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Détail
Liste
1601
p. 215-218
De Paris, le 14.
Début :
Le 6. de ce mois, le Bailly de Mesmes, Ambassadeur Extraordinaire [...]
Mots clefs :
Duc d'Orléans, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris, le 14.
DeParis ,le 14 17
Le 6. de ce mois , leBailly
de Meſmes , Ambaſſadeur Extraordinaire
de la Religion de
Malthe,eut audience publique
deMonfieur leDucd Orleans;
deMadame , &de Madamela
Ducheffed'Orleans, qu'il com
plimenta fur la mort du feu
Roy , & preſenta des lettres
du grand Maistre.
A
{
Le 19. du mois dernier , on
celebra dans l'EglifeCathedra
lede Saint Jean de Lyon ,un
Service folemnel pour le feu
216 MERCURE
1
1
1
1
Roy,& 1Oratfon Fanebre fut
prononcée par le ſieur duTeil.
Lett. de ce mois , l'Univerfité
celebra un Service folennel
dansla Chapelle de Sorbonne,
pour le repos de l'ame du feu
Roy Le Cardinal de Noailles,
Archevelquede Paris , Provi
ſeurde Sorbonne , celebrala
Meffe , & le fieur Grenant ,
Profeffeur au College deHarcourt,
prononçal'Eloge Funebreen
Latin Le ſieur deMon
tempuys Recteur , les Procureurs
des Nations , les Facultez,
leurs Doyens à lateſte,y affife!
terent en habits de ceremonie,
ainfi
GALANT. 217
ainſi que le premier Préſident,
pluſieurs Préſidents & Confeillers
du Parlement , les Gens
du Roy , &d'autres perſonnes
de distinction .
Le 12. les Jefuites de la
Maiſon Profefle , en celebre.
rent un dansleur Eglife , & le
Pere de la Ferté prononça
l'OraiſonFunebre.
On en celebra le 2. de ce
mois un à Grenoble , où l'Evêque
officia pontificalement ,
le Parlement , & la Chambre
desComptes y aſſiſterenr.
Le 14. l'Evêque Comte de
Chaalons , en fit celebrer un
Decembre 1715. T
218 MERCURE
dans ſa Cathedrale.
Le 6. de ce mois , leBailly
de Meſmes , Ambaſſadeur Extraordinaire
de la Religion de
Malthe,eut audience publique
deMonfieur leDucd Orleans;
deMadame , &de Madamela
Ducheffed'Orleans, qu'il com
plimenta fur la mort du feu
Roy , & preſenta des lettres
du grand Maistre.
A
{
Le 19. du mois dernier , on
celebra dans l'EglifeCathedra
lede Saint Jean de Lyon ,un
Service folemnel pour le feu
216 MERCURE
1
1
1
1
Roy,& 1Oratfon Fanebre fut
prononcée par le ſieur duTeil.
Lett. de ce mois , l'Univerfité
celebra un Service folennel
dansla Chapelle de Sorbonne,
pour le repos de l'ame du feu
Roy Le Cardinal de Noailles,
Archevelquede Paris , Provi
ſeurde Sorbonne , celebrala
Meffe , & le fieur Grenant ,
Profeffeur au College deHarcourt,
prononçal'Eloge Funebreen
Latin Le ſieur deMon
tempuys Recteur , les Procureurs
des Nations , les Facultez,
leurs Doyens à lateſte,y affife!
terent en habits de ceremonie,
ainfi
GALANT. 217
ainſi que le premier Préſident,
pluſieurs Préſidents & Confeillers
du Parlement , les Gens
du Roy , &d'autres perſonnes
de distinction .
Le 12. les Jefuites de la
Maiſon Profefle , en celebre.
rent un dansleur Eglife , & le
Pere de la Ferté prononça
l'OraiſonFunebre.
On en celebra le 2. de ce
mois un à Grenoble , où l'Evêque
officia pontificalement ,
le Parlement , & la Chambre
desComptes y aſſiſterenr.
Le 14. l'Evêque Comte de
Chaalons , en fit celebrer un
Decembre 1715. T
218 MERCURE
dans ſa Cathedrale.
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1602
p. 218-220
A S. Malo du 20. Novembre 1715.
Début :
Le Capitaine qui a passé le Prétendant, est de retour de [...]
Mots clefs :
Hommes, Combat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A S. Malo du 20. Novembre 1715.
AS. Malo du 20. Novembre
1715 .
Le Capitaine qui a paſſé le
Prétendant, eft de retour de
Vendredy au foir , il rapporte
avoir débarqué au Nordd'Ecoffe
, où il y avoit 8. ou 10.
mille hommes qui l'attendoient
, qui l'ont receu avec
de grandes acclamations de
joye , comme tout le peuple.
Il rapporte que quelques jours
avant leur arrivée , il y a cu un
combat entre le Comte de
Marre & le Duc d'Argile , que
11
9
GALANT. 219
le Comte de Marre a été bleſſé
au bras affez legerement , que
le combat a eſté ſanglant , &
opiniâtre , que les Ecoffois ont
eſté fort maltraitez , que cependant
ils font reſtez maîtres
du Champ de bataille , & que
le Duc d'Argile s'eſt retiré en
bon ordre , qu'il eſt reſté de
part & d'autre s . à 6. mille
hommes ſur la place ; mais
que ce combat ne décide rien,
on compte que la prefence du
Roy fera lever le maſque à
biendesgens qui n'ont encore
oſéremuer. M. le Duc d'Ormond
devoit débarquer en
Tij
220 MERCURE
Angleterre ; il a longtemps
raudé; mais comme il n'a point
vû les ſignaux qu'on devoit
luy faire ,il eſt revenu àMorlay
, où il eſt preſentement, en
attendant loccafion & le
temps favorable pour y retourner
.
1715 .
Le Capitaine qui a paſſé le
Prétendant, eft de retour de
Vendredy au foir , il rapporte
avoir débarqué au Nordd'Ecoffe
, où il y avoit 8. ou 10.
mille hommes qui l'attendoient
, qui l'ont receu avec
de grandes acclamations de
joye , comme tout le peuple.
Il rapporte que quelques jours
avant leur arrivée , il y a cu un
combat entre le Comte de
Marre & le Duc d'Argile , que
11
9
GALANT. 219
le Comte de Marre a été bleſſé
au bras affez legerement , que
le combat a eſté ſanglant , &
opiniâtre , que les Ecoffois ont
eſté fort maltraitez , que cependant
ils font reſtez maîtres
du Champ de bataille , & que
le Duc d'Argile s'eſt retiré en
bon ordre , qu'il eſt reſté de
part & d'autre s . à 6. mille
hommes ſur la place ; mais
que ce combat ne décide rien,
on compte que la prefence du
Roy fera lever le maſque à
biendesgens qui n'ont encore
oſéremuer. M. le Duc d'Ormond
devoit débarquer en
Tij
220 MERCURE
Angleterre ; il a longtemps
raudé; mais comme il n'a point
vû les ſignaux qu'on devoit
luy faire ,il eſt revenu àMorlay
, où il eſt preſentement, en
attendant loccafion & le
temps favorable pour y retourner
.
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1603
p. 308-309
APOSTILLE.
Début :
Mr le Marquis de Caylus, Lieutenant General des Armées de S. M. C. [...]
Mots clefs :
Lieutenant général, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APOSTILLE.
APOSTILLE•
Mr le Marquis de Caylus , Lieutenant
General des Armées de S. M. C.
forti du Royaume depuis pluſieurs années
pour ſe retirer en Espagne , où il
a fervi le Roy avec distinction , fat
ſe rendre les premiers jours de ce mois
à la Conciergerie , au ſujet du Duel
GALANT . 309
dont on l'avoit accuſé avec M. leChevalier
d'Auvergne , & en eſt forti le
12. aprés avoir eſté abſous en plein
Parlement d'une voix unanime. Il y a
dix-huit ans que cette affare eſt arrivée.
La Chambre des Comptes de Blois ,
qui eſt une des plus anciennes duRoïaume
par la création ,établie àl'inſtar de
celle de Paris ,& des autres Chambres
des Comptes du Royaume , confirmée
par tous les Rois Prédeceſſeurs de Sa
Majesté, ayant deputé ſes Officiers
pour complimenter le Roy ſur ſon avenement.
àla Couronne le 6. Decembre
1715. ils ont eſté preſentez à Sa Majeſté
par M. le Comte de Sommery ,
Lieutenant General de la Province , &
introduits par M. Deſgranges , Maître
des Ceremonies.
Mr le Marquis de Caylus , Lieutenant
General des Armées de S. M. C.
forti du Royaume depuis pluſieurs années
pour ſe retirer en Espagne , où il
a fervi le Roy avec distinction , fat
ſe rendre les premiers jours de ce mois
à la Conciergerie , au ſujet du Duel
GALANT . 309
dont on l'avoit accuſé avec M. leChevalier
d'Auvergne , & en eſt forti le
12. aprés avoir eſté abſous en plein
Parlement d'une voix unanime. Il y a
dix-huit ans que cette affare eſt arrivée.
La Chambre des Comptes de Blois ,
qui eſt une des plus anciennes duRoïaume
par la création ,établie àl'inſtar de
celle de Paris ,& des autres Chambres
des Comptes du Royaume , confirmée
par tous les Rois Prédeceſſeurs de Sa
Majesté, ayant deputé ſes Officiers
pour complimenter le Roy ſur ſon avenement.
àla Couronne le 6. Decembre
1715. ils ont eſté preſentez à Sa Majeſté
par M. le Comte de Sommery ,
Lieutenant General de la Province , &
introduits par M. Deſgranges , Maître
des Ceremonies.
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1604
p. 7-13
A Venise le 14. Décembre 1715.
Début :
M. Grimani continuë de refuser l'employ de Capitaine [...]
Mots clefs :
Capitaine général, République, Flotte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 14. Décembre 1715.
AVenise le 14. Decembre 1715.
M. Grimani continuë de
refuſer l'employ de Capitaine
General Il a preſenté un Memoire
fur ce ſujet qui doit être
porté dans trois Conſeils dif
ferens ,c'eſt à dire dans celuy
des Confeillers du Doge , &
A iiij
8 MERCURE
د
des troisChefs de la Quarantie
, dans celuy duCollege entier
, & enfin dans le Pregadi.
Ses excuſes ont déja été agrées
dans le premier de ces Conſeils.
Les ſentiments ont été
mi partis dans le deuxième
quoyque l'affaire yait étémiſe
deux fois en déliberation .
Quelque reſolution que l'ony
prenne , il paroît continuer
dans celle de ſe faire Ecclefiaftique
plûtôt que d'être forcéà
accepter cet employ , qu'il n'y
a point d'exemple que l'on ait
jamais refusé , mais c'eſt que
les affaires de la Republique
4
GALANT. و
étoientdans une ſituationbien
differente de celles où elle ſe
trouve preſentement . 1
M. Delphin n'a point écrit
à ſes Maîtres cette ſemaine ,
mais M. Piſani , General des
Iſſes , a mandé que ce Capitaine
General eſtoit parti le
dix- huit Octobre de Glimino
avec ſa Flotte pour aller vers
les Iſles de l'Archipel , dans la
vûë apparemment de tirer des
contributions de celles qui
ſont ſans deffenfe , & de tâ
cher de tirer quelque avantage
fur lesTures , s'il trouve leur
Flotte ſeparée , ainſi qu'il en
10 MERCURE
avoit receu quelques avis.
Quoyqu'il en ſoit , on luy reprochoitde
ce que lorſqu'elle
étoit unie , il n'entreprenoit
rien fur cette Flotte , & pre
ſentement qu'elle eſt ſeparée,
on craint qu'il ne luy arrive
quelque malheur.
Toutes les Garniſons qui
étoient dans les Places priſes
parCapitulation parles Turcs
font arrivées au Zante & à
Corfou , conſiſtant à 12. ou
15.00. hommes environ. Elles
y ont eſté tranſportées ſurdes
Bâtiments François .
Ondit àcette occaſion que
CALANT IF
les Turcs n'ont point pris
Parga; qu'ils avoient tenté de
le ſurprendre,mais que lesHabitants
s'eſtant deffendus vigoureuſement
, ils s'eſtoient
retirez de devant ce petit lieu.
Il arriva icy il y a quelques
jours deuxVaiſſeaux dela Florte
qui avoient eſté nolifez de
quelques Marchands &armez
enGuerre par la Republique
qui ne s'en ſervira plus . Il eſt
auſſi arrivé avant hier un autre
Vaiſſeau de Guerre nommé
la Ligue facrée ; il doit être
deſarmé , n'eſtant plus propre
pour naviger.
12 MERCURE
On attend icy inceffamment
M. le Comte de Schulembourg
qui eſt en contuma
ce au Lazaret de Verone. On
la luy fera achever dans une
Ifle des Langunes qui luy a été
preparée.
L'on a fait deux Traitez
pour la levée de isoo. hommes
,l'un avec le ComteNoftitz
, Lieutenant General , que
laRepublique prend àſon ſer.
vice , pour un Regiment de
1000. Polonnois ; & l'autre
avec M. de la Motte , au nom
duComte d'Enoff, pour soo.
de recruës du même Pays. On
GALANT. 13
ne fait pas cependant grand
fond fur l'arrivée de ces Trou
pes ,qu'il ſera difficile de conduire
icy.
M. Grimani continuë de
refuſer l'employ de Capitaine
General Il a preſenté un Memoire
fur ce ſujet qui doit être
porté dans trois Conſeils dif
ferens ,c'eſt à dire dans celuy
des Confeillers du Doge , &
A iiij
8 MERCURE
د
des troisChefs de la Quarantie
, dans celuy duCollege entier
, & enfin dans le Pregadi.
Ses excuſes ont déja été agrées
dans le premier de ces Conſeils.
Les ſentiments ont été
mi partis dans le deuxième
quoyque l'affaire yait étémiſe
deux fois en déliberation .
Quelque reſolution que l'ony
prenne , il paroît continuer
dans celle de ſe faire Ecclefiaftique
plûtôt que d'être forcéà
accepter cet employ , qu'il n'y
a point d'exemple que l'on ait
jamais refusé , mais c'eſt que
les affaires de la Republique
4
GALANT. و
étoientdans une ſituationbien
differente de celles où elle ſe
trouve preſentement . 1
M. Delphin n'a point écrit
à ſes Maîtres cette ſemaine ,
mais M. Piſani , General des
Iſſes , a mandé que ce Capitaine
General eſtoit parti le
dix- huit Octobre de Glimino
avec ſa Flotte pour aller vers
les Iſles de l'Archipel , dans la
vûë apparemment de tirer des
contributions de celles qui
ſont ſans deffenfe , & de tâ
cher de tirer quelque avantage
fur lesTures , s'il trouve leur
Flotte ſeparée , ainſi qu'il en
10 MERCURE
avoit receu quelques avis.
Quoyqu'il en ſoit , on luy reprochoitde
ce que lorſqu'elle
étoit unie , il n'entreprenoit
rien fur cette Flotte , & pre
ſentement qu'elle eſt ſeparée,
on craint qu'il ne luy arrive
quelque malheur.
Toutes les Garniſons qui
étoient dans les Places priſes
parCapitulation parles Turcs
font arrivées au Zante & à
Corfou , conſiſtant à 12. ou
15.00. hommes environ. Elles
y ont eſté tranſportées ſurdes
Bâtiments François .
Ondit àcette occaſion que
CALANT IF
les Turcs n'ont point pris
Parga; qu'ils avoient tenté de
le ſurprendre,mais que lesHabitants
s'eſtant deffendus vigoureuſement
, ils s'eſtoient
retirez de devant ce petit lieu.
Il arriva icy il y a quelques
jours deuxVaiſſeaux dela Florte
qui avoient eſté nolifez de
quelques Marchands &armez
enGuerre par la Republique
qui ne s'en ſervira plus . Il eſt
auſſi arrivé avant hier un autre
Vaiſſeau de Guerre nommé
la Ligue facrée ; il doit être
deſarmé , n'eſtant plus propre
pour naviger.
12 MERCURE
On attend icy inceffamment
M. le Comte de Schulembourg
qui eſt en contuma
ce au Lazaret de Verone. On
la luy fera achever dans une
Ifle des Langunes qui luy a été
preparée.
L'on a fait deux Traitez
pour la levée de isoo. hommes
,l'un avec le ComteNoftitz
, Lieutenant General , que
laRepublique prend àſon ſer.
vice , pour un Regiment de
1000. Polonnois ; & l'autre
avec M. de la Motte , au nom
duComte d'Enoff, pour soo.
de recruës du même Pays. On
GALANT. 13
ne fait pas cependant grand
fond fur l'arrivée de ces Trou
pes ,qu'il ſera difficile de conduire
icy.
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1605
p. 13-17
A Livourne le 7. Decembre 1715.
Début :
M. le Duc de Masse est mort il y a trois jours d'une [...]
Mots clefs :
Roi, Notables, Grand Duc
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Livourne le 7. Decembre 1715.
ALivourne le 7.Decembre 1715 .
2
M. le Duc de Maſſe eſt
mort il y a trois jours d'une
pleureſie , àune de ſes maiſons
de campagne ,prés de Piſe , où
il a été embaumé & conduit
de-là à Mafle,pour y être inhumédans
le Tombeau de ſes
Ancêtres . Le Prince fon frere
cader marié depuis ſept à huit
mois, fuccede àtous fesbiens.
14 MERCURE
Le Roy de Portugal a écrit
auGrand Duc& luy a donné
la qualité d' Alteſſe Royale que
luy & le feu Roy ſon pere luy
avoient conteſtée juſques àce
jour :cette Majeſté doit venir
par terre en Italie , ſur un voeu
qu'elle a fait dans ſa maladie ,
de viſiter , en cas deguériſon ,
Noſtre Dame de Lorette ; &
elle a , dit on , reſolu de paſſer
quelque temps à Florence,
Cette Ville a veu pendant le
Regne de ce Grand Duc , un
autre Roy voyageur ,& a été
viſitée par un grand nombre
de Princes . LeNonceduPape
6
GALANT. IS
qui eſt à Lisbonne , doit accompagner
dans le voyage le
Roy de Portugal.
LeGrand Ducayant affemblé
les Notables de ſes Etats
pour aviſer aux moyens de le.
ver 400. mille écus Florentins
qui enfont soo. mille deFrance
, qu'il diloit avoir emprunté
pour ſubvenir aux derniers
fubfides qu'il a fournià l'Empereur
, ou luyêtre neceſſaires
pourd'autres rembourſemens;
ces Notables ont , aprés pluſicurs
mois d'union , refolu
d'emprunter 320 mille écus ,
pour ſeureré dufonddeſquels
16 MERCURE
T & des interêts à cinq pour
cent, ils ont été d'accord qu'il
ſera impoſé par chaque livre
du mauvais ſel qui ſe vend
dans cet Etat à prés de quatre
fols ,& chaque pain blanc de
trois onces , un liard , ce qui
produira présde so. milleécus
chaque année : on dit que le
Grand Duc qui s'eſt bien trouvé
du voyage qu'il fit l'hyver
dernier à Pife , licu auquel les
Grands Ducs, àcauſede ladou.
ceur de l'air , avoient accoûtumez
de les venir paſſerss'y rendra
dans le mois prochain. Le
ſicur del Vigna quia été longtemps
:
GALANT. 17
temps en Hollande en qualité
de Marchand , a efté nommé
àl'importanteChatgede Provediteur
de cette Doüane ,
qu'on peut comparer à celle
d'unIntendant denôtreFrance.
2
M. le Duc de Maſſe eſt
mort il y a trois jours d'une
pleureſie , àune de ſes maiſons
de campagne ,prés de Piſe , où
il a été embaumé & conduit
de-là à Mafle,pour y être inhumédans
le Tombeau de ſes
Ancêtres . Le Prince fon frere
cader marié depuis ſept à huit
mois, fuccede àtous fesbiens.
14 MERCURE
Le Roy de Portugal a écrit
auGrand Duc& luy a donné
la qualité d' Alteſſe Royale que
luy & le feu Roy ſon pere luy
avoient conteſtée juſques àce
jour :cette Majeſté doit venir
par terre en Italie , ſur un voeu
qu'elle a fait dans ſa maladie ,
de viſiter , en cas deguériſon ,
Noſtre Dame de Lorette ; &
elle a , dit on , reſolu de paſſer
quelque temps à Florence,
Cette Ville a veu pendant le
Regne de ce Grand Duc , un
autre Roy voyageur ,& a été
viſitée par un grand nombre
de Princes . LeNonceduPape
6
GALANT. IS
qui eſt à Lisbonne , doit accompagner
dans le voyage le
Roy de Portugal.
LeGrand Ducayant affemblé
les Notables de ſes Etats
pour aviſer aux moyens de le.
ver 400. mille écus Florentins
qui enfont soo. mille deFrance
, qu'il diloit avoir emprunté
pour ſubvenir aux derniers
fubfides qu'il a fournià l'Empereur
, ou luyêtre neceſſaires
pourd'autres rembourſemens;
ces Notables ont , aprés pluſicurs
mois d'union , refolu
d'emprunter 320 mille écus ,
pour ſeureré dufonddeſquels
16 MERCURE
T & des interêts à cinq pour
cent, ils ont été d'accord qu'il
ſera impoſé par chaque livre
du mauvais ſel qui ſe vend
dans cet Etat à prés de quatre
fols ,& chaque pain blanc de
trois onces , un liard , ce qui
produira présde so. milleécus
chaque année : on dit que le
Grand Duc qui s'eſt bien trouvé
du voyage qu'il fit l'hyver
dernier à Pife , licu auquel les
Grands Ducs, àcauſede ladou.
ceur de l'air , avoient accoûtumez
de les venir paſſerss'y rendra
dans le mois prochain. Le
ſicur del Vigna quia été longtemps
:
GALANT. 17
temps en Hollande en qualité
de Marchand , a efté nommé
àl'importanteChatgede Provediteur
de cette Doüane ,
qu'on peut comparer à celle
d'unIntendant denôtreFrance.
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1606
p. 17-30
A Rome le 2. Decembre 1715.
Début :
Puisque vous voulez bien excuser la sécheresse des Nouvelles de [...]
Mots clefs :
Cardinal, Gouverneur, Empereur, Cérémonie, Ambassadeur, Sa Sainteté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 2. Decembre 1715.
ARome le 2. Decembre 1715 .
Puiſque vous voulez bien
excuſer la ſéchereſſe des Nouvelles
deces quartiers , je continuëde
vous en écrire ,& voicy
ce que nous en avons cet
ordinaire
Dimanche dernier l'Ambaffadeur
del'Empereur fit chan-
Janvier 1716 . B
18 MERCURE
ter une Meſſe folemnelle dans
l'Eglise del Anima , en l'honneur
de S. Charles, dont l'Empereur
porte le nom. Ce Miniſtre
y aſſiſta en ceremonie,
Il y cût ce jour-là une nombreuſe
ſuite de Prelats & de
Seigneurs , & M.le Vicegerent
celebra la Meſſe. L'Ambaffadeur
donna enſuiteun ſuperbe
repas à tout fon cortege
& aux Miniſtres des Couronnes
. Un Prince Palermitan , de
la Maiſon Fornari , ſo rrouva
à ce repas. Il avoit place à table
immediatement aprés les
Ambaſſadeurs. On dit qu'il ſe
GALANT او
plaint fort du Gouvernement
preſent de Sicile ,&que les ſujets
de mécontentement qu'il
en a font le motifde ſa retraite
en cetteCour......
M. Maſſei , Echanſon de
Sa Sainteté , lequel a porté la
calote auCardinal de Biſſy , eſt
de retour en cette Ville , où il
faitvoir le beau diamantdont
cette Eminence luy a fait prefent.
Le Pere Salerne , Jeſuite ,
qui fuivit M. le Cardinal Albani
dans ſa Nonciature d'Allemagne
, ſera , dit, on , envoïé
inceflamment à la Cour de Po
Bij
20 MERCURE
logne , de la part de Sa Sainteté
, pour donner la derniere
main à l'ouvrage de la converſion
à la Religion Catholique
du Prince Electoral de
Saxe.
M. Orlandi , Porte Croix
& Maistre de Ceremonie du
Pape , mourut ces jours pal
fez. Sa Sainteté a donné au neveu
du deffunt le Canonicat de
Sainte Maric en Traſtevere ,
dont il eſtoit pourvû .
Lundy aprés midy le Pape
revint de Caſtel Gandolfe en
bonne ſanté. Unegrande partie
du Sacré College fut au
GALANT 21
devant de luy à S Jean de Latran
Il y avoit auſſi beaucoup
deNobleſſe. Les Gardes àche
val&lesCuiraſſiers ſe trouverent
là , & le conduifirent au
Palais Quirinal. Dimanche
dernier l'Ambaſladeur de
l'Empereur revenant de l'Egliſe
del Anima avec tout fon
cortege, unCocher du Cardinal
Aſtalli eût l'imprudence de
traverſer avec ſon carroffe la
filede ceux de ce Miniftre ; &
quoique le Maiſtre deChambrede
ce Cardinal, qui ſe trouve
abſent , en ait fait des excuſes
, que même il ait congedié
22 MERCURE
leCocher, on aflûre neanmoins
que l'Ambaſſadeur n'eſt point
encore fatisfait.
eft
On a ſçû que M. Imperiali
qui eſt allé à Genes pour ſes
affaires particulieres , courant
la poſte de Montefiafcone ,
tombé dans un grand précipice
de cette Montagne , les
chevaux ayant pris le mord
aux dents. Le Prelat par un
bonheur fingulier n'a cu aucun
mal , quoyque ſa Caleche ait
eſté fracaffée ; mais le Poſtillon
a eſté tué avec un de ſes che-
Vaux.
Le ſieur Vicentini , neveu
GALANC. 23
de M. le Nonce qui eſt à Naples
, mourut Lundy de fievre
maligne, dans la vingt quatrié.
me année de ſon âge. Il eſtoit
Gentilhomme de l'Ambaſſadeur
de l'Empereur : Ce Miniſtre
luy a fait faire des ob-
Séques àl'Ara- Cæli , & a vou
lu que tous ſes Gentilshommes
aſſiſtaſſent à la grande Meffe
quia eſté celebrée pour le repos
de l'ame du deffunt leur Confrere
, a
Sa. Sainteté toûjours attentive
au ſoulagement de ſes
Peuples , a fait lever pour 4.
mois le droit d'entrée ſur les
:1
24 MERCURE
Huiles,dont la difette eſtgrande
à Rome: cela va à fix Jules
pour chaque baril On efpere
1 par- là d'engager les Marchands
å en apporter en abondance.
Le premier Dimanche de
l'Avent il y eut, ſelon la coûtume
, Chapelle au Vatican;
& Mercredy Prédication à
Monté Cavallo Le Pape n'a
point aſſiſté ni à l'une ni à
l'autre de ces fonctions. Sa
Sainteté eſt toûjours incommodée
de ſon rhume & un peu
affoiblie ; Elle ſe ménagebeau
coup , & continuë de garder
la chambre. Le
GALANT. 25
Le Cardinal Tanara eſt arrivé
en cette Ville. Il a quitté
la Legation d'Urbin ; ily avoit
douze ans qu'il la gouvernoit.
M. Rotta,Gouverneur de
Viterbe, ayant refufé d'obéïr
à certains ordres de la Con.
fulte , a eſté appellé icy ad correctionem.
La Ceremonie Baptifmale
de la fille aînéeduDucdeFiano
ſe fit la ſemaine paſſée avec
beaucoup de magnificence : il
s'y trouva douzeCardinaux. Le
CardinalAquaviva qui baptiſa
l'enfant luy fit preſent de la
Croix qu'il avoit au col ; le
Janvier 1716. C
26 MERCURE
CardinalOttobon luy donna
aufli un Acuron de diamants
de la valeur de plus demille
écus.
M. Cibo eſt parti en poſte
pour ſe rendre à Sienne &s'aboucher
avec ſon frere le ca
det,qui par la mort duDuc de
Maſſa ſuccede à ce Duché.
C'eſt pour regler entre eux le
partagedes biens que leurMaifon
poffede.
M. Daſtea cu avis quetrois
Gateres de cotErat , aprés une
furicule bouraſque , ſe trou
voient àMeffine ,&une autre
àBaya proche Naples.
GALANT. 27
Le Gouverneur de Rome
defirant d'eſtre éclairci ſur cer.
caines particularitez , donna
ordre de mettre en priſon le
DoyendeMonſignoreConti,
Evêque de Terracine, frere du
Cardinal Conti ; mais cette
Eminence ayant pris vivement
lachoſe, empêcha que ceDomeſtique
entrât en priſon , il
fut ſeulement détenu par les
Archers dans une boutique
l'eſpacede fix heures , pour y
attendre les ordres du Palais ,
qui furent que ce Doyen ſeroit
relâché ; cependant ce
} Cardinal n'ayant pû recevoir
Cij
28 MERCURE
fatisfaction du Gouverneur ,
qui allegue pour raiſon queles
Archers ont pris la fuite , a cu
recours à l'Ambaſſadeur de
Portugal ,qui auffiroſt envoya
faire de fortes plaintes ,regardant
cela comme une injure
faite à la perſonnede ſon Roy
en celle de Protecteur de fes
Royaumes.On prétend qu'ila
eſté répondu qu'on donneroit
toute forte de ſatisfactions
convenables.
زا
La jeune Marquiſe Macarani
, Dame fort fpirituelle ,
ayant eu quelque different avec
leMarquis fonmary, fans dire
GALANT . 29
mot à perſonne , s'en fut toute
ſeule un de ces jours de ſa maifon
, & alla trouver le Pere
Diez , Religieux de l'Ordre de
Citeaux ,homme fort exemplaire.
Ce Pere n'ayant pûengager
la Dame à retourner
avec ſon mary , & la voyant
reſoluë de s'arrêter chez luy ,
fut en informer le Gouverneur
, qui ayant envoyéappeller
le mary , fit ſi bien qu'il les
reconcilia enſemble,& s'eſtant
luy-même tranſporté chez le
Religieux , qui demeure dans
une maiſon particuliere , l'Ordre
de Citeaux n'ayant point
Ciij
30 MERCURE
deConvent en cette Ville , fit
retourner la Dame à ſonlogis.
: Dom Charles Albani & fon
Epouſe revinrent Vendredy
de la femaine paffée en cette
Ville. On dit qu'ils ont eſté à
Milan incognito voir le Comte
Charles Borromée , frere de la
femme.
- Le frere du Comte Julien ,
Agent des Cantons Catholiques
en cetteVille , ayant perdu
le reſpect à Monſignore
Mollara , Commiſſaire des Armes
, n'a eu que trois jours
pour ſe retirer de tout l'Etat
Eccleſiaſtique.
Puiſque vous voulez bien
excuſer la ſéchereſſe des Nouvelles
deces quartiers , je continuëde
vous en écrire ,& voicy
ce que nous en avons cet
ordinaire
Dimanche dernier l'Ambaffadeur
del'Empereur fit chan-
Janvier 1716 . B
18 MERCURE
ter une Meſſe folemnelle dans
l'Eglise del Anima , en l'honneur
de S. Charles, dont l'Empereur
porte le nom. Ce Miniſtre
y aſſiſta en ceremonie,
Il y cût ce jour-là une nombreuſe
ſuite de Prelats & de
Seigneurs , & M.le Vicegerent
celebra la Meſſe. L'Ambaffadeur
donna enſuiteun ſuperbe
repas à tout fon cortege
& aux Miniſtres des Couronnes
. Un Prince Palermitan , de
la Maiſon Fornari , ſo rrouva
à ce repas. Il avoit place à table
immediatement aprés les
Ambaſſadeurs. On dit qu'il ſe
GALANT او
plaint fort du Gouvernement
preſent de Sicile ,&que les ſujets
de mécontentement qu'il
en a font le motifde ſa retraite
en cetteCour......
M. Maſſei , Echanſon de
Sa Sainteté , lequel a porté la
calote auCardinal de Biſſy , eſt
de retour en cette Ville , où il
faitvoir le beau diamantdont
cette Eminence luy a fait prefent.
Le Pere Salerne , Jeſuite ,
qui fuivit M. le Cardinal Albani
dans ſa Nonciature d'Allemagne
, ſera , dit, on , envoïé
inceflamment à la Cour de Po
Bij
20 MERCURE
logne , de la part de Sa Sainteté
, pour donner la derniere
main à l'ouvrage de la converſion
à la Religion Catholique
du Prince Electoral de
Saxe.
M. Orlandi , Porte Croix
& Maistre de Ceremonie du
Pape , mourut ces jours pal
fez. Sa Sainteté a donné au neveu
du deffunt le Canonicat de
Sainte Maric en Traſtevere ,
dont il eſtoit pourvû .
Lundy aprés midy le Pape
revint de Caſtel Gandolfe en
bonne ſanté. Unegrande partie
du Sacré College fut au
GALANT 21
devant de luy à S Jean de Latran
Il y avoit auſſi beaucoup
deNobleſſe. Les Gardes àche
val&lesCuiraſſiers ſe trouverent
là , & le conduifirent au
Palais Quirinal. Dimanche
dernier l'Ambaſladeur de
l'Empereur revenant de l'Egliſe
del Anima avec tout fon
cortege, unCocher du Cardinal
Aſtalli eût l'imprudence de
traverſer avec ſon carroffe la
filede ceux de ce Miniftre ; &
quoique le Maiſtre deChambrede
ce Cardinal, qui ſe trouve
abſent , en ait fait des excuſes
, que même il ait congedié
22 MERCURE
leCocher, on aflûre neanmoins
que l'Ambaſſadeur n'eſt point
encore fatisfait.
eft
On a ſçû que M. Imperiali
qui eſt allé à Genes pour ſes
affaires particulieres , courant
la poſte de Montefiafcone ,
tombé dans un grand précipice
de cette Montagne , les
chevaux ayant pris le mord
aux dents. Le Prelat par un
bonheur fingulier n'a cu aucun
mal , quoyque ſa Caleche ait
eſté fracaffée ; mais le Poſtillon
a eſté tué avec un de ſes che-
Vaux.
Le ſieur Vicentini , neveu
GALANC. 23
de M. le Nonce qui eſt à Naples
, mourut Lundy de fievre
maligne, dans la vingt quatrié.
me année de ſon âge. Il eſtoit
Gentilhomme de l'Ambaſſadeur
de l'Empereur : Ce Miniſtre
luy a fait faire des ob-
Séques àl'Ara- Cæli , & a vou
lu que tous ſes Gentilshommes
aſſiſtaſſent à la grande Meffe
quia eſté celebrée pour le repos
de l'ame du deffunt leur Confrere
, a
Sa. Sainteté toûjours attentive
au ſoulagement de ſes
Peuples , a fait lever pour 4.
mois le droit d'entrée ſur les
:1
24 MERCURE
Huiles,dont la difette eſtgrande
à Rome: cela va à fix Jules
pour chaque baril On efpere
1 par- là d'engager les Marchands
å en apporter en abondance.
Le premier Dimanche de
l'Avent il y eut, ſelon la coûtume
, Chapelle au Vatican;
& Mercredy Prédication à
Monté Cavallo Le Pape n'a
point aſſiſté ni à l'une ni à
l'autre de ces fonctions. Sa
Sainteté eſt toûjours incommodée
de ſon rhume & un peu
affoiblie ; Elle ſe ménagebeau
coup , & continuë de garder
la chambre. Le
GALANT. 25
Le Cardinal Tanara eſt arrivé
en cette Ville. Il a quitté
la Legation d'Urbin ; ily avoit
douze ans qu'il la gouvernoit.
M. Rotta,Gouverneur de
Viterbe, ayant refufé d'obéïr
à certains ordres de la Con.
fulte , a eſté appellé icy ad correctionem.
La Ceremonie Baptifmale
de la fille aînéeduDucdeFiano
ſe fit la ſemaine paſſée avec
beaucoup de magnificence : il
s'y trouva douzeCardinaux. Le
CardinalAquaviva qui baptiſa
l'enfant luy fit preſent de la
Croix qu'il avoit au col ; le
Janvier 1716. C
26 MERCURE
CardinalOttobon luy donna
aufli un Acuron de diamants
de la valeur de plus demille
écus.
M. Cibo eſt parti en poſte
pour ſe rendre à Sienne &s'aboucher
avec ſon frere le ca
det,qui par la mort duDuc de
Maſſa ſuccede à ce Duché.
C'eſt pour regler entre eux le
partagedes biens que leurMaifon
poffede.
M. Daſtea cu avis quetrois
Gateres de cotErat , aprés une
furicule bouraſque , ſe trou
voient àMeffine ,&une autre
àBaya proche Naples.
GALANT. 27
Le Gouverneur de Rome
defirant d'eſtre éclairci ſur cer.
caines particularitez , donna
ordre de mettre en priſon le
DoyendeMonſignoreConti,
Evêque de Terracine, frere du
Cardinal Conti ; mais cette
Eminence ayant pris vivement
lachoſe, empêcha que ceDomeſtique
entrât en priſon , il
fut ſeulement détenu par les
Archers dans une boutique
l'eſpacede fix heures , pour y
attendre les ordres du Palais ,
qui furent que ce Doyen ſeroit
relâché ; cependant ce
} Cardinal n'ayant pû recevoir
Cij
28 MERCURE
fatisfaction du Gouverneur ,
qui allegue pour raiſon queles
Archers ont pris la fuite , a cu
recours à l'Ambaſſadeur de
Portugal ,qui auffiroſt envoya
faire de fortes plaintes ,regardant
cela comme une injure
faite à la perſonnede ſon Roy
en celle de Protecteur de fes
Royaumes.On prétend qu'ila
eſté répondu qu'on donneroit
toute forte de ſatisfactions
convenables.
زا
La jeune Marquiſe Macarani
, Dame fort fpirituelle ,
ayant eu quelque different avec
leMarquis fonmary, fans dire
GALANT . 29
mot à perſonne , s'en fut toute
ſeule un de ces jours de ſa maifon
, & alla trouver le Pere
Diez , Religieux de l'Ordre de
Citeaux ,homme fort exemplaire.
Ce Pere n'ayant pûengager
la Dame à retourner
avec ſon mary , & la voyant
reſoluë de s'arrêter chez luy ,
fut en informer le Gouverneur
, qui ayant envoyéappeller
le mary , fit ſi bien qu'il les
reconcilia enſemble,& s'eſtant
luy-même tranſporté chez le
Religieux , qui demeure dans
une maiſon particuliere , l'Ordre
de Citeaux n'ayant point
Ciij
30 MERCURE
deConvent en cette Ville , fit
retourner la Dame à ſonlogis.
: Dom Charles Albani & fon
Epouſe revinrent Vendredy
de la femaine paffée en cette
Ville. On dit qu'ils ont eſté à
Milan incognito voir le Comte
Charles Borromée , frere de la
femme.
- Le frere du Comte Julien ,
Agent des Cantons Catholiques
en cetteVille , ayant perdu
le reſpect à Monſignore
Mollara , Commiſſaire des Armes
, n'a eu que trois jours
pour ſe retirer de tout l'Etat
Eccleſiaſtique.
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1607
p. 31-40
Suite des Nouvelles de Rome.
Début :
Dimanche, jour de l'Anniversaire du Couronnement du Pape, il [...]
Mots clefs :
Cardinal, Rome, Palais, Empereur, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Rome.
Suite des Nouvelles de Rome.
Dimanche , jour de l'Anniverſaire
du Couronnement du
Pape , il y eut , felon la coûtume,
Chapelle à Montecavallo;
mais Sa Sainteté n'y aſſiſta
point. Elle évite toûjours , autant
qu'ellepeut, les fonctions
pour tâcher de rétablir parfaitement
ſa ſanté.
4 L'Ambaſſadeur de l'Empereur
ayant envoyé dire au Car .
dinalOttobon qu'il ſouhaitoit
de le viſiter pour le congraruler
ſur l'heureux accouche
Ciiij
32 MERCURE
ment de la Ducheſſe de Fiano ,
fon Eminence ne put recevoir
ſa viſite , ſe trouvant alors fur
le point de fortir pour aller
dîner chez le Duc de Fiano ;
mais ce Cardinal envoya faire
ſes excuſes à l'Ambaſſadeur ,
qui pour comble d'honnêteté
expedia à l'inſtant fon Maître
de Chambre pour aller faire
ce compliment de ſa part dans
la maiſon duDuc de Fiano , où
ſon Eminence le reçut ; & en
fortant le Maistre de Chambre
laiſſa à la fale une bonne quan-.
tité d'écus d'or pour étrenes
aux Domestiques.
1
GALANT. 33
L'Abbé Perlas , frere duSecretaire
des Dépêches de l'Empereur
, eſt arrivé de Vienne
encetteCour. Sa Majesté Imperiale
l'a nommé à l'Archevêché
de Brindeſi , ſitué dans le
Royaume de Naples. Le Cardinal
Albani luy a fait preparer
un Appartement dans le
Conventde S. Romuald.
Sous le Pontificat d'Innocent
XII . le Cardinal Corſini
eſtant alors Threſorier , fut
obligé à payer à la Chambre
37. mille écus qu'il avoit avancé
, avec un peu trop de confiance
, à un certain Zinaghi ,
34 MERCURE
alors Miniſtre des Galeres de
cet Etat, qui manqua& quitta
Rome. Aujourd'huy le Pape,
à l'inſtance de ce Cardinal , a
deſtiné uneCongregation de
dix Prelats pour reconnoiſtre
fi ſon Eminence pouvoit avoir
l'appel au Tribunal de laRote;
dela Sentence qu'il remporta ;
ce qui a cité refolu par ladite
Congregation enfaveur de ce
Cardinal. Quelques Sbirres
ayant eu la hardieſſe de paffer
derriere le Palais de l'Ambas
fadeur de Portugal , furent
furpris par les Domeſtiques de
fon Excellence & chargez à
CALANT. 35
coupsde bâtons juſques ſous
la grande porte du Palais du
Cardinal Imperiali , où ils ſe
fauverent.
Pareillement les Gardes du
la
Palais d'Eſpagne pourſuivirent
l'autre jour , les armes à
main , pluſieurs Sbirres qui
paſſoient dans la Place ; mais la
nuit ſuivante , par ordre du
Gouverneur , une quantité de
Sbirres ſe poſterent devantce
Palais, apparemment parvengeance
de ce qui eſtoit arrivé
le même jour : neanmoins les
Gardes,n'ayant point paru ,
cela n'a cu aucune fuite fa
cheufe.
36 MERCURE
2. On a publié & affiché trois
nouveaux& tres longs Moni.
toires touchant les affaires de
Sicile ; l'on voit par ces nouvelles
cenſures que l'aigreur&
l'animoſité augmentent tou
jours...
i Dernierement l'Ambaffadeur
de l'Empereur retint à
dîner deux Comtes de Zinzindorf&
un autre de la Maiſon
Tunghen. Le dîner fini , fon
Excellence ſe retira & les laiſſa
en liberté. Il arriva qu'en difcourant
ils eurent du different
entr'eux & ſe donnerent un
défi. Auſſi tôt aprés ilsmonteGALANC.
37
rent en carroffe pour aller fe
battre hors de Rome.: L'Ambafladeur
en ayant eſté averti ,
ſe tranſporta fur le lieu ; &
aprés leur avoir fait faire la
paix,les ramena au logis
On prétend que l'Evêché
deCitta di Caſtello eſt deſtiné
àM. Canzacchinoki
an Le pere de M. Paffionci eſt
fortmécontentde ce quel'on
n'a donné à ſon fils que la
Charge d'Inquifiteur deMalthe.
Il ſe recrice fortement làdeffus
, difant qu'aprés avoir
dépenſé plusde 25. mille écus
pour le faite briller aux Con-
2.
38 MERCURE
grezde la Paix d'Utrech & de
Bade, il luy eſt bien ſenſible
de le voir fi mal recompenfe.
M. le Gouverneur deRome
envoya au Cardinal Conti &
àM.l'Evêque deTerracinaun
Gentilhomme pour leur faire
quelque forte d'excuſe fur
l'emprisonnement du Decan
dont on a parlé dans leslavis
precedents ; mais ce Gentilhomme
n'a eſté receu ni du
Cardinal , ni du Prelat
L'AbbéScarlatti , Miniſtre
du Duc de Bavidre en cette
Cour,fut dernierement trouver
le Cardinal Doyen pour
GALAND. 39
د
Juy repreſenter ,dela part de
fon Maiſtre , le defir qu'avoit
Son Alteffe, que dans les Lettres
que le Sacré College luy
écrit , toute la ſouſcription
fût de la main des Cardinaux ,
& particulierement de ſon
Eminence , qui a coûtume de
faire mettre l'affectionatiffimo
fervitore de la main du Secretaire.
Le Cardinal irrité d'une
pareille inſtance , réponditque
le Duc de Baviere devoit ſe
contenter duceremonial dont
il ſe ſervoit luy-même à l'é
gard des Cardinaux ,& que fi
celane le fatisfaifoit point , il
M zolg
40 MERCURE
ne luy écriroit pas davantage.
Je ne ſçay comment , en bon
François , on peut nommer
une pareille réponſe.
Dimanche , jour de l'Anniverſaire
du Couronnement du
Pape , il y eut , felon la coûtume,
Chapelle à Montecavallo;
mais Sa Sainteté n'y aſſiſta
point. Elle évite toûjours , autant
qu'ellepeut, les fonctions
pour tâcher de rétablir parfaitement
ſa ſanté.
4 L'Ambaſſadeur de l'Empereur
ayant envoyé dire au Car .
dinalOttobon qu'il ſouhaitoit
de le viſiter pour le congraruler
ſur l'heureux accouche
Ciiij
32 MERCURE
ment de la Ducheſſe de Fiano ,
fon Eminence ne put recevoir
ſa viſite , ſe trouvant alors fur
le point de fortir pour aller
dîner chez le Duc de Fiano ;
mais ce Cardinal envoya faire
ſes excuſes à l'Ambaſſadeur ,
qui pour comble d'honnêteté
expedia à l'inſtant fon Maître
de Chambre pour aller faire
ce compliment de ſa part dans
la maiſon duDuc de Fiano , où
ſon Eminence le reçut ; & en
fortant le Maistre de Chambre
laiſſa à la fale une bonne quan-.
tité d'écus d'or pour étrenes
aux Domestiques.
1
GALANT. 33
L'Abbé Perlas , frere duSecretaire
des Dépêches de l'Empereur
, eſt arrivé de Vienne
encetteCour. Sa Majesté Imperiale
l'a nommé à l'Archevêché
de Brindeſi , ſitué dans le
Royaume de Naples. Le Cardinal
Albani luy a fait preparer
un Appartement dans le
Conventde S. Romuald.
Sous le Pontificat d'Innocent
XII . le Cardinal Corſini
eſtant alors Threſorier , fut
obligé à payer à la Chambre
37. mille écus qu'il avoit avancé
, avec un peu trop de confiance
, à un certain Zinaghi ,
34 MERCURE
alors Miniſtre des Galeres de
cet Etat, qui manqua& quitta
Rome. Aujourd'huy le Pape,
à l'inſtance de ce Cardinal , a
deſtiné uneCongregation de
dix Prelats pour reconnoiſtre
fi ſon Eminence pouvoit avoir
l'appel au Tribunal de laRote;
dela Sentence qu'il remporta ;
ce qui a cité refolu par ladite
Congregation enfaveur de ce
Cardinal. Quelques Sbirres
ayant eu la hardieſſe de paffer
derriere le Palais de l'Ambas
fadeur de Portugal , furent
furpris par les Domeſtiques de
fon Excellence & chargez à
CALANT. 35
coupsde bâtons juſques ſous
la grande porte du Palais du
Cardinal Imperiali , où ils ſe
fauverent.
Pareillement les Gardes du
la
Palais d'Eſpagne pourſuivirent
l'autre jour , les armes à
main , pluſieurs Sbirres qui
paſſoient dans la Place ; mais la
nuit ſuivante , par ordre du
Gouverneur , une quantité de
Sbirres ſe poſterent devantce
Palais, apparemment parvengeance
de ce qui eſtoit arrivé
le même jour : neanmoins les
Gardes,n'ayant point paru ,
cela n'a cu aucune fuite fa
cheufe.
36 MERCURE
2. On a publié & affiché trois
nouveaux& tres longs Moni.
toires touchant les affaires de
Sicile ; l'on voit par ces nouvelles
cenſures que l'aigreur&
l'animoſité augmentent tou
jours...
i Dernierement l'Ambaffadeur
de l'Empereur retint à
dîner deux Comtes de Zinzindorf&
un autre de la Maiſon
Tunghen. Le dîner fini , fon
Excellence ſe retira & les laiſſa
en liberté. Il arriva qu'en difcourant
ils eurent du different
entr'eux & ſe donnerent un
défi. Auſſi tôt aprés ilsmonteGALANC.
37
rent en carroffe pour aller fe
battre hors de Rome.: L'Ambafladeur
en ayant eſté averti ,
ſe tranſporta fur le lieu ; &
aprés leur avoir fait faire la
paix,les ramena au logis
On prétend que l'Evêché
deCitta di Caſtello eſt deſtiné
àM. Canzacchinoki
an Le pere de M. Paffionci eſt
fortmécontentde ce quel'on
n'a donné à ſon fils que la
Charge d'Inquifiteur deMalthe.
Il ſe recrice fortement làdeffus
, difant qu'aprés avoir
dépenſé plusde 25. mille écus
pour le faite briller aux Con-
2.
38 MERCURE
grezde la Paix d'Utrech & de
Bade, il luy eſt bien ſenſible
de le voir fi mal recompenfe.
M. le Gouverneur deRome
envoya au Cardinal Conti &
àM.l'Evêque deTerracinaun
Gentilhomme pour leur faire
quelque forte d'excuſe fur
l'emprisonnement du Decan
dont on a parlé dans leslavis
precedents ; mais ce Gentilhomme
n'a eſté receu ni du
Cardinal , ni du Prelat
L'AbbéScarlatti , Miniſtre
du Duc de Bavidre en cette
Cour,fut dernierement trouver
le Cardinal Doyen pour
GALAND. 39
د
Juy repreſenter ,dela part de
fon Maiſtre , le defir qu'avoit
Son Alteffe, que dans les Lettres
que le Sacré College luy
écrit , toute la ſouſcription
fût de la main des Cardinaux ,
& particulierement de ſon
Eminence , qui a coûtume de
faire mettre l'affectionatiffimo
fervitore de la main du Secretaire.
Le Cardinal irrité d'une
pareille inſtance , réponditque
le Duc de Baviere devoit ſe
contenter duceremonial dont
il ſe ſervoit luy-même à l'é
gard des Cardinaux ,& que fi
celane le fatisfaifoit point , il
M zolg
40 MERCURE
ne luy écriroit pas davantage.
Je ne ſçay comment , en bon
François , on peut nommer
une pareille réponſe.
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1608
p. 40-54
Suite des Nouvelles de Venise.
Début :
Messieurs les Ambassadeurs Extraordinaires de Venise pour France ont demandé [...]
Mots clefs :
Guerre, Général, Hommes, Troupes, Ambassadeurs, Roi, Officiers, Sénat, Campagne, Turcs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Venise.
Suite des Nouvelles de Venise.
Meſſieurs les Ambaſſadeurs
ExtraordinairesdeVeniſe pour
France ont demandé des Pafſeports
du Roy , ſéparément
pour chacun d'eux, parce qu'ils
ne partiront point enſemble.
31 M. Lando qui fut nommé
Samedy dernier à l'Ambaſſade
ordinaire de France , paroift
peu diſpoſé à accepter cet employ.
Μ.
GALANT 41
M. le General Delphin a
écrit au Senat pour luy rendre
un compte general de tout ce
qui s'eſt paſſe dans la derniere
Campagne ; & aprés avoir fait
voir que les mauvais fuccés de
cette Campagne provenoient
dumanque où il a été de toutes
les chofes neceffaires pour faire
la guerre , il a conclud par la
permiſſion qu'il demande de ſe
retirer du ſervice.
M. le General Emo a auffi
écrit cette ſemaine au Senat
pour l'informer que les Turcs
continuoient à faire des préparatifs
immenfes pour le Prin-
Janvier 1716 .
D
42 MERCURE
temps prochain , & qu'il y
avoit lieu de juger que tout le
poids de la guerre tomberoit
fur la Dalmatic.
- M. de Schulembourg refuſe
de ſe renfermer dans une
Place,&demande les Troupes
que l'on dit luy eſtre deſtinées,
il afait preſenter un Memoire
fur ce ſujet au Senat.
LeTraité pour les trois mille
hommes de Wirtemberg eft
rompu ſur le refus que les
Officiers& les Soldats ont fait
de ſervir en Levant ; declarant
que pluſtoſt que d'y aller , ils
eſtoient réfolus de quitter le
GALANT. 43
1
ſervice. Le Senatdépêcha Jeudy
un Courrier à l'Ambaffadeur
deVeniſe à Vienne , pour
tâcher d'engager l'Empereur
à preffer le Duc de Wirtemberg
d'executer ſon Traité.
Le Tribunal des Inquifiteurs
d'armée a commencé d'exercer
ſes fonctions. Il a déja fait
appofer dans le Palais de S.
Marcune pierre en forme de
trone , avec une inſcription
pour avertir d'y jetter tous les
avis ou denonciations ſecretes
contre les Officiers & aurres
qui peuvent avoir manqué à
leur devoir pendant la Cam-
Dij
44 MERCURE
pagne de 1715. Il a auffi fair
afficher dans tous les endroits
des Placards pour exciter tous
ceux qui ſçauront quelque
choſe de le venir teveler , Icur
promettant de garder le ſecret.
3
L'on a ordonné la réparation
des Forts & Chaſteaux
fituez à l'embouchure des trois
parts de cette Ville& dans les
Langunes ; & M. Erizzo a eſté
élû pour avoir l'inſpection ſur
ces ouvrages.
On parle de vendre des
Dignitez de Procurateurs de
S. Mare , pour amaſſer de l'arGALANT
45
gent pour les dépenſes extraordinairesde
laguerre: Julques
à preſent on en a bien peu ,&
le nombredes Troupes eſt pareillement
bien foible pour
pouvoir s'oppoſer aux entrepriſes
des Turcs.
M. Grimani a enfin accepté
le commandement des
forces de la Republique en la
place de M. Delphin , qui mêmea
déja eſté rappellé ; mais il
perfiſte àdemander qu'on le
mette en état de s'oppoſer aux
entrepriſes des Turcs laCampagne
prochaine.
M. le Comte de Schulem46
MERCURE
bourg qui eft arrivé icy Di
manche dernier , fait les mêmes
inſtances , connoiffant
qu'un General ne peut l'eftre
ſans Troupes :ondonne àl'un
&à l'autre des eſperances ſur
ce ſujet , mais juſqu'à preſent
il eſt difficile de voir ſur quoy
elles font fondées ,&quelque
deſavantageuſeque puiffe être
laPaix avec lesTurcs , dans la
conjoncture preſente , elle le
ſera encore moins que la continuation
d'une guerre qu'il eſt
tout à fait impoffible de ſoû.
tenir.
M. Memo qui eft revenu
GALANT. 47
1
de Conſtantinople , a parlé à
peu prés dans ce fens dansun
des derniers Pregadis . Il a fait
voir la neceflité de conclure
cette Paix à quelque prix que
ce ſoit ,ou de terminer leTraité
de Ligue avec l'Empereur à
quelque condition que cePrince
veüille exiger de la Republique;
mais laderniere Ligue
qui amis cet Etat dans la foibleſſe
où il ſe trouve , quoyqu'aprés
de grandes conquêtes
, acheveroit preſentement
de le détruire , ſi on en faiſoit
une nouvelle. Il paroiſt en effet
que le ſentiment general
48 MERCURE
eſtde faire la Paix.
M Memo voulut , à cette
occafion , justifier la conduite
de M. Delphin. Les eſprits
eſtoient prévenus contre ce
General ,& l'apologie qu'ilen
fit ne fut point écoutée.
Les deux Ambaſſadeurs Ex.
traordinaires pour la France
ont cu ordre , par de certaines
raiſons , de ſe tenir preſts à
partir dans le mois de Février ;
on parle même d'élire aujourd'huy
un Ambaſſadeur ordinaire
pour refider auprés du
Roy. Je crois cependant que
cette élection ſera remife.
Les
GALANT. 49
à
Les Vaſſeaux de guerre la
Ligue ſacrée de 54. pieces de
canons ,& la Croix rouge de
80. pieces , ont eſté renvoyez
Veniſe, àcauſe que leur vieilleſſe
nepermettoit pas que l'on
pût s'en ſervir. Le premier eft
heureuſement entré dans ce
Port ,Dimanche. Le ſecond a
fait naufrage Mardy ſur la
coſteàdeux licuës d'icy , aïant
eſtébattud'une furicuſe tempeſte
pendant deux jours , ſans
que l'on aye pû pendant ce
tems là luydonner du ſecours,
les ondes empêchant les autres
Baſtiments d'en approcher.Le
Janvier 1716 .
E
so
MERCURE
1
Capitaine la fait échoüer fur
le fable, ce qui adonné moïen
de ſauver soo. perfonnes tant
Mariniers que Paffagers , 18.
autres ont eſté noyées dans le
Vaiſſeau ; elles eſtoient fi malades
qu'elles n'ont pû fortir de
leur lit pour monter ſur le
Pont. Le nouveau Receveur
de Malthe & le nouveau Refident
d'Angleterre font arrivez
icy.
On a fait trois Inquifiteurs
d'Armée qui tiendront leur
Tribunal en cette Ville , pour
examiner la conduite que tous
les Commandants & Officiers
GALANT. SE
÷
ont tenuë pendant cette Campagne.
Le Senat conclut Samedy
un traité avec M. le Comte de
Schulembourg , pour la levée
de 6000. hommes Saxons. La
ſituation preſente des affaires
du Roy Auguſte en Pologne
donne licu de juger que ce
Prince ne pourra fournir de
fes vieilles Troupes , & que
celles qu'il envoyera aux Venitiens
ne pourront eſtre que
nouvelles levées: elles feront
ainſi peu capables de ranimer
la valeur des Venitiens , qui
font dans une épouvante qui
E ij
52 MERCURE
*
ne ſe peut exprimer à l'occafion
des conqueſtes que les
Turesy ont faites.
Le Duc de Wirtembergs'eſt
excuſé de fournir les 3000.
hommes qu'il s'eſtoit engagé
de fournir au Senat ſur le refus
que les Officiers & Soldats
ont fait de ſervir dans le Levant
; on a expedié un Courrier
à Vienne pour porter l'Em- .
pereur àfaire changer cePrince
de fentiment , mais il y a peu
d'eſperance que l'on y puiſſe
réüdir .
Le General Delphin eſt retourné
de Zantes à Corfou
GALANT . 53
1
,
avec toute fa Flotte ; elle a
fouffert dans ce petit trajet une
tempête furicuſe qui a fort endommagé
les baſtimens.
Joubliois de vous dire
Monfieur , que le Senat conclut
encore Mercredy un autre
traité avec un Officier
François pour la levée de 1000.
hommes ; je doute qu'ily puiffe
fitoft réüffir : on a vendu icy
les Fours & Moulins bannaux
qui appartenoient à l'Etat;
mais l'on ne trouve pas fi
facilement des acheteurs pour
l'acquifition des Procuraties
vieilles , & de quelques autres
Elij
54 MERCURE
biens publics.
M. Lando paroiſt toûjours
peu difpofé d'accepter l'Ambaffade
ordinaire de France.
Les Ambaſſadeurs Extraordinaires
ne partiront que vers le
mois de Mars pour s'y rendre.
Meſſieurs les Ambaſſadeurs
ExtraordinairesdeVeniſe pour
France ont demandé des Pafſeports
du Roy , ſéparément
pour chacun d'eux, parce qu'ils
ne partiront point enſemble.
31 M. Lando qui fut nommé
Samedy dernier à l'Ambaſſade
ordinaire de France , paroift
peu diſpoſé à accepter cet employ.
Μ.
GALANT 41
M. le General Delphin a
écrit au Senat pour luy rendre
un compte general de tout ce
qui s'eſt paſſe dans la derniere
Campagne ; & aprés avoir fait
voir que les mauvais fuccés de
cette Campagne provenoient
dumanque où il a été de toutes
les chofes neceffaires pour faire
la guerre , il a conclud par la
permiſſion qu'il demande de ſe
retirer du ſervice.
M. le General Emo a auffi
écrit cette ſemaine au Senat
pour l'informer que les Turcs
continuoient à faire des préparatifs
immenfes pour le Prin-
Janvier 1716 .
D
42 MERCURE
temps prochain , & qu'il y
avoit lieu de juger que tout le
poids de la guerre tomberoit
fur la Dalmatic.
- M. de Schulembourg refuſe
de ſe renfermer dans une
Place,&demande les Troupes
que l'on dit luy eſtre deſtinées,
il afait preſenter un Memoire
fur ce ſujet au Senat.
LeTraité pour les trois mille
hommes de Wirtemberg eft
rompu ſur le refus que les
Officiers& les Soldats ont fait
de ſervir en Levant ; declarant
que pluſtoſt que d'y aller , ils
eſtoient réfolus de quitter le
GALANT. 43
1
ſervice. Le Senatdépêcha Jeudy
un Courrier à l'Ambaffadeur
deVeniſe à Vienne , pour
tâcher d'engager l'Empereur
à preffer le Duc de Wirtemberg
d'executer ſon Traité.
Le Tribunal des Inquifiteurs
d'armée a commencé d'exercer
ſes fonctions. Il a déja fait
appofer dans le Palais de S.
Marcune pierre en forme de
trone , avec une inſcription
pour avertir d'y jetter tous les
avis ou denonciations ſecretes
contre les Officiers & aurres
qui peuvent avoir manqué à
leur devoir pendant la Cam-
Dij
44 MERCURE
pagne de 1715. Il a auffi fair
afficher dans tous les endroits
des Placards pour exciter tous
ceux qui ſçauront quelque
choſe de le venir teveler , Icur
promettant de garder le ſecret.
3
L'on a ordonné la réparation
des Forts & Chaſteaux
fituez à l'embouchure des trois
parts de cette Ville& dans les
Langunes ; & M. Erizzo a eſté
élû pour avoir l'inſpection ſur
ces ouvrages.
On parle de vendre des
Dignitez de Procurateurs de
S. Mare , pour amaſſer de l'arGALANT
45
gent pour les dépenſes extraordinairesde
laguerre: Julques
à preſent on en a bien peu ,&
le nombredes Troupes eſt pareillement
bien foible pour
pouvoir s'oppoſer aux entrepriſes
des Turcs.
M. Grimani a enfin accepté
le commandement des
forces de la Republique en la
place de M. Delphin , qui mêmea
déja eſté rappellé ; mais il
perfiſte àdemander qu'on le
mette en état de s'oppoſer aux
entrepriſes des Turcs laCampagne
prochaine.
M. le Comte de Schulem46
MERCURE
bourg qui eft arrivé icy Di
manche dernier , fait les mêmes
inſtances , connoiffant
qu'un General ne peut l'eftre
ſans Troupes :ondonne àl'un
&à l'autre des eſperances ſur
ce ſujet , mais juſqu'à preſent
il eſt difficile de voir ſur quoy
elles font fondées ,&quelque
deſavantageuſeque puiffe être
laPaix avec lesTurcs , dans la
conjoncture preſente , elle le
ſera encore moins que la continuation
d'une guerre qu'il eſt
tout à fait impoffible de ſoû.
tenir.
M. Memo qui eft revenu
GALANT. 47
1
de Conſtantinople , a parlé à
peu prés dans ce fens dansun
des derniers Pregadis . Il a fait
voir la neceflité de conclure
cette Paix à quelque prix que
ce ſoit ,ou de terminer leTraité
de Ligue avec l'Empereur à
quelque condition que cePrince
veüille exiger de la Republique;
mais laderniere Ligue
qui amis cet Etat dans la foibleſſe
où il ſe trouve , quoyqu'aprés
de grandes conquêtes
, acheveroit preſentement
de le détruire , ſi on en faiſoit
une nouvelle. Il paroiſt en effet
que le ſentiment general
48 MERCURE
eſtde faire la Paix.
M Memo voulut , à cette
occafion , justifier la conduite
de M. Delphin. Les eſprits
eſtoient prévenus contre ce
General ,& l'apologie qu'ilen
fit ne fut point écoutée.
Les deux Ambaſſadeurs Ex.
traordinaires pour la France
ont cu ordre , par de certaines
raiſons , de ſe tenir preſts à
partir dans le mois de Février ;
on parle même d'élire aujourd'huy
un Ambaſſadeur ordinaire
pour refider auprés du
Roy. Je crois cependant que
cette élection ſera remife.
Les
GALANT. 49
à
Les Vaſſeaux de guerre la
Ligue ſacrée de 54. pieces de
canons ,& la Croix rouge de
80. pieces , ont eſté renvoyez
Veniſe, àcauſe que leur vieilleſſe
nepermettoit pas que l'on
pût s'en ſervir. Le premier eft
heureuſement entré dans ce
Port ,Dimanche. Le ſecond a
fait naufrage Mardy ſur la
coſteàdeux licuës d'icy , aïant
eſtébattud'une furicuſe tempeſte
pendant deux jours , ſans
que l'on aye pû pendant ce
tems là luydonner du ſecours,
les ondes empêchant les autres
Baſtiments d'en approcher.Le
Janvier 1716 .
E
so
MERCURE
1
Capitaine la fait échoüer fur
le fable, ce qui adonné moïen
de ſauver soo. perfonnes tant
Mariniers que Paffagers , 18.
autres ont eſté noyées dans le
Vaiſſeau ; elles eſtoient fi malades
qu'elles n'ont pû fortir de
leur lit pour monter ſur le
Pont. Le nouveau Receveur
de Malthe & le nouveau Refident
d'Angleterre font arrivez
icy.
On a fait trois Inquifiteurs
d'Armée qui tiendront leur
Tribunal en cette Ville , pour
examiner la conduite que tous
les Commandants & Officiers
GALANT. SE
÷
ont tenuë pendant cette Campagne.
Le Senat conclut Samedy
un traité avec M. le Comte de
Schulembourg , pour la levée
de 6000. hommes Saxons. La
ſituation preſente des affaires
du Roy Auguſte en Pologne
donne licu de juger que ce
Prince ne pourra fournir de
fes vieilles Troupes , & que
celles qu'il envoyera aux Venitiens
ne pourront eſtre que
nouvelles levées: elles feront
ainſi peu capables de ranimer
la valeur des Venitiens , qui
font dans une épouvante qui
E ij
52 MERCURE
*
ne ſe peut exprimer à l'occafion
des conqueſtes que les
Turesy ont faites.
Le Duc de Wirtembergs'eſt
excuſé de fournir les 3000.
hommes qu'il s'eſtoit engagé
de fournir au Senat ſur le refus
que les Officiers & Soldats
ont fait de ſervir dans le Levant
; on a expedié un Courrier
à Vienne pour porter l'Em- .
pereur àfaire changer cePrince
de fentiment , mais il y a peu
d'eſperance que l'on y puiſſe
réüdir .
Le General Delphin eſt retourné
de Zantes à Corfou
GALANT . 53
1
,
avec toute fa Flotte ; elle a
fouffert dans ce petit trajet une
tempête furicuſe qui a fort endommagé
les baſtimens.
Joubliois de vous dire
Monfieur , que le Senat conclut
encore Mercredy un autre
traité avec un Officier
François pour la levée de 1000.
hommes ; je doute qu'ily puiffe
fitoft réüffir : on a vendu icy
les Fours & Moulins bannaux
qui appartenoient à l'Etat;
mais l'on ne trouve pas fi
facilement des acheteurs pour
l'acquifition des Procuraties
vieilles , & de quelques autres
Elij
54 MERCURE
biens publics.
M. Lando paroiſt toûjours
peu difpofé d'accepter l'Ambaffade
ordinaire de France.
Les Ambaſſadeurs Extraordinaires
ne partiront que vers le
mois de Mars pour s'y rendre.
Fermer
1609
p. 56-69
De Melilla, c'est une Ville d'Afrique, depuis long-temps (comme Ceuta) assiegée par les Mores.
Début :
Du 5. Decembre 1715. Le 9. du mois passé un [...]
Mots clefs :
Maures, Ennemis, Camp, Mines, Ennemi, Travail, Tranchée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Melilla, c'est une Ville d'Afrique, depuis long-temps (comme Ceuta) assiegée par les Mores.
DeMelilla, c'est une Ville d'Afrique
, depuis long-temps
( comme Ceuta ) affiegée
par les Mores.
Du 5. Decembre 1715 .
Le 9. du mois paffé un
chariot chargé de beaucoup
de malades de l'Hospital fortit
pour ſe rendre à Malaga ; fur
le ſoir on fit embarquer les
deux Mores de confiance pour
les mettre à terre , afin qu'ils
rapportaſſent des nouvelles du
Camp ennemi ; & en même-
:
GALANT. 57
1
temps on apprit qu'on entendoit
dans nos mines les ennemis
travailler ; cela fut cauſe
que le Sergent Major de la
Place reſta plus de trois heures
de la nuit à la tefte des mines ,
&aprés il fut changé par le
Gouverneur qui y mit l'Ingenieur
qui y demeura juſqu'à
dix heures du matin ; il enten
dit les Mores qui continuoient
le même travail ; ce qui fait
croire qu'ils veulent interdire
la communication du Fort S.
Michel ১
Le ro au matin on entendit
dans les mines que les
58 MERCURE
Mores travailloient en pluſieurs
endroits ; c'eſt ce qui fait
croirequ'ils veulent nous tromper
& nous faire prendre un
chemin pour un autre , mais
nous continuons toûjours
noſtre même travail , perſuadez
qu'il eſt le meilleur.
Le 11. aumatin un homme
de la tranchéequi avoit la voix
fort groſſe , demanda au Fort
de S. Michel à parler à quelqu'un
, & il dit qu'il vouloit
nous apprendre qu'on avoit
pris avant hier un Vaiſſeau
chargé de vin , de biscuits &
de fufils; ce Navire venoit à
1
GALANT. 59
cette Place avec 25. foldats
& deux femmes ; celuy qui
l'entendit luy répondit , pourquoy
ne prenez vous pas auffi
ce Fort , à quoy il luy répondit
qu'ils vouloient prendre le
Fort & la Place , & qu'à cet
effet le Frere de leur Alcalde
eſtoit allé à Meguinez .
Le 12. au matin les deux
Mores de confiance revinrent,
&ils confirmerent la priſe de
la Barque & le voyage du
Frere de l'Alcalde à Meguinez,
qu'ils avoient vû au milieu du
Camp ſept échelles fort longues
& fort larges , & capa60
MERCURE
bles de monter trois hommes
defront.
On n'a pas pû apporter icy
de Boeufs ny de Moutons , ce
qui eſt fort triſte pour les malades
de cette Place; la mine
que nous fimes ſauter le 23 .
d'Octobre n'a fait périr que fix
perſonnes& autant debleſſez.
Le 13. au matin on vit un
Ingenieur avec un inſtrument
à la main , à la teſte de la tranchée
la plus proche du Fort S,
Michel , qui regardoit du haut
en bas du parapet , meſurant
&jettant de temps en temps
avec la main des pierres pour
GALANT. 61
indiquer la distance du travail;
il étoit accompagné du General
de l'Armée &de pluſieurs
Negres. :
Le 14. voyant que l'ennemi
continuoit toûjours ſon
travail pour venir par - deſſous
terre couper la communication
que nous avons depuis la
Place S. Michel , on a chargé
la huitiéme mine avec quinze
barils de poudre.
Le 15. au matin on partagea
nos Troupes en pluſieurs
corps ; & comme ce mouvement
ne s'eſt pas pû faire fans
eſtre vû des ennemis qui do
62 MERCURE
minent fur toute la Place, les
Mores ont doublé leurs gardes
des tranchées , croyant que les
affiegez vouloient faire quelque
fortie ſur eux , & ils ont
retiré leurs travailleurs des mines;&
nous autres n'ayant rien
entendu , nous avons jugé à
propos d'attendre au lendemain
pour les faire fauter .
* Le 16 on entendit l'ennemi
qui travailloit ſousterre , auffitoſton
mit le feu au fourneau
dont la force creva la mine des
ennemis. Deux Mores fur le
foir eſtant venu reconnoiſtre
les chevaux de Friſfe qui deffenr
GALANT. 63
dent la Place, ils furent furpris ;
il y en eût un qui ſe ſauva, &
P'autre fut bleſſe ; il cria qu'on
ne le tuâ point , & qu'il diroit
cequiſe paſſoit dans le Camp ;
eequifit qu'on le porta à l'Hôpital,
où il fut penſé: Il declara
que la derniere mine
avoit beaucoup tuéde monde ,
&qu'elle cauſoit une grande
conſternationdans le camp, &
il mourut deux heures aprés .
Le 17. au matin les Ennemis
n'ayant point de nouvelle du
More bleffé amenerent un
Etendart de Paix , ce que nous
fimes de noſtre coſté ; ils dirent
64 MERCURE
que fi nous avions le More,
nous leur ferions beaucoup de
plaisir de le leur rendre mort
ou vif; on l'alla chercher à
'Hôpital , & on le leur envoïa
au camp : pendant ce tems les
Mores estoient fur leurs tran
chées &nous fur le parapetde
laPlace ,& on ſe parloit :ce qui
fut deplus extraordinaire, c'eſt
que les Soldats ennemis reffem.
bloient à des Religieux par
P'habillement. :
Le 18. 19. 20.desMores
deterepent leurs tuozipar la
mine : 910
Le 21.22.23. & 24. chacun
GALANT . 65
:
cun continua le même travail :
pendant ce tems une de nos
Barques fit une grande peſche
à la vûë des Ennemis , ce qui a
eſté d'un grand ſecours pour la
Garniſon. LesChevaux deFriſe
nous furent en cette occafion
tres-utiles , parce que les planches
fur lesquelles ils font
cloüez ſervirent de remparts
aux Matelots qui peſchoient.
Le 25. 26. & 27. les Ennemis
furent fort tranquilles dans
leur camp ; mais préſumant
que cela cachoit quelque deffein
nous apperçumes qu'ils
continuoient leurs mines de-
Janvier 1716.
F
66 MERCURE
vers faint Michel , & nous
nous avons continué noſtre paralelle
où nous les attendions .
Le 28. & le 29. on n'entendit
les Ennemis faire aucuns
mouvements ; on prétend qu'-
ils font rebutez de nos mines ,
ils font un autre travail au-delàde
la riviere deOro ducoſté
du Fort S. Laurent', où ils efperent
faire hyverner leur Armée.
Le 30. on vit entrer dans la
tranchée plus de 200. Mores
à pied , avec 400. à cheval ,
d'un air fort audacieux , avec
des drapeaux rouges , ce qui
GALANT 67
E
marque de la joye , veritablement
ils venoient pour folem-
Rifer la fin de leurCareſme qui
commença hier la nuit , & ils
vouloient feſter leur Pâques
qui commence aujourd'huy.
Lorſqu'ils virent la nouvelle
Lune ils firent ungrand bruit ,
ce qui nous obligea à tirer fur
cux.
Il pleut icy depuis huit
jours , quoyqu'il en ſoit , les
Mores ſe maintiennent dans
leurs tranchées , ils nous le
font voir par des bouffées de
coups de fufil de temps en
temps ,avec des cris ,& des
Fij
68 MERCURE
hurlemens horribles .
Nos deux Mores confidents
, fortirent il y a huit
jours , & nous rapporterent
qu'il étoit arrivé à ſept licües
d'icy du canon& des mortiers,
à l'endroit appellé Cazaza .
Depuis il eſt arrivé un More
de la tranchée dans la Place ,
pour nous dire que l'artillerie
qui étoit à Cazaza , eit prefentement
au Camp ,&qu'elle
doit tirer dans deux ou trois
jours , ce qui nous a eſté confirmé
par un More d'Oranqui
vient de Miguenez , qui doit
paffer en Eſpagne pour voir
GALANT. 69
ſon frere , nous travaillons à
nous mettre en deffenſe de
tous coſtez , c'eſt à dire autant
que nous pouvons.
Du 28. dudit mois.
Nous avons icy beaucoup
detravail , parce que le Siege
devient ſerieux , nous verrons
où les Mores placeront leur
Artillerie ,& leurs mortiers ,
commela Place eſt petite , ils
deſoleront tout avec les
pierres.
, depuis long-temps
( comme Ceuta ) affiegée
par les Mores.
Du 5. Decembre 1715 .
Le 9. du mois paffé un
chariot chargé de beaucoup
de malades de l'Hospital fortit
pour ſe rendre à Malaga ; fur
le ſoir on fit embarquer les
deux Mores de confiance pour
les mettre à terre , afin qu'ils
rapportaſſent des nouvelles du
Camp ennemi ; & en même-
:
GALANT. 57
1
temps on apprit qu'on entendoit
dans nos mines les ennemis
travailler ; cela fut cauſe
que le Sergent Major de la
Place reſta plus de trois heures
de la nuit à la tefte des mines ,
&aprés il fut changé par le
Gouverneur qui y mit l'Ingenieur
qui y demeura juſqu'à
dix heures du matin ; il enten
dit les Mores qui continuoient
le même travail ; ce qui fait
croire qu'ils veulent interdire
la communication du Fort S.
Michel ১
Le ro au matin on entendit
dans les mines que les
58 MERCURE
Mores travailloient en pluſieurs
endroits ; c'eſt ce qui fait
croirequ'ils veulent nous tromper
& nous faire prendre un
chemin pour un autre , mais
nous continuons toûjours
noſtre même travail , perſuadez
qu'il eſt le meilleur.
Le 11. aumatin un homme
de la tranchéequi avoit la voix
fort groſſe , demanda au Fort
de S. Michel à parler à quelqu'un
, & il dit qu'il vouloit
nous apprendre qu'on avoit
pris avant hier un Vaiſſeau
chargé de vin , de biscuits &
de fufils; ce Navire venoit à
1
GALANT. 59
cette Place avec 25. foldats
& deux femmes ; celuy qui
l'entendit luy répondit , pourquoy
ne prenez vous pas auffi
ce Fort , à quoy il luy répondit
qu'ils vouloient prendre le
Fort & la Place , & qu'à cet
effet le Frere de leur Alcalde
eſtoit allé à Meguinez .
Le 12. au matin les deux
Mores de confiance revinrent,
&ils confirmerent la priſe de
la Barque & le voyage du
Frere de l'Alcalde à Meguinez,
qu'ils avoient vû au milieu du
Camp ſept échelles fort longues
& fort larges , & capa60
MERCURE
bles de monter trois hommes
defront.
On n'a pas pû apporter icy
de Boeufs ny de Moutons , ce
qui eſt fort triſte pour les malades
de cette Place; la mine
que nous fimes ſauter le 23 .
d'Octobre n'a fait périr que fix
perſonnes& autant debleſſez.
Le 13. au matin on vit un
Ingenieur avec un inſtrument
à la main , à la teſte de la tranchée
la plus proche du Fort S,
Michel , qui regardoit du haut
en bas du parapet , meſurant
&jettant de temps en temps
avec la main des pierres pour
GALANT. 61
indiquer la distance du travail;
il étoit accompagné du General
de l'Armée &de pluſieurs
Negres. :
Le 14. voyant que l'ennemi
continuoit toûjours ſon
travail pour venir par - deſſous
terre couper la communication
que nous avons depuis la
Place S. Michel , on a chargé
la huitiéme mine avec quinze
barils de poudre.
Le 15. au matin on partagea
nos Troupes en pluſieurs
corps ; & comme ce mouvement
ne s'eſt pas pû faire fans
eſtre vû des ennemis qui do
62 MERCURE
minent fur toute la Place, les
Mores ont doublé leurs gardes
des tranchées , croyant que les
affiegez vouloient faire quelque
fortie ſur eux , & ils ont
retiré leurs travailleurs des mines;&
nous autres n'ayant rien
entendu , nous avons jugé à
propos d'attendre au lendemain
pour les faire fauter .
* Le 16 on entendit l'ennemi
qui travailloit ſousterre , auffitoſton
mit le feu au fourneau
dont la force creva la mine des
ennemis. Deux Mores fur le
foir eſtant venu reconnoiſtre
les chevaux de Friſfe qui deffenr
GALANT. 63
dent la Place, ils furent furpris ;
il y en eût un qui ſe ſauva, &
P'autre fut bleſſe ; il cria qu'on
ne le tuâ point , & qu'il diroit
cequiſe paſſoit dans le Camp ;
eequifit qu'on le porta à l'Hôpital,
où il fut penſé: Il declara
que la derniere mine
avoit beaucoup tuéde monde ,
&qu'elle cauſoit une grande
conſternationdans le camp, &
il mourut deux heures aprés .
Le 17. au matin les Ennemis
n'ayant point de nouvelle du
More bleffé amenerent un
Etendart de Paix , ce que nous
fimes de noſtre coſté ; ils dirent
64 MERCURE
que fi nous avions le More,
nous leur ferions beaucoup de
plaisir de le leur rendre mort
ou vif; on l'alla chercher à
'Hôpital , & on le leur envoïa
au camp : pendant ce tems les
Mores estoient fur leurs tran
chées &nous fur le parapetde
laPlace ,& on ſe parloit :ce qui
fut deplus extraordinaire, c'eſt
que les Soldats ennemis reffem.
bloient à des Religieux par
P'habillement. :
Le 18. 19. 20.desMores
deterepent leurs tuozipar la
mine : 910
Le 21.22.23. & 24. chacun
GALANT . 65
:
cun continua le même travail :
pendant ce tems une de nos
Barques fit une grande peſche
à la vûë des Ennemis , ce qui a
eſté d'un grand ſecours pour la
Garniſon. LesChevaux deFriſe
nous furent en cette occafion
tres-utiles , parce que les planches
fur lesquelles ils font
cloüez ſervirent de remparts
aux Matelots qui peſchoient.
Le 25. 26. & 27. les Ennemis
furent fort tranquilles dans
leur camp ; mais préſumant
que cela cachoit quelque deffein
nous apperçumes qu'ils
continuoient leurs mines de-
Janvier 1716.
F
66 MERCURE
vers faint Michel , & nous
nous avons continué noſtre paralelle
où nous les attendions .
Le 28. & le 29. on n'entendit
les Ennemis faire aucuns
mouvements ; on prétend qu'-
ils font rebutez de nos mines ,
ils font un autre travail au-delàde
la riviere deOro ducoſté
du Fort S. Laurent', où ils efperent
faire hyverner leur Armée.
Le 30. on vit entrer dans la
tranchée plus de 200. Mores
à pied , avec 400. à cheval ,
d'un air fort audacieux , avec
des drapeaux rouges , ce qui
GALANT 67
E
marque de la joye , veritablement
ils venoient pour folem-
Rifer la fin de leurCareſme qui
commença hier la nuit , & ils
vouloient feſter leur Pâques
qui commence aujourd'huy.
Lorſqu'ils virent la nouvelle
Lune ils firent ungrand bruit ,
ce qui nous obligea à tirer fur
cux.
Il pleut icy depuis huit
jours , quoyqu'il en ſoit , les
Mores ſe maintiennent dans
leurs tranchées , ils nous le
font voir par des bouffées de
coups de fufil de temps en
temps ,avec des cris ,& des
Fij
68 MERCURE
hurlemens horribles .
Nos deux Mores confidents
, fortirent il y a huit
jours , & nous rapporterent
qu'il étoit arrivé à ſept licües
d'icy du canon& des mortiers,
à l'endroit appellé Cazaza .
Depuis il eſt arrivé un More
de la tranchée dans la Place ,
pour nous dire que l'artillerie
qui étoit à Cazaza , eit prefentement
au Camp ,&qu'elle
doit tirer dans deux ou trois
jours , ce qui nous a eſté confirmé
par un More d'Oranqui
vient de Miguenez , qui doit
paffer en Eſpagne pour voir
GALANT. 69
ſon frere , nous travaillons à
nous mettre en deffenſe de
tous coſtez , c'eſt à dire autant
que nous pouvons.
Du 28. dudit mois.
Nous avons icy beaucoup
detravail , parce que le Siege
devient ſerieux , nous verrons
où les Mores placeront leur
Artillerie ,& leurs mortiers ,
commela Place eſt petite , ils
deſoleront tout avec les
pierres.
Fermer
1610
p. 70-82
RELATION de ce qui s'est passé au Caire depuis le 17. Septembre 1715. jusqu'au 24. dudit mois.
Début :
Depuis la mort de Caïtas Beg grand Tefterdar, & Chef [...]
Mots clefs :
Hommes, Troupes, Abdi Pacha, Ibrahim Bey, Janissaires, Caire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de ce qui s'est passé au Caire depuis le 17. Septembre 1715. jusqu'au 24. dudit mois.
RELATION
de ce qui s'est paffé au Caire
depuis le 17. Septembre1715.
jusqu'au 24. dudit mois.
Depuis la mort de Caïtas
Bog grand Tefterdar , & Chef
du party de Sade , qui avoit
pris la reſolution de détruire
celuy d'Aran qui eſtoit en faveur
d'Abdy Pacha , & d'Ibrahim
Bey . Le premier eſtant
informé de ſes mouvements
fecrets , luy oſtala Charge de
grand Tefterdar . Comme il
continuoit à lever des trouGALANT.
71
1
pes fecrettement pour fortifier
fon party , le Pacha prit
ledeſſein de le faire perir ,il le
fit poignarder en ſa prefence,
&le fit jetter par une fenêtre,
au * Carameydan , où il eſtoit:
Mehemet Bey , fa Creature ,
Kaa Abdullah , cy- devant
Bacha Chaous , Olman Bey,
Aflan Caya , Bekir Odabachi
& quelques autres Puiffances
de leur parti , refuferent d'obéïr
au commandement du
Pacha , qui vouloit les exiler.
pour s'en défaire plus facilement.
Ils ſe fortifierent dans
*Placepublique.
72
MERCURE
leurs maiſons ,dhommes ,de
munitions de guerre & de
bouche. Ils corrompirent à
force d'argent tout ce qu'ils
purent des Janiſſaires & d'autres
, & firent cinq ou fix cens
hommes chacun des meilleures
troupes du Caire. Le Pacha
ne jugea pas à propos de
les faire attaquer , il ſe fortifia
de ſon coſté de troupes ,
&gagna une partie des ſept
milices par l'entremiſe d'Ibrahim
Bey ; il vouloit les laiſſer
conſommer à petit feu dans
leurs maiſons : ces derniers s'en
eſtant apperçus formerentune
confpiration
GALANT. 73
conſpiration le 17. de ce mois
contre Ibrahim Bey , & contre
les principaux de ſon party
, ils refolurent de faire affaffiner
Ibrahim Bey en allant
auChaſteau , avec Ismaël Bey
qui eſt un des plus puiſſants
Seigneurs de l'Egypte , & de
depoſer le Pacha. Ibrahim
Bey ayant découvert cette
conſpiration , & ayant eſté
averti que quelques-uns des
plus hardis du party de Sade ,
s'eſtoient poſtez dans une ruë
pour l'affaffiner , en allant au
Chaſteau, pafla par un autre
endroit , pour avertir le Pacha
Janvier 1716.
G
74 MERCURE
de ce qui ſe paſſoit ; comme
l'affaire devenoit ſericuſe , il
fit aſſembler un Divan general
, & aprés avoir remontré
les deſordres auſquels on étoit
expoſé , il fut reſolu que l'on
fommeroit pour la derniere
fois , Mehemet Bey , Kiaa
Abdallah ,& les principaux de
leur party , de comparoiſtre
auDivan , qu'autrement ils ſeroient
declarez rebelles au
Grand Seigneur , ce qu'ils refuferent
de faire ,& prirent le
partide ſe preſenter à la porte
des Janiſſaires , ayant réſolu la
nuit du 18, de ſe ſaiſir de la
GALANT . 75
porte des Janiffaires , & de
faire affaffiner en mêmetemps
Cherif HuffeinCaya en charge
des Janiſlaires , & Belacha
Odaba
Odabachi en charge , qui
étoient les deux Chefs de cet
Odgeak, ce qui fut executé.
Ils ſe rendirent les maiſtres de
la porte , ayant fait entrer environ400.
de leurs meilleures
troupes ; le Pacha en ayant
eſté informé , fit avertir Ibrahim
Bey ,& tous ceux de ſon
party, qui font le Saboundgi,
Kedek Mehemet , Ismaël Bey,
qui firent prendredans lemoment
les armes à leurs trou-
Gij
76 MERCURE
ce
pes ,& ſe ſaiſirent de toutes
les avenuës , pour empêcher
le ſecours que Mahomet Bey
pourroit leur envoyer
dernier n'ayant pas voulu fortir
de ſa maiſon. Ibrahim Bey
donna ordre à un de ſes Agas
de ſe fortifier dans ſon Palais,
où il fit jetter 600. hommes,
avec ordre d'attaquer en même
temps Mehemet Bey dans
le fien ce qu'il fit le 20.
Mehemet Bey voyant qu'il ne
pouvoit ſecourir ceux qui
eſtoient dans le Chaſteau des
Janiſſaires qui estoient bloquez
de toutes parts , n'ayant
,
GALANT 7177
pris aucune précaution pour
y faire porter des vivres , ſe
trouva fort intrigué , & lors
qu'il apprit le 20. que la pluſpart
des Janiſſaires de ceux de
fon parti , ſe precipitoient des
murailles , qu'on les arreſtoit,
&que le Pacha les faifoit mettre
en pieces , comme rebelles
aux ordresdu Grand Seigneur,
il prit le parti de ſe ſauver le
21. une heure avant le jour ;
Kiaa Abdallah , & Bequir O
dabachi , ſe voyant abandonnez
de leurs plus fidelles troupes
, prirent auſſi le parti de
ſe faire deſcendre avec des
P
Giij
78 MERCURE
cordes , dans un endroit qui
eſtoit le moins obſervé;Kiaa
Abdallah trouva le moyende
ſe ſauver à la faveur de la nuit,
Bequir Odabachi tomba entre
les mains de ſes ennemis , la
Pacha luy fit couper la teſte ,
& ayant eſté informé qu'il ne
reſtoit dans le Chaſteau qu'environ
Iso. Janiffaires , avec
Naſſouf Caya , Kara Ilmaël ,
& Affan Caya , cy - devant
grand Doüanier , il prit le parti
de mettre ſon Caya à la tête
de huit cens hommes choifis
, pour les forcer dans le
Chafſteau , il fit ſapper la mu-
(
.
GALANT9
raille par trois endroits , ils y
entrerent le ſabre à la main,
&firent main baſſe ſur tout
ce qu'ils trouverent fans aucune
reſiſtance , il fit couper
la teſte à ſes trois principaux
Chefs ; le Pacha y entra
dans cette entrefaite , &
s'eſtant rendu maiſtre du
Chaftean , il fut victorieux ,
il crea en même temps Jedik
Mehemet Caya en Charge ,
&Moustafa Bochnac , creatured'Ibrahim
Bey ,pourBachodabachi
, & ordonna en même
temps de paſſer au fil de l'épée
tous ceux qu'ils trouveroient
G iiij
80 MERCURE
du parti contraire, ce qui a eſté
executé fort ponctuellement ,
juſqu'aujourd'huy 24. de ce
mois , on en a fait perir plus de
400.& on continuë les executions
, il a mis la teſte de Kiaa
Abdallah à prix , & a promis
1000. pieces à qui la luy apportera
, & la même choſe à
l'égard de Mehemet Bey , qui
s'embarqua à Boulac , fur une
cayaſſe à la pourfſuite de ſes
ennemis , & s'eſt ſauvé ſur le
Nil , dans le Village du Chek
Habib , qui eſt à huit petites
lieuës d'icy ce Chek Habib
eſt un fameux voleur que l'on
,
1
1
1
1
t
GALANT. 8s1
n'a jamais pû détruire , & qui
faifoitcontribuer tous les Ba
timentsqui alloient à Damiette
,&dans le Delta , étant ſoûtenu
par le party détruit. Le
Pacha étantavertyde ſa retraite
dans ce Village , & que ce
Chek avoit au moins 4000.
Arabes bien armez,il a envoyé
plus de deux mille Janniſfaires
aprés ,& environ mil ou douze
cens chevaux pour fe faifir de
toutes les avenues , ſes Arabes
ſe deffendent autant qu'il peuvent
; enſorte que le Pacha &
Ibrahim Bey ont réduit
l'Egypte à l'obéiffance du
82
1
MERCURE
Grand Seigneur fans avoirperdu
cinquante hommes de leur
party.
Le 28. dudit mois .
On vient d'amener Kiaa
Abdallah avec une chaîne au
col , le Pacha luy a fait couper
la teſte ; le Chekhabib s'eſt
ſauvé à la faveur de la nuit
avecMehemetBey. LesTroupes
du Caire ont ſaccagé fon
Village & fa maiſon qu'ils ont
raſée & renver ſée dans le Nil ;
voila la fin de la Tragedie.
de ce qui s'est paffé au Caire
depuis le 17. Septembre1715.
jusqu'au 24. dudit mois.
Depuis la mort de Caïtas
Bog grand Tefterdar , & Chef
du party de Sade , qui avoit
pris la reſolution de détruire
celuy d'Aran qui eſtoit en faveur
d'Abdy Pacha , & d'Ibrahim
Bey . Le premier eſtant
informé de ſes mouvements
fecrets , luy oſtala Charge de
grand Tefterdar . Comme il
continuoit à lever des trouGALANT.
71
1
pes fecrettement pour fortifier
fon party , le Pacha prit
ledeſſein de le faire perir ,il le
fit poignarder en ſa prefence,
&le fit jetter par une fenêtre,
au * Carameydan , où il eſtoit:
Mehemet Bey , fa Creature ,
Kaa Abdullah , cy- devant
Bacha Chaous , Olman Bey,
Aflan Caya , Bekir Odabachi
& quelques autres Puiffances
de leur parti , refuferent d'obéïr
au commandement du
Pacha , qui vouloit les exiler.
pour s'en défaire plus facilement.
Ils ſe fortifierent dans
*Placepublique.
72
MERCURE
leurs maiſons ,dhommes ,de
munitions de guerre & de
bouche. Ils corrompirent à
force d'argent tout ce qu'ils
purent des Janiſſaires & d'autres
, & firent cinq ou fix cens
hommes chacun des meilleures
troupes du Caire. Le Pacha
ne jugea pas à propos de
les faire attaquer , il ſe fortifia
de ſon coſté de troupes ,
&gagna une partie des ſept
milices par l'entremiſe d'Ibrahim
Bey ; il vouloit les laiſſer
conſommer à petit feu dans
leurs maiſons : ces derniers s'en
eſtant apperçus formerentune
confpiration
GALANT. 73
conſpiration le 17. de ce mois
contre Ibrahim Bey , & contre
les principaux de ſon party
, ils refolurent de faire affaffiner
Ibrahim Bey en allant
auChaſteau , avec Ismaël Bey
qui eſt un des plus puiſſants
Seigneurs de l'Egypte , & de
depoſer le Pacha. Ibrahim
Bey ayant découvert cette
conſpiration , & ayant eſté
averti que quelques-uns des
plus hardis du party de Sade ,
s'eſtoient poſtez dans une ruë
pour l'affaffiner , en allant au
Chaſteau, pafla par un autre
endroit , pour avertir le Pacha
Janvier 1716.
G
74 MERCURE
de ce qui ſe paſſoit ; comme
l'affaire devenoit ſericuſe , il
fit aſſembler un Divan general
, & aprés avoir remontré
les deſordres auſquels on étoit
expoſé , il fut reſolu que l'on
fommeroit pour la derniere
fois , Mehemet Bey , Kiaa
Abdallah ,& les principaux de
leur party , de comparoiſtre
auDivan , qu'autrement ils ſeroient
declarez rebelles au
Grand Seigneur , ce qu'ils refuferent
de faire ,& prirent le
partide ſe preſenter à la porte
des Janiſſaires , ayant réſolu la
nuit du 18, de ſe ſaiſir de la
GALANT . 75
porte des Janiffaires , & de
faire affaffiner en mêmetemps
Cherif HuffeinCaya en charge
des Janiſlaires , & Belacha
Odaba
Odabachi en charge , qui
étoient les deux Chefs de cet
Odgeak, ce qui fut executé.
Ils ſe rendirent les maiſtres de
la porte , ayant fait entrer environ400.
de leurs meilleures
troupes ; le Pacha en ayant
eſté informé , fit avertir Ibrahim
Bey ,& tous ceux de ſon
party, qui font le Saboundgi,
Kedek Mehemet , Ismaël Bey,
qui firent prendredans lemoment
les armes à leurs trou-
Gij
76 MERCURE
ce
pes ,& ſe ſaiſirent de toutes
les avenuës , pour empêcher
le ſecours que Mahomet Bey
pourroit leur envoyer
dernier n'ayant pas voulu fortir
de ſa maiſon. Ibrahim Bey
donna ordre à un de ſes Agas
de ſe fortifier dans ſon Palais,
où il fit jetter 600. hommes,
avec ordre d'attaquer en même
temps Mehemet Bey dans
le fien ce qu'il fit le 20.
Mehemet Bey voyant qu'il ne
pouvoit ſecourir ceux qui
eſtoient dans le Chaſteau des
Janiſſaires qui estoient bloquez
de toutes parts , n'ayant
,
GALANT 7177
pris aucune précaution pour
y faire porter des vivres , ſe
trouva fort intrigué , & lors
qu'il apprit le 20. que la pluſpart
des Janiſſaires de ceux de
fon parti , ſe precipitoient des
murailles , qu'on les arreſtoit,
&que le Pacha les faifoit mettre
en pieces , comme rebelles
aux ordresdu Grand Seigneur,
il prit le parti de ſe ſauver le
21. une heure avant le jour ;
Kiaa Abdallah , & Bequir O
dabachi , ſe voyant abandonnez
de leurs plus fidelles troupes
, prirent auſſi le parti de
ſe faire deſcendre avec des
P
Giij
78 MERCURE
cordes , dans un endroit qui
eſtoit le moins obſervé;Kiaa
Abdallah trouva le moyende
ſe ſauver à la faveur de la nuit,
Bequir Odabachi tomba entre
les mains de ſes ennemis , la
Pacha luy fit couper la teſte ,
& ayant eſté informé qu'il ne
reſtoit dans le Chaſteau qu'environ
Iso. Janiffaires , avec
Naſſouf Caya , Kara Ilmaël ,
& Affan Caya , cy - devant
grand Doüanier , il prit le parti
de mettre ſon Caya à la tête
de huit cens hommes choifis
, pour les forcer dans le
Chafſteau , il fit ſapper la mu-
(
.
GALANT9
raille par trois endroits , ils y
entrerent le ſabre à la main,
&firent main baſſe ſur tout
ce qu'ils trouverent fans aucune
reſiſtance , il fit couper
la teſte à ſes trois principaux
Chefs ; le Pacha y entra
dans cette entrefaite , &
s'eſtant rendu maiſtre du
Chaftean , il fut victorieux ,
il crea en même temps Jedik
Mehemet Caya en Charge ,
&Moustafa Bochnac , creatured'Ibrahim
Bey ,pourBachodabachi
, & ordonna en même
temps de paſſer au fil de l'épée
tous ceux qu'ils trouveroient
G iiij
80 MERCURE
du parti contraire, ce qui a eſté
executé fort ponctuellement ,
juſqu'aujourd'huy 24. de ce
mois , on en a fait perir plus de
400.& on continuë les executions
, il a mis la teſte de Kiaa
Abdallah à prix , & a promis
1000. pieces à qui la luy apportera
, & la même choſe à
l'égard de Mehemet Bey , qui
s'embarqua à Boulac , fur une
cayaſſe à la pourfſuite de ſes
ennemis , & s'eſt ſauvé ſur le
Nil , dans le Village du Chek
Habib , qui eſt à huit petites
lieuës d'icy ce Chek Habib
eſt un fameux voleur que l'on
,
1
1
1
1
t
GALANT. 8s1
n'a jamais pû détruire , & qui
faifoitcontribuer tous les Ba
timentsqui alloient à Damiette
,&dans le Delta , étant ſoûtenu
par le party détruit. Le
Pacha étantavertyde ſa retraite
dans ce Village , & que ce
Chek avoit au moins 4000.
Arabes bien armez,il a envoyé
plus de deux mille Janniſfaires
aprés ,& environ mil ou douze
cens chevaux pour fe faifir de
toutes les avenues , ſes Arabes
ſe deffendent autant qu'il peuvent
; enſorte que le Pacha &
Ibrahim Bey ont réduit
l'Egypte à l'obéiffance du
82
1
MERCURE
Grand Seigneur fans avoirperdu
cinquante hommes de leur
party.
Le 28. dudit mois .
On vient d'amener Kiaa
Abdallah avec une chaîne au
col , le Pacha luy a fait couper
la teſte ; le Chekhabib s'eſt
ſauvé à la faveur de la nuit
avecMehemetBey. LesTroupes
du Caire ont ſaccagé fon
Village & fa maiſon qu'ils ont
raſée & renver ſée dans le Nil ;
voila la fin de la Tragedie.
Fermer
1611
p. 93-104
De Paris.
Début :
Le 24. du mois passé, veille de Noël, Madame la Duchesse [...]
Mots clefs :
Abbé, Duc d'Orléans, Corps, Marquis, Gouverneur, Chevalier, Roi, Palais, Province, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
De Paris.
Le 24. du mois paffé , veille
de Noël , Madame laDucheſſe
de Berry ſe rendit à l'Egliſe
de S. Sulpice , fa- Paroiffe , pour
y entendre les Matines & la
grand Meffe. On avoit placé
ſon Prie- Dieu au milieu du
Choeur , où 40. de ſes Gardes
du Corps eſtoient rangez en
94 MERCURE
haye : au devantdu Prié Dieu
fur la droite eſtoient M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouger , M.l'Abbé du Tremblay
, & M. l'Abbéd'Avejan ,
ſes Aumôniers, tous en rochet:
derriere ſon fauteüil eſtoit M.
le Marquis de la Rochefoucault
ſonCapitaine desGardes
du Corps: à la droite Madame
la Duchefſe de S. Simon ſa Dame
d'Honneur avec M. le
Chevalier d'Hautefort fon
premier Ecuyer: fur la gauche
M. le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'Honneur , &
Madame la Marquiſe de Pons
,
1
GALANT.
1
:
ſa Dame d'Atour ; Madame la
ComteſſedeClermont,&Madame
la Comteſſe de Beauvau
ſes Dames du Palais.CettePrinceſſe
alla à l'Offrande & donna
dix loüis d'or . Madame la Princeffe
fit rendre à cette Meſſe de
minuit les Pains Benits qui furent
portez avec beaucoup de
folemnité : M. de Harlay,Conſeiller
d'Etat , premier Marguillier
,preſenta un de ces
Pains à Madame la Ducheſſe
de Berry. La Grand Mefle &
Laudes finies , cette Princeſſe
s'en retourna à fon Palais du
Luxembourg , eſcortée de ſes
7
6 MERCURE
Gardes du Corps & de fes
Gardes Suifles . Cette Princeſſe
allale jour de Noel entendre
Vefpres &leSalut auxCarmelites
de la rue de Grenelle. Le
meſme jour Mr le Duc d'Orleans
alla entendre Matines ,
&les trois Meſſes aux Peres de
l'Oratoire de la rue S. Honoré
, accompagné de Mr. l'Abbé
de Treffan , fon premier
Aumônier en Rochet , deMr.
le Marquis de la Fare ſonCapitaine
des Gardes , de Mr. le
Marquis de Nancré Capitaine
de ſes Gardes Suiffes , &du
reſte de ſa Maiſon : ce Prince
fe
1
1
GALANT. 97
ſe rendit le jour de Noel à
l'Egliſe de Saint Eustache ſa
Parouffe pour y entendre la
grand' Meffe ; Madame l'y entendit
auffi , y ayant communié
auparavant par les mains
de M. l'Abbé de Magnas ſon
premierAumônier. Le meſme
jour ce Prince avec Madame,
allerent auſſi à la meſme Egliſe
y entendre les Complies &
le Salut..
Le 30, le Roy arriva icy de
incennes, accompagné deM.
le Duc d'Orleans , qui le condurfit
au Palais des Tuilleries.
S. M. eſtoit eſcortée par les
Janvier 1716.
I
, MERCURE
Gendarmes , les Chevaux- legers
deſa Garde,trois Officiers
àleur tefte , par ſes Gardes
du Corps , & par les deux
Compagnies des Moufquetaires
, & par les Regiments
aux Gardes Françoiſes& Suifſes.
Le Roy fut complimenté
enarrivant par le Prevôt des
Marchands, à la teſte des Officiers
de la Ville. Le lendemain
par M. l'Abbé Bignon à la
teſte duClergé de ſaint Germain
l'Auxerrois , & le premier
de l'an par leParlement,
laChambre des Comptes , le
GrandConfeil,Cour desAyGALANT.
وو
des & les autres Corps ,
ayant à leur teſte M. le Marquis
de Dreux Grand Maiſtre
des Ceremonies , & M. Def.
granges Maiſtre desCeremo
nies: tous ces mêmes Corps
allerent ſouhaiter une heureuſe
année à Madame la Ducheffe
de Berry , au Palais du
Luxembourg , & au Palais
Royal à Madame , à M. le
Duc d'Orleans & à Madame
la Ducheſſe d'Orleans .
Le premier de l'an , M. le
Duc d'Orleans nomma M.
l'Abbé Dubois , cy devant
fon Precepteur , à la Charge
I ij
100 MERCURE
de Conſeiller d'Eſtar, vacante
par la mort de M. l'Archeveſque
de Sens. Le s . de ce
mois le premier Preſident du
Parlement de Toulouſe , à la
teſte des Deputez dumeſme
Corps ,harangua Sa Majefté ,
il fur preſenté par M. le Duc
du Maine Gouverneur de la
Province : le meſme jour M.
le premier Preſident de laCour
des Monnoyes de Lyon harangua
aufli Sa Majesté , il fut
preſenté par M. le Marechal
de Villeroy Gouverneur de la
Province. Le 6. l'Envoyé de
l'Electeur Palatin eut audiance
1.
GALANT . 101
du Roy , eſtant conduit par
M. le Chevalier de Saintot ,
& rendit à Sa Majeſté une
Lettre de l'Electeur Palatin
fon Maiſtre .
Le dernier du mois paffé,
M. l'Envoyé de Dannemark
apprit la nouvelle de la priſe
de Stralzund , & qu'on avoit
accordé à mille Suedois denationde
ſe retiter avec leurs armes
où ils voudroient : on
ſqut auſſi que le Roi de Suede
eſtoit paffé à Stokolm , ce Miniftre
fit part de cette nouvelle
au Regent le premier de
l'an .
I iij
102 MERCURE
Le 12. le premier Prefident
de la Cour des Aydes deMontauban
, complimenta Sa Majeſté
à la teſte des Deputez de
fon Corps , il fut preſentépar
M. le Comte d'Eu , Gouverneur
de la Province. 1
Je manquay le mois paflfé
àvousdire que le onzedumême
mois les Députez du Parlement
de Rouen , compli
menterent le Roy ſur ſon ave.
nement àlaCouronne , ayant
le premier Preſident à leur tête,
ils furent conduits par leMarquis
de Dreux , Grand Maître
GALANT . 103
des Ceremonies;& par le Sieur
Deſgranges Maître des Ceremonics
; ils furent preſentez
parM. le Duc de Luxembourg
Gouverneur de la Province.
M. de S. Olon a vendu ſa
Charge de Gentilhomme ordinaire
du Roy à M. Lombard
Vicomte d'Ermenonville, fon
neveu , S. A. R. Monſeigneur
le Ducd'Orleans, luy en avoit
donné l'agrément l'annéederniere,
Si les differens emplois que
le feu Roya confiez à M. de
S. Olon , & dont il s'eſt toûjours
tres dignement acquitté,
I iiij
104 MERCURE
le font regretter dans fon
Corps , les preuves que M.
d'Ermenonville a données de
ſa capacité en pluſieurs occaſions
donnent lieu d'eſperer
qu'il le remplacera avec ſuccés.
Le 24. du mois paffé , veille
de Noël , Madame laDucheſſe
de Berry ſe rendit à l'Egliſe
de S. Sulpice , fa- Paroiffe , pour
y entendre les Matines & la
grand Meffe. On avoit placé
ſon Prie- Dieu au milieu du
Choeur , où 40. de ſes Gardes
du Corps eſtoient rangez en
94 MERCURE
haye : au devantdu Prié Dieu
fur la droite eſtoient M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouger , M.l'Abbé du Tremblay
, & M. l'Abbéd'Avejan ,
ſes Aumôniers, tous en rochet:
derriere ſon fauteüil eſtoit M.
le Marquis de la Rochefoucault
ſonCapitaine desGardes
du Corps: à la droite Madame
la Duchefſe de S. Simon ſa Dame
d'Honneur avec M. le
Chevalier d'Hautefort fon
premier Ecuyer: fur la gauche
M. le Marquis de Coëtenfao
fon Chevalier d'Honneur , &
Madame la Marquiſe de Pons
,
1
GALANT.
1
:
ſa Dame d'Atour ; Madame la
ComteſſedeClermont,&Madame
la Comteſſe de Beauvau
ſes Dames du Palais.CettePrinceſſe
alla à l'Offrande & donna
dix loüis d'or . Madame la Princeffe
fit rendre à cette Meſſe de
minuit les Pains Benits qui furent
portez avec beaucoup de
folemnité : M. de Harlay,Conſeiller
d'Etat , premier Marguillier
,preſenta un de ces
Pains à Madame la Ducheſſe
de Berry. La Grand Mefle &
Laudes finies , cette Princeſſe
s'en retourna à fon Palais du
Luxembourg , eſcortée de ſes
7
6 MERCURE
Gardes du Corps & de fes
Gardes Suifles . Cette Princeſſe
allale jour de Noel entendre
Vefpres &leSalut auxCarmelites
de la rue de Grenelle. Le
meſme jour Mr le Duc d'Orleans
alla entendre Matines ,
&les trois Meſſes aux Peres de
l'Oratoire de la rue S. Honoré
, accompagné de Mr. l'Abbé
de Treffan , fon premier
Aumônier en Rochet , deMr.
le Marquis de la Fare ſonCapitaine
des Gardes , de Mr. le
Marquis de Nancré Capitaine
de ſes Gardes Suiffes , &du
reſte de ſa Maiſon : ce Prince
fe
1
1
GALANT. 97
ſe rendit le jour de Noel à
l'Egliſe de Saint Eustache ſa
Parouffe pour y entendre la
grand' Meffe ; Madame l'y entendit
auffi , y ayant communié
auparavant par les mains
de M. l'Abbé de Magnas ſon
premierAumônier. Le meſme
jour ce Prince avec Madame,
allerent auſſi à la meſme Egliſe
y entendre les Complies &
le Salut..
Le 30, le Roy arriva icy de
incennes, accompagné deM.
le Duc d'Orleans , qui le condurfit
au Palais des Tuilleries.
S. M. eſtoit eſcortée par les
Janvier 1716.
I
, MERCURE
Gendarmes , les Chevaux- legers
deſa Garde,trois Officiers
àleur tefte , par ſes Gardes
du Corps , & par les deux
Compagnies des Moufquetaires
, & par les Regiments
aux Gardes Françoiſes& Suifſes.
Le Roy fut complimenté
enarrivant par le Prevôt des
Marchands, à la teſte des Officiers
de la Ville. Le lendemain
par M. l'Abbé Bignon à la
teſte duClergé de ſaint Germain
l'Auxerrois , & le premier
de l'an par leParlement,
laChambre des Comptes , le
GrandConfeil,Cour desAyGALANT.
وو
des & les autres Corps ,
ayant à leur teſte M. le Marquis
de Dreux Grand Maiſtre
des Ceremonies , & M. Def.
granges Maiſtre desCeremo
nies: tous ces mêmes Corps
allerent ſouhaiter une heureuſe
année à Madame la Ducheffe
de Berry , au Palais du
Luxembourg , & au Palais
Royal à Madame , à M. le
Duc d'Orleans & à Madame
la Ducheſſe d'Orleans .
Le premier de l'an , M. le
Duc d'Orleans nomma M.
l'Abbé Dubois , cy devant
fon Precepteur , à la Charge
I ij
100 MERCURE
de Conſeiller d'Eſtar, vacante
par la mort de M. l'Archeveſque
de Sens. Le s . de ce
mois le premier Preſident du
Parlement de Toulouſe , à la
teſte des Deputez dumeſme
Corps ,harangua Sa Majefté ,
il fur preſenté par M. le Duc
du Maine Gouverneur de la
Province : le meſme jour M.
le premier Preſident de laCour
des Monnoyes de Lyon harangua
aufli Sa Majesté , il fut
preſenté par M. le Marechal
de Villeroy Gouverneur de la
Province. Le 6. l'Envoyé de
l'Electeur Palatin eut audiance
1.
GALANT . 101
du Roy , eſtant conduit par
M. le Chevalier de Saintot ,
& rendit à Sa Majeſté une
Lettre de l'Electeur Palatin
fon Maiſtre .
Le dernier du mois paffé,
M. l'Envoyé de Dannemark
apprit la nouvelle de la priſe
de Stralzund , & qu'on avoit
accordé à mille Suedois denationde
ſe retiter avec leurs armes
où ils voudroient : on
ſqut auſſi que le Roi de Suede
eſtoit paffé à Stokolm , ce Miniftre
fit part de cette nouvelle
au Regent le premier de
l'an .
I iij
102 MERCURE
Le 12. le premier Prefident
de la Cour des Aydes deMontauban
, complimenta Sa Majeſté
à la teſte des Deputez de
fon Corps , il fut preſentépar
M. le Comte d'Eu , Gouverneur
de la Province. 1
Je manquay le mois paflfé
àvousdire que le onzedumême
mois les Députez du Parlement
de Rouen , compli
menterent le Roy ſur ſon ave.
nement àlaCouronne , ayant
le premier Preſident à leur tête,
ils furent conduits par leMarquis
de Dreux , Grand Maître
GALANT . 103
des Ceremonies;& par le Sieur
Deſgranges Maître des Ceremonics
; ils furent preſentez
parM. le Duc de Luxembourg
Gouverneur de la Province.
M. de S. Olon a vendu ſa
Charge de Gentilhomme ordinaire
du Roy à M. Lombard
Vicomte d'Ermenonville, fon
neveu , S. A. R. Monſeigneur
le Ducd'Orleans, luy en avoit
donné l'agrément l'annéederniere,
Si les differens emplois que
le feu Roya confiez à M. de
S. Olon , & dont il s'eſt toûjours
tres dignement acquitté,
I iiij
104 MERCURE
le font regretter dans fon
Corps , les preuves que M.
d'Ermenonville a données de
ſa capacité en pluſieurs occaſions
donnent lieu d'eſperer
qu'il le remplacera avec ſuccés.
Fermer
1612
p. 202-218
Description modeste de la magnificence du Bal de M. l'Ambassadeur de Portugal. . [titre d'après la table]
Début :
Le Lecteur doit s'attendre icy à la vûë du plus brillant tableau [...]
Mots clefs :
Bal, Palais, Appartement, Ambassadeur, Portugal, Meubles, Étoffe, Diamants, Ambassadeur de Portugal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description modeste de la magnificence du Bal de M. l'Ambassadeur de Portugal. . [titre d'après la table]
Le Lecteur doit s'attendre
icy à la vûë du plus brillant tableau
qu'on puifle offrir à ſes
yeux , fi le Peintre a l'art de
s'exprimer d'une façon qui réponde
aux idées que le public
a de la magnificence de cer
Ambaſſadeur. L'Entrée qu'il
fit en cetteVillele 18. du mois
d'Aouſt dernier parut ſi ſuperGALANT.
103
be , ſi ſplendide & fi riche ,
queperſonne àParis ne ſe ſouvientd'enavoir
vue une pareille.
La quantité de medailles
d'or & d'argent qui furent
alors jettées au peuple ,acheverent
dedonner de fa perſonne
la haute opinion que tout
lemonde en a. Attentif à fuivre
les temps pour ſe conferver
des fuffrages univerſels
dont nul particulier , quelque
diſtingué qu'il foit , ne peut
luy difputer l'avantage , il n'a
pas plutôt vû arriver le carnaval
, qu'il a établi que tous les
Mercredis ilyauroit une Af204
MERCURE
ſemblée dans ſa maiſon où
l'on recevroit d'une maniere
convenable à ſa dignité & à
ſes intentions , tout ce qu'il y
a d'honnêtes gens àla Cour &
à la Ville qui voudroient lui
faire leplaifir d'aller chez luy.
Cette Affemblée ſe tient régulierement
le Mercredy dans
pluſieurs falles de fon Hôtel ,
oùil y a concert , bal , jeux ,
& collations ſuperbes ; mais
ces fêtes reglées n'ont eſté que
le preludede celle qu'il a donnée
le 28. de ce mois.
Pour en tracer une idée ap
prochante de la verité , il eſt à
GALANT . 205
propos d'entrer dans un leger
détail de la ſituation de fa
maiſon .
L'Hôtel de Portugal connue
avant que M. le Comte
de Ribeira l'occupât , ſous le
nom de Bretonvilliers , eſt un
des plus beaux Palais de cette
Ville, je dis Palais , quoyque ce
terme ne foit pas en ufage en
France , pour diftinguer cette
maiſon d'une infinité d'autres
qui font fort belles , & qui
n'approchent point de la beauté
de celle cy.
CePalais eſt ſitué à la pointe
de l'Iſle de Nôtre-Dame
206 MERCURE
dans * l'exposition la plus char.
mante du monde. Son étenduë eft
capable de loger commodément un
des plus grands Seigneurs avec
unefuite nombreuse. Tout ce que
la vûë peut expoſer de plus fatisfaisanty
est offert avec abondance.
La rich ſſe des meubles
desdorures,ſculptures, marbres ,
bronzes ,glaces , c. y brille de
tous côtez. Les pieces les plus curieuſesſont
les tremaux de lafalle
baſſe quifont remplis d'excellen
tes copies que le celebre Mignard
afaitesfur les originaux de Ra
* Cet article eſt tiré des curiofitez
de Paris .
!
GALANT. 207
phaël d'Urbin : enfuite la galerie
du premier appartement qui eft
peinte entierement par Bourdon.
La chambre de cet appartement
eft enrichie de quatre merveilleux
Tableaux du fameux Pouffin qui
reprefentent l'enlevement des Sabines
par lesRomains , le Triomphe
de Venus ſur les eaux ,
Paffagede laMer rouge , & le
Veau d'or adoré dans le Defert.
Onyvoit encore un excellentTableau
de Michel Ange , c'estNôtre-
Seigneur porté dans le Tombeau
, & enfin dans une antichambre
l'admirable & inestima
ble Defcente de Croix ,peintepar
le
208 MERCURE
Danield Voltere. CeTableaueft
estimé leplus excellent que l'on ait
en France de cet habile Italien .
On ne peut ſe diſpenſerd'ajouter
à ces beautez la richeſſe
des tapifferies & des autres
meubles dont M. le Comte de
Ribeira a orné ce Palais. Le
dais ſous lequel eſt le Portrait
duRoyde Portugal eft comme
les chaiſes&lesportieresd'une
broderie de la Chine enrichie
d'or ,& admirable par la bizarerie
de ſon deſſein , & par la
fineſſe de ſes couleurs .
Dans un cabinet on remarque
parmi les Portraits de la
Famille
GALANT. 209
Famille du Roy de Portugal ,
celui de la belle Princeſſe quia
été le ſujet de la fête qu'adonnée
cet Ambaffadeur. Outre
une infinité de meubles de
differents damas galonnez d'or
qui ſont diftribuez dans les
bas appartements de ee Palais ,
en montant , on entre à droit
dans un appartement de quatre
grandes pieces dont la premiere
eſt tenduë d'une tapiſſerie
de haute lice qui repreſente
l'Histoire de Joſeph Dans la
ſeconde il y aundais de velours
cramorfi à fonds & franges d'or
pareilaux chaiſes : cette cham--
Janvier 1716 .
S
210 MERCURE
breeſt ornée d'un original de
Raphaël qui a pour ſujet les
travaux d'Hercule. Dans la
troifiéme on eſt ébloüi de la
magnificence d'un fuperbe lit
de parade qui,auſſi bien que le
reſte de l'emmeublement , eſt
d'une étoffe à fonds d'or garnie
d'unefrangede même.Decette
chambre on voit à travers une
porte de glaces , un cabinet
dont les murailles font garnies
d'un nombre infini de belles.
Porcelaines du Japon , & de
bijoux les plus rares & les plus
eftimez , & on y diftingue aiſfément
la beauté d'une toilette
GALANT. 211
L
qui eſt un chef- d'oeuvre d'Orfevrerie
; mais revenons , s'il
vous plaît , au bal qui a donné
lieu à cet abregé des richeſſes
de ce Palais.
La terraffe qui regne fur
la porte del'Hoſtel de Portugal
fut éclairée à onze heures
du foir d'un grand nombre de
gros flambeaux de cire blanche;
alors les Trompettes, les
Timbales , les Hautbois , &
pluſieurs Joueurs de differens
inſtruments y monterent , &
animez de la bonne chere &
des liqueurs dont ils avoient
amplement humecté leurs en-
Sij
212 MERCURE
trailles , ils entonnerent des
chants d'allegreffe ,& annoncerent
à toute la ville la magnificence
de cette fefte.
A onze heures &demi , les
Maſques commencerent à entrer
,ils furent reçus d'abord
dans une grande galerie éclai
rée de pluſieurs luftres , &d'un
grand nombre de plaques
d'Angleterre , qui portoient
chacune deux groſſes bougies.
Avantd'arriver à cette galerie,
on eſtoit obligé de s'arreſter
dans le paffage , pour y admirer
l'éclat & la propreté des
fruits & des confitures ſeches
GALANT. 2.13
arrangez ſur des corbeilles &
des plats de la Chine dreff z .
en forme d'Amphitheatre , au
deſlous eſtoit une abondance
prodigieuſe de viandes exquiſes
,&vis à-vis ungrandbuffet
de la largeur de cette falle,
eſtoient pluſieurs Officiers
chargez du ſoin de donner
fans ceffe aux Maſques , tous
les raffraichiſſements qu'ils.
pourroient demander , & de
remplacer à chaque inſtant les
plats vuides par de nouveaux
fervices . Aux deux extremitez
de la galerie , qui eſt d'une
étenduë capable de contenir
214 MERCURE
mille perſonnes ,on avoit dref.
ſé deux Amphitheatres pour
la ſimphonie : Ce fut là que
d'abord tous les Maſquesarriverent
; mais cette galerie ſe
trouva fi pleine en moins d'une
heure , que chacun chercha
contre l'affluence du monde ,
un azile dans les differents appartements
de ce Palais, qui ſe
trouverent tous vers les trois
heures du matin auffi remplis
de Maſques , que la galerie.
Toutes les premieres Dames
& les plus grands Seigneurs
du Royaume voulu.
rent prendre leur partdes plaiGALANT.
215
firs de cette feſte, où unegrofſe
banque de Pharaon attira
pluſieurs Maſques , & dont
Ics Banquiers en furentquittes
pour la perte de la meilleure
partie de leur étalage.
Le principal ornement man--
queroit à la deſcription de ce
Bal , ſi je ne diſois rien de la
grace admirable avec laquelle
Madame l'Ambaſladrice a fait
les honneurs de cette feſte..
CetteDame eſt jeune , belle ,
& fibien faite , que perſonne
n'a la taille mieux priſe& plus
noble qu'elle. C'eſt un malheur
pour elle au Bal ; car fa
216 MERCURE
7
riche taule la démaſque partout.
Elle parut dans le ſien
fous differens habillemens ;
d'abord en Amazone Portugaiſe
ſous un habit d'écarlatte
brodé d'argent , avec une jupe
d'étoffe d'argent couverte
de diſtance en diſtance de lez
d'une autre étoffe brune & or.
Les glands de ſa cravate
étoient de diamants& de perles
d'une façon toute nouvelle.
Son chapeau avoit unbordé
de gros diamants ſurmonté
par un plumet blanc , avec
une agraffe de diamants à la
place du bouton.
Elle
GALANT. 217
Elle reparut enſuite enDomino
bleu garni de Rezeaux
d'argent: fous cet habillement
plus commode , elle donna
plus aifément à l'Affemblée
le plaifir de la voir danſer , ce
qu'elle fait avec toute la propreté
&toute la grace imaginable.
Enfin elle reſta dans le Bal
auſſi bien que M. le Comte
de Ribeira , juſqu'à huit heures
du matin , &tout le monde
depuis le premier juſqu'au
د
dernier Maſque en fortit
charmé des graces de Madame
l'Ambaſſadrice , & de la
Janvier 1716.
T
218 MERCURE
politeffe & de la magnificence
de M. l'Ambaſſadeur.
icy à la vûë du plus brillant tableau
qu'on puifle offrir à ſes
yeux , fi le Peintre a l'art de
s'exprimer d'une façon qui réponde
aux idées que le public
a de la magnificence de cer
Ambaſſadeur. L'Entrée qu'il
fit en cetteVillele 18. du mois
d'Aouſt dernier parut ſi ſuperGALANT.
103
be , ſi ſplendide & fi riche ,
queperſonne àParis ne ſe ſouvientd'enavoir
vue une pareille.
La quantité de medailles
d'or & d'argent qui furent
alors jettées au peuple ,acheverent
dedonner de fa perſonne
la haute opinion que tout
lemonde en a. Attentif à fuivre
les temps pour ſe conferver
des fuffrages univerſels
dont nul particulier , quelque
diſtingué qu'il foit , ne peut
luy difputer l'avantage , il n'a
pas plutôt vû arriver le carnaval
, qu'il a établi que tous les
Mercredis ilyauroit une Af204
MERCURE
ſemblée dans ſa maiſon où
l'on recevroit d'une maniere
convenable à ſa dignité & à
ſes intentions , tout ce qu'il y
a d'honnêtes gens àla Cour &
à la Ville qui voudroient lui
faire leplaifir d'aller chez luy.
Cette Affemblée ſe tient régulierement
le Mercredy dans
pluſieurs falles de fon Hôtel ,
oùil y a concert , bal , jeux ,
& collations ſuperbes ; mais
ces fêtes reglées n'ont eſté que
le preludede celle qu'il a donnée
le 28. de ce mois.
Pour en tracer une idée ap
prochante de la verité , il eſt à
GALANT . 205
propos d'entrer dans un leger
détail de la ſituation de fa
maiſon .
L'Hôtel de Portugal connue
avant que M. le Comte
de Ribeira l'occupât , ſous le
nom de Bretonvilliers , eſt un
des plus beaux Palais de cette
Ville, je dis Palais , quoyque ce
terme ne foit pas en ufage en
France , pour diftinguer cette
maiſon d'une infinité d'autres
qui font fort belles , & qui
n'approchent point de la beauté
de celle cy.
CePalais eſt ſitué à la pointe
de l'Iſle de Nôtre-Dame
206 MERCURE
dans * l'exposition la plus char.
mante du monde. Son étenduë eft
capable de loger commodément un
des plus grands Seigneurs avec
unefuite nombreuse. Tout ce que
la vûë peut expoſer de plus fatisfaisanty
est offert avec abondance.
La rich ſſe des meubles
desdorures,ſculptures, marbres ,
bronzes ,glaces , c. y brille de
tous côtez. Les pieces les plus curieuſesſont
les tremaux de lafalle
baſſe quifont remplis d'excellen
tes copies que le celebre Mignard
afaitesfur les originaux de Ra
* Cet article eſt tiré des curiofitez
de Paris .
!
GALANT. 207
phaël d'Urbin : enfuite la galerie
du premier appartement qui eft
peinte entierement par Bourdon.
La chambre de cet appartement
eft enrichie de quatre merveilleux
Tableaux du fameux Pouffin qui
reprefentent l'enlevement des Sabines
par lesRomains , le Triomphe
de Venus ſur les eaux ,
Paffagede laMer rouge , & le
Veau d'or adoré dans le Defert.
Onyvoit encore un excellentTableau
de Michel Ange , c'estNôtre-
Seigneur porté dans le Tombeau
, & enfin dans une antichambre
l'admirable & inestima
ble Defcente de Croix ,peintepar
le
208 MERCURE
Danield Voltere. CeTableaueft
estimé leplus excellent que l'on ait
en France de cet habile Italien .
On ne peut ſe diſpenſerd'ajouter
à ces beautez la richeſſe
des tapifferies & des autres
meubles dont M. le Comte de
Ribeira a orné ce Palais. Le
dais ſous lequel eſt le Portrait
duRoyde Portugal eft comme
les chaiſes&lesportieresd'une
broderie de la Chine enrichie
d'or ,& admirable par la bizarerie
de ſon deſſein , & par la
fineſſe de ſes couleurs .
Dans un cabinet on remarque
parmi les Portraits de la
Famille
GALANT. 209
Famille du Roy de Portugal ,
celui de la belle Princeſſe quia
été le ſujet de la fête qu'adonnée
cet Ambaffadeur. Outre
une infinité de meubles de
differents damas galonnez d'or
qui ſont diftribuez dans les
bas appartements de ee Palais ,
en montant , on entre à droit
dans un appartement de quatre
grandes pieces dont la premiere
eſt tenduë d'une tapiſſerie
de haute lice qui repreſente
l'Histoire de Joſeph Dans la
ſeconde il y aundais de velours
cramorfi à fonds & franges d'or
pareilaux chaiſes : cette cham--
Janvier 1716 .
S
210 MERCURE
breeſt ornée d'un original de
Raphaël qui a pour ſujet les
travaux d'Hercule. Dans la
troifiéme on eſt ébloüi de la
magnificence d'un fuperbe lit
de parade qui,auſſi bien que le
reſte de l'emmeublement , eſt
d'une étoffe à fonds d'or garnie
d'unefrangede même.Decette
chambre on voit à travers une
porte de glaces , un cabinet
dont les murailles font garnies
d'un nombre infini de belles.
Porcelaines du Japon , & de
bijoux les plus rares & les plus
eftimez , & on y diftingue aiſfément
la beauté d'une toilette
GALANT. 211
L
qui eſt un chef- d'oeuvre d'Orfevrerie
; mais revenons , s'il
vous plaît , au bal qui a donné
lieu à cet abregé des richeſſes
de ce Palais.
La terraffe qui regne fur
la porte del'Hoſtel de Portugal
fut éclairée à onze heures
du foir d'un grand nombre de
gros flambeaux de cire blanche;
alors les Trompettes, les
Timbales , les Hautbois , &
pluſieurs Joueurs de differens
inſtruments y monterent , &
animez de la bonne chere &
des liqueurs dont ils avoient
amplement humecté leurs en-
Sij
212 MERCURE
trailles , ils entonnerent des
chants d'allegreffe ,& annoncerent
à toute la ville la magnificence
de cette fefte.
A onze heures &demi , les
Maſques commencerent à entrer
,ils furent reçus d'abord
dans une grande galerie éclai
rée de pluſieurs luftres , &d'un
grand nombre de plaques
d'Angleterre , qui portoient
chacune deux groſſes bougies.
Avantd'arriver à cette galerie,
on eſtoit obligé de s'arreſter
dans le paffage , pour y admirer
l'éclat & la propreté des
fruits & des confitures ſeches
GALANT. 2.13
arrangez ſur des corbeilles &
des plats de la Chine dreff z .
en forme d'Amphitheatre , au
deſlous eſtoit une abondance
prodigieuſe de viandes exquiſes
,&vis à-vis ungrandbuffet
de la largeur de cette falle,
eſtoient pluſieurs Officiers
chargez du ſoin de donner
fans ceffe aux Maſques , tous
les raffraichiſſements qu'ils.
pourroient demander , & de
remplacer à chaque inſtant les
plats vuides par de nouveaux
fervices . Aux deux extremitez
de la galerie , qui eſt d'une
étenduë capable de contenir
214 MERCURE
mille perſonnes ,on avoit dref.
ſé deux Amphitheatres pour
la ſimphonie : Ce fut là que
d'abord tous les Maſquesarriverent
; mais cette galerie ſe
trouva fi pleine en moins d'une
heure , que chacun chercha
contre l'affluence du monde ,
un azile dans les differents appartements
de ce Palais, qui ſe
trouverent tous vers les trois
heures du matin auffi remplis
de Maſques , que la galerie.
Toutes les premieres Dames
& les plus grands Seigneurs
du Royaume voulu.
rent prendre leur partdes plaiGALANT.
215
firs de cette feſte, où unegrofſe
banque de Pharaon attira
pluſieurs Maſques , & dont
Ics Banquiers en furentquittes
pour la perte de la meilleure
partie de leur étalage.
Le principal ornement man--
queroit à la deſcription de ce
Bal , ſi je ne diſois rien de la
grace admirable avec laquelle
Madame l'Ambaſladrice a fait
les honneurs de cette feſte..
CetteDame eſt jeune , belle ,
& fibien faite , que perſonne
n'a la taille mieux priſe& plus
noble qu'elle. C'eſt un malheur
pour elle au Bal ; car fa
216 MERCURE
7
riche taule la démaſque partout.
Elle parut dans le ſien
fous differens habillemens ;
d'abord en Amazone Portugaiſe
ſous un habit d'écarlatte
brodé d'argent , avec une jupe
d'étoffe d'argent couverte
de diſtance en diſtance de lez
d'une autre étoffe brune & or.
Les glands de ſa cravate
étoient de diamants& de perles
d'une façon toute nouvelle.
Son chapeau avoit unbordé
de gros diamants ſurmonté
par un plumet blanc , avec
une agraffe de diamants à la
place du bouton.
Elle
GALANT. 217
Elle reparut enſuite enDomino
bleu garni de Rezeaux
d'argent: fous cet habillement
plus commode , elle donna
plus aifément à l'Affemblée
le plaifir de la voir danſer , ce
qu'elle fait avec toute la propreté
&toute la grace imaginable.
Enfin elle reſta dans le Bal
auſſi bien que M. le Comte
de Ribeira , juſqu'à huit heures
du matin , &tout le monde
depuis le premier juſqu'au
د
dernier Maſque en fortit
charmé des graces de Madame
l'Ambaſſadrice , & de la
Janvier 1716.
T
218 MERCURE
politeffe & de la magnificence
de M. l'Ambaſſadeur.
Fermer
1613
p. 250-252
Place de Conseiller d'Etat d'Eglise vacante par la mort de M. de la Hoguette, donnée par le Regent à M. l'Abbé Dubois. [titre d'après la table]
Début :
Une des trois places de Conseillers d'Etat d'Eglise, ayant [...]
Mots clefs :
Prince, Conseiller d'État d'Église, Régent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Place de Conseiller d'Etat d'Eglise vacante par la mort de M. de la Hoguette, donnée par le Regent à M. l'Abbé Dubois. [titre d'après la table]
Unedes trois places de Conſeillers
d'Estat d'Eglife , ayant
GALANT. 251
vaqué par la mort de feu M.
de la Hoguette , Archevêque
de Sens , elle a eſté donnée à
M. l'Abbédu Bois, cy-devant
Precepteur de S. A. R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans.
Les ſoins qu'il avoit eu que ce
Prince futinſtruit dans toutes
lesmatieresqui pouvoient regarder
le Gouvernement public
, comme s'il avoit prévu
ſa deſtinée& la nôtre , le zele
&la capacité avec laquelle il
s'eſt acquité de divers Emplois
importans , & fon attachement
conſtant à la Perſonne
du Regent , ne pouvoient être
252 MERCURE
fuivis que de quelque grande
distinction de la part d'un
Prince auſſi juſte , & auffi reconnoiffant
que celuy qui
nous gouverne.
d'Estat d'Eglife , ayant
GALANT. 251
vaqué par la mort de feu M.
de la Hoguette , Archevêque
de Sens , elle a eſté donnée à
M. l'Abbédu Bois, cy-devant
Precepteur de S. A. R. Monſeigneur
le Duc d'Orleans.
Les ſoins qu'il avoit eu que ce
Prince futinſtruit dans toutes
lesmatieresqui pouvoient regarder
le Gouvernement public
, comme s'il avoit prévu
ſa deſtinée& la nôtre , le zele
&la capacité avec laquelle il
s'eſt acquité de divers Emplois
importans , & fon attachement
conſtant à la Perſonne
du Regent , ne pouvoient être
252 MERCURE
fuivis que de quelque grande
distinction de la part d'un
Prince auſſi juſte , & auffi reconnoiffant
que celuy qui
nous gouverne.
Fermer
1614
p. 3-19
De Perpignan. Memoire accompagné de quelques Remarques historiques.
Début :
Le vingt Decembre dernier il se fit un Service trés-solemnel [...]
Mots clefs :
Roi, Bourgeois nobles, Nobles, Perpignan, Consuls, Gentilhommes, Service, Ville
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Perpignan. Memoire accompagné de quelques Remarques historiques.
De Perpignan.
Mmoireaccompagné de quelques
Remarques kiftoriques.
E vingt Décembre
dernieril se fie un
Service trés-solemnel
pour le feu Roy,à Perpignan,
aux dépens de Meilleurs les
Consuls de cette Ville
,
furnommée
la trés-Fideue titre
glorieux que ses
*
Habitants
meritcrenc en 147J.du Roy
d'Arragon JeanII:en mémoire
de l'extrêmefijehtc
qu'ilsavoienc marquée
en foutenant
toutes les rigueurs de
la faim durant un Siege de
huit mois. Jean Blanc, Bourgeoisnoble,
& premier Consul
de la Ville
> y commandoit
alors encette derniere qualité;
& ses Compatriotes étcrnife.
rent sa confiante fidélité par
une Inscription honorable qui
se voit encore aujourdhuy à
la porte de sa maison,qui porteces
mots: Hujus domus Dvminus,
fidehtatc cunflos ftperavit
Romanos.
Le 19. les Consuls firent
annoncer par toure laVille la
lugubre ccremonic du lendemain.
QuatreTambours, leurs
caisses couvertes de drap noir,
prcccdoient à pied douze Cavaliers
vêtus de robes noires
avec des cha perons qui leur
couvroienc la tête
,
les chevaux
tous caparaçonnez de
dciiil. Cette triste Cavalcade
sariêtoic à tous IesCarrefours:1
quatre d'iccuxionnoienc de
leurs Trompettes avec des
sourdines: les huit autres qui
portoienc des clochettes d'une
grosseur raiionnable, les fonnoicnr
par cinqfrois, à quoy
les Trompettes répondoienc
chaque fois; puis l'un de ces
Crieurs annonçait triftemenc
la mort de LoilsXIV. & invitoit
le Public au Service qui
devoit se celebrer le lendemain.
Dans ItEgltfe de S. Jean qui
fert de Cat hedrale depuis l'an
1604. que par l'autorité du
PapeClcmcntVIII.à larequi£
jfionAu Roy dEfpJgnePhilippe
1,11, le Sicgq Episcopal
fyztransfère de laVilledElne
çn cctlc de Perpignanj dans
cptteEjgUfc, dis je >on avoic
dresse un carafalque quarré,
qOht la bafe
,
large de vingt
pieds
,
s'élevait par differenrs
degrezà la hauteur de trente>
iç toutcouvert de drap noir,
bordé à chaquedegré de galons
d'argent,& dessus quantité
déeuflons
,
de trophées
d'aimcs,dc cartouches representant
les différentes aébons
du Roy, & d'autres décorations
funtbres, & garni d'une
quantité extraordinaire de
cierges
y
de flambeaux, & d'autres
tumicres. Sur lacimeétoie
unefpecc de Tombeau, façon
de mar bre noir, Les bordures
fiçon de marbre blanc, sur iequel
on voyait un Manteau
Royal,une grande Couronne
à la lete couverte d'un crêpe
noir, & les autres fymbolcs
de la Royauté; le tout furmonté
d'un dais de velours
noir avec des crcfpines d'or.
Dés le matin du 10. toutes
les ParoilTcs de laVîlle
, toutes
les Communautez de Religieux
invitées par les Consuls,
fc rendirent pioceffionnellcment,
les unes après les autres,
àla Cathedrale, pour y faire
chacune une absoute autour
du catafalque. L'heure venue,
Meilleurs du Conleil Souverain
de Rouflillon yarrivèrent
en robes rouges, ayant àleur
tête M. le Comte d'Albarcr,
Premier PréfiJent
,
(uivis des
Juges des Cours fubalrcrnes,
des Avocats, & autres Officiers
de Justice ;puis Messieurs
les Conluls vinrent en habits
de ceremonie avec une nombreufe
fuite du Corps de Ville,
aprér, l'EtatMajor delaPlacc
en Corps
,
accompagné Idc:
tous les Officiers delàGarni*
son en d,üd,& ceux qui étoienc
obligez de porter l'habit d'ordonnancc
avoienc de arandef
êcharpes decrespeen bandoly
liere;U l'Eglifc qui eli vaste
fat remplie de tout ce qu'il y a
de plus confiJerable danstoui>
les Etats. non feulement de Uf
VIlle,mais encore de la Pio-
La Meflfe celebréc poptiÉU
vincc.
ce l tbréc poiitifi,
calcment , par M>flire JeanHervieu
Bazan de Fiamanvillc
J, Eveaue d'Elne, sur chantée
par un grand choeur de mufique
: aplés l'Evangile ,, M.
Xaupi, Abbéde Jau en Rouffillon
,
Dodtcur en Theologie
de la Faculté de Paris, & de la
Màifon&Société denavarre,
natif dePerpignan, & le premier
de son Pays qui foit entré
dans la Faculté de Thcolocic
de Paris,prononça lOraifoiï
funebre avec tant de succés,
que lesConfulsont fait la dépense
de la faire imprimer.Enfin
le tout fut terminé par l'abfoute
pontficalc
, accompagnée
des regrets de toute l'At:
fembléc.
,
Le premier Consul decette
annéeeil M. dcCa-tiiprcdon
Gentilhomme très zelé pour k service du Roy, & le fécond
M. Xlupi ,le fils
,
Bourgeois
noble de Perpignan, frere de
rOrareur. Leur pere JuffiBour.
geois noble, a remply plus d'une
fois les places de premier&dc
secons Consul. Sur quoyon
peut faire remarquer que le
Corps des Gentilshommes,&
ecluy des Bourgeois nobles) occupent
ces places à l'alternative,&
que ddaans l1',anné,e ou un
Gentilhomme cft premier
Consul (ilss'éltfènt la veillei
de S. J.an-Baptiste )le Corps
-des Bourgeois nobles a la droite
sur ccluy des Gentilshommes
dans les Aflcmblées de Ville,
ce qui change l'année suivante
où c'cfi un Bourgeois noble pour
premier Consul. Les trois autres
Consuls se prennent des
autres Etats dela Ville;le dernier
,
toûjours de celuy des
Ansmechaniques. lis portenc
tous cinq lepcc durant leur
Consulat, donnent leurs Audiances
fous un dais dans l'Hôtel
deVille en qualité de Ducs
de Vcrnet, petite Terre qui
appartient à la Ville, & qui cft
située à un demyquart de
lieue de Perpignan, laquelle
étoic jadis honorée du titre de
Duché.
Le Privilègedecréer tous
lesans des Bourgeois Nobles leur
est particulier. Ils ont un jour
fixé pour cela, qui cfi le if.
Juin, & n'en peuvent prendre
unautre. Les Consuls en année
s'assemblent avec ceux des
Bourgeois Nobles qui ont este
premiers ou fécond Consuls,
& doivent cftrc au moins
quatorze en tour. Là ils onc
le pouvoir de oboinr,quand il
leur plailt, deux ou trois personnes
qui aycnt les qualités
requîtes& de lesimmatriculer
à lia plutahrc des fuffiâges dans
laLitk des Bourgrois,NObles:
cc''ceHltaaïionlsiiqquu'I'illss'ecnnuserent il
y a quelques années en faveur
dufameux MRigaild, Peintre
du Roy,leur Les personnes ainsi choisies
n'ont nul besoin de Lettres
du Prince pour jouir des honneurs
attachez à leur nouveau rang. "-' ., Ce droit si singulier que l'on
trouveétabli aVarit leregne de
Jacques111Roy JArrngon,
qiWirioma (tirle \'Tiô,-r¿ th
11^1. a este depuis confirme
par plufi urs Souverains,entrautic
par FerdinandV dit le
Catholique, en 1510. par
:
Philippes II. en Jj81. par
Phihppes III. en 1559 &
par le feur Roy LouisXIV.
r
en 1 66o. & en dernier lieu par
un Arrest du Conseil d'Erac
rendu en 1701. qui exempte
les Bourgeois Nobles de Perpignan
de toute recherche pour
les Francs Fiefs
*
Eux & leurs defeendans à
perpétuité joiïiflent de toutes
les libertez,franchises,ipnmtlnicez,
faveurs & prérogatives
des Nobles, comme si ils
avoient
avoient cité armez Chevaliers
par le Roy luy.même ( c'est
ce que porte !Acte de leurs
Piivileges) sans pourtant eftic
obligez de fcrvir dans les Armées.
Ils peuvent timbrer l'E..
eusson de leurs Armoiries, &
portent l'épéc de quelque prosession
qu'ils soient. Onlestire
ordinairement du Corps des
Avocats, de ce lui des Mede.-
cins,de celui desNoraires, & de
ceux qui exercent les ArtsLi
beraux,ou qui vivent de leur
b;cn. Si par hazard il se trouve
un quartier de Bourgeofie Noble
dans les preuves d'un Gcnti'hommequ?
vcut entrer dans
1 Ordre de admis
Mais pendant que kRouC
fillon étoit uni à laCatalogne a ils n'avoient pas le droit d'entrer
dans l'Assemblée de*»Etats,
ainsi que tour Gentilhomme
l'a, à moins que le Roy ne leur
fit l'honneur.de les y appeller ;
de plus ils restent toujours eux
& leurs descendants dans le
Corps des Bourgeois nobles jufqu'à
la porternel.i plus reculée,
à moins que le Roy ne les en
tire par d{', Lettrcs particulières
poui les faire entrer dansceluy
des gentilshommes, de quoy
ilJ a plus d'un exemple,.
Mmoireaccompagné de quelques
Remarques kiftoriques.
E vingt Décembre
dernieril se fie un
Service trés-solemnel
pour le feu Roy,à Perpignan,
aux dépens de Meilleurs les
Consuls de cette Ville
,
furnommée
la trés-Fideue titre
glorieux que ses
*
Habitants
meritcrenc en 147J.du Roy
d'Arragon JeanII:en mémoire
de l'extrêmefijehtc
qu'ilsavoienc marquée
en foutenant
toutes les rigueurs de
la faim durant un Siege de
huit mois. Jean Blanc, Bourgeoisnoble,
& premier Consul
de la Ville
> y commandoit
alors encette derniere qualité;
& ses Compatriotes étcrnife.
rent sa confiante fidélité par
une Inscription honorable qui
se voit encore aujourdhuy à
la porte de sa maison,qui porteces
mots: Hujus domus Dvminus,
fidehtatc cunflos ftperavit
Romanos.
Le 19. les Consuls firent
annoncer par toure laVille la
lugubre ccremonic du lendemain.
QuatreTambours, leurs
caisses couvertes de drap noir,
prcccdoient à pied douze Cavaliers
vêtus de robes noires
avec des cha perons qui leur
couvroienc la tête
,
les chevaux
tous caparaçonnez de
dciiil. Cette triste Cavalcade
sariêtoic à tous IesCarrefours:1
quatre d'iccuxionnoienc de
leurs Trompettes avec des
sourdines: les huit autres qui
portoienc des clochettes d'une
grosseur raiionnable, les fonnoicnr
par cinqfrois, à quoy
les Trompettes répondoienc
chaque fois; puis l'un de ces
Crieurs annonçait triftemenc
la mort de LoilsXIV. & invitoit
le Public au Service qui
devoit se celebrer le lendemain.
Dans ItEgltfe de S. Jean qui
fert de Cat hedrale depuis l'an
1604. que par l'autorité du
PapeClcmcntVIII.à larequi£
jfionAu Roy dEfpJgnePhilippe
1,11, le Sicgq Episcopal
fyztransfère de laVilledElne
çn cctlc de Perpignanj dans
cptteEjgUfc, dis je >on avoic
dresse un carafalque quarré,
qOht la bafe
,
large de vingt
pieds
,
s'élevait par differenrs
degrezà la hauteur de trente>
iç toutcouvert de drap noir,
bordé à chaquedegré de galons
d'argent,& dessus quantité
déeuflons
,
de trophées
d'aimcs,dc cartouches representant
les différentes aébons
du Roy, & d'autres décorations
funtbres, & garni d'une
quantité extraordinaire de
cierges
y
de flambeaux, & d'autres
tumicres. Sur lacimeétoie
unefpecc de Tombeau, façon
de mar bre noir, Les bordures
fiçon de marbre blanc, sur iequel
on voyait un Manteau
Royal,une grande Couronne
à la lete couverte d'un crêpe
noir, & les autres fymbolcs
de la Royauté; le tout furmonté
d'un dais de velours
noir avec des crcfpines d'or.
Dés le matin du 10. toutes
les ParoilTcs de laVîlle
, toutes
les Communautez de Religieux
invitées par les Consuls,
fc rendirent pioceffionnellcment,
les unes après les autres,
àla Cathedrale, pour y faire
chacune une absoute autour
du catafalque. L'heure venue,
Meilleurs du Conleil Souverain
de Rouflillon yarrivèrent
en robes rouges, ayant àleur
tête M. le Comte d'Albarcr,
Premier PréfiJent
,
(uivis des
Juges des Cours fubalrcrnes,
des Avocats, & autres Officiers
de Justice ;puis Messieurs
les Conluls vinrent en habits
de ceremonie avec une nombreufe
fuite du Corps de Ville,
aprér, l'EtatMajor delaPlacc
en Corps
,
accompagné Idc:
tous les Officiers delàGarni*
son en d,üd,& ceux qui étoienc
obligez de porter l'habit d'ordonnancc
avoienc de arandef
êcharpes decrespeen bandoly
liere;U l'Eglifc qui eli vaste
fat remplie de tout ce qu'il y a
de plus confiJerable danstoui>
les Etats. non feulement de Uf
VIlle,mais encore de la Pio-
La Meflfe celebréc poptiÉU
vincc.
ce l tbréc poiitifi,
calcment , par M>flire JeanHervieu
Bazan de Fiamanvillc
J, Eveaue d'Elne, sur chantée
par un grand choeur de mufique
: aplés l'Evangile ,, M.
Xaupi, Abbéde Jau en Rouffillon
,
Dodtcur en Theologie
de la Faculté de Paris, & de la
Màifon&Société denavarre,
natif dePerpignan, & le premier
de son Pays qui foit entré
dans la Faculté de Thcolocic
de Paris,prononça lOraifoiï
funebre avec tant de succés,
que lesConfulsont fait la dépense
de la faire imprimer.Enfin
le tout fut terminé par l'abfoute
pontficalc
, accompagnée
des regrets de toute l'At:
fembléc.
,
Le premier Consul decette
annéeeil M. dcCa-tiiprcdon
Gentilhomme très zelé pour k service du Roy, & le fécond
M. Xlupi ,le fils
,
Bourgeois
noble de Perpignan, frere de
rOrareur. Leur pere JuffiBour.
geois noble, a remply plus d'une
fois les places de premier&dc
secons Consul. Sur quoyon
peut faire remarquer que le
Corps des Gentilshommes,&
ecluy des Bourgeois nobles) occupent
ces places à l'alternative,&
que ddaans l1',anné,e ou un
Gentilhomme cft premier
Consul (ilss'éltfènt la veillei
de S. J.an-Baptiste )le Corps
-des Bourgeois nobles a la droite
sur ccluy des Gentilshommes
dans les Aflcmblées de Ville,
ce qui change l'année suivante
où c'cfi un Bourgeois noble pour
premier Consul. Les trois autres
Consuls se prennent des
autres Etats dela Ville;le dernier
,
toûjours de celuy des
Ansmechaniques. lis portenc
tous cinq lepcc durant leur
Consulat, donnent leurs Audiances
fous un dais dans l'Hôtel
deVille en qualité de Ducs
de Vcrnet, petite Terre qui
appartient à la Ville, & qui cft
située à un demyquart de
lieue de Perpignan, laquelle
étoic jadis honorée du titre de
Duché.
Le Privilègedecréer tous
lesans des Bourgeois Nobles leur
est particulier. Ils ont un jour
fixé pour cela, qui cfi le if.
Juin, & n'en peuvent prendre
unautre. Les Consuls en année
s'assemblent avec ceux des
Bourgeois Nobles qui ont este
premiers ou fécond Consuls,
& doivent cftrc au moins
quatorze en tour. Là ils onc
le pouvoir de oboinr,quand il
leur plailt, deux ou trois personnes
qui aycnt les qualités
requîtes& de lesimmatriculer
à lia plutahrc des fuffiâges dans
laLitk des Bourgrois,NObles:
cc''ceHltaaïionlsiiqquu'I'illss'ecnnuserent il
y a quelques années en faveur
dufameux MRigaild, Peintre
du Roy,leur Les personnes ainsi choisies
n'ont nul besoin de Lettres
du Prince pour jouir des honneurs
attachez à leur nouveau rang. "-' ., Ce droit si singulier que l'on
trouveétabli aVarit leregne de
Jacques111Roy JArrngon,
qiWirioma (tirle \'Tiô,-r¿ th
11^1. a este depuis confirme
par plufi urs Souverains,entrautic
par FerdinandV dit le
Catholique, en 1510. par
:
Philippes II. en Jj81. par
Phihppes III. en 1559 &
par le feur Roy LouisXIV.
r
en 1 66o. & en dernier lieu par
un Arrest du Conseil d'Erac
rendu en 1701. qui exempte
les Bourgeois Nobles de Perpignan
de toute recherche pour
les Francs Fiefs
*
Eux & leurs defeendans à
perpétuité joiïiflent de toutes
les libertez,franchises,ipnmtlnicez,
faveurs & prérogatives
des Nobles, comme si ils
avoient
avoient cité armez Chevaliers
par le Roy luy.même ( c'est
ce que porte !Acte de leurs
Piivileges) sans pourtant eftic
obligez de fcrvir dans les Armées.
Ils peuvent timbrer l'E..
eusson de leurs Armoiries, &
portent l'épéc de quelque prosession
qu'ils soient. Onlestire
ordinairement du Corps des
Avocats, de ce lui des Mede.-
cins,de celui desNoraires, & de
ceux qui exercent les ArtsLi
beraux,ou qui vivent de leur
b;cn. Si par hazard il se trouve
un quartier de Bourgeofie Noble
dans les preuves d'un Gcnti'hommequ?
vcut entrer dans
1 Ordre de admis
Mais pendant que kRouC
fillon étoit uni à laCatalogne a ils n'avoient pas le droit d'entrer
dans l'Assemblée de*»Etats,
ainsi que tour Gentilhomme
l'a, à moins que le Roy ne leur
fit l'honneur.de les y appeller ;
de plus ils restent toujours eux
& leurs descendants dans le
Corps des Bourgeois nobles jufqu'à
la porternel.i plus reculée,
à moins que le Roy ne les en
tire par d{', Lettrcs particulières
poui les faire entrer dansceluy
des gentilshommes, de quoy
ilJ a plus d'un exemple,.
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1615
p. 19-24
A Rome le 21. Decembre 1715
Début :
Le Pape joüit presentement d'une santé parfaite : outre la [...]
Mots clefs :
Cardinal, Sa Sainteté, Pape, Valets, Cour, Rome
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 21. Decembre 1715
.4Rome le 2.1. Decembre 171j
< Le Pape jouit prefenremenc
d'iine fanté parfaite: outre la
Promotion de fepr Cardinaux
qu'il Se dans le Confiltoire de
Lundy dernier, il fit aussi la
proposition de diver ses Eglises;
cntr'autrcs de celles de Brindefi
pour M. Perlas, de Volcerra
pour M. Pandolfy
,
& de Cortona
pour M. Pnecinc; Sa
Sainteté y dcclara aufli Lt'gac
d'UI bin leCardinal d'Avec,
Evcfque de Riminy,& confera
l'Eglise dOmette au nouveau
Cardinal Nuzzy;& celle
de d'Lfly au Cardinal Spinola.
La nuir du même jour Sa
Sainteté expedia M. Sala son
Cacnerier tècret pour porter
la calore au Cardinal Carraccioli
d'Aver sa. Comme ila lemoigné
cy. devant quelque
foi te de repugnance pour cettc
dignité, on cit dans l'attentc
de ravoir sil l'accepteraott
non."., r,éMardy SaSainteté déclara
Secrétaire de la Congrégation
des Evêques & des Reguliers
M. Petra, Napolitain
,
qui fc
démetra de la Secretaine du
Concile. On du. que le Pape
laifllra peut-estre le Gouvernement
de Rome jusques au -
Carême prochain au Cardinal
Scottyra comme aufli la Trcforctie
générale au Cardinal
Parrizy. On parle fort du Cardinal
Bussy pour le Vicariat de
Rome, en faveur duquel on
continue de faire divcrs mancgcs.
LeCâidina!Corradinydonc
f
la fumé n'dl pis fort bohne,
a cjuftrc cette Cour cL l'avis
des Mrdecms, quiluy ont confeillc
de changerd'air.
Le Ch -noineVanniny,,au.
trefois Camerier fecretdeClcment
IX. & Doyendes Chanoines
de S. Pierre , mouruc
ces jours paflfez. Sa Sainteté
donna aufTnôtfonCanonicat
aPAbbe MichclDjfte,neveu
du Cardinal de ce nom.
Dom François Alvarez,Efpignol,
Agent de 1 Empereur
en cette Cour
, a esié déclaré
par SA MujeftéRcgcncdeCollateral
deImpies.
Le Pcrc Ttatiro
,
ConfeCfcur
de tAmbjuddcur de Vc-
DlreJ qui suril y a quelque
tems conduit aux Pnfons du
S.Office par le Pere Commiffaiie
de ce Tnbunal
, a été relâché
à la puere de cette Excellence.
Ces jours passez comme la
Princesse de Monterra Altiery
rctournoitau logis,elle rencontra
à (on chemin la Marquiic
Serlupy qui refusa de
faire reculer Ion carrosse pour
lallfer le passage li bre àlaPrinccflc
Là, deflunsctllc-cy ordonna
a les Valets de pied de détacher
les chevaux du càtrolfc
de la M irquife
, ce qui fut fait
à Pinlhnt
,
le Cocher ayant
prrs la fuite: cnfuice ces Valets
de pied rangèrent euxmêmes
le carrosse
,
&letirèrent
à force de bras vers la
muraille
,
la Marquise eiant
toûjours dedans.
< Le Pape jouit prefenremenc
d'iine fanté parfaite: outre la
Promotion de fepr Cardinaux
qu'il Se dans le Confiltoire de
Lundy dernier, il fit aussi la
proposition de diver ses Eglises;
cntr'autrcs de celles de Brindefi
pour M. Perlas, de Volcerra
pour M. Pandolfy
,
& de Cortona
pour M. Pnecinc; Sa
Sainteté y dcclara aufli Lt'gac
d'UI bin leCardinal d'Avec,
Evcfque de Riminy,& confera
l'Eglise dOmette au nouveau
Cardinal Nuzzy;& celle
de d'Lfly au Cardinal Spinola.
La nuir du même jour Sa
Sainteté expedia M. Sala son
Cacnerier tècret pour porter
la calore au Cardinal Carraccioli
d'Aver sa. Comme ila lemoigné
cy. devant quelque
foi te de repugnance pour cettc
dignité, on cit dans l'attentc
de ravoir sil l'accepteraott
non."., r,éMardy SaSainteté déclara
Secrétaire de la Congrégation
des Evêques & des Reguliers
M. Petra, Napolitain
,
qui fc
démetra de la Secretaine du
Concile. On du. que le Pape
laifllra peut-estre le Gouvernement
de Rome jusques au -
Carême prochain au Cardinal
Scottyra comme aufli la Trcforctie
générale au Cardinal
Parrizy. On parle fort du Cardinal
Bussy pour le Vicariat de
Rome, en faveur duquel on
continue de faire divcrs mancgcs.
LeCâidina!Corradinydonc
f
la fumé n'dl pis fort bohne,
a cjuftrc cette Cour cL l'avis
des Mrdecms, quiluy ont confeillc
de changerd'air.
Le Ch -noineVanniny,,au.
trefois Camerier fecretdeClcment
IX. & Doyendes Chanoines
de S. Pierre , mouruc
ces jours paflfez. Sa Sainteté
donna aufTnôtfonCanonicat
aPAbbe MichclDjfte,neveu
du Cardinal de ce nom.
Dom François Alvarez,Efpignol,
Agent de 1 Empereur
en cette Cour
, a esié déclaré
par SA MujeftéRcgcncdeCollateral
deImpies.
Le Pcrc Ttatiro
,
ConfeCfcur
de tAmbjuddcur de Vc-
DlreJ qui suril y a quelque
tems conduit aux Pnfons du
S.Office par le Pere Commiffaiie
de ce Tnbunal
, a été relâché
à la puere de cette Excellence.
Ces jours passez comme la
Princesse de Monterra Altiery
rctournoitau logis,elle rencontra
à (on chemin la Marquiic
Serlupy qui refusa de
faire reculer Ion carrosse pour
lallfer le passage li bre àlaPrinccflc
Là, deflunsctllc-cy ordonna
a les Valets de pied de détacher
les chevaux du càtrolfc
de la M irquife
, ce qui fut fait
à Pinlhnt
,
le Cocher ayant
prrs la fuite: cnfuice ces Valets
de pied rangèrent euxmêmes
le carrosse
,
&letirèrent
à force de bras vers la
muraille
,
la Marquise eiant
toûjours dedans.
Fermer
1616
p. 24-33
De Rome le 28. Decembre 1715.
Début :
Le Pape ordinairement tient Chapelle de Noël à Sainte Marie [...]
Mots clefs :
Cardinal, Chapelle, Pape, Ambassadeur, Rome
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome le 28. Decembre 1715.
De Rome le18. Dcccmbre 1715-
Le Pape ordinairement tient
Chapelle le jour de Noël à
Sainte Marie majeure; mais le
mauvais temps l'empêcha ce
jour-là
jour-là d'y aller chanter la
Mcflc. Cette fonûion se fit
dans la Chapelle du Palais Quirinal
: immédiatement aprésSa
Sainteté rcccut du Cardinal
Doyen.. de la part du Sacré
Collège
,
le compliment des
bonnes Festes.
Le Courrier qui avoit esté
dépêché au Cardinal Carraccioli,
Evêque d'Aversa, est de
retour icy. Cette Eminence,
contre l'atèentepublique, a
accepté bien volontiers leCar.
dinalar.
Le Cmonicat de S. Pierre a
cfié conféré à M. Marcolini.
ce Prélat sellant démis de celui
qu'il avoir a Sainte Marie
ma jeure
,
lequel a esté donné
à M. Manti, fiere du General
des PoLles.
Les Galeres de e<n Etat font
enfin deretouràCivitaveche,
mais en rrcs- mauvais équipage
tant pour la bourasque qu"elles
ont efTuïées dans ltGolfe de
Salerne, que par la maladie qui
s'cft mHe: dans les Chiourmes,
ce qui a diminué & diminuë
chaque jour le nombre des
Forçats.
t.,
Le Pipe indigné des infultes
faites depuis quelque tems
à la Sbirrene de Rome par les
Domeftiqucs des Ambafladeurs,
qui ne veulent pas que
les Sbirres passent devant leur
Palais, Sa Saintetédéputa une
Congrégation de six Cardinaux
;sçavoir,Imperiali, Parluni,
Albani, Catoni,Origo
& Scotti, dans laquelle.,aprés
plusieursConférences, il aété
resolu que l'on ferait fignificr
aux Ambassadeurs qu'ils ayenc
à (e defirter de pareils attentacs,
sans quoy Sa Sainteté
prendroit là-dcflus des mcfures
qui ne leurs feroient
point agrcables. Cette fignification
a esté faite par M. Rafponi,
Sccrcraire d'Ambassade
deSaSainteté.
Les- nouveaux Cardinaux
après avoir rendu visire auCardinal
Doyen, n'ont pu les continuer
à cause de la gourre qui
eftfurvenue au CardinalPatrizzy.
-
On attend ici le Chevalier
MoroGni que la Republique
de Veniseenvoie au Pape en
- qualité d'Arnbalfadeur Extraordinaire;
il vient, diton,
demander des subsides aux
frais de la Guerre contre le
Turc.
,.
On attend le retour du
Courrier qui a esté dépêché à
M. Barronuy
,
Evêque de Novarra,
pour lui offnr le posse
deMaillre de Chambre de Sa
Sainteté; ontft cependant en
doute s'il l'acceptera.
*
On prétend que M Falconieri
est deftmé pour estre
Gouverneur de ilome; en cc
€as~il fcroit, dit on, obligé de
remettrelAuditoriat de Rote;
mais il ne paroît pas que cePrclat
veuille s'accommoder d'un
semblable parti.
LAmbanadcur de l'Empereur
ne fut point Vendredi
dernier à l'Audiance duPape;
l'on en attribue la cause à cc
que Sa Sainteté refuse de condefeendre
aux foJîiatations
faites par cc Miniftrc de la
part deSa Majesté Im perialeen
faveur de l'Abbé Relhni : cependant
leS Pere à quiunpareil
engagement donne assez
d'inquietude,envoï) pl ufieurs
fois demander aux Officiers de
la fale de son Appartement, si
l'on n'estok point venu faire
quelque loflance de la parc
duditAmbalTadeur pour avoir
Audiance
-
Ott trouve icy fort extraordinaire
une Ordonnance tresrigourcufe,
que le Viceroy de
Ndplcs a faitpublier, par laquelle
il deffend à toutes fortes
de personnes, fous peirie de
confiscation de biens, d: forcir
du Royaume.u**)
On écrit de Païenne que les
Jcfuites n'ayaotpas voulu fout.
frir que le Viccroy tint la Chapelle
accoutumée dans leur
Eghfe le jour de S. François
Xavier, leurs biens ont este
saisis, & leurs livres enlevez r
on ajoûte que l'Evesque de
Mazarra a écrit au Viceroy
,
&
luy a marqué que s'il ne se dcfille
des ses violences, il fera
obligéde publier l'interdit gênerai,
& que le Viceroy ayant
fait appeller le Prince de Sainte
Catherine, ncveu de cet Evêque,
il luy a ordonnéd'aller
fign:fîcr à son oncle, que s'il
cO: affz remeraire pour faire
cetce démarche,il ruinera sa
Misson julques à la quatrième
Generarion. Il fc préparé -
un feu qu'il ne fera pas facile
d'éteindre
Oi commence à cftre ici
fort inquiet des devins des
Turcs ;on tint hier, en prefence
de Sa Sainteté, une Congregation
d Etat sur cela: je
crois que les Vénitiens ne tons
pas moins inquiets, car ils y
font assezinteressez. M. Morofini
qui a elle ici Ambafladcur
de la République doit venir
incciïamment sans caraccerc.
Le Pape a p!us de bonne
volontéque de force. Il feroic
fort à souhaiter que 1 Empereur
s'cngageât plus qu'il ne
paroi st s'engager jusques à cette
heure Oi prétend que les
Turcs ne son- point difficulté
de publier qu'ils en veulent à
Rome &à Vienne:c'est beaucoup
tout à la fois.
Le Pape ordinairement tient
Chapelle le jour de Noël à
Sainte Marie majeure; mais le
mauvais temps l'empêcha ce
jour-là
jour-là d'y aller chanter la
Mcflc. Cette fonûion se fit
dans la Chapelle du Palais Quirinal
: immédiatement aprésSa
Sainteté rcccut du Cardinal
Doyen.. de la part du Sacré
Collège
,
le compliment des
bonnes Festes.
Le Courrier qui avoit esté
dépêché au Cardinal Carraccioli,
Evêque d'Aversa, est de
retour icy. Cette Eminence,
contre l'atèentepublique, a
accepté bien volontiers leCar.
dinalar.
Le Cmonicat de S. Pierre a
cfié conféré à M. Marcolini.
ce Prélat sellant démis de celui
qu'il avoir a Sainte Marie
ma jeure
,
lequel a esté donné
à M. Manti, fiere du General
des PoLles.
Les Galeres de e<n Etat font
enfin deretouràCivitaveche,
mais en rrcs- mauvais équipage
tant pour la bourasque qu"elles
ont efTuïées dans ltGolfe de
Salerne, que par la maladie qui
s'cft mHe: dans les Chiourmes,
ce qui a diminué & diminuë
chaque jour le nombre des
Forçats.
t.,
Le Pipe indigné des infultes
faites depuis quelque tems
à la Sbirrene de Rome par les
Domeftiqucs des Ambafladeurs,
qui ne veulent pas que
les Sbirres passent devant leur
Palais, Sa Saintetédéputa une
Congrégation de six Cardinaux
;sçavoir,Imperiali, Parluni,
Albani, Catoni,Origo
& Scotti, dans laquelle.,aprés
plusieursConférences, il aété
resolu que l'on ferait fignificr
aux Ambassadeurs qu'ils ayenc
à (e defirter de pareils attentacs,
sans quoy Sa Sainteté
prendroit là-dcflus des mcfures
qui ne leurs feroient
point agrcables. Cette fignification
a esté faite par M. Rafponi,
Sccrcraire d'Ambassade
deSaSainteté.
Les- nouveaux Cardinaux
après avoir rendu visire auCardinal
Doyen, n'ont pu les continuer
à cause de la gourre qui
eftfurvenue au CardinalPatrizzy.
-
On attend ici le Chevalier
MoroGni que la Republique
de Veniseenvoie au Pape en
- qualité d'Arnbalfadeur Extraordinaire;
il vient, diton,
demander des subsides aux
frais de la Guerre contre le
Turc.
,.
On attend le retour du
Courrier qui a esté dépêché à
M. Barronuy
,
Evêque de Novarra,
pour lui offnr le posse
deMaillre de Chambre de Sa
Sainteté; ontft cependant en
doute s'il l'acceptera.
*
On prétend que M Falconieri
est deftmé pour estre
Gouverneur de ilome; en cc
€as~il fcroit, dit on, obligé de
remettrelAuditoriat de Rote;
mais il ne paroît pas que cePrclat
veuille s'accommoder d'un
semblable parti.
LAmbanadcur de l'Empereur
ne fut point Vendredi
dernier à l'Audiance duPape;
l'on en attribue la cause à cc
que Sa Sainteté refuse de condefeendre
aux foJîiatations
faites par cc Miniftrc de la
part deSa Majesté Im perialeen
faveur de l'Abbé Relhni : cependant
leS Pere à quiunpareil
engagement donne assez
d'inquietude,envoï) pl ufieurs
fois demander aux Officiers de
la fale de son Appartement, si
l'on n'estok point venu faire
quelque loflance de la parc
duditAmbalTadeur pour avoir
Audiance
-
Ott trouve icy fort extraordinaire
une Ordonnance tresrigourcufe,
que le Viceroy de
Ndplcs a faitpublier, par laquelle
il deffend à toutes fortes
de personnes, fous peirie de
confiscation de biens, d: forcir
du Royaume.u**)
On écrit de Païenne que les
Jcfuites n'ayaotpas voulu fout.
frir que le Viccroy tint la Chapelle
accoutumée dans leur
Eghfe le jour de S. François
Xavier, leurs biens ont este
saisis, & leurs livres enlevez r
on ajoûte que l'Evesque de
Mazarra a écrit au Viceroy
,
&
luy a marqué que s'il ne se dcfille
des ses violences, il fera
obligéde publier l'interdit gênerai,
& que le Viceroy ayant
fait appeller le Prince de Sainte
Catherine, ncveu de cet Evêque,
il luy a ordonnéd'aller
fign:fîcr à son oncle, que s'il
cO: affz remeraire pour faire
cetce démarche,il ruinera sa
Misson julques à la quatrième
Generarion. Il fc préparé -
un feu qu'il ne fera pas facile
d'éteindre
Oi commence à cftre ici
fort inquiet des devins des
Turcs ;on tint hier, en prefence
de Sa Sainteté, une Congregation
d Etat sur cela: je
crois que les Vénitiens ne tons
pas moins inquiets, car ils y
font assezinteressez. M. Morofini
qui a elle ici Ambafladcur
de la République doit venir
incciïamment sans caraccerc.
Le Pape a p!us de bonne
volontéque de force. Il feroic
fort à souhaiter que 1 Empereur
s'cngageât plus qu'il ne
paroi st s'engager jusques à cette
heure Oi prétend que les
Turcs ne son- point difficulté
de publier qu'ils en veulent à
Rome &à Vienne:c'est beaucoup
tout à la fois.
Fermer
1617
p. 34-41
De Rome le 11. Janvier 1716.
Début :
Le jour de l'Epiphanie le Pape assista à la Chapelle, il [...]
Mots clefs :
Cardinal, Pape, Duc, Ambassadeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome le 11. Janvier 1716.
De Rome le II. Janvier ijl6.
Le jour de l'Epiphanie le
Pape affilia à la Chpelle
,
il
v
est toujours en parfaite famé.
Le foir du même jour le
Cardinal Ottobony fie tenir
rAcadcmie des Arcades dans
son appirremcnt,ensuite il y
eût concert) & un très- beau
souperjil y avoit environ cent
per Tonnes à table jentr'autres
TAmbaffcideur de l'Empereur,
& 14 Dames tant Princesses
que Duchesses : cette feste fût
tres - magn.fique & le repas
très fplcndide. ;
Les Ambailadeurs des Couronnes
témoignent faire peu
de cas de ce qui leur a este fignifié
au fujec de l'abolition
des Franclufcs qu'ils voudroient
rétablirais refufenc de
congédier leurs braves, cela irrite
toujours davantage leP-apc
qui a fait bannir fous peine de
la vie des gens de 1 AmbaITadeur
de I-Empereur, qui donnerent
des coups de bacons à
des Sbirres
,
il y a quelques
semaines..
*
Le Cardinal 0 lefcalqui est
sur son départ, il a eu du Pape
son Audiance de congé
,
&:
tout son domeftïqiieWaifa der-
-
Snierement la pantoufle de Sa
,dc Sainteté.
LeCardinalCarraccioly,
Provicaire, a fait present au
Pape,de diverseschoses dé
prix , entre autres d'un Reliqii
lire garny de diamants
,
&
d'autres pierres precieuses ;ce
preCentefteftimé yooo. écus.
Le Cardinal Nuzzy a aussi
envoyé au Pape un Tableau
deSalvator Rosa, d'une grandeur
extraordinaire.
Dernièrement le carresse
^de Dom Antoine Colonne
tenvetfalur laPlace du Jefus,J
celui du Duc Cetarini: il y
avait dedans le iiîs & la fiiîe
dece Duc,ils furent transpor-
- tcz au Pdlais Altiery
, pour se
remettre de la peur que cet
accident leur avoir causé,Dom
Antoine Colonna congedia
auflitôt le Cocher,&le Marquis
Acciviola alla chcz lcDuc
pour lui faire Jà-dc:ssus des excufes
de la part de Dom Antoine
Colonna, dont il est demeure
(atisfait.
Mardy matin le Marquis
Magnany
3
Ambassadeur de
Bologi¡CJ fût pour la premierc
fois à rAudlancc du Pape,cc
fut le ComteAluobrandy son
predecelfeurquile pretenta.
Dimancheau foir cinquième
ducourant, un Exprés apporta
la nomination que fait la
Villede Milan, pour l'Auditoriat
de Rotedecette Nation
vacant par la promotion du
Cardinal Scotty. Les fujecs
proposez font Meilleurs Corio
j
Stampa, & Vifconry. Le
premier ayant eû plus devoix
aefté déclaré par Sa Sainteté,
& l'empioy de Rotante di
Segretaria qu'il retenoit, a eslé
donné à l'Avocat Mcfmcr
Grifon.
LePJpe anomme encore
à d'autres Charges. L'i\bbé
Qgntilonyaesté fait fécond
Collaieial du Capitole
, ce
poftevacquoit par lamort de
l'AvocatLcvidy. L'Abbé Codcbo,
Rc£heurdçCar pentras,
aura, dit-on ,rEvêché de Cita
dJyCaftc!lo,& l'AbbéGafpariny,
Auditeur de la Legation
d'Avignon, fera Rcrâ: ur en (a
plaçe
,
auquel cas l'Avocat
Calcagniny Ferrarois, lui luccederoità
TAuditorat.
On tient des fréquentes
Congregations pour pourvoir
à la seureté & à la"d,.ffi:nfe des
codes de l'Eut Eccieh(tique;
on examine les moyens propofez
pourtrouver les fonds nccefljires
pour la fublîftance des
Vatdeauxqu'on doit donner
àlaRépublique de Vcoire)on
a déjà résoludiriger un mont
qui fera intituléCh.araccallc,
& les revenus de la grosse Abbaye
de ce nom vacante par la
mort de l'EIréteur de Treves
1 serviront à en payer les interefts.
On parle aussi d'augmenter
le sel d'un quatrin par livre.
Pour implorer la protection
divinedans les conjonctures
presentes le Pape a résolu
de
de faire une nouvelle Proceffion
le jour de la feste de la
Chaire de S. Pierre qui fera le
18. du courant.
Le jour de l'Epiphanie le
Pape affilia à la Chpelle
,
il
v
est toujours en parfaite famé.
Le foir du même jour le
Cardinal Ottobony fie tenir
rAcadcmie des Arcades dans
son appirremcnt,ensuite il y
eût concert) & un très- beau
souperjil y avoit environ cent
per Tonnes à table jentr'autres
TAmbaffcideur de l'Empereur,
& 14 Dames tant Princesses
que Duchesses : cette feste fût
tres - magn.fique & le repas
très fplcndide. ;
Les Ambailadeurs des Couronnes
témoignent faire peu
de cas de ce qui leur a este fignifié
au fujec de l'abolition
des Franclufcs qu'ils voudroient
rétablirais refufenc de
congédier leurs braves, cela irrite
toujours davantage leP-apc
qui a fait bannir fous peine de
la vie des gens de 1 AmbaITadeur
de I-Empereur, qui donnerent
des coups de bacons à
des Sbirres
,
il y a quelques
semaines..
*
Le Cardinal 0 lefcalqui est
sur son départ, il a eu du Pape
son Audiance de congé
,
&:
tout son domeftïqiieWaifa der-
-
Snierement la pantoufle de Sa
,dc Sainteté.
LeCardinalCarraccioly,
Provicaire, a fait present au
Pape,de diverseschoses dé
prix , entre autres d'un Reliqii
lire garny de diamants
,
&
d'autres pierres precieuses ;ce
preCentefteftimé yooo. écus.
Le Cardinal Nuzzy a aussi
envoyé au Pape un Tableau
deSalvator Rosa, d'une grandeur
extraordinaire.
Dernièrement le carresse
^de Dom Antoine Colonne
tenvetfalur laPlace du Jefus,J
celui du Duc Cetarini: il y
avait dedans le iiîs & la fiiîe
dece Duc,ils furent transpor-
- tcz au Pdlais Altiery
, pour se
remettre de la peur que cet
accident leur avoir causé,Dom
Antoine Colonna congedia
auflitôt le Cocher,&le Marquis
Acciviola alla chcz lcDuc
pour lui faire Jà-dc:ssus des excufes
de la part de Dom Antoine
Colonna, dont il est demeure
(atisfait.
Mardy matin le Marquis
Magnany
3
Ambassadeur de
Bologi¡CJ fût pour la premierc
fois à rAudlancc du Pape,cc
fut le ComteAluobrandy son
predecelfeurquile pretenta.
Dimancheau foir cinquième
ducourant, un Exprés apporta
la nomination que fait la
Villede Milan, pour l'Auditoriat
de Rotedecette Nation
vacant par la promotion du
Cardinal Scotty. Les fujecs
proposez font Meilleurs Corio
j
Stampa, & Vifconry. Le
premier ayant eû plus devoix
aefté déclaré par Sa Sainteté,
& l'empioy de Rotante di
Segretaria qu'il retenoit, a eslé
donné à l'Avocat Mcfmcr
Grifon.
LePJpe anomme encore
à d'autres Charges. L'i\bbé
Qgntilonyaesté fait fécond
Collaieial du Capitole
, ce
poftevacquoit par lamort de
l'AvocatLcvidy. L'Abbé Codcbo,
Rc£heurdçCar pentras,
aura, dit-on ,rEvêché de Cita
dJyCaftc!lo,& l'AbbéGafpariny,
Auditeur de la Legation
d'Avignon, fera Rcrâ: ur en (a
plaçe
,
auquel cas l'Avocat
Calcagniny Ferrarois, lui luccederoità
TAuditorat.
On tient des fréquentes
Congregations pour pourvoir
à la seureté & à la"d,.ffi:nfe des
codes de l'Eut Eccieh(tique;
on examine les moyens propofez
pourtrouver les fonds nccefljires
pour la fublîftance des
Vatdeauxqu'on doit donner
àlaRépublique de Vcoire)on
a déjà résoludiriger un mont
qui fera intituléCh.araccallc,
& les revenus de la grosse Abbaye
de ce nom vacante par la
mort de l'EIréteur de Treves
1 serviront à en payer les interefts.
On parle aussi d'augmenter
le sel d'un quatrin par livre.
Pour implorer la protection
divinedans les conjonctures
presentes le Pape a résolu
de
de faire une nouvelle Proceffion
le jour de la feste de la
Chaire de S. Pierre qui fera le
18. du courant.
Fermer
1618
p. 41-46
A Venise le 11. Janvier 1716.
Début :
Dimanche l'on fit ici l'Election d'un Capitaine General, [...]
Mots clefs :
Général, République
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 11. Janvier 1716.
A Vewfcle11. Janvier 1ji6.
Dimanche l'on fit ici l'Election
d'un Capitaine General
,
en la place de M. Grimani pour
succeder à M. Delphin. On en
avoit proposé 18. la veille dans
le Pregady
.)
dont la plufparc
n'ont jamais vu une épée nuë.II
en resta quatre qui furent balotez
Dimanche dans le grand'
Conseil, & le fort tomba sur
M. le Chevalier Morosini
neveu du Doyen & du General
de cenom ,
qui fit dans la derniere
guerre la conquêcedela
Morée. Tout son mérite ne
confillc que d'avoir dans sa
jeunede accompagné pendant
- quatre ans son oncle en qualité
de son Ayde de Camp,il connoift
lui-même son peu de
capacité pour la guerre & il a
demandé par un Mémoire la
permission de ne point accepter
cet employ. Cette demande
cft premièrement portée
au Conseil des neufenfuite
en plein Collegc, & enfin
dans le Pregadt, Elle passa
avant hier dans le Pregadi.
M. Delpbin reliera dans
cette Chargejmaisil fcmblc
que ce foit le piquer un peu
trop vivement
)
& que c'est
donner des dégoufts trop amercs
à un homme qui est niait
tre du fort de laRépubliquc.
Les nouveaux Palfcports
pour lesAmbaflTadeursExtraordinaires
qui doivent aller en
France ne font pas encore
délivrez.
M. le Chevalier MorofimV
qui est parti pour Florence5
Rome&les autres Cours dItalie
, pourra rencontrer de
grandes diflicultcz dans le
succés des commissions dont
il est chargé.
L'on preflfe les Arts & Metiers
decette Ville de fournir
les hommes qui leur ont esté
demandez pour lesChIourmes
& l'on lève aussi avec beaucoup
plus de rigueur les différentesimpositions
quiont esté
établies sur les sujets de la
Republique. Cependant les
préparatifs pour la campagne
prochaine vont fort lentement.
Lcsobitaclcs que l'ontrouveà
lalevée des croupes étrangères
, ont fait prendre la
résolution d'employer des
Milices du Ptpe. On en doit
choisir dix mille pour les envoyer
àCorfou & dansla Dai.
nlatie. On apprend dans cette
Province que M. le General
Emo devoit se rendre à Norencoiie,
pour ypaffer le rcite
delhyver
,
&donner ses
c r.
dres dececôté-là.
M le General SchuIcmbourg,
doit dans peu recevoir
l'ordre de se rendre par
Otrante à Corfou, pour vifiter
cette Place,& paffer de-là
en Dahruue
, pour en faire
autant. -- On dit qu'en cas qud'Em.
pereur fc détermine àconclure
avec la République une
Ligue contre les Turcs, ce
Prince veut avant de la signer,
s'informer de M. Schulcmbourg
rneme ,du vérita ble
état des.forcesdelàRépublique,&
de diversion qu'elle
pourra faire de son tôfé.C'cft
ce que l'on veut éviter ici,parce
qu'il ne pouiroit pas faire un
détail bien avantageux.
Dimanche l'on fit ici l'Election
d'un Capitaine General
,
en la place de M. Grimani pour
succeder à M. Delphin. On en
avoit proposé 18. la veille dans
le Pregady
.)
dont la plufparc
n'ont jamais vu une épée nuë.II
en resta quatre qui furent balotez
Dimanche dans le grand'
Conseil, & le fort tomba sur
M. le Chevalier Morosini
neveu du Doyen & du General
de cenom ,
qui fit dans la derniere
guerre la conquêcedela
Morée. Tout son mérite ne
confillc que d'avoir dans sa
jeunede accompagné pendant
- quatre ans son oncle en qualité
de son Ayde de Camp,il connoift
lui-même son peu de
capacité pour la guerre & il a
demandé par un Mémoire la
permission de ne point accepter
cet employ. Cette demande
cft premièrement portée
au Conseil des neufenfuite
en plein Collegc, & enfin
dans le Pregadt, Elle passa
avant hier dans le Pregadi.
M. Delpbin reliera dans
cette Chargejmaisil fcmblc
que ce foit le piquer un peu
trop vivement
)
& que c'est
donner des dégoufts trop amercs
à un homme qui est niait
tre du fort de laRépubliquc.
Les nouveaux Palfcports
pour lesAmbaflTadeursExtraordinaires
qui doivent aller en
France ne font pas encore
délivrez.
M. le Chevalier MorofimV
qui est parti pour Florence5
Rome&les autres Cours dItalie
, pourra rencontrer de
grandes diflicultcz dans le
succés des commissions dont
il est chargé.
L'on preflfe les Arts & Metiers
decette Ville de fournir
les hommes qui leur ont esté
demandez pour lesChIourmes
& l'on lève aussi avec beaucoup
plus de rigueur les différentesimpositions
quiont esté
établies sur les sujets de la
Republique. Cependant les
préparatifs pour la campagne
prochaine vont fort lentement.
Lcsobitaclcs que l'ontrouveà
lalevée des croupes étrangères
, ont fait prendre la
résolution d'employer des
Milices du Ptpe. On en doit
choisir dix mille pour les envoyer
àCorfou & dansla Dai.
nlatie. On apprend dans cette
Province que M. le General
Emo devoit se rendre à Norencoiie,
pour ypaffer le rcite
delhyver
,
&donner ses
c r.
dres dececôté-là.
M le General SchuIcmbourg,
doit dans peu recevoir
l'ordre de se rendre par
Otrante à Corfou, pour vifiter
cette Place,& paffer de-là
en Dahruue
, pour en faire
autant. -- On dit qu'en cas qud'Em.
pereur fc détermine àconclure
avec la République une
Ligue contre les Turcs, ce
Prince veut avant de la signer,
s'informer de M. Schulcmbourg
rneme ,du vérita ble
état des.forcesdelàRépublique,&
de diversion qu'elle
pourra faire de son tôfé.C'cft
ce que l'on veut éviter ici,parce
qu'il ne pouiroit pas faire un
détail bien avantageux.
Fermer
1619
p. 47-52
A Venise le 21. Decembre 1715.
Début :
M. le Chevalier Morosini qui a esté Ambassadeur à Rome [...]
Mots clefs :
République, Chevalier, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 21. Decembre 1715.
jiVeniJïleil.Décembre i71j.
M. le Chevalier Morosini
quiaesté Ambassadeur à Rome
, a rfté choisi par le Senat
pour passer à cette Cour,&
dans toutes les autres d Italie,
avec ordre de tâcher de les
porrer à envoyer des secours
à la République contre les entreprifes
des Turcs dans la
Campagne prochaine, & de
leur representer combien ilc-ftde
leursinteiets de concourir
à la défense de Corfou, & des
coRes de Dalnaacie,parce que
si ces Meflkuts ci avoient te
malheur de les perdre) l'Italie
rcftrroit entièrement cxpofée
aux courses des Infidèles. M.
le Chevalier Morosini n'ira cc
pendant point à Turin
, tant
àGaule que la République n'a
point encore reconnu le Duc
de Savoye en qualité de Roy
de Sicile, que par la crainte
de déplaire à la Cour de
Vienne.
M. Grimani qui avoir cfte*
c'lû Capitaine General des Forces
de)., République en la placc
de M Delphin, dont on paroiffoit
si fort mécontent,cft
tombé
tombe depuis peu malade dune
maladie fausse ou veritable,
& ce dernier continuëra à
avoir le commandement la
campagne prochaine. M. Grimani
est allé à Padouë pour Ce
faire guérir de cette prétendue
maladie.
L'on dit que M. le Comte
Schulembourg partira dans le
mois deFévrier pour aller faire
la visîte de Corfou,de Catraro,
ôldc Cartclriuovo, & par:
fera ensuite dans la Dalmatie
ou il reliera.I! ya lieu de croire
que ce General reliera peu de
temps au fervice de ces Mcffleursci,
qui ne paroillcnr pas
contents de la manière hautaine
avec laquelle il parle du
defordrequil a trouvé ici dans
lesaffaires de la Guerre. I ne
l'eit gueres luy même de voir
que les moyens manquent
pour la commuer avec (fperaoce
de luccés. Il alla J.udi
au College, &prêta ferment
de fidélité cntre les mains du
Doge. Il avoir presente une
Caution pour recevoir 10.mil
ducats à compte de ce qu'on
doit lui fournir pour l'achat
des 6000 hommes da Roy
Augulte. Cette caution n'a
pas esté agrée, & on luy a fait
entendre d'en presenter une
autre, ou qu autrement on ne
pourroit pas luy délivrer cet
argent.
Le Ptince Electoral de Biviere
n'est point encore arrivé
sur la fromiere, parcc qu'il sest
jlfreftéquelques jours à laCour
4c l'Archevêque de Sa!rzbourg
,& à ln(pruck auprès
du Prince Palatin.
1.
L'onetticy dans l'intention
de rendre laCapitation perpetuelle
, en la modérant cependant
,afin de former un fond
folidc & certain pour païer les
interests d'un emprunt conJlderable
que l'on a dessein de
faire pour les bcfoins de la
Guerre.
M. le Chevalier Morosini
quiaesté Ambassadeur à Rome
, a rfté choisi par le Senat
pour passer à cette Cour,&
dans toutes les autres d Italie,
avec ordre de tâcher de les
porrer à envoyer des secours
à la République contre les entreprifes
des Turcs dans la
Campagne prochaine, & de
leur representer combien ilc-ftde
leursinteiets de concourir
à la défense de Corfou, & des
coRes de Dalnaacie,parce que
si ces Meflkuts ci avoient te
malheur de les perdre) l'Italie
rcftrroit entièrement cxpofée
aux courses des Infidèles. M.
le Chevalier Morosini n'ira cc
pendant point à Turin
, tant
àGaule que la République n'a
point encore reconnu le Duc
de Savoye en qualité de Roy
de Sicile, que par la crainte
de déplaire à la Cour de
Vienne.
M. Grimani qui avoir cfte*
c'lû Capitaine General des Forces
de)., République en la placc
de M Delphin, dont on paroiffoit
si fort mécontent,cft
tombé
tombe depuis peu malade dune
maladie fausse ou veritable,
& ce dernier continuëra à
avoir le commandement la
campagne prochaine. M. Grimani
est allé à Padouë pour Ce
faire guérir de cette prétendue
maladie.
L'on dit que M. le Comte
Schulembourg partira dans le
mois deFévrier pour aller faire
la visîte de Corfou,de Catraro,
ôldc Cartclriuovo, & par:
fera ensuite dans la Dalmatie
ou il reliera.I! ya lieu de croire
que ce General reliera peu de
temps au fervice de ces Mcffleursci,
qui ne paroillcnr pas
contents de la manière hautaine
avec laquelle il parle du
defordrequil a trouvé ici dans
lesaffaires de la Guerre. I ne
l'eit gueres luy même de voir
que les moyens manquent
pour la commuer avec (fperaoce
de luccés. Il alla J.udi
au College, &prêta ferment
de fidélité cntre les mains du
Doge. Il avoir presente une
Caution pour recevoir 10.mil
ducats à compte de ce qu'on
doit lui fournir pour l'achat
des 6000 hommes da Roy
Augulte. Cette caution n'a
pas esté agrée, & on luy a fait
entendre d'en presenter une
autre, ou qu autrement on ne
pourroit pas luy délivrer cet
argent.
Le Ptince Electoral de Biviere
n'est point encore arrivé
sur la fromiere, parcc qu'il sest
jlfreftéquelques jours à laCour
4c l'Archevêque de Sa!rzbourg
,& à ln(pruck auprès
du Prince Palatin.
1.
L'onetticy dans l'intention
de rendre laCapitation perpetuelle
, en la modérant cependant
,afin de former un fond
folidc & certain pour païer les
interests d'un emprunt conJlderable
que l'on a dessein de
faire pour les bcfoins de la
Guerre.
Fermer
1620
p. 52-57
De Venise le 28. Decembre 1715.
Début :
On croyoit qu'un Courrier qui est arrivé de Vienne cette [...]
Mots clefs :
Turcs, Guerre, Courrier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Venise le 28. Decembre 1715.
DcVmife le t-8.Dicembre 1715.
On croyoit qu'un Courrier
qui est arrivé de Vienne cette
semaine apporteroir la dernicre
resolution de l'Empereur
que ces Meilleurs ci lui
ont fait demander sur unerupture
avec les Turcs, donc
cependant il paroît que l'on
ne se flatte plus ici. Mais ce
Courrier a apportéfeulement
l'avis que ce Prince tiendroïc
un Conseil dans le mois de Février
,dans lequel on dclibereroit
sur cette affaire.
M. le Chevalier Morosini
dévoie partir cette semaine
pour passer à Rome,& dans
lesautres Çours d'Italie, oùil
doit demander de la part de la
République des secours contre
les Turcs.
M. Vituri
,
Capitaine du
Golfe,arencontrée pris prés
de Ragufc uneBarque desDulcigrçotes.
M Lando avoit presenté
un Mémoire pour demander
d'cftrçexcalé daccepterrAm.
baflade ordinaire de France;le
Scnat n'a point approuvé sa
demande:cependant elledoit
y cftreportée encore deux
fois, & si on continue à la rigueur,
ou il faudra qu'il ffie
cette Arubitfjde, ou qu'il encoure
les peines portées contre
ceux qui refusent de pareils
emplois.
Pour faire de l'argent donc
on a ici un besoin extrême
pour les dépenses extraordinaires
de la Guerre
, un S,)ge
avoit proposé de vendre plusieurs
Dignitez de Procura-
D
teur de S. Marc; mais le Senat
a rejette cette proposicion,
par la rai son que toutes les familles
riches achèteront ces
Dignitez, & qu'il ne se trouveroit
plus pcr (onne qui pûc
remplir les Ambassades: on
parle d'envoïer à la Guerre le
vieux Procurateur Soranzo
,
tant pour servir de conseil à
M. le General Delphin ,que
pour voir s'il feroit possible de
nouer quelque negotiation
avec les Turcs
,
de qui il csi
fort cittme, à caule qu'il s'opposaàla
déclaration dcGuerre
contre eux en 1684.
? Le Traité de laBarnereest
rompu, l'Empereur refuse de
le ratifier, &a rappelle à Vienne
le Comte de Konigfec.
Quoyque toutes les Gazet.
tes portent que le Comte de
Marr a esté batru en Ecosse
par le Duc d'Argile, les Lcttres
particulières d'Angleterre
portent cependant que le premier
a eu au contraire un trèsgrand
avantage ,
& que le dernier
a este obligé de se retirer
avec le reste de sa petite Armée
à EJimbourg
,
& qu'il deni
nJe des secours prompts- si
l'on veut éviter que les Mecon
tents ne fassent de plus grands
progrez. Le Chevalier de S.
Georges estoit debarqué le 5e.
cn Ecosse.
LaRepublique, par l'entremife
du Pape, a prié le Roy
de Portugal de lui accordée
une Escadre contre les Turcs.
On croyoit qu'un Courrier
qui est arrivé de Vienne cette
semaine apporteroir la dernicre
resolution de l'Empereur
que ces Meilleurs ci lui
ont fait demander sur unerupture
avec les Turcs, donc
cependant il paroît que l'on
ne se flatte plus ici. Mais ce
Courrier a apportéfeulement
l'avis que ce Prince tiendroïc
un Conseil dans le mois de Février
,dans lequel on dclibereroit
sur cette affaire.
M. le Chevalier Morosini
dévoie partir cette semaine
pour passer à Rome,& dans
lesautres Çours d'Italie, oùil
doit demander de la part de la
République des secours contre
les Turcs.
M. Vituri
,
Capitaine du
Golfe,arencontrée pris prés
de Ragufc uneBarque desDulcigrçotes.
M Lando avoit presenté
un Mémoire pour demander
d'cftrçexcalé daccepterrAm.
baflade ordinaire de France;le
Scnat n'a point approuvé sa
demande:cependant elledoit
y cftreportée encore deux
fois, & si on continue à la rigueur,
ou il faudra qu'il ffie
cette Arubitfjde, ou qu'il encoure
les peines portées contre
ceux qui refusent de pareils
emplois.
Pour faire de l'argent donc
on a ici un besoin extrême
pour les dépenses extraordinaires
de la Guerre
, un S,)ge
avoit proposé de vendre plusieurs
Dignitez de Procura-
D
teur de S. Marc; mais le Senat
a rejette cette proposicion,
par la rai son que toutes les familles
riches achèteront ces
Dignitez, & qu'il ne se trouveroit
plus pcr (onne qui pûc
remplir les Ambassades: on
parle d'envoïer à la Guerre le
vieux Procurateur Soranzo
,
tant pour servir de conseil à
M. le General Delphin ,que
pour voir s'il feroit possible de
nouer quelque negotiation
avec les Turcs
,
de qui il csi
fort cittme, à caule qu'il s'opposaàla
déclaration dcGuerre
contre eux en 1684.
? Le Traité de laBarnereest
rompu, l'Empereur refuse de
le ratifier, &a rappelle à Vienne
le Comte de Konigfec.
Quoyque toutes les Gazet.
tes portent que le Comte de
Marr a esté batru en Ecosse
par le Duc d'Argile, les Lcttres
particulières d'Angleterre
portent cependant que le premier
a eu au contraire un trèsgrand
avantage ,
& que le dernier
a este obligé de se retirer
avec le reste de sa petite Armée
à EJimbourg
,
& qu'il deni
nJe des secours prompts- si
l'on veut éviter que les Mecon
tents ne fassent de plus grands
progrez. Le Chevalier de S.
Georges estoit debarqué le 5e.
cn Ecosse.
LaRepublique, par l'entremife
du Pape, a prié le Roy
de Portugal de lui accordée
une Escadre contre les Turcs.
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1621
p. 57-61
A Livourne le 24. Janvier 1716.
Début :
Il vient d'arriver ici un Vaisseau Hollandois venant de [...]
Mots clefs :
Seigneur, Vaisseau, Vizir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Livourne le 24. Janvier 1716.
ALivournc lc24JanvierljlG.
1I vient d'arriver ici un VaiC.
seau Hollandois venant de
Smyme, donril est parti le1j.
duparte,parlequelonareceu
des Lettres qui portent que le
Grand Seigneur & son Armée
estoient arrivez Ir 19 Novembre
fous les murs deConlLntmoplc,
où ellepufLra1 hyver
fous les icmcsjcnun heu appelle
Azmedam, ainsi quil se
pratiqueen tems de Guerre;
le Grand Seigneur lui même ole passera dans un petit Serrait
qu'il a fait bânr prés de Conftanunople
,
& n'entrera pas
dans la Ville, non plus que le
Visir. Les Grands Seigneurs
ne font point lujets à dite déposez
tant qu'ils (ont hors de
leur Ca pitale & de leur Palais
Impérial, restant à la garde de
leur Armérqui leuraeslé toujours
fidele
,
quand ellea furtout
estéaufli bien payée que
ce Grand Seigneur paye ses
Troupes. Il forcit d'Andrinopie,
& s'avança jufquJà deux
lieues de la VilU-pour y recevoir
le grand Visir, auquel il
a fit un accueil des plus favorab!
cs,en lui donnant deux aigrettes
de diamants, & six chevaux
harnachez, dont la valeurest
estimée 500 mil écus.
Il lui remit de plus (a fille, qu'il
lui avoit promis depuis longtems,
& qui nest point encore
nubile.
Toute l'application du
grandScigneur & duVifir font
à prefcnt à augmenter les Armées
de Mer & de Terre, ôc
de faire toutes lesdilpoficions
pour une tres-grandc campagne
, sans qu'il paroisse néanmoins
aucuneenviedattaquer
l'Empereur
)
à moins qu'il ne
le prévienne.
Le Vaisseau de 104. pieces
de canons qui elioit forci cette
année de Conflantinople ne
servira pluslaproch aine ,
s'eftant
ouvert au troifiémecoup
qu'il tira de sa bjttcne baffe,
où il y a huit picccs de canon
de 104, livrés debile;mais on
travaille à Cooftantinople &
dans les Portsde la Mcr Noire
à la confiruétlon de quantité
de Bânmencs ql/on prétend
faire (eivif lacampagne prochaine.
1I vient d'arriver ici un VaiC.
seau Hollandois venant de
Smyme, donril est parti le1j.
duparte,parlequelonareceu
des Lettres qui portent que le
Grand Seigneur & son Armée
estoient arrivez Ir 19 Novembre
fous les murs deConlLntmoplc,
où ellepufLra1 hyver
fous les icmcsjcnun heu appelle
Azmedam, ainsi quil se
pratiqueen tems de Guerre;
le Grand Seigneur lui même ole passera dans un petit Serrait
qu'il a fait bânr prés de Conftanunople
,
& n'entrera pas
dans la Ville, non plus que le
Visir. Les Grands Seigneurs
ne font point lujets à dite déposez
tant qu'ils (ont hors de
leur Ca pitale & de leur Palais
Impérial, restant à la garde de
leur Armérqui leuraeslé toujours
fidele
,
quand ellea furtout
estéaufli bien payée que
ce Grand Seigneur paye ses
Troupes. Il forcit d'Andrinopie,
& s'avança jufquJà deux
lieues de la VilU-pour y recevoir
le grand Visir, auquel il
a fit un accueil des plus favorab!
cs,en lui donnant deux aigrettes
de diamants, & six chevaux
harnachez, dont la valeurest
estimée 500 mil écus.
Il lui remit de plus (a fille, qu'il
lui avoit promis depuis longtems,
& qui nest point encore
nubile.
Toute l'application du
grandScigneur & duVifir font
à prefcnt à augmenter les Armées
de Mer & de Terre, ôc
de faire toutes lesdilpoficions
pour une tres-grandc campagne
, sans qu'il paroisse néanmoins
aucuneenviedattaquer
l'Empereur
)
à moins qu'il ne
le prévienne.
Le Vaisseau de 104. pieces
de canons qui elioit forci cette
année de Conflantinople ne
servira pluslaproch aine ,
s'eftant
ouvert au troifiémecoup
qu'il tira de sa bjttcne baffe,
où il y a huit picccs de canon
de 104, livrés debile;mais on
travaille à Cooftantinople &
dans les Portsde la Mcr Noire
à la confiruétlon de quantité
de Bânmencs ql/on prétend
faire (eivif lacampagne prochaine.
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1622
p. 163-176
De Paris. COPIE DE LA FEUILLE des Benefices & Pensions, signée par Monseigneur le Duc d'Orleans, le 20. Janvier 1716.
Début :
Cambray à M. l'Abbé d'Estrées, à 20000. livres [...]
Mots clefs :
Abbé, Chevalier, Roi, Pension, Abbaye, Aumônier, Duc d'Orléans, Bénéfices, Pensions
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texteReconnaissance textuelle : De Paris. COPIE DE LA FEUILLE des Benefices & Pensions, signée par Monseigneur le Duc d'Orleans, le 20. Janvier 1716.
De Paris.
COPIE DE LA FEUILLE
desBénéfices & Pcnfions,
signée par Monseigneur le
Duc d'Orleans
,
le zo.
Janvier 1716.
Cambray à M. rAbbé
d'Eftrécs, à 2.0000. livres
de Pension.Sçavoir, à
M. leComte de LainaIk
,
GOGO*liv.
M. l'Abbé TartJifict,
4000 liv.
M. l'Abbé de Magnas,
Premier Aumônier de -Madame,
3000. liv.
M. l'Abbé de Fenelon,
1000. liv,
M. l'Abbé Doifi.,Comte
de Tournay, 2.000, liv.
M. l'Abbé de Rouvroy,
1000. liv.
M l'Abbé de Boifgibaulr,
Aumônier de Madame la Da.
chessede Lorraine,1000.liv.
Sens à M. l'Evcfque de
Troycs, àchargede8000.liv.
- dePension Sçavoir, à
M.l'Abbé Genest, Aumônier
de Madame la Duchcflc
d'Orléans, 3000.liv.
M.l'AbbéDavaife, 1000.1.
M. le Chevalier de Gercy,
1000. liv.
M.labbéDubos, 2.000.1.
Bayeux à M le Cardinalde
la Trimoille.) à charge de
loooo 1. de Pension. Sçavoir,à
Mde Montmorency,Che",
valier de S Lazare, 2.000. liv.
M. le Chevalier de Lhôpital,
1500.liv.
M. le Chevalier de S. Valier,
1500.liv.
M. de Manieu,Capitaine
au Régiment de la Couronne,
1000. liv.
M. le Chevalier de Rcths,
1500. liv.
M. le Comte- de Polignac
1joo.liv.
M. l'Abbé de Fenelon le
cadet, 1000. liv.
LTvcfche de Xaintcs a M.
l'Abbé de Beaumonc.
L'Evesché de Clermont, à
M.l'Abbé d'Entragues, Aumônier
duRoy.
-L'Abbaye-deS.ViétacJ:au
Cardinal Gualtieri,àcharge de
2000.l. dePenflon. Sçavoir,à
- -
M. l'Abbé Tamifi^
,
2000. liv.
L'Abbaye de S. Paul de
Verdun, au Cardiruî Ottoboni,
àcharge de 3000. liv.
de Pension. Savoir, à
M Biece, Diacre, 800.liv.
M Beaume, Prestre,700. L
M Mihony, Prêtre,700.1.
M. Deftival
,
ClercTonforé,
500. liv.
M. Gaflin, Clerc Tonsuré,
400. liv.
L'Abbaye de S. Ouin, a M.
l'Abbé de S.AlbinJà charge de
6000. L de Pension.Sçavoir, à
Mde Marcillac, 1000.îiv.
M. Timolcon de Choisy,
zooo. liv.
**M.l'AbbeduBella,1500.1.
M. Scuguenois,300. 1.
*
L'Abbaye de Moiflfac, à M.
de Biron, à charge de 4000. 1.
de Peufion. Savoir, à
Madame de Rochec houarr,
Abbesse de Fontcvraud,
4000. liv.
L'Abbaye de Jumicgcs, à
M. l'Abbé de S. Simon, à
charge de 3000. liv. dePenfion.
Sçavoir,à
M. l'Abbé Vertoi, rJoo. L
M. l'AbbéBitaud,icoo.l.
L'Abbaye
L'Abbaye du Mont S,
Eloy, au Pere la Couifferc,
Prieur de ladite Mailon
,
à
charge de 11000.1.de Pcnfion.
Sçavoir, à
M. le Chevalier de Clermonr,
1000. liv.
* M. le Chevalicr de Trefle- manes,2000.1.
«
M. le Chevalier de Pezeux,
1000. liv.
M. le Chevalier de Mondain
, 1000. liv.
LUnivçrficé de Douay ,
3000. liv.
L'Abbaye de Vigogne, au
Pere Bertin, a charge de 7000.
livres de Pension.Sçavoir, à
M. le Chevalier de Velleron,
2000. liv.
M. le Chevalier de S. André,
1000. Ilv.
M. le Chevalier de Confions,
2000. liv.
Le Séminaire d' Arras ,
1000. liv.
L'AbbayedeS,Basle,àM.
l'Abbé deS.Poin.
L'Abbaye de S Mclainc, à
M. l'Abbé de la Roche, Chanoine
de Nostre Dame.
LAbbaye de S. Marrin de
Pontoi[c>àM.l'Abbé dcTczu.
L'Abbaye de Cellcroin à M. rAbbé de Cbavigni de Blo.
-
L'Abbaye de S. Vincent du
Bourg,àM.l'AbbédeLiflagafay.
L'Abbaye de la Chastre, à
M. l'Abbé Bcrthcr, Aumônier
de Madame. ? ;
L'Abbaye de Lure, à M.
FAbbe Monteils.
v r
Le Prieuré le Mont aux Maladcs,
à M. l'Abbé Perot, Insticutcur
du Roy.**
M. deChivac, Ancicn Professeur
en Médecine de l'Univerficé
de Montpellier, & Premier
Medecm de S. A. R.
Monseigneur le Duc d'Orleans,
Regenc du Royaume,
sur reçu à l' Academie Royale
des Sciences le ig. Janvier.
Le 10. de ce mois ,
le Roy
allaauPalaisRoyal,& vifha
Madame, M. le Duc dOrleans
,
& Madame laDuchefTe*
d'Orléans.
Le iS. du mois pasle on
celebra dans l'Eglise Merropoliraine
d'Alby
, un Service
pour le feu Roy, M. l'Abbé
Angeard Chanoine^Théologal
de la même Êglise prononça
l'Oraison Funèbre.
ACifteron lEYêqueofïcia
pomificarlementpour le même
fujtt.
Le18. du mois dernier
l'Academie Royale de Bor.
deaux fit celebrer un Service
solemnel pour le fcu Royt,
dansla Chapelle du College
de Guienne de cette Ville ; la
Messe y fut chantée par la mu-
6que de l'Academie, & Ioraison
Funèbre prononcé par
leoPercnMaria Jcruite. fit la même ceremoiiie
dans TEglife dcTouJ
,
ou M. de l'Anuz Théologal
prononça lOraifon Funcbre.
DeraêroeàVienneen Dauphiné
ou l'Archevêque officia
,& ou 1Oraison funèbre
sur prononcée par le Perc Félon
Jvfuitc.
A Melun le Chapitre Royal
deNoHre Dame,le Pere Monier
Carme fie l'Eloge du Roy.
A IlToudun en Bcrry, dans
l'Eglise Collégiale deS.Cyr,
le PercPintarc prononça 1Oraison
Funèbre
, comme il
avoic fjit à Bourges.
Dins l'Eglise de Noftrc-
Dane Montpellier,1'Archevelque
de N'f bonne, Prefidcnt
des Ecjrs
,
officia pour le
mesme sujet, & les Evcfqucs
d'Agde
J
de Bczicrs, de Montauban
,
& d'Alais, firent les
abCoutcs) le Pcre Scnault Jefuice
prononça rOraifon funcbre.
A Toulouse l'Académie
des Jeux Floraux fit faire un
Service folcmnel pour le feu
Roy,dans lEglise desCarmes,
le foir IJCompJgnies'acrembla
extraordinaircmenc à l'Hôtel
de Ville dans la Salle de l'Académic
,
où le sieur Mariottc
l'un des Académiciens, prononça)
Etogc du Roy.
Le ij. de ce mois, le Roy
tint sur les Fonds dans la Chapelle
des Thuillcries
, avec
Madamela Duchcfle de Vantadour
,
sa Gouvernante,le
fils de M. le Duc de Talard ,
& petit fils du Maréchal,qui
fut baptisé par leCardinal de
RohanJGrand Aumofnicr de
France & nommé Louis Charles.
COPIE DE LA FEUILLE
desBénéfices & Pcnfions,
signée par Monseigneur le
Duc d'Orleans
,
le zo.
Janvier 1716.
Cambray à M. rAbbé
d'Eftrécs, à 2.0000. livres
de Pension.Sçavoir, à
M. leComte de LainaIk
,
GOGO*liv.
M. l'Abbé TartJifict,
4000 liv.
M. l'Abbé de Magnas,
Premier Aumônier de -Madame,
3000. liv.
M. l'Abbé de Fenelon,
1000. liv,
M. l'Abbé Doifi.,Comte
de Tournay, 2.000, liv.
M. l'Abbé de Rouvroy,
1000. liv.
M l'Abbé de Boifgibaulr,
Aumônier de Madame la Da.
chessede Lorraine,1000.liv.
Sens à M. l'Evcfque de
Troycs, àchargede8000.liv.
- dePension Sçavoir, à
M.l'Abbé Genest, Aumônier
de Madame la Duchcflc
d'Orléans, 3000.liv.
M.l'AbbéDavaife, 1000.1.
M. le Chevalier de Gercy,
1000. liv.
M.labbéDubos, 2.000.1.
Bayeux à M le Cardinalde
la Trimoille.) à charge de
loooo 1. de Pension. Sçavoir,à
Mde Montmorency,Che",
valier de S Lazare, 2.000. liv.
M. le Chevalier de Lhôpital,
1500.liv.
M. le Chevalier de S. Valier,
1500.liv.
M. de Manieu,Capitaine
au Régiment de la Couronne,
1000. liv.
M. le Chevalier de Rcths,
1500. liv.
M. le Comte- de Polignac
1joo.liv.
M. l'Abbé de Fenelon le
cadet, 1000. liv.
LTvcfche de Xaintcs a M.
l'Abbé de Beaumonc.
L'Evesché de Clermont, à
M.l'Abbé d'Entragues, Aumônier
duRoy.
-L'Abbaye-deS.ViétacJ:au
Cardinal Gualtieri,àcharge de
2000.l. dePenflon. Sçavoir,à
- -
M. l'Abbé Tamifi^
,
2000. liv.
L'Abbaye de S. Paul de
Verdun, au Cardiruî Ottoboni,
àcharge de 3000. liv.
de Pension. Savoir, à
M Biece, Diacre, 800.liv.
M Beaume, Prestre,700. L
M Mihony, Prêtre,700.1.
M. Deftival
,
ClercTonforé,
500. liv.
M. Gaflin, Clerc Tonsuré,
400. liv.
L'Abbaye de S. Ouin, a M.
l'Abbé de S.AlbinJà charge de
6000. L de Pension.Sçavoir, à
Mde Marcillac, 1000.îiv.
M. Timolcon de Choisy,
zooo. liv.
**M.l'AbbeduBella,1500.1.
M. Scuguenois,300. 1.
*
L'Abbaye de Moiflfac, à M.
de Biron, à charge de 4000. 1.
de Peufion. Savoir, à
Madame de Rochec houarr,
Abbesse de Fontcvraud,
4000. liv.
L'Abbaye de Jumicgcs, à
M. l'Abbé de S. Simon, à
charge de 3000. liv. dePenfion.
Sçavoir,à
M. l'Abbé Vertoi, rJoo. L
M. l'AbbéBitaud,icoo.l.
L'Abbaye
L'Abbaye du Mont S,
Eloy, au Pere la Couifferc,
Prieur de ladite Mailon
,
à
charge de 11000.1.de Pcnfion.
Sçavoir, à
M. le Chevalier de Clermonr,
1000. liv.
* M. le Chevalicr de Trefle- manes,2000.1.
«
M. le Chevalier de Pezeux,
1000. liv.
M. le Chevalier de Mondain
, 1000. liv.
LUnivçrficé de Douay ,
3000. liv.
L'Abbaye de Vigogne, au
Pere Bertin, a charge de 7000.
livres de Pension.Sçavoir, à
M. le Chevalier de Velleron,
2000. liv.
M. le Chevalier de S. André,
1000. Ilv.
M. le Chevalier de Confions,
2000. liv.
Le Séminaire d' Arras ,
1000. liv.
L'AbbayedeS,Basle,àM.
l'Abbé deS.Poin.
L'Abbaye de S Mclainc, à
M. l'Abbé de la Roche, Chanoine
de Nostre Dame.
LAbbaye de S. Marrin de
Pontoi[c>àM.l'Abbé dcTczu.
L'Abbaye de Cellcroin à M. rAbbé de Cbavigni de Blo.
-
L'Abbaye de S. Vincent du
Bourg,àM.l'AbbédeLiflagafay.
L'Abbaye de la Chastre, à
M. l'Abbé Bcrthcr, Aumônier
de Madame. ? ;
L'Abbaye de Lure, à M.
FAbbe Monteils.
v r
Le Prieuré le Mont aux Maladcs,
à M. l'Abbé Perot, Insticutcur
du Roy.**
M. deChivac, Ancicn Professeur
en Médecine de l'Univerficé
de Montpellier, & Premier
Medecm de S. A. R.
Monseigneur le Duc d'Orleans,
Regenc du Royaume,
sur reçu à l' Academie Royale
des Sciences le ig. Janvier.
Le 10. de ce mois ,
le Roy
allaauPalaisRoyal,& vifha
Madame, M. le Duc dOrleans
,
& Madame laDuchefTe*
d'Orléans.
Le iS. du mois pasle on
celebra dans l'Eglise Merropoliraine
d'Alby
, un Service
pour le feu Roy, M. l'Abbé
Angeard Chanoine^Théologal
de la même Êglise prononça
l'Oraison Funèbre.
ACifteron lEYêqueofïcia
pomificarlementpour le même
fujtt.
Le18. du mois dernier
l'Academie Royale de Bor.
deaux fit celebrer un Service
solemnel pour le fcu Royt,
dansla Chapelle du College
de Guienne de cette Ville ; la
Messe y fut chantée par la mu-
6que de l'Academie, & Ioraison
Funèbre prononcé par
leoPercnMaria Jcruite. fit la même ceremoiiie
dans TEglife dcTouJ
,
ou M. de l'Anuz Théologal
prononça lOraifon Funcbre.
DeraêroeàVienneen Dauphiné
ou l'Archevêque officia
,& ou 1Oraison funèbre
sur prononcée par le Perc Félon
Jvfuitc.
A Melun le Chapitre Royal
deNoHre Dame,le Pere Monier
Carme fie l'Eloge du Roy.
A IlToudun en Bcrry, dans
l'Eglise Collégiale deS.Cyr,
le PercPintarc prononça 1Oraison
Funèbre
, comme il
avoic fjit à Bourges.
Dins l'Eglise de Noftrc-
Dane Montpellier,1'Archevelque
de N'f bonne, Prefidcnt
des Ecjrs
,
officia pour le
mesme sujet, & les Evcfqucs
d'Agde
J
de Bczicrs, de Montauban
,
& d'Alais, firent les
abCoutcs) le Pcre Scnault Jefuice
prononça rOraifon funcbre.
A Toulouse l'Académie
des Jeux Floraux fit faire un
Service folcmnel pour le feu
Roy,dans lEglise desCarmes,
le foir IJCompJgnies'acrembla
extraordinaircmenc à l'Hôtel
de Ville dans la Salle de l'Académic
,
où le sieur Mariottc
l'un des Académiciens, prononça)
Etogc du Roy.
Le ij. de ce mois, le Roy
tint sur les Fonds dans la Chapelle
des Thuillcries
, avec
Madamela Duchcfle de Vantadour
,
sa Gouvernante,le
fils de M. le Duc de Talard ,
& petit fils du Maréchal,qui
fut baptisé par leCardinal de
RohanJGrand Aumofnicr de
France & nommé Louis Charles.
Fermer
1623
p. 288-291
Dons du Roy, [titre d'après la table]
Début :
Le 5. de ce mois M. d'Armenonville, Conseiller d'Etat, [...]
Mots clefs :
Roi, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy, [titre d'après la table]
Le 5. de ce mois M. d'Armenonville
,
Conleillerd'EtatK
cy devant Directeur général
des Financcsi-Prta fermententre
les mains du Roy
,
de la
Charge de Secretaire d'Etac
des Commandements & Finances
de Sa Majette dont il
a cfié porvû sur la dem(Tion
de M. le Marquis de Torcy.
Le choix que Monsieur le
Duc
)uc d'Orléans a fait de M.
1"Armenonville pour remplir
:cttc Charge fait son éloge,
54 son expérience & sa capacité
dans cous les différentsemplois
qui luy ont este confiez
fous le feu Roy, répondent
au public de la fatisfaaion
qu'il en attend.
Le 8. de ce mois, M. de
Verthamon prêta ferment entre
les mains du Roy, de la
Charge de Commandeur Secrétaire
des Ordres de Sa Majeftéjdc
laquelle Charge il n'a
confervé que les honneurs.
Le 11. Février MeflireClaude
le Bas de Monrargis, Confetllerdu
Royen fesConfeils
r- Garde du Tresor Royal, prêta
ferment entre lesmains du
Roy, de la Charge de Commandeur
Secrétaire des Ordres
du Roy
, en prefencc de S.A.
R Monseigneur le Duc dOrléans
,
Rrgenc du Royaume4
de Nofifcigneurs les Princes du
Sang, & des Seigneurs de la
Cour.
M. rAmbaÍfadeur d'Efpagne
a donné le 18. de ce
mois, en 1 honneur de la Naifrance
du Prince Don Carlos,
un des plus fupcrbes & des plus
magnifiques Bals qu'on puisse
donner.
M. de Robincau, cy-devanc
Intendant de M. le Maréchal
de Tallard, & avant la réforme
Commiffairc des Guerres, réfidant
à Dole,a donné un Bal
magnifique, en l'honneur de
la Naiflfance du Fils de M. le
Duc de Tallard.
,
Conleillerd'EtatK
cy devant Directeur général
des Financcsi-Prta fermententre
les mains du Roy
,
de la
Charge de Secretaire d'Etac
des Commandements & Finances
de Sa Majette dont il
a cfié porvû sur la dem(Tion
de M. le Marquis de Torcy.
Le choix que Monsieur le
Duc
)uc d'Orléans a fait de M.
1"Armenonville pour remplir
:cttc Charge fait son éloge,
54 son expérience & sa capacité
dans cous les différentsemplois
qui luy ont este confiez
fous le feu Roy, répondent
au public de la fatisfaaion
qu'il en attend.
Le 8. de ce mois, M. de
Verthamon prêta ferment entre
les mains du Roy, de la
Charge de Commandeur Secrétaire
des Ordres de Sa Majeftéjdc
laquelle Charge il n'a
confervé que les honneurs.
Le 11. Février MeflireClaude
le Bas de Monrargis, Confetllerdu
Royen fesConfeils
r- Garde du Tresor Royal, prêta
ferment entre lesmains du
Roy, de la Charge de Commandeur
Secrétaire des Ordres
du Roy
, en prefencc de S.A.
R Monseigneur le Duc dOrléans
,
Rrgenc du Royaume4
de Nofifcigneurs les Princes du
Sang, & des Seigneurs de la
Cour.
M. rAmbaÍfadeur d'Efpagne
a donné le 18. de ce
mois, en 1 honneur de la Naifrance
du Prince Don Carlos,
un des plus fupcrbes & des plus
magnifiques Bals qu'on puisse
donner.
M. de Robincau, cy-devanc
Intendant de M. le Maréchal
de Tallard, & avant la réforme
Commiffairc des Guerres, réfidant
à Dole,a donné un Bal
magnifique, en l'honneur de
la Naiflfance du Fils de M. le
Duc de Tallard.
Fermer
1624
p. 80-85
A Venise le 1. Février 1716.
Début :
L'on résolut icy dans le Pregadi, de Samedi dernier, [...]
Mots clefs :
Pregadi, Prince, République de Venise
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 1. Février 1716.
j4Veni[e\e I. Février 17.16.
L'on résolut icy dans le
Pregadi, de Samedi dernier,
d'ouvrir la porte à la vente de
quelques dignitez de Procurateurs
de S Marc
, cette réfolution
ne sur prise que pour
trois pcrionncs seulement,
on croit que ces trois dignitez
feront achetées par Meilleurs
Fofcarini&Quirini, elles produiront73.
mille ducats.Peuà
peu on en vendra d'autres à
mesure qu'il fc prvlentefa des
personnes pour en faire l'acquisition,
- On ne prit point des résolutionspourl'aggregacionde
tjuIqucs familles au Corps de
la Nobkfle, parce que jufqucs
a present il nes'est presente
aucunes personnes qui aycnc
témoigné en vouloir faire lacquifition.
On lût dans le même Pregadi
les Lettres qu'on avaic
rcceuës par«une fouflttc de
M. Grimani Arrbàffadeur de
la République à Vienne, clics
contenoienr lesdifficultez que
faifofent les Mmiftrss de lErn.
pcrcur sur les conditions dela
Ligue contre les Turcs ; & les
prétentions qu'ils formotenc
pour avoir. en main des seurefez,
au su jcc de rengagement
que le Sénat y prendroit, de ne
poinr abandonner ce Prince,
&de ne point faire une Paix
particulièreavecla Porre.
Cette affaire a esté remise
en délibération dans le Pregadi
&n'apû y-estre decidée par
les oppofinons qu'elle y a trOLH
vécs, il ya même lieude doutée
que l'Empereur veuille sincerement
conclure cette Ligue,
cependant la fàison s'avance,
& les Turcs fçauronc bien
profiter de ce retardement.
M lcComre deSchulembourg
ayant trouvé l'occasion d'un
bâtimentAnglois qui doit
partirinccffàmrncnt pour ZJnte
a pris la résolution de s'y
embarquer,& d'aller par Mer
à Corfou.
M.leComte deNortitscft
déja. embarqué pour la Dal
matie;mais les mauvais temps
ne luy ont pas permis de mettre
à la voile.
,
Le Prince Electoral de Baviere
arriva Lundy en cette
Ville., on ne luy a point tenu
parole sur la promesse qui luy
avoit eesté faite de luy diminuer
la contumace de 12. jours, ôi
avant d'arriver icy
, ce jeune
Prince étoit déjà fort mécontent
des manicres de ces MeC.
sieurs-cyàson égard.
Les nouveaux Passeports
de la Cour, ont estéremisà
M.Foscarini& Pasquovilego.
Ils les ont remis au Senat pour
en recevoir desordres sur leur
départ.
L'on résolut icy dans le
Pregadi, de Samedi dernier,
d'ouvrir la porte à la vente de
quelques dignitez de Procurateurs
de S Marc
, cette réfolution
ne sur prise que pour
trois pcrionncs seulement,
on croit que ces trois dignitez
feront achetées par Meilleurs
Fofcarini&Quirini, elles produiront73.
mille ducats.Peuà
peu on en vendra d'autres à
mesure qu'il fc prvlentefa des
personnes pour en faire l'acquisition,
- On ne prit point des résolutionspourl'aggregacionde
tjuIqucs familles au Corps de
la Nobkfle, parce que jufqucs
a present il nes'est presente
aucunes personnes qui aycnc
témoigné en vouloir faire lacquifition.
On lût dans le même Pregadi
les Lettres qu'on avaic
rcceuës par«une fouflttc de
M. Grimani Arrbàffadeur de
la République à Vienne, clics
contenoienr lesdifficultez que
faifofent les Mmiftrss de lErn.
pcrcur sur les conditions dela
Ligue contre les Turcs ; & les
prétentions qu'ils formotenc
pour avoir. en main des seurefez,
au su jcc de rengagement
que le Sénat y prendroit, de ne
poinr abandonner ce Prince,
&de ne point faire une Paix
particulièreavecla Porre.
Cette affaire a esté remise
en délibération dans le Pregadi
&n'apû y-estre decidée par
les oppofinons qu'elle y a trOLH
vécs, il ya même lieude doutée
que l'Empereur veuille sincerement
conclure cette Ligue,
cependant la fàison s'avance,
& les Turcs fçauronc bien
profiter de ce retardement.
M lcComre deSchulembourg
ayant trouvé l'occasion d'un
bâtimentAnglois qui doit
partirinccffàmrncnt pour ZJnte
a pris la résolution de s'y
embarquer,& d'aller par Mer
à Corfou.
M.leComte deNortitscft
déja. embarqué pour la Dal
matie;mais les mauvais temps
ne luy ont pas permis de mettre
à la voile.
,
Le Prince Electoral de Baviere
arriva Lundy en cette
Ville., on ne luy a point tenu
parole sur la promesse qui luy
avoit eesté faite de luy diminuer
la contumace de 12. jours, ôi
avant d'arriver icy
, ce jeune
Prince étoit déjà fort mécontent
des manicres de ces MeC.
sieurs-cyàson égard.
Les nouveaux Passeports
de la Cour, ont estéremisà
M.Foscarini& Pasquovilego.
Ils les ont remis au Senat pour
en recevoir desordres sur leur
départ.
Fermer
1625
p. 85-91
De Rome le 25. Janvier 1716.
Début :
Le Pape est toûjours d'une santé parfaite, il assista hier [...]
Mots clefs :
Pape, Ambassadeur, Cardinal, Ambassadeur de Portugal, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome le 25. Janvier 1716.
De Rome le 15. Janvier 1716.
Le Pape est toûjours d'une
fanté parfaite,il assista hier
aux obsequés du Roy LapIs
XIV. & M. Alamani son
Camcrier d'honneur prononça
l'Oraison funebre.
Ces jours passez ont tint
Conseil de Guerre chez le
Cardinal Paulucci, Secretaire
d'Etat. Un certain General
Allemand nommé Collembert
a elle appelle auConfcil
, il s'est offert de faire la levée
de toutes les Troupes necessaires
dans les conjonctures presentes;
mais jusques icy on ne
dit point que ses offres ayent
esté acceptées.
On a résolu d'envoyer à
Genes le Chevalier Berreti,
Commandant des Galeres du
Pape
, pour noliser quelques
bâtiments, &.. l'on a écrit à
toutes les Couronnes pour
avoir quelques Vaisseaux
,
les
ordres ont esté donnezaussi
pour équiper la cinquiéme
Galere qui doit aller en course
avec lesautre
Le Chevalier Morrofini
envoyé , par la Républiquede
Venise ,est arrivé en cette
Ville,il demande des secours
pour pouvoir s'opposer aux
entreprites des Turcs. Iladéja
cû Audiance,il a representé la
liccelïhé de deffendre Corfou
à quelque prix que cc soit ,
cette Place estant le boulevart
de toute la Chrétienté.
Outre les Cardinaux dont
on a fait mention dans les avis
precedcnts lesquels ont envoyé
de l'argent au Pape,plusieurs
autres en ont aussi
donne. On pense toujours
auxmoyens d'en trouver,cependant
comme la misereest
grande dans l'EtatEcclesiastique
, Sa Sainteté ne voudra
point charger les Peuples de :
quelque nouvelle imposition.
Dernierement lePape envoya
M. le Cardinal Albani
chez l'Ambassadeur de Portu
gal pour l'exhorter, diton,à
congedier ses braves
,
conformement
aux esperancesqu'il
enavoit donnéesà M. Respo.
ni ;mais on pretend que cet
Ambassadeur a répondu qu'-
aussi-tost que les autres Ministrès
tressemettroienten devoir de
renvoyer les leurs, il obéiroit
promptement là-dessusaux
ordresdeSaSainteté.
Lundy matin le Cardinal
Spinola descendant de carrosse
pour monter chez leCardinal
Nuzzi
,
fit un faux pas & se
rompit la jambe droire ,ilest
neanmoins sans fiévre & l'on
espsre qu'il fera bien-tost gue-
-ry.,
Dimanche au soit le jeune
Marquis de Bufaro se trouvant
au cours qu'il vouloirtraverfcr,
barra lepassage au fils de
l'AmbassadeurdePortugal,les
deux carrosses s'estant rencontrez
,cet accident attira au
cocher de grands coups de
plat d'épée dont les domestiquesdel'Ambassadeur
le chargerent
furieusement., il a fallu
que leMarquis, aprésavoiresté
offensé en la personne de son
cocher, ait estéluy même faire
desexeuses àl'Ambassadeur.,
Les plainres du peuple sur les
prérendus enrôlemens
c
sont
parvenues aux oreilles du
Pape, Sa Sainteré avoit ordonne
que danschaque quartier
de Rome un vingtième
de Soldats feroit la ronde pendant
la nuit; mais le Cardinal
Scocti, qui fait encore les
fonctions de Gouverneur,
ayant representé à Sa Sainteté
l'inutilité de cette précaution,
& que ce qu'on avoit publié
estoit une pure calomnie pour
rendre son Gouvernement
odieux, cet ordre n'a (fié
exécuté qu'uneseule fois., tg,
plusieurs vagabonds qui malheuresement
avoient répan-
,du ce bruit, ont estéfustigez
Le Pape est toûjours d'une
fanté parfaite,il assista hier
aux obsequés du Roy LapIs
XIV. & M. Alamani son
Camcrier d'honneur prononça
l'Oraison funebre.
Ces jours passez ont tint
Conseil de Guerre chez le
Cardinal Paulucci, Secretaire
d'Etat. Un certain General
Allemand nommé Collembert
a elle appelle auConfcil
, il s'est offert de faire la levée
de toutes les Troupes necessaires
dans les conjonctures presentes;
mais jusques icy on ne
dit point que ses offres ayent
esté acceptées.
On a résolu d'envoyer à
Genes le Chevalier Berreti,
Commandant des Galeres du
Pape
, pour noliser quelques
bâtiments, &.. l'on a écrit à
toutes les Couronnes pour
avoir quelques Vaisseaux
,
les
ordres ont esté donnezaussi
pour équiper la cinquiéme
Galere qui doit aller en course
avec lesautre
Le Chevalier Morrofini
envoyé , par la Républiquede
Venise ,est arrivé en cette
Ville,il demande des secours
pour pouvoir s'opposer aux
entreprites des Turcs. Iladéja
cû Audiance,il a representé la
liccelïhé de deffendre Corfou
à quelque prix que cc soit ,
cette Place estant le boulevart
de toute la Chrétienté.
Outre les Cardinaux dont
on a fait mention dans les avis
precedcnts lesquels ont envoyé
de l'argent au Pape,plusieurs
autres en ont aussi
donne. On pense toujours
auxmoyens d'en trouver,cependant
comme la misereest
grande dans l'EtatEcclesiastique
, Sa Sainteté ne voudra
point charger les Peuples de :
quelque nouvelle imposition.
Dernierement lePape envoya
M. le Cardinal Albani
chez l'Ambassadeur de Portu
gal pour l'exhorter, diton,à
congedier ses braves
,
conformement
aux esperancesqu'il
enavoit donnéesà M. Respo.
ni ;mais on pretend que cet
Ambassadeur a répondu qu'-
aussi-tost que les autres Ministrès
tressemettroienten devoir de
renvoyer les leurs, il obéiroit
promptement là-dessusaux
ordresdeSaSainteté.
Lundy matin le Cardinal
Spinola descendant de carrosse
pour monter chez leCardinal
Nuzzi
,
fit un faux pas & se
rompit la jambe droire ,ilest
neanmoins sans fiévre & l'on
espsre qu'il fera bien-tost gue-
-ry.,
Dimanche au soit le jeune
Marquis de Bufaro se trouvant
au cours qu'il vouloirtraverfcr,
barra lepassage au fils de
l'AmbassadeurdePortugal,les
deux carrosses s'estant rencontrez
,cet accident attira au
cocher de grands coups de
plat d'épée dont les domestiquesdel'Ambassadeur
le chargerent
furieusement., il a fallu
que leMarquis, aprésavoiresté
offensé en la personne de son
cocher, ait estéluy même faire
desexeuses àl'Ambassadeur.,
Les plainres du peuple sur les
prérendus enrôlemens
c
sont
parvenues aux oreilles du
Pape, Sa Sainteré avoit ordonne
que danschaque quartier
de Rome un vingtième
de Soldats feroit la ronde pendant
la nuit; mais le Cardinal
Scocti, qui fait encore les
fonctions de Gouverneur,
ayant representé à Sa Sainteté
l'inutilité de cette précaution,
& que ce qu'on avoit publié
estoit une pure calomnie pour
rendre son Gouvernement
odieux, cet ordre n'a (fié
exécuté qu'uneseule fois., tg,
plusieurs vagabonds qui malheuresement
avoient répan-
,du ce bruit, ont estéfustigez
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1626
p. 92-93
Extrait d'une Lettre du Cardinal de la Tremoüille, en date du 30. Janvier.
Début :
Nous ne sçavons encore rien de positif des desseins de l'Empereur [...]
Mots clefs :
Empereur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre du Cardinal de la Tremoüille, en date du 30. Janvier.
Extraitd'une Lettre du Cardinalde
la Trempüillc, en
date du 30. Janvier.
Nousni fçdTjom tgeorerien
de positifdescfjjeiriide l'Empereusparrapport
aux Turcs. Le
Comte de Gdllds son Imbaffadeur
en cette Courfit demander
Mercredy dernierune Àudknce
extraordinaire 4 Sa SaintetéIl
l'eût lelendemain„ &sortitfort
tard. Le bruit s'est répandu -depuis
ce jour-là que ce Àdinijlre a
donné des nouvelles 'assurances à
$4•Sainteté de l'intention ou
lEmpereurIon Malin:si trotive
de decUrer bien-tofl UguerreA
ces infidelles Je nay point eu
lehonneur depuis quelques jours
de parler au Pape, j'ignore,en.
core U vérité de ce quis'est pajje
dans cette Audience sur ce;fu0,
&jedoutefort encore que tout
ce qu'on a dit, foit bien certain.
M. le Car.di.
la Trempüillc, en
date du 30. Janvier.
Nousni fçdTjom tgeorerien
de positifdescfjjeiriide l'Empereusparrapport
aux Turcs. Le
Comte de Gdllds son Imbaffadeur
en cette Courfit demander
Mercredy dernierune Àudknce
extraordinaire 4 Sa SaintetéIl
l'eût lelendemain„ &sortitfort
tard. Le bruit s'est répandu -depuis
ce jour-là que ce Àdinijlre a
donné des nouvelles 'assurances à
$4•Sainteté de l'intention ou
lEmpereurIon Malin:si trotive
de decUrer bien-tofl UguerreA
ces infidelles Je nay point eu
lehonneur depuis quelques jours
de parler au Pape, j'ignore,en.
core U vérité de ce quis'est pajje
dans cette Audience sur ce;fu0,
&jedoutefort encore que tout
ce qu'on a dit, foit bien certain.
M. le Car.di.
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1627
p. 93-98
De Rome le premier Février 1716.
Début :
Dernierement le Pape fit faire en sa presence l'examen [...]
Mots clefs :
Cardinal, Pape, Guerre, Sainteté, Écus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome le premier Février 1716.
D/Rome lepremierFévrier 17I6
Dernierement le Pape fit
faire en sa presence l'examen
des Evesques & nomma l'Abbé
Grity à l'Evêché dc\Fal.-
laro. t,
Sa Sainteté attend quele
Cardinal Orfiny foie arrive
,
pour tenir Consistoire, & y
declarer Son Eminence, Legat à vers l'Empereur. Cette
expédition tend à porter S. M.
Imperiale à declarer la guerre
auxTurcs. <
Dans la conjoncture presente
le Pape s'est flattéd'un
lecôars de huit Vaisseaux de
guerre de la part du Roy de
Portugal, & dans cette vue Sa
Sainteté a crée EvêquePrimat,
le Grand
-
Maistre dela Chapelle
de Sa MaJcltéJavec droit
de preséance sur tous les autres
Evêqucs de son Royaume.
Les Cardinaux continuent
d'envoyer de l'argent à la
Cbambre Apostolique, pour
l'aider à subvenir aux dépenses
dela guerre contre les Turcs
la moindre Comme est de
500. écus,outrecelle de1000.
écus que le Cardinal Camerlingue
a déjadonnée. Il a affigné
un revenu annuel de pareille
somme pendant tout le
temps de la guerre.
Mr le Chevalier Morosini
reçoit bien des hontiefferezdc
cette Cour;il a esté admis à
l'Audiance du S. Pere avec le
enapeau & l'épée, beaucoup
de per sonnes qualifiées l'ont
esté voir, &luy ont fait des
presents.
,
Le grand Prieur Ferretyest
party pour LIvourne, d'ou il
.pass'i}ra ensuite à Genes; il a
ordre du Pape de noliser dans
ces Phares , quelques Bâtimens
pour renforcerl'Escadre des
Galères du Pape.
Le Cardinal Patrissy a fait
un nouveau present à Sa Sainteté.
Il,consiste en quatre
grands
grands Tableaux du Guido.
qui represeten les quatre
Evangelistes.
D. Alexandre Albanya envoyé
au Cardinal Faraccioly
Prouvaire, un très- beau Rock
estmé deux cens écus, mais ce
Cardinal pour répondre à la
generosité deDon Alexandre,
luy a fait present d'un poëlcd'argent
& d'un réchaud de
même métal de la valeur de
huit censécus.
Le Pape a sign un ordre de
deux cens enquante mille écus
pour l'érection d'un Mont appellé
le Mont Fabrique,& un
autre ordre qui s'adresse au
Cardinal Alani, comme Preset
de la Congregati de la
Fabrique de S. Pierre
, pour
faireconsignerauTresorie ter de
la Chambce cent mille écusdes
deniers appartenans à ladite
Fabrique ,pour s'en prévaloir
dans les necessitezpressa
f; Le Chipicre de la Cathedralci
de Capouë a envoyé c
deux-Chanoines pourcomplimenter
le Cardinal Caraccioly
leur Archevêque,sur sa promotion
au Cardinatar; Son
Eminence leur a fai bien de
l'accueil&lesreçusenhabit
rougé.
Dernierement le Pape fit
faire en sa presence l'examen
des Evesques & nomma l'Abbé
Grity à l'Evêché dc\Fal.-
laro. t,
Sa Sainteté attend quele
Cardinal Orfiny foie arrive
,
pour tenir Consistoire, & y
declarer Son Eminence, Legat à vers l'Empereur. Cette
expédition tend à porter S. M.
Imperiale à declarer la guerre
auxTurcs. <
Dans la conjoncture presente
le Pape s'est flattéd'un
lecôars de huit Vaisseaux de
guerre de la part du Roy de
Portugal, & dans cette vue Sa
Sainteté a crée EvêquePrimat,
le Grand
-
Maistre dela Chapelle
de Sa MaJcltéJavec droit
de preséance sur tous les autres
Evêqucs de son Royaume.
Les Cardinaux continuent
d'envoyer de l'argent à la
Cbambre Apostolique, pour
l'aider à subvenir aux dépenses
dela guerre contre les Turcs
la moindre Comme est de
500. écus,outrecelle de1000.
écus que le Cardinal Camerlingue
a déjadonnée. Il a affigné
un revenu annuel de pareille
somme pendant tout le
temps de la guerre.
Mr le Chevalier Morosini
reçoit bien des hontiefferezdc
cette Cour;il a esté admis à
l'Audiance du S. Pere avec le
enapeau & l'épée, beaucoup
de per sonnes qualifiées l'ont
esté voir, &luy ont fait des
presents.
,
Le grand Prieur Ferretyest
party pour LIvourne, d'ou il
.pass'i}ra ensuite à Genes; il a
ordre du Pape de noliser dans
ces Phares , quelques Bâtimens
pour renforcerl'Escadre des
Galères du Pape.
Le Cardinal Patrissy a fait
un nouveau present à Sa Sainteté.
Il,consiste en quatre
grands
grands Tableaux du Guido.
qui represeten les quatre
Evangelistes.
D. Alexandre Albanya envoyé
au Cardinal Faraccioly
Prouvaire, un très- beau Rock
estmé deux cens écus, mais ce
Cardinal pour répondre à la
generosité deDon Alexandre,
luy a fait present d'un poëlcd'argent
& d'un réchaud de
même métal de la valeur de
huit censécus.
Le Pape a sign un ordre de
deux cens enquante mille écus
pour l'érection d'un Mont appellé
le Mont Fabrique,& un
autre ordre qui s'adresse au
Cardinal Alani, comme Preset
de la Congregati de la
Fabrique de S. Pierre
, pour
faireconsignerauTresorie ter de
la Chambce cent mille écusdes
deniers appartenans à ladite
Fabrique ,pour s'en prévaloir
dans les necessitezpressa
f; Le Chipicre de la Cathedralci
de Capouë a envoyé c
deux-Chanoines pourcomplimenter
le Cardinal Caraccioly
leur Archevêque,sur sa promotion
au Cardinatar; Son
Eminence leur a fai bien de
l'accueil&lesreçusenhabit
rougé.
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1628
p. 99-101
Extrait d'une Lettre de Mr le Cardinal de la Tremoille, du 8. Février 1716.
Début :
Il paroist qu'on ne peut plus douter icy de la guerre entre l'Empereur [...]
Mots clefs :
Pape, Roi de Sicile, Vaisseaux, Guerre
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Mr le Cardinal de la Tremoille, du 8. Février 1716.
Extrait d'une Lettre de Mr le
CardinaldelaTremoille,
du8.Février 1716.
Il paroijlqu'on ne peut plut
douter ig de la guerreentre lEmpereur
& la Porte; Çj-r sott que
ïAmbapadeurde ce Princesifoit
oppofi a la MiffiondeM leCar-
JdjinnaallddeessVrVrfrifntsnJs(oil que Sa Sain-
3
fott Sainteténe
doutant plus de cetteguer-
*te,croitfon*vûyâgr à Vienne inutile3
je crois que fin voyage si
bornera deson Atcbtvêchc 4 ROane.
On ne peut point avoir encore
de réponses des infiances que le
Pape afattes auprès des Princes ,
pour avoir des secours des Vaisséaux.
Je ne' vois cependantpas
faire d'autres démarchestpasmême
pour la garde des Cusses
,
ousi
onenfait, cela ne regardeque les
Milices des Pais^,car il ne meparoîtpasqu'on.
fangeà avoir quel-,
CjuesCompagnies debonne Cavalerircjui
feraient neçrjfairtsIpour
empêcher les defientes quise pourvoient
faireimpunémentdans plusieursendroits
del'Etat du Pape
sur tout du cofte du Gose Adriatique.
On fait icy les Comediesà
l'ordinaire. Sa Saintetéaeu ~t~
depeineàjeresoudre a les permettre
i mais elle a creu a lafin ne
devoir pas priver le Public de cette
Jatisfaflion
, ce qui auroit beaucoupoblige
tous les Romains
y
je
n'entendspas dire que cellequ'on
rapporte ait beaucoup d'applauiffiments.
C'cft tout comme
icy.
Les affaires qui font entre cette
Courçy leRoy de Sicile navancent
point. Ce Prince aifait lever
1 les ifcquejlres qui avoient ejlemis
* fiur les biens des Jefuites dans ce
Royaume,
CardinaldelaTremoille,
du8.Février 1716.
Il paroijlqu'on ne peut plut
douter ig de la guerreentre lEmpereur
& la Porte; Çj-r sott que
ïAmbapadeurde ce Princesifoit
oppofi a la MiffiondeM leCar-
JdjinnaallddeessVrVrfrifntsnJs(oil que Sa Sain-
3
fott Sainteténe
doutant plus de cetteguer-
*te,croitfon*vûyâgr à Vienne inutile3
je crois que fin voyage si
bornera deson Atcbtvêchc 4 ROane.
On ne peut point avoir encore
de réponses des infiances que le
Pape afattes auprès des Princes ,
pour avoir des secours des Vaisséaux.
Je ne' vois cependantpas
faire d'autres démarchestpasmême
pour la garde des Cusses
,
ousi
onenfait, cela ne regardeque les
Milices des Pais^,car il ne meparoîtpasqu'on.
fangeà avoir quel-,
CjuesCompagnies debonne Cavalerircjui
feraient neçrjfairtsIpour
empêcher les defientes quise pourvoient
faireimpunémentdans plusieursendroits
del'Etat du Pape
sur tout du cofte du Gose Adriatique.
On fait icy les Comediesà
l'ordinaire. Sa Saintetéaeu ~t~
depeineàjeresoudre a les permettre
i mais elle a creu a lafin ne
devoir pas priver le Public de cette
Jatisfaflion
, ce qui auroit beaucoupoblige
tous les Romains
y
je
n'entendspas dire que cellequ'on
rapporte ait beaucoup d'applauiffiments.
C'cft tout comme
icy.
Les affaires qui font entre cette
Courçy leRoy de Sicile navancent
point. Ce Prince aifait lever
1 les ifcquejlres qui avoient ejlemis
* fiur les biens des Jefuites dans ce
Royaume,
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1629
p. 102-108
De Venise le 8. Février 1716.
Début :
Le Prince Electoral de Baviere arriva icy Lundy au soir, [...]
Mots clefs :
Prince, Vienne, Porte, Ordres
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texteReconnaissance textuelle : De Venise le 8. Février 1716.
DeVmfe le8.Février1716.
Le Prince Electoral de Bavière
arriva icy Lundy au foir,
il restera icy le Carnaval ,pasfera
de là à Bologne, Lorette,
Rome& Naples) d'où il retournera
à Rome après Pasques
,& de là se rendra à Florence,
où Ion ne croit point
qu'il y ait de difficultéde ceremonial
, parce qu'iln'en observe
aucun, voyageant fous
le nom du Comte de Trannits.
Oi a nommé icy deux
Sages de Terre ferme & deux
Sages des Ordres pour avoir
l'honneur de le complimenter
de la part de la République,&
de le servir pour parler à la
maniere du Répondant le réjour
qu'il fera en cette Ville,
Ce font Messieurs Girmani,
Canal, Justiniani & Pisani.
On attend aussi incessamment,
M. le Prince Electoral
deSa*e:qiii cO: déjàarrivéfut
la Frontiere
, & queuesbus
de ses Gens se trouvent même
déjàici, Samedy le Senat expediaun
Courrier à Vienne,
avec des ordres, àce que l'on
prétend, pour applanir toutes
les d;mcutccz faites par le Conseil
de Vienne au sujet de la
conclusion d'une Ligue contre
les Turcs. Il y a lieu cependant
de douter que l'on donne à ce
Prince une Place de seureté.
Ce même Courrier porte aussi
des ordres à cet Ambassadeur
sur quelques propositions d'accommodement
qui ont esté
faites à la Porte par le Minjistre
de la Cour de Vienne à Constantinople
; mais on dit- que
les demandes des Turcs font si
dures ,que l'on aura peine à
parvenir àcetaccommodement
& ce ne seroit qu'en
cas qu il n'eût point de succes,
que la Ligue se concluraroit.
Cependant quelques dures
que soient ces conditions
de la Porte, il semble que dans
la situation où setrouventces
Mssieurs ci,clles font encore
à préférer pour eux àla continuation
de laGuerre qu'ils sont
ttouteà faitnhors di'étatrde f.oû; M. le Comte de Schutembourg
partit Dimanche dans
la nuit sur un Vaisseau Anglois
pour se rendre à Corfou.
Il passera enfuire en Dalmatie.
Il a esté suivi cette semaine par
un grosConvoy demunitions
& de Troupes qui étoit arrêté
icy depuis cinquante jours par
lesvents contraires Il a même
péri pendant ce tems là un
très grand nombre de ces
Troupes par le grand froid &
par lamisere ; & quelques-uns
Ce trouvantrebutez Õéja& las
du service de Venise avoient
fait une espece de conjuration
contre leurs Officiers ;mais les
principaux Auteurs de ctte
sédition ontesté pris & châriez.
r)
Cependant on a bien de la
peine àlever des Soldats,& de
4. à500. hommes Allemands
qu'un Colonel envoyoit ici, il
n'en estoit arrivé que 18.le reste
ayant deserté en chemin
,
& même fort maltraité les
Officiers qui vouloient les
en empêcher.
M. Foscariny de Cariminy
a acheté une des Dignitez de
Procurateurs de S. Mare mises
envente; £4demain cette affaire
doit paflec dans le
Grand Conseil.
L'on a tié cette semaine la
Loterie établie l'année. derniere
de500. mille ducats.
Il y a si peu de concours q..e
l'on n'a pû faire que quatre
Lors de 300. ducatschacun.
C'est en tout 3600. ducats.
Le Prince Electoral de Bavière
arriva icy Lundy au foir,
il restera icy le Carnaval ,pasfera
de là à Bologne, Lorette,
Rome& Naples) d'où il retournera
à Rome après Pasques
,& de là se rendra à Florence,
où Ion ne croit point
qu'il y ait de difficultéde ceremonial
, parce qu'iln'en observe
aucun, voyageant fous
le nom du Comte de Trannits.
Oi a nommé icy deux
Sages de Terre ferme & deux
Sages des Ordres pour avoir
l'honneur de le complimenter
de la part de la République,&
de le servir pour parler à la
maniere du Répondant le réjour
qu'il fera en cette Ville,
Ce font Messieurs Girmani,
Canal, Justiniani & Pisani.
On attend aussi incessamment,
M. le Prince Electoral
deSa*e:qiii cO: déjàarrivéfut
la Frontiere
, & queuesbus
de ses Gens se trouvent même
déjàici, Samedy le Senat expediaun
Courrier à Vienne,
avec des ordres, àce que l'on
prétend, pour applanir toutes
les d;mcutccz faites par le Conseil
de Vienne au sujet de la
conclusion d'une Ligue contre
les Turcs. Il y a lieu cependant
de douter que l'on donne à ce
Prince une Place de seureté.
Ce même Courrier porte aussi
des ordres à cet Ambassadeur
sur quelques propositions d'accommodement
qui ont esté
faites à la Porte par le Minjistre
de la Cour de Vienne à Constantinople
; mais on dit- que
les demandes des Turcs font si
dures ,que l'on aura peine à
parvenir àcetaccommodement
& ce ne seroit qu'en
cas qu il n'eût point de succes,
que la Ligue se concluraroit.
Cependant quelques dures
que soient ces conditions
de la Porte, il semble que dans
la situation où setrouventces
Mssieurs ci,clles font encore
à préférer pour eux àla continuation
de laGuerre qu'ils sont
ttouteà faitnhors di'étatrde f.oû; M. le Comte de Schutembourg
partit Dimanche dans
la nuit sur un Vaisseau Anglois
pour se rendre à Corfou.
Il passera enfuire en Dalmatie.
Il a esté suivi cette semaine par
un grosConvoy demunitions
& de Troupes qui étoit arrêté
icy depuis cinquante jours par
lesvents contraires Il a même
péri pendant ce tems là un
très grand nombre de ces
Troupes par le grand froid &
par lamisere ; & quelques-uns
Ce trouvantrebutez Õéja& las
du service de Venise avoient
fait une espece de conjuration
contre leurs Officiers ;mais les
principaux Auteurs de ctte
sédition ontesté pris & châriez.
r)
Cependant on a bien de la
peine àlever des Soldats,& de
4. à500. hommes Allemands
qu'un Colonel envoyoit ici, il
n'en estoit arrivé que 18.le reste
ayant deserté en chemin
,
& même fort maltraité les
Officiers qui vouloient les
en empêcher.
M. Foscariny de Cariminy
a acheté une des Dignitez de
Procurateurs de S. Mare mises
envente; £4demain cette affaire
doit paflec dans le
Grand Conseil.
L'on a tié cette semaine la
Loterie établie l'année. derniere
de500. mille ducats.
Il y a si peu de concours q..e
l'on n'a pû faire que quatre
Lors de 300. ducatschacun.
C'est en tout 3600. ducats.
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1630
p. 108-114
De Rome le 15. Février 1716.
Début :
Les Cardinaux de la derniere promotion s'empressent à l'envi [...]
Mots clefs :
Cardinal, Cardinaux, Pape
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texteReconnaissance textuelle : De Rome le 15. Février 1716.
De Rome le iy Février 1716.
Les Cardinaux de la demiere
promotion s'empressent à
l'envi de faire de riches presents
au Pape; le Cardinal -
Scotti,Gouverneur de Rome
luya envoyéun grand Lnftrç
de cristal de roche &une Relique
de S. Charlesenchassee richement
& garnie de pierres
précieu Ces)il y a entre autres
ungros diamant au milieu de
la Chasse.
Jeudy on fit ies obfcques
du Roy Louis XIV. à S. Jean
de Latran, les Cardinaux de
la Tremoüille Gualteno
,
&
&Oaobont y assistèrent. L'O.
raison funt bré sur prononcée
par unJesuite; le General des
Dominicains fit faire aussi les
obseques de Sa Mijcfté
,
dans
l'Eglise de la Minerve
,
& ce
sur luyqui chanta la McflTe.
Vendredi de la semaine palfée
le Cardinal.Orfini arriva,
en cette Villeaccompagné du
Cardinal Albani,qui,par ordre
de Sa Sainteté
,
étoit allé audevant
4c luy
,
il le quitta à
Sainte Marie Majeure ,
après
quoy il prit la poste pour aïkr à
Soriano
,
où il passeralecarnaval.
Quant auCardioalOrsini,il
demeura une grosse heure ca
priere dans la Chapelle de la
Vierge de Sainte Marie Majeure,
de là ilfut àl'Egliseneuve;
où il resta encore longtemps
en Oraisondans laChapellede
S. Philippes de Neri; ensuire
il fut chez le Cardinal Marescottjde-)
à:uPabiArtrj.,voir
lavieillePrincessedecenorn^
après ces visites il se retira au
Convent de la Minerve, il y
trouva les Cardinaux Ferrari,
Altien&Vallemuni
)
dont Il
ne voulue point recevoir les
compliments qu'il n'eût vu
auparavant le Pere General.
Mardy dctnicr le Marquis
Camille mouruten cetre Ville
d'apoplexie, L'Abbé Montes,
Espagnolquia fait des écrits
pour soûtenir les dioitsduS.
Siege contre les prétentions de
k Courd'Espagne
,
&qnien
recompenseacûunCanonicat
de S. Jean de LatranViirnc
d'estre déclaré par Sa Sainteté
Archevêque de Seleucièinpartibus,
titrequ'avottleCardinal
Patriffi avant sa promotion
Outre cela le Papea fait prc*
sent audit Abbé Montes d'un
de ses rochers
,
d'une chap,
& d'une bague.
Le Pape a fait entendre au
Marquis Bichi, neveu du Cardinal
de ce nom, que s'il ne retourne
avec la Marquise Lanci
sa femme
,
ille fera mettrean
Château S Ange ; cet ordre
esté signifié réciproquement à
l'Epouse fous peine d'excommunication
en cas de d'tfobéïG riance.,
Tous les effers du Comte
Ordaschi,Ecuyerdel'Ambak
fadeurde Venise,ont estéinventoriez
ventoriez&saisis par laJustice,
pour raison du mauvaistraitement
dont on a parlé dans les
avis precedencs. L'Eglise qui
avoit i:fté foüillée du sang des
SEbirrves,aceqstéurebecnie.p.ar un
Le Saint Pere a fait augmenter
jusques à 100.xhevaux
laCompagnie des Cuiraiffers
de sa garde; elle doit
,
partir -
pour Apcone vers le commen-
*
cernent du mois prochain.
Dans la derniereCongrégation
Militaire il a esté résolu
de faire monter à cheval
-
les
Milices des Provinces de la -
Marche & de la Romagne
pour estre distribuées sur les
Plages desdites Provinces.
Le CardinalOrsinieue audiance
du Pape Dimanche dernier.
Sa Sainteté luya envoyé
un present de comestible.
Le Carnaval qui dévoie commenceraujourd'huy
en cette
Ville,ne sefait point cectc année
à l'ordinaire
,
lambassadeur
de l'Empercur n'ayant pas
voulu permettre quela Cavalcade
des Tribunaux,qui sefait
encette occasion,passât devant
son Palais, à cause de laSbirrerie
qui la fuit, asosi le Pape
a deffendu les Masques..
Les Cardinaux de la demiere
promotion s'empressent à
l'envi de faire de riches presents
au Pape; le Cardinal -
Scotti,Gouverneur de Rome
luya envoyéun grand Lnftrç
de cristal de roche &une Relique
de S. Charlesenchassee richement
& garnie de pierres
précieu Ces)il y a entre autres
ungros diamant au milieu de
la Chasse.
Jeudy on fit ies obfcques
du Roy Louis XIV. à S. Jean
de Latran, les Cardinaux de
la Tremoüille Gualteno
,
&
&Oaobont y assistèrent. L'O.
raison funt bré sur prononcée
par unJesuite; le General des
Dominicains fit faire aussi les
obseques de Sa Mijcfté
,
dans
l'Eglise de la Minerve
,
& ce
sur luyqui chanta la McflTe.
Vendredi de la semaine palfée
le Cardinal.Orfini arriva,
en cette Villeaccompagné du
Cardinal Albani,qui,par ordre
de Sa Sainteté
,
étoit allé audevant
4c luy
,
il le quitta à
Sainte Marie Majeure ,
après
quoy il prit la poste pour aïkr à
Soriano
,
où il passeralecarnaval.
Quant auCardioalOrsini,il
demeura une grosse heure ca
priere dans la Chapelle de la
Vierge de Sainte Marie Majeure,
de là ilfut àl'Egliseneuve;
où il resta encore longtemps
en Oraisondans laChapellede
S. Philippes de Neri; ensuire
il fut chez le Cardinal Marescottjde-)
à:uPabiArtrj.,voir
lavieillePrincessedecenorn^
après ces visites il se retira au
Convent de la Minerve, il y
trouva les Cardinaux Ferrari,
Altien&Vallemuni
)
dont Il
ne voulue point recevoir les
compliments qu'il n'eût vu
auparavant le Pere General.
Mardy dctnicr le Marquis
Camille mouruten cetre Ville
d'apoplexie, L'Abbé Montes,
Espagnolquia fait des écrits
pour soûtenir les dioitsduS.
Siege contre les prétentions de
k Courd'Espagne
,
&qnien
recompenseacûunCanonicat
de S. Jean de LatranViirnc
d'estre déclaré par Sa Sainteté
Archevêque de Seleucièinpartibus,
titrequ'avottleCardinal
Patriffi avant sa promotion
Outre cela le Papea fait prc*
sent audit Abbé Montes d'un
de ses rochers
,
d'une chap,
& d'une bague.
Le Pape a fait entendre au
Marquis Bichi, neveu du Cardinal
de ce nom, que s'il ne retourne
avec la Marquise Lanci
sa femme
,
ille fera mettrean
Château S Ange ; cet ordre
esté signifié réciproquement à
l'Epouse fous peine d'excommunication
en cas de d'tfobéïG riance.,
Tous les effers du Comte
Ordaschi,Ecuyerdel'Ambak
fadeurde Venise,ont estéinventoriez
ventoriez&saisis par laJustice,
pour raison du mauvaistraitement
dont on a parlé dans les
avis precedencs. L'Eglise qui
avoit i:fté foüillée du sang des
SEbirrves,aceqstéurebecnie.p.ar un
Le Saint Pere a fait augmenter
jusques à 100.xhevaux
laCompagnie des Cuiraiffers
de sa garde; elle doit
,
partir -
pour Apcone vers le commen-
*
cernent du mois prochain.
Dans la derniereCongrégation
Militaire il a esté résolu
de faire monter à cheval
-
les
Milices des Provinces de la -
Marche & de la Romagne
pour estre distribuées sur les
Plages desdites Provinces.
Le CardinalOrsinieue audiance
du Pape Dimanche dernier.
Sa Sainteté luya envoyé
un present de comestible.
Le Carnaval qui dévoie commenceraujourd'huy
en cette
Ville,ne sefait point cectc année
à l'ordinaire
,
lambassadeur
de l'Empercur n'ayant pas
voulu permettre quela Cavalcade
des Tribunaux,qui sefait
encette occasion,passât devant
son Palais, à cause de laSbirrerie
qui la fuit, asosi le Pape
a deffendu les Masques..
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1631
p. 115-116
Extrait d'une Lettre du Cardinal de la Tremoille, du 15. Février 1716.
Début :
On continuë à compter ici sur la Guerre entre l'Empereur & la [...]
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre du Cardinal de la Tremoille, du 15. Février 1716.
Extrait d'une Lettre du Cardinal
de la Tremoillc,
1.
du15.Février17I6.
On continue à compter ici sur
la Guerre-entrelempereur &la
Porte par les préparatifs qui se
font àpaïenne.Cependantle Refirent
de ce Prince ejiencore à Con..
fiantinople.
Sa Soinuté ajugé a propos de
rrtraneher iey la plusgrande par.
tie du Carnaval yen retranchant
les Masqua;on ItttribuëaussicelA
aquelques incidentsquipourroient
arriverauonefikicnaifed'éviter..
M. Morosini si donne ici beaucoup
de mmvtmmt & avec rAi.
fin
j car le temps de l'ouverture
de la Campagne s'approche infcn.
jib/tmflnt e les Turcs enjIeK de
leur viBoire ne s'endorment pas.
de la Tremoillc,
1.
du15.Février17I6.
On continue à compter ici sur
la Guerre-entrelempereur &la
Porte par les préparatifs qui se
font àpaïenne.Cependantle Refirent
de ce Prince ejiencore à Con..
fiantinople.
Sa Soinuté ajugé a propos de
rrtraneher iey la plusgrande par.
tie du Carnaval yen retranchant
les Masqua;on ItttribuëaussicelA
aquelques incidentsquipourroient
arriverauonefikicnaifed'éviter..
M. Morosini si donne ici beaucoup
de mmvtmmt & avec rAi.
fin
j car le temps de l'ouverture
de la Campagne s'approche infcn.
jib/tmflnt e les Turcs enjIeK de
leur viBoire ne s'endorment pas.
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1632
p. 116-121
De Venise le 14. Février 1716.
Début :
M. le General Delphin a écrit une longue Lettre au [...]
Mots clefs :
Général, Troupes, Officiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Venise le 14. Février 1716.
De Venistle 14. Février 17IC.
M. le General Delphip a
écrit une longue Lettre au
Sénat pour l'informer de la
sïtuacion ou se trouvoicnc
les affaires de la Guerre dans le
Levant, & pour demander que
l'on y envoyé promptemenc
des secours & des munitions
de Guerre) & principalement
des vivres dont onmanquoic
à Corfou. Il ne sçavoit pas
encore qui devoir efhe. son
SuccefleuriM le General Emo
a aufliécrit de Dalmarie& demande
pareillement toutes
sortes de secours. Il a joûte que
les Turcsavoient profité de la
gelée, pour passer lesMontagnes
du Prolaco, qu'ilsavoient
fait une course dans la Dalmatie1,
où ils avoient cau seune
grande terreur ,
& qu'ils
avoient emmenez un grand
nombre de personnes cnefclavage.
Ce General s'etf rendu
à Spalacro pour recevoir le
Convoy, parti dernicrcment;
chargé de quelques Troupes
& de munitions.
Le Senat a ordonné que ceux
des Officiers généraux qui ont
servy la derniere Campagne ,:
&qui ont esté rappeliez,eussent
à se consticuer dans les
prisons pour rendre compte
de leur conduire;M. le General
Delphin n'est point excepté
de¡ cette règle ; les Inquisiteurs
pour s'informer de ce qur
s'est parte pendant cette Campagne,
examinent& interrovi
genttresexactement tous les
Particuliers qui arrivent du
Levant, tant sur ce qu'ils ont
vu,queluice qu'ils ont entendu
dire, mais tous ces interrogatoires
n'aboutiront à rien.
Le Patron d'une Marfilianc
chargée de Troupes
,
lequel
estoit parti avec le Convoy
qui fit voile de Venise la femaine
passée,aefté obligé par
ces mêmes Troupes de les porter
à Trieste où elles sont arrivées.
Les Soldats se font revoltez
contre leurs Officiers
les ont tuez, &refusent de servir.
Il arrive très souvent de
Semblablesémeutes, qui proviennent
autant dela faute des'
Officiers qui veulent profiter
sur les Soldats, que dela ré--
pugnance que ceux. cy ont à
servir. -,
Il est aussï arrivé un autre
malheur dont on aesté confirmé
cerre semaine
: un Vaisseau
qui venoit de Hollande chargé
de poudre, de salpêtre
, &
d'aurres choses fénlblblcs;
pour le compte de la Republique,
cil péry sans que l'on
aye pu rien sauver.
La Republique a fait demander
la permissîon de lever des
Chevaliers de S. Lazare pour
estre
estre à son service. Ils auront
la gauche des Chevaliers de
Malthe; on ne sçait pas encore
quelle réponfc on leur fera.
M. le General Delphip a
écrit une longue Lettre au
Sénat pour l'informer de la
sïtuacion ou se trouvoicnc
les affaires de la Guerre dans le
Levant, & pour demander que
l'on y envoyé promptemenc
des secours & des munitions
de Guerre) & principalement
des vivres dont onmanquoic
à Corfou. Il ne sçavoit pas
encore qui devoir efhe. son
SuccefleuriM le General Emo
a aufliécrit de Dalmarie& demande
pareillement toutes
sortes de secours. Il a joûte que
les Turcsavoient profité de la
gelée, pour passer lesMontagnes
du Prolaco, qu'ilsavoient
fait une course dans la Dalmatie1,
où ils avoient cau seune
grande terreur ,
& qu'ils
avoient emmenez un grand
nombre de personnes cnefclavage.
Ce General s'etf rendu
à Spalacro pour recevoir le
Convoy, parti dernicrcment;
chargé de quelques Troupes
& de munitions.
Le Senat a ordonné que ceux
des Officiers généraux qui ont
servy la derniere Campagne ,:
&qui ont esté rappeliez,eussent
à se consticuer dans les
prisons pour rendre compte
de leur conduire;M. le General
Delphin n'est point excepté
de¡ cette règle ; les Inquisiteurs
pour s'informer de ce qur
s'est parte pendant cette Campagne,
examinent& interrovi
genttresexactement tous les
Particuliers qui arrivent du
Levant, tant sur ce qu'ils ont
vu,queluice qu'ils ont entendu
dire, mais tous ces interrogatoires
n'aboutiront à rien.
Le Patron d'une Marfilianc
chargée de Troupes
,
lequel
estoit parti avec le Convoy
qui fit voile de Venise la femaine
passée,aefté obligé par
ces mêmes Troupes de les porter
à Trieste où elles sont arrivées.
Les Soldats se font revoltez
contre leurs Officiers
les ont tuez, &refusent de servir.
Il arrive très souvent de
Semblablesémeutes, qui proviennent
autant dela faute des'
Officiers qui veulent profiter
sur les Soldats, que dela ré--
pugnance que ceux. cy ont à
servir. -,
Il est aussï arrivé un autre
malheur dont on aesté confirmé
cerre semaine
: un Vaisseau
qui venoit de Hollande chargé
de poudre, de salpêtre
, &
d'aurres choses fénlblblcs;
pour le compte de la Republique,
cil péry sans que l'on
aye pu rien sauver.
La Republique a fait demander
la permissîon de lever des
Chevaliers de S. Lazare pour
estre
estre à son service. Ils auront
la gauche des Chevaliers de
Malthe; on ne sçait pas encore
quelle réponfc on leur fera.
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1633
p. 121-122
De Turin.
Début :
On mande de Turin du 15. du passé, que les preparatifs [...]
Mots clefs :
Troupes, Sicile
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Turin.
De Turin.
On mandede Turindu ij.
du pasle, que les preparatifs
que l'on fait en ce Pays-là,&
dans tout le Piémont
e
donnoient
lieu de croire qu'on
estoit à la veillé d'une grande
Guerre, car outre les recrues
qu'on faisoit
, on didtribuoit
des commissions pour de nouvelleslevées,&
des Ingenieurs
font partis pour aller munir&
fortifierles Places dti..M,Qne';'
Ferrat, donc l'Empereur prétend
se mettre en possession,
&en cas qu'il attaque ce Pays,
le Roy de Sicile prendra à sa
solde 10000. hommes des
Troupes de France,& on ne
parle plus d'envoyer des Troupes
Plémontoises en Sicile.
On mandede Turindu ij.
du pasle, que les preparatifs
que l'on fait en ce Pays-là,&
dans tout le Piémont
e
donnoient
lieu de croire qu'on
estoit à la veillé d'une grande
Guerre, car outre les recrues
qu'on faisoit
, on didtribuoit
des commissions pour de nouvelleslevées,&
des Ingenieurs
font partis pour aller munir&
fortifierles Places dti..M,Qne';'
Ferrat, donc l'Empereur prétend
se mettre en possession,
&en cas qu'il attaque ce Pays,
le Roy de Sicile prendra à sa
solde 10000. hommes des
Troupes de France,& on ne
parle plus d'envoyer des Troupes
Plémontoises en Sicile.
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1634
p. 122-140
De Cadix, le premier Mars. DESCRIPTION de la Pompe Funebre de Loüis XIV.
Début :
Le sieur Robin, chargé des affaires du Consulat de la Nation [...]
Mots clefs :
Louis XIV, Pompe funèbre, Couronne de laurier, Roi, Pieds, Charge, Fleurs, Hercule, Monarque, Pompe funèbre de Louis XIV
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Cadix, le premier Mars. DESCRIPTION de la Pompe Funebre de Loüis XIV.
DDeCe aCJ~ixdi,le*'pleremier.Matsi
DESCRIPTION4 i
de la PomPt Funebre
deLamXIV. r
Le sieur Robin, chargé des
affaires du Coniulac de la Nation
Françoise
,
& les autres
Negocians François establis à
Cadix ,ont fait leurs efforts
pour rendre,à la mémoire de
Loüis le Grandles honneurs
qui luy font deus. '': r.
Ils ont fait ériger un va(le
Maufoléc dans le grand vaisseau
de l'Eglise de S. François
decetteVille. Il paroissoitêtre
d'un beau marbreazur&blanc
doré dans tous ses ornemenrs.
Il estoit de cinquante-un pied
de haut, survingt-quatre de
base.
Quatre pieds d'estaux terminoient
les quatre angles d'un
grand socle & portoient chacun
une pyramide chargée de
flambeaux, seméed'unegrosse
fleur-de lys dorée;douze grandes
colomnes,le tiers avec un
demy relief doré & disposées
de trois en trois sur les angles
du socle, supportoient un entablement
quarré enrichi d'une
belle corniche char gée dans
ses quatre faces des Armes de
France en gros relief avec une
riche Couronne. De Itenrablcment
s'élevoit un grand dôme
octogone accompagnéde quatre
grandes Statuës qui tc-j
:
noient une Couronne, un Sceptre
,une Epée, uneBalance
, dorées;quatreAnges l'encensoir
à la main,& quatre grandes
urnes doréts occupoient
huit vuides du dôme;il étoit
terminé par une Mort qui paroissoit
avoir arraché plusieurs
tiges de fleurs de-lys d'une
plante ,excepté une, avec ces
mots:PluTlbus avulsis non d(ftcil
alter; & aux pieds de laMort
estoit un trophée d'armes. &
d'étendarts qu'elle souloit. Enfin
entre les douze colomnes
ont découvroit sous un pavillond'un
riche damas noir ouvert
par quatre endroits, un
magnifique cercuëil couvert
d'un tapis de velours noir en
broderie d'or. Deuxcarreaux
de même estoient posez sur le
devant chargez d'une Main de
Justice & d'un Sceptre doré
passez en fauroir & d'une riche
Couronne. Les quatre faces
estoient semées de fleurs-de-lys
& la premiereestoit occupée
par un grand Ecu de Franceen
gros relief doré avec la Couronne
demême; quatre pyramides
garnies de flambeaux
éclairoient le cercuëil & le desfous
de l'entablement.Tous
lesbords dusocle & des coraidhes,
les pyramides, tout le
dessus du dôme estoient couverts
de cire blanche, tous les
Autels&tout le contour du
dedans de l'Eglise en ettotenc
également chargez.
- On a osé entreprendre de
ttoceraux yeux duPublic quelques
traits de la vie dece Monarque
aussi respectable par sa
pieté éclatante envers Dieu,
qu'il sur grand devant les hommes
par ses actions inoüies.
Les soubassements du Mausoiée
representoient douze
grandes faces.
La première representoit le
Roy mettant la Couronnesur
la teste de deux Princes de son
Sang, l'un grand,& l'autreencore
Enfant, avec ces paroles t
Secundam Cm tertiam coronavit
generationem; & une Renommée
qui mettoit au Royune
Couronnede lauriers, avec ces
paroles:Fatis vita cejjit9sed[d;"
tnâ gesta manebunt. :
La seconde representoit la
Mort qui renverfoic aux pieds
du Roy plusieurs jeunes Princes,
avec ces paroles qui marquoienr
la confiance du Prophere
Job: Fihos dederat mihi
Domious, DominusMnlit*
;
La troisiéme representoit
un Soleil éteint surla fin de sa
cour se,&une grande Etoile
naissante vers ~l'Ouent, avec ces
paroles: Minor )fd non eriL
tmpar.
La quatriéme representoit
une Couronne,contre laquelle
plusieursmainstiroient de toutes
parts des flêches, avec ces
paroles: Mille, ad illamautem
nulla appropinquavit.
La cinquiéme representoit
un Phoenix qui se brûloit sur
un bucher, & un autre jeune
Phoenixau- dessusnaissantd'une
nuë,avec ces paroles:IA
dlterorevivifeam:
•*; JJ,:
La sixiéme representoitun
Hercule qui scioituneMontagne,
avecces paroles:Milta.
planos fecit.- - 1
La septiéme representoit
encore un Hercule, & d'un
côté deux Combattants,qui
aprés avoir jeetez leurs cpecs
en l'airs'embrassoient; de l'autre
deux Lyons affrontez chacun
avec un mord à la bouche
avec cesparoles:Cuello,solus
quifroenum posuit. - La neuviéme representoit
lesneuf Muses qui pleuroient
autour du Roy étendu &cou..
ronné de lauriers,avec ces pa.,
roles: MUftt! nosterobiit j4polio.
La dixiémerepresentoit un
Berger melancolique gardant
un grand Troupeau, avec ces
paroles:Fletemcoe Lodoicum extinctumflet?
cAffclloe.
-': La onziéme representoit
un. grand Aigle qui prenoit
l'effort vers l'Orient ,portant
un Livre des Evangiles à son
bec, accompagné d'une foule
d'Aiglons;&un autre de mèr
me qui voloit vers le Couchant,
avec ces paroles:Ab
gOrieentleiaud omccasum. misit Evan- tn t Evan.
La douzièmerepresentoit la
Mortqui retwerfon d'un seul
pied une grande Tour & une
Chaumicre :Æquopedepulsat
paupemm tabernas
,
RrgumfJ!lt
turres.,Í -
Toute l'Egliseestoittapisfée
de noir, &de part & dautre
les Tapisseries furent ornées
de douze grands Tableaux.
Le premier representoit le
Roy donnant la main au Roy
& à la Reine de la Grande Bretagne,
accompagnez duPrince
& de la Princesse de Galles, &
achevants de descendre d'un
Navire, avec ces paroles: Reges
Regno Patriaque passospif*
cepit befpitio.
Le second representoit le
Buste du Roy avec un Trident
au dessous , présidant à la
jonction de l'Océan & de la
Mer Méditerranée, qui après
avoir nv.fle leurs caux, alloient
arroser un grand Globe, avec
ces paroles: Nomenejus currit
sicunt unda per orbem.
Le troisiéme representoit
le Roy cuirasse, qui d'une main
ébranloit un arbre chargé de
Pommes d'or
, autour de
l'ar brc estoient representez
ks beaux Arts sous la figure
deFemmes qui travailloient à
divers ouvrages; une Renom.
mée mettant une Couronne de
lauriers sur la celle du Roy,
avec ces paroles: Non minus
ac armis,artibus astra petit.
, Le quatriéme representoit
un Hercule,assommant avec
sa massuël'Hydreà sept tcfics,
avec ces paroles: Hoerejim ex-
ItrpaVtt è regno.
Le cinquiéme representoit
lesAmb)(fadeursdeSiam&de
Pet se,offrant leurs Prcfcns au
Roy sur son Trosne,avec ces
paroles: Ab Oriente venerunt
ut 'tJidtret gloâam ejns*
"i Le sixtémerepresentoit le
Roy à l'entrée du College des
quatre Nations, & un grand
Trophée d'armes à sespieds,
avec ces paroles Puguuuit ut
David, adtficaitit utSalomon. ,,..
Le septiéme representoit le
Roy à costé de tHoRet des
Invalidesn & une Compagnie
d'Officiers qui y entroit, avec
ces paroles: Invalidisquoesivit solatium.
Le huitiéme representoit
une Foy voilée, couronnant
le Roy étendu à sespieds,avec
ces paroles: Vere meus hic sir
lius IrAt.
Le neuviéme representoit
le Roy tenant entre ses mains
nostre,jeune.Monarque qu'il
estroit à Dieu à l'entrée d'un
Tabernacle, avec ces paroles:
Unum.petit 4 Domino., ut si
fortis in fide pArentum» !
- Le dixiéme representoie
l'Espagne sous la figure d'une
Femme, donnant la main à la
France fous lafigure d'une
jeune Fille affligée, avec ces paroles:
Soron non deficiam.
Le onziéme representoit un
grandVafc chargé deFleursde
Lysflêtries & abattues
toutes autour du Vase, exceptc
cepté deux qui s'élevoient au
milieu, une passant au travers
d'une Couronne de France,
& l'autre au travers d'une
Couronne d'Espagne ;.'-un
Ange les arrofoit avec l'huile
de la Sainte Ampoule , avec
ces paroles: Darabunt in fudlvitatem
odoris.
Le douziéme representoit
un Phaëton couronné -de
France ,porté dans le Char
du Soleil semé de Fleurs-dc-
Lys; une nouvelle Etoile d'un
grand éclat luy marquait la
route qu'il devoit tenir, avec
ces paroles; Auredia. Régente
luce a via non aberrabo.
1 Le Chapitre de laCathédrale
vint chanter une grande
Mené en Musique; toutes les
Communautez Religieuses y
vinrent à leur tout, ensuite
les Prestres de l'Ordre de S.
François occuperent tous les
Autels de l'Egliseen unmême
temps, & le Service se commença
au bruit des cloches de
toutes les Eglises de la Ville
qui avoient déjàsonné dés la
veille pendant l'Office des
Morts qui fut chanté. L'Oraison
funèbre fut prononcée
enEspagnol:MleGouverneur,
le Chapitre, les Prélats des Ordres
Religieux & toute la Noblesse:
honorercnt cette Pompe
funebre de leur presences
Ce
-
furent là les marques
extérieuresd'une douleur trésintimede
la Nation Françoise,
qui pour estreéloignée de sa
Patile,n'enaestéqueplusvivemencamigeelEMe
puise toute
sa consolation dans le bonheur
de voir la précieufc vie du
Monarque que le Ciel luy a
reservé, entre les mains de
Spn Altesse Royale Monfeigneur
le Duc d'Orléans,dont
l'habileté
,
la prévoyance ÔC
le génie superieurreconnus de
tout l'Univers, sont desassurances
certaines que son regne
ne fera pas moins formidable,
heureux & glorieux que l'a
cfié. celuy du Grand Roy que
nous venons de perdre.
DESCRIPTION4 i
de la PomPt Funebre
deLamXIV. r
Le sieur Robin, chargé des
affaires du Coniulac de la Nation
Françoise
,
& les autres
Negocians François establis à
Cadix ,ont fait leurs efforts
pour rendre,à la mémoire de
Loüis le Grandles honneurs
qui luy font deus. '': r.
Ils ont fait ériger un va(le
Maufoléc dans le grand vaisseau
de l'Eglise de S. François
decetteVille. Il paroissoitêtre
d'un beau marbreazur&blanc
doré dans tous ses ornemenrs.
Il estoit de cinquante-un pied
de haut, survingt-quatre de
base.
Quatre pieds d'estaux terminoient
les quatre angles d'un
grand socle & portoient chacun
une pyramide chargée de
flambeaux, seméed'unegrosse
fleur-de lys dorée;douze grandes
colomnes,le tiers avec un
demy relief doré & disposées
de trois en trois sur les angles
du socle, supportoient un entablement
quarré enrichi d'une
belle corniche char gée dans
ses quatre faces des Armes de
France en gros relief avec une
riche Couronne. De Itenrablcment
s'élevoit un grand dôme
octogone accompagnéde quatre
grandes Statuës qui tc-j
:
noient une Couronne, un Sceptre
,une Epée, uneBalance
, dorées;quatreAnges l'encensoir
à la main,& quatre grandes
urnes doréts occupoient
huit vuides du dôme;il étoit
terminé par une Mort qui paroissoit
avoir arraché plusieurs
tiges de fleurs de-lys d'une
plante ,excepté une, avec ces
mots:PluTlbus avulsis non d(ftcil
alter; & aux pieds de laMort
estoit un trophée d'armes. &
d'étendarts qu'elle souloit. Enfin
entre les douze colomnes
ont découvroit sous un pavillond'un
riche damas noir ouvert
par quatre endroits, un
magnifique cercuëil couvert
d'un tapis de velours noir en
broderie d'or. Deuxcarreaux
de même estoient posez sur le
devant chargez d'une Main de
Justice & d'un Sceptre doré
passez en fauroir & d'une riche
Couronne. Les quatre faces
estoient semées de fleurs-de-lys
& la premiereestoit occupée
par un grand Ecu de Franceen
gros relief doré avec la Couronne
demême; quatre pyramides
garnies de flambeaux
éclairoient le cercuëil & le desfous
de l'entablement.Tous
lesbords dusocle & des coraidhes,
les pyramides, tout le
dessus du dôme estoient couverts
de cire blanche, tous les
Autels&tout le contour du
dedans de l'Eglise en ettotenc
également chargez.
- On a osé entreprendre de
ttoceraux yeux duPublic quelques
traits de la vie dece Monarque
aussi respectable par sa
pieté éclatante envers Dieu,
qu'il sur grand devant les hommes
par ses actions inoüies.
Les soubassements du Mausoiée
representoient douze
grandes faces.
La première representoit le
Roy mettant la Couronnesur
la teste de deux Princes de son
Sang, l'un grand,& l'autreencore
Enfant, avec ces paroles t
Secundam Cm tertiam coronavit
generationem; & une Renommée
qui mettoit au Royune
Couronnede lauriers, avec ces
paroles:Fatis vita cejjit9sed[d;"
tnâ gesta manebunt. :
La seconde representoit la
Mort qui renverfoic aux pieds
du Roy plusieurs jeunes Princes,
avec ces paroles qui marquoienr
la confiance du Prophere
Job: Fihos dederat mihi
Domious, DominusMnlit*
;
La troisiéme representoit
un Soleil éteint surla fin de sa
cour se,&une grande Etoile
naissante vers ~l'Ouent, avec ces
paroles: Minor )fd non eriL
tmpar.
La quatriéme representoit
une Couronne,contre laquelle
plusieursmainstiroient de toutes
parts des flêches, avec ces
paroles: Mille, ad illamautem
nulla appropinquavit.
La cinquiéme representoit
un Phoenix qui se brûloit sur
un bucher, & un autre jeune
Phoenixau- dessusnaissantd'une
nuë,avec ces paroles:IA
dlterorevivifeam:
•*; JJ,:
La sixiéme representoitun
Hercule qui scioituneMontagne,
avecces paroles:Milta.
planos fecit.- - 1
La septiéme representoit
encore un Hercule, & d'un
côté deux Combattants,qui
aprés avoir jeetez leurs cpecs
en l'airs'embrassoient; de l'autre
deux Lyons affrontez chacun
avec un mord à la bouche
avec cesparoles:Cuello,solus
quifroenum posuit. - La neuviéme representoit
lesneuf Muses qui pleuroient
autour du Roy étendu &cou..
ronné de lauriers,avec ces pa.,
roles: MUftt! nosterobiit j4polio.
La dixiémerepresentoit un
Berger melancolique gardant
un grand Troupeau, avec ces
paroles:Fletemcoe Lodoicum extinctumflet?
cAffclloe.
-': La onziéme representoit
un. grand Aigle qui prenoit
l'effort vers l'Orient ,portant
un Livre des Evangiles à son
bec, accompagné d'une foule
d'Aiglons;&un autre de mèr
me qui voloit vers le Couchant,
avec ces paroles:Ab
gOrieentleiaud omccasum. misit Evan- tn t Evan.
La douzièmerepresentoit la
Mortqui retwerfon d'un seul
pied une grande Tour & une
Chaumicre :Æquopedepulsat
paupemm tabernas
,
RrgumfJ!lt
turres.,Í -
Toute l'Egliseestoittapisfée
de noir, &de part & dautre
les Tapisseries furent ornées
de douze grands Tableaux.
Le premier representoit le
Roy donnant la main au Roy
& à la Reine de la Grande Bretagne,
accompagnez duPrince
& de la Princesse de Galles, &
achevants de descendre d'un
Navire, avec ces paroles: Reges
Regno Patriaque passospif*
cepit befpitio.
Le second representoit le
Buste du Roy avec un Trident
au dessous , présidant à la
jonction de l'Océan & de la
Mer Méditerranée, qui après
avoir nv.fle leurs caux, alloient
arroser un grand Globe, avec
ces paroles: Nomenejus currit
sicunt unda per orbem.
Le troisiéme representoit
le Roy cuirasse, qui d'une main
ébranloit un arbre chargé de
Pommes d'or
, autour de
l'ar brc estoient representez
ks beaux Arts sous la figure
deFemmes qui travailloient à
divers ouvrages; une Renom.
mée mettant une Couronne de
lauriers sur la celle du Roy,
avec ces paroles: Non minus
ac armis,artibus astra petit.
, Le quatriéme representoit
un Hercule,assommant avec
sa massuël'Hydreà sept tcfics,
avec ces paroles: Hoerejim ex-
ItrpaVtt è regno.
Le cinquiéme representoit
lesAmb)(fadeursdeSiam&de
Pet se,offrant leurs Prcfcns au
Roy sur son Trosne,avec ces
paroles: Ab Oriente venerunt
ut 'tJidtret gloâam ejns*
"i Le sixtémerepresentoit le
Roy à l'entrée du College des
quatre Nations, & un grand
Trophée d'armes à sespieds,
avec ces paroles Puguuuit ut
David, adtficaitit utSalomon. ,,..
Le septiéme representoit le
Roy à costé de tHoRet des
Invalidesn & une Compagnie
d'Officiers qui y entroit, avec
ces paroles: Invalidisquoesivit solatium.
Le huitiéme representoit
une Foy voilée, couronnant
le Roy étendu à sespieds,avec
ces paroles: Vere meus hic sir
lius IrAt.
Le neuviéme representoit
le Roy tenant entre ses mains
nostre,jeune.Monarque qu'il
estroit à Dieu à l'entrée d'un
Tabernacle, avec ces paroles:
Unum.petit 4 Domino., ut si
fortis in fide pArentum» !
- Le dixiéme representoie
l'Espagne sous la figure d'une
Femme, donnant la main à la
France fous lafigure d'une
jeune Fille affligée, avec ces paroles:
Soron non deficiam.
Le onziéme representoit un
grandVafc chargé deFleursde
Lysflêtries & abattues
toutes autour du Vase, exceptc
cepté deux qui s'élevoient au
milieu, une passant au travers
d'une Couronne de France,
& l'autre au travers d'une
Couronne d'Espagne ;.'-un
Ange les arrofoit avec l'huile
de la Sainte Ampoule , avec
ces paroles: Darabunt in fudlvitatem
odoris.
Le douziéme representoit
un Phaëton couronné -de
France ,porté dans le Char
du Soleil semé de Fleurs-dc-
Lys; une nouvelle Etoile d'un
grand éclat luy marquait la
route qu'il devoit tenir, avec
ces paroles; Auredia. Régente
luce a via non aberrabo.
1 Le Chapitre de laCathédrale
vint chanter une grande
Mené en Musique; toutes les
Communautez Religieuses y
vinrent à leur tout, ensuite
les Prestres de l'Ordre de S.
François occuperent tous les
Autels de l'Egliseen unmême
temps, & le Service se commença
au bruit des cloches de
toutes les Eglises de la Ville
qui avoient déjàsonné dés la
veille pendant l'Office des
Morts qui fut chanté. L'Oraison
funèbre fut prononcée
enEspagnol:MleGouverneur,
le Chapitre, les Prélats des Ordres
Religieux & toute la Noblesse:
honorercnt cette Pompe
funebre de leur presences
Ce
-
furent là les marques
extérieuresd'une douleur trésintimede
la Nation Françoise,
qui pour estreéloignée de sa
Patile,n'enaestéqueplusvivemencamigeelEMe
puise toute
sa consolation dans le bonheur
de voir la précieufc vie du
Monarque que le Ciel luy a
reservé, entre les mains de
Spn Altesse Royale Monfeigneur
le Duc d'Orléans,dont
l'habileté
,
la prévoyance ÔC
le génie superieurreconnus de
tout l'Univers, sont desassurances
certaines que son regne
ne fera pas moins formidable,
heureux & glorieux que l'a
cfié. celuy du Grand Roy que
nous venons de perdre.
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1635
p. 140-141
De Marseille, [titre d'après la table]
Début :
On mande de Marseille du 28. du passé qu'il y estoit arrivé [...]
Mots clefs :
Turcs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Marseille, [titre d'après la table]
On mande de Marseille du
2,8. du passé qu'il y estoit arrlvé
un Bastiment venant du Levant
,
lequel a assuréqu'àSmirne,
d'oùil venoit, il yavoir en,
core vingt Bastimens Turcs de
toute grandeur, prests à mettre
à ta voil e; & qu'à Alexandrie
oùil avoitmouille en revenant
pour y charger des marchandises,
il yavoit aussi quatorze
Bastimens dans le Pote
qui n'attendoient. que les or- -
dres delaPorte que les Turcs
assiegeroient Corfou
, pour
ensuitealler plus loin, du côté
de rltalie., & qu'ils assuroient
que leur Armée navale seroit
deplus de quatre cens voiles, •
y compris les Corsaires de
Bar barie, & qu'ils comptoienc
avoir plus de quatre cent cinquante
millehommes de troupes
de terre.
2,8. du passé qu'il y estoit arrlvé
un Bastiment venant du Levant
,
lequel a assuréqu'àSmirne,
d'oùil venoit, il yavoir en,
core vingt Bastimens Turcs de
toute grandeur, prests à mettre
à ta voil e; & qu'à Alexandrie
oùil avoitmouille en revenant
pour y charger des marchandises,
il yavoit aussi quatorze
Bastimens dans le Pote
qui n'attendoient. que les or- -
dres delaPorte que les Turcs
assiegeroient Corfou
, pour
ensuitealler plus loin, du côté
de rltalie., & qu'ils assuroient
que leur Armée navale seroit
deplus de quatre cens voiles, •
y compris les Corsaires de
Bar barie, & qu'ils comptoienc
avoir plus de quatre cent cinquante
millehommes de troupes
de terre.
Fermer
1636
p. 141-150
D'Ecosse, [titre d'après la table]
Début :
Les dernieres Lettres d'Ecosse ne portoient rien de remarquable [...]
Mots clefs :
Seigneurs, Requête, Roi, Voix, Chambre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'Ecosse, [titre d'après la table]
Les dernieres Lettres d'E
cosse ne pottoient ricn deremarquable,
sinon que les
Troupes du Royavoient fait
un nombre considerable de
prisonniers sur les Mécontents,
parmi lesquels il yavoit
plusieurs Officiers Irlandois
-, Anglois,& merne quelques
François.
Onmande de Londres du
deux de ce mois, que le pre
mier
,
le Royenvoya ordre
au Gouverneur de la Tour
, de livrer les six Seigneurscondamnez
entre les mains des
Scherifs, qui receurenten même
temps l'ordrede les faire
executer le sept sur la Place
l-,
prés de la Tour, le Régiment
des Gardes Cavalerie
, commandé
par le Duc d'Agyle,
& desdétachementsdes Gardes
à pied, & à cheval devoient
estre fous les armes au lieu de
l'execution pour empêcher la
populace de se soulever. Le
Dirécteur de l'échafaut avoir
déjareceu ordre d'en faire un
sur lequelily eût six billots,
pour couper la tête aux six
Seigneurs en même temps.
Les Lettres de Londres du 6.
ne font mention que des adresses
presentées au Roy & des
remerciements qu'il a fait aux
Chambres, &c. Le 5.les Communcs
lurenr pour la troisiéme
fois le Bill pour punir les mutins,
&c. & M. Pultney, Secretaire
d'Etat fut dépêché
pour le porter aux Seigneurs,
ensuite lesDames Epouses des
Seigneurs condamnezaccompagnées
d'autres Dames du
premier rang, se presenterent
à la Barre avec une Requeste ,
pour Supplier la Chambre de
vouloir interceder auprès du
Roy,& le prier d'accorder à
leurs époux un repir Cette
Requeste ayant esté prise par
un
un Membre pour en faire la le-
Ctute,M.Walpoi proposade
s'ajourner pour quelquesjours;
il fut secondé par pluficurs
Membres qui ne vouloient pas
nonplus entendre parler de ré
pic , disant que cesaffaires ne
passoient pas presentement,&
que laChambre devoit s'ajourner;
mais ceux qui estoient d'opinion
délibercrent, fut cette
Requeste
)
& representerent
¡,'lue cette affaire estoit de si
grandeimportance, qu'elle
meritoit bien l'attention de la
Chambre ; ils proposerent
>
d'ordonner que la Icâurc en
seroit faite pour dekberetfut
ce sujet ;mais contrela premiere
proposition cftok pour
s'ajourner
, jon délibéra sur
cela
, ce qui donna lieu:à-de
grands débats PQl)r& contre ;
mais enfin, à laoplurpluéde
161. voix tt contre^ijj. la
question passa à IJffillnatjve
& la Chambre, s'ajourna la'
huitaine,croyant qu'avant cc
temps-la l'ececution des six
Seigneurs seroit ; faite; mais
,ccsDansesayantprefentéune pareilleRequêteauxSeigneurs,
elle fut receuë, & la lecture
en ayant este faite ,onmit en
,
délibération
,
sçavoir si on
priveroit le Roy de vouloir accorder
un répit aux six Seigneurs
condamnez; il y eût
surce sujet de grands débats
& plusieurs beaux discours
faitspour contre;mais enfin
par la pluralité de dix voix
l'affirmative l'emporta, & on
résolut de presencer uneAdresseau
Roy pour cela. Ensuite
le Lord Stanford proposas'il
: ne seroit pas à propos de limiter
le temps, que le Roy devoit
accorder à ces criminels
dans cette adresse ,& ledébat
recommença ; d'un cossé on
soûtenoit qu'on ne devoit pas
limiter le temps; mais qu'il falloit
laissercela à la volonté du
Roy & les autres soutenoient
qu'il falloit le limiterparer que
le Roy pourroit accorder un
telrépit,que ICI jugementcontrecescriminels
ne feroit pas
executé. Enfin il sur résolu
que le temps seroit limité pour
un mois Le Roy pre":
voyant que dans le Conseil &
le Parlement,les opinions sont
partagées sur la question sçavoir
si le Roy est en droit d'accorder
grace aux six Seigneurs
condamnez, S. M. aremis
cetrarjàfïauc au ParlêfrVent &
ditàMadama de Dcrw'-e
jvatccr :Madame 9jefuisfâ-
,hé Je re érÁJ
,
uche.Jenaîtreérut, aAcclrkerjjffîl'%{--''VV(oMu$$ -.rlellUn,t..8-.- -- Il est certain que le Prince
de Galles a donné sa voix en
efyeur des Condamnez, & bien
des gens ont cru que cesSeigneurs
ne feroitntpastraitez
àlarigueur.
: Le General Gordon sest
retiré dansles montagnes avec
zooo. hommes d'Infanterie
, 1 & les 500. chevaux qui s'étoientséparez
de ce General
continuoient le long de la
CoLtcA beaucoup des princi
paux rebelles venoient se COLI-C:
mettre.
cosse ne pottoient ricn deremarquable,
sinon que les
Troupes du Royavoient fait
un nombre considerable de
prisonniers sur les Mécontents,
parmi lesquels il yavoit
plusieurs Officiers Irlandois
-, Anglois,& merne quelques
François.
Onmande de Londres du
deux de ce mois, que le pre
mier
,
le Royenvoya ordre
au Gouverneur de la Tour
, de livrer les six Seigneurscondamnez
entre les mains des
Scherifs, qui receurenten même
temps l'ordrede les faire
executer le sept sur la Place
l-,
prés de la Tour, le Régiment
des Gardes Cavalerie
, commandé
par le Duc d'Agyle,
& desdétachementsdes Gardes
à pied, & à cheval devoient
estre fous les armes au lieu de
l'execution pour empêcher la
populace de se soulever. Le
Dirécteur de l'échafaut avoir
déjareceu ordre d'en faire un
sur lequelily eût six billots,
pour couper la tête aux six
Seigneurs en même temps.
Les Lettres de Londres du 6.
ne font mention que des adresses
presentées au Roy & des
remerciements qu'il a fait aux
Chambres, &c. Le 5.les Communcs
lurenr pour la troisiéme
fois le Bill pour punir les mutins,
&c. & M. Pultney, Secretaire
d'Etat fut dépêché
pour le porter aux Seigneurs,
ensuite lesDames Epouses des
Seigneurs condamnezaccompagnées
d'autres Dames du
premier rang, se presenterent
à la Barre avec une Requeste ,
pour Supplier la Chambre de
vouloir interceder auprès du
Roy,& le prier d'accorder à
leurs époux un repir Cette
Requeste ayant esté prise par
un
un Membre pour en faire la le-
Ctute,M.Walpoi proposade
s'ajourner pour quelquesjours;
il fut secondé par pluficurs
Membres qui ne vouloient pas
nonplus entendre parler de ré
pic , disant que cesaffaires ne
passoient pas presentement,&
que laChambre devoit s'ajourner;
mais ceux qui estoient d'opinion
délibercrent, fut cette
Requeste
)
& representerent
¡,'lue cette affaire estoit de si
grandeimportance, qu'elle
meritoit bien l'attention de la
Chambre ; ils proposerent
>
d'ordonner que la Icâurc en
seroit faite pour dekberetfut
ce sujet ;mais contrela premiere
proposition cftok pour
s'ajourner
, jon délibéra sur
cela
, ce qui donna lieu:à-de
grands débats PQl)r& contre ;
mais enfin, à laoplurpluéde
161. voix tt contre^ijj. la
question passa à IJffillnatjve
& la Chambre, s'ajourna la'
huitaine,croyant qu'avant cc
temps-la l'ececution des six
Seigneurs seroit ; faite; mais
,ccsDansesayantprefentéune pareilleRequêteauxSeigneurs,
elle fut receuë, & la lecture
en ayant este faite ,onmit en
,
délibération
,
sçavoir si on
priveroit le Roy de vouloir accorder
un répit aux six Seigneurs
condamnez; il y eût
surce sujet de grands débats
& plusieurs beaux discours
faitspour contre;mais enfin
par la pluralité de dix voix
l'affirmative l'emporta, & on
résolut de presencer uneAdresseau
Roy pour cela. Ensuite
le Lord Stanford proposas'il
: ne seroit pas à propos de limiter
le temps, que le Roy devoit
accorder à ces criminels
dans cette adresse ,& ledébat
recommença ; d'un cossé on
soûtenoit qu'on ne devoit pas
limiter le temps; mais qu'il falloit
laissercela à la volonté du
Roy & les autres soutenoient
qu'il falloit le limiterparer que
le Roy pourroit accorder un
telrépit,que ICI jugementcontrecescriminels
ne feroit pas
executé. Enfin il sur résolu
que le temps seroit limité pour
un mois Le Roy pre":
voyant que dans le Conseil &
le Parlement,les opinions sont
partagées sur la question sçavoir
si le Roy est en droit d'accorder
grace aux six Seigneurs
condamnez, S. M. aremis
cetrarjàfïauc au ParlêfrVent &
ditàMadama de Dcrw'-e
jvatccr :Madame 9jefuisfâ-
,hé Je re érÁJ
,
uche.Jenaîtreérut, aAcclrkerjjffîl'%{--''VV(oMu$$ -.rlellUn,t..8-.- -- Il est certain que le Prince
de Galles a donné sa voix en
efyeur des Condamnez, & bien
des gens ont cru que cesSeigneurs
ne feroitntpastraitez
àlarigueur.
: Le General Gordon sest
retiré dansles montagnes avec
zooo. hommes d'Infanterie
, 1 & les 500. chevaux qui s'étoientséparez
de ce General
continuoient le long de la
CoLtcA beaucoup des princi
paux rebelles venoient se COLI-C:
mettre.
Fermer
1637
p. 150-168
De Londres, [titre d'après la table]
Début :
On mande de Londres du 12. de ce mois qu'on y avoit receu [...]
Mots clefs :
Roi, Seigneurs, Comte, Femme, Gardes, Lettres, Corps, Échafaud, Vie, Derwentwater, Vicomte, Officier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres, [titre d'après la table]
On mande de Londres du iz
de ce mois qu'on y avoit receu
des Lettres de L sbonne du 14.
Février par lesquellesonavoit
appris que le Tribunal de l'Inquisition
s'estantassembléà
Ibora
,
avoit condamné à
mort soixante personnes, dont
la pluspart estoient Juifs, qu'-
on devoit aussi s'assembler en
cette Cour pour juger plusieurs
personnes accusées d'être
heretiques; que le Roy de
Portugal avoit remis le voyage
qu'il avoit rcfolu de faire
au Printemps prochain dans
plusieurs Cours de l'Europe,
a un autre temps; qu on y avoit
aussi reccu avis de Cadix
que le Capitaine Paddon qu'-
on avoit envoyé auprés du
Roy de Maroc pour y negocier
la Pux avec la grande Bretagne,
n'avoit pasréüssi;qu'on
y avoit encore receu avis que
les Bar bares bâtissoient dans
tous leurs Ports, des Vaissteauix
poeur piranter sursles Ch.rê- Ces mêmes Lettres de Londresajoutent
que les Membres
duCollege de Dublin avoient
procedez à l'élection d'un
Chancelier à la place du Duc
d'Ormond qui est en France,
& qu'onavoit mis en sa place
le Prince de Galles; qu'ony
avo receu des Lettres d'E.t
dimbourg du 3. de ce mois,
qui portent qu'on y avoit eu
avis d Yvernesse,que le Marquis
de Huntley & le Lord
Rollo avoient écrit des Lettres
au Comte de Surherland,par
lesquellesilsoff oient de se soûmettre
avec leurs Vassaux à la
clemence du Roy, mais que le
Comte - de Sutherland leur
avoit demandé aussi bien qu'-
u: Comte de Seaford
,
de se
remettre entre ses mains, jusqua
ce qu'il eut receu les ordres
de la Cour , ce qu'ils avoient
rcfufé
,
disant qu'ils
vouloient auparavant estreassurez
de leur pardon, & s'étoient
retirez dans les montagnes
: cependant ils avoient livré
leurs Chasteaux entre les
>
mainsdes Trotipes du Roy,&
avoient congédiezleurs forces
avec ordre de se retirer chez
eux. Le Comte Maréchallavec
la Cavalerie des Mécontents
avoic joint le General ordon
dans les montagnes,ou Il s'étoit
retiré avec les Clans; où
on dit qu'ils fonr plus de trois
mille hommes dans le dcflfeiti
àce qu'oncroit, de fc faite
acheter, comme ils firent du
temps du Roy Guillaume, qui
leur VOIt. accordé unepenfionannucllc
de quatre mille
livres ster lin,pour mettre bas
les armes, mais qu'il y avoit
apparence qu'ils ne riiïflir dienc
pas, la conjoncture presente
des affaires du Roy ne leur
estant pas si favorable qu'elle
Testoit alors, à cause que le
Roy Guillaume estoit obligé
de soûtenirla guerre en Irlande
& en Flandres,ayant besoin
de ses Troupes.
Le Comte de Nottingham
s'estdémis de la Charge de
President duConseil
,
le Comte
de Aylesford son frere
,
de
celle de Chancelier de Lancaftet
, & le Lord Guernsey
son fils,de celle de Garde des
Joyaux de la Couronne. Le
sujet de leur disgrace vient de
ce que ces deux Seigneurs ont
toûjours esté dans le parti des
Torris
, ce qu'ils avoient fait
connoîcre lorsque les Seigneurs
condamnez presenterent
Requeste à laChambre
des Seigneurs pour les prier
d'interceder auprès du Royen
leurfaveur
, en faisantmême
des discours par lesquels ils
prouvèrent qu'il n'y avoir au."
cune Loy qui orac au Roy le
pouvoir de faire grâce à un
criminellors qu'il estoit condamné.
< Le Roy a démis le Lord
Dundonnel de la Charge de
Capitaine de la quatrième
Compagnie des Gardes du
Corps Escossoises, auquel il a
fait donner dix mille livres
sterlin pour lerembourser,
voutant enfaire present au
Comte de Suthcrland pÓUfle
recompenser de ses bons services
contre les Mécontents, &
on dit même qu'il luy a écrit
une Lettre sur ce sujet.
-
Enfin pendant quelques
jours on a esté fort intrigue
pour sçavoir la destinéedes 11x
Seigneurs condamnez;ce ne
fut que Vendredy dernier au
matin qu'on fut informé de
leur fort,qu'un grosdétachement
des Gardes à pied, des
Grenadiers àcheval & des
Compagnies des Gardes du
Corps alla sur la place prés de
JaTQurJ où l'échaffaut eftoic;
dresse
, pour assistier à l'execution
du Comte de Derwcentwatter,
du Vicomte de Kenmure,
&du Comte Nitsdale.
Ce Détachement forma trois
cercles à l'entour de Péchafaud
; le premier estoit des
Gar desà pied, le second des
Gar des du Corps,& letroisiéme
dei Grenadiers à Cheval.
Sur les onze heures on amena
le Comte de Derwentwatter
dans un carrosse à la place de
l'execution , & l'ayant fait
monter, sur, l'échafaud il parla
quelque tems, &ayant leu un
écritete remu entre les mains
du Scherif
, en lue. disantde
prenne bien garde, en le rendanr
public,d'yajouter ou diminuer
quelque chose
, parce
qu'il en avoir donné un templableàune
per sonnedeconfiance,
qui nemanqueroiot pas
de les confronter; & après
avoit eite pendant quelque
tems en priere il se mit luymême
sur le billot, & il fut décapité
au premier coup de hache
que leBourreauluy donna.
Ensuiteonrojrna le Vicomte
de Kenmure qui monta fore
hardiment sur l'échafaud
,
ik
on peut dire deceluy-cy qu'il
mourutavec toute la fermetéduplus
grandHeros.Lorsqutil,
sur sur l'échafaud leSeherifluy
demanda s'il avoit quelque
chpfc-aJitc ajoutant qu'ille
pouvoit faire; mais ceSeigneur
luy répondit avec une grande
fermeté, je ne fuis pas ici pour
parler,nîait pour mourir;il
fut exhortépar deux Minis- !r tres &' parut mourir fort resigné
& fort repentant;il em-î.
brassa plusieurs de ses amis qui
estoient ;sur l'échafaud en leur
disant adieu ; mais particulierement
à un de les fils qu'il
baisa
baisa plusieurs fois *, auquel il
donna de sa main sur l'épaule,
& se mit surle-billotoùle
Bourreau luy emporta la teste
en deux coups de hache, & la
montra aux spectateurs,comme
il avoir fait de celle du
Comte deDerwencwatccr,en
criant voicy la tested'un traître
; mais il ne donna point d'écric
au Scherif. Le troisième
qui devoit estre exécuté estoit leComte de Nithisdale, mais
le soir auparavant Madame sa
femme avec deux autres femmes
qui e stoient allées le voir
dans sa chambre dans la Tour
ayantdescapottes, l'babille
rent en femme, & luy donnerent
une capotte ,
& le firent
sauver entre les sept & huit
heures du soir; les Gardes s'en
apperçûrent quelque- tempsi
après, mais il estoit hors de la
Tour, & les femmes aussi, ex-i
cepté Madame sa femme,quE
dit à l'Officier qu'on pouvoit
faire d'elle ce qu'on voudroit,
l'Officier fit arrester les deux
Gardes qui estoient commis à
la garde du Prisonnier, &envoya
en avertir le Roy, qui
envoya aussitost ordre par un
Officier de doubler les Gardes
de tous les Prisonniers ,& de
les tenir plus serrez;depuison
ne laisse pas entrer dans l'enceinte
de la Tour aucun carrosse,
ni aucune femme avec
des capottes; les trois autres
Seigneurs condamnez ont un
répit , les uns disent jusqu'à
Vendredy
,
& les autres jusqu'au
Mercredy septiéme du
prochain mois.
On a depuis trouvé dans
la poche du Lord Kenmure,
copie d'une Lettre qu'il doit
avoir écrit au Prétendant, par
laquelleilluy marqueentr'autres
chosesqu'iln'estpasfâche
de mourir pour sonservice
mais qu'il auroit souhaités
avantcela dele voir sur le
Tr ône de ses ancesres&le
pried'avoir foin de sa femme,
& desesenfans,&c.
Voici ce que contient en
substance l'écrit que leComte
de Derwentwatter remit sur
l'échafaut aux Scherifs ; que
devant paroistre dans peu de
minutes devant le Tribunal
de Dieu, il demandoit pardon
de tous ses péchez & esperoit
d'y trouver grace; il demandoit
pardon àtousceuxqu'il
avoit pû scandaliser , en Ce
consessant coupable dans son
jugement, ce qu'il n'avoit
fait qu'à la persuasion de certaines
personnes;mais qu'il
reconnoissoit qu'il avoit en
cela violé sa fidélité
,
n'ayant
jamais reconnu d'autre Roy
légitime que le Roy Jacques
HT. qu'ilavoir esté dés son
enfance d'inclination à le
servir ,y estant porté par un
amour naturel pour sa per sonne
,
le connoissant capable de
rendre son Peuple heureux &
y estant obligé par les Loix divines
& humaines;qu'on luy
avoir proposé des moyens de
sauver sa vie ,
mais qu'il les
avoit rejetté comme incompatiblesà
l'honneur&à la conscience,
preferant de mourir de
toutes fortes demorts,plûtôt
que de faire une action lâche
& indigne, qu'il auroit souhaité
que la perte de sa vie eût
pû contribuer au service de
son Roy & de sa Patrie,& au
rétablissement de l'ancienne&
fondamentale Constitution de
ses Royaumes,sans quoy ils
ne pourront jamais avoir de.
paix durable & de veritable
bonheur; qu'il prioit Dietf
d'accorder ce bonheur à sa
chere Patrie, & d'accepter sa
vie comme un sacrifice qu'il
luy en faisoir
,
qu'il mouroit
Catholique Romain, pardonnant
même à ceux du Gouvcrnement
presenrquiavoient le
plus contribué à samo rt.
!
Etparapostille.
Que si le Prince qui gouverne
aujourd'huy ,luy avoit
donné la vie, il se seroit -cru
obligé dene jamais plus prendre
les armes contre luy.
Les corps deces Seigneurs
ont esté embaumez ,celuy du
Comte de Derwentwatter est
party pour d'imon dans laProvince
de Northumberland
pour y estre inhumé dans le
Tombeau de ses Anc-cflrcse&
celuy du Vicomte de Kenmure
cft aussiparty pour l'Ecosse
de ce mois qu'on y avoit receu
des Lettres de L sbonne du 14.
Février par lesquellesonavoit
appris que le Tribunal de l'Inquisition
s'estantassembléà
Ibora
,
avoit condamné à
mort soixante personnes, dont
la pluspart estoient Juifs, qu'-
on devoit aussi s'assembler en
cette Cour pour juger plusieurs
personnes accusées d'être
heretiques; que le Roy de
Portugal avoit remis le voyage
qu'il avoit rcfolu de faire
au Printemps prochain dans
plusieurs Cours de l'Europe,
a un autre temps; qu on y avoit
aussi reccu avis de Cadix
que le Capitaine Paddon qu'-
on avoit envoyé auprés du
Roy de Maroc pour y negocier
la Pux avec la grande Bretagne,
n'avoit pasréüssi;qu'on
y avoit encore receu avis que
les Bar bares bâtissoient dans
tous leurs Ports, des Vaissteauix
poeur piranter sursles Ch.rê- Ces mêmes Lettres de Londresajoutent
que les Membres
duCollege de Dublin avoient
procedez à l'élection d'un
Chancelier à la place du Duc
d'Ormond qui est en France,
& qu'onavoit mis en sa place
le Prince de Galles; qu'ony
avo receu des Lettres d'E.t
dimbourg du 3. de ce mois,
qui portent qu'on y avoit eu
avis d Yvernesse,que le Marquis
de Huntley & le Lord
Rollo avoient écrit des Lettres
au Comte de Surherland,par
lesquellesilsoff oient de se soûmettre
avec leurs Vassaux à la
clemence du Roy, mais que le
Comte - de Sutherland leur
avoit demandé aussi bien qu'-
u: Comte de Seaford
,
de se
remettre entre ses mains, jusqua
ce qu'il eut receu les ordres
de la Cour , ce qu'ils avoient
rcfufé
,
disant qu'ils
vouloient auparavant estreassurez
de leur pardon, & s'étoient
retirez dans les montagnes
: cependant ils avoient livré
leurs Chasteaux entre les
>
mainsdes Trotipes du Roy,&
avoient congédiezleurs forces
avec ordre de se retirer chez
eux. Le Comte Maréchallavec
la Cavalerie des Mécontents
avoic joint le General ordon
dans les montagnes,ou Il s'étoit
retiré avec les Clans; où
on dit qu'ils fonr plus de trois
mille hommes dans le dcflfeiti
àce qu'oncroit, de fc faite
acheter, comme ils firent du
temps du Roy Guillaume, qui
leur VOIt. accordé unepenfionannucllc
de quatre mille
livres ster lin,pour mettre bas
les armes, mais qu'il y avoit
apparence qu'ils ne riiïflir dienc
pas, la conjoncture presente
des affaires du Roy ne leur
estant pas si favorable qu'elle
Testoit alors, à cause que le
Roy Guillaume estoit obligé
de soûtenirla guerre en Irlande
& en Flandres,ayant besoin
de ses Troupes.
Le Comte de Nottingham
s'estdémis de la Charge de
President duConseil
,
le Comte
de Aylesford son frere
,
de
celle de Chancelier de Lancaftet
, & le Lord Guernsey
son fils,de celle de Garde des
Joyaux de la Couronne. Le
sujet de leur disgrace vient de
ce que ces deux Seigneurs ont
toûjours esté dans le parti des
Torris
, ce qu'ils avoient fait
connoîcre lorsque les Seigneurs
condamnez presenterent
Requeste à laChambre
des Seigneurs pour les prier
d'interceder auprès du Royen
leurfaveur
, en faisantmême
des discours par lesquels ils
prouvèrent qu'il n'y avoir au."
cune Loy qui orac au Roy le
pouvoir de faire grâce à un
criminellors qu'il estoit condamné.
< Le Roy a démis le Lord
Dundonnel de la Charge de
Capitaine de la quatrième
Compagnie des Gardes du
Corps Escossoises, auquel il a
fait donner dix mille livres
sterlin pour lerembourser,
voutant enfaire present au
Comte de Suthcrland pÓUfle
recompenser de ses bons services
contre les Mécontents, &
on dit même qu'il luy a écrit
une Lettre sur ce sujet.
-
Enfin pendant quelques
jours on a esté fort intrigue
pour sçavoir la destinéedes 11x
Seigneurs condamnez;ce ne
fut que Vendredy dernier au
matin qu'on fut informé de
leur fort,qu'un grosdétachement
des Gardes à pied, des
Grenadiers àcheval & des
Compagnies des Gardes du
Corps alla sur la place prés de
JaTQurJ où l'échaffaut eftoic;
dresse
, pour assistier à l'execution
du Comte de Derwcentwatter,
du Vicomte de Kenmure,
&du Comte Nitsdale.
Ce Détachement forma trois
cercles à l'entour de Péchafaud
; le premier estoit des
Gar desà pied, le second des
Gar des du Corps,& letroisiéme
dei Grenadiers à Cheval.
Sur les onze heures on amena
le Comte de Derwentwatter
dans un carrosse à la place de
l'execution , & l'ayant fait
monter, sur, l'échafaud il parla
quelque tems, &ayant leu un
écritete remu entre les mains
du Scherif
, en lue. disantde
prenne bien garde, en le rendanr
public,d'yajouter ou diminuer
quelque chose
, parce
qu'il en avoir donné un templableàune
per sonnedeconfiance,
qui nemanqueroiot pas
de les confronter; & après
avoit eite pendant quelque
tems en priere il se mit luymême
sur le billot, & il fut décapité
au premier coup de hache
que leBourreauluy donna.
Ensuiteonrojrna le Vicomte
de Kenmure qui monta fore
hardiment sur l'échafaud
,
ik
on peut dire deceluy-cy qu'il
mourutavec toute la fermetéduplus
grandHeros.Lorsqutil,
sur sur l'échafaud leSeherifluy
demanda s'il avoit quelque
chpfc-aJitc ajoutant qu'ille
pouvoit faire; mais ceSeigneur
luy répondit avec une grande
fermeté, je ne fuis pas ici pour
parler,nîait pour mourir;il
fut exhortépar deux Minis- !r tres &' parut mourir fort resigné
& fort repentant;il em-î.
brassa plusieurs de ses amis qui
estoient ;sur l'échafaud en leur
disant adieu ; mais particulierement
à un de les fils qu'il
baisa
baisa plusieurs fois *, auquel il
donna de sa main sur l'épaule,
& se mit surle-billotoùle
Bourreau luy emporta la teste
en deux coups de hache, & la
montra aux spectateurs,comme
il avoir fait de celle du
Comte deDerwencwatccr,en
criant voicy la tested'un traître
; mais il ne donna point d'écric
au Scherif. Le troisième
qui devoit estre exécuté estoit leComte de Nithisdale, mais
le soir auparavant Madame sa
femme avec deux autres femmes
qui e stoient allées le voir
dans sa chambre dans la Tour
ayantdescapottes, l'babille
rent en femme, & luy donnerent
une capotte ,
& le firent
sauver entre les sept & huit
heures du soir; les Gardes s'en
apperçûrent quelque- tempsi
après, mais il estoit hors de la
Tour, & les femmes aussi, ex-i
cepté Madame sa femme,quE
dit à l'Officier qu'on pouvoit
faire d'elle ce qu'on voudroit,
l'Officier fit arrester les deux
Gardes qui estoient commis à
la garde du Prisonnier, &envoya
en avertir le Roy, qui
envoya aussitost ordre par un
Officier de doubler les Gardes
de tous les Prisonniers ,& de
les tenir plus serrez;depuison
ne laisse pas entrer dans l'enceinte
de la Tour aucun carrosse,
ni aucune femme avec
des capottes; les trois autres
Seigneurs condamnez ont un
répit , les uns disent jusqu'à
Vendredy
,
& les autres jusqu'au
Mercredy septiéme du
prochain mois.
On a depuis trouvé dans
la poche du Lord Kenmure,
copie d'une Lettre qu'il doit
avoir écrit au Prétendant, par
laquelleilluy marqueentr'autres
chosesqu'iln'estpasfâche
de mourir pour sonservice
mais qu'il auroit souhaités
avantcela dele voir sur le
Tr ône de ses ancesres&le
pried'avoir foin de sa femme,
& desesenfans,&c.
Voici ce que contient en
substance l'écrit que leComte
de Derwentwatter remit sur
l'échafaut aux Scherifs ; que
devant paroistre dans peu de
minutes devant le Tribunal
de Dieu, il demandoit pardon
de tous ses péchez & esperoit
d'y trouver grace; il demandoit
pardon àtousceuxqu'il
avoit pû scandaliser , en Ce
consessant coupable dans son
jugement, ce qu'il n'avoit
fait qu'à la persuasion de certaines
personnes;mais qu'il
reconnoissoit qu'il avoit en
cela violé sa fidélité
,
n'ayant
jamais reconnu d'autre Roy
légitime que le Roy Jacques
HT. qu'ilavoir esté dés son
enfance d'inclination à le
servir ,y estant porté par un
amour naturel pour sa per sonne
,
le connoissant capable de
rendre son Peuple heureux &
y estant obligé par les Loix divines
& humaines;qu'on luy
avoir proposé des moyens de
sauver sa vie ,
mais qu'il les
avoit rejetté comme incompatiblesà
l'honneur&à la conscience,
preferant de mourir de
toutes fortes demorts,plûtôt
que de faire une action lâche
& indigne, qu'il auroit souhaité
que la perte de sa vie eût
pû contribuer au service de
son Roy & de sa Patrie,& au
rétablissement de l'ancienne&
fondamentale Constitution de
ses Royaumes,sans quoy ils
ne pourront jamais avoir de.
paix durable & de veritable
bonheur; qu'il prioit Dietf
d'accorder ce bonheur à sa
chere Patrie, & d'accepter sa
vie comme un sacrifice qu'il
luy en faisoir
,
qu'il mouroit
Catholique Romain, pardonnant
même à ceux du Gouvcrnement
presenrquiavoient le
plus contribué à samo rt.
!
Etparapostille.
Que si le Prince qui gouverne
aujourd'huy ,luy avoit
donné la vie, il se seroit -cru
obligé dene jamais plus prendre
les armes contre luy.
Les corps deces Seigneurs
ont esté embaumez ,celuy du
Comte de Derwentwatter est
party pour d'imon dans laProvince
de Northumberland
pour y estre inhumé dans le
Tombeau de ses Anc-cflrcse&
celuy du Vicomte de Kenmure
cft aussiparty pour l'Ecosse
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1638
p. 168-169
De Strasbourg, [titre d'après la table]
Début :
On mande de Strasbourg du 27. du passé qu'on y avoit [...]
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texteReconnaissance textuelle : De Strasbourg, [titre d'après la table]
On mande de Strasbourg
du 27. du passé qu'on y avoit
arrêté plusieurs Particuliersde
cette Ville, pour avoir,contreles
deffenses, fait passer de
l'argent deFrance dans lesEtats
d'Allemagne, & que la Revûë
des Troupes qui sont dans cette
Province, étoit fixée au 20.
de ce mois.
Le neuf on y asaisi deux
, caisses
caisses qui passoient dans l'Empire,
remplies de loüis d'or au
coin de France;ces caisses estoient
dans des balots de laine,
& on ne les a arrestéesquepar
soupçon.
du 27. du passé qu'on y avoit
arrêté plusieurs Particuliersde
cette Ville, pour avoir,contreles
deffenses, fait passer de
l'argent deFrance dans lesEtats
d'Allemagne, & que la Revûë
des Troupes qui sont dans cette
Province, étoit fixée au 20.
de ce mois.
Le neuf on y asaisi deux
, caisses
caisses qui passoient dans l'Empire,
remplies de loüis d'or au
coin de France;ces caisses estoient
dans des balots de laine,
& on ne les a arrestéesquepar
soupçon.
Fermer
1639
p. 169-170
De Genes, [titre d'après la table]
Début :
Les dernieres Lettres de Genes portent, que le Senat s'assemble [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Genes, [titre d'après la table]
Les dernieres Lettres de Genes
portent, que le Senats'assemble
presque tous les jours
pour trouver le moïen de donner
satisfaction à l'Empereur,
dont les Troupes qui sont entrées
sur les Terres de la Re-
9publique, vivent à discretion,
& s'avancent vers cette Ville.
On a renforcé les Garnisons
deSavone& de Final
,
sur l'avis
qu'il marchoit desTroupes
Piémontoises dececosté-là.
On recommence à direque
les Cantons SuissesProtestants
fc sont enfin determinez à envoyer
une Députation à la
Cour de France.
portent, que le Senats'assemble
presque tous les jours
pour trouver le moïen de donner
satisfaction à l'Empereur,
dont les Troupes qui sont entrées
sur les Terres de la Re-
9publique, vivent à discretion,
& s'avancent vers cette Ville.
On a renforcé les Garnisons
deSavone& de Final
,
sur l'avis
qu'il marchoit desTroupes
Piémontoises dececosté-là.
On recommence à direque
les Cantons SuissesProtestants
fc sont enfin determinez à envoyer
une Députation à la
Cour de France.
Fermer
1640
p. 170-174
De Paris.
Début :
Le premier Dimanche de Carême, premier jour de ce mois [...]
Mots clefs :
Duchesse, Marquis, Palais, Gardes, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
De Paris.
Le premier Dimanche de
Carême, premier jour de ce
mois, Madame la Duchesse de
Berry se rendit à l'Eglise de S.
Sulpice sa Paroisse à trois heures,
escortée de ses Gardes du
Corps & detoute sa maison.
Vingt. quatre de ses Gardes
s'estoient emparez du Choeur
où ils resterent pendant le Sermon,
Vêpres, & le Salut, ran- -
gez enhaye. Cette Princesse se
flaça au milieu du Choeur,
ayant devant son Prie-Dieu à
sa droite M. l'Abbé de Castres
,
M. 1.Abbl de Rouget,
M. l'AbbédeParthenay,M.
:rAbbé d'Avejan ses Aumôniers.
Derriere son Prie-Dieu
çessoit M. le Marquis de Coëtenfao,
son Chevalier d'honneur
,M le Marquis de la Rochefoucauld
,
son Capitaine
ttks Gardes, M. le Chevalier
d'Hautefort son premier, Ecuyer.
Sur sa droite Madame
la Duchesse de S. Simonsa
Dame d'honneur,MelaMarquise
dePonssa Dame d'atour.
Sur sa gauche Me la
ComtessedeClermont,&M
la Marquise de Beauveau, se
Dames du Palais.A l'.cOt,réc.
sortie de cette Princesse les si
fres & tambours de (es Cent-
Suisses battirent au champ.
Le il* de ce mois M. le Marquis
de Montsoreau accompagne
de M. l'Abbé de Sourches
son frere
,
Aumônierdu
Roy & Evêque de Dol
,,
allerent
chez le Roy luy apprendre
la mort de M. le Marquis
deSourches leur pere. Ilsallerent
ensuite au Palais du Lu?
xembourg chez Madame la
Duchesse deBerry
,
& au Palais
Royal chez Madame, chez
Monfiear le Duc & chez Madame
la Duchesse d'Orléans.
Le mêmejourl'Envoyé Extraordinaire
de Parme eut Audiance
de congé du Roy,de
Madame la Duchesse de Berry,
de Madame
)
de Monsieur le
Duc & de Madame la Duchesse-
d'Orleans.
Le 12.Madame la Duchcfse
deBerry sortit de sonPalais
de Luxembourgà neuf heure
du matin pouraller à laChasse,
accompagnée desPrincesses&
Dames de la Cour, toutes vé
tues en Amazones.
Le premier Dimanche de
Carême, premier jour de ce
mois, Madame la Duchesse de
Berry se rendit à l'Eglise de S.
Sulpice sa Paroisse à trois heures,
escortée de ses Gardes du
Corps & detoute sa maison.
Vingt. quatre de ses Gardes
s'estoient emparez du Choeur
où ils resterent pendant le Sermon,
Vêpres, & le Salut, ran- -
gez enhaye. Cette Princesse se
flaça au milieu du Choeur,
ayant devant son Prie-Dieu à
sa droite M. l'Abbé de Castres
,
M. 1.Abbl de Rouget,
M. l'AbbédeParthenay,M.
:rAbbé d'Avejan ses Aumôniers.
Derriere son Prie-Dieu
çessoit M. le Marquis de Coëtenfao,
son Chevalier d'honneur
,M le Marquis de la Rochefoucauld
,
son Capitaine
ttks Gardes, M. le Chevalier
d'Hautefort son premier, Ecuyer.
Sur sa droite Madame
la Duchesse de S. Simonsa
Dame d'honneur,MelaMarquise
dePonssa Dame d'atour.
Sur sa gauche Me la
ComtessedeClermont,&M
la Marquise de Beauveau, se
Dames du Palais.A l'.cOt,réc.
sortie de cette Princesse les si
fres & tambours de (es Cent-
Suisses battirent au champ.
Le il* de ce mois M. le Marquis
de Montsoreau accompagne
de M. l'Abbé de Sourches
son frere
,
Aumônierdu
Roy & Evêque de Dol
,,
allerent
chez le Roy luy apprendre
la mort de M. le Marquis
deSourches leur pere. Ilsallerent
ensuite au Palais du Lu?
xembourg chez Madame la
Duchesse deBerry
,
& au Palais
Royal chez Madame, chez
Monfiear le Duc & chez Madame
la Duchesse d'Orléans.
Le mêmejourl'Envoyé Extraordinaire
de Parme eut Audiance
de congé du Roy,de
Madame la Duchesse de Berry,
de Madame
)
de Monsieur le
Duc & de Madame la Duchesse-
d'Orleans.
Le 12.Madame la Duchcfse
deBerry sortit de sonPalais
de Luxembourgà neuf heure
du matin pouraller à laChasse,
accompagnée desPrincesses&
Dames de la Cour, toutes vé
tues en Amazones.
Fermer
1641
p. 174-179
Dons du Roy, [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné l'Evêché de Troyes à M. l'Abbé Bossuet, [...]
Mots clefs :
Roi, Cérémonies, Marquis, Abbé, Gardes du corps
1642
p. 138-153
Récapitulation generale des évenemens les plus remarquables de l'année 1716.
Début :
J'ai crû qu'il ne seroit point hors de propos de / I. Dans la situation où se trouvoient les affaires au commencement de [...]
Mots clefs :
Paix, Désordres, Pologne, Porte ottomane, Guerre, Hongrie, Campagne militaire, Victoire, Angleterre, France, Alliance, Revenus de l'État, Prince régent, Louis XV, Tsar, Traité, Naissance, Cour impériale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Récapitulation generale des évenemens les plus remarquables de l'année 1716.
J'ai crû qu'il ne feroit point
hors de propos de préfenter
ici un Tableau general des évemens
les plus importans arrivés
dans l'année derniere 1716. Je
l'ai tiré en partie du Suplément
de la Gazette d'Amfterdam , perfuadé
qu'il étoit difficile de pouvoir
en donner un plus fidel
crayon.
MERCURE. 139
Recapitulation generale des évenemens
les plus remarquables
de l'année 1716 .
D
I.
Ans la fituation où fe trouvoient
les affaires au commencement
de l'année derniere ,
il étoit bien difficile de prévoir
qu'elles en feroient les fuites
& de porter un jugement certain
parmi tant de changements qui
arrivoient tous les jours . La Paix
dont plufieurs Etats commençoient
à jouir , ne paroiffoit pas
encore bien affermie , & les laiffoit
dans l'embarras de remedier
1
140 LE NOUVEAU
à tant de maux , & de défordres
caufez par une fi longue guerre .
Celle du Nord , bien loin de finir
, fembloit prendre de nouvelles
forces , depuis le retour
du Roy de Suede dans fes Etats ,
où ce Prince toujours le même,
nonobftant toutes les difgraces,
fe propofoit de recouvrer les
Provinces qu'il avoit perduës .
Les troubles augmentoient auffi
en Pologne , à mesure que l'on
travailloità les pacifier ; & même
on en étoit venu à diverfes
hoftilitez .
Tout cela faifoit craindre de
fâcheufes influences de la partde
la Porte Ottomane , qui ne
cherchoit qu'à profiter de ces
divifions ; & qui , fière de fes
MERCURE. 141
conquêtes dans la Morée , nefe
de porter
flattoit pas moins que
la terreur en Italie , d'envahit
en même- tems la Hongrie
& les autres Provinces võifines ,
afin de couper tout fecours aux
Venitiens. L'Empereur de foncô
té voyoit bienlagrandeurdu peril
, & la neceffité indifpenfable
de fecourir promptement fes
Alliez Mais il fortoit d'une
guerre qui l'avoit mis prefque
hors d'état d'en entreprendre
une nouvelle ; & il Y avõit peu
d'apparence qu'il pût être fecouru
affez toft pour ſe charger
d'un fi pefant fardeau , dans un
tems ou toutes fes Provinces
Hereditaires , & l'Empire même
avoient befoin de foulagement
142 LE NOUVEAU
& de repos : de forte qu'en confiderant
toutes ces difpofitions ,
on voyoit par tout beaucoup
plus de fujet de craindre que
d'efperer.
I I.
On a donc été agréablement
furpris , de voir les affaires
changer fitôt de face , & prendre
de tous côtés un train de redreffement,
qui donne de fifavorables
efpérances pour l'avenir .
Pour commencer par la Hongrie,
on a admiré que l'Empereur
ait pû oppofer à tems de forces
capables de faire tête à cellesdes
en nemis , compofées de l'élite de
leurs Troupes, qui étoient fi fort
fuperieures en nombre aux
MERCUR . 143
1
troupes
Impérialles
. Il eſt vrai
celles-ci étoient
comman- que
dées par le Prince Eugene de
Savoye Mais il faut avoüer
ne s'attendoit
qu'on
pas
que ce General
, quelque
haute
opinion
qu'on cut de fa conduite
, pourroit
mander
fitôt
(& de l'attente
- même du Grand
Vizir ) l'entiere
défaite
de l'Armée
Ottomae
, prés de Peter-
Varadin
& d'une manierefi
com
pléte , qu'il n'a pas été poffible
auTurc defe rétablir
da refte de
la Campagne
. Cette
fameule
Victoire
fuivie de la conquétede
.
l'importante
Place deTemifvvar
& de plufieurs
autres
avantages
, a non feulement
délivré
Ja Hongrie , la Tranfilvanie
144 LE NOVEAUU
& les autres Provinces voifi.
nes , mais elle a porté la terreur
dans l'EmpireOttoman , & l'a ré,
duit àfontour àfouhaiter la paix:
Elle a relevé l'honneur des Armes
Chrêtiennes , & contribuć
par cette diverfion au foulagement
de la Dalmatie , à la retraite
précipitée de la flote Ottomane
, & à la levée du mémotable
Siége de Corfou , où le
Maréchal de Schulembourg a fibien
mérité par fa belle deffenfe ,
les honneurs qui lui ont été
décernez par le Sénat de Venife .
La République a commencé à
reprendre divers autres poftes ;
& elle fe voit en état de pouffer
heureufement fes progrés la
Campagne prochaine , par le fecours
MERCURE. 145
cours des forces auxiliaires d'Efpagne
, de Portugal , & des autres
Puiffances , qui fe trouvent
à la portée d'ouvrir la Campagne
de bonheur.
L'Italie le voit en même tems
délivrée de crainte , auffi bien
que la Pologne , où l'efprit de
pacification femble avoir repris
entierement le deffus : Et enfia
il y a lieu d'efperer que les
mefures que tant de grands
Princes prennent de concert ,
pour rétablir la paix du Nord,
produiront enfin leur effet pour
le bien de tous les Etats qui y
font interreffez , & pour le repos
de tant de peuples , qui fouffrent
depuis filong tems.
146 MERCURE
.
III.
L'Angleterre aprés avoir été
agitée violemment par deux Partis
oppofés , jouit à préfent d'un
calme , qui par les précautions
qu'elle a prifes , doit être du
rable. La nouvelle confédération
qu'elle vient de former avec
la France fur les fondements
folides d'une mutuelle confiance
, femble devoir en repondre .
Par cette Alliance , les deux
Royaumes ne fe trouvans plus ,
pour ainfi dire, en oppofition, comme
ci - devant : mais pûtôt en
conjonction ; l'un & l'autre Peuple
ne s'occupera à l'avenir qu'à
travailler l'envy à leur commune
confervation
MERCURE. 147
IV.
A l'égard de la France , quand
on confidere l'état où l'avoit réduit
la derniere Guerre , les dettes
immenfes contractées , les
Domaines de la Couronne alićnez
, les revenus de l'Etat prefque'anéantis
par une infinité de
Charges ; les Impofitions ordinaires
confommées par avance,
& les peuples épuifez ; on ne
peut s'empêcher de reconnoître
le bonheur du Royaume , d'a
voir trouvé un Prince Régent
pendant la Minorité du Nouveau
Roy , cap ble de foûtenig
un poids fi accablant , de dé
O ij
148 LE NOUVEAU
brouiller ce Cahos , & de s'ouvrir
une route fûre , pour procurer
enfin le foulagement des
Peuples , pour rétablir l'abondance
dans le Royaume , pour
pacifier les troubles de l'Eglife ,
& pour affermir la Paix au dedans
& au dehors . S. A. Royale
y a déja travaillé avec tant de
fuccés , & on eft fi perfuadé
que toutes ſes maximes tendent
à ce but , qu'on en peut efperer
qu'une très heureuſe iffuë ,
V.
L'Arrivée du Czar dans les
Provinces Unies , eft un évenement
des plus remarquables de
l'année derniere , & d'un bon
MERCURE . 149
augure pour l'avancement de la
Paix du Nord. La defcente en
Scanie , n'ayant pu avoir lieu au
temps marqué , à caufe de divers
contre- temps furvenus , &
ayant été renvoyée au Printems
prochain , Sa Majesté Czarienne
enfuite de quelques conferences
avec le Roy de Danemark
s'étoit renduë de Copenhague à
Havelberg, pour conferer avec
le Roi de Pruffe , aprés avoir
fait marcher fes Troupes dans le
Metklebourg , & fa Cavalerie en
Pologne , pour être à portée de
paffer au Printemps en Danemark.
En attendant , S M. eft
venue faire un tour en Hollande ,
ayant voulu revoir encore un
Pais pour lequel elle a toûjours
150 LEN OUVEAU
confervé beaucoup d'affection ,
depuis le voyage qu'elle y fie
en 1697. On efpere que le féjour
que S. M. y fera , ne fera pas
infructueux pour la Paix du
Nord : & que l'entre- vûë qu'elle
fe propofe d'avoir avec le Roi
de la Grande Bretagne , contribu
ra à faciliter l'execution
d'un fi bon deffein , pour lequel
leurs Majeftez ont une forte inclination.
Au refte , on ne peut
affez admirer l'attention de S.M.
Czarienne , à remarquer ce qu'il
ya de plus curieux dans les
Arts & les Sciences , & fon ap
plication à tout ce qui peut contribuer
à perf &tionner fes Sujets ,
àfon exemple , dans les connoiffances
utiles , outre toutes les
MERCURE. 15
autres grandes chofes qu'elle a
faites , & qui la font regarder
comme le Fondateur & le Legiflateur
d'un nouvel Empire .
le
On ne peut paffer fous filence
le Traité d'Alliance qui fut figné
4. de Janvier entre la France
& leurs Hautes- Puiffances , conjointement
avec 1 Angleterre
quoiqu'il anticipe fur l'année
1717. Ces Puiffances voisines
vont devenir en quelque maniere
le même Peuple : l'interêt
commun de fe maintenir dans
P'état tranquille dont ellesjoüiffent
par la Paix , fera un lien
puiffant, qui les tiendra unis in-
Téparablement.
152 LE NOUVEAU
VI.
ainf L'année derniere
que les précédentes , a fourni
diversexemples , qui remet
tent devant les yeux la fragilité,
& la viciffitude des chofes
humaines . Tel eft celui de
la naiſſance du Séréniffime Archiduc
, qui aprés avoir été un
fi grand fujet de joie pour la
Cour Imperiale , a été fi tốt
changé en un fujer de deuil , par
la mort de ce jeune Prince ; fans
néanmoins qu'il ait éteint les
efperances que l'on avoit conçûës
, puifqu'on a la confolation
de
MERCURE
.
153
de les voir renaître par l'heureufegroffeffe
de l'Imperatrice
.
hors de propos de préfenter
ici un Tableau general des évemens
les plus importans arrivés
dans l'année derniere 1716. Je
l'ai tiré en partie du Suplément
de la Gazette d'Amfterdam , perfuadé
qu'il étoit difficile de pouvoir
en donner un plus fidel
crayon.
MERCURE. 139
Recapitulation generale des évenemens
les plus remarquables
de l'année 1716 .
D
I.
Ans la fituation où fe trouvoient
les affaires au commencement
de l'année derniere ,
il étoit bien difficile de prévoir
qu'elles en feroient les fuites
& de porter un jugement certain
parmi tant de changements qui
arrivoient tous les jours . La Paix
dont plufieurs Etats commençoient
à jouir , ne paroiffoit pas
encore bien affermie , & les laiffoit
dans l'embarras de remedier
1
140 LE NOUVEAU
à tant de maux , & de défordres
caufez par une fi longue guerre .
Celle du Nord , bien loin de finir
, fembloit prendre de nouvelles
forces , depuis le retour
du Roy de Suede dans fes Etats ,
où ce Prince toujours le même,
nonobftant toutes les difgraces,
fe propofoit de recouvrer les
Provinces qu'il avoit perduës .
Les troubles augmentoient auffi
en Pologne , à mesure que l'on
travailloità les pacifier ; & même
on en étoit venu à diverfes
hoftilitez .
Tout cela faifoit craindre de
fâcheufes influences de la partde
la Porte Ottomane , qui ne
cherchoit qu'à profiter de ces
divifions ; & qui , fière de fes
MERCURE. 141
conquêtes dans la Morée , nefe
de porter
flattoit pas moins que
la terreur en Italie , d'envahit
en même- tems la Hongrie
& les autres Provinces võifines ,
afin de couper tout fecours aux
Venitiens. L'Empereur de foncô
té voyoit bienlagrandeurdu peril
, & la neceffité indifpenfable
de fecourir promptement fes
Alliez Mais il fortoit d'une
guerre qui l'avoit mis prefque
hors d'état d'en entreprendre
une nouvelle ; & il Y avõit peu
d'apparence qu'il pût être fecouru
affez toft pour ſe charger
d'un fi pefant fardeau , dans un
tems ou toutes fes Provinces
Hereditaires , & l'Empire même
avoient befoin de foulagement
142 LE NOUVEAU
& de repos : de forte qu'en confiderant
toutes ces difpofitions ,
on voyoit par tout beaucoup
plus de fujet de craindre que
d'efperer.
I I.
On a donc été agréablement
furpris , de voir les affaires
changer fitôt de face , & prendre
de tous côtés un train de redreffement,
qui donne de fifavorables
efpérances pour l'avenir .
Pour commencer par la Hongrie,
on a admiré que l'Empereur
ait pû oppofer à tems de forces
capables de faire tête à cellesdes
en nemis , compofées de l'élite de
leurs Troupes, qui étoient fi fort
fuperieures en nombre aux
MERCUR . 143
1
troupes
Impérialles
. Il eſt vrai
celles-ci étoient
comman- que
dées par le Prince Eugene de
Savoye Mais il faut avoüer
ne s'attendoit
qu'on
pas
que ce General
, quelque
haute
opinion
qu'on cut de fa conduite
, pourroit
mander
fitôt
(& de l'attente
- même du Grand
Vizir ) l'entiere
défaite
de l'Armée
Ottomae
, prés de Peter-
Varadin
& d'une manierefi
com
pléte , qu'il n'a pas été poffible
auTurc defe rétablir
da refte de
la Campagne
. Cette
fameule
Victoire
fuivie de la conquétede
.
l'importante
Place deTemifvvar
& de plufieurs
autres
avantages
, a non feulement
délivré
Ja Hongrie , la Tranfilvanie
144 LE NOVEAUU
& les autres Provinces voifi.
nes , mais elle a porté la terreur
dans l'EmpireOttoman , & l'a ré,
duit àfontour àfouhaiter la paix:
Elle a relevé l'honneur des Armes
Chrêtiennes , & contribuć
par cette diverfion au foulagement
de la Dalmatie , à la retraite
précipitée de la flote Ottomane
, & à la levée du mémotable
Siége de Corfou , où le
Maréchal de Schulembourg a fibien
mérité par fa belle deffenfe ,
les honneurs qui lui ont été
décernez par le Sénat de Venife .
La République a commencé à
reprendre divers autres poftes ;
& elle fe voit en état de pouffer
heureufement fes progrés la
Campagne prochaine , par le fecours
MERCURE. 145
cours des forces auxiliaires d'Efpagne
, de Portugal , & des autres
Puiffances , qui fe trouvent
à la portée d'ouvrir la Campagne
de bonheur.
L'Italie le voit en même tems
délivrée de crainte , auffi bien
que la Pologne , où l'efprit de
pacification femble avoir repris
entierement le deffus : Et enfia
il y a lieu d'efperer que les
mefures que tant de grands
Princes prennent de concert ,
pour rétablir la paix du Nord,
produiront enfin leur effet pour
le bien de tous les Etats qui y
font interreffez , & pour le repos
de tant de peuples , qui fouffrent
depuis filong tems.
146 MERCURE
.
III.
L'Angleterre aprés avoir été
agitée violemment par deux Partis
oppofés , jouit à préfent d'un
calme , qui par les précautions
qu'elle a prifes , doit être du
rable. La nouvelle confédération
qu'elle vient de former avec
la France fur les fondements
folides d'une mutuelle confiance
, femble devoir en repondre .
Par cette Alliance , les deux
Royaumes ne fe trouvans plus ,
pour ainfi dire, en oppofition, comme
ci - devant : mais pûtôt en
conjonction ; l'un & l'autre Peuple
ne s'occupera à l'avenir qu'à
travailler l'envy à leur commune
confervation
MERCURE. 147
IV.
A l'égard de la France , quand
on confidere l'état où l'avoit réduit
la derniere Guerre , les dettes
immenfes contractées , les
Domaines de la Couronne alićnez
, les revenus de l'Etat prefque'anéantis
par une infinité de
Charges ; les Impofitions ordinaires
confommées par avance,
& les peuples épuifez ; on ne
peut s'empêcher de reconnoître
le bonheur du Royaume , d'a
voir trouvé un Prince Régent
pendant la Minorité du Nouveau
Roy , cap ble de foûtenig
un poids fi accablant , de dé
O ij
148 LE NOUVEAU
brouiller ce Cahos , & de s'ouvrir
une route fûre , pour procurer
enfin le foulagement des
Peuples , pour rétablir l'abondance
dans le Royaume , pour
pacifier les troubles de l'Eglife ,
& pour affermir la Paix au dedans
& au dehors . S. A. Royale
y a déja travaillé avec tant de
fuccés , & on eft fi perfuadé
que toutes ſes maximes tendent
à ce but , qu'on en peut efperer
qu'une très heureuſe iffuë ,
V.
L'Arrivée du Czar dans les
Provinces Unies , eft un évenement
des plus remarquables de
l'année derniere , & d'un bon
MERCURE . 149
augure pour l'avancement de la
Paix du Nord. La defcente en
Scanie , n'ayant pu avoir lieu au
temps marqué , à caufe de divers
contre- temps furvenus , &
ayant été renvoyée au Printems
prochain , Sa Majesté Czarienne
enfuite de quelques conferences
avec le Roy de Danemark
s'étoit renduë de Copenhague à
Havelberg, pour conferer avec
le Roi de Pruffe , aprés avoir
fait marcher fes Troupes dans le
Metklebourg , & fa Cavalerie en
Pologne , pour être à portée de
paffer au Printemps en Danemark.
En attendant , S M. eft
venue faire un tour en Hollande ,
ayant voulu revoir encore un
Pais pour lequel elle a toûjours
150 LEN OUVEAU
confervé beaucoup d'affection ,
depuis le voyage qu'elle y fie
en 1697. On efpere que le féjour
que S. M. y fera , ne fera pas
infructueux pour la Paix du
Nord : & que l'entre- vûë qu'elle
fe propofe d'avoir avec le Roi
de la Grande Bretagne , contribu
ra à faciliter l'execution
d'un fi bon deffein , pour lequel
leurs Majeftez ont une forte inclination.
Au refte , on ne peut
affez admirer l'attention de S.M.
Czarienne , à remarquer ce qu'il
ya de plus curieux dans les
Arts & les Sciences , & fon ap
plication à tout ce qui peut contribuer
à perf &tionner fes Sujets ,
àfon exemple , dans les connoiffances
utiles , outre toutes les
MERCURE. 15
autres grandes chofes qu'elle a
faites , & qui la font regarder
comme le Fondateur & le Legiflateur
d'un nouvel Empire .
le
On ne peut paffer fous filence
le Traité d'Alliance qui fut figné
4. de Janvier entre la France
& leurs Hautes- Puiffances , conjointement
avec 1 Angleterre
quoiqu'il anticipe fur l'année
1717. Ces Puiffances voisines
vont devenir en quelque maniere
le même Peuple : l'interêt
commun de fe maintenir dans
P'état tranquille dont ellesjoüiffent
par la Paix , fera un lien
puiffant, qui les tiendra unis in-
Téparablement.
152 LE NOUVEAU
VI.
ainf L'année derniere
que les précédentes , a fourni
diversexemples , qui remet
tent devant les yeux la fragilité,
& la viciffitude des chofes
humaines . Tel eft celui de
la naiſſance du Séréniffime Archiduc
, qui aprés avoir été un
fi grand fujet de joie pour la
Cour Imperiale , a été fi tốt
changé en un fujer de deuil , par
la mort de ce jeune Prince ; fans
néanmoins qu'il ait éteint les
efperances que l'on avoit conçûës
, puifqu'on a la confolation
de
MERCURE
.
153
de les voir renaître par l'heureufegroffeffe
de l'Imperatrice
.
Fermer
1643
p. 153-167
A ARICA. Côte du Perou. Ce 5 Fevrier 1716.
Début :
L'Homme est naturellement né curieux ; il est avide de / M[onsieur], Nous sommes enfin arrivez ici depuïs deux jours ; [...]
Mots clefs :
Pérou, Navigation, Expédition, Nouveau monde, Capitaine, Sauvages, Descriptions physiques, Îles, Colonies, Tour du monde
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A ARICA. Côte du Perou. Ce 5 Fevrier 1716.
L'H
'Homme
eft naturellement
né curieux , il eft avide de
connoître
ce qui fe paffe au- delà
de fa fphere ordinaire
: quand il
ne peut fe tranfporter
lui - même
dans les Régions
les plus éloignées.
Il eft charmé d'être intruit
de ce qui s'y paffe par
quelque voyageur
, ou par quel
que defcription
qui puiffe cone
tenter fon défir ; c'eft ce qui
m'engage
de lui donner la Rela,
tion fuivante
: Elle contient
des
Faits affes finguliers
, pour être
communiquée
au Public ; je la
garantis trés fidéle & tres exacte,
Fanvier 1717 .
P
i54 LE NOUVEAU
4 . A ARICA.
M
Côte du Perou .
Ges Fevrier 17 16.
Nous fommes enfin arrivez
ici depuis deux jours ; ce
n'a pas été fans avoir effuyé
bien des travaux & des périls ,
auxquels on eft expofé pendant !
une navigation de 8 mois . Je
pafferai fous filence une infinité.
de hazards , tous plus terribles
les uns que les autres ; pour ve
nir à celui- ci , dont nous n'écha
MERCURE. 155
.
pâmes que par une efpéce de
miracles ; vous en jugerez par
le récit fuivant .
Après deux mois & demi de
tempête fur le Cap Hoorn , le
4 Avril ayant fait plufieurs ma-
Onoeuvres durant une nuit des
plus facheuſes , tantôt à la Cap
fous l'artimon , & quelquefois
arrivans fous les Fanons de Mifaine
, ne pouvants plus foûtenir
à la mer nous nous trouvâmes
à la pointe du jour à
deux lieues de la Terre de Feu ,
Le jour fe faifant , nous vîmes
l'impoffibilité qu'il y avoit de
doubler aucune pointe de la
terre , par le travers de laquelle
nous étions abîmans par la mer,
& le vent qui nous chargeoint
>
Pij
6 LENOUVEAU
à la côte. Nous jettames nos
canons à la Mer , & le Confeil
affemblé , on réfolut dans cette
extrémité de faire vent en arriere
fur la terre à mats & à
cordes fans voiles : aprés avoir
entrevû une eſpèce d'enfoulement
, remettant pour lors
notre fort à la miféricorde de
Dieu . Nous ne comptions déja 4
plus fur la vie , lorfque dans
une éclaircie qui fe fit , nous
découvrîmes un endroit , où
nous pourrions être à l'abri ;
nous y courumes avec la Mifaine
, nous y trouvâmes bon !
fond , & Y moüillâmes comme
dans un Port de falut. La joye
alors parut autant fur nos vi-
Lages , que l'abatement y étoit
**
MERCURE.
157
peint , une heure auparavant.
Nous y reftâmes quinze jours
par des tems affreux , dégradant
quelquefois d'un endroits
aprés avoir perdu nos ancres
pour aller chercher quelque
autre abri par de nouveaux hazards
. L'entrée de cette Baye
n'a pas plus de deux lieües de
large ; de forte qu'aprés les routes
différentes que nous fîmes
la nuit ; fi nous avions été une
lieue plus de l'avant , où plus
de l'arriere , nous perdions cette
ouverture que nous entrevîmes ,
& nous n'en revenions jamais .
Notre Navire a été le premier
qui ait jamais moüillé ſur cette
côte.
Le Jeudy - Saint , le Capis
Piij
158 LE NOUVEAU
taine & moi defcendîmes à terre
pour la confidérer , & tacher en
même tems de tuer quelque gibier
pour nous régaler , nous
apperçûmes de la fumée dans un
bois au bord de la mer ; ce qui
nous détermina à tourner vers
cet endroit , foupçonnants que
pourrions-nous découvrir quelques
Sauvages . Nous en trouvâmes
en effet , qui nous reçûrent
comme des gens épouventez ,
avec des hurlemens & des cris
terribles . Ils difparurent dans
l'inftant par une fuite précipitée ;
mais quelques moments aprés ,
ils revinrent en plus grand nombre
, & s'approchant de nous
peu à peu , ils
nuds comme
peur. Ils étoie erent d'avoir
"
MERCURE. -
159
eux .
la main , hommes , femmes &
enfants , s'affeyans comme des
finges fur la nége ou fur la glace .
Nous fimes abatre du bois , &
aprés avoir fait grand feu &
bonne garde , nous fimes bientôt
connoiffance avec
Les fignes en cette occafion ,
nous fervirent de truchement .
Notre Capitaine avec quelques
habiles tireurs allerent chaffer ;
pour moi je reftai avec une
vingtaine de nos gens au milieu
de ces Sauvages , que je ne
pouvois trop admirer , comme
de leur côté , ils ne pouvoient
s'abstenir de manier mes habits
& ma barbe. Ils font petits ,
mal faits , fans barbe ni poil
de couleur rougeatre , avec des
>
Piij
160 LE NOUVEAU
cheveux longs & noirs.
Pour les femmes , elles font
encore plus épouventables ;
leurs pendants aux oreilles , au
né & à la lévre inférieure , des
pierres ou coquilles de différentes
couleurs . Pour paroître
plus aimables , elles ont grand
foin de fe peindre le corps d'un
rouge trés éclatant , & le vifage
d'un noir auffi luifant qu'un
Maroquin du Levant. Ces Peuples
fe logent dans des tanieres
moitié dans la terre , & moitić ,
dehors . Ils n'ont que le langage
au- deffus des bêtes , faifant tou→
tes leurs néceffitez en vous para
lant , avec moins de fcrupule
que lorfque nous nous mouchons
. Notre troupe étant reveMERCURE.
` 161
nuë chargée de toutes fortes
de gibiers ; nous nous en fé
parâmes aprés leur avoir laiffé
quelques haches & des coureaux
: Ils nous donnerent en
troc des fléches d'une ftructure
nouvelle , avec des coliers de
differents petits coquillages ,que
je vous deftine à mon retour.
Le Vendredy- Saint ; nous
partîmes de cet endroit que
nous nomâmes la Baye Saint
François du nom de notre Nayire
, aprés y avoir planté une
grande Croix , fur laquelle nous
y gravâmes le nom de notre
Vaiffeau & l'année. 19
Le lendemain nous découvrîmes
quatre ou cinq Ifles jufques
lors inconnuës , auxquelles nous
Piiij
162 LE NOUVEAU
donnâmes le nom de notre Ca
pitaine Enfin aprés avoir extrémement
fouffert , nous arrivâmes
à la Conception du Chily
avec un peu de pain & d'eau ,
étant prefque tous fcorbutiques ,
l'air de la terre & la bonne
nourriture nous eurent bientôt
rétablis . C'eſt affûrement un
des plus beaux , Païs du monde ,
tout y abonde naturellement ,
fans qu'on ait befoin de culture .
Les femmes Espagnoles y
font plus que galantes , on y
joue , on y chaffe & l'on y fait
bonne chere : Enfin aprés quelques
mois de féjour , il nous a
fallu quitter ce canton pour
nous rendre à Arica , d'où je
vous écris , c'eft fans difficulté
MERCURE. 163
f
l'endroit de la côte où il aborde
le plus d'argent , par la proximité
des mines du Potofi , qui
font dans les terres avant ,
d'environ foixante lieuës. On
ne peut s'imaginer un Paifage
plus effroyable ; il femble
que ce n'eft qu'à regret que la
terre donne ce miférable métail ,
dont les pauvres mortels font
fi fort altérez. Aprés qu'on l'a
tiré des mines avec des peines
incroyables. On le tranfporte
à travers des montagnes arides
& feiches , fans eau ni aucune
verdure.
Nous fommes moüillez entre
deux petites montagnes
toutes blanches de fiente d'oiſeaux
: Il y en a une fi grande
164 LE NOUVEAU
quantité , que fort fouvent
ils nous dérobent la clarté du
Soleil . Les Efpagnols s'en fervent
comme d'un excellent fumier
, dont ils en chargent tous
les mois quelques Vaiffeaux
pour le tranfporter à Lima.
Nous formes affiegez d'une
fi prodigieufe quantité de Baleines
,que l'air qu'elles exallent,
joint à l'odeur de cette fiente ,
caufe une infection fi dangereufe
, qu'elle eft mortelle à la
p upart des Etrangers ; nos
François y trouvent prefque
tous , leur cimetiere , & s'il en
meurt dix ailleurs , il en perit
ici deux cents. La terre y tremble
continuellement , & quelquefois
d'une maniere fi terMERCURE.
165
l'on ne fçait où fe rerible
que
fugier
.
Si nous allons à la Chine , &
delà en France par les Indes
Orientales , nous aurons faits à
peu prés le tour du monde ;
je veux dire un cercle fur fa
circonférence ; ce qu'il y a d'extraordinaire
, la route aura toujours
pris de l'Oüeft en allant
comme en revenant.
Il y auroit bien des ſujets de
méditation pour un fçavant
Aftronome . Il y obferveroit des
Etoiles , des Méteors & des Phenoménes
qui changent de climat
en climat : la Lune - même
paroît fujette à des irrégulari
tez extraordinaires .
Nous avons vu pendant fix
16GLE NOUVEAU,
mois deux petits nuages d'étoil
les blanches , qu'on appelle
Magellaniques ; à préfent ils
ont difparus : En échange nous
avons recouvré de nouveaux
aftres , qui nous étoient cachez
auparavant .
ils ne
Pour nos Marins
font pas grands fpéculateurs
ils fe mocquent de moi , quand
ils me furprennent la nuit , faifant
la revûe de mes étoiles ;
ils me difent qu'on vient ici pour
voir des piaftres , & non les
aftres.
à
Nous avons compté en arrivant
ici , prés de 40 Navires
François , il n'en refte pas 15
préfent : Les uns après avoir
vendu à tous prix , font allés à
MERCURE. 167
la Chine , & les autres s'en
font retournez en France . Je ſuis
M. & c.
'Homme
eft naturellement
né curieux , il eft avide de
connoître
ce qui fe paffe au- delà
de fa fphere ordinaire
: quand il
ne peut fe tranfporter
lui - même
dans les Régions
les plus éloignées.
Il eft charmé d'être intruit
de ce qui s'y paffe par
quelque voyageur
, ou par quel
que defcription
qui puiffe cone
tenter fon défir ; c'eft ce qui
m'engage
de lui donner la Rela,
tion fuivante
: Elle contient
des
Faits affes finguliers
, pour être
communiquée
au Public ; je la
garantis trés fidéle & tres exacte,
Fanvier 1717 .
P
i54 LE NOUVEAU
4 . A ARICA.
M
Côte du Perou .
Ges Fevrier 17 16.
Nous fommes enfin arrivez
ici depuis deux jours ; ce
n'a pas été fans avoir effuyé
bien des travaux & des périls ,
auxquels on eft expofé pendant !
une navigation de 8 mois . Je
pafferai fous filence une infinité.
de hazards , tous plus terribles
les uns que les autres ; pour ve
nir à celui- ci , dont nous n'écha
MERCURE. 155
.
pâmes que par une efpéce de
miracles ; vous en jugerez par
le récit fuivant .
Après deux mois & demi de
tempête fur le Cap Hoorn , le
4 Avril ayant fait plufieurs ma-
Onoeuvres durant une nuit des
plus facheuſes , tantôt à la Cap
fous l'artimon , & quelquefois
arrivans fous les Fanons de Mifaine
, ne pouvants plus foûtenir
à la mer nous nous trouvâmes
à la pointe du jour à
deux lieues de la Terre de Feu ,
Le jour fe faifant , nous vîmes
l'impoffibilité qu'il y avoit de
doubler aucune pointe de la
terre , par le travers de laquelle
nous étions abîmans par la mer,
& le vent qui nous chargeoint
>
Pij
6 LENOUVEAU
à la côte. Nous jettames nos
canons à la Mer , & le Confeil
affemblé , on réfolut dans cette
extrémité de faire vent en arriere
fur la terre à mats & à
cordes fans voiles : aprés avoir
entrevû une eſpèce d'enfoulement
, remettant pour lors
notre fort à la miféricorde de
Dieu . Nous ne comptions déja 4
plus fur la vie , lorfque dans
une éclaircie qui fe fit , nous
découvrîmes un endroit , où
nous pourrions être à l'abri ;
nous y courumes avec la Mifaine
, nous y trouvâmes bon !
fond , & Y moüillâmes comme
dans un Port de falut. La joye
alors parut autant fur nos vi-
Lages , que l'abatement y étoit
**
MERCURE.
157
peint , une heure auparavant.
Nous y reftâmes quinze jours
par des tems affreux , dégradant
quelquefois d'un endroits
aprés avoir perdu nos ancres
pour aller chercher quelque
autre abri par de nouveaux hazards
. L'entrée de cette Baye
n'a pas plus de deux lieües de
large ; de forte qu'aprés les routes
différentes que nous fîmes
la nuit ; fi nous avions été une
lieue plus de l'avant , où plus
de l'arriere , nous perdions cette
ouverture que nous entrevîmes ,
& nous n'en revenions jamais .
Notre Navire a été le premier
qui ait jamais moüillé ſur cette
côte.
Le Jeudy - Saint , le Capis
Piij
158 LE NOUVEAU
taine & moi defcendîmes à terre
pour la confidérer , & tacher en
même tems de tuer quelque gibier
pour nous régaler , nous
apperçûmes de la fumée dans un
bois au bord de la mer ; ce qui
nous détermina à tourner vers
cet endroit , foupçonnants que
pourrions-nous découvrir quelques
Sauvages . Nous en trouvâmes
en effet , qui nous reçûrent
comme des gens épouventez ,
avec des hurlemens & des cris
terribles . Ils difparurent dans
l'inftant par une fuite précipitée ;
mais quelques moments aprés ,
ils revinrent en plus grand nombre
, & s'approchant de nous
peu à peu , ils
nuds comme
peur. Ils étoie erent d'avoir
"
MERCURE. -
159
eux .
la main , hommes , femmes &
enfants , s'affeyans comme des
finges fur la nége ou fur la glace .
Nous fimes abatre du bois , &
aprés avoir fait grand feu &
bonne garde , nous fimes bientôt
connoiffance avec
Les fignes en cette occafion ,
nous fervirent de truchement .
Notre Capitaine avec quelques
habiles tireurs allerent chaffer ;
pour moi je reftai avec une
vingtaine de nos gens au milieu
de ces Sauvages , que je ne
pouvois trop admirer , comme
de leur côté , ils ne pouvoient
s'abstenir de manier mes habits
& ma barbe. Ils font petits ,
mal faits , fans barbe ni poil
de couleur rougeatre , avec des
>
Piij
160 LE NOUVEAU
cheveux longs & noirs.
Pour les femmes , elles font
encore plus épouventables ;
leurs pendants aux oreilles , au
né & à la lévre inférieure , des
pierres ou coquilles de différentes
couleurs . Pour paroître
plus aimables , elles ont grand
foin de fe peindre le corps d'un
rouge trés éclatant , & le vifage
d'un noir auffi luifant qu'un
Maroquin du Levant. Ces Peuples
fe logent dans des tanieres
moitié dans la terre , & moitić ,
dehors . Ils n'ont que le langage
au- deffus des bêtes , faifant tou→
tes leurs néceffitez en vous para
lant , avec moins de fcrupule
que lorfque nous nous mouchons
. Notre troupe étant reveMERCURE.
` 161
nuë chargée de toutes fortes
de gibiers ; nous nous en fé
parâmes aprés leur avoir laiffé
quelques haches & des coureaux
: Ils nous donnerent en
troc des fléches d'une ftructure
nouvelle , avec des coliers de
differents petits coquillages ,que
je vous deftine à mon retour.
Le Vendredy- Saint ; nous
partîmes de cet endroit que
nous nomâmes la Baye Saint
François du nom de notre Nayire
, aprés y avoir planté une
grande Croix , fur laquelle nous
y gravâmes le nom de notre
Vaiffeau & l'année. 19
Le lendemain nous découvrîmes
quatre ou cinq Ifles jufques
lors inconnuës , auxquelles nous
Piiij
162 LE NOUVEAU
donnâmes le nom de notre Ca
pitaine Enfin aprés avoir extrémement
fouffert , nous arrivâmes
à la Conception du Chily
avec un peu de pain & d'eau ,
étant prefque tous fcorbutiques ,
l'air de la terre & la bonne
nourriture nous eurent bientôt
rétablis . C'eſt affûrement un
des plus beaux , Païs du monde ,
tout y abonde naturellement ,
fans qu'on ait befoin de culture .
Les femmes Espagnoles y
font plus que galantes , on y
joue , on y chaffe & l'on y fait
bonne chere : Enfin aprés quelques
mois de féjour , il nous a
fallu quitter ce canton pour
nous rendre à Arica , d'où je
vous écris , c'eft fans difficulté
MERCURE. 163
f
l'endroit de la côte où il aborde
le plus d'argent , par la proximité
des mines du Potofi , qui
font dans les terres avant ,
d'environ foixante lieuës. On
ne peut s'imaginer un Paifage
plus effroyable ; il femble
que ce n'eft qu'à regret que la
terre donne ce miférable métail ,
dont les pauvres mortels font
fi fort altérez. Aprés qu'on l'a
tiré des mines avec des peines
incroyables. On le tranfporte
à travers des montagnes arides
& feiches , fans eau ni aucune
verdure.
Nous fommes moüillez entre
deux petites montagnes
toutes blanches de fiente d'oiſeaux
: Il y en a une fi grande
164 LE NOUVEAU
quantité , que fort fouvent
ils nous dérobent la clarté du
Soleil . Les Efpagnols s'en fervent
comme d'un excellent fumier
, dont ils en chargent tous
les mois quelques Vaiffeaux
pour le tranfporter à Lima.
Nous formes affiegez d'une
fi prodigieufe quantité de Baleines
,que l'air qu'elles exallent,
joint à l'odeur de cette fiente ,
caufe une infection fi dangereufe
, qu'elle eft mortelle à la
p upart des Etrangers ; nos
François y trouvent prefque
tous , leur cimetiere , & s'il en
meurt dix ailleurs , il en perit
ici deux cents. La terre y tremble
continuellement , & quelquefois
d'une maniere fi terMERCURE.
165
l'on ne fçait où fe rerible
que
fugier
.
Si nous allons à la Chine , &
delà en France par les Indes
Orientales , nous aurons faits à
peu prés le tour du monde ;
je veux dire un cercle fur fa
circonférence ; ce qu'il y a d'extraordinaire
, la route aura toujours
pris de l'Oüeft en allant
comme en revenant.
Il y auroit bien des ſujets de
méditation pour un fçavant
Aftronome . Il y obferveroit des
Etoiles , des Méteors & des Phenoménes
qui changent de climat
en climat : la Lune - même
paroît fujette à des irrégulari
tez extraordinaires .
Nous avons vu pendant fix
16GLE NOUVEAU,
mois deux petits nuages d'étoil
les blanches , qu'on appelle
Magellaniques ; à préfent ils
ont difparus : En échange nous
avons recouvré de nouveaux
aftres , qui nous étoient cachez
auparavant .
ils ne
Pour nos Marins
font pas grands fpéculateurs
ils fe mocquent de moi , quand
ils me furprennent la nuit , faifant
la revûe de mes étoiles ;
ils me difent qu'on vient ici pour
voir des piaftres , & non les
aftres.
à
Nous avons compté en arrivant
ici , prés de 40 Navires
François , il n'en refte pas 15
préfent : Les uns après avoir
vendu à tous prix , font allés à
MERCURE. 167
la Chine , & les autres s'en
font retournez en France . Je ſuis
M. & c.
Fermer
1644
p. 167-173
A QUEBEC. Le 18 Octobre 1716.
Début :
Aprés avoir promené le Lecteur dans l'Amérique Méridionale, Occidentale, / M[onsieur], Nous sortons d'une expédition contre les Sauvages [...]
Mots clefs :
Expédition, Sauvages, Fort, Peuple, Québec, Fleuve, Artillerie, Colonies, Gouverneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A QUEBEC. Le 18 Octobre 1716.
APrés avoir promené leLecteur
dans l'Amérique Méridionale
, Occidentale ; tranfportons
le à preſent dans la Septentrionale,
En y voyant un autre
Ciel, il y verra d'autres Peu-
Ples , d'autres moeurs . Je lui
donnerai le fpectacle d'un Siége
dans les formes , & comment
il a été attaqué par les François
& défendu par les Sauvages ; II
n'a qu'à me fuivre.
168 LE NOUVEAU
M
A QUEBEC.
Le 18 Octobre 1716.
Nous fortons d'une expédi
tion contre les Sauvages denhaut
, qui mérite bien que je
vous en communique les particularitez,
Ces Peuples connus fous le
nom des Outagamis ; c'eſt - à -
dire Renards , fe confiant (ur un
nouveau Fort qu'ils avoient éle
vés & qu'ils croyoient imprena
bles , faifoient des courfes continuelles
fur les autres Nations
amies
MERCURE. 169
amies desFrançois , & interrompoient
par là le cours du Commerce.
Pour reprimer ces défordres
& les mettre à la raifon , on
forma un petit corps d'Armée ,
composé de 300 François , auxquels
on joignit 600 Sauvages
de nos Aliez . Mr de Louvigny
Major de Quebec , & tres brave
Officier , fut chargé du commandement
de cette Troupe
aprés plus de 400 lieues de marche
nous arrivâmes enfin proche
les habitations des Renards ;
cette Nation eft à l'Ouest du
Lac des Illinois , proche la Baye
des Poute bu Atamis , & prés la
fource d'Ovisconfin , petite Riviere
qui fejette dans le Fleuve
Fanvier 1717. Q
170 LE NOU VE A U
du Mififfipi , nous les trouvâmes
retranches derriere trois rangs
de hautes Paliffades de gros bois
de Chêne , chacune féparée par
des foffés tres profonds . Malgré
la difficulté de l'entreprife, on fit
toutes les difpofitions neceffaires
poar les attaquer : la Tranchée
fut ouverte affez prés de la Paliffade
ils firent un feu continuel
de moufqueterie fur nous
pendant deux jours & demi :
maisfimal - à- propos ; que tous
leurs coups étoient perdus ; le
notre fut bien different ; comme
nous avions fait tranfporter
dans nos Canots deux mortiers
à grenades & quatre petites piéces
de Campagne ; cette artilieric
fit feu en même tems , une
A
ཟླ
MERCURE. 171
de nos grenades ayant crevée en
l'air , leurs femmes en furent fi
effrayées qu'elles fe mirent à
crier , voilà la mort qui vole
le maître de la vie eft irrité contre
nous. La feconde grenade
fit un effet beaucoup plus terrible
: car étant tombée fur une
de leur Cabane , elle en creva
le toit , & une vafte chaudiere
dont les éclats tuérent ou blefferent
plufieurs de ces Sauvages.
Les Outagamis confternés de
cefr acas , n'antendirent pas
qu'on les forçat : ils députérent
un de leurs principaux chefs
avec le Calumet ou la pipe de
paix , pour traiter d'accommodement
on leurs a impofé telle
Loy qu'il a plû ; on les a obligés
"
Qij
172 LE NOUVEAU
furtout , à nous dédomager de
la dépenfe que la Colonie avoit
faite pour les réduire , & à nous
remettre fix des plus confidérables
de leur Nation en otage .
Il y avoit environ trois mille
perfonnes dans ce Fort , dont
la moitié ; fçavoir, les Viellards ,
femmes & enfans s'étoit enfouie
fous terre comme des Renards
dans de profondes cavernes que
ces Peuples avoient pratiqués au
milieu de ce rempart : cette at .
taque ne nous a coûté que deux
de nos Alliez , & un François
bleffé.
Mrle Marquis de Vaudreuil
Gouverneur Général de la Conie
, arriva ici de France fur la
fin de Septembre : il y étoit pafMERCURE.
1-3
fe pour nous procurer de nouveaux
avantages. Jefuis M & c .
dans l'Amérique Méridionale
, Occidentale ; tranfportons
le à preſent dans la Septentrionale,
En y voyant un autre
Ciel, il y verra d'autres Peu-
Ples , d'autres moeurs . Je lui
donnerai le fpectacle d'un Siége
dans les formes , & comment
il a été attaqué par les François
& défendu par les Sauvages ; II
n'a qu'à me fuivre.
168 LE NOUVEAU
M
A QUEBEC.
Le 18 Octobre 1716.
Nous fortons d'une expédi
tion contre les Sauvages denhaut
, qui mérite bien que je
vous en communique les particularitez,
Ces Peuples connus fous le
nom des Outagamis ; c'eſt - à -
dire Renards , fe confiant (ur un
nouveau Fort qu'ils avoient éle
vés & qu'ils croyoient imprena
bles , faifoient des courfes continuelles
fur les autres Nations
amies
MERCURE. 169
amies desFrançois , & interrompoient
par là le cours du Commerce.
Pour reprimer ces défordres
& les mettre à la raifon , on
forma un petit corps d'Armée ,
composé de 300 François , auxquels
on joignit 600 Sauvages
de nos Aliez . Mr de Louvigny
Major de Quebec , & tres brave
Officier , fut chargé du commandement
de cette Troupe
aprés plus de 400 lieues de marche
nous arrivâmes enfin proche
les habitations des Renards ;
cette Nation eft à l'Ouest du
Lac des Illinois , proche la Baye
des Poute bu Atamis , & prés la
fource d'Ovisconfin , petite Riviere
qui fejette dans le Fleuve
Fanvier 1717. Q
170 LE NOU VE A U
du Mififfipi , nous les trouvâmes
retranches derriere trois rangs
de hautes Paliffades de gros bois
de Chêne , chacune féparée par
des foffés tres profonds . Malgré
la difficulté de l'entreprife, on fit
toutes les difpofitions neceffaires
poar les attaquer : la Tranchée
fut ouverte affez prés de la Paliffade
ils firent un feu continuel
de moufqueterie fur nous
pendant deux jours & demi :
maisfimal - à- propos ; que tous
leurs coups étoient perdus ; le
notre fut bien different ; comme
nous avions fait tranfporter
dans nos Canots deux mortiers
à grenades & quatre petites piéces
de Campagne ; cette artilieric
fit feu en même tems , une
A
ཟླ
MERCURE. 171
de nos grenades ayant crevée en
l'air , leurs femmes en furent fi
effrayées qu'elles fe mirent à
crier , voilà la mort qui vole
le maître de la vie eft irrité contre
nous. La feconde grenade
fit un effet beaucoup plus terrible
: car étant tombée fur une
de leur Cabane , elle en creva
le toit , & une vafte chaudiere
dont les éclats tuérent ou blefferent
plufieurs de ces Sauvages.
Les Outagamis confternés de
cefr acas , n'antendirent pas
qu'on les forçat : ils députérent
un de leurs principaux chefs
avec le Calumet ou la pipe de
paix , pour traiter d'accommodement
on leurs a impofé telle
Loy qu'il a plû ; on les a obligés
"
Qij
172 LE NOUVEAU
furtout , à nous dédomager de
la dépenfe que la Colonie avoit
faite pour les réduire , & à nous
remettre fix des plus confidérables
de leur Nation en otage .
Il y avoit environ trois mille
perfonnes dans ce Fort , dont
la moitié ; fçavoir, les Viellards ,
femmes & enfans s'étoit enfouie
fous terre comme des Renards
dans de profondes cavernes que
ces Peuples avoient pratiqués au
milieu de ce rempart : cette at .
taque ne nous a coûté que deux
de nos Alliez , & un François
bleffé.
Mrle Marquis de Vaudreuil
Gouverneur Général de la Conie
, arriva ici de France fur la
fin de Septembre : il y étoit pafMERCURE.
1-3
fe pour nous procurer de nouveaux
avantages. Jefuis M & c .
Fermer
1645
p. 230-233
ARTICLE DE PARIS.
Début :
Puis-je mieux commencer que par le Roy ; ses jours sont trop chers [...]
Mots clefs :
Roi, Espérance, Études, Sa Majesté, Officiers, Assemblée, Bonne année
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DE PARIS.
ARTICLES DE PARIS.
Puis- je mieux commencer que
par le Roy ; fes jours font trop
chers à fes Peuples pour avoir
manqué de faire des voeux tres-
' ardents pour fa fanté . Elle eft
dans un état qui doit raffurer
tous les Sujets , puifqu'elle nous
donne l'efperance de la plus longue
vie , les forces du corps &
de l'efprit augmentent de jour
à autre ; il femble qu'à meſure
que S. M. approche du temps
cù Elle doit paffer ſous le gouMERCURE
231
vernement des hommes , Elle fe
défaffe de l'enfance . On en juge
par fes études favorites , beaucoup
plus ferieuſes que ne le
comporte fon âge ; la Géographie
fait fes délices , le Roy la
poffede à un point qu'il eft difficile
même dans un âge plus avancé
, d'en avoir des idées plus
préfentes ; il aime paffionement
tout ce qui a raport à cette Science
; comme Spheres , Globes ,
Compas , Figures de Mathematiques
, & c. Ne croïez pas , Monfieur
, que j'exagere ; toutes les
perfonnes qui ont l'honneur
d'approcher de S. M. & de fe
trouver à fes exercices , font autant
de témoins de ce que j'avance.
232 LE NOUVEAU
Si ces circonftances ont dequoi
vous furprendre , vous ne
le ferez pas moins de la réponſe
que S. M.fit à un de fes Officiers ,
qui lui dit , SiRF , V. M. n'at'elle
pas lieu d'être contente de
la tripleAlliance qui vient d'être
fignée entre la France , l'Angleterre
& la Hollande ; le Roy
répliqua fans hésiter , oüy , Je
fuis trés-content, mais mes Alliés
ne le doivent pas
être moins que
moi ; car je les deffendrai de tout
mon pouvoir , fi on les attaque .
Aprés un trait auffi remarquable
je paffe aprefent aux Penfions
& auxCharges conferées .
Le jour de l'An il v eût un fi
grand concours de Princes &
Princeffes , de Seigneurs & de
MERCURE.
233
toutes fortes de perfonnes de
diftinction , pour fouhaitter la
bonne année au Roy , que la
Cour n'a été depuis long- temps,
ni fi nombreuſe , ni fi brillante .
Toute cette Cour au fortir de
chez le Roy , alla fouhaiter la
bonne année à Madame Ducheffe
de Berry. Les Chefs des
Compagnies Superieures , avec
tous les Officiers de la Ville ,
ainfi que les Ambaffadeurs des
Têtes couronnées furent admis
à la Toilette de cette Princeffe.
Cette magnifique Affemblée
fe tranfporta enfuite au Palais
Royal où elle rendit les mêmes
devoirs à Madame & à leurs Alteffes
Royales .
Puis- je mieux commencer que
par le Roy ; fes jours font trop
chers à fes Peuples pour avoir
manqué de faire des voeux tres-
' ardents pour fa fanté . Elle eft
dans un état qui doit raffurer
tous les Sujets , puifqu'elle nous
donne l'efperance de la plus longue
vie , les forces du corps &
de l'efprit augmentent de jour
à autre ; il femble qu'à meſure
que S. M. approche du temps
cù Elle doit paffer ſous le gouMERCURE
231
vernement des hommes , Elle fe
défaffe de l'enfance . On en juge
par fes études favorites , beaucoup
plus ferieuſes que ne le
comporte fon âge ; la Géographie
fait fes délices , le Roy la
poffede à un point qu'il eft difficile
même dans un âge plus avancé
, d'en avoir des idées plus
préfentes ; il aime paffionement
tout ce qui a raport à cette Science
; comme Spheres , Globes ,
Compas , Figures de Mathematiques
, & c. Ne croïez pas , Monfieur
, que j'exagere ; toutes les
perfonnes qui ont l'honneur
d'approcher de S. M. & de fe
trouver à fes exercices , font autant
de témoins de ce que j'avance.
232 LE NOUVEAU
Si ces circonftances ont dequoi
vous furprendre , vous ne
le ferez pas moins de la réponſe
que S. M.fit à un de fes Officiers ,
qui lui dit , SiRF , V. M. n'at'elle
pas lieu d'être contente de
la tripleAlliance qui vient d'être
fignée entre la France , l'Angleterre
& la Hollande ; le Roy
répliqua fans hésiter , oüy , Je
fuis trés-content, mais mes Alliés
ne le doivent pas
être moins que
moi ; car je les deffendrai de tout
mon pouvoir , fi on les attaque .
Aprés un trait auffi remarquable
je paffe aprefent aux Penfions
& auxCharges conferées .
Le jour de l'An il v eût un fi
grand concours de Princes &
Princeffes , de Seigneurs & de
MERCURE.
233
toutes fortes de perfonnes de
diftinction , pour fouhaitter la
bonne année au Roy , que la
Cour n'a été depuis long- temps,
ni fi nombreuſe , ni fi brillante .
Toute cette Cour au fortir de
chez le Roy , alla fouhaiter la
bonne année à Madame Ducheffe
de Berry. Les Chefs des
Compagnies Superieures , avec
tous les Officiers de la Ville ,
ainfi que les Ambaffadeurs des
Têtes couronnées furent admis
à la Toilette de cette Princeffe.
Cette magnifique Affemblée
fe tranfporta enfuite au Palais
Royal où elle rendit les mêmes
devoirs à Madame & à leurs Alteffes
Royales .
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1646
p. 234-236
Dons du Roy.
Début :
Le même jour S. M. tint Chapitre General de l'Ordre du [...]
Mots clefs :
Ordre du Saint-Esprit, Monseigneur, Duc, Dons, Roi, Argent, Valets
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texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy.
Dons du Roy.
Le même jour S. M. tint Chapitre
General de l'Ordre du S.
Efprit , où il fut arrêté qu'on enverroit
l'ordre auRoy d'Espagne
pour le conferer au Prince des
Afturies.
› Monſeigneur le Duc Regent
regla enfuite avec Madame de
Vantadour les Penfions de ceux
& celles qui avoient fervi le
Roy.
Mefdames de Villefort & de
la LandeSous - Gouvernantes de
S. M. furent gratifiées de 6000.
livres de penfion annuelle , chacune
, & de joo . écus pour lear
logement.
MERCURE. 23
Les quatre premieres femmes
de Chambre furent reglées à
2000.livres de penfion chacune,
outre 800. livres pour loge,
ment.
Les feize femmes de Chambre
à 1280. livres & 600. livres pour
logement ..
Les trois Valets de Chambre
du Roy ont été confervez avec
leur gage & nourriture , comme
cy - devant , pour fervir toute
l'année , en qualité de furnume
raires avec les Valets de Chambre
ordinaires .
Des trois Garçons de la Chambre
, deux ont été conſervez &
feront le fervice avec les Garçons
ordinaires de la Chambre ;
le troifiéme qui étoit âgé , s'eſt
236 LE NOUVEAU
retiré a
fion .
avec 300. livres de pen
On a gardé les deux Portes
males du Roy.
Le même jour S. M. tint Chapitre
General de l'Ordre du S.
Efprit , où il fut arrêté qu'on enverroit
l'ordre auRoy d'Espagne
pour le conferer au Prince des
Afturies.
› Monſeigneur le Duc Regent
regla enfuite avec Madame de
Vantadour les Penfions de ceux
& celles qui avoient fervi le
Roy.
Mefdames de Villefort & de
la LandeSous - Gouvernantes de
S. M. furent gratifiées de 6000.
livres de penfion annuelle , chacune
, & de joo . écus pour lear
logement.
MERCURE. 23
Les quatre premieres femmes
de Chambre furent reglées à
2000.livres de penfion chacune,
outre 800. livres pour loge,
ment.
Les feize femmes de Chambre
à 1280. livres & 600. livres pour
logement ..
Les trois Valets de Chambre
du Roy ont été confervez avec
leur gage & nourriture , comme
cy - devant , pour fervir toute
l'année , en qualité de furnume
raires avec les Valets de Chambre
ordinaires .
Des trois Garçons de la Chambre
, deux ont été conſervez &
feront le fervice avec les Garçons
ordinaires de la Chambre ;
le troifiéme qui étoit âgé , s'eſt
236 LE NOUVEAU
retiré a
fion .
avec 300. livres de pen
On a gardé les deux Portes
males du Roy.
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1647
p. 236-237
ARTICLE DES CHARGES conferés.
Début :
Le Roy ayant accordé la survivance de Colonel du Regiment [...]
Mots clefs :
Roi, Charges, Colonel, Fidélité, Lieutenant au régiment du roi, Capitaines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARTICLE DES CHARGES conferés.
ARTICLE DES CHARGES
conferés .
Le Roy ayant accordé la furvivance
de Colonel du Regiment
des Gardes Françoifes à
M. le Duc de Louvigny le 17.
ce Seigneur en prit poffeffion &
en preta ferment de fidelité entre
les mains de M. le Maréchal
d'iftrées. le Regiment défilant
en préſence de S. M.
La veille , la Lieutenance de
Roy du Château Trompette, vacante
par la mort de M. de la
MERCURE. 237
Fond , fut donnée à M. de Cadrieux
Maréchal de Camp.
La Lieuten ance de Roy de
Phalzbourg avoit été quelque
tempsauparavant conferée à M.
de Mauroy , un des plus anciens
& desplus braves Officiers de S.
M. y ayant peu d'action éclatante
fous le Regne de Louis le
XIV . où il ne fe foit ſignalé .
M. Des vieux Capitaine au Regiment
de Navarre a été gratifié
de la Lieutenance de Roy de
S. Jean Pied-de Por,
conferés .
Le Roy ayant accordé la furvivance
de Colonel du Regiment
des Gardes Françoifes à
M. le Duc de Louvigny le 17.
ce Seigneur en prit poffeffion &
en preta ferment de fidelité entre
les mains de M. le Maréchal
d'iftrées. le Regiment défilant
en préſence de S. M.
La veille , la Lieutenance de
Roy du Château Trompette, vacante
par la mort de M. de la
MERCURE. 237
Fond , fut donnée à M. de Cadrieux
Maréchal de Camp.
La Lieuten ance de Roy de
Phalzbourg avoit été quelque
tempsauparavant conferée à M.
de Mauroy , un des plus anciens
& desplus braves Officiers de S.
M. y ayant peu d'action éclatante
fous le Regne de Louis le
XIV . où il ne fe foit ſignalé .
M. Des vieux Capitaine au Regiment
de Navarre a été gratifié
de la Lieutenance de Roy de
S. Jean Pied-de Por,
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1648
p. 237-242
Audience donnée aux Députez de Bretagne.
Début :
Le 18. les Députés des Etats de Bretagne eût [...]
Mots clefs :
Duchesse, Bretagne, Comte, Évêque, Cérémonie, Marquis, Gardes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Audience donnée aux Députez de Bretagne.
Audience donnée aux Députez
de Bretagne.
Le 18. les Députés des Etats
de Bretagnecûrentu Adiance du
138 LE NOUVEAU
Roy à midy. Ils furent prefentez
par M. le Comte de Touloufe,
Gouverneur de la Province .
La Députation étoit compofée
de l'Evêque de S. Brieux pour le
Clergé, du Duc de la Tremoille
pour la Nobleffe , du Sieur de
la Gacherie Sénéchal de Nantes
pour le Tiers état.
Le 21 de ce mois , le Roy
alla au Palais du Luxembourg ,
rendre vifite à Madame Ducheffe
de Berry. S. M. étoit
accompagnée de Mr le Duc
du Maine , de Mr le Prince de-
Dombes de Mr le Comte
d'Eu , du Prince Charles , de
Mde la Ducheffe de Vantadour
La Gouvernante , & du refte de
MERCURE. 239
fa Maiſon. Elle avoit été précédée
d'un détachement de fes
Gardes du Corps & de les Cent-
Suiffes. A fon arrivée , S. M.
trouva Mr le Marquis de la
Rochefoucault Capitaine des
Gardes , qui la reçût à l'entrée
de la Salle des Gardes ; Mdẹ
la Marquise de Pons Dame
d'Atour à l'entrée de l'Anti
Chambre & M Ducheffe
de Berry à l'entrée de fa Cham,
bre. La vifite fe paſſa de bout ,
& S M. fut reconduite de
même qu'Elle avoit été reçûë.
le même jour à fix heures du
foir , les Etats de Bretagne fe
rendirent aufli au Palais du
Luxembourg , ayant à leur tête
Mr.l'Evêque de S. Brieu , qui
•
240 LE NOUVEAU
harangua cette Princeffe avec
beaucoup d'éloquence . Son difcours
fut trés applaudi : Mr le
Duc de la Tremoille étoit
auffi à la tête des Etats qui
furent préfentez par Mr le Marquis
de Dreux Grand Maître
des Cérémonies & > par Mr
Defgranges Maître des Cérémonies.
Le 27 , on fut tout à coup
furprit de voir une Belande ,
qui remontoit la riviere de Seine
à pleines voiles , ayant toutes
fes banderoles au vent. Elle jetta
l'ancre fur les onze heures
du matin , vis-à-vis le gros Pavillon
des Thuilleries . En arrivant
, elle fit trois décharges
confécutives de fon Artillerie .
C'eft
MERCURE. 241
C'est le fieur Pierre Rhofnay ,
Marchand négociant à Rouen ,
qui l'a conduite à Paris . Elle
porte deux petites piéces de canon
, & quatre pierriers , avec
cinq hommes d'Equipage . Elle
eft chargée de huit milliers de
morue & de quelques fromages.
Elle eft partie de Honfleur le
dix -fept de Janvier , a paffé à
Rouen le vingt - un , & eft
arrivée à Paris le vingt - fept .
Elle n'a qu'un mas & une vergue
, portant Pavillon de differentes
Nations , pour la décoration
feulement.
Belande ou Belandre cft un
petit Batiment de Mer , qui eſt
fort plat de varangue , qui a
fou appareil de mats & de voi-
Fanvier 1717.
Y
242 LE NOUVEAU
#
les ,femblable à celui d'un Heu-
& dont la couverte ou le Tillac
s'élève de prouë à poupe
d'un demi pied plufque le plat
bord. Les plus grandes qui
font de So tonneaux , fe peuvent
conduire par trois ou quatre
hommes. On s'en fert principalement
dans la baffe Flandre
, pour aller fur les canaux
& fur les rivieres,
de Bretagne.
Le 18. les Députés des Etats
de Bretagnecûrentu Adiance du
138 LE NOUVEAU
Roy à midy. Ils furent prefentez
par M. le Comte de Touloufe,
Gouverneur de la Province .
La Députation étoit compofée
de l'Evêque de S. Brieux pour le
Clergé, du Duc de la Tremoille
pour la Nobleffe , du Sieur de
la Gacherie Sénéchal de Nantes
pour le Tiers état.
Le 21 de ce mois , le Roy
alla au Palais du Luxembourg ,
rendre vifite à Madame Ducheffe
de Berry. S. M. étoit
accompagnée de Mr le Duc
du Maine , de Mr le Prince de-
Dombes de Mr le Comte
d'Eu , du Prince Charles , de
Mde la Ducheffe de Vantadour
La Gouvernante , & du refte de
MERCURE. 239
fa Maiſon. Elle avoit été précédée
d'un détachement de fes
Gardes du Corps & de les Cent-
Suiffes. A fon arrivée , S. M.
trouva Mr le Marquis de la
Rochefoucault Capitaine des
Gardes , qui la reçût à l'entrée
de la Salle des Gardes ; Mdẹ
la Marquise de Pons Dame
d'Atour à l'entrée de l'Anti
Chambre & M Ducheffe
de Berry à l'entrée de fa Cham,
bre. La vifite fe paſſa de bout ,
& S M. fut reconduite de
même qu'Elle avoit été reçûë.
le même jour à fix heures du
foir , les Etats de Bretagne fe
rendirent aufli au Palais du
Luxembourg , ayant à leur tête
Mr.l'Evêque de S. Brieu , qui
•
240 LE NOUVEAU
harangua cette Princeffe avec
beaucoup d'éloquence . Son difcours
fut trés applaudi : Mr le
Duc de la Tremoille étoit
auffi à la tête des Etats qui
furent préfentez par Mr le Marquis
de Dreux Grand Maître
des Cérémonies & > par Mr
Defgranges Maître des Cérémonies.
Le 27 , on fut tout à coup
furprit de voir une Belande ,
qui remontoit la riviere de Seine
à pleines voiles , ayant toutes
fes banderoles au vent. Elle jetta
l'ancre fur les onze heures
du matin , vis-à-vis le gros Pavillon
des Thuilleries . En arrivant
, elle fit trois décharges
confécutives de fon Artillerie .
C'eft
MERCURE. 241
C'est le fieur Pierre Rhofnay ,
Marchand négociant à Rouen ,
qui l'a conduite à Paris . Elle
porte deux petites piéces de canon
, & quatre pierriers , avec
cinq hommes d'Equipage . Elle
eft chargée de huit milliers de
morue & de quelques fromages.
Elle eft partie de Honfleur le
dix -fept de Janvier , a paffé à
Rouen le vingt - un , & eft
arrivée à Paris le vingt - fept .
Elle n'a qu'un mas & une vergue
, portant Pavillon de differentes
Nations , pour la décoration
feulement.
Belande ou Belandre cft un
petit Batiment de Mer , qui eſt
fort plat de varangue , qui a
fou appareil de mats & de voi-
Fanvier 1717.
Y
242 LE NOUVEAU
#
les ,femblable à celui d'un Heu-
& dont la couverte ou le Tillac
s'élève de prouë à poupe
d'un demi pied plufque le plat
bord. Les plus grandes qui
font de So tonneaux , fe peuvent
conduire par trois ou quatre
hommes. On s'en fert principalement
dans la baffe Flandre
, pour aller fur les canaux
& fur les rivieres,
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1649
p. 52-63
De Moscow le 1. Janvier 1717
Début :
Je n'ai pas esté peu surpris, en arrivant ici, de trouver [...]
Mots clefs :
Moscou, Peuples, Moeurs, Russes, Prince, Tsar, Capitale, Quartier, Incivil, Ignorance, Ivrognerie, Défauts, Beauté, Enterrement, Cérémonies, Religion grecque, Seigneurs, Noblesse, Conseillers, Grand Duc, Revenus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Moscow le 1. Janvier 1717
De Mofcovv le 1. Fanvier 17 17
E n'ai pas efté peu furpris , en arrivant
ici , de trouver des Peuples,
des Moëurs & un Gouvernement plus
exactement policéque je ne me l'étois
imaginé. Ces Ruffes que les Auteurs
traitent de Barbares ; font aujourd'hui
des hommes comme les autres .
Il eft vrai que ce changement n'eft dû
qu'au foin & à l'application que le
Czar Pierre Alexieuvvitz , qui regne
à prefent, avec tant de gloire , a
pris de les civilifer.
On ne peut plus douter que ce
Prince continuant à faire fleurir les
Sciences & les Arts ; permettant à fes
fujets de voyager , & aux Etrangers
de negocier librement dans fes Etats ,
les Mofcovites dans peu, ne le difputent
à tous les autres Peuples de l'Europe
, dans quelque genre de difcipline
que ce puiffe eftre , foit litteraire
, foit militaire .
MERCURE. 53
De laVille de Mojcovv.
Ette grande Ville eft la Capita-
Cle deRuffie , elle tire fon nom
de la Riviere de .Moskow ; fon circuit
eft d'environ trois lieuës d'Allemagne.
On y compte à préfent 60-
mille maitons ; la plufpart à la verité
n'ayant qu'un étage . Commeon a vu
les inconveniens qui arrivent à caufe
des incendies frequentes, caufées par
la conftruction des maifons qui n'étoient
que de bois ; par ordre de S
M. on n'en bâtit aujourd'hui que de
briques , pour remedier à ces acci
dens ,
Les rues font belles & fort larges ;
mais fi falles,quand la pluye a detrempé
tant foit peu la terre , qu'il feroic
impoffible de s'en tirer fans des rondins
joints enfemble , qui forment
une espece de Pont , à peu prés de la
façon de celui du Rhin prés de Straf
bourg.
La Ville eft divifée en quatre quartiers
ou enceintes ; elle a quelque raport
à cet égard avec Amferdam..
LE NOUVEAU
Le premier eft nommé Kitaigorod, la
Ville du Milieu . Le Palais de l'Empereur
qui eft dans cette partie , autrement
Cremel , en occupe prefque la
moitié ; il eft fortifié de trois fortes
murailles & d'un bon folé , garnid'artilleries
. L'on voit au milieu de
la Cour du Chafteau, plufieurs Clochers
, il y en a un entre - autres , remarquable
par fa cloche , quell'Empereur
Boris Gudenou fit fondre du poids .
de 336 quintaux ; elle ne peut eftre
ébranlée,à peine 24 hommes fuffifent
pour la fonner avec le batan . On a
bâti dans ce circuit un fort beau Palais
de pierre à l'Italienne. La Place
qui eft devant le Château , eft le premier
marché de la Ville ; il eft rempli
de boutiques , comme toutes les ruës
qui y aboutiffent ; mais chaque métier
a la fienne & fon quartier ; il y a
encore une autre Place que l'on appelle
le marché aux Pouilleux ; parce
que les Habitans s'y faiſant faire
le poil , elle en eft tellement couverte,
qu'il femble qu'on marche fur
des matelats .
Le fecond quartier a la muraille
MERCURE.
$5
particuliere ; il eft remarquable par
fon Arfenal & le lieu , où l'on fond le
canon & les cloches .
Le troifieme eft celui du marché
au bois ; on y vend des mailons que
l'on trouve toutes montées & dref
fées ; on les tranfporte & on les place
où l'on veut avec peu de peine & dedépense.
Le quatrième quartier eft celui que
EmpereurBafili.Ivanovitz fit bâtir,,
il le deftina pour le logement des
foldats étrangers.
Des moeursdes Mofcovites.
L n'y avoit rien de plus groffier &
de plus incivil, que l'étoient ces ,
Peuples, avant l'avene rent du Czar,
qui les a tirez de l'obſcurité où ils
eftoient . Le peu de relation qu'ils
avoient avec les autres Eftats de l'Europe
; jointe à leur ignorance , les
entretenoit dans des moeurs toutà-
fait fauvages ; a préfent ils fe conforment
en tout aax manieres euro-
.
péenes , excepté le bas Peuple ,
comme par tout ailleurs , on y trouve
le la politelle .
5.6
LE
NOUVEAU
Les Mofcovites en general ne
manquent pas d'efprit , ilsfont rufez,
contre-difants, réglants la raiſon fur
leur pouvoir : leur induftrie & la fubtilitéde
leur efprit paroiffent princi
palement dans leur trafic , ne le cedant
à aucune Nation , quand il s'agit
de leur intereft. Leur vice favori ,
eft l'ivrognerie ; elle ett fi commune
que toutes fortes de perfonnes , fans
exception , tombent dans ce défaut
les Ecclefiaftiques comme les autres .
Les gens de baffe condition furtout
, ne fe contentent pas de dépenfer
au cabaret juſqu'au dernier
copee de leur bourfe , ils y engagent
ordinairement leur habit . J'en ai vû
un, entr'autres qui en fortit fans chemife
; lui ayant demandé ce qu'il en
avoit fait , & s'il avoit efté volé ..
Wate promener, me dit- il , c'est
le Cabaretier& fon vin qui m'ont
mis dans cet eftat ; mais à propos,
puifque la chemife y eft demeurée ,
j'y veux auffi laiffer mon calçon,
il le fit comme il le dit.
A l'égard des femmes , elles font
MERCURE.
communément belles ; leur taille
n'eft ni trop grande , ni trop petite
mais fort bien proportionnée , ayant
avec cela un embonpoint charmant ;
il n'y a pas long-tems que le fard les
defiguroit par la maniere groffiere
dont elles l'appliquoient ; mais elles
s'en fervent à prefent avec autant
d'art, que nos femmes de Théatre; elles
fe donnent par là , un vermillon
qui manque à leur trop grande
blancheur.
"
Autréfois on fe marioit fans fe voir,
mais cette coûtume s'abolit peu à
peu ; caril arrivoit fouvent que tel
qui croyoit avoir épousé une aimable
moitié , en trouvoit une laide &
contrefaite.
On meurt ici , comme autre part, les
enterremens s'y font avec beaucoup
de ceremonie ; je m'abftiendrai cependant
de vous en donner aucun détail
; je me contenterai de vous envoyer
la copie du billet qui doit fervir
de palleport pour le voyage de
F'autre monde ; il eft conçu en ces
-termes
LE NOUVEAU
No
YOUSfouffignez, Patriarche
Lou MMetropolitain & Prestre
de cette ville de N ... reconnoif
fons & certifions par ces Prefentes,
.que N .. Porteur de nos Lettres ,
atoujours vêcuparmi nous en bon
Chrétien , faisant profeffion de la
Religion Grecque , & bien qu'il
ait quelquefois peché , il s'en eft
confeffé , il a reçu enfuite l'abſolution
& la Communion en remif.
fion de fes pechez , il a reveré
Dieu , les Saints , il a fait fes
prieres , & jeune jeuné aux heures &
jours ordonnez par l'Eglife , &
s'eftgouverné fibien avec moyqui
fuisfon Confeffeur , que je n'ay
pointfujet de me plaindre de luy,
ni de luy refufer l'abfolution de
fespechez; en témoignage de quoy
nous luy avons fait certifier leprefent
certificat , afin que S. Pierre
MERCURE
19
le voyant , luy ouvre la porte à d
joye immortelle.
Dés qu'on luy a donné ce Paffeport,
on ferme la biere , on le met
dans la fofle , le vifage tourné vers
l'Orient.
Les principaux Seigneurs de Molcovie
ont un grand nombre d'Efclaves
; ils en difpofoient avant le grand
Duc qui regne a prefent , comme
de leur meuble ; un pere même pou
voit vendre fon fils & l'aliener a fon
profit ; mais ce Pouvoir Defpotique
a efte aboli .
On y diftingue trois fortes de Nobleffe
, le Titre de Comte n'y eftant
que nouvellement introduit, ) la premiere
appartient aux Princes & aux.
Gent shommes ; les Princes font les
plus riches Seigneurs du Pays , que
Je Czar employe dans les plus hautes
Charges , aux premiers Gouvernemens
de cet Empire : Ils font auffi ordinairement
Boyars , où Confeillers
d'Etat. Le fecond degré de Noblelle
eft celui des Seigneurs , le troifiéme
des Gentilshommes, qui poffe.
60 LE NOUVEAU
dent des Fiefs par la grace & la liberalité
du Czar , pour recompenfe de
leurs fervices .Ces Terres tombent
auffi avec le Titre fur leurs fils ; ils
eſtoient obligez autre fois , d'envoyer
à la Guerre un certain nombre de Valets
; mais à preſent ſa Majefté Czarienne
ayant difcipliné fes Armées à
la maniere de l'Europe , il choifit
parmi cette Nobieffe , des Officiers,
pour les Troupes . LeCzar les honore
encore de divers Employs , comme de
Gouvernemens de Provinces , il les
fait Chambellans , Gardes du Corps;
outre ceux- ci , il y a encore les Banquiers
& Marchands renommez ; qui
tiennent rang de Nobles ; il y en a toujours
de ces derniers, deux ou trois
dans le Confeil d'Etat , on les appelle
Goften
Le Grand Duc a une autorité fi
étendue , qu'il n'eft point . fujet ats
Loix ; tous les Sujets luy obeiflent
avec une foumiffion fi grande & fi
profonde , que bien loin de s'oppofer
à la volonté , ils la regardent aucontraire
comme facrée & inviolable;
il crée les Magiftrats , les dépofe , les
chaffe
MERCURE. 61
chafle & les punit avec un pouvoir
abfolu ; il a feul , le droit de declarér
la Guerre à ſes Voiſins & de faire la
paix avec eux ; & quoiqu'il entreprenne
, il eft cependant Souverain
Arbitre de fes volontez : il a erigé
-depuis quelques années une Cour
que l'on appelle le Senat de l'Empire,
qui juge toutes les affaires d'Etat en
dernier reffort , pendant fon abſence
Dans les differens Confeils , la Jufice
s'y exerce à peu prés comme
dans les autres Etats de l'Europe.
Avant Michael Fedorovvitz , les
'Peuples ne reconnoiffoient prefque
point d'autres Loix , que celles qui
regardoient les attentats contre les
Czars ; mais en 1647. cet Empereur ,
de l'avis d'une Affemblée des principaux
Seigneurs de Mofcovie , fit rediger
par écrit des Loix que l'on fit
imprimer en un vol . in folio , appellé
le Droit Univerfel , qui fert aujour
d'hui de regle & de modele aux
Boyars ; S. M. Czarienne regnante a
desfein d'y en introduire de nouvelles
, elle avoit nommé feu M , de
Leibnitz fi connu dans tous les
F
gen
62 LE NOUVEAU
res de litterature pour fon Legiflateur
.
A l'égard du revenu que ce Prince
retire de fes Etats ; il eft certainement
trés confiderable , quelquesuns
le font monter à vingt millions;
la feule Ville d' Archangel fournit ou
rapporte plus de 600000 écus ,
Le commerce qu'il fait faire par
fes Facteurs , en divers Etats de l'Europe
; le profit qu'il tire des fourures;
les droits fur les heritages & fur les
maifons , outre la taxe du dixième
denier fur tous fes fujets, en tems de
guerre , montent trés- haut , auffi
peut- il lever dans une neceffité , des
Armées de 2 ou 300 mille hommes
fournies de tout ce qui eft neceffaire.
On fait eftat que Sa Majefté Czarienne
a actuellement 100 mille hommes
d'Infanterie , & 50 mille de Cavalerie
, qu'il peut augmenter & diminuer
felon les befoins de l'Etat .
La Religion Grecque eft la domipante
dans toute la Mofcovie ; on
peut dire qu'il n'y en a prefque point
d'autres , on y a toleré cependant les
Reformez & les Lutheriens ; le PaMERCURE.
63
triarche de Mofcovv eſt à la tefte de
tout le Clergé indépendant aujourd'hui
du Patriarche de Conftantinople,
qui avoit accoûtumé de le confir
mer ;les Czars fe font attribuez ce
droit ; voilà M. tout ce que j'ai pû
remarquer de plus memorable , de ..
puis environ fix mois que je fuis refident
ici. Je dois inceffamment me
rendre à Peterbourg , je vous promets
une relation fidele des établiffe-.
mens nouveaux que le Grand Duc
a fondé, & fonde tous les jours dans
cette Ville.
E n'ai pas efté peu furpris , en arrivant
ici , de trouver des Peuples,
des Moëurs & un Gouvernement plus
exactement policéque je ne me l'étois
imaginé. Ces Ruffes que les Auteurs
traitent de Barbares ; font aujourd'hui
des hommes comme les autres .
Il eft vrai que ce changement n'eft dû
qu'au foin & à l'application que le
Czar Pierre Alexieuvvitz , qui regne
à prefent, avec tant de gloire , a
pris de les civilifer.
On ne peut plus douter que ce
Prince continuant à faire fleurir les
Sciences & les Arts ; permettant à fes
fujets de voyager , & aux Etrangers
de negocier librement dans fes Etats ,
les Mofcovites dans peu, ne le difputent
à tous les autres Peuples de l'Europe
, dans quelque genre de difcipline
que ce puiffe eftre , foit litteraire
, foit militaire .
MERCURE. 53
De laVille de Mojcovv.
Ette grande Ville eft la Capita-
Cle deRuffie , elle tire fon nom
de la Riviere de .Moskow ; fon circuit
eft d'environ trois lieuës d'Allemagne.
On y compte à préfent 60-
mille maitons ; la plufpart à la verité
n'ayant qu'un étage . Commeon a vu
les inconveniens qui arrivent à caufe
des incendies frequentes, caufées par
la conftruction des maifons qui n'étoient
que de bois ; par ordre de S
M. on n'en bâtit aujourd'hui que de
briques , pour remedier à ces acci
dens ,
Les rues font belles & fort larges ;
mais fi falles,quand la pluye a detrempé
tant foit peu la terre , qu'il feroic
impoffible de s'en tirer fans des rondins
joints enfemble , qui forment
une espece de Pont , à peu prés de la
façon de celui du Rhin prés de Straf
bourg.
La Ville eft divifée en quatre quartiers
ou enceintes ; elle a quelque raport
à cet égard avec Amferdam..
LE NOUVEAU
Le premier eft nommé Kitaigorod, la
Ville du Milieu . Le Palais de l'Empereur
qui eft dans cette partie , autrement
Cremel , en occupe prefque la
moitié ; il eft fortifié de trois fortes
murailles & d'un bon folé , garnid'artilleries
. L'on voit au milieu de
la Cour du Chafteau, plufieurs Clochers
, il y en a un entre - autres , remarquable
par fa cloche , quell'Empereur
Boris Gudenou fit fondre du poids .
de 336 quintaux ; elle ne peut eftre
ébranlée,à peine 24 hommes fuffifent
pour la fonner avec le batan . On a
bâti dans ce circuit un fort beau Palais
de pierre à l'Italienne. La Place
qui eft devant le Château , eft le premier
marché de la Ville ; il eft rempli
de boutiques , comme toutes les ruës
qui y aboutiffent ; mais chaque métier
a la fienne & fon quartier ; il y a
encore une autre Place que l'on appelle
le marché aux Pouilleux ; parce
que les Habitans s'y faiſant faire
le poil , elle en eft tellement couverte,
qu'il femble qu'on marche fur
des matelats .
Le fecond quartier a la muraille
MERCURE.
$5
particuliere ; il eft remarquable par
fon Arfenal & le lieu , où l'on fond le
canon & les cloches .
Le troifieme eft celui du marché
au bois ; on y vend des mailons que
l'on trouve toutes montées & dref
fées ; on les tranfporte & on les place
où l'on veut avec peu de peine & dedépense.
Le quatrième quartier eft celui que
EmpereurBafili.Ivanovitz fit bâtir,,
il le deftina pour le logement des
foldats étrangers.
Des moeursdes Mofcovites.
L n'y avoit rien de plus groffier &
de plus incivil, que l'étoient ces ,
Peuples, avant l'avene rent du Czar,
qui les a tirez de l'obſcurité où ils
eftoient . Le peu de relation qu'ils
avoient avec les autres Eftats de l'Europe
; jointe à leur ignorance , les
entretenoit dans des moeurs toutà-
fait fauvages ; a préfent ils fe conforment
en tout aax manieres euro-
.
péenes , excepté le bas Peuple ,
comme par tout ailleurs , on y trouve
le la politelle .
5.6
LE
NOUVEAU
Les Mofcovites en general ne
manquent pas d'efprit , ilsfont rufez,
contre-difants, réglants la raiſon fur
leur pouvoir : leur induftrie & la fubtilitéde
leur efprit paroiffent princi
palement dans leur trafic , ne le cedant
à aucune Nation , quand il s'agit
de leur intereft. Leur vice favori ,
eft l'ivrognerie ; elle ett fi commune
que toutes fortes de perfonnes , fans
exception , tombent dans ce défaut
les Ecclefiaftiques comme les autres .
Les gens de baffe condition furtout
, ne fe contentent pas de dépenfer
au cabaret juſqu'au dernier
copee de leur bourfe , ils y engagent
ordinairement leur habit . J'en ai vû
un, entr'autres qui en fortit fans chemife
; lui ayant demandé ce qu'il en
avoit fait , & s'il avoit efté volé ..
Wate promener, me dit- il , c'est
le Cabaretier& fon vin qui m'ont
mis dans cet eftat ; mais à propos,
puifque la chemife y eft demeurée ,
j'y veux auffi laiffer mon calçon,
il le fit comme il le dit.
A l'égard des femmes , elles font
MERCURE.
communément belles ; leur taille
n'eft ni trop grande , ni trop petite
mais fort bien proportionnée , ayant
avec cela un embonpoint charmant ;
il n'y a pas long-tems que le fard les
defiguroit par la maniere groffiere
dont elles l'appliquoient ; mais elles
s'en fervent à prefent avec autant
d'art, que nos femmes de Théatre; elles
fe donnent par là , un vermillon
qui manque à leur trop grande
blancheur.
"
Autréfois on fe marioit fans fe voir,
mais cette coûtume s'abolit peu à
peu ; caril arrivoit fouvent que tel
qui croyoit avoir épousé une aimable
moitié , en trouvoit une laide &
contrefaite.
On meurt ici , comme autre part, les
enterremens s'y font avec beaucoup
de ceremonie ; je m'abftiendrai cependant
de vous en donner aucun détail
; je me contenterai de vous envoyer
la copie du billet qui doit fervir
de palleport pour le voyage de
F'autre monde ; il eft conçu en ces
-termes
LE NOUVEAU
No
YOUSfouffignez, Patriarche
Lou MMetropolitain & Prestre
de cette ville de N ... reconnoif
fons & certifions par ces Prefentes,
.que N .. Porteur de nos Lettres ,
atoujours vêcuparmi nous en bon
Chrétien , faisant profeffion de la
Religion Grecque , & bien qu'il
ait quelquefois peché , il s'en eft
confeffé , il a reçu enfuite l'abſolution
& la Communion en remif.
fion de fes pechez , il a reveré
Dieu , les Saints , il a fait fes
prieres , & jeune jeuné aux heures &
jours ordonnez par l'Eglife , &
s'eftgouverné fibien avec moyqui
fuisfon Confeffeur , que je n'ay
pointfujet de me plaindre de luy,
ni de luy refufer l'abfolution de
fespechez; en témoignage de quoy
nous luy avons fait certifier leprefent
certificat , afin que S. Pierre
MERCURE
19
le voyant , luy ouvre la porte à d
joye immortelle.
Dés qu'on luy a donné ce Paffeport,
on ferme la biere , on le met
dans la fofle , le vifage tourné vers
l'Orient.
Les principaux Seigneurs de Molcovie
ont un grand nombre d'Efclaves
; ils en difpofoient avant le grand
Duc qui regne a prefent , comme
de leur meuble ; un pere même pou
voit vendre fon fils & l'aliener a fon
profit ; mais ce Pouvoir Defpotique
a efte aboli .
On y diftingue trois fortes de Nobleffe
, le Titre de Comte n'y eftant
que nouvellement introduit, ) la premiere
appartient aux Princes & aux.
Gent shommes ; les Princes font les
plus riches Seigneurs du Pays , que
Je Czar employe dans les plus hautes
Charges , aux premiers Gouvernemens
de cet Empire : Ils font auffi ordinairement
Boyars , où Confeillers
d'Etat. Le fecond degré de Noblelle
eft celui des Seigneurs , le troifiéme
des Gentilshommes, qui poffe.
60 LE NOUVEAU
dent des Fiefs par la grace & la liberalité
du Czar , pour recompenfe de
leurs fervices .Ces Terres tombent
auffi avec le Titre fur leurs fils ; ils
eſtoient obligez autre fois , d'envoyer
à la Guerre un certain nombre de Valets
; mais à preſent ſa Majefté Czarienne
ayant difcipliné fes Armées à
la maniere de l'Europe , il choifit
parmi cette Nobieffe , des Officiers,
pour les Troupes . LeCzar les honore
encore de divers Employs , comme de
Gouvernemens de Provinces , il les
fait Chambellans , Gardes du Corps;
outre ceux- ci , il y a encore les Banquiers
& Marchands renommez ; qui
tiennent rang de Nobles ; il y en a toujours
de ces derniers, deux ou trois
dans le Confeil d'Etat , on les appelle
Goften
Le Grand Duc a une autorité fi
étendue , qu'il n'eft point . fujet ats
Loix ; tous les Sujets luy obeiflent
avec une foumiffion fi grande & fi
profonde , que bien loin de s'oppofer
à la volonté , ils la regardent aucontraire
comme facrée & inviolable;
il crée les Magiftrats , les dépofe , les
chaffe
MERCURE. 61
chafle & les punit avec un pouvoir
abfolu ; il a feul , le droit de declarér
la Guerre à ſes Voiſins & de faire la
paix avec eux ; & quoiqu'il entreprenne
, il eft cependant Souverain
Arbitre de fes volontez : il a erigé
-depuis quelques années une Cour
que l'on appelle le Senat de l'Empire,
qui juge toutes les affaires d'Etat en
dernier reffort , pendant fon abſence
Dans les differens Confeils , la Jufice
s'y exerce à peu prés comme
dans les autres Etats de l'Europe.
Avant Michael Fedorovvitz , les
'Peuples ne reconnoiffoient prefque
point d'autres Loix , que celles qui
regardoient les attentats contre les
Czars ; mais en 1647. cet Empereur ,
de l'avis d'une Affemblée des principaux
Seigneurs de Mofcovie , fit rediger
par écrit des Loix que l'on fit
imprimer en un vol . in folio , appellé
le Droit Univerfel , qui fert aujour
d'hui de regle & de modele aux
Boyars ; S. M. Czarienne regnante a
desfein d'y en introduire de nouvelles
, elle avoit nommé feu M , de
Leibnitz fi connu dans tous les
F
gen
62 LE NOUVEAU
res de litterature pour fon Legiflateur
.
A l'égard du revenu que ce Prince
retire de fes Etats ; il eft certainement
trés confiderable , quelquesuns
le font monter à vingt millions;
la feule Ville d' Archangel fournit ou
rapporte plus de 600000 écus ,
Le commerce qu'il fait faire par
fes Facteurs , en divers Etats de l'Europe
; le profit qu'il tire des fourures;
les droits fur les heritages & fur les
maifons , outre la taxe du dixième
denier fur tous fes fujets, en tems de
guerre , montent trés- haut , auffi
peut- il lever dans une neceffité , des
Armées de 2 ou 300 mille hommes
fournies de tout ce qui eft neceffaire.
On fait eftat que Sa Majefté Czarienne
a actuellement 100 mille hommes
d'Infanterie , & 50 mille de Cavalerie
, qu'il peut augmenter & diminuer
felon les befoins de l'Etat .
La Religion Grecque eft la domipante
dans toute la Mofcovie ; on
peut dire qu'il n'y en a prefque point
d'autres , on y a toleré cependant les
Reformez & les Lutheriens ; le PaMERCURE.
63
triarche de Mofcovv eſt à la tefte de
tout le Clergé indépendant aujourd'hui
du Patriarche de Conftantinople,
qui avoit accoûtumé de le confir
mer ;les Czars fe font attribuez ce
droit ; voilà M. tout ce que j'ai pû
remarquer de plus memorable , de ..
puis environ fix mois que je fuis refident
ici. Je dois inceffamment me
rendre à Peterbourg , je vous promets
une relation fidele des établiffe-.
mens nouveaux que le Grand Duc
a fondé, & fonde tous les jours dans
cette Ville.
Fermer
1650
p. 78-91
Extinction, & amortissement de plusieurs rentes constituées sur l'Hotel de Ville, & sur differens revenus du Roy. [titre d'après la table]
Début :
On croit interesser la curiosité du Public, en lui faisant voir [...]
Mots clefs :
Rentes, Arrêt du Conseil d'État, Taxes, Amortissement, Sommes, Tailles, Actes de notaire, Recettes, Remboursement, Dettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extinction, & amortissement de plusieurs rentes constituées sur l'Hotel de Ville, & sur differens revenus du Roy. [titre d'après la table]
N croit intereffer la curiofité
te
du Public , en lui faifant voir
d'un coup d'oeil , toutes les rentesqui
ont efté éteintes & amorties par
Arrefts du Confeil d'Eftat du Roy ,
depuis l'impofition des taxes fur les
gens d'affaires , tant für- l'Hostel de
MERCURE
.
7.9
Ville , quefur les Tailles , fur les poftes
, fur les Controls des Actes des
Notaires , fur le Contrôle des Exploits,
fur les Gffes des Domaines , & autres
effets de differente nature, qui feront
employez à acquirer l'Etat .
Je me fuis fervi pour ce calcul , de
piéces autentiques
, fçavoir , de fix
Arrefts du Confeil d'Etat du Roy , portans
extinction & amortiffement
de
plufieurs Rentes conftituées fur l' Hoftel
de Valle & fur differens revenus du
Roy.
Ćes fix Arrefts ne comprenent que
les premiers rôles ; à mesure qu'il en
paroiftra d'autres , j'aurai foin de
fuivre le même plan dans les Mercares
prochains .
Giiij
Liftes. Taxez. Mois . | Sommes .
1.
2 .
3 .
4.
5.
6 .
7.
8.
so. 8 Nov. 15866000l.
60. 14 Nov. 16274000
73. 21 Nov. 26359000
70. 28 Nov. 27794000
s Déc. 10750000
71.13 Déc. 12588000
96. 19 Déc. 20060000
2012 Janv.33 13 7000
104 .
7as Taxez. Total.
162828000l
MERCURE.
PRINCIPAL DES RENTES
fur l'Hotel de Ville ,
ETEINT.
Par Arrêt du 15. 5,228,832 . livres.
Novembre.
Par Arrêt du 22. 5,208 , 448.
Novembre.
Par Arrêt du 29. 4,284,472
Novembre .
Par Arrêt du 13. 4,720,729.
Decembre.
Par Arrêt du 20. 2,546,217.
Decembre.
Par Arrêt du 3. 6,083,381.
Janvier,
Total 28,072,079 , livres .
G iij
82 LE NOUVEAU
PRINCIPAL DES RENTES
fur les Tailles
ETEINT,
Par Arrêt du 15.
Novembre.
Par Arrêt du 22 .
Novembre .
241 , 517 livres.
301 , 300
Par Arrêt du 29. |
1,312,665
Novembre.
Par Arrêt du 13.)
Decembre.
419 , 391
208 Par Arrêt du 20. 362 ,
Dcembre .
Par Arrêt du 3. 420 , 246
Janvier.
Total 2 , 957 , 327 livres
MERCURE.
PRINCIPAL DES RENES
fur les Poftes,
ETEINT.
Par Arrêt du 15
Novembre.
Par Arrêt du 22
Novembre..
Par Arrêt du 29
Novembre.
Par Airêt du 13
Decembre.
Par Arrêt du 20
Decembre ,
·
71, 000. livres.
17 , 000.
Par Arrêt du 331
Janvier.
Total 88,000 livres .
84 LE NOUVEAU
PBINCIPAL
DES RENTES
fur le contrôlle des Alles
des Notaires,
E TEINT.
Par Arrêt du 15 1,446,088.livres
.
Novembre.
Par Arrêt du 22 320,991 .
Novembre.
Par Arrêt du 29 330,547.
Novembre.
Par Arrêt du 13 390,041 .
Decembre.
Par Arrêt du 20 1,020,820.
Decembre.
Par Arrêt du 3 1,435, $19.
Janvier.
1
Total 4 , 944 , 006. livres .
Principal
MERCURE. 35
PRINCIPAL DES RENTES
fur le controlle des Exploits ,
E TEINT.
Par Arrêt du 15 359 , 214. livres
Novembre.
Par Arrêt du 12
Novembre.
47,509
Par Arrêt du 29 112 , 872.
Novembre.
Par Arrêt du 13 153 , 0.0.
Decen bre.
Par Arrêt du 20
Decembre .
70,860,
Par Arieft du ; 57,662.
Janvier.
Total 81 , 137 livres
H
86 LE NOUVEAU
PRINCIPAL
Jur les Greffes
DES RENTES
Domaines ,
E TEINT.
Par Arreft du 15
PNovembre.
Par Arreft du 22
Novembre .
Par Arreft du 29
Novembre.
91 , 526,livres.
35, 235
Par Arreft du 13 179 503.
Decembre.
Par Arreft du 20
Decembre.
Par Arreft du 3.
Janvier .
70 , 666
409 , 103 .
Total 786 , 033. livres .
MERCURE
. 87
PRINCIPAL
DES RENTES
fur les Recettes generales des Pays,
d'Election ,
ETIIN T.
Par Arrest du 15 335 , 675. livres.
Novembre .
Par Arreft du 22
Novembre.
Par Arreft du 29
Novembre.
Par Arreft du 13
Decembre.
94 , 351
23,485
.
Par Arreft du 20 121 800:
Decembre ,
Par Arreft du
Janvier.
31
Total 575 , 311 livres.
Hij
LE NOUVEAU .
PRINCIPAL DES
AUGMENTATIONS
de Gages , éteint .
Par Arreft du 15 53 850 , livres
Novembre.
Par Arreft du 22 185 , 786
Novembre •
Par Arrest du 29 337 , 550
Novembre
Par Arreft du 13 179, 243
Decembre.
Par Arrest du 20 137357
Decembre.
Par Arrest du 13 586 , 268
Janvier.
Total 1,480 , 067 livres .
MER CURE.
Principal des Promeffes des G1-
beles , Affignations
, Billets de
'Etat , de Loterie , des Riceveurs
généraux de le Gendre
& autres,
éteint.
Par Arrest du 15
Noven bre.
•
Par Arreft du 22 19,333 , 105. liv.
Novembre .
Par Arreft du 29
Novembre.
10,183,970
Par Arreft du 13 8,875, 330.
Dicembre.
Par Arreft du 20 ) 6 , 443,460
Decembre ,
Par Anelt du 3 10 , 028 , 325
Janvier.
Total 14,664 , 190 livres.
90 LE NOUVEAU
PRINCIPALDES
REMBOURSEMENTS
d'Offices , c
ETEINT.
Par Arreft du 15 | 11 , 253 , 998 liv.
Novembre.
Par Arreft du 22
S, 432, 806, Novembre
Par Arrest du 29 4,899, 845.
Novembre ,
Par Arreft du 13
Decembre
Par Arre du 3
Janvier .
Tota 34, 309, 038 livres
4,834, 488
7,887 , 901.
MERCURE.
PRINCIPAL DES EFFETS
de differente nature , quiferviront
à payer les dettes du Roy ,
ETE IN T.
Par Arreft du s
Novembre.
Par Arreft du 22 11 , 730 067 li .
Novembre.
Par Arrest du 29
Novembre.
5,416, 342.
Par Arreft du 13 3 , 720 , 204
Decembre
Par Arreft du 20 2,707 , 010
Decembre,
Par Arreft du 3 4,920, 451.
Janvier.
Total 28 , 494 , 084. liv .
En tout cent cinquante-fept millions
, cent foixante- dix mille , deux
cent foixante-neuf livres,
Ce qui fait fix. millions , deux cent
quatre-vingt mille livres de rente.
te
du Public , en lui faifant voir
d'un coup d'oeil , toutes les rentesqui
ont efté éteintes & amorties par
Arrefts du Confeil d'Eftat du Roy ,
depuis l'impofition des taxes fur les
gens d'affaires , tant für- l'Hostel de
MERCURE
.
7.9
Ville , quefur les Tailles , fur les poftes
, fur les Controls des Actes des
Notaires , fur le Contrôle des Exploits,
fur les Gffes des Domaines , & autres
effets de differente nature, qui feront
employez à acquirer l'Etat .
Je me fuis fervi pour ce calcul , de
piéces autentiques
, fçavoir , de fix
Arrefts du Confeil d'Etat du Roy , portans
extinction & amortiffement
de
plufieurs Rentes conftituées fur l' Hoftel
de Valle & fur differens revenus du
Roy.
Ćes fix Arrefts ne comprenent que
les premiers rôles ; à mesure qu'il en
paroiftra d'autres , j'aurai foin de
fuivre le même plan dans les Mercares
prochains .
Giiij
Liftes. Taxez. Mois . | Sommes .
1.
2 .
3 .
4.
5.
6 .
7.
8.
so. 8 Nov. 15866000l.
60. 14 Nov. 16274000
73. 21 Nov. 26359000
70. 28 Nov. 27794000
s Déc. 10750000
71.13 Déc. 12588000
96. 19 Déc. 20060000
2012 Janv.33 13 7000
104 .
7as Taxez. Total.
162828000l
MERCURE.
PRINCIPAL DES RENTES
fur l'Hotel de Ville ,
ETEINT.
Par Arrêt du 15. 5,228,832 . livres.
Novembre.
Par Arrêt du 22. 5,208 , 448.
Novembre.
Par Arrêt du 29. 4,284,472
Novembre .
Par Arrêt du 13. 4,720,729.
Decembre.
Par Arrêt du 20. 2,546,217.
Decembre.
Par Arrêt du 3. 6,083,381.
Janvier,
Total 28,072,079 , livres .
G iij
82 LE NOUVEAU
PRINCIPAL DES RENTES
fur les Tailles
ETEINT,
Par Arrêt du 15.
Novembre.
Par Arrêt du 22 .
Novembre .
241 , 517 livres.
301 , 300
Par Arrêt du 29. |
1,312,665
Novembre.
Par Arrêt du 13.)
Decembre.
419 , 391
208 Par Arrêt du 20. 362 ,
Dcembre .
Par Arrêt du 3. 420 , 246
Janvier.
Total 2 , 957 , 327 livres
MERCURE.
PRINCIPAL DES RENES
fur les Poftes,
ETEINT.
Par Arrêt du 15
Novembre.
Par Arrêt du 22
Novembre..
Par Arrêt du 29
Novembre.
Par Airêt du 13
Decembre.
Par Arrêt du 20
Decembre ,
·
71, 000. livres.
17 , 000.
Par Arrêt du 331
Janvier.
Total 88,000 livres .
84 LE NOUVEAU
PBINCIPAL
DES RENTES
fur le contrôlle des Alles
des Notaires,
E TEINT.
Par Arrêt du 15 1,446,088.livres
.
Novembre.
Par Arrêt du 22 320,991 .
Novembre.
Par Arrêt du 29 330,547.
Novembre.
Par Arrêt du 13 390,041 .
Decembre.
Par Arrêt du 20 1,020,820.
Decembre.
Par Arrêt du 3 1,435, $19.
Janvier.
1
Total 4 , 944 , 006. livres .
Principal
MERCURE. 35
PRINCIPAL DES RENTES
fur le controlle des Exploits ,
E TEINT.
Par Arrêt du 15 359 , 214. livres
Novembre.
Par Arrêt du 12
Novembre.
47,509
Par Arrêt du 29 112 , 872.
Novembre.
Par Arrêt du 13 153 , 0.0.
Decen bre.
Par Arrêt du 20
Decembre .
70,860,
Par Arieft du ; 57,662.
Janvier.
Total 81 , 137 livres
H
86 LE NOUVEAU
PRINCIPAL
Jur les Greffes
DES RENTES
Domaines ,
E TEINT.
Par Arreft du 15
PNovembre.
Par Arreft du 22
Novembre .
Par Arreft du 29
Novembre.
91 , 526,livres.
35, 235
Par Arreft du 13 179 503.
Decembre.
Par Arreft du 20
Decembre.
Par Arreft du 3.
Janvier .
70 , 666
409 , 103 .
Total 786 , 033. livres .
MERCURE
. 87
PRINCIPAL
DES RENTES
fur les Recettes generales des Pays,
d'Election ,
ETIIN T.
Par Arrest du 15 335 , 675. livres.
Novembre .
Par Arreft du 22
Novembre.
Par Arreft du 29
Novembre.
Par Arreft du 13
Decembre.
94 , 351
23,485
.
Par Arreft du 20 121 800:
Decembre ,
Par Arreft du
Janvier.
31
Total 575 , 311 livres.
Hij
LE NOUVEAU .
PRINCIPAL DES
AUGMENTATIONS
de Gages , éteint .
Par Arreft du 15 53 850 , livres
Novembre.
Par Arreft du 22 185 , 786
Novembre •
Par Arrest du 29 337 , 550
Novembre
Par Arreft du 13 179, 243
Decembre.
Par Arrest du 20 137357
Decembre.
Par Arrest du 13 586 , 268
Janvier.
Total 1,480 , 067 livres .
MER CURE.
Principal des Promeffes des G1-
beles , Affignations
, Billets de
'Etat , de Loterie , des Riceveurs
généraux de le Gendre
& autres,
éteint.
Par Arrest du 15
Noven bre.
•
Par Arreft du 22 19,333 , 105. liv.
Novembre .
Par Arreft du 29
Novembre.
10,183,970
Par Arreft du 13 8,875, 330.
Dicembre.
Par Arreft du 20 ) 6 , 443,460
Decembre ,
Par Anelt du 3 10 , 028 , 325
Janvier.
Total 14,664 , 190 livres.
90 LE NOUVEAU
PRINCIPALDES
REMBOURSEMENTS
d'Offices , c
ETEINT.
Par Arreft du 15 | 11 , 253 , 998 liv.
Novembre.
Par Arreft du 22
S, 432, 806, Novembre
Par Arrest du 29 4,899, 845.
Novembre ,
Par Arreft du 13
Decembre
Par Arre du 3
Janvier .
Tota 34, 309, 038 livres
4,834, 488
7,887 , 901.
MERCURE.
PRINCIPAL DES EFFETS
de differente nature , quiferviront
à payer les dettes du Roy ,
ETE IN T.
Par Arreft du s
Novembre.
Par Arreft du 22 11 , 730 067 li .
Novembre.
Par Arrest du 29
Novembre.
5,416, 342.
Par Arreft du 13 3 , 720 , 204
Decembre
Par Arreft du 20 2,707 , 010
Decembre,
Par Arreft du 3 4,920, 451.
Janvier.
Total 28 , 494 , 084. liv .
En tout cent cinquante-fept millions
, cent foixante- dix mille , deux
cent foixante-neuf livres,
Ce qui fait fix. millions , deux cent
quatre-vingt mille livres de rente.
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