Résultats : 908 texte(s)
Détail
Liste
501
p. 2506-2507
BOUQUET.
Début :
Vite un Bouquet pour la jeune Julie ; [...]
Mots clefs :
Bouquet, Amour, Julie, Vers
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texteReconnaissance textuelle : BOUQUET.
BOUQUET.
V Ite un Bouquet pour la jeune Julie ;
Allons , Amour , c'est sa Fête demain ?
Bon
NOVEMBRE. 1733. 2507.
Bon , J'aime assez ces Eillets , ce Jasmin ;
Mais en Bouquets , chacun a sa folie :
La mienne , Amour , .est celle des Rimeurs ;
Toujours des Vers accompagnent mes fleurs
Vingt seulement ? j'ose te les prescrire.
Eh ! quel objet peut les mériter mieux ?
Dans son esprit , que toi- seul peus décrire ,
Regne le feu qui brille dans ses yeux ;
Ce sont des Tours neufs , vifs , ingénieux ;
C'est le talent d'a nuser sans médire ;
?
Bref , c'est .... mais quoi ! tu me laisses tout
dire !
Refuses-tu de remplir mon espoir?
J'entens , Amour , sur le coeur de la belle ,
Ton air , tes traits ont été sans pouvoir ,
Et ton orgueil est irrité contr'elle.
Dieu trop jaloux ! eh ! bien suis ton projet;
Au lieu de Vers ( l'offre sera nouvelle )
Julie aura ton dépit pour Bouquet.
ENVOY.
De la fierté qu'en vous l'on voit paroître ,
Si Cupidon quelque jour est vainqueur ,
Belle D ... ne le faites connoître ,
Qu'en me prenant pour son vangeur.
V Ite un Bouquet pour la jeune Julie ;
Allons , Amour , c'est sa Fête demain ?
Bon
NOVEMBRE. 1733. 2507.
Bon , J'aime assez ces Eillets , ce Jasmin ;
Mais en Bouquets , chacun a sa folie :
La mienne , Amour , .est celle des Rimeurs ;
Toujours des Vers accompagnent mes fleurs
Vingt seulement ? j'ose te les prescrire.
Eh ! quel objet peut les mériter mieux ?
Dans son esprit , que toi- seul peus décrire ,
Regne le feu qui brille dans ses yeux ;
Ce sont des Tours neufs , vifs , ingénieux ;
C'est le talent d'a nuser sans médire ;
?
Bref , c'est .... mais quoi ! tu me laisses tout
dire !
Refuses-tu de remplir mon espoir?
J'entens , Amour , sur le coeur de la belle ,
Ton air , tes traits ont été sans pouvoir ,
Et ton orgueil est irrité contr'elle.
Dieu trop jaloux ! eh ! bien suis ton projet;
Au lieu de Vers ( l'offre sera nouvelle )
Julie aura ton dépit pour Bouquet.
ENVOY.
De la fierté qu'en vous l'on voit paroître ,
Si Cupidon quelque jour est vainqueur ,
Belle D ... ne le faites connoître ,
Qu'en me prenant pour son vangeur.
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Résumé : BOUQUET.
Le poème 'BOUQUET', daté de novembre 1733, est dédié à une jeune femme nommée Julie à l'occasion de sa fête. L'auteur souhaite lui offrir un bouquet, mais préfère accompagner les fleurs de vers. Il apprécie les œillets et le jasmin, mais valorise davantage ses écrits. Julie est décrite comme ayant un esprit brillant et ingénieux, capable de s'amuser sans médire. Cependant, l'auteur exprime son irritation face à l'indifférence de Julie envers l'amour. Il suggère alors de lui offrir le dépit de l'amour comme bouquet. Dans l'envoi, l'auteur met en garde contre la fierté de Julie et propose de se venger si Cupidon, le dieu de l'amour, venait à triompher un jour.
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502
p. 2507-2508
Sur un Portrait sous la figure de DIANE.
Début :
En voyant le Portrait de celle qui m'est chere, [...]
Mots clefs :
Portrait, Diane, Vénus
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texteReconnaissance textuelle : Sur un Portrait sous la figure de DIANE.
Sur un Portrait sous la figure de DIANE.
En voyant le Portrait de celle qui m'est chere,
6
H vj Venus
2508 MERCURE DE FRANCE
Venus dit : C'est le mien , le Peintre a réussi ;-
Mais Diane , croyant s'y reconnoître aussi ,
Leur débat , sur ce point , devint querelle amere
Amour les écoutoit , riant d'un . ris malin ;
Déesses , leur dit- il , vous disputés envain ;
Ce Tableau represente une simple mortelle ;
Ainsi donc sur ce point , cessez de quereller ;
Ce qui fait votre erreur , c'est qu'elle est sage et
belle.
Eh ! quelle autre par-là , peut mieux vous res
sembler ?
En voyant le Portrait de celle qui m'est chere,
6
H vj Venus
2508 MERCURE DE FRANCE
Venus dit : C'est le mien , le Peintre a réussi ;-
Mais Diane , croyant s'y reconnoître aussi ,
Leur débat , sur ce point , devint querelle amere
Amour les écoutoit , riant d'un . ris malin ;
Déesses , leur dit- il , vous disputés envain ;
Ce Tableau represente une simple mortelle ;
Ainsi donc sur ce point , cessez de quereller ;
Ce qui fait votre erreur , c'est qu'elle est sage et
belle.
Eh ! quelle autre par-là , peut mieux vous res
sembler ?
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Résumé : Sur un Portrait sous la figure de DIANE.
Le poème 'Sur un Portrait sous la figure de Diane' relate une dispute entre Vénus et Diane au sujet d'un portrait. Chacune pense y être représentée. Amour intervient pour expliquer que le tableau montre une mortelle sage et belle, rendant les déesses semblables à cette femme. Il les incite à cesser leur querelle.
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503
p. 2508-2509
ARMÉE D'ITALIE.
Début :
Les Troupes du Roy qui s'étoient mises en marche depuis le 12 Octobre, pour passer [...]
Mots clefs :
Roi de Sardaigne, Troupes, Armée, Prince, Château, Marquis de Coigny
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texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ITALIE.
ARMEE D'ITALIE.
L
Es Troupes du Roy qui s'étoient mises en
marche depuis le 12 Octobre , pour passer
les Alpes par Briançon , par la Vallée de Barce-
Jonnette et par la Savoye , s'étant assemblées .
sous Verceil et sous Mortare , elles joignirent les
Troupes du Roy de Sardaigne. Ce Prince partit
de Turin le 29 du mois dernier pour aller se
mettre à la tête de l'Armée . Il arriva le même:
jour à Vigevano , où les Troupes du Roy et les
siennes s'étoient renduës .
Ce Prince après avoir détaché deux Corps de
Troupes pour aller former le Blocus de Tortonne
et celui de Novarre , se disposoit à marcher
avec l'Armée pour investir Pavie , lorsque les
Députez de cette Ville vinrent lui en apporter les
Clefs et celles du Château. Le Marquis d'Aix que
le Roy de Sardaigne a choisi pour commander
dans cette Place , a trouvé que les trois Bataillons
des Troupes de l'Empereur qui en sont sorzis
, y ont laissé 35 Piéces de Canon et 300 milliers.
NOVEMBRE. 1733 2.509.
liers de Poudre,avec beaucoup d'autres munitions.
de guerre.
Le Roy de Sardaigne s'étant avancé vers Pavie
,y a reçu le 4 de ce mois la députation du
Sénat et de la Ville de Milan, et il a commandé
le Marquis de Coigny , Lieutenant General des .
Armées du Roy , avec 9000 hommes pour s'assurer
de cette Place , et pour former le Blocus du
Château.
L'Armée devoit séjourner à Pavie les de ce
mois , et le Roy de Sardaigne comptoit s'avancer
le lendemain sur l'Adda , pour aller à Pizzi
ghitonne.
Le Maréchal Duc de Villars arriva à Turin ,,
le 6 de ce mois ; le lendemain il eut l'honneur de
rendre ses respects à la Reine de Sardaigne , et au
Duc de Savoye , et il partit le 9 , pour se rendre à
l'Armée , qu'il comptoit joindre le 11 , à Pizzighitone..
Suivant les dernieres nouvelles reçuës, de KArmée
, le Roy de Sardaigne devoit partir de Pa
vie le 7, pour marcher à Pizzighitone . Ce Prince
avoit envoyé ordre au Marquis de Coigny
Lieutenant General , de laisser à Milan une partie
des Troupes qu'il avoit pour former le Blo ..
cus du Château , et d'aller le 6 avec s Bataillons
ets Escadrons occuper Lodi , où le Duc d'Harcourt
, Marêchal de Camp , à la tête de 12 Es
cadrons , avoit eu ordre de se rendre.
L
Es Troupes du Roy qui s'étoient mises en
marche depuis le 12 Octobre , pour passer
les Alpes par Briançon , par la Vallée de Barce-
Jonnette et par la Savoye , s'étant assemblées .
sous Verceil et sous Mortare , elles joignirent les
Troupes du Roy de Sardaigne. Ce Prince partit
de Turin le 29 du mois dernier pour aller se
mettre à la tête de l'Armée . Il arriva le même:
jour à Vigevano , où les Troupes du Roy et les
siennes s'étoient renduës .
Ce Prince après avoir détaché deux Corps de
Troupes pour aller former le Blocus de Tortonne
et celui de Novarre , se disposoit à marcher
avec l'Armée pour investir Pavie , lorsque les
Députez de cette Ville vinrent lui en apporter les
Clefs et celles du Château. Le Marquis d'Aix que
le Roy de Sardaigne a choisi pour commander
dans cette Place , a trouvé que les trois Bataillons
des Troupes de l'Empereur qui en sont sorzis
, y ont laissé 35 Piéces de Canon et 300 milliers.
NOVEMBRE. 1733 2.509.
liers de Poudre,avec beaucoup d'autres munitions.
de guerre.
Le Roy de Sardaigne s'étant avancé vers Pavie
,y a reçu le 4 de ce mois la députation du
Sénat et de la Ville de Milan, et il a commandé
le Marquis de Coigny , Lieutenant General des .
Armées du Roy , avec 9000 hommes pour s'assurer
de cette Place , et pour former le Blocus du
Château.
L'Armée devoit séjourner à Pavie les de ce
mois , et le Roy de Sardaigne comptoit s'avancer
le lendemain sur l'Adda , pour aller à Pizzi
ghitonne.
Le Maréchal Duc de Villars arriva à Turin ,,
le 6 de ce mois ; le lendemain il eut l'honneur de
rendre ses respects à la Reine de Sardaigne , et au
Duc de Savoye , et il partit le 9 , pour se rendre à
l'Armée , qu'il comptoit joindre le 11 , à Pizzighitone..
Suivant les dernieres nouvelles reçuës, de KArmée
, le Roy de Sardaigne devoit partir de Pa
vie le 7, pour marcher à Pizzighitone . Ce Prince
avoit envoyé ordre au Marquis de Coigny
Lieutenant General , de laisser à Milan une partie
des Troupes qu'il avoit pour former le Blo ..
cus du Château , et d'aller le 6 avec s Bataillons
ets Escadrons occuper Lodi , où le Duc d'Harcourt
, Marêchal de Camp , à la tête de 12 Es
cadrons , avoit eu ordre de se rendre.
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Résumé : ARMÉE D'ITALIE.
En octobre 1733, les troupes françaises traversèrent les Alpes et se rassemblèrent à Vercelli et Mortara, rejoignant les forces du roi de Sardaigne à Vigevano le 29 octobre. Elles bloquèrent Tortonne et Novarre avant de marcher sur Pavie, qui se rendit sans combat. Le marquis d'Aix fut nommé commandant de Pavie, où il trouva des munitions laissées par les troupes impériales. Le 4 novembre, le roi de Sardaigne reçut la députation de Milan à Pavie et ordonna au marquis de Coigny de sécuriser Milan avec 9 000 hommes. L'armée prévoyait d'avancer sur l'Adda le 6 novembre vers Pizzighettone. Le maréchal duc de Villars arriva à Turin le 6 novembre, rencontra la reine de Sardaigne et le duc de Savoie, puis rejoignit l'armée à Pizzighettone le 9 novembre. Le roi de Sardaigne quitta Pavie le 7 novembre pour Pizzighettone, laissant des troupes à Milan et Lodi.
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504
p. 2509-2511
REMERCIMENT de M. de Senecé, pour une Visite reçûë de M. l'Evêque de Mâcon.
Début :
Debout, debout, grosse Dormeuse, [...]
Mots clefs :
Grosse dormeuse, Muse, Debout, Jean-Antoine du Cerceau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMERCIMENT de M. de Senecé, pour une Visite reçûë de M. l'Evêque de Mâcon.
REMERCIMENT de M. de Senecé,
pour une Visite reçue de M. l'Evêque
de Mâcon.
Debout , debout , grosse Dormeuse ;
Debout , vous qui devriez briller ,
1510 MERCURE DE FRANCE
Et choisir pour vous habiller , ·
La mode la plus fastueuse ,
Vous ronflez sur votre oreiller ,
Comme une vieille raffoleuse !
Debout , debout ; grosse dormeuse.
C'est à vous queje parle; entendez - vous ma voix
Vous , Muse , en qui j'ai confiance ,
Qui m'avez si souvent prêté votre assistance ,
Pour chanter les Héros et celebrer les Rois ?
C'est sur un grand Prélat que se fixe mon
choix.
Est-il plus beau sujet pour vous mettre en dépense
?
Mais mon instance a peu d'effet ;
L'Ingrare à ses faveurs mettant ici le terme,
Ouvre ses yeux , puis les refeime ,
Et retombe sur son chevet,
C'est un meuble fort inutile ,
Qu'une Muse en caducité ;
Sa foiblesse la rend paresseuse , indocile
Et de son indolence elle fait vanité.
Essayons toutes - fois si nous pourrons sans elle ,
Donner quelque coup de pinceau ,
Qui soit témoin de notre zele ,
Et digne d'un ami du fécond Du Cerceau.
Quand je vous vis entrer , Prélat incomparable ,
Dans le sombre réduit de mon Appartement ,
Je crus voir du Soleil un rayon favorable ,
Dorc
7
43 NOVEMBRE
. 1733. ifit
Dorer tous les recoins de l'obscur Logement.
Qui ne seroit charmé de voir la politesse ,
La douceur , l'éloquence et l'aimable entretien ,
Qui sans se dégrader , s'ajuste à la foiblesse ,
Et pour l'encourager në lui reproche rien ?
Qui ne sentiroit pas la puissante énergie
Si propre à réunir les coeurs evenimez ,
Qui fait
par sa seciette et divine magie
Embrasser l'Appellant avec les Intimez ?
La fierre Garnison * qui marche sans Trom
: pettes ,
Dès que vous paroissez a mis les armes bas ;
Et nos pauvres Etats déchargez de leurs dettes
Ont repris du courage au seul nom de Valras .
De plus rares talens, dont j'ai peine à me taire ,
J'oserois bien peut - être entamer le discours ,
Mais que puis - je tenter , Rimeur nonagenaire ,
Sans avoir ni Phébus , ni Muse à mon secours?
pour une Visite reçue de M. l'Evêque
de Mâcon.
Debout , debout , grosse Dormeuse ;
Debout , vous qui devriez briller ,
1510 MERCURE DE FRANCE
Et choisir pour vous habiller , ·
La mode la plus fastueuse ,
Vous ronflez sur votre oreiller ,
Comme une vieille raffoleuse !
Debout , debout ; grosse dormeuse.
C'est à vous queje parle; entendez - vous ma voix
Vous , Muse , en qui j'ai confiance ,
Qui m'avez si souvent prêté votre assistance ,
Pour chanter les Héros et celebrer les Rois ?
C'est sur un grand Prélat que se fixe mon
choix.
Est-il plus beau sujet pour vous mettre en dépense
?
Mais mon instance a peu d'effet ;
L'Ingrare à ses faveurs mettant ici le terme,
Ouvre ses yeux , puis les refeime ,
Et retombe sur son chevet,
C'est un meuble fort inutile ,
Qu'une Muse en caducité ;
Sa foiblesse la rend paresseuse , indocile
Et de son indolence elle fait vanité.
Essayons toutes - fois si nous pourrons sans elle ,
Donner quelque coup de pinceau ,
Qui soit témoin de notre zele ,
Et digne d'un ami du fécond Du Cerceau.
Quand je vous vis entrer , Prélat incomparable ,
Dans le sombre réduit de mon Appartement ,
Je crus voir du Soleil un rayon favorable ,
Dorc
7
43 NOVEMBRE
. 1733. ifit
Dorer tous les recoins de l'obscur Logement.
Qui ne seroit charmé de voir la politesse ,
La douceur , l'éloquence et l'aimable entretien ,
Qui sans se dégrader , s'ajuste à la foiblesse ,
Et pour l'encourager në lui reproche rien ?
Qui ne sentiroit pas la puissante énergie
Si propre à réunir les coeurs evenimez ,
Qui fait
par sa seciette et divine magie
Embrasser l'Appellant avec les Intimez ?
La fierre Garnison * qui marche sans Trom
: pettes ,
Dès que vous paroissez a mis les armes bas ;
Et nos pauvres Etats déchargez de leurs dettes
Ont repris du courage au seul nom de Valras .
De plus rares talens, dont j'ai peine à me taire ,
J'oserois bien peut - être entamer le discours ,
Mais que puis - je tenter , Rimeur nonagenaire ,
Sans avoir ni Phébus , ni Muse à mon secours?
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Résumé : REMERCIMENT de M. de Senecé, pour une Visite reçûë de M. l'Evêque de Mâcon.
M. de Senecé exprime sa gratitude pour la visite de l'Évêque de Mâcon. Il s'adresse à sa Muse, qu'il décrit comme paresseuse et indocile, ce qui l'empêche de célébrer pleinement les mérites de l'Évêque. Malgré cette difficulté, il loue la politesse, la douceur, l'éloquence et l'aimable entretien de l'Évêque. Il souligne également l'impact positif de ce dernier sur les États, qui ont retrouvé courage grâce à lui. L'auteur reconnaît les talents rares de l'Évêque mais se sent incapable de les décrire pleinement sans l'aide de sa Muse et de Phébus.
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505
p. 2511-2513
ADDITION AUX NOUVELLES.
Début :
On a appris de Pologne, par les Lettres du 12. de ce mois, que les Palatinats de Prusse, [...]
Mots clefs :
Comte, Maréchal de camp, Brigadier d'infanterie, Lieutenant général
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ADDITION AUX NOUVELLES.
ADDITION AUX NOUVELLES.
Na appris de Pologne , par les Lettres du
12. de ce mois , que les Palatinats de Prusse,
de Martembourg et de Russie , ont executé les
ordres portez par les Universaux . La Noblesse
des autres Palatinats se prépare à suivre cet
exemple , et l'on compte qu'elle sera incessam-
* La Province souffroit depuis long-temps une
Garnison pour restes de Tailles.
ment
3512 MERCURE DE FRANCE
ment assemblée dans la Plaine de Radom , on
elle doit attendre les ordres du Roy.
Le Comte Pocci a reçû un renfort considé
rable de Troupes , qui lui a amené M. Rudzinski
, Castellan de Czersko , et il se dispose à aller
joindre l'Armée de la Couronne , qui marche
vers le Palatinat de Sandomir , pour empêcher
les Ennemis de s'approcher de Cracovie. On assure
qu'aussi - tôt après la jonction des Troupes.
de la Couronne et de celles de Lithuanie , le.
Comte Potocki , cherchera l'occasion d'attaquer.
les Ennemis .
Quelques Troupes de Saxe , commandées par
le Duc de Saxe Weseinfels , sont entrées le 2 de
ce mois en Posnanie ; les Partisans des Opposans
publient qu'elles seront bien-tôt suivies de 15000.
hommes, à la tête desquels est le Comte de Vakerbart,
Ft - Maréchal , mais il ne paroît pas que
cette nouvelle cause beaucoup d'inquiétude à la
Cour de Dantzick.
Deux Couriers que le General Lesci envoyoit
à Petersbourg , ont été arrêtez par des Détachemens
des Troupes du Comte de Pocci , et l'on a
appris par les Dépêches dont ils étoient chargez,,
que ce n'est que par des menaces et ensuite par
des promesses avantageuses, que le General Mos--
covite avoit déterminé les Opposans à la prétenduë
Election de l'Electeur de Saxe , qu'il les
avoit forcez d'inserer dans le Pacta- Conventa ,
qu'ils ont dressé toutes les clauses qu'exigeoien t .
les Ministres de Saxe , et que ces prétendus Pacta-
Conventa , avoient été signez le premier de.
ce mois par le Comte de Vakerbart - Salmour ,.
au nom de l'Electeur son Maître. Les mêmes
Dépêches portent que les Ministres de Saxe désiroient
que tous lesOpposans confirmassent leur
ConNOVEMBRE.
1733. 241.3
Confédération par serment , mais que les derniers
avoient rejetté cette proposition ,
On apprend de Strasbourg , que l'Armée du
Roy s'étant séparée le 13. de ce mois , le Maréchal
Duc de Berwick arriva le même jour en
eette Ville , d'où il alla au Fort-Louis et à Huningue
, pour y voir en quel état étoient les travaux
qu'il y avoit ordonnez ; il alla ensuite à
Landau , er le 23 il se rendit à Béfort et de là il
partit pour la Cour , où il arriva le 29 de ce mois .
Les Officiers Généraux et les autres nommez
par le Roi , pour servir en Alsace et sur les Frontieres,
sont , à Strasbourg , le Marquis de Dreux,
Lieutenant général , le Marquis de Balincourt ,
Maréchal de Camp , le Comte de Baviere et M.
Buckeley , Brigadiers d'Infanterie.
Dans la haute Alsace , M. de la Billarderie ,
Marechal de Camp , et M. d'Herouville Brigadier
d'Infanterie .
Dans la basse Alsace M. de Quadr, Lieutenant
général , et M. de Gensac, Brigadier d'infanterie.
Dans les trois Evêchez , le Comte de Belisle
Lieutenant général , M. de Tarneau , Marechal
de Camp , et M. de Lenck, Brigadier d'Infanterie.
A Nancy , M. de Lutreau , Brigadier d'Infanterie.
Sur la Frontiere de Champagne , le Marquis
de Polastron , Brigadier d'Infanterie.
Dans le Comté de Bourgogne , le Chevalier de
Givry , Marechal de Camp , et le Marquis de
Châtelux , Brigadier de Cavalerie.
Le Traité de Neutralité; entre le Roi et les Etats
généraux , a été signé à la Haye le 24. Novembre,
par le Marquis de Fenelon, Ambassadeur de
S. M. en Hollande , et par les Députés des Etats.
Na appris de Pologne , par les Lettres du
12. de ce mois , que les Palatinats de Prusse,
de Martembourg et de Russie , ont executé les
ordres portez par les Universaux . La Noblesse
des autres Palatinats se prépare à suivre cet
exemple , et l'on compte qu'elle sera incessam-
* La Province souffroit depuis long-temps une
Garnison pour restes de Tailles.
ment
3512 MERCURE DE FRANCE
ment assemblée dans la Plaine de Radom , on
elle doit attendre les ordres du Roy.
Le Comte Pocci a reçû un renfort considé
rable de Troupes , qui lui a amené M. Rudzinski
, Castellan de Czersko , et il se dispose à aller
joindre l'Armée de la Couronne , qui marche
vers le Palatinat de Sandomir , pour empêcher
les Ennemis de s'approcher de Cracovie. On assure
qu'aussi - tôt après la jonction des Troupes.
de la Couronne et de celles de Lithuanie , le.
Comte Potocki , cherchera l'occasion d'attaquer.
les Ennemis .
Quelques Troupes de Saxe , commandées par
le Duc de Saxe Weseinfels , sont entrées le 2 de
ce mois en Posnanie ; les Partisans des Opposans
publient qu'elles seront bien-tôt suivies de 15000.
hommes, à la tête desquels est le Comte de Vakerbart,
Ft - Maréchal , mais il ne paroît pas que
cette nouvelle cause beaucoup d'inquiétude à la
Cour de Dantzick.
Deux Couriers que le General Lesci envoyoit
à Petersbourg , ont été arrêtez par des Détachemens
des Troupes du Comte de Pocci , et l'on a
appris par les Dépêches dont ils étoient chargez,,
que ce n'est que par des menaces et ensuite par
des promesses avantageuses, que le General Mos--
covite avoit déterminé les Opposans à la prétenduë
Election de l'Electeur de Saxe , qu'il les
avoit forcez d'inserer dans le Pacta- Conventa ,
qu'ils ont dressé toutes les clauses qu'exigeoien t .
les Ministres de Saxe , et que ces prétendus Pacta-
Conventa , avoient été signez le premier de.
ce mois par le Comte de Vakerbart - Salmour ,.
au nom de l'Electeur son Maître. Les mêmes
Dépêches portent que les Ministres de Saxe désiroient
que tous lesOpposans confirmassent leur
ConNOVEMBRE.
1733. 241.3
Confédération par serment , mais que les derniers
avoient rejetté cette proposition ,
On apprend de Strasbourg , que l'Armée du
Roy s'étant séparée le 13. de ce mois , le Maréchal
Duc de Berwick arriva le même jour en
eette Ville , d'où il alla au Fort-Louis et à Huningue
, pour y voir en quel état étoient les travaux
qu'il y avoit ordonnez ; il alla ensuite à
Landau , er le 23 il se rendit à Béfort et de là il
partit pour la Cour , où il arriva le 29 de ce mois .
Les Officiers Généraux et les autres nommez
par le Roi , pour servir en Alsace et sur les Frontieres,
sont , à Strasbourg , le Marquis de Dreux,
Lieutenant général , le Marquis de Balincourt ,
Maréchal de Camp , le Comte de Baviere et M.
Buckeley , Brigadiers d'Infanterie.
Dans la haute Alsace , M. de la Billarderie ,
Marechal de Camp , et M. d'Herouville Brigadier
d'Infanterie .
Dans la basse Alsace M. de Quadr, Lieutenant
général , et M. de Gensac, Brigadier d'infanterie.
Dans les trois Evêchez , le Comte de Belisle
Lieutenant général , M. de Tarneau , Marechal
de Camp , et M. de Lenck, Brigadier d'Infanterie.
A Nancy , M. de Lutreau , Brigadier d'Infanterie.
Sur la Frontiere de Champagne , le Marquis
de Polastron , Brigadier d'Infanterie.
Dans le Comté de Bourgogne , le Chevalier de
Givry , Marechal de Camp , et le Marquis de
Châtelux , Brigadier de Cavalerie.
Le Traité de Neutralité; entre le Roi et les Etats
généraux , a été signé à la Haye le 24. Novembre,
par le Marquis de Fenelon, Ambassadeur de
S. M. en Hollande , et par les Députés des Etats.
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Résumé : ADDITION AUX NOUVELLES.
En novembre 1733, des événements politiques et militaires significatifs se déroulent en Pologne et en Europe. En Pologne, les palatinats de Prusse, de Martembourg et de Russie exécutent les ordres des Universaux, et la noblesse des autres palatinats se prépare à suivre cet exemple. Le Comte Pocci, accompagné de M. Rudzinski et renforcé par des troupes, se dirige vers l'armée de la Couronne pour protéger Cracovie contre les ennemis. Des troupes saxonnes, commandées par le Duc de Saxe-Weissenfels, entrent en Posnanie, mais cette nouvelle n'inquiète pas la Cour de Dantzick. Deux courriers du Général Lesci, envoyés à Petersbourg, sont arrêtés par les troupes du Comte de Pocci. Les dépêches révèlent que le Général Moscovite a forcé les opposants à accepter l'élection de l'Électeur de Saxe par des menaces et des promesses. Les Pacta Conventa ont été signés le 1er novembre par le Comte de Vakerbart-Salmour au nom de l'Électeur, mais les opposants ont rejeté la proposition de confirmer leur Confédération par serment. En France, l'armée du Roi se sépare le 13 novembre. Le Maréchal Duc de Berwick inspecte les travaux à Fort-Louis, Huningue, Landau et Belfort avant de se rendre à la Cour. Divers officiers généraux sont nommés pour servir en Alsace et sur les frontières. Le Traité de Neutralité entre le Roi et les États généraux est signé à La Haye le 24 novembre par le Marquis de Fénelon et les Députés des États.
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506
p. 2514
RONDEAU A Monseigneur le Cardinal de Fleury. Par M. de S. Aulaire, sur ce que S. E. lui avoit écrit que sa pension cesseroit lorsqu'il auroit six-vingt ans.
Début :
A six-vingt ans, vouloir que je limite, [...]
Mots clefs :
Six-vingts ans, Monseigneur, Duchesse du Maine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RONDEAU A Monseigneur le Cardinal de Fleury. Par M. de S. Aulaire, sur ce que S. E. lui avoit écrit que sa pension cesseroit lorsqu'il auroit six-vingt ans.
RONDEAU
A Monseigneur le Cardinal de Fleury,
Par M. de S. Aulaire , sur ce que S.E.
lui avoit écrit que sa pension cessero
lorsqu'il auroit six- vingt ans .
A Sixvingt
ans , vouloir que je limite,
De mon Hyver la course décrépite ,
C'est ignorer que par enchantement ,
A notre Cour ( 1 ) les jours coulent si vîte
Que les plus longs ne sont que des momens.
Quand vous aurez chassé le Moscovite ,
Et rabaissé l'orgueil des Allemans ,
On voudra voir quelle sera la suite
A six- vingt ans.
►
Les Patoureaux enchantez et dormans ,
Sous les Berceaux que no re Fée habite , (2)
Attendront-là ces grands Evénemens ,
Et le comptant de leurs appointemens ;
Car , Monseigneur , vous n'en serez pas quitte
A six -vingt ans.
( I ) Sceaux.
(a ) La Duchesse du Maine.
A Monseigneur le Cardinal de Fleury,
Par M. de S. Aulaire , sur ce que S.E.
lui avoit écrit que sa pension cessero
lorsqu'il auroit six- vingt ans .
A Sixvingt
ans , vouloir que je limite,
De mon Hyver la course décrépite ,
C'est ignorer que par enchantement ,
A notre Cour ( 1 ) les jours coulent si vîte
Que les plus longs ne sont que des momens.
Quand vous aurez chassé le Moscovite ,
Et rabaissé l'orgueil des Allemans ,
On voudra voir quelle sera la suite
A six- vingt ans.
►
Les Patoureaux enchantez et dormans ,
Sous les Berceaux que no re Fée habite , (2)
Attendront-là ces grands Evénemens ,
Et le comptant de leurs appointemens ;
Car , Monseigneur , vous n'en serez pas quitte
A six -vingt ans.
( I ) Sceaux.
(a ) La Duchesse du Maine.
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Résumé : RONDEAU A Monseigneur le Cardinal de Fleury. Par M. de S. Aulaire, sur ce que S. E. lui avoit écrit que sa pension cesseroit lorsqu'il auroit six-vingt ans.
Le poème 'RONDEAU' de M. de S. Aulaire répond au Cardinal de Fleury sur la cessation de sa pension à soixante ans. L'auteur conteste cette décision, affirmant que des événements importants peuvent encore survenir à cet âge, comme des exploits militaires. Il mentionne la Duchesse du Maine et signe à Sceaux.
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507
p. 2693
TURQUIE.
Début :
On a appris de Constantinople que le Grand Visir avoit déclaré par ordre du Grand [...]
Mots clefs :
Grand vizir, Effendi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TURQUIE.
TUR QUI E.
Na appris de Constantinople que le Grand
Visit voit déclaré par ordre du Grand
Seigneur , au Résident de Moscovie à la Porte
que S H. regardoit comme une infraction aux
Traitez faits entre les Turcs et les Moscovites
l'entrée de ces derniers sur les Terres de la République
de Pologne.
>
On ajoute que le Mufti- Damas- Zadé- Effendi
avoit été déposé, et qu'Isaac Effendi, fils du Prédécesseur
de Damas - Zadé , avoit été nommé
pour lui succeder.
Selon des Lettres de cette même Ville , le Ministre
de l'Empereur à la Cour Othomane, a demandé
audience au G. S. pour lui faire part de
la prétendue Election faite par les Opposans de
Fologne en faveur de l'Electeur de Saxe.
Na appris de Constantinople que le Grand
Visit voit déclaré par ordre du Grand
Seigneur , au Résident de Moscovie à la Porte
que S H. regardoit comme une infraction aux
Traitez faits entre les Turcs et les Moscovites
l'entrée de ces derniers sur les Terres de la République
de Pologne.
>
On ajoute que le Mufti- Damas- Zadé- Effendi
avoit été déposé, et qu'Isaac Effendi, fils du Prédécesseur
de Damas - Zadé , avoit été nommé
pour lui succeder.
Selon des Lettres de cette même Ville , le Ministre
de l'Empereur à la Cour Othomane, a demandé
audience au G. S. pour lui faire part de
la prétendue Election faite par les Opposans de
Fologne en faveur de l'Electeur de Saxe.
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Résumé : TURQUIE.
Le texte relate des événements impliquant l'Empire ottoman et des puissances européennes. Le Grand Seigneur a dénoncé l'entrée des Moscovites en Pologne comme une violation des traités. Le Mufti Damas-Zadé Effendi a été remplacé par Isaac Effendi. Le Ministre de l'Empereur a annoncé au Grand Seigneur l'élection de l'Électeur de Saxe par les opposants polonais.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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508
p. 2693-2697
POLOGNE.
Début :
On a appris sur la fin du mois dernier, par un Courrier, arrivé de l'Ukraine à Dantzik, [...]
Mots clefs :
Troupes, Moscovites, Général, Comte, Pologne, Armée, Varsovie, Noblesse, Gdańsk, Élection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
ONa sur la fin dernier, un Courrier , arrivé de l'Ukraine à Dantzik
, que le Kan de Budziack , qui étoit campé
près de Choczim , avec un Corps considérable
de Tartares , s'étoit avancé dans cette Province ;
qu'il avoit attaqué les Troupes , commandées
par le Général Wiesbach ; que la Victoire avoit
1. Vol Gy été
2694 MERCURE
DE FRANCE
été dispurée pendant long- temps ; mais qu'enfin
Jes Moscovites avoient été contraints de prendre
la fure , qu'ils avoient perdu beaucoup de monde
, et s étoient retirez sous le Canon de la Ville
de Kiow , avec le reste des Troupes Moscovites.
་
Le Comte Pocci a envoyé au Roy une Lettre
, dont un Officier Moscovite , qui a été arrêté
par quelques Soldats des Troupes de Lithuanie
etoit chargé pour le Général Lesci , et
par laquelle le Baron d'Osterman mande à ce
Général , que la Czarine ne lui envoyera pas
nouveau secours de Troupes qu'il avoit demandé.
le
Il arrive à Dantzick de temps en temps quelques
uns des Gentils- Hommes qui ont assisté à
la prétendue Election faite en faveur de l'Electeur
de Saxe , et qui ne pouvant se résoudre à
paroître avoir part aux violences que le Général
Moscovite exerce dans la Pologne , se dérobent
de son Camp pour se rendre auprès du Roy; ils
ont rapporté que l'Armée ennemie souffroit une
extrême disette , parce que la plupart des Villa- .
ges des environs de Warsovie avoient été abandonnez
par les Païsans , qui ayant eu la précau.
tion de faire voiturer leurs provisions en lieu de
sûreté , avant l'arrivée des Moscovites ,
retirez dans la Forêt d'Ostrolensko , pour ne pas
payer les contributions excessives que les Ennemis
exigeoient d'eux ; les mêmes Gentils hommes
assurent que si le Général Lesci décampe
des environs de Warsovie , ce sera pour trou
ver moyen de faire subsister ses Troupes plutôr
que pour former quelqu'entreprise ; tous confirment
qu'il n'y avoir pas un seul Gentil - homme
de la grande Pologne , parmi les Opposans , lorsque
les Moscovites les forcerent de prociames
I. Vol.
s'étoient
PEDECEMBR
E. 1733. 2695
L'Electeur de Saxe , et que le Prince Wienovieski
après la proclamation de ce Prince , avoit fait
signer l'Acte d'Election à deux jeunes gens de la
Maison de Dialenski , qui étudient les Humanitez
à Warsovie , et au fils du feu Comte Potocki
, âgé seulement de 7 ans , afin qu'on ne pût
dire que la Noblesse de la premiere et de la plus
grande partie du Royaume , n'avoit cu aucune
part à cette Election ; ils ajoûtent qu'elle a été
faite au milieu de l'Armée Moscovire , et que
c'est une Hôtellerie qui a servi de lieu d'Assemblée
pour recueillir les suffrages.
La Noblesse des Palatinats , de Prusse, de Mariemboug
et de Russie , qui est assemblée depuis
quelque- temps à Graudentz , selon les Or
dres portez par les Universaux ; a fait une Confédération
, par laquelle elle s'engage à ne point
quitter les Armes que les Troupes Moscovites et
Saxones ne soient sorties des Terres de la Ré
publique et l'on assure que la plus grande par
tie de la Noblesse des autres Palatinats entrera
dans cette Confédération .
;
Plusieurs Villes et diverses Abbayes de la
Prusse Polonoise , et des autres Provinces Sep
tentrionales de la Pologne , font lever des Troupes
à leurs dépens pour le service du Roy.
On a reçu avis que le Comte Potoski , Régi
mentaire de la Couronne, étoit campé entre Sandomir
et Ospatow avec l'Armée , qui est aug
mentée considérablement , et que le Palatin de
Lublin s'étoit avancé vers Cracovie , avec um
Corps considérable de Troupes , pour empêcher
les Ennemis de s'en rendre maîtres.
Le Comte Poniatowski , Palatin de Masovie ,
qui est allé à Berlin , a écrit au Roy , que le 23
1. Vol. Gv No
2696 MERCURE DE FRANCE
Novembre il avoit eu audience de S. M. Pruss
sienne.
On apprend par Lettre de Dantzică du commencement
du mois , que les Troupes Moscovires
ne pouvant plus demeurer près de Warsovie ,
à cause de la disette des Vivres et des Fourages,
sont a lées campet à Lowitz , où elles exercent
beaucoup de violences,mais qu'elles éprouveront
bien-tôt dans leur nouveau Camp les mêmes incommoditez
qu'elles souffroient dans celui qu'el
Jes ont quitté , parce que la plupart des Pay sans
ont suivi l'exemple de ceux des Villages voisins de
Warsovie, et se sont retirez avec leurs Provisions
dans des Bois et sur des Montagnes d'un accès
fort difficile.
Le Regimentaire de la Couronne est toujours
campé entre Ospatow et Sandomir , er son Armée
est actuellement d'environ 25000 hommes.
Les deux Corps de Troupes qui sont sous les or
dres du Palatin de Lublin et du Comte Pocci,sont
fort augmentez: Le premier est à présent dans le
voisinage de Cracovie , et le second s'est avancé
dans le Palat nat de Russie , pour être plus à por
rée d'arrêter les Convois des Moscovites .
On croit que ces trois Généraux ne réuniront
pas si - tôt leurs Troupes , et que leur dessein est
de détruire l'Armée Ennemie , en lui ôtant tout
de subsister et en l'affoiblissant par des moyen
Combats continuels.
Les Levées que la Ville de Danzick et quelquesautres
de la Prusse Polonoise ont ordonnées,
se font avec beaucoup de succès , et l'on compte
Passembler incessamment dans cette Province
10 ou 12000 hommes de Troupes réglées. Plusieurs
Seigneurs ont fait prendre les Armes à
leurs Vassaux , et ils incommodent extrêmement
1. Vol Les
DECEMBRE. 1733. 2697
les Moscovites , à qui ils enlevent presque tous
les jours quelque Parti ou quelque Convoi. Celui
d'Artillerie et d'Argent qui est arrivé depuis pea
de Moscovie , a été suivi pendant quelques jours
par le Comte Pocci , et l'Escorte a eu à soutenir
contre lui plusieurs Combats , dans lesquels les
Ennemis ont beaucoup perdu des leurs.
Le Général Lesci fait tous les jours de nou
velles instances auprès de la Czarine pour obte
nir un nouveau renfort de Troupes , mais on ne
croit pas que S. M. Czarienne soit en état de lui
en envoyer.
Le Roy a reçu une copie de l'Acte de confé
dération , par lequel la Noblesse de quelques
Palatinats s'est engagée à ne point quitter les
Armes , jusqu'à ce que la Pologne soit délivrée
des Troupes Etrangeres qui l'oppriment.
ONa sur la fin dernier, un Courrier , arrivé de l'Ukraine à Dantzik
, que le Kan de Budziack , qui étoit campé
près de Choczim , avec un Corps considérable
de Tartares , s'étoit avancé dans cette Province ;
qu'il avoit attaqué les Troupes , commandées
par le Général Wiesbach ; que la Victoire avoit
1. Vol Gy été
2694 MERCURE
DE FRANCE
été dispurée pendant long- temps ; mais qu'enfin
Jes Moscovites avoient été contraints de prendre
la fure , qu'ils avoient perdu beaucoup de monde
, et s étoient retirez sous le Canon de la Ville
de Kiow , avec le reste des Troupes Moscovites.
་
Le Comte Pocci a envoyé au Roy une Lettre
, dont un Officier Moscovite , qui a été arrêté
par quelques Soldats des Troupes de Lithuanie
etoit chargé pour le Général Lesci , et
par laquelle le Baron d'Osterman mande à ce
Général , que la Czarine ne lui envoyera pas
nouveau secours de Troupes qu'il avoit demandé.
le
Il arrive à Dantzick de temps en temps quelques
uns des Gentils- Hommes qui ont assisté à
la prétendue Election faite en faveur de l'Electeur
de Saxe , et qui ne pouvant se résoudre à
paroître avoir part aux violences que le Général
Moscovite exerce dans la Pologne , se dérobent
de son Camp pour se rendre auprès du Roy; ils
ont rapporté que l'Armée ennemie souffroit une
extrême disette , parce que la plupart des Villa- .
ges des environs de Warsovie avoient été abandonnez
par les Païsans , qui ayant eu la précau.
tion de faire voiturer leurs provisions en lieu de
sûreté , avant l'arrivée des Moscovites ,
retirez dans la Forêt d'Ostrolensko , pour ne pas
payer les contributions excessives que les Ennemis
exigeoient d'eux ; les mêmes Gentils hommes
assurent que si le Général Lesci décampe
des environs de Warsovie , ce sera pour trou
ver moyen de faire subsister ses Troupes plutôr
que pour former quelqu'entreprise ; tous confirment
qu'il n'y avoir pas un seul Gentil - homme
de la grande Pologne , parmi les Opposans , lorsque
les Moscovites les forcerent de prociames
I. Vol.
s'étoient
PEDECEMBR
E. 1733. 2695
L'Electeur de Saxe , et que le Prince Wienovieski
après la proclamation de ce Prince , avoit fait
signer l'Acte d'Election à deux jeunes gens de la
Maison de Dialenski , qui étudient les Humanitez
à Warsovie , et au fils du feu Comte Potocki
, âgé seulement de 7 ans , afin qu'on ne pût
dire que la Noblesse de la premiere et de la plus
grande partie du Royaume , n'avoit cu aucune
part à cette Election ; ils ajoûtent qu'elle a été
faite au milieu de l'Armée Moscovire , et que
c'est une Hôtellerie qui a servi de lieu d'Assemblée
pour recueillir les suffrages.
La Noblesse des Palatinats , de Prusse, de Mariemboug
et de Russie , qui est assemblée depuis
quelque- temps à Graudentz , selon les Or
dres portez par les Universaux ; a fait une Confédération
, par laquelle elle s'engage à ne point
quitter les Armes que les Troupes Moscovites et
Saxones ne soient sorties des Terres de la Ré
publique et l'on assure que la plus grande par
tie de la Noblesse des autres Palatinats entrera
dans cette Confédération .
;
Plusieurs Villes et diverses Abbayes de la
Prusse Polonoise , et des autres Provinces Sep
tentrionales de la Pologne , font lever des Troupes
à leurs dépens pour le service du Roy.
On a reçu avis que le Comte Potoski , Régi
mentaire de la Couronne, étoit campé entre Sandomir
et Ospatow avec l'Armée , qui est aug
mentée considérablement , et que le Palatin de
Lublin s'étoit avancé vers Cracovie , avec um
Corps considérable de Troupes , pour empêcher
les Ennemis de s'en rendre maîtres.
Le Comte Poniatowski , Palatin de Masovie ,
qui est allé à Berlin , a écrit au Roy , que le 23
1. Vol. Gv No
2696 MERCURE DE FRANCE
Novembre il avoit eu audience de S. M. Pruss
sienne.
On apprend par Lettre de Dantzică du commencement
du mois , que les Troupes Moscovires
ne pouvant plus demeurer près de Warsovie ,
à cause de la disette des Vivres et des Fourages,
sont a lées campet à Lowitz , où elles exercent
beaucoup de violences,mais qu'elles éprouveront
bien-tôt dans leur nouveau Camp les mêmes incommoditez
qu'elles souffroient dans celui qu'el
Jes ont quitté , parce que la plupart des Pay sans
ont suivi l'exemple de ceux des Villages voisins de
Warsovie, et se sont retirez avec leurs Provisions
dans des Bois et sur des Montagnes d'un accès
fort difficile.
Le Regimentaire de la Couronne est toujours
campé entre Ospatow et Sandomir , er son Armée
est actuellement d'environ 25000 hommes.
Les deux Corps de Troupes qui sont sous les or
dres du Palatin de Lublin et du Comte Pocci,sont
fort augmentez: Le premier est à présent dans le
voisinage de Cracovie , et le second s'est avancé
dans le Palat nat de Russie , pour être plus à por
rée d'arrêter les Convois des Moscovites .
On croit que ces trois Généraux ne réuniront
pas si - tôt leurs Troupes , et que leur dessein est
de détruire l'Armée Ennemie , en lui ôtant tout
de subsister et en l'affoiblissant par des moyen
Combats continuels.
Les Levées que la Ville de Danzick et quelquesautres
de la Prusse Polonoise ont ordonnées,
se font avec beaucoup de succès , et l'on compte
Passembler incessamment dans cette Province
10 ou 12000 hommes de Troupes réglées. Plusieurs
Seigneurs ont fait prendre les Armes à
leurs Vassaux , et ils incommodent extrêmement
1. Vol Les
DECEMBRE. 1733. 2697
les Moscovites , à qui ils enlevent presque tous
les jours quelque Parti ou quelque Convoi. Celui
d'Artillerie et d'Argent qui est arrivé depuis pea
de Moscovie , a été suivi pendant quelques jours
par le Comte Pocci , et l'Escorte a eu à soutenir
contre lui plusieurs Combats , dans lesquels les
Ennemis ont beaucoup perdu des leurs.
Le Général Lesci fait tous les jours de nou
velles instances auprès de la Czarine pour obte
nir un nouveau renfort de Troupes , mais on ne
croit pas que S. M. Czarienne soit en état de lui
en envoyer.
Le Roy a reçu une copie de l'Acte de confé
dération , par lequel la Noblesse de quelques
Palatinats s'est engagée à ne point quitter les
Armes , jusqu'à ce que la Pologne soit délivrée
des Troupes Etrangeres qui l'oppriment.
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Résumé : POLOGNE.
En Pologne, des rapports récents signalent que le Khan de Budziack, à la tête d'un corps de Tartares, a attaqué les troupes du Général Wiesbach en Ukraine. Après une bataille indécise, les Moscovites se sont retirés à Kiow. Le Comte Pocci a transmis une lettre révélant que la Czarine ne fournira pas de nouveaux secours au Général Lesci. Des nobles ayant assisté à l'élection de l'Électeur de Saxe en Pologne rapportent que l'armée ennemie souffre de disette, les paysans ayant caché leurs provisions. Ils confirment que l'élection a été faite sous la contrainte des Moscovites et que la noblesse n'y a pas participé. La noblesse de plusieurs palatinats a formé une confédération pour chasser les troupes moscovites et saxonnes. Des villes et abbayes lèvent des troupes pour le service du Roi. Le Comte Potoski, avec une armée de 25 000 hommes, est campé entre Sandomir et Ospatow, tandis que le Palatin de Lublin et le Comte Pocci avancent avec leurs troupes pour contrer les ennemis. Les Moscovites, ayant quitté Warsovie, campent à Lowitz mais continuent de subir des attaques. Les levées de troupes dans la Prusse Polonoise se font avec succès, et plusieurs seigneurs harcèlent les Moscovites en attaquant leurs convois. Le Général Lesci demande en vain des renforts à la Czarine. Le Roi a reçu une copie de l'acte de confédération de la noblesse polonaise.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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509
p. 2697-2704
PARALLELE, de l'Election à la Couronne de Pologne, faite en faveur du Serénissime STANISLAS LESZCZYNSKI, & du Sérénissime FREDERIC AUGUSTE.
Début :
1o. Le Serénissime Stanislas Leszczynski a eu pour lui les suffrages unanimes et prompts de [...]
Mots clefs :
Élection, Stanislas Leszczynski, Auguste III de Pologne, République, Royaume, Nomination, Constitution, Pologne, Diète de convocation, Suffrages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARALLELE, de l'Election à la Couronne de Pologne, faite en faveur du Serénissime STANISLAS LESZCZYNSKI, & du Sérénissime FREDERIC AUGUSTE.
PARALLELE , de l'Election à la
Couronne de Pologne , faite en faveur du
Serenissime STANISLAS LESZCZYNSKI ,
du Serénissime FREDERIC AUGUSTE.
de
1°. Le Serénissime Stanislas Leszczynski a en
pour lui les suffrages unanimes et prompts
la Republique entiere , assemblée légitimement ,
c'est- à-dire de tous les Palatinats , Territoires
et Districts , au nombre de plus de 60000 hommes,
après que S. A.le Primat leur a eu demandễ
qui on devoit nommer Roi de Pologne ; et le
Grand Maréchal de la Couronne a proclamé ce
Prince en cette qualité .
I. De tant de milliers d'Hommes qui étoient ,
dans le Camp Electoral , pas un n'a nommé le
Serenissime Frédéric Auguste , et par conséquent
s'il n'a été proposé ni à la République ni par la
L. Voli
Ré
2698 MERCURE DE FRANCE
République , il n'a på en aucune maniere êtrè
nommé.
En quel tems .
2°. Le S. Stanislas a été élû dans le terme fixé
par unc constitution de la Diette de convocation
tenue cette année. Ainsi , on s'est conformé en
l'élisant à cette constitution qui prescrit pour des
raisons très importantes de terminer sans délai
P'Election du Roy , outre que dans le tempsmême
de l'Election , les Palatinats demandoient
qu'on pressa la nomination , comme il s'étoit
pratiqué dans un cas semblable ; sçavoir à l'Election
d'Uladislas IV. à laquelle les Russiens vou
loient mettre obstacle .
II. Lorsque le S. Frédéric Auguste a été élû ,
le temps de l'Election étoit passé , parce que cel
le du S Stanislas étant légitimement terminée
par la même , la Dietre d'Election l'étoit aussi ,
et que tous les Palatinats, Territoires et Districts
s'étoient retirez du Champ d'Election , après
avoir reçu les adieux de leur Maréchal , sans
avoir limité l'Acte d'Election , de sorte que si la
premiere Election avoit été deffectueuse , il en
faudroit faire une nouvelle , indiquer une nouvelle
Diette de Convocation , assembler de nouveau
les Diettines, expédier pour ce sujet de noupeaux
Universaux , & c,
En quel lieu.
3 °. Le S. Stanislas a été élû dans le lieu désigné
par une foule de Constitutions du Royaume,
et dernierement encore par celle de la Distte de
Convocation , tenue cette année ; c'est - à-dire
dans le Champ Electoral , ainsi qu'on l'appelle
proprement , entre Warsovie et le Village de
I. Vol. Vuola
DECEMBRE. 1733. 2899.
Vvola , où de temps immémorial des Elections
ont coûtume de se faire selon les anciennes Cons◄
titutions.
III. Le S. Frédéric- Auguste a été élû de l'autre
côté de la Vistule , dans la Plaine de Praage
joignant un Bois , près d'un Village , nommé
Kamien ; et là un grand Chemin a servi de
Champ Electoral , et une Hôtellerie de Szopa .
pour les Sénateurs au mépris des Constitutions,
Usages et Coutumes , et quoique les Dieures de
Convocation fixent toujours le temps et le lieu
où de tels Actes se doivent passer; tellement qu'un
Acte célébré hors du lieu , marqué par la Loy
est déslois absolument nul.
Par qui él .
4°. Le S. Stanislas a eu dans son E'ection , ce
qui en fait le point le plus essentiel ; sçavoir , la,
présence de tous les Palatinats , Terres , et Disericts
, sans en excepter un seul , qui après les
solemnitez ordinaires , Pont élû librement et de
plein gré, tellement que pour lui se sont réunies
les voix de plus de 60000 hommes , et d'un Peu-,
ple Electeur , dont la conduite et le droit song
irreprochables.
IV. Il ne s'est trouvé à l'Election du S. Frédéric-
Auguste, aucun Palatinar , Territoire , ni
District. li n'a été élû que par un petit nombre
de Gens et par de simples Particuliers , à qui la,
République n'avoit point donné pouvoir de le.
faire. Il a été élû par des Gens qu'on arrêta
lorsqu'ils retournoient chez eux après l'Election
et dont les uns donnérent leurs voix , ‹ffrayez,
par les Universaux du Général Lesci , qui menaçoit
de mettre tout à feu et à sang , tandis que
les autres vendirent bien leurs suffrages.
J. Vol.
ป
2700 MERCURE DE FRANCE
Il a été élû par des Parjures , dont quelques
uns avoient juré deux ou trois fois , que , se con
formant à l'intention unanime de la République
et aux Instructions expresses de la plupart des
Palatinats , Terres et Districts , ils n'éliroient
point de Candidat qui ne fut né de pere et de
mere Catholiques Romains , et qui cût des Domaines
ou des Armées hots du Royaume.
Il a eu pour Electeurs des Proscrits et des Ennemis
de la Patrie , déclarez tels , en partie par la
Constitution de la Diette de Convocation , contre
ceux qui éliroient un Roy étranger et ayant
des Domaines hors du Royaume, et en partie par
le Decret de la République entiere , assemblée
dans le Champ Electoral, Décret qu'elle a inséré
dans son Manifeste , contre l'invasion des Russiens
, et que signérent ceux - là même qui ont
adhéré à ces Russiens dans l'Election du S. Fré
deric- Auguste.
Au reste , je dis par le Décret , parce qu'effec
tivement il comprend , non seulement ceux qui
ont attiré l'Armée Russienne , mais encore tous
ceux qui pourroient dans la suite adhérer aux
Russiens , et que la République les y a déclareztous
également Ennemis de la Patrie , abandonnez
à la vengeance d'un chacun , &c.
Il faut aussi remarquer que n'y ayant à l'E
Tection aucun Député de la Grande Pologne , on
ya appellé deux jeunes Seigneurs du nom de
Dzialynski , qui faisoient leurs Etudes à Varsovie.
Ce qu'il y a de plus étrange , c'est qu'ur
Enfant de sept ans , Fils de l'Illustrissime Seigneur
Potocki, Maréchal de la Cour du Royaume
, a été invité à l'Election , et qu'on lui en a
fait signer l'Acte, afin , sans doute , qu'en voyant
ce nom parmi les autres , on puisse croire que
I. Fol. quel
DECEMBRE. 1733. 2701
quelqu'un de la Maison Potocki adhére au parti
de l'Electeur de Saxe.
Par qui nommé.
s . Le S. Stanislas a été nommé par Monsei
gneur Théodore Potocki , Archevêque de Gnêsne,
Primat du Royaume , c'est - à dire , un Prélat à
qui les Loix du Royaume , les Bulles des Papes ,
et particulierement la Constitution de la Diette
de Convocation , Constitution confirmée par le
serment des Evêques , conférent expres ément
et privativement à tous autres Evêques , le droit
de nommer le Roy. Tous sont donc exclus par
leurs sermens et sous certaines peines du droit
de nommer les Rois. Il y a même une Bulle du
Pape Sixte V. qui porté que , si un Roy a été
nommé par un autre que par le Primat du
Royaume , non - seulement l'Evêque qui a fait la
nomination , encourt des peines exprimées dans
cette Bulle , mais encore que cette nomination
est nulle et sans force.
V. Le S. Frederic Auguste a été nommé , non
par le Primat , mais par M. Hostus , Evêque de
Posnanie , en quoi ce Prélat a violé p.emierement
le serment géneral qu'il a prêté comme
Sénateur , de détourner tout ce qui peut être préjudiciable
à la République , puisque par sa nomination
il a attiré sur elle les plus grands maux,
porté atteinte à la liberté des Elections , occasionné
le renversement de l'Etat et des Loix ,
procuré l'effusion du sang humain , la désolation
du Royaume , l'oppression des Pauvres , la vio
lation des immunitez Ecclesiastiques , et enfin
le pillage des biens appartenans au Clergé .
Il a violé en second lieu le serment general
par lequel il s'est obligé dans la Diette de Con-
L. Vol. Vocation
2702 MERCURE DE FRANCE
vocation , de ne point élire de Roy étranger , on
ayant ses Domaines hors du Royaume.
Il a violé enfin le serment particulier que les au
tres Evêques et lui - même ont fait dans la susdite
Diette, de ne point attenter au droit de nommer
le Roy , droit que les Loix ont attaché à la dignité
du Primat. En un mot , le S. Auguste s'est
trouvé n'avoir que la nomination d'un Prélat ,
qui par cette nomination - là même , violoit tout
la fois trois sermens , et qui en même temps
encouroit les peines exprimées par le Decret que
la République entiere a inseré dans son Manifeste
et auquel lui - même a souscrit,
De quelle maniere ?
6. Le S. Stanillas a été élû par la République
avec une entiere liberté , et sans qu'il y cûr ni
Armée ni Troupes qui arrachassent les suffrages
de qui que ce soit en faveur d'un Candidat. Il a
été élú avec le consentement unanime de tous
ceux qui étoient dans le Champ Electoral , et sans
la moindre contradiction : Car il ne faut pas regarder
comme telles ni les oppositions que
M. Kaminski commençoit à faire dans le lieu
de la nomination , ni la retraite du Staroste d'O
poczyn , qui la veille de l'Election sortit du
Champ Electoral; le premier ramené par des re
montrances amiables et par de bons conseils , ré.
voqua son opposition de bon coeur et sans qu'on
lui fit la moindre violence ; il la révoqua à l'instant
et sur le lieu même , et il cria Vive Stanislase
Le second marqua par une Lettre la joye qu'il
avoit de l'heureux succès de l'Election et félicita
le Prince , sur qui elle étoit tombée , et quant
aux autres Electeurs , le lendemain de l'Election
ils allerent saluer l'Elû et l'assurer d'une parfaite
soumission.
DECEMBRE. 1733. 2703.
VI. Le S. Frederic Auguste a été élû avec
tout ce qui marque la derniere violence, puisque
les Electeurs étoient environnez d'une Armée
nombreuse , et qu'on n'obtint leurs suffrages
que par des persuasions armées . L'Election n'a
donc pas été libre. Mais comment eût - ele pů
l'être , lorsqu'un petit nombre de Citoyens pri-"
vez partagez en quatre Candidats , et devant
élire un Roy par confédération , voyoient dans
le parti du S. Frederic Auguste , le General Lesci,
agissant avec une autorité souveraine , nommer
et proclamer le premier ce Prince ? entraînez par.
la force superieure , ils ont accedé à cette Election
avec moins de joye que d'apparence de respect
, et on en trouve les preuves dans une Let-'
tre originale du même General Lesci au Comte
d'Osterman , où il s'exprime en ces termes :
Les Seigneurs Polonois étant divisez entre eux
sur le choix d'un Candidat , je les ai obligez par
des promesses et plus encore par des menaces , à dé
ferer la Couronne à l'Electeur de Saxe. Il sera assez
puissant pour se maintenir sur le Trône et pour
deffendre ceux qui l'y ont élevé.
L'Election du Sérenissime Auguste II. de
glorieuse mémoire , quoique faite par une Session
, a de grands avantages sur la prétendue
Election du S. Frederic Auguste. La premiere
fut l'ouvrage d'une partie considerable de la République
, légitimement assemblée dans le lieu
accoûtumé et désigné par la Constitution et le
temps de l'Election n'étoit pas encore écoulé ,
de sorte qu'en même- temps et au même endroit,
on nomma les deux Candidats en présence de
tous les Palatinats , Terres et Districts . La se
conde n'a été faite ni dans le lieu ni au temps
que les Loix marquaient , ni à la face de la Ré
山
1. Vol. publique
2704 MERCURE DE FRANCE
publique assemblée , et le S. Frederic Augusté a
été proclamé par une poignée d'hommes desti ."
tuez de tout pouvoir et autorité , par des hommes
que les Loix ont notez , par des hommes"
Sujets aux peines décernées contre les Traîtres ,'
et enfin sans qu'il ait assisté à cet Acte aucun
Palatinat , Territoire ni District.
Sans y être mieux
autorisé
, on a transferé
de
Praage
à Warsovie
, les Séances
touchant
les
Pacta
Conventa
, et on les y a continuées
15.
jours de suite aprés cette fausse
Election
. Par les´
mêmes
Pacta-Conventa
, on a ouvert
aux Trou."
pes Russiennes
le passage
en Pologne
, et on leur
a permis
d'y aller en tels lieux qu'il leur plairoit.
On a bien voulu
fournir
par là une occasion
continuelle
à des troubles
domestiques
, et
de justes
raisons
aux Etrangers
de nous déclarer
la guerre
, et on s'est peu soucié
d'einbarasser
la République.
Nous soumettons ce fidelle et exact Parallele
au jugement de l'Univers . Qu'on juge qui il
faut reconnoître pour légitime Roy de Pologne,
ou d'un Prince élû contre toutes sortes de Loix
et Constitutions et par la seule force des Armes
ou d'un autre qui a été élû selon ces Loix er
Constitutions , et que les suffrages libres et unanimes
de tout ce qu'il y avoit d'Electeurs , ont
élevé sur le Trône.
Couronne de Pologne , faite en faveur du
Serenissime STANISLAS LESZCZYNSKI ,
du Serénissime FREDERIC AUGUSTE.
de
1°. Le Serénissime Stanislas Leszczynski a en
pour lui les suffrages unanimes et prompts
la Republique entiere , assemblée légitimement ,
c'est- à-dire de tous les Palatinats , Territoires
et Districts , au nombre de plus de 60000 hommes,
après que S. A.le Primat leur a eu demandễ
qui on devoit nommer Roi de Pologne ; et le
Grand Maréchal de la Couronne a proclamé ce
Prince en cette qualité .
I. De tant de milliers d'Hommes qui étoient ,
dans le Camp Electoral , pas un n'a nommé le
Serenissime Frédéric Auguste , et par conséquent
s'il n'a été proposé ni à la République ni par la
L. Voli
Ré
2698 MERCURE DE FRANCE
République , il n'a på en aucune maniere êtrè
nommé.
En quel tems .
2°. Le S. Stanislas a été élû dans le terme fixé
par unc constitution de la Diette de convocation
tenue cette année. Ainsi , on s'est conformé en
l'élisant à cette constitution qui prescrit pour des
raisons très importantes de terminer sans délai
P'Election du Roy , outre que dans le tempsmême
de l'Election , les Palatinats demandoient
qu'on pressa la nomination , comme il s'étoit
pratiqué dans un cas semblable ; sçavoir à l'Election
d'Uladislas IV. à laquelle les Russiens vou
loient mettre obstacle .
II. Lorsque le S. Frédéric Auguste a été élû ,
le temps de l'Election étoit passé , parce que cel
le du S Stanislas étant légitimement terminée
par la même , la Dietre d'Election l'étoit aussi ,
et que tous les Palatinats, Territoires et Districts
s'étoient retirez du Champ d'Election , après
avoir reçu les adieux de leur Maréchal , sans
avoir limité l'Acte d'Election , de sorte que si la
premiere Election avoit été deffectueuse , il en
faudroit faire une nouvelle , indiquer une nouvelle
Diette de Convocation , assembler de nouveau
les Diettines, expédier pour ce sujet de noupeaux
Universaux , & c,
En quel lieu.
3 °. Le S. Stanislas a été élû dans le lieu désigné
par une foule de Constitutions du Royaume,
et dernierement encore par celle de la Distte de
Convocation , tenue cette année ; c'est - à-dire
dans le Champ Electoral , ainsi qu'on l'appelle
proprement , entre Warsovie et le Village de
I. Vol. Vuola
DECEMBRE. 1733. 2899.
Vvola , où de temps immémorial des Elections
ont coûtume de se faire selon les anciennes Cons◄
titutions.
III. Le S. Frédéric- Auguste a été élû de l'autre
côté de la Vistule , dans la Plaine de Praage
joignant un Bois , près d'un Village , nommé
Kamien ; et là un grand Chemin a servi de
Champ Electoral , et une Hôtellerie de Szopa .
pour les Sénateurs au mépris des Constitutions,
Usages et Coutumes , et quoique les Dieures de
Convocation fixent toujours le temps et le lieu
où de tels Actes se doivent passer; tellement qu'un
Acte célébré hors du lieu , marqué par la Loy
est déslois absolument nul.
Par qui él .
4°. Le S. Stanislas a eu dans son E'ection , ce
qui en fait le point le plus essentiel ; sçavoir , la,
présence de tous les Palatinats , Terres , et Disericts
, sans en excepter un seul , qui après les
solemnitez ordinaires , Pont élû librement et de
plein gré, tellement que pour lui se sont réunies
les voix de plus de 60000 hommes , et d'un Peu-,
ple Electeur , dont la conduite et le droit song
irreprochables.
IV. Il ne s'est trouvé à l'Election du S. Frédéric-
Auguste, aucun Palatinar , Territoire , ni
District. li n'a été élû que par un petit nombre
de Gens et par de simples Particuliers , à qui la,
République n'avoit point donné pouvoir de le.
faire. Il a été élû par des Gens qu'on arrêta
lorsqu'ils retournoient chez eux après l'Election
et dont les uns donnérent leurs voix , ‹ffrayez,
par les Universaux du Général Lesci , qui menaçoit
de mettre tout à feu et à sang , tandis que
les autres vendirent bien leurs suffrages.
J. Vol.
ป
2700 MERCURE DE FRANCE
Il a été élû par des Parjures , dont quelques
uns avoient juré deux ou trois fois , que , se con
formant à l'intention unanime de la République
et aux Instructions expresses de la plupart des
Palatinats , Terres et Districts , ils n'éliroient
point de Candidat qui ne fut né de pere et de
mere Catholiques Romains , et qui cût des Domaines
ou des Armées hots du Royaume.
Il a eu pour Electeurs des Proscrits et des Ennemis
de la Patrie , déclarez tels , en partie par la
Constitution de la Diette de Convocation , contre
ceux qui éliroient un Roy étranger et ayant
des Domaines hors du Royaume, et en partie par
le Decret de la République entiere , assemblée
dans le Champ Electoral, Décret qu'elle a inséré
dans son Manifeste , contre l'invasion des Russiens
, et que signérent ceux - là même qui ont
adhéré à ces Russiens dans l'Election du S. Fré
deric- Auguste.
Au reste , je dis par le Décret , parce qu'effec
tivement il comprend , non seulement ceux qui
ont attiré l'Armée Russienne , mais encore tous
ceux qui pourroient dans la suite adhérer aux
Russiens , et que la République les y a déclareztous
également Ennemis de la Patrie , abandonnez
à la vengeance d'un chacun , &c.
Il faut aussi remarquer que n'y ayant à l'E
Tection aucun Député de la Grande Pologne , on
ya appellé deux jeunes Seigneurs du nom de
Dzialynski , qui faisoient leurs Etudes à Varsovie.
Ce qu'il y a de plus étrange , c'est qu'ur
Enfant de sept ans , Fils de l'Illustrissime Seigneur
Potocki, Maréchal de la Cour du Royaume
, a été invité à l'Election , et qu'on lui en a
fait signer l'Acte, afin , sans doute , qu'en voyant
ce nom parmi les autres , on puisse croire que
I. Fol. quel
DECEMBRE. 1733. 2701
quelqu'un de la Maison Potocki adhére au parti
de l'Electeur de Saxe.
Par qui nommé.
s . Le S. Stanislas a été nommé par Monsei
gneur Théodore Potocki , Archevêque de Gnêsne,
Primat du Royaume , c'est - à dire , un Prélat à
qui les Loix du Royaume , les Bulles des Papes ,
et particulierement la Constitution de la Diette
de Convocation , Constitution confirmée par le
serment des Evêques , conférent expres ément
et privativement à tous autres Evêques , le droit
de nommer le Roy. Tous sont donc exclus par
leurs sermens et sous certaines peines du droit
de nommer les Rois. Il y a même une Bulle du
Pape Sixte V. qui porté que , si un Roy a été
nommé par un autre que par le Primat du
Royaume , non - seulement l'Evêque qui a fait la
nomination , encourt des peines exprimées dans
cette Bulle , mais encore que cette nomination
est nulle et sans force.
V. Le S. Frederic Auguste a été nommé , non
par le Primat , mais par M. Hostus , Evêque de
Posnanie , en quoi ce Prélat a violé p.emierement
le serment géneral qu'il a prêté comme
Sénateur , de détourner tout ce qui peut être préjudiciable
à la République , puisque par sa nomination
il a attiré sur elle les plus grands maux,
porté atteinte à la liberté des Elections , occasionné
le renversement de l'Etat et des Loix ,
procuré l'effusion du sang humain , la désolation
du Royaume , l'oppression des Pauvres , la vio
lation des immunitez Ecclesiastiques , et enfin
le pillage des biens appartenans au Clergé .
Il a violé en second lieu le serment general
par lequel il s'est obligé dans la Diette de Con-
L. Vol. Vocation
2702 MERCURE DE FRANCE
vocation , de ne point élire de Roy étranger , on
ayant ses Domaines hors du Royaume.
Il a violé enfin le serment particulier que les au
tres Evêques et lui - même ont fait dans la susdite
Diette, de ne point attenter au droit de nommer
le Roy , droit que les Loix ont attaché à la dignité
du Primat. En un mot , le S. Auguste s'est
trouvé n'avoir que la nomination d'un Prélat ,
qui par cette nomination - là même , violoit tout
la fois trois sermens , et qui en même temps
encouroit les peines exprimées par le Decret que
la République entiere a inseré dans son Manifeste
et auquel lui - même a souscrit,
De quelle maniere ?
6. Le S. Stanillas a été élû par la République
avec une entiere liberté , et sans qu'il y cûr ni
Armée ni Troupes qui arrachassent les suffrages
de qui que ce soit en faveur d'un Candidat. Il a
été élú avec le consentement unanime de tous
ceux qui étoient dans le Champ Electoral , et sans
la moindre contradiction : Car il ne faut pas regarder
comme telles ni les oppositions que
M. Kaminski commençoit à faire dans le lieu
de la nomination , ni la retraite du Staroste d'O
poczyn , qui la veille de l'Election sortit du
Champ Electoral; le premier ramené par des re
montrances amiables et par de bons conseils , ré.
voqua son opposition de bon coeur et sans qu'on
lui fit la moindre violence ; il la révoqua à l'instant
et sur le lieu même , et il cria Vive Stanislase
Le second marqua par une Lettre la joye qu'il
avoit de l'heureux succès de l'Election et félicita
le Prince , sur qui elle étoit tombée , et quant
aux autres Electeurs , le lendemain de l'Election
ils allerent saluer l'Elû et l'assurer d'une parfaite
soumission.
DECEMBRE. 1733. 2703.
VI. Le S. Frederic Auguste a été élû avec
tout ce qui marque la derniere violence, puisque
les Electeurs étoient environnez d'une Armée
nombreuse , et qu'on n'obtint leurs suffrages
que par des persuasions armées . L'Election n'a
donc pas été libre. Mais comment eût - ele pů
l'être , lorsqu'un petit nombre de Citoyens pri-"
vez partagez en quatre Candidats , et devant
élire un Roy par confédération , voyoient dans
le parti du S. Frederic Auguste , le General Lesci,
agissant avec une autorité souveraine , nommer
et proclamer le premier ce Prince ? entraînez par.
la force superieure , ils ont accedé à cette Election
avec moins de joye que d'apparence de respect
, et on en trouve les preuves dans une Let-'
tre originale du même General Lesci au Comte
d'Osterman , où il s'exprime en ces termes :
Les Seigneurs Polonois étant divisez entre eux
sur le choix d'un Candidat , je les ai obligez par
des promesses et plus encore par des menaces , à dé
ferer la Couronne à l'Electeur de Saxe. Il sera assez
puissant pour se maintenir sur le Trône et pour
deffendre ceux qui l'y ont élevé.
L'Election du Sérenissime Auguste II. de
glorieuse mémoire , quoique faite par une Session
, a de grands avantages sur la prétendue
Election du S. Frederic Auguste. La premiere
fut l'ouvrage d'une partie considerable de la République
, légitimement assemblée dans le lieu
accoûtumé et désigné par la Constitution et le
temps de l'Election n'étoit pas encore écoulé ,
de sorte qu'en même- temps et au même endroit,
on nomma les deux Candidats en présence de
tous les Palatinats , Terres et Districts . La se
conde n'a été faite ni dans le lieu ni au temps
que les Loix marquaient , ni à la face de la Ré
山
1. Vol. publique
2704 MERCURE DE FRANCE
publique assemblée , et le S. Frederic Augusté a
été proclamé par une poignée d'hommes desti ."
tuez de tout pouvoir et autorité , par des hommes
que les Loix ont notez , par des hommes"
Sujets aux peines décernées contre les Traîtres ,'
et enfin sans qu'il ait assisté à cet Acte aucun
Palatinat , Territoire ni District.
Sans y être mieux
autorisé
, on a transferé
de
Praage
à Warsovie
, les Séances
touchant
les
Pacta
Conventa
, et on les y a continuées
15.
jours de suite aprés cette fausse
Election
. Par les´
mêmes
Pacta-Conventa
, on a ouvert
aux Trou."
pes Russiennes
le passage
en Pologne
, et on leur
a permis
d'y aller en tels lieux qu'il leur plairoit.
On a bien voulu
fournir
par là une occasion
continuelle
à des troubles
domestiques
, et
de justes
raisons
aux Etrangers
de nous déclarer
la guerre
, et on s'est peu soucié
d'einbarasser
la République.
Nous soumettons ce fidelle et exact Parallele
au jugement de l'Univers . Qu'on juge qui il
faut reconnoître pour légitime Roy de Pologne,
ou d'un Prince élû contre toutes sortes de Loix
et Constitutions et par la seule force des Armes
ou d'un autre qui a été élû selon ces Loix er
Constitutions , et que les suffrages libres et unanimes
de tout ce qu'il y avoit d'Electeurs , ont
élevé sur le Trône.
Fermer
Résumé : PARALLELE, de l'Election à la Couronne de Pologne, faite en faveur du Serénissime STANISLAS LESZCZYNSKI, & du Sérénissime FREDERIC AUGUSTE.
Le texte compare les élections de Stanislas Leszczynski et Frédéric Auguste au trône de Pologne. Stanislas Leszczynski a été élu de manière unanime par plus de 60 000 hommes représentant tous les palatinats, territoires et districts de la République. Cette élection a eu lieu dans le champ électoral entre Varsovie et le village de Wola, conformément aux usages traditionnels et aux constitutions. Elle s'est déroulée dans le lieu et le temps prescrits par les lois en vigueur. En revanche, l'élection de Frédéric Auguste a eu lieu après l'expiration du délai légal et dans un lieu non désigné par les constitutions. Elle n'a pas impliqué la présence des palatinats, territoires et districts. Frédéric Auguste a été élu par un petit nombre de particuliers, souvent sous la contrainte et la menace, notamment de l'armée russe. De plus, il a été nommé par un évêque qui a violé plusieurs serments et constitutions, contrairement à Stanislas Leszczynski, nommé par le Primat du Royaume, en conformité avec les lois. L'élection de Stanislas Leszczynski s'est faite librement et sans violence, tandis que celle de Frédéric Auguste a été marquée par la présence de l'armée et des menaces. Le texte conclut en soumettant ce parallèle au jugement de l'univers pour déterminer le roi légitime de Pologne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
510
p. 2704-2712
MANIFESTE du Primat de Pologne.
Début :
Les faux rapports répandus dans le Public, à l'occasion de ce qui s'est passé en Pologne [...]
Mots clefs :
Élection, Roi, République, Interrègne, Liberté, Diète de convocation, Serment, Royaume, Primat, Ministres, Nation, Stanislas Leszczynski, Ennemis, Conduite, Assemblée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MANIFESTE du Primat de Pologne.
MANIFESTE du Primat de Pologne:
Es faux rapports répandus dans le Public , à
l'occasion de ce qui s'est passé en Pologne
pendant l'interregne , les insinuations injustes ,
et malicieuses dont les ennemis du repos de la
République ont tâché de noircir ma conduite ,
J. Vel.
DECEMBRE. 1733 2705
en m'accusant d'avoir gouverné le Royaume d'une
maniere affectée et interessé , ont arrêté la liberté
des suffrages et violé les droits sur lesquels cette
liberté est fondée , et la necessité enfin de faire
voir au Monde entier que nos ennemis par de
pareils procedez , n'ont eu et n'ont encore pour
but que de ruiner et renverser totalement les
droits , les prérogatives et la liberté de notre
chere Patrie , sont des motifs trop pressans , pour
que je differe plus long- temps à justifier ma
conduite , afin de convaincre tout l'Univers par
une narration succincte et sincere de ce qui s'est
passé avant et après l'Election , la fausseté de ce
qu'on a publié de contraire,
Mon premier soin , depuis la mort du Roy
Auguste, de glorieuse memoire , a été de concilier
et de réunir nos Freres , et j'eus le bonheur
d'y réussir . Je n'entrepris rien que
du consentement
et de l'aveu du Sénat et de la Noblesse encore
assemblée à l'occasion de la Diette extraor
dinaire, convoquée par le feu Roy; j'envoyai des
Ministres aux Cours voisines , je tins de fréquens
Conseils avec les Sénateurs et les Minis
tres des deux Nations ; je ne signai que ce qui
avoit été unanimement résolu ; je pris les mesu
res convenables avec les Régimentaires des deux
Nations pour assurer la sureté interieure et exte
rieure du Royaume et prévenir les inconvéniens
qui pourroient résulter des Assemblées particu
lieres et illicites ; en un mot , afin de n'avoir
rien à me reprocher , je communiquai tout à la
République et ne fis rien sans son approbation ,
quoiqu'en qualité de Primat j'usse pû m'en dis
penser en bien des choses.
Le jour de l'assemblée de la Diette de Convo
Cation étant yenu , je me contentai d'y represen
J. Vol.
2756 MERCURE DE FRANCE
ter le danger auquel le Royaume se trouvoit ex
posé , et je laissai à la prudence d'une Nation libre
le soin de le prévenir. Il y eut au commence
ment de cette Diette de grands débats pour l'E
Jection d'un Maréchal ; les esprits parurent fort
animez , ce qui dura quelques jours et retarda
l'expedition des affaires ; mais par mes soins et
ceux du Sénat , le calmne fut enfin rétabli ; on
élût le Maréchal , et la Noblesse se joignit ensui
te au Sénat ; en qualité de Primat j'écoutai les
avis des Nonces, et me conformai à ce qu'ils désiroient
et à ce qu'ils rejettoient. Le principal
objet de leur délibération regardoit la résolution
prise cy- devant, d'exclure du Trône tout Piaste;
ils ressenroient vivement l'injustice d'une telle
résolution ; ils voyoient , avec indignation , la
honte qui en résultoit à la Nation ; et afin de le
rendre plus efficace , on résolut de le confirmer
par un serment. Cette résolution passa aussi unanimement.
Il est vrai qu'il y a eu à ce sujet des
débats tres vifs , mais ils n'ont eu pour objet que
le formulaire du Serment , et non le Serment
même. Après qu'en qualité de Primat , j'eus
prêté ce Serment , par lequel non seulement
tout Erranger , mais aussi tous ceux qui posse
dent des Provinces Etrangeres , ou qui ont des
Troupes sur pied , qui ne sont pas nez de peres et
de meres Catholiques , sont exclus du Trône.
Les Evêques, Sénateurs et autres le prêterent après
moi , et le firent tous avec joie et sans la moindre
contrainte Les Evêques jurerent aussi qu'ils
m'empiéteroient point sur les Droits du Primat.
La République déclara ensuite ce Serment com
me une Loy fondamentale du Royaume. Oa
dressa quelques Constitutions , et on fixa le jour
pour la Diette d'Election, au lieu ordinaire, con
CI. Vol.
forDECEMBRE.
1733 2707
formément aux Droits ; c'est par là que finit la
Diette de Convocation.
En attendant ce jour important je m'abstins de
toute intrigue , préjudiciab.e à la République ,
et bien loin que je fusse porté par un amour
aveugle pour aucun particulier, l'évitai avec soin
d'entrer dans aucune faction , j'avoue cepen ant
que je souhaitois fort que le Serenissime Roy
Stanislas fut élevé au Trône; je l'en croyois tres
digne, et même plus qu'aucun autre , à cause de
ses éminentes qualitez ; mais je declare en même.
temps que quelque fussent mes souhaits , mon
obstination n'alloit pas jusqu'à le vouloir au
préjudice de la République. J'avois mis toute
ma confiance en Dieu ; c'est par son secours et
celui de la libre Nation Polonoise que j'esperois
voir finir les maux de la République par l'E
lection d'un Roy désiré.
On me fit des offres avantageuses , on me fir
même des menaces , mais je rejettai les premieres
et méprisai les autres ; je n'ai jamais voulų
donner les mains directement ni indirectement
à l'entrée de quelqu'Armée Etrangere. J'ai rejetté
constamment les Instances faites par les
Ministres des Puissances voisines, pour une exclusion
, parce que je voyois qu'elle n'avoit pour
but que leur interêt et leur utilité particuliere ,
et qu'une pareille exclusion ne pouvoit être que
deshonorable à la République et tendre à sa totale
ruine . Comme lesdites Puissances ne laissoient
pas de continuer leurs Instances à ce sujet
, je m'apperçûs bien- tôt qu'on avoit dessein
d'enfoncer le Poignard dans le sein de notre -
berté . J'écrivis pour cet effet au nom de la République
, representée par ceux que les deux Na-
Lions avoient nommés à la Diette de Convoca-
I. Vol. tion
2708 MERCURE DE FRANCE
tion , pour me servir de conseil , à toutes le
Cours de l'Europe , pour les prier de ne pas per
mettre qu'on opprimâ: la Répub ique , d'envoir
des Ministres à S. M 1. et à l'Illustrissime Czarine
pour leur representer que nout ctions une
Nution libre que nous ne dépen tions de personne
, que nous ne permettrions jamais qu'on
donna: Pexclusion , les pliant de se désister de
leurs Instances à ce sujet , et de ne pas se mêlet
de notre Election qui ne dépend que de nous
seuls .
Le jour de l'ouverture de la Diette d'Election
étant venu , je n'eus en vue que l'exacte exécution
des Loix établies dans la Diette de Convocation
, en ce qui regarde l'Election et le maintien
inviolable de la liberté de la Patrie , les commencemens
de cette Diette furent fort paisibles,
et le Maréchal fut élû en peu de jours ; mais cette
tranquilité ne , dura guere ; les esprits s'échaufferent
à la nouvelle de l'entrée des Russiens
dans le Royaume , certifiée et affirmée par le
Chancelier et Régimentaire de Lithuanie toute
l'Assemblée en fut troublée , on fut surpris de
la conduite du Régimentaire en cette occasion ,
et après plusieurs Discours qui ne pouvoient lui
être agréables , on résolut de ne rien négliger
pour découvrir ceux qui avoient appellé les Russiens
dans le Royaume .
·
La peur ayant saisi le Régimentaire , apparemment
par un remords de conscience , il quitta
le Champ Electoral, sans faire aucune protes-
Lation et se retira à Praage,
-On lui envoya des Députez pour demander la
cause de sa Retraite ; sa réponse fut que sa Retraite
ne troubleroit en aucune maniere l'Elec
tion .
I. Vol. Peu
DECEMBRE . 1733. 2709
Peu de jours après, les Etats dresserent un Manifeste
contre ceux qui avoient appellé les Kussiens
dans le Royaume. Nous résolumes là - dessus
de proceder incessament à l'Election ,
selon
la teneur de la Constitution de la Diette de Convocation
, qui porte que l'Election se feroit dans
le terme le plus court qu'il seroit possible , mais
qu'au cas qu'elle ne se pût faire si- tôt qu'on le
souhaiteroit , la Diette ne dureroit neanmoins
que six semaines.
·
Avant que de proceder à l'Acte d'Election je
parcourus , à Cheval , selon le Cérémonial , les
Palatinats , les Starosties et les Districts assemblez
, pour
leur demander quel Roy ils souhaitoient
, et pour leur notifier en même temps
que la Proclamation se feroit le lendemain . Pendant
que j'en faisois le tour , on n'entendit
crier par tout que Vive le Roy Stanislas. Je conviens
cependant qu'il paroissoit qu'il y en avoit
quelques- uns qui y étoient contraires , ceux - cy
se retirreent dans leurs Quartiers, apparemment
pour y dresser le Niepozvalam.
Le lendemain j'achevai le tour des Palatinats , *
Starosties et Districts , je fus obligé dele faire à
pied , mon Cheval étant devenu ombrageux
par les cris réiterez de Vive le Roy Stanislas . Ces
cris se redoublerent avec tant de zéle que je ne
pus m'empêcher de me conformer aux pressantes
Instances de l'Assemblée , et de proceder incessamment
à la nomination du Roy ; mais
avant que de le faire, je déclarai absens ceux qui
s'étoient rendus à Praage ; et comme il ne paroissoit
personne pour contre- dire , car les uns se
tûrent , les autres partirent pour leurs Terres .
parmi ces derniers , le Staroste Opoczynski
1. Vol. ᏗᏤ gu
H
2710 MERCURE DE FRANCE
qui m'assura par une Lettre , qu'il s'étoit retiré
sans contradiction .
Je procedai , en vertu de ma Charge , à la no
mination du Roy , mais je fus interrompu park:
S.Kamienski, Capitaine du District de Krziemit,
dans le Palatinat de Vobhinie , qui me présenta
son Niepozwalam , ce qui m'obligea à garder k
silence pendant quelque temps , jusqu'à ce que
s'étant enfin désisté de sa contradiction , je pro
clamé le Serenissime Roy Stanislas , à present
regnant , sans aucune opposition , dont Dieu ,
qui connoît ce qu'il y a de plus caché dans nos
coeurs , est le témoin , ainsi que le Peuple , con
sistant en plus de 100 Enseignes , et criant una
nimement et sans cesse ; Vive le Roy Stanislas,
Je regarde comme un bonheur particulier d'
voir proclamé pour Roy , celui que des Nation
envieuses ont voulu exclure du Trône ; car
elles avoient réussi dans leur dessein , c'éto
fait à jamais de notre liberté , on nous auro
toujours forcé à élire un Roy à leur gré.
Voilà le récit sincere et veritable de tout
qui s'est passé à l'égard de l'Election de not
Roy , cependant , quelqu'unanime et légitin
qu'ait été cette Election , il se trouve de fau
Freres qui la révoquent en doute ; ils osent avar
cer qu'elle n'a été faite qu'en violant la liberté
et par là , ainsi que par toute la conduite qu'i
ont tenue depuis leur retraite à Praage , ils for
voir évidemment qu'ils ont appellé les Russier
dans le Royaume , ce qui les rend coupables e
tant de sang innocent qui sera peut- être vers
Mais supposé qu'il se soit trouvé quelques Pa
sonnes d'un sentiment opposé , le nombre e
étoit tres- petit , et elles n'ont paru que le jo
I.Vel
.qu'o
DECEMBRE. 1732. 2711
qu'on annonçoit au Peuple la prochaine Election
fixée au lendemain , et non le jour de la nomination
du Roy , qui , selon les Loix ou l'usage
ne se fait jamais à Cheval , mais dans les Tran
chées ou Quartiers préparez pour cet effet , et
où il étoit libre encore à ceux qui vouloient contredire
, d'exhiber leur Niepozvalam.
Les Ennemis du Roy voulant exécuter les pernicieux
desseins qu'ils avoient tramez à Praage ,
allérent joindre les Russiens , et formérent entr'eux
une prétendue République, ou, pour mieux
dire ,un Complot tumultueux de gens qui s'é
tant déclarez eux - mêmes Ennemis de la Patrie ,
en conséquence du Manifeste qu'ils avoient signé
, ne cherchent qu'à renverser la liberté , en
opprimant la veritable et innocente République.
Ce qu'il y a de plus déplorable , c'est qu'il se
trouve parmi eux des Apôtres du Seigneur , des
Evêques , qui comme Judas , trahissent leur propre
Mere , c'est- à- dire , leur Patrie. Ce sont ces.
Evêques qui coupables d'un triple parjure endure
cissent encore davantage les coeurs des Seigneurs
séculiers , en autorisant leur témérité ,
en leur faisant accroire qu'elle est juste et per
mise.
Les Opposans retournerent enfin à Praage ; Ils,
s'imaginoient que pourvu qu'ils pûssent proceder
à une nouvelle Election avant l'échéance des
six semaines que la Diette pouvoit durer , cette
Election seroit légitime ; mais ce terme n'ayant
point été établi comme une Loy , mais comme
une prolongation , au cas qu'on ne pût parvenir
plutôt à une Election , ne peut être regardé que
comme une chimere , puisque l'Election avoit
Jéja été faite légitimement et selon les Loix. Ils
crurent aussi que s'ils pouvoient se rendre sur
1
No I. Vol.
le Hij
2712 MERCURE DE FRANCE
le Champ Electoral , entre Varsovie et Vvola ,
leur Election seroit plus valide ; ils firent tous les
efforts imaginables , mais inutiles , afin d'y parvenir,
employant pour cet effet le fer et le feu.
Pendant ce temps-là on découvrit que les Ministres
de Russie et de Saxe entretenoient une
correspondance avec les Opposans; le Régimentaire
résolut là - dessus de les faire sortir de Varsovie,
et de les attaquer, en cas de refus , ce qu'il
fit , les Ministres Etrangers ne doivent jouir des
prérogatives du Droit des Gens , qu'aussi long.
temps qu'ils observent eux- mêmes les Loix qui
y sont attachéts.
Enfin les Opposans voyant qu'ils ne pouvoient
passer la Vistule , se retirerent dans un Bois , y
dressérent une espece de Kolo , et élurent un
Roy , mais quel Roy ? Un Etranger , un Prince
qui possede des Provinces hors du Royaume , et
qui a des Troupes sur pied , un Prince né d'une
Mere Luthérienne , un Prince enfin qui veut employer
ses Troupes pour réduire une Nation libre
, à une obéissance aveugle. Grand Dieu , à
quoi servent les Constitutions établies dans la
Diette de Convocation ? A quoi sert le serment
qu'on y a prêté ? A quoi sert cette Confédéra¬
tion si solemnelle, pour n'élire qu'un Piaste? &c.
Fait à Dantzick , le 10 Octobre 1733 .
Es faux rapports répandus dans le Public , à
l'occasion de ce qui s'est passé en Pologne
pendant l'interregne , les insinuations injustes ,
et malicieuses dont les ennemis du repos de la
République ont tâché de noircir ma conduite ,
J. Vel.
DECEMBRE. 1733 2705
en m'accusant d'avoir gouverné le Royaume d'une
maniere affectée et interessé , ont arrêté la liberté
des suffrages et violé les droits sur lesquels cette
liberté est fondée , et la necessité enfin de faire
voir au Monde entier que nos ennemis par de
pareils procedez , n'ont eu et n'ont encore pour
but que de ruiner et renverser totalement les
droits , les prérogatives et la liberté de notre
chere Patrie , sont des motifs trop pressans , pour
que je differe plus long- temps à justifier ma
conduite , afin de convaincre tout l'Univers par
une narration succincte et sincere de ce qui s'est
passé avant et après l'Election , la fausseté de ce
qu'on a publié de contraire,
Mon premier soin , depuis la mort du Roy
Auguste, de glorieuse memoire , a été de concilier
et de réunir nos Freres , et j'eus le bonheur
d'y réussir . Je n'entrepris rien que
du consentement
et de l'aveu du Sénat et de la Noblesse encore
assemblée à l'occasion de la Diette extraor
dinaire, convoquée par le feu Roy; j'envoyai des
Ministres aux Cours voisines , je tins de fréquens
Conseils avec les Sénateurs et les Minis
tres des deux Nations ; je ne signai que ce qui
avoit été unanimement résolu ; je pris les mesu
res convenables avec les Régimentaires des deux
Nations pour assurer la sureté interieure et exte
rieure du Royaume et prévenir les inconvéniens
qui pourroient résulter des Assemblées particu
lieres et illicites ; en un mot , afin de n'avoir
rien à me reprocher , je communiquai tout à la
République et ne fis rien sans son approbation ,
quoiqu'en qualité de Primat j'usse pû m'en dis
penser en bien des choses.
Le jour de l'assemblée de la Diette de Convo
Cation étant yenu , je me contentai d'y represen
J. Vol.
2756 MERCURE DE FRANCE
ter le danger auquel le Royaume se trouvoit ex
posé , et je laissai à la prudence d'une Nation libre
le soin de le prévenir. Il y eut au commence
ment de cette Diette de grands débats pour l'E
Jection d'un Maréchal ; les esprits parurent fort
animez , ce qui dura quelques jours et retarda
l'expedition des affaires ; mais par mes soins et
ceux du Sénat , le calmne fut enfin rétabli ; on
élût le Maréchal , et la Noblesse se joignit ensui
te au Sénat ; en qualité de Primat j'écoutai les
avis des Nonces, et me conformai à ce qu'ils désiroient
et à ce qu'ils rejettoient. Le principal
objet de leur délibération regardoit la résolution
prise cy- devant, d'exclure du Trône tout Piaste;
ils ressenroient vivement l'injustice d'une telle
résolution ; ils voyoient , avec indignation , la
honte qui en résultoit à la Nation ; et afin de le
rendre plus efficace , on résolut de le confirmer
par un serment. Cette résolution passa aussi unanimement.
Il est vrai qu'il y a eu à ce sujet des
débats tres vifs , mais ils n'ont eu pour objet que
le formulaire du Serment , et non le Serment
même. Après qu'en qualité de Primat , j'eus
prêté ce Serment , par lequel non seulement
tout Erranger , mais aussi tous ceux qui posse
dent des Provinces Etrangeres , ou qui ont des
Troupes sur pied , qui ne sont pas nez de peres et
de meres Catholiques , sont exclus du Trône.
Les Evêques, Sénateurs et autres le prêterent après
moi , et le firent tous avec joie et sans la moindre
contrainte Les Evêques jurerent aussi qu'ils
m'empiéteroient point sur les Droits du Primat.
La République déclara ensuite ce Serment com
me une Loy fondamentale du Royaume. Oa
dressa quelques Constitutions , et on fixa le jour
pour la Diette d'Election, au lieu ordinaire, con
CI. Vol.
forDECEMBRE.
1733 2707
formément aux Droits ; c'est par là que finit la
Diette de Convocation.
En attendant ce jour important je m'abstins de
toute intrigue , préjudiciab.e à la République ,
et bien loin que je fusse porté par un amour
aveugle pour aucun particulier, l'évitai avec soin
d'entrer dans aucune faction , j'avoue cepen ant
que je souhaitois fort que le Serenissime Roy
Stanislas fut élevé au Trône; je l'en croyois tres
digne, et même plus qu'aucun autre , à cause de
ses éminentes qualitez ; mais je declare en même.
temps que quelque fussent mes souhaits , mon
obstination n'alloit pas jusqu'à le vouloir au
préjudice de la République. J'avois mis toute
ma confiance en Dieu ; c'est par son secours et
celui de la libre Nation Polonoise que j'esperois
voir finir les maux de la République par l'E
lection d'un Roy désiré.
On me fit des offres avantageuses , on me fir
même des menaces , mais je rejettai les premieres
et méprisai les autres ; je n'ai jamais voulų
donner les mains directement ni indirectement
à l'entrée de quelqu'Armée Etrangere. J'ai rejetté
constamment les Instances faites par les
Ministres des Puissances voisines, pour une exclusion
, parce que je voyois qu'elle n'avoit pour
but que leur interêt et leur utilité particuliere ,
et qu'une pareille exclusion ne pouvoit être que
deshonorable à la République et tendre à sa totale
ruine . Comme lesdites Puissances ne laissoient
pas de continuer leurs Instances à ce sujet
, je m'apperçûs bien- tôt qu'on avoit dessein
d'enfoncer le Poignard dans le sein de notre -
berté . J'écrivis pour cet effet au nom de la République
, representée par ceux que les deux Na-
Lions avoient nommés à la Diette de Convoca-
I. Vol. tion
2708 MERCURE DE FRANCE
tion , pour me servir de conseil , à toutes le
Cours de l'Europe , pour les prier de ne pas per
mettre qu'on opprimâ: la Répub ique , d'envoir
des Ministres à S. M 1. et à l'Illustrissime Czarine
pour leur representer que nout ctions une
Nution libre que nous ne dépen tions de personne
, que nous ne permettrions jamais qu'on
donna: Pexclusion , les pliant de se désister de
leurs Instances à ce sujet , et de ne pas se mêlet
de notre Election qui ne dépend que de nous
seuls .
Le jour de l'ouverture de la Diette d'Election
étant venu , je n'eus en vue que l'exacte exécution
des Loix établies dans la Diette de Convocation
, en ce qui regarde l'Election et le maintien
inviolable de la liberté de la Patrie , les commencemens
de cette Diette furent fort paisibles,
et le Maréchal fut élû en peu de jours ; mais cette
tranquilité ne , dura guere ; les esprits s'échaufferent
à la nouvelle de l'entrée des Russiens
dans le Royaume , certifiée et affirmée par le
Chancelier et Régimentaire de Lithuanie toute
l'Assemblée en fut troublée , on fut surpris de
la conduite du Régimentaire en cette occasion ,
et après plusieurs Discours qui ne pouvoient lui
être agréables , on résolut de ne rien négliger
pour découvrir ceux qui avoient appellé les Russiens
dans le Royaume .
·
La peur ayant saisi le Régimentaire , apparemment
par un remords de conscience , il quitta
le Champ Electoral, sans faire aucune protes-
Lation et se retira à Praage,
-On lui envoya des Députez pour demander la
cause de sa Retraite ; sa réponse fut que sa Retraite
ne troubleroit en aucune maniere l'Elec
tion .
I. Vol. Peu
DECEMBRE . 1733. 2709
Peu de jours après, les Etats dresserent un Manifeste
contre ceux qui avoient appellé les Kussiens
dans le Royaume. Nous résolumes là - dessus
de proceder incessament à l'Election ,
selon
la teneur de la Constitution de la Diette de Convocation
, qui porte que l'Election se feroit dans
le terme le plus court qu'il seroit possible , mais
qu'au cas qu'elle ne se pût faire si- tôt qu'on le
souhaiteroit , la Diette ne dureroit neanmoins
que six semaines.
·
Avant que de proceder à l'Acte d'Election je
parcourus , à Cheval , selon le Cérémonial , les
Palatinats , les Starosties et les Districts assemblez
, pour
leur demander quel Roy ils souhaitoient
, et pour leur notifier en même temps
que la Proclamation se feroit le lendemain . Pendant
que j'en faisois le tour , on n'entendit
crier par tout que Vive le Roy Stanislas. Je conviens
cependant qu'il paroissoit qu'il y en avoit
quelques- uns qui y étoient contraires , ceux - cy
se retirreent dans leurs Quartiers, apparemment
pour y dresser le Niepozvalam.
Le lendemain j'achevai le tour des Palatinats , *
Starosties et Districts , je fus obligé dele faire à
pied , mon Cheval étant devenu ombrageux
par les cris réiterez de Vive le Roy Stanislas . Ces
cris se redoublerent avec tant de zéle que je ne
pus m'empêcher de me conformer aux pressantes
Instances de l'Assemblée , et de proceder incessamment
à la nomination du Roy ; mais
avant que de le faire, je déclarai absens ceux qui
s'étoient rendus à Praage ; et comme il ne paroissoit
personne pour contre- dire , car les uns se
tûrent , les autres partirent pour leurs Terres .
parmi ces derniers , le Staroste Opoczynski
1. Vol. ᏗᏤ gu
H
2710 MERCURE DE FRANCE
qui m'assura par une Lettre , qu'il s'étoit retiré
sans contradiction .
Je procedai , en vertu de ma Charge , à la no
mination du Roy , mais je fus interrompu park:
S.Kamienski, Capitaine du District de Krziemit,
dans le Palatinat de Vobhinie , qui me présenta
son Niepozwalam , ce qui m'obligea à garder k
silence pendant quelque temps , jusqu'à ce que
s'étant enfin désisté de sa contradiction , je pro
clamé le Serenissime Roy Stanislas , à present
regnant , sans aucune opposition , dont Dieu ,
qui connoît ce qu'il y a de plus caché dans nos
coeurs , est le témoin , ainsi que le Peuple , con
sistant en plus de 100 Enseignes , et criant una
nimement et sans cesse ; Vive le Roy Stanislas,
Je regarde comme un bonheur particulier d'
voir proclamé pour Roy , celui que des Nation
envieuses ont voulu exclure du Trône ; car
elles avoient réussi dans leur dessein , c'éto
fait à jamais de notre liberté , on nous auro
toujours forcé à élire un Roy à leur gré.
Voilà le récit sincere et veritable de tout
qui s'est passé à l'égard de l'Election de not
Roy , cependant , quelqu'unanime et légitin
qu'ait été cette Election , il se trouve de fau
Freres qui la révoquent en doute ; ils osent avar
cer qu'elle n'a été faite qu'en violant la liberté
et par là , ainsi que par toute la conduite qu'i
ont tenue depuis leur retraite à Praage , ils for
voir évidemment qu'ils ont appellé les Russier
dans le Royaume , ce qui les rend coupables e
tant de sang innocent qui sera peut- être vers
Mais supposé qu'il se soit trouvé quelques Pa
sonnes d'un sentiment opposé , le nombre e
étoit tres- petit , et elles n'ont paru que le jo
I.Vel
.qu'o
DECEMBRE. 1732. 2711
qu'on annonçoit au Peuple la prochaine Election
fixée au lendemain , et non le jour de la nomination
du Roy , qui , selon les Loix ou l'usage
ne se fait jamais à Cheval , mais dans les Tran
chées ou Quartiers préparez pour cet effet , et
où il étoit libre encore à ceux qui vouloient contredire
, d'exhiber leur Niepozvalam.
Les Ennemis du Roy voulant exécuter les pernicieux
desseins qu'ils avoient tramez à Praage ,
allérent joindre les Russiens , et formérent entr'eux
une prétendue République, ou, pour mieux
dire ,un Complot tumultueux de gens qui s'é
tant déclarez eux - mêmes Ennemis de la Patrie ,
en conséquence du Manifeste qu'ils avoient signé
, ne cherchent qu'à renverser la liberté , en
opprimant la veritable et innocente République.
Ce qu'il y a de plus déplorable , c'est qu'il se
trouve parmi eux des Apôtres du Seigneur , des
Evêques , qui comme Judas , trahissent leur propre
Mere , c'est- à- dire , leur Patrie. Ce sont ces.
Evêques qui coupables d'un triple parjure endure
cissent encore davantage les coeurs des Seigneurs
séculiers , en autorisant leur témérité ,
en leur faisant accroire qu'elle est juste et per
mise.
Les Opposans retournerent enfin à Praage ; Ils,
s'imaginoient que pourvu qu'ils pûssent proceder
à une nouvelle Election avant l'échéance des
six semaines que la Diette pouvoit durer , cette
Election seroit légitime ; mais ce terme n'ayant
point été établi comme une Loy , mais comme
une prolongation , au cas qu'on ne pût parvenir
plutôt à une Election , ne peut être regardé que
comme une chimere , puisque l'Election avoit
Jéja été faite légitimement et selon les Loix. Ils
crurent aussi que s'ils pouvoient se rendre sur
1
No I. Vol.
le Hij
2712 MERCURE DE FRANCE
le Champ Electoral , entre Varsovie et Vvola ,
leur Election seroit plus valide ; ils firent tous les
efforts imaginables , mais inutiles , afin d'y parvenir,
employant pour cet effet le fer et le feu.
Pendant ce temps-là on découvrit que les Ministres
de Russie et de Saxe entretenoient une
correspondance avec les Opposans; le Régimentaire
résolut là - dessus de les faire sortir de Varsovie,
et de les attaquer, en cas de refus , ce qu'il
fit , les Ministres Etrangers ne doivent jouir des
prérogatives du Droit des Gens , qu'aussi long.
temps qu'ils observent eux- mêmes les Loix qui
y sont attachéts.
Enfin les Opposans voyant qu'ils ne pouvoient
passer la Vistule , se retirerent dans un Bois , y
dressérent une espece de Kolo , et élurent un
Roy , mais quel Roy ? Un Etranger , un Prince
qui possede des Provinces hors du Royaume , et
qui a des Troupes sur pied , un Prince né d'une
Mere Luthérienne , un Prince enfin qui veut employer
ses Troupes pour réduire une Nation libre
, à une obéissance aveugle. Grand Dieu , à
quoi servent les Constitutions établies dans la
Diette de Convocation ? A quoi sert le serment
qu'on y a prêté ? A quoi sert cette Confédéra¬
tion si solemnelle, pour n'élire qu'un Piaste? &c.
Fait à Dantzick , le 10 Octobre 1733 .
Fermer
Résumé : MANIFESTE du Primat de Pologne.
En décembre 1733, le Primat de Pologne publie un manifeste pour répondre aux accusations portées contre lui concernant sa conduite pendant l'interrègne. L'auteur, J. Vel., réfute les insinuations selon lesquelles il aurait gouverné de manière intéressée et violé les droits de la République. Il affirme avoir agi dans l'intérêt du royaume, en conciliant les frères et en prenant des mesures avec l'approbation du Sénat et de la Noblesse. Il mentionne avoir envoyé des ministres aux cours voisines et avoir pris des mesures pour assurer la sécurité intérieure et extérieure du royaume. Le Primat décrit les événements entourant l'élection du roi, soulignant les débats initiaux et les efforts pour rétablir le calme. Il précise avoir écouté les avis des nonces et s'être conformé à leurs désirs. La principale résolution prise fut l'exclusion des Piastes du trône, confirmée par un serment. Il déclare avoir souhaité l'élection de Stanislas, mais sans préjudice pour la République. Il rejette les offres et menaces des puissances étrangères visant à influencer l'élection. Le manifeste détaille les actions entreprises pour maintenir la liberté de la Pologne et la légitimité de l'élection de Stanislas. Il mentionne les tentatives des opposants de contester l'élection et leur alliance avec les Russiens. Le Primat conclut en affirmant la légitimité de l'élection de Stanislas et en dénonçant les actions des opposants, qu'il qualifie de traîtres à la patrie. Un autre document, daté du 10 octobre 1733 et rédigé à Dantzick, dénonce un prince possédant des provinces en dehors du Royaume et ayant des troupes armées. Ce prince, né d'une mère luthérienne, souhaite utiliser ses troupes pour soumettre une nation libre à une obéissance aveugle. Le texte s'interroge sur l'utilité des constitutions établies lors de la Diète de Convocation, du serment prêté et de la solennelle confédération, qui semblent n'avoir servi qu'à élire un Piaste.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
511
p. 2712-2713
ALLEMAGNE.
Début :
Il a parû à Vienne sur la fin du mois dernier, un Decret, par lequel l'Empereur impose une [...]
Mots clefs :
Empereur, Clergé, Protestants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
La parû à Vienne sur la fin du mois dernier ,
un Decret , par lequel l'Empereur impose une
axe sur tous les biens fonds dans ses Etats héeditaires.
Les Protestans qui sont établis dans la hautë ,
sutriche et qui demandoient depuis long- temps
J.Vol.
DECEMBRE . 1733. 2713
la liberté d'en sortir , ont obtenu la permission
de se retirer en Hongrie ou en Transylvanie.
On leve actuellement deux Régimens de Dragons
, deux de Hussarts et huit d'Infanterie ,
dont quatre seront composez d'Allemans , deux
de Napolitains , et deux de Hongrois.
Le Clergé de la Basse Autriche doit fournir à
l'Empereur un don gratuit de deux millions ; on
compte que celui du Clergé de la Haute Autri
che sera de 600000. florins , et que quelques
Ordres Religieux en donneront 400000.
La parû à Vienne sur la fin du mois dernier ,
un Decret , par lequel l'Empereur impose une
axe sur tous les biens fonds dans ses Etats héeditaires.
Les Protestans qui sont établis dans la hautë ,
sutriche et qui demandoient depuis long- temps
J.Vol.
DECEMBRE . 1733. 2713
la liberté d'en sortir , ont obtenu la permission
de se retirer en Hongrie ou en Transylvanie.
On leve actuellement deux Régimens de Dragons
, deux de Hussarts et huit d'Infanterie ,
dont quatre seront composez d'Allemans , deux
de Napolitains , et deux de Hongrois.
Le Clergé de la Basse Autriche doit fournir à
l'Empereur un don gratuit de deux millions ; on
compte que celui du Clergé de la Haute Autri
che sera de 600000. florins , et que quelques
Ordres Religieux en donneront 400000.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En décembre 1733, un décret impérial a imposé une taxe sur les biens fonciers dans les États héréditaires de l'Empereur. Les protestants de Haute-Autriche ont obtenu la permission de se retirer en Hongrie ou en Transylvanie. Huit régiments, dont quatre allemands, deux napolitains et deux hongrois, ont été levés. Le clergé de Basse-Autriche a dû donner deux millions de florins à l'Empereur. Le clergé de Haute-Autriche et certains ordres religieux ont contribué respectivement 600 000 et 400 000 florins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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512
p. 2713-2714
ITALIE.
Début :
Le 24. Novembre, il parut à Rome un Bref par lequel le Pape accorde un Jubilé pour [...]
Mots clefs :
Empereur, Royaume de Naples, Subsides, Jubilé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 24. Novembre , il parut à Rome an Bref
Lpar lequel le Pape accorde un Jubilé pour
tous les Fideles de l'un et l'autre sexe de cette
Ville , qui pendant l'une des deux premieres se
maines de l'Avent , jeûneront le Mercredy , le
Vendredy et le Samedy , et qui - après s'étre
Confessez et avoir communié , visiteront au
moins une fois les Eglises de Saint Pierre
du Vatican , de S. Jean de Latran et de sainte
Marie Majeure , et feront quelques aumônes aux
vres , pour obtenir du Ciel l'extirpation de
ésie , la conversion des Infidelles er la Paix
Surope.
apprend de Venise , que l'Agent de la Czaen
cette Ville , avoit fait partir plusieurs
Ouvriers en Etoffes de Laine et de Soye pour
Petersbourg , et qu'il avoit eu ordre d'engager
des Families dont les Chefs soient en état d'éta →
blir diverses Manufactures dans les principales
Villes de Moscovie.
Le Comte de Froulay , Ambassadeur de France
auprès de la République ; arriva à Venise
I.
au
Да. Vol. Hiij com
2714 MERCURE DE FRANCE
commencement de ce mois , sur une Galere
de l'Etat de Genes,
On mande de Naples , que le Corps de Ville
s'étant assemblé le 11. de Novembre pour déliberer
sur les subsides demandez par l'Empereur ,
a résolu de lui accorder un million de florins , et
on a chargé un certain nombre des principaux
Bourgeois de chaque quartier de regler la répartition
de cette somme sur les habitans .
Le Prince de Sant-Angelo Impériali, Régent de
la Cour de la Vicairerie , a proposé à l'Empereur
de permettre à tous ceux qui ont été bannis du
Royaume de Naples, pour quelque cause que ce
soit , d'y revenir , à condition que chacun d'eux
payera une somme proportionnée à la faute pour
laquelle il a été condamné au bannissement , et
on prétend que ce projet , s'il est executé , produira
deux millions de ducats .
On a publié un Decret de S. M. I. par lequel
il est ordonné à tous les Seigneurs et Gentils
hommes qui ont des Charges ou des biens fonds
dans le Royaume , et qui sont absents , d'y ve
nir résider , sous peine de saisie de leurs revenus.
La Noblesse de cet Etat a offert à l'Empereur
de lui fournir 800. chevaux.pour la remonte de
sa Cavalerie.
Les dernieres Lettres de Naples , portent que
le Conseil Collateral attend la réponse de l'Empereur
aux Remontrances faites à S. M. I. sur
Timpuissance où ce Royaume se trouve de payer
les subsides demandez .
Il a été proposé aux plus fameux Négocians
de cette Ville , de fournir à l'Empereur des secours
d'argent , mais les offres qu'ils ont faites
jusqu'à present , ne produisent pas une somme
considerable,
E 24. Novembre , il parut à Rome an Bref
Lpar lequel le Pape accorde un Jubilé pour
tous les Fideles de l'un et l'autre sexe de cette
Ville , qui pendant l'une des deux premieres se
maines de l'Avent , jeûneront le Mercredy , le
Vendredy et le Samedy , et qui - après s'étre
Confessez et avoir communié , visiteront au
moins une fois les Eglises de Saint Pierre
du Vatican , de S. Jean de Latran et de sainte
Marie Majeure , et feront quelques aumônes aux
vres , pour obtenir du Ciel l'extirpation de
ésie , la conversion des Infidelles er la Paix
Surope.
apprend de Venise , que l'Agent de la Czaen
cette Ville , avoit fait partir plusieurs
Ouvriers en Etoffes de Laine et de Soye pour
Petersbourg , et qu'il avoit eu ordre d'engager
des Families dont les Chefs soient en état d'éta →
blir diverses Manufactures dans les principales
Villes de Moscovie.
Le Comte de Froulay , Ambassadeur de France
auprès de la République ; arriva à Venise
I.
au
Да. Vol. Hiij com
2714 MERCURE DE FRANCE
commencement de ce mois , sur une Galere
de l'Etat de Genes,
On mande de Naples , que le Corps de Ville
s'étant assemblé le 11. de Novembre pour déliberer
sur les subsides demandez par l'Empereur ,
a résolu de lui accorder un million de florins , et
on a chargé un certain nombre des principaux
Bourgeois de chaque quartier de regler la répartition
de cette somme sur les habitans .
Le Prince de Sant-Angelo Impériali, Régent de
la Cour de la Vicairerie , a proposé à l'Empereur
de permettre à tous ceux qui ont été bannis du
Royaume de Naples, pour quelque cause que ce
soit , d'y revenir , à condition que chacun d'eux
payera une somme proportionnée à la faute pour
laquelle il a été condamné au bannissement , et
on prétend que ce projet , s'il est executé , produira
deux millions de ducats .
On a publié un Decret de S. M. I. par lequel
il est ordonné à tous les Seigneurs et Gentils
hommes qui ont des Charges ou des biens fonds
dans le Royaume , et qui sont absents , d'y ve
nir résider , sous peine de saisie de leurs revenus.
La Noblesse de cet Etat a offert à l'Empereur
de lui fournir 800. chevaux.pour la remonte de
sa Cavalerie.
Les dernieres Lettres de Naples , portent que
le Conseil Collateral attend la réponse de l'Empereur
aux Remontrances faites à S. M. I. sur
Timpuissance où ce Royaume se trouve de payer
les subsides demandez .
Il a été proposé aux plus fameux Négocians
de cette Ville , de fournir à l'Empereur des secours
d'argent , mais les offres qu'ils ont faites
jusqu'à present , ne produisent pas une somme
considerable,
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Résumé : ITALIE.
Le 24 novembre, un bref papal annonça un Jubilé à Rome pour les fidèles pratiquant le jeûne, la confession, la communion, la visite de trois églises spécifiques et les aumônes. Ces actions visaient à éradiquer la peste, convertir les infidèles et instaurer la paix en Europe. À Venise, l'agent du tsar envoya des ouvriers et reçut l'ordre d'engager des familles pour établir des manufactures en Moscovie. Le Comte de Froulay, ambassadeur de France, arriva à Venise début novembre. À Naples, le corps de ville accorda un million de florins à l'Empereur et chargea des bourgeois de répartir cette somme. Le Prince de Sant-Angelo Impériali proposa de permettre aux bannis de revenir en payant une somme proportionnée à leur faute. Un décret impérial ordonna aux seigneurs absents de revenir résider dans le royaume. La noblesse offrit 800 chevaux pour la cavalerie impériale. Le Conseil Collateral attendait la réponse de l'Empereur aux remontrances sur les subsides. Des négociations avec les négociants pour fournir des secours d'argent à l'Empereur étaient en cours, mais les offres restaient modestes.
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513
p. 2715
ESPAGNE.
Début :
Le 7. de ce mois, à 7. heures du soir, le Roi, la Reine, le Prince et la Princesse de Asturies, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
E 7. de ce mois, à 7. heures du soir , le Roi,
la Réine , le Prince et la Princesse des Asturies
, arriverent en parfaite santé de l'Escurial au
Palais du Buen- Retiro , où les Infants s'étoient
rendus 2. heures auparavant.
On a reçû avis que les 25. Escadrons qui ont
eu ordre de passer en Italie , et qui ont pris leur
route par la France , marchoient avec beaucoup
de diligence , et que la premiere colomne étoit
déja arrivée aux environs d'Avignon.
E 7. de ce mois, à 7. heures du soir , le Roi,
la Réine , le Prince et la Princesse des Asturies
, arriverent en parfaite santé de l'Escurial au
Palais du Buen- Retiro , où les Infants s'étoient
rendus 2. heures auparavant.
On a reçû avis que les 25. Escadrons qui ont
eu ordre de passer en Italie , et qui ont pris leur
route par la France , marchoient avec beaucoup
de diligence , et que la premiere colomne étoit
déja arrivée aux environs d'Avignon.
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514
p. 2715-2717
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Au commencement de ce mois, plusieurs Gentilshommes allerent chez divers Habitans [...]
Mots clefs :
Prince de Galles, Reine, Roi, Palais de Sommerset, Appartement, Princesse, Grand chambellan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
U commencement de ce mois , plusieurs
bitans de Westminster , les prier de nommer
le Chevalier Charles Wager et M. Claiton ,
Membres du Parlement , mais la plupart de ceux
dont on briguoit les suffrages , répondirent qu'ils
ne pouvoient donner leurs voix à des personnes
qui avoient opiné dans la derniere cession du
Parlement pour l'établissement de l'Excise .
Le 18. Novembre à trois heures après midi, le
Prince d'Orange arriva à Londres de Greenwich,
dans un Berge du Roy et il débarqua au Quay
de la Tour, où il fut reçû par le Comte de Leices
ter , qui en est Gouverneur , et par plusieurs autres
Seigneurs ; il monta ensuite dans les Carrosses
de S. M. accompagné de M. Horace Walpool
, du Comte d'Albermarle , et de M. Dun
can , il se rendit au Palais de Sommerset . Peu de
temps après son arrivée , le Roy , la Reine , le
Prince de Galles , le Duc de Cumberland , et les
cinq Princesses P'envoyerent complimenter , er
la plupart des Conseillers du Conseil Privé , allerent
le saluer.
Hiiij Le
2716 MERCURE DE FRANCE
Le 19. au matin , ce Prince reçut la visite du
Prince de Galles et le Chevalier Clement Cotterel
, Maître des Céremonies , lui présenta les Ministres
Etrangers , les Grand- Officiers de la Couronne,
et les principaux Seigneurs, le même jour,
à une heure après midi , le Maître des Céremonies
le fut peendre dans les Garosses de S. M. et
le conduisit au Palais de S. James. Il fut reçû
à la descente du Carosse par un Ecuyer du Roy ,
au haut de l'Escalier par le Duc de Grafton ,
Grand- Chambellan de S. M. et par le Lord Harvey,
Vice-Chambellan , et dans la Chambre du
Lit , par le Lord Hinton , Gentilhomme de la
Chambre , qui l'introduisit dans le Cabinet de
S. M. les mêmes Officiers le conduisirent à l'Appartement
de la Reine , à l'entrée duquel il fut
reçû par le Comte de Grantham , Grand-Chambellan
de S. M. et par M. Cooke , Vice- Chambellan
, précedez de l'Ecuyer de la Reine. Il alla
ensuite à l'Appartement du Prince de Galles , ou
Ie Marquis de Carnarvon l'introduisit , et delà
à celui du Duc de Cumberland , où M. Points
Pintroduisit ; il retourna à l'Appartement de la
Reine , où L. M. et toute la Famille Royale , se
trouverent , et sur les trois heures il alla dîner au
Palais de Sommerzet.
Le lendemain il rendit une seconde visite à la
Reine , et de -là il fut reconduit au Palais de
Sommerset. Plusieurs Conseillers du Conseil Privé
et quelques Seigneurs , eurent l'honneur de
dîner avec lui. Ce Prince reçut les complimens
du Comte de Mentijo , Ambassadeur Extraor
dinaire du Roy d'Espagne ; et après avoir été
conduit pour la premiere fois à l'Appartement
de la Princesse Royale , il se rendit chez la Reine.
La fievre dont ce Prince a éte attaqué quel-
I. Vol.
ques
DECEMBRE. 1733. 2717
ques jours après son arrivée , et dont il est entierement
rétabli , a fait differer son Mariage
avec la Princesse Royale , qui ne sera celebré que
vers le 20. du mois prochain,
Le 11. de ce mois , vieux stile , Fête de S. André
, L. M. et les Princes et Princesses de la Famille
Royale , porterent , selon la coûtume , la
Croix de l'Ordre de S. André sur leurs habits
le Prince d'Orange en porta aussi une garnie do
diamans d'un prix considerable , dont le Roy lui.
fait présent à cette occasion.
M. Hop , Ministre de la République d'Hollande
en cette Cour , eut le lendemain une Audience
de S. M. à qui il donna part de la résolu
tion prise par les Etats Géneraux , de garder.
une exacte neutralité dans la conjoncture présen
te des affaires.
Le 9. de ce mois , le Baron de Starck , Envoyé
Extraordinaire du Duc de Holstein - Gottorp
, eut une Audience particuliere de L. M. er
l'on assure qu'il a demandé la Princesse Amelie
en mariage pour le Prince son Maître , qui a ré
solu de venir demeurer en Angleterre , s'il épouse
cette Princesse .
U commencement de ce mois , plusieurs
bitans de Westminster , les prier de nommer
le Chevalier Charles Wager et M. Claiton ,
Membres du Parlement , mais la plupart de ceux
dont on briguoit les suffrages , répondirent qu'ils
ne pouvoient donner leurs voix à des personnes
qui avoient opiné dans la derniere cession du
Parlement pour l'établissement de l'Excise .
Le 18. Novembre à trois heures après midi, le
Prince d'Orange arriva à Londres de Greenwich,
dans un Berge du Roy et il débarqua au Quay
de la Tour, où il fut reçû par le Comte de Leices
ter , qui en est Gouverneur , et par plusieurs autres
Seigneurs ; il monta ensuite dans les Carrosses
de S. M. accompagné de M. Horace Walpool
, du Comte d'Albermarle , et de M. Dun
can , il se rendit au Palais de Sommerset . Peu de
temps après son arrivée , le Roy , la Reine , le
Prince de Galles , le Duc de Cumberland , et les
cinq Princesses P'envoyerent complimenter , er
la plupart des Conseillers du Conseil Privé , allerent
le saluer.
Hiiij Le
2716 MERCURE DE FRANCE
Le 19. au matin , ce Prince reçut la visite du
Prince de Galles et le Chevalier Clement Cotterel
, Maître des Céremonies , lui présenta les Ministres
Etrangers , les Grand- Officiers de la Couronne,
et les principaux Seigneurs, le même jour,
à une heure après midi , le Maître des Céremonies
le fut peendre dans les Garosses de S. M. et
le conduisit au Palais de S. James. Il fut reçû
à la descente du Carosse par un Ecuyer du Roy ,
au haut de l'Escalier par le Duc de Grafton ,
Grand- Chambellan de S. M. et par le Lord Harvey,
Vice-Chambellan , et dans la Chambre du
Lit , par le Lord Hinton , Gentilhomme de la
Chambre , qui l'introduisit dans le Cabinet de
S. M. les mêmes Officiers le conduisirent à l'Appartement
de la Reine , à l'entrée duquel il fut
reçû par le Comte de Grantham , Grand-Chambellan
de S. M. et par M. Cooke , Vice- Chambellan
, précedez de l'Ecuyer de la Reine. Il alla
ensuite à l'Appartement du Prince de Galles , ou
Ie Marquis de Carnarvon l'introduisit , et delà
à celui du Duc de Cumberland , où M. Points
Pintroduisit ; il retourna à l'Appartement de la
Reine , où L. M. et toute la Famille Royale , se
trouverent , et sur les trois heures il alla dîner au
Palais de Sommerzet.
Le lendemain il rendit une seconde visite à la
Reine , et de -là il fut reconduit au Palais de
Sommerset. Plusieurs Conseillers du Conseil Privé
et quelques Seigneurs , eurent l'honneur de
dîner avec lui. Ce Prince reçut les complimens
du Comte de Mentijo , Ambassadeur Extraor
dinaire du Roy d'Espagne ; et après avoir été
conduit pour la premiere fois à l'Appartement
de la Princesse Royale , il se rendit chez la Reine.
La fievre dont ce Prince a éte attaqué quel-
I. Vol.
ques
DECEMBRE. 1733. 2717
ques jours après son arrivée , et dont il est entierement
rétabli , a fait differer son Mariage
avec la Princesse Royale , qui ne sera celebré que
vers le 20. du mois prochain,
Le 11. de ce mois , vieux stile , Fête de S. André
, L. M. et les Princes et Princesses de la Famille
Royale , porterent , selon la coûtume , la
Croix de l'Ordre de S. André sur leurs habits
le Prince d'Orange en porta aussi une garnie do
diamans d'un prix considerable , dont le Roy lui.
fait présent à cette occasion.
M. Hop , Ministre de la République d'Hollande
en cette Cour , eut le lendemain une Audience
de S. M. à qui il donna part de la résolu
tion prise par les Etats Géneraux , de garder.
une exacte neutralité dans la conjoncture présen
te des affaires.
Le 9. de ce mois , le Baron de Starck , Envoyé
Extraordinaire du Duc de Holstein - Gottorp
, eut une Audience particuliere de L. M. er
l'on assure qu'il a demandé la Princesse Amelie
en mariage pour le Prince son Maître , qui a ré
solu de venir demeurer en Angleterre , s'il épouse
cette Princesse .
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En novembre 1733, des citoyens de Westminster ont refusé de nommer le Chevalier Charles Wager et M. Claiton au Parlement en raison de leur soutien à l'Excise. Le 18 novembre, le Prince d'Orange est arrivé à Londres depuis Greenwich et a été accueilli par le Comte de Leicester et d'autres seigneurs. Il a ensuite été conduit au Palais de Somerset, où il a reçu les compliments du roi, de la reine, du Prince de Galles, du Duc de Cumberland et des princesses. Le lendemain, il a rencontré le Prince de Galles, les ministres étrangers, les grands officiers de la couronne et les principaux seigneurs. Le Prince d'Orange a ensuite été conduit au Palais de Saint James, où il a été reçu par divers dignitaires et a rencontré la famille royale. La fièvre contractée par le Prince d'Orange a retardé son mariage avec la Princesse Royale, prévu pour le 20 décembre. Le 11 décembre, la famille royale a porté la croix de l'Ordre de Saint André, le Prince d'Orange ayant reçu une croix garnie de diamants offerte par le roi. M. Hop, ministre de la République d'Hollande, a informé le roi de la décision des États Généraux de maintenir une neutralité stricte. Le 9 décembre, le Baron de Starck a demandé la main de la Princesse Amélie pour le Prince de Holstein-Gottorp.
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515
p. 2717-2724
ARMÉE D'ITALIE. Siege et Prise de Pizzigithone.
Début :
Le Roy de Sardaigne étant parti de Pavie à la tête de son Armée, pour s'avancer sur la [...]
Mots clefs :
Roi de Sardaigne, Marquis, Tranchée, Lieutenant général, Adda, Grenadiers, Brigadier, Régiment, Pizzighettone, Compagnies, Armées du roi, Siège de Pizzighettone
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texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ITALIE. Siege et Prise de Pizzigithone.
ARMEE D'ITALIE.
f
Siege et Prise de Pizzigitbone.
La Rue de son aimée ,pou paavancersur la
E Roy de Sardaigne étant parti de Pavie à
Riviere d'Adda , arriva au Camp de Malleo ,
sous Pizzighitone , le to. Novembre après midi,
et le lendemain il fit investir Gerra d'Adda * par
* C'est un Fort couronné de trois Bastions et de
deux demi Lunes , séparé du corps de la Place de
Pizzighitone , par la Riviere d'Adda.
I. Vola
Hv 24.
2718 MERCURE DE FRANCE
24. Compagnies de Grenadiers et neuf Escadrons
de Cavalerie et de Dragons , commandez par le
Marquis de Maillebois , Lieutenant General.
Le 11. le Maréchal Duc de Villars arriva
les cinq heures du soir au Camp , et il alla rendre
ses respects au Roy de Sardaigne , avec le
quel il eut une longue Conférence Les jours
suivans on s'occupa à préparer tout ce qui étoit
néccessaire pour former le Siege de Gerra- d'Adda
, et à établir par des Ponts sur l'Adda, la communication
avec les Troupes qui étoient de l'autre
côté de cette Riviere, vis- à- vis de Pizzighitone ;
on travailla en même- temps à creuser un Canal
pour l'écoulement des eaux que les Ennemis
avoient retenues dans le dessein de s'en servir
pendant le Siege pour inonder la Tranchée.
La nuit du 17. au 18. le Marquis d'Alsfeld ,
Lieutenant General , le Marquis de Sandricourt ,
Maréchal de Camp , et le Marquis de Louvigny,
Brigadier , firent ouvrir la Tranchée avec 1000.
Travailleurs , soutenus par deux Bataillons du
Régiment des Gardes de Rebinder , par les Régimens
Dauphin , d'Anjou , du Maine , et par celui
de Savoye. Les travaux dont les Ennemis
n'eurent connoissance que deux heures après
qu'ils eurent été commencez , furent fort avancez
cette nuit.
Le 8. à dix heures du matin , le Marquis de
Coigny , Lieutenant General , M. d'Affry , Ma
réchal de Camp , et le Marquis de Boissieux ,
releverent la Tranchée avec le Régiment de Picardie
, celui de la Sarre , et quatre Compagnies
de Grenadiers des Régimens de la Reine , d'Orleans
, de Bourbon , et du Régiment des Fusiliers
de Savoye , et un Détachement de 100. Dragons
des Régimens de la Reine et Dauphin. Les
I. Vol . 800.
77 DECEMBR
E. 1733. 2719
8oo. Travailleurs commandez ce jour-là per
fectionnerent la Tranchée , dont la seconde pa
raltele avoit été avancée la veille jusqu'à jo
toises du chemin couvert. His firent une communication
entre la Tranchée de la droite et celle
de la gauche , et on commença ce jour-là l'établissement
de deux batteries , chacune de 15.
pieces de Canon.
Le soir vers les neuf heures , les Ennemis ten
terent de faire une sortie sur la gauche , mais
ils furent repoussez par les Grenadiers , qui les
obligerent de se retirer avec précipitation dans
le Chemin couvert , et malgré le grand feu de
deur Canon et de leur Mousqueterie , il n'y eut
que deux hommes de tuez et cinq blessez.
Le 19. le Comte de Broglio , Lieutenant General
, le Comte de Chatillon , Maréchal de
Camp et le Comte de Valence , Brigadier , rele
verent la Tranchée avec les Régimens de Cham .
pagne et Royal- Roussillon , deux Compagnies
de Grenadiers du Régiment du Roy , une de ce
lui de Souvré , et une de Riedeman Piedmontois,
Le Prince Charles de Lorraine , Lieutenant
General, le Duc d'Harcourt , Maréchal de Camp
et le Marquis de Lautrec , Brigadier , ont monté
la Tranchée le 20. avec les Régimens d'Auver
gne et de Condé , une Compagnie de Grenadiers
du Régiment des Gardes du Roy de Sardaigne
et trois des Régimens de Louvigny , de S. Simon
et de Medoc .
Le 21 la Tranchée fut relevée par le Marquis
de Ravignan , Lieutenant General , par le
Marquis d'Aix , Officier General dans les Trou
pes du Roy de Sardaigne, et par M. de Cadeville,
Brigadier des Armées du Roy, avec les 4. Batail
lons du Régiment du Roy , deur Compagnies
AI. Vol.
de Hvj
2720 MERCURE DE FRANCE
de Grenadiers du Régiment de Picardie , une
de celui de la Sarre , et une du Régiment de Re
bender.
Le 22 , le Marquis de Savines , Lieutenant General
, le Marquis de Sandricourt , Maréchal de
Camp , et le Marquis de Clermont , Brigadier
des Armées du Roy de Sardaigne , monterent la
Tranchée avec les Régimens Dauphin et de
Bourbon , et 4 Compagnies de Grenadiers des
Régimens de Champagne , du Maine et de
Luxembourg
Les travaux furent vigoureusement poussez
pendant les deux nuits suivantes. On avança la
troisiéme et la quatrième Paralleles à 35 toises
du Chemin couvert, et il n'y cut que s.pt hommes
de tuez ou blessez . Le 23 , le Marquis de
Cadrieux , Lieutenant Général , et le Marquis de
Louvigny monterent la Tranchée avec les Régimens
d'Anjou et de Médoc , et quatre Compagnies
de Grenadiers des Régimens d'Auvergne
, de Souvré , de Condé , et du Régiment de
Savoie.
La nuit du 23 au 2+ , le Roy de Sardaigne fit
attaquer le Chemin couvert de Getra - d'Adda ;
les Ennemis en furent chassez ; nos Troupes y
établirent leur logement malgré le feu des Assiégez
qui fut tres - vif pendant toute l'action ,
dans laquelle il y eut trois Capitaines de Grenadiers
tuez ou blessez , zo hommes de tuez es
11 de blessez .
Le 24 , la Tranchée fut relevée par le Comte
de Beuil , Lieutenant General , et par le Marquis
de Boissieux , Brigadier , avec les Régimens
de Souvré et de Tessé. On travailla ce jour-là à
periectionner les Ouvrages et on acheva la
Communication avec les deux Angies.
'I. Val. M.
DECEMBRE. 1733. 2722
M. de Contade , Lieutenant Général , et le
Marquis de Lautrec , Brigadier , releverent la
Tranchée le 25 avec les Régimens de la Reine e
de Nivernois , on contmua à préparer une Bat
terie sur le Glacis , pour battre en bréche , et à
y conduiré le Canon , et ce fut - ià , en donnant
les ordres pour le faire avancer , que le Chevalier
Dempser , Général de l'Artillerie du Roy de
Sardaigne fut tué près du Pont fait sur l'avant
fossé , lorsqu'on avoit attaqué le Chemin cou
vert.
Le 26, le Marquis d'Entréves , Lieutenant Gé•
néral des Armées da Roy de Sardaigne , et M.de
Cadeville , Brigadier des Armées du Roy , monterent
la Tranchée , qui fut relevée le 27 , par le
Marquis de Maillebois , Lieutenant Géneral , et
par le Marquis de Clermont , Brigadier des Armées
du Roy de Sardaigne. La Batterie de 11
Piéces de Canon , à laquelle on travailloit depuis
quelques jours , fut entierement établie
cette nuit et elle battit en bréche .
On fit pendant la même nuit , l'ouverture de
la Contrescarpe sur la droite , et la desconte du
Fossé se trouva si avancée le lendemain ào
heures du matin , que les Assiégez battirent la
Chamade dans le moment que le Marquis d'Asfeld
et le Marquis de Louvigny relevoient la
Tranchée avec trois Bataillons du Régiment de
Picardie , et deux Compagnies de Grenadiers
des Régimens de Tessé er de Nivernois .
Les Otages ayant été envoyez de part et d'autre
, le Roy de Sardaigne , et le Maréchal de
Villars se rendirent à la Tranchée pour écon
ter les propositions des Assiégez qui demande
rent qu'il leur fut permis de sortir de Gerra
d'Adda avec les honneurs de la Guerre , sans
I.Vd.
qu'il
2722 MERCURE DE FRANCE
qu'il fut libre aux Assiégeans d'attaquer Pizzi.
ghitone par ce côté , mais seulement par l'atta
que commencée de l'autre côté de l'Adda , où
la Tranchée avoit été ouverte le 23.
Leur proposition fut rejettée , et on leur répondit
qu'on ne recevoit aucune proposition sur
Gerra d'Adda , qu'à condition que Pizzighitone
se rendroit en même- temps.
Cette réponse ayant été portée au Gouver
neur , il consentit à rendre Gerra - d'Adda ; et à
l'égard de Pizzighitone , il fut convenu qu'il y
auroit une Tréve de deux jours , pour donner
le temps au Gouverneur d'envoyer à Mantouë
consulter le Prince de Wirtemberg sur ce qu'il
devoit faire.
L'Officier chargé de cette commission et qui
a été accompagné par le Marquis de Boissieux ,
rapporté qu'à son arrivée à Mantoue, le Prin
ce de Wirtemberg et les Officiers Generaux des
Troupes de l'Empereur , avoient tenu un Con
seil de Guerre , dont le résultat avoit été de
mander au Gouverneur de Pizzighitone de se
rendre le 16 Decembre.
Le Roy de Sardaigne et le Maréchal de Vil
Jars , informez de cette réponse , ont offert de
donner huit jours , et c'est à cette condition quela
Capitulation fut signée le 30 Novembre.
Le 2 de ce mois , M. de Contade , Lieutenant
General des Armées du Roy , fut détaché de
l'Armée avec six Bataillons des : Troupes Fran➜
çoises et un des Troupes du Roy de Sardaigne ,
pour aller se rendre maître du Château de Črés
mone , où les Impériaux avoient laissé un Dé--
tachement lorsqu'ils abandonnerent la Ville. La
Garnison de ce Château parut vouloir se deffendre
la nuit, du 3 ou 4 , mais le lendemain elle
capitula et se retira le même jour...
J. Vol. Le
DECEMBRE . 172. 2723
Le Roy de Sardaigne alla à Crémone , où H
coucha le 3 ; il en partit le lendemain pour se
rendre à Cazal- Major , d'où il doit aller à Sabionette
et à Bozolo , pour retourner le 8 aú
Camp devant Pizzighitone , et envoir sortit
la Garnison.
Les Troupes qui sont restées devant cette Pla
ce depuis la signature de la Capitulation , ontcontinué
, suivant ce qui avoit été convenu , à
faire des logemens sur la Contrescarpe ,et à placer
les Batteries , dont l'établissement fut fini le
quatre.
La Tranchée fut montée tous les jours , et relevée
jusqu'à la sortie de la Garnison de la Place.
Le Maréchal Duc de Villars est allé avec le
Roy de Sardaigne à Crémone , d'où il ira visiter
les bords de l'Oglio,
Le Comte de Boissieux , Brigadier , partit le 3 .
de ce mois avec 4 Bataillons et 2 Escadrons
pour s'emparer du Château de Trezzo , de celui
de Lecco , et du Fort de Fuentez.
La Garnison de Pizzighitone en sortit le 9 de
ce mois vers les 9 heures du matin , elle étoit
composée de 2000 hommes , lesquels conformé
ment à la Capitulation , signée le 30 du mois
dernier , se sont retirez à Mantoue avec 4 Canons
2 Mortiers et 4 Chariots couverts . On a
trouvé dans la Place 52 Pieces de Canon, 4 Mortiers
, et une grande quantité de Munitions de
Guerre , et de toute sorte de Provisions. Une
heure avant que la Garnison sortit , k Roy de´
Sardaigne entra dans la Ville . S. Men partit le
lendemain , et elle arriva le 11 à Milan.
و
les Troupes qui étoient devant Pizzighitone
commencerent le 9 à marcher pour s'y rendre.
On y avoit conduit dès le 4 , is Pieces de Ca
I. Volnon
2724 MERCURE DE FRANCE
1
non , et le reste de l'Artillerie y arriva peu après.
Le Marécbal Duc de Villars , après avoir séjourné
que ques jours à Crémone , s'est avancé
vers l'Oglio , et il a visité tous les Postes qui ont
été établis sur cette Riviere , il s'est rendu le 8 à
Sabionette , où il a eu une conférence avec le
Comte de Montemar , Capitaine General des Armées
du Roy d'Espagne , et il a couché le même
jour à Bezzole , d'où il est attendu à Milan .
Le Comte de Boissieux s'est emparé du Château
et de la Ville de Trezzo .
Les avis reçus du Trentin portent que l'Evêque
de Trente avoit fait prendre les Armes à la
Milice du Païs de son obéissance ; que cette Mi
lice étoit commandée par le Comte de wolchenstein
, et qu'elle étoit en marche pour aller joindre
le Corps de Troupes Impériales , que comman
de le General Rost.
f
Siege et Prise de Pizzigitbone.
La Rue de son aimée ,pou paavancersur la
E Roy de Sardaigne étant parti de Pavie à
Riviere d'Adda , arriva au Camp de Malleo ,
sous Pizzighitone , le to. Novembre après midi,
et le lendemain il fit investir Gerra d'Adda * par
* C'est un Fort couronné de trois Bastions et de
deux demi Lunes , séparé du corps de la Place de
Pizzighitone , par la Riviere d'Adda.
I. Vola
Hv 24.
2718 MERCURE DE FRANCE
24. Compagnies de Grenadiers et neuf Escadrons
de Cavalerie et de Dragons , commandez par le
Marquis de Maillebois , Lieutenant General.
Le 11. le Maréchal Duc de Villars arriva
les cinq heures du soir au Camp , et il alla rendre
ses respects au Roy de Sardaigne , avec le
quel il eut une longue Conférence Les jours
suivans on s'occupa à préparer tout ce qui étoit
néccessaire pour former le Siege de Gerra- d'Adda
, et à établir par des Ponts sur l'Adda, la communication
avec les Troupes qui étoient de l'autre
côté de cette Riviere, vis- à- vis de Pizzighitone ;
on travailla en même- temps à creuser un Canal
pour l'écoulement des eaux que les Ennemis
avoient retenues dans le dessein de s'en servir
pendant le Siege pour inonder la Tranchée.
La nuit du 17. au 18. le Marquis d'Alsfeld ,
Lieutenant General , le Marquis de Sandricourt ,
Maréchal de Camp , et le Marquis de Louvigny,
Brigadier , firent ouvrir la Tranchée avec 1000.
Travailleurs , soutenus par deux Bataillons du
Régiment des Gardes de Rebinder , par les Régimens
Dauphin , d'Anjou , du Maine , et par celui
de Savoye. Les travaux dont les Ennemis
n'eurent connoissance que deux heures après
qu'ils eurent été commencez , furent fort avancez
cette nuit.
Le 8. à dix heures du matin , le Marquis de
Coigny , Lieutenant General , M. d'Affry , Ma
réchal de Camp , et le Marquis de Boissieux ,
releverent la Tranchée avec le Régiment de Picardie
, celui de la Sarre , et quatre Compagnies
de Grenadiers des Régimens de la Reine , d'Orleans
, de Bourbon , et du Régiment des Fusiliers
de Savoye , et un Détachement de 100. Dragons
des Régimens de la Reine et Dauphin. Les
I. Vol . 800.
77 DECEMBR
E. 1733. 2719
8oo. Travailleurs commandez ce jour-là per
fectionnerent la Tranchée , dont la seconde pa
raltele avoit été avancée la veille jusqu'à jo
toises du chemin couvert. His firent une communication
entre la Tranchée de la droite et celle
de la gauche , et on commença ce jour-là l'établissement
de deux batteries , chacune de 15.
pieces de Canon.
Le soir vers les neuf heures , les Ennemis ten
terent de faire une sortie sur la gauche , mais
ils furent repoussez par les Grenadiers , qui les
obligerent de se retirer avec précipitation dans
le Chemin couvert , et malgré le grand feu de
deur Canon et de leur Mousqueterie , il n'y eut
que deux hommes de tuez et cinq blessez.
Le 19. le Comte de Broglio , Lieutenant General
, le Comte de Chatillon , Maréchal de
Camp et le Comte de Valence , Brigadier , rele
verent la Tranchée avec les Régimens de Cham .
pagne et Royal- Roussillon , deux Compagnies
de Grenadiers du Régiment du Roy , une de ce
lui de Souvré , et une de Riedeman Piedmontois,
Le Prince Charles de Lorraine , Lieutenant
General, le Duc d'Harcourt , Maréchal de Camp
et le Marquis de Lautrec , Brigadier , ont monté
la Tranchée le 20. avec les Régimens d'Auver
gne et de Condé , une Compagnie de Grenadiers
du Régiment des Gardes du Roy de Sardaigne
et trois des Régimens de Louvigny , de S. Simon
et de Medoc .
Le 21 la Tranchée fut relevée par le Marquis
de Ravignan , Lieutenant General , par le
Marquis d'Aix , Officier General dans les Trou
pes du Roy de Sardaigne, et par M. de Cadeville,
Brigadier des Armées du Roy, avec les 4. Batail
lons du Régiment du Roy , deur Compagnies
AI. Vol.
de Hvj
2720 MERCURE DE FRANCE
de Grenadiers du Régiment de Picardie , une
de celui de la Sarre , et une du Régiment de Re
bender.
Le 22 , le Marquis de Savines , Lieutenant General
, le Marquis de Sandricourt , Maréchal de
Camp , et le Marquis de Clermont , Brigadier
des Armées du Roy de Sardaigne , monterent la
Tranchée avec les Régimens Dauphin et de
Bourbon , et 4 Compagnies de Grenadiers des
Régimens de Champagne , du Maine et de
Luxembourg
Les travaux furent vigoureusement poussez
pendant les deux nuits suivantes. On avança la
troisiéme et la quatrième Paralleles à 35 toises
du Chemin couvert, et il n'y cut que s.pt hommes
de tuez ou blessez . Le 23 , le Marquis de
Cadrieux , Lieutenant Général , et le Marquis de
Louvigny monterent la Tranchée avec les Régimens
d'Anjou et de Médoc , et quatre Compagnies
de Grenadiers des Régimens d'Auvergne
, de Souvré , de Condé , et du Régiment de
Savoie.
La nuit du 23 au 2+ , le Roy de Sardaigne fit
attaquer le Chemin couvert de Getra - d'Adda ;
les Ennemis en furent chassez ; nos Troupes y
établirent leur logement malgré le feu des Assiégez
qui fut tres - vif pendant toute l'action ,
dans laquelle il y eut trois Capitaines de Grenadiers
tuez ou blessez , zo hommes de tuez es
11 de blessez .
Le 24 , la Tranchée fut relevée par le Comte
de Beuil , Lieutenant General , et par le Marquis
de Boissieux , Brigadier , avec les Régimens
de Souvré et de Tessé. On travailla ce jour-là à
periectionner les Ouvrages et on acheva la
Communication avec les deux Angies.
'I. Val. M.
DECEMBRE. 1733. 2722
M. de Contade , Lieutenant Général , et le
Marquis de Lautrec , Brigadier , releverent la
Tranchée le 25 avec les Régimens de la Reine e
de Nivernois , on contmua à préparer une Bat
terie sur le Glacis , pour battre en bréche , et à
y conduiré le Canon , et ce fut - ià , en donnant
les ordres pour le faire avancer , que le Chevalier
Dempser , Général de l'Artillerie du Roy de
Sardaigne fut tué près du Pont fait sur l'avant
fossé , lorsqu'on avoit attaqué le Chemin cou
vert.
Le 26, le Marquis d'Entréves , Lieutenant Gé•
néral des Armées da Roy de Sardaigne , et M.de
Cadeville , Brigadier des Armées du Roy , monterent
la Tranchée , qui fut relevée le 27 , par le
Marquis de Maillebois , Lieutenant Géneral , et
par le Marquis de Clermont , Brigadier des Armées
du Roy de Sardaigne. La Batterie de 11
Piéces de Canon , à laquelle on travailloit depuis
quelques jours , fut entierement établie
cette nuit et elle battit en bréche .
On fit pendant la même nuit , l'ouverture de
la Contrescarpe sur la droite , et la desconte du
Fossé se trouva si avancée le lendemain ào
heures du matin , que les Assiégez battirent la
Chamade dans le moment que le Marquis d'Asfeld
et le Marquis de Louvigny relevoient la
Tranchée avec trois Bataillons du Régiment de
Picardie , et deux Compagnies de Grenadiers
des Régimens de Tessé er de Nivernois .
Les Otages ayant été envoyez de part et d'autre
, le Roy de Sardaigne , et le Maréchal de
Villars se rendirent à la Tranchée pour écon
ter les propositions des Assiégez qui demande
rent qu'il leur fut permis de sortir de Gerra
d'Adda avec les honneurs de la Guerre , sans
I.Vd.
qu'il
2722 MERCURE DE FRANCE
qu'il fut libre aux Assiégeans d'attaquer Pizzi.
ghitone par ce côté , mais seulement par l'atta
que commencée de l'autre côté de l'Adda , où
la Tranchée avoit été ouverte le 23.
Leur proposition fut rejettée , et on leur répondit
qu'on ne recevoit aucune proposition sur
Gerra d'Adda , qu'à condition que Pizzighitone
se rendroit en même- temps.
Cette réponse ayant été portée au Gouver
neur , il consentit à rendre Gerra - d'Adda ; et à
l'égard de Pizzighitone , il fut convenu qu'il y
auroit une Tréve de deux jours , pour donner
le temps au Gouverneur d'envoyer à Mantouë
consulter le Prince de Wirtemberg sur ce qu'il
devoit faire.
L'Officier chargé de cette commission et qui
a été accompagné par le Marquis de Boissieux ,
rapporté qu'à son arrivée à Mantoue, le Prin
ce de Wirtemberg et les Officiers Generaux des
Troupes de l'Empereur , avoient tenu un Con
seil de Guerre , dont le résultat avoit été de
mander au Gouverneur de Pizzighitone de se
rendre le 16 Decembre.
Le Roy de Sardaigne et le Maréchal de Vil
Jars , informez de cette réponse , ont offert de
donner huit jours , et c'est à cette condition quela
Capitulation fut signée le 30 Novembre.
Le 2 de ce mois , M. de Contade , Lieutenant
General des Armées du Roy , fut détaché de
l'Armée avec six Bataillons des : Troupes Fran➜
çoises et un des Troupes du Roy de Sardaigne ,
pour aller se rendre maître du Château de Črés
mone , où les Impériaux avoient laissé un Dé--
tachement lorsqu'ils abandonnerent la Ville. La
Garnison de ce Château parut vouloir se deffendre
la nuit, du 3 ou 4 , mais le lendemain elle
capitula et se retira le même jour...
J. Vol. Le
DECEMBRE . 172. 2723
Le Roy de Sardaigne alla à Crémone , où H
coucha le 3 ; il en partit le lendemain pour se
rendre à Cazal- Major , d'où il doit aller à Sabionette
et à Bozolo , pour retourner le 8 aú
Camp devant Pizzighitone , et envoir sortit
la Garnison.
Les Troupes qui sont restées devant cette Pla
ce depuis la signature de la Capitulation , ontcontinué
, suivant ce qui avoit été convenu , à
faire des logemens sur la Contrescarpe ,et à placer
les Batteries , dont l'établissement fut fini le
quatre.
La Tranchée fut montée tous les jours , et relevée
jusqu'à la sortie de la Garnison de la Place.
Le Maréchal Duc de Villars est allé avec le
Roy de Sardaigne à Crémone , d'où il ira visiter
les bords de l'Oglio,
Le Comte de Boissieux , Brigadier , partit le 3 .
de ce mois avec 4 Bataillons et 2 Escadrons
pour s'emparer du Château de Trezzo , de celui
de Lecco , et du Fort de Fuentez.
La Garnison de Pizzighitone en sortit le 9 de
ce mois vers les 9 heures du matin , elle étoit
composée de 2000 hommes , lesquels conformé
ment à la Capitulation , signée le 30 du mois
dernier , se sont retirez à Mantoue avec 4 Canons
2 Mortiers et 4 Chariots couverts . On a
trouvé dans la Place 52 Pieces de Canon, 4 Mortiers
, et une grande quantité de Munitions de
Guerre , et de toute sorte de Provisions. Une
heure avant que la Garnison sortit , k Roy de´
Sardaigne entra dans la Ville . S. Men partit le
lendemain , et elle arriva le 11 à Milan.
و
les Troupes qui étoient devant Pizzighitone
commencerent le 9 à marcher pour s'y rendre.
On y avoit conduit dès le 4 , is Pieces de Ca
I. Volnon
2724 MERCURE DE FRANCE
1
non , et le reste de l'Artillerie y arriva peu après.
Le Marécbal Duc de Villars , après avoir séjourné
que ques jours à Crémone , s'est avancé
vers l'Oglio , et il a visité tous les Postes qui ont
été établis sur cette Riviere , il s'est rendu le 8 à
Sabionette , où il a eu une conférence avec le
Comte de Montemar , Capitaine General des Armées
du Roy d'Espagne , et il a couché le même
jour à Bezzole , d'où il est attendu à Milan .
Le Comte de Boissieux s'est emparé du Château
et de la Ville de Trezzo .
Les avis reçus du Trentin portent que l'Evêque
de Trente avoit fait prendre les Armes à la
Milice du Païs de son obéissance ; que cette Mi
lice étoit commandée par le Comte de wolchenstein
, et qu'elle étoit en marche pour aller joindre
le Corps de Troupes Impériales , que comman
de le General Rost.
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Résumé : ARMÉE D'ITALIE. Siege et Prise de Pizzigithone.
Le texte décrit le siège et la prise de Pizzigitbone par l'armée du Roi de Sardaigne, soutenue par les forces françaises commandées par le Maréchal Duc de Villars. Le 10 novembre, le Roi de Sardaigne arriva au camp de Malleo près de Pizzigitbone et investit le fort de Gerra d'Adda, situé de l'autre côté de la rivière d'Adda. Les préparatifs inclurent la construction de ponts sur l'Adda et le creusement d'un canal pour drainer les eaux retenues par les ennemis. Les travaux de siège commencèrent la nuit du 17 au 18 novembre, avec l'ouverture de la tranchée par des travailleurs soutenus par plusieurs régiments. Malgré les tentatives de sortie des ennemis, divers officiers et régiments se relayèrent pour avancer les travaux. Le 23 novembre, le Roi de Sardaigne attaqua et prit le chemin couvert de Gerra d'Adda. Le 26 novembre, une batterie de 11 pièces de canon fut établie et ouvrit le feu sur les défenses ennemies. Le 28 novembre, les assiégés demandèrent à sortir avec les honneurs de la guerre, mais leur proposition fut rejetée à moins que Pizzigitbone ne se rende en même temps. Après consultation, le gouverneur de Pizzigitbone accepta de se rendre le 16 décembre. La capitulation fut signée le 30 novembre, et la garnison de Pizzigitbone sortit le 9 décembre, se retirant à Mantoue avec ses armes et provisions. Après la reddition, les troupes françaises et sardes continuèrent à renforcer les défenses et à établir des batteries. Le Maréchal Duc de Villars inspecta les postes sur l'Oglio et eut une conférence avec le Comte de Montemar. Le Comte de Boissieux s'empara de plusieurs châteaux et forteresses, tandis que des milices dans le Trentin se préparaient à rejoindre les troupes impériales.
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516
p. 2724-2727
LETTRE écrite du Camp de Milan, le 18 Decembre 1733. sur les détails des Siéges de Pizzighitone et du Château de Milan.
Début :
Voici tout ce que je puis faire, Monsieur, sur les détails que vous me demandez. [...]
Mots clefs :
Milan, Canon, Siège de Pizzighettone, Pizzighettone, Pièces de canon, Adda, Batterie, Chemin couvert
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite du Camp de Milan, le 18 Decembre 1733. sur les détails des Siéges de Pizzighitone et du Château de Milan.
LETTRE écrite du Camp de Milan , le
18 Decembre 1733. sur les détails des Siéges
de Pizzighitone et du Château de
Milan.
Voici tout ce que je puis faire , Monsieur, sur
les détails que vous me demandez.
Le 12 Novembre , l'Armée de France et celle
de Piémont , commandée par le Roy de Sardaigne,
arriva à Malet , à 1800 toises de Pizzighitone,
et cette Place fut investie les jours suivans
par 40 Bataillons et jo Escadrons ; on fit
deux Ponts de Batteaux sur l'Adda, pour la communication
de l'Armée.
Pizzighitone est divisé en deux par l'Adda ; la
partie qui est à la droite de cette Riviere , s'ap-
Pelle Gerra-d'Adda , et celle qui est à la gauche
I. Vol
ه ع
DECEMBRE. 1733. 2725
de Pizzighitone , où l'on se communique par un
Pont de Batteaux . La Riviere a 60 toises de lar--
ge de ce côté- là , et 7 à 8 pieds d'eau ; elle est
navigable comine la Seine. Pizzighitone est un
ancien Château où François I. tut d'abord mis
prisonnier , entouré d'un côté de Fossez pleins
d'eau et de l'autre par l'Adda. Cette Place a été
anciennement fortifiée ; et depuis dix ans , l'Empereur
y a fait faire des Bastions , Demi - Lunes ,
Contre - gardes , Chemins couverts , Glacis et
Avant- Fossez le tout entouré d'eau , qui forment
des inondations.
;
La Tranchée fut ouverte devant Pizzighitone,
la nuit du 17 au 18 Novembre , par 2000 Tra-,
vailleurs , soûtenus pars Batail.ons et 12 Compagnies
de Grenadiers qu'on avoit placez venire
terre , audevant des Travailleurs , commandez
par le Marquis d'Asfeld. On fit cette mit 2 Paralleles
, avec les Communications , contenant en
tout 1600 toises de long , qui furent achevez le
18. Les jours suivans on continua les travaux , de
sorte que le 20 au matin on s'approcha entiere
ment de la Place . Il y eut 24 piéces de Canon en
Batterie sur le Plateau des Francisquains , à 250
toises de la place ; et le 22 du même mois , il y
eut par augmentaton 8 Mortiers en batterie et
8 pieces de Canon de 12 livres de balle pour ti❤ .
rer à Ricochet.
Le 24 on s'ouvrit um passage à l'avant - Fossé
et on se logea sur les deux Angles saillans du
Chemin couvert du Bastion de l'attaque. On y
resta le 25 et le 26- ; Je 27 on plaça sur le Chemin
couvert une Batterie de 16 pieces de Canon ,
pour faire bréche aux endroits convenables.
La nuit du 27 au 28 , on passa le Fossé , où il
y avoit 8 pieds d'eau. Comme le Canon faisoit
I, Vol. Son
2725 MERCURE DE FRANCE
son effet et que les Bréches se formoient en plusieurs
endroits , la Garnison qui consistoit en s
Bataillons , faisant 1500 homines d'Infanterie ,
demanda à capituler. On a passé deux jours en
négociation , parce qu'il fallut aller à Mantouë ,
pour sçavoir les intentions du Gouverneur General
du Milanez, qui fut d'avis qu'on capitulât.
On leur accorda 8 jours , et la Garnison në sor .
tit que le 9 Decembre , avec tous les honneurs de
la Guerre ; sçavoir , 6 Chariots couverts , 4 Pieces
de Canon de 12 liv . de balle et 2 Mortiers .
On a trouvé dans la Place beaucoup de Munitions
de bouche , 45 Pieces de Canon , 4 Mor
tiers et 4000 Barils de Poudre.
Le Roy de Sardaigne et le Maréchal Duc de
Villars , se louent beaucoup de Mrs les Ingé
nieurs , de Mrs les Officiers d'Artillerie , et generalement
de toutes les Troupes , Officiers Generaux
, Subalternes et Soldats , qui marquene
tous une ardeur infinie.
M. de la Blottiere a commandé en chef pendant,
ce Siege , les Ingénieurs de France , et ceux
de Savoye , les premiers au nombre de 32 et les
autres de 16. Le Roy de Sardaigne et le Maréchal
Duc de Villars lui firent l'honneur de lui
témoigner beaucoup de satisfaction sur la prompte
reddition de Pizzighitone , dont on a été si
content à la Cour de France, que le Roy la nommé
le 8. de ce mois Brigadier de ses Armées ,
avec des Lettres de service de même darte ; il est
le seul de sa Promotion.
Nous sommes occupez à present à faire le Siege
du Château de Milan , dans lequel il y a environ
2000 hommes d'Infanterie et 150. pieces de
Canon , de l'eau dans les fossez et les Glacis
minez .
I. Vel. La
DECEMBRE . 1733. 2727
La Tranchée fut ouverte la nuit du 15. au 16 .
de ce mois par 2000. Travailleurs. Nous faisons
comme à Pizzighitone , beaucoup de diligence ,
et nous sommes aujourd'hui à huit heures du
matin au pied du Glacis , et à 35. toises de la
Palissade du Chemin couvert.
Nous aurons après demain 36. Pieces de Canon
en batterie et 8. Mortiers. Nous croyons
que ce même jour nous serons en état de faire
travailler les Mineurs pour découvrir les Mines
des Ennemis . Ils pourront travailler six jours et
six nuits , après quoi nous nous logerons sur le
Chemin couvert . Nous y placerons le Canon
nous ferons la descente et le passage du fossé ;
on se logera ensuite sur la Demi - Lune, & c . Toutes
ces Operations pourront nous mener jusqu'aux
premiers jours du mois prochain .
18 Decembre 1733. sur les détails des Siéges
de Pizzighitone et du Château de
Milan.
Voici tout ce que je puis faire , Monsieur, sur
les détails que vous me demandez.
Le 12 Novembre , l'Armée de France et celle
de Piémont , commandée par le Roy de Sardaigne,
arriva à Malet , à 1800 toises de Pizzighitone,
et cette Place fut investie les jours suivans
par 40 Bataillons et jo Escadrons ; on fit
deux Ponts de Batteaux sur l'Adda, pour la communication
de l'Armée.
Pizzighitone est divisé en deux par l'Adda ; la
partie qui est à la droite de cette Riviere , s'ap-
Pelle Gerra-d'Adda , et celle qui est à la gauche
I. Vol
ه ع
DECEMBRE. 1733. 2725
de Pizzighitone , où l'on se communique par un
Pont de Batteaux . La Riviere a 60 toises de lar--
ge de ce côté- là , et 7 à 8 pieds d'eau ; elle est
navigable comine la Seine. Pizzighitone est un
ancien Château où François I. tut d'abord mis
prisonnier , entouré d'un côté de Fossez pleins
d'eau et de l'autre par l'Adda. Cette Place a été
anciennement fortifiée ; et depuis dix ans , l'Empereur
y a fait faire des Bastions , Demi - Lunes ,
Contre - gardes , Chemins couverts , Glacis et
Avant- Fossez le tout entouré d'eau , qui forment
des inondations.
;
La Tranchée fut ouverte devant Pizzighitone,
la nuit du 17 au 18 Novembre , par 2000 Tra-,
vailleurs , soûtenus pars Batail.ons et 12 Compagnies
de Grenadiers qu'on avoit placez venire
terre , audevant des Travailleurs , commandez
par le Marquis d'Asfeld. On fit cette mit 2 Paralleles
, avec les Communications , contenant en
tout 1600 toises de long , qui furent achevez le
18. Les jours suivans on continua les travaux , de
sorte que le 20 au matin on s'approcha entiere
ment de la Place . Il y eut 24 piéces de Canon en
Batterie sur le Plateau des Francisquains , à 250
toises de la place ; et le 22 du même mois , il y
eut par augmentaton 8 Mortiers en batterie et
8 pieces de Canon de 12 livres de balle pour ti❤ .
rer à Ricochet.
Le 24 on s'ouvrit um passage à l'avant - Fossé
et on se logea sur les deux Angles saillans du
Chemin couvert du Bastion de l'attaque. On y
resta le 25 et le 26- ; Je 27 on plaça sur le Chemin
couvert une Batterie de 16 pieces de Canon ,
pour faire bréche aux endroits convenables.
La nuit du 27 au 28 , on passa le Fossé , où il
y avoit 8 pieds d'eau. Comme le Canon faisoit
I, Vol. Son
2725 MERCURE DE FRANCE
son effet et que les Bréches se formoient en plusieurs
endroits , la Garnison qui consistoit en s
Bataillons , faisant 1500 homines d'Infanterie ,
demanda à capituler. On a passé deux jours en
négociation , parce qu'il fallut aller à Mantouë ,
pour sçavoir les intentions du Gouverneur General
du Milanez, qui fut d'avis qu'on capitulât.
On leur accorda 8 jours , et la Garnison në sor .
tit que le 9 Decembre , avec tous les honneurs de
la Guerre ; sçavoir , 6 Chariots couverts , 4 Pieces
de Canon de 12 liv . de balle et 2 Mortiers .
On a trouvé dans la Place beaucoup de Munitions
de bouche , 45 Pieces de Canon , 4 Mor
tiers et 4000 Barils de Poudre.
Le Roy de Sardaigne et le Maréchal Duc de
Villars , se louent beaucoup de Mrs les Ingé
nieurs , de Mrs les Officiers d'Artillerie , et generalement
de toutes les Troupes , Officiers Generaux
, Subalternes et Soldats , qui marquene
tous une ardeur infinie.
M. de la Blottiere a commandé en chef pendant,
ce Siege , les Ingénieurs de France , et ceux
de Savoye , les premiers au nombre de 32 et les
autres de 16. Le Roy de Sardaigne et le Maréchal
Duc de Villars lui firent l'honneur de lui
témoigner beaucoup de satisfaction sur la prompte
reddition de Pizzighitone , dont on a été si
content à la Cour de France, que le Roy la nommé
le 8. de ce mois Brigadier de ses Armées ,
avec des Lettres de service de même darte ; il est
le seul de sa Promotion.
Nous sommes occupez à present à faire le Siege
du Château de Milan , dans lequel il y a environ
2000 hommes d'Infanterie et 150. pieces de
Canon , de l'eau dans les fossez et les Glacis
minez .
I. Vel. La
DECEMBRE . 1733. 2727
La Tranchée fut ouverte la nuit du 15. au 16 .
de ce mois par 2000. Travailleurs. Nous faisons
comme à Pizzighitone , beaucoup de diligence ,
et nous sommes aujourd'hui à huit heures du
matin au pied du Glacis , et à 35. toises de la
Palissade du Chemin couvert.
Nous aurons après demain 36. Pieces de Canon
en batterie et 8. Mortiers. Nous croyons
que ce même jour nous serons en état de faire
travailler les Mineurs pour découvrir les Mines
des Ennemis . Ils pourront travailler six jours et
six nuits , après quoi nous nous logerons sur le
Chemin couvert . Nous y placerons le Canon
nous ferons la descente et le passage du fossé ;
on se logera ensuite sur la Demi - Lune, & c . Toutes
ces Operations pourront nous mener jusqu'aux
premiers jours du mois prochain .
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Résumé : LETTRE écrite du Camp de Milan, le 18 Decembre 1733. sur les détails des Siéges de Pizzighitone et du Château de Milan.
En décembre 1733, une lettre du camp de Milan relate les sièges de Pizzighitone et du Château de Milan. Le 12 novembre, les armées française et piémontaise, sous le commandement du roi de Sardaigne, ont encerclé Pizzighitone avec 40 bataillons et 18 escadrons. La ville, protégée par l'Adda et fortifiée avec des bastions et des inondations, a vu les travaux de tranchée débuter le 17 novembre. Les assaillants ont rapidement progressé, atteignant les fossés et les chemins couverts le 24 novembre. Le 27 novembre, une batterie de 16 pièces de canon a été mise en place pour créer des brèches. La garnison, composée de 1500 hommes, a capitulé le 9 décembre après deux jours de négociations. La place contenait de nombreuses munitions et canons. Actuellement, les forces assiègent le Château de Milan, défendu par environ 2000 hommes et 150 pièces de canon. La tranchée a été ouverte le 15 décembre, et les travaux avancent rapidement. Les assaillants prévoient d'utiliser 36 pièces de canon et 8 mortiers, et de commencer des travaux de minage pour découvrir les mines ennemies. Les opérations devraient se poursuivre jusqu'aux premiers jours de janvier.
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517
p. 2727-2728
ESCADRE D'ESPAGNE.
Début :
L'Escadre composée de 12. Vaisseaux de guerre, partit de Barcelone le 29. de Novembre [...]
Mots clefs :
Escadre, Bâtiments, Transport, Bataillons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESCADRE D'ESPAGNE.
ESCADRE D'ESPAGNE.
'Escadre composée de 12. Vaisseaux de guer
re , partit de Barcelone le 29. de Novembre
dernier avec 28. Bâtimens de transport , ayant
été obligée par le vient contraire , de relâcher à
Toulon ; elle mouilla à la Rade le 3. de ce mois
après midi , et elle en partit le 6. pour se rendre
au Golphe de la Specia , où elle joindra 5. Vais
seaux de guerre Espagnols et plusieurs Bâtimens
de transport qui y sont arrivez avec 9. Bataillons .
L'Escadre qui a mouillé à la Rade de Toulon
est commandée par le Comte de Clavijo Les
Troupes qu'on y a embarquées à Barcelone ,
sont , quatre Bataillons des Gardes Espagnoles ,
quatre des Gardes Wallonnes , un du Régiment
Royal Artillerie , et trois autres Bataillons , er
elles sont commandées par le Marquis de Grazia
I. Vol. Real ,
2728 MERCURE DE FRANCE
Real, Lieutenant General des Armées de S. M. C.
et Major des Gardes Wallonnes , par le Marquis
de Lamina , Lieutenant General, et par huit Maréchaux
de Camp.Les 28 Bâtimens de transport
sont chargez de l'Artillerie et d'une grande
quantité de Munitions de guerre.
'Escadre composée de 12. Vaisseaux de guer
re , partit de Barcelone le 29. de Novembre
dernier avec 28. Bâtimens de transport , ayant
été obligée par le vient contraire , de relâcher à
Toulon ; elle mouilla à la Rade le 3. de ce mois
après midi , et elle en partit le 6. pour se rendre
au Golphe de la Specia , où elle joindra 5. Vais
seaux de guerre Espagnols et plusieurs Bâtimens
de transport qui y sont arrivez avec 9. Bataillons .
L'Escadre qui a mouillé à la Rade de Toulon
est commandée par le Comte de Clavijo Les
Troupes qu'on y a embarquées à Barcelone ,
sont , quatre Bataillons des Gardes Espagnoles ,
quatre des Gardes Wallonnes , un du Régiment
Royal Artillerie , et trois autres Bataillons , er
elles sont commandées par le Marquis de Grazia
I. Vol. Real ,
2728 MERCURE DE FRANCE
Real, Lieutenant General des Armées de S. M. C.
et Major des Gardes Wallonnes , par le Marquis
de Lamina , Lieutenant General, et par huit Maréchaux
de Camp.Les 28 Bâtimens de transport
sont chargez de l'Artillerie et d'une grande
quantité de Munitions de guerre.
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Résumé : ESCADRE D'ESPAGNE.
L'escadre d'Espagne, composée de 12 vaisseaux de guerre et 28 bâtiments de transport, a quitté Barcelone le 29 novembre pour le golfe de La Spezia. En raison du vent contraire, elle a dû s'arrêter à Toulon le 3 décembre et en est repartie le 6. À La Spezia, elle doit rejoindre 5 vaisseaux de guerre espagnols, plusieurs bâtiments de transport et 9 bataillons. L'escadre est commandée par le Comte de Clavijo. Les troupes embarquées à Barcelone incluent quatre bataillons des Gardes Espagnoles, quatre des Gardes Wallonnes, un du Régiment Royal d'Artillerie, et trois autres bataillons. Ces troupes sont sous les ordres du Marquis de Grazia, Lieutenant Général des Armées de Sa Majesté Catholique et Major des Gardes Wallonnes, du Marquis de Lamina, Lieutenant Général, et de huit Maréchaux de Camp. Les bâtiments de transport emportent de l'artillerie et une grande quantité de munitions de guerre.
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518
p. 2900-2901
POLOGNE.
Début :
Le Roy a fait publier un Decret par lequel S. M. accorde une Amnistie generale aux [...]
Mots clefs :
Moscovites, Général, Pologne, Roi, Décret, Troupes
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
E Roy a fait publier un Decret par lequel
5. M. accorde une Amnistie generale aux
Opposants , qui dans un terme prescrit lui rendront
l'hommage qu'ils lui doivent > et se joindront
à ses Troupes pour chasser les Moscovites
et les Saxons de la Pologne ; S. M. ajoute dans
ce Decret , que si après le terme qui est donné
aux Rebelles pour se soumettre,ils persistent dans
leur révolte , ils seront privez de tous les droits
de la Noblesse , et declarez infames , et que leurs
biens seront confisquez et leurs maisons rasées .
II. Vol. Plusieurs
Plusieurs des Opposans qui étoient restez à
Warsovie depuis que le General Lesci est allé
camper à Lowitz , ont profité du pardon qui
leur a été offert.
Les Moscovites souffrent toujours beaucoup
dans ce nouveau Camp qu'ils occupent , parce
que le Castellan de Czersko a ravagé tous les
environs de cette derniere Ville pour ôter aux
Ennemis les moyens de subsister , et qu'il n'a
pas même épargné les terres du Primat et les
siennes . Le Castellan, celui de Lublin et le "Comte
Pocci, Régimentaire de Lithuanie , sont toujours
près de Louwitz , et ils fatiguent par des
combats continuels les Moscovites qui sont
obligez d'être jour et nuit sur leurs gardes pour
se garantir des surprises . Les Castellans de Mariembourg
et de Plocko ne laissent pas plus
tranquilles les Troupes Saxones, qui depuis leur
entrée en Posnanie n'ont fait aucun mouvement
pour pénétrer plus avant dans le Royaume , er
il se passe peu de jour sans qu'on ait quelqu’-
avantage sur leurs détachements.
Le Comte Potocki Régimentaire de la Couronne
s'est retranché sur les bords de la Vistule ,
pour en disputer le passage aux Ennemts s'ils
marchent vers Cracovie. Quelques violences
que le General Lesci commette sur les Terres
des Seigneurs et des Gentilshommes attachez au
parti du Roy , aucun n'a trahi son devoir, et les
menaces de ce General, loin d'ébranler leur fidelité
, semblent augmenter leur empressement à
entrer dans la confédération faite par la Noblesse
des Palatinats de la Prusse Polonoise.
E Roy a fait publier un Decret par lequel
5. M. accorde une Amnistie generale aux
Opposants , qui dans un terme prescrit lui rendront
l'hommage qu'ils lui doivent > et se joindront
à ses Troupes pour chasser les Moscovites
et les Saxons de la Pologne ; S. M. ajoute dans
ce Decret , que si après le terme qui est donné
aux Rebelles pour se soumettre,ils persistent dans
leur révolte , ils seront privez de tous les droits
de la Noblesse , et declarez infames , et que leurs
biens seront confisquez et leurs maisons rasées .
II. Vol. Plusieurs
Plusieurs des Opposans qui étoient restez à
Warsovie depuis que le General Lesci est allé
camper à Lowitz , ont profité du pardon qui
leur a été offert.
Les Moscovites souffrent toujours beaucoup
dans ce nouveau Camp qu'ils occupent , parce
que le Castellan de Czersko a ravagé tous les
environs de cette derniere Ville pour ôter aux
Ennemis les moyens de subsister , et qu'il n'a
pas même épargné les terres du Primat et les
siennes . Le Castellan, celui de Lublin et le "Comte
Pocci, Régimentaire de Lithuanie , sont toujours
près de Louwitz , et ils fatiguent par des
combats continuels les Moscovites qui sont
obligez d'être jour et nuit sur leurs gardes pour
se garantir des surprises . Les Castellans de Mariembourg
et de Plocko ne laissent pas plus
tranquilles les Troupes Saxones, qui depuis leur
entrée en Posnanie n'ont fait aucun mouvement
pour pénétrer plus avant dans le Royaume , er
il se passe peu de jour sans qu'on ait quelqu’-
avantage sur leurs détachements.
Le Comte Potocki Régimentaire de la Couronne
s'est retranché sur les bords de la Vistule ,
pour en disputer le passage aux Ennemts s'ils
marchent vers Cracovie. Quelques violences
que le General Lesci commette sur les Terres
des Seigneurs et des Gentilshommes attachez au
parti du Roy , aucun n'a trahi son devoir, et les
menaces de ce General, loin d'ébranler leur fidelité
, semblent augmenter leur empressement à
entrer dans la confédération faite par la Noblesse
des Palatinats de la Prusse Polonoise.
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Résumé : POLOGNE.
Le roi de Pologne a publié un décret offrant une amnistie générale aux opposants, à condition qu'ils lui prêtent allégeance et rejoignent ses troupes pour expulser les Moscovites et les Saxons. Les réfractaires seront privés de leurs droits nobles, déclarés infâmes et leurs biens confisqués. Plusieurs opposants à Varsovie ont accepté cette amnistie. Les Moscovites, installés dans un nouveau camp, souffrent des destructions causées par le Castellan de Czersko, qui a ravagé les environs pour les priver de ressources. Les Castellans de Czersko, Lublin et le Comte Pocci harcèlent continuellement les Moscovites. Les Castellans de Mariembourg et de Plocko combattent les troupes saxones en Posnanie. Le Comte Potocki défend les rives de la Vistule pour empêcher les ennemis d'atteindre Cracovie. Malgré les violences du Général Lesci, les seigneurs et gentilshommes restent fidèles au roi et s'engagent dans la confédération de la noblesse des Palatinats de la Prusse Polonoise.
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519
p. 2901-2903
« On apprend en dernier lieu de Dantzick que la plus grande partie de la Noblesse des sept Palatinats [...] »
Début :
On apprend en dernier lieu de Dantzick que la plus grande partie de la Noblesse des sept Palatinats [...]
Mots clefs :
Nation, Roi, Électeur de Saxe, Royaume, Noblesse, Couronne
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texteReconnaissance textuelle : « On apprend en dernier lieu de Dantzick que la plus grande partie de la Noblesse des sept Palatinats [...] »
On apprend en dernier lieu de Dantzick que
la plus grande partie de la Noblesse des sept l'a-
II. Vol. G iij latinats
670.
latinats qui composent la grande Pologne , et
quelques autres Palatinats , sont entrez dans la
Confédération faite par ceux de la Prusse Polonoise.
La Cour du Roy augmente tous les jours,et il
y est arrivé depuis peu plusieursSeigneurs , du nomdesquels
sont les quatre Princes Sapieha , le
Comte Sapieha , qui a quitré la Moscovie où il
avoit été élevé par le Czar Pierre I. à la Digniré
de Feldt - Maréchal, les Princes Jean et Michel-
Czartorinski , les Palatins de Pomerelie , de Livonie,
et de Cujavie, les Castellans de Lubowski,
de Wilda , de Liominski , de Roznaczowiscxi ,
de Lubelski , et de Rokoczinzki , les Starostes
de Wisck , de Craczinski , de Sthum , de Schatowski
, de Buck , et de Ruzzeria.
On a publié un Decret par lequel le Roy
deffend à tous Gentilshommes de se trouver aux
prétendues Diettes particulieres convoquées par
M. Poninski au nom de l'Electeur de Saxe. S , M.
dit dans ce Decret qu'Elle n'est point venuë dans
le Royaume pour disputer la Couronne , mais
pour maintenir la liberté de la Nation , après
avoir fait un Parallele de la maniere dont on a
procedé à son Election , et de la violence avec
laquelle s'est faite la proclamation de l'Electeur
de Saxe , et après avoir comparé les Droits que
l'unanimité des suffrages de la Nation lui dondent
à la Couronne , avec ceux de cet Electeur,
qui n'étant appellé dans le Royaume que par un
petit nombre de rebelles , veut le conquerir par
la force des Armes , le Roy ajoute qu'il compte
que le zele de la Noblesse Polonoise pour la li
berté et pour l'honneur de la Nation , ne lui
permettra point d'obéir aux ordres d'un Prince
qui n'a point droit de lui en donner . S. M.
II. Vol. .finit
DECEMBRE. 1733. 2903.
finit en exhortant la Nation à ne point se laisser,
intimider par la grande puissance des Ennemis
et en lui promettant des secours qui surprendront
ceux qui avoient formé le projet d'assujettir
le Royaume.
la plus grande partie de la Noblesse des sept l'a-
II. Vol. G iij latinats
670.
latinats qui composent la grande Pologne , et
quelques autres Palatinats , sont entrez dans la
Confédération faite par ceux de la Prusse Polonoise.
La Cour du Roy augmente tous les jours,et il
y est arrivé depuis peu plusieursSeigneurs , du nomdesquels
sont les quatre Princes Sapieha , le
Comte Sapieha , qui a quitré la Moscovie où il
avoit été élevé par le Czar Pierre I. à la Digniré
de Feldt - Maréchal, les Princes Jean et Michel-
Czartorinski , les Palatins de Pomerelie , de Livonie,
et de Cujavie, les Castellans de Lubowski,
de Wilda , de Liominski , de Roznaczowiscxi ,
de Lubelski , et de Rokoczinzki , les Starostes
de Wisck , de Craczinski , de Sthum , de Schatowski
, de Buck , et de Ruzzeria.
On a publié un Decret par lequel le Roy
deffend à tous Gentilshommes de se trouver aux
prétendues Diettes particulieres convoquées par
M. Poninski au nom de l'Electeur de Saxe. S , M.
dit dans ce Decret qu'Elle n'est point venuë dans
le Royaume pour disputer la Couronne , mais
pour maintenir la liberté de la Nation , après
avoir fait un Parallele de la maniere dont on a
procedé à son Election , et de la violence avec
laquelle s'est faite la proclamation de l'Electeur
de Saxe , et après avoir comparé les Droits que
l'unanimité des suffrages de la Nation lui dondent
à la Couronne , avec ceux de cet Electeur,
qui n'étant appellé dans le Royaume que par un
petit nombre de rebelles , veut le conquerir par
la force des Armes , le Roy ajoute qu'il compte
que le zele de la Noblesse Polonoise pour la li
berté et pour l'honneur de la Nation , ne lui
permettra point d'obéir aux ordres d'un Prince
qui n'a point droit de lui en donner . S. M.
II. Vol. .finit
DECEMBRE. 1733. 2903.
finit en exhortant la Nation à ne point se laisser,
intimider par la grande puissance des Ennemis
et en lui promettant des secours qui surprendront
ceux qui avoient formé le projet d'assujettir
le Royaume.
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Résumé : « On apprend en dernier lieu de Dantzick que la plus grande partie de la Noblesse des sept Palatinats [...] »
En décembre 1733, des nouvelles de Dantzick signalent que la majorité de la noblesse des sept voïvodies de la Grande-Pologne et d'autres palatinats ont rejoint la confédération formée par la Prusse polonaise. La cour du roi s'est agrandie avec l'arrivée de plusieurs seigneurs, dont les princes Sapieha, les comtes Sapieha, les princes Czartorinski, ainsi que divers palatins et castellans de différentes régions. Un décret royal interdit aux gentilshommes de participer aux diètes particulières convoquées par Poninski au nom de l'Électeur de Saxe. Le roi affirme qu'il n'est pas venu pour disputer la couronne, mais pour maintenir la liberté de la nation. Il compare son élection, marquée par l'unanimité des suffrages, à la proclamation violente de l'Électeur de Saxe, soutenu par un petit nombre de rebelles. Le roi exhorte la noblesse à ne pas se laisser intimider par les ennemis et promet des secours pour surprendre ceux qui cherchent à assujettir le royaume.
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520
p. 2903-2904
ALLEMAGNE.
Début :
On apprend de Vienne que le 15. de ce mois le Comte de Preising et le baron de Morman, [...]
Mots clefs :
Empereur, Troupes, Vienne, Électeur de Bavière, Comte de Preysing, Baron de Morman
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAG N E.
N apprend de Vienne que le 15. de ce mois
e Comte de Preising et le Baron de Morman
, Ministres Plenipotentiaires de l'Electeur
de Baviere , reçuient de l'Empereur , au nom du
Prince leur Maître , l'investiture de l'Electorat
de Baviere et des autres Fiefs de l'Empire qu'il
possede.
Le 24. Decembre , il arriva à Vienne un Courier
dépêché par le Ministre de l'Empereur à
Constantinople , pour informer S. M. I. que
dans la derniere Audience qu'il avoit euë du
Grand Seigneur , S. H. lui avoit déclaré que
ses Troupes venoient de remporter une victoire,
complette sur les Persans , et que Thamas-Kouli-
Kan étoit actuellement renfermé avec les debris
de son Armée entre deux Montagnes , d'où il ne
pouvoit sortir qu'en se soumettant aux conditions
qu'il plairoit au Vainqueur de lui imposer.
L'Empereur a appris par le mêne Courier , que
le G. S. demandoit d'être instruit des Articles
du Traité conclu entre S. M. I. et la Czarine ,
laquelle lui avoit donné divers sujets de mécontentement
, sur tout en faisant entrer les Troupes
Moscovites dans la Pologne , au préjudice
du Traité de Pruth.
L'Electeur de Saxe , accompagné du Comte de
Sulkowski , son Grand Ecuyer , de M. Brulh ,
Minstre d'Etat , du Comte Flemming et de quelques
autres Seigneurs , partit de Dresde le 9 .
de
II. Vol.
Giiij ce
2904 MERCURE DE FRANCE
ee mois pour aller se mettre à la tête des Troupes
Saxonnes qui sont en Posnanie , prenant sa
route par la Bohéme.
N apprend de Vienne que le 15. de ce mois
e Comte de Preising et le Baron de Morman
, Ministres Plenipotentiaires de l'Electeur
de Baviere , reçuient de l'Empereur , au nom du
Prince leur Maître , l'investiture de l'Electorat
de Baviere et des autres Fiefs de l'Empire qu'il
possede.
Le 24. Decembre , il arriva à Vienne un Courier
dépêché par le Ministre de l'Empereur à
Constantinople , pour informer S. M. I. que
dans la derniere Audience qu'il avoit euë du
Grand Seigneur , S. H. lui avoit déclaré que
ses Troupes venoient de remporter une victoire,
complette sur les Persans , et que Thamas-Kouli-
Kan étoit actuellement renfermé avec les debris
de son Armée entre deux Montagnes , d'où il ne
pouvoit sortir qu'en se soumettant aux conditions
qu'il plairoit au Vainqueur de lui imposer.
L'Empereur a appris par le mêne Courier , que
le G. S. demandoit d'être instruit des Articles
du Traité conclu entre S. M. I. et la Czarine ,
laquelle lui avoit donné divers sujets de mécontentement
, sur tout en faisant entrer les Troupes
Moscovites dans la Pologne , au préjudice
du Traité de Pruth.
L'Electeur de Saxe , accompagné du Comte de
Sulkowski , son Grand Ecuyer , de M. Brulh ,
Minstre d'Etat , du Comte Flemming et de quelques
autres Seigneurs , partit de Dresde le 9 .
de
II. Vol.
Giiij ce
2904 MERCURE DE FRANCE
ee mois pour aller se mettre à la tête des Troupes
Saxonnes qui sont en Posnanie , prenant sa
route par la Bohéme.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le texte décrit deux événements diplomatiques et militaires. Le 15 du mois, le Comte de Preising et le Baron de Morman, représentants de l'Électeur de Bavière, ont reçu de l'Empereur l'investiture de l'Électorat de Bavière et des autres fiefs impériaux. Le 24 décembre, un courrier de Constantinople a informé l'Empereur que les troupes ottomanes avaient remporté une victoire complète sur les Persans, contraignant Thamas-Kouli-Kan à se soumettre. Le Grand Seigneur a également demandé des détails sur le traité entre l'Empereur et la Czarine, se plaignant de l'entrée des troupes moscovites en Pologne. Par ailleurs, l'Électeur de Saxe, accompagné de plusieurs dignitaires, a quitté Dresde le 9 du mois pour rejoindre ses troupes en Posnanie, passant par la Bohême.
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521
p. 2904
ITALIE.
Début :
Le 10. Decembre, la Congrégation établie pour examiner les moyens de remedier aux [...]
Mots clefs :
Corse, Rebelles, Attaquer, Détachement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 10. Decembre , la Congrégation établie
pour examiner les moyens de remedier aux
inconveniens des Asiles , et celle des Immunitez ,
s'assemblerent , et les Cardinaux qui composent
Pune et l'autre , résolurent , à la pluralité de
enze voix contre cinq , que les Sujets de l'Etat
Ecclesiastique qui ne sont pas de cette Ville et
qui auront commis quelque meurtre , pourroient
être pris par les Officiers de Justice , même dans
les Eglises où ils se seront retirez.
Les Rebelles de Corse recommencent leurs Actes
J'hostilité , et l'on a appris depuis peu à Genes ,
que soo. d'entr'eux avoient attaqué un Détachement
de so. Soldats qui alloient de Corse à
Rostino , et qu'après quelque résistance ils furent
obligez de ceder au nombre et du prendre la
fuite. Ces Lettres ajoûtent que les Rebelles avoient
attaqué un Convent où il y avoit un Détachement
de cent hommes,qu'ils avoient forcez de se
rendre et qu'ils avoient faits prisonniers de guerre
, contre ce qui avoit été convenu par les Artieles
de la Capitulation ; qu'après cette Expedition
ils avoient marché à Corse pour s'en
rendre maîtres , mais que la Garnison de ce
Château avoit fait une sortie sur eux , les avoit .
mis en fuite et leur avoit enlevé leurs bagages et
soutes leurs munitions.
E 10. Decembre , la Congrégation établie
pour examiner les moyens de remedier aux
inconveniens des Asiles , et celle des Immunitez ,
s'assemblerent , et les Cardinaux qui composent
Pune et l'autre , résolurent , à la pluralité de
enze voix contre cinq , que les Sujets de l'Etat
Ecclesiastique qui ne sont pas de cette Ville et
qui auront commis quelque meurtre , pourroient
être pris par les Officiers de Justice , même dans
les Eglises où ils se seront retirez.
Les Rebelles de Corse recommencent leurs Actes
J'hostilité , et l'on a appris depuis peu à Genes ,
que soo. d'entr'eux avoient attaqué un Détachement
de so. Soldats qui alloient de Corse à
Rostino , et qu'après quelque résistance ils furent
obligez de ceder au nombre et du prendre la
fuite. Ces Lettres ajoûtent que les Rebelles avoient
attaqué un Convent où il y avoit un Détachement
de cent hommes,qu'ils avoient forcez de se
rendre et qu'ils avoient faits prisonniers de guerre
, contre ce qui avoit été convenu par les Artieles
de la Capitulation ; qu'après cette Expedition
ils avoient marché à Corse pour s'en
rendre maîtres , mais que la Garnison de ce
Château avoit fait une sortie sur eux , les avoit .
mis en fuite et leur avoit enlevé leurs bagages et
soutes leurs munitions.
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Résumé : ITALIE.
Le 10 décembre, deux congrégations du Vatican se réunirent pour discuter des inconvénients des asiles et des immunités. Les cardinaux votèrent à onze voix contre cinq pour permettre l'arrestation des sujets de l'État ecclésiastique résidant hors de Rome et ayant commis un meurtre, même dans les églises. En Corse, les rebelles reprirent leurs actions hostiles. À Gênes, des rebelles attaquèrent un détachement de soldats en route vers Rostino, mais furent repoussés. Ils capturèrent ensuite un couvent abritant cent hommes, les prenant comme prisonniers de guerre, contrairement à la capitulation. Après cette attaque, les rebelles se dirigèrent vers la Corse, mais la garnison du château les repoussa, s'emparant de leurs bagages et munitions.
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522
p. 2905
ESPAGNE.
Début :
On écrit de Parme, que les 5000. hommes de Troupes Espagnoles, débarquez de Livourne, [...]
Mots clefs :
Troupes espagnoles, Exposition du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
N écrit de Parme , que les rooo. hommes
de Troupes Espagnoles , débarquez de Livourne
, sont arrivez dans les Etats de l'Infant
Don Carlos
Voici l'Exposition du Roy , que nous allons
donner dans sa Langue originale.
N écrit de Parme , que les rooo. hommes
de Troupes Espagnoles , débarquez de Livourne
, sont arrivez dans les Etats de l'Infant
Don Carlos
Voici l'Exposition du Roy , que nous allons
donner dans sa Langue originale.
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523
p. 2905-2913
NOTICIA al Embaxador del REY CATHOLICO en la Corte Britanica, de las razones que han obligado a su MAGESTAD Catholica à hacer la guerra al EMPERADOR.
Début :
Jamàs el Rey Catholico ha podido mirar con ojos imparciales, ò con tranquila indiferencia, [...]
Mots clefs :
Rey Católico, Emperador, Señor infante, Majestad, Corte de Viena, Rey británico
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOTICIA al Embaxador del REY CATHOLICO en la Corte Britanica, de las razones que han obligado a su MAGESTAD Catholica à hacer la guerra al EMPERADOR.
NOTICIA al Embaxador del REY
CATHOLICO en la Corte Britanica ,
de las razones que han obligado a su
MAGESTAD Catholica à hacer la
guerra al EMPERADOR.
J
:
Amás el Rey Catholico ha podido mirar con
ojos imparciales , ò con tranquila indiferen-
Cia , la extravagante sèrie de ultrages , y violen-'
tos procederes del Emperador , y Corte de Viena,
para ceñir con su oposicion la autorizada libertad
de la Republica de Polonia , dissimulado
el visible intento de quitarla , con el aparente
disfraz de mantenerla todo à fin de que no se
exalte en su Solio Soberano un Principe , en
quien resplandece tan intimo respetable enlace
con la Augusta Casa de Borbòn , de que es el
Rey Catholico parte tan principal ; ò hacer ,
que elegido , ò elevado , se precipite del Trono,
El silencio de su Magestad Catholica en los
emergentes de este caso , y desde la notoria denigrativa
exclusion de el Rey Stanislao , no explicaba
menos su justo sentimiento , que las publicas
declaraciones del Rey Christianissimo su
sobrino ; ni menos agitaban su Real animo los
agravios de la no sufrible ambicion de la Corte
II. Vol. GY d<
2906 MERCURE DE FRANCE
de Viena , que los generosos estimulos de su
pondonor. Creia , no obstante , su Mag. Catholica
, que no dexaria el Emperador de reflexionar
los riesgos de su escandalosa empressa , y
la imaginaria presumpcion de su superioridad ,
para desistir del contingente monstruoso intento
de chocar ciegamente en el escollo de la delicada
tolerancia de semejantes Potencias , siendo
en entrambas comunes los agravios , y unos
mismos los impulos.
Por tanto su Mag. Catholica , todavia impelido
del deseo de la paz , y siempre influido del zelo
de la universal quietud , prosiguió en solicitar
los efectos de la mediacion , y garantia del Rey
Britanico , para la amigable satisfacion de los
insultos , daños , è infracciones executadas inde
bidamente en los Estados , y persona del Señor
Infante de España Don Carlos su hijo . Pero no
conociendo yà limites la ambicion del Emperador,
y Corte de Viena , animada de un insaciable
furor de soberania , en que le constituyò la lisonja
comun de Europa , en la adquisicion de bastos
dominios ; esforzò , en fin , medios extraordinarios
, con el dificil intento de sacrificar à su
antojo , en la persona del Rey Stanislao , la soberania
de los dos altos Monarcas ,y desatender al
mismo tiempo , con desprecio , las cuerdas proposiciones
del Rey Britanico , para eludir en la
Religiosa resignacion del Rey Catholico , las
profiquas resultas de una dilatada negociacion ,
par la un amigable convenio.
Estas no esperadas resoluciones del Emperador
, influidas de una prepotente animosidad , y
dirigidas , sin rebozo , à violár los derechos de
succession de Principes legitimos , se infieren ,
sin violencia , de los notorios despoticos proce
11. Vol. dimientos
DECEMBRE. 1733. 2907
dimientos contra la libre eleccion del Rey Stanislao.
Y aunque no son menos sabidos los que
maliciosamente se han fraguado contra la suceession
del Señor Infante Don Carlos , non parce
que deba presentemente callarios la incon
trastable justificacion del Rey Catholico.
Apenas muerto el Duque Antonio de Parma
ocupó sus Estados con la fuerza de sus Armas,
desatendiendo , u olvidando el titulo honeroso
con que se avia obligado à sobrogar la inmediata
legitima possession del Señor Infante Don
Carlos , por solemnes , repetidos , y ratificados
Tratados ; valiendose , para cohonestar la usurpacion
, del vergonzoso pretexto de un fingido
preñado de la Duquesa Henriqueta viuda , en
cuya contestacion creyò , sacrificando su decoro,
adquirir escandalosamente con el Emperador un
merito ; y éste , conseguir su injusto intento con
autorizar esta fabulosa Scena en el Teatro del
Mundo , todo con publicos Rescriptos , Juntas
de Govierno , y disposiciones à nombre del solo
imaginado venturo concepto.
Sin duda se persuadiò desde luego la Corte de
Viena de poder con este detestable artificio im
possibilitar la succession del Infante ; pero en el
discurso del tiempo previò dificil la duracion del
engaño , y creyò hacerse un gran merito con
confessarlo , facilitando en esta forma la execucion
de las estipuladas condiciones , à favor de
la succession del Señor Infante , con el Rey de
Inglaterra , que quiso interessar su fee , y autoridad
en la justicia del Señor Infante.
los
Fueron verdaderamente en este intermedio ,
poderosas en el animo del Rey Catholico las
atentas insinuaciones , los eficaces oficios , y
generosos ofrecimientos de su Mag. Britanica
II. Vel
G vi para
1958, MERCURE DE FRANCE
para que su Mag. Catholica concurriesse en la
satisfaccion , que amigablemente le procuraba ,
para la debida pacifica possession del señor Infante
Don Carlos en los Estados de Parma,y seguridad
de las futuras de Toscana.
No obstante no se escondian à la elevada
penetration del Rey Catholico , los evidentes
riesgos de su condescendentia , la experimendata
mala fee de muchos años , la violacion de muchos
Tratados , y el conocimiento de los ambiciosos
fines de la Corte de Viena, que han dado
siempre aliento à la prudente desconfianza, y
al fundado rezelo de que la forzada conniven
cia del Emperador , à la autoridad del Rey Britanico
, pudiesse llegar à tal punto , que experimentasse
limites su prepotencia , y tuviessen frepo
los arrojos mal consentidos de una altivéz
desordenada.
Con el designio de su desengaño quiso su Magestad
Catholica acordarle el riesgo ; y en 6 de
Junio de 173 1. convino con su Magestad Britanica
, que para no encender en una sensible perqurbacion
la publica tranquilidad , admitiria la
amigable , ofrecida , y acordada possession del
señor Infante Don Carlos , y la pacifica introducion
de los seis mil Españoles , con la expressa
condicion de que .... » Ni por parte del Serenissimo
Infante , ni por la de su Magestad
Catholica , fuesse necessario disputar , debatir
, ò allanas dificultad alguna , qualquiera
fuesse que pudiesse ofrecerse debaxo de
qualquier pretexto , que ser pudiesse.
Consintió el Emperador à la execucion de
este convenio , con la ratificacion de su observancia
, que estipulò tambien con el Ministro
de su Magestad Catholica, cuyo Real animo de-
11. Vol. biè
92 que
90
DECEMBRE. 1733 2909
biò esperar prompta , por tan afianzadas segu
ridades , la debida entrega de los Estados de Parma
, y Placencia al señor Infante , y pacifica la
entrada , y_permanencia en Toscana de dicho
Cuerpo de Tropas. Sin embargo , contra toda expectacion,
y solemnidad de contratos , viò la Europa
ultrajado el respeto del Señor Infante , y
desatendida del Emperador la Magestad Catholica
, mediante una nueva impensada repulsa al
Acto acordado de la possession ; prétendiendo ,
que precediesse una jamàs discurrida declaracion
del Ministro de su Mag. residente en Parma , sobre
otras distintas indecorosas condiciones , nunca
articuladas , ni propuestas , y solo dirigidas
à su arbitrio , con un Ministro no autorizado ,
apartando fraudulentamente la communicacion ,
è inteligencia de estos subrepticios procederes, de
los Ministros de su Mag. Catholica , y su Mag.
Britanica , que se hallaban residentes en Viena ,
y avian , en nombre de sus Soberanos , solemnizado
la observancia de lo poco antes diversa-
, mente estipulado. Fundado sobre tan erroneos
instrumentos , immediamente pretendiò , y amenazo
expeler con treinta Batallones , y dos mil
cavallos , los apenas introducidos seis mil Espažolės
.
"
Manifestò su Mag. Catholica al Emperador
el sentimiento que le debia causar tan inaudito
trato , y sonò en toda Europa su justa quexa ; y
no pudiendo obtener respuesta alguna las mas
atentas , y activas instancias , solo pudo conseguir
de un emphatico desprecio , una dissimulada
desistencia .
No satisfecha , al parecer , la Corte de Viena
con tanto provocar el sufrimiento , ordenò se
executassen quantos insultos pudiessen cometerse
II. Vol.
con1910
MERCURE DE FRANCE
contra los limites , y jurisdicion del Señor In
fanre Don Carlos , usurpando terrenos , sitios, y
dominio sobre subditos de tan gran Principe
prohibiendo el reconocimiento de Feudatarios
su soberania , la entrega de los Feudos del Reyno
de Napoles , è incorporando con absoluta
potestad otros à su supremo Dominio , contra
las expressas Clausulas de las Investiduras , y
Tratados. Ese arrebatamiento de voluntarias
violencias , llegò al extremo de expedir dos Rescriptos
injuriosos , condenando en el uno , como
delinquente , al Gran Duque de Toscana , por
aver recibido en su nombre el Señor Infante el
omenage de los Pueblos de aquellos Estados , en
un voluntario reconocimiento de Successor legitimo
; y en el otro al Señor Infante , por suponer
averse indebidamente abrogado el Titulo de
Gran Principe , admitido antecedentemente , sin
controversia , por el Ministerio de Viena , en
Actos publicos , en impression de monedas , y en
la aclamacion de los Pueblos , olvidanto , que
esta practica se reconoce autorizada en todos
tiempos , y aun en el actual , por otros Principes
del Imperio , con el unico identico fundamento
de las investiduras eventuales .
Viendo , en fin , la Corte de Viena descubiertos
los engañosos artes con que intentaba disfrazar
sus maximas , è idèas particulares , recurriè
al de acriminar las referidas inocentes acciones ,
abultandolas , y calificandolas de inexplicables
perjuicios à la feudalidad del Imperio , al passo
que no ay acto de sumission , que aya dexado de
observarse , con la mayor exactitud , para la admission
de Tutores , de emancipada patria potestad
, de reconocimiento de menor edad , y
consiguientemente quanto conduce à los mas
II. Vel. for.
DECEMBRE. 1733. 2971
formales , y puros procederes , aunque todo es
to no pidiesse la observancia de los Tratados , è
Investiduras eventuales.
Enmedio de estos sensibles excessos , ha querido
su Mag. Catholica , que à la vista del mun
do todo , compitiesse su prudente tolerancia
con la inconstante violencia del Emperador , y
antes valerse de la justicia , que del valor . Confiò
à la autorizada interposicion del Rey Eritanico
sus justas quexas contra los incessantes disturbios,
y desprecios , que interrumpian la tranquilidad
de las possessiones del Señor Infante, y
lastimaban el decoro de su Magestad. Adopto
su Mag. Britanica la justicia del Rey Catholico,
y empleò sus oficios con la Corte de Viena ,
tratandose en repetidas conferencias de los medios
mas oportunos para una decorosa amigable
composicion. Pero las continuas di aciones llas
respuestas ambiguas , las inadmissibles proposiciones
, los terminos imperiosos , y lesivos con
que se formaban los proyectos en Viena , las
pretestadas distancias , y la methodica lentitud
de aquel ministerio , han arrastrado la mas solicita
aplicacion à que tan solamente se huviesse
podido por los Ministros Britanicos formar un
Proyecto en 21 de Julio de 1733. que aprobado
por el Embaxador de su Magestad Catholi
ca , recusò el admitirlo el de el Emperador sin
nuevas ordenes de su Soberano. Condescendiò el
Ministro de su Magestad con repetidas protestas
de no querer incurrir en nuevas capciosas
dilaciones , que hiciessen maliciosamente perder
Ja oportunidad de la Campaña. En esta inteli
gencia se despachò à ambas Cortes el proyectado
ajuste ; y al passo que por su Magestad
Catholica fuc promptamente buelto con su Real
II. Vol.
apro2912
MERCURE DE FRANCE
aprobacion , se difiriò por largo espacio la respuesta
de Viena , atribuyendose à la contrariedad
de los vientos , ò à la seria especulacion de
los Ministros de Viena , la dilacion , que à todos
visos maliciosamente se procuraba
Finalmente , quando se esperaba una condescendencia
tan deseada , y solicitada por el Rey
Britanico de la Corte de Viena , y declarada yà
la de su Mag. Catholica al Proyecto propuesto
por su Mag. Britanica , llega con Extraordinario
un Contra - Proyecto , ò Declaracion , igualmente
ilusorio , è injurioso à quantos antes avia
expedido la altivèz de aquella Corte ; de forma ,
( que sorprehendido , è irritado de un tan extravagante
injurioso proceder el Ministro del Rey
Catholico , se viò precisado à declarar , quebrantada
enteramente toda negociacion. Conociò el
Rey Britanico quan fundada era la quexa de este
Ministro , y qual debia ser el justo enojo de su
Mag. Catholica . Y no obstante estàr yà fatigada
la eficacia de los oficios del Rey Britanico à
la Corte de Viena , quiso la zelosa solicitud de
sus Ministros esforzar un nuevo consentimiento
del Rey Catholico para una dilacion de treinta
dias mas. Pero la prudente reflexion de todo lo
ocurrido , hizo prevèr à su Mag. Catholica las
perjudiciales consequencias de su condescendencia
, y los indecorosos efectos de su ulterior tolerancia
à la vista de tan acumulados desprecios,
hechos al mismo tiempo à Principes de la Casa
de Borbón , y conocer indispensable la correspondiente
resolucion de inmediatamente juntar
sus Tropas con las del Rey Christianissimo ,
para hacer la guerra al Emperador , y en esta
forma vindicar los comunes agravios , y restablecer
el respeto de dos Monarquias , que la in-
II. Vol. tole .
DECEMBK E. 1733. 2913
tolerable ambicion del Emperador ha lastimado
con tanto excesso .
No cree su Mag. Catholica , que despues de
tan estudiadas entretenidas , de tan vissibles engañosos
insultos de la Corte de Viene y de
tan repetidas Condescendencias de la de España ,
pueda dexar de aprobar el Rey Britanico su determinacion
, al passo que comprehenderà ofendida
su mediacion , y menospreciada la sobera
nia de Principes , que no reconocen superioridad
, antes bien se persuade , que quedarà agradecido
del reconocimiento de su Mag. Catholi
ca à su loable intencion ; y que procuratà fomentar
mas que nunca una inalterable buena correspondencia
, para que prosigan à experimentar
las dos Naciones las mas beneficiosas resultas de
un continuado fiel Comercio, y logren la satisfaccion
, que afianza la apreciable amistad de los
dos Monarcos.
CATHOLICO en la Corte Britanica ,
de las razones que han obligado a su
MAGESTAD Catholica à hacer la
guerra al EMPERADOR.
J
:
Amás el Rey Catholico ha podido mirar con
ojos imparciales , ò con tranquila indiferen-
Cia , la extravagante sèrie de ultrages , y violen-'
tos procederes del Emperador , y Corte de Viena,
para ceñir con su oposicion la autorizada libertad
de la Republica de Polonia , dissimulado
el visible intento de quitarla , con el aparente
disfraz de mantenerla todo à fin de que no se
exalte en su Solio Soberano un Principe , en
quien resplandece tan intimo respetable enlace
con la Augusta Casa de Borbòn , de que es el
Rey Catholico parte tan principal ; ò hacer ,
que elegido , ò elevado , se precipite del Trono,
El silencio de su Magestad Catholica en los
emergentes de este caso , y desde la notoria denigrativa
exclusion de el Rey Stanislao , no explicaba
menos su justo sentimiento , que las publicas
declaraciones del Rey Christianissimo su
sobrino ; ni menos agitaban su Real animo los
agravios de la no sufrible ambicion de la Corte
II. Vol. GY d<
2906 MERCURE DE FRANCE
de Viena , que los generosos estimulos de su
pondonor. Creia , no obstante , su Mag. Catholica
, que no dexaria el Emperador de reflexionar
los riesgos de su escandalosa empressa , y
la imaginaria presumpcion de su superioridad ,
para desistir del contingente monstruoso intento
de chocar ciegamente en el escollo de la delicada
tolerancia de semejantes Potencias , siendo
en entrambas comunes los agravios , y unos
mismos los impulos.
Por tanto su Mag. Catholica , todavia impelido
del deseo de la paz , y siempre influido del zelo
de la universal quietud , prosiguió en solicitar
los efectos de la mediacion , y garantia del Rey
Britanico , para la amigable satisfacion de los
insultos , daños , è infracciones executadas inde
bidamente en los Estados , y persona del Señor
Infante de España Don Carlos su hijo . Pero no
conociendo yà limites la ambicion del Emperador,
y Corte de Viena , animada de un insaciable
furor de soberania , en que le constituyò la lisonja
comun de Europa , en la adquisicion de bastos
dominios ; esforzò , en fin , medios extraordinarios
, con el dificil intento de sacrificar à su
antojo , en la persona del Rey Stanislao , la soberania
de los dos altos Monarcas ,y desatender al
mismo tiempo , con desprecio , las cuerdas proposiciones
del Rey Britanico , para eludir en la
Religiosa resignacion del Rey Catholico , las
profiquas resultas de una dilatada negociacion ,
par la un amigable convenio.
Estas no esperadas resoluciones del Emperador
, influidas de una prepotente animosidad , y
dirigidas , sin rebozo , à violár los derechos de
succession de Principes legitimos , se infieren ,
sin violencia , de los notorios despoticos proce
11. Vol. dimientos
DECEMBRE. 1733. 2907
dimientos contra la libre eleccion del Rey Stanislao.
Y aunque no son menos sabidos los que
maliciosamente se han fraguado contra la suceession
del Señor Infante Don Carlos , non parce
que deba presentemente callarios la incon
trastable justificacion del Rey Catholico.
Apenas muerto el Duque Antonio de Parma
ocupó sus Estados con la fuerza de sus Armas,
desatendiendo , u olvidando el titulo honeroso
con que se avia obligado à sobrogar la inmediata
legitima possession del Señor Infante Don
Carlos , por solemnes , repetidos , y ratificados
Tratados ; valiendose , para cohonestar la usurpacion
, del vergonzoso pretexto de un fingido
preñado de la Duquesa Henriqueta viuda , en
cuya contestacion creyò , sacrificando su decoro,
adquirir escandalosamente con el Emperador un
merito ; y éste , conseguir su injusto intento con
autorizar esta fabulosa Scena en el Teatro del
Mundo , todo con publicos Rescriptos , Juntas
de Govierno , y disposiciones à nombre del solo
imaginado venturo concepto.
Sin duda se persuadiò desde luego la Corte de
Viena de poder con este detestable artificio im
possibilitar la succession del Infante ; pero en el
discurso del tiempo previò dificil la duracion del
engaño , y creyò hacerse un gran merito con
confessarlo , facilitando en esta forma la execucion
de las estipuladas condiciones , à favor de
la succession del Señor Infante , con el Rey de
Inglaterra , que quiso interessar su fee , y autoridad
en la justicia del Señor Infante.
los
Fueron verdaderamente en este intermedio ,
poderosas en el animo del Rey Catholico las
atentas insinuaciones , los eficaces oficios , y
generosos ofrecimientos de su Mag. Britanica
II. Vel
G vi para
1958, MERCURE DE FRANCE
para que su Mag. Catholica concurriesse en la
satisfaccion , que amigablemente le procuraba ,
para la debida pacifica possession del señor Infante
Don Carlos en los Estados de Parma,y seguridad
de las futuras de Toscana.
No obstante no se escondian à la elevada
penetration del Rey Catholico , los evidentes
riesgos de su condescendentia , la experimendata
mala fee de muchos años , la violacion de muchos
Tratados , y el conocimiento de los ambiciosos
fines de la Corte de Viena, que han dado
siempre aliento à la prudente desconfianza, y
al fundado rezelo de que la forzada conniven
cia del Emperador , à la autoridad del Rey Britanico
, pudiesse llegar à tal punto , que experimentasse
limites su prepotencia , y tuviessen frepo
los arrojos mal consentidos de una altivéz
desordenada.
Con el designio de su desengaño quiso su Magestad
Catholica acordarle el riesgo ; y en 6 de
Junio de 173 1. convino con su Magestad Britanica
, que para no encender en una sensible perqurbacion
la publica tranquilidad , admitiria la
amigable , ofrecida , y acordada possession del
señor Infante Don Carlos , y la pacifica introducion
de los seis mil Españoles , con la expressa
condicion de que .... » Ni por parte del Serenissimo
Infante , ni por la de su Magestad
Catholica , fuesse necessario disputar , debatir
, ò allanas dificultad alguna , qualquiera
fuesse que pudiesse ofrecerse debaxo de
qualquier pretexto , que ser pudiesse.
Consintió el Emperador à la execucion de
este convenio , con la ratificacion de su observancia
, que estipulò tambien con el Ministro
de su Magestad Catholica, cuyo Real animo de-
11. Vol. biè
92 que
90
DECEMBRE. 1733 2909
biò esperar prompta , por tan afianzadas segu
ridades , la debida entrega de los Estados de Parma
, y Placencia al señor Infante , y pacifica la
entrada , y_permanencia en Toscana de dicho
Cuerpo de Tropas. Sin embargo , contra toda expectacion,
y solemnidad de contratos , viò la Europa
ultrajado el respeto del Señor Infante , y
desatendida del Emperador la Magestad Catholica
, mediante una nueva impensada repulsa al
Acto acordado de la possession ; prétendiendo ,
que precediesse una jamàs discurrida declaracion
del Ministro de su Mag. residente en Parma , sobre
otras distintas indecorosas condiciones , nunca
articuladas , ni propuestas , y solo dirigidas
à su arbitrio , con un Ministro no autorizado ,
apartando fraudulentamente la communicacion ,
è inteligencia de estos subrepticios procederes, de
los Ministros de su Mag. Catholica , y su Mag.
Britanica , que se hallaban residentes en Viena ,
y avian , en nombre de sus Soberanos , solemnizado
la observancia de lo poco antes diversa-
, mente estipulado. Fundado sobre tan erroneos
instrumentos , immediamente pretendiò , y amenazo
expeler con treinta Batallones , y dos mil
cavallos , los apenas introducidos seis mil Espažolės
.
"
Manifestò su Mag. Catholica al Emperador
el sentimiento que le debia causar tan inaudito
trato , y sonò en toda Europa su justa quexa ; y
no pudiendo obtener respuesta alguna las mas
atentas , y activas instancias , solo pudo conseguir
de un emphatico desprecio , una dissimulada
desistencia .
No satisfecha , al parecer , la Corte de Viena
con tanto provocar el sufrimiento , ordenò se
executassen quantos insultos pudiessen cometerse
II. Vol.
con1910
MERCURE DE FRANCE
contra los limites , y jurisdicion del Señor In
fanre Don Carlos , usurpando terrenos , sitios, y
dominio sobre subditos de tan gran Principe
prohibiendo el reconocimiento de Feudatarios
su soberania , la entrega de los Feudos del Reyno
de Napoles , è incorporando con absoluta
potestad otros à su supremo Dominio , contra
las expressas Clausulas de las Investiduras , y
Tratados. Ese arrebatamiento de voluntarias
violencias , llegò al extremo de expedir dos Rescriptos
injuriosos , condenando en el uno , como
delinquente , al Gran Duque de Toscana , por
aver recibido en su nombre el Señor Infante el
omenage de los Pueblos de aquellos Estados , en
un voluntario reconocimiento de Successor legitimo
; y en el otro al Señor Infante , por suponer
averse indebidamente abrogado el Titulo de
Gran Principe , admitido antecedentemente , sin
controversia , por el Ministerio de Viena , en
Actos publicos , en impression de monedas , y en
la aclamacion de los Pueblos , olvidanto , que
esta practica se reconoce autorizada en todos
tiempos , y aun en el actual , por otros Principes
del Imperio , con el unico identico fundamento
de las investiduras eventuales .
Viendo , en fin , la Corte de Viena descubiertos
los engañosos artes con que intentaba disfrazar
sus maximas , è idèas particulares , recurriè
al de acriminar las referidas inocentes acciones ,
abultandolas , y calificandolas de inexplicables
perjuicios à la feudalidad del Imperio , al passo
que no ay acto de sumission , que aya dexado de
observarse , con la mayor exactitud , para la admission
de Tutores , de emancipada patria potestad
, de reconocimiento de menor edad , y
consiguientemente quanto conduce à los mas
II. Vel. for.
DECEMBRE. 1733. 2971
formales , y puros procederes , aunque todo es
to no pidiesse la observancia de los Tratados , è
Investiduras eventuales.
Enmedio de estos sensibles excessos , ha querido
su Mag. Catholica , que à la vista del mun
do todo , compitiesse su prudente tolerancia
con la inconstante violencia del Emperador , y
antes valerse de la justicia , que del valor . Confiò
à la autorizada interposicion del Rey Eritanico
sus justas quexas contra los incessantes disturbios,
y desprecios , que interrumpian la tranquilidad
de las possessiones del Señor Infante, y
lastimaban el decoro de su Magestad. Adopto
su Mag. Britanica la justicia del Rey Catholico,
y empleò sus oficios con la Corte de Viena ,
tratandose en repetidas conferencias de los medios
mas oportunos para una decorosa amigable
composicion. Pero las continuas di aciones llas
respuestas ambiguas , las inadmissibles proposiciones
, los terminos imperiosos , y lesivos con
que se formaban los proyectos en Viena , las
pretestadas distancias , y la methodica lentitud
de aquel ministerio , han arrastrado la mas solicita
aplicacion à que tan solamente se huviesse
podido por los Ministros Britanicos formar un
Proyecto en 21 de Julio de 1733. que aprobado
por el Embaxador de su Magestad Catholi
ca , recusò el admitirlo el de el Emperador sin
nuevas ordenes de su Soberano. Condescendiò el
Ministro de su Magestad con repetidas protestas
de no querer incurrir en nuevas capciosas
dilaciones , que hiciessen maliciosamente perder
Ja oportunidad de la Campaña. En esta inteli
gencia se despachò à ambas Cortes el proyectado
ajuste ; y al passo que por su Magestad
Catholica fuc promptamente buelto con su Real
II. Vol.
apro2912
MERCURE DE FRANCE
aprobacion , se difiriò por largo espacio la respuesta
de Viena , atribuyendose à la contrariedad
de los vientos , ò à la seria especulacion de
los Ministros de Viena , la dilacion , que à todos
visos maliciosamente se procuraba
Finalmente , quando se esperaba una condescendencia
tan deseada , y solicitada por el Rey
Britanico de la Corte de Viena , y declarada yà
la de su Mag. Catholica al Proyecto propuesto
por su Mag. Britanica , llega con Extraordinario
un Contra - Proyecto , ò Declaracion , igualmente
ilusorio , è injurioso à quantos antes avia
expedido la altivèz de aquella Corte ; de forma ,
( que sorprehendido , è irritado de un tan extravagante
injurioso proceder el Ministro del Rey
Catholico , se viò precisado à declarar , quebrantada
enteramente toda negociacion. Conociò el
Rey Britanico quan fundada era la quexa de este
Ministro , y qual debia ser el justo enojo de su
Mag. Catholica . Y no obstante estàr yà fatigada
la eficacia de los oficios del Rey Britanico à
la Corte de Viena , quiso la zelosa solicitud de
sus Ministros esforzar un nuevo consentimiento
del Rey Catholico para una dilacion de treinta
dias mas. Pero la prudente reflexion de todo lo
ocurrido , hizo prevèr à su Mag. Catholica las
perjudiciales consequencias de su condescendencia
, y los indecorosos efectos de su ulterior tolerancia
à la vista de tan acumulados desprecios,
hechos al mismo tiempo à Principes de la Casa
de Borbón , y conocer indispensable la correspondiente
resolucion de inmediatamente juntar
sus Tropas con las del Rey Christianissimo ,
para hacer la guerra al Emperador , y en esta
forma vindicar los comunes agravios , y restablecer
el respeto de dos Monarquias , que la in-
II. Vol. tole .
DECEMBK E. 1733. 2913
tolerable ambicion del Emperador ha lastimado
con tanto excesso .
No cree su Mag. Catholica , que despues de
tan estudiadas entretenidas , de tan vissibles engañosos
insultos de la Corte de Viene y de
tan repetidas Condescendencias de la de España ,
pueda dexar de aprobar el Rey Britanico su determinacion
, al passo que comprehenderà ofendida
su mediacion , y menospreciada la sobera
nia de Principes , que no reconocen superioridad
, antes bien se persuade , que quedarà agradecido
del reconocimiento de su Mag. Catholi
ca à su loable intencion ; y que procuratà fomentar
mas que nunca una inalterable buena correspondencia
, para que prosigan à experimentar
las dos Naciones las mas beneficiosas resultas de
un continuado fiel Comercio, y logren la satisfaccion
, que afianza la apreciable amistad de los
dos Monarcos.
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Résumé : NOTICIA al Embaxador del REY CATHOLICO en la Corte Britanica, de las razones que han obligado a su MAGESTAD Catholica à hacer la guerra al EMPERADOR.
Le texte est une notification adressée à l'ambassadeur du roi catholique à la cour britannique, expliquant les raisons de la déclaration de guerre du roi catholique contre l'empereur. Le roi catholique a observé les actions de l'empereur et de la cour de Vienne, qui cherchaient à limiter la liberté de la République de Pologne et à empêcher l'accession au trône d'un prince lié à la maison de Bourbon. Le silence du roi catholique cachait son mécontentement et les déclarations publiques de son neveu, le roi très chrétien. L'ambition de la cour de Vienne et son désir de domination ont poussé le roi catholique à solliciter la médiation du roi britannique pour résoudre les conflits, notamment concernant les États et la personne du prince Charles d'Espagne. Cependant, l'ambition insatiable de l'empereur et de la cour de Vienne a conduit à des violations des traités et des droits de succession légitimes. La cour de Vienne a usurpé les États du duc Antoine de Parme sous un prétexte fallacieux et a refusé de reconnaître la succession du prince Charles. Malgré les efforts de médiation du roi britannique, la cour de Vienne a continué à violer les accords et à provoquer des conflits. Le roi catholique, après avoir épuisé toutes les voies diplomatiques, a décidé de déclarer la guerre à l'empereur pour vindiquer les agravios communs et rétablir le respect des deux monarchies. Le texte mentionne également une situation diplomatique complexe impliquant plusieurs cours royales. L'auteur exprime son incrédulité face à la possibilité que le roi britannique n'approuve pas une certaine décision, malgré les efforts et les concessions des cours de Vienne et d'Espagne. Il souligne que cette décision pourrait être perçue comme une offense à la médiation britannique et un mépris de la souveraineté des princes qui ne reconnaissent pas de supériorité. L'auteur est convaincu que le roi britannique sera reconnaissant de la reconnaissance de l'intention louable de Sa Majesté Catholique. Il espère que cela conduira à un renforcement des relations amicales et à une coopération commerciale bénéfique entre les deux nations, assurant ainsi la satisfaction et l'amitié entre les deux monarques.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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524
p. 2913
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On écrit de Londres que l'Empereur y fait chercher 250000 liv. Sterlings qu'il veut [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
N écrit de Londres que l'Empereur y fait
chercher 250000 liv. Sterlings qu'il veut
emprunter à six pour cent d'intérêt , mais on
doute que les sûretez qu'offre S. M. I. soient
jugées suffisantes.
N écrit de Londres que l'Empereur y fait
chercher 250000 liv. Sterlings qu'il veut
emprunter à six pour cent d'intérêt , mais on
doute que les sûretez qu'offre S. M. I. soient
jugées suffisantes.
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525
p. 2913-2914
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
Le Prince Joseph-Antoine de Baviere, second fils de l'Electeur de Baviere, et de Marie-Emilie [...]
Mots clefs :
Cardinal Grimaldi, Bavière, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Lils de l'Electeur de Baviere , et de Marie-Emi-
E Prince Joseph- Antoine de Baviere , second
lie d'Autriche , mourut à Munich le 6 de ce mois
âgé de 6 ans 3 mois 11 jours , étant né le as
Aoust 1728,
篇
11. Vol. Le
2914 MERCURE DE FRANCE
Le Cardinal Doria mourut à Benevent ,
le 6 Decembre , âgé de 68 ans ; il avoit été fait
Cardinal le 12 Septembre de l'année 1731. par
le Pape regnant , qui lui avoit donné le Titre de
S. Jérône des Esciavons.
Le Vaisseau sur lequel le Cardinal Grimaldi
s'étoit embarqué pour aller à Naples , dont il
esperoit que l'air seroit propre au rétablissement
de sa sauté , y arriva le 17 du mois dernier . Ce
Cardinal fut attaqué en pleine Mer d'un vonissement,
accompagné de convulsions si violentes,
qu'il mourut quelques heures avant que le Bâtiment
entrât dans le Port de Naples . Il étoit
dans la 60 année de son âge , étant né le 15 Novembre
1674. il avoit été fait Cardinal le , da
mois d'Octobre de l'année 1730. par le Pape
regnant , qui lui donna le Titre de Ste Balbine ,
et le nomma Légat de Boulogne.
Le Duc de Chablais , troisiéme Fils du Roy
de Sardaigne , est mort à Turin. Il étoit né le
23 Juillet 1733.
Lils de l'Electeur de Baviere , et de Marie-Emi-
E Prince Joseph- Antoine de Baviere , second
lie d'Autriche , mourut à Munich le 6 de ce mois
âgé de 6 ans 3 mois 11 jours , étant né le as
Aoust 1728,
篇
11. Vol. Le
2914 MERCURE DE FRANCE
Le Cardinal Doria mourut à Benevent ,
le 6 Decembre , âgé de 68 ans ; il avoit été fait
Cardinal le 12 Septembre de l'année 1731. par
le Pape regnant , qui lui avoit donné le Titre de
S. Jérône des Esciavons.
Le Vaisseau sur lequel le Cardinal Grimaldi
s'étoit embarqué pour aller à Naples , dont il
esperoit que l'air seroit propre au rétablissement
de sa sauté , y arriva le 17 du mois dernier . Ce
Cardinal fut attaqué en pleine Mer d'un vonissement,
accompagné de convulsions si violentes,
qu'il mourut quelques heures avant que le Bâtiment
entrât dans le Port de Naples . Il étoit
dans la 60 année de son âge , étant né le 15 Novembre
1674. il avoit été fait Cardinal le , da
mois d'Octobre de l'année 1730. par le Pape
regnant , qui lui donna le Titre de Ste Balbine ,
et le nomma Légat de Boulogne.
Le Duc de Chablais , troisiéme Fils du Roy
de Sardaigne , est mort à Turin. Il étoit né le
23 Juillet 1733.
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Résumé : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Le texte mentionne plusieurs décès de personnalités étrangères. Le Prince Joseph-Antoine de Bavière, second fils de l'Électeur de Bavière et de Marie-Émilie de Habsbourg-Lorraine, est décédé à Munich à l'âge de 6 ans, 3 mois et 11 jours. Le Cardinal Doria est mort à Benevent à l'âge de 68 ans. Il avait été créé cardinal le 12 septembre 1731 par le pape régnant, qui lui avait attribué le titre de Saint-Jérôme des Esclavons. Le Cardinal Grimaldi est décédé en mer avant d'atteindre Naples, où il espérait se rétablir. Il est mort à l'âge de 60 ans, après avoir été créé cardinal en octobre 1730 par le pape régnant, qui lui avait donné le titre de Sainte-Balbine et l'avait nommé légat de Boulogne. Enfin, le Duc de Chablais, troisième fils du roi de Sardaigne, est mort à Turin. Il était né le 23 juillet 1733.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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526
p. 2914-2915
ETRENNES A M.....
Début :
Non, Ismene, pour vous je ne suis plus le même ; [...]
Mots clefs :
Changement, Ismène, Amitié, Coeur, Bontés, Bienfaits
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texteReconnaissance textuelle : ETRENNES A M.....
ETRENNES A M.....
Non , Ismene,pour vous je ne suis plus l☛
même ;
Pour vous je n'ai plus d'amitié ;
Ce changement qu'envain mon coeur eût pallié .
Vous cause , je le vois , une surprise extrême.
Quoi ! direz- vous , Eraste après tant de bontez
Après tant de bienfaits qu'il a peu méritez ,
Change soudain avec l'année ?
Qui , sans doute ; et de plus , ce sont précisé
ment ,
II. Vol. Vos
DECEMB.R E. 1733. 2915
Vos bontez , vos bienfaits , qui font mon changement
,
Mais quoique avec raison vous soyez étonnée ,
D'un aveu fait si librement ,
Je ne crois pas qu'il doive exciter votre haine ;
Car tout le changement que pour vous en ce
jour ,
Mon coeur éprouve , belle Ismene ,
C'est que mon amitié s'est changée en amour,
COCQUARD .
Non , Ismene,pour vous je ne suis plus l☛
même ;
Pour vous je n'ai plus d'amitié ;
Ce changement qu'envain mon coeur eût pallié .
Vous cause , je le vois , une surprise extrême.
Quoi ! direz- vous , Eraste après tant de bontez
Après tant de bienfaits qu'il a peu méritez ,
Change soudain avec l'année ?
Qui , sans doute ; et de plus , ce sont précisé
ment ,
II. Vol. Vos
DECEMB.R E. 1733. 2915
Vos bontez , vos bienfaits , qui font mon changement
,
Mais quoique avec raison vous soyez étonnée ,
D'un aveu fait si librement ,
Je ne crois pas qu'il doive exciter votre haine ;
Car tout le changement que pour vous en ce
jour ,
Mon coeur éprouve , belle Ismene ,
C'est que mon amitié s'est changée en amour,
COCQUARD .
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Résumé : ETRENNES A M.....
Eraste écrit à Ismène le 29 décembre 1733 pour lui annoncer un changement dans ses sentiments. Il reconnaît les bienfaits d'Ismène mais révèle que son amitié s'est transformée en amour. Il espère que cette confession sera comprise et ne suscitera pas de haine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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527
p. 2915-2921
ARMÉE D'ITALIE, Et Siége du Château de Milan.
Début :
Le Maréchal de Villars arriva le 14 Decembre à Milan, où les Troupes [...]
Mots clefs :
Marquis, Régiment, Brigadier, Troupes du roi, Grenadiers, Tranchée, Château, Roi de Sardaigne, Siège du château de Milan, Chemin couvert , Maréchal de camp
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texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ITALIE, Et Siége du Château de Milan.
ARME'E D'ITALIE,
Et Siége du Château de Milan.
E Maréchal de Villars arriva le 14
Decembre à Milan , où les Troupes
du Roy et celles du Roy de Sardaigne ,
qui étoient parties du Camp devant Pizzighitone
le 9 et le 10 de ce mois , et
qui étoient destinées à faire le Siége du
Château , s'étoient renduës le 13 .
La Tranchée fut ouverte du côté du
Bourg des Hortolani, la nuit du 15 au 16,
sous les ordres du Marquis d'Asfeld
Lieutenant Général , ét du Marquis de
Louvigni , Brigadier par 20co Travailleurs
, soûtenus du Régiment des Gardes
du Roy de Sardaigne , de celui de Tessé
et de trois Compagnies de Grenadiers des
11. Vel. Ré2918
Régimens de Champagne , du Roy et de
Piémont. On établit pendant cette nuit
deux Paralleles , dont la plus avancée
n'étoit à la gauche qu'à 60 toises du Chemin
couvert ; il n'y eut pas un seul homme
de tué ni de blessé .
Le 16 , à dix heures du matin , le Marquis
de Savines , Lieutenant General , et
le Marquis de Mison , Brigadier , releverent
la Tranchée avec trois Bataillons du
Régiment de Picardie , et trois Compagnies
de Grenadiers des Regimens d'Auvergne
, du Roy , et de la Ferté- Imbaut;
les Travailleurs furent employez à élargir
et à perfectionner la Tranchée, dont
les Ouvrages furent assez avancez pen
dant la nuit.
Le 17 , le Marquis le Cadrieux , Lieutenant
Général , et M. de Cadeville , Brigadier
, monterent la Tranchée avec les
trois Bataillons du Régiment de Champagne
, et une Compagnie de Grenadiers
du Régiment de Savoye .
On commença cette nuit à travailler à
l'établissement de plusieurs Batteries de
Canons et de Mortiers , et les Ennemis
qui n'avoient pas beaucoup tiré les deux
nuits précedentes s'étant apperçus de ces
travaux , firent un feu si considérable ,
qu'il y cut plusieurs Soldats tucz ou
blessez.
DECEM BRE. 1733. 2917
Le 18 la Tranch e fut relevée par le
Marquis de Beuil , Lieutenant Gen ral ,
et par M. de Cumiane , Brigadier des
Troupes du Roy de Sardaigne , avec les
Regimens d'Auvergne et de Flandreset
une Compagnie de Grenadiers de celui
d'Orleans.
La nuit du 19 au 20. on s'établit dans
un avant-fossé dont on fit une parallele
au pied du glacis , et on poussa en avant
trois sapes , à la tête desquelles on commença
le zo à faire des puits pour pouvoir
éventer les mines . Les assiégez continuerent
à faire un très grand feu d'Artillerie
et de Mousqueterie mais qui
diminua beaucoup le 24. que nos trois
Batteries de Canon et deux de Mortiers
commencerent à tirer.
Le 25 Décembre le Marquis de Lanion ,
Maréchal de Camp , et le Marquis de
Louvigny Brigadier, monterent la Tranchée
devant le Château avec le Regiment
de la Saarre , le second Bataillon de celui
de la Ferté- Imbaut , et deux Compagnies
de Grenadiers des Regimens de
Champagne et de Souvré. Les sapes furent
poussées jusqu'au Chemin couvert ,
et on continua les travaux necessaires
pour pouvoir éventer les mines qu'on
croyoit trouver sous les fortifications du
Chemin couvert .
2918 MERCURE DE FRANCE
La Tranchée fut relevée le 26. sous les
ordres du Marquis de Fervaques , Maréchal
de Camp , et du Marquis de Mison,
Brigadier , par le Regiment Royal Roussillon
, par celui de Piémont , des Troupes
du Roy de Sardaigne et par deux
Compagnies deGrenadiers des Regimens
d'Auvergne et de Nivernois.
Les Mineurs employez à découvrir les
mines n'ayant trouvé que des galleries
abandonnées , on entra dans le Chemin
couvert , d'où les Ennemis s'étoient retirez
, et on s'y logea par une paraliele sur
toute l'étendue de l'attaque.
›
Le lendemain on travailla à perfection .
ner les logemens , et on commença à rétablir
plusieurs Batteries pour battre les
deux faces de la demi lune celies des
deux Bastions d'Acunha et de Velasio ,
et les deux flancs des mêmes Bastions.
Le Comte de Chatillon Maréchal de
Camp , et le Comte de Boissieux Briga
dier monterent laTranchée ce jour- là avec
les deux Bataillons du Regiment des
Girdes du Roy de Sardaigne , un de celui
de Schulembourg une Compagnie
de Grenadiers du Regiment du Roy ,
et une de celui d'Orleans . Le soir , deux
Batteries de quatre piéces de Canons
chicune commencerent de battre en
11. Vol.
و
>
bréche
DECEMBRE. 1733. 2919
,
bréche les deux faces de la demie- lune .
Le 28 la Tranchée fut relevée par le
premier et le troisième Bataillon du Regiment
de Picardie , et par deux Compagnies
de Grenadiers des Regimens de
Louvigny et de Montferrat sous les ordres
de M. S. Perrier Maréchal de
Camp , et de M. de Cadeville , Brigadier,
et le 29. par le Duc d'Harcourt , Maréchal
de Camp , et de M. de Cumiane
Brigadier des Troupes du Roy de Sardai
gne , avec le second Bataillon du Regiment
de Picardie , le Regiment de Tessé,
uneCompagnie de Grenadiers de celui de
la Ferté - Imbaut , et une du Regiment
de Piémont.
On travailla ce jour- là à faire dans le
Chemin couvert six débouchez pour descendre
dans le Fossé , et ils étoient assez
avancez , lorsque le Maréchal Viscomti
qui avoit été forcé d'abandonner la demi
June , et qui jugea que les breches qui se
formoient aux faces des deux Bastions
seroient bien tôt praticables , fit battre la
chamade vers les trois heures après midi.
On lui demanda de livrer une des Portes
du Château , il la remit le lendemain 30 .
le Marquis de Villars partit le même jour
après midi pour en aller
velle au Roy.
porter la nou-
II. Vol. La
2920 MERCURE DE FRANCE
La Garnison du Château , réduite environ
à 800 hommes en sortira le 2 Janver
, avec les honneurs de la Guerre ,
et se retirera à Mantoüe suivant la capitulation
convenuë le 30 de ce mois.
Le Siége de Novarre ayant été resolu ,
15 Bataillons des Troupes du Roy et
trois de celles du Roy de Sardaigne, sont
partis de Milan pour aller faire le Siége
de cette Place , avec les Troupes qui en
ont formé le blocus depuis le commencement
de la Campagne.
· Le Marquis de Coigni , Lieutenant
General , commandera à ce Siége , et les
Maréchaux de Camp qui y serviront sous
ses ordres , sont M. d'Affry , le Marquis
de Fervaques , et le Duc d'Harcourt.
Le Comte de Broglio , Lieutenant Ceneral
, qui commande les Troupes qui
sont aux environs de Cazal Major, envoya
le 28. Decembre un Détachement d Infanterie
de 3000 hommes, cent Dragons ,
cent Carabiniers , et vingt Hussarts du
Regiment de Ratsкy pour s'emparer de
Guastalle. Le Marquis de Valence qui
commandoit ce Détachement, après avoir
fait passer le Po à ses Troupes à Dozolo
er à Viadana arriva le même jour à
Guastalle , où il fut reçû par le Comte
- de · II. Vol.
,
DECEMBRE . 1733 2921
de Spilinberg , Ministre du Duc de
Guastalle, Le Marquis de Valence avoit
été precedé d'un Officier chargé de complimenter
ce Ministre et de lui faire entendre
qu'en occupant cette Place on
n'avoit d'autre dessein que d'empêchet
les Troupes de l'Empereur de s'en emparer.
Le Comte de Boissieux s'est rendu
Maître du Château de Lecco , et du Fort
de Fuentes , dont la Garnison a été faite
prisonniere de Guerre .
Et Siége du Château de Milan.
E Maréchal de Villars arriva le 14
Decembre à Milan , où les Troupes
du Roy et celles du Roy de Sardaigne ,
qui étoient parties du Camp devant Pizzighitone
le 9 et le 10 de ce mois , et
qui étoient destinées à faire le Siége du
Château , s'étoient renduës le 13 .
La Tranchée fut ouverte du côté du
Bourg des Hortolani, la nuit du 15 au 16,
sous les ordres du Marquis d'Asfeld
Lieutenant Général , ét du Marquis de
Louvigni , Brigadier par 20co Travailleurs
, soûtenus du Régiment des Gardes
du Roy de Sardaigne , de celui de Tessé
et de trois Compagnies de Grenadiers des
11. Vel. Ré2918
Régimens de Champagne , du Roy et de
Piémont. On établit pendant cette nuit
deux Paralleles , dont la plus avancée
n'étoit à la gauche qu'à 60 toises du Chemin
couvert ; il n'y eut pas un seul homme
de tué ni de blessé .
Le 16 , à dix heures du matin , le Marquis
de Savines , Lieutenant General , et
le Marquis de Mison , Brigadier , releverent
la Tranchée avec trois Bataillons du
Régiment de Picardie , et trois Compagnies
de Grenadiers des Regimens d'Auvergne
, du Roy , et de la Ferté- Imbaut;
les Travailleurs furent employez à élargir
et à perfectionner la Tranchée, dont
les Ouvrages furent assez avancez pen
dant la nuit.
Le 17 , le Marquis le Cadrieux , Lieutenant
Général , et M. de Cadeville , Brigadier
, monterent la Tranchée avec les
trois Bataillons du Régiment de Champagne
, et une Compagnie de Grenadiers
du Régiment de Savoye .
On commença cette nuit à travailler à
l'établissement de plusieurs Batteries de
Canons et de Mortiers , et les Ennemis
qui n'avoient pas beaucoup tiré les deux
nuits précedentes s'étant apperçus de ces
travaux , firent un feu si considérable ,
qu'il y cut plusieurs Soldats tucz ou
blessez.
DECEM BRE. 1733. 2917
Le 18 la Tranch e fut relevée par le
Marquis de Beuil , Lieutenant Gen ral ,
et par M. de Cumiane , Brigadier des
Troupes du Roy de Sardaigne , avec les
Regimens d'Auvergne et de Flandreset
une Compagnie de Grenadiers de celui
d'Orleans.
La nuit du 19 au 20. on s'établit dans
un avant-fossé dont on fit une parallele
au pied du glacis , et on poussa en avant
trois sapes , à la tête desquelles on commença
le zo à faire des puits pour pouvoir
éventer les mines . Les assiégez continuerent
à faire un très grand feu d'Artillerie
et de Mousqueterie mais qui
diminua beaucoup le 24. que nos trois
Batteries de Canon et deux de Mortiers
commencerent à tirer.
Le 25 Décembre le Marquis de Lanion ,
Maréchal de Camp , et le Marquis de
Louvigny Brigadier, monterent la Tranchée
devant le Château avec le Regiment
de la Saarre , le second Bataillon de celui
de la Ferté- Imbaut , et deux Compagnies
de Grenadiers des Regimens de
Champagne et de Souvré. Les sapes furent
poussées jusqu'au Chemin couvert ,
et on continua les travaux necessaires
pour pouvoir éventer les mines qu'on
croyoit trouver sous les fortifications du
Chemin couvert .
2918 MERCURE DE FRANCE
La Tranchée fut relevée le 26. sous les
ordres du Marquis de Fervaques , Maréchal
de Camp , et du Marquis de Mison,
Brigadier , par le Regiment Royal Roussillon
, par celui de Piémont , des Troupes
du Roy de Sardaigne et par deux
Compagnies deGrenadiers des Regimens
d'Auvergne et de Nivernois.
Les Mineurs employez à découvrir les
mines n'ayant trouvé que des galleries
abandonnées , on entra dans le Chemin
couvert , d'où les Ennemis s'étoient retirez
, et on s'y logea par une paraliele sur
toute l'étendue de l'attaque.
›
Le lendemain on travailla à perfection .
ner les logemens , et on commença à rétablir
plusieurs Batteries pour battre les
deux faces de la demi lune celies des
deux Bastions d'Acunha et de Velasio ,
et les deux flancs des mêmes Bastions.
Le Comte de Chatillon Maréchal de
Camp , et le Comte de Boissieux Briga
dier monterent laTranchée ce jour- là avec
les deux Bataillons du Regiment des
Girdes du Roy de Sardaigne , un de celui
de Schulembourg une Compagnie
de Grenadiers du Regiment du Roy ,
et une de celui d'Orleans . Le soir , deux
Batteries de quatre piéces de Canons
chicune commencerent de battre en
11. Vol.
و
>
bréche
DECEMBRE. 1733. 2919
,
bréche les deux faces de la demie- lune .
Le 28 la Tranchée fut relevée par le
premier et le troisième Bataillon du Regiment
de Picardie , et par deux Compagnies
de Grenadiers des Regimens de
Louvigny et de Montferrat sous les ordres
de M. S. Perrier Maréchal de
Camp , et de M. de Cadeville , Brigadier,
et le 29. par le Duc d'Harcourt , Maréchal
de Camp , et de M. de Cumiane
Brigadier des Troupes du Roy de Sardai
gne , avec le second Bataillon du Regiment
de Picardie , le Regiment de Tessé,
uneCompagnie de Grenadiers de celui de
la Ferté - Imbaut , et une du Regiment
de Piémont.
On travailla ce jour- là à faire dans le
Chemin couvert six débouchez pour descendre
dans le Fossé , et ils étoient assez
avancez , lorsque le Maréchal Viscomti
qui avoit été forcé d'abandonner la demi
June , et qui jugea que les breches qui se
formoient aux faces des deux Bastions
seroient bien tôt praticables , fit battre la
chamade vers les trois heures après midi.
On lui demanda de livrer une des Portes
du Château , il la remit le lendemain 30 .
le Marquis de Villars partit le même jour
après midi pour en aller
velle au Roy.
porter la nou-
II. Vol. La
2920 MERCURE DE FRANCE
La Garnison du Château , réduite environ
à 800 hommes en sortira le 2 Janver
, avec les honneurs de la Guerre ,
et se retirera à Mantoüe suivant la capitulation
convenuë le 30 de ce mois.
Le Siége de Novarre ayant été resolu ,
15 Bataillons des Troupes du Roy et
trois de celles du Roy de Sardaigne, sont
partis de Milan pour aller faire le Siége
de cette Place , avec les Troupes qui en
ont formé le blocus depuis le commencement
de la Campagne.
· Le Marquis de Coigni , Lieutenant
General , commandera à ce Siége , et les
Maréchaux de Camp qui y serviront sous
ses ordres , sont M. d'Affry , le Marquis
de Fervaques , et le Duc d'Harcourt.
Le Comte de Broglio , Lieutenant Ceneral
, qui commande les Troupes qui
sont aux environs de Cazal Major, envoya
le 28. Decembre un Détachement d Infanterie
de 3000 hommes, cent Dragons ,
cent Carabiniers , et vingt Hussarts du
Regiment de Ratsкy pour s'emparer de
Guastalle. Le Marquis de Valence qui
commandoit ce Détachement, après avoir
fait passer le Po à ses Troupes à Dozolo
er à Viadana arriva le même jour à
Guastalle , où il fut reçû par le Comte
- de · II. Vol.
,
DECEMBRE . 1733 2921
de Spilinberg , Ministre du Duc de
Guastalle, Le Marquis de Valence avoit
été precedé d'un Officier chargé de complimenter
ce Ministre et de lui faire entendre
qu'en occupant cette Place on
n'avoit d'autre dessein que d'empêchet
les Troupes de l'Empereur de s'en emparer.
Le Comte de Boissieux s'est rendu
Maître du Château de Lecco , et du Fort
de Fuentes , dont la Garnison a été faite
prisonniere de Guerre .
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Résumé : ARMÉE D'ITALIE, Et Siége du Château de Milan.
Le maréchal de Villars arriva à Milan le 14 décembre 1733, où les troupes françaises et sardes, parties du camp devant Pizzighitone les 9 et 10 décembre, s'étaient rendues pour faire le siège du château de Milan. La tranchée fut ouverte la nuit du 15 au 16 décembre sous les ordres du marquis d'Asfeld et du marquis de Louvigny, avec le soutien de plusieurs régiments. Deux parallèles furent établies sans perte humaine. Le 16 décembre, la tranchée fut relevée par le marquis de Savines et le marquis de Mison avec des bataillons du régiment de Picardie et des grenadiers. Les travaux avancèrent pendant la nuit. Le 17 décembre, le marquis de Cadrieux et M. de Cadeville prirent la relève avec des bataillons du régiment de Champagne et des grenadiers du régiment de Savoie. Des batteries de canons et de mortiers furent établies, provoquant une riposte ennemie intense. Les jours suivants, les travaux continuèrent avec des relèves régulières par divers officiers et régiments. Le 20 décembre, une parallèle fut établie dans un avant-fossé, et des sapes furent poussées vers le chemin couvert. Les ennemis continuèrent à tirer, mais leur feu diminua le 24 décembre lorsque les batteries françaises commencèrent à tirer. Le 25 décembre, le marquis de Lanion et le marquis de Louvigny prirent la relève avec des régiments de la Saarre et de la Ferté-Imbaut. Les sapes atteignirent le chemin couvert, et les travaux pour éventer les mines continuèrent. Le 26 décembre, la tranchée fut relevée par le marquis de Fervaques et le marquis de Mison avec des régiments du Royal Roussillon et de Piémont. Les mineurs découvrirent des galeries abandonnées, permettant aux troupes françaises de s'installer dans le chemin couvert. Les batteries furent perfectionnées pour battre les fortifications ennemies. Le 28 décembre, la tranchée fut relevée par le duc d'Harcourt et M. de Cumiane avec des bataillons du régiment de Picardie et des grenadiers. Le 30 décembre, après la capitulation, la garnison du château, réduite à environ 800 hommes, sortit avec les honneurs de la guerre et se retira à Mantoue. Le siège de Novarre fut ensuite résolu, avec 15 bataillons français et 3 bataillons sardes partant pour cette mission. Le marquis de Coigni commanda ce siège, assisté par plusieurs maréchaux de camp. Par ailleurs, le comte de Broglio envoya un détachement pour s'emparer de Guastalle, et le comte de Boissieux prit le contrôle du château de Lecco et du fort de Fuentes, capturant leur garnison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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528
p. 149-151
POLOGNE.
Début :
On a publié à Dantzik un Mandement du Roy, adressé aux Palatinats et Territoires [...]
Mots clefs :
Royaume, Liberté de la nation, Roi, Palatinats et territoires, Élection, République, Puissances, Couronne
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE .
Na publié à Dantzik un Mandement du
Roy , adressé aux Palatinats et Territoires
du Royaume , pour les exhorter de ne point assister
aux Diettes convoquées par M. Poninski ,
Instigateur du Royaume , dont voici l'Extrait.
Après avoir représenté aux Palatinats et Territoires
respectifs , les calamitez ausquelles la
République se trouve exposée par la malice de
eux qui, mettant leur confiance dans les forces
des Puissances Etrangeres , ne cherchent qu'à
renverser entierement la liberté des Polonois . Le
Roy y fait une récapitulation de tout ce qui s'est
passé pendant et après son Election , et S. M dit
à ce sujet , que quelque droit qu'elle eût à la
Couronne , incontestablement mieux fondé que
celui de ceux qui la disputent à présent par la
force des Armes , elle ne s'est point renduë dans
le Royaume pour disputer ce droit , mais uniquement
pour maintenir la liberté de la Nation ,
en se soumettant aux Loix et Constitutions du
Royaume :J'ai abandonné le Sceptre , ajoûte le
Roy dans son Mandement, je me suis dépouillé de
La dignité Royale, et je me suis mis entre vos mains
comme unsimple Particulier , afin que vous puissiez
proceder avec une entiere liberté à l'Election d'un
Roy : Vous m'avez élû , et Dieu a visiblement prategé
cette Election , en inspirant dans le coeur de
tant de milliers de personnes une unanimité si génerale.
Je ne suis pas venu à main arméo dans le
Royaume
150 MERCURE DE FRANCE
Royaume pour attaquer la République , détruire
ses droits et regner malgré vous et quoiqu'au
moyen de l'amitié étroite qui m'unit avec le très-“.
illustre Roy de France , j'eusse pú me servir d'une
partie de ses Troupes pour me frayer le chemin au
Trône , je n'ai jamais eu la moindre pensée d'acquérir
avec violence la Couronne , comma font actuellement
les Partisans des Factions Etrangeres ;
conduite si contraire aux Constitutions du Royaume,
et qui tend si ouvertement à la ruine totale de la
liberté de la Nation , acheptée par nos Ancêtres au
prix de tant de sang.
Le Roy passe ensuite à l'Election qui s'est faite
à Praage , d'un Prince Etranger , sous la protection
d'une Armée ennemie , et après avoir fait
voir l'irrégularité et l'invalidité de cette Election ,
il insinue que les Cours de Vienne et de Russie
étoient convenues depuis long- temps que ce
Prince ni nul autre , ne seroit élevé au Trône de
Pologne ; il y insinue encore que la Cour de
Vienne , jalouse de la liberté dont jouit la Nation
Polonoise , n'a jamais perdu de vûë le dessein de
la détruire et de lui imposer le même joug sous
lequel gémissent les Bohémiens et les Hongrois;
il ajoûte que cette Cour se couvrant du Manteau
des Moscovites , avec lesquels elle est d'accord ,
fait semblant de n'avoir aucune part aux maux
de la République , commis par d'autres , pendant
qu'en effet elle fait jouer tous les ressorts
imaginables pour renverser la liberté de la Nation
, et emporter la Couronne par la force des
Armes : Sijamais elle parvient à son but , poursuit
le Roy , c'en est fait de notre chere Patrie,
c'en est fait de notre liberté et nous ne serons jamais
affranchis du joug de la Nation Allemande.
Après avoir exhorté les Palatinats et Distries
respectifs
JANVIER . 1734.
ISI
respectifs du Royaume , à n'avoir aucun
égard aux Universaux publiez par le Parti contraire
, se confiant à la genereuse émulation de la
Noblesse Po onoise, qui ne permettra jamais que
qui que ce soit empiete sur ses droits , il finit en
disant : Quelque grande que soit la puissance de nos
Ennemis , elle ne doit en aucune maniere nous intimider
, nos forces augmentent tous les jours et
nous recevrons sans doute , un puissant secours
d'ailleurs ; diverses Puissances s'interposent en notre
faveur ; elles combattent pour notre konneur et
pour la liberté de la République ; nous en voyons
des preuves dans les opérations qui se font sur le
Rhin et en Italie , par les Armes des François ,
Espagne et de Sardaigne ; quoique nous ne soyons
pas alliez avec ces deux dernieres Puissances , elles
ne peuvent neantmoins souffrir qu'on employe
la force pour mettre sur le Trône de Pologne un
Prince que toute la Nation a abjuré ; ces Rois s'allieront
avec d'autres Puissances pour la conservation
de l'honneur de notre Royaume ; nous ne manquerons
pas d'autres moyens favorables . Une puissante
diversion se manifestera en notrefaveur plutôt
qu'on ne pense ; elle nous mettra à l'abri des
machinations de nos Ennemis, et ceux qui nous ont
dressé des embuches y seront pris eux mêmes , &c,
Na publié à Dantzik un Mandement du
Roy , adressé aux Palatinats et Territoires
du Royaume , pour les exhorter de ne point assister
aux Diettes convoquées par M. Poninski ,
Instigateur du Royaume , dont voici l'Extrait.
Après avoir représenté aux Palatinats et Territoires
respectifs , les calamitez ausquelles la
République se trouve exposée par la malice de
eux qui, mettant leur confiance dans les forces
des Puissances Etrangeres , ne cherchent qu'à
renverser entierement la liberté des Polonois . Le
Roy y fait une récapitulation de tout ce qui s'est
passé pendant et après son Election , et S. M dit
à ce sujet , que quelque droit qu'elle eût à la
Couronne , incontestablement mieux fondé que
celui de ceux qui la disputent à présent par la
force des Armes , elle ne s'est point renduë dans
le Royaume pour disputer ce droit , mais uniquement
pour maintenir la liberté de la Nation ,
en se soumettant aux Loix et Constitutions du
Royaume :J'ai abandonné le Sceptre , ajoûte le
Roy dans son Mandement, je me suis dépouillé de
La dignité Royale, et je me suis mis entre vos mains
comme unsimple Particulier , afin que vous puissiez
proceder avec une entiere liberté à l'Election d'un
Roy : Vous m'avez élû , et Dieu a visiblement prategé
cette Election , en inspirant dans le coeur de
tant de milliers de personnes une unanimité si génerale.
Je ne suis pas venu à main arméo dans le
Royaume
150 MERCURE DE FRANCE
Royaume pour attaquer la République , détruire
ses droits et regner malgré vous et quoiqu'au
moyen de l'amitié étroite qui m'unit avec le très-“.
illustre Roy de France , j'eusse pú me servir d'une
partie de ses Troupes pour me frayer le chemin au
Trône , je n'ai jamais eu la moindre pensée d'acquérir
avec violence la Couronne , comma font actuellement
les Partisans des Factions Etrangeres ;
conduite si contraire aux Constitutions du Royaume,
et qui tend si ouvertement à la ruine totale de la
liberté de la Nation , acheptée par nos Ancêtres au
prix de tant de sang.
Le Roy passe ensuite à l'Election qui s'est faite
à Praage , d'un Prince Etranger , sous la protection
d'une Armée ennemie , et après avoir fait
voir l'irrégularité et l'invalidité de cette Election ,
il insinue que les Cours de Vienne et de Russie
étoient convenues depuis long- temps que ce
Prince ni nul autre , ne seroit élevé au Trône de
Pologne ; il y insinue encore que la Cour de
Vienne , jalouse de la liberté dont jouit la Nation
Polonoise , n'a jamais perdu de vûë le dessein de
la détruire et de lui imposer le même joug sous
lequel gémissent les Bohémiens et les Hongrois;
il ajoûte que cette Cour se couvrant du Manteau
des Moscovites , avec lesquels elle est d'accord ,
fait semblant de n'avoir aucune part aux maux
de la République , commis par d'autres , pendant
qu'en effet elle fait jouer tous les ressorts
imaginables pour renverser la liberté de la Nation
, et emporter la Couronne par la force des
Armes : Sijamais elle parvient à son but , poursuit
le Roy , c'en est fait de notre chere Patrie,
c'en est fait de notre liberté et nous ne serons jamais
affranchis du joug de la Nation Allemande.
Après avoir exhorté les Palatinats et Distries
respectifs
JANVIER . 1734.
ISI
respectifs du Royaume , à n'avoir aucun
égard aux Universaux publiez par le Parti contraire
, se confiant à la genereuse émulation de la
Noblesse Po onoise, qui ne permettra jamais que
qui que ce soit empiete sur ses droits , il finit en
disant : Quelque grande que soit la puissance de nos
Ennemis , elle ne doit en aucune maniere nous intimider
, nos forces augmentent tous les jours et
nous recevrons sans doute , un puissant secours
d'ailleurs ; diverses Puissances s'interposent en notre
faveur ; elles combattent pour notre konneur et
pour la liberté de la République ; nous en voyons
des preuves dans les opérations qui se font sur le
Rhin et en Italie , par les Armes des François ,
Espagne et de Sardaigne ; quoique nous ne soyons
pas alliez avec ces deux dernieres Puissances , elles
ne peuvent neantmoins souffrir qu'on employe
la force pour mettre sur le Trône de Pologne un
Prince que toute la Nation a abjuré ; ces Rois s'allieront
avec d'autres Puissances pour la conservation
de l'honneur de notre Royaume ; nous ne manquerons
pas d'autres moyens favorables . Une puissante
diversion se manifestera en notrefaveur plutôt
qu'on ne pense ; elle nous mettra à l'abri des
machinations de nos Ennemis, et ceux qui nous ont
dressé des embuches y seront pris eux mêmes , &c,
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Résumé : POLOGNE.
En janvier 1734, un mandement royal est publié à Dantzig, exhortant les palatinats et territoires de Pologne à ne pas participer aux diètes convoquées par Stanislas Leszczynski, soutenu par M. Poninski. Le roi dénonce les dangers que la République polonaise encourt de la part de ceux qui cherchent à renverser la liberté des Polonais avec l'appui de puissances étrangères. Il rappelle son élection et son engagement à préserver la liberté de la nation en respectant les lois et constitutions du royaume. Le roi affirme avoir renoncé au pouvoir pour permettre une élection libre et souligne que son élection a été divinement protégée. Le roi critique l'élection d'un prince étranger à Prague, sous la protection d'une armée ennemie, et suggère que les cours de Vienne et de Russie avaient convenu de ne pas soutenir ce prince pour le trône de Pologne. Il accuse la cour de Vienne de vouloir détruire la liberté polonaise et de se servir des Moscovites pour atteindre ses objectifs. Le roi appelle les palatinats et districts à ignorer les proclamations du parti adverse, se fiant à la noblesse polonaise. Il mentionne que des puissances comme la France, l'Espagne et la Sardaigne soutiennent la Pologne et la liberté de la République, et que d'autres aides favorables ne manqueront pas de se manifester.
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529
p. 151-152
LETTRE du Roy de France, écrite au Magistrat de Dantzick.
Début :
TRES-CHERS ET BONS AMIS, Nous voyons avec plaisir par votre Lettre du 18 [...]
Mots clefs :
Roi de France, Lettre, Bons amis, Roi de Pologne, Gdańsk
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Roy de France, écrite au Magistrat de Dantzick.
LETTRE du Roy de France , écrite
au Magistrat de Dantzick
TRES -C RES- CHERS ET BONS AMIS ,
Nous voyons avec plaisir par votre Lettre du 18
du mois dernier , aussi - bien que par les Relations
de notre Ambassadeur le Marquis de Monti ,
toutes les marques que vous donnez de votre fidelité
152 MERCURE DE FRANCE
delité et de votre zele pour le Roy de Pologne,
Les menaces que vous font ses Ennemis et les
nôtres , n'ont pas été capables de diminuer les
sentimens qui feront passer votre gloire jusques
dans les siecles à venir , et qui vous endent si
chers à nos yeux. Plusieurs Puissances donnent
déja des marques de l'interêt qu'elles prennent à
votre conservation , mais aucune ne pourra porter
les témoignages si loin que nous desirons de le
faire , puisque nous regardons vos interêts comme
les nôtres propres , et que nous nous proposons
de ne rien négliger de ce qul peut dépendre
de notre Puissance et de notre Bienveillance ;
sur ce , nous prions Dieu qu'il vous tienne, Trèschers
et bons Amis , en sa sainte garde . A Versailles
, le 15. Décembre 1733. Signê LOUIS.
au Magistrat de Dantzick
TRES -C RES- CHERS ET BONS AMIS ,
Nous voyons avec plaisir par votre Lettre du 18
du mois dernier , aussi - bien que par les Relations
de notre Ambassadeur le Marquis de Monti ,
toutes les marques que vous donnez de votre fidelité
152 MERCURE DE FRANCE
delité et de votre zele pour le Roy de Pologne,
Les menaces que vous font ses Ennemis et les
nôtres , n'ont pas été capables de diminuer les
sentimens qui feront passer votre gloire jusques
dans les siecles à venir , et qui vous endent si
chers à nos yeux. Plusieurs Puissances donnent
déja des marques de l'interêt qu'elles prennent à
votre conservation , mais aucune ne pourra porter
les témoignages si loin que nous desirons de le
faire , puisque nous regardons vos interêts comme
les nôtres propres , et que nous nous proposons
de ne rien négliger de ce qul peut dépendre
de notre Puissance et de notre Bienveillance ;
sur ce , nous prions Dieu qu'il vous tienne, Trèschers
et bons Amis , en sa sainte garde . A Versailles
, le 15. Décembre 1733. Signê LOUIS.
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Résumé : LETTRE du Roy de France, écrite au Magistrat de Dantzick.
Dans une lettre datée du 15 décembre 1733, le roi de France exprime sa satisfaction envers le magistrat de Dantzick pour sa fidélité et son zèle envers le roi de Pologne. Malgré les menaces ennemies, le magistrat a maintenu son engagement, ce qui est perçu comme une marque de gloire durable. Plusieurs puissances manifestent un intérêt pour la conservation de Dantzick, mais le roi de France assure un soutien inégalé, considérant les intérêts de Dantzick comme les siens propres. Il promet de tout mettre en œuvre pour assurer la protection et le bien-être de Dantzick. La lettre se conclut par une prière pour la protection divine du magistrat.
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530
p. 152-154
« Le Catelan de Czersk, qui commande un Corps de Troupes aux environs de Thorn, a [...] »
Début :
Le Catelan de Czersk, qui commande un Corps de Troupes aux environs de Thorn, a [...]
Mots clefs :
Troupes, Roi, Comte, Ville, Armée, Cracovie, Toruń
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texteReconnaissance textuelle : « Le Catelan de Czersk, qui commande un Corps de Troupes aux environs de Thorn, a [...] »
Le Catelan de Czersk , qui commande un
Corps de Troupes aux environs de Thorn , a
écrit au Roy , pour apprendre à S. M. qu'il avoit
attaqué près de cette Ville , un Détachement de
l'Armée Moscovite , que plusieurs des Ennemis
avoient été faits prisonniers et que le reste avoir
été tué ou mis en fuite.
Le Roy a fait distribuer des Armes aux Régimens
que le Comte Poniatowski , le Prince Czartorinski
, les Palatins de Livonie et de Cujavie et
M. Ozarowski , on fait lever depuis peu , et on
doit incessamment leur donner des habits uniformes.
Plusieurs Officiers étrangers sont venus
à Dantzick pour demander d'entrer au service
de S M.
Le Comte Pocci a écrit au Roy , qu'une partie
de la Noblesse de Lithuanie étoit entrée dans la
confédération faite par les Palatinats de laGrande
Pologne et de la Prusse Polonoise , et que le
Corps des Troupes qu'il commande étoit augmenté
JANVIER. 1734. 153
オー
menté considerablement par l'arrivée d'un grand
nombre de Gentilshommes Lithuaniens qui s'étoient
rendus dans son Camp avec la plupart de
curs Vassaux ,
S. M. a reçû avis que le Comte Potocki , Régimentaire
de la Couronne , qui s'étoit avancé
depuis peu avec son Armée sur les bords de la
Riviere de Pilckza , s'étoit mis en marche pour
s'approcher des Frontieres de Mariembourg.
Le bruit court que le General Lesci , ne pouvant
plus faire subsister son Armée dans les en
virons de Lowitz , malgré les violences avec lesquelles
il a exigé des contributions des habitans
de tous les Lieux voisins , en est décampé , et
qu'il a divisé ses Troupes en deux corps , dont
Pun marche sous ses ordres du côté de Thorn ,
et l'autre est allé se poster entre Warsovie.et
Cracovie , pour être à portée de se joindre aux
Troupes Saxones , si cela est nécessaire.
La Ville de Thorn n'étant pas en état de soutenir
un siege , la Garnison qui y étoit a reçû
ordre du Roy d'abandonner cette Place . Elle en
sortit le 15. de ce mois pour se retirer à Grandentz.
On assure que le Comte Potocki , qui s'étoit
avancé depuis peu sur les bords de la Riviere de
Pilckza,dans le dessein de marcher avec l'Armée
de la Couronne du côté de Mariembourg , étoit
allé joindre le Palatin de Lublin , qui est campé
à Opatow.
Le Roy a reçu avis que ce dernier faisoit des
Courses jusqu'aux portes de Cracovie , qu'il en
avoit rainé presque tous les environs , qu'il avoit
enlevé tous les chevaux et les fourages des Terres
de l'Evêque de cette Ville et de celles du
Comte de Braniki; qu'il fatiguoit par des com-
H bats
154 MERCURE DE FRANCE
bats continuels les Troupes Saxones , et qu'un
Détachement de ses Troupes avoit enlevé M. Poppelman
, Lieutenant- Colonel au Service de l'Electeur
de Saxe , et quelques autres personnes de
distinction, attachées au parti de ce Prince .
La Noblesse du Palatinat de Siradie a envoyé
un Gentilhomme au Roy, pour l'informer qu'elle
étoit entrée dans la conféderation faite par les
Palatinats de la Grande -Pologne , de la Prusse
Polonoise et de la Lithuanie , et que cette conféderation
avoit été signée par tous les Seigneurs
et les Gentilshommes de la Province , à l'exception
du Palatin qui ayant été surpris dans son
Château par 300. Cosaques des Ennemis , avoit
été conduit de force à Cracovie .
Les Lettres de cette Ville marquent que L'Electeur
et l'Electrice de Saxe , y étoient arrivez
le 12. Janvier ; que le 17. ils s'étoient fait couronner
; qu'il ne s'étoit trouvé à cette ceremonie
que les Evêques de Cracovie et de Cujavie. Le
Prince Wienovieski , les Palatins de Foldachie ,
de Culm et de Czernichow , le Comte de Cerner
et un très - petit nombre de Gentilshommes , et
qu'on croyoit que l'Electeur , pour ne pas découvrir
la foiblesse de son parti , avoit abandonné
le dessein de convoquer une Assemblée de la Now
blesse qui s'est déclarée en sa faveur.
Corps de Troupes aux environs de Thorn , a
écrit au Roy , pour apprendre à S. M. qu'il avoit
attaqué près de cette Ville , un Détachement de
l'Armée Moscovite , que plusieurs des Ennemis
avoient été faits prisonniers et que le reste avoir
été tué ou mis en fuite.
Le Roy a fait distribuer des Armes aux Régimens
que le Comte Poniatowski , le Prince Czartorinski
, les Palatins de Livonie et de Cujavie et
M. Ozarowski , on fait lever depuis peu , et on
doit incessamment leur donner des habits uniformes.
Plusieurs Officiers étrangers sont venus
à Dantzick pour demander d'entrer au service
de S M.
Le Comte Pocci a écrit au Roy , qu'une partie
de la Noblesse de Lithuanie étoit entrée dans la
confédération faite par les Palatinats de laGrande
Pologne et de la Prusse Polonoise , et que le
Corps des Troupes qu'il commande étoit augmenté
JANVIER. 1734. 153
オー
menté considerablement par l'arrivée d'un grand
nombre de Gentilshommes Lithuaniens qui s'étoient
rendus dans son Camp avec la plupart de
curs Vassaux ,
S. M. a reçû avis que le Comte Potocki , Régimentaire
de la Couronne , qui s'étoit avancé
depuis peu avec son Armée sur les bords de la
Riviere de Pilckza , s'étoit mis en marche pour
s'approcher des Frontieres de Mariembourg.
Le bruit court que le General Lesci , ne pouvant
plus faire subsister son Armée dans les en
virons de Lowitz , malgré les violences avec lesquelles
il a exigé des contributions des habitans
de tous les Lieux voisins , en est décampé , et
qu'il a divisé ses Troupes en deux corps , dont
Pun marche sous ses ordres du côté de Thorn ,
et l'autre est allé se poster entre Warsovie.et
Cracovie , pour être à portée de se joindre aux
Troupes Saxones , si cela est nécessaire.
La Ville de Thorn n'étant pas en état de soutenir
un siege , la Garnison qui y étoit a reçû
ordre du Roy d'abandonner cette Place . Elle en
sortit le 15. de ce mois pour se retirer à Grandentz.
On assure que le Comte Potocki , qui s'étoit
avancé depuis peu sur les bords de la Riviere de
Pilckza,dans le dessein de marcher avec l'Armée
de la Couronne du côté de Mariembourg , étoit
allé joindre le Palatin de Lublin , qui est campé
à Opatow.
Le Roy a reçu avis que ce dernier faisoit des
Courses jusqu'aux portes de Cracovie , qu'il en
avoit rainé presque tous les environs , qu'il avoit
enlevé tous les chevaux et les fourages des Terres
de l'Evêque de cette Ville et de celles du
Comte de Braniki; qu'il fatiguoit par des com-
H bats
154 MERCURE DE FRANCE
bats continuels les Troupes Saxones , et qu'un
Détachement de ses Troupes avoit enlevé M. Poppelman
, Lieutenant- Colonel au Service de l'Electeur
de Saxe , et quelques autres personnes de
distinction, attachées au parti de ce Prince .
La Noblesse du Palatinat de Siradie a envoyé
un Gentilhomme au Roy, pour l'informer qu'elle
étoit entrée dans la conféderation faite par les
Palatinats de la Grande -Pologne , de la Prusse
Polonoise et de la Lithuanie , et que cette conféderation
avoit été signée par tous les Seigneurs
et les Gentilshommes de la Province , à l'exception
du Palatin qui ayant été surpris dans son
Château par 300. Cosaques des Ennemis , avoit
été conduit de force à Cracovie .
Les Lettres de cette Ville marquent que L'Electeur
et l'Electrice de Saxe , y étoient arrivez
le 12. Janvier ; que le 17. ils s'étoient fait couronner
; qu'il ne s'étoit trouvé à cette ceremonie
que les Evêques de Cracovie et de Cujavie. Le
Prince Wienovieski , les Palatins de Foldachie ,
de Culm et de Czernichow , le Comte de Cerner
et un très - petit nombre de Gentilshommes , et
qu'on croyoit que l'Electeur , pour ne pas découvrir
la foiblesse de son parti , avoit abandonné
le dessein de convoquer une Assemblée de la Now
blesse qui s'est déclarée en sa faveur.
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Résumé : « Le Catelan de Czersk, qui commande un Corps de Troupes aux environs de Thorn, a [...] »
En janvier 1734, le Catelan de Czersk rapporte au roi une attaque victorieuse contre un détachement de l'armée moscovite près de Thorn, avec des prisonniers et des ennemis tués ou en fuite. Le roi équipe les régiments nouvellement levés par le Comte Poniatowski, le Prince Czartorinski, les Palatins de Livonie et de Cujavie, et M. Ozarowski. Plusieurs officiers étrangers demandent à entrer au service du roi à Dantzick. Le Comte Pocci informe que la noblesse de Lithuanie a rejoint la confédération des Palatinats de la Grande-Pologne et de la Prusse Polonoise, augmentant ainsi les troupes. Le Comte Potocki avance vers les frontières de Mariembourg. Le Général Lesci, ne pouvant plus subsister à Lowitz, divise ses troupes en deux corps, l'un vers Thorn et l'autre entre Varsovie et Cracovie. La garnison de Thorn se retire à Grandentz. Le Comte Potocki rejoint le Palatin de Lublin, qui harcèle les troupes saxonnes et enlève des personnes de distinction. La noblesse du Palatinat de Siradie informe le roi de son entrée dans la confédération. L'Électeur et l'Électrice de Saxe se font couronner à Cracovie, mais la cérémonie manque de soutien.
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531
p. 154-155
ALLEMAGNE.
Début :
Les Lettres de Vienne du 14. de ce mois, portent que le Conseil de guerre prend les [...]
Mots clefs :
Comte, Généraux, Prince, Cavalerie, Infanterie, Armée d'Italie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Es Lettres de Vienne du 14. de ce mois ,
portent que le Conseil de guerre prend les
mesures nécessaires pour faire transporter en Italie
une grande quantité de grains et beaucoup de
munitions de guerre ; cependant malgré la résolution
qui paroît avoir été prise , d'y avoir cette anaée
une Armée considerable,il n'y a jusqu'à present
JANVIER 1734. ISS
sent que sept Régimens de Cavalerie , dix d'Infanterie
et un de Hussarts , qui ayent reçû ordre
de se rendre dans ce Pays.
L'Empereur a nommé pour servir dans
Armé d'Italie , le Prince Louis de Wirtemberg,
General d'Infanterie , le Prince Frederic de Wir
temberg , General de Cavalerie , le Prince de
Culmbach , le Comte de Lewestein , Mrs de
Valparaso , de Diesbach et Darnaw , Lieutenang
Generaux d'Infanterie , le Comte Philippi , et les
Barons de Kevenhaller et de Ckurganik , Lieutenans-
Generaux de Cavalerie ; les Princes de
Lichtenstein et de Saxe Gotha , le Comte Palfi ;
le Baron de Wachtendonch , le Comte de Welseck
, Mrs de la Tour , de Furstenbusch , de
Neilan , de Fin et de Ligneville , Majors Génet
raux . i
Les Officiers Generaux qui doivent servir dans
P'Armée du Rhin , sont le Duc d'Aremberg et
le Comte de Wallis , Generaux d'Infanterie , le
Comte de Huttois , General de la Cavalerie , le
Prince Ferdinand de Baviere , le Prince de Hesse,
le Prince Hohenzollern , le Baron de Schmetaw ,
Mrs de Mussing , Vasquez et de Scho , Lieute
nans-Generaux ; Mrs Haslinger , Bolla , Mutzeldiosch
, Wallis et Orelli , Majors- Generaux
d'Infanterie , le Comte de Soissons , Mrs Choviretz
, Wurmbrand , Miglio , Petrasch et Badian
, Majors Generaux de Cavalerie.
Es Lettres de Vienne du 14. de ce mois ,
portent que le Conseil de guerre prend les
mesures nécessaires pour faire transporter en Italie
une grande quantité de grains et beaucoup de
munitions de guerre ; cependant malgré la résolution
qui paroît avoir été prise , d'y avoir cette anaée
une Armée considerable,il n'y a jusqu'à present
JANVIER 1734. ISS
sent que sept Régimens de Cavalerie , dix d'Infanterie
et un de Hussarts , qui ayent reçû ordre
de se rendre dans ce Pays.
L'Empereur a nommé pour servir dans
Armé d'Italie , le Prince Louis de Wirtemberg,
General d'Infanterie , le Prince Frederic de Wir
temberg , General de Cavalerie , le Prince de
Culmbach , le Comte de Lewestein , Mrs de
Valparaso , de Diesbach et Darnaw , Lieutenang
Generaux d'Infanterie , le Comte Philippi , et les
Barons de Kevenhaller et de Ckurganik , Lieutenans-
Generaux de Cavalerie ; les Princes de
Lichtenstein et de Saxe Gotha , le Comte Palfi ;
le Baron de Wachtendonch , le Comte de Welseck
, Mrs de la Tour , de Furstenbusch , de
Neilan , de Fin et de Ligneville , Majors Génet
raux . i
Les Officiers Generaux qui doivent servir dans
P'Armée du Rhin , sont le Duc d'Aremberg et
le Comte de Wallis , Generaux d'Infanterie , le
Comte de Huttois , General de la Cavalerie , le
Prince Ferdinand de Baviere , le Prince de Hesse,
le Prince Hohenzollern , le Baron de Schmetaw ,
Mrs de Mussing , Vasquez et de Scho , Lieute
nans-Generaux ; Mrs Haslinger , Bolla , Mutzeldiosch
, Wallis et Orelli , Majors- Generaux
d'Infanterie , le Comte de Soissons , Mrs Choviretz
, Wurmbrand , Miglio , Petrasch et Badian
, Majors Generaux de Cavalerie.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En janvier 1734, des préparatifs militaires sont en cours en Allemagne. Des lettres de Vienne du 14 janvier indiquent que le Conseil de guerre organise le transport de grains et de munitions en Italie pour une armée considérable. Cependant, seuls sept régiments de cavalerie, dix d'infanterie et un de hussards ont reçu l'ordre de se rendre en Italie. L'Empereur a nommé plusieurs officiers pour l'armée d'Italie, dont le Prince Louis de Wurtemberg comme général d'infanterie et le Prince Frédéric de Wurtemberg comme général de cavalerie. D'autres nominations incluent des lieutenants-généraux et majors-généraux d'infanterie et de cavalerie. Pour l'armée du Rhin, les officiers généraux nommés sont le Duc d'Aremberg et le Comte de Wallis comme généraux d'infanterie, et le Comte de Huttois comme général de cavalerie, ainsi que plusieurs lieutenants-généraux et majors-généraux d'infanterie et de cavalerie.
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532
p. 155-156
ITALIE.
Début :
Le 16. de ce mois, les Expeditionnaires Apostoliques présenterent au Pape, suivant l'usage, [...]
Mots clefs :
Comte, Pape, Église de Saint-Georges, Pompeo Aldrovandi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
E 16. de ce mois , les Expeditionnaires Apos
toliques présenterent au Pape , suivant l'usage
, cent écus d'or dans un Calicé , étant conduits
à l'Audiance par le Cardinal Gentille , Prodataire,
et ils complimenterent S. S. par un Dis-
Hij cours
156 MERCURE DE FRANCE
cours Latin , que M. Pierre Bernardini prononça,
Le Pape , à la sollicitation de M Akovrandi
a ordonné que les rues de Rome fussent éclairées
pendant la nuit , et l'on prétend que la Chambre
Apostolique est chargée de fournir les fonds
nécessaires pour cette dépense.
Le Chevalier de S. Georges a donné à l'Eglise.
des douze Apôtres et à celle de S. Georges , les
Actions que la Duchesse de Modêne , son Ayeu
le , lui avoit laissées sur le Mont dé Pieté ,
condition que l'on dira tous les ans douze Mes
ses dans la premiere de ces deux .. Eglises le 31 .
Décembre , jour de la Naissance du Prince son
Fils Aîné, et un pareil nombre dans la seconde, le
23. Avril , jour de la Fête du Saint , à laquelle elle
a été dédiée , pour attirer sur les Princes ses en
fans , les benedictions du Ciel .
On écrit de Sicile , que le Comte de Sastago
Vice. Roy de cette Ifle , doit prendre les mesures
nécesaires pour mettre en état de deffense les
Villes de Messine.de Siracuse et de Trapana ,
et qu'il étoit dans la résolution d'abandonner le
reste de l'fle en cas que les Troupes des Puissancs
Alliées y fassent une descente.
Les Lettres de Livourne du 19. Janvier , por
tent que le Comte de Charni devoit marcher le
lendemain avec un corps considerable de Trou
pes Espagnoles , pour mettre des Garnisons dans
quelques Places de la Principauté de Piambino ,et
pour s'assurer d'Orbitello et du Fort de S Philippe
, dans le Sienois. Ces Lettres ajoûtent que
le Comte de Montemar se disposoit à le suivrs
avec le reste de l'Armée pour entrer dans le
Royaume de Naples.
E 16. de ce mois , les Expeditionnaires Apos
toliques présenterent au Pape , suivant l'usage
, cent écus d'or dans un Calicé , étant conduits
à l'Audiance par le Cardinal Gentille , Prodataire,
et ils complimenterent S. S. par un Dis-
Hij cours
156 MERCURE DE FRANCE
cours Latin , que M. Pierre Bernardini prononça,
Le Pape , à la sollicitation de M Akovrandi
a ordonné que les rues de Rome fussent éclairées
pendant la nuit , et l'on prétend que la Chambre
Apostolique est chargée de fournir les fonds
nécessaires pour cette dépense.
Le Chevalier de S. Georges a donné à l'Eglise.
des douze Apôtres et à celle de S. Georges , les
Actions que la Duchesse de Modêne , son Ayeu
le , lui avoit laissées sur le Mont dé Pieté ,
condition que l'on dira tous les ans douze Mes
ses dans la premiere de ces deux .. Eglises le 31 .
Décembre , jour de la Naissance du Prince son
Fils Aîné, et un pareil nombre dans la seconde, le
23. Avril , jour de la Fête du Saint , à laquelle elle
a été dédiée , pour attirer sur les Princes ses en
fans , les benedictions du Ciel .
On écrit de Sicile , que le Comte de Sastago
Vice. Roy de cette Ifle , doit prendre les mesures
nécesaires pour mettre en état de deffense les
Villes de Messine.de Siracuse et de Trapana ,
et qu'il étoit dans la résolution d'abandonner le
reste de l'fle en cas que les Troupes des Puissancs
Alliées y fassent une descente.
Les Lettres de Livourne du 19. Janvier , por
tent que le Comte de Charni devoit marcher le
lendemain avec un corps considerable de Trou
pes Espagnoles , pour mettre des Garnisons dans
quelques Places de la Principauté de Piambino ,et
pour s'assurer d'Orbitello et du Fort de S Philippe
, dans le Sienois. Ces Lettres ajoûtent que
le Comte de Montemar se disposoit à le suivrs
avec le reste de l'Armée pour entrer dans le
Royaume de Naples.
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Résumé : ITALIE.
En Italie, le 16 du mois, les expéditionnaires apostoliques ont offert cent écus d'or au Pape, accompagnés par le Cardinal Gentille. Pierre Bernardini a prononcé un discours en latin. Le Pape a ordonné l'éclairage nocturne des rues de Rome, financé par la Chambre Apostolique, à la demande de M. Akovrandi. Le Chevalier de Saint-Georges a fait don des actions héritées de la Duchesse de Modène au Mont de Piété et à deux églises, avec la condition de célébrer des messes annuelles en mémoire du Prince son fils aîné et de Saint Georges. En Sicile, le Comte de Sastago, Vice-Roi, prépare la défense des villes de Messine, Syracuse et Trapani, envisageant d'abandonner le reste de l'île en cas d'invasion des troupes alliées. Des lettres de Livourne datées du 19 janvier indiquent que le Comte de Charni devait marcher avec des troupes espagnoles pour garnir des places dans la Principauté de Piombino et sécuriser Orbitello et le Fort de Saint-Philippe en Siennois. Le Comte de Montemar se préparait à le suivre avec le reste de l'armée pour entrer dans le Royaume de Naples.
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533
p. 157-161
GRANDE BRETAGNE.
Début :
On apprend de Londres, que le 28. de ce mois, vers les deux heures après midi, le [...]
Mots clefs :
Chambre des pairs, Chambre des communes, Roi, Guerre, Honneur, Couronne, Peuple, Parlement, Attention, Nation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
7
N append de Londres , que le 28. de ce
mois , vers les deux heures après midi , lė
Roi s'étoit rendu à la Chambre des Pairs avec les
ceremonies accoûtumées , et S. M. après avoir
mandé la Chambre des Communes , à fait le
Discours suivant.
MYLORDS ET MISSIEURS.
La guerre commencée depuis peu, et qui est poussée
avec tant de vigueur contre l'Empereur par les
Puissances réunies de France , d'Espagne et de Sardaigne
, est devenue l'objet de l'attenion de l'Europ
.Quoique je ne m'y sois engagé en aucune maniere,
et que je n'y aye de part que par mes bons officesdans
les négociations qu'on a citées comme les principales
causes et les motifs de cette guerre , je ne peus
me dispenser sur cet évenement , ni être indifferent
sur les conséquences d'une guerre entreprise es
soutenuepar des Alliez si puissants . Si jamais une
occasion a demandé quelque chose de plus qu'une
prudence et une circonspection ordinaire , c'est celle
qui se présente , et nous force d'user de la derniere
précaution , pour ne nous pas déterminer trop précipitamment
dans une conjoncture si critique et si
importante : elle demande que nous examinions à
fond ce que l'honneur et la dignité de ma Couronne
et de mes Royaumes , le veritable interét de
mon Peuple , et les engagemens que nous avons pris
avec diverses puissances dont nous sommes alliez .
peuvent exiger de nous avec justice . C'est par cette
raison que j'ai crû qu'il convenoit de prendre du
temps pour examiner les faits alleguez de part et
d'autre , et d'attendre le résultat des Conseils des
Puissances qui sont le plus interessées à cette guerre,
Hij
158 MERCURE DE FRANCE
et de concert avec celles qui ont des engagemens
avec moi, et qui n'ont point pris part à la guerre ,
plus ( particulierement avec les Etats generaux des
Provinces- Unies ) les mesures qui paroîtront les plus
convenables à notre sûreté commune et les plus propres
à rétablir la paix daus l'Europe. Les résolutions
du Parlement de la Grande-Bretagne sont
d'une trop grande importance dans une conjoncture
si délicate, pour ne pas exciter l'attention et l'impatience
de ceux qui esperent tirer avantage de nos
résolutions , et de s'en servir au préjudice de ce
Royaume ; ainsi nous devons déliberer avec une
grande précaution, et examiner avec toute la prudence
imaginable toutes les circonstances , avant que
de nous déterminer à prendre un parti . Comme dans
toutes mes reflexions sur cette importante affaire ,
J'aurai principalement égard à l'honneur de ma
Couronne et à l'interêt de mon Peuple , et que je ne
me gouvernerai que par ces vûës , je ne doute pas
que je ne puisse compter entierement sur l'appui et
assistance de mon Parlement , sans m'exposer par
gtune Déclaration précipuée à des inconveniens
op'on deix éviter autant qu'il est possible . En attendivot
je suis persuadé que vous prendrez les précautions
nécessaires pour mettre mes Royaumes , mes
droits et mes possessions à couvert de tous dangers et
de toute insulte , et pour conserver à la Nation Bri
tannique les égards qui lui sont dûs.Quel que soit le
parti auquel nous nous déterminerons , il est très-raisonnable
de nous mettre en état de deffense, sur tout
dans le temps que toute l'Europe est armée . Par la
nous conserverons mieux la paix dans ce Royaume ,
et nous donnerons plus de poids aux mesures qu'il
conviendra de prendre avec nos Alliez ; sans cette
précaution nous nous ferioms mépriser au- dehors ,
et nousferions naître la tentation et l'encouragement
AUX
JANVIER 1734 159
Bux ves dangereuses de ceux qui se flatttent toujours
de tirer quelque avantage des troubles et des
désordres publics.
MESSIEURS de la Chambre des Communes.
Je ferai remettre devant vous l'état des dépenses
qui exigent de vous une attention actuelle et immé
diate ; l'augmentation qu'on vous proposera pour te
service de Mer , sera tres - considerable , mais je suis
assuré qu'elle vous paroîtra raisonnable et necessaire.
Je dois particulierement recommander à vos
soins les Dettes de la Marine , qui vous ont été présentées
tous les ans . La circonstance présente me
fait croire que vous penserez qu'il est nécessaire d'y
pourvoir , et que le service public souffriroit d'un plus
long retardement à prendre une résolution sur cette
affaire. Comme ces Charges et dépenses sont inévi
tables , je ne fais aucun doute que vous ne leviez les
secours d'argent qui sont nécessaires, avec beaucoup
de diligence et avec le zéle que ce Parlement a
marqué dans toutes les occasions pour les véritables
interêts de mon penple.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Si on a toujours souhaité que les affaires du Parlementy
fussent traitées sans chaleur et sans animosité
, mais avec la modération qui fait connoître
la justice de la sagesse de la Nation ; c'est à present
qu'on doit le desirer plus particulierement, afin
que cette session ne soit point prolongée par des dér
fais inutiles , lorsque tout le Royaume paroît préparé
par l'élection d'un nouveau Parlement , évenement
quifait l'attention de toute l'Europe. Je suis tressatisfait
que le choix des nouveaux Deputez soit
une occasion pour moi de connoître les veritables
sentimens de mon Peuple, et de faire voir qu'ils ont
Hiiij été
1 MERCURE DE FRANCE
été mal rendus et déguisez. On peut aisement en
imposer à ceux qui ne voient et n'entendent les choses
que de loin , et les exposer à concevoir defausses
esperances ou à se livrer à des craintes peu fondées ;
mais j'espere qu'un peu de temps détruira ces opiniens
et qu'on reconnoîtra que la Grande Bretagne
est toujours disposée à faire ce que l'honneur et l'in
terêt de la Nation exigent d'elle.
Le Roy s'étant retiré de la Chambre des Pairs,
après que le Grand Chancelier eut prononcé au
nom de S. M. la Harangue aux deux Chambres;
les Seigneurs résolurent de présenter une adresse
au Roy pour le remercier , ils s'assemblerent le
lendemain , et après s'être ajournez au 30 , ils se
rendirent au Palais de Saint James , où ils présenterent
leur adresse , par laquelle ils assurerent
le Roy qu'ils entreroient avec autant de zéle que
de confiance dans toutes les vûës que S. M. leur
avoit expliquées dans sa Harangue . Le Roy leas
répondit :
MYLORDS ,
Je vous remercie de cette respectueuse et fidele
adresse ; la satisfaction que vous me témoignez de
mon attention et de mes efforts continuels à conserver
la paix et la tranquillité publique , m'est_extrémement
agreable, et comme je n'ai autre chose en vuë
que l'honneur et la dignité de ma Couronne et lø
bien de mes Royaumes , vous pouvez être assurez
de la continuation de mes soins et de ma vigilance
pour parvenir à ces fins desirables , et de la ferme
resolution où je suis , quelques evenemens qui_arrivent
de prendre les mesures les plus capables de repondre
à la confiance que vous avez en moi , et de
procurer la sureté et le bonheur de la Nation.
La
JANVIER . 1734. 161
La Chambre des Communes a aussi présenté
son adresse au Roy , qui y a fait la réponse suivante.
MESSIEURS ,
Je vous remercie de cette respectueuse et fidele adres
se et de la confiance que vous avez en moi , vous
pouvez être assurez que je ne m'en servirai quepour
Phonneur de la Couronne et le veritable interét de
mon peuple.
7
N append de Londres , que le 28. de ce
mois , vers les deux heures après midi , lė
Roi s'étoit rendu à la Chambre des Pairs avec les
ceremonies accoûtumées , et S. M. après avoir
mandé la Chambre des Communes , à fait le
Discours suivant.
MYLORDS ET MISSIEURS.
La guerre commencée depuis peu, et qui est poussée
avec tant de vigueur contre l'Empereur par les
Puissances réunies de France , d'Espagne et de Sardaigne
, est devenue l'objet de l'attenion de l'Europ
.Quoique je ne m'y sois engagé en aucune maniere,
et que je n'y aye de part que par mes bons officesdans
les négociations qu'on a citées comme les principales
causes et les motifs de cette guerre , je ne peus
me dispenser sur cet évenement , ni être indifferent
sur les conséquences d'une guerre entreprise es
soutenuepar des Alliez si puissants . Si jamais une
occasion a demandé quelque chose de plus qu'une
prudence et une circonspection ordinaire , c'est celle
qui se présente , et nous force d'user de la derniere
précaution , pour ne nous pas déterminer trop précipitamment
dans une conjoncture si critique et si
importante : elle demande que nous examinions à
fond ce que l'honneur et la dignité de ma Couronne
et de mes Royaumes , le veritable interét de
mon Peuple , et les engagemens que nous avons pris
avec diverses puissances dont nous sommes alliez .
peuvent exiger de nous avec justice . C'est par cette
raison que j'ai crû qu'il convenoit de prendre du
temps pour examiner les faits alleguez de part et
d'autre , et d'attendre le résultat des Conseils des
Puissances qui sont le plus interessées à cette guerre,
Hij
158 MERCURE DE FRANCE
et de concert avec celles qui ont des engagemens
avec moi, et qui n'ont point pris part à la guerre ,
plus ( particulierement avec les Etats generaux des
Provinces- Unies ) les mesures qui paroîtront les plus
convenables à notre sûreté commune et les plus propres
à rétablir la paix daus l'Europe. Les résolutions
du Parlement de la Grande-Bretagne sont
d'une trop grande importance dans une conjoncture
si délicate, pour ne pas exciter l'attention et l'impatience
de ceux qui esperent tirer avantage de nos
résolutions , et de s'en servir au préjudice de ce
Royaume ; ainsi nous devons déliberer avec une
grande précaution, et examiner avec toute la prudence
imaginable toutes les circonstances , avant que
de nous déterminer à prendre un parti . Comme dans
toutes mes reflexions sur cette importante affaire ,
J'aurai principalement égard à l'honneur de ma
Couronne et à l'interêt de mon Peuple , et que je ne
me gouvernerai que par ces vûës , je ne doute pas
que je ne puisse compter entierement sur l'appui et
assistance de mon Parlement , sans m'exposer par
gtune Déclaration précipuée à des inconveniens
op'on deix éviter autant qu'il est possible . En attendivot
je suis persuadé que vous prendrez les précautions
nécessaires pour mettre mes Royaumes , mes
droits et mes possessions à couvert de tous dangers et
de toute insulte , et pour conserver à la Nation Bri
tannique les égards qui lui sont dûs.Quel que soit le
parti auquel nous nous déterminerons , il est très-raisonnable
de nous mettre en état de deffense, sur tout
dans le temps que toute l'Europe est armée . Par la
nous conserverons mieux la paix dans ce Royaume ,
et nous donnerons plus de poids aux mesures qu'il
conviendra de prendre avec nos Alliez ; sans cette
précaution nous nous ferioms mépriser au- dehors ,
et nousferions naître la tentation et l'encouragement
AUX
JANVIER 1734 159
Bux ves dangereuses de ceux qui se flatttent toujours
de tirer quelque avantage des troubles et des
désordres publics.
MESSIEURS de la Chambre des Communes.
Je ferai remettre devant vous l'état des dépenses
qui exigent de vous une attention actuelle et immé
diate ; l'augmentation qu'on vous proposera pour te
service de Mer , sera tres - considerable , mais je suis
assuré qu'elle vous paroîtra raisonnable et necessaire.
Je dois particulierement recommander à vos
soins les Dettes de la Marine , qui vous ont été présentées
tous les ans . La circonstance présente me
fait croire que vous penserez qu'il est nécessaire d'y
pourvoir , et que le service public souffriroit d'un plus
long retardement à prendre une résolution sur cette
affaire. Comme ces Charges et dépenses sont inévi
tables , je ne fais aucun doute que vous ne leviez les
secours d'argent qui sont nécessaires, avec beaucoup
de diligence et avec le zéle que ce Parlement a
marqué dans toutes les occasions pour les véritables
interêts de mon penple.
MYLORDS ET MESSIEURS ,
Si on a toujours souhaité que les affaires du Parlementy
fussent traitées sans chaleur et sans animosité
, mais avec la modération qui fait connoître
la justice de la sagesse de la Nation ; c'est à present
qu'on doit le desirer plus particulierement, afin
que cette session ne soit point prolongée par des dér
fais inutiles , lorsque tout le Royaume paroît préparé
par l'élection d'un nouveau Parlement , évenement
quifait l'attention de toute l'Europe. Je suis tressatisfait
que le choix des nouveaux Deputez soit
une occasion pour moi de connoître les veritables
sentimens de mon Peuple, et de faire voir qu'ils ont
Hiiij été
1 MERCURE DE FRANCE
été mal rendus et déguisez. On peut aisement en
imposer à ceux qui ne voient et n'entendent les choses
que de loin , et les exposer à concevoir defausses
esperances ou à se livrer à des craintes peu fondées ;
mais j'espere qu'un peu de temps détruira ces opiniens
et qu'on reconnoîtra que la Grande Bretagne
est toujours disposée à faire ce que l'honneur et l'in
terêt de la Nation exigent d'elle.
Le Roy s'étant retiré de la Chambre des Pairs,
après que le Grand Chancelier eut prononcé au
nom de S. M. la Harangue aux deux Chambres;
les Seigneurs résolurent de présenter une adresse
au Roy pour le remercier , ils s'assemblerent le
lendemain , et après s'être ajournez au 30 , ils se
rendirent au Palais de Saint James , où ils présenterent
leur adresse , par laquelle ils assurerent
le Roy qu'ils entreroient avec autant de zéle que
de confiance dans toutes les vûës que S. M. leur
avoit expliquées dans sa Harangue . Le Roy leas
répondit :
MYLORDS ,
Je vous remercie de cette respectueuse et fidele
adresse ; la satisfaction que vous me témoignez de
mon attention et de mes efforts continuels à conserver
la paix et la tranquillité publique , m'est_extrémement
agreable, et comme je n'ai autre chose en vuë
que l'honneur et la dignité de ma Couronne et lø
bien de mes Royaumes , vous pouvez être assurez
de la continuation de mes soins et de ma vigilance
pour parvenir à ces fins desirables , et de la ferme
resolution où je suis , quelques evenemens qui_arrivent
de prendre les mesures les plus capables de repondre
à la confiance que vous avez en moi , et de
procurer la sureté et le bonheur de la Nation.
La
JANVIER . 1734. 161
La Chambre des Communes a aussi présenté
son adresse au Roy , qui y a fait la réponse suivante.
MESSIEURS ,
Je vous remercie de cette respectueuse et fidele adres
se et de la confiance que vous avez en moi , vous
pouvez être assurez que je ne m'en servirai quepour
Phonneur de la Couronne et le veritable interét de
mon peuple.
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Résumé : GRANDE BRETAGNE.
Le 28 janvier 1734, le roi de Grande-Bretagne a adressé un discours à la Chambre des Pairs et à la Chambre des Communes pour aborder la guerre en cours entre l'Empereur et les Puissances réunies de France, d'Espagne et de Sardaigne. Bien que la Grande-Bretagne ne soit pas directement impliquée dans ce conflit, le roi a souligné l'importance de cette guerre pour l'Europe et la nécessité de prendre des précautions pour éviter des décisions hâtives. Il a mis en avant l'honneur de sa couronne, l'intérêt de son peuple et les engagements avec diverses puissances alliées. Le roi a également insisté sur la nécessité de se préparer à la défense, surtout dans un contexte où toute l'Europe est en état d'alerte. Il a recommandé aux Communes de lever les fonds nécessaires pour les dépenses de la marine et de traiter les affaires parlementaires avec modération pour éviter des prolongations inutiles. En réponse, les Chambres ont présenté des adresses au roi pour le remercier de ses efforts en faveur de la paix et de la tranquillité publique. Le roi a assuré de sa continuité dans ces efforts.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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534
p. 161-162
ARMÉE D'ITALIE, Prise de Novarre, &c.
Début :
La Garnison du Château de Milan en sortit le 2. de ce mois avec les honneurs de la [...]
Mots clefs :
Novare, Troupes, Nuit, Marquis de Coigny, Compagnies de grenadiers, Château, Mois, Guerre, Tranchée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ITALIE, Prise de Novarre, &c.
AR ME'E D'ITALIE
Prise de Novarre , & c.
A Garnison du Château de Milan en sortit
le 2. de ce mois avec les honneurs de la
Guerre. Le Maréchal Visconti qui étoit à la
tête , l'a conduite à Mantouë , au nombre d'environ
800 hommes.
•
Les Troupes qui avoient été commandées
après cette expedition pour aller sous les ordres
du Marquis de Coigny , Lieutenant General
' faire le Siége de Novarre , étant arrivées devant
cette Place , la Tranchée fut ouverte la nuit du
sau 6 de ce mois : on y employa deux mille
Travailleurs , soutenus par les deux Bataillons
du Regiment Dauphin , et par six Compagnies
de Grenadiers et les Troupes furent commandées
par M. d'Affry Maréchal de Camp. On
forma pendant cette nuit une parallele d'environ
300 toises , sans perdre un seul homme , quoique
les assiégez se fussent apperçus des travaux,
parce qu'un brouillard très épais joint à l'obscu
rité de la nuit , avoir obligé d'allumer des méches
de distance en distance pour être en état de traouvrages.
ser les
>
H▾
2
Le
162 MERCURE DE FRANCE
1
Le 6 le Marquis de Fervaques Maréchal de
Camp , releva la Tranchée avec deux Bataillons
des Troupes du Roy de Sardaigne , et quatre
Compagnies de Grenadiers de celles du Roy ;
on perfectionna les travaux commencez la
veille , et on établit deux Batteries de quatre
Mortiers chacune , lesquelles commencerent à
tirer le lendemain : pendant la nuit on fit une
seconde parallele et plusieurs communications
avec la premiere.
On travailloit le à placer les Batteries de
Canon lorsque les assiégez demanderent à capituler.
Il leur fut accordé de sortir avec les
honneurs de la Guerre et deux pièces de Canon ,
et le Gouverneur s'obligea par la capitulation
de faire sortir sans Canon ni Artillerie le Détachement
de la Garnison qui etoit dans le Fort
d'Arrona.
Le Maréchal de Villars ayant appris à Milan
le 8 de ce mois par un Courier que lui dépêcha
le Marquis de Coigny, la Prise de Novarre et du
Fort d'Arrona il fit partir sur le champ le
Marquis de Firmacon , pour en aller porter la
nouvelle au Roy .
,
La Garnison de Novarre qui étoit de 1300
hommes , en est sortie le 10 pour se retirer à
Mantouë.
Le Marquis de Maillebois, Lieutenant General ,
arriva le s devant le Château de Sarravale , et le
même jour le Commandant qui avoit été sommé
de se rendre , demanda à capituler vers les
huit heures du soir.
Le Marquis de la Chatre qui commandoit la
Tranchée , entra à la tête des Troupes dans le
Château , où il fit exécuter ce qui avoit été convenu
avec le Commandant la Garnison : été
faite Prisonniere de Guerre , les Officiers ont été
envoyez à Alexandrie , et les Soldats à Asti .
Prise de Novarre , & c.
A Garnison du Château de Milan en sortit
le 2. de ce mois avec les honneurs de la
Guerre. Le Maréchal Visconti qui étoit à la
tête , l'a conduite à Mantouë , au nombre d'environ
800 hommes.
•
Les Troupes qui avoient été commandées
après cette expedition pour aller sous les ordres
du Marquis de Coigny , Lieutenant General
' faire le Siége de Novarre , étant arrivées devant
cette Place , la Tranchée fut ouverte la nuit du
sau 6 de ce mois : on y employa deux mille
Travailleurs , soutenus par les deux Bataillons
du Regiment Dauphin , et par six Compagnies
de Grenadiers et les Troupes furent commandées
par M. d'Affry Maréchal de Camp. On
forma pendant cette nuit une parallele d'environ
300 toises , sans perdre un seul homme , quoique
les assiégez se fussent apperçus des travaux,
parce qu'un brouillard très épais joint à l'obscu
rité de la nuit , avoir obligé d'allumer des méches
de distance en distance pour être en état de traouvrages.
ser les
>
H▾
2
Le
162 MERCURE DE FRANCE
1
Le 6 le Marquis de Fervaques Maréchal de
Camp , releva la Tranchée avec deux Bataillons
des Troupes du Roy de Sardaigne , et quatre
Compagnies de Grenadiers de celles du Roy ;
on perfectionna les travaux commencez la
veille , et on établit deux Batteries de quatre
Mortiers chacune , lesquelles commencerent à
tirer le lendemain : pendant la nuit on fit une
seconde parallele et plusieurs communications
avec la premiere.
On travailloit le à placer les Batteries de
Canon lorsque les assiégez demanderent à capituler.
Il leur fut accordé de sortir avec les
honneurs de la Guerre et deux pièces de Canon ,
et le Gouverneur s'obligea par la capitulation
de faire sortir sans Canon ni Artillerie le Détachement
de la Garnison qui etoit dans le Fort
d'Arrona.
Le Maréchal de Villars ayant appris à Milan
le 8 de ce mois par un Courier que lui dépêcha
le Marquis de Coigny, la Prise de Novarre et du
Fort d'Arrona il fit partir sur le champ le
Marquis de Firmacon , pour en aller porter la
nouvelle au Roy .
,
La Garnison de Novarre qui étoit de 1300
hommes , en est sortie le 10 pour se retirer à
Mantouë.
Le Marquis de Maillebois, Lieutenant General ,
arriva le s devant le Château de Sarravale , et le
même jour le Commandant qui avoit été sommé
de se rendre , demanda à capituler vers les
huit heures du soir.
Le Marquis de la Chatre qui commandoit la
Tranchée , entra à la tête des Troupes dans le
Château , où il fit exécuter ce qui avoit été convenu
avec le Commandant la Garnison : été
faite Prisonniere de Guerre , les Officiers ont été
envoyez à Alexandrie , et les Soldats à Asti .
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Résumé : ARMÉE D'ITALIE, Prise de Novarre, &c.
Le texte décrit plusieurs événements militaires en Italie. Le 2 du mois, la garnison du Château de Milan, dirigée par le Maréchal Visconti, quitta Milan avec les honneurs de la guerre et se dirigea vers Mantoue, composée d'environ 800 hommes. Par la suite, des troupes commandées par le Marquis de Coigny arrivèrent devant Novarre pour en faire le siège. La nuit du 6 du mois, une tranchée fut ouverte par 2 000 travailleurs soutenus par des bataillons du Régiment Dauphin et des compagnies de grenadiers, sous les ordres de M. d'Affry. Malgré la vigilance des assiégés, les travaux furent réalisés sans perte grâce à un brouillard épais. Le 6, le Marquis de Fervaques prit le relais avec des troupes du Roi de Sardaigne et des grenadiers, perfectionnant les travaux et établissant des batteries de mortiers. Pendant la nuit, une seconde parallèle et plusieurs communications furent créées. Alors que les batteries de canon étaient en cours de placement, les assiégés demandèrent à capituler. Ils obtinrent de sortir avec les honneurs de la guerre et deux pièces de canon, tandis que le gouverneur dut faire sortir le détachement du Fort d'Arrona sans canon ni artillerie. Le Maréchal de Villars, informé de la prise de Novarre et du Fort d'Arrona, envoya le Marquis de Firmacon porter la nouvelle au Roi. La garnison de Novarre, composée de 1 300 hommes, se retira à Mantoue le 10. Par ailleurs, le Marquis de Maillebois arriva devant le Château de Sarravale et le commandant demanda à capituler. La garnison fut faite prisonnière de guerre, les officiers furent envoyés à Alexandrie et les soldats à Asti.
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535
p. 163-167
LETTRE du Camp devant Novarre, écrite le 14 Janvier, contenant quelque détail du Siége de la Citadelle de Milan, &c. et de Novarre.
Début :
La Tranchée fut ouverte devant la Citadelle de Milan la nuit du 15 au 16 de Decembre [...]
Mots clefs :
Nuit, Pièces, Parallèle, Batteries, Novare, Communications, Bastions, Attaque, Canon, Chemin couvert
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Camp devant Novarre, écrite le 14 Janvier, contenant quelque détail du Siége de la Citadelle de Milan, &c. et de Novarre.
LETTRE du Camp devant Novarre ,
écrite le 14 Janvier , contenant quelque
détail du Siége de la Citadelle de Milan
, & c. et de Novarre.
A Tranchée fut ouverte devant la Citadelle
Lde Milan la nuit du 15 au 16 de Decembre
deux mille travailleurs , et l'on fit cette
pár
même nuit une Parallele à 120 toises de la Pla
ce , et de 580 toises de longueur , et deux communications
pour arriver à cette Parallele de
630 toises les deux , ce qui fut perfectionné durant
la journée du 16. La nuit du 16 au 17 on
fit trois Zigzags vis - à - vis les Angles Saillans des
deux Bastions ou de la Demi - Lune de l'attaque .
La nuit du 17 au 18 l'on fit une Parallele au
pied du Glacis de 316 toises de longueur.
La nuit du 18 au 19 on prolongea la premiere
Parallele , et l'on travailla aux Batteries de
30 pieces de Canon qui ont ruiné les deffenses ,
et aux communications pour arriver aux Batteries.
La nuit du 19 au 20, on travailla à la Sape volante
, pour continuer les débouchez des Zigzags
, sur les Capitales.
La nuit du 20 au 21 , on prolongea , encore à
la Sappe , les débouchez des Zigzags .
La nuit du 21 au 22 , on fit la troisiéme Parallele
à moitié du Glacis .
La nuit du 22 au 23 , on continua cette Parallele
et l'on prolongea la premiere Parallele jusqu'à
la Porte Verccilline , pour la commodité
des Troupes.
La même nuit du 22 au 23 , les Mineurs com-
H vj
men164
MERCURE DE FRANCE.
mencerent neuf Puits ou descentes pour chercher
les Mines des Ennemis , et l'on commença en
même-temps trois Zigzags à la Sappe, pour s'approcher
des Angles saillans,
La nuit du 23 au 24 , on fit le logement du
Chemin couvert , sur les Angles saillans , avec
des communications pour y arriver .
La nuit du 24 au 25, on continua le logement
du Chemin couvert.
La nuit du 25 au 26, on perfectionna le logegement
du Chemin couvert , de mêine que les
communications; et la même nuit on commença
les Batteries sur le Chemin couvert; sçavoir,deux
de 4 Pieces chacune , pour battre les faces de la
Demi - Lune , deux autres Batteries , de 6 Pieces
chacune , pour battre les deux faces des Bastions
du front de l'attaque.
Pendant le jour du 26 , on commença.
bouchez des descentes du Fossé.
six. dé-
La nuit du 26 au 27 , on fit les logemens dans
les deux Places d'armes rentrantes , et cette
même nuit on commença deux Batteries de qua,
tre Pieces chacune , pour ruiner les Flancs des
deux Bastions de l'attaque.
La nuit du 27 au 28 , on perfectionna les lodes
Places d'armes rentrantes , et l'on con- gemens
tinua les Batteries , et prolongea les descentes dy
Fossé , près de la Contrescarpe.
La nuit du 28 au 29 , on fit un Epaulement
sur le Chemin couvert de l'attaque de la droite ,
pour couvrir les Batteries qui étoient de ce côtélà.
Les & Pieces de Canon pour battre les faces
de la Demi- Lune , commencerent à tirer le 27 ,
et le 29 la Bréche à la face gauche étoit praticable
. Les 12 Piéces destinées pour faire Bréche
aux faces des Bastions , commencerent à tixer ,
parJANVIER
1734- IGS
partie le 27 , et l'autre partie tira le 28, et tou
tes ces Pieces faisoient beaucoup d'effet . Les &
Pieces destinées pour ruiner les Flancs , commencerent
à tirer le 29 au matin , et ce même
jour à deux heures après midi , les Ennemis demanderent
à capituler , et arborerent le Drapeau
blanc , la Garnison étoit composée de
1500 hommes d'Infanterie , on leur a accordé
les honneurs de la Guerre , et sont sortis le a
Janvier , , pour être conduits à Mantouë.
M. le Maréchal de Visconti commandoit en
Chef dans cette Citadelle ; la Garnison s'est assez
bien deffendue ; elle pouvoit néanmoins encore
tenir 3 à 4 jours , mais on l'auroit fait Prisonniere
de Guerre. Nous avons perdu dans le courant
de ce Siége 60 hommes de tuez , et 116
blessez. Les Troupes y ont servi avec beaucoup
de valeur et de distinction .
La Tranchée fut ouverte devant Novarre la nuit
du s at 6 Janvier , par 2000 travailleurs , sourenus
en avant par cinq Compagnies de Grena
diers , et sur le derriere , par 2 Bataillons. L'on
fit une Parallele à 130 toises de la Place , et de
540 toises de longueur , et deux communications
pour arriver à cette Parallele , le tout s'est perfectionné
durant la journée du 6 , par les deux
Bataillons de la tranchée , 1000 Soldats travailn
leurs et 500 Paysans.
La nuit du 6 au 7 on fit une seconde Parallele
â la Sappe volante , avec trois communications
en zigzags ; cette Parallele étoit à 60 toises
de la premiere , et à 70 toises du Chemin
Couvert. L'on travailla dès le 6 , à deux Batteries
de 8 Mortiers , quatre dans chaque Batteries ,
qui jetterent des Bombes le 7 au matin , et l'on
commença la nuit du 6 au 7 , six Batterics de
Садом
166 MERCURE DE FRANCE
Canon ; sçavoir , deux de chacune 8 Pieces ,
pour battre les deux faces des Bastions de l'attaque
; deux de chacune trois Pieces , pour ruiner
les deux Flancs et les deffenses de la Demi-
Lune , et deux Batteries sur la gauche , et la
droite entre les deux Paralleles , pour tirer à
Ricochets et enfiler les deux faces des Bastions
du côté de l'attaque ; ces 30 Pieces de Canon
devoient tirer le 9 au matin ; mais les Bombes
ayant , dis-je, fait beaucoup de frayeur aux habitans
de la Ville ; ils allerent trouver M. Paul
Durand, Gouverneur , pour le prier de capituler,
ce qu'il accepta ; et le 7 , à 4 heures après midi
il fit rappeller et arborer le Drapeau blanc.
La Capitulation fut signé le même jour , et le
lendemain 8. on nous ceda une des Portes de la
Ville. La Garnison en sortit le onze au matin
au nombre de 1300 hommes d'Infanterie , et 40
Chevaux, deux Pieces de Canon , et 90 Chariots,
pour porter leurs Equipages , et on les escorta
jusqu'à Mantouë.
M. de la Blottiere a commandé en chef à ces
deux Siéges , de même qu'à celui de Pizighitone,
à cause que M.de Salmon son ancien, a toujours
été inalade.
Il y a eu à tous ces Siéges quatre Brigades
d'Ingénieurs,faisant en tout 32.et 16 Ingénieurs
Piémontois qui monterent avec nos Brigades.
Dans moins de deux mois de temps l'armée
bien fait des Conquêtes. Les voici : Pizzighitone
, la Citadelle de Milan , Novarre , le Château
de Crémone, et le Fort de Lecs , Tresso, Fuentes,
Arona , et Saravats. Il y avoit dans toutes ces
Places du Canon, des Garnisons , et beaucoup de
Munitions de Guerre et de Bouche .
Il y a dans Novarre 44 Piéces de Canons , &
Mor-
X
JANVIER. 1734 167
$4
Mortiers , le tout de Bronze ; 4300 Barils de
Poudre,chaque Baril de cent liv. pesant , et beaud'autres
munitions. coup
que
,
Il y a dans Pizzighitone et dans la Citadelle de
Milan beaucoup plus d'Artillerie et de Poudre
dans Novarre si le temps nous permet de
faire le Siége de Tortonne toute la Lombardie
, depuis l'Oglio jusqu'à la Sesia , près de
Verceille , sera libre ; c'est -à-dire que toutes les
Places seront soumises . On s'est même emparé
de Gouestella et de Borgoforte , cette derniere
Place qui ne vaut rien , n'est qu'à deux lieuës de
Mantoue. Je suis , &c.
écrite le 14 Janvier , contenant quelque
détail du Siége de la Citadelle de Milan
, & c. et de Novarre.
A Tranchée fut ouverte devant la Citadelle
Lde Milan la nuit du 15 au 16 de Decembre
deux mille travailleurs , et l'on fit cette
pár
même nuit une Parallele à 120 toises de la Pla
ce , et de 580 toises de longueur , et deux communications
pour arriver à cette Parallele de
630 toises les deux , ce qui fut perfectionné durant
la journée du 16. La nuit du 16 au 17 on
fit trois Zigzags vis - à - vis les Angles Saillans des
deux Bastions ou de la Demi - Lune de l'attaque .
La nuit du 17 au 18 l'on fit une Parallele au
pied du Glacis de 316 toises de longueur.
La nuit du 18 au 19 on prolongea la premiere
Parallele , et l'on travailla aux Batteries de
30 pieces de Canon qui ont ruiné les deffenses ,
et aux communications pour arriver aux Batteries.
La nuit du 19 au 20, on travailla à la Sape volante
, pour continuer les débouchez des Zigzags
, sur les Capitales.
La nuit du 20 au 21 , on prolongea , encore à
la Sappe , les débouchez des Zigzags .
La nuit du 21 au 22 , on fit la troisiéme Parallele
à moitié du Glacis .
La nuit du 22 au 23 , on continua cette Parallele
et l'on prolongea la premiere Parallele jusqu'à
la Porte Verccilline , pour la commodité
des Troupes.
La même nuit du 22 au 23 , les Mineurs com-
H vj
men164
MERCURE DE FRANCE.
mencerent neuf Puits ou descentes pour chercher
les Mines des Ennemis , et l'on commença en
même-temps trois Zigzags à la Sappe, pour s'approcher
des Angles saillans,
La nuit du 23 au 24 , on fit le logement du
Chemin couvert , sur les Angles saillans , avec
des communications pour y arriver .
La nuit du 24 au 25, on continua le logement
du Chemin couvert.
La nuit du 25 au 26, on perfectionna le logegement
du Chemin couvert , de mêine que les
communications; et la même nuit on commença
les Batteries sur le Chemin couvert; sçavoir,deux
de 4 Pieces chacune , pour battre les faces de la
Demi - Lune , deux autres Batteries , de 6 Pieces
chacune , pour battre les deux faces des Bastions
du front de l'attaque.
Pendant le jour du 26 , on commença.
bouchez des descentes du Fossé.
six. dé-
La nuit du 26 au 27 , on fit les logemens dans
les deux Places d'armes rentrantes , et cette
même nuit on commença deux Batteries de qua,
tre Pieces chacune , pour ruiner les Flancs des
deux Bastions de l'attaque.
La nuit du 27 au 28 , on perfectionna les lodes
Places d'armes rentrantes , et l'on con- gemens
tinua les Batteries , et prolongea les descentes dy
Fossé , près de la Contrescarpe.
La nuit du 28 au 29 , on fit un Epaulement
sur le Chemin couvert de l'attaque de la droite ,
pour couvrir les Batteries qui étoient de ce côtélà.
Les & Pieces de Canon pour battre les faces
de la Demi- Lune , commencerent à tirer le 27 ,
et le 29 la Bréche à la face gauche étoit praticable
. Les 12 Piéces destinées pour faire Bréche
aux faces des Bastions , commencerent à tixer ,
parJANVIER
1734- IGS
partie le 27 , et l'autre partie tira le 28, et tou
tes ces Pieces faisoient beaucoup d'effet . Les &
Pieces destinées pour ruiner les Flancs , commencerent
à tirer le 29 au matin , et ce même
jour à deux heures après midi , les Ennemis demanderent
à capituler , et arborerent le Drapeau
blanc , la Garnison étoit composée de
1500 hommes d'Infanterie , on leur a accordé
les honneurs de la Guerre , et sont sortis le a
Janvier , , pour être conduits à Mantouë.
M. le Maréchal de Visconti commandoit en
Chef dans cette Citadelle ; la Garnison s'est assez
bien deffendue ; elle pouvoit néanmoins encore
tenir 3 à 4 jours , mais on l'auroit fait Prisonniere
de Guerre. Nous avons perdu dans le courant
de ce Siége 60 hommes de tuez , et 116
blessez. Les Troupes y ont servi avec beaucoup
de valeur et de distinction .
La Tranchée fut ouverte devant Novarre la nuit
du s at 6 Janvier , par 2000 travailleurs , sourenus
en avant par cinq Compagnies de Grena
diers , et sur le derriere , par 2 Bataillons. L'on
fit une Parallele à 130 toises de la Place , et de
540 toises de longueur , et deux communications
pour arriver à cette Parallele , le tout s'est perfectionné
durant la journée du 6 , par les deux
Bataillons de la tranchée , 1000 Soldats travailn
leurs et 500 Paysans.
La nuit du 6 au 7 on fit une seconde Parallele
â la Sappe volante , avec trois communications
en zigzags ; cette Parallele étoit à 60 toises
de la premiere , et à 70 toises du Chemin
Couvert. L'on travailla dès le 6 , à deux Batteries
de 8 Mortiers , quatre dans chaque Batteries ,
qui jetterent des Bombes le 7 au matin , et l'on
commença la nuit du 6 au 7 , six Batterics de
Садом
166 MERCURE DE FRANCE
Canon ; sçavoir , deux de chacune 8 Pieces ,
pour battre les deux faces des Bastions de l'attaque
; deux de chacune trois Pieces , pour ruiner
les deux Flancs et les deffenses de la Demi-
Lune , et deux Batteries sur la gauche , et la
droite entre les deux Paralleles , pour tirer à
Ricochets et enfiler les deux faces des Bastions
du côté de l'attaque ; ces 30 Pieces de Canon
devoient tirer le 9 au matin ; mais les Bombes
ayant , dis-je, fait beaucoup de frayeur aux habitans
de la Ville ; ils allerent trouver M. Paul
Durand, Gouverneur , pour le prier de capituler,
ce qu'il accepta ; et le 7 , à 4 heures après midi
il fit rappeller et arborer le Drapeau blanc.
La Capitulation fut signé le même jour , et le
lendemain 8. on nous ceda une des Portes de la
Ville. La Garnison en sortit le onze au matin
au nombre de 1300 hommes d'Infanterie , et 40
Chevaux, deux Pieces de Canon , et 90 Chariots,
pour porter leurs Equipages , et on les escorta
jusqu'à Mantouë.
M. de la Blottiere a commandé en chef à ces
deux Siéges , de même qu'à celui de Pizighitone,
à cause que M.de Salmon son ancien, a toujours
été inalade.
Il y a eu à tous ces Siéges quatre Brigades
d'Ingénieurs,faisant en tout 32.et 16 Ingénieurs
Piémontois qui monterent avec nos Brigades.
Dans moins de deux mois de temps l'armée
bien fait des Conquêtes. Les voici : Pizzighitone
, la Citadelle de Milan , Novarre , le Château
de Crémone, et le Fort de Lecs , Tresso, Fuentes,
Arona , et Saravats. Il y avoit dans toutes ces
Places du Canon, des Garnisons , et beaucoup de
Munitions de Guerre et de Bouche .
Il y a dans Novarre 44 Piéces de Canons , &
Mor-
X
JANVIER. 1734 167
$4
Mortiers , le tout de Bronze ; 4300 Barils de
Poudre,chaque Baril de cent liv. pesant , et beaud'autres
munitions. coup
que
,
Il y a dans Pizzighitone et dans la Citadelle de
Milan beaucoup plus d'Artillerie et de Poudre
dans Novarre si le temps nous permet de
faire le Siége de Tortonne toute la Lombardie
, depuis l'Oglio jusqu'à la Sesia , près de
Verceille , sera libre ; c'est -à-dire que toutes les
Places seront soumises . On s'est même emparé
de Gouestella et de Borgoforte , cette derniere
Place qui ne vaut rien , n'est qu'à deux lieuës de
Mantoue. Je suis , &c.
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Résumé : LETTRE du Camp devant Novarre, écrite le 14 Janvier, contenant quelque détail du Siége de la Citadelle de Milan, &c. et de Novarre.
La lettre du 14 janvier détaille les sièges de la citadelle de Milan et de Novarre. Le siège de Milan a débuté la nuit du 15 au 16 décembre avec l'ouverture d'une tranchée et la construction de parallèles et de communications. Les travaux ont continué chaque nuit, incluant la création de zigzags, de parallèles supplémentaires et de batteries de canons. Le 29 janvier, après une intense canonnade, les défenseurs ont demandé à capituler. La garnison, composée de 1500 hommes, a été autorisée à sortir avec les honneurs de la guerre et a été conduite à Mantoue. Simultanément, le siège de Novarre a commencé la nuit du 5 au 6 janvier avec l'ouverture d'une tranchée et la construction de parallèles et de communications. Des batteries de mortiers et de canons ont été préparées, et les bombardements ont débuté le 7 janvier. Face à la frayeur causée par les bombes, les habitants ont demandé la capitulation, acceptée par le gouverneur. La garnison, composée de 1300 hommes d'infanterie et 40 chevaux, a quitté la ville le 11 janvier pour Mantoue. M. de la Blottière a commandé ces sièges, ainsi que celui de Pizzighitone, en raison de la maladie de M. de Salmon. En moins de deux mois, l'armée a conquis plusieurs places, dont Pizzighitone, la citadelle de Milan, Novarre, et d'autres forteresses. Ces places contenaient du canon, des garnisons et des munitions. La lettre mentionne également la possibilité de soumettre d'autres places en Lombardie si les conditions le permettent.
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536
p. 167-168
« Quelques avis reçus de plusieurs endroits portent, que la Ville de Mantouë étoit menacée [...] »
Début :
Quelques avis reçus de plusieurs endroits portent, que la Ville de Mantouë étoit menacée [...]
Mots clefs :
Roi, Troupes, Tranchée, Ville, Marquis de Maillebois, Sardaigne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Quelques avis reçus de plusieurs endroits portent, que la Ville de Mantouë étoit menacée [...] »
Quelques avis reçus de plusieurs endroits
portent , que la Ville de Mantouë étoit menacée
de manquer de vivres, parce qu'on avoit été obligé
de jetter une grande quantité de Provisions
qui avoient été gâtées.
Le 1s de ce mois le Roy de Sardaigne fit publier
à Milan un Edit,par lequel il est ordonné à
tous ceux qui possedent des Terres dans le Milanès
, et qui sont dans les Pays de la nomination
de l'Empereur , de revenir dans deux mois
dans ce Duché , sous peine de la confiscation de
leurs biens
rez
On a appris que les Espagnols se sont empa
des Forts d'Ulla et de Brunetto , et que les
Garnisons de ces deux Places avoient été faites
Prisonnieres de Guerre
On apprend aussi de l'Armée d'Italie , que
le Marquis de Maillebois , Lieutenant General
des Armées de S. M. avoit été choisi pour faire
le Siége de Tortone , avec douze Bataillons des
Troupes du Roy , et cinq de celles du Roy de
Sardaigne.
Le
168 MERCURE DE FRANCE
Le Marquis de Maillebois ayant fait ouvrir
la Tranchée devant cette Place le 26 de ce mois,
le Gouverneur se retira dans le Château avec ses
Troupes le 28 , et le même jour les Habitants
après avoir essuyé dix coups de Canon , apporterent
les Clefs de la Ville , où ils reçurent le
détachement des Troupes qui avoient monté la
Tranchée , et qui étoit composée de trois Compagnies
de Grenadiers , de 200 hommes d'Infanterie
, et de 60 Dragons.
La nuit du 29 au 30 , on ouvrit la Tranchée
devant le Château sur la droite de la Ville , et
on forma une parallele d'environ 2 fo toises
devant la Courtine qui fait face au Couvent des
Bernardins , situé hors de la Ville.
Le 30 , on perfectionna cet Ouvrage , et on
commença l'établissement d'une Batrerie de
20 piéces de Canon , avec laquelle on compte
battre en bréche le Poligone qui fait face à la
Ville on travailla le même jour à construire
deux autres Batteries de Canon et de Mortiers
pour battre la Courtine.
Les Maréchaux de Camp des Troupes da
Roy qui servent au Siége , sont M. d'Afry , le
Comte de Chatillon et le Marquis de l'Isle .
portent , que la Ville de Mantouë étoit menacée
de manquer de vivres, parce qu'on avoit été obligé
de jetter une grande quantité de Provisions
qui avoient été gâtées.
Le 1s de ce mois le Roy de Sardaigne fit publier
à Milan un Edit,par lequel il est ordonné à
tous ceux qui possedent des Terres dans le Milanès
, et qui sont dans les Pays de la nomination
de l'Empereur , de revenir dans deux mois
dans ce Duché , sous peine de la confiscation de
leurs biens
rez
On a appris que les Espagnols se sont empa
des Forts d'Ulla et de Brunetto , et que les
Garnisons de ces deux Places avoient été faites
Prisonnieres de Guerre
On apprend aussi de l'Armée d'Italie , que
le Marquis de Maillebois , Lieutenant General
des Armées de S. M. avoit été choisi pour faire
le Siége de Tortone , avec douze Bataillons des
Troupes du Roy , et cinq de celles du Roy de
Sardaigne.
Le
168 MERCURE DE FRANCE
Le Marquis de Maillebois ayant fait ouvrir
la Tranchée devant cette Place le 26 de ce mois,
le Gouverneur se retira dans le Château avec ses
Troupes le 28 , et le même jour les Habitants
après avoir essuyé dix coups de Canon , apporterent
les Clefs de la Ville , où ils reçurent le
détachement des Troupes qui avoient monté la
Tranchée , et qui étoit composée de trois Compagnies
de Grenadiers , de 200 hommes d'Infanterie
, et de 60 Dragons.
La nuit du 29 au 30 , on ouvrit la Tranchée
devant le Château sur la droite de la Ville , et
on forma une parallele d'environ 2 fo toises
devant la Courtine qui fait face au Couvent des
Bernardins , situé hors de la Ville.
Le 30 , on perfectionna cet Ouvrage , et on
commença l'établissement d'une Batrerie de
20 piéces de Canon , avec laquelle on compte
battre en bréche le Poligone qui fait face à la
Ville on travailla le même jour à construire
deux autres Batteries de Canon et de Mortiers
pour battre la Courtine.
Les Maréchaux de Camp des Troupes da
Roy qui servent au Siége , sont M. d'Afry , le
Comte de Chatillon et le Marquis de l'Isle .
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Résumé : « Quelques avis reçus de plusieurs endroits portent, que la Ville de Mantouë étoit menacée [...] »
Le texte décrit plusieurs événements militaires et politiques. Mantoue fait face à une pénurie alimentaire due à la destruction de provisions avariées. Le roi de Sardaigne a édicté à Milan que les propriétaires terriens du Milanais et des pays sous la nomination de l'Empereur doivent revenir dans le Duché, sous peine de confiscation de leurs biens. Les Espagnols ont conquis les forts d'Ulla et de Brunetto, capturant les garnisons. En Italie, le marquis de Maillebois, lieutenant général, a été chargé d'assiéger Tortone avec des troupes françaises et sardes. Le 26 du mois, il a ouvert une tranchée devant Tortone. Le gouverneur s'est retiré dans le château avec ses troupes le 28, et les habitants ont remis les clés de la ville après dix coups de canon. La nuit du 29 au 30, une tranchée a été ouverte devant le château, et une parallèle a été formée. Le 30, une batterie de 20 pièces de canon a été établie pour battre une brèche dans le polygone face à la ville, et deux autres batteries ont été construites. Les maréchaux de camp des troupes du roi servant au siège sont M. d'Afry, le comte de Châtillon et le marquis de l'Isle.
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537
p. 168-169
LA COCARDE, Remerciment de M*** à Mlle *** qui lui avoit envoyé une Cocarde à l'Armée.
Début :
J'ai fait briller au champ de Mars [...]
Mots clefs :
Cocarde, Valeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA COCARDE, Remerciment de M*** à Mlle *** qui lui avoit envoyé une Cocarde à l'Armée.
LA COCARDE ,
Remerciment de M * * * à Mlle * * * qui
lui avoit envoyé une Cocarde à l'Armée.
J Ai fait briller au champ de Mars
L'Ornement galant et terrible ,
Par qui désormais invincible
Je puis affronter les hazards :
JANVIER. 1734.
169
Préferable aux Lauriers que donne la victoire ,
Ce panache éclatant va sous nos Etendarts
Accroître ma valeur comme il accroît ma gloire;
Formez pour des Guerriers , ces militaires dons ,
Jusqu'à ce que la Paix repeuplant nos retraites ,
Vous puissiez couronner nos fronts ,
Du mirthe qui croît où vous êtes.
Ainsi la Mere des Amours ,
Paroit le fils d'Anchise et lui prétoit des
armes ;
En couragé par elle au milieu des allarmes.
Les regards de Venus l'accompagnoient
toujours :
J'aurai la même destinée ,
Armé par d'aussi belles mains ,
Et si du Héros des Troyens
La valeur ne m'est pas donnée ,
Pour suppléer au moins à ses exploite
vantez ,
J'imite le pieux Enée
Dans le respect qu'il eut pour les Divinite
Remerciment de M * * * à Mlle * * * qui
lui avoit envoyé une Cocarde à l'Armée.
J Ai fait briller au champ de Mars
L'Ornement galant et terrible ,
Par qui désormais invincible
Je puis affronter les hazards :
JANVIER. 1734.
169
Préferable aux Lauriers que donne la victoire ,
Ce panache éclatant va sous nos Etendarts
Accroître ma valeur comme il accroît ma gloire;
Formez pour des Guerriers , ces militaires dons ,
Jusqu'à ce que la Paix repeuplant nos retraites ,
Vous puissiez couronner nos fronts ,
Du mirthe qui croît où vous êtes.
Ainsi la Mere des Amours ,
Paroit le fils d'Anchise et lui prétoit des
armes ;
En couragé par elle au milieu des allarmes.
Les regards de Venus l'accompagnoient
toujours :
J'aurai la même destinée ,
Armé par d'aussi belles mains ,
Et si du Héros des Troyens
La valeur ne m'est pas donnée ,
Pour suppléer au moins à ses exploite
vantez ,
J'imite le pieux Enée
Dans le respect qu'il eut pour les Divinite
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Résumé : LA COCARDE, Remerciment de M*** à Mlle *** qui lui avoit envoyé une Cocarde à l'Armée.
En janvier 1734, M * * * remercie Mlle * * * pour une cocarde destinée à l'armée. Il la voit comme un ornement galant et protecteur, préférable aux lauriers de la victoire. Il espère recevoir d'autres dons militaires jusqu'à la paix. Comparant la demoiselle à Vénus, il se sent encouragé et armé par elle, aspirant à imiter la piété d'Énée.
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538
p. 379-380
POLOGNE.
Début :
Les Magistrats de Dantzick, s'assemblerent extraordinairement le 27. du mois dernier, [...]
Mots clefs :
Magistrats, Gdańsk, Troupes, Couronne, Cracovie, Diète
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLOGNE.
Lextraordinairement le 27. du mois dernier
Es Magistrats de Dantzick , s'assemblerent
pour déliberer sur la proposition que le Roy leur a
faite de recevoir dans les Ouvrages exterieurs,une
Garnison composée de Troupes de la Couronne;
les Magistrats y ont consenti , à condition que
les
380 MERCURE DE FRANCE
les Officiers et les Soldats prêteront serment de
ne rien entreprendre contre la liberté et les Privileges
des habitans de Dantzick .
Les Lettres de Cracovie , confirment que les
menaces de l'Electeur de Saxe et les violences des
Moscovites , n'ont pû contraindre la Noblesse de
la plupart des Palatinats de s'assembler et d'élire
des Nonces pour assister à la prétenduë Diette
generale que ce Prince avoit convoquée , et que
cette Diette ne sera point assemblée .
On a reçû avis que le Comte Pocci avoit fait
une nouvelle course en Curlande , et qu'il en
avoit ravagé la plus grande partie.
Le Comte Potocki , Régimentaire de la Couronne
, ne s'est pas encore mis en marche pour
se rendre dans la Prusse Polonoise , il est toujours
campé sur les bords de la Riviere de Pilckza
, entre Warsovie et Cracovie , mais on con-
- tinuë d'assurer qu'il doit se rendre bientôt dans
cette Province avec l'Armée qu'il commande .
Plusieurs Régimens des Troupes du Roy de
Prusse se sont approchez de la Frontiere , et le
bruit court que Sa Majesté Prussienne a fait donner
aux Magistrats de Dantzik des assurances de
ses dispositions favorables sur ce qui regarde la
sureté de cette Ville.
Lextraordinairement le 27. du mois dernier
Es Magistrats de Dantzick , s'assemblerent
pour déliberer sur la proposition que le Roy leur a
faite de recevoir dans les Ouvrages exterieurs,une
Garnison composée de Troupes de la Couronne;
les Magistrats y ont consenti , à condition que
les
380 MERCURE DE FRANCE
les Officiers et les Soldats prêteront serment de
ne rien entreprendre contre la liberté et les Privileges
des habitans de Dantzick .
Les Lettres de Cracovie , confirment que les
menaces de l'Electeur de Saxe et les violences des
Moscovites , n'ont pû contraindre la Noblesse de
la plupart des Palatinats de s'assembler et d'élire
des Nonces pour assister à la prétenduë Diette
generale que ce Prince avoit convoquée , et que
cette Diette ne sera point assemblée .
On a reçû avis que le Comte Pocci avoit fait
une nouvelle course en Curlande , et qu'il en
avoit ravagé la plus grande partie.
Le Comte Potocki , Régimentaire de la Couronne
, ne s'est pas encore mis en marche pour
se rendre dans la Prusse Polonoise , il est toujours
campé sur les bords de la Riviere de Pilckza
, entre Warsovie et Cracovie , mais on con-
- tinuë d'assurer qu'il doit se rendre bientôt dans
cette Province avec l'Armée qu'il commande .
Plusieurs Régimens des Troupes du Roy de
Prusse se sont approchez de la Frontiere , et le
bruit court que Sa Majesté Prussienne a fait donner
aux Magistrats de Dantzik des assurances de
ses dispositions favorables sur ce qui regarde la
sureté de cette Ville.
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Résumé : POLOGNE.
En Pologne, le 27 du mois précédent, les magistrats de Dantzick ont accepté la proposition du roi d'accueillir une garnison de troupes de la Couronne dans les ouvrages extérieurs, à condition que les officiers et soldats prêtent serment de ne pas attaquer la liberté et les privilèges des habitants. Les menaces de l'Électeur de Saxe et les violences des Moscovites n'ont pas réussi à contraindre la noblesse de la plupart des palatinats à se réunir pour élire des représentants à la diète générale convoquée par ce prince, rendant ainsi cette diète impossible. Le Comte Pocci a effectué une nouvelle incursion en Curlande, ravageant une grande partie de la région. Le Comte Potocki, régimentaire de la Couronne, n'a pas encore commencé sa marche vers la Prusse Polonoise et reste campé sur les bords de la rivière Pilckza, entre Varsovie et Cracovie, mais il doit bientôt se rendre dans cette province avec son armée. Par ailleurs, plusieurs régiments des troupes du roi de Prusse se sont rapprochés de la frontière, et le roi de Prusse a assuré aux magistrats de Dantzik ses dispositions favorables concernant la sûreté de la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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539
p. 380-381
TRADUCTION de la Lettre du Nonce Apostolique, au Roy de Pologne.
Début :
Les troubles violents dont le Royaume est affligé sont tels, qu'ils ne me permettent pas [...]
Mots clefs :
Apostolique, Pologne, Exposer, Lettres, Charge, Ministère, Témoigner
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION de la Lettre du Nonce Apostolique, au Roy de Pologne.
TRADUCTION de la Lettre du
Nonce Apostolique , au Roy de Pologne.
Es troubles violents dont le Royaume est
Laffligé sont tels , qu'ils ne me permettent pas
à moins que de m'exposer à beaucoup de dangers ,
d'aller présenter mes respects à V. M. et lui
remettre en même - temps les Lettres de notre
Très -Saint Pere en J. C. Monseigneur Clémentissime
FEVRIER 1734- 381
tissime , par lesquelles il félicite V. M. sur son
heureuse Election au Trône de Pologne , et répond
à celles que V. M. lui avoit écrites au sujet
de cet Evenement tant desiré . N'ayant donc
pû aller en personne , comme je le souhaitois
avec ardeur , et les Commissions dont j'avois été
chargé de la part de S. S. ayant été executées par
le Ministere de M. le Marquis de Monti , Ambassadeur
Extraordinaire de S. M. T. C. ainsi
que son Excellence m'en a assuré par les Lettres
que j'en ai reçûes avant hier seulement . V. M,
me permettra de lui témoigner par la présente
et respectueuse Lettre , combien je desire de voir
cesser les obstacles et les périls du voyage , afin
d'aller auprès de V. M. exposer plus au long les
sentimens du Souverain Pontife pour Elle , et
y faire les fonctions de mon Ministere , ce que
je regarde comme infiniment honorable et heureux
pour moi. Je ne puis m'empêcher de me
servir de l'occasion que me fournit l'Emploi
Apostolique dont je suis chargé , pour témoigner
à V.M. la joye que je ressens en mon particulier,
et d'être bien persuadé que je demande avec instance
au Pere de Misericorde , qu'il daigne benir
le commencement de votre Regue pour l'aug
mentation de la Religion Orthodoxe , et pour
bonheur de la celebre Nation que vous gouvernez.
J'espere que le Ciel exaucera mes voeux , et
que V. M. voudra bien agréer le parfait dévouement
avec lequel je suis , & c . Fait à Warsovie
le 3. Décembre 1733. Signé Camille Palucci .
Nonce Apostolique , au Roy de Pologne.
Es troubles violents dont le Royaume est
Laffligé sont tels , qu'ils ne me permettent pas
à moins que de m'exposer à beaucoup de dangers ,
d'aller présenter mes respects à V. M. et lui
remettre en même - temps les Lettres de notre
Très -Saint Pere en J. C. Monseigneur Clémentissime
FEVRIER 1734- 381
tissime , par lesquelles il félicite V. M. sur son
heureuse Election au Trône de Pologne , et répond
à celles que V. M. lui avoit écrites au sujet
de cet Evenement tant desiré . N'ayant donc
pû aller en personne , comme je le souhaitois
avec ardeur , et les Commissions dont j'avois été
chargé de la part de S. S. ayant été executées par
le Ministere de M. le Marquis de Monti , Ambassadeur
Extraordinaire de S. M. T. C. ainsi
que son Excellence m'en a assuré par les Lettres
que j'en ai reçûes avant hier seulement . V. M,
me permettra de lui témoigner par la présente
et respectueuse Lettre , combien je desire de voir
cesser les obstacles et les périls du voyage , afin
d'aller auprès de V. M. exposer plus au long les
sentimens du Souverain Pontife pour Elle , et
y faire les fonctions de mon Ministere , ce que
je regarde comme infiniment honorable et heureux
pour moi. Je ne puis m'empêcher de me
servir de l'occasion que me fournit l'Emploi
Apostolique dont je suis chargé , pour témoigner
à V.M. la joye que je ressens en mon particulier,
et d'être bien persuadé que je demande avec instance
au Pere de Misericorde , qu'il daigne benir
le commencement de votre Regue pour l'aug
mentation de la Religion Orthodoxe , et pour
bonheur de la celebre Nation que vous gouvernez.
J'espere que le Ciel exaucera mes voeux , et
que V. M. voudra bien agréer le parfait dévouement
avec lequel je suis , & c . Fait à Warsovie
le 3. Décembre 1733. Signé Camille Palucci .
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Résumé : TRADUCTION de la Lettre du Nonce Apostolique, au Roy de Pologne.
Le Nonce Apostolique adresse une lettre au Roi de Pologne le 3 décembre 1733, expliquant que les troubles violents dans le Royaume l'empêchent de se rendre en personne pour présenter ses respects et remettre les lettres du Pape. Ces lettres félicitent le Roi pour son élection au trône de Pologne et répondent à celles que le Roi avait envoyées. Les commissions du Nonce ont été exécutées par le Marquis de Monti, Ambassadeur Extraordinaire. Le Nonce exprime son désir de rencontrer le Roi pour exposer les sentiments du Souverain Pontife. Il témoigne sa joie et prie pour le succès du règne du Roi, afin d'augmenter la Religion Orthodoxe et le bonheur de la nation polonaise. Le Nonce conclut en espérant que ses vœux seront exaucés et en réaffirmant son dévouement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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540
p. 382
ALLEMAGNE.
Début :
On dit que l'Empereur nommera le prince Eugene General de l'Armée qu'elle doit [...]
Mots clefs :
Prince Eugène, Général de l'armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Eugene General de l'Armée qu'elle doit
avoir cette année sur le Rhin , et que ce Prince fait
travailler avec diligence à ses Equipages. Le Duc
d'Aremberg , qui devoit servir sous les ordres du
Géneral Mercy , en qualité de Géneral d'Infanterie
, servira dans les Troupes commandées par
le Prince Eugene , et les Comtes Novati , de Bordas
, de Saint Pierre , et de Ciceri , feront les
fonctions d'Adjudans Generaux dans l'Arméc
d'Lalie.
Eugene General de l'Armée qu'elle doit
avoir cette année sur le Rhin , et que ce Prince fait
travailler avec diligence à ses Equipages. Le Duc
d'Aremberg , qui devoit servir sous les ordres du
Géneral Mercy , en qualité de Géneral d'Infanterie
, servira dans les Troupes commandées par
le Prince Eugene , et les Comtes Novati , de Bordas
, de Saint Pierre , et de Ciceri , feront les
fonctions d'Adjudans Generaux dans l'Arméc
d'Lalie.
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541
p. 382
ITALIE.
Début :
On apprend de Naples que sur le rapport que le géneral Traun et le Prince de Belmonte [...]
Mots clefs :
Fortifications, Capoue
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
N apprend de Naples, que sur le rapport que
ie Géneral Traun et le Prince de Belmonte
Pignatelli , ont fait du mauvais état dans lequel
étoient les Fortifications de la Ville de Ca poue ,
le Viceroy a pris la résolution de la faire démanteler
, et on transporte à Gaëtte et les Munitions
et l'Artillerie qui étoient dans cette Place.
N apprend de Naples, que sur le rapport que
ie Géneral Traun et le Prince de Belmonte
Pignatelli , ont fait du mauvais état dans lequel
étoient les Fortifications de la Ville de Ca poue ,
le Viceroy a pris la résolution de la faire démanteler
, et on transporte à Gaëtte et les Munitions
et l'Artillerie qui étoient dans cette Place.
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542
p. 382
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 5. de ce mois, les Seigneurs agiterent s'ils prieroient le Roy de communiquer à la [...]
Mots clefs :
Guerre, Seigneurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
Er. de ce mois , les Seigneurs agiterent s'ils
prieroient le Roy de communiquer à la
Chambre , les intentions que Sa Majesté a données
à ses Ministres par rapport aux négociations
qui sont alleguées comme les causes et les
principaux motifs de la guerre que les Puissances
Unies de France , d'Espagne et de Sardaigne ,
ont déclaré à l'Empereur , et il fut décidé à la
pluralité de cinquante- sept voix contre trente
qu'on ne feroit point cette demande à S. M.
Er. de ce mois , les Seigneurs agiterent s'ils
prieroient le Roy de communiquer à la
Chambre , les intentions que Sa Majesté a données
à ses Ministres par rapport aux négociations
qui sont alleguées comme les causes et les
principaux motifs de la guerre que les Puissances
Unies de France , d'Espagne et de Sardaigne ,
ont déclaré à l'Empereur , et il fut décidé à la
pluralité de cinquante- sept voix contre trente
qu'on ne feroit point cette demande à S. M.
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543
p. 383
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
Début :
La nuit du 24. au 25. du mois dernier, le Cardinal Falconieri, mourut à Rome dans [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS DES PAYS ETRANGERS.
MORTS DES PAYS ETRANGERS.
A nuit du 24. au 25. du mois dernier , le
LCardinal Falconieri , mourut àRome dans
la 67. année de son âge , étant né le 8. Février
1667. Il avoit été fait Cardinal le 12. Septembre
1724. par le Pape Benoît XIII . qui lui avoit
donné le Titre de Sainte Marie della Scala.
Marie-Marguerite, Princesse de Saxe , est morte
Dresde , les de ce mois , dans la septième année
de son âge, érant née le 12 Septembre 1727.
A nuit du 24. au 25. du mois dernier , le
LCardinal Falconieri , mourut àRome dans
la 67. année de son âge , étant né le 8. Février
1667. Il avoit été fait Cardinal le 12. Septembre
1724. par le Pape Benoît XIII . qui lui avoit
donné le Titre de Sainte Marie della Scala.
Marie-Marguerite, Princesse de Saxe , est morte
Dresde , les de ce mois , dans la septième année
de son âge, érant née le 12 Septembre 1727.
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544
p. 383-384
ARMÉE D'ITALIE,
Début :
Les travaux commencez le 30 Janvier, devant le Château de Tortonne pour l'établissement [...]
Mots clefs :
Château de Tortone, Batteries, Bastions, France, Tortone, Canon, Battre, Prince de Wurtemberg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ITALIE,
ARMEE D'ITALIE >
Es travaux commencez le 30 Janvier , devant
LE
le Château de Tortonne pour l'établissement
des Batteries , furent perfectionnés les jours suivans.
On en dressa deux de 6 Piéces de Canon ,
pour battre les faces des Bastions de Sainte Barbe
et de Saint Laurent ; deux autres de quatre ,
pour battre les Flancs de ce's Bastions , et une de
quinze , contre la branche de l'Ouvrage à Corne
, et ces cinq Batteries tirerent la nuit du 1 au
2 de ce mois , avec tant de succès , que le landemain
les faces des Bastions commencerent à s'écrouler
Les Batteries de Mortiers établies depuis,
et qui furent en état de tirer le 4 , firent tant
d'effet , que le s , à deux heures après midi le
Gouverneur du Château demanda à capituler.Le
même jour le Duc de la Trémoille partit du
Camp pour aller en France , porter au Roy la
nouvelle de la prise du Château de Tortonne ,
dont
384 MERCURE DE FRANCE
dont la Garnison , composée de 1200 hommes ,
doit sortir avec les honneurs de la Guerre , et se
retirer à Mantouë . Le sieur de la Garde , Capitaine
de Grenadiers , dans le Régiment de Médoc
, a été tué à ce Siége ; il y a eu quatre Officiers
de blessez , vingt Soldats de tuez , et environ
quarante de blessez .
Le 29 du mois dernier , le Prince de Wirtemberg
sortit de Mantoue avec un détachement
d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons de
4000 hommes , et il prit à Goïto du Canon , des
Pontons et 200 Travailleurs , qu'on croit qu'il
vouloit employer à rompre le Pont que les
Troupes du Roy de France ont fait sur l'Oglio
à Gazolo . Ce détachement se presenta la nuit au
Gué de S.Michel , et ensuite à celui de Marcaria.
Mais le Prince de Wirtemberg ayant trouvé ces
Postes bien gardez , il se retira à Capitello , d'où
il est entré dans Mantovë , sans avoir rien entrepris
. Le Maréchal de Villars qui étoit parti le
25 du mois dernier pour aller à Farme,, en est
revenu icy avanthier.
Es travaux commencez le 30 Janvier , devant
LE
le Château de Tortonne pour l'établissement
des Batteries , furent perfectionnés les jours suivans.
On en dressa deux de 6 Piéces de Canon ,
pour battre les faces des Bastions de Sainte Barbe
et de Saint Laurent ; deux autres de quatre ,
pour battre les Flancs de ce's Bastions , et une de
quinze , contre la branche de l'Ouvrage à Corne
, et ces cinq Batteries tirerent la nuit du 1 au
2 de ce mois , avec tant de succès , que le landemain
les faces des Bastions commencerent à s'écrouler
Les Batteries de Mortiers établies depuis,
et qui furent en état de tirer le 4 , firent tant
d'effet , que le s , à deux heures après midi le
Gouverneur du Château demanda à capituler.Le
même jour le Duc de la Trémoille partit du
Camp pour aller en France , porter au Roy la
nouvelle de la prise du Château de Tortonne ,
dont
384 MERCURE DE FRANCE
dont la Garnison , composée de 1200 hommes ,
doit sortir avec les honneurs de la Guerre , et se
retirer à Mantouë . Le sieur de la Garde , Capitaine
de Grenadiers , dans le Régiment de Médoc
, a été tué à ce Siége ; il y a eu quatre Officiers
de blessez , vingt Soldats de tuez , et environ
quarante de blessez .
Le 29 du mois dernier , le Prince de Wirtemberg
sortit de Mantoue avec un détachement
d'Infanterie , de Cavalerie et de Dragons de
4000 hommes , et il prit à Goïto du Canon , des
Pontons et 200 Travailleurs , qu'on croit qu'il
vouloit employer à rompre le Pont que les
Troupes du Roy de France ont fait sur l'Oglio
à Gazolo . Ce détachement se presenta la nuit au
Gué de S.Michel , et ensuite à celui de Marcaria.
Mais le Prince de Wirtemberg ayant trouvé ces
Postes bien gardez , il se retira à Capitello , d'où
il est entré dans Mantovë , sans avoir rien entrepris
. Le Maréchal de Villars qui étoit parti le
25 du mois dernier pour aller à Farme,, en est
revenu icy avanthier.
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Résumé : ARMÉE D'ITALIE,
Le 30 janvier, les travaux pour établir des batteries devant le Château de Tortonne débutèrent. Cinq batteries furent installées : deux de six pièces pour attaquer les faces des bastions de Sainte-Barbe et de Saint-Laurent, deux autres de quatre pièces pour les flancs, et une de quinze pièces contre la branche de l'ouvrage à corne. Ces batteries tirèrent avec succès la nuit du 1 au 2 février, provoquant l'effondrement des faces des bastions le lendemain. Les batteries de mortiers, opérationnelles le 4 février, causèrent suffisamment de dégâts pour que le gouverneur demande à capituler le même jour. Le Duc de la Trémoille informa le roi de la prise du château. La garnison, composée de 1200 hommes, se retira à Mantoue avec les honneurs. Le siège coûta la vie au sieur de la Garde et fit quatre officiers blessés, vingt soldats tués et environ quarante blessés. Le 29 janvier, le Prince de Wirtemberg tenta sans succès de rompre un pont français sur l'Oglio à Gazolo. Le Maréchal de Villars revint à Farme le 28 janvier.
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545
p. 384-388
LETTRE d'un Officier de l'Armée d'Italie, écrite de Côme le 27 Janvier.
Début :
Nous sommes ici M. entourez de Montagnes fort hautes, et sur le bord d'un Lac, où [...]
Mots clefs :
Grandeur, Loges, Théâtre, Dames, Paris, Temps, Pièce, Orchestre, Pittoresque, Chant
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE d'un Officier de l'Armée d'Italie, écrite de Côme le 27 Janvier.
LETTRE d'un Officier de l'Armée
d'Italie écrite de Come le 27 Janvier.
Ous sommes ici M.entourez de Montagnes
N'fort hautes ,et sur le boru d'un Lac , où
nous ressentons un froid très - vif , mais nous
faisons grand feu : car nous ne manquons pas
de bois; nous mangeons des brochets monstru ux
de même que des Carpes et des Truites ; les
Agons qui sont des especes de Sardines valent
encore mieux , de même que les Bartavelles ,
autre espece de poisson très délicat. Nous ne
faisons pas grand cas des Faisans ; ils sentent
le
FEVRIER. 1734. 385
>
le sapin , toute sorte de viande de boucherie est
excellente ; il est seulement facheux que tous
ces vivres soient si chers , les Vins du Pays
sont très mauvais. Nous sommes au reste
très- bien logez, et nous avons une petite assemblée
composée de plusieurs Dames très raisonnables.
Pour des filles nous n'en voyons point ;
celles qui sont dans les Couvents ont eu ordre
de fermer leurs grilles. M. l'Evêque est impitoyable
et n'entend point raillerie sur ce
point. Les Italiennes , au reste , sont moins sauvages
et moins gardées qu'autrefois ,
voyons tous les jours qu'elles n'ont aucun
éloignement pour se familiariser avec les François
.
nous
•
J'ai vû à Milan des assemblées dont l'éclat
m'a frappé ; la beauté et la richesse des Appartemens
, très bien éclairez , leur grandeur
la quantité de Tableaux , et la profusion de
toute sorte de Liqueurs distribuées à toute sorte
de personnes , le rombre des Dames , des Cavaliers
, la magnificence de leurs parures , et de
leurs équipages aussi galants que les nôtres , fout
cela à dequoi plaire aux gens les plus difficiles .
On dit cependant que l'intérieur du ménage
ne répond pas à ce grand extérieur , on m'a
assuré pourtant qu'on donne parfaitement bien
à manger dans plusieurs bonnes Maisons de la
Ville. Milan est bien plus grand que le tiers de
Paris , mais moindre que sa moitié.
>
A l'égard de l'Opéra , il faut vous dire qu'on
y va le soir pour n'en revenir que le matin
c'est- à- dire , qu'il commence à sept heures et
qu'il ne finit qu'après minuit. Un Prologue
trois Actes , et trois Intermedes ou entr'Actes ,
remplissent tout ce tems , Caton d'Utique , est
>
la
386 MERCURE DE FRANCE
La Piéce qu'ou représentoit le jour que j'y fus ,
la Salle est à peu près de la grandeur de celles du
Château des Thuileries, il y a cinq rangs de Loges,
et29 Loges dans le pourtour , elles sont un peu
moins larges que les nôtres , mais si profondes
que leur enfoncement fait paroître une chambre
d'une grandeur raisonnable ; elles sont ornées de
Tapisseries , de sieges très propres et de girandoles.
Les Dames de distinction louent à l'année
deux Loges contigues qui forment un petit Appartement,
où elles reçoivent leur compagnie comme
chez elles ; pendant certain tems de la représentation
, l'on y joue ou on y fait la conversation
( c'est le terme du Pays ) on y sert toute sorte
de rafraichissemens.
Il n'y a point d'Amphiteatre , le Parquet est
le terrain renfermé dans le centre des Loges et
de l'Orchestre , on y est assis commodement
sur des Sieges , des Formes et des Banquetes.
Le Theatre est d'une grandeur proportionnée à
ce que je viens de dire. Un Corridor de 18 pieds
de large tegne derriere les Loges.
Il y a deux changemens de Décorations pour
un seul Acte et quelquefois plus suivant le sujet
de la Piéce. Il n'y a aucune sorte de Machine
, le coup de sifflet donné pour les changemens
de Theatre n'opere pas son effet si vivement
qu'à Paris les Décorations sont plus belles
pour le pictoresque, la perspective et par la richesse
des ornemens. C'est cette noblesse , cette grandeur
et ces belles formes dont notre Ami Servandoni
nous a donné la connoissance en France,
sur des Plans avantageux , singuliers et variez, le
pictoresque exclut une régularité trop affectée ,
car les deux côtez des Coulisses ne font point
ordinairement sur le fond deux Angles pareils.
FEVRIER. 1734. 387
L'Orchestre qui est une fois plus grand que
fe nôtre, et le nombre d'Instruments exquis m'a
ravi d'étonnement ; le seul Clavecin par un
accord appuyé de grande force , marque la mesure
, il y en a deux , deux Contrebasses , et
deux Theorbes ; je ne croyois pas possible que
tant d'Instruments à la fois fissent un ensemble
aussi parfait ; il semble qu'un seul esprit les anime
tous.
Tout se passe en récits et en ariettes ; Pun
succede régulierement à l'autre depuis le commencement
jusqu'à la fin . Par bonheur ces récits
s'expédient assez promptement , et les ariettes.
sont repetées si souvent qu'elles consomment au
moins les trois quarts du tems. Ces récits sont
accablans , ils sont nottez , ce n'est pourtant
point proprement un Chant ; ils ressemblent fort
à une pure Déclamation Latine telle qu'on entend
aux Tragédies des Colléges , à cela près ,
qu'à certaines chûtes ou infléxions de voix
POrchestre frappe un accord fort plein , et d'un
seul coup d'archet ; ils n'ont point de Flutes ,
parce , disent-ils , qu'elles sont toujours fausses,
ils reviendroient aisément de cette erreur s'ils
avoient entendu le fameux Blavet , ils ont deux
Hautbois seulement et autant de Bassons . Quant
aux Violons , ils sont excellens , et je n'en con
nois guere en France qui soient bien dignes d'entrer
dans cet Orchestre . Ils sont ici de deux tons
plus élevez qu'à Paris : il est sûr que l'Instrument
en est beaucoup plus brillant ; ils n'ont
point de Choeurs , et ils ont grand tort en cela ,
quatre ou cinq hommes dont un seul n'est
point eunuque, et quatre ou cinq femmes jouent
la Piéce travestis en Princes et Princesses.
Voilà tout ce qu'on voit sur le Theatre, joignez
>
›
388 MERCURE DE FRANCE
,
à cela plusieurs petits polissons vêtus en Pages
qui portent les queues des Actrices , et qui
pour se désennuyer cassent des Noisettes et font
tous les mouvemens qu'ils voyent faire à leurs
Princesses , et sont toujours exactement placez
derriere elles . Les Acteurs et Actrices des Ballets
en petit nombre sont habillez très simplement ;
ils sont la plupart François ; tout m'a paru
médiocre à cet égard . Cependant les habits qui
servent aux principaux Acteurs dans le Tragique
, sont assez beaux . Il y a un viel Eunuque
d'une grosseur extraordinaire dont le chant ,
quoiqu'usé , est beau et bon dans son genre ,
mais je ne sçaurois me prêter à cette sorte de
chant , toutes leurs finales sont des Arbitrii
comme sur les Instrumens ; et je haïs cela souverainement.
D'ailleurs ce vieil Eunuque est
un grand Acteur et Maître du Theatre.; je n'ai
vû de ma vie un maintien plus beau ni plus naturel.
Voilà ce que je me représente à moi même
de notre Opéra Milanois , je vous dis naturellement
ce qui m'est venu dans l'esprit et dans
la mémoire , j'espere d'y retourner au Carnaval ,
peut -être vous en parlerai - je avec plus d'ordre
et avec d'autres circonstances qui peuvent m'être
échapées . Je suis &c .
d'Italie écrite de Come le 27 Janvier.
Ous sommes ici M.entourez de Montagnes
N'fort hautes ,et sur le boru d'un Lac , où
nous ressentons un froid très - vif , mais nous
faisons grand feu : car nous ne manquons pas
de bois; nous mangeons des brochets monstru ux
de même que des Carpes et des Truites ; les
Agons qui sont des especes de Sardines valent
encore mieux , de même que les Bartavelles ,
autre espece de poisson très délicat. Nous ne
faisons pas grand cas des Faisans ; ils sentent
le
FEVRIER. 1734. 385
>
le sapin , toute sorte de viande de boucherie est
excellente ; il est seulement facheux que tous
ces vivres soient si chers , les Vins du Pays
sont très mauvais. Nous sommes au reste
très- bien logez, et nous avons une petite assemblée
composée de plusieurs Dames très raisonnables.
Pour des filles nous n'en voyons point ;
celles qui sont dans les Couvents ont eu ordre
de fermer leurs grilles. M. l'Evêque est impitoyable
et n'entend point raillerie sur ce
point. Les Italiennes , au reste , sont moins sauvages
et moins gardées qu'autrefois ,
voyons tous les jours qu'elles n'ont aucun
éloignement pour se familiariser avec les François
.
nous
•
J'ai vû à Milan des assemblées dont l'éclat
m'a frappé ; la beauté et la richesse des Appartemens
, très bien éclairez , leur grandeur
la quantité de Tableaux , et la profusion de
toute sorte de Liqueurs distribuées à toute sorte
de personnes , le rombre des Dames , des Cavaliers
, la magnificence de leurs parures , et de
leurs équipages aussi galants que les nôtres , fout
cela à dequoi plaire aux gens les plus difficiles .
On dit cependant que l'intérieur du ménage
ne répond pas à ce grand extérieur , on m'a
assuré pourtant qu'on donne parfaitement bien
à manger dans plusieurs bonnes Maisons de la
Ville. Milan est bien plus grand que le tiers de
Paris , mais moindre que sa moitié.
>
A l'égard de l'Opéra , il faut vous dire qu'on
y va le soir pour n'en revenir que le matin
c'est- à- dire , qu'il commence à sept heures et
qu'il ne finit qu'après minuit. Un Prologue
trois Actes , et trois Intermedes ou entr'Actes ,
remplissent tout ce tems , Caton d'Utique , est
>
la
386 MERCURE DE FRANCE
La Piéce qu'ou représentoit le jour que j'y fus ,
la Salle est à peu près de la grandeur de celles du
Château des Thuileries, il y a cinq rangs de Loges,
et29 Loges dans le pourtour , elles sont un peu
moins larges que les nôtres , mais si profondes
que leur enfoncement fait paroître une chambre
d'une grandeur raisonnable ; elles sont ornées de
Tapisseries , de sieges très propres et de girandoles.
Les Dames de distinction louent à l'année
deux Loges contigues qui forment un petit Appartement,
où elles reçoivent leur compagnie comme
chez elles ; pendant certain tems de la représentation
, l'on y joue ou on y fait la conversation
( c'est le terme du Pays ) on y sert toute sorte
de rafraichissemens.
Il n'y a point d'Amphiteatre , le Parquet est
le terrain renfermé dans le centre des Loges et
de l'Orchestre , on y est assis commodement
sur des Sieges , des Formes et des Banquetes.
Le Theatre est d'une grandeur proportionnée à
ce que je viens de dire. Un Corridor de 18 pieds
de large tegne derriere les Loges.
Il y a deux changemens de Décorations pour
un seul Acte et quelquefois plus suivant le sujet
de la Piéce. Il n'y a aucune sorte de Machine
, le coup de sifflet donné pour les changemens
de Theatre n'opere pas son effet si vivement
qu'à Paris les Décorations sont plus belles
pour le pictoresque, la perspective et par la richesse
des ornemens. C'est cette noblesse , cette grandeur
et ces belles formes dont notre Ami Servandoni
nous a donné la connoissance en France,
sur des Plans avantageux , singuliers et variez, le
pictoresque exclut une régularité trop affectée ,
car les deux côtez des Coulisses ne font point
ordinairement sur le fond deux Angles pareils.
FEVRIER. 1734. 387
L'Orchestre qui est une fois plus grand que
fe nôtre, et le nombre d'Instruments exquis m'a
ravi d'étonnement ; le seul Clavecin par un
accord appuyé de grande force , marque la mesure
, il y en a deux , deux Contrebasses , et
deux Theorbes ; je ne croyois pas possible que
tant d'Instruments à la fois fissent un ensemble
aussi parfait ; il semble qu'un seul esprit les anime
tous.
Tout se passe en récits et en ariettes ; Pun
succede régulierement à l'autre depuis le commencement
jusqu'à la fin . Par bonheur ces récits
s'expédient assez promptement , et les ariettes.
sont repetées si souvent qu'elles consomment au
moins les trois quarts du tems. Ces récits sont
accablans , ils sont nottez , ce n'est pourtant
point proprement un Chant ; ils ressemblent fort
à une pure Déclamation Latine telle qu'on entend
aux Tragédies des Colléges , à cela près ,
qu'à certaines chûtes ou infléxions de voix
POrchestre frappe un accord fort plein , et d'un
seul coup d'archet ; ils n'ont point de Flutes ,
parce , disent-ils , qu'elles sont toujours fausses,
ils reviendroient aisément de cette erreur s'ils
avoient entendu le fameux Blavet , ils ont deux
Hautbois seulement et autant de Bassons . Quant
aux Violons , ils sont excellens , et je n'en con
nois guere en France qui soient bien dignes d'entrer
dans cet Orchestre . Ils sont ici de deux tons
plus élevez qu'à Paris : il est sûr que l'Instrument
en est beaucoup plus brillant ; ils n'ont
point de Choeurs , et ils ont grand tort en cela ,
quatre ou cinq hommes dont un seul n'est
point eunuque, et quatre ou cinq femmes jouent
la Piéce travestis en Princes et Princesses.
Voilà tout ce qu'on voit sur le Theatre, joignez
>
›
388 MERCURE DE FRANCE
,
à cela plusieurs petits polissons vêtus en Pages
qui portent les queues des Actrices , et qui
pour se désennuyer cassent des Noisettes et font
tous les mouvemens qu'ils voyent faire à leurs
Princesses , et sont toujours exactement placez
derriere elles . Les Acteurs et Actrices des Ballets
en petit nombre sont habillez très simplement ;
ils sont la plupart François ; tout m'a paru
médiocre à cet égard . Cependant les habits qui
servent aux principaux Acteurs dans le Tragique
, sont assez beaux . Il y a un viel Eunuque
d'une grosseur extraordinaire dont le chant ,
quoiqu'usé , est beau et bon dans son genre ,
mais je ne sçaurois me prêter à cette sorte de
chant , toutes leurs finales sont des Arbitrii
comme sur les Instrumens ; et je haïs cela souverainement.
D'ailleurs ce vieil Eunuque est
un grand Acteur et Maître du Theatre.; je n'ai
vû de ma vie un maintien plus beau ni plus naturel.
Voilà ce que je me représente à moi même
de notre Opéra Milanois , je vous dis naturellement
ce qui m'est venu dans l'esprit et dans
la mémoire , j'espere d'y retourner au Carnaval ,
peut -être vous en parlerai - je avec plus d'ordre
et avec d'autres circonstances qui peuvent m'être
échapées . Je suis &c .
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Résumé : LETTRE d'un Officier de l'Armée d'Italie, écrite de Côme le 27 Janvier.
La lettre d'un officier de l'armée d'Italie, datée du 27 janvier, décrit la situation des soldats à Côme, une ville entourée de montagnes et bordée par un lac. Malgré un froid intense, les soldats disposent de bois pour se chauffer et de nourriture abondante, bien que coûteuse. Les poissons locaux, tels que les brochets et les agons, sont particulièrement appréciés. La viande de boucherie est de bonne qualité, mais les vins locaux sont jugés de mauvaise qualité. Les soldats sont bien logés et côtoient des dames raisonnables, tandis que les religieuses sont confinées dans leurs couvents sur ordre de l'évêque. L'officier mentionne également la beauté et la richesse des assemblées à Milan, où les Italiens se familiarisent avec les Français. Milan est décrite comme une grande ville, plus vaste qu'un tiers de Paris mais moindre que sa moitié. L'Opéra de Milan attire par son éclat et sa durée, commençant à sept heures du soir et se terminant après minuit. La salle de l'Opéra est comparée à celles du Château des Tuileries, avec des loges profondes et ornées. Les représentations incluent des prologues, des actes et des intermèdes, avec des décors changeants et une musique orchestrale riche. Cependant, les récits sont jugés longs et les ariettes répétitives. Les acteurs et actrices sont souvent français, et les costumes sont simples pour les ballets mais beaux pour les rôles tragiques. L'officier critique certains aspects de la représentation mais admire le maintien naturel d'un vieil eunuque, grand acteur et maître du théâtre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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546
p. 586-593
A Constantinople le 15. Janvier 1734.
Début :
La derniere Lettre que je vous écrivis, Monsieur, en datte des 12. et 20. Novembre, [...]
Mots clefs :
Topal Osman Pacha, Thamas Kouli-Kan, Turcs, Troupes, Kerkout, Bagdad, Perse, Memis Pacha, Achmet Pacha, Constantinople
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texteReconnaissance textuelle : A Constantinople le 15. Janvier 1734.
A Constantinople le 15. Janvier 1734-
L
A derniere Lettre que je vous écrivis , Monsieur
, en datte des 12. et 20. Novembre
ne vous parloit que des triomphes de Topal - Osman
Pacha ; je me préparois même alors avec
plaisir à vous en annoncer bien- tôt un autre
qui auroit mis le comble à sa gloire , et qui suivant
la situation où l'on assuroit que les affaires
des Turcs étoient en Perse , ne pouvoit lui manquer
, mais la Providence en a ordonné autrement
, et ce grand homme a trouvé sa défaite
où tout sembloit lui promettre celle de son Ennemi.
Quoique je ne doute pas que vous ne
soyez déja informé de cet Evenement, je ne laisse
pas de vous faire part de ce que j'en ai appris ,
parce que les premieres Relations qui en coururent
d'abord ont été démenties dans plusieurs
points par de plus fidelles qui sont venuës après.
Memis- Pacha , qui , comme je vous l'ai déja
mandé , avoit été détaché avec un Corps de
Troupes , chargé de poursuivre Thamas Kouli-
Kan ; après la déroute de celui-cy à Leilan , ne
se sentant pas assez fort pour l'attaquer dans le
Défilé , où l'on prétendoit qu'il avoit été contraint
de se renfermer , envoya demander du
secours à Topal - Osman. Ce Seraskier impatient
de terminer par quelque coup décisif une guerre
que le desespoir plutôt que les forces du General
Persan pouvoit encore prolonger , s'il le l'aissoit
MARS. 1734.
587
rage
soit échapper du mauvais pas, où il le croyoit engagé,
se flata que sa présence redoubleroit le coudes
Turcs, comme il l'avoit éprouvé tant de
fois, et lui faciliteroit la victoire sur son Ennemi .
Il marcha donc avec le peu de Troupes qui lui restoient,
mais à peine cut- il joint Memis-Pacha, sur
lequel Thamas Kouli- Kan vint fondre avec fureur
, que par des raisons qui n'ont pas été bien
éclaircies , ce Pacha , dont jusqu'alors la bravoure,
n'avoit point parû équivoque , prit la fuite
avec toutes ses Troupes sans faire la moindre
résistance.
Topal- Osman outré de s'en voir si lâchement
abandonné , mais incapable de suivre son exemple
, s'abandonna lui - même à son intrépidité ,
et malgré la supériorité du nombre des Persans ,
il soutint leurs attaques pendant quelques heures
, secondé du peu de monde qu'il avoit ame
né ; il combattoit même avec avantage et leur
faisoit déja perdre du terrain , lorsque deux
coups de fusil qu'il reçut à la fois , le firent tomber
mort de cheval . Ce funeste spectacle jetta un
si grand et si subit dérangement parmi ses Soldats
, qu'ils se débanderent aussi- tôt et prirent
à toutes jambes la route de Kerkout , dans laquelle
Memis-Pacha les avoit devancez.
Kouli Kan , qui depuis qu'il a' pris les armes
ne s'étoit fait connoître que par un orgueil insupportable
et un courage qui tenoit plus de la
férocité qu'on respire sur les Montagnes où il a
reçû le jour , que de cette valeur genereuse qui
n'est pas moins souvent le fruit d'une belle édu
cation , qu'un présent de la Nature , donna ce
pendant en cette occasion une marque de gran
deur d'ame à laquelle on ne s'attendoit
part,et qu'il y auroit de l'injustice à passer sous
H vj silence
pas
de sa
$ 88 MERCURE DE FRANCE
silence. Ayant sçû que l'épouvante et la retraite.
précipitee du reste des Troupes Ottomanes n'avoient
eu d'autre cause que la mort de leur Chef,
il se servit de leur Ordou- Cadi , qui avoit été
pris auprès de lui lorsqu'il fut tué , pour retrouver
et reconnoître son corps , et après l'avoir.
consideré avec une espece de veneration , il le
fit porter à la Littiere dans laquelle le Deffunt
étoit venu et le renvoya à Kerkout , pour que,
les Turcs lui fissent eux -mêmes des Obseques
convenables. Il est vrai qu'on dit qu'il n'en usa
si noblement qu'en reconnoissance de ce que
Topal - Osman lui avoit renvoyé depuis quelques
jours son beau-pere et son neveu , qui avoient
été faits prisonniers à l'affaire de Kerkout ; mais
quelqu'ait été le motif qui l'a fait agir , ce trait
de magnanimité n'en est pas moins digne de
loüange.
La nouvelle de cette mort , qu'on reçut à Constantinople
la nuit du 4. auf. Décembre , remplit
cette Ville de consternation , et le Peuple
effrayé par des faux bruits que des mal ingens
tentionnez pour cet Empire , prirent soin de semer
les jours suivans , s'imagina que tout étoit
perdu ; heureusement des avis posterieurs et plus
vrais , ont fort rassuré les esprits , et l'on sçait,
à présent que tout le dommage que les Turcs
ont souffert dans ce dernier combat, se réduit à
un très - petit nombre de morts et de prisonniers
et à la perte de Topal - Osman ; perte , à la verité
, irréparable dans un sens , quand on refléchit
sur lesgrandes qualitez de ce General et sur le
point avantageux où il avoit conduit les choses ,
mais perte , après tout , qui n'entraîne pas celle
*L'Intendant de l'Armée.
de
MARS. 1724. 589
de l'Etat , comme ceux qui voudroient le voir
anéanti , affectoient de le répandre sourdement .
En premier lieu , bien loin que Thamas Kouli
-Kan ait tiré quelque fruit de cette victoire en
poursuivant les Turcs à Kerkout et en s'emparant
de cette Forteresse , comme on avoit d'abord
publié qu'il l'avoit fait , il a été obligé de
s'en éloigner encore plus qu'il ne l'étoit et de
tenir la Campagne , tantôt d'un côté , tantôt
d'un autre pour trouver à subsister , sans même
emporter le Canon que les Turcs lui abandonnerent
avec le Champ de bataille . Secondement,
il est certain qu'il continue ses instances
pour obtenir la Paix qu'il avoit demandée aux
Turcs depuis long- temps et que leur Ordon-
Cadi , qu'il avoit renvoyé ici sur sa parole pour
cette négociation , s'en est retourné sans qu'on
ait seulement voulu écouter les propositions
que cè General l'avoit chargé de faire de sa part
Ja Porte.
est
Il y a bien plus que cela , s'il en faut croire
certaines nouvelles , que je tiens de fort bon lieu:
elles portent que Kouli - Kan , n'ayant plus un
assez gros parti pour soutenir sa rebellion en
Perse , n'ose pas y retourner , parce qu'il y
regardé comme le fleau et l'unique auteur des
dernieres calamitez dont ce malheureux Royaume
est désolé ; qu'aussi - tôt qu'il eut perdu la
Bataille du 19 Juillet , un Seigneur Persan fort
acredité , qu'on appelle le vieux Khan , & qu'il
avoit laissé devant Bagdad pour y continuer le
blocus , l'abandonna , partit en poste et s'en alla
droit à Hispahan soulever les esprits contre lui ;
que delà il passa dans le Corassan , où il tira
Schaph- Thamas de sa prison ; qu'il ramena ce
Prince dans sa Capitale et le rétablit sur son
Tiêu
$90 MERCURE DE FRANCE
Trône aux acclamations de tout le peuple ; qu'en
suite le Roy de Perse avoit de nouveau déclaré
qu'il condamnoit en tout la conduite de Kouli-
Kan depuis qu'il avoit violé la derniere Paix
qu'il persistoit à le proscrire comme rebelle à
son Souverain , et traître à sa patrie ; qu'il levoit
des Troupes pour marcher contre lui le prendre
vif ou mort, s'il étoit possible , et le livrer à
la vengeance des Turcs , et qu'il renouvelloit
sans restrition la ratification qu'il avoit faite
du Traité d'Amadan.
Je ne vous dissimulerai point , Monsieur , que
je ne voudrois pas vous garantir la verité de ces
nouvelles en leur entier , parce que je sçais qu'on
soupçonne toujours ici , que Schah- Thamas et
son premier Ministre s'entendent ensemble ; mais
je ne vous garantirai pas davantage non plus les
Nouvelles suivantes , arrivées ici depuis peu de
jours.
Les unes disent que Kouli-Kan ayant voulu
risquer une tentative sur Kerkout, Memis Pacha
étoit sorti de cette Place , et l'avoit défait à plate
Couture. Les autres portent au contraire , qu'Achmet
Pacha de Bagdad , sur l'avis qu'on lui
avoit donné , que Thamas- Kouli - Kan avoit dé
taché 4000 hommes pour aller s'emparer de
Khillet * il étoit sorti de Bagdad avec la meilleure
partie de sa Garnison dans le dessein d'enlever
ce Détachement ennemi ; mais qu'ayant
appris en route que Kouli- Kan étoit lui - même à
›
* C'est un gros Bourg avec une petite forteresse
sur le chemin de Bagdad à Bassora , lequel étant
situé au bord de l'Euphrate , sert de Magasin et
d'entrepôts aux provisions pour cette premiere
Place.
KhilMARS
1734.
591
"
Khillet avec 30 à 40 mille hommes , il avoit rebroussé
chemin en dilligence , & qu'étant rentré
dans Bagdad , où il y aa fort peu de vivres , il en
avoit fait sortir les vieillards , les femmes , les
enfans ; en un mot , toutes les bouches inutiles
dans l'aprehension que le General Persan , après
avoir établi ses Magazins à Khillet , ne revint
encore former le blocus de Bagdad ; qu'avant
que d'y être de retour , un autre Achmet , qui
est Capidgi-Bachi , et son Divan- Effendi ** , se
ressouvenant de tout ce qu'il avoit souffert l'année
passée dans cette Place , et craignant de s'y
voir renfermé de nouveau pour long- tems , avoit
débauché 6000 hommes des Troupes qui étoient
sorties avec Achmet Pacha , et que s'étant mis à
leur tête , il les avoit conduit à Kerkout , od
Memis Pacha indigné de sa désertion l'avoit fait
mettre aux fers , et se tenoit sur ses gardes avec
ce renfort contre les entreprises que Kouli-Kam
pourroit faire sur Kerkout.
Vous voyez , Monsieur , par toutes ces nonvelles
, qui se contredisent et qui se débitent
pourtant à Constantinople aussi affirmativement
les unes que les autres , combien il est difficile
pour ne rien dire de plus , de sçavoir positive.
ment ce qui se passe dans ces Contrées éloignées,
où les Etrangers qui sont ici , n'ayant point de
correspondance , ne peuvent que rarement être
instruits du véritable état des choses.
Mais ce dont je puis vous parler avec certitu
de , c'est que depuis la mort de Topal - Osman
on fait de tous côtez dans cet Empire , des préparatifs
extraordinaires contre la Pers . Tous les
** Secretaire du Conseil , ou son premier Secttaire.
7
Pachas
192 MERCURE DE FRANCE
>
Pachas d'Asie ont eu ordre de marcher sans
délai avec le plus de Milices qu'ils pourront rassembler,
chacun dans l'étendue de son Gouvernement
il doit partir d'ici vingt chambrées de
Jannissaires qui composeront environ 8000
hommes. On compte que quand toutes ces
Troupes seront arrivées au lieu du rendez.vous ,
elles se monteront à 90 mille combattans , qui
joints à ce qu'il y en a déja en Perse formeront
une armée formidable ; et l'on s'en promet d'antant
plus de succès , que le G. S. pour encouràger
les gens de Guerre , a considérablement augmenté
la paye , ou les apointemens de tous ceux
qui serviroient dans cette armée pendant la campagne
prochaine. D'ailleurs trois Bâtimens François
frettez par sa hautesse ont déja fait voile
ces jours- ci , chargez de Canons , de Poudre ,
de Boulets , & c . qu'ils doivent débarquer à Alexandrete.
:
Abdoulla Cuperli , ci -devant Pacha du Caire ,
et à présent de Cogni , a été nommé pour remplacer
Topal - Osman , et le G. V. a déclaré en
public , qu'il marcheroit lui - même , pour exterminer
les Persans cette année , ou les forcer du
moins à faire une Paix solide , et honorable à la
Porte.
Au reste , Monsieur , pour finir ma Lettre ,
par quelque chose de consolant sur la mort de
Topal - Osman Pacha , je vous dirai que le G. S.
voulant donner des marques éclatantes du cas
qu'il faisoit de cet illustre et fidele sujet à récompensé
dans la personne de son fils Achmet , les
services que le Pere rendoit depuis si longtems à
cet Empire ; quoique ce jeune Seigneur n'aitt pas
encore 24 ans sa hautesse l'a fait tout d'un
coup et de son propre mouvement Pacha à trois
queües ,
>
MARS 1734.
593
*
queues , et Beylerbey de Romelie ; il est parti
d'ici dernierement avec un Equipage aussi nombreux
que superbe , pour se rendre à Nissa , ré..
sidence affectée au Pacha qui est revêtu de ce
Beylerbeylik .
Ce bienfait tout grand qu'il est en lui - même ,
a été cependant accompagné d'une circonstance,
qui à notre maniere de penser semble en dimi
nuer beaucoup le prix , et que ceux qui ne sont
pas au fait des maximes de l'Empire Ottoman ',
trouveront sans - doute fort extraordinaire , c'est
que dans le même tems que le G. S. a temoigné
avec tant de distinction sa reconnoissance envers
Topal - Osman , en élevant son fils si jeune encore
aux premieres dignitez de l'Etat , Sa Hautesse a
dépêché un Capidgi -Bachi en Perse , pour confisquer
au profit du Trésor Imperial tous les
effets mobiliers du deffunt : de sorte qu'il ne reste
à Achmet Pacha , de la grande succession de son
pere , qui passoit pour extrémement riche , que
les immeubles consistant en Maisons &c. parcè
que Topal Osman avoit eu la précaution de rendre
tous ces bens - là Vacoufs : c'est - à - dire de les
donner en proprieté à des Mosquées et de s'en
réserver l'usufruit pour lui , et pour ses descendans
jusqu'à l'extinction de sa race. Cette précaution
fort en usage dans ce Païs - ci , est le seul
moyen , par lequel ceux qui ont eu quelque part
aux affaires publiques peuvent assurer leur héritage
à leurs enfans : car les biens devenus Vacoufs
sont sacrez : pour quelque cause que ce soit ,
personne ne peut s'en emparer ; et ils ne sont dévolus
aux Mosquées pour la jouissance effective
qu'après le décès du dernier usufruitier .Je suis & c .
P. V. D.
L
A derniere Lettre que je vous écrivis , Monsieur
, en datte des 12. et 20. Novembre
ne vous parloit que des triomphes de Topal - Osman
Pacha ; je me préparois même alors avec
plaisir à vous en annoncer bien- tôt un autre
qui auroit mis le comble à sa gloire , et qui suivant
la situation où l'on assuroit que les affaires
des Turcs étoient en Perse , ne pouvoit lui manquer
, mais la Providence en a ordonné autrement
, et ce grand homme a trouvé sa défaite
où tout sembloit lui promettre celle de son Ennemi.
Quoique je ne doute pas que vous ne
soyez déja informé de cet Evenement, je ne laisse
pas de vous faire part de ce que j'en ai appris ,
parce que les premieres Relations qui en coururent
d'abord ont été démenties dans plusieurs
points par de plus fidelles qui sont venuës après.
Memis- Pacha , qui , comme je vous l'ai déja
mandé , avoit été détaché avec un Corps de
Troupes , chargé de poursuivre Thamas Kouli-
Kan ; après la déroute de celui-cy à Leilan , ne
se sentant pas assez fort pour l'attaquer dans le
Défilé , où l'on prétendoit qu'il avoit été contraint
de se renfermer , envoya demander du
secours à Topal - Osman. Ce Seraskier impatient
de terminer par quelque coup décisif une guerre
que le desespoir plutôt que les forces du General
Persan pouvoit encore prolonger , s'il le l'aissoit
MARS. 1734.
587
rage
soit échapper du mauvais pas, où il le croyoit engagé,
se flata que sa présence redoubleroit le coudes
Turcs, comme il l'avoit éprouvé tant de
fois, et lui faciliteroit la victoire sur son Ennemi .
Il marcha donc avec le peu de Troupes qui lui restoient,
mais à peine cut- il joint Memis-Pacha, sur
lequel Thamas Kouli- Kan vint fondre avec fureur
, que par des raisons qui n'ont pas été bien
éclaircies , ce Pacha , dont jusqu'alors la bravoure,
n'avoit point parû équivoque , prit la fuite
avec toutes ses Troupes sans faire la moindre
résistance.
Topal- Osman outré de s'en voir si lâchement
abandonné , mais incapable de suivre son exemple
, s'abandonna lui - même à son intrépidité ,
et malgré la supériorité du nombre des Persans ,
il soutint leurs attaques pendant quelques heures
, secondé du peu de monde qu'il avoit ame
né ; il combattoit même avec avantage et leur
faisoit déja perdre du terrain , lorsque deux
coups de fusil qu'il reçut à la fois , le firent tomber
mort de cheval . Ce funeste spectacle jetta un
si grand et si subit dérangement parmi ses Soldats
, qu'ils se débanderent aussi- tôt et prirent
à toutes jambes la route de Kerkout , dans laquelle
Memis-Pacha les avoit devancez.
Kouli Kan , qui depuis qu'il a' pris les armes
ne s'étoit fait connoître que par un orgueil insupportable
et un courage qui tenoit plus de la
férocité qu'on respire sur les Montagnes où il a
reçû le jour , que de cette valeur genereuse qui
n'est pas moins souvent le fruit d'une belle édu
cation , qu'un présent de la Nature , donna ce
pendant en cette occasion une marque de gran
deur d'ame à laquelle on ne s'attendoit
part,et qu'il y auroit de l'injustice à passer sous
H vj silence
pas
de sa
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silence. Ayant sçû que l'épouvante et la retraite.
précipitee du reste des Troupes Ottomanes n'avoient
eu d'autre cause que la mort de leur Chef,
il se servit de leur Ordou- Cadi , qui avoit été
pris auprès de lui lorsqu'il fut tué , pour retrouver
et reconnoître son corps , et après l'avoir.
consideré avec une espece de veneration , il le
fit porter à la Littiere dans laquelle le Deffunt
étoit venu et le renvoya à Kerkout , pour que,
les Turcs lui fissent eux -mêmes des Obseques
convenables. Il est vrai qu'on dit qu'il n'en usa
si noblement qu'en reconnoissance de ce que
Topal - Osman lui avoit renvoyé depuis quelques
jours son beau-pere et son neveu , qui avoient
été faits prisonniers à l'affaire de Kerkout ; mais
quelqu'ait été le motif qui l'a fait agir , ce trait
de magnanimité n'en est pas moins digne de
loüange.
La nouvelle de cette mort , qu'on reçut à Constantinople
la nuit du 4. auf. Décembre , remplit
cette Ville de consternation , et le Peuple
effrayé par des faux bruits que des mal ingens
tentionnez pour cet Empire , prirent soin de semer
les jours suivans , s'imagina que tout étoit
perdu ; heureusement des avis posterieurs et plus
vrais , ont fort rassuré les esprits , et l'on sçait,
à présent que tout le dommage que les Turcs
ont souffert dans ce dernier combat, se réduit à
un très - petit nombre de morts et de prisonniers
et à la perte de Topal - Osman ; perte , à la verité
, irréparable dans un sens , quand on refléchit
sur lesgrandes qualitez de ce General et sur le
point avantageux où il avoit conduit les choses ,
mais perte , après tout , qui n'entraîne pas celle
*L'Intendant de l'Armée.
de
MARS. 1724. 589
de l'Etat , comme ceux qui voudroient le voir
anéanti , affectoient de le répandre sourdement .
En premier lieu , bien loin que Thamas Kouli
-Kan ait tiré quelque fruit de cette victoire en
poursuivant les Turcs à Kerkout et en s'emparant
de cette Forteresse , comme on avoit d'abord
publié qu'il l'avoit fait , il a été obligé de
s'en éloigner encore plus qu'il ne l'étoit et de
tenir la Campagne , tantôt d'un côté , tantôt
d'un autre pour trouver à subsister , sans même
emporter le Canon que les Turcs lui abandonnerent
avec le Champ de bataille . Secondement,
il est certain qu'il continue ses instances
pour obtenir la Paix qu'il avoit demandée aux
Turcs depuis long- temps et que leur Ordon-
Cadi , qu'il avoit renvoyé ici sur sa parole pour
cette négociation , s'en est retourné sans qu'on
ait seulement voulu écouter les propositions
que cè General l'avoit chargé de faire de sa part
Ja Porte.
est
Il y a bien plus que cela , s'il en faut croire
certaines nouvelles , que je tiens de fort bon lieu:
elles portent que Kouli - Kan , n'ayant plus un
assez gros parti pour soutenir sa rebellion en
Perse , n'ose pas y retourner , parce qu'il y
regardé comme le fleau et l'unique auteur des
dernieres calamitez dont ce malheureux Royaume
est désolé ; qu'aussi - tôt qu'il eut perdu la
Bataille du 19 Juillet , un Seigneur Persan fort
acredité , qu'on appelle le vieux Khan , & qu'il
avoit laissé devant Bagdad pour y continuer le
blocus , l'abandonna , partit en poste et s'en alla
droit à Hispahan soulever les esprits contre lui ;
que delà il passa dans le Corassan , où il tira
Schaph- Thamas de sa prison ; qu'il ramena ce
Prince dans sa Capitale et le rétablit sur son
Tiêu
$90 MERCURE DE FRANCE
Trône aux acclamations de tout le peuple ; qu'en
suite le Roy de Perse avoit de nouveau déclaré
qu'il condamnoit en tout la conduite de Kouli-
Kan depuis qu'il avoit violé la derniere Paix
qu'il persistoit à le proscrire comme rebelle à
son Souverain , et traître à sa patrie ; qu'il levoit
des Troupes pour marcher contre lui le prendre
vif ou mort, s'il étoit possible , et le livrer à
la vengeance des Turcs , et qu'il renouvelloit
sans restrition la ratification qu'il avoit faite
du Traité d'Amadan.
Je ne vous dissimulerai point , Monsieur , que
je ne voudrois pas vous garantir la verité de ces
nouvelles en leur entier , parce que je sçais qu'on
soupçonne toujours ici , que Schah- Thamas et
son premier Ministre s'entendent ensemble ; mais
je ne vous garantirai pas davantage non plus les
Nouvelles suivantes , arrivées ici depuis peu de
jours.
Les unes disent que Kouli-Kan ayant voulu
risquer une tentative sur Kerkout, Memis Pacha
étoit sorti de cette Place , et l'avoit défait à plate
Couture. Les autres portent au contraire , qu'Achmet
Pacha de Bagdad , sur l'avis qu'on lui
avoit donné , que Thamas- Kouli - Kan avoit dé
taché 4000 hommes pour aller s'emparer de
Khillet * il étoit sorti de Bagdad avec la meilleure
partie de sa Garnison dans le dessein d'enlever
ce Détachement ennemi ; mais qu'ayant
appris en route que Kouli- Kan étoit lui - même à
›
* C'est un gros Bourg avec une petite forteresse
sur le chemin de Bagdad à Bassora , lequel étant
situé au bord de l'Euphrate , sert de Magasin et
d'entrepôts aux provisions pour cette premiere
Place.
KhilMARS
1734.
591
"
Khillet avec 30 à 40 mille hommes , il avoit rebroussé
chemin en dilligence , & qu'étant rentré
dans Bagdad , où il y aa fort peu de vivres , il en
avoit fait sortir les vieillards , les femmes , les
enfans ; en un mot , toutes les bouches inutiles
dans l'aprehension que le General Persan , après
avoir établi ses Magazins à Khillet , ne revint
encore former le blocus de Bagdad ; qu'avant
que d'y être de retour , un autre Achmet , qui
est Capidgi-Bachi , et son Divan- Effendi ** , se
ressouvenant de tout ce qu'il avoit souffert l'année
passée dans cette Place , et craignant de s'y
voir renfermé de nouveau pour long- tems , avoit
débauché 6000 hommes des Troupes qui étoient
sorties avec Achmet Pacha , et que s'étant mis à
leur tête , il les avoit conduit à Kerkout , od
Memis Pacha indigné de sa désertion l'avoit fait
mettre aux fers , et se tenoit sur ses gardes avec
ce renfort contre les entreprises que Kouli-Kam
pourroit faire sur Kerkout.
Vous voyez , Monsieur , par toutes ces nonvelles
, qui se contredisent et qui se débitent
pourtant à Constantinople aussi affirmativement
les unes que les autres , combien il est difficile
pour ne rien dire de plus , de sçavoir positive.
ment ce qui se passe dans ces Contrées éloignées,
où les Etrangers qui sont ici , n'ayant point de
correspondance , ne peuvent que rarement être
instruits du véritable état des choses.
Mais ce dont je puis vous parler avec certitu
de , c'est que depuis la mort de Topal - Osman
on fait de tous côtez dans cet Empire , des préparatifs
extraordinaires contre la Pers . Tous les
** Secretaire du Conseil , ou son premier Secttaire.
7
Pachas
192 MERCURE DE FRANCE
>
Pachas d'Asie ont eu ordre de marcher sans
délai avec le plus de Milices qu'ils pourront rassembler,
chacun dans l'étendue de son Gouvernement
il doit partir d'ici vingt chambrées de
Jannissaires qui composeront environ 8000
hommes. On compte que quand toutes ces
Troupes seront arrivées au lieu du rendez.vous ,
elles se monteront à 90 mille combattans , qui
joints à ce qu'il y en a déja en Perse formeront
une armée formidable ; et l'on s'en promet d'antant
plus de succès , que le G. S. pour encouràger
les gens de Guerre , a considérablement augmenté
la paye , ou les apointemens de tous ceux
qui serviroient dans cette armée pendant la campagne
prochaine. D'ailleurs trois Bâtimens François
frettez par sa hautesse ont déja fait voile
ces jours- ci , chargez de Canons , de Poudre ,
de Boulets , & c . qu'ils doivent débarquer à Alexandrete.
:
Abdoulla Cuperli , ci -devant Pacha du Caire ,
et à présent de Cogni , a été nommé pour remplacer
Topal - Osman , et le G. V. a déclaré en
public , qu'il marcheroit lui - même , pour exterminer
les Persans cette année , ou les forcer du
moins à faire une Paix solide , et honorable à la
Porte.
Au reste , Monsieur , pour finir ma Lettre ,
par quelque chose de consolant sur la mort de
Topal - Osman Pacha , je vous dirai que le G. S.
voulant donner des marques éclatantes du cas
qu'il faisoit de cet illustre et fidele sujet à récompensé
dans la personne de son fils Achmet , les
services que le Pere rendoit depuis si longtems à
cet Empire ; quoique ce jeune Seigneur n'aitt pas
encore 24 ans sa hautesse l'a fait tout d'un
coup et de son propre mouvement Pacha à trois
queües ,
>
MARS 1734.
593
*
queues , et Beylerbey de Romelie ; il est parti
d'ici dernierement avec un Equipage aussi nombreux
que superbe , pour se rendre à Nissa , ré..
sidence affectée au Pacha qui est revêtu de ce
Beylerbeylik .
Ce bienfait tout grand qu'il est en lui - même ,
a été cependant accompagné d'une circonstance,
qui à notre maniere de penser semble en dimi
nuer beaucoup le prix , et que ceux qui ne sont
pas au fait des maximes de l'Empire Ottoman ',
trouveront sans - doute fort extraordinaire , c'est
que dans le même tems que le G. S. a temoigné
avec tant de distinction sa reconnoissance envers
Topal - Osman , en élevant son fils si jeune encore
aux premieres dignitez de l'Etat , Sa Hautesse a
dépêché un Capidgi -Bachi en Perse , pour confisquer
au profit du Trésor Imperial tous les
effets mobiliers du deffunt : de sorte qu'il ne reste
à Achmet Pacha , de la grande succession de son
pere , qui passoit pour extrémement riche , que
les immeubles consistant en Maisons &c. parcè
que Topal Osman avoit eu la précaution de rendre
tous ces bens - là Vacoufs : c'est - à - dire de les
donner en proprieté à des Mosquées et de s'en
réserver l'usufruit pour lui , et pour ses descendans
jusqu'à l'extinction de sa race. Cette précaution
fort en usage dans ce Païs - ci , est le seul
moyen , par lequel ceux qui ont eu quelque part
aux affaires publiques peuvent assurer leur héritage
à leurs enfans : car les biens devenus Vacoufs
sont sacrez : pour quelque cause que ce soit ,
personne ne peut s'en emparer ; et ils ne sont dévolus
aux Mosquées pour la jouissance effective
qu'après le décès du dernier usufruitier .Je suis & c .
P. V. D.
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Résumé : A Constantinople le 15. Janvier 1734.
Le 15 janvier 1734, à Constantinople, un auteur rapporte la défaite et la mort de Topal Osman Pacha, un général ottoman, lors d'une bataille contre Thamas Kouli-Kan en Perse. Initialement, Topal Osman semblait en position de victoire, mais des événements imprévus ont conduit à sa défaite. Memis Pacha, envoyé pour poursuivre Thamas Kouli-Kan, a fui sans combattre, laissant Topal Osman seul face à l'ennemi. Malgré une résistance héroïque, Topal Osman a été tué, provoquant la débandade de ses troupes. Thamas Kouli-Kan, connu pour son orgueil et sa férocité, a montré une marque de grandeur en renvoyant le corps de Topal Osman à Constantinople pour des funérailles dignes. Cette action a été interprétée comme une reconnaissance de la noblesse de Topal Osman, qui avait récemment libéré des prisonniers persans. La nouvelle de la mort de Topal Osman a semé la consternation à Constantinople, mais des informations ultérieures ont rassuré la population sur l'état des forces ottomanes. Thamas Kouli-Kan, malgré sa victoire, n'a pas pu exploiter pleinement son avantage et a dû se retirer. De plus, des nouvelles indiquent que Kouli-Kan est isolé et que le roi de Perse le considère comme un rebelle. En réponse à cette situation, l'Empire ottoman prépare une grande offensive contre la Perse. Des troupes sont mobilisées et des renforts sont envoyés. Abdoulla Cuperli a été nommé pour remplacer Topal Osman, et le sultan a déclaré qu'il mènerait personnellement la campagne pour vaincre les Persans ou les forcer à faire la paix. Enfin, le sultan a honoré la mémoire de Topal Osman en nommant son fils Achmet Pacha à un haut poste, malgré la confiscation des biens mobiliers du défunt au profit du trésor impérial. Cette pratique est courante dans l'Empire ottoman pour protéger les héritages des familles impliquées dans les affaires publiques.
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547
p. 594-595
« D'autres lettres portent que l'avantage remporté par les Persans sur les Turcs, a été mandé [...] »
Début :
D'autres lettres portent que l'avantage remporté par les Persans sur les Turcs, a été mandé [...]
Mots clefs :
Troupes, Général, Mehemet, Armée, Thamas Kouli-Kan
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texteReconnaissance textuelle : « D'autres lettres portent que l'avantage remporté par les Persans sur les Turcs, a été mandé [...] »
D'autres lettres portent que l'avantage remporté
par les Persans sur les Turcs , a étémandé
au G. S. par Mahomet Pacha de Dierbeck ,
et ci-devant Grand Visir , qui a pris le commandement
des Troupes Ottomanes depuis
qu'elles ont perdu leur General, lequel, ajoutent
ces Lettres , ayant résolu d'aller joindre Mehemet
qui avec vingt mille hommes tenoit une partie
de l'armée Persane enfermée dans des défilez
sortit du Camp où il étoit retranché sous Kerkout
, et il s'avança avec un Corps de Troupes
à peu près égal à celui que Mehemet commandoit
, vers l'endroit où étoit ce Pacha , il n'en
étoit plus éloigné que de quatre journées , lorsqu'il
fut attaqué par Thamas-Kouli - Kan qui
ayant été instruit de la marche du Seraskier
avoit passé par des chemins peu connus , pour
empêcher les deux corps d'armée des Turcs de
se joindre. Les Troupes de Topal- Osman soutinrent
le premier choc avec valeur , mais à la
fin elles furent contraintes de céder au nombre.
Ce General voyant qu'elles commençoient à
plier , quitta sa Litière dans laquelle il avoit
demeuré jusqu'alors à cause de son grand âge
et de ses infirmitez , et s'étant fait mettre à cheval
, il exhorta ceux qui étoient près de lui , à
le suivre , et il se jetta dans le fort de la mêlée .
Quelques efforts qu'il fit pour animer les Troupes
par son exemple , plusieurs Pachas se retirerent
et il ne resta avec lui que ses meilleures
Troupes qui disputérent encore pendant quelque
temps la victoire aux Ennemis ; mais le Seraskier
étant tombé percé de coups , et les Troupes
qui l'avoient suivi étant découragées par la
mort de leur General , elles abandonnerent le
Champ de bataille aux Persans
McheMARS.
1734. 595
Mehemet mande à Sa Hautesse , que les Turcs
ont perdu dans cette Action près de huit mille
hommes et qu'il est actuellement avec l'armée
dans le Camp de Kerkout , où il rassemble le
plus de Troupes qu'il lui est possible .
Une action de Thamas Kouli-Kan , qui paroîtra
sans doute severe , si elle est bien vraie ;
mais qui est remarquable. C'est qu'après ce dernier
avantage remporté sur les Turcs , et la défaite
et la mort de l'Illustre Topal - Osman , ses
Courtisans lui prodiguerent toute sorte de Dis
cours flateurs ; il en coûta la vie à son Secretaire
, pour avoir été plus loin que les autres ; il lui
proposa , pour étendre , disoit - il , son crédit ,
et les moyens d'augmenter le nombre de ses
créatures , et de ses Partisans , la vente des Emplois
et des Charges Civiles et Militaires ; mais
Kouli-Kan accabla d'injures le donneur d'avis ,
ajoûtant que c'étoit un artifice pour lui ôter les
moyens de récompenser le mérite , le rendre
odieux , et pour s'enrichir lui - même ; et le jugeant
digne de mort , il le fit mettre dans un
Sac et jetter sur le Champ dans la Riviere.
par les Persans sur les Turcs , a étémandé
au G. S. par Mahomet Pacha de Dierbeck ,
et ci-devant Grand Visir , qui a pris le commandement
des Troupes Ottomanes depuis
qu'elles ont perdu leur General, lequel, ajoutent
ces Lettres , ayant résolu d'aller joindre Mehemet
qui avec vingt mille hommes tenoit une partie
de l'armée Persane enfermée dans des défilez
sortit du Camp où il étoit retranché sous Kerkout
, et il s'avança avec un Corps de Troupes
à peu près égal à celui que Mehemet commandoit
, vers l'endroit où étoit ce Pacha , il n'en
étoit plus éloigné que de quatre journées , lorsqu'il
fut attaqué par Thamas-Kouli - Kan qui
ayant été instruit de la marche du Seraskier
avoit passé par des chemins peu connus , pour
empêcher les deux corps d'armée des Turcs de
se joindre. Les Troupes de Topal- Osman soutinrent
le premier choc avec valeur , mais à la
fin elles furent contraintes de céder au nombre.
Ce General voyant qu'elles commençoient à
plier , quitta sa Litière dans laquelle il avoit
demeuré jusqu'alors à cause de son grand âge
et de ses infirmitez , et s'étant fait mettre à cheval
, il exhorta ceux qui étoient près de lui , à
le suivre , et il se jetta dans le fort de la mêlée .
Quelques efforts qu'il fit pour animer les Troupes
par son exemple , plusieurs Pachas se retirerent
et il ne resta avec lui que ses meilleures
Troupes qui disputérent encore pendant quelque
temps la victoire aux Ennemis ; mais le Seraskier
étant tombé percé de coups , et les Troupes
qui l'avoient suivi étant découragées par la
mort de leur General , elles abandonnerent le
Champ de bataille aux Persans
McheMARS.
1734. 595
Mehemet mande à Sa Hautesse , que les Turcs
ont perdu dans cette Action près de huit mille
hommes et qu'il est actuellement avec l'armée
dans le Camp de Kerkout , où il rassemble le
plus de Troupes qu'il lui est possible .
Une action de Thamas Kouli-Kan , qui paroîtra
sans doute severe , si elle est bien vraie ;
mais qui est remarquable. C'est qu'après ce dernier
avantage remporté sur les Turcs , et la défaite
et la mort de l'Illustre Topal - Osman , ses
Courtisans lui prodiguerent toute sorte de Dis
cours flateurs ; il en coûta la vie à son Secretaire
, pour avoir été plus loin que les autres ; il lui
proposa , pour étendre , disoit - il , son crédit ,
et les moyens d'augmenter le nombre de ses
créatures , et de ses Partisans , la vente des Emplois
et des Charges Civiles et Militaires ; mais
Kouli-Kan accabla d'injures le donneur d'avis ,
ajoûtant que c'étoit un artifice pour lui ôter les
moyens de récompenser le mérite , le rendre
odieux , et pour s'enrichir lui - même ; et le jugeant
digne de mort , il le fit mettre dans un
Sac et jetter sur le Champ dans la Riviere.
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Résumé : « D'autres lettres portent que l'avantage remporté par les Persans sur les Turcs, a été mandé [...] »
Le texte décrit une bataille entre les Persans et les Turcs. Mahomet Pacha de Dierbeck, ancien Grand Visir, a pris le commandement des troupes ottomanes après la perte de leur général. Il a tenté de rejoindre Mehemet, qui dirigeait une partie de l'armée persane. Thamas-Kouli-Kan, informé de l'avancée des Turcs, a attaqué les troupes de Topal-Osman, un général turc. Malgré une résistance initiale, les Turcs ont été vaincus en raison de leur infériorité numérique. Topal-Osman, malgré son âge et ses infirmités, a tenté de rallier ses troupes mais a été tué, entraînant la déroute des Turcs. Mehemet a informé le souverain ottoman de la défaite, mentionnant la perte de près de huit mille hommes. Après sa victoire, Thamas-Kouli-Kan a sévèrement réprimé son secrétaire pour des conseils jugés malveillants, le faisant exécuter.
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548
p. 595-596
RUSSIE.
Début :
La Czarine ayant été informée des mouvemens que quelques Troupes de Turcs et de [...]
Mots clefs :
Tsarine, Troupes, Russie, Armée, Cour, Thamas Kouli-Kan
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texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.
A Czarine ayant été informée des mouvemens
que quelques Troupes de Turcs et de
Tartares faisoient sur les Frontieres de l'Ukraine
; cette Princesse a donné ordre au Comte de
Munich - Feldt , Maréchal , de se rendre incessamment
dans cette Province , et l'on assure
qu'il doit commander l'Armée qu'on y assemblera
, s'il arrive une rupture entre cette Cour et
celle de Constantinople. On est fort inquiet dans
cette Ville, du parti que le Grand Seigneur prendra
596 MERCURE DE FRANCE
dra par rapport aux propositions de Paix qui lui
ont été faites par Thamas - Kouli - Kam , à qui la ·
Guerre Civile , allumée depuis peu en Perse
cause beaucoup d'embarras."
.
Le Gouvernement a fait partir un Convoi considérable
de munitions de Guerre pour les Troupes
Moscovites qui sont en Pologne , et il a or--
donné qu'on equipàt à Revel quelques Frégates
pour aller croiser à la hauteur de Dantzick. Le
General Lesci a mandé à la Czarine que le Corps
de Troupes avec lequel il étoit entré dans la
Prusse Polonoise , n'étoit composé que de douze
mille hommes , et qu'il n'étoit point en état de
tenter aucune entreprise considerable , si on ne
lui envoyoit de nouveaux secours .
On aprend par des Lettres d'Allemagne , que .
lé 7 du mois dernier, un Ambassadeur de Schah-
Abbas III. Roy de Perse , envoyé à la Cour de
Russie , par Thamas- Kouli Kan , Regent de ce
Royaume , et General de l'Armée Persanne , arriva
à Petersbourg , et y fit son Entrée avec une .
nombreuse suite , et qu'il eut le lendemain sa
premiere audience publique de la Czarine , à la
quelle il fut conduit avec les cérémonies accoutumées
, et reçû avec toute la magnificence possible.
A Czarine ayant été informée des mouvemens
que quelques Troupes de Turcs et de
Tartares faisoient sur les Frontieres de l'Ukraine
; cette Princesse a donné ordre au Comte de
Munich - Feldt , Maréchal , de se rendre incessamment
dans cette Province , et l'on assure
qu'il doit commander l'Armée qu'on y assemblera
, s'il arrive une rupture entre cette Cour et
celle de Constantinople. On est fort inquiet dans
cette Ville, du parti que le Grand Seigneur prendra
596 MERCURE DE FRANCE
dra par rapport aux propositions de Paix qui lui
ont été faites par Thamas - Kouli - Kam , à qui la ·
Guerre Civile , allumée depuis peu en Perse
cause beaucoup d'embarras."
.
Le Gouvernement a fait partir un Convoi considérable
de munitions de Guerre pour les Troupes
Moscovites qui sont en Pologne , et il a or--
donné qu'on equipàt à Revel quelques Frégates
pour aller croiser à la hauteur de Dantzick. Le
General Lesci a mandé à la Czarine que le Corps
de Troupes avec lequel il étoit entré dans la
Prusse Polonoise , n'étoit composé que de douze
mille hommes , et qu'il n'étoit point en état de
tenter aucune entreprise considerable , si on ne
lui envoyoit de nouveaux secours .
On aprend par des Lettres d'Allemagne , que .
lé 7 du mois dernier, un Ambassadeur de Schah-
Abbas III. Roy de Perse , envoyé à la Cour de
Russie , par Thamas- Kouli Kan , Regent de ce
Royaume , et General de l'Armée Persanne , arriva
à Petersbourg , et y fit son Entrée avec une .
nombreuse suite , et qu'il eut le lendemain sa
premiere audience publique de la Czarine , à la
quelle il fut conduit avec les cérémonies accoutumées
, et reçû avec toute la magnificence possible.
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Résumé : RUSSIE.
La czarine de Russie a été alertée des mouvements de troupes turques et tartares à la frontière ukrainienne. Elle a chargé le comte de Munich-Feldt de se rendre en Ukraine pour commander l'armée en cas de conflit avec la cour de Constantinople. L'incertitude persiste quant à la décision du Grand Seigneur concernant les propositions de paix de Thamas-Kouli-Kam, perturbé par la guerre civile en Perse. Le gouvernement russe a envoyé des munitions en Pologne et ordonné l'équipement de frégates à Revel pour patrouiller près de Dantzick. Le général Lesci a signalé que ses douze mille hommes en Prusse polonaise ne pouvaient agir sans renforts. Par ailleurs, un ambassadeur du roi de Perse, Shah-Abbas III, envoyé par Thamas-Kouli-Kam, est arrivé à Saint-Pétersbourg le 7 du mois précédent. Il a été reçu avec une suite nombreuse et a eu une première audience publique avec la czarine, marquée par des cérémonies et une magnificence appropriées.
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549
p. 596-601
POLOGNE.
Début :
Les Troupes du Roy, destinées à composer la Garnison de Dantzick, y sont entrées quelques [...]
Mots clefs :
Roi, Troupes, Gdańsk, Électeur de Saxe, Couronne, République, Couronnement, Général, Majesté, Primat
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE.
POLO G N E.
Es Troupes du Roy , destinées à composer
Lla Garnison de Danizicky sont entrées quelques
jours plustard qu'il n'avoit été résolu , à
cause de quelques difficultez faues par les Magistrats
; quelques - uns d'eux vouloient que dès
qu'elles y seroient , elles ne reçussent plus l'ordre
que d'un General qui eût prêté serment à la
Ville ; ils désiroient aussi qu'on ne permit point
l'en-
J
MARS 1734. 597
Pentrée au Regiment des Gardes de la Couronne
, parce que c'est un Corps attaché plus immédiatement
au Roy qu'à la République ; mais
toutes ces difficultez ont été levées à la satisfaction
de Sa Majesté , et ses Troupes ont été reçues
dans cette Ville , et dans tous les lieux de sa
dépendance , où elles gardent une exacte dis
cipline.
Le 11 Février , ces Troupes prêterent serment
entre les mains des Magistrats , suivant ce qui
été convenu , et plusieurs des Officiers de l'etat
Major et des Capitaines dés Gardes de la Couronne
ayant refusé de le faire , sous prétexte
que cela étoit contraire à leurs prérogatives ,
le Roy a ordonné qu'ils n'auroient aucun commandement
tant que le Régiment seroit à Dantzick
, et Sa Majesté a nommé d'autres Officiers
pour commander à leur place .
Le Roy a fait fignifier aux Agens , qui résident
à Dantzick , de la part de la Czarine , et de
l'Electeur de Saxe , d'en sortir. Ils seront gardez
à vue jusqu'à leur départ. On vient d'apprendre
qu'ils ont obéi aux Ordres du Roy , et qu'ils ont
été accompagnez par une Escorte, jusqu'au Camp
du Général Lesci .
L'Avant-garde des Troupes Moscovites que ce
Général commande , s'étoit avancée jusqu'aux
environs de Prest , Village qui n'est éloigné de
Dantzick que de quelques lieuës ; mais le Général
Lesci n'ayant point une Armée assez nombreuse
pour former le Blocus de la Ville , a pris
le parti de se retirer du côté de Langfuhr. On
croit qu'il a dessein d'y former quelques retranehemens
pour empêcher les débarquemens que
l'on pourroit tenter de faire à la Rade de cet
endroit.
Qwel598
MERCURE DE FRANCE
Quelques Prisonniers de l'Armée ennemie ont
rapporté qu'il avoit été résolu d'attaquer Wechselmunde
, afin de pouvoir , en s'en emparant ,
ôter à Dantzick la communication avec la Mer ,
mais que les Moscovites avoient renoncé à cette
entreprise , en apprenant que ce Fort étoit abondamment
pourvû de toutes sortes de Munitions,
et qu'il étoit en état , non seulement par la maniere
dont il est fortifié, mais encore pat le nombre
des Troupes qui y sont en garnison , de soû
tenir un long Siége .
Les Fortifications de cette Ville sont entiere
ment réparées , et l'on y a ajouté divers Ouvra
ges exterieurs qui en rendent les approches extrémement
difficiles . On a inondé , au moyen
des Ecluses, toutes les Prairies qui sont à l'Ouest,
et il est impossible aux Ennemis d'y arriver de
ce côté -là.
Outre les Troupes que le Roy a fait entrer
Dantzick , du consentement des Magistrats , la
Ville entretient pour sa deffense une Garnison
considérable , laquelle sera encore augmentée.
On apprend de Cracovie que les opposants
ont demandé au Comte de Hewolde , Ambassadeur
de la Czarine près l'Electeur de Saxe , que
les Troupes Moscovites payassent à l'avenir les
Vivres et les Fourages qu'elles consommeroient,
mais qu'ils n'ont point reçû de ce Ministre une
réponse telle qu'ils la désiroient.
Les dernieres Lettres de Dantzick , portent
que le Roy y tint le 20. du mois dernier un
grand Conseil , auquel assisterent le Primat , les
Sénateurs et tous les Députez que les Palatinats
ont nommez pour demeurer auprès de la personne
de Sa Majesté ; on y lût le Projet du Manifeste
contre le Couronnement de l'Electeur de
Saxe,
MARS. 1734
599
Baxe, et Sa Majesté , après qu'il eut été approuvé
, ordonna qu'il seroit rendu public , et qu'on
en déposeroit dans le Trésor des Archives une
copic qui seroit signée par le Primat et par le
sieur Radzieuscki, Maréchal de la Diette d'Election.
Ce Manifeste contient une Protestation du
Sénat et de la Noblesse , contre tous les Actes de
Souveraineté que l'Electeur de Saxe pourroit
exercer en vertu de son Couronnement ,et l'on y
fait un long dédail des violences que les Troupes
Moscovites et Saxones commettent dans le
Royaume pour procurer à ce Prince une Couronne
que le consentement unanime de la Nation
a donnée au Roy.
Sur la fin du mois dernier le General Lesci
tenta de surprendre le Fort de Wechselmunde
mais il fut repoussé avec perte , et depuis il n'a
formé aucune autre entreprise.
>
Le Manifeste dont on vient de parler porte en
substance , qu'une poignée d'Enfans dénaturez de
La Patrie , ayant fait à Praage une Election toutà-
fait illegitime , et craignant que la République
ne leur demande raison de leur procedé criminel
ils aiment mieux poursuivre leurs Entreprises dont
ils connoissent déja eux mêmes l'injustice , que de
se soumettre au Jugement de la République qu'ils
ont outragée ; qu'il ne faut pas s'étonner , après
leurs démarches desesperées de la résolution que
l'Electeur de Saxe a prise de se faire couronner
après une Election qu'il ne peut pas ignorer être
tout à -fait invalide ; que le Roy Stanislas étant le
seul légitimement et unanimement élû , il n'y avoit
que lui qui ait pu être couronné Roy de Pologne ;
qu'il étoit le maître de se faire d'abord couronner à
Varsovie par le Primat , en présence d'environ
60000.
Gentilshommes qui l'avoient élú ; qu'il
pourroit
foo MERCURE DE FRANCE
>
pourroit bien aller à Cracovie pour y reprendre la
Couronne avec plus de solemnité , que même il
pourroit se faire couronner avec les Diademes ordinaires
et usite dans la Province où il se trouve
accompagné d'un si grand nombre d'illustres Citoyens
, dont plusieurs y seroient encore survenus en
foule mais que Sa Majesté n'ayant rien voulu
précipiter , a mieux aimé observer tous les degrez
es toutes les formalitez requises ; qu'au contraire
la Proclamation de l'Electeur de Saxe étant
tout à fait nulle son Couronnement ne peut
étre qu'illégitime , et de xulle valeur : que cependant
pour le faire par force on a fait entrer
les Troupes Saxones dans le Royaume déja opprimé
par celles de Russie ; que le Prince VVeissen➡
feld's, Commandant des Troupes Saxones , a commis
d'abord à son Entrée un attentat contre les
Loix les plus fondamentales de la République , en
donnant un Edit par lequel il deffend aux Officiers
des Finances de la République de remettre les de-,
niers publics aux Grands Trésoriers du Royaume ;
et de Lithuanie : Que la prétenduë Diette du Couronnement
, et les prétendues Diestines qui l'ont précédé
, n'ont été convoquées quepar les Universaux
du Sieur Poninski , qui n'avoit aucun droit de le
faire , n'ayant pas même été du nombre des Nonces
à la Diette d'Election : Que le prétendu Couronnement
ne s'est pas fait avec les Diadémes anciens
et usitez , mais avec d'autres qu'on afabriquez &
set effet en Saxe : Que cet acte s'est fait sous les
armes et au préjudice du Primat , à qui seul il
appartient de couronner les Rois de Pologne ; que
Evêque de Cracovie ayant préfumé de le faire
sans aucun droit , a méprisé par- là la constitution
de Sixte V, et le Jugement du S. Siége , qui avoit
déja reconnu Stanislas I. pour légitime Roy. Qu'il
a agi
MARS 1734
agi en cela contre les sentimens de toute la République
qui se confédere et prend les Armes pour sousenir
sa liberté , et la Couronne de son Roy contre
ceux qui la lui veulent ravir. Et que pour toutes
ces raisons le Sénat , et l'Ordre Equestre , conformément
au serment prêté à la Diette de Convocation
sur l'exclusion de l'Etranger , proteste trèsfolemnellement
contre le Couronnement illégitime
de l'Electeur de Saxe : et contre tous les Acres qui
en dépendent , &c. fait à Dantzick le 10 Février
1734. Signé Theodore Potocski , Archevêque et
Primat, François de Brien Radzevvski , Chambelan
de Posnanie , Maréchal de l'Ordre Equestre à
la Diette d'Election .
On a appris d'Elbing , que les Polonois y
avoient fait créver les Canons et les Mortiers qui
y sont , pour empêcher que les Russiens et les
Saxons ne pussent s'en servir contre la Ville de
Dantzick.
Es Troupes du Roy , destinées à composer
Lla Garnison de Danizicky sont entrées quelques
jours plustard qu'il n'avoit été résolu , à
cause de quelques difficultez faues par les Magistrats
; quelques - uns d'eux vouloient que dès
qu'elles y seroient , elles ne reçussent plus l'ordre
que d'un General qui eût prêté serment à la
Ville ; ils désiroient aussi qu'on ne permit point
l'en-
J
MARS 1734. 597
Pentrée au Regiment des Gardes de la Couronne
, parce que c'est un Corps attaché plus immédiatement
au Roy qu'à la République ; mais
toutes ces difficultez ont été levées à la satisfaction
de Sa Majesté , et ses Troupes ont été reçues
dans cette Ville , et dans tous les lieux de sa
dépendance , où elles gardent une exacte dis
cipline.
Le 11 Février , ces Troupes prêterent serment
entre les mains des Magistrats , suivant ce qui
été convenu , et plusieurs des Officiers de l'etat
Major et des Capitaines dés Gardes de la Couronne
ayant refusé de le faire , sous prétexte
que cela étoit contraire à leurs prérogatives ,
le Roy a ordonné qu'ils n'auroient aucun commandement
tant que le Régiment seroit à Dantzick
, et Sa Majesté a nommé d'autres Officiers
pour commander à leur place .
Le Roy a fait fignifier aux Agens , qui résident
à Dantzick , de la part de la Czarine , et de
l'Electeur de Saxe , d'en sortir. Ils seront gardez
à vue jusqu'à leur départ. On vient d'apprendre
qu'ils ont obéi aux Ordres du Roy , et qu'ils ont
été accompagnez par une Escorte, jusqu'au Camp
du Général Lesci .
L'Avant-garde des Troupes Moscovites que ce
Général commande , s'étoit avancée jusqu'aux
environs de Prest , Village qui n'est éloigné de
Dantzick que de quelques lieuës ; mais le Général
Lesci n'ayant point une Armée assez nombreuse
pour former le Blocus de la Ville , a pris
le parti de se retirer du côté de Langfuhr. On
croit qu'il a dessein d'y former quelques retranehemens
pour empêcher les débarquemens que
l'on pourroit tenter de faire à la Rade de cet
endroit.
Qwel598
MERCURE DE FRANCE
Quelques Prisonniers de l'Armée ennemie ont
rapporté qu'il avoit été résolu d'attaquer Wechselmunde
, afin de pouvoir , en s'en emparant ,
ôter à Dantzick la communication avec la Mer ,
mais que les Moscovites avoient renoncé à cette
entreprise , en apprenant que ce Fort étoit abondamment
pourvû de toutes sortes de Munitions,
et qu'il étoit en état , non seulement par la maniere
dont il est fortifié, mais encore pat le nombre
des Troupes qui y sont en garnison , de soû
tenir un long Siége .
Les Fortifications de cette Ville sont entiere
ment réparées , et l'on y a ajouté divers Ouvra
ges exterieurs qui en rendent les approches extrémement
difficiles . On a inondé , au moyen
des Ecluses, toutes les Prairies qui sont à l'Ouest,
et il est impossible aux Ennemis d'y arriver de
ce côté -là.
Outre les Troupes que le Roy a fait entrer
Dantzick , du consentement des Magistrats , la
Ville entretient pour sa deffense une Garnison
considérable , laquelle sera encore augmentée.
On apprend de Cracovie que les opposants
ont demandé au Comte de Hewolde , Ambassadeur
de la Czarine près l'Electeur de Saxe , que
les Troupes Moscovites payassent à l'avenir les
Vivres et les Fourages qu'elles consommeroient,
mais qu'ils n'ont point reçû de ce Ministre une
réponse telle qu'ils la désiroient.
Les dernieres Lettres de Dantzick , portent
que le Roy y tint le 20. du mois dernier un
grand Conseil , auquel assisterent le Primat , les
Sénateurs et tous les Députez que les Palatinats
ont nommez pour demeurer auprès de la personne
de Sa Majesté ; on y lût le Projet du Manifeste
contre le Couronnement de l'Electeur de
Saxe,
MARS. 1734
599
Baxe, et Sa Majesté , après qu'il eut été approuvé
, ordonna qu'il seroit rendu public , et qu'on
en déposeroit dans le Trésor des Archives une
copic qui seroit signée par le Primat et par le
sieur Radzieuscki, Maréchal de la Diette d'Election.
Ce Manifeste contient une Protestation du
Sénat et de la Noblesse , contre tous les Actes de
Souveraineté que l'Electeur de Saxe pourroit
exercer en vertu de son Couronnement ,et l'on y
fait un long dédail des violences que les Troupes
Moscovites et Saxones commettent dans le
Royaume pour procurer à ce Prince une Couronne
que le consentement unanime de la Nation
a donnée au Roy.
Sur la fin du mois dernier le General Lesci
tenta de surprendre le Fort de Wechselmunde
mais il fut repoussé avec perte , et depuis il n'a
formé aucune autre entreprise.
>
Le Manifeste dont on vient de parler porte en
substance , qu'une poignée d'Enfans dénaturez de
La Patrie , ayant fait à Praage une Election toutà-
fait illegitime , et craignant que la République
ne leur demande raison de leur procedé criminel
ils aiment mieux poursuivre leurs Entreprises dont
ils connoissent déja eux mêmes l'injustice , que de
se soumettre au Jugement de la République qu'ils
ont outragée ; qu'il ne faut pas s'étonner , après
leurs démarches desesperées de la résolution que
l'Electeur de Saxe a prise de se faire couronner
après une Election qu'il ne peut pas ignorer être
tout à -fait invalide ; que le Roy Stanislas étant le
seul légitimement et unanimement élû , il n'y avoit
que lui qui ait pu être couronné Roy de Pologne ;
qu'il étoit le maître de se faire d'abord couronner à
Varsovie par le Primat , en présence d'environ
60000.
Gentilshommes qui l'avoient élú ; qu'il
pourroit
foo MERCURE DE FRANCE
>
pourroit bien aller à Cracovie pour y reprendre la
Couronne avec plus de solemnité , que même il
pourroit se faire couronner avec les Diademes ordinaires
et usite dans la Province où il se trouve
accompagné d'un si grand nombre d'illustres Citoyens
, dont plusieurs y seroient encore survenus en
foule mais que Sa Majesté n'ayant rien voulu
précipiter , a mieux aimé observer tous les degrez
es toutes les formalitez requises ; qu'au contraire
la Proclamation de l'Electeur de Saxe étant
tout à fait nulle son Couronnement ne peut
étre qu'illégitime , et de xulle valeur : que cependant
pour le faire par force on a fait entrer
les Troupes Saxones dans le Royaume déja opprimé
par celles de Russie ; que le Prince VVeissen➡
feld's, Commandant des Troupes Saxones , a commis
d'abord à son Entrée un attentat contre les
Loix les plus fondamentales de la République , en
donnant un Edit par lequel il deffend aux Officiers
des Finances de la République de remettre les de-,
niers publics aux Grands Trésoriers du Royaume ;
et de Lithuanie : Que la prétenduë Diette du Couronnement
, et les prétendues Diestines qui l'ont précédé
, n'ont été convoquées quepar les Universaux
du Sieur Poninski , qui n'avoit aucun droit de le
faire , n'ayant pas même été du nombre des Nonces
à la Diette d'Election : Que le prétendu Couronnement
ne s'est pas fait avec les Diadémes anciens
et usitez , mais avec d'autres qu'on afabriquez &
set effet en Saxe : Que cet acte s'est fait sous les
armes et au préjudice du Primat , à qui seul il
appartient de couronner les Rois de Pologne ; que
Evêque de Cracovie ayant préfumé de le faire
sans aucun droit , a méprisé par- là la constitution
de Sixte V, et le Jugement du S. Siége , qui avoit
déja reconnu Stanislas I. pour légitime Roy. Qu'il
a agi
MARS 1734
agi en cela contre les sentimens de toute la République
qui se confédere et prend les Armes pour sousenir
sa liberté , et la Couronne de son Roy contre
ceux qui la lui veulent ravir. Et que pour toutes
ces raisons le Sénat , et l'Ordre Equestre , conformément
au serment prêté à la Diette de Convocation
sur l'exclusion de l'Etranger , proteste trèsfolemnellement
contre le Couronnement illégitime
de l'Electeur de Saxe : et contre tous les Acres qui
en dépendent , &c. fait à Dantzick le 10 Février
1734. Signé Theodore Potocski , Archevêque et
Primat, François de Brien Radzevvski , Chambelan
de Posnanie , Maréchal de l'Ordre Equestre à
la Diette d'Election .
On a appris d'Elbing , que les Polonois y
avoient fait créver les Canons et les Mortiers qui
y sont , pour empêcher que les Russiens et les
Saxons ne pussent s'en servir contre la Ville de
Dantzick.
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Résumé : POLOGNE.
En mars 1734, les troupes du roi destinées à la garnison de Dantzick entrèrent dans la ville avec retard en raison des difficultés soulevées par les magistrats. Ces derniers exigeaient que les troupes ne reçoivent d'ordres que d'un général ayant prêté serment à la ville et refusaient l'entrée des Gardes de la Couronne. Ces problèmes furent résolus à la satisfaction du roi, et les troupes furent accueillies dans la ville et ses dépendances, où elles maintinrent une discipline stricte. Le 11 février, les troupes prêtèrent serment entre les mains des magistrats. Plusieurs officiers refusèrent de prêter serment, invoquant leurs prérogatives. Le roi ordonna alors qu'ils n'aient aucun commandement tant que le régiment resterait à Dantzick et nomma d'autres officiers pour les remplacer. Le roi fit également expulser les agents résidant à Dantzick au nom de la czarine et de l'électeur de Saxe, qui furent gardés à vue jusqu'à leur départ. Les troupes moscovites, commandées par le général Lesci, s'étaient avancées jusqu'aux environs de Prest, mais se retirèrent vers Langfuhr pour former des retranchements et empêcher les débarquements. Les fortifications de Dantzick furent entièrement réparées et renforcées par divers ouvrages extérieurs. Les prairies à l'ouest furent inondées pour empêcher l'accès des ennemis. Outre les troupes du roi, la ville entretenait une garnison considérable pour sa défense. À Cracovie, les opposants demandèrent aux troupes moscovites de payer les vivres et les fourrages qu'elles consommaient, mais n'obtinrent pas la réponse souhaitée. Le roi tint un grand conseil à Dantzick le 20 février, où fut approuvé un manifeste contre le couronnement de l'électeur de Saxe. Ce manifeste protestait contre les actes de souveraineté de l'électeur et détaillait les violences commises par les troupes moscovites et saxonnes. Le manifeste affirmait que Stanislas était le seul roi légitimement élu et que son couronnement à Varsovie avait été validé par environ 60 000 gentilshommes. Il dénonçait le couronnement illégitime de l'électeur de Saxe, soutenu par les troupes saxonnes et russes, et les violations des lois fondamentales de la République. Le Sénat et la noblesse protestèrent solennellement contre ce couronnement et les actes qui en découlaient. À Elbing, les Polonais firent crever les canons et mortiers pour empêcher les Russiens et les Saxons de s'en servir contre Dantzick.
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550
p. 601-603
ALLEMAGNE.
Début :
L'Armée que l'Empereur aura cette année en Italie, et qui sera composée d'environ cinquante [...]
Mots clefs :
Comte de Mercy, Prince de Wurtemberg, Empereur, Armée, Troupes, Guerre
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
'Armée que l'Empereur aura cette année enIta
L'lic, et quisera composée d'environ cinquante
mille homines , doit s'assembler entre les Villes
de Trente , et de Eolzano , et l'on a reçû avis
que le Comte de Mercy s'étoit rendu à Rovere
pour faire la revue des Troupes à mesure qu'elles
arrivent , et pour les distribuer dans les quartiers
où elles resteront jusqu'à l'ouverture de la Campagne.
Le Prince d'Armstadt Gouverneur de Mantouë
, et le Prince Frederic de Wirtemberg
qui ont refusé de servir sous les ordres du Comte
de Mercy sont attendus à Vienne.
Sa Majesté Imperiale a ordonné au General
Palfi qui avoit demandé que son Regiment allât
sur le Rhin , de le faire marcher en Hongrie
I Palk
602 MERCURE DE FRANCE
où l'on doit envoyer encore d'autres Troupes.
;
L'Empereur a nommé pour servir dans l'Armée
du Rhin , sous les ordres du Prince Eugene,
le Duc de Wirtemberg , le Duc de Brunswick-
Lunebourg Bevern , et le Comte de Harrac
Feldt Maréchaux; le Duc d'Aremsberg , et le
Comte de Wallis , Généraux d'Infanterie le
Comte de Hauttois , Général de Cavalerie ; le
Prince Ferdinand de Baviere, le Prince de Hesse,
le Prince de Hohenzolern , le Comte Philippi ,
le Baron de Wittigenaw , le Baron de Schmettaw
, &c. le Comte de Soissons , le Prince de
Lichtenstein , &c.Majors Généraux de Cavalerie.
Selon diverses Lettres d'Allemagne , la Diette
de Ratisbonne a déliberé sur le Décret que l'Empereur
y a envoyé au sujet de la Guerre ; et les
Ministres des Electeurs de Bavière et de Cologne,
de l'Electeur Palatin, et de plusieurs autres Princes
, ont representé à l'Assemblée toutes les rai-
Sons qui devoient déterminer les Princes de l'Empire
à ne point déclarer la Guerre à la France
mais malgré leurs remontrances , il a été résolų,
à la pluralité des voix , que l'Empire se joindroit
à l'Empereur.
On mande de Vienne que le Conseil des Finances
s'étant assemblé plusieurs fois pour déliberer
sur les moyens de fournir aux dépenses de la
Guerre , sans surcharger les Païs héréditaires
d'impositions trop onéreuses ; il s'est déterminé
à la levée du Dixiéme sur les revenus desTerres
, et des autres biens fonds , dans tous les Païs
de la Domination de S.M. Imp . et le bruit court
qu'il a été résolu en même - temps de prendre le
Centiéme des Capitaux de toutes les obligations
portant interêt.
Les mêmes Lettres ajoûtent que le Grand- Seigncur
1
MARS. 1734. 603
gneur continuoit de faire assembler les Troupes
d'Europe , et que le Kan des Tartares s'étoit
avancé avee son Armée dans la Basse- Arabie ,
pour agir contre les Moscovites.
'Armée que l'Empereur aura cette année enIta
L'lic, et quisera composée d'environ cinquante
mille homines , doit s'assembler entre les Villes
de Trente , et de Eolzano , et l'on a reçû avis
que le Comte de Mercy s'étoit rendu à Rovere
pour faire la revue des Troupes à mesure qu'elles
arrivent , et pour les distribuer dans les quartiers
où elles resteront jusqu'à l'ouverture de la Campagne.
Le Prince d'Armstadt Gouverneur de Mantouë
, et le Prince Frederic de Wirtemberg
qui ont refusé de servir sous les ordres du Comte
de Mercy sont attendus à Vienne.
Sa Majesté Imperiale a ordonné au General
Palfi qui avoit demandé que son Regiment allât
sur le Rhin , de le faire marcher en Hongrie
I Palk
602 MERCURE DE FRANCE
où l'on doit envoyer encore d'autres Troupes.
;
L'Empereur a nommé pour servir dans l'Armée
du Rhin , sous les ordres du Prince Eugene,
le Duc de Wirtemberg , le Duc de Brunswick-
Lunebourg Bevern , et le Comte de Harrac
Feldt Maréchaux; le Duc d'Aremsberg , et le
Comte de Wallis , Généraux d'Infanterie le
Comte de Hauttois , Général de Cavalerie ; le
Prince Ferdinand de Baviere, le Prince de Hesse,
le Prince de Hohenzolern , le Comte Philippi ,
le Baron de Wittigenaw , le Baron de Schmettaw
, &c. le Comte de Soissons , le Prince de
Lichtenstein , &c.Majors Généraux de Cavalerie.
Selon diverses Lettres d'Allemagne , la Diette
de Ratisbonne a déliberé sur le Décret que l'Empereur
y a envoyé au sujet de la Guerre ; et les
Ministres des Electeurs de Bavière et de Cologne,
de l'Electeur Palatin, et de plusieurs autres Princes
, ont representé à l'Assemblée toutes les rai-
Sons qui devoient déterminer les Princes de l'Empire
à ne point déclarer la Guerre à la France
mais malgré leurs remontrances , il a été résolų,
à la pluralité des voix , que l'Empire se joindroit
à l'Empereur.
On mande de Vienne que le Conseil des Finances
s'étant assemblé plusieurs fois pour déliberer
sur les moyens de fournir aux dépenses de la
Guerre , sans surcharger les Païs héréditaires
d'impositions trop onéreuses ; il s'est déterminé
à la levée du Dixiéme sur les revenus desTerres
, et des autres biens fonds , dans tous les Païs
de la Domination de S.M. Imp . et le bruit court
qu'il a été résolu en même - temps de prendre le
Centiéme des Capitaux de toutes les obligations
portant interêt.
Les mêmes Lettres ajoûtent que le Grand- Seigncur
1
MARS. 1734. 603
gneur continuoit de faire assembler les Troupes
d'Europe , et que le Kan des Tartares s'étoit
avancé avee son Armée dans la Basse- Arabie ,
pour agir contre les Moscovites.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En 1734, l'armée impériale allemande, forte de cinquante mille hommes, se rassemble entre Trente et Eozano sous la direction du Comte de Mercy. Les Princes d'Armstadt et Frédéric de Wurtemberg, ayant refusé de servir sous Mercy, sont attendus à Vienne. L'Empereur ordonne au Général Palfi de diriger son régiment vers la Hongrie, où d'autres troupes doivent également être envoyées. Pour l'armée du Rhin, dirigée par le Prince Eugène, plusieurs hauts gradés sont nommés, dont les Ducs de Wurtemberg et de Brunswick-Lunebourg Bevern, et le Comte de Harrach. La Diète de Ratisbonne décide, malgré des objections, que l'Empire se joindra à l'Empereur dans le conflit. À Vienne, le Conseil des Finances décide de lever un dixième sur les revenus des terres et un centième sur les capitaux des obligations pour financer la guerre. Par ailleurs, le Grand Seigneur rassemble des troupes en Europe, et le Khan des Tartares avance en Basse-Arabie contre les Moscovites.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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