chevalier des
Ordres du Roi , Lieutenant - Général de fes Ar - `
mées , Confeiller d'Etat d'épée , Gouverneur du
Quefnoi , Ambaffadeur de Sa Majesté auprès des
Etats-Généraux des Provinces- Unies ; & de Dame'
Louife - Françoife le Peletier. La Béné liction nuptialé
leur a été donnée par l'Abbé de Fénelon ,
dans la Chapelle particuliere de l'Hôtel le Pe- .
letier.
Le Marquis de Liré , Guidon de Gendarmerie ,
à épousé , le 12 , la Comteffe Defalleurs , née
Princeffe Lubomirska , Grand-Croix de l'Ordre
de Malthe , veuve du Comte Defalieurs , Ambaffadeur
de France à la Portè Ottomane . La bénédiction
nuptiale leur a été donnée , dans l'Eglife
de S. Sulpice , par l'Evêque du Puy. Leur contrat
de mariage avoit été figné , le 10 , par leurs Majeftés
, & par la Famille Royale.
Meffire François - Hypolite Sanguin , Marqu
de Livry , Chef d'Efcadre des Armées Navales ,
fils de feu Melfire Louis Sanguin , Marquis de
Livry , Lieutenant général des Armées du Rồi
Chevalier de fes Ordres , Conſeiller d'Etat & premier
Maître - d'Hôtel de Sa Majefté ; & de feu
Dame Magdelaine Robert , a épousé , le 15
Avril , Demoiſelle Thérefe - Bonne Gillain , fille
de Mellfire Antoine , Marquis de Benouville ,
L vj
252 MERCURE DE FRANCE.
Meftre de Camp de Cavalerie , ci - devant fous-
Lieutenant des Gendarmes de Bretagne , & de
Dame Bonne Charlotte Hue de Langrune . La
Bénédiction Nuptiale leur a été donnée , dans la
Chapelle de l'hôtel de Saint Aignan , par l'E-.
vêque Lombez.
Anne- Pierre , Marquis de Montefquiou , Gentil-,
hommie de la Manche de Moafeigneur le Duc de
Bourgogne , & Colonel dans les Grenadiers de
France , fils de feu Pierre , Comte de Monteſquiou
, Lieutenant -Général des Armées du Roi ,´
premier Sous- Lieutenant de la premiere Compagnie
des Moulquetaires , & Gouverneur du Fort-
Louis du Rhin ; & de Dame Gertrude - Marie -
Louife Bombarde de Beaulieu , époufa , le 16
Avril , Demoiſelle Jeanne- Marie , fille du fieur
Jean Hyacinte Hocquart , & de feue Dame Marie-
Anne Gaillard de la Bouéxiére . La Bénédiction
nuptiale leur fut donnée , dans l'Eglife Paroiliale
de S. Roch , par l'Ancien Evêque de Limoges.
Charles- Olivier de S George , Marquis de Vérac
, Lieutenant - Général de la Province de Poitou,
fils de feu François Olivier de S. George , Marquis
de Vérac; & de Catherine Adelaide de Riencourt
d'Orival , a épouſé , le 28 Avril , Marie - Charlotte-
Jofephine Sabine de Croy d'Havré , Chanoineſſe
de Maubeuge , fille de Louis -Ferdinand - Jofeph
de Croy , Duc d'Havré & de Croy , Lieutenant
Général des Armées du Roi ; & de Marie- Louife-
Cunegonde de Montmorency - Luxembourg . La
Bénédiction nuptiale leur a été donnée par le
Curé de S. Sulpice , dans la Chapelle particuliére
de l'Hôtel d'Havré leur contrat de mariage
avoit été figné , le 24 , par leurs Majeftés & par
la Famille Royale.
"
Mellire Sebaltien- François Ange Lenormant de
JUIN. 1760. 253.
Mery , Confeiller d'Etat , Intendant général de
la Marine & des Colonies , Veaf de Dame Elizabeth
le Coffier , a époufé , les Mai , Marie-
Louife Auguftine , fille de feu Gabriel - Jacques
de Salignac de la Motte Fénelon , Chevalier des
Ordres du Roi , Lieutenant - Général de fes Ar - `
mées , Confeiller d'Etat d'épée , Gouverneur du
Quefnoi , Ambaffadeur de Sa Majesté auprès des
Etats-Généraux des Provinces- Unies ; & de Dame'
Louife - Françoife le Peletier. La Béné liction nuptialé
leur a été donnée par l'Abbé de Fénelon ,
dans la Chapelle particuliere de l'Hôtel le Pe- .
letier.
Le Marquis de Liré , Guidon de Gendarmerie ,
à épousé , le 12 , la Comteffe Defalleurs , née
Princeffe Lubomirska , Grand-Croix de l'Ordre
de Malthe , veuve du Comte Defalieurs , Ambaffadeur
de France à la Portè Ottomane . La bénédiction
nuptiale leur a été donnée , dans l'Eglife
de S. Sulpice , par l'Evêque du Puy. Leur contrat
de mariage avoit été figné , le 10 , par leurs Majeftés
, & par la Famille Royale.
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Résumé : MARIAGES.
En 1760, plusieurs mariages de personnalités nobles et militaires ont eu lieu. Le 15 avril, François Sanguin, Marquis de Livry, a épousé Demoiselle Thérèse-Bonne Gillain, fille du Marquis de Benouville, avec la bénédiction de l'évêque de Lombez dans la chapelle de l'hôtel de Saint Aignan. Le 16 avril, Anne-Pierre, Marquis de Montesquiou, a épousé Demoiselle Jeanne-Marie Hocquart, bénis par l'ancien évêque de Limoges dans l'église paroissiale de Saint-Roch. Le 28 avril, Charles-Olivier de Saint George, Marquis de Vérac, a épousé Marie-Charlotte-Joséphine Sabine de Croy d'Havré, avec la bénédiction du curé de Saint-Sulpice dans la chapelle particulière de l'hôtel d'Havré. Le 1er mai, Sébastien-François Ange Lenormant de Méry, Conseiller d'État et Intendant général de la Marine, a épousé Marie-Louise Augustine de Salignac de la Motte Fénelon, bénis par l'abbé de Fénelon dans la chapelle particulière de l'hôtel Le Peletier. Enfin, le Marquis de Liré a épousé la Comtesse Desfleurs, née Princesse Lubomirska, le 12 mai, avec la bénédiction de l'évêque du Puy dans l'église de Saint-Sulpice. Certains contrats de mariage ont été signés par leurs Majestés et la famille royale.
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15
p. 206-208
MARIAGES.
Début :
Messire René-Antoine de Raity de Villeneuve, Marquis de Vitré, Capitaine de Cavalerie au Régiment [...]
Mots clefs :
Marquis, Capitaine, Ordre, Demoiselle, Comte, Chevalier, Comtesse, Marquise , Maison de Melun
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Methre René - Antoine de Raity de Villeneuve,
Marquis de Vitré , Capitaine de Cavaletie au Ré
gment de Fumel , Chevalier de l'Ordre Militaire
de Saint Louis fils de fea Mellite Antoine'
de Raity de Villeneuve, Marquis de Trans , &
de Marie-Anne-Therefe de Caftellane ; a épouJUILLET.
1760. 207
fé le quatre de Mai , a Angoulême , Demoiſelle
Renée - Marguerite d'Allogny , fille de Meffire
Thomas d'Allogny , Marquis d'Allogny , & de
feue Marguerite le Berthon.
-L'on ne donne pomt de généalogie de ces deux
grandes & anciennes Mailons. On les trouvera
dans l'Ordre de Malthe, & les grands Officiers
de la Couronne.
> Louis , Marquis de Melun Comte de Nogent
, fils de feu Armand , Comte de Melun ,'
Gouverneur du Fort de Sainte Croix de Bordeaux
, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , & de Marie - Françoiſe de Saint Si
mon Rouvroy , veuf d'Henriette- Emilie de Bautru
, Comteffe de Nogent le Roi ; a été marié
lę 28 Avril dernier , dans l'Eglife de Saint Sulpice
de Paris , avec Angelique - Geneviève de
Guiry - Chaumont , fille de Jean - Baptifte René ,
Comte de Guiry , Maréchal des Camps & Ar
mées du Roi , & d'Angelique - Marguerite de Pitard
d'Ivry.
Voyez le deuxième volume du Mercure dé
Juin 1743. où eft rapporté l'article du mariage .
du Marquis de Melun , avec la Comtelle de
Nogent ; & celui de Janvier 1798 , où eft l'article
de fa mort .
La nouvelle Marquife de Melun eft d'une des
plus anciennes & illuftres maifons du Vexin François.
L'aîné de fa maifon , eft Maréchal héréditane
du Vexin. Il eft en poffeffion de ce titre ,
dès l'an 1475 , fuivant les actes de ce temps ;
& autres jufques à nos jours.
Cette Mailon avoit fait don , précédemment , de
la cinquième partie de fa terre de Guiry , à l'Ab- 7
baye de Notre Dame du Tréfor, Ordre de Citeaux™
dans le Vexin Normand , en 1243. Ce don fut
208 MERCURE DE FRANCE
1
confirmé par la Reine Blanche & par le Rof
Saint Louis , par Lettres données à Vincennes erc
Juillet 1245. Les Religieufes s'engagerent , pir
Use tranfaction , de recevoir en reconnoiffance
de cette donation , dans leur Abbaye , fans
dot & à perpétuité une Demoiſelle de la maifon
de Guiry , defcendante en ligne directe der
mâle en mále. Elle jouit toujours de ce privi
lége.
Cette Maiſon a donné à l'Etat , deux grands
Veneurs de France en 700 , & 820 , un grand
Chambellan en 883 , un Evêque de Lifieux en
900 , un chef de la Légion de Normandie , en
912 , puis Lieutenant Général de Richard- fanspeur
, Duc de Normandie en 954 , un Seigneur
de Guiry , ancêtre de la Marquise de Melun
qui fue choifi & donné en ôtage pour la Per
fonne du Roi Jean , après la bataille de Poitiers
deux Lieutenants Généraux du pays d'Aunis
Ville & Gouvernement de la Rochelle , Meftress
de Camp de Cavalerie pere & fils.
Cette maifon de Guiry , deſcend de Philippes
de Guiry , qui époufa en 1755 , Marguerite de
Dreux , fille de François de Dreux , Seigneur de
Morainville , lequel avoit pour dixiéme ayeul le
Roi Louis-le-Gros.
-Les deux freres de la Marquife de Melun ,
Capitaines de Carabiniers , Chevaliers de Saint
Louis , ont été tués , l'aîné à la bataille de Fontenoi
, & l'autre à celle de Laufeld .
Methre René - Antoine de Raity de Villeneuve,
Marquis de Vitré , Capitaine de Cavaletie au Ré
gment de Fumel , Chevalier de l'Ordre Militaire
de Saint Louis fils de fea Mellite Antoine'
de Raity de Villeneuve, Marquis de Trans , &
de Marie-Anne-Therefe de Caftellane ; a épouJUILLET.
1760. 207
fé le quatre de Mai , a Angoulême , Demoiſelle
Renée - Marguerite d'Allogny , fille de Meffire
Thomas d'Allogny , Marquis d'Allogny , & de
feue Marguerite le Berthon.
-L'on ne donne pomt de généalogie de ces deux
grandes & anciennes Mailons. On les trouvera
dans l'Ordre de Malthe, & les grands Officiers
de la Couronne.
> Louis , Marquis de Melun Comte de Nogent
, fils de feu Armand , Comte de Melun ,'
Gouverneur du Fort de Sainte Croix de Bordeaux
, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , & de Marie - Françoiſe de Saint Si
mon Rouvroy , veuf d'Henriette- Emilie de Bautru
, Comteffe de Nogent le Roi ; a été marié
lę 28 Avril dernier , dans l'Eglife de Saint Sulpice
de Paris , avec Angelique - Geneviève de
Guiry - Chaumont , fille de Jean - Baptifte René ,
Comte de Guiry , Maréchal des Camps & Ar
mées du Roi , & d'Angelique - Marguerite de Pitard
d'Ivry.
Voyez le deuxième volume du Mercure dé
Juin 1743. où eft rapporté l'article du mariage .
du Marquis de Melun , avec la Comtelle de
Nogent ; & celui de Janvier 1798 , où eft l'article
de fa mort .
La nouvelle Marquife de Melun eft d'une des
plus anciennes & illuftres maifons du Vexin François.
L'aîné de fa maifon , eft Maréchal héréditane
du Vexin. Il eft en poffeffion de ce titre ,
dès l'an 1475 , fuivant les actes de ce temps ;
& autres jufques à nos jours.
Cette Mailon avoit fait don , précédemment , de
la cinquième partie de fa terre de Guiry , à l'Ab- 7
baye de Notre Dame du Tréfor, Ordre de Citeaux™
dans le Vexin Normand , en 1243. Ce don fut
208 MERCURE DE FRANCE
1
confirmé par la Reine Blanche & par le Rof
Saint Louis , par Lettres données à Vincennes erc
Juillet 1245. Les Religieufes s'engagerent , pir
Use tranfaction , de recevoir en reconnoiffance
de cette donation , dans leur Abbaye , fans
dot & à perpétuité une Demoiſelle de la maifon
de Guiry , defcendante en ligne directe der
mâle en mále. Elle jouit toujours de ce privi
lége.
Cette Maiſon a donné à l'Etat , deux grands
Veneurs de France en 700 , & 820 , un grand
Chambellan en 883 , un Evêque de Lifieux en
900 , un chef de la Légion de Normandie , en
912 , puis Lieutenant Général de Richard- fanspeur
, Duc de Normandie en 954 , un Seigneur
de Guiry , ancêtre de la Marquise de Melun
qui fue choifi & donné en ôtage pour la Per
fonne du Roi Jean , après la bataille de Poitiers
deux Lieutenants Généraux du pays d'Aunis
Ville & Gouvernement de la Rochelle , Meftress
de Camp de Cavalerie pere & fils.
Cette maifon de Guiry , deſcend de Philippes
de Guiry , qui époufa en 1755 , Marguerite de
Dreux , fille de François de Dreux , Seigneur de
Morainville , lequel avoit pour dixiéme ayeul le
Roi Louis-le-Gros.
-Les deux freres de la Marquife de Melun ,
Capitaines de Carabiniers , Chevaliers de Saint
Louis , ont été tués , l'aîné à la bataille de Fontenoi
, & l'autre à celle de Laufeld .
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Résumé : MARIAGES.
En 1760, deux mariages aristocratiques français notables ont eu lieu. Le premier fut celui de René-Antoine de Raity de Villeneuve, Marquis de Vitré, avec Renée-Marguerite d'Allogny, fille de Thomas d'Allogny, Marquis d'Allogny. Les généalogies de ces familles peuvent être consultées dans l'Ordre de Malthe et les grands Officiers de la Couronne. Le second mariage concerna Louis, Marquis de Melun et Comte de Nogent, fils d'Armand, Comte de Melun, et de Marie-Françoise de Saint Simon Rouvroy. Louis était veuf d'Henriette-Émilie de Bautru, Comtesse de Nogent le Roi. La cérémonie eut lieu le 28 avril à l'église Saint-Sulpice de Paris. La nouvelle Marquise de Melun, Angélique-Geneviève de Guiry-Chaumont, appartient à une des plus anciennes et illustres maisons du Vexin Français, détentrice du titre héréditaire de Maréchal du Vexin depuis 1475. La maison de Guiry a fait don d'une partie de sa terre de Guiry à l'abbaye de Notre Dame du Tréport en 1243, don confirmé par la Reine Blanche et Saint Louis en 1245. La famille a fourni à l'État plusieurs personnalités notables, dont des Veneurs de France, un Chambellan, un Évêque de Lisieux, et des Lieutenants Généraux. La Marquise descend de Philippe de Guiry, qui épousa Marguerite de Dreux en 1755. Ses deux frères, Capitaines de Carabiniers et Chevaliers de Saint Louis, furent tués respectivement aux batailles de Fontenoy et de Laufeld.
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16
p. 212
« La Demoiselle Henriet, qui demeuroit ci-devant à l'Arcenal, tient présentement sa fabrique [...] »
Début :
La Demoiselle Henriet, qui demeuroit ci-devant à l'Arcenal, tient présentement sa fabrique [...]
Mots clefs :
Demoiselle, Chocolat, Fabrique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Demoiselle Henriet, qui demeuroit ci-devant à l'Arcenal, tient présentement sa fabrique [...] »
LAD MOISELLE HENRIET , qui demeuroit cidevant
à l'Arcenal , tient préfentement fa fabrique
de Chocolat chez le fieur Bertaut , rue S Antoine ,
au coin de la rue fercée , au Magazin général
des Eaux Dardel ; & c'eft maintenant le feul eng
droit où le débite ce Chocolat.
à l'Arcenal , tient préfentement fa fabrique
de Chocolat chez le fieur Bertaut , rue S Antoine ,
au coin de la rue fercée , au Magazin général
des Eaux Dardel ; & c'eft maintenant le feul eng
droit où le débite ce Chocolat.
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17
p. 217-219
MORTS.
Début :
Dame Marguerite Bosc, Dame du Palais de la feue Reine d'Espagne, Louise [...]
Mots clefs :
Dame, Veuve, Comte, Gentilhomme, Messire, Ministre plénipotentiaire, Demoiselle, Duchesse, Chevalier, Commandeur, Décès
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MORT S.
Dame Marguerite Bofc , Dame du Palais de la
K
218 MER CURE DE FRANCE
fene Reine d'Eſpagne, Louife- Elifabeth d'Orléans,
veuve de Bertrand- Céfar du Guefclin , Meftre de
Camp de Cavalerie , & premier Gentilhomme
de la Chambre du Duc d'Orléans , mourut ici le
15 du mois dernier.
Charles Martel , Comte de Fontaine- Balbec ,
Maréchal de Camp & Armées du Roi , eft mort ,
en fon Château de Montréal , le 17 de ce mois ,
âgé de foixante & dix -fept ans.
Meffire Louis Duffon , Comte d'Alion , ci- devant
Miniftre Plénipotentiaire du Roi , auprès de
l'Impératrice de Ruffie , eft mort en cette Ville ,
le 31 Juillet dernier . Il avoit épousé haute &
puiffante Demoiſelle Louiſe Choart de Bufenval,
fille de haut & puiffant Seigneur Meire Guillaume
Choart de Bufenval , Seigneur de Bufenval
& autres lieux , Capitaine- Lieutenant des Chevaux-
Légers de la Reine , & de hautę & puiſſante
Dame de Thuilier.
Très-haute & très-illuftre Madame Anne-Ma
rie-Marguerite de Bullion , Ducheffe Douairiere
d'Uzèz , veuve de très - haut , très- illuftre Monfeigneur
Jean - Charles de Cruffol , Duc d'Uzèz ,
premier Pair de France, Prince de Soyons , Gouferneur
& Lieutenant- Général , pour le Roi , des
Provinces de Saintonges & Angoumois . Chevalier
des Ordres de Sa Majefté , eſt décédée au
Couvent de la Vifitation de Sainte Marie , à Chaillot
, où elle s'étoit retirée ; elle étoit âgée de foixante-
feize ans , fix mois & trois jours , étant née
le 30 janvier 1684 .
Le fieur de Bombelles , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Commandant fur
la frontiere de la Lorraine Allemande , & ci -devant
Gouverneur du Duc d'Orléans , premier
Prince du Sang , mourut à Bitche , le 29 du
SEPTEMBRE. 1766. 219
mois dernier, dans la quatre-vingtiéme année de
fon âge.
Melfire Louis le Peletier de Rozambo , Préfi
dent du Parlement , eft mort le neuf du mois
d'Août , âgé de quarante- cinq ans.
Dame Marguerite Bofc , Dame du Palais de la
K
218 MER CURE DE FRANCE
fene Reine d'Eſpagne, Louife- Elifabeth d'Orléans,
veuve de Bertrand- Céfar du Guefclin , Meftre de
Camp de Cavalerie , & premier Gentilhomme
de la Chambre du Duc d'Orléans , mourut ici le
15 du mois dernier.
Charles Martel , Comte de Fontaine- Balbec ,
Maréchal de Camp & Armées du Roi , eft mort ,
en fon Château de Montréal , le 17 de ce mois ,
âgé de foixante & dix -fept ans.
Meffire Louis Duffon , Comte d'Alion , ci- devant
Miniftre Plénipotentiaire du Roi , auprès de
l'Impératrice de Ruffie , eft mort en cette Ville ,
le 31 Juillet dernier . Il avoit épousé haute &
puiffante Demoiſelle Louiſe Choart de Bufenval,
fille de haut & puiffant Seigneur Meire Guillaume
Choart de Bufenval , Seigneur de Bufenval
& autres lieux , Capitaine- Lieutenant des Chevaux-
Légers de la Reine , & de hautę & puiſſante
Dame de Thuilier.
Très-haute & très-illuftre Madame Anne-Ma
rie-Marguerite de Bullion , Ducheffe Douairiere
d'Uzèz , veuve de très - haut , très- illuftre Monfeigneur
Jean - Charles de Cruffol , Duc d'Uzèz ,
premier Pair de France, Prince de Soyons , Gouferneur
& Lieutenant- Général , pour le Roi , des
Provinces de Saintonges & Angoumois . Chevalier
des Ordres de Sa Majefté , eſt décédée au
Couvent de la Vifitation de Sainte Marie , à Chaillot
, où elle s'étoit retirée ; elle étoit âgée de foixante-
feize ans , fix mois & trois jours , étant née
le 30 janvier 1684 .
Le fieur de Bombelles , Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de Saint Louis , Lieutenant
Général des Armées du Roi , Commandant fur
la frontiere de la Lorraine Allemande , & ci -devant
Gouverneur du Duc d'Orléans , premier
Prince du Sang , mourut à Bitche , le 29 du
SEPTEMBRE. 1766. 219
mois dernier, dans la quatre-vingtiéme année de
fon âge.
Melfire Louis le Peletier de Rozambo , Préfi
dent du Parlement , eft mort le neuf du mois
d'Août , âgé de quarante- cinq ans.
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Résumé : MORTS.
Le texte relate plusieurs décès notables. Dame Marguerite Bofc, Dame du Palais de la Reine d'Espagne, est décédée le 15 du mois précédent. Charles Martel, Comte de Fontaine-Balbec et Maréchal de Camp, est mort à son château de Montréal le 17 du mois en cours, à l'âge de soixante-dix-sept ans. Monsieur Louis Duffon, Comte d'Alion et ancien Ministre Plénipotentiaire du Roi auprès de l'Impératrice de Russie, est décédé à Paris le 31 juillet dernier. Il était marié à Demoiselle Louise Choart de Bussenval. Madame Anne-Marie-Marguerite de Bullion, Duchesse Douairière d'Uzès, veuve du Duc d'Uzès et premier Pair de France, est décédée au Couvent de la Visitation de Sainte Marie à Chaillot, à l'âge de soixante-treize ans, six mois et trois jours. Le sieur de Bombelles, Commandeur de l'Ordre de Saint Louis et Lieutenant Général des Armées du Roi, est mort à Bitche le 29 septembre dernier, à l'âge de quatre-vingts ans. Monsieur Louis Le Peletier de Rozambo, Président du Parlement, est décédé le 9 août, à l'âge de quarante-cinq ans.
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18
p. 201
MARIAGE.
Début :
Le 22 Septembre 1760, Très Haut & Très-Puissant Seigneur Timoleon [...]
Mots clefs :
Seigneur, Comte, Marquis, Dame, Demoiselle, Fille, Fils, Contrat de mariage, Bénédiction nuptiale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
}
Le 22 Septembre 1760 , Très Haut & Trèse'
Puillant Seigneur Timoleon - Antoine - Jofeph-
François-Louis- Alexandre Comte d'Elpinay , de
Saint Luc , Marquis de Lignery , fils de défunt
Très Haut & Très - Puiffant Seigneur François
d'Efpinay de Saint- Luc , Marquis de Lignery ,
Meftre de Camp de Cavalerie , & de Très- Haute
& Très- Puillante Dame Marie Madeleine- Louife-
Catherine de Samfon , Dame de Lorcheres , fut
marié dans la Chapelle de l'Archevêché à Rouen
avec Très - Haute & Très Puillante Demoiſelle
Marie - Bernardine Cadot de Sebeville , fille du
défunt Très- Haut & Très- Puillant Seigneur Bernardin
- François Calot , Marquis de Sebeville ,
Colonel du Régiment du Vieux - Languedoc Dragons
, & de Très - Haute & Très Puiflante Dame
Barbe Anzeray de Courvaudon.
La Bénédiction Nuptiale leur fut donnée par
M. l'Archevêque de Rouen .
Leur Contrat de Mariage avoir été figné par le
Roi , la Reine & la Famille Royale , le 14 Sep
tembre.
}
Le 22 Septembre 1760 , Très Haut & Trèse'
Puillant Seigneur Timoleon - Antoine - Jofeph-
François-Louis- Alexandre Comte d'Elpinay , de
Saint Luc , Marquis de Lignery , fils de défunt
Très Haut & Très - Puiffant Seigneur François
d'Efpinay de Saint- Luc , Marquis de Lignery ,
Meftre de Camp de Cavalerie , & de Très- Haute
& Très- Puillante Dame Marie Madeleine- Louife-
Catherine de Samfon , Dame de Lorcheres , fut
marié dans la Chapelle de l'Archevêché à Rouen
avec Très - Haute & Très Puillante Demoiſelle
Marie - Bernardine Cadot de Sebeville , fille du
défunt Très- Haut & Très- Puillant Seigneur Bernardin
- François Calot , Marquis de Sebeville ,
Colonel du Régiment du Vieux - Languedoc Dragons
, & de Très - Haute & Très Puiflante Dame
Barbe Anzeray de Courvaudon.
La Bénédiction Nuptiale leur fut donnée par
M. l'Archevêque de Rouen .
Leur Contrat de Mariage avoir été figné par le
Roi , la Reine & la Famille Royale , le 14 Sep
tembre.
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Résumé : MARIAGE.
Le 22 septembre 1760, Timoléon-Antoine-Joseph-François-Louis-Alexandre Comte d'Elpinay, Marquis de Lignery, a épousé Marie Bernardine Cadot de Sebeville. La cérémonie s'est déroulée dans la Chapelle de l'Archevêché à Rouen. Le contrat de mariage avait été signé par le Roi, la Reine et la Famille Royale le 14 septembre.
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19
p. 181-184
De VERSAILLES, le 11 Mai 1763.
Début :
Le Duc de Nivernois ayant rempli l'objet de sa mission à Londres, [...]
Mots clefs :
Duc, Comte, Lieutenant général des armées, Ministres, Frontières, Famille royale, Contrat de mariage, Nominations, Demoiselle, Marquise , Capitaine, Charge, Roi, Officiers, Honneur, Académie royale des sciences, Machine, Récompense
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VERSAILLES, le 11 Mai 1763.
De VERSAILLES , le 11 Mai 1763.
Le Duc de Nivernois ayant rempli l'objet de
E
fa miffion à Londres , & fa fanté fe trouvant fort
dérangée , le Roi a bien voulu lui acc order fon
182 MERCURE DE FRANCE.
rappel . Sa Majesté a nommé pour le remplacer
le Comte de Guerchy , Lieutenant - Général de fes
Armées , Colonel de fon Régiment , Chevalier de
fes Ordres & Gouverneur d'Huningue. Le 17 du
mois dernier , ce nouvel Ambaſſadeur a remercié
le Roi dans fon Cabinet. Il a été préſenté par le
Duc de Praflin , Miniftre & Secrétaire d'Etat au
Département des Affaires Etrangeres.
Le Duc de Choiſeul a préſenté au Roi deux
Cartes qui comprennent la frontière du Dauphiné
& le Comté de Nice. Le Duc de Praflin a préſenté
à Sa Majesté les Cartes de nouvelle limitation
réglée entre Sa Majefté & le Roi de Sardaigne ,
par le Traité du 24 Mars 1760 , par rapport aux
frontieres refpectives des deux Etats. Ces Cartes ont
été levées géométriquement fous la direction du
fieur de Bourcet , Lieutenant- Général des Armées
du Roi , & dreffées par le fieur Villaret , Capitaine-
Ingénieur , Géographe de Sa Majefté .
Le 17 du mois dernier , leurs Majeſtés & la Famille
Royale ont figné le contrat de mariage du
Duc de Beauvilliers avec Demoiſelle de Fleury.
Le même jour , la Comteffe de Montboiffier a été
préſentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par la Vicomteffe de Montboiffier.
Dame d'Elparbés de Luffan , Religieufe du Monaftère
de Paradis dans le Diocète de Condom •
a été nommée par le Roi au Prieuré de Prouillan ,
Ordre de Saint Dominique , dans le même Diocèſe
, vacant par la mort de la Dame du Bouzer
de Poudenas.
Sa Majefté ayant jugé à propos de rappeller le
* fieur Durand , fon Miniftre près le Roi & la Ré---
publique de Pologne , pour lui confier le Dépôt
des Affaires Etrangères , a nommé pour le remplacer
, en qualité de Réfident , le fieur Henin ,
t
JUILLET. 1763 . 183
Secrétaire d'Ambaffade du Marquis de Paulmy.
Le ro du mois dernier, Leurs Majeftés & la Famille
Royale ont figné le contrat de mariage de
Paul- Charles Marie, Marquis de Lomenie , ci-devant
Capitaine au Régiment de la Reine , Dragons
, avec Marie Therefe Poupardin- d'Amanly.
Le 23 , celui du Marquis de la Rochefoucault-
Maumont de Magnat avec Demoiselle de Fougeu
; le 24 , celui du Marquis de Sablé , fils dur
Marquis de Croify , avec Demoiſelle de la Roche
-de- Rambure ; celui du Comte de Luppé avec
Denroifelle de Butler ; & celui du Comte de
Mellet avec Demoiſelle le Daulfeur. Le premier
de ce mois , celui du Comte de Vogué avec Demoiſelle
Jeanne- Magdeleine- Thereſe de Sourches
; & celui du Marquis de Sade avec Demoifelle
Cordier de Montreuil.
Le Marquis de Sablé a obtenu la furvivance de
la Charge de Capitaine des Gardes de la Porte ,
dont le Marquis de Croiffy fon père eft pourvu.
Le 25 du mois dernier , la Comteffe de Gramont
fut préfentée à Leurs Majeftés , ainſi qu'à la
Famille Royale , par la Ducheffe de Gramont.
Le 30 la Marquise de Sablé fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,par la Marquife
de Croiffy , fa belle-mère.
Le 4 de ce mois , la Comteffe de Luppé fut
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par la Marquife de Melmes .
Le Roi a érigé , en faveur du fieur de Villette
la Terre du Pleffis- Longeau , &c . , en Marquifat'
avec le nom de Villette .
Le Roi a nominé fon Miniftre Plénipotentiaire
auprès du Roi de Portugal le Chevalier de Saint-
Prieft , Exempt d'une Compagnie des Gardes - du-
Corps de Sa Majeſté.
184 MERCURE DE FRANCE .
Le 8 , les Officiers de la Compagnie des Secré
taires du Roi , eurent l'honneur de préſenter une
bourſe au Roi dans le Cabinet de Sa Majeſté le
fieur Lévêque , Syndic de la Compagnie , porta
la parole.
Le fieur Camus , de l'Académie Royale des
Sciences , ayant été nommé conjointement avec
le fieur Bertoud , habile Horloger de Paris ,
pour afſiſter au rapport que la Société Royale de
Londres doit faire de la Machine d'Horlogerie da
fieur Harriſon , cet Académicien a eu l'honneur ,
en cette qualité , de prendre congé de Sa Majesté
le 24 du mois dernier. La Machine du fieur Harrifon
a pour objet de faciliter la détermination des
longitudes en mer: les épreuves qui en ont été
faites ont eu beaucoup de fuccès , & ont engagé le
Parlement d'Angleterre à accorder une récompenfe
confidérable à l'Inventeur.
Le Duc de Nivernois ayant rempli l'objet de
E
fa miffion à Londres , & fa fanté fe trouvant fort
dérangée , le Roi a bien voulu lui acc order fon
182 MERCURE DE FRANCE.
rappel . Sa Majesté a nommé pour le remplacer
le Comte de Guerchy , Lieutenant - Général de fes
Armées , Colonel de fon Régiment , Chevalier de
fes Ordres & Gouverneur d'Huningue. Le 17 du
mois dernier , ce nouvel Ambaſſadeur a remercié
le Roi dans fon Cabinet. Il a été préſenté par le
Duc de Praflin , Miniftre & Secrétaire d'Etat au
Département des Affaires Etrangeres.
Le Duc de Choiſeul a préſenté au Roi deux
Cartes qui comprennent la frontière du Dauphiné
& le Comté de Nice. Le Duc de Praflin a préſenté
à Sa Majesté les Cartes de nouvelle limitation
réglée entre Sa Majefté & le Roi de Sardaigne ,
par le Traité du 24 Mars 1760 , par rapport aux
frontieres refpectives des deux Etats. Ces Cartes ont
été levées géométriquement fous la direction du
fieur de Bourcet , Lieutenant- Général des Armées
du Roi , & dreffées par le fieur Villaret , Capitaine-
Ingénieur , Géographe de Sa Majefté .
Le 17 du mois dernier , leurs Majeſtés & la Famille
Royale ont figné le contrat de mariage du
Duc de Beauvilliers avec Demoiſelle de Fleury.
Le même jour , la Comteffe de Montboiffier a été
préſentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par la Vicomteffe de Montboiffier.
Dame d'Elparbés de Luffan , Religieufe du Monaftère
de Paradis dans le Diocète de Condom •
a été nommée par le Roi au Prieuré de Prouillan ,
Ordre de Saint Dominique , dans le même Diocèſe
, vacant par la mort de la Dame du Bouzer
de Poudenas.
Sa Majefté ayant jugé à propos de rappeller le
* fieur Durand , fon Miniftre près le Roi & la Ré---
publique de Pologne , pour lui confier le Dépôt
des Affaires Etrangères , a nommé pour le remplacer
, en qualité de Réfident , le fieur Henin ,
t
JUILLET. 1763 . 183
Secrétaire d'Ambaffade du Marquis de Paulmy.
Le ro du mois dernier, Leurs Majeftés & la Famille
Royale ont figné le contrat de mariage de
Paul- Charles Marie, Marquis de Lomenie , ci-devant
Capitaine au Régiment de la Reine , Dragons
, avec Marie Therefe Poupardin- d'Amanly.
Le 23 , celui du Marquis de la Rochefoucault-
Maumont de Magnat avec Demoiselle de Fougeu
; le 24 , celui du Marquis de Sablé , fils dur
Marquis de Croify , avec Demoiſelle de la Roche
-de- Rambure ; celui du Comte de Luppé avec
Denroifelle de Butler ; & celui du Comte de
Mellet avec Demoiſelle le Daulfeur. Le premier
de ce mois , celui du Comte de Vogué avec Demoiſelle
Jeanne- Magdeleine- Thereſe de Sourches
; & celui du Marquis de Sade avec Demoifelle
Cordier de Montreuil.
Le Marquis de Sablé a obtenu la furvivance de
la Charge de Capitaine des Gardes de la Porte ,
dont le Marquis de Croiffy fon père eft pourvu.
Le 25 du mois dernier , la Comteffe de Gramont
fut préfentée à Leurs Majeftés , ainſi qu'à la
Famille Royale , par la Ducheffe de Gramont.
Le 30 la Marquise de Sablé fut préſentée à
Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,par la Marquife
de Croiffy , fa belle-mère.
Le 4 de ce mois , la Comteffe de Luppé fut
préfentée à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par la Marquife de Melmes .
Le Roi a érigé , en faveur du fieur de Villette
la Terre du Pleffis- Longeau , &c . , en Marquifat'
avec le nom de Villette .
Le Roi a nominé fon Miniftre Plénipotentiaire
auprès du Roi de Portugal le Chevalier de Saint-
Prieft , Exempt d'une Compagnie des Gardes - du-
Corps de Sa Majeſté.
184 MERCURE DE FRANCE .
Le 8 , les Officiers de la Compagnie des Secré
taires du Roi , eurent l'honneur de préſenter une
bourſe au Roi dans le Cabinet de Sa Majeſté le
fieur Lévêque , Syndic de la Compagnie , porta
la parole.
Le fieur Camus , de l'Académie Royale des
Sciences , ayant été nommé conjointement avec
le fieur Bertoud , habile Horloger de Paris ,
pour afſiſter au rapport que la Société Royale de
Londres doit faire de la Machine d'Horlogerie da
fieur Harriſon , cet Académicien a eu l'honneur ,
en cette qualité , de prendre congé de Sa Majesté
le 24 du mois dernier. La Machine du fieur Harrifon
a pour objet de faciliter la détermination des
longitudes en mer: les épreuves qui en ont été
faites ont eu beaucoup de fuccès , & ont engagé le
Parlement d'Angleterre à accorder une récompenfe
confidérable à l'Inventeur.
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Résumé : De VERSAILLES, le 11 Mai 1763.
Le 11 mai 1763, depuis Versailles, le Duc de Nivernois, en raison de sa santé altérée, a été rappelé de sa mission à Londres. Le Roi a nommé le Comte de Guerchy, Lieutenant-Général des Armées et Colonel de son Régiment, pour le remplacer. Le 17 avril précédent, le Comte de Guerchy a remercié le Roi dans son Cabinet, présenté par le Duc de Praslin, Ministre et Secrétaire d'État aux Affaires Étrangères. Le Duc de Choiseul a présenté au Roi des cartes de la frontière du Dauphiné et du Comté de Nice. Le Duc de Praslin a montré à Sa Majesté les cartes de la nouvelle limitation des frontières entre la France et le Royaume de Sardaigne, régie par le Traité du 24 mars 1760. Ces cartes ont été réalisées sous la direction du Sieur de Bourcet et dressées par le Sieur Villaret. Le 17 avril précédent, plusieurs contrats de mariage ont été signés par Leurs Majestés et la Famille Royale, notamment celui du Duc de Beauvilliers avec Demoiselle de Fleury. La Comtesse de Montboissier a été présentée à Leurs Majestés par la Vicomtesse de Montboissier. Dame d'Elparbès de Luffan a été nommée par le Roi au Prieuré de Prouillan. Le Sieur Durand, Ministre près le Roi et la République de Pologne, a été rappelé pour diriger les Affaires Étrangères, remplacé par le Sieur Henin. Le Roi a signé plusieurs contrats de mariage, notamment celui du Marquis de Lomenie avec Marie Thérèse Poupardin d'Amanly, et d'autres nobles. Le Marquis de Sablé a obtenu la survivance de la charge de Capitaine des Gardes de la Porte. Le Roi a érigé la Terre du Pleffis-Longeau en Marquisat en faveur du Sieur de Villette. Il a également nommé le Chevalier de Saint-Prieft comme Ministre Plénipotentiaire auprès du Roi de Portugal. Le Sieur Camus, de l'Académie Royale des Sciences, a pris congé du Roi pour assister à un rapport sur la Machine d'Horlogerie du Sieur Harrison, destinée à déterminer les longitudes en mer.
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20
p. 197
MARIAGES.
Début :
Charles-Claude François Marquis du Tillet, Colonel du Régiment Royal Infanterie [...]
Mots clefs :
Colonel de régiment, Bénédiction nuptiale, Comte, Mariage, Lieutenant, Demoiselle
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Charles-Claude François Marquis da Tillet ,
Colonel du Régiment Royal Infanterie , a épou
fé le 21 Juin , Demoifellle de Sebbeval . La Béné
diction Nuptiale leur a été donnée dans la Paroille
deSaint Laurent , par l'Abbé du Tiller , Vicaire
Général de l'Evêché de Châlons en Champagne.
-
·
Le mariage du Marquis de Pardieu avec De
moifelle de Saint Fulgent , a été célébré le 27
du même mois dans l'Eglife Paroiffiale de Saint-
Roch. L'Abbé de Flamarens , Vicaire Général du
Diocèle de Chartres , leur a donné la Bénédiction
Nuptiale.
La Célébration du Mariage de Louis Antoine-
Armand de Gramont , Comte de Guiche , fils
du Duc de Gramont > avec Philippine Louife-
Catherine de Noailles , fille du Duc d'Ayen
s'eft faite auffi le 27 , dans la Chapelle de l'Hôtel
de Noailles.
Le 12 de Juillet 1763 , ont été mariés en l'Eglife
Paroiliale de S. Roch à Paris , François ,
Marquis de Graffe , des anciens Princes & Seigneurs
d'Antibes fur la côte de Provence , Seigneur
de Limirmont en Picardie & autres lieux , Capitaine
au Régiment des Gardes -Françoiſes &c .
Et Dlle Marie-Anne - Françoife - Louiſe le Senef
chal de Carcado , fille de feu Louis - Alexandre-
Xavier le Senefchal , Marquis de Carcado , Seigneur
de Saint Cavadel , du Gué- de- l'Ifle , & autres
Terres aux Diocéfes de Vannes & de Quimper
en Bretagne , Lieutenant Général ès armées
du Roi , autrefois Colonel du Régiment de Breffe,
& Commandant pour Sa Majesté dans la Baffe-
Alface , & de Dame Marie - Anne - Claude de
Montmorency , aujourd'hui fa veuve.
Charles-Claude François Marquis da Tillet ,
Colonel du Régiment Royal Infanterie , a épou
fé le 21 Juin , Demoifellle de Sebbeval . La Béné
diction Nuptiale leur a été donnée dans la Paroille
deSaint Laurent , par l'Abbé du Tiller , Vicaire
Général de l'Evêché de Châlons en Champagne.
-
·
Le mariage du Marquis de Pardieu avec De
moifelle de Saint Fulgent , a été célébré le 27
du même mois dans l'Eglife Paroiffiale de Saint-
Roch. L'Abbé de Flamarens , Vicaire Général du
Diocèle de Chartres , leur a donné la Bénédiction
Nuptiale.
La Célébration du Mariage de Louis Antoine-
Armand de Gramont , Comte de Guiche , fils
du Duc de Gramont > avec Philippine Louife-
Catherine de Noailles , fille du Duc d'Ayen
s'eft faite auffi le 27 , dans la Chapelle de l'Hôtel
de Noailles.
Le 12 de Juillet 1763 , ont été mariés en l'Eglife
Paroiliale de S. Roch à Paris , François ,
Marquis de Graffe , des anciens Princes & Seigneurs
d'Antibes fur la côte de Provence , Seigneur
de Limirmont en Picardie & autres lieux , Capitaine
au Régiment des Gardes -Françoiſes &c .
Et Dlle Marie-Anne - Françoife - Louiſe le Senef
chal de Carcado , fille de feu Louis - Alexandre-
Xavier le Senefchal , Marquis de Carcado , Seigneur
de Saint Cavadel , du Gué- de- l'Ifle , & autres
Terres aux Diocéfes de Vannes & de Quimper
en Bretagne , Lieutenant Général ès armées
du Roi , autrefois Colonel du Régiment de Breffe,
& Commandant pour Sa Majesté dans la Baffe-
Alface , & de Dame Marie - Anne - Claude de
Montmorency , aujourd'hui fa veuve.
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Résumé : MARIAGES.
Au XVIIIe siècle, plusieurs mariages aristocratiques ont eu lieu en France. Le 21 juin, Charles-Claude François, Marquis da Tillet, colonel du Régiment Royal Infanterie, a épousé Mademoiselle de Sebbeval. La bénédiction a été donnée par l'Abbé du Tiller dans la paroisse de Saint-Laurent. Le 27 juin, le Marquis de Pardieu a épousé Mademoiselle de Saint Fulgent à Saint-Roch, avec la bénédiction de l'Abbé de Flamarens. Le même jour, Louis Antoine-Armand de Gramont, Comte de Guiche, a épousé Philippine Louise-Catherine de Noailles dans la chapelle de l'Hôtel de Noailles. Le 12 juillet 1763, François Marquis de Graffe, capitaine au Régiment des Gardes-Françoises, a épousé Mademoiselle Marie-Anne Françoise Louise le Seneschal de Carcado à Saint-Roch. Cette dernière était la fille de Louis Alexandre-Xavier le Seneschal, Marquis de Carcado, et de Dame Marie-Anne Claude de Montmorency.
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21
p. 173
MARIAGE.
Début :
Le 26 Septembre, on célébra dans l'Eglise Paroissiale de Notre-Dame à Versailles [...]
Mots clefs :
Célébration, Église paroissiale, Mariage, Marquis, Demoiselle, Bénédiction nuptiale
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
1
Le 26 Septembre , on célébra dans l'Eglife Paroiffiale
de Notre - Dame à Verfailles , le mariage
du Marquis de Sorens avec Demoiſelle Maillé
de Carman. La bénédiction nuptiale leur fut donnée
, en préſence du fieur Allart , Curé de la Paroiffe
, par l'Archevêque de Tours.
1
Le 26 Septembre , on célébra dans l'Eglife Paroiffiale
de Notre - Dame à Verfailles , le mariage
du Marquis de Sorens avec Demoiſelle Maillé
de Carman. La bénédiction nuptiale leur fut donnée
, en préſence du fieur Allart , Curé de la Paroiffe
, par l'Archevêque de Tours.
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22
p. 205
MARIAGE.
Début :
Henri-Bernard, Marquis d'Espagne, premier Baron né des États de la Vicomté [...]
Mots clefs :
Marquis d'Espagne, Baron, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Évêque
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE.
Henri-Bernard , Marquis d'Eſpagne , premier
Baron né des Etats de la Vicomté de Nébouzand,
a épousé à Saint Lizier, le 27 Décembre dernier,
Dlle Claire-Charlotte de Cabalby. La Bénédiction
Nuptialé leur a été donnée par l'Evêque de Conferans.
Henri-Bernard , Marquis d'Eſpagne , premier
Baron né des Etats de la Vicomté de Nébouzand,
a épousé à Saint Lizier, le 27 Décembre dernier,
Dlle Claire-Charlotte de Cabalby. La Bénédiction
Nuptialé leur a été donnée par l'Evêque de Conferans.
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23
p. 207
MARIAGE.
Début :
Le 28 Janvier, on célébra dans l'église Paroissiale de S. Louis à [...]
Mots clefs :
Église paroissiale, Mariage, Comte, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Archevêque
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
M A R I A G E.
Le 28 Janvier, on célébra dans l'Egliſe Paroiſ
ſiale de S. Louis à Verſailles, le Mariage du Comte
de Graſſe avec Demoiſelle Accaron. La Bénédic
tion nuptiale leur fut donnée, en préſence du
Sieur Barette, Curé de laParoiſſe, par l'Archevêque
d'Alby.
Le 28 Janvier, on célébra dans l'Egliſe Paroiſ
ſiale de S. Louis à Verſailles, le Mariage du Comte
de Graſſe avec Demoiſelle Accaron. La Bénédic
tion nuptiale leur fut donnée, en préſence du
Sieur Barette, Curé de laParoiſſe, par l'Archevêque
d'Alby.
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24
p. 206-210
MARIAGES.
Début :
Henri-Bernard, Marquis d'Espagne, Capitaine de Cavalerie, & premier [...]
Mots clefs :
Capitaine de cavalerie, Vicomte, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Marquis, Gouverneur, Comte, Maison de Cabalby, Mariage, Famille, Décès, Héritiers, Charles d'Espagne, Fêtes, Décorations, Lumières, Magistrat
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
M A R I A G E S.
Henri-Bernard, Marquis d'Eſpagne, Capitaine
de Cavalerie, & premier Baron né des Etats de la
Vicomté de Nebouzan, a épouſé la nuit du 27 au
28 Décembre dernier, Demoiſelle Claire-Char
lotte de Cabalby, à S. Lézier, dans la Chapelle
Epiſcopale de M. l'Evêque de Couzerans, qui leur
a donné la Bénédiction nuptiale. M. le Maréchal
Duc de Richelieu avec la principale Nobleſſe de la
Province, avoit honoré ſon contrat de mariage
de ſa préſence. Le Marquis d'Eſpagne, ſeul de
ſon nom, eſt fils unique de feu Joſeph-André,
| Marquis d'Eſpagne, Gouverneur pour le Roi de
ladite Vicomté, & de Dame Françoiſe de l'ancien
ne & illuſtre Maiſon d'Orbeſſan.
Mademoiſelle de Cabalby eſt fille & héritière
d'Octavien de Cabalby, Baron d'Eſplas, Gouver
neur pour Sa Majeſté de la Ville & Vallée de Seix,
& Commandant ſous les ordres de M. le Maréchal
Duc de Richelieu dans ſa partie du Couzerans, &
de feue Dame Jeanne de Dupac. Le Marquis d'Eſ
pagne deſcend en ligne directe de Léon d'Eſpagne,
Prince ſorti du Sang Royal de Léon, portant
pour armes le Lion de gueule au champ d'argent,
Comte de Paillas, & Vicomte de Couzerans, qui
épouſa la fille unique du Seigneur de Monteſpan ;
& de leur mariage vint Roger I. d'Eſpagne ,
Seigneur de Monteſpan , Comte de Paillas, &
Vicomte de Couzerans , lequel épouſa Grize
de Riviere, fille unique & héritière du Seigneur
de Riviere, Seigneur de la Ville de Montrejan,
· & Baron de Borderes ; qui eut pour fils Ar
naud d'Eſpagne , premier de ce nom , Sel
·gneur de Monteſpan , Comte de Paillas, & Vi
M A I. 1764. 2o7
comte de Couzerans, quiépouſa Philippe de Foix,
fille de Roger-Bernard, ſixiéme de ce nom, &
huitiéme Comte de Foix , ſoeur d'Eſclarmonde de
Foix, Reine de Majorque ; qui eut pour fils Ar
naud II. d'Eſpagne, Seigneur de Monteſpan,
Comte de Paillas, & Vicomte de Couzerans, qui
épouſa Marquéſe de Benac ; & de leur mariage
ſortit Azemar d'Eſpagne, premier de ce nom,
qui épouſa Léonore de Vellere, héritière de la
Maiſon de Vellere en Eſpagne, & de leur mariage
ſortit Arnaud III d'Eſpagne, Seigneur de Monteſ
pan, Sénéchal & Gouverneur de Carcaſſonne,
qui épouſa Demoiſelle de la Barthe ; & de leur
mariage ſortit Roger II du nom, Seigneur de
Monteſpan, Chevalier de l'Ordre du Roi , ſon
Chambellan , Gouverneur & Sénéchal de Tou
louſe, Albigeois & Carcaſſonne, qui épouſa Claire
de Gramont ; d'où ſortit Roger III du nom, Sei
gneur de Monteſpan, Chevalier de l'Ordre du
Roi, qui épouſa Jacquette de Moleon , d'où ſortit
Matthieu I d'Eſpagne, Seigneur de Monteſpan,
qui épouſa Catherine de Foix, & de leur mariage
ſortit trois enfans mâles. Le premier Roger IV du
nom , le ſecond, Arnaud IV du nom, & le troi
ſiéme, Charles I d'Eſpagne, qui eut pour appana
ge la Baronie de§Roger IV, qui étoit
Chevalier des Ordres du Roi, mourut ſans poſté
rité. Arnaud IV d'Eſpagne, ſon frère, lui ſuccéda,
* qui épouſa Magdelaine Daure, fille de Geraud
Daure, Chevalier des Ordres du Roi , Baron de
Larbouſt ; & de leur mariage ſortit Roger V du
nom, Chevalier des Ordres du Roi , qui mourut
ſans poſtérité, & qui, malgré la ſubſtitution gra
duelle & perpétuelle établie depuis pluſieurs ſiécles
dans la Maiſon d'Eſpagne, fit paſſer, au préjudice
de ſon oncleCharles I d'Eſpagne, Baron de Rame
2C8 MERCURE DE FRANCE.
fort, tous les biens de la Branche aînée à ſa ſoeur
Paule d'Eſpagne, qui ſe maria dans la Maiſon de
Gondrin. Charles I d'Eſpagne continua la poſté
rité , & épouſa Marie d'Aſté, fille de Jean Daure,
Vicomte d'Aſté, & ſoeur de Manaut Daure, qui
épouſa Claire de Gramont. Lequel Charles I
d'Eſpagne eut pour fils Onofre d'Eſpagne , Baron
de Ramefort, qui étoit Colonel d'un Régiment
qui a ſervi avec beaucoup de diſtinction en Pro
-vence. Il épouſa Catherine de Saman de la Mai
ſon d'Eſtarac, d'où eſt ſorti Jean-Alexandre d'Eſ
, pagne,'qui avoit commencé à ſervir à douze ans ;
il fut bleſſé dans quatre ou cinq occaſions différen
tes, & fut tué ſur la brêche de la Ville de Lambeſc,
âgé de vingt-quatre ans, Capitaine aux Gardes ,
& un des plus valeureux Capitaines de ſon temps.
Le Roi lui avoit donné , entre autres récompenſes,
pour l'aider à ſe ſoutenir dans le ſervice ſelon ſa
qualité, le Marc-d'or dû à ſon Avènement à la
Couronne. Charles II d'Eſpagne ſon frère lui ſuc
céda, qui a ſervi avec beaucoup de diſtinction, &
fut Gouverneur de la Ville & Citadelle de Siſteron,
& Capitaine d'une Compagnie de cent Hommes
d'Armes. Il épouſa Jeanne de Saman de la même
Maiſon de ſa mère , d'où eſt ſorti Charles III
: d'Eſpagne , Baron de Ramefort , qui épouſa Mar
guerite de Saint-Paſtou ; d'où ſortit Melkior d'Eſ
, pagne, Baron de Ramefort , qui épouſa Françoiſe
: d'Orbeſſan , d'où eſt ſorti Charles IV d'Eſpagne,
qui a commencé ſes ſervices dans le Régiment de
Ségur , qui épouſa Marguerite de Sapte, d'où eſt
- ſorti Joſeph-André Marquis d'Eſpagne , Baron de
- Ramefort, Gouverneur & Sénéchal de la Vicomté
de Nebouzan , qui a ſervi long-temps dans les
Régimens de Dunois & d'Auvergne, ayant reçu
- des bleſſures conſidérables deſquelles il eſt mort 1
- M A I. 1764. 2og
s'étant rouvertes le 8 Octobre r7 59. Il avoit épou
ſé Françoiſe d'Orbeſſan, & a laiſſé, comme il a
été dit pour fils unique Henri-Bernard†
d'Eſpagne. Pluſieurs filles de cette Maiſon ſont
aliiées avec des Maiſons très-illuſtres du Royaume3
entr'autres avec celles de Noailles, de Puyſegur,
de Gondrin , d'Auſſun , de Narbonne & autres.
Différens Cadets de cette Maiſon ont ſervi dans
des grades ſupérieurs, & s'y ſont également diſ
tingués. D'autres qui ont pris l'Etat Eccléſiaſtique,
ont été Evêques de Cominges, Rieux & Leitoure,
Le Mariage de M. le Comte de Freſnay, Capi
taine au Régiment du Roi, avec Mlle l'Eſcalopier,
fille de M. l'Eſcalopier , Intendant de Tours, a été
célébré le premier de ce mois dans l'Egliſe de S.
Hilaire , Paroiſſe de cette Ville.
M. & Madame l'Eſcalopier ont reçu à cette oc
caſion les complimens de tous les Corps & Compa
† de la Ville, qui étoient dictés par l'eſtime &
e ſentiment. Mais le zèle public s'eſt encore plus
particulièrement ſignalé dans la Fête qui leur a été
donnée le Dimanche quatre de Mars, par les per
ſonnes les plus diſtinguées de la Nobleſſe, de la
Robe & du Commerce. Plus de quatre - vingt
Chefs de Familles repréſentant ces différens Etats,
ſe ſont réunis pour y contribuer. Elle a été célébrée
dans la Salle ordinaire du Spectacle, dont le Par
terre avoit été mis au niveau du Théâtre. Un
nombre conſidérable de luſtres, de girandoles &
de conſoles chargés de bougies ingénieuſementdiſ
poſées y jettoient une lumière éclatante, des guir
landes de fleurs entrelacées dans des ſujets allégo
riques à la Fête la caractériſoient.Une table en fer
à-cheval, garnie de cent cinquante couverts occu
- pés par autant de Dames galamment vêtues,en or
A
21o MERCURE DE FRANCE.
noient le contour. Sur les huit heures du ſolr elle
fut ſervie ſplendidement. Chaque Cavalier ſervoit
ſa Dame. Les premières & ſecondes Loges rem
plies de Spectateurs, formoient un coup-d'oeil
agréable. Les honneurs du repas ont été déférés à
M. l'Eſcalopier, premier Magiſtrat de la Provin
ce , & à ſa Famille, dont la ſanté a été célébrée
à pluſieurs repriſes au bruit des inſtrumens de
† Le ſouper a fini à onze heures, & a été
ivi d'un Bal où toutes les Dames de la Ville qui
n'avoient pu être du repas, ſe rendirent, les unes
en habits galans, les autres maſquées. S'il eſt dif
ficile d'expoſer au naturel le coloris de la joie, il
l'eſt encore plus de rendre le tableau touchant de
la tendreſſe & de la vénération publique, qui a fait
le principal ornement de cette Fête : Monument
flatteur & reſpectable de l'hommage dû aux vertus
d'un Magiſtrat auſſi diſtingué par ſa naiſſance que
par ſon affabilité, ſon amour pour le bien public,
& par toutes les qualités qui conſtituent eſſentiel
lement l'Homme d'Etat.
Henri-Bernard, Marquis d'Eſpagne, Capitaine
de Cavalerie, & premier Baron né des Etats de la
Vicomté de Nebouzan, a épouſé la nuit du 27 au
28 Décembre dernier, Demoiſelle Claire-Char
lotte de Cabalby, à S. Lézier, dans la Chapelle
Epiſcopale de M. l'Evêque de Couzerans, qui leur
a donné la Bénédiction nuptiale. M. le Maréchal
Duc de Richelieu avec la principale Nobleſſe de la
Province, avoit honoré ſon contrat de mariage
de ſa préſence. Le Marquis d'Eſpagne, ſeul de
ſon nom, eſt fils unique de feu Joſeph-André,
| Marquis d'Eſpagne, Gouverneur pour le Roi de
ladite Vicomté, & de Dame Françoiſe de l'ancien
ne & illuſtre Maiſon d'Orbeſſan.
Mademoiſelle de Cabalby eſt fille & héritière
d'Octavien de Cabalby, Baron d'Eſplas, Gouver
neur pour Sa Majeſté de la Ville & Vallée de Seix,
& Commandant ſous les ordres de M. le Maréchal
Duc de Richelieu dans ſa partie du Couzerans, &
de feue Dame Jeanne de Dupac. Le Marquis d'Eſ
pagne deſcend en ligne directe de Léon d'Eſpagne,
Prince ſorti du Sang Royal de Léon, portant
pour armes le Lion de gueule au champ d'argent,
Comte de Paillas, & Vicomte de Couzerans, qui
épouſa la fille unique du Seigneur de Monteſpan ;
& de leur mariage vint Roger I. d'Eſpagne ,
Seigneur de Monteſpan , Comte de Paillas, &
Vicomte de Couzerans , lequel épouſa Grize
de Riviere, fille unique & héritière du Seigneur
de Riviere, Seigneur de la Ville de Montrejan,
· & Baron de Borderes ; qui eut pour fils Ar
naud d'Eſpagne , premier de ce nom , Sel
·gneur de Monteſpan , Comte de Paillas, & Vi
M A I. 1764. 2o7
comte de Couzerans, quiépouſa Philippe de Foix,
fille de Roger-Bernard, ſixiéme de ce nom, &
huitiéme Comte de Foix , ſoeur d'Eſclarmonde de
Foix, Reine de Majorque ; qui eut pour fils Ar
naud II. d'Eſpagne, Seigneur de Monteſpan,
Comte de Paillas, & Vicomte de Couzerans, qui
épouſa Marquéſe de Benac ; & de leur mariage
ſortit Azemar d'Eſpagne, premier de ce nom,
qui épouſa Léonore de Vellere, héritière de la
Maiſon de Vellere en Eſpagne, & de leur mariage
ſortit Arnaud III d'Eſpagne, Seigneur de Monteſ
pan, Sénéchal & Gouverneur de Carcaſſonne,
qui épouſa Demoiſelle de la Barthe ; & de leur
mariage ſortit Roger II du nom, Seigneur de
Monteſpan, Chevalier de l'Ordre du Roi , ſon
Chambellan , Gouverneur & Sénéchal de Tou
louſe, Albigeois & Carcaſſonne, qui épouſa Claire
de Gramont ; d'où ſortit Roger III du nom, Sei
gneur de Monteſpan, Chevalier de l'Ordre du
Roi, qui épouſa Jacquette de Moleon , d'où ſortit
Matthieu I d'Eſpagne, Seigneur de Monteſpan,
qui épouſa Catherine de Foix, & de leur mariage
ſortit trois enfans mâles. Le premier Roger IV du
nom , le ſecond, Arnaud IV du nom, & le troi
ſiéme, Charles I d'Eſpagne, qui eut pour appana
ge la Baronie de§Roger IV, qui étoit
Chevalier des Ordres du Roi, mourut ſans poſté
rité. Arnaud IV d'Eſpagne, ſon frère, lui ſuccéda,
* qui épouſa Magdelaine Daure, fille de Geraud
Daure, Chevalier des Ordres du Roi , Baron de
Larbouſt ; & de leur mariage ſortit Roger V du
nom, Chevalier des Ordres du Roi , qui mourut
ſans poſtérité, & qui, malgré la ſubſtitution gra
duelle & perpétuelle établie depuis pluſieurs ſiécles
dans la Maiſon d'Eſpagne, fit paſſer, au préjudice
de ſon oncleCharles I d'Eſpagne, Baron de Rame
2C8 MERCURE DE FRANCE.
fort, tous les biens de la Branche aînée à ſa ſoeur
Paule d'Eſpagne, qui ſe maria dans la Maiſon de
Gondrin. Charles I d'Eſpagne continua la poſté
rité , & épouſa Marie d'Aſté, fille de Jean Daure,
Vicomte d'Aſté, & ſoeur de Manaut Daure, qui
épouſa Claire de Gramont. Lequel Charles I
d'Eſpagne eut pour fils Onofre d'Eſpagne , Baron
de Ramefort, qui étoit Colonel d'un Régiment
qui a ſervi avec beaucoup de diſtinction en Pro
-vence. Il épouſa Catherine de Saman de la Mai
ſon d'Eſtarac, d'où eſt ſorti Jean-Alexandre d'Eſ
, pagne,'qui avoit commencé à ſervir à douze ans ;
il fut bleſſé dans quatre ou cinq occaſions différen
tes, & fut tué ſur la brêche de la Ville de Lambeſc,
âgé de vingt-quatre ans, Capitaine aux Gardes ,
& un des plus valeureux Capitaines de ſon temps.
Le Roi lui avoit donné , entre autres récompenſes,
pour l'aider à ſe ſoutenir dans le ſervice ſelon ſa
qualité, le Marc-d'or dû à ſon Avènement à la
Couronne. Charles II d'Eſpagne ſon frère lui ſuc
céda, qui a ſervi avec beaucoup de diſtinction, &
fut Gouverneur de la Ville & Citadelle de Siſteron,
& Capitaine d'une Compagnie de cent Hommes
d'Armes. Il épouſa Jeanne de Saman de la même
Maiſon de ſa mère , d'où eſt ſorti Charles III
: d'Eſpagne , Baron de Ramefort , qui épouſa Mar
guerite de Saint-Paſtou ; d'où ſortit Melkior d'Eſ
, pagne, Baron de Ramefort , qui épouſa Françoiſe
: d'Orbeſſan , d'où eſt ſorti Charles IV d'Eſpagne,
qui a commencé ſes ſervices dans le Régiment de
Ségur , qui épouſa Marguerite de Sapte, d'où eſt
- ſorti Joſeph-André Marquis d'Eſpagne , Baron de
- Ramefort, Gouverneur & Sénéchal de la Vicomté
de Nebouzan , qui a ſervi long-temps dans les
Régimens de Dunois & d'Auvergne, ayant reçu
- des bleſſures conſidérables deſquelles il eſt mort 1
- M A I. 1764. 2og
s'étant rouvertes le 8 Octobre r7 59. Il avoit épou
ſé Françoiſe d'Orbeſſan, & a laiſſé, comme il a
été dit pour fils unique Henri-Bernard†
d'Eſpagne. Pluſieurs filles de cette Maiſon ſont
aliiées avec des Maiſons très-illuſtres du Royaume3
entr'autres avec celles de Noailles, de Puyſegur,
de Gondrin , d'Auſſun , de Narbonne & autres.
Différens Cadets de cette Maiſon ont ſervi dans
des grades ſupérieurs, & s'y ſont également diſ
tingués. D'autres qui ont pris l'Etat Eccléſiaſtique,
ont été Evêques de Cominges, Rieux & Leitoure,
Le Mariage de M. le Comte de Freſnay, Capi
taine au Régiment du Roi, avec Mlle l'Eſcalopier,
fille de M. l'Eſcalopier , Intendant de Tours, a été
célébré le premier de ce mois dans l'Egliſe de S.
Hilaire , Paroiſſe de cette Ville.
M. & Madame l'Eſcalopier ont reçu à cette oc
caſion les complimens de tous les Corps & Compa
† de la Ville, qui étoient dictés par l'eſtime &
e ſentiment. Mais le zèle public s'eſt encore plus
particulièrement ſignalé dans la Fête qui leur a été
donnée le Dimanche quatre de Mars, par les per
ſonnes les plus diſtinguées de la Nobleſſe, de la
Robe & du Commerce. Plus de quatre - vingt
Chefs de Familles repréſentant ces différens Etats,
ſe ſont réunis pour y contribuer. Elle a été célébrée
dans la Salle ordinaire du Spectacle, dont le Par
terre avoit été mis au niveau du Théâtre. Un
nombre conſidérable de luſtres, de girandoles &
de conſoles chargés de bougies ingénieuſementdiſ
poſées y jettoient une lumière éclatante, des guir
landes de fleurs entrelacées dans des ſujets allégo
riques à la Fête la caractériſoient.Une table en fer
à-cheval, garnie de cent cinquante couverts occu
- pés par autant de Dames galamment vêtues,en or
A
21o MERCURE DE FRANCE.
noient le contour. Sur les huit heures du ſolr elle
fut ſervie ſplendidement. Chaque Cavalier ſervoit
ſa Dame. Les premières & ſecondes Loges rem
plies de Spectateurs, formoient un coup-d'oeil
agréable. Les honneurs du repas ont été déférés à
M. l'Eſcalopier, premier Magiſtrat de la Provin
ce , & à ſa Famille, dont la ſanté a été célébrée
à pluſieurs repriſes au bruit des inſtrumens de
† Le ſouper a fini à onze heures, & a été
ivi d'un Bal où toutes les Dames de la Ville qui
n'avoient pu être du repas, ſe rendirent, les unes
en habits galans, les autres maſquées. S'il eſt dif
ficile d'expoſer au naturel le coloris de la joie, il
l'eſt encore plus de rendre le tableau touchant de
la tendreſſe & de la vénération publique, qui a fait
le principal ornement de cette Fête : Monument
flatteur & reſpectable de l'hommage dû aux vertus
d'un Magiſtrat auſſi diſtingué par ſa naiſſance que
par ſon affabilité, ſon amour pour le bien public,
& par toutes les qualités qui conſtituent eſſentiel
lement l'Homme d'Etat.
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Résumé : MARIAGES.
Le texte relate le mariage de Henri-Bernard, Marquis d'Espagne, Capitaine de Cavalerie et premier Baron né des États de la Vicomté de Nebouzan, avec Demoiselle Claire-Charlotte de Cabalby. La cérémonie s'est déroulée la nuit du 27 au 28 décembre dans la Chapelle Épiscopale de M. l'Évêque de Couzerans à Saint-Lézier. Le contrat de mariage a été honoré par la présence du Maréchal Duc de Richelieu et de la principale noblesse de la province. Henri-Bernard est le fils unique de feu Joseph-André, Marquis d'Espagne, Gouverneur pour le Roi de la Vicomté de Nebouzan, et de Dame Françoise de la Maison d'Orbessan. Claire-Charlotte est la fille et héritière d'Octavien de Cabalby, Baron d'Esplas, Gouverneur de la Ville et Vallée de Seix, et de feue Dame Jeanne de Dupac. Le Marquis d'Espagne descend en ligne directe de Léon d'Espagne, Prince du Sang Royal de Léon, portant pour armes le Lion de gueule au champ d'argent, Comte de Paillas et Vicomte de Couzerans. La lignée inclut plusieurs générations de seigneurs de Montespan, Comtes de Paillas et Vicomtes de Couzerans, avec des alliances notables telles que les Maisons de Foix, de Gramont, et de Vellere. La famille d'Espagne a également produit plusieurs membres distingués dans les armées et l'Église, avec des alliances avec des Maisons illustres comme Noailles, Puysegur, et Gondrin. Le texte mentionne également le mariage du Comte de Fresnay, Capitaine au Régiment du Roi, avec Mlle l'Escalopier, fille de M. l'Escalopier, Intendant de Tours. Cette cérémonie a eu lieu le 1er mars dans l'Église de Saint-Hilaire à Tours. La fête en leur honneur a réuni des personnes distinguées de la noblesse, de la robe et du commerce, avec une table de cent cinquante couverts et un bal masqué.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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25
p. 200
MARIAGE.
Début :
Le Comte de Barral a épousé, le 16 de ce mois, Demoiselle de la Motte, [...]
Mots clefs :
Comte, Demoiselle, Bénédiction nuptiale, Église
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
M A R I A G E.
Le Comte de Barral a épouſé, le 16 de ce
mois, Demoiielle de la Motte, petite fille du
Marquis de la Motte Lieutenant - Général des
Armées du Roi La Bénédiction Nuptiale leur
a été donnée , dans l'Egliſe Paroiſſiale de S.
Paul, par l'Evêque de Troyes, Oncle du Comte de
Barral.
Le Comte de Barral a épouſé, le 16 de ce
mois, Demoiielle de la Motte, petite fille du
Marquis de la Motte Lieutenant - Général des
Armées du Roi La Bénédiction Nuptiale leur
a été donnée , dans l'Egliſe Paroiſſiale de S.
Paul, par l'Evêque de Troyes, Oncle du Comte de
Barral.
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26
p. 170-171
MARIAGES.
Début :
Le Comte de Maulde, Colonel des Grenadiers de France, a été marié le [...]
Mots clefs :
Comte, Colonel, Bénédiction nuptiale, Évêque, Mariage, Marquis, Demoiselle
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texteReconnaissance textuelle : MARIAGES.
MARIAGES.
Lé Comte de Maulde , Colonel des Grenadiers
de France , a été marié le 1. Mai avec Dlle Davy
JUILLET. 1764. 171
de la Pailleterie. La bénédiction nuptiale leur a
été donnée par l'Evêque de Comminges dans la
Chapelle du Curé de S. Sulpice.
Le mariage du Marquis de la Roche-du Maine
avec Dlle de Verneuil a été célébré ici le 7
Mai , dans l'Eglife Paroiffiale de S. Euftache . La
bénédiction nuptiale leur a été donnée par l'Evê
que de Poitiers .
Lé Comte de Maulde , Colonel des Grenadiers
de France , a été marié le 1. Mai avec Dlle Davy
JUILLET. 1764. 171
de la Pailleterie. La bénédiction nuptiale leur a
été donnée par l'Evêque de Comminges dans la
Chapelle du Curé de S. Sulpice.
Le mariage du Marquis de la Roche-du Maine
avec Dlle de Verneuil a été célébré ici le 7
Mai , dans l'Eglife Paroiffiale de S. Euftache . La
bénédiction nuptiale leur a été donnée par l'Evê
que de Poitiers .
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27
p. 145
BAPTEME.
Début :
Auguste-Charlotte, née le 7 Mars dernier de Charles-Joseph-François Boudart, [...]
Mots clefs :
Marquis, Baron, Fille, Parrains et marraines, Comte, Demoiselle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BAPTEME.
BAPTE ME.
·
Augufte-Charlotte , née le 7 Mars dernier de
Charles Jofeph - François Boudart , Marquis de
Couturelle , & de Catherine-Charlotte de Wignacourt
, Fille du Baron d'Humbercourt ,
fut baptifée le 22 Mai fuivant par l'Evêque de
Ferpignan à Couturelle en Artois . Elle a eu
pour Parrain & Marraine Leurs Alteffes Electorales
Palatines , repréfentées par le Comte de
Couturelle , Chambellan actuel de l'Electeur , &
par Demoiſelle de Wignacourt.
·
Augufte-Charlotte , née le 7 Mars dernier de
Charles Jofeph - François Boudart , Marquis de
Couturelle , & de Catherine-Charlotte de Wignacourt
, Fille du Baron d'Humbercourt ,
fut baptifée le 22 Mai fuivant par l'Evêque de
Ferpignan à Couturelle en Artois . Elle a eu
pour Parrain & Marraine Leurs Alteffes Electorales
Palatines , repréfentées par le Comte de
Couturelle , Chambellan actuel de l'Electeur , &
par Demoiſelle de Wignacourt.
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28
p. 73
ÉNIGME. A ma soeur et à ma fille.
Début :
Tantot, malgré qu'au pié l'on me mette des fers, [...]
Mots clefs :
Demoiselle