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3851
p. 88-90
« Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Début :
Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...]
Mots clefs :
Mercure, Public, Moulins, Énigme
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texteReconnaissance textuelle : « Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Dans le Mercure de Mai nous nous
étions bornés à apprendre au Public que
Mademoiſelle de la Boiffiere , de Moulins ,
défavouoit l'Enigme qui a paru fous fon
nom dans le premier volume du Mercure
d'Avril. Comme il nous eft revenu qu'elle
ne fe contente point de ce défaveu , auJUIN.
1758 . 89
quel elle dit n'avoir aucune part, & qu'elle
fouhaite que nous inférions ici la Lettre
qu'elle nous a écrite à ce fujet , & qui contient
celui qu'elle fait elle- même , nous
ne croyons pas pouvoir lui refuſer la fatisfaction
qu'elle exige de nous. La voici :
MONSIEUR , ONSIEUR , j'ai été extrêmement furpriſe
de trouver dans le premier volume
du Mercure d'Avril , une Enigme au bas
de laquelle eft le nom de Mademoiſelle
de la Boiffiere : c'eft celui fous lequel je
fuis le plus connue , il n'y a point d'autre
perfonne à Moulins qui porte ce nom. Je
puis vous affurer , Monfieur , que cette
Enigme n'eft point de moi , que
l'on vous
en a impofé , & au Public , lorfqu'on vous
l'a adreffée fous mon nom . Je n'ai jamais
donné dans la littérature , encore moins
dans la poéfie. Je ne me flatte pas d'avoir
affez de connoiffance pour juger fi elle eft
bonne ou mauvaiſe , ni affez d'efprit pour
l'entendre. Telle qu'elle eft je la défavoue,
& j'ai tout fujet de me plaindre de la
perfonne qui vous l'a adreffée fous mon
nom. Si on a prétendu me faire honneur ,
de m'ériger en Auteur , en faifant inférer
dans le Mercure un ouvrage auquel je
n'ai aucune part , on auroit dû me demander
mon confentement , & fûrement je ne
go MERCURE DE FRANCE.
fuis pas.
l'aurois pas donné ; je n'ai point la fotte
vanité de vouloir paroître ce que je ne
Si on a voulu me donner un ridicule
, ma plainte eft encore mieux fondée
; je ne crois pas l'avoir mérité : je me
flattois d'avoir vécu jufqu'à préfent de
façon à ne me point faire d'ennemi . De
quelque part que ce procédé vienne , il eft
intéreffant pour moi que le Public foit
défabufé . Ainfi , Monfieur , je vous demande
en grace de vouloir bien inférer
dans votre prochain Mercure la Lettre que
j'ai l'honneur de vous adreffer. Je fuis ,
Monfieur , votre très- humble & très-obéiffante
fervante , LA BOISSIERE.
A Moulins , ce 12 Avril 1758 .
étions bornés à apprendre au Public que
Mademoiſelle de la Boiffiere , de Moulins ,
défavouoit l'Enigme qui a paru fous fon
nom dans le premier volume du Mercure
d'Avril. Comme il nous eft revenu qu'elle
ne fe contente point de ce défaveu , auJUIN.
1758 . 89
quel elle dit n'avoir aucune part, & qu'elle
fouhaite que nous inférions ici la Lettre
qu'elle nous a écrite à ce fujet , & qui contient
celui qu'elle fait elle- même , nous
ne croyons pas pouvoir lui refuſer la fatisfaction
qu'elle exige de nous. La voici :
MONSIEUR , ONSIEUR , j'ai été extrêmement furpriſe
de trouver dans le premier volume
du Mercure d'Avril , une Enigme au bas
de laquelle eft le nom de Mademoiſelle
de la Boiffiere : c'eft celui fous lequel je
fuis le plus connue , il n'y a point d'autre
perfonne à Moulins qui porte ce nom. Je
puis vous affurer , Monfieur , que cette
Enigme n'eft point de moi , que
l'on vous
en a impofé , & au Public , lorfqu'on vous
l'a adreffée fous mon nom . Je n'ai jamais
donné dans la littérature , encore moins
dans la poéfie. Je ne me flatte pas d'avoir
affez de connoiffance pour juger fi elle eft
bonne ou mauvaiſe , ni affez d'efprit pour
l'entendre. Telle qu'elle eft je la défavoue,
& j'ai tout fujet de me plaindre de la
perfonne qui vous l'a adreffée fous mon
nom. Si on a prétendu me faire honneur ,
de m'ériger en Auteur , en faifant inférer
dans le Mercure un ouvrage auquel je
n'ai aucune part , on auroit dû me demander
mon confentement , & fûrement je ne
go MERCURE DE FRANCE.
fuis pas.
l'aurois pas donné ; je n'ai point la fotte
vanité de vouloir paroître ce que je ne
Si on a voulu me donner un ridicule
, ma plainte eft encore mieux fondée
; je ne crois pas l'avoir mérité : je me
flattois d'avoir vécu jufqu'à préfent de
façon à ne me point faire d'ennemi . De
quelque part que ce procédé vienne , il eft
intéreffant pour moi que le Public foit
défabufé . Ainfi , Monfieur , je vous demande
en grace de vouloir bien inférer
dans votre prochain Mercure la Lettre que
j'ai l'honneur de vous adreffer. Je fuis ,
Monfieur , votre très- humble & très-obéiffante
fervante , LA BOISSIERE.
A Moulins , ce 12 Avril 1758 .
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Résumé : « Dans le Mercure de Mai nous nous étions bornés à apprendre au Public que / MONSIEUR, j'ai été extrêmement surprise de trouver dans le premier volume [...] »
Dans le Mercure de Mai, Mademoiselle de la Boiffiere de Moulins conteste la publication d'une énigme parue sous son nom dans le Mercure d'Avril. Elle exprime son désaveu et demande la publication de sa lettre pour clarifier la situation. Dans cette lettre, datée du 12 avril 1758, elle affirme n'être ni l'auteure de l'énigme ni impliquée dans la littérature ou la poésie. Elle manifeste son mécontentement face à cette usurpation de son nom et souhaite désabuser le public. Mademoiselle de la Boiffiere précise qu'elle n'aurait jamais donné son consentement pour une telle publication et nie chercher à se faire passer pour une auteure. Elle conclut en demandant la publication de sa lettre pour rétablir la vérité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3852
p. 203-204
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Onzieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Daniel, Compagnie de Tourville, entré le premier Décembre, est sorti [...]
Mots clefs :
Malade, Guérison, Soldats
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texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Onzieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal - Duc de Biron.
Onzieme traitement depuis ſon établiſſement.
Le nommé Daniel , Compagnie LE de Tourville ,
entré le premier Décembre, eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri . I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Le nommé Lavertu , Compagnie de la Ferriere,
entré le premier Décembre , eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Mille , Compagnie de Champignelles
, entré le 22 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri ..
Le nommé Joly , Compagnie de Coettrieux
entré le 23 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Popin , Compagne de Gauville ,
entré le s Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri .
f
Le nommé Pagnon , Compagnie de Poudenx ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri.
Le nommé Légal , Compagnie de la Tour ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaite.
ment guéri .
Il faut obferver que le nombre des malades
diminue par celui des foldats guéris , & par le
départ du Régiment des Gardes.
Onzieme traitement depuis ſon établiſſement.
Le nommé Daniel , Compagnie LE de Tourville ,
entré le premier Décembre, eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri . I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
Le nommé Lavertu , Compagnie de la Ferriere,
entré le premier Décembre , eft forti le 10 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Mille , Compagnie de Champignelles
, entré le 22 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri ..
Le nommé Joly , Compagnie de Coettrieux
entré le 23 Décembre , eft forti le 31 Janvier
parfaitement guéri.
Le nommé Popin , Compagne de Gauville ,
entré le s Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri .
f
Le nommé Pagnon , Compagnie de Poudenx ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaitement
guéri.
Le nommé Légal , Compagnie de la Tour ,
entré les Janvier , eft forti le 14 Février parfaite.
ment guéri .
Il faut obferver que le nombre des malades
diminue par celui des foldats guéris , & par le
départ du Régiment des Gardes.
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Onzieme traitement depuis son établissement.
Le document décrit le onzième traitement de l'hôpital du Maréchal-Duc de Biron. Plusieurs soldats ont été soignés et déclarés parfaitement guéris. Daniel, de la Compagnie LE de Tourville, est entré le 1er décembre et sorti le 10 janvier. Lavertu, de la Compagnie de la Ferriere, a suivi le même parcours. Mille, de la Compagnie de Champignelles, est entré le 22 décembre et sorti le 31 janvier. Joly, de la Compagnie de Coettrieux, a été soigné entre le 23 décembre et le 31 janvier. Popin, de la Compagnie de Gauville, est entré le 5 janvier et sorti le 14 février. Pagnon, de la Compagnie de Poudenx, et Légal, de la Compagnie de la Tour, sont entrés les 5 et 6 janvier respectivement et sont sortis le 14 février. Le nombre de malades diminue grâce aux soldats guéris et au départ du Régiment des Gardes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3853
p. 204-211
Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
Début :
Vous recevrez, Monsieur, avec la présente, les certificats de MM. les Médecins [...]
Mots clefs :
Toulouse, M. Laboric, M. Keyser, Dragées, Maladies vénériennes, Succès, Certificats, Médecins, Chirurgiens, Guérison, Rennes, Cure, Besançon, Lyon, M. Rey, M. Dupont
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
Nouvelles épreuves faites à Toulouse , à Rennes en:
Bretagne , à Lyon , à Besançon & à l'Armée
fous les yeux des Magifirats , des Médecins &
des Chirurgiens.
TOULOUSE.
Lettre de M. Laborie , Maître en Chirurgie à Touloufe
, à M. Keyſer , en datte du 2 Mars 1758 .
Vous recevrez , Monfieur , avec la préfente , les
certificats de MM. les Médecins & Chirurgiens ,,
de MM. les Capitouls , & de M. le Préſident de
Nupces , qui a bien voulu me donner fon atteftation
particuliere , & que fon amour pour le bien
publie & le foulagement de l'humanité a engagé
JUILLET. 1758. 201
a permettre que je traitaffe chez lui & fous fes
yeux avec vos dragées , les deux derniers de mes
malades. Je me flatte , Monfieur , que l'on ne
doutera pas de l'authenticité de ces atteftations , &
je ne puis m'empêcher de rendre ici juftice à la
vérité , & au zele impartial de mes Confreres , &
en particulier de M. Camoire , notre Lieutenant ,
lefquels, bien loin de témoigner aucune forte de
répugnance à voir les effets de votre remede , ont
été enchantés de fes fuccès prompts & certains
& m'ont donné leurs certificats avec autant de
plaifir que de fatisfaction.
Certificat de Meffieurs Sicret & Lapuyade , Maitres
en Chirurgie , à Toulouse.
Nous , Maîtres en Chirurgie de la ville de Touloufe
, certifions à qui il appartiendra , que le
fieur Laboric , notre Confrere , a traité fous nos
yeux par l'ufage des dragées de M. Keyfer , deux
malades de cette Ville , mari & femme , qui, après
avoir fubi quatre traitemens inutiles par les frictions
, avoient encore plufieurs fymptômes de v...
des douleurs nocturnes dans tous les membres ,
des excroiffances vénériennes & un ulcere au gofier
qui avoit conftamment réfifté à tous les reme
des. Nous atteftons ici avec plaifir que tous ces
fymptômes ont cédé en très- peu de temps à l'ufage
des dragées , pendant la durée duquel ces ma
lades n'ont éprouvé aucune incommodité remarquable
, qu'ils ont toujours vaqué à leurs affaires ,
& que l'un & l'autre nous ont paru bien & parfaitement
guéris . A Toulouſe , le 2 Mars 1758.
Signé , Sicret & Lapuyade.
Certificat de Meffieurs les Caritouls.
Nous , Capitouls , Gouverneurs de la ville de
Touloufe , Chefs des Nobles , Juges des caufes
206 MERCURE DE FRANCE.
civiles & criminelles , & de la police de ladite
Ville & gardiage d'icelle , à tous ceux qui ces
préfentes Lettres verront , Salut. Sçavoir faiſons ,
& atteftons que les fignatures de MM . Sicret &
Lapuyade , Chirurgiens - Jurés de cette Ville , ciappofées
, font véritables , & que foi doit y être
ajoutée en jugement & dehors. En témoins de quoi
nous avons figné ces Préfentes , fait contrefigner
par notre Secretaire Greffier , & à icelles fait appoſer
le fceau des Armes de la Ville. A Toulouſe ,
ce 22 Mars 1758. Signé , Pagés - de Suttes : Tournico,
Capitoul, Chef du Confiftoire. Par Meffieurs.
Savanier.
Certificat de Meffieurs les Médecins , & de M. le
Lieutenant de M. le Premier Chirurgien.
"
Nous , Docteurs en Médecine , le Lieutenant
de M. le premier Chirurgien du Roi , & les Maîtres
en Chirurgie fouffignés , certifions avoir vu
& vérifié l'état actuel d'un homme & d'une femme
mariés auxquels nous avons trouvés , 1º. au mari
des puftules fulfureufes au front , à la tête , à la
bouche & au meaton , des tuméfactions & plufieurs
ulceres chancreux & quantité d'autres
fymptômes très - graves . L'on fupprime ici les
mots défagréables. A la femme un anneau de
crêtes , moles , indolentes & autres fymptômes
très -confidérables . Qu'enfuite des traitemens faits
par M. Laboric , notre Confrere , avec les dragées
de M. Keyſer , nous avons revus & examinés les
malades ci- deffus ; & qu'en conféquence , nous
certifions qu'après des examens & vifites réitérées,
nous avons trouvé tous les accidens & ſymptômes
dont il eft fait mention, radicalement détruits ,
de façon qu'il n'en refte point veftige , que l'homme
& la femme jouiffent d'une fanté parfaite , &
JUILLET. 1758. 207
que pendant l'ufage des remedes de M. Keyfer ,
ils n'ont éprouvé aucune espece d'incommodité.
En foi de quoi , &c. A Toulouſe > ce 25 Mars
1758. Signé , Meynard , Ponderous , Docteurs en
Médecine ; Camoire , Fronton ,
fils , Crouzet , Cazabon , &c .
pere , Fronten
Certificat de M. le Marquis de Nupces , Préfident à
Mortier au Parlement.
9
Je, fouffigné, déclare que la nommée Segonzat
& fon mari de ma terre de Florentin , attaqués
d'une maladie fi confidérable , qu'ils avoient été
obligés de fe faire tranfporter fur une charette ,
ont été traités dans mon hôtel par M. Laboric
& qu'ils font partis en très - bonne fanté , ce qui
annonce une guériſon parfaite. En foi de quoi
j'ai figné . A Toulouſe , le 28 Mars 1758. De
Nupces , Préfident au Parlement.
Certificat de Meffieurs les Capitouls .
.
Nous , Capitouls , Gouverneurs , & c. fçavoir
faifons que les feings appofés au bas du Préfent ,
fçavoir de MM . Ponderons & Meynard , Médecins
de cette Ville ; Camoire , Fronton pere &
fils , Crouzet & Cazabon , Chirurgiens , font les
feings véritables , & que foi doit y être ajoutée.
En témoin de quoi , & c. nous avons fignés. Tournico,
Pagés , Defuttes . Par Meffieurs , Savanier.
RENNE S.
Lettre de M. Dupont , Maître en Chirurgie , Démonftrateur
Royal , à M. Keyfer , en datte da
26 Mars.
C'eft avec le plus grand plaifir , Monfieur , que
je me trouve dans le cas de pouvoir attefter l'efficacité
de vos dragées pour la cure des maladies
t
208 MERCURE DE FRANCE.
vénériennes. Lorfque vous eûtes la bonté de me
propofer votre correfpondance , j'eus l'honneur
de vous répondre que je ne pouvois l'accepter
fans m'être convaincu par mes expériences de la
fupériorité de votre méthode : vous convîntes de
ce préalable. Les trois fujets de la maladie def
quels je vous ai précédemment fait le détail fe
préfenterent , je les ai guéris. Je fuis convaincu
& en conféquence j'accepte avec autant de plaifir
que de reconnoiffance l'offre que vous m'avez
faite. Je joins ici le certificat de M. Sevoy , Docteur
en Médecine , qui a vu & fuivi ces malades.
J'ai l'honneur d'être , &c . Dupont , Démonſtra
teur Royal en Chirurgie à Rennes.
Certificat de M. Sevoy , Docteur en Médecine a
Rennes , en Bretagne.
Je fouffigné Docteur en Médecine , Aggrégé
au College des Médecins de Rennes, certifie avoir
vu & vifité Pierre Coliant , âgé de 40 ans , Jeanne
Rocher, fa femme , âgée de 35 , & fon enfant d'environ
3 ans , tous trois attaqués de maladie vénérienne
très - grave, Pon fupprime ici les détails ,
lefquels, ayant été tous trois traités par les dragées
de M. Keyfer , adminiftrés par M. Dupont , Mai
tre Chirurgien à Rennes & ayant commencé à
en prendre le 2 Janvier 1758 , j'ai vu & vifité les
mêmes perfonnes deux mois après , & les ai trouvées
fans aucun de ces fymptômes , & paroiffant
jouir d'une bonne fanté, malgré l'inclémence de
la faifon. A Rennes , ce 23 Mars 1758. Sevoy »
Médecin.
"
BESANÇON.
Lettre de M. Juffy, Maître en Chirurgie , à M.
Keyfer , en datte du 24 Mars 1758.
Je ferois bien malheureux , Monfieur , fi votre
JUILLET. 175 269
remède ayant partout les plus heureux fuccès , je
n'avois la fatisfaction de vous apprendre qu'il m'a
parfaitement réuſſi ſur un Employé attaqué de la
maladie vénérienne la plus confirmée , & fur le
nommé Luguet , Aubergifte , qui avoit lavoûte &
le voile du palais ulcéré , & qui avoit été déja
inutilement traité par les frictions. L'on fupprime
ici les détails de ces maladies dont les vilains mots
ne paroiffent pas néceffaires , mais qui étoient des
plus graves , & lefquels font parfaitement guéris.
Ce qui me prouve autentiquement la vérité que
vous m'aviez annoncée , & in'engage à donner à
votre méthode la préférence qu'elle mérite à tous
égards , ces malades ayant vaqué à leurs affaires ,
& n'ayant reffenti aucune efpèce d'incommodités .
J'ai l'honneur d'être , &c. Juffy , Maître en Chirurgie
à Befançon.
ΕΥΟΝ.
Lettre de M. Rey , Maitre en Chirurgie, à M
Keyfer , en datte du 2 Avril 1758.
Celle - ci eft , Monfieur , pour vous prévenir
que les épreuves qu'il a plu à M. le Prévôt des
Marchands & à MM. les Recteurs de l'Hôtel-
Dieu , de me faire faire de deux malades attaqués
des maladies vénériennes les plus graves , étant
achevées , & ces deux malades venant de fortir
parfaitement guéris, un de Meffieurs les Recteurs
vient d'envoyer à M. le Prévôt des Marchands ,
actuellement à Paris , les Certificats qui m'ont
été donnés par mes Confreres chargés de fuivre ces
expériences , & lefquels Certificats doivent être
préſentés à M. le Duc de Villeroy & à M. le Ma
réchal de Biron. Tous les malades dont je vous ai
parlé dans mes dernieres font -entierement guéris ,
210 MERCURE DE FRANCE.
1
n'ont éprouvé aucuns accidens , & jouiffent de la
meilleure fanté . J'en ai plufieurs nouveaux , de
l'état defquels je vous entretiendrai par le Courier
prochain. J'ai l'honneur d'être , &c. Rey , Maître
en Chirurgie à Lyon.
Nouveau Certificat de M. Garengeot , à l'occasion
de l'ufage qu'il vient de faire par lui- même des
dragées à l'Armée du Roi.
E'on n'a encore vu dans les repliques de M.
Keyfer à fes adverfaires , que deux de mès Certificats
fous l'autorité de deux Seigneurs qui exigeoient
que je fuiviffe ce Praticien dans le traitement
d'un nombre déterminé de fes malades , &
que je leur en rendiffe compte fuivant la probité
qu'ils me connoiffoient . Or j'attefte de plus aujourd'hui
que ce Chirurgien m'ayant reconnu
verfé dans le genre de maladie qui l'occupe , m'a
confié de fon remede. Me trouvant enfuite dans
une pofition où je ne pouvois traiter trois Officiers
par la méthode ordinaire ; je me fuis fervi
avec fuccès dudit remede , quoique ces Militaires
fuffent affujettis à paffer toute une campagne
dans des plaines , à n'avoir d'autre domicile que
leur tente , aux exercices de leur état qui confiftent
à monter de temps à autre des gardes , à
coucher ſouvent au bivouac , à des marches trèsfréquentes
, & à un régime peu convenable . Je
donne moins ces trois exemples pour modele ,
que pour faire connoître aux perſonnes en état
d'obferver un certain régime , d'être à portée
d'une adminiftration judicieufe & journaliere du
remede , & des acceffoires qui font quelquefois
d'une néceffité abfolue , qu'elles fe trouveront
guéries fans s'être abfentées de leurs exercices que
l'on fuppofe modérés , & fans qu'on ſe ſoit apJUILLET.
1758.
21X
२
perçu de leur incommodité ; avantage très- grand
pour plufieurs. Fait à Paris , le 17 Mars 1758.
Croiffant- de Garengeot .
Bretagne , à Lyon , à Besançon & à l'Armée
fous les yeux des Magifirats , des Médecins &
des Chirurgiens.
TOULOUSE.
Lettre de M. Laborie , Maître en Chirurgie à Touloufe
, à M. Keyſer , en datte du 2 Mars 1758 .
Vous recevrez , Monfieur , avec la préfente , les
certificats de MM. les Médecins & Chirurgiens ,,
de MM. les Capitouls , & de M. le Préſident de
Nupces , qui a bien voulu me donner fon atteftation
particuliere , & que fon amour pour le bien
publie & le foulagement de l'humanité a engagé
JUILLET. 1758. 201
a permettre que je traitaffe chez lui & fous fes
yeux avec vos dragées , les deux derniers de mes
malades. Je me flatte , Monfieur , que l'on ne
doutera pas de l'authenticité de ces atteftations , &
je ne puis m'empêcher de rendre ici juftice à la
vérité , & au zele impartial de mes Confreres , &
en particulier de M. Camoire , notre Lieutenant ,
lefquels, bien loin de témoigner aucune forte de
répugnance à voir les effets de votre remede , ont
été enchantés de fes fuccès prompts & certains
& m'ont donné leurs certificats avec autant de
plaifir que de fatisfaction.
Certificat de Meffieurs Sicret & Lapuyade , Maitres
en Chirurgie , à Toulouse.
Nous , Maîtres en Chirurgie de la ville de Touloufe
, certifions à qui il appartiendra , que le
fieur Laboric , notre Confrere , a traité fous nos
yeux par l'ufage des dragées de M. Keyfer , deux
malades de cette Ville , mari & femme , qui, après
avoir fubi quatre traitemens inutiles par les frictions
, avoient encore plufieurs fymptômes de v...
des douleurs nocturnes dans tous les membres ,
des excroiffances vénériennes & un ulcere au gofier
qui avoit conftamment réfifté à tous les reme
des. Nous atteftons ici avec plaifir que tous ces
fymptômes ont cédé en très- peu de temps à l'ufage
des dragées , pendant la durée duquel ces ma
lades n'ont éprouvé aucune incommodité remarquable
, qu'ils ont toujours vaqué à leurs affaires ,
& que l'un & l'autre nous ont paru bien & parfaitement
guéris . A Toulouſe , le 2 Mars 1758.
Signé , Sicret & Lapuyade.
Certificat de Meffieurs les Caritouls.
Nous , Capitouls , Gouverneurs de la ville de
Touloufe , Chefs des Nobles , Juges des caufes
206 MERCURE DE FRANCE.
civiles & criminelles , & de la police de ladite
Ville & gardiage d'icelle , à tous ceux qui ces
préfentes Lettres verront , Salut. Sçavoir faiſons ,
& atteftons que les fignatures de MM . Sicret &
Lapuyade , Chirurgiens - Jurés de cette Ville , ciappofées
, font véritables , & que foi doit y être
ajoutée en jugement & dehors. En témoins de quoi
nous avons figné ces Préfentes , fait contrefigner
par notre Secretaire Greffier , & à icelles fait appoſer
le fceau des Armes de la Ville. A Toulouſe ,
ce 22 Mars 1758. Signé , Pagés - de Suttes : Tournico,
Capitoul, Chef du Confiftoire. Par Meffieurs.
Savanier.
Certificat de Meffieurs les Médecins , & de M. le
Lieutenant de M. le Premier Chirurgien.
"
Nous , Docteurs en Médecine , le Lieutenant
de M. le premier Chirurgien du Roi , & les Maîtres
en Chirurgie fouffignés , certifions avoir vu
& vérifié l'état actuel d'un homme & d'une femme
mariés auxquels nous avons trouvés , 1º. au mari
des puftules fulfureufes au front , à la tête , à la
bouche & au meaton , des tuméfactions & plufieurs
ulceres chancreux & quantité d'autres
fymptômes très - graves . L'on fupprime ici les
mots défagréables. A la femme un anneau de
crêtes , moles , indolentes & autres fymptômes
très -confidérables . Qu'enfuite des traitemens faits
par M. Laboric , notre Confrere , avec les dragées
de M. Keyſer , nous avons revus & examinés les
malades ci- deffus ; & qu'en conféquence , nous
certifions qu'après des examens & vifites réitérées,
nous avons trouvé tous les accidens & ſymptômes
dont il eft fait mention, radicalement détruits ,
de façon qu'il n'en refte point veftige , que l'homme
& la femme jouiffent d'une fanté parfaite , &
JUILLET. 1758. 207
que pendant l'ufage des remedes de M. Keyfer ,
ils n'ont éprouvé aucune espece d'incommodité.
En foi de quoi , &c. A Toulouſe > ce 25 Mars
1758. Signé , Meynard , Ponderous , Docteurs en
Médecine ; Camoire , Fronton ,
fils , Crouzet , Cazabon , &c .
pere , Fronten
Certificat de M. le Marquis de Nupces , Préfident à
Mortier au Parlement.
9
Je, fouffigné, déclare que la nommée Segonzat
& fon mari de ma terre de Florentin , attaqués
d'une maladie fi confidérable , qu'ils avoient été
obligés de fe faire tranfporter fur une charette ,
ont été traités dans mon hôtel par M. Laboric
& qu'ils font partis en très - bonne fanté , ce qui
annonce une guériſon parfaite. En foi de quoi
j'ai figné . A Toulouſe , le 28 Mars 1758. De
Nupces , Préfident au Parlement.
Certificat de Meffieurs les Capitouls .
.
Nous , Capitouls , Gouverneurs , & c. fçavoir
faifons que les feings appofés au bas du Préfent ,
fçavoir de MM . Ponderons & Meynard , Médecins
de cette Ville ; Camoire , Fronton pere &
fils , Crouzet & Cazabon , Chirurgiens , font les
feings véritables , & que foi doit y être ajoutée.
En témoin de quoi , & c. nous avons fignés. Tournico,
Pagés , Defuttes . Par Meffieurs , Savanier.
RENNE S.
Lettre de M. Dupont , Maître en Chirurgie , Démonftrateur
Royal , à M. Keyfer , en datte da
26 Mars.
C'eft avec le plus grand plaifir , Monfieur , que
je me trouve dans le cas de pouvoir attefter l'efficacité
de vos dragées pour la cure des maladies
t
208 MERCURE DE FRANCE.
vénériennes. Lorfque vous eûtes la bonté de me
propofer votre correfpondance , j'eus l'honneur
de vous répondre que je ne pouvois l'accepter
fans m'être convaincu par mes expériences de la
fupériorité de votre méthode : vous convîntes de
ce préalable. Les trois fujets de la maladie def
quels je vous ai précédemment fait le détail fe
préfenterent , je les ai guéris. Je fuis convaincu
& en conféquence j'accepte avec autant de plaifir
que de reconnoiffance l'offre que vous m'avez
faite. Je joins ici le certificat de M. Sevoy , Docteur
en Médecine , qui a vu & fuivi ces malades.
J'ai l'honneur d'être , &c . Dupont , Démonſtra
teur Royal en Chirurgie à Rennes.
Certificat de M. Sevoy , Docteur en Médecine a
Rennes , en Bretagne.
Je fouffigné Docteur en Médecine , Aggrégé
au College des Médecins de Rennes, certifie avoir
vu & vifité Pierre Coliant , âgé de 40 ans , Jeanne
Rocher, fa femme , âgée de 35 , & fon enfant d'environ
3 ans , tous trois attaqués de maladie vénérienne
très - grave, Pon fupprime ici les détails ,
lefquels, ayant été tous trois traités par les dragées
de M. Keyfer , adminiftrés par M. Dupont , Mai
tre Chirurgien à Rennes & ayant commencé à
en prendre le 2 Janvier 1758 , j'ai vu & vifité les
mêmes perfonnes deux mois après , & les ai trouvées
fans aucun de ces fymptômes , & paroiffant
jouir d'une bonne fanté, malgré l'inclémence de
la faifon. A Rennes , ce 23 Mars 1758. Sevoy »
Médecin.
"
BESANÇON.
Lettre de M. Juffy, Maître en Chirurgie , à M.
Keyfer , en datte du 24 Mars 1758.
Je ferois bien malheureux , Monfieur , fi votre
JUILLET. 175 269
remède ayant partout les plus heureux fuccès , je
n'avois la fatisfaction de vous apprendre qu'il m'a
parfaitement réuſſi ſur un Employé attaqué de la
maladie vénérienne la plus confirmée , & fur le
nommé Luguet , Aubergifte , qui avoit lavoûte &
le voile du palais ulcéré , & qui avoit été déja
inutilement traité par les frictions. L'on fupprime
ici les détails de ces maladies dont les vilains mots
ne paroiffent pas néceffaires , mais qui étoient des
plus graves , & lefquels font parfaitement guéris.
Ce qui me prouve autentiquement la vérité que
vous m'aviez annoncée , & in'engage à donner à
votre méthode la préférence qu'elle mérite à tous
égards , ces malades ayant vaqué à leurs affaires ,
& n'ayant reffenti aucune efpèce d'incommodités .
J'ai l'honneur d'être , &c. Juffy , Maître en Chirurgie
à Befançon.
ΕΥΟΝ.
Lettre de M. Rey , Maitre en Chirurgie, à M
Keyfer , en datte du 2 Avril 1758.
Celle - ci eft , Monfieur , pour vous prévenir
que les épreuves qu'il a plu à M. le Prévôt des
Marchands & à MM. les Recteurs de l'Hôtel-
Dieu , de me faire faire de deux malades attaqués
des maladies vénériennes les plus graves , étant
achevées , & ces deux malades venant de fortir
parfaitement guéris, un de Meffieurs les Recteurs
vient d'envoyer à M. le Prévôt des Marchands ,
actuellement à Paris , les Certificats qui m'ont
été donnés par mes Confreres chargés de fuivre ces
expériences , & lefquels Certificats doivent être
préſentés à M. le Duc de Villeroy & à M. le Ma
réchal de Biron. Tous les malades dont je vous ai
parlé dans mes dernieres font -entierement guéris ,
210 MERCURE DE FRANCE.
1
n'ont éprouvé aucuns accidens , & jouiffent de la
meilleure fanté . J'en ai plufieurs nouveaux , de
l'état defquels je vous entretiendrai par le Courier
prochain. J'ai l'honneur d'être , &c. Rey , Maître
en Chirurgie à Lyon.
Nouveau Certificat de M. Garengeot , à l'occasion
de l'ufage qu'il vient de faire par lui- même des
dragées à l'Armée du Roi.
E'on n'a encore vu dans les repliques de M.
Keyfer à fes adverfaires , que deux de mès Certificats
fous l'autorité de deux Seigneurs qui exigeoient
que je fuiviffe ce Praticien dans le traitement
d'un nombre déterminé de fes malades , &
que je leur en rendiffe compte fuivant la probité
qu'ils me connoiffoient . Or j'attefte de plus aujourd'hui
que ce Chirurgien m'ayant reconnu
verfé dans le genre de maladie qui l'occupe , m'a
confié de fon remede. Me trouvant enfuite dans
une pofition où je ne pouvois traiter trois Officiers
par la méthode ordinaire ; je me fuis fervi
avec fuccès dudit remede , quoique ces Militaires
fuffent affujettis à paffer toute une campagne
dans des plaines , à n'avoir d'autre domicile que
leur tente , aux exercices de leur état qui confiftent
à monter de temps à autre des gardes , à
coucher ſouvent au bivouac , à des marches trèsfréquentes
, & à un régime peu convenable . Je
donne moins ces trois exemples pour modele ,
que pour faire connoître aux perſonnes en état
d'obferver un certain régime , d'être à portée
d'une adminiftration judicieufe & journaliere du
remede , & des acceffoires qui font quelquefois
d'une néceffité abfolue , qu'elles fe trouveront
guéries fans s'être abfentées de leurs exercices que
l'on fuppofe modérés , & fans qu'on ſe ſoit apJUILLET.
1758.
21X
२
perçu de leur incommodité ; avantage très- grand
pour plufieurs. Fait à Paris , le 17 Mars 1758.
Croiffant- de Garengeot .
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Résumé : Nouvelles épreuves faites à Toulouse, à Rennes en Bretagne, à Lyon, à Besançon & à l'Armée, sous les yeux des Magistrats, des Médecins & des Chirurgiens.
En 1758, plusieurs villes françaises ont mené des épreuves et certifications pour évaluer l'efficacité des dragées de M. Keyser dans le traitement des maladies vénériennes. À Toulouse, M. Laborie, maître en chirurgie, a traité deux malades sous la supervision de médecins et chirurgiens. Ces derniers ont attesté de la guérison rapide et sans inconvénients des patients. Les Capitouls, les médecins, et M. le Président de Nupces ont confirmé l'authenticité de ces témoignages. À Rennes, M. Dupont et M. Sevoy ont certifié la guérison de trois patients grâce aux dragées de M. Keyser. À Besançon, M. Juffy a rapporté le succès du traitement sur un employé et un aubergiste. À Lyon, M. Rey a informé de la guérison de deux malades sous la supervision de M. le Prévôt des Marchands et des Recteurs de l'Hôtel-Dieu. Enfin, M. Garengeot a attesté de l'efficacité du remède sur trois officiers de l'armée, malgré les conditions difficiles de la campagne militaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3854
p. 211
« M. Keyser ose se flatter que le Public reconnoîtra de plus en plus la [...] »
Début :
M. Keyser ose se flatter que le Public reconnoîtra de plus en plus la [...]
Mots clefs :
Vérité, Authentique, Attestations, Ennemis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Keyser ose se flatter que le Public reconnoîtra de plus en plus la [...] »
M. Keyfer ofe fe flatter que le Public reconnoîtra
de plus en plus la vérité , & qu'il verra que
les atteftations auffi authentiques & auffi multipliées
, qu'il a l'honneur de lui préfenter tous les
mois , & venant de toutes parts , mériteront bien
plus de foi que les mauvais & faux Libelles que
la noirceur de fes ennemis ofé enfanter dans la
feule vue de lui nuire , & auxquels il ne répondra
plus par la fuite.
de plus en plus la vérité , & qu'il verra que
les atteftations auffi authentiques & auffi multipliées
, qu'il a l'honneur de lui préfenter tous les
mois , & venant de toutes parts , mériteront bien
plus de foi que les mauvais & faux Libelles que
la noirceur de fes ennemis ofé enfanter dans la
feule vue de lui nuire , & auxquels il ne répondra
plus par la fuite.
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3855
p. 207-208
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Douzieme traitement depuis son établissement.
Début :
I. Lahave, Compagnie de Rasilly, est entré le 2 Février, & est sorti le 15 [...]
Mots clefs :
Compagnie, Soldats, Malades, Douleurs, Ulcères, Symptômes, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Douzieme traitement depuis son établissement.
Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron.
Douzieme traitement depuis fon établiſſement.
LAHAYE , Compagnie de Rafilly , eft entre
I.
le 2 Février , & eft forti le 15 M parfaitement
guéri ; il étoit dans un état bien fâcheux , & avoir
des douleurs aigues dans tous les doigts du pid.
2. Defrance , Compagnie de Bragelongne , eft
entré le z Février , & eft forti le 15 Mais parfai
tement guéri .
3. Ladouceur , Compagnie de Rochegude , eft
entré le 2 Février , & eft forti le- Mars parfai
tement guéri . Outre les fimptômes vénér ens ,
avoit de grandes douleurs dans les jambes .
4. Saint Médard Compagnie de Guer , eft entré
le 9 Février , & eft forti le 9 Avril parfaitement
guér .
5. Davefne , Compagnie de Bouville , eft entré
le 10 Février , & eft forti le 28 Mars parfa tement
gué: Outre des puftules confidérables , il avoit
des douleurs dans tous les membres , de violens
maux de tête , & un ulcere très profond dans la
gorge.
T
6. Briant , compagnie de Pronleroi , eft entré
le 16 Février , & eft forti le 29 Mars parfaitement
guéri .
7. Drapier , Compagnie de la Colonelle , eft
entré le 17 Février , & eft forti le 28 Mars parfai
tement guéri. l'étoit dans un état cruel , & avoiť
inutilement paffé les grands remedes à Montpellier
& ailleurs.
208 MERCURE DE FRANCE.
8. Digon , Compagnie de Chevalier , eft entré
le 16 Mars , & eft forti le 3 Mai parfaitement
guéri. Outre les fimptômes ordinaires , il avoit
des douleurs partout le corps.
eft
9. Saint André , Compagnie de la Ferriere ,
entré le 30 Mars , & eft forti le 9 Mai parfaitement
guéri. Il avoit les plus violens maux de tête ,
une furdité confidérable , une ophtalmie à l'oeil
gauche , & un ulcere , avec inflammation à la
gorge.
10. La Pierre , Compagnie de Chevalier , eft entré
le 30 Mars , & eft forti le 2 Mai parfaitement
guéri .
11. Verly , Compagnie de Chevalier , eft entré
le 13 Avril, & eft forti le 23 Mai parfaitement
guéri . Il étoit dans l'état le plus fâcheux , & outre
les fimptômes les plus graves , il avoit une furdité
à l'oreille gauche avec un engorgement aux glandes
inguinaires.
12. Coeur-de- Roi , Compagnie de Mathan , eft
entré le 4 Mai , & eft forti le 13 Juin parfaitement
guéri.
Douzieme traitement depuis fon établiſſement.
LAHAYE , Compagnie de Rafilly , eft entre
I.
le 2 Février , & eft forti le 15 M parfaitement
guéri ; il étoit dans un état bien fâcheux , & avoir
des douleurs aigues dans tous les doigts du pid.
2. Defrance , Compagnie de Bragelongne , eft
entré le z Février , & eft forti le 15 Mais parfai
tement guéri .
3. Ladouceur , Compagnie de Rochegude , eft
entré le 2 Février , & eft forti le- Mars parfai
tement guéri . Outre les fimptômes vénér ens ,
avoit de grandes douleurs dans les jambes .
4. Saint Médard Compagnie de Guer , eft entré
le 9 Février , & eft forti le 9 Avril parfaitement
guér .
5. Davefne , Compagnie de Bouville , eft entré
le 10 Février , & eft forti le 28 Mars parfa tement
gué: Outre des puftules confidérables , il avoit
des douleurs dans tous les membres , de violens
maux de tête , & un ulcere très profond dans la
gorge.
T
6. Briant , compagnie de Pronleroi , eft entré
le 16 Février , & eft forti le 29 Mars parfaitement
guéri .
7. Drapier , Compagnie de la Colonelle , eft
entré le 17 Février , & eft forti le 28 Mars parfai
tement guéri. l'étoit dans un état cruel , & avoiť
inutilement paffé les grands remedes à Montpellier
& ailleurs.
208 MERCURE DE FRANCE.
8. Digon , Compagnie de Chevalier , eft entré
le 16 Mars , & eft forti le 3 Mai parfaitement
guéri. Outre les fimptômes ordinaires , il avoit
des douleurs partout le corps.
eft
9. Saint André , Compagnie de la Ferriere ,
entré le 30 Mars , & eft forti le 9 Mai parfaitement
guéri. Il avoit les plus violens maux de tête ,
une furdité confidérable , une ophtalmie à l'oeil
gauche , & un ulcere , avec inflammation à la
gorge.
10. La Pierre , Compagnie de Chevalier , eft entré
le 30 Mars , & eft forti le 2 Mai parfaitement
guéri .
11. Verly , Compagnie de Chevalier , eft entré
le 13 Avril, & eft forti le 23 Mai parfaitement
guéri . Il étoit dans l'état le plus fâcheux , & outre
les fimptômes les plus graves , il avoit une furdité
à l'oreille gauche avec un engorgement aux glandes
inguinaires.
12. Coeur-de- Roi , Compagnie de Mathan , eft
entré le 4 Mai , & eft forti le 13 Juin parfaitement
guéri.
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal Duc de Biron. Douzieme traitement depuis son établissement.
Le document décrit le douzième traitement effectué à l'hôpital du Maréchal Duc de Biron, où douze patients ont été traités et guéris entre février et juin. Lahaye, Desrance et Ladouceur, entrés le 2 février, sont sortis guéris le 15 mars. Ladouceur souffrait également de douleurs dans les jambes. Saint Médard, entré le 9 février, est sorti guéri le 9 avril. Davezne, entré le 10 février, a été guéri le 28 mars malgré des pustules, des douleurs dans les membres, des maux de tête violents et un ulcère profond dans la gorge. Briant, entré le 16 février, est sorti guéri le 29 mars. Drapier, entré le 17 février, était dans un état cruel et a été guéri le 28 mars après avoir essayé sans succès des remèdes à Montpellier. Digon, entré le 16 mars, a été guéri le 3 mai avec des douleurs dans tout le corps. Saint André, entré le 30 mars, a été guéri le 9 mai malgré des maux de tête violents, une surdité, une ophtalmie à l'œil gauche et un ulcère à la gorge. La Pierre, entré le 30 mars, est sorti guéri le 2 mai. Verly, entré le 13 avril, a été guéri le 23 mai malgré une surdité à l'oreille gauche et un engorgement aux glandes inguinales. Enfin, Coeur-de-Roi, entré le 4 mai, est sorti guéri le 13 juin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3856
p. 208-211
Expériences qui viennent d'être faites dans l'Hôpital Militaire de Strasbourg, sous le bon plaisir de M. l'Intendant d'Alsace, & sous les yeux de Messieurs les Médecins & Chirurgiens dudit Hôpital.
Début :
J'ai l'honneur de vous adresser, Monsieur, un état de cinq malades attaqués [...]
Mots clefs :
Malades, Maladie vénérienne, M. Keyser, Chirurgien-Major de l'hôpital militaire, Vérité, Symptômes, Ulcères, Soldats, Guérison, Pustules, Douleurs, Certificats
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texteReconnaissance textuelle : Expériences qui viennent d'être faites dans l'Hôpital Militaire de Strasbourg, sous le bon plaisir de M. l'Intendant d'Alsace, & sous les yeux de Messieurs les Médecins & Chirurgiens dudit Hôpital.
Expériences qui viennent d'être faites dans l'Hopital
Militaire de Strasbourg ,fous le bon plaifir
de M. l'Intendant d'Alface , & fous les yeux de
Meffieurs les Médecins & Chirurgiens dudit Hô◄
pital.
Lettre de M. le Riche , Chirurgien-Major de l'Hôpital
Militaire de Strasbourg , à M. Keyfer , en
datte du 28 Mai 1758.
J'ai l'honneur de vous adreffer , Monfieur , un
'état de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne
, que j'ai traités avec vos dragées , & fuivant
votre méthode de les adminiftrer. Vous ver
rez que le fuccès ne pouvoit en être plus complet ,
JULLET. 1758. 200
ni les atteftations plus authentiques. Il n'y a cependant
rien d'exagéré , ni qui ne foit conforme
à la plus exacte vérité . Je ne vous diffimulerai pas ,
Monfieur , que j'avois befoin de ces preuves pour
croire. Accoutumé depuis très - long- temps à employer
le mercure par les frictions , je ne croyois
pas que toute autre maniere de le donner pût pro
duire de fi bons effets que votre découverte ; mais
je ſuis défabulé , & il eft jufte que j'en faffe l'a
veu. Une circonstance qui me plaît encore , & à
laquelle on doit faire attention , c'eft que la cure
de cette maladie par vos dragées , eft beaucoup
plus courte que par les frictions , plus commode ,
& qu'elle eft pour le moins auffi sûre.
J'ai l'honneur d'être , & c. Le Riche , Chirur
gien Major de l'Hôpital Militaire de Strasbourg .
Etat de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne
, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire .
de Strasbourg avec les dragées de M. Keyfer ,
fuivantfa méthode , par les foins de M. le Riche,
Chirurgien Major dudit Hôpital , avecla permiffion
de M. le Baron de Lucé , Intendant de la
Province d'Alface.
Le nommé Antoine Buiron , dit Saint Flours ,
Grenadier au Régiment de la Roche -Aymond ,
Compagnie de Saint Fal , eft entré à l'Hôpital le
7 d'Avril , a commencé à être traité le 23 , & en
eft forti le 18 Mai parfaitement guéri , & les forces
rétablies. Les fimptômes de fa maladie étoient
entr'autres des puftules ulcérées.
Le nommé Jean -Baptifte - Jofeph Robelot , Cavalier
au Régiment de Grammont , Compagnie
de Toulle , eft entré à l'hôpital le 23 Mars , fon
traitement a commencé le 10 Avril , & a fini le 12
Mai. Il avoit des puftules ulcérées & des excroiffances.
Il a été parfaitement guéri des unes & des
autres.
210 MERCURE DERANCE!
Le nommé Nicolas la Forge , Cavalier au Rés
giment de Bezons , Compagnie de Ponti , eft entré
à l'hôpital le 23 Mars. Son traitement a commencé
le 10 Avril & a fini le 14 Mai . Il avoit
pour fymptômes des puftules ulcérées , & des
douleurs aux extrêmités fupérieures & inférieures ,
-particulièrement au bras gauche dont il pouvoit
à peine faire ufage. Les puftules font effacées & les
douleurs ont difparues.
Le nommé Gabriel- Pierre , dit d'Arras, Sappeur
au Régiment du Corps royal d'Artillerie , Compagnie
de Clinchamp , eft entré à l'hôpital le 21
Mars . Son traitement a commencé le 10 du mois
`d'Avril , & a fini le 14 Mai. Il avoit pour ſymptômes
un ulcere aux côtés de la luette , lequel lui
étoit furvenu après d'autres maladies vénériennes
bien caractérisées , & il en eft parfaitement guéri.
Le nommé Vidal Eftreman , dit la Jeuneffe ,
foldat au Régiment de Bauvoifis , Compagnie de
la Tour , eft entré à l'hôpital les Avril , ayant un
bubon à laine droite , qui a été ouvert , & autres
fymptômes. Son traitement a commencé le 20
Avril , & a fini le 20 Mai. Il eſt parfaitement guéri .
Certificat de Meffieurs les Médecins & Chirurgiens
qui ont fuivi ces traitemens.
Nous , Médecins , Chirurgiens-Majors & Aides
de l'Hôpital Militaire de Strasbourg , fouffignés
eertifions & atteftons que nous avons vifité trèsfcrupuleufement
les malades dénommés au préfent
état , & que nous avons trouvé qu'ils avoient
chacun les fymptômes propres & particuliers de
la maladie vénérienne dont il eft fait mention à
chaque article féparé. Que nous nous fommes
tranfportés plufieurs fois dans la falle où ils ont
été traités par l'invitation de M. le Riche , Chiturgien-
Major chargé de ce traitement , pour voir
JUI LET. 1758. 211
de quelle maniere le ragées antivénériennes ont
agi fur eux. Que nous avons appris & obfervés en
interrogeant lefdits malades , que ce remede produifoit
des évacuations fûres , douces & aifées ,
tant par les felles , que par les urines & légere
falivation ; & que la guérifon de ces malades
ayant été une fuite de l'adminiftration des dragées
, nous eftimons qu'elles peuvent être employées
avec les meilleurs fuccès pour la guérifon
de cette maladie. Fait à Strasbourg , le 25 du mois
de Mai 1798. Guérin , Docteur en Médecine ;
Paris , Docteur en Médecine ; le Riche , Chirurgien-
Major ; Domergue , Chirurgien - Major en
fecond ; le Riche , Chirurgien Aide- Major ; Barbezant
, Chirurgien Aide- Major.
Militaire de Strasbourg ,fous le bon plaifir
de M. l'Intendant d'Alface , & fous les yeux de
Meffieurs les Médecins & Chirurgiens dudit Hô◄
pital.
Lettre de M. le Riche , Chirurgien-Major de l'Hôpital
Militaire de Strasbourg , à M. Keyfer , en
datte du 28 Mai 1758.
J'ai l'honneur de vous adreffer , Monfieur , un
'état de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne
, que j'ai traités avec vos dragées , & fuivant
votre méthode de les adminiftrer. Vous ver
rez que le fuccès ne pouvoit en être plus complet ,
JULLET. 1758. 200
ni les atteftations plus authentiques. Il n'y a cependant
rien d'exagéré , ni qui ne foit conforme
à la plus exacte vérité . Je ne vous diffimulerai pas ,
Monfieur , que j'avois befoin de ces preuves pour
croire. Accoutumé depuis très - long- temps à employer
le mercure par les frictions , je ne croyois
pas que toute autre maniere de le donner pût pro
duire de fi bons effets que votre découverte ; mais
je ſuis défabulé , & il eft jufte que j'en faffe l'a
veu. Une circonstance qui me plaît encore , & à
laquelle on doit faire attention , c'eft que la cure
de cette maladie par vos dragées , eft beaucoup
plus courte que par les frictions , plus commode ,
& qu'elle eft pour le moins auffi sûre.
J'ai l'honneur d'être , & c. Le Riche , Chirur
gien Major de l'Hôpital Militaire de Strasbourg .
Etat de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne
, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire .
de Strasbourg avec les dragées de M. Keyfer ,
fuivantfa méthode , par les foins de M. le Riche,
Chirurgien Major dudit Hôpital , avecla permiffion
de M. le Baron de Lucé , Intendant de la
Province d'Alface.
Le nommé Antoine Buiron , dit Saint Flours ,
Grenadier au Régiment de la Roche -Aymond ,
Compagnie de Saint Fal , eft entré à l'Hôpital le
7 d'Avril , a commencé à être traité le 23 , & en
eft forti le 18 Mai parfaitement guéri , & les forces
rétablies. Les fimptômes de fa maladie étoient
entr'autres des puftules ulcérées.
Le nommé Jean -Baptifte - Jofeph Robelot , Cavalier
au Régiment de Grammont , Compagnie
de Toulle , eft entré à l'hôpital le 23 Mars , fon
traitement a commencé le 10 Avril , & a fini le 12
Mai. Il avoit des puftules ulcérées & des excroiffances.
Il a été parfaitement guéri des unes & des
autres.
210 MERCURE DERANCE!
Le nommé Nicolas la Forge , Cavalier au Rés
giment de Bezons , Compagnie de Ponti , eft entré
à l'hôpital le 23 Mars. Son traitement a commencé
le 10 Avril & a fini le 14 Mai . Il avoit
pour fymptômes des puftules ulcérées , & des
douleurs aux extrêmités fupérieures & inférieures ,
-particulièrement au bras gauche dont il pouvoit
à peine faire ufage. Les puftules font effacées & les
douleurs ont difparues.
Le nommé Gabriel- Pierre , dit d'Arras, Sappeur
au Régiment du Corps royal d'Artillerie , Compagnie
de Clinchamp , eft entré à l'hôpital le 21
Mars . Son traitement a commencé le 10 du mois
`d'Avril , & a fini le 14 Mai. Il avoit pour ſymptômes
un ulcere aux côtés de la luette , lequel lui
étoit furvenu après d'autres maladies vénériennes
bien caractérisées , & il en eft parfaitement guéri.
Le nommé Vidal Eftreman , dit la Jeuneffe ,
foldat au Régiment de Bauvoifis , Compagnie de
la Tour , eft entré à l'hôpital les Avril , ayant un
bubon à laine droite , qui a été ouvert , & autres
fymptômes. Son traitement a commencé le 20
Avril , & a fini le 20 Mai. Il eſt parfaitement guéri .
Certificat de Meffieurs les Médecins & Chirurgiens
qui ont fuivi ces traitemens.
Nous , Médecins , Chirurgiens-Majors & Aides
de l'Hôpital Militaire de Strasbourg , fouffignés
eertifions & atteftons que nous avons vifité trèsfcrupuleufement
les malades dénommés au préfent
état , & que nous avons trouvé qu'ils avoient
chacun les fymptômes propres & particuliers de
la maladie vénérienne dont il eft fait mention à
chaque article féparé. Que nous nous fommes
tranfportés plufieurs fois dans la falle où ils ont
été traités par l'invitation de M. le Riche , Chiturgien-
Major chargé de ce traitement , pour voir
JUI LET. 1758. 211
de quelle maniere le ragées antivénériennes ont
agi fur eux. Que nous avons appris & obfervés en
interrogeant lefdits malades , que ce remede produifoit
des évacuations fûres , douces & aifées ,
tant par les felles , que par les urines & légere
falivation ; & que la guérifon de ces malades
ayant été une fuite de l'adminiftration des dragées
, nous eftimons qu'elles peuvent être employées
avec les meilleurs fuccès pour la guérifon
de cette maladie. Fait à Strasbourg , le 25 du mois
de Mai 1798. Guérin , Docteur en Médecine ;
Paris , Docteur en Médecine ; le Riche , Chirurgien-
Major ; Domergue , Chirurgien - Major en
fecond ; le Riche , Chirurgien Aide- Major ; Barbezant
, Chirurgien Aide- Major.
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Résumé : Expériences qui viennent d'être faites dans l'Hôpital Militaire de Strasbourg, sous le bon plaisir de M. l'Intendant d'Alsace, & sous les yeux de Messieurs les Médecins & Chirurgiens dudit Hôpital.
Le document décrit des expériences réalisées à l'Hôpital Militaire de Strasbourg sous la supervision de M. l'Intendant d'Alsace et en présence des médecins et chirurgiens de l'hôpital. Une lettre datée du 28 mai 1758, rédigée par M. le Riche, Chirurgien-Major, adresse à M. Keyfer un rapport sur le traitement de cinq malades atteints de la maladie vénérienne. Le traitement a été effectué à l'aide de dragées et de la méthode de M. Keyfer. Le succès du traitement est complet et authentique, sans exagération. M. le Riche, initialement sceptique, reconnaît l'efficacité des dragées, qui permettent une guérison plus rapide et plus commode que les frictions au mercure traditionnelles. Les cinq malades traités sont : 1. Antoine Buiron, grenadier, entré le 7 avril, guéri le 18 mai. 2. Jean-Baptiste-Joseph Robelot, cavalier, entré le 23 mars, guéri le 12 mai. 3. Nicolas la Forge, cavalier, entré le 23 mars, guéri le 14 mai. 4. Gabriel-Pierre, sappeur, entré le 21 mars, guéri le 14 mai. 5. Vidal Estreman, soldat, entré le 1er avril, guéri le 20 mai. Un certificat des médecins et chirurgiens de l'hôpital confirme la guérison des malades et l'efficacité des dragées antivénériennes, observant des évacuations sûres et douces. Le document est signé par plusieurs médecins et chirurgiens le 25 mai 1758.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3857
p. 211-214
Cure particuliere & de remarque.
Début :
Le sieur Keyser entreprit l'an passé M. de ***, dans l'état du monde le plus [...]
Mots clefs :
Maladie, Douleurs, M. Keyser, Traitement, Guérison, Médecins, Échange épistolaire, Remèdes, Frictions, Dragées
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texteReconnaissance textuelle : Cure particuliere & de remarque.
Cure particuliere && de remarque .
Le fieur Keyfer entreprit l'an paffé M. de ***,
dans l'état du monde le plus cruel & fans reffource
, ayant été manqué plufieurs fois , & les frictions
ne pouvant plus lui procurer aucun foulagement.
Avant de l'entreprendre , M Keyfer pria
ce malade de faire faire des confultations authentiques
, lefquelles furent faites par les plus habiles
perfonnes de l'Art en Médecine & en Chirurgie.
M. Keyfer ne pouvant s'étendre plus particuliérement
là- deffus , laiffe ces Meffieurs , qui font extrêmement
au fait , maîtres de juger, en fe rappellant
ce dont il eft queftion . Il entreprit donc ce
malade après leurs confultations , le guérit , &
pria de nouveau fon malade de rappeller après la
guérifon les mêmes perfonnes qui avoient affifté
à la premiere confultation ; ce qui fut exécuté ,
& où plufieurs d'entr'eux marquerent un grand
étonnement. Or comme cette cure a fait tenir
beaucoup de propos , & que les ennemis du ficut
Keyfer , toujours plus animés & plus jaloux que
212 MERCURE DE FRANCE:
jamais , ont ofé répandre danse Public , que non
feulement il l'avoit manque , ais même que ce
malade avoit été obligé de repaffer par les remedes
depuis le traitement du fieur Keyſer ; pour
prouver la nouvelle fauffeté de ces imputations ,
toujours démenties avec autant de vérité que d'authenticité,
le fieur Keyfer va rapporter une Lettre
d'un Maître en Chirurgie de Paris , écrite à fon
malade actuellement à l'armée du Roi , & la Réponſe
dudit malade à ladite Lettre ; ces deux pieces
lui ayant été envoyées par le malade lui -même ,
homme de confidération , & qui s'eft fait un plaifir
d'avertir dans la minute le fieur Keyfer des
queftions qu'on avoit ofé lui faire fur fon état.
Lettre d'un Maître en Chirurgie de Paris , à M.
de *** , à l'Armée de Clermont , en date du 12
Mai 1758.
Monfieur , pour des raifons de la derniere conféquence
, je vous prie en grace de m'écrire let
plutôt que vous pourrez l'état au jufte de votre
fanté , & s'il eft vrai que depuis le traitement que
vous a fait M. Keyler , vous avez été obligé de
paffer par les grands remedes ; c'eft une chofe
très-intéreffante à fçavoir pour moi , voulant fçavoir
au jufte l'état des malades après un temps de
traitement écoulé. Je me flatte que vous ne me
refuferez pas la grace que je vous demande , & j'ai
l'honneur d'être , &c. A Paris , le 12 Mai 1758.
Réponse de M. *** , au Maître en Chirurgie , Auteur
de la Lettre ci deffus.
Monfieur , rien ne m'eft plus aifé que de fatisfaire
à ce que vous paroiffez defirer de moi . L'on
vous en a très-fort impofé , lorfque l'on vous a
que j'avois été obligé de paffer par les remedesdepuis
que j'ai forti des mains de M. Keyfer. Bien
Koin de-là , ma ſanté a toujours été de mieux en
dit
JUI LET . 1758. 213
mieux , malgré l ue d'un long voyage que
j'ai été obligé de à cheval pour joindre mon
Corps. Depuis mon arrivée ici , j'aurai l'honneur
de vous dire, Monfieur, que je ne me fuis gêné en
rien. Je chaffe , je bois , je mange , & je fais mon
ſervice comme fi je n'avois jamais éte incommodé,
Voilà , Monfieur , la vérité pure , & je puis vous
certifier que je dirai à toute la terre que je dois la
vie à M. Keyfer , & non à d'autres , ayant été
manqué par plufieurs. J'ai l'honneur d'être , &c.
A l'Armée de Clermont , Mars 1758. ƉE ***¿
M. Keyfer ne chercheroit affurément pas
s'appuyer de faits fi authentiques ni à en triompher
, fi la malice des propos que l'on invente
chaque jour ne l'y forçoit ; il en eft encore aux➡
quels il croit devoir donner ici un démenti public
Ces propos font qu'il donne des frictions à fes
malades , & que c'eft précisément ce moyen qui lui
fait opérer les cures qu'il cite. A cela M. Keyfer
répond encore comme à la derniere reffource de
fes Adverfaires , que c'eft une fauffeté d'autant
plus grande , qu'il n'en a jamais donné une feule s
qu'il en eft bien éloigné , & qu'il leur défie de
lui citer qui que ce foit qui ofe dire qu'il lui en
ait donné. Ce font là des faits , & ces Meffieurs
peuvent actuellement chercher s'ils en trouveront
Il leur ajoutera encore que ces fortes d'imputa
tions font d'autant plus maladroites , qu'actuel
lement il eft aifé de fçavoir par la multiplicité de
fes Correfpondans , fi le remede a befoin de fric
tions pour guérir , &fi quelqu'un dans la Province
les a employées avec fes dragées. D'autres pour
effrayer le Public , & l'éloigner de ce remede , font
courir le bruit qu'il lui eft mort plufieurs malades
entre les mains. Fauffeté d'autant plus grande
qu'il ne lui en eft pas mort encore un feul , & il
214 MERCURE DE FRANCE.
les défie pareillement de l
foit , riche , pauvre , ou fol
malheureux fort par fes remedes.
Le fieur Keyfer entreprit l'an paffé M. de ***,
dans l'état du monde le plus cruel & fans reffource
, ayant été manqué plufieurs fois , & les frictions
ne pouvant plus lui procurer aucun foulagement.
Avant de l'entreprendre , M Keyfer pria
ce malade de faire faire des confultations authentiques
, lefquelles furent faites par les plus habiles
perfonnes de l'Art en Médecine & en Chirurgie.
M. Keyfer ne pouvant s'étendre plus particuliérement
là- deffus , laiffe ces Meffieurs , qui font extrêmement
au fait , maîtres de juger, en fe rappellant
ce dont il eft queftion . Il entreprit donc ce
malade après leurs confultations , le guérit , &
pria de nouveau fon malade de rappeller après la
guérifon les mêmes perfonnes qui avoient affifté
à la premiere confultation ; ce qui fut exécuté ,
& où plufieurs d'entr'eux marquerent un grand
étonnement. Or comme cette cure a fait tenir
beaucoup de propos , & que les ennemis du ficut
Keyfer , toujours plus animés & plus jaloux que
212 MERCURE DE FRANCE:
jamais , ont ofé répandre danse Public , que non
feulement il l'avoit manque , ais même que ce
malade avoit été obligé de repaffer par les remedes
depuis le traitement du fieur Keyſer ; pour
prouver la nouvelle fauffeté de ces imputations ,
toujours démenties avec autant de vérité que d'authenticité,
le fieur Keyfer va rapporter une Lettre
d'un Maître en Chirurgie de Paris , écrite à fon
malade actuellement à l'armée du Roi , & la Réponſe
dudit malade à ladite Lettre ; ces deux pieces
lui ayant été envoyées par le malade lui -même ,
homme de confidération , & qui s'eft fait un plaifir
d'avertir dans la minute le fieur Keyfer des
queftions qu'on avoit ofé lui faire fur fon état.
Lettre d'un Maître en Chirurgie de Paris , à M.
de *** , à l'Armée de Clermont , en date du 12
Mai 1758.
Monfieur , pour des raifons de la derniere conféquence
, je vous prie en grace de m'écrire let
plutôt que vous pourrez l'état au jufte de votre
fanté , & s'il eft vrai que depuis le traitement que
vous a fait M. Keyler , vous avez été obligé de
paffer par les grands remedes ; c'eft une chofe
très-intéreffante à fçavoir pour moi , voulant fçavoir
au jufte l'état des malades après un temps de
traitement écoulé. Je me flatte que vous ne me
refuferez pas la grace que je vous demande , & j'ai
l'honneur d'être , &c. A Paris , le 12 Mai 1758.
Réponse de M. *** , au Maître en Chirurgie , Auteur
de la Lettre ci deffus.
Monfieur , rien ne m'eft plus aifé que de fatisfaire
à ce que vous paroiffez defirer de moi . L'on
vous en a très-fort impofé , lorfque l'on vous a
que j'avois été obligé de paffer par les remedesdepuis
que j'ai forti des mains de M. Keyfer. Bien
Koin de-là , ma ſanté a toujours été de mieux en
dit
JUI LET . 1758. 213
mieux , malgré l ue d'un long voyage que
j'ai été obligé de à cheval pour joindre mon
Corps. Depuis mon arrivée ici , j'aurai l'honneur
de vous dire, Monfieur, que je ne me fuis gêné en
rien. Je chaffe , je bois , je mange , & je fais mon
ſervice comme fi je n'avois jamais éte incommodé,
Voilà , Monfieur , la vérité pure , & je puis vous
certifier que je dirai à toute la terre que je dois la
vie à M. Keyfer , & non à d'autres , ayant été
manqué par plufieurs. J'ai l'honneur d'être , &c.
A l'Armée de Clermont , Mars 1758. ƉE ***¿
M. Keyfer ne chercheroit affurément pas
s'appuyer de faits fi authentiques ni à en triompher
, fi la malice des propos que l'on invente
chaque jour ne l'y forçoit ; il en eft encore aux➡
quels il croit devoir donner ici un démenti public
Ces propos font qu'il donne des frictions à fes
malades , & que c'eft précisément ce moyen qui lui
fait opérer les cures qu'il cite. A cela M. Keyfer
répond encore comme à la derniere reffource de
fes Adverfaires , que c'eft une fauffeté d'autant
plus grande , qu'il n'en a jamais donné une feule s
qu'il en eft bien éloigné , & qu'il leur défie de
lui citer qui que ce foit qui ofe dire qu'il lui en
ait donné. Ce font là des faits , & ces Meffieurs
peuvent actuellement chercher s'ils en trouveront
Il leur ajoutera encore que ces fortes d'imputa
tions font d'autant plus maladroites , qu'actuel
lement il eft aifé de fçavoir par la multiplicité de
fes Correfpondans , fi le remede a befoin de fric
tions pour guérir , &fi quelqu'un dans la Province
les a employées avec fes dragées. D'autres pour
effrayer le Public , & l'éloigner de ce remede , font
courir le bruit qu'il lui eft mort plufieurs malades
entre les mains. Fauffeté d'autant plus grande
qu'il ne lui en eft pas mort encore un feul , & il
214 MERCURE DE FRANCE.
les défie pareillement de l
foit , riche , pauvre , ou fol
malheureux fort par fes remedes.
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Résumé : Cure particuliere & de remarque.
Le texte décrit la guérison de M. de *** par M. Keyfer, après l'échec de divers traitements et frictions. Avant de procéder, M. Keyfer a consulté des médecins et chirurgiens compétents. Suite à la guérison, ces professionnels ont exprimé leur surprise. Face aux rumeurs affirmant que M. Keyfer aurait échoué ou aurait eu besoin de remèdes supplémentaires, ce dernier présente une lettre d'un maître en chirurgie de Paris et la réponse de M. ***, confirmant sa bonne santé et attribuant sa guérison à M. Keyfer. Le texte réfute également les fausses accusations portées contre M. Keyfer, notamment celle de donner des frictions ou de causer la mort de patients. Ces allégations sont qualifiées d'infondées, et M. Keyfer défie ses détracteurs de prouver le contraire.
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3858
p. 206-207
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron (I). Treizieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Bouvet, Compagnie de la Ferriere, est entré le premier Juin, & est [...]
Mots clefs :
Maladies, Soldats, Compagnies, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron (I). Treizieme traitement depuis son établissement.
Hôpital deM. le Maréchal-Duc de Biron (1).
5
Treizieme traitement depuis fon établiſſement .
Le nommé Bouvet , Compagnie de la Ferriere ,
eſt entré le premier Juin , & eſt forti le 18 Juillet.
L'on ne peut aſſurer la guériſon radicale de ce
foldat , parce que fa maladie étoit fort grave ,
auroit demandé qu'il reſtât encore une quinzaine
de jours à l'hôpital , & que par un entêtement
déplacé, il a voulu fortir abſolument. On le croit
cependant guéri.
( 1 ) J'ai reçu une Lettre anonyme contre leRemede
de M. Keyser. 1. Je ne ferai jamais aucun.
usage des Lettres anonymes , quand l'objet en ſeras
de quelque conséquence. 2°. L'on a vérifié les faits
contenus dans celle- ci , &j'ai en main les preuves
-de leur fauſſeté,
OCTOBRE. 1758 . 207
Le nommé Joſeph , de la Compagnie d'Obſonville,
eſt entré le 17 Juin , & eſt forti le 27 Juillet
parfaitement guéri .
Le nommé Marinigay , de la Compagnie de la
Tour , eft entré le 17 Juin. Ce ſoldat étoit dans
Pétat le plus fâcheux ; il avoit la poitrine affectée,
&crachoit le ſang. Il eſt ſorti le 25 Juillet parfaitement
guéri .
Le nommé Bavoyau , de la Compagnie de le
Camus , eft entré le 29 de Juin , & eſt forti le
8Août parfaitement guéri.
Le nommé le Blanc , de la Compagnie de Bouville
, eſt entré le 30 Juin , & eſt ſorti le 8 Août
parfaitement guéri .
Le nommé Mitouart , de la Compagnie de la
Sône , eſt entré le 13 Juillet , & eſt ſorti le 22
Août parfaitement guéri .
Le nommé Lagrenade , Compagnie de Tourville
, eſt entré le 20 Juillet , & eſt ſorti le 22 Août
parfaitement guéri ,
5
Treizieme traitement depuis fon établiſſement .
Le nommé Bouvet , Compagnie de la Ferriere ,
eſt entré le premier Juin , & eſt forti le 18 Juillet.
L'on ne peut aſſurer la guériſon radicale de ce
foldat , parce que fa maladie étoit fort grave ,
auroit demandé qu'il reſtât encore une quinzaine
de jours à l'hôpital , & que par un entêtement
déplacé, il a voulu fortir abſolument. On le croit
cependant guéri.
( 1 ) J'ai reçu une Lettre anonyme contre leRemede
de M. Keyser. 1. Je ne ferai jamais aucun.
usage des Lettres anonymes , quand l'objet en ſeras
de quelque conséquence. 2°. L'on a vérifié les faits
contenus dans celle- ci , &j'ai en main les preuves
-de leur fauſſeté,
OCTOBRE. 1758 . 207
Le nommé Joſeph , de la Compagnie d'Obſonville,
eſt entré le 17 Juin , & eſt forti le 27 Juillet
parfaitement guéri .
Le nommé Marinigay , de la Compagnie de la
Tour , eft entré le 17 Juin. Ce ſoldat étoit dans
Pétat le plus fâcheux ; il avoit la poitrine affectée,
&crachoit le ſang. Il eſt ſorti le 25 Juillet parfaitement
guéri .
Le nommé Bavoyau , de la Compagnie de le
Camus , eft entré le 29 de Juin , & eſt forti le
8Août parfaitement guéri.
Le nommé le Blanc , de la Compagnie de Bouville
, eſt entré le 30 Juin , & eſt ſorti le 8 Août
parfaitement guéri .
Le nommé Mitouart , de la Compagnie de la
Sône , eſt entré le 13 Juillet , & eſt ſorti le 22
Août parfaitement guéri .
Le nommé Lagrenade , Compagnie de Tourville
, eſt entré le 20 Juillet , & eſt ſorti le 22 Août
parfaitement guéri ,
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron (I). Treizieme traitement depuis son établissement.
En 1758, le treizième traitement à l'hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron a concerné plusieurs soldats. Bouvet, de la Compagnie de la Ferrière, est entré le 1er juin et sorti le 18 juillet, mais sa guérison complète n'a pu être assurée. Joseph, de la Compagnie d'Obsonville, est entré le 17 juin et sorti guéri le 27 juillet. Marinigay, de la Compagnie de la Tour, est entré le 17 juin avec une maladie grave affectant sa poitrine et crachant du sang, et est sorti guéri le 25 juillet. Bavoyau, de la Compagnie de Camus, est entré le 29 juin et sorti guéri le 8 août. Le Blanc, de la Compagnie de Bouville, est entré le 30 juin et sorti guéri le 8 août. Mitouart, de la Compagnie de la Sône, est entré le 13 juillet et sorti guéri le 22 août. Lagrenade, de la Compagnie de Tourville, est entré le 20 juillet et sorti guéri le 22 août. Par ailleurs, une lettre anonyme critiquant le remède de M. Keyser a été reçue, mais les faits ont été vérifiés et jugés faux.
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3859
p. 207-211
Suite des Expériences continuelles dans les diverses Villes & Provinces du Royaume, entr'autres à Grenoble, Dijon & Saint-Malo.
Début :
J'ai tardé, Monsieur, jusqu'à présent à avoir l'honneur de vous écrire pour vous faire part [...]
Mots clefs :
Grenoble, Docteur, Remèdes, Symptômes, Guérison, Dragées, M. Keyser, Dijon, Maître en Chirurgie, Satisfaction, Pustules, Douleurs, Certificats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Expériences continuelles dans les diverses Villes & Provinces du Royaume, entr'autres à Grenoble, Dijon & Saint-Malo.
Suite des Expériences continuelles dans les diverſes
Villes & Provinces du Royaume , entr'autres à
Grenoble , Dijon & Saint- Malo.
د
GRENOBLE.
Lettre de M. Marmion , Docteur Aggrégé à la
Faculté de Médecine du Dauphiné , à M. Keyfer,
en datte du 2 Août 1758 .
J'ai tardé , Monfieur , juſqu'à préſent à avoir
P'honneur de vous écrire pour vous faire part du
ſuccès de vos dragées pour le traitement des maladies
vénériennes , parce que je voulois finir plufieurs
épreuves que j'en ai faites , & qui ont répondu
à votre attente. Je crois avoir eu celui déja
108 MERCURE DE FRANCE.
de vous marquer quej'avois fait adminiſtrer votre
remede fur deux pauvres attaqués de ſymptômes
formidables , qui ſont très-bien guéris. Depuis ce
remps , je l'ai employé avec le même ſuccès fur
nombre de perſonnes. Je puis donc maintenant
affurer que votre méthode a des avantages , & que
conduite avec la bonne adminiſtration que vous
indiquez , elle guérit parfaitement ſans les défagrémens
des ſalivations fongueuſes , qui ſont ſuivies
d'événemens ſi fâcheux.
Le traitement par vos dragées , plus doux &
plus aiſé , mérite certainement la préférence fur
les frictions mercurielles. C'eſt l'opinion quej'ai,
Monfieur , ſur votre remede que je me ferai un
plaifir de faire adminiſtrer quand Poccaſion s'en
préſentera, pour contribuer avec vous , autant
qu'il me fera poſſible , au bien public. J'ai l'hon
neur d'être , &c. Signé , Marmion , Médecin de
l'hôpital du Roi , à Grenoble.
DIJON.
Lettre deM. Maret Maitre en Chirurgie de l'Académie
des Sciences & Belles - Lettres de Dijon ,
Chirurgien de l'Hôpital général , & celui des
Filles de Sainte Anne , à M. Keyſer , en date du
13 Juillet 1758 .
J'ai eu la fatisfaction , Monfieur , de traiter le
mois dernier , avec vos dragées , dans notre hôpital
général , de l'agrément de Meſſieurs nos Directeurs
, une femme de ſoldat âgée de 25 ans , attaquée
de maladie vénérienne. Sa tête étoit couverte
de puftules dans un état de ſuppuration putride.
L'on en voyoit de très-groffes ſur les ailes
du nez , les commiſſures des levres & le menton.
Quelques-unes plus petites étoient répandues fur
OCTOBRE. 1758. 201
lecol, les épaules & les bras : elles étoient accom
pagnées d'infomnies & de douleurs nocturnes dans
les membres , & elles avoient été précédées par
d'autres maladies , fruit ordinaire de l'incontinence.
Tous ſes ſymptômes , dix jours après l'uſage
de vos dragées , diminuerent ; le ſommeil revint ,
les douleurs cefferent , les pustules ſe deſſecherent
; enfin , en ſuivant le traitement que vous
preſcrivez , la malade fut parfaitement guérie , environ
quarante jours après fon entrée dans Phopital.
Četre femme , très-contente de la maniere
douce dont elle avoit été traitée , en alla témoigner
ſa reconnoiſſance à M. Marlot , notre Maire ,
qui a bien voulu donner une atteſtation de l'étar
où il la trouvée , & légaliſer les certificats de
deux de mes confreres qui ont vu la malade devant
&après le traitement. Je vous envoie ces trois
pieces juſtificatives , qui , ainſi qu'une multitude
de pareilles que vous recevez de toutes parts , doivent
conſtater de plus en plus l'excellence de votre
remede. Recevez mes remercimens , Monfieur ,
de ce que vous m'avez donné les moyens de reconnoître
par moi- même l'efficacité de votre remede.
J'ai l'honneur d'être , &c. Signé , Maret
de l'Académie des Seiences & Belles-Lettres de
Dijon.
1
Certificat de M. Marlot , Maire de Dijon.
Nous , Vicomte , Mayeur , Prevôt & Lieutenant-
général de Police de la ville de Dijon , &
l'un des Préſidens du bureau d'adminiſtration de
Phôpital de ladite ville , atteſtons que le ſieur
Maret l'aîné , Maître en Chirurgie , & Chirurgien
dudit hôpital , y a traité avec les dragées deM.
Keyſer , une femme attaquéede la maladie vénérienne
, & qu'après fix ſemaines ou environ , il
216 MERCURE DE FRANCE .
nous l'a repréſentée dans un état qui nous a fait
juger qu'elle étoit guétie ; & l'ayant interrogée ,
elle nous a dit ne plus reſſentir aucunes douleurs ,
&n'avoir plus aucuns des fymptômes du mal dont
elle étoit incommodée . Fait à Dijon , le 13 Juillet
1758. Signé , Marlot.
Certificat de M. Enaux , Maître en Chirurgie
àDijon.
Je, ſouſſigné , Maître en Chirurgie de la villede
Dijon , certifie avoir vu pendant le mois de Mars
de la préfente année , une femme au grand hôpital
de Dijon , ayant des pustules à la tête ,&
des douleurs nocturnes dans les membres , laquelle
M. Maret , Chirurgien dudit hôpital , m'a
dit devoir traiter avec les dragées de M. Keyfer',
& qu'après leur uſage pendant trente - cinq ou
quarante jours , j'ai revu la femme qui m'a dit
ne reffentir aucunes_douleurs , ſes puſtules étant
effacées ſans l'uſage d'aucun topique. Fait à Dijon,
ce 10 Juillet 1758. Signé , Enaux.
Certificat de M. Hoin , l'un des deux Chirurgiens
de l'Hôpital de Dijon.
Je , ſouſſigné , l'un des deux Chirurgiens alternes
de l'hôpital de Dijon , certifie qu'étant en exercice
audit hôpital dans le cours du mois deMars
dernier , j'y ai vu une femme qui ſe plaignoit de
douleurs nocturnes ,& dont la tête étoit couverte
de puſtules dans un état de ſuppuration putride;
que ces accidens me parurent dépendre d'un virus
vénérien; qu'en ayant fait avertir M. Maret mon
collegue audit hôpital , qui m'avoit témoigné le
-déſir qu'il avoit d'éprouver un remede contre les
maladies vénériennes , je lui ai cédé le traitement
de cette femme, quoiqu'il ne dût entrer en exer
OCTOBRE. 1738 .
cice audit hôpital , que le premier jour du mois
ſuivant ; que M. Maret m'a dit depuis , qu'il en
treprenoit la guériſon de cette malade par l'uſagedes
dragées de M. Keyſer ; qu'environ deux
mois après , il m'a fait revoir la même femme
dont les pustules étoient abſolument deſſéchées ,
&qui m'aſſura qu'elle jouiſſoit d'une très-bonne
fanté ,& en avoit toutes les apparences. Fait à
Dijon , ce 10 Juillet 1758. Signé , Hoin.
Nous , Vicomte , Mayeur & Lieutenant-général
de Police de la ville de Dijon , atteſtons que
la fignature ci-deſſus , eſt celle du ſieur Hoin ,
Maître en Chirurgie en cette ville , & l'un des
Chirurgiens de l'hôpital général de ladite ville.
Fait àDijon le 13 Juillet 1758. Signé , Marlot.
Villes & Provinces du Royaume , entr'autres à
Grenoble , Dijon & Saint- Malo.
د
GRENOBLE.
Lettre de M. Marmion , Docteur Aggrégé à la
Faculté de Médecine du Dauphiné , à M. Keyfer,
en datte du 2 Août 1758 .
J'ai tardé , Monfieur , juſqu'à préſent à avoir
P'honneur de vous écrire pour vous faire part du
ſuccès de vos dragées pour le traitement des maladies
vénériennes , parce que je voulois finir plufieurs
épreuves que j'en ai faites , & qui ont répondu
à votre attente. Je crois avoir eu celui déja
108 MERCURE DE FRANCE.
de vous marquer quej'avois fait adminiſtrer votre
remede fur deux pauvres attaqués de ſymptômes
formidables , qui ſont très-bien guéris. Depuis ce
remps , je l'ai employé avec le même ſuccès fur
nombre de perſonnes. Je puis donc maintenant
affurer que votre méthode a des avantages , & que
conduite avec la bonne adminiſtration que vous
indiquez , elle guérit parfaitement ſans les défagrémens
des ſalivations fongueuſes , qui ſont ſuivies
d'événemens ſi fâcheux.
Le traitement par vos dragées , plus doux &
plus aiſé , mérite certainement la préférence fur
les frictions mercurielles. C'eſt l'opinion quej'ai,
Monfieur , ſur votre remede que je me ferai un
plaifir de faire adminiſtrer quand Poccaſion s'en
préſentera, pour contribuer avec vous , autant
qu'il me fera poſſible , au bien public. J'ai l'hon
neur d'être , &c. Signé , Marmion , Médecin de
l'hôpital du Roi , à Grenoble.
DIJON.
Lettre deM. Maret Maitre en Chirurgie de l'Académie
des Sciences & Belles - Lettres de Dijon ,
Chirurgien de l'Hôpital général , & celui des
Filles de Sainte Anne , à M. Keyſer , en date du
13 Juillet 1758 .
J'ai eu la fatisfaction , Monfieur , de traiter le
mois dernier , avec vos dragées , dans notre hôpital
général , de l'agrément de Meſſieurs nos Directeurs
, une femme de ſoldat âgée de 25 ans , attaquée
de maladie vénérienne. Sa tête étoit couverte
de puftules dans un état de ſuppuration putride.
L'on en voyoit de très-groffes ſur les ailes
du nez , les commiſſures des levres & le menton.
Quelques-unes plus petites étoient répandues fur
OCTOBRE. 1758. 201
lecol, les épaules & les bras : elles étoient accom
pagnées d'infomnies & de douleurs nocturnes dans
les membres , & elles avoient été précédées par
d'autres maladies , fruit ordinaire de l'incontinence.
Tous ſes ſymptômes , dix jours après l'uſage
de vos dragées , diminuerent ; le ſommeil revint ,
les douleurs cefferent , les pustules ſe deſſecherent
; enfin , en ſuivant le traitement que vous
preſcrivez , la malade fut parfaitement guérie , environ
quarante jours après fon entrée dans Phopital.
Četre femme , très-contente de la maniere
douce dont elle avoit été traitée , en alla témoigner
ſa reconnoiſſance à M. Marlot , notre Maire ,
qui a bien voulu donner une atteſtation de l'étar
où il la trouvée , & légaliſer les certificats de
deux de mes confreres qui ont vu la malade devant
&après le traitement. Je vous envoie ces trois
pieces juſtificatives , qui , ainſi qu'une multitude
de pareilles que vous recevez de toutes parts , doivent
conſtater de plus en plus l'excellence de votre
remede. Recevez mes remercimens , Monfieur ,
de ce que vous m'avez donné les moyens de reconnoître
par moi- même l'efficacité de votre remede.
J'ai l'honneur d'être , &c. Signé , Maret
de l'Académie des Seiences & Belles-Lettres de
Dijon.
1
Certificat de M. Marlot , Maire de Dijon.
Nous , Vicomte , Mayeur , Prevôt & Lieutenant-
général de Police de la ville de Dijon , &
l'un des Préſidens du bureau d'adminiſtration de
Phôpital de ladite ville , atteſtons que le ſieur
Maret l'aîné , Maître en Chirurgie , & Chirurgien
dudit hôpital , y a traité avec les dragées deM.
Keyſer , une femme attaquéede la maladie vénérienne
, & qu'après fix ſemaines ou environ , il
216 MERCURE DE FRANCE .
nous l'a repréſentée dans un état qui nous a fait
juger qu'elle étoit guétie ; & l'ayant interrogée ,
elle nous a dit ne plus reſſentir aucunes douleurs ,
&n'avoir plus aucuns des fymptômes du mal dont
elle étoit incommodée . Fait à Dijon , le 13 Juillet
1758. Signé , Marlot.
Certificat de M. Enaux , Maître en Chirurgie
àDijon.
Je, ſouſſigné , Maître en Chirurgie de la villede
Dijon , certifie avoir vu pendant le mois de Mars
de la préfente année , une femme au grand hôpital
de Dijon , ayant des pustules à la tête ,&
des douleurs nocturnes dans les membres , laquelle
M. Maret , Chirurgien dudit hôpital , m'a
dit devoir traiter avec les dragées de M. Keyfer',
& qu'après leur uſage pendant trente - cinq ou
quarante jours , j'ai revu la femme qui m'a dit
ne reffentir aucunes_douleurs , ſes puſtules étant
effacées ſans l'uſage d'aucun topique. Fait à Dijon,
ce 10 Juillet 1758. Signé , Enaux.
Certificat de M. Hoin , l'un des deux Chirurgiens
de l'Hôpital de Dijon.
Je , ſouſſigné , l'un des deux Chirurgiens alternes
de l'hôpital de Dijon , certifie qu'étant en exercice
audit hôpital dans le cours du mois deMars
dernier , j'y ai vu une femme qui ſe plaignoit de
douleurs nocturnes ,& dont la tête étoit couverte
de puſtules dans un état de ſuppuration putride;
que ces accidens me parurent dépendre d'un virus
vénérien; qu'en ayant fait avertir M. Maret mon
collegue audit hôpital , qui m'avoit témoigné le
-déſir qu'il avoit d'éprouver un remede contre les
maladies vénériennes , je lui ai cédé le traitement
de cette femme, quoiqu'il ne dût entrer en exer
OCTOBRE. 1738 .
cice audit hôpital , que le premier jour du mois
ſuivant ; que M. Maret m'a dit depuis , qu'il en
treprenoit la guériſon de cette malade par l'uſagedes
dragées de M. Keyſer ; qu'environ deux
mois après , il m'a fait revoir la même femme
dont les pustules étoient abſolument deſſéchées ,
&qui m'aſſura qu'elle jouiſſoit d'une très-bonne
fanté ,& en avoit toutes les apparences. Fait à
Dijon , ce 10 Juillet 1758. Signé , Hoin.
Nous , Vicomte , Mayeur & Lieutenant-général
de Police de la ville de Dijon , atteſtons que
la fignature ci-deſſus , eſt celle du ſieur Hoin ,
Maître en Chirurgie en cette ville , & l'un des
Chirurgiens de l'hôpital général de ladite ville.
Fait àDijon le 13 Juillet 1758. Signé , Marlot.
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Résumé : Suite des Expériences continuelles dans les diverses Villes & Provinces du Royaume, entr'autres à Grenoble, Dijon & Saint-Malo.
Le document décrit des expériences réussies avec des dragées pour le traitement des maladies vénériennes dans plusieurs villes du Royaume, notamment Grenoble, Dijon et Saint-Malo. À Grenoble, le Dr Marmion, agrégé à la Faculté de Médecine du Dauphiné, a confirmé l'efficacité des dragées après plusieurs essais. Il a souligné que ce traitement est plus doux et plus facile à administrer que les frictions mercurielles traditionnelles, qui causent des effets secondaires désagréables. À Dijon, le chirurgien Maret a traité avec succès une femme de 25 ans présentant des symptômes sévères, y compris des pustules et des douleurs nocturnes. Après environ quarante jours de traitement, la patiente a été guérie. Maret a reçu des attestations du maire de Dijon, Marlot, et de deux confrères, Enaux et Hoin, confirmant la guérison de la patiente. Ces témoignages mettent en avant l'efficacité et la douceur du traitement par les dragées de M. Keyser.
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3860
p. 211-212
« M. Keyser supplie le Public d'observer que voila déja plus de trente [...] »
Début :
M. Keyser supplie le Public d'observer que voila déja plus de trente [...]
Mots clefs :
M. Keyser, Villes, Satisfaction, Remèdes, Hôpital, Correspondances, Vérité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. Keyser supplie le Public d'observer que voila déja plus de trente [...] »
M. Keyſer ſupplie le Public d'obſerver que
voila déja plus de trente des principales villes du
royaume , qui ont fait avec la plus grande fatisfaction
, les épreuves les plus authentiques de fes
dragées , qu'il n'y a peut- être jamais eu de remede
dont on ait rendu un compte fi exact , &
qui ait fubi autant d'examens , puiſqu'indépen
damment d'un hôpital fondé en ſa faveur, & treize
traitemens confécutifs qui y ont déja été faits , il
réſulte de tous les endroits où il l'a envoyé , des
témoignages à la vérité deſquels il ſeroit impoffible
de ſe refufer ; & il ofe fe flotter de n'avoir plus
beſoin d'afficher dorénavant , la continuité de ſes
ſuccès , pour perfuader le Public , & étouffer les
faux & mauvais propos que la jaloufie de ſes adverſaires
ſe plaît d'enfanter chaque jour.
Il prie Meſſieurs ſes Correſpondans de ne pas
s'impatienter s'ils ne trouvent pas encore leurs
Lettres& Certificats inférés dans les Mercures , ne
pouvant en mettre que deux ou trois à la fois ,
12 MERCURE DE FRANCE .
&les annoncer les uns après les autres.
Il eſpere donner dans les volumes prochains,
la lifte générale de ſes correſpondans actuels , &
n'attend plus pour cela , que les réponſes de quelques-
uns , &la fin des épreuves de quelques autres.
Il a l'honneur de prévenir auſſi ceux qui pourroient
par fauſſe prévention ou autres raiſons , ne
pas deſirer de voir leurs noms inférés dans la liſte ,
de lui en écrire avant le 15 Octobre , ne voulant
les gêner en aucune façon , & ne leur demandant
que ce que la vérité & la justice pourront leur
dicter à cet égard pour le bien de l'humanité.
voila déja plus de trente des principales villes du
royaume , qui ont fait avec la plus grande fatisfaction
, les épreuves les plus authentiques de fes
dragées , qu'il n'y a peut- être jamais eu de remede
dont on ait rendu un compte fi exact , &
qui ait fubi autant d'examens , puiſqu'indépen
damment d'un hôpital fondé en ſa faveur, & treize
traitemens confécutifs qui y ont déja été faits , il
réſulte de tous les endroits où il l'a envoyé , des
témoignages à la vérité deſquels il ſeroit impoffible
de ſe refufer ; & il ofe fe flotter de n'avoir plus
beſoin d'afficher dorénavant , la continuité de ſes
ſuccès , pour perfuader le Public , & étouffer les
faux & mauvais propos que la jaloufie de ſes adverſaires
ſe plaît d'enfanter chaque jour.
Il prie Meſſieurs ſes Correſpondans de ne pas
s'impatienter s'ils ne trouvent pas encore leurs
Lettres& Certificats inférés dans les Mercures , ne
pouvant en mettre que deux ou trois à la fois ,
12 MERCURE DE FRANCE .
&les annoncer les uns après les autres.
Il eſpere donner dans les volumes prochains,
la lifte générale de ſes correſpondans actuels , &
n'attend plus pour cela , que les réponſes de quelques-
uns , &la fin des épreuves de quelques autres.
Il a l'honneur de prévenir auſſi ceux qui pourroient
par fauſſe prévention ou autres raiſons , ne
pas deſirer de voir leurs noms inférés dans la liſte ,
de lui en écrire avant le 15 Octobre , ne voulant
les gêner en aucune façon , & ne leur demandant
que ce que la vérité & la justice pourront leur
dicter à cet égard pour le bien de l'humanité.
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Résumé : « M. Keyser supplie le Public d'observer que voila déja plus de trente [...] »
M. Keyser annonce que ses dragées, un remède dont l'efficacité est prouvée, ont été testées avec satisfaction dans plus de trente villes principales du royaume. Les preuves de son efficacité incluent la création d'un hôpital et treize traitements consécutifs réalisés dans cet établissement. Des témoignages de diverses régions confirment ces résultats, rendant toute contestation impossible. M. Keyser affirme ne plus avoir besoin de publier continuellement ses succès malgré les critiques de ses adversaires jaloux. Il demande à ses correspondants de ne pas s'impatienter si leurs lettres et certificats ne sont pas immédiatement publiés dans les Mercures, car il ne peut en publier que deux ou trois à la fois. Il prévoit de publier prochainement une liste générale de ses correspondants actuels, en attendant les réponses de certains et la fin des épreuves d'autres. M. Keyser prévient également ceux qui ne souhaitent pas voir leurs noms publiés de le lui écrire avant le 15 octobre, afin de respecter leur volonté et la vérité.
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3861
p. 211-212
LETTRE A M. KEYSER.
Début :
J'ai l'honneur de vous adresser, Monsieur, un état de cinq malades attaqués [...]
Mots clefs :
Dragées, Traitements, Succès, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A M. KEYSER.
LETTRE A M. KEYSER.
J'AI P'honneur de vous adreffer , Monfieur , un
état de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne
, que j'ai traités avec vos dragées & fuivant.
votre méthode de les adminiftrer : vous verrez
que le fuccès ne pouvoit en être plus complet , ni
les atteftations plus authentiques. Il n'y a cependant
rien d'exagéré , ni qui ne foit conforme à la
plus exacte vérité. Je ne vous diffimulerai pas .
212 MERCURE DE FRANCE.
Monfieur , que j'avois befoin de ces preuves pour
croire : accoutumé depuis un très- long- temps à
employer le mercure, par les frictions , je ne
croyois pas que toute autre maniere de le donner
pût produire de fi bon effets que celle- là ; mais
je fuis défabufé , & il eft juste que j'en fafle l'aveu.
Une circonfiance qui me plaît encore,& à laquelle
on doit faire attention , c'eft que la cure de cette
maladie par vos dragées eft beaucoup plus courte
que par les frictions , & qu'elle eft pour le moins
auf fure. J'ai l'honneur d'être , & c. Leriche,
Chirurgien Major de l'hôpital Militaire de Strafe
bourg.
A Strasbourg , le 28 Mai 1758.
J'AI P'honneur de vous adreffer , Monfieur , un
état de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne
, que j'ai traités avec vos dragées & fuivant.
votre méthode de les adminiftrer : vous verrez
que le fuccès ne pouvoit en être plus complet , ni
les atteftations plus authentiques. Il n'y a cependant
rien d'exagéré , ni qui ne foit conforme à la
plus exacte vérité. Je ne vous diffimulerai pas .
212 MERCURE DE FRANCE.
Monfieur , que j'avois befoin de ces preuves pour
croire : accoutumé depuis un très- long- temps à
employer le mercure, par les frictions , je ne
croyois pas que toute autre maniere de le donner
pût produire de fi bon effets que celle- là ; mais
je fuis défabufé , & il eft juste que j'en fafle l'aveu.
Une circonfiance qui me plaît encore,& à laquelle
on doit faire attention , c'eft que la cure de cette
maladie par vos dragées eft beaucoup plus courte
que par les frictions , & qu'elle eft pour le moins
auf fure. J'ai l'honneur d'être , & c. Leriche,
Chirurgien Major de l'hôpital Militaire de Strafe
bourg.
A Strasbourg , le 28 Mai 1758.
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Résumé : LETTRE A M. KEYSER.
Le chirurgien Leriche écrit à M. Keyser pour présenter les résultats positifs obtenus en traitant cinq malades atteints de la maladie vénérienne avec les dragées de M. Keyser. Leriche souligne que les résultats sont authentiques et complets, sans exagération. Initialement sceptique, ayant l'habitude d'utiliser le mercure par frictions, il reconnaît désormais l'efficacité des dragées. Il note que la cure par dragées est plus rapide et au moins aussi sûre que celle par frictions. Leriche exprime son honneur de partager cette expérience, datée du 28 mai 1758, depuis l'hôpital militaire de Strasbourg.
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3862
p. 212-214
ETAT de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire de Strasbourg avec les dragées de M. Keyser & suivant sa méthode, par les soins de M. le Riche, Chirurgien-Major dudit Hôpital, & avec la permission de M. le Baron de Lucé, Intendant de la Province d'Alsace.
Début :
Le nommé Antoine Buiron, dit Saint-Flours, Grenadier au Régiment de la [...]
Mots clefs :
Traitement, Soldats, Compagnie, Guérison, Certificats, Chirurgien, Symptômes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETAT de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire de Strasbourg avec les dragées de M. Keyser & suivant sa méthode, par les soins de M. le Riche, Chirurgien-Major dudit Hôpital, & avec la permission de M. le Baron de Lucé, Intendant de la Province d'Alsace.
ETAT de cinq malade's attaqués de la maladie
vénérienne , qui ont été traités à l'Hôpital Militaire
de Strasbourg avec les dragées de M. Keyfer
& fuivant fa méthode , par les foins de M. te
Riche , Chirurgien - Major dudit Hôpital , &
avec la permiffion de M. le Baron de Luce , Intendant
de la Province d'Alface.. 2
LsE nommé Antoine Buiron , dit Saint- Flours ,
Grenadier au Régiment de la Roche - Aymond ,
Compagnie de Saint - Fal . Il entra à l'hôpital le 7
Avril , & fon traitement n'a commencé que le 23
dudit mois . Il en eft forti le 18 de Mai parfaite
ment guéri , & fes forces rétablies.
Le nommé Jean- Baptifte-Joſeph Robelor , dit
Jofeph, Cavalier au Régiment de Gramond, Compagnie
de Toulle , eft entré à l'hôpital le 23 du
mois de Mars. Son traitement a commencé le to
d'Avril , & a fini le 12 Mai.
Le nommé Nicolas la Forge , dit la Forge ,
Cavalier au Régiment de Bezons , Compagnie de
OCTOBRE. 1758. 213
Ponty , eft entré à l'hôpital le 23 Mars. Son traitement
a commencé le 10 d'Avril , & a fini le 14
Main &
Le nommé Gabriel - Pierre , dit Darras , Sapeur
au Régiment du Corps royal d'Artillerie , Compagnie
de Clincl amps , eft entré à l'hôpital le 21
Mars . Son traitement a commencé le 10 du mois
d'Avril , & a fini le 14 Mai.
Le nommé Vidal Eſtreman , dit la Jeuneffe ,
Soldat au Régiment Infanterie de Beauvoifis , de
la Compagnie de Laftour. Son traitement a commencé
le 10 du mois d'Avril , & a fini le 20 de
Mail eft parfaitement guéri. E
Certificat de Meffieurs les Médecins , Chirurgiens-
Majors, Chirurgiens Aide-Majors de l'lzòpital "
Militaire de Strasbourg.
Nous , Médecins , Chirurgiens- Majors, & Aides
de l'Hôpital Militaire de Strasbourg , fouffignés
certifions & atteftons que nous avons vifité trèsfcrupuleufement
les malades dénommes au préfent
état , & que nous avons trouvés qu'ils avoient
chacun les fymptômes propres & particuliers de
la maladie vénérienne ; que nous nous fommes
transportés plufieurs fois dans la falle où ils ont
été traités par l'invitation de M. Leriche , Chirur
gien Major chargé de ce traitement , pour voir
de quelle maniere les dragées antivénériennes ont
agi fur eux , que nous avons appris & obfervés en
interrogeant lefdits malades que ce remede produifoit
des évacuations fûres , douces & ailées ,
tant par les felles , que par les fueurs , les urines
& la falivation , & que la guérifon de ces malades
ayant été une fuire de l'adminiftration des dragées
, nous eftimons qu'elles peuvent être employées
avec les meilleurs fuccès pour la guérifon
de cette maladie. Fait à Strasbourg , le 25 du mois
214 MERCURE DE FRANCE.
de Mai 1758.Guérin & Paris , Médecins-Docteurs.
Leriche , Chirurgien-Major ; Bomergue , Chirur
gien- Major en fecond ; Leriche & Barbezant
Chirurgiens: Aide- Majors.
vénérienne , qui ont été traités à l'Hôpital Militaire
de Strasbourg avec les dragées de M. Keyfer
& fuivant fa méthode , par les foins de M. te
Riche , Chirurgien - Major dudit Hôpital , &
avec la permiffion de M. le Baron de Luce , Intendant
de la Province d'Alface.. 2
LsE nommé Antoine Buiron , dit Saint- Flours ,
Grenadier au Régiment de la Roche - Aymond ,
Compagnie de Saint - Fal . Il entra à l'hôpital le 7
Avril , & fon traitement n'a commencé que le 23
dudit mois . Il en eft forti le 18 de Mai parfaite
ment guéri , & fes forces rétablies.
Le nommé Jean- Baptifte-Joſeph Robelor , dit
Jofeph, Cavalier au Régiment de Gramond, Compagnie
de Toulle , eft entré à l'hôpital le 23 du
mois de Mars. Son traitement a commencé le to
d'Avril , & a fini le 12 Mai.
Le nommé Nicolas la Forge , dit la Forge ,
Cavalier au Régiment de Bezons , Compagnie de
OCTOBRE. 1758. 213
Ponty , eft entré à l'hôpital le 23 Mars. Son traitement
a commencé le 10 d'Avril , & a fini le 14
Main &
Le nommé Gabriel - Pierre , dit Darras , Sapeur
au Régiment du Corps royal d'Artillerie , Compagnie
de Clincl amps , eft entré à l'hôpital le 21
Mars . Son traitement a commencé le 10 du mois
d'Avril , & a fini le 14 Mai.
Le nommé Vidal Eſtreman , dit la Jeuneffe ,
Soldat au Régiment Infanterie de Beauvoifis , de
la Compagnie de Laftour. Son traitement a commencé
le 10 du mois d'Avril , & a fini le 20 de
Mail eft parfaitement guéri. E
Certificat de Meffieurs les Médecins , Chirurgiens-
Majors, Chirurgiens Aide-Majors de l'lzòpital "
Militaire de Strasbourg.
Nous , Médecins , Chirurgiens- Majors, & Aides
de l'Hôpital Militaire de Strasbourg , fouffignés
certifions & atteftons que nous avons vifité trèsfcrupuleufement
les malades dénommes au préfent
état , & que nous avons trouvés qu'ils avoient
chacun les fymptômes propres & particuliers de
la maladie vénérienne ; que nous nous fommes
transportés plufieurs fois dans la falle où ils ont
été traités par l'invitation de M. Leriche , Chirur
gien Major chargé de ce traitement , pour voir
de quelle maniere les dragées antivénériennes ont
agi fur eux , que nous avons appris & obfervés en
interrogeant lefdits malades que ce remede produifoit
des évacuations fûres , douces & ailées ,
tant par les felles , que par les fueurs , les urines
& la falivation , & que la guérifon de ces malades
ayant été une fuire de l'adminiftration des dragées
, nous eftimons qu'elles peuvent être employées
avec les meilleurs fuccès pour la guérifon
de cette maladie. Fait à Strasbourg , le 25 du mois
214 MERCURE DE FRANCE.
de Mai 1758.Guérin & Paris , Médecins-Docteurs.
Leriche , Chirurgien-Major ; Bomergue , Chirur
gien- Major en fecond ; Leriche & Barbezant
Chirurgiens: Aide- Majors.
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Résumé : ETAT de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire de Strasbourg avec les dragées de M. Keyser & suivant sa méthode, par les soins de M. le Riche, Chirurgien-Major dudit Hôpital, & avec la permission de M. le Baron de Lucé, Intendant de la Province d'Alsace.
Le document décrit le traitement de cinq malades atteints de la maladie vénérienne à l'Hôpital Militaire de Strasbourg. Les patients sont Antoine Buiron, Jean-Baptiste-Joseph Robelor, Nicolas la Forge, Gabriel-Pierre et Vidal Estreman, appartenant à divers régiments et compagnies. Le traitement, supervisé par M. Keyfer et M. Leriche, Chirurgien-Major, a débuté en avril 1758 et s'est achevé entre le 12 et le 20 mai 1758. Tous les patients ont été déclarés guéris. Les médecins et chirurgiens ont certifié l'efficacité des dragées antivénériennes utilisées, soulignant qu'elles ont provoqué des évacuations sûres et douces. Le certificat a été signé à Strasbourg le 25 mai 1758 par les professionnels de santé impliqués.
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3862
ETAT de cinq malades attaqués de la maladie vénérienne, qui ont été traités à l'Hôpital Militaire de Strasbourg avec les dragées de M. Keyser & suivant sa méthode, par les soins de M. le Riche, Chirurgien-Major dudit Hôpital, & avec la permission de M. le Baron de Lucé, Intendant de la Province d'Alsace.
3863
p. 90-131
J. J. Rousseau, Citoyen de Geneve, à M. d'Alembert, de l'Académie Françoise, &c. sur son article Geneve, dans le 7e Volume de l'Encyclopédie, & particuliérement sur le projet d'établir un Théâtre de Comédie dans cette ville, [titre d'après la table]
Début :
J. J. ROUSSEAU, citoyen de Geneve, à M. d'Alembert de l'Académie Françoise, [...]
Mots clefs :
Théâtre, Jean-Jacques Rousseau, Moeurs, Passions, Peuple, Homme, Vertu, Amour, Genève, Spectacle, Société, Hommes, Goût, Coeur, Crime, Scène, Tragédie, Âme, Spectacles, Public, Nature, Plaisir, Raison, Pitié , Humanité, Gens, Caractère, Vice, Exemples, Patrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : J. J. Rousseau, Citoyen de Geneve, à M. d'Alembert, de l'Académie Françoise, &c. sur son article Geneve, dans le 7e Volume de l'Encyclopédie, & particuliérement sur le projet d'établir un Théâtre de Comédie dans cette ville, [titre d'après la table]
J. J. ROUSSEAU , citoyen de Geneve , à
M. d'Alembert de l'Académie Françoiſe ,
&c. fur fon Article Geneve , dans le feptie
me volume de l'Encyclopédie , & particu
liérement fur le projet d'établir un théâtre
de comédie dans cette ville . A Amfterdam,
chez Marc- Michel Rey.
Celui qui a regardé les Belles - Lettres
comme une caufe de la corruption des
moeurs , celui qui celui qui , pour notre bien , eût
NOVEMBRE. 1758. 9༥
1
voulu nous mener paître , n'a pas dů approuver
qu'on envoyât, fes concitoyens à
une école de politeffe & de goût ; mais fans
nous prévenir contre fes principes , difcutons
les de bonne foi.
93% 33
C'eft pour Geneve qu'il écrit. « Juſtice
» & vérité , voilà les premiers devoirs de
» l'homme. Humanité , patrie , voilà fes
premieres affections. Je paffe fous filence
le premier article de fa Lettre : la Théologie
n'eft pas de ma fphere , mais qu'il
me foit permis de m'étendre un peu fur
l'article des fpectacles , qui en eft le fujet
principal . M. d'Alembert qui eſt Philoſophe
& qui n'eft point fauvage , a propofé aux
Genevois d'avoir un théâtre de comédie.
« Voilà , dit M. Rouſſeau , le confeil le plus
dangereux qu'on pût nous donner ; du
» moins tel eft mon ſentiment , & mes rai-
» fons font dans cet écrit. »
"
De ces raifons les unes font générales ,
les autres particulieres à la conftitution de
Geneve. Impatient de donner à M. R. les
éloges qu'il mérite , je commence par où
il a fini , c'est- à - dire par la feule partie de
fa Lettre , que je trouve concluante .
Je fens tout l'avantage que lui donne
fur fes critiques le ftyle & le ton qu'il a
pris . Indépendamment de la févérité impofante
de fes maximes , il eft peu d'Ecrivains
91 MERCURE DE FRANCE.
か
qui réuniffent à un haut degré l'abondance
, la fimplicité , la vigueur , la précifion
& l'harmonie du ftyle , & quoiqu'il
en dife , on ne s'apperçoit pas que , pour
vouloir être clair & fimple , il fe trouve lâche
diffus. Il me femble qu'il a parlé contre
les fpectacles , avec plus de chaleur qu'il
ne falloit & avec autant d'éloquence
qu'il étoit poffibles mais tout ce qui porte à
faux , fût il écrit par un Démofthene , n'eſt
que de la déclamation . Effayons d'abord
de démêler le vrai. Vous ferez , dit- il à
» M. d'Alembert , le premier Philofophe
qui ait jamais excité un peuple libre ,
» une petite ville & un état pauvre , à fe
charger d'un fpectacle public. » Il fait
voir que Geneve eft hors d'état de foutenir
un fpectacle fans un préjudice réel :
1°. par le petit nombre de fes habitans :
2º. par la modicité de leur fortune : 3 ° . par
la nature de leurs richeffes qui n'étant pas
le produit des biens fonds , mais de l'induftrie
& du commerce , exigent d'eux
une application continuelle : 4° . par le goût
exceffif des Genevois pour la campagne
où ils paffent fix mois de l'année. Il ajoute
qu'il eft impoffible qu'un établiffement fi
contraire aux anciennes maximes de ſa pa-
-trie , y foit généralement applaudi . « Combien
de généreux citoyens verront ,
dit-il
ور
:
NOVEMBRE. 1758.
93 .
93
avec indignation , ce monument du luxe
» & de la molleffe , s'élever fur les ruines
» de notre antique fimplicité ! ... Suppofons
cependant , pourfuit il , fuppofons .
» les comédiens bien établis dans Geneve ,
» bien contenus par nos loix , la comédie
» floriffante & fréquentée ; le premier effet
» fenfible de cet établiffement , fera , comme
je l'ai déja dit , une révolution dans
» nos ufages , qui en produira néceffaire-
» ment une dans nos meurs. Cette révo-
» lution fera - t'elle bonne ou mauvaiſe ?
» c'est ce qu'il eft temps d'examiner . »
30.
t
Au lieu de fpectacles , Geneve a des cercles
ou fociétés de douze ou quinze perfonnes
qui louent à frais communs un ap- ,
partement commode , & où les affociés fe
rendent toutes les après- midi. « Là, chacun
» fe livrant aux amufemens de fon goût ,
» on joue , on caufe , on lit , on boit , on
» fume ; les femmes & les filles fe raffem-
» blent de leur côté tantôt chez l'une , tan-
» tôt chez l'autre ; les hommes , fans être
» fort févérement exclus de ces fociétés , "
ود »s'ymêlentaffezrarement....Maisdès
» l'inftant qu'il y aura une comédie , adieu
» les cercles , adieu les fociétés . Voilà , dit
» M. Rouffeau , la révolution que j'ai pré-
,, dite..... Il avoue que l'on boit beaucoup
, & que l'on joue trop dans les cer
""
94 MERCURE DE FRANCE.
cles ; mais il foutient avec fon éloquence
intrépide , qu'il vaut mieux être ivrogne
que galant , & croit l'excès du jeu
très facile à réprimer , fi le Gouvernement
s'en mêle. Il convient auffi que les femmes,
dans leur fociété , fe livrent volontiers au
plaifir de médire , mais par là même , elles
tiennent lieu de cenfeurs à la République .
" Combien de fcandales publics ne retient
» pas la crainte de ces féveres obferva-
» trices . " Tout cela peut paroître ridicule
à Paris , quoique très fenfé pour Geneve ,
& M. Rouffeau a fur nous l'avantage de
mieux connoître fa patrie.
Il eft vraisemblable qu'en deux ans de
comédie tout feroit bouleversé , c'est- àdire
qu'on n'iroit plus à l'heure du ſpectacle
, fumer , s'enivrer & médire dans les
cercles , & qu'en effet l'agréable vie de Paris
prendroit à Geneve la place de l'ancienne
fimplicité. M. Rouffeau fe plaint déja
qu'on y éleve les jeunes gens à la Françoife.
« On étoit plus groffier de mon
dit - il , les enfans étoient de
» vrais poliffons , mais ces poliffons ont
» fait des hommes qui ont dans le coeur
» du zele
pour fervir la patrie , & du fang
» à verfer pour elle . » M. R. croit être à
Lacédémone. Mais Geneve , ne lui déplaife
, a de meilleurs garans de fa liberté
">
temps ,
t
t
.
NOVEMBRE. 1758. 95
4
que les moeurs de fes citoyens , & grace à
la conftitution de l'Europe , elle n'a pas
befoin d'élever des dogues pour fa garde..
Cependant que le goût du luxe , inféparable
de celui du fpectacle , que fes maximes
de nos tragédies , la peinture comique
de nos moeurs , le filence même & la
gêne qui regnent dans nos aſſemblées , &
qu'il regarde comme indignes de l'efprit
républicain ,, que tous ces inconvéniens.
foient tels qu'il les envifage par rapport à
Geneve , il eft plus en état que nous d'en
juger. Qu'il choififfe à fa patrie les fêtes ,
les jeux , les fpectacles qui lui conviennent
; c'eſt un foin que nous lui laiffons.
Nous applaudiffons à fon zele , nous admirons
ce Patriotifme éclairé , vigilant ,
courageux ; cette éloquence noble & fimple
, qui n'a rien d'inculte & rien d'étudié,
où la douceur & la véhémence , les ima-.
ges & les fentimens , le ton philofophique
& le langage populaire font mêlés avec
d'autant plus d'art , que l'art ne s'y fait
point fentir. Telle eft la juſtice que j'aime
à rendre aux intentions & aux talens de
M. Rouffeau ; & s'il fe fût borné à ce qui «
étoit effentiellement de fon fujet , il n'eût
reçu de moi que des applaudiffemens ; je
n'aurois pas même examiné , pour le louer ,
s'il avoit raifon de s'alarmer du confeil
2
.
96 MERCURE DE FRANCE.
de M. d'Alembert . Un Citoyen qui croit
voir les moeurs de fa patrie en danger , eft
excufable d'être trop timide. Mais que ,
pour détourner les Genevois de l'établiffement
propofé , il leur préfente le théâtre
le plus décent de l'univers comme l'école
du crime , les Poëtes comme des corrupteurs
, les Acteurs comme des gens non
feulement infames , mais vicieux par
état ;
les fpectateurs , comme un peuple perdu ,
& à qui le fpectacle n'eft utile que pour
dérober au crime quelques heures de leur
temps ; c'eft ce que l'évidence de la vérité
peut feule rendre pardonnable. Je crains
bien que M. Rouffeau n'ait écrit toutes
ces chofes dans cette fermentation qu'il
croit appaifée , & qui peut- être ne l'eſt
pas affez . Quoi qu'il en foit , d'autres imiteront
, en lui répondant , l'amertume de
fon ftyle , & croiront être auffi éloquens
que lui , quand ils lui auront dit des injures.
Pour moi , je confi lere qu'il a voulu efftayer
fes concitoyens , & qu'il a oublié Paris
pour ne s'occuper que de Geneve. « Si je
»me trompe dans mon fentiment , dit- il ,>
cette erreur ne peut nuire à perfonne . » Si
elle ne nuit pas à tant de gens qu'il va décrier
, il n'en fait pas moins ce qu'il peut
pour leur nuire : mais il n'a penfé qu'à
Geneve ;
NOVEMBRE . 1758. 97
1
Geneve , du moins j'aime à le croire ainfi :
Je vais donc le fuivre pas à pas , fans humeur
& fans invective.
e
Il confidere d'abord le ſpectacle comme
un amuſement . « Or , dit-il , tout amuſe-
» ment inutile eft un mal pour un être dont
» la vie eft fi courte , & le temps fi pré-
» cieux . » 1 °. Il avouera que ce mal exifte
à Geneve fans le fpectacle , à moins que
boire , jouer & fumer , ne lui femblent des
occupations utiles . 2 °. Un amufement qui
délaffe & confole la vie laborieufe ,qui occupe
& détourne du mal la vie oifive
& diffipée , n'eft pas fans quelque utilité.
3 °. Peut- être y a- t'il des devoirs pour tous
les inftans de la vie , peut- être une heure
de diffipation eft elle un larcin fait à la fociété.
Mais à qui le perfuaderez-vous ? Et
fi la fociété fe relâche elle- même de fes
droits ; fi elle vous dit : J'exige moins, pour
obtenir plus fûrement , plus librement ce
que j'exige ; fi les hommes , pour n'être ni
tyrans , ni efclaves les uns des autres , ſe
permettent par intervalles cet oubli mutuel
& paffager ; s'ils vous répondent enfin
qu'ils ne vivent enfemble que pour être
heureux , & que le délaffement eſt un befoin
de leur foibleffe ; avez - vous à leur
répliquer que vous êtes hommes comine
eux, & que tous vos momens font pleins ?
E
98 MERCURE DE FRANCE.
Je fais qu'il n'y a que l'homme qui broute,
dont la fociété n'ait rien à exiger ; mais
elle n'attend de perfonne une fervitude
affidue. Promenez- vous donc fans remords
deux heures du jour à la campagne , randis
qu'à Paris nous les paffons à entendre
Athalie ou Cinna , le Mifanthrope ou le
Tartufe .
ی د
Un Barbare à qui l'on vantoit la magnificence
du Cirque , & des Jeux éta-
» blis à Rome , demanda : Les Romains
» n'ont-ils ni femmes ni enfans ? le Barbare
» avoit raiſon. » ;
Ce Barbare ne favoit pas que le premier
befoin d'une fociété eft d'être en paix avec
elle -même ; qu'il y avoit à Rome dans les
efprits un principe de fédition , qui ne fe
diffipoit que dans les fêtes , & que lorfqu'un
peuple n'eft pas content , il faut
tâcher de le rendre joyeux. Ce Barbare
auroit condamné les cercles de Geneve
comme les fpectacles de Rome , & il auroit
eu tort.
« Je n'aime point qu'on ait befoin
» d'attacher fon coeur fur la fcene , comme
» s'il étoit mal au dedans de nous. >>
pas
Une bonne confcience fait qu'on ne
craint la folitude , mais ne fait pas
qu'on s'y plaife toujours. Il eft peu d'hommes
qui s'aiment affez pour jouir continuellement
d'eux-mêmes fans langueur &
NOVEMBRE . 1758. 99
fans ennui. L'on a beau être à fon aife au
dedans de foi , l'on y fait fouvent de la
bile. Il n'y a que Dieu dont on puiffe dire,
fefuo intuitu beat ; encore , felon notre foible
maniere de concevoir , a- t'il pris plaifir
à fe répandre.
J'aurois dû fentir , reprend M. Rouf-
" feau , que ce langage n'eft plus de faifon
" dans notre fiecle , tâchons d'en prendre
» un qui foit mieux entendu ... Les fpec-
» tacles font faits pour le peuple , & c'eft
» par leurs effets fur lui , qu'on peut déter-
» miner leurs qualités abfolues... Quant à
l'efpece des fpectacles , c'eft néceffaire-
» ment le plaifir qu'ils donnent , & non
» leur utilité qui la détermine.
"
C'eſt au Poëte à rendre l'utile agréable ,
& tous les bons Poëtes y ont réuffi : les
détails en vont être la preuve.
399
D
39
La fcene en général eft un tableau
» des paffions humaines dont l'original
eft dans tous les coeurs ; mais fi le Peintre .
» n'avoit foin de flatter ces paffions , les
fpectateurs feroient bientôt rebutés , &
» ne voudroient plus fe voir fous un af-
» pect qui les fit méprifer d'eux- mêmes.
Que s'il donne à quelques unes des cou-
» leurs odieufes , c'eft feulement à celles
qui ne font point générales & qu'on hait
» naturellement... Et alors ces paffions de
È ij
100 MERCURE DE FRANCE.
29
rebut font employées à en faire valoir
» d'autres, finon plus légitimes , du moins
plus au gré des fpectateurs. Il n'y a que
» la raifon qui ne foit bonne à rien fur la
» fcene. Un homme fans paffions , ou qui
» les domineroit toujours , n'y fçauroit in-
" téreffer perfonne ... Qu'on n'attribue
pas au théâtre le pouvoir de chan-
» ger des ſentimens ni des moeurs qu'il ne
» peut que fuivre & embellir . ».
ور
donc
La fcene eft un tableau des paffions
dont le germe eft dans notre coeur : voilà
le vrai ; mais l'original du tableau eft dans
le coeur de peu de perfonnes. S'il n'y avoit
à la cour que des Narciffes , Britannicus
n'y feroit point fouffert ; s'il n'y avoit que
des Burrhus , Britannicus y feroit inutile ;
mais il y a des hommes vaguement ambitieux
& irréfolus encore , ou mal affermis.
dans la route qu'ils doivent fuivre ; c'eft
pour ceux-là que Britannicus eft une leçon ,
& n'eft point une infulte.
Il y a partout des paffions nationales &
conftitutives de la fociété; tel étoit l'amour
de la domination chez les Romains , l'amour
de la liberté chez les Grecs , l'amour
du gain chez les Cartaginois ; tel eft parmi
nous l'amour de la gloire ou du moins
celui de l'honneur. Il eft certain que le
théâtre doit ménager , flatter même ces
NOVEMBRE . 1758. 101
paffions , s'il veut gagner la faveur du
Public ; rien n'eft plus naturel ni plus jufte .
Quelqu'un eût-il réuffi à crier au milieu
de Sparte , que la fervitude étoit le renverfement
de tous les droits de la nature , &
qu'il étoit horrible de chaffer , de tirer aux
Ilotes comme aux bêtes fauves ? L'apôtre
d'une morale oppofée au génie , au caractere
, au gouvernement d'une Nation en
eft communément , ou le jouet , ou le martyr
. On le bafoue , fi on le méprife ; on le
chaffe , fi on le craint ; on le punit , s'il
s'obſtine à troubler l'ordre : fi la fociété
lui déplaît , c'eſt à lui de s'en éloigner. Il
eft fenfé que ce qui conftitue les moeurs
nationales d'un peuple , convient à ce peuple
; nul homme privé n'a droit de lui en
demander compte ; & fi l'on donne à ce,
peuple des leçons douces & modeftes , ce
n'eft qu'autant qu'il le veut bien . Mais
toute paffion qui ne tient point à ce caractere
général , eft livrée à la cenfure du
théâtre. La haine , la vengeance , l'ambition
perfonnelle , la baffe envie , l'amour
effréné , l'orgueil tyrannique , toute ce qui
attente à la fociété , tout ce qui lui nuit ,
tout ce qui peut lui nuire les vices les
plus répandus , les travers les plus à la
mode , tout cela peut être attaqué fans ménagement.
Plus la peinture en eft vive , &
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
la fatyre accablante , plus le fpectacle eft
applaudi.
Il eft une paffion contre laquelle il feroit
abfurde de fe déchaîner fans réſerve
c'eft la paffion de l'amour ; & e'eft la feule
dont M. R. ait pu dire qu'on la fait valoir
au théâtre au dépend de celles qu'on y
peint avec des couleurs odieufes. Nous
aurons lieu d'examiner dans la fuite quant
& comment l'amour eft intéreffant fur la
fcene , & pourquoi il y eft protégé.
Il en eft des goûts , des opinions , des
ridicules nationaux , qui ne font en euxmêmes
ni bien , ni mal , comme des paffions
nationales dont je viens de parler.
La fociété qui les adopte , fe les rend perfonnels
, & il n'eft pas raifonnable de voudoir
qu'elle foit la fable d'elle - même..
Ainfi , par exemple , celui qui , au milieu
de Pekin, iroit ſe moquer de l'architecture
Chinoife , & traiter d'imbécilles tous ceux
qui habitent fous ces toits fans fymmétrie
& fans proportion ; celui- là , dis-je , ne
feroit pas fage : il auroit peut-être raifon
partout ailleurs ; mais à Pekin , il auroit
tort.
Ainfi tout n'eft pas du reffort du théâtre
; c'eſt l'école des citoyens , & non cellede
la république . Voilà , ce me ſemble ,
quelle eft la diftinction réelle entre les.
NOVEMBRE. 1758. 103
moeurs que l'on doit ménager fur la fcene ,
& celles qu'on y peut cenfurer. Si la
conftitution politique eft mauvaife , fi les
moeurs fondamentales font altérées ou
corrompues dans leur maffe , le théâtre n'y
peut rien , je l'avoue ; mais en attaquant
les vices épars & les paffions naiffantes ,
le théâtre ne peut- il pas affoiblir le poiſon
dans fa fource ne peut- il pas arrêter ou
ralentir la contagion de l'exemple ? C'eſt
ce qui reste à examiner.
M. Rouffeau attribue à Moliere & à
Corneille des ménagemens auxquels je fuis
bien convaincu que ni l'un , ni l'autre
n'avoient penfé. Ils ont écrit Pour
fiecle , fans doute ; ils en ont confulté
les moeurs & le goût : c'eft à-dire qu'ils
ont pris dans l'opinion de leur fiecle les
moyens de l'affecter , de l'intéreffer à leur
gré. Par exemple , quoiqu'il foit vrai
qu'Electre puifoit de l'eau & qu'Achile
faifoit griller fes viandes ; comme l'un &
l'autre répugne à l'idée que nous avons
d'un Héros & d'une Princeffe , le Poëte
s'accommode à nos moeurs en s'éloignant
des moeurs anciennes , & nous fait voir
Achile & Electre , tels à peu près que
nous les imaginons . Corneille , en expofant
aux yeux des François le fujet de Théodore
, avoit perdu de vue cette regle des
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
convenances , & lui - même il l'a reconnu.
Voilà quelle eft la condefcendence que ces
Poëtes ont eue pour les moeurs de leur
fiecle .
Mais quel eft le vice qu'ils ont menagé ?
quelle eft la paffion qu'ils ont flattée ? Si
Moliere avoit eu la timide circonfpection
qu'on lui attribue , eût - it jamais démafqué
l'hypocrite ? Dans le Cid , Corneille
autorife le duel ; mais dans un fils qui
venge fon pere , & qui réduit à l'alternative
de deux devoirs oppofés , préfere le plus
inviolable. Ce n'eft pas la vengeance , c'eſt
la piété qui fe fignale dans le Cid , & qui
enleve les applaudiffemens .
Le duel et un uſage barbare ; mais ,
l'ufage établi , l'honneur de Don Diegue
mortellement offenfé , il n'étoit pas plus
permis au Cid de pardonner l'infulte faite
à fon pere , que de lui enfoncer lui même
le poignard dans le fein. C'eſt donc un
acte de vertu , & le devoir le plus facré de
la nature , qui eft recommandé dans cette
Tragédie , l'une des plus morales & des
plus intérelfantes qui ayent paru fur aucun
théâtre du monde.
Si quelque chofe peut faire fentir la
barbarie du point d'honneur , c'eſt l'affreufe
néceffité où ce préjugé réduit le
Cid ; mais il eft aifé de voir pourquoi
NOVEMBRE . 1758. 105
T
Corneille a refpecté dans les Efpagnols ,
& devant les François , une opinion adhérente
au principe fondamental de la monarchie.
" Si les chef d'oeuvres de ces Auteurs
» ( Corneille & Moliere ) étoient encore
» à paroître , ils tomberoient infaillible-
» ment aujourd'hui , dit M. Rouffeau , &
» fi le public les admire encore , c'eft plus
»par honte de s'en dédire , que par un
" vrai fentiment de leurs beautés. »
M. Rouffeau a- t'il pu croire , a-t'il voulu
nous perfuader que nous faifons femblant
de rire , de pleurer , de frémir à ces fpectacles
? Et le public , pour fçavoir s'il s'amufe
ou s'il eft ému , fera-t'il obligé de
demander comme ce jeune étranger à fon
Mentor : Mon Gouverneur , ai - je bien du
plaifir ? M. Rouffeau mérite qu'on lui réponde
plus férieufement ; mais faut - il
auffi nous réduire à prouver que Cinna ,
Polieucte , le Mifanthrope , le Tartufe
&c. nous intéreffent & nous enchantent.
Quand même l'impreffion en feroit affoiblie
, combien de caufes peuvent y contribuer
, qui n'ont rien de commun avec les
meurs L'affertion eft laconique ; la difcuffion
ne le feroit pas.
S'il eft vrai que fur nos théâtres la
meilleure Piece de Sophocle tomberoit
E v
o MERCURE DE FRANCE:
•
tout à plat , ce n'eft point par la raiſon
qu'on ne fçauroit fe mettre à la place de
gens qui ne nous reffemblent point. Car
au fonds toutes les meres reffemblent à Jocafte
, tous les enfans reffemblent à dipe
, en ce qui fait l'intérêt & le pathétique
de la tragédie de Sophocle , & je ne
penfe pas qu'on nous foupçonne d'avoir
moins d'horreur que les Grecs pour le parricide
& l'incefte.
39
Ce n'est donc pas le fonds , mais la fuperficie
des moeurs qui a changé , & c'eft
en quoi le Poëte eft obligé de confulter
le goût de fon fiecle : mais ceci demandes
roit encore un long détail pour être expli
qué. «Il s'enfuit de ces premieres obfer
» vations , dit M. Rouffeau , que l'effet
général du fpectacle eft de renforcer le
» caractere national , d'augmenter les in-
» clinations naturelles , & de donner une
»> nouvelle énergie aux paffions. Cette
conclufion a trois parties ; la premiere eft
vraie dans un fens : le théâtre ménage ,
favorife les moeurs nationales , les fortifie ,
& c'eft un bien. Car les moeurs nationalés
tiennent à la conftitution politique ,
& celle-ci fût- elle mauvaiſe , tout citoyen
doit concourir à en étayer l'édifice , en attendant
qu'il foit reconftruit. Si Tunis ne
pouvoit fubfifter que par le pillage , la pi-
23
NOVEMBRE. 1758. 107
+
raterie devroit être en honneur fur le
théâtre de Tunis : mais fi par les moeurs
nationales , on entend des habitudes étrangeres
ou nuifibles au génie du Gouvernement
& au maintien de la fociété , je
n'en vois point , comme je l'ai dit , que le
théâtre favorife ; je n'en vois point que le
public ne permette de cenfurer . Toutes les
inclinations pernicieufes font condamnées
au théâtre , toutes les paffions funeftes y
infpirent l'horreur , toutes les foibleffes
malheureuſes y font naître la pitié & la
crainte. Les fentimens qui , de leur nature,
peuvent être dirigés au bien & au mal ,
comme l'ambition & l'amour , y font peints
avec des couleurs intéreffantes ou odieufes
, felon les circonftances qui les décident
ou vertueux , ou criminels. Telle eft
la regle invariable de la fcene tragique ,
& le Poëte qui l'auroit violée , révolteroit
tous les efprits c'eft un fait que je vais
rendre fenfible dans peu , par les exemples
même que M. Rouffeau a choifis.
22
Сс
:
Je fçais , dit- il , que la poétique du
théâtre prétend faire tout le contraire ,"
» & purger les paffions en les excitant ;
» mais j'ai peine à bien concevoir cette
regle. Seroit-ce que pour devenir tem-
» pérant & fage , il faut commencer par
> être furieux & fou ? "
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
+
M. Rouffeau étoit de bonne foi : je n'en
doute pas . Mais n'étoit- il pas trop animé
du zele patriotique , en écrivant ces chofes
étranges ? Perfonne ne fçait mieux que
lui , qu'à Sparte , pour préferver les enfans
des excès du vin , on leur faifoit voir des
efclaves dans l'ivreffe. L'état honteux de
ces efclaves , infpiroit aux enfans la crainte
ou la pitié , ou l'une & l'autre en même
temps ; & ces paffions étoient les préfervatifs
du vice qui les avoit fait naître . L'arti
fice du théâtre n'eft autre chofe , & M.
Rouſſeau en est bien inftruit. Dira- t'il que
pour rendre leurs enfans tempérans & fales
Spartiates les rendoient furieux &
ges
fous ?
ود
сс« Il ne faut , dit il , pour fentir la mau-
» vaife foi de ces réponfes , que confulter
» l'état de fon coeur à la fin d'une tragé
» die. " Hé bien , je choifis les trois Pieces
du théâtre où la plus féduifante des
paffions eft exprimée avec le plus de chaleur
& de charmes , Ariane , Ines & Zaïre:
je de nan le à M. Rouffeau s'il croit
que l'impreffion qui en refte foit une difpofition
à ce que l'amour a de vicieux ?
Que feroit ce fi je parcourois les tragédies
où la jaloufie fombre & cruelle , où la vengeance
atroce , où l'ambition forcenée ne
paroiffent qu'entourées de furies , & déNOVEMBRE
. 1758. 109
chirées de remords ? M. Rouffeau a- t'il
confulté fon coeur à la fin de Polieucte ,
de Cinna , d'Athalie , d'Alzire , de Mérope
: Eft- ce le goût du vice , où l'amour de
la vertu , que ces fpectacles y excitent ?
J'attefte M. Rouffeau lui -même , en fuppofant
, comme de raiſon , qu'il ne fe croit
pas plus incorruptible que nous.
Mais voici bien un autre paradoxe .
« Toutes les paffions font foears ; une feule
» fuffic pour en exciter mille , & les com-
» battre l'une par l'autre , n'eft qu'un
» moyen de rendre le coeur plus fenfible à
ود
» toutes. »
Obfervons d'abord qu'il s'agit de la terreur
& de la pitié , qui font les refforts
du pathétique. Ainfi tout ce qui excite en
nous la pitié , nous difpofe à la vengeance;
ainfi la crainte que nous infpirent les
forfaits de l'ambition , les lâches complots
de l'envie , les projets fanglans de la haine,
cette crainte , dis- je , eft elle- même le germe
des paffions qui la font naître. Eft- ce
dans la tête d'un Philofophe que tombent
de pareilles idées ? La fenfibilité fans doute
eft la bafe des affections criminelles ;-
mais elle l'eſt de même des affections vertuenfes.
Tout ce qui l'excite la rend féconde
, mais elle produit des baumes ou
des poiſons , felon les femences qu'on
FIO MERCURE DE FRANCE.
jette dans l'ame , & s'il eft des ames qui
corrompent tout , ce n'eft pas la faute du
théâtre.
و و
« Le feul inſtrument qui ferve à les pur-
" ger ( les paffions ) , c'eſt la raiſon , &
j'ai déja dit que la raiſon n'avoit nul
» effet au théâtre. » Voilà deux affertions >
également dénuées de preuve , & qui toutes
deux en avoient grand befoin . Je demande
à M. Rouffeau , fi la raifon ellemême
a quelque moyen plus fûr de contenir
une paffion , que de lui oppofer pour
contrepoids la crainte des dangers , & des
remords, qui l'accompagnent ? Eft- ce par
des calculs géométriques ? eft - ce par des
définitions idéales que la raifon corrige les
moeurs ?
1
Quant au fait que M. Rouffeau
avance
pour la feconde fois , qu'il nous dife s'il
regarde le rôle de Caton , dans la tragédie
d'Adiffon , comme déplacé au théâtre ? Ce
rôle fi intéreffant
& fi beau , eft la raifon
& la vertu même . Il eft auffi calme qu'il
eft pathétique , & fi l'héroïfme en étoit
moins tranquille , il feroit beaucoup moins
touchant. Mais pourquoi recourir au théâ
tre Anglois ? Toutes les vertus , fur la fce--
ne Françoife , n'ont elles pas leurs maximes
pour regle ? n'y voit - on que des furieux
ou des fanatiques ? L'humanité , la
NOVEMBRE. 1758.
r
grandeur d'amé , l'amour de la patrie ,
L'enthousiasme même de la religion , n'y
font- ils pas auffi éclairés , auffi raifonnés
qu'ils peuvent l'être fans froideur ? M.
Rouffeau ne fe fouvient- il plus d'avoir entendu
Zopire , Alvarès , Polieuce , Burthus
, & c. ?
99
« Qu'on mette , dit- il , pour voir , fur
» la fcene Françoife , un homme droit &
>> vertueux , mais fimple & groffier... qu'on
» y mette un fage fans préjugés , qui ayant
reçu un affront d'un fpadaffin , refuſe
» de s'aller faire égorger par l'offenfeur ;
» & qu'on emploie tout l'art du théâtre
pour rendre ces perfonnages intéreffans .
comme le Cid au peuple François , j'au
» rai tort fi l'on réuffit.
و د
On ne réuffira point , & vous aurez
tort : 1 ° . la groffiéreté n'eft bonne à rien ,
nous la rejettons de la fociété & du théâ
tre : 2°. le fage eft un perfonnage fort refpectable
, mais la bravoure eft une de ces
qualités nationales que le théâtre François
doit honorer. Si le fage eft un Thémiftocle
, nous l'admirerons ; s'il n'eft que patient
ou timide , il n'eft pas digne d'occu
per la ſcene. En un mot , l'homme fans:
préjugés attaquera les nôtres , & il en eft:
que l'on doit refpecter. Mais indépendam--
ment de ces convenances , l'intérêt doie:
112 MERCURE DE FRANCE.
naître de l'émotion or un caractere que
rien n'émeut , ne fçauroit nous émouvoir ,
à moins qu'il ne foit dans une fituation pareille
à celle de Caton : Colluctantem cum
aliquâ calamitate. D'ailleurs la pitié , ce
fentiment fi naturel & fi tendre , nous touche
plus que l'admiration : ainfi quelque
empire qu'ait fur nous la raifon , il ne
s'enfuit pas qu'elle doive être auffi pathé
tique , auffi théâtrale que l'amour combattu
par l'honneur , tel qu'il nous eft
peint dans le Cid .
La conféquence que M. Rouffeau déduit
de tout ce que l'on vient de lire , eſt
que « le théâtre purge les paffions qu'on
» n'a pas, & fomente celles qu'on a . Ne
» voila t'il pas , ajoute - t'il , un remede
» bien adminiftré ? » Si fes principes
étoient bien établis , la conféquence en feroit
évidente ; mais heureuſement pour
nous , ni les Auteurs , ni le théâtre ne font
auffi méchans qu'il le croit.
و
"3
« Mais en fuppofant les fpectacles auffi
parfaits , & le peuple auffi bien difpofé
qu'il foit poffible , encore , dit M. Rouf-
"feau , ces effets fe réduiroient- ils à rien ,
» faute de moyens pour les rendre fenfi-
»bles. Je ne fçache que trois inftrumens
» à l'aide defquels on puiffe agir fur les
» moeurs d'un peuple ; fçavoir , la force
NOVEMBRE . 1758. 113
» des loix , l'empire de l'opinion , & l'at-
» trait du plaifir : or les loix n'ont nul ac-
» cès au théâtre... L'opinion n'en dépend
point... Et quant au plaifir qu'on y peut
prendre , tout fon effet eft de nous y ra-
» mener plus fouvent . »
ود
ود
Suivons s'il eft poffible , le fil de ces
idées , & voyons d'abord quelle eft la fuppofition
le fpectacle auffi parfait qu'il peut
l'être , c'est-à- dire fans doute , l'innoncence
& le crime , le vice & la vertu , les bons
& les mauvais exemples préfentés fous le
point de vue le plus moral. Le peuple auffi
bien difpofe , c'est- à- dire au moins avec ce
goût général de la vertu , & cette averfion
pour le vice , qui préparent le coeur
humain à recevoir les impreffions de l'une,
& à repouffer les atteintes de l'autre
quand la vertu lui eft préfentée avec fes
charmes , & le crime avec fon horreur,
Cela pofé, qu'eft- il befoin de la force des
loix , & de l'empire de l'opinion , pour
lui faire goûter des peintures confolantes
pour les bons , & effrayantes pour les méchans
? L'attrait d'un plaifir honnête ne lui
fuffit- il pas pour le ramener à un ſpectacle
, felon fon coeur , où la vertu qu'il
aime , eſt comblée de gloire, où le vice qu'il
hait, ne fe montre que chargé d'opprobre ,
& malheureux même dans fes fuccès ?
114 MERCURE DE FRANCE.
Parmi les inftrumens à l'aide defquels on
peut agir fur les moeurs , M. Rouffeau a
obmis le plus puiffant , qui eft l'habitude.
Des affections répétées naiffent les inclinations
, & celles - ci décidées au bien ou au
mal , conftiruent les moeurs bonnes ou
mauvaiſes. Tel eft l'infaillible effet des
émotions que le théâtre nous caufe , quelques
paffageres qu'elles foient , il en refte
au moins une foible empreinte , & les mêmes
traces approfondies , fe gravent fi
avant dans l'ame , qu'elles lui deviennent
comme naturelles : mais eft- il befoin de
prouver quel eft l'empire de l'habitude ,
& M. Rouffean lui - même peut - il fe le
diffimuler ?
ور
ود
Il attribue , en paffant , aux Acteurs de
Opera , un reffentiment un peu vif de
l'ennui qu'ils lui ont caufé. «Néron , chan-
» tant au théâtre , faifoit égorger ceux qui
» s'endormoient.... Nobles Acteurs de
l'Opera de Paris , ah ! fi vous aviez joui
» de la puiffance impériale , je ne gémirois
pas maintenant d'avoir trop vécu . »
Il faut que M. Rouffeau attache à fon fommeil
une prodigieufe importance , ou qu'il
ne lui en coûte guere pour imaginer des
affaffins.
"
" Le Théâtre rend la vertu aimable ...
opere un grand prodige de faire ce
NOVEMBRE. 1758. 115
que
la vertu & la raifon font avant lui.
» Les méchans font haïs fur la fcene ; fontils
aimés dans la focié:é ?
J'obferve 1°, que fi tous les hommes aiment
la vertu , & déteftent le vice de cet:
amour actif & de cette haine véhémente
que l'on refpire au Théâtre , tous les hommes
ont de bonnes moeurs ; & fi M. Rouffeau
peut me le perfuader , j'aurai autant
de plaifir que lui à le croire. 2°. Que ficet
amour & cette haine font afſoupis dans l'ame
, les impreffions du Théâtre font un
bien en les réveillant. 3 ° . Que fi l'on n'aime
la vertu , & fi l'on ne hait le vice que
dans autrui , comme il le fait entendre ,
le grand avantage du Théâtre eft de nous
ramener en nous - mêmes par la terreur & la
pitié; de nous mettre à la place du perfonnage
dont les égaremens nous effrayent , ou
dont nous plaignons les malheurs ; en un
mot de nous rendre perfonnels cette haine
& cet amour que le vice & la vertu nous
infpirent quand nous les voyons dans autrui
.
30
7
Je doute que tout homme à qui l'on
expofera d'avance les crimes de Phedre
» & de Médée, ne les détefte plus encore au
» commencement qu'à la fin de la piece ; &
» fi ce doute eft fondé , que faut-il penfer
de cet effet fi vanté du Théâtre ? :
و ر
116 MERCURE DE FRANCE.
Ce ne font pas les crimes , ce font les
criminels que l'on détèfte moins à la fin de
la piece l'art du Théâtre les rapproche
de nous , en les conduifant pas à pas , & par
des paffions qui nous font naturelles aux
forfaits monftrueux dont nous fommes
épouvantés : & c'eſt en cela même que ces
exemples du danger des paffions nous deviennent
perfonnels . Une mere qui égorge
fes enfans , une femme inceftueufe & adultere,
qui rejette fur l'objet vertueux de cet
amour déteſtable , toute l'horreur qu'elle
doit infpirer, ces caracteres, feulement annoncés
, font auffi éloignés de nous , que
celui d'une lionne ou d'une vipere. Il n'eſt
point de femme qui appréhende de tomber
dans cet excès d'égarement ; mais quand
les gradations en font bien ménagées ,
quand on voit l'ame de Phedre ou de Médée
agitée des mêmes fentimens qui s'élevent
en nous , fufceptible des mêmes retours
, combattue des mêmes remords ,
s'engager peu à peu , & fe précipiter enfin
dans des crimes qui révoltent la nature ,
nous les plaignons comme nos femblables,
& ce retour fur nous - mêmes,qui eft le principe
de la pitié , eft auffi celui de la crainte.
«Que toutes ces vaines prétentions approfondies
font puériles & dépourves de
» fens , s'écrie M. Rouffeau ! Quant à moi
??
NOVEMBRE. 1758. 117
, dût-on me traiter de méchant encore
» une fois,pour ofer foutenir que l'homme
» eſt né bon ; je le penfe , & je crois l'a-
» voir prouvé. La fource de l'intérêt qui
» nous attache à ce qui eft honnête , &
nous infpire de l'averfion pour le mal ,
» eft en nous , & non dans les pieces.
C
39
Oui , fans doute , la fource en eft en
nous , mais l'art du Théâtre la purifie & la
dirige par la terreur & la pitié. L'homme
eft né bon , je le crois , mais a- t'il confervé
ce caractere? Si les traits en font altérés ,
affoiblis , effacés par des habitudes vicieuſes
; quelle morale plus vive , plus fenfible
, plus pénétrante que celle du Théâtre
, peut en renouveller l'empreinte ? Si
cette morale eft faine & pure , elle n'eſt
donc pas infructueufe ? L'homme eft né bon ;
& c'estpour cela même que les bons exemples
lui font utiles , ils n'auroient point de
prife fur fon ame fi la nature l'avoit fait
méchant. En un mot ou toute inftruction
eft fuperflue , ou celle, du Théâtre , comme
la plus frapante , doit être auffi la plus falutaire
; telle étoit du moins la prétention
de Corneille toute vaine & puérile que M.
Rouffeau la fuppofe : peut être mieux approfondie
,, y eût - il trouvé plus de bon
fens ? 1
Le coeur de l'homme eft toujours droit
18 MERCURE DE FRANCE.
و د
fur ce qui ne fe rapporte pas perfonnelle
ment à lui ... c'eft quand notre intérêt
s'y mêle , que nous préférons le mal qui
nous eft utile , au bien que nous fait ai
» mer la nature . Que va donc voir le méchant
au fpectacle ? précisément ce qu'il
» voudroit trouver partout : des leçons de
vertu pour le Public dont il s'excepte ,
» & des gens immolant tout à leur devoir ,
» tandis qu'on n'exige rien de lui . »
J'avoue que pour ce méchant déterminé
il n'y a de bonne école que la greve . Mais
ce méchant eft plus jufte que M. Rouſſeau
dans l'opinion qu'il a du Public , puifqu'il
jouit au fpectacle du plaifir de voir former
d'honnêtes gens dont la probité lui ſera
utile.
Quand à l'intérêt perfonnel , il n'éclipfe
jamais totalement les faines lumieres de la
confcience ; & plus l'homme eft exercé à
difcerner le jufte & l'injufte dans la cauſe
d'autrui , moins il eft expofé à s'y méprendre
dans la fienne. Pour celui qui eft injufte
avec pleine lumiere, ou fa corruption
eft fans remede , ou l'habitude du Théâtre
doit réveiller dans fon ame l'effroi ,
la honte & les remords . Je ne pense pas du
refte que M. Rouffeau fuppofe dans le
commun des fpectateurs une fcélérateffe
tranquille ; je lui demanderois où il auroit
pris cette idée de l'humanité ?
+
NOVEMBRE, 1758. 119
یو
ور
Quelle eft cette pitié, dit- il, en parlant
de celle qu'infpire la Tragédie ? Une émo-
» tion paffagere & vaine , qui ne dure pas
plus que
l'illufion qui l'a produite ; un
" refte de fentiment naturel étouffé bientôt
par les paffions ; une pitié ſtérile qui
» fe repaît de quelques larmes , & n'a ja-
» mais produit le moindre acte d'humanité,
»
"
25
C'eft comme fi je difois que la difcipline
de Sparte ou de Rome n'a jamais produit
aucun acte de valeur. N'eft- ce pas dans l'un
& dans l'autre cas , une impreflion habituelle
qui modifie l'ame , & nous fait contrafter
infenfiblement le caractere qui lui
eft analogue ? Si la fréquentation du Théâtre
n'influe pas fur les moeurs , il doit en
être de même du commerce des hommes ;
& dès- lors que devient tout ce qu'on nous
dit de la force de l'exemple ?
« Au fonds , quand un homme eft allé
admirer de belles actions dans des fa-
« bles , & pleurer des malheurs imaginaires
, qu'a t'on encore à exiger de lui
» N'eft- il pas content de lui- même ? Ne
s'applaudit-il pas de fa belle ame ? Ne
» s'eft- il pas acquitté de tout ce qu'il doit
à la vertu par l'hommage qu'il vient de
lui rendre ? Que voudroit- on qu'il fît de
plus? qu'il la pratiquât lui-même ? il n'
33
39
120 MERCURE DE FRANCE.
point de rôle à jouer ; il n'eſt pas Comé-
» dien.
ود
Sur qui tombe cette ironie infultante ?
Eft-ce à Paris que M. R. a trouvé tous les
devoirs de l'humanité réduits à l'attendriffement
qu'on éprouve au ſpectacle ? Il fait
que le peuple y eft doux , humain , ſecoucourable,
autant qu'en aucun lieu du monde
; il doit favoir que les honnêtes
gensy
ont le coeur affez bon pour tolérer , plaindre
& foulager ceux même qui les calomnient
, & il auroit pu attribuer à la fréquentation
duThéâtre quelques nuances de
ce caractere généreux & compâtiſſant qu'il
a reconnu dans les François.
« On ſe croiroit , ajoute- t'il , auffi ri-
» dicule d'adopter les vertus de fes Héros ,
» que de parler en vers , & d'endoffer un
» habit de théâtre . » Encore un coup , où
a- t'il vu cela ? Se croiroit- on ridicule d'être
humain comme Alvares , & vertueux
comme Burrhus .. M.Rouffeau le penfe- t'il?
Eft-ce à lui de nous croire des monftres ? Le
gigantefque qui eft ridicule au Théâtre , le
feroit dans la fociété ; j'en conviens. Mais
ceux qui ont excellé dans la Tragédie , ont
peint la nature dans fa vérité , dans ſa
beauté fimple & touchante , & la réalité en
eft auffi révérée que la fiction en eft applaudie
.
« Tout
NOVEMBRE. 1758. 121
«Tout fe réduit à nous montrer la ver
» tu comme un jeu de Théâtre , bon pour
» amufer le Public ; mais qu'il y auroit de
la folie à vouloir tranfporter férieuſement
» dans la fociété. O vous ! qui regardez la
justice & la vérité comme les premiers devoirs
de l'homme , êtes vous jufte & vrai
dans ce moment ? vous , pour qui l'humanité
& la Patrie font les premieres affections
, oubliez- vous que nous fommes des
hommes ?
Il y auroit de la folie à une mere d'avoir
les entrailles deMérope ; à une époufe,
d'avoir les fentimens d'Inès ! De quel Public
nous parlez- vous ? Si je connoiffois moins
les gens vertueux que vous avez fréquentés ,
vous- m'en donneriez une idée effroyable ..
Ce font là cependant les faits d'après leſquels
vous décidez, «que la plus avantageu-
»fe impreffion des meilleures Tragédies eft
» de réduire à quelques affections paffage-
" res , ftériles & fans effet tous les devoirs
» de la vie humaine.
"
» On me dira , pourfuit M. R. que dans ces
pieces le crime eft toujours puni , & la
» vertu toujours récompenfée ». On ne lui
dira pas cela , mais on lui dira que le crime
y eft toujours peint avec des couleurs
odieufes & effrayantes , la vertu avec des
traits refpectables & intéreffans. Si quel-
F
122 MERCURE DE FRANCE .
pour
quefois cette regle a été violée , c'eſt une
difformité monftrueufe que le Public ne
pardonne jamais. M. Rouffeau avoue
qu'il n'y a perfonne qui n'aimât mieux
etre Britannicus que Néron mênie après
la cataſtrophe. Voilà tout ce qu'exige la
bonté des moeurs théâtrales. Je lui abandonne
tous les exemples vicieux & reconnus
tels ; mais de cent Tragédies il n'y en
a pas une où l'intérêt foit le crime.
Je dis plus , il n'y en a pas une feule au
Théâtre qui ait réuffi avec ce défaut . Pourquoi
donc en inférer : « Tel eft le goût
qu'il faut flatter fur la fcene , telles font
les moeurs d'un peuple inftruit ; lefavoir,
l'efprit , le courage ont feuls notre admi-
>> ration ; & toi , douce & modefte vertu ,
tu reftes toujours fans honneur . >> Remarquez
que c'eft après s'être plaint que l'on
a avili le perfonnage de Ciceron pour
flatter le goût du fiecle , que M. Rouſſeau
s'écrie que l'efprit & le favoir ont feuls notre
admiration. Qu'elle fe préfente , Mon
fieur , cette vertu douce & modefte & fur
le Théâtre , & dans la fociété ; nos hom
mages iront au devant d'elle : nous la ref
pectons dure & farouche ; indulgente &
fociable , elle obtiendra nos adorations.
33
"
Les obfervations judicieuſes que fait M.
Rouſſeau fur la Tragédie de Mahomet, des
NOVEMBRE . 1758. 123
voient fuffire , ce me femble , pour détermi
ner dans fon efprit les vrais principes des
moeurs théâtrales. Mais comme il n'en veut
rien conclure d'oppofé à fon fyftême , il tâche
d'affoiblir l'idée d'utilité qu'elles préfentent
naturellement. « Le fanatifme , dit-
» il , n'eft pas une erreur , mais une fureur
>> aveugle & ftupide, que la raifon ne retient
» jamais ... Vous avez beau démontrer à
» des fous que leurs chefs les trompent , ils
» n'en font pas moins ardens à les fuivre . »
Auffi le but moral n'en eft- il pas de guérir
les peuples du fanatifme , mais de les en
garantir, en leur démontrant , non pas qu'on
les trompe
, mais comment on peut les
tromper. L'erreur eft mere de cette fureur
aveugle , & c'eft dans fa fource que l'attaque
la Tragédie de Mahomet . En un mot
cet exemple épouventable des horreurs de
la fuperftition n'en feroit pas le remede ,
mais il peut en être le préſervatif.
« Je crains bien , ajoute M. Rouffeau ,
qu'une pareille piece jouée devant des
» gens en état de choifir, ne fît plus de Ma
homets de Zopires que .
.د
33
Je le crois : auffi l'inftruction n'eft - elle
pas pour le petit nombre des Mahomets
mais pour la foule des Séides.
M. Rouffeau , en louant le goût anti que
dans le rôle deThiefte,demande avec raifon
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
que l'on daigne nous attendrir quelquefois
pour la fimple humanité ſouffrante ; & c'eſt
à quoi l'on devroit confacrer ce genre fi
naturel & fi touchant , dont l'Enfant prodigue
eft le modele , & que les gens qui
ور
ne réfléchiffent fur rien, ont tourné en ridicule.
Mais j'aurai lieu d'examiner dans peu
pourquoi les perfonnages , comme celuide
Thiefte , font fi rarement employés au
Théâtre. Cependant le goût des Grecs fûtil
en cela préférable au nôtre ; M. Rouf
feau ne peut- il nous offrir la vérité que
fous une face infultante ? « Les anciens ,"
» dit - il , avoient des Héros , & mettoient
» des hommes fur leurs Théâtres ; nous,au
» contraire , nous n'y mettons que des Hé-
» ros, & à peine avons nous des hommes. »
Il rappelle un mot d'un vieillard qui avoit
été rebuté au fpectacle par la jeuneffe
Athénienne , & auquel les Ambaſſadeurs
de Sparte avoient donné place auprès
d'eux. « Cette action fut remarqué de tout
» le Spectacle , & applaudie d'un batte-
» ment de main univerfel. Hé ! que de
» maux , s'écria le bon vieillard d'un ton
>> de douleur ! Les Athéniens favent ce qui eft
» honnête ; mais les Lacédémoniens le prati»
quent. Voilà la Philofophie moderne , &
» les moeurs anciennes » obferve M. Rouffeau.
NOVEMBRE. 1758. 125
Ici je retiens ma plume : il ne feroit pas
généreux d'oppofer la perfonnalité à la fatyre.
J'avoue donc qu'il y a à Paris comme
à Athenes des étourdis fans décence &
fans moeurs. Mais la jeuneffe Athénienne
rebutoit un vieillard qui vraisemblablement
n'infultoit perfonne , & M. Rouffeau
fait bien que nous n'en fommes pas encore
là
»
Il revient à fon objet : « Qu'apprend- on
» dans Phédre & dans dipe , finon que
l'homme n'eft pas libre , & que le Ciel le
punit des crimes qu'illui fait commettre?
Qu'apprend- on dans Médée , fi ce n'eft
jufqu'où la fureur de la jaloufie peut ren-
» dre une mere cruelle & dénaturée ?
·20
ود
»
Voilà deux exemples forts différens , &
qu'il eft bon de ne pas confondre. La caufe
des événemens tragiques peut être ou perfonnelle
, ou étrangere , & celle- ci ou naturelle
ou furnaturelle , c'eft- à-dire , ou
dans l'ordre des chofes ; ou , pour parler le
langage de la Poéfie, dans la volonté immédiate
des Dieux. Les Tragédies de ce derdier
genre font toutes tirées du Théâtre
ancien, Je ne fais quel intérêt pouvoient
avoir les Grecs à frapper les efprits du
fyftême de la fatalité ; mais il eft certain
qu'ils faifoient de l'homme un inftrument
aveugle dans la main des deftinées.
1
F iij
126 MERCURE DE FRANCE.
>
J'avoue que tout le fruit de ces Tragédies
fe borne à entretenir en nous une fenfibilité
compâtiffante pour des crimes involontaires
, & pour des malheurs indépendans de
celui qui en eft accablé comme dans
Edipe & dans Phedre. On y joint l'avantage
de faire fentir à l'homme fa dépendance
; mais comme il en résulte plus
d'horreur que de crainte des Dieux , je
crois la morale de ces Tragédies pernicieufe
à cet égard. Heureufement elles font
en petit nombre , & l'idée de la fatalité
s'évanouit avec l'illufion théâtrale . Le fecond
genre eft celui où la caufe des événemens
eft dans l'ordre naturel , mais indépendante
du caractere des perfonnes. Pär
exemple , en ne fuppofant à Andromaque
& à Mérope que les fentimens naturels.
d'une mere , c'en eft affez du danger de
leurs fils pour les rendre malheureuſes &
intéreffantes . La feule utilité de cette forte
de fpectacle eft de nourrir , & d'exercer en
nous les fentimens d'humanité qu'il réveille
; car je compte pour très - peu de
chofe la prudence qu'il peut infpirer. Le
troifieme genre place dans l'ame des Acteurs
tous les refforts de l'action & du pathétique
, & c'est là , felon moi , le plus
moral & le plus utile. Le crime & le
malheur y font les effets des paffions ; &
.
NOVEMBRE. 1758. 127
plus le crime eft odieux , plus le malheur
eft déplorable , plus la paffion qui en eft la
fource, devient effrayante à nos yeux. Tout
cela demanderoit à être développé , &
rendu fenfible par des exemples. Mais je
ne fuis déja que trop long. Il fuffic d'étudier
Corneille pour voir la révolution qui
s'eft faite dans l'art de la Tragédie , lorfqu'abandonnant
les deux premiers genres,
où les perfonnages , comme Thiefte , n'avoient
pas befoin de caracteres décidés , il
y a fubftitué celui qui prend fa force pathétique
& morale dans le combat des paffions
& dans les moeurs des perfonnages.
33
ود
"
" Les actions atroces préfentées dans la
Tragédie , font dangereufes , dit M. R.
» en ce qu'elles accoutument les yeux du
peuple à des horreurs qu'il ne devroit
»pas même connoître , & à des forfaits
qu'il ne devroit pas fuppofer poffibles.
1°. Le fait démontre que fi les yeux du
peuple s'y accoutument , fon coeur ne s'y
accoutume pas. M. Rouffeau reconnoît le
peuple François pour le plus doux & le
plus humain qui foit fur la terre. Il y a
cependant bien des années que ce peuple
voit Horace poignarder fa foeur, Agamem
non immoler fa fille , & Orefte égorger fa
mere. 2 ° . Au lieu de prendre l'inutile foin
de cacher au peuple la poffibilité des ac-
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
> tions atroces il faut qu'il fçache que
l'homme dans l'excès de la paffion eft capable
de tout , afin de lui faire détefter
cette paffion qui le rend féroce. Voilà quel
eft le but & l'objet de la Tragédie ; & quoi
qu'en dife M. Rouffeau , tous les grands
Maîtres l'ont rempli.
"Il n'eft pas même vrai , dit- il , › que le
» meurtre & le parricide y foient toujours
odieux. A la faveur de je ne fçais quelles
» commodes fuppofitions, on les rend per-
» mis ou pardonnables. »
Dans les exemples qu'il cite , voici
quelles font ces fuppofitions. Dans Iphigénie
, Agamemnon immole fa fille pour
ne pas défobéir aux Dieux & deshonorer
la Grece. Orefte égorge fa mere fans le
fçavoir , & en voulant frapper le meurtrier
de fon pere : Horace poignarde Camile
dans un premier mouvement de fureur ,
exciré par les imprécations qu'elle vomit
contre la patrie , & dès ce moment il eſt
dérefté. Agamemnon lui - même devient
révoltant dès qu'il s'occupe de fa grandeur
& de fa gloire. Orefte fort du théâtre déchiré
par les Furies pour un crime aveuglement
commis. Voilà les fuppofitions commedes
qui nous rendent ces perfonnages intéreffans
. Je demande fi fur de tels exemples
on eft fondé à écrire qu'il n'est pas
NOVEMBRE. 1758. 129
vrai que fur notre théâtre le meurtre & le
parricide foient toujours odieux .
་
Ajoutez que l'Auteur, pour
faire parler
»chacun felon fon caractere , eft forcé de
» mettre dans la bouche des méchans leurs
» maximes & leurs principes revêtus de
tout l'éclat des beaux vers , & débités
d'un ton impofant & fentencieux , pour
» l'inftruction du parterre. »
Il est vrai que Fun dit ,
Et pour nous rendre heureux , perdons les mifé→
rables.
L'autre ,
Tombe fur moi le ciel , pourvu que je me vange-
L'autre ,
J'embraſſe mon rival , mais c'eft pour l'étouffer .
Celui - ci s'endurcit contre les cris de la
nature ; celui - là foule aux pieds tous les
droits de l'humanité. Il n'y a pas un mé
chant au théâtre qui dans l'intimité d'une
confidence , ou dans quelque monologues
ne fe trahiffe , ne s'accufe , ne fe préfente
aux ſpectateurs fous l'afpec le plus odieux,
& les Auteurs ont porté cette attention au
point de facrifier fouvent la vraisemblance
à l'utilité morale. Je ne dis rien ici dont
tout le monde ne foit témoin ; & M. R.
qui a vu affidument fix ans de fuite ce
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
fpectacle , devroit fe rappeller ces faits.
Non, dit- il , je le foutiens , & j'en attefte
» l'effroi des Lecteurs , les malfacres des
» Gladiateurs n'étoient pas fi barbares
que
» ces affreux fpectacles.On voyoit du fang,
»il eft vrai ; mais on ne fouilloit pas fon
imagination de crimes qui font frémir la
"
23
» nature. »
Cette opinion fuppofe dans celui qui la
foutient une imagination bien vive ; mais
pour le commun des hommes
j'ofe
aflurer fi l'on verfoit réellement une
que
goutte de fang au théâtre , la fcene tragique
feroit tout au plus le fpectacle de la.
groffiere populace. Tel fe plaît à frémir
en voyant Mérope le poignard levé ſur
fon fils , & Orefte ou Ninias venant d'affaffiner
fa mere ; tel , dis - je , foutient ces
fictions , qui jetteroit des cris de douleur
& d'effroi à la vue d'un malheureux que
l'on tueroit fur fon paffage. La Mothe a
très-bien obfervé que l'illufion théâtrale
n'est jamais complette , & que le fpectacle
cefferoit d'être un plaifir , fans la réflexion
confufe qui en affoiblit le pathétique , &
qui nous confole intérieurement . Quant à
Fimagination fouillée , c'eſt un mal , file
crime y eft peint avec des couleurs qui
nous féduifent ; mais c'eft un bien & un
très-grand bien, fi les traces qui en reftent,
NOVEMBRE. 1758. IZI
infpirent l'horreur & l'effroi . Les arrêts
qui flétriffent ou qui condamnent les criminels
fouillent l'imagination du peuple ;
faut- il ne pas les publier ?
C'en eft affez , je crois , fur l'article de
la Tragédie. J'approfondirai dans la fuite
qui regarde la Comédie , les moeurs des
Comédiens , & l'amour , ce fentiment fi
naturel & fi dangereux , qui eft l'ame de
nos deux théâtres. Je l'ai déja dit , l'affertion
eft rapide & tranchante , la difcuffion
eft ralentie à chaque inftant par les détails ;
mais j'examine , & ne plaide point : il ne
me feroit que trop aifé d'être moins froid
& plus preffant.
M. d'Alembert de l'Académie Françoiſe ,
&c. fur fon Article Geneve , dans le feptie
me volume de l'Encyclopédie , & particu
liérement fur le projet d'établir un théâtre
de comédie dans cette ville . A Amfterdam,
chez Marc- Michel Rey.
Celui qui a regardé les Belles - Lettres
comme une caufe de la corruption des
moeurs , celui qui celui qui , pour notre bien , eût
NOVEMBRE. 1758. 9༥
1
voulu nous mener paître , n'a pas dů approuver
qu'on envoyât, fes concitoyens à
une école de politeffe & de goût ; mais fans
nous prévenir contre fes principes , difcutons
les de bonne foi.
93% 33
C'eft pour Geneve qu'il écrit. « Juſtice
» & vérité , voilà les premiers devoirs de
» l'homme. Humanité , patrie , voilà fes
premieres affections. Je paffe fous filence
le premier article de fa Lettre : la Théologie
n'eft pas de ma fphere , mais qu'il
me foit permis de m'étendre un peu fur
l'article des fpectacles , qui en eft le fujet
principal . M. d'Alembert qui eſt Philoſophe
& qui n'eft point fauvage , a propofé aux
Genevois d'avoir un théâtre de comédie.
« Voilà , dit M. Rouſſeau , le confeil le plus
dangereux qu'on pût nous donner ; du
» moins tel eft mon ſentiment , & mes rai-
» fons font dans cet écrit. »
"
De ces raifons les unes font générales ,
les autres particulieres à la conftitution de
Geneve. Impatient de donner à M. R. les
éloges qu'il mérite , je commence par où
il a fini , c'est- à - dire par la feule partie de
fa Lettre , que je trouve concluante .
Je fens tout l'avantage que lui donne
fur fes critiques le ftyle & le ton qu'il a
pris . Indépendamment de la févérité impofante
de fes maximes , il eft peu d'Ecrivains
91 MERCURE DE FRANCE.
か
qui réuniffent à un haut degré l'abondance
, la fimplicité , la vigueur , la précifion
& l'harmonie du ftyle , & quoiqu'il
en dife , on ne s'apperçoit pas que , pour
vouloir être clair & fimple , il fe trouve lâche
diffus. Il me femble qu'il a parlé contre
les fpectacles , avec plus de chaleur qu'il
ne falloit & avec autant d'éloquence
qu'il étoit poffibles mais tout ce qui porte à
faux , fût il écrit par un Démofthene , n'eſt
que de la déclamation . Effayons d'abord
de démêler le vrai. Vous ferez , dit- il à
» M. d'Alembert , le premier Philofophe
qui ait jamais excité un peuple libre ,
» une petite ville & un état pauvre , à fe
charger d'un fpectacle public. » Il fait
voir que Geneve eft hors d'état de foutenir
un fpectacle fans un préjudice réel :
1°. par le petit nombre de fes habitans :
2º. par la modicité de leur fortune : 3 ° . par
la nature de leurs richeffes qui n'étant pas
le produit des biens fonds , mais de l'induftrie
& du commerce , exigent d'eux
une application continuelle : 4° . par le goût
exceffif des Genevois pour la campagne
où ils paffent fix mois de l'année. Il ajoute
qu'il eft impoffible qu'un établiffement fi
contraire aux anciennes maximes de ſa pa-
-trie , y foit généralement applaudi . « Combien
de généreux citoyens verront ,
dit-il
ور
:
NOVEMBRE. 1758.
93 .
93
avec indignation , ce monument du luxe
» & de la molleffe , s'élever fur les ruines
» de notre antique fimplicité ! ... Suppofons
cependant , pourfuit il , fuppofons .
» les comédiens bien établis dans Geneve ,
» bien contenus par nos loix , la comédie
» floriffante & fréquentée ; le premier effet
» fenfible de cet établiffement , fera , comme
je l'ai déja dit , une révolution dans
» nos ufages , qui en produira néceffaire-
» ment une dans nos meurs. Cette révo-
» lution fera - t'elle bonne ou mauvaiſe ?
» c'est ce qu'il eft temps d'examiner . »
30.
t
Au lieu de fpectacles , Geneve a des cercles
ou fociétés de douze ou quinze perfonnes
qui louent à frais communs un ap- ,
partement commode , & où les affociés fe
rendent toutes les après- midi. « Là, chacun
» fe livrant aux amufemens de fon goût ,
» on joue , on caufe , on lit , on boit , on
» fume ; les femmes & les filles fe raffem-
» blent de leur côté tantôt chez l'une , tan-
» tôt chez l'autre ; les hommes , fans être
» fort févérement exclus de ces fociétés , "
ود »s'ymêlentaffezrarement....Maisdès
» l'inftant qu'il y aura une comédie , adieu
» les cercles , adieu les fociétés . Voilà , dit
» M. Rouffeau , la révolution que j'ai pré-
,, dite..... Il avoue que l'on boit beaucoup
, & que l'on joue trop dans les cer
""
94 MERCURE DE FRANCE.
cles ; mais il foutient avec fon éloquence
intrépide , qu'il vaut mieux être ivrogne
que galant , & croit l'excès du jeu
très facile à réprimer , fi le Gouvernement
s'en mêle. Il convient auffi que les femmes,
dans leur fociété , fe livrent volontiers au
plaifir de médire , mais par là même , elles
tiennent lieu de cenfeurs à la République .
" Combien de fcandales publics ne retient
» pas la crainte de ces féveres obferva-
» trices . " Tout cela peut paroître ridicule
à Paris , quoique très fenfé pour Geneve ,
& M. Rouffeau a fur nous l'avantage de
mieux connoître fa patrie.
Il eft vraisemblable qu'en deux ans de
comédie tout feroit bouleversé , c'est- àdire
qu'on n'iroit plus à l'heure du ſpectacle
, fumer , s'enivrer & médire dans les
cercles , & qu'en effet l'agréable vie de Paris
prendroit à Geneve la place de l'ancienne
fimplicité. M. Rouffeau fe plaint déja
qu'on y éleve les jeunes gens à la Françoife.
« On étoit plus groffier de mon
dit - il , les enfans étoient de
» vrais poliffons , mais ces poliffons ont
» fait des hommes qui ont dans le coeur
» du zele
pour fervir la patrie , & du fang
» à verfer pour elle . » M. R. croit être à
Lacédémone. Mais Geneve , ne lui déplaife
, a de meilleurs garans de fa liberté
">
temps ,
t
t
.
NOVEMBRE. 1758. 95
4
que les moeurs de fes citoyens , & grace à
la conftitution de l'Europe , elle n'a pas
befoin d'élever des dogues pour fa garde..
Cependant que le goût du luxe , inféparable
de celui du fpectacle , que fes maximes
de nos tragédies , la peinture comique
de nos moeurs , le filence même & la
gêne qui regnent dans nos aſſemblées , &
qu'il regarde comme indignes de l'efprit
républicain ,, que tous ces inconvéniens.
foient tels qu'il les envifage par rapport à
Geneve , il eft plus en état que nous d'en
juger. Qu'il choififfe à fa patrie les fêtes ,
les jeux , les fpectacles qui lui conviennent
; c'eſt un foin que nous lui laiffons.
Nous applaudiffons à fon zele , nous admirons
ce Patriotifme éclairé , vigilant ,
courageux ; cette éloquence noble & fimple
, qui n'a rien d'inculte & rien d'étudié,
où la douceur & la véhémence , les ima-.
ges & les fentimens , le ton philofophique
& le langage populaire font mêlés avec
d'autant plus d'art , que l'art ne s'y fait
point fentir. Telle eft la juſtice que j'aime
à rendre aux intentions & aux talens de
M. Rouffeau ; & s'il fe fût borné à ce qui «
étoit effentiellement de fon fujet , il n'eût
reçu de moi que des applaudiffemens ; je
n'aurois pas même examiné , pour le louer ,
s'il avoit raifon de s'alarmer du confeil
2
.
96 MERCURE DE FRANCE.
de M. d'Alembert . Un Citoyen qui croit
voir les moeurs de fa patrie en danger , eft
excufable d'être trop timide. Mais que ,
pour détourner les Genevois de l'établiffement
propofé , il leur préfente le théâtre
le plus décent de l'univers comme l'école
du crime , les Poëtes comme des corrupteurs
, les Acteurs comme des gens non
feulement infames , mais vicieux par
état ;
les fpectateurs , comme un peuple perdu ,
& à qui le fpectacle n'eft utile que pour
dérober au crime quelques heures de leur
temps ; c'eft ce que l'évidence de la vérité
peut feule rendre pardonnable. Je crains
bien que M. Rouffeau n'ait écrit toutes
ces chofes dans cette fermentation qu'il
croit appaifée , & qui peut- être ne l'eſt
pas affez . Quoi qu'il en foit , d'autres imiteront
, en lui répondant , l'amertume de
fon ftyle , & croiront être auffi éloquens
que lui , quand ils lui auront dit des injures.
Pour moi , je confi lere qu'il a voulu efftayer
fes concitoyens , & qu'il a oublié Paris
pour ne s'occuper que de Geneve. « Si je
»me trompe dans mon fentiment , dit- il ,>
cette erreur ne peut nuire à perfonne . » Si
elle ne nuit pas à tant de gens qu'il va décrier
, il n'en fait pas moins ce qu'il peut
pour leur nuire : mais il n'a penfé qu'à
Geneve ;
NOVEMBRE . 1758. 97
1
Geneve , du moins j'aime à le croire ainfi :
Je vais donc le fuivre pas à pas , fans humeur
& fans invective.
e
Il confidere d'abord le ſpectacle comme
un amuſement . « Or , dit-il , tout amuſe-
» ment inutile eft un mal pour un être dont
» la vie eft fi courte , & le temps fi pré-
» cieux . » 1 °. Il avouera que ce mal exifte
à Geneve fans le fpectacle , à moins que
boire , jouer & fumer , ne lui femblent des
occupations utiles . 2 °. Un amufement qui
délaffe & confole la vie laborieufe ,qui occupe
& détourne du mal la vie oifive
& diffipée , n'eft pas fans quelque utilité.
3 °. Peut- être y a- t'il des devoirs pour tous
les inftans de la vie , peut- être une heure
de diffipation eft elle un larcin fait à la fociété.
Mais à qui le perfuaderez-vous ? Et
fi la fociété fe relâche elle- même de fes
droits ; fi elle vous dit : J'exige moins, pour
obtenir plus fûrement , plus librement ce
que j'exige ; fi les hommes , pour n'être ni
tyrans , ni efclaves les uns des autres , ſe
permettent par intervalles cet oubli mutuel
& paffager ; s'ils vous répondent enfin
qu'ils ne vivent enfemble que pour être
heureux , & que le délaffement eſt un befoin
de leur foibleffe ; avez - vous à leur
répliquer que vous êtes hommes comine
eux, & que tous vos momens font pleins ?
E
98 MERCURE DE FRANCE.
Je fais qu'il n'y a que l'homme qui broute,
dont la fociété n'ait rien à exiger ; mais
elle n'attend de perfonne une fervitude
affidue. Promenez- vous donc fans remords
deux heures du jour à la campagne , randis
qu'à Paris nous les paffons à entendre
Athalie ou Cinna , le Mifanthrope ou le
Tartufe .
ی د
Un Barbare à qui l'on vantoit la magnificence
du Cirque , & des Jeux éta-
» blis à Rome , demanda : Les Romains
» n'ont-ils ni femmes ni enfans ? le Barbare
» avoit raiſon. » ;
Ce Barbare ne favoit pas que le premier
befoin d'une fociété eft d'être en paix avec
elle -même ; qu'il y avoit à Rome dans les
efprits un principe de fédition , qui ne fe
diffipoit que dans les fêtes , & que lorfqu'un
peuple n'eft pas content , il faut
tâcher de le rendre joyeux. Ce Barbare
auroit condamné les cercles de Geneve
comme les fpectacles de Rome , & il auroit
eu tort.
« Je n'aime point qu'on ait befoin
» d'attacher fon coeur fur la fcene , comme
» s'il étoit mal au dedans de nous. >>
pas
Une bonne confcience fait qu'on ne
craint la folitude , mais ne fait pas
qu'on s'y plaife toujours. Il eft peu d'hommes
qui s'aiment affez pour jouir continuellement
d'eux-mêmes fans langueur &
NOVEMBRE . 1758. 99
fans ennui. L'on a beau être à fon aife au
dedans de foi , l'on y fait fouvent de la
bile. Il n'y a que Dieu dont on puiffe dire,
fefuo intuitu beat ; encore , felon notre foible
maniere de concevoir , a- t'il pris plaifir
à fe répandre.
J'aurois dû fentir , reprend M. Rouf-
" feau , que ce langage n'eft plus de faifon
" dans notre fiecle , tâchons d'en prendre
» un qui foit mieux entendu ... Les fpec-
» tacles font faits pour le peuple , & c'eft
» par leurs effets fur lui , qu'on peut déter-
» miner leurs qualités abfolues... Quant à
l'efpece des fpectacles , c'eft néceffaire-
» ment le plaifir qu'ils donnent , & non
» leur utilité qui la détermine.
"
C'eſt au Poëte à rendre l'utile agréable ,
& tous les bons Poëtes y ont réuffi : les
détails en vont être la preuve.
399
D
39
La fcene en général eft un tableau
» des paffions humaines dont l'original
eft dans tous les coeurs ; mais fi le Peintre .
» n'avoit foin de flatter ces paffions , les
fpectateurs feroient bientôt rebutés , &
» ne voudroient plus fe voir fous un af-
» pect qui les fit méprifer d'eux- mêmes.
Que s'il donne à quelques unes des cou-
» leurs odieufes , c'eft feulement à celles
qui ne font point générales & qu'on hait
» naturellement... Et alors ces paffions de
È ij
100 MERCURE DE FRANCE.
29
rebut font employées à en faire valoir
» d'autres, finon plus légitimes , du moins
plus au gré des fpectateurs. Il n'y a que
» la raifon qui ne foit bonne à rien fur la
» fcene. Un homme fans paffions , ou qui
» les domineroit toujours , n'y fçauroit in-
" téreffer perfonne ... Qu'on n'attribue
pas au théâtre le pouvoir de chan-
» ger des ſentimens ni des moeurs qu'il ne
» peut que fuivre & embellir . ».
ور
donc
La fcene eft un tableau des paffions
dont le germe eft dans notre coeur : voilà
le vrai ; mais l'original du tableau eft dans
le coeur de peu de perfonnes. S'il n'y avoit
à la cour que des Narciffes , Britannicus
n'y feroit point fouffert ; s'il n'y avoit que
des Burrhus , Britannicus y feroit inutile ;
mais il y a des hommes vaguement ambitieux
& irréfolus encore , ou mal affermis.
dans la route qu'ils doivent fuivre ; c'eft
pour ceux-là que Britannicus eft une leçon ,
& n'eft point une infulte.
Il y a partout des paffions nationales &
conftitutives de la fociété; tel étoit l'amour
de la domination chez les Romains , l'amour
de la liberté chez les Grecs , l'amour
du gain chez les Cartaginois ; tel eft parmi
nous l'amour de la gloire ou du moins
celui de l'honneur. Il eft certain que le
théâtre doit ménager , flatter même ces
NOVEMBRE . 1758. 101
paffions , s'il veut gagner la faveur du
Public ; rien n'eft plus naturel ni plus jufte .
Quelqu'un eût-il réuffi à crier au milieu
de Sparte , que la fervitude étoit le renverfement
de tous les droits de la nature , &
qu'il étoit horrible de chaffer , de tirer aux
Ilotes comme aux bêtes fauves ? L'apôtre
d'une morale oppofée au génie , au caractere
, au gouvernement d'une Nation en
eft communément , ou le jouet , ou le martyr
. On le bafoue , fi on le méprife ; on le
chaffe , fi on le craint ; on le punit , s'il
s'obſtine à troubler l'ordre : fi la fociété
lui déplaît , c'eſt à lui de s'en éloigner. Il
eft fenfé que ce qui conftitue les moeurs
nationales d'un peuple , convient à ce peuple
; nul homme privé n'a droit de lui en
demander compte ; & fi l'on donne à ce,
peuple des leçons douces & modeftes , ce
n'eft qu'autant qu'il le veut bien . Mais
toute paffion qui ne tient point à ce caractere
général , eft livrée à la cenfure du
théâtre. La haine , la vengeance , l'ambition
perfonnelle , la baffe envie , l'amour
effréné , l'orgueil tyrannique , toute ce qui
attente à la fociété , tout ce qui lui nuit ,
tout ce qui peut lui nuire les vices les
plus répandus , les travers les plus à la
mode , tout cela peut être attaqué fans ménagement.
Plus la peinture en eft vive , &
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
la fatyre accablante , plus le fpectacle eft
applaudi.
Il eft une paffion contre laquelle il feroit
abfurde de fe déchaîner fans réſerve
c'eft la paffion de l'amour ; & e'eft la feule
dont M. R. ait pu dire qu'on la fait valoir
au théâtre au dépend de celles qu'on y
peint avec des couleurs odieufes. Nous
aurons lieu d'examiner dans la fuite quant
& comment l'amour eft intéreffant fur la
fcene , & pourquoi il y eft protégé.
Il en eft des goûts , des opinions , des
ridicules nationaux , qui ne font en euxmêmes
ni bien , ni mal , comme des paffions
nationales dont je viens de parler.
La fociété qui les adopte , fe les rend perfonnels
, & il n'eft pas raifonnable de voudoir
qu'elle foit la fable d'elle - même..
Ainfi , par exemple , celui qui , au milieu
de Pekin, iroit ſe moquer de l'architecture
Chinoife , & traiter d'imbécilles tous ceux
qui habitent fous ces toits fans fymmétrie
& fans proportion ; celui- là , dis-je , ne
feroit pas fage : il auroit peut-être raifon
partout ailleurs ; mais à Pekin , il auroit
tort.
Ainfi tout n'eft pas du reffort du théâtre
; c'eſt l'école des citoyens , & non cellede
la république . Voilà , ce me ſemble ,
quelle eft la diftinction réelle entre les.
NOVEMBRE. 1758. 103
moeurs que l'on doit ménager fur la fcene ,
& celles qu'on y peut cenfurer. Si la
conftitution politique eft mauvaife , fi les
moeurs fondamentales font altérées ou
corrompues dans leur maffe , le théâtre n'y
peut rien , je l'avoue ; mais en attaquant
les vices épars & les paffions naiffantes ,
le théâtre ne peut- il pas affoiblir le poiſon
dans fa fource ne peut- il pas arrêter ou
ralentir la contagion de l'exemple ? C'eſt
ce qui reste à examiner.
M. Rouffeau attribue à Moliere & à
Corneille des ménagemens auxquels je fuis
bien convaincu que ni l'un , ni l'autre
n'avoient penfé. Ils ont écrit Pour
fiecle , fans doute ; ils en ont confulté
les moeurs & le goût : c'eft à-dire qu'ils
ont pris dans l'opinion de leur fiecle les
moyens de l'affecter , de l'intéreffer à leur
gré. Par exemple , quoiqu'il foit vrai
qu'Electre puifoit de l'eau & qu'Achile
faifoit griller fes viandes ; comme l'un &
l'autre répugne à l'idée que nous avons
d'un Héros & d'une Princeffe , le Poëte
s'accommode à nos moeurs en s'éloignant
des moeurs anciennes , & nous fait voir
Achile & Electre , tels à peu près que
nous les imaginons . Corneille , en expofant
aux yeux des François le fujet de Théodore
, avoit perdu de vue cette regle des
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
convenances , & lui - même il l'a reconnu.
Voilà quelle eft la condefcendence que ces
Poëtes ont eue pour les moeurs de leur
fiecle .
Mais quel eft le vice qu'ils ont menagé ?
quelle eft la paffion qu'ils ont flattée ? Si
Moliere avoit eu la timide circonfpection
qu'on lui attribue , eût - it jamais démafqué
l'hypocrite ? Dans le Cid , Corneille
autorife le duel ; mais dans un fils qui
venge fon pere , & qui réduit à l'alternative
de deux devoirs oppofés , préfere le plus
inviolable. Ce n'eft pas la vengeance , c'eſt
la piété qui fe fignale dans le Cid , & qui
enleve les applaudiffemens .
Le duel et un uſage barbare ; mais ,
l'ufage établi , l'honneur de Don Diegue
mortellement offenfé , il n'étoit pas plus
permis au Cid de pardonner l'infulte faite
à fon pere , que de lui enfoncer lui même
le poignard dans le fein. C'eſt donc un
acte de vertu , & le devoir le plus facré de
la nature , qui eft recommandé dans cette
Tragédie , l'une des plus morales & des
plus intérelfantes qui ayent paru fur aucun
théâtre du monde.
Si quelque chofe peut faire fentir la
barbarie du point d'honneur , c'eſt l'affreufe
néceffité où ce préjugé réduit le
Cid ; mais il eft aifé de voir pourquoi
NOVEMBRE . 1758. 105
T
Corneille a refpecté dans les Efpagnols ,
& devant les François , une opinion adhérente
au principe fondamental de la monarchie.
" Si les chef d'oeuvres de ces Auteurs
» ( Corneille & Moliere ) étoient encore
» à paroître , ils tomberoient infaillible-
» ment aujourd'hui , dit M. Rouffeau , &
» fi le public les admire encore , c'eft plus
»par honte de s'en dédire , que par un
" vrai fentiment de leurs beautés. »
M. Rouffeau a- t'il pu croire , a-t'il voulu
nous perfuader que nous faifons femblant
de rire , de pleurer , de frémir à ces fpectacles
? Et le public , pour fçavoir s'il s'amufe
ou s'il eft ému , fera-t'il obligé de
demander comme ce jeune étranger à fon
Mentor : Mon Gouverneur , ai - je bien du
plaifir ? M. Rouffeau mérite qu'on lui réponde
plus férieufement ; mais faut - il
auffi nous réduire à prouver que Cinna ,
Polieucte , le Mifanthrope , le Tartufe
&c. nous intéreffent & nous enchantent.
Quand même l'impreffion en feroit affoiblie
, combien de caufes peuvent y contribuer
, qui n'ont rien de commun avec les
meurs L'affertion eft laconique ; la difcuffion
ne le feroit pas.
S'il eft vrai que fur nos théâtres la
meilleure Piece de Sophocle tomberoit
E v
o MERCURE DE FRANCE:
•
tout à plat , ce n'eft point par la raiſon
qu'on ne fçauroit fe mettre à la place de
gens qui ne nous reffemblent point. Car
au fonds toutes les meres reffemblent à Jocafte
, tous les enfans reffemblent à dipe
, en ce qui fait l'intérêt & le pathétique
de la tragédie de Sophocle , & je ne
penfe pas qu'on nous foupçonne d'avoir
moins d'horreur que les Grecs pour le parricide
& l'incefte.
39
Ce n'est donc pas le fonds , mais la fuperficie
des moeurs qui a changé , & c'eft
en quoi le Poëte eft obligé de confulter
le goût de fon fiecle : mais ceci demandes
roit encore un long détail pour être expli
qué. «Il s'enfuit de ces premieres obfer
» vations , dit M. Rouffeau , que l'effet
général du fpectacle eft de renforcer le
» caractere national , d'augmenter les in-
» clinations naturelles , & de donner une
»> nouvelle énergie aux paffions. Cette
conclufion a trois parties ; la premiere eft
vraie dans un fens : le théâtre ménage ,
favorife les moeurs nationales , les fortifie ,
& c'eft un bien. Car les moeurs nationalés
tiennent à la conftitution politique ,
& celle-ci fût- elle mauvaiſe , tout citoyen
doit concourir à en étayer l'édifice , en attendant
qu'il foit reconftruit. Si Tunis ne
pouvoit fubfifter que par le pillage , la pi-
23
NOVEMBRE. 1758. 107
+
raterie devroit être en honneur fur le
théâtre de Tunis : mais fi par les moeurs
nationales , on entend des habitudes étrangeres
ou nuifibles au génie du Gouvernement
& au maintien de la fociété , je
n'en vois point , comme je l'ai dit , que le
théâtre favorife ; je n'en vois point que le
public ne permette de cenfurer . Toutes les
inclinations pernicieufes font condamnées
au théâtre , toutes les paffions funeftes y
infpirent l'horreur , toutes les foibleffes
malheureuſes y font naître la pitié & la
crainte. Les fentimens qui , de leur nature,
peuvent être dirigés au bien & au mal ,
comme l'ambition & l'amour , y font peints
avec des couleurs intéreffantes ou odieufes
, felon les circonftances qui les décident
ou vertueux , ou criminels. Telle eft
la regle invariable de la fcene tragique ,
& le Poëte qui l'auroit violée , révolteroit
tous les efprits c'eft un fait que je vais
rendre fenfible dans peu , par les exemples
même que M. Rouffeau a choifis.
22
Сс
:
Je fçais , dit- il , que la poétique du
théâtre prétend faire tout le contraire ,"
» & purger les paffions en les excitant ;
» mais j'ai peine à bien concevoir cette
regle. Seroit-ce que pour devenir tem-
» pérant & fage , il faut commencer par
> être furieux & fou ? "
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
+
M. Rouffeau étoit de bonne foi : je n'en
doute pas . Mais n'étoit- il pas trop animé
du zele patriotique , en écrivant ces chofes
étranges ? Perfonne ne fçait mieux que
lui , qu'à Sparte , pour préferver les enfans
des excès du vin , on leur faifoit voir des
efclaves dans l'ivreffe. L'état honteux de
ces efclaves , infpiroit aux enfans la crainte
ou la pitié , ou l'une & l'autre en même
temps ; & ces paffions étoient les préfervatifs
du vice qui les avoit fait naître . L'arti
fice du théâtre n'eft autre chofe , & M.
Rouſſeau en est bien inftruit. Dira- t'il que
pour rendre leurs enfans tempérans & fales
Spartiates les rendoient furieux &
ges
fous ?
ود
сс« Il ne faut , dit il , pour fentir la mau-
» vaife foi de ces réponfes , que confulter
» l'état de fon coeur à la fin d'une tragé
» die. " Hé bien , je choifis les trois Pieces
du théâtre où la plus féduifante des
paffions eft exprimée avec le plus de chaleur
& de charmes , Ariane , Ines & Zaïre:
je de nan le à M. Rouffeau s'il croit
que l'impreffion qui en refte foit une difpofition
à ce que l'amour a de vicieux ?
Que feroit ce fi je parcourois les tragédies
où la jaloufie fombre & cruelle , où la vengeance
atroce , où l'ambition forcenée ne
paroiffent qu'entourées de furies , & déNOVEMBRE
. 1758. 109
chirées de remords ? M. Rouffeau a- t'il
confulté fon coeur à la fin de Polieucte ,
de Cinna , d'Athalie , d'Alzire , de Mérope
: Eft- ce le goût du vice , où l'amour de
la vertu , que ces fpectacles y excitent ?
J'attefte M. Rouffeau lui -même , en fuppofant
, comme de raiſon , qu'il ne fe croit
pas plus incorruptible que nous.
Mais voici bien un autre paradoxe .
« Toutes les paffions font foears ; une feule
» fuffic pour en exciter mille , & les com-
» battre l'une par l'autre , n'eft qu'un
» moyen de rendre le coeur plus fenfible à
ود
» toutes. »
Obfervons d'abord qu'il s'agit de la terreur
& de la pitié , qui font les refforts
du pathétique. Ainfi tout ce qui excite en
nous la pitié , nous difpofe à la vengeance;
ainfi la crainte que nous infpirent les
forfaits de l'ambition , les lâches complots
de l'envie , les projets fanglans de la haine,
cette crainte , dis- je , eft elle- même le germe
des paffions qui la font naître. Eft- ce
dans la tête d'un Philofophe que tombent
de pareilles idées ? La fenfibilité fans doute
eft la bafe des affections criminelles ;-
mais elle l'eſt de même des affections vertuenfes.
Tout ce qui l'excite la rend féconde
, mais elle produit des baumes ou
des poiſons , felon les femences qu'on
FIO MERCURE DE FRANCE.
jette dans l'ame , & s'il eft des ames qui
corrompent tout , ce n'eft pas la faute du
théâtre.
و و
« Le feul inſtrument qui ferve à les pur-
" ger ( les paffions ) , c'eſt la raiſon , &
j'ai déja dit que la raiſon n'avoit nul
» effet au théâtre. » Voilà deux affertions >
également dénuées de preuve , & qui toutes
deux en avoient grand befoin . Je demande
à M. Rouffeau , fi la raifon ellemême
a quelque moyen plus fûr de contenir
une paffion , que de lui oppofer pour
contrepoids la crainte des dangers , & des
remords, qui l'accompagnent ? Eft- ce par
des calculs géométriques ? eft - ce par des
définitions idéales que la raifon corrige les
moeurs ?
1
Quant au fait que M. Rouffeau
avance
pour la feconde fois , qu'il nous dife s'il
regarde le rôle de Caton , dans la tragédie
d'Adiffon , comme déplacé au théâtre ? Ce
rôle fi intéreffant
& fi beau , eft la raifon
& la vertu même . Il eft auffi calme qu'il
eft pathétique , & fi l'héroïfme en étoit
moins tranquille , il feroit beaucoup moins
touchant. Mais pourquoi recourir au théâ
tre Anglois ? Toutes les vertus , fur la fce--
ne Françoife , n'ont elles pas leurs maximes
pour regle ? n'y voit - on que des furieux
ou des fanatiques ? L'humanité , la
NOVEMBRE. 1758.
r
grandeur d'amé , l'amour de la patrie ,
L'enthousiasme même de la religion , n'y
font- ils pas auffi éclairés , auffi raifonnés
qu'ils peuvent l'être fans froideur ? M.
Rouffeau ne fe fouvient- il plus d'avoir entendu
Zopire , Alvarès , Polieuce , Burthus
, & c. ?
99
« Qu'on mette , dit- il , pour voir , fur
» la fcene Françoife , un homme droit &
>> vertueux , mais fimple & groffier... qu'on
» y mette un fage fans préjugés , qui ayant
reçu un affront d'un fpadaffin , refuſe
» de s'aller faire égorger par l'offenfeur ;
» & qu'on emploie tout l'art du théâtre
pour rendre ces perfonnages intéreffans .
comme le Cid au peuple François , j'au
» rai tort fi l'on réuffit.
و د
On ne réuffira point , & vous aurez
tort : 1 ° . la groffiéreté n'eft bonne à rien ,
nous la rejettons de la fociété & du théâ
tre : 2°. le fage eft un perfonnage fort refpectable
, mais la bravoure eft une de ces
qualités nationales que le théâtre François
doit honorer. Si le fage eft un Thémiftocle
, nous l'admirerons ; s'il n'eft que patient
ou timide , il n'eft pas digne d'occu
per la ſcene. En un mot , l'homme fans:
préjugés attaquera les nôtres , & il en eft:
que l'on doit refpecter. Mais indépendam--
ment de ces convenances , l'intérêt doie:
112 MERCURE DE FRANCE.
naître de l'émotion or un caractere que
rien n'émeut , ne fçauroit nous émouvoir ,
à moins qu'il ne foit dans une fituation pareille
à celle de Caton : Colluctantem cum
aliquâ calamitate. D'ailleurs la pitié , ce
fentiment fi naturel & fi tendre , nous touche
plus que l'admiration : ainfi quelque
empire qu'ait fur nous la raifon , il ne
s'enfuit pas qu'elle doive être auffi pathé
tique , auffi théâtrale que l'amour combattu
par l'honneur , tel qu'il nous eft
peint dans le Cid .
La conféquence que M. Rouffeau déduit
de tout ce que l'on vient de lire , eſt
que « le théâtre purge les paffions qu'on
» n'a pas, & fomente celles qu'on a . Ne
» voila t'il pas , ajoute - t'il , un remede
» bien adminiftré ? » Si fes principes
étoient bien établis , la conféquence en feroit
évidente ; mais heureuſement pour
nous , ni les Auteurs , ni le théâtre ne font
auffi méchans qu'il le croit.
و
"3
« Mais en fuppofant les fpectacles auffi
parfaits , & le peuple auffi bien difpofé
qu'il foit poffible , encore , dit M. Rouf-
"feau , ces effets fe réduiroient- ils à rien ,
» faute de moyens pour les rendre fenfi-
»bles. Je ne fçache que trois inftrumens
» à l'aide defquels on puiffe agir fur les
» moeurs d'un peuple ; fçavoir , la force
NOVEMBRE . 1758. 113
» des loix , l'empire de l'opinion , & l'at-
» trait du plaifir : or les loix n'ont nul ac-
» cès au théâtre... L'opinion n'en dépend
point... Et quant au plaifir qu'on y peut
prendre , tout fon effet eft de nous y ra-
» mener plus fouvent . »
ود
ود
Suivons s'il eft poffible , le fil de ces
idées , & voyons d'abord quelle eft la fuppofition
le fpectacle auffi parfait qu'il peut
l'être , c'est-à- dire fans doute , l'innoncence
& le crime , le vice & la vertu , les bons
& les mauvais exemples préfentés fous le
point de vue le plus moral. Le peuple auffi
bien difpofe , c'est- à- dire au moins avec ce
goût général de la vertu , & cette averfion
pour le vice , qui préparent le coeur
humain à recevoir les impreffions de l'une,
& à repouffer les atteintes de l'autre
quand la vertu lui eft préfentée avec fes
charmes , & le crime avec fon horreur,
Cela pofé, qu'eft- il befoin de la force des
loix , & de l'empire de l'opinion , pour
lui faire goûter des peintures confolantes
pour les bons , & effrayantes pour les méchans
? L'attrait d'un plaifir honnête ne lui
fuffit- il pas pour le ramener à un ſpectacle
, felon fon coeur , où la vertu qu'il
aime , eſt comblée de gloire, où le vice qu'il
hait, ne fe montre que chargé d'opprobre ,
& malheureux même dans fes fuccès ?
114 MERCURE DE FRANCE.
Parmi les inftrumens à l'aide defquels on
peut agir fur les moeurs , M. Rouffeau a
obmis le plus puiffant , qui eft l'habitude.
Des affections répétées naiffent les inclinations
, & celles - ci décidées au bien ou au
mal , conftiruent les moeurs bonnes ou
mauvaiſes. Tel eft l'infaillible effet des
émotions que le théâtre nous caufe , quelques
paffageres qu'elles foient , il en refte
au moins une foible empreinte , & les mêmes
traces approfondies , fe gravent fi
avant dans l'ame , qu'elles lui deviennent
comme naturelles : mais eft- il befoin de
prouver quel eft l'empire de l'habitude ,
& M. Rouffean lui - même peut - il fe le
diffimuler ?
ور
ود
Il attribue , en paffant , aux Acteurs de
Opera , un reffentiment un peu vif de
l'ennui qu'ils lui ont caufé. «Néron , chan-
» tant au théâtre , faifoit égorger ceux qui
» s'endormoient.... Nobles Acteurs de
l'Opera de Paris , ah ! fi vous aviez joui
» de la puiffance impériale , je ne gémirois
pas maintenant d'avoir trop vécu . »
Il faut que M. Rouffeau attache à fon fommeil
une prodigieufe importance , ou qu'il
ne lui en coûte guere pour imaginer des
affaffins.
"
" Le Théâtre rend la vertu aimable ...
opere un grand prodige de faire ce
NOVEMBRE. 1758. 115
que
la vertu & la raifon font avant lui.
» Les méchans font haïs fur la fcene ; fontils
aimés dans la focié:é ?
J'obferve 1°, que fi tous les hommes aiment
la vertu , & déteftent le vice de cet:
amour actif & de cette haine véhémente
que l'on refpire au Théâtre , tous les hommes
ont de bonnes moeurs ; & fi M. Rouffeau
peut me le perfuader , j'aurai autant
de plaifir que lui à le croire. 2°. Que ficet
amour & cette haine font afſoupis dans l'ame
, les impreffions du Théâtre font un
bien en les réveillant. 3 ° . Que fi l'on n'aime
la vertu , & fi l'on ne hait le vice que
dans autrui , comme il le fait entendre ,
le grand avantage du Théâtre eft de nous
ramener en nous - mêmes par la terreur & la
pitié; de nous mettre à la place du perfonnage
dont les égaremens nous effrayent , ou
dont nous plaignons les malheurs ; en un
mot de nous rendre perfonnels cette haine
& cet amour que le vice & la vertu nous
infpirent quand nous les voyons dans autrui
.
30
7
Je doute que tout homme à qui l'on
expofera d'avance les crimes de Phedre
» & de Médée, ne les détefte plus encore au
» commencement qu'à la fin de la piece ; &
» fi ce doute eft fondé , que faut-il penfer
de cet effet fi vanté du Théâtre ? :
و ر
116 MERCURE DE FRANCE.
Ce ne font pas les crimes , ce font les
criminels que l'on détèfte moins à la fin de
la piece l'art du Théâtre les rapproche
de nous , en les conduifant pas à pas , & par
des paffions qui nous font naturelles aux
forfaits monftrueux dont nous fommes
épouvantés : & c'eſt en cela même que ces
exemples du danger des paffions nous deviennent
perfonnels . Une mere qui égorge
fes enfans , une femme inceftueufe & adultere,
qui rejette fur l'objet vertueux de cet
amour déteſtable , toute l'horreur qu'elle
doit infpirer, ces caracteres, feulement annoncés
, font auffi éloignés de nous , que
celui d'une lionne ou d'une vipere. Il n'eſt
point de femme qui appréhende de tomber
dans cet excès d'égarement ; mais quand
les gradations en font bien ménagées ,
quand on voit l'ame de Phedre ou de Médée
agitée des mêmes fentimens qui s'élevent
en nous , fufceptible des mêmes retours
, combattue des mêmes remords ,
s'engager peu à peu , & fe précipiter enfin
dans des crimes qui révoltent la nature ,
nous les plaignons comme nos femblables,
& ce retour fur nous - mêmes,qui eft le principe
de la pitié , eft auffi celui de la crainte.
«Que toutes ces vaines prétentions approfondies
font puériles & dépourves de
» fens , s'écrie M. Rouffeau ! Quant à moi
??
NOVEMBRE. 1758. 117
, dût-on me traiter de méchant encore
» une fois,pour ofer foutenir que l'homme
» eſt né bon ; je le penfe , & je crois l'a-
» voir prouvé. La fource de l'intérêt qui
» nous attache à ce qui eft honnête , &
nous infpire de l'averfion pour le mal ,
» eft en nous , & non dans les pieces.
C
39
Oui , fans doute , la fource en eft en
nous , mais l'art du Théâtre la purifie & la
dirige par la terreur & la pitié. L'homme
eft né bon , je le crois , mais a- t'il confervé
ce caractere? Si les traits en font altérés ,
affoiblis , effacés par des habitudes vicieuſes
; quelle morale plus vive , plus fenfible
, plus pénétrante que celle du Théâtre
, peut en renouveller l'empreinte ? Si
cette morale eft faine & pure , elle n'eſt
donc pas infructueufe ? L'homme eft né bon ;
& c'estpour cela même que les bons exemples
lui font utiles , ils n'auroient point de
prife fur fon ame fi la nature l'avoit fait
méchant. En un mot ou toute inftruction
eft fuperflue , ou celle, du Théâtre , comme
la plus frapante , doit être auffi la plus falutaire
; telle étoit du moins la prétention
de Corneille toute vaine & puérile que M.
Rouffeau la fuppofe : peut être mieux approfondie
,, y eût - il trouvé plus de bon
fens ? 1
Le coeur de l'homme eft toujours droit
18 MERCURE DE FRANCE.
و د
fur ce qui ne fe rapporte pas perfonnelle
ment à lui ... c'eft quand notre intérêt
s'y mêle , que nous préférons le mal qui
nous eft utile , au bien que nous fait ai
» mer la nature . Que va donc voir le méchant
au fpectacle ? précisément ce qu'il
» voudroit trouver partout : des leçons de
vertu pour le Public dont il s'excepte ,
» & des gens immolant tout à leur devoir ,
» tandis qu'on n'exige rien de lui . »
J'avoue que pour ce méchant déterminé
il n'y a de bonne école que la greve . Mais
ce méchant eft plus jufte que M. Rouſſeau
dans l'opinion qu'il a du Public , puifqu'il
jouit au fpectacle du plaifir de voir former
d'honnêtes gens dont la probité lui ſera
utile.
Quand à l'intérêt perfonnel , il n'éclipfe
jamais totalement les faines lumieres de la
confcience ; & plus l'homme eft exercé à
difcerner le jufte & l'injufte dans la cauſe
d'autrui , moins il eft expofé à s'y méprendre
dans la fienne. Pour celui qui eft injufte
avec pleine lumiere, ou fa corruption
eft fans remede , ou l'habitude du Théâtre
doit réveiller dans fon ame l'effroi ,
la honte & les remords . Je ne pense pas du
refte que M. Rouffeau fuppofe dans le
commun des fpectateurs une fcélérateffe
tranquille ; je lui demanderois où il auroit
pris cette idée de l'humanité ?
+
NOVEMBRE, 1758. 119
یو
ور
Quelle eft cette pitié, dit- il, en parlant
de celle qu'infpire la Tragédie ? Une émo-
» tion paffagere & vaine , qui ne dure pas
plus que
l'illufion qui l'a produite ; un
" refte de fentiment naturel étouffé bientôt
par les paffions ; une pitié ſtérile qui
» fe repaît de quelques larmes , & n'a ja-
» mais produit le moindre acte d'humanité,
»
"
25
C'eft comme fi je difois que la difcipline
de Sparte ou de Rome n'a jamais produit
aucun acte de valeur. N'eft- ce pas dans l'un
& dans l'autre cas , une impreflion habituelle
qui modifie l'ame , & nous fait contrafter
infenfiblement le caractere qui lui
eft analogue ? Si la fréquentation du Théâtre
n'influe pas fur les moeurs , il doit en
être de même du commerce des hommes ;
& dès- lors que devient tout ce qu'on nous
dit de la force de l'exemple ?
« Au fonds , quand un homme eft allé
admirer de belles actions dans des fa-
« bles , & pleurer des malheurs imaginaires
, qu'a t'on encore à exiger de lui
» N'eft- il pas content de lui- même ? Ne
s'applaudit-il pas de fa belle ame ? Ne
» s'eft- il pas acquitté de tout ce qu'il doit
à la vertu par l'hommage qu'il vient de
lui rendre ? Que voudroit- on qu'il fît de
plus? qu'il la pratiquât lui-même ? il n'
33
39
120 MERCURE DE FRANCE.
point de rôle à jouer ; il n'eſt pas Comé-
» dien.
ود
Sur qui tombe cette ironie infultante ?
Eft-ce à Paris que M. R. a trouvé tous les
devoirs de l'humanité réduits à l'attendriffement
qu'on éprouve au ſpectacle ? Il fait
que le peuple y eft doux , humain , ſecoucourable,
autant qu'en aucun lieu du monde
; il doit favoir que les honnêtes
gensy
ont le coeur affez bon pour tolérer , plaindre
& foulager ceux même qui les calomnient
, & il auroit pu attribuer à la fréquentation
duThéâtre quelques nuances de
ce caractere généreux & compâtiſſant qu'il
a reconnu dans les François.
« On ſe croiroit , ajoute- t'il , auffi ri-
» dicule d'adopter les vertus de fes Héros ,
» que de parler en vers , & d'endoffer un
» habit de théâtre . » Encore un coup , où
a- t'il vu cela ? Se croiroit- on ridicule d'être
humain comme Alvares , & vertueux
comme Burrhus .. M.Rouffeau le penfe- t'il?
Eft-ce à lui de nous croire des monftres ? Le
gigantefque qui eft ridicule au Théâtre , le
feroit dans la fociété ; j'en conviens. Mais
ceux qui ont excellé dans la Tragédie , ont
peint la nature dans fa vérité , dans ſa
beauté fimple & touchante , & la réalité en
eft auffi révérée que la fiction en eft applaudie
.
« Tout
NOVEMBRE. 1758. 121
«Tout fe réduit à nous montrer la ver
» tu comme un jeu de Théâtre , bon pour
» amufer le Public ; mais qu'il y auroit de
la folie à vouloir tranfporter férieuſement
» dans la fociété. O vous ! qui regardez la
justice & la vérité comme les premiers devoirs
de l'homme , êtes vous jufte & vrai
dans ce moment ? vous , pour qui l'humanité
& la Patrie font les premieres affections
, oubliez- vous que nous fommes des
hommes ?
Il y auroit de la folie à une mere d'avoir
les entrailles deMérope ; à une époufe,
d'avoir les fentimens d'Inès ! De quel Public
nous parlez- vous ? Si je connoiffois moins
les gens vertueux que vous avez fréquentés ,
vous- m'en donneriez une idée effroyable ..
Ce font là cependant les faits d'après leſquels
vous décidez, «que la plus avantageu-
»fe impreffion des meilleures Tragédies eft
» de réduire à quelques affections paffage-
" res , ftériles & fans effet tous les devoirs
» de la vie humaine.
"
» On me dira , pourfuit M. R. que dans ces
pieces le crime eft toujours puni , & la
» vertu toujours récompenfée ». On ne lui
dira pas cela , mais on lui dira que le crime
y eft toujours peint avec des couleurs
odieufes & effrayantes , la vertu avec des
traits refpectables & intéreffans. Si quel-
F
122 MERCURE DE FRANCE .
pour
quefois cette regle a été violée , c'eſt une
difformité monftrueufe que le Public ne
pardonne jamais. M. Rouffeau avoue
qu'il n'y a perfonne qui n'aimât mieux
etre Britannicus que Néron mênie après
la cataſtrophe. Voilà tout ce qu'exige la
bonté des moeurs théâtrales. Je lui abandonne
tous les exemples vicieux & reconnus
tels ; mais de cent Tragédies il n'y en
a pas une où l'intérêt foit le crime.
Je dis plus , il n'y en a pas une feule au
Théâtre qui ait réuffi avec ce défaut . Pourquoi
donc en inférer : « Tel eft le goût
qu'il faut flatter fur la fcene , telles font
les moeurs d'un peuple inftruit ; lefavoir,
l'efprit , le courage ont feuls notre admi-
>> ration ; & toi , douce & modefte vertu ,
tu reftes toujours fans honneur . >> Remarquez
que c'eft après s'être plaint que l'on
a avili le perfonnage de Ciceron pour
flatter le goût du fiecle , que M. Rouſſeau
s'écrie que l'efprit & le favoir ont feuls notre
admiration. Qu'elle fe préfente , Mon
fieur , cette vertu douce & modefte & fur
le Théâtre , & dans la fociété ; nos hom
mages iront au devant d'elle : nous la ref
pectons dure & farouche ; indulgente &
fociable , elle obtiendra nos adorations.
33
"
Les obfervations judicieuſes que fait M.
Rouſſeau fur la Tragédie de Mahomet, des
NOVEMBRE . 1758. 123
voient fuffire , ce me femble , pour détermi
ner dans fon efprit les vrais principes des
moeurs théâtrales. Mais comme il n'en veut
rien conclure d'oppofé à fon fyftême , il tâche
d'affoiblir l'idée d'utilité qu'elles préfentent
naturellement. « Le fanatifme , dit-
» il , n'eft pas une erreur , mais une fureur
>> aveugle & ftupide, que la raifon ne retient
» jamais ... Vous avez beau démontrer à
» des fous que leurs chefs les trompent , ils
» n'en font pas moins ardens à les fuivre . »
Auffi le but moral n'en eft- il pas de guérir
les peuples du fanatifme , mais de les en
garantir, en leur démontrant , non pas qu'on
les trompe
, mais comment on peut les
tromper. L'erreur eft mere de cette fureur
aveugle , & c'eft dans fa fource que l'attaque
la Tragédie de Mahomet . En un mot
cet exemple épouventable des horreurs de
la fuperftition n'en feroit pas le remede ,
mais il peut en être le préſervatif.
« Je crains bien , ajoute M. Rouffeau ,
qu'une pareille piece jouée devant des
» gens en état de choifir, ne fît plus de Ma
homets de Zopires que .
.د
33
Je le crois : auffi l'inftruction n'eft - elle
pas pour le petit nombre des Mahomets
mais pour la foule des Séides.
M. Rouffeau , en louant le goût anti que
dans le rôle deThiefte,demande avec raifon
Fij
124 MERCURE DE FRANCE .
que l'on daigne nous attendrir quelquefois
pour la fimple humanité ſouffrante ; & c'eſt
à quoi l'on devroit confacrer ce genre fi
naturel & fi touchant , dont l'Enfant prodigue
eft le modele , & que les gens qui
ور
ne réfléchiffent fur rien, ont tourné en ridicule.
Mais j'aurai lieu d'examiner dans peu
pourquoi les perfonnages , comme celuide
Thiefte , font fi rarement employés au
Théâtre. Cependant le goût des Grecs fûtil
en cela préférable au nôtre ; M. Rouf
feau ne peut- il nous offrir la vérité que
fous une face infultante ? « Les anciens ,"
» dit - il , avoient des Héros , & mettoient
» des hommes fur leurs Théâtres ; nous,au
» contraire , nous n'y mettons que des Hé-
» ros, & à peine avons nous des hommes. »
Il rappelle un mot d'un vieillard qui avoit
été rebuté au fpectacle par la jeuneffe
Athénienne , & auquel les Ambaſſadeurs
de Sparte avoient donné place auprès
d'eux. « Cette action fut remarqué de tout
» le Spectacle , & applaudie d'un batte-
» ment de main univerfel. Hé ! que de
» maux , s'écria le bon vieillard d'un ton
>> de douleur ! Les Athéniens favent ce qui eft
» honnête ; mais les Lacédémoniens le prati»
quent. Voilà la Philofophie moderne , &
» les moeurs anciennes » obferve M. Rouffeau.
NOVEMBRE. 1758. 125
Ici je retiens ma plume : il ne feroit pas
généreux d'oppofer la perfonnalité à la fatyre.
J'avoue donc qu'il y a à Paris comme
à Athenes des étourdis fans décence &
fans moeurs. Mais la jeuneffe Athénienne
rebutoit un vieillard qui vraisemblablement
n'infultoit perfonne , & M. Rouffeau
fait bien que nous n'en fommes pas encore
là
»
Il revient à fon objet : « Qu'apprend- on
» dans Phédre & dans dipe , finon que
l'homme n'eft pas libre , & que le Ciel le
punit des crimes qu'illui fait commettre?
Qu'apprend- on dans Médée , fi ce n'eft
jufqu'où la fureur de la jaloufie peut ren-
» dre une mere cruelle & dénaturée ?
·20
ود
»
Voilà deux exemples forts différens , &
qu'il eft bon de ne pas confondre. La caufe
des événemens tragiques peut être ou perfonnelle
, ou étrangere , & celle- ci ou naturelle
ou furnaturelle , c'eft- à-dire , ou
dans l'ordre des chofes ; ou , pour parler le
langage de la Poéfie, dans la volonté immédiate
des Dieux. Les Tragédies de ce derdier
genre font toutes tirées du Théâtre
ancien, Je ne fais quel intérêt pouvoient
avoir les Grecs à frapper les efprits du
fyftême de la fatalité ; mais il eft certain
qu'ils faifoient de l'homme un inftrument
aveugle dans la main des deftinées.
1
F iij
126 MERCURE DE FRANCE.
>
J'avoue que tout le fruit de ces Tragédies
fe borne à entretenir en nous une fenfibilité
compâtiffante pour des crimes involontaires
, & pour des malheurs indépendans de
celui qui en eft accablé comme dans
Edipe & dans Phedre. On y joint l'avantage
de faire fentir à l'homme fa dépendance
; mais comme il en résulte plus
d'horreur que de crainte des Dieux , je
crois la morale de ces Tragédies pernicieufe
à cet égard. Heureufement elles font
en petit nombre , & l'idée de la fatalité
s'évanouit avec l'illufion théâtrale . Le fecond
genre eft celui où la caufe des événemens
eft dans l'ordre naturel , mais indépendante
du caractere des perfonnes. Pär
exemple , en ne fuppofant à Andromaque
& à Mérope que les fentimens naturels.
d'une mere , c'en eft affez du danger de
leurs fils pour les rendre malheureuſes &
intéreffantes . La feule utilité de cette forte
de fpectacle eft de nourrir , & d'exercer en
nous les fentimens d'humanité qu'il réveille
; car je compte pour très - peu de
chofe la prudence qu'il peut infpirer. Le
troifieme genre place dans l'ame des Acteurs
tous les refforts de l'action & du pathétique
, & c'est là , felon moi , le plus
moral & le plus utile. Le crime & le
malheur y font les effets des paffions ; &
.
NOVEMBRE. 1758. 127
plus le crime eft odieux , plus le malheur
eft déplorable , plus la paffion qui en eft la
fource, devient effrayante à nos yeux. Tout
cela demanderoit à être développé , &
rendu fenfible par des exemples. Mais je
ne fuis déja que trop long. Il fuffic d'étudier
Corneille pour voir la révolution qui
s'eft faite dans l'art de la Tragédie , lorfqu'abandonnant
les deux premiers genres,
où les perfonnages , comme Thiefte , n'avoient
pas befoin de caracteres décidés , il
y a fubftitué celui qui prend fa force pathétique
& morale dans le combat des paffions
& dans les moeurs des perfonnages.
33
ود
"
" Les actions atroces préfentées dans la
Tragédie , font dangereufes , dit M. R.
» en ce qu'elles accoutument les yeux du
peuple à des horreurs qu'il ne devroit
»pas même connoître , & à des forfaits
qu'il ne devroit pas fuppofer poffibles.
1°. Le fait démontre que fi les yeux du
peuple s'y accoutument , fon coeur ne s'y
accoutume pas. M. Rouffeau reconnoît le
peuple François pour le plus doux & le
plus humain qui foit fur la terre. Il y a
cependant bien des années que ce peuple
voit Horace poignarder fa foeur, Agamem
non immoler fa fille , & Orefte égorger fa
mere. 2 ° . Au lieu de prendre l'inutile foin
de cacher au peuple la poffibilité des ac-
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
> tions atroces il faut qu'il fçache que
l'homme dans l'excès de la paffion eft capable
de tout , afin de lui faire détefter
cette paffion qui le rend féroce. Voilà quel
eft le but & l'objet de la Tragédie ; & quoi
qu'en dife M. Rouffeau , tous les grands
Maîtres l'ont rempli.
"Il n'eft pas même vrai , dit- il , › que le
» meurtre & le parricide y foient toujours
odieux. A la faveur de je ne fçais quelles
» commodes fuppofitions, on les rend per-
» mis ou pardonnables. »
Dans les exemples qu'il cite , voici
quelles font ces fuppofitions. Dans Iphigénie
, Agamemnon immole fa fille pour
ne pas défobéir aux Dieux & deshonorer
la Grece. Orefte égorge fa mere fans le
fçavoir , & en voulant frapper le meurtrier
de fon pere : Horace poignarde Camile
dans un premier mouvement de fureur ,
exciré par les imprécations qu'elle vomit
contre la patrie , & dès ce moment il eſt
dérefté. Agamemnon lui - même devient
révoltant dès qu'il s'occupe de fa grandeur
& de fa gloire. Orefte fort du théâtre déchiré
par les Furies pour un crime aveuglement
commis. Voilà les fuppofitions commedes
qui nous rendent ces perfonnages intéreffans
. Je demande fi fur de tels exemples
on eft fondé à écrire qu'il n'est pas
NOVEMBRE. 1758. 129
vrai que fur notre théâtre le meurtre & le
parricide foient toujours odieux .
་
Ajoutez que l'Auteur, pour
faire parler
»chacun felon fon caractere , eft forcé de
» mettre dans la bouche des méchans leurs
» maximes & leurs principes revêtus de
tout l'éclat des beaux vers , & débités
d'un ton impofant & fentencieux , pour
» l'inftruction du parterre. »
Il est vrai que Fun dit ,
Et pour nous rendre heureux , perdons les mifé→
rables.
L'autre ,
Tombe fur moi le ciel , pourvu que je me vange-
L'autre ,
J'embraſſe mon rival , mais c'eft pour l'étouffer .
Celui - ci s'endurcit contre les cris de la
nature ; celui - là foule aux pieds tous les
droits de l'humanité. Il n'y a pas un mé
chant au théâtre qui dans l'intimité d'une
confidence , ou dans quelque monologues
ne fe trahiffe , ne s'accufe , ne fe préfente
aux ſpectateurs fous l'afpec le plus odieux,
& les Auteurs ont porté cette attention au
point de facrifier fouvent la vraisemblance
à l'utilité morale. Je ne dis rien ici dont
tout le monde ne foit témoin ; & M. R.
qui a vu affidument fix ans de fuite ce
Fv
130 MERCURE DE FRANCE.
fpectacle , devroit fe rappeller ces faits.
Non, dit- il , je le foutiens , & j'en attefte
» l'effroi des Lecteurs , les malfacres des
» Gladiateurs n'étoient pas fi barbares
que
» ces affreux fpectacles.On voyoit du fang,
»il eft vrai ; mais on ne fouilloit pas fon
imagination de crimes qui font frémir la
"
23
» nature. »
Cette opinion fuppofe dans celui qui la
foutient une imagination bien vive ; mais
pour le commun des hommes
j'ofe
aflurer fi l'on verfoit réellement une
que
goutte de fang au théâtre , la fcene tragique
feroit tout au plus le fpectacle de la.
groffiere populace. Tel fe plaît à frémir
en voyant Mérope le poignard levé ſur
fon fils , & Orefte ou Ninias venant d'affaffiner
fa mere ; tel , dis - je , foutient ces
fictions , qui jetteroit des cris de douleur
& d'effroi à la vue d'un malheureux que
l'on tueroit fur fon paffage. La Mothe a
très-bien obfervé que l'illufion théâtrale
n'est jamais complette , & que le fpectacle
cefferoit d'être un plaifir , fans la réflexion
confufe qui en affoiblit le pathétique , &
qui nous confole intérieurement . Quant à
Fimagination fouillée , c'eſt un mal , file
crime y eft peint avec des couleurs qui
nous féduifent ; mais c'eft un bien & un
très-grand bien, fi les traces qui en reftent,
NOVEMBRE. 1758. IZI
infpirent l'horreur & l'effroi . Les arrêts
qui flétriffent ou qui condamnent les criminels
fouillent l'imagination du peuple ;
faut- il ne pas les publier ?
C'en eft affez , je crois , fur l'article de
la Tragédie. J'approfondirai dans la fuite
qui regarde la Comédie , les moeurs des
Comédiens , & l'amour , ce fentiment fi
naturel & fi dangereux , qui eft l'ame de
nos deux théâtres. Je l'ai déja dit , l'affertion
eft rapide & tranchante , la difcuffion
eft ralentie à chaque inftant par les détails ;
mais j'examine , & ne plaide point : il ne
me feroit que trop aifé d'être moins froid
& plus preffant.
Fermer
Résumé : J. J. Rousseau, Citoyen de Geneve, à M. d'Alembert, de l'Académie Françoise, &c. sur son article Geneve, dans le 7e Volume de l'Encyclopédie, & particuliérement sur le projet d'établir un Théâtre de Comédie dans cette ville, [titre d'après la table]
Jean-Jacques Rousseau s'oppose à l'établissement d'un théâtre de comédie à Genève, arguant que les spectacles nuisent aux mœurs et que la ville, avec sa petite population et ses ressources limitées, ne peut se permettre ce luxe. Il craint que la comédie ne perturbe les habitudes et les valeurs des Genevois, remplaçant leur simplicité par un mode de vie plus frivole. Rousseau déplore également l'influence croissante des manières françaises sur l'éducation des jeunes Genevois, bien qu'il reconnaisse que cette influence ait formé des hommes dévoués à leur patrie. Il conclut que Genève, grâce à sa constitution et à sa situation géographique, n'a pas besoin de mesures extrêmes pour préserver sa liberté. Le débat oppose Rousseau, qui voit les spectacles comme des amusements inutiles et dangereux, à un narrateur qui les considère nécessaires pour le repos et la détente. Le théâtre est perçu comme un reflet des passions humaines et des mœurs, mais doit les représenter de manière spécifique et non générale. Molière et Corneille ont adapté leurs œuvres aux mœurs de leur époque sans chercher à les changer. Le théâtre est vu comme une école des citoyens, capable de condamner les inclinations pernicieuses et d'inspirer l'horreur des passions funestes. L'auteur conteste les vues de Rousseau sur l'influence des passions représentées sur scène, affirmant que les tragédies peuvent soit exciter des sentiments vicieux, soit inspirer la vertu, selon la sensibilité du spectateur. Il soutient que la sensibilité humaine est à la base des affections, qu'elles soient criminelles ou vertueuses, et que le théâtre n'est pas responsable de la corruption des âmes. Il rejette également l'idée que la raison soit inefficace au théâtre, arguant qu'elle peut contenir les passions en opposant la crainte des dangers et des remords.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3864
p. 92-129
SUITE de l'extrait de la Lettre de M. Rousseau de Geneve à M. d'Alembert, sur les Spectacles.
Début :
On a vu comment M. Rousseau s'y est pris pour nous prouver que la Tragédie [...]
Mots clefs :
Molière, Comédie, Jean-Jacques Rousseau, Homme, Misanthrope, Vertu, Théâtre, Gens, Vice, Vices, Ridicule, Caractère, Moeurs, Monde, Honnête, Comique, Fripons, Pièce, Nature, Hommes, Mépris, Vicieux, Personnage, École, Société, Vérité, Avare, Enfants, Traits, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'extrait de la Lettre de M. Rousseau de Geneve à M. d'Alembert, sur les Spectacles.
SUITE de l'extrait de la Lettre de M.
Rouffean de Geneve à M. d'Alembert ,
fur les Spectacles.
ONNa vu comment M. Rouffeau s'y eſt
pris pour nous prouver que la Tragédie
allume en nous les mêmes paffions dont
elle prétend infpirer la crainte , & qu'elle
nous conduit aux crimes dont elle veut
nous éloigner.
DECEMBRE . 1758 .
93
Les moeurs de la Comédie lui femblent
encore plus dangereufes , en ce qu'elles
ont avec les nôtres un rapport plus immédiat.
« Tout en eft mauvais & pernicieux ,
» tout tire à conféquence pour les fpecta-
» teurs ; & le plaifir même du comique
étant fondé fur un vice du coeur hu-
» main , c'eſt une fuite de ce principe , que
plus la Comédie eft agréable & parfaite ,
plus fon effet eft funefte aux moeurs . »
199
و د
"
Pour fe concilier avec M. Rouſſeau , il
ne fuffit donc pas d'avouer que le théâtre ,
quoique purgé de fon ancienne indécence,
n'eft pas encore affez châtié ; que Dancourt
, Montfleuri & leurs femblables ,
devroient en être à jamais bannis ; qu'en
un mot le feul comique honnête & moral
doit être donné en fpectacle. Si M. Rouffeau
n'eût dit que cela , il eût penſé comme
tous les honnêtes gens ; mais ce n'étoit
pas affez pour lui tout comique fans
diftinction eft , s'il faut l'en croire , une
école du vice : il n'en connoît point d'innocent.
Il n'eft donc pas queftion d'examiner
s'il y a des Comédies repréhensibles
du côté des moeurs ; mais s'il y a des Comédies
dont les moeurs foient bonnes , &
les leçons utiles .
M. R.
commence par vouloir prouver
l'inutilité de la Comédie. " Imaginez la
94 MERCURE
DE FRANCE .
" Comédie auffi parfaite qu'il vous plaira
( & ceci eft commun aux deux théâtres ) ,
» où eft celui qui , s'y rendant pour la premiere
fois , n'y va pas déja convaincu de
» ce qu'on y prouve ? »
Celui qui n'en eft pas convaincu , eft ,
lui dirai-je , un orgon aveuglément prévenu
pour un tartufe , un jaloux qui ne
voit de fûreté pour fon honneur que dans
une tyrannie odieufe , un avare qui croit
trouver l'équivalent de tous les biens dans
un tréfor qui fera fon fupplice , un mari
livré à une feconde femme qui lui fait
haïr fes premiers enfans , & qui le flatte
pour le dépouiller. Voilà les gens qui vont
au fpectacle le bandeau fur les yeux , &
qui en reviennent capables de réflexions
falutaires , à moins de les fuppofer imbécilles
. De ce que la Comédie fe rapproche
du ton du monde , M. R. conclut qu'elle
ne corrige point les moeurs. « Un laid vifage
ne paroît point laid à celui qui le
» porte. Que fi l'on veut corriger les
» moeurs par leur charge , on quitte la vraifemblance
& la nature , & le tableau ne
» fait plus d'effet . C'eft attaquer la Comédie
dans fon effence ; & fi cette propofition
, légérement jettée , étoit vraie dans
fes deux points , l'inutilité de la Comédie
àl'égard des moeurs , feroit démontrée.
"
DECEMBRE. 1758. 95
Un laid vifage ne paroît point laid à celui
qui le porte. Quand cela feroit comme cela
n'eft pas , de bonne foi cette comparaiſon
peut-elle être pofée en principe ? La laideur
& la beauté font arbitraires jufqu'à un cer
tain point ; il y a du préjugé , de la fantaifie
, du caprice même dans l'opinion
qu'on en peut avoir. Mais en eft- il ainfi
des vices & furtout des vices auxquels le
Public attache le ridicule & le mépris ? Si
le vicieux fe méconnoît au théâtre , il fe
méconnoît encore plus dans un difcours
de morale , & dès-lors toute instruction
générale devient inutile , ce que M. R. n'a
certainement pas prétendu. A l'égard du
théâtre , rappellons- nous ce qui s'eft paffé
dans la nouveauté du tartufe . Croira- t'on
que les faux dévots avoient du plaifir à s'y
voir peints ? croira- t'on que l'ufurier fe
complaife dans le miroir de l'avare ? Voilà
les vicieux bien à leur aife , s'ils aiment
à fe voir tels qu'ils font ! Mais du moins
n'aiment- ils pas à être vus dans cette nudité
humiliante . Leur raifon a beau être
corrompue au point de les juftifier à euxmêmes
, ils fçavent , comme l'avare d'Horace,
qu'ils font la fable & la rifée du peuple
, & ils fe cachent pour s'applaudir,
D'où il réfulte deux fortes de bien , l'un
qu'au défaut de la vertu , le defir de
96 MERCURE DE FRANCE.
f'eftime publique , la crainte du blâme &
du mépris tiennent le vice comme à la
gêne ; l'autre , que l'exemple en eft moins
contagieux ; car l'attrait du vice a pour
contrepoids la peine de l'humiliation , à laquelle
l'orgueil répugne , Eft -ce là , me direz
- vous , faire à la vertu des amis défintéreffés
Hé non , Monfieur , nous n'en
fommes pas là. Peu de gens aiment la vertu
pour elle- même. Il faudroit , s'il eft permis
de le dire , prendre la fleur de l'efpece humaine
pour en former une république, qui
feroit peu nombreuſe encore .
La Comédie prend les hommes tels
qu'ils font partout , & à Geneve comme
ici , c'est- à- dire fenfibles à l'eftime & au
mépris de la fociété , n'aimant point du
tout à fe donner en dérifion , & allez malins
pour fe plaire à voir répandre fur autrui
le ridicule qu'ils évitent. Si les moeurs
font fidélement peintes fur le théâtre comique
; fi les vices & les trayers en font
les méprifables jouets , la Comédie peut
donc avoir fon utilité morale , comme la
cenfure des femmes de Geneve . Que l'on
médife fur le théâtre on dans un cercle ,
c'est toujours la malignité humaine qui
fert d'épouventail au vice , avec cette différence
qu'au théâtre, on peint les vicieux,
& que dans un cercle , on les nomme.
J'avoue
DECEMBRE. 1758.
97
J'avoue que fans ce fonds de maligne
complaifance
, qui fait qu'on s'amufe
des ridi
cules d'autrui , la Comédie
feroit
infipide
& par conféquent
infructucafe
: auffi ne
feroit-elle pas foufferte
dans une fociété
toute
compofée
de vrais amis. Mais tant
que les femmes
fe plairont
à médire
de
leurs maris & de leurs égales , tant que
les hommes
fe plairont
à voir dans leurs
femblables
des travers
qu'ils n'ont pas euxmêmes
, tant qu'il y aura dans le monde
un amour-propre
envieux
& malin
, la
Comédie
aura
l'avantage
de démafquer
,
d'humilier
les vices , & de les livrer ent
plein
théâtre à l'infulte des
fpectateurs
.
·
Mais « fi on veut les corriger par leurs
charges , on quitte la vraifemblance &
la nature , & le tableau ne fait plus
» d'effet. »
30
La peinture du théâtre eft une imitation
exagérée ; mais voici comment. Moliere
veut peindre l'Avare , chacun des traits
doit reffembler , c'eft- à- dire que l'avare ne
doit agir & penſer fur la fcene que comme
il penfe & agit dans la fociété. Mais l'action
théâtrale ne dure que deux heures , &
l'art de l'intrigue confifte à réunir , fans
affectation , dans ce court efpace de temps ,
un affez grand nombre de fituations pour
engager naturellement le caractere de
ES
C.
98 MERCURE DE FRANCE.
· 56 ,
l'avare à fe développer en deux heures ,
comme dans la fociété il fe développeroit
en fix mois. Ce n'eft la que rapprocher les
traits qui doivent former fon image . De
plus , comme la Comédie n'eft pas une
fatyre perfonnelle , & que non feulement
un vicieux , mais tous les vicieux de la
même effece, doivent le reconnoître dans
le tableau , le Peintre y réunit les traits
les plus forts du même vice , répandus dans
la fociété , mais tous copiés d'après nature,
Qu'importe la vérité de l'imitation
» dit M. Rouffeau ,
› pourvu que l'illufion
» y foit » L'illufion n'y feroit pas fil'imitation
n'étoit pas vraie. Quand eſt- ce en
effet que ceffe l'illufion ? Dès qu'il échappe
au Poëte ou à l'Acteur quelque trait qui
n'eft pas dans la nature , c'eft-à- dire , quelque
trait qui contredit ou qui force le caractere,
Et comment nous appercevonsnous
que le caractere eft forcé. Lorsqu'il va
au delà de l'idée collective que chacun de
nous s'en eft fait d'après ce qu'il en a vu
lui même ou entendu dire . Auffi écoutez
le Parterre , quand le perfonnage qu'on
lui préfente s'éloigne de la vérité . Cela eſt
trop fort , dit- il , cela ne reffemble à rien .
L'exagération du Théâtre fe borne donc
à multiplier les traits qui caractériſent ou
le vice ou le ridicule ; & c'eft la vérité , l'enfemble
de ces traits rapprochés & réunis ,
DECEMBRE. 1758. 99
qui nous perfuadent, à la repréſentation des
pieces de Moliere que nous avons vues, tout
ce qu'il nous peint ; l'homme vicieux feroit
donc le feul à y méconnoître fon image.
Or s'il y a quelque Cynique affez impudent
pour s'applaudir au milieu des huées ,
s'il y a quelque original affez hébêté
pour rire lui-même à fes dépens , ni l'un
ni l'autre exemple n'eft affez commun pour
paffer en regle, & l'utilité de la bonne Comédie
n'en eft pas moins fondée fur le mépris
qu'elle attache au vice , & fur la répugnance
qu'a le vicieux à fe voir en butte
au mépris. Si le bien eft nul , comme le conclut
M. Rouffeau , ce n'est donc point
pour les raifons qu'il en a données . Voyons
à préfent fi le comique remplit fon objet ,
& d'abord , avec M. Rouffeau , prenons
pour exemple Moliere. « Qui peut difcon-
» venir que ce Moliere même , des talens.
duquel je fuis plus l'admirateur que perfonne
, ne foit une école de vices & de
» mauvaiſes moeurs , plus dangereufe que
» les livres même où l'on fait profeffion de
≫les enfeigner."
99
"2
Il faut avouer que M. Rouſſeau ne nous
ménage guere , & je ne crois pas qu'on
puiffe , en termes plus énergiques , faire le
procès à notre police & à notre gouvernement.
Ce n'eft donc pas contre un babilphi
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
lofophique , mais contre une imputation
très- grave que je m'éleve. Il s'agit de faire
voir que depuis cent ans les peres & les
meres ne font pas affez imbécilles ou affez
pervers , & dans la capitale & dans toutes
les villes du Royaume , & dans toutes cel
les de l'Europe , où cet excellent comique
eft joué , pour mener leurs enfans à
la plus pernicieufe école du vice.
Expofons d'abord l'imputation dans
toute fa force ; je ferai diffus , je le prévois
; mais le fujet en lui-même eft affez
amufant ; la maniere dont M. Rouffeau
le traite eft affez curieufe pour rendre intéreffans
les détails inévitables où j'entrerai
pour lui répondre.
" Son plus grand foin, dit M. Rouffeau ,
» en parlant de Moliere , eft de tourner la
» bonté & la fimplicité en ridicule , & de
» mettre la rufe & le menfonge du parti
» pour lequel on prend intérêt . Ses honnê-
» tes gens ne font que des gens qui parlent;
» fes vicieux font des gens qui agiffent
99 & que les plus brillans fuccès favorifent
» le plus fouvent . Enfin l'honneur des apé
plaudiffemens , rarement pour le plus
eftimable , eft prefque toujours pour l
plus adroit.
59
و د
le
Examinez le conrique de cet Auteur ,
» yous trouverez que les vices de caractere
» en font l'inſtrument & les défauts natu
DECEMBRE . 1758. 104
» rels , le fujet ; que , la malice de l'un pu-
» nit la fimplicité de l'autre , & que les
» fots font les victimes des méchans : ce
و ر
و
qui , pour n'être que trop vrai dans le
» monde , n'en vaut pas mieux à mettre au
Théâtre , avec un air d'approbation com-
» me pour exciter les ames perfides à punir,
» fous le nom de fottife , la candeur des
» honnêtes
gens :
Dat veniam corvis , vexat cenfura columbas.
" voilà l'efprit général de Moliere , & de
» fes imitateurs. »
page
Cette
d'accufation exigeroit pour
réponſe un volume : attachons, nous aux
principaux griefs .
Il y a deux fortes de vices dans les hommes
; les uns , vices des fripons , & les autres
, vices des dupes. Quand les premiers
attentent gravement à la fociété , ils font
edieux & terribles ; le ridicule fait place à
l'infamie , & la Tragédie s'en empare :
quand ils ne portent au bien public & particulier
que de légeres atteintes , la Comédie
, qui ne doit pas être plus févete
que les Loix , fe contente de les châtier. A
l'égard des vices des dupes , ils font humiliés
au Théâtre , mais ils n'y font jamais
Alétris cette diftinction appliquée aux
exemples , va , je crois , devenir fenfible ;
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
elle contient toute la Philofophie de Moliere
, & ma réponſe à M. Rouffeau .
que
Le but de Moliere a donc été de démafquer
les fripons , & de corriger les dupes ;
& c'est l'objet le plus utile qu'il pût jamais
fe propofer. En effet , fuppofons qu'il n'eût
mis au Théâtre que des gens de bien , voilà
tous les fripons en paix ; au moins n'ontils
plus à craindre le fléau de la cenfure
publique qu'il n'eût mis au Théâtre
des fripons ; dès - lors la fcene comique
n'eft plus qu'une académie de fourberies :
qu'il eût mis au Theâtre des gens de bien
& des fripons , mais ceux- ci moins actifs ,
moins habiles , moins induftrieux que les
gens de bien ; la fcene comique n'auroit
eu ni vérité , ni, utilité morale , ou l'on
n'auroit pas ajouré foi à ces exemples , ou
l'honnêteté fimple & crédule eût pris pour
elle - même une confiance trompeufe :
Moliere enfin eût fait tromper que par des
fripons d'honnêtes gens éclairés , vigilans
& fages ; c'étoit donner au vice , fur la
vertu , un avantage qu'il n'a pas. Quel feroit
le fruit de ces leçons ? Que la probité
en vain fur fes gardes contre la malice &
la fauffeté , n'en peut être, quoi qu'elle falſe,
que le jouet ou la victime . C'eft alors que
le Théâtre comique feroit une école pernicieufe
par le découragement & le dégoût
DECEMBRE. 1758. 103
qu'il infpireroit pour la vertu . De toutes les
combinaiſons poffibles dans le mêlange &
le conftrate des moeurs , Moliere s'eft donc
attaché à la feule qui foit utile ; il a pris des
gens de bien, foibles , crédules , entêtés , confians
ou foupçonneux à l'excès , imprudens
même dans leurs précautions , & toujours
punis, non pas de leur bonté, mais de leurs
travers ou de leurs foibleffes : tels font le
Bourgeois- Gentilhomme , George - Dandin ,
le Malade imaginaire , les Tuteurs jaloux
de l'Ecole des Femmes & de l'Ecole des
Maris. Que l'on me cite un feul exemple où
l'honnêteté pure & fimple foit tournée en
ridicule , & je condamne la piece au feu .
Mais voyez fi l'on rit aux dépens deCléante,
dans leTartufe; aux dépens deChrifale,dans
les Femmes favantes ; aux dépens d'Angélique
dans leMalade imaginaire; aux dépens
d'Arifte dans l'Ecole des Maris ; aux dépens
même de Madame Jourdain dans le Bourgeois
- Gentilhomme Qu'eft ce donc que
Moliere a joué dans les honnêtes gens , ou
plutôt dans les bonnes gens dont on fe moque
à ces fpectacles ? L'aveugle prévention
d'Orgon & de fa mere pour un fcélérat hypocrite
; la manie de l'érudition & du bel
efprit dans une fociété d'honnêtes femmes
à qui des pédans ont tourné la tête ; le foible
d'un homme pufillanifme pour une ma-
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
râtre qu'il a donnée à fes enfans , & qui
n'attend que fon dernier foupir pour s'enrichir
de leur dépouille ; l'imbécille prétention
de deux jaloux à fe faire aimer de leurs
pupiles en les tenant dans la captivité ; la
fotte ambition d'un Bourgeois de paffer
pour Gentilhomme en imitant les gens de
Cour ; voilà fur quoi tombe le ridicule de
ces Comédies. Eft - ce là jouer la vertu , la
fimplicité , la bonté ? Je le demande au
Public qui fait bien de quoi il s'amuſe , je
le demande à M. R. lui- même qui peut
avoir ces tableaux auffi préfens que moi .
Tous les vices que je viens de parcourir
font , comme l'on voit , ceux des dupes ; il
n'eft donc pas étonnant que Moliere oppoſe.
à ces perfonnages des fripons adroits , &
fouvent heureux; c'eft ce qui rend ces leçons
utiles . Mais ces fripons eux-mêmes ont- ils
jamais l'eftime des Spectateurs ? Je m'en
tiens à l'exemple que M. Rouffeau a choiſi ::
c'eft le Gentilhomme qui dupe M. Jourdain
: ce perfonnage , dit M. Rouffeau , eft
l'honnête homme de la piece .
Si tout ceci n'étoit qu'une plaifanterie ,
je pafferois à M.Rouffeau la légèreté de ces
affertions ; mais lorfqu'il s'agit de prouver
à une nation entiere qu'elle eft , depuis
cent ans , fans s'en appercevoir , à la plus
dangeureufe école du vice , un Philofophe
DECEMBRE. 1758. 105
8
doit y réfléhir . Un homme donné fans ménagement
par Moliere pour un fourbe
pour un efcroc , pour un flatteur , pour un
vil complaifant , & pour quelque chofe de
pis encore , c'eft l'honnête homme de la
piece ! Eft- ce dans l'opinion de Moliere ? Il
eft évident que non . Eft- ce dans l'opinion
des Spectateurs ? En eft- il un feul qui ne
conçoive le plus profond mépris pour cet
infâme caractere ? Eft ce dans l'opinion de
M. Rouffeau lui-même ? Je ne révoque pas
en doute fa fincérité ; je ne me plains que
de fa mémoire ; mais il eût été bon , je
crois , d'avoir Moliere fous les yeux en
faifant le procès à ces pieces , afin de ne
pas altérer la vérité dans un objet de toute
autre conféquence que le Sonnet du Mifanthrope
.Quel eft donc le perfonnage honnête
de la Comédie du Bourgeois- Gentilhomme
? Madame Jourdain , une mere
de famille qui , avec le bon efprit & les
bonnes moeurs de fon état , gémit des tra-,
vers que fon mari fe donne , & lui reproche
fes extravagances. Or que M. Rouffeau
fe rappelle s'il a jamais vu rire aux dé--
pens de Madame Jourdain .
"
<<
"
Quel eft, ajoute M. Rouffeau , quel eft le
plus criminel d'un payfan affez fou pour
époufer une Demoiselle , ou d'une femme
» qui cherche àdeshonnoret fon époux ? Que
23
Ev
106 MERCURE
DE FRANCE
.
t
و د
ه د
penfer d'une Piece où le Parterre applaudir
à l'infidélité, au menfonge,à l'impudence
» de celle- ci , & rit de la bêtife du manant
99
29
puni ? Que penfer de cette Piece ? Que c'eft
»le plus terrible coup de fouet qu'on ait ja- mais donné à la vanité des méfalliances
. "
Ce n'est point à l'intention
de Moliere que
je m'attache , car l'intention
pourroit être
bonne, & la Piece mauvaife ; je m'en rappor
te à l'impreffion
qu'elle fait. De quoi s'agitil
dans George- Dandin ? De faire fentir les
conféquences
de la fottife de ce villageois ;
Moliere a donc peint fes perfonages
d'après
nature. Mais en expofant à nos yeux le vice
l'a-t-il rendu intéreffant
? a- t'il donné un
coup de pinceau pour l'adoucir & le colorer,
lui , qui fçavoit fi bien nuancer les caracteres?
a- t'il feulement pris foin de rendre cette
coquette féduifante
& fon complice intéreffant
Rien n'étoit plus facile fans doute ;
mais s'il eût affoibli le mépris qu'il devoit
répandre fur le vice , il fe fût contredit luimême
; il eût oublié fon deffein : c'est donc
pour rendre fa piece morale qu'il a peint de
mauvaiſes
moeurs ; & ceux qui lui en ont
fait un reproche , ont confondu la décence
avec le fonds des moeurs théâtrales . La
bienséance
eft violée dans la Comédie de
George Dandin , comme dans la Tragédie
de Théodore ; mais ni l'une , ni l'autre
DECEMBRE. 1758 . 107
piece n'eft une leçon de mauvaiſes moeurs.
Si quelqu'un nous attache dans cette
piece , c'eft George - Dandin lui-même , &
on le plaint comme un bon homme , quoiqu'on
en rie comme d'un fot. J'avoue que
la pitié n'eft pas bien vive , quand elle permet
de rire ; mais auffi fa fituation n'eft-·
elle pas affez cruelle dans notre opinion ,
pour nous affliger fenfiblement ; & nous
fçavons qu'il eft des fituations humiliantes
dont les bonnes gens fe confolent.
Ce qui a fait , je crois , que M. R. s'eft
mépris fur l'impreffion de ces Comédies ,
ce font les applaudiffemens. Mais il nous
ſuppoſe bien vicieux nous-mêmes, s'il nous
accufe d'approuver tout ce que nous applaudiffons.
Il a entendu applaudir à ces
mots d'Atrée : « Reconnois- tu ce fang ? »
Et à ce vers de Cléopâtre :
Puiffe naître de vous un fils qui me reffemble.
Les fpectateurs , à fon avis , adherent ils
dans ce moment aux moeurs de Cléopâtre
ou d'Atrée : C'eſt le génie , c'eft l'art du
Poëte qu'on admire & qu'on applaudir
dans la peinture du crime comme dans
celle de la vertu . Que l'artifice d'un fourbe
, que l'habileté d'un méchant , que toute
fituation qui met la fottife & la friponnerie
en évidence , foit applaudie au théâtre ;
E vj
10S MERCURE DE FRANCE.
ce n'eft pas qu'on aime les fripons , mais
c'eft qu'on aime à les connoître : ce n'eft
pas qu'on mépriſe la bonté , l'honnêteté
dans les dupes , mais feulement les travers
ou les foibleffes qui les font donner dans
le piege , & dont on eftfoi- même exempt.
La preuve en eft que, fi le perfonnage dont
on fe joue eſt eſtimable , & que le tort
qu'on lui fait devienne férieux , la plaiſan--
terie ceffe & l'indignation lui fuccede . On
en voit l'exemple dans le cinquieme acte
du Tartufe , ce chef- d'oeuvre du théâtre
comique dont M. R. ne dit pas un mot.
Il eft vrai que les fripons , c'eft- à - dire
furtout les valets , font communément du
côté des perfonnages auxquels on s'intéreffe
, & qu'alors on fçait bon gré au fripon
de ce qu'il fait pour les fervir. Mais
obfervons que c'est toujours par intérêt.
pour d'honnêtes gens , & dans le cas unique
où la friponnerie ne va point au grave.
Il y a cependant nombre de Comédies
dont les moeurs font repréhenfibles à cet.
égard , & quelques-unes des pieces de Mo
liere peuvent être mifes dans cette claffe ;
mais ce n'eft ni le Tartufe , ni le Mifanthrope
, ni les Femmes fçavantes , ni aucune
de fes bonnes Comédies , & l'on ne doit
pas juger Moliere fur les fourberies de
Scapin. Il feroit d'autant moins jufte ,
DECEMBRE. 1758. 100
33
» c'eft M. R. qui parle , d'imputer à Mo
" liere les erreurs de fes modeles & de fon
fiecle , qu'il s'en eft corrigé lui -même. »›
Mais venons au plus férieux , & voyons
comment les vices de caractere font l'inftru
ment de fon comique , & les défauts naturels ,
le fujet. Dans le Tartufe , le fujet du comi→
que eft la confiance obftinée d'un honnête
homme pour un fcélérat. Cette confiance
eft- elle un défaut naturel ? Dans l'Ecole des
femmes & dans l'Ecole des maris , le fujet
da comique eft la prétention d'un Tuteur
jaloux à s'affurer du coeur de fa pupile , pare
la gêne & la vigilance. Cet abus de l'autorité
confiée eft-il un défaut naturel ? En
eft- ce un dans l'Avare que la manie de fe
priver foi- même & fes enfans , des befoins
d'une vie honnête , pour accumuler & en--
fouir des tréfors ? En eft-ce un dans les
Précieufes & dans les Femmes fçavantes
que la folie du bel- efprit & la négligence >
des chofes utiles ? en eft- ce un que l'aveugle
prévention du Malade imaginaire pour
fa femme & fon médecin , que la fotte
vanité de George- Dandin & du Bourgeois
Gentilhomme , que le foible du Mifanthrope
pour une coquette qui le trompe ?
& fi la bonté , la fimplicité naturelle de
quelques - uns de ces perfonnages eft las
caufe du ridicule qu'ils fe donnent , eft.co
10 MERCURE DE FRANCE.
{
à la caufe que Moliere l'attache ? la-t'i
confondue avec l'effet ?, M. Rouffeau peut
me répondre que le Public ne fait pas ces
diftinctions philofophiques , & que le mépris
attaché à l'effet rejaillit infailliblement
fur la caufe. C'eft de quoi je ne conviens
point. Que l'on mette au théâtre un homme
vertueux & fimple fans aucun de ces
vices de dupe dont j'ai parlé , & que l'Auteur
s'avife de le rendre le jouet de la fcene,
on verra fi le parterre n'en fera pas indigné
. Qu'un valet fe joue du vieil Euphémon
ou du pere du Glorieux , je paffe
condamnation , s'il fait rire. Le comique
de Moliere n'attaque donc pas des défauts
naturels ; mais des vices de caractere , la
vanité , la crédulité , la foibleffe , les prétentions
déplacées , & rien de tout cela
n'eft incorrigible.
L'examen de l'Avare & du Mifanthrope
vont rendre plus fenfible encore mon opinion
fur les moeurs du théâtre de Moliere.
« C'eft un grand vice , dit M. Rouffeau,
» d'être avare & de prêter à ufure ; mais
» n'en est - ce pas un plus grand encore à
» un fils de voler fon pere , de lui man-
» quer de refpect , de lui faire mille infultans
reproches , & quand ce pere irrité
» lui donne fa malédiction , de répondre
? d'un air goguenard qu'il n'a que faire de
DECEMBRE . 1758. 111
-
» fes dons ? Si la plaifanterie eft excellente ,
" en eft elle moins puniffable , & la
piece où l'on fait aimer le fils infolent
qui l'a faite , en eft- elle moins une école
» de mauvaiſes moeurs ? »
»
">
Suppofons que dans un fermon l'Orateur
dît à l'avare : Vos enfans font vertueux
, fenfibles , reconnoiffans , nés pour
être votre confolation ; en leur refufant
tout , en vous défiant d'eux , en les faifant
rougir du vice honteux qui vous domine ,
fçavez- vous ce que vous faites votre inflexible
dureté laffe & rebute leur tendreffe.
Ils ont beau fe fouvenir que vous
êtes leur pere , fi vous oubliez qu'ils font
vos enfans , le vice l'emportera fur la vertu
, & le mépris dont vous vous chargez
étouffera le refpect qu'ils vous doivent.
Réduits à l'alternative , ou de manquer de
tout , ou d'anticiper fur votre héritage
par des reffources ruineufes , ils diffiperont
en ufure ce qu'en ufure vous accumulez
; leurs valets fe ligueront pour dérober
à votre avarice les fecours que vos
enfans n'ont pu obtenir de votre amour.
La diffipation & le larcin feront les fruits
de vos épargnes , & vos enfans devenus vicieux
par votre faute & pour votre fupplice
, feront encore intéreffans pour le
Public que vous révoltez.
FIT MERCURE DE FRANCE.
Je demande à M. Rouffeau fi cette leçon
feroit fcandaleufe : hé bien , ce qu'annonceroit
l'Orateur , le Poëte n'a fait que le
peindre , & la Comédie de Moliere n'eft
autre chofe que cette morale en action .
Ni l'Orateur, ni le Poëte ne veulent encourager
par - là les enfans à manquer à ce
qu'ils doivent à leur pere ; mais tous les
deux veulent apprendre aux peres à ne pas
mettre à cette cruelle épreuve la vertu de
leurs enfans . Paffons aux moeurs du Mifanthrope
, que M. Rouffeau a choifies par
préférence comme le chef- d'oeuvre de
Moliere.
و و ن
"
95
« Je trouve , dit - il , que cette piece
» nous découvre mieux qu'aucune autre la
véritable vue dans laquelle Moliere a
compofé fon théâtre, & nous peut mieux
faire juger de fes vrais effets . Ayant à
plaire au Public , il a confulté le goût le
plus général de ceux qui le compofent .
» Sur ce goût il s'eft formé un modèle , &
fur ce modele un tableau des défauts
» contraires dans lequel il a pris fes carac-
» teres comiques , & dont il a diftribué les
divers traits dans fes pieces.
Arrêtons-nous un moment à cette théo
rie générale. Moliere , en confultant fon
fiecle , a donc vu qu'un ufage honnête de
fes biens étoit du goût général , & il a
DECEMBRE. 1758. 113
・
t
A
Il:
attaqué l'avarice ; qu'on aimoit à voir
chacun fe tenir dans fon état , & il a joué
le Bourgeois Gentilhomme ; qu'une femme
occupée modeftement de fes devoirs
étoit une femme eftimée , & il a jetté du
mépris fur les Précieufes & les Sçavantes ;
qu'une piété fimple & fincere infpiroit le
refpect , & il a démafqué le Tartufe ; que
la gêne & la violence dans le choix d'un
époux étoit une tyrannie odieufe , & ila
fait de deux tuteurs les jouets de deux
amants. Que M. Rouffeau me dife où est
le mal , & en quoi le goût du fiecle a nui
aux moeurs du théâtre de Moliere ? "
» n'a donc point prétendu , pourfuit- il ,
»former un honnête homme , mais un
» homme du monde ; par conféquent ik
»n'a point voulu corriger les vices , mais
» les ridicules ; & comme je l'ai déja dit ,
» il a trouvé dans le vice même un inftru-
» ment très-propre à y réuffir. " Si dans.
ces exemples que je viens de citer , & dans:
tous ceux qu'on peut tirer des bonnes
pieces de Moliere , excepté l'Amphitrion
qui n'eft point une Comédie , l'objet du
ridicule eſt une chofe honnête & louable ,
j'avoue que la prévention m'aveugle. Je
fens bien que tous les ridicules dont Moliere
s'eft joué , ne font pas ce que j'ai entendu
par les vices des fripons. Mais il eſt
4
114 MERCURE DE FRANCE.
des vices qui ne nuifent qu'à nous , & que
j'appelle les vices des dupes. C'eft de cette
derniere efpece de vices queMoliere a voulu
nous corriger, en faisant voir qu'ils nous
rendoient les jouets des fourbes. Il fçavoit
bien , ce Philofophe , qu'on ne corrigeoit
pas un fripon , & que ce n'étoit qu'en le
dénonçant qu'on pouvoit le déconcerter.
Allez perfuader à un Charlatan de ne pas
tromper le peuple , vous y perdrez votre
éloquence. C'eft au peuple qu'il faut apprendre
à fe défier du Charlatan . Voilà ,
felon moi , tout l'art de Moliere , & je ne
conçois rien de plus utile aux moeurs.
« Mais , reprend M. R , voulant expofer à
» la rifée publique tous les défauts oppofés
» aux qualités de l'homme aimable , de
l'homme de fociété ; après avoir joué tant
» d'autres ridicules , il lui reftoit à jouer
celui que le monde pardonine le moins , le
» ridicule de la vertu . C'est ce qu'il a fait
»dans le Mifanthrope .Vous ne fçauriez me
» nier deux chofes , ajoute le Cenfeur du
»
théâtre : l'ane, qu'Alcefte dans cette piece
>> eſt un homme droit , fincere , eſtimable ,
» un véritable homme de bien ; l'autre, que
» l'Auteur lui donne un perfonnage ridicu-
»le.»Vous ne fçauriez menier deux chofes ,
dirai-je à mon tour à M. Rouffeau ; l'une ,
qu'Alcefte eft un homme paffionné , vio
DECEMBRE . 1758. 115
lent , infociable ; l'autre, que dans la vertu
Moliere n'a repris que l'excès . Vous donnez
à Moliere le projet d'un fcélérat , &
je trouve dans fon Ouvrage le deffein du
plus honnête homme. Il feroit malheureux
pour vous que la raifon fût de mon
côté.
Imaginons pour un momentqu'an Auteur
dans un feul Ouvrage ait voulu attaquer
tous les vices de fon fiecle , & mettre le
fléau de la fatyre dans la main de l'un de fes
Acteurs. Quel perſonnage a t'il dû choisir ?
Un fage accompli ? Non : le fage eſt indulgent
& modéré. L'étude qu'il a faite de
lui- même l'a rendu modefte & compâtiffant.
I hait le crime , déplore l'erreur ,
aime la bonté , refpecte la vertu , & regarde
les vices répandus dans la fociété ,
comme un poifon qui circule dans le fein
de la nature humaine . S'il y applique
quelque remede , ce n'eft ni le fer , ni le
feu. Il fçait que le malade eft foible , inquiet
, difficile , & qu'il faut gagner fa
confiance pour obtenir fa docilité. Il parle
aux hommes comme un pere , & non com .
me un juge fon éloquence eft dans fes
entrailles , la douceur fe peint dans fes
yeux , la perfuafion coule de fes levres ;
mais le plaifir délicat de l'entendre n'étoit
pas un attrait pour la multitude. Le fage
116 MERCURE DE FRANCE .
au théâtre eût paru froid & n'eût point
attiré la foule. Un homme vertueux , plus
févere & plus véhément , fans aucun travers
, fans aucune foibleffe , eût indifpofé
tous les efprits. On n'amufe point ceux
qu'on humilie . Le Mifanthrope exempt de
ridicule , feroit tombé : M. Rouffeau l'avouera
lui-même. Il a donc fallu avoir
égard au vice le plus commun , je ne dis
pas de fon fiecle & de fon pays ; mais de
tous les lieux & de tous les temps , c'eſt àdire
à la malignité qui prend fa fource
dans l'amour-propre , & rendre le Cenfeur
ridicule par quelque endroit, pour confoler
à fes dépens ceux qu'humilieroit la cenfure.
Mais ce ridicule , en amufant le peuple
, ne devoit pas affoiblir l'autorité de
la vertu ; & le comble de l'art étoit de
compofer un caractere à la fois refpectable
& rifible , qualités qui femblent s'exclure
& que Moliere a fçu concilier. Tel a été
fon deffein en compofant ce bel Ouvrage ;
je ne crains pas de l'affurer. Ceci n'eft pas
une fubtilité vaine , c'eft l'effet que tout le
monde éprouve . On adore le fonds du
caractere du Mifanthrope : fa droiture , fa
candeur , fa fenfibilité infpirent la vénération
. Ah , Moliere que n'ai- je le bonheur
de reffembler à cet honnête homme ,
s'écrioit M. le Duc de Montaufier. Moliere
DECEMBRE. 1758 . 117 1
1
auroit donc bien manqué fon coup , s'il
eût voulu rendre la vertu ridicule ? Mais
cette même probité s'irrite , paffe les bornes
& tombe dans l'excès. Le Mifanthrope
déraifonne & devient ridicule , non pas
dans fa vertu , mais dans l'excès où elle
donne . Quoi ! lui dit- on ,
Vous voulez un grand mal à la nature humaine ?
Oui , j'ai conçu pour elle une effroyable haine...
Tous les pauvres mortels, fans nulle exception ,
Seront enveloppés dans cette averfion ?
Encoren eft-il bien dans le fiecle où nous ſommes...
Non , elle eft générale , & je hais tous les hommes.
C'eft de cet emportement que l'on rit ;
le Mifanthrope a beau le motiver , ce ne
peut être qu'un accès d'humeur : car au
fonds la haine qu'il a conçue pour les méchans
n'eft fondée que fur fon amour pour
les gens de bien , & fur la fuppofition qu'il
en refte encore. « S'il n'y avoit ni fripons ,
» ni flatteurs , dit M. Rouffeau , le Mifanthrope
aimeroit tout le monde ; mais
s'il n'y avoit pas de gens de bien, de gens
défintéreffés, il n'auroit plus aucun fajet
» de hair ni les flatteurs , ni les fripons.
»
33
On vient de lui lire des vers qu'il atrouvé
mauvais ; il le fait entendre avec ménagement
; il le dit enfin avec pleine franchife
; ſes amis lui reprochent ſa fincérité ;
118 MERCURE DE FRANCE.
c'eft alors qu'il devient extrême :
Je lui foutiendrai moi , que ſes vers font mauvais,
Et qu'un homme eft pendable après les avoir faits.
Comme on ne s'attend pas à ces traits, &
qu'ils confolent la vanité humiliée , on en
rit d'un plaifir malin caufé par la furpriſe ,
mais fans que le mépris s'en mêle ; & l'on
fembledire au Mifanthrope : Hé bien , Cenfeur
impitoyable , vous vous paſſionnez donc
auffi , vous déraisonn: z comme un autre ? M.
Routeau fe trompe fur les circonftances
qui , dans la premiere fcene , peuvent rendre
naturel l'emportement du Miſanthrope
; mais il me fuffit qu'il avance que cer
emportement fait dire auMifanthrope plus
qu'il ne penfe de fang froid ; c'eſt de cette
colere exaltée , de cette humeur qui déborde
, de cette impatience pouffée à bout
par le calme de Philinte, que Moliere a plaifanté
. Ce n'eft donc pas le ridicule de la
vertu qu'il a voulu jouer' ; mais un ridicule
qui accompagne quelquefois la vertu , &
qui naît de la même fource , une fougue
qui l'emporte au - delà de fes limites , une
âpreté qui la rend infociable, une extrême
févérité qui nous fait des crimes de tout ,
un zele inflammable que la contradiction &
les obitacles font dégénérer en fureur; voi-
Là ce que Moliere attaque dans le MifanDECEMBRE.
1758. 119
thrope; & pour le ramener aux fentimens de
T'humanité compâtilfante , il lui fait voir
qu'il eft homme lui - même , & qu'il peut
être , comme nous, le jouet de fes paffions,
Mais pour juftifier le deffein de Moliere ,
j'ai un témoignage auquel M. Rouſſeau ne
peut fe refufer : voici ce que je viens de lire.
Dans toutes les autres pieces de Moliere le
perfonnage ridicule eft toujours haïffable
ou méprifable ; dans celle- ci , quoique Alcefte
ait des défauts réels,dont on n'a pas tort
de rire , on fent pourtant au fond du coeur
un refpect pour lui , dont on ne peut fe dé- ·
fendre ... Moliere étoit perfonnellement
honnête homme , & jamais le pinceau d'un
honnête homme ne fçut couvrir de couleurs
odieufes les traits de la droiture & de
la probité. Il y a plus , Moliere a mis dans
la bouche d'Alceſte un fi grand nombre de
fes propres maximes , que plufieurs ont
cru qu'il s'étoit voulu peindre lui- même.»
Confrontons ce témoignage avec le fen-'
timent de M. Rouffeau . « Ayant à plaire
au Public , Moliere a confulté le goûr
» le plus général .... après avoir joué tant
» d'autres ridicules , il lui reftoit à jouer
>> celui que le monde pardonne le moins ,
» le ridicule de la Vertu : c'est ce qu'il a
» fait dans le Mifanthrope. » Il est évident
que l'une de ces deux opinions eft fauffe ; .
120 MERCURE DE FRANCE.
*
car fi Moliere , pour plaire à ſon ſiècle , a
voulu tourner la vertu en ridicule , un fi
lâche adulateur du vice n'étoit rien moins
qu'un honnête homme ; s'il a voulu fe
peindre lui-même dans Alcefte , il n'a pas
prétendu s'expofer à la rifée du public ;
s'il fait aimer & refpecter ce caractere fans
le vouloir , & en dépit de fon art , le
ridicule de la vertu n'eft donc pas celui
que le monde pardonne le moins. Que
M. Rouffeau accorde , s'il le peut , fon
opinion , avec l'autorité que je lui ai oppofée
; fon contradicteur , c'eft lui -même.
Le deffein de Moliere a donc été , en
compofant le caractere du Mifanthrope , de
fe fervir de fa vertu comme d'un exemple ,
& de fon humeur comme d'un fléau. Voilà
le vrai , tout le monde le fent .
Il lui a donné pour ami , non pas un de
ces honnêtes gens du grand monde , dont
les maximes reffemblent beaucoup à celles
des fripons , non pas un de ces gens fi
doux , fi modérés , qui trouvent toujours
que tout va bien , parce qu'ils ont intérêt
que rien n'aille mieux ; mais un de ces gens
qui , aimant le bien , & condamnant le
mal , fe contentent de pratiquer l'un , &
d'éviter l'autre , qui ne fe croyent ni affez
de vertus , ni affez d'autorité pour s'ériger
en cenfeurs publics , & faire le procès à la
nature
DECEMBRE . 1758. 121
8
nature humaine ; qui , fans être complices
ni partifans des vices deftructeurs de l'ordre
, tolerent les défauts , ménagent les
foibleffes , flattent les vaines prétentions ,
paffent légérement fur les épines de la fociété,
& s'épargnent les chagrins & les dégoûts
d'un déchaînement inutile . Un honnête
homme eft celui qui remplit fidele
ment les devoirs de fon état , & ce n'eft le
devoir d'aucun particulier d'exercer la police
du monde. Il eft vrai que Philinte , foit
manque de goût, foit excès de politeffe loue
des vers qui ne valent rien ; mais tout
menfonge n'eft pas un crime ; c'eft l'impor
tance du mal qui en fait la gravité. Je ne fais
même fi , dans la morale la plus auftere , il
ne vaut pas mieux flatter un homme fur
une bagatelle , que de s'expofer , par une
fincérité qui l'offenſe , à fe couper la gorge
avec lui. Du refte fi Moliere eût fait un vicieux
du Miſanthrope , il lui eût donné
pour contrafte un modele de vertu ; mais
comme il n'en fait qu'un homme infociable
, c'eft un modele de complaifance &
d'égards qu'il a dû lui oppofer. Philinte
n'eft donc pas le fage de la piece , mais ſeulement
l'homme du monde : fon fang froid
donne du relief à la fougue du Mifanthrope
; & quoique l'un de ces contraftes falle
rire aux dépens de l'autre , l'avantage &
F
1
122 MERCURE DE FRANCE.
l'afcendant que Moliere donne à Alcefte fur
Philinte , prouve bien qu'il lui deftinoit la
premiere place dans l'eftime des Spectateurs .
« Le tort de Moliere n'eft pas , felon M.
» Rouſſeau , d'avoir fait du Miſanthrope
» un homme colere & bilieux , mais de lui
» avoir donné des fureurs puériles fur des
fujets qui ne doivent pas l'émouvoir . Le
» caractere du Miſanthrope n'eft pas en la
difpofition du Poëte ; il eft déterminé
" par la nature de fa paffion dominante :
» cette paffion eft une violente haine du
» vice , née d'un amour ardent pour la vertu
, & aigrie par le fpectacle continuel
3, de la méchanceté des hommes ; il n'y
» a donc qu'une ame grande & noble qui
en foit fufceptible ... Cette contemplation
continuelle des défordres de la Société
le détache de lui - même pour fixer
» fon attention fur le genre humain
» Ce n'eft pas que l'homme ne foit toujours
» homme , que la paffion ne le rende fou-
» vent foible , injufte , déraisonnable , qu'il
» n'épie peut être les motifs cachés des ac-
» tions des autres avec un fecret plaifir d'y
voir la corruption de leurs coeurs , qu'un
petit mal ne lui donne fouvent une grande
» colere ... Voilà de quel côté le caractere
» du Mifanthrope doit porter fes défauts ; &
voilà de quoi Moliere fait un ufage admi-
و د
DECEMBRE . 1758 . 123
rable dans toutes les fcenes d'Alcefte avec
»fon ami... Qu'il s'emporte fur tous les
» défordres dont il n'eft que le témoin ...
"
"
mais qu'il foit froid fur celui qui ne s'a-
» dreffe qu'à lui ; qu'une femme fauffe le
» trahiffe , que d'indignes amis le deshon-
» norent , que de foibles amis l'abandon--
» nent , il doit le fouffrir fans en mur-
>> murer ; il connoît les hommes. Si ces
» diftinctions font juftes , Moliere a mal
» fait le Mifanthrope . Penfe- t'on que ce
»foit par erreur? non fans doute : mais voilà
» par où le defir de faire rire aux dépens
» du perfonnage l'a forcé de le dégrader
» contre la vérité du caractere. »
Si M. Rouffeau parle d'une vérité métaphyfique
, je ne lui difpute rien ; chacun
fe fait des idées comme il lui plaît. Le
Mifanthrope métaphyfique eft donc , fi
l'on veut , un être furnaturel qui aime
tous les hommes , excepté lui feul , qui
prend feu fur les injuftices qu'ils éprouvent
, & qui eft de glace pour celles qu'il
effuye lui-même, qui combat tous les vices,
hormis ceux qui lui nuifent ; auquel un
petit mal qui lui eft étranger, peut donner
une très-grande colere , & qui n'eft point
ému d'un très- grand mal qui lui eft perfonnel.
Mais Moliere n'a pas voulu peindre un
perfonnage idéal. Le Mifanthrope, tel qu'il
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
l'a vu dans la nature,fe comprend au moins
dans le nombre des hommes qu'il aime ; il
ne donne pas dans l'abfurde inconféquence
de regarder comme des inclinations baffes le
foin de fon honneur , de fa renommée, de fon
repos , de fa fortune , en un mot de ces mêmes
biens auxquels il ne peut fouffrir que
l'on porte atteinte dans fes femblables ; il
n'a point une ame fenfible pour eux , &
une ame impaffible pour lui ; & cette
trempe de caractere , qui reçoit de fi vives
impreffions des plaies faites à l'humanité ,
n'eft pas impénétrable aux traits qui font
lancés contre lui - même. Je crois bien que
le courage & la force étouffent fes plaintes
quelquefois ; mais enfin l'homme est toujours
homme. Moliere a donc trés- bien pris , je
ne dis pas le caractere idéal , mais le caractere
réel du Mifanthrope , tel qu'il le
voyoit dans le monde , & qu'il vouloit le
corriger.
Du refte j'avoue que je ne conçois pas le
Mifanthrope de M. Rouffeau . Si la connoiffance
qu'il a des hommes , doit l'avoir
préparé aux trahifons de fa maîtreffe , aux
outrages & à l'abandon de fes amis , à l'iniquité
de fes Juges , il doit donc être férieufement
convaincu que tous les hommes
font perfides & méchans , & cela pofé , il
doit n'aimer perfonne. Comment eft- il
DECEMBRE. 1758 . 125:
donc fi touché des défordres d'un monde
où il n'aime rien ? Il hait le vice , il aime
la vertu ; mais le vice & la vertu ne font
rien de réel que relativement aux hommes.
Que lui importe la guerre des vautours ,
fi la fociété n'a plus de colombes ?
:
Dira-t'on que le Mifanthrope aime les
hommes quels qu'ils foient , & ne hait en
eux que le vice ? C'eſt le caractere du fage
tel que je l'ai peint ; mais ce n'eft pas le
caractere du Mifanthrope. Celui- ci enveloppe
dans fa haine , & le vice, & le vicieux ;
il détefte dans les méchans les ennemis des
gens de bien mais s'il eft perfuadé qu'il
y a des gens de bien dans le monde , il eft
naturel qu'il ait cette opinion de fes juges ,
de fes amis , de fa maîtreffe , & lorf
que l'iniquité , la perfidie , la trahifon
qu'il en éprouve , le tire de cette douce erreur
, il doit en être d'autant plus affecté
que ces coups rompent les derniers liens qui
l'attachoient à fes femblables.
Le Mifanthrope, que rien de perfonnel
ne touche , & qui fe paffionne fur tout ce
qui lui eft étranger , eft donc , felon moi ,
in être fantastique , & Moliere , pour rendre
le fien d'après nature , a dû le peindre
comme il a fait.
M. Rouffeau ne doute pas que , fuivant
fon deffein , le caractere d'Alcefte n'eût fair
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
incomparablement plus d'impreffion ; mais
le Parterre alors n'auroit pû rire , dit- il ,
qu'aux dépens de l'homme du monde , &
l'intention de l'Auteur étoit qu'on rît aux
dépens du Mifanthrope. Mais que l'on fe
rappelle la pofition de ce perfonnage ; il
accable fon ami de reproches , humilie
Oronte , apoftrophe les Marquis , & leur
impofe filence , confond & refufe Célimene,
domine d'un bout de la piece à l'autre ,
efface tout , n'eft jamais effacé , & fort du
Théâtre , ennemi de la nature entiere , autant
admiré qu'applaudi . Voilà donc le.
perfonnage que Moliere a voulu humilier
pour flatter le goût de fon fiecle . Si Moliere
a prétendu faire briller Philinte aux.
dépens d'Alcefte , jamais Auteur , j'oſe le
dire , n'a été plus mal adroit.
Philinte a loué la chûte du Sonnet d'Oronte
, le Mifanthrope indigné , lui dit :
La pefte de ta chûte , empoiſonneur au diable ,
En euffe-tu fait une à te caffer le nez.
jeu
M. Rouffeau défapprouve avec raiſon ce
de mots, & il s'écrie : Et voilà comme on
avilit la vertu ! Je n'ai qu'à citer du même
rôle cinq cens des plus beaux vers & des plus
applaudis qu'on ait jamais faits , & à m'écrier
à mon tour , Et voilà comme on honore la verm
! Eft- il poſſible que d'un frivole jeu de
DECEMBRE. 1758. 127
mots qui , dans la vivacité , peut échapper
à tout le monde , on tire une conféquence
deshonorante pour la mémoire d'un homme
qu'on fait profeffion d'admirer ? M.
Rouffeau d'après fon idée trouve que Moliere
a affoibli les traits qui caractérisent
le Mifanthrope , & voici la preuve qu'il en
donne.
« On voit Alcefte tergiverfer & ufer dè
détour pour dire fon avis à Oronte . Ce
n'eft point là le Mifanthrope , c'eft un honnête
homme du monde qui fe fait peine de
tromper celui qui le confulte. La force du
caractere vouloit qu'il lui dît brufquement :
Votre Sonnet ne vaut rien , jettez - le au
feu ; mais cela auroit ôté le comique qui
naît de l'embarras du Mifanthrope , & de
fes je ne dis pas cela répétés , qui pourtant
ne font au fonds que des menfonges. » Les
je ne dis pas cela font très- plaifans ; mais
ce n'eft point aux dépens du Mifanthrope
qu'ils font rire : du refte il ne faut que favoir
diftinguer la groffiéreté de la franchife
pour juftifier cette réticence. Le Mifanthrope
de Moliere a vécu trente ans
dans le monde ; il ne feroit. pas vraifemblable
qu'on l'y eût fouffert , s'il ne favoit
pas marquer , en héfitant de dire une vérité
fâcheufe , qu'il lui en coûte de déplaire à
celui qui l'a confulté, Je ne dis pas cela ,
Fiv.
128 MERCURE DE FRANCE:
n'eft rien moins qu'un menfonge , c'eft la
vérité même préfentée avec ménagement ,
& j'en appelle à tous ceux qui l'entendent ;
Oronte ne s'y méprend point . Or , M.
Rouffeau fçait bien que le menfonge n'eft
pas dans les mots ; & il me feroit aifé de lui
prouver , par fon propre exemple , que ,
fans déguifer la vérité , on peut la couvrir
d'un voile modefte. Le Mifanthrope répéte
à Oronte , je ne dis pas cela ; fi Philinte
lui demandoit: Hé que dis tu donc , traître ?
la réponſe feroit facile : Je ne fuis point
traître , je me fais entendre , je dis ce qu'exige
l'honnételé , & ce que permet la bienféance.
M. Rouffeau demande jufqu'où peuvent
aller les ménagemens d'un homme
vrai ; je lui réponds , exclufivementjufqu'à
l'équivoque. Suivant fes principes
le Mifanthrope doit n'ufer d'aucun détours
, & dire crument tout ce qu'il penſe.
Si Moliere eût voulu mettre un tel perfonnage
fur la fcene , il l'eût pris au fond
des forêts.
Mais il eft inutile de donner au Théâtre
des leçons d'une morale outrée , qu'il ne
feroit ni poffible ni honnête de pratiquer
dans le monde , où l'on peut très bien ,
quoi qu'en dife M. Rouffeau , n'être ni
fourbe ni brutal. Moliere n'a donc pas
-
DECEMBRE. 1758. 129
prétendu , ni pu prétendre dégrader la vérité
& la vertu, en les faifant un peu moins
farouches que M. Rouffeau ne l'exige ; &
franchement il n'y a qu'un Philofophe qui
regrette le temps où l'homme marchoit à
quatre pattes , qui puiffe trouver le Mifanthrope
de Moliere trop doux & trop civilife.
M. R. dit lui- même de ce perfonnage :
* l'intérêt de l'Auteur eft bien de le rendre
ridicule, mais non pas fou ; & c'eft ce qu'il
paroîtroit aux yeux du Public , s'il étoit
tout- à-fait fage. » Après l'efquiffe que
j'ai tracée du caractere du fage , tel que je
le conçois , il eft inutile d'ajouter que le
Mifanthrope de M. Rouffeau n'eft pas digne
à mes yeux de ce titre : il eft plus inutile
encore de réfuter fa conclufion contre
la morale du Mifanthrope & de tout le
Théâtre de Moliere . Si les principes font
détruits , la conféquence tombe d'elle- même.
Lafuite au Mercure prochain.
Rouffean de Geneve à M. d'Alembert ,
fur les Spectacles.
ONNa vu comment M. Rouffeau s'y eſt
pris pour nous prouver que la Tragédie
allume en nous les mêmes paffions dont
elle prétend infpirer la crainte , & qu'elle
nous conduit aux crimes dont elle veut
nous éloigner.
DECEMBRE . 1758 .
93
Les moeurs de la Comédie lui femblent
encore plus dangereufes , en ce qu'elles
ont avec les nôtres un rapport plus immédiat.
« Tout en eft mauvais & pernicieux ,
» tout tire à conféquence pour les fpecta-
» teurs ; & le plaifir même du comique
étant fondé fur un vice du coeur hu-
» main , c'eſt une fuite de ce principe , que
plus la Comédie eft agréable & parfaite ,
plus fon effet eft funefte aux moeurs . »
199
و د
"
Pour fe concilier avec M. Rouſſeau , il
ne fuffit donc pas d'avouer que le théâtre ,
quoique purgé de fon ancienne indécence,
n'eft pas encore affez châtié ; que Dancourt
, Montfleuri & leurs femblables ,
devroient en être à jamais bannis ; qu'en
un mot le feul comique honnête & moral
doit être donné en fpectacle. Si M. Rouffeau
n'eût dit que cela , il eût penſé comme
tous les honnêtes gens ; mais ce n'étoit
pas affez pour lui tout comique fans
diftinction eft , s'il faut l'en croire , une
école du vice : il n'en connoît point d'innocent.
Il n'eft donc pas queftion d'examiner
s'il y a des Comédies repréhensibles
du côté des moeurs ; mais s'il y a des Comédies
dont les moeurs foient bonnes , &
les leçons utiles .
M. R.
commence par vouloir prouver
l'inutilité de la Comédie. " Imaginez la
94 MERCURE
DE FRANCE .
" Comédie auffi parfaite qu'il vous plaira
( & ceci eft commun aux deux théâtres ) ,
» où eft celui qui , s'y rendant pour la premiere
fois , n'y va pas déja convaincu de
» ce qu'on y prouve ? »
Celui qui n'en eft pas convaincu , eft ,
lui dirai-je , un orgon aveuglément prévenu
pour un tartufe , un jaloux qui ne
voit de fûreté pour fon honneur que dans
une tyrannie odieufe , un avare qui croit
trouver l'équivalent de tous les biens dans
un tréfor qui fera fon fupplice , un mari
livré à une feconde femme qui lui fait
haïr fes premiers enfans , & qui le flatte
pour le dépouiller. Voilà les gens qui vont
au fpectacle le bandeau fur les yeux , &
qui en reviennent capables de réflexions
falutaires , à moins de les fuppofer imbécilles
. De ce que la Comédie fe rapproche
du ton du monde , M. R. conclut qu'elle
ne corrige point les moeurs. « Un laid vifage
ne paroît point laid à celui qui le
» porte. Que fi l'on veut corriger les
» moeurs par leur charge , on quitte la vraifemblance
& la nature , & le tableau ne
» fait plus d'effet . C'eft attaquer la Comédie
dans fon effence ; & fi cette propofition
, légérement jettée , étoit vraie dans
fes deux points , l'inutilité de la Comédie
àl'égard des moeurs , feroit démontrée.
"
DECEMBRE. 1758. 95
Un laid vifage ne paroît point laid à celui
qui le porte. Quand cela feroit comme cela
n'eft pas , de bonne foi cette comparaiſon
peut-elle être pofée en principe ? La laideur
& la beauté font arbitraires jufqu'à un cer
tain point ; il y a du préjugé , de la fantaifie
, du caprice même dans l'opinion
qu'on en peut avoir. Mais en eft- il ainfi
des vices & furtout des vices auxquels le
Public attache le ridicule & le mépris ? Si
le vicieux fe méconnoît au théâtre , il fe
méconnoît encore plus dans un difcours
de morale , & dès-lors toute instruction
générale devient inutile , ce que M. R. n'a
certainement pas prétendu. A l'égard du
théâtre , rappellons- nous ce qui s'eft paffé
dans la nouveauté du tartufe . Croira- t'on
que les faux dévots avoient du plaifir à s'y
voir peints ? croira- t'on que l'ufurier fe
complaife dans le miroir de l'avare ? Voilà
les vicieux bien à leur aife , s'ils aiment
à fe voir tels qu'ils font ! Mais du moins
n'aiment- ils pas à être vus dans cette nudité
humiliante . Leur raifon a beau être
corrompue au point de les juftifier à euxmêmes
, ils fçavent , comme l'avare d'Horace,
qu'ils font la fable & la rifée du peuple
, & ils fe cachent pour s'applaudir,
D'où il réfulte deux fortes de bien , l'un
qu'au défaut de la vertu , le defir de
96 MERCURE DE FRANCE.
f'eftime publique , la crainte du blâme &
du mépris tiennent le vice comme à la
gêne ; l'autre , que l'exemple en eft moins
contagieux ; car l'attrait du vice a pour
contrepoids la peine de l'humiliation , à laquelle
l'orgueil répugne , Eft -ce là , me direz
- vous , faire à la vertu des amis défintéreffés
Hé non , Monfieur , nous n'en
fommes pas là. Peu de gens aiment la vertu
pour elle- même. Il faudroit , s'il eft permis
de le dire , prendre la fleur de l'efpece humaine
pour en former une république, qui
feroit peu nombreuſe encore .
La Comédie prend les hommes tels
qu'ils font partout , & à Geneve comme
ici , c'est- à- dire fenfibles à l'eftime & au
mépris de la fociété , n'aimant point du
tout à fe donner en dérifion , & allez malins
pour fe plaire à voir répandre fur autrui
le ridicule qu'ils évitent. Si les moeurs
font fidélement peintes fur le théâtre comique
; fi les vices & les trayers en font
les méprifables jouets , la Comédie peut
donc avoir fon utilité morale , comme la
cenfure des femmes de Geneve . Que l'on
médife fur le théâtre on dans un cercle ,
c'est toujours la malignité humaine qui
fert d'épouventail au vice , avec cette différence
qu'au théâtre, on peint les vicieux,
& que dans un cercle , on les nomme.
J'avoue
DECEMBRE. 1758.
97
J'avoue que fans ce fonds de maligne
complaifance
, qui fait qu'on s'amufe
des ridi
cules d'autrui , la Comédie
feroit
infipide
& par conféquent
infructucafe
: auffi ne
feroit-elle pas foufferte
dans une fociété
toute
compofée
de vrais amis. Mais tant
que les femmes
fe plairont
à médire
de
leurs maris & de leurs égales , tant que
les hommes
fe plairont
à voir dans leurs
femblables
des travers
qu'ils n'ont pas euxmêmes
, tant qu'il y aura dans le monde
un amour-propre
envieux
& malin
, la
Comédie
aura
l'avantage
de démafquer
,
d'humilier
les vices , & de les livrer ent
plein
théâtre à l'infulte des
fpectateurs
.
·
Mais « fi on veut les corriger par leurs
charges , on quitte la vraifemblance &
la nature , & le tableau ne fait plus
» d'effet. »
30
La peinture du théâtre eft une imitation
exagérée ; mais voici comment. Moliere
veut peindre l'Avare , chacun des traits
doit reffembler , c'eft- à- dire que l'avare ne
doit agir & penſer fur la fcene que comme
il penfe & agit dans la fociété. Mais l'action
théâtrale ne dure que deux heures , &
l'art de l'intrigue confifte à réunir , fans
affectation , dans ce court efpace de temps ,
un affez grand nombre de fituations pour
engager naturellement le caractere de
ES
C.
98 MERCURE DE FRANCE.
· 56 ,
l'avare à fe développer en deux heures ,
comme dans la fociété il fe développeroit
en fix mois. Ce n'eft la que rapprocher les
traits qui doivent former fon image . De
plus , comme la Comédie n'eft pas une
fatyre perfonnelle , & que non feulement
un vicieux , mais tous les vicieux de la
même effece, doivent le reconnoître dans
le tableau , le Peintre y réunit les traits
les plus forts du même vice , répandus dans
la fociété , mais tous copiés d'après nature,
Qu'importe la vérité de l'imitation
» dit M. Rouffeau ,
› pourvu que l'illufion
» y foit » L'illufion n'y feroit pas fil'imitation
n'étoit pas vraie. Quand eſt- ce en
effet que ceffe l'illufion ? Dès qu'il échappe
au Poëte ou à l'Acteur quelque trait qui
n'eft pas dans la nature , c'eft-à- dire , quelque
trait qui contredit ou qui force le caractere,
Et comment nous appercevonsnous
que le caractere eft forcé. Lorsqu'il va
au delà de l'idée collective que chacun de
nous s'en eft fait d'après ce qu'il en a vu
lui même ou entendu dire . Auffi écoutez
le Parterre , quand le perfonnage qu'on
lui préfente s'éloigne de la vérité . Cela eſt
trop fort , dit- il , cela ne reffemble à rien .
L'exagération du Théâtre fe borne donc
à multiplier les traits qui caractériſent ou
le vice ou le ridicule ; & c'eft la vérité , l'enfemble
de ces traits rapprochés & réunis ,
DECEMBRE. 1758. 99
qui nous perfuadent, à la repréſentation des
pieces de Moliere que nous avons vues, tout
ce qu'il nous peint ; l'homme vicieux feroit
donc le feul à y méconnoître fon image.
Or s'il y a quelque Cynique affez impudent
pour s'applaudir au milieu des huées ,
s'il y a quelque original affez hébêté
pour rire lui-même à fes dépens , ni l'un
ni l'autre exemple n'eft affez commun pour
paffer en regle, & l'utilité de la bonne Comédie
n'en eft pas moins fondée fur le mépris
qu'elle attache au vice , & fur la répugnance
qu'a le vicieux à fe voir en butte
au mépris. Si le bien eft nul , comme le conclut
M. Rouffeau , ce n'est donc point
pour les raifons qu'il en a données . Voyons
à préfent fi le comique remplit fon objet ,
& d'abord , avec M. Rouffeau , prenons
pour exemple Moliere. « Qui peut difcon-
» venir que ce Moliere même , des talens.
duquel je fuis plus l'admirateur que perfonne
, ne foit une école de vices & de
» mauvaiſes moeurs , plus dangereufe que
» les livres même où l'on fait profeffion de
≫les enfeigner."
99
"2
Il faut avouer que M. Rouſſeau ne nous
ménage guere , & je ne crois pas qu'on
puiffe , en termes plus énergiques , faire le
procès à notre police & à notre gouvernement.
Ce n'eft donc pas contre un babilphi
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
lofophique , mais contre une imputation
très- grave que je m'éleve. Il s'agit de faire
voir que depuis cent ans les peres & les
meres ne font pas affez imbécilles ou affez
pervers , & dans la capitale & dans toutes
les villes du Royaume , & dans toutes cel
les de l'Europe , où cet excellent comique
eft joué , pour mener leurs enfans à
la plus pernicieufe école du vice.
Expofons d'abord l'imputation dans
toute fa force ; je ferai diffus , je le prévois
; mais le fujet en lui-même eft affez
amufant ; la maniere dont M. Rouffeau
le traite eft affez curieufe pour rendre intéreffans
les détails inévitables où j'entrerai
pour lui répondre.
" Son plus grand foin, dit M. Rouffeau ,
» en parlant de Moliere , eft de tourner la
» bonté & la fimplicité en ridicule , & de
» mettre la rufe & le menfonge du parti
» pour lequel on prend intérêt . Ses honnê-
» tes gens ne font que des gens qui parlent;
» fes vicieux font des gens qui agiffent
99 & que les plus brillans fuccès favorifent
» le plus fouvent . Enfin l'honneur des apé
plaudiffemens , rarement pour le plus
eftimable , eft prefque toujours pour l
plus adroit.
59
و د
le
Examinez le conrique de cet Auteur ,
» yous trouverez que les vices de caractere
» en font l'inſtrument & les défauts natu
DECEMBRE . 1758. 104
» rels , le fujet ; que , la malice de l'un pu-
» nit la fimplicité de l'autre , & que les
» fots font les victimes des méchans : ce
و ر
و
qui , pour n'être que trop vrai dans le
» monde , n'en vaut pas mieux à mettre au
Théâtre , avec un air d'approbation com-
» me pour exciter les ames perfides à punir,
» fous le nom de fottife , la candeur des
» honnêtes
gens :
Dat veniam corvis , vexat cenfura columbas.
" voilà l'efprit général de Moliere , & de
» fes imitateurs. »
page
Cette
d'accufation exigeroit pour
réponſe un volume : attachons, nous aux
principaux griefs .
Il y a deux fortes de vices dans les hommes
; les uns , vices des fripons , & les autres
, vices des dupes. Quand les premiers
attentent gravement à la fociété , ils font
edieux & terribles ; le ridicule fait place à
l'infamie , & la Tragédie s'en empare :
quand ils ne portent au bien public & particulier
que de légeres atteintes , la Comédie
, qui ne doit pas être plus févete
que les Loix , fe contente de les châtier. A
l'égard des vices des dupes , ils font humiliés
au Théâtre , mais ils n'y font jamais
Alétris cette diftinction appliquée aux
exemples , va , je crois , devenir fenfible ;
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
elle contient toute la Philofophie de Moliere
, & ma réponſe à M. Rouffeau .
que
Le but de Moliere a donc été de démafquer
les fripons , & de corriger les dupes ;
& c'est l'objet le plus utile qu'il pût jamais
fe propofer. En effet , fuppofons qu'il n'eût
mis au Théâtre que des gens de bien , voilà
tous les fripons en paix ; au moins n'ontils
plus à craindre le fléau de la cenfure
publique qu'il n'eût mis au Théâtre
des fripons ; dès - lors la fcene comique
n'eft plus qu'une académie de fourberies :
qu'il eût mis au Theâtre des gens de bien
& des fripons , mais ceux- ci moins actifs ,
moins habiles , moins induftrieux que les
gens de bien ; la fcene comique n'auroit
eu ni vérité , ni, utilité morale , ou l'on
n'auroit pas ajouré foi à ces exemples , ou
l'honnêteté fimple & crédule eût pris pour
elle - même une confiance trompeufe :
Moliere enfin eût fait tromper que par des
fripons d'honnêtes gens éclairés , vigilans
& fages ; c'étoit donner au vice , fur la
vertu , un avantage qu'il n'a pas. Quel feroit
le fruit de ces leçons ? Que la probité
en vain fur fes gardes contre la malice &
la fauffeté , n'en peut être, quoi qu'elle falſe,
que le jouet ou la victime . C'eft alors que
le Théâtre comique feroit une école pernicieufe
par le découragement & le dégoût
DECEMBRE. 1758. 103
qu'il infpireroit pour la vertu . De toutes les
combinaiſons poffibles dans le mêlange &
le conftrate des moeurs , Moliere s'eft donc
attaché à la feule qui foit utile ; il a pris des
gens de bien, foibles , crédules , entêtés , confians
ou foupçonneux à l'excès , imprudens
même dans leurs précautions , & toujours
punis, non pas de leur bonté, mais de leurs
travers ou de leurs foibleffes : tels font le
Bourgeois- Gentilhomme , George - Dandin ,
le Malade imaginaire , les Tuteurs jaloux
de l'Ecole des Femmes & de l'Ecole des
Maris. Que l'on me cite un feul exemple où
l'honnêteté pure & fimple foit tournée en
ridicule , & je condamne la piece au feu .
Mais voyez fi l'on rit aux dépens deCléante,
dans leTartufe; aux dépens deChrifale,dans
les Femmes favantes ; aux dépens d'Angélique
dans leMalade imaginaire; aux dépens
d'Arifte dans l'Ecole des Maris ; aux dépens
même de Madame Jourdain dans le Bourgeois
- Gentilhomme Qu'eft ce donc que
Moliere a joué dans les honnêtes gens , ou
plutôt dans les bonnes gens dont on fe moque
à ces fpectacles ? L'aveugle prévention
d'Orgon & de fa mere pour un fcélérat hypocrite
; la manie de l'érudition & du bel
efprit dans une fociété d'honnêtes femmes
à qui des pédans ont tourné la tête ; le foible
d'un homme pufillanifme pour une ma-
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
râtre qu'il a donnée à fes enfans , & qui
n'attend que fon dernier foupir pour s'enrichir
de leur dépouille ; l'imbécille prétention
de deux jaloux à fe faire aimer de leurs
pupiles en les tenant dans la captivité ; la
fotte ambition d'un Bourgeois de paffer
pour Gentilhomme en imitant les gens de
Cour ; voilà fur quoi tombe le ridicule de
ces Comédies. Eft - ce là jouer la vertu , la
fimplicité , la bonté ? Je le demande au
Public qui fait bien de quoi il s'amuſe , je
le demande à M. R. lui- même qui peut
avoir ces tableaux auffi préfens que moi .
Tous les vices que je viens de parcourir
font , comme l'on voit , ceux des dupes ; il
n'eft donc pas étonnant que Moliere oppoſe.
à ces perfonnages des fripons adroits , &
fouvent heureux; c'eft ce qui rend ces leçons
utiles . Mais ces fripons eux-mêmes ont- ils
jamais l'eftime des Spectateurs ? Je m'en
tiens à l'exemple que M. Rouffeau a choiſi ::
c'eft le Gentilhomme qui dupe M. Jourdain
: ce perfonnage , dit M. Rouffeau , eft
l'honnête homme de la piece .
Si tout ceci n'étoit qu'une plaifanterie ,
je pafferois à M.Rouffeau la légèreté de ces
affertions ; mais lorfqu'il s'agit de prouver
à une nation entiere qu'elle eft , depuis
cent ans , fans s'en appercevoir , à la plus
dangeureufe école du vice , un Philofophe
DECEMBRE. 1758. 105
8
doit y réfléhir . Un homme donné fans ménagement
par Moliere pour un fourbe
pour un efcroc , pour un flatteur , pour un
vil complaifant , & pour quelque chofe de
pis encore , c'eft l'honnête homme de la
piece ! Eft- ce dans l'opinion de Moliere ? Il
eft évident que non . Eft- ce dans l'opinion
des Spectateurs ? En eft- il un feul qui ne
conçoive le plus profond mépris pour cet
infâme caractere ? Eft ce dans l'opinion de
M. Rouffeau lui-même ? Je ne révoque pas
en doute fa fincérité ; je ne me plains que
de fa mémoire ; mais il eût été bon , je
crois , d'avoir Moliere fous les yeux en
faifant le procès à ces pieces , afin de ne
pas altérer la vérité dans un objet de toute
autre conféquence que le Sonnet du Mifanthrope
.Quel eft donc le perfonnage honnête
de la Comédie du Bourgeois- Gentilhomme
? Madame Jourdain , une mere
de famille qui , avec le bon efprit & les
bonnes moeurs de fon état , gémit des tra-,
vers que fon mari fe donne , & lui reproche
fes extravagances. Or que M. Rouffeau
fe rappelle s'il a jamais vu rire aux dé--
pens de Madame Jourdain .
"
<<
"
Quel eft, ajoute M. Rouffeau , quel eft le
plus criminel d'un payfan affez fou pour
époufer une Demoiselle , ou d'une femme
» qui cherche àdeshonnoret fon époux ? Que
23
Ev
106 MERCURE
DE FRANCE
.
t
و د
ه د
penfer d'une Piece où le Parterre applaudir
à l'infidélité, au menfonge,à l'impudence
» de celle- ci , & rit de la bêtife du manant
99
29
puni ? Que penfer de cette Piece ? Que c'eft
»le plus terrible coup de fouet qu'on ait ja- mais donné à la vanité des méfalliances
. "
Ce n'est point à l'intention
de Moliere que
je m'attache , car l'intention
pourroit être
bonne, & la Piece mauvaife ; je m'en rappor
te à l'impreffion
qu'elle fait. De quoi s'agitil
dans George- Dandin ? De faire fentir les
conféquences
de la fottife de ce villageois ;
Moliere a donc peint fes perfonages
d'après
nature. Mais en expofant à nos yeux le vice
l'a-t-il rendu intéreffant
? a- t'il donné un
coup de pinceau pour l'adoucir & le colorer,
lui , qui fçavoit fi bien nuancer les caracteres?
a- t'il feulement pris foin de rendre cette
coquette féduifante
& fon complice intéreffant
Rien n'étoit plus facile fans doute ;
mais s'il eût affoibli le mépris qu'il devoit
répandre fur le vice , il fe fût contredit luimême
; il eût oublié fon deffein : c'est donc
pour rendre fa piece morale qu'il a peint de
mauvaiſes
moeurs ; & ceux qui lui en ont
fait un reproche , ont confondu la décence
avec le fonds des moeurs théâtrales . La
bienséance
eft violée dans la Comédie de
George Dandin , comme dans la Tragédie
de Théodore ; mais ni l'une , ni l'autre
DECEMBRE. 1758 . 107
piece n'eft une leçon de mauvaiſes moeurs.
Si quelqu'un nous attache dans cette
piece , c'eft George - Dandin lui-même , &
on le plaint comme un bon homme , quoiqu'on
en rie comme d'un fot. J'avoue que
la pitié n'eft pas bien vive , quand elle permet
de rire ; mais auffi fa fituation n'eft-·
elle pas affez cruelle dans notre opinion ,
pour nous affliger fenfiblement ; & nous
fçavons qu'il eft des fituations humiliantes
dont les bonnes gens fe confolent.
Ce qui a fait , je crois , que M. R. s'eft
mépris fur l'impreffion de ces Comédies ,
ce font les applaudiffemens. Mais il nous
ſuppoſe bien vicieux nous-mêmes, s'il nous
accufe d'approuver tout ce que nous applaudiffons.
Il a entendu applaudir à ces
mots d'Atrée : « Reconnois- tu ce fang ? »
Et à ce vers de Cléopâtre :
Puiffe naître de vous un fils qui me reffemble.
Les fpectateurs , à fon avis , adherent ils
dans ce moment aux moeurs de Cléopâtre
ou d'Atrée : C'eſt le génie , c'eft l'art du
Poëte qu'on admire & qu'on applaudir
dans la peinture du crime comme dans
celle de la vertu . Que l'artifice d'un fourbe
, que l'habileté d'un méchant , que toute
fituation qui met la fottife & la friponnerie
en évidence , foit applaudie au théâtre ;
E vj
10S MERCURE DE FRANCE.
ce n'eft pas qu'on aime les fripons , mais
c'eft qu'on aime à les connoître : ce n'eft
pas qu'on mépriſe la bonté , l'honnêteté
dans les dupes , mais feulement les travers
ou les foibleffes qui les font donner dans
le piege , & dont on eftfoi- même exempt.
La preuve en eft que, fi le perfonnage dont
on fe joue eſt eſtimable , & que le tort
qu'on lui fait devienne férieux , la plaiſan--
terie ceffe & l'indignation lui fuccede . On
en voit l'exemple dans le cinquieme acte
du Tartufe , ce chef- d'oeuvre du théâtre
comique dont M. R. ne dit pas un mot.
Il eft vrai que les fripons , c'eft- à - dire
furtout les valets , font communément du
côté des perfonnages auxquels on s'intéreffe
, & qu'alors on fçait bon gré au fripon
de ce qu'il fait pour les fervir. Mais
obfervons que c'est toujours par intérêt.
pour d'honnêtes gens , & dans le cas unique
où la friponnerie ne va point au grave.
Il y a cependant nombre de Comédies
dont les moeurs font repréhenfibles à cet.
égard , & quelques-unes des pieces de Mo
liere peuvent être mifes dans cette claffe ;
mais ce n'eft ni le Tartufe , ni le Mifanthrope
, ni les Femmes fçavantes , ni aucune
de fes bonnes Comédies , & l'on ne doit
pas juger Moliere fur les fourberies de
Scapin. Il feroit d'autant moins jufte ,
DECEMBRE. 1758. 100
33
» c'eft M. R. qui parle , d'imputer à Mo
" liere les erreurs de fes modeles & de fon
fiecle , qu'il s'en eft corrigé lui -même. »›
Mais venons au plus férieux , & voyons
comment les vices de caractere font l'inftru
ment de fon comique , & les défauts naturels ,
le fujet. Dans le Tartufe , le fujet du comi→
que eft la confiance obftinée d'un honnête
homme pour un fcélérat. Cette confiance
eft- elle un défaut naturel ? Dans l'Ecole des
femmes & dans l'Ecole des maris , le fujet
da comique eft la prétention d'un Tuteur
jaloux à s'affurer du coeur de fa pupile , pare
la gêne & la vigilance. Cet abus de l'autorité
confiée eft-il un défaut naturel ? En
eft- ce un dans l'Avare que la manie de fe
priver foi- même & fes enfans , des befoins
d'une vie honnête , pour accumuler & en--
fouir des tréfors ? En eft-ce un dans les
Précieufes & dans les Femmes fçavantes
que la folie du bel- efprit & la négligence >
des chofes utiles ? en eft- ce un que l'aveugle
prévention du Malade imaginaire pour
fa femme & fon médecin , que la fotte
vanité de George- Dandin & du Bourgeois
Gentilhomme , que le foible du Mifanthrope
pour une coquette qui le trompe ?
& fi la bonté , la fimplicité naturelle de
quelques - uns de ces perfonnages eft las
caufe du ridicule qu'ils fe donnent , eft.co
10 MERCURE DE FRANCE.
{
à la caufe que Moliere l'attache ? la-t'i
confondue avec l'effet ?, M. Rouffeau peut
me répondre que le Public ne fait pas ces
diftinctions philofophiques , & que le mépris
attaché à l'effet rejaillit infailliblement
fur la caufe. C'eft de quoi je ne conviens
point. Que l'on mette au théâtre un homme
vertueux & fimple fans aucun de ces
vices de dupe dont j'ai parlé , & que l'Auteur
s'avife de le rendre le jouet de la fcene,
on verra fi le parterre n'en fera pas indigné
. Qu'un valet fe joue du vieil Euphémon
ou du pere du Glorieux , je paffe
condamnation , s'il fait rire. Le comique
de Moliere n'attaque donc pas des défauts
naturels ; mais des vices de caractere , la
vanité , la crédulité , la foibleffe , les prétentions
déplacées , & rien de tout cela
n'eft incorrigible.
L'examen de l'Avare & du Mifanthrope
vont rendre plus fenfible encore mon opinion
fur les moeurs du théâtre de Moliere.
« C'eft un grand vice , dit M. Rouffeau,
» d'être avare & de prêter à ufure ; mais
» n'en est - ce pas un plus grand encore à
» un fils de voler fon pere , de lui man-
» quer de refpect , de lui faire mille infultans
reproches , & quand ce pere irrité
» lui donne fa malédiction , de répondre
? d'un air goguenard qu'il n'a que faire de
DECEMBRE . 1758. 111
-
» fes dons ? Si la plaifanterie eft excellente ,
" en eft elle moins puniffable , & la
piece où l'on fait aimer le fils infolent
qui l'a faite , en eft- elle moins une école
» de mauvaiſes moeurs ? »
»
">
Suppofons que dans un fermon l'Orateur
dît à l'avare : Vos enfans font vertueux
, fenfibles , reconnoiffans , nés pour
être votre confolation ; en leur refufant
tout , en vous défiant d'eux , en les faifant
rougir du vice honteux qui vous domine ,
fçavez- vous ce que vous faites votre inflexible
dureté laffe & rebute leur tendreffe.
Ils ont beau fe fouvenir que vous
êtes leur pere , fi vous oubliez qu'ils font
vos enfans , le vice l'emportera fur la vertu
, & le mépris dont vous vous chargez
étouffera le refpect qu'ils vous doivent.
Réduits à l'alternative , ou de manquer de
tout , ou d'anticiper fur votre héritage
par des reffources ruineufes , ils diffiperont
en ufure ce qu'en ufure vous accumulez
; leurs valets fe ligueront pour dérober
à votre avarice les fecours que vos
enfans n'ont pu obtenir de votre amour.
La diffipation & le larcin feront les fruits
de vos épargnes , & vos enfans devenus vicieux
par votre faute & pour votre fupplice
, feront encore intéreffans pour le
Public que vous révoltez.
FIT MERCURE DE FRANCE.
Je demande à M. Rouffeau fi cette leçon
feroit fcandaleufe : hé bien , ce qu'annonceroit
l'Orateur , le Poëte n'a fait que le
peindre , & la Comédie de Moliere n'eft
autre chofe que cette morale en action .
Ni l'Orateur, ni le Poëte ne veulent encourager
par - là les enfans à manquer à ce
qu'ils doivent à leur pere ; mais tous les
deux veulent apprendre aux peres à ne pas
mettre à cette cruelle épreuve la vertu de
leurs enfans . Paffons aux moeurs du Mifanthrope
, que M. Rouffeau a choifies par
préférence comme le chef- d'oeuvre de
Moliere.
و و ن
"
95
« Je trouve , dit - il , que cette piece
» nous découvre mieux qu'aucune autre la
véritable vue dans laquelle Moliere a
compofé fon théâtre, & nous peut mieux
faire juger de fes vrais effets . Ayant à
plaire au Public , il a confulté le goût le
plus général de ceux qui le compofent .
» Sur ce goût il s'eft formé un modèle , &
fur ce modele un tableau des défauts
» contraires dans lequel il a pris fes carac-
» teres comiques , & dont il a diftribué les
divers traits dans fes pieces.
Arrêtons-nous un moment à cette théo
rie générale. Moliere , en confultant fon
fiecle , a donc vu qu'un ufage honnête de
fes biens étoit du goût général , & il a
DECEMBRE. 1758. 113
・
t
A
Il:
attaqué l'avarice ; qu'on aimoit à voir
chacun fe tenir dans fon état , & il a joué
le Bourgeois Gentilhomme ; qu'une femme
occupée modeftement de fes devoirs
étoit une femme eftimée , & il a jetté du
mépris fur les Précieufes & les Sçavantes ;
qu'une piété fimple & fincere infpiroit le
refpect , & il a démafqué le Tartufe ; que
la gêne & la violence dans le choix d'un
époux étoit une tyrannie odieufe , & ila
fait de deux tuteurs les jouets de deux
amants. Que M. Rouffeau me dife où est
le mal , & en quoi le goût du fiecle a nui
aux moeurs du théâtre de Moliere ? "
» n'a donc point prétendu , pourfuit- il ,
»former un honnête homme , mais un
» homme du monde ; par conféquent ik
»n'a point voulu corriger les vices , mais
» les ridicules ; & comme je l'ai déja dit ,
» il a trouvé dans le vice même un inftru-
» ment très-propre à y réuffir. " Si dans.
ces exemples que je viens de citer , & dans:
tous ceux qu'on peut tirer des bonnes
pieces de Moliere , excepté l'Amphitrion
qui n'eft point une Comédie , l'objet du
ridicule eſt une chofe honnête & louable ,
j'avoue que la prévention m'aveugle. Je
fens bien que tous les ridicules dont Moliere
s'eft joué , ne font pas ce que j'ai entendu
par les vices des fripons. Mais il eſt
4
114 MERCURE DE FRANCE.
des vices qui ne nuifent qu'à nous , & que
j'appelle les vices des dupes. C'eft de cette
derniere efpece de vices queMoliere a voulu
nous corriger, en faisant voir qu'ils nous
rendoient les jouets des fourbes. Il fçavoit
bien , ce Philofophe , qu'on ne corrigeoit
pas un fripon , & que ce n'étoit qu'en le
dénonçant qu'on pouvoit le déconcerter.
Allez perfuader à un Charlatan de ne pas
tromper le peuple , vous y perdrez votre
éloquence. C'eft au peuple qu'il faut apprendre
à fe défier du Charlatan . Voilà ,
felon moi , tout l'art de Moliere , & je ne
conçois rien de plus utile aux moeurs.
« Mais , reprend M. R , voulant expofer à
» la rifée publique tous les défauts oppofés
» aux qualités de l'homme aimable , de
l'homme de fociété ; après avoir joué tant
» d'autres ridicules , il lui reftoit à jouer
celui que le monde pardonine le moins , le
» ridicule de la vertu . C'est ce qu'il a fait
»dans le Mifanthrope .Vous ne fçauriez me
» nier deux chofes , ajoute le Cenfeur du
»
théâtre : l'ane, qu'Alcefte dans cette piece
>> eſt un homme droit , fincere , eſtimable ,
» un véritable homme de bien ; l'autre, que
» l'Auteur lui donne un perfonnage ridicu-
»le.»Vous ne fçauriez menier deux chofes ,
dirai-je à mon tour à M. Rouffeau ; l'une ,
qu'Alcefte eft un homme paffionné , vio
DECEMBRE . 1758. 115
lent , infociable ; l'autre, que dans la vertu
Moliere n'a repris que l'excès . Vous donnez
à Moliere le projet d'un fcélérat , &
je trouve dans fon Ouvrage le deffein du
plus honnête homme. Il feroit malheureux
pour vous que la raifon fût de mon
côté.
Imaginons pour un momentqu'an Auteur
dans un feul Ouvrage ait voulu attaquer
tous les vices de fon fiecle , & mettre le
fléau de la fatyre dans la main de l'un de fes
Acteurs. Quel perſonnage a t'il dû choisir ?
Un fage accompli ? Non : le fage eſt indulgent
& modéré. L'étude qu'il a faite de
lui- même l'a rendu modefte & compâtiffant.
I hait le crime , déplore l'erreur ,
aime la bonté , refpecte la vertu , & regarde
les vices répandus dans la fociété ,
comme un poifon qui circule dans le fein
de la nature humaine . S'il y applique
quelque remede , ce n'eft ni le fer , ni le
feu. Il fçait que le malade eft foible , inquiet
, difficile , & qu'il faut gagner fa
confiance pour obtenir fa docilité. Il parle
aux hommes comme un pere , & non com .
me un juge fon éloquence eft dans fes
entrailles , la douceur fe peint dans fes
yeux , la perfuafion coule de fes levres ;
mais le plaifir délicat de l'entendre n'étoit
pas un attrait pour la multitude. Le fage
116 MERCURE DE FRANCE .
au théâtre eût paru froid & n'eût point
attiré la foule. Un homme vertueux , plus
févere & plus véhément , fans aucun travers
, fans aucune foibleffe , eût indifpofé
tous les efprits. On n'amufe point ceux
qu'on humilie . Le Mifanthrope exempt de
ridicule , feroit tombé : M. Rouffeau l'avouera
lui-même. Il a donc fallu avoir
égard au vice le plus commun , je ne dis
pas de fon fiecle & de fon pays ; mais de
tous les lieux & de tous les temps , c'eſt àdire
à la malignité qui prend fa fource
dans l'amour-propre , & rendre le Cenfeur
ridicule par quelque endroit, pour confoler
à fes dépens ceux qu'humilieroit la cenfure.
Mais ce ridicule , en amufant le peuple
, ne devoit pas affoiblir l'autorité de
la vertu ; & le comble de l'art étoit de
compofer un caractere à la fois refpectable
& rifible , qualités qui femblent s'exclure
& que Moliere a fçu concilier. Tel a été
fon deffein en compofant ce bel Ouvrage ;
je ne crains pas de l'affurer. Ceci n'eft pas
une fubtilité vaine , c'eft l'effet que tout le
monde éprouve . On adore le fonds du
caractere du Mifanthrope : fa droiture , fa
candeur , fa fenfibilité infpirent la vénération
. Ah , Moliere que n'ai- je le bonheur
de reffembler à cet honnête homme ,
s'écrioit M. le Duc de Montaufier. Moliere
DECEMBRE. 1758 . 117 1
1
auroit donc bien manqué fon coup , s'il
eût voulu rendre la vertu ridicule ? Mais
cette même probité s'irrite , paffe les bornes
& tombe dans l'excès. Le Mifanthrope
déraifonne & devient ridicule , non pas
dans fa vertu , mais dans l'excès où elle
donne . Quoi ! lui dit- on ,
Vous voulez un grand mal à la nature humaine ?
Oui , j'ai conçu pour elle une effroyable haine...
Tous les pauvres mortels, fans nulle exception ,
Seront enveloppés dans cette averfion ?
Encoren eft-il bien dans le fiecle où nous ſommes...
Non , elle eft générale , & je hais tous les hommes.
C'eft de cet emportement que l'on rit ;
le Mifanthrope a beau le motiver , ce ne
peut être qu'un accès d'humeur : car au
fonds la haine qu'il a conçue pour les méchans
n'eft fondée que fur fon amour pour
les gens de bien , & fur la fuppofition qu'il
en refte encore. « S'il n'y avoit ni fripons ,
» ni flatteurs , dit M. Rouffeau , le Mifanthrope
aimeroit tout le monde ; mais
s'il n'y avoit pas de gens de bien, de gens
défintéreffés, il n'auroit plus aucun fajet
» de hair ni les flatteurs , ni les fripons.
»
33
On vient de lui lire des vers qu'il atrouvé
mauvais ; il le fait entendre avec ménagement
; il le dit enfin avec pleine franchife
; ſes amis lui reprochent ſa fincérité ;
118 MERCURE DE FRANCE.
c'eft alors qu'il devient extrême :
Je lui foutiendrai moi , que ſes vers font mauvais,
Et qu'un homme eft pendable après les avoir faits.
Comme on ne s'attend pas à ces traits, &
qu'ils confolent la vanité humiliée , on en
rit d'un plaifir malin caufé par la furpriſe ,
mais fans que le mépris s'en mêle ; & l'on
fembledire au Mifanthrope : Hé bien , Cenfeur
impitoyable , vous vous paſſionnez donc
auffi , vous déraisonn: z comme un autre ? M.
Routeau fe trompe fur les circonftances
qui , dans la premiere fcene , peuvent rendre
naturel l'emportement du Miſanthrope
; mais il me fuffit qu'il avance que cer
emportement fait dire auMifanthrope plus
qu'il ne penfe de fang froid ; c'eſt de cette
colere exaltée , de cette humeur qui déborde
, de cette impatience pouffée à bout
par le calme de Philinte, que Moliere a plaifanté
. Ce n'eft donc pas le ridicule de la
vertu qu'il a voulu jouer' ; mais un ridicule
qui accompagne quelquefois la vertu , &
qui naît de la même fource , une fougue
qui l'emporte au - delà de fes limites , une
âpreté qui la rend infociable, une extrême
févérité qui nous fait des crimes de tout ,
un zele inflammable que la contradiction &
les obitacles font dégénérer en fureur; voi-
Là ce que Moliere attaque dans le MifanDECEMBRE.
1758. 119
thrope; & pour le ramener aux fentimens de
T'humanité compâtilfante , il lui fait voir
qu'il eft homme lui - même , & qu'il peut
être , comme nous, le jouet de fes paffions,
Mais pour juftifier le deffein de Moliere ,
j'ai un témoignage auquel M. Rouſſeau ne
peut fe refufer : voici ce que je viens de lire.
Dans toutes les autres pieces de Moliere le
perfonnage ridicule eft toujours haïffable
ou méprifable ; dans celle- ci , quoique Alcefte
ait des défauts réels,dont on n'a pas tort
de rire , on fent pourtant au fond du coeur
un refpect pour lui , dont on ne peut fe dé- ·
fendre ... Moliere étoit perfonnellement
honnête homme , & jamais le pinceau d'un
honnête homme ne fçut couvrir de couleurs
odieufes les traits de la droiture & de
la probité. Il y a plus , Moliere a mis dans
la bouche d'Alceſte un fi grand nombre de
fes propres maximes , que plufieurs ont
cru qu'il s'étoit voulu peindre lui- même.»
Confrontons ce témoignage avec le fen-'
timent de M. Rouffeau . « Ayant à plaire
au Public , Moliere a confulté le goûr
» le plus général .... après avoir joué tant
» d'autres ridicules , il lui reftoit à jouer
>> celui que le monde pardonne le moins ,
» le ridicule de la Vertu : c'est ce qu'il a
» fait dans le Mifanthrope. » Il est évident
que l'une de ces deux opinions eft fauffe ; .
120 MERCURE DE FRANCE.
*
car fi Moliere , pour plaire à ſon ſiècle , a
voulu tourner la vertu en ridicule , un fi
lâche adulateur du vice n'étoit rien moins
qu'un honnête homme ; s'il a voulu fe
peindre lui-même dans Alcefte , il n'a pas
prétendu s'expofer à la rifée du public ;
s'il fait aimer & refpecter ce caractere fans
le vouloir , & en dépit de fon art , le
ridicule de la vertu n'eft donc pas celui
que le monde pardonne le moins. Que
M. Rouffeau accorde , s'il le peut , fon
opinion , avec l'autorité que je lui ai oppofée
; fon contradicteur , c'eft lui -même.
Le deffein de Moliere a donc été , en
compofant le caractere du Mifanthrope , de
fe fervir de fa vertu comme d'un exemple ,
& de fon humeur comme d'un fléau. Voilà
le vrai , tout le monde le fent .
Il lui a donné pour ami , non pas un de
ces honnêtes gens du grand monde , dont
les maximes reffemblent beaucoup à celles
des fripons , non pas un de ces gens fi
doux , fi modérés , qui trouvent toujours
que tout va bien , parce qu'ils ont intérêt
que rien n'aille mieux ; mais un de ces gens
qui , aimant le bien , & condamnant le
mal , fe contentent de pratiquer l'un , &
d'éviter l'autre , qui ne fe croyent ni affez
de vertus , ni affez d'autorité pour s'ériger
en cenfeurs publics , & faire le procès à la
nature
DECEMBRE . 1758. 121
8
nature humaine ; qui , fans être complices
ni partifans des vices deftructeurs de l'ordre
, tolerent les défauts , ménagent les
foibleffes , flattent les vaines prétentions ,
paffent légérement fur les épines de la fociété,
& s'épargnent les chagrins & les dégoûts
d'un déchaînement inutile . Un honnête
homme eft celui qui remplit fidele
ment les devoirs de fon état , & ce n'eft le
devoir d'aucun particulier d'exercer la police
du monde. Il eft vrai que Philinte , foit
manque de goût, foit excès de politeffe loue
des vers qui ne valent rien ; mais tout
menfonge n'eft pas un crime ; c'eft l'impor
tance du mal qui en fait la gravité. Je ne fais
même fi , dans la morale la plus auftere , il
ne vaut pas mieux flatter un homme fur
une bagatelle , que de s'expofer , par une
fincérité qui l'offenſe , à fe couper la gorge
avec lui. Du refte fi Moliere eût fait un vicieux
du Miſanthrope , il lui eût donné
pour contrafte un modele de vertu ; mais
comme il n'en fait qu'un homme infociable
, c'eft un modele de complaifance &
d'égards qu'il a dû lui oppofer. Philinte
n'eft donc pas le fage de la piece , mais ſeulement
l'homme du monde : fon fang froid
donne du relief à la fougue du Mifanthrope
; & quoique l'un de ces contraftes falle
rire aux dépens de l'autre , l'avantage &
F
1
122 MERCURE DE FRANCE.
l'afcendant que Moliere donne à Alcefte fur
Philinte , prouve bien qu'il lui deftinoit la
premiere place dans l'eftime des Spectateurs .
« Le tort de Moliere n'eft pas , felon M.
» Rouſſeau , d'avoir fait du Miſanthrope
» un homme colere & bilieux , mais de lui
» avoir donné des fureurs puériles fur des
fujets qui ne doivent pas l'émouvoir . Le
» caractere du Miſanthrope n'eft pas en la
difpofition du Poëte ; il eft déterminé
" par la nature de fa paffion dominante :
» cette paffion eft une violente haine du
» vice , née d'un amour ardent pour la vertu
, & aigrie par le fpectacle continuel
3, de la méchanceté des hommes ; il n'y
» a donc qu'une ame grande & noble qui
en foit fufceptible ... Cette contemplation
continuelle des défordres de la Société
le détache de lui - même pour fixer
» fon attention fur le genre humain
» Ce n'eft pas que l'homme ne foit toujours
» homme , que la paffion ne le rende fou-
» vent foible , injufte , déraisonnable , qu'il
» n'épie peut être les motifs cachés des ac-
» tions des autres avec un fecret plaifir d'y
voir la corruption de leurs coeurs , qu'un
petit mal ne lui donne fouvent une grande
» colere ... Voilà de quel côté le caractere
» du Mifanthrope doit porter fes défauts ; &
voilà de quoi Moliere fait un ufage admi-
و د
DECEMBRE . 1758 . 123
rable dans toutes les fcenes d'Alcefte avec
»fon ami... Qu'il s'emporte fur tous les
» défordres dont il n'eft que le témoin ...
"
"
mais qu'il foit froid fur celui qui ne s'a-
» dreffe qu'à lui ; qu'une femme fauffe le
» trahiffe , que d'indignes amis le deshon-
» norent , que de foibles amis l'abandon--
» nent , il doit le fouffrir fans en mur-
>> murer ; il connoît les hommes. Si ces
» diftinctions font juftes , Moliere a mal
» fait le Mifanthrope . Penfe- t'on que ce
»foit par erreur? non fans doute : mais voilà
» par où le defir de faire rire aux dépens
» du perfonnage l'a forcé de le dégrader
» contre la vérité du caractere. »
Si M. Rouffeau parle d'une vérité métaphyfique
, je ne lui difpute rien ; chacun
fe fait des idées comme il lui plaît. Le
Mifanthrope métaphyfique eft donc , fi
l'on veut , un être furnaturel qui aime
tous les hommes , excepté lui feul , qui
prend feu fur les injuftices qu'ils éprouvent
, & qui eft de glace pour celles qu'il
effuye lui-même, qui combat tous les vices,
hormis ceux qui lui nuifent ; auquel un
petit mal qui lui eft étranger, peut donner
une très-grande colere , & qui n'eft point
ému d'un très- grand mal qui lui eft perfonnel.
Mais Moliere n'a pas voulu peindre un
perfonnage idéal. Le Mifanthrope, tel qu'il
Fij
124 MERCURE DE FRANCE.
l'a vu dans la nature,fe comprend au moins
dans le nombre des hommes qu'il aime ; il
ne donne pas dans l'abfurde inconféquence
de regarder comme des inclinations baffes le
foin de fon honneur , de fa renommée, de fon
repos , de fa fortune , en un mot de ces mêmes
biens auxquels il ne peut fouffrir que
l'on porte atteinte dans fes femblables ; il
n'a point une ame fenfible pour eux , &
une ame impaffible pour lui ; & cette
trempe de caractere , qui reçoit de fi vives
impreffions des plaies faites à l'humanité ,
n'eft pas impénétrable aux traits qui font
lancés contre lui - même. Je crois bien que
le courage & la force étouffent fes plaintes
quelquefois ; mais enfin l'homme est toujours
homme. Moliere a donc trés- bien pris , je
ne dis pas le caractere idéal , mais le caractere
réel du Mifanthrope , tel qu'il le
voyoit dans le monde , & qu'il vouloit le
corriger.
Du refte j'avoue que je ne conçois pas le
Mifanthrope de M. Rouffeau . Si la connoiffance
qu'il a des hommes , doit l'avoir
préparé aux trahifons de fa maîtreffe , aux
outrages & à l'abandon de fes amis , à l'iniquité
de fes Juges , il doit donc être férieufement
convaincu que tous les hommes
font perfides & méchans , & cela pofé , il
doit n'aimer perfonne. Comment eft- il
DECEMBRE. 1758 . 125:
donc fi touché des défordres d'un monde
où il n'aime rien ? Il hait le vice , il aime
la vertu ; mais le vice & la vertu ne font
rien de réel que relativement aux hommes.
Que lui importe la guerre des vautours ,
fi la fociété n'a plus de colombes ?
:
Dira-t'on que le Mifanthrope aime les
hommes quels qu'ils foient , & ne hait en
eux que le vice ? C'eſt le caractere du fage
tel que je l'ai peint ; mais ce n'eft pas le
caractere du Mifanthrope. Celui- ci enveloppe
dans fa haine , & le vice, & le vicieux ;
il détefte dans les méchans les ennemis des
gens de bien mais s'il eft perfuadé qu'il
y a des gens de bien dans le monde , il eft
naturel qu'il ait cette opinion de fes juges ,
de fes amis , de fa maîtreffe , & lorf
que l'iniquité , la perfidie , la trahifon
qu'il en éprouve , le tire de cette douce erreur
, il doit en être d'autant plus affecté
que ces coups rompent les derniers liens qui
l'attachoient à fes femblables.
Le Mifanthrope, que rien de perfonnel
ne touche , & qui fe paffionne fur tout ce
qui lui eft étranger , eft donc , felon moi ,
in être fantastique , & Moliere , pour rendre
le fien d'après nature , a dû le peindre
comme il a fait.
M. Rouffeau ne doute pas que , fuivant
fon deffein , le caractere d'Alcefte n'eût fair
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
incomparablement plus d'impreffion ; mais
le Parterre alors n'auroit pû rire , dit- il ,
qu'aux dépens de l'homme du monde , &
l'intention de l'Auteur étoit qu'on rît aux
dépens du Mifanthrope. Mais que l'on fe
rappelle la pofition de ce perfonnage ; il
accable fon ami de reproches , humilie
Oronte , apoftrophe les Marquis , & leur
impofe filence , confond & refufe Célimene,
domine d'un bout de la piece à l'autre ,
efface tout , n'eft jamais effacé , & fort du
Théâtre , ennemi de la nature entiere , autant
admiré qu'applaudi . Voilà donc le.
perfonnage que Moliere a voulu humilier
pour flatter le goût de fon fiecle . Si Moliere
a prétendu faire briller Philinte aux.
dépens d'Alcefte , jamais Auteur , j'oſe le
dire , n'a été plus mal adroit.
Philinte a loué la chûte du Sonnet d'Oronte
, le Mifanthrope indigné , lui dit :
La pefte de ta chûte , empoiſonneur au diable ,
En euffe-tu fait une à te caffer le nez.
jeu
M. Rouffeau défapprouve avec raiſon ce
de mots, & il s'écrie : Et voilà comme on
avilit la vertu ! Je n'ai qu'à citer du même
rôle cinq cens des plus beaux vers & des plus
applaudis qu'on ait jamais faits , & à m'écrier
à mon tour , Et voilà comme on honore la verm
! Eft- il poſſible que d'un frivole jeu de
DECEMBRE. 1758. 127
mots qui , dans la vivacité , peut échapper
à tout le monde , on tire une conféquence
deshonorante pour la mémoire d'un homme
qu'on fait profeffion d'admirer ? M.
Rouffeau d'après fon idée trouve que Moliere
a affoibli les traits qui caractérisent
le Mifanthrope , & voici la preuve qu'il en
donne.
« On voit Alcefte tergiverfer & ufer dè
détour pour dire fon avis à Oronte . Ce
n'eft point là le Mifanthrope , c'eft un honnête
homme du monde qui fe fait peine de
tromper celui qui le confulte. La force du
caractere vouloit qu'il lui dît brufquement :
Votre Sonnet ne vaut rien , jettez - le au
feu ; mais cela auroit ôté le comique qui
naît de l'embarras du Mifanthrope , & de
fes je ne dis pas cela répétés , qui pourtant
ne font au fonds que des menfonges. » Les
je ne dis pas cela font très- plaifans ; mais
ce n'eft point aux dépens du Mifanthrope
qu'ils font rire : du refte il ne faut que favoir
diftinguer la groffiéreté de la franchife
pour juftifier cette réticence. Le Mifanthrope
de Moliere a vécu trente ans
dans le monde ; il ne feroit. pas vraifemblable
qu'on l'y eût fouffert , s'il ne favoit
pas marquer , en héfitant de dire une vérité
fâcheufe , qu'il lui en coûte de déplaire à
celui qui l'a confulté, Je ne dis pas cela ,
Fiv.
128 MERCURE DE FRANCE:
n'eft rien moins qu'un menfonge , c'eft la
vérité même préfentée avec ménagement ,
& j'en appelle à tous ceux qui l'entendent ;
Oronte ne s'y méprend point . Or , M.
Rouffeau fçait bien que le menfonge n'eft
pas dans les mots ; & il me feroit aifé de lui
prouver , par fon propre exemple , que ,
fans déguifer la vérité , on peut la couvrir
d'un voile modefte. Le Mifanthrope répéte
à Oronte , je ne dis pas cela ; fi Philinte
lui demandoit: Hé que dis tu donc , traître ?
la réponſe feroit facile : Je ne fuis point
traître , je me fais entendre , je dis ce qu'exige
l'honnételé , & ce que permet la bienféance.
M. Rouffeau demande jufqu'où peuvent
aller les ménagemens d'un homme
vrai ; je lui réponds , exclufivementjufqu'à
l'équivoque. Suivant fes principes
le Mifanthrope doit n'ufer d'aucun détours
, & dire crument tout ce qu'il penſe.
Si Moliere eût voulu mettre un tel perfonnage
fur la fcene , il l'eût pris au fond
des forêts.
Mais il eft inutile de donner au Théâtre
des leçons d'une morale outrée , qu'il ne
feroit ni poffible ni honnête de pratiquer
dans le monde , où l'on peut très bien ,
quoi qu'en dife M. Rouffeau , n'être ni
fourbe ni brutal. Moliere n'a donc pas
-
DECEMBRE. 1758. 129
prétendu , ni pu prétendre dégrader la vérité
& la vertu, en les faifant un peu moins
farouches que M. Rouffeau ne l'exige ; &
franchement il n'y a qu'un Philofophe qui
regrette le temps où l'homme marchoit à
quatre pattes , qui puiffe trouver le Mifanthrope
de Moliere trop doux & trop civilife.
M. R. dit lui- même de ce perfonnage :
* l'intérêt de l'Auteur eft bien de le rendre
ridicule, mais non pas fou ; & c'eft ce qu'il
paroîtroit aux yeux du Public , s'il étoit
tout- à-fait fage. » Après l'efquiffe que
j'ai tracée du caractere du fage , tel que je
le conçois , il eft inutile d'ajouter que le
Mifanthrope de M. Rouffeau n'eft pas digne
à mes yeux de ce titre : il eft plus inutile
encore de réfuter fa conclufion contre
la morale du Mifanthrope & de tout le
Théâtre de Moliere . Si les principes font
détruits , la conféquence tombe d'elle- même.
Lafuite au Mercure prochain.
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Résumé : SUITE de l'extrait de la Lettre de M. Rousseau de Geneve à M. d'Alembert, sur les Spectacles.
Dans une lettre à M. d'Alembert, M. Rouffeau critique les spectacles, notamment la tragédie et la comédie. Il estime que la tragédie suscite les passions qu'elle prétend condamner et que la comédie, en reflétant les mœurs contemporaines, est encore plus dangereuse. Rouffeau considère la comédie comme pernicieuse, même lorsque le plaisir comique repose sur un vice humain. Il admet que le théâtre, bien que purgé de son ancienne indécence, n'est pas encore suffisamment moralisé et propose de bannir certains auteurs, ne permettant que des comédies honnêtes et morales. L'auteur de la lettre conteste cette vision en soulignant que les individus vicieux se reconnaissent encore moins dans un discours de morale. Il rappelle que les faux dévots et les usuriers n'appréciaient pas se voir représentés dans des œuvres comme 'Le Tartuffe' de Molière. Il conclut que la comédie peut avoir une utilité morale en peignant fidèlement les mœurs et en rendant les vices ridicules. Le texte discute de la fonction et de l'impact de la comédie, en particulier celle de Molière. La comédie permet de dénoncer et d'humilier les vices en les exposant sur scène, mais elle doit rester vraisemblable et naturelle pour être efficace. Molière exagère les traits des personnages pour les rendre reconnaissables sans les déformer. La comédie vise une satire collective, réunissant les traits les plus marquants d'un vice donné. L'illusion théâtrale repose sur la vérité de l'imitation, et toute divergence avec la nature rompt cette illusion. Le texte critique l'idée que Molière serait une 'école de vices', affirmant que ses pièces montrent plutôt les conséquences négatives des vices et des mauvaises actions. Molière choisit de représenter des personnes honnêtes mais faibles ou crédules, punies non pour leur bonté, mais pour leurs travers ou faiblesses. Les exemples incluent 'Le Bourgeois Gentilhomme', 'George Dandin', 'Le Malade imaginaire', et 'Les Tuteurs jaloux'. Molière ne ridiculise pas l'honnêteté pure et simple, mais plutôt les défauts des personnages honnêtes. Le texte critique l'interprétation de M. Rousseau, affirmant que Molière n'a jamais eu l'intention de glorifier les fripons. Les pièces de Molière visent à corriger les vices et à encourager la vertu, en montrant les conséquences des erreurs des personnages honnêtes mais imprudents.
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3865
p. 206-207
Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Quatorzieme traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Dare, de la Compagnie de la Sône, est entré le [...]
Mots clefs :
Soldats, Compagnie, Malades, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Quatorzieme traitement depuis son établissement.
Quatorzieme traitement depuis fon établiſſement.
Ls nommé Dare , de la Compagnie de la Sôné ,
eft entré le 13 Juillet , & en eft forti le 12 Septembre
parfaitement guéri.
Le nommé Branche-Dor , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 20 Juillet , & en eft forti le
12 Septembre parfaitement guéri .
Le nommé Rabut , de la Compagnie d'Hallot ,
DECEMBRE. 1758. 207
eft entré le 20 Juillet , & en eft forti le 29 Août
parfaitement guéri .
Le nommé Meunier , de la Compagnie de Mathan
, eſt entré le 27 Juillet , & eft forti le 29
Août parfaitement guéri.
Le nommé Francoeur , Compagnie d'Hallot ,
eft entré le premier Août , & eft forti le 17 Septembre
parfaitement guéri .
Ls nommé Dare , de la Compagnie de la Sôné ,
eft entré le 13 Juillet , & en eft forti le 12 Septembre
parfaitement guéri.
Le nommé Branche-Dor , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 20 Juillet , & en eft forti le
12 Septembre parfaitement guéri .
Le nommé Rabut , de la Compagnie d'Hallot ,
DECEMBRE. 1758. 207
eft entré le 20 Juillet , & en eft forti le 29 Août
parfaitement guéri .
Le nommé Meunier , de la Compagnie de Mathan
, eſt entré le 27 Juillet , & eft forti le 29
Août parfaitement guéri.
Le nommé Francoeur , Compagnie d'Hallot ,
eft entré le premier Août , & eft forti le 17 Septembre
parfaitement guéri .
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Résumé : Hôpital de M. le Maréchal-Duc de Biron. Quatorzieme traitement depuis son établissement.
Le quatorzième traitement du centre médical a concerné cinq individus. Dare, Branche-Dor, Rabut, Meunier et Francoeur, issus de différentes compagnies, sont entrés entre le 13 juillet et le 1er août et sont sortis guéris entre le 12 septembre et le 29 août.
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3866
p. 207
Eclaircissement de quelques faits concernant l'Hôpital.
Début :
Quelques Soldats qui ont passé par cet Hôpital, & qui y ont été [...]
Mots clefs :
Soldats, Hôpital, Traitement, Maladies vénériennes, M. Keyser, Honte, Vérité, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : Eclaircissement de quelques faits concernant l'Hôpital.
Eclairciffemens de quelques faits concernant.
l'Hôpital.
Quelques Soldats qui ont paffé par cet Hôpital ,
& qui y ont été traités , & bien radicalement guéris
de la maladie Vénérienne , gens accoutumés au
libertinage , & que rien ne peut corriger , ayant
regagné de nouveaux maux , au lieu de fe repréfenter
à l'Hôpital , ont mieux aimé s'aller faire
traiter incognito dans les Hôpitaux publics , ce
qui leur eft fort permis , parce qu'aucun foldat n'a
jamais été gêné ni forcé de venir dans celui - ci ,
mais comme ces gens malades de nouveau , par
leur faute , difent avoir paffé par les remedes de
M. Keyſer , fans avouer leur déreglement , on
doit à la vérité de dire qu'ils n'y avoient pas moins
été guéris , & que la raifon qui les empêche de fe
repréfenter eft:""
1º. La honte de retomber perpétuellement dans
le même vice.
2º. La crainte de la punition comme mauvais
fujets reconnus.
3 °. Qu'ils font bien plus gênés dans leur Hôpital
par les défenfes qui y font faites de leur laiffer
voir leurs créatures , & des étrangers , que dans
aucun autre Hôpital où ils ont la liberté de voir
toutes perfonnes qu'ils veulent. Ces faits font dans
la plus exacte vérité , & feront atteftés par per
fonnes impartiales , & non fufpectes.
l'Hôpital.
Quelques Soldats qui ont paffé par cet Hôpital ,
& qui y ont été traités , & bien radicalement guéris
de la maladie Vénérienne , gens accoutumés au
libertinage , & que rien ne peut corriger , ayant
regagné de nouveaux maux , au lieu de fe repréfenter
à l'Hôpital , ont mieux aimé s'aller faire
traiter incognito dans les Hôpitaux publics , ce
qui leur eft fort permis , parce qu'aucun foldat n'a
jamais été gêné ni forcé de venir dans celui - ci ,
mais comme ces gens malades de nouveau , par
leur faute , difent avoir paffé par les remedes de
M. Keyſer , fans avouer leur déreglement , on
doit à la vérité de dire qu'ils n'y avoient pas moins
été guéris , & que la raifon qui les empêche de fe
repréfenter eft:""
1º. La honte de retomber perpétuellement dans
le même vice.
2º. La crainte de la punition comme mauvais
fujets reconnus.
3 °. Qu'ils font bien plus gênés dans leur Hôpital
par les défenfes qui y font faites de leur laiffer
voir leurs créatures , & des étrangers , que dans
aucun autre Hôpital où ils ont la liberté de voir
toutes perfonnes qu'ils veulent. Ces faits font dans
la plus exacte vérité , & feront atteftés par per
fonnes impartiales , & non fufpectes.
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Résumé : Eclaircissement de quelques faits concernant l'Hôpital.
Certains soldats, traités et guéris de la maladie vénérienne à l'Hôpital, rechutent et préfèrent se faire soigner incognito dans des hôpitaux publics plutôt que de revenir à l'Hôpital. Ces soldats, habitués au libertinage et difficiles à corriger, ne sont jamais contraints de revenir. Ils attribuent leur guérison aux remèdes de M. Keyser sans reconnaître leurs dérèglements. Plusieurs raisons expliquent leur absence : la honte de retomber dans le même vice, la crainte de la punition en tant que mauvais sujets, et les restrictions imposées à l'Hôpital concernant la visite de leurs compagnes ou d'étrangers. Ces faits sont présentés comme véridiques et peuvent être attestés par des personnes impartiales et non suspectes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3867
p. 208-212
Guérisons particulieres à Lyon & à Bordeaux.
Début :
Comme il n'est pas possible de mettre en entier les détails des [...]
Mots clefs :
Lyon, Docteurs, Chirurgie, Malades, Symptômes, Ulcères, M. Keyser, Guérison, Bordeaux, Certificats, Cure
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texteReconnaissance textuelle : Guérisons particulieres à Lyon & à Bordeaux.
Guérifons particulieres à Lyon à Bordeaux .
Comme il n'eft pas poffible de mettre en entier
les détails des maladies , & que l'expofition entrat
neroit avec elle des mots defagréables , l'on
que
veut fupprimer , l'on ne donnera les certificats cideffous
que par extrait feulement.
LYON.
Nous Docteurs , & Profeffeurs aggrégés au
College des Médecins de Lyon , Médecins ordinaires
de l'Hôpital Général de Notre - Dame de Pitié
du Pont- du - Rhône , & Grand - Hôtel - Dieu de
ladite Ville , & nous Chirurgien Principal dudit
Hôpital , déclarons & certifions avoir examiné
deux particuliers atteints de maladie Vénérienne ,
entrés dans ledit Hôpital pour y être traités par
fieur Jean-Baptifte Rey , Makre en Chirurgie à
Lyon , fuivant la méthode du fieur Keyfer.
Sçavoir , le nommé J. B. Blain , âgé de 19 ans ,
garçon Boucher , & natif de Lyon , attaqué d'une
maladie Vénérienne bien confirmée , & de fymptômes
non équivoques. Et le nommé Auguftin
Brun , Affineur à Lyon , natif de Tetouanne en
Savoye , également attaqué d'une maladie Vénérienne
, fort grave avec ulceres au fond de la
bouche , très - profonds. Et que deux mois après
mondit fieur Rey nous ayant préfenté lesdits deux
malades , traités par la méthode du fieur Keyfer ,
avec priere de les examiner , & de faire notre
rapport de l'état dans lequel nous les trouverions ,
Nous Médecins & Chirurgien fufdits , après avoir
examiné bien attentivement les deux malades . ,
ainsi que les fymptômes qui avoient caractérisé
leurs maladies , nous les avons trouvés en trèsbon
état , & les avons jugés bien guéris . En
foi de quoi nous avons figné pour fervir & valoir
1
DECEMBRE. 1758. 205
4
te que de raifon audit fieur, Rey . A Lyon le 14
Mars 1758 .
Chol, Docteur en Médecine , Magneval , Docteur
enMédecine , Puy , Chirurgien Major.
Nous fouffignés Recteurs & Administrateurs de
l'Hôpital Général de Notre- Dame de Pitié du
Pont-du Rhône , & grand Hôtel Dieu de la ville
de Lyon , certifions que MM . Chol & Magneval ,
qui ont figné le certificat ci- deffus , font actuelle
ment Médecins de cet Hôpital , & que le fieur
Puy , qui a figné avec eux , eft Chirurgien principal
dudit Hôtel- Dieu , ainfi qu'ils fe font qualifiés
. A Lyon , au Bureau dudit Hôpital , icelu
tenant le 22 Mars 1758. Signé, Pofnet de Verneaux,
Guillen , Chaffein , J. Bouvier , Mayeuvre , Sponton
, Valefque , Rambaud , Chauvet , Marion
Latour , Dupont , Ant. Torrent , F. Dian Merlin.
BORDEAUX.
Extrait des Lettres du fieur de la Plaine , & état
de Madame de *** guérie à Bordeaux par le remede
de M. Keyfer , à la connoiffance de la plus
grande partie de la Ville.
-
Parmi le grand nombre des guériſons opérées
par les dragées de M. Keyfer, il en fera peu d'auffi
confidérable que celle- ci . La malade , dont il eft
queftion , avoit inutilement effuyé , en différens
temps , plufieurs traitemens très étendus
par les frictions mercurielles. Les accidens les plus
graves exiftoient dans le temps que j'en entrepris
la cure. La malade , outre une quantité de fymptômes
bien caractérisés , avoit plufieurs ulceres trèsprofonds
dans le fond de la gorge , & à la cloifon
du palais , qui rendoient la déglutition fi
difficile , que les alimens liquides revenoient
le nez : des maux de têtes fi cruels & fi in
par
210 MERCURE DE FRANCE.
fuportables , qu'il s'enfuivoit une infomnie con
tinuelle de plus le nez étoit attaqué d'un ulcere,
qui avoit détruit une grande portion du cartilage
de la narine , & cet ulcere étoit entretenu
par une carie des os de cette partie , & qui occafionnoit
un gonflement de l'os de la pomette : cette
maladie duroit depuis trois ans. La Dame avoit
été prefque abandonnée , & plufieurs perfonnes
Jui avoient annoncé qu'elle ne guériroit jamais ; ce
que l'événement n'a pas juftifié : la guérifon étant
aujourd'hui parfaite & opérée uniquement par les
dragées de M. Keyfer , lefquelles ont produit
Peffet le plus furprenant en effaçant premiérerement
, en trois femaines tous les fymptômes
, enfuite la carie des os du nez , & de l'os maxillaire
qui s'exfolia fans aucune opération extérieure:
de forte qu'aujourd'hui cette Dame eft dans
un embonpoint , qui ne laiffe rien à defirer pour
fa fanté, & m'a permis elfe-même de rendre fa
guérifon publique par reconnoiffance de ce qu'elle
ne la doit qu'au remede de M. Keyler. A Bordeaux
le 4 Octobre 1758 , la Plaine.
Seconde cure auffi confidérable que la premire.
Une fille de 18 ans me fut envoyée , de la part
de l'un de Meffieurs les Jurats de Bordeaux , pour
lui adminiftrer les dragées : outre les fymptômes
les plus graves , la tête de cette fille étoit couverte
d'une croute dartreufe , & les maux en étoient fi
violens qu'elle ne pouvoit repofer nr jour ni nuit:
indépendamment de ces accidens fâcheux , elle fe
trouvoit groffe de fix mois : ce qui demandoit tous
les ménagemens pcffibles. Cependant après l'avoir
préfentée & fait examiner par Meffieurs les
Médecins de Santé de Bordeaux , qui déciderent
qu'il falloit promptement recourir aux remedes
angivénériens , je ne balançai pas de la mettre à l'uDECEMBRE.
1758. 211
fage des dragées , qui eurent tout le fuccès poffible
, tant pour la mere , qui accoucha heureuſement
, que pour l'enfant , qui fut parfaitement
guéri , & n'avoit aucune trace de la maladie dont
la mere avoit été infectée.
Certificat de M. Bernarda , Médecin de Santé , au
fujet de cette cure.
Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'état ci - deffus eft conforme à la vérité
, comme ayant vu la malade , avant le traitement
, qui étoit dans un état très- équivoque pour
la guérifon , attendu qu'elle étoit groffe de fix
mois; cependant, après l'examen que nous en avons
fait , après avoir été traitée par les dragées antivénériennes
de M. Keyfer, adminiftrées par le fieur
la Plaine , nous avons jugé & eftimé que la malade
étoit parfaitement bien guérie. En foi de quoi
nous avons délivré & figné le préfent certificat . A
Bordeaux ce 29 Novembre 1758. Bernarda.
Certificas de M. Cazaux , Médecin de Santé de la
même ville de Bordeaux , pareillement au sujet
de cette cure .
> Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'expofé , dans l'autre part , eft trèsexact
, & que la malade s'étant préfentée ce jourd'hui
devant nous , nous avons trouvé que les
dartres crouteufes , qu'elle avoit à la tête , ne paroiffoient
plus , & qu'elle nous paroiffoit en bon
état. En foi de quoi , &c . A Bordeaux ce premier
Octobre 1758. Cazaux
Les Maires , Sous- Maires & Jurats , Gouver
neurs de la Ville & Cité de Bordeaux , Comtes
d'Ornon , Barons de Verines , Prevôts & Seigneurs
d'Eyfines , & de la Prévôté & Banlieue d'entre
deux mers , Juges criminels & de Police , certi
£ 12 MERCURE DE FRANCE.
fient à qui il appartiendra que les fignatures de
Meffieurs Bernarda & Cafaux , Médecins de Santé
de cette Ville , mifes au bas des certificats ci - deffus
, font véritables. En foi de quoi avons octroyés
ces préfentes , &c. Le 6 Octobre 1758. Chavaille.
M. Keyfer a l'honneur de réitérer au Public
que lui ayant jufqu'ici rendu le compte le plus
exact & le plus fidele des fuccès de fa méthode tant
à Paris , que dans les différentes villes du Royaume
, il efpere qu'il voudra bien lui rendre juſtice ,
& ajouter plus de foi à des fignatures authentiques
- qu'à de mauvais écrits que la jaloufie & l'envie
font renaître fans ceffe contre lui .
Il remetra au volume prochain la lifte générale
de tous fes Correfpondans actuels , n'ayant pu le
faire dans celui- ci.
Comme il n'eft pas poffible de mettre en entier
les détails des maladies , & que l'expofition entrat
neroit avec elle des mots defagréables , l'on
que
veut fupprimer , l'on ne donnera les certificats cideffous
que par extrait feulement.
LYON.
Nous Docteurs , & Profeffeurs aggrégés au
College des Médecins de Lyon , Médecins ordinaires
de l'Hôpital Général de Notre - Dame de Pitié
du Pont- du - Rhône , & Grand - Hôtel - Dieu de
ladite Ville , & nous Chirurgien Principal dudit
Hôpital , déclarons & certifions avoir examiné
deux particuliers atteints de maladie Vénérienne ,
entrés dans ledit Hôpital pour y être traités par
fieur Jean-Baptifte Rey , Makre en Chirurgie à
Lyon , fuivant la méthode du fieur Keyfer.
Sçavoir , le nommé J. B. Blain , âgé de 19 ans ,
garçon Boucher , & natif de Lyon , attaqué d'une
maladie Vénérienne bien confirmée , & de fymptômes
non équivoques. Et le nommé Auguftin
Brun , Affineur à Lyon , natif de Tetouanne en
Savoye , également attaqué d'une maladie Vénérienne
, fort grave avec ulceres au fond de la
bouche , très - profonds. Et que deux mois après
mondit fieur Rey nous ayant préfenté lesdits deux
malades , traités par la méthode du fieur Keyfer ,
avec priere de les examiner , & de faire notre
rapport de l'état dans lequel nous les trouverions ,
Nous Médecins & Chirurgien fufdits , après avoir
examiné bien attentivement les deux malades . ,
ainsi que les fymptômes qui avoient caractérisé
leurs maladies , nous les avons trouvés en trèsbon
état , & les avons jugés bien guéris . En
foi de quoi nous avons figné pour fervir & valoir
1
DECEMBRE. 1758. 205
4
te que de raifon audit fieur, Rey . A Lyon le 14
Mars 1758 .
Chol, Docteur en Médecine , Magneval , Docteur
enMédecine , Puy , Chirurgien Major.
Nous fouffignés Recteurs & Administrateurs de
l'Hôpital Général de Notre- Dame de Pitié du
Pont-du Rhône , & grand Hôtel Dieu de la ville
de Lyon , certifions que MM . Chol & Magneval ,
qui ont figné le certificat ci- deffus , font actuelle
ment Médecins de cet Hôpital , & que le fieur
Puy , qui a figné avec eux , eft Chirurgien principal
dudit Hôtel- Dieu , ainfi qu'ils fe font qualifiés
. A Lyon , au Bureau dudit Hôpital , icelu
tenant le 22 Mars 1758. Signé, Pofnet de Verneaux,
Guillen , Chaffein , J. Bouvier , Mayeuvre , Sponton
, Valefque , Rambaud , Chauvet , Marion
Latour , Dupont , Ant. Torrent , F. Dian Merlin.
BORDEAUX.
Extrait des Lettres du fieur de la Plaine , & état
de Madame de *** guérie à Bordeaux par le remede
de M. Keyfer , à la connoiffance de la plus
grande partie de la Ville.
-
Parmi le grand nombre des guériſons opérées
par les dragées de M. Keyfer, il en fera peu d'auffi
confidérable que celle- ci . La malade , dont il eft
queftion , avoit inutilement effuyé , en différens
temps , plufieurs traitemens très étendus
par les frictions mercurielles. Les accidens les plus
graves exiftoient dans le temps que j'en entrepris
la cure. La malade , outre une quantité de fymptômes
bien caractérisés , avoit plufieurs ulceres trèsprofonds
dans le fond de la gorge , & à la cloifon
du palais , qui rendoient la déglutition fi
difficile , que les alimens liquides revenoient
le nez : des maux de têtes fi cruels & fi in
par
210 MERCURE DE FRANCE.
fuportables , qu'il s'enfuivoit une infomnie con
tinuelle de plus le nez étoit attaqué d'un ulcere,
qui avoit détruit une grande portion du cartilage
de la narine , & cet ulcere étoit entretenu
par une carie des os de cette partie , & qui occafionnoit
un gonflement de l'os de la pomette : cette
maladie duroit depuis trois ans. La Dame avoit
été prefque abandonnée , & plufieurs perfonnes
Jui avoient annoncé qu'elle ne guériroit jamais ; ce
que l'événement n'a pas juftifié : la guérifon étant
aujourd'hui parfaite & opérée uniquement par les
dragées de M. Keyfer , lefquelles ont produit
Peffet le plus furprenant en effaçant premiérerement
, en trois femaines tous les fymptômes
, enfuite la carie des os du nez , & de l'os maxillaire
qui s'exfolia fans aucune opération extérieure:
de forte qu'aujourd'hui cette Dame eft dans
un embonpoint , qui ne laiffe rien à defirer pour
fa fanté, & m'a permis elfe-même de rendre fa
guérifon publique par reconnoiffance de ce qu'elle
ne la doit qu'au remede de M. Keyler. A Bordeaux
le 4 Octobre 1758 , la Plaine.
Seconde cure auffi confidérable que la premire.
Une fille de 18 ans me fut envoyée , de la part
de l'un de Meffieurs les Jurats de Bordeaux , pour
lui adminiftrer les dragées : outre les fymptômes
les plus graves , la tête de cette fille étoit couverte
d'une croute dartreufe , & les maux en étoient fi
violens qu'elle ne pouvoit repofer nr jour ni nuit:
indépendamment de ces accidens fâcheux , elle fe
trouvoit groffe de fix mois : ce qui demandoit tous
les ménagemens pcffibles. Cependant après l'avoir
préfentée & fait examiner par Meffieurs les
Médecins de Santé de Bordeaux , qui déciderent
qu'il falloit promptement recourir aux remedes
angivénériens , je ne balançai pas de la mettre à l'uDECEMBRE.
1758. 211
fage des dragées , qui eurent tout le fuccès poffible
, tant pour la mere , qui accoucha heureuſement
, que pour l'enfant , qui fut parfaitement
guéri , & n'avoit aucune trace de la maladie dont
la mere avoit été infectée.
Certificat de M. Bernarda , Médecin de Santé , au
fujet de cette cure.
Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'état ci - deffus eft conforme à la vérité
, comme ayant vu la malade , avant le traitement
, qui étoit dans un état très- équivoque pour
la guérifon , attendu qu'elle étoit groffe de fix
mois; cependant, après l'examen que nous en avons
fait , après avoir été traitée par les dragées antivénériennes
de M. Keyfer, adminiftrées par le fieur
la Plaine , nous avons jugé & eftimé que la malade
étoit parfaitement bien guérie. En foi de quoi
nous avons délivré & figné le préfent certificat . A
Bordeaux ce 29 Novembre 1758. Bernarda.
Certificas de M. Cazaux , Médecin de Santé de la
même ville de Bordeaux , pareillement au sujet
de cette cure .
> Nous , Médecin de Santé de la ville de Bordeaux,
certifions que l'expofé , dans l'autre part , eft trèsexact
, & que la malade s'étant préfentée ce jourd'hui
devant nous , nous avons trouvé que les
dartres crouteufes , qu'elle avoit à la tête , ne paroiffoient
plus , & qu'elle nous paroiffoit en bon
état. En foi de quoi , &c . A Bordeaux ce premier
Octobre 1758. Cazaux
Les Maires , Sous- Maires & Jurats , Gouver
neurs de la Ville & Cité de Bordeaux , Comtes
d'Ornon , Barons de Verines , Prevôts & Seigneurs
d'Eyfines , & de la Prévôté & Banlieue d'entre
deux mers , Juges criminels & de Police , certi
£ 12 MERCURE DE FRANCE.
fient à qui il appartiendra que les fignatures de
Meffieurs Bernarda & Cafaux , Médecins de Santé
de cette Ville , mifes au bas des certificats ci - deffus
, font véritables. En foi de quoi avons octroyés
ces préfentes , &c. Le 6 Octobre 1758. Chavaille.
M. Keyfer a l'honneur de réitérer au Public
que lui ayant jufqu'ici rendu le compte le plus
exact & le plus fidele des fuccès de fa méthode tant
à Paris , que dans les différentes villes du Royaume
, il efpere qu'il voudra bien lui rendre juſtice ,
& ajouter plus de foi à des fignatures authentiques
- qu'à de mauvais écrits que la jaloufie & l'envie
font renaître fans ceffe contre lui .
Il remetra au volume prochain la lifte générale
de tous fes Correfpondans actuels , n'ayant pu le
faire dans celui- ci.
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Résumé : Guérisons particulieres à Lyon & à Bordeaux.
Le document relate des guérisons de maladies vénériennes à Lyon et Bordeaux. À Lyon, les docteurs et chirurgiens du Collège des Médecins et de l'Hôpital Général ont examiné deux patients, J. B. Blain et Augustin Brun, atteints de maladies vénériennes. Après traitement par Jean-Baptiste Rey suivant la méthode de M. Keyfer, les patients ont été déclarés guéris. Le certificat de guérison a été signé par les médecins Chol et Magneval, ainsi que le chirurgien Puy, et confirmé par les recteurs et administrateurs de l'hôpital. À Bordeaux, deux cas de guérison notables sont rapportés. La première concerne une dame souffrant de symptômes graves, y compris des ulcères profonds dans la gorge et le nez, qui a été guérie par les dragées de M. Keyfer. La seconde concerne une jeune fille de 18 ans, enceinte de six mois, également guérie par le même traitement. Les médecins de santé Bernarda et Cazaux ont certifié ces guérisons. Les autorités de Bordeaux, y compris les maires et jurats, ont confirmé l'authenticité des certificats. M. Keyfer réitère l'efficacité de sa méthode et promet de publier une liste de ses correspondants dans un prochain volume.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3868
p. 75-99
SUITE de la Lettre de M. Rousseau de Genêve à M. d'Alembert.
Début :
Je suis convenu avec M. Rousseau qu'il restoit encore au Théâtre François des [...]
Mots clefs :
Femmes, Amour, Hommes, Jean-Jacques Rousseau, Moeurs, Théâtre, Femme, Pudeur, Âme, Homme, Sentiment, Monde, Nature, Honnêteté, Pièces, Société, Peuple, Genève, Devoir, Vie, État, Vertu, Principes, Scène, Naturel, République, Guerre, Commerce, Honneur, Comique
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texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Lettre de M. Rousseau de Genêve à M. d'Alembert.
SUITE de la Lettre de M. Rouffeau
de Genève à M. d'Alembert,
J Fe
peu
E fuis convenu avec M. Rouffeau qu'il
reftoit encore au Théâtre François des
Comédies repréhenfibles du côté des
moeurs , & quoiqu'elles foient d'un ton
fi bas & d'unfi mauvais goût , que n'ayant
rien de féduifant , elles me femblent
dangereufes ; quoique je fois très -éloigné
de regarder tous ceux qui rient du tef
tament de Crifpin comme des fripons
dans l'ame ; il feroit bon , je l'avoue , de
bannir ce comique méprifable d'un théâtre
qui doit être l'école de l'honnêteté ?
Mais que ces défauts » foient tellement
inhérens à ce théâtre , qu'en voulant les
en ôter , on le défigure » c'eft de quoi
je ne puis convenir ; & je crois avoir bien
prouvé , que fans les filoux & les femmes
perdues , Moliere a fait d'excellentes Comédies.
Ainfi , quand il feroit vrai que
les Pièces modernes , plus épurées , n'au
D ij
76 MERCURE DE FRANCE.
roient plus de vrai comique , & qu'en inf
truifani beaucoup , elles ennuiroient encore
davantage la pureté des moeurs n'en feroit
pas la caufe. Les moeurs du Glorieux,
de la Métromanie , de l'Enfant prodigue ,
des Dehors trompeurs , du Méchant font
épurées ; & je ne puis croire que M. R. les
compare à d'ennuyeux Sermons . Quelles
font les Pièces morales qui nous ennuyent?
celles dont les Peintures font froides ,
les vers lâches , le coloris foible , les fentimens
fades l'intrigue languiffante
les caractères mal deffinés ; celles en deux
mots , dont le Comique manque de fel ,
ou le Sérieux de pathétique.
" ,
Le vice n'eft donc pas inhérent aux
moeurs de la Scène comique-françoiſe , à
moins que l'amour , comme le prétend
M. R. ne foit , même dans les perfonnages
vertueux , un exemple vicieux au
théâtre.
Que tout ce qui refpire la licence , que
tout ce qui bleffe l'honnêteté foit condamné
dans la peinture de l'amour ; il
n'eft perfonne qui n'y foufcrive.
Mais ce n'eft point là ce que M. R. reproche
à la Scène françoife , c'eft l'amour
décent , l'amour vertueux qu'il y attaque.
Ce qui acheve de rendre fes images
dangereufes , c'eft , dit-il , qu'on ne le
JANVIER. 1759. 77
voit jamais regner fur la Scène qu'entre
» des ames honnêtes... Les qualités de
»l'objet ne l'accompagnent point jufqu'au
» coeur ; ce qui le rend fenfible , intéref
» fant , s'efface... Les impreffions ver-
» tueufes en déguifent le danger , & don-
» nent à ce fentiment trompeur un nou-
» vel attrait par lequel il perd ceux qui
» s'y livrent... En admirant l'amour hon-
» nête , on fe livre à l'amour criminel.
Telle est l'opinion de M. R. Voyons
comment il la développe.
H
"
» Les Auteurs concourent à l'envi pour
» l'utilité publique à donner une nouvelle
énergie & un nouveau coloris à cette
paffion dangereufe , & depuis Moliere
» & Corneille , on ne voit plus réuffir au
» Théâtre que des Romans , fous le nom
» de Pièces dramatiques. » Athalie , Mérope
, l'Orphelin de la Chine , Iphigénie
en Tauride ont réuffi : eft-ce l'amour quien
a fait le fuccès ? Mais paffons fur ces
propofitions incidentes , & accordons à
M. R. que Britanncus , Alzire , Didon &
toutes les Tragédies où regne l'Amour ,
font des Romans , fans lui demander ce
qu'il entend par des Piéces dramatiques
, fi de tels Romans n'en font pas.
Une action régulière & intéreffante , où
l'une des plus violentes paffions de la Na-
1
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
F
ture , tient fans cefle l'âme des Spectateurs
agitée entre la crainte & la pitié ,
fera donc ce qu'il lui plaira. Mais fi l'Amour
y eft peint comme il doit l'être ,
terrible & funefte dans fes excès , refpectable
& touchant dans ce qu'il a d'honnête
, de vertueux , d'héroïque , ce Tableau
de l'Amour fera une leçon morale ;
fans en excepter Zaïre qui meurt , non
pas victime de l'Amour , mais victime de
fon devoir & des fureurs de la jalouſie ;
fans en excepter Berenice qui feroit tombée
, quoiqu'en dife M. R. fi Titus facrifioit
l'orgueil des Romains , tout injufte.
qu'il nous femble , au tendre & vertueux
Amour que nous reffentons avec lui . Comme
le fentiment de l'Amour n'eft pas toujours
violent & paffionné , qu'il fe modifie
felon les caractéres , que les épreuves
en font plus ou moins pénibles , fuivant
la fituation des perfonnages , & les inté
rêts qui lui font oppofés ; que ce fentiment
le plus naturel , le plus familier dans
tous les états , eft auffi le plus propre à
développer les vices , & à mettre le ridicule
en jeu la Comédie l'a pris dans la
Peinture de la vie commune , tantôt pour
objet principal , & tantôt pour premier
mobile . Voilà comment & pourquoi l'Amour
a été introduit fur nos deux Théâ
JANVIER. 1759.
tres eft-ce un bien , eft-ce un mal :
pour
les moeurs ? C'est ce qui reste à examiner.
L'ufage des Anciens eft un préjugé
contre nous : mais par - tout & dans
tous les tems le Théatre a dû fuivre
les Conftitutions nationales . Chez les
Grecs , la Tragédie étoit une leçon politique
: chez nous , elle eſt une leçon morale
, & ne peut , ni ne doit avoir rapport
à l'adminiſtration de l'Etat. Il n'est donc
pas étonnant que l'Amour qui n'avoit rien
de commun avec le Gouvernement d'Athènes,
n'y fût point admis au théâtre ; &
que ce même fentiment qui eft d'un fi'grand
poids dans nos moeurs , foit devenu le premier
reffort de la Scène tragique françoife.
Une difference non moins fenfible dans
les moeurs de la Société , dont la Comédie
eſtle tableau , y a fait fubftituer des femmes
libres & honnêtes aux Efclaves &
aux Courtifannes des Comiques Grecs &
Romains. Mais comment M. Rouffeau
trouveroit- il les honnêtes femmes placées
au théâtre ? Il trouve même indécent
qu'elles foient admifes dans la Société.
» Les Anciens , dit - il , avoient
» en général un très-grand refpect pour
» les femmes ; mais ils marquoient ce
reſpect , en s'abſtenant de les expoſer
au jugement du Public , & croyoient
30
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
» honorer leur modeftie , en fe taifant fut
» leurs autres vertus. Chez nous au con-
» traire , la femme la plus eftimée , eſt
» celle qui fait le plus de bruit , qui parle
» le plus , qu'on voit le plus dans le mon-
» de , & c.
Il me femble que M. Rouffeau n'a ni
compté ni pefé les voix ; & après tout ,
ces paralleles vagues, ces tableaux de fantaifie
ne prouvent que l'art & le talent du
Peintre . Confidérons les chofes en ellesmêmes
, & tâchons d'y faifir le vrai.
Dans tous les Etats , où les Citoyens
font admis à l'adminiſtration de la
République , il eft naturel que les
femmes foient éloignées de la Société
des hommes , & reléguées dans l'obfcurité.
La guerre , les confeils , les négociations
, le commerce , les fonctions pénibles
du Gouvernement élevent l'orgueil
des hommes au-deffus des foins de la
galanterie
& des inquiétudes de l'amour.
Comme ils ont feuls la force d'agir , ils
s'attribuent à eux feuls la fageffe de délibérer
; & jaloux du droit de gouverner ,
ils n'y inftruisent que leurs femblables .
Pour expliquer comment les femmes
ont été d'abord éloignées de l'adminiftration
publique , il n'eft donc pas befoin
d'attribuer aux hommes un fçavoir & des
JANVIER. 1759 .
81
talents qui leur foient propres : il fuffic
de remonter à l'inftitution des gouvernements.
La premiere concurrence pour
l'autorité fut décidée à coup de poing :
la feconde , à coup de malue ; enfuite
vinrent la hache & l'épée ; & dans cette
maniere de régler les droits , il est clair
que les femmes n'avoient rien à prétendre
Or , comme dans un Etat républicain ,
tout homme participe au gouvernement
ou aſpire à y participer, notre fexe y conferve
avec foin fon ancienne prérogative.
Mais dans un Pays où les Citoyens
fous l'autorité d'un Monarque , & fous la
tutelle des Loix , ne tiennent à la Conftitution
politique , que par le droit de propriété
, & par le tribut d'obéiffance ; où
perfonne n'influe ſur l'adminiſtration de
l'Etat , qu'autant qu'il y eft appellé ; où
l'homme privé ne peut rien ; où chacun
vit pour foi & pour un certain nombre de
fes femblables , felon fes affections , plus
ou moins étendues , fans autre foin que
de contribuer , autant qu'il eft en lui , aux
douceurs de la Société : dans cet état ,
´dis-je , il eſt naturel que les femmes foient
admiſes à ce concours paiſible de devoirs
officieux , pour y établir l'harmonie , pour
adoucir les moeurs des hommes naturelment
féroces , pour tempérér en eux cette
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
indocilité fuperbe qui s'indigne du frein
des Loix en un mot , pour cultiver &
nourrir dans leur âme , l'amour de la
paix & de l'ordre , qui eft la vertu de leur
condition.
Il feroit mieux , peut-être , que chacun
, avec fa compagne , vécut dans fa
maifon au milieu de fes enfans , mais
ces moeurs ne peuvent fubfifter que chez
un Peuple attaché au travail par le befoin.
La richeffe invite à l'oifiveté ; celleci
à la diffipation : le cercle de la fociété
s'étend ; & les hommes y appellent
les femmes. Mahomet , pour engager
les Mufulmans à vivre chacun chez
foi , fut obligé de leur donner un Serrail
& de leur en confier la garde . Ailleurs,
la jaloufie tient les femmes captives
mais les moeurs en font plus farouches
fans être plus pures , & il vaut encore
mieux fe difputer le coeur des femmes
à coup d'oeil , qu'à coup de poignard.
Cependant les hommages que nous
leur rendons nous dégradent , nous aviliffent
aux yeux de M. Rouffeau , & c'eſtlà
furtout ce qui caufe fon déchaînement
contre les Pièces de Théâtre où
l'Amour domine.
» L'Amour eſt le régne des femmes ,
» dit-il ; un effet naturel de ces fortes de
JANVIER . 1759.
83
Piéces eft donc d'étendre l'empire du
»fexe. Penfez-vous , Monfieur , deman-
» de-t-il à M. d'Alembert , que cet or--
» dre foit fans inconvénient , & qu'en
» augmentant avec tant de foin l'afcendant
» des femmes , les hommes en foient
» mieux gouvernés ? Il peut y avoir, pour-
» fuit-il , dans le monde , quelques fem-
»mes dignes d'être écoutées d'un hon-
» nête-homme, mais eft- ce d'elles en géné-
» ral qu'il doit prendre confeil , & n'y
» auroit- il aucun moyen d'honorer leur
"fexe fans avilir le nôtre » ? Prendre
confeil d'une femme , c'eft avilir notre
fexe I eft donc bien établi dans l'opinion
d'un Philofophe , que la fupériorité
nous eft acquife en fait de prudence
? Je le fouhaite , mais j'en doute encore.
» Le plus charmant objet de la Na-
» ture , le plus digne d'émouvoir un coeur
» fenfible & de le porter au bien , eft ,
» je l'avoue , une femme aimable & ver-
>> tueufe ; mais cet objet célefte où fe
>> cache-t-il ? "
M. Rouffeau , felon fes principes
trouve fi peu d'hommes de bien ! Il n'eft
pas étonnant qu'il trouve fi peu de femmes
vertueufes , furtout d'après les moeurs
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
des Peuples qui vivoient il y a trois mille
ans.
و د
» Il n'y a pas de bonnes moeurs pour
» les femmes , hors d'une vie retirée &
domeftique... Rechercher les regards
» des hommes , c'eft déjà s'en laiffer cor-
» rompre, & toute femme qui fe montre,
fe deshonore... Une femme hors de fa
»maifon , perd fon luftre , & dépouillée
» de fes vrais ornements elle ſe montre
» avec indécence .
Or chez nous toutes les femmes fe
montrent ; elles font donc toutes deshonorées
toutes celles qui ont de la beauté
font bien-aiſes qu'on s'en apperçoive ;
les voilà donc déjà corrompuës : aucune
d'elles ne fe renferme dans l'intérieur de
fon domestique ; il n'y a donc pas de
bonnes moeurs pour elles . De là nos feftins
, nos promenades , nos affemblées ,
ainfi que le bal que M. Rouſſeau veut
inftituer à Genêve , font les rendés -vous
du deshonneur & les fources de la corruption.
En un mot , toute femme qui
s'expofe en Public eft une femme fans
pudeur , la perte de la pudeur entraîne
celle de l'honnêteté qui eft l'âme des
bonnes moeurs ; nos femmes vivent en
Public , elles n'ont par conféquent ni pudeur
, ni honnêteté , ni vertu. Le raiſonJANVIER.
1759 . 85
nement eft fimple , & il n'en falloit pas
davantage pour prouver qu'un fpectacle
qui nous diſpoſe à les aimer , eſt un ſpectacle
pernicieux. Cependant M. Rouſſeau
ne croit pas cet argument fans replique : il
s'en fait une , mais il a foin de la choifir facile
à détruire. Il fuppofe qu'on lui répond
que la pudeur n'eft rien , & il s'attache à
prouver que la pudeur eft infpirée aux
femmes par la nature. Je le crois , je fuis
perfuadé que l'attaque eft le rôle natu rel
de l'homme , & la défenſe celui de - la
femme ; & quoique la raifon très-fenfible
qu'en donne M. Rouffeau , ait pu ne
venir que par réfléxion , quoique la difpofition
habituelle des deux fexes n'engage
les femmes qu'à nous attendre, fans
leur faire une loi de nous réfifter ; quoique
cette retenue , qui n'eft qu'une dó
cence paffive , ne rempliffe pas l'idée que
nous avons de la pudeur , & que par
conféquent la preuve de M. Rouffeau foit
infuffifante contre ceux qui veulent que la
pudeur qui réfifte , foit une vertu factice
& un devoir de convention ; ce n'eſt pas
là ce que je prétends. La pudeur naturelle
interdit-ellle aux femmes la fociété.
des hommes ? voilà ce que je nie , & ce
que M. Rouffeau ne prouvera jamáis. Il
Lemble que pour elles vivre avec les hom86
MERCURE DE FRANCE.
mes, ou s'abandonner aux hommes, foient
fynonymes , & qu'à fon avis , il ne foit
pas poffible de nous réfifter fans nous
fuir. Qu'un Petit -Maître le dife , à la
bonne heure ; mais un Philofophe peutil
le penfer ? La Société , fans doute , a
multiplié les Loix de la pudeur , & quelque
capricieux que foit l'ufage , le fexe
doit s'y conformer : mais dans ce qui n'eſt
pas prefcrit par la Nature , la pudeur d'un
Pays n'eft pas celle d'un autre. Chez les
Grecs , l'ufage défendoit aux femmes de
fe montrer en public : chez nous l'uſage
les y autorife.
Ór , celle-là eft honnête & décente
qui obferve ce que lui prefcrit la pudeur ,
l'honnêteté , la décence des moeurs du
Pays qu'elle habite. Il n'y a d'inſtitution
naturelle, que le devoir de la réſiſtance, ou
plutôt l'interdiction de l'attaque , tout le
refte varie fuivant les lieux & les tems.
M. Rouffeau fera donc obligé de nous
renvoyer aux preuves de fait. » Je fçais
qu'il regne en d'autres Pays des Cou-
» tumes contraires : mais voyez auffi ,
» dit-il, quelles moeurs elles ont fait naître.
Je ne voudrois pas d'autre exemple pour
ور
و ر
» confirmer mes maximes. Il eft facile
de faire la fatyre de nos moeurs ; & cent
exemples vicieux pris fur un million de
JANVIER. 1759 .
87
Citoyens , feroient un tableau épouvantable
de la Ville de l'Univers la mieux policée
, après l'immenfe Capitale des fages
& induftrieux Chinois . Mais fur l'atticle
de la galanterie & de l'amour , faut- il
avouer ce que je penfe des moeurs les plus
licencieufes de Paris ? Que M. Rouffeau
fe rappelle fes Pigeons. » La blanche Co-
» lombe va , fuivant pas à pas fon bien-
» aimé , & prend chaffe elle-même auffi-
» tôt qu'il fe retourne. Refte-t- il dans
» l'inaction ; de légers coups de bec le
» réveillent s'il fe retire, elle le pourfuit :
» s'il ſe défend , un petit vol de fix pas
» l'attire encore : l'innocence de la Na-
» ture ménage les agaceries & la molle
» réfiftance , avec un art qu'auroit à peine
» la plus habile Coquette. » Hé bien
Monfieur , les Coquettes ont à- peu- près
eet art-là : vous ne voyez dans cette image
charmante , rien de bien pernicieux
au monde ; & un peuple de Pigeons avec
ces moeurs , vaut bien un peuple de
Vautours ? Quand même à la coquetterie
des Colombes , fe mêleroit un peu d'inconftance
, ce feroit encore un jeu de la
Nature , dont vos yeux feroient égayés.
C'eft ce que je voulois vous faire obferver
en paffant : mais revenons aux principes
de l'honnêteté qui prefcrit d'autres moeurs
88 MERCURE DE FRANCE.
aux femmes , & en défavouant la conduite
de celles , dont la Colombe' eft l'image
, voyons fi vous n'êtes pas injuſte
d'envelopper tout le fexe dans un mépris
univerfel.
Vous êtes indigné qu'au Théâtre une
femme penfe & raifonne , qu'on lui donne
un efprit ferme , une âme élevée , des
principes & des vertus ? Et fi les femmes
s'offenfoient qu'on mît au Théâtre des
Héros & des Sages , les croiriez- vous
moins fondées ? A votre avis , ces modèles
font- ils plus communs parmi nous ?
» Les imbécilles Spectateurs vont , dites-
»vous , apprendre d'elles ce qu'ils ont
pris foin de leur dicer. » Et à qui ,
Monfieur , n'a-t- on pas dicté fa leçon ?
En naiffant , fçavions - nous la nôtre ?
» Parcourez la plupart des Piéces mo-
» dernes , c'eſt toujours une femme qui
» fçait tout , qui fait tout ; la bonne eſt
» fur le Théâtre , & les enfants font au
» parterre.
ود
}
Quand on met au Théâtre Didon , Sémiramis
, Elizabeth , il faut bien fuppofer
qu'elles fçavoient quelque chofe : ces
femmes- là n'étoient pas des enfants .
Quand on peint des femmes bien nées ,
il faut bien qu'elles aient des principes
d'honnêteté , de vertu , d'humanité la
JANVIER. 1759 . 89
Nature leur tient , je crois , le même langage
qu'à nous. Le monde leur donne
les mêmes connoiffances ; & il eft vraifemblable
qu'elles l'étudient avec d'autant
plus d'attention , qu'elles font moins
préoccupées : l'Amour regne au Théâtre ,
il faut bien qu'elles y regnent , & qu'elles
exercent fur la Scène le même empire
que dans la fociété. Eft- ce un mal : Nous
le verrons. A l'égard des leçons qu'elles
donnent au Parterre, fi ces leçons peuvent
être utiles, elles n'en font que plus goutées ;
& je ne connois que vous feul parmi
les hommes , qui croyiez en être avili.
M. Rouffeau ne peut fe perfuader qu'une
femme foit fon égale ; demandons-lui
donc enfin quels font les talents de l'efprit,
& les qualités du coeur dont la Nature a
doué l'homme , à l'exclufion de la femme
quels font les vices qu'elle a effentiellement
attaché à ce fexe , les délices
du nôtre : quels font les piéges qu'elle
nous cache fous les fleurs de la beauté ?
» Les femmes en général n'aiment aucun
» art , ne ſe connoiffent à aucun . » Ce
feroit-là un bien petit mal : cependant
files femmes étoient naturellement privées
du fentiment du beau , elles pourroient
l'être du fentiment du vrai , du
jufte & de l'honnête ; & cette propofigo
MERCURE DE FRANCE.
tion jettée en l'air peut tirer à conféquence.
Que M. Rouffeau nous dife donc
s'il a pris cette opinion dans l'étude de
l'organifation phyfique , ou dans le commerce
du monde. Les femmes ont-elles
les organes moins délicats que nous , le
coup d'oeil ou l'oreille moins jufte , le
fentiment en général plus lent ou plus
confus ? Quelle eft la faculté que nous
avons & qu'elles n'ont pas , pour gouter
la Peinture ou la Sculpture , la Mufique
ou la Poefie ? Eft-ce l'exercice & l'étude
qui leur manquent ? Il s'enfuit que nous
avons fur elles , à cet égard , l'avantage
de l'éducation : mais fi M. Rouffeau avoit
-
été moins éloigné par fes principes du
commerce du monde & des femmes , il
en auroit vû beaucoup qui ont acquis par
elles mêmes , les lumieres qu'on leur
envioit. Je vais plus loin , & j'établis en
fait que , fi l'on compare l'éducation des
femmes avec la nôtre , les foins que l'on
prend de prolonger leur enfance, & de hâter
en nous l'ufage de la raifon , l'obscurité
où l'on tâche de retenir leur âme captive,
& les lumieres qu'on ne ceffe de répandre
dans nos efprits ; d'un autre côté , fi l'on
fait attention que , dès que leur intelligence
& leur goût ont la liberté de
prendre l'effor , plufieurs nous atteignent,
JANVIER. 1759.
quelques - unes même nous paffent , fans
y prétendre & en fe jouant ; on conclura
que les femmes en général naiffent avec
des diſpoſitions aſſez heureuſes au fçavoir
& aux talents dont Monfieur Roufſeau
fait notre partage. Tout ce qui n'exige
qu'une raifon faine , un efprit droit &
une fenfibilité modérée , leur eft donc au
moins commun avec les hommes . Je le
dis à propos des Arts, je le dirai même par
rapport aux chofes les plus férieufes de
la vie ; & une multitude d'hommes qui
nefont ni complaifants ni paffionnés, l'attefteront
avec moi.
» Mais ce feu célefte qui échauffe &
» embraſe l'âme , ce genie qui confume
» & dévore , cette brulante éloquence ,
ces tranfports fublimes qui portent leur
» raviffement jufqu'au fond des coeurs ,
» manqueront toujours aux écrits des fem-
" mes. " Si cela eft , elles en font moins
capables des fortes productions du génie :
mais tout cela eft- il effentiel au goût des
Arts Tout cela eft- il relatif aux moeurs
de la Société , qui eft l'objet de notre difpute
Faut- il être un Boffuet , un Milton ,
pour être bon Citoyen , bon parent , bon
ami ? Où font même parmi les hommes
les génies brulants dont vous nous parlez
? En voulez-vous former une Ré92
MERCURE DE FRANCE.
publique Qui les gouverneroit , bo
Dieu ? Le monde moral feroit un maga
fin à poudre .
» Les écrits des femmes font tous
» froids & jolis comme elles. Ils auron
» tant d'efprit que vous voudrez , jamais
d'âme. Ils feront cent fois plutôt fen-
» fés que paffionnés : elles ne fçavent n
» fentir ni décrire l'amour même. Lafeul
Sapho , que je fçache , & une autre,
» méritent d'être exceptées.
33
33
Que les écrits des femmes ne foient pas
paffionnés , la pudeur feule peut en être la
caufe : que M. Rouffeau & moi en ayons
peu connu qui fçachent décrire & fentir
l'amour ; c'eft un malheur particulier , qui
eft peut-être fans conféquence. Cependant
, s'il arrivoit que chacun pût dire
comme M. Rouffeau , qu'il connoît deux
femmes , Sapho & une autre , qui méritent
d'être exceptées , il fe trouveroit au
bout du compte , autant de femmes capables
de décrire & de fentir l'amour , qu'il
y auroit eu d'hommes capables de l'inf
pirer : & fi M. Rouffeau a trouvé une feconde
Sapho , il ne peut , avec bienséance,
difputer le même avantage à perfonne.
Mais , fuppofons que le fentiment foit
plus foible dans les femmes que dans les
hommes , que leurs écrits , & par conféJANVIER.
1759. ༡༣
quent , leurs caractéres foient plus fenfés
que paffionnés , eft-ce à M. Rouffeau
qui connoît fi bien le danger des paffions ,
à regarder cette froideur comme un vice?
Qu'il s'accorde enfin avec lui-même , &
qu'il nous dife , fi un naturel paffionné
lui femble préférable à un caractére
moins fufceptible de mouvements impétueux
? Si la vertu s'exerce à tempérer
dans les hommes cette fougue, cette véhémence
de fentiments que les femmes n'ont
pas , la vertu ne fait donc en eux , que
te qu'a fait la Nature en elles. Ce font les
paffions qui troublent l'ordre : les femmes
eduites à des affections tranquilles , feroient
donc le fexe le plus fléxible à la régle
, le plus docile aux loix de la Société ;
& par conféquent , elles feroient faites
pour en être les liens.
Si donc la nature n'a pas interdit aux
femmes d'être raisonnables , ſenſibles ,
honnêtes , vertueufes , fi elle leur a donné
une âme comme à nous , mais plus
calme , plus modérée ; de quel droit , fur
quel rapport , d'après quel examen affurez-
vous qu'elles abufent de tous ces dons
& qu'elles les tournent à leur honte ?
L'homme eft né bon , dites-vous , & fous
cenom fans doute vous comprenez la
femme . Vous avouez qu'il peut y avoir
94 MERCURE DE FRANCE.
quelque femme aimable & vertueufe.,
mais vous demandez où elle fe cache ?
C'est vous , Monfieur , qui vous cachez à
elle ; & cette question , qui feroit accablante
de la part d'un homme répandu
dans le monde , ne prouve rien , ne vous
déplaife , de la part d'un Philofophe folitaire.
Vous l'avez vu de fi loin, Monfieur ,
ce monde que vous méprifez !
و ر
Cependant la douceur , la moleffe du
caractere des femmes fe communiquent
aux moeurs des hommes. » Ce fexe plus
» foible , hors d'état de prendre notre
» maniere de vivre trop pénible pour lui ,
» nous force de prendre la fienne trop
» molle pour nous , & ne voulant plus
»fouffrir de féparation , faute de pou-
» voir fe rendre hommes , les femmes
» nous rendent femmes. »>
ور
و ر
»
M. Rouffeau n'entend pas qu'elles nous
otent les fentimens du courage & de
l'honneur. Les femmes , dit - il , ne
» manquent pas de courage , elles préfe-
» rent l'honneur à la vie : l'inconvénient
» de leur fexe eft de ne pouvoir fuppor-
» ter les fatigues de la guerre & l'intem-
» périe des faifons. C'est donc cette foibleffe
qu'elles nous communiquent ſelon
M. Rouffeau. » Or , dit- il , cet inconvé-
» nient qui dégrade l'homme , eft tresJANVIER.
1759 . ༡༨
grand partout ; mais c'eft furtout dans
» les Etats , comme le nôtre , ( il parle
de Genêve ) qu'il importe de le préve-
» nir. Qu'un Monarque gouverne des
» hommes ou des femmes , cela lui doit
» être affez égal , mais dans une République
il faut des hommes. » C'est- àdire
, dans fon fens , des corps affez bien
conſtitués pour réſiſter aux fatigues de la
guerre & à l'intempérie des faifons. Encore
une fois , M. Rouffeau fe croit-il à.
Lacédémone ? N'eft-il pas fingulier que
l'on s'échauffe l'imagination au point
d'appliquer ſérieufement les principes de
Lycurgue à une Ville commerçante , induftrieufe
& paifible , qui ne peut être
que cela ? Hé Monfieur ! fi l'équilibre qui
fait fa fureté , venoit à fe rompre , pour
le coup c'eſt bien à Genêve qu'il feroit indifferent
d'être peuplée d'hommes ou de
femmes. Qu'une République entourée de
Républiques rivales & toujours prêtes à
l'accabler , s'exerce fans relâche à défendre
fa liberté menacée , qu'elle renonce
à tous les Arts , pour ne s'occuper que
de l'art de combattre , qu'elle endurciffe
par une difcipline auftere les moeurs de
fesCitoyens , dont elle fe fait un rempart
: c'eft une néceffité cruelle mais indifpenfable
, & la férocité guerriere en96
MERCURE DE FRANCE.
tre dans fa conftitution : Telle fut Sparte ;
mais eft-ce là Genêve ? Qu'on y joue ,
qu'on y danfe , puifque vous le voulez ,
qu'on y donne des fêtes ou des fpectacles
, qu'on y vive avec les femmes ou
fans les femmes , pourvu que l'induſtrie .
& le négoce y foient en vigueur , &
que la police y foit vigilante & févere ;
les fondemens de votre liberté n'en feront
ni plus forts ni plus foibles . La force
de Genêve n'eft pas dans fon fein. Mais
vos vues ne ſe bornent pas aux moeurs de
cette République ; & quoique vous difiez
qu'il eft égal à un Monarque de com-.
mander à des hommes ou à des femmes
, attendu qu'il peut avoir trois fois
plus de femmes qu'il n'en faut pour fe
battre , afin de facrifier les deux autres.
tiers aux maladies & à la mortalité. Cette
ironie , affez amere, ne donne le change
à perfonne. Vous avez raifon : c'eft un
grand mal pour un Peuple belliqueux de
n'être pas auffi robufte que brave ; &
c'est là , nous l'avouons , le défavantage
de tous les Peuples qui , nourris fous un
ciel doux , n'ont pas été endurcis dès l'enfance
aux travaux de cet Art deftructeur,
l'unique métier des Romains. Mais vous
attribuez ici au commerce des femmes ,
ce qui a des cauſes bien plus réelles.
Vous
JANVIER 1759. 97
Vous ne prétendez pas fans doute que
les femmes amolient le Laboureur &
l'Artifan , ni que le Peuple de nos Villes
& de nos campagnes foit énervé par les
délices d'une vie oifive & voluptueufe.
C'eft de là cependant que l'on tire nos
Soldats , & c'eft le Soldat qui fuccombe
aux travaux d'une guerre cloignée & à
l'inclémencé d'un ciel étranger. Les inconvénients
du luxe n'en font pas moins
réels ; mais attendez -vous des hommes
qu'ils fe bornent aux premiers befoins de la
vie;tandis que les fuperfluités voluptueuſes
lesfollicitent de toutes parts ? Vous voyez
que Licurgue lui-même , pour fermer au
luxe l'entrée de fa République , fut obligé
d'en écarter tous les moyens de s'enrichir.
Les femmes ne font rien à cela :
tout le vice eft dans les richeffes;mais ces
ticheffes ont d'autres avantages , & quoiqu'en
dife la Philofophie , il n'y a point
d'état fur la terre qui ne tâche d'augmenter
les fiennes ; il n'y en aura jamais aucun
qui s'avife de les enfouir.
Du refte , que le climat , les richeffes ,
ou les femmes amoliffent la férocité d'un
Peuple ardent & courageux , & lui êtent
la faculté de porter la défolation & le
ravage chez les Nations étrangeres, en lui
dauffant la bravoure,la vigueur & l'activité
E
98 MERCURE DE FRANCE.
dont il a befoin pour fa propre défenſe ;
Que ce Peuple invincible dans fes frontieres
, y foit comme repouffé par la Nature
, dès qu'il en fort les armes à la main ;
eft-ce à un Philofophe à le regarder comme
un mal Je pardonnerois tout au
plus ce langage au flatteur d'un Roi
Conquérant.
2
Les femmes nous rendent femmes : c'est
donc à dire, dans votre fens, qu'elles nous
rendent moins paffionnés , plus doux
plus fenfés , plus humains . Elles ne nous
infpirent pas cette éloquence brulante
qui convenoit à la tribune , mais elles
nous enfeignent cette éloquence perfuafive
& conciliatrice qui convient à la fociété
; & le don de gagner les coeurs eft
fans comparaifon plus réel & plus infaillible
que le talent de les fubjuguer.
Elles affoibliffent en nous l'ardente foif
du fang & la fureur du brigandage ;
mais elles nourriffent dans nos ames l'amour
de l'honneur & l'émulation de la
gloire. Un homme flétri par une lâcheté
n'ofe plus paroître à leurs yeux ; & fi l'on
interrogeoit les coeurs, on verroit qu'elles
ne font pas oubliées dans la harangue
intérieure qu'un jeune Guerrier fe fait à
lui-même quand il marche à l'ennemi.
A l'égard des avantages d'une fevere
JANVIER. 1759. 99
difcipline ; qu'on en faffe un devoir
effentiel , qu'on y attache l'honneur militaire
, que la négligence de ce devoir
foit un obftacle invincible à l'avancement
, & qu'on obferve furtout avec une
exacte équité des diftinctions glorieufes
pour les uns & humiliantes pour les autres:
ofe répondre que les hommes ne feront
pas foufferts parmi les femmes au mo→
ment où le devoir & l'honneur les appelleront
aux drapeaux.
La vérité fimple eft que les femmes
contribuent à faire aimer au militaire les
plaifirs de la paix , fans les dégouter des
travaux de la guerre ; que du fein de l'amour
même , elles les envoyent aux combats
, & que le defir de leur plaire eft en
eux un nouveau principe d'émulation &
de valeur. Voyons quel eft dans la fociété
en général , le vice de leur domination ;
& fi l'amour , tel qu'il eft peint fur le
Théâtre , contribue ou remédie au mal
que leur commerce peut caufer.
La fuite au Mercure prochain.
de Genève à M. d'Alembert,
J Fe
peu
E fuis convenu avec M. Rouffeau qu'il
reftoit encore au Théâtre François des
Comédies repréhenfibles du côté des
moeurs , & quoiqu'elles foient d'un ton
fi bas & d'unfi mauvais goût , que n'ayant
rien de féduifant , elles me femblent
dangereufes ; quoique je fois très -éloigné
de regarder tous ceux qui rient du tef
tament de Crifpin comme des fripons
dans l'ame ; il feroit bon , je l'avoue , de
bannir ce comique méprifable d'un théâtre
qui doit être l'école de l'honnêteté ?
Mais que ces défauts » foient tellement
inhérens à ce théâtre , qu'en voulant les
en ôter , on le défigure » c'eft de quoi
je ne puis convenir ; & je crois avoir bien
prouvé , que fans les filoux & les femmes
perdues , Moliere a fait d'excellentes Comédies.
Ainfi , quand il feroit vrai que
les Pièces modernes , plus épurées , n'au
D ij
76 MERCURE DE FRANCE.
roient plus de vrai comique , & qu'en inf
truifani beaucoup , elles ennuiroient encore
davantage la pureté des moeurs n'en feroit
pas la caufe. Les moeurs du Glorieux,
de la Métromanie , de l'Enfant prodigue ,
des Dehors trompeurs , du Méchant font
épurées ; & je ne puis croire que M. R. les
compare à d'ennuyeux Sermons . Quelles
font les Pièces morales qui nous ennuyent?
celles dont les Peintures font froides ,
les vers lâches , le coloris foible , les fentimens
fades l'intrigue languiffante
les caractères mal deffinés ; celles en deux
mots , dont le Comique manque de fel ,
ou le Sérieux de pathétique.
" ,
Le vice n'eft donc pas inhérent aux
moeurs de la Scène comique-françoiſe , à
moins que l'amour , comme le prétend
M. R. ne foit , même dans les perfonnages
vertueux , un exemple vicieux au
théâtre.
Que tout ce qui refpire la licence , que
tout ce qui bleffe l'honnêteté foit condamné
dans la peinture de l'amour ; il
n'eft perfonne qui n'y foufcrive.
Mais ce n'eft point là ce que M. R. reproche
à la Scène françoife , c'eft l'amour
décent , l'amour vertueux qu'il y attaque.
Ce qui acheve de rendre fes images
dangereufes , c'eft , dit-il , qu'on ne le
JANVIER. 1759. 77
voit jamais regner fur la Scène qu'entre
» des ames honnêtes... Les qualités de
»l'objet ne l'accompagnent point jufqu'au
» coeur ; ce qui le rend fenfible , intéref
» fant , s'efface... Les impreffions ver-
» tueufes en déguifent le danger , & don-
» nent à ce fentiment trompeur un nou-
» vel attrait par lequel il perd ceux qui
» s'y livrent... En admirant l'amour hon-
» nête , on fe livre à l'amour criminel.
Telle est l'opinion de M. R. Voyons
comment il la développe.
H
"
» Les Auteurs concourent à l'envi pour
» l'utilité publique à donner une nouvelle
énergie & un nouveau coloris à cette
paffion dangereufe , & depuis Moliere
» & Corneille , on ne voit plus réuffir au
» Théâtre que des Romans , fous le nom
» de Pièces dramatiques. » Athalie , Mérope
, l'Orphelin de la Chine , Iphigénie
en Tauride ont réuffi : eft-ce l'amour quien
a fait le fuccès ? Mais paffons fur ces
propofitions incidentes , & accordons à
M. R. que Britanncus , Alzire , Didon &
toutes les Tragédies où regne l'Amour ,
font des Romans , fans lui demander ce
qu'il entend par des Piéces dramatiques
, fi de tels Romans n'en font pas.
Une action régulière & intéreffante , où
l'une des plus violentes paffions de la Na-
1
D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
F
ture , tient fans cefle l'âme des Spectateurs
agitée entre la crainte & la pitié ,
fera donc ce qu'il lui plaira. Mais fi l'Amour
y eft peint comme il doit l'être ,
terrible & funefte dans fes excès , refpectable
& touchant dans ce qu'il a d'honnête
, de vertueux , d'héroïque , ce Tableau
de l'Amour fera une leçon morale ;
fans en excepter Zaïre qui meurt , non
pas victime de l'Amour , mais victime de
fon devoir & des fureurs de la jalouſie ;
fans en excepter Berenice qui feroit tombée
, quoiqu'en dife M. R. fi Titus facrifioit
l'orgueil des Romains , tout injufte.
qu'il nous femble , au tendre & vertueux
Amour que nous reffentons avec lui . Comme
le fentiment de l'Amour n'eft pas toujours
violent & paffionné , qu'il fe modifie
felon les caractéres , que les épreuves
en font plus ou moins pénibles , fuivant
la fituation des perfonnages , & les inté
rêts qui lui font oppofés ; que ce fentiment
le plus naturel , le plus familier dans
tous les états , eft auffi le plus propre à
développer les vices , & à mettre le ridicule
en jeu la Comédie l'a pris dans la
Peinture de la vie commune , tantôt pour
objet principal , & tantôt pour premier
mobile . Voilà comment & pourquoi l'Amour
a été introduit fur nos deux Théâ
JANVIER. 1759.
tres eft-ce un bien , eft-ce un mal :
pour
les moeurs ? C'est ce qui reste à examiner.
L'ufage des Anciens eft un préjugé
contre nous : mais par - tout & dans
tous les tems le Théatre a dû fuivre
les Conftitutions nationales . Chez les
Grecs , la Tragédie étoit une leçon politique
: chez nous , elle eſt une leçon morale
, & ne peut , ni ne doit avoir rapport
à l'adminiſtration de l'Etat. Il n'est donc
pas étonnant que l'Amour qui n'avoit rien
de commun avec le Gouvernement d'Athènes,
n'y fût point admis au théâtre ; &
que ce même fentiment qui eft d'un fi'grand
poids dans nos moeurs , foit devenu le premier
reffort de la Scène tragique françoife.
Une difference non moins fenfible dans
les moeurs de la Société , dont la Comédie
eſtle tableau , y a fait fubftituer des femmes
libres & honnêtes aux Efclaves &
aux Courtifannes des Comiques Grecs &
Romains. Mais comment M. Rouffeau
trouveroit- il les honnêtes femmes placées
au théâtre ? Il trouve même indécent
qu'elles foient admifes dans la Société.
» Les Anciens , dit - il , avoient
» en général un très-grand refpect pour
» les femmes ; mais ils marquoient ce
reſpect , en s'abſtenant de les expoſer
au jugement du Public , & croyoient
30
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
» honorer leur modeftie , en fe taifant fut
» leurs autres vertus. Chez nous au con-
» traire , la femme la plus eftimée , eſt
» celle qui fait le plus de bruit , qui parle
» le plus , qu'on voit le plus dans le mon-
» de , & c.
Il me femble que M. Rouffeau n'a ni
compté ni pefé les voix ; & après tout ,
ces paralleles vagues, ces tableaux de fantaifie
ne prouvent que l'art & le talent du
Peintre . Confidérons les chofes en ellesmêmes
, & tâchons d'y faifir le vrai.
Dans tous les Etats , où les Citoyens
font admis à l'adminiſtration de la
République , il eft naturel que les
femmes foient éloignées de la Société
des hommes , & reléguées dans l'obfcurité.
La guerre , les confeils , les négociations
, le commerce , les fonctions pénibles
du Gouvernement élevent l'orgueil
des hommes au-deffus des foins de la
galanterie
& des inquiétudes de l'amour.
Comme ils ont feuls la force d'agir , ils
s'attribuent à eux feuls la fageffe de délibérer
; & jaloux du droit de gouverner ,
ils n'y inftruisent que leurs femblables .
Pour expliquer comment les femmes
ont été d'abord éloignées de l'adminiftration
publique , il n'eft donc pas befoin
d'attribuer aux hommes un fçavoir & des
JANVIER. 1759 .
81
talents qui leur foient propres : il fuffic
de remonter à l'inftitution des gouvernements.
La premiere concurrence pour
l'autorité fut décidée à coup de poing :
la feconde , à coup de malue ; enfuite
vinrent la hache & l'épée ; & dans cette
maniere de régler les droits , il est clair
que les femmes n'avoient rien à prétendre
Or , comme dans un Etat républicain ,
tout homme participe au gouvernement
ou aſpire à y participer, notre fexe y conferve
avec foin fon ancienne prérogative.
Mais dans un Pays où les Citoyens
fous l'autorité d'un Monarque , & fous la
tutelle des Loix , ne tiennent à la Conftitution
politique , que par le droit de propriété
, & par le tribut d'obéiffance ; où
perfonne n'influe ſur l'adminiſtration de
l'Etat , qu'autant qu'il y eft appellé ; où
l'homme privé ne peut rien ; où chacun
vit pour foi & pour un certain nombre de
fes femblables , felon fes affections , plus
ou moins étendues , fans autre foin que
de contribuer , autant qu'il eft en lui , aux
douceurs de la Société : dans cet état ,
´dis-je , il eſt naturel que les femmes foient
admiſes à ce concours paiſible de devoirs
officieux , pour y établir l'harmonie , pour
adoucir les moeurs des hommes naturelment
féroces , pour tempérér en eux cette
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
indocilité fuperbe qui s'indigne du frein
des Loix en un mot , pour cultiver &
nourrir dans leur âme , l'amour de la
paix & de l'ordre , qui eft la vertu de leur
condition.
Il feroit mieux , peut-être , que chacun
, avec fa compagne , vécut dans fa
maifon au milieu de fes enfans , mais
ces moeurs ne peuvent fubfifter que chez
un Peuple attaché au travail par le befoin.
La richeffe invite à l'oifiveté ; celleci
à la diffipation : le cercle de la fociété
s'étend ; & les hommes y appellent
les femmes. Mahomet , pour engager
les Mufulmans à vivre chacun chez
foi , fut obligé de leur donner un Serrail
& de leur en confier la garde . Ailleurs,
la jaloufie tient les femmes captives
mais les moeurs en font plus farouches
fans être plus pures , & il vaut encore
mieux fe difputer le coeur des femmes
à coup d'oeil , qu'à coup de poignard.
Cependant les hommages que nous
leur rendons nous dégradent , nous aviliffent
aux yeux de M. Rouffeau , & c'eſtlà
furtout ce qui caufe fon déchaînement
contre les Pièces de Théâtre où
l'Amour domine.
» L'Amour eſt le régne des femmes ,
» dit-il ; un effet naturel de ces fortes de
JANVIER . 1759.
83
Piéces eft donc d'étendre l'empire du
»fexe. Penfez-vous , Monfieur , deman-
» de-t-il à M. d'Alembert , que cet or--
» dre foit fans inconvénient , & qu'en
» augmentant avec tant de foin l'afcendant
» des femmes , les hommes en foient
» mieux gouvernés ? Il peut y avoir, pour-
» fuit-il , dans le monde , quelques fem-
»mes dignes d'être écoutées d'un hon-
» nête-homme, mais eft- ce d'elles en géné-
» ral qu'il doit prendre confeil , & n'y
» auroit- il aucun moyen d'honorer leur
"fexe fans avilir le nôtre » ? Prendre
confeil d'une femme , c'eft avilir notre
fexe I eft donc bien établi dans l'opinion
d'un Philofophe , que la fupériorité
nous eft acquife en fait de prudence
? Je le fouhaite , mais j'en doute encore.
» Le plus charmant objet de la Na-
» ture , le plus digne d'émouvoir un coeur
» fenfible & de le porter au bien , eft ,
» je l'avoue , une femme aimable & ver-
>> tueufe ; mais cet objet célefte où fe
>> cache-t-il ? "
M. Rouffeau , felon fes principes
trouve fi peu d'hommes de bien ! Il n'eft
pas étonnant qu'il trouve fi peu de femmes
vertueufes , furtout d'après les moeurs
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
des Peuples qui vivoient il y a trois mille
ans.
و د
» Il n'y a pas de bonnes moeurs pour
» les femmes , hors d'une vie retirée &
domeftique... Rechercher les regards
» des hommes , c'eft déjà s'en laiffer cor-
» rompre, & toute femme qui fe montre,
fe deshonore... Une femme hors de fa
»maifon , perd fon luftre , & dépouillée
» de fes vrais ornements elle ſe montre
» avec indécence .
Or chez nous toutes les femmes fe
montrent ; elles font donc toutes deshonorées
toutes celles qui ont de la beauté
font bien-aiſes qu'on s'en apperçoive ;
les voilà donc déjà corrompuës : aucune
d'elles ne fe renferme dans l'intérieur de
fon domestique ; il n'y a donc pas de
bonnes moeurs pour elles . De là nos feftins
, nos promenades , nos affemblées ,
ainfi que le bal que M. Rouſſeau veut
inftituer à Genêve , font les rendés -vous
du deshonneur & les fources de la corruption.
En un mot , toute femme qui
s'expofe en Public eft une femme fans
pudeur , la perte de la pudeur entraîne
celle de l'honnêteté qui eft l'âme des
bonnes moeurs ; nos femmes vivent en
Public , elles n'ont par conféquent ni pudeur
, ni honnêteté , ni vertu. Le raiſonJANVIER.
1759 . 85
nement eft fimple , & il n'en falloit pas
davantage pour prouver qu'un fpectacle
qui nous diſpoſe à les aimer , eſt un ſpectacle
pernicieux. Cependant M. Rouſſeau
ne croit pas cet argument fans replique : il
s'en fait une , mais il a foin de la choifir facile
à détruire. Il fuppofe qu'on lui répond
que la pudeur n'eft rien , & il s'attache à
prouver que la pudeur eft infpirée aux
femmes par la nature. Je le crois , je fuis
perfuadé que l'attaque eft le rôle natu rel
de l'homme , & la défenſe celui de - la
femme ; & quoique la raifon très-fenfible
qu'en donne M. Rouffeau , ait pu ne
venir que par réfléxion , quoique la difpofition
habituelle des deux fexes n'engage
les femmes qu'à nous attendre, fans
leur faire une loi de nous réfifter ; quoique
cette retenue , qui n'eft qu'une dó
cence paffive , ne rempliffe pas l'idée que
nous avons de la pudeur , & que par
conféquent la preuve de M. Rouffeau foit
infuffifante contre ceux qui veulent que la
pudeur qui réfifte , foit une vertu factice
& un devoir de convention ; ce n'eſt pas
là ce que je prétends. La pudeur naturelle
interdit-ellle aux femmes la fociété.
des hommes ? voilà ce que je nie , & ce
que M. Rouffeau ne prouvera jamáis. Il
Lemble que pour elles vivre avec les hom86
MERCURE DE FRANCE.
mes, ou s'abandonner aux hommes, foient
fynonymes , & qu'à fon avis , il ne foit
pas poffible de nous réfifter fans nous
fuir. Qu'un Petit -Maître le dife , à la
bonne heure ; mais un Philofophe peutil
le penfer ? La Société , fans doute , a
multiplié les Loix de la pudeur , & quelque
capricieux que foit l'ufage , le fexe
doit s'y conformer : mais dans ce qui n'eſt
pas prefcrit par la Nature , la pudeur d'un
Pays n'eft pas celle d'un autre. Chez les
Grecs , l'ufage défendoit aux femmes de
fe montrer en public : chez nous l'uſage
les y autorife.
Ór , celle-là eft honnête & décente
qui obferve ce que lui prefcrit la pudeur ,
l'honnêteté , la décence des moeurs du
Pays qu'elle habite. Il n'y a d'inſtitution
naturelle, que le devoir de la réſiſtance, ou
plutôt l'interdiction de l'attaque , tout le
refte varie fuivant les lieux & les tems.
M. Rouffeau fera donc obligé de nous
renvoyer aux preuves de fait. » Je fçais
qu'il regne en d'autres Pays des Cou-
» tumes contraires : mais voyez auffi ,
» dit-il, quelles moeurs elles ont fait naître.
Je ne voudrois pas d'autre exemple pour
ور
و ر
» confirmer mes maximes. Il eft facile
de faire la fatyre de nos moeurs ; & cent
exemples vicieux pris fur un million de
JANVIER. 1759 .
87
Citoyens , feroient un tableau épouvantable
de la Ville de l'Univers la mieux policée
, après l'immenfe Capitale des fages
& induftrieux Chinois . Mais fur l'atticle
de la galanterie & de l'amour , faut- il
avouer ce que je penfe des moeurs les plus
licencieufes de Paris ? Que M. Rouffeau
fe rappelle fes Pigeons. » La blanche Co-
» lombe va , fuivant pas à pas fon bien-
» aimé , & prend chaffe elle-même auffi-
» tôt qu'il fe retourne. Refte-t- il dans
» l'inaction ; de légers coups de bec le
» réveillent s'il fe retire, elle le pourfuit :
» s'il ſe défend , un petit vol de fix pas
» l'attire encore : l'innocence de la Na-
» ture ménage les agaceries & la molle
» réfiftance , avec un art qu'auroit à peine
» la plus habile Coquette. » Hé bien
Monfieur , les Coquettes ont à- peu- près
eet art-là : vous ne voyez dans cette image
charmante , rien de bien pernicieux
au monde ; & un peuple de Pigeons avec
ces moeurs , vaut bien un peuple de
Vautours ? Quand même à la coquetterie
des Colombes , fe mêleroit un peu d'inconftance
, ce feroit encore un jeu de la
Nature , dont vos yeux feroient égayés.
C'eft ce que je voulois vous faire obferver
en paffant : mais revenons aux principes
de l'honnêteté qui prefcrit d'autres moeurs
88 MERCURE DE FRANCE.
aux femmes , & en défavouant la conduite
de celles , dont la Colombe' eft l'image
, voyons fi vous n'êtes pas injuſte
d'envelopper tout le fexe dans un mépris
univerfel.
Vous êtes indigné qu'au Théâtre une
femme penfe & raifonne , qu'on lui donne
un efprit ferme , une âme élevée , des
principes & des vertus ? Et fi les femmes
s'offenfoient qu'on mît au Théâtre des
Héros & des Sages , les croiriez- vous
moins fondées ? A votre avis , ces modèles
font- ils plus communs parmi nous ?
» Les imbécilles Spectateurs vont , dites-
»vous , apprendre d'elles ce qu'ils ont
pris foin de leur dicer. » Et à qui ,
Monfieur , n'a-t- on pas dicté fa leçon ?
En naiffant , fçavions - nous la nôtre ?
» Parcourez la plupart des Piéces mo-
» dernes , c'eſt toujours une femme qui
» fçait tout , qui fait tout ; la bonne eſt
» fur le Théâtre , & les enfants font au
» parterre.
ود
}
Quand on met au Théâtre Didon , Sémiramis
, Elizabeth , il faut bien fuppofer
qu'elles fçavoient quelque chofe : ces
femmes- là n'étoient pas des enfants .
Quand on peint des femmes bien nées ,
il faut bien qu'elles aient des principes
d'honnêteté , de vertu , d'humanité la
JANVIER. 1759 . 89
Nature leur tient , je crois , le même langage
qu'à nous. Le monde leur donne
les mêmes connoiffances ; & il eft vraifemblable
qu'elles l'étudient avec d'autant
plus d'attention , qu'elles font moins
préoccupées : l'Amour regne au Théâtre ,
il faut bien qu'elles y regnent , & qu'elles
exercent fur la Scène le même empire
que dans la fociété. Eft- ce un mal : Nous
le verrons. A l'égard des leçons qu'elles
donnent au Parterre, fi ces leçons peuvent
être utiles, elles n'en font que plus goutées ;
& je ne connois que vous feul parmi
les hommes , qui croyiez en être avili.
M. Rouffeau ne peut fe perfuader qu'une
femme foit fon égale ; demandons-lui
donc enfin quels font les talents de l'efprit,
& les qualités du coeur dont la Nature a
doué l'homme , à l'exclufion de la femme
quels font les vices qu'elle a effentiellement
attaché à ce fexe , les délices
du nôtre : quels font les piéges qu'elle
nous cache fous les fleurs de la beauté ?
» Les femmes en général n'aiment aucun
» art , ne ſe connoiffent à aucun . » Ce
feroit-là un bien petit mal : cependant
files femmes étoient naturellement privées
du fentiment du beau , elles pourroient
l'être du fentiment du vrai , du
jufte & de l'honnête ; & cette propofigo
MERCURE DE FRANCE.
tion jettée en l'air peut tirer à conféquence.
Que M. Rouffeau nous dife donc
s'il a pris cette opinion dans l'étude de
l'organifation phyfique , ou dans le commerce
du monde. Les femmes ont-elles
les organes moins délicats que nous , le
coup d'oeil ou l'oreille moins jufte , le
fentiment en général plus lent ou plus
confus ? Quelle eft la faculté que nous
avons & qu'elles n'ont pas , pour gouter
la Peinture ou la Sculpture , la Mufique
ou la Poefie ? Eft-ce l'exercice & l'étude
qui leur manquent ? Il s'enfuit que nous
avons fur elles , à cet égard , l'avantage
de l'éducation : mais fi M. Rouffeau avoit
-
été moins éloigné par fes principes du
commerce du monde & des femmes , il
en auroit vû beaucoup qui ont acquis par
elles mêmes , les lumieres qu'on leur
envioit. Je vais plus loin , & j'établis en
fait que , fi l'on compare l'éducation des
femmes avec la nôtre , les foins que l'on
prend de prolonger leur enfance, & de hâter
en nous l'ufage de la raifon , l'obscurité
où l'on tâche de retenir leur âme captive,
& les lumieres qu'on ne ceffe de répandre
dans nos efprits ; d'un autre côté , fi l'on
fait attention que , dès que leur intelligence
& leur goût ont la liberté de
prendre l'effor , plufieurs nous atteignent,
JANVIER. 1759.
quelques - unes même nous paffent , fans
y prétendre & en fe jouant ; on conclura
que les femmes en général naiffent avec
des diſpoſitions aſſez heureuſes au fçavoir
& aux talents dont Monfieur Roufſeau
fait notre partage. Tout ce qui n'exige
qu'une raifon faine , un efprit droit &
une fenfibilité modérée , leur eft donc au
moins commun avec les hommes . Je le
dis à propos des Arts, je le dirai même par
rapport aux chofes les plus férieufes de
la vie ; & une multitude d'hommes qui
nefont ni complaifants ni paffionnés, l'attefteront
avec moi.
» Mais ce feu célefte qui échauffe &
» embraſe l'âme , ce genie qui confume
» & dévore , cette brulante éloquence ,
ces tranfports fublimes qui portent leur
» raviffement jufqu'au fond des coeurs ,
» manqueront toujours aux écrits des fem-
" mes. " Si cela eft , elles en font moins
capables des fortes productions du génie :
mais tout cela eft- il effentiel au goût des
Arts Tout cela eft- il relatif aux moeurs
de la Société , qui eft l'objet de notre difpute
Faut- il être un Boffuet , un Milton ,
pour être bon Citoyen , bon parent , bon
ami ? Où font même parmi les hommes
les génies brulants dont vous nous parlez
? En voulez-vous former une Ré92
MERCURE DE FRANCE.
publique Qui les gouverneroit , bo
Dieu ? Le monde moral feroit un maga
fin à poudre .
» Les écrits des femmes font tous
» froids & jolis comme elles. Ils auron
» tant d'efprit que vous voudrez , jamais
d'âme. Ils feront cent fois plutôt fen-
» fés que paffionnés : elles ne fçavent n
» fentir ni décrire l'amour même. Lafeul
Sapho , que je fçache , & une autre,
» méritent d'être exceptées.
33
33
Que les écrits des femmes ne foient pas
paffionnés , la pudeur feule peut en être la
caufe : que M. Rouffeau & moi en ayons
peu connu qui fçachent décrire & fentir
l'amour ; c'eft un malheur particulier , qui
eft peut-être fans conféquence. Cependant
, s'il arrivoit que chacun pût dire
comme M. Rouffeau , qu'il connoît deux
femmes , Sapho & une autre , qui méritent
d'être exceptées , il fe trouveroit au
bout du compte , autant de femmes capables
de décrire & de fentir l'amour , qu'il
y auroit eu d'hommes capables de l'inf
pirer : & fi M. Rouffeau a trouvé une feconde
Sapho , il ne peut , avec bienséance,
difputer le même avantage à perfonne.
Mais , fuppofons que le fentiment foit
plus foible dans les femmes que dans les
hommes , que leurs écrits , & par conféJANVIER.
1759. ༡༣
quent , leurs caractéres foient plus fenfés
que paffionnés , eft-ce à M. Rouffeau
qui connoît fi bien le danger des paffions ,
à regarder cette froideur comme un vice?
Qu'il s'accorde enfin avec lui-même , &
qu'il nous dife , fi un naturel paffionné
lui femble préférable à un caractére
moins fufceptible de mouvements impétueux
? Si la vertu s'exerce à tempérer
dans les hommes cette fougue, cette véhémence
de fentiments que les femmes n'ont
pas , la vertu ne fait donc en eux , que
te qu'a fait la Nature en elles. Ce font les
paffions qui troublent l'ordre : les femmes
eduites à des affections tranquilles , feroient
donc le fexe le plus fléxible à la régle
, le plus docile aux loix de la Société ;
& par conféquent , elles feroient faites
pour en être les liens.
Si donc la nature n'a pas interdit aux
femmes d'être raisonnables , ſenſibles ,
honnêtes , vertueufes , fi elle leur a donné
une âme comme à nous , mais plus
calme , plus modérée ; de quel droit , fur
quel rapport , d'après quel examen affurez-
vous qu'elles abufent de tous ces dons
& qu'elles les tournent à leur honte ?
L'homme eft né bon , dites-vous , & fous
cenom fans doute vous comprenez la
femme . Vous avouez qu'il peut y avoir
94 MERCURE DE FRANCE.
quelque femme aimable & vertueufe.,
mais vous demandez où elle fe cache ?
C'est vous , Monfieur , qui vous cachez à
elle ; & cette question , qui feroit accablante
de la part d'un homme répandu
dans le monde , ne prouve rien , ne vous
déplaife , de la part d'un Philofophe folitaire.
Vous l'avez vu de fi loin, Monfieur ,
ce monde que vous méprifez !
و ر
Cependant la douceur , la moleffe du
caractere des femmes fe communiquent
aux moeurs des hommes. » Ce fexe plus
» foible , hors d'état de prendre notre
» maniere de vivre trop pénible pour lui ,
» nous force de prendre la fienne trop
» molle pour nous , & ne voulant plus
»fouffrir de féparation , faute de pou-
» voir fe rendre hommes , les femmes
» nous rendent femmes. »>
ور
و ر
»
M. Rouffeau n'entend pas qu'elles nous
otent les fentimens du courage & de
l'honneur. Les femmes , dit - il , ne
» manquent pas de courage , elles préfe-
» rent l'honneur à la vie : l'inconvénient
» de leur fexe eft de ne pouvoir fuppor-
» ter les fatigues de la guerre & l'intem-
» périe des faifons. C'est donc cette foibleffe
qu'elles nous communiquent ſelon
M. Rouffeau. » Or , dit- il , cet inconvé-
» nient qui dégrade l'homme , eft tresJANVIER.
1759 . ༡༨
grand partout ; mais c'eft furtout dans
» les Etats , comme le nôtre , ( il parle
de Genêve ) qu'il importe de le préve-
» nir. Qu'un Monarque gouverne des
» hommes ou des femmes , cela lui doit
» être affez égal , mais dans une République
il faut des hommes. » C'est- àdire
, dans fon fens , des corps affez bien
conſtitués pour réſiſter aux fatigues de la
guerre & à l'intempérie des faifons. Encore
une fois , M. Rouffeau fe croit-il à.
Lacédémone ? N'eft-il pas fingulier que
l'on s'échauffe l'imagination au point
d'appliquer ſérieufement les principes de
Lycurgue à une Ville commerçante , induftrieufe
& paifible , qui ne peut être
que cela ? Hé Monfieur ! fi l'équilibre qui
fait fa fureté , venoit à fe rompre , pour
le coup c'eſt bien à Genêve qu'il feroit indifferent
d'être peuplée d'hommes ou de
femmes. Qu'une République entourée de
Républiques rivales & toujours prêtes à
l'accabler , s'exerce fans relâche à défendre
fa liberté menacée , qu'elle renonce
à tous les Arts , pour ne s'occuper que
de l'art de combattre , qu'elle endurciffe
par une difcipline auftere les moeurs de
fesCitoyens , dont elle fe fait un rempart
: c'eft une néceffité cruelle mais indifpenfable
, & la férocité guerriere en96
MERCURE DE FRANCE.
tre dans fa conftitution : Telle fut Sparte ;
mais eft-ce là Genêve ? Qu'on y joue ,
qu'on y danfe , puifque vous le voulez ,
qu'on y donne des fêtes ou des fpectacles
, qu'on y vive avec les femmes ou
fans les femmes , pourvu que l'induſtrie .
& le négoce y foient en vigueur , &
que la police y foit vigilante & févere ;
les fondemens de votre liberté n'en feront
ni plus forts ni plus foibles . La force
de Genêve n'eft pas dans fon fein. Mais
vos vues ne ſe bornent pas aux moeurs de
cette République ; & quoique vous difiez
qu'il eft égal à un Monarque de com-.
mander à des hommes ou à des femmes
, attendu qu'il peut avoir trois fois
plus de femmes qu'il n'en faut pour fe
battre , afin de facrifier les deux autres.
tiers aux maladies & à la mortalité. Cette
ironie , affez amere, ne donne le change
à perfonne. Vous avez raifon : c'eft un
grand mal pour un Peuple belliqueux de
n'être pas auffi robufte que brave ; &
c'est là , nous l'avouons , le défavantage
de tous les Peuples qui , nourris fous un
ciel doux , n'ont pas été endurcis dès l'enfance
aux travaux de cet Art deftructeur,
l'unique métier des Romains. Mais vous
attribuez ici au commerce des femmes ,
ce qui a des cauſes bien plus réelles.
Vous
JANVIER 1759. 97
Vous ne prétendez pas fans doute que
les femmes amolient le Laboureur &
l'Artifan , ni que le Peuple de nos Villes
& de nos campagnes foit énervé par les
délices d'une vie oifive & voluptueufe.
C'eft de là cependant que l'on tire nos
Soldats , & c'eft le Soldat qui fuccombe
aux travaux d'une guerre cloignée & à
l'inclémencé d'un ciel étranger. Les inconvénients
du luxe n'en font pas moins
réels ; mais attendez -vous des hommes
qu'ils fe bornent aux premiers befoins de la
vie;tandis que les fuperfluités voluptueuſes
lesfollicitent de toutes parts ? Vous voyez
que Licurgue lui-même , pour fermer au
luxe l'entrée de fa République , fut obligé
d'en écarter tous les moyens de s'enrichir.
Les femmes ne font rien à cela :
tout le vice eft dans les richeffes;mais ces
ticheffes ont d'autres avantages , & quoiqu'en
dife la Philofophie , il n'y a point
d'état fur la terre qui ne tâche d'augmenter
les fiennes ; il n'y en aura jamais aucun
qui s'avife de les enfouir.
Du refte , que le climat , les richeffes ,
ou les femmes amoliffent la férocité d'un
Peuple ardent & courageux , & lui êtent
la faculté de porter la défolation & le
ravage chez les Nations étrangeres, en lui
dauffant la bravoure,la vigueur & l'activité
E
98 MERCURE DE FRANCE.
dont il a befoin pour fa propre défenſe ;
Que ce Peuple invincible dans fes frontieres
, y foit comme repouffé par la Nature
, dès qu'il en fort les armes à la main ;
eft-ce à un Philofophe à le regarder comme
un mal Je pardonnerois tout au
plus ce langage au flatteur d'un Roi
Conquérant.
2
Les femmes nous rendent femmes : c'est
donc à dire, dans votre fens, qu'elles nous
rendent moins paffionnés , plus doux
plus fenfés , plus humains . Elles ne nous
infpirent pas cette éloquence brulante
qui convenoit à la tribune , mais elles
nous enfeignent cette éloquence perfuafive
& conciliatrice qui convient à la fociété
; & le don de gagner les coeurs eft
fans comparaifon plus réel & plus infaillible
que le talent de les fubjuguer.
Elles affoibliffent en nous l'ardente foif
du fang & la fureur du brigandage ;
mais elles nourriffent dans nos ames l'amour
de l'honneur & l'émulation de la
gloire. Un homme flétri par une lâcheté
n'ofe plus paroître à leurs yeux ; & fi l'on
interrogeoit les coeurs, on verroit qu'elles
ne font pas oubliées dans la harangue
intérieure qu'un jeune Guerrier fe fait à
lui-même quand il marche à l'ennemi.
A l'égard des avantages d'une fevere
JANVIER. 1759. 99
difcipline ; qu'on en faffe un devoir
effentiel , qu'on y attache l'honneur militaire
, que la négligence de ce devoir
foit un obftacle invincible à l'avancement
, & qu'on obferve furtout avec une
exacte équité des diftinctions glorieufes
pour les uns & humiliantes pour les autres:
ofe répondre que les hommes ne feront
pas foufferts parmi les femmes au mo→
ment où le devoir & l'honneur les appelleront
aux drapeaux.
La vérité fimple eft que les femmes
contribuent à faire aimer au militaire les
plaifirs de la paix , fans les dégouter des
travaux de la guerre ; que du fein de l'amour
même , elles les envoyent aux combats
, & que le defir de leur plaire eft en
eux un nouveau principe d'émulation &
de valeur. Voyons quel eft dans la fociété
en général , le vice de leur domination ;
& fi l'amour , tel qu'il eft peint fur le
Théâtre , contribue ou remédie au mal
que leur commerce peut caufer.
La fuite au Mercure prochain.
Fermer
Résumé : SUITE de la Lettre de M. Rousseau de Genêve à M. d'Alembert.
Dans sa lettre à M. d'Alembert, M. Rouffeau critique les comédies modernes au Théâtre Français, malgré son admiration pour les œuvres de Molière. Il regrette le manque de comique et l'ennui des pièces contemporaines, ainsi que la représentation trop décente de l'amour, qui pourrait encourager des comportements amoraux. Il compare les tragédies grecques, axées sur la politique, aux tragédies françaises, centrées sur l'amour et la morale. Rouffeu aborde également la question des rôles des femmes dans la société. Il note que les femmes sont exclues des affaires publiques dans les républiques mais peuvent adoucir les mœurs masculines dans les monarchies. Il critique Jean-Jacques Rousseau, qui prône l'exclusion des femmes de la vie publique pour préserver leur vertu. Rouffeau affirme que la participation des femmes à la vie publique n'entame pas leur pudeur ni leur vertu. Il soutient que les femmes possèdent des dispositions naturelles pour le savoir et les talents, mais sont privées des opportunités éducatives nécessaires. Selon lui, les femmes, grâce à leur nature calme et modérée, seraient mieux adaptées pour maintenir l'ordre social et les lois. Le texte examine les opinions de Rousseau sur l'influence des femmes, qui adoucissent les mœurs des hommes mais les rendent moins aptes à la guerre. Rousseau craint que cette influence ne nuise à la défense de la liberté. Rouffeau conteste cette vision, affirmant que les femmes possèdent du courage et préfèrent l'honneur à la vie, bien qu'elles ne supportent pas les fatigues de la guerre. Il attribue l'affaiblissement des peuples au luxe et aux richesses plutôt qu'à l'influence des femmes. Les femmes sont décrites comme apportant douceur, sensibilité et humanité, inspirant une éloquence persuasive et conciliatrice essentielle à la société. Leur rôle dans les moments de courage et de bravoure des guerriers est reconnu. Le texte souligne que les femmes peuvent rendre les plaisirs de la paix attrayants sans détourner les soldats de leurs devoirs. Il invite à examiner les effets de la domination féminine et de l'amour sur les comportements et les valeurs militaires, avec une suite prévue dans le prochain Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3869
p. 74-124
SUITE de la Lettre de M. Rousseau de Genêve sur les Spectacles.
Début :
La plupart des disputes philosophiques ne sont que des disputes de mots. [...]
Mots clefs :
Amour, Jean-Jacques Rousseau, Âme, Théâtre, Homme, Honnête, Nature, Moeurs, Spectacle, Coeur, Vertueux, Vertu, Hommes, Vice, Caractère, Pudeur, Femme, Comédien, Tendre, Plaisirs, Sentiment, Spectacles, Aimer, Société, Zaïre, Crime, Inspirer, Sentiments, Désirs, Femmes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Lettre de M. Rousseau de Genêve sur les Spectacles.
SUITE de la Lettre de M. Rouffeau de
Genêve fur les Spectacles .
LA plupart des difputes philoſophiques
ne font que des difputes de mots.
Nous qui cherchons la vérité de bonne
foi, commençons par nous bien entendre.
Il s'agit de l'Amour que M. Rouffeau condamne
au Théâtre. Quelle eft d'abord
l'idée qu'il attache , à ce nom d'Amour ?
Il y a un amour phyfique répandu dans
la Nature , & qui en eft l'âme & le foutien.
Voyons ce qu'en penfe M. Rouffeau.
JANVIER. 1759. 75
و و
20
">
و د
» Si En faifant l'éloge de la pudeur.
» les deux Séxes , dit-il , avoient égale-
" ment fait & reçu les avances , le plus
doux de tous les fentimens eût à peine
» effleuré le coeur humain , & fon objet
eût été mal rempli. L'obftacle apparent
qui femble éloigner cet objet , eft au
»fond ce qui le rapproche : les defirs
voilés par la honte n'en deviennent
que plus féduifants ; en les gênant la
pudeur les enflamme . Ses craintes , fes
» détours, fes réferves, fes timides aveux,
» fa tendre & naïve fineffe difent mieux
» ce qu'elle croit taire que la paffion ne
T'eût dit fans elle. C'eft elle qui donne
» du prix aux faveurs , & de la douceur
» aux refus le véritable amour poflede
» en effet ce que la pudeur lui difpute.
» Ce mêlange de foibleffe & de modeſtie
» le rend plus touchant & plus tendre.
» Moins . il obtient , plus la valeur de ce
qu'il obtient , augmente ; & c'eft ainfi
qu'il jouit à la fois & de fes privations
» & de fes plaifirs.
»
3 A
Je défie tout le talent des Actrices ,
tout le manége des Coquettes , de rendre
l'amour plus féduifant que ne fait
ici la pudeur. Si l'amour phyfique étoit
un mal , la pudeur feroit donc la plus
redoutable de toutes les enchanterelles ,
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
& le morceau charmant que je viens de
tranfcrire , la plus pernicieufe de toutes
les leçons.
Or , felon M. Rouffeau , la pudeur eſt
non feulement une vertu , mais la premiere
vertu d'une femme : fans la pudeur
une femme eft coupable & dépravée. L'amour
que la pudeur enflamme , qu'elle
rend plus touchant & plus tendre , eft
donc un bien : nous voilà d'accord. Encore
quelques-unes de fes maximes ; c'eſt
m'embellir que de le citer .
Le plus grand prix des plaifirs eft
» dans le coeur qui les donne : un vérita-
» ble amant ne trouveroit que douleur ,
rage & défeſpoir , dans la poffeffion
» même de ce qu'il aime , s'il croyoit n'en
→ point être aimé. Vouloir contenter infolemment
fes defirs , fans l'aveu de celle
» qui les fait naître , eft l'audace d'un Sa-
» tyre ; celle d'un homme eft de fçavoir
» les témoigner fans déplaire , & les rendre
intéreſſants ; de faire enforte qu'on
les partage ; d'affervir les fentimens
avant d'attaquer la perfonne . Ce n'eft
pas affez d'être aimé : les defirs partagés
ne donnent pas feuls le droit de
les fatisfaire ; il faut de plus le confentement
de la volonté le coeur ac
corde en vain ce que la volonté refuſe,
:
JANVIER. 1759.
» L'honnête homme & l'Amant s'en abftient
même quand il pourroit l'obtenir.
» Arracher ce confentement tacite , c'eft
» ufer de toute la violence permife en
» amour : le lire dans les yeux , le voir
» dans les manieres malgré le refus de
» la bouche , c'eft l'art de celui qui fçair
» aimer : S'il achève alors d'être heureux ,
» il n'eſt pas brutal , il eft honnéte . Il
» n'outrage point la pudeur , il la ref-
"pecte , il la fert ; il lui laille l'hon-
» neur de défendre encore ce qu'elle eût
peut-être abandonné.
Ovide & Quinault ne difoient pas
mieux , & le Théâtre n'eut jamais de plus
indulgente morale. D'après ces principes ,
j'ofe affurer M. Rouffeau que l'amour
honnête eſt l'amour à la mode , qu'il y
a peu de Satyres dans le monde , & que
c'eft précisément felon fa méthode qu'on
y achève d'être heureux .
Mais cet amour innocent , dans l'état
de fimple nature , peut ne l'être pas dans
la conftitution actuelle des chofes : il
y
a même des circonftances où il eſt puni
par les Loix , comme crime de féduction
; il ne feroit donc pas prudent de
s'en tenir à cette régle. M. Rouffeau
reconnoît dans les fentimens de l'homme
en fociété , une moralité incon-
· D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
nue aux bêtes ; & quoiqu'il fût aifé
de trancher toute difficulté , en rejettant,
comme lui , l'impertinent préjugé des conditions
, & toutes les conventions de la
même espéce ; en donnant pour raifon
de ce qu'on appelle licence , Ainfi l'a
voulu la Nature , c'est un crime d'étouffer
fa voix ; quoiqu'il n'y ait pas de libertinage
qu'on ne pût juftifier en difant comme
lui , La Nature a rendu les femmes
craintives afin qu'elles fuyent , & foibles
afin qu'elles cédent , en un mot , quoique,
pour combattre M. Rouffeau , il fuffit
peut- être de l'oppoſer à lui-même ; je ne
profiterai pas de l'avantage que me donne
le peu d'accord que je crois voir entre
fes maximes. Je reconnois donc , de
bonne foi , que les inftitutions naturelles
doivent fe plier aux régles établies
entre les hommes ; & que ce qui étoit
bon dans les bois , peut être mauvais
dans nos Villes. Ainfi je vais confidérer
l'amour dans fes relations politiques &
morales , & voir en quoi le Théâtre qui
le favorife eft nuifible à la Société.
D'abord , obfervons dans l'Amour des
fentiments très-diftincts , qu'il eft bon de
ne pas confondre. S'il n'y avoit que ce
que M. Rouffeau appelle modeftement
les defirs du coeur , l'Amour feroit un
JANVIER. 1759. 79
mouvement paffager & périodique , comme
tous les befoins , & tel que M. Rouffeau
nous l'a fait remarquer lui -même
dans l'Homme Sauvage.
Cet Amour infpiré par la Nature ,
n'eft honnête dans les moeurs de la Société
qu'autant qu'il fe méle confufément ,
& comme à notre infçu , à des fentiments
plus purs & plus nobles : ces fentiments
font l'eftime , la bienveillance ,
la douce & tendre intimité ; d'où résulte
la complaifance de foi-même dans un
objet de prédilection auquel on attache
fon être. Quand l'affection et mutuelle
& au même degré , c'eſt l'union la plus
étroite , c'est le plus parfait accord qui
puiffe régner entre deux êtres fenfibles ;
c'est enfin , s'il eft permis de le dire , la
transfufion & la coéxiftence de deux âmes.
Cependant on abufe de tout. Examinons
comment les exemples de cette
union fi délicieufe & fi pure , peuvent
être pernicieux.
> le
J'avoue d'abord que l'Amour , dans
la plupart des hommes n'eft que
defir naturel , fans aucune trace de moralité.
J'avoue que cet Amour et plus
commun dans les Villes opulentes &
peuplées ; j'avouërai même , fi l'on vent ,
qu'il régne à Paris autant & plus qu'en
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
>
aucun lieu du monde. Eft- ce au Spectacle
qu'il faut l'attribuer : L'Amour vertueux
eft , comme je l'ai dit un fentiment
compofé du Phyfique & du Moral
; mais dans lequel celui-ci domine.
Ce mêlange ne fe fait dans l'âme que
lentement & par degrés l'eftime , la
confiance l'amitié ne s'infpirent pas
d'un coup d'oeil . Or , fi des plaifirs faciles
préviennent le defir naiffant , s'il
n'a qu'à fe manifefter pour être comblé
fans obftacles , l'Amour ne fera dans
l'homme en fociété , que ce qu'il eſt dans
l'Homme Sauvage : c'eft ce qui arrive
partout où régnent l'opulence & le luxe.
Et c'est ainsi que le germe de l'Amour
vertueux eft étouffé dans l'âme des hommes
, quelquefois même avant la faifon
où il doit fe développer . Les femmes foiblement
aimées , aiment foiblement à
leur tour. L'exemple , le dépit , la féduction
les déterminent à imiter un
Amant trompeur , un Epoux dédaigneux
on volage ; & bientôt le déréglement
de part & d'autre , devient une espéce
d'émulation .
Dans une Ville qui contient cent mille
Célibataires nubiles , qu'il y ait des Speccles
, qu'il n'y en ait point , tout ce
qu'on peut fouhaiter & attendre , c'eſt
JANVIER. 1759 .
81
que la contagion du vice ne pénétre pas
dans le fein des familles ; c'eft que les
plaifirs tolérés ne dégoutent pas des plaifirs
permis ; que le vice n'ait que le fuperflu
d'une fociété tumultueufe & furabondante
, & que l'hymen toujours refpecté
, foit l'afyle inviolable de l'innocence
& de la paix. Or l'Amour feul ,
& j'entends l'Amour 'tel qu'il est repréfenté
au Théâtre , honnête , vertueux ,
fidéle , peut être le contre-poifon de ce
vice contagieux.
>
Qui n'aime aucune femme en a mille
à craindre. L'homme le plus facile a égarer
eft celui qui n'étant frappé vivement
d'aucun objet déterminé , préfente à la
féduction un coeur vuide. Et ce que je
dis d'un féxe doit s'entendre de tous les
deux . Le vice de notre Siécle n'eft donc
pas l'Amour tel qu'il eft peint dans nos
Spectacles ; mais l'Amour tel que l'infpire
la nature , & au-devant duquel les plaifirs
vont en foule, quand le luxe les met
à prix .
Le Théâtre , dit-on , allume les defirs :
comme s'il étoit befoin d'aller au Spectacle
pour être homme . Ces defirs , la Nature
les donne , elle fçait bien les réveiller.
Un peu plus , un peu moins de
vivacité ou de rafinement , ne change
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
rien à cette impulſion univerfelle . L'homme
livré à l'inftinct des bêtes chercheroit
partout fa moitié ; & au défaur de
. la beauté , la laideur feroit adorée . L'occafion
eft un attrait ; mais fi l'occafion
he venoit pas au-devant de lui , il iroit
bientôt au-devant d'elle les Cercles ,
les Jeux , les les Promenades , les lieux
mêmes les plus refpectables feroient comme
le rendez-vous de la licence & de
la féduction . Ce n'eft donc pas cet Amour
d'inftinct qu'il faut éluder ou tâcher de
détruire ; il s'agit de le diriger , de l'éclairer
, s'il eft poffible ; il s'agit de lui
donner cette moralité qui l'épure , qui
l'ennoblit , qui l'élève au rang des vertus.
L'émotion qu'on éprouve au Spectacle
attendrit l'âme , je l'avoue , & c'eſt
par là qu'il la difpofe à l'amour vertueux.
L'amour phyfique n'a befoin que
des fens ; l'amour vertueux a befoin de
toute la fenfibilité , de toute la délicateffe
de l'âme . Plus l'âme eft fenfible ,
plus elle eft délicate ; je dis l'âme , &
l'on m'entend bien : or la délicatelle des
fentimens en garantit l'honnêteté. Un
caractère de cette trempe s'attache à
fon devoir par tous les liens qu'il lui
préfente ; l'eftime , l'amitié , la reconnoiffance
la captivent. La Nature & le
JANVIER. 1759.
83
fang ont fur lui des droits abfolus.
Et vos enfants ces gages précieux ,
Nés de l'Amour , en font de nouveaux nouds .
Au lieu qu'une âme froide & légére ne
tient à rien & céde à un foufle. Elle oublie
la vertu qu'elle n'aime pas , pour
un vice qu'elle n'aime guères ; & fe perd
fans fçavoir pourquoi. Si j'ai bien étudié
les moeurs de notre Siècle , le vrai
moyen de les corriger feroit le don de
nous attendrir.
La fenfibilité dirigée au bien s'attache
à tout ce qui eft honnête ; de là vient
que toutes les vertus fe tiennent par la
main or le Théâtre en nous intéreffant
prend foin de réunir dans une émotion
commune tous les fentimens vertueux
qui doivent fe combiner enfemble. Ainfi
l'Amour y a pour compagne la pudeur ,
la fidélité , l'innocence ; tous ces caractéres
analogues , y font comme fondus
en un feul . C'est donc nous fuppofer une
ame déja bien corrompue , que de prétentendre
qu'elle analyfe ces émotions com
pofées pour en extraire du poifan
Voyons cependant , comment cela siopére.
"
›
Quand il feroit vrai , dit M. Rouf
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
»feau qu'on ne peint au Théâtre que
» des paffions légitimes , s'enfuit- il de là
»que les impreffions en font plus foi-
» bles , que les effets en font moins dan-
» gereux ? comme fi les vives images d'u-
»ne tendreffe innocente étoient moins
" douces , moins féduifantes & c.
S'il eft vrai que la pudeur qui infpire
fi bien l'amour , & dont les craintes ,
·les détours, les réferves , les timides aveux,
la tendre & naïve fineffe , difent mieux
'ce qu'elle croit taire que la paffion ne l'eût
dit fans elle ; s'il eefſtt vrai , dis-je , que
la pudeur foit une vertu , l'amour qu'elle
infpire n'eft donc pas un crime. En
fuppofant que les peintures du Théâtre
produifent les mêmes effets , le Théâtre
devroit donc , ce femble , partager les
éloges que M. Rouffeau donne à la pudeur.
Voyons comment ce qui fait le
charme de la pudeur , peut être le vice
du Spectacle.
"
» Les douces émotions qu'on y reffent
» n'ont pas par elles-mêmes un objet dé-
» terminé , mais elles en font naître le
» befoin. Elles ne donnent pas préciſé-
» ment de l'amour , mais elles préparent
» à en fentir. Elles ne choififfent pas la
perfonne qu'on doit aimer , mais elles
nous forcent à faire ce choix. Ainfi
و ر
JANVIER. 1759. 85
» elles ne font innocentes ou criminelles ,
que par l'ufage que nous en faifons ,
»felon notre caractére , & le caractére
» eft indépendant de l'exemple.
و د
Si M. Rouffeau parle du defir , il eſt
indépendant du caractére , comme le caractére
l'eft de l'exemple. Dans tous les
hommes , le defir tend au même but ; il
y arrive , & il s'éteint. C'eft le Roman
de l'Amour phyfique . S'il parle de l'Amour
compofé où dominent les affections
morales ; je nie que les émotions duThéâtre
n'en déterminent pas l'objet . Ce n'eſt
pas telle ou telle perfonne que le Théâtre
nous difpofe à aimer ; mais une perfonne
douée de telle & de telle qualité. Ces qualités
nous affectent plus ou moins felon
notre caractére ; mais celui qui en eft viyement
affecté au Spectacle , le fera dans
la fociété il ne le fera de même que
par des qualités femblables; & plus l'émotion
du Spectacle aura été vive, plus il fera
indifférent pour tout ce qui ne reffemble
pas au tableau dont il eft frappé . Eftime,
refpect , confiance , vif intérêt , tendre
penchant , voilà ce qui lui refte de l'impreffion
qu'il a reçue ; & tout cela tient
à quelque chofe. L'âme ainfi émue ne va
pas s'attacher au premier objet préſent.
Quant au befoin d'aimer , il ne peut être
86 MERCURE DE FRANCE.
ici que le defir impatient de poffèder l'objet
réel dont on vient d'adorer l'image :
or ce defir n'eft rien moins que vague ; la
caufe en décide l'objet. Le caractére eft
indépendant de l'exemple , mais l'émétion
théâtrale eft indépendante du carac
tére ; & chacun n'aime ou ne hait dans
les Peintures du Théâtre , que ce qu'il eft
capable , felon fon caractére , d'aimer ou
de hair dans la réalité ; à moins que M.
Rouffeau ne fuppofe qu'on change d'âme
en changeant de lieu : ainfi l'homme naturellement
vicieux , s'il en eft , ne fera
que très-foiblement touché d'un amour délicat
& honnête ; & celui que fon caractére
y rend plus fenfible , eft par là-même
difpofé à fuivre l'impulfion d'un exemple
vertueux .
M. R. compare aux tableaux de nos
Spectacles, le baiſer du Praticien Manilius,
donné à fa femme en préfence de fa fille.
C'étoit , dit-il, d'une action fort honnête ,
faire un exemple de corruption .
31
Cette action étoit l'exemple de la pu
deur violée , & par conféquent d'une mau
vaife action ; & ce baifer immodeste dans
nos moeurs , pouvoit être encore plus li
centieux dans les moeurs de l'ancienné
Rome ; au lieu que l'Amour , tel qu'il ek
peint fur le Théâtre , n'a rien d'indécent
à nos yeux.
JANVIER. 1759.
8-
» L'Amour eft louable en foi , comme
» toutes les paffions bien réglées ; mais les
excès en font dangereux & inévitables ,
» fil'idée de l'innocence embellit quelques
» inftants le fentiment qu'elle accompa-
" gne , bientôt les circonftances s'effacent
» de la mémoire , tandis que l'impreffion
» d'une paffion fi douce tefte au fond du
و د
-» coeur.
Un Peuple qui va chaque jour s'atten
drir à ce Spectacle , doit donc être un
Peuple très-paffionnné. Voyons ce qu'en
dit M. Rouffeau lui-même.
» On flatte les femmes , fans les aimer :
» elles font entourées d'agréables ; mais
elles n'ont plus d'Amants . Ne feroient-
» ils pas au défefpoir qu'on les crût amou-
» reux d'une feule ? Qu'ils ne s'en inquié-
» tent pas ; il faudroit avoir d'étranges
» idées de l'Amour. »
Voilà donc cette foule de Spectateurs
qui reviennent du Théâtre , avec un befoin
fi preffant d'aimer ? Voilà l'effet de
ces émotions qui préparent à fentir l'A-
'mour ; voilà , dis- je , cet Amour dont les
excès font inévitables ! Cette Jeuneffe
froide & légére a vû cependant le Spectacle
au fortir du Collége , & ne manque
pas une feule des leçons d'amour qu'on
donne. Quels en ont été les effets ?
88 MERCURE DE FRANCE
Soit foibleffe du côté des impreffions théâ
trales , foit froideur naturelle ou diffipation
du côté des Spectateurs , notre fenfibilité
n'eft donc que trop foiblement
par les objets vettueux que le Théâtre
nous préfente ; & le mal eft que l'émotion
qu'il nous cauſe , ne nous affecte
qu'un inftant .
émue
Dans les climats où la fenfibilité natu
relle eft plus que fuffifante pour remplir
l'objet de la fociété , il feroit dangereux
fans doute de l'irriter par des fenfations
trop violentes ; mais il eft un milieu entre
la langueur
& l'yvreffe , entre la froide
inertie de l'ame & les accès de la paſſion.
Or , nous fommes bien loin encore de
cette vivacité de fentiment , qui , mutuelle
entre les deux Séxes , fait le charme
de leur union . Voilà , je le répéte , ce qui
manque à nos moeurs , ce qu'il feroit à
fouhaiter
que pût nous donner le Théâtre ;
& ce n'eft pas à nous à craindre
la
que
foible illufion qu'il nous caufe , ne fe change
en égarement
. On revient ému d'Ariane
, d'Inès & d'Alzire ; mais de bonne
foi , en revient- on paffionné
: Ceft ce qui
feroit arrivé peut-être , dans les climats
où le fon d'une lyre rendoit les hommes
furieux. Auffi l'Amour n'étoit-il pas admis
fur le Théâtre d'Athénes ; & l'on faifoit
JANVIER. 1759. 89
rudemment de ne pas l'y expofer. Mais
le même excès eft à craindre pour Geêve
, comme le croit M. Rouffeau ; s'il
ft à craindre pour l'Angleterre où l'Amour
eft furieux & tragique , où les hommes font
fublimes ou déteftables ; M. Rouffeau doit
avouer du moins que Paris ne court pás
les mêmes risques.
Ceft à la légereté , à la diffipation
qui nous eft naturelle , au goût des plaifirs
tumultueux & vains qu'on doit attribuer
l'éloignement de la jeuneffe Françoife
pour les Vieillards , & le Théâtre
qui fait refpecter les vertus de cer âge
comme il en joue les ridicules , eft auffi
pen la caufe de l'abandon où languit la
vieilleffe que des travers des jeunes
gens.
Quelques-uns de ces travers font les
effets d'une paffion aveugle.
Il et partout des caractéres violents ;
mais fi quelque chofe pouvoit les contenir
, quelle leçon plus frappante pour
eux que le Tableau des excès de l'Amour
, tel qu'il eft peint fur la Scéne
Françoife ? L'Amour tendre y eft féduifant
, mais l'Amour paffionné y eft terrible.
L'un y caufe de douces émotions ,
l'autre y fait frémir la Nature. Eſt-il
de femme qui voulût être à la place
go MERCURE DE FRANCE.
d'Inès ? Eft-il d'homme qui voulût fe
trouver dans la fituation de Dom-
Pédre ?
Quel eft donc cet Amour criminel où
nous conduit l'Amour honnête ? Je fçai
quelles font les moeurs d'une Jeuneſſe
diffipée ; mais de tant d'extravagances
dont nous fommes témoins , y en a-t-il
une entre mille dont le fentiment de
l'amour foit la fource ? Ce n'eft point le
coeur qui mène à la débauche , & c'eft
le coeur , le coeur lui feul , qui reçoit les
douces émotions d'un amour tendre &
vertueux. L'amour à deux fortes d'objets :
fçavoir , les objets qui affectent l'âme &
les objets qui émeuvent les fens. Le
Théâtre peut faire l'une & l'autre im
preffion ; mais ces deux effets n'ont pas
la même cauſe.
Que Zaïre foit jouée par une Actrice
d'une rare beauté , fa beauté affecte les
fens , mais fon rôle n'affecte que l'âme.
L'un tient à l'autre , me dira- t -on point
du tout ; car le rôle de Zaïre attendrit
également les deux féxes. Une Zaïre
moins belle toucheroit moins , avec le
même talent ; mais cela vient d'une caufe
fi pure que Zaire monis belle toucheroit
moins les femmes elles-mêmes . Cette
caufe eft le charme innocent de la BeauJANVIER.
1759. 91
té , l'intérêt naturel qu'elle infpire , l'illufion
qu'ajoute une figure raviffante au rôle
d'une amante adorée , enfin l'harmonie
& l'accord des fentimens vertueux &
tendres qu'elle exprime, avec le caractére
touchant & noble de fa figure & de fon
action. Mais tout cela n'affecte que l'âme
, je le répéte ; & la preuve en eſt ,
qu'un fage Vieillard en revient plus touché
que le plus voluptueux jeune homme.
L'expreffion d'un rôle tendre ajoute
aux charmes de la beauté ; mais je tiens
que de mille Spectateurs , il n'y en
a pas un qui en foit ému comme il eſt
dangereux de l'être. Ne nous flattons
point d'avoir tant à nous craindre. Il n'eft
pas auffi aifé de nous enflammer qu'on le
dit. Je vois même parmi la Jeuneffe beaucoup
de fantaiſie , très-peu de paffion . Et
quand les hommes feront capables d'un
fentiment délicat & vif , ils n'auront pas
à redouter la féduction de ces goûts frivoles.
+
Le Spectacle cependant peut être dangereux
comme Pantomime ; mais fi tout
tout ce qu'on y voit invite à l'amour phyfique
, tout ce qu'on y entend n'infpire
que l'amour moral : plus l'âme y eft émuë,
moins les fens doivent l'être. Quelle eft
de ces deux impreffions celle qui domine
92
2 MERCURE
DE FRANCE
.
& qui refte : C'eft là ce qui dépend des
caractères ; mais je fuis fûr qu'elles fe
combattent , que plus on eſt touché du
rôle , moins on eft tenté de l'Actrice , &
qu'avec les mêmes objets , le Spectacle
feroit plus dangereux, par exemple, fi l'on
ne faifoit qu'y danfer. Il ne m'eft pas përmis
d'approfondir cette queftion ; mais
j'en dis affez pour me faire entendre. Revenons
à l'amour moral.
Le plus grand de fes dangers eft celui
des inclinations déplacées : elles peuvent
l'être , ou relativement aux convenances
, ou relativement aux perfonnes . Sur
l'Article des convenances M. Rouffeau
n'eft pas févére. Il reconnoit la bonté
des moeurs de Nanine , » où l'honneur ,
» la vertu , les purs fentimens de la Na-
» ture font préférés à l'impertinent pré-
»jugé des conditions. » Cependant c'eft
là ce qui rend fi dangereufe aux yeux de
la plupart des hommes la fenfibilité des
jeunes gens.
L'Amour ne connoît point l'inégalité
des conditions ; il tend quelquefois à
rapprocher des cours que la naiffance &
la fortune féparent . Il renverfe donc le
plan économique des familles , l'ordre
politique de la fociété , l'empire de la
coutume & de l'opinion .
JANVIER. 1759. 93
La fociété exige dans les alliances certains
rapports que la Nature n'a point
confultés. Le Mariage , au lieu d'étre
l'accord des volontés , eft devenu celui
des convenances . On eft donc obligé de
fouhaiter que le coeur des jeunes gens
foit indifférent à tout , pour difpofer
deux ſelon des vues qui ne font pas
celles de la Nature . Si le coeur fe donne
lui-même , avant qu'on l'ait engagé ;
fifon inclination contredit l'engagement
qu'on lui fait prendre ; le defir & le penchant
font en contradiction toute la vie ,
& ce qui eût fait le charme d'une union
volontaire , devient le tourment d'une
fervitude impofée. Ce plan une fois établi
l'inclination des enfans contredit
fouvent les intentions des peres. Mais ,
fi , dans cette pofition , il eft malheureux
que le coeur de l'homme foit tendre
& fenfible , s'il eft à craindre , par
conféquent , que le Théâtre ne contribue
à le rendre tel ; eft-ce au Théâtre
eft-ce à la Nature qu'un Philofophe doit
s'en prendre ? Auffi M. Rouffeau ne leur
en fait- il pas un crime. Je parle donc
ici , non à M. Rouffeau , mais à un
pere de famille jaloux de fon nom , foigneux
de fa poftérité , fenfible à l'hon
neur de fon fils , & inquiet fur le choix
94 MERCURE DE FRANCE.
que ce jeune homme feroit peut - être fi
la Nature ou l'habitude difpofoit fon
caur à l'Amour .
Vous fouhaittez à votre fils une âme
infenfible , lui dirai-je ; c'eft ſouhaiter
le plus dur efclavage à fa femme & à
fes enfants. Si par malheur vos voeux
font remplis , il n'aimera rien excepté
lui - même ; & l'amour - propre n'eft ja-,,
mais fi fort que dans une âme où il régne
feul. Tout fera donc facrifié à ce
fentiment unique' ; & l'autorité d'époux
& l'autorité de pere ne feront de lui
qu'un tyran. Vous aurez difpofé de lui
felon vos vues , en fuppofant qu'une âme
froide foit plus docile qu'une âme tendre,
cè qui eft encore bien douteux ; mais
vous en aurez difpofé pour le malheur de
tout ce qui l'environne.Votre orgueil fera
fatisfait , mais vous entendrez retentir
jufqu'à vous les cris plaintifs de la Nature.
Grace à vos foins , fon âme endurcie
ne fera capable d'aucune affection
morale ; mais les Animaux les plus ftupides
ont des fens ; votre fils en aura.
comme eux , & comme eux il en fera
l'esclave.
Aimez- vous mieux , me dira ce pere ,
aimez -vous mieux que difpofant fon âme
à des inclinations deréglées , je l'aban
JANVI ER. 17 59. ༡༦
donne imprudemment aux caprices aveu--
gles de l'Amour ? Non fans doute , lui
répondrai-je ; mais fuppofons que votre
fils ne foit pas naturellement pervers ,
qu'il foit né bon , comme tous les hommes ,
c'eft-à-dire , capable de trouver fon plus.
grand bien dans ce qui eft vertueux &
honnête il dépend de vous d'y détermi-"
ner fes inclinations ; fon bonheur & fa
vertu font dans vos mains : plus fon âme
fera attendrie , & plus vous la trouverez
docile.
:
» Le plus charmant objet de la Nature,
le plus digne d'émouvoir un coeur fen-
»fible , & de le porter au bien , eft une
»femme aimable & vertueufe . » M.
Rouffeau demande où il y en a ? Je prétends
qu'il y en a partout & dans tous les
états de la vie , qu'il y en aura plus encore
, fi dans la balance des intérêts
ces qualités font de quelque poids : or ,
qu'une âme tendre foit indécife ; fi elle
n'eft
pas corrompue , fi l'on a pris foin
de cultiver en elle le goût naturel du beau
moral , qui empêche des Parens attentifs
d'éclairer , de diriger fa fenfibilité vers
des objets qui en foient dignes.
Un tel foin , je l'avoue , exige une at
tention vigilante & affidue . Cette attention
eft un devoir pénible ; on le néglige
96 MERCURE DE FRANCE.
& l'on fe plaint des égaremens d'un jeune
coeur à lui-même livré. On prétend le
ramener d'un coup d'autorité , il n'eft
plus tems . Ou l'autorité fera trop foible •
ou elle fera tyrannique. Il ne faut donc
pas 'étonner fi un aveu arraché par la violence
, n'a pas le même effet qu'un penchant
infpiré par la perfuafion . Mais dans
tout cela , que fait le Théâtre ? Il fupplée
par la peinture des affections honnêtes
, vertueufes , & par-là même intéreffantes
, à ce qui manque à l'éducation
, du côté des exemples & des leçons
domeftiques. Il y fupplée , dis-je , autant
qu'il eft poffible , & fi le torrent franchit
fa digue , l'on n'en doit pas conclure
que la digue elle-même foit la caufe du
débordement.
Ce qui allarme le plus M. Rouffeau ,
c'eft le danger des inclinations déplacées,
relativement à la perfonne. » Qu'un jeune
» homme n'ait vu le monde que fur la
Scéne , le premier moyen qui s'offre à
lui pour aller à la vertu , eft de cher
» cher une maîtreffe qui l'y conduiſe ,
»
efpérant bien trouver une Conftance
» ou une Cénie, tout au moins. C'eſt ainf
» que ,fur la foi d'un modéle imaginaire
» fur un air modefte & touchant , fur une
» douceur contrefaite , Nefcius aura fali
lacis
#
2
2.
JANVIER. 1759. 97
lacis , le jeune Infenfé court ſe perdre,
» en penfant devenir un fage.
Je veux qué ce jeune homme n'ait vû
au Théâtre que des Conftances , des Cénies
, qu'il n'y ait vu peindre l'Amour
qu'intéreffant & vertueux l'âme pleine
de ces idées , il cherchera , dites - vous ,
une Cénie , une Conftance ; mais eft- ce
dans la fociété des femmes perdues qu'il
ira la chercher ? Le fuppofez-vous affez
infenfé ? Ne faut - il pas s'abftenir auffi
d'expofer fur le Théâtre l'amitié pure &
fainte , de peur que quelque jeune hom
me épris de fes charmes , ne la cherche
parmi des Fripons ? La Jeuneffe facile &
crédule , donne fouvent dans le piége
'd'un faux amour comme dans celui d'une
fauffe amitié ; mais eft-ce pour avoir appris
au Spectacle à difcerner le véritable ?
Eftce- pour y avoir été vivement ému
des fentimens qui l'accompagnent , &
qui le caractérisent ? M. Rouffeau fuppofe
que nous fortons du Spectacle ,
fi enyvrés que nous ne fommes plus capables
de réfléxion ni de choix : cela peut
être dans un pays où l'Amour eft fi furieux
qu'il ne s'agit pas moins que d'y laiffer
l'amour ou la vie ; cela peut être auffi à
Genêve. Mais je ne confidére les effets
du Théâtre que relativement aux Fran-
11. Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
çois ; & M. Rouffeau avoue lui-même ,
qu'ils ne font rien moins que paffionnés.
Qu'il me foit donc permis de demander
comment l'on peut enfeigner aux hommes
à diftinguer le bien & le mal ; à chercher
l'un , & éviter l'autre ; fi ce n'eſt en les
expofant à leurs yeux dans une Peinture
naïve & fidelle , l'un avec les charmes &
fes avantages , l'autre avec fa honte , fes
dangers & fes écueils ? Comment s'y prendroit
M. Rouffeau lui-même pour éclairer
un jeune homme dans le choix d'un
objet digne d'être aimé ? Vous reconnoîtrez
, lui diroit-il , une Femme honnête
à fes principes , à fes fentiments , au caractére
de fon amour. Si elle eft plus occupée
que vous-même de vos devoirs &
de votre gloire , de vos talents & de vos
vertus ; fi elle prend foin d'embellir votre
âme , & de vous rendre plus cher à fes
yeux , en vous rendant plus eftimable ;
voilà l'objet qui doit vous attacher. C'eſt
la leçon qu'il lui donneroit , & cette leçon
eft celle du Théâtre. Il ajouteroit à
ce tableau le contrafte d'une femme impérieufe
& vaine , qui veut que tout céde
à fes caprices , que tout foit facrifié à fa
fantaifie & à fes plaifirs , qui ne connoît
dans fon Amant de devoir , de foin , d'in- ?
JANVIER. 1759. 99
térêt que celui de lui complaire ; qui fe
fait un jeu de fa ruine , un amuſement
de fes folies , un triomphe de fes égarements.
Voilà , diroit-il , celle que vous
devez craindre ; & le Théâtre l'a dit mille
fois. Il feroit bon fans doute de mettre en
action ces préceptes , il feroit bon de repréfenter
fur la Scéne l'Enfant prodigue
au milieu des malheureufes qui l'ont égaré
, ruiné , chaffé , méconnu ; mais par
malheur la décence s'y oppofe. Il s'enfuit
qué la Scéne Françoife n'eft pas à cet
égard auffi morale qu'elle peut l'être ;
mais on y dit ce que l'on n'ofe y peindre ;
& fi les impreffions n'en font pas affez
vives , fi elles frappent l'oreille fans toucher
le coeur , ce n'eft pas la faute du
Théâtre .
Si l'Amour criminel ou vicieux eft peint
dans quelques- unes de nos Pićces , avec
des couleurs qui le font aimer , je fuis le
premier à condamner la Piéce. Mais que
M.Rouffeau nous en cite les exemples dans
ce qui s'appelle le Théâtre honnête . L'Amour
intéreffe dans Zaire & dans Bérénice
, oui fans doute ; auffi l'Amour n'y
eft-il pas criminel . Il combat un Préjugé
national dans Titus , & il eft facrifié à
ce Préjugé même . Il combat dans Zaïre
des devoirs inconnus , & il cède à ces
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
devoirs , dès que leur voix fe fait entendre.
Zaïre meurt , & l'on ne laiffe pas de
fouhaiter de rencontrer une Zaïre : je le
crois bien ; auffi n'eft - ce pas la crainte
d'aimer une Zaïre , mais la crainte de
l'immoler dans les accès d'une jalouſie
aveugle & forcenée que ce Spectacle doit
infpirer.
:
On s'intérefle à l'Amour de Titus pour
Bérénice ; quoiqu'il foit oppofé à fon devoir
pourquoi ? Parce que ce devoir n'eņ
eft pas un dans nos moeurs , & que le
coeur doit prendre parti pour un fentiment
naturel contre une opinion révoltante.
Que le Cid facrifiât fon pere à Chiméne ,
qu'Horace abandonnât la caufe de Rome
pour complaire à Sabine : je demande à
M. Rouffeau s'il croit que l'intérêt de
l'Amour l'emportât dans nos coeurs fur
l'intérêt facré de la Nature ou de la Patrie?
Qui de nous eft complice dans l'âme
de la trahifon du fils de Brutus ? Mais
qu'il plaife aux Romains de faire un crime
à leur Empereur d'époufer une Reine ;
cet orgueil nous irrite , loin de nous toucher
; & fi nous applaudiffions dans Titus
l'effort généreux qu'il fait fur lui-même ,
fon refpect pour une Loi fuperbe , ne fe
communique point à nous , & les charmes
naturels de la beauté & de la vertu
JANVIER. 1759 .
101
confervent tous leurs droits fur nos âmes.
M. Rouffeau a raifon de dire qu'aucun des
Spectateurs n'eft Romain dans ce moment;
mais aucun ne pardonneroit à Titus de
ceffer de l'être. C'eft par principe qu'on
l'admire ; c'est par fentiment qu'on le
plaint.
» L'Amour ſéduit , ou ce n'eſt pas lui »
Qu'eſt-ce à dire , l'Amour ſeduit ? Il intéreffe
, il attache , oui fans doute . Il nous
fait tomber daus les piéges du crime , au
moment qu'il fuit lui-même le chemin de
la vertu : c'eft ce que je ne puis concevoir.
» Les circonstances qui le rendent ver-
» tueux au Théâtre , s'effacent , dit M.
» Rouſſeau , de la mémoire des Specta-
" teurs. » Ainfi , quand les yeux mouillés
de larmes , je viens de voir Zaire ou Bérénice
, j'oublie qu'elles étoient vertueufes
, qu'elles ont facrifié le fentiment le
plus cher de leur âme , l'une à la Religion
de fes Peres , l'autre à la gloire de
fon Amant. Quand je viens d'entendre &
d'admirer Life , Conftance ou Cénie, j'oublie
la cauſe , la feule cauſe de l'intérêt
vif & tendre dont je fuis encore tout ému.
Voilà une façon de fentir dont je n'avois
pas même l'idée. Il me femble au contraire
que le fouvenir des circonftances
qui ont excité l'émotion , furvit long-
E iij
702 MER CURE DE FRANCE.
tems à l'émotion elle-même ; & ce n'eft,
que par ces images , que les peines & les
plaifirs paffés , nous font encore préfents.
Comment donc M. Rouffeau a-t- il prétendu
que l'Amour refte , & que l'objet
s'efface Feroic-il confifter l'impreffion
de l'Amour au Spectacle , dans l'émotion
phyfique des fens ? Si telle eſt fon
l'idée , j'ofe lui répondre , qu'aucune des
Piéces où l'Amour eft peint vertueux , ne
produit cet effet , ni ne peut le produire.
Je dis plus un feul trait , qui dans une
Picce décente réveilleroit une idée obfcéne
, indifpoferoit tous les efprits . S'il
n'y a donc que l'émotion pure de l'âme
fans aucun mélange de vice , quel eft le
caractére dépravé qui change en affection
criminelle le fentiment que viennent d'exciter
en lui la bonté , la candeur , l'innocence
, la vertu même ? Que M. Rouffeau
compofe lui-même ce caractére déteftable
; je ne lui oppofe point fon principe
que tout homme eft né bon ; je veux qu'il
y en ait de naturellement pervers , & je
fuppofe un tel homme au Spectacle. Ou
la Peinture d'un Amour vertueux le touchera
, & pour un moment il fera moins
méchant ; ou il n'en fera point ému , & le
Spectacle dès-lors ne fera pour lui qu'infipide.
Il en revient , me direz-vous ,
JANVIER. 1759.
103
avec l'ardeur du defir dans les fens , & il
va l'appaiſer par un crime : cela peut être ;
mais ce que le Théâtre a fait , le Spectacle
le plus innocent l'eût fait de même.
Penfez qu'il s'agit d'un hommie perdu :
tout eft poifon pour une telle âme .. Mais
fuppofons ce qui eft plus commun ; c'eſtà
- dire , un homme qui ne fe livre à l'Amour
vicieux , que parce qu'il y fuppofe
un charme & des plaifirs qui manquent à
P'Amour honnête : pour celui- ci , plus la
Peinture de l'Amour honnête fera tou
chante ; plus le contrepoids du vice
aura de force , & moins par conféquent
le vice lui-même aura d'attraits . Prenez
un jeune débauché au dénouement de
P'Enfant Prodigue ; s'il eft attendri , s'il a
verfé des larmes , il eft vertueux , au moins
dans ce moment . Il a partagé les regrets ,
la honte , les remords de fon femblable ;
il a gouté avec lui le plaifir de dérefter aux
pieds d'une Femme honnête , fenfible &
généreufe , le crime de l'avoir trahie. Il a
pleuré fes égarements , fon coeur s'eft dilaté
au moment du pardon , il a baisé avec
Euphémon la main de fa vertueufe Amante
: Voilà donc les circonftances que vous
prétendez qu'il oublie , pour ne conferver
que l'impreffion , de quoi ? D'un Amour
fans objet , fans motif , fans caractére , &
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
qui dans fon âme va fe changer en vice ?
Je me perds dans cette analyfe étrange
du coeur humain ; & fi la nature eft auffi
monftrueufe que vous le fuppofez , je m'applaudis
de la méconnoître.
, Il faudroit , felon M. Rouffeau ne
préfenter l'Amour au Théâtre , que dangereux
, trompeur & funefte. » În croit
faire merveille de donner à la tendreffe
» tout l'intérêt de la vertu ; au lieu qu'il
»faudroit apprendre aux Jeunes gens à
» fe défier des illufions de l'Amour , & à
» fuir l'erreur d'un penchant aveugle qui
» croit toujours fe fonder fur l'eſtime. »
J'ai dit comment le Théâtre répond à
ces vues ; mais on fent bien que ce n'eſt
pas affez dans les principes de M. Rouffeau.
Rien n'eft plus rare , à fon avis ,
qu'une Femme aimable & vertueufe ; tout
Ce qui nous difpofe à aimer les Femmes ,
nous entraîne donc au vice. C'eſt ainfi
qu'il doit raifonner. Pour moi qui , dans
les Familles , n'ai guéres vû que des filles
bien nées , & les graces de l'innocence
unies à celles de la Jeuneffe , fouvent à
celles de la beauté , je crois que c'eſt remplir
l'intention de la Nature , & celle de
la Société , que d'attirer fur ces chaſtes
objets les voeux innocents des hommes de
leur état & de leur âge : je crois que leur
JANVIER. 1759. 105
infpirer une eftime , une confiance mutuelle,
c'eft les difpofer à fe rendre heureux : je
crois en un mot qu'attendrir un féxe pour
l'autre ; c'eft tirer l'homme de la claffe des
bêtes, & cacher la honte de l'Amour phyfique
fous l'honnêteté de l'Amour moral .
L'Amour a fes dangers , fans doute ;
mais quelle paffion n'a pas les fiens ? Il
s'agit de le régler , c'eft-à-dire , de l'éclairer
fur fon objet , & de lui tracer
des limites. L'homme a fes defirs , la
Nature les lui donne ; il faut qu'il les fixe ,
ou qu'il les répande. Entre l'amour & la
débauche , il n'y a que la fageffe ftoïque .
ou l'infenfible froideur. Voyez fi vous
prétendez faire de tous les hommes des
Stoïciens ou des Marbres , les élever audeffus
du foin de perpétuer leur efpéce , ou
les réduire àn'être plus que des Otomates
multipliants. A moins de métamorphofer
ainfi la Nature , il me femble que le lien
le plus doux , le plus vertueux qui puiffe
rapprocher , unir , enchaîner les deux
Séxes , c'eft le noeud intime d'une affection
mutuelle , & que le plus grand bien qu'on
puiffe opérer dans les moeurs d'un Peuple
inconftant & volage , c'eft de l'émouvoir
, de l'attendrir , de le difpofer à l'Amour,
en l'accoutumant à méprifer ce qu'un
tel fentiment à de vicieux , à craindre ce
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
qu'il'a de funefte , à chérir ce qu'il a d'intéreffant
, de refpectable & de facré.
Il n'eft point d'armes que M. Rouffeau
n'employe , & qu'il ne manie avec beaucoup
d'art , pour attaquer les moeurs du
Théâtre. L'Amour honnête qu'on y refpire,
réunit toutes les affections de l'âme fur
un feul objet. Or , » le plus méchant des
» hommes , eft celui qui s'ifole le plus , qui
» concentre le plus fon coeur en lui-mê-
» me. Le meilleur eft celui qui partage
également fes affections à tous fes fem-
» blables. Il vaut beaucoup mieux ai-
» mer une maîtreffe que de s'aimer
»feul au monde. Mais quiconque aime
» tendrement fes parents , fes amis , fa
" patrie & le genre humain , fe dégrade
" par un attachement défordonné qui nuit
» bientôt à tous les autres , & leur eft infailliblement
préféré. »
و د
و ر
»
pour
Je nie que le plus méchant des hommes
, foit celui qui s'ifole le plus . Cer
homme-là ne fait que s'anéantir la
Société. Or , le néant n'eft pas ce qu'il
a de pire. Il est évident que Cartouche
étoit plus méchant que Timon. Du reſte
il n'y a que l'Amour effréné qui détache
l'âme de fes devoirs , & qui en rompe les
liens tout fentiment vif les relâche ; l'amitié
, le fang & l'amour rompent L'éJANVIER.
1759.
107
quilibre des intérêts qui meuvent l'âme ;
mais cet équilibre eft une chimére . Licurgue
, pour rendre toutes les affections
communes , a été obligé de rendre tous
les biens communs jufqu'aux enfants , &
de former fon noeud politique des débris
de tous les noeuds domeftiques & perfonnels.
Avec l'argument de M. Rouſſeau ,
je prouverai qu'une Mérope eft un perfonnage
vicieux , & aucune mere ne vou
dra m'en croire .
L'Amour paffionné , c'eſt-à-dire , aveugle
& fans frein , eft un des plus grands
maux , dont le coeur de l'homme foit menacé
; auffi dans la Peinture qu'on en fair
fur la Scéne , n'infpire-t-il jamais la pitié
fans la crainte : voyez Hermione, Radamifte
, Orofmane , &c. mais ce n'eft
point cette fureur cruelle , forcenée , atroce
, dont vous craignez pour nos âmes
foibles les exemples contagieux. Vous redoutez
pour nous ces Spectacles tranquilles
, où l'on répand de douces larmes , où
la vertu gémit avec l'Amour , où la volupté
même est décente. Cénie, Mélanide,
l'Oracle, c'eft-là, dites-vous, qu'on refpire
le poifon d'un Amour dont les excès font
inévitables. Ces mêmes âmes que vous
trouvez fi froides , quand l'humanité , la
pitié les frappe , deviennent donc tout
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
à
coup bien fenfibles aux impreffions de
l'Amour. Que dis-je ? l'Amour lui-même
ne les touche donc qu'au Spectacle ; car
vous-même , vous avouez que le monde
ne le connoît plus . J'ai beau vouloir vous
concilier avec vous-même , il n'y a pas
moyen; votre opinion eſt un Protée , &
tel
je ne fuis pas unun Ulyffe. Je conclus donc ,
fans plus de difcuffion , que l'Amour ,
que peuvent
l'infpirer
ces Spectacles
attendriffants
, n'eft rien moins qu'une
phrénéfie
, rien moins qu'un mouvement
ftupide ; qu'il eft affez vifpour rapprocher
les âmes , & qu'il ne l'eft point affez pour
enyvrer les fens , qu'il favorife le penchant
de la Nature , fans rompre la digue
des bienséances
, ni changer la direction
du devoir & de la vertu. Banniſſez
donc l'Amour de Genêve , comme les
Spectacles
; fouhaitez
qu'il ne pénétre
point dans les retraites de ces Montagnons
fortunés, chez qui vous priez Dieu
qu'on ne mette point de lanternes
; mais
Jaiffez- nous defirer qu'à Paris le fentiment
le plus doux de la Nature , prenne la place
de la coquetterie
& du libertinage. Les
Spectacles y font utiles, non » pour per-
»fectionner
le goût,quand l'honnêteté
eft
» perdue, mais pour encourager
l'honnêteté
même par des exemples
vertueux , &
JANVIER. 1759. iog
publiquement applaudis ; non » pour cou-
"vrir d'un vernis de procédés , la laideur
du vice ; mais pour faire fentir la
honte & la baffeffe du vice, & développer
dans les âmes le germe naturel des vertus
; non » pour empêcher que les mau-
» vaiſes moeurs ne dégénérent en brigandage
, mais pour y répandre & perpétuer
les bonnes , par la communication
progreffive des faines idées , & l'impreffon
habituelle des fentiments vertueux ;
en un mot , pour cultiver & nourrir le
goût du vrai , de l'honnête & du beau
qui , quoiqu'on en dife , eft encore en vénération
parmi nous.
ر و
Après avoir repréfenté Paris comme
» une Ville remplie de gens intrigants ,
» défoeuvrés , fans moeurs , fans religion ,
» fans principes , dont l'imagination dé-
» pravée par l'oifiveté , la fainéantiſe , par
» l'amour du plaiſir , & par de grands
» befoins , n'engendre que des monftres ,
» & n'infpire que des forfaits. " Après
avoir peint le Théâtre comme l'Ecole la
plus pernicieufe du vice , on doit bien.
s'attendre que M. Rouffeau n'épargnera
pas les moeurs des Comédiens. Je n'examine
point le fait , la fatyre m'eft odieufe.
Je parle de ce qui peut être , fans
m'attacher à ce qui eft ; & je confidére
110 MERCURE DE FRANCE.
la profeffion en faifant abftraction des
perfonnes. M. Rouffeau commence par
avouer , qu'après avoir attaqué directement
le Spectacle dans fa nature & dans
fes effets , la difcuffion fur les moeurs des
Comédiens , n'eft pas fort néceffaire ; il
ne laiffe pas toutefois que de les noircir
de fon mieux : il auroit pu s'en dif
penfer.
Selon M. Rouſſeau » dans une grande
» Ville , la pudeur eft ignoble & baffe ;
ן כ
c'eft la feule chofe dont une Femme
» bien élevée auroit honte. Une Femme
qui paroît en Public , eft une Femme
" deshonorée. » A plus forte raifon , les
Femmes qui par état fe donnent en Spectacle
: il n'y a rien de plus conféquent,
Leur maniere de fe vêtir n'échappe point
à fa cenfure. Si on lui dit que les Femmes
fauvages n'ont point de pudeur , car elles
vont nues , il répond que » les nôtres en
» ont encore moins , car elles s'habillent.»
Si une Chinoiſe ne laiffe voir que le bout
de fon pied , c'eft ce bout du pied qui enflamme
les defirs. Si parmi nous la mode
eft moins févére , les charmes qu'elle laiſſe
appercevoir , font une amorce dangereufe.
Ainfi , une Femme ne peut fans crime ,
ni fe voiler , ni fe dévoiler. Si faut-il bien
cependant qu'elle foit vêtue de quelque
JANVIER. 1759 .
III
maniere; & à vrai dire , il n'en eft point
que l'habitude ne rende décente . Or , les
Actrices comiques font mifes précisément
comme on l'eft dans le monde . Les Actrices
tragiques ont foin d'ajuster à nos
moeurs les vêtements qu'elles imitent :
elles fe montrent avec cette bonne grace
que M. Rouffeau permet aux filles de Genêve
d'avoir au bal ; & dans tout cela ,
il n'y a rien que d'honnête.
M. Rouſſeau demande » comment un
» état , dont l'unique objet eft de fe mon-
» trer en Public , & qui pis eft , de fe
» montrer pour de l'argent , conviendroit
» à d'honnêtes femmes. » Je ne réponds
point au premier Article : j'ai fait voir que
dans tout ce qui n'eft pas d'inftitution
naturelle , les bienféances dépendent de
l'opinion . Dans la Grèce , une honnête
femme ne ſe montroit point en Public ;
parmi nous , elle y paroît avec décence ;
un état qui l'y oblige peut donc être un
état décent. Quant à la circonftance du
falaire dont M. Rouſſeau fait aux Comédiens
un reproche plus humiliant , a-t-il
oublié que rien n'eft plus honnête que
de gagner fa vie ; & ne fait-il pas gloire
lui- même de fe procurer par fon travail
, dequoi n'être à charge à perfonne ?
Les profeffions les plus utiles & qui de112
MERCURE DE FRANCE.
mandent le plus de talents , doivent être
fans doute les plus refpectées ; mais
s'enfuit-il que les profeffions qui ont pour
objet l'amuſement de la fociété , foient
deshonorantes , par la raifon qu'on les
exerce pour de l'argent ? Que l'on joue
le rôle de Burrhus , du Milantrope , de
Zaïre , ou que l'on donne un Concert
pour de l'argent , tout cela eft égal , fi
de part & d'autre les plaifirs que l'on
procure à qui les paye , n'ont rien que
d'honnête ; or c'étoit là feulement ce
qu'il falloit confidérer , fans s'attacher
à une circonftance qui ne fait rien du
tout à la chofe car fi le Spectacle étoit
pernicieux , il y auroit encore plus de
honte à être Acteur gratuitement , qu'à
l'être pour gagner fa vie. Qui d'ailleurs
affure M. Rouffeau que l'argent foit le
principal objet d'un Baron , d'une Lecouvreur
, & de celui qui , comme eux,
afpire à fe rendre célébre ?
Sans doute les talents & le génie ont
un objet plus noble que le falaire du traail
. Mais comme il faut vivre pour ſe
endre immortel , la premiere récomenfe
du Comédien , comme du Poëte ,
a Peintre , du Statuaire & c. doit être la
abfiftance dont l'argent eft le moyen ;
JANVIER. 1759. 113
car on ne peut pas en même temps faire
Cinna & labourer la Terre .
» Il eft difficile que celle qui fe met à
» prix en repréſentation , ne s'y mette
»bientôt en perfonne . » C'eft comme fi
je difois qu'il eft difficile qu'un Auteur
qui vend fes écrits à un Libraire , ne foit
pas tenté d'aller ſe vendre lui-même . Un
fi excellent Ecrivain peut- il vouloir faire
paffer en preuve d'une imputation flétriffante
un tour d'expreffion qui n'eft
qu'un jeu de mots ? L'Actrice qui joue
Emilie ou Colette eft elle plus vendue à
l'or des Spectateurs que ne l'étoient Corneille
& M. Rouffeau lui-même ? S'il me
répond qu'elle leur vend fa préfence ,
fon action , fa voix & le talent qu'elle
a d'exprimer tout ce qu'elle imite. Je réponds
que Corneille & M. Rouffeau ont
vendu avant elle leur imagination ,
leur âme , leurs veilles , & le don de
feindre qui leur eft commun avec elle .
C'eft furtout cet Art , ce don de feindre
& d'en impoſer , que M. Rouffeau trouve
deshonorant dans la profeffion de Comédien.
" Qu'eft- ce que le talent du Co-
» médien l'art de fe contrefaire , de re-
» vêtir un autre caractére que le fien , de
paroître différent de ce qu'on eft , de
» fe paffionner de fang froid , de dire
"
114 MERCURE DE FRANCE.
» autre chofe que ce qu'on penfe , auffi
» naturellement que fi on le penfoit réel-
» lement , & d'oublier enfin fa propre
place , à force de prendre celle d'au-
» trui. Et , à votre avis , Monfieur, qu'eftce
que l'art du Peintre , du Muficien , &
furtout du Poëte ? Auriez-vous jamais
fait les rôles de Colin & de Colette ,
fi vous ne vous étiez pas déplacé ? M. de
Voltaire que vous n'accuferez pas d'exercer
un métier infâme , étoit-il femblable
à lui-même en écrivant fes Tragédies ?
L'art de faire illufion eft-il plus de l'ef
fence du Comédien , que de l'effence du
Poëte , du Muficien , du Peintre &c. Celui
qui trouva le Dominicain travaillant
avec un air atroce au Tableau de S. André
, le foupçonna- t-il d'être complice
du Soldat qu'il peignoit alors infultant le
S. Martyr ?
En vérité , plus j'y penfe , moins je
conçois que vous ayez écrit férieufement
tout ce que je viens de lire. Cependant
de cette déclamation fi étrange & fi peu
fondée , vous tirez des inductions cruelles.
Que vous demandiez fi ces hommes
fi bien parés , fi bien exercés au ton de
la galanterie & aux accens de la paffion ,
n'abuſeront
jamais de cet art pour féduire
de jeunes perfonnes ; votre crainte peut
JANVIER. 1759. 115
être fondée ; & j'avoue qu'un bon Comédien
doit fçavoir plus que perfonne ,
l'art de témoigner fes defirs fans déplaire,
& de les rendre intéreffants. Cet Art eft
honnête felon vos principes ; mais comme
je ne vous prens pas au mot , j'avoue
qu'un bon Comédien fans moeurs ,
eft plus dangereux qu'un autre homme.
Vous allez plus loin. Ces valets filoux , fi
fubtils de la langue & de la main fur
la Scéne , dans les befoins d'un métier
plus difpendieux que lucratif , n'aurontils
jamais de diftraction utile ? ne prendront-
ils jamais la bourfe d'un fils prodigue
, ou d'un pere avare , pour celle
de Léandre ou d'Argan ? Que ne demandez-
vous de même fi celui qui joue
Narciffe ne fera pas un empoifonneur au
befoin ? Je paffe rapidement fur ce trait
qui vous eft échappé fans doute , je n'ai
pas le courage d'en plaifanter ; & fi je
le relevois férieufement , je tomberois
peut-être moi-même dans l'excès que je
vous reproche je m'en tiens donc à
notre objet. L'Auteur qui compofe &
l'Acteur qui repréfente fe frappent l'imagination
du tableau qu'ils ont à peindre.
Racine crayonnoit de la même main
le caractére divin de Burrhus , & le caractére
infernal de Narciffe . Milton eſt
16 MERCURE DE FRANCE.
fublime dans les blafphêmes de Satan
& dans l'adoration de nos premiers Peres.
L'âme de Corneille s'élevoit jufqu'à l'héroifme
pour faire parler Cornélie & Céfar
après s'être abaiffée jufqu'aux fentimens
de la plus lâche trahison pour faire
parler Achillas & Septime. Il en eft de
l'Acteur comme du Poëte , avec cette
différence que celui-ci à befoin de fe
transformer tout entier , & qué fon âme
doit être , s'il eft permis de le dire ,
centralement affectée des paffions qu'il
veut rendre , puifque c'eft lui qui les enfante
; au lieu que l'Acteur infpiré par
le Poëte , n'en eft que le copifte , & n'a
befoin , pour le rendre , que d'une émotion
plus fuperficielle , qui influe encore
moins par conféquent fur fon caractére
habituel.
Peut -être vous applaudiffez-vous de me
voir envelopper tous les Arts d'imitations
, dans le reproche que vous
faites à celui de Comédien ; mais c'eft
affez pour moi de vous réduire à convenir
qu'il n'eft pas moins honnête qu'un
autre. L'âme prend , à la longue , une
teinture des affections vertueufes dont
elle fe pénétre ; l'intérêt qu'elles lui
infpirent leur fert comme de mordant.
Mais les fentiments qu'on exprime avec
JANVIER . 1759. 117
horreur , le rôle qu'on méprife au moment
qu'on le joue , & qu'on voit en
butte au mépris , ce rôle , dis -je , n'a rien
de féduifant , rien de contagieux, ni pour
le Poëte qui le feint , ni pour l'Acteur
qui s'exerce à le rendre .
Toutefois je fens comme vous qu'un
Comédien vertueux , une Comédienne
fage & honnête fera une efpéce de prodige
, quand vous les réduirez l'un &
l'autre à l'Amour pur de la vertu , &
à la privation défintereffée de tous les
plaifirs qui les follicitent .
Le crime a trois fortes de frein : les
Loix , l'Honneur , la Religion. Le vice
n'a que la Religion & l'Honneur. D'un
côté l'on excommunie les Comédiens , de
l'autre on veut les rendre infâmes ; je
demande par quel effort généreux ils
fe priveroient des plaifirs tolérés par les
Loix & permis par la Nature ? S'ils ont
des moeurs , ce ne peut être qu'en s'élevant
au-deffus des autres hommes par
une droiture & une force d'âme qui les
raffure & qui les confole. Ils ne font pas
vertueux au même prix que nous ; & il
faut autant de courage à un Comédien
pour être honnête - homme , qu'à un
honnête - homme pour embraffer la prcs
feffion de Comédien. Voulez-vous juger
118 MERCURE DEFRANCE.
quelle eft l'influence de cette profeffion
fur les moeurs , commencez par lui rendre
les deux plus grands freins du vice ,
les deux plus fermes appuis de la foibleffe
& de l'innocence , la religion &
l'honneur. Ne les privez de rien , ne les
difpenfez de rien ; laiffez à leurs penchants
les mêmes contrepoids qu'aux nôtres
; & alors s'ils font conftamment plus
vicieux que nous , c'eft à leur état qu'on
a droit de s'en prendre. M. Rouſſeau
prend la chofe à rebours , & de la honte
attachée à l'état de Comédien , il veut
tirer une preuve contre les moeurs de cet
état , & contre celles des Spectacles .
*
A Rome les Comédiens étoient des Ef
claves ; la condition d'Efclave étoit infâme
, & par conféquent celle de Comédien
; M. Rouffeau en conclut qu'elle
doit l'être partout.
Dans la Grèce , les Comédiens étoient
des hommes libres , & leur état n'avoit
rien de honteux ; M. Rouffeau nous répond
qu'ils repréfentoient les actions des
Héros , que ces grands Spectacles étoient
données fous le Ciel , fur des Théâtres
magnifiques & devant toute la Gréce
affemblée. Il nous difpenfera , je l'efpere,
de prendre tout cela pour des raifons ;
* Voy. les Mémoires de l'Acad . des Infcriptions
& Belles- Lettres. Tom . 17. Page 210,
JANVIER. 1759. 119
& s'il veut bien fe fouvenir que ces
Comédiens repréfentoient familiérement
des Héros inceftueux ou parricides , qu'ils `
jouoient & calomnioient Socrate ; il
avouera que fi jamais l'état de Comédien
a du être deshonorant , c'eft fur le Théâtre
d'Athénes .
Dans les premiers établiſſemens des
nôtres , l'indécence & l'obfcénité des
Spectacles ont dû attirer fur la profeffion
de Comédien les cenfures de l'Eglife
& le mépris des honnêtes gens.
Les moeurs de la Scéne ont changé ;
& fi M. Rouffeau n'a pas prouvé que le
Spectacle eft pernicieux , tel qu'il eſt ,
ou tel qu'il peut être , il n'a pas droit
de conclure que le métier de Comédien
foit en lui-même un état honteux. Or
i cet état peut être honnête , il eft de
l'équité , de l'humanité , de l'intérêt
des moeurs de l'y encourager. Je le
répéte , l'Honneur & la Religion font
les appuis de l'innocence , les freins du
vice , les mobiles de la vertu & les contrepoids
des paffions humaines : priver
l'homme de ces fecours , c'eft l'abandonner
à lui-même.Heureufement les Comédiens
ne prennent pas tous à la lettre
cet abandon déſeſpérant : autoriſés
protégés, récompenfès par l'Etat, accueillis
, confidérés même dans la fociété la
120 MERCURE DE FRANCE.
plus décente , lorfqu'ils y apportent de
bonnes moeurs, ils fçavent que fi nos
fages Magiftrats n'ont pas crû devoir encore
céder aux voeux de la Nation &
aux motifs puiffants qui follicitent en
faveur du Théâtre , c'est par des raifons
très-fuperieures aux préjugés de la barbarie.
Ils fçavent que ces raifons politiques
n'ont rien de relatif à leur con
duite perfonnelle , & par conféquent
rien de deshonorant pour eux ; auffi n'ontilspas
perdu le courage d'être Chrétiens
& honnêtes gens. A Paris furtout leur
conduite eft plus décente , parce qu'elle
a l'eftime publique pour objet & pour
récompenfe. M. Rouffeau en convient
lui-même. Il n'a connu particulierement
qu'un feul Comédien , & il avoue que
fon amitié ne peut qu'honorer un honnête-
homme.
A l'égard des tenta tions auxquelles une
Actrice eft expofée , il en eſt qui , dans
la fituation actuelle des chofes , me femblent
comme inévitables. On ne doit
pas s'attendre à voir des moeurs pures
au Théâtre , tant que le fruit du travail
& du talent ne pourra fuffire aux dépenfes
attachées à cette profeffion . La
pompe du Spectacle en exige de ruineufes
; & il eft honteux qu'une Actrice foit
obligée ,
JANVIER. 1759.
127
, obligée , pour y fubvenir
ou de s'en →
detter, ou de fe perdre. Or telle est l'alternative
preffante
où elle eft réduite
par le
calcul du produit & des frais. Mais , que
tout compenfé
, il refte à une Actrice
qui
penfe, dequoi vivre modeftement
& honnêtement
dans fa maifon
où les études
continuelles
l'attachent
; qu'elle
puifle
d'ailleurs
prétendre
dans fon état , à tous
les avantages
que l'eftime
publique
attribue
à la vertu ; il y a d'autant
mieux
à préfumer
de fa conduite
& de fes
moeurs , que les principes
& les fentiments
dont elle eft habituellement
affectée
, lui éclairent
l'efprit
& lui élévent
l'âme.
J'en ai dit affez , j'en ai trop dit 2
peut-être , & encore n'ai-je pas relevé
tous les traits qui , dans cet ouvrage ,
mériteroient d'être difcutés. Si je me livrois
à toutes les réfléxions que M. Rouffeau
me préfente , je ferois un livre plus
long que le fien , mais infiniment moins
curieux , moins éloquent , moins intéreffant
de toutes manieres. Mon deffein
n'a été , ni de lui nuire , ni de briller
à fes dépens ; mais de réduire au point
de la vérité l'opinion de fes Lecteurs fur
l'Article des Spectacles. Je puis avoir
raifon contre lui , fans préjudice pour
II. Vol, F
122 MERCURE DE FRANCE.
fa vertu que je refpecte , ni pour fes
talents que j'admire ; & s'il m'eft échappé
quelque trait qui faffe douter de ces
fentiments , je le défavoue & le condamne.
Un motif perfonnel m'a fait oppofer
quelquefois M. Rouffeau à lui- même
, il eft vrai ; mais ce motif eft le
defir de le réconcilier avec les hommes ,
de lui faire entendre qu'on peut être
injufte par excès de zéle , qu'un violent
amour de la vertu peut , comme toutes
les paffions , nous emporter au-delà
des limites , qu'enfin les principes de
l'honnête & du vrai peuvent être altérés
dans l'âme par la chaleur de l'imagination
, & par cette fermentation des
efprits qui s'excite dans la folitude. Je
defire plus encore , & je m'applaudirois
toute ma vie d'avoir pu y réuffir : ' eft
d'arracher ce Philofophe éloquent aux
réfléxions douloureufes qui confument ſa
jeuneffe , de le rendre à la fociété où je
l'ai vu tendrement chéri , de l'engager à
confacrer aux vérités fimples & folides ,
aux vertus douces & fociales , au bonheur
de l'humanité , le génie & les veilles qu'il
employe à la décourager , & à la rendre ,
s'il étoit poffible , odieufe à elle-même.
Quelle fatisfaction peut- il avoir à calom
nier nos goûts & les fiens ? Les farces, ditJANVIER.
1759. 128
il , les plus groffieres , font moins dangereufes
pour une jeune fille , que la Comédie
de l'Oracle. Quels reproches ne fe
fait-il donc pas à lui-même d'avoir compofé
en Vers & en Mufique cette Scéne
naïve & fi touchante que toutes les
jeunes filles fçavent par coeur ?
Tant qu'à mon Colin j'ai fçu plaire &c.
Mais , voici qui eft plus férieux encore.
» Le Théâtre François eft , dit-il , la
plus pernicieuſe école du vice .... J'ai-
» me la Comédie à la paſſion .... Racine
» me charme ; & je n'ai jamais manqué
» volontairement , une repréſentation de
» Moliere .
Il eſt donc , felon fes principes , dans
le cas d'un homme qui auroit affifté journellement
& avec délices , à un feftin
où il auroit fçu que l'on verſoit du poiſon
aux convives.
» Sainte & pure vérité , s'écrie- t - il ,
»non jamais mes paffions ne fouilleront
» le fincére amour que j'ai pour toi : l'in-
» térêt ni la crainte ne fçauroient altérer
» l'hommage que j'ai à t'offrir.
Rien n'eft plus beau , plus courageux ,
fans doute ; mais le fervice que j'ai voulu
rendre à M. Rouffeau n'en fera
plus effentiel , fi j'ai pu lui perfuader que
que
Fij
124 MERCURE DE FRANCE:
ces idées affligeantes qu'il a prifes pour
la vérité n'en étoient que de vains phantômes,
& que le mal auquel il croit avoir
contribué par fes écrits & par fes exemples
eft un bien
pour l'humanité.
Genêve fur les Spectacles .
LA plupart des difputes philoſophiques
ne font que des difputes de mots.
Nous qui cherchons la vérité de bonne
foi, commençons par nous bien entendre.
Il s'agit de l'Amour que M. Rouffeau condamne
au Théâtre. Quelle eft d'abord
l'idée qu'il attache , à ce nom d'Amour ?
Il y a un amour phyfique répandu dans
la Nature , & qui en eft l'âme & le foutien.
Voyons ce qu'en penfe M. Rouffeau.
JANVIER. 1759. 75
و و
20
">
و د
» Si En faifant l'éloge de la pudeur.
» les deux Séxes , dit-il , avoient égale-
" ment fait & reçu les avances , le plus
doux de tous les fentimens eût à peine
» effleuré le coeur humain , & fon objet
eût été mal rempli. L'obftacle apparent
qui femble éloigner cet objet , eft au
»fond ce qui le rapproche : les defirs
voilés par la honte n'en deviennent
que plus féduifants ; en les gênant la
pudeur les enflamme . Ses craintes , fes
» détours, fes réferves, fes timides aveux,
» fa tendre & naïve fineffe difent mieux
» ce qu'elle croit taire que la paffion ne
T'eût dit fans elle. C'eft elle qui donne
» du prix aux faveurs , & de la douceur
» aux refus le véritable amour poflede
» en effet ce que la pudeur lui difpute.
» Ce mêlange de foibleffe & de modeſtie
» le rend plus touchant & plus tendre.
» Moins . il obtient , plus la valeur de ce
qu'il obtient , augmente ; & c'eft ainfi
qu'il jouit à la fois & de fes privations
» & de fes plaifirs.
»
3 A
Je défie tout le talent des Actrices ,
tout le manége des Coquettes , de rendre
l'amour plus féduifant que ne fait
ici la pudeur. Si l'amour phyfique étoit
un mal , la pudeur feroit donc la plus
redoutable de toutes les enchanterelles ,
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
& le morceau charmant que je viens de
tranfcrire , la plus pernicieufe de toutes
les leçons.
Or , felon M. Rouffeau , la pudeur eſt
non feulement une vertu , mais la premiere
vertu d'une femme : fans la pudeur
une femme eft coupable & dépravée. L'amour
que la pudeur enflamme , qu'elle
rend plus touchant & plus tendre , eft
donc un bien : nous voilà d'accord. Encore
quelques-unes de fes maximes ; c'eſt
m'embellir que de le citer .
Le plus grand prix des plaifirs eft
» dans le coeur qui les donne : un vérita-
» ble amant ne trouveroit que douleur ,
rage & défeſpoir , dans la poffeffion
» même de ce qu'il aime , s'il croyoit n'en
→ point être aimé. Vouloir contenter infolemment
fes defirs , fans l'aveu de celle
» qui les fait naître , eft l'audace d'un Sa-
» tyre ; celle d'un homme eft de fçavoir
» les témoigner fans déplaire , & les rendre
intéreſſants ; de faire enforte qu'on
les partage ; d'affervir les fentimens
avant d'attaquer la perfonne . Ce n'eft
pas affez d'être aimé : les defirs partagés
ne donnent pas feuls le droit de
les fatisfaire ; il faut de plus le confentement
de la volonté le coeur ac
corde en vain ce que la volonté refuſe,
:
JANVIER. 1759.
» L'honnête homme & l'Amant s'en abftient
même quand il pourroit l'obtenir.
» Arracher ce confentement tacite , c'eft
» ufer de toute la violence permife en
» amour : le lire dans les yeux , le voir
» dans les manieres malgré le refus de
» la bouche , c'eft l'art de celui qui fçair
» aimer : S'il achève alors d'être heureux ,
» il n'eſt pas brutal , il eft honnéte . Il
» n'outrage point la pudeur , il la ref-
"pecte , il la fert ; il lui laille l'hon-
» neur de défendre encore ce qu'elle eût
peut-être abandonné.
Ovide & Quinault ne difoient pas
mieux , & le Théâtre n'eut jamais de plus
indulgente morale. D'après ces principes ,
j'ofe affurer M. Rouffeau que l'amour
honnête eſt l'amour à la mode , qu'il y
a peu de Satyres dans le monde , & que
c'eft précisément felon fa méthode qu'on
y achève d'être heureux .
Mais cet amour innocent , dans l'état
de fimple nature , peut ne l'être pas dans
la conftitution actuelle des chofes : il
y
a même des circonftances où il eſt puni
par les Loix , comme crime de féduction
; il ne feroit donc pas prudent de
s'en tenir à cette régle. M. Rouffeau
reconnoît dans les fentimens de l'homme
en fociété , une moralité incon-
· D iij
78 MERCURE DE FRANCE.
nue aux bêtes ; & quoiqu'il fût aifé
de trancher toute difficulté , en rejettant,
comme lui , l'impertinent préjugé des conditions
, & toutes les conventions de la
même espéce ; en donnant pour raifon
de ce qu'on appelle licence , Ainfi l'a
voulu la Nature , c'est un crime d'étouffer
fa voix ; quoiqu'il n'y ait pas de libertinage
qu'on ne pût juftifier en difant comme
lui , La Nature a rendu les femmes
craintives afin qu'elles fuyent , & foibles
afin qu'elles cédent , en un mot , quoique,
pour combattre M. Rouffeau , il fuffit
peut- être de l'oppoſer à lui-même ; je ne
profiterai pas de l'avantage que me donne
le peu d'accord que je crois voir entre
fes maximes. Je reconnois donc , de
bonne foi , que les inftitutions naturelles
doivent fe plier aux régles établies
entre les hommes ; & que ce qui étoit
bon dans les bois , peut être mauvais
dans nos Villes. Ainfi je vais confidérer
l'amour dans fes relations politiques &
morales , & voir en quoi le Théâtre qui
le favorife eft nuifible à la Société.
D'abord , obfervons dans l'Amour des
fentiments très-diftincts , qu'il eft bon de
ne pas confondre. S'il n'y avoit que ce
que M. Rouffeau appelle modeftement
les defirs du coeur , l'Amour feroit un
JANVIER. 1759. 79
mouvement paffager & périodique , comme
tous les befoins , & tel que M. Rouffeau
nous l'a fait remarquer lui -même
dans l'Homme Sauvage.
Cet Amour infpiré par la Nature ,
n'eft honnête dans les moeurs de la Société
qu'autant qu'il fe méle confufément ,
& comme à notre infçu , à des fentiments
plus purs & plus nobles : ces fentiments
font l'eftime , la bienveillance ,
la douce & tendre intimité ; d'où résulte
la complaifance de foi-même dans un
objet de prédilection auquel on attache
fon être. Quand l'affection et mutuelle
& au même degré , c'eſt l'union la plus
étroite , c'est le plus parfait accord qui
puiffe régner entre deux êtres fenfibles ;
c'est enfin , s'il eft permis de le dire , la
transfufion & la coéxiftence de deux âmes.
Cependant on abufe de tout. Examinons
comment les exemples de cette
union fi délicieufe & fi pure , peuvent
être pernicieux.
> le
J'avoue d'abord que l'Amour , dans
la plupart des hommes n'eft que
defir naturel , fans aucune trace de moralité.
J'avoue que cet Amour et plus
commun dans les Villes opulentes &
peuplées ; j'avouërai même , fi l'on vent ,
qu'il régne à Paris autant & plus qu'en
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
>
aucun lieu du monde. Eft- ce au Spectacle
qu'il faut l'attribuer : L'Amour vertueux
eft , comme je l'ai dit un fentiment
compofé du Phyfique & du Moral
; mais dans lequel celui-ci domine.
Ce mêlange ne fe fait dans l'âme que
lentement & par degrés l'eftime , la
confiance l'amitié ne s'infpirent pas
d'un coup d'oeil . Or , fi des plaifirs faciles
préviennent le defir naiffant , s'il
n'a qu'à fe manifefter pour être comblé
fans obftacles , l'Amour ne fera dans
l'homme en fociété , que ce qu'il eſt dans
l'Homme Sauvage : c'eft ce qui arrive
partout où régnent l'opulence & le luxe.
Et c'est ainsi que le germe de l'Amour
vertueux eft étouffé dans l'âme des hommes
, quelquefois même avant la faifon
où il doit fe développer . Les femmes foiblement
aimées , aiment foiblement à
leur tour. L'exemple , le dépit , la féduction
les déterminent à imiter un
Amant trompeur , un Epoux dédaigneux
on volage ; & bientôt le déréglement
de part & d'autre , devient une espéce
d'émulation .
Dans une Ville qui contient cent mille
Célibataires nubiles , qu'il y ait des Speccles
, qu'il n'y en ait point , tout ce
qu'on peut fouhaiter & attendre , c'eſt
JANVIER. 1759 .
81
que la contagion du vice ne pénétre pas
dans le fein des familles ; c'eft que les
plaifirs tolérés ne dégoutent pas des plaifirs
permis ; que le vice n'ait que le fuperflu
d'une fociété tumultueufe & furabondante
, & que l'hymen toujours refpecté
, foit l'afyle inviolable de l'innocence
& de la paix. Or l'Amour feul ,
& j'entends l'Amour 'tel qu'il est repréfenté
au Théâtre , honnête , vertueux ,
fidéle , peut être le contre-poifon de ce
vice contagieux.
>
Qui n'aime aucune femme en a mille
à craindre. L'homme le plus facile a égarer
eft celui qui n'étant frappé vivement
d'aucun objet déterminé , préfente à la
féduction un coeur vuide. Et ce que je
dis d'un féxe doit s'entendre de tous les
deux . Le vice de notre Siécle n'eft donc
pas l'Amour tel qu'il eft peint dans nos
Spectacles ; mais l'Amour tel que l'infpire
la nature , & au-devant duquel les plaifirs
vont en foule, quand le luxe les met
à prix .
Le Théâtre , dit-on , allume les defirs :
comme s'il étoit befoin d'aller au Spectacle
pour être homme . Ces defirs , la Nature
les donne , elle fçait bien les réveiller.
Un peu plus , un peu moins de
vivacité ou de rafinement , ne change
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
rien à cette impulſion univerfelle . L'homme
livré à l'inftinct des bêtes chercheroit
partout fa moitié ; & au défaur de
. la beauté , la laideur feroit adorée . L'occafion
eft un attrait ; mais fi l'occafion
he venoit pas au-devant de lui , il iroit
bientôt au-devant d'elle les Cercles ,
les Jeux , les les Promenades , les lieux
mêmes les plus refpectables feroient comme
le rendez-vous de la licence & de
la féduction . Ce n'eft donc pas cet Amour
d'inftinct qu'il faut éluder ou tâcher de
détruire ; il s'agit de le diriger , de l'éclairer
, s'il eft poffible ; il s'agit de lui
donner cette moralité qui l'épure , qui
l'ennoblit , qui l'élève au rang des vertus.
L'émotion qu'on éprouve au Spectacle
attendrit l'âme , je l'avoue , & c'eſt
par là qu'il la difpofe à l'amour vertueux.
L'amour phyfique n'a befoin que
des fens ; l'amour vertueux a befoin de
toute la fenfibilité , de toute la délicateffe
de l'âme . Plus l'âme eft fenfible ,
plus elle eft délicate ; je dis l'âme , &
l'on m'entend bien : or la délicatelle des
fentimens en garantit l'honnêteté. Un
caractère de cette trempe s'attache à
fon devoir par tous les liens qu'il lui
préfente ; l'eftime , l'amitié , la reconnoiffance
la captivent. La Nature & le
JANVIER. 1759.
83
fang ont fur lui des droits abfolus.
Et vos enfants ces gages précieux ,
Nés de l'Amour , en font de nouveaux nouds .
Au lieu qu'une âme froide & légére ne
tient à rien & céde à un foufle. Elle oublie
la vertu qu'elle n'aime pas , pour
un vice qu'elle n'aime guères ; & fe perd
fans fçavoir pourquoi. Si j'ai bien étudié
les moeurs de notre Siècle , le vrai
moyen de les corriger feroit le don de
nous attendrir.
La fenfibilité dirigée au bien s'attache
à tout ce qui eft honnête ; de là vient
que toutes les vertus fe tiennent par la
main or le Théâtre en nous intéreffant
prend foin de réunir dans une émotion
commune tous les fentimens vertueux
qui doivent fe combiner enfemble. Ainfi
l'Amour y a pour compagne la pudeur ,
la fidélité , l'innocence ; tous ces caractéres
analogues , y font comme fondus
en un feul . C'est donc nous fuppofer une
ame déja bien corrompue , que de prétentendre
qu'elle analyfe ces émotions com
pofées pour en extraire du poifan
Voyons cependant , comment cela siopére.
"
›
Quand il feroit vrai , dit M. Rouf
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
»feau qu'on ne peint au Théâtre que
» des paffions légitimes , s'enfuit- il de là
»que les impreffions en font plus foi-
» bles , que les effets en font moins dan-
» gereux ? comme fi les vives images d'u-
»ne tendreffe innocente étoient moins
" douces , moins féduifantes & c.
S'il eft vrai que la pudeur qui infpire
fi bien l'amour , & dont les craintes ,
·les détours, les réferves , les timides aveux,
la tendre & naïve fineffe , difent mieux
'ce qu'elle croit taire que la paffion ne l'eût
dit fans elle ; s'il eefſtt vrai , dis-je , que
la pudeur foit une vertu , l'amour qu'elle
infpire n'eft donc pas un crime. En
fuppofant que les peintures du Théâtre
produifent les mêmes effets , le Théâtre
devroit donc , ce femble , partager les
éloges que M. Rouffeau donne à la pudeur.
Voyons comment ce qui fait le
charme de la pudeur , peut être le vice
du Spectacle.
"
» Les douces émotions qu'on y reffent
» n'ont pas par elles-mêmes un objet dé-
» terminé , mais elles en font naître le
» befoin. Elles ne donnent pas préciſé-
» ment de l'amour , mais elles préparent
» à en fentir. Elles ne choififfent pas la
perfonne qu'on doit aimer , mais elles
nous forcent à faire ce choix. Ainfi
و ر
JANVIER. 1759. 85
» elles ne font innocentes ou criminelles ,
que par l'ufage que nous en faifons ,
»felon notre caractére , & le caractére
» eft indépendant de l'exemple.
و د
Si M. Rouffeau parle du defir , il eſt
indépendant du caractére , comme le caractére
l'eft de l'exemple. Dans tous les
hommes , le defir tend au même but ; il
y arrive , & il s'éteint. C'eft le Roman
de l'Amour phyfique . S'il parle de l'Amour
compofé où dominent les affections
morales ; je nie que les émotions duThéâtre
n'en déterminent pas l'objet . Ce n'eſt
pas telle ou telle perfonne que le Théâtre
nous difpofe à aimer ; mais une perfonne
douée de telle & de telle qualité. Ces qualités
nous affectent plus ou moins felon
notre caractére ; mais celui qui en eft viyement
affecté au Spectacle , le fera dans
la fociété il ne le fera de même que
par des qualités femblables; & plus l'émotion
du Spectacle aura été vive, plus il fera
indifférent pour tout ce qui ne reffemble
pas au tableau dont il eft frappé . Eftime,
refpect , confiance , vif intérêt , tendre
penchant , voilà ce qui lui refte de l'impreffion
qu'il a reçue ; & tout cela tient
à quelque chofe. L'âme ainfi émue ne va
pas s'attacher au premier objet préſent.
Quant au befoin d'aimer , il ne peut être
86 MERCURE DE FRANCE.
ici que le defir impatient de poffèder l'objet
réel dont on vient d'adorer l'image :
or ce defir n'eft rien moins que vague ; la
caufe en décide l'objet. Le caractére eft
indépendant de l'exemple , mais l'émétion
théâtrale eft indépendante du carac
tére ; & chacun n'aime ou ne hait dans
les Peintures du Théâtre , que ce qu'il eft
capable , felon fon caractére , d'aimer ou
de hair dans la réalité ; à moins que M.
Rouffeau ne fuppofe qu'on change d'âme
en changeant de lieu : ainfi l'homme naturellement
vicieux , s'il en eft , ne fera
que très-foiblement touché d'un amour délicat
& honnête ; & celui que fon caractére
y rend plus fenfible , eft par là-même
difpofé à fuivre l'impulfion d'un exemple
vertueux .
M. R. compare aux tableaux de nos
Spectacles, le baiſer du Praticien Manilius,
donné à fa femme en préfence de fa fille.
C'étoit , dit-il, d'une action fort honnête ,
faire un exemple de corruption .
31
Cette action étoit l'exemple de la pu
deur violée , & par conféquent d'une mau
vaife action ; & ce baifer immodeste dans
nos moeurs , pouvoit être encore plus li
centieux dans les moeurs de l'ancienné
Rome ; au lieu que l'Amour , tel qu'il ek
peint fur le Théâtre , n'a rien d'indécent
à nos yeux.
JANVIER. 1759.
8-
» L'Amour eft louable en foi , comme
» toutes les paffions bien réglées ; mais les
excès en font dangereux & inévitables ,
» fil'idée de l'innocence embellit quelques
» inftants le fentiment qu'elle accompa-
" gne , bientôt les circonftances s'effacent
» de la mémoire , tandis que l'impreffion
» d'une paffion fi douce tefte au fond du
و د
-» coeur.
Un Peuple qui va chaque jour s'atten
drir à ce Spectacle , doit donc être un
Peuple très-paffionnné. Voyons ce qu'en
dit M. Rouffeau lui-même.
» On flatte les femmes , fans les aimer :
» elles font entourées d'agréables ; mais
elles n'ont plus d'Amants . Ne feroient-
» ils pas au défefpoir qu'on les crût amou-
» reux d'une feule ? Qu'ils ne s'en inquié-
» tent pas ; il faudroit avoir d'étranges
» idées de l'Amour. »
Voilà donc cette foule de Spectateurs
qui reviennent du Théâtre , avec un befoin
fi preffant d'aimer ? Voilà l'effet de
ces émotions qui préparent à fentir l'A-
'mour ; voilà , dis- je , cet Amour dont les
excès font inévitables ! Cette Jeuneffe
froide & légére a vû cependant le Spectacle
au fortir du Collége , & ne manque
pas une feule des leçons d'amour qu'on
donne. Quels en ont été les effets ?
88 MERCURE DE FRANCE
Soit foibleffe du côté des impreffions théâ
trales , foit froideur naturelle ou diffipation
du côté des Spectateurs , notre fenfibilité
n'eft donc que trop foiblement
par les objets vettueux que le Théâtre
nous préfente ; & le mal eft que l'émotion
qu'il nous cauſe , ne nous affecte
qu'un inftant .
émue
Dans les climats où la fenfibilité natu
relle eft plus que fuffifante pour remplir
l'objet de la fociété , il feroit dangereux
fans doute de l'irriter par des fenfations
trop violentes ; mais il eft un milieu entre
la langueur
& l'yvreffe , entre la froide
inertie de l'ame & les accès de la paſſion.
Or , nous fommes bien loin encore de
cette vivacité de fentiment , qui , mutuelle
entre les deux Séxes , fait le charme
de leur union . Voilà , je le répéte , ce qui
manque à nos moeurs , ce qu'il feroit à
fouhaiter
que pût nous donner le Théâtre ;
& ce n'eft pas à nous à craindre
la
que
foible illufion qu'il nous caufe , ne fe change
en égarement
. On revient ému d'Ariane
, d'Inès & d'Alzire ; mais de bonne
foi , en revient- on paffionné
: Ceft ce qui
feroit arrivé peut-être , dans les climats
où le fon d'une lyre rendoit les hommes
furieux. Auffi l'Amour n'étoit-il pas admis
fur le Théâtre d'Athénes ; & l'on faifoit
JANVIER. 1759. 89
rudemment de ne pas l'y expofer. Mais
le même excès eft à craindre pour Geêve
, comme le croit M. Rouffeau ; s'il
ft à craindre pour l'Angleterre où l'Amour
eft furieux & tragique , où les hommes font
fublimes ou déteftables ; M. Rouffeau doit
avouer du moins que Paris ne court pás
les mêmes risques.
Ceft à la légereté , à la diffipation
qui nous eft naturelle , au goût des plaifirs
tumultueux & vains qu'on doit attribuer
l'éloignement de la jeuneffe Françoife
pour les Vieillards , & le Théâtre
qui fait refpecter les vertus de cer âge
comme il en joue les ridicules , eft auffi
pen la caufe de l'abandon où languit la
vieilleffe que des travers des jeunes
gens.
Quelques-uns de ces travers font les
effets d'une paffion aveugle.
Il et partout des caractéres violents ;
mais fi quelque chofe pouvoit les contenir
, quelle leçon plus frappante pour
eux que le Tableau des excès de l'Amour
, tel qu'il eft peint fur la Scéne
Françoife ? L'Amour tendre y eft féduifant
, mais l'Amour paffionné y eft terrible.
L'un y caufe de douces émotions ,
l'autre y fait frémir la Nature. Eſt-il
de femme qui voulût être à la place
go MERCURE DE FRANCE.
d'Inès ? Eft-il d'homme qui voulût fe
trouver dans la fituation de Dom-
Pédre ?
Quel eft donc cet Amour criminel où
nous conduit l'Amour honnête ? Je fçai
quelles font les moeurs d'une Jeuneſſe
diffipée ; mais de tant d'extravagances
dont nous fommes témoins , y en a-t-il
une entre mille dont le fentiment de
l'amour foit la fource ? Ce n'eft point le
coeur qui mène à la débauche , & c'eft
le coeur , le coeur lui feul , qui reçoit les
douces émotions d'un amour tendre &
vertueux. L'amour à deux fortes d'objets :
fçavoir , les objets qui affectent l'âme &
les objets qui émeuvent les fens. Le
Théâtre peut faire l'une & l'autre im
preffion ; mais ces deux effets n'ont pas
la même cauſe.
Que Zaïre foit jouée par une Actrice
d'une rare beauté , fa beauté affecte les
fens , mais fon rôle n'affecte que l'âme.
L'un tient à l'autre , me dira- t -on point
du tout ; car le rôle de Zaïre attendrit
également les deux féxes. Une Zaïre
moins belle toucheroit moins , avec le
même talent ; mais cela vient d'une caufe
fi pure que Zaire monis belle toucheroit
moins les femmes elles-mêmes . Cette
caufe eft le charme innocent de la BeauJANVIER.
1759. 91
té , l'intérêt naturel qu'elle infpire , l'illufion
qu'ajoute une figure raviffante au rôle
d'une amante adorée , enfin l'harmonie
& l'accord des fentimens vertueux &
tendres qu'elle exprime, avec le caractére
touchant & noble de fa figure & de fon
action. Mais tout cela n'affecte que l'âme
, je le répéte ; & la preuve en eſt ,
qu'un fage Vieillard en revient plus touché
que le plus voluptueux jeune homme.
L'expreffion d'un rôle tendre ajoute
aux charmes de la beauté ; mais je tiens
que de mille Spectateurs , il n'y en
a pas un qui en foit ému comme il eſt
dangereux de l'être. Ne nous flattons
point d'avoir tant à nous craindre. Il n'eft
pas auffi aifé de nous enflammer qu'on le
dit. Je vois même parmi la Jeuneffe beaucoup
de fantaiſie , très-peu de paffion . Et
quand les hommes feront capables d'un
fentiment délicat & vif , ils n'auront pas
à redouter la féduction de ces goûts frivoles.
+
Le Spectacle cependant peut être dangereux
comme Pantomime ; mais fi tout
tout ce qu'on y voit invite à l'amour phyfique
, tout ce qu'on y entend n'infpire
que l'amour moral : plus l'âme y eft émuë,
moins les fens doivent l'être. Quelle eft
de ces deux impreffions celle qui domine
92
2 MERCURE
DE FRANCE
.
& qui refte : C'eft là ce qui dépend des
caractères ; mais je fuis fûr qu'elles fe
combattent , que plus on eſt touché du
rôle , moins on eft tenté de l'Actrice , &
qu'avec les mêmes objets , le Spectacle
feroit plus dangereux, par exemple, fi l'on
ne faifoit qu'y danfer. Il ne m'eft pas përmis
d'approfondir cette queftion ; mais
j'en dis affez pour me faire entendre. Revenons
à l'amour moral.
Le plus grand de fes dangers eft celui
des inclinations déplacées : elles peuvent
l'être , ou relativement aux convenances
, ou relativement aux perfonnes . Sur
l'Article des convenances M. Rouffeau
n'eft pas févére. Il reconnoit la bonté
des moeurs de Nanine , » où l'honneur ,
» la vertu , les purs fentimens de la Na-
» ture font préférés à l'impertinent pré-
»jugé des conditions. » Cependant c'eft
là ce qui rend fi dangereufe aux yeux de
la plupart des hommes la fenfibilité des
jeunes gens.
L'Amour ne connoît point l'inégalité
des conditions ; il tend quelquefois à
rapprocher des cours que la naiffance &
la fortune féparent . Il renverfe donc le
plan économique des familles , l'ordre
politique de la fociété , l'empire de la
coutume & de l'opinion .
JANVIER. 1759. 93
La fociété exige dans les alliances certains
rapports que la Nature n'a point
confultés. Le Mariage , au lieu d'étre
l'accord des volontés , eft devenu celui
des convenances . On eft donc obligé de
fouhaiter que le coeur des jeunes gens
foit indifférent à tout , pour difpofer
deux ſelon des vues qui ne font pas
celles de la Nature . Si le coeur fe donne
lui-même , avant qu'on l'ait engagé ;
fifon inclination contredit l'engagement
qu'on lui fait prendre ; le defir & le penchant
font en contradiction toute la vie ,
& ce qui eût fait le charme d'une union
volontaire , devient le tourment d'une
fervitude impofée. Ce plan une fois établi
l'inclination des enfans contredit
fouvent les intentions des peres. Mais ,
fi , dans cette pofition , il eft malheureux
que le coeur de l'homme foit tendre
& fenfible , s'il eft à craindre , par
conféquent , que le Théâtre ne contribue
à le rendre tel ; eft-ce au Théâtre
eft-ce à la Nature qu'un Philofophe doit
s'en prendre ? Auffi M. Rouffeau ne leur
en fait- il pas un crime. Je parle donc
ici , non à M. Rouffeau , mais à un
pere de famille jaloux de fon nom , foigneux
de fa poftérité , fenfible à l'hon
neur de fon fils , & inquiet fur le choix
94 MERCURE DE FRANCE.
que ce jeune homme feroit peut - être fi
la Nature ou l'habitude difpofoit fon
caur à l'Amour .
Vous fouhaittez à votre fils une âme
infenfible , lui dirai-je ; c'eft ſouhaiter
le plus dur efclavage à fa femme & à
fes enfants. Si par malheur vos voeux
font remplis , il n'aimera rien excepté
lui - même ; & l'amour - propre n'eft ja-,,
mais fi fort que dans une âme où il régne
feul. Tout fera donc facrifié à ce
fentiment unique' ; & l'autorité d'époux
& l'autorité de pere ne feront de lui
qu'un tyran. Vous aurez difpofé de lui
felon vos vues , en fuppofant qu'une âme
froide foit plus docile qu'une âme tendre,
cè qui eft encore bien douteux ; mais
vous en aurez difpofé pour le malheur de
tout ce qui l'environne.Votre orgueil fera
fatisfait , mais vous entendrez retentir
jufqu'à vous les cris plaintifs de la Nature.
Grace à vos foins , fon âme endurcie
ne fera capable d'aucune affection
morale ; mais les Animaux les plus ftupides
ont des fens ; votre fils en aura.
comme eux , & comme eux il en fera
l'esclave.
Aimez- vous mieux , me dira ce pere ,
aimez -vous mieux que difpofant fon âme
à des inclinations deréglées , je l'aban
JANVI ER. 17 59. ༡༦
donne imprudemment aux caprices aveu--
gles de l'Amour ? Non fans doute , lui
répondrai-je ; mais fuppofons que votre
fils ne foit pas naturellement pervers ,
qu'il foit né bon , comme tous les hommes ,
c'eft-à-dire , capable de trouver fon plus.
grand bien dans ce qui eft vertueux &
honnête il dépend de vous d'y détermi-"
ner fes inclinations ; fon bonheur & fa
vertu font dans vos mains : plus fon âme
fera attendrie , & plus vous la trouverez
docile.
:
» Le plus charmant objet de la Nature,
le plus digne d'émouvoir un coeur fen-
»fible , & de le porter au bien , eft une
»femme aimable & vertueufe . » M.
Rouffeau demande où il y en a ? Je prétends
qu'il y en a partout & dans tous les
états de la vie , qu'il y en aura plus encore
, fi dans la balance des intérêts
ces qualités font de quelque poids : or ,
qu'une âme tendre foit indécife ; fi elle
n'eft
pas corrompue , fi l'on a pris foin
de cultiver en elle le goût naturel du beau
moral , qui empêche des Parens attentifs
d'éclairer , de diriger fa fenfibilité vers
des objets qui en foient dignes.
Un tel foin , je l'avoue , exige une at
tention vigilante & affidue . Cette attention
eft un devoir pénible ; on le néglige
96 MERCURE DE FRANCE.
& l'on fe plaint des égaremens d'un jeune
coeur à lui-même livré. On prétend le
ramener d'un coup d'autorité , il n'eft
plus tems . Ou l'autorité fera trop foible •
ou elle fera tyrannique. Il ne faut donc
pas 'étonner fi un aveu arraché par la violence
, n'a pas le même effet qu'un penchant
infpiré par la perfuafion . Mais dans
tout cela , que fait le Théâtre ? Il fupplée
par la peinture des affections honnêtes
, vertueufes , & par-là même intéreffantes
, à ce qui manque à l'éducation
, du côté des exemples & des leçons
domeftiques. Il y fupplée , dis-je , autant
qu'il eft poffible , & fi le torrent franchit
fa digue , l'on n'en doit pas conclure
que la digue elle-même foit la caufe du
débordement.
Ce qui allarme le plus M. Rouffeau ,
c'eft le danger des inclinations déplacées,
relativement à la perfonne. » Qu'un jeune
» homme n'ait vu le monde que fur la
Scéne , le premier moyen qui s'offre à
lui pour aller à la vertu , eft de cher
» cher une maîtreffe qui l'y conduiſe ,
»
efpérant bien trouver une Conftance
» ou une Cénie, tout au moins. C'eſt ainf
» que ,fur la foi d'un modéle imaginaire
» fur un air modefte & touchant , fur une
» douceur contrefaite , Nefcius aura fali
lacis
#
2
2.
JANVIER. 1759. 97
lacis , le jeune Infenfé court ſe perdre,
» en penfant devenir un fage.
Je veux qué ce jeune homme n'ait vû
au Théâtre que des Conftances , des Cénies
, qu'il n'y ait vu peindre l'Amour
qu'intéreffant & vertueux l'âme pleine
de ces idées , il cherchera , dites - vous ,
une Cénie , une Conftance ; mais eft- ce
dans la fociété des femmes perdues qu'il
ira la chercher ? Le fuppofez-vous affez
infenfé ? Ne faut - il pas s'abftenir auffi
d'expofer fur le Théâtre l'amitié pure &
fainte , de peur que quelque jeune hom
me épris de fes charmes , ne la cherche
parmi des Fripons ? La Jeuneffe facile &
crédule , donne fouvent dans le piége
'd'un faux amour comme dans celui d'une
fauffe amitié ; mais eft-ce pour avoir appris
au Spectacle à difcerner le véritable ?
Eftce- pour y avoir été vivement ému
des fentimens qui l'accompagnent , &
qui le caractérisent ? M. Rouffeau fuppofe
que nous fortons du Spectacle ,
fi enyvrés que nous ne fommes plus capables
de réfléxion ni de choix : cela peut
être dans un pays où l'Amour eft fi furieux
qu'il ne s'agit pas moins que d'y laiffer
l'amour ou la vie ; cela peut être auffi à
Genêve. Mais je ne confidére les effets
du Théâtre que relativement aux Fran-
11. Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
çois ; & M. Rouffeau avoue lui-même ,
qu'ils ne font rien moins que paffionnés.
Qu'il me foit donc permis de demander
comment l'on peut enfeigner aux hommes
à diftinguer le bien & le mal ; à chercher
l'un , & éviter l'autre ; fi ce n'eſt en les
expofant à leurs yeux dans une Peinture
naïve & fidelle , l'un avec les charmes &
fes avantages , l'autre avec fa honte , fes
dangers & fes écueils ? Comment s'y prendroit
M. Rouffeau lui-même pour éclairer
un jeune homme dans le choix d'un
objet digne d'être aimé ? Vous reconnoîtrez
, lui diroit-il , une Femme honnête
à fes principes , à fes fentiments , au caractére
de fon amour. Si elle eft plus occupée
que vous-même de vos devoirs &
de votre gloire , de vos talents & de vos
vertus ; fi elle prend foin d'embellir votre
âme , & de vous rendre plus cher à fes
yeux , en vous rendant plus eftimable ;
voilà l'objet qui doit vous attacher. C'eſt
la leçon qu'il lui donneroit , & cette leçon
eft celle du Théâtre. Il ajouteroit à
ce tableau le contrafte d'une femme impérieufe
& vaine , qui veut que tout céde
à fes caprices , que tout foit facrifié à fa
fantaifie & à fes plaifirs , qui ne connoît
dans fon Amant de devoir , de foin , d'in- ?
JANVIER. 1759. 99
térêt que celui de lui complaire ; qui fe
fait un jeu de fa ruine , un amuſement
de fes folies , un triomphe de fes égarements.
Voilà , diroit-il , celle que vous
devez craindre ; & le Théâtre l'a dit mille
fois. Il feroit bon fans doute de mettre en
action ces préceptes , il feroit bon de repréfenter
fur la Scéne l'Enfant prodigue
au milieu des malheureufes qui l'ont égaré
, ruiné , chaffé , méconnu ; mais par
malheur la décence s'y oppofe. Il s'enfuit
qué la Scéne Françoife n'eft pas à cet
égard auffi morale qu'elle peut l'être ;
mais on y dit ce que l'on n'ofe y peindre ;
& fi les impreffions n'en font pas affez
vives , fi elles frappent l'oreille fans toucher
le coeur , ce n'eft pas la faute du
Théâtre .
Si l'Amour criminel ou vicieux eft peint
dans quelques- unes de nos Pićces , avec
des couleurs qui le font aimer , je fuis le
premier à condamner la Piéce. Mais que
M.Rouffeau nous en cite les exemples dans
ce qui s'appelle le Théâtre honnête . L'Amour
intéreffe dans Zaire & dans Bérénice
, oui fans doute ; auffi l'Amour n'y
eft-il pas criminel . Il combat un Préjugé
national dans Titus , & il eft facrifié à
ce Préjugé même . Il combat dans Zaïre
des devoirs inconnus , & il cède à ces
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
devoirs , dès que leur voix fe fait entendre.
Zaïre meurt , & l'on ne laiffe pas de
fouhaiter de rencontrer une Zaïre : je le
crois bien ; auffi n'eft - ce pas la crainte
d'aimer une Zaïre , mais la crainte de
l'immoler dans les accès d'une jalouſie
aveugle & forcenée que ce Spectacle doit
infpirer.
:
On s'intérefle à l'Amour de Titus pour
Bérénice ; quoiqu'il foit oppofé à fon devoir
pourquoi ? Parce que ce devoir n'eņ
eft pas un dans nos moeurs , & que le
coeur doit prendre parti pour un fentiment
naturel contre une opinion révoltante.
Que le Cid facrifiât fon pere à Chiméne ,
qu'Horace abandonnât la caufe de Rome
pour complaire à Sabine : je demande à
M. Rouffeau s'il croit que l'intérêt de
l'Amour l'emportât dans nos coeurs fur
l'intérêt facré de la Nature ou de la Patrie?
Qui de nous eft complice dans l'âme
de la trahifon du fils de Brutus ? Mais
qu'il plaife aux Romains de faire un crime
à leur Empereur d'époufer une Reine ;
cet orgueil nous irrite , loin de nous toucher
; & fi nous applaudiffions dans Titus
l'effort généreux qu'il fait fur lui-même ,
fon refpect pour une Loi fuperbe , ne fe
communique point à nous , & les charmes
naturels de la beauté & de la vertu
JANVIER. 1759 .
101
confervent tous leurs droits fur nos âmes.
M. Rouffeau a raifon de dire qu'aucun des
Spectateurs n'eft Romain dans ce moment;
mais aucun ne pardonneroit à Titus de
ceffer de l'être. C'eft par principe qu'on
l'admire ; c'est par fentiment qu'on le
plaint.
» L'Amour ſéduit , ou ce n'eſt pas lui »
Qu'eſt-ce à dire , l'Amour ſeduit ? Il intéreffe
, il attache , oui fans doute . Il nous
fait tomber daus les piéges du crime , au
moment qu'il fuit lui-même le chemin de
la vertu : c'eft ce que je ne puis concevoir.
» Les circonstances qui le rendent ver-
» tueux au Théâtre , s'effacent , dit M.
» Rouſſeau , de la mémoire des Specta-
" teurs. » Ainfi , quand les yeux mouillés
de larmes , je viens de voir Zaire ou Bérénice
, j'oublie qu'elles étoient vertueufes
, qu'elles ont facrifié le fentiment le
plus cher de leur âme , l'une à la Religion
de fes Peres , l'autre à la gloire de
fon Amant. Quand je viens d'entendre &
d'admirer Life , Conftance ou Cénie, j'oublie
la cauſe , la feule cauſe de l'intérêt
vif & tendre dont je fuis encore tout ému.
Voilà une façon de fentir dont je n'avois
pas même l'idée. Il me femble au contraire
que le fouvenir des circonftances
qui ont excité l'émotion , furvit long-
E iij
702 MER CURE DE FRANCE.
tems à l'émotion elle-même ; & ce n'eft,
que par ces images , que les peines & les
plaifirs paffés , nous font encore préfents.
Comment donc M. Rouffeau a-t- il prétendu
que l'Amour refte , & que l'objet
s'efface Feroic-il confifter l'impreffion
de l'Amour au Spectacle , dans l'émotion
phyfique des fens ? Si telle eſt fon
l'idée , j'ofe lui répondre , qu'aucune des
Piéces où l'Amour eft peint vertueux , ne
produit cet effet , ni ne peut le produire.
Je dis plus un feul trait , qui dans une
Picce décente réveilleroit une idée obfcéne
, indifpoferoit tous les efprits . S'il
n'y a donc que l'émotion pure de l'âme
fans aucun mélange de vice , quel eft le
caractére dépravé qui change en affection
criminelle le fentiment que viennent d'exciter
en lui la bonté , la candeur , l'innocence
, la vertu même ? Que M. Rouffeau
compofe lui-même ce caractére déteftable
; je ne lui oppofe point fon principe
que tout homme eft né bon ; je veux qu'il
y en ait de naturellement pervers , & je
fuppofe un tel homme au Spectacle. Ou
la Peinture d'un Amour vertueux le touchera
, & pour un moment il fera moins
méchant ; ou il n'en fera point ému , & le
Spectacle dès-lors ne fera pour lui qu'infipide.
Il en revient , me direz-vous ,
JANVIER. 1759.
103
avec l'ardeur du defir dans les fens , & il
va l'appaiſer par un crime : cela peut être ;
mais ce que le Théâtre a fait , le Spectacle
le plus innocent l'eût fait de même.
Penfez qu'il s'agit d'un hommie perdu :
tout eft poifon pour une telle âme .. Mais
fuppofons ce qui eft plus commun ; c'eſtà
- dire , un homme qui ne fe livre à l'Amour
vicieux , que parce qu'il y fuppofe
un charme & des plaifirs qui manquent à
P'Amour honnête : pour celui- ci , plus la
Peinture de l'Amour honnête fera tou
chante ; plus le contrepoids du vice
aura de force , & moins par conféquent
le vice lui-même aura d'attraits . Prenez
un jeune débauché au dénouement de
P'Enfant Prodigue ; s'il eft attendri , s'il a
verfé des larmes , il eft vertueux , au moins
dans ce moment . Il a partagé les regrets ,
la honte , les remords de fon femblable ;
il a gouté avec lui le plaifir de dérefter aux
pieds d'une Femme honnête , fenfible &
généreufe , le crime de l'avoir trahie. Il a
pleuré fes égarements , fon coeur s'eft dilaté
au moment du pardon , il a baisé avec
Euphémon la main de fa vertueufe Amante
: Voilà donc les circonftances que vous
prétendez qu'il oublie , pour ne conferver
que l'impreffion , de quoi ? D'un Amour
fans objet , fans motif , fans caractére , &
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
qui dans fon âme va fe changer en vice ?
Je me perds dans cette analyfe étrange
du coeur humain ; & fi la nature eft auffi
monftrueufe que vous le fuppofez , je m'applaudis
de la méconnoître.
, Il faudroit , felon M. Rouffeau ne
préfenter l'Amour au Théâtre , que dangereux
, trompeur & funefte. » În croit
faire merveille de donner à la tendreffe
» tout l'intérêt de la vertu ; au lieu qu'il
»faudroit apprendre aux Jeunes gens à
» fe défier des illufions de l'Amour , & à
» fuir l'erreur d'un penchant aveugle qui
» croit toujours fe fonder fur l'eſtime. »
J'ai dit comment le Théâtre répond à
ces vues ; mais on fent bien que ce n'eſt
pas affez dans les principes de M. Rouffeau.
Rien n'eft plus rare , à fon avis ,
qu'une Femme aimable & vertueufe ; tout
Ce qui nous difpofe à aimer les Femmes ,
nous entraîne donc au vice. C'eſt ainfi
qu'il doit raifonner. Pour moi qui , dans
les Familles , n'ai guéres vû que des filles
bien nées , & les graces de l'innocence
unies à celles de la Jeuneffe , fouvent à
celles de la beauté , je crois que c'eſt remplir
l'intention de la Nature , & celle de
la Société , que d'attirer fur ces chaſtes
objets les voeux innocents des hommes de
leur état & de leur âge : je crois que leur
JANVIER. 1759. 105
infpirer une eftime , une confiance mutuelle,
c'eft les difpofer à fe rendre heureux : je
crois en un mot qu'attendrir un féxe pour
l'autre ; c'eft tirer l'homme de la claffe des
bêtes, & cacher la honte de l'Amour phyfique
fous l'honnêteté de l'Amour moral .
L'Amour a fes dangers , fans doute ;
mais quelle paffion n'a pas les fiens ? Il
s'agit de le régler , c'eft-à-dire , de l'éclairer
fur fon objet , & de lui tracer
des limites. L'homme a fes defirs , la
Nature les lui donne ; il faut qu'il les fixe ,
ou qu'il les répande. Entre l'amour & la
débauche , il n'y a que la fageffe ftoïque .
ou l'infenfible froideur. Voyez fi vous
prétendez faire de tous les hommes des
Stoïciens ou des Marbres , les élever audeffus
du foin de perpétuer leur efpéce , ou
les réduire àn'être plus que des Otomates
multipliants. A moins de métamorphofer
ainfi la Nature , il me femble que le lien
le plus doux , le plus vertueux qui puiffe
rapprocher , unir , enchaîner les deux
Séxes , c'eft le noeud intime d'une affection
mutuelle , & que le plus grand bien qu'on
puiffe opérer dans les moeurs d'un Peuple
inconftant & volage , c'eft de l'émouvoir
, de l'attendrir , de le difpofer à l'Amour,
en l'accoutumant à méprifer ce qu'un
tel fentiment à de vicieux , à craindre ce
Ev
106 MERCURE DE FRANCE.
qu'il'a de funefte , à chérir ce qu'il a d'intéreffant
, de refpectable & de facré.
Il n'eft point d'armes que M. Rouffeau
n'employe , & qu'il ne manie avec beaucoup
d'art , pour attaquer les moeurs du
Théâtre. L'Amour honnête qu'on y refpire,
réunit toutes les affections de l'âme fur
un feul objet. Or , » le plus méchant des
» hommes , eft celui qui s'ifole le plus , qui
» concentre le plus fon coeur en lui-mê-
» me. Le meilleur eft celui qui partage
également fes affections à tous fes fem-
» blables. Il vaut beaucoup mieux ai-
» mer une maîtreffe que de s'aimer
»feul au monde. Mais quiconque aime
» tendrement fes parents , fes amis , fa
" patrie & le genre humain , fe dégrade
" par un attachement défordonné qui nuit
» bientôt à tous les autres , & leur eft infailliblement
préféré. »
و د
و ر
»
pour
Je nie que le plus méchant des hommes
, foit celui qui s'ifole le plus . Cer
homme-là ne fait que s'anéantir la
Société. Or , le néant n'eft pas ce qu'il
a de pire. Il est évident que Cartouche
étoit plus méchant que Timon. Du reſte
il n'y a que l'Amour effréné qui détache
l'âme de fes devoirs , & qui en rompe les
liens tout fentiment vif les relâche ; l'amitié
, le fang & l'amour rompent L'éJANVIER.
1759.
107
quilibre des intérêts qui meuvent l'âme ;
mais cet équilibre eft une chimére . Licurgue
, pour rendre toutes les affections
communes , a été obligé de rendre tous
les biens communs jufqu'aux enfants , &
de former fon noeud politique des débris
de tous les noeuds domeftiques & perfonnels.
Avec l'argument de M. Rouſſeau ,
je prouverai qu'une Mérope eft un perfonnage
vicieux , & aucune mere ne vou
dra m'en croire .
L'Amour paffionné , c'eſt-à-dire , aveugle
& fans frein , eft un des plus grands
maux , dont le coeur de l'homme foit menacé
; auffi dans la Peinture qu'on en fair
fur la Scéne , n'infpire-t-il jamais la pitié
fans la crainte : voyez Hermione, Radamifte
, Orofmane , &c. mais ce n'eft
point cette fureur cruelle , forcenée , atroce
, dont vous craignez pour nos âmes
foibles les exemples contagieux. Vous redoutez
pour nous ces Spectacles tranquilles
, où l'on répand de douces larmes , où
la vertu gémit avec l'Amour , où la volupté
même est décente. Cénie, Mélanide,
l'Oracle, c'eft-là, dites-vous, qu'on refpire
le poifon d'un Amour dont les excès font
inévitables. Ces mêmes âmes que vous
trouvez fi froides , quand l'humanité , la
pitié les frappe , deviennent donc tout
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
à
coup bien fenfibles aux impreffions de
l'Amour. Que dis-je ? l'Amour lui-même
ne les touche donc qu'au Spectacle ; car
vous-même , vous avouez que le monde
ne le connoît plus . J'ai beau vouloir vous
concilier avec vous-même , il n'y a pas
moyen; votre opinion eſt un Protée , &
tel
je ne fuis pas unun Ulyffe. Je conclus donc ,
fans plus de difcuffion , que l'Amour ,
que peuvent
l'infpirer
ces Spectacles
attendriffants
, n'eft rien moins qu'une
phrénéfie
, rien moins qu'un mouvement
ftupide ; qu'il eft affez vifpour rapprocher
les âmes , & qu'il ne l'eft point affez pour
enyvrer les fens , qu'il favorife le penchant
de la Nature , fans rompre la digue
des bienséances
, ni changer la direction
du devoir & de la vertu. Banniſſez
donc l'Amour de Genêve , comme les
Spectacles
; fouhaitez
qu'il ne pénétre
point dans les retraites de ces Montagnons
fortunés, chez qui vous priez Dieu
qu'on ne mette point de lanternes
; mais
Jaiffez- nous defirer qu'à Paris le fentiment
le plus doux de la Nature , prenne la place
de la coquetterie
& du libertinage. Les
Spectacles y font utiles, non » pour per-
»fectionner
le goût,quand l'honnêteté
eft
» perdue, mais pour encourager
l'honnêteté
même par des exemples
vertueux , &
JANVIER. 1759. iog
publiquement applaudis ; non » pour cou-
"vrir d'un vernis de procédés , la laideur
du vice ; mais pour faire fentir la
honte & la baffeffe du vice, & développer
dans les âmes le germe naturel des vertus
; non » pour empêcher que les mau-
» vaiſes moeurs ne dégénérent en brigandage
, mais pour y répandre & perpétuer
les bonnes , par la communication
progreffive des faines idées , & l'impreffon
habituelle des fentiments vertueux ;
en un mot , pour cultiver & nourrir le
goût du vrai , de l'honnête & du beau
qui , quoiqu'on en dife , eft encore en vénération
parmi nous.
ر و
Après avoir repréfenté Paris comme
» une Ville remplie de gens intrigants ,
» défoeuvrés , fans moeurs , fans religion ,
» fans principes , dont l'imagination dé-
» pravée par l'oifiveté , la fainéantiſe , par
» l'amour du plaiſir , & par de grands
» befoins , n'engendre que des monftres ,
» & n'infpire que des forfaits. " Après
avoir peint le Théâtre comme l'Ecole la
plus pernicieufe du vice , on doit bien.
s'attendre que M. Rouffeau n'épargnera
pas les moeurs des Comédiens. Je n'examine
point le fait , la fatyre m'eft odieufe.
Je parle de ce qui peut être , fans
m'attacher à ce qui eft ; & je confidére
110 MERCURE DE FRANCE.
la profeffion en faifant abftraction des
perfonnes. M. Rouffeau commence par
avouer , qu'après avoir attaqué directement
le Spectacle dans fa nature & dans
fes effets , la difcuffion fur les moeurs des
Comédiens , n'eft pas fort néceffaire ; il
ne laiffe pas toutefois que de les noircir
de fon mieux : il auroit pu s'en dif
penfer.
Selon M. Rouſſeau » dans une grande
» Ville , la pudeur eft ignoble & baffe ;
ן כ
c'eft la feule chofe dont une Femme
» bien élevée auroit honte. Une Femme
qui paroît en Public , eft une Femme
" deshonorée. » A plus forte raifon , les
Femmes qui par état fe donnent en Spectacle
: il n'y a rien de plus conféquent,
Leur maniere de fe vêtir n'échappe point
à fa cenfure. Si on lui dit que les Femmes
fauvages n'ont point de pudeur , car elles
vont nues , il répond que » les nôtres en
» ont encore moins , car elles s'habillent.»
Si une Chinoiſe ne laiffe voir que le bout
de fon pied , c'eft ce bout du pied qui enflamme
les defirs. Si parmi nous la mode
eft moins févére , les charmes qu'elle laiſſe
appercevoir , font une amorce dangereufe.
Ainfi , une Femme ne peut fans crime ,
ni fe voiler , ni fe dévoiler. Si faut-il bien
cependant qu'elle foit vêtue de quelque
JANVIER. 1759 .
III
maniere; & à vrai dire , il n'en eft point
que l'habitude ne rende décente . Or , les
Actrices comiques font mifes précisément
comme on l'eft dans le monde . Les Actrices
tragiques ont foin d'ajuster à nos
moeurs les vêtements qu'elles imitent :
elles fe montrent avec cette bonne grace
que M. Rouffeau permet aux filles de Genêve
d'avoir au bal ; & dans tout cela ,
il n'y a rien que d'honnête.
M. Rouſſeau demande » comment un
» état , dont l'unique objet eft de fe mon-
» trer en Public , & qui pis eft , de fe
» montrer pour de l'argent , conviendroit
» à d'honnêtes femmes. » Je ne réponds
point au premier Article : j'ai fait voir que
dans tout ce qui n'eft pas d'inftitution
naturelle , les bienféances dépendent de
l'opinion . Dans la Grèce , une honnête
femme ne ſe montroit point en Public ;
parmi nous , elle y paroît avec décence ;
un état qui l'y oblige peut donc être un
état décent. Quant à la circonftance du
falaire dont M. Rouſſeau fait aux Comédiens
un reproche plus humiliant , a-t-il
oublié que rien n'eft plus honnête que
de gagner fa vie ; & ne fait-il pas gloire
lui- même de fe procurer par fon travail
, dequoi n'être à charge à perfonne ?
Les profeffions les plus utiles & qui de112
MERCURE DE FRANCE.
mandent le plus de talents , doivent être
fans doute les plus refpectées ; mais
s'enfuit-il que les profeffions qui ont pour
objet l'amuſement de la fociété , foient
deshonorantes , par la raifon qu'on les
exerce pour de l'argent ? Que l'on joue
le rôle de Burrhus , du Milantrope , de
Zaïre , ou que l'on donne un Concert
pour de l'argent , tout cela eft égal , fi
de part & d'autre les plaifirs que l'on
procure à qui les paye , n'ont rien que
d'honnête ; or c'étoit là feulement ce
qu'il falloit confidérer , fans s'attacher
à une circonftance qui ne fait rien du
tout à la chofe car fi le Spectacle étoit
pernicieux , il y auroit encore plus de
honte à être Acteur gratuitement , qu'à
l'être pour gagner fa vie. Qui d'ailleurs
affure M. Rouffeau que l'argent foit le
principal objet d'un Baron , d'une Lecouvreur
, & de celui qui , comme eux,
afpire à fe rendre célébre ?
Sans doute les talents & le génie ont
un objet plus noble que le falaire du traail
. Mais comme il faut vivre pour ſe
endre immortel , la premiere récomenfe
du Comédien , comme du Poëte ,
a Peintre , du Statuaire & c. doit être la
abfiftance dont l'argent eft le moyen ;
JANVIER. 1759. 113
car on ne peut pas en même temps faire
Cinna & labourer la Terre .
» Il eft difficile que celle qui fe met à
» prix en repréſentation , ne s'y mette
»bientôt en perfonne . » C'eft comme fi
je difois qu'il eft difficile qu'un Auteur
qui vend fes écrits à un Libraire , ne foit
pas tenté d'aller ſe vendre lui-même . Un
fi excellent Ecrivain peut- il vouloir faire
paffer en preuve d'une imputation flétriffante
un tour d'expreffion qui n'eft
qu'un jeu de mots ? L'Actrice qui joue
Emilie ou Colette eft elle plus vendue à
l'or des Spectateurs que ne l'étoient Corneille
& M. Rouffeau lui-même ? S'il me
répond qu'elle leur vend fa préfence ,
fon action , fa voix & le talent qu'elle
a d'exprimer tout ce qu'elle imite. Je réponds
que Corneille & M. Rouffeau ont
vendu avant elle leur imagination ,
leur âme , leurs veilles , & le don de
feindre qui leur eft commun avec elle .
C'eft furtout cet Art , ce don de feindre
& d'en impoſer , que M. Rouffeau trouve
deshonorant dans la profeffion de Comédien.
" Qu'eft- ce que le talent du Co-
» médien l'art de fe contrefaire , de re-
» vêtir un autre caractére que le fien , de
paroître différent de ce qu'on eft , de
» fe paffionner de fang froid , de dire
"
114 MERCURE DE FRANCE.
» autre chofe que ce qu'on penfe , auffi
» naturellement que fi on le penfoit réel-
» lement , & d'oublier enfin fa propre
place , à force de prendre celle d'au-
» trui. Et , à votre avis , Monfieur, qu'eftce
que l'art du Peintre , du Muficien , &
furtout du Poëte ? Auriez-vous jamais
fait les rôles de Colin & de Colette ,
fi vous ne vous étiez pas déplacé ? M. de
Voltaire que vous n'accuferez pas d'exercer
un métier infâme , étoit-il femblable
à lui-même en écrivant fes Tragédies ?
L'art de faire illufion eft-il plus de l'ef
fence du Comédien , que de l'effence du
Poëte , du Muficien , du Peintre &c. Celui
qui trouva le Dominicain travaillant
avec un air atroce au Tableau de S. André
, le foupçonna- t-il d'être complice
du Soldat qu'il peignoit alors infultant le
S. Martyr ?
En vérité , plus j'y penfe , moins je
conçois que vous ayez écrit férieufement
tout ce que je viens de lire. Cependant
de cette déclamation fi étrange & fi peu
fondée , vous tirez des inductions cruelles.
Que vous demandiez fi ces hommes
fi bien parés , fi bien exercés au ton de
la galanterie & aux accens de la paffion ,
n'abuſeront
jamais de cet art pour féduire
de jeunes perfonnes ; votre crainte peut
JANVIER. 1759. 115
être fondée ; & j'avoue qu'un bon Comédien
doit fçavoir plus que perfonne ,
l'art de témoigner fes defirs fans déplaire,
& de les rendre intéreffants. Cet Art eft
honnête felon vos principes ; mais comme
je ne vous prens pas au mot , j'avoue
qu'un bon Comédien fans moeurs ,
eft plus dangereux qu'un autre homme.
Vous allez plus loin. Ces valets filoux , fi
fubtils de la langue & de la main fur
la Scéne , dans les befoins d'un métier
plus difpendieux que lucratif , n'aurontils
jamais de diftraction utile ? ne prendront-
ils jamais la bourfe d'un fils prodigue
, ou d'un pere avare , pour celle
de Léandre ou d'Argan ? Que ne demandez-
vous de même fi celui qui joue
Narciffe ne fera pas un empoifonneur au
befoin ? Je paffe rapidement fur ce trait
qui vous eft échappé fans doute , je n'ai
pas le courage d'en plaifanter ; & fi je
le relevois férieufement , je tomberois
peut-être moi-même dans l'excès que je
vous reproche je m'en tiens donc à
notre objet. L'Auteur qui compofe &
l'Acteur qui repréfente fe frappent l'imagination
du tableau qu'ils ont à peindre.
Racine crayonnoit de la même main
le caractére divin de Burrhus , & le caractére
infernal de Narciffe . Milton eſt
16 MERCURE DE FRANCE.
fublime dans les blafphêmes de Satan
& dans l'adoration de nos premiers Peres.
L'âme de Corneille s'élevoit jufqu'à l'héroifme
pour faire parler Cornélie & Céfar
après s'être abaiffée jufqu'aux fentimens
de la plus lâche trahison pour faire
parler Achillas & Septime. Il en eft de
l'Acteur comme du Poëte , avec cette
différence que celui-ci à befoin de fe
transformer tout entier , & qué fon âme
doit être , s'il eft permis de le dire ,
centralement affectée des paffions qu'il
veut rendre , puifque c'eft lui qui les enfante
; au lieu que l'Acteur infpiré par
le Poëte , n'en eft que le copifte , & n'a
befoin , pour le rendre , que d'une émotion
plus fuperficielle , qui influe encore
moins par conféquent fur fon caractére
habituel.
Peut -être vous applaudiffez-vous de me
voir envelopper tous les Arts d'imitations
, dans le reproche que vous
faites à celui de Comédien ; mais c'eft
affez pour moi de vous réduire à convenir
qu'il n'eft pas moins honnête qu'un
autre. L'âme prend , à la longue , une
teinture des affections vertueufes dont
elle fe pénétre ; l'intérêt qu'elles lui
infpirent leur fert comme de mordant.
Mais les fentiments qu'on exprime avec
JANVIER . 1759. 117
horreur , le rôle qu'on méprife au moment
qu'on le joue , & qu'on voit en
butte au mépris , ce rôle , dis -je , n'a rien
de féduifant , rien de contagieux, ni pour
le Poëte qui le feint , ni pour l'Acteur
qui s'exerce à le rendre .
Toutefois je fens comme vous qu'un
Comédien vertueux , une Comédienne
fage & honnête fera une efpéce de prodige
, quand vous les réduirez l'un &
l'autre à l'Amour pur de la vertu , &
à la privation défintereffée de tous les
plaifirs qui les follicitent .
Le crime a trois fortes de frein : les
Loix , l'Honneur , la Religion. Le vice
n'a que la Religion & l'Honneur. D'un
côté l'on excommunie les Comédiens , de
l'autre on veut les rendre infâmes ; je
demande par quel effort généreux ils
fe priveroient des plaifirs tolérés par les
Loix & permis par la Nature ? S'ils ont
des moeurs , ce ne peut être qu'en s'élevant
au-deffus des autres hommes par
une droiture & une force d'âme qui les
raffure & qui les confole. Ils ne font pas
vertueux au même prix que nous ; & il
faut autant de courage à un Comédien
pour être honnête - homme , qu'à un
honnête - homme pour embraffer la prcs
feffion de Comédien. Voulez-vous juger
118 MERCURE DEFRANCE.
quelle eft l'influence de cette profeffion
fur les moeurs , commencez par lui rendre
les deux plus grands freins du vice ,
les deux plus fermes appuis de la foibleffe
& de l'innocence , la religion &
l'honneur. Ne les privez de rien , ne les
difpenfez de rien ; laiffez à leurs penchants
les mêmes contrepoids qu'aux nôtres
; & alors s'ils font conftamment plus
vicieux que nous , c'eft à leur état qu'on
a droit de s'en prendre. M. Rouſſeau
prend la chofe à rebours , & de la honte
attachée à l'état de Comédien , il veut
tirer une preuve contre les moeurs de cet
état , & contre celles des Spectacles .
*
A Rome les Comédiens étoient des Ef
claves ; la condition d'Efclave étoit infâme
, & par conféquent celle de Comédien
; M. Rouffeau en conclut qu'elle
doit l'être partout.
Dans la Grèce , les Comédiens étoient
des hommes libres , & leur état n'avoit
rien de honteux ; M. Rouffeau nous répond
qu'ils repréfentoient les actions des
Héros , que ces grands Spectacles étoient
données fous le Ciel , fur des Théâtres
magnifiques & devant toute la Gréce
affemblée. Il nous difpenfera , je l'efpere,
de prendre tout cela pour des raifons ;
* Voy. les Mémoires de l'Acad . des Infcriptions
& Belles- Lettres. Tom . 17. Page 210,
JANVIER. 1759. 119
& s'il veut bien fe fouvenir que ces
Comédiens repréfentoient familiérement
des Héros inceftueux ou parricides , qu'ils `
jouoient & calomnioient Socrate ; il
avouera que fi jamais l'état de Comédien
a du être deshonorant , c'eft fur le Théâtre
d'Athénes .
Dans les premiers établiſſemens des
nôtres , l'indécence & l'obfcénité des
Spectacles ont dû attirer fur la profeffion
de Comédien les cenfures de l'Eglife
& le mépris des honnêtes gens.
Les moeurs de la Scéne ont changé ;
& fi M. Rouffeau n'a pas prouvé que le
Spectacle eft pernicieux , tel qu'il eſt ,
ou tel qu'il peut être , il n'a pas droit
de conclure que le métier de Comédien
foit en lui-même un état honteux. Or
i cet état peut être honnête , il eft de
l'équité , de l'humanité , de l'intérêt
des moeurs de l'y encourager. Je le
répéte , l'Honneur & la Religion font
les appuis de l'innocence , les freins du
vice , les mobiles de la vertu & les contrepoids
des paffions humaines : priver
l'homme de ces fecours , c'eft l'abandonner
à lui-même.Heureufement les Comédiens
ne prennent pas tous à la lettre
cet abandon déſeſpérant : autoriſés
protégés, récompenfès par l'Etat, accueillis
, confidérés même dans la fociété la
120 MERCURE DE FRANCE.
plus décente , lorfqu'ils y apportent de
bonnes moeurs, ils fçavent que fi nos
fages Magiftrats n'ont pas crû devoir encore
céder aux voeux de la Nation &
aux motifs puiffants qui follicitent en
faveur du Théâtre , c'est par des raifons
très-fuperieures aux préjugés de la barbarie.
Ils fçavent que ces raifons politiques
n'ont rien de relatif à leur con
duite perfonnelle , & par conféquent
rien de deshonorant pour eux ; auffi n'ontilspas
perdu le courage d'être Chrétiens
& honnêtes gens. A Paris furtout leur
conduite eft plus décente , parce qu'elle
a l'eftime publique pour objet & pour
récompenfe. M. Rouffeau en convient
lui-même. Il n'a connu particulierement
qu'un feul Comédien , & il avoue que
fon amitié ne peut qu'honorer un honnête-
homme.
A l'égard des tenta tions auxquelles une
Actrice eft expofée , il en eſt qui , dans
la fituation actuelle des chofes , me femblent
comme inévitables. On ne doit
pas s'attendre à voir des moeurs pures
au Théâtre , tant que le fruit du travail
& du talent ne pourra fuffire aux dépenfes
attachées à cette profeffion . La
pompe du Spectacle en exige de ruineufes
; & il eft honteux qu'une Actrice foit
obligée ,
JANVIER. 1759.
127
, obligée , pour y fubvenir
ou de s'en →
detter, ou de fe perdre. Or telle est l'alternative
preffante
où elle eft réduite
par le
calcul du produit & des frais. Mais , que
tout compenfé
, il refte à une Actrice
qui
penfe, dequoi vivre modeftement
& honnêtement
dans fa maifon
où les études
continuelles
l'attachent
; qu'elle
puifle
d'ailleurs
prétendre
dans fon état , à tous
les avantages
que l'eftime
publique
attribue
à la vertu ; il y a d'autant
mieux
à préfumer
de fa conduite
& de fes
moeurs , que les principes
& les fentiments
dont elle eft habituellement
affectée
, lui éclairent
l'efprit
& lui élévent
l'âme.
J'en ai dit affez , j'en ai trop dit 2
peut-être , & encore n'ai-je pas relevé
tous les traits qui , dans cet ouvrage ,
mériteroient d'être difcutés. Si je me livrois
à toutes les réfléxions que M. Rouffeau
me préfente , je ferois un livre plus
long que le fien , mais infiniment moins
curieux , moins éloquent , moins intéreffant
de toutes manieres. Mon deffein
n'a été , ni de lui nuire , ni de briller
à fes dépens ; mais de réduire au point
de la vérité l'opinion de fes Lecteurs fur
l'Article des Spectacles. Je puis avoir
raifon contre lui , fans préjudice pour
II. Vol, F
122 MERCURE DE FRANCE.
fa vertu que je refpecte , ni pour fes
talents que j'admire ; & s'il m'eft échappé
quelque trait qui faffe douter de ces
fentiments , je le défavoue & le condamne.
Un motif perfonnel m'a fait oppofer
quelquefois M. Rouffeau à lui- même
, il eft vrai ; mais ce motif eft le
defir de le réconcilier avec les hommes ,
de lui faire entendre qu'on peut être
injufte par excès de zéle , qu'un violent
amour de la vertu peut , comme toutes
les paffions , nous emporter au-delà
des limites , qu'enfin les principes de
l'honnête & du vrai peuvent être altérés
dans l'âme par la chaleur de l'imagination
, & par cette fermentation des
efprits qui s'excite dans la folitude. Je
defire plus encore , & je m'applaudirois
toute ma vie d'avoir pu y réuffir : ' eft
d'arracher ce Philofophe éloquent aux
réfléxions douloureufes qui confument ſa
jeuneffe , de le rendre à la fociété où je
l'ai vu tendrement chéri , de l'engager à
confacrer aux vérités fimples & folides ,
aux vertus douces & fociales , au bonheur
de l'humanité , le génie & les veilles qu'il
employe à la décourager , & à la rendre ,
s'il étoit poffible , odieufe à elle-même.
Quelle fatisfaction peut- il avoir à calom
nier nos goûts & les fiens ? Les farces, ditJANVIER.
1759. 128
il , les plus groffieres , font moins dangereufes
pour une jeune fille , que la Comédie
de l'Oracle. Quels reproches ne fe
fait-il donc pas à lui-même d'avoir compofé
en Vers & en Mufique cette Scéne
naïve & fi touchante que toutes les
jeunes filles fçavent par coeur ?
Tant qu'à mon Colin j'ai fçu plaire &c.
Mais , voici qui eft plus férieux encore.
» Le Théâtre François eft , dit-il , la
plus pernicieuſe école du vice .... J'ai-
» me la Comédie à la paſſion .... Racine
» me charme ; & je n'ai jamais manqué
» volontairement , une repréſentation de
» Moliere .
Il eſt donc , felon fes principes , dans
le cas d'un homme qui auroit affifté journellement
& avec délices , à un feftin
où il auroit fçu que l'on verſoit du poiſon
aux convives.
» Sainte & pure vérité , s'écrie- t - il ,
»non jamais mes paffions ne fouilleront
» le fincére amour que j'ai pour toi : l'in-
» térêt ni la crainte ne fçauroient altérer
» l'hommage que j'ai à t'offrir.
Rien n'eft plus beau , plus courageux ,
fans doute ; mais le fervice que j'ai voulu
rendre à M. Rouffeau n'en fera
plus effentiel , fi j'ai pu lui perfuader que
que
Fij
124 MERCURE DE FRANCE:
ces idées affligeantes qu'il a prifes pour
la vérité n'en étoient que de vains phantômes,
& que le mal auquel il croit avoir
contribué par fes écrits & par fes exemples
eft un bien
pour l'humanité.
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Résumé : SUITE de la Lettre de M. Rousseau de Genêve sur les Spectacles.
Le texte explore les opinions de Rousseau sur l'amour et la pudeur, en distinguant l'amour naturel, souvent amoral, de l'amour vertueux, qui combine des aspects physiques et moraux. Rousseau considère la pudeur comme la première vertu féminine et note que dans les sociétés opulentes, les plaisirs faciles peuvent étouffer cet amour vertueux, menant parfois à des comportements déloyaux chez les femmes. Le théâtre est présenté comme un outil pour promouvoir l'amour vertueux en encourageant des sentiments tels que la pudeur, la fidélité et l'innocence. Cependant, il peut également influencer les comportements amoureux de manière négative. Le texte critique la vision de Rousseau sur le théâtre, affirmant que, bien régulé, il peut offrir des modèles de vertus et d'affections honnêtes. L'auteur discute des dangers et des avantages de l'éducation et de l'influence du théâtre sur les jeunes. Il prône une éducation qui guide les inclinations naturelles vers la vertu et l'honneur, et critique l'idée que le théâtre soit nuisible, affirmant qu'il peut compenser les lacunes de l'éducation en fournissant des exemples moraux clairs. Le texte distingue l'amour criminel de l'amour vertueux, insistant sur la nécessité de représenter des valeurs morales. Il conteste les vues pessimistes de Rousseau sur l'amour et les spectacles, affirmant que l'amour honnête peut rapprocher les individus et les rendre meilleurs. L'auteur défend également les comédiens, soulignant que leur profession n'est pas intrinsèquement déshonorante et qu'elle peut procurer des plaisirs honnêtes au public. Enfin, le texte aborde les préoccupations morales concernant les comédiens, affirmant qu'ils peuvent être vertueux malgré les préjugés. Il critique Rousseau pour avoir déduit la honte attachée à la profession de comédien à partir de l'exemple de Rome, rappelant que dans la Grèce antique, les comédiens étaient respectés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3870
p. 217-218
Quinziéme Traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Baucher, de la Compagnie d'Obsouville, entré le 10 Août, [...]
Mots clefs :
Malades, Compagnie, Traitement, Soldats, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Quinziéme Traitement depuis son établissement.
Quinziéme Traitement depuis ſon établiſſement .
LE nommé Baucher , de la Compagnie d'Obfouville
, entré le 10 Août, eft forti le dix Octobre
parfaitement guéri .
Le nommé Bernard , de la même Compagnie ,
eft entré le 31 Août & en eſt ſorti le 10 Octobre
parfaitement guéri .
Le nommé Conftant , de la Compagnie de la
Sône , eſt entré le 21 Septembre , & en eft forti
le 31 Octobre parfaitement guéri.
K
218 MERCURE DE FRANCE.
Le nommé Chauvet , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 21 Septembre , & en eſt
forti le 21 Novembre , parfaitement guéri.
Le nommé Touflaint , de la Compagnie de
Chevalier, eft entré le s Octobre , & en eft forti
le 28 Novembre , parfaitement guéri.
Le nommé le Sage , de la Compagnie de Bouville
, eft entré le 19 Octobre , & en eft forti le
26 Décembre parfaitement guéri.
Le nommé Lacombe , Compagnie le Camus ,
eft entré le 16 Novembre , & en eft forti le 26
Décembre parfaitement guéri .
Le nommé Bouginier , de la même Compagnie
, eft entré le 14 Novembre , & en eft forti
le 26 Décembre.
L'on ne détaille plus ces maladies ; mais elles
étoient on ne peut pas plus graves , & plufieurs
avoient réfifté aux traitemens connus adminiſtrés
plufieurs fois.
LE nommé Baucher , de la Compagnie d'Obfouville
, entré le 10 Août, eft forti le dix Octobre
parfaitement guéri .
Le nommé Bernard , de la même Compagnie ,
eft entré le 31 Août & en eſt ſorti le 10 Octobre
parfaitement guéri .
Le nommé Conftant , de la Compagnie de la
Sône , eſt entré le 21 Septembre , & en eft forti
le 31 Octobre parfaitement guéri.
K
218 MERCURE DE FRANCE.
Le nommé Chauvet , de la Compagnie de
Bouville , eft entré le 21 Septembre , & en eſt
forti le 21 Novembre , parfaitement guéri.
Le nommé Touflaint , de la Compagnie de
Chevalier, eft entré le s Octobre , & en eft forti
le 28 Novembre , parfaitement guéri.
Le nommé le Sage , de la Compagnie de Bouville
, eft entré le 19 Octobre , & en eft forti le
26 Décembre parfaitement guéri.
Le nommé Lacombe , Compagnie le Camus ,
eft entré le 16 Novembre , & en eft forti le 26
Décembre parfaitement guéri .
Le nommé Bouginier , de la même Compagnie
, eft entré le 14 Novembre , & en eft forti
le 26 Décembre.
L'on ne détaille plus ces maladies ; mais elles
étoient on ne peut pas plus graves , & plufieurs
avoient réfifté aux traitemens connus adminiſtrés
plufieurs fois.
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Résumé : Quinziéme Traitement depuis son établissement.
Le document relate le quinzième traitement effectué dans un hôpital ou une institution médicale. Huit individus, tous membres de différentes compagnies militaires, ont été traités et guéris. Baucher, de la Compagnie d'Obfouville, a été hospitalisé du 10 août au 10 octobre. Bernard, de la même compagnie, a été soigné du 31 août au 10 octobre. Constant, de la Compagnie de la Sône, a été admis le 21 septembre et sorti le 31 octobre. Chauvet, de la Compagnie de Bouville, a été hospitalisé du 21 septembre au 21 novembre. Touflaint, de la Compagnie de Chevalier, a été traité du 8 octobre au 28 novembre. Le Sage, également de la Compagnie de Bouville, a été soigné du 19 octobre au 26 décembre. Lacombe, de la Compagnie le Camus, a été hospitalisé du 16 novembre au 26 décembre. Bouginier, de la même compagnie, a été traité du 14 novembre au 26 décembre. Les maladies traitées étaient graves et avaient résisté à plusieurs traitements connus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3871
p. 218-222
EXTRAIT de différentes cures dans différentes Villes du Royaume.
Début :
J'ai l'honneur de vous envoyer, Monsieur, les Certificats de deux de mes [...]
Mots clefs :
Nîmes, M. Keyser, Chirurgiens, Maladies vénériennes, Guérison, Certificats, Symptômes, Médecins, Dragées, Metz, Curés, Villes de France, Succès
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de différentes cures dans différentes Villes du Royaume.
EXTRAIT de différentes cures dans
différentes Villes du Royaume.
Nimes en Languedoc.
Lettre de M. Rajoux , Docteur en Médecine
, & Membre de l'Acad, Royale
de Nimes ; à M. Keyfer.
'Ar l'honneur de vous envoyer , Monfieur ,
les Certificats de deux de mes Confrères , & de
trois Maîtres en . Chirurgie de cette Ville , dont
l'un eft le Doyen , & tous les trois Chirurgiens
très - expérimentés. Vous verrez qu'ils ont été
très - fatisfaits de la cure que j'ai faite , & dont
je vous ai rendu compre dans mes précédentes,
MARS. 1759. 219
Vous pouvez en faire l'ufage qu'il vous plaira ,
& fi vous les faites inférer dans le premier Mercure
, vous pourriez y joindre un Extrait court
& fuccint de la maladie. J'espère , Monfieur ,
que votre remède aura dans cette Ville la même
réputation qu'il a partout ailleurs , quand il fera
fagement adminiftré : car je vous répéte qu'il y
faut beaucoup d'art. Dès que les épreuves que
j'ai faites encore feront connues , on ne fera
certainement point de difficulté de fe fier pour
la guérifon des maladies vénériennes à un remède
dont on verra partout les effets aufli heureux &
auffi -bien conftatés .
J'ai l'honneur d'être , &c.
Signé RAJOUx , Dot en Méd.
Extrait des Certificats de Meffieurs les
Médecins de Nîmes. ( On Jupprime les
détails d'une Maladie qui étoit des plus
graves.)
Nous Pierre Baux , Docteur en Médecine de
J'Univerfité de Montpellier , Correfpondant des
Académies Royales des Sciences de Paris & de
Montpellier , Aggrégé au Collège des Médecins
de Nimes , & Jean-Baptiste Mitier , Do &tear en
Médecins , Aggrégé au Collège des Médecins de
Nimes :
Certifions & atteftons que le premier Septembre
1758 nous avons vifité , conjointement avec
M. Rajoux , Médecin de l'Hôtel - Dieu , & Membre
de l'Académie Royale de Nimes , la nommée
Marguerite ***, femme de Jofeph R** , que nous
avons trouvée dans un état des plus cruels , accablée
de tous les plus graves fymptomes qui caractérifent
la maladie vénérienne ... la Malade ne
Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
pouvant plus manger ni dormir , & étant enfin
dans un état d'exténuation qui faifoit craindre
pour la vie qu'ayant commencé à prendre les
Dragées anti- vénériennes de M. Keyfer , le 8 du
mois de Septembre , fous la direction de M.
Rajoux , ce remède a produit l'effet le plus heureux
que nous ayant été repréſentée le 2 Décembre
, un mois après l'ufage des Dragées , afin
d'être plus certains de la guérifon ; nous avons
trouvé qu'elle étoit parfaitement guérie... que
la Malade ne fouffroit plus aucune espèce de douleur
, & étoit d'un embonpoint qui la faifoit preque
méconnoître. En conféquence de quoi nous
ne pouvons que rendre un bon témoignage du
fuccès de la méthode qui a été employée dans
cette occafion , & avons donné la préfente Atteltation.
A Nîmes , le 27 Décembre 1758 .
Signé BAUX & MITIER. D. E. M.
Extrait des Certificats de Meffieurs Mitier,
Bonnefoi & Clufeau , Maitres en Chiturgie
de ladite Ville, pour la même care.
Nous fouffignés , Maîtres Chirurgiens de
Nimes, certifions que le premier Novembre 1758,
nous avons été appellés conjointement avec M.
Kajoux Docteur en Médecine de la Faculté de
Montpellier pour voir & vifiter la nommée Marguerite
*** femme de Joſeph
** que nous n'eumes
befoin que des yeux pour juger de fa maladie.
Que cette femme étoit dans un état digne de
pitié .... Que M. Rajoux fe chargea de la cure de
cette femme , avec les Dragées de M. Keyfer ;
& qu'elles ont eu dans fes mains un fi heureux
fuccès, que vers le commencement de Décembre ,
peut-être un mois après la guérifon , nous avons
MAR S. 1759.
221
été furpris de trouver cette femme fans aucune
incommodité. En conféquence de quoi nous ne
pouvons que donner des éloges au mérite de cette
compofition dans la cure des Maladies Vénériennes
, quand elle fera furtout conduite par un habile
Médecin. A Nîmes le 22 Décembre 1758.
Signé , MITIER Chirurgien- Major de l'Hôtel-
Dieu , BONNEFOY , CLUZEAU ,
Maîtres en
Chirurgie.
Il vient de fe faire également à S. Malo , à
Metz, & dans diverfes autres Villes des cures autentiques
dont il fera rendu compte fucceffivement
parce qu'on ne peut les inférer que les unes après
les autres. Le Public obfervera que depuis deux
ans, prefque toutes les principales Villes du Royaume
ont envoyé les certificats les plus authentiques
, qu'il ne peut y avoir de brigues , ni de
faveurs dans des faits atteftés aufli généralement ;
que jamais remède n'a été expo é a tant d'épreuves
; que M. Keyfer fait aujourd'hui fon feizième
traitement à l'Hôpital de M. le Maréchal de Biron
; qu'il y a guéri plus de 3 à 400 foldats qui
exiftent , & dont il ne lui eft pas mort un feul
entre les mains ; qu'il a fait plus de trois mille
cures à Paris ; que fon remède en a fait auta nt
dans les Provinces , & que malgré les comptes
exacts & vrais qu'il en a rendas , il voit avec douleur
qu'il eft perpétuellement des gens affez ennemis
du bien public & de l'humanité pour chercher
à décrier ce remèdę .
D'autres font affez ignorans pour ofer dire fans
le connoître , qu'il eft compofe de drogues pernicieufes
, tandis que ce n'eft que du mercure extrêmement
purifié , & que d'ailleurs on peut ef
fayer de le décompofer quand on voudra : d'autres
affez imbécilles pour dire qu'il eft infuffifant
parce qu'il aura quelquefois échoué contre de,
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
maladies compliquées , où n'ayant agi que contre
la maladie vénérienne , qu'il aura détruite , il
n'aura pas fait le miracle d'emporter toutes les
autres complications , & tandis qu'il y a cent faits
qui prouveront qu'il a guéri des Maladies manquées
jufqu'à fept fois par les frictions ; enfin qui
employent toutes fortes de manoeuvres pour le
difcréditer , foit par jaloufie , foit par ignorance,
ou par un entêrement déplacé.
différentes Villes du Royaume.
Nimes en Languedoc.
Lettre de M. Rajoux , Docteur en Médecine
, & Membre de l'Acad, Royale
de Nimes ; à M. Keyfer.
'Ar l'honneur de vous envoyer , Monfieur ,
les Certificats de deux de mes Confrères , & de
trois Maîtres en . Chirurgie de cette Ville , dont
l'un eft le Doyen , & tous les trois Chirurgiens
très - expérimentés. Vous verrez qu'ils ont été
très - fatisfaits de la cure que j'ai faite , & dont
je vous ai rendu compre dans mes précédentes,
MARS. 1759. 219
Vous pouvez en faire l'ufage qu'il vous plaira ,
& fi vous les faites inférer dans le premier Mercure
, vous pourriez y joindre un Extrait court
& fuccint de la maladie. J'espère , Monfieur ,
que votre remède aura dans cette Ville la même
réputation qu'il a partout ailleurs , quand il fera
fagement adminiftré : car je vous répéte qu'il y
faut beaucoup d'art. Dès que les épreuves que
j'ai faites encore feront connues , on ne fera
certainement point de difficulté de fe fier pour
la guérifon des maladies vénériennes à un remède
dont on verra partout les effets aufli heureux &
auffi -bien conftatés .
J'ai l'honneur d'être , &c.
Signé RAJOUx , Dot en Méd.
Extrait des Certificats de Meffieurs les
Médecins de Nîmes. ( On Jupprime les
détails d'une Maladie qui étoit des plus
graves.)
Nous Pierre Baux , Docteur en Médecine de
J'Univerfité de Montpellier , Correfpondant des
Académies Royales des Sciences de Paris & de
Montpellier , Aggrégé au Collège des Médecins
de Nimes , & Jean-Baptiste Mitier , Do &tear en
Médecins , Aggrégé au Collège des Médecins de
Nimes :
Certifions & atteftons que le premier Septembre
1758 nous avons vifité , conjointement avec
M. Rajoux , Médecin de l'Hôtel - Dieu , & Membre
de l'Académie Royale de Nimes , la nommée
Marguerite ***, femme de Jofeph R** , que nous
avons trouvée dans un état des plus cruels , accablée
de tous les plus graves fymptomes qui caractérifent
la maladie vénérienne ... la Malade ne
Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
pouvant plus manger ni dormir , & étant enfin
dans un état d'exténuation qui faifoit craindre
pour la vie qu'ayant commencé à prendre les
Dragées anti- vénériennes de M. Keyfer , le 8 du
mois de Septembre , fous la direction de M.
Rajoux , ce remède a produit l'effet le plus heureux
que nous ayant été repréſentée le 2 Décembre
, un mois après l'ufage des Dragées , afin
d'être plus certains de la guérifon ; nous avons
trouvé qu'elle étoit parfaitement guérie... que
la Malade ne fouffroit plus aucune espèce de douleur
, & étoit d'un embonpoint qui la faifoit preque
méconnoître. En conféquence de quoi nous
ne pouvons que rendre un bon témoignage du
fuccès de la méthode qui a été employée dans
cette occafion , & avons donné la préfente Atteltation.
A Nîmes , le 27 Décembre 1758 .
Signé BAUX & MITIER. D. E. M.
Extrait des Certificats de Meffieurs Mitier,
Bonnefoi & Clufeau , Maitres en Chiturgie
de ladite Ville, pour la même care.
Nous fouffignés , Maîtres Chirurgiens de
Nimes, certifions que le premier Novembre 1758,
nous avons été appellés conjointement avec M.
Kajoux Docteur en Médecine de la Faculté de
Montpellier pour voir & vifiter la nommée Marguerite
*** femme de Joſeph
** que nous n'eumes
befoin que des yeux pour juger de fa maladie.
Que cette femme étoit dans un état digne de
pitié .... Que M. Rajoux fe chargea de la cure de
cette femme , avec les Dragées de M. Keyfer ;
& qu'elles ont eu dans fes mains un fi heureux
fuccès, que vers le commencement de Décembre ,
peut-être un mois après la guérifon , nous avons
MAR S. 1759.
221
été furpris de trouver cette femme fans aucune
incommodité. En conféquence de quoi nous ne
pouvons que donner des éloges au mérite de cette
compofition dans la cure des Maladies Vénériennes
, quand elle fera furtout conduite par un habile
Médecin. A Nîmes le 22 Décembre 1758.
Signé , MITIER Chirurgien- Major de l'Hôtel-
Dieu , BONNEFOY , CLUZEAU ,
Maîtres en
Chirurgie.
Il vient de fe faire également à S. Malo , à
Metz, & dans diverfes autres Villes des cures autentiques
dont il fera rendu compte fucceffivement
parce qu'on ne peut les inférer que les unes après
les autres. Le Public obfervera que depuis deux
ans, prefque toutes les principales Villes du Royaume
ont envoyé les certificats les plus authentiques
, qu'il ne peut y avoir de brigues , ni de
faveurs dans des faits atteftés aufli généralement ;
que jamais remède n'a été expo é a tant d'épreuves
; que M. Keyfer fait aujourd'hui fon feizième
traitement à l'Hôpital de M. le Maréchal de Biron
; qu'il y a guéri plus de 3 à 400 foldats qui
exiftent , & dont il ne lui eft pas mort un feul
entre les mains ; qu'il a fait plus de trois mille
cures à Paris ; que fon remède en a fait auta nt
dans les Provinces , & que malgré les comptes
exacts & vrais qu'il en a rendas , il voit avec douleur
qu'il eft perpétuellement des gens affez ennemis
du bien public & de l'humanité pour chercher
à décrier ce remèdę .
D'autres font affez ignorans pour ofer dire fans
le connoître , qu'il eft compofe de drogues pernicieufes
, tandis que ce n'eft que du mercure extrêmement
purifié , & que d'ailleurs on peut ef
fayer de le décompofer quand on voudra : d'autres
affez imbécilles pour dire qu'il eft infuffifant
parce qu'il aura quelquefois échoué contre de,
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
maladies compliquées , où n'ayant agi que contre
la maladie vénérienne , qu'il aura détruite , il
n'aura pas fait le miracle d'emporter toutes les
autres complications , & tandis qu'il y a cent faits
qui prouveront qu'il a guéri des Maladies manquées
jufqu'à fept fois par les frictions ; enfin qui
employent toutes fortes de manoeuvres pour le
difcréditer , foit par jaloufie , foit par ignorance,
ou par un entêrement déplacé.
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Résumé : EXTRAIT de différentes cures dans différentes Villes du Royaume.
Le document relate des témoignages de médecins et chirurgiens de Nîmes concernant l'efficacité d'un remède contre les maladies vénériennes. M. Rajoux, Docteur en Médecine et membre de l'Académie Royale de Nîmes, a traité avec succès une patiente nommée Marguerite, souffrant de symptômes graves de la maladie vénérienne. Plusieurs certificats médicaux, émanant de M. Baux, M. Mitier, M. Bonnefoi et M. Cluzeau, attestent de la guérison complète de Marguerite après l'administration des dragées anti-vénériennes de M. Keyfer, sous la supervision de M. Rajoux. Ces témoignages mettent en avant l'efficacité du remède lorsqu'il est administré par un médecin compétent. Des guérisons similaires ont été rapportées dans d'autres villes comme Saint-Malo et Metz. Le remède, composé de mercure purifié, a également été utilisé avec succès dans diverses régions, notamment à l'Hôpital du Maréchal de Biron et à Paris, où plus de 3 000 cures ont été réalisées. Malgré ces succès, le remède fait face à des critiques de la part de personnes mal informées ou malveillantes.
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3872
p. 222-224
Liste de Messieurs les Médecins, Maîtres en Chirurgie, Chirurgiens Majors d'Hôpitaux & de Régimens divers, à qui le remède a été envoyé en quantité & gratis pour en faire les épreuves les plus authentiques, qui ont envoyé en conséquence tous les Certificats que l'on a insérés depuis deux ans dans tous les Mercures & dans lesquels ils attestent qu'ils en ont été satisfaits à tous égards ; qui l'administrent aujourd'hui par préférence à tout autre, & auxquels on peut s'adresser avec confiance dans toutes les Villes & lieux qui sont désignés.
Début :
Docteurs en Médecine. Messieurs Marmion, Médecin de l'Hôpital du Roi. [...]
Mots clefs :
Docteur en médecine, Chirurgien-major, Hôpitaux, Régiments, Armées, Maître en Chirurgie, Remèdes, Épreuves
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texteReconnaissance textuelle : Liste de Messieurs les Médecins, Maîtres en Chirurgie, Chirurgiens Majors d'Hôpitaux & de Régimens divers, à qui le remède a été envoyé en quantité & gratis pour en faire les épreuves les plus authentiques, qui ont envoyé en conséquence tous les Certificats que l'on a insérés depuis deux ans dans tous les Mercures & dans lesquels ils attestent qu'ils en ont été satisfaits à tous égards ; qui l'administrent aujourd'hui par préférence à tout autre, & auxquels on peut s'adresser avec confiance dans toutes les Villes & lieux qui sont désignés.
Lifte de Meffieurs les Médecins , Maitres en Chi
rurgie, Chirurgiens Majors d'Hopitaux de
Régimens divers , à qui le remède a été envoyé
en quantité gratis pour en faire les épreuves
les plus authentiques , qui ont envoyé en conféquence
tous les Certificats que l'on a inférés depuis
deux ans dans tous les Mercures dans
lefquels ils atteftent qu'ils en ont été farisfaits à
tous égards ; qui l'adminiftrent aujourd'hui par
preférence à tout autre , auxquels on peut
s'adreler avec confiance dans toutes les Vilkes
lienx qui font défignés.
DOCTEURS EN MÉDECINE.
MESSIEURS
Médecin de l'Hôpital
à Grenoble.
Docteur en Médecine , à Montauban,
MARMION,
du Roi.
RIGAL,
FRESSINIAT, Idem.
RAJOUX ,
à Limoges.
LE CAT ,
Idem.
Médecin & Chirurg.
Major des Hôp . de
à Nîmes .
S. M. l'Imp. Reine , à Gand.
Docteur en Médecine , à Troyes.
PIERS ,
SEB, Idem. à Saint-Malo,
GOUPIL , fils , Idem. à Argentan,
MORIN Idem. à Falaife.
MARS. 1759. 223
•
CHIRURGIENS - MAJORS
Des Hopitaux & des Régimens.
LE RICHE ,
MONTAUT,
MESSIEURS
Chirurg, Maj . des Hôpitaux
Milit .
Chir. Maj . de S. M. le
Roi de Pologne ,
GARENGEOT, Chir . Maj . du Rég, du
MOLITAR D,
DELANY
GiaT ,
Roi , Infanterie ,
Chir. Maj . du Rég , de
Bretagne , Infant.e
Chir . Maj . du Régiment
de Breffe.
Chir. Maj . du Régiment
d'Artois ,
DE MONTREUX , Chirurgien- Major des
DELAHAYE,
MICHEL ,
Hôpitaux ,
Chir. Maj . des Hôpit .
Chir. Maj . des Vailfeaux
du Roi ,
à Strasbourg.
à Lunéville.
à l'armée.
à l'armée.
à Landernau
à Boulogne.
à Breft.
à Rochefort .
à Toulon.
MAITRES EN CHIRURGIE,
REY,
MAREL ,
DUPONT ,
Jussy ,
2
WAROCQUIER ,
LABORIE ,
MESSIEURS
Maître en Chirurgie ,
rue Tupin ,
De l'Acad . des Scienà
Lyon.
ces & Belles -Lettres, à Dijon.
Démonftrateur Royal , à Rennes.
à Besançon
à Lille.
Idem.
Idem .
Maître en Chirurgie , à Toulouſe.
Bous
USQUET , Idem.
GUILLON le J. Idem.
LEPAGE, Idem.
à Metz.
à Orléans,
à Caen,
224 MERCURE DE FRANCE.
MESSIEURS
DESMOULINS , Maître en Chirurgie , à la Rochelle.
FINEKS , Idem . à Genève.
MITIER , Idem. à Nîmes.
MERIC , Idem . à Rheims.
FALISE , Idem. à Liége.
BOISSIER , Idem. à Montpellier.
HOYLARIS, Idem. à Anvers.
DAUVERS , Idem. à Parme.
DE N.
**
à Cadix.
DE au Cap.
DE MERAUDE,
DE LA PLAINE ,
NAUDINAT, Chirurgien ,
LẺ QUAY ,
Chirurgien ,
Chirurg. du Gouvern. à Bordeaux .
Chirurg. de S. A. S.
M. le Margrave de
Bareuth , à Bareuth.
à la Haye.
à Lizieux.
à Marseile.
On donnera le nom des perfonnes qu'on n'a point
nommées dans les cas où on les demandera , & l'on
donnera d'ici à quatre mois , une lifte plus étendue
de diverfes perſonnes qui ont demandé le remède ,
qui font actuellement des épreuves.
L'adreffe de M. Keyfer eft rue & Ifle S. Louis ,
la cinquième porte cochere à gauche , en entrant
par le Pont-rouge.
rurgie, Chirurgiens Majors d'Hopitaux de
Régimens divers , à qui le remède a été envoyé
en quantité gratis pour en faire les épreuves
les plus authentiques , qui ont envoyé en conféquence
tous les Certificats que l'on a inférés depuis
deux ans dans tous les Mercures dans
lefquels ils atteftent qu'ils en ont été farisfaits à
tous égards ; qui l'adminiftrent aujourd'hui par
preférence à tout autre , auxquels on peut
s'adreler avec confiance dans toutes les Vilkes
lienx qui font défignés.
DOCTEURS EN MÉDECINE.
MESSIEURS
Médecin de l'Hôpital
à Grenoble.
Docteur en Médecine , à Montauban,
MARMION,
du Roi.
RIGAL,
FRESSINIAT, Idem.
RAJOUX ,
à Limoges.
LE CAT ,
Idem.
Médecin & Chirurg.
Major des Hôp . de
à Nîmes .
S. M. l'Imp. Reine , à Gand.
Docteur en Médecine , à Troyes.
PIERS ,
SEB, Idem. à Saint-Malo,
GOUPIL , fils , Idem. à Argentan,
MORIN Idem. à Falaife.
MARS. 1759. 223
•
CHIRURGIENS - MAJORS
Des Hopitaux & des Régimens.
LE RICHE ,
MONTAUT,
MESSIEURS
Chirurg, Maj . des Hôpitaux
Milit .
Chir. Maj . de S. M. le
Roi de Pologne ,
GARENGEOT, Chir . Maj . du Rég, du
MOLITAR D,
DELANY
GiaT ,
Roi , Infanterie ,
Chir. Maj . du Rég , de
Bretagne , Infant.e
Chir . Maj . du Régiment
de Breffe.
Chir. Maj . du Régiment
d'Artois ,
DE MONTREUX , Chirurgien- Major des
DELAHAYE,
MICHEL ,
Hôpitaux ,
Chir. Maj . des Hôpit .
Chir. Maj . des Vailfeaux
du Roi ,
à Strasbourg.
à Lunéville.
à l'armée.
à l'armée.
à Landernau
à Boulogne.
à Breft.
à Rochefort .
à Toulon.
MAITRES EN CHIRURGIE,
REY,
MAREL ,
DUPONT ,
Jussy ,
2
WAROCQUIER ,
LABORIE ,
MESSIEURS
Maître en Chirurgie ,
rue Tupin ,
De l'Acad . des Scienà
Lyon.
ces & Belles -Lettres, à Dijon.
Démonftrateur Royal , à Rennes.
à Besançon
à Lille.
Idem.
Idem .
Maître en Chirurgie , à Toulouſe.
Bous
USQUET , Idem.
GUILLON le J. Idem.
LEPAGE, Idem.
à Metz.
à Orléans,
à Caen,
224 MERCURE DE FRANCE.
MESSIEURS
DESMOULINS , Maître en Chirurgie , à la Rochelle.
FINEKS , Idem . à Genève.
MITIER , Idem. à Nîmes.
MERIC , Idem . à Rheims.
FALISE , Idem. à Liége.
BOISSIER , Idem. à Montpellier.
HOYLARIS, Idem. à Anvers.
DAUVERS , Idem. à Parme.
DE N.
**
à Cadix.
DE au Cap.
DE MERAUDE,
DE LA PLAINE ,
NAUDINAT, Chirurgien ,
LẺ QUAY ,
Chirurgien ,
Chirurg. du Gouvern. à Bordeaux .
Chirurg. de S. A. S.
M. le Margrave de
Bareuth , à Bareuth.
à la Haye.
à Lizieux.
à Marseile.
On donnera le nom des perfonnes qu'on n'a point
nommées dans les cas où on les demandera , & l'on
donnera d'ici à quatre mois , une lifte plus étendue
de diverfes perſonnes qui ont demandé le remède ,
qui font actuellement des épreuves.
L'adreffe de M. Keyfer eft rue & Ifle S. Louis ,
la cinquième porte cochere à gauche , en entrant
par le Pont-rouge.
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Résumé : Liste de Messieurs les Médecins, Maîtres en Chirurgie, Chirurgiens Majors d'Hôpitaux & de Régimens divers, à qui le remède a été envoyé en quantité & gratis pour en faire les épreuves les plus authentiques, qui ont envoyé en conséquence tous les Certificats que l'on a insérés depuis deux ans dans tous les Mercures & dans lesquels ils attestent qu'ils en ont été satisfaits à tous égards ; qui l'administrent aujourd'hui par préférence à tout autre, & auxquels on peut s'adresser avec confiance dans toutes les Villes & lieux qui sont désignés.
Le document énumère des médecins, chirurgiens et maîtres en chirurgie ayant testé un remède. Ces professionnels proviennent de diverses régions et institutions françaises et étrangères. Parmi eux, des docteurs en médecine de villes telles que Grenoble, Montauban, Limoges, Troyes, Saint-Malo, Argentan et Falaise. La liste inclut également des chirurgiens majors des hôpitaux militaires et des régiments, ainsi que des maîtres en chirurgie de villes comme Lyon, Dijon, Rennes, Besançon, Lille, Toulouse, Metz, Orléans et Caen. Après deux ans d'épreuves, ces professionnels ont attesté de la satisfaction obtenue avec le remède. Des certificats confirmant son efficacité ont été publiés dans les Mercures. Pour plus d'informations, il est possible de contacter M. Keyfer à l'adresse rue et île Saint-Louis, cinquième porte cochère à gauche, en entrant par le Pont-rouge. Une liste plus étendue des personnes ayant demandé le remède sera publiée dans les quatre mois à venir.
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3872
Liste de Messieurs les Médecins, Maîtres en Chirurgie, Chirurgiens Majors d'Hôpitaux & de Régimens divers, à qui le remède a été envoyé en quantité & gratis pour en faire les épreuves les plus authentiques, qui ont envoyé en conséquence tous les Certificats que l'on a insérés depuis deux ans dans tous les Mercures & dans lesquels ils attestent qu'ils en ont été satisfaits à tous égards ; qui l'administrent aujourd'hui par préférence à tout autre, & auxquels on peut s'adresser avec confiance dans toutes les Villes & lieux qui sont désignés.
3873
p. 206
DE NAPLES, le 18 Février.
Début :
Il s'est fait au sommet du Vésuve une ouverture nouvelle par où [...]
Mots clefs :
Vésuve, Feu, Lave
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE NAPLES, le 18 Février.
De NAPLES , le 18 Février.
Il s'eft fait au fommet du Véfuve une ouver
ture nouvelle par où s'écoulent des torrents de
feu qui ſe répandent à des diſtances confidérables.
Il s'eft fait au fommet du Véfuve une ouver
ture nouvelle par où s'écoulent des torrents de
feu qui ſe répandent à des diſtances confidérables.
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3874
p. 212
Seizième traitement consécutif depuis son établissement.
Début :
Le nommé Paschal, de la Compagnie de Chevalier, est entré le 7 Décembre, [...]
Mots clefs :
Malades, Soldats, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Seizième traitement consécutif depuis son établissement.
Seizième traitement conſécutif depuis ſon
- établiſſement. -
L E nommé Paſchal, de la Compagnie de
Chevalier, eſt entré le 7 Décembre, & en eſt ſorti
le 6 Février 17 59. -
, Le nommé la Terraſſe, idem, entré le 21 Dé
cembre , ſorti le 13 Février 17 59.
Le nommé Saint Antoine, idem, entré le 2 1
Décembre, ſorti le 6 Février 1759.
· Le nommé Charles, de la Compagnie de Bou
ville, entré le 2 1 Décembre, ſorti le 3o Janvier
I7f9. - -
Le nommé Jame, idem, entré le 8 Février,
ſorti le 2o Mars, parfaitement guéri.
Le nommé Prince, de la Compagnie de Sinety,
entré le 29 Décembre , ſorti le 6 Février.
Le nommé Milon, de la Compagnie de Latour,
entré le 2 5 Janvier 17 59, ſorti le 6 Mars. -
Le nommé Carré, Compagnie d'Obſonville,
entré le 2 5 Janvier, ſorti le 1 3 Mars. %
Le nommé Vezel , de la même Compagnie,
entré le 5 Février , ſorti le 27 Mars 17 5 9. -
· Le nommé Litry, de la Compagnie de Raſilly,
entré le premier Février, ſorti le 6 Mars.
· Le nommé Nancy, idem, entré le premier Fé
vrier, & ſorti le 6 Mars.
· Le nommé Durand, de la Compagnie de Tour
ville, entré le premier Février, ſorti le 13 Mars.
Tous parfaitement guéris.
- établiſſement. -
L E nommé Paſchal, de la Compagnie de
Chevalier, eſt entré le 7 Décembre, & en eſt ſorti
le 6 Février 17 59. -
, Le nommé la Terraſſe, idem, entré le 21 Dé
cembre , ſorti le 13 Février 17 59.
Le nommé Saint Antoine, idem, entré le 2 1
Décembre, ſorti le 6 Février 1759.
· Le nommé Charles, de la Compagnie de Bou
ville, entré le 2 1 Décembre, ſorti le 3o Janvier
I7f9. - -
Le nommé Jame, idem, entré le 8 Février,
ſorti le 2o Mars, parfaitement guéri.
Le nommé Prince, de la Compagnie de Sinety,
entré le 29 Décembre , ſorti le 6 Février.
Le nommé Milon, de la Compagnie de Latour,
entré le 2 5 Janvier 17 59, ſorti le 6 Mars. -
Le nommé Carré, Compagnie d'Obſonville,
entré le 2 5 Janvier, ſorti le 1 3 Mars. %
Le nommé Vezel , de la même Compagnie,
entré le 5 Février , ſorti le 27 Mars 17 5 9. -
· Le nommé Litry, de la Compagnie de Raſilly,
entré le premier Février, ſorti le 6 Mars.
· Le nommé Nancy, idem, entré le premier Fé
vrier, & ſorti le 6 Mars.
· Le nommé Durand, de la Compagnie de Tour
ville, entré le premier Février, ſorti le 13 Mars.
Tous parfaitement guéris.
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Résumé : Seizième traitement consécutif depuis son établissement.
Entre décembre 1758 et mars 1759, seize traitements consécutifs ont été effectués, aboutissant à la guérison de plusieurs individus. Paschal, de la Compagnie de Chevalier, a été traité du 7 décembre 1758 au 6 février 1759. La Terrasse et Saint Antoine, également de la Compagnie de Chevalier, ont été traités respectivement du 21 décembre 1758 au 13 février 1759 et du 21 décembre 1758 au 6 février 1759. Charles, de la Compagnie de Bouville, a été traité du 21 décembre 1758 au 30 janvier 1759. Jame, de la même compagnie, a été traité du 8 février au 20 mars 1759 et est sorti parfaitement guéri. Prince, de la Compagnie de Sinety, a été traité du 29 décembre 1758 au 6 février 1759. Milon, de la Compagnie de Latour, a été traité du 25 janvier au 6 mars 1759. Carré, de la Compagnie d'Obsonville, a été traité du 25 janvier au 13 mars 1759. Vezel, de la même compagnie, a été traité du 5 février au 27 mars 1759. Litry et Nancy, de la Compagnie de Rasilly, ont été traités du 1er février au 6 mars 1759. Durand, de la Compagnie de Tourville, a été traité du 1er février au 13 mars 1759. Tous les individus mentionnés sont sortis parfaitement guéris.
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3875
p. 213-214
CURE particulière entreprise de l'ordre & par la charité de M. le Maréchal Duc de Biron.
Début :
Le nommé Francoeur Soldat de la Compagnie d'Hallot, traité à l'Hopital au mois [...]
Mots clefs :
Soldat, Malade, Guérison, Maladies vénériennes, M. Keyser, Médecins, Remède, Cure, Certificats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CURE particulière entreprise de l'ordre & par la charité de M. le Maréchal Duc de Biron.
CvRE particulière entrepriſe de l'ordre &
par la charité de M. le Maréchal Duc
de Biron.
Le nommé Francoeur Soldat de la Compagnie
d'Hallot, traité à l'Hopital au mois d'Aoûr 17 58,
& parfaitement guéri au mois de Septembre de la
même année, ainſi qu'il appert par les Regiſtres
de l'Hôpital & qn'il en a été rendu compte dans
le temps, avoit infeété de la 1maladie Vénérienne
dont il étoit attaqué ſa femme & un enfant de
dix-huit mois. L'un & l'autre étoient dignes de
compaſſion & dans un état inexprimable, l'enfant
reſpiroit à peine, une fiévre lente ne lê quittoit pas
depuis longtemps , & ce malheureux enfant étoit
menacé † mort la plus prochaine ; M. Keyſer
avant d'entreprendre la mere & l'enfant dans un
âge auſſi tendre, crut devoir inviter pluſieurs Mé
decins & Chirurgiens à les aller voir, tant pour
conſtater leur état que pour être témoins du trai
tement qu'il ſe diſpoſoit à en faire , & il raſſem
bla en conſéquence tous ceux qui ayant déjà quel- '
que connoiſſance du remède, lui étoient connus
pour être ſuſceptibles de vérité, dejuſtice & d'im
partialité; en conſéquence il entreprit ces malades
ſous leurs yeux, & a peine ſon remède commen
ça-t-il à leur être adminiſtré, que tous ceux qui
éclairèrent ſon adminiſtration, furent non-ſeule
nnent étonnés, mais pleins d'admiration de voir
ſurtout dans l'enfant les progrès miraculeux qui
furent ſuivis d'une cure radicale & complette, &
de plus de voir pendant le cours de ſon traite,
ment, pouſſer à ce malheureux enfant ſix dents,
ſaus que cet incident ni le remède parût luicauſer
aucune irrcommodité.
Ces faits ſont dans la plus exacte vérité , &
2 14 ME R CURE DE FRANCE.
à la connoiſſance de M. le Maréchal de Biron ,
· de M. de Cornillon Major général, de MM. les
Sergens-Majors , de MM. Guerin, Bourbelin,
Dieuzayde, & pluſieurs autres perſonnes de l'Art,
qui nous ont été par un exemple auſſi frappant
bien convaincus non ſeulement de l'innocence du
remède, mais même de ſa ſupériorité ſur tous au
tres pour les Maladies Vénériennes.
M. Keyſer prie Meſſieurs ſes Correſpondans
de vouloir bien , pour des raiſons particulières ,
faire décompoſer dans les principales Villes de
· leurs réſidences, par les plus habiles Chymiſtes
ou Apoticaires, quelques parties du remède qu'il
leur a envoyé & de vouloir bien après leurs opé
rations, lui envoyer les déclarations ou certificats
de ces mêmes perſonnes, quelles qu'elles ſoient ,
pour ou contre le remède, afin qu'il les faſſe in
ſérer dans les Mercures ſucceſſifs.
par la charité de M. le Maréchal Duc
de Biron.
Le nommé Francoeur Soldat de la Compagnie
d'Hallot, traité à l'Hopital au mois d'Aoûr 17 58,
& parfaitement guéri au mois de Septembre de la
même année, ainſi qu'il appert par les Regiſtres
de l'Hôpital & qn'il en a été rendu compte dans
le temps, avoit infeété de la 1maladie Vénérienne
dont il étoit attaqué ſa femme & un enfant de
dix-huit mois. L'un & l'autre étoient dignes de
compaſſion & dans un état inexprimable, l'enfant
reſpiroit à peine, une fiévre lente ne lê quittoit pas
depuis longtemps , & ce malheureux enfant étoit
menacé † mort la plus prochaine ; M. Keyſer
avant d'entreprendre la mere & l'enfant dans un
âge auſſi tendre, crut devoir inviter pluſieurs Mé
decins & Chirurgiens à les aller voir, tant pour
conſtater leur état que pour être témoins du trai
tement qu'il ſe diſpoſoit à en faire , & il raſſem
bla en conſéquence tous ceux qui ayant déjà quel- '
que connoiſſance du remède, lui étoient connus
pour être ſuſceptibles de vérité, dejuſtice & d'im
partialité; en conſéquence il entreprit ces malades
ſous leurs yeux, & a peine ſon remède commen
ça-t-il à leur être adminiſtré, que tous ceux qui
éclairèrent ſon adminiſtration, furent non-ſeule
nnent étonnés, mais pleins d'admiration de voir
ſurtout dans l'enfant les progrès miraculeux qui
furent ſuivis d'une cure radicale & complette, &
de plus de voir pendant le cours de ſon traite,
ment, pouſſer à ce malheureux enfant ſix dents,
ſaus que cet incident ni le remède parût luicauſer
aucune irrcommodité.
Ces faits ſont dans la plus exacte vérité , &
2 14 ME R CURE DE FRANCE.
à la connoiſſance de M. le Maréchal de Biron ,
· de M. de Cornillon Major général, de MM. les
Sergens-Majors , de MM. Guerin, Bourbelin,
Dieuzayde, & pluſieurs autres perſonnes de l'Art,
qui nous ont été par un exemple auſſi frappant
bien convaincus non ſeulement de l'innocence du
remède, mais même de ſa ſupériorité ſur tous au
tres pour les Maladies Vénériennes.
M. Keyſer prie Meſſieurs ſes Correſpondans
de vouloir bien , pour des raiſons particulières ,
faire décompoſer dans les principales Villes de
· leurs réſidences, par les plus habiles Chymiſtes
ou Apoticaires, quelques parties du remède qu'il
leur a envoyé & de vouloir bien après leurs opé
rations, lui envoyer les déclarations ou certificats
de ces mêmes perſonnes, quelles qu'elles ſoient ,
pour ou contre le remède, afin qu'il les faſſe in
ſérer dans les Mercures ſucceſſifs.
Fermer
Résumé : CURE particulière entreprise de l'ordre & par la charité de M. le Maréchal Duc de Biron.
En août 1758, M. Keyser, sous le patronage du Maréchal Duc de Biron, a mené une entreprise médicale impliquant un soldat nommé Francoeur, sa femme et leur enfant de dix-huit mois. Le soldat avait transmis la maladie vénérienne à sa famille. L'enfant, en état critique avec une fièvre persistante, était menacé de mort imminente. Avant de traiter la mère et l'enfant, M. Keyser a invité plusieurs médecins et chirurgiens pour constater leur état et témoigner du traitement. Le remède administré a rapidement montré des progrès miraculeux, notamment chez l'enfant, qui a guéri complètement et a même poussé six dents sans inconfort. Ces faits sont attestés par plusieurs personnalités, dont le Maréchal de Biron et M. de Cornillon, convaincus de l'innocuité et de la supériorité du remède pour les maladies vénériennes. M. Keyser demande à ses correspondants de faire analyser le remède par des chimistes ou apothicaires locaux et de lui envoyer leurs déclarations pour publication dans les Mercures.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3876
p. 92-120
MELANGES de Littérature, d'Histoire & de Philosophie. Nouvelle édition.
Début :
Ce Recueil de quelques Ouvrages de M. Dalembert contient nombre de morceaux [...]
Mots clefs :
Jean Le Rond d'Alembert, Traduction, Lettres, Homme, Caractère, Morceaux, Genève, Hommes, Langues, Spectacles, Théâtre, Gens de lettres, Vie, Génie, Sentiments, Philosophie, Traduire, Religion, Écrivains, Langue, Lois, Écrivain, Jean-Jacques Rousseau, Moeurs, Manière, Poètes, Pères, Femmes, Éloges, Essai
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MELANGES de Littérature, d'Histoire & de Philosophie. Nouvelle édition.
MELANGES de Littérature , d'Hiftoire
& de Philofophie . Nouvelle édition.
CE Recueil de quelques Ouvrages de
M. Dalembert contient nombre de morceaux
déjà connus ; tels font le difcours
préliminaire de l'Encyclopédie , & la Préface
du troifième Volume de ce Dictionnaire
; l'Effai fur la Société des Gens de
Lettres & des Grands ; les Eloges académiques
de M. Bernoulli , de M. l'Abbé
JUILLET. 1759. 93
Terraffon , de M. le Préſident de Montefquieu,
avec l'Analyſe de l'Eſprit des Loix ;
celui de M. l'Abbé Mallet, & celui de M.
Dumarſais ; les Mémoires de Chriſtine, le
Difcours de réception de M. Dalembert
à l'Académie Françoife , avec des réflexions
fur l'élocution oratoire & fur le ſtyle
en général ; une Deſcription abrégée du
Gouvernement de Genève , & un Effai de
traduction de quelques morceaux de Tacite.
M. Dalembert nous avertit que parmi
ces morceaux déjà foumis au jugement du
Public , il en eft plufieurs qui reparoiffent
avec des augmentations & des changemens
, comme l'Eſſai de traduction des
morceaux de Tacite , le difcours fur l'élocution
&c.
Il a retouché de même l'Effai fur les
Gens de Lettres , & il y a fait quelques
additions relatives à l'état préfent de la
République Littéraire. Il fçait que la liberté
avec laquelle il s'eft exprimé dans
cet Eſſai , a excité quelques murmures ;
» mais a-t-il dit la vérité ? Voilà ce qui
» importe au Public. A- t- il attaqué ou
» même défigné quelqu'un ? Voilà ce qui
» importe aux Particuliers.
Je ferai cependant une obſervation fur
cette franchife philofophique dont per
94 MERCURE DE FRANCE .
fonne n'a droit de s'offenfer & dont fi peu
de gens s'accommodent. On la pardonne à
un Auteur qui n'eft plus , on l'admire dans
fes écrits comme portant le cara & ere
d'une ame libre & courageufe ; mais elle
choque dans un Auteur vivant , & la raifon
en eft bien naturelle. On regarde celui-
ci comme ufurpateur d'une autorité
que l'on veut n'accorder à perſonne ; expofé
à vivre avec lui , on exige qu'il fe
foumette aux loix de cette complaifance
fociale qui épargne la vanité des uns en
cachant la fupériorité des autres. Le plus
inévitable de tous les afcendans , & par
conféquent le plus importun
le plus
odieux pour les ames vaines , c'est l'empire
de la raiſon. Celui qui le fait fentir
fans égards , fans ménagement , eft donc
affuré de déplaire .
,
C'eft à l'homme qui penfe & qui juge
mieux que la multitude , à voir s'il a le
courage de faire des mécontens pendant
fa vie , pour avoir des admirateurs après
fa mort. On propofe un parti modéré :
ce feroit non feulement d'éviter les perfonalités
offenfantes , mais encore de préfenter
les vérités générales avec une circonfpection
timide. Mais la vérité fous
le voile en eft beaucoup moins frappante;
elle languit dans les détours ; la politeffe
JUILLET. 1759. 95 .
l'amollit & l'énerve ; & fouvent en fait
de morale l'éloquence perd de fa force
en perdant de fon âpreté , pareille à ces
remèdes dont on affoiblit la vertu fi on
leur ôte leur amertume . Un Ecrivain
brafque & tranchant doit donc renoncer
à la faveur des gens du monde ; mais fon
parti pris fur cette privation , il n'a plus
qu'un mot à dire: Lecteurs , fuppofez
que je fuis mort , & que j'écrivois il y
» a mille ans. » C'eft au moins dans ce
point de vue que l'on doit confidérer un
Ecrivain Philofophe lorfqu'on veut le
Juger équitablement . On doit l'ifoler de
la fociété , écarter toutes les confidéra
tions perfonnelles , oublier l'homme &
peler les écrits .
Les morceaux dont M. Dalembert a
nouvellement enrichi fes Mélanges , font
des réfléxions fur les éloges Académiques
; une réponse à la Lettre de M.
Rouffeau , Citoven de Genève , fur l'Article
Genève de l'Encyclopédie ; des Ob
fervations fur l'art de traduire ; un Effai
fur les Elémens de Philofophie , ou fur les
principes des connoiffances humaines ; des
réflexions
fur l'ufage & fur l'abus de la
Philofophie
en matière de goût , fur l'abus
en matière de Religion ; fur
dela
critique
la liberté dela
Mufique.
1
96 MERCURE DE FRANCE.
Parmi les additions faites aux morceaux
déjà connus & qui font en trèsgrand
nombre , ( furtout dans les effais
de traduction de Tacite ) je ne citerai
qu'un endroit de l'effai fur la fociété des
Gens de Lettres avec les Grands. Il s'agit
des protecteurs . » Ce qu'il y a de plus
honteux , pour les Grands & pour la
» Littérature , c'eft que des Ecrivains qui
» deshonorent leur état par la fatyre ,
» trouvent des protecteurs encore plus
» méprifables qu'eux. L'homme de Lettres
"
و د
digne de ce nom dédaigne également
»& de fe plaindre des uns & de répon-
» dre aux autres ; mais quelque peu ſen-
» fible qu'il doive- être aux injures prifes
» en elles-mêmes , il ne doit pas fermer
» les yeux fur l'appui qu'on leur prête ,
»ne fût ce que pour fe former une idée
jufte de ceux qui daignent les favori-
» fer. Dans les pays où la preffe n'eft pas
» libre , la licence d'infulter les Gens de
» Lettres par des fatyres , n'eft qu'une
»preuve du peu de confidération réelle
» qu'on a pour eux , du plaifir même
» qu'on prend à les voir infultés. Et pourquoi
eft-il plus permis d'outrager un
» homme de Lettres qui honore ſa na-
»tion , que de rendre ridicule un homme
» en place qui avilit la fienne ?... Je ne
و ر
» puis
JUILLET. 1759. 97
puisme difpenfer de rapporter à cette
» occafion une anecdote bien propre à
» faire connoître le caractère & l'injufti-
» ce des hommes dont je parle. Un d'entr'eux
tournoit en ridicule la délicateffe
»> exceffive d'un Ecrivain célèbre, qui avoit
» témoigné un chagrin ( trop grand fans
doute ) de quelques fatyres publiées.
» contre lui : l'Ecrivain célèbre fit une
» Chanfon où l'homme en place étoit
» effleuré très- légèrement. Si on eût cru
" l'offenfé , les Loix n'avoient pas affez
»de fupplices pour punir l'injure qu'on
» lui avoit faite. »
Je vais parcourir auffi rapidement qu'il
me fera poffible les morceaux nouvellement
ajoutés à ce Recueil ; mais il en
eft qui demandent une férieufe attention,
Dans les réfléxions fur les éloges académiques
, M. Dalembert ne diffimule
pas les abus de l'ufage où l'on eft de
célébrer des hommes qui ne méritent
que l'oubli ; mais ces abus lui paroiffent
légers en comparaifon des avantages.
»Si les anciens qui élevoient des Statues
aux grands hommes , avoient eu le
"même foin que nous , d'écrire la vie
"des gens de Lettres ; nous aurions , il
eft vrai , quelques Mémoires inutiles ,
I, Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
و د
mais nous ferions plus inftruits fur les
progrès des fciences & des arts & fur les
» découvertes de tous les âges ; hiſtoire
» plus intéreffante pour nous que celle
» d'une foule de Souverains qui n'ont
» fait que du mal aux hommes. >>
Il ne veut pas que l'on fe borne à dire
ce que l'homme de Lettres a fait ; il croit
auffi utile de faire connoître ce qu'il a
été , & de peindre l'homme en mêmetemps
que l'Ecrivain . » Cependant le but
» des éloges littéraires eft de rendre les
» Lettres refpectables , & non de les avi-
» lir. Si donc la conduite a deshonoré
» les ouvrages , quel parti prendre ? Louer
» les ouvrages . Et fi d'un autre côté la
» conduite eft fans reproches & les ou-
» vrages fans mérite , que dire alors ? Se
» taire. » C'eſt en effet le parti le plus
fage & le plus décent : car il me paroît
bien difficile d'obferver dans la peinture
morale des caractères cette diſtinction
délicate que prefcrit M. Dalembert entre
les traits défectueux que l'on peut relever
& ceux qu'on doit paffer fous filence ;
& quand les limites font auffi peu marquées
, en approcher de trop près , c'eſt
s'expofer à les franchir. Ainfi la liberté
que peut fe donner à cet égard un Ecrivain
fûr de lui-même , ne doit jamais tirer
JUILLET. 1759 99
à conféquence , encore moins paffer en
régle, & le plaifir d'obferver le contraſte
ou l'accord des écrits & des moeurs d'un
homme de Lettres qui n'eft plus , ne doit
pas l'emporter fur le danger d'introduire
dans les Sociétés littéraires la fatyre perfonnelle.
» Le ton d'un éloge hiftorique ne doit
» être ni celui d'un Difcours oratoire , ni
» celui d'une narration aride. Les réflexions
philofophiques font l'ame & la
fubitance de ce genre d'écrits .... Ceft
en cela que l'illuftre Secrétaire de l'Académie
des Sciences ( M. de Fonte-
» nelle ) a furtout excellé : c'eſt par-là
» qu'il fera principalement époque dans
» l'Hiſtoire de la Philofophie : c'eſt par- là
» enfin qu'il a rendu fi dangereufe à occu-
» per aujourd'hui la place qu'il a remplie
» avec tant de fuccès. Si on peut lui re-
» procher de légers défauts , c'eft quel-
» quefois trop de familiarité dans le ftyle,
quelquefois trop de recherches & de
>> rafinement dans les idées ; ici une forte
» d'affectation à montrer en petit les
» grandes choſes ; là quelques détails pué-
» rils peu dignes de la gravité d'un ouvrage
philofophique. Voilà pourtant ,
» qui le croiroit ? en quoi la plupart de
E ij
535004
}
Too
MERCURE
DE
FRANCE
. " nos faifeurs d'éloges ont cherché à lu
>> reffembler. >>
»
Les obfervations de M. D. fur l'art de
traduire font pleines de Philofophie & de
goût. De quelque côté qu'on le tourne
» dans les Beaux-arts, dit M , Dalembert ,
» on voit partout la médiocrité dictant les
» Loix , & le génie s'abaiſſant à lui obéir.
C'eſt un Souverain empriſonné par des
» efclaves ; cependant s'il ne doit pas fe
» laiffer fubjuguer , il ne doit
ود
"
pas non
L'art
de la traduction
eft foumis
à cette
régle comme
toutes
les parties.de la littérature
: l'Auteur
en examine
les Loix ; 1.° eu égard
au génie
des Langues
;
2.º relativement
au génie
des Auteurs
; 3. par rapport
aux principes
qu'on
peut
fe faire dans
ce genre
d'écrire
.
plus tout fe permettre. »
Il femble que plus le caractère d'une
Langue approche de celui d'une autre ,
plus il eft facile de bien traduire ; mais
cette même facilité donneroit , felon M.
Dalembert , plus de Traducteurs médiocres
& moins d'excellens. Satisfait du
mérite de la reflemblance , on néglige-
Foit les graces de la diction : or une des
grandes difficultés de l'art d'écrire , &
principalement des traductions , eft , ditil
, de fçavoir jufqu'à quel point on peut
JUILLET. 1759.
101
facrifier l'énergie à la nobleffe , la correction
à la facilité , la juſteſſe rigoureuſe à
la méchanique du ftyle , & une imitation
froide & fervile eft une mauvaiſe traduction.
D'un autre côté , la différence de caractère
des Langues , laiffe au Traducteur
une liberté dangereufe. Ne pouvant donner
à la copie une parfaite reffemblance ,
il doit craindre de ne lui pas donner toute
celle qu'elle peut avoir.
Si l'on étoit difpenfé de bien connoître
le génie & les fineffes des Langues , ce
devroit être des Langues anciennes : cependant
les Traducteurs des Anciens font
traités plus févèrement que les autres.
La fuperftition en faveur de l'antiquité
nous fait fuppofer que les Anciens fe font
toujours exprimés de la manière la plus
heureufe ; c'eft à qui leur trouvera plus
de fineffe & de beautés.
On a prétendu que les Langues n'avoient
point de caractere particulier. M.
Dalembert convient qu'entre les mains
d'un homme de génie chaque Langue ſe
prête à tous les ftyles.
» Mais fi toutes font également propres
à chaque genre d'ouvrage , elles ne le
font pas également à exprimer une
" même idée : c'eft en quoi confifte la
diverfité de leur génie. E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
"
ود
» Les Langues , dit -il , en conféquence
» de cette diverfité , doivent avoir les
» unes fur les autres des avantages réci-
» proques.
Mais leurs avantages feront en
général d'autant plus grands qu'elles
» auront plus de variété dans les tours
» & de brièveté dans la conftruction , de
» licences, & de richeffes . » De toutes les
Langues cultivées par les gens de Lettres ,
F'Italienne eft, felon M. Dalembert, celle
qui réunit ces avantages au plus haut
degré. La Langué Françoife au contraire ,
celle qui met le plus à la gêne les Tra
ducteurs comme les Poëtes.
و د
Si les Langues ont leur génie , les
» Ecrivains ont auffi le leur. Le caractere
de l'original doit donc paffer auffi dans
la copie. Sans cette qualité les tra-
» ductions font des beautés régulieres ,
» fans ame & fans phyfionomie. Repré
» fenter de la même maniere des Au-
» teurs différens , c'eft l'efpéce de contrefens
qui fait le plus de tort à une
» Traduction ; les autres font paffagers
» & fe corrigent .
و د
Le caractère des Ecrivains eft ou dans
la penfée, ou dans le ftyle , ou dans
l'un & dans l'autre. Les Ecrivains dont
le caractère eft dans la penſée , font ceux
qui paffent le moins dans une Langue
JUILLET. 1759. 103
étrangère. Corneille , conclut M. Dalembert
, doit donc être plus facile à traduire
que Racine , & Tacite plus que Sallufte.
» Les Ecrivains les plus intraitables à
» la traduction , font ceux dont la maniere
» d'écrire eſt à eux. Les Anglois ont affez
» bien traduit quelques Tragédies de Ra-
» cine ; je doute , dit M. D. qu'ils tradui-
» fiffent avec le même fuccès les Fables
» de la Fontaine , l'ouvrage peut - être le
plus original que la Langue Françoiſs
» ait produit. "
Les Poëtes peuvent- ils être traduits en
Vers ? Doit - on ne les traduire qu'en
Profe ? M. Dalembert prouve très- bien
que l'un & l'autre eft impoffible . En
Profe l'original eſt dénué du nombre &
de l'harmonie ; en Vers il prend un nombre
& une harmonie nouvelle ; & il faut
avouer que les Poëtes anciens perdent au
change , dans quelque Langue qu'on les
traduife. La gêne du Vers oblige de plus
le Traducteur à dénaturer fouvent l'original
en fubftituant une fentence à une image
, une image à un ſentiment : ce qui
donne beaucoup d'avantage à la traduction
en Profe ; mais dans les Vers la régularité
de la cadence eft une beauté
pour l'oreille , à laquelle la Profe ne peut
E iv
104
MERCURE DE FRANCE.
fuppléer. Ainfi la traduction en Profe
eft une copie reffemblante mais foible :
» la
traduction en Vers eft un ouvrage
» fur le même fujet , plutôt qu'une copie.»
M. Dalembert veut qu'un Traducteur
ofe fe permettre de corriger les traits défectueux
de l'original , qu'il fçache riſquer
au befoin des expreffions nouvelles qu'il
appelle expreffions de génie , & par-là
il entend la réunion néceffaire & adroite
de quelques termes connus , mais qui
n'ont pas encore été mis enfemble. « C'eft,
» dit- il , prefque la feule maniere d'in-
»nover qui foit permife en écrivant. »
Il en donne pour exemple les termes
énergiques & finguliers
qu'employent des
Etrangers de beaucoup d'efprit qui parlent
facilement &
hardiment le françois.
Leur maniere de penfer dans leur Langue
& de s'exprimer dans la nôtre , eft, dit- il,
l'image d'une bonne traduction ; & il prétend
avec raifon que des
traductions bien
faites feroient le moyen le plus fûr & le
plus prompt d'enrichir les Langues. Elles
feront plus , » elles
multiplieront les bons
» modeles ; elles aideront à connoître le
» caractere des Ecrivains , des fiécles &
» des peuples ; elles feront
appercevoir
les nuances qui
diftinguent le goût uni-
» verfel & abfolu du goût national. »
JUILLET. 1759. 105
M. Dalembert invite les Traducteurs à
s'affranchir de l'obligation de traduire un
Auteur d'un bout à l'autre. J'avoue qu'il
feroit avantageux d'abréger en traduifant ,
mais fans laiſſer de lacune , & à condition
qu'on garderoit le fil du récit dans les
Hiftoriens , du raifonnement dans les Philofophes
, & de l'action dans les Poëtes .
C'eft ainfi que je defire depuis longtemps
qu'on ofe traduire le Poëme de Lucain
où je trouve , comme M. Dalembert , de
la déclamation & de la monotonie ; mais
que je ne crois pas auffi dénué d'images
que M. Dalembert le prétend. Les principes
qu'il vient d'expofer font ceux qu'il
a cru devoir fuivre dans la traduction de
différents morceaux de Tacite ; & la maniere
dont il rend compte de fon travail ,
en donneroit feule la plushaute idée. Il faut
en avoir fenti , comme il a fait , toutes les
difficultés pour être en état de les vaincre.
Un des morceaux les plus curieux de
ce Recueil eft la réponſe de M. Dalembert
à M. Rouſſeau , Citoyen de Genêve. Si
j'avois pû la prévoir je n'aurois pas pris
fur moi de juftifier nos Spectacles : ils ont
dans M. Dalembert un Apologifte bien
plus éloquent que moi . J'ai eu le bonheur
de me rencontrer avec lui en bien des
points . Les vérités fimples fe préfentent
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
1
à tout le monde ; mais il n'eft pas donné
à tout le monde de les rendre avec certe
force que leur donne le ftyle de M. D.
و د
Pourquoi des amusemens dit M.
Rouffeau , la vie eft fi courte & le temps
» eft fi précieux ! Qui en doute ? répond
» M. Dalembert . Mais en même temps
» la vie eft fi malheureufe & le plaifir fi
» rare ! Pourquoi envier aux hommes ,
» deftinés prefqu'uniquement par la na-
» ture à pleurer & à mourir, quelques délaffemens
paffagers qui les aident à fup-
» porter l'amertume ou l'infipidité de leur
» exiſtence !... Sans doute tous nos divertiffemens
forcés & factices , inventés &
» mis en ufage par l'oifiveté, font bien au-
» deffous des plaifirs fi purs & fimples
» que devroient nous offrir les devoirs de
» citoyen , d'ami , d'époux , de fils , &
» de pere : mais rendez- nous donc , fi vous
le pouvez , ces devoirs moins pénibles
» & moins triftes ; ou fouffrez qu'après les
» avoir remplis de notre mieux nous nous
» confolions de notre mieux auffi des
chagrins qui les accompagnent. Rendez
» les peuples plus heureux , & par conféquent
les Citoyens moins rares
» amis plus fenfibles & plus conftans ,
» les peres plus juftes , les enfans plus
» tendres , les femmes plus fidèles & plus
ود
"
"
»
ود
les
JUILLET. 1759. 107
vraies : nous ne chercherons point alors
» d'autres plaifirs que ceux qu'on goûte
» au fein de l'amitié , de la Patrie , de la
» nature & de l'amour. »
M. Dalembert avoue que l'eftime pu→
blique eft le but principal des Poëtes
dramatiques comme de tous les Ecrivains,
fans en excepter les Philofophes , qui déclament
contr'elle , & qui femblent la
dédaigner. » L'indifference fe taît , & ne
» fait point tant de bruit ; les injures
» même dites à une nation , ne font quel-
» quefois qu'un moyen plus piquant de
» fe rappeller à fon fouvenir. Et le fa-
» meux Cynique.de la Grèce eût bientôt
» quitté ce tonneau d'où il bravoit les
» préjugés & les Rois , fi les Athéniens
» euffent paffé leur chemin fans le regarder
& fans l'entendre . La vraie Philofophie
ne confifte point à fouler aux
pieds la gloire , & encore moins à le
» dire ; mais à n'en pas faire dépendre
» fon bonheur , même en tâchant de la
» mériter. >>
Mais fi la gloire eft le premier objet
des Poëtes , l'utilité publique peut être au
moins le fecond : or » l'effet de la morale
»du théâtre eſt moins d'opérer un chan-
"gement fubit dans les coeurs corrompus,
que de prémunir contre le vice les ames
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
foibles par l'exercice des fentimens
" honnêtes , & d'affermir dans ces mê
» mes fentimens les ames vertueuſes.
و ر
M. Rouffeau voudroit bannir du théâtre
la Tragédie de Mahomet. » Plût à
» Dieu , dit M. Dalembert , qu'elle y fût
» plus ancienne de deux cens ans ! L'efprit
philofophique qui l'a dictée feroit
» de même date parmi nous , & peut-être
» eût épargné à la Nation Françoife ,
» d'ailleurs fi paifible & fi douce , les
» horreurs & les atrocités religieufes auxquelles
elle s'eft livrée. Si cette Tragédie
laiffe quelque chofe à regretter aux
Sages ,, c'eft de n'y voir que les forfaits
» caufés par le zèle d'une fauffe Religion,
» & non les malheurs encore plus déplo-
» rables , où le zèle aveugle pour une
Religion vraie , peut quelquefois en-
» traîner les hommes.
4
و د
ود
"
و د
A l'égard de l'Amour » Voudriez-vous
» le bannir de la fociété ? demande M.
» Dalembert à M. Rouffeau. Ce feroit ,
» je crois , pour elle , un grand bien &
» un grand mal ; mais vous chercheriez
» en vain à détruire cette paffion... Or fi
» on ne peut & fi on ne doit peut - être
» pas étouffer l'amour dans le coeur des
» hommes , que reste- t-il à faire finon de
» le diriger vers une fin honnête , & de
JUILLET. 1759: 109
» nous montrer dans des exemples illuftres
fes fureurs & fes foibleffes , pour
» nous en défaire ou nous en guérir ?
A l'égard de la Comédie , M. Dalembert
convient que nous fommes plus
frappés du ridicule qu'elle joue que des
vices dont ce ridicule eft la fource ; mais
il obferve avec raifon qu'elle fuppofe
déjà le vice déteſté comme il doit l'être ,
& que c'est le ridicule qu'elle s'attache à
faire fentir. Il eft donc tout fimple ;
» dit-il , que le fentiment qu'elle fuppofe ,
" nous affecte moins ( dans le moment
» de la repréſentation ) que celui qu'elle
» cherche à exciter en nous, fans que pour
» cela elle nous falſe prendre le change
»fur celui de ces deux fentimens qui doit
» dominer dans notre ame. »
En réfutant la critique de M. Roufſeau
fur le caractère du Miſantrope , il en
fait une beaucoup plus jufte à ce qui me
ſemble, du caractère de Philinte. Il trouve
que dans la Scène du Sonnet , Philinte
devoit attendre qu'Oronte lui demandât
fon avis , & fe borner à une approbation
foible. » La colère du Mifantrope fur la
» complaifance de Philinte , n'en eût été
» que plus plaifante , parce qu'elle eût
» été moins fondée ; & la fituation des
» perſonnages eût produit un jeu de théâTO
MERCURE DE FRANCE .
tre d'autant plus grand , que Philinte
" eût été partagé entre l'embarras de
» contredire Alcefte & la crainte de cho-
"quer Oronte. »
M. Dalembert regarde avec raifon la
Comédie attendriffante dont l'Enfant Prodigue
eft le modèle , comme plus intéreffante
pour nous que la Tragédie ellemême.
Les malheurs de la vie privée
» font , dit-il , l'image fidelle des peines
» qui nous affligent ou qui nous mena-
» cent ; un Roi n'eft prefque pas notre
» femblable , & le fort de nos pareils a
bien plus de droits à nos larmes. »
Sur l'Article des Comédiens » com
» ment n'avez-vous pas fenti, demandeM.
D. à M. R. que fi ceux qui repréfentent
» nos pièces méritent d'être deshonorés ,
» ceux qui les compofent mériteroient
auffi de l'être ; & qu'ainfi en élevant
les uns & en aviliffant les autres , nous
» avons été tout à la fois bien inconfé-
» quens & bien barbares , »
Avant que d'aller plus loin , qu'il me
foit permis derépondre un mot à ce qu'ont
dit de moi & de mon Apologie du Théâtre
des Journaliſtes avec lefquels je ferai
toujours fort aife de difcuter mes opinions
itera 5.Luci
On m'a reproché ( Journal de TrévouK,
) JUILLET 17599 III
Avril 1759 , page 859 & fuivantes ) d'être
du nombre de ceux qui arment l'erreur
» de tant de fophifmes, qu'il n'eft prefque
plus poffible de reconnoître ce qu'il
faut croire. Si dans la controverfe des
» Spectacles on n'infifte pas fur les preuves
tirées de la Religion , les Partiſans du
" Théâtre fe fauveront toujours , dit- on ,
» dans le nuage dont ils fçavent fi bien
» s'envelopper. »
»
Rien n'est plus aifé que de démêler
le vice d'un Sophifme ; fi j'en ai employé
quelqu'un en faveur des Spectacles,
il étoit juſte de m'en convaincre & voilà
ce qu'on n'a pas fait . Les preuves tirées
de la Religion décident une queftion
que je n'ai pas révoquée en doute ;
fçavoir que les Spectacles dangereux pour
les moeurs , tels que les ont condamnés
les Peres & les Docteurs de l'Egliſe ,
font en effet condamnables & doivent
être profcrits. Mais peut-il y avoir des
Spectacles utiles aux moeurs ? Et ceux-là
doivent- ils être confervés ? Le Théâtre
François eft-il dans le cas de cette exception
, confidéré feulement comme
compofé de nos Tragédies les plus eftjmées
& de nos meilleures Comédies ?
Voilà de quoi il s'agiffoit dans mes analyfes
de la Lettre de M. Rouſſeau. Sur
11½ MERCURE DE FRANCE.
و د
la Scene Françoife , ai-je dit , » toutes
» les inclinations pernicieufes font con-
» damnées , toutes les paffions funeftes y
infpirent l'horreur , toutes les foibleffes
» malheureuſes y font naître la pitié &
la crainte. Les fentimens qui de leur
>> nature peuvent être dirigés au bien &
» au mal , comme l'ambition & l'amour ,
"y font peints avec des couleurs inté-
» reffantes ou odieufes , felon les cir-
» conftancès qui les décident ou vertueux
» ou criminels. Telle eft la régle inva-
» riable de la ſcène tragique , & le Poëte
qui l'auroit violée révolteroit tous les
39
efprits. Ceft-là le fait que j'ai tâché
de prouver à l'égard de la Tragédie : fi
ce fait eft vrai, il eſt évident que le Théâtre
Tragique François n'eft pas du nombre
des Spectacles que l'Evangile & les
Peres de l'Eglife ont condamnés ; mais
que ce fait foit vrai ou non , c'est une
queftion qu'ils n'ont pas décidée , & que
j'ai eu par conféquent la liberté d'exa
miner.
Al'égard de la Comédie , j'ai reconnu
» que le Théâtre , quoique purgé de fon
» ancienne indécence , n'eft pas encore
» affez châtié ; que Dancourt , Monfleury
» & leurs femblables devroient en être
à jamais bannis ; qu'en un mot le feul
JUILLET. 1959. 113
» comique honnête & moral doit être
» donné en ſpectacle. » Il s'agiffoit donc
d'examiner, non pas s'il y avoit des Comédies
répréhensibles du côté des moeurs :
j'en tombois d'accord ; mais s'il y avoit
des Comédies dont les moeurs fuffent bonnes
& les leçons utiles . Et c'eft fur quoi
je croyois que l'Evargile ni les Peres de
l'Eglife n'avoient rien décidé pour le fiécle
préfent.
L'Evangile , difent les Journaliſtes de
Trévoux , condamne tout fans modification
ni reftriction quelconque. Il condamneroit
don cauffi les Tragédies de Collège. Mais
c'eft ce que je ne crois pas. C'est ce que ne
croyoit pas M. Boffuet lorsqu'il répondit
indirectement fur cette queſtion des
Spectacles :qu'il y avoit de grands exemples
pour , & de grandes raifons contre :
car il eft certain qu'il n'eût pas biaifé
fur un point formellement décidé par
l'Evangile. C'eft ce que ne croyoit pas
non plus le Pere Porée , cet homme
pieux , lorfqu'en attaquant les Spectacles
tels qu'ils étoient , il les approuvoit tels
qu'ils pouvoient être. C'eft ce qu'on ne
croit pas à Rome où les Spectacles font
permis & fréquentés par des perfonnes
d'une vie très-édifiante ; ni en France
dans les fociétés chargées de l'éducation
114 MERCURE DE FRANCE.
de la ieuneffe qui prefque toutes , depuis
le Collège de Louis le Grand jufqu'à S.
Cyr , font entrer l'exercice de la déclamation
Théâtrale dans l'inftitution des
jeunes perfonnes de l'un & de l'autre
féxe , comme un moyen de leur former
l'efprit & le coeur. Il eft vrai qu'on choifit
pour cela les piéces les plus épurées ;
mais il ne s'enfuit pas moins qu'un Spectacle
dont les moeurs font bonnes eft
un amuſement permis & utile ; & quant
à la queftion particulière , fi les niceurs
de telle ou de telle de nos piéces font
bonnes ou mauvaiſes , ni l'Evangile ni
les Peres n'ont vraisemblalement rien
prononcé là-deffus. J'ai donc pû entrer
dans cette difcuffion avec M. Rouffeau ,
fans m'expofer à d'autres reproches qu'à
celui de m'être trompé , encore faut- il
qu'on le prouve. Du refte je fuis trèsfenfible
à ce que les mêmes Journaliſtes
ont bien voulu dire d'obligeant fur mes
analyſes ; mais ils me font l'honneur d'y
fuppofer un art que je n'y ai pas mis ;
& je ferois bien plus reconnoiffant s'ils
euffent voulu y appercevoir la fimplicité
& la bonne foi avec lefquelles je dis ce
que je penſe.
K
Revenons à M. Dalembert. Après avoir
juſtifié le Théâtre François , il fait en
JUILLET. 1759. 115
paffant l'apologie des femmes que M. R.:
a fi violemment attaquées. » Le genre:
» humain feroit bien à plaindre , lui ditil
, » fi l'objet le plus digne de nos hom-
» mages étoit en effet auffi rare que
vous le dites. Mais fi par malheur vous
» aviez raifon , quelle en feroit la trifte
caufe ? L'esclavage & l'efpéce d'avilif-
» fement où nous avons mis les femmes.
»Nous traitons la Nature en elles comme
» nous la traitons dans nos jardins : nous
» cherchons à l'orner en l'étouffant. Si la
plupart des Nations ont agi comme
nous à leur égard , c'eft que partout
>> les hommes ont été les plus forts , &
» que partout le plus fort eft l'oppref-
»feur & le tyran du plus foible. Je ne
fçai fi je me trompe , mais il me fem-
» ble que l'éloignement où nous tenons
» les femmes , de tout ce qui peut les
» éclairer & leur élever l'ame , eſt bien
capable , en mettant leur vanité à la
gêne , de flatter leur amour-propre. On
»diroit que nous fentons leurs avanta-
»ges , & que nous voulons les empê¬
cher d'en profiter.
"
Il s'élève contre l'éducation puérile
qu'on leur donne ; & ce morceau plein
d'éloquence ne ſçauroit être affez connu.
Nous avons éprouvé tant de fois , dit-il ,
116 MERCURE DE FRANCE:
SIZEA
co
esc
» combien la culture de l'efprit & l'exer-
» cice des talens font propres à nous dif-
» traire de nos maux , & à nous conſoler
dans nos peines ! pourquoi refufer à la
» plus aimable moitié du genre humain ,
» deftinée à partager avec nous le malheur
d'être , le foulagement le plus pro-
» pre à le lui faire fupporter ? Philofophes
"" que la Nature a répandus fur la ſurface , d
» de la terre , c'eſt à vous à détruire , s'il
vous eft poffible , un préjugé fi funefte ;
c'eft à ceux d'entre vous qui éprouvent
la douceur ou le chagrin d'être peres ,
» d'ofer les premiers fecouer le joug d'un
» barbare uſage , en donnant à leurs filless for
la même éducation qu'à leurs autres
enfans. Qu'elles apprennent feulement
»de vous en recevant cette éducation , el
précieuſe , à la regarder uniquement
» comme un préfervatif contre l'oifivété ,
un rempart contre les malheurs ; & non
»comme l'aliment d'une curiofité vaine
» & le fujet d'une oftentation frivole.o
» Voilà tout ce que vous devez & tout &pasl'id
» ce qu'elles doivent à l'opinion publique , les aux
qui peut les condamner à paroître igno- que
❤rantes , mais non pas les forcer à l'être.quile
» On vous a vu fi
fouvent
pour des motifs esfer
» très-légers , par vanité , ou par humeur ,
»
22 heurter de front les idées de votre
ble
qui
les
les
le
fermet
ful
roient
JUILLET. 1759 117
"
33
-
la´vie
fiécle ;pour quel intérêt plus grand pou-
» vez-vous le braver , que pour l'avantage
de ce que vous devez avoir de plus
cher au monde , pour rendre la vie
» moins amère à ceux qui la tiennent de
» vous , & que la Nature a deſtinés à vous
»furvivre & à fouffrir ; pour leur procurer
» dans l'infortune , dans les maladies , dans
la pauvreté , dans la vieilleffe , des ref-
»fourcesdont notre injuftice les a privées?
» on regarde communément , Monfieur ,
» les femmes comme très fenfibles &
"très foibles ; je les crois au contraire ou
» moins fenfibles ou moins foibles que
» nous. Sans force de corps , fans talens ,
»fans étude qui puiffe les arracher à leurs
" peines , & les leur faire oublier quelques
» momens , elles les fupportent néan-
» moins , elles les dévorent , & fçavent
» quelquefois les cacher mieux que nous :
» cette fermeté fuppofe en elles , ou une
"ame peu fufceptible d'impreffions pro-
» fondes , ou un courage dont nous n'a-
" vons pas l'idée. Combien de fituations
cruelles auxquelles les hommes ne réfiftent
que par le tourbillon d'occupa-
" tions qui les entraîne : les chagrins des
» femmes feroient- ils moins pénétrans &
» moins vifs que les nôtres ? Ils ne le
» devroient pas être. Leurs peines vien-
»
18 MERCURE DE FRANCE.
» nent ordinairement du coeur ; les nôtres
»n'ont fouvent pour principe que la vanité
& l'ambition . Mais ces fentimens
étrangers que l'éducation a portés dans
notre ame , que l'habitude y a gravés ,
»& que l'exemple fortifie , deviennent
( à la honte de l'humanité ) plus puif
fants fur nous que les fentimens naturels;
la douleur fait plus périr de Miniftres
déplacés que d'Amans malheureux. »
و د
M. Dalembert a réfervé pour la fin de
fa Lettre l'Article qui intéreffe Genêve ,
& cet Article a deux objets : le fpectacle,
& le dogme des Miniftres. Quant au premier
, il avoue que la Comédie feroit au
moins inutile aux Génévois s'ils en étoient
encore à l'âge d'or ; mais ils m'ont paru ,
dit-il , affez avancés , ou fi vous voulez
affez pervertis pour pouvoir entendre
Brutus & Rome fauvée , fans avoir à
craindre d'en devenir pires.
A l'égard de la dépenſe , » la Ville de
» Genêve eft , à proportion de fon éten-
» due , une des plus riches de l'Europe , »
& M. Dalembert dit avoir lieu de croire
que plufieurs Citoyens opulens de cette
Ville , qui defireroient y avoir un théâtre
, fourniroient fans peine une partie
de la dépenfe. Un ou deux jours de la
femaine fuffiroient à cet amuſement , &
JUILLET. 1759 . 119
"
on pourroit prendre pour l'un de ces
jours celui où le Peuple fe repofe. Du
refte , dans un état auffi petit , où l'oeil
vigilant des Magiftrats peut s'étendre au
même inftant d'une frontiere à l'autre , il
feroit facile d'éclairer la conduite des
Comédiens , & de maintenir les loix
fomptuaires. » Il ne falloit pas moins ,
pourfuit M. Dalembert , » qu'un Philofophe
exercé comme vous aux paradoxes,
» pour nous foutenir qu'il y a moins de
» mal à s'enyvrer & à médire , qu'à voir
repréſenter Cinna & Polieucte . Il ajoute
que les Citoyens de Genêve ſe récrient
» fort contre cette peinture que M. R. a
» faite de leur vie journalière , qu'ils fe
plaignent que le peu de féjour qu'a
» fait M. R. parmi eux , ne lui ayant
pas laiffé le temps de les connoître
» ni d'en fréquenter affez les différens
» états , il a repréſenté comme l'efprit
général de cette fage République , ce
» qui n'eft tout au plus que le vice obfcur
& méprifé de quelques Sociétés
>> particulières.
A l'égard des fentimens que M. Dālembert
a attribué aux Miniftres de Genêve
en matiere de Religion , il dit en
avoir parlé , non d'après un fecret confié
mais d'après leurs ouvrages , & d'après
120 MERCURE DE FRANCE.
des converfations publiques. Moyens que
M. Rouffeau n'avoit pas compris dans
fon énumération . » Si je me ſuis trompé ,
» ajoute M. Dalembert , tout autre que
» moi , j'oſe le dire , eût été trompé
» de même. Il obferve de plus que les
fentimens qu'il attribue aux Miniftres de
Genêve font une fuite néceffaire de leurs
principes , d'après lefquels il prétend
que quand ils ne feroient pas Sociniens
, il faudroit qu'ils le devinffent ,
non pour l'honneur de leur Religion ,
» mais pour celui de leur Philofophie.
( Je réserve l'Extrait du quatrième Volume
pour le Mercure prochain . )
& de Philofophie . Nouvelle édition.
CE Recueil de quelques Ouvrages de
M. Dalembert contient nombre de morceaux
déjà connus ; tels font le difcours
préliminaire de l'Encyclopédie , & la Préface
du troifième Volume de ce Dictionnaire
; l'Effai fur la Société des Gens de
Lettres & des Grands ; les Eloges académiques
de M. Bernoulli , de M. l'Abbé
JUILLET. 1759. 93
Terraffon , de M. le Préſident de Montefquieu,
avec l'Analyſe de l'Eſprit des Loix ;
celui de M. l'Abbé Mallet, & celui de M.
Dumarſais ; les Mémoires de Chriſtine, le
Difcours de réception de M. Dalembert
à l'Académie Françoife , avec des réflexions
fur l'élocution oratoire & fur le ſtyle
en général ; une Deſcription abrégée du
Gouvernement de Genève , & un Effai de
traduction de quelques morceaux de Tacite.
M. Dalembert nous avertit que parmi
ces morceaux déjà foumis au jugement du
Public , il en eft plufieurs qui reparoiffent
avec des augmentations & des changemens
, comme l'Eſſai de traduction des
morceaux de Tacite , le difcours fur l'élocution
&c.
Il a retouché de même l'Effai fur les
Gens de Lettres , & il y a fait quelques
additions relatives à l'état préfent de la
République Littéraire. Il fçait que la liberté
avec laquelle il s'eft exprimé dans
cet Eſſai , a excité quelques murmures ;
» mais a-t-il dit la vérité ? Voilà ce qui
» importe au Public. A- t- il attaqué ou
» même défigné quelqu'un ? Voilà ce qui
» importe aux Particuliers.
Je ferai cependant une obſervation fur
cette franchife philofophique dont per
94 MERCURE DE FRANCE .
fonne n'a droit de s'offenfer & dont fi peu
de gens s'accommodent. On la pardonne à
un Auteur qui n'eft plus , on l'admire dans
fes écrits comme portant le cara & ere
d'une ame libre & courageufe ; mais elle
choque dans un Auteur vivant , & la raifon
en eft bien naturelle. On regarde celui-
ci comme ufurpateur d'une autorité
que l'on veut n'accorder à perſonne ; expofé
à vivre avec lui , on exige qu'il fe
foumette aux loix de cette complaifance
fociale qui épargne la vanité des uns en
cachant la fupériorité des autres. Le plus
inévitable de tous les afcendans , & par
conféquent le plus importun
le plus
odieux pour les ames vaines , c'est l'empire
de la raiſon. Celui qui le fait fentir
fans égards , fans ménagement , eft donc
affuré de déplaire .
,
C'eft à l'homme qui penfe & qui juge
mieux que la multitude , à voir s'il a le
courage de faire des mécontens pendant
fa vie , pour avoir des admirateurs après
fa mort. On propofe un parti modéré :
ce feroit non feulement d'éviter les perfonalités
offenfantes , mais encore de préfenter
les vérités générales avec une circonfpection
timide. Mais la vérité fous
le voile en eft beaucoup moins frappante;
elle languit dans les détours ; la politeffe
JUILLET. 1759. 95 .
l'amollit & l'énerve ; & fouvent en fait
de morale l'éloquence perd de fa force
en perdant de fon âpreté , pareille à ces
remèdes dont on affoiblit la vertu fi on
leur ôte leur amertume . Un Ecrivain
brafque & tranchant doit donc renoncer
à la faveur des gens du monde ; mais fon
parti pris fur cette privation , il n'a plus
qu'un mot à dire: Lecteurs , fuppofez
que je fuis mort , & que j'écrivois il y
» a mille ans. » C'eft au moins dans ce
point de vue que l'on doit confidérer un
Ecrivain Philofophe lorfqu'on veut le
Juger équitablement . On doit l'ifoler de
la fociété , écarter toutes les confidéra
tions perfonnelles , oublier l'homme &
peler les écrits .
Les morceaux dont M. Dalembert a
nouvellement enrichi fes Mélanges , font
des réfléxions fur les éloges Académiques
; une réponse à la Lettre de M.
Rouffeau , Citoven de Genève , fur l'Article
Genève de l'Encyclopédie ; des Ob
fervations fur l'art de traduire ; un Effai
fur les Elémens de Philofophie , ou fur les
principes des connoiffances humaines ; des
réflexions
fur l'ufage & fur l'abus de la
Philofophie
en matière de goût , fur l'abus
en matière de Religion ; fur
dela
critique
la liberté dela
Mufique.
1
96 MERCURE DE FRANCE.
Parmi les additions faites aux morceaux
déjà connus & qui font en trèsgrand
nombre , ( furtout dans les effais
de traduction de Tacite ) je ne citerai
qu'un endroit de l'effai fur la fociété des
Gens de Lettres avec les Grands. Il s'agit
des protecteurs . » Ce qu'il y a de plus
honteux , pour les Grands & pour la
» Littérature , c'eft que des Ecrivains qui
» deshonorent leur état par la fatyre ,
» trouvent des protecteurs encore plus
» méprifables qu'eux. L'homme de Lettres
"
و د
digne de ce nom dédaigne également
»& de fe plaindre des uns & de répon-
» dre aux autres ; mais quelque peu ſen-
» fible qu'il doive- être aux injures prifes
» en elles-mêmes , il ne doit pas fermer
» les yeux fur l'appui qu'on leur prête ,
»ne fût ce que pour fe former une idée
jufte de ceux qui daignent les favori-
» fer. Dans les pays où la preffe n'eft pas
» libre , la licence d'infulter les Gens de
» Lettres par des fatyres , n'eft qu'une
»preuve du peu de confidération réelle
» qu'on a pour eux , du plaifir même
» qu'on prend à les voir infultés. Et pourquoi
eft-il plus permis d'outrager un
» homme de Lettres qui honore ſa na-
»tion , que de rendre ridicule un homme
» en place qui avilit la fienne ?... Je ne
و ر
» puis
JUILLET. 1759. 97
puisme difpenfer de rapporter à cette
» occafion une anecdote bien propre à
» faire connoître le caractère & l'injufti-
» ce des hommes dont je parle. Un d'entr'eux
tournoit en ridicule la délicateffe
»> exceffive d'un Ecrivain célèbre, qui avoit
» témoigné un chagrin ( trop grand fans
doute ) de quelques fatyres publiées.
» contre lui : l'Ecrivain célèbre fit une
» Chanfon où l'homme en place étoit
» effleuré très- légèrement. Si on eût cru
" l'offenfé , les Loix n'avoient pas affez
»de fupplices pour punir l'injure qu'on
» lui avoit faite. »
Je vais parcourir auffi rapidement qu'il
me fera poffible les morceaux nouvellement
ajoutés à ce Recueil ; mais il en
eft qui demandent une férieufe attention,
Dans les réfléxions fur les éloges académiques
, M. Dalembert ne diffimule
pas les abus de l'ufage où l'on eft de
célébrer des hommes qui ne méritent
que l'oubli ; mais ces abus lui paroiffent
légers en comparaifon des avantages.
»Si les anciens qui élevoient des Statues
aux grands hommes , avoient eu le
"même foin que nous , d'écrire la vie
"des gens de Lettres ; nous aurions , il
eft vrai , quelques Mémoires inutiles ,
I, Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
و د
mais nous ferions plus inftruits fur les
progrès des fciences & des arts & fur les
» découvertes de tous les âges ; hiſtoire
» plus intéreffante pour nous que celle
» d'une foule de Souverains qui n'ont
» fait que du mal aux hommes. >>
Il ne veut pas que l'on fe borne à dire
ce que l'homme de Lettres a fait ; il croit
auffi utile de faire connoître ce qu'il a
été , & de peindre l'homme en mêmetemps
que l'Ecrivain . » Cependant le but
» des éloges littéraires eft de rendre les
» Lettres refpectables , & non de les avi-
» lir. Si donc la conduite a deshonoré
» les ouvrages , quel parti prendre ? Louer
» les ouvrages . Et fi d'un autre côté la
» conduite eft fans reproches & les ou-
» vrages fans mérite , que dire alors ? Se
» taire. » C'eſt en effet le parti le plus
fage & le plus décent : car il me paroît
bien difficile d'obferver dans la peinture
morale des caractères cette diſtinction
délicate que prefcrit M. Dalembert entre
les traits défectueux que l'on peut relever
& ceux qu'on doit paffer fous filence ;
& quand les limites font auffi peu marquées
, en approcher de trop près , c'eſt
s'expofer à les franchir. Ainfi la liberté
que peut fe donner à cet égard un Ecrivain
fûr de lui-même , ne doit jamais tirer
JUILLET. 1759 99
à conféquence , encore moins paffer en
régle, & le plaifir d'obferver le contraſte
ou l'accord des écrits & des moeurs d'un
homme de Lettres qui n'eft plus , ne doit
pas l'emporter fur le danger d'introduire
dans les Sociétés littéraires la fatyre perfonnelle.
» Le ton d'un éloge hiftorique ne doit
» être ni celui d'un Difcours oratoire , ni
» celui d'une narration aride. Les réflexions
philofophiques font l'ame & la
fubitance de ce genre d'écrits .... Ceft
en cela que l'illuftre Secrétaire de l'Académie
des Sciences ( M. de Fonte-
» nelle ) a furtout excellé : c'eſt par-là
» qu'il fera principalement époque dans
» l'Hiſtoire de la Philofophie : c'eſt par- là
» enfin qu'il a rendu fi dangereufe à occu-
» per aujourd'hui la place qu'il a remplie
» avec tant de fuccès. Si on peut lui re-
» procher de légers défauts , c'eft quel-
» quefois trop de familiarité dans le ftyle,
quelquefois trop de recherches & de
>> rafinement dans les idées ; ici une forte
» d'affectation à montrer en petit les
» grandes choſes ; là quelques détails pué-
» rils peu dignes de la gravité d'un ouvrage
philofophique. Voilà pourtant ,
» qui le croiroit ? en quoi la plupart de
E ij
535004
}
Too
MERCURE
DE
FRANCE
. " nos faifeurs d'éloges ont cherché à lu
>> reffembler. >>
»
Les obfervations de M. D. fur l'art de
traduire font pleines de Philofophie & de
goût. De quelque côté qu'on le tourne
» dans les Beaux-arts, dit M , Dalembert ,
» on voit partout la médiocrité dictant les
» Loix , & le génie s'abaiſſant à lui obéir.
C'eſt un Souverain empriſonné par des
» efclaves ; cependant s'il ne doit pas fe
» laiffer fubjuguer , il ne doit
ود
"
pas non
L'art
de la traduction
eft foumis
à cette
régle comme
toutes
les parties.de la littérature
: l'Auteur
en examine
les Loix ; 1.° eu égard
au génie
des Langues
;
2.º relativement
au génie
des Auteurs
; 3. par rapport
aux principes
qu'on
peut
fe faire dans
ce genre
d'écrire
.
plus tout fe permettre. »
Il femble que plus le caractère d'une
Langue approche de celui d'une autre ,
plus il eft facile de bien traduire ; mais
cette même facilité donneroit , felon M.
Dalembert , plus de Traducteurs médiocres
& moins d'excellens. Satisfait du
mérite de la reflemblance , on néglige-
Foit les graces de la diction : or une des
grandes difficultés de l'art d'écrire , &
principalement des traductions , eft , ditil
, de fçavoir jufqu'à quel point on peut
JUILLET. 1759.
101
facrifier l'énergie à la nobleffe , la correction
à la facilité , la juſteſſe rigoureuſe à
la méchanique du ftyle , & une imitation
froide & fervile eft une mauvaiſe traduction.
D'un autre côté , la différence de caractère
des Langues , laiffe au Traducteur
une liberté dangereufe. Ne pouvant donner
à la copie une parfaite reffemblance ,
il doit craindre de ne lui pas donner toute
celle qu'elle peut avoir.
Si l'on étoit difpenfé de bien connoître
le génie & les fineffes des Langues , ce
devroit être des Langues anciennes : cependant
les Traducteurs des Anciens font
traités plus févèrement que les autres.
La fuperftition en faveur de l'antiquité
nous fait fuppofer que les Anciens fe font
toujours exprimés de la manière la plus
heureufe ; c'eft à qui leur trouvera plus
de fineffe & de beautés.
On a prétendu que les Langues n'avoient
point de caractere particulier. M.
Dalembert convient qu'entre les mains
d'un homme de génie chaque Langue ſe
prête à tous les ftyles.
» Mais fi toutes font également propres
à chaque genre d'ouvrage , elles ne le
font pas également à exprimer une
" même idée : c'eft en quoi confifte la
diverfité de leur génie. E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
"
ود
» Les Langues , dit -il , en conféquence
» de cette diverfité , doivent avoir les
» unes fur les autres des avantages réci-
» proques.
Mais leurs avantages feront en
général d'autant plus grands qu'elles
» auront plus de variété dans les tours
» & de brièveté dans la conftruction , de
» licences, & de richeffes . » De toutes les
Langues cultivées par les gens de Lettres ,
F'Italienne eft, felon M. Dalembert, celle
qui réunit ces avantages au plus haut
degré. La Langué Françoife au contraire ,
celle qui met le plus à la gêne les Tra
ducteurs comme les Poëtes.
و د
Si les Langues ont leur génie , les
» Ecrivains ont auffi le leur. Le caractere
de l'original doit donc paffer auffi dans
la copie. Sans cette qualité les tra-
» ductions font des beautés régulieres ,
» fans ame & fans phyfionomie. Repré
» fenter de la même maniere des Au-
» teurs différens , c'eft l'efpéce de contrefens
qui fait le plus de tort à une
» Traduction ; les autres font paffagers
» & fe corrigent .
و د
Le caractère des Ecrivains eft ou dans
la penfée, ou dans le ftyle , ou dans
l'un & dans l'autre. Les Ecrivains dont
le caractère eft dans la penſée , font ceux
qui paffent le moins dans une Langue
JUILLET. 1759. 103
étrangère. Corneille , conclut M. Dalembert
, doit donc être plus facile à traduire
que Racine , & Tacite plus que Sallufte.
» Les Ecrivains les plus intraitables à
» la traduction , font ceux dont la maniere
» d'écrire eſt à eux. Les Anglois ont affez
» bien traduit quelques Tragédies de Ra-
» cine ; je doute , dit M. D. qu'ils tradui-
» fiffent avec le même fuccès les Fables
» de la Fontaine , l'ouvrage peut - être le
plus original que la Langue Françoiſs
» ait produit. "
Les Poëtes peuvent- ils être traduits en
Vers ? Doit - on ne les traduire qu'en
Profe ? M. Dalembert prouve très- bien
que l'un & l'autre eft impoffible . En
Profe l'original eſt dénué du nombre &
de l'harmonie ; en Vers il prend un nombre
& une harmonie nouvelle ; & il faut
avouer que les Poëtes anciens perdent au
change , dans quelque Langue qu'on les
traduife. La gêne du Vers oblige de plus
le Traducteur à dénaturer fouvent l'original
en fubftituant une fentence à une image
, une image à un ſentiment : ce qui
donne beaucoup d'avantage à la traduction
en Profe ; mais dans les Vers la régularité
de la cadence eft une beauté
pour l'oreille , à laquelle la Profe ne peut
E iv
104
MERCURE DE FRANCE.
fuppléer. Ainfi la traduction en Profe
eft une copie reffemblante mais foible :
» la
traduction en Vers eft un ouvrage
» fur le même fujet , plutôt qu'une copie.»
M. Dalembert veut qu'un Traducteur
ofe fe permettre de corriger les traits défectueux
de l'original , qu'il fçache riſquer
au befoin des expreffions nouvelles qu'il
appelle expreffions de génie , & par-là
il entend la réunion néceffaire & adroite
de quelques termes connus , mais qui
n'ont pas encore été mis enfemble. « C'eft,
» dit- il , prefque la feule maniere d'in-
»nover qui foit permife en écrivant. »
Il en donne pour exemple les termes
énergiques & finguliers
qu'employent des
Etrangers de beaucoup d'efprit qui parlent
facilement &
hardiment le françois.
Leur maniere de penfer dans leur Langue
& de s'exprimer dans la nôtre , eft, dit- il,
l'image d'une bonne traduction ; & il prétend
avec raifon que des
traductions bien
faites feroient le moyen le plus fûr & le
plus prompt d'enrichir les Langues. Elles
feront plus , » elles
multiplieront les bons
» modeles ; elles aideront à connoître le
» caractere des Ecrivains , des fiécles &
» des peuples ; elles feront
appercevoir
les nuances qui
diftinguent le goût uni-
» verfel & abfolu du goût national. »
JUILLET. 1759. 105
M. Dalembert invite les Traducteurs à
s'affranchir de l'obligation de traduire un
Auteur d'un bout à l'autre. J'avoue qu'il
feroit avantageux d'abréger en traduifant ,
mais fans laiſſer de lacune , & à condition
qu'on garderoit le fil du récit dans les
Hiftoriens , du raifonnement dans les Philofophes
, & de l'action dans les Poëtes .
C'eft ainfi que je defire depuis longtemps
qu'on ofe traduire le Poëme de Lucain
où je trouve , comme M. Dalembert , de
la déclamation & de la monotonie ; mais
que je ne crois pas auffi dénué d'images
que M. Dalembert le prétend. Les principes
qu'il vient d'expofer font ceux qu'il
a cru devoir fuivre dans la traduction de
différents morceaux de Tacite ; & la maniere
dont il rend compte de fon travail ,
en donneroit feule la plushaute idée. Il faut
en avoir fenti , comme il a fait , toutes les
difficultés pour être en état de les vaincre.
Un des morceaux les plus curieux de
ce Recueil eft la réponſe de M. Dalembert
à M. Rouſſeau , Citoyen de Genêve. Si
j'avois pû la prévoir je n'aurois pas pris
fur moi de juftifier nos Spectacles : ils ont
dans M. Dalembert un Apologifte bien
plus éloquent que moi . J'ai eu le bonheur
de me rencontrer avec lui en bien des
points . Les vérités fimples fe préfentent
E v
106 MERCURE DE FRANCE.
1
à tout le monde ; mais il n'eft pas donné
à tout le monde de les rendre avec certe
force que leur donne le ftyle de M. D.
و د
Pourquoi des amusemens dit M.
Rouffeau , la vie eft fi courte & le temps
» eft fi précieux ! Qui en doute ? répond
» M. Dalembert . Mais en même temps
» la vie eft fi malheureufe & le plaifir fi
» rare ! Pourquoi envier aux hommes ,
» deftinés prefqu'uniquement par la na-
» ture à pleurer & à mourir, quelques délaffemens
paffagers qui les aident à fup-
» porter l'amertume ou l'infipidité de leur
» exiſtence !... Sans doute tous nos divertiffemens
forcés & factices , inventés &
» mis en ufage par l'oifiveté, font bien au-
» deffous des plaifirs fi purs & fimples
» que devroient nous offrir les devoirs de
» citoyen , d'ami , d'époux , de fils , &
» de pere : mais rendez- nous donc , fi vous
le pouvez , ces devoirs moins pénibles
» & moins triftes ; ou fouffrez qu'après les
» avoir remplis de notre mieux nous nous
» confolions de notre mieux auffi des
chagrins qui les accompagnent. Rendez
» les peuples plus heureux , & par conféquent
les Citoyens moins rares
» amis plus fenfibles & plus conftans ,
» les peres plus juftes , les enfans plus
» tendres , les femmes plus fidèles & plus
ود
"
"
»
ود
les
JUILLET. 1759. 107
vraies : nous ne chercherons point alors
» d'autres plaifirs que ceux qu'on goûte
» au fein de l'amitié , de la Patrie , de la
» nature & de l'amour. »
M. Dalembert avoue que l'eftime pu→
blique eft le but principal des Poëtes
dramatiques comme de tous les Ecrivains,
fans en excepter les Philofophes , qui déclament
contr'elle , & qui femblent la
dédaigner. » L'indifference fe taît , & ne
» fait point tant de bruit ; les injures
» même dites à une nation , ne font quel-
» quefois qu'un moyen plus piquant de
» fe rappeller à fon fouvenir. Et le fa-
» meux Cynique.de la Grèce eût bientôt
» quitté ce tonneau d'où il bravoit les
» préjugés & les Rois , fi les Athéniens
» euffent paffé leur chemin fans le regarder
& fans l'entendre . La vraie Philofophie
ne confifte point à fouler aux
pieds la gloire , & encore moins à le
» dire ; mais à n'en pas faire dépendre
» fon bonheur , même en tâchant de la
» mériter. >>
Mais fi la gloire eft le premier objet
des Poëtes , l'utilité publique peut être au
moins le fecond : or » l'effet de la morale
»du théâtre eſt moins d'opérer un chan-
"gement fubit dans les coeurs corrompus,
que de prémunir contre le vice les ames
Evj
108 MERCURE DE FRANCE.
foibles par l'exercice des fentimens
" honnêtes , & d'affermir dans ces mê
» mes fentimens les ames vertueuſes.
و ر
M. Rouffeau voudroit bannir du théâtre
la Tragédie de Mahomet. » Plût à
» Dieu , dit M. Dalembert , qu'elle y fût
» plus ancienne de deux cens ans ! L'efprit
philofophique qui l'a dictée feroit
» de même date parmi nous , & peut-être
» eût épargné à la Nation Françoife ,
» d'ailleurs fi paifible & fi douce , les
» horreurs & les atrocités religieufes auxquelles
elle s'eft livrée. Si cette Tragédie
laiffe quelque chofe à regretter aux
Sages ,, c'eft de n'y voir que les forfaits
» caufés par le zèle d'une fauffe Religion,
» & non les malheurs encore plus déplo-
» rables , où le zèle aveugle pour une
Religion vraie , peut quelquefois en-
» traîner les hommes.
4
و د
ود
"
و د
A l'égard de l'Amour » Voudriez-vous
» le bannir de la fociété ? demande M.
» Dalembert à M. Rouffeau. Ce feroit ,
» je crois , pour elle , un grand bien &
» un grand mal ; mais vous chercheriez
» en vain à détruire cette paffion... Or fi
» on ne peut & fi on ne doit peut - être
» pas étouffer l'amour dans le coeur des
» hommes , que reste- t-il à faire finon de
» le diriger vers une fin honnête , & de
JUILLET. 1759: 109
» nous montrer dans des exemples illuftres
fes fureurs & fes foibleffes , pour
» nous en défaire ou nous en guérir ?
A l'égard de la Comédie , M. Dalembert
convient que nous fommes plus
frappés du ridicule qu'elle joue que des
vices dont ce ridicule eft la fource ; mais
il obferve avec raifon qu'elle fuppofe
déjà le vice déteſté comme il doit l'être ,
& que c'est le ridicule qu'elle s'attache à
faire fentir. Il eft donc tout fimple ;
» dit-il , que le fentiment qu'elle fuppofe ,
" nous affecte moins ( dans le moment
» de la repréſentation ) que celui qu'elle
» cherche à exciter en nous, fans que pour
» cela elle nous falſe prendre le change
»fur celui de ces deux fentimens qui doit
» dominer dans notre ame. »
En réfutant la critique de M. Roufſeau
fur le caractère du Miſantrope , il en
fait une beaucoup plus jufte à ce qui me
ſemble, du caractère de Philinte. Il trouve
que dans la Scène du Sonnet , Philinte
devoit attendre qu'Oronte lui demandât
fon avis , & fe borner à une approbation
foible. » La colère du Mifantrope fur la
» complaifance de Philinte , n'en eût été
» que plus plaifante , parce qu'elle eût
» été moins fondée ; & la fituation des
» perſonnages eût produit un jeu de théâTO
MERCURE DE FRANCE .
tre d'autant plus grand , que Philinte
" eût été partagé entre l'embarras de
» contredire Alcefte & la crainte de cho-
"quer Oronte. »
M. Dalembert regarde avec raifon la
Comédie attendriffante dont l'Enfant Prodigue
eft le modèle , comme plus intéreffante
pour nous que la Tragédie ellemême.
Les malheurs de la vie privée
» font , dit-il , l'image fidelle des peines
» qui nous affligent ou qui nous mena-
» cent ; un Roi n'eft prefque pas notre
» femblable , & le fort de nos pareils a
bien plus de droits à nos larmes. »
Sur l'Article des Comédiens » com
» ment n'avez-vous pas fenti, demandeM.
D. à M. R. que fi ceux qui repréfentent
» nos pièces méritent d'être deshonorés ,
» ceux qui les compofent mériteroient
auffi de l'être ; & qu'ainfi en élevant
les uns & en aviliffant les autres , nous
» avons été tout à la fois bien inconfé-
» quens & bien barbares , »
Avant que d'aller plus loin , qu'il me
foit permis derépondre un mot à ce qu'ont
dit de moi & de mon Apologie du Théâtre
des Journaliſtes avec lefquels je ferai
toujours fort aife de difcuter mes opinions
itera 5.Luci
On m'a reproché ( Journal de TrévouK,
) JUILLET 17599 III
Avril 1759 , page 859 & fuivantes ) d'être
du nombre de ceux qui arment l'erreur
» de tant de fophifmes, qu'il n'eft prefque
plus poffible de reconnoître ce qu'il
faut croire. Si dans la controverfe des
» Spectacles on n'infifte pas fur les preuves
tirées de la Religion , les Partiſans du
" Théâtre fe fauveront toujours , dit- on ,
» dans le nuage dont ils fçavent fi bien
» s'envelopper. »
»
Rien n'est plus aifé que de démêler
le vice d'un Sophifme ; fi j'en ai employé
quelqu'un en faveur des Spectacles,
il étoit juſte de m'en convaincre & voilà
ce qu'on n'a pas fait . Les preuves tirées
de la Religion décident une queftion
que je n'ai pas révoquée en doute ;
fçavoir que les Spectacles dangereux pour
les moeurs , tels que les ont condamnés
les Peres & les Docteurs de l'Egliſe ,
font en effet condamnables & doivent
être profcrits. Mais peut-il y avoir des
Spectacles utiles aux moeurs ? Et ceux-là
doivent- ils être confervés ? Le Théâtre
François eft-il dans le cas de cette exception
, confidéré feulement comme
compofé de nos Tragédies les plus eftjmées
& de nos meilleures Comédies ?
Voilà de quoi il s'agiffoit dans mes analyfes
de la Lettre de M. Rouſſeau. Sur
11½ MERCURE DE FRANCE.
و د
la Scene Françoife , ai-je dit , » toutes
» les inclinations pernicieufes font con-
» damnées , toutes les paffions funeftes y
infpirent l'horreur , toutes les foibleffes
» malheureuſes y font naître la pitié &
la crainte. Les fentimens qui de leur
>> nature peuvent être dirigés au bien &
» au mal , comme l'ambition & l'amour ,
"y font peints avec des couleurs inté-
» reffantes ou odieufes , felon les cir-
» conftancès qui les décident ou vertueux
» ou criminels. Telle eft la régle inva-
» riable de la ſcène tragique , & le Poëte
qui l'auroit violée révolteroit tous les
39
efprits. Ceft-là le fait que j'ai tâché
de prouver à l'égard de la Tragédie : fi
ce fait eft vrai, il eſt évident que le Théâtre
Tragique François n'eft pas du nombre
des Spectacles que l'Evangile & les
Peres de l'Eglife ont condamnés ; mais
que ce fait foit vrai ou non , c'est une
queftion qu'ils n'ont pas décidée , & que
j'ai eu par conféquent la liberté d'exa
miner.
Al'égard de la Comédie , j'ai reconnu
» que le Théâtre , quoique purgé de fon
» ancienne indécence , n'eft pas encore
» affez châtié ; que Dancourt , Monfleury
» & leurs femblables devroient en être
à jamais bannis ; qu'en un mot le feul
JUILLET. 1959. 113
» comique honnête & moral doit être
» donné en ſpectacle. » Il s'agiffoit donc
d'examiner, non pas s'il y avoit des Comédies
répréhensibles du côté des moeurs :
j'en tombois d'accord ; mais s'il y avoit
des Comédies dont les moeurs fuffent bonnes
& les leçons utiles . Et c'eft fur quoi
je croyois que l'Evargile ni les Peres de
l'Eglife n'avoient rien décidé pour le fiécle
préfent.
L'Evangile , difent les Journaliſtes de
Trévoux , condamne tout fans modification
ni reftriction quelconque. Il condamneroit
don cauffi les Tragédies de Collège. Mais
c'eft ce que je ne crois pas. C'est ce que ne
croyoit pas M. Boffuet lorsqu'il répondit
indirectement fur cette queſtion des
Spectacles :qu'il y avoit de grands exemples
pour , & de grandes raifons contre :
car il eft certain qu'il n'eût pas biaifé
fur un point formellement décidé par
l'Evangile. C'eft ce que ne croyoit pas
non plus le Pere Porée , cet homme
pieux , lorfqu'en attaquant les Spectacles
tels qu'ils étoient , il les approuvoit tels
qu'ils pouvoient être. C'eft ce qu'on ne
croit pas à Rome où les Spectacles font
permis & fréquentés par des perfonnes
d'une vie très-édifiante ; ni en France
dans les fociétés chargées de l'éducation
114 MERCURE DE FRANCE.
de la ieuneffe qui prefque toutes , depuis
le Collège de Louis le Grand jufqu'à S.
Cyr , font entrer l'exercice de la déclamation
Théâtrale dans l'inftitution des
jeunes perfonnes de l'un & de l'autre
féxe , comme un moyen de leur former
l'efprit & le coeur. Il eft vrai qu'on choifit
pour cela les piéces les plus épurées ;
mais il ne s'enfuit pas moins qu'un Spectacle
dont les moeurs font bonnes eft
un amuſement permis & utile ; & quant
à la queftion particulière , fi les niceurs
de telle ou de telle de nos piéces font
bonnes ou mauvaiſes , ni l'Evangile ni
les Peres n'ont vraisemblalement rien
prononcé là-deffus. J'ai donc pû entrer
dans cette difcuffion avec M. Rouffeau ,
fans m'expofer à d'autres reproches qu'à
celui de m'être trompé , encore faut- il
qu'on le prouve. Du refte je fuis trèsfenfible
à ce que les mêmes Journaliſtes
ont bien voulu dire d'obligeant fur mes
analyſes ; mais ils me font l'honneur d'y
fuppofer un art que je n'y ai pas mis ;
& je ferois bien plus reconnoiffant s'ils
euffent voulu y appercevoir la fimplicité
& la bonne foi avec lefquelles je dis ce
que je penſe.
K
Revenons à M. Dalembert. Après avoir
juſtifié le Théâtre François , il fait en
JUILLET. 1759. 115
paffant l'apologie des femmes que M. R.:
a fi violemment attaquées. » Le genre:
» humain feroit bien à plaindre , lui ditil
, » fi l'objet le plus digne de nos hom-
» mages étoit en effet auffi rare que
vous le dites. Mais fi par malheur vous
» aviez raifon , quelle en feroit la trifte
caufe ? L'esclavage & l'efpéce d'avilif-
» fement où nous avons mis les femmes.
»Nous traitons la Nature en elles comme
» nous la traitons dans nos jardins : nous
» cherchons à l'orner en l'étouffant. Si la
plupart des Nations ont agi comme
nous à leur égard , c'eft que partout
>> les hommes ont été les plus forts , &
» que partout le plus fort eft l'oppref-
»feur & le tyran du plus foible. Je ne
fçai fi je me trompe , mais il me fem-
» ble que l'éloignement où nous tenons
» les femmes , de tout ce qui peut les
» éclairer & leur élever l'ame , eſt bien
capable , en mettant leur vanité à la
gêne , de flatter leur amour-propre. On
»diroit que nous fentons leurs avanta-
»ges , & que nous voulons les empê¬
cher d'en profiter.
"
Il s'élève contre l'éducation puérile
qu'on leur donne ; & ce morceau plein
d'éloquence ne ſçauroit être affez connu.
Nous avons éprouvé tant de fois , dit-il ,
116 MERCURE DE FRANCE:
SIZEA
co
esc
» combien la culture de l'efprit & l'exer-
» cice des talens font propres à nous dif-
» traire de nos maux , & à nous conſoler
dans nos peines ! pourquoi refufer à la
» plus aimable moitié du genre humain ,
» deftinée à partager avec nous le malheur
d'être , le foulagement le plus pro-
» pre à le lui faire fupporter ? Philofophes
"" que la Nature a répandus fur la ſurface , d
» de la terre , c'eſt à vous à détruire , s'il
vous eft poffible , un préjugé fi funefte ;
c'eft à ceux d'entre vous qui éprouvent
la douceur ou le chagrin d'être peres ,
» d'ofer les premiers fecouer le joug d'un
» barbare uſage , en donnant à leurs filless for
la même éducation qu'à leurs autres
enfans. Qu'elles apprennent feulement
»de vous en recevant cette éducation , el
précieuſe , à la regarder uniquement
» comme un préfervatif contre l'oifivété ,
un rempart contre les malheurs ; & non
»comme l'aliment d'une curiofité vaine
» & le fujet d'une oftentation frivole.o
» Voilà tout ce que vous devez & tout &pasl'id
» ce qu'elles doivent à l'opinion publique , les aux
qui peut les condamner à paroître igno- que
❤rantes , mais non pas les forcer à l'être.quile
» On vous a vu fi
fouvent
pour des motifs esfer
» très-légers , par vanité , ou par humeur ,
»
22 heurter de front les idées de votre
ble
qui
les
les
le
fermet
ful
roient
JUILLET. 1759 117
"
33
-
la´vie
fiécle ;pour quel intérêt plus grand pou-
» vez-vous le braver , que pour l'avantage
de ce que vous devez avoir de plus
cher au monde , pour rendre la vie
» moins amère à ceux qui la tiennent de
» vous , & que la Nature a deſtinés à vous
»furvivre & à fouffrir ; pour leur procurer
» dans l'infortune , dans les maladies , dans
la pauvreté , dans la vieilleffe , des ref-
»fourcesdont notre injuftice les a privées?
» on regarde communément , Monfieur ,
» les femmes comme très fenfibles &
"très foibles ; je les crois au contraire ou
» moins fenfibles ou moins foibles que
» nous. Sans force de corps , fans talens ,
»fans étude qui puiffe les arracher à leurs
" peines , & les leur faire oublier quelques
» momens , elles les fupportent néan-
» moins , elles les dévorent , & fçavent
» quelquefois les cacher mieux que nous :
» cette fermeté fuppofe en elles , ou une
"ame peu fufceptible d'impreffions pro-
» fondes , ou un courage dont nous n'a-
" vons pas l'idée. Combien de fituations
cruelles auxquelles les hommes ne réfiftent
que par le tourbillon d'occupa-
" tions qui les entraîne : les chagrins des
» femmes feroient- ils moins pénétrans &
» moins vifs que les nôtres ? Ils ne le
» devroient pas être. Leurs peines vien-
»
18 MERCURE DE FRANCE.
» nent ordinairement du coeur ; les nôtres
»n'ont fouvent pour principe que la vanité
& l'ambition . Mais ces fentimens
étrangers que l'éducation a portés dans
notre ame , que l'habitude y a gravés ,
»& que l'exemple fortifie , deviennent
( à la honte de l'humanité ) plus puif
fants fur nous que les fentimens naturels;
la douleur fait plus périr de Miniftres
déplacés que d'Amans malheureux. »
و د
M. Dalembert a réfervé pour la fin de
fa Lettre l'Article qui intéreffe Genêve ,
& cet Article a deux objets : le fpectacle,
& le dogme des Miniftres. Quant au premier
, il avoue que la Comédie feroit au
moins inutile aux Génévois s'ils en étoient
encore à l'âge d'or ; mais ils m'ont paru ,
dit-il , affez avancés , ou fi vous voulez
affez pervertis pour pouvoir entendre
Brutus & Rome fauvée , fans avoir à
craindre d'en devenir pires.
A l'égard de la dépenſe , » la Ville de
» Genêve eft , à proportion de fon éten-
» due , une des plus riches de l'Europe , »
& M. Dalembert dit avoir lieu de croire
que plufieurs Citoyens opulens de cette
Ville , qui defireroient y avoir un théâtre
, fourniroient fans peine une partie
de la dépenfe. Un ou deux jours de la
femaine fuffiroient à cet amuſement , &
JUILLET. 1759 . 119
"
on pourroit prendre pour l'un de ces
jours celui où le Peuple fe repofe. Du
refte , dans un état auffi petit , où l'oeil
vigilant des Magiftrats peut s'étendre au
même inftant d'une frontiere à l'autre , il
feroit facile d'éclairer la conduite des
Comédiens , & de maintenir les loix
fomptuaires. » Il ne falloit pas moins ,
pourfuit M. Dalembert , » qu'un Philofophe
exercé comme vous aux paradoxes,
» pour nous foutenir qu'il y a moins de
» mal à s'enyvrer & à médire , qu'à voir
repréſenter Cinna & Polieucte . Il ajoute
que les Citoyens de Genêve ſe récrient
» fort contre cette peinture que M. R. a
» faite de leur vie journalière , qu'ils fe
plaignent que le peu de féjour qu'a
» fait M. R. parmi eux , ne lui ayant
pas laiffé le temps de les connoître
» ni d'en fréquenter affez les différens
» états , il a repréſenté comme l'efprit
général de cette fage République , ce
» qui n'eft tout au plus que le vice obfcur
& méprifé de quelques Sociétés
>> particulières.
A l'égard des fentimens que M. Dālembert
a attribué aux Miniftres de Genêve
en matiere de Religion , il dit en
avoir parlé , non d'après un fecret confié
mais d'après leurs ouvrages , & d'après
120 MERCURE DE FRANCE.
des converfations publiques. Moyens que
M. Rouffeau n'avoit pas compris dans
fon énumération . » Si je me ſuis trompé ,
» ajoute M. Dalembert , tout autre que
» moi , j'oſe le dire , eût été trompé
» de même. Il obferve de plus que les
fentimens qu'il attribue aux Miniftres de
Genêve font une fuite néceffaire de leurs
principes , d'après lefquels il prétend
que quand ils ne feroient pas Sociniens
, il faudroit qu'ils le devinffent ,
non pour l'honneur de leur Religion ,
» mais pour celui de leur Philofophie.
( Je réserve l'Extrait du quatrième Volume
pour le Mercure prochain . )
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Résumé : MELANGES de Littérature, d'Histoire & de Philosophie. Nouvelle édition.
Le document présente une nouvelle édition des 'Mélanges de Littérature, d'Histoire & de Philosophie' de Diderot, incluant des œuvres telles que le discours préliminaire de l'Encyclopédie et des éloges académiques de figures comme Montesquieu et Dumarsais. Diderot aborde la liberté d'expression philosophique, suggérant de présenter les vérités générales sans offenser et de juger les écrits philosophiques comme s'ils étaient écrits par un auteur décédé. Les nouvelles contributions couvrent divers sujets, notamment les éloges académiques, la traduction, la philosophie et la critique musicale. Dalembert, dans ses réflexions, reconnaît les abus dans les éloges académiques mais en souligne les avantages pour l'instruction. Il critique les écrivains qui introduisent la satire personnelle dans les sociétés littéraires et valorise les traductions en prose. Le texte traite également des rôles du théâtre. D'Alembert défend la tragédie 'Mahomet' de Voltaire et critique le personnage de Philinte dans 'Le Misanthrope'. Il répond aux critiques de Rousseau sur les comédiens, affirmant que les auteurs de pièces méritent autant de respect que les acteurs. L'auteur examine la moralité des spectacles théâtraux, reconnaissant la nécessité de proscrire les spectacles nuisibles aux mœurs tout en discutant des bénéfices potentiels des tragédies et comédies. Concernant l'éducation des femmes, le texte critique les préjugés et l'oisiveté imposées aux femmes, plaidant pour une éducation égale pour les filles et les garçons. À Genève, D'Alembert discute de l'utilité d'un théâtre, estimant que les Genevois sont suffisamment évolués pour en bénéficier sans risque moral.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3877
p. 73-102
EXAMEN des réfléxions de M. Dalembert sur la liberté de la Musique. IVe vol. des Mélanges de Littérature, d'Histoire, & de Philosophie.
Début :
Les réflexions de M. Dalembert sur la liberté de la Musique, ou plutôt sur [...]
Mots clefs :
Musique, Récitatif, Chant, Jean Le Rond d'Alembert, Voix, Italiens, Opéra, Langue, Expression, Airs, Déclamation, Caractère, Goût, Musique italienne, Italien, Nature, Musiciens, Nombre, Art, Morceaux, Musicien, Harmonie, Discours, Genre, Tons, Nation, Paroles, Naturel, Intervalles, Pathétique
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texteReconnaissance textuelle : EXAMEN des réfléxions de M. Dalembert sur la liberté de la Musique. IVe vol. des Mélanges de Littérature, d'Histoire, & de Philosophie.
EXAMEN des réfléxions de M. Dalembert
fur la liberté de la Mufique. I Ve vol.
des Mélanges de Littérature , d'Hiftoire,
& de Philofophie.
L
Es réfléxions de M. Dalembert fur
la liberté de la Mufique , ou plutôt ſur
les avantages de la Mufique Italienne
comparée à la nôtre , trouveroient parmi
nous moins de Contradicteurs qu'il ne
penfe s'il les avoit réduites à ce qu'elles
ont d'effentiel. Ceft un principe reçu
en France comme en Italie & partout
ailleurs , que la Mufique doit exprimer
& peindre. Il ne s'agit que de fçavoir en
quoi l'Art s'éloigne ou s'approche de ce
but , foit dans la Mufique Françoife , foir
dans la Mufique Italienne . Les morceaux
de l'une & de l'autre qui rendront vivement
la nature , feront les modèles de
· la bonne Mufique ; les morceaux qui
manqueront de coloris ou de deffein ,
II. Vol. D
74 MERCURE DE FRANCE.
feront les exemples de la mauvaiſe , & il
n'y aura dès-lors que deux fortes de Mufique
au monde , fçavoir , la bonne &
la mauvaiſe. Dire que la Mufique Françoiſe
eft la mauvaife , & que l'Italienne
eſt la bonne , c'eft fuppofer dans l'une
un principe vicieux par effence , dans
l'autre un caractère de beauté & de bonté
inimitable ; c'eft du moins ainfi qu'on
l'entend , & voilà pourquoi l'on n'eft
point d'accord. Examinons la choſe en
détail .
M. Dalembert reconnoît que la forme
de notre Opéra eft fans comparaifon plus
variće & plus agréable que celle de l'Opéra
Italien. » Chez nous , dit - il , la
Comédie eft le fpectacle de l'efprit , la
» Tragédie celui de l'ame , l'Opéra celui
» des fens. J'admets cette diſtinction ,
pourvu que le caractere dominant attri
bué à chacun de ces Spectacles ne foit
pas exclufif; car je ne penfe point que l'il-
Jufion & l'intérêt foient bannis duThéâtre
du merveilleux. M. D. avoue qu'une ſcène
en Mufique nous arrache quelquefois des
Jarmes , c'eft avouer que le chant n'exclut
point le pathétique de l'expreffion. Il
ajoute que fi la Mufique touchante fait
couler nos pleurs , c'eſt toujours en allant
au coeur par les fens , & qu'elle différe en
<
JUILLET. 1759. 75
cela de la Tragédie déclamée qui va au
coeur par la peinture & le développement
des paffions . Mais les impreffions que la
peinture , le développement des paffions
fait fur l'ame , y vont de même par les
fens , foit qu'on déclame ou que l'on
chante . L'attendriffement que le chant
nous caufe, tient plus de l'émotion phyfique
de l'organe , je l'avoue ; mais il n'en
a pas moins pour premier principe une
affection de l'ame exprimée par le chant .
M. Dalembert reconnoît lui-même que
» la Mufique n'eft propre par fa nature
qu'à rendre avec énergie les impreffions
» vives , les fentimens profonds , les paí-
>> fions violentes , ou à peindre les objets
»qui les font naître . »
La que
preuve
en eft
la Mufique
qui ne peint
rien , eft une Mufique
infipide
.
Auffi M. de Fontenelle
demandoit
-il ,
Sonate , que me veux- tu ? que le merveilleux
, le chant
lui - même
& tout ce qui s'éloigne
de la nature
rende
l'illu- fion plus foible
& l'intérêt
moins
vif, cela doit être ; mais cela prouve
feulement que l'Opéra
eft moins
pathétique
, moins intéreffant
que la Tragédie
, fans toutefois
être réduit
à la feule émotion
des fens. La plupart
même
des réfléxions
de M. Dalembert
portent
fur ce principe
, Que
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
l'Opéra doit affecter l'ame par l'expreffion
du fentiment , & l'imagination par
la force & la vérité des peintures .
Il eſt donc de l'effence de ce ſpectacle
de réunir tout ce qui peut charmer la vue
& l'oreille , étonner ou flatter l'imagination
, émouvoir l'ame & l'attendrir.
L'Opéra Italien donne moins au plaifir
des yeux, pour s'attacher aux affections
de l'ame : mais il manque l'un de fes objets
, & il ne remplit jamais l'autre . Les
Tragédies de Métaftafe , en mufique, n'ont
ni l'intérêt de celles de Racine , ni le
charme de celles de Quinault ; c'est l'opinion
de M. Dalembert , & fi les Italiens
font de bonne foi , ils avoueront
qu'elle eft fondée .
و د
» Si nous étions réduits à l'alternative
» ou de conſerver notre Opéra tel qu'il eſt
» ou d'y fubftituer l'Opéra Italien; peutêtre
conclut M. Dalembert , » ferions-
» nous bien de prendre le premier parti..
» Mais ne feroit- il pas poffible en confer
» vant le genre de notre Opéra tel qu'il
eft , d'y faire par rapport à la Mufique
» des changemens qui le rendroient bien-
" tôt fupérieur à l'Opéra Italien ? » A cette
propofition il n'eft perfonne qui n'applaudiffe
. Mais celle - ci ne fera pas auffi unani
mement reçue. » Il paroît que le feul
"
JUILLET: 1759. 77
» moyen d'y parvenir eft de fubftituer ,
» s'il eft poffible , la Mufique Italienne à
» la Françoife ». Voyons ce qu'il entend
par-là.
» Nous fuppofons , dit - il , comme un'
» fait qui n'a pas befoin d'être prouvé ,
» la fupériorité de la Mufique Italienne
» fur la nôtre ».
J'entends à merveille ce que c'eft que
la diſtinction de deux Langues , & la
fupériorité de l'une fur l'autre ; mais je
n'entends pas la diftinction de deux Mu
fiques. Une Langue a des mots, des tours,
des nombres , une harmonie, une fyntaxe ,
une profodie qui lui font propres , & qui
lui donnent les moyens d'exprimer ce
qu'une autre Langue ne peut rendre. Mais
les tons , les modes , les mouvemens ,
Pharmonie & la mélodie de la Mufique ,
font les mêmes dans tous les Pays du
monde. Il n'y a donc qu'une feule Mufique
: c'eft une Langue univerfelle que les
uns parlent mieux que les autres ; mais il
n'eft décidé nulle- part qu'on doive parler
mal cette Langue . Je fuppofe que le plus
grand nombre des Muficiens François
ayent fait de mauvaiſe Muſique , & que
la Nation l'ait goutée , ne connoiffant ou
n'ayant rien de mieux : s'eft - elle refuſée
à la bonne , dès qu'on lui en a préfenté ?
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
Le préjugé a-t-il fait tomber Hyppolite ,
Caftor , Pigmalion , &c. Le goût de la
Nation n'a donc pas donné à la mauvaiſe
Mufique une préférence exclufive fur la
bonne la Mufique Françoife peut donc
être excellente , comme la Mufique Italienne
peut être mauvaiſe ; & jufques- là
je ne vois entr'elles rien qui foit propre
à l'une ou à l'autre , & qui les diftingue
effentiellement.
و ر
» Les Partifans de la Mufique Françoi-
» fe , dit M. Dalembert , prétendent que
» le beau fimple en fait le caractère , &
» ils appellent fimple ce qui eft froid &
» commun , fans force , fans ame & fans
» idée. S'il y a des Sots qui penfent ainsi ,
ya
leur opinion ne doit pas être prife pour
le fuffrage de la Nation . Elle penfe que
tout ce qui eft beau eft fimple ; mais elle
ne pense pas que tout ce qui eft ſimple
foit beau. Peut -être le goût de la multitude
n'eft- il pas encore affez formé pour
être délicat & févère fur les nuances : mais
M. Dalembert avoue lui - même que les
beautés réelles enlèvent une admiration
unanime. J'en appelle encore aux fuccès
de M. Rameau ; j'en appelle à l'impreffion
que font fur les oreilles françoifes
les plus beaux morceaux des Opéra Italiens
, quoique affez mal exécutés dans
JUILLET. 1759. 79
nos concerts ; j'en appelle au fuccès des
intermèdes bouffons , qu'on ne fe laffe
point d'entendre avec des paroles Françoiſes.
» M. Rameau , dit M. Dalembert ,
» eût manqué fon but en allant plus loin ;
» il nous a donné non pas la meilleure Mufique
dont il fût capable , mais la meil-
» leure que nous puffions recevoir. » Je
fuis perfuadé que M. Rameau a fait de fon
mieux ; mais s'il a voulu nous ménager ,
Pergolefe & Venci n'ont pas eu la même
complaifance : or que l'on prenne au hafard
deux mille Auditeurs parmi les gens
cultivés , & qu'on exécute bien les morceaux
de récit obligé & les airs pathétiques
de l'Olimpiade & de l'Artaxerce ,
jofe affurer qu'ils feront applaudis avec
le même enthouſiafme que la harangue
de Tirtée & le monologue de Caftor.
Voyons cependant quel est le caractère
de ce qu'on appelle la Mufique Françoiſe,
& à quoi il tient qu'on ne la diftingue
plus de ce qu'on appelle la Mafique Italienne.
» Il y a , dit M. Dalembert , dans notre
» Mufique , trois choſes à conſidérer, le ré-
» citatif, les airs chantans & les fympho-
» nies. » Il reproche au récitatif de Lully
de manquer fouvent à la profodie de la
langue. C'eſt un fait qu'il a fans doute
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
"
ور
33
"
r
vérifié ; mais il n'eft point du tout effentiel
à notre récitatif de manquer à la
profodie
, c'eft une maladreffe du Muficien ,
& non pas un défaut de la Mufique. « Le
» récitatif des Italiens , dit-il , eft plus
analogue à leur langue que le récitatif
françois ne l'eft à la nôtre. Ils paroiffent
» avoir bien mieux étudié que nous la
marche & les inflexions de la voix dans
»la converfation. » Si cela eft , la faute
en eſt encore aux Compofiteurs François ,
qui , avec plus d'étude ou de talent, peuvent
égaler en cela les Italiens fans rien
changer à l'effence de la modulation fran
çoiſe ; car le chant devant être l'imitation
exagérée de la déclamation théâtrale , &
les infléxions du langage naturel n'étant
pas les mêmes dans le François que dans
Î'Italien , il s'enfuit que le chant françois
doit avoir une modulation notée fur les
accens de notre langue , comme le chant
des Italiens doit fuivre les intonations &
les inflexions de la teur.
M. Dalembert obferve que le récitatif
Italien déplaît à la plupart des oreilles
françoifes ; mais je doute que l'habitude
de l'entendre jointe à la connoiffance de
la langue italienne & de fa profodie nous
le fit gouter comme il le prétend. J'obferve
même que la plupart de ceux à qui le ré
JUILLET. 1759 .
81
citatif italien déplaît , aiment l'accent naturel
de la langue italienne ; enfin la maniere
dont les Italiens entendent leur
Opéra prouve affez qu'ils s'ennuvent euxmêmes
de cette eſpèce de déclamation ,
» dont la route uniforme & non interrompue
produit une monotonie infuppor
table. » M. Dalembert répond d'abord.
en récriminant. Il ajoute que la monotonie
du récitatif eft peut -être un mal nécef
faire,un inconvénient inévitable de la fcène
lyrique, par la raiſon, dit - il , que » dans une :
" Piéce de théâtre tout n'eft pas deftiné
» aux grands mouvemens des paffions, &
qu'il y a des momens de repos où le
Spectateur ne doit qu'écouter fans être
» ému ; que tout doit être chanté dans
» un Opéra , mais que tout ne doit pas
» être chanté de la même maniere, comme:
» dans le difcours tout n'eft pas dit du
» même ton, avec la même froideur & le
»même mouvement.
Selon cette regle au moins tout ce quij
eft vif & paffionné dans la fcène doit être
préfervé de la monotonie : or il me femble
qu'elle eft continue dans le récitatif italien;
mais je n'oferois prendre l'affirmative : je
n'en ai pas affez entendu. Paffons à la
conclufion de M. Dal. » Il doit donc #
avoir entre les airs & le récitatif nee
Dy
82 MERCURE DE FRANCE.
» différence marquée par l'étendue & la
qualité des fons , par la rapidité du débit
»& par le caractère de l'expreffion .
Il doit y avoir felon moi , proportions
gardées , la même différence qu'entre un
morceau de déclamation véhémente &
un morceau moins vifou plus tranquille ,
en forte que la modulation & l'expreffion
du récitatif approchent du caractère d'un
air paffionné à mefure que les paroles du
récitatif approchent elles mêmes du caractère
des paroles que l'air exprime. Ainfi
le récitatif fimple s'élevera par degré jufqu'au
point de véhémence où le récitatif
obligé lui fuccéde , & celui - ci juſqu'au
point où la violence du fentiment, la force
de l'image , en un mot l'expreffion des
paroles , demande les développemens de
la voix & les éclats d'un air chantant. On
diftinguera moins l'air d'avec le récitatif;&
tant mieux :le paffage fera plus naturel & la
gradation mieux obfervée. En effet pourquoi
veut- on une difference tranchantede
fun à l'autre? Un air pathétique eft-il un
morceau ifolé dans une Scène? Le comble
de l'art n'eft - il pas de préparer inſenſiblement
l'oreille & l'ame à cette vive
émotion ? Il eſt des circonstances où l'harmonie
doit caufer une révolution foudaine
, un ébranlement imprévu ; mais le
JUILLET. 1959. 83
Poëte alors prend foin lui- même de ménager
la furpriſe , & le Muficien n'a qu'à
fuivre la marche de la déclamation naturelle
, pour paffer du calme à l'emportement.
Cette exception ne détruit pas
la régle générale de graduer l'expreffion
du fentiment & d'éviter la monotonie.
Ce que je dis des airs paffionnés ou rapides
doit s'entendre des airs tendres ,
voluptueux, enjoués ou languiffans : comme
ils font le dernier degré d'expreffion
dans leur genre , & que l'harmonie en
foutient & en fortifie l'expreffion , ils
n'ont pas besoin pour être fentis du cɔntrafte
d'un récitatif monotone. Il y a
fans doute dans l'Opéra comme dans la
Tragédie des momens froids où une dé
clamation animée feroit un contre-fens ;
mais ces momens font rares & doivent
Pêtre. L'art d'écrire la fcéne lyrique eft
d'en faire un tiflu varié de fentimens &
d'images , & alors ce récitatif doit peindre
par fa mélodie ou l'image ou le lentiment
que la Pocfie lui préfente. Ainfi ni
le récitatif Italien , ni le récitatif François
ne me femble devoir être une décla
mation monotone.
» La nature du chant ordinaire , de ce
qu'on appelle proprement ainsi , com
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
fifte en trois chofes , pourſuit M. Da+
lembert , en ce que la marche Y eft
» plus lente que dans le difcours , en ce
» que l'on appuye fur les fons comme
» pour les faire gouter davantage à l'o-
» reille ; enfin en ce que les tons de la
» voix & les intervalles qu'elle parcourt ,
y varient fréquemment , & prefqu'à
chaque fyllabe. Le premier & le fe
» cond de ces caractéres n'appartiennent
point à un bon récitatif ; le troifiéme
doit à la vérité s'y trouver , mais d'une
→ maniere moins marquée que dans le
chant. D'un côté la rapidité du débit
rend la fucceffion des intervalles moins
fenfible dans le récitatif, & de l'autre
cette fuccceffion doit y être plus fré-
» quente que dans le difcours , mais moins
» que dans le chant ordinaire : voilà ce
que les Italiens ont fenti, voilà ce qu'ils
pratiquent avec raifon , & l'on ofe dire
avec fuccès.
03
29
Je ne fçais. fi je me trompe , mais il
me femble que le récitatif étant un genre
moyen entre le chant & le difcours ,
il doit participer en tout point de l'un &
de l'autre qu'ainfi la marche du réci–
ratif doit être moins rapide que celle du
difcours , & en général plus rapide que
celle du chant ; que dans le récitatif
on
JUILLET. 1759. $.5
doit appuyer fur les fons moins que
dans le chant , mais plus que dans la déclamation
naturelle ; qu'enfin les fons de
la voix doivent être plus variés & les intervalles
plus fenfibles que dans la déclamation,
comme ils doivent l'être moins
que dans le chant . M. Dalembert ne permet
au récitatif de differer du difcours
que dans ce dernier point , le premier &
le fecond caractère qu' attribue au chant
n'appartiennent point , dit- il , à un bon
récitatif : non fans doute au même degré
, mais je crois qu'il doit les avoir
dans une proportion moyenne , & comme
tenant le milieu entre le difcours &
le chant. Du refte je conviens avec M. D..
que le débit en eft perdu au Théâtre. Les
plus zélés Partiſans de Lully font les premiers
à l'avouer ; mais c'eft encore la
faute des Acteurs , & non pas celle de la
Mufique.
» Si le récitatif , comme tout le monde
» en convient , doit n'être qu'une décla
» mation notée , on peut en conclure ,
dit M. Dalembert , » qu'une des loix les
» plus eſſentielles à obſerver dans le réci—
» tatif , c'eſt de n'y pas faire parcourir à
» la voix un auffi grand efpace que dans
» le chant , & d'en régler l'étendue fur
» celle des tons de la voix dans la décla
86 MERCURE DE FRANCE.
" mation ordinaire. Le feul cas où l'on
puiffe fe permettre de fortir des limites
» naturelles de la voix , c'eſt dans certains
» momens où la voix , même en décla-
» mant , franchiroit ces limites ; encore
» ces momens doivent être rares , & même
ne fe rencontrer guère que dans le
» récitatif obligé , qui par fon objet , fon
" accompagnement & fon caractère , doit
" approcher un peu plus du chant . »
Ce n'eft qu'avec une extrême défiance
de moi - même que d'un principe pofé par
M. Dalembert , je tire une conféquence
oppofée à la fienne. Si le récitatif doit
être une déclamation notée , les intervalles
à parcourir doivent être fenfibles :
dans le chant la voix ne procéde que
par tons & par demi- tons , au lieu que
dans le difcours elle s'élève ou s'abbaiſſe
par degrés fouvent inappréciables.Si d'un
autre côté , comme l'a reconna M. Dalembert
, les tons & les intervalles que
parcourt la voix dans le récitatif , doivent
être plus variés que dans le diſcours , il
у a dans une période un plus grand nombre
d'intervalles à parcourir dans le récitatif
que dans le difcours . Or un plus grand
nombre de plus grands intervalles demandent
une plus grande étendue de voix : il
eft donc d'une néceffité indiſpenſable
JUILLET. 1759. 87
que dans le récitatif la voix franchiffe fes
limites naturelles , c'eft - à - dire , qu'elle
s'éleve & s'abbaiffe beaucoup plus que
dans le diſcours. Il y a longtemps que je
regarde la déclamation muſicale comme
fuivant à-peu- près les mêmes infléxions
que le langage naturel , mais formant ,
s'il eft permis de le dire , des ondulations
plus profondes . Suivant cette idée , la
raifon de la monotonie qui nous frappe
dans le récitatif Italien , n'eft pas difficile
à fentir : car les Italiens ne donnant à la
voix , dans leur récitatif, que fon étendue
naturelle , & les intervalles à parcourir
étant plus grands que dans le diſcours ,
il a fallu les reduire à un plus petit nombre
, & par conféquent réciter fur un
même ton ce qui dans la déclamation
naturelle exigeroit plufieurs inflexions différentes.
On dit que les Chanteurs habiles fçavent
fuppléer à ces inflexions : j'en ai
entendu qui paffoient pour tels , & ceuxlà
même m'ont paru monotones.
A l'é ard de notre récitatif , ayant un
plus grand etpace à parcourir , il eft
moins gêné , moins à l'étroit dans fa
marche ; d'où je conclus qu'un Artiſte
habile peut lui donner plus de variété .
Mais voici l'article important,
88 MERCURE DE FRANCE.
מ
ל כ
" Les cadences , les tenues , les ports
» de voix que nous y prodiguons feront
» toujours , dit M. Dalembert , un écueil
infurmontable au débit ou à l'agrément
» du récitatif: fila voix appuye fur tous
» ces ornemens , le récitatif traînera ; fi
» elle les précipite , il reffemblera à un
chant mutilé. Ne feroit- il pas poffible
» en fupprimant toutes ces entraves , de
" donner au récit François une forme
plus approchante de la déclamation ?
29
J'ignore cominent le Public recevroit
l'effai que M. D. propofe ; mais je connois
des Muficiens habiles & un grand
nombre de gens de goût que l'abus de
ces cadences , de ces tenues, de ces ports .
de voix excéde dans la déclamation mus
ficale , & qui applaudiroient bien fincéres
ment à la noble fimplicité d'un débit
plus naturel & plus rapide. Il fut untemps
où les Acteurs pafoient légérement
fur tous ces agrémens , & je ne crois pas
que la maniere de déclamer libre, fimple,
facile & noble qu'on applaudiffoit dans
Tevenard, fit un chant mutilé du récitatif
de Lully. Mais en fuppofant que quel--
qu'un ofât fupprimer tout-à-fait les ca→
dences , les ports de voix &c. il y auroit
an moyen bien avantageux , à ce qu'il
me femble, de fe dédommager de la
JUILLET. 1759.1 $9.
perte de tous ces petits agrémens , & de
donner à notre récitatif plus de chaleur
& de variété : ce feroit d'employer dans
les morceaux fufceptibles d'une expreffion
vive ou touchante , ce que les Italiens
appellent récitatif obligé , & quelquefois
des airs chantans à leur maniere ,
mais fans aucun de ces papillotages ridicules
qu'ils y mêlent pour faire briller la
voix. Le pathétique de ces morceaux eft
la feule fupériorité réelle que leur Opéra
ait fur le nôtre , & nos Muficiens modernes
ont fait des effais dans ce genre
qui annoncent le plus grand fuccès. Dès -
lors le Poëte d'accord avec le Muficien ,
ménageroit dans le cours de la Scène des
images vives , des traits de fentimens
tantôt plus doux , tantôt plus rapides , &
l'harmonie à chaque inftant ranimeroit le
récitatif : mais il ne faut pas ſe diffimuler
que la Scène ainſi variée eſt une
épreuve continuelle pour le talent du
Compofiteur.
On ne peut fe refufer aux réflexions de
M. Dalembert fur la vérité de l'expreffion
dans la déclamation muficale. Le morceau
de Dardanus qu'il en donne pour modèle
eft bien plus digne d'admiration que tout
ce qu'on a cité de Lully : Je ne prétends
pas, dit-il, » décider abfolument (quelque
.༡༠
90 MERCURE DE FRANCE
porté que je fois à la croire ) que notre
» récitatif réuffit fur le Théâtre de l'Opera
» étant débité comme je le propoſe à l'I-
» talienne & avec rapidité ... Mais il pa-
» roît au moins inconteftable qu'on doit
"rejetter tout récitatif qui étant débité de
»la forte hors du Théâtre , choquera
" groffièrement nos oreilles. C'est une
"preuve certaine que l'Artifte s'eft grof-
»fièrement écarté des tons de la Nature
» qu'il doit avoir toujours préfens. » Cette
règle me paroît infaillible ; toutefois M.
Rameau lui-même ne croit pas que la
modulation du chant doive être une imitation
fervilement exacte de la déclamation
naturelle. Il prétend que c'eſt l'harmonie
qui détermine furtout le caractère
de l'expreffion , & il m'en a donné
exemple les vers du Monologue de
Caftor,
"
Triftes apprêts , pâles flambeaux ,
Jours plus affreux que les ténébres ,
pour
qui dans le même ton & avec une modulation
différente , expriment le même
fentiment .
Le récitatif doit être fimple , naturel ,
expreffif & rapide. Je fuppofe qu'il eft tel
dans la bonne Mufique Italienne ; il l'eft
moins,fouvent, fi l'on veut,dans la Mufique
JUILLET. 1759 . 91
Françoife; mais il peut l'être ni la nature
de la Langue, ni celle de la Mufique, ni le
goût même de la Nation ne s'y oppofe; &
l'on tient encore par habitude aux petits
agrémens qu'on y a mêlés , au moins
defire- t- on que les Muficiens en foient
avares & que les Acteurs n'en abuſent
pas. L'étendue qu'on lui reproche au -delà
des limites de la déclamation naturelle ,
lui donne plus de variété : par -là il peut
s'élever par gradation jufqu'au chant qui
lui fuccéde , & le paffage de l'un à l'autre
en eft beaucoup plus naturel . Je ne vois
donc pas à cet égard de quoi défeſpérer
que nous ayons de bonne Mufique , ni
que pour la rendre telle il faille la dénaturer.
» Si le récitatif de nos Opéra nous
» ennuye , reprend M. Dalembert , les
>> airs chantans ne nous offrent guéres de
" quoi nous dédommager. Nous avons
déjà obfervé en général qu'ils différent
"trop peu du récitatif , cette reflemblan-
" ce fe remarque furtout dans les Scènes.
» Elle est un peu moindre entre le réci
" tatif des Scènes & quelques airs placés
» dans les divertiffemens , où nos Mufi-
» ciens modernes ont ofé quelquefois fe
donner carrière.
Les airs placés dans les Divertiffe
32,
MERCURE DE FRANCE.
mens ne doivent être comptés pour rien:
il faut les regarder comme les airs de
Danfes , deftinés à récréer les Spectateurs
& à donner de la variété au Spectacle.
Dans l'Opéra Italien , les Ariétes chantées
à la fin des Scènes par les Perfonnages les
plus intéreffés à l'action & quelquefois
dans les fituations les plus violentes , font
encore plus ridicules. Le mérite effentiel
de ces Ariétes & de nos petits airs
confifte à faire briller une jolie voix. Si le
Poëte y donne quelque image à peindre
au Muficien , fi le Muficien réuffit à la
rendre , c'eſt un agrément de plus ; mais
tout cela eft peu de chofe. Les Italiens
plus exercés que nous à ce badinage , y
excellent. Avec de l'exercice & du talent
nos Muficiens y excelleront auffi . Le goût
de la Nation leur laiffe toute liberté. Les
parodies des airs bouffons prouvent que
la Langue ne s'y oppofe pas ; la mufique
en eft partout également fufceptible , &
fi la répugnance que nous avons à entendre
badiner à tout propos fur une voyelle,
ne permet pas à nos Artiſtes de tirer d'un
A tout le parti qu'en tirent les Italiens ,
les pas. brillans de nos Danfeufes nous
dédommagent des fredons de leurs Chanteurs
efféminés . M. Dalembert avoue luimême
que du côté des fymphonies dan
JUILLET. 1759. 93
fantes nous avons de l'avantage fur eux.
Venons à quelque chofe de plus effentiel.
Les Italiens ont des airs pathétiques ,
& en grand nombre , & de la plus grande
beauté . Ces airs font gâtés par des agrémens
contre nature ; & quoi qu'on en
dife , Andromaque & Mérope ne doivent
dans leur douleur ni rouler un fon plaintif
, ni le terminer par un point d'orgue .
Cependant tel eft le caractère de cette
Mufique , le naturel de la modulation ,
le choix des fons qui accompagnent la
voix , & qui ajoutent à l'expreffion , en
un mot , la magie de l'art des Italiens
dans ces morceaux pathétiques , qu'ils
vous faififfent , vous pénètrent , vous attendriffent
quelquefois jufqu'aux larmes.
Ceft là réellement & dans le récitatif
accompagné , qu'ils font fupérieurs aux
François , c'eft la partie qu'on doit leur
envier , & dans laquelle nos plus fçavans
Artiftes ne doivent pas rougir de les prendre
pour Maîtres. Mais ce genre fublime
n'appartient pas plus à la Mufique Italienne
qu'à la Mufique Françoife , & il
n'eft pas plus mal -aifé aux Poctes François
qu'aux Poëtes Italiens d'y donner lieu.
En général les airs mefurés de nos Scènes
ne reffemblent point à cela ; mais la prière
de Théfée dans Hypolite , le Monologue
94
MERCURE DE FRANCE.
de Thelaire dans Caftor , la Harangue de
Tirtée , & bien d'autres, font de ce genre.
Il faut du génie pour y exceller ; mais
cette condition eſt la même pour les Italiens
& pour nous. Tous les Muficiens
d'Italie , à beaucoup près , n'y ont pas
réuffi , & c'eft furtout dans cette partie
que les Modernes dégénèrent : leur goût
pour les ponpons , s'il eft permis de le
dire , a tout gâté dans le pathétique , &
les Connoiffeurs regrettent amèrement la
fimplicité touchante de leurs anciens
Compofiteurs. C'est à ces modèles que
nos Muficiens doivent s'attacher ; mais le
grand mérite de ces morceaux , comme
l'obferve M. Dalembert , c'est d'être liés
à la fituation, & d'en augmenter l'intérêt :
ceci eft l'ouvrage du Poete , & l'on ne
peut trop louer le célèbre Métaſtaſe de
l'art avec lequel il a ménagé au Muficien
des tableaux pathétiques , des fituations
violentes , des mouvemens pleins de chaleur
& de force à exprimer dans les airs.
» Point de véritable chant fans expreffion
, dit notre Philofophe , & c'eft en
» quoi la Mufique des Italiens excelle ;
» il n'eft aucun genre de fentiment dont
» elle ne fourniffe des modèles inimita-
» bles. Tantôt douce & infinuante , tan-
» tôt folâtre & gaye , tantôt fimple &
"
JUILLET. 1759 . 95
» naïve , tantôt enfin fublime & pathéti-
» que ; tour- à-tour elle nous charme ,
» nous enléve & nous déchire. » Tout
cela eft vrai , hors inimitable , qu'on ne
doit pas prendre à la lettre. Les encou
ragemens , l'émulation , la rivalité , le
concours nombreux des Artiftes , la direction
générale des efprits vers un objet
, le gout paffionné d'une Nation pour
un Art , font les caufes infaillibles de fes
progrès , & de tout cela réfulte le fuccès
de la Mufique en Italie. Il n'eft pas jufqu'à
l'humanité même que les Italiens
n'y ayent facrifié. Notre goût léger &
tranquille n'a pas excité la même fermentation
, les mêmes efforts , le même
concours. On fe contente dans nos Eglifes
de pfalmodier les louanges de Dieu ;
nos villes n'ont pas toutes un Opéra magnifique
; les dépenfes de la Nobleffe
Françoife & des Citoyens opulens ne fe
tournent pas de ce côté ; nous laiffons à
nos enfans la voix que leur a donnée la
Nature. Il n'eft pas étonnant que les
Italiens ayent été plus loin que nous
dans un Art qu'ils adorent & que nous
aimons foiblement. Mais cet avantage
n'eft dû ni à leur Langue ni à leur Mufique
, & il ne tient qu'aux Muficiens de
génie de prouver qu'il eft très - poffible de
96 MERCURE DE FRANCE.
compofer fur des vers François, par exemple
fur ceux de Quinault , des morceaux
de Mufique comparables à ceux que
nous admirons le plus dans les Opéra Italiens.
Mais le génie eft une chofe rare dans
tous les Pays du Monde : ce n'eſt que
parmi le grand nombre de ceux qui s'exercent
dans un Art que les talens fupérieurs
fe découvrent : en France un Muficien
excellent s'éléve par hafard ; en Italie
il n'eſt preſque pas poffible qu'il n'en paroiffe
quelqu'un dans le nombre. Voilà ce
qui retardera vraiſemblablement la pérfection
de ce qu'on appelle notre Mufique,
& qui au fond n'eft que la Mufique de
toutes les Nations , modifiée ſelon le génie
& le caractère d'une Langue moins
docile , peut- être , moins fonore que l'Italien
, mais affez fléxible , affez harmo
nieufe pour ne fe refufer à aucune forte
d'expreffion , & pour recevoir tous les
genres de modulation & de mouvement.
M. Dal. trouvera peut-être que j'ai trop
infifté fur une difpute de mots , en niant
que les fautes de nos Muficiens foient les
défauts de notre Mufique . Mais ce n'eſt
pas pour lui que je m'attache à lever
l'équivoque , & je le prie de trouver bon
que je diftingue encore au fujet des accompagnemens.
"
» La
JUILLET. 1759 . 97
>>
La fureur de nos Muficiens Fran-
» çois eft , dit- il , d'entaffer parties fur
parties . C'eft dans le bruit qu'il font
» confifter l'effet ... Une harmonie bien
» entendue nourrit & foutient agréable-
» ment le chant ; alors l'oreille la moins
exercée fait naturellement & fans étude
» une égale attention à toutes les parties :
fon plaifir continue d'être un , parce
" que fon attention quoique portée fur
» différens objets eft toujours une. C'est
en quoi confifte un des principaux
" charmes de la bonne Mufique Italien-
"ne. » Et pourquoi non pas de la bonne
Mufique Françoife ? N'a - t - elle point
d'exemple de cette unité , je ne les ai pas
tous préfents , mais je me fouviens d'un
morceau du Prologue des Indes Galantes ,
La gloire vous appelle ,
d'une mufette des Talens lyriques ,"
Suivons les loix ,
d'une Ariéte de Platée
Quittez , Nymphes , quittez vos demeures profondes.
le
Et de beaucoup d'autres airs où certainement
la mélodie n'eft pas couverte par
bruit des inftrumens où l'harmonie loin
II. Vol.
›
E
98 MERCURE DE FRANCE.
de jetter de la confufion dans l'oreille ,
ajoute un nouveau charme au plaifir que
lui fait le chant : & fi quelques-uns de
nos Muficiens donnent fouvent dans le
défaut que M. Dalembert leur reproche ,
tout ce qu'on en doit conclure , c'eft
que la bonne Mufique eft rare en France
comme elle l'eft plus ou moins partout.
La mefure , dit M. Dalembert , man-
» que à notre Mufique par plufieurs rai-
» fons ; par l'incapacité de la plupart de
» nos Acteurs , par la nature de notre
» chant , par celle des prétendus agré
» mens dont nous le chargeons » : Je fouf
cris à la première de ces raifons , mais
j'ofe douter des deux autres. Une meſure
moins articulée n'en eſt pas moins exacte ;
il faut feulement une oreille plus jufte
pour l'obferver , comme pour éviter en
la fuivant les écueils trop fréquens fans
doute des prétendus agrémens du chant.
A l'égard de la variété des mouvemens,
je vais haſarder une choſe bien hardie ;
mais je parle en homme qui n'a dans cet
art que le pur inftinct de la Nature.
» Nous ne fçaurions nous perfuader , dit
M. Dalembert , » grace à la fineffe de no-
>> tre tact en Mufique , qu'une meſure
vive & rapide puiffe exprimer un autre
fentiment que la joie comme fi une
JUILLET. 1759 : 99
» douleur vive & furieufe parloit lente-
» ment. » Je fuis très- perfuadé , comme
tout homme qui a réfléchi , que le mouvement
de la Mufique doit fuivre celui
de l'ame , & que tout ſentiment vif &
rapide doit être rendu tel qu'il eft : cependant
, obſerve M. Dalembert , » les mor-
» ceaux vifs du Stabat , exécutés gaîment
» au Concert - fpirituel , ont paru des
>> contrefens à plufieurs de ceux qui les
» ont entendus. » J'avoue que je fuis de
ce nombre , & ce n'eft pas feulement la
gaîté qui m'en a déplu. Que l'on chante
comme on voudra l'air que Pergoleſe a
a mis fur ces paroles ,
Cujus animam gementem ,
je trouverai encore déplacé le mouvement
vif à deux temps , par la raiſon que l'affiction
& la douleur profonde ne font
pas de ces fentimens rapides dont parle
M. Dalembert , & que la nature répugne
en moi au mouvement qu'on leur a donné
: il en eft de même de quelques autres
morceaux de cet ouvrage , où il y en a de
ſublimes , mais où vraiſemblablement le
Muficien a été obligé de renoncer quelquefois
à la vérité de l'expreffion pour
éviter la monotonie.
Enfin M. Dalembert examine fi l'on
Eij
100 MERCURE DE FRANCE.
peut tranfporter à la Langue Françoife
les beautés de la Mufique Italienne . Il
penſe qu'oui , & je n'en doute pas : il ne
s'agit que de nous entendre . Notre Langue
, ou plutôt notre goût , fe refuſe aux
badinages de la voix dans le férieux pathétique
, fur une fyllabe qui ne fignifie
rien. Ainfi tout ce qui n'eft que du ramage
eft interdit à nos Muficiens dans
une Scène inté: effante. Or M. Dalembert
avoue que tout cela eft de mauvais goût
même dans la Mufique Italienne , & il
reproche aux Modernes de l'avoir char
gée de ces vains ornemens. La Mufique
bouffonne en eft plus fufceptible ; nous
l'avons unanimement adoptée , & nos
premiers effais ont prouvé que notre Langue
s'en accommodoit à merveille : mais
il s'agit ici de la Mufique de nos Tragédies
, & il eft certain que dans ce genre
ces badinages ne font pas des beautés .
La fimplicité des accompagnemens ,
l'unité de deffein & d'expreffion du chant
avec l'harmonie qui l'accompagne , n'eſt
pas plus difficile à obferver fur des paro
les Françoifes que fur des paroles Italiennes
; c'eft un fait inconteftable , & que
l'expérience a déja prouvé.
La vérité , la force de l'expreffion dans
la mélodie & dans l'harmonie , le choix
JUILLET. 1759.
ΙΟΙ
des tons & des modes , le nombre & le
mouvement le plus analogue au fentiment
ou à l'image que l'on doit rendre ,
la préciſion même de la meſure , tout cela
eft compatible avec des paroles Françoiſes
comme avec des paroles Italiennes.
La profodie de notre Langue n'eft peutêtre
pas aflez déterminée ; mais elle n'en
eft
que plus docile aux mouvemens qu'on
veut lui donner. Nos fyllabes abſolument
muettes font bannies de la Poëfie lyrique
, & l'E féminin foutenu d'une confonne
, eft affez fenfible dans le chant ,
comme dans le nombre des vers , pour
appuyer une note brève. Que le Poëte
fcache manier la Langue , qu'il foit d'accord
avec le Muficien , les difficultés de
la profodie feront facilement ou applanies
ou éludées .
De tous les reproches faits à ce qu'on
appelle la Mufique Françoife , il n'y en a
donc qu'un feul qui porte fur un vice inhérent
& diftinctif, fi c'en eft un: je parle des
prétendus agrémens de notre récitatif.
La manière dont il eft chanté , la lenteur,
les cris qu'on y met , font des défauts généralement
reconnus & blâmés par tous
les
gens de goût J'ai déjà obfervé qu'ils
font du Compofiteur ou de l'exécutant ,
non de la Mufique. Il n'en eft pas de
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
même des ports de voix , des tenues , &
de ce qu'on appelle des cadences . Tout
cela eft indépendant du caractère de la
Langue ; elle fe prêteroit mieux encore à
la fimplicité , à la rapidité d'une déclamation
plus naturelle , qu'aux agrémens
faux ou vrais de ce récitatif chanté . Mais
le Public y tient encore , & fi quelque
chofe diftingue la Mufique Françoiſe , c'eſt
ce caractère attaché au récitatif par le
goût unanime de la Nation. Dans tout le
refte , le Muficien a toute fa liberté , &
l'Art toute ſon étendue. Eſt- ce un défaut,
n'en est-ce pas un ? Faut - il fupprimer
abſolument ces tenues , ces ports de voix,
ces cadences , ou feulement en être moins
prodigue & dans la compofition & dans
l'exécution ? En un mot , devons - nous
préférer un récitatif que les Italiens euxmêmes
ne daignent pas entendre , tout
excellent qu'on le fuppofe , à un récitatif
qui fe fait écouter avec plaifir quand il eſt
chanté avec goût ? C'eft ce qu'il ne m'appartient
pas de décider : mais après tout,
ces agrémens ne pourroient être défectueux
qu'autant qu'ils affoibliroient l'expreffion
du pathétique , & ils ne l'affoibliroient
point fi on les paffoit légèrement.
Du refte , toutes les beautés réelles de
CE
103 JUILLET. 1759 .
es.
COTE
apparla
Mufique font reconnues les mêmes par
les François & par les Italiens ; ils ne
goutent pas tout ce que nous applaudiffons
, nous ne goutons pas tout ce qu'ils
applaudiffent chaque Nation a fes
préjugés , mais l'une & l'autre fe réuniffent
en faveur de ce qui peint vivement
& fidèlement la nature , & tant pis
pour celle des deux qui auroit l'orgueil
de ne trouver beau que ce qui lui
tient. J'en reviens donc à ma propofition.
Il n'y a que deux fortes de Mufique , la
bonne & la mauvaiſe ; la mauvaiſe foifonne
partout , & même en Italie ; la
bonne eft rare partout , & plus rare , fi
l'on veut , en France ; mais en France
mêm , la bonne Mufique fera toujours
applaudie avec entoufiafme , comme elle
l'a été. Nous ne fommes pas encore affez
délicats ou plutôt affez difficiles ; mais
cela vient de ce que nous ne fommes pas
affez riches on s'accoutume naturellement
à aimer ce que l'on a , mais on n'en
eft pas moins fenfible au plaifir de trouver
quelque chofe de mieux ; on l'eft peutêtre
davantage. Ce feroit mal juger par
exemple du goût de celui qui applaudit
en Province une mauvaiſe Actrice , que
de le croire incapable de fentir & d'apprécier
le talent de Mlle Clairon.
fur la liberté de la Mufique. I Ve vol.
des Mélanges de Littérature , d'Hiftoire,
& de Philofophie.
L
Es réfléxions de M. Dalembert fur
la liberté de la Mufique , ou plutôt ſur
les avantages de la Mufique Italienne
comparée à la nôtre , trouveroient parmi
nous moins de Contradicteurs qu'il ne
penfe s'il les avoit réduites à ce qu'elles
ont d'effentiel. Ceft un principe reçu
en France comme en Italie & partout
ailleurs , que la Mufique doit exprimer
& peindre. Il ne s'agit que de fçavoir en
quoi l'Art s'éloigne ou s'approche de ce
but , foit dans la Mufique Françoife , foir
dans la Mufique Italienne . Les morceaux
de l'une & de l'autre qui rendront vivement
la nature , feront les modèles de
· la bonne Mufique ; les morceaux qui
manqueront de coloris ou de deffein ,
II. Vol. D
74 MERCURE DE FRANCE.
feront les exemples de la mauvaiſe , & il
n'y aura dès-lors que deux fortes de Mufique
au monde , fçavoir , la bonne &
la mauvaiſe. Dire que la Mufique Françoiſe
eft la mauvaife , & que l'Italienne
eſt la bonne , c'eft fuppofer dans l'une
un principe vicieux par effence , dans
l'autre un caractère de beauté & de bonté
inimitable ; c'eft du moins ainfi qu'on
l'entend , & voilà pourquoi l'on n'eft
point d'accord. Examinons la choſe en
détail .
M. Dalembert reconnoît que la forme
de notre Opéra eft fans comparaifon plus
variće & plus agréable que celle de l'Opéra
Italien. » Chez nous , dit - il , la
Comédie eft le fpectacle de l'efprit , la
» Tragédie celui de l'ame , l'Opéra celui
» des fens. J'admets cette diſtinction ,
pourvu que le caractere dominant attri
bué à chacun de ces Spectacles ne foit
pas exclufif; car je ne penfe point que l'il-
Jufion & l'intérêt foient bannis duThéâtre
du merveilleux. M. D. avoue qu'une ſcène
en Mufique nous arrache quelquefois des
Jarmes , c'eft avouer que le chant n'exclut
point le pathétique de l'expreffion. Il
ajoute que fi la Mufique touchante fait
couler nos pleurs , c'eſt toujours en allant
au coeur par les fens , & qu'elle différe en
<
JUILLET. 1759. 75
cela de la Tragédie déclamée qui va au
coeur par la peinture & le développement
des paffions . Mais les impreffions que la
peinture , le développement des paffions
fait fur l'ame , y vont de même par les
fens , foit qu'on déclame ou que l'on
chante . L'attendriffement que le chant
nous caufe, tient plus de l'émotion phyfique
de l'organe , je l'avoue ; mais il n'en
a pas moins pour premier principe une
affection de l'ame exprimée par le chant .
M. Dalembert reconnoît lui-même que
» la Mufique n'eft propre par fa nature
qu'à rendre avec énergie les impreffions
» vives , les fentimens profonds , les paí-
>> fions violentes , ou à peindre les objets
»qui les font naître . »
La que
preuve
en eft
la Mufique
qui ne peint
rien , eft une Mufique
infipide
.
Auffi M. de Fontenelle
demandoit
-il ,
Sonate , que me veux- tu ? que le merveilleux
, le chant
lui - même
& tout ce qui s'éloigne
de la nature
rende
l'illu- fion plus foible
& l'intérêt
moins
vif, cela doit être ; mais cela prouve
feulement que l'Opéra
eft moins
pathétique
, moins intéreffant
que la Tragédie
, fans toutefois
être réduit
à la feule émotion
des fens. La plupart
même
des réfléxions
de M. Dalembert
portent
fur ce principe
, Que
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
l'Opéra doit affecter l'ame par l'expreffion
du fentiment , & l'imagination par
la force & la vérité des peintures .
Il eſt donc de l'effence de ce ſpectacle
de réunir tout ce qui peut charmer la vue
& l'oreille , étonner ou flatter l'imagination
, émouvoir l'ame & l'attendrir.
L'Opéra Italien donne moins au plaifir
des yeux, pour s'attacher aux affections
de l'ame : mais il manque l'un de fes objets
, & il ne remplit jamais l'autre . Les
Tragédies de Métaftafe , en mufique, n'ont
ni l'intérêt de celles de Racine , ni le
charme de celles de Quinault ; c'est l'opinion
de M. Dalembert , & fi les Italiens
font de bonne foi , ils avoueront
qu'elle eft fondée .
و د
» Si nous étions réduits à l'alternative
» ou de conſerver notre Opéra tel qu'il eſt
» ou d'y fubftituer l'Opéra Italien; peutêtre
conclut M. Dalembert , » ferions-
» nous bien de prendre le premier parti..
» Mais ne feroit- il pas poffible en confer
» vant le genre de notre Opéra tel qu'il
eft , d'y faire par rapport à la Mufique
» des changemens qui le rendroient bien-
" tôt fupérieur à l'Opéra Italien ? » A cette
propofition il n'eft perfonne qui n'applaudiffe
. Mais celle - ci ne fera pas auffi unani
mement reçue. » Il paroît que le feul
"
JUILLET: 1759. 77
» moyen d'y parvenir eft de fubftituer ,
» s'il eft poffible , la Mufique Italienne à
» la Françoife ». Voyons ce qu'il entend
par-là.
» Nous fuppofons , dit - il , comme un'
» fait qui n'a pas befoin d'être prouvé ,
» la fupériorité de la Mufique Italienne
» fur la nôtre ».
J'entends à merveille ce que c'eft que
la diſtinction de deux Langues , & la
fupériorité de l'une fur l'autre ; mais je
n'entends pas la diftinction de deux Mu
fiques. Une Langue a des mots, des tours,
des nombres , une harmonie, une fyntaxe ,
une profodie qui lui font propres , & qui
lui donnent les moyens d'exprimer ce
qu'une autre Langue ne peut rendre. Mais
les tons , les modes , les mouvemens ,
Pharmonie & la mélodie de la Mufique ,
font les mêmes dans tous les Pays du
monde. Il n'y a donc qu'une feule Mufique
: c'eft une Langue univerfelle que les
uns parlent mieux que les autres ; mais il
n'eft décidé nulle- part qu'on doive parler
mal cette Langue . Je fuppofe que le plus
grand nombre des Muficiens François
ayent fait de mauvaiſe Muſique , & que
la Nation l'ait goutée , ne connoiffant ou
n'ayant rien de mieux : s'eft - elle refuſée
à la bonne , dès qu'on lui en a préfenté ?
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
Le préjugé a-t-il fait tomber Hyppolite ,
Caftor , Pigmalion , &c. Le goût de la
Nation n'a donc pas donné à la mauvaiſe
Mufique une préférence exclufive fur la
bonne la Mufique Françoife peut donc
être excellente , comme la Mufique Italienne
peut être mauvaiſe ; & jufques- là
je ne vois entr'elles rien qui foit propre
à l'une ou à l'autre , & qui les diftingue
effentiellement.
و ر
» Les Partifans de la Mufique Françoi-
» fe , dit M. Dalembert , prétendent que
» le beau fimple en fait le caractère , &
» ils appellent fimple ce qui eft froid &
» commun , fans force , fans ame & fans
» idée. S'il y a des Sots qui penfent ainsi ,
ya
leur opinion ne doit pas être prife pour
le fuffrage de la Nation . Elle penfe que
tout ce qui eft beau eft fimple ; mais elle
ne pense pas que tout ce qui eft ſimple
foit beau. Peut -être le goût de la multitude
n'eft- il pas encore affez formé pour
être délicat & févère fur les nuances : mais
M. Dalembert avoue lui - même que les
beautés réelles enlèvent une admiration
unanime. J'en appelle encore aux fuccès
de M. Rameau ; j'en appelle à l'impreffion
que font fur les oreilles françoifes
les plus beaux morceaux des Opéra Italiens
, quoique affez mal exécutés dans
JUILLET. 1759. 79
nos concerts ; j'en appelle au fuccès des
intermèdes bouffons , qu'on ne fe laffe
point d'entendre avec des paroles Françoiſes.
» M. Rameau , dit M. Dalembert ,
» eût manqué fon but en allant plus loin ;
» il nous a donné non pas la meilleure Mufique
dont il fût capable , mais la meil-
» leure que nous puffions recevoir. » Je
fuis perfuadé que M. Rameau a fait de fon
mieux ; mais s'il a voulu nous ménager ,
Pergolefe & Venci n'ont pas eu la même
complaifance : or que l'on prenne au hafard
deux mille Auditeurs parmi les gens
cultivés , & qu'on exécute bien les morceaux
de récit obligé & les airs pathétiques
de l'Olimpiade & de l'Artaxerce ,
jofe affurer qu'ils feront applaudis avec
le même enthouſiafme que la harangue
de Tirtée & le monologue de Caftor.
Voyons cependant quel est le caractère
de ce qu'on appelle la Mufique Françoiſe,
& à quoi il tient qu'on ne la diftingue
plus de ce qu'on appelle la Mafique Italienne.
» Il y a , dit M. Dalembert , dans notre
» Mufique , trois choſes à conſidérer, le ré-
» citatif, les airs chantans & les fympho-
» nies. » Il reproche au récitatif de Lully
de manquer fouvent à la profodie de la
langue. C'eſt un fait qu'il a fans doute
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
"
ور
33
"
r
vérifié ; mais il n'eft point du tout effentiel
à notre récitatif de manquer à la
profodie
, c'eft une maladreffe du Muficien ,
& non pas un défaut de la Mufique. « Le
» récitatif des Italiens , dit-il , eft plus
analogue à leur langue que le récitatif
françois ne l'eft à la nôtre. Ils paroiffent
» avoir bien mieux étudié que nous la
marche & les inflexions de la voix dans
»la converfation. » Si cela eft , la faute
en eſt encore aux Compofiteurs François ,
qui , avec plus d'étude ou de talent, peuvent
égaler en cela les Italiens fans rien
changer à l'effence de la modulation fran
çoiſe ; car le chant devant être l'imitation
exagérée de la déclamation théâtrale , &
les infléxions du langage naturel n'étant
pas les mêmes dans le François que dans
Î'Italien , il s'enfuit que le chant françois
doit avoir une modulation notée fur les
accens de notre langue , comme le chant
des Italiens doit fuivre les intonations &
les inflexions de la teur.
M. Dalembert obferve que le récitatif
Italien déplaît à la plupart des oreilles
françoifes ; mais je doute que l'habitude
de l'entendre jointe à la connoiffance de
la langue italienne & de fa profodie nous
le fit gouter comme il le prétend. J'obferve
même que la plupart de ceux à qui le ré
JUILLET. 1759 .
81
citatif italien déplaît , aiment l'accent naturel
de la langue italienne ; enfin la maniere
dont les Italiens entendent leur
Opéra prouve affez qu'ils s'ennuvent euxmêmes
de cette eſpèce de déclamation ,
» dont la route uniforme & non interrompue
produit une monotonie infuppor
table. » M. Dalembert répond d'abord.
en récriminant. Il ajoute que la monotonie
du récitatif eft peut -être un mal nécef
faire,un inconvénient inévitable de la fcène
lyrique, par la raiſon, dit - il , que » dans une :
" Piéce de théâtre tout n'eft pas deftiné
» aux grands mouvemens des paffions, &
qu'il y a des momens de repos où le
Spectateur ne doit qu'écouter fans être
» ému ; que tout doit être chanté dans
» un Opéra , mais que tout ne doit pas
» être chanté de la même maniere, comme:
» dans le difcours tout n'eft pas dit du
» même ton, avec la même froideur & le
»même mouvement.
Selon cette regle au moins tout ce quij
eft vif & paffionné dans la fcène doit être
préfervé de la monotonie : or il me femble
qu'elle eft continue dans le récitatif italien;
mais je n'oferois prendre l'affirmative : je
n'en ai pas affez entendu. Paffons à la
conclufion de M. Dal. » Il doit donc #
avoir entre les airs & le récitatif nee
Dy
82 MERCURE DE FRANCE.
» différence marquée par l'étendue & la
qualité des fons , par la rapidité du débit
»& par le caractère de l'expreffion .
Il doit y avoir felon moi , proportions
gardées , la même différence qu'entre un
morceau de déclamation véhémente &
un morceau moins vifou plus tranquille ,
en forte que la modulation & l'expreffion
du récitatif approchent du caractère d'un
air paffionné à mefure que les paroles du
récitatif approchent elles mêmes du caractère
des paroles que l'air exprime. Ainfi
le récitatif fimple s'élevera par degré jufqu'au
point de véhémence où le récitatif
obligé lui fuccéde , & celui - ci juſqu'au
point où la violence du fentiment, la force
de l'image , en un mot l'expreffion des
paroles , demande les développemens de
la voix & les éclats d'un air chantant. On
diftinguera moins l'air d'avec le récitatif;&
tant mieux :le paffage fera plus naturel & la
gradation mieux obfervée. En effet pourquoi
veut- on une difference tranchantede
fun à l'autre? Un air pathétique eft-il un
morceau ifolé dans une Scène? Le comble
de l'art n'eft - il pas de préparer inſenſiblement
l'oreille & l'ame à cette vive
émotion ? Il eſt des circonstances où l'harmonie
doit caufer une révolution foudaine
, un ébranlement imprévu ; mais le
JUILLET. 1959. 83
Poëte alors prend foin lui- même de ménager
la furpriſe , & le Muficien n'a qu'à
fuivre la marche de la déclamation naturelle
, pour paffer du calme à l'emportement.
Cette exception ne détruit pas
la régle générale de graduer l'expreffion
du fentiment & d'éviter la monotonie.
Ce que je dis des airs paffionnés ou rapides
doit s'entendre des airs tendres ,
voluptueux, enjoués ou languiffans : comme
ils font le dernier degré d'expreffion
dans leur genre , & que l'harmonie en
foutient & en fortifie l'expreffion , ils
n'ont pas besoin pour être fentis du cɔntrafte
d'un récitatif monotone. Il y a
fans doute dans l'Opéra comme dans la
Tragédie des momens froids où une dé
clamation animée feroit un contre-fens ;
mais ces momens font rares & doivent
Pêtre. L'art d'écrire la fcéne lyrique eft
d'en faire un tiflu varié de fentimens &
d'images , & alors ce récitatif doit peindre
par fa mélodie ou l'image ou le lentiment
que la Pocfie lui préfente. Ainfi ni
le récitatif Italien , ni le récitatif François
ne me femble devoir être une décla
mation monotone.
» La nature du chant ordinaire , de ce
qu'on appelle proprement ainsi , com
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
fifte en trois chofes , pourſuit M. Da+
lembert , en ce que la marche Y eft
» plus lente que dans le difcours , en ce
» que l'on appuye fur les fons comme
» pour les faire gouter davantage à l'o-
» reille ; enfin en ce que les tons de la
» voix & les intervalles qu'elle parcourt ,
y varient fréquemment , & prefqu'à
chaque fyllabe. Le premier & le fe
» cond de ces caractéres n'appartiennent
point à un bon récitatif ; le troifiéme
doit à la vérité s'y trouver , mais d'une
→ maniere moins marquée que dans le
chant. D'un côté la rapidité du débit
rend la fucceffion des intervalles moins
fenfible dans le récitatif, & de l'autre
cette fuccceffion doit y être plus fré-
» quente que dans le difcours , mais moins
» que dans le chant ordinaire : voilà ce
que les Italiens ont fenti, voilà ce qu'ils
pratiquent avec raifon , & l'on ofe dire
avec fuccès.
03
29
Je ne fçais. fi je me trompe , mais il
me femble que le récitatif étant un genre
moyen entre le chant & le difcours ,
il doit participer en tout point de l'un &
de l'autre qu'ainfi la marche du réci–
ratif doit être moins rapide que celle du
difcours , & en général plus rapide que
celle du chant ; que dans le récitatif
on
JUILLET. 1759. $.5
doit appuyer fur les fons moins que
dans le chant , mais plus que dans la déclamation
naturelle ; qu'enfin les fons de
la voix doivent être plus variés & les intervalles
plus fenfibles que dans la déclamation,
comme ils doivent l'être moins
que dans le chant . M. Dalembert ne permet
au récitatif de differer du difcours
que dans ce dernier point , le premier &
le fecond caractère qu' attribue au chant
n'appartiennent point , dit- il , à un bon
récitatif : non fans doute au même degré
, mais je crois qu'il doit les avoir
dans une proportion moyenne , & comme
tenant le milieu entre le difcours &
le chant. Du refte je conviens avec M. D..
que le débit en eft perdu au Théâtre. Les
plus zélés Partiſans de Lully font les premiers
à l'avouer ; mais c'eft encore la
faute des Acteurs , & non pas celle de la
Mufique.
» Si le récitatif , comme tout le monde
» en convient , doit n'être qu'une décla
» mation notée , on peut en conclure ,
dit M. Dalembert , » qu'une des loix les
» plus eſſentielles à obſerver dans le réci—
» tatif , c'eſt de n'y pas faire parcourir à
» la voix un auffi grand efpace que dans
» le chant , & d'en régler l'étendue fur
» celle des tons de la voix dans la décla
86 MERCURE DE FRANCE.
" mation ordinaire. Le feul cas où l'on
puiffe fe permettre de fortir des limites
» naturelles de la voix , c'eſt dans certains
» momens où la voix , même en décla-
» mant , franchiroit ces limites ; encore
» ces momens doivent être rares , & même
ne fe rencontrer guère que dans le
» récitatif obligé , qui par fon objet , fon
" accompagnement & fon caractère , doit
" approcher un peu plus du chant . »
Ce n'eft qu'avec une extrême défiance
de moi - même que d'un principe pofé par
M. Dalembert , je tire une conféquence
oppofée à la fienne. Si le récitatif doit
être une déclamation notée , les intervalles
à parcourir doivent être fenfibles :
dans le chant la voix ne procéde que
par tons & par demi- tons , au lieu que
dans le difcours elle s'élève ou s'abbaiſſe
par degrés fouvent inappréciables.Si d'un
autre côté , comme l'a reconna M. Dalembert
, les tons & les intervalles que
parcourt la voix dans le récitatif , doivent
être plus variés que dans le diſcours , il
у a dans une période un plus grand nombre
d'intervalles à parcourir dans le récitatif
que dans le difcours . Or un plus grand
nombre de plus grands intervalles demandent
une plus grande étendue de voix : il
eft donc d'une néceffité indiſpenſable
JUILLET. 1759. 87
que dans le récitatif la voix franchiffe fes
limites naturelles , c'eft - à - dire , qu'elle
s'éleve & s'abbaiffe beaucoup plus que
dans le diſcours. Il y a longtemps que je
regarde la déclamation muſicale comme
fuivant à-peu- près les mêmes infléxions
que le langage naturel , mais formant ,
s'il eft permis de le dire , des ondulations
plus profondes . Suivant cette idée , la
raifon de la monotonie qui nous frappe
dans le récitatif Italien , n'eft pas difficile
à fentir : car les Italiens ne donnant à la
voix , dans leur récitatif, que fon étendue
naturelle , & les intervalles à parcourir
étant plus grands que dans le diſcours ,
il a fallu les reduire à un plus petit nombre
, & par conféquent réciter fur un
même ton ce qui dans la déclamation
naturelle exigeroit plufieurs inflexions différentes.
On dit que les Chanteurs habiles fçavent
fuppléer à ces inflexions : j'en ai
entendu qui paffoient pour tels , & ceuxlà
même m'ont paru monotones.
A l'é ard de notre récitatif , ayant un
plus grand etpace à parcourir , il eft
moins gêné , moins à l'étroit dans fa
marche ; d'où je conclus qu'un Artiſte
habile peut lui donner plus de variété .
Mais voici l'article important,
88 MERCURE DE FRANCE.
מ
ל כ
" Les cadences , les tenues , les ports
» de voix que nous y prodiguons feront
» toujours , dit M. Dalembert , un écueil
infurmontable au débit ou à l'agrément
» du récitatif: fila voix appuye fur tous
» ces ornemens , le récitatif traînera ; fi
» elle les précipite , il reffemblera à un
chant mutilé. Ne feroit- il pas poffible
» en fupprimant toutes ces entraves , de
" donner au récit François une forme
plus approchante de la déclamation ?
29
J'ignore cominent le Public recevroit
l'effai que M. D. propofe ; mais je connois
des Muficiens habiles & un grand
nombre de gens de goût que l'abus de
ces cadences , de ces tenues, de ces ports .
de voix excéde dans la déclamation mus
ficale , & qui applaudiroient bien fincéres
ment à la noble fimplicité d'un débit
plus naturel & plus rapide. Il fut untemps
où les Acteurs pafoient légérement
fur tous ces agrémens , & je ne crois pas
que la maniere de déclamer libre, fimple,
facile & noble qu'on applaudiffoit dans
Tevenard, fit un chant mutilé du récitatif
de Lully. Mais en fuppofant que quel--
qu'un ofât fupprimer tout-à-fait les ca→
dences , les ports de voix &c. il y auroit
an moyen bien avantageux , à ce qu'il
me femble, de fe dédommager de la
JUILLET. 1759.1 $9.
perte de tous ces petits agrémens , & de
donner à notre récitatif plus de chaleur
& de variété : ce feroit d'employer dans
les morceaux fufceptibles d'une expreffion
vive ou touchante , ce que les Italiens
appellent récitatif obligé , & quelquefois
des airs chantans à leur maniere ,
mais fans aucun de ces papillotages ridicules
qu'ils y mêlent pour faire briller la
voix. Le pathétique de ces morceaux eft
la feule fupériorité réelle que leur Opéra
ait fur le nôtre , & nos Muficiens modernes
ont fait des effais dans ce genre
qui annoncent le plus grand fuccès. Dès -
lors le Poëte d'accord avec le Muficien ,
ménageroit dans le cours de la Scène des
images vives , des traits de fentimens
tantôt plus doux , tantôt plus rapides , &
l'harmonie à chaque inftant ranimeroit le
récitatif : mais il ne faut pas ſe diffimuler
que la Scène ainſi variée eſt une
épreuve continuelle pour le talent du
Compofiteur.
On ne peut fe refufer aux réflexions de
M. Dalembert fur la vérité de l'expreffion
dans la déclamation muficale. Le morceau
de Dardanus qu'il en donne pour modèle
eft bien plus digne d'admiration que tout
ce qu'on a cité de Lully : Je ne prétends
pas, dit-il, » décider abfolument (quelque
.༡༠
90 MERCURE DE FRANCE
porté que je fois à la croire ) que notre
» récitatif réuffit fur le Théâtre de l'Opera
» étant débité comme je le propoſe à l'I-
» talienne & avec rapidité ... Mais il pa-
» roît au moins inconteftable qu'on doit
"rejetter tout récitatif qui étant débité de
»la forte hors du Théâtre , choquera
" groffièrement nos oreilles. C'est une
"preuve certaine que l'Artifte s'eft grof-
»fièrement écarté des tons de la Nature
» qu'il doit avoir toujours préfens. » Cette
règle me paroît infaillible ; toutefois M.
Rameau lui-même ne croit pas que la
modulation du chant doive être une imitation
fervilement exacte de la déclamation
naturelle. Il prétend que c'eſt l'harmonie
qui détermine furtout le caractère
de l'expreffion , & il m'en a donné
exemple les vers du Monologue de
Caftor,
"
Triftes apprêts , pâles flambeaux ,
Jours plus affreux que les ténébres ,
pour
qui dans le même ton & avec une modulation
différente , expriment le même
fentiment .
Le récitatif doit être fimple , naturel ,
expreffif & rapide. Je fuppofe qu'il eft tel
dans la bonne Mufique Italienne ; il l'eft
moins,fouvent, fi l'on veut,dans la Mufique
JUILLET. 1759 . 91
Françoife; mais il peut l'être ni la nature
de la Langue, ni celle de la Mufique, ni le
goût même de la Nation ne s'y oppofe; &
l'on tient encore par habitude aux petits
agrémens qu'on y a mêlés , au moins
defire- t- on que les Muficiens en foient
avares & que les Acteurs n'en abuſent
pas. L'étendue qu'on lui reproche au -delà
des limites de la déclamation naturelle ,
lui donne plus de variété : par -là il peut
s'élever par gradation jufqu'au chant qui
lui fuccéde , & le paffage de l'un à l'autre
en eft beaucoup plus naturel . Je ne vois
donc pas à cet égard de quoi défeſpérer
que nous ayons de bonne Mufique , ni
que pour la rendre telle il faille la dénaturer.
» Si le récitatif de nos Opéra nous
» ennuye , reprend M. Dalembert , les
>> airs chantans ne nous offrent guéres de
" quoi nous dédommager. Nous avons
déjà obfervé en général qu'ils différent
"trop peu du récitatif , cette reflemblan-
" ce fe remarque furtout dans les Scènes.
» Elle est un peu moindre entre le réci
" tatif des Scènes & quelques airs placés
» dans les divertiffemens , où nos Mufi-
» ciens modernes ont ofé quelquefois fe
donner carrière.
Les airs placés dans les Divertiffe
32,
MERCURE DE FRANCE.
mens ne doivent être comptés pour rien:
il faut les regarder comme les airs de
Danfes , deftinés à récréer les Spectateurs
& à donner de la variété au Spectacle.
Dans l'Opéra Italien , les Ariétes chantées
à la fin des Scènes par les Perfonnages les
plus intéreffés à l'action & quelquefois
dans les fituations les plus violentes , font
encore plus ridicules. Le mérite effentiel
de ces Ariétes & de nos petits airs
confifte à faire briller une jolie voix. Si le
Poëte y donne quelque image à peindre
au Muficien , fi le Muficien réuffit à la
rendre , c'eſt un agrément de plus ; mais
tout cela eft peu de chofe. Les Italiens
plus exercés que nous à ce badinage , y
excellent. Avec de l'exercice & du talent
nos Muficiens y excelleront auffi . Le goût
de la Nation leur laiffe toute liberté. Les
parodies des airs bouffons prouvent que
la Langue ne s'y oppofe pas ; la mufique
en eft partout également fufceptible , &
fi la répugnance que nous avons à entendre
badiner à tout propos fur une voyelle,
ne permet pas à nos Artiſtes de tirer d'un
A tout le parti qu'en tirent les Italiens ,
les pas. brillans de nos Danfeufes nous
dédommagent des fredons de leurs Chanteurs
efféminés . M. Dalembert avoue luimême
que du côté des fymphonies dan
JUILLET. 1759. 93
fantes nous avons de l'avantage fur eux.
Venons à quelque chofe de plus effentiel.
Les Italiens ont des airs pathétiques ,
& en grand nombre , & de la plus grande
beauté . Ces airs font gâtés par des agrémens
contre nature ; & quoi qu'on en
dife , Andromaque & Mérope ne doivent
dans leur douleur ni rouler un fon plaintif
, ni le terminer par un point d'orgue .
Cependant tel eft le caractère de cette
Mufique , le naturel de la modulation ,
le choix des fons qui accompagnent la
voix , & qui ajoutent à l'expreffion , en
un mot , la magie de l'art des Italiens
dans ces morceaux pathétiques , qu'ils
vous faififfent , vous pénètrent , vous attendriffent
quelquefois jufqu'aux larmes.
Ceft là réellement & dans le récitatif
accompagné , qu'ils font fupérieurs aux
François , c'eft la partie qu'on doit leur
envier , & dans laquelle nos plus fçavans
Artiftes ne doivent pas rougir de les prendre
pour Maîtres. Mais ce genre fublime
n'appartient pas plus à la Mufique Italienne
qu'à la Mufique Françoife , & il
n'eft pas plus mal -aifé aux Poctes François
qu'aux Poëtes Italiens d'y donner lieu.
En général les airs mefurés de nos Scènes
ne reffemblent point à cela ; mais la prière
de Théfée dans Hypolite , le Monologue
94
MERCURE DE FRANCE.
de Thelaire dans Caftor , la Harangue de
Tirtée , & bien d'autres, font de ce genre.
Il faut du génie pour y exceller ; mais
cette condition eſt la même pour les Italiens
& pour nous. Tous les Muficiens
d'Italie , à beaucoup près , n'y ont pas
réuffi , & c'eft furtout dans cette partie
que les Modernes dégénèrent : leur goût
pour les ponpons , s'il eft permis de le
dire , a tout gâté dans le pathétique , &
les Connoiffeurs regrettent amèrement la
fimplicité touchante de leurs anciens
Compofiteurs. C'est à ces modèles que
nos Muficiens doivent s'attacher ; mais le
grand mérite de ces morceaux , comme
l'obferve M. Dalembert , c'est d'être liés
à la fituation, & d'en augmenter l'intérêt :
ceci eft l'ouvrage du Poete , & l'on ne
peut trop louer le célèbre Métaſtaſe de
l'art avec lequel il a ménagé au Muficien
des tableaux pathétiques , des fituations
violentes , des mouvemens pleins de chaleur
& de force à exprimer dans les airs.
» Point de véritable chant fans expreffion
, dit notre Philofophe , & c'eft en
» quoi la Mufique des Italiens excelle ;
» il n'eft aucun genre de fentiment dont
» elle ne fourniffe des modèles inimita-
» bles. Tantôt douce & infinuante , tan-
» tôt folâtre & gaye , tantôt fimple &
"
JUILLET. 1759 . 95
» naïve , tantôt enfin fublime & pathéti-
» que ; tour- à-tour elle nous charme ,
» nous enléve & nous déchire. » Tout
cela eft vrai , hors inimitable , qu'on ne
doit pas prendre à la lettre. Les encou
ragemens , l'émulation , la rivalité , le
concours nombreux des Artiftes , la direction
générale des efprits vers un objet
, le gout paffionné d'une Nation pour
un Art , font les caufes infaillibles de fes
progrès , & de tout cela réfulte le fuccès
de la Mufique en Italie. Il n'eft pas jufqu'à
l'humanité même que les Italiens
n'y ayent facrifié. Notre goût léger &
tranquille n'a pas excité la même fermentation
, les mêmes efforts , le même
concours. On fe contente dans nos Eglifes
de pfalmodier les louanges de Dieu ;
nos villes n'ont pas toutes un Opéra magnifique
; les dépenfes de la Nobleffe
Françoife & des Citoyens opulens ne fe
tournent pas de ce côté ; nous laiffons à
nos enfans la voix que leur a donnée la
Nature. Il n'eft pas étonnant que les
Italiens ayent été plus loin que nous
dans un Art qu'ils adorent & que nous
aimons foiblement. Mais cet avantage
n'eft dû ni à leur Langue ni à leur Mufique
, & il ne tient qu'aux Muficiens de
génie de prouver qu'il eft très - poffible de
96 MERCURE DE FRANCE.
compofer fur des vers François, par exemple
fur ceux de Quinault , des morceaux
de Mufique comparables à ceux que
nous admirons le plus dans les Opéra Italiens.
Mais le génie eft une chofe rare dans
tous les Pays du Monde : ce n'eſt que
parmi le grand nombre de ceux qui s'exercent
dans un Art que les talens fupérieurs
fe découvrent : en France un Muficien
excellent s'éléve par hafard ; en Italie
il n'eſt preſque pas poffible qu'il n'en paroiffe
quelqu'un dans le nombre. Voilà ce
qui retardera vraiſemblablement la pérfection
de ce qu'on appelle notre Mufique,
& qui au fond n'eft que la Mufique de
toutes les Nations , modifiée ſelon le génie
& le caractère d'une Langue moins
docile , peut- être , moins fonore que l'Italien
, mais affez fléxible , affez harmo
nieufe pour ne fe refufer à aucune forte
d'expreffion , & pour recevoir tous les
genres de modulation & de mouvement.
M. Dal. trouvera peut-être que j'ai trop
infifté fur une difpute de mots , en niant
que les fautes de nos Muficiens foient les
défauts de notre Mufique . Mais ce n'eſt
pas pour lui que je m'attache à lever
l'équivoque , & je le prie de trouver bon
que je diftingue encore au fujet des accompagnemens.
"
» La
JUILLET. 1759 . 97
>>
La fureur de nos Muficiens Fran-
» çois eft , dit- il , d'entaffer parties fur
parties . C'eft dans le bruit qu'il font
» confifter l'effet ... Une harmonie bien
» entendue nourrit & foutient agréable-
» ment le chant ; alors l'oreille la moins
exercée fait naturellement & fans étude
» une égale attention à toutes les parties :
fon plaifir continue d'être un , parce
" que fon attention quoique portée fur
» différens objets eft toujours une. C'est
en quoi confifte un des principaux
" charmes de la bonne Mufique Italien-
"ne. » Et pourquoi non pas de la bonne
Mufique Françoife ? N'a - t - elle point
d'exemple de cette unité , je ne les ai pas
tous préfents , mais je me fouviens d'un
morceau du Prologue des Indes Galantes ,
La gloire vous appelle ,
d'une mufette des Talens lyriques ,"
Suivons les loix ,
d'une Ariéte de Platée
Quittez , Nymphes , quittez vos demeures profondes.
le
Et de beaucoup d'autres airs où certainement
la mélodie n'eft pas couverte par
bruit des inftrumens où l'harmonie loin
II. Vol.
›
E
98 MERCURE DE FRANCE.
de jetter de la confufion dans l'oreille ,
ajoute un nouveau charme au plaifir que
lui fait le chant : & fi quelques-uns de
nos Muficiens donnent fouvent dans le
défaut que M. Dalembert leur reproche ,
tout ce qu'on en doit conclure , c'eft
que la bonne Mufique eft rare en France
comme elle l'eft plus ou moins partout.
La mefure , dit M. Dalembert , man-
» que à notre Mufique par plufieurs rai-
» fons ; par l'incapacité de la plupart de
» nos Acteurs , par la nature de notre
» chant , par celle des prétendus agré
» mens dont nous le chargeons » : Je fouf
cris à la première de ces raifons , mais
j'ofe douter des deux autres. Une meſure
moins articulée n'en eſt pas moins exacte ;
il faut feulement une oreille plus jufte
pour l'obferver , comme pour éviter en
la fuivant les écueils trop fréquens fans
doute des prétendus agrémens du chant.
A l'égard de la variété des mouvemens,
je vais haſarder une choſe bien hardie ;
mais je parle en homme qui n'a dans cet
art que le pur inftinct de la Nature.
» Nous ne fçaurions nous perfuader , dit
M. Dalembert , » grace à la fineffe de no-
>> tre tact en Mufique , qu'une meſure
vive & rapide puiffe exprimer un autre
fentiment que la joie comme fi une
JUILLET. 1759 : 99
» douleur vive & furieufe parloit lente-
» ment. » Je fuis très- perfuadé , comme
tout homme qui a réfléchi , que le mouvement
de la Mufique doit fuivre celui
de l'ame , & que tout ſentiment vif &
rapide doit être rendu tel qu'il eft : cependant
, obſerve M. Dalembert , » les mor-
» ceaux vifs du Stabat , exécutés gaîment
» au Concert - fpirituel , ont paru des
>> contrefens à plufieurs de ceux qui les
» ont entendus. » J'avoue que je fuis de
ce nombre , & ce n'eft pas feulement la
gaîté qui m'en a déplu. Que l'on chante
comme on voudra l'air que Pergoleſe a
a mis fur ces paroles ,
Cujus animam gementem ,
je trouverai encore déplacé le mouvement
vif à deux temps , par la raiſon que l'affiction
& la douleur profonde ne font
pas de ces fentimens rapides dont parle
M. Dalembert , & que la nature répugne
en moi au mouvement qu'on leur a donné
: il en eft de même de quelques autres
morceaux de cet ouvrage , où il y en a de
ſublimes , mais où vraiſemblablement le
Muficien a été obligé de renoncer quelquefois
à la vérité de l'expreffion pour
éviter la monotonie.
Enfin M. Dalembert examine fi l'on
Eij
100 MERCURE DE FRANCE.
peut tranfporter à la Langue Françoife
les beautés de la Mufique Italienne . Il
penſe qu'oui , & je n'en doute pas : il ne
s'agit que de nous entendre . Notre Langue
, ou plutôt notre goût , fe refuſe aux
badinages de la voix dans le férieux pathétique
, fur une fyllabe qui ne fignifie
rien. Ainfi tout ce qui n'eft que du ramage
eft interdit à nos Muficiens dans
une Scène inté: effante. Or M. Dalembert
avoue que tout cela eft de mauvais goût
même dans la Mufique Italienne , & il
reproche aux Modernes de l'avoir char
gée de ces vains ornemens. La Mufique
bouffonne en eft plus fufceptible ; nous
l'avons unanimement adoptée , & nos
premiers effais ont prouvé que notre Langue
s'en accommodoit à merveille : mais
il s'agit ici de la Mufique de nos Tragédies
, & il eft certain que dans ce genre
ces badinages ne font pas des beautés .
La fimplicité des accompagnemens ,
l'unité de deffein & d'expreffion du chant
avec l'harmonie qui l'accompagne , n'eſt
pas plus difficile à obferver fur des paro
les Françoifes que fur des paroles Italiennes
; c'eft un fait inconteftable , & que
l'expérience a déja prouvé.
La vérité , la force de l'expreffion dans
la mélodie & dans l'harmonie , le choix
JUILLET. 1759.
ΙΟΙ
des tons & des modes , le nombre & le
mouvement le plus analogue au fentiment
ou à l'image que l'on doit rendre ,
la préciſion même de la meſure , tout cela
eft compatible avec des paroles Françoiſes
comme avec des paroles Italiennes.
La profodie de notre Langue n'eft peutêtre
pas aflez déterminée ; mais elle n'en
eft
que plus docile aux mouvemens qu'on
veut lui donner. Nos fyllabes abſolument
muettes font bannies de la Poëfie lyrique
, & l'E féminin foutenu d'une confonne
, eft affez fenfible dans le chant ,
comme dans le nombre des vers , pour
appuyer une note brève. Que le Poëte
fcache manier la Langue , qu'il foit d'accord
avec le Muficien , les difficultés de
la profodie feront facilement ou applanies
ou éludées .
De tous les reproches faits à ce qu'on
appelle la Mufique Françoife , il n'y en a
donc qu'un feul qui porte fur un vice inhérent
& diftinctif, fi c'en eft un: je parle des
prétendus agrémens de notre récitatif.
La manière dont il eft chanté , la lenteur,
les cris qu'on y met , font des défauts généralement
reconnus & blâmés par tous
les
gens de goût J'ai déjà obfervé qu'ils
font du Compofiteur ou de l'exécutant ,
non de la Mufique. Il n'en eft pas de
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
même des ports de voix , des tenues , &
de ce qu'on appelle des cadences . Tout
cela eft indépendant du caractère de la
Langue ; elle fe prêteroit mieux encore à
la fimplicité , à la rapidité d'une déclamation
plus naturelle , qu'aux agrémens
faux ou vrais de ce récitatif chanté . Mais
le Public y tient encore , & fi quelque
chofe diftingue la Mufique Françoiſe , c'eſt
ce caractère attaché au récitatif par le
goût unanime de la Nation. Dans tout le
refte , le Muficien a toute fa liberté , &
l'Art toute ſon étendue. Eſt- ce un défaut,
n'en est-ce pas un ? Faut - il fupprimer
abſolument ces tenues , ces ports de voix,
ces cadences , ou feulement en être moins
prodigue & dans la compofition & dans
l'exécution ? En un mot , devons - nous
préférer un récitatif que les Italiens euxmêmes
ne daignent pas entendre , tout
excellent qu'on le fuppofe , à un récitatif
qui fe fait écouter avec plaifir quand il eſt
chanté avec goût ? C'eft ce qu'il ne m'appartient
pas de décider : mais après tout,
ces agrémens ne pourroient être défectueux
qu'autant qu'ils affoibliroient l'expreffion
du pathétique , & ils ne l'affoibliroient
point fi on les paffoit légèrement.
Du refte , toutes les beautés réelles de
CE
103 JUILLET. 1759 .
es.
COTE
apparla
Mufique font reconnues les mêmes par
les François & par les Italiens ; ils ne
goutent pas tout ce que nous applaudiffons
, nous ne goutons pas tout ce qu'ils
applaudiffent chaque Nation a fes
préjugés , mais l'une & l'autre fe réuniffent
en faveur de ce qui peint vivement
& fidèlement la nature , & tant pis
pour celle des deux qui auroit l'orgueil
de ne trouver beau que ce qui lui
tient. J'en reviens donc à ma propofition.
Il n'y a que deux fortes de Mufique , la
bonne & la mauvaiſe ; la mauvaiſe foifonne
partout , & même en Italie ; la
bonne eft rare partout , & plus rare , fi
l'on veut , en France ; mais en France
mêm , la bonne Mufique fera toujours
applaudie avec entoufiafme , comme elle
l'a été. Nous ne fommes pas encore affez
délicats ou plutôt affez difficiles ; mais
cela vient de ce que nous ne fommes pas
affez riches on s'accoutume naturellement
à aimer ce que l'on a , mais on n'en
eft pas moins fenfible au plaifir de trouver
quelque chofe de mieux ; on l'eft peutêtre
davantage. Ce feroit mal juger par
exemple du goût de celui qui applaudit
en Province une mauvaiſe Actrice , que
de le croire incapable de fentir & d'apprécier
le talent de Mlle Clairon.
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Résumé : EXAMEN des réfléxions de M. Dalembert sur la liberté de la Musique. IVe vol. des Mélanges de Littérature, d'Histoire, & de Philosophie.
M. Dalembert examine la liberté de la musique en comparant les styles italiens et français. Il considère que la musique italienne exprime mieux les émotions de l'âme, tandis que l'opéra français se distingue par sa variété et son agrément. Dalembert propose d'intégrer des éléments de la musique italienne pour enrichir l'opéra français. Il critique ceux qui confondent la simplicité de la musique française avec la froideur, affirmant que la nation française apprécie la beauté authentique. Dalembert analyse divers éléments de la musique française, tels que le récitatif, les airs chantants et les symphonies. Il note que le récitatif de Lully manque parfois de prosodie, attribuant cette faiblesse à l'incompétence du musicien plutôt qu'à un défaut intrinsèque. Il observe que les Italiens maîtrisent mieux les inflexions vocales, mais il croit que les compositeurs français peuvent s'améliorer. Pour ce faire, il suggère de supprimer les ornements excessifs du récitatif français afin de le rapprocher de la déclamation naturelle et d'adopter le 'récitatif obligé' italien. Le texte compare également les ariettes italiennes, souvent jugées ridicules, aux airs français. Bien que les Italiens excellent dans les airs légers, Dalembert estime que les Français peuvent également y parvenir. Il souligne la flexibilité et l'harmonie de la langue française, permettant diverses expressions musicales. Dalembert affirme que la perfection de la musique française sera atteinte avec l'émergence de plus de musiciens excellents. Il réfute l'idée que les fautes des musiciens français soient des défauts intrinsèques et critique l'exécution rapide de certains morceaux du 'Stabat Mater' de Pergolèse. Enfin, Dalembert explore la possibilité de transposer les beautés de la musique italienne à la langue française, notant que les beautés musicales sont universellement reconnues malgré les préjugés nationaux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3878
p. 208-209
DE PARIS, le 30 Juin.
Début :
L'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres, dans son assemblée du 19 de [...]
Mots clefs :
Académie royale des inscriptions et belles-lettres, Assemblée, Élection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 30 Juin.
DE PARIS , le 30 Juin.
L'Académie Royale des Inſcriptions & Belles;
JUILLET. 1759 .
209
Lettres , dans fon affemblée du 19 de ce mois ,
a élu pour Académicien honoraire le fieur de
Lamoignon de Malesherbes , premier Préfident
de la Cour des Aydes , à la place vacante par la
mort du fieur de Lamoignon , Préfident honoraire
du Parlement.
L'Académie Royale des Inſcriptions & Belles;
JUILLET. 1759 .
209
Lettres , dans fon affemblée du 19 de ce mois ,
a élu pour Académicien honoraire le fieur de
Lamoignon de Malesherbes , premier Préfident
de la Cour des Aydes , à la place vacante par la
mort du fieur de Lamoignon , Préfident honoraire
du Parlement.
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3879
p. 101-121
SUITE DES MÉLANGES DE LITTÉRATURE. ESSAI sur les Elémens de Philosophie ou sur les principes des connoissances humaines.
Début :
Cet Essai dont on voit les germes dans l'article Elémens de l'Encyclopédie, est le [...]
Mots clefs :
Jean Le Rond d'Alembert, Philosophie, Éléments de philosophie, Morale, Lois, Nature, Physique, Objets, Principes, Observation, Objet, Vérités, Science, Ouvrages, Esprit, Idées, Géométrie, Anciens, Hommes, Étude
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE DES MÉLANGES DE LITTÉRATURE. ESSAI sur les Elémens de Philosophie ou sur les principes des connoissances humaines.
SUITE DES MÉLANGES DE LITTÉRATURE.
ESSAIfur lesElémens de Philofophie oufur
les principes des connoiffances humaines.
CET Effai dorit on voit les germes dans
Τ
l'article Elémens de l'Encyclopédie , eft le
morceau le plus confidérable de la nou-.
velle Edition de ces Mélanges. L'impor
tance du føjet & la maniere noble , fage
& hardie dont il eft traité , méritent
qu'on s'y arrête ; le ton de Philofophie &
le caractere d'efprit de M. Dalembert ne
fe montrent dans aucun de fes ouvrages
plus fenfiblement que dans celui- ci
Cet Ecrivain célébre comme ncepat
une obfervation affez finguliere : il remar
que que depuis environ 300 ans la Nature
avoit deftiné le milieu de chaque fiécle à
être l'époque d'une révolution dans l'efprit
humain. La prife de Conftantinople dans
le milieu du quinziéme amena des Sçavans
diftingués en Italie , & y fit revivre les
Lettres. La réformation ranima l'émulation
& l'étude de toutes les Sciences vers
le milieu du feiziéme ; Defcartes donne
une nouvelle face à la Philofophie au mi-
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
lieu du dix - feptiéme ; & pour peu que l'on
confidére avec des yeux attentifs le temps
où nous vivons , il eft aifé d'appercevoir
qu'il s'eft fait dans nos idées un changement
rapide & fenfible qui femble en
préparer un plus confidérable encore . Ces
révolutions de l'efprit humain , ces efpéces
de fecouffes qu'il reçoit de temps
en temps de la Nature , font pour un
Spectateur Philofophe un objet agréable
& furtout inftructif ; il feroit donc à fou
haiter, pour le progrès des Sciences , que
nous en euffions un tableau exact à chaque
époque le plan de l'Encyclopédie
a été formé dans cette vue ; mais il feroit
poffible de rendre ce grand ouvra
ge d'une utilité plus générale & plus ferr
fible , il feroit très-important de réunir
& de rapprocher les vérités effentielles
qu'il contient dans des élémens de Philofophie
qui ferviroient comme d'introduction
à l'Encyclopédie ; c'eft ce que
M. Dalembert femble promettre d'exé
cuter un jour dans un ouvrage dout
Peffai qu'il publie aujourd'hui n'eft , ditil
, qu'une espèce d'efquiffe ; mais c'eſt une
efquiffe de main de Maître, & dont le fuccès
doit encourager cet Écrivain célébre
à remplir ce plan dans toute fon étendue.
La Philofophie n'eft autre chofe que
AOUST. 1759 . 103
12
l'application de la raifon aux différens
objets fur lefquels elle peut s'exercer.
» Des élémens de Philofophie doivent
» donc contenir les principes fondamen-
» taux de toutes les connoiffances humai-
» nes ; or ces connoiffances font de trois
" efpéces ou de fait , ou de fentiment ,
» ou de difcuffion . Cette derniere espéce
» feule appartient uniquement & par
» tous fes côtés à la Philofophie , mais
» les deux autres s'en rapprochent par
» quelques unes des faces fous lefquelles
on peut les envifager. Il n'y a » a qu'un »
feul genre de connoiffance qui ne doive
point entrer dans des élémens de Philo
fophie ; ce font les vérités qui tiennent à
la révélation . La Philofophie les refpecte,
& ne peut fe permettre en matiere de
Religion que la difcuffion des motifs de
notre croyance.
Après avoir fixé les différens objets qui
appartiennent à des élémens de Philofophie
, M. Dalembert expofe les rapports:
que ces objets ont entr'eux & l'ordre
qu'il faudroit fuivre dans leurs diftributions.
Si les vérités préfentoient à notre
efprit une chaîne continue , il n'y auroit
point d'élémens à faire ; on remonteroit
fans peine d'une vérité à toutes les autres
; mais cette chaîne eft rompue en
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
mille endroits quelles font donc les vêrités,
qui doivent entrer dans des élémens?
» Il y en a de deux fortes, répond
M. Dalembert ; « celles qui forment la
ور
tête de chaque partie de la chaîne , &
» celles qui fe trouvent au point de réu-
» nion de plufieurs branches. » Les vérités
du premier genre font celles qui ne
dépendent d'aucune autre & qui n'ont de
preuves que dans elles - mêmes ; mais i
ne faut pas croire que M. Dalembert
veuille ici parler des axiomes qu'on fe
donne la peine d'expliquer fi gratuitement
dans la plupart des ouvrages élémentaires.
Ces axiomes ne préfentent que
des vérités ſtériles & frivoles , qui n'éclairent
point & égarent fouvent par les
fauffes applications qu'on en fait.Les vrais
principes d'où l'on doit partir dans chaque
fcience , doivent être des faics fimples
& reconnus , qui n'en fuppofent point
d'autres , & qui foient indépendans de
toute hypothèſe particulière , tels que les
proportions de l'étendue en Géométrie ,
l'impénétrabilité en Méchanique , &c.
M. Dalembert après avoir indiqué les
procédés qu'il falloit fuivre dans le choix ,
le développement & l'énonciation des
principes fondamentaux de chaque fcience
, fait lui-même l'application de fa
A O UST. 1759 . 105
méthode fur les différens objets qui doivent
former un corps complet de Philofophie
élémentaire .
La Logique eft l'inftrument général
de toutes les fciences ; elle eft donc la
premiere qu'on doive traiter dans les
élémens de Philofophie , & en former
comme le frontispice & l'entrée . Mais
la Logique ne confifte ni dans cet amas:
ridicule & fcolaftique de formules inintelligibles
, ni dans l'appareil géométri
que qu'ont affecté plufieurs Philofophes
modernes dans des ouvrages peu fufcep
tibles de démonftrations . Déterminer
avec foin le fens des termes , décompo
fer & fimplifier autant qu'on peut les
objets , fuivre leurs rapports , remonter
par degrés continus d'une vérité à une
autre , & obferver exactement leurs dépendances
mutuelles ; voilà à quoi ſe
réduit la Logique. » Pour comparer des
" objets éloignés , on fe fert de plufieurs
» objets intermédiaires : il en eſt de mê-
" me quand on veut comparer deux où
" plufieurs idées. L'art du raifonnement
» n'eft que le développement de ce principe
& des conféquences. qui en réful-
» tent. »
L'art de conjecturer eft une branche de
la Logique : c'est l'art de ſuppléer par des
E-v
106 MERCURE DE FRANCE.
à-peu- près à des déterminations rigoureu
fes , & de fubftituer les probabilités aux
preuves dans les cas où l'on ne peut atteindre
à une certitude entiere , ou du
moins s'affurer d'y être parvenu.
M. Dalembert fait fuccéder la Métaphy
fique à la Logique , & cet ordre eft trés
naturel. « Nos idées font le principe de
» nos connoiffances , & ces idées ont
» elles- mêmes leur principe dans nos fen
» fations. La génération de nos idées ap
» partient à la Métaphyſique , c'eſt un de
fes objets principaux & peut-être de
» vroit- elle s'y borner. Prefque toutes les
33
autres queſtions qu'elle fe propofe font
» ou infolubles ou frivoles ; elles font l'a-
» liment des efprits téméraires ou des
" efprits faux. » M. Dalembert ne rétrécit
fa fphère de la Métaphyfique que pour
rendre fes recherches plus folides & plus
utiles. La cauſe productrice de nos idées ,
la maniere dont nous acquérons la notion
de l'exiſtence des objets extérieurs , l'exiftence
de Dieu , Fimmortalité & la fpiritualité
de l'ame , voilà des fujets bien di
gnes d'exercer & d'occuper entièrement
le Métaphyficien le plus profond & le
plus laborieux. M. Dalembert jette fur
ces grands objets des idées générales qui
n'ont befoin que d'être développées pour
former un corps de doctrine auffi complet
A O UST. 1759. 107
que l'obſcurité de la matiere peut le permettre.
L'exiſtence de l'Etre Suprême étant une
fois reconnue , nous conduit à chercher
le culte que nous devons lui rendre , mais
la nature de ce culte eft l'objet de la révélation.
Ce qui appartient effentiellement
à la raiſon , ce ſont les devoirs dont nous
fommes tenus envers nos femblables . La
connoiffance de ces devoirs eft ce qu'on
appelle Morale , & elle eft une fuite néceffaire
de l'établiffement des Sociétés. La
connoiffance de nos rapports avec les autres
homines & de nos befoins réciproques
nous conduit à celle de ce que nous
devons à la Société & de ce qu'elle nous
doit . « Il ſemble donc , dit M. Dalembert,
qu'on peut définir très- exactement l'in-
»jufte , ou ce qui revient au même , le
" mal moral : ce qui tend à nuire à la So-
» ciété en troublant le repos de fes Membres.
En effet le mal phyfique eft la fuite
» ordinaire du mal moral ; & comme
» nos fenfations fuffifent pour nous don→
» ner l'idée du mal phyfique , il eſt évi-
» dent que c'eft cette idée qui nous con-
» duit à celle du mal moral , quoique
» l'une & l'autre foient de nature diffe→
"rente. Que ceux qui nieront cette vérité,.
» fuppofent l'homme impaffible , & qu'ils:
E vj.
108 MERCURE DE FRANCE..
effayent de lui faire acquérir dans cette;
hypothèſe la notion de l'injufte.
99
M. Dalembert traite la morale avec plus
d'étendue qu'on ne lui en donne ordinairement
dans les élémens de Philofophie
, ou cette fcience la plus intéreffante
de toutes eft la plus négligée. Il la divife
en plufieurs branches , fuivant les différens
rapports fous lefquels on confidère
les hommes entr'eux. La connoiſſance de
ce que les hommes fe doivent comme
membres de la fociété générale forme la
premiere branche qu'il appelle Morale de
l'homme, Ces devoirs renferment les loix
générales & naturelles , & ces loix font:
de deux efpéces , écrites ou non écrites,
L'obfervation des loix naturelles écrites ,
et ce qu'on nomme probité ; la pratique
des loix naturelles non écrites eft ce qu'on
appelle vertu. Tout ce morceau eft plein
de force , de fineffe & de clarté : voici
une obfervation d'une vérité ſimple &
profonde. » Pourquoi les Légiflateurs femblent-
ils avoir remis à la volonté des
Peuples l'obfervation des loix non écrites
? Pourquoi n'eft - il point ďaction
» contre l'avarice , la dureté envers les
» malheureux, l'ingratitude & la perfidie ?
Celui qui laiffe périr de mifère un Citoyen
qu'il peut fecourir , n'eft-il- pas
و د
AOUST. 1759. 100
"
» à peu-près auffi coupable envers la So-
» ciété , que s'il faifoit périr ce malheu-
» reux par une mort lente ? Pourquoi
» donc les loix l'ont-elles épargné ? C'eſt
» que le bien de cet Avare étant fuppofé
acquis par des moyens que les loix ne
réprouvent pas , elles ne peuvent le lui
» arracher pour le donner à d'autres ; &
que fi la loi qui nous oblige de foula-
» ger nos ſemblables eſt une des premiè-
» res dans l'état de nature , elle eft fubor-
» donnée dans l'ordre de la fociété à la
» loi , qui veut que chacun jouiffe tranquillement
& en liberté de ce qu'il
poffede . »
»
Après la Morale de l'homme , vient la
Morale des Légiflateurs. Celle- ci a deux
branches ; ce que tout Gouvernement
doit à chacun de fes Membres, & ce que
chaque eſpèce de Gouvernement doit à
ceux qui lui font foumis. Le premier principe
de la morale des Légiflateurs eft ,
qu'il n'y a de bon Gouvernement que
celui dans lequel les Citoyens font également
protégés & également liés par les
loix. La Morale doit éclairer le Légiflateur
fur l'objet , l'établiffement & l'exécution,
des loix. M. Dalembert entre ici
dans plufieurs détails pleins d'humanité
& de raifon.. Il examine en particulier la
Fio MERCURE DE FRANCE .
trop fameufe queftion de la tolérance -fur пор
laquelle il donne des principes clairs &
modérés, également éloignés de la licence
& de la fuperftition .
Chaque Etat outre fes loix particuliè
res a auffi des loix a obferver par rapport
aux autres : c'est l'objet de la Morale
des Etats fur laquelle M. Dalembert ne
met qu'une page, & malheureufement pour
le genre humain , dit- il , elle eft encore plus
courte dans la pratique .
La Morale du Citoyen vient immédiatement
après celle des Etats: elle fe réduità
être fidèle obfervateur des loix civiles de
fa Patrie & à fe rendre le plus utile à fes
Concitoyens qu'il eft poffible.
M. Dalembert apprend à chaque Citoyen
jufqu'à quel point il eft comptable
à fa Patrie de fa vie , de fes talens & de
leur emploi il entre dans la difcuffion
du Suicide , qu'il regarde comme un crime
en Morale ainfi qu'en Religion : & fon
objet le ramène naturellement à cette an
cienne queftion que M. Rouffeau a rendue
fi célèbre : » Jufqu'à quel point un
Citoyen peut - il fe livrer à l'étude des
» Sciences & des Arts , & cette étude
» n'eft-elle pas plus nuifible qu'avanta
geufe aux Etats ? » M. Dalembert eſt
fort loin d'adopter les paradoxes exagérés
"
و ر
AOUST. 1759.
de M. Rouffeau , mais il ne pense pas non
plus que les Arts foient propres à rendré
les Sociétés plus fages & plus heureuſes. '
La Morale du Philofophe forme la der
nière branche de la Morale : elle n'a
pour objet que nous-mêmes & la manière
dont nous devons penfer pour nous ren
dre heureux indépendamment des autres ;
elle détermine jufqu'où il eft permis de
rechercher les honneurs & de fe livrer à
l'ambition. La raifon permet fans doute
d'être flatté des honneurs , mais fans les
exiger ni les attendre. » C'eft y mettre
» un trop grand prix , ajoute- t- il , que de
"les fuir avec empreffement , ou de les
" rechercher avec avidité : le même excès-
» de vanité produit ces deux effets con
» traires. » M. Dalembert entre ici dansquelques
détails fur les paffions , fur leur
objet , leurs peines & leurs plaifirs : fa
Philofophie n'eft pas toujours confolante,
mais elle est toujours ferme , droite &
humaine. Il termine fes Elémens de Morale
par un fouhait que lui infpire l'amour
du bien public , & dont il defireroit qu'un
Citoyen Philofophe jugeât l'exécution digne
de lui. Ce feroit celle d'un Catéchifme
de Morale à l'ufage & à la por-
» tée des enfans. Peut- être n'y auroit-it
"pas de moyen plus efficace de mult
"
112 MERCURE DE FRANCE.
23.
plier dans la fociété les hommes ver
» tueux on apprendroit de bonne heure
»à l'être par principes ; & l'on fçait quelle
» eft fur notre ame la force des vérités
qu'on y a gravées dès l'enfance . "
Dieu , l'Homme & la Nature , voilà
les trois grands objets de l'étude du Phi-
Lofophe après avoir marqué la route
qu'on doit fuivre dans l'étude des deux
premières; M. Dalembert va paffer au troifième
mais les bornes qui me font pref
crites & la nature des matières ne me permettent
pas de le fuivre dans les détails ;
je me contenterai d'indiquer l'ordre qu'il
a obfervé dans la diftribution des Sciences
, & de faifir les vues générales qu'il y
a répandues..
Il commence par la Grammaire , qu'il
préfente fous un point de vue philofophique
, le feul qui doive être confidéré
dans des élémens de Philofophie. 11 paffe
enfuite aux Mathématiques dont l'Algébre
eft la première branche. « L'Algébre eft
» une efpéce de langue qui a , comme les
» autres , fa Métaphyfique ; cette Métaphyfique
a précédé la formation de la
langue ; mais quoiqu'elle foit implicite
ment contenue dans les règles , elle
» n'y eft pas développée ; le vulgaire ne
"
AOUST. 1759. 113
jouit que du réfultat , l'homme éclairé
» voit le germe qui le produit.
Cette Métaphyfique fimple & lamíneuſe
qui a guidé les inventeurs , eft donc
la partie que le Philofophe doit s'attacher
à développer dans des élémens d'Algébre
: muni des premières notions de
PAlgébre , il s'en fervira pour paffer à la
Géométrie , qui eft la fcience des propriétés
de l'étendue en tant qu'on la confidère
comme fimplement étendue & figurée.
Les termes de point , de ligne & de furface
que le Géomètre employe ne font
que des abftractions dont il fe fert pour
Simplifier ſon objet : ainfi les vérités qui
en résultent font des vérités purement
hypotétiques , mais elles n'en font pas
moins utiles par l'application qu'on en
fait dans la pratique . M. Dalembert répond
aux détracteurs de la Géométrie &
prouve fans replique la certitude & l'uti
lité de cette ſcience. La méthode qu'il
exige dans les élémens de Géométrie doît
faire juger que de tels élémens ne font
pas l'ouvrage d'un Géomètre ordinaire ,
& les Defcartes , les Leibnitz , & les
Newton n'étoient pas trop bons pour
bien exécuter cette entreprife. M. Dalembert
termine cet article par examiner
une queftion fouvent difcutée & toujours
114 MERCURE DE FRANCE.
problématique. C'eft de fçavoir quel
genre d'efprit doit obtenir par fa fupéiorité
le premier rang dans l'eftime
» des hommes ; celui qui excelle dans les
» Lettres , ou celui qui fe diftingue au
» même degré dans les Sciences ? Cette
» queſtion eſt décidée tous les jours en
faveur des Lettres ( à la vérité fans intérêt
) par une foule d'Ecrivains fubal-
» ternes , incapables , je ne dis pas d'ap
" précier Corneille & de fire Newton ,
» mais de juger Campiſtron & d'entendre
» Euclide. Pour nous , plus timides ou
plus juftes , nous avouerons que la fupériorité
en ces deux genres nous pa
roit d'un mérite égal. Qui auroit à
» choifir d'être Newton ou Corneille fe
roit bien d'être embarraffé , ou ne me
riteroit pas d'avoir à choifir . » Les principes
de la Géométrie & ceux de PALgébre
renferment tout ce qui eft néceffaire
pour arriver à la Méchanique . Le
mouvement , fes propriétés générales ,
font le premier & le principal objet de
cette fcience ; mais dans le mouvement
on confidère en Méchanique non feulement
l'efpace parcouru , mais auffi le
temps employé à parcourir cet eſpace.
Le principe de l'équilibre , joint à ceux
de la force d'inertie & du mouvement
AQUST . 1759. Ir
compofé , fuffit pour donner la folution
de tous les problèmes de Méchanique ;
c'eft avoir réduit cette fcience , dit M.
Dalembert , au plus petit nombre de
principes poffibles que d'établir fur ces
trois points toutes les loix du mouve
ment des corps .
L'Aftronomie doit fuivre immédiatement
la Méchanique , comme étant de
toutes les parties de la Phyfique la plus
certaine. « Si quelque fcience , die M. Da-
» lembert , mérite à tous égards d'être
traitée felon la méthode des inventeurs
, ou du moins felon celle qu'ils
ont Fire , e'eft l'Aftronomie. Rien
un'eft peut-être plus fatisfaisant pour l'ef-
» prit humain que de voir par quelle
fuite d'obfervations , de recherches , de
combinaiſons & de calculs les hommes
» font parvenus à connoître le mouve‐
» ment de ce globe qu'ils habitent , &
» celui des autres corps de notre fyftême
» planitaire……… Le génie des Philoſophes,
» en cela peu différent de celui des autres
hommes , les porte à ne chercher
» d'abord ni uniformité ni loix dans les .
phénomênes qu'ils obfervent. Com-
» mencent-ils à y foupçonner quelque
» marche régulière ? ils imaginent auffi-
» tôt la plus parfaite & la plus fimple..
116 MERCURE DE FRANCE.
و د
"
25
» Bientôt une obfervation plus fuivie les
détrompe , & fouvent même les ra
» mène précipitamment à leur premier
» avis. Enfin une étude longue , affidue ,
dégagée de préventions & de fyftême ,
» les remet dans les limités du vrai , &
-> leur apprend que pour l'ordinaire la lời
» des phénomènes n'eft ni affez peu com
pofée pour être apperçue tout d'un
» coup , ni auffi irrégulière qu'on pour
roit le penfer. » Voilà l'hiftoire de tou
tes les Hypothèses Aftronomiques.
L'Aftronomie phyfique eft une des
fciences qui font le plus d'honneur à la
Philofophie moderne : les ouvrages des
Anciens n'ont prefque été d'aucun fe
cours aux Phyficiens qui font venus de
puis. M. Dalembert refute ici d'une ma
nière très- folide les prétentions de ceux
qui trouvent tout dans les Anciens. « Ce
»que les Anciens ont imaginé fur le fy
» tême du monde , ou du moins ce qui
» nous refte là- deffus , eft fi vague & h
"
mal prouvé qu'on n'en fçauroit ther
>> aucune lumière réelle. Qu'importe à
» l'honneur de Copernic que quelques
"anciens Philofophes ayent cru le mo
» vement de la terre , fi les preuves qu'ils
»en donnoient n'ont pas été fuffifantes
AOUST. 1759. 117
pour empêcher le plus grand nombre
de croire le mouvement du Soleil ?
M.Dalembert analyſe enfuite le fyftême
des tourbillons, & celui de la gravitation,'
On imagine bien en faveur duquel il fe
détermine. L'accord qu'on remarque tous
les jours de plus en plus entre les phé
nomênes célestes & la théorie Newtonienne
ſemble avoir décidé tous les Philofophes
pour le Newtonianifme. M. Da
lembert entre enfuite dans le détail des
procédés qui peuvent perfectionner l'Aftronomie
& reculer fes limites , & il finit
cet article par une obfervation à la gloire
de notre Nation . « Qu'on examine avec
» attention ce qui a été fait depuis quel-
» ques années par les plus habiles Ma-
" thématiciens fur ie fyftême du monde ;
» on conviendra , ce me femble , que
» l'Aftronomie Phyfique eft encore au-
» jourd'hui plus redevable aux François
» qu'à aucune autre Nation. C'eſt dans
» les travaux qu'ils ont entrepris , dans
» les ouvrages qu'ils ont mis fous les yeux
» de l'Europe , que le fyftême Newtonien
» trouvera déſormais fes preuves les plus
» inconteftables & les plus profondes.
M. Dalembert paffe rapidement fur
POptique & l'Acoustique ; je remarquerai
feulement qu'en parlant de la théorie des
118 MERCURE DE FRANCE.
رد
fons , il faifit l'occafion de louer les dé-
Couvertes qu'a faites M. Rameau dans
cette partie , d'une manière qui honore
l'un & l'autre. » L'illuftre Artiſte dont il
s'agit a été pour nous le Defcartes de
» la Mufique. On ne peut fe flatter , ce
» me femble , de faire quelque progrès
» dans cette fcience , qu'en fuivant la
» méthode qu'il a tracée.
L'Hydroftatique & l'Hydraulique n'offrent
que des détails trop mathématiques
pour être fufceptibles d'extrait ; mais je
m'arrête encore un moment fur la Phyfique
générale qui termine les élémens de
Philofophie.
وي
و د
"
» L'étude de cette Science roule fur
» deux points qu'il ne faut pas con-
» fondre , l'obfervation & l'expérience.
» L'obfervation , moins recherchée &
» moins fubtile , fe borne aux faits qu'elle
a fous les yeux , à bien voir & à bien
» détailler les phénomênes de toute ef
pèce que la Nature nous préfente . L'expérience
cherche à pénétrer la Nature
plus profondément , à lui dérober ce
qu'elle cache , à créer en quelque mala
différente combinaiſon des
par
» corps , de nouveaux phénomênes pour
» les étudier : enfin elle ne fe reftreint
» pas à écouter la Nature , mais elle l'in-
» terroge & la preffe.
30
">
ور
"
ود
nière
AOUST. 1759. 119
119'
M. Dalembert trace une efquite abrégée
de l'hiftoire & des prog: ès de la Phy-,
fique : les Anciens felon lui , n'ont pas
autant négligé la Nature qu'on le croit
communément , & il apporte en preuve
les ouvrages d'Hypocrate , qui font les,
monumens les plus confidérables qui
nons restent de la Phyfique ancienne , &
dans lesquels on trouve un ſyſtème d'obfervations
& une fuite de faits bien fürs &
bien rapprochés ; cependant il paroît que
les Anciens ont plus cultivé l'obfervation
que l'expérience. Les plus fages d'entre
eux ont fait la table de qu'ils voyoient ,
l'ont bien faite & s'en font tenus là. C'eft
dans l'hiftoire des Animaux , d'Ariſtote ,
qu'il faut chercher le vrai goût de Phyfique
des Anciens , plutôt que dans fes autres
ouvrages où il est moins riche en faits
& plus abondant en paroles , plus raifonneur
& moins inftruit.
Les fiécles les plus ignorans ont eu
des génies fupérieurs qui ont cultivé l'étude
de la Nature & accéléré les progrès
de la Phyfique , tel étoit le Moine
Bacon , » qui fçut par la force de fon gé-
» nie s'élever au- deffus de fon fiécle & le
» laiffer bien loin derriere lui. Auffi fut-
» il perfécuté par fes Confreres & regar-
» dé par le Peuple comme un Magicien
120 MERCURE DE FRANCE.
"
» à- peu- près comme Gerbert l'avoit été
près de trois fiécles auparavant pour les
inventions méchaniques , avec cette
» différence que Gerbert devint Pape , &
" que Bacon refta Moine & malheureux.
Le Chancelier Bacon & Defcartes paroiffent
ici comme les Reftaurateurs de
la Phyfique expérimentale. M. Dalembert
qui connoit fi bien les obligations que
leur a la Philofophie , leur reproche auffi
d'avoir été plus Phyficiens de fpéculation
que de pratique. Le plaifir oifif de la méditation
& de la conjecture , entraîne les
grands génies , & ils laiffent le travail mé.
chanique à d'autres qui ne vont pas auffi
loin que leurs maîtres auroient été. Ainfi
les uns penfent ou rêvent , les autres
agiffent ou manoeuvrent & l'enfance des
fciences eft éternelle .
Après une courte hiftoire de la Phylque
expérimentale , M. Dalembert propofe
quelques réflexions fur la manière de
traiter cette fcience. Il demande la plus
grande attention à n'établir la théorie
que fur des faits inconteftables ; & à ne
pas trop foumettre les hypothèfes au calcul
, dont tant de Phyficiens ont abufé.
La Géométrie doit obéir à la Phyfique
quand elle fe réunit à elle , & tous les
jers de Phyfique ne font pas également
fufceptibles
AOUST. 1759. 121
fufceptibles de l'application de la Géométrie
. M. Dalembert recommande aux Phyficiens
de fe défier de cette fureur d'expliquer
tout , que Defcartes a introduite
dans la Phyfique , mais il n'a garde de
profcrire ni cet efprit de conjecture , qui
tout à la fois timide & éclairé conduit
quelquefois à des découvertes , ni cet efprit
d'analogie, dont la fage hardieffe peut
aller au- delà de ce que la Nature femble
vouloir montrer , & prévoit les faits
avant que de les avoir vûs. La fageffe &
la circonfpection doivent guider le Phyficien
dans la marche ; la patience & le
courage doivent d'un autre côté le foutenir
dans fon travail . Tel eft en raccourci
le plan que M. Dalembert propofe à exécuter
& que perfonne peut-être ne rempliroit
mieux que celui qui l'a conçu &
tracé : on trouvera dans tout cet Ouvrage
des vues faines & étendues ; un ton noble
& ferme , des principes fages , un fcepticiſme
modefte , un ftyle net , libre &
concis , tel qu'il convient furtout aux
matieres philofophiques ; enfin cet effai
porte le caractere que les efprits ſupérieurs
impriment à leurs ouvrages : il
laiſſe beaucoup à penſer.
Le refte des Mélanges auprochain Mercure,
ESSAIfur lesElémens de Philofophie oufur
les principes des connoiffances humaines.
CET Effai dorit on voit les germes dans
Τ
l'article Elémens de l'Encyclopédie , eft le
morceau le plus confidérable de la nou-.
velle Edition de ces Mélanges. L'impor
tance du føjet & la maniere noble , fage
& hardie dont il eft traité , méritent
qu'on s'y arrête ; le ton de Philofophie &
le caractere d'efprit de M. Dalembert ne
fe montrent dans aucun de fes ouvrages
plus fenfiblement que dans celui- ci
Cet Ecrivain célébre comme ncepat
une obfervation affez finguliere : il remar
que que depuis environ 300 ans la Nature
avoit deftiné le milieu de chaque fiécle à
être l'époque d'une révolution dans l'efprit
humain. La prife de Conftantinople dans
le milieu du quinziéme amena des Sçavans
diftingués en Italie , & y fit revivre les
Lettres. La réformation ranima l'émulation
& l'étude de toutes les Sciences vers
le milieu du feiziéme ; Defcartes donne
une nouvelle face à la Philofophie au mi-
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
lieu du dix - feptiéme ; & pour peu que l'on
confidére avec des yeux attentifs le temps
où nous vivons , il eft aifé d'appercevoir
qu'il s'eft fait dans nos idées un changement
rapide & fenfible qui femble en
préparer un plus confidérable encore . Ces
révolutions de l'efprit humain , ces efpéces
de fecouffes qu'il reçoit de temps
en temps de la Nature , font pour un
Spectateur Philofophe un objet agréable
& furtout inftructif ; il feroit donc à fou
haiter, pour le progrès des Sciences , que
nous en euffions un tableau exact à chaque
époque le plan de l'Encyclopédie
a été formé dans cette vue ; mais il feroit
poffible de rendre ce grand ouvra
ge d'une utilité plus générale & plus ferr
fible , il feroit très-important de réunir
& de rapprocher les vérités effentielles
qu'il contient dans des élémens de Philofophie
qui ferviroient comme d'introduction
à l'Encyclopédie ; c'eft ce que
M. Dalembert femble promettre d'exé
cuter un jour dans un ouvrage dout
Peffai qu'il publie aujourd'hui n'eft , ditil
, qu'une espèce d'efquiffe ; mais c'eſt une
efquiffe de main de Maître, & dont le fuccès
doit encourager cet Écrivain célébre
à remplir ce plan dans toute fon étendue.
La Philofophie n'eft autre chofe que
AOUST. 1759 . 103
12
l'application de la raifon aux différens
objets fur lefquels elle peut s'exercer.
» Des élémens de Philofophie doivent
» donc contenir les principes fondamen-
» taux de toutes les connoiffances humai-
» nes ; or ces connoiffances font de trois
" efpéces ou de fait , ou de fentiment ,
» ou de difcuffion . Cette derniere espéce
» feule appartient uniquement & par
» tous fes côtés à la Philofophie , mais
» les deux autres s'en rapprochent par
» quelques unes des faces fous lefquelles
on peut les envifager. Il n'y a » a qu'un »
feul genre de connoiffance qui ne doive
point entrer dans des élémens de Philo
fophie ; ce font les vérités qui tiennent à
la révélation . La Philofophie les refpecte,
& ne peut fe permettre en matiere de
Religion que la difcuffion des motifs de
notre croyance.
Après avoir fixé les différens objets qui
appartiennent à des élémens de Philofophie
, M. Dalembert expofe les rapports:
que ces objets ont entr'eux & l'ordre
qu'il faudroit fuivre dans leurs diftributions.
Si les vérités préfentoient à notre
efprit une chaîne continue , il n'y auroit
point d'élémens à faire ; on remonteroit
fans peine d'une vérité à toutes les autres
; mais cette chaîne eft rompue en
E iv
104 MERCURE DE FRANCE.
mille endroits quelles font donc les vêrités,
qui doivent entrer dans des élémens?
» Il y en a de deux fortes, répond
M. Dalembert ; « celles qui forment la
ور
tête de chaque partie de la chaîne , &
» celles qui fe trouvent au point de réu-
» nion de plufieurs branches. » Les vérités
du premier genre font celles qui ne
dépendent d'aucune autre & qui n'ont de
preuves que dans elles - mêmes ; mais i
ne faut pas croire que M. Dalembert
veuille ici parler des axiomes qu'on fe
donne la peine d'expliquer fi gratuitement
dans la plupart des ouvrages élémentaires.
Ces axiomes ne préfentent que
des vérités ſtériles & frivoles , qui n'éclairent
point & égarent fouvent par les
fauffes applications qu'on en fait.Les vrais
principes d'où l'on doit partir dans chaque
fcience , doivent être des faics fimples
& reconnus , qui n'en fuppofent point
d'autres , & qui foient indépendans de
toute hypothèſe particulière , tels que les
proportions de l'étendue en Géométrie ,
l'impénétrabilité en Méchanique , &c.
M. Dalembert après avoir indiqué les
procédés qu'il falloit fuivre dans le choix ,
le développement & l'énonciation des
principes fondamentaux de chaque fcience
, fait lui-même l'application de fa
A O UST. 1759 . 105
méthode fur les différens objets qui doivent
former un corps complet de Philofophie
élémentaire .
La Logique eft l'inftrument général
de toutes les fciences ; elle eft donc la
premiere qu'on doive traiter dans les
élémens de Philofophie , & en former
comme le frontispice & l'entrée . Mais
la Logique ne confifte ni dans cet amas:
ridicule & fcolaftique de formules inintelligibles
, ni dans l'appareil géométri
que qu'ont affecté plufieurs Philofophes
modernes dans des ouvrages peu fufcep
tibles de démonftrations . Déterminer
avec foin le fens des termes , décompo
fer & fimplifier autant qu'on peut les
objets , fuivre leurs rapports , remonter
par degrés continus d'une vérité à une
autre , & obferver exactement leurs dépendances
mutuelles ; voilà à quoi ſe
réduit la Logique. » Pour comparer des
" objets éloignés , on fe fert de plufieurs
» objets intermédiaires : il en eſt de mê-
" me quand on veut comparer deux où
" plufieurs idées. L'art du raifonnement
» n'eft que le développement de ce principe
& des conféquences. qui en réful-
» tent. »
L'art de conjecturer eft une branche de
la Logique : c'est l'art de ſuppléer par des
E-v
106 MERCURE DE FRANCE.
à-peu- près à des déterminations rigoureu
fes , & de fubftituer les probabilités aux
preuves dans les cas où l'on ne peut atteindre
à une certitude entiere , ou du
moins s'affurer d'y être parvenu.
M. Dalembert fait fuccéder la Métaphy
fique à la Logique , & cet ordre eft trés
naturel. « Nos idées font le principe de
» nos connoiffances , & ces idées ont
» elles- mêmes leur principe dans nos fen
» fations. La génération de nos idées ap
» partient à la Métaphyſique , c'eſt un de
fes objets principaux & peut-être de
» vroit- elle s'y borner. Prefque toutes les
33
autres queſtions qu'elle fe propofe font
» ou infolubles ou frivoles ; elles font l'a-
» liment des efprits téméraires ou des
" efprits faux. » M. Dalembert ne rétrécit
fa fphère de la Métaphyfique que pour
rendre fes recherches plus folides & plus
utiles. La cauſe productrice de nos idées ,
la maniere dont nous acquérons la notion
de l'exiſtence des objets extérieurs , l'exiftence
de Dieu , Fimmortalité & la fpiritualité
de l'ame , voilà des fujets bien di
gnes d'exercer & d'occuper entièrement
le Métaphyficien le plus profond & le
plus laborieux. M. Dalembert jette fur
ces grands objets des idées générales qui
n'ont befoin que d'être développées pour
former un corps de doctrine auffi complet
A O UST. 1759. 107
que l'obſcurité de la matiere peut le permettre.
L'exiſtence de l'Etre Suprême étant une
fois reconnue , nous conduit à chercher
le culte que nous devons lui rendre , mais
la nature de ce culte eft l'objet de la révélation.
Ce qui appartient effentiellement
à la raiſon , ce ſont les devoirs dont nous
fommes tenus envers nos femblables . La
connoiffance de ces devoirs eft ce qu'on
appelle Morale , & elle eft une fuite néceffaire
de l'établiffement des Sociétés. La
connoiffance de nos rapports avec les autres
homines & de nos befoins réciproques
nous conduit à celle de ce que nous
devons à la Société & de ce qu'elle nous
doit . « Il ſemble donc , dit M. Dalembert,
qu'on peut définir très- exactement l'in-
»jufte , ou ce qui revient au même , le
" mal moral : ce qui tend à nuire à la So-
» ciété en troublant le repos de fes Membres.
En effet le mal phyfique eft la fuite
» ordinaire du mal moral ; & comme
» nos fenfations fuffifent pour nous don→
» ner l'idée du mal phyfique , il eſt évi-
» dent que c'eft cette idée qui nous con-
» duit à celle du mal moral , quoique
» l'une & l'autre foient de nature diffe→
"rente. Que ceux qui nieront cette vérité,.
» fuppofent l'homme impaffible , & qu'ils:
E vj.
108 MERCURE DE FRANCE..
effayent de lui faire acquérir dans cette;
hypothèſe la notion de l'injufte.
99
M. Dalembert traite la morale avec plus
d'étendue qu'on ne lui en donne ordinairement
dans les élémens de Philofophie
, ou cette fcience la plus intéreffante
de toutes eft la plus négligée. Il la divife
en plufieurs branches , fuivant les différens
rapports fous lefquels on confidère
les hommes entr'eux. La connoiſſance de
ce que les hommes fe doivent comme
membres de la fociété générale forme la
premiere branche qu'il appelle Morale de
l'homme, Ces devoirs renferment les loix
générales & naturelles , & ces loix font:
de deux efpéces , écrites ou non écrites,
L'obfervation des loix naturelles écrites ,
et ce qu'on nomme probité ; la pratique
des loix naturelles non écrites eft ce qu'on
appelle vertu. Tout ce morceau eft plein
de force , de fineffe & de clarté : voici
une obfervation d'une vérité ſimple &
profonde. » Pourquoi les Légiflateurs femblent-
ils avoir remis à la volonté des
Peuples l'obfervation des loix non écrites
? Pourquoi n'eft - il point ďaction
» contre l'avarice , la dureté envers les
» malheureux, l'ingratitude & la perfidie ?
Celui qui laiffe périr de mifère un Citoyen
qu'il peut fecourir , n'eft-il- pas
و د
AOUST. 1759. 100
"
» à peu-près auffi coupable envers la So-
» ciété , que s'il faifoit périr ce malheu-
» reux par une mort lente ? Pourquoi
» donc les loix l'ont-elles épargné ? C'eſt
» que le bien de cet Avare étant fuppofé
acquis par des moyens que les loix ne
réprouvent pas , elles ne peuvent le lui
» arracher pour le donner à d'autres ; &
que fi la loi qui nous oblige de foula-
» ger nos ſemblables eſt une des premiè-
» res dans l'état de nature , elle eft fubor-
» donnée dans l'ordre de la fociété à la
» loi , qui veut que chacun jouiffe tranquillement
& en liberté de ce qu'il
poffede . »
»
Après la Morale de l'homme , vient la
Morale des Légiflateurs. Celle- ci a deux
branches ; ce que tout Gouvernement
doit à chacun de fes Membres, & ce que
chaque eſpèce de Gouvernement doit à
ceux qui lui font foumis. Le premier principe
de la morale des Légiflateurs eft ,
qu'il n'y a de bon Gouvernement que
celui dans lequel les Citoyens font également
protégés & également liés par les
loix. La Morale doit éclairer le Légiflateur
fur l'objet , l'établiffement & l'exécution,
des loix. M. Dalembert entre ici
dans plufieurs détails pleins d'humanité
& de raifon.. Il examine en particulier la
Fio MERCURE DE FRANCE .
trop fameufe queftion de la tolérance -fur пор
laquelle il donne des principes clairs &
modérés, également éloignés de la licence
& de la fuperftition .
Chaque Etat outre fes loix particuliè
res a auffi des loix a obferver par rapport
aux autres : c'est l'objet de la Morale
des Etats fur laquelle M. Dalembert ne
met qu'une page, & malheureufement pour
le genre humain , dit- il , elle eft encore plus
courte dans la pratique .
La Morale du Citoyen vient immédiatement
après celle des Etats: elle fe réduità
être fidèle obfervateur des loix civiles de
fa Patrie & à fe rendre le plus utile à fes
Concitoyens qu'il eft poffible.
M. Dalembert apprend à chaque Citoyen
jufqu'à quel point il eft comptable
à fa Patrie de fa vie , de fes talens & de
leur emploi il entre dans la difcuffion
du Suicide , qu'il regarde comme un crime
en Morale ainfi qu'en Religion : & fon
objet le ramène naturellement à cette an
cienne queftion que M. Rouffeau a rendue
fi célèbre : » Jufqu'à quel point un
Citoyen peut - il fe livrer à l'étude des
» Sciences & des Arts , & cette étude
» n'eft-elle pas plus nuifible qu'avanta
geufe aux Etats ? » M. Dalembert eſt
fort loin d'adopter les paradoxes exagérés
"
و ر
AOUST. 1759.
de M. Rouffeau , mais il ne pense pas non
plus que les Arts foient propres à rendré
les Sociétés plus fages & plus heureuſes. '
La Morale du Philofophe forme la der
nière branche de la Morale : elle n'a
pour objet que nous-mêmes & la manière
dont nous devons penfer pour nous ren
dre heureux indépendamment des autres ;
elle détermine jufqu'où il eft permis de
rechercher les honneurs & de fe livrer à
l'ambition. La raifon permet fans doute
d'être flatté des honneurs , mais fans les
exiger ni les attendre. » C'eft y mettre
» un trop grand prix , ajoute- t- il , que de
"les fuir avec empreffement , ou de les
" rechercher avec avidité : le même excès-
» de vanité produit ces deux effets con
» traires. » M. Dalembert entre ici dansquelques
détails fur les paffions , fur leur
objet , leurs peines & leurs plaifirs : fa
Philofophie n'eft pas toujours confolante,
mais elle est toujours ferme , droite &
humaine. Il termine fes Elémens de Morale
par un fouhait que lui infpire l'amour
du bien public , & dont il defireroit qu'un
Citoyen Philofophe jugeât l'exécution digne
de lui. Ce feroit celle d'un Catéchifme
de Morale à l'ufage & à la por-
» tée des enfans. Peut- être n'y auroit-it
"pas de moyen plus efficace de mult
"
112 MERCURE DE FRANCE.
23.
plier dans la fociété les hommes ver
» tueux on apprendroit de bonne heure
»à l'être par principes ; & l'on fçait quelle
» eft fur notre ame la force des vérités
qu'on y a gravées dès l'enfance . "
Dieu , l'Homme & la Nature , voilà
les trois grands objets de l'étude du Phi-
Lofophe après avoir marqué la route
qu'on doit fuivre dans l'étude des deux
premières; M. Dalembert va paffer au troifième
mais les bornes qui me font pref
crites & la nature des matières ne me permettent
pas de le fuivre dans les détails ;
je me contenterai d'indiquer l'ordre qu'il
a obfervé dans la diftribution des Sciences
, & de faifir les vues générales qu'il y
a répandues..
Il commence par la Grammaire , qu'il
préfente fous un point de vue philofophique
, le feul qui doive être confidéré
dans des élémens de Philofophie. 11 paffe
enfuite aux Mathématiques dont l'Algébre
eft la première branche. « L'Algébre eft
» une efpéce de langue qui a , comme les
» autres , fa Métaphyfique ; cette Métaphyfique
a précédé la formation de la
langue ; mais quoiqu'elle foit implicite
ment contenue dans les règles , elle
» n'y eft pas développée ; le vulgaire ne
"
AOUST. 1759. 113
jouit que du réfultat , l'homme éclairé
» voit le germe qui le produit.
Cette Métaphyfique fimple & lamíneuſe
qui a guidé les inventeurs , eft donc
la partie que le Philofophe doit s'attacher
à développer dans des élémens d'Algébre
: muni des premières notions de
PAlgébre , il s'en fervira pour paffer à la
Géométrie , qui eft la fcience des propriétés
de l'étendue en tant qu'on la confidère
comme fimplement étendue & figurée.
Les termes de point , de ligne & de furface
que le Géomètre employe ne font
que des abftractions dont il fe fert pour
Simplifier ſon objet : ainfi les vérités qui
en résultent font des vérités purement
hypotétiques , mais elles n'en font pas
moins utiles par l'application qu'on en
fait dans la pratique . M. Dalembert répond
aux détracteurs de la Géométrie &
prouve fans replique la certitude & l'uti
lité de cette ſcience. La méthode qu'il
exige dans les élémens de Géométrie doît
faire juger que de tels élémens ne font
pas l'ouvrage d'un Géomètre ordinaire ,
& les Defcartes , les Leibnitz , & les
Newton n'étoient pas trop bons pour
bien exécuter cette entreprife. M. Dalembert
termine cet article par examiner
une queftion fouvent difcutée & toujours
114 MERCURE DE FRANCE.
problématique. C'eft de fçavoir quel
genre d'efprit doit obtenir par fa fupéiorité
le premier rang dans l'eftime
» des hommes ; celui qui excelle dans les
» Lettres , ou celui qui fe diftingue au
» même degré dans les Sciences ? Cette
» queſtion eſt décidée tous les jours en
faveur des Lettres ( à la vérité fans intérêt
) par une foule d'Ecrivains fubal-
» ternes , incapables , je ne dis pas d'ap
" précier Corneille & de fire Newton ,
» mais de juger Campiſtron & d'entendre
» Euclide. Pour nous , plus timides ou
plus juftes , nous avouerons que la fupériorité
en ces deux genres nous pa
roit d'un mérite égal. Qui auroit à
» choifir d'être Newton ou Corneille fe
roit bien d'être embarraffé , ou ne me
riteroit pas d'avoir à choifir . » Les principes
de la Géométrie & ceux de PALgébre
renferment tout ce qui eft néceffaire
pour arriver à la Méchanique . Le
mouvement , fes propriétés générales ,
font le premier & le principal objet de
cette fcience ; mais dans le mouvement
on confidère en Méchanique non feulement
l'efpace parcouru , mais auffi le
temps employé à parcourir cet eſpace.
Le principe de l'équilibre , joint à ceux
de la force d'inertie & du mouvement
AQUST . 1759. Ir
compofé , fuffit pour donner la folution
de tous les problèmes de Méchanique ;
c'eft avoir réduit cette fcience , dit M.
Dalembert , au plus petit nombre de
principes poffibles que d'établir fur ces
trois points toutes les loix du mouve
ment des corps .
L'Aftronomie doit fuivre immédiatement
la Méchanique , comme étant de
toutes les parties de la Phyfique la plus
certaine. « Si quelque fcience , die M. Da-
» lembert , mérite à tous égards d'être
traitée felon la méthode des inventeurs
, ou du moins felon celle qu'ils
ont Fire , e'eft l'Aftronomie. Rien
un'eft peut-être plus fatisfaisant pour l'ef-
» prit humain que de voir par quelle
fuite d'obfervations , de recherches , de
combinaiſons & de calculs les hommes
» font parvenus à connoître le mouve‐
» ment de ce globe qu'ils habitent , &
» celui des autres corps de notre fyftême
» planitaire……… Le génie des Philoſophes,
» en cela peu différent de celui des autres
hommes , les porte à ne chercher
» d'abord ni uniformité ni loix dans les .
phénomênes qu'ils obfervent. Com-
» mencent-ils à y foupçonner quelque
» marche régulière ? ils imaginent auffi-
» tôt la plus parfaite & la plus fimple..
116 MERCURE DE FRANCE.
و د
"
25
» Bientôt une obfervation plus fuivie les
détrompe , & fouvent même les ra
» mène précipitamment à leur premier
» avis. Enfin une étude longue , affidue ,
dégagée de préventions & de fyftême ,
» les remet dans les limités du vrai , &
-> leur apprend que pour l'ordinaire la lời
» des phénomènes n'eft ni affez peu com
pofée pour être apperçue tout d'un
» coup , ni auffi irrégulière qu'on pour
roit le penfer. » Voilà l'hiftoire de tou
tes les Hypothèses Aftronomiques.
L'Aftronomie phyfique eft une des
fciences qui font le plus d'honneur à la
Philofophie moderne : les ouvrages des
Anciens n'ont prefque été d'aucun fe
cours aux Phyficiens qui font venus de
puis. M. Dalembert refute ici d'une ma
nière très- folide les prétentions de ceux
qui trouvent tout dans les Anciens. « Ce
»que les Anciens ont imaginé fur le fy
» tême du monde , ou du moins ce qui
» nous refte là- deffus , eft fi vague & h
"
mal prouvé qu'on n'en fçauroit ther
>> aucune lumière réelle. Qu'importe à
» l'honneur de Copernic que quelques
"anciens Philofophes ayent cru le mo
» vement de la terre , fi les preuves qu'ils
»en donnoient n'ont pas été fuffifantes
AOUST. 1759. 117
pour empêcher le plus grand nombre
de croire le mouvement du Soleil ?
M.Dalembert analyſe enfuite le fyftême
des tourbillons, & celui de la gravitation,'
On imagine bien en faveur duquel il fe
détermine. L'accord qu'on remarque tous
les jours de plus en plus entre les phé
nomênes célestes & la théorie Newtonienne
ſemble avoir décidé tous les Philofophes
pour le Newtonianifme. M. Da
lembert entre enfuite dans le détail des
procédés qui peuvent perfectionner l'Aftronomie
& reculer fes limites , & il finit
cet article par une obfervation à la gloire
de notre Nation . « Qu'on examine avec
» attention ce qui a été fait depuis quel-
» ques années par les plus habiles Ma-
" thématiciens fur ie fyftême du monde ;
» on conviendra , ce me femble , que
» l'Aftronomie Phyfique eft encore au-
» jourd'hui plus redevable aux François
» qu'à aucune autre Nation. C'eſt dans
» les travaux qu'ils ont entrepris , dans
» les ouvrages qu'ils ont mis fous les yeux
» de l'Europe , que le fyftême Newtonien
» trouvera déſormais fes preuves les plus
» inconteftables & les plus profondes.
M. Dalembert paffe rapidement fur
POptique & l'Acoustique ; je remarquerai
feulement qu'en parlant de la théorie des
118 MERCURE DE FRANCE.
رد
fons , il faifit l'occafion de louer les dé-
Couvertes qu'a faites M. Rameau dans
cette partie , d'une manière qui honore
l'un & l'autre. » L'illuftre Artiſte dont il
s'agit a été pour nous le Defcartes de
» la Mufique. On ne peut fe flatter , ce
» me femble , de faire quelque progrès
» dans cette fcience , qu'en fuivant la
» méthode qu'il a tracée.
L'Hydroftatique & l'Hydraulique n'offrent
que des détails trop mathématiques
pour être fufceptibles d'extrait ; mais je
m'arrête encore un moment fur la Phyfique
générale qui termine les élémens de
Philofophie.
وي
و د
"
» L'étude de cette Science roule fur
» deux points qu'il ne faut pas con-
» fondre , l'obfervation & l'expérience.
» L'obfervation , moins recherchée &
» moins fubtile , fe borne aux faits qu'elle
a fous les yeux , à bien voir & à bien
» détailler les phénomênes de toute ef
pèce que la Nature nous préfente . L'expérience
cherche à pénétrer la Nature
plus profondément , à lui dérober ce
qu'elle cache , à créer en quelque mala
différente combinaiſon des
par
» corps , de nouveaux phénomênes pour
» les étudier : enfin elle ne fe reftreint
» pas à écouter la Nature , mais elle l'in-
» terroge & la preffe.
30
">
ور
"
ود
nière
AOUST. 1759. 119
119'
M. Dalembert trace une efquite abrégée
de l'hiftoire & des prog: ès de la Phy-,
fique : les Anciens felon lui , n'ont pas
autant négligé la Nature qu'on le croit
communément , & il apporte en preuve
les ouvrages d'Hypocrate , qui font les,
monumens les plus confidérables qui
nons restent de la Phyfique ancienne , &
dans lesquels on trouve un ſyſtème d'obfervations
& une fuite de faits bien fürs &
bien rapprochés ; cependant il paroît que
les Anciens ont plus cultivé l'obfervation
que l'expérience. Les plus fages d'entre
eux ont fait la table de qu'ils voyoient ,
l'ont bien faite & s'en font tenus là. C'eft
dans l'hiftoire des Animaux , d'Ariſtote ,
qu'il faut chercher le vrai goût de Phyfique
des Anciens , plutôt que dans fes autres
ouvrages où il est moins riche en faits
& plus abondant en paroles , plus raifonneur
& moins inftruit.
Les fiécles les plus ignorans ont eu
des génies fupérieurs qui ont cultivé l'étude
de la Nature & accéléré les progrès
de la Phyfique , tel étoit le Moine
Bacon , » qui fçut par la force de fon gé-
» nie s'élever au- deffus de fon fiécle & le
» laiffer bien loin derriere lui. Auffi fut-
» il perfécuté par fes Confreres & regar-
» dé par le Peuple comme un Magicien
120 MERCURE DE FRANCE.
"
» à- peu- près comme Gerbert l'avoit été
près de trois fiécles auparavant pour les
inventions méchaniques , avec cette
» différence que Gerbert devint Pape , &
" que Bacon refta Moine & malheureux.
Le Chancelier Bacon & Defcartes paroiffent
ici comme les Reftaurateurs de
la Phyfique expérimentale. M. Dalembert
qui connoit fi bien les obligations que
leur a la Philofophie , leur reproche auffi
d'avoir été plus Phyficiens de fpéculation
que de pratique. Le plaifir oifif de la méditation
& de la conjecture , entraîne les
grands génies , & ils laiffent le travail mé.
chanique à d'autres qui ne vont pas auffi
loin que leurs maîtres auroient été. Ainfi
les uns penfent ou rêvent , les autres
agiffent ou manoeuvrent & l'enfance des
fciences eft éternelle .
Après une courte hiftoire de la Phylque
expérimentale , M. Dalembert propofe
quelques réflexions fur la manière de
traiter cette fcience. Il demande la plus
grande attention à n'établir la théorie
que fur des faits inconteftables ; & à ne
pas trop foumettre les hypothèfes au calcul
, dont tant de Phyficiens ont abufé.
La Géométrie doit obéir à la Phyfique
quand elle fe réunit à elle , & tous les
jers de Phyfique ne font pas également
fufceptibles
AOUST. 1759. 121
fufceptibles de l'application de la Géométrie
. M. Dalembert recommande aux Phyficiens
de fe défier de cette fureur d'expliquer
tout , que Defcartes a introduite
dans la Phyfique , mais il n'a garde de
profcrire ni cet efprit de conjecture , qui
tout à la fois timide & éclairé conduit
quelquefois à des découvertes , ni cet efprit
d'analogie, dont la fage hardieffe peut
aller au- delà de ce que la Nature femble
vouloir montrer , & prévoit les faits
avant que de les avoir vûs. La fageffe &
la circonfpection doivent guider le Phyficien
dans la marche ; la patience & le
courage doivent d'un autre côté le foutenir
dans fon travail . Tel eft en raccourci
le plan que M. Dalembert propofe à exécuter
& que perfonne peut-être ne rempliroit
mieux que celui qui l'a conçu &
tracé : on trouvera dans tout cet Ouvrage
des vues faines & étendues ; un ton noble
& ferme , des principes fages , un fcepticiſme
modefte , un ftyle net , libre &
concis , tel qu'il convient furtout aux
matieres philofophiques ; enfin cet effai
porte le caractere que les efprits ſupérieurs
impriment à leurs ouvrages : il
laiſſe beaucoup à penſer.
Le refte des Mélanges auprochain Mercure,
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Résumé : SUITE DES MÉLANGES DE LITTÉRATURE. ESSAI sur les Elémens de Philosophie ou sur les principes des connoissances humaines.
L'essai 'Élémens de Philosophie' de D'Alembert est une œuvre majeure des 'Mélanges de Littérature'. Il explore les principes des connaissances humaines, classés en trois types : de fait, de sentiment et de discussion, cette dernière étant spécifique à la philosophie. D'Alembert identifie des révolutions intellectuelles tous les 300 ans, illustrées par des événements comme la prise de Constantinople, la Réforme et les contributions de Descartes. L'ouvrage commence par la logique, définie comme l'art de déterminer le sens des termes et leurs rapports. Il aborde ensuite la métaphysique et la morale, subdivisée en morale de l'homme et morale des législateurs. D'Alembert discute de la moralité, de l'éducation et des sciences, soulignant la responsabilité des citoyens envers leur patrie. Il traite de l'éducation scientifique, débutant par la grammaire et les mathématiques, notamment l'algèbre et la géométrie, qu'il défend contre ses détracteurs. L'astronomie est présentée comme la science la plus certaine en physique, liée à la mécanique. D'Alembert valorise les progrès modernes en astronomie physique et préfère le système de la gravitation de Newton. Il reconnaît les contributions des Anciens mais note que les avancées significatives en physique proviennent des générations ultérieures. Le texte examine les contributions de Roger Bacon et René Descartes à la physique expérimentale, tout en critiquant leur penchant pour la spéculation théorique. D'Alembert propose une méthode pour la physique expérimentale basée sur des faits incontestables et la modération dans l'usage des hypothèses mathématiques. Il insiste sur l'importance de la géométrie au service de la physique et met en garde contre l'excès d'hypothèses. Il valorise l'esprit de conjecture et d'analogie, tout en prônant la sagesse, la circonspection, la patience et le courage dans la recherche scientifique. Le style de l'ouvrage est décrit comme noble, ferme, concis et adapté aux matières philosophiques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3880
p. 211-212
Dix-huitiéme Traitement depuis son Etablissement.
Début :
Le nommé Laréjouissance, Compagnie de [?]ronteroy, entré le 8 Février, & sorti le 6 Mars [...]
Mots clefs :
Compagnie, Soldats, Malades, Guérison, Chirurgien-major, Certificats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dix-huitiéme Traitement depuis son Etablissement.
ix-huitième Traitement depuisfon Etabliſſement
LE
nommé
Laréjouiffance
,
Compagnie
deronteroy
,
entré
le 8
Février
,
&
forti
le
6
Mars
.
arfaitement
guéri
.
Le nommé Lecocq , Compagnie de Guer, entré
18 Février , & forti le 27 Mars , parfaitement
uéri.
> 23
)
Le nommé Beaufire , Compagnie d'Obfouvil
entré le de Novembre , & forti les Juin
arfaitement guéri. Il a été guéri de .... au bout
le deux mois , & le refte du temps il eft demeuré
ans l'Hôpital pour le faire traiter d'une autre
naladie.
Na
Le
nommé
Beaufoleil
,
Compagnie
de
Lannoy
,
ntré le
15 Février
&
forti le
24
Avril
,
parfaire-
nent guéri
.
Le nommé Demolle , Compagnie de Guer , en-
ré le 8 Mars & forti le 10 Avril , parfaitement
uéri.
Le nommé Enot , Compagnie de Bouville , en-
ré le 8 Mars , & forti le 24 Avril , parfaitement
guéri.
Lenommé Malherbe , Compagnie de Latour,
Entré le 8 Mars & forti le 24 , parfaitement guéri.
Le nommé Azefnard, Compagnie de Cheva
212
MERCURE
DE FRANCE
.
lier , entré le 15 Mars & forti le 1 Mai , parfaite
ment guéri.
Le nommé Vincent , Compagnie de Viennay,
entré le 15 Mars & forti le 24 Avril , parfais
ment guéri.
Le nommé Flamand , Compagnie de Nolivos ,
entré le 22 Mars , & forti bien guéri le 8 Mai
Le nommé Maubange , Compagnie de Duran-
zas , entré le 29 Mars & forti le s Mai , parfaite-
ment guéri.
Lenommé
S.
Hilaire
,
Compagnie
d'Apremont
,
entré
le
29
Mars
&
forti
le
8
Mai
,
parfaitemen
guéri
.
&
Je
fouffigné
,
Chirurgien
-
Major
de
la
feconde
Compagnie
des Moufquetaires
&
Inspecteur
de
PHôpital
du
Régiment
des
Gardes
Françoifes
certifie
avoir
examiné
par ordre
de
Monfieur
le
Maréchal
dé Biron
les
douze
Soldats
ci
-
deflus
nominés
,
en
avoir.vâ
&
fuivi les
traitemens
,
qu'ils
font
fortis
tous bien guéris
.
Je
certifie
de
plus
qu'il
ne
leur
eft
arrivé
aucune
espéce
d'aco
dens
quelconques
,
&
que
depuis
la
fin
de
1756
,
que
cer
Hôpital
eſt
établi
,
je
n'en
ai
vu
arriver
aucun
.
A
Paris
le
14
Juillet
1759
.
LE
nommé
Laréjouiffance
,
Compagnie
deronteroy
,
entré
le 8
Février
,
&
forti
le
6
Mars
.
arfaitement
guéri
.
Le nommé Lecocq , Compagnie de Guer, entré
18 Février , & forti le 27 Mars , parfaitement
uéri.
> 23
)
Le nommé Beaufire , Compagnie d'Obfouvil
entré le de Novembre , & forti les Juin
arfaitement guéri. Il a été guéri de .... au bout
le deux mois , & le refte du temps il eft demeuré
ans l'Hôpital pour le faire traiter d'une autre
naladie.
Na
Le
nommé
Beaufoleil
,
Compagnie
de
Lannoy
,
ntré le
15 Février
&
forti le
24
Avril
,
parfaire-
nent guéri
.
Le nommé Demolle , Compagnie de Guer , en-
ré le 8 Mars & forti le 10 Avril , parfaitement
uéri.
Le nommé Enot , Compagnie de Bouville , en-
ré le 8 Mars , & forti le 24 Avril , parfaitement
guéri.
Lenommé Malherbe , Compagnie de Latour,
Entré le 8 Mars & forti le 24 , parfaitement guéri.
Le nommé Azefnard, Compagnie de Cheva
212
MERCURE
DE FRANCE
.
lier , entré le 15 Mars & forti le 1 Mai , parfaite
ment guéri.
Le nommé Vincent , Compagnie de Viennay,
entré le 15 Mars & forti le 24 Avril , parfais
ment guéri.
Le nommé Flamand , Compagnie de Nolivos ,
entré le 22 Mars , & forti bien guéri le 8 Mai
Le nommé Maubange , Compagnie de Duran-
zas , entré le 29 Mars & forti le s Mai , parfaite-
ment guéri.
Lenommé
S.
Hilaire
,
Compagnie
d'Apremont
,
entré
le
29
Mars
&
forti
le
8
Mai
,
parfaitemen
guéri
.
&
Je
fouffigné
,
Chirurgien
-
Major
de
la
feconde
Compagnie
des Moufquetaires
&
Inspecteur
de
PHôpital
du
Régiment
des
Gardes
Françoifes
certifie
avoir
examiné
par ordre
de
Monfieur
le
Maréchal
dé Biron
les
douze
Soldats
ci
-
deflus
nominés
,
en
avoir.vâ
&
fuivi les
traitemens
,
qu'ils
font
fortis
tous bien guéris
.
Je
certifie
de
plus
qu'il
ne
leur
eft
arrivé
aucune
espéce
d'aco
dens
quelconques
,
&
que
depuis
la
fin
de
1756
,
que
cer
Hôpital
eſt
établi
,
je
n'en
ai
vu
arriver
aucun
.
A
Paris
le
14
Juillet
1759
.
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Résumé : Dix-huitiéme Traitement depuis son Etablissement.
Le document est un rapport médical concernant douze soldats hospitalisés et guéris. Les soldats mentionnés sont Laréjouiffance, Lecocq, Beaufire, Beaufoleil, Demolle, Enot, Malherbe, Azefnard, Vincent, Flamand, Maubange et S. Hilaire, appartenant à diverses compagnies. Les dates d'entrée et de sortie varient, par exemple, Laréjouiffance est entré le 8 février et sorti le 6 mars, tandis que Beaufire est entré en novembre et sorti en juin. Le chirurgien-major de la seconde compagnie des Mousquetaires et inspecteur de l'hôpital du régiment des Gardes Françaises certifie que ces soldats ont été examinés, traités et sont sortis guéris. Il atteste également qu'aucun accident n'est survenu et que depuis l'établissement de l'hôpital en 1756, aucun cas similaire n'a été observé. Le document est daté du 14 juillet 1759.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3881
p. 212-215
« L[e] sieur Keyser a l'honneur de prévenir le Public, qu'ayant été attaqué de nouveau dans [...] »
Début :
L[e] sieur Keyser a l'honneur de prévenir le Public, qu'ayant été attaqué de nouveau dans [...]
Mots clefs :
M. Keyser, Attaque, Ouvrage, Défense, Vérité, Remède, Académie des sciences, Composants, Effets secondaires, Certificats, Cure, Palliatif, Maréchal de Biron, Témoignages de patients, Dragées
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « L[e] sieur Keyser a l'honneur de prévenir le Public, qu'ayant été attaqué de nouveau dans [...] »
Lfeur
Keyfer
a
l'honneur
de
prévenir
le
P
blic
,
qu'ayant
été
attaqué
de nouveau
dans
un
Livre
,
qui a
pour
titre
,
Traité
des
Tumeurs
&
Ulceres
,
de
la
façon
la
plus
injufte
&
la
pl
légere
,
il
vient d'y
répondre par
un
écrit
part
culier
qui
fe
trouve chez
le fieur
Delornel
Mar
chand
Libraire
,
rue du
Foin
;
il
le ſupplie
de
lit
attentivement
les
objets
de
défenſes
, d'obfervet
la
vérité
&
l'autenticité
des
Certificats
qu'il
a
pro
duit
,
&
d'être
perfuadé
qu'il
n'y a
rien
avant
qu'il
ne
foit
en
état
de prouver
aux
yeux
de
tou
l'Univers
: il
n'a
jufqu'ici
combattu
tous
fes
Ad
verfaires
qu'avec
les
armes de
la
vérité
; il
cre
être
au
moment de
les faire taire
pour
toujours
,
AOUST
.
1759
.
213
&
l'Académie
des
Sciences
,
qui veut
bien être
ſon
Juge
,
prononcera
bientôt
fur
la
compofition
defon
remède
,
fur
les
effets
&
fon
efficacité
;
cette
Académie
ayant
déja
nominé
pour
cela
des
Com-
miffaires
dont
les
talens
,
les
lumières
&
la
haute
réputation
ne
lui
laiſſent
rien
à
defirer
.
En
atten-
´
dant
il
croit
devoir
donner
ici
l'Extrait
court
&
fuccinct
de
la
dernière attaque qui
lui
a
été
faite
de
la
part
de
l'Auteur
anonyme du
Traité des
Tumeurs
,
&
celui
de
la
réponſe
qu'il
a
faite
.
Premièrement
,
fon
Aggrelleur
foupçonne
,
préfume
,
&
quoiqu'il
n'en
convienne
point
,
conclut
même
qu'il
doit
entrer
du
Sublimé
cor-
rofif
dans
la
compofition
de
fon
remède
.
Il
rap-
porte
pour
appuyer
les
conjectures
&
les
foupçons
une
expérience
frivole
; il
donne
les
raisons
les
plus
fuperficielles
;
il
cherche
à
perfuader
,
&
par
conféquent
il
effraye
injuftement
le
Public
.
A cela le fieur Keyſer répond par des analyſes
aurentiques faites à Paris & dans les Provinces par
les plus habiles Gens de l'Art. Tous atteſtent n'a-
voir trouvé dans la décompofition de fon reméde,
aucun atôme de Sublimé. Par conféquent l'impu-
tation tombe d'elle-même. On a fçu meme depuis
que l'Anonyme s'en étoit affuré par fes propres
expériences , & qu'il étoit convenu qu'il n'y avoit
point de Sublimé.
Secondement , l'Anonyme fe déchaîne contre
les effets du reméde. A le croire ce ne font que
nauſies , vomiſlemens , coliques , inflammations ,
effets pernicieux , funefles &c.
A cela le fieur Keyſer répond en offrant de
-préfenter à l'Anonime ( ne pouvant citer mille au❤
tres malades qu'il a traités , qu'il a bien guéris ,
& qui fe portent à merveille j 400 Soldats guéris
dans l'Hôpital de Monfi ur le Maréchal de Bi-
ron ; il produir les Certificats les plus autenti-
ques de Paris , & de la Province. Tous les Gens
£
14
MERCURE
DE
FRANCE
.
de
l'Art
qui
les
ont
donnés
atteſtent après
avoit
traité
avec
fon
reméde
les
uns to
Malades
,
les autres
30
,
ainſi
du
reſte
,
n'en
avoir
jamzi
vû
réſulter
le
moindre
accident
.
Par
conséquen
F'Anonyme
qui
ne
connoît point
le
reméde
,
qui
n'a jamais
traité
avec
,
qui
n'a
même
vû
traiter
perfonne
,
a
feul
vû
tous ces
mauvais
effets
.
Que
répondre à
cela
? Le
Public
jugera
fi
les
témoigna
ges
de
plus
de
cent perfonnes
habiles
dans
l'Ar
de
la
Médecine
,
&
de
la
Chirurgie
,
connues
pour
les plus
honnêtes
gens
,
peuvent
avoir
été
toutes
gagnées pour
s'accorder
à
dire
un
bien
général
d'une chofe
auffi
dangereufe
,
&
furtout
lorfque
l'on
prouve
qu'il
n'eft
pas
mort
en
feul
homme
far quatre
cens
.
D'ailleurs
comme
il
vient
d'être
démontré
dans
l'Article
précédent
qu'il n'y a
pas
de Sublimé
corrofif
,
il
eſt
clair
que
les
effets da
reméde
ne
peuvent
être
tels
que
l'Anonyme
les
fuppofe
.
Troifiémement
,
l'Anonyme
ne
s'en
tient
pas
là
,
il
veut encore
que
le
reméde
foit
infuffifant
,
que
les
cures
prétendues
ne
foient
que
palliatives
,
&
qu'il
faut
en
revenir
aux
frictions
&
c
.
A
cela
le fieur
Keyſer
offre
encore de
préfente
fes
400
Soldats
pour
fubir
l'examen
de
l'Anonyme
lui
-
même
,
il
produit
les
Certificats
de
perfonne
habiles
qui
atteftent
qu'il
s'en
eft fait
chaque
an
née
depuis quatre ans
une
revue générale
,
que
les guérifons
fe
font trouvées conftantes
&
foli-
des
que
les
Soldats
jouiffent
de
la
meilleure
fanté
.
Tous
les
Correfpóndans
du
feur
Keyſer
qui
ont
traité
une
multitude
de Malades
,
difent
la
même
choſe
;
perfonne ne
vient
le
plaindre
d'avoir
été
manqué
.
M.
le Maréchal de Biron
,
fi
connu par
fon
amour
pour
la vérité
,
pour
la
juftice
&
pour
le
bien public
,
veut bien appuyer
toutes ces preuves
AOUST
.
1759
.
211de
fon
témoignage
.
Il
a
en
main
les
originaux
de
tous
les
Certificats
;
il
va
les
dépofer
de
la
part
du
Roi
entre
les
mains
de l'Académie
.
Enfin
le
feur
Keyſer
offre
à
l'Anonyme
de
traiter
ſous
les
yeur
douze Malades
qu'il
choifira
lui
-
même
,
&
de
ne
pas
leur
donner une
ſeule
dragée
qu'en ſa
préſence
:
il
ſupplie
l'Académie
de
nommer
des
Commiflaires
pour
en
faire
autant
fous
leurs
yeux
.
Que
peut
-
il
faire
de
plus
?
&
comment
ſe
refuſer
à
des preuves
de
cette
force
?
Keyfer
a
l'honneur
de
prévenir
le
P
blic
,
qu'ayant
été
attaqué
de nouveau
dans
un
Livre
,
qui a
pour
titre
,
Traité
des
Tumeurs
&
Ulceres
,
de
la
façon
la
plus
injufte
&
la
pl
légere
,
il
vient d'y
répondre par
un
écrit
part
culier
qui
fe
trouve chez
le fieur
Delornel
Mar
chand
Libraire
,
rue du
Foin
;
il
le ſupplie
de
lit
attentivement
les
objets
de
défenſes
, d'obfervet
la
vérité
&
l'autenticité
des
Certificats
qu'il
a
pro
duit
,
&
d'être
perfuadé
qu'il
n'y a
rien
avant
qu'il
ne
foit
en
état
de prouver
aux
yeux
de
tou
l'Univers
: il
n'a
jufqu'ici
combattu
tous
fes
Ad
verfaires
qu'avec
les
armes de
la
vérité
; il
cre
être
au
moment de
les faire taire
pour
toujours
,
AOUST
.
1759
.
213
&
l'Académie
des
Sciences
,
qui veut
bien être
ſon
Juge
,
prononcera
bientôt
fur
la
compofition
defon
remède
,
fur
les
effets
&
fon
efficacité
;
cette
Académie
ayant
déja
nominé
pour
cela
des
Com-
miffaires
dont
les
talens
,
les
lumières
&
la
haute
réputation
ne
lui
laiſſent
rien
à
defirer
.
En
atten-
´
dant
il
croit
devoir
donner
ici
l'Extrait
court
&
fuccinct
de
la
dernière attaque qui
lui
a
été
faite
de
la
part
de
l'Auteur
anonyme du
Traité des
Tumeurs
,
&
celui
de
la
réponſe
qu'il
a
faite
.
Premièrement
,
fon
Aggrelleur
foupçonne
,
préfume
,
&
quoiqu'il
n'en
convienne
point
,
conclut
même
qu'il
doit
entrer
du
Sublimé
cor-
rofif
dans
la
compofition
de
fon
remède
.
Il
rap-
porte
pour
appuyer
les
conjectures
&
les
foupçons
une
expérience
frivole
; il
donne
les
raisons
les
plus
fuperficielles
;
il
cherche
à
perfuader
,
&
par
conféquent
il
effraye
injuftement
le
Public
.
A cela le fieur Keyſer répond par des analyſes
aurentiques faites à Paris & dans les Provinces par
les plus habiles Gens de l'Art. Tous atteſtent n'a-
voir trouvé dans la décompofition de fon reméde,
aucun atôme de Sublimé. Par conféquent l'impu-
tation tombe d'elle-même. On a fçu meme depuis
que l'Anonyme s'en étoit affuré par fes propres
expériences , & qu'il étoit convenu qu'il n'y avoit
point de Sublimé.
Secondement , l'Anonyme fe déchaîne contre
les effets du reméde. A le croire ce ne font que
nauſies , vomiſlemens , coliques , inflammations ,
effets pernicieux , funefles &c.
A cela le fieur Keyſer répond en offrant de
-préfenter à l'Anonime ( ne pouvant citer mille au❤
tres malades qu'il a traités , qu'il a bien guéris ,
& qui fe portent à merveille j 400 Soldats guéris
dans l'Hôpital de Monfi ur le Maréchal de Bi-
ron ; il produir les Certificats les plus autenti-
ques de Paris , & de la Province. Tous les Gens
£
14
MERCURE
DE
FRANCE
.
de
l'Art
qui
les
ont
donnés
atteſtent après
avoit
traité
avec
fon
reméde
les
uns to
Malades
,
les autres
30
,
ainſi
du
reſte
,
n'en
avoir
jamzi
vû
réſulter
le
moindre
accident
.
Par
conséquen
F'Anonyme
qui
ne
connoît point
le
reméde
,
qui
n'a jamais
traité
avec
,
qui
n'a
même
vû
traiter
perfonne
,
a
feul
vû
tous ces
mauvais
effets
.
Que
répondre à
cela
? Le
Public
jugera
fi
les
témoigna
ges
de
plus
de
cent perfonnes
habiles
dans
l'Ar
de
la
Médecine
,
&
de
la
Chirurgie
,
connues
pour
les plus
honnêtes
gens
,
peuvent
avoir
été
toutes
gagnées pour
s'accorder
à
dire
un
bien
général
d'une chofe
auffi
dangereufe
,
&
furtout
lorfque
l'on
prouve
qu'il
n'eft
pas
mort
en
feul
homme
far quatre
cens
.
D'ailleurs
comme
il
vient
d'être
démontré
dans
l'Article
précédent
qu'il n'y a
pas
de Sublimé
corrofif
,
il
eſt
clair
que
les
effets da
reméde
ne
peuvent
être
tels
que
l'Anonyme
les
fuppofe
.
Troifiémement
,
l'Anonyme
ne
s'en
tient
pas
là
,
il
veut encore
que
le
reméde
foit
infuffifant
,
que
les
cures
prétendues
ne
foient
que
palliatives
,
&
qu'il
faut
en
revenir
aux
frictions
&
c
.
A
cela
le fieur
Keyſer
offre
encore de
préfente
fes
400
Soldats
pour
fubir
l'examen
de
l'Anonyme
lui
-
même
,
il
produit
les
Certificats
de
perfonne
habiles
qui
atteftent
qu'il
s'en
eft fait
chaque
an
née
depuis quatre ans
une
revue générale
,
que
les guérifons
fe
font trouvées conftantes
&
foli-
des
que
les
Soldats
jouiffent
de
la
meilleure
fanté
.
Tous
les
Correfpóndans
du
feur
Keyſer
qui
ont
traité
une
multitude
de Malades
,
difent
la
même
choſe
;
perfonne ne
vient
le
plaindre
d'avoir
été
manqué
.
M.
le Maréchal de Biron
,
fi
connu par
fon
amour
pour
la vérité
,
pour
la
juftice
&
pour
le
bien public
,
veut bien appuyer
toutes ces preuves
AOUST
.
1759
.
211de
fon
témoignage
.
Il
a
en
main
les
originaux
de
tous
les
Certificats
;
il
va
les
dépofer
de
la
part
du
Roi
entre
les
mains
de l'Académie
.
Enfin
le
feur
Keyſer
offre
à
l'Anonyme
de
traiter
ſous
les
yeur
douze Malades
qu'il
choifira
lui
-
même
,
&
de
ne
pas
leur
donner une
ſeule
dragée
qu'en ſa
préſence
:
il
ſupplie
l'Académie
de
nommer
des
Commiflaires
pour
en
faire
autant
fous
leurs
yeux
.
Que
peut
-
il
faire
de
plus
?
&
comment
ſe
refuſer
à
des preuves
de
cette
force
?
Fermer
Résumé : « L[e] sieur Keyser a l'honneur de prévenir le Public, qu'ayant été attaqué de nouveau dans [...] »
Le sieur Keyfer a publié une déclaration en réponse à une attaque dans un livre intitulé 'Traité des Tumeurs & Ulcères'. Il a rédigé une réponse disponible chez le libraire Delornel et invite le public à examiner les preuves et certificats qu'il a fournis pour appuyer ses affirmations. Keyfer affirme n'avoir jamais utilisé d'autres moyens que la vérité pour se défendre et se dit prêt à faire taire ses détracteurs. L'Académie des Sciences, chargée de juger de la composition et de l'efficacité de son remède, a nommé des commissaires compétents. En attendant leur verdict, Keyfer présente un extrait de la dernière attaque et de sa réponse. L'auteur anonyme du 'Traité des Tumeurs' accuse Keyfer d'utiliser du sublimé corrosif dans son remède. Keyfer réfute cette accusation en produisant des analyses authentiques réalisées par des experts, confirmant l'absence de sublimé. L'anonyme critique également les effets du remède, les qualifiant de pernicieux et funestes. Keyfer répond en offrant de présenter 400 soldats guéris à l'hôpital de Montsurr, sous la supervision du Maréchal de Biron, ainsi que des certificats authentiques de médecins et chirurgiens attestant de l'efficacité et de la sécurité de son remède. Il propose également de traiter douze malades choisis par l'anonyme sous la supervision de l'Académie des Sciences pour prouver l'efficacité de son remède.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3882
p. 128-140
SUITE des Mêlanges de Littérature, d'Histoire & de Philosophie, par M. Dalembert &c.
Début :
Je terminerai l'analyse de ces Mêlanges par le précis de deux Morceaux qui [...]
Mots clefs :
Goût, Jean Le Rond d'Alembert, Esprit philosophique, Philosophie, Principes, Temps, Beautés, Sens, Religion, Philosophes, Analyse, Objets, Objet, Nuire , Impiété
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE des Mêlanges de Littérature, d'Histoire & de Philosophie, par M. Dalembert &c.
SUITE des Mélanges de Littérature ,
d'Hiftoire & de Philofophie , par
M. Dalembert &c.
J
E terminerai l'analyfe de ces Mélanges
par le précis de deux Morceaux qui
n'avoient point encore été imprimés &
qui ne font pas la partie la moins intéreffante
de ce recueil. Le premier nous
offre des Réfléxions fur l'ufage & fur
l'abus de la Philofophie dans les matières
de goût. Il y a peu d'objets en Littéra
ture qui méritent mieux d'être traités
par un habile homme ; mais on ſent en
même temps combien cette difcuffion eft
délicate. Il n'eft pas aifé de prefcrire des
régles au goût & des bornes à l'efprit
philofophique ; beaucoup de petits Critiques
qui manquent de goût comme de
Philofophie , ne ceffent de répéter que
SEPTEMBRE. 1759. Ize
Pefprit philofophique a perdu la Littérature
; d'autres prétendent foumettre
les chofes même de fentiment à une analyfe
rigoureufe : les uns voudroient réduire
le goût à un inftinct aveugle , &
éterniferoient par - là l'enfance de la raifon
; les autres réfroidiroient l'imagina--
tion & donneroient des entraves au génie
: ces deux extrémités font également
vicieuſes & nuifibles au progrès des Arts.
Il est donc important de fixer la nature
du goût , les lumières qu'il peut tirer de
l'efprit philofophique , & la ligne que
doit féparer l'un de l'autre. Le goût n'eft
point arbitraire , c'eft une vérité inconteftable
; mais eft- il bien décidé que tou
tes les beautés dont les ouvrages de l'Art
font fufceptibles ne foient pas de fon
reffort, comme le prétend M. Dalembert
Il eft des beautés frappantes & fublimes ,
qui faififfent également tous les efprits ,
& dont par conféquent tous les hommes:
font juges ; ce genre de beautés , felon
M. D. n'ont point le goût pour arbitre
mais il en eft qni ne touchent que les ames
fenfibles ,& ce font celles- là qu'il regarde
proprement comme l'objet du goût : ainfi
il définit le goût le talent dé démêler danss
Les ouvrages de l'Art ce qui doit plaire aus130
MERCURE DE FRANCE
1
ames fenfibles & ce qui doit les bleffer,
Peut-être qu'on pourroit confidérer le
goût fous un point de vue plus étendu ,
plus général ; que les beautés fimples ,
fublimes , univerfelles , font auffi bien du
reffort du goût que les beautés plus déficates
; & que le talent de démêler celles-
ci n'eft qu'un goût plus fin , plus exercé.
Quoiqu'il en foit , dans les difcuffions
métaphyfiques , il n'eft question que de
fixer avec précifion les idées qu'on attache
aux mots dont le fens n'eft pas encore
bien déterminé la définition de
M. Dalembert préfente une idée nette &
précife de ce qu'il entend par goût ; l'acception
plus étendue qu'on pourroit donner
à ce terme ne changeroit rien aux réfultats
de fes principes.
Le goût eft fondé fur des principes , il
n'y a donc point d'ouvrages de l'Art dont
on ne puiffe juger en y appliquant ces
principes. La fource de nos fentimens eft
uniquement en nous ; c'eft donc en por
tant une vue attentive au dedans de
nous-mêmes que nous découvrirons des
régles générales & invariables de goût ,
qui feront comme la pierre de touche à
L'épreuve de laquelle toutes les produc
ions du talent pourront être foumifes
La recherche & l'analyfe de ces régles
SEPTEMBRE. 1759. r31
19
font l'objet de l'efprit philofophique ,
mais cette difcuffion doit avoir un ter
me. Il ne faut pas efpérer de pouvoir
remonter aux premiers principes. Vou
loir trouver la caufe métaphyfique de nos
plaifirs feroit un projet auffi chimérique
que d'entreprendre d'expliquer l'action des
objets fur nos fens. Les principes de goût
peuvent donc fe réduire à un petit nom--
bre d'obfervations inconteftables fur no
tre manière de fentir. C'eft jufques- là que
le Philofophe remonte , mais c'est là qu'il
s'arrête , & d'où , par une pente naturel
le , il defcend enfuite aux conféquences .
La jufteffe d'efprit ne fuffit pas , il
faut encore une ame fenfible & délicate ,
» & de plus , dit M. Dalembert , ne
» manquer d'aucun des fens qui compo-
» fent le goût. Dans un Ouvrage de Poc
» fie , par exemple , on doit parler tan
" tôt à l'imagination , tantôt au fenti
» ment , tantôt à la raifon , mais tou
» jours à l'organe ; les vers font une efpéce
de chant , fur lequel l'oreille eft
» fi inéxorable , que la raiſon même eſt
» quelquefois contrainte de lui faire de
légers facrifices. Ainfi un Philofophe
» dénué d'organe , eût-il d'ailleurs tous
» le refte , fera un mauvais Juge en ma
tière de Poëfie.
23
F vj
1152 MERCURE DE FRANCE.
Ce n'eft pas encore affez.d'avoir tous
les fens qui compofen: le goût , il faut
que ces fens ayent été exercés fur les
objets qui appartiennent au goût. Mal
lebranche ne fentoit point les charmes
de la Poefie , quoiqu'il eût les principales
qualités du Poete , l'imagination , le
fentiment & l'harmonie .
M. Dalembert examine enfuite quelles
font les caufes du faux jugement qu'on
porte fur les chofes de goût & il recherche
les moyens de les éviter. Il entre fur
cet objet dans une Métaphyfique trèsdéliée
qu'il n'eft pas aifé de développer
dans un Extrait. Il vange enfuite l'efprit
philofophique des reproches que la fottife
ou l'envie ont coutume de lui faire , &
il avoue que c'eft faire autant d'injure
aux Belles Lettres qu'à la Philofophie ,
de croire qu'elles puiffent fe nuire ou`
s'exclure réciproquement. » Et comment
» le véritable efprit philofophique ſeroitnil
oppofé au bon goût ? Il en eft au
» contraire le plus ferme appui , puifque
» cet efprit confifte à remonter en toat
» aux vrais principes , à reconnoître que
claque Art a fa nature propre , chaque
» ftuation de l'ame fon caractère, chaque
chofe fon coloris ; en un mot à ne
point confondre les limites de chaque
39
→
SEPTEMBRE . 1759.
genre : abufer de l'efprit philofophique
, c'est en manquer.
Je finirai l'analyfe de ce Morceau par
une réfléxion qui le termine & qui mérite
bien d'être recueillie . « Ceux qui poſſé-
» dent & qui connoiffent le moins l'efprit
philofophique en font parmi nous
» les plus ardens détracteurs , comme la
Poefie eft décriée par ceux qui n'ont
» pû y réuffir , les hautes fciences par
» ceux qui en ignorent les premiers prin-
» cipes , & notre fiècle par les Ecrivains
» qui lui font le moins d'honneur.
33
Le Morceau dont il me reſte à rendre
compte eſt intitulé : De l'abus de la Critique
en matière de Religion. Le but que
fe propofe M. Dalembert dans cet Ouvrage
, aufſi intéreſſant par fon objet que
par les circonstances dans lesquelles il
paroît , » eft de vanger les Philofophes
des reproches d'impiété dont on les
"
charge fouvent mal- à-propos , en leur
» attribuant des fentimens qu'ils n'ont
» pas , en donnant à leurs paroles des
» interprétations forcées , en tirant de
leurs principes des conféquences odieu-
» fes & fauffes qu'ils défavouent , en voulant
enfin faire paffer pour criminelles
ou pour dangereufes des opinions que
134 MERCURE DE FRANCE
le Chriftianifine n'a jamais défendu de
» foutenir .
Ce deffein eft digne d'un Philofophe
qui refpecte les vérités du Chriftianif
me , & qui fçait que la vraie Philofophie
& la vraie religion doivent toujours
marcher de front & fe prêter une force
& une lumière mutuelle. Vouloir les oppofer
l'une à l'autre , c'eft nuire à toutes
les deux. Ne nous brouillons point avec les
Philofophes , difoit un Théologien paifble
, modéré & très-religieux. M. Da
lembert ne peut fe diffimuler les progrès
de l'impiété & les attentats des Incrédules
contre la plus fainte des Religions.
» Le defir de n'avoir plus de frein
» dans les paffions , la vanité de ne pas
penfer comme la multitude , ont fait
plutôt encore que l'illufion des fophif-
» mes , un grand nombre d'Incrédules ,
qui felon l'expreffion de Montagne ,
» tâchent d'être pires qu'ils ne peuvent,
On ne peut trop louer le zèle de ceux
qui s'empreffent de vanger la Religion
contre les efforts de l'impiété , mais on
ne peut en même temps s'élever avec trop
de chaleur contre ce zèle prétendu qui
fert de mafque à l'ignorance , à l'orgueil ,
à l'efprit de parti , à des paflions plus
"
"
و د
SEPTEMBRE. 1759 F35
odieufes encore , & dont les méchans &
les fanatiques fe fervent pour allarmer
la piété & détruire la Philofophie.
Rien n'a été plus commun dans tous
les
temps que l'accufation d'irréligion intentée
contre les Sages par ceux qui ne
le font pas. M. Dalembert après avoir
rappellé l'hiftoire de Socrate , d'Anaxagore
, d'Ariftote , paffe à des faits plus
récens. Le Pere Hardouin , moins célèbre
encore par la profondeur de fon
érudition que par l'extravagance de fes
opinions , à fait un ouvrage exprès, pour
mettre fans pudeur & fans remords au
nombre des Athées des Auteurs très-religieux
dont plufieurs avoient folidement
prouvé l'existence de Dieu dans leurs
écrits. Sa folie , dit M. de Voltaire , ôta
à fa calomnie toute fon atrocité ; mais
ceux qui renouvellent cette calomnie dans
notre fiécle , ne font pas toujours recon
nus pour fous , & font fouvent trèsdangereux.
On a accufé Defcartes d'être un Athée
pour avoir dit : Donnez- moi de la matiè
re & du mouvement , & je ferai un monde
, comme fi cette penſée grande &
profonde ne fuppofoit pas la néceffité
d'un être intelligent pour donner l'exi
tence & le mouvement à la matière. On
136 MERCURE DE FRANCE
*
accufé le Newtoniafme de favorifer l'Athéifme
, quoiqu'il n'y ait aucune Philofophie
plus favorable à la croyance d'un
Dieu. La lifte des Philofophes fauffement
accufés d'irréligion eft très-nombreuſe :
jamais les prétextes n'ont manqué au fanatifme
pour fonder cette odieufe impu
tation ; mais en s'élevant contre l'impie
té , du moins ne faudroit- il pas fe méprendre
fur le genre d'impiété qu'on at
taque. On m'accufe de Matérialiſme , difoit
un Pirronien , c'eft à-peu-près comme
ft on accufoit un Conftitutionnaire de Janfenifme.
N'a-t-on pas vu M. de Montequieu
accufé dans le même libelle d'être
Déifte & Spinofiste ?
"
»
»Le nom de Matérialiſme , dit M. Da
lembert , eft devenu de nos jours une
efpéce de cri de guerre : c'eſt là quali-
»fication générale qu'on applique fans
» difcernement à toutes les efpéces d'In-
» crédules , ou même à ceux qu'on veut
» faire paffer pour tels. Dans toutes les
Religions & dans tous les temps le fa-
» natiſme ne s'eft piqué ni d'équité ni de
jufteffe . Il a donné à ceux qu'il vouloit
perdre , non pas les noms qu'ils méri
toient , mais ceux qui pouvoient leur
nuire le plus. Ainfi dans les premiers
fiécles , les Payens donnoient à tous
"
»
SEPTEMBRE. 1759. 137
les Chrétiens le nom de Juifs , parce
qu'il s'agiffoit moins d'avoir raiſon que
» de rendre les Chrétiens odieux.
»
M. Dalembert après avoir rapporté
plufieurs exemples d'imputations ridicules
dont la calomnie fous le nom de zéle a
chargé plufieurs Philofophes , recherche
pourquoi des défenfeurs de la Religion
la plus douce & la plus modefte ont eu
fi fouvent recours aux injures . Ils deshonorent
par- là la caufe qu'ils veulent défendre
, & ne font qu'aigrir & par conféquent
éloigner les efprits que la modération
auroit pu ramener. » Mais l'excès
» en toutes chofes eft l'élément de l'hom-
» me, fa nature eft de fe paffionner fur
tous les objets dont il s'occupe ; la mo-
» dération eft pour lui un état forcé , ce
» n'est jamais que par contrainte ou par
» réfléxion qu'il s'y foumet ; & quand
» le refpect qui est dû à la cauſe qu'il dé-
» fend , peut fervir de prétexte à fon
» animofité , il s'y abandonne fans retenue
& fans remords. Le faux zéle auroit-
il oublié que l'Evangile a deux pré-
" ceptes également indifpenfables , l'a-
" mour de Dieu & celui du prochain ? &
» croit- il mieux pratiquer le premier en
violant le fecond.
Si les accufations téméraires peuvent
18 MERCURE DE FRANCE.
nuire à la Religion, c'eft furtout lorfqu'elles
tombent fur des hommes fupérieurs
dont le nom feul peut donner du poids
aux opinions qu'on leur fuppofe.Qu'a- t - on
gagné à accufer avec tant d'acharnement
Filluftre Auteur de l'Esprit des Loix d'avoir
voulu donner atteinte aux principes
du Chriftianifme ? Les Incrédules fe font
glorifiés du chef qu'on leur donnoit fi
gratuitement , & fon nom leur a donné
plus de confiance que tous leurs fophifmes.
L'autorité eft le grand argument de
la multitude ; & l'incrédulité , difoit un
homme d'efprit , eft une espéce de foi pour
la plupart des impies.
M. Dalembert trace enfuite d'après
l'Hiftoire Eccléfiaftique un tableau court
& frappant des maux que le fanatisme a
produits chez nos ancêtres ; & il fait voir
par ce détail auffi effrayant qu'utile, com、
bien le gouvernement a intérêt de défendre
& d'appuyer les Gens de Lettres.
C'eft à eux que les Souverains doivent aujourd'hui
l'affermiffement de leur puiffance
, & la deftruction d'une foule d'opinions
abfurdes , nuifibles au repos & au
bonheur de leurs Etats.
Je finis cette analyſe par un trait bien
remarquable : » Il n'y a , ce me femble,
qu'un moyen d'affoiblir l'empire de
SEPTEMBRE . 1759 139
1
12
19
29
» l'Inquifition dans les contrées malheu
» reufes où elle domine encore , c'est d'y
» favorifer autant qu'il eft poffible , l'étude
des fciences exactes . Souverains
qui gouvernez ces Peuples , & qui vou→
lez leur faire fecouer le joug de la fuperftition
& de l'ignorance , faites naî
tre des Mathématiciens parmi eux ;
cette femence produira des Philofophes
avec le temps , & prefque fans
qu'on s'en apperçoive . L'orthodoxie la
plus délicate n'a rien à démêler avec
» la géométrie. Ceux qui croyoient avoir
n intérêt de tenir les efprits dans les té-
» nébres , fuffent-ils affez prévoyans pour
preffentir la fuite des progrès de cette
» fcience , manqueroient de prétextes
" pour l'empêcher de fe répandre. Bientôt
l'étude de la Géométrie conduira comme
d'elle - même à celle de la faine Phyfique
, & celle- ci à la vraie Philofophie
, qui par la lumière qu'elle répan-
" dra , fera bientôt plus puiffante que
» tous les efforts de la fuperftition ; car
» ces efforts quelque grands qu'ils foient ,
» deviennent inutiles dès qu'une fois la
Nation eft éclairée.
On trouve dans les deux Morceaux
dont je viens de rendre compte cette hardieffe
de pinceau , ce ton d'humanité &
140 MERCURE DE FRANCE
de Philofophie qui caractérisent les ou
vrages de M. Dalembert. On remarque
même dans le dernier un degré de force
& de chaleur qui peut être produit pa
l'importance & l'intérêt de la matière.
M. Dalembert y marche d'un pas ferme
entre deux fentiers très - gliffans , & fon
courage mérite la reconnoifance & les
éloges de ceux qui aiment fincérement le
véritable Chriftianiſme & la bonne Philofophie.
d'Hiftoire & de Philofophie , par
M. Dalembert &c.
J
E terminerai l'analyfe de ces Mélanges
par le précis de deux Morceaux qui
n'avoient point encore été imprimés &
qui ne font pas la partie la moins intéreffante
de ce recueil. Le premier nous
offre des Réfléxions fur l'ufage & fur
l'abus de la Philofophie dans les matières
de goût. Il y a peu d'objets en Littéra
ture qui méritent mieux d'être traités
par un habile homme ; mais on ſent en
même temps combien cette difcuffion eft
délicate. Il n'eft pas aifé de prefcrire des
régles au goût & des bornes à l'efprit
philofophique ; beaucoup de petits Critiques
qui manquent de goût comme de
Philofophie , ne ceffent de répéter que
SEPTEMBRE. 1759. Ize
Pefprit philofophique a perdu la Littérature
; d'autres prétendent foumettre
les chofes même de fentiment à une analyfe
rigoureufe : les uns voudroient réduire
le goût à un inftinct aveugle , &
éterniferoient par - là l'enfance de la raifon
; les autres réfroidiroient l'imagina--
tion & donneroient des entraves au génie
: ces deux extrémités font également
vicieuſes & nuifibles au progrès des Arts.
Il est donc important de fixer la nature
du goût , les lumières qu'il peut tirer de
l'efprit philofophique , & la ligne que
doit féparer l'un de l'autre. Le goût n'eft
point arbitraire , c'eft une vérité inconteftable
; mais eft- il bien décidé que tou
tes les beautés dont les ouvrages de l'Art
font fufceptibles ne foient pas de fon
reffort, comme le prétend M. Dalembert
Il eft des beautés frappantes & fublimes ,
qui faififfent également tous les efprits ,
& dont par conféquent tous les hommes:
font juges ; ce genre de beautés , felon
M. D. n'ont point le goût pour arbitre
mais il en eft qni ne touchent que les ames
fenfibles ,& ce font celles- là qu'il regarde
proprement comme l'objet du goût : ainfi
il définit le goût le talent dé démêler danss
Les ouvrages de l'Art ce qui doit plaire aus130
MERCURE DE FRANCE
1
ames fenfibles & ce qui doit les bleffer,
Peut-être qu'on pourroit confidérer le
goût fous un point de vue plus étendu ,
plus général ; que les beautés fimples ,
fublimes , univerfelles , font auffi bien du
reffort du goût que les beautés plus déficates
; & que le talent de démêler celles-
ci n'eft qu'un goût plus fin , plus exercé.
Quoiqu'il en foit , dans les difcuffions
métaphyfiques , il n'eft question que de
fixer avec précifion les idées qu'on attache
aux mots dont le fens n'eft pas encore
bien déterminé la définition de
M. Dalembert préfente une idée nette &
précife de ce qu'il entend par goût ; l'acception
plus étendue qu'on pourroit donner
à ce terme ne changeroit rien aux réfultats
de fes principes.
Le goût eft fondé fur des principes , il
n'y a donc point d'ouvrages de l'Art dont
on ne puiffe juger en y appliquant ces
principes. La fource de nos fentimens eft
uniquement en nous ; c'eft donc en por
tant une vue attentive au dedans de
nous-mêmes que nous découvrirons des
régles générales & invariables de goût ,
qui feront comme la pierre de touche à
L'épreuve de laquelle toutes les produc
ions du talent pourront être foumifes
La recherche & l'analyfe de ces régles
SEPTEMBRE. 1759. r31
19
font l'objet de l'efprit philofophique ,
mais cette difcuffion doit avoir un ter
me. Il ne faut pas efpérer de pouvoir
remonter aux premiers principes. Vou
loir trouver la caufe métaphyfique de nos
plaifirs feroit un projet auffi chimérique
que d'entreprendre d'expliquer l'action des
objets fur nos fens. Les principes de goût
peuvent donc fe réduire à un petit nom--
bre d'obfervations inconteftables fur no
tre manière de fentir. C'eft jufques- là que
le Philofophe remonte , mais c'est là qu'il
s'arrête , & d'où , par une pente naturel
le , il defcend enfuite aux conféquences .
La jufteffe d'efprit ne fuffit pas , il
faut encore une ame fenfible & délicate ,
» & de plus , dit M. Dalembert , ne
» manquer d'aucun des fens qui compo-
» fent le goût. Dans un Ouvrage de Poc
» fie , par exemple , on doit parler tan
" tôt à l'imagination , tantôt au fenti
» ment , tantôt à la raifon , mais tou
» jours à l'organe ; les vers font une efpéce
de chant , fur lequel l'oreille eft
» fi inéxorable , que la raiſon même eſt
» quelquefois contrainte de lui faire de
légers facrifices. Ainfi un Philofophe
» dénué d'organe , eût-il d'ailleurs tous
» le refte , fera un mauvais Juge en ma
tière de Poëfie.
23
F vj
1152 MERCURE DE FRANCE.
Ce n'eft pas encore affez.d'avoir tous
les fens qui compofen: le goût , il faut
que ces fens ayent été exercés fur les
objets qui appartiennent au goût. Mal
lebranche ne fentoit point les charmes
de la Poefie , quoiqu'il eût les principales
qualités du Poete , l'imagination , le
fentiment & l'harmonie .
M. Dalembert examine enfuite quelles
font les caufes du faux jugement qu'on
porte fur les chofes de goût & il recherche
les moyens de les éviter. Il entre fur
cet objet dans une Métaphyfique trèsdéliée
qu'il n'eft pas aifé de développer
dans un Extrait. Il vange enfuite l'efprit
philofophique des reproches que la fottife
ou l'envie ont coutume de lui faire , &
il avoue que c'eft faire autant d'injure
aux Belles Lettres qu'à la Philofophie ,
de croire qu'elles puiffent fe nuire ou`
s'exclure réciproquement. » Et comment
» le véritable efprit philofophique ſeroitnil
oppofé au bon goût ? Il en eft au
» contraire le plus ferme appui , puifque
» cet efprit confifte à remonter en toat
» aux vrais principes , à reconnoître que
claque Art a fa nature propre , chaque
» ftuation de l'ame fon caractère, chaque
chofe fon coloris ; en un mot à ne
point confondre les limites de chaque
39
→
SEPTEMBRE . 1759.
genre : abufer de l'efprit philofophique
, c'est en manquer.
Je finirai l'analyfe de ce Morceau par
une réfléxion qui le termine & qui mérite
bien d'être recueillie . « Ceux qui poſſé-
» dent & qui connoiffent le moins l'efprit
philofophique en font parmi nous
» les plus ardens détracteurs , comme la
Poefie eft décriée par ceux qui n'ont
» pû y réuffir , les hautes fciences par
» ceux qui en ignorent les premiers prin-
» cipes , & notre fiècle par les Ecrivains
» qui lui font le moins d'honneur.
33
Le Morceau dont il me reſte à rendre
compte eſt intitulé : De l'abus de la Critique
en matière de Religion. Le but que
fe propofe M. Dalembert dans cet Ouvrage
, aufſi intéreſſant par fon objet que
par les circonstances dans lesquelles il
paroît , » eft de vanger les Philofophes
des reproches d'impiété dont on les
"
charge fouvent mal- à-propos , en leur
» attribuant des fentimens qu'ils n'ont
» pas , en donnant à leurs paroles des
» interprétations forcées , en tirant de
leurs principes des conféquences odieu-
» fes & fauffes qu'ils défavouent , en voulant
enfin faire paffer pour criminelles
ou pour dangereufes des opinions que
134 MERCURE DE FRANCE
le Chriftianifine n'a jamais défendu de
» foutenir .
Ce deffein eft digne d'un Philofophe
qui refpecte les vérités du Chriftianif
me , & qui fçait que la vraie Philofophie
& la vraie religion doivent toujours
marcher de front & fe prêter une force
& une lumière mutuelle. Vouloir les oppofer
l'une à l'autre , c'eft nuire à toutes
les deux. Ne nous brouillons point avec les
Philofophes , difoit un Théologien paifble
, modéré & très-religieux. M. Da
lembert ne peut fe diffimuler les progrès
de l'impiété & les attentats des Incrédules
contre la plus fainte des Religions.
» Le defir de n'avoir plus de frein
» dans les paffions , la vanité de ne pas
penfer comme la multitude , ont fait
plutôt encore que l'illufion des fophif-
» mes , un grand nombre d'Incrédules ,
qui felon l'expreffion de Montagne ,
» tâchent d'être pires qu'ils ne peuvent,
On ne peut trop louer le zèle de ceux
qui s'empreffent de vanger la Religion
contre les efforts de l'impiété , mais on
ne peut en même temps s'élever avec trop
de chaleur contre ce zèle prétendu qui
fert de mafque à l'ignorance , à l'orgueil ,
à l'efprit de parti , à des paflions plus
"
"
و د
SEPTEMBRE. 1759 F35
odieufes encore , & dont les méchans &
les fanatiques fe fervent pour allarmer
la piété & détruire la Philofophie.
Rien n'a été plus commun dans tous
les
temps que l'accufation d'irréligion intentée
contre les Sages par ceux qui ne
le font pas. M. Dalembert après avoir
rappellé l'hiftoire de Socrate , d'Anaxagore
, d'Ariftote , paffe à des faits plus
récens. Le Pere Hardouin , moins célèbre
encore par la profondeur de fon
érudition que par l'extravagance de fes
opinions , à fait un ouvrage exprès, pour
mettre fans pudeur & fans remords au
nombre des Athées des Auteurs très-religieux
dont plufieurs avoient folidement
prouvé l'existence de Dieu dans leurs
écrits. Sa folie , dit M. de Voltaire , ôta
à fa calomnie toute fon atrocité ; mais
ceux qui renouvellent cette calomnie dans
notre fiécle , ne font pas toujours recon
nus pour fous , & font fouvent trèsdangereux.
On a accufé Defcartes d'être un Athée
pour avoir dit : Donnez- moi de la matiè
re & du mouvement , & je ferai un monde
, comme fi cette penſée grande &
profonde ne fuppofoit pas la néceffité
d'un être intelligent pour donner l'exi
tence & le mouvement à la matière. On
136 MERCURE DE FRANCE
*
accufé le Newtoniafme de favorifer l'Athéifme
, quoiqu'il n'y ait aucune Philofophie
plus favorable à la croyance d'un
Dieu. La lifte des Philofophes fauffement
accufés d'irréligion eft très-nombreuſe :
jamais les prétextes n'ont manqué au fanatifme
pour fonder cette odieufe impu
tation ; mais en s'élevant contre l'impie
té , du moins ne faudroit- il pas fe méprendre
fur le genre d'impiété qu'on at
taque. On m'accufe de Matérialiſme , difoit
un Pirronien , c'eft à-peu-près comme
ft on accufoit un Conftitutionnaire de Janfenifme.
N'a-t-on pas vu M. de Montequieu
accufé dans le même libelle d'être
Déifte & Spinofiste ?
"
»
»Le nom de Matérialiſme , dit M. Da
lembert , eft devenu de nos jours une
efpéce de cri de guerre : c'eſt là quali-
»fication générale qu'on applique fans
» difcernement à toutes les efpéces d'In-
» crédules , ou même à ceux qu'on veut
» faire paffer pour tels. Dans toutes les
Religions & dans tous les temps le fa-
» natiſme ne s'eft piqué ni d'équité ni de
jufteffe . Il a donné à ceux qu'il vouloit
perdre , non pas les noms qu'ils méri
toient , mais ceux qui pouvoient leur
nuire le plus. Ainfi dans les premiers
fiécles , les Payens donnoient à tous
"
»
SEPTEMBRE. 1759. 137
les Chrétiens le nom de Juifs , parce
qu'il s'agiffoit moins d'avoir raiſon que
» de rendre les Chrétiens odieux.
»
M. Dalembert après avoir rapporté
plufieurs exemples d'imputations ridicules
dont la calomnie fous le nom de zéle a
chargé plufieurs Philofophes , recherche
pourquoi des défenfeurs de la Religion
la plus douce & la plus modefte ont eu
fi fouvent recours aux injures . Ils deshonorent
par- là la caufe qu'ils veulent défendre
, & ne font qu'aigrir & par conféquent
éloigner les efprits que la modération
auroit pu ramener. » Mais l'excès
» en toutes chofes eft l'élément de l'hom-
» me, fa nature eft de fe paffionner fur
tous les objets dont il s'occupe ; la mo-
» dération eft pour lui un état forcé , ce
» n'est jamais que par contrainte ou par
» réfléxion qu'il s'y foumet ; & quand
» le refpect qui est dû à la cauſe qu'il dé-
» fend , peut fervir de prétexte à fon
» animofité , il s'y abandonne fans retenue
& fans remords. Le faux zéle auroit-
il oublié que l'Evangile a deux pré-
" ceptes également indifpenfables , l'a-
" mour de Dieu & celui du prochain ? &
» croit- il mieux pratiquer le premier en
violant le fecond.
Si les accufations téméraires peuvent
18 MERCURE DE FRANCE.
nuire à la Religion, c'eft furtout lorfqu'elles
tombent fur des hommes fupérieurs
dont le nom feul peut donner du poids
aux opinions qu'on leur fuppofe.Qu'a- t - on
gagné à accufer avec tant d'acharnement
Filluftre Auteur de l'Esprit des Loix d'avoir
voulu donner atteinte aux principes
du Chriftianifme ? Les Incrédules fe font
glorifiés du chef qu'on leur donnoit fi
gratuitement , & fon nom leur a donné
plus de confiance que tous leurs fophifmes.
L'autorité eft le grand argument de
la multitude ; & l'incrédulité , difoit un
homme d'efprit , eft une espéce de foi pour
la plupart des impies.
M. Dalembert trace enfuite d'après
l'Hiftoire Eccléfiaftique un tableau court
& frappant des maux que le fanatisme a
produits chez nos ancêtres ; & il fait voir
par ce détail auffi effrayant qu'utile, com、
bien le gouvernement a intérêt de défendre
& d'appuyer les Gens de Lettres.
C'eft à eux que les Souverains doivent aujourd'hui
l'affermiffement de leur puiffance
, & la deftruction d'une foule d'opinions
abfurdes , nuifibles au repos & au
bonheur de leurs Etats.
Je finis cette analyſe par un trait bien
remarquable : » Il n'y a , ce me femble,
qu'un moyen d'affoiblir l'empire de
SEPTEMBRE . 1759 139
1
12
19
29
» l'Inquifition dans les contrées malheu
» reufes où elle domine encore , c'est d'y
» favorifer autant qu'il eft poffible , l'étude
des fciences exactes . Souverains
qui gouvernez ces Peuples , & qui vou→
lez leur faire fecouer le joug de la fuperftition
& de l'ignorance , faites naî
tre des Mathématiciens parmi eux ;
cette femence produira des Philofophes
avec le temps , & prefque fans
qu'on s'en apperçoive . L'orthodoxie la
plus délicate n'a rien à démêler avec
» la géométrie. Ceux qui croyoient avoir
n intérêt de tenir les efprits dans les té-
» nébres , fuffent-ils affez prévoyans pour
preffentir la fuite des progrès de cette
» fcience , manqueroient de prétextes
" pour l'empêcher de fe répandre. Bientôt
l'étude de la Géométrie conduira comme
d'elle - même à celle de la faine Phyfique
, & celle- ci à la vraie Philofophie
, qui par la lumière qu'elle répan-
" dra , fera bientôt plus puiffante que
» tous les efforts de la fuperftition ; car
» ces efforts quelque grands qu'ils foient ,
» deviennent inutiles dès qu'une fois la
Nation eft éclairée.
On trouve dans les deux Morceaux
dont je viens de rendre compte cette hardieffe
de pinceau , ce ton d'humanité &
140 MERCURE DE FRANCE
de Philofophie qui caractérisent les ou
vrages de M. Dalembert. On remarque
même dans le dernier un degré de force
& de chaleur qui peut être produit pa
l'importance & l'intérêt de la matière.
M. Dalembert y marche d'un pas ferme
entre deux fentiers très - gliffans , & fon
courage mérite la reconnoifance & les
éloges de ceux qui aiment fincérement le
véritable Chriftianiſme & la bonne Philofophie.
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Résumé : SUITE des Mêlanges de Littérature, d'Histoire & de Philosophie, par M. Dalembert &c.
Le texte examine deux ouvrages de D'Alembert et Diderot. D'Alembert, dans ses 'Mélanges de Littérature, d'Histoire & de Philosophie', aborde l'usage et l'abus de la philosophie dans les matières de goût. Il souligne la difficulté de prescrire des règles au goût et de définir les limites de l'esprit philosophique. D'Alembert critique les extrêmes : ceux qui pensent que l'esprit philosophique a ruiné la littérature et ceux qui veulent soumettre les sentiments à une analyse rigoureuse. Il définit le goût comme le talent de distinguer ce qui plaît aux âmes sensibles, tout en reconnaissant certaines beautés universelles. Pour juger des œuvres d'art, il faut une juste intelligence, une âme sensible et des sens exercés. D'Alembert examine les causes des faux jugements en matière de goût et défend l'esprit philosophique, affirmant qu'il soutient les belles-lettres en respectant les limites de chaque art. Diderot, dans 'De l'abus de la Critique en matière de Religion', défend les philosophes contre les accusations d'impiété. Il montre comment les idées des philosophes sont mal interprétées ou déformées, soulignant que leurs détracteurs connaissent souvent mal la philosophie et la poésie. Diderot critique les accusations d'athéisme portées contre des penseurs comme Socrate, Anaxagore, Aristote, Descartes et Newton, motivées par l'ignorance, l'orgueil et les passions partisanes. Il met en garde contre l'usage abusif du terme 'matérialisme' pour discréditer les incrédules et rappelle que l'excès de zèle religieux peut nuire à la cause qu'il prétend défendre. Le texte discute également des dangers des accusations infondées contre des figures éminentes comme Montesquieu, auteur de 'L'Esprit des Lois'. Ces accusations ont renforcé les incrédules et leur ont donné une crédibilité injustifiée. Il souligne l'importance de protéger les gens de lettres, qui contribuent à renforcer le pouvoir des souverains et à détruire les opinions nuisibles. D'Alembert est mentionné pour son tableau des méfaits du fanatisme dans l'histoire ecclésiastique, démontrant l'intérêt du gouvernement à soutenir les lettrés. Le texte se conclut par une réflexion sur la manière de combattre l'Inquisition en promouvant l'étude des sciences exactes, notamment la géométrie, qui mène à la philosophie et à l'éclairage des esprits. Le style de D'Alembert est loué pour sa hardiesse, son humanité et sa philosophie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3883
p. 212-213
Extrait d'une Lettre de M. Daran, Ecuyer, Conseiller, Chirurgien ordinaire du Roi, servant par quartier, & Maitre en Chirurgie de Paris, à M*** Pour servir de Réponse à un article du Traité des tumeurs, où l'Auteur prétend que les Bougies de M. Daran lui sont connues, & croit en donner la composition.
Début :
Quant un erreur est sur le point de s'accréditer sur un objet qui intéresse essentiellement l'humanité, [...]
Mots clefs :
Bougies, Médecine, Traité des tumeurs, Composition, Secret, Remède, Maladies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de M. Daran, Ecuyer, Conseiller, Chirurgien ordinaire du Roi, servant par quartier, & Maitre en Chirurgie de Paris, à M*** Pour servir de Réponse à un article du Traité des tumeurs, où l'Auteur prétend que les Bougies de M. Daran lui sont connues, & croit en donner la composition.
Extrait d'une Lettre de M. Daran , Ecuyer, Confeiller,
Chirurgien ordinaire du Roi , fervantpar
quartier , & Maitre en Chirurgie de Paris ,
M*** Pour fervir de Réponse à un article du
Traité des tumeurs , où l'Auteur prétend que les
Bougies de M. Daran lui font connues , & croit
en donner la compoſition .
Quand une erreur eft fur le point de s'accréditer
fur un objet qui intéreſſe effentiellement
l'humanité , on ne fçauroit trop tôt la relever
pour en prévenir les fuites. L'Auteur anonyme
SEPTEMBRE . 1759. 213 .
du Traité des tumeurs & des ulcères , & c . annonce .
une manière de compofer des Bougies , avec ce
titre affirmatif : Bougies du Sieur Daran.
M. Daran protefte que ces Bougies ne font pas
les fiennes ; il affure qu'il n'entre pas dans les
fiennes un feul des ingrédients que l'Auteur de
ce Traité donne pour la compofition de celles
qu'il propofe. M. Daran n'a communiqué à perfonne
le fecret d'où dépend l'efficacité de fon
reméde. J'aurois cru être coupable , dit - il , de
garder le filence à ce fujet , n'ayant que trop
d'exemples du mal qu'a produit la confiance imprudente
de plufieurs malades aux promelles
dont on les a flattés à cet égard , & qui n'ont
été détrompés & guéris que lorsqu'ils fe font
adreffés directement à moi.
M. Fabre , Maître en Chirurgie , dans un effai
fur les maladies de ce genre , qui parut l'année
dernière , prétend que le topique des Bougies
étoit connu avant M, Daran ; & celui - ci n'en difconvient
pas , mais il nie que le fecret de la
compofition de fes Bougies ait été connu avant
lui : or l'efficacité de fon reméde dépend furtout
de fa compofition . M. Fabre prétend aufli que
M. Darand a confondu deux maladies , qui cependant
fe trouvent expreffément diftinguées dans
fon Traité de celles dont les Bougies font le reméde.
Il ne m'eft pas permis d'entrer dans un plus
grand détail , mais les différentes cures opérées
par M. Daran fuffifent à fon apologie.
Chirurgien ordinaire du Roi , fervantpar
quartier , & Maitre en Chirurgie de Paris ,
M*** Pour fervir de Réponse à un article du
Traité des tumeurs , où l'Auteur prétend que les
Bougies de M. Daran lui font connues , & croit
en donner la compoſition .
Quand une erreur eft fur le point de s'accréditer
fur un objet qui intéreſſe effentiellement
l'humanité , on ne fçauroit trop tôt la relever
pour en prévenir les fuites. L'Auteur anonyme
SEPTEMBRE . 1759. 213 .
du Traité des tumeurs & des ulcères , & c . annonce .
une manière de compofer des Bougies , avec ce
titre affirmatif : Bougies du Sieur Daran.
M. Daran protefte que ces Bougies ne font pas
les fiennes ; il affure qu'il n'entre pas dans les
fiennes un feul des ingrédients que l'Auteur de
ce Traité donne pour la compofition de celles
qu'il propofe. M. Daran n'a communiqué à perfonne
le fecret d'où dépend l'efficacité de fon
reméde. J'aurois cru être coupable , dit - il , de
garder le filence à ce fujet , n'ayant que trop
d'exemples du mal qu'a produit la confiance imprudente
de plufieurs malades aux promelles
dont on les a flattés à cet égard , & qui n'ont
été détrompés & guéris que lorsqu'ils fe font
adreffés directement à moi.
M. Fabre , Maître en Chirurgie , dans un effai
fur les maladies de ce genre , qui parut l'année
dernière , prétend que le topique des Bougies
étoit connu avant M, Daran ; & celui - ci n'en difconvient
pas , mais il nie que le fecret de la
compofition de fes Bougies ait été connu avant
lui : or l'efficacité de fon reméde dépend furtout
de fa compofition . M. Fabre prétend aufli que
M. Darand a confondu deux maladies , qui cependant
fe trouvent expreffément diftinguées dans
fon Traité de celles dont les Bougies font le reméde.
Il ne m'eft pas permis d'entrer dans un plus
grand détail , mais les différentes cures opérées
par M. Daran fuffifent à fon apologie.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de M. Daran, Ecuyer, Conseiller, Chirurgien ordinaire du Roi, servant par quartier, & Maitre en Chirurgie de Paris, à M*** Pour servir de Réponse à un article du Traité des tumeurs, où l'Auteur prétend que les Bougies de M. Daran lui sont connues, & croit en donner la composition.
En septembre 1759, M. Daran, écuyer, conseiller et chirurgien ordinaire du Roi, conteste un article du Traité des tumeurs qui attribue à tort la paternité de ses bougies à un auteur anonyme. Il affirme que la composition décrite dans le traité est incorrecte et que le secret de leur fabrication n'a jamais été révélé. M. Daran met en garde contre la confiance imprudente des malades en des remèdes non vérifiés, soulignant que seuls ses propres remèdes ont prouvé leur efficacité. M. Fabre, maître en chirurgie, avait précédemment affirmé que le principe actif des bougies était connu avant M. Daran, ce que ce dernier ne conteste pas. Cependant, M. Daran nie que la composition exacte de ses bougies ait été connue avant lui, insistant sur l'importance de cette composition pour l'efficacité du remède. M. Fabre accuse également M. Daran d'avoir confondu deux maladies dans son traité, mais M. Daran ne commente pas en détail, se contentant de souligner les nombreuses guérisons réalisées grâce à ses bougies comme preuve de leur efficacité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3883
Extrait d'une Lettre de M. Daran, Ecuyer, Conseiller, Chirurgien ordinaire du Roi, servant par quartier, & Maitre en Chirurgie de Paris, à M*** Pour servir de Réponse à un article du Traité des tumeurs, où l'Auteur prétend que les Bougies de M. Daran lui sont connues, & croit en donner la composition.
3884
p. 211-213
Suite du Catalogue de M. le chevalier Blondeau du Charnage.
Début :
NOMS Des Maisons. NOMBRE Des Titres. Alabat. I. G. &c I. [...]
Mots clefs :
Noms de famille, Titre de noblesse, Catalogue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite du Catalogue de M. le chevalier Blondeau du Charnage.
SUITE du Catalogue de M. le Chevalier
BLONDEAU DU CHARN AGE.
NOMS
DES MAISONS
ALABAT. 1. G. &
ALABONNE.
ALADEN T.
ALLAIRE.
ALLAIS.
NOMBRE
DES TITRE So
1.
I.
I.
Z.
ALLAI X.
ALAMA N.
ALAMARGOT.
ALAMARTINE. I. G. & 1. A.
ALAMEA U.
ALAR D. 1. G. &
ALARY.
ALAUX .
ALEA UM E.
ALBANE L.
ALBERT.
ALBERTA S. 1. G. &
ALBERTHIN.
ALBIAC.
ALBIAT ( d' ).
ALBON.
ALBRET.
ALBRIGNO.
LLEGRAIN , OU ALLEGR & N .
ALLEGRE . I. G. &
6.
2.
87.
I a
2.0.
212 MERCURE DE FRANCE.
NOMS
DES MAISONS.
ALEHAN.
ALE MAIGNE
ALEMAN T.
NOMBRE
DES TITRE S.
1 .
2 .
23:
ALESME ( d').
ALEN.
ALENCE' ( ď }%
A LENÇON.
*
ALES P1' E.
ALEPS.
A LER.
A LES SEA U. R.
ALESSO.!
ALEXANDRE
A LIBERT.
ALICHA M P. R. &
ALIER ( d )
ALIE'S. ( d )
ALIGE .
ALIGRE ( d' ) . R. &
ALIGRE T. G. &
•
ALLIMLHER.
ALINTON ,
10 .
3.
2.
8 .
2.
5 .
5.
14.
1 .
1 .
22.
I.
I.
1.
ALIO T. R.
.11.
ALIX .
A LIXAN T. R. &
2.
4
ALIX BRETON. I.
ALMAIGNE.
ALMAYS ( d³ ).
ALMAS ( d' ).
ALMAURY. R.
I.
T.
OCTOBRE , 1759. 213
NOMBRE
DES TITRES ,
NOMS
DES MAISONS,
ALMERA 9. 1 .
ALNASSAR.
ALLONEA U.
ALLONVILLE,
A LOU. 3 .
ALOUGNY. I. G.
ALPOZZO ( d ' ) .
ALUSSON. R
ALVARES.
ALVASSA T
ALVEQUI N.
ALVIN.
AMA DO N.
AMADOR.
AMALUI.
I
1.
8.
1 .
2.
·
AMAND .
AMANJO N.
AMANZE . 1. A. R, &
A MAURY.
AMBLARD,
AMBOISE .
AMBRA Y.
.ag b .
8 .
2.
7.
AMCE.
3.
A MEIL..
AMELEN, OU A MELAIN.
I.
AMELINE. 2.
AMELLO N, 21.
AMELO T.
AMESTON , ou ADMESTON,
La fuite au Mercure prochair ,
BLONDEAU DU CHARN AGE.
NOMS
DES MAISONS
ALABAT. 1. G. &
ALABONNE.
ALADEN T.
ALLAIRE.
ALLAIS.
NOMBRE
DES TITRE So
1.
I.
I.
Z.
ALLAI X.
ALAMA N.
ALAMARGOT.
ALAMARTINE. I. G. & 1. A.
ALAMEA U.
ALAR D. 1. G. &
ALARY.
ALAUX .
ALEA UM E.
ALBANE L.
ALBERT.
ALBERTA S. 1. G. &
ALBERTHIN.
ALBIAC.
ALBIAT ( d' ).
ALBON.
ALBRET.
ALBRIGNO.
LLEGRAIN , OU ALLEGR & N .
ALLEGRE . I. G. &
6.
2.
87.
I a
2.0.
212 MERCURE DE FRANCE.
NOMS
DES MAISONS.
ALEHAN.
ALE MAIGNE
ALEMAN T.
NOMBRE
DES TITRE S.
1 .
2 .
23:
ALESME ( d').
ALEN.
ALENCE' ( ď }%
A LENÇON.
*
ALES P1' E.
ALEPS.
A LER.
A LES SEA U. R.
ALESSO.!
ALEXANDRE
A LIBERT.
ALICHA M P. R. &
ALIER ( d )
ALIE'S. ( d )
ALIGE .
ALIGRE ( d' ) . R. &
ALIGRE T. G. &
•
ALLIMLHER.
ALINTON ,
10 .
3.
2.
8 .
2.
5 .
5.
14.
1 .
1 .
22.
I.
I.
1.
ALIO T. R.
.11.
ALIX .
A LIXAN T. R. &
2.
4
ALIX BRETON. I.
ALMAIGNE.
ALMAYS ( d³ ).
ALMAS ( d' ).
ALMAURY. R.
I.
T.
OCTOBRE , 1759. 213
NOMBRE
DES TITRES ,
NOMS
DES MAISONS,
ALMERA 9. 1 .
ALNASSAR.
ALLONEA U.
ALLONVILLE,
A LOU. 3 .
ALOUGNY. I. G.
ALPOZZO ( d ' ) .
ALUSSON. R
ALVARES.
ALVASSA T
ALVEQUI N.
ALVIN.
AMA DO N.
AMADOR.
AMALUI.
I
1.
8.
1 .
2.
·
AMAND .
AMANJO N.
AMANZE . 1. A. R, &
A MAURY.
AMBLARD,
AMBOISE .
AMBRA Y.
.ag b .
8 .
2.
7.
AMCE.
3.
A MEIL..
AMELEN, OU A MELAIN.
I.
AMELINE. 2.
AMELLO N, 21.
AMELO T.
AMESTON , ou ADMESTON,
La fuite au Mercure prochair ,
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Résumé : Suite du Catalogue de M. le chevalier Blondeau du Charnage.
Le document est une suite du catalogue du Chevalier Blondeau du Charnage, daté d'octobre 1759. Il liste divers noms de maisons nobles ou titrées, accompagnés du nombre de titres associés à chacune. Par exemple, Alabat possède 1 titre, tandis qu'Allegre en possède 6. La liste inclut des noms tels que Alabat, Alabon, Aladent, Allaire, et bien d'autres, couvrant une large gamme allant d'Alabret à Ameston. Des indications spécifiques comme 'G.' et 'R.' apparaissent, pouvant signifier des distinctions ou des rangs particuliers. Le document semble être une compilation exhaustive de noms de familles nobles.
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3885
p. 211-215
Suite du Catalogue de M. le Chevalier Blondeau de Charnage.
Début :
NOMS Des Maisons. NOMBRE Des Titres. Amette. I. [...]
Mots clefs :
Famille, Titre de noblesse, Table alphabétique
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texteReconnaissance textuelle : Suite du Catalogue de M. le Chevalier Blondeau de Charnage.
SUITE du Catalogue de M. le Chevalier
BLONDEAU DE CHARNAGE.
NOMS
DES MAISONS.
AMETTE .
AMEREVILLE.
AMY ( L' ) .
AMIGAULT.
Амгот .
AMIRAUT , ou ADMIRAUT.
AMOURS ( D' ) .
AMPROU X.
A MULTO N.
NOMBRE
DES TITRE S
1 .
I.
10 .
ANAPPIER. R. Voyez HANNAPIER ,
ANAST. 1. A.
ANCEAU . •
ANCEAU ME.
ANCELM E.
ANDELOT. 1. A. & R.
1 .
21
3.
3.
ANDEUS E.
17
ANDIGNE'. 1. G..
ANDIGNi.
1.
I.
ANDINO .
ANDOINS ( D³ ).
2 .
2 .
ANDRAS .
ANDRAULI SANDRA U.
1 .
ANDREA S.
ANDRE'.
ANDREY. 1. G.
ANDIENAS.
212 MERCURE DE FRANCE
NOMS
DES MAISONS.
ANDRESO T. R.
ANDREV E L. I. A
ANDRIEU .
ASNE ( L').
ANEBAULT (D').
ANNEQUIN.
ANERDET.
NOMBRE
DES TITRES
I
2.
For
1.
1.
ANERDY.
ANERLY.
ANNEVILLE (D³).
ANFRIE. I. A.
ANFROY ,
ANGELY ,
ANGENNES ( D').
ANGENOST.
ANGENOUST,
ANGER.
ANGERVILLE.
ANCEVILLE. I. A.
ANGIBERT.
ANGIRA R D.
ANGLADE ( De l' ) ..
ANGLADE S.
I'
2
It
2.
1
6. ANGLARD ( D' ).
ANGLI BERNIER ( D³).
ANGLUR E.
ANGOT.
ANGOULAIN.
ANGOULEVANT.
ANGUE CHIN ( D³ ) .-
ANGUETI N..
1.
6.
76
I.
3.
8.
DECEMBRE. 1759 . 213
NOMBRE
DES TITRES
NOMS
DES MAISONS.
ASNIERE S.
ANJORAN T.
ANJOU ( D' ),
ANIQUET.
ANISSO N.
ANLEZY ( D' ) . 1. A.
ANQUETE L.
ANQUETI L.
ANSTRUD E. 1. G. & 1. A.
ANTHENA ISE.
ANTOIN E.
ANTHOINET.
ANTHON.
ANTHONNIS , & ANTONIS.
ANTRAVES.
A OUST ( D' ) .
APCHON.
APCHIER. Un Mémoire imprimé.
APELA BONI.
APPOUE L.
APPOUG NY.
AQUA ( D' ).
AQUAQUI A.
ACQUET.
ARA DO N.
ARAGE PIED.
ARAYEPIED , OU ARRAIGEPIED.
ARAGON.
ARAMBAR.
ARRAS ( D' ).
5 .
2
Le
I.
7.
4.
2.
7.
12.
I.
I.
3.
2.
AREALESTE . I. A. R. & 26
214 MERCURE DE FRANCE.
NOMS
DES MAISONS. I
ARBELOT. R.
NOMBRE
DES TITRES
I.
ARBONNE AU.
ARBOUSSIER . I. G
ARCHAMBAULT.
ARCHE ( L' ) .
ARCHER ( L' )
ARCHIA C.
ARCHIE R.
ARCHINBAUE,
ARCY. I. A.
ARCISSA C.
5 .
2.
4.
4 .
2..
I.
AR CO.
2 .
ARSONAT D' ).
1 .
ARCONNEUR ( L' ), 3.
ARDENS ( Des ) . 1 , G.
ARDERET.
I.
ARDIER.
1
ARDILLIER,
ARDON ( D' ),
AREI S.
AREMBERG.
ARINE.
ARERES ( D )
ARESIN.
ARREST ( D'),
ARREV AUT.
ARGENNE S. ( D' },
AKGENT ( D ' ) R.
ARGENTIER,
ARGY D' .
ARGIL LEMONT,
I.
I.
3.
I.
I.
1 .
I.
DECEMBRE. 1759.
219
NOMS
DES MAISONS.
NOMBRE
DES TITRES
ARGILLIERE ( D' ),
ARGILIERES.
ARGONNE.
ARGOUGES .
ARGOUJON.
ARGUM VILLIERS.
ARRIBA T.
BLONDEAU DE CHARNAGE.
NOMS
DES MAISONS.
AMETTE .
AMEREVILLE.
AMY ( L' ) .
AMIGAULT.
Амгот .
AMIRAUT , ou ADMIRAUT.
AMOURS ( D' ) .
AMPROU X.
A MULTO N.
NOMBRE
DES TITRE S
1 .
I.
10 .
ANAPPIER. R. Voyez HANNAPIER ,
ANAST. 1. A.
ANCEAU . •
ANCEAU ME.
ANCELM E.
ANDELOT. 1. A. & R.
1 .
21
3.
3.
ANDEUS E.
17
ANDIGNE'. 1. G..
ANDIGNi.
1.
I.
ANDINO .
ANDOINS ( D³ ).
2 .
2 .
ANDRAS .
ANDRAULI SANDRA U.
1 .
ANDREA S.
ANDRE'.
ANDREY. 1. G.
ANDIENAS.
212 MERCURE DE FRANCE
NOMS
DES MAISONS.
ANDRESO T. R.
ANDREV E L. I. A
ANDRIEU .
ASNE ( L').
ANEBAULT (D').
ANNEQUIN.
ANERDET.
NOMBRE
DES TITRES
I
2.
For
1.
1.
ANERDY.
ANERLY.
ANNEVILLE (D³).
ANFRIE. I. A.
ANFROY ,
ANGELY ,
ANGENNES ( D').
ANGENOST.
ANGENOUST,
ANGER.
ANGERVILLE.
ANCEVILLE. I. A.
ANGIBERT.
ANGIRA R D.
ANGLADE ( De l' ) ..
ANGLADE S.
I'
2
It
2.
1
6. ANGLARD ( D' ).
ANGLI BERNIER ( D³).
ANGLUR E.
ANGOT.
ANGOULAIN.
ANGOULEVANT.
ANGUE CHIN ( D³ ) .-
ANGUETI N..
1.
6.
76
I.
3.
8.
DECEMBRE. 1759 . 213
NOMBRE
DES TITRES
NOMS
DES MAISONS.
ASNIERE S.
ANJORAN T.
ANJOU ( D' ),
ANIQUET.
ANISSO N.
ANLEZY ( D' ) . 1. A.
ANQUETE L.
ANQUETI L.
ANSTRUD E. 1. G. & 1. A.
ANTHENA ISE.
ANTOIN E.
ANTHOINET.
ANTHON.
ANTHONNIS , & ANTONIS.
ANTRAVES.
A OUST ( D' ) .
APCHON.
APCHIER. Un Mémoire imprimé.
APELA BONI.
APPOUE L.
APPOUG NY.
AQUA ( D' ).
AQUAQUI A.
ACQUET.
ARA DO N.
ARAGE PIED.
ARAYEPIED , OU ARRAIGEPIED.
ARAGON.
ARAMBAR.
ARRAS ( D' ).
5 .
2
Le
I.
7.
4.
2.
7.
12.
I.
I.
3.
2.
AREALESTE . I. A. R. & 26
214 MERCURE DE FRANCE.
NOMS
DES MAISONS. I
ARBELOT. R.
NOMBRE
DES TITRES
I.
ARBONNE AU.
ARBOUSSIER . I. G
ARCHAMBAULT.
ARCHE ( L' ) .
ARCHER ( L' )
ARCHIA C.
ARCHIE R.
ARCHINBAUE,
ARCY. I. A.
ARCISSA C.
5 .
2.
4.
4 .
2..
I.
AR CO.
2 .
ARSONAT D' ).
1 .
ARCONNEUR ( L' ), 3.
ARDENS ( Des ) . 1 , G.
ARDERET.
I.
ARDIER.
1
ARDILLIER,
ARDON ( D' ),
AREI S.
AREMBERG.
ARINE.
ARERES ( D )
ARESIN.
ARREST ( D'),
ARREV AUT.
ARGENNE S. ( D' },
AKGENT ( D ' ) R.
ARGENTIER,
ARGY D' .
ARGIL LEMONT,
I.
I.
3.
I.
I.
1 .
I.
DECEMBRE. 1759.
219
NOMS
DES MAISONS.
NOMBRE
DES TITRES
ARGILLIERE ( D' ),
ARGILIERES.
ARGONNE.
ARGOUGES .
ARGOUJON.
ARGUM VILLIERS.
ARRIBA T.
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Résumé : Suite du Catalogue de M. le Chevalier Blondeau de Charnage.
Le document est une suite du catalogue du Chevalier Blondeau de Charnage, listant les noms de diverses maisons nobles et le nombre de leurs titres. Les entrées sont organisées alphabétiquement, de 'Amette' à 'Arribat'. Chaque nom de maison est suivi du nombre de titres associés, souvent indiqués par des abréviations telles que 'I. A.' pour 'Illustre et Ancien' ou 'R.' pour 'Royal'. Par exemple, 'Amette' possède 1 titre, tandis que 'Amereville' en possède 10. Certaines entrées incluent des notes supplémentaires, comme 'Un Mémoire imprimé' pour 'Apchier'. Le document reflète la diversité et la richesse des maisons nobles listées, couvrant une large gamme de noms et de titres.
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3886
p. 218-219
Dix-neuvième traitement depuis son établissement.
Début :
Le nommé Lafare, Compagnie de Guer, entré le 25 Mai, & sorti le 3 [...]
Mots clefs :
Soldats, Malades, Compagnie, Symptômes, Guérison, Succès, Composants, Remède, Académie royale des sciences
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dix-neuvième traitement depuis son établissement.
Dix - neuvième traitement depuis fon
établiffement.
LEE nommé Lafare , Compagnie de Guer
entré le 25 Mai , & forti le 3 Juillet , parfaitement
guéri .
Le nommé la Gayté , Comp . d'Hallot , entré
le 23 Mai , & forti le 10 Juillet . Item.
Le nommé Delaurier , Comp. de Champignelles
, entré le 23 Mai , & forti le 19 Juin, Item.
Le nommé Célar , même Comp . entré le 31
Mai , & forti le ro Juillet , Item.
Le nommé Dubois , même Comp. entré le 7
Juin , & forti le 10 Juillet , Item .
Le nommé le Sueur, même Comp. entré le 7,
Juin , & forti le 17 Juillet , Item.
Le nommé Pernay , même Comp. entré le 7
Juin , & forti le 17 Juillet . Ce Soldat avoit outre
les fymptomes les plus graves , deux tumeurs
d'une groffeur extraordinaire , le fcorbut , & une
hydropifie. Le remède l'a guéri de toutes ces com.
plications.
Le nommé Latour , même Comp. entré le 28
Juin , & forti le 7 Août , parfaitement guéri.
Le nommé Saint- Louis , même Comp. entré
le 19 Juin , & forti le 28 Août , Item.
Le nommé Baron , Comp. d'Hallot , entré le
26 Juiller , & forti le 4 Septembre , Item.
Le nommé Bourdelet , Comp . de Latour , entré
le 2 Aoû , & forti le 18 Septembre , Item.
DECEMBRE. 1759. 219
Le nomme Picard , Comp . de Tourville , entré
le 9 Août , & forti le 18 Septembre , Item .
L'on imagine de repprocher au fieur Keyſer
de ne citer jamais que des Soldats aux Gardes ;
comme s'il avoit jamais été permis de citer des
malades guéris en ville , & comme fi ces citations
de Soldats , par noms & Compagnies , n'étoient
pas revêtues de toute l'autenticité poffible.
M. Keyfer fupplie le Public d'obferver que de- .
puis l'établiſſement de fon Hôpital il y a guéri
plus de 450 Soldats fans qu'il en foit mort un
feul , & fans qu'il foit arrivé à aucun le moindre
accident , quelques efforts que fes ennemis failent
pour infinuer le contraire. L'analyfe que l'Académie
Royale des Sciences a fait faire de fon remède
vient de détruire pleinement & fans retour
les idées vagues & l'imputation hazardée de l'Au
teur du Traité des Tumeurs & Ulcères , qui fans
connoître en aucune façon la compofition de ce
remède , avoit imaginé , ( fans doute pour effrayer
le Public ) d'y faire entrer le Sublimé corrofif.
M. Keyfer compte rendre avant qu'il foit peu
cette analyfe publique , & y ajouter les témoi
gnages de la même Académie qu'il fe flatte d'obs
tenir d'après les nouvelles épreuves qu'elle voudra
bien faire faire encore fous les yeux.
établiffement.
LEE nommé Lafare , Compagnie de Guer
entré le 25 Mai , & forti le 3 Juillet , parfaitement
guéri .
Le nommé la Gayté , Comp . d'Hallot , entré
le 23 Mai , & forti le 10 Juillet . Item.
Le nommé Delaurier , Comp. de Champignelles
, entré le 23 Mai , & forti le 19 Juin, Item.
Le nommé Célar , même Comp . entré le 31
Mai , & forti le ro Juillet , Item.
Le nommé Dubois , même Comp. entré le 7
Juin , & forti le 10 Juillet , Item .
Le nommé le Sueur, même Comp. entré le 7,
Juin , & forti le 17 Juillet , Item.
Le nommé Pernay , même Comp. entré le 7
Juin , & forti le 17 Juillet . Ce Soldat avoit outre
les fymptomes les plus graves , deux tumeurs
d'une groffeur extraordinaire , le fcorbut , & une
hydropifie. Le remède l'a guéri de toutes ces com.
plications.
Le nommé Latour , même Comp. entré le 28
Juin , & forti le 7 Août , parfaitement guéri.
Le nommé Saint- Louis , même Comp. entré
le 19 Juin , & forti le 28 Août , Item.
Le nommé Baron , Comp. d'Hallot , entré le
26 Juiller , & forti le 4 Septembre , Item.
Le nommé Bourdelet , Comp . de Latour , entré
le 2 Aoû , & forti le 18 Septembre , Item.
DECEMBRE. 1759. 219
Le nomme Picard , Comp . de Tourville , entré
le 9 Août , & forti le 18 Septembre , Item .
L'on imagine de repprocher au fieur Keyſer
de ne citer jamais que des Soldats aux Gardes ;
comme s'il avoit jamais été permis de citer des
malades guéris en ville , & comme fi ces citations
de Soldats , par noms & Compagnies , n'étoient
pas revêtues de toute l'autenticité poffible.
M. Keyfer fupplie le Public d'obferver que de- .
puis l'établiſſement de fon Hôpital il y a guéri
plus de 450 Soldats fans qu'il en foit mort un
feul , & fans qu'il foit arrivé à aucun le moindre
accident , quelques efforts que fes ennemis failent
pour infinuer le contraire. L'analyfe que l'Académie
Royale des Sciences a fait faire de fon remède
vient de détruire pleinement & fans retour
les idées vagues & l'imputation hazardée de l'Au
teur du Traité des Tumeurs & Ulcères , qui fans
connoître en aucune façon la compofition de ce
remède , avoit imaginé , ( fans doute pour effrayer
le Public ) d'y faire entrer le Sublimé corrofif.
M. Keyfer compte rendre avant qu'il foit peu
cette analyfe publique , & y ajouter les témoi
gnages de la même Académie qu'il fe flatte d'obs
tenir d'après les nouvelles épreuves qu'elle voudra
bien faire faire encore fous les yeux.
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Résumé : Dix-neuvième traitement depuis son établissement.
Le document expose un rapport sur les traitements réalisés dans un hôpital, détaillant les cas de soldats guéris entre mai et septembre 1759. Parmi les patients, le soldat Pernay de la Compagnie de Champignelles a été soigné de symptômes graves tels que deux tumeurs, le scorbut et une hydropisie. Le rapport mentionne que plus de 450 soldats ont été guéris sans aucun décès ni accident, malgré les tentatives de discréditation. M. Keyfer, responsable de l'hôpital, réfute les accusations selon lesquelles son remède contiendrait du sublimé corrosif, un produit dangereux. Il annonce la publication prochaine de l'analyse de son remède par l'Académie Royale des Sciences, accompagnée de témoignages pour confirmer son efficacité et son innocuité.
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3887
p. 219-224
Lettre de M. Keyser à Messieurs ses Correspondans, tant dans les principales Villes du Royaume, que dans l'étranger.
Début :
J'ai reçu, Messieurs, toutes les Lettres dont vous m'avez honoré. [...]
Mots clefs :
Vérité, Critiques, Remède, Certificats, Fausses accusations, Amitié, Médecins, Cure, Composants, Maréchal de Biron
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Keyser à Messieurs ses Correspondans, tant dans les principales Villes du Royaume, que dans l'étranger.
LETTRE de M. Keyfer à Meffieurs fes
Correfpondans , tant dans les principales
Villes du Royaume , que dans
l'étranger.
J'AI ' AI reçu , Meffieurs , toutes les Lettres dont
vous m'avez honoré . Je fais fenfible comme je
le dois à toutes les marques de bonté & de zèle
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
que vous n'avez ceffé de me témoigner jufqu'ici,
Je vous fais mille remercimens du mépris & du
renvoi que vous m'avez fait du fot imprimé en
forme de prophétie , qui vous a été adreflé fans
doute par quelqu'un de ces Anonymes dont les
écrits font auffi méprifables que leurs perfonnes ,
gens qui ne s'occupent qu'à imaginer des noirceurs
pour fatisfaire à la fois leur jaloufie & leur
envie de nuire. Je fuis également pénétré de reconnoiffance
du peu de croyance que vous avez
donnée à tout ce que l'Auteur du Traité des Tumeurs
& Ulcères a légèrement avancé contre
mon remède , dont vous connoiſſez & avez été
à portée de voir les effets beaucoup mieux que lui.
Vous fçavez , Meffieurs , que lorſqu'il a été
queftion de vous envoyer ce remède , je ne vous
ai jamais demandé que ce que l'honneur , la jultice
& la vérité pouvoient exiger de vous . Jefuis
même perfuadé que j'aurois très- mal réuffi s'il
en eût été autrement . Vous fçavez qu'aucun motif
d'intérêt n'eft encore entré dans notre corref
pondance , puifque non feulement je ne vous ai
encore fixé aucun prix , mais que je vous ai toujours
prié de faire des effais , de m'en dire votre
fentiment avec franchiſe , & de foulager les Pauvres
dans l'occafion . Ce font ici des faits , Meffieurs:
vous fçavez qu'il n'y a point de myſtères
entre nous , & que je ne vous ai jamais demandé
pi grace ni faveur. La querelle que l'on me fait ,"
quoiqu'injufte & défapprouvée des honnêtes
gens , devient longue & férieufe. C'eſt la cauſe du
Public , c'eft la vôtre , c'eſt la mienne , & il eſt
aifé de voir que je ne crains pas de la plaider
ouvertement , ne voulant avoir que la vérité pour
moi , & ne réclamant que ce que vous m'avez.
mandé avoir fait & vu.
Yous avez depuis quatre ans eu la bonić de
DECEMBRE. 1759 2212
me témoigner par quantité de lettres remiſes à
Mgr le Maréchal Duc de Biron , & qui feront
préfentées avant qu'il foit peu à l'Académie des
Sciences, une fatisfaction générale, en m'envoyant
même les détails des guérifons nombreuſes &
étonnantes que vous avez opérées partout. Suivant
vos certificats , vos lettres & vos aveux , je
les ai fucceffivement fait inférer dans les différens
Mercures.
Vous fçavez , Meffieurs , fi ces détails ont été
faux , fi vos Certificats ont été factices , mendics
ou extorqués , & vous trouverez fans doute bien
fingulier , pour ne pas dire plus , que fans voir ,
fans rien examiner , dans le temps que j'annonce
que ces Pièces font entre les mains d'un Maréchal
de France , il fe trouve quelqu'un qui ofe les
combattre , doute de leur réalité , & veuille raifonner
imprudemment de ce qu'il ne connoît
pas.
Vous avez reconnu de plus par les analyfes que
vous avez bien voulu faire faire partout fous VOS
yeux , & celles que vous avez faites vous-même ,
la légéreté de la premiere imputation de mon
adverfaire , n'ayant trouvé ni reconnu aucune
trace de Sublimé corrofif dans le remède ; cependant
je dois vous prévenir que quoiqu'il en ait été
bien perfuadé lui - même , ou qu'il air du moins
fait lemblant de l'être , il vient de m'attaquer
de nouveau , & avec plus de vivacité que jamais
dans un extrait de fon dernier ouvrage accompagné
de Lettres qu'il a intitulées Lettres de Mé--
decins de Paris , dé Province , &c . Or comme
vous êtes , Meffieurs , en état actuellement de fçavoir
à quoi vous en tenir par vos propres faits anciens
& journaliers , je vous prie de vouloir bien
faire acheter ces belles & magnifiques lettres
ou plutôt libelles contre moi , qui ne fe vendent:
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
que 18 fols chez Cavelier à Paris , afin de comparer
tous les raifonnemens dont elles font remplies
avec ce que vous avez vû .
Je finis en vous priant de me continuer votre
amitié , mais en vous recommandant de n'avoir ja
mais que le bien public en vue , de n'avoir à
mon égard aucune complaifance quelconque.
Dans les cas où vous ne feriez pas contens ,
ou que vous auriez des raifons particulieres de
ne plus vous fervir de mon remede , je vous
fupplie de l'abandonner ou de me le renvoyer
tout uniment , mon intention n'ayant jamais
été de vous demander grace , ni faveur , ni de
vous gêner d'aucune façon ; ayant , ( quelque ,
chofe que puiffe dire mon adverfaire , ) beaucoup
moins en vue les motifs d'intérêt & de fortune ,
que l'avantage public & le falut des Citoyens.
Quant aux autres reproches que non adverfaire
me fait dans fes lettres , j'aurai l'honneur
de lui répondre inceffamment , & je ne fuis pas
embarraffé de mettre les perfonnes vraies &
impartiales de mon parti , comme je me flatte
de l'avoir toujours fait. En attendant je vous prie
d'être perfuadés que tant que vous verrez fubfifter
cet Hôpital , ce fera une preuve indubitable
de l'efficacité de mon remede ; car il feroit extra--
vagant de croire que M. le Maréchal de Biron
s'obftinât à l'y faire adminiftrer à moins d'une
fuite conftante de guérifons réelles.
Quelqu'un qui avant de fe inettre en état
de connoître & de juger mon remede difoit?
tout haut à qui vouloit l'entendre qu'il m'écraféroit
; qui ayant vu en diverfes occafions de
belles cures & des effets étonnans , toujours feul
de fon avis , toujours déclamant contre moi
fans juftice & fans raifon , quoi qu'ayent pu lu
DECEMBRE. 1759: 223
•
dire plufieurs Médecins célèbres & d'habiles Chirurgiens
, n'a jamais voulu convenir ni´de la ma- ´
ladie , ni de la guérifon ;
Quelqu'un qui ayant reconnu chez MM. Piat
& Cadet la premiere erreur à l'égard du fubli
mé corrofif, ayant dit en préfence de témoinst
qu'il étoit galant homme , qu'il fe rétracteroit ,.
loin de fuivre ces fentimens généreux , imagine?
& employe de nouveaux moyens pour m'écra--
fer & intimider le Public mal - à- propos ;
Quelqu'un qui lorfque j'ai cité 3 ou 4 mille
cures operées par vous , Meffieurs , & par moi ,
tant à Paris que dans les Provinces , ne dédaigne
pas de fe joindre avec le fieur Thomas & le
heur Maunier pour me fufciter un pauvre garcon
Perruquier qui n'a pas été traité par moi
libertin obftiné qu'on n'a pas guéri à caufe'
de fa débauche continuelle même pendant le:
traitement , qui n'a pris qu'une centaine de dragées
au plus , lorfqu'il en faut cinq à fix cent:
pour un traitement ; à qui l'on a fait figner un
certificat qu'il défavoue par un autre certificat qui
eft entre les mains de M. le Maréchal de Biron ;
Quelqu'un qui lorfque l'Académie des Scien--
ces eft fuppliée de vouloir bien examiner & juger
publiquement la compofition du remede &
fes effets , moyen approuvé du Public & de tous
les honnêtes gens , n'a rien de plus preffé que de
faire affembler la Faculté pour tâcher de s'oppofer
à cette démarche , & finit par pier la
compétence de l'Académie , quoiqu'il y ait plufieurs
de fes Confreres , & d'habiles Chirurgiens
reconnus pour être plus en état que qui que ce
foit de terminer la querelle d'une façon juſte &
décente ;
Quelqu'un enfin qui n'a mis dans tout ceci
que de l'injuftice , de l'entêtement & de l'animo
224 MERCURE DE FRANCE.
fité , n'eft pas je crois au tribunal des gens équi
tables & éclau és un ennemi bien redoutable.
Plufieurs de vous , Mellieurs , m'offrent d'écrire
à mon adverfaire & de lui prouver que fes raifonnemens
ne tiennent pas contre des faits . J'accepte
vos offres ; mais en même temps M. le Maréchal
Duc de Biron m'ordonne de vous mander
de vouloir bien lui envoyer directement la copie
fignée des lettres que vous écrirez au Médecin
, ou bien un détail abrégé de ce que vous avez
fait , de ce que vous avez vu , & de ce que vous
penfez du remede; mondit Seigneur voulant outre
les preuves qu'il a acquifes , connoître la vérité de
toutes parts. Vous êtes foixante ; il n'y a parmi
vous que deux perſonnes à qui on puiffe donner
le nom de mes élèves ; cette cauſe vous intérelle .
Soyez mes juges , & montrez- vous foit en me
confondant , foit en confondant mon adverfaire,
les Partifans de la vérité.
Jai l'honnneur d'être & c. KEYSER.
Correfpondans , tant dans les principales
Villes du Royaume , que dans
l'étranger.
J'AI ' AI reçu , Meffieurs , toutes les Lettres dont
vous m'avez honoré . Je fais fenfible comme je
le dois à toutes les marques de bonté & de zèle
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
que vous n'avez ceffé de me témoigner jufqu'ici,
Je vous fais mille remercimens du mépris & du
renvoi que vous m'avez fait du fot imprimé en
forme de prophétie , qui vous a été adreflé fans
doute par quelqu'un de ces Anonymes dont les
écrits font auffi méprifables que leurs perfonnes ,
gens qui ne s'occupent qu'à imaginer des noirceurs
pour fatisfaire à la fois leur jaloufie & leur
envie de nuire. Je fuis également pénétré de reconnoiffance
du peu de croyance que vous avez
donnée à tout ce que l'Auteur du Traité des Tumeurs
& Ulcères a légèrement avancé contre
mon remède , dont vous connoiſſez & avez été
à portée de voir les effets beaucoup mieux que lui.
Vous fçavez , Meffieurs , que lorſqu'il a été
queftion de vous envoyer ce remède , je ne vous
ai jamais demandé que ce que l'honneur , la jultice
& la vérité pouvoient exiger de vous . Jefuis
même perfuadé que j'aurois très- mal réuffi s'il
en eût été autrement . Vous fçavez qu'aucun motif
d'intérêt n'eft encore entré dans notre corref
pondance , puifque non feulement je ne vous ai
encore fixé aucun prix , mais que je vous ai toujours
prié de faire des effais , de m'en dire votre
fentiment avec franchiſe , & de foulager les Pauvres
dans l'occafion . Ce font ici des faits , Meffieurs:
vous fçavez qu'il n'y a point de myſtères
entre nous , & que je ne vous ai jamais demandé
pi grace ni faveur. La querelle que l'on me fait ,"
quoiqu'injufte & défapprouvée des honnêtes
gens , devient longue & férieufe. C'eſt la cauſe du
Public , c'eft la vôtre , c'eſt la mienne , & il eſt
aifé de voir que je ne crains pas de la plaider
ouvertement , ne voulant avoir que la vérité pour
moi , & ne réclamant que ce que vous m'avez.
mandé avoir fait & vu.
Yous avez depuis quatre ans eu la bonić de
DECEMBRE. 1759 2212
me témoigner par quantité de lettres remiſes à
Mgr le Maréchal Duc de Biron , & qui feront
préfentées avant qu'il foit peu à l'Académie des
Sciences, une fatisfaction générale, en m'envoyant
même les détails des guérifons nombreuſes &
étonnantes que vous avez opérées partout. Suivant
vos certificats , vos lettres & vos aveux , je
les ai fucceffivement fait inférer dans les différens
Mercures.
Vous fçavez , Meffieurs , fi ces détails ont été
faux , fi vos Certificats ont été factices , mendics
ou extorqués , & vous trouverez fans doute bien
fingulier , pour ne pas dire plus , que fans voir ,
fans rien examiner , dans le temps que j'annonce
que ces Pièces font entre les mains d'un Maréchal
de France , il fe trouve quelqu'un qui ofe les
combattre , doute de leur réalité , & veuille raifonner
imprudemment de ce qu'il ne connoît
pas.
Vous avez reconnu de plus par les analyfes que
vous avez bien voulu faire faire partout fous VOS
yeux , & celles que vous avez faites vous-même ,
la légéreté de la premiere imputation de mon
adverfaire , n'ayant trouvé ni reconnu aucune
trace de Sublimé corrofif dans le remède ; cependant
je dois vous prévenir que quoiqu'il en ait été
bien perfuadé lui - même , ou qu'il air du moins
fait lemblant de l'être , il vient de m'attaquer
de nouveau , & avec plus de vivacité que jamais
dans un extrait de fon dernier ouvrage accompagné
de Lettres qu'il a intitulées Lettres de Mé--
decins de Paris , dé Province , &c . Or comme
vous êtes , Meffieurs , en état actuellement de fçavoir
à quoi vous en tenir par vos propres faits anciens
& journaliers , je vous prie de vouloir bien
faire acheter ces belles & magnifiques lettres
ou plutôt libelles contre moi , qui ne fe vendent:
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
que 18 fols chez Cavelier à Paris , afin de comparer
tous les raifonnemens dont elles font remplies
avec ce que vous avez vû .
Je finis en vous priant de me continuer votre
amitié , mais en vous recommandant de n'avoir ja
mais que le bien public en vue , de n'avoir à
mon égard aucune complaifance quelconque.
Dans les cas où vous ne feriez pas contens ,
ou que vous auriez des raifons particulieres de
ne plus vous fervir de mon remede , je vous
fupplie de l'abandonner ou de me le renvoyer
tout uniment , mon intention n'ayant jamais
été de vous demander grace , ni faveur , ni de
vous gêner d'aucune façon ; ayant , ( quelque ,
chofe que puiffe dire mon adverfaire , ) beaucoup
moins en vue les motifs d'intérêt & de fortune ,
que l'avantage public & le falut des Citoyens.
Quant aux autres reproches que non adverfaire
me fait dans fes lettres , j'aurai l'honneur
de lui répondre inceffamment , & je ne fuis pas
embarraffé de mettre les perfonnes vraies &
impartiales de mon parti , comme je me flatte
de l'avoir toujours fait. En attendant je vous prie
d'être perfuadés que tant que vous verrez fubfifter
cet Hôpital , ce fera une preuve indubitable
de l'efficacité de mon remede ; car il feroit extra--
vagant de croire que M. le Maréchal de Biron
s'obftinât à l'y faire adminiftrer à moins d'une
fuite conftante de guérifons réelles.
Quelqu'un qui avant de fe inettre en état
de connoître & de juger mon remede difoit?
tout haut à qui vouloit l'entendre qu'il m'écraféroit
; qui ayant vu en diverfes occafions de
belles cures & des effets étonnans , toujours feul
de fon avis , toujours déclamant contre moi
fans juftice & fans raifon , quoi qu'ayent pu lu
DECEMBRE. 1759: 223
•
dire plufieurs Médecins célèbres & d'habiles Chirurgiens
, n'a jamais voulu convenir ni´de la ma- ´
ladie , ni de la guérifon ;
Quelqu'un qui ayant reconnu chez MM. Piat
& Cadet la premiere erreur à l'égard du fubli
mé corrofif, ayant dit en préfence de témoinst
qu'il étoit galant homme , qu'il fe rétracteroit ,.
loin de fuivre ces fentimens généreux , imagine?
& employe de nouveaux moyens pour m'écra--
fer & intimider le Public mal - à- propos ;
Quelqu'un qui lorfque j'ai cité 3 ou 4 mille
cures operées par vous , Meffieurs , & par moi ,
tant à Paris que dans les Provinces , ne dédaigne
pas de fe joindre avec le fieur Thomas & le
heur Maunier pour me fufciter un pauvre garcon
Perruquier qui n'a pas été traité par moi
libertin obftiné qu'on n'a pas guéri à caufe'
de fa débauche continuelle même pendant le:
traitement , qui n'a pris qu'une centaine de dragées
au plus , lorfqu'il en faut cinq à fix cent:
pour un traitement ; à qui l'on a fait figner un
certificat qu'il défavoue par un autre certificat qui
eft entre les mains de M. le Maréchal de Biron ;
Quelqu'un qui lorfque l'Académie des Scien--
ces eft fuppliée de vouloir bien examiner & juger
publiquement la compofition du remede &
fes effets , moyen approuvé du Public & de tous
les honnêtes gens , n'a rien de plus preffé que de
faire affembler la Faculté pour tâcher de s'oppofer
à cette démarche , & finit par pier la
compétence de l'Académie , quoiqu'il y ait plufieurs
de fes Confreres , & d'habiles Chirurgiens
reconnus pour être plus en état que qui que ce
foit de terminer la querelle d'une façon juſte &
décente ;
Quelqu'un enfin qui n'a mis dans tout ceci
que de l'injuftice , de l'entêtement & de l'animo
224 MERCURE DE FRANCE.
fité , n'eft pas je crois au tribunal des gens équi
tables & éclau és un ennemi bien redoutable.
Plufieurs de vous , Mellieurs , m'offrent d'écrire
à mon adverfaire & de lui prouver que fes raifonnemens
ne tiennent pas contre des faits . J'accepte
vos offres ; mais en même temps M. le Maréchal
Duc de Biron m'ordonne de vous mander
de vouloir bien lui envoyer directement la copie
fignée des lettres que vous écrirez au Médecin
, ou bien un détail abrégé de ce que vous avez
fait , de ce que vous avez vu , & de ce que vous
penfez du remede; mondit Seigneur voulant outre
les preuves qu'il a acquifes , connoître la vérité de
toutes parts. Vous êtes foixante ; il n'y a parmi
vous que deux perſonnes à qui on puiffe donner
le nom de mes élèves ; cette cauſe vous intérelle .
Soyez mes juges , & montrez- vous foit en me
confondant , foit en confondant mon adverfaire,
les Partifans de la vérité.
Jai l'honnneur d'être & c. KEYSER.
Fermer
Résumé : Lettre de M. Keyser à Messieurs ses Correspondans, tant dans les principales Villes du Royaume, que dans l'étranger.
M. Keyfer écrit une lettre à ses correspondants dans diverses villes du Royaume et à l'étranger pour exprimer sa gratitude pour leur soutien et leur zèle. Il remercie également ses correspondants d'avoir ignoré et renvoyé un écrit anonyme diffamatoire et de ne pas avoir cru aux accusations du Traité des Tumeurs et Ulcères contre son remède. Keyfer souligne que sa correspondance avec eux n'a jamais été motivée par l'intérêt personnel et qu'il n'a jamais demandé de faveur ou de grâce. Il mentionne une querelle injuste et longue qui se prolonge, affirmant qu'il ne craint pas de la plaider ouvertement, ne voulant que la vérité. Depuis quatre ans, Keyfer a reçu des lettres de satisfaction générale, notamment via le Maréchal Duc de Biron, concernant les guérisons opérées grâce à son remède. Ces témoignages ont été publiés dans divers Mercures. Il invite ses correspondants à acheter et comparer les lettres diffamatoires récemment publiées contre lui, afin de les confronter avec les faits qu'ils ont observés. Keyfer conclut en demandant à ses correspondants de continuer leur amitié tout en ayant uniquement le bien public en vue. Il les encourage à abandonner ou à lui renvoyer son remède s'ils ne sont pas satisfaits, affirmant que son intention n'a jamais été de demander des faveurs ou de les gêner. Il promet de répondre aux autres reproches de son adversaire et de prouver l'efficacité de son remède, soutenu par les guérisons constantes observées à l'hôpital sous la direction du Maréchal de Biron.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
3888
p. 217-281
ÉTAT De la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
Début :
Le Roi & la Famille Royale ayant jugé à propos d'envoyer à la Monnoie leur Vaisselle [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaie, Roi, Famille royale, Liste, Prince du sang, Seigneurs, Citoyens riches
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉTAT De la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
ÉTAT
De la Vaiffelle portée à la Monnoie de Paris:
LEROI & la Famille Royale ayant jugé à propos d'envoyer
à la Monnoie leur Vaiffelle d'argent pour fubvenir
aux befoins actuels de l'Etat , les Princes du Sang , les
Seigneurs de la Cour , & à leur exemple les Citoyens riches
, ont donné dans cette occafion les plus grandes
marques de zèle , en envoyant de même la leur . Voici la
lifte qui m'en a été remiſe.
Novembre 1759.
du 2 dud .
m.o.g.
1972.31 m. o. g.
M. le Duc d'Or
du 10 dud.
léans.
373-37 2691 6 2:
I
du 14 dud , 345.7 27.
M. le Prince
de Clermont ,
de Condé ,
M. le Comte
de Charolois.
M. le Comte
Mde la Princeffe '
de Conti ,
du 3 Déc. 110351
du 16 Nov. 81355
du 2 Nov. 842-75
du 24 Nov. 468 2
M. le Prince
du 13 Nov.
835 2
de Conti ,
M. le Comte
de la Marche ,
Mile de Sens ,
M. le Comte
d'Eu ,
Mde la Comteffe
de Toulouſe ,
M. le Duc de
Penthièvre,
I. Vol.
du 13 Nov. 204. 37
du 16 dud. 135.74
du 9 Nov.
du 2 dud.
340 33
.....
4345 I
1442 26
39064
6 } 2077 3 3
du 31 Oct. 1324. 25
i du 14 Nov. 753 .
31335
K
218 MERCURE DE FRANCE
Du 29 Octobre 1759.
Meffieurs
'de Silhouette , Contrôleur Gén .
le Comte de Mailly d'Haucourt.
( Autre envoi du 4 Novembre. )
Richard , Recev. gen. des Finan.
( Autre envoi du 12 Novembre. )
( Autre dudit jour.)
Du 30 Octobre.
Gooffens , Banquier.
Beaujon , Recev . gen. des Finan.
de Saint Vaft , Recev. gen, du 2 se.
de Boullongne , Confeiller d'Etat.
de la Borde , Banquier de la Cour.
Bertin , Recev. gen . des Part. Caf.
Boutin , Recev. gen . des Finan.
Dumas , Recev. gen. des Finan.
Marquet, Recev. gen. des Finan
de Bourgades , Munitionnaire
des Vivres.
m. 0. gà
GIS 7 I
210 I 4
174 7
T
1000 $
284
133 7 4
714 S
378 L
453 57
215 17
221 2 I
7
282 7.4
424 43
30635
Chauvelin , Confeiller d'Etat , In
tendant des Finances, 38544
415876
Du 31 Octobre.
Mad, la Marquise de Ximenés , 187 7 7
Roi.
Teixier , Intendant des Ecuries du
Geoffroy , Caiffier des Recettes générales
des Finances.
( Autre envoi le 17 Décembre )
de Saint - Jullien , Receveur gen.
du Clergé,
19 3
51567
321 $ 7
JANVIER. 1760. 219
Suite du 31 Octobre .
Meffieurs
de Bonneval , Tréſorier de la Maifon
de la Reine .
Watelet , Recev. gen . des Finan.
de la Ferté, Intendant des Menus.
Baur , Banquier.
de Lage , Recev. gen . des Finan
de Machault , ancien Garde解 des
Sceaux.
le Premier Préſident de la
Chambre des Comptes.
le Duc de Choiſeul , Secrétaire
m. 0. g.
*
152 53
167 1
39 36
5
280
9436
749 I 6
28973
d'Etat , Min. des affaires Errang . 1556 333
( Autre envoi du 2 Novembre.
Moufle de Georville , Tréforiergénéral
de la Marine .
le Prêtre , Trélorier gen. de la
Maifon du Roi.
( Autre envoi le 8 Novembre. )
Poujaud , Directeur des Fermes.
MM Bouret freres . 339 4 3
Bouret free
Plus des mêmes.
1
3383 42
( Autre envoi le 14 Novembre. )
205 7
157 6 3
105 6
677 77
(Autre envoi le 16 dudit . )
Daugny , Fermier général .
de Beaumont , Intendant des Finan.
le Duc de la Vauguyon .
de Villette , ancien Tréforier
442 S₁
217 6
435 13
gen.
420 265/
de l'extraordinaire des Guerres .
de Lifle , Munitionnaire général.
Darnay, Fermier général.
de Parfeval , Fermier général .
206 5 7
147 3 6
246 4 2
11971 31
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du . Novembre .
le Marquis de Marigny.
le Marquis de Lugeac , Commandant
des Grenadiers à cheval .
le Prince de Soubiſe , Maréchal de
France.
Plus a remis en or 5 m . 5 òn . 3 g.
& demi 30 g.
Autre-envoi le 14 Novembre.
m.o.g
35033
61. 4
1742 4 2
Du 2 Novembre .
14125 3
297 6 5 Dormeffon , Intendant des Finan
4 Autre envoi le 7 Novembre )
le Duc de la Valliere.
Mad, la Comteffe de Marfan.
Mad. la Princeffe d'Armagnac.
Herbin , Ecuyer de la bouche du Roi.
Plus a remis en or 5 on. 5 gros 18
Baron l'aîné , Notaire.
g .
le Bailly de Grille , Lieutenant -Général
des armées du Roi.
le Comte de Jarnac Rohan Chabot.
#
( Autre envoi du 6 Novembre. )
le Duc de Fleury .
3931 6
555
96 5
I
57 5 3
2117 2
288 6 I
89 27
439 2 2
( Autre envoi du $ Novembre.
Dargental , Confeiller d'honneur
au Parlement, & Miniſtre.
Mad. la Duch . de Brancas, Douairiere .
Daucourt , Fermier général.
Hocquard , Fermier général .
le Duc de Choifeul , Miniftre des
affaires Etrangeres.
( A réunir au 31 Octobre. )
218 5 4
61 "
1885 2
362 3
13.7
le Marquis de Grammont , Lieutenant-
Général des armées du Roi. 113
2
JANVIER. 1760. 221
Meffieurs
Mad. la Comt . de Teffé, Douairiere.
Suite du 2 Novembre.
de Villemur, Fermier genéral.
m. c. g.
172 4 4
372 6 5
18058 1
Du 3 Novembre .
Mad. la Marquife Saffenages. 232 22
Texier de Menetou , Receveur gen.
des Finances .
257 53
le Marquis de la Chenelaye.
245 66
le Comte de la Marck.
le Marquis de Loris.
50965
835
Paris du Verney.
Mlle le Borgne Brifeval .
Perfonnet , Inſpecteur des Ponts & Ch .
de Servandé , Recev . gen . des Fin..
Autre envoi le 9 Novembre. )
le Cardinal de Luynes.
Lignez , Chef de la Fruiterie du Roi.
le Marquis de Cremille , Lieutenant-
Général des armées & Miniftre.
le Duc de Biron l'aîné .
le Duc de Gontault.
( Autre envoi du 12 Novembre. )
Mad. la Marquise de Pompadour.
( Autre envoi le 17 Novembre. )
dé la Reyniere , Fermier général.
Berrier , Miniftre de la Marine.
le Maréchal de Belleifle , Miniftre
de la Guerre.
Collin , Tréforier de l'Ordre Militaire
de S. Louis.
Mlle le Duc.
87452
44 6
17 5 4
158 1 4
463 3
88 4 6
*
424 6
128 6 I
175 4 6
1781 I Z
359 3
29972
2023 2 3
195 6 1
203 I
26625.763
Kilj
222 MERCURE DE FRANCE .
Du 4 Novembre.
Meffieurs
de Preffigny , Fermier général.
de Pange , Tréforier général de
l'extraordinaire des Guerres .
le Maréchal Duc de Luxembourg.
( Autre envoi le 25 Novembre. )
le Comte de Saint Florentin , Secrétaire
d'Etat.
Paris de Montmartel.
Boutret , Echevin.
Mailly Daucourt.
( A réunir au 29 Octobre. )
Du 5 Novembre.
le Maréchal de Noailles.
Millin , Secrétaire du Roi.
l'Evêque de Verdun .
m : 0.
68
491 7
580 5 4
375 4 4
1804 2 4
122 3 5
20474
302737 2
83844
162
282 65
le Duc de Fleury .
( A réunir au 2 Novembre. )
de Boullongne , Trélorier de l'extraordinaire
des Guerres.
Dupont , Secrétaire du Roi , Envoyé
de Portugal .
Chateau , Secrétaire de l'Intendance
de Paris.
Mad. la Comteffe de Luzelbourg.
Mazade de Saint Breffan , Tréforier
général des Etats de Languedoc.
l'ancien Evêque de Limoges.
l'Abbé de Radouvilliers , Sous- précepteur
de M. le Duc de Bourgogne.
Puiffant , Fermier général.
de Vergne , Secrétaire du Roi.
de Beaumont , Fermier général.
57 46
368 26
7 6
2925
71 2.3
262 3
48 37
24 2
121 37
280 2.
434 67
JAN VIER. 1760. 223
Suite dus Novembre.
Meffieurs
le Duc de Duras.
Mad , la Comtelle de Baviere.
Pajot , Recev. gen. des Finan.
le Maréchal de Lautrec.
de Monginor , Secrétaire du Roi.
FAbbé de Broglie.
m. o. g.
609 5 7
6256
166.7 3
218 7
3563
337 2 6
de Roquemont, Commandant du Guet. 23
Binet , premier Valet de Chambre
du Roi. 162 63
Gabriel , premier Architecte. 14934
Mad, la Comteffe de S. Severin.
201 S
( Autre envoi le 12 Décembre. )
de la Boiffiere , Tréforier général des
Etats de Bretagne.
698 1 3
Borda , Fermier général.
de Fontpertuis , Fermier gén.
de Launay , ancien Tréforier gén, de
l'extraordinaire des guerres.
(Autre envoi du 21 Novembre. )
de Belleguife , Receveur gén. des Fin.
de Champlot , premier Valet de Ch.
du Roi.
le Comte de Mailly Rubempré, prem.
Ecuyer de Made la Dauphine.
( Autre envoi du 19 Novembre. )
PEmpereur, ancien Echevin.
Made Dupile.
Made la Marquife de Merangere.
Made de Savalette la veuve.
le Comte de Bethune , Ch. d'honn.
Bertier de Sauvigny , Intend. de la
Généralité de Paris.
T 374 I
202 3 4
12586
1347 3
173 4
108
187 27
273 3
17 4 2.
424 6
18 52
570 7
38598
224 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 6 Novembre.
Randon de Boiffet , Rec. g. des Fin.
Made la Marquise de Brancas.
Joly , Avocat .
le Maréchal de Coigny.
de Caze.
le Maréchal Duc de Biron.
Made la Princeffe de Carignan.
Gilly , Dir . de la Comp. des Indes.
l'Abbé de Breteuil , Chanc. de M. le
Duc d'Orléans .
Mlle Marie Moineau.
Made la Ducheffe de Grammont.
MM. de Montcrif, freres , l'un Lecteur
de la Reine.
m..o . g.
203 4
332.7.3
47 3 I
454 56
107 6
738
403 16
8-6
369 3
198
120 4 7674
2674
42 16
27042
140
277 2
3605 6
6557
Made la Comteffe de Lhôpital.
Boudrey , prem . Commis des Fin.
de Maupeou , ancien Prem . Préſid.
de Cypierre , Maître des Requêtes .
Pellerin , pr, Commis de la Marine.
le Comte de Jarnac Rohan Chabot,
( A réunir au 2 Novembre . )
Trudaine , Conf. d'Etat , Int. des Fin.
Dufour , Maître d'Hôtel du Roi.
le Comte de Courten ', Lieutenant ››
gén. des Armées du Roi.
Godeheu, Dir. de la Comp. des Indes.
Rothe , Dir. de la Comp. des Indes.
l'Allemand de Betz , anc. Ferm. gén .
le Comte de Brionne , grand Ecuyer.
Michel , Dir. de la Comp. des Indes.
de la Live d'Epinay , Fermier gén.
de Boullongne , grand Tréforier de
T'Ordre du S. Efprit. 1
Autre envoi le 7 Novembre. )
l'Evêque d'Orléans,
283 6 7
1233
175 15
275 3 3
2747
333 , 7 3
313 4
436 1 3
264922
bé
-397-7 7
25752
f
JANVIER. 1760. 225
Meffieurs
Suite du 6 Novembre.
Harvoin , Secrétaire du Roi.
Mad Maillard ,
Clairambaut , Généalogifte du Roi.
le Duc d'Aumont ,
pere.
Bourjot, Marchand de foie.
le Comte du Luc , Maréch . de camp.
de Gourge , Maître des Requêtes .
Peilhon , Secrétaire du Roi.
Bouret de Villaumont .
le Comte, Notaire.
le Comte de la Riviere , Commandant
des Moufquetaires noirs.
1
m. o. g.
60 3
8 17
23035
333 2 X
$7 I S
43 2 2
108 6 7
27655
311 6
68 26
23552
47394 65
Du 7 Novembre.
De la Bouexiere, Fermier général . 522 43
De Vaugrenant , Chevalier des Ordres
du Roi 379 6 3
Mad. De Buteler , Sous- Gouvernante
des Enfans de France. 157 7 2
Le Marquis de Broglie.
208 6 3
275 26
De Viarmes , Prevot des Marchands.
De Brou , Doyen des Confeillers d'Etat . 251 35
Bégon, Receveur Général des Finances. 18+
Briffard , Fermier Général.
Sainfon , Secrétaire du Roi & Moufquetaire.
Le Marquis de Villeroi.
Le Préfident Henault.
Dugatz , Ecuyer.
S
481
109 3 6
386 3
401 4 3
46 6
L'Abbé de Roileve de Chamballant ,
Préfident honoraire au Parlement de
de Bretagne.
Randon , Receveur Général des Financès.
143 7 6
32036
226 MERCURE DE FRANCE .
Suite du 7 Novembre:
Meffieurs
m. o . g.
Mlle Hus , de la Comédie Françoife. 107
de Montamand , Concierge du Palais
Royal.
de Laurimier , Maître de la Chambre
aux deniers du Roi.
Perriner du Pezeau , Receveur Général
des Finances .
Himber , premier Apoticaire du Roi.
le Duc , Tailleur du Roi.
Le Maréchal Prince d'Ifenghien."
Barbier , Marchand de la Cour.
Le Baron de Mufparault.
Mad. la Comteffe Dailly.
( Autre envoi du 10 Novembre )
Denis , Auditeur des Comptes.
Le Comte de Langeron , Lieut. Gén .
Mad.la Duchefle d'Elbeuf.
Le Prince de Turenne.
Blin des Marais , Banquier.
D'Ormeflon , Intendant des Finances.
( A réunir au 2 Novembre )
De Cramayel , Fermier Général . ·
De Neuville , Fermier Général .
L'Archevêque de Rouen.
De Boullongne , Grand Tréforier de
l'Ordre da S. Efprit.
( A réunir au 6 Novembre )
Jollivet de Vannes , Procureur du Roi
de la Ville.
Tourton , Banquier.
113
2
317
167 2
159 5
6
35 5
71447
De Villemorien , Fermier général.
MM. Petit , rue de la Magdeleine.
Périchon de Vandeuil , Régiffeur des
nouveaux droits.
47 552
20
40
6 3
9052
173 7 6
133 4 I
109 4
66 7 3
436 4
335 13
264 2 4
350 25
632
137
234 6 I
260 16
23 22
54.24
I
JANVIER . 1760. 227
Meffieurs
Suite du 7 Novembre.
Le Marquis de Matignon ,
m . 0.
g .
314 14
7626 Mazouret , Tréf. de France , à Paris .
Gaigne , prem.Val.Garde-Robe du Roi. 40
Mlle de Jarente , niéce de M. l'Evêque
d'Orléans .
De Bacquancourt , Me. des Requêtes.
Poultier , Confeiller d'Etat
Anniffon du Perran , Directeur de
l'Imprimerie Royale.
Maziere , Fermier général.
Mad. la Marquife d'Auffi , fous-gouvernante
des Enfans de France.
De Séchelle , Miniftre.
5.
5236
257 4 4
405 24
213 47 .
20376
$7 4 5.
Mad. Hérault, veuve du Conf. d'Etát . 127 6 6
De Moras , Miniftre.
Le Marg , duTerrail. Marcc. de Camp .
Philippe, anc. prem. Commis des Fin.
Delmoulins , Rec, gén, des Finances.
Le Duc de Nevers.
Bertin, Lieutenant de Police.
Plus 3 onces 5 gr. 21 gr.à 22 karas ..
Brion ancien Echevin.
de Simian, Dép . du Com. de Marfeille.
Choart , Recev, gén . des Finances .
Douet , Fermier général.
de
Cheneviere , pr,
Regnaud , Notaire.
Com , de la Guerre.
508 61
407 2 2½
221 1 11
108 I
2154 I
272 7
162 2 11
82 1 6
267 1 2.
337 3 S
so 2 7
33 3 11
Mad Chambon, veuve du Fermier gén. 146 I s
60366 1 Q
Du 8 Novembre,
Mad. Grimaud Dumas, 301 4 31
128 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 8 Novembre.
Meffieurs
Le Maréchal de Balincourt .
L'Abbé Alary, Prieur de Gournay.
Le Marquis de Béthune.
Mad. la Marquife de Mancini.
Geneve , marchand de foie.
Fortier , Incendant du Commerce.
Mad. la Comteffe de Liffemore .
Rouffin , Architecte .
Laloy , Bourgeois de Paris.
Plus en or , 2 onc. 9 gr. 18 grains.
Daalhieme , fils, Ecuyer.
Mad . la Ducheffe de Lauragais.
De Lauzy , Curé de S. Jac. la Bouch .
( Autre envoi du 10 Novembre.
Mlle Liard Davot , de l'Opera.
D'Argenlieu , Colonel d'Infanterie,
Mad. la Duchelle de la Valliere.
De Montcrif, Direct, des Fermes, 1
m. o.
g.
I
1803 2
175 3
..
111 26
134 I
87 24
111 32
153 4 4
48 4 4
19
28 5.6
110 3 7
108 4 2
57.7 6
191 6 7
2734
441332
Lević , Commiffaire au Châtelet.prove $950 3 Si
Richard , Fermier Général
Mad . Heynard de Ravannes.
·298.
290324-2.7
Mad.laMarq.d'Entragues , Douairiere , 140
Jannel , Intendant des Poftes.
Le Prêtre , Trél. gén. des troupes de
la Maiſon du Roi, en 8 jettons d'or,
2 onc. 3 gr. 1 grains.
( A réunir au 31 Octobre )
De Saint Fargeot, Avocat général .
De Cuiffy , Fermier général,
སྙ སྙམ
Prevôt, Tréforier général des Ponts &
Chauffées.
Dupont , Bourgeois de Paris .
Malon de Bercy, Me des Req. hon.
273 7.6
489 2
24 S
5767
•
149 2 I
2
*
Suite
JANVIER. 1760 . 229
Suite du 8 Novembre.
Meffieurs
Le Duc de Rohan,
Taitbour, Greffier de l'Hôtel de Ville.
Mad . la Marquile de Saint Remy.
De S. Hilaire, Maître d'Hôtel du Roi.
Le Curé de Meudon,
Le Marquis de Jumilhac , Commandant
des Moufquetaires gris.
Perriner , Fermier général.
Le Prince de Rohan .
Le Prince de Beauveau.
Bellin , Ingénieur de la Marine.
Dormeſſon , Préſident à Mortier.
Mlle Couturier .
De Coulombier , Agent de Change.
Mollet , Gentilhomme ord. du Roi.
L'abbé Mollet , frere du fufdit.
Doubre , Maître des Comptes.
Dupin , Fermier général.
Le Marquis de Roquépine.
Mollé , Pr. Préfident au Parlement.
De Salabéry , Confeiller d'Etat.
m. o. g.
951 27.
173 76
5875
155 4 7
14 S 3.
Bernard deMontigny, Rec. gén. des Fin.
Baillon , Horloger de Sa Majefté .
De Monin, Sécr. de M. le Pr. de Conty.
Le Comte de Maurepas , Miniftre .
Mefnard pere , Chanc. de l'Ordre .
Mad. la Marquife de S. Sauveur.
Mad . la Marquife de la Ferriere.
de la Rue , Bourgeois de Paris.
Mad. d'Hoppen , Nourrice de Meſd.
Victoire & Louife.
de Meflé , Privilégié des Gazettes
& Affiches.
I. Vol.
211 5 4
308 2
99 I
547 7 5
795 2
179 2
64 2 2-5
7 192
7635
51 3
45 6
325 II
46 3
602 I 3
357 3 45
260 5
109 4 E
11
K
2
2
2
448 3 I
4 2
1967
13
456 3 6
296
5762
L
29 7
230 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 8 Novembre.
Meffieurs
Mad. la Veuve Afforty , Médecin.
Du 9 Novembre.
Mad. de Vougny , veuve du Maître
des Requêtes.
Mad, la Vicomteffe Durtubit.
le Monnier , Fermier général ,
Aftruc , Maître des Requêtes.
Mad . la Ducheffe Dantin.
Marfollier , Secrétaire du Roi.
l'Abbe le Blond .
de Servandé , Recev . gen. des Fin.
( A rétablir au 3 Novembre. )
de Villars , ancien Capit. aux Gardes .
Cheron , Md . Bijoutier Jouaillier.
Leonard , Confeiller au Châtelet.
Mad, du Roncey , veuve de l'Ecuyer
de M. le Duc d'Orléans.
m.o.g
39-5
70807 6 3
de Viteman , ci- devant Intéreffé dans
les Fermes .
Mad. de Viteman femme du fuftit.
de la Genetiere , Tréforier de M. le
Prince de Condé .
de Savigny , ancien Capit. d'Infant.
Péron , Officier de la Chambre
du Roi.
de la Maisonneuve , Valet de Garderobe
du Roi.
Mad. de Fulvy.
Caron pere , Secrétaire du Roi , &
Payeur des Rentes .
Mad.la Marquife de Clermont Galle-
46 2
174 6 6
581 7 71
188 3 2
134 3 7
2877 42
124 4 I
I
20 3 61
16 4 71
I
75 172
246 3
225 24
226 I
9
83 7
201 3 £ 1
176 I 4
2835
144 2 6
2367
JANVIER, 1760. 232
Meffieurs
Suite du 9 Novembre.
rande, Dame d'Arour .
Chapvelin , ancien Garde des Sceaux .
Mad. Daverne , Place des Victoires.
Danic Dumouron , Entrepreneur des
Hôpitaux Militaires ; & fon frere.
Martinført , Munitionnaire des Vivres .
Senac , premier Medecin'du Roi.
le Riche de la Paupliniere, F. gen.
de Mornay , Gentilhom . ord . du Roi.
Mad. de Lagarde , veuve du F.
( Autre envoi le 17 Novembre. )
(:Autre envoi au se art, ci- après.
de Lautrec , Capit. aux Gardes Franç .
Teyraffe de Lolleda , Fermier du Roi.
Mlle Tronchet de Mainville.
gen.
le Baillif de Froulay , Amballa deur
de Malthe.
Mad. de Lagarde.
( A réunir au se art , ci-deſſus. )
Paul , Md. rue S. Denis , à la Reine
de France.
m.of.
2825
6137
188
47 4 I
17 7 3
19167
415 41
464 $ -3
733671
18 7
47 24
202 $ 2
255 I 3
1643
41 1 4
Dubuiffen , ancien Com . de la Guerre . 106 1 ;
le Comte de la Serre , Gouverneur
des Invalides .
Mad. la Marquife de la Force .
Mad, la Duchelle de Brancas
le Duc de Chaulnes.
Mad. la Comteffe de Villemenard,
Prignaut de Beauregard , Noraire.
de Barjol , Ecuyer.
Dufour de Villeneuve , Maît .des Req.
Mad. la Maréchale de Villars .
Mad . la Marquife Dupleffis- Chatillon .
Boudier,chez M. le Comte de Brionne.
107 'S
64 12
26554
22146
105 7 5
38 S
37 7 4
145 7 4
435 74
996 1
16 7 6
Lij
232 MERCURE DE FRANCE.
Suite du Novembre. 9
Meffieurs
Guoffe , Secrétaire de M. Dormeſſon ,
Intendant des Finances.
Wal , Valet de Chambre du Roi,
l'Abbé de la Ville.
1
de Crancé , Ecuyer de Madame la
Dauphine.
Thiroux de Montregard.
Bronod l'aîné , Notaire.
Du 10 Novembre.
Gaignat , Secrétaire du Roi honoraire .
Pantigny , Recev. gen . des Finances.
Mad. la Ducheffe de Lorges.
le Marquis de Scepeaux , Lieutenant
des Gardes du Corps.
le Comte de la Marck , Lieutenant
de Roi des Invalides .
m. 0. g.
215 2
147 I 6
23767
1937
60 I
335 54
797866
195 2 4
9067
148 2
57 I
de Lucé , Abbé de Turpennay .
le Févre , Ameriquain.
Mad. la Marquifé de Menard,
le Marquis de Rieux , Lieutenant-
Genéral des armées du Roi.
Glain , Peintre.
Regnier , Baillifde Verfailles.
le Tourneur , Lieut. de la Connétab .
de la Borde , ancien Fermier gen.
Bellanger , Secrét. du Roi , Notaire.
( Autre partie le 12 Novembre. )
42 I 5
t
2
37 3 3
2
5674
X
405 2 2
I
563 2
8627
317 1
2197 2
174 3 4
145
Coupart , Recev . gen . des Dom . & Bois . 199 I
le Préfident Rougault.
Sibire , Notaire.
Pelletier de Beaupré , Conſ. d'Etat.
170 7 I
116 7 f
318 3 4
JANVIER. 1760. 233
Suite du Q Novembre.
Meffieurs
de S. Vallery , Recev. gen. des Fin.
Barjoles , Ecuyer.
le Marquis de Janſon , Mar. de Camp .
Mlle de Bracq.
Baudon , Fermier général .
de la Porte , Secrétaire du Roi.
Aubert , Violon de l'Opéra.
Gautier de la Pommeray , Procureur
au Parlement .
Mad, la Marquife de Scoraille.
Darla , Quartinier de la Ville de
Paris.
Lorrain, premier Commis de M. de
Courteille.
Mad, la veuve Hibert , ci -devant
Marchande de Paris .
Janffin , Gentilhomme Anglois.
de Montarant , Maître des Requêtes ,
Intendant du Commerce.
de Lamanche , Notaire.
Teffier , Intendant des Ecuries &
Livrées du Roi.
Thevenin , Secrétaire du Roi , Payeur
de Rentes.
le Comte de Mailly , premier Ecuyer
de Madame la Dauphine.
( A réunir au រ Novembre. )
Foubeft , Lieutenant du premier
Chirurgien du Roi.
Raymond , Secrétaire du Roi.
Mad. la Comtelle Dailly.
( A réunir au Novembre. J
Foucault , Marchand de Vin
m. 0. g.
192 5 4
37 1 3
57
2
27 6 7
447 3 3
439 3
62
3057
77 7
101 4
55
18556
401 I 2
373 6
22.6
I
2
253461
166 5 2
367
183 2
2
167-5-61
467
Bood 1 7:
Li
234 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 10 Novembre.
Meffieurs
Cottin , Direct. de la Comp.des Ind.
Mercier , Marchand Orphévre ,
Confeiller de Ville .
Bernard , Marchand Epicier.
le Noir le jeune , Notaire.
Olivier , Marchand , rue des Arcis.
De Viers , ci-devant Md de drap.
Mad. Vatart, veuve du Sécr. du Roi.
Gueffier, Concierge de l'Hôtel des Ambaffadeurs
extraordinaires .
Garnier , Me d'Hôtel de la Reine.
Waimel de Launay.
Micault d'Harvelay, Gar. du Tr.Royal.
Le Comte de Lannion , Mar. de Camp.
Mad.la Marquife de Caftelmoron .
m. o. g.
256 7 6
8064
70 4 7
1543
55 3 3
29276
184 2 4
108 7 6
33147
207 I
171 7 -21
133 7 4
138 6
2
87375 7 4
Du Novembre.
Marfollierdes Vivetieres, Sécr. du Roi . 212 7 6
Collabeau , Syndic de la Compagnie
des Indes .
Pelletier , Fermier général.
439 5 6
64 6.7
88089 4
318 4 3
40 2 IT
2
481 2 2
29422
Du 12 Novembre.
Bernage , Confeiller d'Etat .
( Autre renvoi le 14 Novembre )
l'Abbé Junot, Aumôn, des Gard.Franç.
le Duc de Villeroi.
Chaillon de Joinville , Gentilhomme
ordinaire du Roi.
JANVIER. 1760 . 235
Meffieurs
Suite du 12 Novembre.
le Marquis de Laftic , Chef de Brigade
des Gardes du Corps.
Mad. Laurés.
Baron , Fermier du Roi .
Mad. la Marq . de Fenelon, Douairiere.
Mlle Deſchamps.
le Marq. de Raffetot, Cap. de Gend.
le Duc de Chevreufe .
le Doux , Receveur des Tailles.
Richard , Recev. gén. des Finances.
(Autre envoi au 28 Octobre )
le Comte de Rothe, Lieut. Général.
Mad . de Loifé.
Ferrand , Fermier général.
m. o. g.
I
233 5 2
101 5 2
74 7 I
170 6 3
45 6 2
111 6 •
523 52
363 7.72
129 I 2
191 6 4
29641
2
21726
le Marq. de Roncherolles, Lieut. gén. 194 3 3
Vanno, Fermier gén . des Etats de l'Infant
Dom Philippe.
de Montferrier , Syndic des Etats de
de Languedoc.
Mad. d'Urville, veuve du Sous-ferm .
la veuve Joft .
Baille , Conſeiller au Gr.Confeil.
{ Autre envoi ci- deſſous )
Hocquet, ancien munitionnaire.
("Autre envoi ci-deſſous )
Richer , Quartinier.
Mad. Compaut.
Coupart , Sécrétaire du Roi.
le Duc de Gontault.
( A réunir au 3 Novembre )
le Comte de Noailles.
Madi la Marquile d'Arpajon.
19 5 42
41 4
9656
39 5 7
2
147 7 S
44 7 I
24
255
298
21
4
I 228
203 5 6
2
ܐ܂
236 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 12 Novembre.
Meffieurs
Mad. Rolignol , veuve de l'Intentendant
de Lyon.
Dupont , Notaire.
Richard , Rec. Gén . des Fin .
( A réunir au 28 Octobre )
m.q.
80
so 7 .
I
F'Evêque de Chartres.
Hoquet , ancien munitionnaire.
( A réunir ci - deſſus )
Baille , Confeiller au Gr . Conſeil.
24 ( A`réunir¸ci -deſſus }
4
Mad. la veuve Lemoine , Valet de
garde-robe du Roi.
Breuzart , Doyen des Subftituts de M.
le Proc. Gén . du Gr . Confeil ..
Durand , Greffier au Châtelet.
Bellanger , Séc. du Roi , Notaire.
(A réunir au 10 Novembre )
Paty.
Cotte , Directeur de la Monnoye des
Médailles.
Jeaume , Banquier.
Mad la veuve le Prêtre, Rotiffear.
Pierre , Peintre du Roi ,
Arnoult , Auteur des Sachets contre
l'Apoplexie.
Cappron , Dentiſte du Roi.
le Maréchal de Contades.
Mad. Geoffrin , veuve du Séc. du Roi
ade Lauzy, Curé de S. Jacq. la Bouch.
( A réunir au 8 Novembre )
de la Chapelle , ancien premier Com
nis des Affaires Etrangeres.
P'Archevêque de Rheims
16 67
87 73.
32 -£
445 F
161 2 4
70 7
82
560 7.
273 I
287-352
166 7.4
# :I
108 5
21
2 $4 4 2
289 6-7
249 46
46:14
$77 3
2
JANVIER
. 1760 . 237
•
Suite du 12 Novembre .
Meffieurs
Tilferand , Garde -vaiffelle ordinaire
m. o. 3.
du Roi.
Du 13 Novembre.
Mad . la Marquise de Laſſay.
Prêtre , Marchand.
Guindre , Apothicaire de Madame la
Dauphine.
15375
94060 2 11
72465
168 7 S
53441
72 6!
245
f
212 7 11
257 2
3 .
Lieutaud , Médecin de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne.
de Buffy , Secrétaire du Roi .
Duchêne , Prevôt des Bâtimens du Roi. 40
Philippe l'aîné.
le Comte de Houdelot, Cap . de Gend.
Tinel , Marchand.
Mad. la Marq . de Pertuis & M. fon fils
ci-dev . Col. au Rég , de Lufiguan.
le Maréchal d'Eftrées.
Bonnami Drotfin.
Rouffel , Fermier général .
Playet, Contrôl , des Bât, da Ro
Bergier , Agent de Change.
le Comte de Rohan Chabot.
Senffe , Secrétaire du Roi .
Barjol , Ecuyer.
de Brige , Ecuyer du Roi.
Paffot,anc.Tailleur de M. le Dauphin.
Rabuffeau , Bourgeois de Paris .
Doublet , Marchand .
Fériol d'Argental .
Mad. la Marquife du Guefclin.
40
175 2 5
768 2 61
2
34 7 71/
2
17 7 31
484 1.21
865212
134 3 4
192 I I
854
27 3.5
68
55 5
6
42 37
1364
60 64
238 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 13 Novembre.
Meffieurs
Sandrier, Entrepr. des Bâtim . du Roi.
Mad. Lievin , Bourgeoile de Paris.
Mile Lany , Danfeufe de l'Opéra .
Le Normand , Fermier général.
Mad. la Marquife de Mezaga .
de Guimps, Maître d'Hôtel de la Reine.
Mad. Fremier,du Palais Royal .
Mad. la Comteffe du Roure.
le Chevalier Judde .
de Fourqueux , Procureur Général de
la Chambre des Comptes,
Haudry , Fermier général.
le Quai , Pr . Commis de la Marine .
de Tourdonnais , Ecuyer du Roi.
Touchard , Officier de Madanie
la Dauphine.
Couvray , Secrétaire du Roi.
Mad . la Princeffe Talmont.
( Autre envoi ci- deſſous. )
Autre du 14 Novembre. )
de Faventines , Fermier général,
Morinay , Gentilhom. ord. du Roi.
de Cafaubon , Syndic de la Compagnie
des Indes .
le Prince de Robecq .
Mad . la Princeffe Talmont.
A réunir ci - deffus . )
Mad. la Préfidente Portail .
le Comte de Caraman.
Mad. Landet.
Chomel , Notaire & Echevin.
Autre envoi du 14 Novembre. )
Mad . Chomel.
m. org.
48 15
19 6 5
8 1 3
5564
3595 4
69.7 37
174 "
2955 3 >
381 1 II
2
6265
349 6 7
138 45
13 7 7
39 3 3
85 2 1
4967
237 442
2,547
321 6 1
285 24
92 7
186 6 7
160 25
I 1917 2
134.6
31 3
JANVIER. 1760. 139
Suite du 13 Novembre.
Meffieurs
le Marquis de Raffetot.
Maiziere , Recev. gen. des Fermes.
D'Invault , Intendant d'Amiens.
Dupont , Confeiller au Châtelet.
de Pommery , & Mad. de Floffac
fa belle- mere.
le Prince de Salm.
Du 14 Novembre.
Mad. la Marquife Dambre.
de Bernage , Confeiller d'Etat,
m. o. g.
6473
15953
359
1912
280 S } ;
87 3
105637 47
256 37
866
A réunir au 12 Novembre. )
Halma de Balmont , Gr. Audiencier
de France honoraire.
MM. Bouret freres .
A réunir au 31 Octobre, )
Bouillard , Intérellé dans les affaires
du Roi,
Coignard , Secrétaire du Roi.
Mad. la Duchefle de la Trémoille.
le Comte de la Billarderie .
André , Echevin .
le Bloeur , Echevin.
de la Croix , Dirceur des Domaines.
le Comte de Broglie.
de Villevaut , Maître des Requêtes ,
pour Madme la mere.
Hermant, Intéreffé dans les Affaires
du Roi.
Mad. la Princeffe Talmont.
( A réunir au 13 Novembre. )
Choppin , premier Préſident de la
Cour des Monnoyes,
392 26
82 S
190 3
166 3 3
164 4
132 4 4
44 4 2
40 4
I
276 6 2
163711
176651
224 I
376
108
761
240 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 14 Novembre.
Meffieurs
de Brezé , Préſident de la Cour des
Monnoyes.
Mad. la Comteffe de Guerchy.
le Cardinal de Bernis.
Chomel.
( A réunir au 13 Novembre. )
Dupré de la Grange.
Mad. Dodart.
Mad. Chevillon ..
Mad. Boutet.
Mad. Poiffonnier , Nourrice de M. le
Duc de Bourgogne.
le Page , & Mlle Hermens.
le Marquis de Caftres.
( Autre envoi le 23 Novembre, )
le Prince de Soubife.
( A réunir au premier Novembre. )
Mad. la Comteffe de Morville.
le Noir de Laye , ancien Fermier.
Mad. Beaumier.
de la Faye , Tréforier des 4 den.
& fa mere.
Mad. la Duch.de Beauvilliers , Douair.
le Marquis Defcars.
Rouffel , Conf. honor. au Parlem.
Boudet , Avocat.
Partyet, Intendant des Invalides .
Rivier , Gentilhomme fervant du Roi.
le Baron de Wels , Lieutenant- Colonel
d'Infanterie
Mad, la Comtefe de Rochefort.
le Marquis de Sourches.
Dangé , Fermier général .
m.
105 8
2942
82, I I
276
161 37
88 7
18 6 I
75 14
F
50462
126 1 42
252 14
3972
Iso 4 6
134 6 112
46
135 34
253 6 75
132 2 P
29866
523 1
16267
186
70 4 I
36 3 6
209.3
248 7
2
Suite
JANVIE R. 1760. 241
Suite du 14 Novembre.
Meffieurs
le Maréchal de Duras , & Madame
fon épouse.
Dufort , Introducteur des Ambaſſ.
Mad la Ducheffe de S Pierre.
Rebel , Surintend. de la Marq d'or.
le Marq de Balincourt , Lieut gen.
Raynal , Secrétaire du Roi,
Clautrier , premier Commis des Fin .
de Vézanne , Maréchal de Camp .
de Vauréal , ancien Evêq. de Rennes,
Mad . de Forcy.
Moreau , Procureur du Roi au Chât .
de Croifmare , Ecuyer de main du
Roi.
Soufflor , Contrôleur des Bâtimens
du Roi.
Perrinet Dorval , Fermier général
des Poudres.
Dubois , Notaire.
Millet & M Canivet , Négocians.
Dubuiffon , Gentilhomme.
de l'Abbaye de Sainte Génevieve.
de l'Abbaye de Longemeau , dépendante
de Sainte Genevieve ,
Nau , Notaire
.
Darnoncourt , Recev gen des Fin.
( Autre partie le 16 Novembre. )
le Marquis de Gouffier , Maréchal
de Camp .
Mile Quinault l'aînée.
l'Abbé Pefié , Conf. au Châtelet.
le Comte de Bombelles , Lieut. gen.
m. o. g.
2564 1
120 3 5
196 6 6
79 2
193 5
87 6 4
162 3 2
5833
802 4 2
34 7
139 7 4
35 16
43 4 3
75 2 S
2
184 3 2 2
614 5
2
31 2 I
2
I 279
445 6
6253
391 6
170 3 3
170 4 T
57 6
70 27
2
1. Vol.
115800 67
2
M
242 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Du 15 Novembre.
Neyret de Grandville , anc. Sous Fer.
Moras , premier Com. du Dom.
le Gras de la Charmote , Secrét. du Roi.
Tarlé , Huiflier du Cabinet du Roi ,
Nau , ancien grand Juge Conful .
Pauly, Bourgeois de Paris.
le Comte d'Herouville de Claye ,
Lieutenant-Général.
Boifte , Procureur au Châtelet.
Agede , Directeur des Fermes ,
Desfourniel , Fermier général.
de S. Marc , Contrôleur des Rentes.
Sanfon , Receveur des Confignations
du Parlement .
de Courmont , Fermier général .
Odeau , Bourgeois de Paris.
Gaultier , Payeur des Rentes.
Mad. Lafond , Bourgeoife de Paris.
( Autre envoi au 2 art. ci- après )
le Gendre de Villemorien , Receveur
général des Finances .
Mad Lafond , Bourgeoife de Paris .
( A réunir avec l'envoi ci deffus. )
le Comte de Bloft , Brigadier des
armées du Roi .
Mad. la Marquife de Frémur.
l'Evêque de Meaux.
le Chevalier Jenffin , Gentilh. Anglois.
le Marquis de Fervaques.
Mad. Tacher , Nourrice de Madame
Sophie.
Mad. Duvelais.
de Lepé , Architecte du Roi ,
m. ò. g.
108 1
62.4
47 s s
45 4 3
120 3
19 7 6
49 6 7
76 7 I
542 I
327 4 2
68 7 5
167 I
309 S
48 5 3
164 4 3
43 6 5.
184 I S
44 3 7
44 S S
107 I 2
28354
107
2
7
5653
I@ 3. SZ
18547
$47 6
JANVIER. 1760 . 243
Suite du 15 Novembre.
Meffieurs
Botentuit Langlois , l'oncle.
de France , Maréchal général des Logis
des Suifles & Grifons.
de l'Efpronniere .
le Chevalier de la Chaife , pr. Sous-
Lieutenant des Moufquetaires.
de Saint Amarant, Fermier général .
Bouron , Notaire.
Pierre , fils de l'Echevin.
de Pille , Procureur en la Chambre des
Comptes.
Séguier , Avocat général .
m. o. g.
31 4 It
2 .
50 371
.
56 621
524 1
225 4 11
244 3
130 S
224 3 7
180 6 1
172 5 7
25 3 3
268 2 5
Françaife , Receveur général des Fin . 2001
de Fougieres , Lieutenant général.
le Comte de Fougieres.
de la Grandville , Confeiller d'Etat .
Du 16 Novembre.
Antoine , Garçon ordinaire du Roi.
Milord Duc de Perth.
deLargentieres , Doyen honoraire.
le Chancelier .
Veroneze , de la Comédie Italienne.
Du Chapitre de Saint Louis.
Darnoncourt , Rec. gén . des Fin.
( A réunir au 14 Novembre )
Thoré , Secrétaire du Roi .
Toffier , marchand Tapiffier.
2
120977 2 32
Mad. de Montgival , premiere Femme
de Chambre de Mad. Adélaïde .
2
47 2 1
193 7 S
22 IS
604 3 7
75 1 312
74
2 II
216 7 6
23 5 41/2
2
50 425
Mij
244 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 16 Novembre.
de Marivet , Ecuyer du Roi.
Dupuy , ci-devant Marchand Mercier.
Jamart, Fermier général de M. le Dac
d'Orléans.
m . o. g.
3.
20 2
31
56 4
36 4
130 3 3
58
2
Caron , fils , Payeur des Rentes.
1953
Trois autres envois le 3 Déc.
Mlle de l'Efpinaffe du Prat.
Babaud de Chauffade , Sec. du Roi.
Trudon , Entrepreneur de la Manufacture
de cire d'Antony.
Autre envoi du 10 dudit.
Autre du 13 dudit .
Autre du 14 dudit.
Autre du 20 dudit.
Fannellier , Fourniffeur des bois de la
Marine.
Mad . Dufeu , Marchande à Paris.
Hebert Secrétaire du Roi.
Les Dames Hofpitalieres du Fauxb.
Saint Marcel.
Mad. Harang , veuve du Négociant.
Douin , premier Commis de M. de
Saint Florentin .
Lottin , Sellier .
Paul , Ecuyer de la feconde Ecurie du
Roi.
4562
56 5 72
168 6 32
8756
443
54 3 3
130 541
81 27
de Saint Conteſt , Intend . de Champ. 461 5.45
( Autre envoi le 17 Novembre )
Chaumiel , Médecin du Roi.
Barbereux , Fermier des Carroffes de
Rheims.
de Livry , premier Commis de M. le
Comte de Saint Florentin .
161 4 5
884 1
155 32
JANVIER. 1760. 245
Suite du 16 Novembre.
Meffieurs
Bouret , freres.
! A réunir au 31 Octobre )
Gilbert de Voifins , Confeiller d'Etat .
Mad . la Préfid . Gilbert de Voisins.
Efmangart , du Palais Royal .
de Montmort , Major des Gardes du
m. o. g.
169 3
80 7 5
Corp's.
Du 17 Novembre.
Mad. de la Garde , Douairiere .
( A réunir au 9 Novembre )
le Préfident d'Arcouville.
173 4 6
1563 5
15136
125309 2 2
303
168 4 i
443 7 61 de la Chabrerie , Fermier général .
Boutin , Préfident au Parlement .
Brillon , Confervateur des hypotèques
& Recev. des Décimes de Paris,
Aimeret de Gazot , Conſeiller honoraire
au Parlement.
de Caffiny , de l'Acad . des Sciences.
156 2
108
853 26
47 6 6
de Saint Contest , Intend . de Champ. 16 5.7.
( A réunir au 16 Novembre )
Mad. la Ducheffe de Ruffec.
Mad la Marquise de Pompadour.
(A réunir au 3 Novembre )
Cugniot du Lys , Etudiant en Droit.
Cugniot de la Ronciere .
Cugniot d'Aubigny.
Cugniot , Prêtre .
de Montmorin & M. le Marquis de
Saint Hérem .
Mefnil & M. Maréchal fon gendre ,
Econome général du Clergé.
330.7
80:7 7
4
25 11
21 2 I
31 2
* 2
2
29 2 6
12936
64
294
Mij
246 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 17 Novembre.
l'Abbé Defmé , Prevôt de Saint Martin
de Tours .
Defmé Recev. des Tailles de Mantes.
de Saint Georges , ancien Capitaine aux
Gardes Françoifes.
Thomas , Tréforier général de l'Ordrede
Saint Louis.
Gigault , Secrétaire du Roi & Directeur
général des entrées de Paris .
Millet , ancien Avocat .
Les RR. PP. Feuillans de la rue Saint
Honoré.
Mad le Maire , veuve de M. de Montreuil
, Commiſſaire des Guerres.
Guenon , Notaire & anc. Echevin.
Mad. d'Agueffeau , veuve de M. le
le Comte de Chatelux.
de Sartine , Lieutenant- Criminel .
l'ancien Evêque de Québec.
de Courbeton , Commiſſaire général
des Poudres.
( Autre envoi du 19 Novembre.
le Marquis d'Oife Brancas , Maréchal
de camp.
Mad. la Maréchale de Montmorency.
Pineau , Bourgeois de Paris.
m. o. g-
65
65 4
61 f
539 4 6
187 7 4
89 7 11
2
88 13
24 4 4
46 7
204 3
77 7
12 6 412
Bauvin , Md de Dentelle fuiv . la Cour.
La Confrérie des Maîtres Limonad.
Du 18 Novembre.
Poullain , Réc. g. des Dom. & Bois.
13327
27 2,51
91 2 3
51 4 412
80 55
60 64
129561 471
1395 3
129701 2 21
2
JANVIER, 1760. 247
Du 19 Novembre.
Meffieurs
Mad. de la Vigne , de la fucceffion de
m. o. g.
Mad la Vigne, pr. Méd. de la Reine. 102 4 7
Brocham des Tourterelles , Md fourniffeur
de la Maifon du Roi.
le Duc de Broglie,
Michel , Chantre de la Sainte Chapelle
de Vincennes.
Mad. Thiroux de Lailly.
Cabanel , Secrétaire du Roi.
140 57
148 2 6
47 S S 2
323 3
183 4
Pinffeau, anc. Rec. des Tailles de Paris. 56 45
le Comte d'Ampus .
Bofquillon , Procureur au Châtelet.
Mad . de Villemur , veuve du Garde
du Tréfor royal.
le Comte d'Ozenbray , Lieur. gén .
Rulhierre , Inſpecteur des Maréch .
des environs de Paris.
Mad. Chamtepie des Balences , veuve
du Lieutenant de Maréchauffée.
le Marquis d'Autefort.
de Courbeton, Comm. g. des Poudres.
( A réunir au 17 Novembre. )
238 57
3554
379 4 2
400 1 2
496 4
Y
527
I
305 7 3
Mad. la Comt. de Coetlogon , douair . 185 1 ,
l'Evêque de Senlis.
Maffe , Secrétaire du Roi.
Mad. la Comteffe d'Eftrades.
Angrand , Proc. gén. au Gr . Confeil .
d'Eneau , Fourrier de la Reine.
d'Argouges , Lieutenant Civil.
Moufle , ancien Tréforier de l'extr.
des
guerres.
de Laporte , Intendant du Dauphiné.
Leroi de Senneville , Contrôleur gén.
des Ligues Suiffes & Grifons.
39 43
38852
47 3
112
221 3.2
48 i S
6
139 7
145 4
144 S.
248 MERCURE DE FRANCE :
Suite du 19 Novembre.
Meffieurs
Guidi , Payeur des rentes.
Les Prêtres de la Doct. Chrétienne ,
de la Maifon de S. Charles.
Marie , prem . Commis du Bureau
de la Guerre.
Cotton , intéreЛlé dans les affaires
du Roi.
Maquer , Notaire.
le Marquis du Muy , prem . Maître
d'Hôtel de Mad la Dauphine.
( Autre envoi le 18 Décembre )
( Aurre envoi led jour 18 Déc. )
Du 20 Novembre.
de Nantouillet , Fermier général.
le Comte de la Guiche.
le Marquis de Rochechouard..
Geoffroy , Secrétaire du Roi
Judde , Secr, du Roi , Not. honor.
Turodin , ancien Receveur des Fin.
Hubardiere , Bourgeois de Paris.
de Beaufort , Lieutenant des Maréchaux
de France.
Roffignol , Fermier des Poftes .
de la Noue , Gentilh . ord. du Roi.
Mad. la Comteffe d'Ampus.
Andrieu , Notaire .
de Puilegur , Maréchal de camp.
Chevert , Lieutenant général .
Vaudeleau , Ecuyer de la Vennerie.
Barjac , Tréf. de la Maiſon du Roi,
m.org-
189 2 3
48 34 .
116
76.5 5
8367
8326
1342406 S
2056
57 5 7
8334
23567
97 7.3
40 I 71
2
8336F
2
MI I ZI
2
211 I 2
140 7 6
25762
$ 3 2.1
66 4 I
2
301 7 31
79 7 6
2
253 I L2
JANVIER. 1760 . 249
Meffieurs
Suite du zo Novembre.
Mad Caré , Horlogere.
Pelletier , Confeiller au Châtelet .
Mad . Peltier.
le Comte de Graville , Lieut. génér.
Bullat , Cominis des Finances .
Lamouroux , Recev . général des Fin .
( Autre envoi le 22 Novembre )
Sigogne , Greffier au Parlement.
Mile Goffelin.
Guionnet , Lieutenant de Roi de
Vincennes.
Cheveau , Secrétaire du Roi , &
M. Peftalotzy , fon gendre.
de Tourniere , Payeur des Rentes.
le Boeuf de le Bret , Notaire.
Nau , Marchand de la Cour.
le Marquis de Luigné.
m. 0.g.
94759
44 4
14 6
484 7
52 4 4
197 I S
16 1 4
124 2 I
41 2 22
213 7
179 I 4
32 15
40 56
8034
124 6 I
7363
4325
de Boifneuf, Receveur de la Capitation
de la Cour,
( Autre envoi le 21 Novembre. )
le Coeur , Traiteur
.
le Marquis de la Fare Lopris.
de Tourniere .
de Villiers , Employé à la Compagnie
des Indes.
Taillapied , Recev gen. des Fin,
de Tourny , Conſeiller d'Etat.
Caron , Notaire.
Potor , Secrétaire du Roi.
de la Palu.
le Comte de Sommery.
2
30 1 2
171 S 7
311 3
118
35
Isi se
45 S I
20 7 3
Faudral , Exempt des Gardes du Corps. 44 2 2
Poulletier , Notaire , & Madame
de Vinfrais.
46 2 3 Σ
250 MERCURE DE FRANCE .
Meffieurs
Suite du 20 Novembre.
Bourraint , Receveur des Tailles
d'Estampes.
Mad. la Maréchale de Monteſquiou,
la Ville du Portault , Confeiller en la
Cour des Aydes.
le Vicomte de Noé .
m . o.
25
2
10 4
23 I
91 3 2.
Dulivier , Député du Commerce
Cendrić , pere. fo 4 7
139619,3 3
Du 21 Novembre.
Mad. la veuve Bourelier. 61 3 4
de Bayonne.
582 I
2
Angot , Notaire. 1953 2
3
9232
337
Mad. la Comtefle de Chateauregnault . 16
Touchet , Baigneur, à la fuite du Roi,
l'Abbé de Raftignac.
Martin , Apothicaire du Roi.
de Julienne , Entrepreneur aux
Gobelins.
le Normand de Maizieres , Commiff.
des Guerres.
de Chabreuil , Ecuyer de bouche de
Mad. la Dauphine.
67 7
*
253 3 3
$6 16
150 6 202
le Noir de Maiziere , Payeur des Rentes . 55 54
le Duc de Fitzjames.
Roflin , ancien Fermier général .
de Boifneuf , Recev. de la Capitation
de la Cour
( A réunir au 20 Novembre.
de Maranzel , Contrôleur des Bâtimens
de Fontainebleau.
le Vicomte de Vaudreuil , Lieut. gen.
(Autre envoi du 26 Novembre. )
+
471 1 4
3125611
2
657
8535
172 7 I
JANVIE R. 1760. 258
Suite du 21 Novembre.
Meffieurs
l'Abbé Thevenard.
Acaron , premier Commis de la Marine ,
& Mad. Roydot fa belle- mere.
Brallet , ancien Echevin.
Pelletier , Contrôleur des Rentes.
Mad. Tourolle.
( Autre envoi le 23 Novembre )
m. o. g.
953 2
712-3 [
2
62 2 512
6855
68 7 7
le Marquis de Beringhen , prem. Ecuyer. 763 5 6
de la Frefnaye , ancien Echevin .
Oblin , Payeur des gages de la Chancellerie
de Lyon.
Mad. du Noyer , veuve du Confeiller
au Parlement .
de Launay , ancien Tréforier de l'extraordinaire
des guerres
( A réunir au Novembre )
Doutreleau , Tréf. de la Chancellerie.
Nolin , Greff de l'Election de Paris .
Cleret , Commiffaire honoraire au
Châtelet.
le Marquis de Puyfieulx .
Langlois , Secrétaire du Sceau .
Simon de Meaufard , Avocat.
Bochard , Confeiller au Parlement .
de Zurauben , Colonel des Gardeş
Suifles.
le Cardinal de Gèvres .
Roitier , Orphévre du Roi ,
de Chalabre , Brigadier des Armées
du Roi.
Mad, la Préfidente de Villeneuve .
235 7 31
67 7 5
44 7 4
763 I
7212
540 I 2
97 67
363 3 3
117 4 I
162 6 7
343 2 4
134 6
74 3 3
187 6 7
145227 3
I
252 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 22 Novembre.
Gayart , Avocat au Parlement .
m . o.·g.
48 4 S
l'Archevêque de Paris. 589 7 7
le Duc de Trêmes. 275 6-2
Delerot , Aubergifte du Jufte à Verfailles.
175 7 4
Laideguive , Notaire. 63 6
Mad . la Comteffe de Poitiers. 147 3.
Mad. la Princeffe de Guimenée. 7066
Helvetius , ancien Ferm gén. 144 I
1 Comte de Mauroy , Lieuten Génér. 140 7
Boilemont Fermier général .
Caffel , Secrétaire du Roi.
198 7 4
61 6
Pilet , Architecte.
Nau , Greffier au Grand Confeil.
de la Folie , ancien Contrôleur de la
Mailon du Roi.
Saide , Opticien du Roi.
Mad. Helvetius , mere.
Dumetz de Ronfay , Préfident à la
Chambre des Comptes.
Pilet des Poftes.
Bourgevin , Tréforier général des Maréchauffées
.
le Duc de Nivernois.
( Autre envoi ci - deſſous )
Galet , Marchand .
Loufteau , Chirurgien Major des
Gardes du Corps.
de Fontanieu , Confeiller d'Etat.
Bergeret , ancien Fermier général .
Gouault , Procureur Général en la
Cour des Monnoyes.
43 4 21
2276
13
28 3
151 4 21
162 I I
•
157 3 5
108 6 31
896 2-
73 3
•
24 12
105 26
2733 31
43 I 4
Suite
JANVIER. 1760. 253
Meffieurs
Suite du 22 Novembre.
de l'Amouroux , Receveur Général
des Finances.
( A réunir au 10 Novembre )
Gautier de Beauvais , Receveur Général
des Finances.
le Duc de Nivernois.
( A réunir ci-deffus )
m. o. g.
637
251 6
40 4 I
Mad , la Marq . de la Salle, Douairiete . 151 3 5
Mad . de la Fontaine.
Mad . la Marq . de Flamenville, veuve.
le Marquis de Raray , Officier de Gen.
darmerie
le Marquis de la Vaupalliere, Sous-Lieutenant
de la pr . Comp . des Moufq.
le Marquis de Bruflart.
Pecquer , Officier du Gobelet.
69 I I
44 5 4
244 7 2
83 16
36 16
Viard de Molleron , Gendarme de la
Garde.
51 52
2964
Mad . la veuve le Gendre. 28
150336 41
Jean-Thomas Hériſſant , Libraire .
Du 23 Novembre.
Hébert , Traiteur à Verſailles . 97 26
Blanchet , Traiteur à Paris. 41 6 2
Pafferat . Préſident de la Cour des
Monnoies. 54 3 1
14 4 3
de la Fond , ancien Capitaine de
Cavalerie.
le Marquis de Beuvron.
Mad, Mars femme du Proc . au Parl.
Pelletier de Rozambaut , Préfident
au Parlement.
I. Vol.
214 I
5026
25275
N
254 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 23 Novembre.
Meffieurs
le Marquis de Caftres.
( A réunir au 14 Novembre )
Millin de Grand-Maiſon.
Mad. Tourolle.
( A réunir au 21 Novembre )
Bèchefer , Banquier en Cour de Rome.
Mad. Conftant.
le Maréchal de Maillebois.
Fleuret , Contrôl . gén. de la Maiſon de
M.Ang
38 3 L
102.6
56. I
71 4
16 6 6
104 S
M. le Duc d'Orléans , & fon Epoule, 155 5 65
le Cointre , Notaire.
Defprez , Greffier au Châtelet.
Fourgeret de Montpreuil , ci -devant
Sous-Fermier.
le Duc de Briffac.
Mlle Dumoulin .
le Fevre , Traiteur.
Montabon , Traiteur.
Carré , Bourgeois de Paris .
Jomard , Huiffier Prifeur.
Mad. la veuve Mauger.
de Varennes , Moufquetaire gris,
le Comte de Montruel , Colonel .
Billaudet , Intendant des Bâtimens
du Roi.
Du 24 Novembre,
Cochu , ancien Avocat au Parlement.
de,Vandeneffe , Marchand.
Mlle Belin.
Demay, Notaire & Secrét. du Roi..
l'Archevêque d'Alby.
14
716'3
775
66 13
14 7 I
7847
298 17
1466
94
46 I 9
1 3 2
240 7 2
44 6 →
152536 2
45 7
71 2
3521 25
25475
167 S
Allen , Procureur en la Ch . des Compt. 2006
JANVIER. 1760. 255
Suite du 24 Novembre.
Mefieurs
le Chirurgien des Moufquetaires.
Robinneau , Notaire.
Olivier , Recev. gen. des Finances.
le Comte d'Hervilly de Canify , Colonel
du Régiment Dauphin , Dragons.
Mad. Pellerin , veuve.
Mlle Bodeau , Bourgeoiſe de Paris.
Landrieux , Bourgeois de Paris.
de Vougny de la Chauffée.
le Préfident d'Aligre.
Mile Deſchaux , Bourgeoise de Paris.
m. o.g
48 2
356
35 47
2
40 761
209 3 6
160 3 I
276
3946
216 2 I
4533
le Febvre , ancien Capit. de Cavalerie. 145 4 5
le Comte de Carvoisin , Maréchal
de Camp.
Du 25 Novembre..
133 26
15488255
Defparbès , Colonel du Régiment de
Piémont , Infanterie . 9424
154977
Du 26 Novembre.
de la Marre , Intendant de M. le
101 4 3
le Comte de Fontaine - Françoiſe ,
premier Préſident.
Maréchal de Camp
Mad.la Marquife de Bertillat.
le Marquis de Soyecourt , Maréchal
de Camp.
de la Hubardiere.
Mad. Defcouffaut.
Quarré , Marchand Tapiffier.
Mad: la Préfidente Portail , la jeune.
68 66
2277
257 35
II 6 21
2147
10 4 S
200 22
2
Nij
256 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 26 Novembre.
le Vicomte de Vaudreuil.
i
( A réunir au 21 Novembre. )
Mad. la Comteffe de Brienne , mere.
Barbaut de Glatigny , Intendant
général des Poudres.
de Maupou d'Ablaige.
Bourfier , Secrétaire du Roi.
de S. Memin , Prévôt général
des Maréchauffées à Moulins.
le Comte de Mortagne , Lieut . gén .
Armet , Notaire .
Mad. Tartereaut , veuve de M. de
Bertemont , Capit. des Grenadiers.
Sareau.
Duperrier , Procureur au Châtelet.
de Bérulle , Intendant de Moulins.
Mad. Rouffel.
m. 6. g.
312 4
61 3 I
42 4 1 1
21 I
43 7 6
72 33
347 7 3
57 4.6
9236
24
45 2.4
2
N
I
2
Du 27 Novembre.
Poncieu Vié , Négociant à Paris .
l'Abbé de Cîteaux
297 S
28 2
156896 6.21
113 21
2
689 4 I
Autre envoi le 15 Décembre. )
le Mercier , de S. Germain en Laye.
Mad. la veuve Baillon , de S. Germain
en Laye.
le Duc de S. Aignan.
Hazon , Intendant des Bâtimens du Roi .
de Meulan , Recev. gen . des Finances.
Mad. Drouillet , Veuve .
Boulogne de Préninville.
Mad. de la Bliniere.
17
17 7 71
320 37
35 27
365.5 6
271 6
103 6 S
123
JANVIER. 1760. 257
Suite du 27 Novembre .
Meffieurs
Marchand , Argentier de la Reine ,
Payeur des Rentes .
Du 28 Novembre.
m. o. g.
5756
159011 5
de Jor de Fribois , Fermier général.
le Comte de Montboiffier.
Henry , Maître des Comptes ,
l'Abbé Chauvelin .
Jean-Paul Silveftre , Suiffe de nation.
Mad. de Lemeric.
Hefnin , Maître d'Hôtel du Roi.
le Marquis de S. Prić .
Garet.
le Maréchal de Luxembourg.
( A réunir au 4 Novembre.)
le Bar de Pailly , Gentilhomme de
Madame la Dauphine.
Bereul , Rec. des Tailles , à Blois.
de Maupaffant , Secrétaire du Roi ; &
fes fils.
Mad. la Maréchale de Löwendhal.
Du 29 Novembre.
Haliffan , Payeur des rentes.
de Chavannes , Confeiller au Parl.
Dudit fieur.
Nigon , Rec gén. des Dom . & Bois ,
Généralité de Caen,
Du fufdit,
320 I 3
166 4 6
40 S
I
2
216 21
2
45 7
I
2
99 6 1
138 2 11
2
93 171
2
I I I
2
672
2214 2
3854
2017 2
72 2
160480 3,612
207 I 2
131 1
21 1 61
42 T 4
353
2
N iij
258 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 29 Novembre.
Meffieurs
'de Lafontaine le jeune , Sellier du Roi.
Roullier , Miniftre & Surintendant
des Poftes.
de Laporte , Orphévre , rue de l'arbre
fec.
m. o. g.
63 57/2/20
765 5 11
19 3 S
le Marq. d'Equevilly , Mar. de camp. 185
le Marquis de Marolles , anc. Capit.
au Régiment du Roi , Infant.
l'Abbé Ballin , Chanoine de S. Louis
du Louvre.
le Vicomte de Courteaumer , Brigad.
des armées du Roi.
Mad. de Waubert.
Varin , Secrétaire du Roi .
Viard de Molleron , Gendarme de
la Garde.
Mad. la veuve Dorneau.
I
92 7
49 2 7
5046
127 7 4
133 7.
IS 4 4
L'Hôtel de Ville de Paris.
204 I
433 6 7
162892 6 4
Du 30 Novembre.
Mad. Perrin , Veuve du Gouverneur
des Pages de la grande Ecurie.
Gaultier de Vinffre , prem. Lieuten.
de la Prevôté de l'Ifle de France .
Renard, Officier de Marine.
Du Décembre.
Clément , Notaire .
Mad. la Première Préfid . Pelletier.
l'Archevêque de Narbonne.
de Saint-Amand , Fermier gén.
35 26
2354/2/2
86
163037 7 11
4063
15673
857 1
29423
JANVIE R. 1760. 259
Suite du Décembre.
Meffieurs
Terray de Rofieres , Procureur gén.
de la Cour des Aydes.
Clément de Feuillet , Conf.au Parl.
Mad. l'Abbeffe de Fervacques.
de Courteille , Confeiller d'Etat ,
Intendant des Finances.
Meffen , fils , Confeiller au Parlem.
de Lagarde , Fermier général.
le Maréchal de la Tour Maubourg.
le Marquis de Valory , Lieut. gén .
Arthault Bourgeois de Paris.
Bernard de Boulainvilliers , Préfid .
au Parlement.
Mad Befchard, Mde à la toilette.
Mile Didon.
(Autre envoi le 7 Décembre. )
{ Au.re envoi le 11 Décembre. )
de la Live de Pailly , Brigadier des
Armées du Roi.
Mouchard , Receveur gén. des fin.
Du 3 Décembre.
Marefchal , Falotier du Roi.
Mad. de Montmorency , Veuve du
Colonel .
de Vernege , Major des Gendarmes
de la Garde .
Cornueau , Tréforier de M. le Duc
de Penthièvre .
Hufnot , Avocat au Parlement,
le Maréchal de Richelieu .
d'Oriac , Confeiller d'Etat , Prem.
Préfident au Grand Confeil.
Plus
m. o. g.
23036
61 II
64 4
38326
247S
22632
171 6
307 3 3
25
343621
53
163 62
46 4
448 6.2
166113 7 1
33 36
5925
4253
•
23252
88
ΤΙ
148 3 S
61
487 7
[
260 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 3 Décembre.
de Fontette , Intendant de Caen.
le Monnier , de l'Académie des Sc.
Caron fils , Payeur des
rentes.
Plus ,
m. o.
g
38 71
356
61 667
2383 5
159 37
Plus ,
( A réunir au 16 Nov. )
17 7
de Manneville , Confeiller au Parl.
Guinaud , Portemanteau du Roi.
Favieres , Confeiller hon. au Parl.
Aubry , Traiteur.
Mad. la Veuve Dorneau.
Huet Prieur d'Hatys , Chanoine
de St. Victor.
Defgranges , Maître des Cérém.
de Boifqueftans , ancien Capitaine
de Cavalerie .
Mad . la Maréchale de Lamotte-
Houdandourt.
de Laporte , Bourgeois de Paris.
Mlle Jacquet , Bourgeoife de Paris.
Tiffet , Mar. des Logis de la Reine.
Mad. la Veuve de M. de Lahaye ,
Fermier général .
Noel , Maître Layetier.
Dumoulin , Traiteur .
* 60 ·4
186 6 3
114 2 2
686 &
7 3
2367
162
389 64
1516 1
20-52
39 44
135 7.
2935r
827
96 22
Martel , Notaire. 136 3
Lambert , Tréſorier de Fr. de la
Généralité de Paris.
2362
769815 4 6
Du 4 Décembre.
le Comte de Troiville , Gouverneur
du Pays de Soule. 167 32
JANVIER. 1760.
261
Suite du 4 Décembre.
Meffieurs
Broulle , Avocat.
le Carpentier , Architecte du Roi.
Mad. la Veuve Baillon.
de Charlais , Secrétaire du Roi.
l'Abbé Belon , ancien Chapelain
du Roi.
Mlle Demont , fille du Capit. Suiffe.
le Duc de Mortemart.
Chalut de Verin , Fermier général.
Thiroux de Chameville , Régiffeur
des Poftes.
l'Evêque de Langres.
Mad. Duval , Veuve du Commandant
du Guet.
de Tourville , Capit, aux Gardes.
de Bieuville , ancien Gouverneur
de la Loufianne.
de Pernon , Député du Commerce.
Mad. la Comteffe de Létang , petite
fille de M. le Maréchal du Bourg.
Léger , Ecuyer.
Mad . la Préfidente Talon.
le Comte d'Efpars.
de Saint- Jean , Greffier en chef des
dépôts civiis du Parlement.
l'Avocat , Maître des Comptes.
Das Décembre.
le Comte de Valentinois .
Roffignol de Baligny , Secrétaire des
Commandemens de la Reine.
'm . o. f.
764
81
16 6
1437
7
53411
133 1
1967 6
172 6 2
624 63
83
185 si
132
173 4 1
81 S 4
404 4 S
785
225 75
7511
344 3
245 S
172916 43
127 3
9026
6
33
Guyon . Directeur gén. des Monnoies. 182
Brunet , Bourgeois de Paris.
282 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Mile Didon.
Suite du Décembre. S
( A réunir au 1 Décembre )
m.o.g
75
Mad. Drouin, de la Comédie Franç. 32 7
( Autre envoi le 7 Décembre. ).
Deseffarts , Correcteur des Comptes .
Mad. la Ducheffe de Luynes..
le Cointe de Vaſtan .
157 6 1
4
2066 5
158 i
23 1 6
Mlle Millot.
Mad. la veuve Pellet , ancien Echevin. 113 1 I
Mad . la veuve Dorneau.
Rode , Négociant .
Mad . Valon.
Mlle Deftouches.
le Marquis de la Ferriere , Lieutenant
des Gardes du Corps.
Laifné , Notaire.
Mad. la veuve Taffin , & fes fils ,
Banquiers.
Du 6 Décembre.
667
88 4 4
37 3 2.
46 7
1764 2
94 I I
180 2 5
174774 2 2
248 3 I
573
209 S.
205 4.4
140
102 7
2
Romerey , Confeiller au Parlement.
Chevalier , Major de la Baftille.
le frince Tingry .
Mad . Tribolet , veuve du Secrétaire
du Roi.
Mad Dufauffois , veuve de l'Ecuyer
du Roi.
Plus en or 2 on. 6 g. 27 d.
Grégoire , Elu.
de la Leu , Secrétaire du Roi.
de la Leu , Notaire & Secrét . du Roi.
le Conne d'Harcourt.
Mad. la Marquile Dorvillé.
149 7 4
153
113 7
3574
JANVIER. 1760. 263
Meffieurs
Suite du 6 Décembre.
Perin , Bourgeois de Paris.
Carpentier , Auditeur des Comptes.
Mlle Girardeau de Préfond , Bourgeois
de Paris.
le Marquis de la Rouvoie.
le Marq de Verneuil , gr. Echanfon.
Pean de Mofnac , Maît. des Comptes.
Ourfin d'Igoville , Recev. gen. des Fin .
Du 7 Décembre.
m.o.g
36 3
4843
6747
12335
142 7 3
59 5 .
214 3 4
176829 ཉ ;
le Baron d'Oppe le,Capit . de Gendarm . 46 7 3
Mad. Drouin , de la Comédie Franç.
a porté en or 6 on . 2 g.,& demi..
( A réunir aus Décembre. )
Maurin , Notaire.
l'Abbé Bélon , en ors on. 3_g•
Portail , ancien Pr. Préfid . au Parlem.
Galet , Secrétaire du Roi.
Gillet , Trésorier de France.
Belnier , G effier en chef de la Cour
des Aydes.
de Carbon , Secrétaire du Roi.
le Comte d'Argenfon , & Madame
fon épouſe.
le Duc de Chevreuſe , de la fucceffion
de M. le Duc de Luynes.
14 7
338
67
2473
171 6 :2
91
421-4
417 S S
de Ruelle , Traiteur privilégié du Roi. 29 6 2
le Duc de Villars .
Fontaine , Recev . gen. des Fin.
Guerin , Notaire.
35 42
254 I
8628
de la Haye des Folles , Secrét. du Roi. 150 5 7
Cadeau , Payeur des Rentes. 75 47
179953 I
264 MERCURE DE FRANCE
Du 8 Décembre.
Meffieurs m. o. g.
Amelin , Officier du Roi, 146 I S.
179199 2 5!
Du 9 Décembre.
de Cogorde , Secrétaire Greffier du
Confeil privé du Roi.
de Chaffelas , Bourgeois de Paris.
de Richebourg, Recev. général des
Aydes de Noyon.
Du 10 Décembre.
Houftet , Chirurgien de Paris.
de Monge , Ingénieur en chef do
Bergue-Saint- Vinok.
Démur , Notaire.
Blanchet pere , Proc, au Parlem.
Pierre , Jouaillier.
le Marquis de Charleval.
Huillot , Fermier des Poudres.
le Comte de Pont S. Maurice .
Gilet , ancien Echevin , rue des
Lombards.
Gondoin , Secrétaire du Roi.
Hupeau , premier Ingénieur des
Ponts & Chauffées.
le Marquis de la Tour-du- Pin .
l'Evêque de Metz .
Plus ,
Bijot , pere , Maître des Comptes.
Bijot fils , Maître des Comptes.
2825 I
23266
63 7 x
479778 S S
3835
40 6 6
46 3 I
217 2
2
I
35.7 2
47 7 3
275 6
167 3 5
93 3 4
1256
I
903 51
2
474 4 S
609 I 6
14 4
67 7 11
2
363 2
Suite
JANVIER. 1760. 265
Meffieurs
Suite du 10 Décembre,
de Saint Hilaire , Conf. au Parlem.
Mad. Mouhette.
Seriny , Avocat au Confeil.
( Autre envoi du 12 Décembre. )
Gigault de Crifenoy , Fermier gen.
l'Abbé Couturier , Supérieur du Séminaire
de S. Sulpice.
Mad Bellanger Deffenlis , Veuve
du Confeiller au Parlement.
Caron , fils, Payeur des rentes.
( A réunir au 16 Novembre. )
de Mortieres , Colonel d'Infanterie.
Rouffeau , Payeur des rentes.
de l'Eglife de Notre - Dame.
Mlle Guichon , Bourgeoife de Paris.
Barion , Bourgeois de Paris.
de la Briffe Damilly , Prem. Préfid.
au Parlement de Bretagne.
de Montreuil , Préſident de la Cour
des Aydes.
de Vanolles , Confeiller d'Etat.
de Courchamp , ancien Capitaine
aux Gardes.
Mlle de Monteffon.
Titon , Confeiller de Grand'-Ch.
au Parlement .
Titon , fils , Confeiller des Enquêtes
du Parlement .
l'Abbé de Clermont - Tonnerre.
l'Abbé de Villarceau.
Salmont Avocat du Roi au Grenier
à Sel de Paris.
Verzare de Beauchamps.
I. Vol.
m. o. g.
122 I
18 6 [
2
43 27
208 I 2
29 6 6 1
164 3
121 3 5
18 7 41
185 05
6
58 t
6
942
70
1984
33 53
26956
158 I I
64 I S
673
2349
855 6
323 1
7615
45 14
о
266 MERCURE DE FRANCE:
Suite du 10 Décembre.
Meffieurs
de Lelo , Bourgeois de Paris.
Tercier , ancien premier Commis
des affaires étrangeres.
Doutremont , Avocat au Parlem ,
Pronfteau , Capitaine de la feconde
Comp . des Gardes de la Ville.
Plus , en or , 4 onc. 4 gr. 2., 12 gr .
Du 11 Décembre .
m. o. g.
27 1
6966
65 5 3
47
185149 $ 2
Carpentier , Contrôl . de la Chancelle .
Mad. Cochepect, veuve du Secrétaire
du Roi.
Plus , en or , I m. 2 onc. 2 g.
( Autre envoi le 12 Décembre. )
Thiroux de Montfauge , Ferm . gén .
des Poftes.
Tourol , premier Valet de chambre
de M. le Duc de Bourgogne.
Rougeuil , Boulanger.
Langlois , Traiteur.
le Marquis de Percez .
Lavoifies , Procureur au Parlement,
Perichon , Tréforier des Colonies .
d'Arnaud , ancien Conful.
de la Lourcé , Avocat,
Mlle Didon .
( A réunir au Décembre. )
43 I E
66 I
86 I
ช
2
28 22
17
41 6 5
I
2
177 5 7 2
42 34
127 I
35 2 1
16
s
2 1
41/2
Mad. de la Leu , Veuve du Secr . du Roi . 35 2 4
de Vaudefir , Tréforier général des
Colonies.
de Boiffablou , ancien Prevôt de la
Connétablie.
243 56
2374
JANVIER. 1760. 267
Suite du Décembre.
Meffieurs
le Prince de Monaco .
Mad. la Veuve Gallier.
l'Abbé Baifle , Chapelain ord. du Roi.
Dujardin , ci-devant Me d'Hôtel de
feue Son Alteffe Royale Madame.
Chuppin , Tréforier du Marc d'or.
de Vauffel , Grand Maître des Eaux
& Forêts de France.
Terray , Conf. de Grand' -Chambre .
Cabeuil , ancien Subrecargue de la
Compagnie des Indes .
le Comte le Danois , Lieuten . gén.
Mad. Volande , Bourgeoife de Paris.
Damours , Avocat au Confeil , Secr.
du Roi.
Mad. Defaudrais .
Marin Carto , Md Mercier.
Bernard de Ballinvillier , pere.
Lebegue , Md Mercier.
( Autre envoi le 20 Décembre. )
Mad . Beurder , Bourg, de Paris.
Mad. Nantiat.
Plus , en or , 3 onc. I g. 21 gr.
Du 12 Décembre .
de Vernage , Médecin.
( Il a fait porter le furplus à la
Monnoie de Tours. )
de Vigny , Ecuyer du Roi.
Mad . de Lange , Veuve du Payeur
des rentes.
Thiron , Orphévre.
Thiron , ſon frere , Orphévre.
m. o. g.
604 3 2
604 6
56 36 7
21 35
104 4
365 3
220 4 I
95 12
187 7 3
119 6 6
45 52
119 7
44 4 4
169 2 4
6 14
4 3 3
2784 %
188644 4 I
168 36
38
IIO 4 7
96 4
60 36
O ij
268 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 12 Décembre.
Meffieurs
Mad. la Comteffe de S. Severin .
{ A réunir au 5 Novembre. }
le Marquis de Putange.
les Gardes du Corps de la Mercerie.
de Seriny , Avocat .
( Aréunir au ro Décembre )
les Freres Religieux de la Charité.
Miotte de Ravanne , Grand Maître
des Eaux & Forêts , arrivant de fa
tournée.
l'Évêque d'Auxerre.
Mad. Cocheput.
*
m. o. g.
2
141 1 61
2
119 2 1
2
Plus en or on. 2 gros & demi 24 g.
( A réunir au 11 Décembre. )
Bouffi & Dangnart , Négocians .
Plus en or son. 2 gros & demi 24 g.
de Valcourt , Maître d'Hôtel du Roi ,
& Maître des Comptes.
Rouffel , Avocat .
de Bonnefoi , Officier de la Reine.
du Coin de Lenti , Négociant .
Devry , Maréchal-des-Logis de la Cavalerie
de l'armée du Bas Rhin.
44
so s si
300 3 3,
124
I 120 7 11
58 4 4
19 2 3
334
200 2 S
40 2 3
le Préfident Defvieux. 15846
les Jacobins de la rue S. Dominique ,
Fauxbourg S. Germain.
84 4 5
Loftanges , Marquis de S. Alvere . 139 24
Mad. la Marquife de Goisbriant , Dame
de Mefdames.
1223
Hemart, Secrétaire du Roi , ancien
Payeur des Rentes.
Duval pere , Bourgeois de Paris.
8124
5467.
Plus
14 7
JANVIER. 1760. 269
Suite du 12 Décembre.
Meffieurs
Landry , Recev . gen. des Fin .
la Ducheffe de Villeroi.
Paul Vincelius , Banquier.
le Marquis de Chaziron.
Dutartre , Notaire.
Du 13 Décembre.
Bontems , Notaire.
Auvray , Secrétaire du Roi.
Mad. Auvray.
le Marquis de Villemur.
l'Abbé Cher.
Chauffechat , Confeiller en la Cour
des Aydes.
Raimond , ci-devant Maitre d'Hôtel
du Roi.
Plus ,
Junot , Notaire.
Plus ,
Rolland de Trémeville , Recev. gén.
des Finances.
le Marquis de la Sonne , Lieut. gén.
Monfle de Champigny , Confeiller
de Grand'Chambre.
m . o. g.
213 7 3
158 4 1
35 7
179 I 2
94 4
19158574
Plus ,
Chevalier , pr. Commis de la Marine.
Pageaut , Secrétaire du Roi.
les Religieux Bénédictins du Prieuré
de S. Martin .
Jolly de Fleury , Intendant de Bourgogne
, en or 7 on. 3 gros 6 grains.
127 I S
107 S I
46 7 5
159 22 2
173 I I
109 7 4
46 6
149 I 3
204 I
"
2 472/
148 7
378 4 33
136 7 3 /
12 64
44 3 S
63 I S
I2I
O iij
270 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 13 Décembre.
Meffieurs
Caron , fils , Payeur des Rentes.
( A réunir au 16 Novembre . )
Barge , Bourgeois de Paris .
Vailfelle de la fucceffion de M. le Duc
de Béthune .
de Bazoncourt , Me d'Hôtel du Roi.
de Beaumanoir , Tréforier de la Maréchauffée
de France.
Voigny , Secrétaire du Roi.
m. o. g.
2 2 4
12 7 6 1
794 67
243 7
147 4 2
le Marquis de Galifet.
Chicquet , Secrétaire du Roi.
Chicquet , Chevalier de S. Louis.
Chicquet de Champrenard.
Verne , Avocat.
Jard , Accoucheur de Mad. la Dauphine.
l'Evêque de Soiffons.
Nau , Marchand de drap , fourniffant
l'armée.
de Seve , Confeiller au Parlement.
la veuve Dát , Bourgeoile de Paris .
Mad. Ploffoin , veuve , Bourgeoife
de Paris.
Plus en or 2 on. 3 g. & demi 30 gr.
Guillet , Maréchal - des- Logis du Roi.
Prevoft , Secrétaire du Roi.
Mad. la veuve Thoynard.
Du 14 Décembre ..
ISS 6 I
292 I
57 3 4
40 4
45 S 4
48 6 7
58
9862
•
6567
110 2 2
13 2 3
39 $ 3
35
209 3 6
196 4 6
196285 471
62 46
Mad. l'Abbeffe de Jouanne .
Jolly , Bourgeois de Paris.
de Motte , Tréforier da France.
Barois , Payeur des Rentes.
27 36
131 4 I
47 2 7
le MarquisDarmentieres , Lieut . gen. 171 2 7
JANVIER . 1760 . 271
Suite du 14 Décembre.
Meffieurs
Chatillon , Tréforier de M. le Comte
de Charolois.
le Comte Defcignac.
Plus ,
Ravot , Banquier en Cour de Rome.
de la Fontaine le jeune , Sellier du Roi.
Rolin Deffarts , Grand Maître des
Eaux & Forêts.
Plus , en or 3 on. 4 gros.
Caron , fils , Payeur des rentes ,
en or , ƒ onc. 4 gr. ! .
(A réunir au 16 Novembre. )
Mad. de Bacquencourt.
Mad. Gaultier , Bourgeoile de Paris.
Mlle Clairon , de la Com . Franç .
m. o. g.
607712
279 4 S
943
78 47
82 1
142 3 I
20656
9575
131 5 4
3654 Hazon , Confeiller au Châtelet.
Patu , de Compiègne.
66 13
l'Abbé Aniffon 214 7 6
Mad. la veuve de M. Gobelin , Au- .
diteur des Comptes. XII 3 3
Mad . l'Abbeffe de Port- Royal . 24 6
Mad. Guimaudet , Bourg. de Paris. 167 6 S
Gaultier, Fermier général.
Hégron, Directeur des Aydes de
Vitry-le-François.
Mad , la Préfidente Saulnier.
Boulonnois , Subftitut de M. le
645 2
39 5
19 7
Proc. gén . 199 2 2
198695 6 4
Du 15 Décembre.
de la Hogue , freres.
Duchaufour.
Bargé.
60 3
144 64
I 3
272 MERCURE DE FRANCE .
Suite du is Décembre.
Meffieurs
Maffon de Pliffay, Ch . de S. Michel .
les Bénédictins Blancs- manteaux,
La Paroiffe de Bonnes - nouvelles.
de Creil , Confeiller d'Etat .
( Autre envoi le 17 Décembre. )
( Autre dudit jour. )
Mad. la Marquife de Latafte.
Maillard , Proc . au Parlement.
Girault l'aîné , Notaire.
de Brie , Huiffier au Confeil .
de Luze , Chirurgien du Roi.
l'Abbé de Cîteaux.
(A réunir au 27 Novembre.)
les Gardes de la Mercerie.
Loir , Confeiller au Change de la
Monnoje.
de la Porte , Commiſſaire général
de la Marine .
Patu , Notaire .
le Marquis de Rothelin.
de la Salle , Lieutenant général .
de Chateauvillard , Me des Comptes
& Commiffaire des Invalides.
Mlle de Beffe de la Richarderie .
de la Croniere , Confeiller à la Cour
des Aydes.
Mercier, Fermier général.
Charon , Fermier général .
Lavocat, Maître des Comptes.
de Montmorand , Baillif d'épée de
l'artillerie de France .
le Curé de Marck , Diocèſe de Boulogne
près Calais.
m. 0. g
243 17
586
;
18 I
79 2 [
2
181 2
812
39 3
42
24
717
20 S 4
54 3 5
246 2
48 3 3
1996
146 6
130 2 4
98 14
816
118 7
179 S S
10 2 4
2766
13.64
2
I
MNMN
I
2
JANVIER . 1760. 273
Suite du 15 Décembre.
Meffieurs
De places , Notaire.
du Chapitre de Saint-Honoré.
m. o. g.
196 2
100 4 312
Du 16 Décembre.
La Chambre des Orphévres a porté
le 15 dudit après l'état envoyé.
Nau , Payeur des rentes , pour Mad .
fa mere.
le Marquis de Champigny de
Montgon.
Du 17 Décembre.
Mad. la Comteffe du Rumain .
Labbé du Lingondés .
Bataillon , Bourgeois de Paris.
Gachier , Maître des Comptes.
du Caffau de Montfort , Bourgeois
de Paris .
Philippes , Lieutenant général.
Durieux , Bourgeois de Paris.
Mad. la veuve Saugrain.
201990 45
de Saulx , Chev. d'hon . de la Reine.
Mad. Poupart , veuve de M. Cottin ,
Entrepreneur des Manufact. des
toiles peintes de l'Arfenal .
le Préfident Ronard.
100
3872
1
80 I 3
2022095 2
146 S
178 4 6
192 I 6
(Autre envoi le 18 Décembre. )
Mad. la veuve Dat , Bourg. de Paris.
Maffé , Confeiller de l'Acad . Royale
de Peinture & Sculpture .
Roland de Fonferieres , Secr . du Roi.
Geoffroy , Caiffier général .
Viel , Procureur au Parlement.
29. I
73 17
92 6 I
20 2.2
157 6 I
197 S 4
71 6
8472
7
62
66 IS
I
2333 2
6
125 4
48 I 3
274 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 17 Décembre.
Meffieurs
Mad . Geoffroy , veuve de M. le Grand ,
m. o.
Maître des Eaux & Forêts.
214 4 5
( A réunir au 31 Octobre. )
de la Chambre , Md. Orphévre. 102 S
Meulan des Fontaines . 171 4 7
Mad. Roettiers , épouſe
du Graveur général
114
des Monnoies. 107 3
Plus , 6-5 I
de Creil , Confeiller d'Etat.
( A réunir au 15 Décembre . )
le Comte de Beaujeu Chavigny.
58 1 2
8163
les Dames Feuillantines du Fauxbourg
Saint Germain.
9362
La Paroiffe de la Chapelle S. Denis ,
Fauxbourg S. Lazare . 2355
93 2
le Duc
d'Aiguillon.
Morlet a porté de la fucceffion de
M. Bidaut , Huifier de la Chambre
du Roi.
de Broqueville , Négociant.
Les Religieux Picpus , Fauxbourg
S. Antoine .
107 6 I
29 7.3
80 S
Mad. la veuve Gliffe , Maît. Rubanniere. 22 44
( Autre envoi le 18 Décembre. )
( Encore le 20 dud . )
Riquet , Marchand de Paris.
Mauduis , Traiteur.
de Novion , Præfident à Mortier.
de Valville , Subdélégué de Nogent
fur Seine .
Graffin , Maréchal de Camp .
( Autré envoi le 18 Décembre. )
Les RR. PP. Jéfuites du Collège de
105 2
IS 4 4
182 4
47 I S
190 I 4
JANVIER , 1760 . 275
Suite du 17 Décembre.
Meffieurs
Louis le Grand.
m . 0. g.
63335
de Creil , Confeiller d'Etat. 159 47
( A réunir au 15 Décembre. )
Mad. la veuve de S. Jean. 166 11
206488
Mad. la Marquife de Chevoile. 155 12
Du 18 Décembre .
de Tabois , Gentilhomme ord . du Roi. 244 2 2
Le Chapitre de S. Etienne- des - Grès.
Guyot , Doyen de MM . de la Cour
des Aydes.
L'Abbaye S. Germain des-Près.
Mad. de la Bourdonnois.
Mad. la Marquife de la Lande .
le Préfident de Guébriant.
ود
6753
194 6
I
300 1 2
84 7
368 S Chevalier , pr. Com . de la Marine.
130 IS
Pavé , Secrétaire du Roi. 322 3 6
26
35
Graffin , Maréchal de Camp .
Muly , Elu à Meaux .
( A réunir au 17 Décembre. )
Patu , Secrétaire du Roi .
Mad . Saulnier , Légatrice de M. de
14 4 I
5537
la Peironnie , pr . Chirurgien du Roi. 106 r
Hoquart , Tréforier général de
l'artillerie .
Mad. la veuve Gliffe.
( A réunir au 17 Décembre. )
Mad . de la Briffe , ancienne Intendante
de Caen .
MM, de l'Inftitution de l'Oratoire.
Begon , Procureur au Châtelet.
MM . de l'Oratoire , rue S. Honoré ,
Maucler , Directeur gén . des Vivres.
le Dran , Tréforier des Vivres.
189 7 S
254
125 36
336
90 12
200 2
523
39 42
276 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 18 Décembre.
Meffieurs
Mad. Poupart , veuve de M. Cottin ,
Entrepreneur de la Manufacture
des Toilles peintes de l'Arfenal.
( A réunir au 17 Décembre. )
M. Bonneau , Secrétaire du Roi.
Efmonen , intéreflé dans les affaires
du Roi.
Panelier, Recev, des bois de Senlis
& Compiegne.
Maincent , Syndic des Tontines .
Morand , Chirurg. Maj . des Inval.
Cochin , ancien Echevin.
le Comte de Manherbe , Lieut . gén.
Saget , Conf.au Parlement .
Eftienne , Traiteur.
Mefd. de l'Abbaye du Val de Grace.
Jolly, grand Audiencier de France.
le Marquis du Muy , prem. Maître
d'Hôtel de Madame la Dauphine ;
de la fucceffion de M. fon pere.
( A réunir au 19 Novembre. )
Gitton de la Ribellerie , Secr . du Roi.
le Marquis de Souvré.
le Caron , Maître Particulier & Lieutenant
des Chaffes de Laifgue.
de Beauval , Major de Compiègne.
Hardy , Contrôleur des rentes fur
les Fermes,
de Montion , Confeiller au Grand
Confeil.
le Marquis du Muy, de la fucceffion
de Madanie fa mere.
( A réunir au 19 Nov. )
•
m.o.g
2326
1965 6
187.6 I
34 23
215 3
7552
46 I 6
2
59 I
99 3 3 t
III 3
32 3
202 4 6
46 4 7
51 27
145 4
30 3 2
24 4 I
48 I
2
177 7 41
309 I 4
211301 312
I
Du
JANVIER. 1760. 277
Du 19 Décembre.
Meffieurs
Les Religieufes Filles- Dieu.
Mad. de Sabourni.
Teftard Dulis , Ecuyer.
Brochand , Marchand .
Gauzen.
Prépaud, Régiffeur des Droits réunis .
de la Bourdonnois , Conf. d'Etat .
l'Abbé Mercier.
Mad. Chalé.
le Comte de Varas.
le Blond , Contrôleur des rentes.
Antoine Day , Officier de la Chambre
du Roi , Chev. de S. Louis.
Gorand , fils , Marchand.
m. o. g.
33 4
207 7 1
89 7 7
23067
6062
97 I
142 S 6
124 4 7
5572
817 !
64 2
2839
24 4
Gorand , pere.
Les Carmes Billettes,
Les Dames de l'Union Chrétienne de
Saint-Chaumont,
Meffager , Md Epicier.
Mad. Latour , Veuve .
Dauffet de Coulange , Munitionn.
des Vivres de la Marine.
Tellès Dacosta , Secrétaire du Roi.
Bignon , Bibliothécaire du Roi,
Mlle Delin , Bourgeoife.
Billeheu , Contrôl. Contregarde.
de Varenne , anc. Conful , & Quartin.
Aubry , Avocat au Parlement.
Les Jacobins de la rue S. Honoré,
Les Auguftins du Grand Couvent.
le Duc d'Ancezune.
1. Vol.
55 4: 312
5356
66 47
74
21
2206 t
15563
104 4 42
24 IS
48 3
72
834
6
927 I
757
114 2
140 3 2
213824 3 4
P
2
278 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 20 Décembre
Mad . de Bouju, demeurante à Cham
amyong.
pagne , près Baumont fur Oife, cd14 4 54
Cury , Contrôleur des Tréforiers desa
troupes de la Maiſon du Roi.
MM. Mercier.
le Comte de Soyecourt , Meftre de
camp , Capitaine de Dragons au
Régiment de Thiange.
Petit , ancien Conful.
Mad . la veuve Langlois de Rezy ,
Confeiller au Parlement
Bernard de Balinvillier , pere .
( A réunir au 11 Décembre. )
Faget , Chirurgien Major des Gardes
Françoiles.
Mlle Carbonnet.
de St. Roman , Maître des Comptes.
Marchand , Secrétaire du Roi.
Marchand le jeune , Notaire.
le Comte de Valbelle .
Doublet , Avocat au Parlement.
Berthelin , Bourgeois de Paris.
Mad . de la Coré la mere.
du Poulpry.
de Beaumont , ancien Directeur de
l'Académie de S. Luc.
bir
24 : 4
101 2 3
105 1 4
856 1
116 4 6
I 4
97
125 1
68
42 7 2
109 3
1966
$ 3.4.71
72 5
542 25
42 2 5
de Bragelonne , anc. Capit. aux Gardes. 58 5 a
Mad . Gliffe,
( A réunir au 17. Décembre. )
Caron , fils , Payeur des Rentes , a remis
en or 3 onc 4 gr . 12 grains.
(A réunir au 16 Novembre. )
Les Barnabires.
Cazalu , Tiéforier de France ,
3866
79 5 4
JANVIER . 1760. 279
Meffieurs
Suite du 26 Décembre.
Pirrepape , Négociant.
Guillaume , Serrurier.
Plus en or 3 gros & demi 27 gráins.
Mlle du Pourpry.
le Paige Ecuyer de Mad.la Dauphine .
Kornmann , Banquier.
Bayeux Infpecteur des Ponts & Chauff.
Les Religieufes de Sainte Elifabeth.
Les Religieu es de Sainte Marie , rue
S. Antoine.
Mad . la veuve Bonfils.
Les Religieufes de la Conception .
Moucade , Avocat.o
7 21 Du 21 Décembre :"
Marteau , Docteur en Médecine.
m . o. g.
7657
3621
41 6
542 $
117 2 4
17 6 41
46 1
·5167
176 1 6
34 62
832
215714 1 2 !
16 2 41
26 33 Prevost Defpreaux , Agent de Change .
I
11 Du 22 Décembre.
le Comte de la Vieuville .
l'Abbé Junot , Aumonier des Gardes
Françoiſes.
Durand , Avocat.
Duret , Avocat.
Plus , en or 5 on . 3 gr . 3 grains.
le Gueux - de-la -Varenne , ancien
Intéreflé dans les Fermes.
de la Buffiere , demeurant à Tréguy.
le Préfident Mallet,
Jannelle Douville , Prevoc général
de la Connétablie.
Delpuech de la Loubiere.
425 7
44 2
24272/2
36 17
32 1612
FI 3 I
54 2 3
149 3 7
27 5 4
155 7 1 -
Pij
280 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 22 Décembre
l'Abbé Lambert , Garde des Archives
de la Chapelle du Roi.
Thierry , Ecuyer ordinaire de la
bouche du Roi.
de Vougny de Petitmont.
des Ragues , ancien Commandant
du Fort Socoa.
Menault , Bourgeois de Paris.
Charpentier , Bourgeois de Paris.
Guircan , Ecuyer.
Robineau, Notaire.
de la Chauffade , Secrétaire du Roi.
Heron de Courgis , Secrétaire du Roi.
Les Mathurins.
l'Abbaye de Chelles.
d'Hericourt , Intendant de Marine.
Mad. Geoffroy .
( A réunir au 17 Décembre . ) 27.
Hurel , Payer des Rentes.
Petit , Confeiller de la Cour des
Monnoies.
Les Chartreux .
Dargent , Avocat.
le Begue , Sécrétaire du Roi.
Cartaut , Huifſier Priſeur.
de Changy .
de Linguede .
le Préſident de Mele ...
m. o. g.
42.6 31
60 7 I
109 7.7
110:
28621
147 5·
80 I I
36
4465
88 65
137 7 2
.
49 S 4
104 4 5
31
113300 64
.
2
11 5 61
98 3 5
72 1
382
934
219 1
19 7-7
de Camp , Pay eur des gages de la
Chancellerie . 1
de S. Georges , Capit . de Vaiffeaux.
Ies Religieufes Miramionnes.
Baillon .
249 1 6
1
194 3 4
13 3 1
2
IS 4 4
12 27
I
JAN VIER. 1760.
281
Meffieurs
Suite du 22 Décembre.
Mad. la Préfidente Saulnier .
( A réunir au 14 Décembre. )
Even.
Corbec , Traiteur
le Préfident Ricouves.
de Moreuil.
Les Hofpitalieres de S. Gervais .
le Baron de Thiers .
Le Séminaire S. Magloire.
m. 0.
4 3 3
5.
16 7 I
823
23 6 3
12 1 4
653
362 41
20 I 4
Les Céleftins .
Les léfuites du Noviciat .
Les Chanoines de S. Victor.
de Laillevault , ancien Brigadier des
Gardes du Corps .
147 2 7
3525
165 7 5
Camufat , Auditeur des Comptes.
Befnier , Greffier de la Cour des Aydes ,
& M. Darcilly , Régiffeur des nouveaux
droits.
71 4 4
6376
192 7 S
3671 4 4
Du 23 Décembre.
Mad. l'Abbeffe de Pont- aux - Dames .
Mad . la veuve Facq.
Mignoneau.
de Derchigny , ancien Intendant de
la Marine.
544
4 6 7
5825 2
2
119 5 3
4683 21
2
Faute effentielle à corriger au total qui eft au bas
de la premiere Page de cet Etat.
Au lieu de 31335 0 4 , lifez 19894 2 S.
De la Vaiffelle portée à la Monnoie de Paris:
LEROI & la Famille Royale ayant jugé à propos d'envoyer
à la Monnoie leur Vaiffelle d'argent pour fubvenir
aux befoins actuels de l'Etat , les Princes du Sang , les
Seigneurs de la Cour , & à leur exemple les Citoyens riches
, ont donné dans cette occafion les plus grandes
marques de zèle , en envoyant de même la leur . Voici la
lifte qui m'en a été remiſe.
Novembre 1759.
du 2 dud .
m.o.g.
1972.31 m. o. g.
M. le Duc d'Or
du 10 dud.
léans.
373-37 2691 6 2:
I
du 14 dud , 345.7 27.
M. le Prince
de Clermont ,
de Condé ,
M. le Comte
de Charolois.
M. le Comte
Mde la Princeffe '
de Conti ,
du 3 Déc. 110351
du 16 Nov. 81355
du 2 Nov. 842-75
du 24 Nov. 468 2
M. le Prince
du 13 Nov.
835 2
de Conti ,
M. le Comte
de la Marche ,
Mile de Sens ,
M. le Comte
d'Eu ,
Mde la Comteffe
de Toulouſe ,
M. le Duc de
Penthièvre,
I. Vol.
du 13 Nov. 204. 37
du 16 dud. 135.74
du 9 Nov.
du 2 dud.
340 33
.....
4345 I
1442 26
39064
6 } 2077 3 3
du 31 Oct. 1324. 25
i du 14 Nov. 753 .
31335
K
218 MERCURE DE FRANCE
Du 29 Octobre 1759.
Meffieurs
'de Silhouette , Contrôleur Gén .
le Comte de Mailly d'Haucourt.
( Autre envoi du 4 Novembre. )
Richard , Recev. gen. des Finan.
( Autre envoi du 12 Novembre. )
( Autre dudit jour.)
Du 30 Octobre.
Gooffens , Banquier.
Beaujon , Recev . gen. des Finan.
de Saint Vaft , Recev. gen, du 2 se.
de Boullongne , Confeiller d'Etat.
de la Borde , Banquier de la Cour.
Bertin , Recev. gen . des Part. Caf.
Boutin , Recev. gen . des Finan.
Dumas , Recev. gen. des Finan.
Marquet, Recev. gen. des Finan
de Bourgades , Munitionnaire
des Vivres.
m. 0. gà
GIS 7 I
210 I 4
174 7
T
1000 $
284
133 7 4
714 S
378 L
453 57
215 17
221 2 I
7
282 7.4
424 43
30635
Chauvelin , Confeiller d'Etat , In
tendant des Finances, 38544
415876
Du 31 Octobre.
Mad, la Marquise de Ximenés , 187 7 7
Roi.
Teixier , Intendant des Ecuries du
Geoffroy , Caiffier des Recettes générales
des Finances.
( Autre envoi le 17 Décembre )
de Saint - Jullien , Receveur gen.
du Clergé,
19 3
51567
321 $ 7
JANVIER. 1760. 219
Suite du 31 Octobre .
Meffieurs
de Bonneval , Tréſorier de la Maifon
de la Reine .
Watelet , Recev. gen . des Finan.
de la Ferté, Intendant des Menus.
Baur , Banquier.
de Lage , Recev. gen . des Finan
de Machault , ancien Garde解 des
Sceaux.
le Premier Préſident de la
Chambre des Comptes.
le Duc de Choiſeul , Secrétaire
m. 0. g.
*
152 53
167 1
39 36
5
280
9436
749 I 6
28973
d'Etat , Min. des affaires Errang . 1556 333
( Autre envoi du 2 Novembre.
Moufle de Georville , Tréforiergénéral
de la Marine .
le Prêtre , Trélorier gen. de la
Maifon du Roi.
( Autre envoi le 8 Novembre. )
Poujaud , Directeur des Fermes.
MM Bouret freres . 339 4 3
Bouret free
Plus des mêmes.
1
3383 42
( Autre envoi le 14 Novembre. )
205 7
157 6 3
105 6
677 77
(Autre envoi le 16 dudit . )
Daugny , Fermier général .
de Beaumont , Intendant des Finan.
le Duc de la Vauguyon .
de Villette , ancien Tréforier
442 S₁
217 6
435 13
gen.
420 265/
de l'extraordinaire des Guerres .
de Lifle , Munitionnaire général.
Darnay, Fermier général.
de Parfeval , Fermier général .
206 5 7
147 3 6
246 4 2
11971 31
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du . Novembre .
le Marquis de Marigny.
le Marquis de Lugeac , Commandant
des Grenadiers à cheval .
le Prince de Soubiſe , Maréchal de
France.
Plus a remis en or 5 m . 5 òn . 3 g.
& demi 30 g.
Autre-envoi le 14 Novembre.
m.o.g
35033
61. 4
1742 4 2
Du 2 Novembre .
14125 3
297 6 5 Dormeffon , Intendant des Finan
4 Autre envoi le 7 Novembre )
le Duc de la Valliere.
Mad, la Comteffe de Marfan.
Mad. la Princeffe d'Armagnac.
Herbin , Ecuyer de la bouche du Roi.
Plus a remis en or 5 on. 5 gros 18
Baron l'aîné , Notaire.
g .
le Bailly de Grille , Lieutenant -Général
des armées du Roi.
le Comte de Jarnac Rohan Chabot.
#
( Autre envoi du 6 Novembre. )
le Duc de Fleury .
3931 6
555
96 5
I
57 5 3
2117 2
288 6 I
89 27
439 2 2
( Autre envoi du $ Novembre.
Dargental , Confeiller d'honneur
au Parlement, & Miniſtre.
Mad. la Duch . de Brancas, Douairiere .
Daucourt , Fermier général.
Hocquard , Fermier général .
le Duc de Choifeul , Miniftre des
affaires Etrangeres.
( A réunir au 31 Octobre. )
218 5 4
61 "
1885 2
362 3
13.7
le Marquis de Grammont , Lieutenant-
Général des armées du Roi. 113
2
JANVIER. 1760. 221
Meffieurs
Mad. la Comt . de Teffé, Douairiere.
Suite du 2 Novembre.
de Villemur, Fermier genéral.
m. c. g.
172 4 4
372 6 5
18058 1
Du 3 Novembre .
Mad. la Marquife Saffenages. 232 22
Texier de Menetou , Receveur gen.
des Finances .
257 53
le Marquis de la Chenelaye.
245 66
le Comte de la Marck.
le Marquis de Loris.
50965
835
Paris du Verney.
Mlle le Borgne Brifeval .
Perfonnet , Inſpecteur des Ponts & Ch .
de Servandé , Recev . gen . des Fin..
Autre envoi le 9 Novembre. )
le Cardinal de Luynes.
Lignez , Chef de la Fruiterie du Roi.
le Marquis de Cremille , Lieutenant-
Général des armées & Miniftre.
le Duc de Biron l'aîné .
le Duc de Gontault.
( Autre envoi du 12 Novembre. )
Mad. la Marquise de Pompadour.
( Autre envoi le 17 Novembre. )
dé la Reyniere , Fermier général.
Berrier , Miniftre de la Marine.
le Maréchal de Belleifle , Miniftre
de la Guerre.
Collin , Tréforier de l'Ordre Militaire
de S. Louis.
Mlle le Duc.
87452
44 6
17 5 4
158 1 4
463 3
88 4 6
*
424 6
128 6 I
175 4 6
1781 I Z
359 3
29972
2023 2 3
195 6 1
203 I
26625.763
Kilj
222 MERCURE DE FRANCE .
Du 4 Novembre.
Meffieurs
de Preffigny , Fermier général.
de Pange , Tréforier général de
l'extraordinaire des Guerres .
le Maréchal Duc de Luxembourg.
( Autre envoi le 25 Novembre. )
le Comte de Saint Florentin , Secrétaire
d'Etat.
Paris de Montmartel.
Boutret , Echevin.
Mailly Daucourt.
( A réunir au 29 Octobre. )
Du 5 Novembre.
le Maréchal de Noailles.
Millin , Secrétaire du Roi.
l'Evêque de Verdun .
m : 0.
68
491 7
580 5 4
375 4 4
1804 2 4
122 3 5
20474
302737 2
83844
162
282 65
le Duc de Fleury .
( A réunir au 2 Novembre. )
de Boullongne , Trélorier de l'extraordinaire
des Guerres.
Dupont , Secrétaire du Roi , Envoyé
de Portugal .
Chateau , Secrétaire de l'Intendance
de Paris.
Mad. la Comteffe de Luzelbourg.
Mazade de Saint Breffan , Tréforier
général des Etats de Languedoc.
l'ancien Evêque de Limoges.
l'Abbé de Radouvilliers , Sous- précepteur
de M. le Duc de Bourgogne.
Puiffant , Fermier général.
de Vergne , Secrétaire du Roi.
de Beaumont , Fermier général.
57 46
368 26
7 6
2925
71 2.3
262 3
48 37
24 2
121 37
280 2.
434 67
JAN VIER. 1760. 223
Suite dus Novembre.
Meffieurs
le Duc de Duras.
Mad , la Comtelle de Baviere.
Pajot , Recev. gen. des Finan.
le Maréchal de Lautrec.
de Monginor , Secrétaire du Roi.
FAbbé de Broglie.
m. o. g.
609 5 7
6256
166.7 3
218 7
3563
337 2 6
de Roquemont, Commandant du Guet. 23
Binet , premier Valet de Chambre
du Roi. 162 63
Gabriel , premier Architecte. 14934
Mad, la Comteffe de S. Severin.
201 S
( Autre envoi le 12 Décembre. )
de la Boiffiere , Tréforier général des
Etats de Bretagne.
698 1 3
Borda , Fermier général.
de Fontpertuis , Fermier gén.
de Launay , ancien Tréforier gén, de
l'extraordinaire des guerres.
(Autre envoi du 21 Novembre. )
de Belleguife , Receveur gén. des Fin.
de Champlot , premier Valet de Ch.
du Roi.
le Comte de Mailly Rubempré, prem.
Ecuyer de Made la Dauphine.
( Autre envoi du 19 Novembre. )
PEmpereur, ancien Echevin.
Made Dupile.
Made la Marquife de Merangere.
Made de Savalette la veuve.
le Comte de Bethune , Ch. d'honn.
Bertier de Sauvigny , Intend. de la
Généralité de Paris.
T 374 I
202 3 4
12586
1347 3
173 4
108
187 27
273 3
17 4 2.
424 6
18 52
570 7
38598
224 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 6 Novembre.
Randon de Boiffet , Rec. g. des Fin.
Made la Marquise de Brancas.
Joly , Avocat .
le Maréchal de Coigny.
de Caze.
le Maréchal Duc de Biron.
Made la Princeffe de Carignan.
Gilly , Dir . de la Comp. des Indes.
l'Abbé de Breteuil , Chanc. de M. le
Duc d'Orléans .
Mlle Marie Moineau.
Made la Ducheffe de Grammont.
MM. de Montcrif, freres , l'un Lecteur
de la Reine.
m..o . g.
203 4
332.7.3
47 3 I
454 56
107 6
738
403 16
8-6
369 3
198
120 4 7674
2674
42 16
27042
140
277 2
3605 6
6557
Made la Comteffe de Lhôpital.
Boudrey , prem . Commis des Fin.
de Maupeou , ancien Prem . Préſid.
de Cypierre , Maître des Requêtes .
Pellerin , pr, Commis de la Marine.
le Comte de Jarnac Rohan Chabot,
( A réunir au 2 Novembre . )
Trudaine , Conf. d'Etat , Int. des Fin.
Dufour , Maître d'Hôtel du Roi.
le Comte de Courten ', Lieutenant ››
gén. des Armées du Roi.
Godeheu, Dir. de la Comp. des Indes.
Rothe , Dir. de la Comp. des Indes.
l'Allemand de Betz , anc. Ferm. gén .
le Comte de Brionne , grand Ecuyer.
Michel , Dir. de la Comp. des Indes.
de la Live d'Epinay , Fermier gén.
de Boullongne , grand Tréforier de
T'Ordre du S. Efprit. 1
Autre envoi le 7 Novembre. )
l'Evêque d'Orléans,
283 6 7
1233
175 15
275 3 3
2747
333 , 7 3
313 4
436 1 3
264922
bé
-397-7 7
25752
f
JANVIER. 1760. 225
Meffieurs
Suite du 6 Novembre.
Harvoin , Secrétaire du Roi.
Mad Maillard ,
Clairambaut , Généalogifte du Roi.
le Duc d'Aumont ,
pere.
Bourjot, Marchand de foie.
le Comte du Luc , Maréch . de camp.
de Gourge , Maître des Requêtes .
Peilhon , Secrétaire du Roi.
Bouret de Villaumont .
le Comte, Notaire.
le Comte de la Riviere , Commandant
des Moufquetaires noirs.
1
m. o. g.
60 3
8 17
23035
333 2 X
$7 I S
43 2 2
108 6 7
27655
311 6
68 26
23552
47394 65
Du 7 Novembre.
De la Bouexiere, Fermier général . 522 43
De Vaugrenant , Chevalier des Ordres
du Roi 379 6 3
Mad. De Buteler , Sous- Gouvernante
des Enfans de France. 157 7 2
Le Marquis de Broglie.
208 6 3
275 26
De Viarmes , Prevot des Marchands.
De Brou , Doyen des Confeillers d'Etat . 251 35
Bégon, Receveur Général des Finances. 18+
Briffard , Fermier Général.
Sainfon , Secrétaire du Roi & Moufquetaire.
Le Marquis de Villeroi.
Le Préfident Henault.
Dugatz , Ecuyer.
S
481
109 3 6
386 3
401 4 3
46 6
L'Abbé de Roileve de Chamballant ,
Préfident honoraire au Parlement de
de Bretagne.
Randon , Receveur Général des Financès.
143 7 6
32036
226 MERCURE DE FRANCE .
Suite du 7 Novembre:
Meffieurs
m. o . g.
Mlle Hus , de la Comédie Françoife. 107
de Montamand , Concierge du Palais
Royal.
de Laurimier , Maître de la Chambre
aux deniers du Roi.
Perriner du Pezeau , Receveur Général
des Finances .
Himber , premier Apoticaire du Roi.
le Duc , Tailleur du Roi.
Le Maréchal Prince d'Ifenghien."
Barbier , Marchand de la Cour.
Le Baron de Mufparault.
Mad. la Comteffe Dailly.
( Autre envoi du 10 Novembre )
Denis , Auditeur des Comptes.
Le Comte de Langeron , Lieut. Gén .
Mad.la Duchefle d'Elbeuf.
Le Prince de Turenne.
Blin des Marais , Banquier.
D'Ormeflon , Intendant des Finances.
( A réunir au 2 Novembre )
De Cramayel , Fermier Général . ·
De Neuville , Fermier Général .
L'Archevêque de Rouen.
De Boullongne , Grand Tréforier de
l'Ordre da S. Efprit.
( A réunir au 6 Novembre )
Jollivet de Vannes , Procureur du Roi
de la Ville.
Tourton , Banquier.
113
2
317
167 2
159 5
6
35 5
71447
De Villemorien , Fermier général.
MM. Petit , rue de la Magdeleine.
Périchon de Vandeuil , Régiffeur des
nouveaux droits.
47 552
20
40
6 3
9052
173 7 6
133 4 I
109 4
66 7 3
436 4
335 13
264 2 4
350 25
632
137
234 6 I
260 16
23 22
54.24
I
JANVIER . 1760. 227
Meffieurs
Suite du 7 Novembre.
Le Marquis de Matignon ,
m . 0.
g .
314 14
7626 Mazouret , Tréf. de France , à Paris .
Gaigne , prem.Val.Garde-Robe du Roi. 40
Mlle de Jarente , niéce de M. l'Evêque
d'Orléans .
De Bacquancourt , Me. des Requêtes.
Poultier , Confeiller d'Etat
Anniffon du Perran , Directeur de
l'Imprimerie Royale.
Maziere , Fermier général.
Mad. la Marquife d'Auffi , fous-gouvernante
des Enfans de France.
De Séchelle , Miniftre.
5.
5236
257 4 4
405 24
213 47 .
20376
$7 4 5.
Mad. Hérault, veuve du Conf. d'Etát . 127 6 6
De Moras , Miniftre.
Le Marg , duTerrail. Marcc. de Camp .
Philippe, anc. prem. Commis des Fin.
Delmoulins , Rec, gén, des Finances.
Le Duc de Nevers.
Bertin, Lieutenant de Police.
Plus 3 onces 5 gr. 21 gr.à 22 karas ..
Brion ancien Echevin.
de Simian, Dép . du Com. de Marfeille.
Choart , Recev, gén . des Finances .
Douet , Fermier général.
de
Cheneviere , pr,
Regnaud , Notaire.
Com , de la Guerre.
508 61
407 2 2½
221 1 11
108 I
2154 I
272 7
162 2 11
82 1 6
267 1 2.
337 3 S
so 2 7
33 3 11
Mad Chambon, veuve du Fermier gén. 146 I s
60366 1 Q
Du 8 Novembre,
Mad. Grimaud Dumas, 301 4 31
128 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 8 Novembre.
Meffieurs
Le Maréchal de Balincourt .
L'Abbé Alary, Prieur de Gournay.
Le Marquis de Béthune.
Mad. la Marquife de Mancini.
Geneve , marchand de foie.
Fortier , Incendant du Commerce.
Mad. la Comteffe de Liffemore .
Rouffin , Architecte .
Laloy , Bourgeois de Paris.
Plus en or , 2 onc. 9 gr. 18 grains.
Daalhieme , fils, Ecuyer.
Mad . la Ducheffe de Lauragais.
De Lauzy , Curé de S. Jac. la Bouch .
( Autre envoi du 10 Novembre.
Mlle Liard Davot , de l'Opera.
D'Argenlieu , Colonel d'Infanterie,
Mad. la Duchelle de la Valliere.
De Montcrif, Direct, des Fermes, 1
m. o.
g.
I
1803 2
175 3
..
111 26
134 I
87 24
111 32
153 4 4
48 4 4
19
28 5.6
110 3 7
108 4 2
57.7 6
191 6 7
2734
441332
Lević , Commiffaire au Châtelet.prove $950 3 Si
Richard , Fermier Général
Mad . Heynard de Ravannes.
·298.
290324-2.7
Mad.laMarq.d'Entragues , Douairiere , 140
Jannel , Intendant des Poftes.
Le Prêtre , Trél. gén. des troupes de
la Maiſon du Roi, en 8 jettons d'or,
2 onc. 3 gr. 1 grains.
( A réunir au 31 Octobre )
De Saint Fargeot, Avocat général .
De Cuiffy , Fermier général,
སྙ སྙམ
Prevôt, Tréforier général des Ponts &
Chauffées.
Dupont , Bourgeois de Paris .
Malon de Bercy, Me des Req. hon.
273 7.6
489 2
24 S
5767
•
149 2 I
2
*
Suite
JANVIER. 1760 . 229
Suite du 8 Novembre.
Meffieurs
Le Duc de Rohan,
Taitbour, Greffier de l'Hôtel de Ville.
Mad . la Marquile de Saint Remy.
De S. Hilaire, Maître d'Hôtel du Roi.
Le Curé de Meudon,
Le Marquis de Jumilhac , Commandant
des Moufquetaires gris.
Perriner , Fermier général.
Le Prince de Rohan .
Le Prince de Beauveau.
Bellin , Ingénieur de la Marine.
Dormeſſon , Préſident à Mortier.
Mlle Couturier .
De Coulombier , Agent de Change.
Mollet , Gentilhomme ord. du Roi.
L'abbé Mollet , frere du fufdit.
Doubre , Maître des Comptes.
Dupin , Fermier général.
Le Marquis de Roquépine.
Mollé , Pr. Préfident au Parlement.
De Salabéry , Confeiller d'Etat.
m. o. g.
951 27.
173 76
5875
155 4 7
14 S 3.
Bernard deMontigny, Rec. gén. des Fin.
Baillon , Horloger de Sa Majefté .
De Monin, Sécr. de M. le Pr. de Conty.
Le Comte de Maurepas , Miniftre .
Mefnard pere , Chanc. de l'Ordre .
Mad. la Marquife de S. Sauveur.
Mad . la Marquife de la Ferriere.
de la Rue , Bourgeois de Paris.
Mad. d'Hoppen , Nourrice de Meſd.
Victoire & Louife.
de Meflé , Privilégié des Gazettes
& Affiches.
I. Vol.
211 5 4
308 2
99 I
547 7 5
795 2
179 2
64 2 2-5
7 192
7635
51 3
45 6
325 II
46 3
602 I 3
357 3 45
260 5
109 4 E
11
K
2
2
2
448 3 I
4 2
1967
13
456 3 6
296
5762
L
29 7
230 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 8 Novembre.
Meffieurs
Mad. la Veuve Afforty , Médecin.
Du 9 Novembre.
Mad. de Vougny , veuve du Maître
des Requêtes.
Mad, la Vicomteffe Durtubit.
le Monnier , Fermier général ,
Aftruc , Maître des Requêtes.
Mad . la Ducheffe Dantin.
Marfollier , Secrétaire du Roi.
l'Abbe le Blond .
de Servandé , Recev . gen. des Fin.
( A rétablir au 3 Novembre. )
de Villars , ancien Capit. aux Gardes .
Cheron , Md . Bijoutier Jouaillier.
Leonard , Confeiller au Châtelet.
Mad, du Roncey , veuve de l'Ecuyer
de M. le Duc d'Orléans.
m.o.g
39-5
70807 6 3
de Viteman , ci- devant Intéreffé dans
les Fermes .
Mad. de Viteman femme du fuftit.
de la Genetiere , Tréforier de M. le
Prince de Condé .
de Savigny , ancien Capit. d'Infant.
Péron , Officier de la Chambre
du Roi.
de la Maisonneuve , Valet de Garderobe
du Roi.
Mad. de Fulvy.
Caron pere , Secrétaire du Roi , &
Payeur des Rentes .
Mad.la Marquife de Clermont Galle-
46 2
174 6 6
581 7 71
188 3 2
134 3 7
2877 42
124 4 I
I
20 3 61
16 4 71
I
75 172
246 3
225 24
226 I
9
83 7
201 3 £ 1
176 I 4
2835
144 2 6
2367
JANVIER, 1760. 232
Meffieurs
Suite du 9 Novembre.
rande, Dame d'Arour .
Chapvelin , ancien Garde des Sceaux .
Mad. Daverne , Place des Victoires.
Danic Dumouron , Entrepreneur des
Hôpitaux Militaires ; & fon frere.
Martinført , Munitionnaire des Vivres .
Senac , premier Medecin'du Roi.
le Riche de la Paupliniere, F. gen.
de Mornay , Gentilhom . ord . du Roi.
Mad. de Lagarde , veuve du F.
( Autre envoi le 17 Novembre. )
(:Autre envoi au se art, ci- après.
de Lautrec , Capit. aux Gardes Franç .
Teyraffe de Lolleda , Fermier du Roi.
Mlle Tronchet de Mainville.
gen.
le Baillif de Froulay , Amballa deur
de Malthe.
Mad. de Lagarde.
( A réunir au se art , ci-deſſus. )
Paul , Md. rue S. Denis , à la Reine
de France.
m.of.
2825
6137
188
47 4 I
17 7 3
19167
415 41
464 $ -3
733671
18 7
47 24
202 $ 2
255 I 3
1643
41 1 4
Dubuiffen , ancien Com . de la Guerre . 106 1 ;
le Comte de la Serre , Gouverneur
des Invalides .
Mad. la Marquife de la Force .
Mad, la Duchelle de Brancas
le Duc de Chaulnes.
Mad. la Comteffe de Villemenard,
Prignaut de Beauregard , Noraire.
de Barjol , Ecuyer.
Dufour de Villeneuve , Maît .des Req.
Mad. la Maréchale de Villars .
Mad . la Marquife Dupleffis- Chatillon .
Boudier,chez M. le Comte de Brionne.
107 'S
64 12
26554
22146
105 7 5
38 S
37 7 4
145 7 4
435 74
996 1
16 7 6
Lij
232 MERCURE DE FRANCE.
Suite du Novembre. 9
Meffieurs
Guoffe , Secrétaire de M. Dormeſſon ,
Intendant des Finances.
Wal , Valet de Chambre du Roi,
l'Abbé de la Ville.
1
de Crancé , Ecuyer de Madame la
Dauphine.
Thiroux de Montregard.
Bronod l'aîné , Notaire.
Du 10 Novembre.
Gaignat , Secrétaire du Roi honoraire .
Pantigny , Recev. gen . des Finances.
Mad. la Ducheffe de Lorges.
le Marquis de Scepeaux , Lieutenant
des Gardes du Corps.
le Comte de la Marck , Lieutenant
de Roi des Invalides .
m. 0. g.
215 2
147 I 6
23767
1937
60 I
335 54
797866
195 2 4
9067
148 2
57 I
de Lucé , Abbé de Turpennay .
le Févre , Ameriquain.
Mad. la Marquifé de Menard,
le Marquis de Rieux , Lieutenant-
Genéral des armées du Roi.
Glain , Peintre.
Regnier , Baillifde Verfailles.
le Tourneur , Lieut. de la Connétab .
de la Borde , ancien Fermier gen.
Bellanger , Secrét. du Roi , Notaire.
( Autre partie le 12 Novembre. )
42 I 5
t
2
37 3 3
2
5674
X
405 2 2
I
563 2
8627
317 1
2197 2
174 3 4
145
Coupart , Recev . gen . des Dom . & Bois . 199 I
le Préfident Rougault.
Sibire , Notaire.
Pelletier de Beaupré , Conſ. d'Etat.
170 7 I
116 7 f
318 3 4
JANVIER. 1760. 233
Suite du Q Novembre.
Meffieurs
de S. Vallery , Recev. gen. des Fin.
Barjoles , Ecuyer.
le Marquis de Janſon , Mar. de Camp .
Mlle de Bracq.
Baudon , Fermier général .
de la Porte , Secrétaire du Roi.
Aubert , Violon de l'Opéra.
Gautier de la Pommeray , Procureur
au Parlement .
Mad, la Marquife de Scoraille.
Darla , Quartinier de la Ville de
Paris.
Lorrain, premier Commis de M. de
Courteille.
Mad, la veuve Hibert , ci -devant
Marchande de Paris .
Janffin , Gentilhomme Anglois.
de Montarant , Maître des Requêtes ,
Intendant du Commerce.
de Lamanche , Notaire.
Teffier , Intendant des Ecuries &
Livrées du Roi.
Thevenin , Secrétaire du Roi , Payeur
de Rentes.
le Comte de Mailly , premier Ecuyer
de Madame la Dauphine.
( A réunir au រ Novembre. )
Foubeft , Lieutenant du premier
Chirurgien du Roi.
Raymond , Secrétaire du Roi.
Mad. la Comtelle Dailly.
( A réunir au Novembre. J
Foucault , Marchand de Vin
m. 0. g.
192 5 4
37 1 3
57
2
27 6 7
447 3 3
439 3
62
3057
77 7
101 4
55
18556
401 I 2
373 6
22.6
I
2
253461
166 5 2
367
183 2
2
167-5-61
467
Bood 1 7:
Li
234 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 10 Novembre.
Meffieurs
Cottin , Direct. de la Comp.des Ind.
Mercier , Marchand Orphévre ,
Confeiller de Ville .
Bernard , Marchand Epicier.
le Noir le jeune , Notaire.
Olivier , Marchand , rue des Arcis.
De Viers , ci-devant Md de drap.
Mad. Vatart, veuve du Sécr. du Roi.
Gueffier, Concierge de l'Hôtel des Ambaffadeurs
extraordinaires .
Garnier , Me d'Hôtel de la Reine.
Waimel de Launay.
Micault d'Harvelay, Gar. du Tr.Royal.
Le Comte de Lannion , Mar. de Camp.
Mad.la Marquife de Caftelmoron .
m. o. g.
256 7 6
8064
70 4 7
1543
55 3 3
29276
184 2 4
108 7 6
33147
207 I
171 7 -21
133 7 4
138 6
2
87375 7 4
Du Novembre.
Marfollierdes Vivetieres, Sécr. du Roi . 212 7 6
Collabeau , Syndic de la Compagnie
des Indes .
Pelletier , Fermier général.
439 5 6
64 6.7
88089 4
318 4 3
40 2 IT
2
481 2 2
29422
Du 12 Novembre.
Bernage , Confeiller d'Etat .
( Autre renvoi le 14 Novembre )
l'Abbé Junot, Aumôn, des Gard.Franç.
le Duc de Villeroi.
Chaillon de Joinville , Gentilhomme
ordinaire du Roi.
JANVIER. 1760 . 235
Meffieurs
Suite du 12 Novembre.
le Marquis de Laftic , Chef de Brigade
des Gardes du Corps.
Mad. Laurés.
Baron , Fermier du Roi .
Mad. la Marq . de Fenelon, Douairiere.
Mlle Deſchamps.
le Marq. de Raffetot, Cap. de Gend.
le Duc de Chevreufe .
le Doux , Receveur des Tailles.
Richard , Recev. gén. des Finances.
(Autre envoi au 28 Octobre )
le Comte de Rothe, Lieut. Général.
Mad . de Loifé.
Ferrand , Fermier général.
m. o. g.
I
233 5 2
101 5 2
74 7 I
170 6 3
45 6 2
111 6 •
523 52
363 7.72
129 I 2
191 6 4
29641
2
21726
le Marq. de Roncherolles, Lieut. gén. 194 3 3
Vanno, Fermier gén . des Etats de l'Infant
Dom Philippe.
de Montferrier , Syndic des Etats de
de Languedoc.
Mad. d'Urville, veuve du Sous-ferm .
la veuve Joft .
Baille , Conſeiller au Gr.Confeil.
{ Autre envoi ci- deſſous )
Hocquet, ancien munitionnaire.
("Autre envoi ci-deſſous )
Richer , Quartinier.
Mad. Compaut.
Coupart , Sécrétaire du Roi.
le Duc de Gontault.
( A réunir au 3 Novembre )
le Comte de Noailles.
Madi la Marquile d'Arpajon.
19 5 42
41 4
9656
39 5 7
2
147 7 S
44 7 I
24
255
298
21
4
I 228
203 5 6
2
ܐ܂
236 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 12 Novembre.
Meffieurs
Mad. Rolignol , veuve de l'Intentendant
de Lyon.
Dupont , Notaire.
Richard , Rec. Gén . des Fin .
( A réunir au 28 Octobre )
m.q.
80
so 7 .
I
F'Evêque de Chartres.
Hoquet , ancien munitionnaire.
( A réunir ci - deſſus )
Baille , Confeiller au Gr . Conſeil.
24 ( A`réunir¸ci -deſſus }
4
Mad. la veuve Lemoine , Valet de
garde-robe du Roi.
Breuzart , Doyen des Subftituts de M.
le Proc. Gén . du Gr . Confeil ..
Durand , Greffier au Châtelet.
Bellanger , Séc. du Roi , Notaire.
(A réunir au 10 Novembre )
Paty.
Cotte , Directeur de la Monnoye des
Médailles.
Jeaume , Banquier.
Mad la veuve le Prêtre, Rotiffear.
Pierre , Peintre du Roi ,
Arnoult , Auteur des Sachets contre
l'Apoplexie.
Cappron , Dentiſte du Roi.
le Maréchal de Contades.
Mad. Geoffrin , veuve du Séc. du Roi
ade Lauzy, Curé de S. Jacq. la Bouch.
( A réunir au 8 Novembre )
de la Chapelle , ancien premier Com
nis des Affaires Etrangeres.
P'Archevêque de Rheims
16 67
87 73.
32 -£
445 F
161 2 4
70 7
82
560 7.
273 I
287-352
166 7.4
# :I
108 5
21
2 $4 4 2
289 6-7
249 46
46:14
$77 3
2
JANVIER
. 1760 . 237
•
Suite du 12 Novembre .
Meffieurs
Tilferand , Garde -vaiffelle ordinaire
m. o. 3.
du Roi.
Du 13 Novembre.
Mad . la Marquise de Laſſay.
Prêtre , Marchand.
Guindre , Apothicaire de Madame la
Dauphine.
15375
94060 2 11
72465
168 7 S
53441
72 6!
245
f
212 7 11
257 2
3 .
Lieutaud , Médecin de Monfeigneur le
Duc de Bourgogne.
de Buffy , Secrétaire du Roi .
Duchêne , Prevôt des Bâtimens du Roi. 40
Philippe l'aîné.
le Comte de Houdelot, Cap . de Gend.
Tinel , Marchand.
Mad. la Marq . de Pertuis & M. fon fils
ci-dev . Col. au Rég , de Lufiguan.
le Maréchal d'Eftrées.
Bonnami Drotfin.
Rouffel , Fermier général .
Playet, Contrôl , des Bât, da Ro
Bergier , Agent de Change.
le Comte de Rohan Chabot.
Senffe , Secrétaire du Roi .
Barjol , Ecuyer.
de Brige , Ecuyer du Roi.
Paffot,anc.Tailleur de M. le Dauphin.
Rabuffeau , Bourgeois de Paris .
Doublet , Marchand .
Fériol d'Argental .
Mad. la Marquife du Guefclin.
40
175 2 5
768 2 61
2
34 7 71/
2
17 7 31
484 1.21
865212
134 3 4
192 I I
854
27 3.5
68
55 5
6
42 37
1364
60 64
238 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 13 Novembre.
Meffieurs
Sandrier, Entrepr. des Bâtim . du Roi.
Mad. Lievin , Bourgeoile de Paris.
Mile Lany , Danfeufe de l'Opéra .
Le Normand , Fermier général.
Mad. la Marquife de Mezaga .
de Guimps, Maître d'Hôtel de la Reine.
Mad. Fremier,du Palais Royal .
Mad. la Comteffe du Roure.
le Chevalier Judde .
de Fourqueux , Procureur Général de
la Chambre des Comptes,
Haudry , Fermier général.
le Quai , Pr . Commis de la Marine .
de Tourdonnais , Ecuyer du Roi.
Touchard , Officier de Madanie
la Dauphine.
Couvray , Secrétaire du Roi.
Mad . la Princeffe Talmont.
( Autre envoi ci- deſſous. )
Autre du 14 Novembre. )
de Faventines , Fermier général,
Morinay , Gentilhom. ord. du Roi.
de Cafaubon , Syndic de la Compagnie
des Indes .
le Prince de Robecq .
Mad . la Princeffe Talmont.
A réunir ci - deffus . )
Mad. la Préfidente Portail .
le Comte de Caraman.
Mad. Landet.
Chomel , Notaire & Echevin.
Autre envoi du 14 Novembre. )
Mad . Chomel.
m. org.
48 15
19 6 5
8 1 3
5564
3595 4
69.7 37
174 "
2955 3 >
381 1 II
2
6265
349 6 7
138 45
13 7 7
39 3 3
85 2 1
4967
237 442
2,547
321 6 1
285 24
92 7
186 6 7
160 25
I 1917 2
134.6
31 3
JANVIER. 1760. 139
Suite du 13 Novembre.
Meffieurs
le Marquis de Raffetot.
Maiziere , Recev. gen. des Fermes.
D'Invault , Intendant d'Amiens.
Dupont , Confeiller au Châtelet.
de Pommery , & Mad. de Floffac
fa belle- mere.
le Prince de Salm.
Du 14 Novembre.
Mad. la Marquife Dambre.
de Bernage , Confeiller d'Etat,
m. o. g.
6473
15953
359
1912
280 S } ;
87 3
105637 47
256 37
866
A réunir au 12 Novembre. )
Halma de Balmont , Gr. Audiencier
de France honoraire.
MM. Bouret freres .
A réunir au 31 Octobre, )
Bouillard , Intérellé dans les affaires
du Roi,
Coignard , Secrétaire du Roi.
Mad. la Duchefle de la Trémoille.
le Comte de la Billarderie .
André , Echevin .
le Bloeur , Echevin.
de la Croix , Dirceur des Domaines.
le Comte de Broglie.
de Villevaut , Maître des Requêtes ,
pour Madme la mere.
Hermant, Intéreffé dans les Affaires
du Roi.
Mad. la Princeffe Talmont.
( A réunir au 13 Novembre. )
Choppin , premier Préſident de la
Cour des Monnoyes,
392 26
82 S
190 3
166 3 3
164 4
132 4 4
44 4 2
40 4
I
276 6 2
163711
176651
224 I
376
108
761
240 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 14 Novembre.
Meffieurs
de Brezé , Préſident de la Cour des
Monnoyes.
Mad. la Comteffe de Guerchy.
le Cardinal de Bernis.
Chomel.
( A réunir au 13 Novembre. )
Dupré de la Grange.
Mad. Dodart.
Mad. Chevillon ..
Mad. Boutet.
Mad. Poiffonnier , Nourrice de M. le
Duc de Bourgogne.
le Page , & Mlle Hermens.
le Marquis de Caftres.
( Autre envoi le 23 Novembre, )
le Prince de Soubife.
( A réunir au premier Novembre. )
Mad. la Comteffe de Morville.
le Noir de Laye , ancien Fermier.
Mad. Beaumier.
de la Faye , Tréforier des 4 den.
& fa mere.
Mad. la Duch.de Beauvilliers , Douair.
le Marquis Defcars.
Rouffel , Conf. honor. au Parlem.
Boudet , Avocat.
Partyet, Intendant des Invalides .
Rivier , Gentilhomme fervant du Roi.
le Baron de Wels , Lieutenant- Colonel
d'Infanterie
Mad, la Comtefe de Rochefort.
le Marquis de Sourches.
Dangé , Fermier général .
m.
105 8
2942
82, I I
276
161 37
88 7
18 6 I
75 14
F
50462
126 1 42
252 14
3972
Iso 4 6
134 6 112
46
135 34
253 6 75
132 2 P
29866
523 1
16267
186
70 4 I
36 3 6
209.3
248 7
2
Suite
JANVIE R. 1760. 241
Suite du 14 Novembre.
Meffieurs
le Maréchal de Duras , & Madame
fon épouse.
Dufort , Introducteur des Ambaſſ.
Mad la Ducheffe de S Pierre.
Rebel , Surintend. de la Marq d'or.
le Marq de Balincourt , Lieut gen.
Raynal , Secrétaire du Roi,
Clautrier , premier Commis des Fin .
de Vézanne , Maréchal de Camp .
de Vauréal , ancien Evêq. de Rennes,
Mad . de Forcy.
Moreau , Procureur du Roi au Chât .
de Croifmare , Ecuyer de main du
Roi.
Soufflor , Contrôleur des Bâtimens
du Roi.
Perrinet Dorval , Fermier général
des Poudres.
Dubois , Notaire.
Millet & M Canivet , Négocians.
Dubuiffon , Gentilhomme.
de l'Abbaye de Sainte Génevieve.
de l'Abbaye de Longemeau , dépendante
de Sainte Genevieve ,
Nau , Notaire
.
Darnoncourt , Recev gen des Fin.
( Autre partie le 16 Novembre. )
le Marquis de Gouffier , Maréchal
de Camp .
Mile Quinault l'aînée.
l'Abbé Pefié , Conf. au Châtelet.
le Comte de Bombelles , Lieut. gen.
m. o. g.
2564 1
120 3 5
196 6 6
79 2
193 5
87 6 4
162 3 2
5833
802 4 2
34 7
139 7 4
35 16
43 4 3
75 2 S
2
184 3 2 2
614 5
2
31 2 I
2
I 279
445 6
6253
391 6
170 3 3
170 4 T
57 6
70 27
2
1. Vol.
115800 67
2
M
242 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Du 15 Novembre.
Neyret de Grandville , anc. Sous Fer.
Moras , premier Com. du Dom.
le Gras de la Charmote , Secrét. du Roi.
Tarlé , Huiflier du Cabinet du Roi ,
Nau , ancien grand Juge Conful .
Pauly, Bourgeois de Paris.
le Comte d'Herouville de Claye ,
Lieutenant-Général.
Boifte , Procureur au Châtelet.
Agede , Directeur des Fermes ,
Desfourniel , Fermier général.
de S. Marc , Contrôleur des Rentes.
Sanfon , Receveur des Confignations
du Parlement .
de Courmont , Fermier général .
Odeau , Bourgeois de Paris.
Gaultier , Payeur des Rentes.
Mad. Lafond , Bourgeoife de Paris.
( Autre envoi au 2 art. ci- après )
le Gendre de Villemorien , Receveur
général des Finances .
Mad Lafond , Bourgeoife de Paris .
( A réunir avec l'envoi ci deffus. )
le Comte de Bloft , Brigadier des
armées du Roi .
Mad. la Marquife de Frémur.
l'Evêque de Meaux.
le Chevalier Jenffin , Gentilh. Anglois.
le Marquis de Fervaques.
Mad. Tacher , Nourrice de Madame
Sophie.
Mad. Duvelais.
de Lepé , Architecte du Roi ,
m. ò. g.
108 1
62.4
47 s s
45 4 3
120 3
19 7 6
49 6 7
76 7 I
542 I
327 4 2
68 7 5
167 I
309 S
48 5 3
164 4 3
43 6 5.
184 I S
44 3 7
44 S S
107 I 2
28354
107
2
7
5653
I@ 3. SZ
18547
$47 6
JANVIER. 1760 . 243
Suite du 15 Novembre.
Meffieurs
Botentuit Langlois , l'oncle.
de France , Maréchal général des Logis
des Suifles & Grifons.
de l'Efpronniere .
le Chevalier de la Chaife , pr. Sous-
Lieutenant des Moufquetaires.
de Saint Amarant, Fermier général .
Bouron , Notaire.
Pierre , fils de l'Echevin.
de Pille , Procureur en la Chambre des
Comptes.
Séguier , Avocat général .
m. o. g.
31 4 It
2 .
50 371
.
56 621
524 1
225 4 11
244 3
130 S
224 3 7
180 6 1
172 5 7
25 3 3
268 2 5
Françaife , Receveur général des Fin . 2001
de Fougieres , Lieutenant général.
le Comte de Fougieres.
de la Grandville , Confeiller d'Etat .
Du 16 Novembre.
Antoine , Garçon ordinaire du Roi.
Milord Duc de Perth.
deLargentieres , Doyen honoraire.
le Chancelier .
Veroneze , de la Comédie Italienne.
Du Chapitre de Saint Louis.
Darnoncourt , Rec. gén . des Fin.
( A réunir au 14 Novembre )
Thoré , Secrétaire du Roi .
Toffier , marchand Tapiffier.
2
120977 2 32
Mad. de Montgival , premiere Femme
de Chambre de Mad. Adélaïde .
2
47 2 1
193 7 S
22 IS
604 3 7
75 1 312
74
2 II
216 7 6
23 5 41/2
2
50 425
Mij
244 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 16 Novembre.
de Marivet , Ecuyer du Roi.
Dupuy , ci-devant Marchand Mercier.
Jamart, Fermier général de M. le Dac
d'Orléans.
m . o. g.
3.
20 2
31
56 4
36 4
130 3 3
58
2
Caron , fils , Payeur des Rentes.
1953
Trois autres envois le 3 Déc.
Mlle de l'Efpinaffe du Prat.
Babaud de Chauffade , Sec. du Roi.
Trudon , Entrepreneur de la Manufacture
de cire d'Antony.
Autre envoi du 10 dudit.
Autre du 13 dudit .
Autre du 14 dudit.
Autre du 20 dudit.
Fannellier , Fourniffeur des bois de la
Marine.
Mad . Dufeu , Marchande à Paris.
Hebert Secrétaire du Roi.
Les Dames Hofpitalieres du Fauxb.
Saint Marcel.
Mad. Harang , veuve du Négociant.
Douin , premier Commis de M. de
Saint Florentin .
Lottin , Sellier .
Paul , Ecuyer de la feconde Ecurie du
Roi.
4562
56 5 72
168 6 32
8756
443
54 3 3
130 541
81 27
de Saint Conteſt , Intend . de Champ. 461 5.45
( Autre envoi le 17 Novembre )
Chaumiel , Médecin du Roi.
Barbereux , Fermier des Carroffes de
Rheims.
de Livry , premier Commis de M. le
Comte de Saint Florentin .
161 4 5
884 1
155 32
JANVIER. 1760. 245
Suite du 16 Novembre.
Meffieurs
Bouret , freres.
! A réunir au 31 Octobre )
Gilbert de Voifins , Confeiller d'Etat .
Mad . la Préfid . Gilbert de Voisins.
Efmangart , du Palais Royal .
de Montmort , Major des Gardes du
m. o. g.
169 3
80 7 5
Corp's.
Du 17 Novembre.
Mad. de la Garde , Douairiere .
( A réunir au 9 Novembre )
le Préfident d'Arcouville.
173 4 6
1563 5
15136
125309 2 2
303
168 4 i
443 7 61 de la Chabrerie , Fermier général .
Boutin , Préfident au Parlement .
Brillon , Confervateur des hypotèques
& Recev. des Décimes de Paris,
Aimeret de Gazot , Conſeiller honoraire
au Parlement.
de Caffiny , de l'Acad . des Sciences.
156 2
108
853 26
47 6 6
de Saint Contest , Intend . de Champ. 16 5.7.
( A réunir au 16 Novembre )
Mad. la Ducheffe de Ruffec.
Mad la Marquise de Pompadour.
(A réunir au 3 Novembre )
Cugniot du Lys , Etudiant en Droit.
Cugniot de la Ronciere .
Cugniot d'Aubigny.
Cugniot , Prêtre .
de Montmorin & M. le Marquis de
Saint Hérem .
Mefnil & M. Maréchal fon gendre ,
Econome général du Clergé.
330.7
80:7 7
4
25 11
21 2 I
31 2
* 2
2
29 2 6
12936
64
294
Mij
246 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 17 Novembre.
l'Abbé Defmé , Prevôt de Saint Martin
de Tours .
Defmé Recev. des Tailles de Mantes.
de Saint Georges , ancien Capitaine aux
Gardes Françoifes.
Thomas , Tréforier général de l'Ordrede
Saint Louis.
Gigault , Secrétaire du Roi & Directeur
général des entrées de Paris .
Millet , ancien Avocat .
Les RR. PP. Feuillans de la rue Saint
Honoré.
Mad le Maire , veuve de M. de Montreuil
, Commiſſaire des Guerres.
Guenon , Notaire & anc. Echevin.
Mad. d'Agueffeau , veuve de M. le
le Comte de Chatelux.
de Sartine , Lieutenant- Criminel .
l'ancien Evêque de Québec.
de Courbeton , Commiſſaire général
des Poudres.
( Autre envoi du 19 Novembre.
le Marquis d'Oife Brancas , Maréchal
de camp.
Mad. la Maréchale de Montmorency.
Pineau , Bourgeois de Paris.
m. o. g-
65
65 4
61 f
539 4 6
187 7 4
89 7 11
2
88 13
24 4 4
46 7
204 3
77 7
12 6 412
Bauvin , Md de Dentelle fuiv . la Cour.
La Confrérie des Maîtres Limonad.
Du 18 Novembre.
Poullain , Réc. g. des Dom. & Bois.
13327
27 2,51
91 2 3
51 4 412
80 55
60 64
129561 471
1395 3
129701 2 21
2
JANVIER, 1760. 247
Du 19 Novembre.
Meffieurs
Mad. de la Vigne , de la fucceffion de
m. o. g.
Mad la Vigne, pr. Méd. de la Reine. 102 4 7
Brocham des Tourterelles , Md fourniffeur
de la Maifon du Roi.
le Duc de Broglie,
Michel , Chantre de la Sainte Chapelle
de Vincennes.
Mad. Thiroux de Lailly.
Cabanel , Secrétaire du Roi.
140 57
148 2 6
47 S S 2
323 3
183 4
Pinffeau, anc. Rec. des Tailles de Paris. 56 45
le Comte d'Ampus .
Bofquillon , Procureur au Châtelet.
Mad . de Villemur , veuve du Garde
du Tréfor royal.
le Comte d'Ozenbray , Lieur. gén .
Rulhierre , Inſpecteur des Maréch .
des environs de Paris.
Mad. Chamtepie des Balences , veuve
du Lieutenant de Maréchauffée.
le Marquis d'Autefort.
de Courbeton, Comm. g. des Poudres.
( A réunir au 17 Novembre. )
238 57
3554
379 4 2
400 1 2
496 4
Y
527
I
305 7 3
Mad. la Comt. de Coetlogon , douair . 185 1 ,
l'Evêque de Senlis.
Maffe , Secrétaire du Roi.
Mad. la Comteffe d'Eftrades.
Angrand , Proc. gén. au Gr . Confeil .
d'Eneau , Fourrier de la Reine.
d'Argouges , Lieutenant Civil.
Moufle , ancien Tréforier de l'extr.
des
guerres.
de Laporte , Intendant du Dauphiné.
Leroi de Senneville , Contrôleur gén.
des Ligues Suiffes & Grifons.
39 43
38852
47 3
112
221 3.2
48 i S
6
139 7
145 4
144 S.
248 MERCURE DE FRANCE :
Suite du 19 Novembre.
Meffieurs
Guidi , Payeur des rentes.
Les Prêtres de la Doct. Chrétienne ,
de la Maifon de S. Charles.
Marie , prem . Commis du Bureau
de la Guerre.
Cotton , intéreЛlé dans les affaires
du Roi.
Maquer , Notaire.
le Marquis du Muy , prem . Maître
d'Hôtel de Mad la Dauphine.
( Autre envoi le 18 Décembre )
( Aurre envoi led jour 18 Déc. )
Du 20 Novembre.
de Nantouillet , Fermier général.
le Comte de la Guiche.
le Marquis de Rochechouard..
Geoffroy , Secrétaire du Roi
Judde , Secr, du Roi , Not. honor.
Turodin , ancien Receveur des Fin.
Hubardiere , Bourgeois de Paris.
de Beaufort , Lieutenant des Maréchaux
de France.
Roffignol , Fermier des Poftes .
de la Noue , Gentilh . ord. du Roi.
Mad. la Comteffe d'Ampus.
Andrieu , Notaire .
de Puilegur , Maréchal de camp.
Chevert , Lieutenant général .
Vaudeleau , Ecuyer de la Vennerie.
Barjac , Tréf. de la Maiſon du Roi,
m.org-
189 2 3
48 34 .
116
76.5 5
8367
8326
1342406 S
2056
57 5 7
8334
23567
97 7.3
40 I 71
2
8336F
2
MI I ZI
2
211 I 2
140 7 6
25762
$ 3 2.1
66 4 I
2
301 7 31
79 7 6
2
253 I L2
JANVIER. 1760 . 249
Meffieurs
Suite du zo Novembre.
Mad Caré , Horlogere.
Pelletier , Confeiller au Châtelet .
Mad . Peltier.
le Comte de Graville , Lieut. génér.
Bullat , Cominis des Finances .
Lamouroux , Recev . général des Fin .
( Autre envoi le 22 Novembre )
Sigogne , Greffier au Parlement.
Mile Goffelin.
Guionnet , Lieutenant de Roi de
Vincennes.
Cheveau , Secrétaire du Roi , &
M. Peftalotzy , fon gendre.
de Tourniere , Payeur des Rentes.
le Boeuf de le Bret , Notaire.
Nau , Marchand de la Cour.
le Marquis de Luigné.
m. 0.g.
94759
44 4
14 6
484 7
52 4 4
197 I S
16 1 4
124 2 I
41 2 22
213 7
179 I 4
32 15
40 56
8034
124 6 I
7363
4325
de Boifneuf, Receveur de la Capitation
de la Cour,
( Autre envoi le 21 Novembre. )
le Coeur , Traiteur
.
le Marquis de la Fare Lopris.
de Tourniere .
de Villiers , Employé à la Compagnie
des Indes.
Taillapied , Recev gen. des Fin,
de Tourny , Conſeiller d'Etat.
Caron , Notaire.
Potor , Secrétaire du Roi.
de la Palu.
le Comte de Sommery.
2
30 1 2
171 S 7
311 3
118
35
Isi se
45 S I
20 7 3
Faudral , Exempt des Gardes du Corps. 44 2 2
Poulletier , Notaire , & Madame
de Vinfrais.
46 2 3 Σ
250 MERCURE DE FRANCE .
Meffieurs
Suite du 20 Novembre.
Bourraint , Receveur des Tailles
d'Estampes.
Mad. la Maréchale de Monteſquiou,
la Ville du Portault , Confeiller en la
Cour des Aydes.
le Vicomte de Noé .
m . o.
25
2
10 4
23 I
91 3 2.
Dulivier , Député du Commerce
Cendrić , pere. fo 4 7
139619,3 3
Du 21 Novembre.
Mad. la veuve Bourelier. 61 3 4
de Bayonne.
582 I
2
Angot , Notaire. 1953 2
3
9232
337
Mad. la Comtefle de Chateauregnault . 16
Touchet , Baigneur, à la fuite du Roi,
l'Abbé de Raftignac.
Martin , Apothicaire du Roi.
de Julienne , Entrepreneur aux
Gobelins.
le Normand de Maizieres , Commiff.
des Guerres.
de Chabreuil , Ecuyer de bouche de
Mad. la Dauphine.
67 7
*
253 3 3
$6 16
150 6 202
le Noir de Maiziere , Payeur des Rentes . 55 54
le Duc de Fitzjames.
Roflin , ancien Fermier général .
de Boifneuf , Recev. de la Capitation
de la Cour
( A réunir au 20 Novembre.
de Maranzel , Contrôleur des Bâtimens
de Fontainebleau.
le Vicomte de Vaudreuil , Lieut. gen.
(Autre envoi du 26 Novembre. )
+
471 1 4
3125611
2
657
8535
172 7 I
JANVIE R. 1760. 258
Suite du 21 Novembre.
Meffieurs
l'Abbé Thevenard.
Acaron , premier Commis de la Marine ,
& Mad. Roydot fa belle- mere.
Brallet , ancien Echevin.
Pelletier , Contrôleur des Rentes.
Mad. Tourolle.
( Autre envoi le 23 Novembre )
m. o. g.
953 2
712-3 [
2
62 2 512
6855
68 7 7
le Marquis de Beringhen , prem. Ecuyer. 763 5 6
de la Frefnaye , ancien Echevin .
Oblin , Payeur des gages de la Chancellerie
de Lyon.
Mad. du Noyer , veuve du Confeiller
au Parlement .
de Launay , ancien Tréforier de l'extraordinaire
des guerres
( A réunir au Novembre )
Doutreleau , Tréf. de la Chancellerie.
Nolin , Greff de l'Election de Paris .
Cleret , Commiffaire honoraire au
Châtelet.
le Marquis de Puyfieulx .
Langlois , Secrétaire du Sceau .
Simon de Meaufard , Avocat.
Bochard , Confeiller au Parlement .
de Zurauben , Colonel des Gardeş
Suifles.
le Cardinal de Gèvres .
Roitier , Orphévre du Roi ,
de Chalabre , Brigadier des Armées
du Roi.
Mad, la Préfidente de Villeneuve .
235 7 31
67 7 5
44 7 4
763 I
7212
540 I 2
97 67
363 3 3
117 4 I
162 6 7
343 2 4
134 6
74 3 3
187 6 7
145227 3
I
252 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 22 Novembre.
Gayart , Avocat au Parlement .
m . o.·g.
48 4 S
l'Archevêque de Paris. 589 7 7
le Duc de Trêmes. 275 6-2
Delerot , Aubergifte du Jufte à Verfailles.
175 7 4
Laideguive , Notaire. 63 6
Mad . la Comteffe de Poitiers. 147 3.
Mad. la Princeffe de Guimenée. 7066
Helvetius , ancien Ferm gén. 144 I
1 Comte de Mauroy , Lieuten Génér. 140 7
Boilemont Fermier général .
Caffel , Secrétaire du Roi.
198 7 4
61 6
Pilet , Architecte.
Nau , Greffier au Grand Confeil.
de la Folie , ancien Contrôleur de la
Mailon du Roi.
Saide , Opticien du Roi.
Mad. Helvetius , mere.
Dumetz de Ronfay , Préfident à la
Chambre des Comptes.
Pilet des Poftes.
Bourgevin , Tréforier général des Maréchauffées
.
le Duc de Nivernois.
( Autre envoi ci - deſſous )
Galet , Marchand .
Loufteau , Chirurgien Major des
Gardes du Corps.
de Fontanieu , Confeiller d'Etat.
Bergeret , ancien Fermier général .
Gouault , Procureur Général en la
Cour des Monnoyes.
43 4 21
2276
13
28 3
151 4 21
162 I I
•
157 3 5
108 6 31
896 2-
73 3
•
24 12
105 26
2733 31
43 I 4
Suite
JANVIER. 1760. 253
Meffieurs
Suite du 22 Novembre.
de l'Amouroux , Receveur Général
des Finances.
( A réunir au 10 Novembre )
Gautier de Beauvais , Receveur Général
des Finances.
le Duc de Nivernois.
( A réunir ci-deffus )
m. o. g.
637
251 6
40 4 I
Mad , la Marq . de la Salle, Douairiete . 151 3 5
Mad . de la Fontaine.
Mad . la Marq . de Flamenville, veuve.
le Marquis de Raray , Officier de Gen.
darmerie
le Marquis de la Vaupalliere, Sous-Lieutenant
de la pr . Comp . des Moufq.
le Marquis de Bruflart.
Pecquer , Officier du Gobelet.
69 I I
44 5 4
244 7 2
83 16
36 16
Viard de Molleron , Gendarme de la
Garde.
51 52
2964
Mad . la veuve le Gendre. 28
150336 41
Jean-Thomas Hériſſant , Libraire .
Du 23 Novembre.
Hébert , Traiteur à Verſailles . 97 26
Blanchet , Traiteur à Paris. 41 6 2
Pafferat . Préſident de la Cour des
Monnoies. 54 3 1
14 4 3
de la Fond , ancien Capitaine de
Cavalerie.
le Marquis de Beuvron.
Mad, Mars femme du Proc . au Parl.
Pelletier de Rozambaut , Préfident
au Parlement.
I. Vol.
214 I
5026
25275
N
254 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 23 Novembre.
Meffieurs
le Marquis de Caftres.
( A réunir au 14 Novembre )
Millin de Grand-Maiſon.
Mad. Tourolle.
( A réunir au 21 Novembre )
Bèchefer , Banquier en Cour de Rome.
Mad. Conftant.
le Maréchal de Maillebois.
Fleuret , Contrôl . gén. de la Maiſon de
M.Ang
38 3 L
102.6
56. I
71 4
16 6 6
104 S
M. le Duc d'Orléans , & fon Epoule, 155 5 65
le Cointre , Notaire.
Defprez , Greffier au Châtelet.
Fourgeret de Montpreuil , ci -devant
Sous-Fermier.
le Duc de Briffac.
Mlle Dumoulin .
le Fevre , Traiteur.
Montabon , Traiteur.
Carré , Bourgeois de Paris .
Jomard , Huiffier Prifeur.
Mad. la veuve Mauger.
de Varennes , Moufquetaire gris,
le Comte de Montruel , Colonel .
Billaudet , Intendant des Bâtimens
du Roi.
Du 24 Novembre,
Cochu , ancien Avocat au Parlement.
de,Vandeneffe , Marchand.
Mlle Belin.
Demay, Notaire & Secrét. du Roi..
l'Archevêque d'Alby.
14
716'3
775
66 13
14 7 I
7847
298 17
1466
94
46 I 9
1 3 2
240 7 2
44 6 →
152536 2
45 7
71 2
3521 25
25475
167 S
Allen , Procureur en la Ch . des Compt. 2006
JANVIER. 1760. 255
Suite du 24 Novembre.
Mefieurs
le Chirurgien des Moufquetaires.
Robinneau , Notaire.
Olivier , Recev. gen. des Finances.
le Comte d'Hervilly de Canify , Colonel
du Régiment Dauphin , Dragons.
Mad. Pellerin , veuve.
Mlle Bodeau , Bourgeoiſe de Paris.
Landrieux , Bourgeois de Paris.
de Vougny de la Chauffée.
le Préfident d'Aligre.
Mile Deſchaux , Bourgeoise de Paris.
m. o.g
48 2
356
35 47
2
40 761
209 3 6
160 3 I
276
3946
216 2 I
4533
le Febvre , ancien Capit. de Cavalerie. 145 4 5
le Comte de Carvoisin , Maréchal
de Camp.
Du 25 Novembre..
133 26
15488255
Defparbès , Colonel du Régiment de
Piémont , Infanterie . 9424
154977
Du 26 Novembre.
de la Marre , Intendant de M. le
101 4 3
le Comte de Fontaine - Françoiſe ,
premier Préſident.
Maréchal de Camp
Mad.la Marquife de Bertillat.
le Marquis de Soyecourt , Maréchal
de Camp.
de la Hubardiere.
Mad. Defcouffaut.
Quarré , Marchand Tapiffier.
Mad: la Préfidente Portail , la jeune.
68 66
2277
257 35
II 6 21
2147
10 4 S
200 22
2
Nij
256 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 26 Novembre.
le Vicomte de Vaudreuil.
i
( A réunir au 21 Novembre. )
Mad. la Comteffe de Brienne , mere.
Barbaut de Glatigny , Intendant
général des Poudres.
de Maupou d'Ablaige.
Bourfier , Secrétaire du Roi.
de S. Memin , Prévôt général
des Maréchauffées à Moulins.
le Comte de Mortagne , Lieut . gén .
Armet , Notaire .
Mad. Tartereaut , veuve de M. de
Bertemont , Capit. des Grenadiers.
Sareau.
Duperrier , Procureur au Châtelet.
de Bérulle , Intendant de Moulins.
Mad. Rouffel.
m. 6. g.
312 4
61 3 I
42 4 1 1
21 I
43 7 6
72 33
347 7 3
57 4.6
9236
24
45 2.4
2
N
I
2
Du 27 Novembre.
Poncieu Vié , Négociant à Paris .
l'Abbé de Cîteaux
297 S
28 2
156896 6.21
113 21
2
689 4 I
Autre envoi le 15 Décembre. )
le Mercier , de S. Germain en Laye.
Mad. la veuve Baillon , de S. Germain
en Laye.
le Duc de S. Aignan.
Hazon , Intendant des Bâtimens du Roi .
de Meulan , Recev. gen . des Finances.
Mad. Drouillet , Veuve .
Boulogne de Préninville.
Mad. de la Bliniere.
17
17 7 71
320 37
35 27
365.5 6
271 6
103 6 S
123
JANVIER. 1760. 257
Suite du 27 Novembre .
Meffieurs
Marchand , Argentier de la Reine ,
Payeur des Rentes .
Du 28 Novembre.
m. o. g.
5756
159011 5
de Jor de Fribois , Fermier général.
le Comte de Montboiffier.
Henry , Maître des Comptes ,
l'Abbé Chauvelin .
Jean-Paul Silveftre , Suiffe de nation.
Mad. de Lemeric.
Hefnin , Maître d'Hôtel du Roi.
le Marquis de S. Prić .
Garet.
le Maréchal de Luxembourg.
( A réunir au 4 Novembre.)
le Bar de Pailly , Gentilhomme de
Madame la Dauphine.
Bereul , Rec. des Tailles , à Blois.
de Maupaffant , Secrétaire du Roi ; &
fes fils.
Mad. la Maréchale de Löwendhal.
Du 29 Novembre.
Haliffan , Payeur des rentes.
de Chavannes , Confeiller au Parl.
Dudit fieur.
Nigon , Rec gén. des Dom . & Bois ,
Généralité de Caen,
Du fufdit,
320 I 3
166 4 6
40 S
I
2
216 21
2
45 7
I
2
99 6 1
138 2 11
2
93 171
2
I I I
2
672
2214 2
3854
2017 2
72 2
160480 3,612
207 I 2
131 1
21 1 61
42 T 4
353
2
N iij
258 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 29 Novembre.
Meffieurs
'de Lafontaine le jeune , Sellier du Roi.
Roullier , Miniftre & Surintendant
des Poftes.
de Laporte , Orphévre , rue de l'arbre
fec.
m. o. g.
63 57/2/20
765 5 11
19 3 S
le Marq. d'Equevilly , Mar. de camp. 185
le Marquis de Marolles , anc. Capit.
au Régiment du Roi , Infant.
l'Abbé Ballin , Chanoine de S. Louis
du Louvre.
le Vicomte de Courteaumer , Brigad.
des armées du Roi.
Mad. de Waubert.
Varin , Secrétaire du Roi .
Viard de Molleron , Gendarme de
la Garde.
Mad. la veuve Dorneau.
I
92 7
49 2 7
5046
127 7 4
133 7.
IS 4 4
L'Hôtel de Ville de Paris.
204 I
433 6 7
162892 6 4
Du 30 Novembre.
Mad. Perrin , Veuve du Gouverneur
des Pages de la grande Ecurie.
Gaultier de Vinffre , prem. Lieuten.
de la Prevôté de l'Ifle de France .
Renard, Officier de Marine.
Du Décembre.
Clément , Notaire .
Mad. la Première Préfid . Pelletier.
l'Archevêque de Narbonne.
de Saint-Amand , Fermier gén.
35 26
2354/2/2
86
163037 7 11
4063
15673
857 1
29423
JANVIE R. 1760. 259
Suite du Décembre.
Meffieurs
Terray de Rofieres , Procureur gén.
de la Cour des Aydes.
Clément de Feuillet , Conf.au Parl.
Mad. l'Abbeffe de Fervacques.
de Courteille , Confeiller d'Etat ,
Intendant des Finances.
Meffen , fils , Confeiller au Parlem.
de Lagarde , Fermier général.
le Maréchal de la Tour Maubourg.
le Marquis de Valory , Lieut. gén .
Arthault Bourgeois de Paris.
Bernard de Boulainvilliers , Préfid .
au Parlement.
Mad Befchard, Mde à la toilette.
Mile Didon.
(Autre envoi le 7 Décembre. )
{ Au.re envoi le 11 Décembre. )
de la Live de Pailly , Brigadier des
Armées du Roi.
Mouchard , Receveur gén. des fin.
Du 3 Décembre.
Marefchal , Falotier du Roi.
Mad. de Montmorency , Veuve du
Colonel .
de Vernege , Major des Gendarmes
de la Garde .
Cornueau , Tréforier de M. le Duc
de Penthièvre .
Hufnot , Avocat au Parlement,
le Maréchal de Richelieu .
d'Oriac , Confeiller d'Etat , Prem.
Préfident au Grand Confeil.
Plus
m. o. g.
23036
61 II
64 4
38326
247S
22632
171 6
307 3 3
25
343621
53
163 62
46 4
448 6.2
166113 7 1
33 36
5925
4253
•
23252
88
ΤΙ
148 3 S
61
487 7
[
260 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 3 Décembre.
de Fontette , Intendant de Caen.
le Monnier , de l'Académie des Sc.
Caron fils , Payeur des
rentes.
Plus ,
m. o.
g
38 71
356
61 667
2383 5
159 37
Plus ,
( A réunir au 16 Nov. )
17 7
de Manneville , Confeiller au Parl.
Guinaud , Portemanteau du Roi.
Favieres , Confeiller hon. au Parl.
Aubry , Traiteur.
Mad. la Veuve Dorneau.
Huet Prieur d'Hatys , Chanoine
de St. Victor.
Defgranges , Maître des Cérém.
de Boifqueftans , ancien Capitaine
de Cavalerie .
Mad . la Maréchale de Lamotte-
Houdandourt.
de Laporte , Bourgeois de Paris.
Mlle Jacquet , Bourgeoife de Paris.
Tiffet , Mar. des Logis de la Reine.
Mad. la Veuve de M. de Lahaye ,
Fermier général .
Noel , Maître Layetier.
Dumoulin , Traiteur .
* 60 ·4
186 6 3
114 2 2
686 &
7 3
2367
162
389 64
1516 1
20-52
39 44
135 7.
2935r
827
96 22
Martel , Notaire. 136 3
Lambert , Tréſorier de Fr. de la
Généralité de Paris.
2362
769815 4 6
Du 4 Décembre.
le Comte de Troiville , Gouverneur
du Pays de Soule. 167 32
JANVIER. 1760.
261
Suite du 4 Décembre.
Meffieurs
Broulle , Avocat.
le Carpentier , Architecte du Roi.
Mad. la Veuve Baillon.
de Charlais , Secrétaire du Roi.
l'Abbé Belon , ancien Chapelain
du Roi.
Mlle Demont , fille du Capit. Suiffe.
le Duc de Mortemart.
Chalut de Verin , Fermier général.
Thiroux de Chameville , Régiffeur
des Poftes.
l'Evêque de Langres.
Mad. Duval , Veuve du Commandant
du Guet.
de Tourville , Capit, aux Gardes.
de Bieuville , ancien Gouverneur
de la Loufianne.
de Pernon , Député du Commerce.
Mad. la Comteffe de Létang , petite
fille de M. le Maréchal du Bourg.
Léger , Ecuyer.
Mad . la Préfidente Talon.
le Comte d'Efpars.
de Saint- Jean , Greffier en chef des
dépôts civiis du Parlement.
l'Avocat , Maître des Comptes.
Das Décembre.
le Comte de Valentinois .
Roffignol de Baligny , Secrétaire des
Commandemens de la Reine.
'm . o. f.
764
81
16 6
1437
7
53411
133 1
1967 6
172 6 2
624 63
83
185 si
132
173 4 1
81 S 4
404 4 S
785
225 75
7511
344 3
245 S
172916 43
127 3
9026
6
33
Guyon . Directeur gén. des Monnoies. 182
Brunet , Bourgeois de Paris.
282 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Mile Didon.
Suite du Décembre. S
( A réunir au 1 Décembre )
m.o.g
75
Mad. Drouin, de la Comédie Franç. 32 7
( Autre envoi le 7 Décembre. ).
Deseffarts , Correcteur des Comptes .
Mad. la Ducheffe de Luynes..
le Cointe de Vaſtan .
157 6 1
4
2066 5
158 i
23 1 6
Mlle Millot.
Mad. la veuve Pellet , ancien Echevin. 113 1 I
Mad . la veuve Dorneau.
Rode , Négociant .
Mad . Valon.
Mlle Deftouches.
le Marquis de la Ferriere , Lieutenant
des Gardes du Corps.
Laifné , Notaire.
Mad. la veuve Taffin , & fes fils ,
Banquiers.
Du 6 Décembre.
667
88 4 4
37 3 2.
46 7
1764 2
94 I I
180 2 5
174774 2 2
248 3 I
573
209 S.
205 4.4
140
102 7
2
Romerey , Confeiller au Parlement.
Chevalier , Major de la Baftille.
le frince Tingry .
Mad . Tribolet , veuve du Secrétaire
du Roi.
Mad Dufauffois , veuve de l'Ecuyer
du Roi.
Plus en or 2 on. 6 g. 27 d.
Grégoire , Elu.
de la Leu , Secrétaire du Roi.
de la Leu , Notaire & Secrét . du Roi.
le Conne d'Harcourt.
Mad. la Marquile Dorvillé.
149 7 4
153
113 7
3574
JANVIER. 1760. 263
Meffieurs
Suite du 6 Décembre.
Perin , Bourgeois de Paris.
Carpentier , Auditeur des Comptes.
Mlle Girardeau de Préfond , Bourgeois
de Paris.
le Marquis de la Rouvoie.
le Marq de Verneuil , gr. Echanfon.
Pean de Mofnac , Maît. des Comptes.
Ourfin d'Igoville , Recev. gen. des Fin .
Du 7 Décembre.
m.o.g
36 3
4843
6747
12335
142 7 3
59 5 .
214 3 4
176829 ཉ ;
le Baron d'Oppe le,Capit . de Gendarm . 46 7 3
Mad. Drouin , de la Comédie Franç.
a porté en or 6 on . 2 g.,& demi..
( A réunir aus Décembre. )
Maurin , Notaire.
l'Abbé Bélon , en ors on. 3_g•
Portail , ancien Pr. Préfid . au Parlem.
Galet , Secrétaire du Roi.
Gillet , Trésorier de France.
Belnier , G effier en chef de la Cour
des Aydes.
de Carbon , Secrétaire du Roi.
le Comte d'Argenfon , & Madame
fon épouſe.
le Duc de Chevreuſe , de la fucceffion
de M. le Duc de Luynes.
14 7
338
67
2473
171 6 :2
91
421-4
417 S S
de Ruelle , Traiteur privilégié du Roi. 29 6 2
le Duc de Villars .
Fontaine , Recev . gen. des Fin.
Guerin , Notaire.
35 42
254 I
8628
de la Haye des Folles , Secrét. du Roi. 150 5 7
Cadeau , Payeur des Rentes. 75 47
179953 I
264 MERCURE DE FRANCE
Du 8 Décembre.
Meffieurs m. o. g.
Amelin , Officier du Roi, 146 I S.
179199 2 5!
Du 9 Décembre.
de Cogorde , Secrétaire Greffier du
Confeil privé du Roi.
de Chaffelas , Bourgeois de Paris.
de Richebourg, Recev. général des
Aydes de Noyon.
Du 10 Décembre.
Houftet , Chirurgien de Paris.
de Monge , Ingénieur en chef do
Bergue-Saint- Vinok.
Démur , Notaire.
Blanchet pere , Proc, au Parlem.
Pierre , Jouaillier.
le Marquis de Charleval.
Huillot , Fermier des Poudres.
le Comte de Pont S. Maurice .
Gilet , ancien Echevin , rue des
Lombards.
Gondoin , Secrétaire du Roi.
Hupeau , premier Ingénieur des
Ponts & Chauffées.
le Marquis de la Tour-du- Pin .
l'Evêque de Metz .
Plus ,
Bijot , pere , Maître des Comptes.
Bijot fils , Maître des Comptes.
2825 I
23266
63 7 x
479778 S S
3835
40 6 6
46 3 I
217 2
2
I
35.7 2
47 7 3
275 6
167 3 5
93 3 4
1256
I
903 51
2
474 4 S
609 I 6
14 4
67 7 11
2
363 2
Suite
JANVIER. 1760. 265
Meffieurs
Suite du 10 Décembre,
de Saint Hilaire , Conf. au Parlem.
Mad. Mouhette.
Seriny , Avocat au Confeil.
( Autre envoi du 12 Décembre. )
Gigault de Crifenoy , Fermier gen.
l'Abbé Couturier , Supérieur du Séminaire
de S. Sulpice.
Mad Bellanger Deffenlis , Veuve
du Confeiller au Parlement.
Caron , fils, Payeur des rentes.
( A réunir au 16 Novembre. )
de Mortieres , Colonel d'Infanterie.
Rouffeau , Payeur des rentes.
de l'Eglife de Notre - Dame.
Mlle Guichon , Bourgeoife de Paris.
Barion , Bourgeois de Paris.
de la Briffe Damilly , Prem. Préfid.
au Parlement de Bretagne.
de Montreuil , Préſident de la Cour
des Aydes.
de Vanolles , Confeiller d'Etat.
de Courchamp , ancien Capitaine
aux Gardes.
Mlle de Monteffon.
Titon , Confeiller de Grand'-Ch.
au Parlement .
Titon , fils , Confeiller des Enquêtes
du Parlement .
l'Abbé de Clermont - Tonnerre.
l'Abbé de Villarceau.
Salmont Avocat du Roi au Grenier
à Sel de Paris.
Verzare de Beauchamps.
I. Vol.
m. o. g.
122 I
18 6 [
2
43 27
208 I 2
29 6 6 1
164 3
121 3 5
18 7 41
185 05
6
58 t
6
942
70
1984
33 53
26956
158 I I
64 I S
673
2349
855 6
323 1
7615
45 14
о
266 MERCURE DE FRANCE:
Suite du 10 Décembre.
Meffieurs
de Lelo , Bourgeois de Paris.
Tercier , ancien premier Commis
des affaires étrangeres.
Doutremont , Avocat au Parlem ,
Pronfteau , Capitaine de la feconde
Comp . des Gardes de la Ville.
Plus , en or , 4 onc. 4 gr. 2., 12 gr .
Du 11 Décembre .
m. o. g.
27 1
6966
65 5 3
47
185149 $ 2
Carpentier , Contrôl . de la Chancelle .
Mad. Cochepect, veuve du Secrétaire
du Roi.
Plus , en or , I m. 2 onc. 2 g.
( Autre envoi le 12 Décembre. )
Thiroux de Montfauge , Ferm . gén .
des Poftes.
Tourol , premier Valet de chambre
de M. le Duc de Bourgogne.
Rougeuil , Boulanger.
Langlois , Traiteur.
le Marquis de Percez .
Lavoifies , Procureur au Parlement,
Perichon , Tréforier des Colonies .
d'Arnaud , ancien Conful.
de la Lourcé , Avocat,
Mlle Didon .
( A réunir au Décembre. )
43 I E
66 I
86 I
ช
2
28 22
17
41 6 5
I
2
177 5 7 2
42 34
127 I
35 2 1
16
s
2 1
41/2
Mad. de la Leu , Veuve du Secr . du Roi . 35 2 4
de Vaudefir , Tréforier général des
Colonies.
de Boiffablou , ancien Prevôt de la
Connétablie.
243 56
2374
JANVIER. 1760. 267
Suite du Décembre.
Meffieurs
le Prince de Monaco .
Mad. la Veuve Gallier.
l'Abbé Baifle , Chapelain ord. du Roi.
Dujardin , ci-devant Me d'Hôtel de
feue Son Alteffe Royale Madame.
Chuppin , Tréforier du Marc d'or.
de Vauffel , Grand Maître des Eaux
& Forêts de France.
Terray , Conf. de Grand' -Chambre .
Cabeuil , ancien Subrecargue de la
Compagnie des Indes .
le Comte le Danois , Lieuten . gén.
Mad. Volande , Bourgeoife de Paris.
Damours , Avocat au Confeil , Secr.
du Roi.
Mad. Defaudrais .
Marin Carto , Md Mercier.
Bernard de Ballinvillier , pere.
Lebegue , Md Mercier.
( Autre envoi le 20 Décembre. )
Mad . Beurder , Bourg, de Paris.
Mad. Nantiat.
Plus , en or , 3 onc. I g. 21 gr.
Du 12 Décembre .
de Vernage , Médecin.
( Il a fait porter le furplus à la
Monnoie de Tours. )
de Vigny , Ecuyer du Roi.
Mad . de Lange , Veuve du Payeur
des rentes.
Thiron , Orphévre.
Thiron , ſon frere , Orphévre.
m. o. g.
604 3 2
604 6
56 36 7
21 35
104 4
365 3
220 4 I
95 12
187 7 3
119 6 6
45 52
119 7
44 4 4
169 2 4
6 14
4 3 3
2784 %
188644 4 I
168 36
38
IIO 4 7
96 4
60 36
O ij
268 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 12 Décembre.
Meffieurs
Mad. la Comteffe de S. Severin .
{ A réunir au 5 Novembre. }
le Marquis de Putange.
les Gardes du Corps de la Mercerie.
de Seriny , Avocat .
( Aréunir au ro Décembre )
les Freres Religieux de la Charité.
Miotte de Ravanne , Grand Maître
des Eaux & Forêts , arrivant de fa
tournée.
l'Évêque d'Auxerre.
Mad. Cocheput.
*
m. o. g.
2
141 1 61
2
119 2 1
2
Plus en or on. 2 gros & demi 24 g.
( A réunir au 11 Décembre. )
Bouffi & Dangnart , Négocians .
Plus en or son. 2 gros & demi 24 g.
de Valcourt , Maître d'Hôtel du Roi ,
& Maître des Comptes.
Rouffel , Avocat .
de Bonnefoi , Officier de la Reine.
du Coin de Lenti , Négociant .
Devry , Maréchal-des-Logis de la Cavalerie
de l'armée du Bas Rhin.
44
so s si
300 3 3,
124
I 120 7 11
58 4 4
19 2 3
334
200 2 S
40 2 3
le Préfident Defvieux. 15846
les Jacobins de la rue S. Dominique ,
Fauxbourg S. Germain.
84 4 5
Loftanges , Marquis de S. Alvere . 139 24
Mad. la Marquife de Goisbriant , Dame
de Mefdames.
1223
Hemart, Secrétaire du Roi , ancien
Payeur des Rentes.
Duval pere , Bourgeois de Paris.
8124
5467.
Plus
14 7
JANVIER. 1760. 269
Suite du 12 Décembre.
Meffieurs
Landry , Recev . gen. des Fin .
la Ducheffe de Villeroi.
Paul Vincelius , Banquier.
le Marquis de Chaziron.
Dutartre , Notaire.
Du 13 Décembre.
Bontems , Notaire.
Auvray , Secrétaire du Roi.
Mad. Auvray.
le Marquis de Villemur.
l'Abbé Cher.
Chauffechat , Confeiller en la Cour
des Aydes.
Raimond , ci-devant Maitre d'Hôtel
du Roi.
Plus ,
Junot , Notaire.
Plus ,
Rolland de Trémeville , Recev. gén.
des Finances.
le Marquis de la Sonne , Lieut. gén.
Monfle de Champigny , Confeiller
de Grand'Chambre.
m . o. g.
213 7 3
158 4 1
35 7
179 I 2
94 4
19158574
Plus ,
Chevalier , pr. Commis de la Marine.
Pageaut , Secrétaire du Roi.
les Religieux Bénédictins du Prieuré
de S. Martin .
Jolly de Fleury , Intendant de Bourgogne
, en or 7 on. 3 gros 6 grains.
127 I S
107 S I
46 7 5
159 22 2
173 I I
109 7 4
46 6
149 I 3
204 I
"
2 472/
148 7
378 4 33
136 7 3 /
12 64
44 3 S
63 I S
I2I
O iij
270 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 13 Décembre.
Meffieurs
Caron , fils , Payeur des Rentes.
( A réunir au 16 Novembre . )
Barge , Bourgeois de Paris .
Vailfelle de la fucceffion de M. le Duc
de Béthune .
de Bazoncourt , Me d'Hôtel du Roi.
de Beaumanoir , Tréforier de la Maréchauffée
de France.
Voigny , Secrétaire du Roi.
m. o. g.
2 2 4
12 7 6 1
794 67
243 7
147 4 2
le Marquis de Galifet.
Chicquet , Secrétaire du Roi.
Chicquet , Chevalier de S. Louis.
Chicquet de Champrenard.
Verne , Avocat.
Jard , Accoucheur de Mad. la Dauphine.
l'Evêque de Soiffons.
Nau , Marchand de drap , fourniffant
l'armée.
de Seve , Confeiller au Parlement.
la veuve Dát , Bourgeoile de Paris .
Mad. Ploffoin , veuve , Bourgeoife
de Paris.
Plus en or 2 on. 3 g. & demi 30 gr.
Guillet , Maréchal - des- Logis du Roi.
Prevoft , Secrétaire du Roi.
Mad. la veuve Thoynard.
Du 14 Décembre ..
ISS 6 I
292 I
57 3 4
40 4
45 S 4
48 6 7
58
9862
•
6567
110 2 2
13 2 3
39 $ 3
35
209 3 6
196 4 6
196285 471
62 46
Mad. l'Abbeffe de Jouanne .
Jolly , Bourgeois de Paris.
de Motte , Tréforier da France.
Barois , Payeur des Rentes.
27 36
131 4 I
47 2 7
le MarquisDarmentieres , Lieut . gen. 171 2 7
JANVIER . 1760 . 271
Suite du 14 Décembre.
Meffieurs
Chatillon , Tréforier de M. le Comte
de Charolois.
le Comte Defcignac.
Plus ,
Ravot , Banquier en Cour de Rome.
de la Fontaine le jeune , Sellier du Roi.
Rolin Deffarts , Grand Maître des
Eaux & Forêts.
Plus , en or 3 on. 4 gros.
Caron , fils , Payeur des rentes ,
en or , ƒ onc. 4 gr. ! .
(A réunir au 16 Novembre. )
Mad. de Bacquencourt.
Mad. Gaultier , Bourgeoile de Paris.
Mlle Clairon , de la Com . Franç .
m. o. g.
607712
279 4 S
943
78 47
82 1
142 3 I
20656
9575
131 5 4
3654 Hazon , Confeiller au Châtelet.
Patu , de Compiègne.
66 13
l'Abbé Aniffon 214 7 6
Mad. la veuve de M. Gobelin , Au- .
diteur des Comptes. XII 3 3
Mad . l'Abbeffe de Port- Royal . 24 6
Mad. Guimaudet , Bourg. de Paris. 167 6 S
Gaultier, Fermier général.
Hégron, Directeur des Aydes de
Vitry-le-François.
Mad , la Préfidente Saulnier.
Boulonnois , Subftitut de M. le
645 2
39 5
19 7
Proc. gén . 199 2 2
198695 6 4
Du 15 Décembre.
de la Hogue , freres.
Duchaufour.
Bargé.
60 3
144 64
I 3
272 MERCURE DE FRANCE .
Suite du is Décembre.
Meffieurs
Maffon de Pliffay, Ch . de S. Michel .
les Bénédictins Blancs- manteaux,
La Paroiffe de Bonnes - nouvelles.
de Creil , Confeiller d'Etat .
( Autre envoi le 17 Décembre. )
( Autre dudit jour. )
Mad. la Marquife de Latafte.
Maillard , Proc . au Parlement.
Girault l'aîné , Notaire.
de Brie , Huiffier au Confeil .
de Luze , Chirurgien du Roi.
l'Abbé de Cîteaux.
(A réunir au 27 Novembre.)
les Gardes de la Mercerie.
Loir , Confeiller au Change de la
Monnoje.
de la Porte , Commiſſaire général
de la Marine .
Patu , Notaire .
le Marquis de Rothelin.
de la Salle , Lieutenant général .
de Chateauvillard , Me des Comptes
& Commiffaire des Invalides.
Mlle de Beffe de la Richarderie .
de la Croniere , Confeiller à la Cour
des Aydes.
Mercier, Fermier général.
Charon , Fermier général .
Lavocat, Maître des Comptes.
de Montmorand , Baillif d'épée de
l'artillerie de France .
le Curé de Marck , Diocèſe de Boulogne
près Calais.
m. 0. g
243 17
586
;
18 I
79 2 [
2
181 2
812
39 3
42
24
717
20 S 4
54 3 5
246 2
48 3 3
1996
146 6
130 2 4
98 14
816
118 7
179 S S
10 2 4
2766
13.64
2
I
MNMN
I
2
JANVIER . 1760. 273
Suite du 15 Décembre.
Meffieurs
De places , Notaire.
du Chapitre de Saint-Honoré.
m. o. g.
196 2
100 4 312
Du 16 Décembre.
La Chambre des Orphévres a porté
le 15 dudit après l'état envoyé.
Nau , Payeur des rentes , pour Mad .
fa mere.
le Marquis de Champigny de
Montgon.
Du 17 Décembre.
Mad. la Comteffe du Rumain .
Labbé du Lingondés .
Bataillon , Bourgeois de Paris.
Gachier , Maître des Comptes.
du Caffau de Montfort , Bourgeois
de Paris .
Philippes , Lieutenant général.
Durieux , Bourgeois de Paris.
Mad. la veuve Saugrain.
201990 45
de Saulx , Chev. d'hon . de la Reine.
Mad. Poupart , veuve de M. Cottin ,
Entrepreneur des Manufact. des
toiles peintes de l'Arfenal .
le Préfident Ronard.
100
3872
1
80 I 3
2022095 2
146 S
178 4 6
192 I 6
(Autre envoi le 18 Décembre. )
Mad. la veuve Dat , Bourg. de Paris.
Maffé , Confeiller de l'Acad . Royale
de Peinture & Sculpture .
Roland de Fonferieres , Secr . du Roi.
Geoffroy , Caiffier général .
Viel , Procureur au Parlement.
29. I
73 17
92 6 I
20 2.2
157 6 I
197 S 4
71 6
8472
7
62
66 IS
I
2333 2
6
125 4
48 I 3
274 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 17 Décembre.
Meffieurs
Mad . Geoffroy , veuve de M. le Grand ,
m. o.
Maître des Eaux & Forêts.
214 4 5
( A réunir au 31 Octobre. )
de la Chambre , Md. Orphévre. 102 S
Meulan des Fontaines . 171 4 7
Mad. Roettiers , épouſe
du Graveur général
114
des Monnoies. 107 3
Plus , 6-5 I
de Creil , Confeiller d'Etat.
( A réunir au 15 Décembre . )
le Comte de Beaujeu Chavigny.
58 1 2
8163
les Dames Feuillantines du Fauxbourg
Saint Germain.
9362
La Paroiffe de la Chapelle S. Denis ,
Fauxbourg S. Lazare . 2355
93 2
le Duc
d'Aiguillon.
Morlet a porté de la fucceffion de
M. Bidaut , Huifier de la Chambre
du Roi.
de Broqueville , Négociant.
Les Religieux Picpus , Fauxbourg
S. Antoine .
107 6 I
29 7.3
80 S
Mad. la veuve Gliffe , Maît. Rubanniere. 22 44
( Autre envoi le 18 Décembre. )
( Encore le 20 dud . )
Riquet , Marchand de Paris.
Mauduis , Traiteur.
de Novion , Præfident à Mortier.
de Valville , Subdélégué de Nogent
fur Seine .
Graffin , Maréchal de Camp .
( Autré envoi le 18 Décembre. )
Les RR. PP. Jéfuites du Collège de
105 2
IS 4 4
182 4
47 I S
190 I 4
JANVIER , 1760 . 275
Suite du 17 Décembre.
Meffieurs
Louis le Grand.
m . 0. g.
63335
de Creil , Confeiller d'Etat. 159 47
( A réunir au 15 Décembre. )
Mad. la veuve de S. Jean. 166 11
206488
Mad. la Marquife de Chevoile. 155 12
Du 18 Décembre .
de Tabois , Gentilhomme ord . du Roi. 244 2 2
Le Chapitre de S. Etienne- des - Grès.
Guyot , Doyen de MM . de la Cour
des Aydes.
L'Abbaye S. Germain des-Près.
Mad. de la Bourdonnois.
Mad. la Marquife de la Lande .
le Préfident de Guébriant.
ود
6753
194 6
I
300 1 2
84 7
368 S Chevalier , pr. Com . de la Marine.
130 IS
Pavé , Secrétaire du Roi. 322 3 6
26
35
Graffin , Maréchal de Camp .
Muly , Elu à Meaux .
( A réunir au 17 Décembre. )
Patu , Secrétaire du Roi .
Mad . Saulnier , Légatrice de M. de
14 4 I
5537
la Peironnie , pr . Chirurgien du Roi. 106 r
Hoquart , Tréforier général de
l'artillerie .
Mad. la veuve Gliffe.
( A réunir au 17 Décembre. )
Mad . de la Briffe , ancienne Intendante
de Caen .
MM, de l'Inftitution de l'Oratoire.
Begon , Procureur au Châtelet.
MM . de l'Oratoire , rue S. Honoré ,
Maucler , Directeur gén . des Vivres.
le Dran , Tréforier des Vivres.
189 7 S
254
125 36
336
90 12
200 2
523
39 42
276 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 18 Décembre.
Meffieurs
Mad. Poupart , veuve de M. Cottin ,
Entrepreneur de la Manufacture
des Toilles peintes de l'Arfenal.
( A réunir au 17 Décembre. )
M. Bonneau , Secrétaire du Roi.
Efmonen , intéreflé dans les affaires
du Roi.
Panelier, Recev, des bois de Senlis
& Compiegne.
Maincent , Syndic des Tontines .
Morand , Chirurg. Maj . des Inval.
Cochin , ancien Echevin.
le Comte de Manherbe , Lieut . gén.
Saget , Conf.au Parlement .
Eftienne , Traiteur.
Mefd. de l'Abbaye du Val de Grace.
Jolly, grand Audiencier de France.
le Marquis du Muy , prem. Maître
d'Hôtel de Madame la Dauphine ;
de la fucceffion de M. fon pere.
( A réunir au 19 Novembre. )
Gitton de la Ribellerie , Secr . du Roi.
le Marquis de Souvré.
le Caron , Maître Particulier & Lieutenant
des Chaffes de Laifgue.
de Beauval , Major de Compiègne.
Hardy , Contrôleur des rentes fur
les Fermes,
de Montion , Confeiller au Grand
Confeil.
le Marquis du Muy, de la fucceffion
de Madanie fa mere.
( A réunir au 19 Nov. )
•
m.o.g
2326
1965 6
187.6 I
34 23
215 3
7552
46 I 6
2
59 I
99 3 3 t
III 3
32 3
202 4 6
46 4 7
51 27
145 4
30 3 2
24 4 I
48 I
2
177 7 41
309 I 4
211301 312
I
Du
JANVIER. 1760. 277
Du 19 Décembre.
Meffieurs
Les Religieufes Filles- Dieu.
Mad. de Sabourni.
Teftard Dulis , Ecuyer.
Brochand , Marchand .
Gauzen.
Prépaud, Régiffeur des Droits réunis .
de la Bourdonnois , Conf. d'Etat .
l'Abbé Mercier.
Mad. Chalé.
le Comte de Varas.
le Blond , Contrôleur des rentes.
Antoine Day , Officier de la Chambre
du Roi , Chev. de S. Louis.
Gorand , fils , Marchand.
m. o. g.
33 4
207 7 1
89 7 7
23067
6062
97 I
142 S 6
124 4 7
5572
817 !
64 2
2839
24 4
Gorand , pere.
Les Carmes Billettes,
Les Dames de l'Union Chrétienne de
Saint-Chaumont,
Meffager , Md Epicier.
Mad. Latour , Veuve .
Dauffet de Coulange , Munitionn.
des Vivres de la Marine.
Tellès Dacosta , Secrétaire du Roi.
Bignon , Bibliothécaire du Roi,
Mlle Delin , Bourgeoife.
Billeheu , Contrôl. Contregarde.
de Varenne , anc. Conful , & Quartin.
Aubry , Avocat au Parlement.
Les Jacobins de la rue S. Honoré,
Les Auguftins du Grand Couvent.
le Duc d'Ancezune.
1. Vol.
55 4: 312
5356
66 47
74
21
2206 t
15563
104 4 42
24 IS
48 3
72
834
6
927 I
757
114 2
140 3 2
213824 3 4
P
2
278 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 20 Décembre
Mad . de Bouju, demeurante à Cham
amyong.
pagne , près Baumont fur Oife, cd14 4 54
Cury , Contrôleur des Tréforiers desa
troupes de la Maiſon du Roi.
MM. Mercier.
le Comte de Soyecourt , Meftre de
camp , Capitaine de Dragons au
Régiment de Thiange.
Petit , ancien Conful.
Mad . la veuve Langlois de Rezy ,
Confeiller au Parlement
Bernard de Balinvillier , pere .
( A réunir au 11 Décembre. )
Faget , Chirurgien Major des Gardes
Françoiles.
Mlle Carbonnet.
de St. Roman , Maître des Comptes.
Marchand , Secrétaire du Roi.
Marchand le jeune , Notaire.
le Comte de Valbelle .
Doublet , Avocat au Parlement.
Berthelin , Bourgeois de Paris.
Mad . de la Coré la mere.
du Poulpry.
de Beaumont , ancien Directeur de
l'Académie de S. Luc.
bir
24 : 4
101 2 3
105 1 4
856 1
116 4 6
I 4
97
125 1
68
42 7 2
109 3
1966
$ 3.4.71
72 5
542 25
42 2 5
de Bragelonne , anc. Capit. aux Gardes. 58 5 a
Mad . Gliffe,
( A réunir au 17. Décembre. )
Caron , fils , Payeur des Rentes , a remis
en or 3 onc 4 gr . 12 grains.
(A réunir au 16 Novembre. )
Les Barnabires.
Cazalu , Tiéforier de France ,
3866
79 5 4
JANVIER . 1760. 279
Meffieurs
Suite du 26 Décembre.
Pirrepape , Négociant.
Guillaume , Serrurier.
Plus en or 3 gros & demi 27 gráins.
Mlle du Pourpry.
le Paige Ecuyer de Mad.la Dauphine .
Kornmann , Banquier.
Bayeux Infpecteur des Ponts & Chauff.
Les Religieufes de Sainte Elifabeth.
Les Religieu es de Sainte Marie , rue
S. Antoine.
Mad . la veuve Bonfils.
Les Religieufes de la Conception .
Moucade , Avocat.o
7 21 Du 21 Décembre :"
Marteau , Docteur en Médecine.
m . o. g.
7657
3621
41 6
542 $
117 2 4
17 6 41
46 1
·5167
176 1 6
34 62
832
215714 1 2 !
16 2 41
26 33 Prevost Defpreaux , Agent de Change .
I
11 Du 22 Décembre.
le Comte de la Vieuville .
l'Abbé Junot , Aumonier des Gardes
Françoiſes.
Durand , Avocat.
Duret , Avocat.
Plus , en or 5 on . 3 gr . 3 grains.
le Gueux - de-la -Varenne , ancien
Intéreflé dans les Fermes.
de la Buffiere , demeurant à Tréguy.
le Préfident Mallet,
Jannelle Douville , Prevoc général
de la Connétablie.
Delpuech de la Loubiere.
425 7
44 2
24272/2
36 17
32 1612
FI 3 I
54 2 3
149 3 7
27 5 4
155 7 1 -
Pij
280 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 22 Décembre
l'Abbé Lambert , Garde des Archives
de la Chapelle du Roi.
Thierry , Ecuyer ordinaire de la
bouche du Roi.
de Vougny de Petitmont.
des Ragues , ancien Commandant
du Fort Socoa.
Menault , Bourgeois de Paris.
Charpentier , Bourgeois de Paris.
Guircan , Ecuyer.
Robineau, Notaire.
de la Chauffade , Secrétaire du Roi.
Heron de Courgis , Secrétaire du Roi.
Les Mathurins.
l'Abbaye de Chelles.
d'Hericourt , Intendant de Marine.
Mad. Geoffroy .
( A réunir au 17 Décembre . ) 27.
Hurel , Payer des Rentes.
Petit , Confeiller de la Cour des
Monnoies.
Les Chartreux .
Dargent , Avocat.
le Begue , Sécrétaire du Roi.
Cartaut , Huifſier Priſeur.
de Changy .
de Linguede .
le Préſident de Mele ...
m. o. g.
42.6 31
60 7 I
109 7.7
110:
28621
147 5·
80 I I
36
4465
88 65
137 7 2
.
49 S 4
104 4 5
31
113300 64
.
2
11 5 61
98 3 5
72 1
382
934
219 1
19 7-7
de Camp , Pay eur des gages de la
Chancellerie . 1
de S. Georges , Capit . de Vaiffeaux.
Ies Religieufes Miramionnes.
Baillon .
249 1 6
1
194 3 4
13 3 1
2
IS 4 4
12 27
I
JAN VIER. 1760.
281
Meffieurs
Suite du 22 Décembre.
Mad. la Préfidente Saulnier .
( A réunir au 14 Décembre. )
Even.
Corbec , Traiteur
le Préfident Ricouves.
de Moreuil.
Les Hofpitalieres de S. Gervais .
le Baron de Thiers .
Le Séminaire S. Magloire.
m. 0.
4 3 3
5.
16 7 I
823
23 6 3
12 1 4
653
362 41
20 I 4
Les Céleftins .
Les léfuites du Noviciat .
Les Chanoines de S. Victor.
de Laillevault , ancien Brigadier des
Gardes du Corps .
147 2 7
3525
165 7 5
Camufat , Auditeur des Comptes.
Befnier , Greffier de la Cour des Aydes ,
& M. Darcilly , Régiffeur des nouveaux
droits.
71 4 4
6376
192 7 S
3671 4 4
Du 23 Décembre.
Mad. l'Abbeffe de Pont- aux - Dames .
Mad . la veuve Facq.
Mignoneau.
de Derchigny , ancien Intendant de
la Marine.
544
4 6 7
5825 2
2
119 5 3
4683 21
2
Faute effentielle à corriger au total qui eft au bas
de la premiere Page de cet Etat.
Au lieu de 31335 0 4 , lifez 19894 2 S.
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Résumé : ÉTAT De la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
En novembre 1759, le roi et la famille royale ont décidé d'envoyer leur vaisselle d'argent à la Monnaie de Paris pour répondre aux besoins financiers de l'État. Cette initiative a été suivie par les princes du sang, les seigneurs de la cour et les citoyens riches, qui ont également envoyé leur vaisselle d'argent. La liste des contributions inclut des membres éminents de la noblesse et de la haute société, tels que le duc d'Orléans, le prince de Clermont, le comte de Charolais, et la princesse de Conti, entre autres. Les contributions ont été faites à différentes dates entre le 2 octobre et le 8 novembre 1759. Parmi les contributeurs notables, on trouve des contrôleurs généraux, des receveurs généraux des finances, des banquiers, des intendants, des fermiers généraux, et des membres de la famille royale. Les montants des contributions varient considérablement, allant de quelques livres à plusieurs milliers de livres. Le document est un registre de personnes et de montants financiers, daté de janvier 1760, provenant du Mercure de France. Il liste divers individus, souvent accompagnés de leurs titres et fonctions, tels que curés, colonels, fermiers généraux, avocats, et membres de la noblesse. Les montants financiers associés à chaque nom varient et sont exprimés en livres, sous et deniers. Parmi les personnes notables mentionnées figurent le Duc de Rohan, le Prince de Rohan, le Marquis de Jumilhac, et plusieurs autres membres de la haute société française. Le texte inclut également des mentions de dates spécifiques pour les envois et des instructions pour réunir ou réunir à nouveau certains montants. Les professions et les rôles des individus vont des religieux aux militaires, en passant par les fonctionnaires et les nobles. Le document est une liste de personnes convoquées ou réunies à diverses dates entre octobre et novembre 1760, ainsi que des montants financiers associés à certaines entrées. Les personnes mentionnées incluent des nobles, des fonctionnaires royaux, des secrétaires, des échevins, des fermiers généraux, des avocats, des médecins, des notaires, et d'autres professionnels. Parmi les figures notables, on trouve des membres de la famille royale, des maréchaux, des présidents de cours, des intendants, et des ecclésiastiques. Les convocations concernent des affaires du Roi, des réunions de cour, et des transactions financières. Les montants financiers varient et sont souvent associés à des noms spécifiques, indiquant des paiements ou des transactions. Le document est un extrait du Mercure de France, daté de janvier 1760, listant diverses personnes et leurs titres ou fonctions. Les entrées couvrent la période du 20 novembre au 6 décembre 1759 et début janvier 1760. Les personnes mentionnées incluent des nobles, des fonctionnaires, des militaires, des ecclésiastiques, et des bourgeois. Parmi les titres et fonctions notables, on trouve des marquis, des ducs, des comtes, des lieutenants généraux, des fermiers généraux, des avocats, des notaires, des traitants, et des marchands. Le document mentionne également des envois et des réunions à des dates spécifiques, ainsi que des sommes d'argent en livres, sous, et deniers. Les personnes sont souvent désignées avec leurs titres complets et leurs rôles dans la société ou l'administration française de l'époque. Le document est un extrait du Mercure de France, daté de décembre 1760 et janvier 1761. Il liste diverses personnes, principalement des nobles, des fonctionnaires, des ecclésiastiques et des bourgeois de Paris, ainsi que des montants en monnaie. Les entrées couvrent plusieurs jours de décembre 1760 et les premiers jours de janvier 1761. Les personnes mentionnées incluent des marquis, des comtes, des ducs, des abbés, des notaires, des secrétaires du roi, des trésoriers, des receveurs généraux des finances, et d'autres titres nobles et administratifs. Les montants associés à chaque personne varient et sont souvent suivis de mentions telles que 'm. o. g.' ou 'en or'. Certaines entrées indiquent des réunions ou des envois à des dates spécifiques. Le document est un extrait du Mercure de France daté de janvier 1760, listant diverses personnes et leurs titres ou fonctions, ainsi que des montants financiers associés.
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3889
p. 209-215
SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
Début :
Du 24 Décembre 1759. Messieurs m. o. g. Courget, Bourgeois de Paris. [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaie, Bourgeois, Conseiller, Marquis, Marchand, Comte, Secrétaire du roi, Liste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
SUITE de la Lifte de la Vaiffelle portée
à la Monnoie de Paris .
Meffieurs
Du 24 Décembre 1759.
Courget , Bourgeois de Paris.
Mad. Le Blanc, Veuve du Contrôl.
des Rentes .
Brillon , Notaire.
Made Marbourg.
Plus , en or , 4 m. 4 on. ƒ gr. 4.
Le Général des Mathurias.
Pouffot , Infpecteur de Police .
Jourdain de Blicourt , intéreſſé dans
les affaires du Roi.
le Marquis de la Palun , Gouverneur
d'Orange.
De Nefines , fils , Munitionn. gén.
Telles de Saint-Andolle .
De la Salle , Secrétaire du Roi.
Voutier , Secrétaire du Roi .
De la Chenay , Fermier du Roi,
Telles de Lacofte, Grand Maître des
Eaux & Forêts,
Plus , en or , gr. & demi.
Les Peres de Nazareth.
Telle , Traiteur.
Le Marquis de Gouy , Maréchal des
Camps.
Made Gallot , Marchande.
Morinais , ( Quatrième envoi. )
de Pontcarré , ancien Prem . Préfid .
du Parlement de Rouen ,"
Made d'Emery.
m. o.g
9 7 f
II 23
125 1
30 17
10 0 0
5555
276 17
18326
5424
534
6.03
130 4 6
93 10
606
44 7 2
4657
84 1
394 3
4 2
98.1
II ƒ 6
110 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 24 Décembre.
Duport , Maître des Comptes.
de Fontenay.
Geury , Officier de la Reine .
Criftel , Receveur , Port S. Paul.
de la Touche, Intendant des Menus.
Brillon , Notaire.
Darey.
Tourton , Procureur au Châtelet.
de la Brouillaie .
Chalumeau , Proc. au Parlement.
Les Filles de l'Ave- Maria,
Made la Veuve Briffet.
le Marquis de Merry .
les Cordeliers du Grand- Couvent.
Made de Lafontaine , demeurant
au Château de Vincennes .
l'Héritier , Notaire , & Granier
ancien Marchand .
Jacob , Contrôleur de la Maifon
du Roi.
Mérault , Préfident du Bureau des
Finances & Chambre du Domaine
de la Généralité de Paris .
Plus , en or , 7 onc. gr. 12 g.
le Curé de Saint Euſtache.
Tingris , Profeffeur. de Philofophie.
Mile Rouffe , Bourgeoise de Paris .
l'Abbé de la Coffade.
m.o. g.
181 7 £
57 11
2845
456
I
177 7 6
I 2 4
79352
3342
5120
17 7 3
35
60 7
132 I
66 5 x
2472
105 12
35 1 21
10 I 41
49 4 2
915
712 S
12976
Made la Baronne de Befeuval &
M. fon fils . 18302
de Croville , ancien Exempt des
Gardes du Corps.
les Prémontrés , Chef- d'Ordre.
Made Guefnot , Veuve.
2366
222
57
9331
JANVIER. 1760 . 211
Meffieurs
Suite du 24 Décembre.
Gueriot du Vivier , Receveur des
Tailles à Moulins .
Donjon , Commis à la Recette des
Finances à Moulins.
Magnier , Notaire.
Duvieux , Secret . de M. Chauvelin ,
Intendant des Finances .
Plus , pour Mile Durieux fa foeur ,
a remis en or I onc. 4 gr. 24 g.
Made Girard de Buffon.
Mlle Rainteau de Lamarre.
m. O
g.
5651
60 O I
is 4 s
44 0 I
45 0 2
13465
3460 3 11
Du 26 Décembre.
Made Huaut , Marchande.
l'Abbé Graffin .
Made de Pormore.
Made de Montaigu , De de Pinceloup .
de Ségent , prem. Commis du Bureau
de la Guerre.
14 2 2
7001
692
29 161
Boiftel , Traiteur.
176 271
6029
356301
Du 27 Décembre.
Mlle Tinelle , 1 flacon d'or , 2 on. 27 g.
Chenu , Commiffaire au Châtelet.
Ruffet , Chirurgien.
l'Abbelle de Maubuſſon .
Made Pagnion .
Made de Vaudré , Abbeffe de l'Eau ,
Ordre de Citeaux.
49 7 61
31 7 7
6620
71 S 4
24 29
de Verneuil , Meftre de camp de Cav .
Randon de Malboiffiere .
57 2 2
173 06
474 4 7
212 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 28 Décembre.
Conftantin , ancien Commis de la
Marine.
le Maréchal de Clermont-Tonnerre.
Barthélemi le Coulteux.
Caruel, Marchand.
Mile Fournier ; à la Communauté
de Saint Chaumont,
les Carmes de la Place Maubert.
Aubin , Confeiller au Parlement.
Plus , en or , 3 one. 4 gr. 18 d.
de Saint Laurent , ancien premier
Commis de la Guerre.
Graffin de Mailly , Ingén. du Roi.
Made l'Abbeffe de Maubuffon.
Made l'Abbelle de Pont- aux-Dames.
La Fabrique de S. Pierre aux Boeufs.
le Président de Paris.
de Hemant , Maître des Comptes.
Made de Crillon , Abbeffe de Villier ,
Ordre de Citeaux.
Gagnat de Longuy , Maître des
Requêtes.
Gaunat de Lamotte , Secrét . du Roi,
L'Eglife de Charonne- les- Paris.
le Marquis de Poyanne ,
Petiton , Bourgeois de Paris .
Malartic , Ecayer,
Du 29 Décembre.
m. o.
2145
78 10
149 01
17 3 4
14 3.7
4936
145 of
177 5 3
102 7 S
995 S
5460
764
5.92 1
13674
79 I I
28544
SI 4 4
3.1 3. 6
428 13
700
12 7
1910 I 2
Deschamps , Tréf. gén . des Monnoies. 34 065
Made de Gouy.
Mlle de Poulprie de Tribodinie .
2
12 3 I
2
17 I IL
JANVIER. 1760 . 213
Suite du 29 Décembre.
Meffieurs
Baubec , Secrétaire du Roi.
le Marquis de Senety , Capitaine aux
Gardes.
Neigre , ancien Lieuten . Criminel.
de Marville , Confeiller d'Etat.
Prevolt , Avocat. 2 onc, 21 gr.
Bruau , Correcteur des Comptes.
Made Saunier.
Claeffen , Direct. de la Compagnie
des Indes.
Les Carmélites , rue Chapon.
m. o. g.
48 13
100 5 6
191 34
84 7 4
2844
129 12
74-4 O
2
113 I 21
2
2932
12 4 I
de Bougainville , de l'Acad . Françoife. 53 5 7 ļ
Maigrot , Secrét. de M. de Valliere.
Guillaume , Contrôleur de la Maiſon
de M. le Comte d'Eu.
Germain , Greffier des Req. du Palais.
Couette d'Eaubonne.
le Marquis d'Asfeld , Maréchal de
Camp.
le Marquis des Seftaux.
Made Hayez.
L'Eglife des Invalides.
La Cathédrale de Chartres.
de Louvel .
Les Petits Auguftins .
Made Dauderau .
Les Théatins.
Les Auguftins , Petits Peres .
Les Carmelites , Fauxb . S. Germain.
Les Cordelieres du Fauxb . S. Marcel.
le Duc de la Rochefoucault.
Les Jacobins de la rue S. Jacques.
Made Prieur , Bourgeoile de Paris.
7847
2277
44 571
66
73
IOI 4 6
4752-7
92 I 6
192 1 5
2006
55 66
677
44 2 0
5003
61-34
II 0 6
581 6 1
68 5 4
44 0 I
1
214 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 29 Décembre.
Boyer , Medecin du Roi.
Made Duclos , Bourgeoile de Paris.
Delaunay , Marchand de Vin .
Made & M. le Marquis d'Antery.
Made de Crillon , Abbeffe de Villiers.
Bercher , Receveur des Domaines
du Roi.
Magny , Maître Peintre.
l'Evêque de Séez.
Dubois de Beauvail.
Les Minimes de la Place Royale.
Vincent , Prem. Commis de M. Chauvelin.
Moraine de Lamotte , Ecuyer , demeurant
à Laval .
Made la Ducheffe de Briffac.
Les Prémontrés de l'Abbaye d'Hérmieres.
m. o. g.
177.0 G
18 I S
25 1 I
221 7
25 I 5
21-6
36 4 4
103 6 0
3202
2 I
27 371
48 4 3
57 S
14 2 I
385502
Du 31 Décembre.
Rolland , Confeiller de Grand'- Ch.
le Marquis de Boiſé de Courſenay .
Dufranc Caftel , Huiffier- Prifeur.
le Duc de la Trémoille.
Davignon , Secrétaire du Roi.
de la Salle , Secrétaire du Roi.
Lenoir l'aîné , Notaire.
Les Bénédictins de la Ville- l'Evêque .
de Moutier , Lieutenant génér, à Pon- *
toife.
Les Religieufes de Bellechaffe.
Les Religieufes du Cherchemidi .
20
907
2
39061
132 3 0
118 0 0
375
I I
70 7 4
129 7 0
88 7 5
6
43 5
2
JANVIER. 17601 215
Meffieurs
Suite du 31 Décembre,
Les Bénédictins de S. Luc d'Efferans ,
près Chantilly.
Made de Chamourfet.
Made l'Abbeffe de Montmartre.
Made Geliffe.
Graffin , Directeur général des Monnoies
, Honoraire.
Frecot de Lanty, Confeiller au Grand
Confeil.
Les Célestins de Morcoucy .
Beat , Receveur au Change de la
Monnoie.
}
Bellanger , Avocat général de la Cour
des Aydes.
le Comte de la Riviere , Vicomte de
Tonnerre .
Made la Veuve de Chancourt .
m.
9.g.
45 7 3
1503 2
I
12 69
61761
403 4 I
636 27
100 4
1857
216 2 2
98 30
169 4 2
245663
à la Monnoie de Paris .
Meffieurs
Du 24 Décembre 1759.
Courget , Bourgeois de Paris.
Mad. Le Blanc, Veuve du Contrôl.
des Rentes .
Brillon , Notaire.
Made Marbourg.
Plus , en or , 4 m. 4 on. ƒ gr. 4.
Le Général des Mathurias.
Pouffot , Infpecteur de Police .
Jourdain de Blicourt , intéreſſé dans
les affaires du Roi.
le Marquis de la Palun , Gouverneur
d'Orange.
De Nefines , fils , Munitionn. gén.
Telles de Saint-Andolle .
De la Salle , Secrétaire du Roi.
Voutier , Secrétaire du Roi .
De la Chenay , Fermier du Roi,
Telles de Lacofte, Grand Maître des
Eaux & Forêts,
Plus , en or , gr. & demi.
Les Peres de Nazareth.
Telle , Traiteur.
Le Marquis de Gouy , Maréchal des
Camps.
Made Gallot , Marchande.
Morinais , ( Quatrième envoi. )
de Pontcarré , ancien Prem . Préfid .
du Parlement de Rouen ,"
Made d'Emery.
m. o.g
9 7 f
II 23
125 1
30 17
10 0 0
5555
276 17
18326
5424
534
6.03
130 4 6
93 10
606
44 7 2
4657
84 1
394 3
4 2
98.1
II ƒ 6
110 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 24 Décembre.
Duport , Maître des Comptes.
de Fontenay.
Geury , Officier de la Reine .
Criftel , Receveur , Port S. Paul.
de la Touche, Intendant des Menus.
Brillon , Notaire.
Darey.
Tourton , Procureur au Châtelet.
de la Brouillaie .
Chalumeau , Proc. au Parlement.
Les Filles de l'Ave- Maria,
Made la Veuve Briffet.
le Marquis de Merry .
les Cordeliers du Grand- Couvent.
Made de Lafontaine , demeurant
au Château de Vincennes .
l'Héritier , Notaire , & Granier
ancien Marchand .
Jacob , Contrôleur de la Maifon
du Roi.
Mérault , Préfident du Bureau des
Finances & Chambre du Domaine
de la Généralité de Paris .
Plus , en or , 7 onc. gr. 12 g.
le Curé de Saint Euſtache.
Tingris , Profeffeur. de Philofophie.
Mile Rouffe , Bourgeoise de Paris .
l'Abbé de la Coffade.
m.o. g.
181 7 £
57 11
2845
456
I
177 7 6
I 2 4
79352
3342
5120
17 7 3
35
60 7
132 I
66 5 x
2472
105 12
35 1 21
10 I 41
49 4 2
915
712 S
12976
Made la Baronne de Befeuval &
M. fon fils . 18302
de Croville , ancien Exempt des
Gardes du Corps.
les Prémontrés , Chef- d'Ordre.
Made Guefnot , Veuve.
2366
222
57
9331
JANVIER. 1760 . 211
Meffieurs
Suite du 24 Décembre.
Gueriot du Vivier , Receveur des
Tailles à Moulins .
Donjon , Commis à la Recette des
Finances à Moulins.
Magnier , Notaire.
Duvieux , Secret . de M. Chauvelin ,
Intendant des Finances .
Plus , pour Mile Durieux fa foeur ,
a remis en or I onc. 4 gr. 24 g.
Made Girard de Buffon.
Mlle Rainteau de Lamarre.
m. O
g.
5651
60 O I
is 4 s
44 0 I
45 0 2
13465
3460 3 11
Du 26 Décembre.
Made Huaut , Marchande.
l'Abbé Graffin .
Made de Pormore.
Made de Montaigu , De de Pinceloup .
de Ségent , prem. Commis du Bureau
de la Guerre.
14 2 2
7001
692
29 161
Boiftel , Traiteur.
176 271
6029
356301
Du 27 Décembre.
Mlle Tinelle , 1 flacon d'or , 2 on. 27 g.
Chenu , Commiffaire au Châtelet.
Ruffet , Chirurgien.
l'Abbelle de Maubuſſon .
Made Pagnion .
Made de Vaudré , Abbeffe de l'Eau ,
Ordre de Citeaux.
49 7 61
31 7 7
6620
71 S 4
24 29
de Verneuil , Meftre de camp de Cav .
Randon de Malboiffiere .
57 2 2
173 06
474 4 7
212 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 28 Décembre.
Conftantin , ancien Commis de la
Marine.
le Maréchal de Clermont-Tonnerre.
Barthélemi le Coulteux.
Caruel, Marchand.
Mile Fournier ; à la Communauté
de Saint Chaumont,
les Carmes de la Place Maubert.
Aubin , Confeiller au Parlement.
Plus , en or , 3 one. 4 gr. 18 d.
de Saint Laurent , ancien premier
Commis de la Guerre.
Graffin de Mailly , Ingén. du Roi.
Made l'Abbeffe de Maubuffon.
Made l'Abbelle de Pont- aux-Dames.
La Fabrique de S. Pierre aux Boeufs.
le Président de Paris.
de Hemant , Maître des Comptes.
Made de Crillon , Abbeffe de Villier ,
Ordre de Citeaux.
Gagnat de Longuy , Maître des
Requêtes.
Gaunat de Lamotte , Secrét . du Roi,
L'Eglife de Charonne- les- Paris.
le Marquis de Poyanne ,
Petiton , Bourgeois de Paris .
Malartic , Ecayer,
Du 29 Décembre.
m. o.
2145
78 10
149 01
17 3 4
14 3.7
4936
145 of
177 5 3
102 7 S
995 S
5460
764
5.92 1
13674
79 I I
28544
SI 4 4
3.1 3. 6
428 13
700
12 7
1910 I 2
Deschamps , Tréf. gén . des Monnoies. 34 065
Made de Gouy.
Mlle de Poulprie de Tribodinie .
2
12 3 I
2
17 I IL
JANVIER. 1760 . 213
Suite du 29 Décembre.
Meffieurs
Baubec , Secrétaire du Roi.
le Marquis de Senety , Capitaine aux
Gardes.
Neigre , ancien Lieuten . Criminel.
de Marville , Confeiller d'Etat.
Prevolt , Avocat. 2 onc, 21 gr.
Bruau , Correcteur des Comptes.
Made Saunier.
Claeffen , Direct. de la Compagnie
des Indes.
Les Carmélites , rue Chapon.
m. o. g.
48 13
100 5 6
191 34
84 7 4
2844
129 12
74-4 O
2
113 I 21
2
2932
12 4 I
de Bougainville , de l'Acad . Françoife. 53 5 7 ļ
Maigrot , Secrét. de M. de Valliere.
Guillaume , Contrôleur de la Maiſon
de M. le Comte d'Eu.
Germain , Greffier des Req. du Palais.
Couette d'Eaubonne.
le Marquis d'Asfeld , Maréchal de
Camp.
le Marquis des Seftaux.
Made Hayez.
L'Eglife des Invalides.
La Cathédrale de Chartres.
de Louvel .
Les Petits Auguftins .
Made Dauderau .
Les Théatins.
Les Auguftins , Petits Peres .
Les Carmelites , Fauxb . S. Germain.
Les Cordelieres du Fauxb . S. Marcel.
le Duc de la Rochefoucault.
Les Jacobins de la rue S. Jacques.
Made Prieur , Bourgeoile de Paris.
7847
2277
44 571
66
73
IOI 4 6
4752-7
92 I 6
192 1 5
2006
55 66
677
44 2 0
5003
61-34
II 0 6
581 6 1
68 5 4
44 0 I
1
214 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite du 29 Décembre.
Boyer , Medecin du Roi.
Made Duclos , Bourgeoile de Paris.
Delaunay , Marchand de Vin .
Made & M. le Marquis d'Antery.
Made de Crillon , Abbeffe de Villiers.
Bercher , Receveur des Domaines
du Roi.
Magny , Maître Peintre.
l'Evêque de Séez.
Dubois de Beauvail.
Les Minimes de la Place Royale.
Vincent , Prem. Commis de M. Chauvelin.
Moraine de Lamotte , Ecuyer , demeurant
à Laval .
Made la Ducheffe de Briffac.
Les Prémontrés de l'Abbaye d'Hérmieres.
m. o. g.
177.0 G
18 I S
25 1 I
221 7
25 I 5
21-6
36 4 4
103 6 0
3202
2 I
27 371
48 4 3
57 S
14 2 I
385502
Du 31 Décembre.
Rolland , Confeiller de Grand'- Ch.
le Marquis de Boiſé de Courſenay .
Dufranc Caftel , Huiffier- Prifeur.
le Duc de la Trémoille.
Davignon , Secrétaire du Roi.
de la Salle , Secrétaire du Roi.
Lenoir l'aîné , Notaire.
Les Bénédictins de la Ville- l'Evêque .
de Moutier , Lieutenant génér, à Pon- *
toife.
Les Religieufes de Bellechaffe.
Les Religieufes du Cherchemidi .
20
907
2
39061
132 3 0
118 0 0
375
I I
70 7 4
129 7 0
88 7 5
6
43 5
2
JANVIER. 17601 215
Meffieurs
Suite du 31 Décembre,
Les Bénédictins de S. Luc d'Efferans ,
près Chantilly.
Made de Chamourfet.
Made l'Abbeffe de Montmartre.
Made Geliffe.
Graffin , Directeur général des Monnoies
, Honoraire.
Frecot de Lanty, Confeiller au Grand
Confeil.
Les Célestins de Morcoucy .
Beat , Receveur au Change de la
Monnoie.
}
Bellanger , Avocat général de la Cour
des Aydes.
le Comte de la Riviere , Vicomte de
Tonnerre .
Made la Veuve de Chancourt .
m.
9.g.
45 7 3
1503 2
I
12 69
61761
403 4 I
636 27
100 4
1857
216 2 2
98 30
169 4 2
245663
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Résumé : SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
Le document présente une liste de personnes ayant effectué des dépôts à la Monnaie de Paris entre le 24 décembre 1759 et le 31 décembre 1759. Les entrées incluent des individus de diverses professions et statuts sociaux, tels que bourgeois, veuves, notaires, maréchaux, gouverneurs, secrétaires du roi, fermiers du roi, et membres de différentes congrégations religieuses. Chaque dépôt est accompagné de montants en livres, sous, et deniers, indiquant les sommes déposées. Les dépôts sont détaillés jour par jour, avec des mentions spécifiques pour certains individus ou groupes, comme les Pères de Nazareth, les Filles de l'Ave-Maria, ou les Carmélites. Les montants varient considérablement, allant de quelques livres à plusieurs milliers de livres. Le texte se conclut par une liste de dépôts effectués le 31 décembre 1759, incluant des religieux, des avocats, et des nobles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3890
p. 155
« CRITIQUE d'un Livre, contre les Spectacles, intitulé J. J. Rousseau, Citoyen de [...] »
Début :
CRITIQUE d'un Livre, contre les Spectacles, intitulé J. J. Rousseau, Citoyen de [...]
Mots clefs :
Critique, Spectacles, Jean-Jacques Rousseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « CRITIQUE d'un Livre, contre les Spectacles, intitulé J. J. Rousseau, Citoyen de [...] »
CRITIQUE d'un Livre , contre les Spectacles
, intitulé J. J. Rouffeau, Citoyen de
Genêve , à M. Dalembert., Amfterdam ; &
fe trouve à Paris chez Lambert , rue & à
côté de la Comédie ; & chez Duchefne
rue S. Jacques. In - 8. 1760 .
, intitulé J. J. Rouffeau, Citoyen de
Genêve , à M. Dalembert., Amfterdam ; &
fe trouve à Paris chez Lambert , rue & à
côté de la Comédie ; & chez Duchefne
rue S. Jacques. In - 8. 1760 .
Fermer
3891
p. 217-224
SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
Début :
Du 2 Janvier 1760. Messieurs m.o.g. Les Dames de la Croix, rue S. Honoré 6 2 6 [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaie, Liste, Comtesse, Comte, Abbaye, Madame, Lieutenant, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
SUITE de la Lifte de la Vaiffelle portée
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 2 Janvier 1760 .
Les Dames de la Croix , rue S. Honoré.
De Vaujoye , Receveur du Domaine
de Verſailles .
Le Marquis de Laigues .
Thiroux , Maître des Requêtes.
Chenu , Marchand Epicier.
Ribert , Bourgeois de Paris.
Daudafne , Avocat.
De Saint Jullien , Receveur général
du Clergé. ( Second Envoi. )
De Perfan , Maître des Requêtes,
Du 4 Janvier.
De Saint Jullien , Receveur général
du Clergé. ( Troisième Article . )
MM .Joly de Fleury , frères ; Avocat
gén. & Procureur général.
Les Prêtres de la Doctrine Chrét. de
la Maiſon de Saint Jullien .
Loir , Marchand Orfévre.
Les Peres Jéfuites de la Maiſon
Trofeffe.
Lés Dames du Bon Pasteur , du
Fauxbourg S. Germain .
Mlle Aubron , en or , 3 on. I g. 24 g.
m.o.g.
6 2
20 5 3
35 2 }
8174
30 4 3
26112
S I
57 6
21476
414 6 2
2
208
17 I 6
2 4
291 3
I
S
7525-5-6
K
218 MERCURE DE FRANCE
Suite du 4 Janvier.
Madame Cottin , épouse du Direct .
de la Compagnie des Indes ,
en or , 4 onc . 4 gr. 6 g.
La Veuve Datte.
1.0.g.
6 6
53236
Du s Janvier.
Roberdeau , Bourgeois.
Madame la Préſidence Chauvelin .
Meffieurs
Le Marquis de Voyer d'Argenſon .
De Bonnaire , Confeiller au Grand
Confeil .
Madame la Marquiſe de Roye.
Des 6 & 7 Janvier.
Rouillé de Roiffy , Conſeiller honor .
au Parlement .
La Fabrique de Garges , Comté
d'Arnouville .
Du 8 Janvier.
Les Bénédictins de Provins.
Lefévre , Agent de Change.
La Maison de Sorbonne .
m. o. g..
49 3
42 7 S
303 3
39563
172 4 6
2016 3
331 62
97 I
716 I 4
35 7.0-
***
Is 5 2
114 7 I
IO I O
176 4 3
Dů 9 Janvier.
Meld, de l'Abbaye S , Antoine. IOS 3 4
Les Bénédictins de Saint Pere , de
Chartres.
2952
FEVRIER. 1760. 219
Meffieurs
Suite du 9 Janvier.
Thierry , Directeur du Tabac.
Les Bénédictins Anglois
La Paroille de Moret , près Fonrainebleau.
Blondel de Gagny , Tréforier gén .
de la Caiffe des Amortiifemens.
L'Abbé de la Porte.
Les Prémontrés de l'Abbaye de
m . o. g.
I I • G
49 S 2
37 3 4
1ƒ6 1 6
3660
Bellozane , en Bray. 4256
4687 2
Du 10 Janvier.
Vielle , Bourgeois de Paris. 16 6 3
Gervaife , Noraire . 36 3 I
Les Dames Religieufes de S. Dominique
, de Montargis.
Bofcheron , Marchand de Dentelles,
16 54
374 2
107 2 7
Du Janvier.
Liége , Apothicaire du Roi. 64 I 4 %
Fremin , Maître des Comptes.
126 I S
190 3 L
Du 12 Janvier.
Bergeret , Receveur général.
160 6 0
Coudot , Bourgeois de S. Germain.
Vaudive , Greffier au Grand Confeil.
Du 13 Janvier.
Gaudin , Secrétaire du Roi.
822
19 0 1
138
206 0 3
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Janvier.
De Lorme , Bourgeois de Paris.
Mlle Dubois .
Allut, Secrétaire du Roi.
Les Religieufes Annonciades.
Madame Boulle , Veuve du Payeur
des rentes.
.m. o.
40 5 6
80 4 7
129 6 5
154 4 2
ISI S
420 7 I
Du 15 Janvier.
De la Bardouliere , Lieutenant
aux Gardes.
Le Séminaire de S. Sulpice.
Morlac de Montour , ci -dev . Doyen
de Mrs les Maîtres des Requêtes.
Foulon , Intendant de la guerre.
De Fontette , Intendant de Caen ,
( Second Article. )
Du 16 Janvier.
Le Marquis de Chabonnois.
853
41 4 3
144 3 I
8554
Nicolas Bazin , Marchand.
Du 17 Janvier,
Rouleau , Bourgeois de Paris.
Duvivier , Recev. des Confignations
de l'Arfenal.
Madame Mailluet , Marchande,
Le Marquis de Cany.
Elmaugard d'Arioche.
Les Dames de la Vilitation ,
rue
du
Bacq.
19 2 4
2994 S i
2532
206 2
274
18 6
O
42 7 S
46 I G
441 3 7
603 S
33 6 3
1
FEVRIER. 1760 . 221
Suite du 17 Janvier.
Meffieurs
Poujand , Directeur des Fermes .
Les Dames du Prieuré de Haute
Brières , Diocèle de Chartres.
Les Religieufes de Sainte Marie de
Chartres.
(
m. og
47 4 3
68.22
225 2
782 3w.
Du 18 Janvier.
Ribes , Banquier. 77 I
Saulnier , Bourgeois de Paris.
9672
Pagnon , Ecuyer. 742 4
Mufnier de Pleine , Auditeur des
Comptes.
27 3 4
188 $ 7
Du 19 Janvier.
Chomel , ancien Evêque d'Orange . 49 07
Morin , Secrétaire du Roi.
88 54
137 6 3
Des 20 & 21 Janvier.
Le Comte , Conſeiller de l'Election de
Paris , & Subdélégué de M. l'Intendant.
Dibon , Chirurgien Major des Cent-
Suiffes.
Madame la Comteffe de Kerdrain .
Bourgeois , Chirurgien Accoucheur.
L'Abbaye de Saint Denis .
11 3 51
22 7 4
-100 6 7
8625
15226
Checieu , Avocat au Parlement.
Salior , ancien Tapiffier du Roi,
Jobert , chargé de la diftribution du
Mercure de France.
96351
104 I 2
2 4
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 22 Janvier.
Les Religieux de l'Abbaye de Preuilly ,
Ordre de Citeaux .
Le Marquis de Moutier.
Le Comte de Chateauneuf de Randan .
Madame la Préfidente d'Aligre, Douairiere
; & Madame de S. Fargeau ,
auffi Douairiere.
Des mêmes. ( Second Article . )
Blanchart de Guénégaud , Secrétaire
Interprête du Roi.
La Paroiffe de Seaux du Maine .
Madame Fourcoual , Bourgeoife de
Paris.
Erembert , Marchand de Paris .
Le Commandeur Bocheron.
m.
37 3 S
40 6 0
49 4 S
341 I 2
44
43 I I
15 57
9056
15 35
2547
,664 I I
Du 23 Janvier.
Tonnellier , Marchand . ΙΟ
Les Chanoines Réguliers de S. Jeanles-
Sens.
Les Céleftins de Sens.
119 6 4
36 6
Les Pénitens de Sens.
Le Chevalier de Racoins , Capitaine
de Dragons , Régim . Dauphin.
S 41
26222
433 7
Du 24 Janvier.
Rezard , Bourgeois. 27 2 6
Bonin.' S1 7 4
Madame la Marquife de Neufchelles ,
& M. le Marquis de Quigné , fon
petit- fils.
Le Cointe d'Ofmont.
100 6 7
60 6 31
FEVRIER. 1760 . 223
1
Meffieurs
Suite du 24 Janvier.
Teiraffe de Loffedat , Fermier du Roi.
Les Bénédictins , de l'Abbaye de
Thiron.
Lorillier , Intéreffé dans les affaires
m. o.g
24 65
79 74
du Roi.
3105.
376 62
De Saint-Mars , Avocat.
Le Comte de Fennelon.
Du 25 Janvier.
Macquer , Chef de Fruiterie du Roi.
De Corberon , ancien Préfident du
Confeil fouverain d'Alface.
114 1 7
8350
32-751
33 161
264 3
Du 26 Janvier.
Le Comte de Billy.
19271
d'Etampes.
$7 4 *
La Congrégation de Notre-Dame
L'Abbaye de Morigny, près Etampes.
La Paroiffe Notre- Dame d'Etampes.
Du 28 Janvier.
Les Filles Hofpitalières du Fauxb.
S. Marcel , rue de l'Arbalêtre.
Madame l'Abbeffe de Gomer- Fontaine
, en Vexin- François .
Madame de Laborde , Bourgeoife
de Paris.
Jourdain , Bourgeois.
Jourdain , Bourgeois , & Conforts.
Les Dames de l'Abbaye aux Bois.
19. 4 4
30 40
126 7 S
1367
୨
583 2
6862
70 7 4
27 3 I
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 28 Janvier.
Meffieurs
m.o.g.
Les Bernardins de l'Abbaye de Chailly. 39 1 6
Les Bernardins de l'Abbaye de Barbour .
Du 29 Janvier.
Les Bénédictins de Provins.
L'Abbaye de S. Jacques , de Provins.
Le Chapitre de Notre- Dame de Prov.
Foreft , Bourgeois.
83 2 7
370 7 7
32 02
101 2 4
35 24
30 4 2
67
199 I 4
Du 30 Janvier.
Madame la Comtelle d'Egmont ,
Douairiere... 219 3 I
Dumoufleaux , Payeur des rentes. 114 2 3
D'Agueffeau, l'aîné , Confeiller d'Etat
ordin . & au Confeil du Commerce . 238 10 !
Mégref de la Boullay , Officier des
Chaffes.
Lalouette , Marchand de Gallons.
Franget , Orfévre.
Le Comte d'Egmont
.
"
972
753
5404
179 6 I
823 17
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 2 Janvier 1760 .
Les Dames de la Croix , rue S. Honoré.
De Vaujoye , Receveur du Domaine
de Verſailles .
Le Marquis de Laigues .
Thiroux , Maître des Requêtes.
Chenu , Marchand Epicier.
Ribert , Bourgeois de Paris.
Daudafne , Avocat.
De Saint Jullien , Receveur général
du Clergé. ( Second Envoi. )
De Perfan , Maître des Requêtes,
Du 4 Janvier.
De Saint Jullien , Receveur général
du Clergé. ( Troisième Article . )
MM .Joly de Fleury , frères ; Avocat
gén. & Procureur général.
Les Prêtres de la Doctrine Chrét. de
la Maiſon de Saint Jullien .
Loir , Marchand Orfévre.
Les Peres Jéfuites de la Maiſon
Trofeffe.
Lés Dames du Bon Pasteur , du
Fauxbourg S. Germain .
Mlle Aubron , en or , 3 on. I g. 24 g.
m.o.g.
6 2
20 5 3
35 2 }
8174
30 4 3
26112
S I
57 6
21476
414 6 2
2
208
17 I 6
2 4
291 3
I
S
7525-5-6
K
218 MERCURE DE FRANCE
Suite du 4 Janvier.
Madame Cottin , épouse du Direct .
de la Compagnie des Indes ,
en or , 4 onc . 4 gr. 6 g.
La Veuve Datte.
1.0.g.
6 6
53236
Du s Janvier.
Roberdeau , Bourgeois.
Madame la Préſidence Chauvelin .
Meffieurs
Le Marquis de Voyer d'Argenſon .
De Bonnaire , Confeiller au Grand
Confeil .
Madame la Marquiſe de Roye.
Des 6 & 7 Janvier.
Rouillé de Roiffy , Conſeiller honor .
au Parlement .
La Fabrique de Garges , Comté
d'Arnouville .
Du 8 Janvier.
Les Bénédictins de Provins.
Lefévre , Agent de Change.
La Maison de Sorbonne .
m. o. g..
49 3
42 7 S
303 3
39563
172 4 6
2016 3
331 62
97 I
716 I 4
35 7.0-
***
Is 5 2
114 7 I
IO I O
176 4 3
Dů 9 Janvier.
Meld, de l'Abbaye S , Antoine. IOS 3 4
Les Bénédictins de Saint Pere , de
Chartres.
2952
FEVRIER. 1760. 219
Meffieurs
Suite du 9 Janvier.
Thierry , Directeur du Tabac.
Les Bénédictins Anglois
La Paroille de Moret , près Fonrainebleau.
Blondel de Gagny , Tréforier gén .
de la Caiffe des Amortiifemens.
L'Abbé de la Porte.
Les Prémontrés de l'Abbaye de
m . o. g.
I I • G
49 S 2
37 3 4
1ƒ6 1 6
3660
Bellozane , en Bray. 4256
4687 2
Du 10 Janvier.
Vielle , Bourgeois de Paris. 16 6 3
Gervaife , Noraire . 36 3 I
Les Dames Religieufes de S. Dominique
, de Montargis.
Bofcheron , Marchand de Dentelles,
16 54
374 2
107 2 7
Du Janvier.
Liége , Apothicaire du Roi. 64 I 4 %
Fremin , Maître des Comptes.
126 I S
190 3 L
Du 12 Janvier.
Bergeret , Receveur général.
160 6 0
Coudot , Bourgeois de S. Germain.
Vaudive , Greffier au Grand Confeil.
Du 13 Janvier.
Gaudin , Secrétaire du Roi.
822
19 0 1
138
206 0 3
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Janvier.
De Lorme , Bourgeois de Paris.
Mlle Dubois .
Allut, Secrétaire du Roi.
Les Religieufes Annonciades.
Madame Boulle , Veuve du Payeur
des rentes.
.m. o.
40 5 6
80 4 7
129 6 5
154 4 2
ISI S
420 7 I
Du 15 Janvier.
De la Bardouliere , Lieutenant
aux Gardes.
Le Séminaire de S. Sulpice.
Morlac de Montour , ci -dev . Doyen
de Mrs les Maîtres des Requêtes.
Foulon , Intendant de la guerre.
De Fontette , Intendant de Caen ,
( Second Article. )
Du 16 Janvier.
Le Marquis de Chabonnois.
853
41 4 3
144 3 I
8554
Nicolas Bazin , Marchand.
Du 17 Janvier,
Rouleau , Bourgeois de Paris.
Duvivier , Recev. des Confignations
de l'Arfenal.
Madame Mailluet , Marchande,
Le Marquis de Cany.
Elmaugard d'Arioche.
Les Dames de la Vilitation ,
rue
du
Bacq.
19 2 4
2994 S i
2532
206 2
274
18 6
O
42 7 S
46 I G
441 3 7
603 S
33 6 3
1
FEVRIER. 1760 . 221
Suite du 17 Janvier.
Meffieurs
Poujand , Directeur des Fermes .
Les Dames du Prieuré de Haute
Brières , Diocèle de Chartres.
Les Religieufes de Sainte Marie de
Chartres.
(
m. og
47 4 3
68.22
225 2
782 3w.
Du 18 Janvier.
Ribes , Banquier. 77 I
Saulnier , Bourgeois de Paris.
9672
Pagnon , Ecuyer. 742 4
Mufnier de Pleine , Auditeur des
Comptes.
27 3 4
188 $ 7
Du 19 Janvier.
Chomel , ancien Evêque d'Orange . 49 07
Morin , Secrétaire du Roi.
88 54
137 6 3
Des 20 & 21 Janvier.
Le Comte , Conſeiller de l'Election de
Paris , & Subdélégué de M. l'Intendant.
Dibon , Chirurgien Major des Cent-
Suiffes.
Madame la Comteffe de Kerdrain .
Bourgeois , Chirurgien Accoucheur.
L'Abbaye de Saint Denis .
11 3 51
22 7 4
-100 6 7
8625
15226
Checieu , Avocat au Parlement.
Salior , ancien Tapiffier du Roi,
Jobert , chargé de la diftribution du
Mercure de France.
96351
104 I 2
2 4
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 22 Janvier.
Les Religieux de l'Abbaye de Preuilly ,
Ordre de Citeaux .
Le Marquis de Moutier.
Le Comte de Chateauneuf de Randan .
Madame la Préfidente d'Aligre, Douairiere
; & Madame de S. Fargeau ,
auffi Douairiere.
Des mêmes. ( Second Article . )
Blanchart de Guénégaud , Secrétaire
Interprête du Roi.
La Paroiffe de Seaux du Maine .
Madame Fourcoual , Bourgeoife de
Paris.
Erembert , Marchand de Paris .
Le Commandeur Bocheron.
m.
37 3 S
40 6 0
49 4 S
341 I 2
44
43 I I
15 57
9056
15 35
2547
,664 I I
Du 23 Janvier.
Tonnellier , Marchand . ΙΟ
Les Chanoines Réguliers de S. Jeanles-
Sens.
Les Céleftins de Sens.
119 6 4
36 6
Les Pénitens de Sens.
Le Chevalier de Racoins , Capitaine
de Dragons , Régim . Dauphin.
S 41
26222
433 7
Du 24 Janvier.
Rezard , Bourgeois. 27 2 6
Bonin.' S1 7 4
Madame la Marquife de Neufchelles ,
& M. le Marquis de Quigné , fon
petit- fils.
Le Cointe d'Ofmont.
100 6 7
60 6 31
FEVRIER. 1760 . 223
1
Meffieurs
Suite du 24 Janvier.
Teiraffe de Loffedat , Fermier du Roi.
Les Bénédictins , de l'Abbaye de
Thiron.
Lorillier , Intéreffé dans les affaires
m. o.g
24 65
79 74
du Roi.
3105.
376 62
De Saint-Mars , Avocat.
Le Comte de Fennelon.
Du 25 Janvier.
Macquer , Chef de Fruiterie du Roi.
De Corberon , ancien Préfident du
Confeil fouverain d'Alface.
114 1 7
8350
32-751
33 161
264 3
Du 26 Janvier.
Le Comte de Billy.
19271
d'Etampes.
$7 4 *
La Congrégation de Notre-Dame
L'Abbaye de Morigny, près Etampes.
La Paroiffe Notre- Dame d'Etampes.
Du 28 Janvier.
Les Filles Hofpitalières du Fauxb.
S. Marcel , rue de l'Arbalêtre.
Madame l'Abbeffe de Gomer- Fontaine
, en Vexin- François .
Madame de Laborde , Bourgeoife
de Paris.
Jourdain , Bourgeois.
Jourdain , Bourgeois , & Conforts.
Les Dames de l'Abbaye aux Bois.
19. 4 4
30 40
126 7 S
1367
୨
583 2
6862
70 7 4
27 3 I
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Suite du 28 Janvier.
Meffieurs
m.o.g.
Les Bernardins de l'Abbaye de Chailly. 39 1 6
Les Bernardins de l'Abbaye de Barbour .
Du 29 Janvier.
Les Bénédictins de Provins.
L'Abbaye de S. Jacques , de Provins.
Le Chapitre de Notre- Dame de Prov.
Foreft , Bourgeois.
83 2 7
370 7 7
32 02
101 2 4
35 24
30 4 2
67
199 I 4
Du 30 Janvier.
Madame la Comtelle d'Egmont ,
Douairiere... 219 3 I
Dumoufleaux , Payeur des rentes. 114 2 3
D'Agueffeau, l'aîné , Confeiller d'Etat
ordin . & au Confeil du Commerce . 238 10 !
Mégref de la Boullay , Officier des
Chaffes.
Lalouette , Marchand de Gallons.
Franget , Orfévre.
Le Comte d'Egmont
.
"
972
753
5404
179 6 I
823 17
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Résumé : SUITE de la Liste de la Vaisselle portée à la Monnoie de Paris.
Le document présente une liste de personnes et d'institutions ayant effectué des dépôts à la Monnoie de Paris entre le 2 janvier et le 30 janvier 1760. Les contributeurs incluent des nobles, des ecclésiastiques, des marchands, des fonctionnaires et des institutions religieuses. Parmi les notables mentionnés figurent des dames de la Croix, le marquis de Laigues, Thiroux, maître des requêtes, et plusieurs receveurs généraux. Les dépôts sont détaillés avec des mentions de montants en onces, grains et livres tournois. Les institutions religieuses telles que les bénédictins, les jésuites, et les prémontrés apparaissent fréquemment. Le texte mentionne également des directeurs, des avocats, des bourgeois, et des marchands, illustrant une diversité de contributeurs. Les dépôts sont enregistrés quotidiennement, avec des mises à jour régulières des montants et des noms des contributeurs.
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3892
p. 225-249
ÉTAT De la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Début :
ROUEN. Du 11 au 17 Novembre 1759. Messieurs m. o. g. d. Feydeau de [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaies, Province, Rouen, Lyon, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Bourges, Caen, Tours, Strasbourg, Lille, Pau, Troyes, Poitiers, Besançon, Limoges, Amiens, Riom
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉTAT De la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
ÉTAT
DE la Vaiffelle portée aux Monnoies
des Villes de Province.
ROUEN.
Du 11 au 17 Novembre 1759.
Meffieurs
Feydeau de Brou , Intendant de
Rouen .
De Miromenil , Prem . Président .
De Blanville , Major du Régiment
de Bretagne.
Dailly , Secrétaire de M. l'Intendant.
Le Duc de Bouillon.
Sevrey, Directeur du Vingtième.
De Marchis , Receveur des Tailles.
L'Abbé Dandigné , Aumônier de
la Reine.
Carré , pere , ancien Commiffaire
de la Monnoie.
De la Londe , Contrôleur de la
Monnoie.
De Valliquierville , Prem. Préfid .
de la Chambre des Comptes .
Fremont , Juge - Garde de la
Monnoie.
De Baude , Rentième de M. l'Archevêque.
m.
o . g. d.
J
244 I 12
337 2 6
50 16 12
33 7
436 6 15
4 3 6
98 7
49 6
24 5
8 3 12
255 712
6
39 6 6
1587 1 $ 12
K v
226 MERCURE DE FRANCE .
LYON.
Du 10 au 24 Novembre 1759 .
Meffieurs
L'Archevêque de Lyon.
De Lamichodiere , Intendant.
Pupil , Prem . Préſident de la Cour
des Monnoies.
De Quuifon.
De Fleurieu , Préfident.
De la Verpiliere , Major.
MM. Auriol , freres , Banquiers.
Croppet de Variflan.
De Rochebaron , Commandant.
Madaine la Comtelle de Grolée.
Aniffon .
Adine.
Dellervo , Confeiller.
Desfours , Confeiller.
Les Recteurs de la Charité.
Les Recteurs de l'Hôpital.
Le Comte de Lhopital.
Gayot d'Auffere .
m . o . g.
509 6 18
341 7 18
2.6 18
60
3
189 4 6
155 4 3
1285
107 4
642
125
181 I 12
61 2 12
74 3 15
67 2
*
258 5 12
138 3 9
191 3.18
622 16
Les R. P. Jéfuites du Grand College . 428 2 15
Flachat , Prevôt des Marchands.
De la Verpiliere , Major.
Les Comtes de Lyon.
Cannac.
Quinfon , Tréforier de France.
MM . Duc , freres.
Siran .
Mogniat , Tréforier de France,
Mogniat , Confeiller.
177 7
109 4 18
916 2 6
244 7
677
- 3
S
79 4 14
31 472
19.6 6
229 2 21
- Geneve.
355 18
FEVRIER. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Lyon,
Les Cuftodes de Sainte Croix.
De Sugny , Confeiller .
De Morainval.
Les R. P. Jéfuites , du fecond
Collége,
MM . Hubert , freres.
Les R. P. Jéfuites de Saint Jofeph.
Les R. P. Minimes.
Gras , Tréforier de France .
Crupiffon , Prêtre .
Morin , Secrétaire du Roi.
Einguerlin , Suiffe.
Gayot d'Aufferre.
Fitler , Négociant Suiffe .
Scherb , Négociant Suiffe.
Madame Meuricoffre.
Meuricoffre.
La Chapelle des Marchands.
Giraud , Tréforier de l'Hôpital.
m. o. g.
54 0 18
532
49 I
39 4
16 2 12
38 1 9
90 $ 15
37 4
582 B
552 8
?
33 7 4
66 6 18
19 7 21
20 18
16 O 3
17 7 18
595
34 1 13
6605 I
LA ROCHELLE.
Du 10 Novembre au Décembre 1759.
Meffieurs
Baillon , Intendant .
Le Comte de Vence , Maréchalde-
Camp.
Bonnaventure , Lieutenant de Roi.
Bonnermort , Receveur des Fermes
du Roi.
Froger de la Rigaudiere , Capitaine
général des Gardes- Côtes.
m. o. g.
290 4 18.
52
50 2.12
48 6.18
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de la Rochelle .
De Ruis Embito , Intendant de la
Marine à Rochefort.
De Fetilly , Chevalier d'honneur
du Bureau des Finances .
L'Evêque de Luçon.
Rouffy de Lazeneuve , Doyen du
Chapitre .
Beraudin , ancien Lieutenant gén.
de l'Amirauté .
L'Evêque de la Rochelle.
Frefneau, ancien Ingénieur du Roi,
m. o. g.
37 I 6
47 I 12
95512
8 4
18 I
260 4 12
II 6 6
BORDEA U X.
Du 23 Novembre au 10 Décembre 1759-
Meffieurs
L'Evêque de Condom .
Le Marquis de Tourny, Intendant
de Guienne .
Le Comte de Langeron , Commandant
de Guienne.
De Tourny ( Second Article . )
Le Marquis de Montferrant.
Le Maréchal de Richelieu , Gouverneur.
Robert, Directeur des Aydes de
Barbefieux.
L'Evêque de Baras.
Le Berton , Premier Préfid . du
Parlement.
Le Préfident Lalanne.
m . o . g.
577 15
337 4 18
184 7
24 2 18
66
946 I 18
24 6 18
786
328 2 18
80 18
FEVRIER. 1760 . 229
Meffieurs
Suite de Bordeaux.
Le Président de Gafq.
Madame Charot Dupleffis.
L'Evêque d'Agen .
m . 0. g.
190 6 IZ
42 6 18
191 2 9
TOULOUSE.
Du 17 Novembre au 10 Décembre
Meffieurs
Lacoré , Intendant de Montauban.
Riquet , Procureur général .
Maniban , Premier Préfident.
L'Evêque de Montauban.
Loffieux , Officier des Vailleaux.
Le Maréchal de Lautrec.
L'Evêque de Lombés .
L'Abbé Coftos .
De Boiffy.
L'Archevêque d'Auch."
Laborde , Receveur des Domaines
d'Auch.
Comminiant , Tréforier de France.
Le Comte de Marfan.
Defclaux , Tréforier de France .
L'Evêque de Comminges.
De Bartal , Evêque de Caftres.
1759.
m. o. g.
987
335 7
220
253 4 12
22 4 12
833
69 I " -3
11 3 18
7 I
6526
SIS 12
212 I
2033
2951
982 18
1
230 MERCURE DE FRANCE.
MONTPELLIER.
Du 12 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
De Saint-Prieft , Intendant.
m. o.g
347 4 12
Pitot , Ingénieur , Chevalier de
Saint Michel.
L'Evêque de Nimes.
Mazade , Tréforier général de la
Province .
Journet , Avocat .
Le Baron de Sauve.
Reynaud , Gouverneur de Frontignan.
Salzes , Confeiller à la Cour
des Ayles .
Madame de Salzes.
Le Comte du Cayla , Lieuten . gén .
Boucaud , Préfident à la Cour des
Aydes.
Valat , Tréforier de l'Hôpital gén.
"
de Paris.
Morel , Chanoine de la Cathédrale.
Huart , Directeur des Fermes .
Defpioch , Tréforier de France.
Le Syndic du Collège des Jéfuites.
L'Evêque de Montpellier.
236
123
I 12
424 6
173 712
54 6
56 6
76 6
64 4
Ι
115
753
41 4
72 6
169
80 12
39 2
114
2050 4
FEVRIER. 1760 . 231
DIJON .
Du 12 Novembre au 4 Décembre 1759
Meffieurs
Le Comte de Tavannes, Commandant
en Bourgogne.
De la Marche , Premier Préfident
du Parlement .
Joly de Fleury , Intendant.
De Clugny , Confeiller au Parlem .
m. o. g.
400 7
186 0 12
292 0 5
& Intend. de l'Ifle S. Domingue. 141 2
D'Ogny , Tréforier des Etats de -
Bourgogne.
De la Marche Second Article . )
Joly de Fleury . Second Article. )
Marlor , Maire de Dijon .
le Comte de Tavanne . ( Second Art : 】
De Buffon , Intendant du Jardin
du Roi.
= L'Evêque de Dijon.
Potier , Commiffaire de la Marine
à Auxonne.
De Champrenault , Commandant
de la Ville de Dijon .
220 6 12
274 6
18 2
17 6 12
4 4
96
100 4
25 4
24 2 18
3I
1737 § 7
PERPIGNAN.
Du 15 Novembre au 6 Décembre 1759 .
Meffieurs
De Saint- Affricque , Commiſſaire.
De Bon , Intendant .
m. o. g.
825 6
51 6 12
232 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Perpignan.
Canclaux , Tréforier des troupes.
Gonfalye , Procureur au Confeil .
Befombes , Receveur des impofitions.
L'Evêque de Perpignan.
le Comte de Ros.
Duffaut.
le Marquis d'Aguilard.
le Baron de Sournia.
le Marquis de Saint Marfal.
Gonfalve , premier Conful.
Le Préfident de Madaillon.
56 3
m. o. g.
23.4 IL
54 6
57 I
21 3 21
135 2
141
20 4
135 I 12
6 3
4 I 18
Defprés , Confeiller.
749
De Sallele , Confeiller.
7 15
Arnaud , faifant la recette des impofitions.
16
3 14
Hugues.
le Commandant de Cahors .
Du même.
217
86 3 о
6 S 12
8377 1
6
ORLEANS.
19 Du 9 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Phelipet , Secrétaire du Roi.
Le Noir , Directeur des Aydes .
Laurent , Directeur du Vingtiéme.
L'Abbé Colbert, Doyen de Sainte-
Croix.
168 I o
53
31 4 18
53.7.12
De Laage de Meux , Receveur des
Tailles.
53218
FEVRIER. 1760´´ 233
Suite d'Orléans .
Meffieurs
Determont , Evêque de Blois . ( En
deux envois . )
De Montaran, Chanoine , Chancelier
de l'Univerfité .
De Barentin , Intendant.-
MM. du Chapitre de S. Pierre.
Leroi Secrétaire de l'Intendance .
Les R. P. Auguftins.
Les Bénédictins de Bonne-nouvelle .
m. o. g.
91 I
31 7 6
77 3
6 I
22 5
65
52 6
MM. du Chap. de l'Eglife d'Orléans. 268 6
976 2 6
RHEIMS.
Du 9 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
Clicquot , Directeur de la Monnoye.
Meliand , Intendant de Soillons.
Le Gendre , Ingénieur des ponts &
chauffées.
D'Armancy , Receveur général de
la Champagne.
Colleau , Commiffaire du Confeil à
Rheims.
L'Abbé Cazotte , Chanoine.
m . 0.
g.
43
228
27 2
38 5
6
SI 6 9
145 15
De Choifeuil , Evêque de Châalons . 221 3 12
L'Abbé Parchape , de Vinay , Prevôt
de l'Eglife de Rheims.
Carralet de Rofay , Doyen de l'Egliſe
de Soiffons .
Madame Fillion , veuve de M.le Doux ,
Secrétaire du Roi.
21 3
585 12
289 1 21
134 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Rheims.
m . o.
Le Maire,Seigneur d'Huifel, à Soiffons. 109 2
De Verneuil , Capitaine au Regiment
de Piemont. 49
Bellons , Direct . des Aides à Soiffons . 18 1 12 ,
Rogier , Préfident à Rheims .
Bauduin , Receveur des gabelles à
Châalons.
Hoccart , Grand Baillif d'épée à
Châalons.
113 7
179
40
Gargam , Diacre de l'Eglife de Châalons 81 6 12
Bourgogne , Juge Conful à Rheims. 117 4 18
NANTES.
1834 3 f
Du 13 Novembre au 6 Décembre 1759.
Meffieurs
L'Evêque de Nantes.
Premion , Maire.
De Bellabre , Préfident Sénéchal.
De Gallifon , Ellayeur.
De la Rive , Changeur.
Libault, Secrétaire du Roi.
Portier , Négociant.
Michel Portier , ancien Conful.
Le Cour de Painboeuf.
Le Comte de Menou .
Barre , Avocat général .
Le Comte de Rochefort.
De Lorre de Clifton,
Becdelievre , premier Préſident à
la Chambre des Comptes.
Madame la veuve Mangin.
29 6
m. o. go
249 6 II
59 3 6
65 18
12 0 18
68 6 9.
3
9
29 0
521
2 2
150 6
48 2 13 13
58 1 1 3
7 4 11 13
´375 6 22 14
$ 7 16 12
FEVRIER. 1760. 235
GRENOBLE.
le Chevalier de Marcieux , Brigadier
des armées .
Du 11 au 29 Décembre 1759:
11 .
Meffieurs
De la Porte , Intend . du Dauphiné , 321 0
L'Evêque de Grenoble.
le Comte de Marcieux , Command.
en Dauphiné.
De Funelet , Confeiller au Parlem ,
le Comte de S. André.
Bourfet , Maréchal - de- camp.
153 6
373 6
33 12
28 4
37 6
74 7
39 I IZ
60 7 O
$7 4 12
De Gantés , Maréchal de-camp.
la Marquife de Puifigneux.
le Comte des Adriets .
de Chaponay , Second Préſident.
de Moydien , Procureur général au
Parlement.
Rouveyre de l'Etang , Subdélegué
1 à Valence
Levet , Préſident de la Commiſſion
÷ du Confeil, à Valence.
Bachaffon , Procureur en la Maréchauffée
de Valence.
Du Perrau , Major de Valence.
de Marquis de Montignard , Lieutenant
général
L'Evêque de Dye.
Defquers , Commiſſaire ordonnateur
des guerres, en Dauphiné.
De Rofting.
100.4
32 6
354
5631
49.7 12
55 7
66 7
117 6 0
23 4 21
176 I 2
236 MERCURE DE FRANCE.
A IX.
Du 15 au 29 Novembre 1759.
Mereurs
De la Tour , premier Préſident ,
Intendant.
le Duc de Villars, Gouverneur.
De Montclar , Procureur gén.
Palteau , Tréforier de France.
De Brancas , Archevêque d'Aix,
Gautier du Poet , Confeiller au
Parlement.
George de Roux , Marquis de
Breue , de Marſeille.
Dourfin , Conf. au Parlement.
Jaubert , Recev. de la Viguerie.
le Chev. de Fireau de la Barte.
m.no, g.
437 7 IS
3686 15
97 4 12
92 5 6
448.7 19
110
746 I
28 7. 3
3
23 7 12
18 650
Le Marq. de Pille , Gouv . de Marſeille. 64 6
Trupheme , Commiffaire Provincial
des Guerres.
De la Tour. ( Deuxième envoi. )
De Broglie , Confeiller Doyen à la
Cour des Comptes.
Les Jéfuites.
Bourquet , Confeiller au Parlement.
Villeneuve , Comman. de la Citadelle
de Marſeille.
André de Barrique, Confeiller Notaire
au Parlement.
Maunier fils .
Fortis , Confeiller au Parlement.
Blacas, Marquis d'Aups , premier Confeiller
d'Aix.
Meyronnet Château- Neuf, Confeiller
au Parlement.
106 7
9
77 5.21
.
24 S 12
28
12
31 1 12
148 4 12
152 5 18
6715
22 f 12
3406
50 4 18
FEVRIER. 1760. 237
Meffieurs
Suite d'Aix.
m. o. g:
34 4 6
18
De Fenelon , Maréchal- de-Camp .
De Lille , Secrét . du Roi à Marſeille . 191 5
.e Marquis Delpinoufe , Préfident au
Parlement.
Romegas , Lieut. Gén . en la Sénéch. de
Provence .
87 7
14
De Perole , Avoc. Gen. au Parlement. 59 4
L'Abbé d'Aupede , ancien Aumônier
du Roi
Avon de Cadenet.
II S
8 2
RENNES.
Du 14
Novembre au
3
Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
4 12
Intendant. 4:9 6 12
L'Abbé de la Pomerais , Chanoine. 24
le Bret ,
L'Hôtel des Ventes de l'Orient. 526 7 3 Q
· Godheu , Directeur de la Compagnie
à l'Orient.
De Grand- Ville- Loquet , Seigneur
de Fougeray..
De la Chatre , Gouv. de S. Malo .
Dacofta , pour la Compagnie des
Indes.
De Bagallon.
1896-13 12
308 3 3 18
156
127
10 12
I
3 o
So 3 10 12
238 MERCURE DE FRANCE.
BOURGES.
Du 10 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Dodard , Intendant.
le Blanc de Marnavalle .
Le même.
l'Evêque de Bourges.
6473
236.3 11
5167
54 S
37 22
2336
de S. Leger , & Madame de Vouet.
de Vie , grand- Prévôt du Berty.
Deferennes & des Taupaux , d'Ilfoudun . 33 7 1
de Marpon , Chanoine de la Cathédrale
de Bourges.
Madaudier , Elu à Bourges.
Duret , Receveur Général des Gabelles
à Bourges.
Goyer , Rec. des Tailles de Bourges.
Le Marquis de Lancômes.
2325
25 7
20 7 4
27 22
58 67
CAEN.
657 75
Du
Meffieurs
19 Novembre , au 10 Décembre.
De Neuville , de Saint Henry , Directeur
Gén . des Fermes du Roi.
De Fontelle , Intendant. "
La Marquife de Fontenay ,
Le Duc d'Harcourt.
m. 0. g.
199 I 2
J
216 7 I
43 2 2
Houfel , Directeur des Poftes à Caen . ' 44 7 I
Le Marquis de Saint Germain.
Le Comte de Oilliamſon .
Turgot , de Saint Clair, Confeiller
197 6 4
105 27
3852
FEVRIER. 1760 . 239
Meffieurs
Suite de Caen.
au Parlement de Paris.
De Fontelle , Intendant de Caen.
m. o. g.
220 3
178 or
L'Evêque de Saint Pons. 236 6
Le Marquis de Malherbe. 118
71
Les Religieux de l'Abbaye de Saint
Etienne de Caen. 147 4
L'Evêque de Bayeux. 375 5
2123 3 I
TOURS.
Du 16 Novembre au 31 Décembre 17.59.
Meffieurs
L'Archevêque de Tours.
Le Comte de Vaudreuil , Lieutenant
des armées navales.
m. o. g.
215 0
25.0
Mad. la Duch . de Fleury , Douariere. 112 o
Le Marquis de Beaumont.
De Vermage , Médecin à Paris .
De Lefcalopier , Intendant de la Généralité
de Tours.
Le même. ( Second envoi. )
Plus, un lingot d'or , provenant de
bijoux fondus.
De Chamnigny , Recev. des Aydes
à Tours.
De Gizeux , ancien Maître des Cérémonies.
De Lanau , Tréforier de France à
Tours.
Palas , Chanoine.
2
I
32
50 4 2
20 7 6 2.
I
14
394 42
21.4 2
2.
29 7 4
105 1 S
Τ
15 3
II I
73
I
2
240 MERCURE DE FRANCE
Suite de Tours.
Meffieurs
Mignon.
Le Marquis de Mailly.
Le Comte de Mailly , fils .
Les Religieux du Louroux , Ordre de
Citeaux, un lingot d'or de 6 onces
7 gros,
m. o. g.
26 4
127 2
14 6
775
25 4 7
I 195 4 4
MET Z.
Du 9 au 20 Novembre 1759.
Meffieurs
m . 0. g.
L'Intendant. 154 7 4
De la Serre , Lieutenant de Roi, 114 3 2
De Villemont , Tréforier.
108 2 5
De la Croix , Lieutenant de Police . 10 4 7
26 2
De Magenville , Primier de la Cathéd. 48 6 6
Ferrand , Commiffaire Provincial . 43 3 7
De la Croix , Greffier en chef du Parl .
De la Salle , Directeur des vivres.
Suby , Notaire.
Patieau de Vaumerange , Commiffaire
des guerres .
Perrain de Bui .
Pichon, Commiffaire des guerres.
De Montholon , premier Préfident.
De Caftel.
Carriére , premier Préſident du Bureau
des Finances..
141 4 3
14 52
376
39 72
47 4 0
424 2
68 6 3
62.4736
971 7 2
STRASBOURG. TRA
FEVRIER. 1760.
241
STRASBOURG.
Du 8 Novembre , au 16 dudit.
Meffieurs
De Lucé , Intendant.
Bentabol , Directeur des fourrages .
De Lutzelbourg d'Altroff.
m. o. g.
368 2
$7
aos
107 0 10
Gayot , Intendant de l'armée.
Gayot de Bellombre.
Brunck , Receveur des Finances.
69 7 12
3623 3
109 6
Maréchal Grosjean , Secret. de l'Intend. 46 6 18
De Regemorte , Prêteur Royal.
81 3
Deneft , Directeur des vivres.
528 12
Roulin , Subdélegué général , Secretaire
de l'Intendance.
382 6
1
Pons , Secrétaire du Roi .
De Monconfeil , Lieutenant général
&
Commandant de la Province.
Hermanny & Dieterich.
D'Armeville , Lieutenant de Roi ,
Commandant à Schleftatt.
Terrain , Receveur des Finances .
Noblat ,
Commiffaire des guerres , &
7224 22
153 I 19
109 6
9
127 S
58 0
62
Subdélegué à Belfort.
47 2 10
Meffieurs
LILLE.
Du 10 au 21 Novembre.
L'Intendant du Hainaut.
Daubert , premier Préfident du Farlement
de Flandre.
m. o. ga
331 3
2023 6
L
242 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite de Lille.
D'Arment , Major de ladite Ville.
De Ran fault , Directeur du Grenier
à fel.
De Bonneguife , Evêque d'Arras.
Dronquier , freres , Négocians .
l'Evêque d'Arras .
Vanderweken , Confeiller-Juge ,
Garde de la Monnoye.
Picaut Desjannaux , Préfid . à Mortier.
Defwatines , Bailli des Etats.
Daubert , premier Préfident .
Lécolier , Avocat à S. Amand ,
De Page , Lieutenant de Roi.
Le Camus , Lieut. de Roi de la Citad.
Le Procureur du Roi , Syndic.
m. 0. 5.
23
43 3 I
242 I 4
365 1 5
26 0 6
55 6
215
0 6
77 S I
61.7 3
If I 4
550 I
41 7 I
86 0 2
l'Efpagnol , Confeil. honor. des Etats . 43 0
l'Espagnol de Grimbry , Confeiller des
Etats .
de Liefdart , Confeiller du Roi.
S
2106
5760
de Boiſmorel , Lieut . Col. d'Infanterie . 17 3 0
de Vauderlinde, Ecuyer , Sr de la Falque . 88 4 4
PAU.
Du 20 Novembre au 4 Décembre 1759.
Messieurs
d'Etigny , Intendant .
m. o. g.
836490
fe Baron du Pau , Préfident à Mortier
du Parlement.
Bourdier de Beauregard , Directeur
du Domaine,
143 6
72
FEVRIER. 1760 . 243
Messieurs
Suite de Pau .
S. Martin , Tréforier de l'extraordinaire
des Guerres.
l'Evêque de Tarbe .
de S. Saudens , Confeiller au Parlement.
le Marquis de Cafaux , Procureur-
Général au Parlement.
le Marquis de Fraclieu.
l'Evêque d'Oléron .
le Marquis de Montlezun , en Bigore.
Damou , Lieut. de Roi à Bayonne.
le Baron de Caplane .
l'Evêque de Lax.
m. o. g.
4 200
875 17
59 3 30
148 13 0
98 2 1 I
131 II I
14 2 3 0
142 6 25
4 3 14
14 4 I
TROY E S.
Du 13 Novembre au 24 Décembre 1759.
Messieurs
l'Abbé Gouault.
de Corbigny.
Madame la veuve Flobert.
Flobert.
Jean Berthelin.
m. o. g.
103 6 22 12
57 322 O
39 4 10
40 2 IS
12
109 I 13 12
de Troyes.
Berthelin.
de Clairvaux.
Mefdames de N. D. des Preys.
de Larivoue.
24 I ISI
18 4 3
427 3 3
31°17
10 6 3 12
Lij
244 MERCURE DE FRANCE.
POITIERS.
Du 26 Novembre au 29 Décembre 1759.
Meffieurs
De Bloflac , Intendant.
Fumée , Abbé de Sainte Radegonde.
l'Abbaye de S. Cyprien , Ordre de
S.Benoît.
le Marq de Peruffe , Colonel du Rég.
de Normandie.
De la Roche , Directeur des Aides.
m. o. g.
237 6 21
179 $ 12
36 4 12
257
86 21
BESANÇON .
Du 14 Novembre au 19 Décembre 1759.
Meffieurs
de Boyennes.
de Marival .
de Richemont.
de la Fuente .
de Beaufremont .
Michotay.
de Choifeuil.
Michotay.
m. o. g.
458 7
3636
IS I .
6 7 12
66 0 12
259 3 17
244 Ο
8 2 18
le Duc de Randans. 225 7 о
de Vinet .
27 I 12
de Beaufremont.
Dumenil
de Monier.
du Chélat.
Rouffel.
d'Audelange .
Langloix.
37 7
107 3
535
126.3
6
10 6 12
31 0 13
2.9 I 21
FEVRIER. 1760. 245
LIMOGES.
Du 9 Novembre au 29 Décembre 1759.
ہ و
Meffieurs
m. o. g.
8955
Pajot de Marcheval , Intendant.
Martin de la Baſtide , ancien Préfident.
de Remond de Villevignon , Maréchal de
Camp , Commandant d'Angoulême.
de Bônie , Marquis de l'Avergne..
d'Autichamp , Evêque de Tulle.
Simon , Curé de S. Pierre.
33 4.4
18 4 2
48 0 3
8055
64 I
AMIENS.
277
Du 8 Novembre 1759 , au 25 Janvier 1760.
Meffieurs
d'Invau , Intendant de Picardie.
de Gand fils .
de Gand pere.
Buchere Receveur des Gabelles à
>
Amiens.
m. o g.
37 31 2
de la Maiſon Rouge , Receveur du Grenier
à Sel.
Dincourt de Frechemour , ancien
Capitaine au Régiment de Poitou .
Brion , Commillaire des guerres à
Abbeville.
Langlois de Courcette.
Champion , Secrétaire du Roi,
906
17 67
38361
2
2507
50 5 2
49 3 £
209 3 4
104 6 I
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite d'Amiens .
Langlois , Ingénieur des Fortifications
de Picardie .
l'Abbé de Maiſon , Chantre de la
Cathédrale d'Abbeville.
le Marquis de Wargemon , Enfeigne
des Gendarmes de la Garde .
Morel de Bonneril
m . o. g.
3150
40 6 7
74 73
17 5 3
le Comte de Rume B: fieux . 64 67
Ancellet , Directeur des Cartes. 30 27
Madame la Veuve de Varenne.
15 30
60
8 00
74 75
Mily, Juge- Conful .
Madame de Villevielle .
de Sevelinges.
le Camus , Secrétaire de l'Intendant.
Samuel Vaurobois .
Abraham Vorobais , père .
Abraham Vaurobais , fils
de Mondard , Directeur Général des
Fermes.
Scellier , ancien Changeur , à Montdidier
.
Bourrée, Recev . des Tailles à Abbeville.
Gouffier , Maréchal de Camp.
Madame la veuve Poujal , & fon fils.
Madame la veuve Cornet.
L'Abbaye Royale de Saint Riquer.
27 66
997 z
100 6 2
180 0 0
297 f
15 13
103 2 2
66 3 4
60 32
I
5543
254 0 7
Dufrene , Conf. au Bailliage d'Amiens. 5 o 6
Renouard , Receveur des Tailles.
De Bonnaire , Brigadier des armées
du Roi.
De Trouville.
Lincoùr , Maire.
De Donqueur.
24 4 3.
Z
25232
227 I
32 I 41
57 101
6
FEVRIER. 1760 . 247
Messieurs
Suite d'Amiens .
Madame la veuve Cornet.
Madame la veuve de Querieux .
Joron , Adminiftrateur de l'Hôpital.
Cornet , Négociant à Amiens.
m . o . g.
II I I
น
[
2674 2
28
61 04
L'Abbaye de Valoir , Ordre de Citeaux. 87 7 4
Goubet , Receveur du Tabac à Amiens. 47 5 4
De Lievreville , Direct. du Vingtiéme. 22 0 3
De Verville , Receveur des Tailles.
D'Hedenville.
De Pleffelle.
Debonnaire.
42 7 7
34 2 2
27 45
12 2 3
I De Monfure , Capitaine de Cavalerie . 7 2 1
De Lamotte Tonard .
Madame la veuve de Court.
De Verant , Receveur des Tailles à
Montdidier.
Dauvunghin , de Boulogne.
L'Abbaye de Sumer.
Neret , Receveur des Fermes de Saint
Quentin.
286
61 4 9
68 0 7
43 6 I
22021
57 33
Σ
Cottin , Négociant à Saint Quentin 4+ 1
Fromager , Négociant .
Fizeux , de Saint Quentin .
Fizeux , Négociant à Saint Quentin.
De Villechelle , Subdélegué.
De Vic , de Saint Quentin.
Ofanne , & Mademoiſelle fa foeur.
De Modône , Doyen du Choeur de
Saint Quentin .
La veuve Samuel & fils.
9547
77 I ▸
14 1 4
t
1343 2
11 I 4
48 0 3 2
109 o fi
46 3 4
Brillac.
18
5
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
Suite d'Amiens.
Meffieurs
Madame l'Abbeffe de Paraclet ,
d'Amiens.
L'Abbaye du Gard , Ordre de Cîteaux.
L'Abbaye de Saint Vallery.
l'Abbaye de Beaupré , Ordre de
Cîteaux
De Mouchy de Sully.
le Comte de Mouchy.
De Beauwroy , Lieutenant de Roi.
De la Chauffée , Major de Montreuil.
Heuzé de Filbert , du même lieu.
Du Puis , du même lieu.
De Bloc , du même lieu .
Madame Dheuzé , du même lieu.
De Charnneux de la Valliére , idem.
De la Fontaine , du même lieu .
Theilier , Juge- Garde de la Monnoye.
l'Abbaye de Villancour.
Pirlot , Directeur de la Monnoye.
m .
0. gr
43 541
10 7 S!
16 7 4
17 4 7
61 5
637
2
3
62
14436
7 6
57
33 2
54 2.
14 2
S
17 2 I
70 .
90 24
so
RIOM.
Du 10 au 25 Novembre 1759.
Meffieurs
m. o.
g..
De Balenvilliers. 2.4 I I
2
Le Normant. III 6
l'Abbé de Vienne. 173 4
l'Evêque de Clermont. 153 7
Du Lac. 534
le Marquis de Monboiffier.
834
FEVRIER. 1760. 249
Meffieurs
De Chazerat .
Suite de Riom .
le Marquis Defpnichal.
la Cointelle de Pagna .
Guerin.
m. 0. g.
229 4
81 7
18 0
96 7 5.
1146 5 3
DE la Vaiffelle portée aux Monnoies
des Villes de Province.
ROUEN.
Du 11 au 17 Novembre 1759.
Meffieurs
Feydeau de Brou , Intendant de
Rouen .
De Miromenil , Prem . Président .
De Blanville , Major du Régiment
de Bretagne.
Dailly , Secrétaire de M. l'Intendant.
Le Duc de Bouillon.
Sevrey, Directeur du Vingtième.
De Marchis , Receveur des Tailles.
L'Abbé Dandigné , Aumônier de
la Reine.
Carré , pere , ancien Commiffaire
de la Monnoie.
De la Londe , Contrôleur de la
Monnoie.
De Valliquierville , Prem. Préfid .
de la Chambre des Comptes .
Fremont , Juge - Garde de la
Monnoie.
De Baude , Rentième de M. l'Archevêque.
m.
o . g. d.
J
244 I 12
337 2 6
50 16 12
33 7
436 6 15
4 3 6
98 7
49 6
24 5
8 3 12
255 712
6
39 6 6
1587 1 $ 12
K v
226 MERCURE DE FRANCE .
LYON.
Du 10 au 24 Novembre 1759 .
Meffieurs
L'Archevêque de Lyon.
De Lamichodiere , Intendant.
Pupil , Prem . Préſident de la Cour
des Monnoies.
De Quuifon.
De Fleurieu , Préfident.
De la Verpiliere , Major.
MM. Auriol , freres , Banquiers.
Croppet de Variflan.
De Rochebaron , Commandant.
Madaine la Comtelle de Grolée.
Aniffon .
Adine.
Dellervo , Confeiller.
Desfours , Confeiller.
Les Recteurs de la Charité.
Les Recteurs de l'Hôpital.
Le Comte de Lhopital.
Gayot d'Auffere .
m . o . g.
509 6 18
341 7 18
2.6 18
60
3
189 4 6
155 4 3
1285
107 4
642
125
181 I 12
61 2 12
74 3 15
67 2
*
258 5 12
138 3 9
191 3.18
622 16
Les R. P. Jéfuites du Grand College . 428 2 15
Flachat , Prevôt des Marchands.
De la Verpiliere , Major.
Les Comtes de Lyon.
Cannac.
Quinfon , Tréforier de France.
MM . Duc , freres.
Siran .
Mogniat , Tréforier de France,
Mogniat , Confeiller.
177 7
109 4 18
916 2 6
244 7
677
- 3
S
79 4 14
31 472
19.6 6
229 2 21
- Geneve.
355 18
FEVRIER. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Lyon,
Les Cuftodes de Sainte Croix.
De Sugny , Confeiller .
De Morainval.
Les R. P. Jéfuites , du fecond
Collége,
MM . Hubert , freres.
Les R. P. Jéfuites de Saint Jofeph.
Les R. P. Minimes.
Gras , Tréforier de France .
Crupiffon , Prêtre .
Morin , Secrétaire du Roi.
Einguerlin , Suiffe.
Gayot d'Aufferre.
Fitler , Négociant Suiffe .
Scherb , Négociant Suiffe.
Madame Meuricoffre.
Meuricoffre.
La Chapelle des Marchands.
Giraud , Tréforier de l'Hôpital.
m. o. g.
54 0 18
532
49 I
39 4
16 2 12
38 1 9
90 $ 15
37 4
582 B
552 8
?
33 7 4
66 6 18
19 7 21
20 18
16 O 3
17 7 18
595
34 1 13
6605 I
LA ROCHELLE.
Du 10 Novembre au Décembre 1759.
Meffieurs
Baillon , Intendant .
Le Comte de Vence , Maréchalde-
Camp.
Bonnaventure , Lieutenant de Roi.
Bonnermort , Receveur des Fermes
du Roi.
Froger de la Rigaudiere , Capitaine
général des Gardes- Côtes.
m. o. g.
290 4 18.
52
50 2.12
48 6.18
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de la Rochelle .
De Ruis Embito , Intendant de la
Marine à Rochefort.
De Fetilly , Chevalier d'honneur
du Bureau des Finances .
L'Evêque de Luçon.
Rouffy de Lazeneuve , Doyen du
Chapitre .
Beraudin , ancien Lieutenant gén.
de l'Amirauté .
L'Evêque de la Rochelle.
Frefneau, ancien Ingénieur du Roi,
m. o. g.
37 I 6
47 I 12
95512
8 4
18 I
260 4 12
II 6 6
BORDEA U X.
Du 23 Novembre au 10 Décembre 1759-
Meffieurs
L'Evêque de Condom .
Le Marquis de Tourny, Intendant
de Guienne .
Le Comte de Langeron , Commandant
de Guienne.
De Tourny ( Second Article . )
Le Marquis de Montferrant.
Le Maréchal de Richelieu , Gouverneur.
Robert, Directeur des Aydes de
Barbefieux.
L'Evêque de Baras.
Le Berton , Premier Préfid . du
Parlement.
Le Préfident Lalanne.
m . o . g.
577 15
337 4 18
184 7
24 2 18
66
946 I 18
24 6 18
786
328 2 18
80 18
FEVRIER. 1760 . 229
Meffieurs
Suite de Bordeaux.
Le Président de Gafq.
Madame Charot Dupleffis.
L'Evêque d'Agen .
m . 0. g.
190 6 IZ
42 6 18
191 2 9
TOULOUSE.
Du 17 Novembre au 10 Décembre
Meffieurs
Lacoré , Intendant de Montauban.
Riquet , Procureur général .
Maniban , Premier Préfident.
L'Evêque de Montauban.
Loffieux , Officier des Vailleaux.
Le Maréchal de Lautrec.
L'Evêque de Lombés .
L'Abbé Coftos .
De Boiffy.
L'Archevêque d'Auch."
Laborde , Receveur des Domaines
d'Auch.
Comminiant , Tréforier de France.
Le Comte de Marfan.
Defclaux , Tréforier de France .
L'Evêque de Comminges.
De Bartal , Evêque de Caftres.
1759.
m. o. g.
987
335 7
220
253 4 12
22 4 12
833
69 I " -3
11 3 18
7 I
6526
SIS 12
212 I
2033
2951
982 18
1
230 MERCURE DE FRANCE.
MONTPELLIER.
Du 12 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
De Saint-Prieft , Intendant.
m. o.g
347 4 12
Pitot , Ingénieur , Chevalier de
Saint Michel.
L'Evêque de Nimes.
Mazade , Tréforier général de la
Province .
Journet , Avocat .
Le Baron de Sauve.
Reynaud , Gouverneur de Frontignan.
Salzes , Confeiller à la Cour
des Ayles .
Madame de Salzes.
Le Comte du Cayla , Lieuten . gén .
Boucaud , Préfident à la Cour des
Aydes.
Valat , Tréforier de l'Hôpital gén.
"
de Paris.
Morel , Chanoine de la Cathédrale.
Huart , Directeur des Fermes .
Defpioch , Tréforier de France.
Le Syndic du Collège des Jéfuites.
L'Evêque de Montpellier.
236
123
I 12
424 6
173 712
54 6
56 6
76 6
64 4
Ι
115
753
41 4
72 6
169
80 12
39 2
114
2050 4
FEVRIER. 1760 . 231
DIJON .
Du 12 Novembre au 4 Décembre 1759
Meffieurs
Le Comte de Tavannes, Commandant
en Bourgogne.
De la Marche , Premier Préfident
du Parlement .
Joly de Fleury , Intendant.
De Clugny , Confeiller au Parlem .
m. o. g.
400 7
186 0 12
292 0 5
& Intend. de l'Ifle S. Domingue. 141 2
D'Ogny , Tréforier des Etats de -
Bourgogne.
De la Marche Second Article . )
Joly de Fleury . Second Article. )
Marlor , Maire de Dijon .
le Comte de Tavanne . ( Second Art : 】
De Buffon , Intendant du Jardin
du Roi.
= L'Evêque de Dijon.
Potier , Commiffaire de la Marine
à Auxonne.
De Champrenault , Commandant
de la Ville de Dijon .
220 6 12
274 6
18 2
17 6 12
4 4
96
100 4
25 4
24 2 18
3I
1737 § 7
PERPIGNAN.
Du 15 Novembre au 6 Décembre 1759 .
Meffieurs
De Saint- Affricque , Commiſſaire.
De Bon , Intendant .
m. o. g.
825 6
51 6 12
232 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Perpignan.
Canclaux , Tréforier des troupes.
Gonfalye , Procureur au Confeil .
Befombes , Receveur des impofitions.
L'Evêque de Perpignan.
le Comte de Ros.
Duffaut.
le Marquis d'Aguilard.
le Baron de Sournia.
le Marquis de Saint Marfal.
Gonfalve , premier Conful.
Le Préfident de Madaillon.
56 3
m. o. g.
23.4 IL
54 6
57 I
21 3 21
135 2
141
20 4
135 I 12
6 3
4 I 18
Defprés , Confeiller.
749
De Sallele , Confeiller.
7 15
Arnaud , faifant la recette des impofitions.
16
3 14
Hugues.
le Commandant de Cahors .
Du même.
217
86 3 о
6 S 12
8377 1
6
ORLEANS.
19 Du 9 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Phelipet , Secrétaire du Roi.
Le Noir , Directeur des Aydes .
Laurent , Directeur du Vingtiéme.
L'Abbé Colbert, Doyen de Sainte-
Croix.
168 I o
53
31 4 18
53.7.12
De Laage de Meux , Receveur des
Tailles.
53218
FEVRIER. 1760´´ 233
Suite d'Orléans .
Meffieurs
Determont , Evêque de Blois . ( En
deux envois . )
De Montaran, Chanoine , Chancelier
de l'Univerfité .
De Barentin , Intendant.-
MM. du Chapitre de S. Pierre.
Leroi Secrétaire de l'Intendance .
Les R. P. Auguftins.
Les Bénédictins de Bonne-nouvelle .
m. o. g.
91 I
31 7 6
77 3
6 I
22 5
65
52 6
MM. du Chap. de l'Eglife d'Orléans. 268 6
976 2 6
RHEIMS.
Du 9 au 29 Novembre 1759 .
Meffieurs
Clicquot , Directeur de la Monnoye.
Meliand , Intendant de Soillons.
Le Gendre , Ingénieur des ponts &
chauffées.
D'Armancy , Receveur général de
la Champagne.
Colleau , Commiffaire du Confeil à
Rheims.
L'Abbé Cazotte , Chanoine.
m . 0.
g.
43
228
27 2
38 5
6
SI 6 9
145 15
De Choifeuil , Evêque de Châalons . 221 3 12
L'Abbé Parchape , de Vinay , Prevôt
de l'Eglife de Rheims.
Carralet de Rofay , Doyen de l'Egliſe
de Soiffons .
Madame Fillion , veuve de M.le Doux ,
Secrétaire du Roi.
21 3
585 12
289 1 21
134 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Rheims.
m . o.
Le Maire,Seigneur d'Huifel, à Soiffons. 109 2
De Verneuil , Capitaine au Regiment
de Piemont. 49
Bellons , Direct . des Aides à Soiffons . 18 1 12 ,
Rogier , Préfident à Rheims .
Bauduin , Receveur des gabelles à
Châalons.
Hoccart , Grand Baillif d'épée à
Châalons.
113 7
179
40
Gargam , Diacre de l'Eglife de Châalons 81 6 12
Bourgogne , Juge Conful à Rheims. 117 4 18
NANTES.
1834 3 f
Du 13 Novembre au 6 Décembre 1759.
Meffieurs
L'Evêque de Nantes.
Premion , Maire.
De Bellabre , Préfident Sénéchal.
De Gallifon , Ellayeur.
De la Rive , Changeur.
Libault, Secrétaire du Roi.
Portier , Négociant.
Michel Portier , ancien Conful.
Le Cour de Painboeuf.
Le Comte de Menou .
Barre , Avocat général .
Le Comte de Rochefort.
De Lorre de Clifton,
Becdelievre , premier Préſident à
la Chambre des Comptes.
Madame la veuve Mangin.
29 6
m. o. go
249 6 II
59 3 6
65 18
12 0 18
68 6 9.
3
9
29 0
521
2 2
150 6
48 2 13 13
58 1 1 3
7 4 11 13
´375 6 22 14
$ 7 16 12
FEVRIER. 1760. 235
GRENOBLE.
le Chevalier de Marcieux , Brigadier
des armées .
Du 11 au 29 Décembre 1759:
11 .
Meffieurs
De la Porte , Intend . du Dauphiné , 321 0
L'Evêque de Grenoble.
le Comte de Marcieux , Command.
en Dauphiné.
De Funelet , Confeiller au Parlem ,
le Comte de S. André.
Bourfet , Maréchal - de- camp.
153 6
373 6
33 12
28 4
37 6
74 7
39 I IZ
60 7 O
$7 4 12
De Gantés , Maréchal de-camp.
la Marquife de Puifigneux.
le Comte des Adriets .
de Chaponay , Second Préſident.
de Moydien , Procureur général au
Parlement.
Rouveyre de l'Etang , Subdélegué
1 à Valence
Levet , Préſident de la Commiſſion
÷ du Confeil, à Valence.
Bachaffon , Procureur en la Maréchauffée
de Valence.
Du Perrau , Major de Valence.
de Marquis de Montignard , Lieutenant
général
L'Evêque de Dye.
Defquers , Commiſſaire ordonnateur
des guerres, en Dauphiné.
De Rofting.
100.4
32 6
354
5631
49.7 12
55 7
66 7
117 6 0
23 4 21
176 I 2
236 MERCURE DE FRANCE.
A IX.
Du 15 au 29 Novembre 1759.
Mereurs
De la Tour , premier Préſident ,
Intendant.
le Duc de Villars, Gouverneur.
De Montclar , Procureur gén.
Palteau , Tréforier de France.
De Brancas , Archevêque d'Aix,
Gautier du Poet , Confeiller au
Parlement.
George de Roux , Marquis de
Breue , de Marſeille.
Dourfin , Conf. au Parlement.
Jaubert , Recev. de la Viguerie.
le Chev. de Fireau de la Barte.
m.no, g.
437 7 IS
3686 15
97 4 12
92 5 6
448.7 19
110
746 I
28 7. 3
3
23 7 12
18 650
Le Marq. de Pille , Gouv . de Marſeille. 64 6
Trupheme , Commiffaire Provincial
des Guerres.
De la Tour. ( Deuxième envoi. )
De Broglie , Confeiller Doyen à la
Cour des Comptes.
Les Jéfuites.
Bourquet , Confeiller au Parlement.
Villeneuve , Comman. de la Citadelle
de Marſeille.
André de Barrique, Confeiller Notaire
au Parlement.
Maunier fils .
Fortis , Confeiller au Parlement.
Blacas, Marquis d'Aups , premier Confeiller
d'Aix.
Meyronnet Château- Neuf, Confeiller
au Parlement.
106 7
9
77 5.21
.
24 S 12
28
12
31 1 12
148 4 12
152 5 18
6715
22 f 12
3406
50 4 18
FEVRIER. 1760. 237
Meffieurs
Suite d'Aix.
m. o. g:
34 4 6
18
De Fenelon , Maréchal- de-Camp .
De Lille , Secrét . du Roi à Marſeille . 191 5
.e Marquis Delpinoufe , Préfident au
Parlement.
Romegas , Lieut. Gén . en la Sénéch. de
Provence .
87 7
14
De Perole , Avoc. Gen. au Parlement. 59 4
L'Abbé d'Aupede , ancien Aumônier
du Roi
Avon de Cadenet.
II S
8 2
RENNES.
Du 14
Novembre au
3
Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
4 12
Intendant. 4:9 6 12
L'Abbé de la Pomerais , Chanoine. 24
le Bret ,
L'Hôtel des Ventes de l'Orient. 526 7 3 Q
· Godheu , Directeur de la Compagnie
à l'Orient.
De Grand- Ville- Loquet , Seigneur
de Fougeray..
De la Chatre , Gouv. de S. Malo .
Dacofta , pour la Compagnie des
Indes.
De Bagallon.
1896-13 12
308 3 3 18
156
127
10 12
I
3 o
So 3 10 12
238 MERCURE DE FRANCE.
BOURGES.
Du 10 Novembre au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Dodard , Intendant.
le Blanc de Marnavalle .
Le même.
l'Evêque de Bourges.
6473
236.3 11
5167
54 S
37 22
2336
de S. Leger , & Madame de Vouet.
de Vie , grand- Prévôt du Berty.
Deferennes & des Taupaux , d'Ilfoudun . 33 7 1
de Marpon , Chanoine de la Cathédrale
de Bourges.
Madaudier , Elu à Bourges.
Duret , Receveur Général des Gabelles
à Bourges.
Goyer , Rec. des Tailles de Bourges.
Le Marquis de Lancômes.
2325
25 7
20 7 4
27 22
58 67
CAEN.
657 75
Du
Meffieurs
19 Novembre , au 10 Décembre.
De Neuville , de Saint Henry , Directeur
Gén . des Fermes du Roi.
De Fontelle , Intendant. "
La Marquife de Fontenay ,
Le Duc d'Harcourt.
m. 0. g.
199 I 2
J
216 7 I
43 2 2
Houfel , Directeur des Poftes à Caen . ' 44 7 I
Le Marquis de Saint Germain.
Le Comte de Oilliamſon .
Turgot , de Saint Clair, Confeiller
197 6 4
105 27
3852
FEVRIER. 1760 . 239
Meffieurs
Suite de Caen.
au Parlement de Paris.
De Fontelle , Intendant de Caen.
m. o. g.
220 3
178 or
L'Evêque de Saint Pons. 236 6
Le Marquis de Malherbe. 118
71
Les Religieux de l'Abbaye de Saint
Etienne de Caen. 147 4
L'Evêque de Bayeux. 375 5
2123 3 I
TOURS.
Du 16 Novembre au 31 Décembre 17.59.
Meffieurs
L'Archevêque de Tours.
Le Comte de Vaudreuil , Lieutenant
des armées navales.
m. o. g.
215 0
25.0
Mad. la Duch . de Fleury , Douariere. 112 o
Le Marquis de Beaumont.
De Vermage , Médecin à Paris .
De Lefcalopier , Intendant de la Généralité
de Tours.
Le même. ( Second envoi. )
Plus, un lingot d'or , provenant de
bijoux fondus.
De Chamnigny , Recev. des Aydes
à Tours.
De Gizeux , ancien Maître des Cérémonies.
De Lanau , Tréforier de France à
Tours.
Palas , Chanoine.
2
I
32
50 4 2
20 7 6 2.
I
14
394 42
21.4 2
2.
29 7 4
105 1 S
Τ
15 3
II I
73
I
2
240 MERCURE DE FRANCE
Suite de Tours.
Meffieurs
Mignon.
Le Marquis de Mailly.
Le Comte de Mailly , fils .
Les Religieux du Louroux , Ordre de
Citeaux, un lingot d'or de 6 onces
7 gros,
m. o. g.
26 4
127 2
14 6
775
25 4 7
I 195 4 4
MET Z.
Du 9 au 20 Novembre 1759.
Meffieurs
m . 0. g.
L'Intendant. 154 7 4
De la Serre , Lieutenant de Roi, 114 3 2
De Villemont , Tréforier.
108 2 5
De la Croix , Lieutenant de Police . 10 4 7
26 2
De Magenville , Primier de la Cathéd. 48 6 6
Ferrand , Commiffaire Provincial . 43 3 7
De la Croix , Greffier en chef du Parl .
De la Salle , Directeur des vivres.
Suby , Notaire.
Patieau de Vaumerange , Commiffaire
des guerres .
Perrain de Bui .
Pichon, Commiffaire des guerres.
De Montholon , premier Préfident.
De Caftel.
Carriére , premier Préſident du Bureau
des Finances..
141 4 3
14 52
376
39 72
47 4 0
424 2
68 6 3
62.4736
971 7 2
STRASBOURG. TRA
FEVRIER. 1760.
241
STRASBOURG.
Du 8 Novembre , au 16 dudit.
Meffieurs
De Lucé , Intendant.
Bentabol , Directeur des fourrages .
De Lutzelbourg d'Altroff.
m. o. g.
368 2
$7
aos
107 0 10
Gayot , Intendant de l'armée.
Gayot de Bellombre.
Brunck , Receveur des Finances.
69 7 12
3623 3
109 6
Maréchal Grosjean , Secret. de l'Intend. 46 6 18
De Regemorte , Prêteur Royal.
81 3
Deneft , Directeur des vivres.
528 12
Roulin , Subdélegué général , Secretaire
de l'Intendance.
382 6
1
Pons , Secrétaire du Roi .
De Monconfeil , Lieutenant général
&
Commandant de la Province.
Hermanny & Dieterich.
D'Armeville , Lieutenant de Roi ,
Commandant à Schleftatt.
Terrain , Receveur des Finances .
Noblat ,
Commiffaire des guerres , &
7224 22
153 I 19
109 6
9
127 S
58 0
62
Subdélegué à Belfort.
47 2 10
Meffieurs
LILLE.
Du 10 au 21 Novembre.
L'Intendant du Hainaut.
Daubert , premier Préfident du Farlement
de Flandre.
m. o. ga
331 3
2023 6
L
242 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite de Lille.
D'Arment , Major de ladite Ville.
De Ran fault , Directeur du Grenier
à fel.
De Bonneguife , Evêque d'Arras.
Dronquier , freres , Négocians .
l'Evêque d'Arras .
Vanderweken , Confeiller-Juge ,
Garde de la Monnoye.
Picaut Desjannaux , Préfid . à Mortier.
Defwatines , Bailli des Etats.
Daubert , premier Préfident .
Lécolier , Avocat à S. Amand ,
De Page , Lieutenant de Roi.
Le Camus , Lieut. de Roi de la Citad.
Le Procureur du Roi , Syndic.
m. 0. 5.
23
43 3 I
242 I 4
365 1 5
26 0 6
55 6
215
0 6
77 S I
61.7 3
If I 4
550 I
41 7 I
86 0 2
l'Efpagnol , Confeil. honor. des Etats . 43 0
l'Espagnol de Grimbry , Confeiller des
Etats .
de Liefdart , Confeiller du Roi.
S
2106
5760
de Boiſmorel , Lieut . Col. d'Infanterie . 17 3 0
de Vauderlinde, Ecuyer , Sr de la Falque . 88 4 4
PAU.
Du 20 Novembre au 4 Décembre 1759.
Messieurs
d'Etigny , Intendant .
m. o. g.
836490
fe Baron du Pau , Préfident à Mortier
du Parlement.
Bourdier de Beauregard , Directeur
du Domaine,
143 6
72
FEVRIER. 1760 . 243
Messieurs
Suite de Pau .
S. Martin , Tréforier de l'extraordinaire
des Guerres.
l'Evêque de Tarbe .
de S. Saudens , Confeiller au Parlement.
le Marquis de Cafaux , Procureur-
Général au Parlement.
le Marquis de Fraclieu.
l'Evêque d'Oléron .
le Marquis de Montlezun , en Bigore.
Damou , Lieut. de Roi à Bayonne.
le Baron de Caplane .
l'Evêque de Lax.
m. o. g.
4 200
875 17
59 3 30
148 13 0
98 2 1 I
131 II I
14 2 3 0
142 6 25
4 3 14
14 4 I
TROY E S.
Du 13 Novembre au 24 Décembre 1759.
Messieurs
l'Abbé Gouault.
de Corbigny.
Madame la veuve Flobert.
Flobert.
Jean Berthelin.
m. o. g.
103 6 22 12
57 322 O
39 4 10
40 2 IS
12
109 I 13 12
de Troyes.
Berthelin.
de Clairvaux.
Mefdames de N. D. des Preys.
de Larivoue.
24 I ISI
18 4 3
427 3 3
31°17
10 6 3 12
Lij
244 MERCURE DE FRANCE.
POITIERS.
Du 26 Novembre au 29 Décembre 1759.
Meffieurs
De Bloflac , Intendant.
Fumée , Abbé de Sainte Radegonde.
l'Abbaye de S. Cyprien , Ordre de
S.Benoît.
le Marq de Peruffe , Colonel du Rég.
de Normandie.
De la Roche , Directeur des Aides.
m. o. g.
237 6 21
179 $ 12
36 4 12
257
86 21
BESANÇON .
Du 14 Novembre au 19 Décembre 1759.
Meffieurs
de Boyennes.
de Marival .
de Richemont.
de la Fuente .
de Beaufremont .
Michotay.
de Choifeuil.
Michotay.
m. o. g.
458 7
3636
IS I .
6 7 12
66 0 12
259 3 17
244 Ο
8 2 18
le Duc de Randans. 225 7 о
de Vinet .
27 I 12
de Beaufremont.
Dumenil
de Monier.
du Chélat.
Rouffel.
d'Audelange .
Langloix.
37 7
107 3
535
126.3
6
10 6 12
31 0 13
2.9 I 21
FEVRIER. 1760. 245
LIMOGES.
Du 9 Novembre au 29 Décembre 1759.
ہ و
Meffieurs
m. o. g.
8955
Pajot de Marcheval , Intendant.
Martin de la Baſtide , ancien Préfident.
de Remond de Villevignon , Maréchal de
Camp , Commandant d'Angoulême.
de Bônie , Marquis de l'Avergne..
d'Autichamp , Evêque de Tulle.
Simon , Curé de S. Pierre.
33 4.4
18 4 2
48 0 3
8055
64 I
AMIENS.
277
Du 8 Novembre 1759 , au 25 Janvier 1760.
Meffieurs
d'Invau , Intendant de Picardie.
de Gand fils .
de Gand pere.
Buchere Receveur des Gabelles à
>
Amiens.
m. o g.
37 31 2
de la Maiſon Rouge , Receveur du Grenier
à Sel.
Dincourt de Frechemour , ancien
Capitaine au Régiment de Poitou .
Brion , Commillaire des guerres à
Abbeville.
Langlois de Courcette.
Champion , Secrétaire du Roi,
906
17 67
38361
2
2507
50 5 2
49 3 £
209 3 4
104 6 I
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite d'Amiens .
Langlois , Ingénieur des Fortifications
de Picardie .
l'Abbé de Maiſon , Chantre de la
Cathédrale d'Abbeville.
le Marquis de Wargemon , Enfeigne
des Gendarmes de la Garde .
Morel de Bonneril
m . o. g.
3150
40 6 7
74 73
17 5 3
le Comte de Rume B: fieux . 64 67
Ancellet , Directeur des Cartes. 30 27
Madame la Veuve de Varenne.
15 30
60
8 00
74 75
Mily, Juge- Conful .
Madame de Villevielle .
de Sevelinges.
le Camus , Secrétaire de l'Intendant.
Samuel Vaurobois .
Abraham Vorobais , père .
Abraham Vaurobais , fils
de Mondard , Directeur Général des
Fermes.
Scellier , ancien Changeur , à Montdidier
.
Bourrée, Recev . des Tailles à Abbeville.
Gouffier , Maréchal de Camp.
Madame la veuve Poujal , & fon fils.
Madame la veuve Cornet.
L'Abbaye Royale de Saint Riquer.
27 66
997 z
100 6 2
180 0 0
297 f
15 13
103 2 2
66 3 4
60 32
I
5543
254 0 7
Dufrene , Conf. au Bailliage d'Amiens. 5 o 6
Renouard , Receveur des Tailles.
De Bonnaire , Brigadier des armées
du Roi.
De Trouville.
Lincoùr , Maire.
De Donqueur.
24 4 3.
Z
25232
227 I
32 I 41
57 101
6
FEVRIER. 1760 . 247
Messieurs
Suite d'Amiens .
Madame la veuve Cornet.
Madame la veuve de Querieux .
Joron , Adminiftrateur de l'Hôpital.
Cornet , Négociant à Amiens.
m . o . g.
II I I
น
[
2674 2
28
61 04
L'Abbaye de Valoir , Ordre de Citeaux. 87 7 4
Goubet , Receveur du Tabac à Amiens. 47 5 4
De Lievreville , Direct. du Vingtiéme. 22 0 3
De Verville , Receveur des Tailles.
D'Hedenville.
De Pleffelle.
Debonnaire.
42 7 7
34 2 2
27 45
12 2 3
I De Monfure , Capitaine de Cavalerie . 7 2 1
De Lamotte Tonard .
Madame la veuve de Court.
De Verant , Receveur des Tailles à
Montdidier.
Dauvunghin , de Boulogne.
L'Abbaye de Sumer.
Neret , Receveur des Fermes de Saint
Quentin.
286
61 4 9
68 0 7
43 6 I
22021
57 33
Σ
Cottin , Négociant à Saint Quentin 4+ 1
Fromager , Négociant .
Fizeux , de Saint Quentin .
Fizeux , Négociant à Saint Quentin.
De Villechelle , Subdélegué.
De Vic , de Saint Quentin.
Ofanne , & Mademoiſelle fa foeur.
De Modône , Doyen du Choeur de
Saint Quentin .
La veuve Samuel & fils.
9547
77 I ▸
14 1 4
t
1343 2
11 I 4
48 0 3 2
109 o fi
46 3 4
Brillac.
18
5
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
Suite d'Amiens.
Meffieurs
Madame l'Abbeffe de Paraclet ,
d'Amiens.
L'Abbaye du Gard , Ordre de Cîteaux.
L'Abbaye de Saint Vallery.
l'Abbaye de Beaupré , Ordre de
Cîteaux
De Mouchy de Sully.
le Comte de Mouchy.
De Beauwroy , Lieutenant de Roi.
De la Chauffée , Major de Montreuil.
Heuzé de Filbert , du même lieu.
Du Puis , du même lieu.
De Bloc , du même lieu .
Madame Dheuzé , du même lieu.
De Charnneux de la Valliére , idem.
De la Fontaine , du même lieu .
Theilier , Juge- Garde de la Monnoye.
l'Abbaye de Villancour.
Pirlot , Directeur de la Monnoye.
m .
0. gr
43 541
10 7 S!
16 7 4
17 4 7
61 5
637
2
3
62
14436
7 6
57
33 2
54 2.
14 2
S
17 2 I
70 .
90 24
so
RIOM.
Du 10 au 25 Novembre 1759.
Meffieurs
m. o.
g..
De Balenvilliers. 2.4 I I
2
Le Normant. III 6
l'Abbé de Vienne. 173 4
l'Evêque de Clermont. 153 7
Du Lac. 534
le Marquis de Monboiffier.
834
FEVRIER. 1760. 249
Meffieurs
De Chazerat .
Suite de Riom .
le Marquis Defpnichal.
la Cointelle de Pagna .
Guerin.
m. 0. g.
229 4
81 7
18 0
96 7 5.
1146 5 3
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Résumé : ÉTAT De la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Le document présente un état des contributions en vaisselle apportées aux monnoies des villes de province entre novembre 1759 et février 1760. Il énumère les noms et les titres des personnes ayant effectué ces dons dans diverses villes françaises, ainsi que les montants correspondants en livres, sous et deniers. Les villes mentionnées incluent Rouen, Lyon, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Bourges, Caen et Tours. Chaque section du document commence par la période concernée et les noms des individus, souvent des dignitaires, des intendants, des présidents, des évêques et autres notables, accompagnés des montants en monnaie apportés. Par exemple, à Rouen, des contributions ont été faites par des personnes telles que des intendants et des présidents. À Lyon, des dignitaires et des évêques ont apporté des montants variés. Les contributions proviennent également de villes comme La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Bourges, Caen et Tours. Le document se termine par la date de février 1760. Les montants des contributions varient considérablement, reflétant l'importance et la générosité des contributeurs. Les contributions sont souvent accompagnées de la mention 'm. o. g.' et des montants en livres, sous et deniers. Ce document offre un aperçu des dons financiers effectués par des personnalités influentes dans diverses régions de la France à la fin de l'année 1759 et au début de l'année 1760.
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3893
p. 212-213
LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
Début :
Je crois, Monsieur, que vous ne pouvez me refuser le plaisir, [...]
Mots clefs :
Erreur, Décès, Comte de Wignacourt, Maison d'Artois, Chef
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
LETTRE
A L'AUTEUR DU MERCURE,
JEE crois , Monfieur , que vous ne pouvez me
refufer le plaifir , que j'ai l'honneur de vous demander
, je ne doute pas même que vous ne le
regardiez comme juſtice ; ni vous ni moi ne pouvons
laiffer le Public dans l'erreur à ce ſujer,
voici le fait :
On lit dans le Mercure de Janvier 1758 , que
Robert- Antoine , Comte de Wignacourt , Baron
de Saint Loup , Seigneur des terres & fiefs nobles
de Warnecourt , Charlogne , & c. eſt mort en
fon château de Charlogne en Champagne , le 30
Octobre 1756 , âgé de 58 ans trois mois & quinze
jours , & qu'il étoit chef de l'ancienne Maiſon de
fon nom , quitient rang entre les plus grandes &
les plus illuftres , & qui a donné dans le dernier
fiécle deux Grands- Maîtres à l'Ordre de Malthe.
Calof de Wignacourt , élu avec le confentement
géneral & unanime de tout l'Ordre & un applaudiffement
univerfel en 1601 , & Adrien de
Wignacourt en 1690 , & fils d'Antoine de Wignacourt
, Seigneur de Warnecourt , Evignie ,
Charlogne , &c . Gouverneur de la ville de Don
cheri.
Je vous prie , Monfieur , d'inférer dans votre
Mercure, que c'eft moi , ( Guilain - Jofeph- Adrien-
François , Marquis de Wignacourt , Baron de
Pernes , Seigneur d'Ourton , ) qui me trouve le
chef de cette Maifon d'Artois , par la mort de
mon pere , arrivé le 8 Octobre 1758 , enfon château
de Comblain - Châtelain , que la terre du nom
MARS. 1760. 213
eft en Artois , que ceux , qui en Champagne prétendent
être de ma Maiſon , n'en font pas , qu'ils
ne pourroient le prouver, Je ne difconviens pas ,
qu'ils ne foient une des meilleures Maiſons de
Champagne , & qu'ils ne faffent honneur , à ceux
qu'ils adoptent pour parens ; mais je fuis obligé
de faire fentir le contraire au Public , de ce qui
a été publié dans les Journaux , j'ai lû cette prétention
dans quantité de Mercures.
Je ne reconnois , pour être de ma Maiſon , que
Monfieur de Wignacourt d'Humbercourt en Picardie
, dont la branche ne s'eft léparée de la mienne
, qu'à mon ayeul , il n'a que des filles. Meffeurs
de Wignacourt de Namur , ils font trois
freres , dont deux font mariés ; ils n'ont auſſi que
des filles : l'une a épousé un Grand d'Efpagne , &
une autre Chanoineffe à Andenne , & Monfieur
de Wignacourt de Fletres , dont les foeurs font
Chanoineſſes à Maubeuge , j'ai un frere Colonel
en Espagne , du Régiment de Bruxelles , & une
foeur Chanoineffe à Maubeuge ; ma mere eft
Croy , & la fienne étoit Créquis ; elle eſt tante , à
la mode de Bretagne , du Prince de Croy. Je fais
dans l'impatience devoir cet article dans le
Mercure , que ce foit, je vous fupplie, au premier,
J'ai l'honneur d'être , Monfieur
Votre très-humble , & très-
ལྟ་ obéiffant ferviteur Mar
quis de Wignacourt .
A L'AUTEUR DU MERCURE,
JEE crois , Monfieur , que vous ne pouvez me
refufer le plaifir , que j'ai l'honneur de vous demander
, je ne doute pas même que vous ne le
regardiez comme juſtice ; ni vous ni moi ne pouvons
laiffer le Public dans l'erreur à ce ſujer,
voici le fait :
On lit dans le Mercure de Janvier 1758 , que
Robert- Antoine , Comte de Wignacourt , Baron
de Saint Loup , Seigneur des terres & fiefs nobles
de Warnecourt , Charlogne , & c. eſt mort en
fon château de Charlogne en Champagne , le 30
Octobre 1756 , âgé de 58 ans trois mois & quinze
jours , & qu'il étoit chef de l'ancienne Maiſon de
fon nom , quitient rang entre les plus grandes &
les plus illuftres , & qui a donné dans le dernier
fiécle deux Grands- Maîtres à l'Ordre de Malthe.
Calof de Wignacourt , élu avec le confentement
géneral & unanime de tout l'Ordre & un applaudiffement
univerfel en 1601 , & Adrien de
Wignacourt en 1690 , & fils d'Antoine de Wignacourt
, Seigneur de Warnecourt , Evignie ,
Charlogne , &c . Gouverneur de la ville de Don
cheri.
Je vous prie , Monfieur , d'inférer dans votre
Mercure, que c'eft moi , ( Guilain - Jofeph- Adrien-
François , Marquis de Wignacourt , Baron de
Pernes , Seigneur d'Ourton , ) qui me trouve le
chef de cette Maifon d'Artois , par la mort de
mon pere , arrivé le 8 Octobre 1758 , enfon château
de Comblain - Châtelain , que la terre du nom
MARS. 1760. 213
eft en Artois , que ceux , qui en Champagne prétendent
être de ma Maiſon , n'en font pas , qu'ils
ne pourroient le prouver, Je ne difconviens pas ,
qu'ils ne foient une des meilleures Maiſons de
Champagne , & qu'ils ne faffent honneur , à ceux
qu'ils adoptent pour parens ; mais je fuis obligé
de faire fentir le contraire au Public , de ce qui
a été publié dans les Journaux , j'ai lû cette prétention
dans quantité de Mercures.
Je ne reconnois , pour être de ma Maiſon , que
Monfieur de Wignacourt d'Humbercourt en Picardie
, dont la branche ne s'eft léparée de la mienne
, qu'à mon ayeul , il n'a que des filles. Meffeurs
de Wignacourt de Namur , ils font trois
freres , dont deux font mariés ; ils n'ont auſſi que
des filles : l'une a épousé un Grand d'Efpagne , &
une autre Chanoineffe à Andenne , & Monfieur
de Wignacourt de Fletres , dont les foeurs font
Chanoineſſes à Maubeuge , j'ai un frere Colonel
en Espagne , du Régiment de Bruxelles , & une
foeur Chanoineffe à Maubeuge ; ma mere eft
Croy , & la fienne étoit Créquis ; elle eſt tante , à
la mode de Bretagne , du Prince de Croy. Je fais
dans l'impatience devoir cet article dans le
Mercure , que ce foit, je vous fupplie, au premier,
J'ai l'honneur d'être , Monfieur
Votre très-humble , & très-
ལྟ་ obéiffant ferviteur Mar
quis de Wignacourt .
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Résumé : LETTRE A L'AUTEUR DU MERCURE.
Dans une lettre adressée à l'éditeur du Mercure, Guilain-Joseph-Adrien-François, Marquis de Wignacourt, conteste une information publiée en janvier 1758. Cette information annonçait la mort de Robert-Antoine, Comte de Wignacourt, le 30 octobre 1756, à l'âge de 58 ans, et le présentait comme chef de la Maison de Wignacourt, ayant fourni deux Grands-Maîtres à l'Ordre de Malte au XVIIe siècle. Le Marquis de Wignacourt affirme être le chef de la Maison d'Artois depuis la mort de son père le 8 octobre 1758. Il conteste les prétentions de la branche champenoise de la famille, qu'il reconnaît toutefois pour leur illustre lignée en Champagne. Il reconnaît comme membres de sa maison Monsieur de Wignacourt d'Humbercourt en Picardie, les Messieurs de Wignacourt de Namur, et Monsieur de Wignacourt de Fletres. Il mentionne également un frère colonel en Espagne et une sœur chanoinesse à Maubeuge. Sa mère est issue de la famille Croy, et sa grand-mère était Créquis, tante du Prince de Croy. Le Marquis demande à l'éditeur de publier cette clarification dans le prochain numéro du Mercure.
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3894
p. 217-240
SUITE de l'Etat de la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Début :
RHEIMS. Du 3 Décembre 1759, au 31 dudit. Messieurs m. o. g. Henri Duwalk, [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaies, Province, Villes, Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Metz, Strasbourg, Lille, Rouen, Lyon, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Limoges, Bourges, Amiens, Tours, Caen, Riom, Pau, Poitiers, Besançon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Etat de la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
SUITE de l'Etat de la Vaiffelle portée
aux Monnoies des Villes de Province.
RHEIM S.
Du 3 Décembre 1759 , au 31 dudit.
Meffieurs
Henri Duwalk , Comte de Dampierre.
L'Evêque de Sidon.
le Marquis de Longueval.
le Baron de Viffec de la Cude.
Duchêne de Ruville, Commiffaire
Provincial à Sedan.
Dubois de Livry , ancien Capitaine
au Régiment Dauphin , Caval.
Charonnier d'Hauterive , Lieuten.
pour le Roi à Rocroy.
Leleu , Receveur des Tailles à
Rheims.
Didelot , Direct. des Aides à Châlons.
l'Abbaye d'Igny , Ordre de Câteaux .
Croifat , Baron de Thiers.
l'Abbaye de S. Remi , de Rheinis .
l'Abbaye de S. Nicaife , de Rheims.
l'Abbaye de Valfecret , Ordre de
Prémontré.
l'Abbaye de Valchrétien , ' Ordre
dé Prémontré.
les R. P. Cordeliers de Rheims.
l'Abbaye de S. Pierre d'Hautvilliers.
Dorigny, Ecuyer , Seigneur d'Agny.
m. g.
33 7 12
IQ
3 6
133 6
53 2
18
60 S
$67 6
228
17
365 18
97 5
71
S
50 3
86
3-12
52
18
23 4
73 2 12
SI 4
218 MERCURE DE FRANCE
M.fieurs
Suite de Rheims .
m .
0. ğ
124 IS
82 3
21 2 6
De Cambray , Secrét. du Roi.
l'Abbaye des Trois- Fontaines.
d'Haudrecy , Brigadier des armées
du Roi.
La Compagnie de Meffieurs les
Chevaliers de l'Arquebule.
l'Abbaye de Saint Thierry.
l'Abbaye des Dames d'Argenfol .
Domilier , Directeur général des
Fermes à Soiffons .
l'Abbaye des Dames de l'Amour-
Dieu , Ordre de Cîteaux .
Maldan de Courchamps , Aide-
Major de la Ville de Sédan.
IS 618
17
20 2
40 6
36 33
II 7 12
NANTES.
Du 10 au 28 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Jofeph Poigneau du Pélevin . 4 14 14
Galbault Dufort , Maître des
Comptes.
245
18 Madame la Veuve Duguenot
Dubreil,
Demonti , ancien Garde du Roi.
Millain , Commiflaire général .
De Brice de Monpleflis- Defcartes,
Defpinofe , Seigneur de Frofay.
De la Rablais , Maître des Comtes.
Stabletonne , Comte de Trêves.
216 21
6 21
3
162 5
II 6
12
9
8559
197 4 12
114ƒ 9
MARS. 1760. 219
GRENOBLE.
Du 17 Décembre 1760. au 3 Janvier
Meffieurs
Du Perreau , Major de Valence.
Le Marq.de Montegnard , Lieutenant
général.
L'Evêque de Dye.
Defguers , Commiffaire or lonnateur
des Guerres en Dauphiné
De Roftaing , Seigneur de Fiancé.
L'Archevêque d'Ambrun .
D'Herculais.
De Fufferet , Confeiller au Parlement.
Le Chapitre de la Cathédrale de Gap .
m. o. g.
55.7
66 7
117 6
23 4 2E
176 2I
149 3
233 18
20.6 12
23 12
A IX.
Du 3 au 27 Décembre 1759.
Meffieurs
L'Archevêque d'Arles .
Le Duc de Villars. ( Second Article . )
Daynt.
Rollin , Marquis de Villeneuve .
m. o. g.
262 2
6
ts
43
164 7
"
153 2 12.
13 7
II 15
Mad. la Marquife de Valbelle.
Dezande-Maziere , Recev. à Siſteron .
Taurel , Gén . Provinc. des Monnoies.
Nicolas Borrelly , Ecuyer,de Marſeille. 186 6 1s
De Creiffel , ancien Lieutenant Colonel
de Cavalerie. 21 4
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite "d'Aix .
m. o. g. de
122
le Chap . de l'Eglife Métropolitaine
d'Aix .
Caftillon , Avocat gén . au Parlem.
l'Evêque de Fréjus .
Saurin de Muras , Confeiller àla
Chambre des Comptes.
Dalbertas , Premier Préſident de
la Cour des Comptes.
Fourbin , Baron d'Aupede.
le Baron de Forbs, Commandant
du Fort S. Jean à Marſeille.
Demie , Major du même Fort.
Mazenor , Préfident à la Cour des
Comptes.
Joannis , Procureur général à la
Cour des Comptes.
Jullien , Avocat au Parlement .
Daugery, Confeiller , Procureur
du Roi à Draguignan.
Michaëlis Dufeuil , Confeiller à la
Cour des Comptes.
de la Roquette , Préfident à ta
Cour des Comptes .
Philippe , Tréforier du Pays .
d'Ecrofe , Ecuyer de la ville du
Pertuis.
d'Albert , Préfident à la Cour des
Comptes.
Boiffon Lafalle , Confeiller à la
Cour des Comptes.
Rouffet , Marquis de Sillons.
Aillaud , Chevalier , Seigneur du
Caftellet.
13 2 18
13694
134
281 4 3
32 79
7512
113 I 21
33 4 28
9 I 3
15 3 18
35 615
91 3
100 I
29
455 3
26 1 13 12
SI I
1062 18
MARS. 1760.
221
RENNES,
Du 11 au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
Le Comte de S. Pern - Ligouyer,
Seot , Lieut. de Roi de S. Mało .
Pariette , Receveur général des
devoirs.
ledit fieur.
le Comte Dubois de Lamotte.
Geflin de Trémargat , Préfident
au Parlement.
l'Evêque de S. Malo.
le Comte de Mufillac.
l'Abbaye royale de St Mélaine.
Duplefix d'Argentré , ancien
Major du Rég. de Brancas.
L'Abbaye royale de Redon.
La Communauté des Religieufes
du Colombier , de Rennes.
m . 0. g: d.
109 I
2.3
100 2 13 12
19 6 22 12
43 5 3
27 7
41 S 14
ส
49 4 ΙΣ
697. IS
34621
3.8 3 12
4 7 10 12
MĘT Z.
Du 21 Novembre au 13 Décembre 1759-
Meffieurs
De Carriere , ancien Capitaine des
Grenadiers de France , & Pre
mier Préfident du Bureau des
Finances ,
De Charel , ancien Tréforier.
m. o. g. d.
1 2
171 4 I
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Suite de Metz.
Meffieurs
D'Aligre, Chanoine de la Collégiale
de S. Sauveur.
l'Evêque de Verdun .
les Chanoines féculiers de S. Louis ,
à Metz.
l'Abbé de Mareille , grand Doyen
de la Cathédrale .
le Comte de Fouquet , Maréchal
de camp.
l'Evêque de Toul .
l'Abbé Donnery, grand Doyen de
la Cathédrale de Toul.
de Vallory, Lieutenant pour le Roi ,
& Ingénieur en chef à Toul.
Le Marquis de Choiseul , Commandant
en Lorraine.
Le Comte de Guftine des Aufftans.
L'Abbé de la Richardie , Abbé de
S. Clément .
Sa Majefté le Roi de Pologne.
Le Chancelier de Lorraine.
De la Galaifiere , fils , Intendant
de Lorraine .
m. 0. g. d.
95536
483 5
12 3 7 36
108 4
174 6 6
193 34
165 6
19 1 2
173 34
812 336
7974
1875 36 IF
t 542 I
Aliot , Grand- Maître de la Maiſon
du Roi de Pologne .
Thomas , grand Doyen de la
Cathédrale.
De Verdun , Fermier général de
Tournée .
Deriffon , Lieuten. de Roi à Verdun.
De Verdun .
Le Baron de Béry , Brigadier des
Armées du Roi.
12967
157 37
17 1 6
90 2
2561
18 67
2376
Mad. la Compeffe de Choiſeul- Meuze. 118 7
MARS. 1760. 2237
STRASBOURG.
Du 22 Novembre , au 30 Décembre 1959.
Meffieurs
Grau , Directeur des Fermes , & Mad.
fa mere.
Etienne , Curé de la Paroiffe Royale de
S. Louis.
Barbier , Receveur des Finances .
Praz, Directeur des Fourrages.
De Trelans , Lieutenant de Roi à Straf
bourg.
De S. André , Lieutenant général , &
Commandant de la Province .
D'Hauteval , Major de la Place.
Baron , Commiffaire ordonnateur.
L'Evêque de Strasbourg.
m. o. g.
584 14
17 4 *
64 3 6
32 2 6
339 6 13
430 3
326 6
99421
731 1 }
2
9 49 3
Aubert , Major de la Place à Strasbourg. 12 7
Denac , Lieut. de Roi au neuf Brilac .
De Klinglin , premier Préfident à
Colmar.
Immendorff, Chancelier de la Collégiale
de Neuviller.
De Mougé , Receveur général des
Finances.
D'Authel , Seigneur de Namsheim.
Rouffeau , Directeur général des Salines
à Dieuſe.
147 4 18
60 3
14 S 1
30 5
6
14 7
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
LILLE .
De Burghelle Cotereau.
Lancy de la Rayere , Secrétaire du Roi.
Farez d'Ogmont , Tréforier des Etatsde
Lille
Imbert de la Plaleque.
Rinquier , Confeiller:
Raffin de Bodigny , Confeiller au Parlement
de Flandre.
De Madre Confeiller.
Bernard , Major de Condé.
Le Mefre du Quénel.
Poulle Davan , Mayeur.
De Wallerave.
De Verghelle.
44 6 7
142 3 6
117 17
1662
2842
47 3
1766
45 7
19 4 S
13 24
Rouffeau , Greffier Criminel.
Madame la Préfi lente de Briffeuille.
Le Baron de Briffeuille.
Pajor , Commiflaire des Guerres.
De Gouve , Subdélégué à Arras .
d'Haffrenques , Subdélégué à Lille.
Begon , Intendant de la Marine
Dunkerque.
de Caumartin , Intendant.
les Religieux de Marchiennes.
le Mefre Crateghem , Bourgeois de
Lille .
le Marquis de Cernay S. Gal
Madame la Marquife les Danois ,
Valenciennes.
Madame la Comteffe de Cernay ,
Valenciennes.
12 1 4
III 2
1964
176 6
60 2
70 6 4
71 2 I
244 I
à
222 7
335 4 S
15922
20 43
22532
à
263 46
à
62 27
Laurent , Commiffaire des Guerres. 246 2 2
MARS. 1760 : 225
Meffieurs
Suite de Lille.
Vanzeler de Santes .
les Religieux de Loos , près Lille.
Madame la Princeffe de Rohan , Abbelle
de Marquére.
les Jéfuites de Douay.
l'Abbaye de l'Oos , près Lille, ( Second
Article. )
Mademoiſelle Beviere , de Douay.
Raziere de la Howardrie , à Douay.
de Logny , Directeur des Fermes,
Dante.
l'Abbaye de Saint, à Douay.
le Marquis de Barbançon.
Muiffard.
le Marquis de Croix.
de Caumartin , Intendant.
Taverne de Reneſeure .
Malus , Commiſſaire des Guerres.
m. 0. g.
129 7 4
134 3 2
110 5 S
161 S
55 3
24
le Marquis de Caftejas , Commandant à
Manhove , Magiftrat.
Mariambourg.
Turpin , Préfident à Mortier.
Baffet , Secrétaire d'Intendance.
de S. Pern , Lieutenant général .
les Jéfuites Ecoffois , de Douay.
Mauroy , Directeur des Domaines au
Hameau.
Somming , Lieutenant de Roi à Valenciennes.
l'Evêque de S. Omer.
Ingiliart du Plois.
Stappens de Fléchinel.
J
de Lefpaule , Négociant à Lille.
MM. les Trinitaires de Douay..
**
32 I 3
7513
38 64
40 I 7
27, 7
80 4 2
359 37
14 2 2
79 $ 5
86
2164
14 7 2
26
9067
t
119 7 $
336 D
39.3
37 7
375 3
70 3 3
186 1 6
5563
1867
K.V
226 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
Les Dames Brigitines de Douay.
d'Henin.
André d'Henin.
Les jefuites d'Armentieres.
L'Abbaye de Phalempin.
de la Haye , de Lille.
Les Jéfuites du Collège de Lille .
l'Abbé Chomel , Chanoine d'Arras.
L'Abbaye de S Bertin , à S. Omer.
de la Tuillerie , Commiflaire Ordonnateur
à Dunkerque.
Belzunce , Lieutenant de Roi à Douay.
Madame la veuve Cramé..
de Surmont Flégart.
de Malezieux , Recev. des Domaines ,
Palifot de Beauvais , Receveur des
Domaines.
Rouffel , Tréforier.
de Fouilleufe , Commandant pour le
Roi à Philippeville.
L'Abbaye de Château ,. en Flandres.
Libert de Beaumont.
m. g.
12 2 2
1433
If I 2
7 3 L
17 4 I
3362
215 62
6023
277 22
6456
45 66
IS 74.
44 3
8922
58 6 1 .
23 6.
17 4 I
2667
63 7
ROUE N.
Du 19 Novembre , au 1 Décembre 1759-
Meffieurs
Chateau . Giron , Directeur des
Fermes.
De la Beuyere , Direct. des Dom
Charles Defchamps , Négociant.
m. o. g. d.
6 46. I
317 7 15
45 1 22 ΓΟ
MARS. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Rouen.
Le Marquis Doudelor .
le Préfident du Moucel.
le Préfident Louraille.
Madame l'Abbeffe de S. Louis .
le Febvre , premier Echevin de
Ville.
le Préfident de Bailleul.
Morel , Infpect. des Manufact .
Godinot , Inſpecteur des Indes.
le Préfident de Rouville.
de Chaffaigne , Receveur des
Tailles.
le Président de la Londe.
la Confréirie de S. Clément.
“ Therine , Abbé de S. Victor.
le Président de Motteville.
l'Abbé de Saint Ouin.
m. o. g . d.
81 7 4 12
110 7 12
395 3 12
9 1
546
27 I
119 I
17 I
9 6
171 I
672
7 12
322 I 12
115 7 9
9
14 6 12
6
161 1 4 12
19 12
43
Pigeon , Confeiller au Parlement. 44 4 21
Guerin , de Tourville . 70 I 3
LYON.
Du 26 Novembre au 14 Décembre 1759.
Meffieurs
le Chevalier de Vatenges .
le Commandeur du Saillant .
Poffuel Defverneaux , Préfident.
Guillard , l'aîné Négociant , Suiffe.
de la Vernette de Mâcon .
Mogniat , Docteur de Sorbonne .
1992
m.
0. g.
3
I 2
175 6
152
18 7 21
58 6 18
29
K vj
128 MERCURE DE FRANCE.
Suite de Lyon.
Meffieurs
m. •. g.
Dervieux , Duvillars. 635
16 4 12
10 S
Defpa gnat , Commandant à Bourg.
Vianet.
Tronchin , de Genève , Négociant . 109 4 9
Du Villars , Comte de Lyon .
le Meau , de Ville - franche.
Picaud de la Motte,
Rollin , de Saint Etienne.
le Maître , Médecin à Saint Etienne.
Thioliere , Chang . à St. Etienne.
de Lurieux , de S. Etienne.
le Curé de la Platriere.
Dugas , de Bois S. Juft.
Bodin , Maire de Mâcon.
l'Abbaye de Béniffons- Dieu.
De la Tour- du Pin .
les Chanoines de S. Chef.
l'Archevêque de Vienne.
l'Abbaye de S. André- le-haut.
les Chanoines de Fourviere..
le Curé de Condrieu .
71 13
59 4 IS
544 12
18 2 18
37
8321
20 I 6
30 I
180 6 21
45 63
25 1 12
3 12
SI 4 18
225 3
24 7 12
62
3 I 3
les Chanoines de S. Pierre de Vienne. 75 2 20
de S. Torrent , Abbé de S. Sulpice ,
Ordre de Cîteaux .
les Chanoines de l'Eglife Cathédrale
de Vienne.
de a Roquette , Secrétaire du Roi.
Terraffon , Négociant.
Valfrai , Imprimeur du Roi.
Jaquette , Curé de Saint Bonet.
222 3 12
33 S IS
128 2 15
88 3 18
45 [ 21
1 2 6
MARS. 1760.
22.0
LA ROCHELLE.
Du au 24 Décembre 1.7.59.
Meffieurs
Valler , de Sallignac de Marennes.
Poujaud de Montjardin , Receveur
des Tailles.
le Maréchal de Senectere , Commandant.
Madame Desherbieres , veuve .
Andrien, Commiffaire de la Marine
à Rochefort .
du Barail , Vice- Amiral de France.
Rochard , A vocat.
Les Bénédictins de S. Michel en
Therm .
de Pont , Tréforier de France .
Bechillon de Vallans .
le Marquis de Brémond.
m. 0.
g.t
142 5
502 I 6
57 7
2316
I 2
67 6
6
109 7 12
33
143 S 12
Petit , Receveur général des Fermes
du Roi. 154 3 12
BORDEA U'X.
Du 13 au 29 Décembre 1759.
Meffieurs
Latour , Recev. des Tailles d'Agen.
Les Bénédictins de Bordeaux .
La Grauler , Commandant du
Château Trompette.
Les Bénédictins de la Réole.
46
196 7:18
32 1 18
36
230 MERCURE DE FRANCE
Suite de Bordeaux.
Messieurs
Le Duc de la Force.
m. o. g.
3636 6
24 I Les Bénédictins de la Sauve. 6
Meilhan , Syndic du Chapitre de
Saint Michel de la Réole.
Le même.
le Duc de Lorges , Commandant en
75
7 I
Guienne.
Canniere.
124 3 6
10 7 21
TOULOUSE.
Du 12 au 31 Décembre 1759 .
Meffieurs
du Guefclin , Evêque de Cahors.
de Langles , Evêque de S. Papoul .
Nárbonne , Evêque de Laftoure.
MM . les Chapelains de Gazeron.
le Marquis d'Alzan .
de Celés , Confeiller au Parlement .
Grimaldy , Evêque de Rhodés.
Baftard , Profeffeur.
les Dames Feuillentines , de Toulouſe.
l'Abbaye de la Baftide des Feuillans .
le Comte de Marlartie .
Catalan , Evêque de Rieux.
m. o. g.
253 I2
290 4 12
219 3
123 2 12
726
73
54
28
ΙΣ
16 6 18
47 6
168 6
88
124 2
II 4 ΙΣ
Boucaud , Evêque d'Alet.
Madame Doujat.
de Fontange , Evêque de Lavaur .
d'Aignant , Préfident au Préfidial à
Auch.
le Comte de Lupé du Garonné.
Madame de Bonnal de la Granliere .
L'Eglife de la Baſtide du Seron.
64 3 ri
27 3
652
81.
77
MARS. 1760. 13 སྨྲ
MONTPELLIER.
Du 30 Novembre au 31 Décembre 1759.
Mefsieurs
le Chevalier de Botteville , Commandant
à Alais .
l'Evêque d'Alais.
l'Archevêque de Narbonne.
le Maréchal de Thomond.
l'Archevêque de Toulouſe.
le Comte de Rhote , Lieut. général.
le Marquis de S. Felix .
d'Alfanty , d'Alais.
l'Evêque d'Uzès.
le Chevalier d'Alais .
l'Evêque de Carcaffonne.
l'Archidiacre de Narbonne.
m. o. go
45 7 18
22 7
415 6
66 3 12
ISS 5 12
203 4 12
118 6 12
356
125 I
33 3 6₁
228 I
74 6 12
60 3 12
ر
Delpech , Ecuyer.
l'Evêque de Beziers.
l'Evêque de Lodève.
l'Evêque de Mende.
204 12
985
le Marquis de Calviere , Lieut, gén . 78 4
de Montaulieu S , Hypolyte.
275 S
283
DIJON.
Du 4 Décembre 1759 , au 7 Janvier 1760%
Meffieurs
de Gramond , Préfident à la Chambre
des Comptes.
de Buffon.
de la Martine.
m. o. g
47.4 . 12
61 4
19 5 124
** MERCURE DE FRANCE.
Suite de Dijon
Messieurs
Poulletier , Receveur Général des Domaines.
de Vergennes , Préfident à la Chambre
des Comptes.
Madame la Comtelle des Barres .
Le Prieuré de Maiziere , Ordre de
Citeaux.
de Vellemont , Confeiller au Parlem.
de Varrene , Secrétaire des Etats de
m. o. g.
40 6 12
40 7
14 I
185 2
47 1 6
122 6
Bourgogne .
de la Valette , Capitaine de Vaiffeaux. 280
Madame Rigoley. 411 7 18
de Montigny , Directeur des Fermes, 200 4 6 de Bouhier de Chevigny
.
de Montdragon , Maître- d'hôtel du
Roi
Gaudelet , Ecuyer.
de Breffey , Seigneur du Baffin
Vaillant.
Cureau , Prêtre à Chaillon.
Les Dames Religieufes de la Vifitation
de Dijon.
le Marquis de Longecour , Capitaine
148
339 3 18
15 18
60
8 2 18
127
161 2 18
1296
3:23 4
55 12
Ruffey , Préfident . 170 I 6
4. 3
le Chevalier Bouhier , Brigadier des
Armées du Roi. 249 5
896 6
le Marqns d'Inceny , de Châlons, 158
Les jacobins de Dijon. 73-418
Lamy de Sameray , ancien Confeiller
de Cavalerie.
au Parlement .
Madame la Préfidente Richard.
Perrault , Maire de Châlons.
Madame l'Abbeffe de S Julien.
MARS. 1760, 233
Meffieurs
Suite de Dijon.
m.
Madame la Préfidente de Verfalieux . 79, 2
l'Abbé Ballin.
Les Dames Religienfes du Réfuge de
Dijon.
Madame la Préfidente de Périgny.
Madame de Migieux.
de Buffon . Second Article. )
Madame de la Foreſt,
63824
61 1 12
127 5 12
235 1 6
39 S 12
2303
PERPIGNAN.
Du 6 au 11 Décembre 1759.
Meffieurs
le Grand - Prieur de Cahors.
de Redon , Lieutenant de Roi.
le Commandant de Cahors,
Le même.
Hugues.
m. o. g.
93 12
102 I
86 3
65
12
21 7
Meffieurs
ORLEANS.
Du 2 au 11 Janvier 1760.
L'Eglife de S. Vincent d'Orléans.
L'Eglife Royale de S. Aignant.
Les anciens Carmes.
Les Carmes déchauffés.
Le Seminaire d'Orléans.
m. o.
15 S
132 5
34 6 12
35
z 2 X2
234 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite d'Orléans:
Les Chartreux d'Orléans .
Les Minimes d'Orléans .
Les Jéfuites du Collège d'Orléans.
Les Jéfuites de la Congrégation.
Les Religieux d'Ambert.
de S. Michel , premier Préſident de
la Chambre des Comptes de Blois.
Les Religieux de l'Abbaye de l'Aumône
, dite le petit Cîteaux , dans
le Comté de Dunois .
"
Les Freres Prêcheurs d'Orléans .
Poulin , Prieur de Vouron.
MM. du Chapitre de l'Eglife de Notre-
Dame de Clery , Diocèſe d'Orléans.
m . o. g.
45 4
19 2
130
SI S
26 2 18
79 2 12
22 3
34 2
3 I
24 2 露
LIMOGES.
Du 17 Janvier au 3 Février 1760 .
" Meffieurs
Les Bénédictins de Limoges.
Limoges.
Madame l'Abbeffe des Allois , de
Alexandre Galard de Béarn.
L'Abbaye de Solignac.
L'Evêque de Perpignan .
m. o. g.
38
16
14 7
33 2
226 4 I
MARS. 1760. 235
BOURGES.
Du 22 Janvier au 11 Février 1760 .
Meffieurs
L'Eglife de Bourges.
Les Bénédictins de Bourges .
L'Abbaye de Saint Laurent .
MM. les Chanoines Réguliers de
Bourges.
Les Auguftins de Bourges.
m. o. g.
୨୨ 7
27.6
24 4
46
12 I
235
Les Bernardines de Bourges. 35 I
+44
La Paroiffe de Saint Pierre ,
le
Les Peres Jéfuites.
marché de Bourges.
La Congrégation deſdits Jéfuites .
d'Orfanne de Tizay , d'Iffoudun .
38 2 2
40 I
18 3 2
19 5 6
Meffieurs
AMIENS.
Du Février , au 13 dudit.
L'Abbaye de Cercamps .
le Vaffeur .
le Marquis de Clermont-Tonnerre.
m . o.
g.
34 7 S
10 I I
13857
23.6. MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
TOURS.
Du 2 au 28 Janvier 1760.
Les Religieux de l'Abbaye de Bourgueil.
MM. du Chapitre de S, Martin.
Les Dames Religieuf.de la Virginité,
Ordre de Citeaux.
L'Eglife de S. Gation, de Tours.
Les Jéfaites du Collège, de Tours.
Les Religieux Feuillans .
Les Peres Minimes du grand
Couvent lès- Tours.
m. 0. g.
31 7 16 12
991 19 12
14 3 22 12
6
9
34 2
so
11 3 19 12
18 6 9
CAEN.
Du 11 ay 31 Décembre 1.7 5.9º
Meffieurs m.
Les Jéfuites. 28 S
Les Dames de la Charité . 9 64%
Dufrêne. 43 3 S
Madame de la Narvanderie. 17 47
Boquet. 10 5 4
de la Virganerie.
Madame & Mlle de Sévaut.
Madame de Baron.
17 4 1
103 I f
7942
Madame de Claffy. 24 រ
d'Hermanville.
de Freſnel. 8967
MARS. 1760. 237
Suite de Caën.
Meffieurs
de Louvigny.
L'Abbaye de Beaumont.
L'Abbaye de S. Vigor.
Le Curé de Talvaude.
Madame de Carbonel.
L'Abbaye de Cérify.
Madame de Saint Louver.
Madame de Lagny.
M. 0. g.
55 24
17 6 1
19 6 4
20 2 I
2253
1422
IIS
46.4 5
31 53
13 47
de Caligny.
de Molandé.
d'Aurcher.
29 25
Madame de Branay. 154 6.4
l'Evêque de Lifieux. 201 I S
de Belleville.
de Miéville.
Marie , Avocat.
123 26
12 2 5
9.3.5
Les Confreres de Condé. ΤΟ 2
L'Abbaye de Barbery.
66 15
Madame le Vaillant.
de Baudis .
32 27
35 3 4
Madame de Buron.
d'Hourville.
le Marquis d'Harcourt.
de Therre.
de Caligny.
Piedoux.
Routier.
de Biodoffe.
Madame de Caftilly .
21 2
129 6 7
170 I 4
79 47
3525
134 7.3
45
16
27 66
203 7 I
238 MERCURE DE FRANCE.
RIOM.
Du 10 Décembre 1759 , au 5 Janvier 1760 .
Meffieurs
m. o. g.
Dufraiffe Duché , Procureur du Roi. 87 7 4
le Comte de Jampigny.
de la Vilatel.
Du tour Carré .
le Marquis de Chabanne .
1307
57 4
255
54 7
Disbray , Receveur des Tailles.
le Comte de la Richardie .
de Laval de la Crême , Subdélégué
. à Riom.
Les Bénédictins de la Chaife- Dieu.
Les Bénédictins de Saint Allir de
Clermont.
L'Evêque de S. Flour,
SS I
7936
746
193 16
30 52
191
PASU.
Du 12 au 28 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
le Comte de Grammont. 328 1 15
de Lille , Commiff. des Guerres. 95 5 15
de Courreges Agnos , Confeiller
au Parlement .
le Baron d'Arboucave .
de Belegarde , Lieuten. de Roi.
108 7 15
34 6 18
87 3
MARS. 1760. 239
Meffieurs
Suite de Pau .
Lavant , Receveur des Décimes
à Tarbes.
Les Bénédictins de S. Severcap .
de Logras , Confeiller au Parlement
de Navarre.
m. o. g. d.
13 I
822
4 12
49.3 6
POITIERS.
Du 31 Décembre 1759 , au 17 Janvier 1760 .
Meffieurs
de Choupper , Major du Régiment
de Beauvilliers .
Fouen , Receveur des Tailles.
L'Abbaye de Ste , Croix de Poitiers .
L'Abbaye de l'Etoille , Ordre de
Cîteaux .
m . o. g.
156 5 12
26 I 12
36 6 12
42 If
52 3 12
26 4 18
>
L'Abbaye du Pin , Ordre de Cîteaux .
Palteau , Tréforier de France.
L'Abbaye Royale de Bonnevaux
Ordre de Cîteaux .
L'Abbaye de Saint Jouin , Ordre
de Saint Benoît.
II I
38 7 12
་ ,
I
240 MERCURE DE FRANCE.
BESANÇON.
Du 22 Décembre 1759 , au 8 Janvier 1760 .
Meffieurs
Sarrette.
L'Abbaye de Luzelle.
Colombe.
de Génevreuille.
Mirondot.
de la Rouffelliere.
de Villier.
de Franchevelle.
L'Abbaye de Chalieux.
le Comte de Molans.
´m. o. f.
576
25 5
3612
15378
14 7 If
12 I
d2f-12
18 3 12
-86
12 1
aux Monnoies des Villes de Province.
RHEIM S.
Du 3 Décembre 1759 , au 31 dudit.
Meffieurs
Henri Duwalk , Comte de Dampierre.
L'Evêque de Sidon.
le Marquis de Longueval.
le Baron de Viffec de la Cude.
Duchêne de Ruville, Commiffaire
Provincial à Sedan.
Dubois de Livry , ancien Capitaine
au Régiment Dauphin , Caval.
Charonnier d'Hauterive , Lieuten.
pour le Roi à Rocroy.
Leleu , Receveur des Tailles à
Rheims.
Didelot , Direct. des Aides à Châlons.
l'Abbaye d'Igny , Ordre de Câteaux .
Croifat , Baron de Thiers.
l'Abbaye de S. Remi , de Rheinis .
l'Abbaye de S. Nicaife , de Rheims.
l'Abbaye de Valfecret , Ordre de
Prémontré.
l'Abbaye de Valchrétien , ' Ordre
dé Prémontré.
les R. P. Cordeliers de Rheims.
l'Abbaye de S. Pierre d'Hautvilliers.
Dorigny, Ecuyer , Seigneur d'Agny.
m. g.
33 7 12
IQ
3 6
133 6
53 2
18
60 S
$67 6
228
17
365 18
97 5
71
S
50 3
86
3-12
52
18
23 4
73 2 12
SI 4
218 MERCURE DE FRANCE
M.fieurs
Suite de Rheims .
m .
0. ğ
124 IS
82 3
21 2 6
De Cambray , Secrét. du Roi.
l'Abbaye des Trois- Fontaines.
d'Haudrecy , Brigadier des armées
du Roi.
La Compagnie de Meffieurs les
Chevaliers de l'Arquebule.
l'Abbaye de Saint Thierry.
l'Abbaye des Dames d'Argenfol .
Domilier , Directeur général des
Fermes à Soiffons .
l'Abbaye des Dames de l'Amour-
Dieu , Ordre de Cîteaux .
Maldan de Courchamps , Aide-
Major de la Ville de Sédan.
IS 618
17
20 2
40 6
36 33
II 7 12
NANTES.
Du 10 au 28 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
Jofeph Poigneau du Pélevin . 4 14 14
Galbault Dufort , Maître des
Comptes.
245
18 Madame la Veuve Duguenot
Dubreil,
Demonti , ancien Garde du Roi.
Millain , Commiflaire général .
De Brice de Monpleflis- Defcartes,
Defpinofe , Seigneur de Frofay.
De la Rablais , Maître des Comtes.
Stabletonne , Comte de Trêves.
216 21
6 21
3
162 5
II 6
12
9
8559
197 4 12
114ƒ 9
MARS. 1760. 219
GRENOBLE.
Du 17 Décembre 1760. au 3 Janvier
Meffieurs
Du Perreau , Major de Valence.
Le Marq.de Montegnard , Lieutenant
général.
L'Evêque de Dye.
Defguers , Commiffaire or lonnateur
des Guerres en Dauphiné
De Roftaing , Seigneur de Fiancé.
L'Archevêque d'Ambrun .
D'Herculais.
De Fufferet , Confeiller au Parlement.
Le Chapitre de la Cathédrale de Gap .
m. o. g.
55.7
66 7
117 6
23 4 2E
176 2I
149 3
233 18
20.6 12
23 12
A IX.
Du 3 au 27 Décembre 1759.
Meffieurs
L'Archevêque d'Arles .
Le Duc de Villars. ( Second Article . )
Daynt.
Rollin , Marquis de Villeneuve .
m. o. g.
262 2
6
ts
43
164 7
"
153 2 12.
13 7
II 15
Mad. la Marquife de Valbelle.
Dezande-Maziere , Recev. à Siſteron .
Taurel , Gén . Provinc. des Monnoies.
Nicolas Borrelly , Ecuyer,de Marſeille. 186 6 1s
De Creiffel , ancien Lieutenant Colonel
de Cavalerie. 21 4
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite "d'Aix .
m. o. g. de
122
le Chap . de l'Eglife Métropolitaine
d'Aix .
Caftillon , Avocat gén . au Parlem.
l'Evêque de Fréjus .
Saurin de Muras , Confeiller àla
Chambre des Comptes.
Dalbertas , Premier Préſident de
la Cour des Comptes.
Fourbin , Baron d'Aupede.
le Baron de Forbs, Commandant
du Fort S. Jean à Marſeille.
Demie , Major du même Fort.
Mazenor , Préfident à la Cour des
Comptes.
Joannis , Procureur général à la
Cour des Comptes.
Jullien , Avocat au Parlement .
Daugery, Confeiller , Procureur
du Roi à Draguignan.
Michaëlis Dufeuil , Confeiller à la
Cour des Comptes.
de la Roquette , Préfident à ta
Cour des Comptes .
Philippe , Tréforier du Pays .
d'Ecrofe , Ecuyer de la ville du
Pertuis.
d'Albert , Préfident à la Cour des
Comptes.
Boiffon Lafalle , Confeiller à la
Cour des Comptes.
Rouffet , Marquis de Sillons.
Aillaud , Chevalier , Seigneur du
Caftellet.
13 2 18
13694
134
281 4 3
32 79
7512
113 I 21
33 4 28
9 I 3
15 3 18
35 615
91 3
100 I
29
455 3
26 1 13 12
SI I
1062 18
MARS. 1760.
221
RENNES,
Du 11 au 31 Décembre 1759.
Meffieurs
Le Comte de S. Pern - Ligouyer,
Seot , Lieut. de Roi de S. Mało .
Pariette , Receveur général des
devoirs.
ledit fieur.
le Comte Dubois de Lamotte.
Geflin de Trémargat , Préfident
au Parlement.
l'Evêque de S. Malo.
le Comte de Mufillac.
l'Abbaye royale de St Mélaine.
Duplefix d'Argentré , ancien
Major du Rég. de Brancas.
L'Abbaye royale de Redon.
La Communauté des Religieufes
du Colombier , de Rennes.
m . 0. g: d.
109 I
2.3
100 2 13 12
19 6 22 12
43 5 3
27 7
41 S 14
ส
49 4 ΙΣ
697. IS
34621
3.8 3 12
4 7 10 12
MĘT Z.
Du 21 Novembre au 13 Décembre 1759-
Meffieurs
De Carriere , ancien Capitaine des
Grenadiers de France , & Pre
mier Préfident du Bureau des
Finances ,
De Charel , ancien Tréforier.
m. o. g. d.
1 2
171 4 I
K iij
222 MERCURE DE FRANCE.
Suite de Metz.
Meffieurs
D'Aligre, Chanoine de la Collégiale
de S. Sauveur.
l'Evêque de Verdun .
les Chanoines féculiers de S. Louis ,
à Metz.
l'Abbé de Mareille , grand Doyen
de la Cathédrale .
le Comte de Fouquet , Maréchal
de camp.
l'Evêque de Toul .
l'Abbé Donnery, grand Doyen de
la Cathédrale de Toul.
de Vallory, Lieutenant pour le Roi ,
& Ingénieur en chef à Toul.
Le Marquis de Choiseul , Commandant
en Lorraine.
Le Comte de Guftine des Aufftans.
L'Abbé de la Richardie , Abbé de
S. Clément .
Sa Majefté le Roi de Pologne.
Le Chancelier de Lorraine.
De la Galaifiere , fils , Intendant
de Lorraine .
m. 0. g. d.
95536
483 5
12 3 7 36
108 4
174 6 6
193 34
165 6
19 1 2
173 34
812 336
7974
1875 36 IF
t 542 I
Aliot , Grand- Maître de la Maiſon
du Roi de Pologne .
Thomas , grand Doyen de la
Cathédrale.
De Verdun , Fermier général de
Tournée .
Deriffon , Lieuten. de Roi à Verdun.
De Verdun .
Le Baron de Béry , Brigadier des
Armées du Roi.
12967
157 37
17 1 6
90 2
2561
18 67
2376
Mad. la Compeffe de Choiſeul- Meuze. 118 7
MARS. 1760. 2237
STRASBOURG.
Du 22 Novembre , au 30 Décembre 1959.
Meffieurs
Grau , Directeur des Fermes , & Mad.
fa mere.
Etienne , Curé de la Paroiffe Royale de
S. Louis.
Barbier , Receveur des Finances .
Praz, Directeur des Fourrages.
De Trelans , Lieutenant de Roi à Straf
bourg.
De S. André , Lieutenant général , &
Commandant de la Province .
D'Hauteval , Major de la Place.
Baron , Commiffaire ordonnateur.
L'Evêque de Strasbourg.
m. o. g.
584 14
17 4 *
64 3 6
32 2 6
339 6 13
430 3
326 6
99421
731 1 }
2
9 49 3
Aubert , Major de la Place à Strasbourg. 12 7
Denac , Lieut. de Roi au neuf Brilac .
De Klinglin , premier Préfident à
Colmar.
Immendorff, Chancelier de la Collégiale
de Neuviller.
De Mougé , Receveur général des
Finances.
D'Authel , Seigneur de Namsheim.
Rouffeau , Directeur général des Salines
à Dieuſe.
147 4 18
60 3
14 S 1
30 5
6
14 7
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
LILLE .
De Burghelle Cotereau.
Lancy de la Rayere , Secrétaire du Roi.
Farez d'Ogmont , Tréforier des Etatsde
Lille
Imbert de la Plaleque.
Rinquier , Confeiller:
Raffin de Bodigny , Confeiller au Parlement
de Flandre.
De Madre Confeiller.
Bernard , Major de Condé.
Le Mefre du Quénel.
Poulle Davan , Mayeur.
De Wallerave.
De Verghelle.
44 6 7
142 3 6
117 17
1662
2842
47 3
1766
45 7
19 4 S
13 24
Rouffeau , Greffier Criminel.
Madame la Préfi lente de Briffeuille.
Le Baron de Briffeuille.
Pajor , Commiflaire des Guerres.
De Gouve , Subdélégué à Arras .
d'Haffrenques , Subdélégué à Lille.
Begon , Intendant de la Marine
Dunkerque.
de Caumartin , Intendant.
les Religieux de Marchiennes.
le Mefre Crateghem , Bourgeois de
Lille .
le Marquis de Cernay S. Gal
Madame la Marquife les Danois ,
Valenciennes.
Madame la Comteffe de Cernay ,
Valenciennes.
12 1 4
III 2
1964
176 6
60 2
70 6 4
71 2 I
244 I
à
222 7
335 4 S
15922
20 43
22532
à
263 46
à
62 27
Laurent , Commiffaire des Guerres. 246 2 2
MARS. 1760 : 225
Meffieurs
Suite de Lille.
Vanzeler de Santes .
les Religieux de Loos , près Lille.
Madame la Princeffe de Rohan , Abbelle
de Marquére.
les Jéfuites de Douay.
l'Abbaye de l'Oos , près Lille, ( Second
Article. )
Mademoiſelle Beviere , de Douay.
Raziere de la Howardrie , à Douay.
de Logny , Directeur des Fermes,
Dante.
l'Abbaye de Saint, à Douay.
le Marquis de Barbançon.
Muiffard.
le Marquis de Croix.
de Caumartin , Intendant.
Taverne de Reneſeure .
Malus , Commiſſaire des Guerres.
m. 0. g.
129 7 4
134 3 2
110 5 S
161 S
55 3
24
le Marquis de Caftejas , Commandant à
Manhove , Magiftrat.
Mariambourg.
Turpin , Préfident à Mortier.
Baffet , Secrétaire d'Intendance.
de S. Pern , Lieutenant général .
les Jéfuites Ecoffois , de Douay.
Mauroy , Directeur des Domaines au
Hameau.
Somming , Lieutenant de Roi à Valenciennes.
l'Evêque de S. Omer.
Ingiliart du Plois.
Stappens de Fléchinel.
J
de Lefpaule , Négociant à Lille.
MM. les Trinitaires de Douay..
**
32 I 3
7513
38 64
40 I 7
27, 7
80 4 2
359 37
14 2 2
79 $ 5
86
2164
14 7 2
26
9067
t
119 7 $
336 D
39.3
37 7
375 3
70 3 3
186 1 6
5563
1867
K.V
226 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
Les Dames Brigitines de Douay.
d'Henin.
André d'Henin.
Les jefuites d'Armentieres.
L'Abbaye de Phalempin.
de la Haye , de Lille.
Les Jéfuites du Collège de Lille .
l'Abbé Chomel , Chanoine d'Arras.
L'Abbaye de S Bertin , à S. Omer.
de la Tuillerie , Commiflaire Ordonnateur
à Dunkerque.
Belzunce , Lieutenant de Roi à Douay.
Madame la veuve Cramé..
de Surmont Flégart.
de Malezieux , Recev. des Domaines ,
Palifot de Beauvais , Receveur des
Domaines.
Rouffel , Tréforier.
de Fouilleufe , Commandant pour le
Roi à Philippeville.
L'Abbaye de Château ,. en Flandres.
Libert de Beaumont.
m. g.
12 2 2
1433
If I 2
7 3 L
17 4 I
3362
215 62
6023
277 22
6456
45 66
IS 74.
44 3
8922
58 6 1 .
23 6.
17 4 I
2667
63 7
ROUE N.
Du 19 Novembre , au 1 Décembre 1759-
Meffieurs
Chateau . Giron , Directeur des
Fermes.
De la Beuyere , Direct. des Dom
Charles Defchamps , Négociant.
m. o. g. d.
6 46. I
317 7 15
45 1 22 ΓΟ
MARS. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Rouen.
Le Marquis Doudelor .
le Préfident du Moucel.
le Préfident Louraille.
Madame l'Abbeffe de S. Louis .
le Febvre , premier Echevin de
Ville.
le Préfident de Bailleul.
Morel , Infpect. des Manufact .
Godinot , Inſpecteur des Indes.
le Préfident de Rouville.
de Chaffaigne , Receveur des
Tailles.
le Président de la Londe.
la Confréirie de S. Clément.
“ Therine , Abbé de S. Victor.
le Président de Motteville.
l'Abbé de Saint Ouin.
m. o. g . d.
81 7 4 12
110 7 12
395 3 12
9 1
546
27 I
119 I
17 I
9 6
171 I
672
7 12
322 I 12
115 7 9
9
14 6 12
6
161 1 4 12
19 12
43
Pigeon , Confeiller au Parlement. 44 4 21
Guerin , de Tourville . 70 I 3
LYON.
Du 26 Novembre au 14 Décembre 1759.
Meffieurs
le Chevalier de Vatenges .
le Commandeur du Saillant .
Poffuel Defverneaux , Préfident.
Guillard , l'aîné Négociant , Suiffe.
de la Vernette de Mâcon .
Mogniat , Docteur de Sorbonne .
1992
m.
0. g.
3
I 2
175 6
152
18 7 21
58 6 18
29
K vj
128 MERCURE DE FRANCE.
Suite de Lyon.
Meffieurs
m. •. g.
Dervieux , Duvillars. 635
16 4 12
10 S
Defpa gnat , Commandant à Bourg.
Vianet.
Tronchin , de Genève , Négociant . 109 4 9
Du Villars , Comte de Lyon .
le Meau , de Ville - franche.
Picaud de la Motte,
Rollin , de Saint Etienne.
le Maître , Médecin à Saint Etienne.
Thioliere , Chang . à St. Etienne.
de Lurieux , de S. Etienne.
le Curé de la Platriere.
Dugas , de Bois S. Juft.
Bodin , Maire de Mâcon.
l'Abbaye de Béniffons- Dieu.
De la Tour- du Pin .
les Chanoines de S. Chef.
l'Archevêque de Vienne.
l'Abbaye de S. André- le-haut.
les Chanoines de Fourviere..
le Curé de Condrieu .
71 13
59 4 IS
544 12
18 2 18
37
8321
20 I 6
30 I
180 6 21
45 63
25 1 12
3 12
SI 4 18
225 3
24 7 12
62
3 I 3
les Chanoines de S. Pierre de Vienne. 75 2 20
de S. Torrent , Abbé de S. Sulpice ,
Ordre de Cîteaux .
les Chanoines de l'Eglife Cathédrale
de Vienne.
de a Roquette , Secrétaire du Roi.
Terraffon , Négociant.
Valfrai , Imprimeur du Roi.
Jaquette , Curé de Saint Bonet.
222 3 12
33 S IS
128 2 15
88 3 18
45 [ 21
1 2 6
MARS. 1760.
22.0
LA ROCHELLE.
Du au 24 Décembre 1.7.59.
Meffieurs
Valler , de Sallignac de Marennes.
Poujaud de Montjardin , Receveur
des Tailles.
le Maréchal de Senectere , Commandant.
Madame Desherbieres , veuve .
Andrien, Commiffaire de la Marine
à Rochefort .
du Barail , Vice- Amiral de France.
Rochard , A vocat.
Les Bénédictins de S. Michel en
Therm .
de Pont , Tréforier de France .
Bechillon de Vallans .
le Marquis de Brémond.
m. 0.
g.t
142 5
502 I 6
57 7
2316
I 2
67 6
6
109 7 12
33
143 S 12
Petit , Receveur général des Fermes
du Roi. 154 3 12
BORDEA U'X.
Du 13 au 29 Décembre 1759.
Meffieurs
Latour , Recev. des Tailles d'Agen.
Les Bénédictins de Bordeaux .
La Grauler , Commandant du
Château Trompette.
Les Bénédictins de la Réole.
46
196 7:18
32 1 18
36
230 MERCURE DE FRANCE
Suite de Bordeaux.
Messieurs
Le Duc de la Force.
m. o. g.
3636 6
24 I Les Bénédictins de la Sauve. 6
Meilhan , Syndic du Chapitre de
Saint Michel de la Réole.
Le même.
le Duc de Lorges , Commandant en
75
7 I
Guienne.
Canniere.
124 3 6
10 7 21
TOULOUSE.
Du 12 au 31 Décembre 1759 .
Meffieurs
du Guefclin , Evêque de Cahors.
de Langles , Evêque de S. Papoul .
Nárbonne , Evêque de Laftoure.
MM . les Chapelains de Gazeron.
le Marquis d'Alzan .
de Celés , Confeiller au Parlement .
Grimaldy , Evêque de Rhodés.
Baftard , Profeffeur.
les Dames Feuillentines , de Toulouſe.
l'Abbaye de la Baftide des Feuillans .
le Comte de Marlartie .
Catalan , Evêque de Rieux.
m. o. g.
253 I2
290 4 12
219 3
123 2 12
726
73
54
28
ΙΣ
16 6 18
47 6
168 6
88
124 2
II 4 ΙΣ
Boucaud , Evêque d'Alet.
Madame Doujat.
de Fontange , Evêque de Lavaur .
d'Aignant , Préfident au Préfidial à
Auch.
le Comte de Lupé du Garonné.
Madame de Bonnal de la Granliere .
L'Eglife de la Baſtide du Seron.
64 3 ri
27 3
652
81.
77
MARS. 1760. 13 སྨྲ
MONTPELLIER.
Du 30 Novembre au 31 Décembre 1759.
Mefsieurs
le Chevalier de Botteville , Commandant
à Alais .
l'Evêque d'Alais.
l'Archevêque de Narbonne.
le Maréchal de Thomond.
l'Archevêque de Toulouſe.
le Comte de Rhote , Lieut. général.
le Marquis de S. Felix .
d'Alfanty , d'Alais.
l'Evêque d'Uzès.
le Chevalier d'Alais .
l'Evêque de Carcaffonne.
l'Archidiacre de Narbonne.
m. o. go
45 7 18
22 7
415 6
66 3 12
ISS 5 12
203 4 12
118 6 12
356
125 I
33 3 6₁
228 I
74 6 12
60 3 12
ر
Delpech , Ecuyer.
l'Evêque de Beziers.
l'Evêque de Lodève.
l'Evêque de Mende.
204 12
985
le Marquis de Calviere , Lieut, gén . 78 4
de Montaulieu S , Hypolyte.
275 S
283
DIJON.
Du 4 Décembre 1759 , au 7 Janvier 1760%
Meffieurs
de Gramond , Préfident à la Chambre
des Comptes.
de Buffon.
de la Martine.
m. o. g
47.4 . 12
61 4
19 5 124
** MERCURE DE FRANCE.
Suite de Dijon
Messieurs
Poulletier , Receveur Général des Domaines.
de Vergennes , Préfident à la Chambre
des Comptes.
Madame la Comtelle des Barres .
Le Prieuré de Maiziere , Ordre de
Citeaux.
de Vellemont , Confeiller au Parlem.
de Varrene , Secrétaire des Etats de
m. o. g.
40 6 12
40 7
14 I
185 2
47 1 6
122 6
Bourgogne .
de la Valette , Capitaine de Vaiffeaux. 280
Madame Rigoley. 411 7 18
de Montigny , Directeur des Fermes, 200 4 6 de Bouhier de Chevigny
.
de Montdragon , Maître- d'hôtel du
Roi
Gaudelet , Ecuyer.
de Breffey , Seigneur du Baffin
Vaillant.
Cureau , Prêtre à Chaillon.
Les Dames Religieufes de la Vifitation
de Dijon.
le Marquis de Longecour , Capitaine
148
339 3 18
15 18
60
8 2 18
127
161 2 18
1296
3:23 4
55 12
Ruffey , Préfident . 170 I 6
4. 3
le Chevalier Bouhier , Brigadier des
Armées du Roi. 249 5
896 6
le Marqns d'Inceny , de Châlons, 158
Les jacobins de Dijon. 73-418
Lamy de Sameray , ancien Confeiller
de Cavalerie.
au Parlement .
Madame la Préfidente Richard.
Perrault , Maire de Châlons.
Madame l'Abbeffe de S Julien.
MARS. 1760, 233
Meffieurs
Suite de Dijon.
m.
Madame la Préfidente de Verfalieux . 79, 2
l'Abbé Ballin.
Les Dames Religienfes du Réfuge de
Dijon.
Madame la Préfidente de Périgny.
Madame de Migieux.
de Buffon . Second Article. )
Madame de la Foreſt,
63824
61 1 12
127 5 12
235 1 6
39 S 12
2303
PERPIGNAN.
Du 6 au 11 Décembre 1759.
Meffieurs
le Grand - Prieur de Cahors.
de Redon , Lieutenant de Roi.
le Commandant de Cahors,
Le même.
Hugues.
m. o. g.
93 12
102 I
86 3
65
12
21 7
Meffieurs
ORLEANS.
Du 2 au 11 Janvier 1760.
L'Eglife de S. Vincent d'Orléans.
L'Eglife Royale de S. Aignant.
Les anciens Carmes.
Les Carmes déchauffés.
Le Seminaire d'Orléans.
m. o.
15 S
132 5
34 6 12
35
z 2 X2
234 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite d'Orléans:
Les Chartreux d'Orléans .
Les Minimes d'Orléans .
Les Jéfuites du Collège d'Orléans.
Les Jéfuites de la Congrégation.
Les Religieux d'Ambert.
de S. Michel , premier Préſident de
la Chambre des Comptes de Blois.
Les Religieux de l'Abbaye de l'Aumône
, dite le petit Cîteaux , dans
le Comté de Dunois .
"
Les Freres Prêcheurs d'Orléans .
Poulin , Prieur de Vouron.
MM. du Chapitre de l'Eglife de Notre-
Dame de Clery , Diocèſe d'Orléans.
m . o. g.
45 4
19 2
130
SI S
26 2 18
79 2 12
22 3
34 2
3 I
24 2 露
LIMOGES.
Du 17 Janvier au 3 Février 1760 .
" Meffieurs
Les Bénédictins de Limoges.
Limoges.
Madame l'Abbeffe des Allois , de
Alexandre Galard de Béarn.
L'Abbaye de Solignac.
L'Evêque de Perpignan .
m. o. g.
38
16
14 7
33 2
226 4 I
MARS. 1760. 235
BOURGES.
Du 22 Janvier au 11 Février 1760 .
Meffieurs
L'Eglife de Bourges.
Les Bénédictins de Bourges .
L'Abbaye de Saint Laurent .
MM. les Chanoines Réguliers de
Bourges.
Les Auguftins de Bourges.
m. o. g.
୨୨ 7
27.6
24 4
46
12 I
235
Les Bernardines de Bourges. 35 I
+44
La Paroiffe de Saint Pierre ,
le
Les Peres Jéfuites.
marché de Bourges.
La Congrégation deſdits Jéfuites .
d'Orfanne de Tizay , d'Iffoudun .
38 2 2
40 I
18 3 2
19 5 6
Meffieurs
AMIENS.
Du Février , au 13 dudit.
L'Abbaye de Cercamps .
le Vaffeur .
le Marquis de Clermont-Tonnerre.
m . o.
g.
34 7 S
10 I I
13857
23.6. MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
TOURS.
Du 2 au 28 Janvier 1760.
Les Religieux de l'Abbaye de Bourgueil.
MM. du Chapitre de S, Martin.
Les Dames Religieuf.de la Virginité,
Ordre de Citeaux.
L'Eglife de S. Gation, de Tours.
Les Jéfaites du Collège, de Tours.
Les Religieux Feuillans .
Les Peres Minimes du grand
Couvent lès- Tours.
m. 0. g.
31 7 16 12
991 19 12
14 3 22 12
6
9
34 2
so
11 3 19 12
18 6 9
CAEN.
Du 11 ay 31 Décembre 1.7 5.9º
Meffieurs m.
Les Jéfuites. 28 S
Les Dames de la Charité . 9 64%
Dufrêne. 43 3 S
Madame de la Narvanderie. 17 47
Boquet. 10 5 4
de la Virganerie.
Madame & Mlle de Sévaut.
Madame de Baron.
17 4 1
103 I f
7942
Madame de Claffy. 24 រ
d'Hermanville.
de Freſnel. 8967
MARS. 1760. 237
Suite de Caën.
Meffieurs
de Louvigny.
L'Abbaye de Beaumont.
L'Abbaye de S. Vigor.
Le Curé de Talvaude.
Madame de Carbonel.
L'Abbaye de Cérify.
Madame de Saint Louver.
Madame de Lagny.
M. 0. g.
55 24
17 6 1
19 6 4
20 2 I
2253
1422
IIS
46.4 5
31 53
13 47
de Caligny.
de Molandé.
d'Aurcher.
29 25
Madame de Branay. 154 6.4
l'Evêque de Lifieux. 201 I S
de Belleville.
de Miéville.
Marie , Avocat.
123 26
12 2 5
9.3.5
Les Confreres de Condé. ΤΟ 2
L'Abbaye de Barbery.
66 15
Madame le Vaillant.
de Baudis .
32 27
35 3 4
Madame de Buron.
d'Hourville.
le Marquis d'Harcourt.
de Therre.
de Caligny.
Piedoux.
Routier.
de Biodoffe.
Madame de Caftilly .
21 2
129 6 7
170 I 4
79 47
3525
134 7.3
45
16
27 66
203 7 I
238 MERCURE DE FRANCE.
RIOM.
Du 10 Décembre 1759 , au 5 Janvier 1760 .
Meffieurs
m. o. g.
Dufraiffe Duché , Procureur du Roi. 87 7 4
le Comte de Jampigny.
de la Vilatel.
Du tour Carré .
le Marquis de Chabanne .
1307
57 4
255
54 7
Disbray , Receveur des Tailles.
le Comte de la Richardie .
de Laval de la Crême , Subdélégué
. à Riom.
Les Bénédictins de la Chaife- Dieu.
Les Bénédictins de Saint Allir de
Clermont.
L'Evêque de S. Flour,
SS I
7936
746
193 16
30 52
191
PASU.
Du 12 au 28 Décembre 1759.
Meffieurs
m. o. g.
le Comte de Grammont. 328 1 15
de Lille , Commiff. des Guerres. 95 5 15
de Courreges Agnos , Confeiller
au Parlement .
le Baron d'Arboucave .
de Belegarde , Lieuten. de Roi.
108 7 15
34 6 18
87 3
MARS. 1760. 239
Meffieurs
Suite de Pau .
Lavant , Receveur des Décimes
à Tarbes.
Les Bénédictins de S. Severcap .
de Logras , Confeiller au Parlement
de Navarre.
m. o. g. d.
13 I
822
4 12
49.3 6
POITIERS.
Du 31 Décembre 1759 , au 17 Janvier 1760 .
Meffieurs
de Choupper , Major du Régiment
de Beauvilliers .
Fouen , Receveur des Tailles.
L'Abbaye de Ste , Croix de Poitiers .
L'Abbaye de l'Etoille , Ordre de
Cîteaux .
m . o. g.
156 5 12
26 I 12
36 6 12
42 If
52 3 12
26 4 18
>
L'Abbaye du Pin , Ordre de Cîteaux .
Palteau , Tréforier de France.
L'Abbaye Royale de Bonnevaux
Ordre de Cîteaux .
L'Abbaye de Saint Jouin , Ordre
de Saint Benoît.
II I
38 7 12
་ ,
I
240 MERCURE DE FRANCE.
BESANÇON.
Du 22 Décembre 1759 , au 8 Janvier 1760 .
Meffieurs
Sarrette.
L'Abbaye de Luzelle.
Colombe.
de Génevreuille.
Mirondot.
de la Rouffelliere.
de Villier.
de Franchevelle.
L'Abbaye de Chalieux.
le Comte de Molans.
´m. o. f.
576
25 5
3612
15378
14 7 If
12 I
d2f-12
18 3 12
-86
12 1
Fermer
Résumé : SUITE de l'Etat de la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Le document présente une liste des états de la vaisselle portée aux monnoies des villes de province entre décembre 1759 et janvier 1760. Il énumère les noms et titres des personnes ayant apporté leur vaisselle dans diverses villes françaises, accompagnés des montants correspondants. Les villes mentionnées incluent Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Metz, Strasbourg, Lille, Rouen, Lyon, La Rochelle et Bordeaux. Chaque section commence par la date et la ville concernée, suivie des noms des individus et des montants en livres, sous et deniers. Les personnes listées incluent des nobles, des ecclésiastiques, des officiers militaires et des fonctionnaires. Les montants varient considérablement, reflétant la diversité des contributions. Le document présente également une liste de personnes et d'institutions ayant reçu des dons ou des aides financières entre le 12 décembre 1759 et le 17 janvier 1760 dans diverses régions de France. Les bénéficiaires incluent des évêques, des marquis, des abbés, des religieux, des officiers, des dames de la noblesse, et des institutions religieuses telles que des abbayes, des prieurés, et des chapitres. Les montants des dons sont également mentionnés à côté des noms des bénéficiaires. Les régions concernées incluent Cahors, Toulouse, Montpellier, Dijon, Perpignan, Orléans, Limoges, Bourges, Amiens, Tours, Caen, Riom, Pau, Poitiers, et Besançon. Le document est structuré par périodes et par lieux, détaillant les bénéficiaires et les montants des dons pour chaque période et chaque région.
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3895
p. 217-254
SUITE de l'Etat de la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Début :
ROUE. Du 17 au 22 Décembre 1759. Messieurs m. o. g. d. Landry, Receveur des Octrois. [...]
Mots clefs :
Rouen, Lyon, La Rochelle, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Dijon, Orléans, Rheims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Metz, Strasbourg, Lille, Pau, Troyes, Poitiers, Bourges, Amiens, Tours, Caen, Vaisselle, Monnaies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'Etat de la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
SUITE de l'Etat de la Vaiffelle portée
aux Monnoies des Villes de Province.
ROUEN.
Du 17 au 22 Décembre 1759 .
Meffieurs
Landry , Receveur des Octrois.
Gaillard , Receveur général des
Fermes.
de Boifmont , Procureur général
de la Chambre des Comptes.
de Flavigny , Manufacturier.
le Marquis de Chaulieu.
le Préfident Courvaudon .
m. o. g. d.
57 3
2444 3
68 S
6
41 6 I 12
32 3 12
270 2 6
LYON.
Du 17 Décembre 1759 , au 29 Février 1760 .
Meffieurs
De Falconet , Commiffaire des
guerres , à Tournon.
le Marquis de Lemps , Commandant
à Tournon.
La Chartreuse de Pierre Châtel.
Les R. P. Céleftins .
m.
0. g.
148 7 18
135 2.21
296 12
126 1 6
l'Abbé de Maubourg,Comte de Lyon. 134 1 21
Bathéon de Vertzieu , Gouverneur
de Vienne.
I. Vol.
145
K
218 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lyon.
L'Abbaye Royale de Sainte Claire
d'Annonay.
Le premier Monaftere de la Vifitation
de Saint Marie.
l'Evêque du Puy.
L'Eglife Paroiffiale & Collégiale de
Bourg.
Les Céleftins du Colombier.
Madame la Comteſſe de Broglie.
Girard , Tréforier de France.
le Comte de la Poype.
L'Eglife Paroiffiale de Neuville .
le Comte de Vogué , Brigadier des
armées du Roi.
le Marquis de la Tourrette , Baron
des Etats de Languedoc.
Le Monaftère de la Vifitation , Sainte
Marie de Saint Etienne.
Maindeftre , Tréforier de France.
L'Evêque de Valence.
de Saint Véran .
Les Chanoines de Saint Rambert ,
Ordre de Cluny .
Chauvet , Secrétaire du Roi à St.
Etienne.
d'Efpagnac , Brigadier des armées
du Roi , Commandant
à Bourg.
Les Miffionnaires de S. Jofeph .
Chalut , Chanoine à Belleville .
le Marquis de la Chaife , Lieut . gén.
Les Cordeliers de S. Bonaventure .
Les Religieufes de S. Benoît.
Les Cordeliers de l'Obſervance.
Mlle Bourlier.
m. 0 .
22 3
87 3
141 4 3
II 4 6
14 3
37 S 3
"
39 I 3
115
26 6
12
7653
70 5 3
217 18
32 6 18
1726 15
41 II
IS 2 18
22
.
66 3
6 18
3 6 ,
71 4
176 2 12
38 1 18
25 I 9
15 33
AVRIL. 1760 . 219
•
1
Meffieurs
Suite de Lyon.
Le tiers-ordre de S. François.
le Comte de Vaux , Lieuten. gén.
les Dominicains .
les Chanoines , Barons de S. juflt.
les Fabriciens de S. Pierre le Vieux.
les Religieufes de Sainte Catherine ,
à S. Etienne .
les Couriers de la Chapelle des
Paffementiers.
La Congrégation des Théologiens ,
au Grand Collège.
La Congrégation des Rhetoriciens ,
audit Collège.
LaCongrégation de Meffieurs , audit
Collège.
La Congrégation des jeunes Artifans ,
Caudit Collège.
1
les Dominicains de Bourg.
les Chanoines d'Ainay .
les Chanoines de S. Antoine.
les Congréganiftes du Mariage de
la Sainte Vierge.
les Chanoines réguliers de la Sainte
Trinité .
d'Origny , Receveur des Gabelles.
les Grands Auguftins .
Les R. P. Chartreux du Couvent
de Porte.
Les Religieufes de la Chartreufe
de Salette.
Les R. P. Chartreux de Lyon.
les Pénitens de la Miféricorde.
les Camerier & Chanoines du Chapitre
de S. Paul.
m
0. g.
22 4 12
49 3 10
6 45 6
30 6 12
84 7
22 7
70 2 18
31 I 6
43 3 6
127 I
3
24 4
97 18
25 3 9
59 I ୨
132 6
3
7 2 3
17 3 IS
397 3
17 I
582 15
20 4 18
108 7 3
110 4 12
Kij
220 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Lyon.
m. o. g.
273 6 de Combles , Secrétaire du Roi.
les Carmes des Terreaux.
les Courriers de la Confrérie des
Plieurs de foie.
de la Valette , Chevalier d'honneur
de la Cour des Monnoies.
Chanorier , Receveur des Tailles.
les Chanoines du Chapitre de S.
Nifier.
les Pénitens de la Royale Compagnie
du Coufalon.
Les Religieufes du premier Monaſtère
de Sainte Elizabeth .
Bottu de la Balmondiere.
Hacte , Recev. gén. des Domaines .
Madame de Mélun ; Abbeffe de
l'Abbaye Royale de S. Pierre.
les Chanoines du Chapitre de Fourvière.
Bourlier d'Ailly , Tréforier de Fr.
Tabarreau , Directeur des Poftes.
les Religieufes de Beaulieu en
Roannois.
Madame de Montjouvent , Abbeffe
42 2 21
16
2852 12
so s 12
44 6 .
41 S
26 I
36 6 6
75
602 3
8.4 12
35 1 9
38 4 12
7 12
de l'Abbaye Royale de la Déferte. 32 4 Is
les Confreres de S. Nicolas de S.
Vincent. 19.2 12
Matières d'or portées à ladite Monnois .
Meffieurs
Pupil , premier Préfident de la
Cour des Monnoies.
Millanois , fils.
m . 0.
7156
AVRIL. 1760. 221
Suite de Lyon.
Me fieurs
d'Efpagnac , Brigadier des armées
du Roi.
Chalut , Chanoine à Belleville.
de Combles , Secrétaire du Roi.
m. o. g.
d.
5236
6 12
6
LA ROCHELLE.
Du 29 Décembre 1759 , au 12 Févr. 1760.
Meffieurs
le Marquis de Champagné.
de Mougon , Lieutenant des Maréchaux
de France.
L'Evêque de Saintes.
Jourdain , Prieur de l'Abbaye de
Moreille.
Seimars de Boiffizeau.
m . 0. g.
19 2 12
2 I I2
285 1 3
53 1 6
136
BORDEAUX.
Du 2 Janvier , au 23 Février 1760.
Meffieurs
Les Bernardins , de Sainte Livrande.
Les Feuillans , de Bordeaux.
de Reftais , Secrét . de l'Intendance.
Les Bernardins , de l'Abbaye de Faife.
m. o. g. ↑
27 4 12
45 4
18 1 15
57
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
TOULOUSE.
Du 2 Janvier au 1 Février 1760 .
Meffieurs
Dorbellan , Préfident au Parlement.
Lefranc , de Pompignan.
Le Chapitre de Ste. Marie ,d'Auch.
*
m . o.
32 I 22
614
10 4 18
MONTPELLIER .
Du 14 Janvier au 5 Février 1760.
Meffieurs
M. O. g
le Marquis de Gerlande , de l'Etrange. 80 1 18
le Marquis de Vogué , Lieut. gén.
le Marquis de Monteynard .
DIJON.
82 I 12
135 6
Du 8 Janvier au 29 Février 1760 .
{
Meffieurs
Les Cordeliers de Dijon.
Michelinor , de Ganet.
Meot , demeurant à Chatillon .
Les Chartreux , de Dijon.
Vaillant , demeurant à Chatillon .
le Préfident Cocuderoy .
m. o. g.
30 6
37
14 3
62 4
40 7 12
79 3 18
M. le Comte de Malartie , cité dans le dernier
Mercure , eft , M. de Malartie de Montrioux , Premier
Préfident à la Cour des Aydes de Montauban .
1
AVRIL. 1760. 223
Meffieurs
Suite de Dijon.
m. o g.
de Connigant.
l'Abbé Dufert.
le Préfident de Ruffey .
de Changey , Major de Cavalerie.
Les Bénédictins de Dijon.
Les Urfulinesde Dijon.
La Congrégation des Artifans .
de Gurgy , Chevalier de S. Louis .
La Congrégation des Ecoliers.
Dauxilly ,Tréforier de l'extraordinaire
des guerres
.
Mlles Du laurent.
de Levy.
Gautier , Confeiller au Parlement.
Petit de Breffez .
le Préſident de Lantenay.
Borde du Chatel , de Bourg en Breffe.
Liébeau , Subftitut du Procureur gen.
Seguin , Secrétaire du Roi.
Bouin , Chevalier de S. Louis.
Les Urfulines de S. Jean de l'Aunne.
Les Dames Bernardines de Dijon.
Nicaife , Maître des Comptes.
le Marquis de Villeneuve.
Liégard , Marchand Orfévre.
le Préfident de S. Seinne.
Boilot , Tréforier de France .
Greffier. Petitor ,
Mlle Motot.
Joly de la Borde .
de Mollera , Secrétaire du Roi.
Les Jéfuites de Dijon .
Robelot , Général de la Monnoie.
de Chavoify , de Chatillon.
52 3 15
60 2
20 6 21
78 4 18
71 I 6
91 5 12
24 4
17 6 6
312 18
79 7 IS
18 2 6
73 5 5
155 5 18
86 3
126 7 12
12 2
19 1
6
119 6 6
617 12
225 12
236
Is 6 la
170 7
50 2
103
6
74612
197 22
7 3 3
80521
48 7 12
98 7
4 3 18
49 6 6
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Dijon .
le Beau , Confeiller au Parlement.
l'Abbaye du Lieudieu de Beaune .
l'Evêque de Mâcon.
Le Chap . de S. Pierre de Mâcon.
le Comte de Lantagne.
Les Religieufes de la Ferté.
de Clermont-Tonnerre , Maréchal
de Camp .
m. o. g. d.
67 12
34 I I 12
112 S 21
212 1 3
74 I 12
36 5 15
110 2 18
Madame la Marquife de Maffole. 145 3 10 12
Madame la Comtelle de
Brouindon .
La Chapelle de M. Dauvillars.
Jobard , Payeur des gages du
Parlement.
Motot , un étui d'or.
de Chatoillenot .
le Préſident de Layez.
le Prieur d'Auxonne .
de Martine.
Jacob , Marchand à Dijon.
de Propiat , Direct . des Dom.
de Laraniffe , d'Auxonne.
Poitier , Commiffaire de la
Marine à Auxonne.
de Flameran , d'Auxonne.
la Comteffe de Suremin , en or.
3 on. 4 g. 6 d.
de Basfoffé , d'Auxonne.
37 2 3
14 I
584
ww
3
2 22
23 4 6
86 3 19 12
SI 12
161 6 9
17 4 21
40 6 13 12
52.6.15
43 4 3
42 6.21
14 3 15
20 3
le Maréch de Clermont-Tonnerre. 313 2
Guillemot , Orfévre , en or.
s on. 14 d. & en argent.
le Comte de Jauconn.
Boileau , Receveur du Tabac
à Châalons.
83 5
130 5 5
74 4 12
AVRIL 1760 . 225
Meffieurs
de la Chaiſe.
Suite de Dijon.
de Villediat , Conſeiller au
Parlement.
Vaillant , Maître des Comptes.
Salins, Maître des Comptes.
Le même.
Madame de Chintré .
Madame Henry.
de Locré , Directeur général des
Fermes , à Châalons.
M. M. Seguin
de Blancey , Secrétaire des Etats .
Madame de la Vernette , du Mâconnois.
de la Cerve , de Mâcon.
de Montplaifant , ancien Préſid.
au Parlement.
le Marquis le Camus , Capitaine
au Régim , des Gardes Franç.
Champion .
Vaudremont.
m. o. g. d.
18 4 18
73 IS
56 3 13 12 .
37
217 12
206 7 18
81521
SI 4 19
40 2 18
48 6 15
172 5 18
216 4 7.12 .
168 6 3
204 4 21
563 22 12
de Quincey , Conf. au Parlement. 93
Jeaunnin , ancien Confeiller .
de Valetine , Lieutenant de Roi
de Châalons .
de Charmelieu Receveur.
Baudeffon , d'Auxerre .
l'Abbé de la Cour , Chanoine.
Guillemot , Marchand Orfévre.
de Sainte Colombe , Confeiller
au Parlement.
Joly de Blaify , Conf. honor.
27 13 12
436
15
22 S
77 7
49 7
23 6
22
41 6
13 1
136 I 6
3
Kv
de Goudrecoint , de Chaumont. 80 7
226 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Dijon.
de Quintin , Procureur Général
du Parlement.
de Quency , Confeiller au Parlem .
L'Abbé de la Loge , Chanoine de
la Sainte Chapelle.
de Colmont , Commiffaire principal
des Guerres à Châlons.
Jannon.
La Vifitation des Châalons .
L'Abbaye de la Ferté.
Madame la Comteffe de
Chaminard .
de Fraffant , Ecuyer.
le Péfident de Bourbonne.
Madame la Comtelle de
Rochouard.
Madaine l'Abbeffe de Lanchard ,
à Châlons .
Borton de la Motte , à Auxonné.
de la Faye.
L'Evêque de Mâcon .
Jordier , ancien Chirurgien- Major
de la Gendarmerie.
Mademoiſelle Lamy.
Les Jacobins de Langres.
Guillemot , Marchand Orfèvre ,
m. o. g. d.
"
13 2 10 12
27 6
FI 3 3
203 18
47 7 15
17 I
HIS
18
3652
16-6-21
2734 12
25059
173 21
4 3 2 I
43 2
345 7 18
141 I 18
128 6 18-
en or , I m . 3 on.. 10 g.
Mademoiſelle Normand , un Erui
d'or 1 on. 12 8.
>
19 4 18
624 12
19 2 12
で
AVRIL 1760. 227
Meffieurs
ORLEANS.
Dus Février au 29 dudit.
Les Bénédictins de l'Abbaye de
Fériere.
Les Barnabites de Montargis.
Les Bénédictins de Vendôme .
Le Monaftere de Saint Laumer de
Blois.
Bourgmoyen , Chanoine de Blois.
Les Jésuites de Blois.
La Congrégation des Ecoliers.
de Saint Lazare de Blois .
Les Jacobins de idem,
Les Minimes idem .
Les Cordeliers , idem.
La Vifitation , idem.
Les Carmelites , idem.
Les Veroniques , idem.
L'Hôtel Dieu , idem .
La Paroiffe Saint Solenne , idem.
La Paroiffe Saint Honoré , idem.
La Paroiffe de Saint Martin , idem.
La Paroiffe de Saint Saturnin , de
Vienne.
L'Abbaye de Pont - le-Roi.
MM. Michel , freres , Négociants.
Madame la Veuve de Seurat , de
Bellerue , d'Orléans .
m. o. g.
31 3
3
38 5 6
18 7
23
7221
4212
23 15
19.3 "
18 2 12
20 18
f 1 18
5 118
14 7
2
203 12
23 212
47 18
2018
31721
80 4 21
40
21 4
$5 18
435 18
27
Decherel , ancien Officier d'Infanterie.
Boyelet , Lieutenant Criminel.
de Saint Germain.
Boyeler , Maréchal- des -Logis de la
Maiſon du Roi.
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite d'Orléans .
Baguenau de la Prairie , Tréforier
de France à Rouen.
Sainſon , Avocat du Roi.
de Genne , du Portail .
Vaudeberg , Sécrétaire du Roi.
de la Toinne , & fon fils.
Madame la Veuve Laurencin.
Dautroche , Doyen des Tréforiers
de France.
Dautroche , Chevalier d'honneur.
Baguenau de Pucheſe .
Madame la Veuve de Mondreux.
Madame la Veuve Jacques Maçon .
Lambert , Maître des Eaux & Forêts
d'Orléans.
Bonvalet , Secrétaire du Roi.
Boileve Darbonne , Tréforier de
France.
m . o . g.
39 2
71 12
35 3
35 I 12
352
20 3
41 4 12
31 4 6
20
21 7
42
II 18
37.7 12
382
54
12
17 S
6
20 S
6
༡༠
1
44 I
13 3
34
22 12
Donnant , Secrétaire du Roi , Directeur
du Domaine.
Pinchinat , Négociant à Orléans.
Bouderaux, Greffier en chefau Bureau
2 des Finances.
Petineau , Négociant à Orléans.
l'Abbaye de S. Benoît.
Beaudouin , ancien Ingénieur.
La Paroiffe de S. Michel Lafferté-
Lovendal.
M. & Mlle Ducoin de Joui.
du Condré , Chanoine de Saint
Aignant.
Seurrat de la Barre , Raffineur.
Miron du Condré , Négociant,
18
13
12
1326
AVRIL. 1760. 229
Meffieurs
Suite d'Orléans.
Crignon de Bonvalet , Lieutenant
des Eaux & Forêts.
Lion du Sabon , Tréſorier des
Ponts & Chauffées.
du Boucheteault.
Dehecre , pere.
Vandeuil de Pourpoy.
Madame la veuve Sainfon Sévetreville.
d'Orléans , Capitaine de Cavalerie.
Barbeau , Greffier des Eaux & Forêts.
Curot , Lieutenant gén . d'Orléans.
Roland Pierrelegriffe.
L'Abbaye du Lieu .
m. o. g.
92
336 15
654 15
II 6
16 2
49 7
25412
N 3
34 5 6
596 ୨
42
RHEIM S.
Du 8 Janvier au 23 Février 1760.
Meffieurs
Defaulx , Chanoine.
L'Abbaye d'Elan , Ordre de Citeaux.
L'Abbaye de l'Ile en Barois , même
Ordre.
La Cathédrale de Châlons.
L'Abbaye de Vaucler , Ordre de
Citeaux.
Madame la veuve de Courtagnon.
le Large , Contrôleur du Grenier
à Sel.
L'Abbaye de S. Mefnie-lez-Châlons.
L'Abbaye de Lavalroi , Ordre de
Citeaux.
m. o. g.
30 4
8 1 64
43
34
54
50 2
88 2 12
32 6
6733
230 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Rheims.
m. o. g.
L'Eglife de Notre-Dame, de Rheims. 112 6
Deuil , Fourrier honoraire chez le
Roi.
le Comte de Romecour.
L'Abbaye de Montfay , Ordre des
Prémontrés .
De la fucceffion de M. de Macnamara.
L'Abbaye de Notre - Dame de
Soiffons.
29 I
IOS 4
7 7 18
54 12
220 4
L'Abbaye de Foigny,ordre de Cîteaux . 34 6 12
L'Abbaye de S. Medard de Soiffons.
L'Eglife Cathédrale de Soiffons.
L'Eglife Cathédrale de Laon.
24 2 12
89 2
687
La Chapelle de l'Hôtel- Dieu de Laon 12 4
NANTES.
Du Janvier au 29 Février
1760.
Meffieurs
m. o. g.
le Duc d'Aiguillon. 772 3 21
La Fabrique de Notre - Dame
d'Hennebon.
Les Chartreux d'Auray.
La Cathédrale de Vannes.
Les Carmes de Ste . Anne.
La Paroiffe de Lomariac.
15212
55
265 2 6
L'Abbaye de S. Pierre de Vannes. 49 4
87 I
II 7
La Paroiffe de Carnac,
Dugouyon des Houllieres .
du Bois de Roche , de Nantes.
La Paroiffe d'Eſdeven.
40 6
If
131 1 7
43
18
AVRIL. 1760.
231
Suite de Nantes.
Meffieurs
m. o. g.
Cakiot , Changeur à Vannes. f1 2 18
Les Dames du Pere Eternel, de Vannes. 2 12
La Paroiffe de Saint Pierre . 2612
La Paroiffe de Languidie. 24 12
La Paroiffe de Baud . 26 9.
La Paroiffe de Plumergat.
Les Peres de S. Vincent , de Vannes .
Les Carmes de Vannes.
Les Cordeliers de Vannes.
La Paroiffe de Peaul.
La Paroiffe de S. Laurent , de Nantes.
2 4 ୨
124 12
12 3
14 2
37
22 18
1
GRENOBLE.
Du 3 Janvier au 21 Février 1760.
Meffieurs
de la Pierre , Subdélegué à Gap .
Madame de la Tourvideau.
le Marquis de Valin.
de la Cofte de Maucune , Conſeiller
honoraire.
le Marquis de Chabrillant.
le Marquis de Joriac,
Madame la veuve Duclat de Montbrun.
Geoffre , Receveur des Tailles à Montlimart.
Boiffet, Receveur des Tailles au même
lieu.
m. o.
Is I
68 3. 3
2/3 18
145 5 TE
69 1 18
36 221
16 7
18 6
20 2 14
de Lavallonne , Commiff. des guerres. 38 1 9/
l'Evêque de Gap.
232 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Grenoble.
Chatellier , de Valence.
le Marquis de Bayanne , de Valence.
l'Abbaye de Saint Antoine.
La grande Chartreufe.
le Marquis de Bourchenu , Premier
Préfið . à la Chambre des Comptes.
le Chapitre de S. André , de Grenoble.
Bailly de Montcarra .
Les Jéfuites de Grenoble.
La Chartreuse de Durbon.
le Marquis de Chabrillant , Maréchal
de
camp.
Le premier Monaftere de la Vifitation
de Grenoble.
Le fecond Monaftere.
Les Jéfuites de Grenoble , de la Congrégation
des Ecoliers.
Les Jéfuites , de la même Ville .
m. og.
39.2 I9
36 3 18
50 2 18
69
60
8
31 6 18
30
26
26 I
68 3
35-2
23 1 12
235
17 12
3
18
si
24 4
865
La Congrégation des Penfionnaires.
Les Religieufes de Sainte Cécile , de
Grenoble .
Les Dominicains de Grenoble.
AIX .
Du 28 Décembre 1759 , au 7 Février 1760.
Meffieurs
du Puiq de Lamotte , ancien Conf.
au Parlement .
de Crelle de Montval , Conf. du
Roi à la Chamb. des Comptes.
m. o. g.
d.
137 S 9
II 6.
AVRIL 1760. 233
Meffieurs
Suite d'Aix.
Lagouffe, de la ville de Manofque.
de Saint-Etienne , idem .
le Baron de Latour- Daigues.
Le Chapitre de la ville d'Apt.
Les Carmes d'Apt.
Les Cordeliers d'Apt.
le Marquis de Jarente , de Marfeille.
le Duc de Crillon , d'Avignon.
Lyon de S. Ferraft , Contrôleur
de la Monnoie.
Pitton , Confeiller honoraire de
la Chambre des Comptes.
m. o. g. d.
5 6 18
57
559 5 15
20 3 16 12
I 4 19 12
47 12
92 521
2004 12
30 3 3
23 1 12
le Marquis d'Arcufia, de Marſeille. 220 2 21
de Calamand , Confeiller à la
Chambre des Comptes.
de Lane , de Marſeille.
M. Cruzé , idem.
Palteau , Subdélégué général ,
en bijoux d'or.
Gaufdry de Saint Eftere.
Le Corps de MM. les Tréforiers
de France .
Le même Corps.
Portaly , Commiſſaire Ordonnateur
à Toulon.
Les Recolets de Notre Dame,
Diocèfe de Siſteron.
La Cathédrale de Glandèves ,
d'Antreveaux.
Madame la veuve Gleire , de
Blandel.
21 5
50 5
42 I
7 12 15
83 I
191 2 3
102 3 9
23
5215
39 I 3
70
234 MERCURE DE FRANCE.
RENNE S.
Du 6 Janvier au 28 Février.
Meffieurs
L'Abbaye Royale de S. Maurice.
L'Abbaye Royale de la Joye.
Made. la veuve du Coetlofquet,
tutrice .
L'Abbaye Royale de Langonet.
L'Abbaye Royale de Begard,
Les Jéfuites.
La Congrégation des Jéfuites.
La Congrégation des Ecoliers.
L'Abbaye de S. Aubin des bois.
Nouail , Recteur d'Argentré .
Guyon des Huilliers , Avocat
général à la Chambre des
Comptes à Nantes.
L'Eglife Cathédrale de Rennes.
Les Dominicains de Rennes.
Vedier , Subdélegué général de
l'Intendance.
m. o. g . d.
20 7 18
12 2 19 12
90 3 3
37 6 19 12
38 2 15
28 5 4 12
18 3 I 12 .
17 4
597
2 4
3
3
21 I 4 IZ
22
32 1 22 12
454 19 12
MET Z.
Du 15 Décembre 1759 , au 28 Février 1760 .
Meffieurs
m. o. g. d.
le Marquis de Clermont-Tonnerre,
Lieuten. ,Colonel du Régiment
de Meftre- de- camp.
Huffon , Subdélegué à Sedan.
34 4
84 7 7.
AVRIL 1760. - 238
Meffieurs
m . 0. g. d.
Suite de Metz.
Le Liepre , Commiſſaire Ordonnatear
des guerres à Toul .
L'Abbaye de Châtillon , Ordre de
Citeaux.
de Tonnoy , Capitaine dans les
Grenadiers de France de Nancy.
Duhameau , Avocat en la Cour , à
Nancy.
le Comte de Germiny , idem.
Seriet , Confeiller d'Etat , idem .
Madame la Marquise de Sarmoife ,
idem .
le Comte de Ludres , idem.
Le T. R. P. de Menou , Directeur
des Miffions , à Nancy.
le Comte du Rozières .
le Comte du Hautoy .
le Marquis de Baffompierre.
de Turique.
le Marquis de Bergevillers.
de Montureux , Colonel.
de Niocourt , Premier Préfident
de la Chambre des Comptes.
de Rouvroy, Premier Président de
la Chambre Souveraine de Lorraine.
Vigneron , premier Préſident de la
Cour Souveraine.
Madame la Comteffe de Hoflife.
le Prélat de Boufey.
le Lorrain , Directeur des Fermes .
le Comte de Lupecourt.
la Comteffe de Curel.
de Marcolle.
34 IS
-22 2 2
643
58 3
67136
36
2155
69 2
71 12
20 3
103.7
6 36
164
4
19 23
40 3
6554
166 4
2476
106 I 36
7 3
2876
8157 36
1
42 2
106 I S
747 $ 36
157
3.6.
236 MERCURE DE FRANCE;
Meffieurs
Suite de Metz.
m. o. g.
de Brichabeau , Confeiller d'Etat.
Prevot , Receveur des Fermes gén.
la Préfidente de Meuvron ,
la Salle , pere ,
16 1 7
6966
944 S
26 2 7
la Salle , pere , demeurant à Sârlouis, 40 6 6
le Comte de Hunoſtin ,
l'Evêque de Metz ,
de Vendel , Abbé de Vernenvillier ,
Ordre de Cîteaux ,
Mangin , Lieutenant Général du Bailliage
de Nancy ,
l'Abbaye de Hauttefeille , de Nancy ,
le Comte d'Hedival , de Nancy ,
de Serre , Confeiller d'Etat ,
Cueillette de Bey ,
de Biron ,
le Fevre , Confeiller d'Etat ,
de Comte de Raigecourt ,
Mathieu , Grand- Maître des Eaux &
Forêts ,
le Comte de Breffey
le Vicomte de Thiange ,
Thibault , Lieutenant Gén . de Police ,
de Muffey , Confeiller d'Etat ,
Simon de la Treche ,
le Chevalier de la Michaudiere ,
Gallois , Sécrétaire d'Etat du Roi de
Pologne ,
167 6 S
148 7 6
883
16.6 4
34 6
33. I 2
22
35 17
20
13 17
7376
41 I
21 2 I
44 S
I
75
13 4 3
16 2 4
21 1
5573
177 S
Mad. la veuve de Gande, de Martanmeville
, Exempt des Gardes- du - Corps, 143 6.2
l'Abbé de Jalival , Ordre des Prémontrés
,
8 6.
l'Abbaye d'Ecurey , Ordre de Cîteaux , 235 2
Potier , Contrôleur des Guerres , 2756
AVRIL. 1760 . 237
STRASBOURG.
Du 31 Décembre 1759 , au 9 Janvier 1760 .
Meffieurs
da Billot , ancien Médecin de l'Hôpital
,
de Chaftel , Tréforier extraordinaire
des Guerres ,
m. o. g.
49 18
3588
LILLE.
Du 11 Décembre 1759 au 29 Février 1760.
Meffieurs
L'Evêque de Saint- Omer ,
le Comte de Blarhimghem ,
le Febvre de Lattre de Ligny ,
l'Abbaye de Marquette ,
le Comte de Souaftre , Colonel des
Grenadiers de France ,
l'Abbaye de Hafnon ,
de Vignancourt de Fletre ,
Langle , Subdélégué de la Flandre
maritime ,
de Rombie , Chanoine à Caffel ,
le Marquis du Barail , Commandant
en Flandres ,
le
Couvreur ,
m. o.g.
235 2
314 S
60 3 .
153 5
52 4 I
93 7 7
148 3
73 3
13 6
1965 S
le Comte d'Oizy , en Artois ,
l'Abbaye de Flines , près Douay ,
Potteau de Carny , Sécrét. du Roi ,
Percou d'Elbeck , à Lamberſart ,
de Frojdmont , Chanoine de S. Pierre ,
20 I 3
189 4
87 5 4
41 I 7
1967
40 75
"
238 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
de la Gibaudiere , Commandant à
Cambray ,
la veuve Denyau de Lille ,
le Prince de Croy ,,
Chevalier , Commandant du Fort
Saint-François à Aire ,
l'Abbé de Mouchy , Prévôt de S. Pierre
à Aire ,
l'Abbé de Fumalle, Prévôt de l'Eglife de
Cambray ,
Bourdon d'Haucourt , de Cambray ,
le Marquis de Nedonchelle ,
Briffon , Commiffaire des Guerres à
l'Armée ,
le Camus , Commandant de la Citadelle
à Lille ,
Jacob d'Aigremont à Lille ,
Faulconnier , Gránd- Bailly de Dunkerque
,
la Marquife de Lille ,
L'Abbaye des Prés , à Douay
le Comte de Beaufort , près S. Omer ,
le Chevalier d'Archy ,
Defliot Desrobles ,
Fabricy , Capitaine au Régiment de
Salis , Grifon ,
Jacquerie , Confeiller au Parlement
de Flandres ,
Herts , Confeiller Penfionnaire des
Etats de Lille ,
de Buiffy , Préfident à Mortier au
Parlement.
Les Hofpitalieres de Stenvoordes ,
L'Hôpital Comteffe , à Lille ,
m. o.
19 4 7
49-6-4
6316
87 4
21 2 2
58 6
S
3322
15814
64 6 4
66 53
199 3 2
5672
229 2
50 3
110 6 §
327 S
112 7.6
16 I I
12 6 4
32.63
3477
267
$7
AVRIL 1760. 239
Meffieurs
Suite de Lille.
m. o. g.
L'Abbaye de S. Amand en Flandres , 239 3 2
Dochy, Major de la ville de Cambray , 275 2
de la Châtellenie de Caſſel , 42 32
Buguatre, Prévôt de la ville de Cambray, 20 7 2
Deliot Desrobles ,
Les Chanoines de Sainte Aldegonde ,
19 3.
de Maubeuge ,
102 4 7
de Fourmeftraux, d'Holbecque, 147 3 6
le Comte de Guines , Lieutenant de
Roi d'Artois , 172 32
duMetz de Fromentel , à Valenciennes , 41 1 7
d'Haffrengues de Lannoy , premier
Confeiller des Etats ,
de Briane, Doyen de la Cathédrale de
Saint- Omer ,
33 34
41 4 4
De Latour de Sr. Quentin , de St. Omer, 58 6
le Comte & Sénéchal de Blandecque , 63 5 7
Maximilien Depont, de Wifque,
Enlart de Saint- Maurice ,
31 4
2556
Lefebvre de Halle , Secrétaire du Roi , 29 6 4
la veuve de M. Titelouze, de Balinghien, 20 75
Enlart , Sécrétaire du Roi ,
de Archies , de Drincamp ,
Pelet , Echevin de Saint- Omer ,
Cordez , ancien Directeur des Poftes
à Saint-Omer ,
Huguet du Haillier , Lieutenant- Gér
2064
3325
32 S
146 52
néral de l'Amirauté de Dunkerque , 46 1
Demadre , Bailly de Roubaix ,
L'Abbaye de Saint- Winocq ,
12 12
102 S
L'Abbaye du nouveau Cloître à Bergues, 17 7 4
Vernimen , Président à Mortier du
Parlement ,
de Polinchove , & de Franqueville d'Abancourt,
Confeillers au Parlement, 250 s
240 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
de Franqueville , de Fontaine , Confeiller
au Parlement ,
de Franqueville d'Inielle , Confeiller
au Parlement >
le Baron de la Grange , Chevalier
d'honneur ,
de la Fonteyne de Villers ,
Remy , Conſeiller au Parlement ,
Mulet, Confeiller au Parlement ,
Remy Dejardin , Conf. au Parlement ,
Baltazard , Confeiller au Parlement ,
le Comte de Villefort , Gouverneur de
la Citadelle de Valenciennes ,
Vandermeche , Conſeiller au Parlem.
Lecomte de la Chauffée , Avocat au
Parlement ,
m. 0.
g
202 I
32 IS
33 3
148 7 4
22 15
27 7
12 7 4
SI I I
81 6
18 76
1927
Eloy , Confeiller au Parlement 133 1
Dutil , Confeiller- Clerc au Parlement , 12 2 4
le Comte d'Havelin ,
de Flandres
Eloy , Confeiller au Parlement ,
de la Feuly , Prévôt de S. Pierre ,
Taffin , de Goulzen ,
?
Dirval, de Lille ,
Vernimen , Bourguemeſtre de Dunkerque
,
Taverne, Subdélégué à Dunkerque ,
Coppens , d'Honschotte ,
Dunquer , ancien Subdélégué à Dunkerque
,
Lamoral , Conſeiller au Parlement de
Flandres ,
Clément de Saint-Mare ,
de la Lande ,
102
T3 4
85 I
557
184 5
"
407 4
18 6 1
61 13
98 7 4
.
76 S
3437
48 7 4
55 45
Suite
AVRIL. 1760. 247
Meffieurs
Suite de Lille .
Brunot , Préfident à Mortier au Parlement
,
de Biré, Tréforier des Troupes, à Lille ,
Becquet de la Rofiere , à Douay ,
de Forêt , Préfident à Mortier au Parlement
de Flandres ,
Merlin d'Eftreux , Confeiller au Parlem .
Les Jéfuites, de Bergues ,
les Magiftrats de la ville de Bergues ,
les Magiftrats de Dunkerque ,
Plaifant, Greffier de Douay ,
m. o. g.
403 4
35 4
37 14
5932
2 19 2
335 3
544
2942
183
Dagemont , Prévôt Gén . du Hainaut , 84 2 I
Gramont , Doyen de Dunkerque ,
L'Abbaye de Vicogne ,
49 2 2
47 I 2
19 I 4
Heriguier , Confeiller au Parlement , 26 45
Marefcal , Confeiller au Parlement ,
Deflions de Flechin , à Saint-Omer ,
le Marquis d'Oliot , Brigadier des Armées
du Roi ,
le Pelletier , Avocat au Parlement de
Paris, pour feu M. de Roftrenem '
de Ramfault , Directeur du Génie , de
Flandres
,
Les Jéfuites de Caffel ,
de Rombies Chanoine à Caffel .
>
(fecond envoi )
39 5
37 7 2
26 5 I
2576
4I I S
2 6.7
de la Rianderie, Bailli des Etats de Lille , 78 7 5
Debonte de Becquet , à Dunkerque ,
Déguillon , Tréforier de la ville de
Douay ,
Madame du Belloy , veuve du Major
de la Citadelle de Lille ,
de Beaune , ancien Capitaine au Régiment
de Limofin
1. Vol.
2
6234
2625
1627.
11 7 4
L
242 MERCURE DE FRANCE
Suite de Lille.
Meffieurs
Pajot , Directeur des Poftes & Commiffaire
des Guerres ,
m. o. gi
40 3 6
MM. du Chap. de S. Pierre de Douay , 75
le Marquis de la Vieuville , à Stenvoorde
,
de Verghelle de Lambersart ,
Briffaur , Profeffeur Royal à Douay ,
Molin de Vagnonville ,
Hutin , Echevin de la ville de Douay ,
de Varenchant , Directeur des Fermes
à Saint-Quentin ,
de Forceville de Mericourt, à Paris ,
Serrurier fils , à Saint- Quentin ,
3617
4857
1322
2444
Mademoiſelle de Senancourt , à Saint-
Quentin ,
27
48.4
60.7 6
52 23
33 I I
Blotefiere de Grecourt , Chevalier de
S. Louis , 40 S.S
de Rondeau de le Mercerie , à Saint-
Quentin , 712-4
Muller, Procureur du Roi à St. Quentin, 62 2
Serrurier pere , à Saint- Quentin ,
Laurent de Bernouville , Commiffaire
des Guerres à Landrecy ,
d'Orchival , ancien Capitaine de la
Marine ,
Simon de Berfé , à Douay ,
Hennet , Prévôt de Maubeuge ,
Spel de Fling de Premecq2
de Calonne de Merchin
Deioldy , de Lille ,
Parrata , de Lille ,
2
de Segent , Major de Saint- Omer ,
le Page , Directeur de la Monnoye ,
161 34
128 1 4
9935
265
83
3827
6244
7412
1162
61 7
18.6
Coll , Echevin de la ville de Douay , 14 76
AVRIL. 1760. 243
Meffieurs
Suite de Lille.
m . o. g.
MM. du Chapitre de S. Pierre , à Caffel. 37 6
Les Hofpitalieres de Caffel ,
Madame la veuve Cramé. ( Second
envoi. )
155 3
1254
Cambier , Greffier au Parlement de
Douay , 13 IS
1263
255 I
64 13
42 4 3
Beaumaret , Echevin de Douay ,
Madame la veuve Sericourt ,
Vandercruiſe de Lamotte ,
L'Abbaye de Voftine ,
,
›
Dehaut , Profeffeur Royal , à Douay ,
de Varenghien , Ecuyer , à Douay ,
Cambier, Mayeur , à Valenciennes ,
Fizeau , Banquier à Valenciennes
Lehardy Daulnois
Picquet , Echevin , à Dunkerque ,
Drouillard , Confeiller de la Chambre
du Commerce , à Dunkerque ,
Huguet du Hallier , Lieutenant-général
de l'Amirauté , à Dunkerque.
( Second article. )
Lombart , Echevin , à Dunkerque ,
16 4
IS 34
so 13
108 I
68
82 17
23 4
34 4 S
34 3 4
Ravodel , Officier à Saint - Domingue , 23 27
Benoît , Lieutenant des Maréchaux de
France ,
Herrewin , Echevin , à Dunkerque ,
Ingilliard de Wattines , ( par addition. )
Mailly Mainez , de Bleghem ,
Dalhuin Dupont , Subdélégué à Aire ,
L'Abbaye du Verger , à Aire ,
Lefebvre , de Schonvelde ,
Denis de Riacourt , Subftitut du Procureur
Gén. du Parl . de Flandres ,
L'Abbaye de S. Calixte ?
22 2
764
4 3 2
31 32
14 3
25 7.
-33 3
14 4 7
52
•
Lij
244 MERCURE DE FRANCE.
Suite de Lille.
Meffieurs
Godfroy Dufart , Procureur du Roi
au Bureau des Finances .
M. Godefroy de Maillard, Directeur de
la Chambre des Comptes , à Lille.
MM. les Magiftrats de la ville de
Douay.
MM. de la Collégiale de S. Pierre ,
à Aire .
Morincq , Tréforier de la ville de
Dunkerque.
Galhault , Confeiller , à Arras.
Les Chartreux de Bourtillerie , Châ-
'tellenie de Lille.
Le College Anglois de Douay.
m. o.
734
733 7
25
119 4
"
25 5
La Dame veuve Arnaud Genty , à Dunkerque.
Betfort , négociant , à Dunkerque.
Coppens d'Herfin , Procureur du Roi ,
à Dunkerque.
L'Abbaye d'Hafnon .
L'Abbaye de Maroilles , près Landreies
.
L'Abbaye de Liefſies.
L'Abbaye d'Haumont.
37 26
7057
61 53
4622
835 S
16 3 6
127
•
126 76
126 7.6
140 7 S
49 3
Wilerval , Imprimeur du Roi, à Douay. 12 2 4
le Comte de Lagny , ancien Echevin ,
à Douay.
18 54
L'Abbaye de Phalempin, ( Second envoi. ) 12 4
L'Abbaye de S. Vaaft , d'Arras.
L'Abbaye du Mont S. Eloi- lès - Arras .
du Parlement.
25664
Corbie de Bligni , Conſeiller honoraire
64 2
L'Eglife de S. Gery , d'Arras.
I
Madame de Caffel , à Dunkerque.
2766
64.23
5242
AVRIL. 1760 245
Messieurs
Suite de Lille.
Les Bénédictins Anglois , de Douay.
La Paroiffe de Marquilies.
Les Hofpitalieres des Chariottes ,
d'Arras .
L'Abbaye de la Paix , à Douay.
Le Chapitre de S. Amé , à Douay.
L'Abbé des Camps , Prévôt du Chapitre
de Béthune .
Madame la Baronne d'Hinge en
Artois.
L'Abbaye de Beauprez , fur la Lis.
La Paroiffe de Fournes , Diocèle
d'Arras.
MM. les Magiftrats d'Arras.
L'Abbaye de Marculle , près Arras.
de Mefplau , Capitaine au Régiment
de la Marine.
m. o. g.
31
162
3672
4 7 4
116
3116
28 S z
53 I
II S
87 6 1
1572
8324
LesSupérieures Annonciades, de Douay . 27 5 $
Rafoir de Croix , Prévôt de Valenciennes.
La Congrégation des Bourgeois
d'Arras.
La Congrégation des Ecoliers d'Arras .
Les Religieufes , dites Louez - Dieu ,
d'Arras.
Les Jefuites d'Arras .
Desjardins , Chanoine de la Cathé
drale de S. Omer.
La Paroiffe de Fleurbaix , Diocèle
d'Arras.
Mazel , Tréforier des Troupes à
Arras.
Les Religieux de S. François de Salles ,
d'Armentieres. •
ZI I 2
33 I I
II S 7
7 4 3
111 7 7
18 4 S
4 I F
18 22
62
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
Madame la Comteffe d'Aumale
veuve du Lieutenant- Général .
D'Haifne , Chapelain de S. Pierre
à Douay.
Maffart , Commiffaire des Guerres
à Philipeville..
les Jéfuites de Valenciennes .
les Carmelites de Douay.
l'Abbaye d'Anay , près Douay.
la Paroifle d'Izel - lès- Equerchim .
l'Abbaye d'Eftrun , près Arras .
les Jéfuites de Cambrai .
m. o. g.
68 6
17 5 4
5044
172 5 2
70 I 4
54.3 5
3.22
21 5
46 44
les Jéfuites de Dunkerque. 82.3 I
les Soeurs grifes , Hofpitalieres de
Douay.
875
la Paroille de Saint- Albin de Douay. 38 2
les Chartreux de Douay .
la Paroiffe Notre- Dame, de Douay.
la Confrérie de Notre- Dame.
l'Abbaye de Vicoigne.
t
l'Abbaye de S. Crépin , près Valenciennes.
les Jéluites de Béthune.
l'Abbaye de S. Jean , à Valenciennes.
la Paroifle de Bourbourg.
l'Abbaye de Bourbourg.
la Chapelle Notre- Dame de la Treille ,
dans l'Eglife de S. Pierre , à Lille.
la Chapelle , Paroiffe de ladite Eglife.
le Choeur de ladite Eglife.
la Paroiffe d'Aubert , Diocèle d'Arras .
la Communauté du Béguinage , de
Valenciennes.
la Paroiffe de Dunkerque.
70
11 2 I
3 3
102 4 2
165 46
62 * 2
81 35
2654
22
214 4 4
62 4 4
121 6
2 I 4
12 3. I
482 6 :2
AVRIL 1760. 247
Meffieurs
Suite de Lille.
les Carmes Chauffés de Douay.
Les mêmes.
la Chapelle Notre- Dame de Bonne-
Efpérance de Valenciennes.
les Carmes- Déchaux de Valenciennes.
la Paroiffe de Beaumont , en Artois.
la Métropole de Cambrai.
l'Abbaye de Vaucelle , près Cambrai.
l'Abbaye de Premy.
m. o. g.
2352
72
656
35 4 4
745
218 4
927 I
47 3 S
l'Abbaye de S. Nicolas d'Arrouaife, près
Bapaume.
l'Abbaye de S. Aubert , à Cambrai.
l'Abbaye d'Anchin , près Douai.
de Coulonge , près Arras.
da
Marhacourt ;
à Saint-Omer,
l'Abbaye de S. Jolle-au - bois , dite
d'Ompmartin .
l'Abbaye de S André- au- bois , Diocèle
d'Amiens .
Durand , Surintendant du Mont- de
Piété , d'Arras.
le Couvent S. Julien , de Douai.
45 I S
103 7
IOIS S
40 I
I
34 x 5
25 3
3342
1832
12 I
l'Abbaye du S. Sépulchre , à Cambrai . 43 6 3
de Percheval , à S. Omer.
le Couvent de la Préfentation , à Aire.
François-Louis le Cellier , à Valenciennes.
867
21
27 5
I
21 I 2
le Couvent de la paix de Jefus , Ordre
de S. Benoît , à Arras.
Lemaire, l'aîné , Bourgeois de cette ville , 16 24
Guilleman, Seigneur de la Barre , à Lille. 2014
la Collégiale de S. Gery , à Cambrai. 34
l'Abbé de Millancourt Vicaire- Géné-
>
ral ,à Cambrai .
10 3
Liv
248 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Lille.
es Bénédictines Angloifes , de Dunkerque.
le Couvent de Sainte Agnès, de Cambrai.
Lefebvre , de la Balle- Boulogne.
Bady , de Normond.
Watier , Secrétaire du Roi , à Cambrai.
les Hofpitalieres de S. Jean de Cambrai.
le Prieuré de Fives , près Lille.
les Chartreux de Valenciennes .
Waquernier , Secrétaire du Roi.
de Cregny , Chevalier de l'Ordre de
S. Louis.
Locart , de Valenciennes.
les Carmelites de Valenciennes.
m. o. g.
37 2
46 53
30.3 1
5622
24 2 I
20 7
49
5065
5374
233.1 3
28 S I
*
20 4
'Abbaye de Brigitines de Valenciennes. 14 2 3
l'Hôtel -Dieu de Valenciennes.
34 2 les Religieufes de la Congrégation de
Notre-Dame de Valenciennes.
Hennet de Baret , Subdélégué a Mau-
47 4 4
beuge .
14 2 4
les Urfulines de Valenciennes .
29 1 1 Morel , Directeur des Fermes du Roi à
Valenciennes.
19 I
108 3 S.
la Paroiffe de S. Jacques de Douai .
Corvifier, ancien Trélorier des Troupes
en Flandres. 10
MATIERES D' O R.
Meffieurs
MM . les Magiftrats de la ville d'Arras
, provenant d'une Eglife.
Lefebvre ,de la Baffe- Boulogne, ancien
Officier d'Infanterie.
m. o.
4 4
6 12
AVRIL. 1760. 249
PAU.
Du 8 Janvier au 16 Février 1760 .
Mefsieurs
Le Comte de Troifville , Gouverneur
du pays de Saulle.
le Baron d'Ulau .
l'Abbé de S. Jean , Ordre des Prémontrés.
la Communauté de Caftenau , riviere
baffe , Diocèle de Tarbes.
la Communauté de Luz , en Barege,
Diocèle de Tarbes.
la Communauté d'Arrens, valée d'Affuns
en Lavedan , de Tarbes.
le Chapelle de Notre-Dame de Poeylaun
, du lieu d'Arrens , vallée
d'Affuns.
la Paroiffe de Pontacq , Diocèle de
Tarbes.
m . 0.5.
119 3 21
13 4 21
221 6 18
45 12
346
65 15
94
TROYE S.
Du 21 Février au 28 dudit mois.
Mefsieurs
Les Religieux de Beaulieu.
grand Séminaire de Troyes.
Le Sueur , ancien Officier , à Bar-fur-
Aube.
les Religieux de Montierame.
Madame l'Abbelle du Paraclet
m. a
7 3
16
48 4 2
ΤΟ
16. J T
玉田
250 MERCURE
DE FRANCE.
#
Messieurs
Suite de Troyes.
m. o. g.
Madame l'Abbeffe aux Nonains , de
Troyes.
MM. de S. Etienne , de Troyes.
les Urfulines de Troyes.
MM. de S. Urbin , de Troyes.
MM . de S. Pierre , de Troyes .
la Congrégation de Troyes.
MM. de Foilly - lès - Troyes.
les Jacobins,de Troyes.
24 I6
36.44
19 2
12 4 I
382-1
49
32 I
387-
Messieurs
POITIERS.
Du 8 au 16 Février 1760.
De la fucceffion de M. Bouliaud , Curé
de la Paroiffe de S. Médard , de
Louars.
l'Abbaye de Chatelier , Ordre de Cîteaux
, Diocèfe de Poitiers.
le Marquis de Chataigner.
l'Abbaye de Luffon , Ordre de Fontevrault.
BOURGES.
Du 16 au 28 Février 1760.
L'Annonciade de Bourges.
m. o. g.
36 3
SI
12
59
I
25 1
m. 0. g.
753
AVRIL 1760..
251
Messieurs
Suite de Bourges .
MM. Derfane , de Coulon , & des Coteaux
.
le Séminaire , de Bourges.
m. o. g.
20 4 I
9
les Urfulines, de Bourges.
la Vifitation , de Bourges.
la Congrégation , de Bourges.
JI 2 6
21 I 2
551
AMIEN S.
Du 20 au 28 Février 1760 .
Messieurs
Les Feuillans , d'Amiens.
MM. les Chanoines du Chapitre d'Amiens.
le Chapitre Royal , de Roye.
de Saint-Quentin , Capitaine général
des Côtes.
les Filles de Sainte Génevieve , d'Amiens.
les Jéfuites , d'Amiens.
la Congrégation des Jefuites.
le Séminaire , d'Amiens.
Gerard , Infpecteur des Domaines de
Picardie .
l'Eglife de S. Firmin en Caſtillon, d'Amiens.
la Congrégation des Ecoliers du Collége
des Jéfuites.
les Auguftins , d'Amiens.
m. o. g.
10 25
316 3 7
2962
2565
12 6 3
les Adminiſtrateurs de l'Hôpital d'A-
49 4 2
11 6 5
10 2 6
543
39 I 3
225 2
26 6
miens.
267 S
I vj
252 MERCURE DE FRANCE
Suite d'Amiens.
1
Messieurs
Les Carmes , d'Amiens.
m. o. g.
18 6
les Religieufes de Moramont, d'Amiens. 22 5 4
de la Combe, Prévôt de la Maréchauf
fée de Picardie .
les Religieux de S. Pierre , de Corbie.
Cordier, Receveur particulier des Eaux
& Forêts d'Amiens.
les Religieufes de la Vifitation d'Amiens.
les Cordeliers d'Amiens.
l'Hôtel- Dieu d'Amiens.
la Confrérie de Notre-Dame de Lieſſe
de S. Pierre d'Amiens.
les Jacobins d'Amiens .
15241
86 I I
16
5542
21 7
62 27
12 23
5053
3125
•
les Urfulines d'Amiens .
les Religieufes de S. François , dires
Soeurs grifes .
la Paroifle de S. Remi d'Amiens.
la Confrérie des Cordonniers.
Nicolas Joly , Marchand à Amiens.
Lachenet , Seigneur d'Hedanvele ;
( Second envoi. )
Jean Turbert , Effeyeur en la Monnoye.
La Fabrique de S. Michel d'Amiens.
la Fabrique de la Paroiffe de S. Germain
d'Amiens.
l'Abbé Piquet , de Noyencourt , Chanoine.
la Fabrique de S. Sulpice d'Amiens.
la Fabrique de S. Firmin , à la porte
d'Amiens.
31
633
475
7 I 1
33 23
1266
33 55
3042
121 7 4
16 53
7
Gallois , Directeur des Droits , à Amiens. 194
'Hôtel- Dieu d'Abbeville.
17
AVRIL 1760. 253
Messieurs
Suite d'Amiens.
les Céleftins, d'Amiens.
les Minimes d'Amiens.
les Prémontrés d'Amiens.
la Paroiffe de S. Firmin le Confeffeur.
le Supérieur de l'Oratoire d'Amiens.
Madame la veuve Gorguelle.
Jofeph Gaugier .
les Bénédictines de l'Hôtel - Dieu de
Corbie.
la Fabrique de la Paroiffe de S. Leu d'Amiens.
Greffet , de l'Académie Françoiſe.
les Dames Religieufes de S. Julien d'Amiens
.
la Fabrique de la Paroiffe. S. Jacques
d'Amiens.
les Carmelites d'Amiens.
m. 0.
g .
1074
22.2.6
II IS
30 7 3
667
18 4
4E I
4 I
35 17
29 7 3
2564
23 44
3356
TOURS.
Du 6 Janvier au 22 Février 1760.
Messieurs
Les Religieufes de Citeaux , Ordre de
S. Bernard , de la ville de Saint-
Agnan . 1
les Religieufes de Bonlieu , Ordre de
Citeaux .
les Religieux de la Clarté , Ordre de
Cîteaux .
Lenoir , du Diocèſe d'Angers.
l'Abbaye de Fontevrault , Diocèle de
Poitiers.
m. o.
8037
*
48 2 6
43 74
54 3
1424
254 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite de Tours
la Chartreuse du Legit , Diocèſe de
Tours.
l'Abbaye de Moncé , Ordre de Cîteaux
, Diocèle de Tours.
m. o. g.
425 I
16 3
CAEN.
Du 2 Janvier au 21 Février 1760 .
Messieurs
Derafne.
m. o. g.
113 6 1
l'Evêque de Coutence.
Madame de Tourville.
les Auguftins de Barfleur .
Lanteigne.
de Tierceville.
20 I 4
1565 3
24
# 7
34 3 2
263 les Croifiers.
les Jacobins. 33 4
6
la Cathédrale de Bayeux. 60 7
de Gouville .
la Chapelle de Délivrance .
le Mafurier.
les Nouvelles Catholiques , de Caen.
l'Eglife de S. Nicolas , de Caen.
PEglife Notre -Dame , de Caen.
31 5 6
10 4 5
485 3
427
6
24 I
les Urfulines de Bayeux. 12 6 3
aux Monnoies des Villes de Province.
ROUEN.
Du 17 au 22 Décembre 1759 .
Meffieurs
Landry , Receveur des Octrois.
Gaillard , Receveur général des
Fermes.
de Boifmont , Procureur général
de la Chambre des Comptes.
de Flavigny , Manufacturier.
le Marquis de Chaulieu.
le Préfident Courvaudon .
m. o. g. d.
57 3
2444 3
68 S
6
41 6 I 12
32 3 12
270 2 6
LYON.
Du 17 Décembre 1759 , au 29 Février 1760 .
Meffieurs
De Falconet , Commiffaire des
guerres , à Tournon.
le Marquis de Lemps , Commandant
à Tournon.
La Chartreuse de Pierre Châtel.
Les R. P. Céleftins .
m.
0. g.
148 7 18
135 2.21
296 12
126 1 6
l'Abbé de Maubourg,Comte de Lyon. 134 1 21
Bathéon de Vertzieu , Gouverneur
de Vienne.
I. Vol.
145
K
218 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lyon.
L'Abbaye Royale de Sainte Claire
d'Annonay.
Le premier Monaftere de la Vifitation
de Saint Marie.
l'Evêque du Puy.
L'Eglife Paroiffiale & Collégiale de
Bourg.
Les Céleftins du Colombier.
Madame la Comteſſe de Broglie.
Girard , Tréforier de France.
le Comte de la Poype.
L'Eglife Paroiffiale de Neuville .
le Comte de Vogué , Brigadier des
armées du Roi.
le Marquis de la Tourrette , Baron
des Etats de Languedoc.
Le Monaftère de la Vifitation , Sainte
Marie de Saint Etienne.
Maindeftre , Tréforier de France.
L'Evêque de Valence.
de Saint Véran .
Les Chanoines de Saint Rambert ,
Ordre de Cluny .
Chauvet , Secrétaire du Roi à St.
Etienne.
d'Efpagnac , Brigadier des armées
du Roi , Commandant
à Bourg.
Les Miffionnaires de S. Jofeph .
Chalut , Chanoine à Belleville .
le Marquis de la Chaife , Lieut . gén.
Les Cordeliers de S. Bonaventure .
Les Religieufes de S. Benoît.
Les Cordeliers de l'Obſervance.
Mlle Bourlier.
m. 0 .
22 3
87 3
141 4 3
II 4 6
14 3
37 S 3
"
39 I 3
115
26 6
12
7653
70 5 3
217 18
32 6 18
1726 15
41 II
IS 2 18
22
.
66 3
6 18
3 6 ,
71 4
176 2 12
38 1 18
25 I 9
15 33
AVRIL. 1760 . 219
•
1
Meffieurs
Suite de Lyon.
Le tiers-ordre de S. François.
le Comte de Vaux , Lieuten. gén.
les Dominicains .
les Chanoines , Barons de S. juflt.
les Fabriciens de S. Pierre le Vieux.
les Religieufes de Sainte Catherine ,
à S. Etienne .
les Couriers de la Chapelle des
Paffementiers.
La Congrégation des Théologiens ,
au Grand Collège.
La Congrégation des Rhetoriciens ,
audit Collège.
LaCongrégation de Meffieurs , audit
Collège.
La Congrégation des jeunes Artifans ,
Caudit Collège.
1
les Dominicains de Bourg.
les Chanoines d'Ainay .
les Chanoines de S. Antoine.
les Congréganiftes du Mariage de
la Sainte Vierge.
les Chanoines réguliers de la Sainte
Trinité .
d'Origny , Receveur des Gabelles.
les Grands Auguftins .
Les R. P. Chartreux du Couvent
de Porte.
Les Religieufes de la Chartreufe
de Salette.
Les R. P. Chartreux de Lyon.
les Pénitens de la Miféricorde.
les Camerier & Chanoines du Chapitre
de S. Paul.
m
0. g.
22 4 12
49 3 10
6 45 6
30 6 12
84 7
22 7
70 2 18
31 I 6
43 3 6
127 I
3
24 4
97 18
25 3 9
59 I ୨
132 6
3
7 2 3
17 3 IS
397 3
17 I
582 15
20 4 18
108 7 3
110 4 12
Kij
220 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Lyon.
m. o. g.
273 6 de Combles , Secrétaire du Roi.
les Carmes des Terreaux.
les Courriers de la Confrérie des
Plieurs de foie.
de la Valette , Chevalier d'honneur
de la Cour des Monnoies.
Chanorier , Receveur des Tailles.
les Chanoines du Chapitre de S.
Nifier.
les Pénitens de la Royale Compagnie
du Coufalon.
Les Religieufes du premier Monaſtère
de Sainte Elizabeth .
Bottu de la Balmondiere.
Hacte , Recev. gén. des Domaines .
Madame de Mélun ; Abbeffe de
l'Abbaye Royale de S. Pierre.
les Chanoines du Chapitre de Fourvière.
Bourlier d'Ailly , Tréforier de Fr.
Tabarreau , Directeur des Poftes.
les Religieufes de Beaulieu en
Roannois.
Madame de Montjouvent , Abbeffe
42 2 21
16
2852 12
so s 12
44 6 .
41 S
26 I
36 6 6
75
602 3
8.4 12
35 1 9
38 4 12
7 12
de l'Abbaye Royale de la Déferte. 32 4 Is
les Confreres de S. Nicolas de S.
Vincent. 19.2 12
Matières d'or portées à ladite Monnois .
Meffieurs
Pupil , premier Préfident de la
Cour des Monnoies.
Millanois , fils.
m . 0.
7156
AVRIL. 1760. 221
Suite de Lyon.
Me fieurs
d'Efpagnac , Brigadier des armées
du Roi.
Chalut , Chanoine à Belleville.
de Combles , Secrétaire du Roi.
m. o. g.
d.
5236
6 12
6
LA ROCHELLE.
Du 29 Décembre 1759 , au 12 Févr. 1760.
Meffieurs
le Marquis de Champagné.
de Mougon , Lieutenant des Maréchaux
de France.
L'Evêque de Saintes.
Jourdain , Prieur de l'Abbaye de
Moreille.
Seimars de Boiffizeau.
m . 0. g.
19 2 12
2 I I2
285 1 3
53 1 6
136
BORDEAUX.
Du 2 Janvier , au 23 Février 1760.
Meffieurs
Les Bernardins , de Sainte Livrande.
Les Feuillans , de Bordeaux.
de Reftais , Secrét . de l'Intendance.
Les Bernardins , de l'Abbaye de Faife.
m. o. g. ↑
27 4 12
45 4
18 1 15
57
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
TOULOUSE.
Du 2 Janvier au 1 Février 1760 .
Meffieurs
Dorbellan , Préfident au Parlement.
Lefranc , de Pompignan.
Le Chapitre de Ste. Marie ,d'Auch.
*
m . o.
32 I 22
614
10 4 18
MONTPELLIER .
Du 14 Janvier au 5 Février 1760.
Meffieurs
M. O. g
le Marquis de Gerlande , de l'Etrange. 80 1 18
le Marquis de Vogué , Lieut. gén.
le Marquis de Monteynard .
DIJON.
82 I 12
135 6
Du 8 Janvier au 29 Février 1760 .
{
Meffieurs
Les Cordeliers de Dijon.
Michelinor , de Ganet.
Meot , demeurant à Chatillon .
Les Chartreux , de Dijon.
Vaillant , demeurant à Chatillon .
le Préfident Cocuderoy .
m. o. g.
30 6
37
14 3
62 4
40 7 12
79 3 18
M. le Comte de Malartie , cité dans le dernier
Mercure , eft , M. de Malartie de Montrioux , Premier
Préfident à la Cour des Aydes de Montauban .
1
AVRIL. 1760. 223
Meffieurs
Suite de Dijon.
m. o g.
de Connigant.
l'Abbé Dufert.
le Préfident de Ruffey .
de Changey , Major de Cavalerie.
Les Bénédictins de Dijon.
Les Urfulinesde Dijon.
La Congrégation des Artifans .
de Gurgy , Chevalier de S. Louis .
La Congrégation des Ecoliers.
Dauxilly ,Tréforier de l'extraordinaire
des guerres
.
Mlles Du laurent.
de Levy.
Gautier , Confeiller au Parlement.
Petit de Breffez .
le Préſident de Lantenay.
Borde du Chatel , de Bourg en Breffe.
Liébeau , Subftitut du Procureur gen.
Seguin , Secrétaire du Roi.
Bouin , Chevalier de S. Louis.
Les Urfulines de S. Jean de l'Aunne.
Les Dames Bernardines de Dijon.
Nicaife , Maître des Comptes.
le Marquis de Villeneuve.
Liégard , Marchand Orfévre.
le Préfident de S. Seinne.
Boilot , Tréforier de France .
Greffier. Petitor ,
Mlle Motot.
Joly de la Borde .
de Mollera , Secrétaire du Roi.
Les Jéfuites de Dijon .
Robelot , Général de la Monnoie.
de Chavoify , de Chatillon.
52 3 15
60 2
20 6 21
78 4 18
71 I 6
91 5 12
24 4
17 6 6
312 18
79 7 IS
18 2 6
73 5 5
155 5 18
86 3
126 7 12
12 2
19 1
6
119 6 6
617 12
225 12
236
Is 6 la
170 7
50 2
103
6
74612
197 22
7 3 3
80521
48 7 12
98 7
4 3 18
49 6 6
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Dijon .
le Beau , Confeiller au Parlement.
l'Abbaye du Lieudieu de Beaune .
l'Evêque de Mâcon.
Le Chap . de S. Pierre de Mâcon.
le Comte de Lantagne.
Les Religieufes de la Ferté.
de Clermont-Tonnerre , Maréchal
de Camp .
m. o. g. d.
67 12
34 I I 12
112 S 21
212 1 3
74 I 12
36 5 15
110 2 18
Madame la Marquife de Maffole. 145 3 10 12
Madame la Comtelle de
Brouindon .
La Chapelle de M. Dauvillars.
Jobard , Payeur des gages du
Parlement.
Motot , un étui d'or.
de Chatoillenot .
le Préſident de Layez.
le Prieur d'Auxonne .
de Martine.
Jacob , Marchand à Dijon.
de Propiat , Direct . des Dom.
de Laraniffe , d'Auxonne.
Poitier , Commiffaire de la
Marine à Auxonne.
de Flameran , d'Auxonne.
la Comteffe de Suremin , en or.
3 on. 4 g. 6 d.
de Basfoffé , d'Auxonne.
37 2 3
14 I
584
ww
3
2 22
23 4 6
86 3 19 12
SI 12
161 6 9
17 4 21
40 6 13 12
52.6.15
43 4 3
42 6.21
14 3 15
20 3
le Maréch de Clermont-Tonnerre. 313 2
Guillemot , Orfévre , en or.
s on. 14 d. & en argent.
le Comte de Jauconn.
Boileau , Receveur du Tabac
à Châalons.
83 5
130 5 5
74 4 12
AVRIL 1760 . 225
Meffieurs
de la Chaiſe.
Suite de Dijon.
de Villediat , Conſeiller au
Parlement.
Vaillant , Maître des Comptes.
Salins, Maître des Comptes.
Le même.
Madame de Chintré .
Madame Henry.
de Locré , Directeur général des
Fermes , à Châalons.
M. M. Seguin
de Blancey , Secrétaire des Etats .
Madame de la Vernette , du Mâconnois.
de la Cerve , de Mâcon.
de Montplaifant , ancien Préſid.
au Parlement.
le Marquis le Camus , Capitaine
au Régim , des Gardes Franç.
Champion .
Vaudremont.
m. o. g. d.
18 4 18
73 IS
56 3 13 12 .
37
217 12
206 7 18
81521
SI 4 19
40 2 18
48 6 15
172 5 18
216 4 7.12 .
168 6 3
204 4 21
563 22 12
de Quincey , Conf. au Parlement. 93
Jeaunnin , ancien Confeiller .
de Valetine , Lieutenant de Roi
de Châalons .
de Charmelieu Receveur.
Baudeffon , d'Auxerre .
l'Abbé de la Cour , Chanoine.
Guillemot , Marchand Orfévre.
de Sainte Colombe , Confeiller
au Parlement.
Joly de Blaify , Conf. honor.
27 13 12
436
15
22 S
77 7
49 7
23 6
22
41 6
13 1
136 I 6
3
Kv
de Goudrecoint , de Chaumont. 80 7
226 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Dijon.
de Quintin , Procureur Général
du Parlement.
de Quency , Confeiller au Parlem .
L'Abbé de la Loge , Chanoine de
la Sainte Chapelle.
de Colmont , Commiffaire principal
des Guerres à Châlons.
Jannon.
La Vifitation des Châalons .
L'Abbaye de la Ferté.
Madame la Comteffe de
Chaminard .
de Fraffant , Ecuyer.
le Péfident de Bourbonne.
Madame la Comtelle de
Rochouard.
Madaine l'Abbeffe de Lanchard ,
à Châlons .
Borton de la Motte , à Auxonné.
de la Faye.
L'Evêque de Mâcon .
Jordier , ancien Chirurgien- Major
de la Gendarmerie.
Mademoiſelle Lamy.
Les Jacobins de Langres.
Guillemot , Marchand Orfèvre ,
m. o. g. d.
"
13 2 10 12
27 6
FI 3 3
203 18
47 7 15
17 I
HIS
18
3652
16-6-21
2734 12
25059
173 21
4 3 2 I
43 2
345 7 18
141 I 18
128 6 18-
en or , I m . 3 on.. 10 g.
Mademoiſelle Normand , un Erui
d'or 1 on. 12 8.
>
19 4 18
624 12
19 2 12
で
AVRIL 1760. 227
Meffieurs
ORLEANS.
Dus Février au 29 dudit.
Les Bénédictins de l'Abbaye de
Fériere.
Les Barnabites de Montargis.
Les Bénédictins de Vendôme .
Le Monaftere de Saint Laumer de
Blois.
Bourgmoyen , Chanoine de Blois.
Les Jésuites de Blois.
La Congrégation des Ecoliers.
de Saint Lazare de Blois .
Les Jacobins de idem,
Les Minimes idem .
Les Cordeliers , idem.
La Vifitation , idem.
Les Carmelites , idem.
Les Veroniques , idem.
L'Hôtel Dieu , idem .
La Paroiffe Saint Solenne , idem.
La Paroiffe Saint Honoré , idem.
La Paroiffe de Saint Martin , idem.
La Paroiffe de Saint Saturnin , de
Vienne.
L'Abbaye de Pont - le-Roi.
MM. Michel , freres , Négociants.
Madame la Veuve de Seurat , de
Bellerue , d'Orléans .
m. o. g.
31 3
3
38 5 6
18 7
23
7221
4212
23 15
19.3 "
18 2 12
20 18
f 1 18
5 118
14 7
2
203 12
23 212
47 18
2018
31721
80 4 21
40
21 4
$5 18
435 18
27
Decherel , ancien Officier d'Infanterie.
Boyelet , Lieutenant Criminel.
de Saint Germain.
Boyeler , Maréchal- des -Logis de la
Maiſon du Roi.
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite d'Orléans .
Baguenau de la Prairie , Tréforier
de France à Rouen.
Sainſon , Avocat du Roi.
de Genne , du Portail .
Vaudeberg , Sécrétaire du Roi.
de la Toinne , & fon fils.
Madame la Veuve Laurencin.
Dautroche , Doyen des Tréforiers
de France.
Dautroche , Chevalier d'honneur.
Baguenau de Pucheſe .
Madame la Veuve de Mondreux.
Madame la Veuve Jacques Maçon .
Lambert , Maître des Eaux & Forêts
d'Orléans.
Bonvalet , Secrétaire du Roi.
Boileve Darbonne , Tréforier de
France.
m . o . g.
39 2
71 12
35 3
35 I 12
352
20 3
41 4 12
31 4 6
20
21 7
42
II 18
37.7 12
382
54
12
17 S
6
20 S
6
༡༠
1
44 I
13 3
34
22 12
Donnant , Secrétaire du Roi , Directeur
du Domaine.
Pinchinat , Négociant à Orléans.
Bouderaux, Greffier en chefau Bureau
2 des Finances.
Petineau , Négociant à Orléans.
l'Abbaye de S. Benoît.
Beaudouin , ancien Ingénieur.
La Paroiffe de S. Michel Lafferté-
Lovendal.
M. & Mlle Ducoin de Joui.
du Condré , Chanoine de Saint
Aignant.
Seurrat de la Barre , Raffineur.
Miron du Condré , Négociant,
18
13
12
1326
AVRIL. 1760. 229
Meffieurs
Suite d'Orléans.
Crignon de Bonvalet , Lieutenant
des Eaux & Forêts.
Lion du Sabon , Tréſorier des
Ponts & Chauffées.
du Boucheteault.
Dehecre , pere.
Vandeuil de Pourpoy.
Madame la veuve Sainfon Sévetreville.
d'Orléans , Capitaine de Cavalerie.
Barbeau , Greffier des Eaux & Forêts.
Curot , Lieutenant gén . d'Orléans.
Roland Pierrelegriffe.
L'Abbaye du Lieu .
m. o. g.
92
336 15
654 15
II 6
16 2
49 7
25412
N 3
34 5 6
596 ୨
42
RHEIM S.
Du 8 Janvier au 23 Février 1760.
Meffieurs
Defaulx , Chanoine.
L'Abbaye d'Elan , Ordre de Citeaux.
L'Abbaye de l'Ile en Barois , même
Ordre.
La Cathédrale de Châlons.
L'Abbaye de Vaucler , Ordre de
Citeaux.
Madame la veuve de Courtagnon.
le Large , Contrôleur du Grenier
à Sel.
L'Abbaye de S. Mefnie-lez-Châlons.
L'Abbaye de Lavalroi , Ordre de
Citeaux.
m. o. g.
30 4
8 1 64
43
34
54
50 2
88 2 12
32 6
6733
230 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Rheims.
m. o. g.
L'Eglife de Notre-Dame, de Rheims. 112 6
Deuil , Fourrier honoraire chez le
Roi.
le Comte de Romecour.
L'Abbaye de Montfay , Ordre des
Prémontrés .
De la fucceffion de M. de Macnamara.
L'Abbaye de Notre - Dame de
Soiffons.
29 I
IOS 4
7 7 18
54 12
220 4
L'Abbaye de Foigny,ordre de Cîteaux . 34 6 12
L'Abbaye de S. Medard de Soiffons.
L'Eglife Cathédrale de Soiffons.
L'Eglife Cathédrale de Laon.
24 2 12
89 2
687
La Chapelle de l'Hôtel- Dieu de Laon 12 4
NANTES.
Du Janvier au 29 Février
1760.
Meffieurs
m. o. g.
le Duc d'Aiguillon. 772 3 21
La Fabrique de Notre - Dame
d'Hennebon.
Les Chartreux d'Auray.
La Cathédrale de Vannes.
Les Carmes de Ste . Anne.
La Paroiffe de Lomariac.
15212
55
265 2 6
L'Abbaye de S. Pierre de Vannes. 49 4
87 I
II 7
La Paroiffe de Carnac,
Dugouyon des Houllieres .
du Bois de Roche , de Nantes.
La Paroiffe d'Eſdeven.
40 6
If
131 1 7
43
18
AVRIL. 1760.
231
Suite de Nantes.
Meffieurs
m. o. g.
Cakiot , Changeur à Vannes. f1 2 18
Les Dames du Pere Eternel, de Vannes. 2 12
La Paroiffe de Saint Pierre . 2612
La Paroiffe de Languidie. 24 12
La Paroiffe de Baud . 26 9.
La Paroiffe de Plumergat.
Les Peres de S. Vincent , de Vannes .
Les Carmes de Vannes.
Les Cordeliers de Vannes.
La Paroiffe de Peaul.
La Paroiffe de S. Laurent , de Nantes.
2 4 ୨
124 12
12 3
14 2
37
22 18
1
GRENOBLE.
Du 3 Janvier au 21 Février 1760.
Meffieurs
de la Pierre , Subdélegué à Gap .
Madame de la Tourvideau.
le Marquis de Valin.
de la Cofte de Maucune , Conſeiller
honoraire.
le Marquis de Chabrillant.
le Marquis de Joriac,
Madame la veuve Duclat de Montbrun.
Geoffre , Receveur des Tailles à Montlimart.
Boiffet, Receveur des Tailles au même
lieu.
m. o.
Is I
68 3. 3
2/3 18
145 5 TE
69 1 18
36 221
16 7
18 6
20 2 14
de Lavallonne , Commiff. des guerres. 38 1 9/
l'Evêque de Gap.
232 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Grenoble.
Chatellier , de Valence.
le Marquis de Bayanne , de Valence.
l'Abbaye de Saint Antoine.
La grande Chartreufe.
le Marquis de Bourchenu , Premier
Préfið . à la Chambre des Comptes.
le Chapitre de S. André , de Grenoble.
Bailly de Montcarra .
Les Jéfuites de Grenoble.
La Chartreuse de Durbon.
le Marquis de Chabrillant , Maréchal
de
camp.
Le premier Monaftere de la Vifitation
de Grenoble.
Le fecond Monaftere.
Les Jéfuites de Grenoble , de la Congrégation
des Ecoliers.
Les Jéfuites , de la même Ville .
m. og.
39.2 I9
36 3 18
50 2 18
69
60
8
31 6 18
30
26
26 I
68 3
35-2
23 1 12
235
17 12
3
18
si
24 4
865
La Congrégation des Penfionnaires.
Les Religieufes de Sainte Cécile , de
Grenoble .
Les Dominicains de Grenoble.
AIX .
Du 28 Décembre 1759 , au 7 Février 1760.
Meffieurs
du Puiq de Lamotte , ancien Conf.
au Parlement .
de Crelle de Montval , Conf. du
Roi à la Chamb. des Comptes.
m. o. g.
d.
137 S 9
II 6.
AVRIL 1760. 233
Meffieurs
Suite d'Aix.
Lagouffe, de la ville de Manofque.
de Saint-Etienne , idem .
le Baron de Latour- Daigues.
Le Chapitre de la ville d'Apt.
Les Carmes d'Apt.
Les Cordeliers d'Apt.
le Marquis de Jarente , de Marfeille.
le Duc de Crillon , d'Avignon.
Lyon de S. Ferraft , Contrôleur
de la Monnoie.
Pitton , Confeiller honoraire de
la Chambre des Comptes.
m. o. g. d.
5 6 18
57
559 5 15
20 3 16 12
I 4 19 12
47 12
92 521
2004 12
30 3 3
23 1 12
le Marquis d'Arcufia, de Marſeille. 220 2 21
de Calamand , Confeiller à la
Chambre des Comptes.
de Lane , de Marſeille.
M. Cruzé , idem.
Palteau , Subdélégué général ,
en bijoux d'or.
Gaufdry de Saint Eftere.
Le Corps de MM. les Tréforiers
de France .
Le même Corps.
Portaly , Commiſſaire Ordonnateur
à Toulon.
Les Recolets de Notre Dame,
Diocèfe de Siſteron.
La Cathédrale de Glandèves ,
d'Antreveaux.
Madame la veuve Gleire , de
Blandel.
21 5
50 5
42 I
7 12 15
83 I
191 2 3
102 3 9
23
5215
39 I 3
70
234 MERCURE DE FRANCE.
RENNE S.
Du 6 Janvier au 28 Février.
Meffieurs
L'Abbaye Royale de S. Maurice.
L'Abbaye Royale de la Joye.
Made. la veuve du Coetlofquet,
tutrice .
L'Abbaye Royale de Langonet.
L'Abbaye Royale de Begard,
Les Jéfuites.
La Congrégation des Jéfuites.
La Congrégation des Ecoliers.
L'Abbaye de S. Aubin des bois.
Nouail , Recteur d'Argentré .
Guyon des Huilliers , Avocat
général à la Chambre des
Comptes à Nantes.
L'Eglife Cathédrale de Rennes.
Les Dominicains de Rennes.
Vedier , Subdélegué général de
l'Intendance.
m. o. g . d.
20 7 18
12 2 19 12
90 3 3
37 6 19 12
38 2 15
28 5 4 12
18 3 I 12 .
17 4
597
2 4
3
3
21 I 4 IZ
22
32 1 22 12
454 19 12
MET Z.
Du 15 Décembre 1759 , au 28 Février 1760 .
Meffieurs
m. o. g. d.
le Marquis de Clermont-Tonnerre,
Lieuten. ,Colonel du Régiment
de Meftre- de- camp.
Huffon , Subdélegué à Sedan.
34 4
84 7 7.
AVRIL 1760. - 238
Meffieurs
m . 0. g. d.
Suite de Metz.
Le Liepre , Commiſſaire Ordonnatear
des guerres à Toul .
L'Abbaye de Châtillon , Ordre de
Citeaux.
de Tonnoy , Capitaine dans les
Grenadiers de France de Nancy.
Duhameau , Avocat en la Cour , à
Nancy.
le Comte de Germiny , idem.
Seriet , Confeiller d'Etat , idem .
Madame la Marquise de Sarmoife ,
idem .
le Comte de Ludres , idem.
Le T. R. P. de Menou , Directeur
des Miffions , à Nancy.
le Comte du Rozières .
le Comte du Hautoy .
le Marquis de Baffompierre.
de Turique.
le Marquis de Bergevillers.
de Montureux , Colonel.
de Niocourt , Premier Préfident
de la Chambre des Comptes.
de Rouvroy, Premier Président de
la Chambre Souveraine de Lorraine.
Vigneron , premier Préſident de la
Cour Souveraine.
Madame la Comteffe de Hoflife.
le Prélat de Boufey.
le Lorrain , Directeur des Fermes .
le Comte de Lupecourt.
la Comteffe de Curel.
de Marcolle.
34 IS
-22 2 2
643
58 3
67136
36
2155
69 2
71 12
20 3
103.7
6 36
164
4
19 23
40 3
6554
166 4
2476
106 I 36
7 3
2876
8157 36
1
42 2
106 I S
747 $ 36
157
3.6.
236 MERCURE DE FRANCE;
Meffieurs
Suite de Metz.
m. o. g.
de Brichabeau , Confeiller d'Etat.
Prevot , Receveur des Fermes gén.
la Préfidente de Meuvron ,
la Salle , pere ,
16 1 7
6966
944 S
26 2 7
la Salle , pere , demeurant à Sârlouis, 40 6 6
le Comte de Hunoſtin ,
l'Evêque de Metz ,
de Vendel , Abbé de Vernenvillier ,
Ordre de Cîteaux ,
Mangin , Lieutenant Général du Bailliage
de Nancy ,
l'Abbaye de Hauttefeille , de Nancy ,
le Comte d'Hedival , de Nancy ,
de Serre , Confeiller d'Etat ,
Cueillette de Bey ,
de Biron ,
le Fevre , Confeiller d'Etat ,
de Comte de Raigecourt ,
Mathieu , Grand- Maître des Eaux &
Forêts ,
le Comte de Breffey
le Vicomte de Thiange ,
Thibault , Lieutenant Gén . de Police ,
de Muffey , Confeiller d'Etat ,
Simon de la Treche ,
le Chevalier de la Michaudiere ,
Gallois , Sécrétaire d'Etat du Roi de
Pologne ,
167 6 S
148 7 6
883
16.6 4
34 6
33. I 2
22
35 17
20
13 17
7376
41 I
21 2 I
44 S
I
75
13 4 3
16 2 4
21 1
5573
177 S
Mad. la veuve de Gande, de Martanmeville
, Exempt des Gardes- du - Corps, 143 6.2
l'Abbé de Jalival , Ordre des Prémontrés
,
8 6.
l'Abbaye d'Ecurey , Ordre de Cîteaux , 235 2
Potier , Contrôleur des Guerres , 2756
AVRIL. 1760 . 237
STRASBOURG.
Du 31 Décembre 1759 , au 9 Janvier 1760 .
Meffieurs
da Billot , ancien Médecin de l'Hôpital
,
de Chaftel , Tréforier extraordinaire
des Guerres ,
m. o. g.
49 18
3588
LILLE.
Du 11 Décembre 1759 au 29 Février 1760.
Meffieurs
L'Evêque de Saint- Omer ,
le Comte de Blarhimghem ,
le Febvre de Lattre de Ligny ,
l'Abbaye de Marquette ,
le Comte de Souaftre , Colonel des
Grenadiers de France ,
l'Abbaye de Hafnon ,
de Vignancourt de Fletre ,
Langle , Subdélégué de la Flandre
maritime ,
de Rombie , Chanoine à Caffel ,
le Marquis du Barail , Commandant
en Flandres ,
le
Couvreur ,
m. o.g.
235 2
314 S
60 3 .
153 5
52 4 I
93 7 7
148 3
73 3
13 6
1965 S
le Comte d'Oizy , en Artois ,
l'Abbaye de Flines , près Douay ,
Potteau de Carny , Sécrét. du Roi ,
Percou d'Elbeck , à Lamberſart ,
de Frojdmont , Chanoine de S. Pierre ,
20 I 3
189 4
87 5 4
41 I 7
1967
40 75
"
238 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
de la Gibaudiere , Commandant à
Cambray ,
la veuve Denyau de Lille ,
le Prince de Croy ,,
Chevalier , Commandant du Fort
Saint-François à Aire ,
l'Abbé de Mouchy , Prévôt de S. Pierre
à Aire ,
l'Abbé de Fumalle, Prévôt de l'Eglife de
Cambray ,
Bourdon d'Haucourt , de Cambray ,
le Marquis de Nedonchelle ,
Briffon , Commiffaire des Guerres à
l'Armée ,
le Camus , Commandant de la Citadelle
à Lille ,
Jacob d'Aigremont à Lille ,
Faulconnier , Gránd- Bailly de Dunkerque
,
la Marquife de Lille ,
L'Abbaye des Prés , à Douay
le Comte de Beaufort , près S. Omer ,
le Chevalier d'Archy ,
Defliot Desrobles ,
Fabricy , Capitaine au Régiment de
Salis , Grifon ,
Jacquerie , Confeiller au Parlement
de Flandres ,
Herts , Confeiller Penfionnaire des
Etats de Lille ,
de Buiffy , Préfident à Mortier au
Parlement.
Les Hofpitalieres de Stenvoordes ,
L'Hôpital Comteffe , à Lille ,
m. o.
19 4 7
49-6-4
6316
87 4
21 2 2
58 6
S
3322
15814
64 6 4
66 53
199 3 2
5672
229 2
50 3
110 6 §
327 S
112 7.6
16 I I
12 6 4
32.63
3477
267
$7
AVRIL 1760. 239
Meffieurs
Suite de Lille.
m. o. g.
L'Abbaye de S. Amand en Flandres , 239 3 2
Dochy, Major de la ville de Cambray , 275 2
de la Châtellenie de Caſſel , 42 32
Buguatre, Prévôt de la ville de Cambray, 20 7 2
Deliot Desrobles ,
Les Chanoines de Sainte Aldegonde ,
19 3.
de Maubeuge ,
102 4 7
de Fourmeftraux, d'Holbecque, 147 3 6
le Comte de Guines , Lieutenant de
Roi d'Artois , 172 32
duMetz de Fromentel , à Valenciennes , 41 1 7
d'Haffrengues de Lannoy , premier
Confeiller des Etats ,
de Briane, Doyen de la Cathédrale de
Saint- Omer ,
33 34
41 4 4
De Latour de Sr. Quentin , de St. Omer, 58 6
le Comte & Sénéchal de Blandecque , 63 5 7
Maximilien Depont, de Wifque,
Enlart de Saint- Maurice ,
31 4
2556
Lefebvre de Halle , Secrétaire du Roi , 29 6 4
la veuve de M. Titelouze, de Balinghien, 20 75
Enlart , Sécrétaire du Roi ,
de Archies , de Drincamp ,
Pelet , Echevin de Saint- Omer ,
Cordez , ancien Directeur des Poftes
à Saint-Omer ,
Huguet du Haillier , Lieutenant- Gér
2064
3325
32 S
146 52
néral de l'Amirauté de Dunkerque , 46 1
Demadre , Bailly de Roubaix ,
L'Abbaye de Saint- Winocq ,
12 12
102 S
L'Abbaye du nouveau Cloître à Bergues, 17 7 4
Vernimen , Président à Mortier du
Parlement ,
de Polinchove , & de Franqueville d'Abancourt,
Confeillers au Parlement, 250 s
240 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
de Franqueville , de Fontaine , Confeiller
au Parlement ,
de Franqueville d'Inielle , Confeiller
au Parlement >
le Baron de la Grange , Chevalier
d'honneur ,
de la Fonteyne de Villers ,
Remy , Conſeiller au Parlement ,
Mulet, Confeiller au Parlement ,
Remy Dejardin , Conf. au Parlement ,
Baltazard , Confeiller au Parlement ,
le Comte de Villefort , Gouverneur de
la Citadelle de Valenciennes ,
Vandermeche , Conſeiller au Parlem.
Lecomte de la Chauffée , Avocat au
Parlement ,
m. 0.
g
202 I
32 IS
33 3
148 7 4
22 15
27 7
12 7 4
SI I I
81 6
18 76
1927
Eloy , Confeiller au Parlement 133 1
Dutil , Confeiller- Clerc au Parlement , 12 2 4
le Comte d'Havelin ,
de Flandres
Eloy , Confeiller au Parlement ,
de la Feuly , Prévôt de S. Pierre ,
Taffin , de Goulzen ,
?
Dirval, de Lille ,
Vernimen , Bourguemeſtre de Dunkerque
,
Taverne, Subdélégué à Dunkerque ,
Coppens , d'Honschotte ,
Dunquer , ancien Subdélégué à Dunkerque
,
Lamoral , Conſeiller au Parlement de
Flandres ,
Clément de Saint-Mare ,
de la Lande ,
102
T3 4
85 I
557
184 5
"
407 4
18 6 1
61 13
98 7 4
.
76 S
3437
48 7 4
55 45
Suite
AVRIL. 1760. 247
Meffieurs
Suite de Lille .
Brunot , Préfident à Mortier au Parlement
,
de Biré, Tréforier des Troupes, à Lille ,
Becquet de la Rofiere , à Douay ,
de Forêt , Préfident à Mortier au Parlement
de Flandres ,
Merlin d'Eftreux , Confeiller au Parlem .
Les Jéfuites, de Bergues ,
les Magiftrats de la ville de Bergues ,
les Magiftrats de Dunkerque ,
Plaifant, Greffier de Douay ,
m. o. g.
403 4
35 4
37 14
5932
2 19 2
335 3
544
2942
183
Dagemont , Prévôt Gén . du Hainaut , 84 2 I
Gramont , Doyen de Dunkerque ,
L'Abbaye de Vicogne ,
49 2 2
47 I 2
19 I 4
Heriguier , Confeiller au Parlement , 26 45
Marefcal , Confeiller au Parlement ,
Deflions de Flechin , à Saint-Omer ,
le Marquis d'Oliot , Brigadier des Armées
du Roi ,
le Pelletier , Avocat au Parlement de
Paris, pour feu M. de Roftrenem '
de Ramfault , Directeur du Génie , de
Flandres
,
Les Jéfuites de Caffel ,
de Rombies Chanoine à Caffel .
>
(fecond envoi )
39 5
37 7 2
26 5 I
2576
4I I S
2 6.7
de la Rianderie, Bailli des Etats de Lille , 78 7 5
Debonte de Becquet , à Dunkerque ,
Déguillon , Tréforier de la ville de
Douay ,
Madame du Belloy , veuve du Major
de la Citadelle de Lille ,
de Beaune , ancien Capitaine au Régiment
de Limofin
1. Vol.
2
6234
2625
1627.
11 7 4
L
242 MERCURE DE FRANCE
Suite de Lille.
Meffieurs
Pajot , Directeur des Poftes & Commiffaire
des Guerres ,
m. o. gi
40 3 6
MM. du Chap. de S. Pierre de Douay , 75
le Marquis de la Vieuville , à Stenvoorde
,
de Verghelle de Lambersart ,
Briffaur , Profeffeur Royal à Douay ,
Molin de Vagnonville ,
Hutin , Echevin de la ville de Douay ,
de Varenchant , Directeur des Fermes
à Saint-Quentin ,
de Forceville de Mericourt, à Paris ,
Serrurier fils , à Saint- Quentin ,
3617
4857
1322
2444
Mademoiſelle de Senancourt , à Saint-
Quentin ,
27
48.4
60.7 6
52 23
33 I I
Blotefiere de Grecourt , Chevalier de
S. Louis , 40 S.S
de Rondeau de le Mercerie , à Saint-
Quentin , 712-4
Muller, Procureur du Roi à St. Quentin, 62 2
Serrurier pere , à Saint- Quentin ,
Laurent de Bernouville , Commiffaire
des Guerres à Landrecy ,
d'Orchival , ancien Capitaine de la
Marine ,
Simon de Berfé , à Douay ,
Hennet , Prévôt de Maubeuge ,
Spel de Fling de Premecq2
de Calonne de Merchin
Deioldy , de Lille ,
Parrata , de Lille ,
2
de Segent , Major de Saint- Omer ,
le Page , Directeur de la Monnoye ,
161 34
128 1 4
9935
265
83
3827
6244
7412
1162
61 7
18.6
Coll , Echevin de la ville de Douay , 14 76
AVRIL. 1760. 243
Meffieurs
Suite de Lille.
m . o. g.
MM. du Chapitre de S. Pierre , à Caffel. 37 6
Les Hofpitalieres de Caffel ,
Madame la veuve Cramé. ( Second
envoi. )
155 3
1254
Cambier , Greffier au Parlement de
Douay , 13 IS
1263
255 I
64 13
42 4 3
Beaumaret , Echevin de Douay ,
Madame la veuve Sericourt ,
Vandercruiſe de Lamotte ,
L'Abbaye de Voftine ,
,
›
Dehaut , Profeffeur Royal , à Douay ,
de Varenghien , Ecuyer , à Douay ,
Cambier, Mayeur , à Valenciennes ,
Fizeau , Banquier à Valenciennes
Lehardy Daulnois
Picquet , Echevin , à Dunkerque ,
Drouillard , Confeiller de la Chambre
du Commerce , à Dunkerque ,
Huguet du Hallier , Lieutenant-général
de l'Amirauté , à Dunkerque.
( Second article. )
Lombart , Echevin , à Dunkerque ,
16 4
IS 34
so 13
108 I
68
82 17
23 4
34 4 S
34 3 4
Ravodel , Officier à Saint - Domingue , 23 27
Benoît , Lieutenant des Maréchaux de
France ,
Herrewin , Echevin , à Dunkerque ,
Ingilliard de Wattines , ( par addition. )
Mailly Mainez , de Bleghem ,
Dalhuin Dupont , Subdélégué à Aire ,
L'Abbaye du Verger , à Aire ,
Lefebvre , de Schonvelde ,
Denis de Riacourt , Subftitut du Procureur
Gén. du Parl . de Flandres ,
L'Abbaye de S. Calixte ?
22 2
764
4 3 2
31 32
14 3
25 7.
-33 3
14 4 7
52
•
Lij
244 MERCURE DE FRANCE.
Suite de Lille.
Meffieurs
Godfroy Dufart , Procureur du Roi
au Bureau des Finances .
M. Godefroy de Maillard, Directeur de
la Chambre des Comptes , à Lille.
MM. les Magiftrats de la ville de
Douay.
MM. de la Collégiale de S. Pierre ,
à Aire .
Morincq , Tréforier de la ville de
Dunkerque.
Galhault , Confeiller , à Arras.
Les Chartreux de Bourtillerie , Châ-
'tellenie de Lille.
Le College Anglois de Douay.
m. o.
734
733 7
25
119 4
"
25 5
La Dame veuve Arnaud Genty , à Dunkerque.
Betfort , négociant , à Dunkerque.
Coppens d'Herfin , Procureur du Roi ,
à Dunkerque.
L'Abbaye d'Hafnon .
L'Abbaye de Maroilles , près Landreies
.
L'Abbaye de Liefſies.
L'Abbaye d'Haumont.
37 26
7057
61 53
4622
835 S
16 3 6
127
•
126 76
126 7.6
140 7 S
49 3
Wilerval , Imprimeur du Roi, à Douay. 12 2 4
le Comte de Lagny , ancien Echevin ,
à Douay.
18 54
L'Abbaye de Phalempin, ( Second envoi. ) 12 4
L'Abbaye de S. Vaaft , d'Arras.
L'Abbaye du Mont S. Eloi- lès - Arras .
du Parlement.
25664
Corbie de Bligni , Conſeiller honoraire
64 2
L'Eglife de S. Gery , d'Arras.
I
Madame de Caffel , à Dunkerque.
2766
64.23
5242
AVRIL. 1760 245
Messieurs
Suite de Lille.
Les Bénédictins Anglois , de Douay.
La Paroiffe de Marquilies.
Les Hofpitalieres des Chariottes ,
d'Arras .
L'Abbaye de la Paix , à Douay.
Le Chapitre de S. Amé , à Douay.
L'Abbé des Camps , Prévôt du Chapitre
de Béthune .
Madame la Baronne d'Hinge en
Artois.
L'Abbaye de Beauprez , fur la Lis.
La Paroiffe de Fournes , Diocèle
d'Arras.
MM. les Magiftrats d'Arras.
L'Abbaye de Marculle , près Arras.
de Mefplau , Capitaine au Régiment
de la Marine.
m. o. g.
31
162
3672
4 7 4
116
3116
28 S z
53 I
II S
87 6 1
1572
8324
LesSupérieures Annonciades, de Douay . 27 5 $
Rafoir de Croix , Prévôt de Valenciennes.
La Congrégation des Bourgeois
d'Arras.
La Congrégation des Ecoliers d'Arras .
Les Religieufes , dites Louez - Dieu ,
d'Arras.
Les Jefuites d'Arras .
Desjardins , Chanoine de la Cathé
drale de S. Omer.
La Paroiffe de Fleurbaix , Diocèle
d'Arras.
Mazel , Tréforier des Troupes à
Arras.
Les Religieux de S. François de Salles ,
d'Armentieres. •
ZI I 2
33 I I
II S 7
7 4 3
111 7 7
18 4 S
4 I F
18 22
62
Liij
246 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Suite de Lille.
Madame la Comteffe d'Aumale
veuve du Lieutenant- Général .
D'Haifne , Chapelain de S. Pierre
à Douay.
Maffart , Commiffaire des Guerres
à Philipeville..
les Jéfuites de Valenciennes .
les Carmelites de Douay.
l'Abbaye d'Anay , près Douay.
la Paroifle d'Izel - lès- Equerchim .
l'Abbaye d'Eftrun , près Arras .
les Jéfuites de Cambrai .
m. o. g.
68 6
17 5 4
5044
172 5 2
70 I 4
54.3 5
3.22
21 5
46 44
les Jéfuites de Dunkerque. 82.3 I
les Soeurs grifes , Hofpitalieres de
Douay.
875
la Paroille de Saint- Albin de Douay. 38 2
les Chartreux de Douay .
la Paroiffe Notre- Dame, de Douay.
la Confrérie de Notre- Dame.
l'Abbaye de Vicoigne.
t
l'Abbaye de S. Crépin , près Valenciennes.
les Jéluites de Béthune.
l'Abbaye de S. Jean , à Valenciennes.
la Paroifle de Bourbourg.
l'Abbaye de Bourbourg.
la Chapelle Notre- Dame de la Treille ,
dans l'Eglife de S. Pierre , à Lille.
la Chapelle , Paroiffe de ladite Eglife.
le Choeur de ladite Eglife.
la Paroiffe d'Aubert , Diocèle d'Arras .
la Communauté du Béguinage , de
Valenciennes.
la Paroiffe de Dunkerque.
70
11 2 I
3 3
102 4 2
165 46
62 * 2
81 35
2654
22
214 4 4
62 4 4
121 6
2 I 4
12 3. I
482 6 :2
AVRIL 1760. 247
Meffieurs
Suite de Lille.
les Carmes Chauffés de Douay.
Les mêmes.
la Chapelle Notre- Dame de Bonne-
Efpérance de Valenciennes.
les Carmes- Déchaux de Valenciennes.
la Paroiffe de Beaumont , en Artois.
la Métropole de Cambrai.
l'Abbaye de Vaucelle , près Cambrai.
l'Abbaye de Premy.
m. o. g.
2352
72
656
35 4 4
745
218 4
927 I
47 3 S
l'Abbaye de S. Nicolas d'Arrouaife, près
Bapaume.
l'Abbaye de S. Aubert , à Cambrai.
l'Abbaye d'Anchin , près Douai.
de Coulonge , près Arras.
da
Marhacourt ;
à Saint-Omer,
l'Abbaye de S. Jolle-au - bois , dite
d'Ompmartin .
l'Abbaye de S André- au- bois , Diocèle
d'Amiens .
Durand , Surintendant du Mont- de
Piété , d'Arras.
le Couvent S. Julien , de Douai.
45 I S
103 7
IOIS S
40 I
I
34 x 5
25 3
3342
1832
12 I
l'Abbaye du S. Sépulchre , à Cambrai . 43 6 3
de Percheval , à S. Omer.
le Couvent de la Préfentation , à Aire.
François-Louis le Cellier , à Valenciennes.
867
21
27 5
I
21 I 2
le Couvent de la paix de Jefus , Ordre
de S. Benoît , à Arras.
Lemaire, l'aîné , Bourgeois de cette ville , 16 24
Guilleman, Seigneur de la Barre , à Lille. 2014
la Collégiale de S. Gery , à Cambrai. 34
l'Abbé de Millancourt Vicaire- Géné-
>
ral ,à Cambrai .
10 3
Liv
248 MERCURE DE FRANCE
Meffieurs
Suite de Lille.
es Bénédictines Angloifes , de Dunkerque.
le Couvent de Sainte Agnès, de Cambrai.
Lefebvre , de la Balle- Boulogne.
Bady , de Normond.
Watier , Secrétaire du Roi , à Cambrai.
les Hofpitalieres de S. Jean de Cambrai.
le Prieuré de Fives , près Lille.
les Chartreux de Valenciennes .
Waquernier , Secrétaire du Roi.
de Cregny , Chevalier de l'Ordre de
S. Louis.
Locart , de Valenciennes.
les Carmelites de Valenciennes.
m. o. g.
37 2
46 53
30.3 1
5622
24 2 I
20 7
49
5065
5374
233.1 3
28 S I
*
20 4
'Abbaye de Brigitines de Valenciennes. 14 2 3
l'Hôtel -Dieu de Valenciennes.
34 2 les Religieufes de la Congrégation de
Notre-Dame de Valenciennes.
Hennet de Baret , Subdélégué a Mau-
47 4 4
beuge .
14 2 4
les Urfulines de Valenciennes .
29 1 1 Morel , Directeur des Fermes du Roi à
Valenciennes.
19 I
108 3 S.
la Paroiffe de S. Jacques de Douai .
Corvifier, ancien Trélorier des Troupes
en Flandres. 10
MATIERES D' O R.
Meffieurs
MM . les Magiftrats de la ville d'Arras
, provenant d'une Eglife.
Lefebvre ,de la Baffe- Boulogne, ancien
Officier d'Infanterie.
m. o.
4 4
6 12
AVRIL. 1760. 249
PAU.
Du 8 Janvier au 16 Février 1760 .
Mefsieurs
Le Comte de Troifville , Gouverneur
du pays de Saulle.
le Baron d'Ulau .
l'Abbé de S. Jean , Ordre des Prémontrés.
la Communauté de Caftenau , riviere
baffe , Diocèle de Tarbes.
la Communauté de Luz , en Barege,
Diocèle de Tarbes.
la Communauté d'Arrens, valée d'Affuns
en Lavedan , de Tarbes.
le Chapelle de Notre-Dame de Poeylaun
, du lieu d'Arrens , vallée
d'Affuns.
la Paroiffe de Pontacq , Diocèle de
Tarbes.
m . 0.5.
119 3 21
13 4 21
221 6 18
45 12
346
65 15
94
TROYE S.
Du 21 Février au 28 dudit mois.
Mefsieurs
Les Religieux de Beaulieu.
grand Séminaire de Troyes.
Le Sueur , ancien Officier , à Bar-fur-
Aube.
les Religieux de Montierame.
Madame l'Abbelle du Paraclet
m. a
7 3
16
48 4 2
ΤΟ
16. J T
玉田
250 MERCURE
DE FRANCE.
#
Messieurs
Suite de Troyes.
m. o. g.
Madame l'Abbeffe aux Nonains , de
Troyes.
MM. de S. Etienne , de Troyes.
les Urfulines de Troyes.
MM. de S. Urbin , de Troyes.
MM . de S. Pierre , de Troyes .
la Congrégation de Troyes.
MM. de Foilly - lès - Troyes.
les Jacobins,de Troyes.
24 I6
36.44
19 2
12 4 I
382-1
49
32 I
387-
Messieurs
POITIERS.
Du 8 au 16 Février 1760.
De la fucceffion de M. Bouliaud , Curé
de la Paroiffe de S. Médard , de
Louars.
l'Abbaye de Chatelier , Ordre de Cîteaux
, Diocèfe de Poitiers.
le Marquis de Chataigner.
l'Abbaye de Luffon , Ordre de Fontevrault.
BOURGES.
Du 16 au 28 Février 1760.
L'Annonciade de Bourges.
m. o. g.
36 3
SI
12
59
I
25 1
m. 0. g.
753
AVRIL 1760..
251
Messieurs
Suite de Bourges .
MM. Derfane , de Coulon , & des Coteaux
.
le Séminaire , de Bourges.
m. o. g.
20 4 I
9
les Urfulines, de Bourges.
la Vifitation , de Bourges.
la Congrégation , de Bourges.
JI 2 6
21 I 2
551
AMIEN S.
Du 20 au 28 Février 1760 .
Messieurs
Les Feuillans , d'Amiens.
MM. les Chanoines du Chapitre d'Amiens.
le Chapitre Royal , de Roye.
de Saint-Quentin , Capitaine général
des Côtes.
les Filles de Sainte Génevieve , d'Amiens.
les Jéfuites , d'Amiens.
la Congrégation des Jefuites.
le Séminaire , d'Amiens.
Gerard , Infpecteur des Domaines de
Picardie .
l'Eglife de S. Firmin en Caſtillon, d'Amiens.
la Congrégation des Ecoliers du Collége
des Jéfuites.
les Auguftins , d'Amiens.
m. o. g.
10 25
316 3 7
2962
2565
12 6 3
les Adminiſtrateurs de l'Hôpital d'A-
49 4 2
11 6 5
10 2 6
543
39 I 3
225 2
26 6
miens.
267 S
I vj
252 MERCURE DE FRANCE
Suite d'Amiens.
1
Messieurs
Les Carmes , d'Amiens.
m. o. g.
18 6
les Religieufes de Moramont, d'Amiens. 22 5 4
de la Combe, Prévôt de la Maréchauf
fée de Picardie .
les Religieux de S. Pierre , de Corbie.
Cordier, Receveur particulier des Eaux
& Forêts d'Amiens.
les Religieufes de la Vifitation d'Amiens.
les Cordeliers d'Amiens.
l'Hôtel- Dieu d'Amiens.
la Confrérie de Notre-Dame de Lieſſe
de S. Pierre d'Amiens.
les Jacobins d'Amiens .
15241
86 I I
16
5542
21 7
62 27
12 23
5053
3125
•
les Urfulines d'Amiens .
les Religieufes de S. François , dires
Soeurs grifes .
la Paroifle de S. Remi d'Amiens.
la Confrérie des Cordonniers.
Nicolas Joly , Marchand à Amiens.
Lachenet , Seigneur d'Hedanvele ;
( Second envoi. )
Jean Turbert , Effeyeur en la Monnoye.
La Fabrique de S. Michel d'Amiens.
la Fabrique de la Paroiffe de S. Germain
d'Amiens.
l'Abbé Piquet , de Noyencourt , Chanoine.
la Fabrique de S. Sulpice d'Amiens.
la Fabrique de S. Firmin , à la porte
d'Amiens.
31
633
475
7 I 1
33 23
1266
33 55
3042
121 7 4
16 53
7
Gallois , Directeur des Droits , à Amiens. 194
'Hôtel- Dieu d'Abbeville.
17
AVRIL 1760. 253
Messieurs
Suite d'Amiens.
les Céleftins, d'Amiens.
les Minimes d'Amiens.
les Prémontrés d'Amiens.
la Paroiffe de S. Firmin le Confeffeur.
le Supérieur de l'Oratoire d'Amiens.
Madame la veuve Gorguelle.
Jofeph Gaugier .
les Bénédictines de l'Hôtel - Dieu de
Corbie.
la Fabrique de la Paroiffe de S. Leu d'Amiens.
Greffet , de l'Académie Françoiſe.
les Dames Religieufes de S. Julien d'Amiens
.
la Fabrique de la Paroiffe. S. Jacques
d'Amiens.
les Carmelites d'Amiens.
m. 0.
g .
1074
22.2.6
II IS
30 7 3
667
18 4
4E I
4 I
35 17
29 7 3
2564
23 44
3356
TOURS.
Du 6 Janvier au 22 Février 1760.
Messieurs
Les Religieufes de Citeaux , Ordre de
S. Bernard , de la ville de Saint-
Agnan . 1
les Religieufes de Bonlieu , Ordre de
Citeaux .
les Religieux de la Clarté , Ordre de
Cîteaux .
Lenoir , du Diocèſe d'Angers.
l'Abbaye de Fontevrault , Diocèle de
Poitiers.
m. o.
8037
*
48 2 6
43 74
54 3
1424
254 MERCURE DE FRANCE.
Messieurs
Suite de Tours
la Chartreuse du Legit , Diocèſe de
Tours.
l'Abbaye de Moncé , Ordre de Cîteaux
, Diocèle de Tours.
m. o. g.
425 I
16 3
CAEN.
Du 2 Janvier au 21 Février 1760 .
Messieurs
Derafne.
m. o. g.
113 6 1
l'Evêque de Coutence.
Madame de Tourville.
les Auguftins de Barfleur .
Lanteigne.
de Tierceville.
20 I 4
1565 3
24
# 7
34 3 2
263 les Croifiers.
les Jacobins. 33 4
6
la Cathédrale de Bayeux. 60 7
de Gouville .
la Chapelle de Délivrance .
le Mafurier.
les Nouvelles Catholiques , de Caen.
l'Eglife de S. Nicolas , de Caen.
PEglife Notre -Dame , de Caen.
31 5 6
10 4 5
485 3
427
6
24 I
les Urfulines de Bayeux. 12 6 3
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Résumé : SUITE de l'Etat de la Vaisselle portée aux Monnoies des Villes de Province.
Le document présente un état des contributions en vaisselle d'or et d'argent apportées aux monnoies des villes de province entre décembre 1759 et avril 1760. Il détaille les apports de diverses personnalités et institutions dans plusieurs villes françaises. À Rouen, entre le 17 et le 22 décembre 1759, des personnalités telles que Landry, Receveur des Octrois, Gaillard, Receveur général des Fermes, et le Marquis de Chaulieu ont contribué. À Lyon, du 17 décembre 1759 au 29 février 1760, des contributions proviennent de De Falconet, Commissaire des guerres, le Marquis de Lemps, et l'Abbé de Maubourg, entre autres. À La Rochelle, du 29 décembre 1759 au 12 février 1760, des figures notables comme le Marquis de Champagné et l'Évêque de Saintes ont apporté des objets de valeur. À Bordeaux, du 2 janvier au 23 février 1760, les Bernardins de Sainte Livrande et les Feuillans de Bordeaux ont également contribué. À Toulouse, du 2 janvier au 1 février 1760, Dorbellan, Président au Parlement, et Lefranc de Pompignan ont fait des apports. À Montpellier, du 14 janvier au 5 février 1760, des contributions proviennent du Marquis de Gerlande et du Marquis de Vogué. À Dijon, du 8 janvier au 29 février 1760, des personnalités comme les Cordeliers de Dijon, Michelinor de Ganet, et le Président Cocuderoy ont apporté des objets de valeur. À Orléans, du 1er février au 29 février 1760, les Bénédictins de l'Abbaye de Férière, les Barnabites de Montargis, et les Jésuites de Blois ont contribué. Enfin, à Reims, du 8 janvier au 23 février 1760, des contributions proviennent de Defaulx, Chanoine, et l'Abbaye d'Elan, Ordre de Citeaux. Le document se conclut par une liste détaillée des montants en monnaie d'or et d'argent apportés par chaque contribuant. Par ailleurs, le document est une série de listes de personnes et d'institutions, accompagnées de montants financiers, publiées dans le Mercure de France entre janvier et avril 1760. Les listes sont organisées par villes et régions, incluant Reims, Nantes, Grenoble, Aix, Rennes, Metz, Strasbourg, et Lille. Chaque entrée mentionne des individus, des titres, des abbayes, des églises, et des institutions religieuses ou civiles, souvent avec des montants financiers associés. Les personnes listées incluent des nobles, des ecclésiastiques, des fonctionnaires, et des membres de diverses congrégations religieuses. Les montants financiers varient et sont exprimés en livres, sols, et deniers. Le document est également une liste de noms et de titres de personnes et d'institutions, accompagnée de chiffres et de dates. Il commence par une série de noms de nobles, de fonctionnaires, de religieux et de membres de diverses professions, tels que le Marquis de la Vieuville, Briffaur Professeur Royal à Douay, et Hutin Échevin de la ville de Douay. Les noms sont souvent suivis de chiffres, probablement des montants financiers ou des codes spécifiques. Les lieux mentionnés incluent Stenvoorde, Lambersart, Douay, Saint-Quentin, Paris, et Lille. Le texte est daté d'avril 1760 et provient du Mercure de France. Il mentionne des envois et des articles, comme le 'Second envoi' et le 'Second article'. Les noms et les titres couvrent une large gamme de professions et de statuts sociaux, incluant des échevins, des procureurs, des directeurs des fermes, des capitaines, des abbés, et des membres de diverses congrégations religieuses. Enfin, le texte présente une liste de lieux et d'entités historiques, principalement situés dans la région de Caen et de Bayeux. Les éléments mentionnés incluent des groupes religieux tels que les Croifiers et les Jacobins, ainsi que plusieurs édifices religieux comme la Cathédrale de Bayeux, la Chapelle de Délivrance, l'Église de Saint-Nicolas de Caen, l'Église Notre-Dame de Caen, et le couvent des Ursulines de Bayeux.
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3896
p. 255
Vingtiéme Traitement consécutif, depuis son établissement.
Début :
Le nommé Lefebvre, Compagnie de la Tour, est entré le 4 septembre 1759. [...]
Mots clefs :
Compagnie, Guérison, Soldats, Malades
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Vingtiéme Traitement consécutif, depuis son établissement.
Vingtiéme Traitement confécutif , depuis fon
établiffement.
LE
E nommé Lefebvre , Compagnie de la Tour ,
eft entré le 4 Septembre 1759.
Le nommé Sans regret , Compagnie d'Afprele
+ Septembre. mont , 4
Le nommé Deflauriers , Compagnie d'Aſpremont
, le 11 Septembre .
Le nommé Déshau , Compagnie de le Camus,
le 4 Octobre.
Le nommé Le Tellier , Compagnie de Graffe ;
idem.
Le nommé Lariviere , Compagnie d'Hallot ,
le 18 Octobre.
Le nommé Pailleur , Compagnie de Viennay ,
idem.
Le nommé Dupré , Compagnie de Viennay ,
le 8 Novembre.
Le nommé Francifque , Compagnie de la
Vieuville , idem.
Le nommé Lavictoire , Compagnie de Coetidem.
trieu ,
Le nommé Berillon , de la Compagnie de le
Camus ,idem.
Le nommé Maffelet , de la Compagnie de le
Camus , le 22 Novembre.
Et tous font fortis parfaitement guéris.
établiffement.
LE
E nommé Lefebvre , Compagnie de la Tour ,
eft entré le 4 Septembre 1759.
Le nommé Sans regret , Compagnie d'Afprele
+ Septembre. mont , 4
Le nommé Deflauriers , Compagnie d'Aſpremont
, le 11 Septembre .
Le nommé Déshau , Compagnie de le Camus,
le 4 Octobre.
Le nommé Le Tellier , Compagnie de Graffe ;
idem.
Le nommé Lariviere , Compagnie d'Hallot ,
le 18 Octobre.
Le nommé Pailleur , Compagnie de Viennay ,
idem.
Le nommé Dupré , Compagnie de Viennay ,
le 8 Novembre.
Le nommé Francifque , Compagnie de la
Vieuville , idem.
Le nommé Lavictoire , Compagnie de Coetidem.
trieu ,
Le nommé Berillon , de la Compagnie de le
Camus ,idem.
Le nommé Maffelet , de la Compagnie de le
Camus , le 22 Novembre.
Et tous font fortis parfaitement guéris.
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Résumé : Vingtiéme Traitement consécutif, depuis son établissement.
Le document décrit le vingtième traitement consécutif. Dix individus ont été traités et guéris entre le 4 septembre et le 22 novembre 1759. Ils appartenaient à diverses compagnies, dont la Tour, d'Asprele, d'Aspremont, de le Camus, de Graffe, d'Hallot, de Viennay, de la Vieuville et de Coetricieu.
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3897
p. 256-258
LETTRE de M. Keyser, à Messieurs ses Corespondans, tant dans les principales Villes du Royaume, que chez l'étranger.
Début :
Monseigneur le Maréchal de Biron, m'a fait l'honneur, Messieurs, de me communiquer [...]
Mots clefs :
Curés, Exemplaires, Défense, Réponse, Guérison, Efficacité, Certificats, Maréchal de Biron, Mensonges
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Keyser, à Messieurs ses Corespondans, tant dans les principales Villes du Royaume, que chez l'étranger.
LETTRE de M. Keyfer , à Meffieurs fes Corefpondans
, tant dans les principales Villes du Royaume,
que chez l'étranger.
MONSEIGNEUR le Maréchal de Biron , m'a
fait l'honneur , Meffieurs , de me communiquer
toutes les Lettres que vous avez bien voulu lui
écrire , en y joignant les détails des cures que
vous avez faites , & les copies des Lettres que
vous avez également adreffées à M. A... Je vous
prie d'en recevoir mes remercîmens
perfuadés que je fuis fenfible , comme je le dois,
à ces nouvelles marques de vos bontés ,
juftice que vous rendez à la vérité .
& d'être
& à la
J'ai l'honneur de vous prévenir , que j'aifaic
mettre aux Caroffes & Meffageries , à vos adreffes
, divers paquets contenant mes derniers écrits ,
fervant de réponſe aux imputations de l'Auteur
du Traité des tumeurs & ulcères ; entr'autres , une
Differtation épiftolaire , adreffée à M. le Maréchal
de Biron.
Je me flatte que tout Lecteur judicieux & partial
, qui voudra lire avec quelque attention les
raifonnemens de mon adverfaire , & ceux que
je lui expoſe , me rendra d'autant plus de juftice
, que je n'ai celé d'établir & de prouver des
faits , contre tout ce qu'on a imaginé pour me
nuire .
Je vous ferai infiniment obligé Meffieurs ,
de vouloir bien répandre , & faire lire partout ,
les exemplaires que je vous adreffe , afin de dé
fabufer le Public , prévenu mal-à - propos & injuftement
, par ce qui eft avancé dans le livre &
l'extrait du Traité des tumeurs.
AVRIL. 1760 . 257
Je finirai cette Lettre , en laiffant le Public
Juger les faits principaux que voici.
L'on a commencé à répandre dans le monde ,
que le Régiment des Gardes fe plaignoit ouvertement
de mon reméde. Il y a quatre ans que
mon Hôpital fubfifte : cinq cens hommes y ont
été jufqu'ici bien réellement & très-radicalement
gaéris , fans aucune efpéce d'accident. Les Soldats
ont été, & font fans ceffe nommés dans tous
les Mercures . On a grande attention de nommer
auffi les Compagnies. En réfléchiffant fur cette
conduite , on obfervera que tous Meffieurs les .
Capitaines envoyent fucceffivement & tour-à
tour , leurs malades à cet hôpital ; qu'ils n'ont
encore ceffé de les y faire paffer . S'ils avoient
lieu de fe plaindre , ou que leurs Soldats n'euffent
effectivement pas êté guéris , continueroient
ils à les envoyer? Que le Public juge...
L'on a attaqué , combattu , & nié vos certifi
cats , Meffieurs , quoiqu'inferés authentiquement
dans tous les Mercures , & déposés entre les mains
de Mgr le Maréchal de Biron . Vous venez de
les adreffer directement à un de mes aggreſſeurs ;
il les a vûs & lûs fans doute : que le Public juge.
L'on a avancé, fans avoir fait le plus léger examen
, qu'il entroit du fublimé corrofif dans mon
reméde. Mais ils ont reconnu enfuite, par les analyfes
qui ont été faites , que l'on s'étoit trompé ;
& l'on en a fait l'aveu.L'on convient aujourd'hui ,
qu'il n'y en a point. Que répondre à cela ?
L'on fe retourne. L'on veut prétendre que
puifqu'il n'y a plus de fublimé corrofif, le reméde
doit être infuffifant , & ne doit pas avoir plus
de vertu que les panacées ordinaires . Je cite
soo Soldats guéris . Vous faites , Meffieurs , tous
les jours , des cures qui vous étonnent ; vous convenez
prèlque généralement que mon reméde
258 MERCURE DE FRANCE.
vous a réuſſi ſur des malades ; que les frictions
n'avoient pû guérir : Eſt- ce là de l'inſuffiſance ?
Sont - ce des menfonges de votre part ? Jugeż
vous-mêmes , Meffieurs , de la valeur des imputations
de mes Adverfaires.
J'ai l'honneur d'être , &c.
KEYSER.
, tant dans les principales Villes du Royaume,
que chez l'étranger.
MONSEIGNEUR le Maréchal de Biron , m'a
fait l'honneur , Meffieurs , de me communiquer
toutes les Lettres que vous avez bien voulu lui
écrire , en y joignant les détails des cures que
vous avez faites , & les copies des Lettres que
vous avez également adreffées à M. A... Je vous
prie d'en recevoir mes remercîmens
perfuadés que je fuis fenfible , comme je le dois,
à ces nouvelles marques de vos bontés ,
juftice que vous rendez à la vérité .
& d'être
& à la
J'ai l'honneur de vous prévenir , que j'aifaic
mettre aux Caroffes & Meffageries , à vos adreffes
, divers paquets contenant mes derniers écrits ,
fervant de réponſe aux imputations de l'Auteur
du Traité des tumeurs & ulcères ; entr'autres , une
Differtation épiftolaire , adreffée à M. le Maréchal
de Biron.
Je me flatte que tout Lecteur judicieux & partial
, qui voudra lire avec quelque attention les
raifonnemens de mon adverfaire , & ceux que
je lui expoſe , me rendra d'autant plus de juftice
, que je n'ai celé d'établir & de prouver des
faits , contre tout ce qu'on a imaginé pour me
nuire .
Je vous ferai infiniment obligé Meffieurs ,
de vouloir bien répandre , & faire lire partout ,
les exemplaires que je vous adreffe , afin de dé
fabufer le Public , prévenu mal-à - propos & injuftement
, par ce qui eft avancé dans le livre &
l'extrait du Traité des tumeurs.
AVRIL. 1760 . 257
Je finirai cette Lettre , en laiffant le Public
Juger les faits principaux que voici.
L'on a commencé à répandre dans le monde ,
que le Régiment des Gardes fe plaignoit ouvertement
de mon reméde. Il y a quatre ans que
mon Hôpital fubfifte : cinq cens hommes y ont
été jufqu'ici bien réellement & très-radicalement
gaéris , fans aucune efpéce d'accident. Les Soldats
ont été, & font fans ceffe nommés dans tous
les Mercures . On a grande attention de nommer
auffi les Compagnies. En réfléchiffant fur cette
conduite , on obfervera que tous Meffieurs les .
Capitaines envoyent fucceffivement & tour-à
tour , leurs malades à cet hôpital ; qu'ils n'ont
encore ceffé de les y faire paffer . S'ils avoient
lieu de fe plaindre , ou que leurs Soldats n'euffent
effectivement pas êté guéris , continueroient
ils à les envoyer? Que le Public juge...
L'on a attaqué , combattu , & nié vos certifi
cats , Meffieurs , quoiqu'inferés authentiquement
dans tous les Mercures , & déposés entre les mains
de Mgr le Maréchal de Biron . Vous venez de
les adreffer directement à un de mes aggreſſeurs ;
il les a vûs & lûs fans doute : que le Public juge.
L'on a avancé, fans avoir fait le plus léger examen
, qu'il entroit du fublimé corrofif dans mon
reméde. Mais ils ont reconnu enfuite, par les analyfes
qui ont été faites , que l'on s'étoit trompé ;
& l'on en a fait l'aveu.L'on convient aujourd'hui ,
qu'il n'y en a point. Que répondre à cela ?
L'on fe retourne. L'on veut prétendre que
puifqu'il n'y a plus de fublimé corrofif, le reméde
doit être infuffifant , & ne doit pas avoir plus
de vertu que les panacées ordinaires . Je cite
soo Soldats guéris . Vous faites , Meffieurs , tous
les jours , des cures qui vous étonnent ; vous convenez
prèlque généralement que mon reméde
258 MERCURE DE FRANCE.
vous a réuſſi ſur des malades ; que les frictions
n'avoient pû guérir : Eſt- ce là de l'inſuffiſance ?
Sont - ce des menfonges de votre part ? Jugeż
vous-mêmes , Meffieurs , de la valeur des imputations
de mes Adverfaires.
J'ai l'honneur d'être , &c.
KEYSER.
Fermer
Résumé : LETTRE de M. Keyser, à Messieurs ses Corespondans, tant dans les principales Villes du Royaume, que chez l'étranger.
M. Keyfer écrit à ses correspondants en France et à l'étranger pour les remercier des informations sur les cures effectuées et des copies des lettres envoyées à M. A... Le maréchal de Biron a transmis ces lettres et détails à M. Keyfer. Ce dernier informe ses correspondants qu'il a envoyé divers paquets contenant ses réponses aux accusations de l'auteur du Traité des tumeurs et ulcères, incluant une dissertation épistolaire au maréchal de Biron. Il espère que ses arguments et ceux de son adversaire seront jugés favorablement. M. Keyfer demande à ses correspondants de diffuser ses écrits pour contrer les rumeurs malveillantes du Traité des tumeurs. Il souligne que son hôpital, existant depuis quatre ans, a guéri cinq cents soldats sans incident, et que les capitaines continuent d'y envoyer leurs malades, prouvant ainsi l'efficacité de son remède. Il aborde les attaques contre les certificats authentiques publiés dans les Mercures et déposés auprès du maréchal de Biron, niés par ses adversaires malgré leur authenticité. Initialement, ceux-ci avaient affirmé que son remède contenait du sublimé corrosif, mais ont reconnu leur erreur après analyse. M. Keyfer réfute l'argument selon lequel l'absence de sublimé corrosif rendrait son remède insuffisant, en citant les nombreux soldats guéris et les témoignages des correspondants. Il invite le public à juger de la valeur des accusations de ses adversaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3898
p. 258-260
EFFET miraculeux, opéré par le Baume de vie de M. Le Lievre, Distillateur ordinaire du Roi, à Paris. Relation curieuse & véritable de Jeanne Pierrette, fille légitime d'Anatoile Michel, originaire de Mignovillard en Montagne, Recteur d'Ecole à Domblans ; & de Marie-Therese Guillaume, son épouse, Diocèse de Besançon, Baillage de Lons-le-Saunier.
Début :
Ladire Jeanne-Pierrette Michel, âgée pour lors de quinze ans, qu'elle passa [...]
Mots clefs :
Tristesse, Mutisme, Arrêt de l'alimentation, Bouillon, Maladie, Odeur, Hôpital, Médecins, Opération, Baume de vie, Guérison, Santé, Cure, Certificats
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texteReconnaissance textuelle : EFFET miraculeux, opéré par le Baume de vie de M. Le Lievre, Distillateur ordinaire du Roi, à Paris. Relation curieuse & véritable de Jeanne Pierrette, fille légitime d'Anatoile Michel, originaire de Mignovillard en Montagne, Recteur d'Ecole à Domblans ; & de Marie-Therese Guillaume, son épouse, Diocèse de Besançon, Baillage de Lons-le-Saunier.
EFFET miraculeux , opéré par le Baume de vie de
M. LE LIEVRE , Diſtillateur ordinaire du Roi ,
à Paris.
Relation curieufe & véritable de Jeanne Pierrette ,
fille légitime d'Anatoile Michel , originaire de
Mignovillard en Montagne , Recteur d'Ecole à
Domblans ; & de Marie- Therefe Guillaume ,
fon épouse , Diocèse de Besançon , Bailliage de
Lons-le- Saunier.
Ladire Jeanne- Pierrette Michel , âgée pour lors
de quinze ans , qu'elle paffa avec fa grand- mere
maternelle . Cette derniere vint à mourir ; elle fut
fi affligée de la mort de cette grand- mere , qu'elle
fut pendant fix mois à pleurer jours & nuits : pendant
tout ce tems- là , elle ne prit aucune nourri
ture que celle que l'on auroit fait prendre à un
enfant d'un an. On la ramena chez fon pere , à
quelques lieues de là ; elle fut toujours auffi affligée
qu'auparavant ; elle perdit dès ce moment
l'ufage de la parole : elle refta dans cet état
cinq ans & demi fans prendre aucune nourriture,
toutes les fonctions du corps humain étant interdites
; l'on faifoit cependant ce que l'on pouvoit
pour lui faite avaler par force quelques gouttes de
bouillon tous les deux ou trois jours , quelquefois
quinze & même plus : & l'on s'accoutuma fi
fort à la voir dans cet état- la , que l'on n'y faifoit
prèfque plus d'attention ; le pere & la mere s'éAVRIL
1760. 259
tant ruinés pour tâcher de la tirer d'affaire , mais
inutilement. Elle étoit continuellement dans une
grande fueur , exhalant une odeur qui infectoit ,
les yeux chaffieux , & écumant par la bouche :
voilà l'état de fa maladie, pendant lefdits cinq ans
& demi.
On la mena au Saint Suaire à Besançon , auquel
on l'avoit vouée ; l'on le lui fit toucher , &
elle fe frotta les yeux avec la main gauche : voilà
uniquement le feul figne de vie qu'elle ait donné
pendant toute fa maladie.
On la tranfporta à l'Hôpital dudit Besançon ,
où elle refta quatre mois , ne prenant toujours
que quelques gouttes de bouillon.
Meffieurs les Médecins & Chirurgiens de la
Ville de Befançon & des environs , s'affemblerent
& la vifiterent , fans qu'ils puffent lui apporter le
moindre foulagement ; ce qui les détermina à
faire plufieurs épreuves pour fçavoir fi elle avoit
encore de la fenfibilité ; & pour cela , ils lui percerent
la main avec une épingle d'argent , d'outre
en outre , fans qu'ils fe foient apperçus d'aucune
émotion on fit la même opération dans une
veine du côté gauche , fans qu'il en fortît ni fang
ni aucune humidité de quelque efpéce que ce
fût, On lui fondit de la cire d'Espagne fur le
front & fur le menton ; on lui brûlà la joue avec
de la chandelle allumée , & les pieds avec des charbons
ardens,fans qu'elle parût fenfible à tout cela .
Son pere, voyant l'inutilité de la laiffer davantage à
Befançon , alla la rechercher & la ramena chez lui
à Domblans , où elle reſta dans cette fituation
encore quatre mois ; après lequel tems Madame
la révérende Dame Abbeffe de la Royale Abbaye
de Château Châlons , qui l'avoit été voir plufieurs
fois avec fes Dames , dit un jour ; j'ai bien envie
de lui envoyer une bouteille de Baume de vie
260 MERCURE DE FRANCE.
(
"
fait par M. le Lievre , à Paris ; ce qu'elle exécuta
le lendemain avec la façon de s'en fervir. On
lui en donna pour la premiere fois quelques
gouttes dans une cueillerée de bouillon ; peu après
elle fit un mouvement de la tête & des bras 5
elle rendit avec abondance une matière jaune
par la bouche , comme de la bile : l'on continua
à lui faire prendre de ce Baume de M. le Lievre
jufqu'à trois fois , un peu plus amplement. A la
feconde fois , elle s'affit fur fon lit , & à la troifiéme
fois , elle fe leva & marcha par la chambres
& regardant , d'un air fort étonné , elle commença
à fe plaindre & à parler . Sa mere lui
ayant demandé ce qu'elle regardoit , elle lui répondit
qu'elle n'en fçavoit rien , mais que l'on
lui fit venir M. Mourrau , pour lors Vicaire à
Domblans , pour ſe confeffer à lui ; ce qui s'exécuta
: & de jours en jours elle prenoit plus de
nourriture & par conféquent plus de force , au
point qu'elle partit trois heures avant le jour de
chez fon pere le lendemain de Noël dernier
iucognitò , pour aller à quatre lieues de là , dans
la maison où étoit morte fa grand - mere ; où elle
vit & travaille actuellement comme une autre .
Nota , qu'elle ne le fouvient nullement de tout
ce qui lui eft arrivé pendant tout le cours de fa
maladie , & qu'elle n'a pas ufé à beaucoup près ,
toute la bouteille de Baume de vie de M. le
Lievre , qui n'étoit pas bien grande.
du
La préfente cure eft conftatée par les certificats
pere de la malade , des Echevins & habitans
de Domblans , fignés Michel pere , le Mouillard ,
Vicaire à Domblans , Guillermet , Claude- François
Duard , & Hugues Rougnon , Echevins ;
Beaupoil , Notaire & Procureur d'Office , J.J.
Gallion , M. Pujet , J. Duard , P. Duard , C. P.
Pernet , J. Pujet , H. Ardet , J. M. Defgrès , &c.
M. LE LIEVRE , Diſtillateur ordinaire du Roi ,
à Paris.
Relation curieufe & véritable de Jeanne Pierrette ,
fille légitime d'Anatoile Michel , originaire de
Mignovillard en Montagne , Recteur d'Ecole à
Domblans ; & de Marie- Therefe Guillaume ,
fon épouse , Diocèse de Besançon , Bailliage de
Lons-le- Saunier.
Ladire Jeanne- Pierrette Michel , âgée pour lors
de quinze ans , qu'elle paffa avec fa grand- mere
maternelle . Cette derniere vint à mourir ; elle fut
fi affligée de la mort de cette grand- mere , qu'elle
fut pendant fix mois à pleurer jours & nuits : pendant
tout ce tems- là , elle ne prit aucune nourri
ture que celle que l'on auroit fait prendre à un
enfant d'un an. On la ramena chez fon pere , à
quelques lieues de là ; elle fut toujours auffi affligée
qu'auparavant ; elle perdit dès ce moment
l'ufage de la parole : elle refta dans cet état
cinq ans & demi fans prendre aucune nourriture,
toutes les fonctions du corps humain étant interdites
; l'on faifoit cependant ce que l'on pouvoit
pour lui faite avaler par force quelques gouttes de
bouillon tous les deux ou trois jours , quelquefois
quinze & même plus : & l'on s'accoutuma fi
fort à la voir dans cet état- la , que l'on n'y faifoit
prèfque plus d'attention ; le pere & la mere s'éAVRIL
1760. 259
tant ruinés pour tâcher de la tirer d'affaire , mais
inutilement. Elle étoit continuellement dans une
grande fueur , exhalant une odeur qui infectoit ,
les yeux chaffieux , & écumant par la bouche :
voilà l'état de fa maladie, pendant lefdits cinq ans
& demi.
On la mena au Saint Suaire à Besançon , auquel
on l'avoit vouée ; l'on le lui fit toucher , &
elle fe frotta les yeux avec la main gauche : voilà
uniquement le feul figne de vie qu'elle ait donné
pendant toute fa maladie.
On la tranfporta à l'Hôpital dudit Besançon ,
où elle refta quatre mois , ne prenant toujours
que quelques gouttes de bouillon.
Meffieurs les Médecins & Chirurgiens de la
Ville de Befançon & des environs , s'affemblerent
& la vifiterent , fans qu'ils puffent lui apporter le
moindre foulagement ; ce qui les détermina à
faire plufieurs épreuves pour fçavoir fi elle avoit
encore de la fenfibilité ; & pour cela , ils lui percerent
la main avec une épingle d'argent , d'outre
en outre , fans qu'ils fe foient apperçus d'aucune
émotion on fit la même opération dans une
veine du côté gauche , fans qu'il en fortît ni fang
ni aucune humidité de quelque efpéce que ce
fût, On lui fondit de la cire d'Espagne fur le
front & fur le menton ; on lui brûlà la joue avec
de la chandelle allumée , & les pieds avec des charbons
ardens,fans qu'elle parût fenfible à tout cela .
Son pere, voyant l'inutilité de la laiffer davantage à
Befançon , alla la rechercher & la ramena chez lui
à Domblans , où elle reſta dans cette fituation
encore quatre mois ; après lequel tems Madame
la révérende Dame Abbeffe de la Royale Abbaye
de Château Châlons , qui l'avoit été voir plufieurs
fois avec fes Dames , dit un jour ; j'ai bien envie
de lui envoyer une bouteille de Baume de vie
260 MERCURE DE FRANCE.
(
"
fait par M. le Lievre , à Paris ; ce qu'elle exécuta
le lendemain avec la façon de s'en fervir. On
lui en donna pour la premiere fois quelques
gouttes dans une cueillerée de bouillon ; peu après
elle fit un mouvement de la tête & des bras 5
elle rendit avec abondance une matière jaune
par la bouche , comme de la bile : l'on continua
à lui faire prendre de ce Baume de M. le Lievre
jufqu'à trois fois , un peu plus amplement. A la
feconde fois , elle s'affit fur fon lit , & à la troifiéme
fois , elle fe leva & marcha par la chambres
& regardant , d'un air fort étonné , elle commença
à fe plaindre & à parler . Sa mere lui
ayant demandé ce qu'elle regardoit , elle lui répondit
qu'elle n'en fçavoit rien , mais que l'on
lui fit venir M. Mourrau , pour lors Vicaire à
Domblans , pour ſe confeffer à lui ; ce qui s'exécuta
: & de jours en jours elle prenoit plus de
nourriture & par conféquent plus de force , au
point qu'elle partit trois heures avant le jour de
chez fon pere le lendemain de Noël dernier
iucognitò , pour aller à quatre lieues de là , dans
la maison où étoit morte fa grand - mere ; où elle
vit & travaille actuellement comme une autre .
Nota , qu'elle ne le fouvient nullement de tout
ce qui lui eft arrivé pendant tout le cours de fa
maladie , & qu'elle n'a pas ufé à beaucoup près ,
toute la bouteille de Baume de vie de M. le
Lievre , qui n'étoit pas bien grande.
du
La préfente cure eft conftatée par les certificats
pere de la malade , des Echevins & habitans
de Domblans , fignés Michel pere , le Mouillard ,
Vicaire à Domblans , Guillermet , Claude- François
Duard , & Hugues Rougnon , Echevins ;
Beaupoil , Notaire & Procureur d'Office , J.J.
Gallion , M. Pujet , J. Duard , P. Duard , C. P.
Pernet , J. Pujet , H. Ardet , J. M. Defgrès , &c.
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Résumé : EFFET miraculeux, opéré par le Baume de vie de M. Le Lievre, Distillateur ordinaire du Roi, à Paris. Relation curieuse & véritable de Jeanne Pierrette, fille légitime d'Anatoile Michel, originaire de Mignovillard en Montagne, Recteur d'Ecole à Domblans ; & de Marie-Therese Guillaume, son épouse, Diocèse de Besançon, Baillage de Lons-le-Saunier.
Le texte raconte l'histoire de Jeanne Pierrette Michel, une jeune fille de quinze ans originaire de Mignovillard en Montagne. Après le décès de sa grand-mère maternelle, Jeanne fut profondément affectée et cessa de parler et de s'alimenter normalement. Pendant cinq ans et demi, elle ne consomma aucune nourriture, à l'exception de quelques gouttes de bouillon forcées. Elle était continuellement fiévreuse, exhalait une odeur infecte, et présentait des yeux chassieux ainsi qu'une écume à la bouche. Jeanne fut transportée à l'Hôpital de Besançon, où elle resta quatre mois sans montrer d'amélioration. Les médecins et chirurgiens tentèrent diverses épreuves pour vérifier sa sensibilité, mais sans succès. Son père la ramena alors à Domblans. Madame la révérende Dame Abbesse de la Royale Abbaye de Château Châlons décida de lui envoyer une bouteille de Baume de vie fabriqué par M. le Lievre, distillateur du Roi à Paris. Après avoir pris ce baume, Jeanne montra des signes de récupération : elle rendit une matière jaune, se leva, marcha et recommença à parler. Elle reprit des forces et retourna travailler. La guérison de Jeanne est attestée par plusieurs certificats, incluant ceux de son père, des échevins et habitants de Domblans, ainsi que du vicaire et d'autres notables.
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3898
EFFET miraculeux, opéré par le Baume de vie de M. Le Lievre, Distillateur ordinaire du Roi, à Paris. Relation curieuse & véritable de Jeanne Pierrette, fille légitime d'Anatoile Michel, originaire de Mignovillard en Montagne, Recteur d'Ecole à Domblans ; & de Marie-Therese Guillaume, son épouse, Diocèse de Besançon, Baillage de Lons-le-Saunier.
3899
p. 217-224
SUITE de l'état de la Vaisselle, portée à la Monnoie de Paris.
Début :
Du 31 Janvier 1760. Messieurs m. o. g. de l'Abbaye de Royaumont, Ordre de [...]
Mots clefs :
Vaisselle, Monnaie, Paris, Abbaye, Maréchal, Comte, Dame, Paroisse, Chapitre, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUITE de l'état de la Vaisselle, portée à la Monnoie de Paris.
SUITE de l'état de la Vaiffelle , portée
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 31 Janvier 1760 .
de l'Abbaye de Royaumont , Ordre
de Citeaux , diocèfe de Beauvais .
Meldames de l'Abbaye du Parc- aux-
Dames.
MM. de l'Abbaye de la Charmois.
Du Février.
Le fieur Perville , Lieutenant des
Maréchaux de France.
Notre-Dame de Melun.
L'Abbaye de Perfiegne , Ordre de
Citeaux.
Du 4 Février.
Morgan de Fricour , Négociant
d'Amiens.
Madlle le Doux,
Du 6 Février.
Le Comte de Ligny.
Madame de Chavigny , Bourgeoife.
La Paroille de Juvily.
Madame la Marquife d'Aubeterre .
M. Perinet d'Orval , intéreffé dans
les fermes des poudres.
En or. I m . 4 onc, 51 18 d.
ᏓᏆ Vol.
m. o.
K
SI 27
10 I S
12 4
St 4
2322
26 4 6
102 2
564
146 4 4
5447
II 7
22 2
218 MERCURE DE FRANCE.
Du 7 Février.
Meffieurs
Mefdames de la Congrégation de
Provins.
Didelot , Directeur des Aydes à
Châlons en Champagne.
MM. du Chapitre de S. Marcel ,
le Vicomte de Sebourg , Maréchal
de Camp.
MM. de l'Abbaye de Jouy , filiation
de Pontigny.
Du 8 Février.
La Paroiffe de Chomery , près
Fontainebleau .
Les Dames Hofpitalieres de Saint
Nicolas de Melun.
•
Du 9 Février,
Fricau , Secrétaire du Roi.
Touroude , Maître Doreur.
Du 11 Février.
le Prieur de l'Hôtel- Dieu de Paris.
les Dames Bernardines de Provins,
les Religieux Cordeliers de Provins.
la Paroiffe de Chenoife .
la Fabrique de Champreneſt.
la Fabrique deBetonbafoche , Election
de Provins .
Dupeyron , Directeur de la Monnoie
de Paris .
les Dames Religieufes de l'Abbaye
des Clerets , au Perche.
le Chapitre de S. Nicolas, de Provins.
le Chapitre de S. Guiriace , de Provins.
m. 0.
g.
21 4
30 16
18
36 4
30 4
371
3
5847
5576
12 33
275
4 14
13 7 1
476
235
722
100 4
17 -7
245
29 2
AVRIL. 1760. 219
Meffieurs
Du 12 Février.
Delpeche de Mérainville , Confeiller
au Parlement.
les Jacobins de Provins.
Du 13 Février.
l'Abbaye Royale de Saint Louis , de
Poitli .
les Chanoines Réguliers de S. Antoine.
les Jéfuites , de Sens.
m . o. g.
50 4
1275
545 I
4
47 2
7
3 20
les Religieufes de S. Antoine , de Sens . 45
l'Abbaye de S. Pierre le Vif , de Sens.
les Religieufes Urfulines , de Sens.
la Paroiffe de Chaumont.
la Paroiffe de S. Maximien , de Sens.
la Paroiffe de Villenaux , la petite ,
Diocèle de Sens.
le grand Séminaire de Sens .
la Fabrique de Saint Thibaut , de la
ville de Joigny , Diocèse de Sens .
1156
4 2 4
72
344
20 7 6
1066
les Religieufes Urfulines d'Argenteuil . 23 23
Du 14 Février.
les Chartreux de Bourgfontaine.
Dagueffeau de Frefne.
les Dames Religieufes de Colinance ,
en Valois , Ordre de Fontévrault.
Du 15 Février.
Freffend , Juré honoraire Porteur de
Sel de l'Ecole Royale Militaire.
les Bénédictins de Marmoutiers.
les Bénédictins de S. Calais.
88 5
269
3262
652
21 2 3
525 5
J
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 16 Février.
l'Abbaye de Royal- Lieu , Diocèfe de
Soiffons.
l'Hôtel-Dieu de S. Nicolas de Compiégne.
les Dames Carmelites , de Compiégne,
les Jéfuites de Compiègne.
les Dames Bernardines de l'Abbaye
Royale du Tréfor , Ordre de Cîteaux
.
1
la Paroiffe d'Aney , Diocèle de Sens.
Du 18 Février.
m. o. g.
79
41 7 3
33 34
so
158 4
3 5
Bernier , Marchand.
17 2 I
Du 21 dudit.
Maître , Bourgeois de Paris. 2346
1
Du 22 dudit.
Chapus , Contrôleur de la Maiſon
du Roi.
l'Abbaye de Reconfort , Ordre de
Câteaux .
Madame la veuve.de Barry.
25 4
564
356
du Tillet , Brigadier des Armées du Roi . so 6
Gançau , Receveur des Tailles à
Bar-fur-Aube.
Les Dames Religieufes de Renard ,
974
Ordre de S Benoît , Dioc. de Meaux. 23 5 3
La Paroiffe de Grand- Pui , Diocèfe
de Sens.
Ledagre de Mardreau , Ecuyer.
4 1 2
2275
8
Les Bénédictins de S.Pierre Lemoutier . 85 2
Les Dames Urfulines de Poiffy.
AVRIL. 1760.
221
Meffieurs
Poncel , Sculpteur.
Du 27. Février.
m. 0. g.
133
Du 28 dudit.
le Marquis de la Chenaye , Grand-
Ecuyer tranchant .
Boucot , Receveur de la Ville .
Mulot , Huiffier au Châtelet.
Du 29 dudit.
le Marquis de Genty , Officier aux
Gardes.
Madame Plaflier , Bourgeoife de Paris ,
à Provins.
La Paroiffe de S. Pierre , de Provins.
Lallemand de Lévignan , Intendant
d'Alençon.
Du 10 Mars.
l'Abbaye Royale de Ste . Trinité , de
Caen.
l'Abbaye de Coulombs , Congrégation
de S. Maur , Diocèle de Chartres .
Du dudit.
Le petit Séminaire de Sens , Maiſon
de Chaulmes , en Brie.
Du 13 dudit.
l'Abbaye de Frémont , ordre de Citeaux
, Diocèfe de Beauvais .
l'Abbaye de Lompont , Ordre de Cîteaux
, Diocèfe de Soiffons .
de Cormainville , Maréchal de Camp.
82 I
173 26
64
142 2 4
2954
2 2
77 4 4
835
6072
517
33 7
2542
18 1 7"
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Mars.
Madame de Vaſſe , veuve du Doyen
des Sécretaires du Roi.
Cardon , Subftitut de M. le Procureur
général , au Grand- Confeil.
Les Minimes de Compiègne.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Compiègne.
Les Cordeliers de Compiègne.
Les Dames de la Vifitation de
Compiegne.
Les Bénédictins de l'Abbaye de la
Couture , au Mans.
La Cathédrale de Seez.
Du 15 dudit.
La Paroiffe de Château -Regnard ,
Election de Montargis .
La Parciffe de Baune , Election de
Némours .
La Paroiffe de Malezerbes , Election
de Pithiviers.
La Paroiffe de Chamy , Election de
Joigny.
La Paroiffe de Saint Julien de Seau ,
Election de Joigny .
La Paroiffe de Vallery , Diocèfe de
Sens.
Hauteclaire , Ingénieur des ponts &
chauffées.
Les Doyen , Chanoines , & Chapitre
de l'Eglife Métropolitaine de Sens ,
en or , 73 m 5. onc . 6 g . 18 d.
Du 27 dudit.
La Paroiffe de S. Cyr , de Vimpelle ,
Diocèle de Sens .
TR . 0.
5855
6676
17 6 3
37 3 4
37 3 4
51 2
21 2 I
2553
15 15
13 6 1
67
45 I
763
54
1556
75
AVRIL 1760. 223
Du 18 Mars .
Les Religieufes de Fontaines , près
Meaux , Ordre de Fonteveaux.
Mile Germain , Bourgeoile de Paris.
Du 19 dudit.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Némours, Diocèfe
m. 0.8
95 3
9152
de Sens.
2876
Du 20 dudit.
Meffieurs
m. o. g.
Dupleffis , Bourgeois de Paris.
26 42
Catholiques , de Paris. 14 7 6
La Communauté des Nouvelles-
Du 21 dudit.
L'Abbaye de S. Michel , de la Ferté-
Milon.
I
Du 22 dudit.
L'Eglife & Fabrique de Saint Clair ,
de Souppe , Diocèle de Sens.
Du 24 dudit.
Binet de la Bretonnière , Fermier du
Roi.
de Villebois , Capitaine au Régiment
d'Apchon.
Madame de Vaffe. ( Second envoi. )
Du 26 dudit.
La Paroiffe de S. Gervais , de Paris .
L'Abbaye de Vauluifant , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Sens.
2.
15 4
953
50 2
353 I
923
97 I 3
26 1 S.
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE
Du 27 Mars
Meffieurs
Les Chanoines Réguliers de Sainte
Catherine , la Culture,
La Paroiffe de S. Landry , de Paris.
La Paroiffe de S. Paul , de Paris.
La Paroiffe de S. Jean en Grêve .
Du 28 dudit.
Mlle Angrand , Bourgeoife de Paris.
Les Dames Religieufes de la Vifitation
de Mélun.
Bronod , le Jeune , Notaire.
Les Urfulines de Montdidier , Diocèle
d'Amiens.
Du 31 dudit.
MM. Hachette , Notaire , & fon fils ,
Tréforier de France.
de la Salle , Receveur des Tailles à
Montargis.
L'Abbaye de S. Jean en Vallée , de
Chartres.
La Paroiffe & Fabrique de Logny , en
Perche , Diocèfe de Chartres.
Les Dames Religieufes Carmelites ,
de Chartres .
La Paroiffe de Saint Jacques de la
Boucherie , de Paris .
MM. les Marguilliers de la Fabrique
de Saint Jacques , de la Boucherie ,
pour la Confrérie du S. Sacrement.
à la Monnoie de Paris.
Meffieurs
Du 31 Janvier 1760 .
de l'Abbaye de Royaumont , Ordre
de Citeaux , diocèfe de Beauvais .
Meldames de l'Abbaye du Parc- aux-
Dames.
MM. de l'Abbaye de la Charmois.
Du Février.
Le fieur Perville , Lieutenant des
Maréchaux de France.
Notre-Dame de Melun.
L'Abbaye de Perfiegne , Ordre de
Citeaux.
Du 4 Février.
Morgan de Fricour , Négociant
d'Amiens.
Madlle le Doux,
Du 6 Février.
Le Comte de Ligny.
Madame de Chavigny , Bourgeoife.
La Paroille de Juvily.
Madame la Marquife d'Aubeterre .
M. Perinet d'Orval , intéreffé dans
les fermes des poudres.
En or. I m . 4 onc, 51 18 d.
ᏓᏆ Vol.
m. o.
K
SI 27
10 I S
12 4
St 4
2322
26 4 6
102 2
564
146 4 4
5447
II 7
22 2
218 MERCURE DE FRANCE.
Du 7 Février.
Meffieurs
Mefdames de la Congrégation de
Provins.
Didelot , Directeur des Aydes à
Châlons en Champagne.
MM. du Chapitre de S. Marcel ,
le Vicomte de Sebourg , Maréchal
de Camp.
MM. de l'Abbaye de Jouy , filiation
de Pontigny.
Du 8 Février.
La Paroiffe de Chomery , près
Fontainebleau .
Les Dames Hofpitalieres de Saint
Nicolas de Melun.
•
Du 9 Février,
Fricau , Secrétaire du Roi.
Touroude , Maître Doreur.
Du 11 Février.
le Prieur de l'Hôtel- Dieu de Paris.
les Dames Bernardines de Provins,
les Religieux Cordeliers de Provins.
la Paroiffe de Chenoife .
la Fabrique de Champreneſt.
la Fabrique deBetonbafoche , Election
de Provins .
Dupeyron , Directeur de la Monnoie
de Paris .
les Dames Religieufes de l'Abbaye
des Clerets , au Perche.
le Chapitre de S. Nicolas, de Provins.
le Chapitre de S. Guiriace , de Provins.
m. 0.
g.
21 4
30 16
18
36 4
30 4
371
3
5847
5576
12 33
275
4 14
13 7 1
476
235
722
100 4
17 -7
245
29 2
AVRIL. 1760. 219
Meffieurs
Du 12 Février.
Delpeche de Mérainville , Confeiller
au Parlement.
les Jacobins de Provins.
Du 13 Février.
l'Abbaye Royale de Saint Louis , de
Poitli .
les Chanoines Réguliers de S. Antoine.
les Jéfuites , de Sens.
m . o. g.
50 4
1275
545 I
4
47 2
7
3 20
les Religieufes de S. Antoine , de Sens . 45
l'Abbaye de S. Pierre le Vif , de Sens.
les Religieufes Urfulines , de Sens.
la Paroiffe de Chaumont.
la Paroiffe de S. Maximien , de Sens.
la Paroiffe de Villenaux , la petite ,
Diocèle de Sens.
le grand Séminaire de Sens .
la Fabrique de Saint Thibaut , de la
ville de Joigny , Diocèse de Sens .
1156
4 2 4
72
344
20 7 6
1066
les Religieufes Urfulines d'Argenteuil . 23 23
Du 14 Février.
les Chartreux de Bourgfontaine.
Dagueffeau de Frefne.
les Dames Religieufes de Colinance ,
en Valois , Ordre de Fontévrault.
Du 15 Février.
Freffend , Juré honoraire Porteur de
Sel de l'Ecole Royale Militaire.
les Bénédictins de Marmoutiers.
les Bénédictins de S. Calais.
88 5
269
3262
652
21 2 3
525 5
J
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 16 Février.
l'Abbaye de Royal- Lieu , Diocèfe de
Soiffons.
l'Hôtel-Dieu de S. Nicolas de Compiégne.
les Dames Carmelites , de Compiégne,
les Jéfuites de Compiègne.
les Dames Bernardines de l'Abbaye
Royale du Tréfor , Ordre de Cîteaux
.
1
la Paroiffe d'Aney , Diocèle de Sens.
Du 18 Février.
m. o. g.
79
41 7 3
33 34
so
158 4
3 5
Bernier , Marchand.
17 2 I
Du 21 dudit.
Maître , Bourgeois de Paris. 2346
1
Du 22 dudit.
Chapus , Contrôleur de la Maiſon
du Roi.
l'Abbaye de Reconfort , Ordre de
Câteaux .
Madame la veuve.de Barry.
25 4
564
356
du Tillet , Brigadier des Armées du Roi . so 6
Gançau , Receveur des Tailles à
Bar-fur-Aube.
Les Dames Religieufes de Renard ,
974
Ordre de S Benoît , Dioc. de Meaux. 23 5 3
La Paroiffe de Grand- Pui , Diocèfe
de Sens.
Ledagre de Mardreau , Ecuyer.
4 1 2
2275
8
Les Bénédictins de S.Pierre Lemoutier . 85 2
Les Dames Urfulines de Poiffy.
AVRIL. 1760.
221
Meffieurs
Poncel , Sculpteur.
Du 27. Février.
m. 0. g.
133
Du 28 dudit.
le Marquis de la Chenaye , Grand-
Ecuyer tranchant .
Boucot , Receveur de la Ville .
Mulot , Huiffier au Châtelet.
Du 29 dudit.
le Marquis de Genty , Officier aux
Gardes.
Madame Plaflier , Bourgeoife de Paris ,
à Provins.
La Paroiffe de S. Pierre , de Provins.
Lallemand de Lévignan , Intendant
d'Alençon.
Du 10 Mars.
l'Abbaye Royale de Ste . Trinité , de
Caen.
l'Abbaye de Coulombs , Congrégation
de S. Maur , Diocèle de Chartres .
Du dudit.
Le petit Séminaire de Sens , Maiſon
de Chaulmes , en Brie.
Du 13 dudit.
l'Abbaye de Frémont , ordre de Citeaux
, Diocèfe de Beauvais .
l'Abbaye de Lompont , Ordre de Cîteaux
, Diocèfe de Soiffons .
de Cormainville , Maréchal de Camp.
82 I
173 26
64
142 2 4
2954
2 2
77 4 4
835
6072
517
33 7
2542
18 1 7"
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
Meffieurs
Du 14 Mars.
Madame de Vaſſe , veuve du Doyen
des Sécretaires du Roi.
Cardon , Subftitut de M. le Procureur
général , au Grand- Confeil.
Les Minimes de Compiègne.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Compiègne.
Les Cordeliers de Compiègne.
Les Dames de la Vifitation de
Compiegne.
Les Bénédictins de l'Abbaye de la
Couture , au Mans.
La Cathédrale de Seez.
Du 15 dudit.
La Paroiffe de Château -Regnard ,
Election de Montargis .
La Parciffe de Baune , Election de
Némours .
La Paroiffe de Malezerbes , Election
de Pithiviers.
La Paroiffe de Chamy , Election de
Joigny.
La Paroiffe de Saint Julien de Seau ,
Election de Joigny .
La Paroiffe de Vallery , Diocèfe de
Sens.
Hauteclaire , Ingénieur des ponts &
chauffées.
Les Doyen , Chanoines , & Chapitre
de l'Eglife Métropolitaine de Sens ,
en or , 73 m 5. onc . 6 g . 18 d.
Du 27 dudit.
La Paroiffe de S. Cyr , de Vimpelle ,
Diocèle de Sens .
TR . 0.
5855
6676
17 6 3
37 3 4
37 3 4
51 2
21 2 I
2553
15 15
13 6 1
67
45 I
763
54
1556
75
AVRIL 1760. 223
Du 18 Mars .
Les Religieufes de Fontaines , près
Meaux , Ordre de Fonteveaux.
Mile Germain , Bourgeoile de Paris.
Du 19 dudit.
Les Dames de la Congrégation de
Notre-Dame de Némours, Diocèfe
m. 0.8
95 3
9152
de Sens.
2876
Du 20 dudit.
Meffieurs
m. o. g.
Dupleffis , Bourgeois de Paris.
26 42
Catholiques , de Paris. 14 7 6
La Communauté des Nouvelles-
Du 21 dudit.
L'Abbaye de S. Michel , de la Ferté-
Milon.
I
Du 22 dudit.
L'Eglife & Fabrique de Saint Clair ,
de Souppe , Diocèle de Sens.
Du 24 dudit.
Binet de la Bretonnière , Fermier du
Roi.
de Villebois , Capitaine au Régiment
d'Apchon.
Madame de Vaffe. ( Second envoi. )
Du 26 dudit.
La Paroiffe de S. Gervais , de Paris .
L'Abbaye de Vauluifant , Ordre de
Citeaux , Diocèle de Sens.
2.
15 4
953
50 2
353 I
923
97 I 3
26 1 S.
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE
Du 27 Mars
Meffieurs
Les Chanoines Réguliers de Sainte
Catherine , la Culture,
La Paroiffe de S. Landry , de Paris.
La Paroiffe de S. Paul , de Paris.
La Paroiffe de S. Jean en Grêve .
Du 28 dudit.
Mlle Angrand , Bourgeoife de Paris.
Les Dames Religieufes de la Vifitation
de Mélun.
Bronod , le Jeune , Notaire.
Les Urfulines de Montdidier , Diocèle
d'Amiens.
Du 31 dudit.
MM. Hachette , Notaire , & fon fils ,
Tréforier de France.
de la Salle , Receveur des Tailles à
Montargis.
L'Abbaye de S. Jean en Vallée , de
Chartres.
La Paroiffe & Fabrique de Logny , en
Perche , Diocèfe de Chartres.
Les Dames Religieufes Carmelites ,
de Chartres .
La Paroiffe de Saint Jacques de la
Boucherie , de Paris .
MM. les Marguilliers de la Fabrique
de Saint Jacques , de la Boucherie ,
pour la Confrérie du S. Sacrement.
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Résumé : SUITE de l'état de la Vaisselle, portée à la Monnoie de Paris.
Le document est un registre des transactions de vaisselle effectuées à la Monnaie de Paris entre le 31 janvier 1760 et le 31 mars 1760. Il répertorie diverses institutions religieuses, nobles et personnes privées ayant réalisé des transactions. Parmi les entités mentionnées figurent des abbayes, des chapitres, des paroisses, des congrégations, ainsi que des individus tels que des négociants, des bourgeois, des officiers et des membres de la noblesse. Les transactions sont détaillées avec des montants exprimés en livres, sous et deniers. Les dates des transactions sont précisées, couvrant la période du 31 janvier au 31 mars 1760. Le document inclut également des mentions des fonctions et titres des personnes impliquées, ainsi que des lieux géographiques associés à ces transactions.
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3900
p. 225-227
MONNOIE De RIOM.
Début :
Du 17 Décembre 1759, au 31 Mars 1760. Messieurs m. o. g. de la Vilatel, Lieutenant [...]
Mots clefs :
Monnaie, Riom, Religieux, Lieutenant, Marquis, Chanoines, Religieuses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MONNOIE De RIOM.
MONNOIE DE RIO M.
Du 17 Décembre 1759 , au 31 Mars 1760 .
Meffieurs
de la Vilatel , Lieutenant des Maréchaux
de France.
du Tour , Corefpondant de l'Académie
Royale des Sciences .
m. o. g.
57 4
255
le Marquis de Chabannes , de la Paliffe. 54 4
Desbray , Receveur des Tailles de
Gannac .
Les Religieux Bénédictins de la Chaiſe-
Dieu.
Les Bénédictins de S. Allire , près
Clermont.
l'Evêque de S. Flour.
le Marquis de Villemont .
MM. de l'Oratoire de Clermont.
Les Jéfuites de Clermont.
Les Religieux de S. Geneft , Ordre des
Prémontrés.
Les Religieux de Montpeyroux .
MM. de l'Abbaye de Bouchet.
le Curé de S. Pourcain.
Les Réligieufes de Notre - Dame
de Riom .
Les Bénédictins de S. Pourcain .
MM . les Comtes de Brioude.
Du Jouhanel , Trélorier de France,
à Riom .
Elpinaffe , Receveur des Tailles à
Clermont.
Les Chanoines de Notre- Dame de
Marthuret , de Riom,
?
1932
6
305 2
191
72 4
44 3
16 I
5-
IL 3
12 f
10 3
4 7 4
93
83 4
257
32 2
1524
KY
226 MERCURE DE FRANCE
Mefsieurs
Suite de Riom.
Les Chanoines de Saint Amable , de
Riom .
Les Cordeliers de Riom .
Les Dames Religieufes de Sainte
Marie , de Riom .
MM . de l'Oratoire , de Riom .
m. o. g.
257
36 3
94
17 I
Les Religieufes Hofpitalières , de Riom . 14 4
De Lauriat , ancien Tréforier de France
à Riom .
Les Religieufes de l'Eclache , de Clermont.
>
le Baron d'Eveaux , de Moulins.
Chamfeu Lieuten . des Maréchaux de
France , a Moulins .
Les Chanoines de la Sainte Chapelle ,
de Riom .
le Marquis de Goutes , de Moulins ,
Capitaine de Vaiffeaux .
le Curé de S. Geneft , de Clermont.
Les Dames Carmelites , de Riom .
les Chanoines de Billom .
les Religieufes de Sainte Marie , de
Billom .
les Jéfuites , de Billom .
d'Avaux , Premier Préfident au Préfidial
de Riom.
du Corail , Brigad. des armées du Roi.
Demacholles , Chevalier de S. Louis ,
& ancien Capitaine de Dragons.
MM de Chapitre de Chamaliere.
les Bénédictins d'Iffoire . *
les Religieufes d'Efteil , Ordre de Fontevraux
.
les Bénédictines , de Billom..
36.5
16 2
36 6
18 5
4
85 14
20 S
16 64
24 3 4
II 4
10.2
237
8 I
204
754
4 2
24 5
246
AVRIL. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Riom.
m. 0. g.
les Marguilliers de Saint Amable ,
de Riom .
les Religieufes Bénédictines de Clermont.
les Religieufes de Sainte Marie de
Clermont.
les Religieufes de Notre - Dame de
Gannat.
les Chanoines de Notre- Dame du Port,
de Clermont .
les Chanoines de Notre- Dame d'Aiguepene.
les Carmes anciens , de Clermont .
les Religieufes de la Vifitation , de
Notre- Dame de Montferrand.
MM. du Chapitre de Montferrand.
les Miffionnaires de Ballene , près
Gannat.
30 7
566
106
36
18 3
17 5 4
742
3 64
742
864
la Paroille de Montaigut, en Combraille. 12 5
les Dames Religieufes de Pontralier ,
près Gannat . 434
les Dames Urfulines , de Montferrand . 10 4 4
Du 17 Décembre 1759 , au 31 Mars 1760 .
Meffieurs
de la Vilatel , Lieutenant des Maréchaux
de France.
du Tour , Corefpondant de l'Académie
Royale des Sciences .
m. o. g.
57 4
255
le Marquis de Chabannes , de la Paliffe. 54 4
Desbray , Receveur des Tailles de
Gannac .
Les Religieux Bénédictins de la Chaiſe-
Dieu.
Les Bénédictins de S. Allire , près
Clermont.
l'Evêque de S. Flour.
le Marquis de Villemont .
MM. de l'Oratoire de Clermont.
Les Jéfuites de Clermont.
Les Religieux de S. Geneft , Ordre des
Prémontrés.
Les Religieux de Montpeyroux .
MM. de l'Abbaye de Bouchet.
le Curé de S. Pourcain.
Les Réligieufes de Notre - Dame
de Riom .
Les Bénédictins de S. Pourcain .
MM . les Comtes de Brioude.
Du Jouhanel , Trélorier de France,
à Riom .
Elpinaffe , Receveur des Tailles à
Clermont.
Les Chanoines de Notre- Dame de
Marthuret , de Riom,
?
1932
6
305 2
191
72 4
44 3
16 I
5-
IL 3
12 f
10 3
4 7 4
93
83 4
257
32 2
1524
KY
226 MERCURE DE FRANCE
Mefsieurs
Suite de Riom.
Les Chanoines de Saint Amable , de
Riom .
Les Cordeliers de Riom .
Les Dames Religieufes de Sainte
Marie , de Riom .
MM . de l'Oratoire , de Riom .
m. o. g.
257
36 3
94
17 I
Les Religieufes Hofpitalières , de Riom . 14 4
De Lauriat , ancien Tréforier de France
à Riom .
Les Religieufes de l'Eclache , de Clermont.
>
le Baron d'Eveaux , de Moulins.
Chamfeu Lieuten . des Maréchaux de
France , a Moulins .
Les Chanoines de la Sainte Chapelle ,
de Riom .
le Marquis de Goutes , de Moulins ,
Capitaine de Vaiffeaux .
le Curé de S. Geneft , de Clermont.
Les Dames Carmelites , de Riom .
les Chanoines de Billom .
les Religieufes de Sainte Marie , de
Billom .
les Jéfuites , de Billom .
d'Avaux , Premier Préfident au Préfidial
de Riom.
du Corail , Brigad. des armées du Roi.
Demacholles , Chevalier de S. Louis ,
& ancien Capitaine de Dragons.
MM de Chapitre de Chamaliere.
les Bénédictins d'Iffoire . *
les Religieufes d'Efteil , Ordre de Fontevraux
.
les Bénédictines , de Billom..
36.5
16 2
36 6
18 5
4
85 14
20 S
16 64
24 3 4
II 4
10.2
237
8 I
204
754
4 2
24 5
246
AVRIL. 1760. 227
Meffieurs
Suite de Riom.
m. 0. g.
les Marguilliers de Saint Amable ,
de Riom .
les Religieufes Bénédictines de Clermont.
les Religieufes de Sainte Marie de
Clermont.
les Religieufes de Notre - Dame de
Gannat.
les Chanoines de Notre- Dame du Port,
de Clermont .
les Chanoines de Notre- Dame d'Aiguepene.
les Carmes anciens , de Clermont .
les Religieufes de la Vifitation , de
Notre- Dame de Montferrand.
MM. du Chapitre de Montferrand.
les Miffionnaires de Ballene , près
Gannat.
30 7
566
106
36
18 3
17 5 4
742
3 64
742
864
la Paroille de Montaigut, en Combraille. 12 5
les Dames Religieufes de Pontralier ,
près Gannat . 434
les Dames Urfulines , de Montferrand . 10 4 4
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Résumé : MONNOIE De RIOM.
Le document 'MONNOIE DE RIO M.' couvre la période du 17 décembre 1759 au 31 mars 1760 et répertorie les contributions financières de diverses personnalités et institutions. Les contributeurs incluent des nobles, des ecclésiastiques, des fonctionnaires et des ordres religieux. Parmi les noms notables figurent le Marquis de Chabannes, le Marquis de Villemont, l'Évêque de S. Flour, ainsi que les Bénédictins, les Jésuites et les Prémontrés. Les montants des contributions varient de quelques livres à plusieurs centaines de livres. Le document mentionne également des contributeurs pour la suite de Riom, tels que des chanoines, des cordeliers, des dames religieuses, le Baron d'Eveaux et le Marquis de Goutes, avec des montants détaillés pour chaque individu ou groupe.
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