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p. 104-164
LA BAGUETTE JUSTIFIÉE, ET Ses effets démontrez naturels.
Début :
Mr Comiers est universel. Vous avez vû au commencement / Je suis persuadé, Monsieur, qu'on n'a pas besoin de [...]
Mots clefs :
Eau, Baguette, Corps, Métaux, Sources, Corpuscule, Mines, Assassins, Effets, Trouver, Parties, Pores, Animaux, Terre
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texteReconnaissance textuelle : LA BAGUETTE JUSTIFIÉE, ET Ses effets démontrez naturels.
Mr Comiers est univr":!
tel Vous avez vû au commencement de cette Lettre
un sçavant Traité de sa façon sur un Calendrier fixe Se
perpetuel. Envoicy unautre
pour réponse à ce que le Pere
le Brun, Jesuite
,
& le Pere de
Mallebranche
»
de l'Oratoire,
ont écrit sur la Baguette.
Qaoy qu'il foit Aveugle, il
voit tout. & rien n'échape
à la penetration de son esprit.
LA BAGUETTE
JUSTIFIEE,
ET
Ses e
ffets démontrez naturels.
iAMeJJire Jules-Louis 1Jolt i
Marquis de Chamlay,Conftil1er du Royen ses Confeiht
Maréchal General des Camps
$0 Armées de Sa Afajefié.
E fuis persuadé, Monsieur,
qu'on n'a pas besoin de
Devins,ny deleur Baguette,
pour apprendre les obligations que je vous ay
,
& que
je publie partout; mais je
croy que la Baguette quifait!
tant de bruic, auroic grand
besoin de vostre approbation..
Si ce bon heur luy arrive, per-.
sonne n'en ofcra condamner1
l'usage
,
car toute l'Europeest
convaincue que parvostre pe.,
netration d'esprit, vous découvrez si parfaitementle vrai
& le faux, que vous n'estes
jamais trompé par les fpecieufesapparences de l'un ny
de l'autre.
Les Sçavans disoient hardi-
nent que la Divination par
a Baguette avoir des causes
Physiques
,
pour produire
ans aucun mélange de Pacte
explicile ou implicite, tant de
faits furprenans
; mais lePere
le Brun ayant écrit de Grenoble,, & demandé au Peie de
Malebranche son sentiment
sur les plus grandes difficultez des effets qu'elle produit,
il n'en a receu d'autre réponse, sinon qu'ils estoient diaboliques; & comme j'apprehende que l'on ne traite de
mesme l'Homme art'fiâtl Anemofèope, Propbete Physique du
changement du temps, que j'ajj
donne dans le Mercure du
mois de Mars de l'année
1683. & dans la26. page de
jéêlx Eruditorum
,
imprime
à Leiphe en l'année 11684
y veux répondre physïques
ment aux demandes du Pere:
Is Brun,afin de détromper
ceux qui se laissantentraîner
par le poids du sentiment de
ce Philosophe, d'un sçavoir
& d'un merite distingué
,
feroient de sinistres jugetnens
contre un grand nombre de
gens
*
de Robe&d'Epéc, tous d'une probité connue, qui
nt le même talent que Jac.
ues Aymar Vernay, de Saint
rcran, prés de S. Marcellin
n Dauphinc. Mr l'Evesque
c Morienne, & MrGalc.c,
elebre A stronome,& grand
pcnitcncier do Carpentras,
ont le mesme talent que Jac-j
ques
Aixiiar»aussî bien que Eccleflaflique deLyon, que
d" Panthot, Doyen des Melecins
,
dans sa Lettre écrite
à Mr Daquin, premier Mede-
:in du Roy» assure trouver
l'endroit où font les corps
des Noyez.
Dans les choses obscures
& embarassées de difficultés j
je suspens mon
jugement»!
pour donner lieu à l'Accusé
de défendre sacause, ou pour
attendre que quelqu'un parle
pour luy. Cette maxime cft
de Droit naturel; c'est pourquoy Seneque le Tragique
disoit
,
Parte alterâ inauditâ
justum licetftatuaty haud œquum
judicat. Pourquoy donc accuser d'abord de diablerie ce
pauvre Aimar &sa Baguette?
C'est agitcontre les maximes
du Droit, car pour prononcer sur de telles matières de
Pacte avec les Demons, Ar-
menta àttbent tjJe sole meriAYIO clariora
,
outre que Odia
ent restringenda, favores amiandi. Ce fut surce,principe à desDamcs, plus sçavantes
fcrupulcs, que dans la conoiffancc de la bclltPhyfiquc,
:
fus obligé, pour satisfaire
leurs demandes, de leur
endre les effets de la Baguette
ors de foupçonde diablerie;
&cela fut cause que je m'exdiquay comme il s'enfuie.
Dieu donc les secrets font
mpenctrables,a permis auxAnés des deux personnes assas-
, nés dans leur cave à Lyon,
avant qu'on les mette en terre;
ou à leur mettre un baussecol, afinqu'ils ne mâchent
point leur suaire ou drap dans
lequel ils fontenfcvelis, &
pour empêcher que par quelque sympathie
,
disent-ils, ils
n'attirent le fang de leurs parens, dont les corps enterrez
ont esté trouvez par tout
couverts de fang. On attribuoit autrefois aux Sorciers ce
succement dusang des veines.
Pour ce qui concerne l'art
de trouver les Sources,cela
appartient à mon Traité de
l'Elévation des eaux, dont les
principcs font dans mes Letres
,
inférées aux Mercures
l'Avril& deSeptembre 1688.
& dans le 18. Tome extraorlinaire. Je n'ay
rien a ajouter
:onccrnant les véritables & les
aux Prophètes, les Devins,
k les Pytons
,
m'en estanc
iflfezexpliqué dans mon Traité des propheries. inseré dans
lesMercures des mois d'Août,
Septembre & Décembre de
l'année1689.& dansceluy de
Septembre 1690.
Je me resserre doncicy à la
Divination par laBaguette.Je
dis que la Baguette n'cft point.
Justice les Impies &les Scélérats de profession;ainsi l'homme d'iniquité a eu ses Protecteurs.
J'espere guérir par démonstrations Phyfiqucs ces Scrupuleux
,
dans la fuite de ma
Medecine Universelle
,
dont
on aveu les commencemens dans les Mercures des
mois de Juin,Juillet,Aoust,
& Novembre 1687. où je démontreray
fcnfiblement tout
ce que Levinius Lcmnius ra pporte De occultisNaturtoe miraculist tout ce que le gran d
Medecin Fernel a
dit, De abdi-
ris rerum causis,tout ce que
Fromondus avance dans son
Livre De fascinatione
»
routes
les vertus Médicinales & proprietezcurieuses qu'Anselme
Boëce de Boot, Medecin de
l'Empereur Rodolphe 11. attribuë aux pierres precieuses,
& enfin tout ce que l'on peut
croire,De transplantationemorborum, dont le Sçavanc Tenczelius & le docte & curieux
Mr Bartholin ont écrit.
J'examineray en dernier
lieuce qui obligeà present les
Polonoisàcouper lacetteaux
corps moresde leurs parens
avant qu'on les mette en terre;
ou à leur mettre un baussecol, afin qu'ils ne mâchent
point leursuaire ou drap dans
lequel ils font ensevelis, &
pour empêcher que par quelque sympathie ,disent-ils, ils
n'attirent le fang de leurs parens, dont les corps enterrez
ont cité trouvez par tout
couverts de fang. On attribuoit autrefois aux Sorciers ce
succement dusang des veines.
Pour ce qui concerne l'art
de trouverles Sources,cel a
appartient à mon Traité de
l'Elévation des eaux, dont les
principes font dans mes Letres
,
insérées aux Mercures
l'Avril& deSeptembre 1688.
& dans le 18. Tome extraorlinaire. Je n'ay rien aajouter
oncernant lesvéritables & les
aux Prophetcs) les Devins,
& les Pytons
,
m'en estant
assezexpliqué dans mon Trai-.
té des Prophéties, inséré dans
lesMercures des mois d'Août,
Septembre & Decembre: de
l'année1685?.& dansceluy de
Septembre 1690.
Je me resserre doncicy à la
Divination par la Baguette.Je
dis que laBaguette n'est point
absolument necessaire
,
rnaiJ
qu'elle sert, comme la longueur d'une aiguille d'Horloge ,
à rend re plus sensible le
mouvement de l'impression,
qui est d'autant plus grande,
qu'on serre plus fortement
les deux cornes de la Baguette» demême qu'en pressant
fortement avec le pouce & le
doigt Index, le filet qui suspend une bague au milieu
d'unverreà boire,lacilculation du fang s'y fait ressentir
davarage, il ébranle peu à peu
le filet,&enfin la bague par
ses vibrations, va heurter les
ord s
interieurs du verre,&
ors qu'on a
compte l'heure
lue l'on croit qu'il soit, l'imagination fufpcnd ce prompt
nouvement du sang, & on
:c fle de presser le filet
;
c'est
pourquoy les vibrations finissent, & la bague ne frappe
plus contre le verre.
Je disencore,que laBaguette peut servir à la conduite
des corpuscules,jusque dans
la main, de même qu'un balay trempé dans l'eau, mis
en la cheminée le manche
en bas, sert à attirer la fumée
en haut, ce qui a
donne lieu
aux ignorans de dire que les
Sorciers ayant unBalay entre jambes, montoient par la
cheminée pour aller au Sabat. De plus, je dis que
l'homme armé des deux cornes de la Baguette, doitestre
confideré comme un Ayman
armé
,
dont la force est tresnotablementaugmentée Enfin je remarque avec le P. de
Chales Jesuite, danssonMunJus Mathematicus, que les Baguettes prises sur les differens
arbres qui croissent sur différentcs eipeces de Mines, sont
plus propres pour trouver la
même
même espece de mécal, & de
les Mines, parce que les pores
de ces bois font plus conformes à recevoir les corpuscules
de même métal
,
autour duquel il se fait un tout billon
semblableàceluy de la pierre
d'Ayman. Ce Pere
,
qui est
d'un sçavoir
)
d'une probité,
& d'une vertu consommée,
ne traite pas de diablerie lufage des Baguettes, pour trouver les Mines & les Sources
d'eau, ce qui fait que je ne
crains pas de dire, que l'effet
de la Baguette n'est pas plus
criminel que celuy de la Baguette de Moïse, qui trouva
de l'eau dans le Rocher.
Enfin il est constant, que
dans tous les siecles on a
parlé
de la Baguette de Coudre.
Virgile dans leII. Livre des
Georgiques dit Pinguaque cum
rutrubus torremus exta colurnis,
Agricola dans son Livre de
Re Metallica, n'a pas oublié
de parler de l'usage de la Baguette de Coudre,& de renvoyer les Sçavans curieux au
Livre que le DocteAnglois
Flud a
intitulé Philosophia
Mosaica
;
ils seront satisfaits
u
sujet de cette Dcvination
par la Baguette de Coudre.
Tess: un bois dont la contexure des fibresadurapport à
me corde. C'est pourquoy si
Ivec cette Baguette on emwoehe quelque petit oiseau
3
:crte broche tournera d'ellenemc) a
présquelleaura esté
res bien échaufée
,
car l'humidité du corps de l'oiseau
s'insinuant le long des fibres
de la broche, les détordra. &
elle tournera d'elle-même.
Cela me fait souvenir que
les Juifs pour rostir l'Agneau
Paschal,attcachoient les deux
pieds de derrière au
montand
de la Croix, & les deux pieds
de devant etoient étendus sur
la traverse
,
& tournoient verticalement la Croix.
C'estun fait incontestable,
que l'usage de laBaguette pour
trouver les Sources d'eau, les
Mines & les Tresors
,
ou les
Métaux cachez
,
étoit connu
dans toutes les Provinces de
l'Europe; & il elt vray que
Jacques Aimar est le premier
qui par hazard a
remarque
que ceux qui ont le talent de
trouver les Sources d't'au,J'ont
gufïi poursuivre lesVoleurs &
Assassins, enmarchant par
erre sur leursvestigessuivant
urroutesur laRiviere & sur
a Mer. Il l'a fait voir par excricoce,ayant suivy par orre de la Justice au mois de
uille dernier
,
depuis Lyon
ufqucs à Beaucaire les trois
'({affins:l tous trois natifs de
roulon. Il trouva dans ici
Pnfbns de Beaucaire le plus
cunc,nommé Joseph Arnoul,
)o[u. On le ramena à Lyon,
Du il fut roüé le 30.Aoust
dernier
,
à l'âge de dix-neuf
ans. Aimar donna la chasle
aux deuxautres Affaffins,I"Urî
nommé Thomas
,
Marinie
de Galere, & l'autre appelle
André Pese
,
Prevoit de Sale,
mariéàToulon. Ils étoient
sortis du Port quelques heures avant l'arrivée de Jacques
Aimar, qui les poursuivit jusqu'à l'entrée des Terres de
Gennes, ayant reconnu l'endroit où ils avoient débarqué,
& les Oliviers fous lerquel,
ilsavoient couché.
Voicy comment Jacques
Aimar s'apperçut pour la premiere fois qu'il pouvoit trouver les corps assassinez & cachez sous terre
,
& poursui-
vre&reconnoître les Assassins.
Jacques Aimar naquit a
SaintVeran,présdeS. Marcellin en Dauphiné) le 8. Septembre 1662. entre minuit
ëc une heure. Ceux qui meritent un logement dans les petites Maisons, je veux dire
les A strologues, font charitablement avertis, que le Frere
du même Aimar ,né deux
ans aprèsdans le même lieu,
& au même mois de Septembre
,
n'a point le même talent. Qu'ils n'attribuent donc
pas à l'influence des Astres ce
dont ils ignorent la véritable
cau se. Il n' y a que le Soleil
& la Lune qu'on doit considererdansla Medecine,dans
l'Agriculture te dans la Navigation.
Nostre Jacques Aimar dans
sa il année cherchant de l'eau
dans une cave avec sa Baguette, se sentir intérieurement
agité avec plus de violence
qu'à l'ordinaire, & dit qu'il
y
avoirune abondante Source
d'eau en ce lieulà. Oncreusa
& l'on fut étrangement sur
pris de trouver dans un Tonneau le corps d'une Femme.
susédans de lachaux,onytrouva aussi la corde avec laquelle
elleavoitéré étranglée,&cette
Femmeavoitdisparuil y avoir
quatre mois. La Baguette fit
des mouvemens extraordinaires contre son Mary qui se
voyant découvert prit la suite. Ce fut donc par hazard
,
queJ.Aimar reconnut que son
talentde trouver des Sources
d'eau, s'etendoità trouver les
corps assassinez
,
à poursuivre
les Assassins&les Voleurs,&
à les reconnostre, après avoir
receu la premiere impression,
&s'estre,pourainsi dire,ay-
manté au lieu où l'assassinat
& levolontété commis; car
étant ainlicornIne imprégné
des corpuseules & fcls volatilsou fixesémanez du corps
des Voleurs ou Assassins. Il
ressent lamêmeagitation,lors
qu'il marche sur leurs vestiges,& cette agitation interieure est si violentc, lorsqu'il
mer son pied sur ccluy du
Criminel, qu'il tombe en désaillance.
Je répons maintenant article par article aux demandes
& aux difficultez du R. P. le
Brun, proposées au R. P. de
Malebranche. La Baguette
étant fourchuë,on met de l'or
ou de l'argent dans les mains.
Pour lors si le métal caché est
de même cfpece que celui qu'-
on a
dans les mains, la Baguet.
te tourne avec plus deforce,ÔC
l'on juge de la quantité &de
l'espece du métal cachéce qui
a toujours réussi à l'Astronome Mr Galet, grand Penitencicr à Carpentras
;
la raison en
est évidente. Ilsefait autour
de chaque métal
,
de même
qu'autour de toutes les pierres
d'Ayman,un tourbillon de
certains corpuscules
,
fingu-
liers à chaque métal. C'est
pourquoy si le métal qui cft
dans la main, cft de la nature
dumétal caché,ils s'unifient
& font une impression plus
grande. L'exemple est évident
en l'Ayman armé, dont la
presence agite davantage l'aiguilledelaBoussole,attire de
plus loin, & retient plusfortement le ser;& lors que le
métal caché est d'autre eCptce, que celuy qu'on a
dans les
mains, laBaguette ne fait aucun mouvement, parce que lestourbillons de differens
métaux, font de différente
configuration, & par confcquent leurs effets font differens ; ce qui paroist visiblement par l'eau forte, laquelle
disseut l'argent & les autres
métaux moins noblesquel'or,
auquelelle ne touche pas.
Quesiàlamêmeeau forteon
ajoutel'esprit de sel commun,
on fait l'eau Régale, dont les
parties acides du Nitre, devenuës plus grossieres, font dans
les larges pores de l'or, l'esset des coings, en separant les
parties compactes de ce Roy
des métaux, ce que l'eau forte
n'avoit pu faire, parce que les
parties acides duNitre étant
plus minces passoient librement par les porcs de l'or, &
ne pouvoient passer par les
pores plusétroits de l'argent,
sans en ébranlerles parties
compactes & dissoudre sa
masse ;
ffl par une raison contraire, comme les parties acides de l'eau Regale font plus
grossieres elles ne peuvent
entrer dans les petits pores de
l'argent,& ne peuvent par
consequent ledissoudre.
1
Leslarges pores de l'or font
que le Mercure monte tout à
coup le long d'une verge d'or
l,
se même que l'encre monte
lans le tuyau de la plume par
a
fente, quand elle n'est pas
rop seche
,
ce qui cft encore
une autre raison de cc que le
Mercure nes'insinuë quetresdifficilement dans le fer, dans
l'argent) & dans le cuivre, qui
ont les porcs plus secs & plus
étroirs que les pores de l'or.
J'ajoûte icy une curiosité
qui me sertà faire connoistre
que les corpuscules émanez
des Mines, des Métaux fondus,des corpsassassinez,& de
l'eau,modifiezestantentrez
par les porcs de nostre corps
y produisent des agitations
intérieures, enaltérant, fermentant, ou coagulant le
fang
,
les humeurs, & les esprits vitaux & animaux. On
fait des mouches, ou autres
petits animaux que l'air foutient&agite. En voicy la manière. Ces mouches font premièrement fonduësen argent,
puis couvertes d'une dorure
un peu épaisse; après quoy
ayantfaitquelques petitstrous
dans les parties les plus cachéesde lamoucheonla jette
dans de l'eau forte qui dissout
tout l'argenténelaisse que
épaisseur de l'or, qui cft,
pour ainsi dire, l'epiderme de
la mouche,estant comme la
dépoüille du Serpent,ou dela
Cigale.
Quant à la demande pourquoy tous les hommes n'ont
pas les mêmes talens que Jacques Aimar, & pourquoy lors
qu'il est sur l'eau découverte,
ilnesent pas les mêmes émotions ,qu'il ressent quand il
setrouve au dessus des fources d'eau cachées en terres
& comment on peut juger de
l'abondance de la Source, de
(à profondeur ,& des diffe-
rentes terres qu'on trouvera
en creusant,je répons que tous
n'ont pas les porcs configurez
pour donner entrée a. ces atomes,& que les pores de leurs esprits animaux font configurez
de telle maniere,qu'ils n'en
peuvent estre ébranlez ny alterez. Pour la preuve de cela
j'employe l'exemple de l'Eauforte, qui dissout l'argent &
les Métaux moins nobles,sans
toucherà l'or, dont les pores
font disserens de ceux des au.
tres Métaux; & au contraire
les atomes de l'Eau Regale
cftantproportionnez aux po-
res de l'or
,
en font la dissolution, & ne pouvant s'insinuer dansles porestrop étroits
desautresMetaux,ilsn'en peuvent ébranler les parties,n'y en
dissoudre tamanc. Jepourrois
ajoûter qu'il y a
plusieurs personnes qui tombent en défaillance à certaines odeurs de
fleurs,comme de laTubereuse,
&autres, bien qu'elles soient
cachées) & que les mêmes
odeurs plaisent ou soientindifférentes à d'autres. Enfin
qu'il y a
des yeux tendres, far
lelquels les yeux d'autruy
J
principalement des vieilles
Femmes mal saines, font de
malignes impressions
»
sur
quoy les Parcns disent que,
leurs Enfansont esté ensorcelez; ce que Virgile n'a pas
ignoré, puis qu'ila die
Nescio quis teneros oculus mihifascinatagnos.
Au sécond Arricle
,
Pourquoy l'eau qui est à découvert ne fait pointressentir les
mêmesémotions que les Sources cachées,je dis que sur l'eau
à découvert on ne fent rien
pour trop sentir, que les Sources fous terre ont toujours
quelque degré de chaleur
ue ces vapeurs traversant la
erre changent la configuraton. ainsi que l'eau, le vin
le vinaigre distilez, la Rose du mois de May, & le Seein du foir. Ces vapeurs stim";
regnent & fc chargent de rets
)U atomes de différente nature des terres qu'ils traversent en montant. Cette diffeente modification que l'eau
reçoit par la différente filtra
rio de la diversité des pores de
la racine des arbres& des plantes
,
produit la différence des
herbes,desfleurs, & desfruits.
Demême la différente modi-
fication des vapeurs & des ex.
halaisons des Sources & de:
Mines, fait sentir différente
émotions aux Devins à la Ba
guerre, sur lesquelles émotions, de même que les Me
dccins sur les differens Batte
mens du pouls, après de Ion
gues experiences, formen
des regles pour juger del
quantité & profondeur de
Mines, des Métaux cachez,
des Sources & dela d ifferent
nature, ou espece de terr
qu'on trouvera en crcufanr.
Les Devins à laBaguette n
peuvent sentir d'émotion si
eau découverte, parce que
es parties cylindriquesn'étant
modifiées ny imprégnées
l'aucun sel terrestre
,
ne peuvent alterer ny faire fermenter
esang les humeurs, ny les
esprits animaux, & cependant
ils découvrent la vaiif,Ile,1'or
& l'argentmonnoyé, en quelque part qu'ils soient cachez
en terre
,
ou en autre endroit,
parce que les Métaux estant
forgez, frapez
,
& battus, acquierent
,
de même que le
fer trempé
,
destourbillons
fcmblablcs àceux de la pierre
d'Aiman;& d'autant que les
corpuscules qui émanent des
Métaux'tau forgez, for font durs, gez
,
font durs
3, inflexibles, & infiniment plus
subtils que ceux de l'eau, ils
produisent sans autre secours
les altérations & émotions en la personne des Devins à laj
Baguette.
A la demande, Comment
ces corpuscules, ou tels fixes
ou volatifs, émanez du corps
des Assassins
)
peuvent fubfiner sur la terre, sur l'eau, Se
sur la mer, malgré les vents
& les orages, jerépons qu'ils
subsistentdemême
que les
tourbillons de lamatiere magnetique
gnetique autour de l'Aiman,
& que ceux qui font émanez du Lièvre & du Cerfsubsistent sur les Rivieres & furles Etangs, dont les chiens
ressentent l'iiiipreffion
,
ces
corpusculescausant des effervescences semblables à celles
qui proviennent du mélange
de l'esprit de Vitriol avec
l'huile de Tartre, ou de tout
autre [cl Acide avec un tel
vuide
J
ou Alkali. Il y a
plus de cinquante six ans que
j'avoisun Bar bet qui alloit
chercher, & trouvoir dans le
fond de la Durance entre un
millon de cailloux, ccluy que
j'y avoisjetté,aprèsque je l'avois tenu quelque temps dans
la main. Cela me fait souvenir d'avoir lû dans Wandel.
mont quelque chosedeplus
surprenant. Il dit qu'ayant
mis dans sa main certaine
herbe, & tenu ensuite quelque temps la patte d'un petit
chien,ill'aimanta si fort»
pourainsi dire, que la Maisresseduchien ne pùt l'emp
êcher de le suivre, quoy que luy-même le maltrairast.
La durée de ces corpuscules & leurs effets se prouvent
par l'exemple des corpuscules
de la Lepre qui demeuroient
attachez aux murailles, ce que
Moyfc assure dans le Levitique. A presentlesMarsillois,
où la Phtisie est fort commune, raclent religieusement les
murailles des chambres habitées par des gens infc£hz de
cette malad ie.
Jay connu des personnes
qui ont esté attaquées de la
Goute pour s'estre servies
du fauteuil d'un Gouteux
,
lesquellesen furent de livrées
après avoir brûlélacbaife.
Ainli Hyppocrate confama
par de grands seux les atomes
de la Peste. L'expeicnce a
fait voir que sur les sieges
de ceux qui souffrent des Hemorroïdes,oula Dissenterie,
il y
demeure des corpufcu les
qui communiquent le même
mal aux autres ; & pour faire
conoistre la force que ces corpuscules émanez de l'eau, des
Métaux cachez
,
& des corps
des Assassins, ont de faire
ressentirde violences impressions & alterations aux corps
des Devins à la Baguette, il
suffit d avoirremarqué que
iors qu'une Femme en certain
estat entre dans une cave, tout
le vin se gâte,&lePouccacse
corromm corrompt d'une d UMe érrarre C{r<1J'rr.ïortc nn
dans le saloir. Enfin> pour
démontrer que les co* pulcules dontils'agir, subsistent
malgré les vents & les nrags,
il ne faut que faire Kfbxion,
que de chaque point des objets, même les plus éloignez,
parc une pyramide de rayons,
dont la bazeestant entrée par
la prunelle de l'oeil sur le cristassin» forme par la pointe de
la mêmepyramide renversée,
ou Pinceau optique,lemême
point de l'objet sur la Retine.
sans que les vents puissent dé
tourner ces rayons qui viennent en ligne droite. On voit
avecplaisirtoutlemisteredes
especes ou peintures des objets sur undrap,ou papier
blanc dans une chambre ob.
scure;& ce que tous les Philosophes ont de la peine à expliquer c'est que dans le même
trou toutes les imagesdesdifferens objets setrouvent confonduës,& après s'estre entrecroisées se debarassent à cerraine distancesuivant la longueur du foyer solaire du verre
convexe
,
qu'on a mis sur le
trou fait au volet de la chambre obscure,pour se peindre
su le drap ou papier blanc,
avec leurs vives couleur,mais
en ~ation renversée. Pour
expliquer ce qu'il y a
de plus
difficile dans l'Auguste Sacrement du Corps de J, C. j'ay
emploié cette experience dans
ma nouvelle Instrution pour
réunir les Eglises P. R. à [tEglifè
Romaine. Ce Livre est imprimé en1678. par le S' Pepie,au
grand S. Basile, ruë Saint Jacques.
Je ne puis croire ce que le
Pere le Brun avance, que le
consentement de deux Vai;
fins à ne plus se servir des bornes plantées, oste la première
convencion) à moins que de
reconnoistre avec les Payens,
les Deux Thermes, & le pou.
voir de lesarracheràdes bornes, & de les congédier quand
on ne voudroit plus s'en servir.
Si le me~me Pere parle juste, lors qu'il dit que c'est un
fait constant, que les Devins
à la Baguette trouvent les chc«
mins perdus,ilestaussi vray
de dire que
LesPeuplesaffranchis de l'Em
pireIberois>
Quifournis a NajjaH ont cepe
d'eflrc RD!.Í.
( J'entens les Hollandois par
ces Peuple,) autoient grand
besoin de lacques Aimar-p( ur
trouver la hauteur de la route, par laquelle estant vivement poursuivispar lesVaisseaux Anglois, ils abrogerent
leurs voyages en venant du
Japon par les Mers Scpteiv»
trionalcs.
Voicy quelque chose de
plus considerable & de plus
positif. ray leuautrefoisdans
le secondLivre des Macha-
ont faussé la foy promiseau
Sacrement de Mariage, les
deux Sexes vivrent dans une
réciproque fidélité
,
& on
n'aura plus besoin du sacrifice de jalousie
,
ny des eaux
ameres que la F\mmc soupconnée écoit obligée de boire
en presence du Prestre & de
son Mary
,
suivant l'ordonnance de Moyfc
,
écrite au
long dans le 5. Chapitre du
Livre des Nombres. Le Grand
Ausone danssonIdile15. digne de la Muse Françoise de
Madame des Houlieres, ne
diroit plus.-
£)uoduit&fèfl&boritcr->si..-.-.
'; PœIJæ.qu graves in cœlibe
vitâ
1 conifigis, at gravior cuflodia
vinamaritis.
La crainte du mouvement
le la Baguette suffiroit au May pour retenir sa Femme dans
.c devoir conjugal
,
& par ce
noyen il vivroit tranquillement dans son ménag) pourvu que luy-même fuit dans sa
conduitetel qu'il veut paroitre dans l'esprit de sa Femme.
Je dis que letalent des Devins à la Baguettepeut éstre
^lteré ,& même se perdre pat
le changement d'air, de nourriture, &par les agiémens du
mariage
,
parce que leurtempérament venant à changer,
les espritsvitaux &animaux
changent de configuration.
Je dis outre cela, que les Devins à la Baguette peuvent
estre en défaut, lors que des
personnes d'autorité les insultrent ou les rallient; car
pour lors la crainte caufanr
en eux de fortes & inférieures
émotions) ils ne peuvent ref- ;
sentir celles des corpuscules
étrangers, émanez des pieces
d'or cachées en terre. Par la 1
..----.- -- - - i
même raison les Médecins
ont souvent trompez au jugement des maladies par les
prompts & differens batte
nens du pouls, que la memoie,oula presence d'une personne aimée, causent. Les Anciens nous fournissent pour
exemple cePrincequi par une
agitation extraordinaire de
pouls à la presence de sa BelleMere,fit connoistre à son Mc,
dccin qu'il en estoit secretement amoureux, ce qui porttl.
son Perc à laluy ceder,afin de
luy faire recouvrer sa fanré
perduë. Je dis encorce,que plu-
sieurs personnes ont sans le
sçavoir, le même talent que
Jacques Aimar, & pour le reconnoistre,qu'ils prennent ma
Baguette.C'est un jetde Coudre
,
les branches forment la
lettre Y. Le tronc a un pied de
longueur) & une des cornes
en aauuntjCar l'autre estcoupéeàtrois pouces prés du
tronc Qu'ilsempoignent d'unemain letronc de la Baguette, & de l'autre la longue corne, la paume des mains toutnée vers le Ciel, la Baguette.
tournera sur l'or, de même que
la broche
de Courdre tourne !'
uprés du feu. J'ajoute enin qu'on peut facilement
oir l'experience de la Divilation par la Baguette. M
Geofroy
,
un des plus Sçavans
poticaires de l'Europe
J
a
hez luy un Garçon
,
nomae Pierre Tonnelier, de Noent sur Seine, né le 14. Serembre de l'année 1669. Ce
Garçon a
les cheveux noirs
la barbe rousse, & sans se
ervir d'aucune Baguerte, rte, il
ent des pal pitations de coeur,
ors qu'il est dessus ou fort
rés de onelques d'or
uc )L0~' 'i.d.
-1
,
.-;.t. ées 1 en,.sera-,
Il
MMr
Geofroy m'a asseuré en avoir
vû plusieurs fois l'experience,
lors même que ce jeune hom
me n'estoit point averty qu'il
eust caché de l'or dans son
Jard in. Letalentde cePierre
Tonnelier a
quelque choie de
plus fingulicr que, celuy de
Jacques Aimar puis que sans
Baguette il trouve l'or caché
enterre. Ilena fait voir l'cx
perience à Madame _:-.Lo_u
>- vois en sa maison, ensuite à
Ml'Abbé de Louvois dans
le Jardin del'Acadcmie des
Sciences où à la vérité il
manqua au premier coup par
1.
les railleries,& les brocards de
quelques-uns de la compagnie ; mais ses esprits étant
remis
,
il réussit un quarcd'heure après, puis qu'il trouva plusieurs fois l'or que l'on
avoit caché. Il a encore depuis prouveson talenrchez
Mr le President Nicolaïoù
l'on employa touterfortes de
ruses pour le tromper & pour
le surprendre
,
& depuis peu
de jours il a
encorclétffiLtns
hesiter
,ayant trouvé deux
Louis d'or que Madame de
Morangis avoir elle mêmc/>
sachez en deux differensenuft'r
droits du Jardin de sa maison
ruë S. Louis, prés la Place
Royale. Ce jeune homme
vient souvent chez moy ;
je
l'ay examiné à fond, ôcPay
trouve un bon Israëlite, dans
lequel il n'y a point de fraude,
& je fuis prest» quoy qu'Aveugle
,
à luy donner en qualité de Docteur en Theolo.
gie,&de Chevalier de l'Inquisition du S. Office, à luy
donner dis-je,mon Approbation..& artefter que la Divination par la Baguette a
sescauses Phyfiqucs naturelles, sans
mélange de pacte explicite ou
implicite
tel Vous avez vû au commencement de cette Lettre
un sçavant Traité de sa façon sur un Calendrier fixe Se
perpetuel. Envoicy unautre
pour réponse à ce que le Pere
le Brun, Jesuite
,
& le Pere de
Mallebranche
»
de l'Oratoire,
ont écrit sur la Baguette.
Qaoy qu'il foit Aveugle, il
voit tout. & rien n'échape
à la penetration de son esprit.
LA BAGUETTE
JUSTIFIEE,
ET
Ses e
ffets démontrez naturels.
iAMeJJire Jules-Louis 1Jolt i
Marquis de Chamlay,Conftil1er du Royen ses Confeiht
Maréchal General des Camps
$0 Armées de Sa Afajefié.
E fuis persuadé, Monsieur,
qu'on n'a pas besoin de
Devins,ny deleur Baguette,
pour apprendre les obligations que je vous ay
,
& que
je publie partout; mais je
croy que la Baguette quifait!
tant de bruic, auroic grand
besoin de vostre approbation..
Si ce bon heur luy arrive, per-.
sonne n'en ofcra condamner1
l'usage
,
car toute l'Europeest
convaincue que parvostre pe.,
netration d'esprit, vous découvrez si parfaitementle vrai
& le faux, que vous n'estes
jamais trompé par les fpecieufesapparences de l'un ny
de l'autre.
Les Sçavans disoient hardi-
nent que la Divination par
a Baguette avoir des causes
Physiques
,
pour produire
ans aucun mélange de Pacte
explicile ou implicite, tant de
faits furprenans
; mais lePere
le Brun ayant écrit de Grenoble,, & demandé au Peie de
Malebranche son sentiment
sur les plus grandes difficultez des effets qu'elle produit,
il n'en a receu d'autre réponse, sinon qu'ils estoient diaboliques; & comme j'apprehende que l'on ne traite de
mesme l'Homme art'fiâtl Anemofèope, Propbete Physique du
changement du temps, que j'ajj
donne dans le Mercure du
mois de Mars de l'année
1683. & dans la26. page de
jéêlx Eruditorum
,
imprime
à Leiphe en l'année 11684
y veux répondre physïques
ment aux demandes du Pere:
Is Brun,afin de détromper
ceux qui se laissantentraîner
par le poids du sentiment de
ce Philosophe, d'un sçavoir
& d'un merite distingué
,
feroient de sinistres jugetnens
contre un grand nombre de
gens
*
de Robe&d'Epéc, tous d'une probité connue, qui
nt le même talent que Jac.
ues Aymar Vernay, de Saint
rcran, prés de S. Marcellin
n Dauphinc. Mr l'Evesque
c Morienne, & MrGalc.c,
elebre A stronome,& grand
pcnitcncier do Carpentras,
ont le mesme talent que Jac-j
ques
Aixiiar»aussî bien que Eccleflaflique deLyon, que
d" Panthot, Doyen des Melecins
,
dans sa Lettre écrite
à Mr Daquin, premier Mede-
:in du Roy» assure trouver
l'endroit où font les corps
des Noyez.
Dans les choses obscures
& embarassées de difficultés j
je suspens mon
jugement»!
pour donner lieu à l'Accusé
de défendre sacause, ou pour
attendre que quelqu'un parle
pour luy. Cette maxime cft
de Droit naturel; c'est pourquoy Seneque le Tragique
disoit
,
Parte alterâ inauditâ
justum licetftatuaty haud œquum
judicat. Pourquoy donc accuser d'abord de diablerie ce
pauvre Aimar &sa Baguette?
C'est agitcontre les maximes
du Droit, car pour prononcer sur de telles matières de
Pacte avec les Demons, Ar-
menta àttbent tjJe sole meriAYIO clariora
,
outre que Odia
ent restringenda, favores amiandi. Ce fut surce,principe à desDamcs, plus sçavantes
fcrupulcs, que dans la conoiffancc de la bclltPhyfiquc,
:
fus obligé, pour satisfaire
leurs demandes, de leur
endre les effets de la Baguette
ors de foupçonde diablerie;
&cela fut cause que je m'exdiquay comme il s'enfuie.
Dieu donc les secrets font
mpenctrables,a permis auxAnés des deux personnes assas-
, nés dans leur cave à Lyon,
avant qu'on les mette en terre;
ou à leur mettre un baussecol, afinqu'ils ne mâchent
point leur suaire ou drap dans
lequel ils fontenfcvelis, &
pour empêcher que par quelque sympathie
,
disent-ils, ils
n'attirent le fang de leurs parens, dont les corps enterrez
ont esté trouvez par tout
couverts de fang. On attribuoit autrefois aux Sorciers ce
succement dusang des veines.
Pour ce qui concerne l'art
de trouver les Sources,cela
appartient à mon Traité de
l'Elévation des eaux, dont les
principcs font dans mes Letres
,
inférées aux Mercures
l'Avril& deSeptembre 1688.
& dans le 18. Tome extraorlinaire. Je n'ay
rien a ajouter
:onccrnant les véritables & les
aux Prophètes, les Devins,
k les Pytons
,
m'en estanc
iflfezexpliqué dans mon Traité des propheries. inseré dans
lesMercures des mois d'Août,
Septembre & Décembre de
l'année1689.& dansceluy de
Septembre 1690.
Je me resserre doncicy à la
Divination par laBaguette.Je
dis que la Baguette n'cft point.
Justice les Impies &les Scélérats de profession;ainsi l'homme d'iniquité a eu ses Protecteurs.
J'espere guérir par démonstrations Phyfiqucs ces Scrupuleux
,
dans la fuite de ma
Medecine Universelle
,
dont
on aveu les commencemens dans les Mercures des
mois de Juin,Juillet,Aoust,
& Novembre 1687. où je démontreray
fcnfiblement tout
ce que Levinius Lcmnius ra pporte De occultisNaturtoe miraculist tout ce que le gran d
Medecin Fernel a
dit, De abdi-
ris rerum causis,tout ce que
Fromondus avance dans son
Livre De fascinatione
»
routes
les vertus Médicinales & proprietezcurieuses qu'Anselme
Boëce de Boot, Medecin de
l'Empereur Rodolphe 11. attribuë aux pierres precieuses,
& enfin tout ce que l'on peut
croire,De transplantationemorborum, dont le Sçavanc Tenczelius & le docte & curieux
Mr Bartholin ont écrit.
J'examineray en dernier
lieuce qui obligeà present les
Polonoisàcouper lacetteaux
corps moresde leurs parens
avant qu'on les mette en terre;
ou à leur mettre un baussecol, afin qu'ils ne mâchent
point leursuaire ou drap dans
lequel ils font ensevelis, &
pour empêcher que par quelque sympathie ,disent-ils, ils
n'attirent le fang de leurs parens, dont les corps enterrez
ont cité trouvez par tout
couverts de fang. On attribuoit autrefois aux Sorciers ce
succement dusang des veines.
Pour ce qui concerne l'art
de trouverles Sources,cel a
appartient à mon Traité de
l'Elévation des eaux, dont les
principes font dans mes Letres
,
insérées aux Mercures
l'Avril& deSeptembre 1688.
& dans le 18. Tome extraorlinaire. Je n'ay rien aajouter
oncernant lesvéritables & les
aux Prophetcs) les Devins,
& les Pytons
,
m'en estant
assezexpliqué dans mon Trai-.
té des Prophéties, inséré dans
lesMercures des mois d'Août,
Septembre & Decembre: de
l'année1685?.& dansceluy de
Septembre 1690.
Je me resserre doncicy à la
Divination par la Baguette.Je
dis que laBaguette n'est point
absolument necessaire
,
rnaiJ
qu'elle sert, comme la longueur d'une aiguille d'Horloge ,
à rend re plus sensible le
mouvement de l'impression,
qui est d'autant plus grande,
qu'on serre plus fortement
les deux cornes de la Baguette» demême qu'en pressant
fortement avec le pouce & le
doigt Index, le filet qui suspend une bague au milieu
d'unverreà boire,lacilculation du fang s'y fait ressentir
davarage, il ébranle peu à peu
le filet,&enfin la bague par
ses vibrations, va heurter les
ord s
interieurs du verre,&
ors qu'on a
compte l'heure
lue l'on croit qu'il soit, l'imagination fufpcnd ce prompt
nouvement du sang, & on
:c fle de presser le filet
;
c'est
pourquoy les vibrations finissent, & la bague ne frappe
plus contre le verre.
Je disencore,que laBaguette peut servir à la conduite
des corpuscules,jusque dans
la main, de même qu'un balay trempé dans l'eau, mis
en la cheminée le manche
en bas, sert à attirer la fumée
en haut, ce qui a
donne lieu
aux ignorans de dire que les
Sorciers ayant unBalay entre jambes, montoient par la
cheminée pour aller au Sabat. De plus, je dis que
l'homme armé des deux cornes de la Baguette, doitestre
confideré comme un Ayman
armé
,
dont la force est tresnotablementaugmentée Enfin je remarque avec le P. de
Chales Jesuite, danssonMunJus Mathematicus, que les Baguettes prises sur les differens
arbres qui croissent sur différentcs eipeces de Mines, sont
plus propres pour trouver la
même
même espece de mécal, & de
les Mines, parce que les pores
de ces bois font plus conformes à recevoir les corpuscules
de même métal
,
autour duquel il se fait un tout billon
semblableàceluy de la pierre
d'Ayman. Ce Pere
,
qui est
d'un sçavoir
)
d'une probité,
& d'une vertu consommée,
ne traite pas de diablerie lufage des Baguettes, pour trouver les Mines & les Sources
d'eau, ce qui fait que je ne
crains pas de dire, que l'effet
de la Baguette n'est pas plus
criminel que celuy de la Baguette de Moïse, qui trouva
de l'eau dans le Rocher.
Enfin il est constant, que
dans tous les siecles on a
parlé
de la Baguette de Coudre.
Virgile dans leII. Livre des
Georgiques dit Pinguaque cum
rutrubus torremus exta colurnis,
Agricola dans son Livre de
Re Metallica, n'a pas oublié
de parler de l'usage de la Baguette de Coudre,& de renvoyer les Sçavans curieux au
Livre que le DocteAnglois
Flud a
intitulé Philosophia
Mosaica
;
ils seront satisfaits
u
sujet de cette Dcvination
par la Baguette de Coudre.
Tess: un bois dont la contexure des fibresadurapport à
me corde. C'est pourquoy si
Ivec cette Baguette on emwoehe quelque petit oiseau
3
:crte broche tournera d'ellenemc) a
présquelleaura esté
res bien échaufée
,
car l'humidité du corps de l'oiseau
s'insinuant le long des fibres
de la broche, les détordra. &
elle tournera d'elle-même.
Cela me fait souvenir que
les Juifs pour rostir l'Agneau
Paschal,attcachoient les deux
pieds de derrière au
montand
de la Croix, & les deux pieds
de devant etoient étendus sur
la traverse
,
& tournoient verticalement la Croix.
C'estun fait incontestable,
que l'usage de laBaguette pour
trouver les Sources d'eau, les
Mines & les Tresors
,
ou les
Métaux cachez
,
étoit connu
dans toutes les Provinces de
l'Europe; & il elt vray que
Jacques Aimar est le premier
qui par hazard a
remarque
que ceux qui ont le talent de
trouver les Sources d't'au,J'ont
gufïi poursuivre lesVoleurs &
Assassins, enmarchant par
erre sur leursvestigessuivant
urroutesur laRiviere & sur
a Mer. Il l'a fait voir par excricoce,ayant suivy par orre de la Justice au mois de
uille dernier
,
depuis Lyon
ufqucs à Beaucaire les trois
'({affins:l tous trois natifs de
roulon. Il trouva dans ici
Pnfbns de Beaucaire le plus
cunc,nommé Joseph Arnoul,
)o[u. On le ramena à Lyon,
Du il fut roüé le 30.Aoust
dernier
,
à l'âge de dix-neuf
ans. Aimar donna la chasle
aux deuxautres Affaffins,I"Urî
nommé Thomas
,
Marinie
de Galere, & l'autre appelle
André Pese
,
Prevoit de Sale,
mariéàToulon. Ils étoient
sortis du Port quelques heures avant l'arrivée de Jacques
Aimar, qui les poursuivit jusqu'à l'entrée des Terres de
Gennes, ayant reconnu l'endroit où ils avoient débarqué,
& les Oliviers fous lerquel,
ilsavoient couché.
Voicy comment Jacques
Aimar s'apperçut pour la premiere fois qu'il pouvoit trouver les corps assassinez & cachez sous terre
,
& poursui-
vre&reconnoître les Assassins.
Jacques Aimar naquit a
SaintVeran,présdeS. Marcellin en Dauphiné) le 8. Septembre 1662. entre minuit
ëc une heure. Ceux qui meritent un logement dans les petites Maisons, je veux dire
les A strologues, font charitablement avertis, que le Frere
du même Aimar ,né deux
ans aprèsdans le même lieu,
& au même mois de Septembre
,
n'a point le même talent. Qu'ils n'attribuent donc
pas à l'influence des Astres ce
dont ils ignorent la véritable
cau se. Il n' y a que le Soleil
& la Lune qu'on doit considererdansla Medecine,dans
l'Agriculture te dans la Navigation.
Nostre Jacques Aimar dans
sa il année cherchant de l'eau
dans une cave avec sa Baguette, se sentir intérieurement
agité avec plus de violence
qu'à l'ordinaire, & dit qu'il
y
avoirune abondante Source
d'eau en ce lieulà. Oncreusa
& l'on fut étrangement sur
pris de trouver dans un Tonneau le corps d'une Femme.
susédans de lachaux,onytrouva aussi la corde avec laquelle
elleavoitéré étranglée,&cette
Femmeavoitdisparuil y avoir
quatre mois. La Baguette fit
des mouvemens extraordinaires contre son Mary qui se
voyant découvert prit la suite. Ce fut donc par hazard
,
queJ.Aimar reconnut que son
talentde trouver des Sources
d'eau, s'etendoità trouver les
corps assassinez
,
à poursuivre
les Assassins&les Voleurs,&
à les reconnostre, après avoir
receu la premiere impression,
&s'estre,pourainsi dire,ay-
manté au lieu où l'assassinat
& levolontété commis; car
étant ainlicornIne imprégné
des corpuseules & fcls volatilsou fixesémanez du corps
des Voleurs ou Assassins. Il
ressent lamêmeagitation,lors
qu'il marche sur leurs vestiges,& cette agitation interieure est si violentc, lorsqu'il
mer son pied sur ccluy du
Criminel, qu'il tombe en désaillance.
Je répons maintenant article par article aux demandes
& aux difficultez du R. P. le
Brun, proposées au R. P. de
Malebranche. La Baguette
étant fourchuë,on met de l'or
ou de l'argent dans les mains.
Pour lors si le métal caché est
de même cfpece que celui qu'-
on a
dans les mains, la Baguet.
te tourne avec plus deforce,ÔC
l'on juge de la quantité &de
l'espece du métal cachéce qui
a toujours réussi à l'Astronome Mr Galet, grand Penitencicr à Carpentras
;
la raison en
est évidente. Ilsefait autour
de chaque métal
,
de même
qu'autour de toutes les pierres
d'Ayman,un tourbillon de
certains corpuscules
,
fingu-
liers à chaque métal. C'est
pourquoy si le métal qui cft
dans la main, cft de la nature
dumétal caché,ils s'unifient
& font une impression plus
grande. L'exemple est évident
en l'Ayman armé, dont la
presence agite davantage l'aiguilledelaBoussole,attire de
plus loin, & retient plusfortement le ser;& lors que le
métal caché est d'autre eCptce, que celuy qu'on a
dans les
mains, laBaguette ne fait aucun mouvement, parce que lestourbillons de differens
métaux, font de différente
configuration, & par confcquent leurs effets font differens ; ce qui paroist visiblement par l'eau forte, laquelle
disseut l'argent & les autres
métaux moins noblesquel'or,
auquelelle ne touche pas.
Quesiàlamêmeeau forteon
ajoutel'esprit de sel commun,
on fait l'eau Régale, dont les
parties acides du Nitre, devenuës plus grossieres, font dans
les larges pores de l'or, l'esset des coings, en separant les
parties compactes de ce Roy
des métaux, ce que l'eau forte
n'avoit pu faire, parce que les
parties acides duNitre étant
plus minces passoient librement par les porcs de l'or, &
ne pouvoient passer par les
pores plusétroits de l'argent,
sans en ébranlerles parties
compactes & dissoudre sa
masse ;
ffl par une raison contraire, comme les parties acides de l'eau Regale font plus
grossieres elles ne peuvent
entrer dans les petits pores de
l'argent,& ne peuvent par
consequent ledissoudre.
1
Leslarges pores de l'or font
que le Mercure monte tout à
coup le long d'une verge d'or
l,
se même que l'encre monte
lans le tuyau de la plume par
a
fente, quand elle n'est pas
rop seche
,
ce qui cft encore
une autre raison de cc que le
Mercure nes'insinuë quetresdifficilement dans le fer, dans
l'argent) & dans le cuivre, qui
ont les porcs plus secs & plus
étroirs que les pores de l'or.
J'ajoûte icy une curiosité
qui me sertà faire connoistre
que les corpuscules émanez
des Mines, des Métaux fondus,des corpsassassinez,& de
l'eau,modifiezestantentrez
par les porcs de nostre corps
y produisent des agitations
intérieures, enaltérant, fermentant, ou coagulant le
fang
,
les humeurs, & les esprits vitaux & animaux. On
fait des mouches, ou autres
petits animaux que l'air foutient&agite. En voicy la manière. Ces mouches font premièrement fonduësen argent,
puis couvertes d'une dorure
un peu épaisse; après quoy
ayantfaitquelques petitstrous
dans les parties les plus cachéesde lamoucheonla jette
dans de l'eau forte qui dissout
tout l'argenténelaisse que
épaisseur de l'or, qui cft,
pour ainsi dire, l'epiderme de
la mouche,estant comme la
dépoüille du Serpent,ou dela
Cigale.
Quant à la demande pourquoy tous les hommes n'ont
pas les mêmes talens que Jacques Aimar, & pourquoy lors
qu'il est sur l'eau découverte,
ilnesent pas les mêmes émotions ,qu'il ressent quand il
setrouve au dessus des fources d'eau cachées en terres
& comment on peut juger de
l'abondance de la Source, de
(à profondeur ,& des diffe-
rentes terres qu'on trouvera
en creusant,je répons que tous
n'ont pas les porcs configurez
pour donner entrée a. ces atomes,& que les pores de leurs esprits animaux font configurez
de telle maniere,qu'ils n'en
peuvent estre ébranlez ny alterez. Pour la preuve de cela
j'employe l'exemple de l'Eauforte, qui dissout l'argent &
les Métaux moins nobles,sans
toucherà l'or, dont les pores
font disserens de ceux des au.
tres Métaux; & au contraire
les atomes de l'Eau Regale
cftantproportionnez aux po-
res de l'or
,
en font la dissolution, & ne pouvant s'insinuer dansles porestrop étroits
desautresMetaux,ilsn'en peuvent ébranler les parties,n'y en
dissoudre tamanc. Jepourrois
ajoûter qu'il y a
plusieurs personnes qui tombent en défaillance à certaines odeurs de
fleurs,comme de laTubereuse,
&autres, bien qu'elles soient
cachées) & que les mêmes
odeurs plaisent ou soientindifférentes à d'autres. Enfin
qu'il y a
des yeux tendres, far
lelquels les yeux d'autruy
J
principalement des vieilles
Femmes mal saines, font de
malignes impressions
»
sur
quoy les Parcns disent que,
leurs Enfansont esté ensorcelez; ce que Virgile n'a pas
ignoré, puis qu'ila die
Nescio quis teneros oculus mihifascinatagnos.
Au sécond Arricle
,
Pourquoy l'eau qui est à découvert ne fait pointressentir les
mêmesémotions que les Sources cachées,je dis que sur l'eau
à découvert on ne fent rien
pour trop sentir, que les Sources fous terre ont toujours
quelque degré de chaleur
ue ces vapeurs traversant la
erre changent la configuraton. ainsi que l'eau, le vin
le vinaigre distilez, la Rose du mois de May, & le Seein du foir. Ces vapeurs stim";
regnent & fc chargent de rets
)U atomes de différente nature des terres qu'ils traversent en montant. Cette diffeente modification que l'eau
reçoit par la différente filtra
rio de la diversité des pores de
la racine des arbres& des plantes
,
produit la différence des
herbes,desfleurs, & desfruits.
Demême la différente modi-
fication des vapeurs & des ex.
halaisons des Sources & de:
Mines, fait sentir différente
émotions aux Devins à la Ba
guerre, sur lesquelles émotions, de même que les Me
dccins sur les differens Batte
mens du pouls, après de Ion
gues experiences, formen
des regles pour juger del
quantité & profondeur de
Mines, des Métaux cachez,
des Sources & dela d ifferent
nature, ou espece de terr
qu'on trouvera en crcufanr.
Les Devins à laBaguette n
peuvent sentir d'émotion si
eau découverte, parce que
es parties cylindriquesn'étant
modifiées ny imprégnées
l'aucun sel terrestre
,
ne peuvent alterer ny faire fermenter
esang les humeurs, ny les
esprits animaux, & cependant
ils découvrent la vaiif,Ile,1'or
& l'argentmonnoyé, en quelque part qu'ils soient cachez
en terre
,
ou en autre endroit,
parce que les Métaux estant
forgez, frapez
,
& battus, acquierent
,
de même que le
fer trempé
,
destourbillons
fcmblablcs àceux de la pierre
d'Aiman;& d'autant que les
corpuscules qui émanent des
Métaux'tau forgez, for font durs, gez
,
font durs
3, inflexibles, & infiniment plus
subtils que ceux de l'eau, ils
produisent sans autre secours
les altérations & émotions en la personne des Devins à laj
Baguette.
A la demande, Comment
ces corpuscules, ou tels fixes
ou volatifs, émanez du corps
des Assassins
)
peuvent fubfiner sur la terre, sur l'eau, Se
sur la mer, malgré les vents
& les orages, jerépons qu'ils
subsistentdemême
que les
tourbillons de lamatiere magnetique
gnetique autour de l'Aiman,
& que ceux qui font émanez du Lièvre & du Cerfsubsistent sur les Rivieres & furles Etangs, dont les chiens
ressentent l'iiiipreffion
,
ces
corpusculescausant des effervescences semblables à celles
qui proviennent du mélange
de l'esprit de Vitriol avec
l'huile de Tartre, ou de tout
autre [cl Acide avec un tel
vuide
J
ou Alkali. Il y a
plus de cinquante six ans que
j'avoisun Bar bet qui alloit
chercher, & trouvoir dans le
fond de la Durance entre un
millon de cailloux, ccluy que
j'y avoisjetté,aprèsque je l'avois tenu quelque temps dans
la main. Cela me fait souvenir d'avoir lû dans Wandel.
mont quelque chosedeplus
surprenant. Il dit qu'ayant
mis dans sa main certaine
herbe, & tenu ensuite quelque temps la patte d'un petit
chien,ill'aimanta si fort»
pourainsi dire, que la Maisresseduchien ne pùt l'emp
êcher de le suivre, quoy que luy-même le maltrairast.
La durée de ces corpuscules & leurs effets se prouvent
par l'exemple des corpuscules
de la Lepre qui demeuroient
attachez aux murailles, ce que
Moyfc assure dans le Levitique. A presentlesMarsillois,
où la Phtisie est fort commune, raclent religieusement les
murailles des chambres habitées par des gens infc£hz de
cette malad ie.
Jay connu des personnes
qui ont esté attaquées de la
Goute pour s'estre servies
du fauteuil d'un Gouteux
,
lesquellesen furent de livrées
après avoir brûlélacbaife.
Ainli Hyppocrate confama
par de grands seux les atomes
de la Peste. L'expeicnce a
fait voir que sur les sieges
de ceux qui souffrent des Hemorroïdes,oula Dissenterie,
il y
demeure des corpufcu les
qui communiquent le même
mal aux autres ; & pour faire
conoistre la force que ces corpuscules émanez de l'eau, des
Métaux cachez
,
& des corps
des Assassins, ont de faire
ressentirde violences impressions & alterations aux corps
des Devins à la Baguette, il
suffit d avoirremarqué que
iors qu'une Femme en certain
estat entre dans une cave, tout
le vin se gâte,&lePouccacse
corromm corrompt d'une d UMe érrarre C{r<1J'rr.ïortc nn
dans le saloir. Enfin> pour
démontrer que les co* pulcules dontils'agir, subsistent
malgré les vents & les nrags,
il ne faut que faire Kfbxion,
que de chaque point des objets, même les plus éloignez,
parc une pyramide de rayons,
dont la bazeestant entrée par
la prunelle de l'oeil sur le cristassin» forme par la pointe de
la mêmepyramide renversée,
ou Pinceau optique,lemême
point de l'objet sur la Retine.
sans que les vents puissent dé
tourner ces rayons qui viennent en ligne droite. On voit
avecplaisirtoutlemisteredes
especes ou peintures des objets sur undrap,ou papier
blanc dans une chambre ob.
scure;& ce que tous les Philosophes ont de la peine à expliquer c'est que dans le même
trou toutes les imagesdesdifferens objets setrouvent confonduës,& après s'estre entrecroisées se debarassent à cerraine distancesuivant la longueur du foyer solaire du verre
convexe
,
qu'on a mis sur le
trou fait au volet de la chambre obscure,pour se peindre
su le drap ou papier blanc,
avec leurs vives couleur,mais
en ~ation renversée. Pour
expliquer ce qu'il y a
de plus
difficile dans l'Auguste Sacrement du Corps de J, C. j'ay
emploié cette experience dans
ma nouvelle Instrution pour
réunir les Eglises P. R. à [tEglifè
Romaine. Ce Livre est imprimé en1678. par le S' Pepie,au
grand S. Basile, ruë Saint Jacques.
Je ne puis croire ce que le
Pere le Brun avance, que le
consentement de deux Vai;
fins à ne plus se servir des bornes plantées, oste la première
convencion) à moins que de
reconnoistre avec les Payens,
les Deux Thermes, & le pou.
voir de lesarracheràdes bornes, & de les congédier quand
on ne voudroit plus s'en servir.
Si le me~me Pere parle juste, lors qu'il dit que c'est un
fait constant, que les Devins
à la Baguette trouvent les chc«
mins perdus,ilestaussi vray
de dire que
LesPeuplesaffranchis de l'Em
pireIberois>
Quifournis a NajjaH ont cepe
d'eflrc RD!.Í.
( J'entens les Hollandois par
ces Peuple,) autoient grand
besoin de lacques Aimar-p( ur
trouver la hauteur de la route, par laquelle estant vivement poursuivispar lesVaisseaux Anglois, ils abrogerent
leurs voyages en venant du
Japon par les Mers Scpteiv»
trionalcs.
Voicy quelque chose de
plus considerable & de plus
positif. ray leuautrefoisdans
le secondLivre des Macha-
ont faussé la foy promiseau
Sacrement de Mariage, les
deux Sexes vivrent dans une
réciproque fidélité
,
& on
n'aura plus besoin du sacrifice de jalousie
,
ny des eaux
ameres que la F\mmc soupconnée écoit obligée de boire
en presence du Prestre & de
son Mary
,
suivant l'ordonnance de Moyfc
,
écrite au
long dans le 5. Chapitre du
Livre des Nombres. Le Grand
Ausone danssonIdile15. digne de la Muse Françoise de
Madame des Houlieres, ne
diroit plus.-
£)uoduit&fèfl&boritcr->si..-.-.
'; PœIJæ.qu graves in cœlibe
vitâ
1 conifigis, at gravior cuflodia
vinamaritis.
La crainte du mouvement
le la Baguette suffiroit au May pour retenir sa Femme dans
.c devoir conjugal
,
& par ce
noyen il vivroit tranquillement dans son ménag) pourvu que luy-même fuit dans sa
conduitetel qu'il veut paroitre dans l'esprit de sa Femme.
Je dis que letalent des Devins à la Baguettepeut éstre
^lteré ,& même se perdre pat
le changement d'air, de nourriture, &par les agiémens du
mariage
,
parce que leurtempérament venant à changer,
les espritsvitaux &animaux
changent de configuration.
Je dis outre cela, que les Devins à la Baguette peuvent
estre en défaut, lors que des
personnes d'autorité les insultrent ou les rallient; car
pour lors la crainte caufanr
en eux de fortes & inférieures
émotions) ils ne peuvent ref- ;
sentir celles des corpuscules
étrangers, émanez des pieces
d'or cachées en terre. Par la 1
..----.- -- - - i
même raison les Médecins
ont souvent trompez au jugement des maladies par les
prompts & differens batte
nens du pouls, que la memoie,oula presence d'une personne aimée, causent. Les Anciens nous fournissent pour
exemple cePrincequi par une
agitation extraordinaire de
pouls à la presence de sa BelleMere,fit connoistre à son Mc,
dccin qu'il en estoit secretement amoureux, ce qui porttl.
son Perc à laluy ceder,afin de
luy faire recouvrer sa fanré
perduë. Je dis encorce,que plu-
sieurs personnes ont sans le
sçavoir, le même talent que
Jacques Aimar, & pour le reconnoistre,qu'ils prennent ma
Baguette.C'est un jetde Coudre
,
les branches forment la
lettre Y. Le tronc a un pied de
longueur) & une des cornes
en aauuntjCar l'autre estcoupéeàtrois pouces prés du
tronc Qu'ilsempoignent d'unemain letronc de la Baguette, & de l'autre la longue corne, la paume des mains toutnée vers le Ciel, la Baguette.
tournera sur l'or, de même que
la broche
de Courdre tourne !'
uprés du feu. J'ajoute enin qu'on peut facilement
oir l'experience de la Divilation par la Baguette. M
Geofroy
,
un des plus Sçavans
poticaires de l'Europe
J
a
hez luy un Garçon
,
nomae Pierre Tonnelier, de Noent sur Seine, né le 14. Serembre de l'année 1669. Ce
Garçon a
les cheveux noirs
la barbe rousse, & sans se
ervir d'aucune Baguerte, rte, il
ent des pal pitations de coeur,
ors qu'il est dessus ou fort
rés de onelques d'or
uc )L0~' 'i.d.
-1
,
.-;.t. ées 1 en,.sera-,
Il
MMr
Geofroy m'a asseuré en avoir
vû plusieurs fois l'experience,
lors même que ce jeune hom
me n'estoit point averty qu'il
eust caché de l'or dans son
Jard in. Letalentde cePierre
Tonnelier a
quelque choie de
plus fingulicr que, celuy de
Jacques Aimar puis que sans
Baguette il trouve l'or caché
enterre. Ilena fait voir l'cx
perience à Madame _:-.Lo_u
>- vois en sa maison, ensuite à
Ml'Abbé de Louvois dans
le Jardin del'Acadcmie des
Sciences où à la vérité il
manqua au premier coup par
1.
les railleries,& les brocards de
quelques-uns de la compagnie ; mais ses esprits étant
remis
,
il réussit un quarcd'heure après, puis qu'il trouva plusieurs fois l'or que l'on
avoit caché. Il a encore depuis prouveson talenrchez
Mr le President Nicolaïoù
l'on employa touterfortes de
ruses pour le tromper & pour
le surprendre
,
& depuis peu
de jours il a
encorclétffiLtns
hesiter
,ayant trouvé deux
Louis d'or que Madame de
Morangis avoir elle mêmc/>
sachez en deux differensenuft'r
droits du Jardin de sa maison
ruë S. Louis, prés la Place
Royale. Ce jeune homme
vient souvent chez moy ;
je
l'ay examiné à fond, ôcPay
trouve un bon Israëlite, dans
lequel il n'y a point de fraude,
& je fuis prest» quoy qu'Aveugle
,
à luy donner en qualité de Docteur en Theolo.
gie,&de Chevalier de l'Inquisition du S. Office, à luy
donner dis-je,mon Approbation..& artefter que la Divination par la Baguette a
sescauses Phyfiqucs naturelles, sans
mélange de pacte explicite ou
implicite
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Résumé : LA BAGUETTE JUSTIFIÉE, ET Ses effets démontrez naturels.
Le texte présente une correspondance et des observations concernant la divination par la baguette, un sujet controversé à l'époque. Le marquis de Chamlay, confiseur du roi et maréchal général des camps et armées de Sa Majesté, défend l'usage de la baguette contre les critiques des pères Le Brun et Malebranche. Chamlay affirme que les effets de la baguette sont naturels et non diaboliques, citant plusieurs savants et exemples historiques pour appuyer ses arguments. Il mentionne notamment Jacques Aymar Vernay, connu pour son talent à trouver des sources d'eau et des corps cachés. Chamlay explique que la baguette amplifie les mouvements imperceptibles, similaires à ceux d'une aiguille d'horloge ou d'une bague suspendue dans un verre. Le texte aborde également les propriétés des corpuscules émanant des métaux et des corps vivants. Jacques Aimar utilise une baguette pour détecter les métaux cachés en exploitant les tourbillons de corpuscules spécifiques à chaque métal. L'eau-forte dissout les métaux moins nobles que l'or, tandis que l'eau régale, enrichie en esprit de sel commun, dissout l'or en raison de la taille de ses pores. Les corpuscules peuvent altérer les humeurs et les esprits vitaux des devins, et les émotions ressenties varient en fonction de la configuration de leurs pores et de leur sensibilité. Le texte mentionne Pierre Tonnelier, un jeune homme capable de détecter l'or sans baguette, en ressentant des palpitations du cœur. Monsieur Geofroy, un apothicaire savant, a observé ce talent. Tonnelier a démontré ses capacités devant plusieurs personnalités influentes, réussissant même malgré des tentatives de tromperie. L'auteur, après avoir examiné Tonnelier, le déclare honnête et prêt à approuver la divination par la baguette comme ayant des causes physiques naturelles, sans implication de pacte explicite ou implicite.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 276-304
NOUVELLES de ce qui se passe dans Barcelone, & la disposition des Troupes.
Début :
Du 21. Aoust. Il y a dans cette place 2000. [...]
Mots clefs :
Barcelone, Hommes, Rebelles, Mines, Troupes, Régiment, Tranchée, Armes, Bataille, Maréchal de Berwick, Détachement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de ce qui se passe dans Barcelone, & la disposition des Troupes.
NOUVELLES
** de ce qui ſe paſſe dans Barcelone
, & la difpofition des
Troupes.
Du 21. Aouft
Il ya dans cette Place 2000.
hommes de Troupes reglées
tant Infanterie que Cavalerie.
Les Chefs des Rebelles
font le premier Villaroüel ,
le ſecond c'eſtoit Poanton
Lieutenant General , il eſt
deferté ,& fon employ eft
encore vacant..
GALANT 277
Ilya un Major General de
Bataille qui s'appelle Jozepet.
Celuy qui commande la
Cavaleric est le Chevalier
Romana , le Commandant de
l'Artillerie eſt Balet qui eft
auſſi Ingenieur en chef Bru
no Torner eft Capitaine de
Bombardiers , & Pacheras eft
Capitaine des Mineurs .
Le Regiment de la Colonelle
est composé de fix Ba
taillons de soo. hommes,
Le nombre des Habitans
qui prennent les armes &qui
font actuellement le Service
va à 3000. hommes qui font
178 MERCURE
parmy les Troupes reglées ;
&le Regiment de la Colo-
7 Les Places d'Armes font
au nombre de trois , la pre
miere s'étend depuis Sainte
Catherine juſqu'à la Chapelle
de Marcos , la ſeconde au
Palais ,& la troifiéme à la
Mercediosla
- Ceux qui occupent la Demi-
Lune de la porte neuve ,
ont actuellement unRenfort
à faint Pierre & au Jardin de
ce Convent.
Le renfort de la breſche eſt
à laplacede ſaint Pierre.Ceux
GALANT 299
qui gardent la Denni Lune de
fainte Claire ont le leur à la
Celuy de la garde du Baf
tion du Levant eft à l'Aucata.
Dans l'écurie de l'Aucata ,
il y a toûjours cent chevaux
de Piguet quo
ס נ ו כ כ
obDans le Jardin de Gury , ily
aauffi cens chevaux de Piquet
hors laVille le long de laMer.
Le fignal pour l'allarme c'eſt
le toquefin , lors duquel ils
font tous obligez de prendre
les armes , & ceux qui refuſent
de marcher font pris &
mis en prifon.
280 MERCURE
1
La coupure qui eſt derriere
la bieſche prend depuis la
porte neuve juſqu'aux Poten
ces; l'ona abattu toutes les
Egliſes&maiſonsdepuis faint
Auguſtin juſqu'aux Bouche-
Cette coupure eſt dans ſa
perfection ; il y a une grande
place d'armes,avec un grand
foffé de douze pieds de profondeur
& dix de largeur. La
muraille eſt de pierre & de
terre d'argile ; l'on y a mis
cinq pieces de canon ſur les
deux coſtez chargées à
touche.
a car-
1
Il
GALANT. 281
Ilyadans la PlaceunConfeil
de guerre qu'on appelle
Junta magna , où aſſiſtent le
Gouverneur de laProvince appelléTorrellas
, qui eſtant fort
âgé a pour Lieutenans Don
Francifco Sayol ,DonJoſeph
de Pinot, le Comte de Po
nonos,leComte de Plazencia,
leMarquis de Sermanat , Don
Fiancilco Sivaller , & Don
Emmanuel Ferrer, coup inq
Ceux qui ont foin de faire
payer les Troupes, font Salvador
Felice , Juan Llinas , Ci
toven , Chattople Llado , le
Docteur Monnar,Medecin
Septembre 1714. Aa
281 MERCURE
/
4
Francifco Moſcaro , Marchand
auffi bien que Joſeph
Durand , Muriano Durand,
Comallas , Juan Albaret ,&
le nommé Fer. L'argent ſe
prend par tout où l'on ſçait
qu'il yen a de gré ou de for
co , & ceux qui refuſent dele
donner font pris & mis en
prifon.
Le nombre des bleſſez depuis
qu'on bat en brefehe
pour aller à 600 hommes.
Lc 14. Août le Comte
Don Jofeph Mata,DonCar
los Ribera ,Don Magin Ninot,
Don Francifco de laVoGALANY.
ga,& le fils du Juge Salvador
furent tuez; le fils aîné de Be
rardo avec deux fils de Llinas
farent bleſſeze 2ob ediểu
Ua sûr dans l'action du
même jour soo hommes tucz
A
A Gironne le 8, Septembre
D
Par lesLettres ddou quarre,
Monfieur , que je viens de
IsEcupiti du Campideyang
Barcelone,j'apppprreenndd que les
nouvelles batteries conti
nuoient àtiter vivement pour
ouvrir les nouvelles breches
Aaij
284 MERCURE
& qu'elles eltoient prelqueen
eftat auſſi bien que les Mines.
L'on me mande que M. le
Maréchal de Berwick avoit
fait fommet le 3. les Barcelonois
pour la premiere &
derniere fois ; ils répondirent
qu'ils alloient aff mbler leurs
Confeils que cela feroit un
peu long , mais qu'ils feroient
A
leurs réponſes Le 4 au foir
tirer de
elle n'eſtoir pas encore venue.
L'on continue cependant de
part & d'autre &l'on
croit qu'ils ne ſe prefferont
pas de la faire , parce que le
defordre que les caux ont
A
GALANT. 285
1
fait à la tranchée & dans les
Mines leur a donné de nou
velles efperances &relevé leur
courages il eſt certain que la
famine eſt dans cette Places
beaucoup de gens voudroient
en fortir , mais M. le Maréchal
de Berwick veurs que
Ponles'y faffe rentrer & cela
s'execute régulierement. Le 32
plus de 200 perſonnes entre
Jefquelles ily avoir beaucoup
defemmes ,parurent hors de
la Ville pour fortirsen implo
rant lamifericorde du Roy&
crane vive Philippes Vo mais
en les obligeaàrentrer
286 MERCURE
que
Il fait un temps fi affreux
depuis 10, ou 12. jours que
toutes les tranchées ont eſté
inondées , & qu'il eſt entré
beaucoup d'eau dans les Mines
,ce qui retardera encore
le Siege quelque tempsiolo
Paredes Lettres du
je viens de recevoir de Mataro
, l'on me mande qu'un
Enſeigne ayantdeferté de la
Place avec fix foldats , avoit
dit que le Confeil eſtoit encore
affemblé ,que l'on difoit
que trois perfonnes avoient
ſté nommées pour aller par
Jet àMonfieur deMaréchal de
GALANT. 287
Berwick, alçavoir leGeneral
de Bataille Joſeper , le Marquis
de Tamarit ,& le Comte
de Placentia. Que l'on ne ſçavoit
pas quel jour ce feroit;
mais que s'il y avoit quelque
retardement ce n'estoit qu'à
cauſe du déſordre que l'on
[çavoit que les eaux avoient
fait dans la tranchée & dane
les Mines, ce qui leur avoi
selevé le courage.201
Quant à ce qui ſe paſſedans
IePaysducoſtéde la Marine,le
Village de Saint Hiſcle a eſté
pillé Sentierement brulé
par le détachement deMon
188 MERCURE
fieur de Valloute queſtoir
à Tordera ; & deux autres
des Troupes d'Eſpagne qui
s'y estoient joint Les Rebelles
ſe ſont appro hez ' aprés
avoir abandonne Canet ; mais
lors qu'ils fçûrent que l'on
marchoit de ce colte là , ils
fitent la même manoeuvre ,
ainſi la chofe fut faite fans
refittance
C'eſt unVillage ſitué dans
un pays tres difficile prés de
la Mer qui ſervoit de retraite
& de magaſin aux Rebelles
dont ils farfoient continuellement
porter des vivres
Saint
GALANT. 289
Saint Paul & Canet pour
Barcelone.
Monfieur de Vallouſe a
auſſi fait bruler à ſon retour
ſept Barques de Barcelone
avec leurs agrés qu'il trouva
àCanet & à Saint Paul.
Pour ce qui eſt de la Montagne,
Monfieur de Rauchop
eſt toûjours avec un détachement
du coſté de Ripoüille ,
& Meragas ,s'eſt retiré un
peu plus loin du côté de la
Puebla qui eſt à quatre heures
de là.
Les Rebelles s'y eſtoient
aſſemblez pour faire de nou-
Septembre 17 14 . Bb
290 MERCURE
veau ſoulever le pays ; mais
comme l'on n'a ſçû depuis
qu'ils avoient marché du côté
de Manresa , Monfieur de
Bracamonté profite de ce
temps là pour aller bruler de
nouveau Arbucia où il y a un
autre corps de Rebelles. Monfieur
le Comte de Frenne a
envoyé un détachement dans
la Plaine de Vich , pour le
favoriſer dans ſon expedition :
c'eſt un endroitdans le Mouſigny
qui eſt continuellement
ſous les armes & qui fert de
retraite & de magaſin aux
Rebelles.
GALANT. 297
Le deux de ce mois au matin
trois Officiers de Cavaleric
de la Ville vinrent au Camp
commedeferteurs. M. le Marêchal
de Berwick les interrogea
, les fit garder à veuë , &
enſuite embarquer pour Pcniſcola.
Le meſme jour deux unCapitaine
de Volontaires du
Marquis Delpoal deferta , &
eût une longue conference
avec M. le Mareſchal qui le fit
refter chez luy; l'on croit qu'il
doit aller joindre quelqu'un
des Camps volans detachez de
l'Armée contre cesRebelles.
Bb ij
292 MERCURE
Les nouvelles breches &
les mines vont parfaitement
bien , mais une grande pluye
qu'il fit hier pendant dix à
douze heures a inondé la
plus grande partie de la tranchée
,& fur tout mis beaucoup
d'eau dans les mines ,
dont quelque partie s'eſt
éboulée : on travailie à reparer
les dommages , cependant
ces orages réïterez cauſent du
retardement. Les Affiegez
pretendent avoir eventé la
mine des Eſpagnols qui eſt
ſous la courtine prés l'angle
rentrant du Baſtion de la porGALANT.
293
re neuve.. Mais on dit qu'elle
n'eſt point endommagée
d'autant plus que l'on a poufſé
un rameau d'un autre côté;
d'ailleurs on aſſeure que les
breches dont le nombre augmente
tous les jours , & qui
quand cette mine n'y ſeroit
pas feront encore 6. attaques,
Leront encore plus que ſuffifantes
,&tout ſe diſpoſe pour
leſdites attaques. Les Dragons
en auront une. Mole Marefchal
fait faire des échelles ,&
l'on en a déja porté beaucoup
avec un grand nombre de
grenades aux dépoſts que l'on
Bb iij
294 MERCURE
a formez prés les débouchez
marquez pour l'attaque des
breches.
M. le Maréchal voulut bien
les faire ſommer hier 3 à 10 .
heures du matin avant de les
expoſer à un affaut general ,
ils répondirent qu'ils affembleroient
leur conſeil : une
heure aprés ils demanderent fi
l'on ſouhaitoit pour ôrages
des hommes de guerre ou de
Magiftrature , ajoûtant qu'ils
ne pouvoient ceffer de tirer ,
de maniere que le feu a toûjours
continué de part &
d'autre;&quoyqu'il y ait prés
GALANT . 295
de 36. heures , il ne paroît pas
qu'ils ayent encore fait de réponſe.
L'on aſſeure neanmoins
qu'il eſt venu cette nuit deux
Exprés avec des Lettres dú
ſieur Villaroël qui ont fait
éveiller Monfieur le Maref
chal ; mais comme il a dit à
tout le monde que ce n'eſtoit
que des deferteurs , on a jugé
qu'il vouloit qu'on ignoraft
le reſte.
Le pain eft tres - rare & fort
cher dans Barcelone , d'où
les femmes viennent en grand
nombre fur le bordde nos lignes
pour tâcher d'en fortir ,
B b iiij
J
296 MERCURE
A
mais M. le Maréchal a donné
ordre par toutde les faire rentrer
par forcedans la Ville.
2. M. de Sardini Montriel
Lieutenant Colonel du Regiment
de la Marine , homme
tres eſtimé de toutes les manieres
a eu ce matin une jambe
emportée d'un coup de canon
, & l'autre tres endommagée
en deſcendant la tranchéc.
Enfin aprés trois jours entiers
pendant leſquels les Barcelonois
ont fait pluſieurs
aſſemblées generales leſquelles
auroient dû naturellement
GALANT. 297
finir pour envoyer les trois
Deputez qu'ils avoient nommez
dés le premier jour : le
réſultat du tout a eſté que le
nommé Jozepet General de
Bataille dans cette Ville ayant
demandé hier à parler àMonfieur
le Chevalier d'Hasfeld
qui eſtoit de tranchée , luy
rendit pour réponſe que la
Ville ne vouloit écouter aucunes
propefkions & luy demanda
enfuite s'il vouloit
quelque choſe de plus ; cela
fini il luy conſeilla de ſe retirer
promptement , &l'on recommença
à tirer de part & d'au298
MERCURE
tres ; l'extravagance de cette
réponſe étant encore mieux
marquée en Efpagnol comme
elle a eſté faite , on en joint
une copie à la preſente.
:
La nuit du quatre au cinq
les Affiegez firent une fortic
par deux endroits du chemin
couvert qui eſt prés de la
Redoute de la Mer , ils tomberent
fur les deux Compagnies
des Grensers du Regiment
d'Auvergne qui les
chafferent & leur tuerent
treize hommes ; mais des
Officiers de ces deux Compagnies
, ily en eutdeux deblef.
GALANT. 299
ſez , deux morts & vingtun
Grenadiers tuez oubleffez.
La nuit du cinq au fix il fit
une ſi grande pluye que ces
inondations réïterées obligerent
d'abandonner la Mine
des Eſpagnols , celle du ſieur
de Lorme pouvant eſtre plus
facilement réparée,on compte
qu'elle ſera en état au plus
tard le neuf..
Il entra encore avant hier
•aprés midy dans Barcelone
deux groffes Barques chargées
de proviſions à la veuë
de toute l'Armée ; on parle
d'en armer vingt- cinq ou tren300
MERCURE
te pour s'oppoſer à tous les
petits Baſtimens qu'ils font
entrer de cette maniere dans
laPlace.
Les Rebelles de la Montagne
s'eſtant raſſemblez devant
Manreze au nombre de plus
de 4000. l'ont attaqué &même
bleſſé à mort le Gouverneur
; mais les détachemens
qui ſont toûjours en campagne
s'eſtant réünis les en ont
chaffez.
Monfieur de Sardiny Lieutenant
Colonel du Regiment
de la Marine eſt mort des
bleſſures dont on a parlé. 3
GALANT 301
Respuesta bichaporla ciudadde
Barcelona dopalabra altenienté
General detrinxera Cavallero
d'Hasfeld el dia 6. Setiembre
1714. Segun que el general detrinxera
hauia propuesto dias.
Laciudad ha hecho tresjuntas
a refuelto lo figuiente.
La ciudad noquiere admittir
propofition alguna quiere V. E.
algoMas?
Le 7. de ce mois les Barcelonois
firent la réponſe ſuivante
à la ſommation qui leur
avoit été faite deux jours
avant.
Un Officier vint ſur labre302
MERCURE
che , & demanda à parler à
l'Officier General commendant
la tranchée , qui étoit M.
leChevalier d'Hasfeld , il luy
lut la réponſe , contenant que
la Députation de Barcelone
faiſoit ſçavoir à M. le Maréchal
de Berwick qu'elle n'avoit
aucune propoſitionàfaire
ni à recevoir.
Le 11. on a donné l'aſſaut
general fans avoir pu ſe
ſervir des Mines qui ſe trouvoient
toutes noyées , & on
s'eſt empaté de tous les trois
Baſtions attaquez , &des retranchemens
; les Barcelonois
GALANT. 303
eſtoient retranchez dans les
maiſons , & dans les ruës , &
avoient demandé à capituler ,
fur quoyMonfieur le Maref
chal de Berwick leur fit répondre
qu'ils ne pouvoient
demander autre choſe que
d'eſtre pris à diſcretion.
On en étoit là lors que M.
le Ducde Mortemart eft party.
On attend la fin de cette
affaire par M. le Marquis de
Broglio.
e M. de la Villemenu , Colonel
d'Orleans a un coup de
fufil au travers du corps .
M. de Tailleran la cuiſſe
coupéc.
304 MERCURE
M. dHoudetot un coup
de fuſil dans l'aîne.
** de ce qui ſe paſſe dans Barcelone
, & la difpofition des
Troupes.
Du 21. Aouft
Il ya dans cette Place 2000.
hommes de Troupes reglées
tant Infanterie que Cavalerie.
Les Chefs des Rebelles
font le premier Villaroüel ,
le ſecond c'eſtoit Poanton
Lieutenant General , il eſt
deferté ,& fon employ eft
encore vacant..
GALANT 277
Ilya un Major General de
Bataille qui s'appelle Jozepet.
Celuy qui commande la
Cavaleric est le Chevalier
Romana , le Commandant de
l'Artillerie eſt Balet qui eft
auſſi Ingenieur en chef Bru
no Torner eft Capitaine de
Bombardiers , & Pacheras eft
Capitaine des Mineurs .
Le Regiment de la Colonelle
est composé de fix Ba
taillons de soo. hommes,
Le nombre des Habitans
qui prennent les armes &qui
font actuellement le Service
va à 3000. hommes qui font
178 MERCURE
parmy les Troupes reglées ;
&le Regiment de la Colo-
7 Les Places d'Armes font
au nombre de trois , la pre
miere s'étend depuis Sainte
Catherine juſqu'à la Chapelle
de Marcos , la ſeconde au
Palais ,& la troifiéme à la
Mercediosla
- Ceux qui occupent la Demi-
Lune de la porte neuve ,
ont actuellement unRenfort
à faint Pierre & au Jardin de
ce Convent.
Le renfort de la breſche eſt
à laplacede ſaint Pierre.Ceux
GALANT 299
qui gardent la Denni Lune de
fainte Claire ont le leur à la
Celuy de la garde du Baf
tion du Levant eft à l'Aucata.
Dans l'écurie de l'Aucata ,
il y a toûjours cent chevaux
de Piguet quo
ס נ ו כ כ
obDans le Jardin de Gury , ily
aauffi cens chevaux de Piquet
hors laVille le long de laMer.
Le fignal pour l'allarme c'eſt
le toquefin , lors duquel ils
font tous obligez de prendre
les armes , & ceux qui refuſent
de marcher font pris &
mis en prifon.
280 MERCURE
1
La coupure qui eſt derriere
la bieſche prend depuis la
porte neuve juſqu'aux Poten
ces; l'ona abattu toutes les
Egliſes&maiſonsdepuis faint
Auguſtin juſqu'aux Bouche-
Cette coupure eſt dans ſa
perfection ; il y a une grande
place d'armes,avec un grand
foffé de douze pieds de profondeur
& dix de largeur. La
muraille eſt de pierre & de
terre d'argile ; l'on y a mis
cinq pieces de canon ſur les
deux coſtez chargées à
touche.
a car-
1
Il
GALANT. 281
Ilyadans la PlaceunConfeil
de guerre qu'on appelle
Junta magna , où aſſiſtent le
Gouverneur de laProvince appelléTorrellas
, qui eſtant fort
âgé a pour Lieutenans Don
Francifco Sayol ,DonJoſeph
de Pinot, le Comte de Po
nonos,leComte de Plazencia,
leMarquis de Sermanat , Don
Fiancilco Sivaller , & Don
Emmanuel Ferrer, coup inq
Ceux qui ont foin de faire
payer les Troupes, font Salvador
Felice , Juan Llinas , Ci
toven , Chattople Llado , le
Docteur Monnar,Medecin
Septembre 1714. Aa
281 MERCURE
/
4
Francifco Moſcaro , Marchand
auffi bien que Joſeph
Durand , Muriano Durand,
Comallas , Juan Albaret ,&
le nommé Fer. L'argent ſe
prend par tout où l'on ſçait
qu'il yen a de gré ou de for
co , & ceux qui refuſent dele
donner font pris & mis en
prifon.
Le nombre des bleſſez depuis
qu'on bat en brefehe
pour aller à 600 hommes.
Lc 14. Août le Comte
Don Jofeph Mata,DonCar
los Ribera ,Don Magin Ninot,
Don Francifco de laVoGALANY.
ga,& le fils du Juge Salvador
furent tuez; le fils aîné de Be
rardo avec deux fils de Llinas
farent bleſſeze 2ob ediểu
Ua sûr dans l'action du
même jour soo hommes tucz
A
A Gironne le 8, Septembre
D
Par lesLettres ddou quarre,
Monfieur , que je viens de
IsEcupiti du Campideyang
Barcelone,j'apppprreenndd que les
nouvelles batteries conti
nuoient àtiter vivement pour
ouvrir les nouvelles breches
Aaij
284 MERCURE
& qu'elles eltoient prelqueen
eftat auſſi bien que les Mines.
L'on me mande que M. le
Maréchal de Berwick avoit
fait fommet le 3. les Barcelonois
pour la premiere &
derniere fois ; ils répondirent
qu'ils alloient aff mbler leurs
Confeils que cela feroit un
peu long , mais qu'ils feroient
A
leurs réponſes Le 4 au foir
tirer de
elle n'eſtoir pas encore venue.
L'on continue cependant de
part & d'autre &l'on
croit qu'ils ne ſe prefferont
pas de la faire , parce que le
defordre que les caux ont
A
GALANT. 285
1
fait à la tranchée & dans les
Mines leur a donné de nou
velles efperances &relevé leur
courages il eſt certain que la
famine eſt dans cette Places
beaucoup de gens voudroient
en fortir , mais M. le Maréchal
de Berwick veurs que
Ponles'y faffe rentrer & cela
s'execute régulierement. Le 32
plus de 200 perſonnes entre
Jefquelles ily avoir beaucoup
defemmes ,parurent hors de
la Ville pour fortirsen implo
rant lamifericorde du Roy&
crane vive Philippes Vo mais
en les obligeaàrentrer
286 MERCURE
que
Il fait un temps fi affreux
depuis 10, ou 12. jours que
toutes les tranchées ont eſté
inondées , & qu'il eſt entré
beaucoup d'eau dans les Mines
,ce qui retardera encore
le Siege quelque tempsiolo
Paredes Lettres du
je viens de recevoir de Mataro
, l'on me mande qu'un
Enſeigne ayantdeferté de la
Place avec fix foldats , avoit
dit que le Confeil eſtoit encore
affemblé ,que l'on difoit
que trois perfonnes avoient
ſté nommées pour aller par
Jet àMonfieur deMaréchal de
GALANT. 287
Berwick, alçavoir leGeneral
de Bataille Joſeper , le Marquis
de Tamarit ,& le Comte
de Placentia. Que l'on ne ſçavoit
pas quel jour ce feroit;
mais que s'il y avoit quelque
retardement ce n'estoit qu'à
cauſe du déſordre que l'on
[çavoit que les eaux avoient
fait dans la tranchée & dane
les Mines, ce qui leur avoi
selevé le courage.201
Quant à ce qui ſe paſſedans
IePaysducoſtéde la Marine,le
Village de Saint Hiſcle a eſté
pillé Sentierement brulé
par le détachement deMon
188 MERCURE
fieur de Valloute queſtoir
à Tordera ; & deux autres
des Troupes d'Eſpagne qui
s'y estoient joint Les Rebelles
ſe ſont appro hez ' aprés
avoir abandonne Canet ; mais
lors qu'ils fçûrent que l'on
marchoit de ce colte là , ils
fitent la même manoeuvre ,
ainſi la chofe fut faite fans
refittance
C'eſt unVillage ſitué dans
un pays tres difficile prés de
la Mer qui ſervoit de retraite
& de magaſin aux Rebelles
dont ils farfoient continuellement
porter des vivres
Saint
GALANT. 289
Saint Paul & Canet pour
Barcelone.
Monfieur de Vallouſe a
auſſi fait bruler à ſon retour
ſept Barques de Barcelone
avec leurs agrés qu'il trouva
àCanet & à Saint Paul.
Pour ce qui eſt de la Montagne,
Monfieur de Rauchop
eſt toûjours avec un détachement
du coſté de Ripoüille ,
& Meragas ,s'eſt retiré un
peu plus loin du côté de la
Puebla qui eſt à quatre heures
de là.
Les Rebelles s'y eſtoient
aſſemblez pour faire de nou-
Septembre 17 14 . Bb
290 MERCURE
veau ſoulever le pays ; mais
comme l'on n'a ſçû depuis
qu'ils avoient marché du côté
de Manresa , Monfieur de
Bracamonté profite de ce
temps là pour aller bruler de
nouveau Arbucia où il y a un
autre corps de Rebelles. Monfieur
le Comte de Frenne a
envoyé un détachement dans
la Plaine de Vich , pour le
favoriſer dans ſon expedition :
c'eſt un endroitdans le Mouſigny
qui eſt continuellement
ſous les armes & qui fert de
retraite & de magaſin aux
Rebelles.
GALANT. 297
Le deux de ce mois au matin
trois Officiers de Cavaleric
de la Ville vinrent au Camp
commedeferteurs. M. le Marêchal
de Berwick les interrogea
, les fit garder à veuë , &
enſuite embarquer pour Pcniſcola.
Le meſme jour deux unCapitaine
de Volontaires du
Marquis Delpoal deferta , &
eût une longue conference
avec M. le Mareſchal qui le fit
refter chez luy; l'on croit qu'il
doit aller joindre quelqu'un
des Camps volans detachez de
l'Armée contre cesRebelles.
Bb ij
292 MERCURE
Les nouvelles breches &
les mines vont parfaitement
bien , mais une grande pluye
qu'il fit hier pendant dix à
douze heures a inondé la
plus grande partie de la tranchée
,& fur tout mis beaucoup
d'eau dans les mines ,
dont quelque partie s'eſt
éboulée : on travailie à reparer
les dommages , cependant
ces orages réïterez cauſent du
retardement. Les Affiegez
pretendent avoir eventé la
mine des Eſpagnols qui eſt
ſous la courtine prés l'angle
rentrant du Baſtion de la porGALANT.
293
re neuve.. Mais on dit qu'elle
n'eſt point endommagée
d'autant plus que l'on a poufſé
un rameau d'un autre côté;
d'ailleurs on aſſeure que les
breches dont le nombre augmente
tous les jours , & qui
quand cette mine n'y ſeroit
pas feront encore 6. attaques,
Leront encore plus que ſuffifantes
,&tout ſe diſpoſe pour
leſdites attaques. Les Dragons
en auront une. Mole Marefchal
fait faire des échelles ,&
l'on en a déja porté beaucoup
avec un grand nombre de
grenades aux dépoſts que l'on
Bb iij
294 MERCURE
a formez prés les débouchez
marquez pour l'attaque des
breches.
M. le Maréchal voulut bien
les faire ſommer hier 3 à 10 .
heures du matin avant de les
expoſer à un affaut general ,
ils répondirent qu'ils affembleroient
leur conſeil : une
heure aprés ils demanderent fi
l'on ſouhaitoit pour ôrages
des hommes de guerre ou de
Magiftrature , ajoûtant qu'ils
ne pouvoient ceffer de tirer ,
de maniere que le feu a toûjours
continué de part &
d'autre;&quoyqu'il y ait prés
GALANT . 295
de 36. heures , il ne paroît pas
qu'ils ayent encore fait de réponſe.
L'on aſſeure neanmoins
qu'il eſt venu cette nuit deux
Exprés avec des Lettres dú
ſieur Villaroël qui ont fait
éveiller Monfieur le Maref
chal ; mais comme il a dit à
tout le monde que ce n'eſtoit
que des deferteurs , on a jugé
qu'il vouloit qu'on ignoraft
le reſte.
Le pain eft tres - rare & fort
cher dans Barcelone , d'où
les femmes viennent en grand
nombre fur le bordde nos lignes
pour tâcher d'en fortir ,
B b iiij
J
296 MERCURE
A
mais M. le Maréchal a donné
ordre par toutde les faire rentrer
par forcedans la Ville.
2. M. de Sardini Montriel
Lieutenant Colonel du Regiment
de la Marine , homme
tres eſtimé de toutes les manieres
a eu ce matin une jambe
emportée d'un coup de canon
, & l'autre tres endommagée
en deſcendant la tranchéc.
Enfin aprés trois jours entiers
pendant leſquels les Barcelonois
ont fait pluſieurs
aſſemblées generales leſquelles
auroient dû naturellement
GALANT. 297
finir pour envoyer les trois
Deputez qu'ils avoient nommez
dés le premier jour : le
réſultat du tout a eſté que le
nommé Jozepet General de
Bataille dans cette Ville ayant
demandé hier à parler àMonfieur
le Chevalier d'Hasfeld
qui eſtoit de tranchée , luy
rendit pour réponſe que la
Ville ne vouloit écouter aucunes
propefkions & luy demanda
enfuite s'il vouloit
quelque choſe de plus ; cela
fini il luy conſeilla de ſe retirer
promptement , &l'on recommença
à tirer de part & d'au298
MERCURE
tres ; l'extravagance de cette
réponſe étant encore mieux
marquée en Efpagnol comme
elle a eſté faite , on en joint
une copie à la preſente.
:
La nuit du quatre au cinq
les Affiegez firent une fortic
par deux endroits du chemin
couvert qui eſt prés de la
Redoute de la Mer , ils tomberent
fur les deux Compagnies
des Grensers du Regiment
d'Auvergne qui les
chafferent & leur tuerent
treize hommes ; mais des
Officiers de ces deux Compagnies
, ily en eutdeux deblef.
GALANT. 299
ſez , deux morts & vingtun
Grenadiers tuez oubleffez.
La nuit du cinq au fix il fit
une ſi grande pluye que ces
inondations réïterées obligerent
d'abandonner la Mine
des Eſpagnols , celle du ſieur
de Lorme pouvant eſtre plus
facilement réparée,on compte
qu'elle ſera en état au plus
tard le neuf..
Il entra encore avant hier
•aprés midy dans Barcelone
deux groffes Barques chargées
de proviſions à la veuë
de toute l'Armée ; on parle
d'en armer vingt- cinq ou tren300
MERCURE
te pour s'oppoſer à tous les
petits Baſtimens qu'ils font
entrer de cette maniere dans
laPlace.
Les Rebelles de la Montagne
s'eſtant raſſemblez devant
Manreze au nombre de plus
de 4000. l'ont attaqué &même
bleſſé à mort le Gouverneur
; mais les détachemens
qui ſont toûjours en campagne
s'eſtant réünis les en ont
chaffez.
Monfieur de Sardiny Lieutenant
Colonel du Regiment
de la Marine eſt mort des
bleſſures dont on a parlé. 3
GALANT 301
Respuesta bichaporla ciudadde
Barcelona dopalabra altenienté
General detrinxera Cavallero
d'Hasfeld el dia 6. Setiembre
1714. Segun que el general detrinxera
hauia propuesto dias.
Laciudad ha hecho tresjuntas
a refuelto lo figuiente.
La ciudad noquiere admittir
propofition alguna quiere V. E.
algoMas?
Le 7. de ce mois les Barcelonois
firent la réponſe ſuivante
à la ſommation qui leur
avoit été faite deux jours
avant.
Un Officier vint ſur labre302
MERCURE
che , & demanda à parler à
l'Officier General commendant
la tranchée , qui étoit M.
leChevalier d'Hasfeld , il luy
lut la réponſe , contenant que
la Députation de Barcelone
faiſoit ſçavoir à M. le Maréchal
de Berwick qu'elle n'avoit
aucune propoſitionàfaire
ni à recevoir.
Le 11. on a donné l'aſſaut
general fans avoir pu ſe
ſervir des Mines qui ſe trouvoient
toutes noyées , & on
s'eſt empaté de tous les trois
Baſtions attaquez , &des retranchemens
; les Barcelonois
GALANT. 303
eſtoient retranchez dans les
maiſons , & dans les ruës , &
avoient demandé à capituler ,
fur quoyMonfieur le Maref
chal de Berwick leur fit répondre
qu'ils ne pouvoient
demander autre choſe que
d'eſtre pris à diſcretion.
On en étoit là lors que M.
le Ducde Mortemart eft party.
On attend la fin de cette
affaire par M. le Marquis de
Broglio.
e M. de la Villemenu , Colonel
d'Orleans a un coup de
fufil au travers du corps .
M. de Tailleran la cuiſſe
coupéc.
304 MERCURE
M. dHoudetot un coup
de fuſil dans l'aîne.
Fermer
Résumé : NOUVELLES de ce qui se passe dans Barcelone, & la disposition des Troupes.
En août 1714, Barcelone est sous contrôle rebelle avec environ 2 000 hommes de troupes régulières, incluant l'infanterie et la cavalerie. Les chefs rebelles principaux sont Villarroël et Poanton, ce dernier ayant été destitué. Les officiers clés comprennent Jozepet, major général de bataille, le Chevalier Romana, commandant de la cavalerie, Balet, directeur de l'artillerie et de l'ingénierie, Bruno Torner, capitaine des bombardiers, et Pacheras, capitaine des mineurs. Le régiment de la colonelle compte six bataillons de 500 hommes chacun, et environ 3 000 habitants prennent les armes, portant le total des forces à 5 000 hommes. Les positions défensives sont établies près de Sainte Catherine, du Palais, et de la Merced, avec des renforts à la Demi-Lune de la porte neuve et à la brèche de saint Pierre. La Junta magna, dirigée par le gouverneur Torrellas et ses lieutenants, dont le Comte de Pononos et le Marquis de Sermanat, gère les opérations. Les finances sont collectées par la force si nécessaire. Depuis le début des combats, environ 600 hommes ont été blessés et plusieurs tués, dont le Comte Don José Mata et Don Carlos Ribera. Les batteries continuent de tirer pour ouvrir de nouvelles brèches, et les mines sont presque prêtes. Le maréchal de Berwick a sommé les Barcelonais de se rendre, mais ceux-ci demandent du temps pour consulter leurs conseils. Les rebelles utilisent un village près de la mer comme retraite et magasin de vivres. Plusieurs actions militaires sont menées par les forces françaises et espagnoles, incluant des attaques et des destructions de bastions rebelles. À Barcelone, des désertions vers les forces françaises sont signalées. Les travaux de siège avancent malgré des intempéries. Les assiégés prétendent avoir détecté une mine espagnole, mais les brèches créées par les bombardements sont suffisantes pour lancer des attaques. Le pain est rare et cher à Barcelone. Le 6 septembre 1714, Barcelone refuse toute proposition de négociation. Le 7 septembre, la réponse de la députation de Barcelone au maréchal de Berwick indique qu'elle n'a aucune proposition à faire ni à recevoir. Le 11 septembre, un assaut général permet la prise de trois bastions et des retranchements. Les Barcelonais demandent à capituler, mais le maréchal de Berwick exige une reddition sans condition. Parmi les blessés figurent M. de la Villemenu, M. de Tailleran et M. d'Houdetot. La fin des hostilités est attendue avec l'arrivée du marquis de Broglio.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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3
p. 56-69
De Melilla, c'est une Ville d'Afrique, depuis long-temps (comme Ceuta) assiegée par les Mores.
Début :
Du 5. Decembre 1715. Le 9. du mois passé un [...]
Mots clefs :
Maures, Ennemis, Camp, Mines, Ennemi, Travail, Tranchée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Melilla, c'est une Ville d'Afrique, depuis long-temps (comme Ceuta) assiegée par les Mores.
DeMelilla, c'est une Ville d'Afrique
, depuis long-temps
( comme Ceuta ) affiegée
par les Mores.
Du 5. Decembre 1715 .
Le 9. du mois paffé un
chariot chargé de beaucoup
de malades de l'Hospital fortit
pour ſe rendre à Malaga ; fur
le ſoir on fit embarquer les
deux Mores de confiance pour
les mettre à terre , afin qu'ils
rapportaſſent des nouvelles du
Camp ennemi ; & en même-
:
GALANT. 57
1
temps on apprit qu'on entendoit
dans nos mines les ennemis
travailler ; cela fut cauſe
que le Sergent Major de la
Place reſta plus de trois heures
de la nuit à la tefte des mines ,
&aprés il fut changé par le
Gouverneur qui y mit l'Ingenieur
qui y demeura juſqu'à
dix heures du matin ; il enten
dit les Mores qui continuoient
le même travail ; ce qui fait
croire qu'ils veulent interdire
la communication du Fort S.
Michel ১
Le ro au matin on entendit
dans les mines que les
58 MERCURE
Mores travailloient en pluſieurs
endroits ; c'eſt ce qui fait
croirequ'ils veulent nous tromper
& nous faire prendre un
chemin pour un autre , mais
nous continuons toûjours
noſtre même travail , perſuadez
qu'il eſt le meilleur.
Le 11. aumatin un homme
de la tranchéequi avoit la voix
fort groſſe , demanda au Fort
de S. Michel à parler à quelqu'un
, & il dit qu'il vouloit
nous apprendre qu'on avoit
pris avant hier un Vaiſſeau
chargé de vin , de biscuits &
de fufils; ce Navire venoit à
1
GALANT. 59
cette Place avec 25. foldats
& deux femmes ; celuy qui
l'entendit luy répondit , pourquoy
ne prenez vous pas auffi
ce Fort , à quoy il luy répondit
qu'ils vouloient prendre le
Fort & la Place , & qu'à cet
effet le Frere de leur Alcalde
eſtoit allé à Meguinez .
Le 12. au matin les deux
Mores de confiance revinrent,
&ils confirmerent la priſe de
la Barque & le voyage du
Frere de l'Alcalde à Meguinez,
qu'ils avoient vû au milieu du
Camp ſept échelles fort longues
& fort larges , & capa60
MERCURE
bles de monter trois hommes
defront.
On n'a pas pû apporter icy
de Boeufs ny de Moutons , ce
qui eſt fort triſte pour les malades
de cette Place; la mine
que nous fimes ſauter le 23 .
d'Octobre n'a fait périr que fix
perſonnes& autant debleſſez.
Le 13. au matin on vit un
Ingenieur avec un inſtrument
à la main , à la teſte de la tranchée
la plus proche du Fort S,
Michel , qui regardoit du haut
en bas du parapet , meſurant
&jettant de temps en temps
avec la main des pierres pour
GALANT. 61
indiquer la distance du travail;
il étoit accompagné du General
de l'Armée &de pluſieurs
Negres. :
Le 14. voyant que l'ennemi
continuoit toûjours ſon
travail pour venir par - deſſous
terre couper la communication
que nous avons depuis la
Place S. Michel , on a chargé
la huitiéme mine avec quinze
barils de poudre.
Le 15. au matin on partagea
nos Troupes en pluſieurs
corps ; & comme ce mouvement
ne s'eſt pas pû faire fans
eſtre vû des ennemis qui do
62 MERCURE
minent fur toute la Place, les
Mores ont doublé leurs gardes
des tranchées , croyant que les
affiegez vouloient faire quelque
fortie ſur eux , & ils ont
retiré leurs travailleurs des mines;&
nous autres n'ayant rien
entendu , nous avons jugé à
propos d'attendre au lendemain
pour les faire fauter .
* Le 16 on entendit l'ennemi
qui travailloit ſousterre , auffitoſton
mit le feu au fourneau
dont la force creva la mine des
ennemis. Deux Mores fur le
foir eſtant venu reconnoiſtre
les chevaux de Friſfe qui deffenr
GALANT. 63
dent la Place, ils furent furpris ;
il y en eût un qui ſe ſauva, &
P'autre fut bleſſe ; il cria qu'on
ne le tuâ point , & qu'il diroit
cequiſe paſſoit dans le Camp ;
eequifit qu'on le porta à l'Hôpital,
où il fut penſé: Il declara
que la derniere mine
avoit beaucoup tuéde monde ,
&qu'elle cauſoit une grande
conſternationdans le camp, &
il mourut deux heures aprés .
Le 17. au matin les Ennemis
n'ayant point de nouvelle du
More bleffé amenerent un
Etendart de Paix , ce que nous
fimes de noſtre coſté ; ils dirent
64 MERCURE
que fi nous avions le More,
nous leur ferions beaucoup de
plaisir de le leur rendre mort
ou vif; on l'alla chercher à
'Hôpital , & on le leur envoïa
au camp : pendant ce tems les
Mores estoient fur leurs tran
chées &nous fur le parapetde
laPlace ,& on ſe parloit :ce qui
fut deplus extraordinaire, c'eſt
que les Soldats ennemis reffem.
bloient à des Religieux par
P'habillement. :
Le 18. 19. 20.desMores
deterepent leurs tuozipar la
mine : 910
Le 21.22.23. & 24. chacun
GALANT . 65
:
cun continua le même travail :
pendant ce tems une de nos
Barques fit une grande peſche
à la vûë des Ennemis , ce qui a
eſté d'un grand ſecours pour la
Garniſon. LesChevaux deFriſe
nous furent en cette occafion
tres-utiles , parce que les planches
fur lesquelles ils font
cloüez ſervirent de remparts
aux Matelots qui peſchoient.
Le 25. 26. & 27. les Ennemis
furent fort tranquilles dans
leur camp ; mais préſumant
que cela cachoit quelque deffein
nous apperçumes qu'ils
continuoient leurs mines de-
Janvier 1716.
F
66 MERCURE
vers faint Michel , & nous
nous avons continué noſtre paralelle
où nous les attendions .
Le 28. & le 29. on n'entendit
les Ennemis faire aucuns
mouvements ; on prétend qu'-
ils font rebutez de nos mines ,
ils font un autre travail au-delàde
la riviere deOro ducoſté
du Fort S. Laurent', où ils efperent
faire hyverner leur Armée.
Le 30. on vit entrer dans la
tranchée plus de 200. Mores
à pied , avec 400. à cheval ,
d'un air fort audacieux , avec
des drapeaux rouges , ce qui
GALANT 67
E
marque de la joye , veritablement
ils venoient pour folem-
Rifer la fin de leurCareſme qui
commença hier la nuit , & ils
vouloient feſter leur Pâques
qui commence aujourd'huy.
Lorſqu'ils virent la nouvelle
Lune ils firent ungrand bruit ,
ce qui nous obligea à tirer fur
cux.
Il pleut icy depuis huit
jours , quoyqu'il en ſoit , les
Mores ſe maintiennent dans
leurs tranchées , ils nous le
font voir par des bouffées de
coups de fufil de temps en
temps ,avec des cris ,& des
Fij
68 MERCURE
hurlemens horribles .
Nos deux Mores confidents
, fortirent il y a huit
jours , & nous rapporterent
qu'il étoit arrivé à ſept licües
d'icy du canon& des mortiers,
à l'endroit appellé Cazaza .
Depuis il eſt arrivé un More
de la tranchée dans la Place ,
pour nous dire que l'artillerie
qui étoit à Cazaza , eit prefentement
au Camp ,&qu'elle
doit tirer dans deux ou trois
jours , ce qui nous a eſté confirmé
par un More d'Oranqui
vient de Miguenez , qui doit
paffer en Eſpagne pour voir
GALANT. 69
ſon frere , nous travaillons à
nous mettre en deffenſe de
tous coſtez , c'eſt à dire autant
que nous pouvons.
Du 28. dudit mois.
Nous avons icy beaucoup
detravail , parce que le Siege
devient ſerieux , nous verrons
où les Mores placeront leur
Artillerie ,& leurs mortiers ,
commela Place eſt petite , ils
deſoleront tout avec les
pierres.
, depuis long-temps
( comme Ceuta ) affiegée
par les Mores.
Du 5. Decembre 1715 .
Le 9. du mois paffé un
chariot chargé de beaucoup
de malades de l'Hospital fortit
pour ſe rendre à Malaga ; fur
le ſoir on fit embarquer les
deux Mores de confiance pour
les mettre à terre , afin qu'ils
rapportaſſent des nouvelles du
Camp ennemi ; & en même-
:
GALANT. 57
1
temps on apprit qu'on entendoit
dans nos mines les ennemis
travailler ; cela fut cauſe
que le Sergent Major de la
Place reſta plus de trois heures
de la nuit à la tefte des mines ,
&aprés il fut changé par le
Gouverneur qui y mit l'Ingenieur
qui y demeura juſqu'à
dix heures du matin ; il enten
dit les Mores qui continuoient
le même travail ; ce qui fait
croire qu'ils veulent interdire
la communication du Fort S.
Michel ১
Le ro au matin on entendit
dans les mines que les
58 MERCURE
Mores travailloient en pluſieurs
endroits ; c'eſt ce qui fait
croirequ'ils veulent nous tromper
& nous faire prendre un
chemin pour un autre , mais
nous continuons toûjours
noſtre même travail , perſuadez
qu'il eſt le meilleur.
Le 11. aumatin un homme
de la tranchéequi avoit la voix
fort groſſe , demanda au Fort
de S. Michel à parler à quelqu'un
, & il dit qu'il vouloit
nous apprendre qu'on avoit
pris avant hier un Vaiſſeau
chargé de vin , de biscuits &
de fufils; ce Navire venoit à
1
GALANT. 59
cette Place avec 25. foldats
& deux femmes ; celuy qui
l'entendit luy répondit , pourquoy
ne prenez vous pas auffi
ce Fort , à quoy il luy répondit
qu'ils vouloient prendre le
Fort & la Place , & qu'à cet
effet le Frere de leur Alcalde
eſtoit allé à Meguinez .
Le 12. au matin les deux
Mores de confiance revinrent,
&ils confirmerent la priſe de
la Barque & le voyage du
Frere de l'Alcalde à Meguinez,
qu'ils avoient vû au milieu du
Camp ſept échelles fort longues
& fort larges , & capa60
MERCURE
bles de monter trois hommes
defront.
On n'a pas pû apporter icy
de Boeufs ny de Moutons , ce
qui eſt fort triſte pour les malades
de cette Place; la mine
que nous fimes ſauter le 23 .
d'Octobre n'a fait périr que fix
perſonnes& autant debleſſez.
Le 13. au matin on vit un
Ingenieur avec un inſtrument
à la main , à la teſte de la tranchée
la plus proche du Fort S,
Michel , qui regardoit du haut
en bas du parapet , meſurant
&jettant de temps en temps
avec la main des pierres pour
GALANT. 61
indiquer la distance du travail;
il étoit accompagné du General
de l'Armée &de pluſieurs
Negres. :
Le 14. voyant que l'ennemi
continuoit toûjours ſon
travail pour venir par - deſſous
terre couper la communication
que nous avons depuis la
Place S. Michel , on a chargé
la huitiéme mine avec quinze
barils de poudre.
Le 15. au matin on partagea
nos Troupes en pluſieurs
corps ; & comme ce mouvement
ne s'eſt pas pû faire fans
eſtre vû des ennemis qui do
62 MERCURE
minent fur toute la Place, les
Mores ont doublé leurs gardes
des tranchées , croyant que les
affiegez vouloient faire quelque
fortie ſur eux , & ils ont
retiré leurs travailleurs des mines;&
nous autres n'ayant rien
entendu , nous avons jugé à
propos d'attendre au lendemain
pour les faire fauter .
* Le 16 on entendit l'ennemi
qui travailloit ſousterre , auffitoſton
mit le feu au fourneau
dont la force creva la mine des
ennemis. Deux Mores fur le
foir eſtant venu reconnoiſtre
les chevaux de Friſfe qui deffenr
GALANT. 63
dent la Place, ils furent furpris ;
il y en eût un qui ſe ſauva, &
P'autre fut bleſſe ; il cria qu'on
ne le tuâ point , & qu'il diroit
cequiſe paſſoit dans le Camp ;
eequifit qu'on le porta à l'Hôpital,
où il fut penſé: Il declara
que la derniere mine
avoit beaucoup tuéde monde ,
&qu'elle cauſoit une grande
conſternationdans le camp, &
il mourut deux heures aprés .
Le 17. au matin les Ennemis
n'ayant point de nouvelle du
More bleffé amenerent un
Etendart de Paix , ce que nous
fimes de noſtre coſté ; ils dirent
64 MERCURE
que fi nous avions le More,
nous leur ferions beaucoup de
plaisir de le leur rendre mort
ou vif; on l'alla chercher à
'Hôpital , & on le leur envoïa
au camp : pendant ce tems les
Mores estoient fur leurs tran
chées &nous fur le parapetde
laPlace ,& on ſe parloit :ce qui
fut deplus extraordinaire, c'eſt
que les Soldats ennemis reffem.
bloient à des Religieux par
P'habillement. :
Le 18. 19. 20.desMores
deterepent leurs tuozipar la
mine : 910
Le 21.22.23. & 24. chacun
GALANT . 65
:
cun continua le même travail :
pendant ce tems une de nos
Barques fit une grande peſche
à la vûë des Ennemis , ce qui a
eſté d'un grand ſecours pour la
Garniſon. LesChevaux deFriſe
nous furent en cette occafion
tres-utiles , parce que les planches
fur lesquelles ils font
cloüez ſervirent de remparts
aux Matelots qui peſchoient.
Le 25. 26. & 27. les Ennemis
furent fort tranquilles dans
leur camp ; mais préſumant
que cela cachoit quelque deffein
nous apperçumes qu'ils
continuoient leurs mines de-
Janvier 1716.
F
66 MERCURE
vers faint Michel , & nous
nous avons continué noſtre paralelle
où nous les attendions .
Le 28. & le 29. on n'entendit
les Ennemis faire aucuns
mouvements ; on prétend qu'-
ils font rebutez de nos mines ,
ils font un autre travail au-delàde
la riviere deOro ducoſté
du Fort S. Laurent', où ils efperent
faire hyverner leur Armée.
Le 30. on vit entrer dans la
tranchée plus de 200. Mores
à pied , avec 400. à cheval ,
d'un air fort audacieux , avec
des drapeaux rouges , ce qui
GALANT 67
E
marque de la joye , veritablement
ils venoient pour folem-
Rifer la fin de leurCareſme qui
commença hier la nuit , & ils
vouloient feſter leur Pâques
qui commence aujourd'huy.
Lorſqu'ils virent la nouvelle
Lune ils firent ungrand bruit ,
ce qui nous obligea à tirer fur
cux.
Il pleut icy depuis huit
jours , quoyqu'il en ſoit , les
Mores ſe maintiennent dans
leurs tranchées , ils nous le
font voir par des bouffées de
coups de fufil de temps en
temps ,avec des cris ,& des
Fij
68 MERCURE
hurlemens horribles .
Nos deux Mores confidents
, fortirent il y a huit
jours , & nous rapporterent
qu'il étoit arrivé à ſept licües
d'icy du canon& des mortiers,
à l'endroit appellé Cazaza .
Depuis il eſt arrivé un More
de la tranchée dans la Place ,
pour nous dire que l'artillerie
qui étoit à Cazaza , eit prefentement
au Camp ,&qu'elle
doit tirer dans deux ou trois
jours , ce qui nous a eſté confirmé
par un More d'Oranqui
vient de Miguenez , qui doit
paffer en Eſpagne pour voir
GALANT. 69
ſon frere , nous travaillons à
nous mettre en deffenſe de
tous coſtez , c'eſt à dire autant
que nous pouvons.
Du 28. dudit mois.
Nous avons icy beaucoup
detravail , parce que le Siege
devient ſerieux , nous verrons
où les Mores placeront leur
Artillerie ,& leurs mortiers ,
commela Place eſt petite , ils
deſoleront tout avec les
pierres.
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4
p. 123-128
LETTRES PATENTES EN FORME D'EDIT, Portant établissement d'une Compagnie de Commerce, sous le nom de Compagnie d'Occident.
Début :
Jamais Compagnie n'a eu des Priviléges plus considérables que celle-ci. [...]
Mots clefs :
Privilèges, Compagnie d'Occident, Commerce, Mines, Louisiane, Colonie, Constructions, Marchandises, Étrangers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRES PATENTES EN FORME D'EDIT, Portant établissement d'une Compagnie de Commerce, sous le nom de Compagnie d'Occident.
LETTRES PATENTES
EN FORME D'EDIT ,
Portant établiſſement d'une Compagnie
de Commerce , ſous le nom de Compagnie
d'Occident .
Jamais Compagnie n'a eu des Privia.
téges plus confidérables que celle-ci. Le
Roy nese réserve d'autres droits , ni de
voirs, que la seule foy & hommage,lige.
Comme nous nepouvons pas donner tous
les articles nous tâche
rons d'en donner exaltement le précis .
en entier
,
Le Roy accorde à cette Compagnie le
Commerce de la Loüifiane ou Miſſiſſippi,
excluſivementà tous Commerçans ,
pendant l'eſpace de 25 ans , avec le
Privilége de recevoir , à l'excluſion de
Lij
124
LE MERCURE
tous autres dans la Colonie de Canada,
tous les Caſtors gras & fecs que les
Habitans de ladite Colonie auront traités.
Elle aura la propriété des Mines &
Miniéres qu'elle fera ouvrir pendant
fon Privilége : Elle pourra traiter &
faire alliance au nom du Roy , avec
toute la Nation, du Païs , vendre &
aliéner les Terres de ſa conceffion à
tels cens& rentes qu'elle jugera à propos
, mêmeles accorder en franc aleu ,
fans Juſtice , ni Seigneurie. Elle pourra
faire construire te's Forts , Châteaux
& Places qu'elle jugera néceſſaites
pour la deffence du Païs. Les Officiers
François militaires qui y ſont préfentement,
pourrontydemeurer : Ceux
qui font actuellement en France pourront
y paffer ſous le bon plaifir du
Roy, poury ſervir ſur les Commiſſions
de la Compagnie , fans que pour raifons
de ce ſervice , ils perdent les rangs
&grades qu'ils peuvent avoir actuellement
en France. Le Roy promet à
ladite Compagnie de la protéger &
deffendre , & d'employer la force de
ſes Armes , s'il eſt beſoin,pour la maintenir
dans la liberté entiére de fon
DE SEPTMEBRE.
125
هب
j
-
,
2
commerce : Ceux des Sujets du Roy
qui pafferont dans les Païs concédez
à ladite Compagnie , joüiront des îmê-'
mes libertez & franchiſes que s'ils
étoient demeurants en France ;& que
ceux qui naîtront d'Habitans François
dudit Païs& méme des Etrangers
Européens , faifans profeſſion de la
Religion C. A. & Romaine , qui pour--
ront s'y établir , ſoient cenfez & réputez
pour Regnicoles. Les Denrées &
Marchandiſes que la Compagnie aura
deſtinées pour les Païs de ſa concef
fion,& celles dont elle aura beſoin pour
la conſtruction armement & ravitaillement
de ſes Vaiſſeaux , feront
exempts des droits appartenants au
Roy& aux Villes de fa dépendance..
Les marchandises que ladite Compagnie
fera apporter dans les Ports de:
France pour fon compte , des Païs de
fa conceffion , ne payeront pendant les
dix premiéres années de ſon Privilége,
que la moitié des droits que de pareilles
marchandises venants des Ifles
&Colonies Françoiſes de l'Amérique,
doivent payer. Le Roy fera délivrer de
ſes Magazins à ladite Compagnie tous
les ans , pendant le tems de fon Pri
Lüf
:
126 LE MERCURE
vilége qui eſt de vingt-cing années ,
quarante millions de poudre à fufil
qu'elle payera au Roy ſur le prix
qu'elle lui aura couté.
Les Fonds de cette Compagnie ſeront
partagez en actions de soo livres
chacune , dont la valeur ſera fournie
en Billets d'Etat , deſquels les interêts
ſeront dûs depuis le premier du mois
de Janvier de l'année prochaine. Les
Billets deſdites Actions ſeront payables
au Porteur , ſignez par le Caiffier
de la Compagnie & viſés par l'un des
Directeurs .
Tous les Etrangers pourront acqué
rir tel nombre d'Actions qu'ils jugeront
à propos , & les Actions appartenantes
aux Etrangers ne feront ſujettes ni
au droit d'aubaine , ni à aucune confiſcation
• pour cauſe de guerre ou autrement
.
, aura
Toutes leſdites Actions pourront être
vendues ou commercées: Tout Actionnaire
Porteur de so Actions
voix déliberative aux Aſſemblées ; &
s'il eſt Porteur de 100 Actions , il aura
deux voix auſſi par augmentation .
Les Billets d'Etat receus pour lefondsdes
Actions , feront convertis en renDE
SEPTEMBRE. 727
fual
P
lives
هک
eres
16
33
tes au Denier 25 , dont les interêts
coureront , à commencer du premier
Janvier 1718 , ſur la Ferme du Contrôlle
des Actes des Notaires du petit
Sceau & Inſinuation des Laïcs , lefquelles
rentes feront héréditaires. Les
Directeurs employeront au commerce
de la Compagnie , les arrérages dûs
de la préſente année , des Contracts
qui ſeront expédiés au profit de la
Compagnie ; & il leur est très expref
fément deffendu d'y employer aucune
partie des interêts des années ſuivantes.
Les Directeurs arrêteront tous les
ans à la fin du mois de Decembre, le
Bilan général des Affaires de laCompagnie
; après quoy ils convoqueront
par affiche publique l'Affemblée géné
rale de toute la Compagnie , dansla
quelle les Répartitions des profits de
lad.Compagnie feront reſoluës &arrêtées.
Les Rentes deſd. Actions, enfemble
les Répartitions des profits prove
nans des profits de commerce , ſeront
payés ſuivant les Numeros def
dites Actions ; en commençant par la.
premiere , fans qu'il puiffe y être fait
aucun changement.
Les Actions de la Compagnie , ni
les effets d'icelle ne pourront être fai128
LE MERCURE
fis ,fous quelque prétexte que ce puiffe
êrre.
EN FORME D'EDIT ,
Portant établiſſement d'une Compagnie
de Commerce , ſous le nom de Compagnie
d'Occident .
Jamais Compagnie n'a eu des Privia.
téges plus confidérables que celle-ci. Le
Roy nese réserve d'autres droits , ni de
voirs, que la seule foy & hommage,lige.
Comme nous nepouvons pas donner tous
les articles nous tâche
rons d'en donner exaltement le précis .
en entier
,
Le Roy accorde à cette Compagnie le
Commerce de la Loüifiane ou Miſſiſſippi,
excluſivementà tous Commerçans ,
pendant l'eſpace de 25 ans , avec le
Privilége de recevoir , à l'excluſion de
Lij
124
LE MERCURE
tous autres dans la Colonie de Canada,
tous les Caſtors gras & fecs que les
Habitans de ladite Colonie auront traités.
Elle aura la propriété des Mines &
Miniéres qu'elle fera ouvrir pendant
fon Privilége : Elle pourra traiter &
faire alliance au nom du Roy , avec
toute la Nation, du Païs , vendre &
aliéner les Terres de ſa conceffion à
tels cens& rentes qu'elle jugera à propos
, mêmeles accorder en franc aleu ,
fans Juſtice , ni Seigneurie. Elle pourra
faire construire te's Forts , Châteaux
& Places qu'elle jugera néceſſaites
pour la deffence du Païs. Les Officiers
François militaires qui y ſont préfentement,
pourrontydemeurer : Ceux
qui font actuellement en France pourront
y paffer ſous le bon plaifir du
Roy, poury ſervir ſur les Commiſſions
de la Compagnie , fans que pour raifons
de ce ſervice , ils perdent les rangs
&grades qu'ils peuvent avoir actuellement
en France. Le Roy promet à
ladite Compagnie de la protéger &
deffendre , & d'employer la force de
ſes Armes , s'il eſt beſoin,pour la maintenir
dans la liberté entiére de fon
DE SEPTMEBRE.
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commerce : Ceux des Sujets du Roy
qui pafferont dans les Païs concédez
à ladite Compagnie , joüiront des îmê-'
mes libertez & franchiſes que s'ils
étoient demeurants en France ;& que
ceux qui naîtront d'Habitans François
dudit Païs& méme des Etrangers
Européens , faifans profeſſion de la
Religion C. A. & Romaine , qui pour--
ront s'y établir , ſoient cenfez & réputez
pour Regnicoles. Les Denrées &
Marchandiſes que la Compagnie aura
deſtinées pour les Païs de ſa concef
fion,& celles dont elle aura beſoin pour
la conſtruction armement & ravitaillement
de ſes Vaiſſeaux , feront
exempts des droits appartenants au
Roy& aux Villes de fa dépendance..
Les marchandises que ladite Compagnie
fera apporter dans les Ports de:
France pour fon compte , des Païs de
fa conceffion , ne payeront pendant les
dix premiéres années de ſon Privilége,
que la moitié des droits que de pareilles
marchandises venants des Ifles
&Colonies Françoiſes de l'Amérique,
doivent payer. Le Roy fera délivrer de
ſes Magazins à ladite Compagnie tous
les ans , pendant le tems de fon Pri
Lüf
:
126 LE MERCURE
vilége qui eſt de vingt-cing années ,
quarante millions de poudre à fufil
qu'elle payera au Roy ſur le prix
qu'elle lui aura couté.
Les Fonds de cette Compagnie ſeront
partagez en actions de soo livres
chacune , dont la valeur ſera fournie
en Billets d'Etat , deſquels les interêts
ſeront dûs depuis le premier du mois
de Janvier de l'année prochaine. Les
Billets deſdites Actions ſeront payables
au Porteur , ſignez par le Caiffier
de la Compagnie & viſés par l'un des
Directeurs .
Tous les Etrangers pourront acqué
rir tel nombre d'Actions qu'ils jugeront
à propos , & les Actions appartenantes
aux Etrangers ne feront ſujettes ni
au droit d'aubaine , ni à aucune confiſcation
• pour cauſe de guerre ou autrement
.
, aura
Toutes leſdites Actions pourront être
vendues ou commercées: Tout Actionnaire
Porteur de so Actions
voix déliberative aux Aſſemblées ; &
s'il eſt Porteur de 100 Actions , il aura
deux voix auſſi par augmentation .
Les Billets d'Etat receus pour lefondsdes
Actions , feront convertis en renDE
SEPTEMBRE. 727
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هک
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tes au Denier 25 , dont les interêts
coureront , à commencer du premier
Janvier 1718 , ſur la Ferme du Contrôlle
des Actes des Notaires du petit
Sceau & Inſinuation des Laïcs , lefquelles
rentes feront héréditaires. Les
Directeurs employeront au commerce
de la Compagnie , les arrérages dûs
de la préſente année , des Contracts
qui ſeront expédiés au profit de la
Compagnie ; & il leur est très expref
fément deffendu d'y employer aucune
partie des interêts des années ſuivantes.
Les Directeurs arrêteront tous les
ans à la fin du mois de Decembre, le
Bilan général des Affaires de laCompagnie
; après quoy ils convoqueront
par affiche publique l'Affemblée géné
rale de toute la Compagnie , dansla
quelle les Répartitions des profits de
lad.Compagnie feront reſoluës &arrêtées.
Les Rentes deſd. Actions, enfemble
les Répartitions des profits prove
nans des profits de commerce , ſeront
payés ſuivant les Numeros def
dites Actions ; en commençant par la.
premiere , fans qu'il puiffe y être fait
aucun changement.
Les Actions de la Compagnie , ni
les effets d'icelle ne pourront être fai128
LE MERCURE
fis ,fous quelque prétexte que ce puiffe
êrre.
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5
p. 728-734
Nouveau Systême pour attaquer les Places des Contremines , &c. [titre d'après la table]
Début :
Il paroît un nouveau Sistême sur la maniere de deffendre [...]
Mots clefs :
Fortifications, Contremines, Ingénieur militaire, Système de défense, Mines, Fortification moderne, Bombes, Bastions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouveau Systême pour attaquer les Places des Contremines , &c. [titre d'après la table]
Il paroît un nouveau Sistême sur la maniere
de deffendre les Places par le moyen des
Contremines. Ouvrage postume de M. D***
imprimé et donné au Public , par M. De
marne ,Graveur ordinaire de la Reine , vol.
in 12. avec figures , dédié au Roi ; il se
vend à Paris chez Jacques Clousier , ruë
S. Jacques , à l'Ecu de France. Le Discours
Préliminaire qui fait la moitié du
Livre , est du R. P. Castel , Jesuite.
M,
AVRIL. 1731. 729
M. D *** a servi le Roi pendant 40.
années dans la fonction d'Ingénieur
ainsi il parle en homme consommé ; et en
effet son Systême est une nouveauté qui
mérite beaucoup d'attention . Jusqu'ici
la plupart des Ingénieurs avoient réduit
presque tout l'Art des Fortifications et de
la deffense des Places , à la construction
du Trait , c'est-à- dire , des Fossez et des
Ramparts, des Bastions et des Demilunes,
des Couronnes des Carnes et Contre
gardes. Mais ce Trait ne met une Place
à couvert que contre le Canon , qui après
tout n'est pas son unique , ni même son
plus grand ennemi. La Mine est la maîtresse
clef de toutes les Places. On a cependant
fort
peu travaillé pour les en
garantir. L'Art des Contremines est ce
pendant un bel Art , tout aussi régulie
que celui du Trait ; et du reste son im
portance est extrême , non-seulement à
cause de la violence des Mines , mais surtout
à cause de la facilité qu'il y a de s'en
garentir. Car heureusement pour l'As
siegé , qu'on croiroit poussé à bout par là,
c'est-là , au contraire , son vrai champ de
bataille , comme M. D*** le fait voir par
le fait même , et comme le P. Castel l'établit
solidement par ce Raisonnement..
Naturellement , dit ce Pere , l'attaque
se fait à force ouverte , au lieu que de
Ev
soi
730 MERCURE DE FRANCE .
soi la deffense est secrette , cachée et
souterraine . Or dans les Combats souterrains
, l'Assiegeant perd son avantage du
nombre , et l'Assiegé peut lui offrir un
front égal et même superieur ; chacun
est maître chez soi. Dans les Contremines
l'Assiegé est chez soi , et l'Assiegeant est
en païs tout à fait ennemi . Celui là connoît
tout son terrain ; celui cy en fait à
chaque pas la découverte à ses risques ,
périls et fortunes. L'Assiegé peut attendre
I'Assiegeant de pied ferme et le prendre
au moment et au lieu qu'il veut , comme
le chat guette la souris. Le Mineur
ne travaille qu'à genoux , il est gêné et
embarrassé de sa personne , quand il n'auroit
qu'à se tenir là les bras croisez sans
rien faire , sans rien craindre . Du côté de
la crainte le pauvre Mineur a mille ennemis
réels , mille ennemis imaginaires à
combattre. Le terrain est tantôt dur et
le roc même,tantôt mol , liquide, boueux,
quelquefois fragile , capricieux , qui s'éboule
et l'étouffe , quand ce ne seroit que
par la poussiere ou par la mauvaise odeur.
Du reste il a toujours à craindre de donner
dans la Contremine. Le bruit qu'il
excite lui- même malgré lui l'épouvante
et lui fait à chaque instant appréhender
la rencontre de l'ennemi , et l'ennemi qu'on
croit voir ou entendre , est toujours plus redoutable
AVRIL. 173. 731
J
doutable que celui qu'on voit en effet. On
combat bien mal des hommes , lorsqu'en même-
tems on a tant de chimeres à combattre.
La maniere dont M. D*** deffend le
chemin couvert , en mettant la Palissade
au niveau du Parapet du Glacis , ce qui
l'empêche d'être vue et abbatue par le
Canon ennemi , est une excellente deffense.
Les Bombes qu'il enterre sous le Glacis
sont préferables aux Fourneaux. Le
succès en est plus assuré et sa construction
plus prompte et plus facile. La contre-
garde qu'il donne à la Demi - lune , aura
l'approbation de tous les Connoisseurs,
La fausse Braye même qu'il détache dứ
corps de sa place , n'a pas l'inconvenient
des fausses Brayes ordinaires , et vaut les
Contregardes des Bastions , surtout avec
les Cavaliers que cet Ingenieur met aux
angles saillans . Les Cavaliers couvrent absolument
les flancs hauts et bas du corps
de la Place.
Du reste tout est contreminé dans ce
Systême , le Chemin couvert , sa Demi-
June , la Contregarde , la fausse Braye ,
le corps de la Place. Le Fossé même a
au milieu une espece de Cunete souterraine
ou voute , de laquelle partent des
Rameaux qui vont sous le Glacis. L'avantage
general de ces Contremines vousées
est 1 °. qu'il faut que leMineur passe
Evi par
732 MERCURE DE FRANCE .
par là , et y essaye le coup de main de la
part de gens frais et bien préparez à le
recevoir. 2 ° . que lorsque l'ennemi s'est
emparé de ce passage , on peut le murer
à droit et à gauche , et se réserver tout
le reste de galerie , où l'on peut même
creuser pour prendre le dessous du passage,
et y faire sauter l'ennemi . 3 °. Que ces
voutes ont desCreneaux qui donnent dans
les fossez voisins , et d'où on peut prendre
des revers et par derriere l'ennemi ,
qui fait son passage du fossé. 4° . Enfin
on peut par ces voutes faire sauter les
Ouvrages et les Logemens des ennemis .
Dans le Discours Préliminaire qui sert
d'introduction et de Supplement à l'Ouvrage
de M. D*** , le P. Castel traite du
Trait de la Fortification , et il rend raison
de la construction de ce Trait et de la
position ancienne et moderne de la Face,
du Flanc et de la Courtine. Il compare
nos Bastions avec les Tours rondes er
quarrées des Anciens.
Il fait voir les avantages des uns et les
inconvéniens des autres. Une chose qui
me paroît nouvelle et fort heureusement
remarquée , c'est que nos Bastions sont la
suite naturelle des Tours des Anciens ;
car aux Tours rondes succederent les
Tours quarrées , posées à plat , et à cette
position platte succeda la position saillante
AVRIL 1731. 733
Fante des mêmes Tours quarrées . Les Bastions
d'Errard , un de nos premiers Ingénieurs
étoient des Tours quarrées , posées
en saillie hors des courtines ; peu
peu on redressa les Flancs et on aggrandit
le corps de ces Tours transformées en
Bastions.
à
H ne tiendra pas au R. P. Castel , qu'il
ne ressuscite les seconds Flancs , autrefois.
si vantez dans la Fortification Hollandoise
, mais tout-à- fait décriez par le.
Comte de Pagan , et abandonnez par le
Maréchal de Vauban . Notre Auteur fait
voir par une Géometrie aussi solide que
facile , que ce n'est qu'un mal entendu
et un manque de raisonnement et de calcul
trigonometrique , qui a fait regarder
ees Flancs comme inutiles et nuisibles . Le
R. P. Castel les trouve au contraire trèsutiles
et tout-à-fait avantageux..
qu'u
De la construction du Trait , il passe
aux Bombes et aux Mines , et il fait voir
qu'une Place a trois ennemis que la Poudre
lui suscite ; le Canon , qui la rase horisontalement
et de niveau , la Bombe , qui'
l'écrase de haut en bas , et la Mine qui
la souleve et la bouleverse de fond en comble,
c'est le Trait qui garantit du Canon .
Le R. P. Castel propose des demi - voutes,
ou des quarts de voutes pour garantir des.
Bombes. Mais c'est sur les Contremines
que
734 MERCURE DE FRANCE
que roule principalement son Discours ,
comme tout l'Ouvrage de M. D *** . Ce
Pere y traite plusieurs questions curieuses
, comme si le corps de la Place est
capable d'une meilleure deffense que tous
les dehors ; s'il vaut mieux après une médiocre
deffense de ses dehors réserver sa
principale force pour le corps de la Place,
ou , &c.
On est redevable à M. de Marne , des
dépenses et de mille soins qu'il s'est donnez
pour procurer un si bon Ouvrage au
Public. On trouve chez lui toutes les Figures
de la Bible , Ancien et Nouveau
Testament , gravé d'après les grands Maî
tres en 530. Planches , avec une explication
Latine et Françoise. Il a fait à cet
Ouvrage depuis peu des changemens et
des augmentations. On a trouvé aussi chez
ledit sieur toute la Bible avec les mêmes
Estampes , 6. vol. in folio et in quarto . Il
demeure rue du Foin , près la rue de la Har
pe , au Heaume , quartier de Sorbonne à
Paris.
de deffendre les Places par le moyen des
Contremines. Ouvrage postume de M. D***
imprimé et donné au Public , par M. De
marne ,Graveur ordinaire de la Reine , vol.
in 12. avec figures , dédié au Roi ; il se
vend à Paris chez Jacques Clousier , ruë
S. Jacques , à l'Ecu de France. Le Discours
Préliminaire qui fait la moitié du
Livre , est du R. P. Castel , Jesuite.
M,
AVRIL. 1731. 729
M. D *** a servi le Roi pendant 40.
années dans la fonction d'Ingénieur
ainsi il parle en homme consommé ; et en
effet son Systême est une nouveauté qui
mérite beaucoup d'attention . Jusqu'ici
la plupart des Ingénieurs avoient réduit
presque tout l'Art des Fortifications et de
la deffense des Places , à la construction
du Trait , c'est-à- dire , des Fossez et des
Ramparts, des Bastions et des Demilunes,
des Couronnes des Carnes et Contre
gardes. Mais ce Trait ne met une Place
à couvert que contre le Canon , qui après
tout n'est pas son unique , ni même son
plus grand ennemi. La Mine est la maîtresse
clef de toutes les Places. On a cependant
fort
peu travaillé pour les en
garantir. L'Art des Contremines est ce
pendant un bel Art , tout aussi régulie
que celui du Trait ; et du reste son im
portance est extrême , non-seulement à
cause de la violence des Mines , mais surtout
à cause de la facilité qu'il y a de s'en
garentir. Car heureusement pour l'As
siegé , qu'on croiroit poussé à bout par là,
c'est-là , au contraire , son vrai champ de
bataille , comme M. D*** le fait voir par
le fait même , et comme le P. Castel l'établit
solidement par ce Raisonnement..
Naturellement , dit ce Pere , l'attaque
se fait à force ouverte , au lieu que de
Ev
soi
730 MERCURE DE FRANCE .
soi la deffense est secrette , cachée et
souterraine . Or dans les Combats souterrains
, l'Assiegeant perd son avantage du
nombre , et l'Assiegé peut lui offrir un
front égal et même superieur ; chacun
est maître chez soi. Dans les Contremines
l'Assiegé est chez soi , et l'Assiegeant est
en païs tout à fait ennemi . Celui là connoît
tout son terrain ; celui cy en fait à
chaque pas la découverte à ses risques ,
périls et fortunes. L'Assiegé peut attendre
I'Assiegeant de pied ferme et le prendre
au moment et au lieu qu'il veut , comme
le chat guette la souris. Le Mineur
ne travaille qu'à genoux , il est gêné et
embarrassé de sa personne , quand il n'auroit
qu'à se tenir là les bras croisez sans
rien faire , sans rien craindre . Du côté de
la crainte le pauvre Mineur a mille ennemis
réels , mille ennemis imaginaires à
combattre. Le terrain est tantôt dur et
le roc même,tantôt mol , liquide, boueux,
quelquefois fragile , capricieux , qui s'éboule
et l'étouffe , quand ce ne seroit que
par la poussiere ou par la mauvaise odeur.
Du reste il a toujours à craindre de donner
dans la Contremine. Le bruit qu'il
excite lui- même malgré lui l'épouvante
et lui fait à chaque instant appréhender
la rencontre de l'ennemi , et l'ennemi qu'on
croit voir ou entendre , est toujours plus redoutable
AVRIL. 173. 731
J
doutable que celui qu'on voit en effet. On
combat bien mal des hommes , lorsqu'en même-
tems on a tant de chimeres à combattre.
La maniere dont M. D*** deffend le
chemin couvert , en mettant la Palissade
au niveau du Parapet du Glacis , ce qui
l'empêche d'être vue et abbatue par le
Canon ennemi , est une excellente deffense.
Les Bombes qu'il enterre sous le Glacis
sont préferables aux Fourneaux. Le
succès en est plus assuré et sa construction
plus prompte et plus facile. La contre-
garde qu'il donne à la Demi - lune , aura
l'approbation de tous les Connoisseurs,
La fausse Braye même qu'il détache dứ
corps de sa place , n'a pas l'inconvenient
des fausses Brayes ordinaires , et vaut les
Contregardes des Bastions , surtout avec
les Cavaliers que cet Ingenieur met aux
angles saillans . Les Cavaliers couvrent absolument
les flancs hauts et bas du corps
de la Place.
Du reste tout est contreminé dans ce
Systême , le Chemin couvert , sa Demi-
June , la Contregarde , la fausse Braye ,
le corps de la Place. Le Fossé même a
au milieu une espece de Cunete souterraine
ou voute , de laquelle partent des
Rameaux qui vont sous le Glacis. L'avantage
general de ces Contremines vousées
est 1 °. qu'il faut que leMineur passe
Evi par
732 MERCURE DE FRANCE .
par là , et y essaye le coup de main de la
part de gens frais et bien préparez à le
recevoir. 2 ° . que lorsque l'ennemi s'est
emparé de ce passage , on peut le murer
à droit et à gauche , et se réserver tout
le reste de galerie , où l'on peut même
creuser pour prendre le dessous du passage,
et y faire sauter l'ennemi . 3 °. Que ces
voutes ont desCreneaux qui donnent dans
les fossez voisins , et d'où on peut prendre
des revers et par derriere l'ennemi ,
qui fait son passage du fossé. 4° . Enfin
on peut par ces voutes faire sauter les
Ouvrages et les Logemens des ennemis .
Dans le Discours Préliminaire qui sert
d'introduction et de Supplement à l'Ouvrage
de M. D*** , le P. Castel traite du
Trait de la Fortification , et il rend raison
de la construction de ce Trait et de la
position ancienne et moderne de la Face,
du Flanc et de la Courtine. Il compare
nos Bastions avec les Tours rondes er
quarrées des Anciens.
Il fait voir les avantages des uns et les
inconvéniens des autres. Une chose qui
me paroît nouvelle et fort heureusement
remarquée , c'est que nos Bastions sont la
suite naturelle des Tours des Anciens ;
car aux Tours rondes succederent les
Tours quarrées , posées à plat , et à cette
position platte succeda la position saillante
AVRIL 1731. 733
Fante des mêmes Tours quarrées . Les Bastions
d'Errard , un de nos premiers Ingénieurs
étoient des Tours quarrées , posées
en saillie hors des courtines ; peu
peu on redressa les Flancs et on aggrandit
le corps de ces Tours transformées en
Bastions.
à
H ne tiendra pas au R. P. Castel , qu'il
ne ressuscite les seconds Flancs , autrefois.
si vantez dans la Fortification Hollandoise
, mais tout-à- fait décriez par le.
Comte de Pagan , et abandonnez par le
Maréchal de Vauban . Notre Auteur fait
voir par une Géometrie aussi solide que
facile , que ce n'est qu'un mal entendu
et un manque de raisonnement et de calcul
trigonometrique , qui a fait regarder
ees Flancs comme inutiles et nuisibles . Le
R. P. Castel les trouve au contraire trèsutiles
et tout-à-fait avantageux..
qu'u
De la construction du Trait , il passe
aux Bombes et aux Mines , et il fait voir
qu'une Place a trois ennemis que la Poudre
lui suscite ; le Canon , qui la rase horisontalement
et de niveau , la Bombe , qui'
l'écrase de haut en bas , et la Mine qui
la souleve et la bouleverse de fond en comble,
c'est le Trait qui garantit du Canon .
Le R. P. Castel propose des demi - voutes,
ou des quarts de voutes pour garantir des.
Bombes. Mais c'est sur les Contremines
que
734 MERCURE DE FRANCE
que roule principalement son Discours ,
comme tout l'Ouvrage de M. D *** . Ce
Pere y traite plusieurs questions curieuses
, comme si le corps de la Place est
capable d'une meilleure deffense que tous
les dehors ; s'il vaut mieux après une médiocre
deffense de ses dehors réserver sa
principale force pour le corps de la Place,
ou , &c.
On est redevable à M. de Marne , des
dépenses et de mille soins qu'il s'est donnez
pour procurer un si bon Ouvrage au
Public. On trouve chez lui toutes les Figures
de la Bible , Ancien et Nouveau
Testament , gravé d'après les grands Maî
tres en 530. Planches , avec une explication
Latine et Françoise. Il a fait à cet
Ouvrage depuis peu des changemens et
des augmentations. On a trouvé aussi chez
ledit sieur toute la Bible avec les mêmes
Estampes , 6. vol. in folio et in quarto . Il
demeure rue du Foin , près la rue de la Har
pe , au Heaume , quartier de Sorbonne à
Paris.
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Résumé : Nouveau Systême pour attaquer les Places des Contremines , &c. [titre d'après la table]
Le texte présente un ouvrage posthume de M. D*** sur la défense des places fortes par les contremines, imprimé et publié par M. De Marne, graveur de la Reine. Cet ouvrage est dédié au Roi et est vendu à Paris chez Jacques Clousier. Le discours préliminaire, rédigé par le Père Castel, jésuite, constitue la moitié du livre. M. D*** a servi le Roi pendant 40 ans en tant qu'ingénieur et propose un nouveau système de défense contre les mines, souvent négligées par les ingénieurs qui se concentrent sur les fortifications extérieures comme les fossés, les remparts, les bastions et les demi-lunes. Le Père Castel souligne que la mine est un ennemi majeur des places fortes et que l'art des contremines est aussi régulier et important que celui des fortifications extérieures. L'ouvrage détaille les avantages des contremines, permettant à l'assiégé de combattre l'assaillant sur son propre terrain. M. D*** propose diverses innovations, telles que la palissade au niveau du parapet du glacis, des bombes enterrées sous le glacis, et des contre-gardes pour les demi-lunes. Le système de contremines inclut des voûtes souterraines dans les fossés et les murs de la place, permettant de surprendre et de neutraliser l'ennemi. Le Père Castel, dans son discours préliminaire, compare les bastions modernes aux tours anciennes et discute des avantages des seconds flancs, autrefois décriés mais réévalués comme utiles. Il traite également des trois ennemis de la poudre : le canon, les bombes et les mines, et propose des demi-voutes pour se protéger des bombes. L'ouvrage est enrichi par les soins et les dépenses de M. De Marne, qui a également publié des gravures de la Bible.
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6
p. 67
ÉNIGMES.
Début :
Sujets de peine ou de plaisir, [...]
Mots clefs :
Mines
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ÉNIGMES.
ENIG ME S.
SUJETS
UJETS de peine ou de plaifir ,
On peut nous voir fous plufieurs faces ;
Lecteur , c'eſt à toi de choifir.
Les fats nous prennent pour des graces ;
Les Rois nous mettent dans les places :
Les bouffons , pour fe divertir ,
De nous font un fréquent uſage ;
Et , par un bifarre aſſemblage ,
Nous procurons ( le plaifant fort ! )
Le mépris , le rire , ou la mort.
Par un Officier de la garnifon de Cambray
SUJETS
UJETS de peine ou de plaifir ,
On peut nous voir fous plufieurs faces ;
Lecteur , c'eſt à toi de choifir.
Les fats nous prennent pour des graces ;
Les Rois nous mettent dans les places :
Les bouffons , pour fe divertir ,
De nous font un fréquent uſage ;
Et , par un bifarre aſſemblage ,
Nous procurons ( le plaifant fort ! )
Le mépris , le rire , ou la mort.
Par un Officier de la garnifon de Cambray
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