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951
p. 1375-1377
Brigadiers de Dragons.
Début :
Michel-Ancel des Granges, fut d'abord Mousquetaire de la Garde du Roy, puis Capitaine de [...]
Mots clefs :
Brigadiers de dragons, Régiment, Mestre de camp, Réforme , Paix, Dragons
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texteReconnaissance textuelle : Brigadiers de Dragons.
Brigadiers de Dragons.
Michel-Ancel des Granges , fut d'abord Mousquetaire
de la Garde du Roy , puis Capitaine de
Cavalerie , dans le Regiment Royal Roussillon,
servit en cette qualité en 1706. au Siege de Turin
, où il fut blessé et fait prisonnier à l'attaque
des Lignes le 7 Septembre , obtint au mois
de Septembre 1707. le Regiment de Dragons de
Guienne sur la démission duMarechal d. Montrevel
, et fut reformé en 1714. après la Paix.
Il devint au mois de Mars 1731. par la mort
de son pere , Titulaire de la charge de Maîne
II. Vol. des
376 MERCURE DE FRANCE
des Cérémonies de France , dont il avoit la Sure
vivance .
Louis Charles Armand Fouquet , Chevalier de
Belleisle , autrefois Mestre de Camp d'un Regiment
de son nom , auparavant S. Priest , reformé
en 1714. après la Paix .
Alexis de Coëtmen. Il fut fait au mois
de Juillet 1711. Mestre de Camp d'un Regiment
vacant par la mort d'Olivier- Joseph de Coetmen,
son frere aîné , qui avoit été tué le 12 du même
mois à l'attaque d'un Corps des Alliez , près
d'Arleux en Flandres. Ce Regiment fut reformé
en 1714. après la Paix .
Etienne-Julien Locquet de Grandville , fait
Mestre de Camp d'un Regiment ci - devant
Lesparre , au mois de Janvier 1709. reformé
en 1714.
Gabriël le Coigneux de Bellahre , né le premier
Fevrier 1687. autrefois Mestre de Camp
d'un Regiment de son nom , ci - devant Ranes ,
reformé en 1714.
Louis-Vincent, Marquis de Goësbriand, Mestre
de Camp , Lieutenant du Regiment de Condé
ainsi appellé depuis 1724. ci - devant Goësbriand,
et auparavant Foix et Firmarcon , dont il fut
fait Mestre de Camp , par Commission du 21
Fevrier 1714
Charles-Amedée de S. Martin d'Aglier , Mar
quis de Rivarolles , Piémontois d'origine, Mestre
de Camp reformé en 1714.
Louis - François Crozat , Marquis du Châtel ,
en Bretagne , d'abord Cornette de la deuxième
Compagnie des Mousquetaires de la Garde du
Roy , puis Mestre de Camp du Regiment de
Dragons de Languedoc , par Commission du 11
Janvier 1718,
II Vol. .. De
JUIN. T734 1377
:: . De Cilly , Lieutenant Colonel du
Regiment Colonel General , ayant brevet de
Mestre de Camp.
Michel-Ancel des Granges , fut d'abord Mousquetaire
de la Garde du Roy , puis Capitaine de
Cavalerie , dans le Regiment Royal Roussillon,
servit en cette qualité en 1706. au Siege de Turin
, où il fut blessé et fait prisonnier à l'attaque
des Lignes le 7 Septembre , obtint au mois
de Septembre 1707. le Regiment de Dragons de
Guienne sur la démission duMarechal d. Montrevel
, et fut reformé en 1714. après la Paix.
Il devint au mois de Mars 1731. par la mort
de son pere , Titulaire de la charge de Maîne
II. Vol. des
376 MERCURE DE FRANCE
des Cérémonies de France , dont il avoit la Sure
vivance .
Louis Charles Armand Fouquet , Chevalier de
Belleisle , autrefois Mestre de Camp d'un Regiment
de son nom , auparavant S. Priest , reformé
en 1714. après la Paix .
Alexis de Coëtmen. Il fut fait au mois
de Juillet 1711. Mestre de Camp d'un Regiment
vacant par la mort d'Olivier- Joseph de Coetmen,
son frere aîné , qui avoit été tué le 12 du même
mois à l'attaque d'un Corps des Alliez , près
d'Arleux en Flandres. Ce Regiment fut reformé
en 1714. après la Paix .
Etienne-Julien Locquet de Grandville , fait
Mestre de Camp d'un Regiment ci - devant
Lesparre , au mois de Janvier 1709. reformé
en 1714.
Gabriël le Coigneux de Bellahre , né le premier
Fevrier 1687. autrefois Mestre de Camp
d'un Regiment de son nom , ci - devant Ranes ,
reformé en 1714.
Louis-Vincent, Marquis de Goësbriand, Mestre
de Camp , Lieutenant du Regiment de Condé
ainsi appellé depuis 1724. ci - devant Goësbriand,
et auparavant Foix et Firmarcon , dont il fut
fait Mestre de Camp , par Commission du 21
Fevrier 1714
Charles-Amedée de S. Martin d'Aglier , Mar
quis de Rivarolles , Piémontois d'origine, Mestre
de Camp reformé en 1714.
Louis - François Crozat , Marquis du Châtel ,
en Bretagne , d'abord Cornette de la deuxième
Compagnie des Mousquetaires de la Garde du
Roy , puis Mestre de Camp du Regiment de
Dragons de Languedoc , par Commission du 11
Janvier 1718,
II Vol. .. De
JUIN. T734 1377
:: . De Cilly , Lieutenant Colonel du
Regiment Colonel General , ayant brevet de
Mestre de Camp.
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Résumé : Brigadiers de Dragons.
Le texte décrit plusieurs brigadiers de dragons et leurs parcours militaires. Michel-Ancel des Granges, ancien Mousquetaire de la Garde du Roy, devint Capitaine de Cavalerie dans le Régiment Royal Roussillon et participa au siège de Turin en 1706, où il fut blessé et fait prisonnier. En septembre 1707, il obtint le Régiment de Dragons de Guienne et fut réformé en 1714. Il hérita également de la charge de Maître des Cérémonies de France en mars 1731. Louis Charles Armand Fouquet, Chevalier de Belleisle, fut Mestre de Camp d'un régiment à son nom avant d'être réformé en 1714. Alexis de Coëtmen devint Mestre de Camp en juillet 1711 après la mort de son frère aîné, Olivier-Joseph de Coetmen, tué en Flandres. Son régiment fut également réformé en 1714. Etienne-Julien Locquet de Grandville fut nommé Mestre de Camp en janvier 1709 et réformé en 1714. Gabriel le Coigneux de Bellahre, né le 1er février 1687, fut Mestre de Camp d'un régiment à son nom, réformé en 1714. Louis-Vincent, Marquis de Goësbriand, commanda le régiment de Condé depuis 1724 et avait précédemment dirigé les régiments de Foix et Firmarcon. Charles-Amedée de Saint-Martin d'Aglier, Marquis de Rivarolles, était un Piémontais réformé en 1714. Louis-François Crozat, Marquis du Châtel, débuta comme Cornette des Mousquetaires de la Garde du Roy avant de devenir Mestre de Camp du Régiment de Dragons de Languedoc en janvier 1718. Enfin, De Cilly était Lieutenant Colonel du Régiment Colonel Général avec un brevet de Mestre de Camp.
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952
p. 1400-1401
Bibliotheque Raisonnée, &c. [titre d'après la table]
Début :
BIBLIOTHEQUE RAISONNÉE des Ouvrages des Sçavans de l'Europe, Tome [...]
Mots clefs :
Poésies, Abbé Chaulieu, Marquis de La Fare, Docteur Mandeville
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texteReconnaissance textuelle : Bibliotheque Raisonnée, &c. [titre d'après la table]
BIBLIOTHEQUE RAISON NE'E
des Ouvrages des Sçavans de l'Europe ,
Tome 8. premiere et seconde Partie
année 1732. A Amsterdam chez les
Wetsteins et Smith. in 12.
>
Cet Ouvrage se soutient toujours avec
la même élegance , la même force , la
,
II. Vol.
même
JUIN.
1734. 1401
C
même érudition , et la même finesse de
style : pour en convenir on n'a qu'à lire
l'Extrait qui est à l'ouverture du Livre
que nous annonçons . C'est la nouvelle
Edition faite à la Haye en 1731. des
Poësies de l'Abbé de Chaulien et du
Marquis de la Fare.
On apprend dans l'article des Nouvelles
Litteraires que le Docteur Mandeville
a publié à Londres un Ouvrage
Anglois sous ce titre : Recherches sur l'origine
de l'Honneur et sur l'utilité du Christianisme
dans la Guerre. Par l'Auteur de
la Fable des Abeilles . in 8 .
des Ouvrages des Sçavans de l'Europe ,
Tome 8. premiere et seconde Partie
année 1732. A Amsterdam chez les
Wetsteins et Smith. in 12.
>
Cet Ouvrage se soutient toujours avec
la même élegance , la même force , la
,
II. Vol.
même
JUIN.
1734. 1401
C
même érudition , et la même finesse de
style : pour en convenir on n'a qu'à lire
l'Extrait qui est à l'ouverture du Livre
que nous annonçons . C'est la nouvelle
Edition faite à la Haye en 1731. des
Poësies de l'Abbé de Chaulien et du
Marquis de la Fare.
On apprend dans l'article des Nouvelles
Litteraires que le Docteur Mandeville
a publié à Londres un Ouvrage
Anglois sous ce titre : Recherches sur l'origine
de l'Honneur et sur l'utilité du Christianisme
dans la Guerre. Par l'Auteur de
la Fable des Abeilles . in 8 .
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Résumé : Bibliotheque Raisonnée, &c. [titre d'après la table]
La 'Bibliothèque Raisonnée', publiée en 1732 à Amsterdam, compile des ouvrages savants européens. Le tome 8 est loué pour son élégance et son érudition. Il inclut des poésies de l'Abbé de Chaulien et du Marquis de la Fare. Les Nouvelles Littéraires mentionnent un ouvrage du Docteur Mandeville, auteur de 'La Fable des Abeilles'.
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953
p. 1416-1419
POLOGNE. Suite du Siege de Dantzick.
Début :
Au commencement de ce mois, les Ennemis pousserent avec beaucoup de vivacité leurs [...]
Mots clefs :
Siège de Dantzig, Garnison, Troupes saxonnes, Fort, Gdańsk, Détachement, Camp, Ville, Assiégeants, Comte de Munich
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texteReconnaissance textuelle : POLOGNE. Suite du Siege de Dantzick.
POLOGNE.
Suite du Siege de Dantzick
U commencement de ce mois , les Ennemis
pousserent avec beaucoup de vivacité leurs
approches du côté du Bisschosberg , et ils s'emparerent
d'un poste avancé qu'un Détachement
de la Garnison de la Ville occupoit près de
Schiedlitz .
Le s . il vint à Dantzick , du Camp des Assiegeans
, un Tambour des Troupes Saxones , chargé
par le Duc de Saxe Wesseinfels , et le Comte
de Munich , de remettre aux Magistrats une Lettre
, par laquelle ces deux Generaux et les Seigneurs
Polonais attachez au parti de l'Electeur
de Saxe , qui sont dans l'Armée ennemie , les exhortoient
de nouveau à se soumettre à ce Prince
et à donner à la Czarine les satisfactions qu'elle
demande pour les actes d'hostilité commis contre
ses Troupes , et on répondit à cette Lettre ,
comme on avoit fait aux précedentes , que les
Habitans étoient déterminez à se deffendre jusqu'à
la derniere extremité.
Le 6. unDétachement d'environ 250. hommes
de la Garnison , fit une sortie et attaqua avec
beaucoup de valeur les travaux que les Assiegeans
ont commencés sur le Stolzberg , et dont
la plus grande partie fut renversée.
Le 9.
les Vaisseaux François qui étoient à la
Rade de la Ville , mirent à la voile pour reto ur-
11. Vol. ner
J.U IN. 1734 1417
her à Coppenhague , où ils conduisirent une
Frégate Moscovite de 32. Pieces de Canon , qu'ils
avoient prise à la hauteur de l'Ifle de Borsnhelm.
L'Escadre de la Czarine , composée de 14-
Vaisseaux de ligne , de 8. Frégates , de 2. Galiotes
à Bombes , et d'un Brulot , laquelle étoit
partie de Cronstadt le 24. du mois dernier ,
mouilla le 5. de ce mois à Pillau , où elle débarqua
de l'Artillerie et des Munitions destinées
pour le Camp des Assiegeans , et elle arriva le
12. au matin à la Rade de Dantzick.
Le Duc de Saxe Wesseinfels , le Comte de Munich
, et la plupart des Officiers Generaux des
Troupes ennemies se rendirent le 13. de ce mois
à bord de l'Amiral de l'Escadre Moscovite , qui
est toujours à la Rade de Dantzick et qui ferme
le passage de la Vistule, et ils y tinrent un Conseil
de Guerre , dans lequel il fut résolu qu'ils
employeroient tous leurs efforts pour s'emparer
du fort de Wechselmunde , avant que de songer
à soumettre la Ville .
Le lendemain M. Gordon fit commencer le
bombardement du Fort avec deux Galiotes à
bombes. Le feu fut très - vif pendant plusieurs
heures , tant du côté de la Garnison que de celui
des Assicgeans , et quelques Frégates de ces
derniers s'étant avancez trop près du Fort , furent
endommagées par le Canon.
Le 15. les Ennemis continuerent d'y jetter des
Bombes , dont une tomba sur un Magazin à
Poudre , qui n'ayant pas été couvert avec assez.
de précaution , sauta en l'air.
Le Comte de Munich alla le 17. reconnoître
le Fort , et la nuit suivante la Tranchée fut ouverte
par un Détachement des Troupes Saxones
qui a été relevé la nuit du 18. par 2000. Moscovites.
La
1418 MERCURE DE FRANCE
Le bruit court que le Comte de Munich fir
sommer le 19. la Garnison de Wechselmunde
de se rendre , et qu'elle a promis de rendre le
Fort le 24. si elle n'étoit pas secourüe .
L'Artillerie et les Munitions de guerre que
P'Escadre de la Czarine a débarquées au Pillau ,
arriverent il y a quelques jours au Camp des
Assiegeans , qui ont déja dressé plusieurs Batteries
de Canon et de Mortiers , avec lesquels ils
battent la vieille Ville , où ils ont fait sauter un
des Magazins à poudre. Ils bombarderent aussf
avec beaucoup de force le Camp où les Troapes
Françoises sont retranchées , et le General Moscovite
leur a fait faire la même sommation qu'à'
la Garnison de Wechselmunde.
On a appris depuis que le Gouverneur de ce
Fort capitula le 23. de ce mois , et qu'il fut re –
mis le lendemain au Duc de Saxe Weissenfels ,
qui y fit entrer une Garnison Saxone. On est
convenú que M. de Stackelberg , Colonel au
service du Roy de Suede et les Troupes Suedoises
qui étoient dans le Fort , pourroient se retireren
Suede , et qu'il leur seroit fourni des vivres depuis
le jour de la capitulation jusqu'à celui de
leur départ pour retourner dans leur Pays.
Le 19. Juin , le Roy fit sortir de Dantzick un
Détachement de la Garnison , qui attaqua avec
beaucoup de valeur les travaux des Assicgeans ,
en tua plusieurs et fit quelques prisonniers . Un
autre Détachement de la Garnison fit le lendemain
une sortie et combla une partie des Tranchées
des Moscovites.
Les Magistrats envoyerent le 26. un Officier
aux Generaux ennemis , pour leur faire quelques
propositions. Il revint avec un Officier des Troupes
Saxones , lequel eut un long entretien avec
Primat. M.
JUIN. 1734 1419
M. de Brandt , Ministre du Roy de Prusse , a
écrit aux Magistrats une Lettre qui contient
quelques nouvelles propositions d'accommodement
, à l'occasion de laquelle ils ont tenu plusieurs
assemblées .
On assure qu'un Détachement des Troupes de
Ja Couronne s'est emparé de Cracovie , après en
avoir chassé les Troupes Saxones qui y étoient
en garnison.
Suite du Siege de Dantzick
U commencement de ce mois , les Ennemis
pousserent avec beaucoup de vivacité leurs
approches du côté du Bisschosberg , et ils s'emparerent
d'un poste avancé qu'un Détachement
de la Garnison de la Ville occupoit près de
Schiedlitz .
Le s . il vint à Dantzick , du Camp des Assiegeans
, un Tambour des Troupes Saxones , chargé
par le Duc de Saxe Wesseinfels , et le Comte
de Munich , de remettre aux Magistrats une Lettre
, par laquelle ces deux Generaux et les Seigneurs
Polonais attachez au parti de l'Electeur
de Saxe , qui sont dans l'Armée ennemie , les exhortoient
de nouveau à se soumettre à ce Prince
et à donner à la Czarine les satisfactions qu'elle
demande pour les actes d'hostilité commis contre
ses Troupes , et on répondit à cette Lettre ,
comme on avoit fait aux précedentes , que les
Habitans étoient déterminez à se deffendre jusqu'à
la derniere extremité.
Le 6. unDétachement d'environ 250. hommes
de la Garnison , fit une sortie et attaqua avec
beaucoup de valeur les travaux que les Assiegeans
ont commencés sur le Stolzberg , et dont
la plus grande partie fut renversée.
Le 9.
les Vaisseaux François qui étoient à la
Rade de la Ville , mirent à la voile pour reto ur-
11. Vol. ner
J.U IN. 1734 1417
her à Coppenhague , où ils conduisirent une
Frégate Moscovite de 32. Pieces de Canon , qu'ils
avoient prise à la hauteur de l'Ifle de Borsnhelm.
L'Escadre de la Czarine , composée de 14-
Vaisseaux de ligne , de 8. Frégates , de 2. Galiotes
à Bombes , et d'un Brulot , laquelle étoit
partie de Cronstadt le 24. du mois dernier ,
mouilla le 5. de ce mois à Pillau , où elle débarqua
de l'Artillerie et des Munitions destinées
pour le Camp des Assiegeans , et elle arriva le
12. au matin à la Rade de Dantzick.
Le Duc de Saxe Wesseinfels , le Comte de Munich
, et la plupart des Officiers Generaux des
Troupes ennemies se rendirent le 13. de ce mois
à bord de l'Amiral de l'Escadre Moscovite , qui
est toujours à la Rade de Dantzick et qui ferme
le passage de la Vistule, et ils y tinrent un Conseil
de Guerre , dans lequel il fut résolu qu'ils
employeroient tous leurs efforts pour s'emparer
du fort de Wechselmunde , avant que de songer
à soumettre la Ville .
Le lendemain M. Gordon fit commencer le
bombardement du Fort avec deux Galiotes à
bombes. Le feu fut très - vif pendant plusieurs
heures , tant du côté de la Garnison que de celui
des Assicgeans , et quelques Frégates de ces
derniers s'étant avancez trop près du Fort , furent
endommagées par le Canon.
Le 15. les Ennemis continuerent d'y jetter des
Bombes , dont une tomba sur un Magazin à
Poudre , qui n'ayant pas été couvert avec assez.
de précaution , sauta en l'air.
Le Comte de Munich alla le 17. reconnoître
le Fort , et la nuit suivante la Tranchée fut ouverte
par un Détachement des Troupes Saxones
qui a été relevé la nuit du 18. par 2000. Moscovites.
La
1418 MERCURE DE FRANCE
Le bruit court que le Comte de Munich fir
sommer le 19. la Garnison de Wechselmunde
de se rendre , et qu'elle a promis de rendre le
Fort le 24. si elle n'étoit pas secourüe .
L'Artillerie et les Munitions de guerre que
P'Escadre de la Czarine a débarquées au Pillau ,
arriverent il y a quelques jours au Camp des
Assiegeans , qui ont déja dressé plusieurs Batteries
de Canon et de Mortiers , avec lesquels ils
battent la vieille Ville , où ils ont fait sauter un
des Magazins à poudre. Ils bombarderent aussf
avec beaucoup de force le Camp où les Troapes
Françoises sont retranchées , et le General Moscovite
leur a fait faire la même sommation qu'à'
la Garnison de Wechselmunde.
On a appris depuis que le Gouverneur de ce
Fort capitula le 23. de ce mois , et qu'il fut re –
mis le lendemain au Duc de Saxe Weissenfels ,
qui y fit entrer une Garnison Saxone. On est
convenú que M. de Stackelberg , Colonel au
service du Roy de Suede et les Troupes Suedoises
qui étoient dans le Fort , pourroient se retireren
Suede , et qu'il leur seroit fourni des vivres depuis
le jour de la capitulation jusqu'à celui de
leur départ pour retourner dans leur Pays.
Le 19. Juin , le Roy fit sortir de Dantzick un
Détachement de la Garnison , qui attaqua avec
beaucoup de valeur les travaux des Assicgeans ,
en tua plusieurs et fit quelques prisonniers . Un
autre Détachement de la Garnison fit le lendemain
une sortie et combla une partie des Tranchées
des Moscovites.
Les Magistrats envoyerent le 26. un Officier
aux Generaux ennemis , pour leur faire quelques
propositions. Il revint avec un Officier des Troupes
Saxones , lequel eut un long entretien avec
Primat. M.
JUIN. 1734 1419
M. de Brandt , Ministre du Roy de Prusse , a
écrit aux Magistrats une Lettre qui contient
quelques nouvelles propositions d'accommodement
, à l'occasion de laquelle ils ont tenu plusieurs
assemblées .
On assure qu'un Détachement des Troupes de
Ja Couronne s'est emparé de Cracovie , après en
avoir chassé les Troupes Saxones qui y étoient
en garnison.
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Résumé : POLOGNE. Suite du Siege de Dantzick.
Au début du mois en Pologne, les forces ennemies intensifièrent leurs attaques près du Bisschosberg et capturèrent un poste avancé près de Schiedlitz. Un tambour saxon remit aux magistrats de Dantzick une lettre des généraux Duc de Saxe-Weissenfels et Comte de Munich, les exhortant à se soumettre à l'Électeur de Saxe et à satisfaire les demandes de la Czarine. La ville refusa de se rendre. Le 6 juin, un détachement de la garnison de Dantzick attaqua les travaux ennemis sur le Stolzberg, causant des dégâts significatifs. Le 9 juin, des vaisseaux français quittèrent Dantzick pour Copenhague, escortant une frégate moscovite capturée. L'escadre de la Czarine, composée de 14 vaisseaux de ligne et d'autres navires, arriva à Pillau le 5 juin et à Dantzick le 12 juin, apportant de l'artillerie et des munitions. Les généraux ennemis tinrent un conseil de guerre à bord du vaisseau amiral moscovite le 13 juin et décidèrent de capturer le fort de Wechselmunde avant de s'attaquer à la ville. Le bombardement du fort débuta le 14 juin, endommageant plusieurs frégates ennemies. Le 15 juin, une bombe ennemie détruisit un magasin à poudre dans le fort. Le 19 juin, le Comte de Munich somma la garnison de Wechselmunde de se rendre, ce qu'elle fit le 23 juin. Les troupes suédoises du fort purent se retirer en Suède. Le 19 juin, un détachement de la garnison de Dantzick attaqua les travaux ennemis, tuant plusieurs soldats et faisant des prisonniers. Le 26 juin, les magistrats envoyèrent un officier aux généraux ennemis pour des propositions de paix. Par ailleurs, un détachement des troupes de la Couronne s'empara de Cracovie, chassant les troupes saxonnes.
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954
p. 1419
ALLEMAGNE.
Début :
L'Empereur qui avoit résolu de former un Camp dans le Royaume de Bohëme, a changé [...]
Mots clefs :
Royaume de Bohême, Empereur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
L'Empereur qui avoit résolu de former un Camp dans le Royaume de Bohème , a changé
de desstin , et il a écrit au Baron de Damhitz
, de faire marcher vers le Rhin le Régiment
du Prince Akxandre de Wirtemberg , celui des
Grenadiers de Lorraine , et ceux de Weles , du
Comte Louis de Palfi , de Séer , de Welsech et
d'Olgivi , qui avoient eu ordre de s'arrêter dans
les environs de Passaw.
L'Empereur qui avoit résolu de former un Camp dans le Royaume de Bohème , a changé
de desstin , et il a écrit au Baron de Damhitz
, de faire marcher vers le Rhin le Régiment
du Prince Akxandre de Wirtemberg , celui des
Grenadiers de Lorraine , et ceux de Weles , du
Comte Louis de Palfi , de Séer , de Welsech et
d'Olgivi , qui avoient eu ordre de s'arrêter dans
les environs de Passaw.
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955
p. 1421-1423
DE NAPLES ET DE SICILE.
Début :
Le Roy a nommé le Prince de Laurenzano pour aller à Rome en qualité de son Ambassadeur [...]
Mots clefs :
Prince Laurenzano, Roi, Place, Ville, Troupes, Comte de Visconti, Habitants, Garnison, Royaume, Naples
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE NAPLES ET DE SICILE.
DE NAPLES ET DE SICILE.
L
E Roy a nommé le Prince de Laurenzano
pour aller à Rome en qualité de son Ambassadeur
Extraordinaire auprès du Pape , et ce
Ministre doit partir incessamment pour donner
part à S. S. de l'avenement de S. M. à la Couronne.
Le Duc de Lauria Cala de Laënzina , que
S. M. a fait Chef de son Conseil Privé , a été
chargé de recevoir à la place du Comte de Charny,
Lieutenant General du Royaume , l'hommage
des Députez des Villes et des Barons de l'Etat
qui n'ont pas encore prêté serment de fidélité.
Les Habitans de la Ville de Lecce , à l'occasion
de quelques impositions que deux Officiers de
P'Empereur qui étoient restez dans cette Ville
ont voulu exiger , ont pris les armes et ont chassé
les Imperiaux , après avoir tué M. Cardamone,
P'un de ces deux Officiers .
Les 8. Galeres Françoises , commandées par le
Chevalier d'Orleans , Grand - Prieur de France ,
entrerent le 15. Juin dans le Port de Naples avec
un pareil nombre de Galeres du Roy d'Espagne ,
et le reste de l'Escadre qui avoit fait voile de Barcelone
le 6. du même mois. Les Troupes qui
sont venues sur cette Escadre consistent en 18.
Bataillons et 2500. hommes de Cavalerie ,
quoiqu'une partie des Vaisseaux qui la composent
ait essuyé une assez violente tempête dans la
II. Vol.
et
Mer
jMer deGêlies,
» on n'a pas perdu un homme ni
91B cheval dans le passage.
On a reçu avis que le Comte de Visconti, cy«'
devant Viceroy de tapies
,
étoit parti dePescara,
sur l'avis qu'il avoit tu --',e la Marche d'un Dé,
tachement qu'on avoit envoyé pour l'y assieger
et qu'il étoit à Fumo,d'oLl il devoir aller à Rome
joindre la Comtesse son Epouse.
La Garnison Imperiale qui étoit dans Reggio,
ayant appris que le Comte de Visconti s etoif*
déterminé à sortir du Royaume,elle a abandonna
cette Place et s'est embarquée pour la Sicile.
Trois cens Grenadiers que le Comte de Sasta.
go elivoyoit au Comte de Visconti , ayant débar-
,qlié dans le Royaume de Naples
, ont été faits
prisonniers de Guerre , et la Galere sur laquelle
Détachement avoir été embarqué, a été prise.
- On a commencé le 'iege de Gaette
, et la
Garnison n'étant pas assez forte pour pouvoir
faire une longue detfense
, on espere que la Place
sera bien-tôt réduite sous l'obéissance de S. M.
il a été résolu de ne point assieger dans les formes
la Ville de Capoiie ,
dont les Habitans souf.
frent déjà beaucoup par la disette et par les maladiesqui
y régnent; on s'est contenté d'augmenter
le nombre des Troupes qui en formoienc
le blocus, et de la faire investir entièrement,
afin de couper- toute retraite aux Imperiaux qui y
4ont enfermez.
Au commencement du moi_s de Juin on fit par-
;tir pour la Calabre sous l'escorte du Vaisseau
de guerre le Saint Philippe
,
plusieurs Bâtimcns
sur lesquels se sont embarquez 4. Bataillons destinez
à renforcer les Troupes qui sont dans cette
-Province, d'où on a appris que tous les AlIemands
et les Napolitains qui ayoient suivi le
VIscontià Pescara, étoient sortis du
Royaume,ou avoient reconnu l'autorité du Roy,
On a publié à Naples un Edit par lequel il estdeffendu
à tous les Sujets de S. M. sous peine de confiscation de leurs biens
,
d'entretenir correspondance aucune avec les Sujets de l'Empereur et de tirer aucune Marchandise des Pays de la domination
de S. M. Jmp. oji des autres Princes de
l'Empire.
L
E Roy a nommé le Prince de Laurenzano
pour aller à Rome en qualité de son Ambassadeur
Extraordinaire auprès du Pape , et ce
Ministre doit partir incessamment pour donner
part à S. S. de l'avenement de S. M. à la Couronne.
Le Duc de Lauria Cala de Laënzina , que
S. M. a fait Chef de son Conseil Privé , a été
chargé de recevoir à la place du Comte de Charny,
Lieutenant General du Royaume , l'hommage
des Députez des Villes et des Barons de l'Etat
qui n'ont pas encore prêté serment de fidélité.
Les Habitans de la Ville de Lecce , à l'occasion
de quelques impositions que deux Officiers de
P'Empereur qui étoient restez dans cette Ville
ont voulu exiger , ont pris les armes et ont chassé
les Imperiaux , après avoir tué M. Cardamone,
P'un de ces deux Officiers .
Les 8. Galeres Françoises , commandées par le
Chevalier d'Orleans , Grand - Prieur de France ,
entrerent le 15. Juin dans le Port de Naples avec
un pareil nombre de Galeres du Roy d'Espagne ,
et le reste de l'Escadre qui avoit fait voile de Barcelone
le 6. du même mois. Les Troupes qui
sont venues sur cette Escadre consistent en 18.
Bataillons et 2500. hommes de Cavalerie ,
quoiqu'une partie des Vaisseaux qui la composent
ait essuyé une assez violente tempête dans la
II. Vol.
et
Mer
jMer deGêlies,
» on n'a pas perdu un homme ni
91B cheval dans le passage.
On a reçu avis que le Comte de Visconti, cy«'
devant Viceroy de tapies
,
étoit parti dePescara,
sur l'avis qu'il avoit tu --',e la Marche d'un Dé,
tachement qu'on avoit envoyé pour l'y assieger
et qu'il étoit à Fumo,d'oLl il devoir aller à Rome
joindre la Comtesse son Epouse.
La Garnison Imperiale qui étoit dans Reggio,
ayant appris que le Comte de Visconti s etoif*
déterminé à sortir du Royaume,elle a abandonna
cette Place et s'est embarquée pour la Sicile.
Trois cens Grenadiers que le Comte de Sasta.
go elivoyoit au Comte de Visconti , ayant débar-
,qlié dans le Royaume de Naples
, ont été faits
prisonniers de Guerre , et la Galere sur laquelle
Détachement avoir été embarqué, a été prise.
- On a commencé le 'iege de Gaette
, et la
Garnison n'étant pas assez forte pour pouvoir
faire une longue detfense
, on espere que la Place
sera bien-tôt réduite sous l'obéissance de S. M.
il a été résolu de ne point assieger dans les formes
la Ville de Capoiie ,
dont les Habitans souf.
frent déjà beaucoup par la disette et par les maladiesqui
y régnent; on s'est contenté d'augmenter
le nombre des Troupes qui en formoienc
le blocus, et de la faire investir entièrement,
afin de couper- toute retraite aux Imperiaux qui y
4ont enfermez.
Au commencement du moi_s de Juin on fit par-
;tir pour la Calabre sous l'escorte du Vaisseau
de guerre le Saint Philippe
,
plusieurs Bâtimcns
sur lesquels se sont embarquez 4. Bataillons destinez
à renforcer les Troupes qui sont dans cette
-Province, d'où on a appris que tous les AlIemands
et les Napolitains qui ayoient suivi le
VIscontià Pescara, étoient sortis du
Royaume,ou avoient reconnu l'autorité du Roy,
On a publié à Naples un Edit par lequel il estdeffendu
à tous les Sujets de S. M. sous peine de confiscation de leurs biens
,
d'entretenir correspondance aucune avec les Sujets de l'Empereur et de tirer aucune Marchandise des Pays de la domination
de S. M. Jmp. oji des autres Princes de
l'Empire.
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Résumé : DE NAPLES ET DE SICILE.
Le roi a nommé le Prince de Laurenzano ambassadeur extraordinaire auprès du Pape pour annoncer son avènement au trône. Le Duc de Lauria a remplacé le Comte de Charny pour recevoir l'hommage des députés des villes et des barons n'ayant pas encore prêté serment de fidélité. À Lecce, les habitants ont pris les armes contre des officiers impériaux, tuant l'un d'eux et chassant les troupes impériales. Huit galères françaises, commandées par le Chevalier d'Orléans, sont arrivées à Naples avec un nombre équivalent de galères espagnoles, transportant 18 bataillons et 2500 hommes de cavalerie. Le Comte de Visconti, ancien vice-roi de Naples, a quitté Pescara pour Rome après avoir repoussé un détachement envoyé pour l'assiéger. La garnison impériale de Reggio a abandonné la ville pour la Sicile. Trois cents grenadiers envoyés au Comte de Visconti ont été capturés, ainsi que leur galère. Le siège de Gaète a commencé, et la ville de Capoue est sous blocus. En juin, des troupes ont été envoyées en Calabre pour renforcer les forces locales. Un édit a été publié à Naples, interdisant toute correspondance avec les sujets de l'Empereur et l'importation de marchandises des pays sous domination impériale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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956
p. 1423
ESPAGNE.
Début :
Le 15. Juin, le Roy reçut la nouvelle de la victoire remportée le 25. du mois dernier à [...]
Mots clefs :
Roi, Victoire, Général, Avis
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
L E 1f. Juin ,le Roy reçut la nouvelle de la
victoire remportée le 2 f -
du mois dernier i
Sitonto sur les Impériaux
, par le Comte de
Montemar
, et S. M. a déclaré Lieutenant Géneral
de ses Armées le Marquis de Castellar
que ce General a dépêché pour lui en donner
avis. Le Roy ordonna qu'on rendît à Dieu dans
toute l 'étenduë du Royaume de solemnelles ac- tions de grâces de cette Victoire
, et l'on a chanté
le, Te Deum dans toutes les Eglises de Madrid,
od il y a eû des feux et des Illuminations
dant trois nuits consécutives. pen-
On a eu avis que la Flore qui est venue de la
Havanne en 4y. jours
,
étoit entrée dans le Porc de Cadix le 19. de ce mois, et qu'elle avoit ap- porté douze millions cinq cens mille Piastres, cf
quatre raillions en Effets.
L E 1f. Juin ,le Roy reçut la nouvelle de la
victoire remportée le 2 f -
du mois dernier i
Sitonto sur les Impériaux
, par le Comte de
Montemar
, et S. M. a déclaré Lieutenant Géneral
de ses Armées le Marquis de Castellar
que ce General a dépêché pour lui en donner
avis. Le Roy ordonna qu'on rendît à Dieu dans
toute l 'étenduë du Royaume de solemnelles ac- tions de grâces de cette Victoire
, et l'on a chanté
le, Te Deum dans toutes les Eglises de Madrid,
od il y a eû des feux et des Illuminations
dant trois nuits consécutives. pen-
On a eu avis que la Flore qui est venue de la
Havanne en 4y. jours
,
étoit entrée dans le Porc de Cadix le 19. de ce mois, et qu'elle avoit ap- porté douze millions cinq cens mille Piastres, cf
quatre raillions en Effets.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 1er juin, le roi d'Espagne apprit une victoire du Comte de Montemar contre les Impériaux. Il nomma le Marquis de Castellar Lieutenant Général et ordonna des actions de grâce. À Madrid, des Te Deum, feux d'artifice et illuminations eurent lieu. Une flotte de La Havane accosta à Cadix le 19 juin avec douze millions cinq cent mille piastres et quatre millions en effets.
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957
p. 1424-1425
COPIE DE LA LETTRE DU ROY, écrite au Maréchal de Berwick le 15. May.
Début :
J'Apprens, Mon Cousin, avec peine, que la maraude et le désordre continuent dans mon Armee [...]
Mots clefs :
Cousin, Soldats, Troupes, Maraude
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texteReconnaissance textuelle : COPIE DE LA LETTRE DU ROY, écrite au Maréchal de Berwick le 15. May.
COPIE DE LA LETTRE DU ROY ,
écrite au Maréchal de Berwick le
15. May.
'Apprens , Mon Cousin, avec peine, que la ma
raude et le désordre continuent dans mon Armeg
d'Allemagne , malgré des exemples de séverité
que vous êtes obligé de faire , tant sur les Soldats
que sur les Offitiers . Je ne veux point tolerer une
licence aussi contraire à la subordination , à la discipline
et méme à la conservation de mes Troupes.
Je vous fais cette Lettre pour vous dire que mon
intention est que vous fassiek punir dans la derniere
rigueur tous les Soldats qui seront pris en contravention
des Bans que vous ferez publier , que
vous mettiez en prison pour toute la Campagne les
Capitaines des Compagnies dont ils seront , et que
vous m'envoyez les noms des Colonels des Regimens
J'Apprens,Mon avee
II. Vol. qui
JUIN. 1714 1425
qui n'auront pas l'attention qu'ils doivent à contenir
leurs Troupes . Je suis persuadé que si les Officiers
tenoient la main à la régularité du Service ,le bon
ordre seroit bien- tot établi , et vous ne sçauriez trop
leur faire entendre qu'ils seront responsables des desordres
qui seront commis par ceux qui sont sous
leurs Charges , et la présente n'étant pour autre fin,
je prie Dieu qu'il vous ait , Mon Cousin , en sa
sainte et digne garde. Signé , LOUIS , et plus
bas , Bauyn.
écrite au Maréchal de Berwick le
15. May.
'Apprens , Mon Cousin, avec peine, que la ma
raude et le désordre continuent dans mon Armeg
d'Allemagne , malgré des exemples de séverité
que vous êtes obligé de faire , tant sur les Soldats
que sur les Offitiers . Je ne veux point tolerer une
licence aussi contraire à la subordination , à la discipline
et méme à la conservation de mes Troupes.
Je vous fais cette Lettre pour vous dire que mon
intention est que vous fassiek punir dans la derniere
rigueur tous les Soldats qui seront pris en contravention
des Bans que vous ferez publier , que
vous mettiez en prison pour toute la Campagne les
Capitaines des Compagnies dont ils seront , et que
vous m'envoyez les noms des Colonels des Regimens
J'Apprens,Mon avee
II. Vol. qui
JUIN. 1714 1425
qui n'auront pas l'attention qu'ils doivent à contenir
leurs Troupes . Je suis persuadé que si les Officiers
tenoient la main à la régularité du Service ,le bon
ordre seroit bien- tot établi , et vous ne sçauriez trop
leur faire entendre qu'ils seront responsables des desordres
qui seront commis par ceux qui sont sous
leurs Charges , et la présente n'étant pour autre fin,
je prie Dieu qu'il vous ait , Mon Cousin , en sa
sainte et digne garde. Signé , LOUIS , et plus
bas , Bauyn.
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Résumé : COPIE DE LA LETTRE DU ROY, écrite au Maréchal de Berwick le 15. May.
Le 15 mai 1714, le roi adresse une lettre au Maréchal de Berwick pour exprimer son mécontentement face à la mutinerie et au désordre au sein de l'armée d'Allemagne. Malgré les mesures de sévérité déjà prises, le roi exige une discipline stricte. Il ordonne de punir sévèrement les soldats en infraction, d'emprisonner les capitaines des compagnies concernées pour toute la campagne et de lui envoyer les noms des colonels négligents. Le roi souligne la responsabilité des officiers dans le maintien de l'ordre et de la discipline. La lettre se conclut par une formule de politesse et est signée par Louis et Bauyn.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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958
p. 1425
« Le 23. de ce mois, le Prince Eugene étoit à Saintzein avec la plus grande partie de son Armée, [...] »
Début :
Le 23. de ce mois, le Prince Eugene étoit à Saintzein avec la plus grande partie de son Armée, [...]
Mots clefs :
Prince Eugène
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texteReconnaissance textuelle : « Le 23. de ce mois, le Prince Eugene étoit à Saintzein avec la plus grande partie de son Armée, [...] »
Le 23. de ce mois , le Prince Eugene étoit à
Saintzein avec la plus grande partie de son Armée
, et il avoit fait avancer un Corps de Troupes
à Heidelberg avec des Bateaux sur des haquets.
Ce Prince paroissoit dans le dessein de
faire marcher un autre Corps de Troupes à Daxland
, entre Philisbourg et le Fort-Louis.
Saintzein avec la plus grande partie de son Armée
, et il avoit fait avancer un Corps de Troupes
à Heidelberg avec des Bateaux sur des haquets.
Ce Prince paroissoit dans le dessein de
faire marcher un autre Corps de Troupes à Daxland
, entre Philisbourg et le Fort-Louis.
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959
p. 1425-1433
SIEGE DE PHILISBOURG.
Début :
Le 17. Juin, la Tranchée fut relevée par les quatre Bataillons du Régiment des Gardes Françoises, [...]
Mots clefs :
Compagnies de grenadiers, Régiment, Siège de Philisbourg, Ouvrage à corne, Lieutenant général, Tranchée, Blessés, Maréchal de camp, Place d'armes, Angle, Demi-lune, Chemin couvert , Travailleurs
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texteReconnaissance textuelle : SIEGE DE PHILISBOURG.
SIEGE DE PHILISBOURG.
Le 17. Juin , la Tranchée fut relevée par les
quatre Bataillons du Régiment des Gardes Fran .
çoises , et les trois du Régiment des Vaisseaux ,
sous les ordres de M. de Vernassal , Lieutenant
general , du Comte de Midelbourg , Maréchal
de Camp et de M. de Chaumont , Brigadier .
On prolongea la sappe commencée la veille
sur l'angle saillant du Chemin couvert , et on
communiqua de cette sappe à l'attaque de la
droite qui embrasse l'avant- Chemin couvert, que
les Ennemis avoient près du Rhin.
Les travaux pour l'établissement de plusieurs
Batteries furent commencez pendant la nuit , et
on travailla en même- t. mps à deux sappes couver
tes pour parvenir à la descente du fossé. Les Ennemis
firent cette nuit , comine la précedente ,
II Vol. H
1426 MERCURE DE FRANCE
un très-grand feu , qui cependant ne tua ou bles
sa que peu de Soldats,
M. de la Billarderie , Lieutenant General , le
Marquis de Castelmoron , Maréchal de Camp ,
et le Duc de Châtillon , Brigadier , monterent la
tranchée le 18. avec les Régimens de Piémont ,
de Saxe et de la Couronne , et 400. Travailleurs.
On poussa une sappe jusqu'à la Palissade
de l'angle du Chemin couvert de l'ouvrage à corne
, et on perfectionna la Batterie de 8. Pieces de
Canon , qui a commencé à tirer le 19. au matin
et qui bat la face , le flanc et la courtine de l'ouvrage
couronné. Les Ennemis tirerent cette nuit
une grande quantité de Bombes , mais leur feu de
Mousqueterie ne fut pas si vif qu'il l'avoit été les
jours précedents , parce que celui des Troupes
qui soutenoient les Travailleurs à la tête des sappes
, diminua celui des Assiegez . M. Dulicourt,
Capitaine dans le Régiment des Landes, et M.Gilbert
, Lieutenant du même Régiment , furent
blessez mortellement des éclats d'une Bombe qui
creva en l'air , et il y eut pendant cette nuit un
Soldat tué et 14. blessez .
Le 19. la Tranchée fut relevée par le Prince
de Tingry , Lieutenant General , avec le même
nombre de Troupes que le 18. On poussa les
travaux jusqu'à 7% ou 8. toises de la Place d'Armes
que les Ennemis ont dans l'angle rentrant
vis - à - vis de la branche de l'ouvrage à corne , et
on opposa un grand feu de la Barterie de 8. Pieces
de Canon à celui des deux Batteries que les
Ennemis avoient démasquées le matin , et avec
esquelles ils esperoient empêcher la construction
d'un Pont dans le fossé . Un Officier du Régiment
de Xaintonge , M. de Riancourt , Inge
nieur , et dix Travailleurr , furent blessez , et il
y en cut 4 , de tuez.
JUIN.
: ד
14 1734.
Le Marquis de Guerchy , Lieutenant General,
le Marquis de Creil , Maréchal de Camp , et le
Comte d'Esclimont , Brigadier , monterent la
Tranchée le 2o. avec les Régimens de Normandie
, de Duras , de Bigorre et de Limosin, et 7.
Compagnies de Grenadiers.
On étendit pendant cette nuit les sappes à la
droite et à la gauche de l'angle saillant de l'ouvrage
à corne , et on plaça dans la Batterie préparée
à la gauche de l'angle saillant du Chemin
couvert , 6. Pieces de gros Canon , avec lesquelles
on compte de battre en breche la branche de
l'ouvrage à corne , et le flanc qui défend la face
du demi Bastion de la gauche de cet ouvrage.Les
Ennemis furent très - inquietez par nos Bombes ,
et le feu des Batteries qu'ils avoient démasquées
dans leur ouvrage couronné , cessa le 21 .
Ce jour - là la Tranchée fut relevée par les Régimens
de la Marine , de Provence , de Clare ,
de Bretagne et de Brie , et par 6. Compagnies
de Grenadiers sous les ordres du Marquis de
Dreux , Lieutenant General , du Cheva ier Dauger
, Maréchal de Camp , et du Marquis du
Chastelet, Brigadier. On poussa la sappe de la
droite sur la Place d'Armes de l'angle rentrant
du Chemin couvert qui est entre la demi- Lune
et le demi- Bastion de l'ouvrage â corne ; et à la
gauche on avança les travaux jusqu'à quatre
toises d'une autre Place d'Armes revétuë , qui a
dix toises de face et douze pieds d'élevation.
Les Grenadiers des Regiments de Provence
et de Clare , qui étoient à la tête de la sape de
la gauche , montérent sur les parapets et firent
un grand feu sur la place d'armes que les Ennemis
paroissoient avoir abandonnée et où ils
étoient revenus à l'entrée de la nuit . Le Capi-
II. Vol.
>
Hij taine
1428 MERCURE DE FRANCE
taine de Grenadiers du Regiment de Clare , le
Capitaine en second et M. de Mackarty, le Capitaine
de Grenadiers du Regiment de Provence
et son Lieutenant , ont été blessez des éclats des
Grenades que les Ennemis jetterent en grande
quantité sur les Travailleurs , dont il y en a eu
30 de tuez ou de blessez.
Le 22 , le Duc de Chaulnes , Lieutenant General
, M. de Bulkley , Maréchal de Camp , et
le Marquis d'O , Brigadier , montérent la tranchée
avec les Regiments de Bourbonnois , de
Perche , de Mortemart ; de Soissonnois , de
Dillon et de Berwick .
La premiere Compagnie de Grenadiers du Regiment
de Bourbonnois ayant débouché à 9
heures du soir de la tête de la sappe de la
gauche , elle attaqua la place d'armes par l'angle
que notre canon avoit endommagé , elle
y entra la bayonette au bout du fusil , et après
avoir essuyé le feu du Détachement qui défendoit
cet ouvrage , elle s'en empara.
La seconde Compagnie de Grenadiers du Regiment
de Bourbonnois et celle du Regiment
de Soissonnois entrérent dans cette Place d'armes
, dans laquelle on commença à établir un
logement , et il fut assez avancé malgré le
grand feu que les Ennemis firent de la branche
de l'Ouvrage à corne de leur Chemin couvert ,
et de la face du demi Bastion de l'Ouvrage couronné.
M. de Saint Georges , second Capitaine de
Grenadiers du Regiment de Bourbonnois , a été
tué à cette attaque , M. de Lousteau , Premier
Capitaine de Grenadiers du même Regiment ,
M. de la Motte , qui étoit venu le remplacer
et les Lieutenants de Grenadiers ont été blessez ,
II. Vol,
il
JUIN. 17347 1429
il y a eu plusieurs Grenadiers et Travailleurs
blessez , et un Sergent de tué.
Le 22 au soir , le Maréchal d'Asfeldt fit attaquer
par huit Compagnies de Grenadiers l'angle
saillant du Chemin couvert de la demi - Lune
devant l'Ouvrage à corne , et la Place d'armes
rentrante de la droite de cette demi- Lune.
Les Grenadiers attaquérent ces ouvrages avec
beaucoup de courage , et malgré la résistance
des Ennemis , ils nettoyerent le Chemin couvert
où il y avoit 400 hommes , dont plusieurs ont
été tucz , et près de 60 faits prisonniers .
Le Capitaine et le Lieutenant de Grenadiers
du Regiment de Beauce , et un autre Lieutenant
ont été tuez. Les deux Capitaines de Grenadiers
du Regiment de Richelieu , le Capitaine de
Grenadiers de celui de Conty , celui des Grenadiers
du Regiment de Nice , et deux autres Officiers
ont été blessez à cette attaque , dans laquelle
nous avons eu 15 Grenadiers de tucz ,
et 49 Grenadiers ou Travailleurs de blessez .
Le Prince d'Isenghien , Lieutenant General
le Marquis de Clermont Gallerande Maréchal
de Camp , et le Prince de Pons , Brigadier
montérent la tranchée le 24 Juin avec les Regiments
de Tallard , d'Ouroy , de la Marck , de
Vivarais , et de Lenck , et 6 Compagnies de
Grenadiers.
On étendit les travaux par une sappe d'environ
1co toises pour embrasser entierement l'angle
saillant de la Place d'armes de l'ouvrage à corne,
et il n'y eut que deux Grenadiers de tuez et un
de blessé .
Le 25 , la tranchée fut relevée par le Prince
de Robeeq , Lieutenant General
, par M. de la
Javeliere , Maréchal de Camp , et par le Mar-
II. Vola Hiij quis
1430 MERCURE DE FRANCE
quis de Brezé , Brigadier , avec les Regiments
de Pons , d'Alsace , de Toulouze et 6 Compagnies
de Grenadiers.
>
Les 650 Travaillenrs commandez pour cette
tranchée , furent employez à prolonger les travaux
sur la Place d'armes de la demi-Lune ; on
établit une nouvelle batterie de s piéces de canon
pour battre en brêche la face gauche de la demi-
Lune , et on fit trois descentes pour arriver au
fossé , la premiere à la branche de l'ouvrage à
corne , la seconde à la face du même ouvrage
et la troisiéme à celle de la demi -Lune.
La tranchée fut montée le 26 par le Regiment
Royal , par ceux de Guyenne , d'Agenois ,
d'Enghen , de Rouergue et de Ponthieu , et par
deux Compagnies de Grenadiers sous les ordres
du Prince de Carignan , Lieutenant General , du
Comte de Grammont , Maréchal de Camp , et
du Duc de Luxembourg , Brigadier.
On commença sur le fossé trois Ponts qui
furent assez avancez ce jour-là , et la batterie
des piéces de canon qui tiroit dès la veille , fit
une brêche assez considerable à la face de la
demi-Lune. Un Capitaine de sapeurs fut blessé
au bras , et il y eut s on 6 hommes de tuez ,
et 12 de blessez .
Le 27 , le Marquis de Leuville , Lieutenant
General , le Comte d'Avejan , Maréchal de
Camp , et Milord Clare Brigadier , montérent
la tranchée avec les Regiments de Lyonnois
de Lorraine , et de Santerre , le premier Batail
lon du Regiment Royal Baviere , les Regiments
de Bourgogne , de Vaujours , et deux Compa
gnies de Grenadiers. On entra ce jour - là dans
la demi- Lune , d'où les Ennemis s'étoient retirer
, et on avança beaucoup le Pont qui avoit
II. Vel. été
JUIN. 1734. 1431
éré commencé sur la branche de l'ouvrage à
corne.
Le Comte de Belleisle , Lieutenant General ,
Je Comte de Baviere , Maréchal de Camp et
M. de Sallieres , Brigadier , releverent la tranchée
le 28 avec les Regiments de Gondrin , de
Boulonnois , des Landes , Royal la Marine et
de Montmorency , avec deux Compagnies de
Grenadiers ; on continua la sape sur la Place
d'armes de la demi - Lune de l'ouvrage à corne ,
et on s'attacha principalement à la construction
du Pont sur le fossé de la face de l'ouvrage à
corne.
Le lendemain à 11 heures du matin le Comte
de Belleisle fit attaquer la biêche de l'ouvrage
à corne par les Compagnies des Grenadiers
qui étoient de tranchée , et qu'il fit soutenir
de cinq piquets. Un Détachement de 30 hommes
commandé par un Lieutenant , monta sur
Ja brêche et fut suivi des Grenadiers.
Les Ennemis après avoir fait leur décharge
parúrent d'abord vouloir abandonner une cou
pure qu'ils avoient faite à vingt pas de la bréche
, mais ils s'y rassemblerent au nombre de
3 ou 400 hommes , et pendant près d'une heure
ils firent un très grand feu sur les Grenadiers ,
Jesquels quoiqu'en petit nombre tinrent ferme
jusqu'à l'arrivée du secours qu'on leur envoya.
Les Travailleurs ayant suivi les piquets commandez
pour soutenir les Grenadiers , on fit
un logement d'environ 40 toises sur la crête de
Pangle saillant de l'ouvrage à corne , et on travailla
ensuite à l'étendre sur la droite et sur la
gauche. Nous avons perdu à cette attaque environ
30 Grenadiers , et il y en a eu plusieurs
de blessez. Les deux Capitaines de Grenadiers
IL Vol. Hiiij
1432 MERCURE DE FRANCE
de Gondrin , les deux Lieutenants et le Capitaine
de Grenadiers du Regiment des Landes ,
ont été blessez , ainsi que M, Obrien , Officier
Irlandois , et M. Varignon , Major du
Regiment de Provence ; le Lieutenant des Grenadiers
du Regiment des Landes a été tué.
Le 29 M. de Vernassal , Lieutenant General
, le Comte de Clermont , Prince du Sang ,
Maréchal de Camp , et M. de Sally , Brigadier
, montérent la tranchée avec les Regiments
de Touraine , d'Angoumois , et de Rooth,
et les deux Compagnies de Grenadiers du Regiment
de Toulouze.
Les Travailleurs furent employez à étendre
le logement fait le matin , et à continuer une
sappe le long de la face du demi Bastion de
l'ouvrage à corne et de la branche du même
ouvrage , et par ce travail on parvint à loger
quatre Compagnies de Grenadiers dans le demi
Bastion : on n'a pas perdu un homme dans ce
travail , mais il y a eu quelques Grenadiers de
tuez par une bombe qui créva dans la sappe.
Le 30. les 4. Bataillons du Régiment des Gardes
Françoises , le Régiment d'Hainaut , le second
Bataillon du Régiment Royal Baviere , et
les deux Compagnies de Grenadiers des Régimens
d'Ouroy et de Bigorre , releverent la tranchée
sous les ordres de M. de la Billarderie ,
Lieutenant General , du Prince de Conty , Maréchal
de Camp , et de M. de Varennes , Brigadier.
Les Compagnies de Grenadiers du Régiment des
Gardes Fiançoises ayant débouché par la sappe
de la droite le long de la face du demi - Bastion
de l'ouvrage à corne , ils marcherent à la cou-
૩
pure que les Ennemis avoient fortifiée par des
gabions et des chevaux de frise. Les Assiegez
11. Vol.
abana
JUIN 1734. 1433
abandonnerent ce retranchement à l'approche
des Grenadiers , et ils se retirerent derriere un
second , d'où ils furent chassez et poursuivis jusques
sur le Pont de communication qu'ils avoient
pour rentrer dans l'ouvrage couronné Les Ennemis
, en se retirant de l'ouvrage à corne , essuyerent
le feu des Grenadiers du Régiment
Royal Baviere , qui étoient sur la droite de l'angle
saillant de l'ouvrage à corne .
Lcs Grenadiers du Régiment des Gardes ont
donné de grandes preuves de valeur à cette attaque
, dans laquelle il y en a eu environ 4c . de
tuez , près de 100. blessez 4. Sergents de tueź
et 8. de blessez. Le Comte de Chaumont , Capitaine
de Grenadiers , M. de la Boulaye , le Chevalier
de Montaigu , le Vicomte d'Urtubie
M. de Bernay, M. de Marconnay , M. de Brusse ,
le Chevalier de Lancome , le Chevalier d'Urtubie,
M. d'Hacqueville, le Chevalier de Puyguyon,
et M. de Villefort , Officiers de Grenadiers , onc
été blessez à cette action , et les trois derniers
très-dangereusement.
Le 17. Juin , la Tranchée fut relevée par les
quatre Bataillons du Régiment des Gardes Fran .
çoises , et les trois du Régiment des Vaisseaux ,
sous les ordres de M. de Vernassal , Lieutenant
general , du Comte de Midelbourg , Maréchal
de Camp et de M. de Chaumont , Brigadier .
On prolongea la sappe commencée la veille
sur l'angle saillant du Chemin couvert , et on
communiqua de cette sappe à l'attaque de la
droite qui embrasse l'avant- Chemin couvert, que
les Ennemis avoient près du Rhin.
Les travaux pour l'établissement de plusieurs
Batteries furent commencez pendant la nuit , et
on travailla en même- t. mps à deux sappes couver
tes pour parvenir à la descente du fossé. Les Ennemis
firent cette nuit , comine la précedente ,
II Vol. H
1426 MERCURE DE FRANCE
un très-grand feu , qui cependant ne tua ou bles
sa que peu de Soldats,
M. de la Billarderie , Lieutenant General , le
Marquis de Castelmoron , Maréchal de Camp ,
et le Duc de Châtillon , Brigadier , monterent la
tranchée le 18. avec les Régimens de Piémont ,
de Saxe et de la Couronne , et 400. Travailleurs.
On poussa une sappe jusqu'à la Palissade
de l'angle du Chemin couvert de l'ouvrage à corne
, et on perfectionna la Batterie de 8. Pieces de
Canon , qui a commencé à tirer le 19. au matin
et qui bat la face , le flanc et la courtine de l'ouvrage
couronné. Les Ennemis tirerent cette nuit
une grande quantité de Bombes , mais leur feu de
Mousqueterie ne fut pas si vif qu'il l'avoit été les
jours précedents , parce que celui des Troupes
qui soutenoient les Travailleurs à la tête des sappes
, diminua celui des Assiegez . M. Dulicourt,
Capitaine dans le Régiment des Landes, et M.Gilbert
, Lieutenant du même Régiment , furent
blessez mortellement des éclats d'une Bombe qui
creva en l'air , et il y eut pendant cette nuit un
Soldat tué et 14. blessez .
Le 19. la Tranchée fut relevée par le Prince
de Tingry , Lieutenant General , avec le même
nombre de Troupes que le 18. On poussa les
travaux jusqu'à 7% ou 8. toises de la Place d'Armes
que les Ennemis ont dans l'angle rentrant
vis - à - vis de la branche de l'ouvrage à corne , et
on opposa un grand feu de la Barterie de 8. Pieces
de Canon à celui des deux Batteries que les
Ennemis avoient démasquées le matin , et avec
esquelles ils esperoient empêcher la construction
d'un Pont dans le fossé . Un Officier du Régiment
de Xaintonge , M. de Riancourt , Inge
nieur , et dix Travailleurr , furent blessez , et il
y en cut 4 , de tuez.
JUIN.
: ד
14 1734.
Le Marquis de Guerchy , Lieutenant General,
le Marquis de Creil , Maréchal de Camp , et le
Comte d'Esclimont , Brigadier , monterent la
Tranchée le 2o. avec les Régimens de Normandie
, de Duras , de Bigorre et de Limosin, et 7.
Compagnies de Grenadiers.
On étendit pendant cette nuit les sappes à la
droite et à la gauche de l'angle saillant de l'ouvrage
à corne , et on plaça dans la Batterie préparée
à la gauche de l'angle saillant du Chemin
couvert , 6. Pieces de gros Canon , avec lesquelles
on compte de battre en breche la branche de
l'ouvrage à corne , et le flanc qui défend la face
du demi Bastion de la gauche de cet ouvrage.Les
Ennemis furent très - inquietez par nos Bombes ,
et le feu des Batteries qu'ils avoient démasquées
dans leur ouvrage couronné , cessa le 21 .
Ce jour - là la Tranchée fut relevée par les Régimens
de la Marine , de Provence , de Clare ,
de Bretagne et de Brie , et par 6. Compagnies
de Grenadiers sous les ordres du Marquis de
Dreux , Lieutenant General , du Cheva ier Dauger
, Maréchal de Camp , et du Marquis du
Chastelet, Brigadier. On poussa la sappe de la
droite sur la Place d'Armes de l'angle rentrant
du Chemin couvert qui est entre la demi- Lune
et le demi- Bastion de l'ouvrage â corne ; et à la
gauche on avança les travaux jusqu'à quatre
toises d'une autre Place d'Armes revétuë , qui a
dix toises de face et douze pieds d'élevation.
Les Grenadiers des Regiments de Provence
et de Clare , qui étoient à la tête de la sape de
la gauche , montérent sur les parapets et firent
un grand feu sur la place d'armes que les Ennemis
paroissoient avoir abandonnée et où ils
étoient revenus à l'entrée de la nuit . Le Capi-
II. Vol.
>
Hij taine
1428 MERCURE DE FRANCE
taine de Grenadiers du Regiment de Clare , le
Capitaine en second et M. de Mackarty, le Capitaine
de Grenadiers du Regiment de Provence
et son Lieutenant , ont été blessez des éclats des
Grenades que les Ennemis jetterent en grande
quantité sur les Travailleurs , dont il y en a eu
30 de tuez ou de blessez.
Le 22 , le Duc de Chaulnes , Lieutenant General
, M. de Bulkley , Maréchal de Camp , et
le Marquis d'O , Brigadier , montérent la tranchée
avec les Regiments de Bourbonnois , de
Perche , de Mortemart ; de Soissonnois , de
Dillon et de Berwick .
La premiere Compagnie de Grenadiers du Regiment
de Bourbonnois ayant débouché à 9
heures du soir de la tête de la sappe de la
gauche , elle attaqua la place d'armes par l'angle
que notre canon avoit endommagé , elle
y entra la bayonette au bout du fusil , et après
avoir essuyé le feu du Détachement qui défendoit
cet ouvrage , elle s'en empara.
La seconde Compagnie de Grenadiers du Regiment
de Bourbonnois et celle du Regiment
de Soissonnois entrérent dans cette Place d'armes
, dans laquelle on commença à établir un
logement , et il fut assez avancé malgré le
grand feu que les Ennemis firent de la branche
de l'Ouvrage à corne de leur Chemin couvert ,
et de la face du demi Bastion de l'Ouvrage couronné.
M. de Saint Georges , second Capitaine de
Grenadiers du Regiment de Bourbonnois , a été
tué à cette attaque , M. de Lousteau , Premier
Capitaine de Grenadiers du même Regiment ,
M. de la Motte , qui étoit venu le remplacer
et les Lieutenants de Grenadiers ont été blessez ,
II. Vol,
il
JUIN. 17347 1429
il y a eu plusieurs Grenadiers et Travailleurs
blessez , et un Sergent de tué.
Le 22 au soir , le Maréchal d'Asfeldt fit attaquer
par huit Compagnies de Grenadiers l'angle
saillant du Chemin couvert de la demi - Lune
devant l'Ouvrage à corne , et la Place d'armes
rentrante de la droite de cette demi- Lune.
Les Grenadiers attaquérent ces ouvrages avec
beaucoup de courage , et malgré la résistance
des Ennemis , ils nettoyerent le Chemin couvert
où il y avoit 400 hommes , dont plusieurs ont
été tucz , et près de 60 faits prisonniers .
Le Capitaine et le Lieutenant de Grenadiers
du Regiment de Beauce , et un autre Lieutenant
ont été tuez. Les deux Capitaines de Grenadiers
du Regiment de Richelieu , le Capitaine de
Grenadiers de celui de Conty , celui des Grenadiers
du Regiment de Nice , et deux autres Officiers
ont été blessez à cette attaque , dans laquelle
nous avons eu 15 Grenadiers de tucz ,
et 49 Grenadiers ou Travailleurs de blessez .
Le Prince d'Isenghien , Lieutenant General
le Marquis de Clermont Gallerande Maréchal
de Camp , et le Prince de Pons , Brigadier
montérent la tranchée le 24 Juin avec les Regiments
de Tallard , d'Ouroy , de la Marck , de
Vivarais , et de Lenck , et 6 Compagnies de
Grenadiers.
On étendit les travaux par une sappe d'environ
1co toises pour embrasser entierement l'angle
saillant de la Place d'armes de l'ouvrage à corne,
et il n'y eut que deux Grenadiers de tuez et un
de blessé .
Le 25 , la tranchée fut relevée par le Prince
de Robeeq , Lieutenant General
, par M. de la
Javeliere , Maréchal de Camp , et par le Mar-
II. Vola Hiij quis
1430 MERCURE DE FRANCE
quis de Brezé , Brigadier , avec les Regiments
de Pons , d'Alsace , de Toulouze et 6 Compagnies
de Grenadiers.
>
Les 650 Travaillenrs commandez pour cette
tranchée , furent employez à prolonger les travaux
sur la Place d'armes de la demi-Lune ; on
établit une nouvelle batterie de s piéces de canon
pour battre en brêche la face gauche de la demi-
Lune , et on fit trois descentes pour arriver au
fossé , la premiere à la branche de l'ouvrage à
corne , la seconde à la face du même ouvrage
et la troisiéme à celle de la demi -Lune.
La tranchée fut montée le 26 par le Regiment
Royal , par ceux de Guyenne , d'Agenois ,
d'Enghen , de Rouergue et de Ponthieu , et par
deux Compagnies de Grenadiers sous les ordres
du Prince de Carignan , Lieutenant General , du
Comte de Grammont , Maréchal de Camp , et
du Duc de Luxembourg , Brigadier.
On commença sur le fossé trois Ponts qui
furent assez avancez ce jour-là , et la batterie
des piéces de canon qui tiroit dès la veille , fit
une brêche assez considerable à la face de la
demi-Lune. Un Capitaine de sapeurs fut blessé
au bras , et il y eut s on 6 hommes de tuez ,
et 12 de blessez .
Le 27 , le Marquis de Leuville , Lieutenant
General , le Comte d'Avejan , Maréchal de
Camp , et Milord Clare Brigadier , montérent
la tranchée avec les Regiments de Lyonnois
de Lorraine , et de Santerre , le premier Batail
lon du Regiment Royal Baviere , les Regiments
de Bourgogne , de Vaujours , et deux Compa
gnies de Grenadiers. On entra ce jour - là dans
la demi- Lune , d'où les Ennemis s'étoient retirer
, et on avança beaucoup le Pont qui avoit
II. Vel. été
JUIN. 1734. 1431
éré commencé sur la branche de l'ouvrage à
corne.
Le Comte de Belleisle , Lieutenant General ,
Je Comte de Baviere , Maréchal de Camp et
M. de Sallieres , Brigadier , releverent la tranchée
le 28 avec les Regiments de Gondrin , de
Boulonnois , des Landes , Royal la Marine et
de Montmorency , avec deux Compagnies de
Grenadiers ; on continua la sape sur la Place
d'armes de la demi - Lune de l'ouvrage à corne ,
et on s'attacha principalement à la construction
du Pont sur le fossé de la face de l'ouvrage à
corne.
Le lendemain à 11 heures du matin le Comte
de Belleisle fit attaquer la biêche de l'ouvrage
à corne par les Compagnies des Grenadiers
qui étoient de tranchée , et qu'il fit soutenir
de cinq piquets. Un Détachement de 30 hommes
commandé par un Lieutenant , monta sur
Ja brêche et fut suivi des Grenadiers.
Les Ennemis après avoir fait leur décharge
parúrent d'abord vouloir abandonner une cou
pure qu'ils avoient faite à vingt pas de la bréche
, mais ils s'y rassemblerent au nombre de
3 ou 400 hommes , et pendant près d'une heure
ils firent un très grand feu sur les Grenadiers ,
Jesquels quoiqu'en petit nombre tinrent ferme
jusqu'à l'arrivée du secours qu'on leur envoya.
Les Travailleurs ayant suivi les piquets commandez
pour soutenir les Grenadiers , on fit
un logement d'environ 40 toises sur la crête de
Pangle saillant de l'ouvrage à corne , et on travailla
ensuite à l'étendre sur la droite et sur la
gauche. Nous avons perdu à cette attaque environ
30 Grenadiers , et il y en a eu plusieurs
de blessez. Les deux Capitaines de Grenadiers
IL Vol. Hiiij
1432 MERCURE DE FRANCE
de Gondrin , les deux Lieutenants et le Capitaine
de Grenadiers du Regiment des Landes ,
ont été blessez , ainsi que M, Obrien , Officier
Irlandois , et M. Varignon , Major du
Regiment de Provence ; le Lieutenant des Grenadiers
du Regiment des Landes a été tué.
Le 29 M. de Vernassal , Lieutenant General
, le Comte de Clermont , Prince du Sang ,
Maréchal de Camp , et M. de Sally , Brigadier
, montérent la tranchée avec les Regiments
de Touraine , d'Angoumois , et de Rooth,
et les deux Compagnies de Grenadiers du Regiment
de Toulouze.
Les Travailleurs furent employez à étendre
le logement fait le matin , et à continuer une
sappe le long de la face du demi Bastion de
l'ouvrage à corne et de la branche du même
ouvrage , et par ce travail on parvint à loger
quatre Compagnies de Grenadiers dans le demi
Bastion : on n'a pas perdu un homme dans ce
travail , mais il y a eu quelques Grenadiers de
tuez par une bombe qui créva dans la sappe.
Le 30. les 4. Bataillons du Régiment des Gardes
Françoises , le Régiment d'Hainaut , le second
Bataillon du Régiment Royal Baviere , et
les deux Compagnies de Grenadiers des Régimens
d'Ouroy et de Bigorre , releverent la tranchée
sous les ordres de M. de la Billarderie ,
Lieutenant General , du Prince de Conty , Maréchal
de Camp , et de M. de Varennes , Brigadier.
Les Compagnies de Grenadiers du Régiment des
Gardes Fiançoises ayant débouché par la sappe
de la droite le long de la face du demi - Bastion
de l'ouvrage à corne , ils marcherent à la cou-
૩
pure que les Ennemis avoient fortifiée par des
gabions et des chevaux de frise. Les Assiegez
11. Vol.
abana
JUIN 1734. 1433
abandonnerent ce retranchement à l'approche
des Grenadiers , et ils se retirerent derriere un
second , d'où ils furent chassez et poursuivis jusques
sur le Pont de communication qu'ils avoient
pour rentrer dans l'ouvrage couronné Les Ennemis
, en se retirant de l'ouvrage à corne , essuyerent
le feu des Grenadiers du Régiment
Royal Baviere , qui étoient sur la droite de l'angle
saillant de l'ouvrage à corne .
Lcs Grenadiers du Régiment des Gardes ont
donné de grandes preuves de valeur à cette attaque
, dans laquelle il y en a eu environ 4c . de
tuez , près de 100. blessez 4. Sergents de tueź
et 8. de blessez. Le Comte de Chaumont , Capitaine
de Grenadiers , M. de la Boulaye , le Chevalier
de Montaigu , le Vicomte d'Urtubie
M. de Bernay, M. de Marconnay , M. de Brusse ,
le Chevalier de Lancome , le Chevalier d'Urtubie,
M. d'Hacqueville, le Chevalier de Puyguyon,
et M. de Villefort , Officiers de Grenadiers , onc
été blessez à cette action , et les trois derniers
très-dangereusement.
Fermer
Résumé : SIEGE DE PHILISBOURG.
Le siège de Philisbourg s'est déroulé du 17 au 30 juin 1734. Les opérations ont débuté par la relève de la tranchée par les bataillons des Gardes Françaises et des Vaisseaux, sous les ordres de M. de Vernassal, du Comte de Midelbourg et de M. de Chaumont. Malgré un feu ennemi intense, les sappes et batteries ont été prolongées et perfectionnées. Différents régiments ont ensuite pris le relais, avançant les travaux vers les ouvrages ennemis. Le 19 juin, une batterie de huit pièces de canon a commencé à bombarder les défenses ennemies, causant des pertes françaises, notamment des officiers et soldats blessés ou tués par des bombes et des tirs ennemis. Le 22 juin, les grenadiers du régiment de Bourbonnois ont pris une place d'armes après un assaut vigoureux. Le même soir, huit compagnies de grenadiers ont nettoyé le chemin couvert, faisant plusieurs prisonniers. Les travaux ont continué avec l'établissement de nouvelles batteries et la construction de ponts sur le fossé. Le 27 juin, les Français ont pris la demi-lune après le retrait des ennemis. Les attaques se sont poursuivies, avec des pertes notables parmi les grenadiers. Le 30 juin, les Gardes Françaises ont mené une attaque décisive, chassant les ennemis de leurs retranchements et prenant l'ouvrage à corne. Les grenadiers ont montré un grand courage, subissant des pertes significatives. Parmi les officiers de grenadiers impliqués, cinq ont été blessés. Les noms des officiers sont le Chevalier de Lancome, le Chevalier d'Urtubie, M. d'Hacqueville, le Chevalier de Puyguyon et M. de Villefort. M. d'Hacqueville, le Chevalier de Puyguyon et M. de Villefort ont été très dangereusement blessés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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960
p. 1433-1438
ARMÉE D'ITALIE.
Début :
L'Armée Impériale étoit le 21 Juin campée à San-Prospero, et elle avoit devant elle le [...]
Mots clefs :
Comte de Mercy, Colonel du régiment, Roi de Sardaigne, Lieutenant général, Parme, Maréchal de Coigny, Troupes, Ennemis, Brigadier
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texteReconnaissance textuelle : ARMÉE D'ITALIE.
ARME'E D'ITALIE.
'Armée Impériale étoit le 21 Juin campée à
Canal qui part de Gadarsone. Les Troupes
du Roy et celles du Roy de Sardaigne étoient
à Cervere en- de - çà de la Parma , la droite
à deux milles de Parme , où les fours de l'Armée
ont été établis . Le Roi de Sardaigne et le
Maréchal de Coigny avoient formé le dessein de
passer la Parma , et d'appuyer la droite de leur
Armée à la Ville de Parme : mais le Maréchal
de Coigny étant allé reconnoître le Camp qu'on
s'étoit proposé d'occuper ; et ayant jugé qu'on
II. Vol . Hv Y
1434 MERCURE DE FRANCE
y manqueroit d'eau , l'Armée ne marcha point,
Le 28 de ce mois le Comte de Mercy quitta le
Camp qu'il occupoit entre San-Prospero et San-
Lazaro. La nuit suivante il passa la Parma audessus
de la Ville de Parme , et le 29 il marcha
avec toute son Armée pour venir attaquer les
Troupes du Roi et celles du Roi de Sardaigne.
Le Maréchal de Coigny informé de cette
marche des Ennemis , alla les reconnoître ; et
sur leurs mouvemens , il fit avancer son Armée
qui se trouva en présence de celle des Imperiaux
près des murs de Parme , sur une chaussée qui
va de cette Ville au chemin de Cremone.
Le combat commença à onze heures du matin
, et il dura jusqu'à neuf heures du soir avec
un feu très vif , toute l'Infanterie des deux Armées
ayant eu successivement part à cette action
.
Les Ennemis y ont perdu & à 9cco hommes ;
ils ont abandonné le champ de bataille ; ils y
ont laissé leurs blessés , et ils se sont retirés
avec beaucoup de précipitation,
Nous avons eu dans ce combat 3c00 hommes
de tuez ou de blessez Les Marquis de l'Isle
et de Mizon Maréchaux de Camp et Inspecteurs
d'Infanterie , le Marquis de Valence Brigadier
et Colonel- Lieutenant du Régiment du Maine ,
le Marquis de la Châtre Brigadier et Colonel de
celui de Bearn , ont été tuez.
Les principaux Officiers qui ont été blessez ,
sont , M. le Guerchois Lieutenant General , blessé
à la jambe legerement ; le Marquis de Savines
Lieutenant - General , qui a eu le bras cassé
d'un coup de feu ; le Marqus de Cadrieux
Lieutenant - General , blessé dangereusement ;
M. de Louvigny Maréchal de Camp , d'une con-
11. Vaka
tusion
JUIN
7425
·
7
:4
י
tusion considerable ; le Comte de Boissieux
Maréchal de Camp , legerement ; le Prince de
Montauban Brigadier , à la main et au bras ;
M. de Cadeville Brigadier et Lieutenant - Colonel
du Régiment du Roi , legerement ; le Comte de
Biron Brigadier et Colonel du Régiment Royal
Roussillon , d'une contusion à la cuisse ; le Duc
de la Tremoille Colonel du Régiment de Champagne
, legerement ; M. de Contades Colonel
du Régiment d'Auvergne , d'une grande contu
sion ; le Duc de Crussol Colonel du Régiment
de Medoc , très- dangereusement ; le Marquisde
Firmarcon Colonel Lieutenant du Régiment de
Bourbon , d'un coup de fuzil qui lui perce l'épaule
; le Comte d'Hautefort Colonel Licutenant
du Régiment de Condé , qui a eu la main
percée et une contusion ; et le Comte de Maillebois
Colonel du Régiment de la Sarre , blessé
legerement à la tête.
I Le Comte de la Tour General - Major des
Troupes de l'Empereur , qui a été blessé et fair
prisonnier , a assuré que le Comte de Mercy.
avoit été tué ou blessé très dangereusement ; et
on a sçu par lui que le Prince de Culmbach , le
Comte Palfi , le Comte des Vins , Lieutenans-
Generaux , le Comte Palfi Colonel , avoient
été tucz , et que le Prince Louis de Wirtemberg,
le General - Major Wacthendonck , et M. de
Diesback , avoient été blessez .
Le Roi a reçu cette nouvelle par le Comte de
Coigny , Colonel General des Dragons , que le
Maréchal de Coigny son pere a envoyé à S. M.
et qui est arrivé à Versailles les Juillet à cinq
heures après- midi .
Quelques jours après le Roi reçut par le
Marquis d'Ussé Aide de Camp du Maréchal de
II. Vol. H.vj Coigny
436 MERCURE DE FRANCE
Coigni , le détail suivant de cette victoire remportée
sur les Imperiaux dans le combat donné
près de Parme.
Le Comte de Merci, pour cacher le mouvement
qu'il avoit fait en quittant son Camp , laissa
les Gardes ordinaires aux environs de Parmę ,
il remonta la Parma : et après l'avoir passée à
Porporano , il alla se camper entre cette Riviere
et celle de Baganza , depuis Albary jusqu'à Antoniano.
Le Maréchal de Coigny informé de la marche
des Ennemis , alla avec le Maréchal de Broglie
de l'autre côté de la Parma , et il emmena
avec lui dix Compagnies de Grenadiers et tous
les piquets de l'Armée ; il reconnur le Camp que
les Ennemis avoient quitté le matin , et il apprit
qu'ils avoient passé la Parma ; il jugea que le
Comte de Mercy ne pouvoit avoir d'autre objet
que celui de venir l'attaquer et ayant pris la
résolution de s'approcher de Parme , le 29 à la
pointe du jour , il fit avancer son Armée sous
cette Place dans un terrain où il avoit résolu
quelques jours auparavant d'aller camper , et fit
ses dispositions pour le combat. Il appuya la
droite de son Armée au Village de la Croisette ,
et la gauche aux murs de Parme ; le terrain qu'il
occupoit n'ayant pas un quart de lieue de front,
il rangea son Infanterie sur quatre lignes , la
Cavalerie derriere sur plusieurs lignes , et il détacha
60 Compagnies de Grenadiers pour s'emparer
de quelques maisons qui étoient sur la
droite.
Le Comte de Mercy qui esperoit de pouvoir
attaquer l'Armée des Alliez avant qu'elle cût le
tems de se mettre en bataille , s'avança de son
côté , et les deux Armées se trouverent en pré-
II. Vol. sence
JUIN. 1734. 1437
sence sur le grand chemin qui va de Parme à
Plaisance , et qui est bordé des deux côtez d'un
grand fossé. Le combat commença vers les onze
heures du matin , et il dura jusqu'à la nuit avec
un feu très -vif de part et d'autre. Les Troupes
du Roi et celles du Roi de Sardaigne ont également
donné de grandes preuves de courage.
Par le grand nombre des morts qu'on a trouvés
sur le champ de bataille , et par celui des
blessez que les ennemis y ont laissez , on juge
que la perte des Imperiaux monte à près de
1oooo hommes ; et on a sçu depuis que leur
Infanterie étoit presqu'entierement détruite.
Le Comte de Mercy General de l'Armée de
l'Empereur a été tué . Le Major General Comte
de Walseck , le Comte de Castelbarco , Adjudant
General , avec le Comte de la Tour dont on a
déja parlé , ont été blessez : ces deux derniers
ont été faits prisonniers.
Le Maréchal de Coigny , le Maréchal de
Broglie , les Officiers Generaux , et tous ceux
qui se sont trouvez à cette action , ont donné
à nos Troupes les plus grands exemples d'intrépidité
et de courage. Ce combat a été plus long
et plus vif qu'aucun dont on ait memoire depuis
un très- long- tems.
Le Comte de Maillebois dont nous avons déja
parlé , et le Marquis de Suze, Maréchal de Camp
dans les Troupes du Roi de Sardaigne , ont été
blessez; M.Senetchland, Colonel a été tué , et il y a
eu 60 Officiers de tuez ou de blessez dans les 16
bataillons des Troupes Piémontoises qui se sont
trouvées à ce combat .
- La marche des Ennemis , depuis le 29 Juin ,
prouve leur déroute et la grande perte qu'ils ont
faite ; ils n'ont point tendu leurs tentes dans le
II. Vol. Camp
1438 MERCURE DE FRANCE
Camp où ils s'étoient retirez , et ils ont marché
nuit et jour , laissant après eux beaucoup de
blessez et de traîneurs ; ils ont repassé la Parma
et la Lenza marchant vers Reggio , où ils ont
passé le Crostollo ; en sorte que le 4 Juillet leur
Armée étoit au- delà de la Secchia.
'Armée Impériale étoit le 21 Juin campée à
Canal qui part de Gadarsone. Les Troupes
du Roy et celles du Roy de Sardaigne étoient
à Cervere en- de - çà de la Parma , la droite
à deux milles de Parme , où les fours de l'Armée
ont été établis . Le Roi de Sardaigne et le
Maréchal de Coigny avoient formé le dessein de
passer la Parma , et d'appuyer la droite de leur
Armée à la Ville de Parme : mais le Maréchal
de Coigny étant allé reconnoître le Camp qu'on
s'étoit proposé d'occuper ; et ayant jugé qu'on
II. Vol . Hv Y
1434 MERCURE DE FRANCE
y manqueroit d'eau , l'Armée ne marcha point,
Le 28 de ce mois le Comte de Mercy quitta le
Camp qu'il occupoit entre San-Prospero et San-
Lazaro. La nuit suivante il passa la Parma audessus
de la Ville de Parme , et le 29 il marcha
avec toute son Armée pour venir attaquer les
Troupes du Roi et celles du Roi de Sardaigne.
Le Maréchal de Coigny informé de cette
marche des Ennemis , alla les reconnoître ; et
sur leurs mouvemens , il fit avancer son Armée
qui se trouva en présence de celle des Imperiaux
près des murs de Parme , sur une chaussée qui
va de cette Ville au chemin de Cremone.
Le combat commença à onze heures du matin
, et il dura jusqu'à neuf heures du soir avec
un feu très vif , toute l'Infanterie des deux Armées
ayant eu successivement part à cette action
.
Les Ennemis y ont perdu & à 9cco hommes ;
ils ont abandonné le champ de bataille ; ils y
ont laissé leurs blessés , et ils se sont retirés
avec beaucoup de précipitation,
Nous avons eu dans ce combat 3c00 hommes
de tuez ou de blessez Les Marquis de l'Isle
et de Mizon Maréchaux de Camp et Inspecteurs
d'Infanterie , le Marquis de Valence Brigadier
et Colonel- Lieutenant du Régiment du Maine ,
le Marquis de la Châtre Brigadier et Colonel de
celui de Bearn , ont été tuez.
Les principaux Officiers qui ont été blessez ,
sont , M. le Guerchois Lieutenant General , blessé
à la jambe legerement ; le Marquis de Savines
Lieutenant - General , qui a eu le bras cassé
d'un coup de feu ; le Marqus de Cadrieux
Lieutenant - General , blessé dangereusement ;
M. de Louvigny Maréchal de Camp , d'une con-
11. Vaka
tusion
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tusion considerable ; le Comte de Boissieux
Maréchal de Camp , legerement ; le Prince de
Montauban Brigadier , à la main et au bras ;
M. de Cadeville Brigadier et Lieutenant - Colonel
du Régiment du Roi , legerement ; le Comte de
Biron Brigadier et Colonel du Régiment Royal
Roussillon , d'une contusion à la cuisse ; le Duc
de la Tremoille Colonel du Régiment de Champagne
, legerement ; M. de Contades Colonel
du Régiment d'Auvergne , d'une grande contu
sion ; le Duc de Crussol Colonel du Régiment
de Medoc , très- dangereusement ; le Marquisde
Firmarcon Colonel Lieutenant du Régiment de
Bourbon , d'un coup de fuzil qui lui perce l'épaule
; le Comte d'Hautefort Colonel Licutenant
du Régiment de Condé , qui a eu la main
percée et une contusion ; et le Comte de Maillebois
Colonel du Régiment de la Sarre , blessé
legerement à la tête.
I Le Comte de la Tour General - Major des
Troupes de l'Empereur , qui a été blessé et fair
prisonnier , a assuré que le Comte de Mercy.
avoit été tué ou blessé très dangereusement ; et
on a sçu par lui que le Prince de Culmbach , le
Comte Palfi , le Comte des Vins , Lieutenans-
Generaux , le Comte Palfi Colonel , avoient
été tucz , et que le Prince Louis de Wirtemberg,
le General - Major Wacthendonck , et M. de
Diesback , avoient été blessez .
Le Roi a reçu cette nouvelle par le Comte de
Coigny , Colonel General des Dragons , que le
Maréchal de Coigny son pere a envoyé à S. M.
et qui est arrivé à Versailles les Juillet à cinq
heures après- midi .
Quelques jours après le Roi reçut par le
Marquis d'Ussé Aide de Camp du Maréchal de
II. Vol. H.vj Coigny
436 MERCURE DE FRANCE
Coigni , le détail suivant de cette victoire remportée
sur les Imperiaux dans le combat donné
près de Parme.
Le Comte de Merci, pour cacher le mouvement
qu'il avoit fait en quittant son Camp , laissa
les Gardes ordinaires aux environs de Parmę ,
il remonta la Parma : et après l'avoir passée à
Porporano , il alla se camper entre cette Riviere
et celle de Baganza , depuis Albary jusqu'à Antoniano.
Le Maréchal de Coigny informé de la marche
des Ennemis , alla avec le Maréchal de Broglie
de l'autre côté de la Parma , et il emmena
avec lui dix Compagnies de Grenadiers et tous
les piquets de l'Armée ; il reconnur le Camp que
les Ennemis avoient quitté le matin , et il apprit
qu'ils avoient passé la Parma ; il jugea que le
Comte de Mercy ne pouvoit avoir d'autre objet
que celui de venir l'attaquer et ayant pris la
résolution de s'approcher de Parme , le 29 à la
pointe du jour , il fit avancer son Armée sous
cette Place dans un terrain où il avoit résolu
quelques jours auparavant d'aller camper , et fit
ses dispositions pour le combat. Il appuya la
droite de son Armée au Village de la Croisette ,
et la gauche aux murs de Parme ; le terrain qu'il
occupoit n'ayant pas un quart de lieue de front,
il rangea son Infanterie sur quatre lignes , la
Cavalerie derriere sur plusieurs lignes , et il détacha
60 Compagnies de Grenadiers pour s'emparer
de quelques maisons qui étoient sur la
droite.
Le Comte de Mercy qui esperoit de pouvoir
attaquer l'Armée des Alliez avant qu'elle cût le
tems de se mettre en bataille , s'avança de son
côté , et les deux Armées se trouverent en pré-
II. Vol. sence
JUIN. 1734. 1437
sence sur le grand chemin qui va de Parme à
Plaisance , et qui est bordé des deux côtez d'un
grand fossé. Le combat commença vers les onze
heures du matin , et il dura jusqu'à la nuit avec
un feu très -vif de part et d'autre. Les Troupes
du Roi et celles du Roi de Sardaigne ont également
donné de grandes preuves de courage.
Par le grand nombre des morts qu'on a trouvés
sur le champ de bataille , et par celui des
blessez que les ennemis y ont laissez , on juge
que la perte des Imperiaux monte à près de
1oooo hommes ; et on a sçu depuis que leur
Infanterie étoit presqu'entierement détruite.
Le Comte de Mercy General de l'Armée de
l'Empereur a été tué . Le Major General Comte
de Walseck , le Comte de Castelbarco , Adjudant
General , avec le Comte de la Tour dont on a
déja parlé , ont été blessez : ces deux derniers
ont été faits prisonniers.
Le Maréchal de Coigny , le Maréchal de
Broglie , les Officiers Generaux , et tous ceux
qui se sont trouvez à cette action , ont donné
à nos Troupes les plus grands exemples d'intrépidité
et de courage. Ce combat a été plus long
et plus vif qu'aucun dont on ait memoire depuis
un très- long- tems.
Le Comte de Maillebois dont nous avons déja
parlé , et le Marquis de Suze, Maréchal de Camp
dans les Troupes du Roi de Sardaigne , ont été
blessez; M.Senetchland, Colonel a été tué , et il y a
eu 60 Officiers de tuez ou de blessez dans les 16
bataillons des Troupes Piémontoises qui se sont
trouvées à ce combat .
- La marche des Ennemis , depuis le 29 Juin ,
prouve leur déroute et la grande perte qu'ils ont
faite ; ils n'ont point tendu leurs tentes dans le
II. Vol. Camp
1438 MERCURE DE FRANCE
Camp où ils s'étoient retirez , et ils ont marché
nuit et jour , laissant après eux beaucoup de
blessez et de traîneurs ; ils ont repassé la Parma
et la Lenza marchant vers Reggio , où ils ont
passé le Crostollo ; en sorte que le 4 Juillet leur
Armée étoit au- delà de la Secchia.
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Résumé : ARMÉE D'ITALIE.
Le 21 juin, l'armée impériale était positionnée près du Canal de Gadarsone, tandis que les troupes du Roi et du Roi de Sardaigne étaient à Cervere, en deçà de la Parma, avec leur droite à deux milles de Parme. Une opération prévue pour traverser la Parma afin de renforcer leur droite à Parme fut annulée en raison d'un manque d'eau. Le 28 juin, le Comte de Mercy, à la tête des troupes impériales, traversa la Parma au-dessus de Parme et marcha vers les forces alliées. Informé de cette avancée, le Maréchal de Coigny engagea le combat près des murs de Parme, sur une chaussée menant à Cremone. La bataille, qui dura de onze heures du matin à neuf heures du soir, fut intense et impliqua toute l'infanterie des deux armées. Les impériaux perdirent environ 900 hommes et abandonnèrent le champ de bataille, laissant leurs blessés derrière eux. Les troupes du Roi subirent des pertes de 300 hommes tués ou blessés, incluant plusieurs officiers de haut rang. Parmi les blessés notables figuraient des lieutenants généraux et des maréchaux de camp. Le Comte de la Tour, général-major des troupes de l'Empereur, fut blessé et capturé. La mort ou la blessure grave du Comte de Mercy fut confirmée. Le Roi reçut la nouvelle de cette victoire par le Comte de Coigny, arrivé à Versailles le 1er juillet. Quelques jours plus tard, le Marquis d'Ussé apporta des détails supplémentaires sur la bataille. Après leur défaite, les impériaux se retirèrent en désordre, laissant de nombreux blessés et traîneurs, et traversèrent plusieurs rivières pour atteindre Reggio. Le 4 juillet, leur armée se trouvait au-delà de la Secchia.
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961
p. 1438-1440
« La Place d'Inspecteur d'Infanterie vacant par la mort de Georges Jacques [...] »
Début :
La Place d'Inspecteur d'Infanterie vacant par la mort de Georges Jacques [...]
Mots clefs :
Georges-Jacques de Clermont d'Amboise, Régiment, Infanterie, Capitaine, Flandres, Régiment d'Auvergne
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texteReconnaissance textuelle : « La Place d'Inspecteur d'Infanterie vacant par la mort de Georges Jacques [...] »
A Place d'Inspecteur d'Infanterie vacant
par la mort de Georges -Jacques
de Clermont d'Amboise Marquis de
Saint Aignan , a été donnée à Louis d.s
Moulins Marquis de l'Ifle , successivement
Capitaine dans le Régiment de
Barrois , Colonel de celui de la Fere au
mois d'Août 1704 , fait Brigadier le 2
Juillet 1710 , et Maréchat de Camp en
Décembre 1731 .
Le Régiment d'Auvergne Infanterie , le
troisiéme des six Régimens appellés Petits
vieux , vacant par la mort du même
Comte de Clermont- d'Amboise , a été
donné à M. de Contade fils , Colonel de
celui de Flandres depuis le mois de Mars
dernier , et auparavant Capitaine au Régiment
des Gardes Françoises .
Et celui de Flandres , à M. de Co-
II Vol. ninghaa
JUIN. 1734. 7439
"
ninghan Gentilhomme de Bourgogne
d'une famille originaire d'Ecosse , Lieutenant-
Colonel du Régiment Dauphin Infanterie
, dont il a été Capitaine , et ensuite
Major.
Le 28 de ce mois , Monseigneur le
Dauphin accompagné de Mesdames de
France , alla pour la premiere fois , à
l'Eglise de la Parroisse du Château , et il
y assista au Salut.
Le Roi a accordé au Prince de Rohan
Capitaine Lieutenant de la Compagnie
des Gendarmes de la Garde ordinaire du
Roi , la permission de se démettre de
cette Charge en faveur du Prince de Soubise
son petit fils , qui étoit Guidon de
cette Compagnie .
François de Crussol , né le 24 Janvier
1702 , Prêtre , Abbé Commandataire de
l'Abbaye de Charroux , Ordre S. Benoît,
Diocese de Poitiers , depuis le mois d'Aout
1727 , fils puîné de feu Alexandre Galliot
de Crussol Saint- Sulpice , Seigneur
de Velan en Auvergne , Valmaison , Montmaur
, &c. et appellé le Comté d'Amboise
, mort le 7 Avril 1703 , et de Charlotte-
Gabrielle de Timbrune de Valence ,
II. Vol
fuc
1440 MERCURE DE FRANCE
fut nommé le 29 Juin à l'Evêché de Blois,
vacant en dernier lieu du 24 par le décès
de Charles Henri Phelypeaux de Pontchartrain
, qui y avoit été nommé le 23
Mai dernier.
par la mort de Georges -Jacques
de Clermont d'Amboise Marquis de
Saint Aignan , a été donnée à Louis d.s
Moulins Marquis de l'Ifle , successivement
Capitaine dans le Régiment de
Barrois , Colonel de celui de la Fere au
mois d'Août 1704 , fait Brigadier le 2
Juillet 1710 , et Maréchat de Camp en
Décembre 1731 .
Le Régiment d'Auvergne Infanterie , le
troisiéme des six Régimens appellés Petits
vieux , vacant par la mort du même
Comte de Clermont- d'Amboise , a été
donné à M. de Contade fils , Colonel de
celui de Flandres depuis le mois de Mars
dernier , et auparavant Capitaine au Régiment
des Gardes Françoises .
Et celui de Flandres , à M. de Co-
II Vol. ninghaa
JUIN. 1734. 7439
"
ninghan Gentilhomme de Bourgogne
d'une famille originaire d'Ecosse , Lieutenant-
Colonel du Régiment Dauphin Infanterie
, dont il a été Capitaine , et ensuite
Major.
Le 28 de ce mois , Monseigneur le
Dauphin accompagné de Mesdames de
France , alla pour la premiere fois , à
l'Eglise de la Parroisse du Château , et il
y assista au Salut.
Le Roi a accordé au Prince de Rohan
Capitaine Lieutenant de la Compagnie
des Gendarmes de la Garde ordinaire du
Roi , la permission de se démettre de
cette Charge en faveur du Prince de Soubise
son petit fils , qui étoit Guidon de
cette Compagnie .
François de Crussol , né le 24 Janvier
1702 , Prêtre , Abbé Commandataire de
l'Abbaye de Charroux , Ordre S. Benoît,
Diocese de Poitiers , depuis le mois d'Aout
1727 , fils puîné de feu Alexandre Galliot
de Crussol Saint- Sulpice , Seigneur
de Velan en Auvergne , Valmaison , Montmaur
, &c. et appellé le Comté d'Amboise
, mort le 7 Avril 1703 , et de Charlotte-
Gabrielle de Timbrune de Valence ,
II. Vol
fuc
1440 MERCURE DE FRANCE
fut nommé le 29 Juin à l'Evêché de Blois,
vacant en dernier lieu du 24 par le décès
de Charles Henri Phelypeaux de Pontchartrain
, qui y avoit été nommé le 23
Mai dernier.
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Résumé : « La Place d'Inspecteur d'Infanterie vacant par la mort de Georges Jacques [...] »
Au début du XVIIIe siècle, plusieurs nominations militaires et ecclésiastiques ont eu lieu en France. Louis de Moulins, Marquis de l'Ifle, a été nommé Inspecteur d'Infanterie après le décès de Georges-Jacques de Clermont d'Amboise, Marquis de Saint Aignan. Moulins avait occupé divers postes, dont Capitaine dans le Régiment de Barrois, Colonel du Régiment de la Fere en août 1704, Brigadier en juillet 1710, et Maréchal de camp en décembre 1731. Le Régiment d'Auvergne Infanterie a été confié à M. de Contade, fils, ancien Colonel du Régiment de Flandres et Capitaine au Régiment des Gardes Françaises. Le Régiment de Flandres a été attribué à M. de Conninghan, Lieutenant-Colonel du Régiment Dauphin Infanterie. Le 28 juin 1734, Monseigneur le Dauphin a assisté au Salut à l'Église de la paroisse du Château. Le Roi a permis au Prince de Rohan de transmettre sa charge de Capitaine Lieutenant des Gendarmes de la Garde ordinaire du Roi à son petit-fils, le Prince de Soubise. François de Crussol, né le 24 janvier 1702 et Abbé Commandataire de l'Abbaye de Charroux depuis août 1727, a été nommé à l'Évêché de Blois le 29 juin 1734, succédant à Charles Henri Phelypeaux de Pontchartrain, décédé.
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962
p. 1440
Maréchaux de Camp.
Début :
Louis de Bourbon Comte de Clermont, né le 15 Juin 1709, Chevalier des Ordres [...]
Mots clefs :
Bourbon, Comte, Chevalier des Ordres du roi, Maréchaux de camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Maréchaux de Camp.
Maréchaux de Camp.
Louis de Bourbon Comte de Clermont,
né le 15 Juin 1709 , Chevalier des Ordres
de S. M. du 3 Juin 1724 .
Louis de Bourbon Prince de Conti ;
né le 13 Août 1717 , Gouverneur du
Haut et Bas Poitou depuis 1727 , et Chevalier
des Ordres de S. M. du premier
Janvier 1733.
Louis-Auguste de Bourbon Prince de
Dombes né le 4 Mars 1700 , Colonel
General des Suisses et Grisons , et Gouverneur
de Languedoc en survivance.
Louis - Charles de Bourbon Comte
d'Eu , né le 15 Octobre 1701 , Grand-
Maître , Capitaine- General de l'Artille
rie de France en survivance , et Gouver
neur de Guyenne en titre depuis 1712.
Louis de Bourbon Comte de Clermont,
né le 15 Juin 1709 , Chevalier des Ordres
de S. M. du 3 Juin 1724 .
Louis de Bourbon Prince de Conti ;
né le 13 Août 1717 , Gouverneur du
Haut et Bas Poitou depuis 1727 , et Chevalier
des Ordres de S. M. du premier
Janvier 1733.
Louis-Auguste de Bourbon Prince de
Dombes né le 4 Mars 1700 , Colonel
General des Suisses et Grisons , et Gouverneur
de Languedoc en survivance.
Louis - Charles de Bourbon Comte
d'Eu , né le 15 Octobre 1701 , Grand-
Maître , Capitaine- General de l'Artille
rie de France en survivance , et Gouver
neur de Guyenne en titre depuis 1712.
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Résumé : Maréchaux de Camp.
Le texte mentionne quatre membres de la famille Bourbon ayant le grade de Maréchal de Camp. Louis de Bourbon, Comte de Clermont, né en 1709, fut Chevalier des Ordres du Roi en 1724. Louis de Bourbon, Prince de Conti, né en 1717, fut Gouverneur du Poitou et Chevalier des Ordres du Roi en 1733. Louis-Auguste de Bourbon, Prince de Dombes, né en 1700, était Colonel Général des Suisses et Grisons et Gouverneur de Languedoc. Louis-Charles de Bourbon, Comte d'Eu, né en 1701, était Grand-Maître de l'Artillerie et Gouverneur de Guyenne depuis 1712.
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963
p. 1440-1441
Marlchaux de France, du 29 Juin.
Début :
François de Franquetot, Marquis de Coigny, Baron de Nogent sur Loire, [...]
Mots clefs :
Lieutenant général des armées du roi, Régiment de cavalerie, Maréchaux de France, Mestre de camp
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texteReconnaissance textuelle : Marlchaux de France, du 29 Juin.
Maré chaux de France , du 29 Juin.
François de Franquetot , Marquis de
Coigny , Baron de Nogent sur Loire ,
Seigneur de Villeray , de Maisoncelles ,
de Croiselles et de Poligny , né le 16
II. Vol.
Mars
JUIN. 1734. 144
Mars 1670 , fait successivement Mestre
de Camp du Regiment Royal Etranger
de Cavalerie en 1691 , Gouverneur de la
Ville et Château de Chën , et Bailli de la
même Ville , Brigadier d'armée le 30 Janvier
1702 , Inspecteur General de Cavalerie
au mois de Décembre 1703 , Maréchal
de Camp le 26 Octobre 1704
pourvû par Lettres du 7 Décembre suivant
de la Charge de Colonel General
des Dragons , pour laquelle il prêta serment
le 10 du même mois , Chevalier de
l'Ordre Militaire de S. Louis en 1705 ,
Lieutenant General des Armées du Roi
le 18 Juin 1789 , Chevalier des Ordres
du Roi le 3 Juin 1724 , et Gouverneur
de la Ville , Château et Principauté
de Sedan , au mois de Novembre 1725 ,
actuellement General de l'Armée de S.M.
en Italie.
François- Marie Comte de Broglio et
de Revel , Baron de Ferrieres , né à Paris
le 11 Juin 1671 , fait Mestre de Camp
du Régiment du Roi Cavalerie en 1694 ,
créé Brigadier le 23 Décembre 1702, Maréchal
de Camp le 26 Octobre 1794 , et
Licutenant General des Armées du Roi le
29 Mars 1710 , Gouverneur du Mont-
Dauphin au mois de Février 1712 ; Directeur
General de la Cavalerie et des Dra-
11. Vol gons
144
MERCURE DE FRANCE
guns au mois de Mai 1719 , nommé Ambassadeur
en Angleterre au mois de Janvier
1724 , reçu Chevalier des Ordres de
S. M. le 13 Mai 1731 , et nommé au
mois de Janvier dernier Gouverneur de
Bergue - Saint- Vinox .
François de Franquetot , Marquis de
Coigny , Baron de Nogent sur Loire ,
Seigneur de Villeray , de Maisoncelles ,
de Croiselles et de Poligny , né le 16
II. Vol.
Mars
JUIN. 1734. 144
Mars 1670 , fait successivement Mestre
de Camp du Regiment Royal Etranger
de Cavalerie en 1691 , Gouverneur de la
Ville et Château de Chën , et Bailli de la
même Ville , Brigadier d'armée le 30 Janvier
1702 , Inspecteur General de Cavalerie
au mois de Décembre 1703 , Maréchal
de Camp le 26 Octobre 1704
pourvû par Lettres du 7 Décembre suivant
de la Charge de Colonel General
des Dragons , pour laquelle il prêta serment
le 10 du même mois , Chevalier de
l'Ordre Militaire de S. Louis en 1705 ,
Lieutenant General des Armées du Roi
le 18 Juin 1789 , Chevalier des Ordres
du Roi le 3 Juin 1724 , et Gouverneur
de la Ville , Château et Principauté
de Sedan , au mois de Novembre 1725 ,
actuellement General de l'Armée de S.M.
en Italie.
François- Marie Comte de Broglio et
de Revel , Baron de Ferrieres , né à Paris
le 11 Juin 1671 , fait Mestre de Camp
du Régiment du Roi Cavalerie en 1694 ,
créé Brigadier le 23 Décembre 1702, Maréchal
de Camp le 26 Octobre 1794 , et
Licutenant General des Armées du Roi le
29 Mars 1710 , Gouverneur du Mont-
Dauphin au mois de Février 1712 ; Directeur
General de la Cavalerie et des Dra-
11. Vol gons
144
MERCURE DE FRANCE
guns au mois de Mai 1719 , nommé Ambassadeur
en Angleterre au mois de Janvier
1724 , reçu Chevalier des Ordres de
S. M. le 13 Mai 1731 , et nommé au
mois de Janvier dernier Gouverneur de
Bergue - Saint- Vinox .
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Résumé : Marlchaux de France, du 29 Juin.
Le texte présente deux figures militaires françaises, François de Franquetot et François-Marie de Broglie. François de Franquetot, Marquis de Coigny, né le 16 mars 1734, a occupé divers postes militaires prestigieux. Il a été Mestre de Camp du Régiment Royal Étranger de Cavalerie en 1691, Gouverneur de la Ville et Château de Chên, et Bailli de la même Ville. Il a également été Brigadier d'armée en 1702, Inspecteur Général de Cavalerie en décembre 1703, et Maréchal de Camp en octobre 1704. Il a été nommé Colonel Général des Dragons en décembre 1704 et Chevalier de l'Ordre Militaire de Saint-Louis en 1705. En 1724, il est devenu Chevalier des Ordres du Roi et Gouverneur de la Ville, Château et Principauté de Sedan en novembre 1725. Actuellement, il est Général de l'Armée de Sa Majesté en Italie. François-Marie de Broglie, Comte de Revel et Baron de Ferrières, né à Paris le 11 juin 1671, a également eu une carrière militaire distinguée. Il a été Mestre de Camp du Régiment du Roi Cavalerie en 1694, Brigadier en décembre 1702, Maréchal de Camp en octobre 1704, et Lieutenant Général des Armées du Roi en mars 1710. Il a été Gouverneur du Mont-Dauphin en février 1712, Directeur Général de la Cavalerie et des Dragons en mai 1719, et Ambassadeur en Angleterre en janvier 1724. Il a été reçu Chevalier des Ordres de Sa Majesté le 13 mai 1731 et nommé Gouverneur de Bergue-Saint-Vinox en janvier de l'année précédente.
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964
p. 1449-1454
Mort du Marechal de Berwik, [titre d'après la table]
Début :
JACQUES FITZ-JAMES, Duc de Berwick, de Fitz-James, de Liria et de Xerica, [...]
Mots clefs :
Maréchal duc de Berwick, Roi, Grand d'Espagne, Siège, Armée, Campagne en Flandres, Gouverneur, Ville, Lieutenant général, Colonel, Troupes françaises, Strasbourg, Bataille, Maréchal de France, Philisbourg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort du Marechal de Berwik, [titre d'après la table]
JACQUES FITZ - JAMES , Duc de
Berwick , de Fitz James , de Liria et de Xeri
ca , Pair de France et d'Angleterre , Grand
d'Espagne de la premiere classe , Maréchal de
France , Chevalier des Ordres du Roi , et des
Ordres de la Jarretiere et de la Toison d'or ,
Gouverneur du Haut et Bas Limosin et de la
Ville de Strasbourg , et General de l'Arméc dụ
Roi en Allemagne , tué au Siege de Philisbourg
le 12 Juin à sept heures du matin d'un coup de
canon qui lui emporta la tête en visitant les tra
vaux étoit fils naturel de feu Jacques II . Roi
II. Vol.
·
1
1450 MERCURE DE FRANCE
de la grande Bretagne , et d'Arabelle Churchill,
soeur de feu Jean Churchill Duc de Malborough,
laquelle se maria depuis avec Charles Godfrey
Colonel Anglois , et mourut le 15 Mai 1730
âgée de plus de 90 ans.
Le Maréchal de Berwick étoit né , suivant la
commune opinion , à Moulins en Bourbonnois
on 1671. Il commença ses premieres armes en
Hongrie , où il se trouva en 1686 au Siege et à
la prise de Bude , de même qu'à la Bataille que
les Imperiaux gagnerent contre les Turcs , et
dans laquelle il fut blessé. Il servit en 1690 an
Siege de Londondery en Irlande , et à la Bataille
de la Boyne , où il eut un cheval tué sous
lui . Etant passé en France au Service du Roi , il
se trouva au Siege de Mons et au Combat de
Leuse en 1691 , de même qu'au Combat de
Steinkerque en 1692. Le Roi le fit Lieutenant-
General de ses Armées le 30 Mars 1693 , et le
nomma en même tems pour faire la Campagne
en Flandres en cette qualité. Il se trouva
sanglante Bataille de Nerwinde , dans laquelle il
fut fait prisonnier. Après avoir été échangé contre
le Duc d'Ormond , il servit au Siege de Char
feroi. Il continua de servir en Flandres jusqu'à
la Paix de Riswick , s'étant encore trouvé an
Siege d'Ath en 1697.
la
La guerre
s'étant rallumée en´ 1701 , il fit les
trois premieres
Campagnes
en Flandres
; et après
avoir obtenu des Lettres de naturalité
le 17 Dé
cembre 1703. il eut le Commandement
en chef
des Troupes
Françoises
que l'on fit passer en Espagne
, où il se rendit maître pendant
la Camde
1704
pagne
des Villes et Forteresses
de Salvatierra
, Segura , Castelblanco
, Portalegre
,
astel- David , et autres Places , de la plupart
II. Vol.
desquelles
JUIN. 1734. 1451
desquelles il fit razer les fortifications.
Le Roi Catholique lui acorda la Grandesse
au mois de Février de la même année. Ayant
été rappellé d'Espagne , il fut envoyé en 1705 en
Languedoc en qualité de Commandant en chef
de cette Province , où il dissipa les fanatiques ,
et rétablit la tranquillité en moins de six mois.
Après cette expedition , il fut chargé de faire le
Siege de Nice en Provence. Il se rendit maître
de la Ville le 14 Novembre , et du Château er
de la Citadelle le 4 Janvier 1706 , et il soumit
ensuite tout le Comté. Le Roi lui donna le Bâton
de Maréchal de France le 16 Février;et sur les instances
du Roi d'Espagne , il le nomma pour
aller commander les Troupes qui devoient agir
contre le Portugal.
S'étant rendu en Espagne , il prit la Ville de
Carthagene le 17Novembre 1706 , gagna la Ba
taille d'Almansa le 23 Avril 1707 , et servit ensuite
au Siege de Lerida sous le Duc d'Orleans.
Le Roi d'Espagne voulant reconnoître de si
importans services , lui donna le 10 Octobre
1707 les Villes de Liria er de Xerica en titre de
Duché , avec la Grandesse de la premiere classe,
tant pour lui que pour l'un de ses fils à son
choix , et l'honora aussi du Collier de la Toisen
d'or,
-Le feu Roi lui donna le 24 Novembre de la
même année le Gouvernement du Limousin
pour lequel , ainsi que pour l'Etat et Office de
Maréchal de France ; il prêta les sermens de fidelité
à son retour d'Espagne, le 17 Avril 1708.
--S'étant rendu au mois de Mai suivant à Strasbourg
, il en tira les Troupes qui y étoient , et
illes conduisit à l'Armée de Flandres commandéc
par le Duc de Bourgogne , sous les ordres
Lid. Vol. I ij duque
1452 MERCURE DE FRANCE
duquel il fit cette Campagne. En 1709. il commanda
l'Armée en Dauphiné , où par son habileté
et sa vigilance il fit échouer les desseins que
les Ennemis avoient formés sur cette Province .
En l'année 1710 if fit le commencement de la
Campagne en Flandres avec le Maréchal de Vil-
Tars , et il passa de-là en Dauphiné pour y prendre
le Commandement de l'Armée.
Le Roi Louis XIV . par ses Lettres Patentes du
mois de Mai 1710 , registrées au Parlement de
Paris le 23 du même mois , érigea en sa faveur ,
et après lui en faveur de son fils aîné de son ' second
mariage et de ses descendans , et à leur
défaut , en faveur de ses autres enfans ' puînés
mâles , la Terre de Warty près de Clermont en
Beauvoisis , en titre de Duché et Pairie , sous
le nom de Fitz -James. Il prêta serment , et prit
seance au Parlement en cette qualité de Pair de
France le 11 Décembre de la même année. If¹
commanda encore l'Armée en Dauphiné pen
dant les Campagnés de 1741 et 1712. A peine
étoit il arrivé à la Cour , qu'il fut envoyé en¹
Catalogne , ou ayant passé le Ter avec une Armée
de 20000 hommes , il fit lever le 3 Janvier
1713 le blocus de Gironae , qui subsistoir
depuis plus de huit mois.
>
En 1714 il fut chargé, du Siege de Barcelonne
avec le titre de Generalissime des Troupes Françoises
et Espagnoles ; et après 62 jours de tran
chée ouverte , il prit cette Ville à discretion le
12 Septembre .
Een 1719 il fut declaré Conseiller au Conseil ›
de Regence, et il eut le Commandement de l'Atmée
sur les frontieres d'Espagne où il se rendit
maître de 2. Fortes Places du Château d'Urgel. !
Il fut reçu Chevalier des Ordres du Rồi đẹ za
Jo's Juin
JUAN. 7347 1453
Juin 1724 , et le Gouvernement de Strasbourg
Jui fut donné au mois d'Avril 1730. }
La guerre ayant été declarée l'année derniere
à l'Empereur le Roile nommaGeneral de son Armée
en Allemagne , où après avoir passé le Rhin,
il fit le Siege duFort deKell ,qu'il pritle 28 Octobre
après huit jours de tranchée ouverte . Il venoit
en dernier lieu de forcer les lignes d'Ettlinghen
.en Allemagne , et avoit entrepris ensuite le Siege
de l'importante Forteresse de Philisbourg , devant
laquelle il est mort au lit d'honneur generalement
regretté non - seulement à cause de son
expérience et de sa grande capacité dans l'art
militaire , mais aussi par rapport à ses quali
tez personnelles ,
Il avoit été marié deux fois 19. en 1695. avec
Honorée de Burck de Clanrikard , veuve de
Patrix Sarsfield , Comte de Lucan , et morte en
1698. ei 2º . en 1706. avec Anne Beulkley, fille
de Henri Beulkly et de Sophie Stuart . Il laisse
de la premiere Jacques - François Fitz - James ,
Duc de Liria et Xerica , Grand d'Espagne de
Ja premiere classe , Chevalier de l'Ordre de la
Toison d'Or , et des Ordres Russiens de S. André
et de S. Alexandre , Chambellan du Roi
d'Espagne , Lieutenant General de ses Armées ;
servant actuellement en cette qualité dans son
Armée au Royaume de Naples , et qui est marié
en Espagne et a des enfans .
De la deuxième François Fitz - James , né le
9 Janvier 1709. Prêtre , Abbé de l'Abbaye de
S. Victor à Paris , Henri , Duc de Fitz - James ,
Pair de France , né le 8 Septembre 1711. Gouverneur
du Haut et Bas Limosin , Colonel d'un
Regiment d'Infanterie Irlandoise: Edouard Fitz-
James , né le 17 Octobre 1715. un quatrième
II. Vol.
I iij fils
1454 MERCURE DE FRANCE
Als , age seulement de 9 ans. Henriette Fitz-
James , Dame du Palais de la Reine , née le 16
Septembre 1763. èt mariéé lé 7 Novembre
1722. avec Jean- Baptiste- Louis de Clermont
d'Amboise , Marquis de Rénel et de Montglas ,
Comte de Chiverny , Bailli et Gouverneur de
Chaumont en Bassigny , et Colonel du Regiment
de Santerre Infanterie. Laure Fitz-James,
mariée le 11 Mars 1732. avec Joachim - Louis
de Montaigu , Marquis de Bouzols , Lieutenant
General pour le Roi en la Province de la Haute
Auvergne , Gouverneur de Brouage , et nouvelement
Colonel du Regiment de la Fere , Infan
terie , Sophie , et Emilie Fitz-James.
Berwick , de Fitz James , de Liria et de Xeri
ca , Pair de France et d'Angleterre , Grand
d'Espagne de la premiere classe , Maréchal de
France , Chevalier des Ordres du Roi , et des
Ordres de la Jarretiere et de la Toison d'or ,
Gouverneur du Haut et Bas Limosin et de la
Ville de Strasbourg , et General de l'Arméc dụ
Roi en Allemagne , tué au Siege de Philisbourg
le 12 Juin à sept heures du matin d'un coup de
canon qui lui emporta la tête en visitant les tra
vaux étoit fils naturel de feu Jacques II . Roi
II. Vol.
·
1
1450 MERCURE DE FRANCE
de la grande Bretagne , et d'Arabelle Churchill,
soeur de feu Jean Churchill Duc de Malborough,
laquelle se maria depuis avec Charles Godfrey
Colonel Anglois , et mourut le 15 Mai 1730
âgée de plus de 90 ans.
Le Maréchal de Berwick étoit né , suivant la
commune opinion , à Moulins en Bourbonnois
on 1671. Il commença ses premieres armes en
Hongrie , où il se trouva en 1686 au Siege et à
la prise de Bude , de même qu'à la Bataille que
les Imperiaux gagnerent contre les Turcs , et
dans laquelle il fut blessé. Il servit en 1690 an
Siege de Londondery en Irlande , et à la Bataille
de la Boyne , où il eut un cheval tué sous
lui . Etant passé en France au Service du Roi , il
se trouva au Siege de Mons et au Combat de
Leuse en 1691 , de même qu'au Combat de
Steinkerque en 1692. Le Roi le fit Lieutenant-
General de ses Armées le 30 Mars 1693 , et le
nomma en même tems pour faire la Campagne
en Flandres en cette qualité. Il se trouva
sanglante Bataille de Nerwinde , dans laquelle il
fut fait prisonnier. Après avoir été échangé contre
le Duc d'Ormond , il servit au Siege de Char
feroi. Il continua de servir en Flandres jusqu'à
la Paix de Riswick , s'étant encore trouvé an
Siege d'Ath en 1697.
la
La guerre
s'étant rallumée en´ 1701 , il fit les
trois premieres
Campagnes
en Flandres
; et après
avoir obtenu des Lettres de naturalité
le 17 Dé
cembre 1703. il eut le Commandement
en chef
des Troupes
Françoises
que l'on fit passer en Espagne
, où il se rendit maître pendant
la Camde
1704
pagne
des Villes et Forteresses
de Salvatierra
, Segura , Castelblanco
, Portalegre
,
astel- David , et autres Places , de la plupart
II. Vol.
desquelles
JUIN. 1734. 1451
desquelles il fit razer les fortifications.
Le Roi Catholique lui acorda la Grandesse
au mois de Février de la même année. Ayant
été rappellé d'Espagne , il fut envoyé en 1705 en
Languedoc en qualité de Commandant en chef
de cette Province , où il dissipa les fanatiques ,
et rétablit la tranquillité en moins de six mois.
Après cette expedition , il fut chargé de faire le
Siege de Nice en Provence. Il se rendit maître
de la Ville le 14 Novembre , et du Château er
de la Citadelle le 4 Janvier 1706 , et il soumit
ensuite tout le Comté. Le Roi lui donna le Bâton
de Maréchal de France le 16 Février;et sur les instances
du Roi d'Espagne , il le nomma pour
aller commander les Troupes qui devoient agir
contre le Portugal.
S'étant rendu en Espagne , il prit la Ville de
Carthagene le 17Novembre 1706 , gagna la Ba
taille d'Almansa le 23 Avril 1707 , et servit ensuite
au Siege de Lerida sous le Duc d'Orleans.
Le Roi d'Espagne voulant reconnoître de si
importans services , lui donna le 10 Octobre
1707 les Villes de Liria er de Xerica en titre de
Duché , avec la Grandesse de la premiere classe,
tant pour lui que pour l'un de ses fils à son
choix , et l'honora aussi du Collier de la Toisen
d'or,
-Le feu Roi lui donna le 24 Novembre de la
même année le Gouvernement du Limousin
pour lequel , ainsi que pour l'Etat et Office de
Maréchal de France ; il prêta les sermens de fidelité
à son retour d'Espagne, le 17 Avril 1708.
--S'étant rendu au mois de Mai suivant à Strasbourg
, il en tira les Troupes qui y étoient , et
illes conduisit à l'Armée de Flandres commandéc
par le Duc de Bourgogne , sous les ordres
Lid. Vol. I ij duque
1452 MERCURE DE FRANCE
duquel il fit cette Campagne. En 1709. il commanda
l'Armée en Dauphiné , où par son habileté
et sa vigilance il fit échouer les desseins que
les Ennemis avoient formés sur cette Province .
En l'année 1710 if fit le commencement de la
Campagne en Flandres avec le Maréchal de Vil-
Tars , et il passa de-là en Dauphiné pour y prendre
le Commandement de l'Armée.
Le Roi Louis XIV . par ses Lettres Patentes du
mois de Mai 1710 , registrées au Parlement de
Paris le 23 du même mois , érigea en sa faveur ,
et après lui en faveur de son fils aîné de son ' second
mariage et de ses descendans , et à leur
défaut , en faveur de ses autres enfans ' puînés
mâles , la Terre de Warty près de Clermont en
Beauvoisis , en titre de Duché et Pairie , sous
le nom de Fitz -James. Il prêta serment , et prit
seance au Parlement en cette qualité de Pair de
France le 11 Décembre de la même année. If¹
commanda encore l'Armée en Dauphiné pen
dant les Campagnés de 1741 et 1712. A peine
étoit il arrivé à la Cour , qu'il fut envoyé en¹
Catalogne , ou ayant passé le Ter avec une Armée
de 20000 hommes , il fit lever le 3 Janvier
1713 le blocus de Gironae , qui subsistoir
depuis plus de huit mois.
>
En 1714 il fut chargé, du Siege de Barcelonne
avec le titre de Generalissime des Troupes Françoises
et Espagnoles ; et après 62 jours de tran
chée ouverte , il prit cette Ville à discretion le
12 Septembre .
Een 1719 il fut declaré Conseiller au Conseil ›
de Regence, et il eut le Commandement de l'Atmée
sur les frontieres d'Espagne où il se rendit
maître de 2. Fortes Places du Château d'Urgel. !
Il fut reçu Chevalier des Ordres du Rồi đẹ za
Jo's Juin
JUAN. 7347 1453
Juin 1724 , et le Gouvernement de Strasbourg
Jui fut donné au mois d'Avril 1730. }
La guerre ayant été declarée l'année derniere
à l'Empereur le Roile nommaGeneral de son Armée
en Allemagne , où après avoir passé le Rhin,
il fit le Siege duFort deKell ,qu'il pritle 28 Octobre
après huit jours de tranchée ouverte . Il venoit
en dernier lieu de forcer les lignes d'Ettlinghen
.en Allemagne , et avoit entrepris ensuite le Siege
de l'importante Forteresse de Philisbourg , devant
laquelle il est mort au lit d'honneur generalement
regretté non - seulement à cause de son
expérience et de sa grande capacité dans l'art
militaire , mais aussi par rapport à ses quali
tez personnelles ,
Il avoit été marié deux fois 19. en 1695. avec
Honorée de Burck de Clanrikard , veuve de
Patrix Sarsfield , Comte de Lucan , et morte en
1698. ei 2º . en 1706. avec Anne Beulkley, fille
de Henri Beulkly et de Sophie Stuart . Il laisse
de la premiere Jacques - François Fitz - James ,
Duc de Liria et Xerica , Grand d'Espagne de
Ja premiere classe , Chevalier de l'Ordre de la
Toison d'Or , et des Ordres Russiens de S. André
et de S. Alexandre , Chambellan du Roi
d'Espagne , Lieutenant General de ses Armées ;
servant actuellement en cette qualité dans son
Armée au Royaume de Naples , et qui est marié
en Espagne et a des enfans .
De la deuxième François Fitz - James , né le
9 Janvier 1709. Prêtre , Abbé de l'Abbaye de
S. Victor à Paris , Henri , Duc de Fitz - James ,
Pair de France , né le 8 Septembre 1711. Gouverneur
du Haut et Bas Limosin , Colonel d'un
Regiment d'Infanterie Irlandoise: Edouard Fitz-
James , né le 17 Octobre 1715. un quatrième
II. Vol.
I iij fils
1454 MERCURE DE FRANCE
Als , age seulement de 9 ans. Henriette Fitz-
James , Dame du Palais de la Reine , née le 16
Septembre 1763. èt mariéé lé 7 Novembre
1722. avec Jean- Baptiste- Louis de Clermont
d'Amboise , Marquis de Rénel et de Montglas ,
Comte de Chiverny , Bailli et Gouverneur de
Chaumont en Bassigny , et Colonel du Regiment
de Santerre Infanterie. Laure Fitz-James,
mariée le 11 Mars 1732. avec Joachim - Louis
de Montaigu , Marquis de Bouzols , Lieutenant
General pour le Roi en la Province de la Haute
Auvergne , Gouverneur de Brouage , et nouvelement
Colonel du Regiment de la Fere , Infan
terie , Sophie , et Emilie Fitz-James.
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Résumé : Mort du Marechal de Berwik, [titre d'après la table]
Jacques Fitz-James, Duc de Berwick, de Fitz James, de Liria et de Xerica, fut un Pair de France et d'Angleterre, Grand d'Espagne de la première classe, Maréchal de France, et Chevalier des Ordres du Roi, de la Jarretière et de la Toison d'Or. Gouverneur du Haut et Bas Limosin et de la Ville de Strasbourg, il fut également Général de l'Armée du Roi en Allemagne. Né en 1671 à Moulins, il était le fils naturel de Jacques II, Roi de Grande-Bretagne, et d'Arabelle Churchill. Il débuta sa carrière militaire en Hongrie en 1686 et participa à de nombreuses batailles, notamment en Irlande et en Flandres. En 1701, il obtint des Lettres de naturalité et commanda les troupes françaises en Espagne, où il conquit plusieurs villes. Il fut nommé Maréchal de France en 1706 et continua de servir en diverses campagnes, notamment en Languedoc, en Provence, et en Catalogne. Il reçut de nombreux titres et honneurs, dont le Duché de Fitz-James en 1710. En 1734, il fut nommé Général de l'Armée en Allemagne et participa au siège de Philisbourg, où il fut tué le 12 juin par un coup de canon. Berwick fut marié deux fois et eut plusieurs enfants, dont Jacques-François Fitz-James, Duc de Liria et Xerica, et Henri Fitz-James, Duc de Fitz-James. Il est décédé à l'âge de 63 ans.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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965
p. 1454
EPITAPHE Du Marêchal de Berwick.
Début :
BERWICK, d'un coup funeste atteint dans la tranchée [...]
Mots clefs :
Maréchal de Berwick, Turenne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITAPHE Du Marêchal de Berwick.
EPITAPHE
Du Maréchal de Berwick
BRWICK , d'un coup funesté atteînt danz
Bla
tranchée
Tu descens au tombeau , le front ceint de Lauriers
;
La France gémisssante ; en regrets épanchée,
Fond en pleurs au milieu de ses tristes Guérriers
,
Ta mort d'un nouveau lustre orne Encor ta
mémoire ;
C'est à nous seulement de nous plaindre aujourd'hui
;
Intrépide BERWICK , tu volois à la gloire ,
Sur les pas de Turenne , et tu meur's comme lui .
Par Mile de Malèrøis dè la Vioné.
Du Maréchal de Berwick
BRWICK , d'un coup funesté atteînt danz
Bla
tranchée
Tu descens au tombeau , le front ceint de Lauriers
;
La France gémisssante ; en regrets épanchée,
Fond en pleurs au milieu de ses tristes Guérriers
,
Ta mort d'un nouveau lustre orne Encor ta
mémoire ;
C'est à nous seulement de nous plaindre aujourd'hui
;
Intrépide BERWICK , tu volois à la gloire ,
Sur les pas de Turenne , et tu meur's comme lui .
Par Mile de Malèrøis dè la Vioné.
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966
p. 1457-1465
Mort du Maréchal de Villars, [titre d'après la table]
Début :
LOUIS-HECTOR DE VILLARS, Duc de Villars, Pair de France, Grand d'Espagne de la premiere [...]
Mots clefs :
Maréchal de Villars, Roi, Armée impériale, Pair de France, Lieutenant général, Ennemis, Victoire complète, Commandement, Rhin, Armées, Troupes, Campagne, Électeur de Bavière, Prince Louis de Bade, Prince Eugène, Roi de Sardaigne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mort du Maréchal de Villars, [titre d'après la table]
HOVA TUIN (1731 ) $1457
Ar-
-ALOUISHECTOR DE VILLARS , Duc de Villars,
Pair de France , Grand d'Espagne de la premiete
classe , Prince de Martigues ; Vicomte de Melun,
Marquis de la. Mele , Comte de la Rochemilley,
Golleville la Chapelle , Villeneuve & c. Minissitrend'Era
Maréchal general des Camps et Armées
du Roy , Doyen des Maréchaux de Frad-
Seege Chevalier des Ordres du Ror et de l'Ordre
de la Toison d'ar , Ambassadeur extraordinaire
de S1M2 auprès du Roy de Sardaigne General
-des Troupes Françoises en Italie , Gouverneur et
-Lieutenant . General de Provence ,...Gouverneur
des Ville , Gitadelle et Eott de Marseille ,
idés etterres adjacentes Ville Tours et Forts de
Boulon , Ville et Citadelle, de S.: Tropez et cidevant
de Fribourg en Brisgaw , l'um des 40s de
-BAcadémicobrançoisen eindevant Ambaſſadeur
sextraordinaire, or Plenipotentiaire pour les Traistez
de Paix à Rastattetina, Bade , President du
Conseil.de guerre et Conseiller au Conseil
de Regence , commepça) à porter les armes en
U167xtraprèsavoir servi d'Aide de Camp dau
Maréchal dp Beliefand , son , cousin , germain.
dlsivile Rayb au siege diOrsoy en 16725 I'
se detacha Volontaire avec un de ses camarades
zeb entraйcćobeaucoup d'hardiesse jusques dan
ales bathieres de Mastricht ; ipour y faire des pr
ssonniers.Ise trouvá ensuite aux sieges de Zut
-pheul ,cde Cravecitur de Doosbourg et au Pas
sage du Rhin, où s'étant extrémement distingué
da Corneredesompagnie des Chevaux- Le
gers Boatgongmons A‘qui se trouva vacante ilum
fundōngécang basamos x sub
siekkagheva dette campagnasup la Moselle et sui
Jabonoestorsaestdu : Vacomte de Turenne
byver suivantil fuc enyoié en Espagne pou
i1t1 II, Vol.
I v com
1458 MERCURE DE FRANCE
complimenter le Roi Catholique sur sa confalescence.
En 1673. il se rendit de Madrid au siege de
Mastricht , et fit le reste de la campagne sous les
-ordres du Vicomte de Turenné , qui le mertdie
de tous les Partis commandez par les plus hardis
Partisans.
En 1674. aprés avoit commencé la campagne
sur le Rhin , il revintratec la Gendarmerie en
Flandres et sentroava au combat de Sèrief, on,
quoique blessé dès le commencement de l'action
, il demeura jusqu'à la fin , et chargea plusieurs
fois malgré les douleurs de sa blessure
qui le firent évanouir deux fois le Roy li
donna un des trois Regimens de Cavalerie qui
vacquerent én cette occasion.
Il fit les campagnes suivanges sõus les Maréchaux
de Luxembourg et de Crequy , et se tronva
aux sieges de Condé et d'Aire , au secours de
Mastricht , au siege de S. Omery à la bataille de
Cassel , au combar de Coquesberg , od il fit six
charges differentes à la tête de son Regiment, au
combat de Kel , où commandant 200 chevaux
' il força une barrière et mir en déroute deux mille
des ennemis.
Il servit aa siege de Fribourg; od il mona des
premiers à l'assaut de la première muraille , erse
trouva au combat de Valkrik , où il sauva le
quartier de sa Brigade , investie par 4000 hommes
de pied des ennemis.
La campagne suivante il sotint au passage de
tuisseau de Neufbourg l'Arrieresgarde poussée
par mille chevaux commandés par le Prince
Louis de Bade , quitta son poste où il n'y avoit
rien à faire , marcha diligemment aux ennemis ,
les chargea , & les contint jusqu'à l'arrivée du
secours.
11
JUIN 1734.
T459
•
Il attaqua encore fous les ordres du Maréchal
de Créquy l'arriere - garde de l'Armée
Imperiale dans la vallée de Gueguembach au passage
de la Kinche , & fit prisonnier le Colonel
qui y commandoit.
Il servit ensuite au siege du Fort de Kell , &
monta le premier à l'assaut , qui fut donné en
plein jour , et dans lequel cette Forteresse fur
emportée.
Il fut envoyé au mois de Decembre 168%.
à Vienne à l'occasion de la mort de l'Impéra
trice Eleonore. De-là il passa en Hongrie , ou
il gagna la confiance de l'Electeur de Baviere
et se trouva auprès de lui à la Bataille d'Ersen ,
od les Troupes Impériales remportérent une
Victoire complette contre les Turcs en 1687 .
Il eut ordre ensuite de passer l'Hyver auprés
de l'Electeur de Baviere , d'où étant de retour
il fut fait Brigadier le 24 Août 1688. et pourvú
presque en même tems de la charge de Commissaire
General de la Cavalerie.
Le Roi le renvoya ensuite auprès le l'Electeur
de Baviere pour l'empêcher de se déclarer pendant
le Siége de Philisbourg.
Ayant été fait Maréchal de Camp le 18.
Mars 1890. Il eut le commandement des Troupes
pendant l'Hyver du côté de Tournai , er
exigea du Pays Ennemis plus de trois millions
de contributions ; et marchant ensuite au bombardement
de Liége , il prit le Fort de Cherai ,
dont la Garnison fut taillée en pièces. Il eut
ensuite le commandement d'un Corps de Trou
pes , pour garder les Lignes , d'où il sortit pour
marcher au devant du Marquis de Castanaga si
qui venoit pour les forcer , mais il se posta ,
bien , que l'autre n'osa ni l'attaquer ni s'approcher
desLignes ... Lvj
I
1460 MERCURE DE FRANCE
Il se trouva au Combat de Leuze , où avec
1200 Chevaux , il harcela la marche de l'Arrieregarde
Ennemie , commanda l'aile gauche
débordée par la droite des Ennemis , er fit des
charges si vives avec un seul Regiment qu'il
rompit trois Lignes des Ennemis.
Au commencement de la Campagne de 1692 .
il défit 3000 Chevaux commandez par le Comte
de la Lippe , se trouva à la défaite du Prince
Administrateur de Wirtemberg , qui se rendit
à lui , et eut l'Hyver suivant un commandement
en Flandres pour établir et pousser les contributions.
Il fut fait Lieutenant General le 30. Mars
1693. et destiné en même- temps pour servir en
Allemagne , où il défit près de. Vislocq une arriere-
garde des Ennemis , soutenuë par le Prince
Louis de Bade , leur General.
Envoyé ensuite pour retirer des postes d'Infanterie
trop avancez , il fit une retraite de deux
lieues , malgré les défilez et l'avant - garde de
l'Armée Imperiale , qui ne put jamais l'entamer.
Il passa dans l'Armée d'Italie , et au mois de
Novembre de la même année 1693. le Roy lui
donna le Gouvernement de Fribourg. Il revint
servir en Allemagne , et ayant été renvoyé en
Italie pour y commander la Cavalerie , il se trouva
au Siege de Valence.
Il repassa en France et alla servir sur le Rhin ,
où il baitit un corps considerable de Hussarts
commandé par le Comte Palfi , leur General, qui
y fut blessé. La Paix étant faite , il fut nommé
au mois de Novembre 1697. Envoyé extraordi
maire vers l'Empereur,dont il eut sa premiere Audience
au mois de Septembre 1698.
La guerre ayant recommencé , il eut son Au-
II. Vol dience
JUIN. 1734 1461
dience de congé de l'Empereur le 25. Juillez
1701. et se rendit en Italie , où en allant joindre
P'Armée il défit avec son escorte 900. Chevaux ,
commandez par le General Mercy.
En 1702. il fut rappellé d'Italie pour aller ser
vir sur le Rhin .
Il fut détaché sur la fin de Septembre de l'Ar
mée du Maréchal de Catinat avec un corps de
Troupes, auquel il fit passer le Rhin à Huningue
la nuit du premier au 2. Octobre ; ensuite de
quoi il rétablit , à la vue de l'Armée ennemie , le
Fort que les François avoient autrefois à la tête
du Pont de Huningue du côté d'Allemagne ,
se rendit maître de la Ville et du Château de
Neubourg sur le Rhin ; et profitant des mouve
mens que fit le Prince Louis de Bade pour reprendre
cette Place , il l'attaqua à Fridlingue le 14.
du même mois , et remporta sur lui une victoire
complette.
Le 21. suivant , le Roy , pour le récompenser
d'une entreprise si importante et si heureusement
executée , le déclara Maréchal de France , et en
même-temps General de son Armée en Alle
magne.
En 1703. il fit le Siege du Fort de Kell ; qu'il
prit au mois de Février en 13. jours de tranchée .
Trois semaines après ayant passé le Rhin et
reconnu l'impossibilité de forcer les lignes de
Stolhofen pour se faire un passage de côté - là ,
il tourna par la Vallée de Kentzig , surmonta
toutes les difficultez du passage des 'Montagnes .
Noires , força en un jour et demi divers postes
er joignit heureusement l'Electeur de Baviere ,
qui voulant marcher du côté du Tirol , lui laissa
le soin de garder le Danube , ce qu'il fit avec un
grand succès.
II. Vol.
II
Il battit, sous les ordres du Duc de Baviere,
les Impériaux à Hochstet le io. Septembre
,
prit
ensuite Kemptcn
, et ayant forcé le Prince de
Bade à quitter son Camp d'Ausbourg,il demanda
son rappel, qu'il obtint au mois d'Octobre.
Il eut en 1704. le commandement de la Province
de Languedoc, où il pacifia les troubles
qui s'étoient '11eevez dans les Sevennes.
Le premier Janvier '7°f. le Roy le proposa
pour être reçu Chevalier de ses Ordres et lui en
donna la Croix et le Collier le a. Février suivant.
Il eut la même année le commandement de
l'Armée sur la Moselle,où par sa bonne conduite,
il déconcerta les projets des Ennemis, et obligea
leur Armée nombreuse de s'éloigner de nos
Frontières
,
après quoi il porta la guerre dans
leur Pays
, y fit subsister son Armée
, passa le
Rhin et mit l'épouvante dans le Pays ennemi.
Le Roy pour reconnoître de si importans services
,
érigea sa Terre de Vaux-le-Vicomte et ses
dépendances en titre de Duché
, sous le nom de
Villars, par Lettres données à Versailles au mois
de Septembre 1705. et registrées au Parlement
lé f. du même mois.
Le Maréchal de Villars ayant été continué en
I705.dans le commandement de l'Armée d'Aile^
magne ,
délivra le Foit-Louis bloqué depuis six
mois, renversa les lignes que les Ennemis avoient
faites aux environs
, et prir ensuite Haguenau y
Bitscheviler et Drusenheim.
En 1707. il força le 1J May les lignes de Stolhoffen
,
pénétra dans le Wirtemberg, mit le Pays
à contribution jusqu'aux portes de Francfort, er
obligea la Ville d'Ulm de lui rcndre les prisonniers
qu'elle retenoi, depuis la seconde liataiils
d'Hochstct.
En 1708. le Roy l'envoya commander soit
Armée de Dauphiné, où il prit des postes si
avantageux qu'il empêcha le Duc de Savoye de'
penetrer dans cette Province.
En 1709. Il eut le commandement de l'Armée
en Flandres, et reçut une blessure- considérable
à la jambe à la sanglante Bataille de Maiplaquct
le II. Septembre
,
de serte qu'on fut oblige de
l'emporter avant la fin de l'action. Le Roy, pour
lui témoigner la satisfaction qu'il avoit de sa
conduite
,
érigea son Duché de Villars en Pairie
de France-, par Lettres données à Versailles au
mois de Septembre 1709. lesquelles furent registrées
au Parlement de Paris le 7. Avril J7JÔ)
après quoi il prêta serment et prit séance en qualité
de Pair de France.
-
Il partit le 11. May suivant pour aller prendre:
le commandement de l'Armée en Flandres
,
dan?
lequel il fut continué les annéés suivantes. '
La Campagne de 171 z- lui fut des plus glorieuses
, ayant forcé les Ennemis dans leur Camp retranché
de Dénain sur l'Escaut, le 14. Juillet et
Pris ensuite le poste de Marchiennes
, ce qui
obligea le Prince Eugene de lever le Siégé dei:
Landrecies Ces heureux succès furent suivis dd
la Prise du Fort de Scarpe
-,
de Doiïay, du QueS-$
noy et de Bouchain. - '
En 1-7 ?• il fut envoyé en Allemagne, où
prit Landau
,
força les lignes d'Etlinghen et ter-1
mina cette derniere Campagne par la Prise de-r
Fribourg
,
d'où il se rendu à Rastatt, où il signal
le 6. M.irs 1714; avec le Prince Eugene de Sa-1
voye , un Traité de Paix entre l'Empereur et le;1
Roy. Il sigfia encore le 7. Septembre suivant le::
Traité de Paix conclu à en Suisse, entre laP
France et IFinire
T454 MERGURE DE FRANCE
A son retour de Rastatt il reçût à Versailles le
28. Mars 1714. par les mains du Duc de Berry ,
le Collier de l'Ordre de la Toison d'or, que le
Roy d'Espagne lui avoit envoyé , et le 23. Juin
suivant il fut reçû l'un des 40. de l'Académie
Françoise. 10 911 J
Il fut fait Président du Conseil de Guerre étai
bli au mois de Septembre, 1715. et ce ?Conseil
ayant été supprimé au mois de Septembre 1718.
il fut déclaré Conseiller au Conseil de Régencel
Il représenta le Connétable au Sacre du Roy
regnant , le 25. Octobre 1732 ; et il fut admis
dans les Conseils du Roy en qualité de Minis◄
tre d'Etat au mois de Décembre 1723. 1. 22
Le Roy l'ayant nommé pour aller commander
sous les ordres du Roy de Sardaigne , les Trou
pes que S Mavoit fait passer en Italie , le déclara
le 18. Octobre de l'année derniere Maréé
chal General de ses Camps, et Armées. Il partit
de Fontainebleau le 24. du même mois pour se
rendre en Italie , et étant arrivé le 11 Novembre
au Camp sous Pisighitone , il pritle commandes
ment de l'Armée , qu'il conserva jusqu'à ce que
sa santé alterée par les farigues d'une Campagne
continuée, jusqu'au milieu de l'hywers , l'ayant
mis hors d'état de rester a tase des Troupes !
il demanda la permission devenir en Francea
Après ; Lavoir obtenue , il partit le 27. May dernier
du Camp de, Bozolo, mais étant arrivé à Tne
rin le 3. Juin , il y tomba malade et les remedes
qu'on lui fit prendre n'ayant eu aupun succès fill
reçût ses Sacremens et mourut le 17, du nêmei
mois , âgé d'environ 82 ans , n'étant nó, qu'ear
1652 au mois de Mayhos . Outre quel
cette date ng accorde pas avec celle du Cóntrat
de Mariage des Pere et Mere du deffunt: quia
II. Vol.
JUIN. 1734. €465
est du 24. Janvier 1651. Il est certain que le
Maréchal de Villars avoit eu un frere aîné , mort
en bas âge , ce qui fait voir qu'il ne pouvoit être
né plutôt qu'en 1652.
Le Maréchal de Villars , que ses talens pour
la guerre et ses exploits militaires feront toujours
regarder comme un des plus grands et desplus
heureux Capitaines qui ait commandé les
Armées de France depuis long - temps , étoit fils
de Pierre de Villars , Baron de Mase as , Seigneur
de la Chapelle , & c . appellé le Marquis de Villars
, Chevalier des Ordres du Roy , Lieutenant
General de ses Armées , Conseiller d'Etat d'Epée,
Envoyé Extraordinaire à Vienne et Ambassadeur
Extraordinaire en Savoye , à Madrid et en Dannemarck
, aussi Chevalier d'honneur de la Duchesse
de Chartres , mort le 20 Mars 1698. à
Pâge de 75. ans et de Marie Gigault de Bellefonds
, morte le 24. Juin 1706. âgée de 82. ans.
11 avoit été marié le 23. Janvier 1702. avec
Jeanne - Angelique Rocque de Varengeville , Dame
du Palais de la Reine , seconde fille de Jacques
Rocque , Seigneur de Varengeville , Galleville
, Oudeville , Archanville et Noville , Ambassadeur
Extraordinaire de France à Venise ,
mort le 20. Octobre 1692. et de Charlotte - Angelique
Courtin , morte le 6. Mars 1732 , il n'en
laisse qu'un fils unique , qui est Honoré-Armand
de Villars , à present Duc de Villars , Pair de
France , Gouverneur de Provence , Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie , par Commission
du 26. Mars 1718. qui ayant apporté au
Roy le 4. Janvier dernier la nouvelle de la réduction
du Château de Milan , fut nommé peu
après Brigadier des Armées de S. M. ainsi qu'il a
été remarqué dans le Mercure de Février der
nier , page 391.
Ar-
-ALOUISHECTOR DE VILLARS , Duc de Villars,
Pair de France , Grand d'Espagne de la premiete
classe , Prince de Martigues ; Vicomte de Melun,
Marquis de la. Mele , Comte de la Rochemilley,
Golleville la Chapelle , Villeneuve & c. Minissitrend'Era
Maréchal general des Camps et Armées
du Roy , Doyen des Maréchaux de Frad-
Seege Chevalier des Ordres du Ror et de l'Ordre
de la Toison d'ar , Ambassadeur extraordinaire
de S1M2 auprès du Roy de Sardaigne General
-des Troupes Françoises en Italie , Gouverneur et
-Lieutenant . General de Provence ,...Gouverneur
des Ville , Gitadelle et Eott de Marseille ,
idés etterres adjacentes Ville Tours et Forts de
Boulon , Ville et Citadelle, de S.: Tropez et cidevant
de Fribourg en Brisgaw , l'um des 40s de
-BAcadémicobrançoisen eindevant Ambaſſadeur
sextraordinaire, or Plenipotentiaire pour les Traistez
de Paix à Rastattetina, Bade , President du
Conseil.de guerre et Conseiller au Conseil
de Regence , commepça) à porter les armes en
U167xtraprèsavoir servi d'Aide de Camp dau
Maréchal dp Beliefand , son , cousin , germain.
dlsivile Rayb au siege diOrsoy en 16725 I'
se detacha Volontaire avec un de ses camarades
zeb entraйcćobeaucoup d'hardiesse jusques dan
ales bathieres de Mastricht ; ipour y faire des pr
ssonniers.Ise trouvá ensuite aux sieges de Zut
-pheul ,cde Cravecitur de Doosbourg et au Pas
sage du Rhin, où s'étant extrémement distingué
da Corneredesompagnie des Chevaux- Le
gers Boatgongmons A‘qui se trouva vacante ilum
fundōngécang basamos x sub
siekkagheva dette campagnasup la Moselle et sui
Jabonoestorsaestdu : Vacomte de Turenne
byver suivantil fuc enyoié en Espagne pou
i1t1 II, Vol.
I v com
1458 MERCURE DE FRANCE
complimenter le Roi Catholique sur sa confalescence.
En 1673. il se rendit de Madrid au siege de
Mastricht , et fit le reste de la campagne sous les
-ordres du Vicomte de Turenné , qui le mertdie
de tous les Partis commandez par les plus hardis
Partisans.
En 1674. aprés avoit commencé la campagne
sur le Rhin , il revintratec la Gendarmerie en
Flandres et sentroava au combat de Sèrief, on,
quoique blessé dès le commencement de l'action
, il demeura jusqu'à la fin , et chargea plusieurs
fois malgré les douleurs de sa blessure
qui le firent évanouir deux fois le Roy li
donna un des trois Regimens de Cavalerie qui
vacquerent én cette occasion.
Il fit les campagnes suivanges sõus les Maréchaux
de Luxembourg et de Crequy , et se tronva
aux sieges de Condé et d'Aire , au secours de
Mastricht , au siege de S. Omery à la bataille de
Cassel , au combar de Coquesberg , od il fit six
charges differentes à la tête de son Regiment, au
combat de Kel , où commandant 200 chevaux
' il força une barrière et mir en déroute deux mille
des ennemis.
Il servit aa siege de Fribourg; od il mona des
premiers à l'assaut de la première muraille , erse
trouva au combat de Valkrik , où il sauva le
quartier de sa Brigade , investie par 4000 hommes
de pied des ennemis.
La campagne suivante il sotint au passage de
tuisseau de Neufbourg l'Arrieresgarde poussée
par mille chevaux commandés par le Prince
Louis de Bade , quitta son poste où il n'y avoit
rien à faire , marcha diligemment aux ennemis ,
les chargea , & les contint jusqu'à l'arrivée du
secours.
11
JUIN 1734.
T459
•
Il attaqua encore fous les ordres du Maréchal
de Créquy l'arriere - garde de l'Armée
Imperiale dans la vallée de Gueguembach au passage
de la Kinche , & fit prisonnier le Colonel
qui y commandoit.
Il servit ensuite au siege du Fort de Kell , &
monta le premier à l'assaut , qui fut donné en
plein jour , et dans lequel cette Forteresse fur
emportée.
Il fut envoyé au mois de Decembre 168%.
à Vienne à l'occasion de la mort de l'Impéra
trice Eleonore. De-là il passa en Hongrie , ou
il gagna la confiance de l'Electeur de Baviere
et se trouva auprès de lui à la Bataille d'Ersen ,
od les Troupes Impériales remportérent une
Victoire complette contre les Turcs en 1687 .
Il eut ordre ensuite de passer l'Hyver auprés
de l'Electeur de Baviere , d'où étant de retour
il fut fait Brigadier le 24 Août 1688. et pourvú
presque en même tems de la charge de Commissaire
General de la Cavalerie.
Le Roi le renvoya ensuite auprès le l'Electeur
de Baviere pour l'empêcher de se déclarer pendant
le Siége de Philisbourg.
Ayant été fait Maréchal de Camp le 18.
Mars 1890. Il eut le commandement des Troupes
pendant l'Hyver du côté de Tournai , er
exigea du Pays Ennemis plus de trois millions
de contributions ; et marchant ensuite au bombardement
de Liége , il prit le Fort de Cherai ,
dont la Garnison fut taillée en pièces. Il eut
ensuite le commandement d'un Corps de Trou
pes , pour garder les Lignes , d'où il sortit pour
marcher au devant du Marquis de Castanaga si
qui venoit pour les forcer , mais il se posta ,
bien , que l'autre n'osa ni l'attaquer ni s'approcher
desLignes ... Lvj
I
1460 MERCURE DE FRANCE
Il se trouva au Combat de Leuze , où avec
1200 Chevaux , il harcela la marche de l'Arrieregarde
Ennemie , commanda l'aile gauche
débordée par la droite des Ennemis , er fit des
charges si vives avec un seul Regiment qu'il
rompit trois Lignes des Ennemis.
Au commencement de la Campagne de 1692 .
il défit 3000 Chevaux commandez par le Comte
de la Lippe , se trouva à la défaite du Prince
Administrateur de Wirtemberg , qui se rendit
à lui , et eut l'Hyver suivant un commandement
en Flandres pour établir et pousser les contributions.
Il fut fait Lieutenant General le 30. Mars
1693. et destiné en même- temps pour servir en
Allemagne , où il défit près de. Vislocq une arriere-
garde des Ennemis , soutenuë par le Prince
Louis de Bade , leur General.
Envoyé ensuite pour retirer des postes d'Infanterie
trop avancez , il fit une retraite de deux
lieues , malgré les défilez et l'avant - garde de
l'Armée Imperiale , qui ne put jamais l'entamer.
Il passa dans l'Armée d'Italie , et au mois de
Novembre de la même année 1693. le Roy lui
donna le Gouvernement de Fribourg. Il revint
servir en Allemagne , et ayant été renvoyé en
Italie pour y commander la Cavalerie , il se trouva
au Siege de Valence.
Il repassa en France et alla servir sur le Rhin ,
où il baitit un corps considerable de Hussarts
commandé par le Comte Palfi , leur General, qui
y fut blessé. La Paix étant faite , il fut nommé
au mois de Novembre 1697. Envoyé extraordi
maire vers l'Empereur,dont il eut sa premiere Audience
au mois de Septembre 1698.
La guerre ayant recommencé , il eut son Au-
II. Vol dience
JUIN. 1734 1461
dience de congé de l'Empereur le 25. Juillez
1701. et se rendit en Italie , où en allant joindre
P'Armée il défit avec son escorte 900. Chevaux ,
commandez par le General Mercy.
En 1702. il fut rappellé d'Italie pour aller ser
vir sur le Rhin .
Il fut détaché sur la fin de Septembre de l'Ar
mée du Maréchal de Catinat avec un corps de
Troupes, auquel il fit passer le Rhin à Huningue
la nuit du premier au 2. Octobre ; ensuite de
quoi il rétablit , à la vue de l'Armée ennemie , le
Fort que les François avoient autrefois à la tête
du Pont de Huningue du côté d'Allemagne ,
se rendit maître de la Ville et du Château de
Neubourg sur le Rhin ; et profitant des mouve
mens que fit le Prince Louis de Bade pour reprendre
cette Place , il l'attaqua à Fridlingue le 14.
du même mois , et remporta sur lui une victoire
complette.
Le 21. suivant , le Roy , pour le récompenser
d'une entreprise si importante et si heureusement
executée , le déclara Maréchal de France , et en
même-temps General de son Armée en Alle
magne.
En 1703. il fit le Siege du Fort de Kell ; qu'il
prit au mois de Février en 13. jours de tranchée .
Trois semaines après ayant passé le Rhin et
reconnu l'impossibilité de forcer les lignes de
Stolhofen pour se faire un passage de côté - là ,
il tourna par la Vallée de Kentzig , surmonta
toutes les difficultez du passage des 'Montagnes .
Noires , força en un jour et demi divers postes
er joignit heureusement l'Electeur de Baviere ,
qui voulant marcher du côté du Tirol , lui laissa
le soin de garder le Danube , ce qu'il fit avec un
grand succès.
II. Vol.
II
Il battit, sous les ordres du Duc de Baviere,
les Impériaux à Hochstet le io. Septembre
,
prit
ensuite Kemptcn
, et ayant forcé le Prince de
Bade à quitter son Camp d'Ausbourg,il demanda
son rappel, qu'il obtint au mois d'Octobre.
Il eut en 1704. le commandement de la Province
de Languedoc, où il pacifia les troubles
qui s'étoient '11eevez dans les Sevennes.
Le premier Janvier '7°f. le Roy le proposa
pour être reçu Chevalier de ses Ordres et lui en
donna la Croix et le Collier le a. Février suivant.
Il eut la même année le commandement de
l'Armée sur la Moselle,où par sa bonne conduite,
il déconcerta les projets des Ennemis, et obligea
leur Armée nombreuse de s'éloigner de nos
Frontières
,
après quoi il porta la guerre dans
leur Pays
, y fit subsister son Armée
, passa le
Rhin et mit l'épouvante dans le Pays ennemi.
Le Roy pour reconnoître de si importans services
,
érigea sa Terre de Vaux-le-Vicomte et ses
dépendances en titre de Duché
, sous le nom de
Villars, par Lettres données à Versailles au mois
de Septembre 1705. et registrées au Parlement
lé f. du même mois.
Le Maréchal de Villars ayant été continué en
I705.dans le commandement de l'Armée d'Aile^
magne ,
délivra le Foit-Louis bloqué depuis six
mois, renversa les lignes que les Ennemis avoient
faites aux environs
, et prir ensuite Haguenau y
Bitscheviler et Drusenheim.
En 1707. il força le 1J May les lignes de Stolhoffen
,
pénétra dans le Wirtemberg, mit le Pays
à contribution jusqu'aux portes de Francfort, er
obligea la Ville d'Ulm de lui rcndre les prisonniers
qu'elle retenoi, depuis la seconde liataiils
d'Hochstct.
En 1708. le Roy l'envoya commander soit
Armée de Dauphiné, où il prit des postes si
avantageux qu'il empêcha le Duc de Savoye de'
penetrer dans cette Province.
En 1709. Il eut le commandement de l'Armée
en Flandres, et reçut une blessure- considérable
à la jambe à la sanglante Bataille de Maiplaquct
le II. Septembre
,
de serte qu'on fut oblige de
l'emporter avant la fin de l'action. Le Roy, pour
lui témoigner la satisfaction qu'il avoit de sa
conduite
,
érigea son Duché de Villars en Pairie
de France-, par Lettres données à Versailles au
mois de Septembre 1709. lesquelles furent registrées
au Parlement de Paris le 7. Avril J7JÔ)
après quoi il prêta serment et prit séance en qualité
de Pair de France.
-
Il partit le 11. May suivant pour aller prendre:
le commandement de l'Armée en Flandres
,
dan?
lequel il fut continué les annéés suivantes. '
La Campagne de 171 z- lui fut des plus glorieuses
, ayant forcé les Ennemis dans leur Camp retranché
de Dénain sur l'Escaut, le 14. Juillet et
Pris ensuite le poste de Marchiennes
, ce qui
obligea le Prince Eugene de lever le Siégé dei:
Landrecies Ces heureux succès furent suivis dd
la Prise du Fort de Scarpe
-,
de Doiïay, du QueS-$
noy et de Bouchain. - '
En 1-7 ?• il fut envoyé en Allemagne, où
prit Landau
,
força les lignes d'Etlinghen et ter-1
mina cette derniere Campagne par la Prise de-r
Fribourg
,
d'où il se rendu à Rastatt, où il signal
le 6. M.irs 1714; avec le Prince Eugene de Sa-1
voye , un Traité de Paix entre l'Empereur et le;1
Roy. Il sigfia encore le 7. Septembre suivant le::
Traité de Paix conclu à en Suisse, entre laP
France et IFinire
T454 MERGURE DE FRANCE
A son retour de Rastatt il reçût à Versailles le
28. Mars 1714. par les mains du Duc de Berry ,
le Collier de l'Ordre de la Toison d'or, que le
Roy d'Espagne lui avoit envoyé , et le 23. Juin
suivant il fut reçû l'un des 40. de l'Académie
Françoise. 10 911 J
Il fut fait Président du Conseil de Guerre étai
bli au mois de Septembre, 1715. et ce ?Conseil
ayant été supprimé au mois de Septembre 1718.
il fut déclaré Conseiller au Conseil de Régencel
Il représenta le Connétable au Sacre du Roy
regnant , le 25. Octobre 1732 ; et il fut admis
dans les Conseils du Roy en qualité de Minis◄
tre d'Etat au mois de Décembre 1723. 1. 22
Le Roy l'ayant nommé pour aller commander
sous les ordres du Roy de Sardaigne , les Trou
pes que S Mavoit fait passer en Italie , le déclara
le 18. Octobre de l'année derniere Maréé
chal General de ses Camps, et Armées. Il partit
de Fontainebleau le 24. du même mois pour se
rendre en Italie , et étant arrivé le 11 Novembre
au Camp sous Pisighitone , il pritle commandes
ment de l'Armée , qu'il conserva jusqu'à ce que
sa santé alterée par les farigues d'une Campagne
continuée, jusqu'au milieu de l'hywers , l'ayant
mis hors d'état de rester a tase des Troupes !
il demanda la permission devenir en Francea
Après ; Lavoir obtenue , il partit le 27. May dernier
du Camp de, Bozolo, mais étant arrivé à Tne
rin le 3. Juin , il y tomba malade et les remedes
qu'on lui fit prendre n'ayant eu aupun succès fill
reçût ses Sacremens et mourut le 17, du nêmei
mois , âgé d'environ 82 ans , n'étant nó, qu'ear
1652 au mois de Mayhos . Outre quel
cette date ng accorde pas avec celle du Cóntrat
de Mariage des Pere et Mere du deffunt: quia
II. Vol.
JUIN. 1734. €465
est du 24. Janvier 1651. Il est certain que le
Maréchal de Villars avoit eu un frere aîné , mort
en bas âge , ce qui fait voir qu'il ne pouvoit être
né plutôt qu'en 1652.
Le Maréchal de Villars , que ses talens pour
la guerre et ses exploits militaires feront toujours
regarder comme un des plus grands et desplus
heureux Capitaines qui ait commandé les
Armées de France depuis long - temps , étoit fils
de Pierre de Villars , Baron de Mase as , Seigneur
de la Chapelle , & c . appellé le Marquis de Villars
, Chevalier des Ordres du Roy , Lieutenant
General de ses Armées , Conseiller d'Etat d'Epée,
Envoyé Extraordinaire à Vienne et Ambassadeur
Extraordinaire en Savoye , à Madrid et en Dannemarck
, aussi Chevalier d'honneur de la Duchesse
de Chartres , mort le 20 Mars 1698. à
Pâge de 75. ans et de Marie Gigault de Bellefonds
, morte le 24. Juin 1706. âgée de 82. ans.
11 avoit été marié le 23. Janvier 1702. avec
Jeanne - Angelique Rocque de Varengeville , Dame
du Palais de la Reine , seconde fille de Jacques
Rocque , Seigneur de Varengeville , Galleville
, Oudeville , Archanville et Noville , Ambassadeur
Extraordinaire de France à Venise ,
mort le 20. Octobre 1692. et de Charlotte - Angelique
Courtin , morte le 6. Mars 1732 , il n'en
laisse qu'un fils unique , qui est Honoré-Armand
de Villars , à present Duc de Villars , Pair de
France , Gouverneur de Provence , Mestre de
Camp d'un Régiment de Cavalerie , par Commission
du 26. Mars 1718. qui ayant apporté au
Roy le 4. Janvier dernier la nouvelle de la réduction
du Château de Milan , fut nommé peu
après Brigadier des Armées de S. M. ainsi qu'il a
été remarqué dans le Mercure de Février der
nier , page 391.
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Résumé : Mort du Maréchal de Villars, [titre d'après la table]
Louis Hector de Villars, Duc de Villars, fut un militaire et diplomate français de renom, né en 1652. Il débuta sa carrière militaire en 1671 comme aide de camp du maréchal de Bellefonds. Il se distingua lors de plusieurs sièges et batailles, notamment à Maastricht, Zutphen, et sur le Rhin. En 1673, il servit sous le vicomte de Turenne et participa à de nombreux combats, se montrant particulièrement courageux et stratégique. Promu brigadier en 1688 et maréchal de camp en 1690, il commanda des troupes en Allemagne et en Italie. Il fut nommé lieutenant général en 1693 et participa à diverses campagnes, notamment en Italie et sur le Rhin. En 1702, il fut déclaré maréchal de France et général de l'armée en Allemagne. Il joua un rôle crucial dans plusieurs batailles, comme celle de Hochstädt en 1704, et participa à la prise de plusieurs villes et forteresses. En 1709, il reçut une blessure grave à la bataille de Malplaquet. En reconnaissance de ses services, le roi érigea sa terre de Vaux-le-Vicomte en duché et le nomma pair de France. Il continua de servir dans diverses campagnes, notamment en Flandres et en Allemagne, et participa à la signature de traités de paix à Rastatt et en Suisse en 1714. Villars fut également ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire pour les traités de paix à Rastatt. Il fut nommé président du Conseil de guerre en 1715 et conseiller au Conseil de régence en 1718. En 1723, il devint ministre d'État. En 1731, il fut nommé maréchal général des camps et armées du roi et commanda les troupes en Italie. Il mourut en 1734 à l'âge de 82 ans. Le Maréchal de Villars était le fils de Pierre de Villars, Marquis de Villars, Chevalier des Ordres du Roy, et de Marie Gigault de Bellefonds. Son père, décédé en 1698 à l'âge de 75 ans, avait occupé divers postes prestigieux, dont celui d'Ambassadeur en Savoie, à Madrid et au Danemark. Sa mère est morte en 1706 à l'âge de 82 ans. Le Maréchal de Villars s'est marié le 23 janvier 1702 avec Jeanne-Angélique Rocque de Varengeville, fille de Jacques Rocque, Ambassadeur de France à Venise, et de Charlotte-Angélique Courtin, décédée en 1732. De cette union est né un fils unique, Honoré-Armand de Villars, Duc de Villars, Pair de France, Gouverneur de Provence et Mestre de Camp d'un Régiment de Cavalerie. Honoré-Armand a été nommé Brigadier des Armées du Roi après avoir rapporté la nouvelle de la réduction du Château de Milan en janvier 1734.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
967
p. 1466-1470
ARRESTS NOTABLES.
Début :
ARREST du Parlement, du 16. Avril 1734. contre deux Ecrits, &c. [...]
Mots clefs :
Cour, Roi, Écrits, Église, Temps, Nouvelles, Procureur général du roi, Avignon, Grand escalier, Chapeaux, Castor, Rang des capitaines, Régiments de hussards
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES.
ARRESTS NOTABLES.
RREST du Parlement , du 16. Avril 1734.
contre deux Ecrits , &c. ARRE
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maítre
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Scigneur
Roi , portant la parole , ont dit :
Que c'est avec regret qu'ils interrompent les
Occupations de la Cour , pour lui parler de ce
qui peut encore avoir rapport aux dernieres affaires
de l'Eglise persuadés que rien n'est plus
désirable que de les voir se calmer et s'assoupir
de plus en plus par la moderation et le silence.
Mais que c'est par ce motif même qu'il se
creyent obligés d'avoir l'honneur de lui rendre
compte de deux Ecrits , qui , quoique de tems
differens , se répandent ensemble aujourd'hui , et
sont capables de causer de nouvelles inquiétudes
et de nouveaux inconveniens dans le public .
Que l'un est une instruction sur l'obéissance ditë
aux décisions de l'Eglise , par demandes et pat réponses
, imprimée depuis peu de tems sans marque
d'année , aussi bien que sans nom d'Auteur
ni d'Imprimeur : Et l'autre un Ouvrage qui porte
pour titre : Replique aux Tolerans de ce tems ,
imprimé à ce qu'il paroît à Avignon dès 1719 .
mais dont ils apprennent que des Exemplaires se
sont répandus: nouvellement à Paris.
Qu'indépendamment de ce qu'on pourroit
d'ailleurs reprendre avec justice dans ces deux
Ouvrages , c'est assez d'observer que l'esprit de
séparation et de schisme tant de fois reprimé par
II. Vel. les
JUIN. 1734. 1467
les Arrêts de la Cour , s'y déclare et y regne
ouvertement : et que pour s'épargner d'en dire
davantage , ils se contenteront de rapporter ce
qu'on lit à la page 240. du dernier , dans un
endroit où l'Auteur répond à l'Objection qu'il
s'étoit faite pea auparavant , que plusieurs grands
Prélats de France communiquent , non seulement
avec les Communicateurs des Heretiques , mais en
core avec les Heretiques mêmes , c'est-à- dire , ( ce
sont ses termes ) avec les Appellans et Opposans ,
du principe qu'il a établi , dit - il , il suit que
puisque les Papes déchoient du Papar , et les Eve
ques de l'Episcopat et de tonte Jurisdiction spirituelle
dans l'Eglise , suivant le Cardinal du Perron....
suivant le Pape Celestin , S. Augustin , S. Jerôme
et plusieurs autres Peres citéspar Bellarmin , on ne
peut pas douter que tous les autres Superieurs Ecclesiastiques
ou Reguliers , Generaux , Provinciaux,
Locaux , ne déchoient de mêmè de leur autorité ,
dignité et Jurisdiction, et que par consequent ils ne
doivent être regardés qu'avec horreur et execration
de tous les bons et vrais Catholiques .
C
2
Que sur l'un et l'autre Ouvrage ils ont pris les
Conclusions par écrit qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun,
Les Gens du Roi retirés :
Va l'Ecrit imprimé sans privilege ni permission,
intitulé : Instruction sur l'obéissance dûé aux
décisions de l'Eglise , ensemble l'autre Ecrit intitulé
: Replique aux Tolerans de ce tems , à Avignon
, chez Joseph Chastel 1729. et les Conclusions
par écrit du Procureur Genéral du Roi. La
matiere sur ce mise en délibération :
La Cour , faisant droit sur les Conclusions
du Procureur General du Roi , ordonne que lesdirs
Ecrits seront lacérés et brûlés en la Cour di
11. Vol. Palais
Palais , au pied du grand Escalier d'icelui par l'Executeurde
la Haute-Justice: Enjoint à tous ceux
qui eu auroient des Exemplaires de les apporter
au Greffe de la Cour pour, y être supprimés. Fait
inhibitions et défenses à tous Imprimeurs,Libraites
,
Colpolteurs et autres de quelque état et con-
-
dition qu'ils soient, d'en vendre
,
débiter ou autrement
distribuer
,
à peine de proceder contre
eux extraordinairement
; qu'il sera en outre informé
à la requête du Procureur Central du Roi
pardevaht Me. Anne-Louis Pinon
,
Conseiller,
pour les témoins qui pourroient être entendus
dans cette Ville
, et pardevant les Officiers de
Police des lieux
, pour les témoins qui seroient
esdits lieux
,
à la diligence de ses Substituts esdits
Sièges ; contre les Auteurs et les distributeurs
desdits Ecrits, pour les informations faites, rapportées
et communiquées au Procureur General
du Roi
,
être par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra.
Ordonne que copies collationnées du
présent Arrêt s ront envoyées
,
&c.
Et ledit jour Vendredi seize Avril mil sept cent
trmte-qutltre :ë:['heuree de îri'di
, en execution de
1'Arrêt ci-dessus lesdits Ecrits y mentionnés ortt
été lacérés et jettes au feu au bas du grand Escalier
du Palais j par VExecuteur de la Haute-Justice
,
en presence de nous Marie DagobertYsabeau,
,
l'un
des trois premiers et principaux Commis pour la
Grand'Chambre
,
assiste de deux Huissiers de ladite
Cour. Signé, Y S A B E A U...t.,
ARREST du 18. Avril, qui ordonne que les
Chapeaux appeliez Demi-Castors, Vigognes ou
,Dauphins, Demi-Vigognes et Chapeaux de poil,
payèrent pour droits de sortie aux Bureaux des
cinq grosses Fermes, 40. sols de la douzaine *
'Pour les Provinces réputées étrangères, et 2.0.
sols pour l'Etranger et les Villes ce Marseille,
Bayonne et Dunkerque.
Ee que les Chapeaux de Castor et les Cha";
peaux de Feutre
,
continueront de payer les droits
de sortie
,
conformément au Tarif de 1664- ct
aux Arrêts du Conseil des %. Avril et 3. Octo-5
bre 1701.
!
EDIT DU ROY, donné à Versailles au mois,
d'Avril L734. Registré en Parlement le 1. Juin
suivant
, portant réunion des Jurisdictions de la
Prévôté de la Ville de Clermont, et de la Prevôté
Foraine du Comté de Clermont en Beau-,
voisis, à celle du Bailliage de ladite Ville.
Trois nouvelles Ordonnances du Roy du 1r;
May, ia première, pour regler le Rang des Capitaines
des vingt Compagrfies.de Cavalerie et
des 60.Compagniesde Dragons de nouvelle levée.
-La secomie*-, pmrr regler-te Rang des Capitaines
des quinze Bataillons de nouvelle levée.
Et la troisième
, pour regler le Rang des Capitaines
et Lieutenant des Bataillons de Mil-içe.
^
t ^ f
ARR.EST idu 13. May , • qui ordonne qu'en
payant par le Clergé du Comté de Bourgogne la , somme de livres.par chacune année ,
tous ses biens demeureront déchargez de l'execution
de la Déclaration du 17. Novembre 1733.
concernant la lévée du Dixiéme.
:.,ORDONNANCE DU ROY J du 31. May,
portant augmentation-dans les Régimens de
IJuss.trts de R'a-ttky e{Berchîny
,
qui sont à son
aërvice
, par laquelle S. M. ordonne ,qu'il sera
1470 MERCURE DE FRANCE
1
levé incessamment huit Compagnies nouvelles ,
pour former un troisiéme Escadron à chacun
desdits Régimens , chaque Compagnie composée
du Capitaine , un Lieutenant , un Cornette , un
Maréchal des Legis , trois Brigadiers , quarante
- six Hussarts , et un Trompette.
Qu'il sera pareillement levé dix hommes
d'augmentation en chacune des seize Compagnies
desdits Régimens qui sont sur pied , pour les
mettre de quarante à cinquante hommes , com-
રે
pris trois Brigadiers , sans les Officiers.
Que la solde desdits Brigadiers et Hussards
leur sera payée , à mesure qu'ils arriveront aux
Régimens ou quartiers qui leur seront désignez;
et que les Officiers des nouvelles Compagnies
recevront leurs appointemens , à commencer du
jour qu'il y aura vingt hommes à pied ou dix à
cheval , au quartier d'assemblée , en passant présens
aux Revues des Commissaires des guerres
proposez à cet effet.
RREST du Parlement , du 16. Avril 1734.
contre deux Ecrits , &c. ARRE
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maítre
Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Scigneur
Roi , portant la parole , ont dit :
Que c'est avec regret qu'ils interrompent les
Occupations de la Cour , pour lui parler de ce
qui peut encore avoir rapport aux dernieres affaires
de l'Eglise persuadés que rien n'est plus
désirable que de les voir se calmer et s'assoupir
de plus en plus par la moderation et le silence.
Mais que c'est par ce motif même qu'il se
creyent obligés d'avoir l'honneur de lui rendre
compte de deux Ecrits , qui , quoique de tems
differens , se répandent ensemble aujourd'hui , et
sont capables de causer de nouvelles inquiétudes
et de nouveaux inconveniens dans le public .
Que l'un est une instruction sur l'obéissance ditë
aux décisions de l'Eglise , par demandes et pat réponses
, imprimée depuis peu de tems sans marque
d'année , aussi bien que sans nom d'Auteur
ni d'Imprimeur : Et l'autre un Ouvrage qui porte
pour titre : Replique aux Tolerans de ce tems ,
imprimé à ce qu'il paroît à Avignon dès 1719 .
mais dont ils apprennent que des Exemplaires se
sont répandus: nouvellement à Paris.
Qu'indépendamment de ce qu'on pourroit
d'ailleurs reprendre avec justice dans ces deux
Ouvrages , c'est assez d'observer que l'esprit de
séparation et de schisme tant de fois reprimé par
II. Vel. les
JUIN. 1734. 1467
les Arrêts de la Cour , s'y déclare et y regne
ouvertement : et que pour s'épargner d'en dire
davantage , ils se contenteront de rapporter ce
qu'on lit à la page 240. du dernier , dans un
endroit où l'Auteur répond à l'Objection qu'il
s'étoit faite pea auparavant , que plusieurs grands
Prélats de France communiquent , non seulement
avec les Communicateurs des Heretiques , mais en
core avec les Heretiques mêmes , c'est-à- dire , ( ce
sont ses termes ) avec les Appellans et Opposans ,
du principe qu'il a établi , dit - il , il suit que
puisque les Papes déchoient du Papar , et les Eve
ques de l'Episcopat et de tonte Jurisdiction spirituelle
dans l'Eglise , suivant le Cardinal du Perron....
suivant le Pape Celestin , S. Augustin , S. Jerôme
et plusieurs autres Peres citéspar Bellarmin , on ne
peut pas douter que tous les autres Superieurs Ecclesiastiques
ou Reguliers , Generaux , Provinciaux,
Locaux , ne déchoient de mêmè de leur autorité ,
dignité et Jurisdiction, et que par consequent ils ne
doivent être regardés qu'avec horreur et execration
de tous les bons et vrais Catholiques .
C
2
Que sur l'un et l'autre Ouvrage ils ont pris les
Conclusions par écrit qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun,
Les Gens du Roi retirés :
Va l'Ecrit imprimé sans privilege ni permission,
intitulé : Instruction sur l'obéissance dûé aux
décisions de l'Eglise , ensemble l'autre Ecrit intitulé
: Replique aux Tolerans de ce tems , à Avignon
, chez Joseph Chastel 1729. et les Conclusions
par écrit du Procureur Genéral du Roi. La
matiere sur ce mise en délibération :
La Cour , faisant droit sur les Conclusions
du Procureur General du Roi , ordonne que lesdirs
Ecrits seront lacérés et brûlés en la Cour di
11. Vol. Palais
Palais , au pied du grand Escalier d'icelui par l'Executeurde
la Haute-Justice: Enjoint à tous ceux
qui eu auroient des Exemplaires de les apporter
au Greffe de la Cour pour, y être supprimés. Fait
inhibitions et défenses à tous Imprimeurs,Libraites
,
Colpolteurs et autres de quelque état et con-
-
dition qu'ils soient, d'en vendre
,
débiter ou autrement
distribuer
,
à peine de proceder contre
eux extraordinairement
; qu'il sera en outre informé
à la requête du Procureur Central du Roi
pardevaht Me. Anne-Louis Pinon
,
Conseiller,
pour les témoins qui pourroient être entendus
dans cette Ville
, et pardevant les Officiers de
Police des lieux
, pour les témoins qui seroient
esdits lieux
,
à la diligence de ses Substituts esdits
Sièges ; contre les Auteurs et les distributeurs
desdits Ecrits, pour les informations faites, rapportées
et communiquées au Procureur General
du Roi
,
être par la Cour ordonné ce qu'il appartiendra.
Ordonne que copies collationnées du
présent Arrêt s ront envoyées
,
&c.
Et ledit jour Vendredi seize Avril mil sept cent
trmte-qutltre :ë:['heuree de îri'di
, en execution de
1'Arrêt ci-dessus lesdits Ecrits y mentionnés ortt
été lacérés et jettes au feu au bas du grand Escalier
du Palais j par VExecuteur de la Haute-Justice
,
en presence de nous Marie DagobertYsabeau,
,
l'un
des trois premiers et principaux Commis pour la
Grand'Chambre
,
assiste de deux Huissiers de ladite
Cour. Signé, Y S A B E A U...t.,
ARREST du 18. Avril, qui ordonne que les
Chapeaux appeliez Demi-Castors, Vigognes ou
,Dauphins, Demi-Vigognes et Chapeaux de poil,
payèrent pour droits de sortie aux Bureaux des
cinq grosses Fermes, 40. sols de la douzaine *
'Pour les Provinces réputées étrangères, et 2.0.
sols pour l'Etranger et les Villes ce Marseille,
Bayonne et Dunkerque.
Ee que les Chapeaux de Castor et les Cha";
peaux de Feutre
,
continueront de payer les droits
de sortie
,
conformément au Tarif de 1664- ct
aux Arrêts du Conseil des %. Avril et 3. Octo-5
bre 1701.
!
EDIT DU ROY, donné à Versailles au mois,
d'Avril L734. Registré en Parlement le 1. Juin
suivant
, portant réunion des Jurisdictions de la
Prévôté de la Ville de Clermont, et de la Prevôté
Foraine du Comté de Clermont en Beau-,
voisis, à celle du Bailliage de ladite Ville.
Trois nouvelles Ordonnances du Roy du 1r;
May, ia première, pour regler le Rang des Capitaines
des vingt Compagrfies.de Cavalerie et
des 60.Compagniesde Dragons de nouvelle levée.
-La secomie*-, pmrr regler-te Rang des Capitaines
des quinze Bataillons de nouvelle levée.
Et la troisième
, pour regler le Rang des Capitaines
et Lieutenant des Bataillons de Mil-içe.
^
t ^ f
ARR.EST idu 13. May , • qui ordonne qu'en
payant par le Clergé du Comté de Bourgogne la , somme de livres.par chacune année ,
tous ses biens demeureront déchargez de l'execution
de la Déclaration du 17. Novembre 1733.
concernant la lévée du Dixiéme.
:.,ORDONNANCE DU ROY J du 31. May,
portant augmentation-dans les Régimens de
IJuss.trts de R'a-ttky e{Berchîny
,
qui sont à son
aërvice
, par laquelle S. M. ordonne ,qu'il sera
1470 MERCURE DE FRANCE
1
levé incessamment huit Compagnies nouvelles ,
pour former un troisiéme Escadron à chacun
desdits Régimens , chaque Compagnie composée
du Capitaine , un Lieutenant , un Cornette , un
Maréchal des Legis , trois Brigadiers , quarante
- six Hussarts , et un Trompette.
Qu'il sera pareillement levé dix hommes
d'augmentation en chacune des seize Compagnies
desdits Régimens qui sont sur pied , pour les
mettre de quarante à cinquante hommes , com-
રે
pris trois Brigadiers , sans les Officiers.
Que la solde desdits Brigadiers et Hussards
leur sera payée , à mesure qu'ils arriveront aux
Régimens ou quartiers qui leur seront désignez;
et que les Officiers des nouvelles Compagnies
recevront leurs appointemens , à commencer du
jour qu'il y aura vingt hommes à pied ou dix à
cheval , au quartier d'assemblée , en passant présens
aux Revues des Commissaires des guerres
proposez à cet effet.
Fermer
Résumé : ARRESTS NOTABLES.
Le 16 avril 1734, les Gens du Roi ont interrompu les activités du Parlement pour dénoncer deux écrits jugés perturbateurs. Le premier, intitulé 'Instruction sur l'obéissance due aux décisions de l'Église', a été imprimé sans autorisation et sans nom d'auteur. Le second, 'Réplique aux Tolérants de ce temps', imprimé à Avignon en 1719, circulait à nouveau à Paris. Ces écrits étaient accusés de promouvoir un esprit de séparation et de schisme au sein de l'Église, comme le montrait un extrait de la page 240 du second ouvrage. La Cour a ordonné la destruction de ces écrits et interdit leur distribution. Des enquêtes ont été lancées pour identifier les auteurs et les distributeurs. Les écrits ont été lacérés et brûlés au Palais le 16 avril 1734.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
971
p. 970-982
Lettre sur le Passage du Roy et de la Reine de Pologne, par la Champagne, [titre d'après la table]
Début :
LETTRE écrite par M. *** à M. *** au sujet du Passage du Roy et de la Reine de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre sur le Passage du Roy et de la Reine de Pologne, par la Champagne, [titre d'après la table]
LETTRE écrite par M. *** à M. ***
au sujet du Passage du Roy et de la Reine de
Pologne par la Champagne , en allant prendre
possession de leurs Etats de Lorraine. A Chaalons
chés
res
MAY.
1737
971
chés Seneuze , 1737. brochure in 4. de 12. pa-
ges. La Lettre est datée du 25. Avril.
L'Ecrivain déclare dabord avec modestie qu'on
ne doit s'atacher qu'à la vérité d.s faits qu'il ra-
porte et non à la délicatesse du stile. Il commen-
ce ainsi sa narration. Le Roy de Pologne partit
de Meudon en poste le premier Avril , ce Prince
n'a séjourné en aucun endroit , il vint coucher à
Mont-Saint- Pere, Terre limitrophe de cette Pro-
vince , qui apartient à M. Paris du Vernay.
De Mont-Saint-Pere,le Roy de Pologne se ren-
dit à Epernay , il fit l'honneur à M. d'Aubigny,
Lieutenant General et Subdelegué de M. l'Inten-
dant , de dîner chés lui.
Le Roy fit aussi l'honneur à M. de Saint Clair,
Chevalier de S. Louis , Exempt des Gardes du
Corps , Gendre de M. d'Aubigni , de le faire
manger à sa table. La Bourgeoisie qui étoit sous
ler Armes , bordoit les rues, et monta la garde
chés le Roy jusqu'au départ de Sa Majesté
Elle fut escortée d'abord par la Maréchaussée ;
une Compagnie du Régiment de Pont , Cavale
rie , qui est en quartier dans le Village d'Athie ,
conduisit ce Prince jusqu'à Jalon , une autre du
mêine Régiment releva cette premiere , ct l'accom-
pagna jusqu'à Aulnay; les Diles de ce Lieu , vétuës
galamment , et M. le Curé ensuite , complimen-
terent S. M. Voici l'un et l'autre de ces Compli
mens , et les Réponses du Roy de Pologne ; Pune
de ces Dlles s'étant avancée , dit avec beaucoup
de grace , en lui présentant le vin d'honneur .
SIRE , nous vous offrons au nom de nos Pe-
>
defoibles marques de leurs respects , nous ac-
compagnons notre offrande de vœux sinceres que
nous faisons pour votre santé puissiez- vous SIRE
Lorsque nous serons ayeules , recevoir de notre pos
terit
972 MERCURE DE FRANCE
terité les mêmes hommages , et voir la vôtre faire
le bonheur de l'Europe.
Le Roy de Pologne aplaudit en souriant à la
saillie de cette jeune personne , il lui souhai
ta l'accomplissement de ses désirs , dans les-
quels il lui dit qu'il se trouvoit fort interessé
ces Dlles s'étant éloignées , M. le Dieu , Curé
d'Aulnay, âgé de près de 80. ans, s'avança et dit.
SIRE , il y a long- temps que je vis, mais dans
le cours de mes années , je n'ai pas eû un jour si
flateur l'ai le bonheur de voir un grand Roy que
son Héroisme fait respecter de toutes les Nations
un Roy tojours égal à lui- même , malgré le concours
des évenemens les plus marqués , c'est le vrai ca-
ractere de la vertu ; nos vœux , SIRE , ont déja
été plusieurs fois portés jusqu'au Trône du Roy des
Rois pour la conservation et la prospérité de V. M.
Les François , SIRE , et moi en particulier , s'y
interessent sincerement et relativement à votre Per
sonne sacrée , et par reconnoissance pour le don que
le Ciel nous a fait de Monseigneur le Dauphin vo-
tre petit-Fils , qui assure le repos de cet Empire
je redoublerai mes prieres , SIRE , pour qu'une
parfaite sécurité pendant une longue suite d'années
vous conduise à la vie éternelle.
Le Roy parut satisfait de ce Compliment , il
en remercia fort gracieusement M. le Curé, et le
conjura de se ressouvenir de la promesse qu'il
lui faisoit de prier Dieu pour lui,
A la sortie du Bac d'Aulnay , de l'autre côté
de la Riviere de Marne, le Roy de Pologne trous
va une Brigade de la Maréchaussée qui l'escorta
jusqu'à Chaalons ; en chemin il trouva une au-
tre Compagnie du même Régiment de Pont, qui
augmenta l'escorte ; S. M. arriva en cette Ville
sur les quatre heures , précedé d'un nouveau dé-
tachement
MAY.
1737.
973
tachement de la Maréchaussée , commandé par
le Prévôt Géneral , et de deux Chaises de poste ,
dans lesquelles il y avoit deux Seigneurs de sa
Maison , plusieurs de ses Officiers suivoient à
cheval , le Carosse de M. de Beaupré , qui étoit
allé au- devant de S. M. venoit après , un troi-
siéme Escadron du Régiment de Pont fermoit la
marche. Le Roy passa au milieu d'une foule de
Peuple accourue de toutes parts pour voir S. M.
laquelle pour répondre à cet empressement,bais-
sa les glaces de sa Chaise et ordonna à son Pos-
tillon d'aller au petit pas.
De Chaalons, S. M. se rendit à Sary, Château
de M. l'Evêque, situé à l'extremité du Jard, pro-
menade la plus belle qu'il y ait dans aucune Vil-
le de France ; ce Château est très -beau et très-
commode ; on le concevra aisément en se rapel-
lant que les Evêques de Chaalons y ont toujours
reçu les Princes et Princesses du Sang, M. le Duc
d'Orleans et M. le Duc y ont été mariés .
M. l'Evêque , accompagné du Marquis de
Choiseul , Lieutenant Général de la Province ,
de l'Abbé de Saint Mémie , ses Freres , et des
Personnes les plus distinguées de Chaalons , re-
çut S. M. à la descente de sa Chaise ; ce Prélat
comptoit que le Roy de Pologne lui feroit l'hon-
neur de souper et coucher chés lui , mais com-
me il étoit encore de bonne heure , ce Prince
jugea à propos de ne s'arrêter qu'environ uns
heure, et d'aller à Saint Dizier
3
après avoir em-
brassé M. l'Evêque et lui avoir témoigné com-
bien il étoit sensible à sa politesse ; S. M. em-
brassa pareillement M. l'Intendant , et lui té-
moigna qu'elle étoit très-contente des attentions
qu'il avoit eues pour lui dans son Département.
L'Evêque de Chaalons présenta au Roy son
Neveu,
974 MERCURE DE FRANCE
Neveu , fils du Marquis de Choiseul , en lui di-
sant ,
qu'étant né en Lorraine il étoit du nom-
bre de ses Sujets , ce jeune Seigneur , qui joint à
une phisionomie des plus heureuses , beaucoup
d'esprit et de graces, servoit alors à boire à S.M.
qui avec cette douce et noble affabilité qui releve
toutes ses actions , dit, en mettant la main sur
l'épaule de cet aimable Enfant , J'en prends pos-
session avec bien du plaisir.
Les Officiers de Ville de Chaalons s'étant ren
dus à Sary , furent introduits auprès de S. M.
par M. l'Evêque , ils présenterent à ce Prince le
vin d'honneur, qu'il accepta ; ces Mrs et les Per
sonnes de consideration qui s'étoient rendus à
Sary , furent invités par M. l'Evêque d'y rester
au soupé, qui étoit destiné pour S. M. De Sary ,
le Roy se rendit à Saint Dizier , & c .
La Reine de Pologne partit de Meudon le 3.
Avril et arriva à 7 heures du soir au Château de
Congy, qui apartient à M,de Chasot , Président
à Mortier au Parlement de Metz ; Ș. A. S. Ma-
demoiselle de Clermont y logea en 1725 , lors-
qu'elle alla à Strasbourg pour le Mariage de la
Reine. M. l'Intendant reçut la Reine de Pologne
à la descente de son Carosse , que tous les Habi-
tans de ce Lieu entouroient ; les femmes offri-
rent leur présent à S. M. qui consistoit en un
Mouton orné d'une infinité de rubans, & c. sur les
huit heures la R. de P. soupa à son petit couverts
on ne fera point le détail des differens mets qui
furent servis avec une délicatesse et une attention
infinies de la part de M.l'Intendant , qui fit aussi
servir à soupé aux Seigneurs et Dames de la sui-
te de S. M.
Le lendemain la Reine de Pol. après avoir en
tendu la Messe , partit pour Sary. Elle alla dîner
au
MAY.
1737.
975
u Château de Reineville , à cinq lieues de Chaa-
lons . M. de Beaupré avoit cû soin que tout y
für en abondance; l'Evêque s'y étant aussi rendu,
i's reçurent S. M. à la descente de son Ca-
rosse ; plusieurs femmes en habit des bonnes Fê.
tes , présenterent à la Reine un Lapin blanc ,
orné de rubans , &c.
La Reine étant partie de Reineville de bonne
heure, arriva à Chaalons vers les 5. heures , et se
rendit ensuite au Château de Sary , où elle a sé-
journé. Son Entrée en cette Ville fut fort belle ,
plusieurs Brigades de Maréchaussées , comman-
dées par le Prévôt Géneral , étoient de la suite ;
deux Compagnies du Régiment de Pont et les
Pages de S. M. environnoient son Carosse ; M.
l'Evêque et M. l'Intendant précedoient , chacun
dans leur Chaise de poste , afin de recevoir S. M.
à Sary , cinq Carosses à six chevaux , dans les-
quels étoient les Dames et Seigneurs de la suite
de la Reine , & c. La Compagnie de l'Arquebuse
de Chaalons étoit sous les Armes à l'entrée de la
Ville , les Milices Bourgeoises bordoient les rues
jusqu'à la porte de la superbe Promenade dont on
a parlé.
S.M. fut reçue à Sary par les mêmes Personnes
qui s'y étoient trouvées lors du passage du Roy;
l'Evêque de Chaalons et le Marquis de Choi-
seul , curent l'honneur de lui présenter la main.
S. M. soupa à son petit couvert et se coucha
de bonne heure.
Le lendemain elle entendit la Messe à 11. heu-
res dans la Chapelle du Château , les Officiers de
Ville furent présentés à S. M. par le Marquis de
Choiseul, ils lui offrirent dans une corbeille très-
galamment ornée toutes sortes de confitures
seches.
G La
976 MERCURE DE FRANCE
La Reine dîna à son petit couvert à midy ;
elle reçut sur les cinq heutes les respects du R.P.
Baltus , Recteur des jésuites de Chaalons , &c.
Lorsque la Reine de Pologne eut fait ses dé-
pêches pour le Roy son Epoux , elle en chargea
le Marquis de Choiseul , et nomma en même-
temps Mad. son Epouse Dame de son Palais ;
M. de Choiseul en remercia S. M. dans des ter-
mes pleins de reconnoissance; il partit à l'instang
pour Luneville.
Le 7. Avril 5. M. entendit la Messe à dix heu
res , dîna une heure après à son petit couvert et
partit à midy.
On ne peut rien dire de plus obligeant que ce
que la Reine dit à l'Evêque , sur la réception
que lui a fait ce Prélat ; il fut remercié aussi par
la Comtesse de Linange et par les autres Sei-
gneurs et Dames de la Cour.
M. de Beaupré monra dans sa Chaise de poste
pour préceder S. M. à Vitry ; elle y arriva à 6.
heures du soir , escortée par un détachement de
la Maréchaussée.
L'élite de la Milice Bourgeoise sous les Armes
avec des cocardes blanches , formoit une double
haye dans les rues , jusqu'au logement de la Rei-
ne; le Marquis de Vilaine , Gouverneur de la
Ville étoit à la tête. S M. fut reçûë à la descen-
te de son Carosse par M. de la Galaiziere , In-
tendant de Lorraine et de Bar , qui lui donna la
main jusques dans son Apartement.
Les Maire et Echevins , qui furent présentés
par M. l'Intendant , offrirent leurs présens à la
Reine , ils furent très - bien reçus
elle admit en-
suite à son Audience plusieurs Officiers des Trou-
pes du Roy , elle en reconnut quelques- uns , et
leur donna des témoignages de son souvenir;le P.
Prieur
MAY.
1737.
977
Brieur de la Charité de cette Ville fut aussi ad-
mis à rendre ses respects à la Reine , il lui pré-
senta un Ananas d'une prodigieuse grosseur.
A huit heures S. M. soupa à son petit couvert,
il y cut cinq autres tables , dont l'une étoit de
30. couverts , et les autres de 25. et 20. qui fu-
sent servies avec une propreté et une délicatessé
qui passe tout ce qu'on peut imaginer.
L'attention de M. l'Intendant ne se borna pas
aux Personnes de distinction , il voulut que gé-
neralement tous les gens de la snite se ressentis-
sent de sa magnificence ; on cur servit un sou◄
pé convenable et force vin de Champagne.
Le lendeman , jour du départ , S. M. alla en-
tendre la Messe à sept heures à la Collégiale, elle
fut reçue à l'entrée de la principale porte par le
Chapitre , qui lui avoit fait préparer un tapis de
pied et un careau sur lequel la Reine se mit à
genoux pour baiser la Croix , qui lui fut présentée
par le Doyen , S. M. s'étant levée elle reçut l'Eau
benite ; ensuite le Doyen prononça ce Discours .
MADAME ,
Le Chapitre de l'Eglise Royale de cette Ville
rend avec un respectueux empressement ses très-
humbles devoirs à V.M.Nous allons , MADAME,
célebrer les saints Misteres pour demander à Dieu
la conservation de V. M. et le bonheur de toute la
Famille Royale , c'est aux seules Prieres que se ter
minent dans le Temple du Seigneur les Camplimens
des Ministres du Roy des Rois.
La Reine salua le Clergé qui l'accompagna
jusqu'à son Prie- Dieu , M. l'Intendant,donnoit
la main à S. M. La Messe finie , le Doyen à la
droite de la Reine , précedé de tout le Chapitre,
la conduisit jusqu'à son Carosse . M. l'Intendant
continua de donner la main à S. M. Au milieu
G ij
.
de
·
978 MERCURE DE FRANCE
de la Nef , elle eut la bonté de se tourner
du côté du Doyen , et lui dit : M. je vous
remercie et toute votre Compagnie , de la réception
gracieuse que vous m'avezfaite. Le Doyen lui ré-
pondit : MADA ME , nous désirons ardemment
que les Prieres que nous venons de faire pour V.M.
soient exaucées, nous avons prié de tout notre cœur.
Ensuite la Reine monta en Carosse pour se
rendre à S. Dizier , escortée par un détachement
de Maréchaussée , un instant après M. l'Inten-
dant partit en paste , afin de préceder S. M.
S. M. arriva le 11. sur les midy à S. Dizier ,
escortée d'un détachement de la Maréchaussée
de l'Arquebuse et les Milices Bourgeoises bor-
doient les rues ; cette Princesse logea au Château
que M. de Beaupré avoit fait meubler. Les Maire.
et Echevins qu'il présenta à la Reine , lui offri
rent leurs présens , et furent reçus très-gracieu-
sement.
S. M. dina à son petit couvert , elle fut servie
comme si elle cût mangé en public ;
il y eug
plusieurs autres tables également bien servies par
les soins de M. de Beaupré , S. M. partit à trois
heures pour aller coucher à Bar. Elle témoigna
à M. de Beaupré combien elle étoit satisfaite de
ses attentions , &c. Tous les Seigneurs et Dames
de sa Cour le complimenterent dans des termes
remplis de reconnoissance. Il a suivi S. M. jus◄
qu'à Bar.
Dès qu'on fut assuré que la Reine de Pologne
étoit arrivée sur la Frontiere de ses nouveaux
Etats, une nombreuse Compagnie de Chevaliers
proprement vétus d'un uniforme blanc avec pa-
remens rouges , alla à sa rencontre et revint le
même jour , marchant devant le Carosse de
S. M. au bruit des Instrumens Militaires,
Sur
MAY.
1737-
979
Sur le chemin , à quelque distance de Bar-le-
Duc , la Reine trouva une Compagnie de jeunes
Gens à pied , qui avoient passé la nuit sous des
Tentes , en attendant son arrivée. Cette Compa-
gnie formée à son honneur , lui servit d'escorte.
Lorsque la Reine arriva aux portes de la Ville,
elle y trouva environ trois mille Bourgeois qui
étoient rangés sous des Drapeaux magnifiques,
et qui la suivirent jusques au Château.
En entrant dans cette Place , elle fut compli-
mentée par M. le Commandant , et en avançant
un peu plus loin , elle parut agréablement sur-
prise d'un Spectacle que présentoit à ses yeux la
Jeunesse du College des Jésuites. Ces jeunes Gens
etoient partie à pied et partie à cheval . Ceux des
Classes inférieures , au nombre de quarante ,
étoient à pied , habillés à la Polonoise , ayans
tous un habit d'écarlate bordé de fourures d'her
mine,et sur l'habillement des écharpes de prix . Hs
avoient des bonnets rouges qui cachoient entie
rement leurs cheveux , et dont la pointe garnie
d'une frange d'argent , s'élevoit au - dessus d'une
fourure très- propre. Devant eux pendoient de
petits coutelas , et ils tenoient à la main des
Etendards très riches , les uns aux Armes de Pos
logne , de Leczinski , les autres aux Armes de
Lorraine et de Bar.
Ceux des Classes supérieures étoient à cheval
au nombre de 24. botés à la Połonoise , habillés
comme les autres d'écarlate , et portant des bon-
nets de même , mais ayant tous le Sabre à la
main.
Ces deux Corps étoient rangés dans la cour inte
rieure du Château sur deux lignes, en demi cercle,
ayant à une extremité leur Tambour , habillé à
la Romaine , et à une autre deux Clercs , dong
Giij
l'un
980 MERCURE DE FRANCE
P'un étoit à cheval , représentant tous les Clercs-
du College , et l'autre à pied , en manteau long,
qui se disposoit à parler. A leurs côtés étoient
Mrs les Militaires de la Garde , présentant les
Armes.
Aussi- tôt que la Reine fut près de ces jeunes:
Gens ainsi disposés , les premiers baisserent leurs
Erendarts pour la saluer ; ce qui se fit avec beau-
coup d'ordre et au grand contentement de S. M.
La Reine inonta ensuite dans son Apartement,
introduite par M. le Chancelier et Garde des
Sceaux , précedée de quelques - uns des Polonois,
qui portoient des Etendarts aux Armes de Bar.
Après que M. le Chancelier eut fait son com-
pliment , un Ecolier eut aussi l'honneur de com
plimenter Sa Majesté au nom du College..
La Reine répondit avec bonté : Je suis très-
sensible à votre Compliment , je vous en remercie ,
mais je veux voir encore une fois la Jeunesse Po-
lonoise.
Sur cela on donna ordre à cette Jeunesse de se
rendre dans l'Apartement de S. M. et là ces jeu-
nes Gens passant tous devant elle , les uns après-
les autres , ils eurent l'honneur de la saluer de
rechef avec l'Etendart.
Ils sortirent ensuite deux à deux et revinrent
avec les Cavaliers Polonois au College. Peu de
temps après le Canon du Château se fit entendre;
on ne doit pas oublier ici la maniere gracieuse
dont S. M. remercia la Noblesse et toutes les
Compagnies de cette Ville , qui étoient dans les
différentes Chambres de son Apartement , &c..
Elle leur témoigna qu'elle étoit très- satisfaite de.
leur zele et de tout ce qu'on faisoit pour elle .
Sur le soir , vers les huit heures , le Château
et toute la Ville étant illuminés , on tira un très-
beau
MAY.
1737.
981
beau Feu d'artifice , qu'on avoit artistement pla
cé sur un bâtiment à deux étages , orné de De-
vises à l'honneur du Roy et de la Reine , et sur-
monté d'une Renommée , qui tenoit d'ung main
les Armes de Pologne et de l'autre sa Trompete .
Après quoi la Reine se mit à table , et comme
elle a un grand fond de pieté et de religion, inal-
gré toutes ses fatigues et la délicatesse de son
tempérament , elle ne prit qu'une simple colla-
tion
Alors les Dames curent l'honneur de lui
faire la réverence, et en furent très gracieusement
reçûës.
Le lendemain 12. Avril , S. M. entendit la
Messe dans la Chapelle du Château , où elle fut
complimentée par le Doyen de certe Eglise.
Après avoir oui la Messe , elle monta dans
son Carosse. Aussi -tôt la Jeunesse Polonoise
qui avoit repris son premier poste , se mit en
marche sur deux lignes , ceux qui étoient à che-
val , marchant immédiatement devant le Caros-
se de la Reine , et ceux qui étoient à pied mar-
chant à la tête avec leurs Etendarts. Les autres
Carosses suivoient , bordés de la nouvelle Com-
pagnie à pied, et suivis d'une partie de la Bour-
geolie , tap iis que l'autre bordoit les rues .
On marcha dans cet ordre jusques hors de la
Ville, &c. La Reine fut de nouveau complimentée
au nom des Ecoliers Elle eur la bonté de dire plus
sieurs fois qu'elle étoit très- contente, et que ceux
qui étoient à pied pouvoient s'en retourner , ce
qu'ils firent à la suite de la Bourgeoisie.
Pour les autres qui étoient à cheval , ils eurent
l'honneur de marcher devant le Carosse de S. M.
jusqu'à la premiere Bourgade. La Compagnie
des Chevaliers qui avoient attendu la Reine ,
continua à l'accompagner jusques vers Ligny au
Giiij
bruig
982 MERCURE DE FRANCE
bruit des Trompettes et des Timbales. Ensuite
S. M. les remercia de la maniere du monde la
plus obligeante.
au sujet du Passage du Roy et de la Reine de
Pologne par la Champagne , en allant prendre
possession de leurs Etats de Lorraine. A Chaalons
chés
res
MAY.
1737
971
chés Seneuze , 1737. brochure in 4. de 12. pa-
ges. La Lettre est datée du 25. Avril.
L'Ecrivain déclare dabord avec modestie qu'on
ne doit s'atacher qu'à la vérité d.s faits qu'il ra-
porte et non à la délicatesse du stile. Il commen-
ce ainsi sa narration. Le Roy de Pologne partit
de Meudon en poste le premier Avril , ce Prince
n'a séjourné en aucun endroit , il vint coucher à
Mont-Saint- Pere, Terre limitrophe de cette Pro-
vince , qui apartient à M. Paris du Vernay.
De Mont-Saint-Pere,le Roy de Pologne se ren-
dit à Epernay , il fit l'honneur à M. d'Aubigny,
Lieutenant General et Subdelegué de M. l'Inten-
dant , de dîner chés lui.
Le Roy fit aussi l'honneur à M. de Saint Clair,
Chevalier de S. Louis , Exempt des Gardes du
Corps , Gendre de M. d'Aubigni , de le faire
manger à sa table. La Bourgeoisie qui étoit sous
ler Armes , bordoit les rues, et monta la garde
chés le Roy jusqu'au départ de Sa Majesté
Elle fut escortée d'abord par la Maréchaussée ;
une Compagnie du Régiment de Pont , Cavale
rie , qui est en quartier dans le Village d'Athie ,
conduisit ce Prince jusqu'à Jalon , une autre du
mêine Régiment releva cette premiere , ct l'accom-
pagna jusqu'à Aulnay; les Diles de ce Lieu , vétuës
galamment , et M. le Curé ensuite , complimen-
terent S. M. Voici l'un et l'autre de ces Compli
mens , et les Réponses du Roy de Pologne ; Pune
de ces Dlles s'étant avancée , dit avec beaucoup
de grace , en lui présentant le vin d'honneur .
SIRE , nous vous offrons au nom de nos Pe-
>
defoibles marques de leurs respects , nous ac-
compagnons notre offrande de vœux sinceres que
nous faisons pour votre santé puissiez- vous SIRE
Lorsque nous serons ayeules , recevoir de notre pos
terit
972 MERCURE DE FRANCE
terité les mêmes hommages , et voir la vôtre faire
le bonheur de l'Europe.
Le Roy de Pologne aplaudit en souriant à la
saillie de cette jeune personne , il lui souhai
ta l'accomplissement de ses désirs , dans les-
quels il lui dit qu'il se trouvoit fort interessé
ces Dlles s'étant éloignées , M. le Dieu , Curé
d'Aulnay, âgé de près de 80. ans, s'avança et dit.
SIRE , il y a long- temps que je vis, mais dans
le cours de mes années , je n'ai pas eû un jour si
flateur l'ai le bonheur de voir un grand Roy que
son Héroisme fait respecter de toutes les Nations
un Roy tojours égal à lui- même , malgré le concours
des évenemens les plus marqués , c'est le vrai ca-
ractere de la vertu ; nos vœux , SIRE , ont déja
été plusieurs fois portés jusqu'au Trône du Roy des
Rois pour la conservation et la prospérité de V. M.
Les François , SIRE , et moi en particulier , s'y
interessent sincerement et relativement à votre Per
sonne sacrée , et par reconnoissance pour le don que
le Ciel nous a fait de Monseigneur le Dauphin vo-
tre petit-Fils , qui assure le repos de cet Empire
je redoublerai mes prieres , SIRE , pour qu'une
parfaite sécurité pendant une longue suite d'années
vous conduise à la vie éternelle.
Le Roy parut satisfait de ce Compliment , il
en remercia fort gracieusement M. le Curé, et le
conjura de se ressouvenir de la promesse qu'il
lui faisoit de prier Dieu pour lui,
A la sortie du Bac d'Aulnay , de l'autre côté
de la Riviere de Marne, le Roy de Pologne trous
va une Brigade de la Maréchaussée qui l'escorta
jusqu'à Chaalons ; en chemin il trouva une au-
tre Compagnie du même Régiment de Pont, qui
augmenta l'escorte ; S. M. arriva en cette Ville
sur les quatre heures , précedé d'un nouveau dé-
tachement
MAY.
1737.
973
tachement de la Maréchaussée , commandé par
le Prévôt Géneral , et de deux Chaises de poste ,
dans lesquelles il y avoit deux Seigneurs de sa
Maison , plusieurs de ses Officiers suivoient à
cheval , le Carosse de M. de Beaupré , qui étoit
allé au- devant de S. M. venoit après , un troi-
siéme Escadron du Régiment de Pont fermoit la
marche. Le Roy passa au milieu d'une foule de
Peuple accourue de toutes parts pour voir S. M.
laquelle pour répondre à cet empressement,bais-
sa les glaces de sa Chaise et ordonna à son Pos-
tillon d'aller au petit pas.
De Chaalons, S. M. se rendit à Sary, Château
de M. l'Evêque, situé à l'extremité du Jard, pro-
menade la plus belle qu'il y ait dans aucune Vil-
le de France ; ce Château est très -beau et très-
commode ; on le concevra aisément en se rapel-
lant que les Evêques de Chaalons y ont toujours
reçu les Princes et Princesses du Sang, M. le Duc
d'Orleans et M. le Duc y ont été mariés .
M. l'Evêque , accompagné du Marquis de
Choiseul , Lieutenant Général de la Province ,
de l'Abbé de Saint Mémie , ses Freres , et des
Personnes les plus distinguées de Chaalons , re-
çut S. M. à la descente de sa Chaise ; ce Prélat
comptoit que le Roy de Pologne lui feroit l'hon-
neur de souper et coucher chés lui , mais com-
me il étoit encore de bonne heure , ce Prince
jugea à propos de ne s'arrêter qu'environ uns
heure, et d'aller à Saint Dizier
3
après avoir em-
brassé M. l'Evêque et lui avoir témoigné com-
bien il étoit sensible à sa politesse ; S. M. em-
brassa pareillement M. l'Intendant , et lui té-
moigna qu'elle étoit très-contente des attentions
qu'il avoit eues pour lui dans son Département.
L'Evêque de Chaalons présenta au Roy son
Neveu,
974 MERCURE DE FRANCE
Neveu , fils du Marquis de Choiseul , en lui di-
sant ,
qu'étant né en Lorraine il étoit du nom-
bre de ses Sujets , ce jeune Seigneur , qui joint à
une phisionomie des plus heureuses , beaucoup
d'esprit et de graces, servoit alors à boire à S.M.
qui avec cette douce et noble affabilité qui releve
toutes ses actions , dit, en mettant la main sur
l'épaule de cet aimable Enfant , J'en prends pos-
session avec bien du plaisir.
Les Officiers de Ville de Chaalons s'étant ren
dus à Sary , furent introduits auprès de S. M.
par M. l'Evêque , ils présenterent à ce Prince le
vin d'honneur, qu'il accepta ; ces Mrs et les Per
sonnes de consideration qui s'étoient rendus à
Sary , furent invités par M. l'Evêque d'y rester
au soupé, qui étoit destiné pour S. M. De Sary ,
le Roy se rendit à Saint Dizier , & c .
La Reine de Pologne partit de Meudon le 3.
Avril et arriva à 7 heures du soir au Château de
Congy, qui apartient à M,de Chasot , Président
à Mortier au Parlement de Metz ; Ș. A. S. Ma-
demoiselle de Clermont y logea en 1725 , lors-
qu'elle alla à Strasbourg pour le Mariage de la
Reine. M. l'Intendant reçut la Reine de Pologne
à la descente de son Carosse , que tous les Habi-
tans de ce Lieu entouroient ; les femmes offri-
rent leur présent à S. M. qui consistoit en un
Mouton orné d'une infinité de rubans, & c. sur les
huit heures la R. de P. soupa à son petit couverts
on ne fera point le détail des differens mets qui
furent servis avec une délicatesse et une attention
infinies de la part de M.l'Intendant , qui fit aussi
servir à soupé aux Seigneurs et Dames de la sui-
te de S. M.
Le lendemain la Reine de Pol. après avoir en
tendu la Messe , partit pour Sary. Elle alla dîner
au
MAY.
1737.
975
u Château de Reineville , à cinq lieues de Chaa-
lons . M. de Beaupré avoit cû soin que tout y
für en abondance; l'Evêque s'y étant aussi rendu,
i's reçurent S. M. à la descente de son Ca-
rosse ; plusieurs femmes en habit des bonnes Fê.
tes , présenterent à la Reine un Lapin blanc ,
orné de rubans , &c.
La Reine étant partie de Reineville de bonne
heure, arriva à Chaalons vers les 5. heures , et se
rendit ensuite au Château de Sary , où elle a sé-
journé. Son Entrée en cette Ville fut fort belle ,
plusieurs Brigades de Maréchaussées , comman-
dées par le Prévôt Géneral , étoient de la suite ;
deux Compagnies du Régiment de Pont et les
Pages de S. M. environnoient son Carosse ; M.
l'Evêque et M. l'Intendant précedoient , chacun
dans leur Chaise de poste , afin de recevoir S. M.
à Sary , cinq Carosses à six chevaux , dans les-
quels étoient les Dames et Seigneurs de la suite
de la Reine , & c. La Compagnie de l'Arquebuse
de Chaalons étoit sous les Armes à l'entrée de la
Ville , les Milices Bourgeoises bordoient les rues
jusqu'à la porte de la superbe Promenade dont on
a parlé.
S.M. fut reçue à Sary par les mêmes Personnes
qui s'y étoient trouvées lors du passage du Roy;
l'Evêque de Chaalons et le Marquis de Choi-
seul , curent l'honneur de lui présenter la main.
S. M. soupa à son petit couvert et se coucha
de bonne heure.
Le lendemain elle entendit la Messe à 11. heu-
res dans la Chapelle du Château , les Officiers de
Ville furent présentés à S. M. par le Marquis de
Choiseul, ils lui offrirent dans une corbeille très-
galamment ornée toutes sortes de confitures
seches.
G La
976 MERCURE DE FRANCE
La Reine dîna à son petit couvert à midy ;
elle reçut sur les cinq heutes les respects du R.P.
Baltus , Recteur des jésuites de Chaalons , &c.
Lorsque la Reine de Pologne eut fait ses dé-
pêches pour le Roy son Epoux , elle en chargea
le Marquis de Choiseul , et nomma en même-
temps Mad. son Epouse Dame de son Palais ;
M. de Choiseul en remercia S. M. dans des ter-
mes pleins de reconnoissance; il partit à l'instang
pour Luneville.
Le 7. Avril 5. M. entendit la Messe à dix heu
res , dîna une heure après à son petit couvert et
partit à midy.
On ne peut rien dire de plus obligeant que ce
que la Reine dit à l'Evêque , sur la réception
que lui a fait ce Prélat ; il fut remercié aussi par
la Comtesse de Linange et par les autres Sei-
gneurs et Dames de la Cour.
M. de Beaupré monra dans sa Chaise de poste
pour préceder S. M. à Vitry ; elle y arriva à 6.
heures du soir , escortée par un détachement de
la Maréchaussée.
L'élite de la Milice Bourgeoise sous les Armes
avec des cocardes blanches , formoit une double
haye dans les rues , jusqu'au logement de la Rei-
ne; le Marquis de Vilaine , Gouverneur de la
Ville étoit à la tête. S M. fut reçûë à la descen-
te de son Carosse par M. de la Galaiziere , In-
tendant de Lorraine et de Bar , qui lui donna la
main jusques dans son Apartement.
Les Maire et Echevins , qui furent présentés
par M. l'Intendant , offrirent leurs présens à la
Reine , ils furent très - bien reçus
elle admit en-
suite à son Audience plusieurs Officiers des Trou-
pes du Roy , elle en reconnut quelques- uns , et
leur donna des témoignages de son souvenir;le P.
Prieur
MAY.
1737.
977
Brieur de la Charité de cette Ville fut aussi ad-
mis à rendre ses respects à la Reine , il lui pré-
senta un Ananas d'une prodigieuse grosseur.
A huit heures S. M. soupa à son petit couvert,
il y cut cinq autres tables , dont l'une étoit de
30. couverts , et les autres de 25. et 20. qui fu-
sent servies avec une propreté et une délicatessé
qui passe tout ce qu'on peut imaginer.
L'attention de M. l'Intendant ne se borna pas
aux Personnes de distinction , il voulut que gé-
neralement tous les gens de la snite se ressentis-
sent de sa magnificence ; on cur servit un sou◄
pé convenable et force vin de Champagne.
Le lendeman , jour du départ , S. M. alla en-
tendre la Messe à sept heures à la Collégiale, elle
fut reçue à l'entrée de la principale porte par le
Chapitre , qui lui avoit fait préparer un tapis de
pied et un careau sur lequel la Reine se mit à
genoux pour baiser la Croix , qui lui fut présentée
par le Doyen , S. M. s'étant levée elle reçut l'Eau
benite ; ensuite le Doyen prononça ce Discours .
MADAME ,
Le Chapitre de l'Eglise Royale de cette Ville
rend avec un respectueux empressement ses très-
humbles devoirs à V.M.Nous allons , MADAME,
célebrer les saints Misteres pour demander à Dieu
la conservation de V. M. et le bonheur de toute la
Famille Royale , c'est aux seules Prieres que se ter
minent dans le Temple du Seigneur les Camplimens
des Ministres du Roy des Rois.
La Reine salua le Clergé qui l'accompagna
jusqu'à son Prie- Dieu , M. l'Intendant,donnoit
la main à S. M. La Messe finie , le Doyen à la
droite de la Reine , précedé de tout le Chapitre,
la conduisit jusqu'à son Carosse . M. l'Intendant
continua de donner la main à S. M. Au milieu
G ij
.
de
·
978 MERCURE DE FRANCE
de la Nef , elle eut la bonté de se tourner
du côté du Doyen , et lui dit : M. je vous
remercie et toute votre Compagnie , de la réception
gracieuse que vous m'avezfaite. Le Doyen lui ré-
pondit : MADA ME , nous désirons ardemment
que les Prieres que nous venons de faire pour V.M.
soient exaucées, nous avons prié de tout notre cœur.
Ensuite la Reine monta en Carosse pour se
rendre à S. Dizier , escortée par un détachement
de Maréchaussée , un instant après M. l'Inten-
dant partit en paste , afin de préceder S. M.
S. M. arriva le 11. sur les midy à S. Dizier ,
escortée d'un détachement de la Maréchaussée
de l'Arquebuse et les Milices Bourgeoises bor-
doient les rues ; cette Princesse logea au Château
que M. de Beaupré avoit fait meubler. Les Maire.
et Echevins qu'il présenta à la Reine , lui offri
rent leurs présens , et furent reçus très-gracieu-
sement.
S. M. dina à son petit couvert , elle fut servie
comme si elle cût mangé en public ;
il y eug
plusieurs autres tables également bien servies par
les soins de M. de Beaupré , S. M. partit à trois
heures pour aller coucher à Bar. Elle témoigna
à M. de Beaupré combien elle étoit satisfaite de
ses attentions , &c. Tous les Seigneurs et Dames
de sa Cour le complimenterent dans des termes
remplis de reconnoissance. Il a suivi S. M. jus◄
qu'à Bar.
Dès qu'on fut assuré que la Reine de Pologne
étoit arrivée sur la Frontiere de ses nouveaux
Etats, une nombreuse Compagnie de Chevaliers
proprement vétus d'un uniforme blanc avec pa-
remens rouges , alla à sa rencontre et revint le
même jour , marchant devant le Carosse de
S. M. au bruit des Instrumens Militaires,
Sur
MAY.
1737-
979
Sur le chemin , à quelque distance de Bar-le-
Duc , la Reine trouva une Compagnie de jeunes
Gens à pied , qui avoient passé la nuit sous des
Tentes , en attendant son arrivée. Cette Compa-
gnie formée à son honneur , lui servit d'escorte.
Lorsque la Reine arriva aux portes de la Ville,
elle y trouva environ trois mille Bourgeois qui
étoient rangés sous des Drapeaux magnifiques,
et qui la suivirent jusques au Château.
En entrant dans cette Place , elle fut compli-
mentée par M. le Commandant , et en avançant
un peu plus loin , elle parut agréablement sur-
prise d'un Spectacle que présentoit à ses yeux la
Jeunesse du College des Jésuites. Ces jeunes Gens
etoient partie à pied et partie à cheval . Ceux des
Classes inférieures , au nombre de quarante ,
étoient à pied , habillés à la Polonoise , ayans
tous un habit d'écarlate bordé de fourures d'her
mine,et sur l'habillement des écharpes de prix . Hs
avoient des bonnets rouges qui cachoient entie
rement leurs cheveux , et dont la pointe garnie
d'une frange d'argent , s'élevoit au - dessus d'une
fourure très- propre. Devant eux pendoient de
petits coutelas , et ils tenoient à la main des
Etendards très riches , les uns aux Armes de Pos
logne , de Leczinski , les autres aux Armes de
Lorraine et de Bar.
Ceux des Classes supérieures étoient à cheval
au nombre de 24. botés à la Połonoise , habillés
comme les autres d'écarlate , et portant des bon-
nets de même , mais ayant tous le Sabre à la
main.
Ces deux Corps étoient rangés dans la cour inte
rieure du Château sur deux lignes, en demi cercle,
ayant à une extremité leur Tambour , habillé à
la Romaine , et à une autre deux Clercs , dong
Giij
l'un
980 MERCURE DE FRANCE
P'un étoit à cheval , représentant tous les Clercs-
du College , et l'autre à pied , en manteau long,
qui se disposoit à parler. A leurs côtés étoient
Mrs les Militaires de la Garde , présentant les
Armes.
Aussi- tôt que la Reine fut près de ces jeunes:
Gens ainsi disposés , les premiers baisserent leurs
Erendarts pour la saluer ; ce qui se fit avec beau-
coup d'ordre et au grand contentement de S. M.
La Reine inonta ensuite dans son Apartement,
introduite par M. le Chancelier et Garde des
Sceaux , précedée de quelques - uns des Polonois,
qui portoient des Etendarts aux Armes de Bar.
Après que M. le Chancelier eut fait son com-
pliment , un Ecolier eut aussi l'honneur de com
plimenter Sa Majesté au nom du College..
La Reine répondit avec bonté : Je suis très-
sensible à votre Compliment , je vous en remercie ,
mais je veux voir encore une fois la Jeunesse Po-
lonoise.
Sur cela on donna ordre à cette Jeunesse de se
rendre dans l'Apartement de S. M. et là ces jeu-
nes Gens passant tous devant elle , les uns après-
les autres , ils eurent l'honneur de la saluer de
rechef avec l'Etendart.
Ils sortirent ensuite deux à deux et revinrent
avec les Cavaliers Polonois au College. Peu de
temps après le Canon du Château se fit entendre;
on ne doit pas oublier ici la maniere gracieuse
dont S. M. remercia la Noblesse et toutes les
Compagnies de cette Ville , qui étoient dans les
différentes Chambres de son Apartement , &c..
Elle leur témoigna qu'elle étoit très- satisfaite de.
leur zele et de tout ce qu'on faisoit pour elle .
Sur le soir , vers les huit heures , le Château
et toute la Ville étant illuminés , on tira un très-
beau
MAY.
1737.
981
beau Feu d'artifice , qu'on avoit artistement pla
cé sur un bâtiment à deux étages , orné de De-
vises à l'honneur du Roy et de la Reine , et sur-
monté d'une Renommée , qui tenoit d'ung main
les Armes de Pologne et de l'autre sa Trompete .
Après quoi la Reine se mit à table , et comme
elle a un grand fond de pieté et de religion, inal-
gré toutes ses fatigues et la délicatesse de son
tempérament , elle ne prit qu'une simple colla-
tion
Alors les Dames curent l'honneur de lui
faire la réverence, et en furent très gracieusement
reçûës.
Le lendemain 12. Avril , S. M. entendit la
Messe dans la Chapelle du Château , où elle fut
complimentée par le Doyen de certe Eglise.
Après avoir oui la Messe , elle monta dans
son Carosse. Aussi -tôt la Jeunesse Polonoise
qui avoit repris son premier poste , se mit en
marche sur deux lignes , ceux qui étoient à che-
val , marchant immédiatement devant le Caros-
se de la Reine , et ceux qui étoient à pied mar-
chant à la tête avec leurs Etendarts. Les autres
Carosses suivoient , bordés de la nouvelle Com-
pagnie à pied, et suivis d'une partie de la Bour-
geolie , tap iis que l'autre bordoit les rues .
On marcha dans cet ordre jusques hors de la
Ville, &c. La Reine fut de nouveau complimentée
au nom des Ecoliers Elle eur la bonté de dire plus
sieurs fois qu'elle étoit très- contente, et que ceux
qui étoient à pied pouvoient s'en retourner , ce
qu'ils firent à la suite de la Bourgeoisie.
Pour les autres qui étoient à cheval , ils eurent
l'honneur de marcher devant le Carosse de S. M.
jusqu'à la premiere Bourgade. La Compagnie
des Chevaliers qui avoient attendu la Reine ,
continua à l'accompagner jusques vers Ligny au
Giiij
bruig
982 MERCURE DE FRANCE
bruit des Trompettes et des Timbales. Ensuite
S. M. les remercia de la maniere du monde la
plus obligeante.
Fermer
972
p. 1019-1020
RUSSIE.
Début :
LE 25. Mars, S. M. Cz. reçut un Courier, par lequel elle aprit que le Contre-Amiral [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RUSSIE.
RUSSIE.LE 25. Mars, S. M. Cz. reçut un Courier,
par lequel elle aprit que le Contre-Amiral
Bredahl étoit arrivé à Asoph avec les Galeres
qu'on a construites cet hyver à Bransch et à Ve
ronitz , et qui font faites de maniere qu'elles
peuvent le démonter et se remonter facilement;
que ce Contre-Amiral étoit descendu avec une
partie de ces Galeres à l'embouchure du Fleuve
du Tanais; qu'il y avoit fait la revue de la Flotte
qu'il avoit trouvée en très- bon état , et que
deux Bâtimens qu'il avoit envoyés à la décou-
verte dans la Mer Noire , s'étoient emparés
d'un Brigantin Turc , qui alloit de Constanti-
nople à Caffa , sur lequel on avoit fait 126.
Esclaves ; et que les Turcs pris fur ce Brigantin
avoient assuré que le Capitan Pacha faifoit tou-
tes les dispositions nécessaires , pour que la Flotte'
Au Grand Seigneur pût être mise en Mer au
Commencement du mois de Mai.
On assure que le G. S. auroit accordé à la
Czarine une partie de ses demandes , et peut-
être même lui auroit cedé Asoph , si les Jannis-
saires et le Peuple de Constantinople , ayant été
informés de ce que contenoient les Articles Pré-
liminaires proposés par S. M. Cz. ne s'étoient
attroupés plusieurs fois tumultueusement pour
demander la continuation de la Guerre
et que
Hautesse avoit lieu de craindre d'exciter le
méconten
1010 MERCURE DE FRANCE
mécontentement de ses Sujets ,
si elle accepteit
les conditions que la Czarine exigeoit d'elle.
par lequel elle aprit que le Contre-Amiral
Bredahl étoit arrivé à Asoph avec les Galeres
qu'on a construites cet hyver à Bransch et à Ve
ronitz , et qui font faites de maniere qu'elles
peuvent le démonter et se remonter facilement;
que ce Contre-Amiral étoit descendu avec une
partie de ces Galeres à l'embouchure du Fleuve
du Tanais; qu'il y avoit fait la revue de la Flotte
qu'il avoit trouvée en très- bon état , et que
deux Bâtimens qu'il avoit envoyés à la décou-
verte dans la Mer Noire , s'étoient emparés
d'un Brigantin Turc , qui alloit de Constanti-
nople à Caffa , sur lequel on avoit fait 126.
Esclaves ; et que les Turcs pris fur ce Brigantin
avoient assuré que le Capitan Pacha faifoit tou-
tes les dispositions nécessaires , pour que la Flotte'
Au Grand Seigneur pût être mise en Mer au
Commencement du mois de Mai.
On assure que le G. S. auroit accordé à la
Czarine une partie de ses demandes , et peut-
être même lui auroit cedé Asoph , si les Jannis-
saires et le Peuple de Constantinople , ayant été
informés de ce que contenoient les Articles Pré-
liminaires proposés par S. M. Cz. ne s'étoient
attroupés plusieurs fois tumultueusement pour
demander la continuation de la Guerre
et que
Hautesse avoit lieu de craindre d'exciter le
méconten
1010 MERCURE DE FRANCE
mécontentement de ses Sujets ,
si elle accepteit
les conditions que la Czarine exigeoit d'elle.
Fermer
973
p. 1169-1170
« On aprend de Lisbonne, que M, Frederic-Jacques Vveinholtz, G[e]ntilhomme Allemand, [...] »
Début :
On aprend de Lisbonne, que M, Frederic-Jacques Vveinholtz, G[e]ntilhomme Allemand, [...]
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texteReconnaissance textuelle : « On aprend de Lisbonne, que M, Frederic-Jacques Vveinholtz, G[e]ntilhomme Allemand, [...] »
On aprend de Lisbonne, que M, Frederic-Jacques Vveinholtz, G[e]ntilhomme Allemand,
1. Vol.
Fij
Jacques
110 MERCURE DE FRANCE
Sergent Major de Bataille dans les Troupes du
Roy de Portugal , a inventé une nouvelle espece
de Canon qui tire vingt coups en une minute.
1. Vol.
Fij
Jacques
110 MERCURE DE FRANCE
Sergent Major de Bataille dans les Troupes du
Roy de Portugal , a inventé une nouvelle espece
de Canon qui tire vingt coups en une minute.
Fermer
974
p. 1199-1201
A Constantinople le 26. Mars 1737.
Début :
Les Ministres de Suede eurent le 16. Février une Audience du Kaïmakan, et le [...]
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texteReconnaissance textuelle : A Constantinople le 26. Mars 1737.
A Constantinople le 26. Mars 1737.
Les Ministres de Suede eurent le 16. Février
une Audience du Kaïmakan, et le
3
to
>
de ce mois ils furent admis à celle du Grand
Seigneur ; ils firent dans ces Audiences l'échan--
In Fols
gc.
1200 MERCURE DE FRANCE
ge du Traité de Commerce qu'ils ont conclu
entre la Porte et la Suede ; ces mêmes Ministres
eurent encore le 17. de ce mois une Audience
du Kaïmakan.
M. Faulkener , Ambassadeur d'Angleterre ,
partit d'ici le 26. Février pour se rendre au Camp
du Grand- Visir , il avoit cû le 21. une Audience
de congé du Kaïmakan.
M. Kaikoën , Ambassadeur de Hollande , cut
aussi le premier Mars son Audience de congé
du Kaimakan , et le f. celle du Grand Seigneurs
il fut revétu à celle du Kaimakan , d'une Pé-
lisse d'hermine , et à celle du Grand Seigneur ,
d'une Pélisse de Samour ; cet Ambassadeur par-
tit le 18. de ce mois pour Babadagh.
Le Marquis de Villeneuve , Ambassadeur de
France,eut le 11. Mars une Audience du Kaïma→
kan , dans un Palais situé dans le Canal de la
Mer Noire.
Le quatorze et le quinze on fit une déchar
ge de Canon du Serrail , de Top- Hana , & c. en
réjouissance des avantages remportés par les Taɛ-
tares en Ukraine ; voici comme on raconte cet
Evenement. On dit que le Kan des Tartares étant
entré à la tête d'une nombreuse armée dans le
Pays des Cosaques Berabach , dans l'intention
de piller et saccager les Peuples qui sont le
long des Rivieres Erighil , Holtova et Michali➡
ka , qui se jettent dans le Borysthene , les Trou
pes de la Garnison de Preposna , et celles qui
étoient en quartier d'hyver aux environs , sous
le commandement du General Lessin , le même
qui prit et démolit Kilbournou l'année derniere,
vinrent à la rencontre des Tartares en ordre de
bataille et avec de l'Artillerie , qu'il y eut une
action fort vive et fort sanglante, dans laquelle
I. Vol.
L
JUIN.
1737.
T201
le General Moscovite , à la tête de son Armée
2
donna de grandes marques de valeur et d'ha-
bileté , jusqu'à- ce qu'il fut tué par un Tartare
et sa tête portée au Kan , après quoi ce ne fut
plus qu'une déroute generale parmi ses Troupes,
qui furent toutes taillées en pieces ou faites Es-
claves ; les Tartares se sont rendus maîtres de 18
gros Canons et de toutes les munitions de guer-
re et de bouche. On fait monter le Corps de
Troupes Moscovites et Cosaques qui a été battu,
à 18. mille hommes , le nombre des Esclaves ,
parmi lesquels se trouve le fils du General Lessin,
est très-considérable ; on assure aussi que les
Tartares ont enlevé 100 mille Moutons et 125
mille Chevaux ou Bœufs.
L'Ambassadeur de Perse Baky Kan , qui par-
tit d'ici le 24. Novembre est arrivé à Bagdad ;
son Kiaya qui retourne à Constantinople avec les
présens que Thamas Kouli-Kan envoye au Grand
Segneur , est déja en-deçà de Tokat.
Le Capitan- Pacha doit partir après demain
pour la Mer Noire aves 4. Caravelles , 14. Ga◄
keres et zoo. Galiotes ou Brigantins.
Les Ministres de Suede eurent le 16. Février
une Audience du Kaïmakan, et le
3
to
>
de ce mois ils furent admis à celle du Grand
Seigneur ; ils firent dans ces Audiences l'échan--
In Fols
gc.
1200 MERCURE DE FRANCE
ge du Traité de Commerce qu'ils ont conclu
entre la Porte et la Suede ; ces mêmes Ministres
eurent encore le 17. de ce mois une Audience
du Kaïmakan.
M. Faulkener , Ambassadeur d'Angleterre ,
partit d'ici le 26. Février pour se rendre au Camp
du Grand- Visir , il avoit cû le 21. une Audience
de congé du Kaïmakan.
M. Kaikoën , Ambassadeur de Hollande , cut
aussi le premier Mars son Audience de congé
du Kaimakan , et le f. celle du Grand Seigneurs
il fut revétu à celle du Kaimakan , d'une Pé-
lisse d'hermine , et à celle du Grand Seigneur ,
d'une Pélisse de Samour ; cet Ambassadeur par-
tit le 18. de ce mois pour Babadagh.
Le Marquis de Villeneuve , Ambassadeur de
France,eut le 11. Mars une Audience du Kaïma→
kan , dans un Palais situé dans le Canal de la
Mer Noire.
Le quatorze et le quinze on fit une déchar
ge de Canon du Serrail , de Top- Hana , & c. en
réjouissance des avantages remportés par les Taɛ-
tares en Ukraine ; voici comme on raconte cet
Evenement. On dit que le Kan des Tartares étant
entré à la tête d'une nombreuse armée dans le
Pays des Cosaques Berabach , dans l'intention
de piller et saccager les Peuples qui sont le
long des Rivieres Erighil , Holtova et Michali➡
ka , qui se jettent dans le Borysthene , les Trou
pes de la Garnison de Preposna , et celles qui
étoient en quartier d'hyver aux environs , sous
le commandement du General Lessin , le même
qui prit et démolit Kilbournou l'année derniere,
vinrent à la rencontre des Tartares en ordre de
bataille et avec de l'Artillerie , qu'il y eut une
action fort vive et fort sanglante, dans laquelle
I. Vol.
L
JUIN.
1737.
T201
le General Moscovite , à la tête de son Armée
2
donna de grandes marques de valeur et d'ha-
bileté , jusqu'à- ce qu'il fut tué par un Tartare
et sa tête portée au Kan , après quoi ce ne fut
plus qu'une déroute generale parmi ses Troupes,
qui furent toutes taillées en pieces ou faites Es-
claves ; les Tartares se sont rendus maîtres de 18
gros Canons et de toutes les munitions de guer-
re et de bouche. On fait monter le Corps de
Troupes Moscovites et Cosaques qui a été battu,
à 18. mille hommes , le nombre des Esclaves ,
parmi lesquels se trouve le fils du General Lessin,
est très-considérable ; on assure aussi que les
Tartares ont enlevé 100 mille Moutons et 125
mille Chevaux ou Bœufs.
L'Ambassadeur de Perse Baky Kan , qui par-
tit d'ici le 24. Novembre est arrivé à Bagdad ;
son Kiaya qui retourne à Constantinople avec les
présens que Thamas Kouli-Kan envoye au Grand
Segneur , est déja en-deçà de Tokat.
Le Capitan- Pacha doit partir après demain
pour la Mer Noire aves 4. Caravelles , 14. Ga◄
keres et zoo. Galiotes ou Brigantins.
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975
p. 1202-1203
ALLEMAGNE.
Début :
Quoique tout se dispose à l'ouverture du Congrès qui doit se tenir à Kudack, et que [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Quoique tout se dispose à l'ouverture du
Congrès qui doit se tenir à Kudack, et que
l'Empereur persiste dans la résolution d'y en-
voyer ses Ministres Plénipotentiaires , S. M. I.
paroît déterminée à commencer incessamment
les Actes d'Hostilité contre les Turcs , et on pu-
bliera le Manifeste par lequel l'Empereur déclare
la guerre au Grand Seigneur , aussi-tôr après le
retour du Courier qu'on a dépêché à Péters-
I. Vol.
bourg,
JUIN.
17378
7203
Sourg , pour le communiquer à la Czarine.
M. du Theil , Ministre Pléipotentiaire du Roy
de France , partit le 22. du mois passé de Vienne
pour retourner à Paris.
L'Empereur lui a fait présent de son Portrait
enrichi de diamans , et S. M. I, a déclaré qu'elle
avoit nommé son Ambassadeur auprès de S. M.
T. C. le Prince de Lichtenstein , à qui elle a con-
feré en même-temps l'Ordre de la Toison d'or.
Le 30. May l'Empereur déclara le Duc de
Lorraine Generalissime de ses Troupes , et ce
Prince devoit partir quelques jours après pour
se mettre à leur tête. S. M. I. lui a fait présent
e la magnifique Tente du Grand Visir qui com-
mandoit l'Armée Ottomane à la Bataille que les
Turcs perdirent en 1716.près de Peter -Waradin
Quoique tout se dispose à l'ouverture du
Congrès qui doit se tenir à Kudack, et que
l'Empereur persiste dans la résolution d'y en-
voyer ses Ministres Plénipotentiaires , S. M. I.
paroît déterminée à commencer incessamment
les Actes d'Hostilité contre les Turcs , et on pu-
bliera le Manifeste par lequel l'Empereur déclare
la guerre au Grand Seigneur , aussi-tôr après le
retour du Courier qu'on a dépêché à Péters-
I. Vol.
bourg,
JUIN.
17378
7203
Sourg , pour le communiquer à la Czarine.
M. du Theil , Ministre Pléipotentiaire du Roy
de France , partit le 22. du mois passé de Vienne
pour retourner à Paris.
L'Empereur lui a fait présent de son Portrait
enrichi de diamans , et S. M. I, a déclaré qu'elle
avoit nommé son Ambassadeur auprès de S. M.
T. C. le Prince de Lichtenstein , à qui elle a con-
feré en même-temps l'Ordre de la Toison d'or.
Le 30. May l'Empereur déclara le Duc de
Lorraine Generalissime de ses Troupes , et ce
Prince devoit partir quelques jours après pour
se mettre à leur tête. S. M. I. lui a fait présent
e la magnifique Tente du Grand Visir qui com-
mandoit l'Armée Ottomane à la Bataille que les
Turcs perdirent en 1716.près de Peter -Waradin
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976
p. 1217-1237
MORTS, NAISSANCES, Et Mariages.
Début :
Le 28. Mars D. Henriette-Louise de Beauvau, veuve depuis le 10. Juin 1727. de Henri [...]
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texteReconnaissance textuelle : MORTS, NAISSANCES, Et Mariages.
MORTS, NAISSANCES,
Et Mariages.
Le 28. Mars D. Henriette-Louise de Beauvau, veuve depuis le 10. Juin 1727. de Henri
de Choiseul-la Riviere , apellé le Marquis de
Choiseul , Comte de la Riviere , Chevigny ,
I. Vol .
Hiiij
1218 MERCURE DE FRANCE
et Couloutre , Vicomte de Bouconville , Ba
ron de Lux , Seigneur de Giry , Chassy , Briga-
dier des Armées du Roy, ancien Mestre de Camp
du Regiment de la Reine Cavalerie, avec lequet
elle avoit été mariée le 28. Avril 1711. mou-
rut à Paris , âgée d'environ 51. ans. Elle étoit
Fille puinée de Gabriel - Henri de Beauvau ,
Marquis de Montgauger , Comte de Crissé ,
ci- devant Capitaine des Gardes de feu Phi-
lipe , Fils de France , Duc d'Orleans , et de feuë
Marie- Angelique de Saint André , sa premiere
Femme. Elle laisse pour Fils unique César - Ga-
briel de Choiseul- la- Riviere, Comte de la Rivie-
re , apellé le Marquis de Choiseul , né le 14.
Août 1712. Mestre de Camp de Cavalerie, Sous-
Lieutenant de la Compagnie des Chevau Le-
gers Dauphins , du 25. Mars 1734. et aupara➡
vant Cornette de celle des Chevau - Legers de
Berri , dont le mariage avec Marie de Champa-
gne de Villaines est raporté dans le Mercure du
mois de May 1732. p. 1022.
Le 31. D. Louise - Henriette - Françoise de
Lorraine ,Duchesse Douairiere de Bouillon , Fille
aînée d'Anne- Marie- Joseph de Lorraine , Com .
re et Prince de Guise sur Moselle , et de feuë D.
Marie-Louise- Christine de Castille
·
Heritiere de Montjeu , morte le 11.Janv. 1736.
mourut à Paris , après une longue maladie de
poitrine , âgée de 30. ans. Elle avoit été mariée
le 21. Mars 1725. avec Emmanuel - Théodose
de la Tour , Duc de Bouillon , Vicomte de Tu-
renne, Duc d'Albret,et de Châteauthierry, Com-
te d'Auvergne , d'Evreux et du bas Armagnac ,
Baron de la Tour et de Mongaçon , &c. Pair ,
et ci -devant Grand Chambellan de France, Gou-
verneur et Lieutenant General du haut et bas
I. Vel,
Jeannin,
Auvergne
JUIN.
née le 20. Décembre 1728.
1737.
1219
Auvergne , mort le 17. May 1730. Elle étois
sa quatriéme Femme. Elle laisse de lui une Fille,
Le 1. Avril Jean- Luc, de Lauzieres, Marquis
deThemines- Cardailhac, Mestre de Camp de Ca-
valerie, par Brevet du premier Décembre 1718.
Gouverneur des Ville et Château de Dommes
en Perigord , par Provisions du 1. Juin 1721.
et Gentilhomme de la Chambre du Duc d'Or- .
leans , par autres Provisions du 5. Mars 1724.
mourut à Paris , âgé de 63. ans. Il avoit été
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
dont il quitta la Croix , lorsqu'il se maria le
13. Novembre 1730. avec Angelique - Sophie
d'Hautefort , Fille de feu Charles-Louis d'Hau-
tefort, Marquis de Surville , Lieutenant General
des Armées du Roy , et de Louise de Crevant-
d'Humieres. Le Duc d'Orleans lui accorda alors
une pension de 4000. livres pour le dédomma-
ger de la perte d'une de 3000. livres qui lui
avoit été accordée sur l'Evêché de Perigueux. le
11. Janvier 1721. Il étoit Fils puiné de feu
Henri de Lauzieres , Seigneur de Saint Beaulize,
et du Bosc , et de Marie de Nogaret de Tre-
lans. Le Duc d'Estrées , dernier mort , lui avoit
fait une donation entrevifs de plusieurs Terres
et Seigneuries provenantes de la Maison de Lau-
zieres-Themines , le 11. May 1721. Elles lai
furent disputées par les Soeurs du Donataire ,
mais il fut confirmé dans la proprieté , posses-
sion et jouissance de ces Terres , par Arrêt
contradictoire du Parlement de Toulouse du 29.
May 1728 .
Le 3. D. Cecile- Catherine de Falconis , Dame
d'Auvilliers , Veuve d'Antoine d'Amanzé, Com-
se de Choffailles en Mâconnois , Seigneur d'Ar-
I. Vel
Hr singes
1220 MERCURE DE FRANCE
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris ,
âgée d'environ fr. ans, laissant un Fils âgé de 20.
ans › et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre -Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ouroy , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paul
de Grivel
?
Comte d'Ouroüer , en
1
Berri
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feuë Dame Mar-
guerite-Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
on a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans , et sans avoir été marié.
Le 9: Nicolas-Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci- devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a étés
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau . Il avoit été d'a→
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
anat , et il se distingua à la Bataille de la Staf
I. Voli
-farde
JUIN.
1737.
1221
farde en Piémont le 18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel-
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur- Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699: à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mar
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cap de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
ze ans ; Jean Baptiste - François - Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22% Avril 1713 et Catherine- Cons "
tance-Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
IA-Foto-
H-vj
miques
1220 MERCURE DE FRANCE
"
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris
âgée d'environ fr. ans,laissant un Fils âgé de 20.-
ans , et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre-Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ourey , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paui
de Grivel , Comte d'Ourouer
en
Berri 9
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feue Dame Mar-
guerite -Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
ön a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans, et sans avoir été marié.
Le 9. Nicolas- Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci-devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a été
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau. Il avoit été d'a—
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
nar , et il se distingua à la Bataille de la Staf-
I. Vali
farde
JUIN.
farde en Piémont le
1737.
1221
18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur - Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699 ; à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mara
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre→
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cainp de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
·
ze ans ; Jean Baptiste - François- Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22 Avril 17136 et-Catherine- Cons
tance- Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
Is-Vols-
Hivj
miquet
1222 MERCURE DE FRANCE
unique, mariée le 25 Juin 1715. avec Jean-Joa-i
chim Rouault , Comte de Cayeu , aujourd'hu
Marquis de Gamaches, et Maréchal de Camp des
Armées du Roy.,
Le 12. Philipe Hecquet , Docteur-Regent, an-
cien Professeur , et ancien Doyen de la Faculté
de Médecine de Paris , connu par plusieurs Ou-
vrages de sa Profession , qu'il avoit rendus pu-
blics mourut âgé de 74. ans. Il avoit quité
•
depuis 1o. ans l'exercice de la Medecine , il s'é-
toit retiré dans l'Enclos du Convent des Car-
melites du Fauxbourg S. Jacques. On prétend
qu'il y avoit 30. ans qu'il n'avoit mangé de
viande , ni bû de vin .
Le 13. Nicolas Henin , Conseiller du Roy ea
son Grand Conseil , où il avoit été reçû le s .
May 1688. mourut après avoir été trois jours
entiers en apoplexie létargique.
Il étoit âgé de
82. ans 11. mois 10. jours , étant né le 3. May
1654. Il étoit veuf d'Anne- Henriette Brice
dont il laisse deux Fils et une Fille , ainsi qu'on
l'a raporté en annonçant la mort de cette Da-
me dans le Mercure du mois de Novembre
1734. P. 1530.
Le 26. Louis le Goux de la Berchere , Comte
de la Rochepot , Marquis de Santenay , Baron de
Thoisy, Seigneur de la Berchere , Conseiller d'E-
tat ordinaire , mourut à Paris subitement en alg
lant se mettre à table pour dîner. Il étoit dans la
61. année de son âge , étant né le 10. Octobre
1676. il avoit été successivement Conseiller au
Parlement de Paris le 14.Janvier 1699. Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy le 29
Juillet 1703. et Chancelier et Garde des. Sceaux
de Charles de France , Duc de Berri , le 11. Dé-
sembre 1710. Il perdit cette Charge à la mort de
1. Velo
JUIN.
1737.
1223
ce Prince , et ayant été fait Conseiller d'Etat au
mois de May 1715. il se démit de celle de Maî
tre des Requêtes , et obtint des Lettres d'Hono-
raire le 22. Juin de la même année. Il étoit veuf
sans enfans depuis le 16. Mars 1729. de Magde-
leine-Charlotte Voisin , fille aînée du feu Chan-
celier de France de ce nom , et fils de feu Urbain
le Goux de la Berchere , Marquis de Santenay ,
&c. Maître des RequêtesHonoraire de l'Hôtel du
Roy , ci-devant Intendant successivement à
Moulins , à Riom , à Montauban et à Rouen ,
mort le 30. Août 1721. à l'âge de 79. ans , es
d'Antoinette le Févre d'Eaubonne , morte le 29%
Décembre 1708. âgée de 17. ans.
Le 27. Jean- Baptiste Poncy de Neuville , Prê-
tre, mourut à Paris dans la 39. année de son
âge. Les heureux talens dont il étoit orné , le
font universellement regretter , comme un sujet
également utile à la Religion qu'il a défendue
avec un zele infatigable par ses éloquents et so
lides Sermons ; et à la République des Lettres ,
qu'il a enrichie de plusieurs Ouvrages poëtiques
qui ont mérité plus d'une fois d'être couronnés .
dans l'Académie des Jeux Floraux. Il étoit d'ail
leurs autant estimable par les qualités du cœur
que par celles de l'esprit. Il prononça l'année
derniere avec beaucoup de succès dans l'Eglise
des R R. PP. de l'Oratoire , le Panégyrique de
S. Louis , en présence de deux célebres Acadé
mies. Il a aussi prêché plusieurs Sermons dans
l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice et dans d'autres
Eglises de la Ville . Un redoublement de zele
pour les devoirs de son Ministere dans les cir-
constances de la fin du Carême , lui a causé la
maladie qui l'a enlevé en très-peu de jours.
Le même jour D. Jeanne-Louise d'Herbouville
I. Vd.
épouse
1224 MERCURE DE FRANCE
épouse de Charles de Houdetot , dit le Comte de
Houdetot , Chevalier Seigneur de Fontaines-le-
Châtel , de S. Germain des Essours , des Autieux,
&c. son cousin paternel et maternel du 3. au 4.
mourut après une courte maladie d'un abcès dans
la tête , à Paris dans la 26. année de son âge ,
étant née le s. Décembre 1711. elle étoit fille
d'Adrien , Marquis d'Herbouville , Chevalier-
Seigneur de S. Jean du Cardonnay , la Cour-le-
Comte , la Gaillarde , le Bourgdun , Luneray ,
S Pierre le Vieux , Baron de Longueval , Lagny,
fe Marqué , Bellan , &c. ci - devant premier Ea-
seigne de la Compagnie des Gendarmes de la
Garde du Roy , Mestre de Camp de Cavalerie ,
er de D. Françoise- Chrétienne Dauvet des Ma-
rets ; elle laisse un garçon et une fille en bas àge,
n'ayant été mariée qu'au mois de Novembre
1731. c'étoit la cinquiéme alliance réciproque
que ces deux Maisons , qui sont d'une ancienne
Noblesse de Normandie , avoient faites entre-el-
les. La Généalogie de celle de Houdetot est rå-
portée dans le Tome VIII.des Grands Officiers de
la Couronne , au Chapitre des Grands-Maîtres
des Arbalêrriers , page 16. Ses Armes sont d'ar-
gent à une bande d'azur , chargée de trois anne
lets d'or remplis , celui du milieu d'un Lion ,
les deux autres d'une Aigle à deux têtes , et Dia-
prée d'or. Herbouville porte de gueules à une
Fleur de Lys d'or.
Le nommé Félix de la Mata , mourut le 28.
Avril à Pampelune , âgé de 125. ans ; il s'étoit
marié à l'âge de 110. ans pour la troisième fois,
et il a eu trois enfans de sa derniere femme.
et.
Le 29. Dile Marie Cousinet , Dame.de Boisro-
ger , fille de Robert Coasinet , Maître ordinaire
en-l Chambre des Compres de Paris , mort le
JUIN.
L. Vol
1737.
1225
36. Août 1701. et de Di Elizabeth-Catherine
Rousselet , morte le premier May 1694. mourut
d'une fluxion de poitrine à Paris , dans un âge
avancé , sans avoir été mariée..
Le même jour François Gacon , ancien Avocat
au Parlement de Paris , où il avoit été immatri-
culé le 4. Février 1698. et l'un des grands Con-
sultans du Palais , mourut âgé d'environ 63 ans.
Le même jour D. Jeanne-Margueritte de Bre-
han , veuve depuis le 27. Mars 1713. de Charles,
Marquis de Sévigné , Seigneur des Rochers ,
Lieutenant pour le Roy de la Ville de Nantes et
Comté Nantois, et auparavant Sous-Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes Dauphins, avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Fevrier
1-684. mourut à Paris, sans enfans , âgée de 69.
ans. Elle étoit sœur de Jean- François Amalrie
de Bréhan , Comte de Mauron et de Plélo , Sei-
gueur de Galinée , ci-devant Conseiller au Par-
fement de Bretagne ; tous deux enfans de Mau-
rille de Breban , aussi Comte de Mauron et de
Plélo , et de D. Louise de Quelen. Feu Charles?
Marquis de Sévigné , étoit frere de feuë Fran-
go:se -Marguerite de Sévigné , troisiéme femme.
de François Adhemar de Monteil de Castelane ,
Comte de Grignan , Chevalier des Ordres du
Roy ,, et seul Lieutenant General au Gouverne
ment de Provence, morte le 13. Août 1705. tous
deux enfans de Henry , Marquis de Sévigné, Sei-
gneur des Rochers , Maréchal des Camps et Ar
mées du Roy, et Gouverneur de la Ville de Fou-
geres en Bretagne , qui fut tué en 1651. dans un
combat singulier contre le Chevalier d'Albret ,,
et de Marie de Rabutin de Chantal , morte au
mois de May 1696. après s'être renduë celebre
par son esprit et par ses Lettres à la Comtesse de
Grignan ,
1226 MERCURE DE FRANCE
Grignan , sa fille , dont on a donné un Recueil
au Public en 1734. en 6. vol. in 12.
Le 2. May Antoine- Simon le Courtois , Ecuyer
Seigneur d'Avery et de Chome , ci-devant Con
trôleur Géneral des Fermes de Languedoc , ze.
Fils de feu Pierre le Courtois , Ecuyer Conseil-
ler au Siege Présidial de Troyes , et de Margue-
ritte Laigneau , mourut à Paris , laissant de D.
Marthe Ricaud, sa femme, Jacques le Courtois
d'Averly , Conseiller en la Cour des Aydes de
Paris , où il a été reçû le 10. May 1735.
Le 3. mourut subitement à Paris à l'Hôtel de
la Bibliotheque du Roy , âgé de 78. ans , Louis
de Targny , Prêtre du Diocèse de Noyon , Doc-
teur en Théologie de la Faculté de Paris , du 22.
Septembre 1688. l'un des Gardes de la Biblio-
theque du Roy , depuis le mois de Janvier 1712.
et Abbé Commandataire de l'Abbaye de S. Lo ,
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Coutances
qu'il avoit obtenuë le 13. May 1724. en remet-
tant celle de Sainte Marie d'Obasine , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Limoges , qui lui avoit été
accordée le 17. Octobre . 1723. il s'étoit démis il
y avoit environ 18. mois de la Dignité de Chan-
tre de l'Eglise Métropolitaine de Rheims ,et avoit
été autrefois Principal du College de Dainville.
François Sévin , Pensionnaire depuis 1726. de
l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-
Lettres , dans laquelle il avoit été reçû Eleve dès
1711. et ensuite Associé en 1714. a cû la Place
de Garde de la Bibliotheque du Roy, vacante par
la mort de Louis de Targny ; il en faisoit les
fonctions depuis quelques années.
Le 3. Dom Etienne Richard , General de
l'Ordre des Chartreux , mourut à la grande Char-
treuse en Dauphiné, dans la 69. année de son
I. Val
âge,
JUIN 1737.
I. Vol.
1227
ge , et dans la 6. de son Géneralat , ayant été
élû le 3. Février 1732. il étoit alors Prieur de la
Chartreuse de Castres en Languedoc , et Visiteur
de la Province d'Aquitaine.Dom Michel de Lar-
nage Prieur de la Chartreuse de S. Hugon , a été
élu Géneral en son lieu et place.
Le 4. Ferdinand , Duc de Curlande , et de Se-
migalle , qui depuis deux à trois ans faisoit son
séjour le plus ordinaire à Dantzig , y mourut
dans la 82. année de son âge , étant né le 2. No-
vembre 1655. il étoit 4 fils de Jacques , Duc de
Curlande et de Semigalle , mort le 31. Décembre
1682.et de Louise-Charlotte de Brandebourg,
morte le 29. Août 1676. il avoit embrasse la
Religion Catholique en 1698. et il avoit été au-
trefois Lieutenant d'Artillerie des Troupes de
l'Electeur de Brandebourg et ensuite du Roy de
Pologne. Après la mort du Duc Frederic Casi-
mir , son frere aîné , arrivée le
22. Janvier .
1698. il eut la Régence et l'administration du
Duché de Curlande jusqu'en 1710. pendant la
minorité du Duc Frédéric Guillaume , son ne-
veu , qui mourut le 21. Janvier 1711. il devoit
être son successeur , étant le seul mâle qui restất
de sa Maison , mais Anne Juanowna , veuve de
son neveu , quoique sans enfans , garda ses Etats
jusqu'en 1730. qu'elle fut apellée au Trône de
la Monarchie de Russie ; ensorte qu'il ne reçut
l'investiture du Duché de Curlande et de ses dépen
dances du Roy de Pologne , que le 28. Février
1731. Il s'étoit marié le 25. Septembre 1730.
avec Jeanne- Magdelaine de Saxe , née le 17.
Mars 1708, fille de feu Jean- Georges , Duc de
Saxe-Weissenfels , et de Frederique- Elizabeth de
Saxe-Eysenach. Il n'en a point eû d'enfans , de-
sorte qu'en lui finit la Maison de Ketler , qui
avoit
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Oüen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
.de Paris , mourut dans la 84. année de son âge
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Consciller au Parlement le 6. May 1682. il mon-
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont, Courbevoye, & c. Conseil
ler-Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances ,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feüe Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
L.Voli
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
l'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte- Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit eû d'elle deux enfans ; sçavoir,
Jean-Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese - Gene-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port - Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
1. Val.
nang
*
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Ouen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
de Paris , mourut dans la 84. année de son âge ,
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Conseiller au Parlement le 6. May 1682. il mon
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont , Courbevoye, & c. Conseil
ler- Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feue Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
I Vol
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
P'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte-Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit cû d'elle deux enfans ; sçavoir
"
Jean- Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
Laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese Genc-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar-
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Loüis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port- Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
I. Val.
nang
230 MERCURE DE FRANCE
nant General de ses Armées , Grand-Bailly et
Gouverneur de Peronne , Montdidier et Roye ,
mort au mois de Décembre 1689. et de Dame
Marie Molé de Jusanvigny , morte le 21. Jan-
vier 1694. Il ne lui restoit plus qu'une Fille , qui
est D. Pauline- Corisande de Pas- Feuquieres ,
née le 19. Janvier 1704. et mariée le 30. Jan-
vier 1720. avec Joachim Adolphe de Seigliere
Marquis de Soyecourt , Chevalier de l'Ordre
Militaire de Saint Louis , Brigadier des Armées
du Roy , ci-devant Colonel du Regiment de
Bourgogne.
Le 9. Jean-Jacques du Bergier , Seigneur des
Salles , et de Montaumer , Gentilhomme Ore
dinaire du feu Duc d'Orleans , mourut à Paris
en la Maison des PP. de la Doctrine Chrétien-
ne , dans un âge fort avancé.
Il étoit Fils de
Jean-Jacques Bergier , Seigneur des Salles , et
de Marie de Machaut , et veuf de Marie Gene-
viéve Routtier, morte le 24. Janvier 1731. âgée
de 74. ans, Fille de Michel Routtier Payeur des
Rentes de l'Hôtel de Ville de Paris , et de Ge
nevieve Lalleman.
Le 11. Augustin de la lacquerie de Simphalle,
natif de Beauvais en Picardie , Chanoine-Dia-
cre de l'Eglise Métropolitaine de Paris,mourut âgé
de 84.ans comple:s moins un jour, étant né le 12.
May 1653. Il étoit petit Neveu du célebre Clau-
de Joly , Chantre , Chanoine et Official de Pa-
ris , mort le 16. Janvier 1700. dans la 94 an-
née de son âge , qui lui avoit resigné avant sa
mort son Canonicat , auquel il fut reçû le 25.
du même mois de Janvier. Il étoit auparavant
Chanoine et Théologal de l'Eglise de Tournay.
Claude Joly avoit succedé en 1631. dans ce Ca
nonicat à Gui Loysel , son Oncle ; celui- ci à
I. Vol.
Arnoul
JUIN.
17370
1231
Arnoul du Mesnil , son grand Oncle en 1590.
et ce dernier à Paul du Mesnil , son Frere , en
$ 178 . ainsi il y avoit 159. ans que ce Bénéfice
étoit dans cette Famille.
Le 12. D. Catherine Turgot de Saint Clair ;
Epouse de Claude-Charles Hatte de Chevilly
Brigadier des Armées du Roy , Chevalier de
l'Ordre Militaire de S. Louis , et ci-devant Ca-
pitaine au Regiment des Gardes Françoises , et
auparavant veuve de Gilles d'Aligre , Seigneur
de Boislandry et de Beauvoir , Conseiller au
Parlement de Paris , decédé le 12. Avril 1711 .
mourut à Paris après 6, mois d'une maladie de
langueur, âgée d'environ 65. ans , sans laisser
d'enfans. Elle étoit fille de feu Antoine Turgot ,
Seigneur de S, Clair , Lanteuil , le Ménil-Gon-
douin
Belon , Sainte Honorine , &c. mort
Sous-Doïen des Maîtres des Requêtes de l'Hôtel
du Roy , le 15. Février 1713. et de feuë D,
Jeanne du Tillet , morte le 12 May 1728,
Le 13. Sœur Angelique de Lanfernat , sur
nommée de Tous - les- Saints , Religieuse, Ursuli-
ne du Convent de Crevant , ou Cavant en Au-
xerrois, mourut dans ce Monastere, âgée de plus
d'un Siécle. Elle étoit fille afnée de Charles de
Lanfernat , Ecuyer , Seigneur de la Jaque mi-
niere , et des Bards , et de D. Claude-Marie du
Plessis de la Perrine , Dame d'Asnieres , quifu
rent mariés par Contrat du 28. Décembre 1635,
Elle fur ondoyée au Château de la Jacquemi-
niere au Perche , et baptisée peu de jours après
dans l'Eglise de Moncorbon , le jour de Noël
?
25. Décembre 1636. Elle avoit deux Sœurs ca-
dettes , Religieuses au Convent des Ursulines de
Crevant , où elles sont mortes en reputation de
Sainteté ,
gées de plus de 80. ans, Elle prit à
J. Vol.
Jeug
1232 MERCURE DE FRANCE
leur exemple le même parti ; et après son No-
viciat , elle fut admise à la Profession le s. No-
vembre 1662. Elle a édifié , pendant sa vie
1
toute la Communauté par ses vertus , et par sa
régularité à remplir les Observances de son état,
dont elle ne s'estjamais relâchée , même dans sa
vieillesse la plus avancée. Feu Edme de Lanfer-
nat , son frere , Seigneur de la Jacqueminiere et
d'Asnieres , mort au mois d'Octobre 1718. a
laissé de Catherine Sauvat , qu'il avoit épousée
Je 9. Juin 1676, et du chef de laquelle il étoit
devenu Seigneur de Villars , Paroisse de Cham-
pignelles près de S. Fargeau en Puisaye ; entre
autres Enfans , Jean
·
Baptiste de Lanfernat ,
Seigneur de Villars , marié avec Damoisel
le Guillaume de Marsangis , d'auprès de Sens ,
et Charlote de Lanfernat , mariée avec Joseph
de Montigny , Seigneur de Montigny- les-Has-
tes , Paroisse de Pereux. On a parlé de la Fa-
mille de Lanfernat dans le Mercure du mois
de Février 1731. p. 284 à l'occasion de la mort
de D. Louise- Marie de Lanfernat , Dame de
Courteilles- le-Guerin , du Teil , et de Cham-
moteux , Veuve de François de l'Osmone , Sei-
gneur du Bois-de- la-Pierre , Exempt des Gardes
du Corps du Roy , et Chevalier de l'Ordre de
S. Louis , laquelle s'étoit fait connoître par son
talent pour la Poësie , et par les Recherches et
Mémoires qu'elle avoit faites sur l'Histoire de
Normandie.
Le 14 May , Louis de Rochechouart, Seigneur
de Montigny et du Monceau , qui avoit servi
dans sa jeunesse en qualité d'Enseigne , et en-
suite de Lieutenant des Galeres , mourut dans
son Château de Montigny , dans la Forêt d'Or-
leans , âgé de 72. ans 10 mois. 11 étoit fils
I. Vol.
d'Isaac
du Roi.
JUIN.
1737.
1233
Isaac- Louis de Rochechouart , Seigneur de
Montigny, de la Brosse et du Monceau , Baron
de Loury dans la Forêt d'Orleans, mort en 1683.
et de Françoise le Conquerant , sa premiere fem-
me , et il avoit épousé en 1692. Elizabeth de
Cugnac , fille de Philipe de Cugnac , Baron de
Jouy en Beauce , et d'Elizabeth de Morain-
ville, Il en laisse Louis-Philipe-Esprit-Juvenal
de Rochechouart, Chevalier des Ordres de N.D.
du Mont Carmel , et de S. Lazare de Jerusalem,
Capitaine dans le Regiment de la Reine Infan-
terie; Pierre-Jules-César de Rochechouart, Evê-
que d'Evreux , sacré le 15. Février 1734. Jo-
seph de Rochechouart , et Louise Elisabeth de
Rochechouart , mariée le 10. Décembre 1731.
avec Henri Lambert d'Herbigny , Marquis de
Thibouville , ci-devant Mestre de Camp du Re-
giment de Dragons de la Reine.
Le 17. D. Marguerite de Lalive , veuve depuis
le 17. Juin 1731. de Jean Martial de Jaucen de
la Perriére, Seigneur de Crosne , et de Noisy sur
Seine,Conseiller-Secretaire du Roi, Maison,Cou-
ronne de France et de ses Finances , ancien Re-
ceveur general des Finances de Flandres , et an-
cien Fermier general , mourut en son Châ-
teau de Crosne , âgée d'environ 84. ans , lais-
sant 2. filles,qui sont D. Marie Anne de Jaucen,
veuve de Pierre Larcher , Marquis d'Arey , et
de Vindici, Seigneur d'Avrilly , Bailli d'Epée de
Vermandois , et Président en la Chambre des
Comptes de Paris , et D. Marguerite Françoise
de Jaucen, épouse de François- Louis - Martial de
Montiers , Comte de Merinville , Vicomte de
Brigueil , Baron de Montrocher , et de Château-
brun, Capitaine-Lieutenant de la Compagnie des
Gendarmes de la Reine , et Brigadier des Armées
Lo
234 MERCURE DE FRANCE
Le 27. La Dlle Lucas , fille aînée de feu An-
toine-Jean Lucas , Seigneur de Romeval , et de
Neuvirelle , Conseiller en la Grand'Chambre du
Parlement de Paris mort le 7. Décembre 1728.
et de D. Anne Magdelaine Loyseau , sa veuve ,
mourut
>
âgée de 21. ans ou environ .
Le 29. Alexis Paneau , Conseiller-Secretaire da
Roi,Maison,Couronne de France et de ses Finan.
ces, Honoraire , et ancien Directeur general des
Aydes et Entrées de la Ville de Paris, aussi ancien
Payeur des Rentes de l'Hôtel de Ville , mourut
dans la 100e. année de son âge , étant né au mois
de Juillet 1637. Il avoit été marié 1º. avec Vic-
toire Elian , Femme de Chambre des Enfans de
France , morte le 22. Septembre 1694. 2 ° avec
Jeanne- Angelique le Vaillant , sœur de François
le Vaillant , Conseiller au Grand Conseil. Il
laisse de celle-ci 2. filles qui ne sont point ma-
riées , et de la premiere un fils apellé le sieur
d'Arty, qui lui a succedé dans l'Emploi de Di-
recteur General des Aydes et Entrées de Paris ,
et qui a épousé une des filles de Louis Guillau-
me , Ecuier , Sieur de Fontaine, Commissaire et
Controlleur de la Marine au Département de
Flandres et de Picardie , et de Marie Armande
Carton.
Le premier Juin , D. Marie- Thérese Colbert ,
veuve depuis le 6. Novembre 1725. de Jacques
Eleonor Rouxel, Comte de Medavy et de Gran-
cey , Maréchal de France , Chevalier des Or-
dres du Roi , Gouverneur de la Ville et Princi-
pauté de Sedan, avec lequel elle avoit été mariée
le 12. Juin 1685. mourut à Paris , âgée de 68 .
ans , sans laisser d'enfans. Elle étoit fille d'E-
douard-François Colbert , Comte de Maulevrier,
Baron de la Frogerie &c. Chevalier des Ordres
da
I. Vol.
JUIN.
1737.
1235
du Roi , Lieutenant General de ses Armées , or
Gouverneur des Ville et Citadelle de Tournay
>
mort le 31. Mai 1693. et de Marie Magdelaine
Bautrude Serrant , morte le 10. Mars 1700.
Le même jour D. Louise - Emilie de la Tour
d'Auvergne, ancienne Abbesse de l'Abbaye Roya
ie de Montmartre-lès- Paris , mourut dans le
Monastere du Prieuré du Cherchemidi , où elle
s'étoit retirée, dans la 70. aunée de son âge . Elle
étoit Professe de l'Abbaye de N. D. de Soissons,
de l'Ordre de S. Benoît, elle fut nommée au mois
de Février 1707. Abbesse de S. Remy de Villers-
Côte-Rets , du même Ordre , Diocèse de Sois-
sons,d'où elle fut transferée au mois de Novem-
bre 1727. à celle de Montmartre , dont elle
donna sa démission au mois de Février 1735.
Elle étoit fille de Frédéric- Maurice de la Tour ,
Comte d'Auvergne et d'Oliergues , Marquis de
Lanquais, Colonel Général de la Cavalerie Lé
gere de France , Lieutenant Général des Armées
du Roy , Gouverneur et Sénéchal du haut et bas
Limosin , mort le 23. Novembre 1707. et de
Henriette- Françoise de Hohen- Zollern , Mar-
quise de Berg-op - Zoom , sa premiere femme
morte le 17. Octobre 1698.
Le 7. Avril , pâquit dans le Château de Wailly
Marie Anne Christiane Josephine, fille premiere
née de Louis Ferdinand Joseph de Croy , Duo
d'Havré , et de Croy , Prince du Saint Empire ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe, Châtelain
heréditaire de Mons , Marquis de Thie-le Châ-
teau,&c. Colonel du Régiment de la Couronne,
et de D. Marie- Louise Cunegonde de Montmo-
rency-Luxembourg , mariés le 16. Janvier de
Pannée derniere 1736. elle fut baptisée le lende-
I
main
1236 MERCURE DE FRANCE
main 8. par l'Evêque d'Amiens dans l'Eglise pa,
roissiale de ce lieu au bruit de plusieurs déchar
ges de canon. Les Parain et Maraine furent
Louis Christian de Montmorency - Luxembourg,
Comte Souverain de Luxe , Comte de Beau-
mont , Seigneur de Dollor , Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Gene
ral au Gouvernement de Flandres , et Gouver
neur de Valenciennes
la baptisée.
Ayeul maternel
"
et
D. Marie-Anne Cesarée Lanti, Duchesse Dožiai-
riere d'Havré , et de Croy , Ayeule paternelle de
Quelques semaines après cette cérémonie , il
y eut dans les Jardins du Château de Wailly un
fort -beau feu d'artifice , qui fut tiré entre 9. et
10. heures du soir avec beaucoup de succès. Il
fut accompagné d'une illumination d'environ
3000. lampions dont toutes les fenêtres du Châ-
teau étoient entourées ; quantité de piramides
sur les bords d'un Canal , qui passe au milieu
du jardin , étoient aussi garnies de lampions ,
et formoient par la reverberation de leur lumie
re dans le canal un objet fort charmant à la vûë,
Plusieurs personnes de la premiere distinction
de la Province , se trouverent à cette fête.
Le premier Avril dernier , D. Joachim- An
toine Ximenès , Marquis d'Ariza , et de la Guar-
dia , Amirante heréditaire du Royaume d'Arra-
gon , Grand d'Espagne de la premiere Classe ,
veuf de feie. D. Rose Perez de Gusman Bueno
Sylva et Mendoza , épousa dans la Chapelle
du Château de Wailly à 4. lieues d'Amiens en
Picardie , Dlle Marie Anne. Charlotte de Croy,
âgée d'environ 20. ans, seconde fille de feu Jean-
Baptiste Erançois Joseph.de Croy , Duc d'Ha
J Vol.
γκέ
JU IN.
1737.
1237
ré et de Croy , Marquis de Wailly , Prince de
l'Empire, Grand d'Espagne de la premiere Clas-
se , mort le 24. Mai 1727. et de D. Marie An-
ne Cesarée Lanti , sa veuve , Duchesse Douai-
riere d'Havré et de Croy. La cerémonie des Fian
çailles , et des Epousailles fut faite par Louis-
François d'Orleans de la Mothe , Evêque d'A-
miens.
Et Mariages.
Le 28. Mars D. Henriette-Louise de Beauvau, veuve depuis le 10. Juin 1727. de Henri
de Choiseul-la Riviere , apellé le Marquis de
Choiseul , Comte de la Riviere , Chevigny ,
I. Vol .
Hiiij
1218 MERCURE DE FRANCE
et Couloutre , Vicomte de Bouconville , Ba
ron de Lux , Seigneur de Giry , Chassy , Briga-
dier des Armées du Roy, ancien Mestre de Camp
du Regiment de la Reine Cavalerie, avec lequet
elle avoit été mariée le 28. Avril 1711. mou-
rut à Paris , âgée d'environ 51. ans. Elle étoit
Fille puinée de Gabriel - Henri de Beauvau ,
Marquis de Montgauger , Comte de Crissé ,
ci- devant Capitaine des Gardes de feu Phi-
lipe , Fils de France , Duc d'Orleans , et de feuë
Marie- Angelique de Saint André , sa premiere
Femme. Elle laisse pour Fils unique César - Ga-
briel de Choiseul- la- Riviere, Comte de la Rivie-
re , apellé le Marquis de Choiseul , né le 14.
Août 1712. Mestre de Camp de Cavalerie, Sous-
Lieutenant de la Compagnie des Chevau Le-
gers Dauphins , du 25. Mars 1734. et aupara➡
vant Cornette de celle des Chevau - Legers de
Berri , dont le mariage avec Marie de Champa-
gne de Villaines est raporté dans le Mercure du
mois de May 1732. p. 1022.
Le 31. D. Louise - Henriette - Françoise de
Lorraine ,Duchesse Douairiere de Bouillon , Fille
aînée d'Anne- Marie- Joseph de Lorraine , Com .
re et Prince de Guise sur Moselle , et de feuë D.
Marie-Louise- Christine de Castille
·
Heritiere de Montjeu , morte le 11.Janv. 1736.
mourut à Paris , après une longue maladie de
poitrine , âgée de 30. ans. Elle avoit été mariée
le 21. Mars 1725. avec Emmanuel - Théodose
de la Tour , Duc de Bouillon , Vicomte de Tu-
renne, Duc d'Albret,et de Châteauthierry, Com-
te d'Auvergne , d'Evreux et du bas Armagnac ,
Baron de la Tour et de Mongaçon , &c. Pair ,
et ci -devant Grand Chambellan de France, Gou-
verneur et Lieutenant General du haut et bas
I. Vel,
Jeannin,
Auvergne
JUIN.
née le 20. Décembre 1728.
1737.
1219
Auvergne , mort le 17. May 1730. Elle étois
sa quatriéme Femme. Elle laisse de lui une Fille,
Le 1. Avril Jean- Luc, de Lauzieres, Marquis
deThemines- Cardailhac, Mestre de Camp de Ca-
valerie, par Brevet du premier Décembre 1718.
Gouverneur des Ville et Château de Dommes
en Perigord , par Provisions du 1. Juin 1721.
et Gentilhomme de la Chambre du Duc d'Or- .
leans , par autres Provisions du 5. Mars 1724.
mourut à Paris , âgé de 63. ans. Il avoit été
Chevalier de l'Ordre de S. Jean de Jerusalem ,
dont il quitta la Croix , lorsqu'il se maria le
13. Novembre 1730. avec Angelique - Sophie
d'Hautefort , Fille de feu Charles-Louis d'Hau-
tefort, Marquis de Surville , Lieutenant General
des Armées du Roy , et de Louise de Crevant-
d'Humieres. Le Duc d'Orleans lui accorda alors
une pension de 4000. livres pour le dédomma-
ger de la perte d'une de 3000. livres qui lui
avoit été accordée sur l'Evêché de Perigueux. le
11. Janvier 1721. Il étoit Fils puiné de feu
Henri de Lauzieres , Seigneur de Saint Beaulize,
et du Bosc , et de Marie de Nogaret de Tre-
lans. Le Duc d'Estrées , dernier mort , lui avoit
fait une donation entrevifs de plusieurs Terres
et Seigneuries provenantes de la Maison de Lau-
zieres-Themines , le 11. May 1721. Elles lai
furent disputées par les Soeurs du Donataire ,
mais il fut confirmé dans la proprieté , posses-
sion et jouissance de ces Terres , par Arrêt
contradictoire du Parlement de Toulouse du 29.
May 1728 .
Le 3. D. Cecile- Catherine de Falconis , Dame
d'Auvilliers , Veuve d'Antoine d'Amanzé, Com-
se de Choffailles en Mâconnois , Seigneur d'Ar-
I. Vel
Hr singes
1220 MERCURE DE FRANCE
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris ,
âgée d'environ fr. ans, laissant un Fils âgé de 20.
ans › et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre -Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ouroy , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paul
de Grivel
?
Comte d'Ouroüer , en
1
Berri
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feuë Dame Mar-
guerite-Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
on a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans , et sans avoir été marié.
Le 9: Nicolas-Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci- devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a étés
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau . Il avoit été d'a→
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
anat , et il se distingua à la Bataille de la Staf
I. Voli
-farde
JUIN.
1737.
1221
farde en Piémont le 18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel-
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur- Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699: à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mar
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cap de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
ze ans ; Jean Baptiste - François - Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22% Avril 1713 et Catherine- Cons "
tance-Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
IA-Foto-
H-vj
miques
1220 MERCURE DE FRANCE
"
singes , de Vize , de Ballemont , de Saint Ger-
main de la Montagne, &c. avec lequel elle avoit
été mariée le 17. Juin 1705. mourut à Paris
âgée d'environ fr. ans,laissant un Fils âgé de 20.-
ans , et une Fille plus jeune. Elle étoit Fille de
Pierre-Louis de Falconis , Seigneur d'Auvilliers-
et de Lierval , mort le 17. Mars 1692. et d'Eli-
zabeth de Monthelon , morte au mois de Jan-
vier 1729.
Le 4. Leonor-Hubert de Grivel , Marquis
d'Ourey , Colonel d'un Regiment d'Infanterie
de son nom , ci- devant de Vendôme par Com--
mission du 27. Juin 1726. Fils aîné de Paui
de Grivel , Comte d'Ourouer
en
Berri 9
qu'on prononce Ouroy) de Grossauve, &c..
autrefois Mestre de Camp- Lieutenant du Regi-
ment d'Anjou Cavalerie , et de feue Dame Mar-
guerite -Françoise le Bourgoing de Faulin , dont
ön a annoncé la mort dans le Mercure du mois.
de May 1736. p. 1032. mourut à Paris , âgé
de 28. ans, et sans avoir été marié.
Le 9. Nicolas- Simon Arnauld , Marquis de
Pomponne , de Palaiseau et de Champlant , Bri--
gadier des Armées du Roy , ci-devant Lieute-
nant General , et Commandant pour S. M. au
Gouvernement de l'Isle de France et Soisson-
nois, mourut à Paris âgé de 74. ans ri. mois,
Son Corps fut aporté le 11. au soir de Saint Sul-
pice , sa Paroisse , à Saint Merry , où il a été
inhumé dans la Chapelle de, sa Famille. Son
Coeur a été porté à Palaiseau. Il avoit été d'a—
bord Capitaine dans le Reginent du Roy. Il fut
fait ensuite Colonel de celui de Hainaut au mois
de Septembre 1684. H servit à la tête de ce Re-
giment en Savoye sous le Maréchal de Ca-
nar , et il se distingua à la Bataille de la Staf-
I. Vali
farde
JUIN.
farde en Piémont le
1737.
1221
18. Août 1690. Il eut le
Regiment d'Artois au mois de Septembre 1692
et il fut fait Brigadier d'Infanterie le 30. Mars
1693. Il alla au mois de Mars 1699. à Bruxel
les , avec le caractere d'Envoyé Extraordinaire
du Roy vers le feu Electeur Duc de Baviere ,
pour le complimenter sur la mort du Prince
Electoral , son Fils. Il étoit Fils aîné de feu Si
mon Arnauld , Marquis de Pomponne , Minis-
tre d'Etat , et Sur - Intendant General des Postes
et Relais de France , ci-devant Secretaire d'Etat
ayant le Département des Affaires étrangeres ,
mort le 26. Septembre 1699 ; à l'âge de 81. ans,
et de Catherine- Renée Ladvocat , morte le 31.
Décembre 1711. à l'âge de 75. ans , Sœur aînée
de Charlote- Renée l'Advocat , Veuve du Mara
quis de Vins , actuellement vivante. Le Marquis
de Pomponne , qui vient de mourir , étoit Fre→
re de l'Abbé de Pomponne , Conseiller d'Etat
Ordinaire , et Chancelier des Ordres du Roy ,
et de la Marquise de Torcy-Colbert ; il avoit
été marié le 11. Mars 1694 avec Constance de
Harville de Palaiseau , Fille de feu François de
Harville des Ursins , Marquis de Palaiseau , de
Doué et de Trainel, Chevalier de l'Ordre du Roi,
Maréchal de Cainp de ses Armées, et Gouverneur
des Ville et Citadelle de Charleville,et de Monto-
himpe , mort le 12 Octobre 1701 et de feuë
Anne de Comans d'Astry , sa seconde Femme ,
morte au mois d'Août 1693. Il avoit eu d'elle
Henri Charles Arnauld , Comte de Pomponne ,
mort le trente Juillet 1711. âgé de quator-
·
ze ans ; Jean Baptiste - François- Felix Ar-
nauld de Pomponne, mort dans la 10. année de
son âge , le 22 Avril 17136 et-Catherine- Cons
tance- Emilie Arnauld de Pomponne , restée Fille
Is-Vols-
Hivj
miquet
1222 MERCURE DE FRANCE
unique, mariée le 25 Juin 1715. avec Jean-Joa-i
chim Rouault , Comte de Cayeu , aujourd'hu
Marquis de Gamaches, et Maréchal de Camp des
Armées du Roy.,
Le 12. Philipe Hecquet , Docteur-Regent, an-
cien Professeur , et ancien Doyen de la Faculté
de Médecine de Paris , connu par plusieurs Ou-
vrages de sa Profession , qu'il avoit rendus pu-
blics mourut âgé de 74. ans. Il avoit quité
•
depuis 1o. ans l'exercice de la Medecine , il s'é-
toit retiré dans l'Enclos du Convent des Car-
melites du Fauxbourg S. Jacques. On prétend
qu'il y avoit 30. ans qu'il n'avoit mangé de
viande , ni bû de vin .
Le 13. Nicolas Henin , Conseiller du Roy ea
son Grand Conseil , où il avoit été reçû le s .
May 1688. mourut après avoir été trois jours
entiers en apoplexie létargique.
Il étoit âgé de
82. ans 11. mois 10. jours , étant né le 3. May
1654. Il étoit veuf d'Anne- Henriette Brice
dont il laisse deux Fils et une Fille , ainsi qu'on
l'a raporté en annonçant la mort de cette Da-
me dans le Mercure du mois de Novembre
1734. P. 1530.
Le 26. Louis le Goux de la Berchere , Comte
de la Rochepot , Marquis de Santenay , Baron de
Thoisy, Seigneur de la Berchere , Conseiller d'E-
tat ordinaire , mourut à Paris subitement en alg
lant se mettre à table pour dîner. Il étoit dans la
61. année de son âge , étant né le 10. Octobre
1676. il avoit été successivement Conseiller au
Parlement de Paris le 14.Janvier 1699. Maître des
Requêtes ordinaire de l'Hôtel du Roy le 29
Juillet 1703. et Chancelier et Garde des. Sceaux
de Charles de France , Duc de Berri , le 11. Dé-
sembre 1710. Il perdit cette Charge à la mort de
1. Velo
JUIN.
1737.
1223
ce Prince , et ayant été fait Conseiller d'Etat au
mois de May 1715. il se démit de celle de Maî
tre des Requêtes , et obtint des Lettres d'Hono-
raire le 22. Juin de la même année. Il étoit veuf
sans enfans depuis le 16. Mars 1729. de Magde-
leine-Charlotte Voisin , fille aînée du feu Chan-
celier de France de ce nom , et fils de feu Urbain
le Goux de la Berchere , Marquis de Santenay ,
&c. Maître des RequêtesHonoraire de l'Hôtel du
Roy , ci-devant Intendant successivement à
Moulins , à Riom , à Montauban et à Rouen ,
mort le 30. Août 1721. à l'âge de 79. ans , es
d'Antoinette le Févre d'Eaubonne , morte le 29%
Décembre 1708. âgée de 17. ans.
Le 27. Jean- Baptiste Poncy de Neuville , Prê-
tre, mourut à Paris dans la 39. année de son
âge. Les heureux talens dont il étoit orné , le
font universellement regretter , comme un sujet
également utile à la Religion qu'il a défendue
avec un zele infatigable par ses éloquents et so
lides Sermons ; et à la République des Lettres ,
qu'il a enrichie de plusieurs Ouvrages poëtiques
qui ont mérité plus d'une fois d'être couronnés .
dans l'Académie des Jeux Floraux. Il étoit d'ail
leurs autant estimable par les qualités du cœur
que par celles de l'esprit. Il prononça l'année
derniere avec beaucoup de succès dans l'Eglise
des R R. PP. de l'Oratoire , le Panégyrique de
S. Louis , en présence de deux célebres Acadé
mies. Il a aussi prêché plusieurs Sermons dans
l'Eglise Paroissiale de S. Sulpice et dans d'autres
Eglises de la Ville . Un redoublement de zele
pour les devoirs de son Ministere dans les cir-
constances de la fin du Carême , lui a causé la
maladie qui l'a enlevé en très-peu de jours.
Le même jour D. Jeanne-Louise d'Herbouville
I. Vd.
épouse
1224 MERCURE DE FRANCE
épouse de Charles de Houdetot , dit le Comte de
Houdetot , Chevalier Seigneur de Fontaines-le-
Châtel , de S. Germain des Essours , des Autieux,
&c. son cousin paternel et maternel du 3. au 4.
mourut après une courte maladie d'un abcès dans
la tête , à Paris dans la 26. année de son âge ,
étant née le s. Décembre 1711. elle étoit fille
d'Adrien , Marquis d'Herbouville , Chevalier-
Seigneur de S. Jean du Cardonnay , la Cour-le-
Comte , la Gaillarde , le Bourgdun , Luneray ,
S Pierre le Vieux , Baron de Longueval , Lagny,
fe Marqué , Bellan , &c. ci - devant premier Ea-
seigne de la Compagnie des Gendarmes de la
Garde du Roy , Mestre de Camp de Cavalerie ,
er de D. Françoise- Chrétienne Dauvet des Ma-
rets ; elle laisse un garçon et une fille en bas àge,
n'ayant été mariée qu'au mois de Novembre
1731. c'étoit la cinquiéme alliance réciproque
que ces deux Maisons , qui sont d'une ancienne
Noblesse de Normandie , avoient faites entre-el-
les. La Généalogie de celle de Houdetot est rå-
portée dans le Tome VIII.des Grands Officiers de
la Couronne , au Chapitre des Grands-Maîtres
des Arbalêrriers , page 16. Ses Armes sont d'ar-
gent à une bande d'azur , chargée de trois anne
lets d'or remplis , celui du milieu d'un Lion ,
les deux autres d'une Aigle à deux têtes , et Dia-
prée d'or. Herbouville porte de gueules à une
Fleur de Lys d'or.
Le nommé Félix de la Mata , mourut le 28.
Avril à Pampelune , âgé de 125. ans ; il s'étoit
marié à l'âge de 110. ans pour la troisième fois,
et il a eu trois enfans de sa derniere femme.
et.
Le 29. Dile Marie Cousinet , Dame.de Boisro-
ger , fille de Robert Coasinet , Maître ordinaire
en-l Chambre des Compres de Paris , mort le
JUIN.
L. Vol
1737.
1225
36. Août 1701. et de Di Elizabeth-Catherine
Rousselet , morte le premier May 1694. mourut
d'une fluxion de poitrine à Paris , dans un âge
avancé , sans avoir été mariée..
Le même jour François Gacon , ancien Avocat
au Parlement de Paris , où il avoit été immatri-
culé le 4. Février 1698. et l'un des grands Con-
sultans du Palais , mourut âgé d'environ 63 ans.
Le même jour D. Jeanne-Margueritte de Bre-
han , veuve depuis le 27. Mars 1713. de Charles,
Marquis de Sévigné , Seigneur des Rochers ,
Lieutenant pour le Roy de la Ville de Nantes et
Comté Nantois, et auparavant Sous-Lieutenant
de la Compagnie des Gendarmes Dauphins, avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Fevrier
1-684. mourut à Paris, sans enfans , âgée de 69.
ans. Elle étoit sœur de Jean- François Amalrie
de Bréhan , Comte de Mauron et de Plélo , Sei-
gueur de Galinée , ci-devant Conseiller au Par-
fement de Bretagne ; tous deux enfans de Mau-
rille de Breban , aussi Comte de Mauron et de
Plélo , et de D. Louise de Quelen. Feu Charles?
Marquis de Sévigné , étoit frere de feuë Fran-
go:se -Marguerite de Sévigné , troisiéme femme.
de François Adhemar de Monteil de Castelane ,
Comte de Grignan , Chevalier des Ordres du
Roy ,, et seul Lieutenant General au Gouverne
ment de Provence, morte le 13. Août 1705. tous
deux enfans de Henry , Marquis de Sévigné, Sei-
gneur des Rochers , Maréchal des Camps et Ar
mées du Roy, et Gouverneur de la Ville de Fou-
geres en Bretagne , qui fut tué en 1651. dans un
combat singulier contre le Chevalier d'Albret ,,
et de Marie de Rabutin de Chantal , morte au
mois de May 1696. après s'être renduë celebre
par son esprit et par ses Lettres à la Comtesse de
Grignan ,
1226 MERCURE DE FRANCE
Grignan , sa fille , dont on a donné un Recueil
au Public en 1734. en 6. vol. in 12.
Le 2. May Antoine- Simon le Courtois , Ecuyer
Seigneur d'Avery et de Chome , ci-devant Con
trôleur Géneral des Fermes de Languedoc , ze.
Fils de feu Pierre le Courtois , Ecuyer Conseil-
ler au Siege Présidial de Troyes , et de Margue-
ritte Laigneau , mourut à Paris , laissant de D.
Marthe Ricaud, sa femme, Jacques le Courtois
d'Averly , Conseiller en la Cour des Aydes de
Paris , où il a été reçû le 10. May 1735.
Le 3. mourut subitement à Paris à l'Hôtel de
la Bibliotheque du Roy , âgé de 78. ans , Louis
de Targny , Prêtre du Diocèse de Noyon , Doc-
teur en Théologie de la Faculté de Paris , du 22.
Septembre 1688. l'un des Gardes de la Biblio-
theque du Roy , depuis le mois de Janvier 1712.
et Abbé Commandataire de l'Abbaye de S. Lo ,
Ordre de S. Augustin , Diocèse de Coutances
qu'il avoit obtenuë le 13. May 1724. en remet-
tant celle de Sainte Marie d'Obasine , Ordre de
Citeaux , Diocèse de Limoges , qui lui avoit été
accordée le 17. Octobre . 1723. il s'étoit démis il
y avoit environ 18. mois de la Dignité de Chan-
tre de l'Eglise Métropolitaine de Rheims ,et avoit
été autrefois Principal du College de Dainville.
François Sévin , Pensionnaire depuis 1726. de
l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-
Lettres , dans laquelle il avoit été reçû Eleve dès
1711. et ensuite Associé en 1714. a cû la Place
de Garde de la Bibliotheque du Roy, vacante par
la mort de Louis de Targny ; il en faisoit les
fonctions depuis quelques années.
Le 3. Dom Etienne Richard , General de
l'Ordre des Chartreux , mourut à la grande Char-
treuse en Dauphiné, dans la 69. année de son
I. Val
âge,
JUIN 1737.
I. Vol.
1227
ge , et dans la 6. de son Géneralat , ayant été
élû le 3. Février 1732. il étoit alors Prieur de la
Chartreuse de Castres en Languedoc , et Visiteur
de la Province d'Aquitaine.Dom Michel de Lar-
nage Prieur de la Chartreuse de S. Hugon , a été
élu Géneral en son lieu et place.
Le 4. Ferdinand , Duc de Curlande , et de Se-
migalle , qui depuis deux à trois ans faisoit son
séjour le plus ordinaire à Dantzig , y mourut
dans la 82. année de son âge , étant né le 2. No-
vembre 1655. il étoit 4 fils de Jacques , Duc de
Curlande et de Semigalle , mort le 31. Décembre
1682.et de Louise-Charlotte de Brandebourg,
morte le 29. Août 1676. il avoit embrasse la
Religion Catholique en 1698. et il avoit été au-
trefois Lieutenant d'Artillerie des Troupes de
l'Electeur de Brandebourg et ensuite du Roy de
Pologne. Après la mort du Duc Frederic Casi-
mir , son frere aîné , arrivée le
22. Janvier .
1698. il eut la Régence et l'administration du
Duché de Curlande jusqu'en 1710. pendant la
minorité du Duc Frédéric Guillaume , son ne-
veu , qui mourut le 21. Janvier 1711. il devoit
être son successeur , étant le seul mâle qui restất
de sa Maison , mais Anne Juanowna , veuve de
son neveu , quoique sans enfans , garda ses Etats
jusqu'en 1730. qu'elle fut apellée au Trône de
la Monarchie de Russie ; ensorte qu'il ne reçut
l'investiture du Duché de Curlande et de ses dépen
dances du Roy de Pologne , que le 28. Février
1731. Il s'étoit marié le 25. Septembre 1730.
avec Jeanne- Magdelaine de Saxe , née le 17.
Mars 1708, fille de feu Jean- Georges , Duc de
Saxe-Weissenfels , et de Frederique- Elizabeth de
Saxe-Eysenach. Il n'en a point eû d'enfans , de-
sorte qu'en lui finit la Maison de Ketler , qui
avoit
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Oüen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
.de Paris , mourut dans la 84. année de son âge
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Consciller au Parlement le 6. May 1682. il mon-
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont, Courbevoye, & c. Conseil
ler-Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances ,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feüe Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
L.Voli
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
l'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte- Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit eû d'elle deux enfans ; sçavoir,
Jean-Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese - Gene-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Louis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port - Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
1. Val.
nang
*
1228 MERCURE DE FRANCE
avoit été investie du Duché de Curlande et de
Semigalle , le 5. Mars 1562. par Sigismond, Roy
de Pologne , en la personne de Gothard Ketler ,
Gentilhomme du Duché de Bergue , er dernier
Grand-Maître de l'Ordre des Chevaliers de Li-
vonie , Bisayeul du Duc qui vient de mourir.
Les Zacharie Morel, Seigneur de la Brosse en
Brie , et de S. Ouen , Conseiller et Doyen du
Parlement , et Doyen des Conseillers de la Ville
de Paris , mourut dans la 84. année de son âge ,
et la sf . de sa Magistrature , ayant été reçû
Conseiller au Parlement le 6. May 1682. il mon
ta à la Grand'Chambre au mois de Novembre
1714. et en devint Doyen le 25. Avril 1735. I
étoit fils de Daniel Morel , Seigneur de Stain-
ville, Haussignemont , Courbevoye, & c. Conseil
ler- Secretaire du Roy et de ses Finances, et Maître
de la Chambre aux Deniers de S. M. mort le 12
Avril 1697. et d'Elisabeth Henryet, morte le 27
Décembre 1691. et il avoit épousé défunte Mi-
chelle-Angélique Titon , fille de feu Maximi-
lien Titon , Baron de Berre , Seigneur d'Ognon,
&c. aussi Secretaire du Roy , et de ses Finances,
et Directeur General du Magazin des Armes de
S. M. et de feue Marguerite Becaille. Il en laisse
un fils , qui a été ci- devant dans le Service Mi-
litaire , er deux filles , tous trois non mariés.
Le 6. D. Marie- Anne Boileau , veuve depuis le
20. Janvier 1710. de Philipe Gourdon , Consei
ler-Secretaire du Roy , Maison , Couronne de
France et de ses Finances, et Secretaire des Com-
mandemens de feue Dile Marie de Lorraine ,
Duchesse de Guise , mourut d'une fluxion de
poitrine , âgée d'environ 76. ans, laissant un fils.
Le 7. May , Jean-Baptiste-Jacques de Saint
Remy, Marquis de Cossé , Seigneur de la Motte-
I Vol
Fouqué
JUIN.
1737.
1229
Fouqué de Montgoubert , &c. mourut en son
Château de la Motte , en Normandie , âgé d'en-
viron 67. ans. Il avoit épousé en 1700. Marie-
Therese-Nicole de Montgommery, fille de Fran-
çois , Comte de Montgommery , Chevalier de
P'Ordre du Roy, et de Marie- Louise de Grisson,
Dame de la Motte-Villebouzin , près de Long-
jumeau et du Mesnil. Elle mourut le 29. Mars
1733. il avoit cû d'elle deux enfans ; sçavoir
"
Jean- Baptiste-François de S. Remy , mort le 25
Avril 1726. âgé de 23. ans , et Marie- Magde-
Laine de S. Remy , aujourd'hui seule et unique
heritiere de sa Maison , qui fut mariée le 20
Décembre 1725. avec Guy- Antoine de S. Si-
mon, Marquis de Courtomer , Mestre de Camp
de Cavalerie , ci- devant Capitaine des Gardes
du Corps de feue la Duchesse de Berry , qui a été
dans sa jeunesse Chevalier de l'Ordre de S. Jean
de Jerusalem , et qui devint en 1724. l'aîné de
sa Maison par la mort sans enfans de Jacques-
Antoine de S. Simon , son frere , Marquis de
Courtomer , Comte de Montreuil , Colonel du
Régiment de Soissonnois,
Le 8. D. Marie- Madelaine- Therese Genc-
viéve de Mouchy d'Hocquincourt , Veuve depuis
le 27. Janvier 1711. d'Antoine de Pas , Mar-
quis de Feuquieres , Lieutenant General des Ar-
mées du Roy , Gouverneur des Ville et Cita-
delle de Verdun , et Païs Verdunois , Chevalier
de l'Ordre Militaire de S. Loüis , et ancien Che-
valier d'Honneur du Parlement de Metz , avec
lequel elle avoit été mariée au mois de Janvier
1695. mourut à Paris dans le Monastere de
Port- Royal , âgée de 68. ans. Elle étoit Fille
de Georges de Mouchy , Marquis d'Hocquin-
Court , Chevalier des Ordres du Roy , Lieute
I. Val.
nang
230 MERCURE DE FRANCE
nant General de ses Armées , Grand-Bailly et
Gouverneur de Peronne , Montdidier et Roye ,
mort au mois de Décembre 1689. et de Dame
Marie Molé de Jusanvigny , morte le 21. Jan-
vier 1694. Il ne lui restoit plus qu'une Fille , qui
est D. Pauline- Corisande de Pas- Feuquieres ,
née le 19. Janvier 1704. et mariée le 30. Jan-
vier 1720. avec Joachim Adolphe de Seigliere
Marquis de Soyecourt , Chevalier de l'Ordre
Militaire de Saint Louis , Brigadier des Armées
du Roy , ci-devant Colonel du Regiment de
Bourgogne.
Le 9. Jean-Jacques du Bergier , Seigneur des
Salles , et de Montaumer , Gentilhomme Ore
dinaire du feu Duc d'Orleans , mourut à Paris
en la Maison des PP. de la Doctrine Chrétien-
ne , dans un âge fort avancé.
Il étoit Fils de
Jean-Jacques Bergier , Seigneur des Salles , et
de Marie de Machaut , et veuf de Marie Gene-
viéve Routtier, morte le 24. Janvier 1731. âgée
de 74. ans, Fille de Michel Routtier Payeur des
Rentes de l'Hôtel de Ville de Paris , et de Ge
nevieve Lalleman.
Le 11. Augustin de la lacquerie de Simphalle,
natif de Beauvais en Picardie , Chanoine-Dia-
cre de l'Eglise Métropolitaine de Paris,mourut âgé
de 84.ans comple:s moins un jour, étant né le 12.
May 1653. Il étoit petit Neveu du célebre Clau-
de Joly , Chantre , Chanoine et Official de Pa-
ris , mort le 16. Janvier 1700. dans la 94 an-
née de son âge , qui lui avoit resigné avant sa
mort son Canonicat , auquel il fut reçû le 25.
du même mois de Janvier. Il étoit auparavant
Chanoine et Théologal de l'Eglise de Tournay.
Claude Joly avoit succedé en 1631. dans ce Ca
nonicat à Gui Loysel , son Oncle ; celui- ci à
I. Vol.
Arnoul
JUIN.
17370
1231
Arnoul du Mesnil , son grand Oncle en 1590.
et ce dernier à Paul du Mesnil , son Frere , en
$ 178 . ainsi il y avoit 159. ans que ce Bénéfice
étoit dans cette Famille.
Le 12. D. Catherine Turgot de Saint Clair ;
Epouse de Claude-Charles Hatte de Chevilly
Brigadier des Armées du Roy , Chevalier de
l'Ordre Militaire de S. Louis , et ci-devant Ca-
pitaine au Regiment des Gardes Françoises , et
auparavant veuve de Gilles d'Aligre , Seigneur
de Boislandry et de Beauvoir , Conseiller au
Parlement de Paris , decédé le 12. Avril 1711 .
mourut à Paris après 6, mois d'une maladie de
langueur, âgée d'environ 65. ans , sans laisser
d'enfans. Elle étoit fille de feu Antoine Turgot ,
Seigneur de S, Clair , Lanteuil , le Ménil-Gon-
douin
Belon , Sainte Honorine , &c. mort
Sous-Doïen des Maîtres des Requêtes de l'Hôtel
du Roy , le 15. Février 1713. et de feuë D,
Jeanne du Tillet , morte le 12 May 1728,
Le 13. Sœur Angelique de Lanfernat , sur
nommée de Tous - les- Saints , Religieuse, Ursuli-
ne du Convent de Crevant , ou Cavant en Au-
xerrois, mourut dans ce Monastere, âgée de plus
d'un Siécle. Elle étoit fille afnée de Charles de
Lanfernat , Ecuyer , Seigneur de la Jaque mi-
niere , et des Bards , et de D. Claude-Marie du
Plessis de la Perrine , Dame d'Asnieres , quifu
rent mariés par Contrat du 28. Décembre 1635,
Elle fur ondoyée au Château de la Jacquemi-
niere au Perche , et baptisée peu de jours après
dans l'Eglise de Moncorbon , le jour de Noël
?
25. Décembre 1636. Elle avoit deux Sœurs ca-
dettes , Religieuses au Convent des Ursulines de
Crevant , où elles sont mortes en reputation de
Sainteté ,
gées de plus de 80. ans, Elle prit à
J. Vol.
Jeug
1232 MERCURE DE FRANCE
leur exemple le même parti ; et après son No-
viciat , elle fut admise à la Profession le s. No-
vembre 1662. Elle a édifié , pendant sa vie
1
toute la Communauté par ses vertus , et par sa
régularité à remplir les Observances de son état,
dont elle ne s'estjamais relâchée , même dans sa
vieillesse la plus avancée. Feu Edme de Lanfer-
nat , son frere , Seigneur de la Jacqueminiere et
d'Asnieres , mort au mois d'Octobre 1718. a
laissé de Catherine Sauvat , qu'il avoit épousée
Je 9. Juin 1676, et du chef de laquelle il étoit
devenu Seigneur de Villars , Paroisse de Cham-
pignelles près de S. Fargeau en Puisaye ; entre
autres Enfans , Jean
·
Baptiste de Lanfernat ,
Seigneur de Villars , marié avec Damoisel
le Guillaume de Marsangis , d'auprès de Sens ,
et Charlote de Lanfernat , mariée avec Joseph
de Montigny , Seigneur de Montigny- les-Has-
tes , Paroisse de Pereux. On a parlé de la Fa-
mille de Lanfernat dans le Mercure du mois
de Février 1731. p. 284 à l'occasion de la mort
de D. Louise- Marie de Lanfernat , Dame de
Courteilles- le-Guerin , du Teil , et de Cham-
moteux , Veuve de François de l'Osmone , Sei-
gneur du Bois-de- la-Pierre , Exempt des Gardes
du Corps du Roy , et Chevalier de l'Ordre de
S. Louis , laquelle s'étoit fait connoître par son
talent pour la Poësie , et par les Recherches et
Mémoires qu'elle avoit faites sur l'Histoire de
Normandie.
Le 14 May , Louis de Rochechouart, Seigneur
de Montigny et du Monceau , qui avoit servi
dans sa jeunesse en qualité d'Enseigne , et en-
suite de Lieutenant des Galeres , mourut dans
son Château de Montigny , dans la Forêt d'Or-
leans , âgé de 72. ans 10 mois. 11 étoit fils
I. Vol.
d'Isaac
du Roi.
JUIN.
1737.
1233
Isaac- Louis de Rochechouart , Seigneur de
Montigny, de la Brosse et du Monceau , Baron
de Loury dans la Forêt d'Orleans, mort en 1683.
et de Françoise le Conquerant , sa premiere fem-
me , et il avoit épousé en 1692. Elizabeth de
Cugnac , fille de Philipe de Cugnac , Baron de
Jouy en Beauce , et d'Elizabeth de Morain-
ville, Il en laisse Louis-Philipe-Esprit-Juvenal
de Rochechouart, Chevalier des Ordres de N.D.
du Mont Carmel , et de S. Lazare de Jerusalem,
Capitaine dans le Regiment de la Reine Infan-
terie; Pierre-Jules-César de Rochechouart, Evê-
que d'Evreux , sacré le 15. Février 1734. Jo-
seph de Rochechouart , et Louise Elisabeth de
Rochechouart , mariée le 10. Décembre 1731.
avec Henri Lambert d'Herbigny , Marquis de
Thibouville , ci-devant Mestre de Camp du Re-
giment de Dragons de la Reine.
Le 17. D. Marguerite de Lalive , veuve depuis
le 17. Juin 1731. de Jean Martial de Jaucen de
la Perriére, Seigneur de Crosne , et de Noisy sur
Seine,Conseiller-Secretaire du Roi, Maison,Cou-
ronne de France et de ses Finances , ancien Re-
ceveur general des Finances de Flandres , et an-
cien Fermier general , mourut en son Châ-
teau de Crosne , âgée d'environ 84. ans , lais-
sant 2. filles,qui sont D. Marie Anne de Jaucen,
veuve de Pierre Larcher , Marquis d'Arey , et
de Vindici, Seigneur d'Avrilly , Bailli d'Epée de
Vermandois , et Président en la Chambre des
Comptes de Paris , et D. Marguerite Françoise
de Jaucen, épouse de François- Louis - Martial de
Montiers , Comte de Merinville , Vicomte de
Brigueil , Baron de Montrocher , et de Château-
brun, Capitaine-Lieutenant de la Compagnie des
Gendarmes de la Reine , et Brigadier des Armées
Lo
234 MERCURE DE FRANCE
Le 27. La Dlle Lucas , fille aînée de feu An-
toine-Jean Lucas , Seigneur de Romeval , et de
Neuvirelle , Conseiller en la Grand'Chambre du
Parlement de Paris mort le 7. Décembre 1728.
et de D. Anne Magdelaine Loyseau , sa veuve ,
mourut
>
âgée de 21. ans ou environ .
Le 29. Alexis Paneau , Conseiller-Secretaire da
Roi,Maison,Couronne de France et de ses Finan.
ces, Honoraire , et ancien Directeur general des
Aydes et Entrées de la Ville de Paris, aussi ancien
Payeur des Rentes de l'Hôtel de Ville , mourut
dans la 100e. année de son âge , étant né au mois
de Juillet 1637. Il avoit été marié 1º. avec Vic-
toire Elian , Femme de Chambre des Enfans de
France , morte le 22. Septembre 1694. 2 ° avec
Jeanne- Angelique le Vaillant , sœur de François
le Vaillant , Conseiller au Grand Conseil. Il
laisse de celle-ci 2. filles qui ne sont point ma-
riées , et de la premiere un fils apellé le sieur
d'Arty, qui lui a succedé dans l'Emploi de Di-
recteur General des Aydes et Entrées de Paris ,
et qui a épousé une des filles de Louis Guillau-
me , Ecuier , Sieur de Fontaine, Commissaire et
Controlleur de la Marine au Département de
Flandres et de Picardie , et de Marie Armande
Carton.
Le premier Juin , D. Marie- Thérese Colbert ,
veuve depuis le 6. Novembre 1725. de Jacques
Eleonor Rouxel, Comte de Medavy et de Gran-
cey , Maréchal de France , Chevalier des Or-
dres du Roi , Gouverneur de la Ville et Princi-
pauté de Sedan, avec lequel elle avoit été mariée
le 12. Juin 1685. mourut à Paris , âgée de 68 .
ans , sans laisser d'enfans. Elle étoit fille d'E-
douard-François Colbert , Comte de Maulevrier,
Baron de la Frogerie &c. Chevalier des Ordres
da
I. Vol.
JUIN.
1737.
1235
du Roi , Lieutenant General de ses Armées , or
Gouverneur des Ville et Citadelle de Tournay
>
mort le 31. Mai 1693. et de Marie Magdelaine
Bautrude Serrant , morte le 10. Mars 1700.
Le même jour D. Louise - Emilie de la Tour
d'Auvergne, ancienne Abbesse de l'Abbaye Roya
ie de Montmartre-lès- Paris , mourut dans le
Monastere du Prieuré du Cherchemidi , où elle
s'étoit retirée, dans la 70. aunée de son âge . Elle
étoit Professe de l'Abbaye de N. D. de Soissons,
de l'Ordre de S. Benoît, elle fut nommée au mois
de Février 1707. Abbesse de S. Remy de Villers-
Côte-Rets , du même Ordre , Diocèse de Sois-
sons,d'où elle fut transferée au mois de Novem-
bre 1727. à celle de Montmartre , dont elle
donna sa démission au mois de Février 1735.
Elle étoit fille de Frédéric- Maurice de la Tour ,
Comte d'Auvergne et d'Oliergues , Marquis de
Lanquais, Colonel Général de la Cavalerie Lé
gere de France , Lieutenant Général des Armées
du Roy , Gouverneur et Sénéchal du haut et bas
Limosin , mort le 23. Novembre 1707. et de
Henriette- Françoise de Hohen- Zollern , Mar-
quise de Berg-op - Zoom , sa premiere femme
morte le 17. Octobre 1698.
Le 7. Avril , pâquit dans le Château de Wailly
Marie Anne Christiane Josephine, fille premiere
née de Louis Ferdinand Joseph de Croy , Duo
d'Havré , et de Croy , Prince du Saint Empire ,
Grand d'Espagne de la premiere Classe, Châtelain
heréditaire de Mons , Marquis de Thie-le Châ-
teau,&c. Colonel du Régiment de la Couronne,
et de D. Marie- Louise Cunegonde de Montmo-
rency-Luxembourg , mariés le 16. Janvier de
Pannée derniere 1736. elle fut baptisée le lende-
I
main
1236 MERCURE DE FRANCE
main 8. par l'Evêque d'Amiens dans l'Eglise pa,
roissiale de ce lieu au bruit de plusieurs déchar
ges de canon. Les Parain et Maraine furent
Louis Christian de Montmorency - Luxembourg,
Comte Souverain de Luxe , Comte de Beau-
mont , Seigneur de Dollor , Maréchal de France ,
Chevalier des Ordres du Roi , Lieutenant Gene
ral au Gouvernement de Flandres , et Gouver
neur de Valenciennes
la baptisée.
Ayeul maternel
"
et
D. Marie-Anne Cesarée Lanti, Duchesse Dožiai-
riere d'Havré , et de Croy , Ayeule paternelle de
Quelques semaines après cette cérémonie , il
y eut dans les Jardins du Château de Wailly un
fort -beau feu d'artifice , qui fut tiré entre 9. et
10. heures du soir avec beaucoup de succès. Il
fut accompagné d'une illumination d'environ
3000. lampions dont toutes les fenêtres du Châ-
teau étoient entourées ; quantité de piramides
sur les bords d'un Canal , qui passe au milieu
du jardin , étoient aussi garnies de lampions ,
et formoient par la reverberation de leur lumie
re dans le canal un objet fort charmant à la vûë,
Plusieurs personnes de la premiere distinction
de la Province , se trouverent à cette fête.
Le premier Avril dernier , D. Joachim- An
toine Ximenès , Marquis d'Ariza , et de la Guar-
dia , Amirante heréditaire du Royaume d'Arra-
gon , Grand d'Espagne de la premiere Classe ,
veuf de feie. D. Rose Perez de Gusman Bueno
Sylva et Mendoza , épousa dans la Chapelle
du Château de Wailly à 4. lieues d'Amiens en
Picardie , Dlle Marie Anne. Charlotte de Croy,
âgée d'environ 20. ans, seconde fille de feu Jean-
Baptiste Erançois Joseph.de Croy , Duc d'Ha
J Vol.
γκέ
JU IN.
1737.
1237
ré et de Croy , Marquis de Wailly , Prince de
l'Empire, Grand d'Espagne de la premiere Clas-
se , mort le 24. Mai 1727. et de D. Marie An-
ne Cesarée Lanti , sa veuve , Duchesse Douai-
riere d'Havré et de Croy. La cerémonie des Fian
çailles , et des Epousailles fut faite par Louis-
François d'Orleans de la Mothe , Evêque d'A-
miens.
Fermer
977
p. 1369-1375
DIVERTISSEMENT Sur la Paix.
Début :
Le 27. May, on chanta un Divertissement nouveau sur la Paix, dont [...]
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texteReconnaissance textuelle : DIVERTISSEMENT Sur la Paix.
DIVERTISSEMENT
Sur la Paix.
Le 27. May, on chanta un Divertissement
nouveau sur la Paix, dont
les Paroles sont de M. de Morand , et la
Musique de M. Mathien , Ordinaire de
la Musique du Roy. Ce Morceau , qui
tint tout leConcert, fut très - bien reçû de
toute la Cour , et sur- tout de Sa Majesté,
II. Vol.
qui
1370 MERCURE DE FRANCE
qui eut la bonté d'en témoigner elle- mê
me sa satisfaction aux Auteurs.
C'est la France personifiée qui invite
la Paix à regner sur elle , et à triompher
sur tout l'Univers. Un Chœur de Peuples
de France adresse les mêmes vœux à la
Paix et célebre ensuite la gloire de leur
Roy , qui est lui même le soutien de la
Paix , et qui borne son triomphe à en
faire jouir ses Ennemis même. Mars fa-
ché de voir que les François implorent
son Ennemie , arrive , et parle en ces
termes :
Sous les Drapeaux de Mars à vaincre accou
tumés ,
Les François craignent
Guerre ?
tonnerre ,
vages ,
ils les hazards de la
Quand leurs plus fiers Rivaux redoutent leur
Doivent-ils être desarmés ?
Ah ! même en répandant l'horreur et les ra
LOUIS dans ses Etats a fait regner la Paizi
Et ses Ennemis seuls , accablés sous ses traits,
N'ont-ils pas de la guerre essuyé les orages !
A quoi la France répond :
Le Héros qui toujours travaille pour ma gloire,
Vient de montrer quelle victoire
Doit contenter les cœurs guidés par la vertu ;
II. Vol.
-
Pag
JUIN.
11. Vol.
1737-
1371
Par son auguste exemple il a trop sçû m'aprendre
Que rendre heureux un Ennemi vaincu ,
C'est le plus beau triomphe où l'on puisse pré-
tendre.
Et les Peuples reprennent leurs chants
à la Paix. Mars , outré de ce nouvel af-
front , apelle à son secours la Discorde ,
pour le venger , et détruire les projets
d'un Héros pacifique. La Discorde , an-
noncée par des bruits souterrains , des
ténébres affreuses , des tremblemens de
terre , sort des Enfers , suivie des Mons-
tres qui l'accompagnent ordinairement ;
elle promet à Mars de troubler de nou-
veau le repos de l'Europe ; ils s'animent
mutuellement par ce Duo :
Unissons , unissons nos coups ;
Que tout tremble à l'aspect d'un si juste cour
roux !
Quel plaisir de revoir toute l'Europe en armes ?
De n'y faire regner que le trouble et les larmes!
La Discorde s'adresse ensuite en ces
termes aux Ministres de ses fureurs :
O vous , qui , sur mes pas répandez la terreur ,
Volez de toutes parts , secondez mą fureur ;
Que le feu , que le fer signalent votre rage ;
Portez partout l'effroi , le désordre et l'horreur ,
Remplissez l'Univers de sang et de carnage.
Les
1372 MERCURE DE FRANCE
Les Suivants de la Discorde témoignent
leur obéissance en répetant les trois der
miers Vers. Mais à tant d'horreurs succe
de tout à coup une Symphonie douce
qui rassure la France et ses Peuples. En
effet c'est Minerve qui vient annoncer
la Paix et qui dit :
A Mars.
Mars, ne t'opose plus au repos de la France ;
Son Roy , qui , par mes soins brûle des plus
beaux feux ,
Par sa sagesse et sa clémence ,
A contraint le Destin de souscrire-à ses vœux;
La Paix va désormais remplir son esperance ;
Tu n'en sçaurois alterer les douceurs ;
Fuis , et loin de ces lieux va porter tes fureurs,
A la Discorde.
Et toi , Monstre implacable ,
Respecte un ordre irrévocable ;
Et pour jamais reprends res fers !
La Discorde et sa Suite se retirent ea
disant qu'ils vont tâcher de trouver da
secours dans les Enfers ; Mars se retire
aussi en témoignant avec quel regret
obéit aux Arrêts du Destin; Minerve in-
vite la France et ses Peuples à recommen
cer leurs Chants et leurs Jeux en l'hon-
neur de la Paix, dont elle va les faire jouir.
II. Vol.
il
Elle
JUIN.
7737.
1373
Elle adresse ensuite alternativement avec
La France eette Hymne à la Paix.
HYMNE A LA PAIX.
Minerve.
Par toi , divine Paix , tout vit et tout respire ;
Tu fais la gloire d'un Empire ,
Et les beaux jours des Bergers et des Rois.
La France.
Tu regnes dans les Cieux, et les Immortels même
Ne doivent leur bonheur suprême
Qu'à la douceur qu'on goûte sous tes loix.
Minerve.
Quand du sein des Mortels chassant l'affreuse
guerre ,
Tu daignes venir sur la Terre ,
Les Dieux alors y volent sur tes pas.
La France.
Apollon et Thémis , Bacchus , Cerès et Flore
Plutus , Mercure et Terpsicore
Y font briller leurs plus charmans apas.
Mixerve.
Les Prés et les Côteaux reprennent leur verdure;
Les Ruisseaux leur tendre murmure ;
Tout s'embellit , si -tôt que tu parois.
La Franc :
Les Oiseaux rassurés sous un riant feüillage,
II. Vol.
Recom-
374 MERCURE DE FRANCE
Recommencent leur doux ramage ,
Et par leurs chants celebrent tes attraits.
Les Peuples n'oublient pas de mé.
ler encore dans leurs Chants la gloire de
leur Monarques et Minerve elle même
invite les Bergers des bords de la Seine
à venir joindre les aimables sons.de leurs
Chalumeaux et de leurs Hautbois aux
accords éclatans des Tambours et des
Trompettes. Les Bergers arrivent et fi-
nissent le Divertissement par une Fête
Pastorale , des plus galantes.
Nous voudrions pouvoir donner à nos
Lecteurs une idée de la Musique de ce
Divertissement aussi aisément que nous
avons tâché de leur en donner une du
Poëme ; mais n'étant pas possible de leur
présenter des Morceaux deMusique, com.
me nous raportons des Morceaux de Poë-
sie , tout ce que nous pouvons dire à la
gloire du Musicien , c'est que non seule-
ment il a rempli au mieux les idées du
Poëte , et qu'il a parfaitement et avec une
varieté charmante , caractérisé tous les
divers genres de Musique qu'il a eû.oc-
casion d'exprimer , mais encore que son
Ouvrage doit être une preuve nouvelle
que l'excellente Musique Françoise n'est
ni moins sçavante , ni moins brillante
11. Vol.
n
J
JUIN.
1737.
137
ni moins harmonieuse , ni moins fécon-
de
que celle de toute autre Nation , et
qu'elle a de plus les graces et la douceur.
Les principaux Rôles furent remplis
par les Dlles Matthieu et d'Aigremont, et
par les sieurs Dangerville et le Clerc, l'exe-
cution fut si parfaite , tant de la part des
Acteurs Chantans que de celle des Sym-
phonistes, qu'on auroit dit qu'ils avoient
tous autant d'interêt au succès de cette
Piece que laDlle Matthieu elle- même, qui
est l'Epouse de l'Auteur de la Musique.
Sur la Paix.
Le 27. May, on chanta un Divertissement
nouveau sur la Paix, dont
les Paroles sont de M. de Morand , et la
Musique de M. Mathien , Ordinaire de
la Musique du Roy. Ce Morceau , qui
tint tout leConcert, fut très - bien reçû de
toute la Cour , et sur- tout de Sa Majesté,
II. Vol.
qui
1370 MERCURE DE FRANCE
qui eut la bonté d'en témoigner elle- mê
me sa satisfaction aux Auteurs.
C'est la France personifiée qui invite
la Paix à regner sur elle , et à triompher
sur tout l'Univers. Un Chœur de Peuples
de France adresse les mêmes vœux à la
Paix et célebre ensuite la gloire de leur
Roy , qui est lui même le soutien de la
Paix , et qui borne son triomphe à en
faire jouir ses Ennemis même. Mars fa-
ché de voir que les François implorent
son Ennemie , arrive , et parle en ces
termes :
Sous les Drapeaux de Mars à vaincre accou
tumés ,
Les François craignent
Guerre ?
tonnerre ,
vages ,
ils les hazards de la
Quand leurs plus fiers Rivaux redoutent leur
Doivent-ils être desarmés ?
Ah ! même en répandant l'horreur et les ra
LOUIS dans ses Etats a fait regner la Paizi
Et ses Ennemis seuls , accablés sous ses traits,
N'ont-ils pas de la guerre essuyé les orages !
A quoi la France répond :
Le Héros qui toujours travaille pour ma gloire,
Vient de montrer quelle victoire
Doit contenter les cœurs guidés par la vertu ;
II. Vol.
-
Pag
JUIN.
11. Vol.
1737-
1371
Par son auguste exemple il a trop sçû m'aprendre
Que rendre heureux un Ennemi vaincu ,
C'est le plus beau triomphe où l'on puisse pré-
tendre.
Et les Peuples reprennent leurs chants
à la Paix. Mars , outré de ce nouvel af-
front , apelle à son secours la Discorde ,
pour le venger , et détruire les projets
d'un Héros pacifique. La Discorde , an-
noncée par des bruits souterrains , des
ténébres affreuses , des tremblemens de
terre , sort des Enfers , suivie des Mons-
tres qui l'accompagnent ordinairement ;
elle promet à Mars de troubler de nou-
veau le repos de l'Europe ; ils s'animent
mutuellement par ce Duo :
Unissons , unissons nos coups ;
Que tout tremble à l'aspect d'un si juste cour
roux !
Quel plaisir de revoir toute l'Europe en armes ?
De n'y faire regner que le trouble et les larmes!
La Discorde s'adresse ensuite en ces
termes aux Ministres de ses fureurs :
O vous , qui , sur mes pas répandez la terreur ,
Volez de toutes parts , secondez mą fureur ;
Que le feu , que le fer signalent votre rage ;
Portez partout l'effroi , le désordre et l'horreur ,
Remplissez l'Univers de sang et de carnage.
Les
1372 MERCURE DE FRANCE
Les Suivants de la Discorde témoignent
leur obéissance en répetant les trois der
miers Vers. Mais à tant d'horreurs succe
de tout à coup une Symphonie douce
qui rassure la France et ses Peuples. En
effet c'est Minerve qui vient annoncer
la Paix et qui dit :
A Mars.
Mars, ne t'opose plus au repos de la France ;
Son Roy , qui , par mes soins brûle des plus
beaux feux ,
Par sa sagesse et sa clémence ,
A contraint le Destin de souscrire-à ses vœux;
La Paix va désormais remplir son esperance ;
Tu n'en sçaurois alterer les douceurs ;
Fuis , et loin de ces lieux va porter tes fureurs,
A la Discorde.
Et toi , Monstre implacable ,
Respecte un ordre irrévocable ;
Et pour jamais reprends res fers !
La Discorde et sa Suite se retirent ea
disant qu'ils vont tâcher de trouver da
secours dans les Enfers ; Mars se retire
aussi en témoignant avec quel regret
obéit aux Arrêts du Destin; Minerve in-
vite la France et ses Peuples à recommen
cer leurs Chants et leurs Jeux en l'hon-
neur de la Paix, dont elle va les faire jouir.
II. Vol.
il
Elle
JUIN.
7737.
1373
Elle adresse ensuite alternativement avec
La France eette Hymne à la Paix.
HYMNE A LA PAIX.
Minerve.
Par toi , divine Paix , tout vit et tout respire ;
Tu fais la gloire d'un Empire ,
Et les beaux jours des Bergers et des Rois.
La France.
Tu regnes dans les Cieux, et les Immortels même
Ne doivent leur bonheur suprême
Qu'à la douceur qu'on goûte sous tes loix.
Minerve.
Quand du sein des Mortels chassant l'affreuse
guerre ,
Tu daignes venir sur la Terre ,
Les Dieux alors y volent sur tes pas.
La France.
Apollon et Thémis , Bacchus , Cerès et Flore
Plutus , Mercure et Terpsicore
Y font briller leurs plus charmans apas.
Mixerve.
Les Prés et les Côteaux reprennent leur verdure;
Les Ruisseaux leur tendre murmure ;
Tout s'embellit , si -tôt que tu parois.
La Franc :
Les Oiseaux rassurés sous un riant feüillage,
II. Vol.
Recom-
374 MERCURE DE FRANCE
Recommencent leur doux ramage ,
Et par leurs chants celebrent tes attraits.
Les Peuples n'oublient pas de mé.
ler encore dans leurs Chants la gloire de
leur Monarques et Minerve elle même
invite les Bergers des bords de la Seine
à venir joindre les aimables sons.de leurs
Chalumeaux et de leurs Hautbois aux
accords éclatans des Tambours et des
Trompettes. Les Bergers arrivent et fi-
nissent le Divertissement par une Fête
Pastorale , des plus galantes.
Nous voudrions pouvoir donner à nos
Lecteurs une idée de la Musique de ce
Divertissement aussi aisément que nous
avons tâché de leur en donner une du
Poëme ; mais n'étant pas possible de leur
présenter des Morceaux deMusique, com.
me nous raportons des Morceaux de Poë-
sie , tout ce que nous pouvons dire à la
gloire du Musicien , c'est que non seule-
ment il a rempli au mieux les idées du
Poëte , et qu'il a parfaitement et avec une
varieté charmante , caractérisé tous les
divers genres de Musique qu'il a eû.oc-
casion d'exprimer , mais encore que son
Ouvrage doit être une preuve nouvelle
que l'excellente Musique Françoise n'est
ni moins sçavante , ni moins brillante
11. Vol.
n
J
JUIN.
1737.
137
ni moins harmonieuse , ni moins fécon-
de
que celle de toute autre Nation , et
qu'elle a de plus les graces et la douceur.
Les principaux Rôles furent remplis
par les Dlles Matthieu et d'Aigremont, et
par les sieurs Dangerville et le Clerc, l'exe-
cution fut si parfaite , tant de la part des
Acteurs Chantans que de celle des Sym-
phonistes, qu'on auroit dit qu'ils avoient
tous autant d'interêt au succès de cette
Piece que laDlle Matthieu elle- même, qui
est l'Epouse de l'Auteur de la Musique.
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978
p. 1424-1426
LETTRE écrite de Constantinople le 14. Février 1737.
Début :
Mr Fawkener, Ambassadeur d'Angleterre à la Por[t]e, se prépare à se rendre incessamment [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE écrite de Constantinople le 14. Février 1737.
LETTRE écrite de Constantinople le
14. Février 1737.
Mr Fawkener, Ambassadeur d'Angleterre
à la Por[t]e, se prépare à se rendre incessamment
au Camp du Grand Visi , on dit qu'il
sera suivi de près par M. Calkoën , Ambassa-
deur d'Hollande.
11. Vol,
Soliman
simplicité.
JUI N.
1737.
1425
Soliman Pacha fut nommé le 20. Janvier
Capitan Pacha , où Amiral , il étoit ci- devant
Bey , ou Capitaine de Galere.
Le 4. de ce mois les Patriarches Armeniens
de Jerusalem et de Constantinople , et le Noncé
du Patriarche Armenien de Perse , accompa-
gaés d'un nombre de Metropolitains et de plu-
sieurs Personnes des plus notables de leur Na-
tion , vinrent dîner chés M. l'Ambassadeur de
France , qui les traita splendidement ; les deux
Patriarches en s'en retournant entrerent dans la
Chapelle du Palais , où ils firent leurs prieres
qu'ils accompagnerent de beaucoup de génu-
flexions , le Patriarche de Jerusalem alla même
baiser l'Autel. Ils admirerent les differentes Pein
tures dont cette Chapelle est ornée , et sur tout
le Mausolée qui renferme le Cœur de M. le
Comte des Alleurs , Ambassadeur de France a
la Porte , cet Ouvrage qui a été fait à Venise est
veritablement d'un grand goût et d'une noble
1
- Le 7. Février M. le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut une Audience de
Kajmakan dans une Maison de plaisance située,
au Fauxbourg de Youp.
Le 8. un Vaisseau de Guerre de Tripoly de
Barbarie entra dans le Port de Constantinople ,
il aporte au Grand Seigneur le tribut , ou pre-
sent, que cette Republique envoye à sa Hautese.
Le 9. M. l'Ambassadeur de France fit sa pre-
miere visite à Soliman , nouveau Capitan Pacha.
On a apris que M. Dahlman arriva le 21 .
Janvier au Camp du Grand Visir , et qu'il eut
le 26. une audience de ce premier Ministre qui
lui fit present d'une Pelisse de Samour , d'un
Cheval harnaché et d'un Sabre ; Mad. Dahlman .
II. Vel
Hij
qui
1426 MERCURE DE FRANCE
qui avoit pris la route de Vienne , dois , dit-on , a
revenir à Andrinople.
On travaille toujours avec beaucoup d'acti
vité dans l'Arsenal de cette Ville à la construç
tion d'un grand nombre de Galiotes , Brigan
eins et Bateaux plats , destinés à passer dans la
Mer noire dès que la Saison le permettra.
14. Février 1737.
Mr Fawkener, Ambassadeur d'Angleterre
à la Por[t]e, se prépare à se rendre incessamment
au Camp du Grand Visi , on dit qu'il
sera suivi de près par M. Calkoën , Ambassa-
deur d'Hollande.
11. Vol,
Soliman
simplicité.
JUI N.
1737.
1425
Soliman Pacha fut nommé le 20. Janvier
Capitan Pacha , où Amiral , il étoit ci- devant
Bey , ou Capitaine de Galere.
Le 4. de ce mois les Patriarches Armeniens
de Jerusalem et de Constantinople , et le Noncé
du Patriarche Armenien de Perse , accompa-
gaés d'un nombre de Metropolitains et de plu-
sieurs Personnes des plus notables de leur Na-
tion , vinrent dîner chés M. l'Ambassadeur de
France , qui les traita splendidement ; les deux
Patriarches en s'en retournant entrerent dans la
Chapelle du Palais , où ils firent leurs prieres
qu'ils accompagnerent de beaucoup de génu-
flexions , le Patriarche de Jerusalem alla même
baiser l'Autel. Ils admirerent les differentes Pein
tures dont cette Chapelle est ornée , et sur tout
le Mausolée qui renferme le Cœur de M. le
Comte des Alleurs , Ambassadeur de France a
la Porte , cet Ouvrage qui a été fait à Venise est
veritablement d'un grand goût et d'une noble
1
- Le 7. Février M. le Marquis de Villeneuve ,
Ambassadeur de France , eut une Audience de
Kajmakan dans une Maison de plaisance située,
au Fauxbourg de Youp.
Le 8. un Vaisseau de Guerre de Tripoly de
Barbarie entra dans le Port de Constantinople ,
il aporte au Grand Seigneur le tribut , ou pre-
sent, que cette Republique envoye à sa Hautese.
Le 9. M. l'Ambassadeur de France fit sa pre-
miere visite à Soliman , nouveau Capitan Pacha.
On a apris que M. Dahlman arriva le 21 .
Janvier au Camp du Grand Visir , et qu'il eut
le 26. une audience de ce premier Ministre qui
lui fit present d'une Pelisse de Samour , d'un
Cheval harnaché et d'un Sabre ; Mad. Dahlman .
II. Vel
Hij
qui
1426 MERCURE DE FRANCE
qui avoit pris la route de Vienne , dois , dit-on , a
revenir à Andrinople.
On travaille toujours avec beaucoup d'acti
vité dans l'Arsenal de cette Ville à la construç
tion d'un grand nombre de Galiotes , Brigan
eins et Bateaux plats , destinés à passer dans la
Mer noire dès que la Saison le permettra.
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979
p. 1426-1428
EXTRAIT d'une autre Lettre écrite de Constantinople du 6. May 1737.
Début :
On a écrit de Babadag du 22. Mars, que le Kan des Tartares après son expedition en [...]
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT d'une autre Lettre écrite de Constantinople du 6. May 1737.
EXTRAIT d'une autre Lettre écrite
de Constantinople du 6. May 1737.
On a écrit de Babadag du 22. Mars, que le Kan des Tartares après son expedition en
devoit être de retour à Baccheseraï.
Ukraine avoit repris la roure de Crimée et qu'il
Le 28. Mars l'Armée Navale sortit de ce Port;
elle étoit composée de 15. Galeres , er de 200.
Galiotes , ou Brigantins , et de 6 Fregates.
Le 30. il y eut un Incendie à Constantino-
ple qui causa un grand dommage par une quan-
rité considerable de Ris , d'Huile , de Legumes
et autre provisions , qui ont été consumées par
le feu.
Le 29. le Mektoupgi , ou Secretaire du Grand
Visir arriva à Constantinople. Le 30. il fut te-
nu un grand Divan à la Porte, où assisterent les
Principaux des Gens de Loy et les Chefs des Mi-
lices. On y exposa la necessité de faire la Paix.
Le Mufty donna son Terfa, portant qu'il étoit
permis de faire la Paix avec les Infidéles , lors-
qu'on ne pouvoit continuer la Guerre sans s'ex-
poser à un peril évident ; sur cette décision , il
fut resolu de donner pouvoir aux Plénipoten-
tiaires du Grand Seigneur de faire la Paix aux
meilleures conditions qu'il seroit possible, On
II. Vol,
présume
JUIN.
prix que ce soit.
1737
1427
présumé qu'ils ont l'ordre de la faire à quelque
Le 26. du même mois , l'Ambassadeur d'An-
gleterre , qui étoit parti le 26. Février de Cons-
tantinople , arriva au Camp. On a apris que le
Grand Visir ayant voulu lui donner la Pelisse de
Samour , il l'avoit refusée , alleguant pour rai
son , qu'il ne devoit avoir cette marque de dis-
tinction qu'en qualité de Médiateur , et qu'il
n'auroit cette qualité que lorsque la Médiation
de Sa Majesté Britannique auroit été acceptée par
la Czarine , comme elle l'avoit été par la Porte.
Le s . Avril M. Stanidski alla à l'Audience
du Caïmakan , et le 7. à celle du Grand Sei-
gneur , en qualité d'Internonce , pour notifier à
la Porte Pavenement de l'Electeur de Saxe au
Trône de Pologne.
Le 17. Avril l'Ambassadeur d'Hollande afri
va à Babadag , il fit notifier son arrivée par son
Secretaire aux Ambassadeurs d'Allemagne et
d'Angleterre , ces Ambassadeurs lui envoyerent
leurs Secretaires , mais ils ne l'ont vû , ni l'un ,
ni l'autre.
Le 18. Avril M. Dahlman partit de Babadag
pour se rendre àKudak,qui a été fixé pour le lieu
des Conferences. Saïde- Effendy le suivit deux
jour après ; le Reys- Effendy devoit se mettre en
marche le 15. avec les autres Plenipotentiaires ,
et le Drogman de la Porte. On écrit du 23 Avril
de Babadag que l'Ambassadeur de Hollande
n'avoit pas encore eu audience du Grand Visir ;
que l'on disoit que cet Ambassadeur , ni celui
d'Angleterre n'iroient point à Kudac , et qu'ils
suivroient le Grand Visir , qui devoit partir de
Babadag vers le milieu du mois de May , passer
le Danube et s'avancer jusques à Castal.
Le Kan des Tartares dernier deposé, qui avoit
II. Pol.
Hiij
сн
1428 MERCURE DE FRANCE
eu la permission de resider à Hullipoly , a été
depuis quelques jours relegué de nouveau à
Scio.
On publie que le Kan des Tartares regnant ,
a refusé de se rendre au Camp du Grand Visir ,
et qu'il est occupé à fortifier Precops et Kilbour-
non , dans le soupçon où il est que la Porte ne
soit d'intelligence avec l'Empereur et les Mos-
covites , pour faciliter à ces derniers la Con-
quête de la Crimée.
Le 2. May , la Flote qui étoit encore à l'em-
bouchure de la Mer noire , mit à la Voile. On
a fait revenir dans ce Port deux Fregates , d'où
on a déchargé quantité de Canons de Campa-
gne , qui avoient été destinés pour l'Armée du
Grand Visir , et que l'on s'étoit proposé de faire
passer à Issatchi par la Mer noire et le Danube.
Les Bâtimens qui avoient été fretés pour trans-
porter les Troupes d'Asie à Taman , ont été en-
voyés à la traite du Bled. Toutes ces circonstan
ces semblent annoncer la Paix.
de Constantinople du 6. May 1737.
On a écrit de Babadag du 22. Mars, que le Kan des Tartares après son expedition en
devoit être de retour à Baccheseraï.
Ukraine avoit repris la roure de Crimée et qu'il
Le 28. Mars l'Armée Navale sortit de ce Port;
elle étoit composée de 15. Galeres , er de 200.
Galiotes , ou Brigantins , et de 6 Fregates.
Le 30. il y eut un Incendie à Constantino-
ple qui causa un grand dommage par une quan-
rité considerable de Ris , d'Huile , de Legumes
et autre provisions , qui ont été consumées par
le feu.
Le 29. le Mektoupgi , ou Secretaire du Grand
Visir arriva à Constantinople. Le 30. il fut te-
nu un grand Divan à la Porte, où assisterent les
Principaux des Gens de Loy et les Chefs des Mi-
lices. On y exposa la necessité de faire la Paix.
Le Mufty donna son Terfa, portant qu'il étoit
permis de faire la Paix avec les Infidéles , lors-
qu'on ne pouvoit continuer la Guerre sans s'ex-
poser à un peril évident ; sur cette décision , il
fut resolu de donner pouvoir aux Plénipoten-
tiaires du Grand Seigneur de faire la Paix aux
meilleures conditions qu'il seroit possible, On
II. Vol,
présume
JUIN.
prix que ce soit.
1737
1427
présumé qu'ils ont l'ordre de la faire à quelque
Le 26. du même mois , l'Ambassadeur d'An-
gleterre , qui étoit parti le 26. Février de Cons-
tantinople , arriva au Camp. On a apris que le
Grand Visir ayant voulu lui donner la Pelisse de
Samour , il l'avoit refusée , alleguant pour rai
son , qu'il ne devoit avoir cette marque de dis-
tinction qu'en qualité de Médiateur , et qu'il
n'auroit cette qualité que lorsque la Médiation
de Sa Majesté Britannique auroit été acceptée par
la Czarine , comme elle l'avoit été par la Porte.
Le s . Avril M. Stanidski alla à l'Audience
du Caïmakan , et le 7. à celle du Grand Sei-
gneur , en qualité d'Internonce , pour notifier à
la Porte Pavenement de l'Electeur de Saxe au
Trône de Pologne.
Le 17. Avril l'Ambassadeur d'Hollande afri
va à Babadag , il fit notifier son arrivée par son
Secretaire aux Ambassadeurs d'Allemagne et
d'Angleterre , ces Ambassadeurs lui envoyerent
leurs Secretaires , mais ils ne l'ont vû , ni l'un ,
ni l'autre.
Le 18. Avril M. Dahlman partit de Babadag
pour se rendre àKudak,qui a été fixé pour le lieu
des Conferences. Saïde- Effendy le suivit deux
jour après ; le Reys- Effendy devoit se mettre en
marche le 15. avec les autres Plenipotentiaires ,
et le Drogman de la Porte. On écrit du 23 Avril
de Babadag que l'Ambassadeur de Hollande
n'avoit pas encore eu audience du Grand Visir ;
que l'on disoit que cet Ambassadeur , ni celui
d'Angleterre n'iroient point à Kudac , et qu'ils
suivroient le Grand Visir , qui devoit partir de
Babadag vers le milieu du mois de May , passer
le Danube et s'avancer jusques à Castal.
Le Kan des Tartares dernier deposé, qui avoit
II. Pol.
Hiij
сн
1428 MERCURE DE FRANCE
eu la permission de resider à Hullipoly , a été
depuis quelques jours relegué de nouveau à
Scio.
On publie que le Kan des Tartares regnant ,
a refusé de se rendre au Camp du Grand Visir ,
et qu'il est occupé à fortifier Precops et Kilbour-
non , dans le soupçon où il est que la Porte ne
soit d'intelligence avec l'Empereur et les Mos-
covites , pour faciliter à ces derniers la Con-
quête de la Crimée.
Le 2. May , la Flote qui étoit encore à l'em-
bouchure de la Mer noire , mit à la Voile. On
a fait revenir dans ce Port deux Fregates , d'où
on a déchargé quantité de Canons de Campa-
gne , qui avoient été destinés pour l'Armée du
Grand Visir , et que l'on s'étoit proposé de faire
passer à Issatchi par la Mer noire et le Danube.
Les Bâtimens qui avoient été fretés pour trans-
porter les Troupes d'Asie à Taman , ont été en-
voyés à la traite du Bled. Toutes ces circonstan
ces semblent annoncer la Paix.
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980
p. 1428-1429
AFRIQUE.
Début :
Les avis reçus depuis peu de la côte d'Afrique portent que le nouveau Dey de Tunis ayant apris [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AFRIQUE.
AFRIQUE.
Les avis reçus depuis peu de la côte d'Afrique
portent que le nouveau Dey de Tunis ayant apris
que l'ancien Dey s'étoit retiré dans les environs
d'Ausolette avec le petit nombre de Troupes qui
demeurent attachées à son Parti , il étoit allé
Pattaquer dans ses retranchemens , qu'il l'avoit
obligé de s'enfuir à Souza , Ville bâtie sur le bord
de la Mer , er que depuis peu le nouveau . Dey
s'est rendu devant cette Place dans le dessein
d'en entreprendre le Siége par Terre et par Mer.
Selon les dernieres Lettres écrites du Port de
Sainte Croix en Barbarie , il n'y a point d'apa-
rence qu'on puisse voir si tôt la fin des troubles
II. Vol
qui
JUIN.
1737
1429
qui agitent depuis long-temps le Royaume de
Maroc. La plus grande partie des Habitans du
plat Pays , est attachée aux interêts de Muley-
Lariba, que l'Armée des Noirs a élú à la place de
Muley Abdhalla ; mais les Habitans des Mon-
tagnes suivent le parti de ce dernier ; et il est
d'autant plus difficile de les en detacher , qu'ac-
coutumés au brigandage , ils ont le specieux
pretexte des droits de leur Chef pour commet
tre impunément toutes sortes d'excès. Muley-
Abdhalla a fait raser tous les Châteaux et dé-
ruire tous les Ouvrages exterieurs qui défen-
doient les aproches de la Ville de Fez , esperant
que les Habitans se trouvant par là plus exposés
aux insultes de ses Troupes , ils se determine-
roient plus facilement à abandonner le parti de
son Concurrent. Cependant il n'a point encore
tiré de cet acte d'hostilité l'avantage qu'il en
attendoit, et les Habitans , tout depourvûs qu'ils
sont de défenses , n'en sont pas moins fidéles à
Muley-Lariba. Ceux de Ste Croix et de Sophie
se sont déterminés à garder une exacte Neutra-
lité entre les deux prétendans au Trône ; et ayant
refusé de recevoir les Troupes de l'un et l'autre
de ces Princes , ils entretiennent des Garnisons à
leurs dépens , pour empêcher que l'un des deux
ne leur donne la Loy.
Il continue d'aborder à Ste Croix un nom-
bre extraordinaire de Vaisseaux qui vont y char-
ger des Grains , et le Bled y est toujours à un
prix modique , quoique les Saurerelles ayent
causé cette année que que dommage dans les
Campagnes voisines . On écrit de plusieurs au-
tres endroits de l'Afrique , que ces insectes y
ont fait beaucoup de ravage , et qu'on y étoit
menacé d'une très - grande disette.
Les avis reçus depuis peu de la côte d'Afrique
portent que le nouveau Dey de Tunis ayant apris
que l'ancien Dey s'étoit retiré dans les environs
d'Ausolette avec le petit nombre de Troupes qui
demeurent attachées à son Parti , il étoit allé
Pattaquer dans ses retranchemens , qu'il l'avoit
obligé de s'enfuir à Souza , Ville bâtie sur le bord
de la Mer , er que depuis peu le nouveau . Dey
s'est rendu devant cette Place dans le dessein
d'en entreprendre le Siége par Terre et par Mer.
Selon les dernieres Lettres écrites du Port de
Sainte Croix en Barbarie , il n'y a point d'apa-
rence qu'on puisse voir si tôt la fin des troubles
II. Vol
qui
JUIN.
1737
1429
qui agitent depuis long-temps le Royaume de
Maroc. La plus grande partie des Habitans du
plat Pays , est attachée aux interêts de Muley-
Lariba, que l'Armée des Noirs a élú à la place de
Muley Abdhalla ; mais les Habitans des Mon-
tagnes suivent le parti de ce dernier ; et il est
d'autant plus difficile de les en detacher , qu'ac-
coutumés au brigandage , ils ont le specieux
pretexte des droits de leur Chef pour commet
tre impunément toutes sortes d'excès. Muley-
Abdhalla a fait raser tous les Châteaux et dé-
ruire tous les Ouvrages exterieurs qui défen-
doient les aproches de la Ville de Fez , esperant
que les Habitans se trouvant par là plus exposés
aux insultes de ses Troupes , ils se determine-
roient plus facilement à abandonner le parti de
son Concurrent. Cependant il n'a point encore
tiré de cet acte d'hostilité l'avantage qu'il en
attendoit, et les Habitans , tout depourvûs qu'ils
sont de défenses , n'en sont pas moins fidéles à
Muley-Lariba. Ceux de Ste Croix et de Sophie
se sont déterminés à garder une exacte Neutra-
lité entre les deux prétendans au Trône ; et ayant
refusé de recevoir les Troupes de l'un et l'autre
de ces Princes , ils entretiennent des Garnisons à
leurs dépens , pour empêcher que l'un des deux
ne leur donne la Loy.
Il continue d'aborder à Ste Croix un nom-
bre extraordinaire de Vaisseaux qui vont y char-
ger des Grains , et le Bled y est toujours à un
prix modique , quoique les Saurerelles ayent
causé cette année que que dommage dans les
Campagnes voisines . On écrit de plusieurs au-
tres endroits de l'Afrique , que ces insectes y
ont fait beaucoup de ravage , et qu'on y étoit
menacé d'une très - grande disette.
Fermer
981
p. 1430-1432
ALLEMAGNE.
Début :
On a apris de Vienne que le depart du Duc de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
On a apris de Vienne que le depart du Duc
de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de
ec mois , et que l'Empereur lui a assigné 500000.
II. Vol
Florins
1
JUIN.
1737.
1431
Florins pour les dépenses qu'il sera obligé de
faire pendant la Campagne.
1
L'Empereur a établi a Inspruck une Tonti-
ne , dont le Capital montera à deux millions de
Florins , et dont la Chambre du Commerce dur
Tirol aura la direction . Cette Tontine sera dis-
tribuée en quatre Classes, dans chacune desquel-
les il y aura mille actions , et chaque action sera
de foo. Florins. La premiere Classe doit être
composée d'Actionnaires au dessous de vingt-
cinq ans , qui retireront sept pour cent d'inte
rê ; la seconde de personnes depuis vingt- cinq
ans jusqu'à quarante , auxquelles ont donnera
un pour cent d'interêr ; de plus
la troisiéme
de personnes depuis quarante ans jusqu'à cin-
quante-einq, qui auront neuf pour cent ; et la
quatrième , d'interessés au dessus de cinquante-
cinq ans , qui jouiront du denier dix.
A mesure qu'il mourra des Actionnaires , la
moitié des revenus de leurs actions sera repartie
entre les survivans. Les Etrangers pouront s'in-
teresser dans cette Tontine , et S. M. I. leur
promet que leurs Dividens
seront exempts
dé toute diminution ou imposition , et qu'ils ne
seront saisis sous aucun pretexte , pas même en
cas de Guerre avec les Nations dont seront les
Actionnaires.
Le 18. de ce mois , il arriva à Dresde de Mit-
tau , un Seigneur Curlandois que les Etats du
Duché de Curlande , ont depêché au Roy Au-
guste de Pologne , pour lui donner avis que s'é-
tant assemblés le
2. afin de proceder à l'Elec-
tion d'un nouveau Duc , ils avoient élû pour
Souverain le Comte de Biron , grand Chain-
bellan de la Czarine.
On aprend de Toplitz que le Roy Auguste et
la Reine son Epouse y étoient arrivés au com-
11 Vol.
H v
mencement
1432 MERCURE DE FRANCE
mencement de ce mois , pour y prendre les Eaux
Minerales d'Eger ; que le ro. la Bourgeoisie tira
à l'Oiseau en presence de S. M. qui fit l'honneur
aux Habitans de tirer avec eux , et qui remporta
le prix.
On écrit de Berlin que le 3. de ce mois ,
le
Roy de Prusse , dont la santé est entierement
retablie , fit la revûë generale des Troupes qu'il
avoit fait venir dans les environs de cette Ville.
Ces Troupes qui consistoient en quatorze Ba-
taillons , demeurerent sous les Armes pendant
quatorze heures. Quoique le Prince Royal eût
eu la veille un accès de Fiévre , il ne laissa pas
d'assister à cette revûë , et malgré la chaleur ex-
cessive il fut toujours à la tête de son Regiment,
mais aussitôt après la revûë il fut obligé de se
mettre au lit.
On a apris de Vienne que le depart du Duc
de Loraine pour l'Armée, étoit fixé au 12. de
ec mois , et que l'Empereur lui a assigné 500000.
II. Vol
Florins
1
JUIN.
1737.
1431
Florins pour les dépenses qu'il sera obligé de
faire pendant la Campagne.
1
L'Empereur a établi a Inspruck une Tonti-
ne , dont le Capital montera à deux millions de
Florins , et dont la Chambre du Commerce dur
Tirol aura la direction . Cette Tontine sera dis-
tribuée en quatre Classes, dans chacune desquel-
les il y aura mille actions , et chaque action sera
de foo. Florins. La premiere Classe doit être
composée d'Actionnaires au dessous de vingt-
cinq ans , qui retireront sept pour cent d'inte
rê ; la seconde de personnes depuis vingt- cinq
ans jusqu'à quarante , auxquelles ont donnera
un pour cent d'interêr ; de plus
la troisiéme
de personnes depuis quarante ans jusqu'à cin-
quante-einq, qui auront neuf pour cent ; et la
quatrième , d'interessés au dessus de cinquante-
cinq ans , qui jouiront du denier dix.
A mesure qu'il mourra des Actionnaires , la
moitié des revenus de leurs actions sera repartie
entre les survivans. Les Etrangers pouront s'in-
teresser dans cette Tontine , et S. M. I. leur
promet que leurs Dividens
seront exempts
dé toute diminution ou imposition , et qu'ils ne
seront saisis sous aucun pretexte , pas même en
cas de Guerre avec les Nations dont seront les
Actionnaires.
Le 18. de ce mois , il arriva à Dresde de Mit-
tau , un Seigneur Curlandois que les Etats du
Duché de Curlande , ont depêché au Roy Au-
guste de Pologne , pour lui donner avis que s'é-
tant assemblés le
2. afin de proceder à l'Elec-
tion d'un nouveau Duc , ils avoient élû pour
Souverain le Comte de Biron , grand Chain-
bellan de la Czarine.
On aprend de Toplitz que le Roy Auguste et
la Reine son Epouse y étoient arrivés au com-
11 Vol.
H v
mencement
1432 MERCURE DE FRANCE
mencement de ce mois , pour y prendre les Eaux
Minerales d'Eger ; que le ro. la Bourgeoisie tira
à l'Oiseau en presence de S. M. qui fit l'honneur
aux Habitans de tirer avec eux , et qui remporta
le prix.
On écrit de Berlin que le 3. de ce mois ,
le
Roy de Prusse , dont la santé est entierement
retablie , fit la revûë generale des Troupes qu'il
avoit fait venir dans les environs de cette Ville.
Ces Troupes qui consistoient en quatorze Ba-
taillons , demeurerent sous les Armes pendant
quatorze heures. Quoique le Prince Royal eût
eu la veille un accès de Fiévre , il ne laissa pas
d'assister à cette revûë , et malgré la chaleur ex-
cessive il fut toujours à la tête de son Regiment,
mais aussitôt après la revûë il fut obligé de se
mettre au lit.
Fermer
982
p. 1434-1438
de l'[Is]le de Corse, &c. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de la Bastie, Capitale de l'Ile de Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : de l'[Is]le de Corse, &c. [titre d'après la table]
On écrit de la Bastie, Capitale de l'Ile de
Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au
commencement de ce mois , de la détention du
principal Chef des Rebelles en Hollande , don-
noit lieu d'esperer qu'ils ne tarderoient pas à
rentrer dans leur devoir , et que M. Rivarola ,
dès qu'il eut été instruit de la consternation re-
pandue à cette occasion dans leur Camp, leur
fit sçavoir que la Republique leur offroit une
Amnistie generale , et les mêmes conditions qui
leur avoient été accordées ci-devant par la mé-
diation de l'Empereur. Ils auroient peut- être ac-
cepté les propositions de M. Rivarola , si pen
dant qu'ils étoient occupés à déliberer sur le
parti qu'ils prendroient , il n'étoit arrivé à la
Plage d'Aleria deux Officiers , par lesquels leur
II. Vol.
principal
JUIN.
1737.
1435
principal Chef leur donnoit avis qu'à la verité
il étoit arrêté pour dettes à Amsterdam ,
mais
qu'il seroit bientôt mis en liberté , et qu'il ne
tarderoit pas à revenir dans cette Isle. Les assu-
rances données par ces deux Officiers ayant
changé absolument la disposition des Esprits ,
les Rebelles se sont avancés en grand nombre
jusqu'au pied du Glacis de la Bascie malgré le
feu du Canon et de la Mousqueterie , et ils ont
crié aux Sentinelles , qu'ils étoient déterminés à
souffrir plûtôt les dernieres extremités que de
rentrer sous la Domination de la Republique
et que s'ils perdoient leur Chef ,
à recouvrer leur liberté.
•
ils lui trou-
veroient bientôt un Successeur qui les aideroit
Leur aproche a causé une grande allarme
dans cette Ville , mais le grand feu qu'on a fair
sur eux les a obligés de retourner à leur Camp ,
où ils ont emmené sept ou huit Prisonniers qu'ils
ont fait dans un Poste avancé. Quoiqu'ils soient
demeurés dans l'inaction depuis qu'ils se sont
retirés , M. Rivarola a redoublé les Gardes de
tous les principaux Postes , et on travaille avec
d'autant plus de diligence à prendre des mesures
pour s'oposer à leurs entreprises , qu'on a été
informé que leur Chef étoit en chemin pour
revenir les joindre , et que le bruit vient même
de se repandre qu'il est déja arrivé dans cette
Isle.
Les Rebelles ont fait publier par son ordre
un Manifeste , dans lequel il entreprend de ré-
pondre au Decret qui le
II. Vol.
eclare Seducteur des
Peuples , Fauteur des troubles , ennemi de la
Republique , et coupable de haute trahison . Il
dit dans ce Manifeste , qu'il ne merite pas les
diverses denominations qui lui sont données
dans
1436 MERCURE DE FRANCE
dans le Decret de la Republique , puisque ce
n'est pas lui qui a suscité les troubles dont la
Corse est agitée , et qu'ils n'ont d'autre source
que les divers mécontentemens que des Habitans
de l'Isle pretendent avoir reçûs des Genois ; que
si ceux-ci avoient eu veritablement à cœur la
tranquillité de cette Isle , ils auroient fait éprou-
ver d'autres traitemens à un Peuple qui ne s'é-
toit soumis qu'à condition que la Republique
seroit fidelle à des Conventions stipulées sous la
garentie de l'Empereur , que pour lui il n'est
venu en Corse qu'après y avoir été apellé par
les Habitans , et que quand il seroit tel que les
Genois pretendent l'insinuer, la Providence ne
feroit en cette occasion à l'égard d'une Na-
tion oprimée que ce qu'elle a fait ci-devant en
faveur de plusieurs autres Peuples , lorsqu'elle
leur a envoyé des Liberateurs , dont on n'avoit
pas lieu d'attendre , d'abord les grands succès
qu'on a vus dans la suite.
Il ajoûte en finissant , qu'en vertu du pouvoir
que la Nation lui a donné , il défend aux Ge-
nois de demeurer en Corse sous peine de la vie ,
et il declare que les Corses ne conclûront point
La Paix avec la Republique , à moins qu'el
le ne renonce à la Possession de leur Isle , et
qu'elle ne leur restitue tout l'argent qu'elle en a
tiré par les impositions.
Les Lettres de Genes du 11. de ce mois, por
tent qu'on n'y a point encore reçu d'avis cer-
tain du retour du principal Chef des Rebelles
dans l'Isle de Corse , mais la plupart des lettres
de la Bastie marquent qu'on croit qu'il y est arri-
vé , parce que le Chanoine Orticone , et quel-
ques autres de ses Adherans se sont rendus pré-
cipitamment à Aleria
IL. Val
ONE
où l'on dit qu'il a de-
barqué,
JUIN.
1737.
1437
barqué. On a apris , par ces Lettres, qu'un déta-
chement d'environ trente hommes de la Garni-
son de la Place avoit tué quelques uns des Ou-
vriers qui travailloient aux Salines retablies par
les Rebeles , et que ces derniers avoient fait di
re à M. Rivarola qu'ils traiteroient les Sujets de
la Képublique avec la même rigueur qu'on trai-
tait les personnes attachées à leur parti. Les mê
mes avis portent que le bruit couroit que le fa-
meux Louis Ciaferri , un des anciens Chefs des
Rebelles étoit mort dans leur camp.
T
Les Lettres du 18. portent que l'inaction dans
laquelle se tiennent les Rebelles de Corse , don-
ne lieu de conjecturer que leur principal Chef
n'y est pas encore revenu , comme on l'avoit
publié. On a apris en dernier lieu qu'il regne
beaucoup de division parmi eux , que leurs dif-
ferends sont souvent suivis de voyes de fait ,
quelquefois de meurtres, mais que remplis d'ani-
mosité dans leurs querelles particulieres, ils sem
blent être toujouts prêts à les oublier et à se réu-
nir , dès qu'il s'agit de leur interêt commun.
Leur obstination à persister dans leur revolte a
déterminé le Senat à attendre des occasions plus
favorables pour les soumettre , et à se contenter
de songer à la conservation des Places qui sont
demeurées sous la Domination de la Republique..
Les Salines d'Aleria , que les Rebelles ont ré-
tablies , sont si abondantes qu'ils comptent d'en
tirer assés de sel , non seulement pour leur con-
sommation , mais encore pour en fournir aux
Etrangers. Ils ont découvert dans une Mine de
Fer , située aux environs d'Alizani , une Mine
qui leur produit beaucoup de ce Metal . Leurs
Chefs ont établi à Orena une Manufacture de
Cuir, par le moyen de laquelle ils seront en étag
II. Vol.
et
de
T438 MERCURE DE FRANCE
de se procurer plusieurs commodités que les
Etrangers leur faisoient acheter fort cher.
Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au
commencement de ce mois , de la détention du
principal Chef des Rebelles en Hollande , don-
noit lieu d'esperer qu'ils ne tarderoient pas à
rentrer dans leur devoir , et que M. Rivarola ,
dès qu'il eut été instruit de la consternation re-
pandue à cette occasion dans leur Camp, leur
fit sçavoir que la Republique leur offroit une
Amnistie generale , et les mêmes conditions qui
leur avoient été accordées ci-devant par la mé-
diation de l'Empereur. Ils auroient peut- être ac-
cepté les propositions de M. Rivarola , si pen
dant qu'ils étoient occupés à déliberer sur le
parti qu'ils prendroient , il n'étoit arrivé à la
Plage d'Aleria deux Officiers , par lesquels leur
II. Vol.
principal
JUIN.
1737.
1435
principal Chef leur donnoit avis qu'à la verité
il étoit arrêté pour dettes à Amsterdam ,
mais
qu'il seroit bientôt mis en liberté , et qu'il ne
tarderoit pas à revenir dans cette Isle. Les assu-
rances données par ces deux Officiers ayant
changé absolument la disposition des Esprits ,
les Rebelles se sont avancés en grand nombre
jusqu'au pied du Glacis de la Bascie malgré le
feu du Canon et de la Mousqueterie , et ils ont
crié aux Sentinelles , qu'ils étoient déterminés à
souffrir plûtôt les dernieres extremités que de
rentrer sous la Domination de la Republique
et que s'ils perdoient leur Chef ,
à recouvrer leur liberté.
•
ils lui trou-
veroient bientôt un Successeur qui les aideroit
Leur aproche a causé une grande allarme
dans cette Ville , mais le grand feu qu'on a fair
sur eux les a obligés de retourner à leur Camp ,
où ils ont emmené sept ou huit Prisonniers qu'ils
ont fait dans un Poste avancé. Quoiqu'ils soient
demeurés dans l'inaction depuis qu'ils se sont
retirés , M. Rivarola a redoublé les Gardes de
tous les principaux Postes , et on travaille avec
d'autant plus de diligence à prendre des mesures
pour s'oposer à leurs entreprises , qu'on a été
informé que leur Chef étoit en chemin pour
revenir les joindre , et que le bruit vient même
de se repandre qu'il est déja arrivé dans cette
Isle.
Les Rebelles ont fait publier par son ordre
un Manifeste , dans lequel il entreprend de ré-
pondre au Decret qui le
II. Vol.
eclare Seducteur des
Peuples , Fauteur des troubles , ennemi de la
Republique , et coupable de haute trahison . Il
dit dans ce Manifeste , qu'il ne merite pas les
diverses denominations qui lui sont données
dans
1436 MERCURE DE FRANCE
dans le Decret de la Republique , puisque ce
n'est pas lui qui a suscité les troubles dont la
Corse est agitée , et qu'ils n'ont d'autre source
que les divers mécontentemens que des Habitans
de l'Isle pretendent avoir reçûs des Genois ; que
si ceux-ci avoient eu veritablement à cœur la
tranquillité de cette Isle , ils auroient fait éprou-
ver d'autres traitemens à un Peuple qui ne s'é-
toit soumis qu'à condition que la Republique
seroit fidelle à des Conventions stipulées sous la
garentie de l'Empereur , que pour lui il n'est
venu en Corse qu'après y avoir été apellé par
les Habitans , et que quand il seroit tel que les
Genois pretendent l'insinuer, la Providence ne
feroit en cette occasion à l'égard d'une Na-
tion oprimée que ce qu'elle a fait ci-devant en
faveur de plusieurs autres Peuples , lorsqu'elle
leur a envoyé des Liberateurs , dont on n'avoit
pas lieu d'attendre , d'abord les grands succès
qu'on a vus dans la suite.
Il ajoûte en finissant , qu'en vertu du pouvoir
que la Nation lui a donné , il défend aux Ge-
nois de demeurer en Corse sous peine de la vie ,
et il declare que les Corses ne conclûront point
La Paix avec la Republique , à moins qu'el
le ne renonce à la Possession de leur Isle , et
qu'elle ne leur restitue tout l'argent qu'elle en a
tiré par les impositions.
Les Lettres de Genes du 11. de ce mois, por
tent qu'on n'y a point encore reçu d'avis cer-
tain du retour du principal Chef des Rebelles
dans l'Isle de Corse , mais la plupart des lettres
de la Bastie marquent qu'on croit qu'il y est arri-
vé , parce que le Chanoine Orticone , et quel-
ques autres de ses Adherans se sont rendus pré-
cipitamment à Aleria
IL. Val
ONE
où l'on dit qu'il a de-
barqué,
JUIN.
1737.
1437
barqué. On a apris , par ces Lettres, qu'un déta-
chement d'environ trente hommes de la Garni-
son de la Place avoit tué quelques uns des Ou-
vriers qui travailloient aux Salines retablies par
les Rebeles , et que ces derniers avoient fait di
re à M. Rivarola qu'ils traiteroient les Sujets de
la Képublique avec la même rigueur qu'on trai-
tait les personnes attachées à leur parti. Les mê
mes avis portent que le bruit couroit que le fa-
meux Louis Ciaferri , un des anciens Chefs des
Rebelles étoit mort dans leur camp.
T
Les Lettres du 18. portent que l'inaction dans
laquelle se tiennent les Rebelles de Corse , don-
ne lieu de conjecturer que leur principal Chef
n'y est pas encore revenu , comme on l'avoit
publié. On a apris en dernier lieu qu'il regne
beaucoup de division parmi eux , que leurs dif-
ferends sont souvent suivis de voyes de fait ,
quelquefois de meurtres, mais que remplis d'ani-
mosité dans leurs querelles particulieres, ils sem
blent être toujouts prêts à les oublier et à se réu-
nir , dès qu'il s'agit de leur interêt commun.
Leur obstination à persister dans leur revolte a
déterminé le Senat à attendre des occasions plus
favorables pour les soumettre , et à se contenter
de songer à la conservation des Places qui sont
demeurées sous la Domination de la Republique..
Les Salines d'Aleria , que les Rebelles ont ré-
tablies , sont si abondantes qu'ils comptent d'en
tirer assés de sel , non seulement pour leur con-
sommation , mais encore pour en fournir aux
Etrangers. Ils ont découvert dans une Mine de
Fer , située aux environs d'Alizani , une Mine
qui leur produit beaucoup de ce Metal . Leurs
Chefs ont établi à Orena une Manufacture de
Cuir, par le moyen de laquelle ils seront en étag
II. Vol.
et
de
T438 MERCURE DE FRANCE
de se procurer plusieurs commodités que les
Etrangers leur faisoient acheter fort cher.
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983
p. 1440-1444
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la
Marine , dont le Marquis de Mirepoix
étoit Colonel.
Le
1
t
JUIN.
1737.
1441
Le 4 de ce mois Madame la jeune Du-
chesse de Bourbon ,dont la santé se retablit
tous les jours , et qui aime beaucoup les
belles Fleurs , alla se promener dans le
Jardin du sieur le Fevre , qu'elle trouva
encore plus fleuri , qu'elle ne l'avoit es-
peré , la Saison étant déja bien avancée
pour les Fleurs du Printemps , dont l'ar-
deur du Soleil avoit précipité la durée
dans presque tous les Jardins feuristes
de Paris. S. A. S. s'y promena agréable
ment , s'y reposa et en sortit satisfaite
d'un Bouquet des plus belles Fleurs que
le sieur le Fevre eut l'honneur de lui
présenter.
On trouve chés ledit sieur le Fevre
toutes sortes de Graines Médicinales
D
Potageres et de Fleurs ; des Oignons ,
des Plantes et des Semences de toutes les
especes , pour l'ornement des Jardins.
Son Jardin est Ruë de Vaugirard at-
tenant le mur du Luxembourget le Cer
ceau d'or , Fauxbourg S. Germain ; mais
sa demeure principale , et plus conmo-
de pour le Public , est au milieu du Quay
de la Mégisserie , à l'Enseigne du Coq
de la bonne Foy. On lit sur son Plafond
cette dévise. Sanat , nutrit, et ornat.
Le 16. les Députés des Etats d'Artois.
curent audience du Roy : ils y furent
11. Vol.
presentés
7442 MERCURE DE FRANCE
présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouver-
neur de la Province , et par M. d'Anger
villiers , Ministre et Secretaire d'Etat,
et conduits en la maniere accoûtumée
par le Grand Maître et par le Maître des
Ceremonies. La députation étoit com-
posée de l'Abbé de la Grange , Grand-
Vicaire du Diocèse d'Arras pour le Cler-
gé , qui porta la parole ; du Comte de
la Bussiere pour la Noblesse , et de M.
Ansar , Conseiller et Pensionnaire de la
Ville d'Arras , Deputé du Tiers- Etat.
Le 18. Juin , les Maîtres de Musique
et Musiciens de Paris , firent celebrer
dans l'Eglise des grands Augustins une
Messe solemnelle à plusieurs Choeurs da
Musique ,, pour le repos des Ames da
leurs défunts Confreres.
Le 26. de ce mois , le Roy accompa-
gné de Monseigneur le Dauphin , fit
dans la cour du Château de Versailles la
revûë des deux Compagnies des Mous-
quetaires de la Garde de S. M. Le Roy
passa dans les rangs , et après qu'ils eu-
rent fait l'exercice , S. M. les vit défiler.
La Reine et Mesdames de France virens
cette revûë du Balcon de l'Apartement
du Comte de Clermont.
II. Vol.
Le
JUIN.
1737-
1443
Le 20. Juin, Fête du Saint Sacrement
le Roy et la Reine entendirent les Vê-
pres dans la Chapelle du Château de Ver
sailles , et Leurs Majestés assisterent au
Salut qui fut chanté par la Musique.
Le 27. jour de l'Octave , le Roy ac .
co mpagné du Duc d'Orleans , du Comte
de Clermont , du Prince de Dombes et
du Comte d'Eu , se rendit à l'Eglise de
la Paroisse du Château , et S. M. y en-
tendit la Grand'Messe , après avoir assis
té à la Procession .
Pendant l'Octave , le Roy a assisté
tous les jours au Salut, Le 25. et le 26. la
Reine l'a entendu dans la Chapelle, Le
22. Monseigneur le Dauphin assista aų
Salut dans l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau , et Mesdames de France y assiste-
rent dans l'Eglise de la Paroisse de Saint
Louis.
Le 30. de ce mois , Monseigneur le
Dauphin vint de Versailles à Paris se
promener au Cours et dans dans le Jar
din des Thuilleries.
Le Duc d'Ancenis , Capitaine des
Gardes du Corps en survivance du Duc
de Bethune son Pere , a été nommé par
le Roy , Mestre de Camp du Regiment
II. Vol.
de
#444 MERCURE DE FRANCE
de Cavalerie, dont le Duc de Chevreuse,
Mestre de Camp général de Dragons , a
été Mestre de Camp.
Le Roy a donné au Prince de Nassau, l'agrément du Régiment de la
Marine , dont le Marquis de Mirepoix
étoit Colonel.
Le
1
t
JUIN.
1737.
1441
Le 4 de ce mois Madame la jeune Du-
chesse de Bourbon ,dont la santé se retablit
tous les jours , et qui aime beaucoup les
belles Fleurs , alla se promener dans le
Jardin du sieur le Fevre , qu'elle trouva
encore plus fleuri , qu'elle ne l'avoit es-
peré , la Saison étant déja bien avancée
pour les Fleurs du Printemps , dont l'ar-
deur du Soleil avoit précipité la durée
dans presque tous les Jardins feuristes
de Paris. S. A. S. s'y promena agréable
ment , s'y reposa et en sortit satisfaite
d'un Bouquet des plus belles Fleurs que
le sieur le Fevre eut l'honneur de lui
présenter.
On trouve chés ledit sieur le Fevre
toutes sortes de Graines Médicinales
D
Potageres et de Fleurs ; des Oignons ,
des Plantes et des Semences de toutes les
especes , pour l'ornement des Jardins.
Son Jardin est Ruë de Vaugirard at-
tenant le mur du Luxembourget le Cer
ceau d'or , Fauxbourg S. Germain ; mais
sa demeure principale , et plus conmo-
de pour le Public , est au milieu du Quay
de la Mégisserie , à l'Enseigne du Coq
de la bonne Foy. On lit sur son Plafond
cette dévise. Sanat , nutrit, et ornat.
Le 16. les Députés des Etats d'Artois.
curent audience du Roy : ils y furent
11. Vol.
presentés
7442 MERCURE DE FRANCE
présentés par le Duc d'Elbeuf, Gouver-
neur de la Province , et par M. d'Anger
villiers , Ministre et Secretaire d'Etat,
et conduits en la maniere accoûtumée
par le Grand Maître et par le Maître des
Ceremonies. La députation étoit com-
posée de l'Abbé de la Grange , Grand-
Vicaire du Diocèse d'Arras pour le Cler-
gé , qui porta la parole ; du Comte de
la Bussiere pour la Noblesse , et de M.
Ansar , Conseiller et Pensionnaire de la
Ville d'Arras , Deputé du Tiers- Etat.
Le 18. Juin , les Maîtres de Musique
et Musiciens de Paris , firent celebrer
dans l'Eglise des grands Augustins une
Messe solemnelle à plusieurs Choeurs da
Musique ,, pour le repos des Ames da
leurs défunts Confreres.
Le 26. de ce mois , le Roy accompa-
gné de Monseigneur le Dauphin , fit
dans la cour du Château de Versailles la
revûë des deux Compagnies des Mous-
quetaires de la Garde de S. M. Le Roy
passa dans les rangs , et après qu'ils eu-
rent fait l'exercice , S. M. les vit défiler.
La Reine et Mesdames de France virens
cette revûë du Balcon de l'Apartement
du Comte de Clermont.
II. Vol.
Le
JUIN.
1737-
1443
Le 20. Juin, Fête du Saint Sacrement
le Roy et la Reine entendirent les Vê-
pres dans la Chapelle du Château de Ver
sailles , et Leurs Majestés assisterent au
Salut qui fut chanté par la Musique.
Le 27. jour de l'Octave , le Roy ac .
co mpagné du Duc d'Orleans , du Comte
de Clermont , du Prince de Dombes et
du Comte d'Eu , se rendit à l'Eglise de
la Paroisse du Château , et S. M. y en-
tendit la Grand'Messe , après avoir assis
té à la Procession .
Pendant l'Octave , le Roy a assisté
tous les jours au Salut, Le 25. et le 26. la
Reine l'a entendu dans la Chapelle, Le
22. Monseigneur le Dauphin assista aų
Salut dans l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau , et Mesdames de France y assiste-
rent dans l'Eglise de la Paroisse de Saint
Louis.
Le 30. de ce mois , Monseigneur le
Dauphin vint de Versailles à Paris se
promener au Cours et dans dans le Jar
din des Thuilleries.
Le Duc d'Ancenis , Capitaine des
Gardes du Corps en survivance du Duc
de Bethune son Pere , a été nommé par
le Roy , Mestre de Camp du Regiment
II. Vol.
de
#444 MERCURE DE FRANCE
de Cavalerie, dont le Duc de Chevreuse,
Mestre de Camp général de Dragons , a
été Mestre de Camp.
Fermer
984
p. 1444-1448
FESTE donnée à Bayonne.
Début :
Le 11. jour du mois de Juin, troisiéme Fête de la Pentecôte, les deux [...]
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texteReconnaissance textuelle : FESTE donnée à Bayonne.
FESTE donnée à Bayonne.
Le 11. jour du mois de Juin, troisiéme
Fête de la Pentecôte, les deux
Compagnies de Grenadiers du Regiment
de Chartres , en garnison à Bayonne ,
furent commandées avec un détachement
de 300. Hommes pour la Bénédiction des
Drapeaux ; la Troupe en bataille dans
l'Eglise et formant la Haye dans la Nef,
l'Evêque de Bayonne à la tête de tout
son Chapitre et du Clergé , suivi de M.
d'Adoncourt , Brigadier des Armées du
Roy , et Commandant à Bayonne , de
tout l'Etat Major de la Place , de M. le
Comte d'Estampes , Colonel- Lieutenant
du Regiment de Chartres , et tous les
Officiers du Regiment, arriva dans l'Egli-
se ; il prononça un très-beau et très élo-
quent Discours dans lequel il eut l'art de
persuader toutes les vertus de l'Hérois-
me par celles même de la Religion la
plus Chrétienne , il y fit entrer l'éloge
du feu Duc d'Orleans , Regent , du
Duc d'Orleans d'aujourd'hui , et de ces
deux exemples , joints aux dispositions
favorables et prématurées qu'on décou-
II. Vol.
vre
JUIN.
1737.
vre dans le Duc de Chartres ,
1445
il tira les
moyens pour montrer les hautes espe-
rances qu'on devoit concevoir de ce jeu
ne Prince ; après la Bénédiction des Dra-
peaux , on chanta un Te Deum au bruit
d'une nombreuse Artillerie , placée de-
vant la Cathédrale. Tous les Vaisseaux
qui étoient sur la Riviere répondirent
par plusieurs décharges de Canon.
Les Officiers du Régiment de Char-
tres étant bien
·
aises de donner au
Public des marques autentiques de la
joye qu'ils ont d'avoir le Duc de Char-
tres pour leur nouveau Colonel , et de
la grace que S. M. leur a faite de leur
rendre un nom qu'ils ont eu l'honneur
de porter depuis leur création, du vivant
du Duc d'Orleans Regent , et successi-
vement du Duc d'Orleans d'aujourd'hui,
donnerent , à cette occasion , une Fête
magnifique et parfaitement bien enten-
due , et ne crurent pouvoir choisir une
plus favorable, ni une plus auguste jour-
née pour la célébrer , persuadés que si
S. A. R. le Prince Emmanuel de Portu-
gal, qui étoit à Bayonne, vouloit l'hono-
rer de sa presence , rien ne manqueroit
à cette brillante Cérémonie. Ils prirent
la liberté d'aller l'en prier à son Palais en
corps ; le Prince , avec sa bonté ordinai
11. Vol.
1440 MERCURE DE FRANC
te , leur promit d'y venir. Toutes les
Dames de la Ville et les Messieurs y fu-
rent invités , ettous les differens Corps
Militaires.
Le même jour à cinq heures du soir
en representa une Comédie; ce Specta-
ele fut des plus brillants , et avec un
grand concours. Après la Comédie on
se rendit à l'Hôtel de Ville ; en passant
+
sur la Place de Grammont , on y cut
l'agréable surprise d'un Spectacle nou-
veau. La Bourse étoit le Lieu que les
Lieutenans du Régiment de Chartres
avoient choisi pour donner leur Fêre , à
l'exemple des Capitaines ; cette Place se
trouva toute illuminée et décorée de la
façon la plus galante. La Reine d'Espa
gne , informée du succès decette Déco-
ration
passa exprès sur le Pont Mayo
pour jouir du coup d'œil ; les Officiers ,
sensibles à cet honneur , n'oublierent
rien pour rendre à Sa Majesté tous ceux
qu'une conjoncture si fateuse , mais
si peu attenduë , pût leur permettre , on
la salua par un grand bruit de Boëtes et
de Canon , et la Reine remplie de bon-
té , leur députa aussi tôt un de ses Gen-
tilshommes pour les remercier de leurs
/ attentions.
Toute la Façade de l'Hôtel de Ville
11.Vol.
étoit
JUIN 1737
3447
étoit décorée et illuminée dans un autre
goût qui n'étoit pas moins galant , et de
plus, embellie d'un nombre de Trophées
très-convenables au sujet. Le Prince de
Portugal y arriva sur les neuf heures du
soir, et il fut reçû avec tout l'éclat dû à sa
Dignité , par une Garde composée d'un
Capitaine, d'un Lieutenant et d'un Ensei-
gne. Il fit l'honneur aux Officiers du Ré-
giment de Chartres de souper à une Table
de 150. Couverts , dressée en Fer-à-che-
val dans une des Salles de l'Hôtel de Vil
le , et à laquelle étoient invitées toutes
les Dames de distinction de la Ville ; il y
fut servi , pendant tout le repas , par M.
le Comte d'Etampes , de concert avec M.
le Marquis de Pinafuentes , Majordôme
de la Reine d'Espagne , que S. M. avoit
envoyé à cet effet. On cut attention de
laisser un intervalle entre le Prince et
ceux qui étoient à sa droite et à sa gau-
che ; la Santé du Roy et de la Reine , de
la Reine d'Espagne , celle du Prince de
Portugal et du Duc de Chartres y fu-
rent portées et bûës avec le respect et la
décence convenables, et annoncées au Pu-
blic par des décharges néirerées tant sur
Terre que sur Mer ; il y eut plusieurs au-
tres Tables servies avec abondance et dé-
licatesse.
11, Vol
Le
1
1448 MERCURE DE FRANCE
Le repas fini , le Prince se rendit dans
une Salle magnifique où S. A. R. voulut
bien ouvrir le Bal et en faire les hon-
neurs , et Elle dansa pendant une partic
de la nuit ; on n'oublia rien de toutes les
attentions et de toutes les recherches qui
peuvent rendre une Fête éclatante et
agréable : S. A. R. en se retirant donna
aux Officiers du Régiment de Chartres
des témoignages particuliers de tout l'a
grément qu'Elle y avoit eu.
L'intention des Officiers étant que
tout le Monde prît part à cette ré-
jouissance , on fit donner du vin à tous
les Soldats du Régiment ; cette distri
bution fut faite avec tant de regle , et
le Soldat usa de cette liberalité avec tant
de sagesse , qu'à travers la joye il fut aisé
de reconnoître la bonne discipline à la
quelle il est accoûtumé.
Le 11. jour du mois de Juin, troisiéme
Fête de la Pentecôte, les deux
Compagnies de Grenadiers du Regiment
de Chartres , en garnison à Bayonne ,
furent commandées avec un détachement
de 300. Hommes pour la Bénédiction des
Drapeaux ; la Troupe en bataille dans
l'Eglise et formant la Haye dans la Nef,
l'Evêque de Bayonne à la tête de tout
son Chapitre et du Clergé , suivi de M.
d'Adoncourt , Brigadier des Armées du
Roy , et Commandant à Bayonne , de
tout l'Etat Major de la Place , de M. le
Comte d'Estampes , Colonel- Lieutenant
du Regiment de Chartres , et tous les
Officiers du Regiment, arriva dans l'Egli-
se ; il prononça un très-beau et très élo-
quent Discours dans lequel il eut l'art de
persuader toutes les vertus de l'Hérois-
me par celles même de la Religion la
plus Chrétienne , il y fit entrer l'éloge
du feu Duc d'Orleans , Regent , du
Duc d'Orleans d'aujourd'hui , et de ces
deux exemples , joints aux dispositions
favorables et prématurées qu'on décou-
II. Vol.
vre
JUIN.
1737.
vre dans le Duc de Chartres ,
1445
il tira les
moyens pour montrer les hautes espe-
rances qu'on devoit concevoir de ce jeu
ne Prince ; après la Bénédiction des Dra-
peaux , on chanta un Te Deum au bruit
d'une nombreuse Artillerie , placée de-
vant la Cathédrale. Tous les Vaisseaux
qui étoient sur la Riviere répondirent
par plusieurs décharges de Canon.
Les Officiers du Régiment de Char-
tres étant bien
·
aises de donner au
Public des marques autentiques de la
joye qu'ils ont d'avoir le Duc de Char-
tres pour leur nouveau Colonel , et de
la grace que S. M. leur a faite de leur
rendre un nom qu'ils ont eu l'honneur
de porter depuis leur création, du vivant
du Duc d'Orleans Regent , et successi-
vement du Duc d'Orleans d'aujourd'hui,
donnerent , à cette occasion , une Fête
magnifique et parfaitement bien enten-
due , et ne crurent pouvoir choisir une
plus favorable, ni une plus auguste jour-
née pour la célébrer , persuadés que si
S. A. R. le Prince Emmanuel de Portu-
gal, qui étoit à Bayonne, vouloit l'hono-
rer de sa presence , rien ne manqueroit
à cette brillante Cérémonie. Ils prirent
la liberté d'aller l'en prier à son Palais en
corps ; le Prince , avec sa bonté ordinai
11. Vol.
1440 MERCURE DE FRANC
te , leur promit d'y venir. Toutes les
Dames de la Ville et les Messieurs y fu-
rent invités , ettous les differens Corps
Militaires.
Le même jour à cinq heures du soir
en representa une Comédie; ce Specta-
ele fut des plus brillants , et avec un
grand concours. Après la Comédie on
se rendit à l'Hôtel de Ville ; en passant
+
sur la Place de Grammont , on y cut
l'agréable surprise d'un Spectacle nou-
veau. La Bourse étoit le Lieu que les
Lieutenans du Régiment de Chartres
avoient choisi pour donner leur Fêre , à
l'exemple des Capitaines ; cette Place se
trouva toute illuminée et décorée de la
façon la plus galante. La Reine d'Espa
gne , informée du succès decette Déco-
ration
passa exprès sur le Pont Mayo
pour jouir du coup d'œil ; les Officiers ,
sensibles à cet honneur , n'oublierent
rien pour rendre à Sa Majesté tous ceux
qu'une conjoncture si fateuse , mais
si peu attenduë , pût leur permettre , on
la salua par un grand bruit de Boëtes et
de Canon , et la Reine remplie de bon-
té , leur députa aussi tôt un de ses Gen-
tilshommes pour les remercier de leurs
/ attentions.
Toute la Façade de l'Hôtel de Ville
11.Vol.
étoit
JUIN 1737
3447
étoit décorée et illuminée dans un autre
goût qui n'étoit pas moins galant , et de
plus, embellie d'un nombre de Trophées
très-convenables au sujet. Le Prince de
Portugal y arriva sur les neuf heures du
soir, et il fut reçû avec tout l'éclat dû à sa
Dignité , par une Garde composée d'un
Capitaine, d'un Lieutenant et d'un Ensei-
gne. Il fit l'honneur aux Officiers du Ré-
giment de Chartres de souper à une Table
de 150. Couverts , dressée en Fer-à-che-
val dans une des Salles de l'Hôtel de Vil
le , et à laquelle étoient invitées toutes
les Dames de distinction de la Ville ; il y
fut servi , pendant tout le repas , par M.
le Comte d'Etampes , de concert avec M.
le Marquis de Pinafuentes , Majordôme
de la Reine d'Espagne , que S. M. avoit
envoyé à cet effet. On cut attention de
laisser un intervalle entre le Prince et
ceux qui étoient à sa droite et à sa gau-
che ; la Santé du Roy et de la Reine , de
la Reine d'Espagne , celle du Prince de
Portugal et du Duc de Chartres y fu-
rent portées et bûës avec le respect et la
décence convenables, et annoncées au Pu-
blic par des décharges néirerées tant sur
Terre que sur Mer ; il y eut plusieurs au-
tres Tables servies avec abondance et dé-
licatesse.
11, Vol
Le
1
1448 MERCURE DE FRANCE
Le repas fini , le Prince se rendit dans
une Salle magnifique où S. A. R. voulut
bien ouvrir le Bal et en faire les hon-
neurs , et Elle dansa pendant une partic
de la nuit ; on n'oublia rien de toutes les
attentions et de toutes les recherches qui
peuvent rendre une Fête éclatante et
agréable : S. A. R. en se retirant donna
aux Officiers du Régiment de Chartres
des témoignages particuliers de tout l'a
grément qu'Elle y avoit eu.
L'intention des Officiers étant que
tout le Monde prît part à cette ré-
jouissance , on fit donner du vin à tous
les Soldats du Régiment ; cette distri
bution fut faite avec tant de regle , et
le Soldat usa de cette liberalité avec tant
de sagesse , qu'à travers la joye il fut aisé
de reconnoître la bonne discipline à la
quelle il est accoûtumé.
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986
p. 2197
LOGOGRYPHUS.
Début :
Urbes, Rura colo, Pagos, charissime Lector, [...]
Mots clefs :
Castrum
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHUS.
LOGO GRYPHUS.
URbes , Rura colo, Pagos , charissime Lector ,
Scinde caput , meus est , ora superna , locus.
Sex è septenis pedibus mòx elige solers ;
Scriptor divini pradicor eloquii.
Nunc quinque insumas , sermo mavortius adsum
Cum totidem , in Coelis pareo multicolor.
Admittas totidem , me cernis in arbore cunctâ ;
Tres tantùm capias , foemina nulla patet.
Par Duchemin , Musicien à Angers.
URbes , Rura colo, Pagos , charissime Lector ,
Scinde caput , meus est , ora superna , locus.
Sex è septenis pedibus mòx elige solers ;
Scriptor divini pradicor eloquii.
Nunc quinque insumas , sermo mavortius adsum
Cum totidem , in Coelis pareo multicolor.
Admittas totidem , me cernis in arbore cunctâ ;
Tres tantùm capias , foemina nulla patet.
Par Duchemin , Musicien à Angers.
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987
p. 939
AUTRE.
Début :
Sans lui faire aucun compliment, [...]
Mots clefs :
Ceinturon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Ans lui faire aucun compliment ,
Je ferre l'homme étroitement .
Quoique fouvent brillant de broderie ,
Je n'en tiens pas moins en état ,
Ce qui ne doit fervir qu'au bien de la Patrie ,
Et qu'à la gloire de l'Etat.
Laffichard.
Ans lui faire aucun compliment ,
Je ferre l'homme étroitement .
Quoique fouvent brillant de broderie ,
Je n'en tiens pas moins en état ,
Ce qui ne doit fervir qu'au bien de la Patrie ,
Et qu'à la gloire de l'Etat.
Laffichard.
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988
p. 1372-1373
LOGOGRYPHE.
Début :
Des mes plus jeunes ans je semai la terreur ; [...]
Mots clefs :
Cartouche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
714
Es mes plus jeunes ans je femai la terreur ;
A la Ville , à la Cour , j'inſpirai la frayeur ;
Mon nom devint fameux, & toujours redoutable ,
Aux plaintes comme aux pleurs, je fus inexorable.
Que j'euffe été loué dans mes hardis exploits ,
S'ils avoient eû pour but & la gloire & les loix !
Mais guidé par Laverne & le libertinage ,
Par le vice entraîné , j'employai mon courage.
De neuf lettres , Lecteur , naît ma fécondité ,
Capable d'exciter ta curiofité.
Mon nom t'offre d'abord le fujet de ma peine ,
Ou le trifte féjour qui me tint lieu de chaîne ;
Le malheureux flambeau dont on chargea ma main;
Le fupplice cruel à mes jours qui mit fin ;
Pour le Public je fers fur la terre & fur l'onde ;
D'un naufrage éternel je garantis le Monde ;
C'eft lur moi que dans Rome entroient les Conquérans
;
Je fuis encor l'un des cinq fens ;
On
JUIN.
1373 1743.
03
vi
E
On me voit employer mainte & mainte figure ,
Pour fuppléer à l'ingrate Nature ;
Cachant bien es défauts fous des dehors
trompeurs,
Des plus belles vertus j'emprunte les couleurs ,
Et l'on me voit regner à la Cour , à la Ville .
Je fuis le logement de certains animaux ,
Dont le labeur eft fort utile ;
Je luis très- funefte aux Vaifleaux ;
Je refferre les noeuds du charinant hymenée
Et provoque au repos au bout de la journée ;
Je finis , pour ne pas plus long - tems t'arrêter ,
Cher Lecteur , à tes yeux mon nom a du fauter.
De Montorier , de Lyon.
714
Es mes plus jeunes ans je femai la terreur ;
A la Ville , à la Cour , j'inſpirai la frayeur ;
Mon nom devint fameux, & toujours redoutable ,
Aux plaintes comme aux pleurs, je fus inexorable.
Que j'euffe été loué dans mes hardis exploits ,
S'ils avoient eû pour but & la gloire & les loix !
Mais guidé par Laverne & le libertinage ,
Par le vice entraîné , j'employai mon courage.
De neuf lettres , Lecteur , naît ma fécondité ,
Capable d'exciter ta curiofité.
Mon nom t'offre d'abord le fujet de ma peine ,
Ou le trifte féjour qui me tint lieu de chaîne ;
Le malheureux flambeau dont on chargea ma main;
Le fupplice cruel à mes jours qui mit fin ;
Pour le Public je fers fur la terre & fur l'onde ;
D'un naufrage éternel je garantis le Monde ;
C'eft lur moi que dans Rome entroient les Conquérans
;
Je fuis encor l'un des cinq fens ;
On
JUIN.
1373 1743.
03
vi
E
On me voit employer mainte & mainte figure ,
Pour fuppléer à l'ingrate Nature ;
Cachant bien es défauts fous des dehors
trompeurs,
Des plus belles vertus j'emprunte les couleurs ,
Et l'on me voit regner à la Cour , à la Ville .
Je fuis le logement de certains animaux ,
Dont le labeur eft fort utile ;
Je luis très- funefte aux Vaifleaux ;
Je refferre les noeuds du charinant hymenée
Et provoque au repos au bout de la journée ;
Je finis , pour ne pas plus long - tems t'arrêter ,
Cher Lecteur , à tes yeux mon nom a du fauter.
De Montorier , de Lyon.
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989
p. 2009-2010
ENIGME.
Début :
Je nâquis l'an mille trois cent, [...]
Mots clefs :
Poudre à canon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E nâquis l'an mille trois cent ,
Et mon pere tout feul me donna la naiſſance ;
A l'exemple du Tout- Puiffant ,
D'une terre choiſie il forma ma ſubſtance .
Femelle ,
2010 MERCURE DE FRANCE.
Femelle , il me falloit de l'éclat , du brillant ;
Mon pere , homme de goût , me fit autre que blonde;
Enchanté de fon fruit , jaloux de tout le monde ,
Dès qu'il me vit formée , il me tint au Couvent ,
Y vécut avec moi fans craindre la cenfure ,
Mais bien-tôt laffe de mon fort ,
Qui n'offroit à mes yeux qu'un pere & fa tonſure ,
A ce Geolier je fçus donner la mort .
Du même coup , je crois , j'abattis quelques têtes ;
Quoiqu'il en foit , du Cloître je fortis.
Par mille traits mortels j'étendis mes conquêtes ;
La Pourpre, le Croiffant, l'Aigle , les Fleurs - de- Lys,
Sous ma protection je mis toute la Terre.
Veux-tu , Lecteur , juger de mon pouvoir ?
Des effets furprenans peuvent te faire voir
Que j'égale celui du Maître du Tonnerre.
N. * à V. **
E nâquis l'an mille trois cent ,
Et mon pere tout feul me donna la naiſſance ;
A l'exemple du Tout- Puiffant ,
D'une terre choiſie il forma ma ſubſtance .
Femelle ,
2010 MERCURE DE FRANCE.
Femelle , il me falloit de l'éclat , du brillant ;
Mon pere , homme de goût , me fit autre que blonde;
Enchanté de fon fruit , jaloux de tout le monde ,
Dès qu'il me vit formée , il me tint au Couvent ,
Y vécut avec moi fans craindre la cenfure ,
Mais bien-tôt laffe de mon fort ,
Qui n'offroit à mes yeux qu'un pere & fa tonſure ,
A ce Geolier je fçus donner la mort .
Du même coup , je crois , j'abattis quelques têtes ;
Quoiqu'il en foit , du Cloître je fortis.
Par mille traits mortels j'étendis mes conquêtes ;
La Pourpre, le Croiffant, l'Aigle , les Fleurs - de- Lys,
Sous ma protection je mis toute la Terre.
Veux-tu , Lecteur , juger de mon pouvoir ?
Des effets furprenans peuvent te faire voir
Que j'égale celui du Maître du Tonnerre.
N. * à V. **
Fermer
990
p. 1164-1195
LES VIES des Hommes Illustres de la France, depuis le commencement de la Monarchie jusqu'à présent. Par M. d'Auvigny. Tomes IX & X. contenant les Grands Capitaines. A Amsterdam, & se vendent à Paris, chés le Gras, Grand'Salle du Palais, à L couronnée 1744.
Début :
Nous avons rendu compte en son tems de tous les Volumes de cet Ouvrage, [...]
Mots clefs :
Duc de Nemours, Ennemis, Français, Armée, Troupes, Ville, Général, Roi, Vénitiens, Pierre de Navarre, Louis XII, Bataille, Bologne, Victoire, Courage, Combat, Guerre, Suisses, Italie, Armes, Colonne, Retranchements, Infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES VIES des Hommes Illustres de la France, depuis le commencement de la Monarchie jusqu'à présent. Par M. d'Auvigny. Tomes IX & X. contenant les Grands Capitaines. A Amsterdam, & se vendent à Paris, chés le Gras, Grand'Salle du Palais, à L couronnée 1744.
LES VIES des Hommes Illuftres de la
France , depuis le commencement de la Monarchie
jufqu'à préfent. Par M. d' Auvigny.
Tomes IX & X. contenant les Grands Capitaines.
A Amfterdam , & se vendent à
Paris , chés le Gras , GrandSalle du Palais
, à L couronnée 1744:
N
Ous avons rendu compte en fon tems
de tous les Volumes de cet Ouvrage
qui ont précédé les deux dont on vient de
lire le titre , & qui viennent de paroître depuis
peu de jours . En rendant ce compte au
public , nous avons fouhaité pour fon intérêt
, que l'Auteur jouit d'une longue vie &
d'une parfaite fanté , Il a plû au Seigneur
d'en difpofer autrement. Nous avons perdu
M. d'Auvigny à la fleur de fon âge , & au
milieu de la courfe litteraire qu'il avoit entreprife.
C'eft ce que nous apprenons à regret
de M. fon Frere , Chanoine Régulier
de l'Ordre de Prémontré , dans un Avertiffement,
qui eft à la tête du IX Tome . Avertiffe-
"
JUIN. 1744. TM 1165
tiffement qui contient un détail litteraite ,
honorable , & curieux , lequel nous nous
faifons un devoir de rapporter ici dans fon
entier à caufe de fa brièveté.
Ces deux Volumes , dit M. le Chanoine ,
& ceux qui les fuivront , font les Ouvrages
pofthumes de M. d'Auvigny , Chevau- Leger
de la Garde , qui après avoir donné fes foins
pour l'Edition des Tomes VII & VIII de
fon Livre , fe hâta de partir pour joindre
La Troupe , & a été malheureufement tué
dans le Combat d'Ettinghen , à l'âge de treit
re & un ans , le 27 Juin 1743 , laiffant une
Veuve & deux enfans mâles , à qui les defcendans
des Hommes Illuftres de la France ,
qu'il a célébrés fi dignement , accorderont ,
fans doute , leur protection & par honneur
& par reconnoillance .
On fera peut-être étonné qu'un Auteur ,
qui a fi peu vécu , ait pû fournir une pareille
carriere , & qu'outre ces dix Volumes , qui
font imprimés , il ait encore laiffé la matiere
de plufieurs autres en manufcrit , entre les
mains de fon Libraire , avant que de partir
pour la Franconie, où il a fini fes jours . Peu
d'Ecrivains ont eu plus de facilité & de talens
pour écrire l'Hiftoire , & je crois que la République
des Lettres a fait en lui une perte.
Sa mémoire étoit prodigieufe , & fon ima
gination d'une vivacité extraordinaire, join-
E iij
te
1166 MERCURE DE FRANCE.
te à beaucoup de pénétration d'efprit. Naturellement
Philofophe , il s'étoit formé un
style nerveux & fententieux , qu'on remar
que facilement dans cet Ouvrage. Peut-être
aimoit- il un peu trop les ornemens du ftyle
& les agrémens de la narration , & il femble
les avoir quelquefois préférés à l'exacti
tude de la Grammaire , trop vif & trop
hardi dans fes penfées , pour s'y affujettit
fcrupuleufement.
Si l'on eft furpris qu'il ait pu achever un
fi long Ouvrage à la fleur de fes années ;
( Ouvrage qui fuppofe une lecture immenft
& un très-pénible travail ) combien le ferat'on
davantage , fi on fait attention à tous
les Livres , qu'il a publiés avant celui- ci ?
Après s'être exercé dans fa premiere jeuneffe
fur des matieres de bel efprit & de fiction ,
il s'appliqua férieufement à l'Hiftoire , &
donna un Abregé de celle de France & de la
Romaine, imprimée en 1730. Quelques an
nées après il mit au jour l'Hiftoire de la
Ville de Paris, en cinq Volumes, dont néan
moins la moitié du quatriéme & tout le cinquiéme
ne font point de lui , mais de feu
M. de la Barre , de l'Académie des Belles-
Lettres.
M. d'Auvigny étoit né dans le Hainaut
Après la mort d'un Oncle , qui lui avoit
donné de l'éducation , il vint à Paris en
1
1728
JUIN. 1169 1744.
?
1728 , & fut recommandé à une perfonne
très-connuë dans la République des Lettres ,
qui ayant apperçu en lui du génie , de l'efprit
, du talent & beaucoup d'application à
la lecture & au travail , prit quelque foin
de cultiver ces difpofitions. Mais depuis
plus de huit années , M. d'Auvigny s'étant
attaché à d'autres perfonnes , & ayant voulu
fe conduire à fon gré , celui à qui il avoit
obligation de la premiere culture de fes talens
, n'eut dans la fuite prefque aucun commerce
avec lui. Ainſi dans la compofition
des Vies des Hommes Illuftres , on peut dire
qu'il n'a été fecondé de qui que ce foit. Il
ne me fied pas de m'étendre davantage fur
les louanges d'un frere. J'ai crû devoir à fes
chers manes ce leger tribut , & que le Pu
blic l'approuveroit.
›
Pour donner une idée du travail de M.
d'Auvigny & pour fuivre la coûtume , que
nous avons prife , en rendant compte de
pareils Ouvrages nous expoferons ici
une des Vies qui compofent ce IX Tome.
Celle de GASTON DE FOIX , Duc de Nemours,
Général d'Armée , & Viceroi de Milan , fous
Louis XII , qu'on trouve à la pag. 128 ,
nous a paru convenir aux bornes de ce
Journal.
L'Hiftoire de ce Prince , tué à 24 ans ,
dans le fein de la victoire , eft une folide
E iij preu1168
MERCURE DE FRANCE.
preuve , qu'on ne peut trop fe hâter de de
venir Grand Homme , & que la vertu ne
fuit pas la jeuneffe , mais que l'ardeur & la
préfomption abandonnent rarement cet âge
dangereux .
GASTON étoit de l'Illuftre Maiſon de Foix ,
qui fe vante à jufte titre d'être iffuë de la
premiere race de nos Rois. Ces Cadets belliqueux
firent avouer de tout tems , qu'ils
étoient dignes de la Couronne , que la molleffe
de leurs aînés avoit fait perdre à leur
Maiſon. Son pere étoit N.... Comte de Foix
& de Comminges , & fa mere N.... de VALOIS
, foeur de Louis XII . Elle avoit été élevée
à la Cour de France , & témoin des malheurs
de fon frere , dont la caufe lui étoit
connuë : c'étoient les mauvais conſeils , &
une ambition déréglée . Cette Princeffe eut
donc foin d'écarter de fon fils tous les flateurs
, & de ne rien propoſer à fon émulation
, que de jufte & de légitime.
LOUIS XII , qui n'avoit point de fils , témoigna
à celui de fa foeur une affection de
pere ; il le fit venir de bonne heure à ſa
Cour , & ce qui commença à donner une
grande idée du jeune Prince , ce fut que ni
fa haute naiffance , ni les grands biens de fa
Maiſon , ni la faveur du Roi fon Oncle ne
parurent point l'occuper , ni le corrompre.
La fcience de la guerre , quoi qu'encore
bien
JUIN.17445 1169
bien imparfaite , étoit la principale de fon
tems ; il s'y adonna tout entier , & on le
vit à la journée d'Aignadet , à peine âgé de
18 ans , combattre fous les yeux du Roi avec
une valeur finguliere & une prudence que
fes regards lui infpiroient. Cette prudence
fut depuis la caufe de fa perte.
Quelque idée que Louis XII cut de fon
extrême vivacité , on ne s'en défia point
affés , à caufe de cette premiere marque de
moderation . Il le jugea lui-même depuis
auffi prudent , que tout le monde le trouvoit
brave!
·
Les Vénitiens , vaincus à Aignadel , montrerent
la fierté des anciens Romains , & fe
jugeant dans leur accablement hors d'état
d'obtenir une paix honorable , ils s'appliquerent
à attirer le Pape dans leur parti , &
à s'affurer des Suiffes , pour continuer la
guerre.D
,
Ces derniers devoient être les plus redoutables
ennemis de la France , & cependant
ils furent les moins menagés , Louis
XII avoit voulu délivrer la Nation Françoi
fe de l'efpece de tribut qu'elle payoit à ce
peuple belliqueux , ou plutôt lui faire connoître
, que c'étoit pour en être fervie , &
non pear s'en voir protegée ; de forte que
les Suiffes , animés par l'intérêt , écouterent
fans peine les propofitions des enne-
291VİV 50
Ey mis
1170 MERCURE DE FRANCE.
mis de la France , & leverent une armée
en leur faveur , pour entrer dans le Duché
de Milan.
2
Cet Etat ne s'étoit jamais vu plus puiffamment
menacé , & imoins de forces pour fe
deffendre ce dénûement dans une circonftance
femblable , ne pouvoit être réparé
que par une extrême attention , & une
grande prudence. " Enforte que le grand
nombre jugea , que le Roi confentoit en
quelque façon à le perdre , lorfqu'on vit le
Duc de Nemours, âgé de 22 ans , revêtu du
titre de Viceroi de Milan , & chargé de fa
confervation . Le jeune Prince avoit defiré
cet emploi avec ardeur, comme le plus brillant
qu'il pûr obtenir , & l'Europe vit avec
étonnement , que ce même Gafton , fi plein
de feu & d'ardeur pour la guerre , étoit devenu
tout à coup retenu & circonfpect , defirant
de combattre, comme un jeune guerrier
, mais fçachant en éviter les occaſions
comme un vieux Capitaine .
>
Sans attendre les Suiffes furieux au fortir
de leurs montagnes , il s'en approcha affés
pour leur laiffer efperer le combat. Ses vûes
étoient que les ennemis fe flatant de finir la
Campagne par une Bataille , prendroient
moins de précaution pour la fubfiftance de
leur armée , & qu'ils fe verroient contraints
par-là d'abandonner un Pays bien gardé &
dépourvût de vivres. Les
JUIN. 1171 1744.
Les Suiffes arrivés à Galera , dans le Milanez,
apprirent que le Général François étoit
pofté à Legnago , à quatre milles d'eux ,
fuivi feulement de trois cent lances , & de
deux cent Gentilshommes de la Maiſon du
Roi. Ils s'avancerent , & Gafton , fans trop
s'éloigner , pour leur donner plus d'envie
de le fuivre , recula jufques dans les Fauxbourgs
de Milan , où ils l'inveftirent , en at
tendant , pour le forcer , les fecours , qui
leur avoient été promis par le Pape & les
Vénitiens ; mais pendant que ces deux
Puiffances les amufoient d'efperances vaines
, le Duc de Nemours renforçoit fon armée
de quelques troupes tirées des garnifons
voisines.
Les Suiffes inquiets de l'abandon de leurs
Alliés , & n'ofant entreprendre d'attaquer
les François dans leurs retranchemens , s'avancerent
vers l'Adda , menaçant d'entrer
dans le Bergamafque. Le Duc de Nemours ,
toujours devant eux ou à leur fuite , campa
à Caffano , & rompit de telle forte leurs deffeins
, qu'ils lui envoyerent propoſer peu
de jours après de retourner dans leur Pays ,
s'il vouloit leur donner un mois de paye ,
fur le même pied qu'ils l'avoient toujours
reçu de la France.
re ,
Cette propofition , qu'on alloit leur fai
fut rejettée , parce qu'ils la faifoient :
E vj
on
1172 MERCURE DE FRANCE.
on marchanda ; ils s'irriterent , & mêlant
la fierté à l'intérêt , ils demanderent deux
jours après , le double de ce qu'on leur avoit
refufé, Gafton devenu plus fort en troupes ,
& en état de combattre avec plus de confiance
, en defiroit en quelque forte l'occafion.
On s'en appercevoit à fa façon de traiter
avec les Suiffes , qui envoyerent enfin
un trompette , pour déclarer qu'ils ne vouloient
plus d'accommodement , & qu'ils alloient
faire une guerre cruelle aux François
.
Le Duc de Nemours attendoit fans crainte
l'effet de ces menaces , lorfqu'on lui apprit
que les Suiffes avoient pris fecretement la
route du Lac de Côme , pour rentrer dans
leurs montagnes , vengeant la honte de cette
retraite par l'incendie de quelques Villages .
Gafton profita de leur abfence , & de la réputation
, que fa conduite lui avoit donnée
pour fortifier le Milanez , & affoiblir les
conféderés , en leur oppofant , s'il étoit poffible
, les forces de quelques Etats d'Italie.
La République de Florence & de Bologne
étoient les feuls Etats , qui laiffaffent
quelque efperance. La premiere , puiffante
par l'étendue de fes terres , le nombre & la
richeffe de fes habitans , étoit gouvernée par
un Magistrat Militaire, qui portoit le Titre
de Gonfalonier : fon inclination pour la France
JUIN. 1744. 1173
ce étoit décidée , mais le Confeil de la République
, rebuté de la legereté de la Nation
, écoutoit moins fon refpect pour le
Gonfalonier , que la crainte d'être facrifié
au premier avantage que les François pourroient
fe promettre en les abandonnant,
Gafton fut donc obligé de fe contenter de
voir garder une efpece de neutralité à cet
Etat , qu'il auroit été fi important de déterminer
pour fon parti , & de tourner toute
fon attention fur Bologne , abfolument déclarée
en fa faveur.
Cette Ville étoit alors fous la domination
des Bentivoglio , d'une Maiſon Illuftre d'Italie
, qui fe prétend defcendre d'un Roi de
Sardaigne , bâtard d'un Empereur d'Allemagne.
Les Bentivoglio ou Bentivoles , ennemis
perfonnels du Pape , de fa Maiſon &
de fes deffeins , avoient confenti , que le
Duc de Nemours mît dans Bologne une
garnifon de deux mille Allemands , & de
deux cent Gendarmes , fous les ordres d'Odet
de Foix , Seigneur de Lautrec , d'Ive
d'Alégre , & des Capitaines de la Fayette
& de S. Vincent , que les Italiens furnommoient
le Grand Diable , à caufe de fa valeur
, & de fa taille extraordinaire.
Mais l'expérience de ces Chefs , & la
force de la garnifon ne furent que la feconde
caufe du falut de la Ville ; elle étoit
perduc
1174 MERCURE DE FRANCE.
duë fans reffource , fi les ennemis avoient
pû éviter les inconvéniens ordinaires des
unions de troupes , qui infpirant differens
avis , obligent à perdre dans des déliberations
un tems toujours précieux à la guerre.
Ils confulterent donc , & Pierre de Navarre
, foldat de fortune , inftruit par Gonfalve ,
furnommé le Grand Capitaine , plus inftruit
encore par la Nature & par fon génie , fit
réfoudre d'emporter la Place par le moyen
des Mines , dont on l'a fait le premier Inventeur.
Bologne n'avoit point de dehors ;
une feule muraille , épaiffe à la vérité , étoit
toute fa défenſe ; le canon en ayant ruiné
plus de cent braffes en peu de jours , la largeur
de cette bréche tenta les affiégeans :
on voulut rifquer un affaut , dont les commencemens
eurent fi de fuccès , que les
Chefs réfolurent d'attendre l'effet de la Mine.
Pierre de Navarre l'avoit pouffée vers
la porte de Castiglione,fous un endroit de la
muraille , où il y avoit une petite Chapelle.
L'idée de l'Ingénieur étoit de la renverfer
avec la muraille dans le foffé , & de le combler
ainfi de leurs débris. La Garnifon inquiéte
de la largeur de la bréche , mais raffurée
par leur courage & par leur nombre
fe tenoit rangée le long de la muraille , affectant
une contenance fiere. Mille Fantaf
fins & cent quatre- vingt Gendarmes , enpeu
νομές
JUIN
1175 1744.
voyés par le Duc de Nemours , avoient encore
augmenté leur courage. Ils faifoient
des cris , & bravoient les affiégeans . Ceuxci
que Pierre de Navarre affuroit de l'effet
de la Mine , en attendoient le moment avec
impatience. Un tonnerre épouvantable l'annonça;
il fembloit que la Ville dût s'abîmer
, & les affiégeans célébroient déja leur
victoire par de grands cris , mais après que
le tourbillon de fumée & de poufliére für
diffipé , leur furpriſe fut extrême de voir la
Chapelle enlevée par la Mine dans le même
état, qu'elle étoit avant fon effet ; la poudre
l'avoit pouffée fi perpendiculairement, & la
maçonnerie ainfi que la charpente s'étoit
trouvée fi bonne,qu'à quelques fentes près,
on ne fe feroit point apperçu de fa tranflation
les Bolonnois crierent au miracle ,
& l'idée d'être foutenus par une providence
particuliere leur infpira une extrême réfolution.
Les affiégeans furpris refterent dans leurs
quartiers , & les nouvelles mefures , qu'ils
fe trouverent obligés de prendre , donnerent
le tems au Gouverneur d'envoyer demander
du fecours à Gafton de Foix , & l'ef
perance de le recevoir avant que d'être forcés.
Ce Général , qui affembloit les troupes à
Final , fur les frontieres du Modenois & du
-Bolorois , marcha avec toute fon armée
com1176
MERCURE DE FRANCE.
compofée d'onze mille Fantaffins , & de
treize cent lances. Craignant que le nom
bre ne le fit reconnoître , & ne pouvant
néanmoins feater de délivrer Bologne
avec moins de forces , il fut bien -tôt hots
-d'inquiétude. L'air fe chargea de nuages ,
& la neige , qui tomboit à gros flocons , en
rendant fa marche plus difficile , la rendit
auffi plus affurée. Toute Farmée, entrà dans
Bologne à l'infçu des ennemis , que l'on au
roit aifément battus à caufe de leur confiance
, fi Gaſton ent pû fe perfuader qu'ils ignorallent
fon arrivée . Le fiége fut levé fur le
champ avec beaucoup de précipitation ,
:quoique fans défordre , & le Duc de Nemours
, libérateur de Bologne fans avoir
tiré l'épée , fut regardé comme le plus prudent
, & le plus heureux Capitaine de fon
tems.
?
រ
Mais à peinegoûtoit-il les premiers fruits
de fa victoire , qu'on lui apprit la furprife
de Breffe par les Vénitiens. Cette Place fi
importante à la confervation du Milanez ,
avoit été confiée à la garde de du Lude , &
ce brave Officier fe trouvoit en état de la
conferver contre tous les ennemis du dehors
, mais il en avoit de plus dangereux
parmi les habitáns même , qui devoient
aider à fa deffenfe . Breffe , comine la plupart
des Villes d'Italie, étoit divifée en deux parJUIN.
1744. 1177
:
tis , à la tête defquels on voyoit les Maiſons
d'Avogaro , & de Gambara. Celle- ci attachée
aux François joüiffoit de toute la faveur
de ces nouveaux Maîtres de l'Italie.
& les autres ( c'eſt l'effet ordinaire de la
mauvaife politique ) éprouvoient chaque
jour de nouvelles injuftices. Une infulte ,
que le Comte de Gambara fit au Comte d'Avogaro
, obligea ce dernier à reclamer l'autorité
du Duc de Nemours . Ce Prince lui
promit de le fatisfaire , & l'oublia . L'Italien
crut qu'en lui refuſant la juftice , qui eft le
premier devoir des Souverains , on lui donnoit
l'exemple d'oublier le fien , tant il eſt
vrai que le déni de juftice , qui eft fi commun
, eft la fource de mille maux.
Il fçût donc mettre tout fon parti dans
l'intérêt de fa vengeance , & il prit fes mefures
avec tant de jufteffe , que les Vénitiens
avertis de fon deffein , parurent aux
portes de Breffe , avant que le Gouverneur
eut aucun foupçon de leur marche . La gar
nifon raffemblée fe porta toute entiere du
côté que paroiffoient les ennemis , mais
pendant qu'ils leur réfiftoient , une feconde
troupe de Vénitiens conduits par quelques
habitans entrerent par des égouts , dont ils
avoient ouvert les grilles. Aux cris de S.
Marc , qu'ils firent retentir de toutes parts ,
le Comte d'Avogaro parut dans la Place ,
font
1178 MERCURE DE FRANCE.
fondit fur le Gouverneur , déja embarraffe
par la multitude des ennemis,& l'obligea de
fe retirer au Château , d'où il pûr à peine
envoyer informer le Duc de Nemours de
fon malheur , & lui demander du fécours.
Ce Général étoit encore à Bologne , éloignée
de Breffe de quarante lieuës , & féparée
par le Pô , le Mincio , la Chieſa , & .
Les chemins devenus difficiles à caufe des
pluyes , fembloient impraticables à l'Artillerie
, dont on avoit cependant un befoin
abfolu ; mais l'ardeur du Chef , & l'affection
des Soldats pour lui , furmonterent ces
obftacles. Son armée fit en un jour trente
milles d'Italie , & ayant appris , que la République
envoyoit un Corps de cinq à fix
milles hommes au fecours de leurs troupes ,
qui affiégeoient le Château de Breffe , il fit
une diligence incroyable , pour gagner
de
vîteffe ces nouveaux ennemis. S'étant affuré
de cet avantage , il envoya contre eux le
Chevalier Bayard & Teligni avec leursGens
d'armes. Ces deux braves Chefs les ayant
joints , les battirent , & le Duc de Nemours
continuant fa route , arriva enfin à la vûë du
Château de Breffe , où il entra fans réfiftance.
Ce Prince donna une nuit à fes troupes
pour repofer , & le lendemain leur ayant
promis le pillage de la Ville , elles marcherent
JUI N. 1744. 1172
rent avec beaucoup de réfolution contre les
retranchemens des Vénitiens. Le Provedi
teur , qui les commandoit , avoit eu foin de
les munir d'une nombreufe artillerie ; outre
huit mille foldats , il avoit fous fes ordres
douze mille habitans prêts à combattre.Cette
armée étant trop nombreufe pour tenir dans
le terrain ,qui féparoit la Ville du Château,
il en avoit mis une partie en bataille , pour
rafraîchir les deffenfeurs du retranchement ;
de plus il avoit à dos une Riviére , & un
Pont , qu'il pouvoit rompre , fuppofé que
les François l'obligeaffent à la retraite.
Le Duc de Nemours étoit inftruit de tous
les avantages de l'ennemi ; mais le recouvrement
étoit d'une telle importance , qu'il réfolut
de tout rifquer. Son armée étoit de
douze mille hommes , qu'il divifa en plufieurs
corps : d'Alégre eut ordre de fe pofter
hors de la Ville , vis-à- vis la Porte de S.
Jean , la feule , que les Vénitiens avoient
laiffée ouverte , enfuite le Duc attaqua une
Abbaye appuyée contre les retranchemens ,
l'emporta , & fit paffer ce qu'il y avoit d'ennemis
au fil de l'épée. Ce premier fuccès encouragea
les troupes , fans rien faire perdre , -
au Général de fa moderation : Herigoïe , ou
Henri Gonet , fort eftimé de ce Prince &
des Soldats , fut mis à la tête d'une troupe
de Gafcons choifis , & le Chevalier Bayard
fuivit
1180 MERCURE DE FRANCE.
fuivit à pied avec fes Gens d'armes pour les
foutenir. L'ennemi les voyant avancer fiérement
& en bon ordre , fit un feu terrible
, qu'ils effuyerent fans s'ébranler ; le canon
du Château battoit avec furie contre
les retranchemens , & y faifoit de grandes
bréches ; les François les gagnerent après
avoir rempli le follé de fafcines , & ce fut
là que le combat devint fanglant. On s'y
battoit main à main , à coup de haches , de
piques , & d'épées. Le Chevalier Bayard
'animant les fiens
par fon exemple , reçut un
fi grand coup de pique dans la cuiffe , que
le fer y demeura avec le bout du bois où il
étoit attaché ; ce brave homme tomba noyé
dans fon fang , & les Soldats que fa préfen-
'ce avoit foutenus , commençoient à s'ébranler
, lorfque le Duc de Nemours la pique à
la main parut à leur tête , criant : Enfans ,
vengeons le bon Chevalier. Son exemple , &
fes cris infpirerent aux Soldats une efpece
de fureur ; les retranchemens furent forcés
en plufieurs endroits , & les fuyards pourfuivis
fi vivement , qu'ils n'eurent pas le
tems de lever le Pont , qu'il falloit paffer
pour entrer dans la Ville , où les vainqueurs
entrerent avec eux . Les Officiers leur firent
faire alte au- delà du Pont , pour les remettre
en ordre avec une facilité , qui fit connoître
combien le Duc de Nemours avoit acquis
JUI N. 1744.
1181
quis d'autorité fur fes troupes,
On reconnut bien-tôt la néceffité de cette
conduite ; la Gendarmerie Vénitienne , toute
la Cavalerie légere ,& une bonne partie
de leur Infanterie , fe firent voir en bataille
dans la Place , tout prêts à profiter du défordre
des François . Leur Général détacha
d'abord le Capitaine Bonnet , avec quelques
bataillons pour charger les Vénitiens ;
ils le reçurent avec courage , & le combat
devint plus long & plus dangereux , en cé
que les habitans montés fur les toits de leurs
maifons , en faifoient tomber de groffes
pierres & de l'eau bouillante , pendant que
d'autres tiroient par les fenêtres.
Le Duc de Nemours envoyoit fans ceffe
de nouvelles troupes pour feconder les premieres
, & les animoit par l'efpoir du pillage
, qui leur avoit été promis. Enfin après
une demie heure de combát , les Vénitiens
cédérent de tous côtés , & leur réfiftance vigoureuſe
fut la caufe que les vainqueurs ne
donnerent aucun quartier. On en fit un
grand maffacre dans toutes les rues de la
Ville. Plufieurs en fortirent , croyant trouver
leur falut dans la campagne , mais la
précaution , qu'ils avoient prife , de murer
toutes les portes de la Ville , à l'exception
de celle de S. Jean ' , leur devint funefte :
d'Alégre y étoit avec les Gens d'armes , qui
11
les
182 MERCURE DE FRANCE.
les malfacrerent . Les ennemis y perdirent ,
dix à douze mille hommes ; le Provediteur
André Gritti refta prifonnier , & ce qui mit
le comble au malheur de cette journée , fut
la prife du Comte Louis d'Avogaro & de
fon fils , Auteurs de la révolte.
Après que les Soldats les eurent rendus
témoins du pillage de leurs maiſons & de
la défolation de leur famille , contre laquelle
tout fut permis , on les préfenta au
Duc de Nemours , toute l'armée demandant
à grands cris leur fupplice. Il ne fervit de
rien au malheureux Comte de repréſenter ,
qu'étant né fujet des Vénitiens , il n'avoit
fait qu'appeller fes anciens Maîtres au ſe,
cours de la Patrie & de fa Maiſon , que l'on
accabloit d'injuftice ; le plus fort fut regardé
comme le Maître légitime , & fa mort fut
ordonnée.
Ce Seigneur appartenoit aux Maiſons les
plus confidérables de la Ville , & du Pays
d'alentour ; fon malheur y jetta la confternation
, & acheva la déſolation publique
furtout lorfqu'on vint à réfléchir fur la deftinée
de fon fils , compagnon involontaire de
fon crime , & qui devoit l'être de fon fupplice
.
Ce jeune homme avoit obéi à la Nature ,
ainfi qu'à la reconnoiffance , en fuivant le
Comte d'Avogaro , & fon courage avoit été
adJUIN.
1744. 1183
admiré par
il
le Duc de Nemours même , lorfque
fe voyant enveloppé avec fon pere ,
avoit tout tenté pour le fauver , ou pour
périr avec lui les armes à la main. Sa douleur
, lorfqu'il fe vit arrêté , fut d'un homme
plein de fentimens ; celle de fon pere
fembla feule l'occuper , & ce fut en cet
état , qu'on le préfenta au Duc de Nemours.
Ce Général , d'un âge à peu près femblable
au fien , parut touché de fon fort ; il le plaignit
, fans entreprendre de le confoler , ainfi
que le tentent ceux qui ne fçavent pas que
rien n'affoiblit dans un lâche la crainte de
perdre la vie , & qu'un homme de coeur
n'a pas beſoin de fecours pour fouffrir unę
mort honorable ; que même dans de certaines
fituations , & aux yeux d'un homme
courageux , les exhortations à la patience
& àla foumiffion font des affronts àfon courage.
On conduifit le pere & le fils en pri
fon , & le lendemain toute la Ville vint fe
jetter aux pieds du Duc de Nemours , pour
demander leur grace. La néceflité de faire
un exemple le rendit inexorable , & on vit
enfin ces deux malheureufes victimes marcher
enfemble au fupplice.
Cette fituation affreuſe pouvoit faire
comprendre qu'il eft des maux plus grands ,
que l'afpect d'une mort prochaine. Le Comte
d'Avogaro lié à côté de fon fils ne pouvoit
con1184
MERCURE DE FRANCE.
contenir les tranfports de la plus vive douleur
; il fe précipitoit vers le fupplice &
vers la mort , comme dans un afile qui devoit
le délivrer de cette cruelle vûë. Son
malheureux fils défefperé de fon état , demandoit
comme une grace , plus précieuſe
que la vie même , qu'on l'exécutât le premier.
On voyoit fur leur vifage & dans
leurs regards , l'agitation affreufe de leur
ame. Lamultitude , qui environnoit l'échaffaut
, obfervoit un filence profond , jettant
fes regards tantôt fur les deux victimes ,
tantôt fur le Duc de Nemours , dont la
trifteffe fembloit laiffer quelque efperance
de grace , mais à ce calme fuccederent des
cris perçans , lorfqu'on vit le Comte d'Avogaro
arrivé fur l'échaffaut s'approcher de
fon fils pour lui dire les derniers adieux ,
& les efforts que ces deux infortunés faifoient
pour s'embraffer malgré leurs liens.
Tandis que ce Spectacle accabloit tous les
coeurs , le Duc de Nemours fit un figne , &
les deux têtes tomberent prefque en mêmetems.
Cependant le pillage de la Ville avoit
ceffé ; après avoir été la caufe de la priſe
de la Place , en animant le foldat , il le devint
de la perte de l'armée en l'enrichiſſant.
Les troupes déferterent en foule , & cette
barbare victoire devint par- là prefque auffi
fuJUIN.
1744. 1185
funefte aux François qu'une défaite. Le Duc
de Nemours , au lieu de foldats aguerris , fe
trouva obligé de fe fervir de nouvelles levées
, inférieur en ce point aux ennemis ,
qui n'employoient contre lui que l'élite de
leurs troupes. Cependant Bologne fauvée
une armée vaincuë , Breffe reconquiſe en
moins de quinze jours , lui avoient donné
la réputation du plus grand & du plus heureux
Capitaine de l'Europe. Devenu la terreur
des ennemis , il devint le motif de la
présomption des François , qui s'imaginerent
que fon nom feul devoit triompher.
LOUIS XII , plus prudent par fon Confeil
que par fon caractere , & éblouii de fes fuccès
, lui manda de chercher par tout les Efpagnols
& de leur livrer bataille,
Une des raifons de cet empreffement étoit
la déclaration du Pape en faveur de la Ligue
, fortifiant ainfi des tréfors du S. Siége
& des troupes de l'Etat Eccléfiaftique les
Vénitiens & les Efpagnols , déja fi puiffans
en Italie . Mais Louis & fon Confeil étoient
alfés inftruits de la politique des Pontifes
pour ne pas douter qu'une victoire complette
fur les forces réunies des Conféderés , ne
déterminât le Pape à les abandonner. On
eraignoit auffi que l'Empereur , féduit par
l'exemple de la Cour de Rome , n'embraffat
le parti de la Ligue , & que les Suiffes irrités
I. Vol F du
1186 MERCURE DE FRANCE.
du mépris , que le Duc de Nemours leur
avoit témoigné , n'imitaffent toutes ces Puif
fances, en fe joignant à elles , pour accabler
les François .
Ces motifs firent agir Gaſton avec moins
de circonfpection , que l'état des affaires
ne le demandoit , dans le defir de donner
bataille pour contenter le Roi , & de déranger
les projets de tant de fiers ennemis . Il
prit donc le chemin de la Romagne à la tête
d'une armée de dix-huit mille hommes d'Infanterie
, & d'une Gendarmerie nombreuſe ;
il y trouva celle des ennemis commandée
par le Viceroi de Naples , mais ce Général
avoit reçû des ordres pofitifs d'éviter la ba
taille , le Roi d'Efpagne , fon Maître , ne
doutant pas que le Roi d'Angleterre & l'Empeu
,
pereur attaquant la France dans elle
ne fût obligée de rappeller fes troupes d'Ita
lie
pour fa deffenfe , de forte que le Duc de
Nemours , plus preffé que jamais par de
nouveaux ordres du Roi , avoit à engager
au combat des ennemis fupérieurs en nom
bre , & qui ne négligeoient rien pour l'évi
ter. Il s'empara à leur vûë de Cafteldi -Solarolo
, de Colignola & de Granarolo , eſperant
à chaque fiége de Place forcer les enne
mis à venir au fecours & les réduire à la né.
ceffité de donner bataille. Ils parurent conf
tans dans l'idée de la fuire , & pour les
conJUIN.
1744.
1187
contraindre , le Duc de Nemours fe vit forcé
d'affiéger Ravenne.
L'importance de cette Ville, par rapport à
fa richeffe , au nombre de fes habitans , à fa
fituation dans l'Etat Eccléfiaftique , & la
promeffe qu'avoit exigé Antoine Colonne
avant que de fe jetter dans la Place pour la
défendre , qu'on viendroit sûrement la fe
courir,ne permettoient plus aux Conféderés
de régler leurs démarches fur les ordres de
la Cour d'Efpagne. Rome & Venife menacées
, montrant plus d'inquiétude & plus
de feu , déterminerent leurs Alliés , & l'ar
mée entiere approcha à deuxmilles de diſtan
ce de celle des François.
Gafton , que leur arrivée combloit de
joie , donna ordre au Chevalier Bayard d'aller
les reconnoître à la tête de fes Gendarmes
, & de quelques Archers ; ce brave Capitaines
pouffa jufques dans le Camp ennemi
, qu'il eut le tems d'examiner avec attention
, tout en combattant , & répandant
Fallarme en tous lieux. Sur le compte qu'il
en rendit au Duc de Nemours , ce Prince
réfolut d'attaquer le lendemain onzième
Avril , jour de Pâques . Quelques -uns en témoignerent
du fcrupule , mais le Général
leur fit fentir qu'une guerre injufte ne devoit
jamais être entreprife , ni une guerre
jufte differée pour aucune raifon , & fur le
Fij champ
1188 MERCURE DE FRANCE.
champ onjetta un Pont fur la Romagné¿
pour aller à l'ennemi ; l'avantgarde compo
fée d'Infanterie Allemande , & précédée de
l'Artillerie , paffa fous les ordres du Duc de
Ferrare ; elle mit la riviere à fa droite , &
fa gauche fur deffendue par fept cent Gendarmes
; la bataille toute d'Infanterie Françoife
fe plaça à côté de ces derniers , & cinq
mille Italiens achevoient de former la ligne,
Le Seigneur de Chabanes , la Palice & le
Cardinal de S. Severin , armés de pied en
cap , étoient derriere avec fix cent lances
& le fameux Ive d'Alégre fut mis à la têtę
d'un Corps de quatre cent Gendarmes pour
la réferve , afin d'être à portée de repouffer
les forties que la garnifon de Ravenne
pourroit faire.
Les Chefs de l'armée Eſpagnole étoient
Pierre de Navarre , Fabrice Colonne , & Antoine
de Leve , Carvajal , Ferdinand d'Avalos
, Marquis de Pefcaire , Officiers célébres
, & peu dignes d'avoir pour Général le
Viceroi de Naples Raimond de Cardonne ,
le plus effeminé de tous les hommes , & que
le Pape même ne daignoit pas comprendre
parmi eux , l'appellant toujours Madame de
Cardonne. Tous ces Chefs mirent leur armée
en bataille , à la difference de terrain
près , ſuivant la même difpofition que celle
de France, Le Duc de Nemours lui fit paffer
le
JUIN. 1744. 1189
le Ronco , & l'artillerie fe fit bientôt entendre
d'une maniere terrible ; celle des ennemis
avoit l'avantage de prendre les François
à découvert , pendant que couchés le ventre
à terre dans leurs retranchemens , ils fe
trouvoient à l'abri des coups.
Pierre de Navarre avoit donné cet ordre
contre le fentiment de Fabrice Colonne
qui vouloit qu'on fortit pour aller au- devant
des François ; celui de Pierre de Navarre
qui mettoit les foldats en sûreté , leur parut
d'abord le meilleur , mais on reconnut bientôt
le défavantage certain d'être enfermés
& feulement fur la défenfive , contre des
ennemis , qui attaquoient avec vigueur .
Les François avoient déja perdu deux mille
hommes; les retranchemens ennemis étoient
bordés de petits chariots arnés de contelats,
& de pointes , machines d'autant plus terri
bles qu'elles étoient inconnues ; cependant
on vint à bout de les forcer. Le canon du
Duc de Nemours faifoit dans la Cavalerie
de Colonne le même ravage que celui des
ennemis dans fon Infanterie ; Colonne outré
de voir tomber fes Gendarmes ,fans pouvoir
donner un coup d'épée , demanda au
Viceroi la permiffion de charger , & malgré
fon refus vint tomber avec furie fur un Efcadron
que commandoient le Duc de Nemours
& le Chevalier Bayard ; il avoit di-
F iij vifé
1190 MERCURE DE FRANCE.
•
vifé le fien en deux pour les envelopper , &
profiter ainfi de leur petit nombre , mais
Gafton & le Chevalier Bayard foutinrent le
choc avec tant de courage & de bonheur
que Colonne mis en défordre leur donna
pour prendre une nouvelle difpofition , le
tems dont il avoit lui-même befoin pour le
ralliement ; il revint faire une feconde charge,
& les 2 troupes fe rompirent une feconde
fois; cependant lesFrançois auroient été obligés
de céder , fi Ive d'Alégre attentif à tout ce
qui fe paffoit dans la Plaine , ne fut accouru
à leur fecours. Alors le combat devint opiniâtre
, & Colonne après une vigoureufe
réfiſtance , ne ſe voyant plus que deux cent
Gendarmes de cinq cent qu'il commandoit ,
prit la fuite , & fut fuivi de Raimond de
Cardonne , avec le refte de la Cavalerie ,
qui n'avoit point encore combattu .
Pierre de Navarre refta feul avec fon Infanterie
, & préfenta, malgré cet abandon ,
un front redoutable au vainqueur ; le Duc
de Nemours jugea à leur contenance qu'il
falloit les attaquer avec précaution ; il détacha
trois mille Archers pour aller faire le
tour du retranchement , afin de prendre les
ennemis par derriere , pendant qu'il les attaqueroit
de front avec le refte de l'Infanterie.
Pierre de Navarre les voyant approcher
, fit mettre ventre à terre à fes gens ,
mais
JUI N. 1744 1191
mais les Archers Gafcons , les plus adroits
de l'Europe , en ayant tué ou bleffé un
grand nombre , il les fit tous relever , &
envoya un détachement de douze cent hommes
d'élite , qui chargerent les Gafcons avec
tant d'impétuofité , qu'ils les mirent en
fuite.
ས
Ce fuccès encouragea Pierre de Navarre ,
& jugeant bien que dépourvu de Cavalerie
il ne pouvoit efperer qu'une retraite glorieufe
, il fongea à fecourir Ravenne , pour
dé
gager la parole donnée à Antoine Colonne ,
& mettre en sûreté cette Place , qui étoit
Foccafion de la bataille , & l'objet de la victoire
; fon détachement de douze cent hommes
, après avoir pouffé les Gafcons , ne s'amufa
donc point à les pourfuivre , & prenoit
le chemin de Ravenne , lorfque le
Bâtard du Fay fe préfentant à la tête de
quelque Cavalerie , les obligea de retourner
dans leur Camp.
Pierre de Navarre les vit revenir avec
une efpece de joie ; il avoit à foutenir le
choc de l'armée Françoife entiere , & ce fut
là qu'il fit voir ce que peut la capacité à la
guerre , lorfqu'elle eft aidée du courage. Un
foffé défendoit fon retranchement ; il l'avoit
bordé d'un grand nombre de piquiers
robuftes & braves , qui foutinrent jufqu'à
fix charges fans fe rompre. Le Colonel Ja-
Fiiij cob ,
1192 MERCURE DE FRANCE.
>
cob , des Chef des Allemans , qui étoient a
la folde de la France, y fut tué ; les foldats
dont il étoit aimé , jetterent de grands cris ,
& chargerent les ennemis avec une nouvelle
fureur ; ceux- ci toujours ferrés & en bon
ordre , & pour ainfi dire , fortifiés de leurs
pertes , par le courage que l'excès du danger
donne à de braves foldats , foutinrent
cette attaque fans s'ébranler , & ils paroiffoient
impénétrables , quand un Officier
nommé Fabien , du Régiment de Jacob , un
des plus grands , & des plus forts hommes
qu'il y eut alors en Europe , défefperé de la
perte de fon Colonel , & la voulant venger
, fauta au milieu des ennemis , & prenant
fa pique par le travers , l'appuya avec
tant de force fur plufieurs de celles des ennemis
, qu'il les fit baiffer jufqu'à terre
donnant à ceux qui le fuivoient le moyen
d'entrer par cette ouverture : il y fut tué ,
mais fa mort donna la victoire à fon parti .
Les François au milieu des rangs Efpagnols
, firent des prodiges de valeur pour
achever de rompre des gens , qui à demi
vaincus , combattoient avec un courage aufli
reglé , que s'ils avoient pû efperer de vainere
on parvint jufqu'à Pierre de Navarre ;
il fut environné , accablé de coups de pique
& de traits, & enfin fait prifonnier. Ce qui
reftoit d'Espagnols , privés de leur Général ,
fe
JUIN. 1744. 1193
fe raffemblerent en un feul corps , & fe retirerent
en bon ordre par le grand chemin.
Le Duc de Nemours échauffé par un combat
fi long & fi opiniâtre , apperçut ce bataillon
; leur contenance fiere le frappa ; il
lui fembla qu'ils emportoient avec eux la
meilleure partie de fa victoire & fans
confulter que fon ardeur , il alla fe jetter
avec un petit nombre de Gendarmes fur des
troupes , que ni fon armée entiere , ni la
perte de leur Général , n'avoient pu obliger
à fe rendre.
,
A fon arrivée , les Efpagnols préfenterent
leurs piques ; fon cheval fut tué & lui- même
bleflé. Démonté & ayant perdu fa lance ,
déja couvert de fang , il mit le fabre à la
main , & regardant fon coufin Lautrec à
pied & bleffé comme lui : S'il faut périr
dit-il , faifons- nous regretter. En même- tems
il part & porte des coups terribles ; plufieurs
des ennemis tomberent à fes pieds , mais fes
armes fauffées de toutes parts par de violens
coups de pique , le laifferent bientôt à dé
couvert. Lautrec , refté prefque fenl auprès
de ce Prince , admirant la bravoure , défefperé
de fon péril , ne ceffoit de crier aux
Efpagnols : C'est le frere à votre Reine ne le
tuez pas. Mais ces cris adreffés à des gens
qui n'efperoient plus de quartier , & ac
Fy com1194
MERCURE DE FRANCE.
compagnés de grands coups de fabre , ne
touchoient point des foldats défefperés &
furieux ; Gafton affoibli par fa premiere
bleffure , & n'ayant que fon fabre pour
toute défenſe , reçut à la fois quatorze blef
fures , dont il expira fur le champ de bataille
.
gne
La témérité fit ainfi mourir dans le fein
de la victoire & à l'âge de vingt- quatreans
, un Prince , que l'ardeur d'acquerie
rop-tôt le titre de grand Capitaine , préci
pitoit dans tous les dangers. Son bonheur
l'éblouit ; le titre de foudre de l'Italie , que
trois grandes actions en une feule Campalui
avoient fait donner , lui infpira une
nouvelle présomption , & ce même titre lui
convint encore mieux après la mort , quedurant
fa vie ; car il eut de la foudre , le
bruit , l'éclat & le peu de durée. Ce Prince
fe crut invincible , parce qu'il avoit toujours .
vaincu . Des triomphes fouvent répétés , forment
le caractere brillant , à qui l'on donnele
titre d'Héroïfine , mais le mêlange dequelques
infortunes perfectionne & conferve
le grand homme.
On regretta d'autant plus le Duc de Nemours
, que fa perte fut fuivie de celle de
Italie pour les François , & qu'il avoit de
ces qualités naturelles & d'éducation , qui
Le rencontrent rarement chés les Princes. La
JeuJUIN.
1744. 1795*
Jeuneffe de la Cour , qui l'avoit fuivi , vantoit
fon affabilité , fa douceur , fes égards
pour les difpofitions heureuſes , & pour le
zéle. Les vieux Guerriers loüoient fon attention
pour leurs fervices , & fes déférences
pour la capacité & l'expérience. Le foldat
publioit fon extrême valeur , & les peuples,
vaincus fa clémence. Ces préventions favorables
, & la rapidité de fes fuccès éblouirent
tous les yeux , & l'Europe entiere le
reconnut pour un très- grand Capitaine , à
un âge où l'on ne commence qu'à être foldat.
Le bonheur eft une forte de mérite aux
yeux des hommes . S'il n'eft pas fort eſtimable
aux yeux de la raifon , il eft le plus
brillant & le plus admiré du vulgaire.
Les autres grands Capitaines , dont les
Vies rempliffent ce IX Tome , font : Louisde
la Tremoüille II. du nom , Prince de
Talmond , Vicomte de Thouars , furnommé
Le Chevalier fans reproche , fous les Rois
Louis XI & François I ; Ive d'Alégre, Che--
valier de l'ordre du Roi , Capitaine de cent
hommes d'armes , fous les Régnes de Char--
les VIII & Louis XII ; le Chevalier Bayard ,
Lieutenant Général pour le Roi en Dauphiné
, Chevalier de l'Ordre , Capitaine de
cent hommes d'armes.
France , depuis le commencement de la Monarchie
jufqu'à préfent. Par M. d' Auvigny.
Tomes IX & X. contenant les Grands Capitaines.
A Amfterdam , & se vendent à
Paris , chés le Gras , GrandSalle du Palais
, à L couronnée 1744:
N
Ous avons rendu compte en fon tems
de tous les Volumes de cet Ouvrage
qui ont précédé les deux dont on vient de
lire le titre , & qui viennent de paroître depuis
peu de jours . En rendant ce compte au
public , nous avons fouhaité pour fon intérêt
, que l'Auteur jouit d'une longue vie &
d'une parfaite fanté , Il a plû au Seigneur
d'en difpofer autrement. Nous avons perdu
M. d'Auvigny à la fleur de fon âge , & au
milieu de la courfe litteraire qu'il avoit entreprife.
C'eft ce que nous apprenons à regret
de M. fon Frere , Chanoine Régulier
de l'Ordre de Prémontré , dans un Avertiffement,
qui eft à la tête du IX Tome . Avertiffe-
"
JUIN. 1744. TM 1165
tiffement qui contient un détail litteraite ,
honorable , & curieux , lequel nous nous
faifons un devoir de rapporter ici dans fon
entier à caufe de fa brièveté.
Ces deux Volumes , dit M. le Chanoine ,
& ceux qui les fuivront , font les Ouvrages
pofthumes de M. d'Auvigny , Chevau- Leger
de la Garde , qui après avoir donné fes foins
pour l'Edition des Tomes VII & VIII de
fon Livre , fe hâta de partir pour joindre
La Troupe , & a été malheureufement tué
dans le Combat d'Ettinghen , à l'âge de treit
re & un ans , le 27 Juin 1743 , laiffant une
Veuve & deux enfans mâles , à qui les defcendans
des Hommes Illuftres de la France ,
qu'il a célébrés fi dignement , accorderont ,
fans doute , leur protection & par honneur
& par reconnoillance .
On fera peut-être étonné qu'un Auteur ,
qui a fi peu vécu , ait pû fournir une pareille
carriere , & qu'outre ces dix Volumes , qui
font imprimés , il ait encore laiffé la matiere
de plufieurs autres en manufcrit , entre les
mains de fon Libraire , avant que de partir
pour la Franconie, où il a fini fes jours . Peu
d'Ecrivains ont eu plus de facilité & de talens
pour écrire l'Hiftoire , & je crois que la République
des Lettres a fait en lui une perte.
Sa mémoire étoit prodigieufe , & fon ima
gination d'une vivacité extraordinaire, join-
E iij
te
1166 MERCURE DE FRANCE.
te à beaucoup de pénétration d'efprit. Naturellement
Philofophe , il s'étoit formé un
style nerveux & fententieux , qu'on remar
que facilement dans cet Ouvrage. Peut-être
aimoit- il un peu trop les ornemens du ftyle
& les agrémens de la narration , & il femble
les avoir quelquefois préférés à l'exacti
tude de la Grammaire , trop vif & trop
hardi dans fes penfées , pour s'y affujettit
fcrupuleufement.
Si l'on eft furpris qu'il ait pu achever un
fi long Ouvrage à la fleur de fes années ;
( Ouvrage qui fuppofe une lecture immenft
& un très-pénible travail ) combien le ferat'on
davantage , fi on fait attention à tous
les Livres , qu'il a publiés avant celui- ci ?
Après s'être exercé dans fa premiere jeuneffe
fur des matieres de bel efprit & de fiction ,
il s'appliqua férieufement à l'Hiftoire , &
donna un Abregé de celle de France & de la
Romaine, imprimée en 1730. Quelques an
nées après il mit au jour l'Hiftoire de la
Ville de Paris, en cinq Volumes, dont néan
moins la moitié du quatriéme & tout le cinquiéme
ne font point de lui , mais de feu
M. de la Barre , de l'Académie des Belles-
Lettres.
M. d'Auvigny étoit né dans le Hainaut
Après la mort d'un Oncle , qui lui avoit
donné de l'éducation , il vint à Paris en
1
1728
JUIN. 1169 1744.
?
1728 , & fut recommandé à une perfonne
très-connuë dans la République des Lettres ,
qui ayant apperçu en lui du génie , de l'efprit
, du talent & beaucoup d'application à
la lecture & au travail , prit quelque foin
de cultiver ces difpofitions. Mais depuis
plus de huit années , M. d'Auvigny s'étant
attaché à d'autres perfonnes , & ayant voulu
fe conduire à fon gré , celui à qui il avoit
obligation de la premiere culture de fes talens
, n'eut dans la fuite prefque aucun commerce
avec lui. Ainſi dans la compofition
des Vies des Hommes Illuftres , on peut dire
qu'il n'a été fecondé de qui que ce foit. Il
ne me fied pas de m'étendre davantage fur
les louanges d'un frere. J'ai crû devoir à fes
chers manes ce leger tribut , & que le Pu
blic l'approuveroit.
›
Pour donner une idée du travail de M.
d'Auvigny & pour fuivre la coûtume , que
nous avons prife , en rendant compte de
pareils Ouvrages nous expoferons ici
une des Vies qui compofent ce IX Tome.
Celle de GASTON DE FOIX , Duc de Nemours,
Général d'Armée , & Viceroi de Milan , fous
Louis XII , qu'on trouve à la pag. 128 ,
nous a paru convenir aux bornes de ce
Journal.
L'Hiftoire de ce Prince , tué à 24 ans ,
dans le fein de la victoire , eft une folide
E iij preu1168
MERCURE DE FRANCE.
preuve , qu'on ne peut trop fe hâter de de
venir Grand Homme , & que la vertu ne
fuit pas la jeuneffe , mais que l'ardeur & la
préfomption abandonnent rarement cet âge
dangereux .
GASTON étoit de l'Illuftre Maiſon de Foix ,
qui fe vante à jufte titre d'être iffuë de la
premiere race de nos Rois. Ces Cadets belliqueux
firent avouer de tout tems , qu'ils
étoient dignes de la Couronne , que la molleffe
de leurs aînés avoit fait perdre à leur
Maiſon. Son pere étoit N.... Comte de Foix
& de Comminges , & fa mere N.... de VALOIS
, foeur de Louis XII . Elle avoit été élevée
à la Cour de France , & témoin des malheurs
de fon frere , dont la caufe lui étoit
connuë : c'étoient les mauvais conſeils , &
une ambition déréglée . Cette Princeffe eut
donc foin d'écarter de fon fils tous les flateurs
, & de ne rien propoſer à fon émulation
, que de jufte & de légitime.
LOUIS XII , qui n'avoit point de fils , témoigna
à celui de fa foeur une affection de
pere ; il le fit venir de bonne heure à ſa
Cour , & ce qui commença à donner une
grande idée du jeune Prince , ce fut que ni
fa haute naiffance , ni les grands biens de fa
Maiſon , ni la faveur du Roi fon Oncle ne
parurent point l'occuper , ni le corrompre.
La fcience de la guerre , quoi qu'encore
bien
JUIN.17445 1169
bien imparfaite , étoit la principale de fon
tems ; il s'y adonna tout entier , & on le
vit à la journée d'Aignadet , à peine âgé de
18 ans , combattre fous les yeux du Roi avec
une valeur finguliere & une prudence que
fes regards lui infpiroient. Cette prudence
fut depuis la caufe de fa perte.
Quelque idée que Louis XII cut de fon
extrême vivacité , on ne s'en défia point
affés , à caufe de cette premiere marque de
moderation . Il le jugea lui-même depuis
auffi prudent , que tout le monde le trouvoit
brave!
·
Les Vénitiens , vaincus à Aignadel , montrerent
la fierté des anciens Romains , & fe
jugeant dans leur accablement hors d'état
d'obtenir une paix honorable , ils s'appliquerent
à attirer le Pape dans leur parti , &
à s'affurer des Suiffes , pour continuer la
guerre.D
,
Ces derniers devoient être les plus redoutables
ennemis de la France , & cependant
ils furent les moins menagés , Louis
XII avoit voulu délivrer la Nation Françoi
fe de l'efpece de tribut qu'elle payoit à ce
peuple belliqueux , ou plutôt lui faire connoître
, que c'étoit pour en être fervie , &
non pear s'en voir protegée ; de forte que
les Suiffes , animés par l'intérêt , écouterent
fans peine les propofitions des enne-
291VİV 50
Ey mis
1170 MERCURE DE FRANCE.
mis de la France , & leverent une armée
en leur faveur , pour entrer dans le Duché
de Milan.
2
Cet Etat ne s'étoit jamais vu plus puiffamment
menacé , & imoins de forces pour fe
deffendre ce dénûement dans une circonftance
femblable , ne pouvoit être réparé
que par une extrême attention , & une
grande prudence. " Enforte que le grand
nombre jugea , que le Roi confentoit en
quelque façon à le perdre , lorfqu'on vit le
Duc de Nemours, âgé de 22 ans , revêtu du
titre de Viceroi de Milan , & chargé de fa
confervation . Le jeune Prince avoit defiré
cet emploi avec ardeur, comme le plus brillant
qu'il pûr obtenir , & l'Europe vit avec
étonnement , que ce même Gafton , fi plein
de feu & d'ardeur pour la guerre , étoit devenu
tout à coup retenu & circonfpect , defirant
de combattre, comme un jeune guerrier
, mais fçachant en éviter les occaſions
comme un vieux Capitaine .
>
Sans attendre les Suiffes furieux au fortir
de leurs montagnes , il s'en approcha affés
pour leur laiffer efperer le combat. Ses vûes
étoient que les ennemis fe flatant de finir la
Campagne par une Bataille , prendroient
moins de précaution pour la fubfiftance de
leur armée , & qu'ils fe verroient contraints
par-là d'abandonner un Pays bien gardé &
dépourvût de vivres. Les
JUIN. 1171 1744.
Les Suiffes arrivés à Galera , dans le Milanez,
apprirent que le Général François étoit
pofté à Legnago , à quatre milles d'eux ,
fuivi feulement de trois cent lances , & de
deux cent Gentilshommes de la Maiſon du
Roi. Ils s'avancerent , & Gafton , fans trop
s'éloigner , pour leur donner plus d'envie
de le fuivre , recula jufques dans les Fauxbourgs
de Milan , où ils l'inveftirent , en at
tendant , pour le forcer , les fecours , qui
leur avoient été promis par le Pape & les
Vénitiens ; mais pendant que ces deux
Puiffances les amufoient d'efperances vaines
, le Duc de Nemours renforçoit fon armée
de quelques troupes tirées des garnifons
voisines.
Les Suiffes inquiets de l'abandon de leurs
Alliés , & n'ofant entreprendre d'attaquer
les François dans leurs retranchemens , s'avancerent
vers l'Adda , menaçant d'entrer
dans le Bergamafque. Le Duc de Nemours ,
toujours devant eux ou à leur fuite , campa
à Caffano , & rompit de telle forte leurs deffeins
, qu'ils lui envoyerent propoſer peu
de jours après de retourner dans leur Pays ,
s'il vouloit leur donner un mois de paye ,
fur le même pied qu'ils l'avoient toujours
reçu de la France.
re ,
Cette propofition , qu'on alloit leur fai
fut rejettée , parce qu'ils la faifoient :
E vj
on
1172 MERCURE DE FRANCE.
on marchanda ; ils s'irriterent , & mêlant
la fierté à l'intérêt , ils demanderent deux
jours après , le double de ce qu'on leur avoit
refufé, Gafton devenu plus fort en troupes ,
& en état de combattre avec plus de confiance
, en defiroit en quelque forte l'occafion.
On s'en appercevoit à fa façon de traiter
avec les Suiffes , qui envoyerent enfin
un trompette , pour déclarer qu'ils ne vouloient
plus d'accommodement , & qu'ils alloient
faire une guerre cruelle aux François
.
Le Duc de Nemours attendoit fans crainte
l'effet de ces menaces , lorfqu'on lui apprit
que les Suiffes avoient pris fecretement la
route du Lac de Côme , pour rentrer dans
leurs montagnes , vengeant la honte de cette
retraite par l'incendie de quelques Villages .
Gafton profita de leur abfence , & de la réputation
, que fa conduite lui avoit donnée
pour fortifier le Milanez , & affoiblir les
conféderés , en leur oppofant , s'il étoit poffible
, les forces de quelques Etats d'Italie.
La République de Florence & de Bologne
étoient les feuls Etats , qui laiffaffent
quelque efperance. La premiere , puiffante
par l'étendue de fes terres , le nombre & la
richeffe de fes habitans , étoit gouvernée par
un Magistrat Militaire, qui portoit le Titre
de Gonfalonier : fon inclination pour la France
JUIN. 1744. 1173
ce étoit décidée , mais le Confeil de la République
, rebuté de la legereté de la Nation
, écoutoit moins fon refpect pour le
Gonfalonier , que la crainte d'être facrifié
au premier avantage que les François pourroient
fe promettre en les abandonnant,
Gafton fut donc obligé de fe contenter de
voir garder une efpece de neutralité à cet
Etat , qu'il auroit été fi important de déterminer
pour fon parti , & de tourner toute
fon attention fur Bologne , abfolument déclarée
en fa faveur.
Cette Ville étoit alors fous la domination
des Bentivoglio , d'une Maiſon Illuftre d'Italie
, qui fe prétend defcendre d'un Roi de
Sardaigne , bâtard d'un Empereur d'Allemagne.
Les Bentivoglio ou Bentivoles , ennemis
perfonnels du Pape , de fa Maiſon &
de fes deffeins , avoient confenti , que le
Duc de Nemours mît dans Bologne une
garnifon de deux mille Allemands , & de
deux cent Gendarmes , fous les ordres d'Odet
de Foix , Seigneur de Lautrec , d'Ive
d'Alégre , & des Capitaines de la Fayette
& de S. Vincent , que les Italiens furnommoient
le Grand Diable , à caufe de fa valeur
, & de fa taille extraordinaire.
Mais l'expérience de ces Chefs , & la
force de la garnifon ne furent que la feconde
caufe du falut de la Ville ; elle étoit
perduc
1174 MERCURE DE FRANCE.
duë fans reffource , fi les ennemis avoient
pû éviter les inconvéniens ordinaires des
unions de troupes , qui infpirant differens
avis , obligent à perdre dans des déliberations
un tems toujours précieux à la guerre.
Ils confulterent donc , & Pierre de Navarre
, foldat de fortune , inftruit par Gonfalve ,
furnommé le Grand Capitaine , plus inftruit
encore par la Nature & par fon génie , fit
réfoudre d'emporter la Place par le moyen
des Mines , dont on l'a fait le premier Inventeur.
Bologne n'avoit point de dehors ;
une feule muraille , épaiffe à la vérité , étoit
toute fa défenſe ; le canon en ayant ruiné
plus de cent braffes en peu de jours , la largeur
de cette bréche tenta les affiégeans :
on voulut rifquer un affaut , dont les commencemens
eurent fi de fuccès , que les
Chefs réfolurent d'attendre l'effet de la Mine.
Pierre de Navarre l'avoit pouffée vers
la porte de Castiglione,fous un endroit de la
muraille , où il y avoit une petite Chapelle.
L'idée de l'Ingénieur étoit de la renverfer
avec la muraille dans le foffé , & de le combler
ainfi de leurs débris. La Garnifon inquiéte
de la largeur de la bréche , mais raffurée
par leur courage & par leur nombre
fe tenoit rangée le long de la muraille , affectant
une contenance fiere. Mille Fantaf
fins & cent quatre- vingt Gendarmes , enpeu
νομές
JUIN
1175 1744.
voyés par le Duc de Nemours , avoient encore
augmenté leur courage. Ils faifoient
des cris , & bravoient les affiégeans . Ceuxci
que Pierre de Navarre affuroit de l'effet
de la Mine , en attendoient le moment avec
impatience. Un tonnerre épouvantable l'annonça;
il fembloit que la Ville dût s'abîmer
, & les affiégeans célébroient déja leur
victoire par de grands cris , mais après que
le tourbillon de fumée & de poufliére für
diffipé , leur furpriſe fut extrême de voir la
Chapelle enlevée par la Mine dans le même
état, qu'elle étoit avant fon effet ; la poudre
l'avoit pouffée fi perpendiculairement, & la
maçonnerie ainfi que la charpente s'étoit
trouvée fi bonne,qu'à quelques fentes près,
on ne fe feroit point apperçu de fa tranflation
les Bolonnois crierent au miracle ,
& l'idée d'être foutenus par une providence
particuliere leur infpira une extrême réfolution.
Les affiégeans furpris refterent dans leurs
quartiers , & les nouvelles mefures , qu'ils
fe trouverent obligés de prendre , donnerent
le tems au Gouverneur d'envoyer demander
du fecours à Gafton de Foix , & l'ef
perance de le recevoir avant que d'être forcés.
Ce Général , qui affembloit les troupes à
Final , fur les frontieres du Modenois & du
-Bolorois , marcha avec toute fon armée
com1176
MERCURE DE FRANCE.
compofée d'onze mille Fantaffins , & de
treize cent lances. Craignant que le nom
bre ne le fit reconnoître , & ne pouvant
néanmoins feater de délivrer Bologne
avec moins de forces , il fut bien -tôt hots
-d'inquiétude. L'air fe chargea de nuages ,
& la neige , qui tomboit à gros flocons , en
rendant fa marche plus difficile , la rendit
auffi plus affurée. Toute Farmée, entrà dans
Bologne à l'infçu des ennemis , que l'on au
roit aifément battus à caufe de leur confiance
, fi Gaſton ent pû fe perfuader qu'ils ignorallent
fon arrivée . Le fiége fut levé fur le
champ avec beaucoup de précipitation ,
:quoique fans défordre , & le Duc de Nemours
, libérateur de Bologne fans avoir
tiré l'épée , fut regardé comme le plus prudent
, & le plus heureux Capitaine de fon
tems.
?
រ
Mais à peinegoûtoit-il les premiers fruits
de fa victoire , qu'on lui apprit la furprife
de Breffe par les Vénitiens. Cette Place fi
importante à la confervation du Milanez ,
avoit été confiée à la garde de du Lude , &
ce brave Officier fe trouvoit en état de la
conferver contre tous les ennemis du dehors
, mais il en avoit de plus dangereux
parmi les habitáns même , qui devoient
aider à fa deffenfe . Breffe , comine la plupart
des Villes d'Italie, étoit divifée en deux parJUIN.
1744. 1177
:
tis , à la tête defquels on voyoit les Maiſons
d'Avogaro , & de Gambara. Celle- ci attachée
aux François joüiffoit de toute la faveur
de ces nouveaux Maîtres de l'Italie.
& les autres ( c'eſt l'effet ordinaire de la
mauvaife politique ) éprouvoient chaque
jour de nouvelles injuftices. Une infulte ,
que le Comte de Gambara fit au Comte d'Avogaro
, obligea ce dernier à reclamer l'autorité
du Duc de Nemours . Ce Prince lui
promit de le fatisfaire , & l'oublia . L'Italien
crut qu'en lui refuſant la juftice , qui eft le
premier devoir des Souverains , on lui donnoit
l'exemple d'oublier le fien , tant il eſt
vrai que le déni de juftice , qui eft fi commun
, eft la fource de mille maux.
Il fçût donc mettre tout fon parti dans
l'intérêt de fa vengeance , & il prit fes mefures
avec tant de jufteffe , que les Vénitiens
avertis de fon deffein , parurent aux
portes de Breffe , avant que le Gouverneur
eut aucun foupçon de leur marche . La gar
nifon raffemblée fe porta toute entiere du
côté que paroiffoient les ennemis , mais
pendant qu'ils leur réfiftoient , une feconde
troupe de Vénitiens conduits par quelques
habitans entrerent par des égouts , dont ils
avoient ouvert les grilles. Aux cris de S.
Marc , qu'ils firent retentir de toutes parts ,
le Comte d'Avogaro parut dans la Place ,
font
1178 MERCURE DE FRANCE.
fondit fur le Gouverneur , déja embarraffe
par la multitude des ennemis,& l'obligea de
fe retirer au Château , d'où il pûr à peine
envoyer informer le Duc de Nemours de
fon malheur , & lui demander du fécours.
Ce Général étoit encore à Bologne , éloignée
de Breffe de quarante lieuës , & féparée
par le Pô , le Mincio , la Chieſa , & .
Les chemins devenus difficiles à caufe des
pluyes , fembloient impraticables à l'Artillerie
, dont on avoit cependant un befoin
abfolu ; mais l'ardeur du Chef , & l'affection
des Soldats pour lui , furmonterent ces
obftacles. Son armée fit en un jour trente
milles d'Italie , & ayant appris , que la République
envoyoit un Corps de cinq à fix
milles hommes au fecours de leurs troupes ,
qui affiégeoient le Château de Breffe , il fit
une diligence incroyable , pour gagner
de
vîteffe ces nouveaux ennemis. S'étant affuré
de cet avantage , il envoya contre eux le
Chevalier Bayard & Teligni avec leursGens
d'armes. Ces deux braves Chefs les ayant
joints , les battirent , & le Duc de Nemours
continuant fa route , arriva enfin à la vûë du
Château de Breffe , où il entra fans réfiftance.
Ce Prince donna une nuit à fes troupes
pour repofer , & le lendemain leur ayant
promis le pillage de la Ville , elles marcherent
JUI N. 1744. 1172
rent avec beaucoup de réfolution contre les
retranchemens des Vénitiens. Le Provedi
teur , qui les commandoit , avoit eu foin de
les munir d'une nombreufe artillerie ; outre
huit mille foldats , il avoit fous fes ordres
douze mille habitans prêts à combattre.Cette
armée étant trop nombreufe pour tenir dans
le terrain ,qui féparoit la Ville du Château,
il en avoit mis une partie en bataille , pour
rafraîchir les deffenfeurs du retranchement ;
de plus il avoit à dos une Riviére , & un
Pont , qu'il pouvoit rompre , fuppofé que
les François l'obligeaffent à la retraite.
Le Duc de Nemours étoit inftruit de tous
les avantages de l'ennemi ; mais le recouvrement
étoit d'une telle importance , qu'il réfolut
de tout rifquer. Son armée étoit de
douze mille hommes , qu'il divifa en plufieurs
corps : d'Alégre eut ordre de fe pofter
hors de la Ville , vis-à- vis la Porte de S.
Jean , la feule , que les Vénitiens avoient
laiffée ouverte , enfuite le Duc attaqua une
Abbaye appuyée contre les retranchemens ,
l'emporta , & fit paffer ce qu'il y avoit d'ennemis
au fil de l'épée. Ce premier fuccès encouragea
les troupes , fans rien faire perdre , -
au Général de fa moderation : Herigoïe , ou
Henri Gonet , fort eftimé de ce Prince &
des Soldats , fut mis à la tête d'une troupe
de Gafcons choifis , & le Chevalier Bayard
fuivit
1180 MERCURE DE FRANCE.
fuivit à pied avec fes Gens d'armes pour les
foutenir. L'ennemi les voyant avancer fiérement
& en bon ordre , fit un feu terrible
, qu'ils effuyerent fans s'ébranler ; le canon
du Château battoit avec furie contre
les retranchemens , & y faifoit de grandes
bréches ; les François les gagnerent après
avoir rempli le follé de fafcines , & ce fut
là que le combat devint fanglant. On s'y
battoit main à main , à coup de haches , de
piques , & d'épées. Le Chevalier Bayard
'animant les fiens
par fon exemple , reçut un
fi grand coup de pique dans la cuiffe , que
le fer y demeura avec le bout du bois où il
étoit attaché ; ce brave homme tomba noyé
dans fon fang , & les Soldats que fa préfen-
'ce avoit foutenus , commençoient à s'ébranler
, lorfque le Duc de Nemours la pique à
la main parut à leur tête , criant : Enfans ,
vengeons le bon Chevalier. Son exemple , &
fes cris infpirerent aux Soldats une efpece
de fureur ; les retranchemens furent forcés
en plufieurs endroits , & les fuyards pourfuivis
fi vivement , qu'ils n'eurent pas le
tems de lever le Pont , qu'il falloit paffer
pour entrer dans la Ville , où les vainqueurs
entrerent avec eux . Les Officiers leur firent
faire alte au- delà du Pont , pour les remettre
en ordre avec une facilité , qui fit connoître
combien le Duc de Nemours avoit acquis
JUI N. 1744.
1181
quis d'autorité fur fes troupes,
On reconnut bien-tôt la néceffité de cette
conduite ; la Gendarmerie Vénitienne , toute
la Cavalerie légere ,& une bonne partie
de leur Infanterie , fe firent voir en bataille
dans la Place , tout prêts à profiter du défordre
des François . Leur Général détacha
d'abord le Capitaine Bonnet , avec quelques
bataillons pour charger les Vénitiens ;
ils le reçurent avec courage , & le combat
devint plus long & plus dangereux , en cé
que les habitans montés fur les toits de leurs
maifons , en faifoient tomber de groffes
pierres & de l'eau bouillante , pendant que
d'autres tiroient par les fenêtres.
Le Duc de Nemours envoyoit fans ceffe
de nouvelles troupes pour feconder les premieres
, & les animoit par l'efpoir du pillage
, qui leur avoit été promis. Enfin après
une demie heure de combát , les Vénitiens
cédérent de tous côtés , & leur réfiftance vigoureuſe
fut la caufe que les vainqueurs ne
donnerent aucun quartier. On en fit un
grand maffacre dans toutes les rues de la
Ville. Plufieurs en fortirent , croyant trouver
leur falut dans la campagne , mais la
précaution , qu'ils avoient prife , de murer
toutes les portes de la Ville , à l'exception
de celle de S. Jean ' , leur devint funefte :
d'Alégre y étoit avec les Gens d'armes , qui
11
les
182 MERCURE DE FRANCE.
les malfacrerent . Les ennemis y perdirent ,
dix à douze mille hommes ; le Provediteur
André Gritti refta prifonnier , & ce qui mit
le comble au malheur de cette journée , fut
la prife du Comte Louis d'Avogaro & de
fon fils , Auteurs de la révolte.
Après que les Soldats les eurent rendus
témoins du pillage de leurs maiſons & de
la défolation de leur famille , contre laquelle
tout fut permis , on les préfenta au
Duc de Nemours , toute l'armée demandant
à grands cris leur fupplice. Il ne fervit de
rien au malheureux Comte de repréſenter ,
qu'étant né fujet des Vénitiens , il n'avoit
fait qu'appeller fes anciens Maîtres au ſe,
cours de la Patrie & de fa Maiſon , que l'on
accabloit d'injuftice ; le plus fort fut regardé
comme le Maître légitime , & fa mort fut
ordonnée.
Ce Seigneur appartenoit aux Maiſons les
plus confidérables de la Ville , & du Pays
d'alentour ; fon malheur y jetta la confternation
, & acheva la déſolation publique
furtout lorfqu'on vint à réfléchir fur la deftinée
de fon fils , compagnon involontaire de
fon crime , & qui devoit l'être de fon fupplice
.
Ce jeune homme avoit obéi à la Nature ,
ainfi qu'à la reconnoiffance , en fuivant le
Comte d'Avogaro , & fon courage avoit été
adJUIN.
1744. 1183
admiré par
il
le Duc de Nemours même , lorfque
fe voyant enveloppé avec fon pere ,
avoit tout tenté pour le fauver , ou pour
périr avec lui les armes à la main. Sa douleur
, lorfqu'il fe vit arrêté , fut d'un homme
plein de fentimens ; celle de fon pere
fembla feule l'occuper , & ce fut en cet
état , qu'on le préfenta au Duc de Nemours.
Ce Général , d'un âge à peu près femblable
au fien , parut touché de fon fort ; il le plaignit
, fans entreprendre de le confoler , ainfi
que le tentent ceux qui ne fçavent pas que
rien n'affoiblit dans un lâche la crainte de
perdre la vie , & qu'un homme de coeur
n'a pas beſoin de fecours pour fouffrir unę
mort honorable ; que même dans de certaines
fituations , & aux yeux d'un homme
courageux , les exhortations à la patience
& àla foumiffion font des affronts àfon courage.
On conduifit le pere & le fils en pri
fon , & le lendemain toute la Ville vint fe
jetter aux pieds du Duc de Nemours , pour
demander leur grace. La néceflité de faire
un exemple le rendit inexorable , & on vit
enfin ces deux malheureufes victimes marcher
enfemble au fupplice.
Cette fituation affreuſe pouvoit faire
comprendre qu'il eft des maux plus grands ,
que l'afpect d'une mort prochaine. Le Comte
d'Avogaro lié à côté de fon fils ne pouvoit
con1184
MERCURE DE FRANCE.
contenir les tranfports de la plus vive douleur
; il fe précipitoit vers le fupplice &
vers la mort , comme dans un afile qui devoit
le délivrer de cette cruelle vûë. Son
malheureux fils défefperé de fon état , demandoit
comme une grace , plus précieuſe
que la vie même , qu'on l'exécutât le premier.
On voyoit fur leur vifage & dans
leurs regards , l'agitation affreufe de leur
ame. Lamultitude , qui environnoit l'échaffaut
, obfervoit un filence profond , jettant
fes regards tantôt fur les deux victimes ,
tantôt fur le Duc de Nemours , dont la
trifteffe fembloit laiffer quelque efperance
de grace , mais à ce calme fuccederent des
cris perçans , lorfqu'on vit le Comte d'Avogaro
arrivé fur l'échaffaut s'approcher de
fon fils pour lui dire les derniers adieux ,
& les efforts que ces deux infortunés faifoient
pour s'embraffer malgré leurs liens.
Tandis que ce Spectacle accabloit tous les
coeurs , le Duc de Nemours fit un figne , &
les deux têtes tomberent prefque en mêmetems.
Cependant le pillage de la Ville avoit
ceffé ; après avoir été la caufe de la priſe
de la Place , en animant le foldat , il le devint
de la perte de l'armée en l'enrichiſſant.
Les troupes déferterent en foule , & cette
barbare victoire devint par- là prefque auffi
fuJUIN.
1744. 1185
funefte aux François qu'une défaite. Le Duc
de Nemours , au lieu de foldats aguerris , fe
trouva obligé de fe fervir de nouvelles levées
, inférieur en ce point aux ennemis ,
qui n'employoient contre lui que l'élite de
leurs troupes. Cependant Bologne fauvée
une armée vaincuë , Breffe reconquiſe en
moins de quinze jours , lui avoient donné
la réputation du plus grand & du plus heureux
Capitaine de l'Europe. Devenu la terreur
des ennemis , il devint le motif de la
présomption des François , qui s'imaginerent
que fon nom feul devoit triompher.
LOUIS XII , plus prudent par fon Confeil
que par fon caractere , & éblouii de fes fuccès
, lui manda de chercher par tout les Efpagnols
& de leur livrer bataille,
Une des raifons de cet empreffement étoit
la déclaration du Pape en faveur de la Ligue
, fortifiant ainfi des tréfors du S. Siége
& des troupes de l'Etat Eccléfiaftique les
Vénitiens & les Efpagnols , déja fi puiffans
en Italie . Mais Louis & fon Confeil étoient
alfés inftruits de la politique des Pontifes
pour ne pas douter qu'une victoire complette
fur les forces réunies des Conféderés , ne
déterminât le Pape à les abandonner. On
eraignoit auffi que l'Empereur , féduit par
l'exemple de la Cour de Rome , n'embraffat
le parti de la Ligue , & que les Suiffes irrités
I. Vol F du
1186 MERCURE DE FRANCE.
du mépris , que le Duc de Nemours leur
avoit témoigné , n'imitaffent toutes ces Puif
fances, en fe joignant à elles , pour accabler
les François .
Ces motifs firent agir Gaſton avec moins
de circonfpection , que l'état des affaires
ne le demandoit , dans le defir de donner
bataille pour contenter le Roi , & de déranger
les projets de tant de fiers ennemis . Il
prit donc le chemin de la Romagne à la tête
d'une armée de dix-huit mille hommes d'Infanterie
, & d'une Gendarmerie nombreuſe ;
il y trouva celle des ennemis commandée
par le Viceroi de Naples , mais ce Général
avoit reçû des ordres pofitifs d'éviter la ba
taille , le Roi d'Efpagne , fon Maître , ne
doutant pas que le Roi d'Angleterre & l'Empeu
,
pereur attaquant la France dans elle
ne fût obligée de rappeller fes troupes d'Ita
lie
pour fa deffenfe , de forte que le Duc de
Nemours , plus preffé que jamais par de
nouveaux ordres du Roi , avoit à engager
au combat des ennemis fupérieurs en nom
bre , & qui ne négligeoient rien pour l'évi
ter. Il s'empara à leur vûë de Cafteldi -Solarolo
, de Colignola & de Granarolo , eſperant
à chaque fiége de Place forcer les enne
mis à venir au fecours & les réduire à la né.
ceffité de donner bataille. Ils parurent conf
tans dans l'idée de la fuire , & pour les
conJUIN.
1744.
1187
contraindre , le Duc de Nemours fe vit forcé
d'affiéger Ravenne.
L'importance de cette Ville, par rapport à
fa richeffe , au nombre de fes habitans , à fa
fituation dans l'Etat Eccléfiaftique , & la
promeffe qu'avoit exigé Antoine Colonne
avant que de fe jetter dans la Place pour la
défendre , qu'on viendroit sûrement la fe
courir,ne permettoient plus aux Conféderés
de régler leurs démarches fur les ordres de
la Cour d'Efpagne. Rome & Venife menacées
, montrant plus d'inquiétude & plus
de feu , déterminerent leurs Alliés , & l'ar
mée entiere approcha à deuxmilles de diſtan
ce de celle des François.
Gafton , que leur arrivée combloit de
joie , donna ordre au Chevalier Bayard d'aller
les reconnoître à la tête de fes Gendarmes
, & de quelques Archers ; ce brave Capitaines
pouffa jufques dans le Camp ennemi
, qu'il eut le tems d'examiner avec attention
, tout en combattant , & répandant
Fallarme en tous lieux. Sur le compte qu'il
en rendit au Duc de Nemours , ce Prince
réfolut d'attaquer le lendemain onzième
Avril , jour de Pâques . Quelques -uns en témoignerent
du fcrupule , mais le Général
leur fit fentir qu'une guerre injufte ne devoit
jamais être entreprife , ni une guerre
jufte differée pour aucune raifon , & fur le
Fij champ
1188 MERCURE DE FRANCE.
champ onjetta un Pont fur la Romagné¿
pour aller à l'ennemi ; l'avantgarde compo
fée d'Infanterie Allemande , & précédée de
l'Artillerie , paffa fous les ordres du Duc de
Ferrare ; elle mit la riviere à fa droite , &
fa gauche fur deffendue par fept cent Gendarmes
; la bataille toute d'Infanterie Françoife
fe plaça à côté de ces derniers , & cinq
mille Italiens achevoient de former la ligne,
Le Seigneur de Chabanes , la Palice & le
Cardinal de S. Severin , armés de pied en
cap , étoient derriere avec fix cent lances
& le fameux Ive d'Alégre fut mis à la têtę
d'un Corps de quatre cent Gendarmes pour
la réferve , afin d'être à portée de repouffer
les forties que la garnifon de Ravenne
pourroit faire.
Les Chefs de l'armée Eſpagnole étoient
Pierre de Navarre , Fabrice Colonne , & Antoine
de Leve , Carvajal , Ferdinand d'Avalos
, Marquis de Pefcaire , Officiers célébres
, & peu dignes d'avoir pour Général le
Viceroi de Naples Raimond de Cardonne ,
le plus effeminé de tous les hommes , & que
le Pape même ne daignoit pas comprendre
parmi eux , l'appellant toujours Madame de
Cardonne. Tous ces Chefs mirent leur armée
en bataille , à la difference de terrain
près , ſuivant la même difpofition que celle
de France, Le Duc de Nemours lui fit paffer
le
JUIN. 1744. 1189
le Ronco , & l'artillerie fe fit bientôt entendre
d'une maniere terrible ; celle des ennemis
avoit l'avantage de prendre les François
à découvert , pendant que couchés le ventre
à terre dans leurs retranchemens , ils fe
trouvoient à l'abri des coups.
Pierre de Navarre avoit donné cet ordre
contre le fentiment de Fabrice Colonne
qui vouloit qu'on fortit pour aller au- devant
des François ; celui de Pierre de Navarre
qui mettoit les foldats en sûreté , leur parut
d'abord le meilleur , mais on reconnut bientôt
le défavantage certain d'être enfermés
& feulement fur la défenfive , contre des
ennemis , qui attaquoient avec vigueur .
Les François avoient déja perdu deux mille
hommes; les retranchemens ennemis étoient
bordés de petits chariots arnés de contelats,
& de pointes , machines d'autant plus terri
bles qu'elles étoient inconnues ; cependant
on vint à bout de les forcer. Le canon du
Duc de Nemours faifoit dans la Cavalerie
de Colonne le même ravage que celui des
ennemis dans fon Infanterie ; Colonne outré
de voir tomber fes Gendarmes ,fans pouvoir
donner un coup d'épée , demanda au
Viceroi la permiffion de charger , & malgré
fon refus vint tomber avec furie fur un Efcadron
que commandoient le Duc de Nemours
& le Chevalier Bayard ; il avoit di-
F iij vifé
1190 MERCURE DE FRANCE.
•
vifé le fien en deux pour les envelopper , &
profiter ainfi de leur petit nombre , mais
Gafton & le Chevalier Bayard foutinrent le
choc avec tant de courage & de bonheur
que Colonne mis en défordre leur donna
pour prendre une nouvelle difpofition , le
tems dont il avoit lui-même befoin pour le
ralliement ; il revint faire une feconde charge,
& les 2 troupes fe rompirent une feconde
fois; cependant lesFrançois auroient été obligés
de céder , fi Ive d'Alégre attentif à tout ce
qui fe paffoit dans la Plaine , ne fut accouru
à leur fecours. Alors le combat devint opiniâtre
, & Colonne après une vigoureufe
réfiſtance , ne ſe voyant plus que deux cent
Gendarmes de cinq cent qu'il commandoit ,
prit la fuite , & fut fuivi de Raimond de
Cardonne , avec le refte de la Cavalerie ,
qui n'avoit point encore combattu .
Pierre de Navarre refta feul avec fon Infanterie
, & préfenta, malgré cet abandon ,
un front redoutable au vainqueur ; le Duc
de Nemours jugea à leur contenance qu'il
falloit les attaquer avec précaution ; il détacha
trois mille Archers pour aller faire le
tour du retranchement , afin de prendre les
ennemis par derriere , pendant qu'il les attaqueroit
de front avec le refte de l'Infanterie.
Pierre de Navarre les voyant approcher
, fit mettre ventre à terre à fes gens ,
mais
JUI N. 1744 1191
mais les Archers Gafcons , les plus adroits
de l'Europe , en ayant tué ou bleffé un
grand nombre , il les fit tous relever , &
envoya un détachement de douze cent hommes
d'élite , qui chargerent les Gafcons avec
tant d'impétuofité , qu'ils les mirent en
fuite.
ས
Ce fuccès encouragea Pierre de Navarre ,
& jugeant bien que dépourvu de Cavalerie
il ne pouvoit efperer qu'une retraite glorieufe
, il fongea à fecourir Ravenne , pour
dé
gager la parole donnée à Antoine Colonne ,
& mettre en sûreté cette Place , qui étoit
Foccafion de la bataille , & l'objet de la victoire
; fon détachement de douze cent hommes
, après avoir pouffé les Gafcons , ne s'amufa
donc point à les pourfuivre , & prenoit
le chemin de Ravenne , lorfque le
Bâtard du Fay fe préfentant à la tête de
quelque Cavalerie , les obligea de retourner
dans leur Camp.
Pierre de Navarre les vit revenir avec
une efpece de joie ; il avoit à foutenir le
choc de l'armée Françoife entiere , & ce fut
là qu'il fit voir ce que peut la capacité à la
guerre , lorfqu'elle eft aidée du courage. Un
foffé défendoit fon retranchement ; il l'avoit
bordé d'un grand nombre de piquiers
robuftes & braves , qui foutinrent jufqu'à
fix charges fans fe rompre. Le Colonel Ja-
Fiiij cob ,
1192 MERCURE DE FRANCE.
>
cob , des Chef des Allemans , qui étoient a
la folde de la France, y fut tué ; les foldats
dont il étoit aimé , jetterent de grands cris ,
& chargerent les ennemis avec une nouvelle
fureur ; ceux- ci toujours ferrés & en bon
ordre , & pour ainfi dire , fortifiés de leurs
pertes , par le courage que l'excès du danger
donne à de braves foldats , foutinrent
cette attaque fans s'ébranler , & ils paroiffoient
impénétrables , quand un Officier
nommé Fabien , du Régiment de Jacob , un
des plus grands , & des plus forts hommes
qu'il y eut alors en Europe , défefperé de la
perte de fon Colonel , & la voulant venger
, fauta au milieu des ennemis , & prenant
fa pique par le travers , l'appuya avec
tant de force fur plufieurs de celles des ennemis
, qu'il les fit baiffer jufqu'à terre
donnant à ceux qui le fuivoient le moyen
d'entrer par cette ouverture : il y fut tué ,
mais fa mort donna la victoire à fon parti .
Les François au milieu des rangs Efpagnols
, firent des prodiges de valeur pour
achever de rompre des gens , qui à demi
vaincus , combattoient avec un courage aufli
reglé , que s'ils avoient pû efperer de vainere
on parvint jufqu'à Pierre de Navarre ;
il fut environné , accablé de coups de pique
& de traits, & enfin fait prifonnier. Ce qui
reftoit d'Espagnols , privés de leur Général ,
fe
JUIN. 1744. 1193
fe raffemblerent en un feul corps , & fe retirerent
en bon ordre par le grand chemin.
Le Duc de Nemours échauffé par un combat
fi long & fi opiniâtre , apperçut ce bataillon
; leur contenance fiere le frappa ; il
lui fembla qu'ils emportoient avec eux la
meilleure partie de fa victoire & fans
confulter que fon ardeur , il alla fe jetter
avec un petit nombre de Gendarmes fur des
troupes , que ni fon armée entiere , ni la
perte de leur Général , n'avoient pu obliger
à fe rendre.
,
A fon arrivée , les Efpagnols préfenterent
leurs piques ; fon cheval fut tué & lui- même
bleflé. Démonté & ayant perdu fa lance ,
déja couvert de fang , il mit le fabre à la
main , & regardant fon coufin Lautrec à
pied & bleffé comme lui : S'il faut périr
dit-il , faifons- nous regretter. En même- tems
il part & porte des coups terribles ; plufieurs
des ennemis tomberent à fes pieds , mais fes
armes fauffées de toutes parts par de violens
coups de pique , le laifferent bientôt à dé
couvert. Lautrec , refté prefque fenl auprès
de ce Prince , admirant la bravoure , défefperé
de fon péril , ne ceffoit de crier aux
Efpagnols : C'est le frere à votre Reine ne le
tuez pas. Mais ces cris adreffés à des gens
qui n'efperoient plus de quartier , & ac
Fy com1194
MERCURE DE FRANCE.
compagnés de grands coups de fabre , ne
touchoient point des foldats défefperés &
furieux ; Gafton affoibli par fa premiere
bleffure , & n'ayant que fon fabre pour
toute défenſe , reçut à la fois quatorze blef
fures , dont il expira fur le champ de bataille
.
gne
La témérité fit ainfi mourir dans le fein
de la victoire & à l'âge de vingt- quatreans
, un Prince , que l'ardeur d'acquerie
rop-tôt le titre de grand Capitaine , préci
pitoit dans tous les dangers. Son bonheur
l'éblouit ; le titre de foudre de l'Italie , que
trois grandes actions en une feule Campalui
avoient fait donner , lui infpira une
nouvelle présomption , & ce même titre lui
convint encore mieux après la mort , quedurant
fa vie ; car il eut de la foudre , le
bruit , l'éclat & le peu de durée. Ce Prince
fe crut invincible , parce qu'il avoit toujours .
vaincu . Des triomphes fouvent répétés , forment
le caractere brillant , à qui l'on donnele
titre d'Héroïfine , mais le mêlange dequelques
infortunes perfectionne & conferve
le grand homme.
On regretta d'autant plus le Duc de Nemours
, que fa perte fut fuivie de celle de
Italie pour les François , & qu'il avoit de
ces qualités naturelles & d'éducation , qui
Le rencontrent rarement chés les Princes. La
JeuJUIN.
1744. 1795*
Jeuneffe de la Cour , qui l'avoit fuivi , vantoit
fon affabilité , fa douceur , fes égards
pour les difpofitions heureuſes , & pour le
zéle. Les vieux Guerriers loüoient fon attention
pour leurs fervices , & fes déférences
pour la capacité & l'expérience. Le foldat
publioit fon extrême valeur , & les peuples,
vaincus fa clémence. Ces préventions favorables
, & la rapidité de fes fuccès éblouirent
tous les yeux , & l'Europe entiere le
reconnut pour un très- grand Capitaine , à
un âge où l'on ne commence qu'à être foldat.
Le bonheur eft une forte de mérite aux
yeux des hommes . S'il n'eft pas fort eſtimable
aux yeux de la raifon , il eft le plus
brillant & le plus admiré du vulgaire.
Les autres grands Capitaines , dont les
Vies rempliffent ce IX Tome , font : Louisde
la Tremoüille II. du nom , Prince de
Talmond , Vicomte de Thouars , furnommé
Le Chevalier fans reproche , fous les Rois
Louis XI & François I ; Ive d'Alégre, Che--
valier de l'ordre du Roi , Capitaine de cent
hommes d'armes , fous les Régnes de Char--
les VIII & Louis XII ; le Chevalier Bayard ,
Lieutenant Général pour le Roi en Dauphiné
, Chevalier de l'Ordre , Capitaine de
cent hommes d'armes.
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991
p. 1868
SUEDE.
Début :
ON mande de Stockolm, que le Prince Royal de Suede fit le 15 du mois dernier son entrée [...]
Mots clefs :
Prince royal de Suède, Varberg
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SUEDE.
SUEDE.
ONmande de que se per non
N mande de Stockolm , que le Prince Royal
dans la Ville de Warberg , au bruit d'une falve
générale de l'artillerie de la Place , & de la Moufqueterie
de la garnifon qui étoit fous les armes.
ONmande de que se per non
N mande de Stockolm , que le Prince Royal
dans la Ville de Warberg , au bruit d'une falve
générale de l'artillerie de la Place , & de la Moufqueterie
de la garnifon qui étoit fous les armes.
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992
p. 1870-1872
Manifeste du Roi de Prusse, [titre d'après la table]
Début :
On a appris de Berlin du 9 de ce mois, que le Roi de Prusse a envoyé à tous ses Ministres dans [...]
Mots clefs :
Empire, Allemagne, Troupes, Empereur, Reine de Hongrie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Manifeste du Roi de Prusse, [titre d'après la table]
On a appris de Berlin du 9 de ce mois , que le
Roi de Pruffe a envoyé à tous fes Miniftres dans
les Cours Etrangeres un Manifefte , qu'ils doivent
communiquer aux Puiffances , auprès defquelles ils
réfident.
S. M. expofe dans ce Manifefte , les motifs qui
l'obligent de donner des troupes auxiliaires à l'Empereur
, & elle y déclare , que ne pouvant plus voir
avec indifference les troubles qui défolent l'Alle
magne , elle a réfolu , après avoir inutilement tenté
toutes les voyes de conciliation , de fe fervir des
forces que Dieu lui a données , pour rétablir la paix
& l'ordre, pour remettre les Loix dans leur vigueur,
& le Chefde l'Empire dans fon autorité.
Elle ajoute que la Reine de Hongrie a conçû des
deffeins démesurés d'ambition , & que ne perdant
point de vue ce qui a fait depuis plus d'un fiécle
l'objet de fa Maifon , elle a pour but d'enchaîner
pour jamais la liberté Germanique ; que pour juger
des intentions de cette Princeffe , il fuffit d'examiner
les faits qui fe font paffés ; que l'Allemagne
s'eft vûë inondée de troupes Etrangeres ; qu'on les
a fait fubfifter aux dépens des Princes neutres de
l'Empire , & marcher , fans envoyer préalablement
au
A OUST. 1744. 1871
Aucunes Lettres Requifitoriales ; que les dédommagemens
, accordés par la Reine de Hongrie à
certains Princes pour les fécours extraordinaires
qu'ils lui ont fournis , ont confifté dans des Fiefs de
PEmpire , ou dans des efperances de leur en faire
obtenir d'autres ; que les Généraux de cette Princeffe
ont voulu s'emparer par force de plufieurs
Villes Impériales , & que fes Miniftres ont ofé menacer
des Electeurs ; qu'elle s'eft jouée de la Foi
publique , en violant la Capitulation de Braunau ,
& en attaquant les troupes Impériales , retranchées
fous les Fortereffes de l'Empire ; que dans les Proteftations
, remiſes à la Dictature , elle a porté le
mépris de la Majefté de l'Empire , juſqu'à déclarer
l'Election de l'Empereur nulle , & la Diette de
Francfort illégitime ; que tant de démarches , ouvertement
contraires à la gloire & aux Conftitutions
du Corps Germanique , dénotent affés clairement
que la Cour de Vienne fe propofe de faire paffer à
un Prince Etranger , & non poffeffionné en Allemagne
, la Dignité Impériale ; qu'il eft contre
Phonneur de tout Electeur & de tout Prince de
l'Empire , de tolerer de pareils attentats , & que ce
feroit une lâcheté de fouffrir plus long- tems le Defpotifme
& les violences de S. M. H. que le Roi ne
forme aucune prétention à la charge de cette Prin
ceffe , mais que la guerre ouverte , qu'elle vient de
déclarer à l'Allemagne par les hoftilités que fes
troupes y ont commiſes , autorife fuffifamment S.
M. à entrer , en qualité d'auxiliaire ,
dans une querelle
qui intéreffe la liberté de l'Empire ; que fi S.
M. prend un parti violent , ce n'eft qu'à regret ;
qu'elle a fait inutilement plufieurs tentatives auprès
des Cours de Londres & de Vienne , pour procurer
un accommodement ; que l'Empereur lui - même a
offert en vain de renoncer à toutes fes prétentions
fur
1872 MERCURE DE FRANCE.
fur la Succeffion de la Maifon d'Autriche , & à facrifier
les propres intérêts à la tranquillité de l'Allemagne
, par une générofité qui juftifie à jamais le
choix que l'Empire a fait de lui ; que plus S. M. I.
a montré de modération , plus la Reine de Hongrie
a fait voir une fierté infléxible .
Il eſt dit à la fin du même Manifefte , que fi cette
Princeffe attaque les libertés du Corps Germanique,
elle en réveille les défenfeurs ; que la race de ces
anciens Germains , qui ont défendu leur Patrie &
leur liberté contre l'Empire Romain , fubfifte toujours
, & qu'elle les défendra encore contre ceux
qui veulent y donner atteinte ; que c'eſt dans cette
vue , que les Princes les plus refpectables de l'Allemagne
fe font unis par la Ligue de Francfort , pour
s'oppofer au bouleversement de l'Empire , & que
S. M. s'eft jointe à ces Princes , jugeant qu'il eft du
devoir & de l'intérêt de tout Membre du Corps
Germanique , d'en foutenir le Syftême , & que l'u-
Lage le plus noble qu'elle puiffe faire de fes forces ,
eft de les employer à empêcher l'oppreffion de fa
Patrie , à laquelle la Reine de Hongrie veutdonner
des fers ; à venger l'honneur & les droits des Electeurs
, à qui cette Princeffe veut ravir leurs prérogatives
, & à donner des fécours puiffans à l'Empereur
, pour le maintenir dans toute fa Dignité &
fur ce Trône , dont S. M. H. veut le faire defcendre.
Roi de Pruffe a envoyé à tous fes Miniftres dans
les Cours Etrangeres un Manifefte , qu'ils doivent
communiquer aux Puiffances , auprès defquelles ils
réfident.
S. M. expofe dans ce Manifefte , les motifs qui
l'obligent de donner des troupes auxiliaires à l'Empereur
, & elle y déclare , que ne pouvant plus voir
avec indifference les troubles qui défolent l'Alle
magne , elle a réfolu , après avoir inutilement tenté
toutes les voyes de conciliation , de fe fervir des
forces que Dieu lui a données , pour rétablir la paix
& l'ordre, pour remettre les Loix dans leur vigueur,
& le Chefde l'Empire dans fon autorité.
Elle ajoute que la Reine de Hongrie a conçû des
deffeins démesurés d'ambition , & que ne perdant
point de vue ce qui a fait depuis plus d'un fiécle
l'objet de fa Maifon , elle a pour but d'enchaîner
pour jamais la liberté Germanique ; que pour juger
des intentions de cette Princeffe , il fuffit d'examiner
les faits qui fe font paffés ; que l'Allemagne
s'eft vûë inondée de troupes Etrangeres ; qu'on les
a fait fubfifter aux dépens des Princes neutres de
l'Empire , & marcher , fans envoyer préalablement
au
A OUST. 1744. 1871
Aucunes Lettres Requifitoriales ; que les dédommagemens
, accordés par la Reine de Hongrie à
certains Princes pour les fécours extraordinaires
qu'ils lui ont fournis , ont confifté dans des Fiefs de
PEmpire , ou dans des efperances de leur en faire
obtenir d'autres ; que les Généraux de cette Princeffe
ont voulu s'emparer par force de plufieurs
Villes Impériales , & que fes Miniftres ont ofé menacer
des Electeurs ; qu'elle s'eft jouée de la Foi
publique , en violant la Capitulation de Braunau ,
& en attaquant les troupes Impériales , retranchées
fous les Fortereffes de l'Empire ; que dans les Proteftations
, remiſes à la Dictature , elle a porté le
mépris de la Majefté de l'Empire , juſqu'à déclarer
l'Election de l'Empereur nulle , & la Diette de
Francfort illégitime ; que tant de démarches , ouvertement
contraires à la gloire & aux Conftitutions
du Corps Germanique , dénotent affés clairement
que la Cour de Vienne fe propofe de faire paffer à
un Prince Etranger , & non poffeffionné en Allemagne
, la Dignité Impériale ; qu'il eft contre
Phonneur de tout Electeur & de tout Prince de
l'Empire , de tolerer de pareils attentats , & que ce
feroit une lâcheté de fouffrir plus long- tems le Defpotifme
& les violences de S. M. H. que le Roi ne
forme aucune prétention à la charge de cette Prin
ceffe , mais que la guerre ouverte , qu'elle vient de
déclarer à l'Allemagne par les hoftilités que fes
troupes y ont commiſes , autorife fuffifamment S.
M. à entrer , en qualité d'auxiliaire ,
dans une querelle
qui intéreffe la liberté de l'Empire ; que fi S.
M. prend un parti violent , ce n'eft qu'à regret ;
qu'elle a fait inutilement plufieurs tentatives auprès
des Cours de Londres & de Vienne , pour procurer
un accommodement ; que l'Empereur lui - même a
offert en vain de renoncer à toutes fes prétentions
fur
1872 MERCURE DE FRANCE.
fur la Succeffion de la Maifon d'Autriche , & à facrifier
les propres intérêts à la tranquillité de l'Allemagne
, par une générofité qui juftifie à jamais le
choix que l'Empire a fait de lui ; que plus S. M. I.
a montré de modération , plus la Reine de Hongrie
a fait voir une fierté infléxible .
Il eſt dit à la fin du même Manifefte , que fi cette
Princeffe attaque les libertés du Corps Germanique,
elle en réveille les défenfeurs ; que la race de ces
anciens Germains , qui ont défendu leur Patrie &
leur liberté contre l'Empire Romain , fubfifte toujours
, & qu'elle les défendra encore contre ceux
qui veulent y donner atteinte ; que c'eſt dans cette
vue , que les Princes les plus refpectables de l'Allemagne
fe font unis par la Ligue de Francfort , pour
s'oppofer au bouleversement de l'Empire , & que
S. M. s'eft jointe à ces Princes , jugeant qu'il eft du
devoir & de l'intérêt de tout Membre du Corps
Germanique , d'en foutenir le Syftême , & que l'u-
Lage le plus noble qu'elle puiffe faire de fes forces ,
eft de les employer à empêcher l'oppreffion de fa
Patrie , à laquelle la Reine de Hongrie veutdonner
des fers ; à venger l'honneur & les droits des Electeurs
, à qui cette Princeffe veut ravir leurs prérogatives
, & à donner des fécours puiffans à l'Empereur
, pour le maintenir dans toute fa Dignité &
fur ce Trône , dont S. M. H. veut le faire defcendre.
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993
p. 1872-1873
« Toutes les troupes, qui étoient en Prusse, en Poméranie & dans la Westphalie, s'étant rapprochées [...] »
Début :
Toutes les troupes, qui étoient en Prusse, en Poméranie & dans la Westphalie, s'étant rapprochées [...]
Mots clefs :
Suède, Troupes, Armée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Toutes les troupes, qui étoient en Prusse, en Poméranie & dans la Westphalie, s'étant rapprochées [...] »
Toutes les troupes , qui étoient en Pruffe , en
Pomeranie & dans la Weftphalie , s'étant rapprochées
de Berlin , depuis le commencement de ce
mois par ordre du Roi , celles qui étoient deftinées
à former l'armée que S M. devoit commander , recommencerent
le 6 à fe mettre en mouvemcat , &
elles ont marché fur quatre Colonnes , chacune del
20000 hommes , pour fe rendre devant Prague , où
elles devoient toutes arriver le 28.
La
'
AOUST. 1744. 1873
La premiere Colonne a dû paffer l'Elbe à Magdebourg
, & elle a pris fa route par Torgau & par le
Cercle de Saatz ; la feconde , qui a paffé l'Elbe à
Meyffen , a dû aller par Auffig & par Leutmeritz
la troifiéme , après avoir traversé la Haute & la
Baffe Luface , a dû entrer en Bohéme près de Zittau
, & elle a dû paffer par le Cercle de Buntzclau ;
la quatrième , qui a dû aller par Clatz Koenigingratz
, devoit s'emparer d'abord de Pardubitz , &
continuer enfuite fa marche par Czaſlau .
Le Prince Leo : old d'Anhalt Deffau & le Maréchal
de Schwerin commandent , le premier l'Infanterie
, & le fecond la Cavalerie , fous les ordres du
Roi.
L'armée , qui devoit entrer en Moravie , confifte
en 22000 hommes ; elle eft commandée par le Gé
néral Marwitz , & elle a dû marcher fur deux Colonnes
par Gegersdorff & par Troppau . Le Général
Marwitz devoit , en paffant , fe rendre maître de la
premiere de ces deux Villes , & toutes les troupes ,
dont il a le commandement , devoient être raffemblées
le 28 devant Olmutz.
On a appris que la Princeffe Royale de Suede
étoit arrivée le 30 du mois dernier fur la Frontiere
de la Pomeranie Suédoife , où elle avoit été reçûë
par le Grand Veneur de Suede , qui étoit venu audevant
d'elle avec un grand nombre de Seigneurs ,
étant précédé de douze Poftillons fonnans du Cor' ;
qu'elle avoit trouvé au Château de Gnatzxow les
Sénateurs nommés pour la conduire à Stockolm ;
qu'on lui avoit fervi un magnifique dîner dans ce
Château , & qu'ayant été remife par les Commiffaires
Pruffiens à ceux de S M. Suedoife , lefquels
leur avoient fait des préfens très- conſidérables de la
part du Prince Royal de Suede , elle avoit continué
par Greipfwalde fa route vers Stralfund.
Pomeranie & dans la Weftphalie , s'étant rapprochées
de Berlin , depuis le commencement de ce
mois par ordre du Roi , celles qui étoient deftinées
à former l'armée que S M. devoit commander , recommencerent
le 6 à fe mettre en mouvemcat , &
elles ont marché fur quatre Colonnes , chacune del
20000 hommes , pour fe rendre devant Prague , où
elles devoient toutes arriver le 28.
La
'
AOUST. 1744. 1873
La premiere Colonne a dû paffer l'Elbe à Magdebourg
, & elle a pris fa route par Torgau & par le
Cercle de Saatz ; la feconde , qui a paffé l'Elbe à
Meyffen , a dû aller par Auffig & par Leutmeritz
la troifiéme , après avoir traversé la Haute & la
Baffe Luface , a dû entrer en Bohéme près de Zittau
, & elle a dû paffer par le Cercle de Buntzclau ;
la quatrième , qui a dû aller par Clatz Koenigingratz
, devoit s'emparer d'abord de Pardubitz , &
continuer enfuite fa marche par Czaſlau .
Le Prince Leo : old d'Anhalt Deffau & le Maréchal
de Schwerin commandent , le premier l'Infanterie
, & le fecond la Cavalerie , fous les ordres du
Roi.
L'armée , qui devoit entrer en Moravie , confifte
en 22000 hommes ; elle eft commandée par le Gé
néral Marwitz , & elle a dû marcher fur deux Colonnes
par Gegersdorff & par Troppau . Le Général
Marwitz devoit , en paffant , fe rendre maître de la
premiere de ces deux Villes , & toutes les troupes ,
dont il a le commandement , devoient être raffemblées
le 28 devant Olmutz.
On a appris que la Princeffe Royale de Suede
étoit arrivée le 30 du mois dernier fur la Frontiere
de la Pomeranie Suédoife , où elle avoit été reçûë
par le Grand Veneur de Suede , qui étoit venu audevant
d'elle avec un grand nombre de Seigneurs ,
étant précédé de douze Poftillons fonnans du Cor' ;
qu'elle avoit trouvé au Château de Gnatzxow les
Sénateurs nommés pour la conduire à Stockolm ;
qu'on lui avoit fervi un magnifique dîner dans ce
Château , & qu'ayant été remife par les Commiffaires
Pruffiens à ceux de S M. Suedoife , lefquels
leur avoient fait des préfens très- conſidérables de la
part du Prince Royal de Suede , elle avoit continué
par Greipfwalde fa route vers Stralfund.
Fermer
994
p. 1874-1876
ALLEMAGNE.
Début :
ON a appris de Hambourg du 29 du mois dernier, que les avis reçûs de Moscow portoient [...]
Mots clefs :
Troupes, Empereur, Reine de Hongrie, Capitulation, Cour de Vienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
Nn a appris de Hambourg du 29 du mois der
a
nier , que les avis reçûs de Mofcow portoient
que l'Empereur avoit créé Comtes de l'Empire Mrs
de Leftock & de Brunmer , Confeillers Privés de la
Czarine & que cette Princeffe confenti
ayant
qu'ils acceptaffent cette grace , le Baron de Neuhaus
, Miniftre Plénipotentiaire de S. M. I. leur en
>
avoit remis les Patentes.
Suivant les avis reçûs d'Ingolftadt , un Corps de
10000 hommes des troupes de la Reine de Hongrie
étoit affemblé fur le bord de la Lech , où il devoit
s'arrêter jufqu'à l'arrivée de quelques Kégimens
qui devoient le joindre.
On mande de Francfort du 6 de ce mois , que
l'Empereur a envoyé à fes Miniftres dans les Cours
Etrangeres un Refcrit au fujet de la violence exercée
par ordre de la Reine de Hongrie , contre les
troupes Impériales qui ont capitulé dans la Ville de
Braunau.
Ce Refcrit porte , que l'Empereur a montré dans
toutes les occafions , combien il défiroit fineerement
le rétabliffement de la tranquillité en Allemagne
; qu'il n'a pu donner des preuves plus convainquantes
de fes difpofitions pacifiques , qu'en
déclarant les troupes neutres ; que cette neutralité
a été observée de leur part avec l'exactitude la plus
rigoureufe ; qu'il n'a point voulu s'opposer à la
prife d'Ingolstadt , quoiqu'il fut en état de fauver
eette Place , dont la perte étoit pour lui un défavantage
confidérable ; qu'il a retiré volontairement fes
garnifons de Straubingen & de Reichenhall , & que
fes troupes , depuis la Signature de la Convention
conclue avec la Reine de Hongrie , fe font tenuës
dans
AOUST. 1744 1879
dans les bornes d'une défenfe permife ; que perfonne
n'auroit imaginé qu'après tant de marques
de patience & de modération , S. M. I. n'éprouveroit
point un jufte retour de la Reine de Hongrie ;
que cependant elles n'ont produit d'autre effet que
d'exciter cette Princeffe à violer toutes les régles
de la guerre & de la bonne foi , & à fe porter à des
excès , dont on n'avoit point encore entendu parler
entre des Nations policées ; que S. M. I. paffe fous
filence plufieurs traits d'une conduite infoutenable ,
& qu'elle ne veut faire mention que de quelques
événemens , dans lefquels la Cour de Vienne ne
s'eft fait aucun fcrupule de contrevenir aux engage
mens les plus folemnels ; que les troupes, qui étoient
dans Braunau , avoient ftipulé dans leur Capitulation
, fignée le 30 du mois de Juin de l'année der
niere , qu'elles demeureroient libres , à condition
de ne point fervir pendant un an & un jour contre
la Reine de Hongrie ; que par un exemple inoui
dans le tems que la Capitulation accordée à ces
troupes étoit prête d'expirer , S. M. H. fans avoir
aucun égard à fes promeffes , a ordonné d'enfermer
dans des Cazernes les foldats dont ces troupes:
étoient com ofées , de les charger de fers , & de
les tranfporter hors de la Bavière ; que le Comte de
Seckendorf ayant fait des repréſentations au Prince
Charles de Lorraine à ce fujet , toute la réponſe de
ce Prince a été qu'il n'avoit aucune connoiffance
de ce qui fe paffoit ; qu'on ne juſtifiera jamais devant
le monde équitable une pareille infraction
d'une Capitulation revêtuë de toutes les formes
prefcrites par les Loix de la guerre ; qu'il eft également
étrange que nonobftant la Déclaration , par
laquelle la Cour de Vienne s'étoit engagée à n'exercer
aucune hoftilité contre les troupes de l'Empereur
dans les Cercles neutres de l'Empire , l'armée
1876 MERCURE DE FRANCE.
mée commandée par le Prince Charles de Lorraine
ait attaqué en plufieurs occafions les Gardes avancées
de l'armée de S. M I. tandis que cette derniere
étoit campée fous Philifbourg ; que ces deux
nouveaux incidens , fans qu'il fort befoin d'en citer
d'autres , prouvent affés le peu de fond qu'on doit
faire fur les promeffes de la Reine de Hongrie , &
le mépris qu'elle fait du Droit des Gens . L'Empereur
recommande à fes Miniftres , de faire confiderer
aux Puiffances , auprès defquelles ils réfident ,
quelles fuites importantes & dangereufes peuvent
réfulter des exemples que donne la Cour de Vienne.
S. M I. ajoute qu'il importe à tout l'Empire & à
toutes les Puiffances d'employer des mesures efficaces
, pour réprimer des excès fi pernicieux.
On mande de Francfort du 10 de ce mois , que
le Miniftre du Roi de Pruffe auprès de la Diette de
l'Empire a préfenté à cette affemblée un Mémoire ,
qui porte que ce Prince , ayant pris poffeffion de la
Principauté d'Ooft - Frife , & en ayant demandé
l'Inveftiture à l'Empereur , en vertu de " expectative
accordée par l'Empereur Leopold à la Maiſon
de Brandebourg , pour fucceder à cette Principauté
après l'extinction des defcendans mâles de la Maifon
d'Ooft Frife, S. M. Pr. efpere que les Electeurs,
Princes & Etats de l'Empire , ne lui refuferont point
la poffeffion des prérogatives & de la voix , dont le
dernier Prince d'Ooft- Friſe a joüi dans le Collége
des Princes .
Nn a appris de Hambourg du 29 du mois der
a
nier , que les avis reçûs de Mofcow portoient
que l'Empereur avoit créé Comtes de l'Empire Mrs
de Leftock & de Brunmer , Confeillers Privés de la
Czarine & que cette Princeffe confenti
ayant
qu'ils acceptaffent cette grace , le Baron de Neuhaus
, Miniftre Plénipotentiaire de S. M. I. leur en
>
avoit remis les Patentes.
Suivant les avis reçûs d'Ingolftadt , un Corps de
10000 hommes des troupes de la Reine de Hongrie
étoit affemblé fur le bord de la Lech , où il devoit
s'arrêter jufqu'à l'arrivée de quelques Kégimens
qui devoient le joindre.
On mande de Francfort du 6 de ce mois , que
l'Empereur a envoyé à fes Miniftres dans les Cours
Etrangeres un Refcrit au fujet de la violence exercée
par ordre de la Reine de Hongrie , contre les
troupes Impériales qui ont capitulé dans la Ville de
Braunau.
Ce Refcrit porte , que l'Empereur a montré dans
toutes les occafions , combien il défiroit fineerement
le rétabliffement de la tranquillité en Allemagne
; qu'il n'a pu donner des preuves plus convainquantes
de fes difpofitions pacifiques , qu'en
déclarant les troupes neutres ; que cette neutralité
a été observée de leur part avec l'exactitude la plus
rigoureufe ; qu'il n'a point voulu s'opposer à la
prife d'Ingolstadt , quoiqu'il fut en état de fauver
eette Place , dont la perte étoit pour lui un défavantage
confidérable ; qu'il a retiré volontairement fes
garnifons de Straubingen & de Reichenhall , & que
fes troupes , depuis la Signature de la Convention
conclue avec la Reine de Hongrie , fe font tenuës
dans
AOUST. 1744 1879
dans les bornes d'une défenfe permife ; que perfonne
n'auroit imaginé qu'après tant de marques
de patience & de modération , S. M. I. n'éprouveroit
point un jufte retour de la Reine de Hongrie ;
que cependant elles n'ont produit d'autre effet que
d'exciter cette Princeffe à violer toutes les régles
de la guerre & de la bonne foi , & à fe porter à des
excès , dont on n'avoit point encore entendu parler
entre des Nations policées ; que S. M. I. paffe fous
filence plufieurs traits d'une conduite infoutenable ,
& qu'elle ne veut faire mention que de quelques
événemens , dans lefquels la Cour de Vienne ne
s'eft fait aucun fcrupule de contrevenir aux engage
mens les plus folemnels ; que les troupes, qui étoient
dans Braunau , avoient ftipulé dans leur Capitulation
, fignée le 30 du mois de Juin de l'année der
niere , qu'elles demeureroient libres , à condition
de ne point fervir pendant un an & un jour contre
la Reine de Hongrie ; que par un exemple inoui
dans le tems que la Capitulation accordée à ces
troupes étoit prête d'expirer , S. M. H. fans avoir
aucun égard à fes promeffes , a ordonné d'enfermer
dans des Cazernes les foldats dont ces troupes:
étoient com ofées , de les charger de fers , & de
les tranfporter hors de la Bavière ; que le Comte de
Seckendorf ayant fait des repréſentations au Prince
Charles de Lorraine à ce fujet , toute la réponſe de
ce Prince a été qu'il n'avoit aucune connoiffance
de ce qui fe paffoit ; qu'on ne juſtifiera jamais devant
le monde équitable une pareille infraction
d'une Capitulation revêtuë de toutes les formes
prefcrites par les Loix de la guerre ; qu'il eft également
étrange que nonobftant la Déclaration , par
laquelle la Cour de Vienne s'étoit engagée à n'exercer
aucune hoftilité contre les troupes de l'Empereur
dans les Cercles neutres de l'Empire , l'armée
1876 MERCURE DE FRANCE.
mée commandée par le Prince Charles de Lorraine
ait attaqué en plufieurs occafions les Gardes avancées
de l'armée de S. M I. tandis que cette derniere
étoit campée fous Philifbourg ; que ces deux
nouveaux incidens , fans qu'il fort befoin d'en citer
d'autres , prouvent affés le peu de fond qu'on doit
faire fur les promeffes de la Reine de Hongrie , &
le mépris qu'elle fait du Droit des Gens . L'Empereur
recommande à fes Miniftres , de faire confiderer
aux Puiffances , auprès defquelles ils réfident ,
quelles fuites importantes & dangereufes peuvent
réfulter des exemples que donne la Cour de Vienne.
S. M I. ajoute qu'il importe à tout l'Empire & à
toutes les Puiffances d'employer des mesures efficaces
, pour réprimer des excès fi pernicieux.
On mande de Francfort du 10 de ce mois , que
le Miniftre du Roi de Pruffe auprès de la Diette de
l'Empire a préfenté à cette affemblée un Mémoire ,
qui porte que ce Prince , ayant pris poffeffion de la
Principauté d'Ooft - Frife , & en ayant demandé
l'Inveftiture à l'Empereur , en vertu de " expectative
accordée par l'Empereur Leopold à la Maiſon
de Brandebourg , pour fucceder à cette Principauté
après l'extinction des defcendans mâles de la Maifon
d'Ooft Frife, S. M. Pr. efpere que les Electeurs,
Princes & Etats de l'Empire , ne lui refuferont point
la poffeffion des prérogatives & de la voix , dont le
dernier Prince d'Ooft- Friſe a joüi dans le Collége
des Princes .
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995
p. 1876-1878
ESPAGNE.
Début :
ON apprend de Madrid du 21 du mois dernier, que l'Intendant de Bibao a mandé au Roi, [...]
Mots clefs :
Armateur, Tonneaux, Marine, Intendant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
ON apprend de Madrid du 21 du mois dernier
que l'Intendant de Bilbao a mandé au Roi ,
que PArmateur Don Juan Florent de Miranda s'étoit
emparé du Vaiffeau Anglois le S. Jean l'Evangelifte
, qui revenoit de l'Amérique , & dont la
charge
A OUST. 1877
1744 .
charge confiftoit en Sucre , en Indigo , en Caff ,
en Eau -de-vie de Riz , & en Vin de Madere , &
que le Vaiffeau l'Union , de la même Nation , & du
port de 140 tonneaux , à bord duquel il y avoit
une grande quantité de Riz , de Bois de Cédre , &
du Gaudron , avoit été pris par un Armateur Elpagnol
entre le quarante- neuviéme & le cinquantiéme
dégré de Latitude Septentrionale .
"
On a appris de Lifbonne , que des Ouvriers en
fouillant la terre dans un Lieu voifin de Braga
avoient trouvé plus de 300 Médailles d'Or , extrêmement
belles & toutes parfaitement confervées ,
dont la plupart font de Neron , de Galba , de Vitellius
, de Vefpafien , de Tite , & quelques- unes d'Antonin
, de Marc-Aurele , de Fanftine & de Plau
tine.
Deux Vaiffeaux de guerre Efpagnols fe font emparés
d'un Navire Anglois , de 200 tonneaux , qui
venoit de la Baye des Honduras.
On mande de Madrid du 4 de ce mois , que le
Comte Flegui , Exemt de la Compagnie Flamande
des Gardes du Corps , & le Colonel Don François
Caudron de Cantin , y arriverent l'un le 29 & l'autre
le 31 du mois dernier , de l'armée commandée
par l'Infant Don Philippe.
Le premier a appris au Roi , que les troupes com
binées d'Efpagne & de France s'étoient emparées
du Château Dauphin , ainfi que de toutes les Gorges
qui conduifent dans le Piedmont,
Le fecond a informé S. M. du détail de ce qui
s'eft paflé dans les differentes attaques des retranchemens
, par lefquels ces Gorges étoient défenduës.
Le premier de ce mois & les deux jours fuivans
il y eut à Madrid des Illuminations & des Réjouif-
Lances publiques à l'occaſion du ſuccès des armes
EL
1878 MERCURE DE FRANCE.
Efpagnoles & Françoifes , & le 2 on chanta le Te
Deum en action de graces.
L'Intendant de Marine de la Principauté des Afturies
a mandé au Roi , que l'Armateur Don Florent
de Miranda avoit pris vers le quarante-neuviéme
dégré de Latitude le Vaiffeau Anglois la Jeanne
Marie , de 180 tonneaux , chargé de Sucre , de Coton
, & d'Eau-de- vie de Canne , lequel revenoit de
l'Ifle de S. Chriftophe , & qu'il l'avoit conduit au
Port de Rivadefella .
S. M. a été informée par des lettres de l'Intendant
de Marine du Férol , que le 9 du mois dernier
l'Armateur Mafclet étoit entré dans le Port de
Bayona avec un Brigantin de la même Nation , fur
lequel il y avoit une grande quantité d'Etoffes & de
Salines.
Les lettres du Subdélégué de la Marine d'Almuneçar
marquent qu'une Balandre Angloife , de 150
tonneaux , & dont la charge confiftoit en Sel, avoit
été enlevée fur la Côte de Malaga par l'Armateur
Don Sebaſtien de Morales .
Selon les lettres du Subdélégué de la Marine de
Caftro d'Urdiales , un Armateur s'eft emparé d'un
autre Bâtiment nommé le Rubis , qui portoit du Sucre
& du Coton à Londres.
ON apprend de Madrid du 21 du mois dernier
que l'Intendant de Bilbao a mandé au Roi ,
que PArmateur Don Juan Florent de Miranda s'étoit
emparé du Vaiffeau Anglois le S. Jean l'Evangelifte
, qui revenoit de l'Amérique , & dont la
charge
A OUST. 1877
1744 .
charge confiftoit en Sucre , en Indigo , en Caff ,
en Eau -de-vie de Riz , & en Vin de Madere , &
que le Vaiffeau l'Union , de la même Nation , & du
port de 140 tonneaux , à bord duquel il y avoit
une grande quantité de Riz , de Bois de Cédre , &
du Gaudron , avoit été pris par un Armateur Elpagnol
entre le quarante- neuviéme & le cinquantiéme
dégré de Latitude Septentrionale .
"
On a appris de Lifbonne , que des Ouvriers en
fouillant la terre dans un Lieu voifin de Braga
avoient trouvé plus de 300 Médailles d'Or , extrêmement
belles & toutes parfaitement confervées ,
dont la plupart font de Neron , de Galba , de Vitellius
, de Vefpafien , de Tite , & quelques- unes d'Antonin
, de Marc-Aurele , de Fanftine & de Plau
tine.
Deux Vaiffeaux de guerre Efpagnols fe font emparés
d'un Navire Anglois , de 200 tonneaux , qui
venoit de la Baye des Honduras.
On mande de Madrid du 4 de ce mois , que le
Comte Flegui , Exemt de la Compagnie Flamande
des Gardes du Corps , & le Colonel Don François
Caudron de Cantin , y arriverent l'un le 29 & l'autre
le 31 du mois dernier , de l'armée commandée
par l'Infant Don Philippe.
Le premier a appris au Roi , que les troupes com
binées d'Efpagne & de France s'étoient emparées
du Château Dauphin , ainfi que de toutes les Gorges
qui conduifent dans le Piedmont,
Le fecond a informé S. M. du détail de ce qui
s'eft paflé dans les differentes attaques des retranchemens
, par lefquels ces Gorges étoient défenduës.
Le premier de ce mois & les deux jours fuivans
il y eut à Madrid des Illuminations & des Réjouif-
Lances publiques à l'occaſion du ſuccès des armes
EL
1878 MERCURE DE FRANCE.
Efpagnoles & Françoifes , & le 2 on chanta le Te
Deum en action de graces.
L'Intendant de Marine de la Principauté des Afturies
a mandé au Roi , que l'Armateur Don Florent
de Miranda avoit pris vers le quarante-neuviéme
dégré de Latitude le Vaiffeau Anglois la Jeanne
Marie , de 180 tonneaux , chargé de Sucre , de Coton
, & d'Eau-de- vie de Canne , lequel revenoit de
l'Ifle de S. Chriftophe , & qu'il l'avoit conduit au
Port de Rivadefella .
S. M. a été informée par des lettres de l'Intendant
de Marine du Férol , que le 9 du mois dernier
l'Armateur Mafclet étoit entré dans le Port de
Bayona avec un Brigantin de la même Nation , fur
lequel il y avoit une grande quantité d'Etoffes & de
Salines.
Les lettres du Subdélégué de la Marine d'Almuneçar
marquent qu'une Balandre Angloife , de 150
tonneaux , & dont la charge confiftoit en Sel, avoit
été enlevée fur la Côte de Malaga par l'Armateur
Don Sebaſtien de Morales .
Selon les lettres du Subdélégué de la Marine de
Caftro d'Urdiales , un Armateur s'eft emparé d'un
autre Bâtiment nommé le Rubis , qui portoit du Sucre
& du Coton à Londres.
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996
p. 1878-1879
GENES ET ISLE DE CORSE.
Début :
ON apprend de Génes du 22 du mois dernier, qu'il est resté sur la Côte Occidentale de cet [...]
Mots clefs :
Frégates, Habitants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GENES ET ISLE DE CORSE.
GENES ET ISLE DE CORSE.
N apprend de Génes du 22 du mois dernier
côte Occidentale de cet
Etat plufieurs Frégates Angloifes , qui y commettent
beaucoup de violences , & que le Commandant
d'une de ces Frégates a obligé les habitans de
Final de lui livrer 1500 quintaux de foin , qu'il a
fait embarquer fur divers Bâtimens de transport.
Selon les avis reçûs de l'Etat Eccléfiaftique , un
IngéA
O UST. 1744. 1879
Ingénieur Espagnol a trouvé dans les environs de
Velletri une fource très- abondante , dont la découverte
a fait d'autant plus de plaifir à S. M. Sic . que
l'eau commençoit à devenir rare dans fon camp.
On mande de Gaëtte , que la Reine des Deux Siciles
y eft accouchée d'une Princeffe , & qu'elle ſe
porte auffi-bien qu'on puiffe le défirer .
On a appris de Génes du premier de ce mois ,
que la Cérémonie du Couronnement du Doge , laquelle
, felon la coûtume , fe renouvelle tous les
deux ans après l'Election , s'y fit le 25 du mois dernier
, & que le lendemain le Doge donna un repas
auquel 300 perfonnes de la Nobleffe furent invitées.
Les habitans de plufieurs Piéves de l'Iſle de Corſe ,'
continuent de vivre dans une parfaite indépendance
, & leurs Chefs leur ont fait défendre fous peine
de confifcation de leurs biens , de s'enrôler dans les
troupes de la République .
Il a paffé par Génes un courier , dépêché par l'Infant
Don Philippe , pour donner avis au Roi des
Deux Siciles , que les retranchemens des Vallées de
Belleins & du Château Dauphin ayant été forcés ,
& les Piedmontois ayant abandonné ceux de la
Vallée de Sture , les troupes Efpagnoles & Françoifes
, que commande l'Infant Don Philippe , avoient
à préfent le paffage libre en Italie.
N apprend de Génes du 22 du mois dernier
côte Occidentale de cet
Etat plufieurs Frégates Angloifes , qui y commettent
beaucoup de violences , & que le Commandant
d'une de ces Frégates a obligé les habitans de
Final de lui livrer 1500 quintaux de foin , qu'il a
fait embarquer fur divers Bâtimens de transport.
Selon les avis reçûs de l'Etat Eccléfiaftique , un
IngéA
O UST. 1744. 1879
Ingénieur Espagnol a trouvé dans les environs de
Velletri une fource très- abondante , dont la découverte
a fait d'autant plus de plaifir à S. M. Sic . que
l'eau commençoit à devenir rare dans fon camp.
On mande de Gaëtte , que la Reine des Deux Siciles
y eft accouchée d'une Princeffe , & qu'elle ſe
porte auffi-bien qu'on puiffe le défirer .
On a appris de Génes du premier de ce mois ,
que la Cérémonie du Couronnement du Doge , laquelle
, felon la coûtume , fe renouvelle tous les
deux ans après l'Election , s'y fit le 25 du mois dernier
, & que le lendemain le Doge donna un repas
auquel 300 perfonnes de la Nobleffe furent invitées.
Les habitans de plufieurs Piéves de l'Iſle de Corſe ,'
continuent de vivre dans une parfaite indépendance
, & leurs Chefs leur ont fait défendre fous peine
de confifcation de leurs biens , de s'enrôler dans les
troupes de la République .
Il a paffé par Génes un courier , dépêché par l'Infant
Don Philippe , pour donner avis au Roi des
Deux Siciles , que les retranchemens des Vallées de
Belleins & du Château Dauphin ayant été forcés ,
& les Piedmontois ayant abandonné ceux de la
Vallée de Sture , les troupes Efpagnoles & Françoifes
, que commande l'Infant Don Philippe , avoient
à préfent le paffage libre en Italie.
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997
p. 1879-1880
GRANDE BRETAGNE.
Début :
ON a appris de Londres du 27 du mois dernier, que neuf Armateurs, tant François qu'Espagnols, [...]
Mots clefs :
Armateurs, Jamaïque, Vaisseau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
Na apprisde Londres du 27 du mois dernier ,
que neuf Armateurs , tant François qu'Elpagnols
, avoient été pris par les Armateurs de la Jamaïque
, & qu'ils avoient été conduits à Port-
Royal.
Quelques Armateurs François , qui croifent fur les
Côtes
1880 MERCURE DE FRANCE.
Côtes du Royaume d'Ecoffe , ont enlevé un Vaiffeau
de Cromarty , un de Peterhead , un de Fraferbourg,
un de Newcastle , & 14 autres Bâtimens de differens
Ports du Royaume d'Angleterre.
Les Vaiffeaux le Succez & la Ducheffe , commandés
par les Capitaines Jordan & Canck , font auffi
tombés entre les mains des François en revenant
de la Jamaïque en Angleterre , & ils ont été conduits
à Bayonne .
Un Vaiffeau de guerre du Roi de France donna
au commencement du mois dernier la chaffe , depuis
Oueffant jufqu'à l'Ile de S Marc , à la Frégate
la Dépefche , qui a été armée en courfe à Briftol.
Quelques Négocians Juifs ont armé un Bâtiment
de 28 canons & de 24 pierriers , pour aller croiſer
contre les François.
Na apprisde Londres du 27 du mois dernier ,
que neuf Armateurs , tant François qu'Elpagnols
, avoient été pris par les Armateurs de la Jamaïque
, & qu'ils avoient été conduits à Port-
Royal.
Quelques Armateurs François , qui croifent fur les
Côtes
1880 MERCURE DE FRANCE.
Côtes du Royaume d'Ecoffe , ont enlevé un Vaiffeau
de Cromarty , un de Peterhead , un de Fraferbourg,
un de Newcastle , & 14 autres Bâtimens de differens
Ports du Royaume d'Angleterre.
Les Vaiffeaux le Succez & la Ducheffe , commandés
par les Capitaines Jordan & Canck , font auffi
tombés entre les mains des François en revenant
de la Jamaïque en Angleterre , & ils ont été conduits
à Bayonne .
Un Vaiffeau de guerre du Roi de France donna
au commencement du mois dernier la chaffe , depuis
Oueffant jufqu'à l'Ile de S Marc , à la Frégate
la Dépefche , qui a été armée en courfe à Briftol.
Quelques Négocians Juifs ont armé un Bâtiment
de 28 canons & de 24 pierriers , pour aller croiſer
contre les François.
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998
p. 1880
HOLLANDE ET PAYS BAS.
Début :
ON mande de la Haye du 29 du mois dernier, qu'on y a reçû avis que le 23, le Comte de [...]
Mots clefs :
Prince Charles de Lorraine, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOLLANDE ET PAYS BAS.
HOLLANDE ET PAYS BAS.
Nmandede la Haye du 29 du moisdernier.
qu'on y a reçû avis que le 23 , le Comte de
Vaffenaër , Miniftre Plénipotentiaire de cette République
auprès du Roi de France , avoit eû à Arras
fon audience de congé de S. M. T. C.
On apprend de Bruxelles du 30 , que l'Archidu
cheffe Gouvernante reçût le 23 du Prince Charles
de Lorraine un courier extraordinaire , depuis l'arrivée
duquel on a publié qu'un Détachement des
troupes , commandées par ce Prince , avoit formé
le Siége de Fort- Louis .
Plufieurs lettres reçûës de divers endroits , confirment
que les troupes de S. M. H. qui font en Baviére
, ont reçû ordre de le mettre en marche , pour
fe rendre fur le Rhin.
Nmandede la Haye du 29 du moisdernier.
qu'on y a reçû avis que le 23 , le Comte de
Vaffenaër , Miniftre Plénipotentiaire de cette République
auprès du Roi de France , avoit eû à Arras
fon audience de congé de S. M. T. C.
On apprend de Bruxelles du 30 , que l'Archidu
cheffe Gouvernante reçût le 23 du Prince Charles
de Lorraine un courier extraordinaire , depuis l'arrivée
duquel on a publié qu'un Détachement des
troupes , commandées par ce Prince , avoit formé
le Siége de Fort- Louis .
Plufieurs lettres reçûës de divers endroits , confirment
que les troupes de S. M. H. qui font en Baviére
, ont reçû ordre de le mettre en marche , pour
fe rendre fur le Rhin.
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999
p. 1885-1886
LETTRE du Roi, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum en actions de graces des avantages remportés par les Armées de France & d'Espagne sur les Troupes du Roi de Sardaigne.
Début :
MON Cousin, après la perte que le Roi de Sardaigne a faite du Comté [...]
Mots clefs :
Roi de Sardaigne, Te Deum, Actions de grâces
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE du Roi, écrite à M. l'Archevêque de Paris, pour faire chanter le Te Deum en actions de graces des avantages remportés par les Armées de France & d'Espagne sur les Troupes du Roi de Sardaigne.
LETTRE du Roi , écrite à M. l'Arche
vêque de Paris , pour faire chanter le Te
Deum en actions de graces des avantages
remportés par les Armées de France &
d'Espagne fur les Troupes du Roi de Sardaigne.
ON COUSIN , après la perte que le
M Roi de Sardaigne a faire du Comté
de Nice , il avoit raffemblé toutes fes forces
pour fermer l'entrée du Piedmont à mon
Frere , Coufin & Gendre l'Infant Dom Philippe
, & pour l'empêcher de pénétrer dans
les Etats qui lui font dévolus par les droits
du Sang. Mais mon Armée réunie à celle
d'Espagne , fous le commandement de mondit
Frere & de mon Coufin le Prince de
Conty , vient de furmonter tous les obſtacles
, que la nature & l'art oppofoient à ce
paffage. Les Retranchemens des Vallées de
Sture & du Château Dauphin ont été forcés
les 18 & 19 du mois dernier ; les Trou-
H iij pes
1886 MERCURE DE FRANCE.
pes qui les défendoient ont été défaites ,
leurs principaux Officiers tués ou faits prifonniers
, & le Château Dauphin abandonné
, avec l'Artillerie dont il étoit muni. Les
avantages qui réfultent de cette operation ,
en ouvrant à nos Armées les débouchés de
la Plaine de Piedmont , font une fuite de la
protection que Dieu accorde à la juftice de
mes armes ; & voulant lui rendre les actions
de graces qui lui en font dûës , je vous
écris cette Lettre pour vous dire , que mon
intention eft , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma
bonne Ville de Paris , & autres de votre
Diocéfe , avec les folemnités requifes , au
jour & à l'heure que le Grand-Maître , ou
le Maître des Cérémonies vous dira de ma
part , & invitiez tous ceux qu'il que vous y
conviendra d'y affifter . Sur ce , je prie Dieu ,
qu'il vous ait , MON COUSIN , en fa fainte
& digne garde. Ecrit à Metz les Août
1744. Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHELYPEAUX
.
vêque de Paris , pour faire chanter le Te
Deum en actions de graces des avantages
remportés par les Armées de France &
d'Espagne fur les Troupes du Roi de Sardaigne.
ON COUSIN , après la perte que le
M Roi de Sardaigne a faire du Comté
de Nice , il avoit raffemblé toutes fes forces
pour fermer l'entrée du Piedmont à mon
Frere , Coufin & Gendre l'Infant Dom Philippe
, & pour l'empêcher de pénétrer dans
les Etats qui lui font dévolus par les droits
du Sang. Mais mon Armée réunie à celle
d'Espagne , fous le commandement de mondit
Frere & de mon Coufin le Prince de
Conty , vient de furmonter tous les obſtacles
, que la nature & l'art oppofoient à ce
paffage. Les Retranchemens des Vallées de
Sture & du Château Dauphin ont été forcés
les 18 & 19 du mois dernier ; les Trou-
H iij pes
1886 MERCURE DE FRANCE.
pes qui les défendoient ont été défaites ,
leurs principaux Officiers tués ou faits prifonniers
, & le Château Dauphin abandonné
, avec l'Artillerie dont il étoit muni. Les
avantages qui réfultent de cette operation ,
en ouvrant à nos Armées les débouchés de
la Plaine de Piedmont , font une fuite de la
protection que Dieu accorde à la juftice de
mes armes ; & voulant lui rendre les actions
de graces qui lui en font dûës , je vous
écris cette Lettre pour vous dire , que mon
intention eft , que vous faffiez chanter le
Te Deum dans l'Eglife Métropolitaine de ma
bonne Ville de Paris , & autres de votre
Diocéfe , avec les folemnités requifes , au
jour & à l'heure que le Grand-Maître , ou
le Maître des Cérémonies vous dira de ma
part , & invitiez tous ceux qu'il que vous y
conviendra d'y affifter . Sur ce , je prie Dieu ,
qu'il vous ait , MON COUSIN , en fa fainte
& digne garde. Ecrit à Metz les Août
1744. Signé , LOUIS ; Et plus bas , PHELYPEAUX
.
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1000
p. 1890-1891
« Le Maréchal de Schmettau, Grand-Maître de l'Artillerie du Roi de Prusse, & [...] »
Début :
Le Maréchal de Schmettau, Grand-Maître de l'Artillerie du Roi de Prusse, & [...]
Mots clefs :
Roi de Prusse, Introducteur, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Maréchal de Schmettau, Grand-Maître de l'Artillerie du Roi de Prusse, & [...] »
Le Maréchal de Schmettau Grand-
Maître de l'Artillerie du Roi de Pruffe , &
fon Miniftre Plénipotentiaire auprès du
Roi , arriva à Metz le 7 , & le même jour
il eut une audience particuliere de S. M.
étant conduit par M. de Verneüil , Introducteur
des Ambaffadeurs . Ce Maréchal a
été envoyé à S. M. pour lui apprendre que
le Roi de Pruffe avoit pris la réfolution de
faire marcher toutes fes troupes comme auxiliaires
de l'Empereur , & que le Miniftre
de Pruffe à la Cour de Vienne avoit reçûr
ordre de déclarer le 6 de ce mois à la Reine
de Hongrie les motifs qui ont déterminé
S. M. P. à cette réfolution , en conféquencede
laquelle les troupes Pruffiennes fe font
mifes en marche , pour entrer en Bohéme
par la Saxe , & en Moravie par la Siléfie.
L'armée qui doit fe rendre devant Prague
, eft compofée de Soooo hommes , &
elle fera commandée par le Roi de Pruffe.
Celle que ce Prince fait paffer en Moravie
, eft de 22000 hommes , & on doit aſfembler
entre Magdebourg & Halberstadt
un Corps de troupes confidérable , lequel fe
portera , où S. M. le jugera néceffaire.
Le Duc de Deux Ponts s'étant rendu à
Metz le jour que le Roi y arriva , il eut le
5 au matin une audience de S. M. dont il
prit congé le lendemain . Il fut conduit à ces
deux
A-OUST. 1744. 1891
deux audiences par M. de Verneüil , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le même jour , le Comte de Piofafque ,
Chambellan & Confeiller d'Etat de l'Empereur
, Général de Cavalerie & Capitaine des
Gardes du Corps de S. M. I. remit au Roi
une lettre de l'Empereur. Il fut préfenté au
Roi dans la Chambre de S. M. par le même
Introducteur.
Maître de l'Artillerie du Roi de Pruffe , &
fon Miniftre Plénipotentiaire auprès du
Roi , arriva à Metz le 7 , & le même jour
il eut une audience particuliere de S. M.
étant conduit par M. de Verneüil , Introducteur
des Ambaffadeurs . Ce Maréchal a
été envoyé à S. M. pour lui apprendre que
le Roi de Pruffe avoit pris la réfolution de
faire marcher toutes fes troupes comme auxiliaires
de l'Empereur , & que le Miniftre
de Pruffe à la Cour de Vienne avoit reçûr
ordre de déclarer le 6 de ce mois à la Reine
de Hongrie les motifs qui ont déterminé
S. M. P. à cette réfolution , en conféquencede
laquelle les troupes Pruffiennes fe font
mifes en marche , pour entrer en Bohéme
par la Saxe , & en Moravie par la Siléfie.
L'armée qui doit fe rendre devant Prague
, eft compofée de Soooo hommes , &
elle fera commandée par le Roi de Pruffe.
Celle que ce Prince fait paffer en Moravie
, eft de 22000 hommes , & on doit aſfembler
entre Magdebourg & Halberstadt
un Corps de troupes confidérable , lequel fe
portera , où S. M. le jugera néceffaire.
Le Duc de Deux Ponts s'étant rendu à
Metz le jour que le Roi y arriva , il eut le
5 au matin une audience de S. M. dont il
prit congé le lendemain . Il fut conduit à ces
deux
A-OUST. 1744. 1891
deux audiences par M. de Verneüil , Introducteur
des Ambaffadeurs.
Le même jour , le Comte de Piofafque ,
Chambellan & Confeiller d'Etat de l'Empereur
, Général de Cavalerie & Capitaine des
Gardes du Corps de S. M. I. remit au Roi
une lettre de l'Empereur. Il fut préfenté au
Roi dans la Chambre de S. M. par le même
Introducteur.
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