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1501
p. 284
« Cependant il luy baisa la main, & se retira. Aprés [...] »
Début :
Cependant il luy baisa la main, & se retira. Aprés [...]
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texteReconnaissance textuelle : « Cependant il luy baisa la main, & se retira. Aprés [...] »
Cependant il luy baiſa la main ,
&ſe retira..
Aprés que luy &toute ſa ſuite
eût été traité par les Officiers du
Roy , il partit & fut reconduit à
l'Hôtel des Ambaſſadeurs , par le
Baron de Breteüil , dans le Carroffe
de Sa Majesté , fans caire à
cheval la même marche qu'en arrivant
, à cauſe de la pluye.
&ſe retira..
Aprés que luy &toute ſa ſuite
eût été traité par les Officiers du
Roy , il partit & fut reconduit à
l'Hôtel des Ambaſſadeurs , par le
Baron de Breteüil , dans le Carroffe
de Sa Majesté , fans caire à
cheval la même marche qu'en arrivant
, à cauſe de la pluye.
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1502
p. 155-159
Decret du Roy d'Espagne.
Début :
Le Gouvernement de mes Peuples & de mes Royaumes estant [...]
Mots clefs :
Décret, Roi d'Espagne
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texteReconnaissance textuelle : Decret du Roy d'Espagne.
Decretdu Roy d'Espagne.
Le Gouvernement de mes
Peuples & de mes Royaumes
eſtant le ſeul objet que je me
propoſe , & l'unique but de
mes defirs , la confervationde
la Religion dans ſa plus gran
156 MERCURE
de pureté , & fon progrés , le
foulagement de mes ſujets,
l'exacte & rigide adminiftra
tion de la Juſtice, l'extirpation
des vices,& l'élevation des vertus
, ainſi que les devoirs de
la Royauté , les premieres
obligations des Monarques ,
les foins indiſpenſables & neceffaires
auſquels Dieules
attache , en leur commettant
la ſuprême puiſſance , dorénavant
attentif plus que jamais
à la ſeureté de ma confcience
inſeparable de ces devoirs
, quoyque j'aye déja été
ca cela prévenu par les Rois
GALANT. 157
mes Predeceffeures , & que
moy même j'aye pluſieurs fois
chargé mon Confeil de contribuer
à ce que deſſus , en tour
ce qu'ils conviendroit , j'ay
ſouhaité renouveller cet or.
dre , avec le commandement
de veiller & travailler avec
tout le ſoin&l'attention poffibleà
l'entier acompliſſement
de cette obligation; & j'entens
&veux pour cet effet que do .
refnavant il me foit reprefenté
non ſeulement ce qui ſera
convenable & neceſſaire
avec une entiere liberté , &
fans être retenu par aucun ref158
MERCURE
T
pecthumain; mais encore que
lesgens prépoſez examinent&
repliquent à mes reſolutions
lorſqu'elles paroîtront contrevenir
à ce Decret , ce qui
pourroit arriver faute d'un affez
meur examen , & d'une
parfaite connoillance , proteſtant
devant Dieu que je ne
veux me ſervir de l'autorité
qu'il m'a donnée , que pour la
gloire& la fin pour laquelle il
me l'aconfiée; &que je me décharge
devant ſa Divine Majeſté
fur mes Miniſtres , de
tout ce qu'ils executeront de
contraire à ce que je leur orGALANT.
I1S59
donne par ce Decret , ne pouvant
me dire heureux , fi mes
Sujets ne le ſont ſous mon
Regne ,& fi Dicu n'eſt pas
ſervi dans les Terres de mon
obeillance, ( comme ildoit l'être,)
par un malheur attaché à
la corruption & à la foibleſſe
de noſtre nature humaine ; je
prétens, qu'il le ſoit au moins
avec plus d'obéïſſance à ſes
Loix & à ſes Preceptes , qu'il
ne l'a été juſques ici ; que cela
foit leu & verifié au Conſeil
des Indes pour le faire executer.
Le Gouvernement de mes
Peuples & de mes Royaumes
eſtant le ſeul objet que je me
propoſe , & l'unique but de
mes defirs , la confervationde
la Religion dans ſa plus gran
156 MERCURE
de pureté , & fon progrés , le
foulagement de mes ſujets,
l'exacte & rigide adminiftra
tion de la Juſtice, l'extirpation
des vices,& l'élevation des vertus
, ainſi que les devoirs de
la Royauté , les premieres
obligations des Monarques ,
les foins indiſpenſables & neceffaires
auſquels Dieules
attache , en leur commettant
la ſuprême puiſſance , dorénavant
attentif plus que jamais
à la ſeureté de ma confcience
inſeparable de ces devoirs
, quoyque j'aye déja été
ca cela prévenu par les Rois
GALANT. 157
mes Predeceffeures , & que
moy même j'aye pluſieurs fois
chargé mon Confeil de contribuer
à ce que deſſus , en tour
ce qu'ils conviendroit , j'ay
ſouhaité renouveller cet or.
dre , avec le commandement
de veiller & travailler avec
tout le ſoin&l'attention poffibleà
l'entier acompliſſement
de cette obligation; & j'entens
&veux pour cet effet que do .
refnavant il me foit reprefenté
non ſeulement ce qui ſera
convenable & neceſſaire
avec une entiere liberté , &
fans être retenu par aucun ref158
MERCURE
T
pecthumain; mais encore que
lesgens prépoſez examinent&
repliquent à mes reſolutions
lorſqu'elles paroîtront contrevenir
à ce Decret , ce qui
pourroit arriver faute d'un affez
meur examen , & d'une
parfaite connoillance , proteſtant
devant Dieu que je ne
veux me ſervir de l'autorité
qu'il m'a donnée , que pour la
gloire& la fin pour laquelle il
me l'aconfiée; &que je me décharge
devant ſa Divine Majeſté
fur mes Miniſtres , de
tout ce qu'ils executeront de
contraire à ce que je leur orGALANT.
I1S59
donne par ce Decret , ne pouvant
me dire heureux , fi mes
Sujets ne le ſont ſous mon
Regne ,& fi Dicu n'eſt pas
ſervi dans les Terres de mon
obeillance, ( comme ildoit l'être,)
par un malheur attaché à
la corruption & à la foibleſſe
de noſtre nature humaine ; je
prétens, qu'il le ſoit au moins
avec plus d'obéïſſance à ſes
Loix & à ſes Preceptes , qu'il
ne l'a été juſques ici ; que cela
foit leu & verifié au Conſeil
des Indes pour le faire executer.
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1503
p. 160
Au Retiro, ce 10. Février 1715.
Début :
C'est ici, si je ne me trompe, la place des nouvelles d'Espagne. [...]
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texteReconnaissance textuelle : Au Retiro, ce 10. Février 1715.
Au Retiro ce 10. Février1715.
C'eſt ici , ſi je ne me trompe,
la place des nouvelles d'Efpagne.
C'eſt ici , ſi je ne me trompe,
la place des nouvelles d'Efpagne.
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1504
p. 160-164
A Madrid ce 18. Février 1715.
Début :
Monsieur Orry partit la semaine passée pour France aprés avoir [...]
Mots clefs :
Madrid, Reine, Roi
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texteReconnaissance textuelle : A Madrid ce 18. Février 1715.
AMadrid ce 18. Février
1715 .
Monfieur Orry partit la
femaine paſſée pour France
aprés avoir remis les papiers
& effets dont il étoit chargé,&
l'on dit comme une choſe
feure quele Fifcal Macanaſe a
entrepris le même voyage .
Dans
GALANT. 161
Dans le même temps l'on
remit un Decret demandant
compte des Miniſtres qui
étoient dans les Conſeils avant
le nouvel établiſſement , ou
nouveau plan , les falaires &
appointemens dont ils joünffoient
,& ce qu'ils étoient devenus
, afin de faire compen.
ſation avec ceux qui ſe payent
actuellement, ce qui eftle com.
mencement d'une grande reforme
, & qui fait prefumer
que les choſes vont eſtre rétablies
en leur premiere ſituation.
Le Cardinal del Judice a été
Mars 1715 .
)
162 MERCURE
en chemin plus longtemps
que l'on ne croyoit , puiſqu'il
n'arriva qu'hier: il fut en droi
ture ſaluer le Roy , qui le receut
avec degrandes démonf.
trations de joye, & qui luy fit
preſent à ſon arrivée de la
Maiſon du Duc de Monteleon
qui a eſté confiſquée au
profit du Roy.
La Reine a eſté indiſpofée
ces jours ci ,& la grande
quantité de fang qu'elle a perdu
a entierement diffipé le
ſoupçon que l'on avoit de ſa
groffeffe; elle s'eſt divertie dans
fon appartement à faire repreGALANT
163
fenter desComedies Eſpagnoles&
Françoiſes.
L'on écrit de Barcelone que
de l'ordre du Viceroy on a enlevé
Dom Joſeph Pinos &
Dom .... Piguera ,& que l'on
les a tiré de nuit de la Ville
ſans qu'on ſcache ce qu'ils
fontdevenus,& comme ils ont
fomenté la derniere rebellion,
il faut qu'on ait reconnu en
eux quelque deffein de remuer
encore ; mais le rette du
Païs eſt fort tranquille , & les
contributions fe payent regulierement.
Tout paroît fort diſpoſé
Oij
164 MERCURE
pour l'expedition de Majorque
& l'on ſçait que les Vailſeaux
ſont ſortis d'Alicante le
trois.
Le Marquis de Manſera ,
Conſeiller au Conſeil d Erat
& Préſident de celuy d'Italie
eſt mort âgé d'environ cent
ans. Il n'a d'autre heritier que
M. le Comte de Pondomar
fon neveu.
Depuis le voyage de M.
Orry on a fait des fonds pour
équiper & mettre à la Mer
les fix Vaiſſeaux qui font fabriquez
depuis prés d'un an.
1715 .
Monfieur Orry partit la
femaine paſſée pour France
aprés avoir remis les papiers
& effets dont il étoit chargé,&
l'on dit comme une choſe
feure quele Fifcal Macanaſe a
entrepris le même voyage .
Dans
GALANT. 161
Dans le même temps l'on
remit un Decret demandant
compte des Miniſtres qui
étoient dans les Conſeils avant
le nouvel établiſſement , ou
nouveau plan , les falaires &
appointemens dont ils joünffoient
,& ce qu'ils étoient devenus
, afin de faire compen.
ſation avec ceux qui ſe payent
actuellement, ce qui eftle com.
mencement d'une grande reforme
, & qui fait prefumer
que les choſes vont eſtre rétablies
en leur premiere ſituation.
Le Cardinal del Judice a été
Mars 1715 .
)
162 MERCURE
en chemin plus longtemps
que l'on ne croyoit , puiſqu'il
n'arriva qu'hier: il fut en droi
ture ſaluer le Roy , qui le receut
avec degrandes démonf.
trations de joye, & qui luy fit
preſent à ſon arrivée de la
Maiſon du Duc de Monteleon
qui a eſté confiſquée au
profit du Roy.
La Reine a eſté indiſpofée
ces jours ci ,& la grande
quantité de fang qu'elle a perdu
a entierement diffipé le
ſoupçon que l'on avoit de ſa
groffeffe; elle s'eſt divertie dans
fon appartement à faire repreGALANT
163
fenter desComedies Eſpagnoles&
Françoiſes.
L'on écrit de Barcelone que
de l'ordre du Viceroy on a enlevé
Dom Joſeph Pinos &
Dom .... Piguera ,& que l'on
les a tiré de nuit de la Ville
ſans qu'on ſcache ce qu'ils
fontdevenus,& comme ils ont
fomenté la derniere rebellion,
il faut qu'on ait reconnu en
eux quelque deffein de remuer
encore ; mais le rette du
Païs eſt fort tranquille , & les
contributions fe payent regulierement.
Tout paroît fort diſpoſé
Oij
164 MERCURE
pour l'expedition de Majorque
& l'on ſçait que les Vailſeaux
ſont ſortis d'Alicante le
trois.
Le Marquis de Manſera ,
Conſeiller au Conſeil d Erat
& Préſident de celuy d'Italie
eſt mort âgé d'environ cent
ans. Il n'a d'autre heritier que
M. le Comte de Pondomar
fon neveu.
Depuis le voyage de M.
Orry on a fait des fonds pour
équiper & mettre à la Mer
les fix Vaiſſeaux qui font fabriquez
depuis prés d'un an.
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1505
p. 165-184
De Madrid ce 26 Février 1715.
Début :
Sa Majesté a nommé M. le Cardinal del Judice pour Ministre [...]
Mots clefs :
Madrid, Marquis, Roi, Gouvernement, Brigadier, Gouverneur, Province, Barcelone, Maréchaux, Lieutenant, Castille, Grenade, Andalousie, Valence, Murcie, Aragon, Catalogne, Galice
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texteReconnaissance textuelle : De Madrid ce 26 Février 1715.
DeMadridce 26 Février 1715.
Sa Majesté a nommé M. le
Cardinal del Judice pourMiniſtre
d'Etat avec ordre des af
fairesEtrangeres: pour laGuer
re,le Marquis de Bedmar: pour
les Indes , le Comte de Frigiliana
: pour la Marine , & le
Commerce , le Duc de Veraguas
: & pour fon Ambaffadeur
à la Cour de France , le
Prince de Chelamar , Grand
Ecuyer de la Reine noſtre
Maîtreffe .
Sa Majesté tres -Chrétien166
MERCURE
1
ne a auſſi nommé pour fon
Ambaffadeur en cette Cour
le Duc de S. Aignan .
LeRoynôtre Sire a accordé
aux Lieutenans Generaux ,
Marêchaux de Camp , & autres
Chefs , les emplois fuivans.
1
EnCatalogne.
LeGouvernement de Tarragone
au Lieutenant GeneralDom
Joſeph Armendarix:
la Lieutenance de Roy de la
même Province , au Brigadier
& Colonci Dom Martin
Bonco: la Lieutenance deRoy
de Barcelone au Brigadier
GALANT. 167
Dom Pedro Rubio , leGouvernement
de Montjoü , au
Colonel Dom Juan de Leon ,
leGouvernement de Gironne
au Lieutenant General le Baron
de Capres : la Lieutenance
de Roy de Gironne au Brigadier
Dom Antonio Manſo :
le Gouvernement de Laleu de
Urgel&CaſtelCiudad auLieutenant
General Dom Profper
Borboom : celuy de Puycerda
au Maréchal de Camp Dom
Melchior Mendieta : celuy de
Cardonne au Brigadier Dom
Fernando Pinacho : celuy de
Oſtalric au Brigadier Dom
168 MERCURE
Manuel Maldonado .
C En Arragon .
Le Gouvernement de Jaca
au Maréchal de Camp Marquis
de Villa Fuerte : la Licutenance
de Roy de Xaca au
Colonel Dom Francifco Ruix
de la Torre : celuy de Venafque
au Sergent Major Dom
Juan Prieto : celuy de Muella
au Lieutenant Colonel Dom
Sebastien Ninpho de Nuix
deUribé : 1 Employ de Sergent
Major de Sarragoſſe au
LieutenantColonel Dom Guilen
Clou de Gufman,
En
GALANT. 169
1
En Valence.
Le Gouvernement d'Ali.
cante au Maréchal de Camp
Dom Joſeph de Chaves : la
Lieutenance de Roy de Denia
au Meſtre de Camp Dom
Francifco Antonio Morales.
Dans le Royaume de Murcie.
La Lieutenance de Roy de
Cartagene au Colonel Martin
Prompt de Madrid.
CoftedeGrenade.
Le Gouvernement de Malaga
au Lieutenant General
Dom Horaclo Copola.
Cofte d'Andaloufie.
LeGouvernement de Cadis
Mars 1715 . P
170 MERCURE
au Lieutenant General Marquis
deCeva Grimaldi.
Eftramadure Caſtille.
LeGouvernement de BadajozauLieutenantGeneralDom
Diego Iſturiz : le Gouvernement
d'Alcantara auMaréchal
de Camp Dom Thomas Vicentelo:
celuy de Ciudad Rodrigo
au Maréchal de Camp
Dom Blas Dragonet : celuy de
la Moralija au Capitaine de
Cavalerie Dom Ignacio Capacho.
Galice.
Le Gouvernement de la
Corogne au Meſtre de Camp
GALANT. 171.
Dom Joſeph Azuara : celuy
de Vigo au ColonelDom Joſeph
de los Herreros, & ils ont
ordre de commander en la
maniere ſuivante.
Catalogne.
Pour le commandementdes
Vigueries de Barcelone & de
Vich , le Lieutenant General
&Gouverneur de Barcelone
- Marquis de Lede :pour celuy
des Vigueries de Tarragone ,
Monblanc& Panades, le Lieutenant
General Dom Joſeph
de Armendariz , Gouverneur
de Tarragone : pour celuy de
la Viguerie de Tortoſe , le
Pij
172 MERCURE
Gouverneur de la Place , &
Lieutenant General Chevalier
de Croye , & en fon abfence
le Lieutenant General Dom
Tiberio Caraffa : pour celuy
des Vigueries de Gironne , &
Campredon , le Lieutenant
General Baron de Capres , &
en ſon abſence Dom Feliciano
Bracamonte : pour celuy
des Vigueries de Puicerda,Cervera&
Mantela, le Lieutenant
General & Gouverneur d'Urgel,
DomGeorge Profpera de
Borbofna : pour le comman-
•dement des Vigueries deBalaguer
, Lerida , Agramont , &
GALANT. 173
Tarraga,avec refidence enBa
laguer , au Lieutenant General
Dom DiegoAlarçon : pour
commander dans la Ville &
Viguerie de Vich , le Marechal
de Camp Dom Feliciano
Bracamonte : pour le commandement
de Balaguer , le
Maréchal de Camp Dom Pablo
Magno: pour commander
en Villa Franca , le Maréchal
de Camp Comte de Mongeorge
: pour commander
dans Igualada , le Maréchal de
Camp Dom Henrique Graffeton
: pour commander dans
Mataro, le Maréchal deCamp
1
Piij
174 MERCURE
Chevalier de Lede: pour commander
dans Campredon , le
Marechal deCamp Dom An
toniodel Caftillo : pour commander
dans Manresa , leMa
rechalde Camp Comtede Le
cheren:pour commander dans
laConcade Tremp , leBrigadier
Dom Loüis deAponte.
Arragon.
Pour commander dans le
territoire de Catalayud , Tarragone
Tervel , Alcanis , &
autres lieux , à la droite de l'Ebre
, avec reſidence dans Catalayud
, le Lieutenant Gene.
ral Dom Nicolas de Angulo :
GALANT. 175
pour commander dansTatra.
gone , le Maréchal de Camp
Dom Dominge du Luques :
pour commander dans Tervel,
le Maréchal deCampDom
Fernando Hipolito de laFaille:
pour commander dans Benavarre
y Ribargoça , le Marêchal
de Camp Dom Francifco
Fernandez de Ribadeo.
Valence.
Pour commander depuis el
Jucar , juſques à la Raya de
Murcie , le Lieutenant General
Dom Lucas Spinola.
: Murcie. 5
Pour commander dans le
Piiij
176 MERCURE
Royaume de Murcie , le Lieus
tenant General Marquis de
Mirabel.
Cofte de Grenade.
Pour commander ſur la côte
aux ordres duCapitaine Ge.
neral de Coſte , le Lieutenant
General Dom Gonçalo
Cegny , &le Maréchal de
CampComte de Louvigny..
Coſte d' Andaloufie.
Pour commander fur la côte
aux ordres du Capitaine General
Garde Côtes , le Licutenant
General Dom Domingo
Reco , & les Maréchaux de
Camp Dom Rafael Diars de
1
GALANT . 177
Mendivil , & Dom Gabriël
Cano.
Eftramadure.
Pour commander ſur la
Frontiere aux ordres du Capitaine
General de la Province ,
le Marquis de Kailus , Lieutenant
General,& Dom Miguel
Pontde Mendoza ,& les Marêchaux
de Camp Dom Loüis
de Cordoüa,&DomAntonio
Pignatelly.
Frontiere de Caſtille.
Pour commander ſur la
Frontiere aux ordres du Capiz
taine General de la Province
d'Eſtramadure , le Lieutenant
178 MERCURE
General Dom Alonzo de Ef
cobar,& le Maréchal deCamp
Marquis de San Vicente.
Galice.
Pour commander aux ordres
du Capitaine General du
Royaume , les LieutenansGeneraux
Dom Thomas de los
Cobos , & Dom Antoine de
Zuniga.
:
7.
De Madrid ce 12. Mars.
2. Le Duc de S. Aignan a
receu des Lettres de creance
du Roy tres - Chrétien pour
refider en cette Cour , en quaGALANT
179
lité de fon Ambaſſadeur ; l'on
a auſſi nommé il y a environ
huitjours le Prince de Chelamar
pour aller en celle de
France , avec le même caracte
re , fans cependant quitter fa
Charge de Grand Ecuyer de
• la Reine : il a ordre de partir
promptement , & les politi
ques affurent que l'on a fait
choix de ce Seigneur , comme
mieux informé qu'un autre
des cauſes de la diſgrace de la
Princeſſe des Urfins & de M.
Orry,& plus en érat par confequent
d'en rendre taiſon à
la Courde France.
180 MERCURE
Le Roy a declaré que le
pouvoir qu'il adonné au Duc
de Veraguas , regarde le
Commercedes Indes, comme
celuy d'Eſpagne , ce qui n'a
pas peu mortifié le Comte de
Frigiliana à qui cette declaration
ôte une bonnepartie de
l'autorité qu'il avoit comme
Preſident , bien loin de l'augmenter
, comme il avoit tou
jours penſé que cela dût
arriver.
Il ya trois jours que M.
Martinet Commandant de
trois Navires François , arriva
de Cadis : il avoit refuſé de
1
GALANT. 181
paſſer avec eux à l'expedition
de Mayorque , il s'y eſt enfin
reſolu , moyennant quelque
argent qu'on luy a donné ,
conformement à ce dont on
eſtoit convenu.
Le Comte de Las Torres
Commiſſaire general de l'Infanterie&
de laCavalerie d'Efpagne
, ayant vû que lanominationdu
Marquis de Bedmar
au miniſtere de la guerre , luy
ôtoit l'autorité que ſon employ
de Commiſſaire general
luy donnoir ; s'eſt reſolu à le
quitter , auſſi bien quele Confeil
de guerre , touché d'ail
182 MERCURE
leurs du peu de compte que
l'on a fait de ſes longs ſervices
, & de ce que dans le nombredes
Gouvernemens qui ſe
font donnez la ſemaineprecedente
, on ne s'eſt pas ſouvenu
du Marquis de Navalbalcuencas
fon fils , qui eſt Lieutenant
General.
L'on a donné l'Evêché de
Cadis à l'Evêque de Gironde ,
qui a actuellement le départe
ment desFinances ;& pour celuy
d'Ofma , on l'a donné à
Dom PhelippeTabuadaCommiſſaire
general de la Croiſade
; mais on n'a pas appris jufGALANT.
183
ques icy qu'il l'ast accepté.
Cet Eccleſiaſtique ayant repreſenté
au Roy qu'il étoit de
la derniere conſequence de défendre
les maſcarades & les
bals qui ſe font introduits depuis
quelques années , à cauſe
des defordres qui en refultoient
frequemment;l'on donna
ordre au Préſident de Caftille
d'expedier des proviſions,
ce qui ayant été rapporté au
Duc de S. Aignan qui avoit
donné un feſtin magnifique le
Jeudy precedent , il reprefenta
à Sa Majesté ,qu'ayant refolu
d'en donner un la nuit & le
184 MERCURE
lendemain, ceque l'on nepouvoit
l'empêcher de faire comme
Ambaſladeur , il demandoit
que l'on permit aux conviez
d'y aſſiſter comme cela
s'étoit juſques alors pratiqué ,
ce qui luy fût accordé , & que
quiconque voudroit donner
de pareilles Feſtes endemanderoft
auparavant permiffion .
Par le Courrier d'Utrecht
on a receu le Traité de Paix
ſigné par les Plenipotentiaires
des Couronnes d'Eſpagne &
de Portugal , & l'on travaille
actuellement à la ratification.
Sa Majesté a nommé M. le
Cardinal del Judice pourMiniſtre
d'Etat avec ordre des af
fairesEtrangeres: pour laGuer
re,le Marquis de Bedmar: pour
les Indes , le Comte de Frigiliana
: pour la Marine , & le
Commerce , le Duc de Veraguas
: & pour fon Ambaffadeur
à la Cour de France , le
Prince de Chelamar , Grand
Ecuyer de la Reine noſtre
Maîtreffe .
Sa Majesté tres -Chrétien166
MERCURE
1
ne a auſſi nommé pour fon
Ambaffadeur en cette Cour
le Duc de S. Aignan .
LeRoynôtre Sire a accordé
aux Lieutenans Generaux ,
Marêchaux de Camp , & autres
Chefs , les emplois fuivans.
1
EnCatalogne.
LeGouvernement de Tarragone
au Lieutenant GeneralDom
Joſeph Armendarix:
la Lieutenance de Roy de la
même Province , au Brigadier
& Colonci Dom Martin
Bonco: la Lieutenance deRoy
de Barcelone au Brigadier
GALANT. 167
Dom Pedro Rubio , leGouvernement
de Montjoü , au
Colonel Dom Juan de Leon ,
leGouvernement de Gironne
au Lieutenant General le Baron
de Capres : la Lieutenance
de Roy de Gironne au Brigadier
Dom Antonio Manſo :
le Gouvernement de Laleu de
Urgel&CaſtelCiudad auLieutenant
General Dom Profper
Borboom : celuy de Puycerda
au Maréchal de Camp Dom
Melchior Mendieta : celuy de
Cardonne au Brigadier Dom
Fernando Pinacho : celuy de
Oſtalric au Brigadier Dom
168 MERCURE
Manuel Maldonado .
C En Arragon .
Le Gouvernement de Jaca
au Maréchal de Camp Marquis
de Villa Fuerte : la Licutenance
de Roy de Xaca au
Colonel Dom Francifco Ruix
de la Torre : celuy de Venafque
au Sergent Major Dom
Juan Prieto : celuy de Muella
au Lieutenant Colonel Dom
Sebastien Ninpho de Nuix
deUribé : 1 Employ de Sergent
Major de Sarragoſſe au
LieutenantColonel Dom Guilen
Clou de Gufman,
En
GALANT. 169
1
En Valence.
Le Gouvernement d'Ali.
cante au Maréchal de Camp
Dom Joſeph de Chaves : la
Lieutenance de Roy de Denia
au Meſtre de Camp Dom
Francifco Antonio Morales.
Dans le Royaume de Murcie.
La Lieutenance de Roy de
Cartagene au Colonel Martin
Prompt de Madrid.
CoftedeGrenade.
Le Gouvernement de Malaga
au Lieutenant General
Dom Horaclo Copola.
Cofte d'Andaloufie.
LeGouvernement de Cadis
Mars 1715 . P
170 MERCURE
au Lieutenant General Marquis
deCeva Grimaldi.
Eftramadure Caſtille.
LeGouvernement de BadajozauLieutenantGeneralDom
Diego Iſturiz : le Gouvernement
d'Alcantara auMaréchal
de Camp Dom Thomas Vicentelo:
celuy de Ciudad Rodrigo
au Maréchal de Camp
Dom Blas Dragonet : celuy de
la Moralija au Capitaine de
Cavalerie Dom Ignacio Capacho.
Galice.
Le Gouvernement de la
Corogne au Meſtre de Camp
GALANT. 171.
Dom Joſeph Azuara : celuy
de Vigo au ColonelDom Joſeph
de los Herreros, & ils ont
ordre de commander en la
maniere ſuivante.
Catalogne.
Pour le commandementdes
Vigueries de Barcelone & de
Vich , le Lieutenant General
&Gouverneur de Barcelone
- Marquis de Lede :pour celuy
des Vigueries de Tarragone ,
Monblanc& Panades, le Lieutenant
General Dom Joſeph
de Armendariz , Gouverneur
de Tarragone : pour celuy de
la Viguerie de Tortoſe , le
Pij
172 MERCURE
Gouverneur de la Place , &
Lieutenant General Chevalier
de Croye , & en fon abfence
le Lieutenant General Dom
Tiberio Caraffa : pour celuy
des Vigueries de Gironne , &
Campredon , le Lieutenant
General Baron de Capres , &
en ſon abſence Dom Feliciano
Bracamonte : pour celuy
des Vigueries de Puicerda,Cervera&
Mantela, le Lieutenant
General & Gouverneur d'Urgel,
DomGeorge Profpera de
Borbofna : pour le comman-
•dement des Vigueries deBalaguer
, Lerida , Agramont , &
GALANT. 173
Tarraga,avec refidence enBa
laguer , au Lieutenant General
Dom DiegoAlarçon : pour
commander dans la Ville &
Viguerie de Vich , le Marechal
de Camp Dom Feliciano
Bracamonte : pour le commandement
de Balaguer , le
Maréchal de Camp Dom Pablo
Magno: pour commander
en Villa Franca , le Maréchal
de Camp Comte de Mongeorge
: pour commander
dans Igualada , le Maréchal de
Camp Dom Henrique Graffeton
: pour commander dans
Mataro, le Maréchal deCamp
1
Piij
174 MERCURE
Chevalier de Lede: pour commander
dans Campredon , le
Marechal deCamp Dom An
toniodel Caftillo : pour commander
dans Manresa , leMa
rechalde Camp Comtede Le
cheren:pour commander dans
laConcade Tremp , leBrigadier
Dom Loüis deAponte.
Arragon.
Pour commander dans le
territoire de Catalayud , Tarragone
Tervel , Alcanis , &
autres lieux , à la droite de l'Ebre
, avec reſidence dans Catalayud
, le Lieutenant Gene.
ral Dom Nicolas de Angulo :
GALANT. 175
pour commander dansTatra.
gone , le Maréchal de Camp
Dom Dominge du Luques :
pour commander dans Tervel,
le Maréchal deCampDom
Fernando Hipolito de laFaille:
pour commander dans Benavarre
y Ribargoça , le Marêchal
de Camp Dom Francifco
Fernandez de Ribadeo.
Valence.
Pour commander depuis el
Jucar , juſques à la Raya de
Murcie , le Lieutenant General
Dom Lucas Spinola.
: Murcie. 5
Pour commander dans le
Piiij
176 MERCURE
Royaume de Murcie , le Lieus
tenant General Marquis de
Mirabel.
Cofte de Grenade.
Pour commander ſur la côte
aux ordres duCapitaine Ge.
neral de Coſte , le Lieutenant
General Dom Gonçalo
Cegny , &le Maréchal de
CampComte de Louvigny..
Coſte d' Andaloufie.
Pour commander fur la côte
aux ordres du Capitaine General
Garde Côtes , le Licutenant
General Dom Domingo
Reco , & les Maréchaux de
Camp Dom Rafael Diars de
1
GALANT . 177
Mendivil , & Dom Gabriël
Cano.
Eftramadure.
Pour commander ſur la
Frontiere aux ordres du Capitaine
General de la Province ,
le Marquis de Kailus , Lieutenant
General,& Dom Miguel
Pontde Mendoza ,& les Marêchaux
de Camp Dom Loüis
de Cordoüa,&DomAntonio
Pignatelly.
Frontiere de Caſtille.
Pour commander ſur la
Frontiere aux ordres du Capiz
taine General de la Province
d'Eſtramadure , le Lieutenant
178 MERCURE
General Dom Alonzo de Ef
cobar,& le Maréchal deCamp
Marquis de San Vicente.
Galice.
Pour commander aux ordres
du Capitaine General du
Royaume , les LieutenansGeneraux
Dom Thomas de los
Cobos , & Dom Antoine de
Zuniga.
:
7.
De Madrid ce 12. Mars.
2. Le Duc de S. Aignan a
receu des Lettres de creance
du Roy tres - Chrétien pour
refider en cette Cour , en quaGALANT
179
lité de fon Ambaſſadeur ; l'on
a auſſi nommé il y a environ
huitjours le Prince de Chelamar
pour aller en celle de
France , avec le même caracte
re , fans cependant quitter fa
Charge de Grand Ecuyer de
• la Reine : il a ordre de partir
promptement , & les politi
ques affurent que l'on a fait
choix de ce Seigneur , comme
mieux informé qu'un autre
des cauſes de la diſgrace de la
Princeſſe des Urfins & de M.
Orry,& plus en érat par confequent
d'en rendre taiſon à
la Courde France.
180 MERCURE
Le Roy a declaré que le
pouvoir qu'il adonné au Duc
de Veraguas , regarde le
Commercedes Indes, comme
celuy d'Eſpagne , ce qui n'a
pas peu mortifié le Comte de
Frigiliana à qui cette declaration
ôte une bonnepartie de
l'autorité qu'il avoit comme
Preſident , bien loin de l'augmenter
, comme il avoit tou
jours penſé que cela dût
arriver.
Il ya trois jours que M.
Martinet Commandant de
trois Navires François , arriva
de Cadis : il avoit refuſé de
1
GALANT. 181
paſſer avec eux à l'expedition
de Mayorque , il s'y eſt enfin
reſolu , moyennant quelque
argent qu'on luy a donné ,
conformement à ce dont on
eſtoit convenu.
Le Comte de Las Torres
Commiſſaire general de l'Infanterie&
de laCavalerie d'Efpagne
, ayant vû que lanominationdu
Marquis de Bedmar
au miniſtere de la guerre , luy
ôtoit l'autorité que ſon employ
de Commiſſaire general
luy donnoir ; s'eſt reſolu à le
quitter , auſſi bien quele Confeil
de guerre , touché d'ail
182 MERCURE
leurs du peu de compte que
l'on a fait de ſes longs ſervices
, & de ce que dans le nombredes
Gouvernemens qui ſe
font donnez la ſemaineprecedente
, on ne s'eſt pas ſouvenu
du Marquis de Navalbalcuencas
fon fils , qui eſt Lieutenant
General.
L'on a donné l'Evêché de
Cadis à l'Evêque de Gironde ,
qui a actuellement le départe
ment desFinances ;& pour celuy
d'Ofma , on l'a donné à
Dom PhelippeTabuadaCommiſſaire
general de la Croiſade
; mais on n'a pas appris jufGALANT.
183
ques icy qu'il l'ast accepté.
Cet Eccleſiaſtique ayant repreſenté
au Roy qu'il étoit de
la derniere conſequence de défendre
les maſcarades & les
bals qui ſe font introduits depuis
quelques années , à cauſe
des defordres qui en refultoient
frequemment;l'on donna
ordre au Préſident de Caftille
d'expedier des proviſions,
ce qui ayant été rapporté au
Duc de S. Aignan qui avoit
donné un feſtin magnifique le
Jeudy precedent , il reprefenta
à Sa Majesté ,qu'ayant refolu
d'en donner un la nuit & le
184 MERCURE
lendemain, ceque l'on nepouvoit
l'empêcher de faire comme
Ambaſladeur , il demandoit
que l'on permit aux conviez
d'y aſſiſter comme cela
s'étoit juſques alors pratiqué ,
ce qui luy fût accordé , & que
quiconque voudroit donner
de pareilles Feſtes endemanderoft
auparavant permiffion .
Par le Courrier d'Utrecht
on a receu le Traité de Paix
ſigné par les Plenipotentiaires
des Couronnes d'Eſpagne &
de Portugal , & l'on travaille
actuellement à la ratification.
Fermer
1506
p. 185-193
Détail des Troupes destinées à la Conquéte de l'Isle de Mayorque. [titre d'après la table]
Début :
EMBARQUEMENT pour l'Isle de Maïorque. 1715. Escadres. Cavalerie. Noms [...]
Mots clefs :
Infanterie, Escadre, Artillerie, Embarquement, Île de Majorque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Détail des Troupes destinées à la Conquéte de l'Isle de Mayorque. [titre d'après la table]
EMBARQUEMENT
pour l'Ile de Maïorque.
1715 .
Efcadres.
Cavalerie.
Noms de Patrons. Nombre de Cavalerie.
ESCADRE ROUGE.
Patron Loüis Monginas. 29.
P. Paul. Regis . 22.
P. Antoine Lazaro ... 24.
P.Miquel Benza. 28.
P. Jean Balez. 29 .
P. Claude Noart. 22. •
P. Salvador Vina. 28,
Mars1715.
186 MERCURE
P. Eſtefano Caumel . 33.
P. Franciſque Aſtruit.
P. Loüis Blando .
26.
• 26 .
1
P. Antoine Cavaille. • 31 .
P. Jean Girard. • 34.
P. Salvador Chapus. 24. •
356.
ESCADRE BLEUE.
P. Lazaro Henry. 30.
P. Gabriël Gefly. 31.
P. Claudio Beaumont.. 31.
P. Antoine Arnaud. • 31.
P. Brillant. 23.
P. Honora Vina. : 31
P. Thomas Beringuer.. 31.
1 GALANT. 187
P. Jacques Ferret. 36.
P. Barthelemy Aubin. • 28.
P. Jean Pruna . 33 .
30.5.
豐ESCADRE VERTE.
P. Jean Lambardo. 26.
P. Gaffen . 124
P. Barthelemy Françon. 37.
P. Ifaac Originez. 31 .
P. Gabriël Viat . 37.
P. Botin. 34.
P. Germain Amirato. . 30.
P. Vincent Caumet. . 33 .
P. Guillaume Roux... 28.
P. André Cavalon. 30.
Qij
188 MERCURE
P.Antoine Frem .
1
ARTILLERIE.
30.
340.
P. Bartolomé Ferro . 21.
P. Jean Baptifte Serra. • IS.
P. Diego Malato. 16.
:
P. Auguſtin Pedemonte. 16.
P. Nicolas Salas. 10.
P. Jaime Caferro. 17.
P. Gregoire Caſſenauve. 14.
P. Geniflo Raffo . 19.
P. Eſtefano Aubin. .. IS.
P. PaulGond. II.
154.
GALANT. 18 ,
ESCADRE BLANCHE.
P. Antoine Meau. • 24.
P. Jean Berard... 61.
P. Jean Gin. 3.2.
P. JoſephCaufel ..
P. Antoine Pato.
32.
.. 31.
P. Joſeph Ruffa. 26.
206.
Total general 1361. Cava
liers ouChevaux.
... MERCURE
INFANTERIE .
Noms des Vaiſſeaux. Nombre d'Hommes.
Le Pembrok... 200. •
Campaneli. 200. •
Barlovento . 200.
Le Real. 200, •
LaVierge deGrace. 250.
L'Hermionne.
250.
Le Prince des Afturies .
.250.
La Junon. 250.
La Surpriſe... 250.
L'AigledeNantes. 250.
Le S. Philipe. 200.
La Reine. 200.
Le S. Fernand. 250
GALANT. 191
Le Tigre.
La Fleche. •
250.
100.
Six Galeres , cent hommes
chacune. • 600.
L'Hermitana. • 150.
La Serena. 150.
La Mariana. 350.
Le Pontchartrain . • 350.
La Galere S. Nicolas. 375.
La Providence. 150.
Le Violent. 400.
Le S. Jacques à pied. 200.
Le S. Jacques à choval. 200.
Le S. Jean.250.
Notre-DamedebonVoyage.
200.
Le Violon, 100%
1-92 MERCURE
Le S. Antoine. 100.
Elcarbodebifa.. 100.
La Polacre S. Antoine. 100.
Patron Chirombas . • 80.
P. Loüis Suart... 80.
P. Auxilio.
:
50.
P. Malueſia . 100.
P. Gabriël Daroca. So.
P. Bernardi Jorda. 80.
P. Nicolas Santo. 100.
P. Philipe Delmas. 100.
P. Nicolas Merle. 100.
P. Nicolas de Nant. 100.
P. Dominique Bayette, so.
P. Franciſque Ferro. 25.
P. Jean Jullien. so.
P. Claude Calamant. 100
P.
GALANT . 193
P. Camel Belandre . So.
Le Vaiſſeau de M. d'Eſtienni.
200.
P. Jean Sebau. 100.
Le S Jean. .. 300.
Le Contant. 300.
P. Banafco. 100.
P. Angelo. roo.
P. Roldorat deCanet. 160.
P. Alexandre Sicart. 150.
Le Porte-Epie. • 200.
Le Prince des Afturies Eſcadre
de M. de Mary. 200,
Total 10000. hommes.
pour l'Ile de Maïorque.
1715 .
Efcadres.
Cavalerie.
Noms de Patrons. Nombre de Cavalerie.
ESCADRE ROUGE.
Patron Loüis Monginas. 29.
P. Paul. Regis . 22.
P. Antoine Lazaro ... 24.
P.Miquel Benza. 28.
P. Jean Balez. 29 .
P. Claude Noart. 22. •
P. Salvador Vina. 28,
Mars1715.
186 MERCURE
P. Eſtefano Caumel . 33.
P. Franciſque Aſtruit.
P. Loüis Blando .
26.
• 26 .
1
P. Antoine Cavaille. • 31 .
P. Jean Girard. • 34.
P. Salvador Chapus. 24. •
356.
ESCADRE BLEUE.
P. Lazaro Henry. 30.
P. Gabriël Gefly. 31.
P. Claudio Beaumont.. 31.
P. Antoine Arnaud. • 31.
P. Brillant. 23.
P. Honora Vina. : 31
P. Thomas Beringuer.. 31.
1 GALANT. 187
P. Jacques Ferret. 36.
P. Barthelemy Aubin. • 28.
P. Jean Pruna . 33 .
30.5.
豐ESCADRE VERTE.
P. Jean Lambardo. 26.
P. Gaffen . 124
P. Barthelemy Françon. 37.
P. Ifaac Originez. 31 .
P. Gabriël Viat . 37.
P. Botin. 34.
P. Germain Amirato. . 30.
P. Vincent Caumet. . 33 .
P. Guillaume Roux... 28.
P. André Cavalon. 30.
Qij
188 MERCURE
P.Antoine Frem .
1
ARTILLERIE.
30.
340.
P. Bartolomé Ferro . 21.
P. Jean Baptifte Serra. • IS.
P. Diego Malato. 16.
:
P. Auguſtin Pedemonte. 16.
P. Nicolas Salas. 10.
P. Jaime Caferro. 17.
P. Gregoire Caſſenauve. 14.
P. Geniflo Raffo . 19.
P. Eſtefano Aubin. .. IS.
P. PaulGond. II.
154.
GALANT. 18 ,
ESCADRE BLANCHE.
P. Antoine Meau. • 24.
P. Jean Berard... 61.
P. Jean Gin. 3.2.
P. JoſephCaufel ..
P. Antoine Pato.
32.
.. 31.
P. Joſeph Ruffa. 26.
206.
Total general 1361. Cava
liers ouChevaux.
... MERCURE
INFANTERIE .
Noms des Vaiſſeaux. Nombre d'Hommes.
Le Pembrok... 200. •
Campaneli. 200. •
Barlovento . 200.
Le Real. 200, •
LaVierge deGrace. 250.
L'Hermionne.
250.
Le Prince des Afturies .
.250.
La Junon. 250.
La Surpriſe... 250.
L'AigledeNantes. 250.
Le S. Philipe. 200.
La Reine. 200.
Le S. Fernand. 250
GALANT. 191
Le Tigre.
La Fleche. •
250.
100.
Six Galeres , cent hommes
chacune. • 600.
L'Hermitana. • 150.
La Serena. 150.
La Mariana. 350.
Le Pontchartrain . • 350.
La Galere S. Nicolas. 375.
La Providence. 150.
Le Violent. 400.
Le S. Jacques à pied. 200.
Le S. Jacques à choval. 200.
Le S. Jean.250.
Notre-DamedebonVoyage.
200.
Le Violon, 100%
1-92 MERCURE
Le S. Antoine. 100.
Elcarbodebifa.. 100.
La Polacre S. Antoine. 100.
Patron Chirombas . • 80.
P. Loüis Suart... 80.
P. Auxilio.
:
50.
P. Malueſia . 100.
P. Gabriël Daroca. So.
P. Bernardi Jorda. 80.
P. Nicolas Santo. 100.
P. Philipe Delmas. 100.
P. Nicolas Merle. 100.
P. Nicolas de Nant. 100.
P. Dominique Bayette, so.
P. Franciſque Ferro. 25.
P. Jean Jullien. so.
P. Claude Calamant. 100
P.
GALANT . 193
P. Camel Belandre . So.
Le Vaiſſeau de M. d'Eſtienni.
200.
P. Jean Sebau. 100.
Le S Jean. .. 300.
Le Contant. 300.
P. Banafco. 100.
P. Angelo. roo.
P. Roldorat deCanet. 160.
P. Alexandre Sicart. 150.
Le Porte-Epie. • 200.
Le Prince des Afturies Eſcadre
de M. de Mary. 200,
Total 10000. hommes.
Fermer
1507
p. 226-252
RELATION de la Ceremonie du Baptême de Mademoiselle de Tavannes, présentée à Dijon sur les Fonds à l'âge de dix ans, de laquelle S. A. E. Monseigneur le Duc de Baviere a été Parrain, & S. A. S. Madame la Duchesse de Vendosme a été Marraine le 17. d'Octobre 1714.
Début :
L'Auteur du present Livre vous annonça dans le Mercure / L'alliance spirituelle que S. A. E. a contracté avec S. [...]
Mots clefs :
Baptême, Cérémonie de baptême, Duc de Bavière, Duchesse de Vendôme, Dijon, Parrain, Mademoiselle de Tavannes, Cérémonie, Honneur, Marraine, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de la Ceremonie du Baptême de Mademoiselle de Tavannes, présentée à Dijon sur les Fonds à l'âge de dix ans, de laquelle S. A. E. Monseigneur le Duc de Baviere a été Parrain, & S. A. S. Madame la Duchesse de Vendosme a été Marraine le 17. d'Octobre 1714.
L'Auteur du preſent Livre
vous annonça dans le Mercure
deNovembre,autant qu'ils'en
peut ſouvenir , que S. A. E.
Monſeigneur leDuc de Baviere
,& fon S. A. S. Madame
la Ducheſſe de Vendoſme ,
venoient de tenir ſur les Fonds
de Baptême , Mademoiselle
de Tavannes , il vous promit
,
GALANT. 227
en même temps une ample
Relationde cetteCeremonie,
il vous tient aujourd'huy parole
,& la voicy.
de
RELATION
de la Ceremonie du Baptême
de Mademoiselle de Tavannes,
preſentée à Dijon fur les
Fonds à l'âge de dix ans ,
laquelle S. A. E. Monfeigneur
le Ducde Baviere a été
Parrain , & S. A. S. Madamela
Duchefſfe de Vendofme
a été Marraine le 17.
d'Octobre 1714.
L'alliance ſpirituelle que
228 MERCURE
S. A. E. a contracté avec S.
A. S. Madame la Duchefle de
Vendôme , en faveur de Mademoiſelle
de Tavannes qui
vient de recevoir les Ceremonies
du Baptême à l'âge de dix
ans , eſt d'une trop éclatante
distinction ,pour paffer fous
filence la nouvelle de ce Baptême
; & pour n'en point
rendre publiques les particularitez.
Sans qu'il ſoit beſoin d'entrerdans
aucun détail de l'anciennetéde
la Maiſon de Saulx
tres connuë dés avant le dixiéme
fiecle a & autant illuftréc
Saulx le Duc , dont cette Maiſon
GALANT. 229
(
par dehautes alliances que par
le merite & le nombre des
grands Hommes qu'elle a produit
, il ſuffit icy de pouvoir
dire que la ſplendeur d'un tel
ſang n'a pas efté vray ſemblablement
un motif des moins
touchans pour déterminer
leur Alteſſes Electorale & Sereniffime
à accorder à cette
Demoiselle l'honneur d'eſtre
leur filleulle , d'autant plus
volontiers qu'outre les affiniporte
le nom , luy a appartenu longtemps
avant d'eſtre réünie par les
Ducs de Bourgogne à leur Duché.
Voyez Morery , Edition 1712.
230 MERCURE
tez qui font entre les Auguſtes
Maiſons de Bourbon & de
Baviere , Madame la Ducheffe
deVendoſme ſe trouve parente
de l'Electeur par la Maiſon
Palatine dont eſt Madame la
Princeffe.
Il ne paroiſt pas neanmoins
hors de propos de remarquer
icyque le ſurnom de Tavannes
que porte la Maiſon de
Saulx , vient d'Allemagne ;
elle l'a pris par le mariage de
Jean de Saulx Chevalier Scigneur
d'Orrain en 1504. avec
Marguerite de Tavannes
foeur & heritiere de Jean de
,
GALANT. 231
Tavannes Chevalier Seigneur
de Dello natif du Comté de
Ferrette en Allemagne. Ce
dernier fut Colonel des Bandes
Noires qu'il amena d'Allemagne
au ſervice du RoyFrançois
I.
C'eſt de cette alliance de
Jean de Saulx d'Orrain avec
Marguerite de Tavannes ,
qu'eſt iſſu le fameux Maréchal
de France Gaspard de Tavannes
, duquel deſcendent Meffieurs
les Comtes , & Marquis
de Tavannes d'aujourd'huy ,
&Mademoiselle de Tavannes
à laquelle on vient d'admi232
MERCURE
niſtrer les ceremonies du Baprême.
Elle est née le 24. de Mars
1704. & fut ondoyée le même
jour par le Curé de la Paroiſſe
de la Marche en Bourgogne,
Elle eſt fille de Meffire Louis-
Armand Marie de Saulx de
Tavannes,Chevalier Marquis
deMirebel , Baron de laMarche,
Seigneur de Chambole ,
Morey & autres lieux , & de
Dame Catherine de Choiſeul
de Chevigny
La ceremonie du Baptême
de cette Demoiselle devant ſe
faire dans le mois d'Octobre
dernier ,
GALANT. 233
dernier , à Dijon , où elle a été
élevée , & qui eſt le pays de ſes
Anceſtres ,leſquels depuis plufieurs
fiecles ont commandé
pour le Roy dans la Bourgogne,
en qualité de Lieutenans b
Generaux de cette Province,
b M. L. C. de Tavannes Henry-
Charles de Saulx , grand Bailly de
Dijon , & Guidon des Gendarmes de
Berry , qui a épousé N. Amelot de
Gournay fille de M.Amelot,Conſeiller
d'Etat ordinaire , ci-devant Ambaſladeur
en Eſpagne & autres Cours ; s'eſt
fait recevoir ce mois - ci à Dijon en
laChargede Lieutenant General pour
leRoy en Bourgogne , que poffedoit
Meffire Charles-Marie de Saulx de
Tavannes fon pere , époux de D. Marie-
Catherine Dagueſſeau , fille de M.
Mars 1715. V
234 MERCURE
S. A. E. jetta les yeux pour le
repreſenter dans la fonction
de Parrain , ſur M. le Baronde
Montigny,Chevalier de l'Ordre
de Wirtemberg, Brigadier
des Armées , Colonel d'unRegiment
de ſes Cuiraffiers , &
Commandant pour Elle à S.
With auxFrontieres de Weſtphalic.
Ce Baron qui étoit
alors en ces quartiers- là pour
le ſervice de ſon Alteſſe Elect.
en receut ordre e de ſe rendre
Dagueſſeau , Conſeiller d'Etat ordinaire
,& foeur de M. Dagueſſeau, Procureur
General du Parlement de Paris.
•Cet ordre luv fût envoyé par M.
le Comtede Sefels.
GALANT. 235
en Bourgogne , pour , en fon
abfence , affifter de la part de
fon Maiſtre en qualité de Parrain
, au Baptême de Mademoiſelle
la Marquiſe de Tavannes
.
S. A. S. Madame la Ducheſſe
de Vendoſme honora
de ſa procuration Madame la
Premiere Preſidente de la
Chambre des Comptes de
Dijon , pour, à ſa place, ſervir
deMarraine au nom de S. A. S.
Cette glorieuſe commiffion
dont Madame Rigoley fut
chargée dans ce miniftere de
Religion,fit honneur au choix
Vij
236 MERCURE
de cette Princeſſe , non ſeulementpar
l'éminente vertu qui
diftingue cette Dame dans le
pays , encore plus que ſa dignité
; mais encore par la convenance
de famille qui ſe trouve
entre M. leBaron de Montigny&
cette Dame , dont le
nom eft Languet d, & laquelle
dElle eſt ſoeur de M. Languet de
Rochefort, Conſeiller au Parlement de
Dijon , de M. le C. deGergy, Gentilhomme
ordinaire de la Maiſon duRoy,
envoyé par S. M. à Florence, de M.
Languet , Abbé de S. Sulpice au Dioceſe
de Bellay , Ordre de Citeaux ,de
M. de la Villeneuve , Abbé de Goët
maloën , Aumônier de feuë Mad. la
Dauphine , ci-devant grand Vicaire
GALANT. 237
-
a épousé M. Rigoley , Magiftrat
auffi reſpectable par
une droiture finguliere que
par la fuperioritéde fon rang
dansla Chambre des Comptes
dont il eſt leChef.
M. de Montigny eftant
arrivé le 16. d'Octobre dernier
àDijon , la Ceremonie de ce
Baptême s'y fit le lendemain
Mercredy 17. environ le midy,
d'Autun, & à preſent Eveſque de
Soiffons , de M. l'Abbé Languet , cidevantVicaire
de S. Sulpice de Paris,&
aujourd'huy Curé de cette Paroiffe ,
par la refignation de feu M. de la
Chetardie , oncle de Mad. la Comteffede
Monafterolle
238 MERCURE
avec beaucoup de folemnité ,
dans la Paroiſſe de S. Nicolas .
Le bruit de quelques fanfares
ayantannoncé de temps àautre
pendant la matinée , cette
feſteau peuple,une multitude
innombrable de gens que la
rareté de ce pieux ſpectacle attiroit
de tous coſtez , accouruc
en telle affluence depuis les
neufheures dumatin en cette
Eglife , & vers l'Hôtel de Tavannes
, que toutes les ruës&
places qui y aboutiffent , furent
remplies d'une prodigieuſe
quantitéde ſpectateurs.
Les perſonnes de la plus
GALANT. 239
haute confideration s'étant
renduës à l'Hoſtel de Tavannes
, on en fortit à onze heures
pour aller à la Paroiſſe , où
Mademoiselle de Tavannes
fût conduite au ſon des hautbois
& des trompettes de la
Ville, au milieu de cette foule.
Les diſpoſitions merveilleuſes
qu'on apperçût dans
cette ame pleine de candeur ,
ne ſurprirent pas moins que
les graces infeparables de ſa
perfonne. La modeſtie de ſa
démarche excita de continuels
applaudiſſemens à ſon paffage.
240 MERCURE
Outre M. de la Briffe , Intendant
de la Province& quelques
Maiſtres des Requeſtes
qui furent prefens à cette ceremonie
, pluſieurs de Meffieurs
les Préſidens à Mortier
& Confeillers de la Cour ,
quoyque ce fut le temps des
vacations , y affifterent auffi.
Madame l'Intendante ſe trouva
pareillementalors dans l'Eglife
, avec des Préſidentes du
Parlement,& tout ce qu'il y
avoit de perſonnes les plus
diftinguées dans le pays...
La fingularité d'une conjoncture
ſi remarquable tanr
Par
GALANT. 241
i
par l'éminent caractere des
Parrain & Marraine , que par
le merite particulier de Mademoiſelle
de Tavannes , engagea
le fieur Gueneau ,Docteur
en Theologie , Curé de
cette Paroiſſe, de luy parler en
ces termes ,lorſqu'elles'y preſenta
pour recevoir la ceremonie
de ce premier Sacrement.
MADEMOISELLE,
Quel qu'illustre queſoit voftre
-naissance felon le monde ,vous
venez aujourd'huy reconnoistre
Mars 1715 . X
९ 242 MERCURE
j
au pied de vos Autels presqu'auf
fi-toft que vous en estes capable
qu'ilyen a une autre qui vous
touche davantage , pour laquelle
vous venez rendre à Dieu publiquement
des actions de graces ;
pourluy en marquer vostre recon
noiffance , vous lay allez confa
crer les premices de vostre raiſon
naiſſanteen luyfaiſant des promeſſes
qui nesontni moins grandes,
ni moins folemnelles,ni moins
indiſſolubles que les voeux que
vous avezquelquefois vúfaire
dans la Maison e Religieuse on
vouseſtes. Pournejamais oublier
•LesUrſulinesde Dijon.
GALANT. 243
de telles promeffes , vous n'avez,
Mademoiselle , qu'àfoutenir cette
belle éducation que vous avez
reçuë de la mere la plus capable
d'en donner. Vous n'avez qu'à
Soutenir cette longue fuite de
vertu qui coulent avec le fang
depuis tant de fiecles dans vostre
Maison. Vous y estes d'autant
plus engagée ,que les illuftres
Prince & Princeffe qui vous
font l'honneur de vous donner
leur noms
une vertu au-delà du commun .
auſſi bien que f Monfieur & g
demandent de vous
fMonfieur le Baron de Montigny .
Madame la Premiere Préſidente,
7
Xij
244 MERCURE
Madame qui tiennent icy leur
place ,&non moins recommandables
par leurpieté,leurs vertus
qu'ils font distinguez , par les
premiers rangs qu'ils occupent ,
vos illustres Parrain &Martaine
nefontpas icy enperſonne pour
répondre pour vous , vous eſtes en
âge de le faire vous- même :
toute cette auguste compagnie
n'y est aßemblée que pour estre
témoins de vos promeffes. Faffe
le Ciel que nous puissions tous
unjourrendre témoignage à Dieu
de lafidelité de laperfeverance
que vous aurez eû à les remplir
puiffion.
GALANT.. 245
Aprés ce diſcours qui parut
tres- convenable en cette
occurrence , la noble adulte
s'approcha des facrez Fonds ,
où les auguſtes noms de S. A.E.
Monseigneur le Duc de Baviere,
& ceux de S. A. S. Madame
la Ducheſſede Vendôme aïant
été impoſez à Mademoiselle.
de Tavannes , Elle fut appellée
Maximilienne , Emmanuelle
, Marie- Anne. Enfuite ce
Pasteur luy adminiſtra les autres
ceremonies du Baptême.
Alors chacun ſe ſentit touché
de voir l'onction penetrer
juſques au fonds du coeur de
!
Xiij
246 MERCURE
ecste innocente Neophyte ,
dont la picté édifiante fembloit
fe communiquerdans le
coeur de la plupart des ſpectateurs
; pluſieursy ayant paru
faifis d'un ſalutaire étonnement
, eux qui peut- être comme
un grand nombre d'autres
n'étoient venus des Villes circonvoiſines
encetteCapitale ,
qu'excitez par les circonſtancesde
la dignitéde tels Parrain
&Marraine , où par la ſeule
carioſitéd'y voir de quelle forte
ſe confere le Baprême aux
perſonnes parvenuës à l'âge de
connoiffance.
GALANT. 247
Ala fortiede l'Egliſe il s'éleva
un mélange d'acclamations
d'allegreſſe à l'honneur
de leurs A. E. & Sereniffime ;
on entendit alors de toutes
parts des voeux pour la profperité
de ces Prince & Princeffe
; on ne peut dire com
bien en même temps ondonna
de benedictions à la nouvelle
baptifée,qu'un concours
infini de perſonnes de tout
rang reconduifit juſques en
fon Hoſtel , au bruit des inftrumens
, auquel ſe joignirent
mille cris de Vive Baviere &
Vendofme ; l'air ne ceſſoit de
!
X iiij
248 MERCURE
retentir de ces grands noms ,
qu'il fuffit de prononcer pour
rappeller auflitoſt toutes les
idées de l'heroïſme , noms qui
font des éloges abregez &
complets , renfermans toute
la gloire que la valeur & la
bonté peuvent produire.
Au retour de la ceremonie ,
Madame la Marquiſe de Tavannes
, mere de Mademoifelle
de Tavannes , traita magnifiquement
l'illuftre affemblée
quiy avoit aſſiſté M. l'Intendant
& autres Mantres des
Requeſtes , ceux des Préſidens
à Mortier & Confeillers du
GALANT. 249
Parlement qui avoient été pre
ſens à la celebration du Baptê
me , Madame l'Intendante ,
toutes les Dames de marque
avec ce qui ſe trouva fur les
lieux de plus élevé parmi la
Nobleffe & dans les Cours
Souveraines de Dijon , furent
de ce regal fomptueux , où le
bon goût ne regna pas moins
que la profufion la mieux entenduë
; les mets ne s'y cedoient
pas l'un à l'autre en de.
licateſle , & on pourroit dire
que la varietéde pluſieurs chofes
rares qu'on y fervit ,&leur
fingularité donnerent le plai-
1
250 MERCURE
fir d'y voir tout ce qu'on ne
trouve preſque point ailleurs.
Tous ceux qui étoient de
ce repas eurent l'honneur de
boire debout à la ſanté de S.
A. E. de Baviere ,&à celle de
S. A. S. de Vendôme. On cûr
peine àretenir les mouvemens
de reconnoiffance dûë à chacun
de ces grands noms qui
nous ſont ſiprécieux ; l'undeſignant
un Souverain dont les
qualitez toutes heroïques font
les delices de la Cour & des
peuples ,& qui par ſa generofité
faiſant l'admiration du
fiecle , ſe montre ſi digne de
GALANT. 25
PEmpire ; & l'autre étant confacré
par la gloire pour être
le ſymbole de la bonté , &
pour conferver à la poſteriré
la memoire immortelle du
Reſtaurateur de la plus vaſte
Monarchie de l'Europe.
L'avantage d'avoir pour
Parrain une des premieres têres
du monde , & un Prince
regardé de chaque Nation
comme lemodele de la veritable
grandeur , & pour Marraine
une des meilleures Prin
ceſſes de la Terre , de la prepremiere
& de la plus puiſſante
Maiſon de l'Univers, eſt ſiglo252
MERCURE
rieux pour Mademoiselle de
Tavannes , que cet honneur
cauſant une ſi legitime réjoüiffance
à ſa Famille , on ne pût
s'empêcher dans ce feſtinde la
feliciter plus d'une fois ſur un
telbonheur : parmy les témoignages
de joye qu'on luy en
marqua , voicy quelques coupletsqui
furent faits à ce ſujer.
vous annonça dans le Mercure
deNovembre,autant qu'ils'en
peut ſouvenir , que S. A. E.
Monſeigneur leDuc de Baviere
,& fon S. A. S. Madame
la Ducheſſe de Vendoſme ,
venoient de tenir ſur les Fonds
de Baptême , Mademoiselle
de Tavannes , il vous promit
,
GALANT. 227
en même temps une ample
Relationde cetteCeremonie,
il vous tient aujourd'huy parole
,& la voicy.
de
RELATION
de la Ceremonie du Baptême
de Mademoiselle de Tavannes,
preſentée à Dijon fur les
Fonds à l'âge de dix ans ,
laquelle S. A. E. Monfeigneur
le Ducde Baviere a été
Parrain , & S. A. S. Madamela
Duchefſfe de Vendofme
a été Marraine le 17.
d'Octobre 1714.
L'alliance ſpirituelle que
228 MERCURE
S. A. E. a contracté avec S.
A. S. Madame la Duchefle de
Vendôme , en faveur de Mademoiſelle
de Tavannes qui
vient de recevoir les Ceremonies
du Baptême à l'âge de dix
ans , eſt d'une trop éclatante
distinction ,pour paffer fous
filence la nouvelle de ce Baptême
; & pour n'en point
rendre publiques les particularitez.
Sans qu'il ſoit beſoin d'entrerdans
aucun détail de l'anciennetéde
la Maiſon de Saulx
tres connuë dés avant le dixiéme
fiecle a & autant illuftréc
Saulx le Duc , dont cette Maiſon
GALANT. 229
(
par dehautes alliances que par
le merite & le nombre des
grands Hommes qu'elle a produit
, il ſuffit icy de pouvoir
dire que la ſplendeur d'un tel
ſang n'a pas efté vray ſemblablement
un motif des moins
touchans pour déterminer
leur Alteſſes Electorale & Sereniffime
à accorder à cette
Demoiselle l'honneur d'eſtre
leur filleulle , d'autant plus
volontiers qu'outre les affiniporte
le nom , luy a appartenu longtemps
avant d'eſtre réünie par les
Ducs de Bourgogne à leur Duché.
Voyez Morery , Edition 1712.
230 MERCURE
tez qui font entre les Auguſtes
Maiſons de Bourbon & de
Baviere , Madame la Ducheffe
deVendoſme ſe trouve parente
de l'Electeur par la Maiſon
Palatine dont eſt Madame la
Princeffe.
Il ne paroiſt pas neanmoins
hors de propos de remarquer
icyque le ſurnom de Tavannes
que porte la Maiſon de
Saulx , vient d'Allemagne ;
elle l'a pris par le mariage de
Jean de Saulx Chevalier Scigneur
d'Orrain en 1504. avec
Marguerite de Tavannes
foeur & heritiere de Jean de
,
GALANT. 231
Tavannes Chevalier Seigneur
de Dello natif du Comté de
Ferrette en Allemagne. Ce
dernier fut Colonel des Bandes
Noires qu'il amena d'Allemagne
au ſervice du RoyFrançois
I.
C'eſt de cette alliance de
Jean de Saulx d'Orrain avec
Marguerite de Tavannes ,
qu'eſt iſſu le fameux Maréchal
de France Gaspard de Tavannes
, duquel deſcendent Meffieurs
les Comtes , & Marquis
de Tavannes d'aujourd'huy ,
&Mademoiselle de Tavannes
à laquelle on vient d'admi232
MERCURE
niſtrer les ceremonies du Baprême.
Elle est née le 24. de Mars
1704. & fut ondoyée le même
jour par le Curé de la Paroiſſe
de la Marche en Bourgogne,
Elle eſt fille de Meffire Louis-
Armand Marie de Saulx de
Tavannes,Chevalier Marquis
deMirebel , Baron de laMarche,
Seigneur de Chambole ,
Morey & autres lieux , & de
Dame Catherine de Choiſeul
de Chevigny
La ceremonie du Baptême
de cette Demoiselle devant ſe
faire dans le mois d'Octobre
dernier ,
GALANT. 233
dernier , à Dijon , où elle a été
élevée , & qui eſt le pays de ſes
Anceſtres ,leſquels depuis plufieurs
fiecles ont commandé
pour le Roy dans la Bourgogne,
en qualité de Lieutenans b
Generaux de cette Province,
b M. L. C. de Tavannes Henry-
Charles de Saulx , grand Bailly de
Dijon , & Guidon des Gendarmes de
Berry , qui a épousé N. Amelot de
Gournay fille de M.Amelot,Conſeiller
d'Etat ordinaire , ci-devant Ambaſladeur
en Eſpagne & autres Cours ; s'eſt
fait recevoir ce mois - ci à Dijon en
laChargede Lieutenant General pour
leRoy en Bourgogne , que poffedoit
Meffire Charles-Marie de Saulx de
Tavannes fon pere , époux de D. Marie-
Catherine Dagueſſeau , fille de M.
Mars 1715. V
234 MERCURE
S. A. E. jetta les yeux pour le
repreſenter dans la fonction
de Parrain , ſur M. le Baronde
Montigny,Chevalier de l'Ordre
de Wirtemberg, Brigadier
des Armées , Colonel d'unRegiment
de ſes Cuiraffiers , &
Commandant pour Elle à S.
With auxFrontieres de Weſtphalic.
Ce Baron qui étoit
alors en ces quartiers- là pour
le ſervice de ſon Alteſſe Elect.
en receut ordre e de ſe rendre
Dagueſſeau , Conſeiller d'Etat ordinaire
,& foeur de M. Dagueſſeau, Procureur
General du Parlement de Paris.
•Cet ordre luv fût envoyé par M.
le Comtede Sefels.
GALANT. 235
en Bourgogne , pour , en fon
abfence , affifter de la part de
fon Maiſtre en qualité de Parrain
, au Baptême de Mademoiſelle
la Marquiſe de Tavannes
.
S. A. S. Madame la Ducheſſe
de Vendoſme honora
de ſa procuration Madame la
Premiere Preſidente de la
Chambre des Comptes de
Dijon , pour, à ſa place, ſervir
deMarraine au nom de S. A. S.
Cette glorieuſe commiffion
dont Madame Rigoley fut
chargée dans ce miniftere de
Religion,fit honneur au choix
Vij
236 MERCURE
de cette Princeſſe , non ſeulementpar
l'éminente vertu qui
diftingue cette Dame dans le
pays , encore plus que ſa dignité
; mais encore par la convenance
de famille qui ſe trouve
entre M. leBaron de Montigny&
cette Dame , dont le
nom eft Languet d, & laquelle
dElle eſt ſoeur de M. Languet de
Rochefort, Conſeiller au Parlement de
Dijon , de M. le C. deGergy, Gentilhomme
ordinaire de la Maiſon duRoy,
envoyé par S. M. à Florence, de M.
Languet , Abbé de S. Sulpice au Dioceſe
de Bellay , Ordre de Citeaux ,de
M. de la Villeneuve , Abbé de Goët
maloën , Aumônier de feuë Mad. la
Dauphine , ci-devant grand Vicaire
GALANT. 237
-
a épousé M. Rigoley , Magiftrat
auffi reſpectable par
une droiture finguliere que
par la fuperioritéde fon rang
dansla Chambre des Comptes
dont il eſt leChef.
M. de Montigny eftant
arrivé le 16. d'Octobre dernier
àDijon , la Ceremonie de ce
Baptême s'y fit le lendemain
Mercredy 17. environ le midy,
d'Autun, & à preſent Eveſque de
Soiffons , de M. l'Abbé Languet , cidevantVicaire
de S. Sulpice de Paris,&
aujourd'huy Curé de cette Paroiffe ,
par la refignation de feu M. de la
Chetardie , oncle de Mad. la Comteffede
Monafterolle
238 MERCURE
avec beaucoup de folemnité ,
dans la Paroiſſe de S. Nicolas .
Le bruit de quelques fanfares
ayantannoncé de temps àautre
pendant la matinée , cette
feſteau peuple,une multitude
innombrable de gens que la
rareté de ce pieux ſpectacle attiroit
de tous coſtez , accouruc
en telle affluence depuis les
neufheures dumatin en cette
Eglife , & vers l'Hôtel de Tavannes
, que toutes les ruës&
places qui y aboutiffent , furent
remplies d'une prodigieuſe
quantitéde ſpectateurs.
Les perſonnes de la plus
GALANT. 239
haute confideration s'étant
renduës à l'Hoſtel de Tavannes
, on en fortit à onze heures
pour aller à la Paroiſſe , où
Mademoiselle de Tavannes
fût conduite au ſon des hautbois
& des trompettes de la
Ville, au milieu de cette foule.
Les diſpoſitions merveilleuſes
qu'on apperçût dans
cette ame pleine de candeur ,
ne ſurprirent pas moins que
les graces infeparables de ſa
perfonne. La modeſtie de ſa
démarche excita de continuels
applaudiſſemens à ſon paffage.
240 MERCURE
Outre M. de la Briffe , Intendant
de la Province& quelques
Maiſtres des Requeſtes
qui furent prefens à cette ceremonie
, pluſieurs de Meffieurs
les Préſidens à Mortier
& Confeillers de la Cour ,
quoyque ce fut le temps des
vacations , y affifterent auffi.
Madame l'Intendante ſe trouva
pareillementalors dans l'Eglife
, avec des Préſidentes du
Parlement,& tout ce qu'il y
avoit de perſonnes les plus
diftinguées dans le pays...
La fingularité d'une conjoncture
ſi remarquable tanr
Par
GALANT. 241
i
par l'éminent caractere des
Parrain & Marraine , que par
le merite particulier de Mademoiſelle
de Tavannes , engagea
le fieur Gueneau ,Docteur
en Theologie , Curé de
cette Paroiſſe, de luy parler en
ces termes ,lorſqu'elles'y preſenta
pour recevoir la ceremonie
de ce premier Sacrement.
MADEMOISELLE,
Quel qu'illustre queſoit voftre
-naissance felon le monde ,vous
venez aujourd'huy reconnoistre
Mars 1715 . X
९ 242 MERCURE
j
au pied de vos Autels presqu'auf
fi-toft que vous en estes capable
qu'ilyen a une autre qui vous
touche davantage , pour laquelle
vous venez rendre à Dieu publiquement
des actions de graces ;
pourluy en marquer vostre recon
noiffance , vous lay allez confa
crer les premices de vostre raiſon
naiſſanteen luyfaiſant des promeſſes
qui nesontni moins grandes,
ni moins folemnelles,ni moins
indiſſolubles que les voeux que
vous avezquelquefois vúfaire
dans la Maison e Religieuse on
vouseſtes. Pournejamais oublier
•LesUrſulinesde Dijon.
GALANT. 243
de telles promeffes , vous n'avez,
Mademoiselle , qu'àfoutenir cette
belle éducation que vous avez
reçuë de la mere la plus capable
d'en donner. Vous n'avez qu'à
Soutenir cette longue fuite de
vertu qui coulent avec le fang
depuis tant de fiecles dans vostre
Maison. Vous y estes d'autant
plus engagée ,que les illuftres
Prince & Princeffe qui vous
font l'honneur de vous donner
leur noms
une vertu au-delà du commun .
auſſi bien que f Monfieur & g
demandent de vous
fMonfieur le Baron de Montigny .
Madame la Premiere Préſidente,
7
Xij
244 MERCURE
Madame qui tiennent icy leur
place ,&non moins recommandables
par leurpieté,leurs vertus
qu'ils font distinguez , par les
premiers rangs qu'ils occupent ,
vos illustres Parrain &Martaine
nefontpas icy enperſonne pour
répondre pour vous , vous eſtes en
âge de le faire vous- même :
toute cette auguste compagnie
n'y est aßemblée que pour estre
témoins de vos promeffes. Faffe
le Ciel que nous puissions tous
unjourrendre témoignage à Dieu
de lafidelité de laperfeverance
que vous aurez eû à les remplir
puiffion.
GALANT.. 245
Aprés ce diſcours qui parut
tres- convenable en cette
occurrence , la noble adulte
s'approcha des facrez Fonds ,
où les auguſtes noms de S. A.E.
Monseigneur le Duc de Baviere,
& ceux de S. A. S. Madame
la Ducheſſede Vendôme aïant
été impoſez à Mademoiselle.
de Tavannes , Elle fut appellée
Maximilienne , Emmanuelle
, Marie- Anne. Enfuite ce
Pasteur luy adminiſtra les autres
ceremonies du Baptême.
Alors chacun ſe ſentit touché
de voir l'onction penetrer
juſques au fonds du coeur de
!
Xiij
246 MERCURE
ecste innocente Neophyte ,
dont la picté édifiante fembloit
fe communiquerdans le
coeur de la plupart des ſpectateurs
; pluſieursy ayant paru
faifis d'un ſalutaire étonnement
, eux qui peut- être comme
un grand nombre d'autres
n'étoient venus des Villes circonvoiſines
encetteCapitale ,
qu'excitez par les circonſtancesde
la dignitéde tels Parrain
&Marraine , où par la ſeule
carioſitéd'y voir de quelle forte
ſe confere le Baprême aux
perſonnes parvenuës à l'âge de
connoiffance.
GALANT. 247
Ala fortiede l'Egliſe il s'éleva
un mélange d'acclamations
d'allegreſſe à l'honneur
de leurs A. E. & Sereniffime ;
on entendit alors de toutes
parts des voeux pour la profperité
de ces Prince & Princeffe
; on ne peut dire com
bien en même temps ondonna
de benedictions à la nouvelle
baptifée,qu'un concours
infini de perſonnes de tout
rang reconduifit juſques en
fon Hoſtel , au bruit des inftrumens
, auquel ſe joignirent
mille cris de Vive Baviere &
Vendofme ; l'air ne ceſſoit de
!
X iiij
248 MERCURE
retentir de ces grands noms ,
qu'il fuffit de prononcer pour
rappeller auflitoſt toutes les
idées de l'heroïſme , noms qui
font des éloges abregez &
complets , renfermans toute
la gloire que la valeur & la
bonté peuvent produire.
Au retour de la ceremonie ,
Madame la Marquiſe de Tavannes
, mere de Mademoifelle
de Tavannes , traita magnifiquement
l'illuftre affemblée
quiy avoit aſſiſté M. l'Intendant
& autres Mantres des
Requeſtes , ceux des Préſidens
à Mortier & Confeillers du
GALANT. 249
Parlement qui avoient été pre
ſens à la celebration du Baptê
me , Madame l'Intendante ,
toutes les Dames de marque
avec ce qui ſe trouva fur les
lieux de plus élevé parmi la
Nobleffe & dans les Cours
Souveraines de Dijon , furent
de ce regal fomptueux , où le
bon goût ne regna pas moins
que la profufion la mieux entenduë
; les mets ne s'y cedoient
pas l'un à l'autre en de.
licateſle , & on pourroit dire
que la varietéde pluſieurs chofes
rares qu'on y fervit ,&leur
fingularité donnerent le plai-
1
250 MERCURE
fir d'y voir tout ce qu'on ne
trouve preſque point ailleurs.
Tous ceux qui étoient de
ce repas eurent l'honneur de
boire debout à la ſanté de S.
A. E. de Baviere ,&à celle de
S. A. S. de Vendôme. On cûr
peine àretenir les mouvemens
de reconnoiffance dûë à chacun
de ces grands noms qui
nous ſont ſiprécieux ; l'undeſignant
un Souverain dont les
qualitez toutes heroïques font
les delices de la Cour & des
peuples ,& qui par ſa generofité
faiſant l'admiration du
fiecle , ſe montre ſi digne de
GALANT. 25
PEmpire ; & l'autre étant confacré
par la gloire pour être
le ſymbole de la bonté , &
pour conferver à la poſteriré
la memoire immortelle du
Reſtaurateur de la plus vaſte
Monarchie de l'Europe.
L'avantage d'avoir pour
Parrain une des premieres têres
du monde , & un Prince
regardé de chaque Nation
comme lemodele de la veritable
grandeur , & pour Marraine
une des meilleures Prin
ceſſes de la Terre , de la prepremiere
& de la plus puiſſante
Maiſon de l'Univers, eſt ſiglo252
MERCURE
rieux pour Mademoiselle de
Tavannes , que cet honneur
cauſant une ſi legitime réjoüiffance
à ſa Famille , on ne pût
s'empêcher dans ce feſtinde la
feliciter plus d'une fois ſur un
telbonheur : parmy les témoignages
de joye qu'on luy en
marqua , voicy quelques coupletsqui
furent faits à ce ſujer.
Fermer
1508
p. 277-284
IL LUSTRISSIMO ac nobilissimo viro D. D. Danieli Francisco VOYSIN, Domino du Mesnil, Regiorum Ordinum Commendatori & Franciae Cancellario. Juridica supremi Galliarum Senatus Comitia tenenti.
Début :
Le 14. de ce mois M. le Chancelier vint prendre séance / Quem nos Augusto spectamus stare sedentem [...]
Mots clefs :
Parlement de Paris, Chancelier, Avocat au parlement
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texteReconnaissance textuelle : IL LUSTRISSIMO ac nobilissimo viro D. D. Danieli Francisco VOYSIN, Domino du Mesnil, Regiorum Ordinum Commendatori & Franciae Cancellario. Juridica supremi Galliarum Senatus Comitia tenenti.
Le 14. de ce mois M. le
Chancelier vint prendre ſéance
au Parlement de Paris ; & le
même jour fut jugé le procés
deHenryGervais,Joüeur tresrenommé
, appellant comme
d'abus de ſon mariage avec
Gertrude Boon , fameuſe &
fage Tourneuſe ; & par Arrêt
en l'Audiancede la grand'-
Chambre tenue par M. Voifin
, Chancelier de France ,
contre les concluſions de M.
de Lamoignon , AvocatGeneral
, la Cour a declaré qu'IL
NY AVOIT ABUS , plaidants
M. Guillet de Blaru pour l'ap
278 MERCURE
pellante , M. Arrault pour
Gervais intervenant , M. Chevalier
pour l'Intimée. Onm'a
afſuré que la Cour ne s'étoit
determinée à prononcer ,que
fur ce que les Baladins &gens
deTheatre n'ontpoint de vray
domicile.
Cette Audiance finie , M. le
Sas de Rochermine , Avocat
au Parlement , cût l'honneur
de preſenter à M. le Chancelier
les Vers Latins que voicy.
GALANT. 279
ILLUSTRISSIMO
ac nobiliffimo viro D. D.
Danielı Franciſco VOYSIN ,
Domino du Meſnil , Regiorum
Ordinum Commendatori&
Franciæ Can
cellario. Juridica ſupremi
Galliarum SenatusComitia
tenenti.
Quemnos Auguſto ſpectamus
Starefedentem
In Themidos folio , &facro velut
ore , fideli
Francorum Gentipandentem oraculaRegis
,
180 MERCURE
Moribusille fibi meritos devinxithonores
,
Gloria &immensi merces fuit
... aqua laboris.
Gentis ut avertas vicinaperi-
7
cula,miffum
Te ,VICINE , putant nobis
ex athere cives
Applaufu quorum festivo perſonatAula.
Prefectum annona per te recreatus
opima :
Quot Belga &Batavi audaces
audacior urbes
Ferro expugnaffet miles , nutricia
Regno
Ryfwicea LODOIX dederat
nê
GALANT. 281.
nî femina pacis ?
Felices tunc nos pax fi longeva
fuißet ,
Nec citoſavißet toto Mars impius
orbe ?
Quidqueror ? Invicti fancta
+ in penetralia Regis
Admiffus ,quoties hoftilia mente
Sagaci
Confilia evertit prænuncius ?
Omnia vidit
Subverſa , Europamftammis ,
ferroque cadentem;
Sed penitus noftrasVICINUS
reftituit res.
Gallica multiplici dudum memorata
triumpho
Mars 1715. Aa
282 MERCURE
Suftinuit prudens arma ingenio ,
atque peripfum
Impofita eft confanguineo ultima
bello
Quodſociâ noftros bruma vastaverat
agros ,
Centuplicem nuncqui referunt
cala auspice,frugem.
Gracia tanta , tui donum regale
manebat
Mercedem meriti ; nec enim te
dignior usquam
Quifacrajuratogaregeret ,popu-
Loque benignus
Justitia&pacisſociales fundere
poffer
Fructus ,&fontum miferatus
GALANT. 283
flectere fortes.
Refpicit Ajtream tecum Bellona
jocantem
Invida , non ultro victriciaſcuta
reponens ,
Ettingendafuritferrugine , dextra
tenebit
Dum tua continuo Lancis mode
ramen ,er Enfis.
Jura colens Themidis ,dam-
***nofas destrue lites :
Destruat pietas tua bella domeſtica
,nuper 150
Que vefanus amor zelo excandefcere
fecit.
VICINO dignos, cives , de
cernite honores
Aaij
284 MERCURE
EtRegem longos tandem comiteturin
annos.
Chancelier vint prendre ſéance
au Parlement de Paris ; & le
même jour fut jugé le procés
deHenryGervais,Joüeur tresrenommé
, appellant comme
d'abus de ſon mariage avec
Gertrude Boon , fameuſe &
fage Tourneuſe ; & par Arrêt
en l'Audiancede la grand'-
Chambre tenue par M. Voifin
, Chancelier de France ,
contre les concluſions de M.
de Lamoignon , AvocatGeneral
, la Cour a declaré qu'IL
NY AVOIT ABUS , plaidants
M. Guillet de Blaru pour l'ap
278 MERCURE
pellante , M. Arrault pour
Gervais intervenant , M. Chevalier
pour l'Intimée. Onm'a
afſuré que la Cour ne s'étoit
determinée à prononcer ,que
fur ce que les Baladins &gens
deTheatre n'ontpoint de vray
domicile.
Cette Audiance finie , M. le
Sas de Rochermine , Avocat
au Parlement , cût l'honneur
de preſenter à M. le Chancelier
les Vers Latins que voicy.
GALANT. 279
ILLUSTRISSIMO
ac nobiliffimo viro D. D.
Danielı Franciſco VOYSIN ,
Domino du Meſnil , Regiorum
Ordinum Commendatori&
Franciæ Can
cellario. Juridica ſupremi
Galliarum SenatusComitia
tenenti.
Quemnos Auguſto ſpectamus
Starefedentem
In Themidos folio , &facro velut
ore , fideli
Francorum Gentipandentem oraculaRegis
,
180 MERCURE
Moribusille fibi meritos devinxithonores
,
Gloria &immensi merces fuit
... aqua laboris.
Gentis ut avertas vicinaperi-
7
cula,miffum
Te ,VICINE , putant nobis
ex athere cives
Applaufu quorum festivo perſonatAula.
Prefectum annona per te recreatus
opima :
Quot Belga &Batavi audaces
audacior urbes
Ferro expugnaffet miles , nutricia
Regno
Ryfwicea LODOIX dederat
nê
GALANT. 281.
nî femina pacis ?
Felices tunc nos pax fi longeva
fuißet ,
Nec citoſavißet toto Mars impius
orbe ?
Quidqueror ? Invicti fancta
+ in penetralia Regis
Admiffus ,quoties hoftilia mente
Sagaci
Confilia evertit prænuncius ?
Omnia vidit
Subverſa , Europamftammis ,
ferroque cadentem;
Sed penitus noftrasVICINUS
reftituit res.
Gallica multiplici dudum memorata
triumpho
Mars 1715. Aa
282 MERCURE
Suftinuit prudens arma ingenio ,
atque peripfum
Impofita eft confanguineo ultima
bello
Quodſociâ noftros bruma vastaverat
agros ,
Centuplicem nuncqui referunt
cala auspice,frugem.
Gracia tanta , tui donum regale
manebat
Mercedem meriti ; nec enim te
dignior usquam
Quifacrajuratogaregeret ,popu-
Loque benignus
Justitia&pacisſociales fundere
poffer
Fructus ,&fontum miferatus
GALANT. 283
flectere fortes.
Refpicit Ajtream tecum Bellona
jocantem
Invida , non ultro victriciaſcuta
reponens ,
Ettingendafuritferrugine , dextra
tenebit
Dum tua continuo Lancis mode
ramen ,er Enfis.
Jura colens Themidis ,dam-
***nofas destrue lites :
Destruat pietas tua bella domeſtica
,nuper 150
Que vefanus amor zelo excandefcere
fecit.
VICINO dignos, cives , de
cernite honores
Aaij
284 MERCURE
EtRegem longos tandem comiteturin
annos.
Fermer
1509
p. 284-290
L'avanture de la Perle tombée de l'habit du Roy, le jour de l'Audiance de l'Ambassadeur de Perse à Versailles, & trouvée, & renduë à Sa Majesté par M. le Marquis de Lange. [titre d'après la table]
Début :
Prenons maintenant un peu l'air, Messieurs, il y a assez [...]
Mots clefs :
Sa Majesté, Habit du roi, Versailles, Château de Versailles, Ambassadeur de Perse, Marquis de Lange, Habit, Perle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'avanture de la Perle tombée de l'habit du Roy, le jour de l'Audiance de l'Ambassadeur de Perse à Versailles, & trouvée, & renduë à Sa Majesté par M. le Marquis de Lange. [titre d'après la table]
Prenons maintenant un peu
l'air , Meffieurs , il y a affez
longtemps que nous ſommes
àParis,& nous yreviendrons
de reſte. En attendant , allons
faire untour à Verſailles. L'a
vanture de M. le Marquis de
l'Ange nous y appelle..
Le 19. Février dernier , Sa
Majeſté dans la grande Galerie
de ſon Château de Verſail.
les , donna àl'Ambaſſadeur de
Perſe cetteAudiance éclatante
qui a fait tant de bruit dans le
monde , & où tous les plus
GALANT. 285
grands Seigneurs du Royaume
firent un ſuperbe étalage de
leur magnificence. Sa Majeſté
allant de fon Appartement à
ſon Trône , unedes plus belles
perles de la Couronne ſe dé.
racha de ſon habit,& ſe trouva
heureuſement , aprés avoir
fait peut- être bien du chemin
dans la Galerie , ſous les pieds
de M. le Marquis de Lange ,
qui prît enfin lapeine de la ra
maſſer. Il eſt vray que cette
negligence luy étoit bien pardonnable
, &qu'il nes'attendoit
pas à trouver un ttefor.
Cependant aprés avoir fait cet
286 MERCURE
effort , il remarqua avec plai
fir que ce joyau étoit tres-digne
de la peine qu'il s'étoit
donnée. Il le mit ſagement
dans ſa poche , & quelques
jours aprés il eût l'honneur de
le rendre au Roy avce unPlacet
,que Sa Majefté reccutd'u
ne façon finguliere. SIRE ,
dit- il , je ſupplie Voſtre Majeſté
deme pardonner la liberté
que je prends de luy prefenter
la Perle des Placers . Le
Royauffitoft, aprés s'eſtre fait
expliquer l'Enigme , le receut
avec cette grace infinie qui accompagne
toutes les actions,
GALANT. 287
& principalement les dons
qu'il fait à ceux qu'il en juge,
dignes , enfin il accorda fur le
champ au Marquis de Lange
tout ce qu'il luy demandoit
dans ſon Placeri :
M. le Marquis de Lange
eſt originaire d'une noble
& illuftre famille du Nivernois.
Le Marquiſat de Saluces
appartenoit à ſes Anceſtres.)
L'an 1304. André de Langer
eſtoit General de l'Armée de
Scanderberg ,Royd'Albanie,
qui fut tuécombattantcontre
les Tures. Le Pape voulant
conſerver à la poftérité les
288 MERCURE 1
Feſtes d'un ſang ſiutile àl'Etat,
& fi zelé pour la Religion ,
permit à Jean de Lange ,
Grand Bailly de Malthe, de ſe
marier , & le releva de fes
voeux. Il y avoit eu auparavant
luy dix ſept Chevaliers
de Malthe dans fa famille.
Guillaume Marquis deLange
à qui l'avanture de la perle
dont nous avons parlé eſt arrivée
, deſcend en droite lignede
ce Jean de Lange : ila
cu la main gauche emportée
d'un coup de Canon à la Batalllede
Nervinde. Il cut auffi
un coup d'épée au travers du
corps
GALANT. 289
corps au Combat de Leuſe ,
&a la Bataille de Steinkerque
, il fut fait prifonnier.
L'on voit par dette fuite
d'actions & de bleſſures que
M. le Marquis de Lange ne
ſerepoſe point ſur les Lauriers
que ſes Anceſtres avoient
cuëilli ,& que s'ils ſe ſontrendus
recommendables par
leur valeur , ils ont eu en ſa
perſonne un ſucceſſeur qui ne
l'eſt pas moins , à qui l'on
pourroit dire a juſte titre :
Si la gloire descend fur toy par
Mars 1715. Bb
230 MERCURE
Celle de leurs Enfans retombe
auffifur eux.
M. le Marquis de Lange
fon Pere fut tué à la Bataille
de Ramilly. Marie de laGrange
ſa grand'mere eſtoit foeur
de M. le Cardinal d'Arquie ,
Pere de la Reine Doüairierede
Pologne,& par confequent il
eſt fon petit neveu , & coufin
iſſu de germain des Princes de
Pologne,& de Madame l'Electrice
de Baviere.
l'air , Meffieurs , il y a affez
longtemps que nous ſommes
àParis,& nous yreviendrons
de reſte. En attendant , allons
faire untour à Verſailles. L'a
vanture de M. le Marquis de
l'Ange nous y appelle..
Le 19. Février dernier , Sa
Majeſté dans la grande Galerie
de ſon Château de Verſail.
les , donna àl'Ambaſſadeur de
Perſe cetteAudiance éclatante
qui a fait tant de bruit dans le
monde , & où tous les plus
GALANT. 285
grands Seigneurs du Royaume
firent un ſuperbe étalage de
leur magnificence. Sa Majeſté
allant de fon Appartement à
ſon Trône , unedes plus belles
perles de la Couronne ſe dé.
racha de ſon habit,& ſe trouva
heureuſement , aprés avoir
fait peut- être bien du chemin
dans la Galerie , ſous les pieds
de M. le Marquis de Lange ,
qui prît enfin lapeine de la ra
maſſer. Il eſt vray que cette
negligence luy étoit bien pardonnable
, &qu'il nes'attendoit
pas à trouver un ttefor.
Cependant aprés avoir fait cet
286 MERCURE
effort , il remarqua avec plai
fir que ce joyau étoit tres-digne
de la peine qu'il s'étoit
donnée. Il le mit ſagement
dans ſa poche , & quelques
jours aprés il eût l'honneur de
le rendre au Roy avce unPlacet
,que Sa Majefté reccutd'u
ne façon finguliere. SIRE ,
dit- il , je ſupplie Voſtre Majeſté
deme pardonner la liberté
que je prends de luy prefenter
la Perle des Placers . Le
Royauffitoft, aprés s'eſtre fait
expliquer l'Enigme , le receut
avec cette grace infinie qui accompagne
toutes les actions,
GALANT. 287
& principalement les dons
qu'il fait à ceux qu'il en juge,
dignes , enfin il accorda fur le
champ au Marquis de Lange
tout ce qu'il luy demandoit
dans ſon Placeri :
M. le Marquis de Lange
eſt originaire d'une noble
& illuftre famille du Nivernois.
Le Marquiſat de Saluces
appartenoit à ſes Anceſtres.)
L'an 1304. André de Langer
eſtoit General de l'Armée de
Scanderberg ,Royd'Albanie,
qui fut tuécombattantcontre
les Tures. Le Pape voulant
conſerver à la poftérité les
288 MERCURE 1
Feſtes d'un ſang ſiutile àl'Etat,
& fi zelé pour la Religion ,
permit à Jean de Lange ,
Grand Bailly de Malthe, de ſe
marier , & le releva de fes
voeux. Il y avoit eu auparavant
luy dix ſept Chevaliers
de Malthe dans fa famille.
Guillaume Marquis deLange
à qui l'avanture de la perle
dont nous avons parlé eſt arrivée
, deſcend en droite lignede
ce Jean de Lange : ila
cu la main gauche emportée
d'un coup de Canon à la Batalllede
Nervinde. Il cut auffi
un coup d'épée au travers du
corps
GALANT. 289
corps au Combat de Leuſe ,
&a la Bataille de Steinkerque
, il fut fait prifonnier.
L'on voit par dette fuite
d'actions & de bleſſures que
M. le Marquis de Lange ne
ſerepoſe point ſur les Lauriers
que ſes Anceſtres avoient
cuëilli ,& que s'ils ſe ſontrendus
recommendables par
leur valeur , ils ont eu en ſa
perſonne un ſucceſſeur qui ne
l'eſt pas moins , à qui l'on
pourroit dire a juſte titre :
Si la gloire descend fur toy par
Mars 1715. Bb
230 MERCURE
Celle de leurs Enfans retombe
auffifur eux.
M. le Marquis de Lange
fon Pere fut tué à la Bataille
de Ramilly. Marie de laGrange
ſa grand'mere eſtoit foeur
de M. le Cardinal d'Arquie ,
Pere de la Reine Doüairierede
Pologne,& par confequent il
eſt fon petit neveu , & coufin
iſſu de germain des Princes de
Pologne,& de Madame l'Electrice
de Baviere.
Fermer
1510
p. 311-323
Discours où s'étalent à l'envy le bonheur & la reconnoissance de l'Auteur, qui présente aux premieres Testés du monde un grand exemple à suivre. [titre d'après la table]
Début :
Le 30. de ce mois M. de Bose y fut receu, son Discours [...]
Mots clefs :
Madame Dacier, Modernes, Hommes, Anciens, Anciens et Modernes, Électeur de Bavière, Mercure, Désordre, Messager des dieux, Maison de Bourbon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours où s'étalent à l'envy le bonheur & la reconnoissance de l'Auteur, qui présente aux premieres Testés du monde un grand exemple à suivre. [titre d'après la table]
Le 30. de ce mois M. da
Boſe y fut receu , fon Difcours
fut tres éloquent, celuy
312 MERCURE
de M. Dacier qui luy répondie
le fut aufh ; mais il avoit l'air
ſi antique , que M. de laMotte
qui eſt fans contredit un-des
plus beaux & des meilleurs ef.
prits de l'Europe , ne pût s'empêcher
de luy adreſſer l'Apologue
de l'Ecreviſſe. Le mois
prochain nous reprendrons
cet article.
Mon diſcours ſur la querelle
entre les Partiſans desAnciens&
des Modernes , la Lettre
qu'écrit à un de ſes amis
un des meilleurs ſeconds de
M. de la Motte , le Paralelle
excellent des deux Catons , &
vingt
GALANT 313
vingt autres pieces detachées qui
ont heureuſement trouvé place
dans le Mercure de ce mois , tout
cela vous aura peut- être paru affez
intereſſant , Meſſieurs , pour
vous obliger à me ſçavoir quelque
gré de l'honneur que j'ayde
vousen faire part. Mais il me refte
un fait admirable , tres extraordinaire
à mon égard, & dont
le détail m'embarraſſe infiniment.
C'eſt cependant tout ce
que j'ay de meilleur à vous conter
: &malgré la foibleſſe de mes
expreſſions , j'en ſuis fi touché
que pour avoir la fatisfaction de
vous en parler à coeur ouvert, je
ne reſpecteray nullement la delicareſſe
du pas où m'engage ma
reconnoiſſance , quandl'excés de
ma gratitude devroit vous paroî
Dd Mars 1715.
314 MERCURE
tre affoiblie par la ſechereffe
de mes termes. Il est bien queſ
tion maintenant de cette frivole
confideration, &les grandshommes&
les bonnes actions n'ont
pasbeſoin pour être loüez ,de ce
faſte éloquent ,&ſouventinutile
dont on emprunte ordinairement
l'éclat pour donner du luſtre aux
moindres choses.C'eſt en un mot
de l'Electeur de Baviere dont je
veux vous parler. CePrince tendrement
aimé de nôtre Roy ,
(cette verité ſeule vaut un million
d'éloges ) cheri de tous les
François , adoré de ſes peuples ,
& l'objet des voeux de tout lev
monde , vient de quitter la France.
Son deſtin le dérobe enfin à
nosyeux. Un malheur fouverain
nous l'arrache , faffe le Ciel que
de longues années &cun bonheur
GALANT. 315
infini foient le ſceau de toutes ſes
vertus.
Mais aprés cet aveune m'embarraffez
plus ,
Et ne demandez pas quels biens
jepeux vous dire
D'unHerosque le monde admire
Dont vous neſoyiez convaincus.
Il ne s'agit icy d'exploits , ni de
combats ;
Mais d'un trait à mes yeux plus
beaw qu'une Victoire ,
DuMercure en defordre itenrichic
l'Histoire ,
De l'éclat d'un prefent qu'il ne
meritoit pas .
Que puis-jedire de moins ,&
que ne penſay- je pas davantage
desbienfaits que ce Prince , le
premier qui aitcoupé le noeudde
mon infortune , vient de répan
Ddijuch
316 MFRCURE
dre ſur moy. Je vous demande
engrace à ce ſujet,de ſouffrir que
je mette en cetendroit Mercure
àmaplace, &je vous prie de luy
accorder la liberté de vous entretenir
un moment de ſes fantaifies
,ce qu'il vous dira , contribuëra
fur ma parole , à vous
amener plus agréablement la
petite Hiſtoire que je dois vous
conter le mois prochain.
Ilya , dit- il , (& il eſt à propos
que vous le ſçachiez ) une
grande difference entre le fils de
Jupiter & moy. Je n'ay de rapport
avec ce Meſſager des Dieux
queceluyde ſon matheur , lorfque
ſon pere , (avec connoiſſance
de cauſe apparamment ) s'aviſa
de le chaſſer du Ciel. Du
refte nous n'avons rien de communl'un
avec l'autre. Encore ne
GALANT. 317
fçay - je guerre , fi nous nous
reffemblons paſſablement dans
le ſeul articleque jeviens dedire,
car je ſuppoſe qu'iſſu de race
Divine , comme nous l'affure Ho
mere , & Denis d'Halicarnaffe ,
demandezle plutoft aux Anciens ,
il ne devoit ignorer aucun des
fecrets de la nature ,& par confequent
ſon induſtrie devoit fuppléer
parfaitement à fon infor
tune. Au lieu que moy qui ne
pourroit fans vanité prouver peut
eſtre guerre plus de nobleffe
qu'Elope , je me fuis trouvé
pluſieurs foisà la veille detomber
dans le même inconvenient
que luy , & réduit à la neceffité
d'employer tous les ſecours de
mon ignorance. Cette affreuſe
inégalité fait donc foy du peu de
D.diij
318 MERCURE
1
rapport qu'il y a entre le petit
fils de Saturne & moy ,& dé
montre que je ferois un impof
teur , ſi j'avois à la face du monde
, l'audace d'uſurper ſes titres
&de me fubroger en ſes droits ,
&que je ne fuis enun mot qu'un
Mercure adopté ſur la terre ;
mais toute qualité à part ,voyons,
vaille que vaille ,par quel degré
je ſuis enfin parvenu à faire la
conquête de celle-cy. Non ce
feroit entreprendre de vous conterdes
choſes ſurprenantes , &
le détailde mes avantures effectives
, vous étonneroit aſſeurement
plus que les fictions de
l'Infortuné Napolitain. Paſſons
plutoſt à l'examen des moyens
de conſerver ce titre , puiſqu'à
tout hazard , je m'en voy revêtu.
Vous croyez peut-eſtre que c'eſt
GALANT . 319
pour moy la Pierre Philofophale
, point du tout ; & je parie
foixante piſtoles par an , de le
porterd'une façon cent fois plus
utile & plus amuſante juſqu'à
mondernier jour , ſi cinq ou fix
grands hommes que je ſçay ,
veulent imiter la generofité de
l'Electeur de Baviere , & me
donner 200. écus de penſion
comme luy , mais je n'y penſe
pas;&voilàde fort vilaines faillies
! il eſt bon que chacun ſçache
ſes petitesaffaires,à labonne
heure ; mais il ne fautpas ſe faire
tympaniſer dans le monde par
l'image d'un honteuſe avarice...
Voilàencoreune plaiſante réfle
xion, & de quoy ſerois-je avaricieux
? moyqui ne le fus jamais
de quelque choſe , m'aviſerois
jeà preſent dele devenirde rient
1
3202
J
MERCURE
foitdit? fi de tout ce diſcours
peu vous importe , tant mieux ,
ſi vous le prennez en bonne part ...
tant mieux encore , voilà comme
je le prendrois auſſi. D'ailleurs
je raiſonne ; c'eſt un droit qui
m'eſt acquis auſſi-bien qu'à tous
les hommes & quand tous mes
diſcours ( malgré les cenſeurs
ridicules ) ſeront auſſi ſimples &
aufſiinnocents que ceux- cy , je
fuis fur qu'on me permettra de
babiller juſqu'au Jugement. Enfin
je le répete ( comme je le
croy ) Meffieurs .
Nouspouvons raisonnersur tous
les Elemens,
Parlerdu Ciel , de la Terre , & de
l'onde ,
Mais n'amusons jamais le monde ,
Aux dépens des loix du bonſens .
C'est aprés cent reflexions profondes
GALANT. 321
Qu'à tout hazard le Philosophe
admet
La matiere premiere , ou les caufes
Secondes ,
Souventfanssçavoir ce qu'il fait.
Le Sage doune dans lepiege ,
Ourit desa décision ;
Mais leSophifme qui l'affiege
Ebloüit toûjours sa raison .
Pournous ne suivons point
gles trop austeres ,
dere
Où l'esprit tôt ou tard consent à
s'enchaîner ,
Sur des principes moinsfeveres
Cherchons à nous déterminer.
e
Que nos moeursfaſſent nôtre étude
Quela vertuſoit noftre but ,
Nous aurons moins d'inquietude ,
Qu'aucun Philofophe n'en eût.
Voilàle portraitque je me fais
des idées & des obligations des
hommes ; fi je peux un jour me
322 MERCURE
L
1
former fur cette peinture ,je de.
viendray alors aſſez deſintereſſé ,
pour ne regretter jamais de ne
pas reſſembler à l'Hommeheureux
malgréluy , Conte Perſan , que je
lûs il y a quelques jours dans les
Memoires de mon Subſtitut , qui
vousle racontera comme il vous
l'a promis , à l'entrée de fonpremier
Journal .
Je tiendray en effet ma parole;
mais en attendant il eſt à propos
que je vous faſſe part de la joye
donteſt remplie maintenant tou
te la Maiſon de Bourbon. Le 27.
de cemois Madame la Princeffe
deConty mit au mondeun Prince.
Je ne doute pas que de toutes
parts on ne l'en felicite,pour moi
j'emprunteray de tous les côtez ,
&j'emploiray tous mes talents ,
mels qu'ils foient , pour annon
GALANT. 323
cer à tout le monde le preſent
qu'elle vient de faire à la France.
Boſe y fut receu , fon Difcours
fut tres éloquent, celuy
312 MERCURE
de M. Dacier qui luy répondie
le fut aufh ; mais il avoit l'air
ſi antique , que M. de laMotte
qui eſt fans contredit un-des
plus beaux & des meilleurs ef.
prits de l'Europe , ne pût s'empêcher
de luy adreſſer l'Apologue
de l'Ecreviſſe. Le mois
prochain nous reprendrons
cet article.
Mon diſcours ſur la querelle
entre les Partiſans desAnciens&
des Modernes , la Lettre
qu'écrit à un de ſes amis
un des meilleurs ſeconds de
M. de la Motte , le Paralelle
excellent des deux Catons , &
vingt
GALANT 313
vingt autres pieces detachées qui
ont heureuſement trouvé place
dans le Mercure de ce mois , tout
cela vous aura peut- être paru affez
intereſſant , Meſſieurs , pour
vous obliger à me ſçavoir quelque
gré de l'honneur que j'ayde
vousen faire part. Mais il me refte
un fait admirable , tres extraordinaire
à mon égard, & dont
le détail m'embarraſſe infiniment.
C'eſt cependant tout ce
que j'ay de meilleur à vous conter
: &malgré la foibleſſe de mes
expreſſions , j'en ſuis fi touché
que pour avoir la fatisfaction de
vous en parler à coeur ouvert, je
ne reſpecteray nullement la delicareſſe
du pas où m'engage ma
reconnoiſſance , quandl'excés de
ma gratitude devroit vous paroî
Dd Mars 1715.
314 MERCURE
tre affoiblie par la ſechereffe
de mes termes. Il est bien queſ
tion maintenant de cette frivole
confideration, &les grandshommes&
les bonnes actions n'ont
pasbeſoin pour être loüez ,de ce
faſte éloquent ,&ſouventinutile
dont on emprunte ordinairement
l'éclat pour donner du luſtre aux
moindres choses.C'eſt en un mot
de l'Electeur de Baviere dont je
veux vous parler. CePrince tendrement
aimé de nôtre Roy ,
(cette verité ſeule vaut un million
d'éloges ) cheri de tous les
François , adoré de ſes peuples ,
& l'objet des voeux de tout lev
monde , vient de quitter la France.
Son deſtin le dérobe enfin à
nosyeux. Un malheur fouverain
nous l'arrache , faffe le Ciel que
de longues années &cun bonheur
GALANT. 315
infini foient le ſceau de toutes ſes
vertus.
Mais aprés cet aveune m'embarraffez
plus ,
Et ne demandez pas quels biens
jepeux vous dire
D'unHerosque le monde admire
Dont vous neſoyiez convaincus.
Il ne s'agit icy d'exploits , ni de
combats ;
Mais d'un trait à mes yeux plus
beaw qu'une Victoire ,
DuMercure en defordre itenrichic
l'Histoire ,
De l'éclat d'un prefent qu'il ne
meritoit pas .
Que puis-jedire de moins ,&
que ne penſay- je pas davantage
desbienfaits que ce Prince , le
premier qui aitcoupé le noeudde
mon infortune , vient de répan
Ddijuch
316 MFRCURE
dre ſur moy. Je vous demande
engrace à ce ſujet,de ſouffrir que
je mette en cetendroit Mercure
àmaplace, &je vous prie de luy
accorder la liberté de vous entretenir
un moment de ſes fantaifies
,ce qu'il vous dira , contribuëra
fur ma parole , à vous
amener plus agréablement la
petite Hiſtoire que je dois vous
conter le mois prochain.
Ilya , dit- il , (& il eſt à propos
que vous le ſçachiez ) une
grande difference entre le fils de
Jupiter & moy. Je n'ay de rapport
avec ce Meſſager des Dieux
queceluyde ſon matheur , lorfque
ſon pere , (avec connoiſſance
de cauſe apparamment ) s'aviſa
de le chaſſer du Ciel. Du
refte nous n'avons rien de communl'un
avec l'autre. Encore ne
GALANT. 317
fçay - je guerre , fi nous nous
reffemblons paſſablement dans
le ſeul articleque jeviens dedire,
car je ſuppoſe qu'iſſu de race
Divine , comme nous l'affure Ho
mere , & Denis d'Halicarnaffe ,
demandezle plutoft aux Anciens ,
il ne devoit ignorer aucun des
fecrets de la nature ,& par confequent
ſon induſtrie devoit fuppléer
parfaitement à fon infor
tune. Au lieu que moy qui ne
pourroit fans vanité prouver peut
eſtre guerre plus de nobleffe
qu'Elope , je me fuis trouvé
pluſieurs foisà la veille detomber
dans le même inconvenient
que luy , & réduit à la neceffité
d'employer tous les ſecours de
mon ignorance. Cette affreuſe
inégalité fait donc foy du peu de
D.diij
318 MERCURE
1
rapport qu'il y a entre le petit
fils de Saturne & moy ,& dé
montre que je ferois un impof
teur , ſi j'avois à la face du monde
, l'audace d'uſurper ſes titres
&de me fubroger en ſes droits ,
&que je ne fuis enun mot qu'un
Mercure adopté ſur la terre ;
mais toute qualité à part ,voyons,
vaille que vaille ,par quel degré
je ſuis enfin parvenu à faire la
conquête de celle-cy. Non ce
feroit entreprendre de vous conterdes
choſes ſurprenantes , &
le détailde mes avantures effectives
, vous étonneroit aſſeurement
plus que les fictions de
l'Infortuné Napolitain. Paſſons
plutoſt à l'examen des moyens
de conſerver ce titre , puiſqu'à
tout hazard , je m'en voy revêtu.
Vous croyez peut-eſtre que c'eſt
GALANT . 319
pour moy la Pierre Philofophale
, point du tout ; & je parie
foixante piſtoles par an , de le
porterd'une façon cent fois plus
utile & plus amuſante juſqu'à
mondernier jour , ſi cinq ou fix
grands hommes que je ſçay ,
veulent imiter la generofité de
l'Electeur de Baviere , & me
donner 200. écus de penſion
comme luy , mais je n'y penſe
pas;&voilàde fort vilaines faillies
! il eſt bon que chacun ſçache
ſes petitesaffaires,à labonne
heure ; mais il ne fautpas ſe faire
tympaniſer dans le monde par
l'image d'un honteuſe avarice...
Voilàencoreune plaiſante réfle
xion, & de quoy ſerois-je avaricieux
? moyqui ne le fus jamais
de quelque choſe , m'aviſerois
jeà preſent dele devenirde rient
1
3202
J
MERCURE
foitdit? fi de tout ce diſcours
peu vous importe , tant mieux ,
ſi vous le prennez en bonne part ...
tant mieux encore , voilà comme
je le prendrois auſſi. D'ailleurs
je raiſonne ; c'eſt un droit qui
m'eſt acquis auſſi-bien qu'à tous
les hommes & quand tous mes
diſcours ( malgré les cenſeurs
ridicules ) ſeront auſſi ſimples &
aufſiinnocents que ceux- cy , je
fuis fur qu'on me permettra de
babiller juſqu'au Jugement. Enfin
je le répete ( comme je le
croy ) Meffieurs .
Nouspouvons raisonnersur tous
les Elemens,
Parlerdu Ciel , de la Terre , & de
l'onde ,
Mais n'amusons jamais le monde ,
Aux dépens des loix du bonſens .
C'est aprés cent reflexions profondes
GALANT. 321
Qu'à tout hazard le Philosophe
admet
La matiere premiere , ou les caufes
Secondes ,
Souventfanssçavoir ce qu'il fait.
Le Sage doune dans lepiege ,
Ourit desa décision ;
Mais leSophifme qui l'affiege
Ebloüit toûjours sa raison .
Pournous ne suivons point
gles trop austeres ,
dere
Où l'esprit tôt ou tard consent à
s'enchaîner ,
Sur des principes moinsfeveres
Cherchons à nous déterminer.
e
Que nos moeursfaſſent nôtre étude
Quela vertuſoit noftre but ,
Nous aurons moins d'inquietude ,
Qu'aucun Philofophe n'en eût.
Voilàle portraitque je me fais
des idées & des obligations des
hommes ; fi je peux un jour me
322 MERCURE
L
1
former fur cette peinture ,je de.
viendray alors aſſez deſintereſſé ,
pour ne regretter jamais de ne
pas reſſembler à l'Hommeheureux
malgréluy , Conte Perſan , que je
lûs il y a quelques jours dans les
Memoires de mon Subſtitut , qui
vousle racontera comme il vous
l'a promis , à l'entrée de fonpremier
Journal .
Je tiendray en effet ma parole;
mais en attendant il eſt à propos
que je vous faſſe part de la joye
donteſt remplie maintenant tou
te la Maiſon de Bourbon. Le 27.
de cemois Madame la Princeffe
deConty mit au mondeun Prince.
Je ne doute pas que de toutes
parts on ne l'en felicite,pour moi
j'emprunteray de tous les côtez ,
&j'emploiray tous mes talents ,
mels qu'ils foient , pour annon
GALANT. 323
cer à tout le monde le preſent
qu'elle vient de faire à la France.
Fermer
1511
p. 179-190
De Madrid le premier Avril 1715.
Début :
Mardy passé l'on publia la résolution du Roy de confier [...]
Mots clefs :
Marquis, Cardinal, Lettres, Madrid, Conseil d'État, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Madrid le premier Avril 1715.
De Madrid le premier Avril |*7lS>
Mardy passé l'on publia la
résolution du Roy de confier
dorénavant à des hommes
l'éducation du Prince & pour
ne point charger le Trésor
Royalde frais, l'on a nommé
les mêmes Officiers qui fervent
le Roy actuellement ; les
principaux sont le Marquis
de Valera & de Solera pour
Gentils hommes de la chambre,
les Marquis deVilla Garcia
,& deValouze pour Maître
d'Hôtel de semaine
, on luya
donné pour Confesseur le Perc
Marin homme de Lettres
& d'un merite distingué;la
Marquise de Salsedo sa Gouvernante
a fait paroistre beaucoup
de tendresseàcetteséparation
; &le foin que jusques
icy elle a prisedu Prince, a été
fecompenfée d'une place de
Dame d'Honneur de la Reine.
1- Le Roys'affermissantdejour
en jour dans ses desseins
, a
écrit aux Evêques, Archevêques
de son Royaume ,des
Lettres Circulaires, par lesquellesil
leur ordonne qu'a-
Vec une liberté vrayement
Chrétien-ne) ils luy marquent
les moyens qu'ils imagineront
•
les plus propres à maintenir la
JufiLCC dans ses Etats
J
& sL
procurer le repos à Ces peuples;
Le Cardinal del Judice a
pris possession de son appartement
au Retiro sans permettre
cependant que les Dames en
sortissent, aimant mieux se loger
plus étroitement; illuy
- cil depuis venu un ordre d'exercer
comme auparavant sa
Charge de Grand Inquisiteur;
c'est une satisfaction que l'on
donne à la Cour de Rome.
A la recommandation de
son Eminence, l'on a ordonné
de rétablir dans leurs places
de ConseillersdeCastilleDon
Loüis Curiel, exilé à Leon
, Don Francisco de Avana,&
Don Pedro de la Grava ,
dépossedez
de leurs emplois tous
trois pour avoir soutenu les
interdis du Cardinal.
Le jour de l'Incarnation la
Reine servant des pauvres à
dîner, elle se trouva un peu
indisposée, sur quoy les Medecins
ayant esté consultez,
ils jugerent à propos de la saignerau
bras comme l'on fit
sans qu'il y ait eu de fuite fâcheuse.
| Le voyage d'Aranjuez ayant
étérésolu l'onaaverty les Dames
qu'ellesn'avoient qu'às'y
disposer, ce qui fait croire que
ce fera bien tost.
Le Mardy apresdîner on
- assembla le Conseil extraordinaire
deCastille, pour examiner
la Bullequi supprime la
Monarchie de Sicile, comme
avoir déjà fait le Conseil dEtat.
Voyant la lenteur avec
laquellel'Assemblée procedoit
au Règlement des Tribunaux
il vint un nouvel ordre pour
accelerer cette affaire,& Vendredy
l'on la remit entre les
mains de Sa Majesté
, non
sans inquiétude de plusieurs
Ministres.
Dans une autre Assemblée
particulière du Conseil de la
Marine,
Marine, il fut résolu de renvoyer
tout à fait le Duc de
Tursis,à son Escadre appellée
l'Escadre de Genes, & d'ordonner
au Contrôleur qui se
trouve dans cette Ville, de
livrer tous lesForçats qu'on y
trouvera du compte du Roy.
Cette résolution a étésignifiée
ley à celuy qui fait ses affaires.
SaMajestéanommé de son
Conseil d'Etat, le Marquis de
los Balbafez
iqui
demandoit
la permission de se retirer en
Italie, & l'on a eû en veuë de
s'arrêter icy par ce moyen.
( Par des Lettres de Barcelone
du 23. du passé ,il paroist
qu'on a differé l'expédition
de Majorque, parce que l'on
a résolu d'embarquer plus de
Cavalerie qu'on avoit d'abord
eû dessein d'en embarquer
, &
de garder pour la remplacer
celle que l'on fait marcher de
Valence, & d'Arragon,pour
tenir en bride les Catalans qui
paroissoient avoir quelque
desseinde rcmüer du cofté de1
Salens & de Manreza
)
dequoy
le Gouverneur ayantété
averty ,
il s'est asseuré de Mo-j
ragas, chefdes rebelles & de
quelques autres sédicieux comme
luy ausquels on fait actuellement
le procés.
, Et par les nouvelles du 30.
on a eu avis que le procès dudit
Moragas examiné,il a
été convaincu du crime de
rcbellion, & condamnéà être
attaché tout vif& traîné à la
queuë d'un cheval furieux dans
les places,& dans les ruës de
Barcelone ),& ses camarades à1
ètre pendus;cette Sentence 9
été executée le 2.9. On ne doute
point que ces chastiments
exemplaires nereduisent enfin
les esprits inquiets des Catalans.
(
Il y a trois jours que Mj
Metwin, Ambassadeur d'Angleterre
,
est arrivé en cette
Ville avec une grande suite ;
le lendemain il fut rendre visite
au Cardinal del Judice qui cO:
chargé de traiter avec les mi1
nistres Etrangers, & hieril eût
une Audiance particuliere du
Roy,on ne sçait s'il prendra
le caractere public,à cause
des difficultez qui se rencontrent
sur le ceremonial des
Ambassadeurs.
Le Roy a donne au Prince 1
de Chélamarre vingt quatre
mille piastres de revenu annuel
à prendre sur les biens
du Marquis de Vallé
,
confisîquez
dans la nouvelle Espagne,
avec pouvoir de nommer
qui bon luy semblera pour la
levée de cette rente que le
Roy luy accorde non-seulement
pour le dédommager
des pertes qu'il a faites dans le
Royaume de Naples,maisencore
pour survenir à une partie
des frais de son Ambassade
en France. S.M. C. a ajoûté
à. cette récompense vingt-un
mille piastresd'appointement
qui joints aux vingt- quatre
mille de confiscation luy font
plus de quarante cinq mille
écus de revenu.
Mardy passé l'on publia la
résolution du Roy de confier
dorénavant à des hommes
l'éducation du Prince & pour
ne point charger le Trésor
Royalde frais, l'on a nommé
les mêmes Officiers qui fervent
le Roy actuellement ; les
principaux sont le Marquis
de Valera & de Solera pour
Gentils hommes de la chambre,
les Marquis deVilla Garcia
,& deValouze pour Maître
d'Hôtel de semaine
, on luya
donné pour Confesseur le Perc
Marin homme de Lettres
& d'un merite distingué;la
Marquise de Salsedo sa Gouvernante
a fait paroistre beaucoup
de tendresseàcetteséparation
; &le foin que jusques
icy elle a prisedu Prince, a été
fecompenfée d'une place de
Dame d'Honneur de la Reine.
1- Le Roys'affermissantdejour
en jour dans ses desseins
, a
écrit aux Evêques, Archevêques
de son Royaume ,des
Lettres Circulaires, par lesquellesil
leur ordonne qu'a-
Vec une liberté vrayement
Chrétien-ne) ils luy marquent
les moyens qu'ils imagineront
•
les plus propres à maintenir la
JufiLCC dans ses Etats
J
& sL
procurer le repos à Ces peuples;
Le Cardinal del Judice a
pris possession de son appartement
au Retiro sans permettre
cependant que les Dames en
sortissent, aimant mieux se loger
plus étroitement; illuy
- cil depuis venu un ordre d'exercer
comme auparavant sa
Charge de Grand Inquisiteur;
c'est une satisfaction que l'on
donne à la Cour de Rome.
A la recommandation de
son Eminence, l'on a ordonné
de rétablir dans leurs places
de ConseillersdeCastilleDon
Loüis Curiel, exilé à Leon
, Don Francisco de Avana,&
Don Pedro de la Grava ,
dépossedez
de leurs emplois tous
trois pour avoir soutenu les
interdis du Cardinal.
Le jour de l'Incarnation la
Reine servant des pauvres à
dîner, elle se trouva un peu
indisposée, sur quoy les Medecins
ayant esté consultez,
ils jugerent à propos de la saignerau
bras comme l'on fit
sans qu'il y ait eu de fuite fâcheuse.
| Le voyage d'Aranjuez ayant
étérésolu l'onaaverty les Dames
qu'ellesn'avoient qu'às'y
disposer, ce qui fait croire que
ce fera bien tost.
Le Mardy apresdîner on
- assembla le Conseil extraordinaire
deCastille, pour examiner
la Bullequi supprime la
Monarchie de Sicile, comme
avoir déjà fait le Conseil dEtat.
Voyant la lenteur avec
laquellel'Assemblée procedoit
au Règlement des Tribunaux
il vint un nouvel ordre pour
accelerer cette affaire,& Vendredy
l'on la remit entre les
mains de Sa Majesté
, non
sans inquiétude de plusieurs
Ministres.
Dans une autre Assemblée
particulière du Conseil de la
Marine,
Marine, il fut résolu de renvoyer
tout à fait le Duc de
Tursis,à son Escadre appellée
l'Escadre de Genes, & d'ordonner
au Contrôleur qui se
trouve dans cette Ville, de
livrer tous lesForçats qu'on y
trouvera du compte du Roy.
Cette résolution a étésignifiée
ley à celuy qui fait ses affaires.
SaMajestéanommé de son
Conseil d'Etat, le Marquis de
los Balbafez
iqui
demandoit
la permission de se retirer en
Italie, & l'on a eû en veuë de
s'arrêter icy par ce moyen.
( Par des Lettres de Barcelone
du 23. du passé ,il paroist
qu'on a differé l'expédition
de Majorque, parce que l'on
a résolu d'embarquer plus de
Cavalerie qu'on avoit d'abord
eû dessein d'en embarquer
, &
de garder pour la remplacer
celle que l'on fait marcher de
Valence, & d'Arragon,pour
tenir en bride les Catalans qui
paroissoient avoir quelque
desseinde rcmüer du cofté de1
Salens & de Manreza
)
dequoy
le Gouverneur ayantété
averty ,
il s'est asseuré de Mo-j
ragas, chefdes rebelles & de
quelques autres sédicieux comme
luy ausquels on fait actuellement
le procés.
, Et par les nouvelles du 30.
on a eu avis que le procès dudit
Moragas examiné,il a
été convaincu du crime de
rcbellion, & condamnéà être
attaché tout vif& traîné à la
queuë d'un cheval furieux dans
les places,& dans les ruës de
Barcelone ),& ses camarades à1
ètre pendus;cette Sentence 9
été executée le 2.9. On ne doute
point que ces chastiments
exemplaires nereduisent enfin
les esprits inquiets des Catalans.
(
Il y a trois jours que Mj
Metwin, Ambassadeur d'Angleterre
,
est arrivé en cette
Ville avec une grande suite ;
le lendemain il fut rendre visite
au Cardinal del Judice qui cO:
chargé de traiter avec les mi1
nistres Etrangers, & hieril eût
une Audiance particuliere du
Roy,on ne sçait s'il prendra
le caractere public,à cause
des difficultez qui se rencontrent
sur le ceremonial des
Ambassadeurs.
Le Roy a donne au Prince 1
de Chélamarre vingt quatre
mille piastres de revenu annuel
à prendre sur les biens
du Marquis de Vallé
,
confisîquez
dans la nouvelle Espagne,
avec pouvoir de nommer
qui bon luy semblera pour la
levée de cette rente que le
Roy luy accorde non-seulement
pour le dédommager
des pertes qu'il a faites dans le
Royaume de Naples,maisencore
pour survenir à une partie
des frais de son Ambassade
en France. S.M. C. a ajoûté
à. cette récompense vingt-un
mille piastresd'appointement
qui joints aux vingt- quatre
mille de confiscation luy font
plus de quarante cinq mille
écus de revenu.
Fermer
1512
p. 190-193
Liste des Officiers de la Maison du Prince des Asturies. [titre d'après la table]
Début :
Voici la Liste des Officiers de la Maison de Monseigneur [...]
Mots clefs :
Officiers, Maison de Monseigneur le prince des Asturies, Prince des Asturies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Liste des Officiers de la Maison du Prince des Asturies. [titre d'après la table]
Voici la Lifte desOfficiers
de la Maison de Monseigneur
le Prince des Asturies.
Gouverneur de Monseigneur.
M.le Cardinal del Judice.
Gentilshommes de la Chambre.
1. Le Marquis de Valero.
2. Le Marquis de Solera.
Adayordomes. *
I. Le Marquis de Villagarcia.
¡:
2. Le Marquis de Valouse.
Sous-Gouverneur.
•
Don Fcrnandode Figueroa.
ConfesseurdeMonseigneur.
: Le Pere Marin Jesuite.
RepetiteurdeMonseigneur,
| Le Pere le Compasseur, Je*
fuite.
M. Hersan le pere, Maître
de la Garderobe.
Valets de Chambre.
I. Don Juan deOviedo.
2. Don Diego Sentinana.
3. Don Geromino Porto-
Carero.
r, 4. Don Antonio Puntejos.
Garçons de la Chambre.
I. Le sieurPichelin.
* 2. Le sieur la Combe le
padeç,.
3. Le sieur Guichard.
4. Le sieur Martinet le ca- det.t
-
Garçons de la Garderobe.
I. Le sieur Dutillot. j
2. Don Bartholome Poveda.
3. Le sieur Martinet l'aîné.
Barbier &Perruquier
de Monsigneur.
Le sieur Biner.
k La Chapelle. 1
La même que celle du Roy d'Espagne.j L'Escurie.
Estcelle de la Reine,autu.
bien que les Offices tant de la
Bouche
i
Bouche que du Goblet.
de la Maison de Monseigneur
le Prince des Asturies.
Gouverneur de Monseigneur.
M.le Cardinal del Judice.
Gentilshommes de la Chambre.
1. Le Marquis de Valero.
2. Le Marquis de Solera.
Adayordomes. *
I. Le Marquis de Villagarcia.
¡:
2. Le Marquis de Valouse.
Sous-Gouverneur.
•
Don Fcrnandode Figueroa.
ConfesseurdeMonseigneur.
: Le Pere Marin Jesuite.
RepetiteurdeMonseigneur,
| Le Pere le Compasseur, Je*
fuite.
M. Hersan le pere, Maître
de la Garderobe.
Valets de Chambre.
I. Don Juan deOviedo.
2. Don Diego Sentinana.
3. Don Geromino Porto-
Carero.
r, 4. Don Antonio Puntejos.
Garçons de la Chambre.
I. Le sieurPichelin.
* 2. Le sieur la Combe le
padeç,.
3. Le sieur Guichard.
4. Le sieur Martinet le ca- det.t
-
Garçons de la Garderobe.
I. Le sieur Dutillot. j
2. Don Bartholome Poveda.
3. Le sieur Martinet l'aîné.
Barbier &Perruquier
de Monsigneur.
Le sieur Biner.
k La Chapelle. 1
La même que celle du Roy d'Espagne.j L'Escurie.
Estcelle de la Reine,autu.
bien que les Offices tant de la
Bouche
i
Bouche que du Goblet.
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1513
p. 195-196
A Venise le 23. Mars 1715.
Début :
Toute l'Europe est trop attentive sur les mouvements des [...]
Mots clefs :
Turcs, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Venise le 23. Mars 1715.
A Venise le 2.3. Mars 1715.
Toute l'Europe est trop attentive
sur les mouvements
des Turcspour ne pas souhaiter.
d'apprendre au moins le
nombre des Troupes que les
Venitiens, qui sont le plus exposez
à leur puissance,leur opposent.
Toute l'Europe est trop attentive
sur les mouvements
des Turcspour ne pas souhaiter.
d'apprendre au moins le
nombre des Troupes que les
Venitiens, qui sont le plus exposez
à leur puissance,leur opposent.
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1514
p. 196-201
DISTINCTION de l'Armée de la Republique de Venise, qui est en Mer.
Début :
Voicy un état de leur Armée Navale. / ARMÉE LEGERE. GALERES. 1. Bastarde pour le Capitaine General. 1. [...]
Mots clefs :
Armée de la République de Venise, Armée navale, Mer, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISTINCTION de l'Armée de la Republique de Venise, qui est en Mer.
Voicy un état de leur
Armée Navale.
DISTINCTION
de ïdrmée de la Republique
de Venise, qui est en Mer.
ARME'E LEGERE.
GALERES.
I. Bastarde pour le Capitaine
General.
I. Pour le Provediteur d'Armée.
I. La Capitaine du Golfe.
I. Gouverneur des Condamnez.
Nobles Sopra Comiti.
",
I. Benoist Ciurano.
I Philip. Antoine Boldu.
I. Jean Fofcarini.
I. Mathieu Soranzo.
I. Pierre Louis Bembo.
I. Louis Gritti.
I. Vincent Capello.
I. JeanBoldu.
I. Vincent Loredan.
I. Justin Dona.
<
I. P erre Minotto.
I. Jean Badoer.
I.Jean Querini,
I. AngePasqualigo.
I. Jean Paul Bragadin.
,
I. VictorBon.
I. Jerôme- Marie Balbi. jj
2. Galeres de Dalmatie.
4. des Isles duLevant.
Les Galeres sont ij
outre les auxiliaires.
I. GCaleassae. pAnteoinel-lMoari.e
1. Galeasse. Georges Grimani.
Il y a outre cela autant de
Galeottes renforcées.
GROSSE XPMEIE.
Vaisseaux du premier Rffîg.
La Couronne.
La Colombe d'or.
Le Grand'Alexandrc.
La Croix rouge.
La Valeur.
Le Neptune.
La Lignesacrée.
La Rose.
S. André.
S.Nicolas.
L'Iris.
LaVictoire.
L'Hercule.
La Constance..
L'Aquilete.
Le Fenix.
S. François.
La Salute.
S. Pierre.
Les susdits i<>. Vaisseaux
font déja en Levant.
Outre lesquels
4. du Pape.
4. De Malthe.
Quatre doivent partir aprés
Pâques:Sçavoir,
L'Aigle Vatiere.
LaFoy.
La Terreur.
La Reine de la Mer.
( Et plusieurs Vaisseaux de
transport armez en guerre qui
feront mis en cordon, en cas
de combat.
Plusieurs autresBastiments
de differentes qualitez pour
servir detransport.
Armée Navale.
DISTINCTION
de ïdrmée de la Republique
de Venise, qui est en Mer.
ARME'E LEGERE.
GALERES.
I. Bastarde pour le Capitaine
General.
I. Pour le Provediteur d'Armée.
I. La Capitaine du Golfe.
I. Gouverneur des Condamnez.
Nobles Sopra Comiti.
",
I. Benoist Ciurano.
I Philip. Antoine Boldu.
I. Jean Fofcarini.
I. Mathieu Soranzo.
I. Pierre Louis Bembo.
I. Louis Gritti.
I. Vincent Capello.
I. JeanBoldu.
I. Vincent Loredan.
I. Justin Dona.
<
I. P erre Minotto.
I. Jean Badoer.
I.Jean Querini,
I. AngePasqualigo.
I. Jean Paul Bragadin.
,
I. VictorBon.
I. Jerôme- Marie Balbi. jj
2. Galeres de Dalmatie.
4. des Isles duLevant.
Les Galeres sont ij
outre les auxiliaires.
I. GCaleassae. pAnteoinel-lMoari.e
1. Galeasse. Georges Grimani.
Il y a outre cela autant de
Galeottes renforcées.
GROSSE XPMEIE.
Vaisseaux du premier Rffîg.
La Couronne.
La Colombe d'or.
Le Grand'Alexandrc.
La Croix rouge.
La Valeur.
Le Neptune.
La Lignesacrée.
La Rose.
S. André.
S.Nicolas.
L'Iris.
LaVictoire.
L'Hercule.
La Constance..
L'Aquilete.
Le Fenix.
S. François.
La Salute.
S. Pierre.
Les susdits i<>. Vaisseaux
font déja en Levant.
Outre lesquels
4. du Pape.
4. De Malthe.
Quatre doivent partir aprés
Pâques:Sçavoir,
L'Aigle Vatiere.
LaFoy.
La Terreur.
La Reine de la Mer.
( Et plusieurs Vaisseaux de
transport armez en guerre qui
feront mis en cordon, en cas
de combat.
Plusieurs autresBastiments
de differentes qualitez pour
servir detransport.
Fermer
1515
p. 235-240
Reception de M. Duchevron en la Charge de Prevost General des Camps & Armées du Roy, par Messieurs les Marêchaux de France, au Parlement. [titre d'après la table]
Début :
& le nouveau Ceremonial dont je vais les entretenir dont [...]
Mots clefs :
Armées du roi, Cérémonial, Charge
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Reception de M. Duchevron en la Charge de Prevost General des Camps & Armées du Roy, par Messieurs les Marêchaux de France, au Parlement. [titre d'après la table]
& le nouveau Ceremonial
dont je vais les entretenir
va me servir de vehi.
cule pour leur presenter d'autres
objets.
Le six de ce mois M.le Marêchal
de Villcroy
,
Doyen des
Maréchaux de France
,
Meffleurs
les Marêchaux de Villars,
d'Estrées, de Tessé
,
de
Matignon & de Montesquiou
serendirent au Parlement àla
Connestablie, pour y recevoir
M. Duchevron dans la Charge
de Prevost General de la
Connestablie, Gendarmerie,
Maréchaussee de France & des
Camps & Armées du Roy, vacante
par la mort de feu M.
de la Coste, & que le Roy
luya donnée en consideration
de ses longs services, & pour
le dédommager dela perte de
sa Charge de Lieutenant des
Gardes du Corps de feu Monseigneur
le Duc de Berry. Le
jour destinépour sareception,
la Compagniede laConnstablie
attendit au bas de TcC
calier de la Sainte Chapelle,
Messieurs les Marêchauxde
France qui arriverent
à onze heures du
matin. Dés qu'ils parurent
on leur presenta à chacun
un bouquet, les Gardes fç
mirent fous les armes, les
tambours battirent aux
champs,&les trompettes
&les hautbois sonnerent,
&lesaccompagnerent juf.,
qu'àlaConnêtablie,où1SI
prirent séance chacun félonleur
rang. On ylûtles
Provisions en commandement
accordées par SaMajesté
à M. Duchevron , aprés quoy on fût aux opinions
qui luy furent toutes
favorables. Il prêta ensuite
ferment entre les mains de
Messieurs les Maréchaux
de France. Le plus ancien
Lieutenant de la Compagnie
de la Connêtablie
presenta un Bâton de commandement
à M.le Maréchal
de Villeroy
,
qui le
remit dans les mains du
nouveau Prevost, qui prit
alors séance. Messieurs de
la Jonchere
,
de Sauroy èC
de Paparelle y prirent aussi
séance en qualité de Tre.
foriersGeneraux de l'Ordinaire6cExtraordinairedes
Guerres,. ayant voix déliberative
par la qualité de
leurs Charges.
Cette ceremonie finie
Meilleurs les Maréchaux
de France sortirent dans le
même ordre qu'ils étoient
entrez, & M. le Prevost
après les avoir remerciez,
fut joindre une douzaine
de ses amis, ( dont je fuis
du nombre ) au rendezvous
qu'il leur avoit donné
, & où le verre à la
main, nous le felicitâmes1
tous de grand coeur,sur sa.
nouvelledignité
dont je vais les entretenir
va me servir de vehi.
cule pour leur presenter d'autres
objets.
Le six de ce mois M.le Marêchal
de Villcroy
,
Doyen des
Maréchaux de France
,
Meffleurs
les Marêchaux de Villars,
d'Estrées, de Tessé
,
de
Matignon & de Montesquiou
serendirent au Parlement àla
Connestablie, pour y recevoir
M. Duchevron dans la Charge
de Prevost General de la
Connestablie, Gendarmerie,
Maréchaussee de France & des
Camps & Armées du Roy, vacante
par la mort de feu M.
de la Coste, & que le Roy
luya donnée en consideration
de ses longs services, & pour
le dédommager dela perte de
sa Charge de Lieutenant des
Gardes du Corps de feu Monseigneur
le Duc de Berry. Le
jour destinépour sareception,
la Compagniede laConnstablie
attendit au bas de TcC
calier de la Sainte Chapelle,
Messieurs les Marêchauxde
France qui arriverent
à onze heures du
matin. Dés qu'ils parurent
on leur presenta à chacun
un bouquet, les Gardes fç
mirent fous les armes, les
tambours battirent aux
champs,&les trompettes
&les hautbois sonnerent,
&lesaccompagnerent juf.,
qu'àlaConnêtablie,où1SI
prirent séance chacun félonleur
rang. On ylûtles
Provisions en commandement
accordées par SaMajesté
à M. Duchevron , aprés quoy on fût aux opinions
qui luy furent toutes
favorables. Il prêta ensuite
ferment entre les mains de
Messieurs les Maréchaux
de France. Le plus ancien
Lieutenant de la Compagnie
de la Connêtablie
presenta un Bâton de commandement
à M.le Maréchal
de Villeroy
,
qui le
remit dans les mains du
nouveau Prevost, qui prit
alors séance. Messieurs de
la Jonchere
,
de Sauroy èC
de Paparelle y prirent aussi
séance en qualité de Tre.
foriersGeneraux de l'Ordinaire6cExtraordinairedes
Guerres,. ayant voix déliberative
par la qualité de
leurs Charges.
Cette ceremonie finie
Meilleurs les Maréchaux
de France sortirent dans le
même ordre qu'ils étoient
entrez, & M. le Prevost
après les avoir remerciez,
fut joindre une douzaine
de ses amis, ( dont je fuis
du nombre ) au rendezvous
qu'il leur avoit donné
, & où le verre à la
main, nous le felicitâmes1
tous de grand coeur,sur sa.
nouvelledignité
Fermer
1516
p. 320-322
Agrément donné par le Roy à M. le Camus, de la Charge de Prevost de Maistre des Ceremonies de l'Ordre du S. Esprit. [titre d'après la table]
Début :
Messire Nicolas le Camus Conseiller du Roy en tous ses [...]
Mots clefs :
Cour, Conseiller du roi, Nicolas Le Camus
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Agrément donné par le Roy à M. le Camus, de la Charge de Prevost de Maistre des Ceremonies de l'Ordre du S. Esprit. [titre d'après la table]
•Mcflîre Nicolas le Camus
Conseiller du Royen tous
ses Conseils,premier Presidenc
de la Cour des Aydcs de Paris,
ayant eu l'agrément du Roy
de traiter de la Charge de"
* Commandeur Prevost&Maître
des Ceremonies desOrdres
de Sa Majesté dont étoit pourvû
M. leComte de Pontchartrain
Secretair»e d'Etat ,
il y fut receu le Avril,
après avoir fait ses preuves
comme font obligez de les
faire ceux qui sont pourvus
de ladite Charge ,qui est la
seconde de 1 Ordre du S. RC
prit
,
& de cellede Chancelier
& Garde des Sceaux des
Ordres qui est la premiere
,
les
deux autres Charges sont celles
de Grand Tresorier & de
Secretaire & ceux qui en sont
pourvûs ne sont pas tenus de
faire preuve.
Je ne vous diray rien icy
de la famille de Messieurs le
Camus quMifest une des plus
illustrées,&des mieux alliées
de la Robe, vous en ayant
assez entretenu dans mon
Journal du mois de Mars dernierà
l'occasion de la mort de
Messire Nicolas le Camus , Premier President de la Cour
des Aydes, ayeul de M. le Camus
qui a donné lieu à cet
article.
Conseiller du Royen tous
ses Conseils,premier Presidenc
de la Cour des Aydcs de Paris,
ayant eu l'agrément du Roy
de traiter de la Charge de"
* Commandeur Prevost&Maître
des Ceremonies desOrdres
de Sa Majesté dont étoit pourvû
M. leComte de Pontchartrain
Secretair»e d'Etat ,
il y fut receu le Avril,
après avoir fait ses preuves
comme font obligez de les
faire ceux qui sont pourvus
de ladite Charge ,qui est la
seconde de 1 Ordre du S. RC
prit
,
& de cellede Chancelier
& Garde des Sceaux des
Ordres qui est la premiere
,
les
deux autres Charges sont celles
de Grand Tresorier & de
Secretaire & ceux qui en sont
pourvûs ne sont pas tenus de
faire preuve.
Je ne vous diray rien icy
de la famille de Messieurs le
Camus quMifest une des plus
illustrées,&des mieux alliées
de la Robe, vous en ayant
assez entretenu dans mon
Journal du mois de Mars dernierà
l'occasion de la mort de
Messire Nicolas le Camus , Premier President de la Cour
des Aydes, ayeul de M. le Camus
qui a donné lieu à cet
article.
Fermer
1517
p. 3-53
CHARLES VI par la Grace de Dieu, élû Empereur des Romains, toûjours Auguste, Roy de Germanie, Des Espagnes, de Hongrie, de Bohême, de Dalmatie, de Croatie, d'Esclavonie, &c. Archiduc d'Autriche, Duc de Bourgogne, de Stirie, de Carinthie, de Carniole, & Wirtemberg, Comte d'Habspurg, de Flandres, de Tirol, & Goricie, &c.
Début :
J'APPREHENDE à un tel point que les / A tous ceux qui ces presentes verront, sçavoir faisons ; [...]
Mots clefs :
Empereur, Étrangers, Banque, Argent, Gouvernement, Cour, Finances, Royaumes, Paiement, Chambre des finances, Capitaux, Offices, États héréditaires, Privilèges, Chancellerie, Florins, Gouvernement, Charles VI, Institution, Confiscations, Somme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHARLES VI par la Grace de Dieu, élû Empereur des Romains, toûjours Auguste, Roy de Germanie, Des Espagnes, de Hongrie, de Bohême, de Dalmatie, de Croatie, d'Esclavonie, &c. Archiduc d'Autriche, Duc de Bourgogne, de Stirie, de Carinthie, de Carniole, & Wirtemberg, Comte d'Habspurg, de Flandres, de Tirol, & Goricie, &c.
APPREHENDE
à un tel point que les
Nouvelles Litteraires
n'excluënt de ce Livre les Nouvelles
generales , comme elles
ont fait le mois paffe , que
pour prevenir cet inconvenient
,je vais debuter par elles,
à commencer par ce nouvel
Edit de l'Empereur .
May 1715 . A ij
4 MERCURE
CHAR LES VI.
par la Grace de Dieu , élû
Empereur des Romains , toujours
Auguſte , Roy de Germanie
, des Eſpagnes ,deHongrie,
de Bohême, de Dalmatie
, de Croatie , d'Esclavonie,
&c. Archiduc d'Autriche ,
Duc de Bourgogne , de Stirie ,
de Carinthie ,de Carniole,
Wirtemberg , Comte d'Habfpurg
,de Flandres , de Tirol ,
Goricic ,&c. هد
Atous ceux quices prefentes
verront , ſçavoir faiſons ;
GALANT. 5
qu'aprés la mort de Sa Majefté
Imperiale Joſeph I. noſtre trescher
Frere , de glorieuſe memoire
, étant entrez dans la
poſſeſſiondenos fidelesRoyaumes
, Pays , & Etats Hereditaires
, noſtre premier ſoin a
été , à l'exemple de nos glorieux
predeceffeurs,entr'autres
affaires importantes , d'aviſer
aux moyens de ſoulager nos
Sujets ,& Habitans , affoiblis
par les calamitez d'une longue
Guerre , & par les contributions
qu'ils y ont ſupportées
comme auſſi de mettre un
meilleur ordre dans les revenus
:
A iij
6 MERCURE
de noſtre Chambre des Finan .
ces & autres. Sur quoi ayant
conſideré la conſtitution de
nofdits revenus , afin d'y
proportionner noſtre dépenſe
, & de rétablir la confiance
,& le credit qui avoient
fouffert quelque diminution
en forte que le commerce en
ſoit avancé , & les contributions
diminuées ; & que par
l'établiſſement d'une bonne
Oeconomie , & du foulagement
qui en reviendra à nos
fideles Royaumes >
& Etats
Hereditaires , ils ayent occafion
de fleurir , & de profperer.
GALANT. 7
i
1
Deſſein ſalutaire que nous
n'avons pû executer juſqu'à
preſent , à cauſe de la guerre
paffée , & des autres fâcheuſes
circonſtances du temps. Et
ayant reconnuque de tous les
moyens poſſibles , pour parvenir
à cette noſtre intention ,
il n'y en avoit point de plus
convenable , que l'introduction
d'une eſpece de Banque
dans tous nos Royaumes , &
Etats Hereditaires , maintenant
que par la Providence &
bonté Divine ils joüiſſent tous
d'une tranquille Paix' : Nous
avons réſolu de l'avis de nos
A iiij
8 MERCURE
fideles Miniſtres , aprés meure
déliberation , d'ériger dans
tous nos ſuſdits Royaumes &
Etats , une Banque generale ,
libre & telle , que chacun y
trouve ſa ſcureté ,& non- feulement
de la munir d'un Gouvernement
autorisé , mais auffi
de le rendre indépendant du
Conſeil de la Chancellerie de
noſtre Cour , & autres Jurifdictions
ſubalternes . Nous
avons en outre pourvû , à ce
que ladite Banque ſoit établic
fur un fonds fuffilant , pour
fournir à tous les payemens
&debourſemens neceſſaires ,
GALANT. 9
ſans que l'on puiſſe jamais en
diftraire aucune partie , pour
s'en ſervir ailleurs , ni le charger
d'aucune forte d'impoſition.
Mais au contraire que
les Bancaliftes puiffent en donnant
des ſeuretez ſuffiſantes
pour le remboursement , y
trouver , de fois à autre , fur
leur credit , les ſommes dont
ils auront beſoin , pour faire
leurs payemens , & pour la
Manutention de leur trafic ,
negoce & Manufactures , &c.
moyennant trois pour cent
d'interêrs , par où ils éviteront
l'inconvenient des emprunts à
10 MERCURE
groſſe Ulure , àl'effet de quoi,
&pour conſtituer à ladite Banque
un fonds ſeur & ftable ,
Nous avons gracieuſement
réſolu .
1. Qu'entr'autres biens venus
ou venans qui nous appartiennent
, feront attribuez
& affectez à ladite Banque ,
comme en Dot , tous les reftans
ſans exception , qui nous
ſont dûs en divers Offices ou
Bureaux ,& deſquels le compte
n'a pas encore été rendu , ordonnant
, & donnant pouvoir
aux Directeurs de la Banque ,
d'en faire la recherche &liquiGALANT.
II
dation , & d'en exiger le payement
de la maniere qu'ils trouveront
la plus convenable.
Item .
2. Tout ce qui nous ſera
dû pour le Droit d'Abfart ,
qui ſe paye quand on délaiffe
totalement le Pays , ordonnant
aux Officiers de noſtre
Cour , & à nos Subſtituez ,
dans nos Royaumes& Etats
d'en rendre compte. Comme
auſſi , tous les biens qui ſetrouveront
nous écheoir par caducité
,toutes les contrebandes,
&toutes les confiſcations en
argent. Item.
,
11 MERCURE
3. Nous cedons & laiffons
àperpetuité à ladite Banque ,
le droit appellé la taxe , qui
nous appartient en noſtre qualité
de Souverain du Pays , &
generalement toutes les
amendes en argent qui tombent
en noſtre Treforerie.
Item.
4. Nous attribuons & affectons
à ladite Banque tout ce
que chacundevra payer, ſelon
ſa Claſſe , pour Arthes de Legitimation
, lorſque voulant
joüir des Privileges,Prerogatives
, Benefices , & Avantages
d'icelle, il ſe fera infcrire
GALANT. 13
dans le Regiſtre de la Banque
ſelon la Matricule cy- jointe ,
leſdites Claſſes y étant tellement
diſpoſées , que ceux de
la baſſe devront payer trois
cent florins,&ceux de la plus
haute deux cent. Item.
s. Tout ce qui ſe devra
payer pour Arthe de Legitimation
, par ceux qui poffedent
quelque Charge ouOffice
, dans tous nos Royaumes,
&Etats Hereditaires, ſoit dans
le Civil , ou dans le Militaire ,
foit dans nôtre Cour , ou dans
les Jurisdictions qui en dépendent
, ſoit en nôtre Chambre
14 MERCURE
des Finances ou autres , & generalement
tous ceux qui nous
font obligez par Serment , ou
qui reçoivent par an de nôtre
Treſorerie , la ſommede soo.
florins ou plus , pour Gages ,
Aides , ou Penſions , à l'exception
ſeulement des Gens de
Livrée qui ſervent à nosCours
Imperiales , nôtre volonté
étant que tous les autres
payent une fois , fix pour cent
de l'argent qu'ils reçoivent par
an ; Et à l'égard de ceux qui
obtiendront ci -aprés quelques
Appointemens ,Gages ouPen-.
fions de soo. florins ou auGALANT.
15
deſſus , ils feront obligez d'en
laiſſer à la Banque une demie
année ; non pourtant à une
fois , mais par Quartiers ; ſcavoir
le Premier , & le Troifiéme.
Moyennant quoy auſſi ,
ils ſeront exactement payez
dans la ſuite. Item .
6. Tout ce qui proviendra
de l'Arthe des Affignations
fur nos Revenus & Concefſions
, tant Militaires que de la
Chambredes Finances ,qui ſe
payent aux Gens deGuerre en
Argent comptant , & non en
Portions de Vivres , leſquels
Payemens pour plus de ſeure
16 MERCURE
té & de regularité , ſe feront
à l'avenir par la Caiffe generale
de la Banque , les aflignez
gardant neanmoins toûjours
leur premier Droit d'Hypoteque.
Il en ſera de même de
ceux auſquels on aura donné
des Affeurances & Affignations
ſur la Banque , ou qui
ſeront compris dans l'état general
des Liquidations , & Difpoſitions
, leſquels y recevant
regulierement , & à tems le
Capital & les Interêts de la
ſomme qui leur aura été aſſignée
, en laifferont trois pour
Cent à ladite Banque , ce qui
leur
GALANT. 17
leur ſera une perte fort petite ,
&preſqu'inſenſible , en comparaiſon
de celle qu'ils étoient
ſouvent obligez de ſupporter
ci devant , par diverſes Avaries
qui leur étoient faites.
Item.
7. Tout ce qui proviendra
del'Arrhe de Reſervation, qui
conſiſte en ce que ceux des
Bancaliſtes qui voudront retirer
leur Capital , payeront un
pourCent de Reconnoiffance,
au lieu que ceux qui l'y laiſſferont
, pourront , en vertu des
Privileges accordez aufdirs
Bancalides ,le negotier à vo-
May 1715. B
18 MERCURE
lonté , & neanmoins en recevoir
trois pour Cent d'Interêt
; de ſorte que les Negotians
qui voudront entrer dans
la participation de ladite Banque
, jou ront du Capital , &
pourront en même tems en
faire ailleurs leur profit par la
voye de la Negociation. Mais
parce que ces Negociationslà
, & les Tranſports des Parties
aſſignées , emporteront
beaucoup d'Ecritures , laBanque
en retiendraun pourCent,
ainſi qu'il ſe pratique ailleurs .
Item.
8. L'Arrhe de ContribuGALANT.
I19
tion , que devront payer les
Juifs qui font tolerez dans nos
Royaumes & Pays Hereditaires
, & qui vivent ſous nôtre
Protection , laquelle Contribution
,ils devront payer fuivant
la Liſte cy-jointe , pour
joüir des Privileges & Benefices
de la Banque , & ils ne ſeront
point admis à pouvoir
negotier avec nôtre Trefore,
rie , ni de tenir ou obtenir ciaprés
quelque Employ au fervice
dans nôtre Chancellerie
de Cour , ou du Pays , avant
d'avoir payé ladite Arthe
moins encore de pouvoir de-
,
Bij
20 MERCURE
meurer dans nôtre Ville de
Refidence.
Et comme nôtre Intention
eſt , que les Biens , Effets & Revenus
que nous avons affectez
à la Banque , pour luy ſervir
de Fonds ; ſçavoir , les reſtans
qui nous font encore dûs , les
Confiſcations , Caducitez
Contrebandes , Droits d'Abfart
, Taxe , Amendes pecuniaires
, Arthes de Legitimations
, d'Offices , de Reſervations
, & de Contributions des
Juifs , y entrent le plûtôt qu'il
ſera poſſible , afin que l'utilité
que la Banque en doit retirer ,
GALANT. 21
ne ſouffre aucun retardement.
C'eſt pourquoy , Nous voulons
& ordonnons , que tous
ceux qui poffedent quelque
Charge & Office de nôtre
Cour ou des Jurisdictions
د
qui en dépendent , ſoit Civil
ou Militaire
,
comme auffi
ceux qui ſont au ſervice de la
Chambre des Finances , &les
Juifs qui vivent ſous nôtre
Protection , ayent à remettre
aux Receveurs Commis pour
cela , dans le terme de fix ſemaines
, à compter du jour
de la Publication des preſentes
, toutes les ſommes qu'ils
22 MERCURE
doivent remettre ou payer ſuivant
la Matricule ; ſçavoir ,
pour laBaſſe Autriche à la Banque
même ici à Vienne , &
pour la Haute Autriche à ſes
Colleges ſubſtituez à Lintz.
En outre , pour alleurer àladite
Banque ,un établiſſement
d'autant plus ferme & folide ,
Nous avons gratieuſement
pourvû , à ce que , outre le
Fonds perpetuel ci-deſſus mentionné
, qui produira annuellement
de groſſes ſommes , il
y en ait encore deux autres
Subfidiaires , dont l'un facilitera
les Payemens , & l'autre
GALANT . 23
S
,
c
-
1
S
-
1
fournira aux Bancaliſtes unc
ſeure Garantie de leurs Capitaux.
Le premier fe formera
de tous nos Revenus , tantMilitaires
que de la Chambre ,
qui ſe payent en argent&non
ennature; nôtre volonté étant
qu'ils paſſent tous par la Banque
; Et le ſecond qui ſera le
Fonds de Garantie , ſe trouvera
dans l'obligation où ſeront
tous les Officiers de la Banque,
à qui l'argent ſera confié , d'y
dépoſer à la Caiſſe un Capital .
proportionné aux ſommes
dont ils auront le maniement ,
duquel Capital ils tireront an24
MERCURE
nuellement cinq pour cent
d'Interêt; Et comme tout Succeffeur
àl Office ſera obligé ,
de prendre ſur ſon compte ,la
ſomme que ſon Predeceffeur
avoit depofée à la Banque , il
en refultera uneperpetuité de
Fonds , de Seureté & de Garantie
,qui nedéfaudra point.
Item , pour mieux contribuer
encore à l'affermiſſement
& accroiffement de ladite Banque
, Nous luy avons gratieu-
• ſement Octroyéles Privileges,
Exemptions & Benefices Livans
, dont les uns ſont Rée's ,
& appartiennent à la Banque
même ,
:
GALANT. 25
:
même , & les autres Perſonnels
, c'est- à- dire , concernant
lesBancaliſtes , chacun ſelon la
ſomme qu'ily aura miſe ,&la
Claſſedont il ſera .
1. Que les Directeurs de la
Banque , avec leurs Colleges
ſubſtituez , feront exempts ,
eu égard à leur Adminiſtration
& Fonction , de la JurifdictionduConſeil
de la Chancellerie
de laCour , & de celle
de nôtre Chambre des Finances
,& de toutes les Jurifdictions
ou Inſtances qui ſe trouvent
dans nos Royaumes ou
Pays Hereditaires , mais qu'ils
May 1715. C
26 MERCURE
F
dépendront uniquement de la
Direction & Sur - Intendance
du Gouvernement de la Ban.
que , lequel nous établiſſons
pour ſon avancement & conſervation
dans la maniere qui
fuit ; ſçavoir.
>
2. Qu'afin qu'elle ſe puiſſe
toûjours maintenir en bon
état , & qu'en cas de Peſte
de crainte de l'Ennemi , ou
d'autres accidens ſemblables ,
les Bancaliſtes , & les autres
Creanciers , puiſſent toûjours
y retrouver ,& en retirer fon
argent ; Nous l'avons affranchie
& renduë libre par acte
GALANT. 27
םי
,
コン
"
paſſé avec elle , à tel point
qu'elle ne ſera pas obligée de
donner credit , ni à nous , ni
àquelque Particulier que ce
foit,fans une fuffiſante ſeureté
qui la puiſſe garantir de
perte.
3. Quand il faudra remplir
les PlacesdeCaiſſiers ,Teneurs
de Livres , Ecrivains , &autres
Officiers Subalternes , les Directeurs
nommeront pour
e5s chaque Place trois Sujets ,
S
-
2
entre ceux qu'ils jugerontpropres
à les remplir , ils les propoſeront
au Gouvernement
de la Banque , & leGouverne-
Cij
28 MERCURE
ment en choiſira upasu
4. Iln'y aura que ceux qui
auront contribué annuelleiment
à la petite Contribution
de la Banque , ſelon les Claſſes
de la Matricule , qui puiflent
poſſeder des Offices Civils ou
Militaires , ou des Fonctions
publiques du nombre de celles
que nous conferons par la
Chancellerie , & Jurifdiction
de noſtre Cour , ou autres qui
en dépendent , y compris les
Docteurs , Avocats , Agents ,
&autres ſemblables , tous lefquels
voulant conſerver leur
Office , feront obligez de ſe
GALANT. 29
1
faire infcrire , & immatriculer
dans le terme ordonné. Toutefois
les Charges Militaires
dépendront ſeulement de nôtre
Conſeilde Guerre , & des
Tribunaux , Jurisdictions , &
Chancelleries ,qui en dépendent.
,
5. Iln'yauraque ceux qui
auront auparavant fervi fix
mois dans la Banque , qui
foient capables dans la ſuite
de parvenir à un autre pareil
Employ , Fonction ou Franchiſe
, ou d'obtenir quelque
Fief qui nous feroit devolu ,
ou de recevoir de nous quel
Ciij
30 MERCURE
quesAppointemens ,Aides ou
Penfions. Il ne ſera pas licite,
non plus à la Judicature de
nôtre Cour , au Conſeil de
la Chancellerie & autres qui
en dépendent , aprés le terme
d'un an , à compter du jour de
la publication des preſentes
d'expedier des Graces qui dépendent
de noſtre Bon plaifir ,
finon à ceux qui feront legitimez
comme il appartient.
6. Les Capitaux des Ban.
caliſtes , ſoit qu'ils les ayent
acquis par affignation , ou
qu'ils les ayent mis eux mêmes
à la Banque , feront francs
GALANT. 31
, aprés le terme de ſix mois
des Droitsque les autres biens
payent ,& de toute contribution
telle qu'elle puiſſe être.
Ils ne pourront y être ſoumis
fous quelque pretexte qu'on
ſe puiſſe imaginer. Parcillement.
7. S'il ſe fait quelque Arrêt ,
furquelques effets de la Banque
& que le Débiteur ſoit un
Bancaliſte , on ne pourra proceder
au tranſport deſdits
effets , au profit de ſes creanciers
, juſques à ce que l'on ait
fait recherche de ſes autres
Biens , &qu'il ait apparu qu'il
C iiij
32 MERCURE
n'en ait point d'autres que
ceux là.
8. L'argent qui aura été
mis ou confié à la Banque ne
fera point ſujet à confiſcation
fice n'eſt pour crime de Leze
Majefté , ou qu'il y cût collu.
ſion entre deux Perſonnes ,
dont l'une prêteroit fonnom
à l'autre , par tromperie , &
en fraudede l'inſtitution.
9. Les Etrangers qui feront
intereſſez dans la Banque ,
joüiront avec nos ſujets &
habitans d'une égale ſeureté ,
pour leurs Capitaux & Avances.
Il n'y aura nulle difference
GALANTC. 33
entr'eux à cet égard ,& s'il
arrive une Guerre entre Nous
&le Prince , ou la Seigneurie,
dont le Bancaliſte étranger ſeroit
ſujet , fonCapital ne ſera
point ſujet aux confiſcations
&ſaiſies pratiquées en cesoccafions.
10. Quand aux Negotiations
ou Payemens qui ſe
feront dans la Banque , ou
par la Banque , il ne ſera pas
abfolument neceffaire pour
ſa propre ſeureté d'en avoir
des Certificats , & fi le Débiteur
venoit à perdre la Quittance
du payement qu'il au34
MERCURE
roit fait , il luy luffira d'en
tirer un Extrait du Livre dela
Banque. Cet Extrait vaudra
en Juſtice , contre toute ex)
ception , à moins qu'elle ne
für tirée du contenu même de
l'Extrait.
9
11. S'il ſurvient des Differens
pour des affaires de laBanque
, quelles qu'elles foient
&qu'on en vienne à plaider
contradictoirement , les Bancaliſtes
ne pourront point être
attirez pour telles affaires
pardevant les Tribunaux de la
Cour& autres qui endépendent
, encore que d'ailleurs ils
GALANT. 35
i
en relevaſſent , mais on connoîtradudifferend
dans la premiere
Inſtance judiciaire de la
Banque , d'où l'on pourra appeller
au Gouvernement de
la même Banque , qui en jugera
Souverainement , felon les
Loix & Ordonnances qui en
feront faires , & l'on ne chargera
les Parties d'aucun Droit
de Reviſion ou d'Appel.
12. Chaque Bancaliſte
pourra ſe prevaloir à laBanque,
d'une ſomme proportionnéc
aux Arrhes de Contribution
qu'il y aura payé ſuivant la
matricule ; c'est-à-dire qu'en
36 MERCURE
payant un florin , il pourra ſe
prevaloirdecentt,,&pour 200.
de vingt mille à trois pour le
cent d'intereſt , au cas que la
Banque y puiſſe fournir. Et
par contre.
13. Chaque Bancaliſte , retireratrois
pour cent d'interét ,
detoutes les ſommes qu'il aura
miſes àla Banque , c'eſt à dire
que de cent florins il en retirera
trois par an , & que de fix
mille fix cent foixante fix ,&
quarante Creutzers , il en retirera
deux cent. Et quoiqu'un
tel Bancaliſte vienne à
negotier par Affignation la
GALANT. 37
ſomme de fon Capital , il ne
laiſſera pas de joüir toûjours
de l'interêtde trois pour cent ,
àmoins qu'il ne vint à negotier
leCapital même , ou qu'il ne
le returâtde la Banque en argent
comptant , car le Benefi
ce de la Banque ſera tel , que
toutBancaliſte pourra negotier
dedans ou hors la Banque la
fommede ſonCapital,&neanmoins
continuer de joüir effectivement
du Capital même
&tirer du profit. Mais ſi ce
Bancaliſte vouloit retirer fon
Capital de la Banque en argent
il feraobligé de le noti
38 MERCURE
fier fix mois devant , & ne le
pourrapas retirer avantl'expiration
de ce terme , quand
même il voudroit renoncer au
Benefice de le pouvoir negotier
, mais il pourra , comme
il a été dit ci - deſſus , le tranfporter
ou affigner à un troifiéme.
Pareillement la Banque
ne pourra pas rembourſer à
un Bancaliſte ſon Capital ,
fans ſa volonté , ſans le luy
avoir notifié trois mois auparavant
.
14. Tout Bancaliſte pourra
depoſer à la Banque l'argent
qu'il aura enCaiffe , fans payer
GALANT. 39
}
l'un pour cent de garde qui
s'exige en d'autres Banques ,
&fans aucune forte d'avarie.
On ne pourray dépoſer moins
de mille florins à la fois ,& en
le retirant , onne pourra en
prendre ou affigner des Parties
moindres de cent florins .Mais
lareception , & la reſtitution
s'en feront abſolument gratis ,
& fans frais. Les perſonnes
aſſignées ſur ledit dépoſt
pourront demême en diſpoſer
librement& fans frais . Par ce
moyen les riches Negotians
&autres pourront , s'il veulent
épargner la dépenſe annuelle
40 MERCURE
،
d'unCaiſſier , éviter le danger
de ſon infidelité , ou même de
leur vie , celuy du feu & autres
finiſtres accidents auf
quels font expoſez ceux qui
tiennent leur argent chez eux.
15. Il ſera pourvû contre
ledanger de la perte de Documents
, ou receus que la Banque
donnera des ſommes
qu'on y aura mifes , en forte
que le Poffeffeur illegitime ,
c'eſt à-dire celuy qui les auroit
derobez , ou acquis par d'autres
voyes indirectes ,ne pourra
s'en prevaloir s'il ne montre
un ſigne , que la Banquedonnera
GALANT. 41
nera au veritable proprietaire
, avec le receu de ſon argent
,& fi le vrayProprietaire
venoit àperdre ſonDocument
ou receu , par infidelité , incendie
, ou autre cas fortuit
il pourra toûjours , en produiſant
ledit ſigne , recevoir ſon
entier payement.
16. On ne recevra au Gouvernement
de la Banque , ni
dans lesColleges ſubſtituez
ni même dans le ſervice &
adminiſtration d'icelle , que
des Bancaliſtes , & ils y feront
promus par Election , & avancez
chacun à proportion de
May 1715 . D
42 MERCURE
la Claſſe dont il ſera dans la
matricule.
Pour plus grande ſeuretédes
Bancalıſtes , & Crediteurs de
laBanque , nous avons encore
gracieuſement réſolu , d'y
établir un Gouvernement
fuperieur , auquel nous avons
donné telle autorité , qu'il
n'eſt pas même ſoumis à laJurisdiction
du Tribunal de
nôtre Cour , mais ſeulement
ànous comme fuprême Prorecteur
& Conſervateur de
ladite Banque generale. Ledie
Gouvernement veillera fur
tout , à ce que l'on ne déroge
GALANT. 43
en rien aux Loix fondamentales
, Prerogatives , Privileges
&Franchiſes de la Banque. A
ce que le Fondsperpetuel n'en
foit point diſtrait ,& employé
ailleurs , & à ce que nos Revenus
militaires & de nôtre
Chambre des Finances , qui
pafferont par la Caiſſe de la
Banque , ne foient point chargez
d'aſſignation au delà de ce
qu'ils pourront fournir. Pour
cet effet il ſe fera tous les ans
un état de recette , &de dépenſeà
proportion de ce qui
ſera entré&cet état ſera dreſſé
de concert entre noſtre
"
Dij
44 MERGURE
Chambre des Finances , le
Gouvernement de la Banque,
& la Banque même. Par ce
moyen , ceux qui feront affignez
ſur la Banque , entre lef
quels voulons qu'on ait un
égard particulier , aux gens
de noſtre Cour , & de Guerre,
comme auflianos Conſeillers
effectifs , gens d'offices & ferviteurs
à gages , dans tous nos
Royaumes & Pays hereditaires
, feront payez regulierement
par quartiers ,& l'on en
fera tous les jours le compte
&le bilau.
En cas que dans les cours
GALANT 45
de l'année nous cuffions beſoin
du credit de la Banque ,
pour fournir à des dépenſes
inevitables , elle ne ſera en
nulle maniere obligée de les
prêter,au delàdes ſeuretez que
nous luy donnerons pour fon
remboursement. Et fi le gouvernement
de la Banque s'apperçoit
de quelque irregularité
ou negotiation prejudiciable
&dangereuſe , il y apportera
incontinent le remede convcnable.
Et afin que cela puiſſe être
facilement executé , nous
avons fait donner au Gouver
46 MERCURE
nement de la Banque , & à la
Banque mêmedes inſtructions
fuffiſantes pour prevenir les
malverſations , & pour y établir&
maintenir l'ordre & la
regularité.
Les avantages qui reviendront
de cet établiſſement au
Public,&à nos propres Finances
, doivent raffeurer contre
la crainte qu'il ſoit un jour
renverſé . Les revenus de nôtre
Chambre des Finances en
,
feront augmentez, & nos dertes
plûtôt acquittées. Par le
bon ordre qu'on y établira
nôtre Treſoreric, ne ſera plus
GALANT. 47
chargée de dettes injuftes. Il
n'y aura que les legitimes qui
foient payées,& elles le ſeront
exactement. LesColleges de la
Banque,&Controlleursétablis
dans tous nos Royaumes &
Pays hereditaires , auront l'oeil
fur les gens d'Office. Ils cmpêcheront
les fraudes , & les
pratiques dangereuſes. Les
gensde Guerre aſſignez ſur la
Banque pour le payement de
leurs gages , les recevront
regulierement , & feront entretenus
en bon état. Nos
fidelles ſujets & habitans , y
trouveront en diverſes ma
48 MERCURE
nieres du foulagement. Le
credit ſera augmenté , & le
cours de l'uſure , ſi prejudiciable
à nous & à nos Etats
ſera arrêté . Par le retranchement
des intereſts exceſſifs
nôtre Treforerie ſera ſoula-
*
gée. Nôtredite Cour ſera
pourveuë à temps de choſes
neceſſaires , d'où ſuivra une
épargne conſiderable. L'on
aſſiſtera dans leur trafic les
Bourgeois & Marchands , qui
ſe ſeront intereſſez dans la Banque
, en leur fourniſſant de
groſſes ſommes , à petit intereſt.
On mettra le Payſan
en
GALANT. 49
:
en état de payer plus facilement
ſes redevances . Et enfin
par l'accroiffement du Commerce
, on procurera feurement
la profperité publique.
Confiderant donc les avantages
qui refulteront pour
nous , & pour le Public , de
cette inſtitution , nous n'entendons
pas ſeulement , que
la Banque generale s'ouvre le
plûtôt qu'il ſera poffible ,
mais auffi d'y établir unGouvernement
, lequel en nôtre
place aye plein pouvoir , de
faire avec elle des Traitez &
Recez en bonne forme tou
May 1715. E
so MERCURE
,
chant les exemptions octroyées
, Capitaux cedez
& autres Sanctions & Benefi
ces ,contenus dans la preſente,
approuvant ce qui aura été
conclu , entre ledit Gouvernement
, & ladite Banque ,
fans qu'elle puiſſe jamais en
recevoir aucune incommodité.
Promettant
,
comme
ſuprême Protecteur , &Conſervateur
d'icelle , avec toutes
les aſſeurances que le Prince
peut donner , de la proteger ,
défendre & accrediter , autant
ou plus que l'Inſtitution ne
porte ,file beſoin le requiert.
Σ
GALANT. SI
Concluſionque pour une plus
entiere ſeureté de la Banque
ſuſdite , de ſes intereſſez & de
ceux qui negoticront avecelle ,
Nous avons promis & declaré
de nôtre pleine Puiſſance &
Autorité Souveraine , pour
nous , nos Heritiers & Succefſeurs
, par acte obligatoire &
Lettre de Fondation , couchée
dans la meilleure forme de
Droit , pour ſervir de Pragmatique
Sanction , valable à
perpetuité &de contrat د
reſpectif ; que nous n'entreprendrons&
ne ferons jamais
rien , qui ſoit contraire à la
E ij
52 MERCURE
,
,
Banque , moins encore , permettrons
. nous qu'aucune
ufurpation luy ſoit faite par
d'autres . En Foy de quoi nous
avons fait dreſſer trois Exemplaires
de la Lettre de Fondation
, ſignez de noſtre main
& fcellez de noſtre Sceau privé
Imperial , deſquels l'un ſera
remis à noſtre Gouvernement
de Banque , l'autre à laChambre
des Finances ;& le troifiéme
à la Banque libre& garande
; pour leur ſervir d'aſſeurance
& d'inſtruction. Donné
en noſtreVille Capitale & Refidence
de Vienne , le 14.
GALANT. 53
Decembre 1714. de noftre
Empire le quatrième , d'Efpagne
le douziéme , de Hongrie
,& de Bohême le quatrié
me. Ainfi ſigné
CHARLES. ( L.S. )
PHILIPPE LOUIS COMTE DE
SINZENDORF.
AdMandatum Sacre Cefa
rea add. & Catholica Majeftatis
proprium.
JAC. ERNST E. V. PLOCKNER.
à un tel point que les
Nouvelles Litteraires
n'excluënt de ce Livre les Nouvelles
generales , comme elles
ont fait le mois paffe , que
pour prevenir cet inconvenient
,je vais debuter par elles,
à commencer par ce nouvel
Edit de l'Empereur .
May 1715 . A ij
4 MERCURE
CHAR LES VI.
par la Grace de Dieu , élû
Empereur des Romains , toujours
Auguſte , Roy de Germanie
, des Eſpagnes ,deHongrie,
de Bohême, de Dalmatie
, de Croatie , d'Esclavonie,
&c. Archiduc d'Autriche ,
Duc de Bourgogne , de Stirie ,
de Carinthie ,de Carniole,
Wirtemberg , Comte d'Habfpurg
,de Flandres , de Tirol ,
Goricic ,&c. هد
Atous ceux quices prefentes
verront , ſçavoir faiſons ;
GALANT. 5
qu'aprés la mort de Sa Majefté
Imperiale Joſeph I. noſtre trescher
Frere , de glorieuſe memoire
, étant entrez dans la
poſſeſſiondenos fidelesRoyaumes
, Pays , & Etats Hereditaires
, noſtre premier ſoin a
été , à l'exemple de nos glorieux
predeceffeurs,entr'autres
affaires importantes , d'aviſer
aux moyens de ſoulager nos
Sujets ,& Habitans , affoiblis
par les calamitez d'une longue
Guerre , & par les contributions
qu'ils y ont ſupportées
comme auſſi de mettre un
meilleur ordre dans les revenus
:
A iij
6 MERCURE
de noſtre Chambre des Finan .
ces & autres. Sur quoi ayant
conſideré la conſtitution de
nofdits revenus , afin d'y
proportionner noſtre dépenſe
, & de rétablir la confiance
,& le credit qui avoient
fouffert quelque diminution
en forte que le commerce en
ſoit avancé , & les contributions
diminuées ; & que par
l'établiſſement d'une bonne
Oeconomie , & du foulagement
qui en reviendra à nos
fideles Royaumes >
& Etats
Hereditaires , ils ayent occafion
de fleurir , & de profperer.
GALANT. 7
i
1
Deſſein ſalutaire que nous
n'avons pû executer juſqu'à
preſent , à cauſe de la guerre
paffée , & des autres fâcheuſes
circonſtances du temps. Et
ayant reconnuque de tous les
moyens poſſibles , pour parvenir
à cette noſtre intention ,
il n'y en avoit point de plus
convenable , que l'introduction
d'une eſpece de Banque
dans tous nos Royaumes , &
Etats Hereditaires , maintenant
que par la Providence &
bonté Divine ils joüiſſent tous
d'une tranquille Paix' : Nous
avons réſolu de l'avis de nos
A iiij
8 MERCURE
fideles Miniſtres , aprés meure
déliberation , d'ériger dans
tous nos ſuſdits Royaumes &
Etats , une Banque generale ,
libre & telle , que chacun y
trouve ſa ſcureté ,& non- feulement
de la munir d'un Gouvernement
autorisé , mais auffi
de le rendre indépendant du
Conſeil de la Chancellerie de
noſtre Cour , & autres Jurifdictions
ſubalternes . Nous
avons en outre pourvû , à ce
que ladite Banque ſoit établic
fur un fonds fuffilant , pour
fournir à tous les payemens
&debourſemens neceſſaires ,
GALANT. 9
ſans que l'on puiſſe jamais en
diftraire aucune partie , pour
s'en ſervir ailleurs , ni le charger
d'aucune forte d'impoſition.
Mais au contraire que
les Bancaliftes puiffent en donnant
des ſeuretez ſuffiſantes
pour le remboursement , y
trouver , de fois à autre , fur
leur credit , les ſommes dont
ils auront beſoin , pour faire
leurs payemens , & pour la
Manutention de leur trafic ,
negoce & Manufactures , &c.
moyennant trois pour cent
d'interêrs , par où ils éviteront
l'inconvenient des emprunts à
10 MERCURE
groſſe Ulure , àl'effet de quoi,
&pour conſtituer à ladite Banque
un fonds ſeur & ftable ,
Nous avons gracieuſement
réſolu .
1. Qu'entr'autres biens venus
ou venans qui nous appartiennent
, feront attribuez
& affectez à ladite Banque ,
comme en Dot , tous les reftans
ſans exception , qui nous
ſont dûs en divers Offices ou
Bureaux ,& deſquels le compte
n'a pas encore été rendu , ordonnant
, & donnant pouvoir
aux Directeurs de la Banque ,
d'en faire la recherche &liquiGALANT.
II
dation , & d'en exiger le payement
de la maniere qu'ils trouveront
la plus convenable.
Item .
2. Tout ce qui nous ſera
dû pour le Droit d'Abfart ,
qui ſe paye quand on délaiffe
totalement le Pays , ordonnant
aux Officiers de noſtre
Cour , & à nos Subſtituez ,
dans nos Royaumes& Etats
d'en rendre compte. Comme
auſſi , tous les biens qui ſetrouveront
nous écheoir par caducité
,toutes les contrebandes,
&toutes les confiſcations en
argent. Item.
,
11 MERCURE
3. Nous cedons & laiffons
àperpetuité à ladite Banque ,
le droit appellé la taxe , qui
nous appartient en noſtre qualité
de Souverain du Pays , &
generalement toutes les
amendes en argent qui tombent
en noſtre Treforerie.
Item.
4. Nous attribuons & affectons
à ladite Banque tout ce
que chacundevra payer, ſelon
ſa Claſſe , pour Arthes de Legitimation
, lorſque voulant
joüir des Privileges,Prerogatives
, Benefices , & Avantages
d'icelle, il ſe fera infcrire
GALANT. 13
dans le Regiſtre de la Banque
ſelon la Matricule cy- jointe ,
leſdites Claſſes y étant tellement
diſpoſées , que ceux de
la baſſe devront payer trois
cent florins,&ceux de la plus
haute deux cent. Item.
s. Tout ce qui ſe devra
payer pour Arthe de Legitimation
, par ceux qui poffedent
quelque Charge ouOffice
, dans tous nos Royaumes,
&Etats Hereditaires, ſoit dans
le Civil , ou dans le Militaire ,
foit dans nôtre Cour , ou dans
les Jurisdictions qui en dépendent
, ſoit en nôtre Chambre
14 MERCURE
des Finances ou autres , & generalement
tous ceux qui nous
font obligez par Serment , ou
qui reçoivent par an de nôtre
Treſorerie , la ſommede soo.
florins ou plus , pour Gages ,
Aides , ou Penſions , à l'exception
ſeulement des Gens de
Livrée qui ſervent à nosCours
Imperiales , nôtre volonté
étant que tous les autres
payent une fois , fix pour cent
de l'argent qu'ils reçoivent par
an ; Et à l'égard de ceux qui
obtiendront ci -aprés quelques
Appointemens ,Gages ouPen-.
fions de soo. florins ou auGALANT.
15
deſſus , ils feront obligez d'en
laiſſer à la Banque une demie
année ; non pourtant à une
fois , mais par Quartiers ; ſcavoir
le Premier , & le Troifiéme.
Moyennant quoy auſſi ,
ils ſeront exactement payez
dans la ſuite. Item .
6. Tout ce qui proviendra
de l'Arthe des Affignations
fur nos Revenus & Concefſions
, tant Militaires que de la
Chambredes Finances ,qui ſe
payent aux Gens deGuerre en
Argent comptant , & non en
Portions de Vivres , leſquels
Payemens pour plus de ſeure
16 MERCURE
té & de regularité , ſe feront
à l'avenir par la Caiffe generale
de la Banque , les aflignez
gardant neanmoins toûjours
leur premier Droit d'Hypoteque.
Il en ſera de même de
ceux auſquels on aura donné
des Affeurances & Affignations
ſur la Banque , ou qui
ſeront compris dans l'état general
des Liquidations , & Difpoſitions
, leſquels y recevant
regulierement , & à tems le
Capital & les Interêts de la
ſomme qui leur aura été aſſignée
, en laifferont trois pour
Cent à ladite Banque , ce qui
leur
GALANT. 17
leur ſera une perte fort petite ,
&preſqu'inſenſible , en comparaiſon
de celle qu'ils étoient
ſouvent obligez de ſupporter
ci devant , par diverſes Avaries
qui leur étoient faites.
Item.
7. Tout ce qui proviendra
del'Arrhe de Reſervation, qui
conſiſte en ce que ceux des
Bancaliſtes qui voudront retirer
leur Capital , payeront un
pourCent de Reconnoiffance,
au lieu que ceux qui l'y laiſſferont
, pourront , en vertu des
Privileges accordez aufdirs
Bancalides ,le negotier à vo-
May 1715. B
18 MERCURE
lonté , & neanmoins en recevoir
trois pour Cent d'Interêt
; de ſorte que les Negotians
qui voudront entrer dans
la participation de ladite Banque
, jou ront du Capital , &
pourront en même tems en
faire ailleurs leur profit par la
voye de la Negociation. Mais
parce que ces Negociationslà
, & les Tranſports des Parties
aſſignées , emporteront
beaucoup d'Ecritures , laBanque
en retiendraun pourCent,
ainſi qu'il ſe pratique ailleurs .
Item.
8. L'Arrhe de ContribuGALANT.
I19
tion , que devront payer les
Juifs qui font tolerez dans nos
Royaumes & Pays Hereditaires
, & qui vivent ſous nôtre
Protection , laquelle Contribution
,ils devront payer fuivant
la Liſte cy-jointe , pour
joüir des Privileges & Benefices
de la Banque , & ils ne ſeront
point admis à pouvoir
negotier avec nôtre Trefore,
rie , ni de tenir ou obtenir ciaprés
quelque Employ au fervice
dans nôtre Chancellerie
de Cour , ou du Pays , avant
d'avoir payé ladite Arthe
moins encore de pouvoir de-
,
Bij
20 MERCURE
meurer dans nôtre Ville de
Refidence.
Et comme nôtre Intention
eſt , que les Biens , Effets & Revenus
que nous avons affectez
à la Banque , pour luy ſervir
de Fonds ; ſçavoir , les reſtans
qui nous font encore dûs , les
Confiſcations , Caducitez
Contrebandes , Droits d'Abfart
, Taxe , Amendes pecuniaires
, Arthes de Legitimations
, d'Offices , de Reſervations
, & de Contributions des
Juifs , y entrent le plûtôt qu'il
ſera poſſible , afin que l'utilité
que la Banque en doit retirer ,
GALANT. 21
ne ſouffre aucun retardement.
C'eſt pourquoy , Nous voulons
& ordonnons , que tous
ceux qui poffedent quelque
Charge & Office de nôtre
Cour ou des Jurisdictions
د
qui en dépendent , ſoit Civil
ou Militaire
,
comme auffi
ceux qui ſont au ſervice de la
Chambre des Finances , &les
Juifs qui vivent ſous nôtre
Protection , ayent à remettre
aux Receveurs Commis pour
cela , dans le terme de fix ſemaines
, à compter du jour
de la Publication des preſentes
, toutes les ſommes qu'ils
22 MERCURE
doivent remettre ou payer ſuivant
la Matricule ; ſçavoir ,
pour laBaſſe Autriche à la Banque
même ici à Vienne , &
pour la Haute Autriche à ſes
Colleges ſubſtituez à Lintz.
En outre , pour alleurer àladite
Banque ,un établiſſement
d'autant plus ferme & folide ,
Nous avons gratieuſement
pourvû , à ce que , outre le
Fonds perpetuel ci-deſſus mentionné
, qui produira annuellement
de groſſes ſommes , il
y en ait encore deux autres
Subfidiaires , dont l'un facilitera
les Payemens , & l'autre
GALANT . 23
S
,
c
-
1
S
-
1
fournira aux Bancaliſtes unc
ſeure Garantie de leurs Capitaux.
Le premier fe formera
de tous nos Revenus , tantMilitaires
que de la Chambre ,
qui ſe payent en argent&non
ennature; nôtre volonté étant
qu'ils paſſent tous par la Banque
; Et le ſecond qui ſera le
Fonds de Garantie , ſe trouvera
dans l'obligation où ſeront
tous les Officiers de la Banque,
à qui l'argent ſera confié , d'y
dépoſer à la Caiſſe un Capital .
proportionné aux ſommes
dont ils auront le maniement ,
duquel Capital ils tireront an24
MERCURE
nuellement cinq pour cent
d'Interêt; Et comme tout Succeffeur
àl Office ſera obligé ,
de prendre ſur ſon compte ,la
ſomme que ſon Predeceffeur
avoit depofée à la Banque , il
en refultera uneperpetuité de
Fonds , de Seureté & de Garantie
,qui nedéfaudra point.
Item , pour mieux contribuer
encore à l'affermiſſement
& accroiffement de ladite Banque
, Nous luy avons gratieu-
• ſement Octroyéles Privileges,
Exemptions & Benefices Livans
, dont les uns ſont Rée's ,
& appartiennent à la Banque
même ,
:
GALANT. 25
:
même , & les autres Perſonnels
, c'est- à- dire , concernant
lesBancaliſtes , chacun ſelon la
ſomme qu'ily aura miſe ,&la
Claſſedont il ſera .
1. Que les Directeurs de la
Banque , avec leurs Colleges
ſubſtituez , feront exempts ,
eu égard à leur Adminiſtration
& Fonction , de la JurifdictionduConſeil
de la Chancellerie
de laCour , & de celle
de nôtre Chambre des Finances
,& de toutes les Jurifdictions
ou Inſtances qui ſe trouvent
dans nos Royaumes ou
Pays Hereditaires , mais qu'ils
May 1715. C
26 MERCURE
F
dépendront uniquement de la
Direction & Sur - Intendance
du Gouvernement de la Ban.
que , lequel nous établiſſons
pour ſon avancement & conſervation
dans la maniere qui
fuit ; ſçavoir.
>
2. Qu'afin qu'elle ſe puiſſe
toûjours maintenir en bon
état , & qu'en cas de Peſte
de crainte de l'Ennemi , ou
d'autres accidens ſemblables ,
les Bancaliſtes , & les autres
Creanciers , puiſſent toûjours
y retrouver ,& en retirer fon
argent ; Nous l'avons affranchie
& renduë libre par acte
GALANT. 27
םי
,
コン
"
paſſé avec elle , à tel point
qu'elle ne ſera pas obligée de
donner credit , ni à nous , ni
àquelque Particulier que ce
foit,fans une fuffiſante ſeureté
qui la puiſſe garantir de
perte.
3. Quand il faudra remplir
les PlacesdeCaiſſiers ,Teneurs
de Livres , Ecrivains , &autres
Officiers Subalternes , les Directeurs
nommeront pour
e5s chaque Place trois Sujets ,
S
-
2
entre ceux qu'ils jugerontpropres
à les remplir , ils les propoſeront
au Gouvernement
de la Banque , & leGouverne-
Cij
28 MERCURE
ment en choiſira upasu
4. Iln'y aura que ceux qui
auront contribué annuelleiment
à la petite Contribution
de la Banque , ſelon les Claſſes
de la Matricule , qui puiflent
poſſeder des Offices Civils ou
Militaires , ou des Fonctions
publiques du nombre de celles
que nous conferons par la
Chancellerie , & Jurifdiction
de noſtre Cour , ou autres qui
en dépendent , y compris les
Docteurs , Avocats , Agents ,
&autres ſemblables , tous lefquels
voulant conſerver leur
Office , feront obligez de ſe
GALANT. 29
1
faire infcrire , & immatriculer
dans le terme ordonné. Toutefois
les Charges Militaires
dépendront ſeulement de nôtre
Conſeilde Guerre , & des
Tribunaux , Jurisdictions , &
Chancelleries ,qui en dépendent.
,
5. Iln'yauraque ceux qui
auront auparavant fervi fix
mois dans la Banque , qui
foient capables dans la ſuite
de parvenir à un autre pareil
Employ , Fonction ou Franchiſe
, ou d'obtenir quelque
Fief qui nous feroit devolu ,
ou de recevoir de nous quel
Ciij
30 MERCURE
quesAppointemens ,Aides ou
Penfions. Il ne ſera pas licite,
non plus à la Judicature de
nôtre Cour , au Conſeil de
la Chancellerie & autres qui
en dépendent , aprés le terme
d'un an , à compter du jour de
la publication des preſentes
d'expedier des Graces qui dépendent
de noſtre Bon plaifir ,
finon à ceux qui feront legitimez
comme il appartient.
6. Les Capitaux des Ban.
caliſtes , ſoit qu'ils les ayent
acquis par affignation , ou
qu'ils les ayent mis eux mêmes
à la Banque , feront francs
GALANT. 31
, aprés le terme de ſix mois
des Droitsque les autres biens
payent ,& de toute contribution
telle qu'elle puiſſe être.
Ils ne pourront y être ſoumis
fous quelque pretexte qu'on
ſe puiſſe imaginer. Parcillement.
7. S'il ſe fait quelque Arrêt ,
furquelques effets de la Banque
& que le Débiteur ſoit un
Bancaliſte , on ne pourra proceder
au tranſport deſdits
effets , au profit de ſes creanciers
, juſques à ce que l'on ait
fait recherche de ſes autres
Biens , &qu'il ait apparu qu'il
C iiij
32 MERCURE
n'en ait point d'autres que
ceux là.
8. L'argent qui aura été
mis ou confié à la Banque ne
fera point ſujet à confiſcation
fice n'eſt pour crime de Leze
Majefté , ou qu'il y cût collu.
ſion entre deux Perſonnes ,
dont l'une prêteroit fonnom
à l'autre , par tromperie , &
en fraudede l'inſtitution.
9. Les Etrangers qui feront
intereſſez dans la Banque ,
joüiront avec nos ſujets &
habitans d'une égale ſeureté ,
pour leurs Capitaux & Avances.
Il n'y aura nulle difference
GALANTC. 33
entr'eux à cet égard ,& s'il
arrive une Guerre entre Nous
&le Prince , ou la Seigneurie,
dont le Bancaliſte étranger ſeroit
ſujet , fonCapital ne ſera
point ſujet aux confiſcations
&ſaiſies pratiquées en cesoccafions.
10. Quand aux Negotiations
ou Payemens qui ſe
feront dans la Banque , ou
par la Banque , il ne ſera pas
abfolument neceffaire pour
ſa propre ſeureté d'en avoir
des Certificats , & fi le Débiteur
venoit à perdre la Quittance
du payement qu'il au34
MERCURE
roit fait , il luy luffira d'en
tirer un Extrait du Livre dela
Banque. Cet Extrait vaudra
en Juſtice , contre toute ex)
ception , à moins qu'elle ne
für tirée du contenu même de
l'Extrait.
9
11. S'il ſurvient des Differens
pour des affaires de laBanque
, quelles qu'elles foient
&qu'on en vienne à plaider
contradictoirement , les Bancaliſtes
ne pourront point être
attirez pour telles affaires
pardevant les Tribunaux de la
Cour& autres qui endépendent
, encore que d'ailleurs ils
GALANT. 35
i
en relevaſſent , mais on connoîtradudifferend
dans la premiere
Inſtance judiciaire de la
Banque , d'où l'on pourra appeller
au Gouvernement de
la même Banque , qui en jugera
Souverainement , felon les
Loix & Ordonnances qui en
feront faires , & l'on ne chargera
les Parties d'aucun Droit
de Reviſion ou d'Appel.
12. Chaque Bancaliſte
pourra ſe prevaloir à laBanque,
d'une ſomme proportionnéc
aux Arrhes de Contribution
qu'il y aura payé ſuivant la
matricule ; c'est-à-dire qu'en
36 MERCURE
payant un florin , il pourra ſe
prevaloirdecentt,,&pour 200.
de vingt mille à trois pour le
cent d'intereſt , au cas que la
Banque y puiſſe fournir. Et
par contre.
13. Chaque Bancaliſte , retireratrois
pour cent d'interét ,
detoutes les ſommes qu'il aura
miſes àla Banque , c'eſt à dire
que de cent florins il en retirera
trois par an , & que de fix
mille fix cent foixante fix ,&
quarante Creutzers , il en retirera
deux cent. Et quoiqu'un
tel Bancaliſte vienne à
negotier par Affignation la
GALANT. 37
ſomme de fon Capital , il ne
laiſſera pas de joüir toûjours
de l'interêtde trois pour cent ,
àmoins qu'il ne vint à negotier
leCapital même , ou qu'il ne
le returâtde la Banque en argent
comptant , car le Benefi
ce de la Banque ſera tel , que
toutBancaliſte pourra negotier
dedans ou hors la Banque la
fommede ſonCapital,&neanmoins
continuer de joüir effectivement
du Capital même
&tirer du profit. Mais ſi ce
Bancaliſte vouloit retirer fon
Capital de la Banque en argent
il feraobligé de le noti
38 MERCURE
fier fix mois devant , & ne le
pourrapas retirer avantl'expiration
de ce terme , quand
même il voudroit renoncer au
Benefice de le pouvoir negotier
, mais il pourra , comme
il a été dit ci - deſſus , le tranfporter
ou affigner à un troifiéme.
Pareillement la Banque
ne pourra pas rembourſer à
un Bancaliſte ſon Capital ,
fans ſa volonté , ſans le luy
avoir notifié trois mois auparavant
.
14. Tout Bancaliſte pourra
depoſer à la Banque l'argent
qu'il aura enCaiffe , fans payer
GALANT. 39
}
l'un pour cent de garde qui
s'exige en d'autres Banques ,
&fans aucune forte d'avarie.
On ne pourray dépoſer moins
de mille florins à la fois ,& en
le retirant , onne pourra en
prendre ou affigner des Parties
moindres de cent florins .Mais
lareception , & la reſtitution
s'en feront abſolument gratis ,
& fans frais. Les perſonnes
aſſignées ſur ledit dépoſt
pourront demême en diſpoſer
librement& fans frais . Par ce
moyen les riches Negotians
&autres pourront , s'il veulent
épargner la dépenſe annuelle
40 MERCURE
،
d'unCaiſſier , éviter le danger
de ſon infidelité , ou même de
leur vie , celuy du feu & autres
finiſtres accidents auf
quels font expoſez ceux qui
tiennent leur argent chez eux.
15. Il ſera pourvû contre
ledanger de la perte de Documents
, ou receus que la Banque
donnera des ſommes
qu'on y aura mifes , en forte
que le Poffeffeur illegitime ,
c'eſt à-dire celuy qui les auroit
derobez , ou acquis par d'autres
voyes indirectes ,ne pourra
s'en prevaloir s'il ne montre
un ſigne , que la Banquedonnera
GALANT. 41
nera au veritable proprietaire
, avec le receu de ſon argent
,& fi le vrayProprietaire
venoit àperdre ſonDocument
ou receu , par infidelité , incendie
, ou autre cas fortuit
il pourra toûjours , en produiſant
ledit ſigne , recevoir ſon
entier payement.
16. On ne recevra au Gouvernement
de la Banque , ni
dans lesColleges ſubſtituez
ni même dans le ſervice &
adminiſtration d'icelle , que
des Bancaliſtes , & ils y feront
promus par Election , & avancez
chacun à proportion de
May 1715 . D
42 MERCURE
la Claſſe dont il ſera dans la
matricule.
Pour plus grande ſeuretédes
Bancalıſtes , & Crediteurs de
laBanque , nous avons encore
gracieuſement réſolu , d'y
établir un Gouvernement
fuperieur , auquel nous avons
donné telle autorité , qu'il
n'eſt pas même ſoumis à laJurisdiction
du Tribunal de
nôtre Cour , mais ſeulement
ànous comme fuprême Prorecteur
& Conſervateur de
ladite Banque generale. Ledie
Gouvernement veillera fur
tout , à ce que l'on ne déroge
GALANT. 43
en rien aux Loix fondamentales
, Prerogatives , Privileges
&Franchiſes de la Banque. A
ce que le Fondsperpetuel n'en
foit point diſtrait ,& employé
ailleurs , & à ce que nos Revenus
militaires & de nôtre
Chambre des Finances , qui
pafferont par la Caiſſe de la
Banque , ne foient point chargez
d'aſſignation au delà de ce
qu'ils pourront fournir. Pour
cet effet il ſe fera tous les ans
un état de recette , &de dépenſeà
proportion de ce qui
ſera entré&cet état ſera dreſſé
de concert entre noſtre
"
Dij
44 MERGURE
Chambre des Finances , le
Gouvernement de la Banque,
& la Banque même. Par ce
moyen , ceux qui feront affignez
ſur la Banque , entre lef
quels voulons qu'on ait un
égard particulier , aux gens
de noſtre Cour , & de Guerre,
comme auflianos Conſeillers
effectifs , gens d'offices & ferviteurs
à gages , dans tous nos
Royaumes & Pays hereditaires
, feront payez regulierement
par quartiers ,& l'on en
fera tous les jours le compte
&le bilau.
En cas que dans les cours
GALANT 45
de l'année nous cuffions beſoin
du credit de la Banque ,
pour fournir à des dépenſes
inevitables , elle ne ſera en
nulle maniere obligée de les
prêter,au delàdes ſeuretez que
nous luy donnerons pour fon
remboursement. Et fi le gouvernement
de la Banque s'apperçoit
de quelque irregularité
ou negotiation prejudiciable
&dangereuſe , il y apportera
incontinent le remede convcnable.
Et afin que cela puiſſe être
facilement executé , nous
avons fait donner au Gouver
46 MERCURE
nement de la Banque , & à la
Banque mêmedes inſtructions
fuffiſantes pour prevenir les
malverſations , & pour y établir&
maintenir l'ordre & la
regularité.
Les avantages qui reviendront
de cet établiſſement au
Public,&à nos propres Finances
, doivent raffeurer contre
la crainte qu'il ſoit un jour
renverſé . Les revenus de nôtre
Chambre des Finances en
,
feront augmentez, & nos dertes
plûtôt acquittées. Par le
bon ordre qu'on y établira
nôtre Treſoreric, ne ſera plus
GALANT. 47
chargée de dettes injuftes. Il
n'y aura que les legitimes qui
foient payées,& elles le ſeront
exactement. LesColleges de la
Banque,&Controlleursétablis
dans tous nos Royaumes &
Pays hereditaires , auront l'oeil
fur les gens d'Office. Ils cmpêcheront
les fraudes , & les
pratiques dangereuſes. Les
gensde Guerre aſſignez ſur la
Banque pour le payement de
leurs gages , les recevront
regulierement , & feront entretenus
en bon état. Nos
fidelles ſujets & habitans , y
trouveront en diverſes ma
48 MERCURE
nieres du foulagement. Le
credit ſera augmenté , & le
cours de l'uſure , ſi prejudiciable
à nous & à nos Etats
ſera arrêté . Par le retranchement
des intereſts exceſſifs
nôtre Treforerie ſera ſoula-
*
gée. Nôtredite Cour ſera
pourveuë à temps de choſes
neceſſaires , d'où ſuivra une
épargne conſiderable. L'on
aſſiſtera dans leur trafic les
Bourgeois & Marchands , qui
ſe ſeront intereſſez dans la Banque
, en leur fourniſſant de
groſſes ſommes , à petit intereſt.
On mettra le Payſan
en
GALANT. 49
:
en état de payer plus facilement
ſes redevances . Et enfin
par l'accroiffement du Commerce
, on procurera feurement
la profperité publique.
Confiderant donc les avantages
qui refulteront pour
nous , & pour le Public , de
cette inſtitution , nous n'entendons
pas ſeulement , que
la Banque generale s'ouvre le
plûtôt qu'il ſera poffible ,
mais auffi d'y établir unGouvernement
, lequel en nôtre
place aye plein pouvoir , de
faire avec elle des Traitez &
Recez en bonne forme tou
May 1715. E
so MERCURE
,
chant les exemptions octroyées
, Capitaux cedez
& autres Sanctions & Benefi
ces ,contenus dans la preſente,
approuvant ce qui aura été
conclu , entre ledit Gouvernement
, & ladite Banque ,
fans qu'elle puiſſe jamais en
recevoir aucune incommodité.
Promettant
,
comme
ſuprême Protecteur , &Conſervateur
d'icelle , avec toutes
les aſſeurances que le Prince
peut donner , de la proteger ,
défendre & accrediter , autant
ou plus que l'Inſtitution ne
porte ,file beſoin le requiert.
Σ
GALANT. SI
Concluſionque pour une plus
entiere ſeureté de la Banque
ſuſdite , de ſes intereſſez & de
ceux qui negoticront avecelle ,
Nous avons promis & declaré
de nôtre pleine Puiſſance &
Autorité Souveraine , pour
nous , nos Heritiers & Succefſeurs
, par acte obligatoire &
Lettre de Fondation , couchée
dans la meilleure forme de
Droit , pour ſervir de Pragmatique
Sanction , valable à
perpetuité &de contrat د
reſpectif ; que nous n'entreprendrons&
ne ferons jamais
rien , qui ſoit contraire à la
E ij
52 MERCURE
,
,
Banque , moins encore , permettrons
. nous qu'aucune
ufurpation luy ſoit faite par
d'autres . En Foy de quoi nous
avons fait dreſſer trois Exemplaires
de la Lettre de Fondation
, ſignez de noſtre main
& fcellez de noſtre Sceau privé
Imperial , deſquels l'un ſera
remis à noſtre Gouvernement
de Banque , l'autre à laChambre
des Finances ;& le troifiéme
à la Banque libre& garande
; pour leur ſervir d'aſſeurance
& d'inſtruction. Donné
en noſtreVille Capitale & Refidence
de Vienne , le 14.
GALANT. 53
Decembre 1714. de noftre
Empire le quatrième , d'Efpagne
le douziéme , de Hongrie
,& de Bohême le quatrié
me. Ainfi ſigné
CHARLES. ( L.S. )
PHILIPPE LOUIS COMTE DE
SINZENDORF.
AdMandatum Sacre Cefa
rea add. & Catholica Majeftatis
proprium.
JAC. ERNST E. V. PLOCKNER.
Fermer
1517
CHARLES VI par la Grace de Dieu, élû Empereur des Romains, toûjours Auguste, Roy de Germanie, Des Espagnes, de Hongrie, de Bohême, de Dalmatie, de Croatie, d'Esclavonie, &c. Archiduc d'Autriche, Duc de Bourgogne, de Stirie, de Carinthie, de Carniole, & Wirtemberg, Comte d'Habspurg, de Flandres, de Tirol, & Goricie, &c.
1518
p. 100-104
A Palma, Capitale de Mayorque, ce 15. Avril. Situation des affaires de Mayorque.
Début :
Le Marquis de Rubis Commandant de Mayorque a caché tant [...]
Mots clefs :
Marquis, Roi, Majorque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Palma, Capitale de Mayorque, ce 15. Avril. Situation des affaires de Mayorque.
APalma,Capitale deMayorque,
ce 15. Avril vod
1
Situation des affaires deMayortant
que.
Le Marquis de Rubis CommandantdeMayorque
acaché
ant qu'il a pû au peuplele projet
que S. M. C. a fait pour réduire
cette Iſle à fon obéillance:
le peuple en ayant été informé
a fait des cabales pour
traverſer ce deſſein ; il a exilé
divers Mayorquins du party
du Roy d'Eſpagne. La No
GALANT. 101
bleſſe& tous les habitans des
Villages ſuivent le party du
Roy , il n'y a que la Ville de
Palmaoù ſont tous les principaux
Rebelles , & Refugiez
depuis la priſe de Barcelone ;
les bons ſujets du Roy , &
ceux qui craignent les malsheurs
de la guerre& la perte
de leurs biens , n'attendent
que la vue de l'Armée de M.
d'Asfelds , ou le débarque-
-ment des Troupes , pour con .
tribuer à la réduction de l'ifle .
La Garniſon de Palma
confifte en 700. chevaux du
pays ,montez par des Mique-
I inj
101 MERCURE
lets fugitifs de Catalogne
750. Allemands , & quelques
Religionnaires François ,un
Regiment de 400. hommes
Mayorquins,&un autreRegi
ment depluſieurs Nations qui
contient 750. hommes , &
So. hommes de la Colonelle,
faifant en tout deux mille
deux cent à deux mille trois
cent hommes.
On a apporté de Naples
vingt-deux pieces d'artillerie ,
de la poudre , des grenades ,
que les Mayorquins ont payez
deleur argent.
Le Marquis de Rubis a fait
GALANT. 103
i
faire des retranchemens avec
des fafcines par tous les endroits
où l'on peut débarquer ,
&il a fait mettre quatre pieces
de canon à chaque endroit.
On a fortifié la Ville de
Palma , & fait une Redoute
ou Fortereffe auCap blanc.02
On a tiré du Château d'Alcudia
, Don Joſeph Pons de
Leon ,& on a mis un Catalan
enfa place, ДНО
Le Marquis de Rubis aprés
avoir tiré des Negotians &
des Juifs Chrétiens qui font
dans la place , vingt- huit mille
piſtoles en diverſes occafions ,
I iiij
104 MERCURE
demande au commun de la
Ville ſoixante mille écus pour
le beſoin de la guerre, ce qui
cauſebiendumurmure parmy
le peuple , qui fait cependant
courir lebruit qu'il attendde
Naples un convoy tres - confiderable:
inq olalob
LeGouverneur d'Yvice Don
Domingo Canales a eſtéchangé,
&l'on a mis en ſa place le
nommé Vailly , frere du Marquis
d'Elpual , Chef des Volontaires
de Barcelone.
ce 15. Avril vod
1
Situation des affaires deMayortant
que.
Le Marquis de Rubis CommandantdeMayorque
acaché
ant qu'il a pû au peuplele projet
que S. M. C. a fait pour réduire
cette Iſle à fon obéillance:
le peuple en ayant été informé
a fait des cabales pour
traverſer ce deſſein ; il a exilé
divers Mayorquins du party
du Roy d'Eſpagne. La No
GALANT. 101
bleſſe& tous les habitans des
Villages ſuivent le party du
Roy , il n'y a que la Ville de
Palmaoù ſont tous les principaux
Rebelles , & Refugiez
depuis la priſe de Barcelone ;
les bons ſujets du Roy , &
ceux qui craignent les malsheurs
de la guerre& la perte
de leurs biens , n'attendent
que la vue de l'Armée de M.
d'Asfelds , ou le débarque-
-ment des Troupes , pour con .
tribuer à la réduction de l'ifle .
La Garniſon de Palma
confifte en 700. chevaux du
pays ,montez par des Mique-
I inj
101 MERCURE
lets fugitifs de Catalogne
750. Allemands , & quelques
Religionnaires François ,un
Regiment de 400. hommes
Mayorquins,&un autreRegi
ment depluſieurs Nations qui
contient 750. hommes , &
So. hommes de la Colonelle,
faifant en tout deux mille
deux cent à deux mille trois
cent hommes.
On a apporté de Naples
vingt-deux pieces d'artillerie ,
de la poudre , des grenades ,
que les Mayorquins ont payez
deleur argent.
Le Marquis de Rubis a fait
GALANT. 103
i
faire des retranchemens avec
des fafcines par tous les endroits
où l'on peut débarquer ,
&il a fait mettre quatre pieces
de canon à chaque endroit.
On a fortifié la Ville de
Palma , & fait une Redoute
ou Fortereffe auCap blanc.02
On a tiré du Château d'Alcudia
, Don Joſeph Pons de
Leon ,& on a mis un Catalan
enfa place, ДНО
Le Marquis de Rubis aprés
avoir tiré des Negotians &
des Juifs Chrétiens qui font
dans la place , vingt- huit mille
piſtoles en diverſes occafions ,
I iiij
104 MERCURE
demande au commun de la
Ville ſoixante mille écus pour
le beſoin de la guerre, ce qui
cauſebiendumurmure parmy
le peuple , qui fait cependant
courir lebruit qu'il attendde
Naples un convoy tres - confiderable:
inq olalob
LeGouverneur d'Yvice Don
Domingo Canales a eſtéchangé,
&l'on a mis en ſa place le
nommé Vailly , frere du Marquis
d'Elpual , Chef des Volontaires
de Barcelone.
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1519
p. 105-108
De Madrid le 15. Avril.
Début :
On a appris par des Lettres de Catalogne de la semaine [...]
Mots clefs :
Barcelone, Madrid, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Madrid le 15. Avril.
100De Madrid le 1 Auril
ymon a appris par des Lettres
: de Catalogne de la ſemaine
paffée , qu'on avoit retardé
Rembarquement des Troupes
deſtinées pour l'expedition de
Mayorque , parce que letems
n'eſtoitpas favorable. Ce délay
cependant , dont on ne
penetre pas bien les motifs ,
fait préſumer qu'il y aura un
ajuſtement avec les Mayorquins.
::0
M. Martinet , Comman-.
dant des quatre Navires qui
106 MERCURE
font à Cadis , doit paffer le
Détroit inceſſamment pour
joindre l'Armée de Barcelone.
Le fieur Roza reſte à Cadis
avec fon Vaiſſeau , où il attend
lePrince de Santo Buono
qu'il doit mener à ſa Viceroyauté
du Perou
Le Prince de Cellamarre ſo
difpofe àpartir pour fon Am
baffade de France.
Ala faveurduchangement
du Gouvernement , le Duc
d'Albukerque eſt forti de Segovie
pour venir folliciter à la
Cour la levéé de l'Indulte des
charges que l'on a miles fur
GALANT. 107
les effets qu'il a rapportez du
Mexique.
On a pas encore pris de reſolution
fur le reglement des
Tribunaux , ce qui inquiete
fort les gens qui ont des procez,&
l'on croit qu'il n'y aura
point deDeclaration du Roy
là deſſus , qu'aprés que S. M.
ſera arrivée à Aranjuez. On
ne doute preſque point que
Don Francifco Ronquillo ne
ſoit rétably dans la Chargede
Préſident de Caſtille
On a execuré dans Barcelone
deux fameux ſcelerats ,
compagnons de Moragas , qui
108 MERCURE
ont eu part à ſon crime , &
l'on fait le procés aux autres.
ymon a appris par des Lettres
: de Catalogne de la ſemaine
paffée , qu'on avoit retardé
Rembarquement des Troupes
deſtinées pour l'expedition de
Mayorque , parce que letems
n'eſtoitpas favorable. Ce délay
cependant , dont on ne
penetre pas bien les motifs ,
fait préſumer qu'il y aura un
ajuſtement avec les Mayorquins.
::0
M. Martinet , Comman-.
dant des quatre Navires qui
106 MERCURE
font à Cadis , doit paffer le
Détroit inceſſamment pour
joindre l'Armée de Barcelone.
Le fieur Roza reſte à Cadis
avec fon Vaiſſeau , où il attend
lePrince de Santo Buono
qu'il doit mener à ſa Viceroyauté
du Perou
Le Prince de Cellamarre ſo
difpofe àpartir pour fon Am
baffade de France.
Ala faveurduchangement
du Gouvernement , le Duc
d'Albukerque eſt forti de Segovie
pour venir folliciter à la
Cour la levéé de l'Indulte des
charges que l'on a miles fur
GALANT. 107
les effets qu'il a rapportez du
Mexique.
On a pas encore pris de reſolution
fur le reglement des
Tribunaux , ce qui inquiete
fort les gens qui ont des procez,&
l'on croit qu'il n'y aura
point deDeclaration du Roy
là deſſus , qu'aprés que S. M.
ſera arrivée à Aranjuez. On
ne doute preſque point que
Don Francifco Ronquillo ne
ſoit rétably dans la Chargede
Préſident de Caſtille
On a execuré dans Barcelone
deux fameux ſcelerats ,
compagnons de Moragas , qui
108 MERCURE
ont eu part à ſon crime , &
l'on fait le procés aux autres.
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1520
p. 108-110
De Madrid le 22.
Début :
On vient de faire pendant trois nuits de grandes illuminations [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Madrid le 22.
De Madrid le 220001
On vient de faire pendant
trois nuits de grandes illuminations
par toutes les Villes au
ſujetde la ratification duTrai
té de Paix avecle Portugal.
Le Roy & la Reine ont affifté
à tous les Offices dela Semaine
Sainte , &le Jeudy vers
les trois heures aprés midy
leurs Majeftez ont etté viſſter
les fept Eglifes les plus voiſines
du Retiro , accompagnées
GALANT. 109
i
de leurs Gardes , de leurs prin
cipauxOfficiers,& de pluſieurs
Grandsd'Elpagne.
Don Loüis de Miraval vient
d'être nommé Ambaſſadeur
pour laHollande; le Marquis
deS. Philippes ,Envoyé àGennes
, & le Duc de Popoli qui
doit ſuivre la Cour à Aranjuez
, premier Conſeiller du
Cabinet duRoy.
On a appris par des Lettres
des Canaries que la Flotille de
la nouvelle Eſpagne ne pourroit
fortir de la Vera- Crux
-qu'à la fin de Mars , parce que
ſes Vaificaux ne paroiffent pas
110 MERCURE
affez forts pour pouvoir fupporter
la violence des vents du
Nord.
Le Chevalier de Burgo ,
nommé Ambaſſadeur d'E
pagne auprés du Roy de Suede,
a receu de nouveaux ordres
pour hater ſon voyage
qu'il doit entreprendre par
Lisbonne pour ſe rendre de-là
àHambourg.
On vient de faire pendant
trois nuits de grandes illuminations
par toutes les Villes au
ſujetde la ratification duTrai
té de Paix avecle Portugal.
Le Roy & la Reine ont affifté
à tous les Offices dela Semaine
Sainte , &le Jeudy vers
les trois heures aprés midy
leurs Majeftez ont etté viſſter
les fept Eglifes les plus voiſines
du Retiro , accompagnées
GALANT. 109
i
de leurs Gardes , de leurs prin
cipauxOfficiers,& de pluſieurs
Grandsd'Elpagne.
Don Loüis de Miraval vient
d'être nommé Ambaſſadeur
pour laHollande; le Marquis
deS. Philippes ,Envoyé àGennes
, & le Duc de Popoli qui
doit ſuivre la Cour à Aranjuez
, premier Conſeiller du
Cabinet duRoy.
On a appris par des Lettres
des Canaries que la Flotille de
la nouvelle Eſpagne ne pourroit
fortir de la Vera- Crux
-qu'à la fin de Mars , parce que
ſes Vaificaux ne paroiffent pas
110 MERCURE
affez forts pour pouvoir fupporter
la violence des vents du
Nord.
Le Chevalier de Burgo ,
nommé Ambaſſadeur d'E
pagne auprés du Roy de Suede,
a receu de nouveaux ordres
pour hater ſon voyage
qu'il doit entreprendre par
Lisbonne pour ſe rendre de-là
àHambourg.
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1521
p. 110-111
De Madrid le 29. Avril.
Début :
Le Voyage d'Aranjuez a été encore differé jusqu'au deux [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Madrid le 29. Avril.
DeMadrid le 29. Avril.
Le voyage d'Aranjuez a été
encore differé juſqu'au deux
du mois prochain à cauſe de
GALAND.
quelques nouvelles indiſpoſitions
ſurvenuës à la Reine.
Le voyage d'Aranjuez a été
encore differé juſqu'au deux
du mois prochain à cauſe de
GALAND.
quelques nouvelles indiſpoſitions
ſurvenuës à la Reine.
Fermer
1522
p. 111-118
Autre Nouvelle au moins aussi interessante que les precedentes. Lettre de M. de la Baume, qui fait auprès de Monseigneur le Grand Prieur de France à Malthe, la fonction de Secretaire de ses Commandemens, à M. P.... A Malthe, le 12. d'Avril 1715.
Début :
Puisque j'occupe ici vôtre place, Monsieur, il est bien juste [...]
Mots clefs :
Grand maître, Grand prieur de France, Malte, Élection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Nouvelle au moins aussi interessante que les precedentes. Lettre de M. de la Baume, qui fait auprès de Monseigneur le Grand Prieur de France à Malthe, la fonction de Secretaire de ses Commandemens, à M. P.... A Malthe, le 12. d'Avril 1715.
Autre Nouvelle au moins auffi
Pintereffante quelesprecedentes.
Lettre de M. de la Baume , qui
fait auprés de Monseigneur
le Grand Prieur de France à
+10 Malthe ,lafonction de Secretaire
deſes Commandemens ,
àM. P....
AMalthe , le 12. d'Avril 1715.
Puiſque j'occupe icy vôtre
place , Monfieur , il est bien
MERCURE
juſte que je vous rende com
pte de nôtre voyage. Nous
Lommes partis deToulon leta
d'Avril & arrivez à Malthe le
Dimanche 7. aprés avoir ef
ſuyé pendant deux jours un
vent contraire qui incommodatous
ceux qui n'eſtoient pas
accoûtumez à la Mer. Son Alreffe
s'eſt toûjours bien portéc.
Elle fut receuë de la mahiere
du monde la plus honorable.
Le Conſeil avoit deputé
deuxGrandsCroix pour luy aller
faire compliment ſur ſon
bord,&le GrandMaiſtre luy
envoya ſon premier Maiftre
d'Hostel
GALANT
-d'Hostel & son premier Ef
cuyer. Pendant les complis
ments , le Canon de la Ville ,
celuy des Forts,& de tous les
Baſtimens qui estoient dans le
Port, firentdes decharges réïterécs.
S. A. vint àbord dans
la Chaloupe du Grand Maiftro
, dont le Carroffe l'attendoit,&
il y entra avec les deux
Grands Croix. Tout le Port
&les remparts eſtoient pleins
de peuple qui le receut avec
des cris de joye qu'il redoubloit
à tout moment. S. A
alla d'abord à l Egliſe de ſaint
Jean entendre la Meffe ,& de-
May 1715. K
114 MERCURE
là au Palais duGrand Maiſtre,
qui vint le recevoir à l'entrée
de ſon Appartement ,& l'embrafla
, ne voulant pas fouffrir
qu'il luy bailât la main. Il le
mena dans ſa chambre , où ils
s'affirent ſous le même dais &
fur deux fauteüils égaux. Son
Eminence à la droite. Lacon
verſation fut tendre &affectucuſe
de chaque part , & ces
deuxPrinces furent biencontens
l'unde l'autre. S. A. alla
à l'Hoſtel qui luy eſtoit preparé
, où elle trouva tous les
GrandsCroix de l'Auberge de
France qui l'y attendoient
GALANT S
pour luyrendre leurs devoirs.
Toutes lesLangues vinrent l'a
présmidy enCorps ,& même
icConfeil (honneur qui ne ſe
rend qulau Grand Maiſtre. )
L'Evêque , le grand Inquifi
teur , le Senechal , le General
des Galeres , ont rendu leurs
viſites particulieres. Le Conſeil
a nommé M. le Grand
Prieur Lieutenant du Grand
Maiſtre , ce qui luy donne la
premiere place aprés fonEminence,
dans toutes les ceremonies
,&même dans leCon
feil ; le droit d'être affis à table
ſous le même dais & de
Kij
116 MERCURE
manger des mêmes viandes
il prêta ferment Lundy & fut
receu Grand Croix. Il lut ledit
ferment àgenoux ſur un car
reau de velours , & le Grand
Maiſtre au lieu de luy donner
ſa main à baiſer , ſuivantace
qui ſe pratique , L'embraſfal
tendrement. Le lendemain le
GrandMaître envoyaleGrand
Prieur de Portugal à SA
pour luy demander, fi elle anl
gréeroit qu'il le nommât Generaliffime
des Troupes de
Malthe. Je vous laiffe à penfer
comment nôtre Prince receut
cette propofition . Ausp
+
CALANT. 214
25
jourd'huy ſon Eminence a envoyé
quatre Grands Croix
qui font les Miniſtres de la
Guerre ,pour annoncer às A.
que le Grand Maiftre l'avoit
nommé Generaliffime. Aprés
les complimens , M. le Grand
Prieur accompagné de ces
quatre Grands Croix , de fa
Maiſon , qui eſt , comme vous
Içavez ,compoſée de plus de
foixante perſonnes , & d'un
tres - nombreux cortege de
Chevaliers , eſt allée au Palais
pour remercier ſon Eminence;
enfuite il eſt allé rendre
quelques vifites aux princi
118 MERCURE
pauxMiniſtres de cette Cour
Inceffamment on tiendra un
Conſeil extraordinaire pour
confirmer fon Election & luy
faire prêter le ſerment. Voila
tout ce que je puis vous dire
juſqu'à aujourd'huy , & qu'il
y a apparence que nôtre Ge
neralitſime ne fera pastrop oc
cupé contre les Tures. Je
fuis,&c.
Pintereffante quelesprecedentes.
Lettre de M. de la Baume , qui
fait auprés de Monseigneur
le Grand Prieur de France à
+10 Malthe ,lafonction de Secretaire
deſes Commandemens ,
àM. P....
AMalthe , le 12. d'Avril 1715.
Puiſque j'occupe icy vôtre
place , Monfieur , il est bien
MERCURE
juſte que je vous rende com
pte de nôtre voyage. Nous
Lommes partis deToulon leta
d'Avril & arrivez à Malthe le
Dimanche 7. aprés avoir ef
ſuyé pendant deux jours un
vent contraire qui incommodatous
ceux qui n'eſtoient pas
accoûtumez à la Mer. Son Alreffe
s'eſt toûjours bien portéc.
Elle fut receuë de la mahiere
du monde la plus honorable.
Le Conſeil avoit deputé
deuxGrandsCroix pour luy aller
faire compliment ſur ſon
bord,&le GrandMaiſtre luy
envoya ſon premier Maiftre
d'Hostel
GALANT
-d'Hostel & son premier Ef
cuyer. Pendant les complis
ments , le Canon de la Ville ,
celuy des Forts,& de tous les
Baſtimens qui estoient dans le
Port, firentdes decharges réïterécs.
S. A. vint àbord dans
la Chaloupe du Grand Maiftro
, dont le Carroffe l'attendoit,&
il y entra avec les deux
Grands Croix. Tout le Port
&les remparts eſtoient pleins
de peuple qui le receut avec
des cris de joye qu'il redoubloit
à tout moment. S. A
alla d'abord à l Egliſe de ſaint
Jean entendre la Meffe ,& de-
May 1715. K
114 MERCURE
là au Palais duGrand Maiſtre,
qui vint le recevoir à l'entrée
de ſon Appartement ,& l'embrafla
, ne voulant pas fouffrir
qu'il luy bailât la main. Il le
mena dans ſa chambre , où ils
s'affirent ſous le même dais &
fur deux fauteüils égaux. Son
Eminence à la droite. Lacon
verſation fut tendre &affectucuſe
de chaque part , & ces
deuxPrinces furent biencontens
l'unde l'autre. S. A. alla
à l'Hoſtel qui luy eſtoit preparé
, où elle trouva tous les
GrandsCroix de l'Auberge de
France qui l'y attendoient
GALANT S
pour luyrendre leurs devoirs.
Toutes lesLangues vinrent l'a
présmidy enCorps ,& même
icConfeil (honneur qui ne ſe
rend qulau Grand Maiſtre. )
L'Evêque , le grand Inquifi
teur , le Senechal , le General
des Galeres , ont rendu leurs
viſites particulieres. Le Conſeil
a nommé M. le Grand
Prieur Lieutenant du Grand
Maiſtre , ce qui luy donne la
premiere place aprés fonEminence,
dans toutes les ceremonies
,&même dans leCon
feil ; le droit d'être affis à table
ſous le même dais & de
Kij
116 MERCURE
manger des mêmes viandes
il prêta ferment Lundy & fut
receu Grand Croix. Il lut ledit
ferment àgenoux ſur un car
reau de velours , & le Grand
Maiſtre au lieu de luy donner
ſa main à baiſer , ſuivantace
qui ſe pratique , L'embraſfal
tendrement. Le lendemain le
GrandMaître envoyaleGrand
Prieur de Portugal à SA
pour luy demander, fi elle anl
gréeroit qu'il le nommât Generaliffime
des Troupes de
Malthe. Je vous laiffe à penfer
comment nôtre Prince receut
cette propofition . Ausp
+
CALANT. 214
25
jourd'huy ſon Eminence a envoyé
quatre Grands Croix
qui font les Miniſtres de la
Guerre ,pour annoncer às A.
que le Grand Maiftre l'avoit
nommé Generaliffime. Aprés
les complimens , M. le Grand
Prieur accompagné de ces
quatre Grands Croix , de fa
Maiſon , qui eſt , comme vous
Içavez ,compoſée de plus de
foixante perſonnes , & d'un
tres - nombreux cortege de
Chevaliers , eſt allée au Palais
pour remercier ſon Eminence;
enfuite il eſt allé rendre
quelques vifites aux princi
118 MERCURE
pauxMiniſtres de cette Cour
Inceffamment on tiendra un
Conſeil extraordinaire pour
confirmer fon Election & luy
faire prêter le ſerment. Voila
tout ce que je puis vous dire
juſqu'à aujourd'huy , & qu'il
y a apparence que nôtre Ge
neralitſime ne fera pastrop oc
cupé contre les Tures. Je
fuis,&c.
Fermer
1523
p. 118-148
Nouvelles de Versailles, ou plûtôt, Journal historique de ce qui s'est passé à la Cour ce mois-cy & l'autre. [titre d'après la table]
Début :
L'abondance de la matiere ne me permit pas ce mois dernier [...]
Mots clefs :
Duchesse, Roi, Duchesse de Berry, Duc d'Orléans, Cardinal, Aumônier, Abbé, Chapelle, Musique, Sermon, Dauphin, Évêque, Princes, Marquis, Cardinal de Rohan, Prince de Dombes, Dames, Versailles, Cour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Versailles, ou plûtôt, Journal historique de ce qui s'est passé à la Cour ce mois-cy & l'autre. [titre d'après la table]
L'abondance de la matiere
1
GALANT. tig
-
ne mepermitpaste mois der
nier de vous faire le détail de
cequi s'eſt pafféàla Courpendant
la Semaine Sainte ; c'eft
neanmoins undes plus importanschapitres
qui puifle jamais
entrer dans un Journal ,&le
zele, & la picté du Roy qui
font toûjours l'admiration de
tout lemonde , feront certai
nement auſſi l'article le plus
intereſſantde ce volume.
S.Moa entendu tous lesDi
manches,lesMercredis,&Vendredis
de Carême, les Sermons
deM. l'Evêque d'Angers ; les
Lundys& les Jeudys elle a été
?
120 MERCURE
àla chaffe din Cerf , accompa
gnéede Madame la Ducheffe
de Berry , des Princeffes ,&
des autres Dames de faCour
Le 6. d'Avril , le Roy fit la
revue des Gardes Françoiſes ,
&Suifles , M. le Duc de Gui
che marchoit à la têtedes premiers
, & M. le Duc du Mai
ne&M. le Prince de Dombes
àla tête des ſeconds. On for
ma de chaque Regiment un
Bataillon compoſé de mille
hommes chacun , choiſis fur
le tout. M. le Prince Royal de
Pologne ,& M. le Prince Ra-
* gotzki ſe trouverent à cette
revûë.. Lc
GALANTI
Le 10. M. l'Ambaſſadeur
de Sicile cut AudianceduRoy
à qui il annonça la mort deM.
lePrince de Piedmont , il l'eut
enfuite deM. le Dauphin ,de
Madame la DuchefledeBerry,
Le 11. l'Envoyé de Tripoly
cut Audiance de congé du
Roy; c'eſtun homme grand ,
bien fait,&tres poly pour un
Afriquain, voicy endeux mots
fon Compliment que l'Interprete
expliqua au Roy. Je
fouhaite , Sire ,que vous viviez
long temps ;&que chaque jour
qui vous reste à vivre ,ſe multi-
May 1715 . L
122 MERCURE
pliepar mille. Il étoit venu pour
faire des excuſes au Roy , de
ce qu'un Pirate de Tripoly
avoit pris un Vaiſſeau François
que le Bey a renvoyé à Tou
lon , aprés avoir fait couper
la tête auCapitaine qui l'avoir
pris い
Le 12. la Cour prit le deüil
dela mort du Prince de Pied
mont.
On a expoſé dans les Appattements
deux pieces de
Tapiſſeries faites aux Gobelins
dontl'unerepreſente N. Sau
Feſtin de Simon le Pharifien ,
& la Magdelaine proſternée à
GALANT. 123
fes pieds; cette piece eft copiéc
fur l'original de Jouvener.
L'autre picce repreſente la
conſternation d'Athalie, lorf
que le Grand Prêtre rétablic
Joas fur le Trône de ſes peres ,
M. Coypel en a fait l'original.
CesTapiſſeries ont preſqu'au
tant de force que la Peinture ,
tous les perſonnages en font
parlans. anom
Le Dimanche des Rameaux
leRoyſe rendit à laChapelle,
accompagné de Madame la
Ducheſſe de Berry ; de M. la
Duc d'Orleans , de Madame
la Ducheffe , & de tous les
1
Lij
124 MERCURE
Princes& Princeffes , pour y
entendre la grande Meffe. S.
M. y retourna à deux heures
&demie accompagnée demê
me pour le Sermon , & les
Veſpres qui furent chantées
par la Muſique. Le Roy étoit
affis fur ſon fauteüil , ayant
d'un côtéMadamela Ducheffe
de Berry , Madame la Ducheffe
, Mademoiselle deCharollois
; de l'autre côté étoit
MileDuc d'Orleans,M.leDuc,
M. le Comte de Charollois ,
M. lePrince de Dombes,M. le
Comte d'Eu ,& M. le Comte
de Toulouze. Sur la droite
7
GALANT 125
Sur
du Roy auprés du Prié Dieu ,
étoit M. le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier , M l'Abbé
de Sourches , & M. l'Abbé
d'Argentré ,Aumoniers.
la gauche M. le Cardinal
de Polignac , M. l'Abbé de
Caftres , & M. l'Abbé deRougetAumôniers
de Madame la
Duchefle de Berry ; Madame
laMarquiſedeMontſoreau fit
cojour-là la queſte. Le Vendredy
Saint le Roy ſe rendir à
la Tribune de laChapelle pour
y entendre les Tenebres , accompagné
de Madame la Duchefle
deBerry, de Madame ,
Liij
726 MERCURE
1
L
de M. le Duc , & de Madame
la Duchefle d'Orleans. Voicy
ceux qui eurent l'honneur d'y
être affis. Sur ladroite du Roy
M. le Cardinal de Rohan ,
Grand Aumônier , M. l'Abbé
de Sourches , Ml'Abbéd'Argentré,
Aumôniers. Sur la gauche
, M. le Cardinal de Polignac
, M. l'Abbé de Caftres , &
M. l'Abbé de Rouget , Aumôniers
de Madame la Du
cheſſe de Berry. M. l'Abbé de
Magnas ,Aumônier de Madame.
Derriere le fauteüil du
RoyM. le Duc de Charoſt ,
CapitainedesGardes duCorps.
GALANT 127
Derriere Madame la Ducheffe
de Berry M. le Marquis de
Coëtenfau , fon Chevalier
d'Honneur. Derriere Madame
M. le Marquis deMortagne ,
fon premier Eſcuyer. Derriere
M. le Duc d'Orleans M. le
Marquis d'Estampes , fon CapitainedesGardes/
da
LeJeudy Saint leRoyallaà
neut heures & demie du mal
tin,accompagné deM. leDau
phin, de M. le Duc d Orleans,
&de tous les Princes , dans la
Salle des Gardes , où l'on avoit
dreſſe une Chaire pour le Prel
dicatuur . Ily trouva 13. petits
Liiij
128 MERCURE
enfants couverts d'un drap
rougeavecun grand linge qui
leurs pendoit au col M. le
Cardinal de Rohan , Grand
Aumônier , en Habits Pontificaux.
La Scene fut prêchée par
M. l'Abbé Foiſſard , dont le
Sermon fut tres - applaudy ,
fur tout le compliment qu'il
fit à S. M. qui convenoit fort
à la ceremonie du jour , & àce
qu'il venoit de prêcher ; ayant
prouvé dans les deux parties de
fon Diſcours l'abaiſlement
de J C. combattu par la rair
fon humaine , & la raiſon humaine
confondue par l'abauſeCALANT.
129
ment de J. C. dans cette cere
monic. A la fin du Sermon M.
le Cardinal monta en Chaire ,
ayant la Mitre ſur la tête & la
Croſſe à la main. Les Chantres
commencerent d'entonner
l'Antienne Intret.M. leGrand
Aumônier ayant dit les Orai
ſons accoûtumées , donna
l'Abfoute ,& le Roy alla incontinent
laver les pieds des
Apoſtres , ayant verſé de l'eau
deffus,& effuyé avecunlinge,
il les leur baiſa. Cette ceremo
nie finie, on fervit les pauvres
dans cet ordre. M. Defgran
gest Maistre des Ceremonies,
$30 MERCURE
precedé d'un Huiffier , ſuivy
de M. le Marquis deDreux
Grand Maistre des Ceremo
nies , de 3.Maistres d'Hôtel
chacun avec leur Bâton de
7
Commandement , de M. le
Marquis de Livry , Premier
Maistre d'Hôtel , qui portoit
aufli ſon Bâton , de M. le Duc,
grand Maiſtre de la Maiſondu
Roy, portant un Bâton parfe
mé de fleurs de lys d'or avec
uneCouronne d'or au bout.Ils
marchoient les premiers,& en
paffant devant S. M. farfoient
une reverence ; enſuitevenoit
M. le Dauphin , portant un
GALANT. 131
plat debois ſur lequel étoient
trois petits pains avec une galette
; M. le Duc d'Orleans
portant un platde même ſur
lequel eſtoitune cruche pleine
de vin avecune coupe par deffus
, le tout de bois ; M. le
Comte de Charollois , M. le
Prince de Conty , M le Prince
de Dombes , M. le Comte
d'Eu , & M. le Comte de Toulouſe
portant chacun un plat
de poiſſon , de legumes , de
confitures , oude fruits , ſuivis
dugrand Echanſon , du grand
Pannetier ,&des Gentilshommes
ſervans qui faifoient en
1
32 MERCURE
tout treize qui portoient auffi
des plats de bois ornez de
Acurs. En arrivantdevant S.M.
ils failoient une reverence en
luy preſentant le plat que le
Roy donnoit en même tems
auxpauvres. Cette ceremonie
commença juſqu'à 13. fois
dans le même ordre , parce
qu'on ſert 13. plats à chaque
pauvre qui estoient treize. Il
faut remarquer qu'on alloit
prendre ces plats dans une autre
Salle affez floignée , & que
M. le Dauphin fit 13. fois le
voyage , comme les autres
Princes , matchant avec beau-
プラ
GALANT. 135
coup de fermeté , & portant
fon plat avec beaucoup d'adieſſe,
ſuivy toûjours de Madame
de Ventadour ſa Gou
vernante. La ceremonie finie ,
leRoyalla unmoment dans ſa
chambre ,& ſe rendit enſuite
à la Chapelle accompagné de
Madame laDucheffedeBerry,
de M. le Duc d'Orleans , de
M. le Duc , de Madame laDucheſſe
, de tous les Princes &
Princeſſes , pour y entendre la
Meſſe qui fut chantée par la
Muſique , à la fin de laquelle
on diſtribua les Cierges ,&
la Proceffion commença : cn
134 MERCURE
Voicy l'ordre : M l'Abbé de
Juliac qui avoit dit la Melle ,
portoit le S. Sacrement , M.le
Comte de Toulouſe , M. le
Comte d'Eu , M. le Prince de
Dombes , M. le Prince deConty
, M. le Comte de Charollois
, M le Duc , M le Duc
d'Orleans , ayant à ſa droite
M. l'Abbé de Tristan fon premier
Aumônier , marchoient
devant le Roy , qui avoit à ſa
droite M. le Cardinal de Rop
han, grand Aumônier , &à la
gauche M. l'Abbé de Sour
ches Aumônier auſſi , avec M.
le Cardinal de Polignac ; imGALANT
13
mediatement apres le Roy ,
marchoit Madame la Ducheffe
de Berry.Madame la Duchefſe
, Madame la Duchefle du
Maine , & Mademoiſelle de
Charollois venoient enſuite.
On pofa le S. Sacrement dans
la Chapelle de ſaint Loüis qui
avoit eſté preparée pour cela
cette ceremonie ne finit qu'à
uneheure. Madame d'Eſpinay
fit la queſte ce jour- là ; & à
deux heures &demie S. M. ſe
rendit à la Tribune de la Chapelle
accompagnée de même
quele jour precedent , poury
entendre les Tenebres , où
436 MERCURE
1
L'on chantale Pfeaume Quare
fremuerunt Gentes , & leMifefere
en Muſique. A onzeheures
aprés ſoupé , le Roy retourna
à la Chapelle vis à vis
celle de faint Louis , pour y
Jadorer le Saint Sacrement. Le
Vendrcay
Vendredy Saint le Roy alla à
la Chapelle à 10. heures du
matin , accompagné de même
que les jours precedents ,
pour y entendre le Sermon
de la Paſſion que M. l'Evêque
d'Angers prêcha avec
fon éloquence ordinaire. Il
fit voir dans les trois parties
de ſon discours , que le Sau
yeur
IGALANT. 137
veur avoir été une Victime
de l'ingratitude qui l'a fait
gemir , une Victime de la
cruauté qui l'a fait ſouffrir ,
&une Victime de l'injuftice
qui l'a fait mourir. On dit
enfuite l'Office pendant lequel
on fit l'Adoration de la Croix.
Adeux heures &demie, S. M.
ſe renditàlaTribune , accompagnée
comme les jours precedents
pour y entendre les
Tenebres.On chantale Pleaume
Exaltabo te Domine ,& le
Benedictus en Muſique. Le
Samedy Saint le Roy alla à la
Paroffe à onze heures ,où il
May1715. M
138 MERCURE
communiau par les mains de
M. le Cardinal Grand Aumônier.
Les coins de la nappe
furent tenusdu coſté de l'Autel
par M. l'Abbéde Sourches
& par M. l'Abbé d'Argentré
Aumoſniers ,du coſté duRoy
par M. le Prince de Dombes.
A fon retour de la Paroiſſe
il toucha prés de 1400. malades
,& le ſoir à fix heures il
entendit les Complies. Le Dimanche
jour de Paſques le
Roy fitrendre à la Paroſſe de
Verfailles le Pain Beny , par
M. l'Abbé d'Argentré fon
Aumoſnier ,precedé de douze
JGALANT. 135
des cent Suilles qui portoient
fix Pains Benisavec des Banderolles
aux Armes de France
precedez des Tambours , Fi
fres&Trompettes. Le même
jour S. M. accompagnée de
tous les Princes alla à la Chapelle
entendre la grande Meffe
celebrée par M. l'Evêque de,
Senlis; àdeux heures &demie
le Roy y retourna pour entendre
le Sermon de M. l'Evêque
d'Angers , qui fit voir que la
Reſurection de J C. étoit le
Triomphe de l'incredulité ,
pour nous faire connoiſtre la
foy , & le triomphe de l'ini
Mij
140 MERCURE
quité pour nous apprendre à
nous reffufciter nous-mêmes.
CePrelatprie congé , & fit un
compliment à S. M. dans la
quel il fit un abregé de l'hiſtoire
de ſavie ,& finit en fou,
haitant que le Seigneur pro
longeât ſes jours pour le con.
duireſeurement, mais lentement
àla gloire éternelle ; il parla auſſi
de M. le Dauphin qui y étoit
venu pour la premiere fois.
On dit enſuite les Veſpres qui
furent chantées par la Mufi.
que , M.la Marquiſe de Chatillon
fit la queſte ce jour là ,
le Roy donne chaque fois
CADANT.
vingt Louis d'or ; fe reno
dit enfuite à fix heures du ſoir
à la Tribune , pour y enten
dre to Salut! mmtigmap
Le Lundy de Paſques Ma
dame la Ducheffe de Berry
communia par les mains de
M. l'AbbédeCaſtres ſon Premier
Aumoſnier ; les coins
de la nappe furent tenus d'un
cofté par Monfieur l'Abbé
de Rouget , & par Madame
la Ducheffe de S. Aignan ; de
l'autre par le R. P. Confef
feur & par Madame la Dus
cheffe de Chautnes.ld nolly
ar Le Dimanche de Quafimo
142 MERCURE
doM le Dauphin fit rendre
le PainBeni à la Parole de
Verſailles , par M. l'Abbé
de Sourches Aumoſnier du
Roy , nommé à l'Evêché de
Dol. Cet Abbé étoit precedé
dedouze des cent Suiſſes dela
Garde qui portoient les fix
Pains Benis ornez deBanderolles
auxArmes duDauphin, des
Tambours , Timbales , Fifres,
Hautbois , & Trompettes
des plaiſirs du Roy. Madame
preſenta le ſoir aprés foupé
M. le PrincedeHeſſeDarmſtat
à SoMa akob ofte h
Le premier de May , les
CALANT. 143
ام
Hautbois& Baffons joüerent
dans l'antichambre pendant
le levé du Roy , & pendant
le diné les 24 Violons avec
les Buffes de Viole firent une
Simphonie des plus charmantes.
A trois heures S. M. alla
à Marly , &trouva auprés du
ParcM leGrand qui luy preſentales
fix Chevaux d'Eſpagne
qu'elle envoye au Roy de
Pologne , qui font d'une
beauté extraordinaire . Ils ont
chacunune belle houffe, &des
faux foureaux depiſtolets couvetts
d'une double broderie
d'or ou d'argent , avec une
2444 MERCURE
frange de même ſur du ve
lours ; chaque harnois eſtant
de differente couleur. Les pif.
tolets font d'un tres bel acier
incrusté d'or & d'argent ils
coûtent mille écus la paire ; los
mords , & les étriers ne font
pas d'une moindre beauté. Le
même jour Madame la Ducheffe
de Berry alla à Marly ,
Madame la Ducheſſe de S. Simon
, Meſdames les Ducheffes
de Chaulnes , & Louvigny
eſtoient fur le devant dans ſon
Carroffe , & Mesdames les
Marquiſes de S. Germain& de
Clermont aux deux portieres.
&
GADANILNAS
S
GeCarroffe eſtoit ſuivide deux
Jautres de cette Princeffe remplis
des Dames de laCour. Le
jour de l'Eclipse ,le Roy &
toutes les Dames eſtoient levées
avant huit heures pour la
voir. M. Caffiny , de l'Obfervatoire
, s'y eſtoit rendu avec
des Lunettes d'approche , &
des miroirs , pour la faire obſerver
à S. M. plus commodement;
elle dura plus de deux
heures ,& on voyoit les Etoiles
ſans le ſecours des Lunettes
. On a expoſée pendant 15.
joursdans les Appartemensun
Tableau deM. Coypel qui re-
May 1715 . N
146 MERCURE
preſente l'hiſtoire de Tobie ;
c'eſt une des plus belles pieces
que l'on puiffe voir ; la tête de
Tobie & de ſa femme ſont
impayables ; les attitudes en
font d'une juſteſle admirable :
on doit porter ce Tableau
aux Gobelins pour eſtre copié
entapilferie. Le cinq de ce mois
Madame la Duchefl'e de Berry
fit rendre lePain Beny à la Patoffe
de Versailles par M.
l'Abbé de Rouget , un de ſes
Aumôniers ; cet Abbé eſtoit
precedé de douze des Cent-
Suiffes de la Garde de cetre
Princeffe qui portoient fix
T
GALANT. 47
S
1
Pains Benis , ornez de Banderolles
aux Armes de Berry ,
&d'Orleans , les Tambours ,
Fifres , Timbales , Hautbois ,
& Trompettes des plaifirs
marchoient à la teſte ; Madame
la Ducheffe d'Orleans , &
Madame la Duchefſe , ſont
reſtées toutes les deux à Verfailles
, eftant indiſpoſées.
Le 4. de ce mois fut celebré
l'Anniverſaire de M. le
Duc de Berry , à S. Denis . Et
le 14. l'Anniverſaire du Roy
Louis XIII . dans la même
Eglife
L'Evêque de Marseille y
Nij
148 MERCURE
celebra le Meſſe qui fut chantée
par la Muſique du Roy.
1
GALANT. tig
-
ne mepermitpaste mois der
nier de vous faire le détail de
cequi s'eſt pafféàla Courpendant
la Semaine Sainte ; c'eft
neanmoins undes plus importanschapitres
qui puifle jamais
entrer dans un Journal ,&le
zele, & la picté du Roy qui
font toûjours l'admiration de
tout lemonde , feront certai
nement auſſi l'article le plus
intereſſantde ce volume.
S.Moa entendu tous lesDi
manches,lesMercredis,&Vendredis
de Carême, les Sermons
deM. l'Evêque d'Angers ; les
Lundys& les Jeudys elle a été
?
120 MERCURE
àla chaffe din Cerf , accompa
gnéede Madame la Ducheffe
de Berry , des Princeffes ,&
des autres Dames de faCour
Le 6. d'Avril , le Roy fit la
revue des Gardes Françoiſes ,
&Suifles , M. le Duc de Gui
che marchoit à la têtedes premiers
, & M. le Duc du Mai
ne&M. le Prince de Dombes
àla tête des ſeconds. On for
ma de chaque Regiment un
Bataillon compoſé de mille
hommes chacun , choiſis fur
le tout. M. le Prince Royal de
Pologne ,& M. le Prince Ra-
* gotzki ſe trouverent à cette
revûë.. Lc
GALANTI
Le 10. M. l'Ambaſſadeur
de Sicile cut AudianceduRoy
à qui il annonça la mort deM.
lePrince de Piedmont , il l'eut
enfuite deM. le Dauphin ,de
Madame la DuchefledeBerry,
Le 11. l'Envoyé de Tripoly
cut Audiance de congé du
Roy; c'eſtun homme grand ,
bien fait,&tres poly pour un
Afriquain, voicy endeux mots
fon Compliment que l'Interprete
expliqua au Roy. Je
fouhaite , Sire ,que vous viviez
long temps ;&que chaque jour
qui vous reste à vivre ,ſe multi-
May 1715 . L
122 MERCURE
pliepar mille. Il étoit venu pour
faire des excuſes au Roy , de
ce qu'un Pirate de Tripoly
avoit pris un Vaiſſeau François
que le Bey a renvoyé à Tou
lon , aprés avoir fait couper
la tête auCapitaine qui l'avoir
pris い
Le 12. la Cour prit le deüil
dela mort du Prince de Pied
mont.
On a expoſé dans les Appattements
deux pieces de
Tapiſſeries faites aux Gobelins
dontl'unerepreſente N. Sau
Feſtin de Simon le Pharifien ,
& la Magdelaine proſternée à
GALANT. 123
fes pieds; cette piece eft copiéc
fur l'original de Jouvener.
L'autre picce repreſente la
conſternation d'Athalie, lorf
que le Grand Prêtre rétablic
Joas fur le Trône de ſes peres ,
M. Coypel en a fait l'original.
CesTapiſſeries ont preſqu'au
tant de force que la Peinture ,
tous les perſonnages en font
parlans. anom
Le Dimanche des Rameaux
leRoyſe rendit à laChapelle,
accompagné de Madame la
Ducheſſe de Berry ; de M. la
Duc d'Orleans , de Madame
la Ducheffe , & de tous les
1
Lij
124 MERCURE
Princes& Princeffes , pour y
entendre la grande Meffe. S.
M. y retourna à deux heures
&demie accompagnée demê
me pour le Sermon , & les
Veſpres qui furent chantées
par la Muſique. Le Roy étoit
affis fur ſon fauteüil , ayant
d'un côtéMadamela Ducheffe
de Berry , Madame la Ducheffe
, Mademoiselle deCharollois
; de l'autre côté étoit
MileDuc d'Orleans,M.leDuc,
M. le Comte de Charollois ,
M. lePrince de Dombes,M. le
Comte d'Eu ,& M. le Comte
de Toulouze. Sur la droite
7
GALANT 125
Sur
du Roy auprés du Prié Dieu ,
étoit M. le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier , M l'Abbé
de Sourches , & M. l'Abbé
d'Argentré ,Aumoniers.
la gauche M. le Cardinal
de Polignac , M. l'Abbé de
Caftres , & M. l'Abbé deRougetAumôniers
de Madame la
Duchefle de Berry ; Madame
laMarquiſedeMontſoreau fit
cojour-là la queſte. Le Vendredy
Saint le Roy ſe rendir à
la Tribune de laChapelle pour
y entendre les Tenebres , accompagné
de Madame la Duchefle
deBerry, de Madame ,
Liij
726 MERCURE
1
L
de M. le Duc , & de Madame
la Duchefle d'Orleans. Voicy
ceux qui eurent l'honneur d'y
être affis. Sur ladroite du Roy
M. le Cardinal de Rohan ,
Grand Aumônier , M. l'Abbé
de Sourches , Ml'Abbéd'Argentré,
Aumôniers. Sur la gauche
, M. le Cardinal de Polignac
, M. l'Abbé de Caftres , &
M. l'Abbé de Rouget , Aumôniers
de Madame la Du
cheſſe de Berry. M. l'Abbé de
Magnas ,Aumônier de Madame.
Derriere le fauteüil du
RoyM. le Duc de Charoſt ,
CapitainedesGardes duCorps.
GALANT 127
Derriere Madame la Ducheffe
de Berry M. le Marquis de
Coëtenfau , fon Chevalier
d'Honneur. Derriere Madame
M. le Marquis deMortagne ,
fon premier Eſcuyer. Derriere
M. le Duc d'Orleans M. le
Marquis d'Estampes , fon CapitainedesGardes/
da
LeJeudy Saint leRoyallaà
neut heures & demie du mal
tin,accompagné deM. leDau
phin, de M. le Duc d Orleans,
&de tous les Princes , dans la
Salle des Gardes , où l'on avoit
dreſſe une Chaire pour le Prel
dicatuur . Ily trouva 13. petits
Liiij
128 MERCURE
enfants couverts d'un drap
rougeavecun grand linge qui
leurs pendoit au col M. le
Cardinal de Rohan , Grand
Aumônier , en Habits Pontificaux.
La Scene fut prêchée par
M. l'Abbé Foiſſard , dont le
Sermon fut tres - applaudy ,
fur tout le compliment qu'il
fit à S. M. qui convenoit fort
à la ceremonie du jour , & àce
qu'il venoit de prêcher ; ayant
prouvé dans les deux parties de
fon Diſcours l'abaiſlement
de J C. combattu par la rair
fon humaine , & la raiſon humaine
confondue par l'abauſeCALANT.
129
ment de J. C. dans cette cere
monic. A la fin du Sermon M.
le Cardinal monta en Chaire ,
ayant la Mitre ſur la tête & la
Croſſe à la main. Les Chantres
commencerent d'entonner
l'Antienne Intret.M. leGrand
Aumônier ayant dit les Orai
ſons accoûtumées , donna
l'Abfoute ,& le Roy alla incontinent
laver les pieds des
Apoſtres , ayant verſé de l'eau
deffus,& effuyé avecunlinge,
il les leur baiſa. Cette ceremo
nie finie, on fervit les pauvres
dans cet ordre. M. Defgran
gest Maistre des Ceremonies,
$30 MERCURE
precedé d'un Huiffier , ſuivy
de M. le Marquis deDreux
Grand Maistre des Ceremo
nies , de 3.Maistres d'Hôtel
chacun avec leur Bâton de
7
Commandement , de M. le
Marquis de Livry , Premier
Maistre d'Hôtel , qui portoit
aufli ſon Bâton , de M. le Duc,
grand Maiſtre de la Maiſondu
Roy, portant un Bâton parfe
mé de fleurs de lys d'or avec
uneCouronne d'or au bout.Ils
marchoient les premiers,& en
paffant devant S. M. farfoient
une reverence ; enſuitevenoit
M. le Dauphin , portant un
GALANT. 131
plat debois ſur lequel étoient
trois petits pains avec une galette
; M. le Duc d'Orleans
portant un platde même ſur
lequel eſtoitune cruche pleine
de vin avecune coupe par deffus
, le tout de bois ; M. le
Comte de Charollois , M. le
Prince de Conty , M le Prince
de Dombes , M. le Comte
d'Eu , & M. le Comte de Toulouſe
portant chacun un plat
de poiſſon , de legumes , de
confitures , oude fruits , ſuivis
dugrand Echanſon , du grand
Pannetier ,&des Gentilshommes
ſervans qui faifoient en
1
32 MERCURE
tout treize qui portoient auffi
des plats de bois ornez de
Acurs. En arrivantdevant S.M.
ils failoient une reverence en
luy preſentant le plat que le
Roy donnoit en même tems
auxpauvres. Cette ceremonie
commença juſqu'à 13. fois
dans le même ordre , parce
qu'on ſert 13. plats à chaque
pauvre qui estoient treize. Il
faut remarquer qu'on alloit
prendre ces plats dans une autre
Salle affez floignée , & que
M. le Dauphin fit 13. fois le
voyage , comme les autres
Princes , matchant avec beau-
プラ
GALANT. 135
coup de fermeté , & portant
fon plat avec beaucoup d'adieſſe,
ſuivy toûjours de Madame
de Ventadour ſa Gou
vernante. La ceremonie finie ,
leRoyalla unmoment dans ſa
chambre ,& ſe rendit enſuite
à la Chapelle accompagné de
Madame laDucheffedeBerry,
de M. le Duc d'Orleans , de
M. le Duc , de Madame laDucheſſe
, de tous les Princes &
Princeſſes , pour y entendre la
Meſſe qui fut chantée par la
Muſique , à la fin de laquelle
on diſtribua les Cierges ,&
la Proceffion commença : cn
134 MERCURE
Voicy l'ordre : M l'Abbé de
Juliac qui avoit dit la Melle ,
portoit le S. Sacrement , M.le
Comte de Toulouſe , M. le
Comte d'Eu , M. le Prince de
Dombes , M. le Prince deConty
, M. le Comte de Charollois
, M le Duc , M le Duc
d'Orleans , ayant à ſa droite
M. l'Abbé de Tristan fon premier
Aumônier , marchoient
devant le Roy , qui avoit à ſa
droite M. le Cardinal de Rop
han, grand Aumônier , &à la
gauche M. l'Abbé de Sour
ches Aumônier auſſi , avec M.
le Cardinal de Polignac ; imGALANT
13
mediatement apres le Roy ,
marchoit Madame la Ducheffe
de Berry.Madame la Duchefſe
, Madame la Duchefle du
Maine , & Mademoiſelle de
Charollois venoient enſuite.
On pofa le S. Sacrement dans
la Chapelle de ſaint Loüis qui
avoit eſté preparée pour cela
cette ceremonie ne finit qu'à
uneheure. Madame d'Eſpinay
fit la queſte ce jour- là ; & à
deux heures &demie S. M. ſe
rendit à la Tribune de la Chapelle
accompagnée de même
quele jour precedent , poury
entendre les Tenebres , où
436 MERCURE
1
L'on chantale Pfeaume Quare
fremuerunt Gentes , & leMifefere
en Muſique. A onzeheures
aprés ſoupé , le Roy retourna
à la Chapelle vis à vis
celle de faint Louis , pour y
Jadorer le Saint Sacrement. Le
Vendrcay
Vendredy Saint le Roy alla à
la Chapelle à 10. heures du
matin , accompagné de même
que les jours precedents ,
pour y entendre le Sermon
de la Paſſion que M. l'Evêque
d'Angers prêcha avec
fon éloquence ordinaire. Il
fit voir dans les trois parties
de ſon discours , que le Sau
yeur
IGALANT. 137
veur avoir été une Victime
de l'ingratitude qui l'a fait
gemir , une Victime de la
cruauté qui l'a fait ſouffrir ,
&une Victime de l'injuftice
qui l'a fait mourir. On dit
enfuite l'Office pendant lequel
on fit l'Adoration de la Croix.
Adeux heures &demie, S. M.
ſe renditàlaTribune , accompagnée
comme les jours precedents
pour y entendre les
Tenebres.On chantale Pleaume
Exaltabo te Domine ,& le
Benedictus en Muſique. Le
Samedy Saint le Roy alla à la
Paroffe à onze heures ,où il
May1715. M
138 MERCURE
communiau par les mains de
M. le Cardinal Grand Aumônier.
Les coins de la nappe
furent tenusdu coſté de l'Autel
par M. l'Abbéde Sourches
& par M. l'Abbé d'Argentré
Aumoſniers ,du coſté duRoy
par M. le Prince de Dombes.
A fon retour de la Paroiſſe
il toucha prés de 1400. malades
,& le ſoir à fix heures il
entendit les Complies. Le Dimanche
jour de Paſques le
Roy fitrendre à la Paroſſe de
Verfailles le Pain Beny , par
M. l'Abbé d'Argentré fon
Aumoſnier ,precedé de douze
JGALANT. 135
des cent Suilles qui portoient
fix Pains Benisavec des Banderolles
aux Armes de France
precedez des Tambours , Fi
fres&Trompettes. Le même
jour S. M. accompagnée de
tous les Princes alla à la Chapelle
entendre la grande Meffe
celebrée par M. l'Evêque de,
Senlis; àdeux heures &demie
le Roy y retourna pour entendre
le Sermon de M. l'Evêque
d'Angers , qui fit voir que la
Reſurection de J C. étoit le
Triomphe de l'incredulité ,
pour nous faire connoiſtre la
foy , & le triomphe de l'ini
Mij
140 MERCURE
quité pour nous apprendre à
nous reffufciter nous-mêmes.
CePrelatprie congé , & fit un
compliment à S. M. dans la
quel il fit un abregé de l'hiſtoire
de ſavie ,& finit en fou,
haitant que le Seigneur pro
longeât ſes jours pour le con.
duireſeurement, mais lentement
àla gloire éternelle ; il parla auſſi
de M. le Dauphin qui y étoit
venu pour la premiere fois.
On dit enſuite les Veſpres qui
furent chantées par la Mufi.
que , M.la Marquiſe de Chatillon
fit la queſte ce jour là ,
le Roy donne chaque fois
CADANT.
vingt Louis d'or ; fe reno
dit enfuite à fix heures du ſoir
à la Tribune , pour y enten
dre to Salut! mmtigmap
Le Lundy de Paſques Ma
dame la Ducheffe de Berry
communia par les mains de
M. l'AbbédeCaſtres ſon Premier
Aumoſnier ; les coins
de la nappe furent tenus d'un
cofté par Monfieur l'Abbé
de Rouget , & par Madame
la Ducheffe de S. Aignan ; de
l'autre par le R. P. Confef
feur & par Madame la Dus
cheffe de Chautnes.ld nolly
ar Le Dimanche de Quafimo
142 MERCURE
doM le Dauphin fit rendre
le PainBeni à la Parole de
Verſailles , par M. l'Abbé
de Sourches Aumoſnier du
Roy , nommé à l'Evêché de
Dol. Cet Abbé étoit precedé
dedouze des cent Suiſſes dela
Garde qui portoient les fix
Pains Benis ornez deBanderolles
auxArmes duDauphin, des
Tambours , Timbales , Fifres,
Hautbois , & Trompettes
des plaiſirs du Roy. Madame
preſenta le ſoir aprés foupé
M. le PrincedeHeſſeDarmſtat
à SoMa akob ofte h
Le premier de May , les
CALANT. 143
ام
Hautbois& Baffons joüerent
dans l'antichambre pendant
le levé du Roy , & pendant
le diné les 24 Violons avec
les Buffes de Viole firent une
Simphonie des plus charmantes.
A trois heures S. M. alla
à Marly , &trouva auprés du
ParcM leGrand qui luy preſentales
fix Chevaux d'Eſpagne
qu'elle envoye au Roy de
Pologne , qui font d'une
beauté extraordinaire . Ils ont
chacunune belle houffe, &des
faux foureaux depiſtolets couvetts
d'une double broderie
d'or ou d'argent , avec une
2444 MERCURE
frange de même ſur du ve
lours ; chaque harnois eſtant
de differente couleur. Les pif.
tolets font d'un tres bel acier
incrusté d'or & d'argent ils
coûtent mille écus la paire ; los
mords , & les étriers ne font
pas d'une moindre beauté. Le
même jour Madame la Ducheffe
de Berry alla à Marly ,
Madame la Ducheſſe de S. Simon
, Meſdames les Ducheffes
de Chaulnes , & Louvigny
eſtoient fur le devant dans ſon
Carroffe , & Mesdames les
Marquiſes de S. Germain& de
Clermont aux deux portieres.
&
GADANILNAS
S
GeCarroffe eſtoit ſuivide deux
Jautres de cette Princeffe remplis
des Dames de laCour. Le
jour de l'Eclipse ,le Roy &
toutes les Dames eſtoient levées
avant huit heures pour la
voir. M. Caffiny , de l'Obfervatoire
, s'y eſtoit rendu avec
des Lunettes d'approche , &
des miroirs , pour la faire obſerver
à S. M. plus commodement;
elle dura plus de deux
heures ,& on voyoit les Etoiles
ſans le ſecours des Lunettes
. On a expoſée pendant 15.
joursdans les Appartemensun
Tableau deM. Coypel qui re-
May 1715 . N
146 MERCURE
preſente l'hiſtoire de Tobie ;
c'eſt une des plus belles pieces
que l'on puiffe voir ; la tête de
Tobie & de ſa femme ſont
impayables ; les attitudes en
font d'une juſteſle admirable :
on doit porter ce Tableau
aux Gobelins pour eſtre copié
entapilferie. Le cinq de ce mois
Madame la Duchefl'e de Berry
fit rendre lePain Beny à la Patoffe
de Versailles par M.
l'Abbé de Rouget , un de ſes
Aumôniers ; cet Abbé eſtoit
precedé de douze des Cent-
Suiffes de la Garde de cetre
Princeffe qui portoient fix
T
GALANT. 47
S
1
Pains Benis , ornez de Banderolles
aux Armes de Berry ,
&d'Orleans , les Tambours ,
Fifres , Timbales , Hautbois ,
& Trompettes des plaifirs
marchoient à la teſte ; Madame
la Ducheffe d'Orleans , &
Madame la Duchefſe , ſont
reſtées toutes les deux à Verfailles
, eftant indiſpoſées.
Le 4. de ce mois fut celebré
l'Anniverſaire de M. le
Duc de Berry , à S. Denis . Et
le 14. l'Anniverſaire du Roy
Louis XIII . dans la même
Eglife
L'Evêque de Marseille y
Nij
148 MERCURE
celebra le Meſſe qui fut chantée
par la Muſique du Roy.
Fermer
1524
p. 148-153
Discours de M. le Premier Président de la Cour des Aides à la rentrée du Parlement, suivi de deux pieces de [titre d'après la table]
Début :
Le 6. jour de la rentrée du Parlement, plusieurs Discours [...]
Mots clefs :
Parlement, Premier président, Discours, Parlement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours de M. le Premier Président de la Cour des Aides à la rentrée du Parlement, suivi de deux pieces de [titre d'après la table]
Le 6. jour de la rentrée du
Parlement, pluſieurs Difcours
éloquents furent prononcez
au Palais , felon l'uſage établi
à l'ouverture des Chambres.
M. le Camus Premier Prefident
de la Cour des Aydes ,
n'en fit pas un en forme , il ſe
contenta ſeulement d'exprimer
en peu de mots , & avec
beaucoup de force& demodeſtie
la perte qu'il vient de
faire de l'illuſtre M. le Camus
fon ayeul , & de donner à la
Compagnie une idée noble
GALANT. 149
de la joye qu'il reffent de ſe
voir à la tête de cette auguſte
Cour. Voicy à peu prés les
termes de ſon Diſcours.
MESSIEURS,
Voicy le temps de rendre la
Justice ,e de faire admirer aux
hommes dans le fanctuaire des
Loix où nous sommes affis , l'équité
que nous venons depromettreà
Dieu dans les Tribunaux
où nous étions proſternez.
Ce n'est point icy un Tribunal
où le jeune Daniel ait à reprendre
, ou à inftruire les Juges
Niij
I1S50 MERCURE
d'Israël : j'aurois commencé
volontiers par vous dire ,voicy
le temps où j'auray besoin de
voſtre experience , & où voſtre
capacité , & vos connoiſſances
meferont neceffaires.
الب
Vous avez souhaité me voir
preſider à vos déciſions , & la
bonté du Prince a ſecondé vos
defirs. Faydonc acquis des droits
fur vos conſeils , reſſource plus
aßeurée pour moy , & plus
avantageuse pour lajustice que
l'étude & l'exercice de plusieurs
annees.
Si vous aviezpû exiger autre
choſe de moy que des sentimens
GALANT. ISI
dans les premiers jours de ma douleur
, & s'il m'avoit eſté permis
de remercier publiquement ceux
qui m'ont donné avec joye tant de
marques d'estime , & d'attachement
,je vous aurois déja témoigné
que je suis moins ſenſible à
P'honneur de me voirà votre tête
qu'au plaisir d'estre fi bien placé
dans vos coeurs.
de
Les ſervices de mon ayeul
m'ont tenu lieu devant le plus
grand Prince de l'Europe ,
talens , ou de vertus ! que ne doisje
pas à l'illustre mort queje remplace
!fa réputation fait mon bon .
heur: quant est ce que la reßem-
N iiij
1521 MERCURE
blance avec luy fera ma gloire !
lanoble ambition que j'ay de ne
pas dégenerer n'est- elle point té-l
metaire ? quel homme à imiter 5
l'homme de tous les talens
l'homme de toutes les vertus
Eftoit il plus lovable par l'ef
prit que par le coeur , par l'éten
duë de ſes lumieres , que par la .
puretéde ses moeurs ; er en quoy
n'excella- t- ilpas ; mais pourquoy
décorerfonTombeau ? vos regret's
l'honorent affez.
Pour moy,Messieurs ,j'auray
toute ma vie l'estime finguliere
ole fincereattachement qu'il eût
pour vous.
GALANIM
Aprésence Difcours M. le
Premier Preſident invita toute
la compagnie qui ſe trouva à
cetterentrée,de luy faire l'honneur
d'aller dîner chez luy ,
ceque tout lemonde fit. L'abondance
, la délicateſſe & la
bonne chere qui furent extre
mes firent àdemi les honneurs
de ce grand repas , où le goût
excellent ,l'efprit & la politeffe
de M. le Premier Preſident ,
receurent à juſte titre des Eloges
de tous les conviez
Parlement, pluſieurs Difcours
éloquents furent prononcez
au Palais , felon l'uſage établi
à l'ouverture des Chambres.
M. le Camus Premier Prefident
de la Cour des Aydes ,
n'en fit pas un en forme , il ſe
contenta ſeulement d'exprimer
en peu de mots , & avec
beaucoup de force& demodeſtie
la perte qu'il vient de
faire de l'illuſtre M. le Camus
fon ayeul , & de donner à la
Compagnie une idée noble
GALANT. 149
de la joye qu'il reffent de ſe
voir à la tête de cette auguſte
Cour. Voicy à peu prés les
termes de ſon Diſcours.
MESSIEURS,
Voicy le temps de rendre la
Justice ,e de faire admirer aux
hommes dans le fanctuaire des
Loix où nous sommes affis , l'équité
que nous venons depromettreà
Dieu dans les Tribunaux
où nous étions proſternez.
Ce n'est point icy un Tribunal
où le jeune Daniel ait à reprendre
, ou à inftruire les Juges
Niij
I1S50 MERCURE
d'Israël : j'aurois commencé
volontiers par vous dire ,voicy
le temps où j'auray besoin de
voſtre experience , & où voſtre
capacité , & vos connoiſſances
meferont neceffaires.
الب
Vous avez souhaité me voir
preſider à vos déciſions , & la
bonté du Prince a ſecondé vos
defirs. Faydonc acquis des droits
fur vos conſeils , reſſource plus
aßeurée pour moy , & plus
avantageuse pour lajustice que
l'étude & l'exercice de plusieurs
annees.
Si vous aviezpû exiger autre
choſe de moy que des sentimens
GALANT. ISI
dans les premiers jours de ma douleur
, & s'il m'avoit eſté permis
de remercier publiquement ceux
qui m'ont donné avec joye tant de
marques d'estime , & d'attachement
,je vous aurois déja témoigné
que je suis moins ſenſible à
P'honneur de me voirà votre tête
qu'au plaisir d'estre fi bien placé
dans vos coeurs.
de
Les ſervices de mon ayeul
m'ont tenu lieu devant le plus
grand Prince de l'Europe ,
talens , ou de vertus ! que ne doisje
pas à l'illustre mort queje remplace
!fa réputation fait mon bon .
heur: quant est ce que la reßem-
N iiij
1521 MERCURE
blance avec luy fera ma gloire !
lanoble ambition que j'ay de ne
pas dégenerer n'est- elle point té-l
metaire ? quel homme à imiter 5
l'homme de tous les talens
l'homme de toutes les vertus
Eftoit il plus lovable par l'ef
prit que par le coeur , par l'éten
duë de ſes lumieres , que par la .
puretéde ses moeurs ; er en quoy
n'excella- t- ilpas ; mais pourquoy
décorerfonTombeau ? vos regret's
l'honorent affez.
Pour moy,Messieurs ,j'auray
toute ma vie l'estime finguliere
ole fincereattachement qu'il eût
pour vous.
GALANIM
Aprésence Difcours M. le
Premier Preſident invita toute
la compagnie qui ſe trouva à
cetterentrée,de luy faire l'honneur
d'aller dîner chez luy ,
ceque tout lemonde fit. L'abondance
, la délicateſſe & la
bonne chere qui furent extre
mes firent àdemi les honneurs
de ce grand repas , où le goût
excellent ,l'efprit & la politeffe
de M. le Premier Preſident ,
receurent à juſte titre des Eloges
de tous les conviez
Fermer
1525
p. 293-298
Dons du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy a donné la Charge de Conseiller d'Etat, vacante [...]
Mots clefs :
Dame, Marquis, Roi, Abbaye, Duc de Berry
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy. [titre d'après la table]
Le Roy a donné laCharge
de Conſeiller d'Etat , vacante
pat la mort de M. Bofe , àM.
dela Berchere de la Rochepor,
devantMaiſtre des Requê
tes del Hoſtel , Chancelier de
Monſeigneur leDuc de Berry,
&gendre de M. leChancelier,
Bb iij
294 MERCURE
Le mois s'avance & la matiere
me preſſe, c'eſt pourquoy
je ſuis d'avis dene plus preluder
juſqu'à la fin du Livre , &
de vous donner le reſte des
articles qui doivent ſervir à le
remplir , comme ils me tomberont
ſous la main ; ainſi je
vous annonce ſans preambule
que le 20. du mois paflé , le
Roy donna fur lapreſentation
deM. leDucd'Orleans , l'Ab
baye de Longpont Ordre de
Citeaux, Dioceſe de Soiffons ,
àM. de la Vergne Montenar
de Treffant Comte de Lyon ,
premier Aumônier de M. le
GALANT 295
Duc d'Orleans. Ce nouvel
Abbé eſt,neveu de Meſfire
Loüis de laVergne deTreffans
Evêque du Mans , & forty
d'une nobleſſe distinguée de
Languedoc.
L'Abbaye de Polengey
Ordre de S. Benoist , Diocele
deLangres à la Dame de Pezeux
, fortie de la Maiſon de
Pras ,en Franche Comté , &
niéce de feu M. le Maréchal
de Choiſeul.
L'Abbaye de Blefle , Ordre
de Citeaux , Dioceſe de S.
Flour , à la Dame de Chava .
.gnac , d'une nobleſſe diſtin-
Bb iiij
296 MERCURE
guée d'Auvergne..
L'Abbaye de Charenton
Ordre des. Benoist,Diocese de
Bourges à la Dame deMontgon
, de la Maiſon de Beauverger
, l'une des plus diſtinguées
de la Province d'Auver
gne par fon ancienneté& par
fes alliances.
Le Lundy 20. le Roy declara
qu'il avoit nommé qua.
tre Dames du Palais à Madame
la Ducheffe de Berry à qui il
avoit fait quitter le grand
deüil ſçavoir , Madame la
Marquiſe de Coëtenfao, femmedeM.
leMarquis de Coë
GALANT 297
tenfao , Chevalier d'Honneur
de cette Princeſſe , Lieutenant
Generaldes Armées du Roy.
Madame la Marquiſe de Bran
cas , femme de M. le Marquis
deBrancas , LieutenantGeneral
des Armées du Roy , Gouver
neur deGironne,Chevalier de
la Toiſon d'or & Ambaffadeur
en Eſpagne. Madame la
MarquisedeClermont,femme
M. le Marquis de Clermont ,.
Capitaine des Gardes du
Corps de feu Monſeigneur le
Duc de Berry. Et Madame la
Marquile de Pons, femme de
M. le Marquis de Pons Mar
298 MERCURE
tre de la Garderobe de feu
Monſeigneur leDuc de Berry.
de Conſeiller d'Etat , vacante
pat la mort de M. Bofe , àM.
dela Berchere de la Rochepor,
devantMaiſtre des Requê
tes del Hoſtel , Chancelier de
Monſeigneur leDuc de Berry,
&gendre de M. leChancelier,
Bb iij
294 MERCURE
Le mois s'avance & la matiere
me preſſe, c'eſt pourquoy
je ſuis d'avis dene plus preluder
juſqu'à la fin du Livre , &
de vous donner le reſte des
articles qui doivent ſervir à le
remplir , comme ils me tomberont
ſous la main ; ainſi je
vous annonce ſans preambule
que le 20. du mois paflé , le
Roy donna fur lapreſentation
deM. leDucd'Orleans , l'Ab
baye de Longpont Ordre de
Citeaux, Dioceſe de Soiffons ,
àM. de la Vergne Montenar
de Treffant Comte de Lyon ,
premier Aumônier de M. le
GALANT 295
Duc d'Orleans. Ce nouvel
Abbé eſt,neveu de Meſfire
Loüis de laVergne deTreffans
Evêque du Mans , & forty
d'une nobleſſe distinguée de
Languedoc.
L'Abbaye de Polengey
Ordre de S. Benoist , Diocele
deLangres à la Dame de Pezeux
, fortie de la Maiſon de
Pras ,en Franche Comté , &
niéce de feu M. le Maréchal
de Choiſeul.
L'Abbaye de Blefle , Ordre
de Citeaux , Dioceſe de S.
Flour , à la Dame de Chava .
.gnac , d'une nobleſſe diſtin-
Bb iiij
296 MERCURE
guée d'Auvergne..
L'Abbaye de Charenton
Ordre des. Benoist,Diocese de
Bourges à la Dame deMontgon
, de la Maiſon de Beauverger
, l'une des plus diſtinguées
de la Province d'Auver
gne par fon ancienneté& par
fes alliances.
Le Lundy 20. le Roy declara
qu'il avoit nommé qua.
tre Dames du Palais à Madame
la Ducheffe de Berry à qui il
avoit fait quitter le grand
deüil ſçavoir , Madame la
Marquiſe de Coëtenfao, femmedeM.
leMarquis de Coë
GALANT 297
tenfao , Chevalier d'Honneur
de cette Princeſſe , Lieutenant
Generaldes Armées du Roy.
Madame la Marquiſe de Bran
cas , femme de M. le Marquis
deBrancas , LieutenantGeneral
des Armées du Roy , Gouver
neur deGironne,Chevalier de
la Toiſon d'or & Ambaffadeur
en Eſpagne. Madame la
MarquisedeClermont,femme
M. le Marquis de Clermont ,.
Capitaine des Gardes du
Corps de feu Monſeigneur le
Duc de Berry. Et Madame la
Marquile de Pons, femme de
M. le Marquis de Pons Mar
298 MERCURE
tre de la Garderobe de feu
Monſeigneur leDuc de Berry.
Fermer
1526
p. 17-36
MATRICULE Des Arrhes de Legitimation que devront payer Tous & Chacun de ceux qui voudront conserver leurs Prééminences, Charges, Fonctions, Salaires, Pensions & Aides, ou qui voudront se qualifier pour en obtenir à l'avenir, ou pour recevoir de nouvelles Graces : comme aussi ceux qui voudront joüir des Franchises & Avantages de la Banque, selon la Classe dont ils seront ; Surquoi il faut observer.
Début :
Que l'Arrhe de Legitimation ne se payera que pour une [...]
Mots clefs :
Arrhes, Juifs, Emplois, Banque, Tribunaux, Conseillers, Officiers, Grands officiers, Sa Majesté, Cour, Royaumes, Militaires, Provinces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MATRICULE Des Arrhes de Legitimation que devront payer Tous & Chacun de ceux qui voudront conserver leurs Prééminences, Charges, Fonctions, Salaires, Pensions & Aides, ou qui voudront se qualifier pour en obtenir à l'avenir, ou pour recevoir de nouvelles Graces : comme aussi ceux qui voudront joüir des Franchises & Avantages de la Banque, selon la Classe dont ils seront ; Surquoi il faut observer.
MATRICULE
Des Airhes de Legitimation
que devront payer Tous
Chacun de ceux qui voudront
conferver leurs Prééminences,
Charges , Fonctions , Salaires
, Penſions & Aides
qui
د
016
voudront ſe qualifier pour
en obtenir à l'avenir, ou pour
recevoir de nouvelles Graces :
comme auſſi ceux qui voudront
joüirdes Franchiſes&Avantages
de la Banque , ſelon la
Claſſe dont ils feront ; Surquoi
ilfaut obferver.
Que l'Arrhe de Legitima-
Juin 1715. B
18 MERCURE
tion ne ſe payera que pour une
Claſſe par ceux qui , à cauſe
de leurs differentes Qualitez ,
pourroient appartenir à pluſieurs
, mais que le Payement
ſe fera ſur le pied de la plus
haute.
Et que ceux du Clergé qui
voudront conſerver leurs Dignitez
Seculieres , & joüir des
Franchiſes & avantages de la
Banque , ou ſe qualifier pour
y avoir part à l'avenir , feront
admis à payer l'Arche de Legitimation
, & à fe faire infcrire
fut le Regiſtre.
GALANT. 19
:
LesClaffesfont lesſuivantes.
1. Dans la premiere ſont
compris les Princes qui ont des
Emplois Civils ou Militaires
de la Cour , & les Conſeillers
Intimes effectifs , chacun defquels
payera annuellement
ſous le Titre d'Arrhe de Legitimation.
200
2. La ſeconde Claſſe comprend
les Conſeillers Intimes
honoraires , qui avec ce Titre
jouiffent de quelques autres
Emplois , Salaires ou Penſions,
ils payeront annuellement.150
Bij
20 MERCURE
3. La troiſiéme Claſſe comprend
les Conſeillers Intimes
honoraires , qui n'ont ni Emplois
, ni Penſions. Ils payeront
annuellement. 100
4. La quatriémeClaffeconcerne
les Conſeillers Intimes
de l'Autriche Antericure &
Poſterieure ; les Chambellans
de Sa Majesté Imperiale qui
ont des Gages ou des Penſions;
Tous les Seigneurs & Perfonnes
deQualité qui ont des Emplois
à la Cour , ou qui font
Membres des Tribunaux &
Jurisdiccions de la Cour ; comme
auſſi les Chefs des JurifdicGALANT.
21
tionsde Sa Majesté Imperiale ;
les Grands Officiers du Païs ,
& les Gouverneurs , deſquels
un chacun payera pour Arrhe
deLegitimation. 150
s. Dans la cinquiémeClaſſe
feront les autres Chambellans
de Sa Majeſté Imperiale , qui
n'ont ni Gages ni Penſions ;
Tous les Seigneurs& Perfonnes
de Qualité qui ont ſéance
en qualité de Conſeillers, dans
les Dicaſteres , Tribunaux &
Judicatures de nos Royaumes
& Principautez . Ils payeront
annuellement. 100
Toutes fois , les Affeſſeurs
L
:
22 MERCURE
Jurifconfultes , pour les Fiefs
du Païs , de la Chambre , &
de la Cour , entant que tels ,
feront exempts de l'Arthe de
Legitimation .
6. Dans la fixiéme ſeront
compris lesGens de qualité qui
font Conſeillers de Sa Majeſté
Imperiale , &qui n'ont féance
en aucune Cour de Juſtice ,
commeauſſi ceux qui ont des
Charges dans les Royaumes &
Etats de Sa Majesté Imperiale,
&qui ne font incorporez dans
aucun College , comme ſont
les Capitaines des Cercles &
autres ſemblables. Ils paycront
par an. 75
GALANT. 23
7. La ſeptiéme Claſſe ſera
pour les Gens de Qualité , qui
n'ont aucuneCharge juſques à
preſentdans les Royaumes &
Etats de Sa Majesté Imperiale,
mais qui aſpirent à y parvenir .
Ceux- là devront , en confequence
du Diplome Imperial,
ſe faire infcrire ſix mois auparavant
ſur le Livre de la Ban
que. Et s'ils pretendent à une
Charge de la premiere ou ſecondeClaſſe
, ils payeront 100
Si- non , ils payeront ſeulement.
SO
8. Dans la huitiéme Clafſe
ſeront compris lesConſeils
24 MERCURE
de la Cour , Civils , Militaires
, & de la Chambre ; comme
auſſi les ſur Grands Commiſſaires
de Guerre , Nobles
ou non; & dans les Provinces
tous les Grands Officiers du
Païs qui ſont du Corps de la
Nobleffe; Tous les Chefs du
dit Corps , diverſes Judicatures&
autres Officiers. Ils payeront
annuellement. 1.00
9. Dans la neuviéme Claſſe
feront les AuditeursGeneraux,
&les Grands Commiſſaires de
Guerre , qui payeront par an.
75
10. Dans la dixieme Claſſe
feront
GALANT. 25
,
feront les Conſeillers de Sa
Majesté Imperiale , Civils
Militaires , & de la Chambre
qui apartiennent au Gouvernement
du Païs , à la Regence
, ou aux Tribunaux ; Les
Capitaines des Arſenaux ici à
Vienne , nobles ou non ; les
Aſſeſſeurs du Maréchal de la
Cour ; ceux qui poſſédent d'autres
bonnes charges à la Cour,
& qui ne font pas nobles , &
les Medecins de Sa Majesté Impériale&
de la Cour ; Ils payeront
par an. so
11. Dans l'onziéme Claſſe
viennent les Nobles , qui ſans
Juin 1715. C
26 MERCURE
avoir le caractére de Confeillers
de Sa Majesté Impériale ,
poſſédent des Emplois dans ſes
Royaumes & Etats , les Lieutenants
Colonels de Bateaux ,
les Valets deChambre del'Empereur
, & les fous Commiffaires
de Guerre . Ils payeront
par an . 30
12. Dans la douziéme Clafſe
ſeront comptez les ConſeillersTitulaires
de l'Empereur ,
les Secretaires dans les Arfcnaux
, les Architectes Militaires
, & ceux qui afpirent aux
Emplois compris dans les 8,9 ,
& 10. Claſſe. Ils payeront par
an. 20
GALANT. 27
१
13. La treiziéme Claſſe
comprend les plus confiderables
Emplois ſubalternes de la
Cour , Maîtres des Fourages
de la Cour , Controlleurs de
la Cour , Quartier- Maîtres de
la Coury Maîtres des Fourages
de la Cour Controlleurs
de la Cour & ſemblables.
Comme auffi les Secretaires
qui font dans les Bureaux &
Tribunaux de la Cour , les
Toneurs de Livres & autres
Officiers , & les Cancelliſtes
inclufivement , juſqu'aux Expediteurs?
Les Officiers de la
Claſſe juſqu'aux Maîtres des
Cij
28 MMEERRCURE
Forêts incluſivement. Les Officiers
dela Chambre dans les
Provinces qui ont leur propre
Office&Bureau , & les Maitres
des Haras de l'Empereur ,
& finalement auſſi tous les
Chrêtiens qui fourpulent les
Proviſions de la Cour. Ils
payeront annuellement.so .
14. Dans la quatorziéme
Claſſe viennent les Fiſcaux &
::
Procureurs de la Chambre ,
les Syndicsde la Ville , les Juges
Royaux , les Bourgemaltres
des Villes Principales,item
les Primats ,les Avocats reçus
dans les Tribunauxde laCour,
}
GALANT. 29
&dans les principales Inſtances
des Provinces , les Medecins
dans les Provinces qui ont
Gagesde nôtreTreforerie; les
Muficiens de l'Empereur qui
ont les plus gros Gages , les
Banquiers,& principaux Marchands
qui Negocient avec la
Cour. Ils payeront annuellement.
30
15. Dans la quinziémeClaf- .
ſe ſeront mis , les Sécretaires
établis dans les bas Tribunaux
Civils& Militaires ; les Adminiſtrateurs
de l'Arsenal & leurs
ſemblables , comme auſſi les
autres Avocats , Agents de
Cij
30 MERCURE
Cour , Procureurs de Provinces
, & Solliciteurs jurés . Les
Commis de la Doüane de l'Empereur
, les Commis du Sel &
autres ſemblables , qui payeront
annuellement . 15
16. Dans la ſeiziémeClaſſe,
feront comptez tous les Officiers
desChancelleries qui fervent
dans les Tribunaux &
•Judicatures de la Cour juſques
au Cancelliſte incluſivement ;
Tous les Officiers de la Chambre
, qui ne ſont point compris
dans les plus hautes Clafſes
; les Adminiſtrateurs du
Bureau des Bateaux , les EcriGALANT.
31
:
vains dans les Judicatures , &
les Muficiensqui ont les moindres
gages , comme auffi ceux
qui aſpirent aux Emplois des
Claſſes 11 , 12 , 13 , & 14. Ils
payeront par an.
10
17. Dans la dix- ſeptiéme
Claſſe ſeront mis tous ceux qui
ontde moindres Offices de Sa
Majesté Impériale , en ſes
Royaumes & Principautez , &
qui ne ſontpoint compris dans
lesprecedentes Claffes. Com.
me auffi tous ceux qui aſpireront
aux Emplois de la 15. &
16. Claſſe. Ils payeront par
an.
3
C iiij
32 MERCURE
Et parce qu'il n'a pas été
poſſible de ſpecifier dans cette
Matricule toutes les diférentes
qualitez , Conditions , Offices
& Titres qui ſe trouvent dans
les Royaumes & Provinces de
Sa Majesté Imperiale , on déclare
que ceux deſquels la condition
ou l'état ne ſont pas précilément
exprimés ci deſſus ,
devront demander à ſe faire
enregiſtrer dans la Claſſe qui
leur conviendra le mieux , en
payant l'Arthe de Legitimationquiy
eſt marqué , ous'en.
querir , mais dans le terme de
fix ſemaines , à compter du
GALANT. 33
jour de la publication , en
quellesClaſſes ils doivent être
placés : & tant que les Colléges
de la Banque ne feront pas
encore établis , ils pourront
l'aprendre du gouvernement
dans les Provinces. :
En outre , on doit être adverti
que l'Ordre de ces Claffes
, ni la fomme quelles portent
, ne concernent uniquement
que la Banque , & n'avancent
ni nereculent perſonne
dans le rang qui lui apartient.
34 MERCURE
LISTE DES JUIFS.
Pour concluſion voici ce
que les Juifs devront payer à la
Banque , moyennant quoi ils
pouront auſſi s'avantager ſelon
leur état des Benefices qu'elle
communique.
1. Tous les Juifs mariés qui
ſe tiennent ici , tous les Facteurs
, Provediteurs & Marchands
de la Cour , & ceux qui
trafiquent en change ou autres
ſemblables , étant tolerez ici
àVienne , payeront. 300
2. Dans cette ſeconde clafGALANT.
35
ſe ſeront mis les Juifs qui s'intereſſent
dans les Negoces &
proviſions de la Cour , & qui
ne refident pas àVienne. Ceux
làpayeront. 100
3. Les Juifs qui dans les
Provinces exercent divers Offices
des Juifs , qu'ils ont obtenus
de la Cour , de la Chambreou
du Païs , payeront annuellement
. 30
4. Les Juifs qui aſpirent à
de ſemblables Offices de Juifs,
ou qui veulent joüir d'autres
Benefices de la Banque , qui
leur font propres , payeront
annuellement. 6
36 MERCURE
Il ſera permis , au reſte , à
toute la Nation des Juifs , de
ſe faire enregiſtrer ſur le Livre
de la Banque , pour ſe rendre
capables de participer à ſes avantages,&
benefices ; moiennant
l'Arthe marquéedans l'une
ou l'autre de quatre claſſes
ci-deſſus marquées.
Des Airhes de Legitimation
que devront payer Tous
Chacun de ceux qui voudront
conferver leurs Prééminences,
Charges , Fonctions , Salaires
, Penſions & Aides
qui
د
016
voudront ſe qualifier pour
en obtenir à l'avenir, ou pour
recevoir de nouvelles Graces :
comme auſſi ceux qui voudront
joüirdes Franchiſes&Avantages
de la Banque , ſelon la
Claſſe dont ils feront ; Surquoi
ilfaut obferver.
Que l'Arrhe de Legitima-
Juin 1715. B
18 MERCURE
tion ne ſe payera que pour une
Claſſe par ceux qui , à cauſe
de leurs differentes Qualitez ,
pourroient appartenir à pluſieurs
, mais que le Payement
ſe fera ſur le pied de la plus
haute.
Et que ceux du Clergé qui
voudront conſerver leurs Dignitez
Seculieres , & joüir des
Franchiſes & avantages de la
Banque , ou ſe qualifier pour
y avoir part à l'avenir , feront
admis à payer l'Arche de Legitimation
, & à fe faire infcrire
fut le Regiſtre.
GALANT. 19
:
LesClaffesfont lesſuivantes.
1. Dans la premiere ſont
compris les Princes qui ont des
Emplois Civils ou Militaires
de la Cour , & les Conſeillers
Intimes effectifs , chacun defquels
payera annuellement
ſous le Titre d'Arrhe de Legitimation.
200
2. La ſeconde Claſſe comprend
les Conſeillers Intimes
honoraires , qui avec ce Titre
jouiffent de quelques autres
Emplois , Salaires ou Penſions,
ils payeront annuellement.150
Bij
20 MERCURE
3. La troiſiéme Claſſe comprend
les Conſeillers Intimes
honoraires , qui n'ont ni Emplois
, ni Penſions. Ils payeront
annuellement. 100
4. La quatriémeClaffeconcerne
les Conſeillers Intimes
de l'Autriche Antericure &
Poſterieure ; les Chambellans
de Sa Majesté Imperiale qui
ont des Gages ou des Penſions;
Tous les Seigneurs & Perfonnes
deQualité qui ont des Emplois
à la Cour , ou qui font
Membres des Tribunaux &
Jurisdiccions de la Cour ; comme
auſſi les Chefs des JurifdicGALANT.
21
tionsde Sa Majesté Imperiale ;
les Grands Officiers du Païs ,
& les Gouverneurs , deſquels
un chacun payera pour Arrhe
deLegitimation. 150
s. Dans la cinquiémeClaſſe
feront les autres Chambellans
de Sa Majeſté Imperiale , qui
n'ont ni Gages ni Penſions ;
Tous les Seigneurs& Perfonnes
de Qualité qui ont ſéance
en qualité de Conſeillers, dans
les Dicaſteres , Tribunaux &
Judicatures de nos Royaumes
& Principautez . Ils payeront
annuellement. 100
Toutes fois , les Affeſſeurs
L
:
22 MERCURE
Jurifconfultes , pour les Fiefs
du Païs , de la Chambre , &
de la Cour , entant que tels ,
feront exempts de l'Arthe de
Legitimation .
6. Dans la fixiéme ſeront
compris lesGens de qualité qui
font Conſeillers de Sa Majeſté
Imperiale , &qui n'ont féance
en aucune Cour de Juſtice ,
commeauſſi ceux qui ont des
Charges dans les Royaumes &
Etats de Sa Majesté Imperiale,
&qui ne font incorporez dans
aucun College , comme ſont
les Capitaines des Cercles &
autres ſemblables. Ils paycront
par an. 75
GALANT. 23
7. La ſeptiéme Claſſe ſera
pour les Gens de Qualité , qui
n'ont aucuneCharge juſques à
preſentdans les Royaumes &
Etats de Sa Majesté Imperiale,
mais qui aſpirent à y parvenir .
Ceux- là devront , en confequence
du Diplome Imperial,
ſe faire infcrire ſix mois auparavant
ſur le Livre de la Ban
que. Et s'ils pretendent à une
Charge de la premiere ou ſecondeClaſſe
, ils payeront 100
Si- non , ils payeront ſeulement.
SO
8. Dans la huitiéme Clafſe
ſeront compris lesConſeils
24 MERCURE
de la Cour , Civils , Militaires
, & de la Chambre ; comme
auſſi les ſur Grands Commiſſaires
de Guerre , Nobles
ou non; & dans les Provinces
tous les Grands Officiers du
Païs qui ſont du Corps de la
Nobleffe; Tous les Chefs du
dit Corps , diverſes Judicatures&
autres Officiers. Ils payeront
annuellement. 1.00
9. Dans la neuviéme Claſſe
feront les AuditeursGeneraux,
&les Grands Commiſſaires de
Guerre , qui payeront par an.
75
10. Dans la dixieme Claſſe
feront
GALANT. 25
,
feront les Conſeillers de Sa
Majesté Imperiale , Civils
Militaires , & de la Chambre
qui apartiennent au Gouvernement
du Païs , à la Regence
, ou aux Tribunaux ; Les
Capitaines des Arſenaux ici à
Vienne , nobles ou non ; les
Aſſeſſeurs du Maréchal de la
Cour ; ceux qui poſſédent d'autres
bonnes charges à la Cour,
& qui ne font pas nobles , &
les Medecins de Sa Majesté Impériale&
de la Cour ; Ils payeront
par an. so
11. Dans l'onziéme Claſſe
viennent les Nobles , qui ſans
Juin 1715. C
26 MERCURE
avoir le caractére de Confeillers
de Sa Majesté Impériale ,
poſſédent des Emplois dans ſes
Royaumes & Etats , les Lieutenants
Colonels de Bateaux ,
les Valets deChambre del'Empereur
, & les fous Commiffaires
de Guerre . Ils payeront
par an . 30
12. Dans la douziéme Clafſe
ſeront comptez les ConſeillersTitulaires
de l'Empereur ,
les Secretaires dans les Arfcnaux
, les Architectes Militaires
, & ceux qui afpirent aux
Emplois compris dans les 8,9 ,
& 10. Claſſe. Ils payeront par
an. 20
GALANT. 27
१
13. La treiziéme Claſſe
comprend les plus confiderables
Emplois ſubalternes de la
Cour , Maîtres des Fourages
de la Cour , Controlleurs de
la Cour , Quartier- Maîtres de
la Coury Maîtres des Fourages
de la Cour Controlleurs
de la Cour & ſemblables.
Comme auffi les Secretaires
qui font dans les Bureaux &
Tribunaux de la Cour , les
Toneurs de Livres & autres
Officiers , & les Cancelliſtes
inclufivement , juſqu'aux Expediteurs?
Les Officiers de la
Claſſe juſqu'aux Maîtres des
Cij
28 MMEERRCURE
Forêts incluſivement. Les Officiers
dela Chambre dans les
Provinces qui ont leur propre
Office&Bureau , & les Maitres
des Haras de l'Empereur ,
& finalement auſſi tous les
Chrêtiens qui fourpulent les
Proviſions de la Cour. Ils
payeront annuellement.so .
14. Dans la quatorziéme
Claſſe viennent les Fiſcaux &
::
Procureurs de la Chambre ,
les Syndicsde la Ville , les Juges
Royaux , les Bourgemaltres
des Villes Principales,item
les Primats ,les Avocats reçus
dans les Tribunauxde laCour,
}
GALANT. 29
&dans les principales Inſtances
des Provinces , les Medecins
dans les Provinces qui ont
Gagesde nôtreTreforerie; les
Muficiens de l'Empereur qui
ont les plus gros Gages , les
Banquiers,& principaux Marchands
qui Negocient avec la
Cour. Ils payeront annuellement.
30
15. Dans la quinziémeClaf- .
ſe ſeront mis , les Sécretaires
établis dans les bas Tribunaux
Civils& Militaires ; les Adminiſtrateurs
de l'Arsenal & leurs
ſemblables , comme auſſi les
autres Avocats , Agents de
Cij
30 MERCURE
Cour , Procureurs de Provinces
, & Solliciteurs jurés . Les
Commis de la Doüane de l'Empereur
, les Commis du Sel &
autres ſemblables , qui payeront
annuellement . 15
16. Dans la ſeiziémeClaſſe,
feront comptez tous les Officiers
desChancelleries qui fervent
dans les Tribunaux &
•Judicatures de la Cour juſques
au Cancelliſte incluſivement ;
Tous les Officiers de la Chambre
, qui ne ſont point compris
dans les plus hautes Clafſes
; les Adminiſtrateurs du
Bureau des Bateaux , les EcriGALANT.
31
:
vains dans les Judicatures , &
les Muficiensqui ont les moindres
gages , comme auffi ceux
qui aſpirent aux Emplois des
Claſſes 11 , 12 , 13 , & 14. Ils
payeront par an.
10
17. Dans la dix- ſeptiéme
Claſſe ſeront mis tous ceux qui
ontde moindres Offices de Sa
Majesté Impériale , en ſes
Royaumes & Principautez , &
qui ne ſontpoint compris dans
lesprecedentes Claffes. Com.
me auffi tous ceux qui aſpireront
aux Emplois de la 15. &
16. Claſſe. Ils payeront par
an.
3
C iiij
32 MERCURE
Et parce qu'il n'a pas été
poſſible de ſpecifier dans cette
Matricule toutes les diférentes
qualitez , Conditions , Offices
& Titres qui ſe trouvent dans
les Royaumes & Provinces de
Sa Majesté Imperiale , on déclare
que ceux deſquels la condition
ou l'état ne ſont pas précilément
exprimés ci deſſus ,
devront demander à ſe faire
enregiſtrer dans la Claſſe qui
leur conviendra le mieux , en
payant l'Arthe de Legitimationquiy
eſt marqué , ous'en.
querir , mais dans le terme de
fix ſemaines , à compter du
GALANT. 33
jour de la publication , en
quellesClaſſes ils doivent être
placés : & tant que les Colléges
de la Banque ne feront pas
encore établis , ils pourront
l'aprendre du gouvernement
dans les Provinces. :
En outre , on doit être adverti
que l'Ordre de ces Claffes
, ni la fomme quelles portent
, ne concernent uniquement
que la Banque , & n'avancent
ni nereculent perſonne
dans le rang qui lui apartient.
34 MERCURE
LISTE DES JUIFS.
Pour concluſion voici ce
que les Juifs devront payer à la
Banque , moyennant quoi ils
pouront auſſi s'avantager ſelon
leur état des Benefices qu'elle
communique.
1. Tous les Juifs mariés qui
ſe tiennent ici , tous les Facteurs
, Provediteurs & Marchands
de la Cour , & ceux qui
trafiquent en change ou autres
ſemblables , étant tolerez ici
àVienne , payeront. 300
2. Dans cette ſeconde clafGALANT.
35
ſe ſeront mis les Juifs qui s'intereſſent
dans les Negoces &
proviſions de la Cour , & qui
ne refident pas àVienne. Ceux
làpayeront. 100
3. Les Juifs qui dans les
Provinces exercent divers Offices
des Juifs , qu'ils ont obtenus
de la Cour , de la Chambreou
du Païs , payeront annuellement
. 30
4. Les Juifs qui aſpirent à
de ſemblables Offices de Juifs,
ou qui veulent joüir d'autres
Benefices de la Banque , qui
leur font propres , payeront
annuellement. 6
36 MERCURE
Il ſera permis , au reſte , à
toute la Nation des Juifs , de
ſe faire enregiſtrer ſur le Livre
de la Banque , pour ſe rendre
capables de participer à ſes avantages,&
benefices ; moiennant
l'Arthe marquéedans l'une
ou l'autre de quatre claſſes
ci-deſſus marquées.
Fermer
1526
MATRICULE Des Arrhes de Legitimation que devront payer Tous & Chacun de ceux qui voudront conserver leurs Prééminences, Charges, Fonctions, Salaires, Pensions & Aides, ou qui voudront se qualifier pour en obtenir à l'avenir, ou pour recevoir de nouvelles Graces : comme aussi ceux qui voudront joüir des Franchises & Avantages de la Banque, selon la Classe dont ils seront ; Surquoi il faut observer.
1527
p. 37-62
Copie d'une Lettre écrite de Malte.
Début :
Enfin, Monsieur, nous voicy arrivez au Port si desiré, je [...]
Mots clefs :
Malte, Prieur, Chevaliers, Maître, Turcs, Cérémonies, Carosse, Son Éminence, Grand prieur, Grand maître, Port, Princes, Armée du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Copie d'une Lettre écrite de Malte.
Copie d'une Lettre écrite
deMalte.
2
د
Enfin , Monfieur , nous voicy
arrivezau Port ſideſiré , je
veux dire à Malte ; nôtre navigation
a eſté des plus heureuſes
& des plus courtes
puiſque le Vaſſeau ſur lequel
j'étois embarqué a fait le trajet
deToulon icy en moins de
quatre jours. M. le Chevalier
d'Ambrolio n'a pas eſte fi heureux
que moy , car outre qu'il
a fouffert à fon ordinaire ,
craignant exceſſivement la
38 MERCURE
mer , où je n'ay point du tout
eſté malade , il n'eſt arrivé icy
que deux jours aprés nous , le
vent contraire ayant obligé
fon vaſſeau & cinq ou fix autres
chargez de Chevaliers , &
partis de Toulon en même
temps , de rendre des bords ,
& de tenir à la cappe dans le
canal de Malte , & pour ainſi
dire à nôtre vûë , pendant un
jour &une nuit , crainte de
paſſer l'Ifle ; c'eſt la choſe du
monde la plus trifte& la plus
incommode, particulierement
pour ceux qui craignent autant
la mer que luy ; mais l'en
GALANT. 39
voila quitte , & il n'y paroiſt
déja plus.
Ceux qui ſont venus ſur le
vaiſſeau qui a porté M. le
grand Prieur ont encore un
peu plus ſouffert ayant demeuré
un jour de plus que les autres
à la mer , avec un affez
mauvais temps ; ce fut le Dimanche
7. de ce mois entre
neuf & dix heures du matin
que ce Prince entra dans ce
Port au bruit des ſalves des
canons de beaucoup de vaifſeaux
François qui estoient
moüillez dans le Port , il fut
enfuite ſalué de 21. coups de
40
MERCURE
canon par la ville , & complimenté
ſur ſon Bord de la part
du Grand Maiſtre , par M. le
Commandeur d'Argini fon
Maiſtre d'Hoſtel , & le pre-'
mier Officier de la Maiſon de
Son Eminence : il le fut auſſi
au nom du grand Maiſtre du
ConfeilIpar deux grands Croix
députez du Conſeil , leſquels
ſe rendirent auffi à bord de la
Veſtale , d'oùils accompagnerent
M. le grand Prieur à l'Egliſe
de S. Jean où on l'attendoit
pour la Meffe , & enſuite
au Palais , où il rendit ſa premiere
viſite au Grand Maître ,
avec
GALANT .
41
avec les ceremonies & les circonſtances
ſuivantes.
Au débarquement ſur le
Môle , ou le Quay du Port ,
M. le grand Prieur trouva un
des caroſſes du grand Maître
attelé ſeulement de 4. Mulets,
au lieu qu'il eſt à fix chevaux ,
lorſque Son Eminence eſt dedans
ce caroſſe , dans lequel il
occupoit le fond de derriere ,
& les deux grands Croix celuy
de devant . Il fut d'abord à
l'Eglife , & aprés à la Meſſe au
Palais , où ſe trouverent plus
de ſept à huit cent Chevaliers ,
dont plus de la moitié Fran .
Juin 1715 . D
42 MERCURE
çois , avoient eſté le ſaluër ,
partie ſur ſon Bord , & partie
lorſqu'il fortit de ſa chaloupe ,
tous eurent le temps de ſe
trouver à ſa deſcente du carofſe
, lorſqu'il entra à S. Jean ,
&qu'il defcendit à la porte du
Palais, à cauſe des détours que
le caroſſe eſt obligé de prendre
& de la marche lente de
cette voiture.
M. le grand Prieur arrivant
auPalais , trouva les Gardes du
grand Maiſtre ſous les armes ,
rangez en haye , le tambour
battant aux champs , il monta
chez le grand Maiſtre , precedé
! GALANT. 43
de ce grand nombre de Chevaliers
;la fale , les anti-chambres
, & chambres de ſon Eminence
, quoique fort grandes
, contenoient à peine la
nombreuſe Chevalerie , à travers
de laquelle Elle paffa, precedée
de ſes grands & principauxOfficiers
, pour aller à la
rencontre de M. le grand
Prieur. Ce fut à peu prés aux
deux tiers de la fale , que le
grandMaiſtre le reçûr, de maniere
que ſon Eminence fit un
peu plus que la moitié du chemin
de ſa ſale. Là ils s'embraf
ferent l'un &l'autre , & fe fi-
Dij
44 MERCURE
rent reciproquement des proteſtations
d'amitié,&des complimens
qui ne furent guere
entendus ; enſuite le grand
Maiſtre ayant la droite ,&tenant
M. le grand Prieur par la
main , ils percerent à travers
de cette foule de Chevalerie ,
juſqu'à la chambre de fon
Eminence , & s'affirent fur
des fauteüils diftinguez l'un à
côté de l'autre. Ils ſe couvrirent
, & vis - à - vis d'eux , fur
d'autres fauteüils , les ſuſdits
grands Croix députez duConfeil
auffi couverts.
,
La converſation qui dura
GALANT. 45
environ une demi heure , roula
ſur les affaires preſentes , &
fur les fatigues du voyage ,
aprés quoy M. le grand Prieur
preſenta au grand Maiſtre
quelques - uns des Chevaliers
qui avoient eſté embarquez
fur fon bord , leſquels firent
leur reverence & curent l'honneur
de baifer la main de Son
Eminence; enſuite M. legrand
Prieur ſe leva & prit congé ,
&le grand Maiſtre l'accompagna
avec les mêmes ceremonies
, juſqu'auprés de l'eſcalier
, où ils ſe firent de nouvelles
proteſtations. Son Emi46
MERCURE
nence rentra dans ſa chambre
& ſe mit à table pour dîner
bien-toſt aprés .
M. le grand Prieur eftant
deſcendu de chez le grand
Maiſtre , monta en caroffe ,
avec les deux mêmes grands
Croix , & ſe rendit à la maifon
qui luy avoit eſté preparée
, il trouva à la porte un
grand nombre de Chevaliers
François&de peuple , les deux
grands Croix pour éviter le
ceremonial de l'accompagnement
, prirent congé deM. le
grand Prieur à ſa porte , qui
monta à ſa chambre , où il
۲
GALANT. 47
nous parut eſtre fort content
de cette éclatante reception ,
&des honneurs qui luy furent
faits ce jour là , tant de la part
du grand Maiſtre que de tous
les Chevaliers. A peine fut- il
entré chez luy qu'on vint
ſçavoir de la part du grand
Ecuyer , ou Cavaloriſſo Magiore
, & par ordre de Son
Eminence , fi M. le grand
Prieur avoit beſoin d'un caroſſe
, ou de quelqu'autre voiture.
Deux jours aprés ſon arrivée
, ſçavoir le 9. dece mois ,
on tint unConſeil dans lequel
M.legrandPrieur prit la féan48
MERCURE
ce dans un fauteüil de velours
rouge , galonné d'or ,& diftingué
de ceux des autres grand
Croix , placé à la teſte & à
la diſtance d'une chaiſe du
premier grand Croix qui s'affied
à la droite du Conſeil ;
c'eſt ordinairement l'Evêque ,
&aprés luy , le grand Commandeur
, chef de la Langue
Provence,à la teſtede la gauche,
c'eſt le Prieur de l'Eglife ,
&aprés luy , le Maréchal chef
de la Langue d'Auvergne.
de
Lorſque tous Meffieurs les
grands Croix eurent pris leurs
féances , chacun ſelon fon
rang ,
GALANT . 49
i
rang, le Vice Chancelier qui a
fon Bureau & fa place debour,
à la teſte de la féance du coſté
droit prés de M. le grand
Prieur , s'approcha de luy &
l'avertit de ſe lever , pour faire
ſa Profeſſion de Foy , & prêter
ſon ſerment , ce qu'il fit à
genoux ſur un careau de velours
, honneur que n'ont pas
les autres grandsCroix en pareil
cas , & aprés avoir remply
ce devoir aux pieds du grand
Maltre , & entre ſes mains
il reprit ſa place. EnſuiteMonſieur
le Bailly de la Pailleterie
en fit autant parce qu'il n'avoit
Juin 1715. E
So MERCURE
pas été à Malte depuis qu'il a
été fait grandCroix.
Cesceremonies étant achevées
, on fit fortir de la ſalle ,
ceux qui ne ſont pas du confeil
,&les portes fermées , on
delibera ſur des affaires d'Etat ,
&entre autres ſur la demande
faite par N. S. P. le Pape des
deux Eſcadres des Galeres &
des Vaiſſcaux de la Religion ,
pour aller avec celles de Sa
Sainteté au ſecours de la Republique
de Veniſe , ſurquoy il
fut fenfement reſolu de s'excuſer
d'envoyer nos deux Elcadres
, attendu nos propres beſoins
, qui dans la conjonctu
GALANT. SI
re preſente parlent d'eux même.
D'ailleurs celle de nos
Vaiſſeaux eſt partie depuis prés
d'un mois , augmentée d'un
cinquiéme Navire à cauſe de
pluſieurs tranſports de munitions
deguerrequ'elle doit faire
d'Italie , de France & d'Efpagne
, où elle doit en embarquer
quantité , & fur tout à
Barcelone , où deux de nos
Vaiſſcaux prendront celles
dont Sa Majefté Catholique a
fait un preſent à la Religion,&
ces deux Vaiſſcaux ſe rendront
àToulon , de même que celuy
qui eſt allé à Ligourne& à
E ij
52 MERCURE
Genes , car le rendez vous eſt
en Provence , pour venir de là
icy , versle 20. du mois prochain
au plus tard; & alors fi
lesTurcs avoient pris leur parti
du côté de la Morée ou ailleurs
, & qu'il n'y ait plus à
craindre pour nous , l'intention
du grand Maître & du
Conſeil étant de renvoyer
Meſſieurs les Chevaliers que la
citation a appellé ici , nos Vaifſeaux
feront employez à en
faire le tranſport , & par conſequent
on ne ſçauroit les envoyer
au ſecoursde laRepublique
qui voudroit pourtant
mploy
1
GALANT. 53
nous faire entendre que ſes
Etats menacez par les Turcs
étant plus proches de nos ennemis
, nous avons un double
interêt de l'aſſiſter de nos forces
, puiſque ſelon elle , nous
nousgarantiffons parlàdetoute
entrepriſe des Turcs ; mais
leurs repreſentations quoique
pathetiques , non plus que les
inftances & les exhortations de
Sa Sainteté , n'ont pû encore
nous perfuader ce que les uns
&les autres ont tâché de nous
infinuer par douceur.
Aprés cette longuedifgrefſion
, que j'ai cruë neceſſaire ,
ト
E iij
54 MERCURE
je reviens àMr legrand Prieur,
lequel au ſortir du Confeil
paſſa dans la Chambre du
grand Maître , qui ſuivant la
coûtume , lui attacha devant
la poitrine , le plaſtron de la
grandeCroix , auſſi bien qu'à
Mr le Bailly de la Pailleteric,
ceremonie neceſſaire , & qui
ſe pratique toûjours à l'égard
deceux qui ont été faits grand
Croix hors du Couvent , &
pendant laquelle ſon Eminence
leur dit fort poliment quelle
ſouhaitoit qu'ils la portafſent
auſſi long tems qu'il l'a
voit portée , yayant quarante
1
GALANT
trois années qu'elle étoit decorée
de cette honorable marque
dedignité.
Dans toutes ces ceremonies
on s'eſt conformé à ce qui
avoit érépratiqué autrefois ici,
à l'égard de feu Monfieur le
grand Prieur de Vendôme fon
Oncle , à cela prés que celui là
étant plus prés du ſang du Roy
Henry le Grand , on a fait
quelques choſesde moins pour
celuy-cy.
Depuis le jour de la ceremonie
du ferment , le grand
Maître , ayant reſolu de donner
àMonfieur le grand Prieur
E iiij
56 MERCURE
une nouvelle marque de diftinction
convenable à ſon
rang , & à celuy qu'il a tenu
dans les Armées du Roy , l'a
fait Capitaine General , ou Generaliſſime
des Armées , de la
maniere que Monfieur le Duc
Darpajon le fut à la precedente
citation. Son Eminence lui
en envoya donner part hier au
matin 12 de ce mois , par les
quatreGrands Croix des quatre
Nations de France , d'Italie
, d'Eſpagne , & d'Allemagne
, qui font Commiſſaires
Generaux des Guerres. Il accepta
agreablement la propoGALANT.
57
fition qu'ils luy en firent , &
d'abord aprés diné il ſe rendit
au Palais accompagné de ces
quatre grands Croix , & d'un
grand nombre de Chevaliers
François qui avoient déja été
chez lui , pour le complimenter
là deſſus , & qui furenttémoinsdes
remerciements qu'il
fit au grand Matere , dans une
Audiance de plus d'une demie
heure , durant laquelle ils s'entretinrent
apparemment de
tout ce qui pouvoit concerner
le nouveau Grade qui lui ſera
donnédans les formes accoûtumées
Lundy prochain 15. de
58 MERCURE
ce mois , dans un Conſeil qui
ſe tiendra exprés pour le nommer
avec les formalitez ordinaires..
CenouveauGrade vadon.
ner àMonfieur legrand Prieur
des mouvements &des détails
confiderables & neceffaires
pour la ſûreté& la deffenſe de
denos Ifles , & de nos Places.
Le choix qu'on a fait de faperfonne
a été generalement applaudi
de tous les François&
de la plupart des Chevaliers
des autres nations;mais il y en a
quelques-uns qui ſupportent
avec quelque forte d'impatien.
GALANT. رو
ce cette diſtinction; effet ordinaire
de la jalouſie dont le
plus grand merite , & la capacité
la plus reconnuë ne furent
jamais à couvert.
On travaille à preſent à
dreffer les Rôles , & les liſtes
de tous les Chevaliers , & plus
particulierement de ceux qui
60 MERCURE'
point encore vû , mais qui les
rendent , à ce qu'on dit inacceffibles
à nos ennemis , & à
l'heure que je vous parle , on y
tranſporte l'artillerie qu'on va
placerdans les batteries qu'on
a dreffées & preparées avec
beaucoup de ſoin , dans tous
les endroits où il convient de
mettredu canon .
Il ſeroit difficile de dire fi
cela ſera neceffaire , parce que
l'on ne voit point clair dans les
deſſeins des Turcs. En general
on ſçait ſeulement que
leur Armement de mer n'eſt
pas ſi conſiderable en Navi-
L
GALANT. 61
res de guerre , & en Galeres
qu'on le croyoit , ou qu'on
l'avoit ditd'abord : mais comme
il leur fuffiroit d'avoir un
grand nombre de Baſtimens
pour le tranſport de leurs
Troupes , Vivres , & Munitionsde
guerre de toute eſpece,&
qu'il leur feroit aiſe d'en
aſſembler promptement la
quantitéqu'il leur feroit neceffaire
, il eſt à propos de ſe tenir
de plus en plus ſur ſes gardes,
& c'eſt à quoi ontravaille ; on
le fera même dans les ſuites
avec plus de vivacité quoyque
le plus grand nombre croye
62 MERCURE
toûjours que les Turcs ne nous
en veulent pas , & qu'il ſoit
même perfuadé qu'ils font
dans l'impuiſſance de nous attaquer;
plufieurs penſent autrement&
ont raiſon , mais tout
bien compté , je ne croi pas
quenous les voyons du moins
cette année.
deMalte.
2
د
Enfin , Monfieur , nous voicy
arrivezau Port ſideſiré , je
veux dire à Malte ; nôtre navigation
a eſté des plus heureuſes
& des plus courtes
puiſque le Vaſſeau ſur lequel
j'étois embarqué a fait le trajet
deToulon icy en moins de
quatre jours. M. le Chevalier
d'Ambrolio n'a pas eſte fi heureux
que moy , car outre qu'il
a fouffert à fon ordinaire ,
craignant exceſſivement la
38 MERCURE
mer , où je n'ay point du tout
eſté malade , il n'eſt arrivé icy
que deux jours aprés nous , le
vent contraire ayant obligé
fon vaſſeau & cinq ou fix autres
chargez de Chevaliers , &
partis de Toulon en même
temps , de rendre des bords ,
& de tenir à la cappe dans le
canal de Malte , & pour ainſi
dire à nôtre vûë , pendant un
jour &une nuit , crainte de
paſſer l'Ifle ; c'eſt la choſe du
monde la plus trifte& la plus
incommode, particulierement
pour ceux qui craignent autant
la mer que luy ; mais l'en
GALANT. 39
voila quitte , & il n'y paroiſt
déja plus.
Ceux qui ſont venus ſur le
vaiſſeau qui a porté M. le
grand Prieur ont encore un
peu plus ſouffert ayant demeuré
un jour de plus que les autres
à la mer , avec un affez
mauvais temps ; ce fut le Dimanche
7. de ce mois entre
neuf & dix heures du matin
que ce Prince entra dans ce
Port au bruit des ſalves des
canons de beaucoup de vaifſeaux
François qui estoient
moüillez dans le Port , il fut
enfuite ſalué de 21. coups de
40
MERCURE
canon par la ville , & complimenté
ſur ſon Bord de la part
du Grand Maiſtre , par M. le
Commandeur d'Argini fon
Maiſtre d'Hoſtel , & le pre-'
mier Officier de la Maiſon de
Son Eminence : il le fut auſſi
au nom du grand Maiſtre du
ConfeilIpar deux grands Croix
députez du Conſeil , leſquels
ſe rendirent auffi à bord de la
Veſtale , d'oùils accompagnerent
M. le grand Prieur à l'Egliſe
de S. Jean où on l'attendoit
pour la Meffe , & enſuite
au Palais , où il rendit ſa premiere
viſite au Grand Maître ,
avec
GALANT .
41
avec les ceremonies & les circonſtances
ſuivantes.
Au débarquement ſur le
Môle , ou le Quay du Port ,
M. le grand Prieur trouva un
des caroſſes du grand Maître
attelé ſeulement de 4. Mulets,
au lieu qu'il eſt à fix chevaux ,
lorſque Son Eminence eſt dedans
ce caroſſe , dans lequel il
occupoit le fond de derriere ,
& les deux grands Croix celuy
de devant . Il fut d'abord à
l'Eglife , & aprés à la Meſſe au
Palais , où ſe trouverent plus
de ſept à huit cent Chevaliers ,
dont plus de la moitié Fran .
Juin 1715 . D
42 MERCURE
çois , avoient eſté le ſaluër ,
partie ſur ſon Bord , & partie
lorſqu'il fortit de ſa chaloupe ,
tous eurent le temps de ſe
trouver à ſa deſcente du carofſe
, lorſqu'il entra à S. Jean ,
&qu'il defcendit à la porte du
Palais, à cauſe des détours que
le caroſſe eſt obligé de prendre
& de la marche lente de
cette voiture.
M. le grand Prieur arrivant
auPalais , trouva les Gardes du
grand Maiſtre ſous les armes ,
rangez en haye , le tambour
battant aux champs , il monta
chez le grand Maiſtre , precedé
! GALANT. 43
de ce grand nombre de Chevaliers
;la fale , les anti-chambres
, & chambres de ſon Eminence
, quoique fort grandes
, contenoient à peine la
nombreuſe Chevalerie , à travers
de laquelle Elle paffa, precedée
de ſes grands & principauxOfficiers
, pour aller à la
rencontre de M. le grand
Prieur. Ce fut à peu prés aux
deux tiers de la fale , que le
grandMaiſtre le reçûr, de maniere
que ſon Eminence fit un
peu plus que la moitié du chemin
de ſa ſale. Là ils s'embraf
ferent l'un &l'autre , & fe fi-
Dij
44 MERCURE
rent reciproquement des proteſtations
d'amitié,&des complimens
qui ne furent guere
entendus ; enſuite le grand
Maiſtre ayant la droite ,&tenant
M. le grand Prieur par la
main , ils percerent à travers
de cette foule de Chevalerie ,
juſqu'à la chambre de fon
Eminence , & s'affirent fur
des fauteüils diftinguez l'un à
côté de l'autre. Ils ſe couvrirent
, & vis - à - vis d'eux , fur
d'autres fauteüils , les ſuſdits
grands Croix députez duConfeil
auffi couverts.
,
La converſation qui dura
GALANT. 45
environ une demi heure , roula
ſur les affaires preſentes , &
fur les fatigues du voyage ,
aprés quoy M. le grand Prieur
preſenta au grand Maiſtre
quelques - uns des Chevaliers
qui avoient eſté embarquez
fur fon bord , leſquels firent
leur reverence & curent l'honneur
de baifer la main de Son
Eminence; enſuite M. legrand
Prieur ſe leva & prit congé ,
&le grand Maiſtre l'accompagna
avec les mêmes ceremonies
, juſqu'auprés de l'eſcalier
, où ils ſe firent de nouvelles
proteſtations. Son Emi46
MERCURE
nence rentra dans ſa chambre
& ſe mit à table pour dîner
bien-toſt aprés .
M. le grand Prieur eftant
deſcendu de chez le grand
Maiſtre , monta en caroffe ,
avec les deux mêmes grands
Croix , & ſe rendit à la maifon
qui luy avoit eſté preparée
, il trouva à la porte un
grand nombre de Chevaliers
François&de peuple , les deux
grands Croix pour éviter le
ceremonial de l'accompagnement
, prirent congé deM. le
grand Prieur à ſa porte , qui
monta à ſa chambre , où il
۲
GALANT. 47
nous parut eſtre fort content
de cette éclatante reception ,
&des honneurs qui luy furent
faits ce jour là , tant de la part
du grand Maiſtre que de tous
les Chevaliers. A peine fut- il
entré chez luy qu'on vint
ſçavoir de la part du grand
Ecuyer , ou Cavaloriſſo Magiore
, & par ordre de Son
Eminence , fi M. le grand
Prieur avoit beſoin d'un caroſſe
, ou de quelqu'autre voiture.
Deux jours aprés ſon arrivée
, ſçavoir le 9. dece mois ,
on tint unConſeil dans lequel
M.legrandPrieur prit la féan48
MERCURE
ce dans un fauteüil de velours
rouge , galonné d'or ,& diftingué
de ceux des autres grand
Croix , placé à la teſte & à
la diſtance d'une chaiſe du
premier grand Croix qui s'affied
à la droite du Conſeil ;
c'eſt ordinairement l'Evêque ,
&aprés luy , le grand Commandeur
, chef de la Langue
Provence,à la teſtede la gauche,
c'eſt le Prieur de l'Eglife ,
&aprés luy , le Maréchal chef
de la Langue d'Auvergne.
de
Lorſque tous Meffieurs les
grands Croix eurent pris leurs
féances , chacun ſelon fon
rang ,
GALANT . 49
i
rang, le Vice Chancelier qui a
fon Bureau & fa place debour,
à la teſte de la féance du coſté
droit prés de M. le grand
Prieur , s'approcha de luy &
l'avertit de ſe lever , pour faire
ſa Profeſſion de Foy , & prêter
ſon ſerment , ce qu'il fit à
genoux ſur un careau de velours
, honneur que n'ont pas
les autres grandsCroix en pareil
cas , & aprés avoir remply
ce devoir aux pieds du grand
Maltre , & entre ſes mains
il reprit ſa place. EnſuiteMonſieur
le Bailly de la Pailleterie
en fit autant parce qu'il n'avoit
Juin 1715. E
So MERCURE
pas été à Malte depuis qu'il a
été fait grandCroix.
Cesceremonies étant achevées
, on fit fortir de la ſalle ,
ceux qui ne ſont pas du confeil
,&les portes fermées , on
delibera ſur des affaires d'Etat ,
&entre autres ſur la demande
faite par N. S. P. le Pape des
deux Eſcadres des Galeres &
des Vaiſſcaux de la Religion ,
pour aller avec celles de Sa
Sainteté au ſecours de la Republique
de Veniſe , ſurquoy il
fut fenfement reſolu de s'excuſer
d'envoyer nos deux Elcadres
, attendu nos propres beſoins
, qui dans la conjonctu
GALANT. SI
re preſente parlent d'eux même.
D'ailleurs celle de nos
Vaiſſeaux eſt partie depuis prés
d'un mois , augmentée d'un
cinquiéme Navire à cauſe de
pluſieurs tranſports de munitions
deguerrequ'elle doit faire
d'Italie , de France & d'Efpagne
, où elle doit en embarquer
quantité , & fur tout à
Barcelone , où deux de nos
Vaiſſcaux prendront celles
dont Sa Majefté Catholique a
fait un preſent à la Religion,&
ces deux Vaiſſcaux ſe rendront
àToulon , de même que celuy
qui eſt allé à Ligourne& à
E ij
52 MERCURE
Genes , car le rendez vous eſt
en Provence , pour venir de là
icy , versle 20. du mois prochain
au plus tard; & alors fi
lesTurcs avoient pris leur parti
du côté de la Morée ou ailleurs
, & qu'il n'y ait plus à
craindre pour nous , l'intention
du grand Maître & du
Conſeil étant de renvoyer
Meſſieurs les Chevaliers que la
citation a appellé ici , nos Vaifſeaux
feront employez à en
faire le tranſport , & par conſequent
on ne ſçauroit les envoyer
au ſecoursde laRepublique
qui voudroit pourtant
mploy
1
GALANT. 53
nous faire entendre que ſes
Etats menacez par les Turcs
étant plus proches de nos ennemis
, nous avons un double
interêt de l'aſſiſter de nos forces
, puiſque ſelon elle , nous
nousgarantiffons parlàdetoute
entrepriſe des Turcs ; mais
leurs repreſentations quoique
pathetiques , non plus que les
inftances & les exhortations de
Sa Sainteté , n'ont pû encore
nous perfuader ce que les uns
&les autres ont tâché de nous
infinuer par douceur.
Aprés cette longuedifgrefſion
, que j'ai cruë neceſſaire ,
ト
E iij
54 MERCURE
je reviens àMr legrand Prieur,
lequel au ſortir du Confeil
paſſa dans la Chambre du
grand Maître , qui ſuivant la
coûtume , lui attacha devant
la poitrine , le plaſtron de la
grandeCroix , auſſi bien qu'à
Mr le Bailly de la Pailleteric,
ceremonie neceſſaire , & qui
ſe pratique toûjours à l'égard
deceux qui ont été faits grand
Croix hors du Couvent , &
pendant laquelle ſon Eminence
leur dit fort poliment quelle
ſouhaitoit qu'ils la portafſent
auſſi long tems qu'il l'a
voit portée , yayant quarante
1
GALANT
trois années qu'elle étoit decorée
de cette honorable marque
dedignité.
Dans toutes ces ceremonies
on s'eſt conformé à ce qui
avoit érépratiqué autrefois ici,
à l'égard de feu Monfieur le
grand Prieur de Vendôme fon
Oncle , à cela prés que celui là
étant plus prés du ſang du Roy
Henry le Grand , on a fait
quelques choſesde moins pour
celuy-cy.
Depuis le jour de la ceremonie
du ferment , le grand
Maître , ayant reſolu de donner
àMonfieur le grand Prieur
E iiij
56 MERCURE
une nouvelle marque de diftinction
convenable à ſon
rang , & à celuy qu'il a tenu
dans les Armées du Roy , l'a
fait Capitaine General , ou Generaliſſime
des Armées , de la
maniere que Monfieur le Duc
Darpajon le fut à la precedente
citation. Son Eminence lui
en envoya donner part hier au
matin 12 de ce mois , par les
quatreGrands Croix des quatre
Nations de France , d'Italie
, d'Eſpagne , & d'Allemagne
, qui font Commiſſaires
Generaux des Guerres. Il accepta
agreablement la propoGALANT.
57
fition qu'ils luy en firent , &
d'abord aprés diné il ſe rendit
au Palais accompagné de ces
quatre grands Croix , & d'un
grand nombre de Chevaliers
François qui avoient déja été
chez lui , pour le complimenter
là deſſus , & qui furenttémoinsdes
remerciements qu'il
fit au grand Matere , dans une
Audiance de plus d'une demie
heure , durant laquelle ils s'entretinrent
apparemment de
tout ce qui pouvoit concerner
le nouveau Grade qui lui ſera
donnédans les formes accoûtumées
Lundy prochain 15. de
58 MERCURE
ce mois , dans un Conſeil qui
ſe tiendra exprés pour le nommer
avec les formalitez ordinaires..
CenouveauGrade vadon.
ner àMonfieur legrand Prieur
des mouvements &des détails
confiderables & neceffaires
pour la ſûreté& la deffenſe de
denos Ifles , & de nos Places.
Le choix qu'on a fait de faperfonne
a été generalement applaudi
de tous les François&
de la plupart des Chevaliers
des autres nations;mais il y en a
quelques-uns qui ſupportent
avec quelque forte d'impatien.
GALANT. رو
ce cette diſtinction; effet ordinaire
de la jalouſie dont le
plus grand merite , & la capacité
la plus reconnuë ne furent
jamais à couvert.
On travaille à preſent à
dreffer les Rôles , & les liſtes
de tous les Chevaliers , & plus
particulierement de ceux qui
60 MERCURE'
point encore vû , mais qui les
rendent , à ce qu'on dit inacceffibles
à nos ennemis , & à
l'heure que je vous parle , on y
tranſporte l'artillerie qu'on va
placerdans les batteries qu'on
a dreffées & preparées avec
beaucoup de ſoin , dans tous
les endroits où il convient de
mettredu canon .
Il ſeroit difficile de dire fi
cela ſera neceffaire , parce que
l'on ne voit point clair dans les
deſſeins des Turcs. En general
on ſçait ſeulement que
leur Armement de mer n'eſt
pas ſi conſiderable en Navi-
L
GALANT. 61
res de guerre , & en Galeres
qu'on le croyoit , ou qu'on
l'avoit ditd'abord : mais comme
il leur fuffiroit d'avoir un
grand nombre de Baſtimens
pour le tranſport de leurs
Troupes , Vivres , & Munitionsde
guerre de toute eſpece,&
qu'il leur feroit aiſe d'en
aſſembler promptement la
quantitéqu'il leur feroit neceffaire
, il eſt à propos de ſe tenir
de plus en plus ſur ſes gardes,
& c'eſt à quoi ontravaille ; on
le fera même dans les ſuites
avec plus de vivacité quoyque
le plus grand nombre croye
62 MERCURE
toûjours que les Turcs ne nous
en veulent pas , & qu'il ſoit
même perfuadé qu'ils font
dans l'impuiſſance de nous attaquer;
plufieurs penſent autrement&
ont raiſon , mais tout
bien compté , je ne croi pas
quenous les voyons du moins
cette année.
Fermer
1528
p. 62-64
Nouvelles de Londres. [titre d'après la table]
Début :
Les Lettres de Londres du 30. May, portent que ceux [...]
Mots clefs :
Juges, Roi, Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Londres. [titre d'après la table]
Les Lettres de Londres du
30. May , portent que ceux
qui examinent les Papiers du
Miniftere precedent, n'ont pas
encore fait leur rapport , &
qu'on ne ſçavoit quand ils le
feroient. Le bruit même couGALANT
. 63
roit que le Roy , pour éviter
les ſuites que ces recherches
pourroient avoir , avoit deſſein
de faire paſſfer au Parlement un
acte general d'abolition. Les
Juges de Paix ont ordonné aux
Commiſſaires des Paroiſſes de
deffendre de publier & de donner
à lire un imprimé qui a
pour titrel'Examiner , à peine
d'eſtre pourſuivis en Juſtice :
mais les Caffez & autres lieux
publics s'en moquent , diſant
qu'il n'y a point de Loy qui
le deffende, que ces Juges de
Paix n'ont pas le pouvoir d'en
faire , & que fi on les attaque,
ils ſe deffendront.
64 MERCURE
Il y a pluſieurs chefs des
Wigts morts. Milord Halifax
vient de mourir.
Les Comtes d'Oxfort , Arlay
, & de Straffort & autres
Torris, vont avec plus d'aſſeurance
que jamais aux Séances
du Parlement , les ennemis de
l'ancien Miniſtere ſe trouvant
embarraſlez plus que jamais à
leur faire leur procés Le Roy
George d'ailleurs les protege
fecretement , & fur tout Milord
Arlay & le Comte d'Oxfort.
30. May , portent que ceux
qui examinent les Papiers du
Miniftere precedent, n'ont pas
encore fait leur rapport , &
qu'on ne ſçavoit quand ils le
feroient. Le bruit même couGALANT
. 63
roit que le Roy , pour éviter
les ſuites que ces recherches
pourroient avoir , avoit deſſein
de faire paſſfer au Parlement un
acte general d'abolition. Les
Juges de Paix ont ordonné aux
Commiſſaires des Paroiſſes de
deffendre de publier & de donner
à lire un imprimé qui a
pour titrel'Examiner , à peine
d'eſtre pourſuivis en Juſtice :
mais les Caffez & autres lieux
publics s'en moquent , diſant
qu'il n'y a point de Loy qui
le deffende, que ces Juges de
Paix n'ont pas le pouvoir d'en
faire , & que fi on les attaque,
ils ſe deffendront.
64 MERCURE
Il y a pluſieurs chefs des
Wigts morts. Milord Halifax
vient de mourir.
Les Comtes d'Oxfort , Arlay
, & de Straffort & autres
Torris, vont avec plus d'aſſeurance
que jamais aux Séances
du Parlement , les ennemis de
l'ancien Miniſtere ſe trouvant
embarraſlez plus que jamais à
leur faire leur procés Le Roy
George d'ailleurs les protege
fecretement , & fur tout Milord
Arlay & le Comte d'Oxfort.
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1529
p. 64-66
De Varsovie. [titre d'après la table]
Début :
Les Lettres de Warsovie portent que le bruit y avoit [...]
Mots clefs :
Varsovie, Camp des Tartares, Hommes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Varsovie. [titre d'après la table]
Les Lettres de Warſovie
portent
A GALANT. 65
portent que le bruit y avoit
couru pendant quelques jours
qu'on attendoit à Choczin
vingt mille Spahis avec trente
mille Janniſſaires ; & que
le Camp des Tartares avoit
ordre de s'avancer du même
coſté avec 40. ou so. mille
hommes ; mais on doute de
cette nouvelle ; ce qu'il y a de
certain , eſt qu'unnouveauBacha
eſtoit arrivé àChoczin avec
fix mille hommes pour en faireachever
les fortifications , &
que pour cet effet les peuples
de Moldavie eſtoient obligez
de fournir fixmille paliſſades ,
Juin 1715 . F
:
1 66 MERCURE
une ſomme confiderable , &
une grande quantité de provifions.
portent
A GALANT. 65
portent que le bruit y avoit
couru pendant quelques jours
qu'on attendoit à Choczin
vingt mille Spahis avec trente
mille Janniſſaires ; & que
le Camp des Tartares avoit
ordre de s'avancer du même
coſté avec 40. ou so. mille
hommes ; mais on doute de
cette nouvelle ; ce qu'il y a de
certain , eſt qu'unnouveauBacha
eſtoit arrivé àChoczin avec
fix mille hommes pour en faireachever
les fortifications , &
que pour cet effet les peuples
de Moldavie eſtoient obligez
de fournir fixmille paliſſades ,
Juin 1715 . F
:
1 66 MERCURE
une ſomme confiderable , &
une grande quantité de provifions.
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1530
p. 66-67
De Hambourg. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Hambourg que le Roy de Dannemarck a [...]
Mots clefs :
Hambourg, Roi du Danemark, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Hambourg. [titre d'après la table]
On écrit de Hambourg que
le Roy de Dannemarck a
donné au Contre Amiral Gabel
la Charge de Vice-Amiral
en confideration de la victoire
remportée ſur l'Eſcadre Suedoiſe&
qu'il luy a fait preſent
d'une épée enrichie de diamants.
On écrit de Berlin du
14. du mois paffé que l'on continuoit
d'y embarquer lagrofſe
artillerie avec une grande
quantité de bombes , de bou
GALANT. 67
lets ,de poudre &d'autres munitions
deguerre&de bouche.
LeComtedeCroiſſy, Ambarfadeur
Extraordinaire de France
en Suede eſtant arrivé à l'armée,
cut audiance du Roy de
Pruſſe auquel il preſenta deux
Lettres duRoytres -Chrétien.
Le 9. du mois de May il dîna
avec ce Prince ,& le 10. i partit
pour Stralzund : on a appris
depuis peu qu'il y eſtoit arrivé
le 14. au matin, qu'il avoit cu
d'abord audiance du Roy de
Suede , & qu'enfuite il avoit
dîné avec Sa Majeſté.
le Roy de Dannemarck a
donné au Contre Amiral Gabel
la Charge de Vice-Amiral
en confideration de la victoire
remportée ſur l'Eſcadre Suedoiſe&
qu'il luy a fait preſent
d'une épée enrichie de diamants.
On écrit de Berlin du
14. du mois paffé que l'on continuoit
d'y embarquer lagrofſe
artillerie avec une grande
quantité de bombes , de bou
GALANT. 67
lets ,de poudre &d'autres munitions
deguerre&de bouche.
LeComtedeCroiſſy, Ambarfadeur
Extraordinaire de France
en Suede eſtant arrivé à l'armée,
cut audiance du Roy de
Pruſſe auquel il preſenta deux
Lettres duRoytres -Chrétien.
Le 9. du mois de May il dîna
avec ce Prince ,& le 10. i partit
pour Stralzund : on a appris
depuis peu qu'il y eſtoit arrivé
le 14. au matin, qu'il avoit cu
d'abord audiance du Roy de
Suede , & qu'enfuite il avoit
dîné avec Sa Majeſté.
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1531
p. 68-69
De Vienne. [titre d'après la table]
Début :
On mande de Vienne que les Lettres de Hongrie du 5. [...]
Mots clefs :
Vienne, Régiments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Vienne. [titre d'après la table]
On mande de Vienne que
les Lettres de Hongrie du s..
du mois paſſe , portent qu'on
avoit fait un grand amas de
paliſlades auprés de Segedin ,
&qu'elles devoient eſtre employées
aux fortifications de
cette Place, vers laquelle pluſieurs
Regimens avoient ordre
de marcher , que les Turcs afſembloient
un corps de troupes
prés de Salenkeimen , &
un autre plus confiderable auprés
de Belgrade : le bruit avoit
couru que le premier eftoit de
quinze mille hommes , quoy
qu'il n'y en eût pas plus de dix
GALANT. 69
mille ; & depuis on a ſçû qu'ils
avoient tous deux reçû ordre
de marcher contre les Venitiens.
On a appris qu'en deux
rencontres ils avoient eu en
Dalmatie l'avantage ſur les
Turcs qui avoient eſté battus,
avec une perte affez confiderable.
L'Aga Ibrahim n'a pas
encore cu audiance du Prince
Eugene.
les Lettres de Hongrie du s..
du mois paſſe , portent qu'on
avoit fait un grand amas de
paliſlades auprés de Segedin ,
&qu'elles devoient eſtre employées
aux fortifications de
cette Place, vers laquelle pluſieurs
Regimens avoient ordre
de marcher , que les Turcs afſembloient
un corps de troupes
prés de Salenkeimen , &
un autre plus confiderable auprés
de Belgrade : le bruit avoit
couru que le premier eftoit de
quinze mille hommes , quoy
qu'il n'y en eût pas plus de dix
GALANT. 69
mille ; & depuis on a ſçû qu'ils
avoient tous deux reçû ordre
de marcher contre les Venitiens.
On a appris qu'en deux
rencontres ils avoient eu en
Dalmatie l'avantage ſur les
Turcs qui avoient eſté battus,
avec une perte affez confiderable.
L'Aga Ibrahim n'a pas
encore cu audiance du Prince
Eugene.
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1532
p. 69-71
De Venise. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Venise que les Senat aprés les avis venus de toutes [...]
Mots clefs :
République, Venise, Guerre, Traité de paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Venise. [titre d'après la table]
Onécrit de Veniſeque le Senat
aprés les avis venus de toutes
parts de la declaration de
la guerre faite par les Turcs à
- la Republique , a reſolu de la
70 MERCURE
declarer pareillement. Lesmotifs
font que depuis le mois de
Decembre dernier , ils ont fait
pluſieurs infractions anTraité
de Paix de Carlowits ſous divers
pretextes ; qu'ils ont arreſté
le Baile Memo , Miniſtre
repreſentant,& l'ont mis en
prifon dans un des Chaſteaux
des Dardanelles , luy laſſant
ſeulement cinq Domestiques :
qade Secretaire de l'Ambaffade
avec trente fix autres Dom
ſiques de l'Ambaſſadeur
avo ent eſté conduits aux ſept
Tours . Ainsi les ordres ont
eſté envoyez à tous les Com-
د
GALANT. 71
1
mandans des forces dela Republique
, tant par terre que
par mer, de courir ſus à tous
les Sujetsde la Porte , &d'exercer
contre eux toutes les hoftilitez.
Afin d'obtenir de Dieu
le ſecours neceſſaire ,& la be.
nediction ſur les armes de la
Republique , le Senat a ordonné
des Prieres publiques ,
avec expoſition du S. Sacrement
, & des Proceſſions qui
ſe ſont faites avec un grand
concours.
aprés les avis venus de toutes
parts de la declaration de
la guerre faite par les Turcs à
- la Republique , a reſolu de la
70 MERCURE
declarer pareillement. Lesmotifs
font que depuis le mois de
Decembre dernier , ils ont fait
pluſieurs infractions anTraité
de Paix de Carlowits ſous divers
pretextes ; qu'ils ont arreſté
le Baile Memo , Miniſtre
repreſentant,& l'ont mis en
prifon dans un des Chaſteaux
des Dardanelles , luy laſſant
ſeulement cinq Domestiques :
qade Secretaire de l'Ambaffade
avec trente fix autres Dom
ſiques de l'Ambaſſadeur
avo ent eſté conduits aux ſept
Tours . Ainsi les ordres ont
eſté envoyez à tous les Com-
د
GALANT. 71
1
mandans des forces dela Republique
, tant par terre que
par mer, de courir ſus à tous
les Sujetsde la Porte , &d'exercer
contre eux toutes les hoftilitez.
Afin d'obtenir de Dieu
le ſecours neceſſaire ,& la be.
nediction ſur les armes de la
Republique , le Senat a ordonné
des Prieres publiques ,
avec expoſition du S. Sacrement
, & des Proceſſions qui
ſe ſont faites avec un grand
concours.
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1533
p. 71-74
« On apprend par les Lettres de Dalmatie que les Troupes [...] »
Début :
On apprend par les Lettres de Dalmatie que les Troupes [...]
Mots clefs :
Troupes, Vaisseaux, Galères, Lettres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On apprend par les Lettres de Dalmatie que les Troupes [...] »
On apprend par les Lettres
de Dalmatic que les Troupes
72 MERCURE
Turques forties de leurs quartiers
, s'eſtoient cantonnées en
divers lieux de la Frontiere ,
attendant l'ordre de ſe mettre
en campagne , auſſi toſt que
les chevaux pourroient eſtre
mis au verd.
Un Vaiſſeau Anglois arrivé
de la Canée , a rapporté que
les Turcs y avoient fait tranfporter
, ainſi qu'àCandie , une
grande quantité de vivres &
d'agrêts , pour ſervir de Magafin
à leur Armée navale.
Trois Galeres , & deux Galhores
font parties cette ſemaine
GALANT. 73.
ne avec des Troupes deſtinées
pour la Dalmatie ,& une grande
quantité de provifions.
Selon les dernieres Lettres du
Levant , le Capitaine general
aprés la jonction de l'Eſcadre
commandéepar le Sieur Fabio
Buonvicini, s'étoit avancé avec
les Vaiſſeaux & les Galeres , à
Napoli de Malvoiſie, pour obſerver
la Flotte Ottomane. Il
n'y avoit aucun avis qu'elle fut
encore fortiedes Dardanelles ,
mais le Capitan Bacha avoit
ſeulement détaché quelques
Sultanes ou Vaiſſeaux de guerre
, pour aller lever des Mate-
Juin 1715 . G
1
74 MERCURE
lots dans l'Archipel , parce
qu'il ne s'en trouvoit pas affez
àConftantinople pour former
les équipages.
de Dalmatic que les Troupes
72 MERCURE
Turques forties de leurs quartiers
, s'eſtoient cantonnées en
divers lieux de la Frontiere ,
attendant l'ordre de ſe mettre
en campagne , auſſi toſt que
les chevaux pourroient eſtre
mis au verd.
Un Vaiſſeau Anglois arrivé
de la Canée , a rapporté que
les Turcs y avoient fait tranfporter
, ainſi qu'àCandie , une
grande quantité de vivres &
d'agrêts , pour ſervir de Magafin
à leur Armée navale.
Trois Galeres , & deux Galhores
font parties cette ſemaine
GALANT. 73.
ne avec des Troupes deſtinées
pour la Dalmatie ,& une grande
quantité de provifions.
Selon les dernieres Lettres du
Levant , le Capitaine general
aprés la jonction de l'Eſcadre
commandéepar le Sieur Fabio
Buonvicini, s'étoit avancé avec
les Vaiſſeaux & les Galeres , à
Napoli de Malvoiſie, pour obſerver
la Flotte Ottomane. Il
n'y avoit aucun avis qu'elle fut
encore fortiedes Dardanelles ,
mais le Capitan Bacha avoit
ſeulement détaché quelques
Sultanes ou Vaiſſeaux de guerre
, pour aller lever des Mate-
Juin 1715 . G
1
74 MERCURE
lots dans l'Archipel , parce
qu'il ne s'en trouvoit pas affez
àConftantinople pour former
les équipages.
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1534
p. 74-75
De Madrid. [titre d'après la table]
Début :
Les Lettres de Madrid du 20. du mois passé portent que [...]
Mots clefs :
Prince, Madrid
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Madrid. [titre d'après la table]
Les Lettres de Madrid du
20. du mois paflé portent que
1. Duc de Veraguas , le Prince
de Chelamarre , les Secretaires
d'Etat , des Finances , & de la
Guerre ,l'Evêque de Gironde,
& Don Miguel Durand , s'étoient
aſſemblez la veille pour
le Reglement des Rentes , &
que ces Affemblées ſe tiendroient
doreſnavant à Valde.
moro , à cauſe du voiſinage
d'Aranjuez.
▼
GALANT. 75
Ondit que le PrincePiodoit
partir inceſſamment pour aller
commander en Catalogne à la
place du Prince Serclas , que
fon grand âge & ſes indiſpoſitions
mettent hors d'eſtat de
ſervir davantage.
20. du mois paflé portent que
1. Duc de Veraguas , le Prince
de Chelamarre , les Secretaires
d'Etat , des Finances , & de la
Guerre ,l'Evêque de Gironde,
& Don Miguel Durand , s'étoient
aſſemblez la veille pour
le Reglement des Rentes , &
que ces Affemblées ſe tiendroient
doreſnavant à Valde.
moro , à cauſe du voiſinage
d'Aranjuez.
▼
GALANT. 75
Ondit que le PrincePiodoit
partir inceſſamment pour aller
commander en Catalogne à la
place du Prince Serclas , que
fon grand âge & ſes indiſpoſitions
mettent hors d'eſtat de
ſervir davantage.
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1535
p. 75-79
« Le Marquis de los Balbazés a demandé la permission de [...] »
Début :
Le Marquis de los Balbazés a demandé la permission de [...]
Mots clefs :
Majorque, Barcelone, Prince, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Marquis de los Balbazés a demandé la permission de [...] »
Le Marquis de los Balbazés
a demandé la permiffion de
paſſer en Italie pour y aller
mettre ordre à ſes affaires , ce
qui luy à eſté accordé.
ॐ
Le Conſeil de Caſtille s'eſt
aſſemblé extraordinairement ,
&a preſenté auRoyun projet
Gij
76 MERCURE
de Gouvernement nouveau
de la Catalogne, qui aura lieu ,
à ce qu'on croit , dans le même
temps qu'on publiera le
Reglement des autres Tribunaux.
Du 27. du même mois on
écrit d'Aranjuez que les chaleurs
exceſſives ont cauſéquelques
maladies dans la Famille
Royale,& que cependant leurs
Majeſtez vont tous les jours
à la chaſſe , & qu'elles ſe promenent
les nuits dans les Jardins
du Palais , qu'on a ſoin
d'éclairer , & où on affemble
GALANT. 77
les meilleurs Muficiens qui
ſoient en Eſpagne pour leur
donner des concerts agreables.
*
On écrit de Barcelone qu'-
on y a publie un banc par lequel
on ordonne à tous ceux
qui ont obtenu des Benefices ,
& des qualitez de l'Empereur ,
d'aller mettre leurs titres dans
les mains du Prince deSerclas ;
on ajoute que les Peuples de
cette Principauté ſont au deſeſpoir
de la nouvelle contribu-
1
tion de deux millions cinq
cent mille piaſtres qu'on leur a
Gij
78 MERCURE
impoſez , & l'on affeure que
tous les revenus de cette
Province nemontent pas à cette
ſomme.
Le ſept dece mois le Doyen
de Talavera prit poſſeſſion de
l'Eglife Metropolitaine deTolede
au nom du nouvel Archevêque
, cy devant Evêque de
Badajos qui eſt attendu àAranjuez
pour baifer la mainà leurs
Majeftez , & ſe rendre enſuite
à fon Archevêché.
L'expedition de Mayorque
eſt encore differée ; on dit que
lesMayorquins ſont prêts à ſe
foumettre , pourveu qu'on
GALANT. 79
veüille leurs accorder la vie ,
les biens , & la liberté.
a demandé la permiffion de
paſſer en Italie pour y aller
mettre ordre à ſes affaires , ce
qui luy à eſté accordé.
ॐ
Le Conſeil de Caſtille s'eſt
aſſemblé extraordinairement ,
&a preſenté auRoyun projet
Gij
76 MERCURE
de Gouvernement nouveau
de la Catalogne, qui aura lieu ,
à ce qu'on croit , dans le même
temps qu'on publiera le
Reglement des autres Tribunaux.
Du 27. du même mois on
écrit d'Aranjuez que les chaleurs
exceſſives ont cauſéquelques
maladies dans la Famille
Royale,& que cependant leurs
Majeſtez vont tous les jours
à la chaſſe , & qu'elles ſe promenent
les nuits dans les Jardins
du Palais , qu'on a ſoin
d'éclairer , & où on affemble
GALANT. 77
les meilleurs Muficiens qui
ſoient en Eſpagne pour leur
donner des concerts agreables.
*
On écrit de Barcelone qu'-
on y a publie un banc par lequel
on ordonne à tous ceux
qui ont obtenu des Benefices ,
& des qualitez de l'Empereur ,
d'aller mettre leurs titres dans
les mains du Prince deSerclas ;
on ajoute que les Peuples de
cette Principauté ſont au deſeſpoir
de la nouvelle contribu-
1
tion de deux millions cinq
cent mille piaſtres qu'on leur a
Gij
78 MERCURE
impoſez , & l'on affeure que
tous les revenus de cette
Province nemontent pas à cette
ſomme.
Le ſept dece mois le Doyen
de Talavera prit poſſeſſion de
l'Eglife Metropolitaine deTolede
au nom du nouvel Archevêque
, cy devant Evêque de
Badajos qui eſt attendu àAranjuez
pour baifer la mainà leurs
Majeftez , & ſe rendre enſuite
à fon Archevêché.
L'expedition de Mayorque
eſt encore differée ; on dit que
lesMayorquins ſont prêts à ſe
foumettre , pourveu qu'on
GALANT. 79
veüille leurs accorder la vie ,
les biens , & la liberté.
Fermer
1536
p. 79
De Rome. [titre d'après la table]
Début :
Les dernieres Lettres de Rome portent que le Pere Daubenton [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome. [titre d'après la table]
Les dernieres Lettres de
Rome portent que le Pere
Daubenton àla follicitation de
fon General ,& du Pape, a accepté
la charge de Confeffeur
du Roy , & qu'il doit partir
inceſſamment pour l'Eſpagne.
Rome portent que le Pere
Daubenton àla follicitation de
fon General ,& du Pape, a accepté
la charge de Confeffeur
du Roy , & qu'il doit partir
inceſſamment pour l'Eſpagne.
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1537
p. 228-238
RELATION de la Ceremonie du Mariage de la Princesse hereditaire de Suede Ulrique Eleonore, avec Frederick Prince hereditaire de Hesse-Cassel.
Début :
Cette Ceremonie devoit se faire le Dimanche 31. Mars mais [...]
Mots clefs :
Cérémonie de mariage, Mariage, Princesse héréditaire de Suède, Ulrique-Éléonore, Frédéric de Hesse-Cassel, Prince héréditaire de Hesse-Cassel, Suède, Prince, Princesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de la Ceremonie du Mariage de la Princesse hereditaire de Suede Ulrique Eleonore, avec Frederick Prince hereditaire de Hesse-Cassel.
RELATED ON
de la Ceremonie du Mariage
de la Princeffe hereditaire de
SuedeUlrique Eleonore, aver
Frederick Prince hereditaire de
HafaCaffel ub page
anmensidanalisa ali
८
al Cette Ceremonic devoit
ſe faire le Dimanche 31. Mars
mais à cause d'une ancienne
remarque qui fait croire en
Suede,que les Mariages con
ſommez au déclin de la Lune
ne ſont pas heureux, l'on remit
la choſe au Jeudy 4. Avril
premier jour de la nouvelle
Lune.
GALANT 227
J
: L'on avoit invité les Senateurs
& Senatrices, les Generaux
d'armée à l'exception de
deux, qui ne fervent plus ,tous
les Officiers & Chambellans
de la Cour , le Colonel &les
Capitaines du Regiment des
Gardes , ils s'affemblerent
dans les appartements de la
Reine , & aprés, le ſouper ,
c'eſt à dire ici à neufheures &
demiedu ſoir,la copulation fo
fit dans la Salle d'Audience do
de cette Princeffe , par l'Archevêque
d'Upſalle nommé
depuis quelques jours à cette
dignité la Princeſſe eſtoitvêtue
e
500-1
228
る
MERCURE
d'un habit de drap d'argent
doublé d'Hermines avec des
agraffes de diamants & autres
pierreries ; fa buſquiere en
étoit garnie depuis le haur jufques
en bas elle avoit un
collier de diamans de prix ; elle
étoit coëffee en cheveux avec
une couronne de diamans' fur
la tête , portant du coſté gauche
un bouquet des mêmes
pierreries , dont le Prince luy
avoit fait preſent. Le Prince
avoit un habit de velours cendré
brodé d'or , toutes les
filles d'honneur de la Princeſſe
eſtoient auſſi vêtuës de blanc.
30
GALANT . 229 558 2
LaCeremonic'eſtant finie à10.
heures&demie , les Senatrices
les Sennaatteeuurrss,les Generaux
leurs femmes & autres perſonanes
de la Cour
complimens aux
Mariez cha
د
firent leurs
- nouveaux
chacun felon fon
rang , aapprreéss quoi tout leemonde
fe retira. Le lendemainVendredi
il y'eût grand bal dans
la Salle du Château ,oùs'affemblent
les Etats du Royaume.
Les Reſidents de France,d'Angleterre
& de Hollande y furent
invitez par l'Introducteur .
des Ambaſſadeurs , de même
quucc toutes les perſonnes de
230 MERCURE
au
conditionde la Cour & de la
Villa.oldet nu םכב wפ ןומ
el Lagſallevéroit tendue des
plus belles tapiſſeriesde laCouronne;
ily avoit dans le fonds
un grand dais dedrapd'argent
avec les Armes de Suede
haut dans le fonds ,&celles de
toutes les Provinces autour en
broderie d'or : à chaque côté
il y avoit un buffer
garni de vaſes , plats , aiguieres
luftres d'argent garnis de
bougies blanches: fous ce dais
étoit une eſtrade élevée de 3 .
marches & couverte de tapis
de Turquie ; elle étoit en forde
cc
&
dais
GALANY. 231
1
1
me de fer à cheval , l'on avoit
mis au milieu une table ronde
avec quatre couverts pour la
Reine, la Princeſſe , le Duc de
Gottorp,&le Prince deCafſel
; auprés de la table de ces
Princes & Princeſſes on avoit
dreſſé deux tables rondes qui
fermoient le fer à cheval. Elles
étoient de vingt couverts chacune
pour les Senateurs &
natrices ; au bas de l'eſtrade
Sedans
l'étenduë de la ſalle , il y
avoit deux autres tables longues
de so. couverts chacune
pour les Dames de la Cour ,
avec deux buffets qui répon232
MERCURE
doient aux deuxautres ci defi
fus : il y avoit dans le même
endroitdeux cheoeurs de mufial
que , & au deſſus unAmphi
theatre pour placer trois cent
perfonnes
A
o
Autour de la falle l'on avoit
conſtruit des loges élovées de
quatre marches pour les per
fonnes de distinction cette
ſale étoit éclairée de 12. grands
luſtres de cryſtal , avec des
bougies jaunes & un rang des
mêmes bougies au deſſus des
loges , ce qui faifoitun tres-bel
effer . và áliobnos
Afix heures du ſoir les Re-
4 fidents
GALANT . 233
ſidents de France , d'Angleterre
& de Hollande ayant fait
leurs complimens à la Reine
à la Princeſſe & au Prince , le
fieur Cronſtroom Inſpecteur
des Ambaſſadeurs pria le premier
d'aller prendre ſa place
qui étoit dans la loge, au côté
droit de la Reine , pour éviter
la competence que le Reſident
d'Angleterre a pretenduë inutilement
en pluſieurs occafions;
le Reſident de Hollande
ſe plaça anprés de celui deFrance
,mais le ſieur Jacqueſon fut
conduit du côté gauche.
A fept heures lon com-
Juin 1715. V
234 MERCURE
mença à fervir les deux ra
bles longues, puis celle de la
Reine ,&fur les huit heures ,
la Reine entra par l'apparte
ment du Roy de Suede , con
duite par le Duc d'Holſtein ,
& la Princeffe avec le Prince
fon Epoux , pat la grande
porte ,precedéedu Maréchal
de laCour &d'un grand
cours d'Officiers & de Dames,
le Maréchal ayant fait un fignal
avec lon bâtond'argent ,
marque de ſa dignité , laMufique
fit filence , un Page fit la
priere ,& la Reine ſe mità ta
con
ble; la Princeſſe ſe plaça àla
GALANT. 23.5
des faudroite
, le Duc de Gottorp à ſa
gauche ,&le Prince de Heffe-
Caffiol prés d'elle fur dest
-teils d'argent: prés de ce dert
nier à la droite étoient les
Comteſſes Oxenstiern , Welling,
Stromberg , Cronhielm ,
- Reenſtiern & Bonde, les Comtes
Cronhielm & Teſſin ; de
l'autre côté les Comteffes Gyllenſtiern
, Lorn , Berentz, Lieneu
, Bord&Gyllenſtolp, avec
les Comtes Horn, Stromberg
&Ferfen. frost
סס סנסל
Il n'y avoit aux deux autres
tables que des Dames, de da
Cour , femmes de Generaux ,
Vij
236 MERCURE
la General Rank & quatre
autres perſonnes de la ſuite
du Prince de Caffel , iln'y cûc
qu'un ſeul ſerviceven ambigu
de tout ce qui pouvoit ſe trouver
de plus exquis cû égard à
la ſaiſon &à la conjoncture ,
tout estoit dirigé pan Malt
Comte Teffin , & fon nom
fuffit pour prouver qu'il ne
manquoit rien au bon goût
& à la belle difpofition La
Reine bût d'abord à la ſanté
des nouveaux Mariez & du
Duc d'Holſtein , puis ſe tournant
vers le Chambellan qui
la fervoir pour s'informer
CADANT. 237
de l'endroit où étoit le Refident
de France ,Elle prit un
grand verre &luy envoya dire
qu'elle buvoit à la Santé du
Roy,la Princeffe , le Duc de
Gottorp & lePrince de Helle-
Caffel firent de mêmes Ils
bûrentenfuite la Santé duRoy
d'Angleterre , puis celle des
Etats Generaux song, mul
Le ſoupé fini , toûjours au
bruit de la Muſique , la Reine
ſe retira dans lachambre voi .
fine pour donner le tems d'ôter
les tables , puis érant ren-
1 trée , le Prince de Heffe & la
Princeffe commencerent lebal
238 MERCURE
qui ne dura que juſques à minuit
, parce que la Reine , qui
ſe trouva un peu mal àcause
den la chaleurh exceffivenda
grand concoursdemonde,fut
obligée de ſe retirer , les nouveaux
mariez la ſuivirent,mais
les autres perſonnes du feftin.
danſerent juſques àdeux heu
res. Pour donner une ſuite
agréable à ces plaiſirs , le Di
manche 7. la Reine fir la noce
d'unede ſes Damesd'honneur,
fille du feu Chancelier Oxenftiern
,& le Jeudi 11 celle de
Mademoiselle Douglas,
de la Ceremonie du Mariage
de la Princeffe hereditaire de
SuedeUlrique Eleonore, aver
Frederick Prince hereditaire de
HafaCaffel ub page
anmensidanalisa ali
८
al Cette Ceremonic devoit
ſe faire le Dimanche 31. Mars
mais à cause d'une ancienne
remarque qui fait croire en
Suede,que les Mariages con
ſommez au déclin de la Lune
ne ſont pas heureux, l'on remit
la choſe au Jeudy 4. Avril
premier jour de la nouvelle
Lune.
GALANT 227
J
: L'on avoit invité les Senateurs
& Senatrices, les Generaux
d'armée à l'exception de
deux, qui ne fervent plus ,tous
les Officiers & Chambellans
de la Cour , le Colonel &les
Capitaines du Regiment des
Gardes , ils s'affemblerent
dans les appartements de la
Reine , & aprés, le ſouper ,
c'eſt à dire ici à neufheures &
demiedu ſoir,la copulation fo
fit dans la Salle d'Audience do
de cette Princeffe , par l'Archevêque
d'Upſalle nommé
depuis quelques jours à cette
dignité la Princeſſe eſtoitvêtue
e
500-1
228
る
MERCURE
d'un habit de drap d'argent
doublé d'Hermines avec des
agraffes de diamants & autres
pierreries ; fa buſquiere en
étoit garnie depuis le haur jufques
en bas elle avoit un
collier de diamans de prix ; elle
étoit coëffee en cheveux avec
une couronne de diamans' fur
la tête , portant du coſté gauche
un bouquet des mêmes
pierreries , dont le Prince luy
avoit fait preſent. Le Prince
avoit un habit de velours cendré
brodé d'or , toutes les
filles d'honneur de la Princeſſe
eſtoient auſſi vêtuës de blanc.
30
GALANT . 229 558 2
LaCeremonic'eſtant finie à10.
heures&demie , les Senatrices
les Sennaatteeuurrss,les Generaux
leurs femmes & autres perſonanes
de la Cour
complimens aux
Mariez cha
د
firent leurs
- nouveaux
chacun felon fon
rang , aapprreéss quoi tout leemonde
fe retira. Le lendemainVendredi
il y'eût grand bal dans
la Salle du Château ,oùs'affemblent
les Etats du Royaume.
Les Reſidents de France,d'Angleterre
& de Hollande y furent
invitez par l'Introducteur .
des Ambaſſadeurs , de même
quucc toutes les perſonnes de
230 MERCURE
au
conditionde la Cour & de la
Villa.oldet nu םכב wפ ןומ
el Lagſallevéroit tendue des
plus belles tapiſſeriesde laCouronne;
ily avoit dans le fonds
un grand dais dedrapd'argent
avec les Armes de Suede
haut dans le fonds ,&celles de
toutes les Provinces autour en
broderie d'or : à chaque côté
il y avoit un buffer
garni de vaſes , plats , aiguieres
luftres d'argent garnis de
bougies blanches: fous ce dais
étoit une eſtrade élevée de 3 .
marches & couverte de tapis
de Turquie ; elle étoit en forde
cc
&
dais
GALANY. 231
1
1
me de fer à cheval , l'on avoit
mis au milieu une table ronde
avec quatre couverts pour la
Reine, la Princeſſe , le Duc de
Gottorp,&le Prince deCafſel
; auprés de la table de ces
Princes & Princeſſes on avoit
dreſſé deux tables rondes qui
fermoient le fer à cheval. Elles
étoient de vingt couverts chacune
pour les Senateurs &
natrices ; au bas de l'eſtrade
Sedans
l'étenduë de la ſalle , il y
avoit deux autres tables longues
de so. couverts chacune
pour les Dames de la Cour ,
avec deux buffets qui répon232
MERCURE
doient aux deuxautres ci defi
fus : il y avoit dans le même
endroitdeux cheoeurs de mufial
que , & au deſſus unAmphi
theatre pour placer trois cent
perfonnes
A
o
Autour de la falle l'on avoit
conſtruit des loges élovées de
quatre marches pour les per
fonnes de distinction cette
ſale étoit éclairée de 12. grands
luſtres de cryſtal , avec des
bougies jaunes & un rang des
mêmes bougies au deſſus des
loges , ce qui faifoitun tres-bel
effer . và áliobnos
Afix heures du ſoir les Re-
4 fidents
GALANT . 233
ſidents de France , d'Angleterre
& de Hollande ayant fait
leurs complimens à la Reine
à la Princeſſe & au Prince , le
fieur Cronſtroom Inſpecteur
des Ambaſſadeurs pria le premier
d'aller prendre ſa place
qui étoit dans la loge, au côté
droit de la Reine , pour éviter
la competence que le Reſident
d'Angleterre a pretenduë inutilement
en pluſieurs occafions;
le Reſident de Hollande
ſe plaça anprés de celui deFrance
,mais le ſieur Jacqueſon fut
conduit du côté gauche.
A fept heures lon com-
Juin 1715. V
234 MERCURE
mença à fervir les deux ra
bles longues, puis celle de la
Reine ,&fur les huit heures ,
la Reine entra par l'apparte
ment du Roy de Suede , con
duite par le Duc d'Holſtein ,
& la Princeffe avec le Prince
fon Epoux , pat la grande
porte ,precedéedu Maréchal
de laCour &d'un grand
cours d'Officiers & de Dames,
le Maréchal ayant fait un fignal
avec lon bâtond'argent ,
marque de ſa dignité , laMufique
fit filence , un Page fit la
priere ,& la Reine ſe mità ta
con
ble; la Princeſſe ſe plaça àla
GALANT. 23.5
des faudroite
, le Duc de Gottorp à ſa
gauche ,&le Prince de Heffe-
Caffiol prés d'elle fur dest
-teils d'argent: prés de ce dert
nier à la droite étoient les
Comteſſes Oxenstiern , Welling,
Stromberg , Cronhielm ,
- Reenſtiern & Bonde, les Comtes
Cronhielm & Teſſin ; de
l'autre côté les Comteffes Gyllenſtiern
, Lorn , Berentz, Lieneu
, Bord&Gyllenſtolp, avec
les Comtes Horn, Stromberg
&Ferfen. frost
סס סנסל
Il n'y avoit aux deux autres
tables que des Dames, de da
Cour , femmes de Generaux ,
Vij
236 MERCURE
la General Rank & quatre
autres perſonnes de la ſuite
du Prince de Caffel , iln'y cûc
qu'un ſeul ſerviceven ambigu
de tout ce qui pouvoit ſe trouver
de plus exquis cû égard à
la ſaiſon &à la conjoncture ,
tout estoit dirigé pan Malt
Comte Teffin , & fon nom
fuffit pour prouver qu'il ne
manquoit rien au bon goût
& à la belle difpofition La
Reine bût d'abord à la ſanté
des nouveaux Mariez & du
Duc d'Holſtein , puis ſe tournant
vers le Chambellan qui
la fervoir pour s'informer
CADANT. 237
de l'endroit où étoit le Refident
de France ,Elle prit un
grand verre &luy envoya dire
qu'elle buvoit à la Santé du
Roy,la Princeffe , le Duc de
Gottorp & lePrince de Helle-
Caffel firent de mêmes Ils
bûrentenfuite la Santé duRoy
d'Angleterre , puis celle des
Etats Generaux song, mul
Le ſoupé fini , toûjours au
bruit de la Muſique , la Reine
ſe retira dans lachambre voi .
fine pour donner le tems d'ôter
les tables , puis érant ren-
1 trée , le Prince de Heffe & la
Princeffe commencerent lebal
238 MERCURE
qui ne dura que juſques à minuit
, parce que la Reine , qui
ſe trouva un peu mal àcause
den la chaleurh exceffivenda
grand concoursdemonde,fut
obligée de ſe retirer , les nouveaux
mariez la ſuivirent,mais
les autres perſonnes du feftin.
danſerent juſques àdeux heu
res. Pour donner une ſuite
agréable à ces plaiſirs , le Di
manche 7. la Reine fir la noce
d'unede ſes Damesd'honneur,
fille du feu Chancelier Oxenftiern
,& le Jeudi 11 celle de
Mademoiselle Douglas,
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1538
p. 240-246
LISTE DES OFFICIERS Generaux que le Grand Maître a fait à Malthe le 17. du mois passé.
Début :
Lieutenants Generaux. MESSIEURS, Le Bailly de la Pailleterie. Le Chevalier [...]
Mots clefs :
Castille, Italie, France, Auvergne, Chevalier, Lieutenants généraux, Maréchaux de camp, Brigadiers l'Auberge de Provence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LISTE DES OFFICIERS Generaux que le Grand Maître a fait à Malthe le 17. du mois passé.
LISTE DES OFFICIERS
Generaux que le GrandMaitre
afaitàMalthe le17. du
mois paßé.
Lieutenants Generaux.
MESSIEURS,
Le Bailly de la Pailleterie
Le Chevalier de Treſmane,
Le Chevalier du Palais.
Le Chevalier d'Ailly.
1
:
>
Lc
GALAN 24
Le Chevalier de Damas. T
Le Chevalier de Chasteaumo
rant. rup silse
Le Chevalier de Peſeux.
Le Chevalier de Saintiny.
Maréchaux de Camp,
Le Chevalier de Pouriere.
Le Chevalier de Velleron .
Le Chevalier de Janſon .
Le Chevalier de Mommain.
Le Chevalier de Sourches .
Le Chevalier de Livry
Juin 1715. X
242 MERCURE
Brigadiers de l'Auberge
de Provence.
Le Commandeur de la Reynarde.
Le Chevalier de Grimaldi.
Le Chevalier de Mons.
Le Chevalier de Valence.
LeChevalier de Montolicu.
Le Chevalier de Voifin .
Le Chevalier d'Ambre.
Le Chevalier de Brancas.
Le Chevalier de Rouffer .
Le Chevalier de S. André.
Le Chevalier de Trans .
GALANT. 243
Auvergne.
Le Chevalier de Colombiere.
Le Commandeur d'Arginy.
Le Chevalier de Mongon.
Le Chevalier de Marfillac.
Le Chevalier de Fontette.
Le Chevalier de Vatan.
Le Chevalier de Lagnes.
Le Chevalier de la Roche.
Le Chevalier de Langeron.
LeChevalier de Laubepin.
Le Chevalier de Laigue.
X ij
244 MERCURE
France.
LeCommandeur de Marce
Lange.
Le Chevalier Dampierre.
Le Commandeur de Courtebone.
Le Commandeur le Tellier.
LeChevalier de Broglio.
LeChevalier de Nangy.
Le Chevalier de Miromeſnil.
Le Commandeur d'Arbouville.
Le Chevalier de Montſoreau.
Le Chevalier deMailly la Tour
Landry.
7
GALANT. 245
M
Le Chevalier de la Vieuville .
Le Chevalier de Laigle.
Le Chevalier de Bonel .
Le Chevalier de la Periniere .
Le Chevalier de Teſſé.
Le Chevalier de Lanion .
Le Chevalier de Chamilly.
Le Chevalier de S. Germain .
Le Chevalier d'Antin .
Le Chevalier de Conflans .
い
Italie.
Le Chevalier de Marulli.
Le Chevalier Dandy.
4
Xiij
246 MERCURE
Caftille.
Le Chevalier de Baviere.
Major General avec les honneurs
de Brigadier.
003
LeCommandeur deMonfort.
Generaux que le GrandMaitre
afaitàMalthe le17. du
mois paßé.
Lieutenants Generaux.
MESSIEURS,
Le Bailly de la Pailleterie
Le Chevalier de Treſmane,
Le Chevalier du Palais.
Le Chevalier d'Ailly.
1
:
>
Lc
GALAN 24
Le Chevalier de Damas. T
Le Chevalier de Chasteaumo
rant. rup silse
Le Chevalier de Peſeux.
Le Chevalier de Saintiny.
Maréchaux de Camp,
Le Chevalier de Pouriere.
Le Chevalier de Velleron .
Le Chevalier de Janſon .
Le Chevalier de Mommain.
Le Chevalier de Sourches .
Le Chevalier de Livry
Juin 1715. X
242 MERCURE
Brigadiers de l'Auberge
de Provence.
Le Commandeur de la Reynarde.
Le Chevalier de Grimaldi.
Le Chevalier de Mons.
Le Chevalier de Valence.
LeChevalier de Montolicu.
Le Chevalier de Voifin .
Le Chevalier d'Ambre.
Le Chevalier de Brancas.
Le Chevalier de Rouffer .
Le Chevalier de S. André.
Le Chevalier de Trans .
GALANT. 243
Auvergne.
Le Chevalier de Colombiere.
Le Commandeur d'Arginy.
Le Chevalier de Mongon.
Le Chevalier de Marfillac.
Le Chevalier de Fontette.
Le Chevalier de Vatan.
Le Chevalier de Lagnes.
Le Chevalier de la Roche.
Le Chevalier de Langeron.
LeChevalier de Laubepin.
Le Chevalier de Laigue.
X ij
244 MERCURE
France.
LeCommandeur de Marce
Lange.
Le Chevalier Dampierre.
Le Commandeur de Courtebone.
Le Commandeur le Tellier.
LeChevalier de Broglio.
LeChevalier de Nangy.
Le Chevalier de Miromeſnil.
Le Commandeur d'Arbouville.
Le Chevalier de Montſoreau.
Le Chevalier deMailly la Tour
Landry.
7
GALANT. 245
M
Le Chevalier de la Vieuville .
Le Chevalier de Laigle.
Le Chevalier de Bonel .
Le Chevalier de la Periniere .
Le Chevalier de Teſſé.
Le Chevalier de Lanion .
Le Chevalier de Chamilly.
Le Chevalier de S. Germain .
Le Chevalier d'Antin .
Le Chevalier de Conflans .
い
Italie.
Le Chevalier de Marulli.
Le Chevalier Dandy.
4
Xiij
246 MERCURE
Caftille.
Le Chevalier de Baviere.
Major General avec les honneurs
de Brigadier.
003
LeCommandeur deMonfort.
Fermer
1539
p. 247-248
Abjuration de la Dame Garnier fameuse Calviniste, dans l'Eglise de S. Martin de Blois. [titre d'après la table]
Début :
Le 26. du mois passé la Dame Garnier fameuse Calviniste [...]
Mots clefs :
Abjuration, Calviniste
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Abjuration de la Dame Garnier fameuse Calviniste, dans l'Eglise de S. Martin de Blois. [titre d'après la table]
Le 26. du mois paſſe la
Dame Garnier fameuſe Calviniſte
, fit publiquement abjuration
dans l'Eglife de S. Martin
de Blois,entre les mains du
ficur Abbé Prieur de la même
Egliſe. Sa Majesté Polonoiſe
l'avoit fait tendre magnifiquement
. Elle conduiſit à l'Autel
la nouvelle Catholique , que
M.de Berthier premierEvêque
de Blois , avoit fait inſtruire
avec ſon zele infatigable pour
la converfion des heretiques.
X iiij
248 MERCURE
Elle aſſiſta à toute la Ceremo
nie avec la Princeſſe ſa petitefille
ſous un dais magnifique.
Le ſieur, Prieur qui avoit
harangué la Reine avec beau
coup de dignité à l'entrée de
l'Eglife , fit à l'Autel un Difcours
fort touchant à la nouvelle
Convertie ; il y cût à
cette Ceremonie un concours
de monde extraordinaire.
Dame Garnier fameuſe Calviniſte
, fit publiquement abjuration
dans l'Eglife de S. Martin
de Blois,entre les mains du
ficur Abbé Prieur de la même
Egliſe. Sa Majesté Polonoiſe
l'avoit fait tendre magnifiquement
. Elle conduiſit à l'Autel
la nouvelle Catholique , que
M.de Berthier premierEvêque
de Blois , avoit fait inſtruire
avec ſon zele infatigable pour
la converfion des heretiques.
X iiij
248 MERCURE
Elle aſſiſta à toute la Ceremo
nie avec la Princeſſe ſa petitefille
ſous un dais magnifique.
Le ſieur, Prieur qui avoit
harangué la Reine avec beau
coup de dignité à l'entrée de
l'Eglife , fit à l'Autel un Difcours
fort touchant à la nouvelle
Convertie ; il y cût à
cette Ceremonie un concours
de monde extraordinaire.
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1540
p. 263-284
Journal historique & curieux des nouvelles de la Cour. [titre d'après la table]
Début :
Le premier de ce mois le Roy revint de Marly à Versailles, [...]
Mots clefs :
Dames, Duchesse, Abbé, Roi, Cardinal, Duchesse de Berry, Duc d'Orléans, Chapelle, Cour, Dames
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Journal historique & curieux des nouvelles de la Cour. [titre d'après la table]
Le premier de ce mois leRoy
revint de Marly à Verſailles ,
Madame la Ducheſſe de Berry
en revint auſſi , accompagnée
de Meſdames les Ducheſſes de
Chaulnes & de Louvigny , des
Marquiſes de Coëtenfao , de
Clermont , de Pons , de la
Vrilliere , de S. Germain , de
Tonnerre , de Montſoreau, de
la Rochepot , de Châtillon, &
de pluſieurs autres . Le ſoir au
ſoupé le nombre des Dames
fut fi grand , que lorſque le
GALANT. 269
Roy voulut entrer dans fon
Appartement il les trouva
rangées juſques dans l'antichambre
, n'ayant pû tenir
dans ſa chambre. Le 3. il y cût
pluſieursEvêques au levé, aprés
Jequel les Députez de Hambourg
eurent Audience du
Roy dans ſon cabinet , où ils
furent introduits par le fieur
Merlin. Aprés le dîné leClergé
qui étoit composé de trentedeuxArchevêques
ouEvêques,
de trente- deux Deputez du ſecond
ordre , des Agents & Sccretaires
, precedez de M. le
Marquis de Dreux, grandMai-
Zitj
270 MERCURE
tre des Ceremonies , & de M.
Delgranges, Maître desCeremonies
, fut preſenté par M.
de Pontchartrain au Roy;M.
l'Archevêque d'Alby porta la
parole , & harangua Sa Majeſté
avec beaucoup d'éloquenco;
il fit en peu de mots l'hiftoire
de ſa vie : c'eſt pour la
quatrième fois que ce Prelat
qui eſt un des 40. de l'Acadé
mie Françoiſe,harangue S. M.
à la tête du Clergé ; auſſi a-t- il
toutes les fois receu un applaudiffement
general de toute la
Cour. LeClergé alla enfuite
chez M. le Dauphin qui l'at.
GALANT. 271
tendoit dans l'Appartementde
fcuë Madame la Dauphine, où
le même Prelat harangua ce
Prince pour la premiere fois ;
jenevous rapporte pas cesHarangues
,parce que le Clergé
les a trouvé fi belles, qu'il a demandé
à M. l'Archevêque
d'Alby la permiffion de les faire
imprimer. Le même jour à
fix heures du foir , le Roy alla
ſe promener dans le parc , accompagné
deMadame la Ducheffe
de Berry , qui avoit avec
elleune vingtaine de Dames.
M. le Duc d'Orleans marchoit
auſſi à coſtédu Roy. Le 4. il y
Ziij
272 MERCURE
cût l'aprés diſnée un Confeil
extraordinaire , où le Roi &
tous les Miniftres fe trouverent
; on y appella M. l'Abbé
Bignon, Meffieurs le Pelletier,
de la Bourdonnaye , d'Argenfon,
Conſeillers d'Etat ,&un
Maistre des Requeſtes pour
faire le rapport : ce futau ſujet
d'une Requête que les Jeſuitos
avoient preſentée auRoi ,dans
laquelle ils demandoient qu'il
leur fût permis d'heriter, comme
les Peres de l'Oratoire , ou
dumoinsqu'en cas qu'ils vinf
ſent à fortir de la Societé , ils
puſſente rentrer dans leurs
GADANK . 273
biens .Ils obtintent qu'ils heristeroient
; mais à condition
qu'ils feroient leursvoeux àl'agede
33.ans , & que s'ils par
foient ce tems ſans les faire, il
ne leur feroit plus permis de
fucceder. Le foir à fixheuresle
Roi alla à la promenade , Madame
la Duchefile deBerry accompagnée
d'un grand nombre
de Dames l'alla joindre
dans le para ; les carrioles fuivirent
les Dames , afin que ,
quand elles ſeroient laffes ,elles
puffent fe faire traîner de même
que le Roi , qui eſt ſur un
fauteüil à trois rouës qu'il con.
274 MERCURE
duit lui-même , & qui eft par
derriere pouffé pardeux Suif
fes. M. le Ducd'Orleans marchoit
toûjours à colté de Sa
Majeſté. La promenade finie
Madame la Ducheſſe deBerry
rentra dans fon appartement
, fuivie de toutes les
Dames ; les Seigneurs de la
Cour s'y rendirent , & l'on
commença le jeu qui dura jul
ques à 10. heures ; ce qui a
toûjours eſté de même pent
dant tout le ſéjour que laCout
a- fait à Verfailles. Le 6. le
Roy alla dîner à Trianon, Le
7. pendant le dînédu Roy il y
GALANT. 275
eût un tres -beau concert dans
la cour de marbre ,pour la
reception de Filidor le fils qui
fut receu Timbalier des plaifirs
du Roy , il y avoit plufieurs
trompettes , flutes douces
,haut bois , violons ,baffes
deviole ,& autres fortes d'inf-
*truments qui joüerent de fort
beaux airs . Le 8. veille de la
Pentecofte , le Roy ſe rendit
à to heures du matin à la
Chapelle, revêtu de l'habit ,
manteau,& collier de l'Ordre,
il y communia par les mains
de M. le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier , les coins
26
276 MERCURE
6
de la nappe de communion
furent tenus du coſté de l'Autel
par M. l'Abbé de Sourches,
& par M. l'Abbé d'Argentté
ſes Aumoſniers . Du coſté de
S. M. par M. le Prince de
Dombes , &par M. le Comte
d'Eu. Le Roy aprés avoir en
tendu une ſeconde Meſſe , ſe
rendit dans la Gallerie des
Princes , où il toucha plus de
mille malades ,& l'apreſdinée
àdeux heures &demie , il ſe
rendit à la Chapelle pour y
entendre les Veſpres qui furent
chantées par la muſique :
il avoit d'un coſté , Madame la
GALANT. 277
Ducheffe de Berry, Meſdemoifelles
de Charollois , & de
Clermont &de l'autre M.
le Duc d'Orleans , M. le Prince
deConty , M. le Prince de
Dombes , & M. le Comte
d'Eu à coté du Prié Dicu
fur la droite eſtoit M. le Car
dinal de Rohan Grand Aumoſnier
, en foutanne , &
manteau long couleur de feu ,
M. l'Abbé de Sourches , &
M. l'Abbé d'Argentré Aumoſniers
en habits longs ; fur
la gauche M. le Cardinal de
Polignac auffi en foutanne ,
&manteau long couleur de
278 MERCURE
feu ; M. l'Abbé de Caftres ,&
M.l'Abbé deRougetAumofniers
de Madame la Ducheffe
deBerry , eſtoient auſſi en habits
longs entre le Prié - Dieu
duRoy& cette Princeffe.Der
riere le Roy eſtoit M. le Duc
de Charroft , Capitaine des
Gardes ; derriere Madame la
Ducheſſe de Berry , Madame
la Duchefſe de S. Simon fa
Dame d'Honneur ,&derriere
M. le Duc d'Orleans , M. le
Marquis d'Eſtampes fon Capitaine
desGardes. Le9 . jour
de la Pentecofte , Madame la
Ducheſſede Berry ſe rendit à
GALANT. 279
onzeheuresdu matin à la Chapelle
pour y faire ſes devotions,
les coins de la nappe de
communion furent tenus du
coſté droit par M. l'Abbé de
Rouget fon Aumofnier , &
par Madame la Ducheſſe de
S. Simon ſa Damed'Honneur,
du coſté gauche par M. l'Abbé
Davejan , & par Madame
la Ducheſſe de Louvigny. Le
Royſe rendit auffi à onzeheures
& demie à la Chapelle ,
revêtu de l'habit de l'Ordre ,
precedé de M. le Duc d'Orleans
, des Princes & Chevaliers
de l'Ordre tous en ha280
MERCURE
A
bits de ceremonie pour y entendre
la Meſſe qui fut chantée
en Muſique. Le Roy retourna
encore à deux heures
&demic à laChapelle , accom
pagnéde Madame la Ducheſſe
de Berry , deM. le Ducd'Or-
Icans , deMadame la Princeſſe,
des Princes ,&Princeſſes pour
y entendre le ſermon de M.
l'Abbé Hardoüin , que M. le
Dauphin entendit aufli à coſté
du Roy ; on entendit enſuite
les Vepres qui furent chantées
par la Muſique , chacun Le plaça
felon ſon rang comme le
jour precedent. Madame la
Ducheffe
GALANT. 281
Duchefle deTalard fit la queſte
ce jour-là.
On ſçut que la veille le Roy
avoit donné l'Abbaye de faint
Vaaſt d'Arras à M. le Cardinal
de Rohan , & celle d'Anchin
àM. le Cardinal de Polignac
, l'Abbaye aux Bois à
Madame deHarlay,celle deBagnols
à Madame deClefmes ,
celle des Alloys à Madame Pichon
, celle de ſaint Jeoire à
Madame du Baye,& le Prieuré
deChaſteau- Thierry à Madamede
Beaulieu.
Le dix aprés le levé S. M.
trouva à l'entrée du cabinet
Juin1715. Aa
282
1
MERCURE
M. l'Evêque de Meaux qu'il fit
entrer. Ge Prelat s'étant baillé
ôta ſa calote & le Roy lui
mitlacaloterouge ſur la teſte,
&l'embraſla ; cette Eminence
parut enſuite à la Mefle aveç
la calore rouge & fans Croix ,
ayant ofté celle d'Evêque qu'il
porroit auparavant. Lo 1.le
General des Benedictins eûraudience
du Roy dans ſon cabi,
net aprés le levé , il y cût ce
jour là quantité d'Etrangers ,
tous les Ambaſſadeurs y
étoient , de même que plur
fieurs Evêques, le nombre des
Courtulans for fi grand , qu'à
LA
1
GALANT. 285
peine pouvoient- ils tenir dans
la Tribune. Madame l'Ambaſſadriced
Hollande , &Mademoiſelle
ſa fille allerent àmi
di à la toilette de Madame la
Ducheffe de Berry poù ily cûc
grand nombre de Dames ,M.
le Maréchal de Villeroy &
pluſieurs autres Seigneurs y
étoient auffi. Le 12 il y cût
une tres belle ſymphoniepen
dant le dîné du Roy qui partic
à trois heures pour Marly.
Madame la Ducheſſe de Berry
partit à fix heures , emmena
avec elle dans ſon carroffe
Mesdames les Duchefles de
Aaij
284 MERCURE
S. Simon & de Chaulnes ,&
trois autres Dames; les autres
ſe mirent dans les carroffes de
cette Princeffe qui tiendra le
falon pendant le ſéjour deMar
ly ; on doit chaffer les Lundy,
Jeudy& Samedy ; cette Prin
cellc accompagnera le Roy
avec toutes les Dames à cheval
vetuës en Amazones comme
ellentedand
revint de Marly à Verſailles ,
Madame la Ducheſſe de Berry
en revint auſſi , accompagnée
de Meſdames les Ducheſſes de
Chaulnes & de Louvigny , des
Marquiſes de Coëtenfao , de
Clermont , de Pons , de la
Vrilliere , de S. Germain , de
Tonnerre , de Montſoreau, de
la Rochepot , de Châtillon, &
de pluſieurs autres . Le ſoir au
ſoupé le nombre des Dames
fut fi grand , que lorſque le
GALANT. 269
Roy voulut entrer dans fon
Appartement il les trouva
rangées juſques dans l'antichambre
, n'ayant pû tenir
dans ſa chambre. Le 3. il y cût
pluſieursEvêques au levé, aprés
Jequel les Députez de Hambourg
eurent Audience du
Roy dans ſon cabinet , où ils
furent introduits par le fieur
Merlin. Aprés le dîné leClergé
qui étoit composé de trentedeuxArchevêques
ouEvêques,
de trente- deux Deputez du ſecond
ordre , des Agents & Sccretaires
, precedez de M. le
Marquis de Dreux, grandMai-
Zitj
270 MERCURE
tre des Ceremonies , & de M.
Delgranges, Maître desCeremonies
, fut preſenté par M.
de Pontchartrain au Roy;M.
l'Archevêque d'Alby porta la
parole , & harangua Sa Majeſté
avec beaucoup d'éloquenco;
il fit en peu de mots l'hiftoire
de ſa vie : c'eſt pour la
quatrième fois que ce Prelat
qui eſt un des 40. de l'Acadé
mie Françoiſe,harangue S. M.
à la tête du Clergé ; auſſi a-t- il
toutes les fois receu un applaudiffement
general de toute la
Cour. LeClergé alla enfuite
chez M. le Dauphin qui l'at.
GALANT. 271
tendoit dans l'Appartementde
fcuë Madame la Dauphine, où
le même Prelat harangua ce
Prince pour la premiere fois ;
jenevous rapporte pas cesHarangues
,parce que le Clergé
les a trouvé fi belles, qu'il a demandé
à M. l'Archevêque
d'Alby la permiffion de les faire
imprimer. Le même jour à
fix heures du foir , le Roy alla
ſe promener dans le parc , accompagné
deMadame la Ducheffe
de Berry , qui avoit avec
elleune vingtaine de Dames.
M. le Duc d'Orleans marchoit
auſſi à coſtédu Roy. Le 4. il y
Ziij
272 MERCURE
cût l'aprés diſnée un Confeil
extraordinaire , où le Roi &
tous les Miniftres fe trouverent
; on y appella M. l'Abbé
Bignon, Meffieurs le Pelletier,
de la Bourdonnaye , d'Argenfon,
Conſeillers d'Etat ,&un
Maistre des Requeſtes pour
faire le rapport : ce futau ſujet
d'une Requête que les Jeſuitos
avoient preſentée auRoi ,dans
laquelle ils demandoient qu'il
leur fût permis d'heriter, comme
les Peres de l'Oratoire , ou
dumoinsqu'en cas qu'ils vinf
ſent à fortir de la Societé , ils
puſſente rentrer dans leurs
GADANK . 273
biens .Ils obtintent qu'ils heristeroient
; mais à condition
qu'ils feroient leursvoeux àl'agede
33.ans , & que s'ils par
foient ce tems ſans les faire, il
ne leur feroit plus permis de
fucceder. Le foir à fixheuresle
Roi alla à la promenade , Madame
la Duchefile deBerry accompagnée
d'un grand nombre
de Dames l'alla joindre
dans le para ; les carrioles fuivirent
les Dames , afin que ,
quand elles ſeroient laffes ,elles
puffent fe faire traîner de même
que le Roi , qui eſt ſur un
fauteüil à trois rouës qu'il con.
274 MERCURE
duit lui-même , & qui eft par
derriere pouffé pardeux Suif
fes. M. le Ducd'Orleans marchoit
toûjours à colté de Sa
Majeſté. La promenade finie
Madame la Ducheſſe deBerry
rentra dans fon appartement
, fuivie de toutes les
Dames ; les Seigneurs de la
Cour s'y rendirent , & l'on
commença le jeu qui dura jul
ques à 10. heures ; ce qui a
toûjours eſté de même pent
dant tout le ſéjour que laCout
a- fait à Verfailles. Le 6. le
Roy alla dîner à Trianon, Le
7. pendant le dînédu Roy il y
GALANT. 275
eût un tres -beau concert dans
la cour de marbre ,pour la
reception de Filidor le fils qui
fut receu Timbalier des plaifirs
du Roy , il y avoit plufieurs
trompettes , flutes douces
,haut bois , violons ,baffes
deviole ,& autres fortes d'inf-
*truments qui joüerent de fort
beaux airs . Le 8. veille de la
Pentecofte , le Roy ſe rendit
à to heures du matin à la
Chapelle, revêtu de l'habit ,
manteau,& collier de l'Ordre,
il y communia par les mains
de M. le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier , les coins
26
276 MERCURE
6
de la nappe de communion
furent tenus du coſté de l'Autel
par M. l'Abbé de Sourches,
& par M. l'Abbé d'Argentté
ſes Aumoſniers . Du coſté de
S. M. par M. le Prince de
Dombes , &par M. le Comte
d'Eu. Le Roy aprés avoir en
tendu une ſeconde Meſſe , ſe
rendit dans la Gallerie des
Princes , où il toucha plus de
mille malades ,& l'apreſdinée
àdeux heures &demie , il ſe
rendit à la Chapelle pour y
entendre les Veſpres qui furent
chantées par la muſique :
il avoit d'un coſté , Madame la
GALANT. 277
Ducheffe de Berry, Meſdemoifelles
de Charollois , & de
Clermont &de l'autre M.
le Duc d'Orleans , M. le Prince
deConty , M. le Prince de
Dombes , & M. le Comte
d'Eu à coté du Prié Dicu
fur la droite eſtoit M. le Car
dinal de Rohan Grand Aumoſnier
, en foutanne , &
manteau long couleur de feu ,
M. l'Abbé de Sourches , &
M. l'Abbé d'Argentré Aumoſniers
en habits longs ; fur
la gauche M. le Cardinal de
Polignac auffi en foutanne ,
&manteau long couleur de
278 MERCURE
feu ; M. l'Abbé de Caftres ,&
M.l'Abbé deRougetAumofniers
de Madame la Ducheffe
deBerry , eſtoient auſſi en habits
longs entre le Prié - Dieu
duRoy& cette Princeffe.Der
riere le Roy eſtoit M. le Duc
de Charroft , Capitaine des
Gardes ; derriere Madame la
Ducheſſe de Berry , Madame
la Duchefſe de S. Simon fa
Dame d'Honneur ,&derriere
M. le Duc d'Orleans , M. le
Marquis d'Eſtampes fon Capitaine
desGardes. Le9 . jour
de la Pentecofte , Madame la
Ducheſſede Berry ſe rendit à
GALANT. 279
onzeheuresdu matin à la Chapelle
pour y faire ſes devotions,
les coins de la nappe de
communion furent tenus du
coſté droit par M. l'Abbé de
Rouget fon Aumofnier , &
par Madame la Ducheſſe de
S. Simon ſa Damed'Honneur,
du coſté gauche par M. l'Abbé
Davejan , & par Madame
la Ducheſſe de Louvigny. Le
Royſe rendit auffi à onzeheures
& demie à la Chapelle ,
revêtu de l'habit de l'Ordre ,
precedé de M. le Duc d'Orleans
, des Princes & Chevaliers
de l'Ordre tous en ha280
MERCURE
A
bits de ceremonie pour y entendre
la Meſſe qui fut chantée
en Muſique. Le Roy retourna
encore à deux heures
&demic à laChapelle , accom
pagnéde Madame la Ducheſſe
de Berry , deM. le Ducd'Or-
Icans , deMadame la Princeſſe,
des Princes ,&Princeſſes pour
y entendre le ſermon de M.
l'Abbé Hardoüin , que M. le
Dauphin entendit aufli à coſté
du Roy ; on entendit enſuite
les Vepres qui furent chantées
par la Muſique , chacun Le plaça
felon ſon rang comme le
jour precedent. Madame la
Ducheffe
GALANT. 281
Duchefle deTalard fit la queſte
ce jour-là.
On ſçut que la veille le Roy
avoit donné l'Abbaye de faint
Vaaſt d'Arras à M. le Cardinal
de Rohan , & celle d'Anchin
àM. le Cardinal de Polignac
, l'Abbaye aux Bois à
Madame deHarlay,celle deBagnols
à Madame deClefmes ,
celle des Alloys à Madame Pichon
, celle de ſaint Jeoire à
Madame du Baye,& le Prieuré
deChaſteau- Thierry à Madamede
Beaulieu.
Le dix aprés le levé S. M.
trouva à l'entrée du cabinet
Juin1715. Aa
282
1
MERCURE
M. l'Evêque de Meaux qu'il fit
entrer. Ge Prelat s'étant baillé
ôta ſa calote & le Roy lui
mitlacaloterouge ſur la teſte,
&l'embraſla ; cette Eminence
parut enſuite à la Mefle aveç
la calore rouge & fans Croix ,
ayant ofté celle d'Evêque qu'il
porroit auparavant. Lo 1.le
General des Benedictins eûraudience
du Roy dans ſon cabi,
net aprés le levé , il y cût ce
jour là quantité d'Etrangers ,
tous les Ambaſſadeurs y
étoient , de même que plur
fieurs Evêques, le nombre des
Courtulans for fi grand , qu'à
LA
1
GALANT. 285
peine pouvoient- ils tenir dans
la Tribune. Madame l'Ambaſſadriced
Hollande , &Mademoiſelle
ſa fille allerent àmi
di à la toilette de Madame la
Ducheffe de Berry poù ily cûc
grand nombre de Dames ,M.
le Maréchal de Villeroy &
pluſieurs autres Seigneurs y
étoient auffi. Le 12 il y cût
une tres belle ſymphoniepen
dant le dîné du Roy qui partic
à trois heures pour Marly.
Madame la Ducheſſe de Berry
partit à fix heures , emmena
avec elle dans ſon carroffe
Mesdames les Duchefles de
Aaij
284 MERCURE
S. Simon & de Chaulnes ,&
trois autres Dames; les autres
ſe mirent dans les carroffes de
cette Princeffe qui tiendra le
falon pendant le ſéjour deMar
ly ; on doit chaffer les Lundy,
Jeudy& Samedy ; cette Prin
cellc accompagnera le Roy
avec toutes les Dames à cheval
vetuës en Amazones comme
ellentedand
Fermer
1541
p. 284-290
De Paris.
Début :
Le Jeudy 6. de ce mois à neuf heures du matin l'Assemblée [...]
Mots clefs :
Commissaires, Assemblée, Prince, Roi, Paris
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris.
TuoqueDeParisinalak t
Le Jeudy 6. de ce mois à
neufheures du matin l'Affembléedu
Clergé qui ſe tient au
Convent des Grands Auguf
GALANT
tins , ayant eſté avertic que
Meſſieurs lesCommiflaires du
Royeſtoient arrivez , M. l'Archevêque
de Narbonne,Prefident,
a nommé M. l'Archevêqued'Aix
,Meffieurs lesEvê
ques d'Orleans,d'Avranches ,
de Sarlat ,d'Agde , d'Auxerre,
de Noyon , de Marſeille ,de
Seez , & de Lavaur ; & Mefſieurs
les Abbez de Rochebon
ne , Deſmaretz , d'Avaugour
de Roüillé , de Cathelan , de
Sommery , de S. Andiol d'Oppede
, de Maniban , &
Chavigny , pour aller les rece.d
voir ,ce qu'ils ont fait à l'en
de
286 MERCURE
trée de l'aîle du Cloiſtre qui
eſt prés de la porte de l'Eglife
qui va au Sanctuaire .
Dans la marche chaqua
Commiſſaireeſtoit entre deux
Evêques & deux Députez du
ſecond ordre. Eſtants entrez
dans la Salle de l'Aſſemblée ils
ſe ſont placez dans des fau
teils qui leur avoient eſté
preparez vis à vis des Prefi
dents de l'Aſſemblée...
Make Pelletier qui estoit le
plus ancien des Commiſſaires
a porté la parole & a fait un
diſcours tres éloquent auquel
M. l'Archevêque de Narbon
GALANT. 287
ne a répondu en des termes
tres convenables à la dignité
de l'Affemblée 43
cupEnfuite Meffieurs les
Commiſſaires du Roy , qui
eſtoientMeffieurs le Pelletier,
Dagueſſeau , de Pontchartrain,
Defmaretz ,& le Goux
de la Berchere de la Rochepot
font fortis ,& ont eſté recon
duits par les meſmes perſonnes
&avec les meſmes honneurs
qu'ils avoient receus en arrivant.
1 Le 13. Meſſieurs les mêmes
Commiffaires du Roy ont retourné
à l'Aſſemblée , où ils
288 MERCURE
-
ont eſté receus par les mefmes
perſonnes & de la mefme
maniere que lors qu'ils y
eſtoient allez la premiere fois.
Monfieur le Pelletier a fait au
nom du Roy , la demande
de douze millions de dongratuit
:Meſſieurs les Commiſſaires
du Roy s'eftant enſuite
retirez dans une des fallesde
la maiſon , l'Aſſemblée a deli
beré d'accorder au Roy ledon
gratuit de douze millions ,
&Meſſieurs les Deputez qui
avoient eſté audevant de
Meſſieurs les Commiſſaires du
Roy , ont eſté les informer
dc
GALANT. 289
de la déliberation que laCompagnie
venoit de rendre tout
d'une voix, pour donner des
marques de ſon empreſſement
& de fon zele pour le ſervice
de Sa Majeſté.
Le Prince Royal de Pologne
, partitle 15. de ce mois
pour aller viſiter les Villes les
plus confiderables du Royaume.
Ce Prince a receu de Sa
Majefté d'éclatantes marques
de ſon eſtime & de ſa tendreſſe
, & quelques jours
avant fon départ , une épée
enrichie de diamants d'un tres
grand prix . Je ne vous diray
Juin 1715 . Bb
:
290 MERCURE
:
qu'une fimple verité à la
loüange de ce Prince ; & cette
verité fera par tout fon éloge
comme icy , c'est qu'il s'eſt
fait univerfellement estimer
& aimer , & qu'il est forti de
cetteVille , reſpecté , confideré
,®retté de tout le
monde.
M.le Palatin de Livonie
GrandMaître de ſa maiſon ,
un des plus illuftres & des plus
grands Seigneurs de Pologne
partit avec luy ,après avoir
rempli la Cour & la Ville d'unetres
juſte& haute idée de
fes vertus
Le Jeudy 6. de ce mois à
neufheures du matin l'Affembléedu
Clergé qui ſe tient au
Convent des Grands Auguf
GALANT
tins , ayant eſté avertic que
Meſſieurs lesCommiflaires du
Royeſtoient arrivez , M. l'Archevêque
de Narbonne,Prefident,
a nommé M. l'Archevêqued'Aix
,Meffieurs lesEvê
ques d'Orleans,d'Avranches ,
de Sarlat ,d'Agde , d'Auxerre,
de Noyon , de Marſeille ,de
Seez , & de Lavaur ; & Mefſieurs
les Abbez de Rochebon
ne , Deſmaretz , d'Avaugour
de Roüillé , de Cathelan , de
Sommery , de S. Andiol d'Oppede
, de Maniban , &
Chavigny , pour aller les rece.d
voir ,ce qu'ils ont fait à l'en
de
286 MERCURE
trée de l'aîle du Cloiſtre qui
eſt prés de la porte de l'Eglife
qui va au Sanctuaire .
Dans la marche chaqua
Commiſſaireeſtoit entre deux
Evêques & deux Députez du
ſecond ordre. Eſtants entrez
dans la Salle de l'Aſſemblée ils
ſe ſont placez dans des fau
teils qui leur avoient eſté
preparez vis à vis des Prefi
dents de l'Aſſemblée...
Make Pelletier qui estoit le
plus ancien des Commiſſaires
a porté la parole & a fait un
diſcours tres éloquent auquel
M. l'Archevêque de Narbon
GALANT. 287
ne a répondu en des termes
tres convenables à la dignité
de l'Affemblée 43
cupEnfuite Meffieurs les
Commiſſaires du Roy , qui
eſtoientMeffieurs le Pelletier,
Dagueſſeau , de Pontchartrain,
Defmaretz ,& le Goux
de la Berchere de la Rochepot
font fortis ,& ont eſté recon
duits par les meſmes perſonnes
&avec les meſmes honneurs
qu'ils avoient receus en arrivant.
1 Le 13. Meſſieurs les mêmes
Commiffaires du Roy ont retourné
à l'Aſſemblée , où ils
288 MERCURE
-
ont eſté receus par les mefmes
perſonnes & de la mefme
maniere que lors qu'ils y
eſtoient allez la premiere fois.
Monfieur le Pelletier a fait au
nom du Roy , la demande
de douze millions de dongratuit
:Meſſieurs les Commiſſaires
du Roy s'eftant enſuite
retirez dans une des fallesde
la maiſon , l'Aſſemblée a deli
beré d'accorder au Roy ledon
gratuit de douze millions ,
&Meſſieurs les Deputez qui
avoient eſté audevant de
Meſſieurs les Commiſſaires du
Roy , ont eſté les informer
dc
GALANT. 289
de la déliberation que laCompagnie
venoit de rendre tout
d'une voix, pour donner des
marques de ſon empreſſement
& de fon zele pour le ſervice
de Sa Majeſté.
Le Prince Royal de Pologne
, partitle 15. de ce mois
pour aller viſiter les Villes les
plus confiderables du Royaume.
Ce Prince a receu de Sa
Majefté d'éclatantes marques
de ſon eſtime & de ſa tendreſſe
, & quelques jours
avant fon départ , une épée
enrichie de diamants d'un tres
grand prix . Je ne vous diray
Juin 1715 . Bb
:
290 MERCURE
:
qu'une fimple verité à la
loüange de ce Prince ; & cette
verité fera par tout fon éloge
comme icy , c'est qu'il s'eſt
fait univerfellement estimer
& aimer , & qu'il est forti de
cetteVille , reſpecté , confideré
,®retté de tout le
monde.
M.le Palatin de Livonie
GrandMaître de ſa maiſon ,
un des plus illuftres & des plus
grands Seigneurs de Pologne
partit avec luy ,après avoir
rempli la Cour & la Ville d'unetres
juſte& haute idée de
fes vertus
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1542
p. 49-52
« M le Marquis de Prie dont il est parlé dans cette Relation [...] »
Début :
M le Marquis de Prie dont il est parlé dans cette Relation [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Chevaliers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M le Marquis de Prie dont il est parlé dans cette Relation [...] »
M le Marquis de Priedont ilcft parlé dans cette Relation
et le chef du nom & des ar-
-idUde sa maison) originaire
de Berry;mais établie depuis
quelques siecles en Normandie,
& sans entrer dans le détail
de sa genealogie qui me
mencroit trop loin
,
je me
contenteray de vous dire qu'il
y a peu de Maisons dans ces
deux Provinces, plus anciennes
,mieux alliées, & plus
illustrées. Ce que la Maison de
Prie a de singulier, c'est qu'elle
trouve sa filiation & ses preuves
dans les sourcespubliques,
& dans les Historiens, ou dan$
le Tresor des Chartres, & la
Chambredes Comptes. Tous
ses Ancêtres ont servi &tous
ont fcrvi avec distinction,&
des Commandemens honorables.
Ils portoient le titre de
Chevaliers dés le commencement
du 13. siecle, levoient
Banniere,& avoient dans leurs
Compagnies d'hommes d'Armes
,
nombre de Chevaliers
& d'Ecuyers,comme on le
peutvoir dans l'Histoiredes
Grands Officiers de la Couronne
,
& comme j'cfperc vous le
faire voir dans la premiere occasson
que j'aurai de vous parler
de cet Ambassadeur ,qui
s'est rendu aussi agréable au
Prince auprèsduquel il reside,
qu'au Royqui la honoré de la
qualité de son Ambassadeur.
et le chef du nom & des ar-
-idUde sa maison) originaire
de Berry;mais établie depuis
quelques siecles en Normandie,
& sans entrer dans le détail
de sa genealogie qui me
mencroit trop loin
,
je me
contenteray de vous dire qu'il
y a peu de Maisons dans ces
deux Provinces, plus anciennes
,mieux alliées, & plus
illustrées. Ce que la Maison de
Prie a de singulier, c'est qu'elle
trouve sa filiation & ses preuves
dans les sourcespubliques,
& dans les Historiens, ou dan$
le Tresor des Chartres, & la
Chambredes Comptes. Tous
ses Ancêtres ont servi &tous
ont fcrvi avec distinction,&
des Commandemens honorables.
Ils portoient le titre de
Chevaliers dés le commencement
du 13. siecle, levoient
Banniere,& avoient dans leurs
Compagnies d'hommes d'Armes
,
nombre de Chevaliers
& d'Ecuyers,comme on le
peutvoir dans l'Histoiredes
Grands Officiers de la Couronne
,
& comme j'cfperc vous le
faire voir dans la premiere occasson
que j'aurai de vous parler
de cet Ambassadeur ,qui
s'est rendu aussi agréable au
Prince auprèsduquel il reside,
qu'au Royqui la honoré de la
qualité de son Ambassadeur.
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1543
p. 134-156
Route de la Navigation faite par l'Armée Navale du Roy C. pour l'expedition de Maillorque, depuis qu'elle est partie de Barcelone, le 11 Juin 1715.
Début :
Le matin dudit jour 11. Juin on tira le coup de partance [...]
Mots clefs :
Majorque, Barcelone, Armée, Troupes, Chevalier, Guerre, Galères, Hommes, Marquis, Matin, Vaisseaux, Officiers, Débarquement, Transport, Grenadiers, Régiments, Cavalerie, Munitions, Empereur, Expédition, Roi d'Espagne, Navigation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Route de la Navigation faite par l'Armée Navale du Roy C. pour l'expedition de Maillorque, depuis qu'elle est partie de Barcelone, le 11 Juin 1715.
Route de la Navigation faite
par l'Armée Navale du Roy
C.pourl'expédition de Maillorque,
depuis qu'elle estpartie
de Barcelone, le Il Juin 171 5.
Le matin dudit jour JI.'
Juin on tira lecoup de partance
, &tous les Vaisseaux de
guerre se mirent à la voile restant
en panne & sur les bords
jusqu'au soir
,
auquel tems
tous les autres Bâtimens leverent
l'ancre, au nombre de
280. tant ceux de transport,
que de guerre ,avec les Galeres
; & l'on commença à faire
voyage vers le Sud avec un
vent Est Nord Està une lieuë
par heure, ce qui dura jusqu'à
minuit.
Le 12. nous nous trouvâmes
distans de 9. licuës de Barcelone,
que nous laissâmes au
Nord- Oiicttv , le vent
-
C'ii
trouvant Est Nord-Est tres-îj
favorable qui,) dura jusqu ?
midy. f;IN"
Sur le foir il yeût grande
variation de vents legers
, ce
quifutcause qu'on fit peu de^
chemin. La nuit du même
jour, nous trouvant 1av 14.
lieuës de Barcelone, le Ciel se
couvrit de nuages, & tôt aprés
il s'éleva une bourasque d'un
vent fort deNord-Oüest, avec
pluye,ce qui fit presqueperdre
toutes les Barquettes que,
l'on conduisoit pour facihtcl;
le débarquement. Cette nuitlà
làon fit peu de force devoiles,
>
pour donner le tems aux aures
Bâtimens de suivre,& se.
tenir autant qu'il étoit possi-
Weau Corps d'Armée.
Le 13. au matin à la diftatl*
ce de 17. lieuës de Barcelone,
lamer se maintenant grosse
d'un vent d'Est Nord Est, le
Giel toujours couvert, l'on
découvrit la Côte de Solaryen
Maillorque sur lemidy.
L'on navigea le reste ditjour
à force de voiles du côté
des Dragoneres,&l'on se détermina
àjetterl'ancre sur les
septheuresdu soir ,àlacalle
de saintePosee,&l'on se tint
en ce parage, jusques sur les
4. heures du foir du jour 14
Durant cetteintervallel'on
tintConseil de guerre,oùassistetent
les Officiers Généraux
seulement
, pour deliberer si
l'ony feroitle débarquement,
àJ'tff;;t de quoi l'on dépêcha
deux logenieurs dans uneChaloupe
, pour reconnoître la si.
tuation & le terrain:à l'approche
de la Chaloupe les Ennemis
tirerent quelques coups
de Canon de cinq Batteries;
on reconnut qu'ils étoient bien
retranchez avec bon nombre
dePaysans, ce quifit prendre
lâ resolutionde se mettre le
même jour à la voile, ce qui
né ffc pût faire que vers les 6.
heures du soir,& alors tous les
ni,:rments,:ilcverent l'ancre
avec unventSud Sud Est.Vers
lafitortÏOO. hommes du Regiment
de la Marine passerent
d'un petit Bâtiment François
qui faisoit beaucoup d'eau, sur
le Royal, & toute la nuit on fit
route au large pour éviter les
Côtes dont on a pAarlé. Le 15. nous nous trouvâmes
à deux lieuës de distance des
Dragoneres quinousrestoient
au Nord avec un vent fort de
SudSud Oüest,&grosseMer,
ce qui fit que les Galères&les
Vaisseaux de Meilleurs de la
Roche & de la Fayette , avec
quelques autres Bastiments de
transport arrivèrent sous le
vent des mêmesDragoneres,
&nous autres avec lereste de
l'Armée, navigâmes jusqu'a
cinq heures du fair, faisant
route par Sud-Est quart aiy
Sud, nous joignant pour donner
fond sur les CallesFerrera
& Longa
,
à une lieuë à 1Est
du Port Pedra, distant de terre
environ une portée de Canon;
-& d'abord on dépêcha une
Lance avec le ComtedeLecherene
pour reconnoître cc
Port.
Lequel ayant été trouvé fort
à propos, on commanda à
M. le Marquis de Cany,de
faire le débarquement , qu'il
commença avec huit Lances
& 150.Grenadiers des Regimens
de Gastille & de la Marine;
Ce qui se fitheureuse-
me'j[ & les autres troupes par
émulation se débarquèrent au
nombre de six mil Fantassins
& immédiatement on continua
de meure la Cavalerie à
Terre,des trois coltzdesdites
calles,où l'on pût entrer avec
tous les Bâtimens. Ce qui
acheva de s'execucer sur lesdix
heures du foir. M. le Marquis
de Cany executa ce commandementdonc
il étoitchargé
avec toute la valeur,
,
la prudence
& les précautionspossi-
bles;il merite des loüanges
infiniescar un vieux General
n'auroit pû mieux faire. Et le
16. du courant, on dépêcha
le Marquis de Mary,pour en
informer Sa Majesté,il arriva
à Aranjuez le 21 à neuf heures
du foir & eût encore 10i
temps de luy b.ure[ la maïa:
avant son coucher.
La Flote doit retourner
deux voyages,prendre lercHe;
des troupes ,
des équipages &
& munitions de Guerre & de
bouche,
Il y a pour cette entTprise
cent pieces de Canon. - - .,
Douze Mortiers.
Cinq mil Bombes.
QuarantequatreBataillons.
Trois Regimens de Cavalerie.
Trois Regimens de Dragons
démontez.
Pour cinq mois de munitions
, & tous les Officiers
payez.
L'Armée de S. M. C. efl;
composéede146.voiles ,tant
en Vaisseaux de guerre que de
transport, Fregates legeres,
Flottes, Barques, & Tartannes,
&sixGaleres. Elle efteonamandée
par Don Pedro de Los-
Rios, qui asous luy Don Jofeph
de Los Rios son frere
Commandant , des Galeres,les
Marquis de Gabaret&de Mary
Chefs d'Escadre.
Elle porte 24. Bataillons ;
sçavoir12 deFrançois,&12.
d'Espagnols,mil chevaux
,
avec
avecartillerie munitions de
guerre & de bouche pour faire
un siege.
Les Troupes de terre font
commandées par M. le Chevalier
d'Asfeld,qui a fous luy
M. leComtede Lecheraine,
M.le Marquis de Guerchois,
M.le Marquis de Caylus,&
M. Ribadeo
,
Espagnol, Maréchaux
de Camp.
o'
L'on a commencé le 8. Juin
à embarquer les Troupes
, & leonzeaumatin rout fut prêt
à marcher. Le même jour à
deux heures aprés midy, l'on
appareilla & tout fut sorti du
Port de Barcelone à sept heures
du foir : le douzeau matin
l'Armée (e trouvarassemblée,
les Galeres au vent ,
les Vais
seaux de guerre fous le vent,
& les Bastimens de transport
aumilieu.
,
La nuir du douze au treize
nous souffrîmes un grostems.
Le desseinétoit devenir mouiller
devant Alcudia, mais nous
ne pûmes pas doubler leCap
ce qui fit que nous continuâmes
nôtre route jusqu'à Santa
Ponfa
,
où M. de Los Ris
s'arrêta pour rassembler foç
Armée que le mauvais temps
avoit dispersée : nous nous
trouvâmes sur lestrois heures
après midy avec moins desoixante
Voiles& des Galeres qui
s'étoient mises à l'abri de Tlflç
deDragonnera;maisle lendemain
14. à midy tout joignit)
& il ne se trouva de plus qu'-
environ 50. Bateaux &une
- Tarranne.
- Santa Ponfa étoitunePlace
très propre à debarquer, mais
nous reconnûmes qu'elle étoit
coupée par un retranchement
au bout duquel, de chaque
côté, il y avoit une Tourayçç,
du canon , tous les Rebelles
noussaluërent aussitost qu'ils
nous virent mouiller. L'on découvrit
aussiquelque Cavalerie
avec de l'Infanterie,ce qui
sit juger que cet endroit étoit
trop bien gardé pour y pouvoir
descendreaussifacilement
que l'on pouvoit d'un autre
côté. Cela sir prendre le parti
a ncs Généraux de Mer & de
-
Terre de lever l'ancre & de
chercher du costé du Sud une
plage plus propre.
Le 14 à quatre heures du
soit toute l'Armée mit à la
Wlfc*, & sur les onze heures le
véht rafraîchit si fore) que le
quinze au matin nous nous
trouvâmes encore abandonné
desGaleres & de plus de quatre-
vingt voiles. Cependant
M.deLos Riosayant apperçû
sur les cinq heures du soir que
CM Ferrera & la Cala Loriot
prés le Porto Pedro étoient
commodes pour y jetter les
Troupes
,
d'autant plus qu'il
ne paroissoit personne pour
s'y opposer
,
il moüllaen cet
endroit, & M. le Chevalier
dAsfeld envoya M. le Comte
de Lecheraine avec 2 5. Grenadiers
du R giment de Castille
& de la Marine, qui se mirent
dans une Chaloupe, & furent
reconnoître le terrain; sur le
rapport que vint faire M. le
Comte de Lecheraine que l'on
pouvoit debarquer
,
& qu'il
n'y avoit point de tems à per.
dre
,
M. de Los Rios fit le signal
à toutes les Chaloupes,
Barques& Bateaux de venir à
son bord avec le plus de Soldats
qu'ils pourroient porter,
& de là furent envoyées incontinent
à CalaFerrera où
les Chaloupes & Canot del'A
miral avoient déja de fLendus
les Troupes qu'ils portoient
Le débarquement commença
à six heures dusoir,&fut fait
avec tant de diligence
,
qu'à
huit heures il y avoit à terre
deux mil hommes, & à rleu*
heures a prés minuit toute l'Infanterie
embarquée dans les
Bâtimens qui avoient suivi l'Affinai
se trouva à terre au nombre
de six mil hommes. :>u&
-
Le16. à la pointe du jour
l'on débarqua environ 500.
chevaux. '8
A mesure que les troupes
débarquoient, elles travaillerent
à se couvrir d'une ligne
de la hauteur de quatre pieds
faitede branches , d'ar bres &
de terre, seulement du costé
du Nord, car au Sud l'endroit
estoit couvert par la Mer, &
à l'Est ou Qücfi.) de deux
petits Golfes appellez Cala
Ferrera & Cala Longa.
Le 17 à quatre heures du
matin, M. leChevalier d'Asfeld
a fait marcher ses troupes
du coftéd'Alcudia ; &
nous autres avons mis à la
voile le mêmejour à dix heures
du matin.
- Le 20 au soir nous doublâmes
le Cap Farrax.
Le 21.nousennâmes dans
la BJYc d'Alcudia, où nous
moüillâmesàdemie portéede
Canon de Terre. r, - NousapprîmesqueM. d'Asfeld
étoit arrivé le 19. à une
lieue-d'Alcudia,qu'ilavoit fait
un détachement de Grenadiers
& de Cavalerie , pour
aller sommer la Place, &que
le lendemain 20 à huit heures
du matin, il y étoit entré,
ayant pris la Garnison au nombre
de 1300. hommes à discretion
dont la plus grande
parties'est engagée dans nos
troupes, & les Officiersdétenus
jusqu'à ce qu'ilsayent déclaré
le lieu où ilsveulent se
retirer, pourvcu que ce ne soit
point sur aucunes Terres dela
domination d'Espagne. Alcudia
est située à un quart de
lieuë de laMer
,
son terrain &
les environs sont des roches
,
ce qui auroitrendu la tranchée
difficile à faire au cas de
Siege) il a double murailles
quiontchacuneun fossede10.
à12 piedsdeprofondeur sur
8. de I.1rge
,
de la premiere
muraille torrent 8. Bastions
soutenus chacun de deux
petites tours saillantes de la
seconde muraille qui sont
àTrenaux.
L'on y a trouve 2. 2.. petites
pieces de Canon de fonte,&
30. de fer, pour 20. jours
de vivres &de poudre.
Le 11. M.le Chevalier d'Asfeld
fit marcher2000. hommes
à Palma qui est la Capitale
fous les ordres de M. le Marquisde
Guerchois ,il fut suivi
deM.leComte de Lecheraine
qui marcha avec un autre
détachement, pour le soutenir.
M. d'Asfeld ,après avoir
laissé un Bataillon Espagnol
dans AJcul.ia
,
marcha avec
le reste de son Armée;le 23.
tous le p.,ys jusqu'à àeux luuës
de Palma
,
rendit l'obéïssance
&tout yest fort tranquille.
Les six Galeres & plus de
60. voiles del'Armée Navale
,qtic le mauvais temps avoir séparée
du corps nous rejoignirent
le 11. & aussi tost l'on fit
débarquer 1liifanterle & la
Cavalerie qu'ils portoient:
l'Armée Navale leva l'ancre le
25. pouraller devant Palma.
par l'Armée Navale du Roy
C.pourl'expédition de Maillorque,
depuis qu'elle estpartie
de Barcelone, le Il Juin 171 5.
Le matin dudit jour JI.'
Juin on tira lecoup de partance
, &tous les Vaisseaux de
guerre se mirent à la voile restant
en panne & sur les bords
jusqu'au soir
,
auquel tems
tous les autres Bâtimens leverent
l'ancre, au nombre de
280. tant ceux de transport,
que de guerre ,avec les Galeres
; & l'on commença à faire
voyage vers le Sud avec un
vent Est Nord Està une lieuë
par heure, ce qui dura jusqu'à
minuit.
Le 12. nous nous trouvâmes
distans de 9. licuës de Barcelone,
que nous laissâmes au
Nord- Oiicttv , le vent
-
C'ii
trouvant Est Nord-Est tres-îj
favorable qui,) dura jusqu ?
midy. f;IN"
Sur le foir il yeût grande
variation de vents legers
, ce
quifutcause qu'on fit peu de^
chemin. La nuit du même
jour, nous trouvant 1av 14.
lieuës de Barcelone, le Ciel se
couvrit de nuages, & tôt aprés
il s'éleva une bourasque d'un
vent fort deNord-Oüest, avec
pluye,ce qui fit presqueperdre
toutes les Barquettes que,
l'on conduisoit pour facihtcl;
le débarquement. Cette nuitlà
làon fit peu de force devoiles,
>
pour donner le tems aux aures
Bâtimens de suivre,& se.
tenir autant qu'il étoit possi-
Weau Corps d'Armée.
Le 13. au matin à la diftatl*
ce de 17. lieuës de Barcelone,
lamer se maintenant grosse
d'un vent d'Est Nord Est, le
Giel toujours couvert, l'on
découvrit la Côte de Solaryen
Maillorque sur lemidy.
L'on navigea le reste ditjour
à force de voiles du côté
des Dragoneres,&l'on se détermina
àjetterl'ancre sur les
septheuresdu soir ,àlacalle
de saintePosee,&l'on se tint
en ce parage, jusques sur les
4. heures du foir du jour 14
Durant cetteintervallel'on
tintConseil de guerre,oùassistetent
les Officiers Généraux
seulement
, pour deliberer si
l'ony feroitle débarquement,
àJ'tff;;t de quoi l'on dépêcha
deux logenieurs dans uneChaloupe
, pour reconnoître la si.
tuation & le terrain:à l'approche
de la Chaloupe les Ennemis
tirerent quelques coups
de Canon de cinq Batteries;
on reconnut qu'ils étoient bien
retranchez avec bon nombre
dePaysans, ce quifit prendre
lâ resolutionde se mettre le
même jour à la voile, ce qui
né ffc pût faire que vers les 6.
heures du soir,& alors tous les
ni,:rments,:ilcverent l'ancre
avec unventSud Sud Est.Vers
lafitortÏOO. hommes du Regiment
de la Marine passerent
d'un petit Bâtiment François
qui faisoit beaucoup d'eau, sur
le Royal, & toute la nuit on fit
route au large pour éviter les
Côtes dont on a pAarlé. Le 15. nous nous trouvâmes
à deux lieuës de distance des
Dragoneres quinousrestoient
au Nord avec un vent fort de
SudSud Oüest,&grosseMer,
ce qui fit que les Galères&les
Vaisseaux de Meilleurs de la
Roche & de la Fayette , avec
quelques autres Bastiments de
transport arrivèrent sous le
vent des mêmesDragoneres,
&nous autres avec lereste de
l'Armée, navigâmes jusqu'a
cinq heures du fair, faisant
route par Sud-Est quart aiy
Sud, nous joignant pour donner
fond sur les CallesFerrera
& Longa
,
à une lieuë à 1Est
du Port Pedra, distant de terre
environ une portée de Canon;
-& d'abord on dépêcha une
Lance avec le ComtedeLecherene
pour reconnoître cc
Port.
Lequel ayant été trouvé fort
à propos, on commanda à
M. le Marquis de Cany,de
faire le débarquement , qu'il
commença avec huit Lances
& 150.Grenadiers des Regimens
de Gastille & de la Marine;
Ce qui se fitheureuse-
me'j[ & les autres troupes par
émulation se débarquèrent au
nombre de six mil Fantassins
& immédiatement on continua
de meure la Cavalerie à
Terre,des trois coltzdesdites
calles,où l'on pût entrer avec
tous les Bâtimens. Ce qui
acheva de s'execucer sur lesdix
heures du foir. M. le Marquis
de Cany executa ce commandementdonc
il étoitchargé
avec toute la valeur,
,
la prudence
& les précautionspossi-
bles;il merite des loüanges
infiniescar un vieux General
n'auroit pû mieux faire. Et le
16. du courant, on dépêcha
le Marquis de Mary,pour en
informer Sa Majesté,il arriva
à Aranjuez le 21 à neuf heures
du foir & eût encore 10i
temps de luy b.ure[ la maïa:
avant son coucher.
La Flote doit retourner
deux voyages,prendre lercHe;
des troupes ,
des équipages &
& munitions de Guerre & de
bouche,
Il y a pour cette entTprise
cent pieces de Canon. - - .,
Douze Mortiers.
Cinq mil Bombes.
QuarantequatreBataillons.
Trois Regimens de Cavalerie.
Trois Regimens de Dragons
démontez.
Pour cinq mois de munitions
, & tous les Officiers
payez.
L'Armée de S. M. C. efl;
composéede146.voiles ,tant
en Vaisseaux de guerre que de
transport, Fregates legeres,
Flottes, Barques, & Tartannes,
&sixGaleres. Elle efteonamandée
par Don Pedro de Los-
Rios, qui asous luy Don Jofeph
de Los Rios son frere
Commandant , des Galeres,les
Marquis de Gabaret&de Mary
Chefs d'Escadre.
Elle porte 24. Bataillons ;
sçavoir12 deFrançois,&12.
d'Espagnols,mil chevaux
,
avec
avecartillerie munitions de
guerre & de bouche pour faire
un siege.
Les Troupes de terre font
commandées par M. le Chevalier
d'Asfeld,qui a fous luy
M. leComtede Lecheraine,
M.le Marquis de Guerchois,
M.le Marquis de Caylus,&
M. Ribadeo
,
Espagnol, Maréchaux
de Camp.
o'
L'on a commencé le 8. Juin
à embarquer les Troupes
, & leonzeaumatin rout fut prêt
à marcher. Le même jour à
deux heures aprés midy, l'on
appareilla & tout fut sorti du
Port de Barcelone à sept heures
du foir : le douzeau matin
l'Armée (e trouvarassemblée,
les Galeres au vent ,
les Vais
seaux de guerre fous le vent,
& les Bastimens de transport
aumilieu.
,
La nuir du douze au treize
nous souffrîmes un grostems.
Le desseinétoit devenir mouiller
devant Alcudia, mais nous
ne pûmes pas doubler leCap
ce qui fit que nous continuâmes
nôtre route jusqu'à Santa
Ponfa
,
où M. de Los Ris
s'arrêta pour rassembler foç
Armée que le mauvais temps
avoit dispersée : nous nous
trouvâmes sur lestrois heures
après midy avec moins desoixante
Voiles& des Galeres qui
s'étoient mises à l'abri de Tlflç
deDragonnera;maisle lendemain
14. à midy tout joignit)
& il ne se trouva de plus qu'-
environ 50. Bateaux &une
- Tarranne.
- Santa Ponfa étoitunePlace
très propre à debarquer, mais
nous reconnûmes qu'elle étoit
coupée par un retranchement
au bout duquel, de chaque
côté, il y avoit une Tourayçç,
du canon , tous les Rebelles
noussaluërent aussitost qu'ils
nous virent mouiller. L'on découvrit
aussiquelque Cavalerie
avec de l'Infanterie,ce qui
sit juger que cet endroit étoit
trop bien gardé pour y pouvoir
descendreaussifacilement
que l'on pouvoit d'un autre
côté. Cela sir prendre le parti
a ncs Généraux de Mer & de
-
Terre de lever l'ancre & de
chercher du costé du Sud une
plage plus propre.
Le 14 à quatre heures du
soit toute l'Armée mit à la
Wlfc*, & sur les onze heures le
véht rafraîchit si fore) que le
quinze au matin nous nous
trouvâmes encore abandonné
desGaleres & de plus de quatre-
vingt voiles. Cependant
M.deLos Riosayant apperçû
sur les cinq heures du soir que
CM Ferrera & la Cala Loriot
prés le Porto Pedro étoient
commodes pour y jetter les
Troupes
,
d'autant plus qu'il
ne paroissoit personne pour
s'y opposer
,
il moüllaen cet
endroit, & M. le Chevalier
dAsfeld envoya M. le Comte
de Lecheraine avec 2 5. Grenadiers
du R giment de Castille
& de la Marine, qui se mirent
dans une Chaloupe, & furent
reconnoître le terrain; sur le
rapport que vint faire M. le
Comte de Lecheraine que l'on
pouvoit debarquer
,
& qu'il
n'y avoit point de tems à per.
dre
,
M. de Los Rios fit le signal
à toutes les Chaloupes,
Barques& Bateaux de venir à
son bord avec le plus de Soldats
qu'ils pourroient porter,
& de là furent envoyées incontinent
à CalaFerrera où
les Chaloupes & Canot del'A
miral avoient déja de fLendus
les Troupes qu'ils portoient
Le débarquement commença
à six heures dusoir,&fut fait
avec tant de diligence
,
qu'à
huit heures il y avoit à terre
deux mil hommes, & à rleu*
heures a prés minuit toute l'Infanterie
embarquée dans les
Bâtimens qui avoient suivi l'Affinai
se trouva à terre au nombre
de six mil hommes. :>u&
-
Le16. à la pointe du jour
l'on débarqua environ 500.
chevaux. '8
A mesure que les troupes
débarquoient, elles travaillerent
à se couvrir d'une ligne
de la hauteur de quatre pieds
faitede branches , d'ar bres &
de terre, seulement du costé
du Nord, car au Sud l'endroit
estoit couvert par la Mer, &
à l'Est ou Qücfi.) de deux
petits Golfes appellez Cala
Ferrera & Cala Longa.
Le 17 à quatre heures du
matin, M. leChevalier d'Asfeld
a fait marcher ses troupes
du coftéd'Alcudia ; &
nous autres avons mis à la
voile le mêmejour à dix heures
du matin.
- Le 20 au soir nous doublâmes
le Cap Farrax.
Le 21.nousennâmes dans
la BJYc d'Alcudia, où nous
moüillâmesàdemie portéede
Canon de Terre. r, - NousapprîmesqueM. d'Asfeld
étoit arrivé le 19. à une
lieue-d'Alcudia,qu'ilavoit fait
un détachement de Grenadiers
& de Cavalerie , pour
aller sommer la Place, &que
le lendemain 20 à huit heures
du matin, il y étoit entré,
ayant pris la Garnison au nombre
de 1300. hommes à discretion
dont la plus grande
parties'est engagée dans nos
troupes, & les Officiersdétenus
jusqu'à ce qu'ilsayent déclaré
le lieu où ilsveulent se
retirer, pourvcu que ce ne soit
point sur aucunes Terres dela
domination d'Espagne. Alcudia
est située à un quart de
lieuë de laMer
,
son terrain &
les environs sont des roches
,
ce qui auroitrendu la tranchée
difficile à faire au cas de
Siege) il a double murailles
quiontchacuneun fossede10.
à12 piedsdeprofondeur sur
8. de I.1rge
,
de la premiere
muraille torrent 8. Bastions
soutenus chacun de deux
petites tours saillantes de la
seconde muraille qui sont
àTrenaux.
L'on y a trouve 2. 2.. petites
pieces de Canon de fonte,&
30. de fer, pour 20. jours
de vivres &de poudre.
Le 11. M.le Chevalier d'Asfeld
fit marcher2000. hommes
à Palma qui est la Capitale
fous les ordres de M. le Marquisde
Guerchois ,il fut suivi
deM.leComte de Lecheraine
qui marcha avec un autre
détachement, pour le soutenir.
M. d'Asfeld ,après avoir
laissé un Bataillon Espagnol
dans AJcul.ia
,
marcha avec
le reste de son Armée;le 23.
tous le p.,ys jusqu'à àeux luuës
de Palma
,
rendit l'obéïssance
&tout yest fort tranquille.
Les six Galeres & plus de
60. voiles del'Armée Navale
,qtic le mauvais temps avoir séparée
du corps nous rejoignirent
le 11. & aussi tost l'on fit
débarquer 1liifanterle & la
Cavalerie qu'ils portoient:
l'Armée Navale leva l'ancre le
25. pouraller devant Palma.
Fermer
1544
p. 156-161
Suite des Nouvelles de Mayorque.
Début :
Un Courrier extraordinaire arrivé d'Espagne en six jours, six [...]
Mots clefs :
Chevalier, Roi, Empereur, Majorque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Mayorque.
Suite des Nouvelles
de Mayorque.
• Un Courrier extraordinaire
arrivé d'Espagne en six jours,
flX heures
, vient d'apporter
le détail de l'expédition de
Mayorque ,tel que levoicy.
Le Chevalier d'Asfeld a été
toujours devant Palma
,
le
Marquis de Ruby Commandant
les Troup s de 1 Empereur,&
les Anglois dans la
Place luy a aussitost envoyé
unTrompette pour luy témoigner
l'étonnement où il étoit
de se voir faire la Guerre, veu
qu'on étoit en négociation de
Paix. Le Chevalierd'Asfeld
luy envoya dire, qu'ilvenoit
luyen apprendre la rupture
& qu'il falloit. se soumettre
dans vingt- quatre heures Le
Marquis de Ruby luy fit répondre
sur le champ qu'il ne
demandoit qu'une Suspension
d'Armes defix semaines, pour
avoir réponse des deux Courriers
qu'il alloit dépêcher, l'un
à Vienneàl'Empereur,&l'autre
au Roy Georges en Angleterre
, pour en recevoir les
ordres. Le Chevalier d'Asfeld
luy répondit qu'il feroitce
qu'il voudroit ;mais qu'il falloit
absolument qu'il se rendit
dans vingt quatre heures.
Surces pressantes réponses
le Clergé, la Noblesse
, & les
Magistrats obligèrent le Marquis
de Ruby à prendre son
parti & luy dirent qu'il pouvoir
se retirer où bon luy sembleroit
; maisque poureux ils
étoient résolus de se soumettre
au Roy leur Maître; en
forte que la chose fut réglée
ainsi. Dans l'instant les Députez
l'étant venu témoignée*
au Chevalier d'Asfeld ,il confcntit
que le Marquis de Ruby
se retira en Sardaigne,& luy
fit donner des Bâtiments pour
embarquer ses troupes qui
avoient des Patentes de 1 Empereur
, & quelques Officiers,
Anglois qu'on eût retenu
Prisonniers de guerre sans
leurs Patentes. Le Chevalier
d'Asfeld entra ensuite dans la
Place aux acclamations du
peuple qui crioit, Vive Philippescinq,
& vive la Reine.
Les IfLs d'Yvica& deFormantiere
se sont soumises en
même tems.
Leurs Majestez font toûjours
à Aranjutz , où le Pere
Djubenton
,
Confesseur du
Roy, arriva le 14. Il baisa la
main à leurs Majestez
,
& aux
Princes, dont il fut receu tres
favorablement.
M.
M. de Monteil
,
Maréchal
des Logis de laCavalerie,aapporté
au Roy la nouvelle de la
descente faite en l'H] de
Mayorque,& M. le Marquis
de Cany celle de la réduction
de cette Isle,surquoyS.M.l'a
fort gratieusé.
de Mayorque.
• Un Courrier extraordinaire
arrivé d'Espagne en six jours,
flX heures
, vient d'apporter
le détail de l'expédition de
Mayorque ,tel que levoicy.
Le Chevalier d'Asfeld a été
toujours devant Palma
,
le
Marquis de Ruby Commandant
les Troup s de 1 Empereur,&
les Anglois dans la
Place luy a aussitost envoyé
unTrompette pour luy témoigner
l'étonnement où il étoit
de se voir faire la Guerre, veu
qu'on étoit en négociation de
Paix. Le Chevalierd'Asfeld
luy envoya dire, qu'ilvenoit
luyen apprendre la rupture
& qu'il falloit. se soumettre
dans vingt- quatre heures Le
Marquis de Ruby luy fit répondre
sur le champ qu'il ne
demandoit qu'une Suspension
d'Armes defix semaines, pour
avoir réponse des deux Courriers
qu'il alloit dépêcher, l'un
à Vienneàl'Empereur,&l'autre
au Roy Georges en Angleterre
, pour en recevoir les
ordres. Le Chevalier d'Asfeld
luy répondit qu'il feroitce
qu'il voudroit ;mais qu'il falloit
absolument qu'il se rendit
dans vingt quatre heures.
Surces pressantes réponses
le Clergé, la Noblesse
, & les
Magistrats obligèrent le Marquis
de Ruby à prendre son
parti & luy dirent qu'il pouvoir
se retirer où bon luy sembleroit
; maisque poureux ils
étoient résolus de se soumettre
au Roy leur Maître; en
forte que la chose fut réglée
ainsi. Dans l'instant les Députez
l'étant venu témoignée*
au Chevalier d'Asfeld ,il confcntit
que le Marquis de Ruby
se retira en Sardaigne,& luy
fit donner des Bâtiments pour
embarquer ses troupes qui
avoient des Patentes de 1 Empereur
, & quelques Officiers,
Anglois qu'on eût retenu
Prisonniers de guerre sans
leurs Patentes. Le Chevalier
d'Asfeld entra ensuite dans la
Place aux acclamations du
peuple qui crioit, Vive Philippescinq,
& vive la Reine.
Les IfLs d'Yvica& deFormantiere
se sont soumises en
même tems.
Leurs Majestez font toûjours
à Aranjutz , où le Pere
Djubenton
,
Confesseur du
Roy, arriva le 14. Il baisa la
main à leurs Majestez
,
& aux
Princes, dont il fut receu tres
favorablement.
M.
M. de Monteil
,
Maréchal
des Logis de laCavalerie,aapporté
au Roy la nouvelle de la
descente faite en l'H] de
Mayorque,& M. le Marquis
de Cany celle de la réduction
de cette Isle,surquoyS.M.l'a
fort gratieusé.
Fermer
1545
p. 161
Nouvelles de Pologne. [titre d'après la table]
Début :
Par des nouvelles de Pologne on apprend que la Noblesse [...]
Mots clefs :
Roi Stanislas, Roi de Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Pologne. [titre d'après la table]
gne
on apprend que la Noblesse
est montée à cheval,
étant comme revol tée contre
le Roy Augufie en faveur du
Roy Stanislas
,
& du Roy de
Suede, ce qui met tout le
Royaume en allarme.
on apprend que la Noblesse
est montée à cheval,
étant comme revol tée contre
le Roy Augufie en faveur du
Roy Stanislas
,
& du Roy de
Suede, ce qui met tout le
Royaume en allarme.
Fermer
1546
p. 162-167
De Londres, le 8. Juillet.
Début :
L'on accusa Jacques d'Ormont à la Chambre Basse, les [...]
Mots clefs :
Trahison, Duc d'Ormond, Chambre basse, Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres, le 8. Juillet.
De Londres,le 8. Juillet.
L'on accusa Jacques d'Or.
mont à la Chambre Basse, les
débats des Partis furent vifs,
pendant onze heures, & durerent
depuis midy jusqu'à dix
heuresdu soir.PlusieursWighs
se déclarerent pour luy. Le General
Homlay en fit de grands
éloges, son discours roula sur
la valeur & les occasions où il
aétéblesse, & sur ses grandes
& magnifiques dépenses
,
&
bien d'autres firent son Panegytique,
sur tout le Chevalier
Portrait.
Le Chevalier Mer tourna
à l'avis contraire, le jugeant
criminel de haute trahison,
grandes altercations pour le
rabattre à haute malversation
ou non,la negative l'emporta
de 234. voix contre 187. &
l'on dressa les articles d'accusation
de haute trahison contre
Jacques d'Ormont.
Les Laquais burent hautement
pendant la séance à la
fanté du Ducd'Ormont & de
Georges, & non pas du Roy
Georges. On en prit quelquesuns.
Dans leComté de Lancastre
l'on y ruine routes les Eglises,
:& le peuple fait contribuer
par tout,& sur tout les Wighs
-que l'on saccage dés qu'ils ne
payent pas la contribution,
malgré quatre Regimens qu'-
on y a envoyez, sur tout à
Manchester. Qautre ou cinq
des Membres de la Chambre
allerent à Richemont donner
avis au Duc d'Ormont de ce
qui s'étoit passé dans la Chambre
Basse ,y étant un peu incommodé.
Konisec arriva peu de jours
a près Cadogan, pour ce qui
regarde laBarriere.
L'on opina le 3. sur l'accusarion
du Comte de Strafort,
accusé de haute trahison ou
de haute malver sation, la délibération
tournaen sa faveur, ileût268. voix pour luy contre
100. La ChambreBassea
remis les autres accusations à
huitaine, prétendantporter
celles de ces quatre , environ
ce tems là
,
à la Chambre des
Seigneurs.
La populace n'étoit point
assemblée pendant les séances
dernieres par le bon ordre
qu'on y avoit donné.
L'on a remis l'accusation du
Comte d'Oxford
, & du Vicomte
de BullinbrocK au 19.
Le parry de la Cour est fort
embarrassé sur les malheurs
qu'une telle poursuite peut
entraîner, n'ayant pas les pieces
originales pour pouvoir
faire le procès à ces Seigneurs
avec quelqu'apparence de justice,
de maniere qu'on seflatte
que le Roy Georges cherchera
à suspendre la fureur des
Wighs pour sa seuretéparticuliere
, & pour prévenir les
revolutions funestes qui tourneroient
contre luy si l'onvenoit
à couper des têtes si cbcà
res à tout le Royaume.
Le Duc d'Ormont est allé
dans un Château d'un de ses
parens prés de Wintford
,
il
tient toujours ferme malgré le
conseil de quelqu'uns de ses
amis qui le pressent des'absenter,
ce qu'il refuse de faire, disant
qu'il se declareroit coupable
par là, & fc sentant d'ailleurs
asseuré d'un grand parti
& de son innocence.
L'on accusa Jacques d'Or.
mont à la Chambre Basse, les
débats des Partis furent vifs,
pendant onze heures, & durerent
depuis midy jusqu'à dix
heuresdu soir.PlusieursWighs
se déclarerent pour luy. Le General
Homlay en fit de grands
éloges, son discours roula sur
la valeur & les occasions où il
aétéblesse, & sur ses grandes
& magnifiques dépenses
,
&
bien d'autres firent son Panegytique,
sur tout le Chevalier
Portrait.
Le Chevalier Mer tourna
à l'avis contraire, le jugeant
criminel de haute trahison,
grandes altercations pour le
rabattre à haute malversation
ou non,la negative l'emporta
de 234. voix contre 187. &
l'on dressa les articles d'accusation
de haute trahison contre
Jacques d'Ormont.
Les Laquais burent hautement
pendant la séance à la
fanté du Ducd'Ormont & de
Georges, & non pas du Roy
Georges. On en prit quelquesuns.
Dans leComté de Lancastre
l'on y ruine routes les Eglises,
:& le peuple fait contribuer
par tout,& sur tout les Wighs
-que l'on saccage dés qu'ils ne
payent pas la contribution,
malgré quatre Regimens qu'-
on y a envoyez, sur tout à
Manchester. Qautre ou cinq
des Membres de la Chambre
allerent à Richemont donner
avis au Duc d'Ormont de ce
qui s'étoit passé dans la Chambre
Basse ,y étant un peu incommodé.
Konisec arriva peu de jours
a près Cadogan, pour ce qui
regarde laBarriere.
L'on opina le 3. sur l'accusarion
du Comte de Strafort,
accusé de haute trahison ou
de haute malver sation, la délibération
tournaen sa faveur, ileût268. voix pour luy contre
100. La ChambreBassea
remis les autres accusations à
huitaine, prétendantporter
celles de ces quatre , environ
ce tems là
,
à la Chambre des
Seigneurs.
La populace n'étoit point
assemblée pendant les séances
dernieres par le bon ordre
qu'on y avoit donné.
L'on a remis l'accusation du
Comte d'Oxford
, & du Vicomte
de BullinbrocK au 19.
Le parry de la Cour est fort
embarrassé sur les malheurs
qu'une telle poursuite peut
entraîner, n'ayant pas les pieces
originales pour pouvoir
faire le procès à ces Seigneurs
avec quelqu'apparence de justice,
de maniere qu'on seflatte
que le Roy Georges cherchera
à suspendre la fureur des
Wighs pour sa seuretéparticuliere
, & pour prévenir les
revolutions funestes qui tourneroient
contre luy si l'onvenoit
à couper des têtes si cbcà
res à tout le Royaume.
Le Duc d'Ormont est allé
dans un Château d'un de ses
parens prés de Wintford
,
il
tient toujours ferme malgré le
conseil de quelqu'uns de ses
amis qui le pressent des'absenter,
ce qu'il refuse de faire, disant
qu'il se declareroit coupable
par là, & fc sentant d'ailleurs
asseuré d'un grand parti
& de son innocence.
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1547
p. 167-176
A Malthe, ce 10. Juin.
Début :
Je vous dois compte, mon cher Monsieur, de tout ce qui [...]
Mots clefs :
Malte, Fortifications, Congrégation, Grand prieur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Malthe, ce 10. Juin.
A Maltb
, ce io. Juin.
Je vous dois compte, mon
cher Monsieur, de tout ce qui
se passe en ce païs cy. S. A. S.
Monseigneur le grand Prieur,
toujours attentif au bien de
l'Ordre de M-ilibeà la seureté
de l Isle,avoit envoyé des
Ingénieurs pour lever un plan
des Marines; cc Prince fut ensuite
visiter tous les endroits
qu'il falloit fortifierpourempêc
her qu'on ne fit des descentes
, & il drcflj un projet des
fortifications qu'il falloir faire,
& il communiqua le tout à la
Congrégation de guerre composéede
quatre Commissaires
quifont grands Croix, donc
deux furent d'un sentiment
conforme
conforme aux intentions de
S. A. qui étoit de faire travailler
incessamment aux fortifications
des Mannes, les deux
autres,quoiqu ils les jugeaffent
fort necessaires,renvoyerent
ce travail à l'année prochaine,
& insistoient à continuer
detravaillerauFortSainte
Marguerite.
Cette affaire fut portée le
lendemain au ConterdEfac
à la teste duquel se trouve le
le Grand Maître. Il est composé
, comme vous sçavez
de Monseigneur leGrand,
-
Prieur qui a la fécondé place,
comme Lieutenant de son
Eminence, de l'Evêque &
du Prieur de l'Egise ; & de
tous les grands Croix qui sont
assis par rang d'ancienneté ;
M Dalmeyda un des Commissaires
de la Congrégation
de guerre fit un rapport de ce
qui s'étoit passé le jour
auparavant à ladite Congregation
,
& il appuya fort son
sentiment qui étoit de continuer
àtravailleraufort Sainte
Marguerite. Le grand Maître
prit la parole avec beaucoup
de force& de dignité, il opina
en faveur des fortifications
de la Marine, il reprocha finement
à ces Meilleurs de la
Congregation que suivant l'esprit
de leur cabale
,
fait ils avoienc
dépenser bien de l'argent
mal-a-proposàl'Ordre,qu'ils
avoient suivi le projet d'un
Ingenieur ignorant, & qu'ils
s'opposoient toujours à ce qui
pouvoit estre avantageux au
public. Son Altesse parla enfuite
& entra dans des plus
grands détails. Ce Prince fit
,
voir que le fort Sainte Margueriteétoit
tres-inutile puisqu'il
ne couvroit pas entierementleBourg&
l'Isle ,&qu'il
étoit dominé par les haureurs
duCoradin & de~Bgny
,
qu'il
en coûteroit encore plus de
deux cens mille écus pour le
perfectionner
, au lieu que
pour quarante milleécus on
feroit fortifier toutes les Marines
; & que si le tresor n'avoit
pasdefonds,ils-obligeoit
d'en faire faire les avances ,
par des personnes qui ne demanderaient
le payement
qu'en trois années,faufintetêt.
Cette opinion fut applaudie
par tout le monde; & excira
le zele & la bonne volonté
de plusieurs
,
qui offrirent
genereusement de contribuée
aux frais qu'il falloit faire. Les
uns donnèrent mille écus>
les autres deux mille
,
son
Altesse quatre mille , si bien
que dans un moment de
tempsoneût des obligations
pour prés de la moitié de la
somme necessaire ,on a nommé
quatreCommissaires autres
que ceux de la Congrégation
,
pour recevoir les fonds, & faire
les payements ; ces Commissaires
rendront compte
en droiture à Son Altesse, &
&ce Prince à Son Eminence
3 onmettrala main à l'oeuvre,
pour le plus tard après la FeUc.
Dieu, de manière qu'on ne
craindra plus rien pour les
-
descentes; avec cette precautiononnefera
plus obligé,
à l'avenir,de faire des citations
générales
,
& les milices du
pays suffiront pour deffendre
tous les poRes) joint à cela
que le Roy de Sicile pour son
propre incerect, est toujours
disposé à leur donner du
secours.Quatreou cinq batail-
Ions suffiront avec les Milices,
pour mettre toute Tlfle en
seureté. Un Vaisseauarrivé
de Constantinople dans ce
Port depuis deux jours,arapporté
que l'Armée Navale
du Grand Seigneur, qui est de
30. Vaisseaux mal équipez &
mal armez,étoit à la Rade
devant cette grande Ville pr ête
à faire voile en Morée
que l'on a fait defiler les troupes
pour les transporter en ce
pays là. Les Galeres duPapc au
nombre de quatre arrivèrent
icy Vendredy dernier pour
prendre celles de la Religion,
& aller joindre l'Armée Navale
des Vénitiens. Voilà toutes
les nouve lles de Malthe les
plus essentielles; tous les Chevaliers
s'en retournent & ce
paysvaêtreunvraydefert.
, ce io. Juin.
Je vous dois compte, mon
cher Monsieur, de tout ce qui
se passe en ce païs cy. S. A. S.
Monseigneur le grand Prieur,
toujours attentif au bien de
l'Ordre de M-ilibeà la seureté
de l Isle,avoit envoyé des
Ingénieurs pour lever un plan
des Marines; cc Prince fut ensuite
visiter tous les endroits
qu'il falloit fortifierpourempêc
her qu'on ne fit des descentes
, & il drcflj un projet des
fortifications qu'il falloir faire,
& il communiqua le tout à la
Congrégation de guerre composéede
quatre Commissaires
quifont grands Croix, donc
deux furent d'un sentiment
conforme
conforme aux intentions de
S. A. qui étoit de faire travailler
incessamment aux fortifications
des Mannes, les deux
autres,quoiqu ils les jugeaffent
fort necessaires,renvoyerent
ce travail à l'année prochaine,
& insistoient à continuer
detravaillerauFortSainte
Marguerite.
Cette affaire fut portée le
lendemain au ConterdEfac
à la teste duquel se trouve le
le Grand Maître. Il est composé
, comme vous sçavez
de Monseigneur leGrand,
-
Prieur qui a la fécondé place,
comme Lieutenant de son
Eminence, de l'Evêque &
du Prieur de l'Egise ; & de
tous les grands Croix qui sont
assis par rang d'ancienneté ;
M Dalmeyda un des Commissaires
de la Congrégation
de guerre fit un rapport de ce
qui s'étoit passé le jour
auparavant à ladite Congregation
,
& il appuya fort son
sentiment qui étoit de continuer
àtravailleraufort Sainte
Marguerite. Le grand Maître
prit la parole avec beaucoup
de force& de dignité, il opina
en faveur des fortifications
de la Marine, il reprocha finement
à ces Meilleurs de la
Congregation que suivant l'esprit
de leur cabale
,
fait ils avoienc
dépenser bien de l'argent
mal-a-proposàl'Ordre,qu'ils
avoient suivi le projet d'un
Ingenieur ignorant, & qu'ils
s'opposoient toujours à ce qui
pouvoit estre avantageux au
public. Son Altesse parla enfuite
& entra dans des plus
grands détails. Ce Prince fit
,
voir que le fort Sainte Margueriteétoit
tres-inutile puisqu'il
ne couvroit pas entierementleBourg&
l'Isle ,&qu'il
étoit dominé par les haureurs
duCoradin & de~Bgny
,
qu'il
en coûteroit encore plus de
deux cens mille écus pour le
perfectionner
, au lieu que
pour quarante milleécus on
feroit fortifier toutes les Marines
; & que si le tresor n'avoit
pasdefonds,ils-obligeoit
d'en faire faire les avances ,
par des personnes qui ne demanderaient
le payement
qu'en trois années,faufintetêt.
Cette opinion fut applaudie
par tout le monde; & excira
le zele & la bonne volonté
de plusieurs
,
qui offrirent
genereusement de contribuée
aux frais qu'il falloit faire. Les
uns donnèrent mille écus>
les autres deux mille
,
son
Altesse quatre mille , si bien
que dans un moment de
tempsoneût des obligations
pour prés de la moitié de la
somme necessaire ,on a nommé
quatreCommissaires autres
que ceux de la Congrégation
,
pour recevoir les fonds, & faire
les payements ; ces Commissaires
rendront compte
en droiture à Son Altesse, &
&ce Prince à Son Eminence
3 onmettrala main à l'oeuvre,
pour le plus tard après la FeUc.
Dieu, de manière qu'on ne
craindra plus rien pour les
-
descentes; avec cette precautiononnefera
plus obligé,
à l'avenir,de faire des citations
générales
,
& les milices du
pays suffiront pour deffendre
tous les poRes) joint à cela
que le Roy de Sicile pour son
propre incerect, est toujours
disposé à leur donner du
secours.Quatreou cinq batail-
Ions suffiront avec les Milices,
pour mettre toute Tlfle en
seureté. Un Vaisseauarrivé
de Constantinople dans ce
Port depuis deux jours,arapporté
que l'Armée Navale
du Grand Seigneur, qui est de
30. Vaisseaux mal équipez &
mal armez,étoit à la Rade
devant cette grande Ville pr ête
à faire voile en Morée
que l'on a fait defiler les troupes
pour les transporter en ce
pays là. Les Galeres duPapc au
nombre de quatre arrivèrent
icy Vendredy dernier pour
prendre celles de la Religion,
& aller joindre l'Armée Navale
des Vénitiens. Voilà toutes
les nouve lles de Malthe les
plus essentielles; tous les Chevaliers
s'en retournent & ce
paysvaêtreunvraydefert.
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1548
p. 176-181
De Blois. [titre d'après la table]
Début :
Le 26. du mois de Juin la Reine Doüairiere de Pologne [...]
Mots clefs :
Dame, Sa Majesté, Reine de Pologne, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Blois. [titre d'après la table]
Le 26. du mois de Juin la
Reine Doüairiere de Pologne
residenteau Château deBlois,
déclara sa première Dame
d'Honneur Madame laComtesse
d'Arquian
,
femme de
Messire Paul
-
François de la
Grange, Comte d'Arquian,
Capitaine des Vasseaux du
Roy
,
Gouverneur de l'ïsle de
Sainte Croix & Commandant
au Cap François
,
côte de S.
Domingueenl'Amerique, petit
neveu de la Reine,&le seul
qui reste aujourd'huy de son
nom.
Le 7. de ce mois quatrième
Dimanche d'aprés la Pentecôte
,
la Dame Garnier fameuse
Calviniste,dont on arapporté
l'abjuration publique au 26.
de May
,
dans le Mercure de
Juin dernier, fit sa première
Communion dans 1tEgi1Ce de
S. Martin de Blois avec l'' edl6-
cation de tous les assistans.
Ellel'avoit differée à ce jour,
pour s'y mieux préparer par
de nouvelles instructions &
par la visite des per sonnes
pour qui elle avoit temoigne
plus d'opposition, lor(qu'elle
éroit dans l'heresie.
Sa Majesté Polonoife
,
dont
la pieté s'étend à toutes les
bonnes oeuvres, eût part à cetle
ci
, comme à l'abjuration.
Aussile sieurLabbé Prieur
de faine Mjrtin de Blois, qui a
souvent l'honneur dans son
Eglise de donner à cette Princelle
la Benediction du Très-
Saint Sacrement, crût ne la
pouvoir mieux haranguer,
lor fqu'elle yentrala première
fois, au sujet de la Dame Garnier
,
qu'en loüant sa pieté
Royale,en cestermes: ,;ti-.
MADAME,
LaParoisse de saint Martin
estsensibleà, l'honneurqu'elle
refoit en ce jour. Vôtre Majesté
entrant dans nôtre Eglise
, nous
rappellons avec plaisir ces tems
heureux, où nos Rois & les
Princes de leurSangRoyalyvenoient
rendre à Dieu leurs hommages
, offrirleursprieres au
grand Saint
, que nous avons,
pour Patron, que ce Pays reméré
comme un desesApôtres,
Vostre pieté,Madame, encore
plus éclatantequevostre Difldé.
me ,nous charme
, nous édifie ;
mais je l'ose dire
,
elle ne nous
surprendpoint. Connuëadmirée
par tout le monde Chrétien,
la réputation en étoit venuejusqu'à
nous, longtems avant que
nous eussions le bonheurde vous
pojpdcr dans cette Ville, Nous
sçavions déja ce que la renommée
a publié tant defois,que les victoires
&les conquêtes de l'invincible
Monarque Sobieski n'ont
pas été moins les excellens fruits
de vos prieres & de vos aumofnes,
que les effets merveilleux de
sasagesse c- de savaleur.
Aujourd'huy
,
Madame,que
nous voyons Vostre Majesté imiter
le bon Pasteur, enramenant au
bercailla Brebis égarée, nousfin..
tons croître en nous les justes sentimens
de nostre reconnoissance cde
nostre admiration. Heureux!
si nous pouvions aJf reconnoître
ce que nous ne fautions trop admirer.
Cette Harangue fut prononcée
avec beaucoup de dignité
& d'onction. Elle a reçû
de grands applaudissemens de
plusieurs personnes de bon
goût & d'esprit dans cette
Ville.
Reine Doüairiere de Pologne
residenteau Château deBlois,
déclara sa première Dame
d'Honneur Madame laComtesse
d'Arquian
,
femme de
Messire Paul
-
François de la
Grange, Comte d'Arquian,
Capitaine des Vasseaux du
Roy
,
Gouverneur de l'ïsle de
Sainte Croix & Commandant
au Cap François
,
côte de S.
Domingueenl'Amerique, petit
neveu de la Reine,&le seul
qui reste aujourd'huy de son
nom.
Le 7. de ce mois quatrième
Dimanche d'aprés la Pentecôte
,
la Dame Garnier fameuse
Calviniste,dont on arapporté
l'abjuration publique au 26.
de May
,
dans le Mercure de
Juin dernier, fit sa première
Communion dans 1tEgi1Ce de
S. Martin de Blois avec l'' edl6-
cation de tous les assistans.
Ellel'avoit differée à ce jour,
pour s'y mieux préparer par
de nouvelles instructions &
par la visite des per sonnes
pour qui elle avoit temoigne
plus d'opposition, lor(qu'elle
éroit dans l'heresie.
Sa Majesté Polonoife
,
dont
la pieté s'étend à toutes les
bonnes oeuvres, eût part à cetle
ci
, comme à l'abjuration.
Aussile sieurLabbé Prieur
de faine Mjrtin de Blois, qui a
souvent l'honneur dans son
Eglise de donner à cette Princelle
la Benediction du Très-
Saint Sacrement, crût ne la
pouvoir mieux haranguer,
lor fqu'elle yentrala première
fois, au sujet de la Dame Garnier
,
qu'en loüant sa pieté
Royale,en cestermes: ,;ti-.
MADAME,
LaParoisse de saint Martin
estsensibleà, l'honneurqu'elle
refoit en ce jour. Vôtre Majesté
entrant dans nôtre Eglise
, nous
rappellons avec plaisir ces tems
heureux, où nos Rois & les
Princes de leurSangRoyalyvenoient
rendre à Dieu leurs hommages
, offrirleursprieres au
grand Saint
, que nous avons,
pour Patron, que ce Pays reméré
comme un desesApôtres,
Vostre pieté,Madame, encore
plus éclatantequevostre Difldé.
me ,nous charme
, nous édifie ;
mais je l'ose dire
,
elle ne nous
surprendpoint. Connuëadmirée
par tout le monde Chrétien,
la réputation en étoit venuejusqu'à
nous, longtems avant que
nous eussions le bonheurde vous
pojpdcr dans cette Ville, Nous
sçavions déja ce que la renommée
a publié tant defois,que les victoires
&les conquêtes de l'invincible
Monarque Sobieski n'ont
pas été moins les excellens fruits
de vos prieres & de vos aumofnes,
que les effets merveilleux de
sasagesse c- de savaleur.
Aujourd'huy
,
Madame,que
nous voyons Vostre Majesté imiter
le bon Pasteur, enramenant au
bercailla Brebis égarée, nousfin..
tons croître en nous les justes sentimens
de nostre reconnoissance cde
nostre admiration. Heureux!
si nous pouvions aJf reconnoître
ce que nous ne fautions trop admirer.
Cette Harangue fut prononcée
avec beaucoup de dignité
& d'onction. Elle a reçû
de grands applaudissemens de
plusieurs personnes de bon
goût & d'esprit dans cette
Ville.
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1549
p. 260-263
Dons du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Avançons, Mademoiselle, ne laissons point ici languir la narration, la [...]
Mots clefs :
Abbé, Gouvernement, Évêque, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy. [titre d'après la table]
Avançons,Mademoiselle,
ne iailTons point ici languir la
narration lamatière estbelle.
Il s'agit de parler un moment
des bontez du Roy; quandil
vivroic encore milleans&
plus, on n'auroit jamaisrien
de meilleurà dire. Sa Majesté
toûjours attentive au choix
des sujets qu'clle honore de
ses graces, a donné les deux
Charges d'Aumônier que poC:
sedoient M. l'Abbé de Sourches
àpresent Evêque de Dol,
& M.l'AbbédeBrancasàpresent
Evêque de Lizieux
,
l'une
à M. l'Abbé de Froulay, Chanoine
& Comte de Lyon,&
l'autre àM.l'Abbé de Rochebonne,
aussiChanoine&Com
te de Lyon; & à M. le Marquis
d'Arpajon,Chevalierde
l'Ordre dela Toison d'or & de
Saint Lu$> & Maréchal de
Camp, son agrément pour le
Gouvernement de la Province
du Berry qu'il a acheté cent
milécusdeM.leDucdeNoailles.
Sa Majesté a ajoûré à cette
grâce un brevet de retenue de
deux cens mil livres Elle a ac
compagne ce present de rous
les agréments imaginables
pour M. le Mirquis dArpajon
, &lui a fait sentirqu'elle
se souvenoit avec ~phifir de Ces:
derniers services en France,&;
de ceux qu'il aenle bonheur
de rendre en Espagne à Sa Majette
Catholique, qui l'a pour
cette consideration honoré de
l'Ordre de laToison d'or.
Le Gouvernement de Berry
ne vaut à present que vingt mil
livres de revenu, autrefois il
en valoir trente- six ; mais il c11
un des plus considerables du
Royaume,&il a toujours été
possedé par desPrinces duSang,
& des plus grands Seigneurs.
ne iailTons point ici languir la
narration lamatière estbelle.
Il s'agit de parler un moment
des bontez du Roy; quandil
vivroic encore milleans&
plus, on n'auroit jamaisrien
de meilleurà dire. Sa Majesté
toûjours attentive au choix
des sujets qu'clle honore de
ses graces, a donné les deux
Charges d'Aumônier que poC:
sedoient M. l'Abbé de Sourches
àpresent Evêque de Dol,
& M.l'AbbédeBrancasàpresent
Evêque de Lizieux
,
l'une
à M. l'Abbé de Froulay, Chanoine
& Comte de Lyon,&
l'autre àM.l'Abbé de Rochebonne,
aussiChanoine&Com
te de Lyon; & à M. le Marquis
d'Arpajon,Chevalierde
l'Ordre dela Toison d'or & de
Saint Lu$> & Maréchal de
Camp, son agrément pour le
Gouvernement de la Province
du Berry qu'il a acheté cent
milécusdeM.leDucdeNoailles.
Sa Majesté a ajoûré à cette
grâce un brevet de retenue de
deux cens mil livres Elle a ac
compagne ce present de rous
les agréments imaginables
pour M. le Mirquis dArpajon
, &lui a fait sentirqu'elle
se souvenoit avec ~phifir de Ces:
derniers services en France,&;
de ceux qu'il aenle bonheur
de rendre en Espagne à Sa Majette
Catholique, qui l'a pour
cette consideration honoré de
l'Ordre de laToison d'or.
Le Gouvernement de Berry
ne vaut à present que vingt mil
livres de revenu, autrefois il
en valoir trente- six ; mais il c11
un des plus considerables du
Royaume,&il a toujours été
possedé par desPrinces duSang,
& des plus grands Seigneurs.
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1550
p. 13-35
Relation historique du Siege, [titre d'après la table]
Début :
Commençons, si vous voulez, par les affaires du monde, ce [...]
Mots clefs :
Siège, Capitulation, Troupes, Armée, Débarquement, Hommes, Majorque, Général, Officiers, Roi d'Espagne, Marquis, Levant, Marquis de Rubi
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texteReconnaissance textuelle : Relation historique du Siege, [titre d'après la table]
Commençons , fi vousvoulez
, par les affaires du monde
, ce fera tant & plus de
gagné ſur le nombre des pages
que j'ay à vous écrire.
Je ne fis lemois paffé qu'un
extraitdes Nouvelles de Maillorque
parce que n'ayant pas
encore receu la Capitulation
dePalma , que j'attendois ,je
n'en pouvois faire qu'un Article
informe; & j'ay mieux aimé
differer juſqu'à preſent àvous
en parler d'une maniere plus
étenduë , pour vous en donner
unabregé Hiſtorique & complet.
14 MERCURE
Le ſuccés du débarquement
des Troupes des deux
Couronnes à l'Ile de Maillorque
,dans la côte du Levant
entre Puerto Petro , & Puerto
Colonb dans un petit Havre
'qu'on appelle Calla Longa ,
P
en fit bientoſt efperer la conquêre.
Quelque oppoſition qu'on
cût mis a l'execution de ce projetpar
la fufpenfion , que les
negotiations avoient donné
lieu de faire , & qui naturellement
par la furcharge des dépenfes
immenfes, le devoient
faire manquer dans ſon tout.
:
GALANT. 15
L'Intendant Patino qui a cydevant
fi bien maintenû l'Armée
devant Barcelone , pendantquatorze
mois , dans toute
l'abondance , ne s'eſt point
rebuté,&connoiffant l'importance
d'un ſi grand projet,&
pour fon maître l'avantagedu
fuccés&de l'execution ; il ena
foutenutous les contre temps
&les dépenfes ; & en un mot
mis l'Armée en état d'appareil
ler de Barcelone le onziéme
Juin au nombre de 2801
Voiles : la Flotte fit une navi
gation allez heureuſe, quoy
que d'un vent un peu forcé
16 MERCURE
&arriva le troiſième jour. Le
15. nous cûmes connoiffance
de la Dragonera , vis à vis
Dindrache , à la Côte du Ponant&
proche de Puerto Ponſé
, où l'Armée moüilla & pris
ancrage ; Puerto Ponſé forme
une eſpece de Baye en croifſant
, où la plage bordée de
ſable preſente un débarquement
affez favorable ; mais
comme iln'eſt qu'àdeux lieuës.
de Palma , il eſt couvert de retranchemens
& de batteries ;
le douze fur le rapport qui
fût fait àM. le Chevalier d'As
feld de l'état de ſa Cavalerie
qui
GALANT 17
qui manquoit d'cau , & que
toutes les cengles & apparcils
fabriquez dans les Tattannes
pour touſtenir les chevaux
étoient rompus & brifez , il
mit ſa confiance fur la valeur
des Troupes, &prit la refolution
de faire là ſon debarque
ment; les Chaloupes étoient
déja affemblées & armées
lorſque le Marquis de Gabaret
, ſous les ordres du GeneralRios
, reprefenta vivement
que l'Armée étoit perduë , le
projet détruit,& tous les avantages
qu'on en attendoit , ff
on perfeveroit dans le deſſein
Aoust 1715 .
B
18 MERCURE
de tenter là la defcente ; au
contraire , qu'il étoit certain
qu'à la Coſte deCampos dans
la partie du Levant , le débarquement
ſe feroit par furprife
, & fans perdre un homme
s'il étoit bien conduit , étant
impoſſible aux Ennemis de
border la Colte de leurs Malices
, ni de ſuivre les mouvemonts
rapides des Vaiſſeaux.
Le zele de ce General pour le
ſervice eſt ſi connu , la capacité
& ſon experience fi approuvées
particulierement àla
Mer , où il a fervi 25. ans ſous
les meilleurs Maîtres dans la
GALANT 19
Marine de France, &veu toutes
les occafions , que leChevalier
d'Asfeld ſe laiſſa aller à
ſes remontrances ; la Flotte fit
voile à l'heure même , on mit
la pointe au Levant , & le
lendemain matin l'Amiral
Rios prit fi bien ſon tems ,
que fur les quatre heures le
General d'Asteld détacha le
Comte de Lecheren , Maréchal
de Camp , avec 25.hommes
pour fonder le Pays, iln'y
trouva perfonne dont il donna
auſſicôt avis : M. de Rios fit
le ſignal du débarquement ,
auquel ſe porterent avec rapi-
Bij
20 MERCURE
dité les Marquis de Cany , de
Gabaret&Mary, qui dans une
heure & demie , à la prefence
du General Don Pedro deRios
qui avoit auſſi debarqué , mirent
trois mille hommes àterre
par l'ordre du General de la
Mer ,& par ſes foins la Cavalerie
ſe débarqua la même
nuit des trois coſtez des Calles
où l'on pût entrer avec tous
les Baſtimens. M le Marquis
deCany executa ( comme on
l'a dit le mois paffe ) ce commandement
avec toute la valeur
& la prudence imaginables.
Le 16. on dépêcha le
GALANT. 25
Marquis de Mary pour informer
S. M. C du ſuccés du
debarquement ; cet honneur
appartenoit à M.de Gabaret
par droit d'ancienneté ; mais
Les indiſpoſitions ne luy permettant
pas d'entreprendre
cette courſe , ils'eſt ſervyd'un
congé duRoy d Elpagne pour
aller rétablır ſa ſanté à Alicante
M. le Chevalier d'Asfeld ,
aprés avoir fait débarquer une
partie de ſes Troupes au nombre
de cinq mille hommes
d'Infanterie,&quatre censchevaux,
la tempête qui avoit dif
麻
22 MERCURE
perfé le reste de la Flotte
l'ayant empêché d'en mettre
d'avantage a Ferre , ſe mit
en marche dés le lendemain
à la pointe du jour ; & alla
droit à un Village dans lequel
eflorent fix mille Payfans
aff mblez , & foutenus
par deux cens chevaux du
Marquis de Ruby ; il fit dire à
fes Payfans de le retirer dans
leurs maisons , & de ne pas
attendre l'arrivée de ſesTroupes,
illeur fit entendre qu'on
les avoit trompez juſqu'à
preſent&qu'ils devoient enfin
reconnoiſtre le Roy PhiGALANT.
23
S
لا
lippes V pour leur veritable
Maître qui leur pardonnoit
tout ; mais que s'ils ne profitoient
pas de la clemence &de
l'amniſtie que S. M. C. leurs
accordoit , il n'y auroit point
de quartier pour eux. Ces
repreſentations curent tout
l'efft imaginable , & firent
prendre à cette Milice le parti
de ſe retirer. L'Armée marcha
enfuite fans aucun obitacle
juſqu'à des bois dans lef
quels l'avant garde défit une
nouvelle Troupe de Payſans
qui avoient tiré ſurelle ;& on
amena cent prifonniers àM.
i
24 MERCURE
le Chevalier d'Asfeld qui les
renvoya chacun chez eux ,
aprés leurs avoir bien repre
ſentéletort qu'ils avoient d'avoir
pris les armes contre leur
Roy. Son indulgence donna
lieuau Village de Falonich de
venir ſe loumettre àlay: L'Armée
y campa le 17. & les c
xemples que Male Chevalier
d'Asfeld y donna , en faiſant
caffer la tête à deux foldats qui
avoient contrevenu au ban en
allant en maraude, raffeurerent
tellement ce pays , que les
Habitans offrirent de prendre
les armes pour luy ; ce qu'il
n'accepta
T
GALANT. 25
n'accepta point ; il leur ordonna
ſeulement de demeurer
tranquilles chez eux , & ilenvoyade
Falonich dans tous les
BBoouurrggss, Villes ,& Villages de
l'Ifle des bans imprimez qui
produifirent un ſi bon effet ,
joint à la difcipline avec laquelle
il fit vivre ſes troupes ,
que dés le lendemain les peuples
vinrent de tous coſtez
ſe mettre à l'obéifſſance. La
bonté avec laquelle il les re
çût acheva entierement de les
gagner , & pour profiter de
Cetheureux commencement ,
il envoya dans Alcudia des
Aoust 1715. C
26 MERCURE
gens affidez qui répandirent le
bruit des bons traitemens
qu'ils avoient receus de luy.
L'Armée ne pouvant pas s'y
rendre àcauſe que la marche
étoit trop grande , il s'avança
avec un detachement de dix
Compagnies de Grenadiers ;
&deux centchevaux , & arriva
le 19. à 8. heures du matin
devant cette Place , où il fut
receu à grands coups de canons
; cependant ſur les avis
qu'il eût que les habitans de
ladite Ville , eſtoient portez
à ſe rendre , il fit ſommer la
Garniſonqui fit quelque diffi
GALANT. 27
culté ; mais voyant que les
habitans ne vouloient point
foutenir un Siege ,& ne trouvoient
pas en elle affez de reffource
, elle ſe rendit lemême
jour à diſcretion , elle étoit
compoſée de quatre cens
hommes d'Infanterie. On a
trouvé dans la place 52. pieces
de canon. Cette Ville a
marqué ſa joye par beaucoup
d'acclamations à l'entrée
des troupes ; une grande
partie de l'Ifle fut auffi-toft
prêter l'obéiſſance , & fc
foumettre à la clemence du
Roy , en vertu de l'amniſtic
Cij
28 MERCURE
que M. le Chevalier d'Asfeld
yavoit fait publier.
Trois jours aprés le départ
de M. de Mary , M. le Chevalier
d'Asfeld dépêcha M. de
Saint Pê , pour aller rendre
compte à la Cour de la priſe
d'Alcudia,qui avoit bien voulu
épargner aux troupes du Roi la
peine d'en faire le Siege;ce fut
unbonheur infini ; car la place
eſtoit des meilleures& auroit ,
fur le temoignage des Officiers
occupé l'Armée pendant plus
de fix ſemaines ; elle a depuis
ſervi de Port fort commode
pour débarquer toutes les pro--
(
GALANT. 29
vifions & les troupes dont la
Flotte étoit compoſée , qui
avoient eſté diſperſées par
deuxgrands orages qui étoient
furvenus avant la deſcente ; &
on avoit eſté fix jours fans
avoir pû apprendre ce qu'étoient
devenus ceux qui n'avoient
pas été du premier dé.
barquement ; enfin le 22. &le
23. le reſte des Vaiſſeaux de la
Flotte arriva dans la Baye d'Alcudia
dont ils virent la réduction
avec beaucoup de joye ;
car ils avoientde leur coſté la
mêmeinquiétude, ne ſçachant
pas ce qu'étoient devenus les
Ciij
30 MERCURE
Navires que le mauvais
temps avoit écarté ; enfin
aprés la priſe d'Alcudia , il ne
reſtoit plus que la Ville de Palmaà
foumettre ; & M. le Marquis
de Ruby qui en étoit le
Commandant , & qui avoit à
ſes ordres deux mille,Volon
taires , ſept à huit cent hommes
de troupes Allemandes ,
& environ quatre cent chevaux
, fit toutes les ceremonies
d'un homme qui veut fe
deffendre ; on travailla auflitôt
aux arrangemens neceſſaires
pour en faire l'attaque ,s'il
en étoit beſoin .
GALANT. 31
Dés que les Ennemis virent
les Troupes de M. d'Asfeld à
une lieuë & demie de Palma ,
travailler à des Poſtes & les
fortifier àmeſure qu'elles arrivoient,
ils parurent avoir grande
peur , &Milord Forbus en
fortit avec un Colonel Allemand
pour aller parlementer
avec M. le Chevalier d'Asfeld,
dont l'Armée étoit compoféc
de 100. pieces deCanon.
12. Mortiers.
:
sooo . Bombes .
44.Bataillons.
3. Regiments deCavalerie.
3. Regimens de Dragons
démontez. Cij
32 MERCURE
Pour cinq mois de munitions
& tous les Officiers
payez.
M. le Chevalier d'Asfeld
avoit ſous luy M. le Marquis
de Caylus , Lieutenant General
, homme d'une grande valeur
& d'un vrai merite , M. le
Comte de Lecheren , M. le
Marquis de Guerchois , & M.
Ribadeo , Eſpagnol, tous trois
Maréchaux de Camp.
Le Marquis de Ruby voyant
cette Arméedevant Palma,envoya
auſſitoſt un Trompette
à M. le Chevalier d'Asfeld
pour luy témoigner l'étonne
GALANT. 33
ment où il étoit de ſe voir faire
laguerre , veu qu'on étoit
ennegotiation dePaix LeChevalier
d'Asfeld luy envoya dire
qu'il venoit luy en apprendre
la rupture , & qu'il falloit ſe
foumettre dans vingt- quatre
heures. Le Marquis de Ruby
luy fit répondre fur le champ
qu'il ne demandoit qu'uneSufpenſiond'Armesde
fix ſemaines
, pour avoir réponſe des
deuxCourriers qu'il alloit dépêcher
, l'un à Vienne à l'Empereur,&
l'autre au RoyGeorges
enAngleterre , pour enre
cevoir les ordres . Le Cheva-
-
34 MERCURE
lier d'Asfeld luy répondit qu'il
feroit ce qu'il voudroit ; mais
qu'il falloit abſolument qu'il
ſe rendit dans vingt- quatre
heures. 59
Sur ces preffantes réponſes
JeClergé , la Noblefle , & les
Magistrats obligerent le Marquis
de Ruby à prendre ſon
parti ,& luy dirent qu'il pour.
roit ſe retirer où bon luy fembleroit
; mais que pour eux ils
étoient refolus de ſe ſoumertre
au Roy leur Maître , enforte
que la choſe fut reglée
ainſi. Dans l'inſtant les Depu
tez l'étant venu témoigner au
GALANT . 35
Chevalier d'Asfeld , il confentit
que lo Marquis de Ruby ſe
retirât en Sardaigne ,& luy fit
donner des Bâtiments pour
embarquer ſes Troupes qui
avoient des Patentes de l'Empereur
, & quelques Officiers
Anglois qu'on cût retenu Prifonniers
de guerre fans leurs
Patentes. Le Chevalier d'Asfeld
entra enfuite dans la Place
aux acclamations du peuple
qui crioit , Vive Philippes V.
&vive la Reine.
, par les affaires du monde
, ce fera tant & plus de
gagné ſur le nombre des pages
que j'ay à vous écrire.
Je ne fis lemois paffé qu'un
extraitdes Nouvelles de Maillorque
parce que n'ayant pas
encore receu la Capitulation
dePalma , que j'attendois ,je
n'en pouvois faire qu'un Article
informe; & j'ay mieux aimé
differer juſqu'à preſent àvous
en parler d'une maniere plus
étenduë , pour vous en donner
unabregé Hiſtorique & complet.
14 MERCURE
Le ſuccés du débarquement
des Troupes des deux
Couronnes à l'Ile de Maillorque
,dans la côte du Levant
entre Puerto Petro , & Puerto
Colonb dans un petit Havre
'qu'on appelle Calla Longa ,
P
en fit bientoſt efperer la conquêre.
Quelque oppoſition qu'on
cût mis a l'execution de ce projetpar
la fufpenfion , que les
negotiations avoient donné
lieu de faire , & qui naturellement
par la furcharge des dépenfes
immenfes, le devoient
faire manquer dans ſon tout.
:
GALANT. 15
L'Intendant Patino qui a cydevant
fi bien maintenû l'Armée
devant Barcelone , pendantquatorze
mois , dans toute
l'abondance , ne s'eſt point
rebuté,&connoiffant l'importance
d'un ſi grand projet,&
pour fon maître l'avantagedu
fuccés&de l'execution ; il ena
foutenutous les contre temps
&les dépenfes ; & en un mot
mis l'Armée en état d'appareil
ler de Barcelone le onziéme
Juin au nombre de 2801
Voiles : la Flotte fit une navi
gation allez heureuſe, quoy
que d'un vent un peu forcé
16 MERCURE
&arriva le troiſième jour. Le
15. nous cûmes connoiffance
de la Dragonera , vis à vis
Dindrache , à la Côte du Ponant&
proche de Puerto Ponſé
, où l'Armée moüilla & pris
ancrage ; Puerto Ponſé forme
une eſpece de Baye en croifſant
, où la plage bordée de
ſable preſente un débarquement
affez favorable ; mais
comme iln'eſt qu'àdeux lieuës.
de Palma , il eſt couvert de retranchemens
& de batteries ;
le douze fur le rapport qui
fût fait àM. le Chevalier d'As
feld de l'état de ſa Cavalerie
qui
GALANT 17
qui manquoit d'cau , & que
toutes les cengles & apparcils
fabriquez dans les Tattannes
pour touſtenir les chevaux
étoient rompus & brifez , il
mit ſa confiance fur la valeur
des Troupes, &prit la refolution
de faire là ſon debarque
ment; les Chaloupes étoient
déja affemblées & armées
lorſque le Marquis de Gabaret
, ſous les ordres du GeneralRios
, reprefenta vivement
que l'Armée étoit perduë , le
projet détruit,& tous les avantages
qu'on en attendoit , ff
on perfeveroit dans le deſſein
Aoust 1715 .
B
18 MERCURE
de tenter là la defcente ; au
contraire , qu'il étoit certain
qu'à la Coſte deCampos dans
la partie du Levant , le débarquement
ſe feroit par furprife
, & fans perdre un homme
s'il étoit bien conduit , étant
impoſſible aux Ennemis de
border la Colte de leurs Malices
, ni de ſuivre les mouvemonts
rapides des Vaiſſeaux.
Le zele de ce General pour le
ſervice eſt ſi connu , la capacité
& ſon experience fi approuvées
particulierement àla
Mer , où il a fervi 25. ans ſous
les meilleurs Maîtres dans la
GALANT 19
Marine de France, &veu toutes
les occafions , que leChevalier
d'Asfeld ſe laiſſa aller à
ſes remontrances ; la Flotte fit
voile à l'heure même , on mit
la pointe au Levant , & le
lendemain matin l'Amiral
Rios prit fi bien ſon tems ,
que fur les quatre heures le
General d'Asteld détacha le
Comte de Lecheren , Maréchal
de Camp , avec 25.hommes
pour fonder le Pays, iln'y
trouva perfonne dont il donna
auſſicôt avis : M. de Rios fit
le ſignal du débarquement ,
auquel ſe porterent avec rapi-
Bij
20 MERCURE
dité les Marquis de Cany , de
Gabaret&Mary, qui dans une
heure & demie , à la prefence
du General Don Pedro deRios
qui avoit auſſi debarqué , mirent
trois mille hommes àterre
par l'ordre du General de la
Mer ,& par ſes foins la Cavalerie
ſe débarqua la même
nuit des trois coſtez des Calles
où l'on pût entrer avec tous
les Baſtimens. M le Marquis
deCany executa ( comme on
l'a dit le mois paffe ) ce commandement
avec toute la valeur
& la prudence imaginables.
Le 16. on dépêcha le
GALANT. 25
Marquis de Mary pour informer
S. M. C du ſuccés du
debarquement ; cet honneur
appartenoit à M.de Gabaret
par droit d'ancienneté ; mais
Les indiſpoſitions ne luy permettant
pas d'entreprendre
cette courſe , ils'eſt ſervyd'un
congé duRoy d Elpagne pour
aller rétablır ſa ſanté à Alicante
M. le Chevalier d'Asfeld ,
aprés avoir fait débarquer une
partie de ſes Troupes au nombre
de cinq mille hommes
d'Infanterie,&quatre censchevaux,
la tempête qui avoit dif
麻
22 MERCURE
perfé le reste de la Flotte
l'ayant empêché d'en mettre
d'avantage a Ferre , ſe mit
en marche dés le lendemain
à la pointe du jour ; & alla
droit à un Village dans lequel
eflorent fix mille Payfans
aff mblez , & foutenus
par deux cens chevaux du
Marquis de Ruby ; il fit dire à
fes Payfans de le retirer dans
leurs maisons , & de ne pas
attendre l'arrivée de ſesTroupes,
illeur fit entendre qu'on
les avoit trompez juſqu'à
preſent&qu'ils devoient enfin
reconnoiſtre le Roy PhiGALANT.
23
S
لا
lippes V pour leur veritable
Maître qui leur pardonnoit
tout ; mais que s'ils ne profitoient
pas de la clemence &de
l'amniſtie que S. M. C. leurs
accordoit , il n'y auroit point
de quartier pour eux. Ces
repreſentations curent tout
l'efft imaginable , & firent
prendre à cette Milice le parti
de ſe retirer. L'Armée marcha
enfuite fans aucun obitacle
juſqu'à des bois dans lef
quels l'avant garde défit une
nouvelle Troupe de Payſans
qui avoient tiré ſurelle ;& on
amena cent prifonniers àM.
i
24 MERCURE
le Chevalier d'Asfeld qui les
renvoya chacun chez eux ,
aprés leurs avoir bien repre
ſentéletort qu'ils avoient d'avoir
pris les armes contre leur
Roy. Son indulgence donna
lieuau Village de Falonich de
venir ſe loumettre àlay: L'Armée
y campa le 17. & les c
xemples que Male Chevalier
d'Asfeld y donna , en faiſant
caffer la tête à deux foldats qui
avoient contrevenu au ban en
allant en maraude, raffeurerent
tellement ce pays , que les
Habitans offrirent de prendre
les armes pour luy ; ce qu'il
n'accepta
T
GALANT. 25
n'accepta point ; il leur ordonna
ſeulement de demeurer
tranquilles chez eux , & ilenvoyade
Falonich dans tous les
BBoouurrggss, Villes ,& Villages de
l'Ifle des bans imprimez qui
produifirent un ſi bon effet ,
joint à la difcipline avec laquelle
il fit vivre ſes troupes ,
que dés le lendemain les peuples
vinrent de tous coſtez
ſe mettre à l'obéifſſance. La
bonté avec laquelle il les re
çût acheva entierement de les
gagner , & pour profiter de
Cetheureux commencement ,
il envoya dans Alcudia des
Aoust 1715. C
26 MERCURE
gens affidez qui répandirent le
bruit des bons traitemens
qu'ils avoient receus de luy.
L'Armée ne pouvant pas s'y
rendre àcauſe que la marche
étoit trop grande , il s'avança
avec un detachement de dix
Compagnies de Grenadiers ;
&deux centchevaux , & arriva
le 19. à 8. heures du matin
devant cette Place , où il fut
receu à grands coups de canons
; cependant ſur les avis
qu'il eût que les habitans de
ladite Ville , eſtoient portez
à ſe rendre , il fit ſommer la
Garniſonqui fit quelque diffi
GALANT. 27
culté ; mais voyant que les
habitans ne vouloient point
foutenir un Siege ,& ne trouvoient
pas en elle affez de reffource
, elle ſe rendit lemême
jour à diſcretion , elle étoit
compoſée de quatre cens
hommes d'Infanterie. On a
trouvé dans la place 52. pieces
de canon. Cette Ville a
marqué ſa joye par beaucoup
d'acclamations à l'entrée
des troupes ; une grande
partie de l'Ifle fut auffi-toft
prêter l'obéiſſance , & fc
foumettre à la clemence du
Roy , en vertu de l'amniſtic
Cij
28 MERCURE
que M. le Chevalier d'Asfeld
yavoit fait publier.
Trois jours aprés le départ
de M. de Mary , M. le Chevalier
d'Asfeld dépêcha M. de
Saint Pê , pour aller rendre
compte à la Cour de la priſe
d'Alcudia,qui avoit bien voulu
épargner aux troupes du Roi la
peine d'en faire le Siege;ce fut
unbonheur infini ; car la place
eſtoit des meilleures& auroit ,
fur le temoignage des Officiers
occupé l'Armée pendant plus
de fix ſemaines ; elle a depuis
ſervi de Port fort commode
pour débarquer toutes les pro--
(
GALANT. 29
vifions & les troupes dont la
Flotte étoit compoſée , qui
avoient eſté diſperſées par
deuxgrands orages qui étoient
furvenus avant la deſcente ; &
on avoit eſté fix jours fans
avoir pû apprendre ce qu'étoient
devenus ceux qui n'avoient
pas été du premier dé.
barquement ; enfin le 22. &le
23. le reſte des Vaiſſeaux de la
Flotte arriva dans la Baye d'Alcudia
dont ils virent la réduction
avec beaucoup de joye ;
car ils avoientde leur coſté la
mêmeinquiétude, ne ſçachant
pas ce qu'étoient devenus les
Ciij
30 MERCURE
Navires que le mauvais
temps avoit écarté ; enfin
aprés la priſe d'Alcudia , il ne
reſtoit plus que la Ville de Palmaà
foumettre ; & M. le Marquis
de Ruby qui en étoit le
Commandant , & qui avoit à
ſes ordres deux mille,Volon
taires , ſept à huit cent hommes
de troupes Allemandes ,
& environ quatre cent chevaux
, fit toutes les ceremonies
d'un homme qui veut fe
deffendre ; on travailla auflitôt
aux arrangemens neceſſaires
pour en faire l'attaque ,s'il
en étoit beſoin .
GALANT. 31
Dés que les Ennemis virent
les Troupes de M. d'Asfeld à
une lieuë & demie de Palma ,
travailler à des Poſtes & les
fortifier àmeſure qu'elles arrivoient,
ils parurent avoir grande
peur , &Milord Forbus en
fortit avec un Colonel Allemand
pour aller parlementer
avec M. le Chevalier d'Asfeld,
dont l'Armée étoit compoféc
de 100. pieces deCanon.
12. Mortiers.
:
sooo . Bombes .
44.Bataillons.
3. Regiments deCavalerie.
3. Regimens de Dragons
démontez. Cij
32 MERCURE
Pour cinq mois de munitions
& tous les Officiers
payez.
M. le Chevalier d'Asfeld
avoit ſous luy M. le Marquis
de Caylus , Lieutenant General
, homme d'une grande valeur
& d'un vrai merite , M. le
Comte de Lecheren , M. le
Marquis de Guerchois , & M.
Ribadeo , Eſpagnol, tous trois
Maréchaux de Camp.
Le Marquis de Ruby voyant
cette Arméedevant Palma,envoya
auſſitoſt un Trompette
à M. le Chevalier d'Asfeld
pour luy témoigner l'étonne
GALANT. 33
ment où il étoit de ſe voir faire
laguerre , veu qu'on étoit
ennegotiation dePaix LeChevalier
d'Asfeld luy envoya dire
qu'il venoit luy en apprendre
la rupture , & qu'il falloit ſe
foumettre dans vingt- quatre
heures. Le Marquis de Ruby
luy fit répondre fur le champ
qu'il ne demandoit qu'uneSufpenſiond'Armesde
fix ſemaines
, pour avoir réponſe des
deuxCourriers qu'il alloit dépêcher
, l'un à Vienne à l'Empereur,&
l'autre au RoyGeorges
enAngleterre , pour enre
cevoir les ordres . Le Cheva-
-
34 MERCURE
lier d'Asfeld luy répondit qu'il
feroit ce qu'il voudroit ; mais
qu'il falloit abſolument qu'il
ſe rendit dans vingt- quatre
heures. 59
Sur ces preffantes réponſes
JeClergé , la Noblefle , & les
Magistrats obligerent le Marquis
de Ruby à prendre ſon
parti ,& luy dirent qu'il pour.
roit ſe retirer où bon luy fembleroit
; mais que pour eux ils
étoient refolus de ſe ſoumertre
au Roy leur Maître , enforte
que la choſe fut reglée
ainſi. Dans l'inſtant les Depu
tez l'étant venu témoigner au
GALANT . 35
Chevalier d'Asfeld , il confentit
que lo Marquis de Ruby ſe
retirât en Sardaigne ,& luy fit
donner des Bâtiments pour
embarquer ſes Troupes qui
avoient des Patentes de l'Empereur
, & quelques Officiers
Anglois qu'on cût retenu Prifonniers
de guerre fans leurs
Patentes. Le Chevalier d'Asfeld
entra enfuite dans la Place
aux acclamations du peuple
qui crioit , Vive Philippes V.
&vive la Reine.
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