Reconnaissance textuelle : ORPHEE. Paraphrase d'une Rédondille Espagnole de D. Francisco de Quévédo, qui commence, Al Infierno el Tracio Orfée Su muger Baxó à Buscar &c.
La Rédondille d'Orphée eft
une Piéce de M. de Senecé , Prej
mier Valer de Chambre de la feuë
Kiij
114 LE MERCURE
Reïne , dont on imprime actuellement
un Volume d'Epigrames &
d'autres Poëfies qui paroîtront
dans peu . Le Public pourra juger
de l'Ouvrage par cet Echantillon.
ORPHE' E.
Paraphrafe d'une Rédondille Ef
pagnole de D. Francifco de
Quévédo , qui commence , Al Infierno
el Tracio Orfeo Su muger
baxó à Buscar &c .
Po
Our r'avoir fa Femme Euridice
Orphée aux Enfers s'en alla :
Eft-il fibizarre caprice
Dont on s'étonne aprés cela ?.
Dans un accez de ce délire
Où fon Jugement fe perdit ,
Pouvoit- il chercher rien de pire ;
Ny dans un endroit plus maudit ?
Il chanta des airs pitoyables ,
Dont le tendre accompagnement
fufpendit la fureur des Diables ,
Et des Coupables , le tourment.
Sa voix ne touchoit point leur
Ame ,
·•
D'AVRIL 315
Mais la feule admiration
Qu'un fot , pour recouvrer la Femme,
Témoignât tant de Paffion .
Alors Pluton , hôchant la tête ,
Dit au Chanteur Alangouri :
O ! Maître fou , comme Poëte .
Et beaucoup plus comme Mari .
Proferpine eft bonne Diableffe ;
Mais je te jure fur ma Foy ,
Que les fix mois qu'elle me laiffe
Ne font pas les moins gays pour
moy.
Fût - elle aux Cieux cent ans
encore
Pour fe fouftraire à mon pouvoir ,
Je n'irois point fur la Mandore
Braire en Bémol pour la r'avoir.
Quand tu concus quelque efpérance
De nous fléchir par tes accords
Ignorois - tu que le Silence
Eft le charme unique des Morts ?
Puifqu'une impertinente flâme
Pour le troubler t'a fait venir ,
Parques , qu'on lui rende fa Fem-
K iiij me,
116 LE MERCURE
On ne fçauroit mieux le punir.
En vertu de mon indulgence
Bientôt , puifqu'il le veut ainsi ,
Il fera damné par avance ,
Et peut - être un peu plus qu'icy.
Mais pour payer de fa Mufique
Le plaifir aux Enfers fi neuf,
Ajoutons y quelque Rubrique
Qui puiffe encore le faire veuf :
A ce foin l'équité m'invite ,
Qui fouffre qu'enmême fujet
On récompenfe le mérite
Quand on a puni le forfait.
-
Rendez - lui donc fa Demoifelle
Qui le fuivra fans dire mot ;
Mais , s'il tourne les yeux fur elle ,
Qu'on me la refourre au Cachot.
Peu de coeurs , de chaîne auffi
forte ,
Avec leurs moitiés font unis :
Que j'en fçais , qui de cette forte.
Seroient charmés d'être punis !
Ah ! fi des Femmes incommodes
Des tours de tête délivroient ;-
Que de Maris , comme Pagodes
D ' AVRIL. 117
Inceffamment la tourneroient !
Ainfi fur fon Thrône de braize
Parla le Monarque enroüé :
Son fage Arrêt , dans la fournaize
Par tout fon Peuple fut loué.
L'ordre eft fuivi. Mais cette Fête
Se termine en piteux regrets :
Orphée ayant tourné la tête
Redevient veuf fur nouveaux frais.
Dans fon impatience extrême
Que fa raifon ne peut calmer ,
Le malheureux perd ce qu'il aime
Aforce de le trop aimer.
Vaine & légere comme un fonge
Qu'un dormeur prend pour vérité ,
L'Ombre gémit , & fe replonge
Dans l'éternelle obfcurité.
Sans murmurer de fon fupplice
La pauvre ame renonce au jour :
Pouvoit-elle en bonne juftice
Se plaindre d'un excez d'amour ?
Sa double mort la défefpére
Qui vient rompre un noeud fi parfait;
Mais quoi ? La caufe en eft fi chére .
Qu'il faut pardonner à l'effet .
L'Epoux qui la voit difparoître
Se livre à fon mortel ennuy ,
118. LE MERCURE
Incapable de reconnoître
Le bien qu'on lui fait malgré lui .
L'Enfer à fes plaintes touchantes
Ceffant de fe laiffer charmer ,
Dans laThrace , par les Bacchantes
Il s'en va fe faire affommer.
Du beau fexe double victime
Chantre affligé , confole toi ;
Force gens d'un rang plus fublime ´-
Ont bien fubi la même Loy.
C'eft vainement qu'on s'évertuë
Contre un vainqueur fi redouté :
Et qu'importe,au fond,qui nous tuë,
Ses faveurs , ou fa Cruauté ?
Femmes , fi cette Hiftoriette
Irrite vos coeurs inhumains ,
C'est un Espagnol qui l'a faite ,
Pour moi , je m'en lave les mains.
Ovide , à cette même Fable
( Direz- vous) donne untour galant}
Le Romain étoit raifonnable ,
L'Efpagnol n'eft qu'un infolent .
Et vive Hymen ! fous fon Empire
On boit , on mange , on fait dodo
Puis .. d'accord. Mais le mot pour
rire
Eft cependant pour QUE VA'DO.
Reconnaissance textuelle : TRIOLETS POUR LE MOIS DE JUIN.
TRIOLETS POUR LE MOIS DE JUIN.
Des Fleurs , des Fleurs à pleines mains,
Juin va paroître fur la Scene ;
Qu'on en jonche tous les chemins.
Des Fleurs ,des Fleurs à pleines mains,
Depuis leTybre des Romains
Jufqu'aux Rivages de la Seine :
Des Fleurs, des Fleurs à pleines mains ,
Juinva paroître fur la Scene.
Les Elemens font tous d'accord;
Il n'eft Frimats ni Canicule;
Paifible eft le Tyran du Nord,
Les Elemens font tous d'accord:
La nuit paroît, & fuit d'abord ,
Tout
AOUT. 1727. 1759
Tout eft Soleil ou Crépuscule :
Les Elemens fonttous d'accord>
Il n'eft Frimas ni Canicule.
Cette Déeffe fans Mari,
Qu'on peintavec face cornuë,
Pour baifer fon Berger cheri ,
Cette Déeffe fans Mari;
Ce fut dans cemois favori
Qu'elle defcendit de la Nuë,
Cette Déeffe fans Mari,
Qu'on peint avec face cornuë.
L'Aurore fit le même tour ;
La Belle enverfe encor des larmes;
Pour fonCéphale au point du jour,
L'Aurore fit le même tour;
Malheur auVieillard que l'Amour
Embarque avecde jeunes charmes !
L'Aurore fit le même tour ,
LaBelle enverfe encor deslarmes
Ce joli Juin tant celebré,
Eft un Compere fort alerte;
C
1760 MERCURE DEFRANCE.
Il fçait prendre le temps en gré,
Ce joli Juin tant celebré;
S'il rencontre Bergere au Pré,
Il lui donne la cotte verte ,
Cejoli Juin tant celebré
Eft un Comperefort alerte.
Les deux beaux mois font bien unis,
Ils n'entrent jamais en difpute:
Comme Corfaires de Tunis ,
Les deux beaux mois font bien unis:
Leur accord eft d'un beau vernis,
May deffine & Juin execute,
Les deux beaux mois font bien unis
Et n'entrentjamais en difpute.
Mettez , Belles , vos Bagnolets ,
Voici le temps qu'on court aux Fraiſes;
Couvrez vos gorges de colets ,
Mertez , Belles , vos Bagnolets ;
On vous fricaffe des poulets,
Amours, fans briffer, font fadaiſes,
Mettez, Belles, vos Bagnolets ,
Voici letemps qu'on court auxFraiſes.
Sur
A OUT. 1717. 1761
Sur les herbes de la Saint Jean ,
Ne comptez point, je vous en prie;
Duppe eft l'Amant qui fait fon plan
Sur les herbes de la Saint Jean:
Quatre onces d'or, fix marcs d'argent,
C'eft la fine forcellerie ,
Sur les herbes de la Saint Jean ,
Necomptez point , je vous en prie.
Reconnaissance textuelle : EGLOGUE EN TRIOLETS. LE BAIN.
EGLOGUE EN TRIOLETS.
LE BAIN.
Daphnis.
1
Tircis.
D. Veut-on renouveller ce jeu,
Quimit dujour le Char en cendres?
Août violent , fous ton aveu,
Veut-onrenouveller ce jeu?
Tunousfaits vivre dans le feu,
Nous prens-tu pour des Salamandes?
Veut-on renouveller cejeu ,
Qui mit du jourle Char en cendres?
T. Vous vous en ſeriezbien paſſez,
Bergers de la paifible Sône,
D'Aftres nouveaux auCiel placez ,
Vousvousenferiez bien paffez.
Point nevous auroit fricaffez,
Le Chien enragé d'Erigone ;
Vous vous enferiez bien paffez,
Bergers de la paifible Sône.
D.
AOUT. 1727 1769
D. Courons,Tircis , courons aubain
Pourynoyer la Canicule;
Conte d'enfans, qu'ilſoit mal fain ,
Courons, Tircis, courons au bain.
Quandona leremedeen main,
Il faut en ufer fans fcrupule;
Courons, Tircis, courons aubain,
Poury noyer la Canicule.
T. O ciel!nous fommesprévenus !
N'apperçois-tu pas nos Bergeres?
Outoute la Cour deVenus ?
O ciel ! nousfommes prévenus!
Que de charmans corps demi-nuds ,
Font honte aux Ondes les plus claires↓
O ciel! nous fommes prévenus!
N'apperçois-tu pas nos Bergeres ?
Voi les cheveux noirs de Philis ,
Qui s'échappentſousſa coëffure;
L'eau ne les a point ramollis,
Voi les cheveux noirs de Philis;
Sur uncolplus blanc que les Lis,
Contrafte leur brune frifure:
Ciiij Voy
1766 MERCURE DE FRANCE
Voilescheveux noirs dePhilis,
Qui s'échappent fous fa coëffure.
D. Qui pourroit ne pas fuccomber
Aux traits du fein naiffant d'Iole ?
Si ce mouchoir pouvoit tomber !
Qui pourroit ne pasfuccomber?
Mais quoi? Pour nous ledérober,
Le jaloux contr'elle fe cole!
Qui pourroit ne pasfuccomber
Aux traits du fein naiffant d'Iole ?
La minaudiere Mégiſto
Fait-elle pas mourir de rire?
C'eft la Chouette du Hameau ;
La minaudiere Mégiſto ;`
Elle trempe fes pieds dans l'eau,
La trouvefroide & feretire,
La minaudiere Mégiſto ,
Fait-elle pas mourir de rire?
T. D'où vient qu'Aminthe eft à l'écart
Gardant les habits d'un air triſte ,
L'efprit diftrait & l'oeil hagard,
D'où
A OUT. 17277 1767
D'où vient qu'Aminthe eſt à l'écart ?
N'auroit-elle point pris de part
Al'avanture de Califte? *
D'où vient qu'Aminthe eft à l'écart,
Gardant les habits d'un air triſte ?
D. Quel eft cefpectacle nouveau?
Parmi ces Beautez , quel divorce?
Quels cris aubout de cebateau?
Quel eft ce fpectacle nouveau?
C'eſt la jeune Eglé qui craint l'eau,
Et qu'Iris fait plonger par force,
Quel est ce spectacle nouveau ,
Parmi ces Beautez , quel divorce?
Admire un peu, mon cher Tircis
L'enjoûment de ce badinage!
Aumilieu de la Troupe affis,
Admireun peu, mon cher Tircis;
Aux Graces, les Jeux & lesRis
*
Jettent de l'eau par le viſage :
Admire un peu, mon cher Tircís,
L'Enjoûment de ce badinage!
Califto, Nymphe de Diane, reconnuëgroße
dans unbain,
CY La
1768 MERCURE DE FRANCE.
La nuit afort grande raiſon ,
Denepointmontrer fes étoiles;
Foible pour la comparaiſon
La nuit a beaucoup de raiſon ;
Elle étend fur notre horiſon
Toute l'épaiffeur de ſes voiles ,
Lanuit abeaucoup de raiſon,
De nepoint montrer les étoilles.
T. Lebeſoin de nous retirer
Nous rappelle dans nos Cabanes's
Acteon doit nous inſpirer
Lebefoin de nous retirer.
Evitons de nous attirer
La colere de nos Dianes:
Le befoin de nous retirer
Nous rappelle dans nos Cabanes.
D. Août, pour temperer ta chaleur,
Oùpeu s'en faut que l'on ne fonde>
Nous accourions, hauts en couleur ,
Août, pour temperer ta chaleur ;
Nous avons trouvé par malheur ,
Desflammes dans lefeinde l'Onde;
Août,
A OUT 1727. 1769
Août, pour temperer ta chaleur,
Où peu s'en faut que l'on ne fonde.
Reconnaissance textuelle : PARAPHRASEde l'Hymne Vexilla Regis prodeunt &c. Par M. de Senecé.
PARAPHRASE de l'Hymne Vexilla
Regis prodeunt &c. Par M. de
Senecé.
V
Oici l'Etendart glorieux
Du Roi de la Terre & des Cieux ;
Voici le miftere adorable
D'un Dieu fur la Croix attaché ,
Pour laver l'homme miferable
Des fouileures de fon peché..
C'eft fur ce bois que d'un Romain
Seigneur , la criminelle main
Vous fit la bleffure profonde ,
Qui par un prodige nouveau ,
Pour guerir tous les maux du monde
Ruiffella du fang & de l'eau.
Oracles d'Efprit Saint remplis ,
Que vous fûtes bien accomplis !!
O que David rencontra juſte ,
Quand il prédit que par le bois
D vj
Notre
716 MERCURE DE FRANCE
Notre Legiſlateur Augufte
Nous donneroit fes faintes Loix .
柒
O bois brillant , bois fortuné,
Bois magnifiquement orné
D'une pourpre fi précieuſe
Deftinée à nous racheter !
Que cette fouche fut heureuſe
Qui mérita de vous porter !
Que vous étalez de Tréfors !
Vous portez ce précieux corps
Du Ciel le plus parfait Ouvrage ,
Et vos bras foûtiennent en l'air
Les débris de notre naufrage
Et les dépouilles de l'Enfer.
Sainte Croix , notre unique efpoir ,
Des Fideles dans leur devoir
Augmentez la perfeverance ,
Et dans ces jours de Paffion
Aux pecheurs par votre indulgence
Accordez la remiffion.
Inconcevable Trinité ,
Vous qui regnez dans l'Unité
Fait
AVRIL. 1730. 717
Faites que l'Univers vous louë ,
Rappellez -nous à votre voix ;
Sauvez l'homme qui n'eſt que bouë
Sans le mérite de la Croix .
Résumé : PARAPHRASEde l'Hymne Vexilla Regis prodeunt &c. Par M. de Senecé.
L'hymne 'Vexilla Regis' célèbre la Croix du Christ, présentée comme l'étendard glorieux du Roi des Cieux et symbole de la rédemption. Le texte décrit la crucifixion de Jésus, soulignant que la blessure infligée par un Romain a guéri les maux du monde. Il mentionne la prophétie de David concernant la loi donnée par le législateur auguste. La Croix est décrite comme un bois précieux et fortuné, orné d'une pourpre destinée à racheter l'humanité. Elle porte le corps parfait du Christ, soutenant les débris du naufrage humain et les dépouilles de l'Enfer. Le texte prie la Sainte Croix d'augmenter la persévérance des fidèles et d'accorder la rémission aux pécheurs. Enfin, il s'adresse à la Trinité, demandant que l'univers loue Dieu et que l'homme soit sauvé par le mérite de la Croix.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Reconnaissance textuelle : PARAPHRASE De la Prose que l'Eglise chante aux Fêtes de Pâques, Victimae Paschali laudes, &c. Par M. de Senecé.
PARAPHRASE
De la Profe que l'Eglife chante, aux Fêtes
de Pâques,Victimæ Paſchali laudes , &c.
Par M. de Senecé.
Ç
A, Chrétiens , émules des Anges ,
Rendons un tribut immortel ,
D'honneur , de gloire , de louanges ,
A la Victime de l'Autel :
Dans ce jour où l'Agneau fans tache ,
Sauve les Brebis , qu'il arrache ,
A ij Des
$ 48 MERCURE DE FRANCE
Des dents du Lion rugiffant ,
Que de nos fers il nous délie
Et que Jefus réconcilie ,
Le coupable par l'innocent.
M
La mort , qui n'eft point affouvie ,
De notre mal inveteré ,
"
A combatu contre la vie ,
Dans un duel defefperé.
Voulez -vous en fçavoir l'iſſuë ?
Jefus y meurt , mais on le tuë ,
Pour renaître plus glorieux ,
Et fon implacable ennemie ,
Y répand fa rage , vomie
Sous l'effort du Victorieux.
Dites-nous , Amante fidelle ,
Qu'avez-vous vû de confolant ?
Magdeleine , quelle nouvelle ,
Rend votre deüil moins violent ?
Ah ! j'ai vû ... j'en fuis hors d'haleine,
J'avois laiffé la Tombe pleine ,
Où Jefus étoit renfermé ;
Je n'ai trouvé que folitude ,
Réfurrection , certitude ,
Des honneurs de mon Bien-aimé.
器
Jay
MAY. 1730.
849
J'ai vu des Anges reſpectables ,
Auprès du facré Monument ,
Qui font témoins irréprochables ,
Du merveilleux évenement ;
J'ai vu la dépouille ordinaire ,
De fes Habits , de fon Suaire ...
Mais j'arrêté votre ferveur ,
Ne cherchez plus au Mauſolée
Amis , courez en Galilée ,
Vous y trouverez le Sauveur.
***
Olli , par votre propre puiffance
Nous vous croyons refſuſcité ,
Seigneur , gardez-nous de l'offenſe ,
Que vous fait l'incrédulité.
Roi vainqueur , Roi brillant de gloire ,
Nous tirons de votre victoire ,
Un préjugé qui nous eft doux ;
C'eft la Foi qui nous y convie ,
Nous croyons la feconde vie.
Jefus , ayez pitié de nous.
Résumé : PARAPHRASE De la Prose que l'Eglise chante aux Fêtes de Pâques, Victimae Paschali laudes, &c. Par M. de Senecé.
Le poème 'De la Profe que l'Eglife chante, aux Fêtes de Pâques, Victimæ Paschali laudes' célèbre la résurrection de Jésus-Christ. Il invite les chrétiens à honorer Jésus, la 'Victime de l'Autel', qui sauve les hommes des péchés et les libère du mal. Le texte décrit la lutte entre la mort et la vie, où Jésus meurt puis renaît glorieux, triomphant ainsi de la mort. Marie-Madeleine témoigne de la résurrection après avoir trouvé la tombe vide et reçu la confirmation des anges. Elle encourage les fidèles à se rendre en Galilée pour rencontrer le Sauveur ressuscité. Le poème se termine par une prière à Jésus, le suppliant de préserver les croyants de l'incrédulité et de leur accorder la foi en la vie éternelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Reconnaissance textuelle : SUR LE VOYAGE AUX EAUX De Me la Comtesse de Chateautiery. MADRIGAL.
SUR LE VOYAGE AUX EAUX
V
De Me la
Comteffe de
Chateautiery.
MADRIGAL.
Ous qui cherchez aux Eaux du rafraîchiffe
ment ,
Soit par breuvage ou par leffive ,
Hâtez-vous , buvez promtement
Avant que la Comteffe arrive :
Cette Beauté chez vous va jouer fi beau jeu
Qu'en prétextant fievre ou migraine
Elle va d'abord mettre en feu
Buveurs , Medecins & Fontaine.
M. de Senecé.
Reconnaissance textuelle : REMERCIMENT de M. de Senecé, pour une Visite reçûë de M. l'Evêque de Mâcon.
REMERCIMENT de M. de Senecé,
pour une Visite reçue de M. l'Evêque
de Mâcon.
Debout , debout , grosse Dormeuse ;
Debout , vous qui devriez briller ,
1510 MERCURE DE FRANCE
Et choisir pour vous habiller , ·
La mode la plus fastueuse ,
Vous ronflez sur votre oreiller ,
Comme une vieille raffoleuse !
Debout , debout ; grosse dormeuse.
C'est à vous queje parle; entendez - vous ma voix
Vous , Muse , en qui j'ai confiance ,
Qui m'avez si souvent prêté votre assistance ,
Pour chanter les Héros et celebrer les Rois ?
C'est sur un grand Prélat que se fixe mon
choix.
Est-il plus beau sujet pour vous mettre en dépense
?
Mais mon instance a peu d'effet ;
L'Ingrare à ses faveurs mettant ici le terme,
Ouvre ses yeux , puis les refeime ,
Et retombe sur son chevet,
C'est un meuble fort inutile ,
Qu'une Muse en caducité ;
Sa foiblesse la rend paresseuse , indocile
Et de son indolence elle fait vanité.
Essayons toutes - fois si nous pourrons sans elle ,
Donner quelque coup de pinceau ,
Qui soit témoin de notre zele ,
Et digne d'un ami du fécond Du Cerceau.
Quand je vous vis entrer , Prélat incomparable ,
Dans le sombre réduit de mon Appartement ,
Je crus voir du Soleil un rayon favorable ,
Dorc
7
43 NOVEMBRE
. 1733. ifit
Dorer tous les recoins de l'obscur Logement.
Qui ne seroit charmé de voir la politesse ,
La douceur , l'éloquence et l'aimable entretien ,
Qui sans se dégrader , s'ajuste à la foiblesse ,
Et pour l'encourager në lui reproche rien ?
Qui ne sentiroit pas la puissante énergie
Si propre à réunir les coeurs evenimez ,
Qui fait
par sa seciette et divine magie
Embrasser l'Appellant avec les Intimez ?
La fierre Garnison * qui marche sans Trom
: pettes ,
Dès que vous paroissez a mis les armes bas ;
Et nos pauvres Etats déchargez de leurs dettes
Ont repris du courage au seul nom de Valras .
De plus rares talens, dont j'ai peine à me taire ,
J'oserois bien peut - être entamer le discours ,
Mais que puis - je tenter , Rimeur nonagenaire ,
Sans avoir ni Phébus , ni Muse à mon secours?
Résumé : REMERCIMENT de M. de Senecé, pour une Visite reçûë de M. l'Evêque de Mâcon.
M. de Senecé exprime sa gratitude pour la visite de l'Évêque de Mâcon. Il s'adresse à sa Muse, qu'il décrit comme paresseuse et indocile, ce qui l'empêche de célébrer pleinement les mérites de l'Évêque. Malgré cette difficulté, il loue la politesse, la douceur, l'éloquence et l'aimable entretien de l'Évêque. Il souligne également l'impact positif de ce dernier sur les États, qui ont retrouvé courage grâce à lui. L'auteur reconnaît les talents rares de l'Évêque mais se sent incapable de les décrire pleinement sans l'aide de sa Muse et de Phébus.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.