Résultats : 31 texte(s)
Détail
Liste
1
p. [9]36
« TRAITÉ PHYSIQUE de la Lumière, des Couleurs, du Son, et [...] »
Début :
TRAITÉ PHYSIQUE de la Lumière, des Couleurs, du Son, et [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « TRAITÉ PHYSIQUE de la Lumière, des Couleurs, du Son, et [...] »
TRAITÉ PHYSIQUE de la Lumière,
des Couleurs, du Son, et
des differens Tons , dédié au Duc de
Chartres , par M. Jean Bannieres. T. 1.
contenant le Traité de la Lumiere et des
Couleurs , 1737. in- 12. A Paris , chés
la Veuve Mazieres, et J. B. Garnier, Im-
primeurs- Libraires de la Reine , ruë S.
Jacques , à la Providence. Le second To-
me, où l'Auteur se propose de traiter
du Son et des differens Tous , doir pa-
roître incessamment.
des Couleurs, du Son, et
des differens Tons , dédié au Duc de
Chartres , par M. Jean Bannieres. T. 1.
contenant le Traité de la Lumiere et des
Couleurs , 1737. in- 12. A Paris , chés
la Veuve Mazieres, et J. B. Garnier, Im-
primeurs- Libraires de la Reine , ruë S.
Jacques , à la Providence. Le second To-
me, où l'Auteur se propose de traiter
du Son et des differens Tous , doir pa-
roître incessamment.
Fermer
2
p. [9]36
« La Suite des nouveaux Amusemens Sérieux et Comiques, Ouvrage Périodique, [...] »
Début :
La Suite des nouveaux Amusemens Sérieux et Comiques, Ouvrage Périodique, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Suite des nouveaux Amusemens Sérieux et Comiques, Ouvrage Périodique, [...] »
La Suite des nouveaux Amusemens Sérieux
et Comiques, Ouvrage Périodique,
qui avoit été interrompu depuis quelque
temps , paroît chés Guillaume , rue Dau-
phine, c'est le même Libraire qui les avoit
commencés. On trouve dans les cinq ou
six feuilles qui ont parû depuis la reprise,
un Recueil choisi d'Historiettes , de Poë
sles et autres petites Pieces fugitives , très-
capables de répondre au titre de la feuille.
et Comiques, Ouvrage Périodique,
qui avoit été interrompu depuis quelque
temps , paroît chés Guillaume , rue Dau-
phine, c'est le même Libraire qui les avoit
commencés. On trouve dans les cinq ou
six feuilles qui ont parû depuis la reprise,
un Recueil choisi d'Historiettes , de Poë
sles et autres petites Pieces fugitives , très-
capables de répondre au titre de la feuille.
Fermer
3
p. [9]36-937
« DE L'AMOUR DE DIEU, ses Motifs, ses Qualités, ses Effets. Par le R. P. [...] »
Début :
DE L'AMOUR DE DIEU, ses Motifs, ses Qualités, ses Effets. Par le R. P. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DE L'AMOUR DE DIEU, ses Motifs, ses Qualités, ses Effets. Par le R. P. [...] »
DE L'AMOUR DE DIEU, ses Motifs, ses Qualités, ses Effets. Par le R. P.
ses
MAY.
1737.
937
Pallu , de la Compagnie de Jesus. A Pa-
ris , chès Marc Bordelet , rue S. Jacques ,
vis -à-vis le College des Jesuites , à Saint
Ignace. 1737. in- 12.
ses
MAY.
1737.
937
Pallu , de la Compagnie de Jesus. A Pa-
ris , chès Marc Bordelet , rue S. Jacques ,
vis -à-vis le College des Jesuites , à Saint
Ignace. 1737. in- 12.
Fermer
4
p. 937-944
Memoires pour servir à l'Histoire de Hommes Illustres, [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRES pour servir à l'Histoire des Hommes Illustres dans la République des [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Memoires pour servir à l'Histoire de Hommes Illustres, [titre d'après la table]
MEMOIRES pour servir à l'Histoire des
Hommes Illustres dans la République des
Lettres , &c. A Paris, chés Briasson, rue
S. Jacques , à la Science. M. DCC .
XXXVI. T. XXX V.
Les Sçavans Illustres , dont il est par-
lé dans ce dernier Volume du Recueil
de R. P. Niceron , sont au nombre de
trente-quatre. Leurs Articles se font lire
avec plaisir , et aprennent plusieurs sin-
gularités litteraires. On en jugera par
celui de Pierre Dortigue de Vaumoriere,
que nous allons , selon notre coûtume ,
donner ici en son entier.
Pierre Dortigue Sr de Vaumoriere , étoit
natif d'Apt en Provence , et sortoit d'u-
ne Famille noble. Etant venu s'établir à
Paris , il donna dans le goût qui regnoit
alors , et composa plusieurs Romans et
divers autres Ouvrages , qui lui firent
honneur , et lui acquirent de la répu-
tation.
Il eut par-là entrée dans l'Académie
de l'Abbé d'Aubignac , qui étoit com-
E vj
posée
938 MERCURE DE FRANCE
posée de Personnes de mérite et d'érudi-
tion , et il en devint même Sous Di-
recteur.
On ignore les particularités de sa Vie.
Richelet nous aprend seulement qu'il
étoit brouillé avec la Fortune , et qu'il
avoit été prisonnier au Châtelet pendant
trois semaines ; mais il n'en dit point le
sujet. I mourut âgé en 1693 apa-
remment dans le mois de Septembre
puisque sa mort fut annoncée dans le
Mercure du mois d'Octobre de la même
année.
Mlle. de Scudery , qui a donné son
Eloge , n'y a rien dit de sa naissance , 'ni
de sa mort , ni de sa fortune ; elle
s'est
bornée aux bonnes qualités de son esprit
et de son cœur. En voici les principaux
traits.
M. de Vaumoriere étoit un Gentil-
homme , illustre par sa naissance , et dis-
tingué par un grand nombre d'Ouvra-
ges estimés. Sa moindre qualité étoit son
bel esprit. Il brilloit par- tout ; mais il
étoit encore plus honnête Homme , qu'il-
n'étoit Homme de Lettres. Il avoit l'es-
prit vif, les sentimens naturels et nobles,
Is idées justes et distinctes , les expres-
sions gayes et hardies , les manieres dou-
ces et engageantes , le cœur au dessus de
son
MAY.
1737.
939
son pouvoir et de son état .Généreux , em-
pressé , noble , prévenant , ne connois-
sant d'autre interêt que celui de ses amis ,
et d'autre plaisir que celui d'en faire ; il
n'avoit rien à lui , tous ceux qui le con-
noissoient étoient plus maîtres de son
bien que lui- même. Il disoit toujours que
l'argent et le cœur ne sont bons que lors-
qu'on les donne à quoi il ajoûtoit que
c'étoit un moindre mal d'être dupe, que
de craindre toujours d'être dupé. Dans
un âge fort avancé il conservoit tout le
feu d'une belle jeunesse ; il étoit enjoüé
et galant dans les ruelles , modeste avec
les Gens d'esprit , réjouissant et solide
avec les jeunes Gens : toujours doux ,
toujours poli , toujours agréable en tou-
tes sortes de societés ;
il portoit la joye
et le plaisir avec lui. Sa seule presence
avoit l'art de réveiller une conversation
assoupie. Il avoit et des idées et des ter-
mes que personne ne pouvoit prévoir, et
c'étoit toujours chose nouvelle . Les Gra-
ces ornoient tous ses discours , et la dou-
ceur de son naturel se répandoit sur ses
paroles: Il parloit bien , il écoutoit en-
core mieux , et sa complaisance déterroit
dans les Gens certain mérite et certain
tour d'esprit qu'ils ne connoissoient pas
eux-mêmes. Le don de conversation n'a
jamais
940 MERCURE DE FRANCE
jamais été prodigué avec plus d'avantage
par la nature. Sa facilité étoit soûtenuë
d'un fond qu'on ne trouve guere.
'Il avoit une connoissance parfaite de
l'Antiquité. Il n'y a pas un nom connu
dans l'Histoire , sur lequel il ne sçût un
détail curieux et peu connu . Il sçavoit
mettre entre l'Histoire et la Fable un
raport vraisemblable , qui persuadoir
agréablement. Il étoit vif et précis dans
ses narrations , surprenant dans ses pein-
tures , sçavant dans ses remarques , en-
nemi des parentheses , enjoüé , naturel ,
éloquent , et suivi par - tout.
Il est à présumer , dit le P. Niceron ,
qu'il y a un peu d'exageration dans tout
cela , et que l'amitié de Mademoiselle
de Scudery pour Vaumoriere le lui a fait
representer avec les mêmes couleurs qui
lui servoient à peindre les Héros de ses
Komans.
Catalogue de ses Ouvrages.
Le Grand Scipion .
Paris , 1658.
in-8. quatre Volumes. On étoit alors
dans le goût des grands Romans , et
Vaumoriere crût ne pouvoir mieux se
produire dans le monde , qu'en compo-
sant quelque chose en ce genre. Ce goût
ayant change quelque temps après ,
il
nc
MAY.
1737.
941
ne donna plus que de petites Nouvelles.
2. Il a continué Pharamond , Roman
de la Calprenede, qui en avoit donné sept
Volumes , et y en a ajoûté cinq autres,
dont le premier parut en 1665. in-8 . M.
de Salo parla fort avantageusement de
cette continuation dans le Journal des
Sçavans du 23. Février 1665. Il y a lieu
d'esperer , dit-il , par ce qui paroît du
huitième volume , que l'on ne regretera
pas long temps la mort de celui dont il
suit les traces. Il est parfaitement bien
entré dans l'esprit de cet Auteur. Il con-
serve aux Héros et aux Héroïnes les mê-
mes sentimens et les mêmes caracteres
qu'il leur avoit donnés ; et dans son stile
il a pris cet air grand et magnifique qui
lui étoit propre. On peut même dire que
le discours de M. de Vaumoriere est plus
uni et plus chîtié que le sien , et qu'il
a mieux sçû retenir les emportemens du
grand stile.
M. Gueret ne parle pas avec la même
indulgence de ce premier Tome de la
continuation de Pharamond , quoiqu'il
donne assés d'encens à l'Auteur. Je ne
suis pas mal satisfait du travail de ce
Continuateur , fait - il dire à Pharamond,
dans son Parnasse reformé , je voudrois
bien seulement qu'il n'eût pas fait un
Volume
-
942 MERCURE DE FRANCE
Volume entier de l'Histoire de Constan
tin : elle languit un peu trop , et sans la
beauté de son langage , qui réveille le
Lecteur , elle seroit ennuyeuse. Il l'a bien
aperçû lui- même , car il s'en est corrigé
aux Tomes suivans.
3. Histoire de la Galanterie des Anciens.
Paris. 1671. in 12. Deux Volumes.
4. Diane de France. Nouvelle Histori-
que. Paris. 1674. in- 1 z.
5.Mademoiselle de Tournon . Paris 1679%
in- 12. On a mis mal à propos cette Nou-
velle parmi les Oeuvres de Madame de
Villedieu , dans quelques Editions.
6. Mademoiselle d'Alençon . Autre Nou
velle , dont j'ignore la date , et qu'on a
mise aussi , sans raison , parmi les Oeu-
vres de Madame de Villedieu.
7. Adélaïde de Champagne. Paris . 1680.
in-12.4. Volumes. C'est un Roman .
8. Agiatis , Reine de Sparte , ou les
Guerres Civiles des Lacédemoniens , sous
les Rois Agis et Léonidas. Paris. 1685. in-
12. 2. Volumes. Autre Roman.
9. L'Art de plaire dans la Conversa-
tion. Paris. 1688. in- 12. Cet Ouvrage
partagé en 20. Dialogues , renferme de
fort bons préceptes , qui méritent d'ê-
tre lûs.
10. Harangues sur toutes sortes de su
jets
MAY.
1737.
943
jets,avec l'Art de les composer. Paris. 1688.
in 4. Item. 2e Edition augmentée. Paris.
1693. in 4. It. 3e Edition augmentée de-
puis la mort de l'Auteur , d'une Disserta-
tion sur les Oraisons Funebres , par M.
l'Abbé du Jarry , et d'un grand nombre de
nouvelles Harangues. Paris . 1713. in 4.
Vaumoriere n'est pas l'Auteur de toutes
les Harangues qu'on voit ici , comme
quelques-uns l'ont dit sans fondement ;
il y en a quelques-unes de lui ,mais il en a
tiré la plupart de differens Auteurs. M.
a
Gibert à fait la Critique du Traité Préli-
minaire dans le 3e Tome de ses Jugemens
des Sçavans sur les Maîtres de l'Eloquen-
ce , page 222 .
11. Lettres sur toutes sortes de sujets ,avec
des Avis sur la maniere de les écrire. Paris.
1689. in 12. deux Volumes. It. 2. Edition.
Ibid. 1695. in- 12 . Deux Volumes. Et
quelques autres fois depuis.
12. On voit quelques Vers de sa façon ,
imprimés à la tête de la Macarise de
l'Abbé d'Aubignac. Paris. 1664. in 8.
Il est aisé , par ce Catalogue , de re-
connoître que l'Art de plaire dans la
Conversation est certainement de Vau-
moriere , et non pas de M. l'Abbé de
Bellegarde , à qui un homme d'esprit
l'attribue gratuitementpour avoir le plai-
sir
944 MERCURE DE FRANCE
sir de dire un bon mot. M. de Bellegar-
de , bien superieur en tout à l'autre Au-
teur , a écrit des Modeles de Conversa-
tions pour les Personnes polies , c'es le Ti-
tre de son Livre , dont le but principal
est d'instruire. 1.Vol.12 . Paris. 1698.
Les autres Auteurs , dont 1 Histoire
entre dans ce XXXVe Volume du P. N.
sont N. Amelot de la Houssaye ; G. Au-
bert; P. Aubert ; F. le Metel de Boisro-
bert
P. V. P. Cayet ; E. Chilmead ; S.
Clarkes G. Coquille ; G. Corte ; A. Desi-
ré; F. Florent ; A. de la Fosse ; J. Freind ;
T. Galluzzi ; T. E. Gabe ; M. Inchuser ;
L. Joubert; C. Lancelot ; J. Magnus; O.
Magnus; C. Marcel ; J. de Marconville ;
J. Desmarets de S. Sorlin ; R. Desmarets ,
M. de Morgues ; J. J. Orsi ; J. B. Ramu-
sio; L. Savot ; G. Scioppius ; T. Spize-
lius P. Vivet, C. Vitringa , et C. Vitringa
le Fils.
Hommes Illustres dans la République des
Lettres , &c. A Paris, chés Briasson, rue
S. Jacques , à la Science. M. DCC .
XXXVI. T. XXX V.
Les Sçavans Illustres , dont il est par-
lé dans ce dernier Volume du Recueil
de R. P. Niceron , sont au nombre de
trente-quatre. Leurs Articles se font lire
avec plaisir , et aprennent plusieurs sin-
gularités litteraires. On en jugera par
celui de Pierre Dortigue de Vaumoriere,
que nous allons , selon notre coûtume ,
donner ici en son entier.
Pierre Dortigue Sr de Vaumoriere , étoit
natif d'Apt en Provence , et sortoit d'u-
ne Famille noble. Etant venu s'établir à
Paris , il donna dans le goût qui regnoit
alors , et composa plusieurs Romans et
divers autres Ouvrages , qui lui firent
honneur , et lui acquirent de la répu-
tation.
Il eut par-là entrée dans l'Académie
de l'Abbé d'Aubignac , qui étoit com-
E vj
posée
938 MERCURE DE FRANCE
posée de Personnes de mérite et d'érudi-
tion , et il en devint même Sous Di-
recteur.
On ignore les particularités de sa Vie.
Richelet nous aprend seulement qu'il
étoit brouillé avec la Fortune , et qu'il
avoit été prisonnier au Châtelet pendant
trois semaines ; mais il n'en dit point le
sujet. I mourut âgé en 1693 apa-
remment dans le mois de Septembre
puisque sa mort fut annoncée dans le
Mercure du mois d'Octobre de la même
année.
Mlle. de Scudery , qui a donné son
Eloge , n'y a rien dit de sa naissance , 'ni
de sa mort , ni de sa fortune ; elle
s'est
bornée aux bonnes qualités de son esprit
et de son cœur. En voici les principaux
traits.
M. de Vaumoriere étoit un Gentil-
homme , illustre par sa naissance , et dis-
tingué par un grand nombre d'Ouvra-
ges estimés. Sa moindre qualité étoit son
bel esprit. Il brilloit par- tout ; mais il
étoit encore plus honnête Homme , qu'il-
n'étoit Homme de Lettres. Il avoit l'es-
prit vif, les sentimens naturels et nobles,
Is idées justes et distinctes , les expres-
sions gayes et hardies , les manieres dou-
ces et engageantes , le cœur au dessus de
son
MAY.
1737.
939
son pouvoir et de son état .Généreux , em-
pressé , noble , prévenant , ne connois-
sant d'autre interêt que celui de ses amis ,
et d'autre plaisir que celui d'en faire ; il
n'avoit rien à lui , tous ceux qui le con-
noissoient étoient plus maîtres de son
bien que lui- même. Il disoit toujours que
l'argent et le cœur ne sont bons que lors-
qu'on les donne à quoi il ajoûtoit que
c'étoit un moindre mal d'être dupe, que
de craindre toujours d'être dupé. Dans
un âge fort avancé il conservoit tout le
feu d'une belle jeunesse ; il étoit enjoüé
et galant dans les ruelles , modeste avec
les Gens d'esprit , réjouissant et solide
avec les jeunes Gens : toujours doux ,
toujours poli , toujours agréable en tou-
tes sortes de societés ;
il portoit la joye
et le plaisir avec lui. Sa seule presence
avoit l'art de réveiller une conversation
assoupie. Il avoit et des idées et des ter-
mes que personne ne pouvoit prévoir, et
c'étoit toujours chose nouvelle . Les Gra-
ces ornoient tous ses discours , et la dou-
ceur de son naturel se répandoit sur ses
paroles: Il parloit bien , il écoutoit en-
core mieux , et sa complaisance déterroit
dans les Gens certain mérite et certain
tour d'esprit qu'ils ne connoissoient pas
eux-mêmes. Le don de conversation n'a
jamais
940 MERCURE DE FRANCE
jamais été prodigué avec plus d'avantage
par la nature. Sa facilité étoit soûtenuë
d'un fond qu'on ne trouve guere.
'Il avoit une connoissance parfaite de
l'Antiquité. Il n'y a pas un nom connu
dans l'Histoire , sur lequel il ne sçût un
détail curieux et peu connu . Il sçavoit
mettre entre l'Histoire et la Fable un
raport vraisemblable , qui persuadoir
agréablement. Il étoit vif et précis dans
ses narrations , surprenant dans ses pein-
tures , sçavant dans ses remarques , en-
nemi des parentheses , enjoüé , naturel ,
éloquent , et suivi par - tout.
Il est à présumer , dit le P. Niceron ,
qu'il y a un peu d'exageration dans tout
cela , et que l'amitié de Mademoiselle
de Scudery pour Vaumoriere le lui a fait
representer avec les mêmes couleurs qui
lui servoient à peindre les Héros de ses
Komans.
Catalogue de ses Ouvrages.
Le Grand Scipion .
Paris , 1658.
in-8. quatre Volumes. On étoit alors
dans le goût des grands Romans , et
Vaumoriere crût ne pouvoir mieux se
produire dans le monde , qu'en compo-
sant quelque chose en ce genre. Ce goût
ayant change quelque temps après ,
il
nc
MAY.
1737.
941
ne donna plus que de petites Nouvelles.
2. Il a continué Pharamond , Roman
de la Calprenede, qui en avoit donné sept
Volumes , et y en a ajoûté cinq autres,
dont le premier parut en 1665. in-8 . M.
de Salo parla fort avantageusement de
cette continuation dans le Journal des
Sçavans du 23. Février 1665. Il y a lieu
d'esperer , dit-il , par ce qui paroît du
huitième volume , que l'on ne regretera
pas long temps la mort de celui dont il
suit les traces. Il est parfaitement bien
entré dans l'esprit de cet Auteur. Il con-
serve aux Héros et aux Héroïnes les mê-
mes sentimens et les mêmes caracteres
qu'il leur avoit donnés ; et dans son stile
il a pris cet air grand et magnifique qui
lui étoit propre. On peut même dire que
le discours de M. de Vaumoriere est plus
uni et plus chîtié que le sien , et qu'il
a mieux sçû retenir les emportemens du
grand stile.
M. Gueret ne parle pas avec la même
indulgence de ce premier Tome de la
continuation de Pharamond , quoiqu'il
donne assés d'encens à l'Auteur. Je ne
suis pas mal satisfait du travail de ce
Continuateur , fait - il dire à Pharamond,
dans son Parnasse reformé , je voudrois
bien seulement qu'il n'eût pas fait un
Volume
-
942 MERCURE DE FRANCE
Volume entier de l'Histoire de Constan
tin : elle languit un peu trop , et sans la
beauté de son langage , qui réveille le
Lecteur , elle seroit ennuyeuse. Il l'a bien
aperçû lui- même , car il s'en est corrigé
aux Tomes suivans.
3. Histoire de la Galanterie des Anciens.
Paris. 1671. in 12. Deux Volumes.
4. Diane de France. Nouvelle Histori-
que. Paris. 1674. in- 1 z.
5.Mademoiselle de Tournon . Paris 1679%
in- 12. On a mis mal à propos cette Nou-
velle parmi les Oeuvres de Madame de
Villedieu , dans quelques Editions.
6. Mademoiselle d'Alençon . Autre Nou
velle , dont j'ignore la date , et qu'on a
mise aussi , sans raison , parmi les Oeu-
vres de Madame de Villedieu.
7. Adélaïde de Champagne. Paris . 1680.
in-12.4. Volumes. C'est un Roman .
8. Agiatis , Reine de Sparte , ou les
Guerres Civiles des Lacédemoniens , sous
les Rois Agis et Léonidas. Paris. 1685. in-
12. 2. Volumes. Autre Roman.
9. L'Art de plaire dans la Conversa-
tion. Paris. 1688. in- 12. Cet Ouvrage
partagé en 20. Dialogues , renferme de
fort bons préceptes , qui méritent d'ê-
tre lûs.
10. Harangues sur toutes sortes de su
jets
MAY.
1737.
943
jets,avec l'Art de les composer. Paris. 1688.
in 4. Item. 2e Edition augmentée. Paris.
1693. in 4. It. 3e Edition augmentée de-
puis la mort de l'Auteur , d'une Disserta-
tion sur les Oraisons Funebres , par M.
l'Abbé du Jarry , et d'un grand nombre de
nouvelles Harangues. Paris . 1713. in 4.
Vaumoriere n'est pas l'Auteur de toutes
les Harangues qu'on voit ici , comme
quelques-uns l'ont dit sans fondement ;
il y en a quelques-unes de lui ,mais il en a
tiré la plupart de differens Auteurs. M.
a
Gibert à fait la Critique du Traité Préli-
minaire dans le 3e Tome de ses Jugemens
des Sçavans sur les Maîtres de l'Eloquen-
ce , page 222 .
11. Lettres sur toutes sortes de sujets ,avec
des Avis sur la maniere de les écrire. Paris.
1689. in 12. deux Volumes. It. 2. Edition.
Ibid. 1695. in- 12 . Deux Volumes. Et
quelques autres fois depuis.
12. On voit quelques Vers de sa façon ,
imprimés à la tête de la Macarise de
l'Abbé d'Aubignac. Paris. 1664. in 8.
Il est aisé , par ce Catalogue , de re-
connoître que l'Art de plaire dans la
Conversation est certainement de Vau-
moriere , et non pas de M. l'Abbé de
Bellegarde , à qui un homme d'esprit
l'attribue gratuitementpour avoir le plai-
sir
944 MERCURE DE FRANCE
sir de dire un bon mot. M. de Bellegar-
de , bien superieur en tout à l'autre Au-
teur , a écrit des Modeles de Conversa-
tions pour les Personnes polies , c'es le Ti-
tre de son Livre , dont le but principal
est d'instruire. 1.Vol.12 . Paris. 1698.
Les autres Auteurs , dont 1 Histoire
entre dans ce XXXVe Volume du P. N.
sont N. Amelot de la Houssaye ; G. Au-
bert; P. Aubert ; F. le Metel de Boisro-
bert
P. V. P. Cayet ; E. Chilmead ; S.
Clarkes G. Coquille ; G. Corte ; A. Desi-
ré; F. Florent ; A. de la Fosse ; J. Freind ;
T. Galluzzi ; T. E. Gabe ; M. Inchuser ;
L. Joubert; C. Lancelot ; J. Magnus; O.
Magnus; C. Marcel ; J. de Marconville ;
J. Desmarets de S. Sorlin ; R. Desmarets ,
M. de Morgues ; J. J. Orsi ; J. B. Ramu-
sio; L. Savot ; G. Scioppius ; T. Spize-
lius P. Vivet, C. Vitringa , et C. Vitringa
le Fils.
Fermer
5
p. 944
« LA PAYSANNE PARVENUE, ou les Mémoires de M. la Marquise de L. V. par [...] »
Début :
LA PAYSANNE PARVENUE, ou les Mémoires de M. la Marquise de L. V. par [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LA PAYSANNE PARVENUE, ou les Mémoires de M. la Marquise de L. V. par [...] »
LA PAYSANNE PARVENUE, ou les Mémoires
de M. la Marquise de L. V. par
M. le Chevalier de Mouky , huitième
Partie. A Paris , chés Prault , fils , Quay
de Conty , vis- à- vis la Descente du
Pont Neuf , à la Charité. 1737. in- 12 .
Prix 24. sols.
de M. la Marquise de L. V. par
M. le Chevalier de Mouky , huitième
Partie. A Paris , chés Prault , fils , Quay
de Conty , vis- à- vis la Descente du
Pont Neuf , à la Charité. 1737. in- 12 .
Prix 24. sols.
Fermer
6
p. 945-947
Elemens de Mathématiques, &c. [titre d'après la table]
Début :
ELEMENS DE MATHEMATIQUES, contenant les Elemens de Géométrie, d'Arithmétique, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Elemens de Mathématiques, &c. [titre d'après la table]
ELEMENS DE MATHEMATIQUES, contenant
les Elemens de Géométrie, d'Arithmétique,
d'Algebre et d' Analise. Par le Pere
Duclos de la Compagnie de Jesus , Pro-
fesseur de Mathématiques dans le Col-
lege de Lyon , et de l'Académie des
Beaux Arts. A Lyon chés Claude Perrot ,
à l'Epée Royale , rue Confort. 1737. in- 8.
avec cinq Planches.
On ne manque pas d'Elemens de Ma-
thématiques. Il semble pourtant que les
Maîtres de l'Art ont dédaigné la pre-
miere Partie de cette Science. Le grand
nombre s'est attaché pour les Elemens de
Géométrie , à suivre Euclide, quoiqu'as-
surément on y trouve peu d'ordre et de
précision. Des deux principaux Auteurs
qui ont suivi une autre methode , le pre-
mier s'éloigne trop de la maniere de dé-
montrer d'Euclide , laquelle est pourtant
plus à la portée des Commençans. Le
second est extrémement diffus et fatigue
à pure perte , en faisant soupçonner du
mystere où il n'y en a point. Il est d'ail
leurs nécessaire de mêler les Elemens de
Géometrieavec ceux de l'Arithmérique et
de l'Algebre , sans quoi on ne sçait par
lesquels commencer . L'emploi qu'exerce
le P. Duclos lui a fait sentir ces incon-
veniens , et lui a fait entreprendre d'y
Ses
946 MERCURE DE FRANCE
Ses Elemens sont divisés en neuf Li-
vres. Dans le premier il démontre en sept
Théoremes presque tout le premier Li-
vre d'Euclide. Le second Livre renferme
en six Théoremes les proprietés du Cer-
cle au-delà de ce qu'en contient le troi-
siéme Livre d'Euclide. On a un com-
mencement de Géometrie pratique dans
les quinze Problêmes du troisiéme Livre.
Le quatrième contient les premieres Re-
gles d'Arithmetique et d'Algebre ; on
y trouve une bonne Partie du septième,
huitième et neuviéme Livre d'Euclide.
Le cinquiéme traite des Proportions.
Après avoir démontré la Regle de Trois,
et après une remarque très-simple et très-
claire , on en déduit par voie de Corot-
laire , et très-briévement le cinquième
Livre d'Euclide. Le sixième renferme
tout ce qui a raport aux fractions , aux
extractions de Racines , et aux Regles
de Proportion composée. Les dix Théo-
rêmes du septiéme Livre traitent des
Plans et des Solides , et de ce qu'il y a
d'utile dans le sixième , onzième , dou-
ziéme et treiziéme Livres d'Euclide. On
y démontre universellement , et d'une
maniere très simple les dernieres Propo-
sitions du premier , second et troisiéme
Livres. Le huitiéme Livre renferme huit
Problêmes
MAY.
la petitesse et le
1737 .
947
Problêmes qui suivent du Livre préce-
dent ; enfin dans le neuviéme on trouve
les principes de l'Analise ; on met un
Commençant au fait des questions du
premier et second degrés ; on lui décou-
vre les proprietés des differentes sortes
de Progressions ; et on lui aprend par un
petit nombre d'exemples choisis , à apli-
quer à la Géometrie les Préceptes de
L'Analise.
Le P. Duclos avertit au commence-
ment qu'il n'est pas entré dans un grand
détail par raport aux premieres Regles
d'Arithmétique , parce qu'elles s'apren-
nent plus aisément par un petit nombre.
de leçons verbales et d'exemples ,et qu'ila
omis lesOpérations d'Arihtmétique dont
l'Algebre facilite et abrege l'execution.
Il a eu soin de coter en marge à quel-
le Proposition d'Euclide les siennes se
taportent ; et il a fait une Table qui met
tout d'un coup la chose sous les yeux-
Il dédie son Ouvrage à Messieurs de l'A-
cadémie des Beaux Arts ; et il a l'avanta-
ge dans les éloges que renferme son Epi-
tre Dédicatoire , de s'accorder avec la
voix publique. Quant à l'Impresion ,
elle est telle que ceux qui étudieront ces
Elemens n'auront point à luter contre
peu
teres et des figures .
de netteté des caracteres et des figures.
les Elemens de Géométrie, d'Arithmétique,
d'Algebre et d' Analise. Par le Pere
Duclos de la Compagnie de Jesus , Pro-
fesseur de Mathématiques dans le Col-
lege de Lyon , et de l'Académie des
Beaux Arts. A Lyon chés Claude Perrot ,
à l'Epée Royale , rue Confort. 1737. in- 8.
avec cinq Planches.
On ne manque pas d'Elemens de Ma-
thématiques. Il semble pourtant que les
Maîtres de l'Art ont dédaigné la pre-
miere Partie de cette Science. Le grand
nombre s'est attaché pour les Elemens de
Géométrie , à suivre Euclide, quoiqu'as-
surément on y trouve peu d'ordre et de
précision. Des deux principaux Auteurs
qui ont suivi une autre methode , le pre-
mier s'éloigne trop de la maniere de dé-
montrer d'Euclide , laquelle est pourtant
plus à la portée des Commençans. Le
second est extrémement diffus et fatigue
à pure perte , en faisant soupçonner du
mystere où il n'y en a point. Il est d'ail
leurs nécessaire de mêler les Elemens de
Géometrieavec ceux de l'Arithmérique et
de l'Algebre , sans quoi on ne sçait par
lesquels commencer . L'emploi qu'exerce
le P. Duclos lui a fait sentir ces incon-
veniens , et lui a fait entreprendre d'y
Ses
946 MERCURE DE FRANCE
Ses Elemens sont divisés en neuf Li-
vres. Dans le premier il démontre en sept
Théoremes presque tout le premier Li-
vre d'Euclide. Le second Livre renferme
en six Théoremes les proprietés du Cer-
cle au-delà de ce qu'en contient le troi-
siéme Livre d'Euclide. On a un com-
mencement de Géometrie pratique dans
les quinze Problêmes du troisiéme Livre.
Le quatrième contient les premieres Re-
gles d'Arithmetique et d'Algebre ; on
y trouve une bonne Partie du septième,
huitième et neuviéme Livre d'Euclide.
Le cinquiéme traite des Proportions.
Après avoir démontré la Regle de Trois,
et après une remarque très-simple et très-
claire , on en déduit par voie de Corot-
laire , et très-briévement le cinquième
Livre d'Euclide. Le sixième renferme
tout ce qui a raport aux fractions , aux
extractions de Racines , et aux Regles
de Proportion composée. Les dix Théo-
rêmes du septiéme Livre traitent des
Plans et des Solides , et de ce qu'il y a
d'utile dans le sixième , onzième , dou-
ziéme et treiziéme Livres d'Euclide. On
y démontre universellement , et d'une
maniere très simple les dernieres Propo-
sitions du premier , second et troisiéme
Livres. Le huitiéme Livre renferme huit
Problêmes
MAY.
la petitesse et le
1737 .
947
Problêmes qui suivent du Livre préce-
dent ; enfin dans le neuviéme on trouve
les principes de l'Analise ; on met un
Commençant au fait des questions du
premier et second degrés ; on lui décou-
vre les proprietés des differentes sortes
de Progressions ; et on lui aprend par un
petit nombre d'exemples choisis , à apli-
quer à la Géometrie les Préceptes de
L'Analise.
Le P. Duclos avertit au commence-
ment qu'il n'est pas entré dans un grand
détail par raport aux premieres Regles
d'Arithmétique , parce qu'elles s'apren-
nent plus aisément par un petit nombre.
de leçons verbales et d'exemples ,et qu'ila
omis lesOpérations d'Arihtmétique dont
l'Algebre facilite et abrege l'execution.
Il a eu soin de coter en marge à quel-
le Proposition d'Euclide les siennes se
taportent ; et il a fait une Table qui met
tout d'un coup la chose sous les yeux-
Il dédie son Ouvrage à Messieurs de l'A-
cadémie des Beaux Arts ; et il a l'avanta-
ge dans les éloges que renferme son Epi-
tre Dédicatoire , de s'accorder avec la
voix publique. Quant à l'Impresion ,
elle est telle que ceux qui étudieront ces
Elemens n'auront point à luter contre
peu
teres et des figures .
de netteté des caracteres et des figures.
Fermer
7
p. 948
« OEUVRES DE SCARON, nouvelle Edition, revûë, corrigée et augmentée de [...] »
Début :
OEUVRES DE SCARON, nouvelle Edition, revûë, corrigée et augmentée de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « OEUVRES DE SCARON, nouvelle Edition, revûë, corrigée et augmentée de [...] »
OEUVRES DE SCARON, nouvelle Edition,
revûë, corrigée et augmentée de
quantité de Pieces obmises dans les Edi-
tions précédentes. A Amsterdam , chés
Westein et Smith. 1737. Dix Volumes
in - 12.
revûë, corrigée et augmentée de
quantité de Pieces obmises dans les Edi-
tions précédentes. A Amsterdam , chés
Westein et Smith. 1737. Dix Volumes
in - 12.
Fermer
8
p. 948
« HISTOIRE du Vaillant Chevalier Tiran le Blanc, traduite de l'Espagnol. 2. Vol. [...] »
Début :
HISTOIRE du Vaillant Chevalier Tiran le Blanc, traduite de l'Espagnol. 2. Vol. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE du Vaillant Chevalier Tiran le Blanc, traduite de l'Espagnol. 2. Vol. [...] »
HISTOIRE du Vaillant Chevalier Tiran
le Blanc, traduite de l'Espagnol. 2. Vol.
in- 8. Le premier de 336. pages, sans l'A-
vertissement ; le second de 523. A Lon-
dres , et se vend à Paris chés la Veuve Pisa
sot , Quay de Coniy , à la descente du Pont-
Neuf, à la Croix d'Or. En attendant que
nous donnions un Extrait de ce Livre ,
nous renvoyons le Lecteur curieux au
Jugement du Curé , au Chapitre 6. du 1 .
Vol. de Don Quichotte.
le Blanc, traduite de l'Espagnol. 2. Vol.
in- 8. Le premier de 336. pages, sans l'A-
vertissement ; le second de 523. A Lon-
dres , et se vend à Paris chés la Veuve Pisa
sot , Quay de Coniy , à la descente du Pont-
Neuf, à la Croix d'Or. En attendant que
nous donnions un Extrait de ce Livre ,
nous renvoyons le Lecteur curieux au
Jugement du Curé , au Chapitre 6. du 1 .
Vol. de Don Quichotte.
Fermer
9
p. 948
« LES PRINCIPES de la Morale et du Goût, en deux Poëmes, traduits de l'Anglois [...] »
Début :
LES PRINCIPES de la Morale et du Goût, en deux Poëmes, traduits de l'Anglois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « LES PRINCIPES de la Morale et du Goût, en deux Poëmes, traduits de l'Anglois [...] »
LES PRINCIPES de la Morale et du
Goût, en deux Poëmes , traduits de l'An
glois de M. Pope , par M. du Resnel ,
Abbé de Sept Fontaines , de l'Académie
des Inscriptions et des Belles lettres. A
Paris , chès Briasson . 1737. Vol . in-8.
Goût, en deux Poëmes , traduits de l'An
glois de M. Pope , par M. du Resnel ,
Abbé de Sept Fontaines , de l'Académie
des Inscriptions et des Belles lettres. A
Paris , chès Briasson . 1737. Vol . in-8.
Fermer
10
p. 948-949
« HISTOIRE ANCIENNE des Egyptiens, des Carthaginois, des Assyriens, des [...] »
Début :
HISTOIRE ANCIENNE des Egyptiens, des Carthaginois, des Assyriens, des [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « HISTOIRE ANCIENNE des Egyptiens, des Carthaginois, des Assyriens, des [...] »
HISTOIRE ANCIENNE des Egyptiens,
des Carthaginois, des Assyriens, des
Babyloniens , des Medes et des Perses ,
des Macédoniens , des Grecs. Onziéme
Tome
MAY.
1737.
949
Tome contenant les Arts Liberaux ; et
ce Traité des Sciences et des Arts occu-
pera encore le douziéme Volume tout
entier au moins . Par M. Rollin.
des Carthaginois, des Assyriens, des
Babyloniens , des Medes et des Perses ,
des Macédoniens , des Grecs. Onziéme
Tome
MAY.
1737.
949
Tome contenant les Arts Liberaux ; et
ce Traité des Sciences et des Arts occu-
pera encore le douziéme Volume tout
entier au moins . Par M. Rollin.
Fermer
11
p. 949-953
Les Vies des plus celebres Jurisconsultes, [titre d'après la table]
Début :
LES VIES des plus Célébres Jurisconsultes de toutes les Nations, tant Anciens [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Les Vies des plus celebres Jurisconsultes, [titre d'après la table]
LES VIES des plus Célébres Jurisconsultes
de toutes les Nations, tant Anciens
que Modernes ; sçavoir , Latins ou
Romains , François , Espagnols , Italiens,
Allemans , Anglois , Hollandois , &c.
tirées des meilleurs Auteurs qui en ont
écrit , et mises en leur jour par Ordre
alphabétique. Par M. Taisand , Tréso
tier de France. Nouvelle Edition , aug-
mentée d'un tiers par M..... A Paris ,
Quay de Gesures , chés Prault , Pere , an
Paradis , et au Palais chés Jacques Nico
las le Clerc , à la Prudence 1737. Un Vo-
lume in-4, de 800. pages. Prix 9 liv.
Le Corps de cet Ouvrage est de M:
Pierre Taisand , Tresorier de France en
la Généralité de Bourgogne et de Bresse ,
qui mourut en 1715. Ce n'est qu'après
sa mort que son Ouvrage a été donné au
Public par un de ses Fils , Religieux de
l'Ordre de Cîteaux , qui l'a dédié à M. le
Chancelier.
L'Auteur n'a pas entrepris d'écrire les
Vies de tous ceux que leur Erat oblige
d'être versés dans la Science du Droit
tels
950 MERCURE DE FRANCE
tels que les Juges et les Avocats , ce qui
auroit fait un Ouvrage immense , et qui
seroit devenu ennuyeux. Il n'a compris
dans ce Recueil que les Vies de ceux qui
ont enseigné publiquement la Jurispru
dence , ou qui en ont donné au Public
quelques Traités.
Il les a rangées par Ordre alphabéti-
>
que comme étant le plus commode et
le plus naturel , et aussi pour éviter de
donner la préference du rang à l'un plû-
tôt qu'à l'autre, ce qui auroit pû causer
quelque jalousie à ceux qui s'interessent
à la gloire de ces Jurisconsultes.
Il pouvoit également éviter cet incon
venient en suivant l'Ordre Chronologi
que , mais il n'a pas jugé à propos de s'y
assujetir , dans la crainte que cet Ordre
ne fût pas assés exact , y ayant quelques
Jurisconsultes dont on ne sçait pas préci
sément le temps de la naissance.
Le Fils de l'Auteur a mis à la tête de
l'Ouvrage la Vie de son Pere : ensuite
sont les Vies des Jurisconsultes
posées par M. Taisand , au nombre de
plus de 5oo. depuis Comncanus , qui vi-
voit dans le Ve Siècle , et au commence-
ment du Vle et qui est le premier des
Anciens Jnrisconsultes qui ait acquis
quelqueréputation.
com
Comme
MAY.
1737.
༡ ད་
Comme l'Ouvrage de M. Taisand étoit
déja connu ,on n'en fera pas ici l'Analise
et on se contentera d'observer ce qu'il y
ade particulier dans la nouvelle Edition
qui vient d'en être donnée au Public,
On a mis à la fin de cette Edition des
Additions assés considerables, composées
par un Auteur Anonime, lesquelles con-
tiennent plus de 2 50. pages d'impression .
L'Auteur y a raporté plusieurs circons-
tances que M. Taisand avoit obmises
dans la Vie de quelques Jurisconsultes :
il y a aussi compris les Vies de plus de
cent Jurisconsultes dont M. Taisand n'a-
voit pas fait mention ; entr'autres ceux
qui ne sont morts qu'après lui , tels que
M. M. Rassicod , le Merre , Blanchard
de Cormis , Bretonnier, Brillon , Terras
son et plusieurs autres.
Ces Additions sont tirées de divers Au-
teurs , aussi- bien que les Vies composées
par M. Taisand , mais particulierement
des Journaux des Sçavans , du Diction-
naire Historique , du Suplément , des
Mémoires du P. Niceron , et de Mémoi-
res particuliers fournis à l'Auteur; ce qui
fait que lesVies contenues dans ces Addi .
tions ne sont pas écrites d'un même stile.
Le Public est certainement redevable à
M.Taisand et à l'Auteur des Additions de
F
952 MERCURE DE FRANCE
ce qu'ils ont pris la peine de recueillir et de
rassembler les Vies de tant de Jurisconsul
tes , rien n'étant plus convenable que de
perpétuer la mémoire des Gr. Hommes,
il est même souvent nécessaire de sça-
voir en quel temps et dans quels Pays
vivoit un Jurisconsulte , quel étoit son
génie et son caractere , dans quelles con
jonctures il a écrit, et quand il est décédé,
pour déterminer le jugement que l'on
doit porter de son Ouvrage , et l'usage
que l'on en doit faire.
Il est juste aussi, en écrivant la Vie d'un
Jurisconsulte, de rendre compte de ses ta-
lens , de ses vertus , et des autres belles
qualités qui l'ont rendu recommandable
et de le faire connoître à la Posterité pour
l'animer à suivre ces grands exemples.
Il y a cependant de certains détails peu
interessans , dans lesquels l'Auteur des
Additions surM.Taisand,auroit pû se dis-
penser d'entrer , comme il a fait en quel-
ques endroits, où il observe, par exemple,
que le Jurisconsulte dont il parle étoit fils
d'un Marchand,d'un Chirurgien , d'un Hom-
meInteressé dans les Fermes du Roy,qu'il rem-
portoit toujours les premiers Prix de sa Clas-
se ; qu'il a eu plusieurs enfans , mais qu'an-
cun ne s'est adonné à la Jurisprudence.
Il auroit pû aussi , à l'exemple de M.
Taisand
MAY.
1737-
953
Taisand , être plus moderé sur les Elo-
ges qu'il a donnés à la plupart des Juris-
consultes. Un Auteur peut bien , quand
il n'écrit que la Vie d'un seul Hornme
lui donner quelques loüanges , s'il les
mérite , mais dans un Ouvrage qui con-
tient les Vies de plus de 600. Juriscon-
sultes , et dans lequel , si on veut loüer,
on est exposé à repeter , presque à cha-
que page , les mêmes Eloges , il semble
que l'on doive être plus reservé sur cet
article; parce que , quand les Eloges sont
prodigués à tous ceux dont on parle , ils
deviennent insipides ,
et font moins
d'honneur à ceux auxquels ils sont don-
nés. Cela n'empêche pas que l'on ne ren-
de aux Grands Hommes toute la justice
qu'ils méritent ; mais la meilleure ma-
niere de les louer , est de raporter les
faits mémorables qui les ont distingués
du commun des hommes :Ce sont les faits
même qui loüent : Acta Virum probant.
de toutes les Nations, tant Anciens
que Modernes ; sçavoir , Latins ou
Romains , François , Espagnols , Italiens,
Allemans , Anglois , Hollandois , &c.
tirées des meilleurs Auteurs qui en ont
écrit , et mises en leur jour par Ordre
alphabétique. Par M. Taisand , Tréso
tier de France. Nouvelle Edition , aug-
mentée d'un tiers par M..... A Paris ,
Quay de Gesures , chés Prault , Pere , an
Paradis , et au Palais chés Jacques Nico
las le Clerc , à la Prudence 1737. Un Vo-
lume in-4, de 800. pages. Prix 9 liv.
Le Corps de cet Ouvrage est de M:
Pierre Taisand , Tresorier de France en
la Généralité de Bourgogne et de Bresse ,
qui mourut en 1715. Ce n'est qu'après
sa mort que son Ouvrage a été donné au
Public par un de ses Fils , Religieux de
l'Ordre de Cîteaux , qui l'a dédié à M. le
Chancelier.
L'Auteur n'a pas entrepris d'écrire les
Vies de tous ceux que leur Erat oblige
d'être versés dans la Science du Droit
tels
950 MERCURE DE FRANCE
tels que les Juges et les Avocats , ce qui
auroit fait un Ouvrage immense , et qui
seroit devenu ennuyeux. Il n'a compris
dans ce Recueil que les Vies de ceux qui
ont enseigné publiquement la Jurispru
dence , ou qui en ont donné au Public
quelques Traités.
Il les a rangées par Ordre alphabéti-
>
que comme étant le plus commode et
le plus naturel , et aussi pour éviter de
donner la préference du rang à l'un plû-
tôt qu'à l'autre, ce qui auroit pû causer
quelque jalousie à ceux qui s'interessent
à la gloire de ces Jurisconsultes.
Il pouvoit également éviter cet incon
venient en suivant l'Ordre Chronologi
que , mais il n'a pas jugé à propos de s'y
assujetir , dans la crainte que cet Ordre
ne fût pas assés exact , y ayant quelques
Jurisconsultes dont on ne sçait pas préci
sément le temps de la naissance.
Le Fils de l'Auteur a mis à la tête de
l'Ouvrage la Vie de son Pere : ensuite
sont les Vies des Jurisconsultes
posées par M. Taisand , au nombre de
plus de 5oo. depuis Comncanus , qui vi-
voit dans le Ve Siècle , et au commence-
ment du Vle et qui est le premier des
Anciens Jnrisconsultes qui ait acquis
quelqueréputation.
com
Comme
MAY.
1737.
༡ ད་
Comme l'Ouvrage de M. Taisand étoit
déja connu ,on n'en fera pas ici l'Analise
et on se contentera d'observer ce qu'il y
ade particulier dans la nouvelle Edition
qui vient d'en être donnée au Public,
On a mis à la fin de cette Edition des
Additions assés considerables, composées
par un Auteur Anonime, lesquelles con-
tiennent plus de 2 50. pages d'impression .
L'Auteur y a raporté plusieurs circons-
tances que M. Taisand avoit obmises
dans la Vie de quelques Jurisconsultes :
il y a aussi compris les Vies de plus de
cent Jurisconsultes dont M. Taisand n'a-
voit pas fait mention ; entr'autres ceux
qui ne sont morts qu'après lui , tels que
M. M. Rassicod , le Merre , Blanchard
de Cormis , Bretonnier, Brillon , Terras
son et plusieurs autres.
Ces Additions sont tirées de divers Au-
teurs , aussi- bien que les Vies composées
par M. Taisand , mais particulierement
des Journaux des Sçavans , du Diction-
naire Historique , du Suplément , des
Mémoires du P. Niceron , et de Mémoi-
res particuliers fournis à l'Auteur; ce qui
fait que lesVies contenues dans ces Addi .
tions ne sont pas écrites d'un même stile.
Le Public est certainement redevable à
M.Taisand et à l'Auteur des Additions de
F
952 MERCURE DE FRANCE
ce qu'ils ont pris la peine de recueillir et de
rassembler les Vies de tant de Jurisconsul
tes , rien n'étant plus convenable que de
perpétuer la mémoire des Gr. Hommes,
il est même souvent nécessaire de sça-
voir en quel temps et dans quels Pays
vivoit un Jurisconsulte , quel étoit son
génie et son caractere , dans quelles con
jonctures il a écrit, et quand il est décédé,
pour déterminer le jugement que l'on
doit porter de son Ouvrage , et l'usage
que l'on en doit faire.
Il est juste aussi, en écrivant la Vie d'un
Jurisconsulte, de rendre compte de ses ta-
lens , de ses vertus , et des autres belles
qualités qui l'ont rendu recommandable
et de le faire connoître à la Posterité pour
l'animer à suivre ces grands exemples.
Il y a cependant de certains détails peu
interessans , dans lesquels l'Auteur des
Additions surM.Taisand,auroit pû se dis-
penser d'entrer , comme il a fait en quel-
ques endroits, où il observe, par exemple,
que le Jurisconsulte dont il parle étoit fils
d'un Marchand,d'un Chirurgien , d'un Hom-
meInteressé dans les Fermes du Roy,qu'il rem-
portoit toujours les premiers Prix de sa Clas-
se ; qu'il a eu plusieurs enfans , mais qu'an-
cun ne s'est adonné à la Jurisprudence.
Il auroit pû aussi , à l'exemple de M.
Taisand
MAY.
1737-
953
Taisand , être plus moderé sur les Elo-
ges qu'il a donnés à la plupart des Juris-
consultes. Un Auteur peut bien , quand
il n'écrit que la Vie d'un seul Hornme
lui donner quelques loüanges , s'il les
mérite , mais dans un Ouvrage qui con-
tient les Vies de plus de 600. Juriscon-
sultes , et dans lequel , si on veut loüer,
on est exposé à repeter , presque à cha-
que page , les mêmes Eloges , il semble
que l'on doive être plus reservé sur cet
article; parce que , quand les Eloges sont
prodigués à tous ceux dont on parle , ils
deviennent insipides ,
et font moins
d'honneur à ceux auxquels ils sont don-
nés. Cela n'empêche pas que l'on ne ren-
de aux Grands Hommes toute la justice
qu'ils méritent ; mais la meilleure ma-
niere de les louer , est de raporter les
faits mémorables qui les ont distingués
du commun des hommes :Ce sont les faits
même qui loüent : Acta Virum probant.
Fermer
12
p. 953-954
« CONFERENCES des Ordonnances de Louis XIV. Roy de France et de Navarre, [...] »
Début :
CONFERENCES des Ordonnances de Louis XIV. Roy de France et de Navarre, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « CONFERENCES des Ordonnances de Louis XIV. Roy de France et de Navarre, [...] »
CONFERENCES des Ordonnances de
Louis XIV. Roy de France et de Navarre,
avec les anciennes Ordonnances
du Royaume , le Droit, Ecrit et les Ar-i
rêts, enrichies d'Annotations et de Décia
sions importantes. Par M. Philipe Bo
nier, Lieutenant Particulier en la Séné-
Fij.
chaussée
954 MERCURE DE FRANCE
chaussée de Montpellier. Nouvelle Edi-
tion , corrigée et augmenté des Edits ,
Déclarations et Arrêts donnés en inter-
prétation des Ordonnances , de plusieurs
Reglemens du Conseil , et d'un grand
nombre de Notes qui ne sont point dans
l'Edition précedente. Par M.... Avocat
en Parlement. A Paris , chès les Associés
choisis par ordre de S. M. pour l'Impres-
sion de ses Nouvelles Ordonnances.1737*
Deux Volumes in- 4. de plus de 800. pp.
chacun. Prix 15. liv. les deux Volumes.
Louis XIV. Roy de France et de Navarre,
avec les anciennes Ordonnances
du Royaume , le Droit, Ecrit et les Ar-i
rêts, enrichies d'Annotations et de Décia
sions importantes. Par M. Philipe Bo
nier, Lieutenant Particulier en la Séné-
Fij.
chaussée
954 MERCURE DE FRANCE
chaussée de Montpellier. Nouvelle Edi-
tion , corrigée et augmenté des Edits ,
Déclarations et Arrêts donnés en inter-
prétation des Ordonnances , de plusieurs
Reglemens du Conseil , et d'un grand
nombre de Notes qui ne sont point dans
l'Edition précedente. Par M.... Avocat
en Parlement. A Paris , chès les Associés
choisis par ordre de S. M. pour l'Impres-
sion de ses Nouvelles Ordonnances.1737*
Deux Volumes in- 4. de plus de 800. pp.
chacun. Prix 15. liv. les deux Volumes.
Fermer
13
p. 954-955
« JOURNAL DU PALAIS, ou Recueil des principales Décisions de tous les Parlemens [...] »
Début :
JOURNAL DU PALAIS, ou Recueil des principales Décisions de tous les Parlemens [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « JOURNAL DU PALAIS, ou Recueil des principales Décisions de tous les Parlemens [...] »
JOURNAL DU PALAIS, ou Recueil des
principales Décisions de tous les Parlemens
et Cours Souveraines de France ;
sur les Questions les plus importantes de
Droit Civil , de Coûtume , de Matieres
Criminelles et Beneficiales , et de Droit
Public. Par feus Mes Claude Blondeau et
Gabriël Gueret , Avocats en Parlement .
Nouvelle Edition , revûë , corrigée et
augmentée , dédiée à M. le Premier Pré-
sident. 2. Vol. in fol. contenant les Ar-
rêts depuis l'année 1600. jusqu'en 1700 .
A Paris,chés le Gras, Grand- Salle du Pa-
lais , David et Saugrain , Pere , Quay des
Aug., Cavelier, ruë S. Jacq. au Lys d'or ,
Dumenil et Mouchet , Quay des Augus.
Huart, rue S. Jacq . Rollin, Fils , Quay
des
MAY.
1737.
955
des Augustins, Saugrain, Fils, et Nully ,
Grand' Salle du Palais , Nyon , Fils , Quay
des Augustins. 1737 .
principales Décisions de tous les Parlemens
et Cours Souveraines de France ;
sur les Questions les plus importantes de
Droit Civil , de Coûtume , de Matieres
Criminelles et Beneficiales , et de Droit
Public. Par feus Mes Claude Blondeau et
Gabriël Gueret , Avocats en Parlement .
Nouvelle Edition , revûë , corrigée et
augmentée , dédiée à M. le Premier Pré-
sident. 2. Vol. in fol. contenant les Ar-
rêts depuis l'année 1600. jusqu'en 1700 .
A Paris,chés le Gras, Grand- Salle du Pa-
lais , David et Saugrain , Pere , Quay des
Aug., Cavelier, ruë S. Jacq. au Lys d'or ,
Dumenil et Mouchet , Quay des Augus.
Huart, rue S. Jacq . Rollin, Fils , Quay
des
MAY.
1737.
955
des Augustins, Saugrain, Fils, et Nully ,
Grand' Salle du Palais , Nyon , Fils , Quay
des Augustins. 1737 .
Fermer
14
p. 955-959
Principes de l'Histoire, [titre d'après la table]
Début :
PRINCIPES DE L'HISTOIRE pour l'éducation de la Jeunesse : troisiéme année, qui [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Principes de l'Histoire, [titre d'après la table]
PRINCIPES DE L'HISTOIRE pour l'éducation
de la Jeunesse : troisiéme année, qui
contient l'Histoire de l'Empire Romain
en Orient et en Occident. Par M. l'Abbé
Lenglet Dufresnoy , in 12. Paris , chés de
Bure l'aîné. 1737.
C'est toûjours le même ordre et la
même méthode que suit M. l'Abbé Len-
glet dans ce troisiéme Volume des Prin-
cipes de l'Histoire , qui contient celle de
l'Empire Romain , divisé entre l'Orient
et l'Occident. La précision y est égale et
les faits principaux s'y trouvent rapellés
avec beaucoup d'exactitude. Ce qui doit
faire plaisir dans cet Ouvrage , est qu'on
ne voit guere de Prince , d'Empereur ,
ou de Souverain, dont le caractere n'ysoit
marqué. On aime à connoître lesHommes.
L'Auteur a soin de soulager l'esprit et
la mémoire par quelques repos : et ces re-
pos sont des époques qui donnent une
nouvelle face à l'Histoire
d'eux à son instruction particuliere. Ain-
si depuis Auguste jusques à Constantin
on voit une même suite historique ,
comprise en trente- quatre leçons. L'ins-
Fiij
et chacun
truction
956 MERCURE DE FRANCE
truction qui les accompagne marque les
Auteurs qu'on doit lire pour se former
dans cette partie. Mais on n'y donne pas
l'Histoire Romaine de Laurent Echard
>
sur le pied d'une traduction simple et
servile , comme on l'a reproché à l'Au-
teur. Il dit lui-même le contraire dans
la liste qui est à la fin de la Préface de ce
troisiéme Volume.
L'Auteur poursuit l'Histoire Romai-
ne jusqu'aux révolutions , qui l'ont divi-
sé et presque anéanti. On y examine
toujours le caractere des Princes. Cons-
tantin n'y est pas loüé avec excès , ni
Julien blâmé avec aigreur.
Après deux leçons sur les destructeurs
de l'Empire Romain , vient toute l'His-
toire d'Orient jusqu'à la prise de Cons-
tantinople par les Turcs. Et comme les.
Ottomans ont continué cet Empire de-
puis Mahomet II. c'est ce qui donne lieu
à l'Auteur de tracer en peu de mots l'His-
toire desTurcs jusqu'à ces derniers temps.
L'on donne ensuite en 22. leçons tou-
te l'Histoire de l'Empire d'Occident ,
rétabli par Charlemagne , Roy de France:
et après la postérité de ce grand Prince ,
il prend le titre d'Empire d'Allemagne ,
ou Romano - Germanique , comme on
parle dans l'Empire. L'Auteur est loia-
ble
MAY.
1737.
957
ble de donner aux derniers Empereurs
de l'auguste Maison d'Autriche les louan-
ges qu'ils ont méritées. Voici ce qu'il
dit de l'Empereur Leopold
que fa
Réligion quifut toujours sincere a été récom-
pensée même en ce monde par les heureux
fuccès de fes armes en Hongrie ; sa grande
expériencejointe à ses talens naturels et à
une grande pénétration , l'avoit rendu con-
sommé dans toutes sortes d'affaires , dont il
prévoyoit toutes les conféquences. Né avec
beaucoup degoût et d'aplication , il avoit de
Pamour pour les Arts et les Sciences, dont il
se plaisoit à s'entretenir avec les plus grands
Maîtres.
Cet article est d'autant plus remarqua-
ble que l'on se fait un plaisir de montrer
dans la Bibliotheque Imperiale à Vien-
ne , des Lettres que ce grand Prince écri-
voit fimilierement à Lambecius , son
Bibliothequaire , comme à son Ami :
Elles sont en Latin , et commencent tou-
tes par ces termes affectueux , Chare mi
Lambeci , qui marquent la bonté de ce
digne Empereur , qui , au milieu des plus
grandes affaires, dont son regne fut agité,
daigne néanmoins s'entretenir cordiale
ment de Littérature avec un de ses sujets.
L'Empereur Charles VI . qui regnet
heureufement aujourd'hui , n'y est pas
Fij
moing
958 MERCURE DE FRANCE
moins bien caracterisé , par la sagesse et
la bonté de son Gouvernement , dont je
ne puis m'empêcher de raporter cette
preuve éclatante.
Toute la Ville de Vienne se souvient
encore avec admiration de la vertueuse
résolution de ce grand Prince. La peste
ayant pénétré jusque dans le Palais Im-
périal l'an 1715. tous les Courtisans
voulurent l'engager à sortir de sa Capi-
tale. Mais il répondit avec un courage
plein de Religion et d'humanité , que
s'il en sortoit , la Ville alloit périr de
faim et de maladie , et qu'il étoit plus
loüable qu'il mourût au milieu de son
peuple en le soulageant , que de le faire
périr doublement , en cherchant son pro-
pre
salut
par sa retraite
qu'il n'y avoit
donc qu'à purifier la Chambre de son
Palais qui étoit infectée , et la murer :
mais qu'il étoit résolu de rester au mi-
lieu de son Peuple.
L'Auteur nous tire d'une erreur où l'on
étoit ; c'est dans la 95e. Leçon , on avoit
dit , et le Continuateur de M. de Puf-
fendorffl'avoit marqué comme les autres,
que c'étoient des Commerçans Anglois ,
qui étoient Auteurs de la Compagnie
d'Ostende. M. l'Abbé Lenglet a soin de
nous en désabuser , en assurant que l'é
tablissement
MAY.
1737.
959
tablissement de cette Compagnie étoit
dû au Chevalier de la Merveille , le fils,
Navigateur Breton , actuellement au ser
vice de Sa Majesté Impériale à Trieste dans
le Golfe de la Mer Adriatique , où il est
Intendant de Marine et du Commerce
,
et qu'elle fut formée par un pur hazard.
L'Auteur finit ce Volume par l'Histoire
de Suisse et des Pays - Bas ,autrefois mem-
bres de l'Empire. Et quoique ce ne soit
ici qu'un Abrégé , on ne laisse pas d'y
trouver des particularités curieuses et
interessantes. Les autres Volumes vont
paroître de suite.
de la Jeunesse : troisiéme année, qui
contient l'Histoire de l'Empire Romain
en Orient et en Occident. Par M. l'Abbé
Lenglet Dufresnoy , in 12. Paris , chés de
Bure l'aîné. 1737.
C'est toûjours le même ordre et la
même méthode que suit M. l'Abbé Len-
glet dans ce troisiéme Volume des Prin-
cipes de l'Histoire , qui contient celle de
l'Empire Romain , divisé entre l'Orient
et l'Occident. La précision y est égale et
les faits principaux s'y trouvent rapellés
avec beaucoup d'exactitude. Ce qui doit
faire plaisir dans cet Ouvrage , est qu'on
ne voit guere de Prince , d'Empereur ,
ou de Souverain, dont le caractere n'ysoit
marqué. On aime à connoître lesHommes.
L'Auteur a soin de soulager l'esprit et
la mémoire par quelques repos : et ces re-
pos sont des époques qui donnent une
nouvelle face à l'Histoire
d'eux à son instruction particuliere. Ain-
si depuis Auguste jusques à Constantin
on voit une même suite historique ,
comprise en trente- quatre leçons. L'ins-
Fiij
et chacun
truction
956 MERCURE DE FRANCE
truction qui les accompagne marque les
Auteurs qu'on doit lire pour se former
dans cette partie. Mais on n'y donne pas
l'Histoire Romaine de Laurent Echard
>
sur le pied d'une traduction simple et
servile , comme on l'a reproché à l'Au-
teur. Il dit lui-même le contraire dans
la liste qui est à la fin de la Préface de ce
troisiéme Volume.
L'Auteur poursuit l'Histoire Romai-
ne jusqu'aux révolutions , qui l'ont divi-
sé et presque anéanti. On y examine
toujours le caractere des Princes. Cons-
tantin n'y est pas loüé avec excès , ni
Julien blâmé avec aigreur.
Après deux leçons sur les destructeurs
de l'Empire Romain , vient toute l'His-
toire d'Orient jusqu'à la prise de Cons-
tantinople par les Turcs. Et comme les.
Ottomans ont continué cet Empire de-
puis Mahomet II. c'est ce qui donne lieu
à l'Auteur de tracer en peu de mots l'His-
toire desTurcs jusqu'à ces derniers temps.
L'on donne ensuite en 22. leçons tou-
te l'Histoire de l'Empire d'Occident ,
rétabli par Charlemagne , Roy de France:
et après la postérité de ce grand Prince ,
il prend le titre d'Empire d'Allemagne ,
ou Romano - Germanique , comme on
parle dans l'Empire. L'Auteur est loia-
ble
MAY.
1737.
957
ble de donner aux derniers Empereurs
de l'auguste Maison d'Autriche les louan-
ges qu'ils ont méritées. Voici ce qu'il
dit de l'Empereur Leopold
que fa
Réligion quifut toujours sincere a été récom-
pensée même en ce monde par les heureux
fuccès de fes armes en Hongrie ; sa grande
expériencejointe à ses talens naturels et à
une grande pénétration , l'avoit rendu con-
sommé dans toutes sortes d'affaires , dont il
prévoyoit toutes les conféquences. Né avec
beaucoup degoût et d'aplication , il avoit de
Pamour pour les Arts et les Sciences, dont il
se plaisoit à s'entretenir avec les plus grands
Maîtres.
Cet article est d'autant plus remarqua-
ble que l'on se fait un plaisir de montrer
dans la Bibliotheque Imperiale à Vien-
ne , des Lettres que ce grand Prince écri-
voit fimilierement à Lambecius , son
Bibliothequaire , comme à son Ami :
Elles sont en Latin , et commencent tou-
tes par ces termes affectueux , Chare mi
Lambeci , qui marquent la bonté de ce
digne Empereur , qui , au milieu des plus
grandes affaires, dont son regne fut agité,
daigne néanmoins s'entretenir cordiale
ment de Littérature avec un de ses sujets.
L'Empereur Charles VI . qui regnet
heureufement aujourd'hui , n'y est pas
Fij
moing
958 MERCURE DE FRANCE
moins bien caracterisé , par la sagesse et
la bonté de son Gouvernement , dont je
ne puis m'empêcher de raporter cette
preuve éclatante.
Toute la Ville de Vienne se souvient
encore avec admiration de la vertueuse
résolution de ce grand Prince. La peste
ayant pénétré jusque dans le Palais Im-
périal l'an 1715. tous les Courtisans
voulurent l'engager à sortir de sa Capi-
tale. Mais il répondit avec un courage
plein de Religion et d'humanité , que
s'il en sortoit , la Ville alloit périr de
faim et de maladie , et qu'il étoit plus
loüable qu'il mourût au milieu de son
peuple en le soulageant , que de le faire
périr doublement , en cherchant son pro-
pre
salut
par sa retraite
qu'il n'y avoit
donc qu'à purifier la Chambre de son
Palais qui étoit infectée , et la murer :
mais qu'il étoit résolu de rester au mi-
lieu de son Peuple.
L'Auteur nous tire d'une erreur où l'on
étoit ; c'est dans la 95e. Leçon , on avoit
dit , et le Continuateur de M. de Puf-
fendorffl'avoit marqué comme les autres,
que c'étoient des Commerçans Anglois ,
qui étoient Auteurs de la Compagnie
d'Ostende. M. l'Abbé Lenglet a soin de
nous en désabuser , en assurant que l'é
tablissement
MAY.
1737.
959
tablissement de cette Compagnie étoit
dû au Chevalier de la Merveille , le fils,
Navigateur Breton , actuellement au ser
vice de Sa Majesté Impériale à Trieste dans
le Golfe de la Mer Adriatique , où il est
Intendant de Marine et du Commerce
,
et qu'elle fut formée par un pur hazard.
L'Auteur finit ce Volume par l'Histoire
de Suisse et des Pays - Bas ,autrefois mem-
bres de l'Empire. Et quoique ce ne soit
ici qu'un Abrégé , on ne laisse pas d'y
trouver des particularités curieuses et
interessantes. Les autres Volumes vont
paroître de suite.
Fermer
15
p. 959-963
Histoire Universelle de Diodore de Sicile, &c. [titre d'après la table]
Début :
HISTOIRE UNIVERSELLE DE DIODORE DE SICILE, traduite en François par M. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Histoire Universelle de Diodore de Sicile, &c. [titre d'après la table]
HISTOIRE UNIVERSELLE DE DIODORE
DE SICILE, traduite en François par M.
l'Abbé Terrasson , de l'Academie Fran-
çoise , in- 12 . à Paris, chés Debure l'aîné ,
Quay des Augustins , à l'Image Saint
Paul. 1737. 2. Volumes.
Diodore de Sicile , est un de nos an-
ciens Ecrivains qui mérite le plus d'être
traduit en notre Langue. Les Italiens en
ont plusieurs versions ; mais elles ne sont
pas également bonnes ; la premiere qui
ne contenoit que les cinq premiers Li-
vres , parut d'abordà Florence en 1526.
in - 8. et fut publiée depuis à Venise:
en 1542. et 1547. Cette version étoit
F v
faire ,
960 MERCURE DE FRANCE
faite , non sur l'Original Grec , mais sur
une version Latine du Pogge Florentin ,
imprimée d'abord à Venise en 1476.
1493. et 1496. François Baldelli , l'un
des plus habiles Traducteurs de l'Italie,
peu content de cette version , en publia
une nouvelle à Venise l'an 1575. in- 4.
Elle fait partie , et même c'est une des
versions les plus rares de la célébre Col-
lana , ou Chaîne des Historiens Grecs ,
si estimée par les Amateurs de la Lan-
gue Italienne.
Les François commencerent vers le
même temps à donner en notre Langue
quelques portions de cet Historien.Clau-
dede Seissel, qui est mort Archevêque de
Turin , donna l'an 1530. et 1545. l'His-
toire des Successeurs d'Alexandre , qu'on
a remise en meilleur François dans ces
derniers temps. Macaut , l'un des Valets
de Chambre de François I. publia en 1535.
et 1540. les trois premiers Livres de cet
Historien; enfin l'an 1554 , le célébré Jae-
ques Amiot en donna une autre version
françoise , mais il ne toucha point aux
cinq premiers Livres qui sont cependant
très-nécessaires pour connoître l'Histoire
fabuleuse des premiers temps , telle que
l'ont conçue les anciens qui n'avoient
aucune idée certaine des verités Histori-
ques
MAY.
1737.
961
ques, contenues dans les Livres de Moy-
se. Cette version fut réimprimée l'an
1585. par les soins de Louis le Roy , dit
Regius , qui joignit ensemble le travail de
Macaut et d'Amiot.
Mais comme ces deux versions , qui
ne laissoient pas d'être rares , avoient ex-
trémement vieilli , M. l'Abbé Terrasson
de l'Academie Françoise , distingué déja
par d'autres bonsOuvrages, vient d'en pu-
blier une nouvelle. Sa connoissance dans
les Langues Grecque et Françoise , nous
répond de la fidelité de sa Traduction :
Il commence aujourd'hui par les cinq
premiers Livres , et les autres vont venir
de suite.
Ces cinq Livres sont d'autant plus in-
teressans , qu'ils nous ont transmis des
faits et des mœurs , qui nous donnent
beaucoup de lumieres sur l'Histoire an-
cienne. Celle d'Egypte si curieuse, et ce-
pendant si embarrassée, fait la matiere du
premier ; mais que de choses singulie-
res , Diodore de Sicile ne nous a - t'il pas
conservé sur les mœurs , la Religion et
le Gouvernement des Egyptiens ? C'est
de là principalement que le célebre M.
Bossuet , a tiré le fond des sages et lumi-
neuses réflexions qu'il a données sur
l'Histoire d'Egypte , dans son discours
sur l'Histoire Universelle.
F vj
962 MERCURE DE FRANCE
Dans le second Livre , l'Auteur passe
à l'Empire des Assyriens ,
si célebre ,
mais si confus dans l'ancienne Histoire ,
par la diversité de sentimens qui se trou-
ve entre Herodote et les autres Ecrivains.
Diodore de Sicile plus proche des anciens
Monumens que nous ne sommes aujour-
d'hui , a choisi le meilleur parti ; et con-
formément à l'Ecriture Sainte , il fait re-
monter l'Histoire des
Assyriens aux
temps les plus prochains du Déluge.
Après quoi, il parcourt l'Inde , la Scythie
et l'Arabie.
Vient dans le troisiéme Livre , l'His-
toire des Ethiopiens , très curieuse par la
singularité de leurs mœurs , d'où l'Au-
teur passe aux anciennes Divinités de la
Fable ; Divinités cependant qui ont un
fondement réel dans l'Histoire , et Dio-
dore de Sicile a soin de nous donner les
fumieres nécessaires pour démêler la ve-
rité du mensonge.
Le quatriéme Livre de Diodore de Si-
cile continue à parler des anciennes Di-
vinités , d'où il vient aux Héros de la
Grece ; Hercule et Thésée sont ceux
dont il parle avec plus d'étendue , mais
toujours en raprochant la verité de la
Fable qui l'a couverte et envelopée.
Enfin , le cinquiéme Livre traite des
Isles
MAY.
1737.
951
ffles de la Mer Méditerranée , il passe
même jusques à l'Ocean , et pousse dans
l'Angleterre , et dans le Nord, d'où il re-
vient chés les Celtes et les Gaulois , et
raconte toujours des choses également
utiles et interessantes.
Enfin , le Traducteur finit cette éle-
gante version par plusieurs fragmens im-
portans , qui doivent suivre le cinquié-
me Livre. Il est à souhaiter que l'Auteur
également exact et poli , ne laisse pas
languir le Public qui désire avec impa-
tience la suite d'une Traduction , que
l'on attendoit depuis long- temps.
DE SICILE, traduite en François par M.
l'Abbé Terrasson , de l'Academie Fran-
çoise , in- 12 . à Paris, chés Debure l'aîné ,
Quay des Augustins , à l'Image Saint
Paul. 1737. 2. Volumes.
Diodore de Sicile , est un de nos an-
ciens Ecrivains qui mérite le plus d'être
traduit en notre Langue. Les Italiens en
ont plusieurs versions ; mais elles ne sont
pas également bonnes ; la premiere qui
ne contenoit que les cinq premiers Li-
vres , parut d'abordà Florence en 1526.
in - 8. et fut publiée depuis à Venise:
en 1542. et 1547. Cette version étoit
F v
faire ,
960 MERCURE DE FRANCE
faite , non sur l'Original Grec , mais sur
une version Latine du Pogge Florentin ,
imprimée d'abord à Venise en 1476.
1493. et 1496. François Baldelli , l'un
des plus habiles Traducteurs de l'Italie,
peu content de cette version , en publia
une nouvelle à Venise l'an 1575. in- 4.
Elle fait partie , et même c'est une des
versions les plus rares de la célébre Col-
lana , ou Chaîne des Historiens Grecs ,
si estimée par les Amateurs de la Lan-
gue Italienne.
Les François commencerent vers le
même temps à donner en notre Langue
quelques portions de cet Historien.Clau-
dede Seissel, qui est mort Archevêque de
Turin , donna l'an 1530. et 1545. l'His-
toire des Successeurs d'Alexandre , qu'on
a remise en meilleur François dans ces
derniers temps. Macaut , l'un des Valets
de Chambre de François I. publia en 1535.
et 1540. les trois premiers Livres de cet
Historien; enfin l'an 1554 , le célébré Jae-
ques Amiot en donna une autre version
françoise , mais il ne toucha point aux
cinq premiers Livres qui sont cependant
très-nécessaires pour connoître l'Histoire
fabuleuse des premiers temps , telle que
l'ont conçue les anciens qui n'avoient
aucune idée certaine des verités Histori-
ques
MAY.
1737.
961
ques, contenues dans les Livres de Moy-
se. Cette version fut réimprimée l'an
1585. par les soins de Louis le Roy , dit
Regius , qui joignit ensemble le travail de
Macaut et d'Amiot.
Mais comme ces deux versions , qui
ne laissoient pas d'être rares , avoient ex-
trémement vieilli , M. l'Abbé Terrasson
de l'Academie Françoise , distingué déja
par d'autres bonsOuvrages, vient d'en pu-
blier une nouvelle. Sa connoissance dans
les Langues Grecque et Françoise , nous
répond de la fidelité de sa Traduction :
Il commence aujourd'hui par les cinq
premiers Livres , et les autres vont venir
de suite.
Ces cinq Livres sont d'autant plus in-
teressans , qu'ils nous ont transmis des
faits et des mœurs , qui nous donnent
beaucoup de lumieres sur l'Histoire an-
cienne. Celle d'Egypte si curieuse, et ce-
pendant si embarrassée, fait la matiere du
premier ; mais que de choses singulie-
res , Diodore de Sicile ne nous a - t'il pas
conservé sur les mœurs , la Religion et
le Gouvernement des Egyptiens ? C'est
de là principalement que le célebre M.
Bossuet , a tiré le fond des sages et lumi-
neuses réflexions qu'il a données sur
l'Histoire d'Egypte , dans son discours
sur l'Histoire Universelle.
F vj
962 MERCURE DE FRANCE
Dans le second Livre , l'Auteur passe
à l'Empire des Assyriens ,
si célebre ,
mais si confus dans l'ancienne Histoire ,
par la diversité de sentimens qui se trou-
ve entre Herodote et les autres Ecrivains.
Diodore de Sicile plus proche des anciens
Monumens que nous ne sommes aujour-
d'hui , a choisi le meilleur parti ; et con-
formément à l'Ecriture Sainte , il fait re-
monter l'Histoire des
Assyriens aux
temps les plus prochains du Déluge.
Après quoi, il parcourt l'Inde , la Scythie
et l'Arabie.
Vient dans le troisiéme Livre , l'His-
toire des Ethiopiens , très curieuse par la
singularité de leurs mœurs , d'où l'Au-
teur passe aux anciennes Divinités de la
Fable ; Divinités cependant qui ont un
fondement réel dans l'Histoire , et Dio-
dore de Sicile a soin de nous donner les
fumieres nécessaires pour démêler la ve-
rité du mensonge.
Le quatriéme Livre de Diodore de Si-
cile continue à parler des anciennes Di-
vinités , d'où il vient aux Héros de la
Grece ; Hercule et Thésée sont ceux
dont il parle avec plus d'étendue , mais
toujours en raprochant la verité de la
Fable qui l'a couverte et envelopée.
Enfin , le cinquiéme Livre traite des
Isles
MAY.
1737.
951
ffles de la Mer Méditerranée , il passe
même jusques à l'Ocean , et pousse dans
l'Angleterre , et dans le Nord, d'où il re-
vient chés les Celtes et les Gaulois , et
raconte toujours des choses également
utiles et interessantes.
Enfin , le Traducteur finit cette éle-
gante version par plusieurs fragmens im-
portans , qui doivent suivre le cinquié-
me Livre. Il est à souhaiter que l'Auteur
également exact et poli , ne laisse pas
languir le Public qui désire avec impa-
tience la suite d'une Traduction , que
l'on attendoit depuis long- temps.
Fermer
16
p. 963-967
Imitation de N. S. J. Ch. [titre d'après la table]
Début :
IMITATION de Notre Seigneur Jesus-Christ, traduite et revûë sur l'ancien [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Imitation de N. S. J. Ch. [titre d'après la table]
IMITATION de Notre Seigneur Jesus-Christ,
traduite et revûë sur l'ancien
original françois , d'où l'on a tiré un
Chapitre qui manque dans les autres Edi-
tions . Par M. l'Abbé Lenglet Dufresnoy ;
nouvelle Edition , in- 12. àParis , chés Án-
dré Cailleau, Quay des Augustins. 1737.
Cette nouvelle Edition de l'Imitation
de J.C.n'est pas un Ouvrage du caractere
des autres Livres de ce genre. Le hazard
fit trouver à M. l'Abbé Lenglet , lors
qu'il étoit en Flandres , quelques impri-
més gothiques , sous le titre de l'internelle
Consolation , ou de la Confolation interieu-
A l'inspection du Livre il remarqua
que
964 MERCURE DE FRANCE
que c'étoit celui de l'Imitation de J. C.
sous un autre nom , et dans un autre
ordre. Il n'en fallut pas d'avantage pour
exciter sa curiosité et pour l'animer à
faire quelques recherches , qui lui réüs-
sirent. Il remarqua non- seulement dans
ees anciens exemplaires beaucoup de
différences essentielles , mais il observa
même qu'il y avoit au Livre premier un
Chapitre entier,qui manquoit dans tou-
tes les Imitations ordinaires. De retour
à Paris , il continua ses recherches , et
trouva dans la célébre Bibliotheque de
l'Abbaye de Saint Germain des Prés
d'autres Exemplaires imprimés de ce
même Livre , et toujours sous le même
titre. M. l'Abbé Lenglet se détermina
donc à faire imprimer dans les Pays Bas
en 1731. une Edition nouvelle de l'Imi-
tation de J. C. avec ce nouveau Chapitre ,
qui fait le XXVIe, du premier Livre. Il
donne aujourd'hui de nouveau cette mê
me Edition qu'il a revûë exactement sur
ces Originaux. C'est une obligation que
Fon a aux recherches de cet Auteur.
La Préface de M. l'Abbé Lenglet , qui
est curieuse et instructive , tend à prou-
ver que l'original de l'Imitation de Jesus-
Christ , est françois , & que le latin n'en
est qu'une Traduction , qui a même
quel
MAY.
1737.
965
quelquefois abregé les paroles du premier
Auteur. M. l'Abbé Lenglet jerte les yeux
sur Gerson , Chancelier de l'Eglise et de
l'Université de Paris , au commencement
du XVe. siecle pour lui attribuer cette
pieuse production. Il a scrupuleusement
examiné toutes les Editions antiques du
François qui lui sont tombées entre les
mains , et pas une n'a marqué que ce fût
une Traduction . Elles font seulement
connoître que c'est un Livre nouvelle-
ment imprimé et corrigé. Cependant
c'étoit une gloire que nos anciens ne lais
soient point échaper ; ils préferoient la
qualité de Traducteur à celle d'Auteur,
qui leur paroissoit moins sçavante .
Le nouvel Editeur croit par- là qu'il
peut concilier les deux Traditions
•
dont l'une donne ce Livre à Gerson et
Pautre à Thomas à Kempis. Gerson aura
fait le Livre en François et Thomas à
Kempis l'aura traduit en Latin , en l'ac-
commodant néanmoins à la vie Religieu
se ; au lieu que l'Auteur original ne par-
le dans tout son Livre que des Chrétiens
en général. Ainsi les deux Traditions
sont également recevables , mais cepen-
dant à différens égards. En ce cas , l'E-
dition de Bresse en Italie de 1435. qui,
la premiere, attribue ce Livre à Gerson ,
n'a
966 MERCURE DE FRANCE
n'a pas moins raison que celle d'Aus-
bourg de 1475. et une autre de 1485. qui
la donnent à Thomas à Kempis ; à l'un
comme Auteur , et à l'autre comme Tra
ducteur.
Notre nouvel Editeur à raison de s'é-
tonner que tant de personnes habiles ,
les Naudés , les Frontons , les Launois , et
même les Dupins , ayant traité cette fa-
meuse controverse sur l'Auteur de ce
Livre , pas un n'ait d'écouvert cet Ou-
vrage François imprimé tant de fois . Il
est hors de doute qu'il auroit fait chan-
ger le systême de la dispute.
Mais quand le célébre Gerson auroit-il
fait cet Ouvrage ? Ce seroit sans doute
dans sa retraite. Cet illustre Théolo-
gien qui avoit assisté au Concile de Cons-
tance , ne revint plus à Paris , il voya-
gea et se retira ensuite à Lyon , où il me-
na une vie obscure et pénitente , et il y
mourut l'an 1429. Ce seroit là sansdoute,
qu'il auroit fait ce Livre pour raprocher
les maximes de la Vie Intérieure , de la
Vie commune de Jesus- Christ et de ses
Apôtres,
Pour marquer ce qu'on doit penser de
cette nouvelle Traduction , on se con-
tentera de marquer ici ce qu'en dit M..
l'Abbé de Marcilli , Docteur de la Mai-
son
MAY.
1737.
967
son et Societé de Sorbonne , dans son
Aprobation , que » la beauté du style ,
» la noblesse des expressions n'ôte rien à
» la simplicité convenable à un Ouvrage
» de ce genre , et lui donne un nouveau
» mérite au - dessus de celles qui ont paru
»jusques à présent . Le Traducteur habi-
le a le talent de rendre plus sensibles.
» les pensées de l'Auteur en quelques en-
» droits , qui avoient besoin d'être éclair-
>> cis : mais la découverte qu'il a faite d'un
>>
Chapitre , qui manquoit au premier
» Livre , enrichit sa Traduction d'un
» morceau excellent. Les personnes qui
» ont le vrai goût de la pieté ( que nul
>>Livre n'est plus capable de leur inspirer
» que celui de l'Imitation de J. C. ) sçau- .
>> ront bon gré à M. Lenglet et de sa re-
» cherche et de cette addition.
M. l'Abbé Lenglet voulant faire voir
le caractere de l'Auteur original , a mis le
XVIe. Chapitre du premier Livre dans
notre vieux Gaulois , tel qu'il l'a trouvé
dans ses Exemplaires.
traduite et revûë sur l'ancien
original françois , d'où l'on a tiré un
Chapitre qui manque dans les autres Edi-
tions . Par M. l'Abbé Lenglet Dufresnoy ;
nouvelle Edition , in- 12. àParis , chés Án-
dré Cailleau, Quay des Augustins. 1737.
Cette nouvelle Edition de l'Imitation
de J.C.n'est pas un Ouvrage du caractere
des autres Livres de ce genre. Le hazard
fit trouver à M. l'Abbé Lenglet , lors
qu'il étoit en Flandres , quelques impri-
més gothiques , sous le titre de l'internelle
Consolation , ou de la Confolation interieu-
A l'inspection du Livre il remarqua
que
964 MERCURE DE FRANCE
que c'étoit celui de l'Imitation de J. C.
sous un autre nom , et dans un autre
ordre. Il n'en fallut pas d'avantage pour
exciter sa curiosité et pour l'animer à
faire quelques recherches , qui lui réüs-
sirent. Il remarqua non- seulement dans
ees anciens exemplaires beaucoup de
différences essentielles , mais il observa
même qu'il y avoit au Livre premier un
Chapitre entier,qui manquoit dans tou-
tes les Imitations ordinaires. De retour
à Paris , il continua ses recherches , et
trouva dans la célébre Bibliotheque de
l'Abbaye de Saint Germain des Prés
d'autres Exemplaires imprimés de ce
même Livre , et toujours sous le même
titre. M. l'Abbé Lenglet se détermina
donc à faire imprimer dans les Pays Bas
en 1731. une Edition nouvelle de l'Imi-
tation de J. C. avec ce nouveau Chapitre ,
qui fait le XXVIe, du premier Livre. Il
donne aujourd'hui de nouveau cette mê
me Edition qu'il a revûë exactement sur
ces Originaux. C'est une obligation que
Fon a aux recherches de cet Auteur.
La Préface de M. l'Abbé Lenglet , qui
est curieuse et instructive , tend à prou-
ver que l'original de l'Imitation de Jesus-
Christ , est françois , & que le latin n'en
est qu'une Traduction , qui a même
quel
MAY.
1737.
965
quelquefois abregé les paroles du premier
Auteur. M. l'Abbé Lenglet jerte les yeux
sur Gerson , Chancelier de l'Eglise et de
l'Université de Paris , au commencement
du XVe. siecle pour lui attribuer cette
pieuse production. Il a scrupuleusement
examiné toutes les Editions antiques du
François qui lui sont tombées entre les
mains , et pas une n'a marqué que ce fût
une Traduction . Elles font seulement
connoître que c'est un Livre nouvelle-
ment imprimé et corrigé. Cependant
c'étoit une gloire que nos anciens ne lais
soient point échaper ; ils préferoient la
qualité de Traducteur à celle d'Auteur,
qui leur paroissoit moins sçavante .
Le nouvel Editeur croit par- là qu'il
peut concilier les deux Traditions
•
dont l'une donne ce Livre à Gerson et
Pautre à Thomas à Kempis. Gerson aura
fait le Livre en François et Thomas à
Kempis l'aura traduit en Latin , en l'ac-
commodant néanmoins à la vie Religieu
se ; au lieu que l'Auteur original ne par-
le dans tout son Livre que des Chrétiens
en général. Ainsi les deux Traditions
sont également recevables , mais cepen-
dant à différens égards. En ce cas , l'E-
dition de Bresse en Italie de 1435. qui,
la premiere, attribue ce Livre à Gerson ,
n'a
966 MERCURE DE FRANCE
n'a pas moins raison que celle d'Aus-
bourg de 1475. et une autre de 1485. qui
la donnent à Thomas à Kempis ; à l'un
comme Auteur , et à l'autre comme Tra
ducteur.
Notre nouvel Editeur à raison de s'é-
tonner que tant de personnes habiles ,
les Naudés , les Frontons , les Launois , et
même les Dupins , ayant traité cette fa-
meuse controverse sur l'Auteur de ce
Livre , pas un n'ait d'écouvert cet Ou-
vrage François imprimé tant de fois . Il
est hors de doute qu'il auroit fait chan-
ger le systême de la dispute.
Mais quand le célébre Gerson auroit-il
fait cet Ouvrage ? Ce seroit sans doute
dans sa retraite. Cet illustre Théolo-
gien qui avoit assisté au Concile de Cons-
tance , ne revint plus à Paris , il voya-
gea et se retira ensuite à Lyon , où il me-
na une vie obscure et pénitente , et il y
mourut l'an 1429. Ce seroit là sansdoute,
qu'il auroit fait ce Livre pour raprocher
les maximes de la Vie Intérieure , de la
Vie commune de Jesus- Christ et de ses
Apôtres,
Pour marquer ce qu'on doit penser de
cette nouvelle Traduction , on se con-
tentera de marquer ici ce qu'en dit M..
l'Abbé de Marcilli , Docteur de la Mai-
son
MAY.
1737.
967
son et Societé de Sorbonne , dans son
Aprobation , que » la beauté du style ,
» la noblesse des expressions n'ôte rien à
» la simplicité convenable à un Ouvrage
» de ce genre , et lui donne un nouveau
» mérite au - dessus de celles qui ont paru
»jusques à présent . Le Traducteur habi-
le a le talent de rendre plus sensibles.
» les pensées de l'Auteur en quelques en-
» droits , qui avoient besoin d'être éclair-
>> cis : mais la découverte qu'il a faite d'un
>>
Chapitre , qui manquoit au premier
» Livre , enrichit sa Traduction d'un
» morceau excellent. Les personnes qui
» ont le vrai goût de la pieté ( que nul
>>Livre n'est plus capable de leur inspirer
» que celui de l'Imitation de J. C. ) sçau- .
>> ront bon gré à M. Lenglet et de sa re-
» cherche et de cette addition.
M. l'Abbé Lenglet voulant faire voir
le caractere de l'Auteur original , a mis le
XVIe. Chapitre du premier Livre dans
notre vieux Gaulois , tel qu'il l'a trouvé
dans ses Exemplaires.
Fermer
17
p. 967-970
Memoires concernant le Droit de Tiers et Danger, &c. [titre d'après la table]
Début :
MEMOIRES concernant le Droit de Tiers et Danger, sur les Bois de la Province de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Memoires concernant le Droit de Tiers et Danger, &c. [titre d'après la table]
MEMOIRES concernant le Droit de Tiers
et Danger, sur les Bois de la Province de
Normandie. Par M. Louis GREARD ,
Ecuyer , ancien Avocat au Parlement de
Rouen. Avec les Preuves et Observations
de
968 MERCURE DE FRANCE
de M. Louis FROLAND , Ancien Bâtonnier
de MM.les Avocats du Parlement de Pa-
ris. 1. Vol. in-4° . A ROUEN , chés Abra-
bam Viret , Imprimeur- Libraire , ruë Séné-
caux , près Saint Martin fur Renelle , et
Pierre le Boucher le jeune , Libraire , sous
la Galerie du Palais. Et à Paris , chès de
Nully , le Gras et Girard , Libraires an
Palais.
Cet Ouvrage est également curieux et
intéressant , écrit avec une délicatesse et
une solidité qui le feroient seules recher-
cher. Il servit en 1673. à la défense de
toute une Province, qui le regarde encore
aujourd'hui avec une extrême vénération .
Celle qu'elle conserve pour la mémoire
du Sçavant Défenseur , à qui elle doit
son repos , lui faisoit désirer depuis long-
temps de voir renouveller un monument
qui lui est si précieux . M. Loüis FROLAND,
Neveu Maternel de M. GREARD , vient
de remplir de si just es desirs. Non - seu-
lement il a fait imprimer ces Mémoires ;
mais il y a joint un Extrait raisonné de
toutes les Pieces qui ont servi pour les au-
toriser. On admire surtout la précision et
la justesse avec laquelle l'Auteur s'expri-
me au milieu d'une foule de citations qu'il
s'est contenté de désigner. Dans les notes
placées entre chaque Chapitre , on voit
les
MAY.
1737.
969
les recherches immenses qu'il lui a fallu
faire pour choisir ses
autorités. Tout
ce que les Histoires ont dit de cette
Province et de ses prérogatives se trou-
ve adroitement employé par notre Au-
teur , et judicieusement mesuré aux cir-
constances dans lesquelles se trouvoit le
Pays qu'il avoit à défendre.
On a placé à la fin de ce Volume un Re-
cueil de différens Arrêts du Parlement
de Normandie , qui jugent les plus sin-
gulieres Questions de Fait et de Coûtu-
me. Ils ont été judicieusement recueillis
par feu M. Bertheaume , ancien Avocat
de ce Parlement. L'espece y est établie
avec précision , après le prononcé de
P'Arrêt , pour déterminer plus sûrement
la circonstance dans laquelle il a été ren.
du.
Après ce compte rendu au Public des
Mémoires sur le TIERS et DANGER , il n'est
pas hors de propos de dire un mot des
propres Ouvrages de M. Froland . On se
contentera d'en donner les Titres ; le cre-
dit qu'ils ont eu depuis qu'ils sont entre
les mains du Public , a prévenu l'Eloge
qu'on en pouroit faire .
MEMOIRES Concernant le Comté Pairie
d'Eu , et ses Usages prétendus Locaux ,
avec les Arrêts du Parlement de Paris
qui
970 MERCURE DE FRANCE
qui les ont condamnés , par M. Louis
FROLAND , Ancien Avocat au Parlement
de Paris. M. DCC . XXII . 1. Vol . in -4°.
MEMOIRES Concernant la prohibition
d'évoquer les Décrets d'Immeubles situés en
Normandie , avec les Chartes , Ordon-
nances , Edits , Déclarations , Lettres
Patentes , Réponses de nos Rois , Arrêts
du Conseil et du Parlement de Paris , qui
ont établi et confirmé le Privilege de la
Province ; diverses Questions mixtes qui
en dépendent , et les Arrêts qui les ont
décidées. M. DCC. XXII . 1. Vol. in 4.
MEMOIRES Concernant l'Observation du
Senatus-consulte Velleien dans le Duché
de Normandie, et diverses Questions mix-
tes qui en dépendent , avec les Arrêts
qui les ont décidées. M. DCC . XXIX . 1 .
Vol. in- 4.
MEMOIRES Concernant la nature et la
qualité des Statuts. Diverses Questions
mixtes de Droit et de Coutume , et la
plûpart des Arrêts qui les ont décidées.
M. DCC . XXIX. 2. Vol . in-4.
Tous ces Ouvrages se vendent à Paris
chés de Nully , au Palais .
et Danger, sur les Bois de la Province de
Normandie. Par M. Louis GREARD ,
Ecuyer , ancien Avocat au Parlement de
Rouen. Avec les Preuves et Observations
de
968 MERCURE DE FRANCE
de M. Louis FROLAND , Ancien Bâtonnier
de MM.les Avocats du Parlement de Pa-
ris. 1. Vol. in-4° . A ROUEN , chés Abra-
bam Viret , Imprimeur- Libraire , ruë Séné-
caux , près Saint Martin fur Renelle , et
Pierre le Boucher le jeune , Libraire , sous
la Galerie du Palais. Et à Paris , chès de
Nully , le Gras et Girard , Libraires an
Palais.
Cet Ouvrage est également curieux et
intéressant , écrit avec une délicatesse et
une solidité qui le feroient seules recher-
cher. Il servit en 1673. à la défense de
toute une Province, qui le regarde encore
aujourd'hui avec une extrême vénération .
Celle qu'elle conserve pour la mémoire
du Sçavant Défenseur , à qui elle doit
son repos , lui faisoit désirer depuis long-
temps de voir renouveller un monument
qui lui est si précieux . M. Loüis FROLAND,
Neveu Maternel de M. GREARD , vient
de remplir de si just es desirs. Non - seu-
lement il a fait imprimer ces Mémoires ;
mais il y a joint un Extrait raisonné de
toutes les Pieces qui ont servi pour les au-
toriser. On admire surtout la précision et
la justesse avec laquelle l'Auteur s'expri-
me au milieu d'une foule de citations qu'il
s'est contenté de désigner. Dans les notes
placées entre chaque Chapitre , on voit
les
MAY.
1737.
969
les recherches immenses qu'il lui a fallu
faire pour choisir ses
autorités. Tout
ce que les Histoires ont dit de cette
Province et de ses prérogatives se trou-
ve adroitement employé par notre Au-
teur , et judicieusement mesuré aux cir-
constances dans lesquelles se trouvoit le
Pays qu'il avoit à défendre.
On a placé à la fin de ce Volume un Re-
cueil de différens Arrêts du Parlement
de Normandie , qui jugent les plus sin-
gulieres Questions de Fait et de Coûtu-
me. Ils ont été judicieusement recueillis
par feu M. Bertheaume , ancien Avocat
de ce Parlement. L'espece y est établie
avec précision , après le prononcé de
P'Arrêt , pour déterminer plus sûrement
la circonstance dans laquelle il a été ren.
du.
Après ce compte rendu au Public des
Mémoires sur le TIERS et DANGER , il n'est
pas hors de propos de dire un mot des
propres Ouvrages de M. Froland . On se
contentera d'en donner les Titres ; le cre-
dit qu'ils ont eu depuis qu'ils sont entre
les mains du Public , a prévenu l'Eloge
qu'on en pouroit faire .
MEMOIRES Concernant le Comté Pairie
d'Eu , et ses Usages prétendus Locaux ,
avec les Arrêts du Parlement de Paris
qui
970 MERCURE DE FRANCE
qui les ont condamnés , par M. Louis
FROLAND , Ancien Avocat au Parlement
de Paris. M. DCC . XXII . 1. Vol . in -4°.
MEMOIRES Concernant la prohibition
d'évoquer les Décrets d'Immeubles situés en
Normandie , avec les Chartes , Ordon-
nances , Edits , Déclarations , Lettres
Patentes , Réponses de nos Rois , Arrêts
du Conseil et du Parlement de Paris , qui
ont établi et confirmé le Privilege de la
Province ; diverses Questions mixtes qui
en dépendent , et les Arrêts qui les ont
décidées. M. DCC. XXII . 1. Vol. in 4.
MEMOIRES Concernant l'Observation du
Senatus-consulte Velleien dans le Duché
de Normandie, et diverses Questions mix-
tes qui en dépendent , avec les Arrêts
qui les ont décidées. M. DCC . XXIX . 1 .
Vol. in- 4.
MEMOIRES Concernant la nature et la
qualité des Statuts. Diverses Questions
mixtes de Droit et de Coutume , et la
plûpart des Arrêts qui les ont décidées.
M. DCC . XXIX. 2. Vol . in-4.
Tous ces Ouvrages se vendent à Paris
chés de Nully , au Palais .
Fermer
18
p. 970-982
Lettre sur le Passage du Roy et de la Reine de Pologne, par la Champagne, [titre d'après la table]
Début :
LETTRE écrite par M. *** à M. *** au sujet du Passage du Roy et de la Reine de [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre sur le Passage du Roy et de la Reine de Pologne, par la Champagne, [titre d'après la table]
LETTRE écrite par M. *** à M. ***
au sujet du Passage du Roy et de la Reine de
Pologne par la Champagne , en allant prendre
possession de leurs Etats de Lorraine. A Chaalons
chés
res
MAY.
1737
971
chés Seneuze , 1737. brochure in 4. de 12. pa-
ges. La Lettre est datée du 25. Avril.
L'Ecrivain déclare dabord avec modestie qu'on
ne doit s'atacher qu'à la vérité d.s faits qu'il ra-
porte et non à la délicatesse du stile. Il commen-
ce ainsi sa narration. Le Roy de Pologne partit
de Meudon en poste le premier Avril , ce Prince
n'a séjourné en aucun endroit , il vint coucher à
Mont-Saint- Pere, Terre limitrophe de cette Pro-
vince , qui apartient à M. Paris du Vernay.
De Mont-Saint-Pere,le Roy de Pologne se ren-
dit à Epernay , il fit l'honneur à M. d'Aubigny,
Lieutenant General et Subdelegué de M. l'Inten-
dant , de dîner chés lui.
Le Roy fit aussi l'honneur à M. de Saint Clair,
Chevalier de S. Louis , Exempt des Gardes du
Corps , Gendre de M. d'Aubigni , de le faire
manger à sa table. La Bourgeoisie qui étoit sous
ler Armes , bordoit les rues, et monta la garde
chés le Roy jusqu'au départ de Sa Majesté
Elle fut escortée d'abord par la Maréchaussée ;
une Compagnie du Régiment de Pont , Cavale
rie , qui est en quartier dans le Village d'Athie ,
conduisit ce Prince jusqu'à Jalon , une autre du
mêine Régiment releva cette premiere , ct l'accom-
pagna jusqu'à Aulnay; les Diles de ce Lieu , vétuës
galamment , et M. le Curé ensuite , complimen-
terent S. M. Voici l'un et l'autre de ces Compli
mens , et les Réponses du Roy de Pologne ; Pune
de ces Dlles s'étant avancée , dit avec beaucoup
de grace , en lui présentant le vin d'honneur .
SIRE , nous vous offrons au nom de nos Pe-
>
defoibles marques de leurs respects , nous ac-
compagnons notre offrande de vœux sinceres que
nous faisons pour votre santé puissiez- vous SIRE
Lorsque nous serons ayeules , recevoir de notre pos
terit
972 MERCURE DE FRANCE
terité les mêmes hommages , et voir la vôtre faire
le bonheur de l'Europe.
Le Roy de Pologne aplaudit en souriant à la
saillie de cette jeune personne , il lui souhai
ta l'accomplissement de ses désirs , dans les-
quels il lui dit qu'il se trouvoit fort interessé
ces Dlles s'étant éloignées , M. le Dieu , Curé
d'Aulnay, âgé de près de 80. ans, s'avança et dit.
SIRE , il y a long- temps que je vis, mais dans
le cours de mes années , je n'ai pas eû un jour si
flateur l'ai le bonheur de voir un grand Roy que
son Héroisme fait respecter de toutes les Nations
un Roy tojours égal à lui- même , malgré le concours
des évenemens les plus marqués , c'est le vrai ca-
ractere de la vertu ; nos vœux , SIRE , ont déja
été plusieurs fois portés jusqu'au Trône du Roy des
Rois pour la conservation et la prospérité de V. M.
Les François , SIRE , et moi en particulier , s'y
interessent sincerement et relativement à votre Per
sonne sacrée , et par reconnoissance pour le don que
le Ciel nous a fait de Monseigneur le Dauphin vo-
tre petit-Fils , qui assure le repos de cet Empire
je redoublerai mes prieres , SIRE , pour qu'une
parfaite sécurité pendant une longue suite d'années
vous conduise à la vie éternelle.
Le Roy parut satisfait de ce Compliment , il
en remercia fort gracieusement M. le Curé, et le
conjura de se ressouvenir de la promesse qu'il
lui faisoit de prier Dieu pour lui,
A la sortie du Bac d'Aulnay , de l'autre côté
de la Riviere de Marne, le Roy de Pologne trous
va une Brigade de la Maréchaussée qui l'escorta
jusqu'à Chaalons ; en chemin il trouva une au-
tre Compagnie du même Régiment de Pont, qui
augmenta l'escorte ; S. M. arriva en cette Ville
sur les quatre heures , précedé d'un nouveau dé-
tachement
MAY.
1737.
973
tachement de la Maréchaussée , commandé par
le Prévôt Géneral , et de deux Chaises de poste ,
dans lesquelles il y avoit deux Seigneurs de sa
Maison , plusieurs de ses Officiers suivoient à
cheval , le Carosse de M. de Beaupré , qui étoit
allé au- devant de S. M. venoit après , un troi-
siéme Escadron du Régiment de Pont fermoit la
marche. Le Roy passa au milieu d'une foule de
Peuple accourue de toutes parts pour voir S. M.
laquelle pour répondre à cet empressement,bais-
sa les glaces de sa Chaise et ordonna à son Pos-
tillon d'aller au petit pas.
De Chaalons, S. M. se rendit à Sary, Château
de M. l'Evêque, situé à l'extremité du Jard, pro-
menade la plus belle qu'il y ait dans aucune Vil-
le de France ; ce Château est très -beau et très-
commode ; on le concevra aisément en se rapel-
lant que les Evêques de Chaalons y ont toujours
reçu les Princes et Princesses du Sang, M. le Duc
d'Orleans et M. le Duc y ont été mariés .
M. l'Evêque , accompagné du Marquis de
Choiseul , Lieutenant Général de la Province ,
de l'Abbé de Saint Mémie , ses Freres , et des
Personnes les plus distinguées de Chaalons , re-
çut S. M. à la descente de sa Chaise ; ce Prélat
comptoit que le Roy de Pologne lui feroit l'hon-
neur de souper et coucher chés lui , mais com-
me il étoit encore de bonne heure , ce Prince
jugea à propos de ne s'arrêter qu'environ uns
heure, et d'aller à Saint Dizier
3
après avoir em-
brassé M. l'Evêque et lui avoir témoigné com-
bien il étoit sensible à sa politesse ; S. M. em-
brassa pareillement M. l'Intendant , et lui té-
moigna qu'elle étoit très-contente des attentions
qu'il avoit eues pour lui dans son Département.
L'Evêque de Chaalons présenta au Roy son
Neveu,
974 MERCURE DE FRANCE
Neveu , fils du Marquis de Choiseul , en lui di-
sant ,
qu'étant né en Lorraine il étoit du nom-
bre de ses Sujets , ce jeune Seigneur , qui joint à
une phisionomie des plus heureuses , beaucoup
d'esprit et de graces, servoit alors à boire à S.M.
qui avec cette douce et noble affabilité qui releve
toutes ses actions , dit, en mettant la main sur
l'épaule de cet aimable Enfant , J'en prends pos-
session avec bien du plaisir.
Les Officiers de Ville de Chaalons s'étant ren
dus à Sary , furent introduits auprès de S. M.
par M. l'Evêque , ils présenterent à ce Prince le
vin d'honneur, qu'il accepta ; ces Mrs et les Per
sonnes de consideration qui s'étoient rendus à
Sary , furent invités par M. l'Evêque d'y rester
au soupé, qui étoit destiné pour S. M. De Sary ,
le Roy se rendit à Saint Dizier , & c .
La Reine de Pologne partit de Meudon le 3.
Avril et arriva à 7 heures du soir au Château de
Congy, qui apartient à M,de Chasot , Président
à Mortier au Parlement de Metz ; Ș. A. S. Ma-
demoiselle de Clermont y logea en 1725 , lors-
qu'elle alla à Strasbourg pour le Mariage de la
Reine. M. l'Intendant reçut la Reine de Pologne
à la descente de son Carosse , que tous les Habi-
tans de ce Lieu entouroient ; les femmes offri-
rent leur présent à S. M. qui consistoit en un
Mouton orné d'une infinité de rubans, & c. sur les
huit heures la R. de P. soupa à son petit couverts
on ne fera point le détail des differens mets qui
furent servis avec une délicatesse et une attention
infinies de la part de M.l'Intendant , qui fit aussi
servir à soupé aux Seigneurs et Dames de la sui-
te de S. M.
Le lendemain la Reine de Pol. après avoir en
tendu la Messe , partit pour Sary. Elle alla dîner
au
MAY.
1737.
975
u Château de Reineville , à cinq lieues de Chaa-
lons . M. de Beaupré avoit cû soin que tout y
für en abondance; l'Evêque s'y étant aussi rendu,
i's reçurent S. M. à la descente de son Ca-
rosse ; plusieurs femmes en habit des bonnes Fê.
tes , présenterent à la Reine un Lapin blanc ,
orné de rubans , &c.
La Reine étant partie de Reineville de bonne
heure, arriva à Chaalons vers les 5. heures , et se
rendit ensuite au Château de Sary , où elle a sé-
journé. Son Entrée en cette Ville fut fort belle ,
plusieurs Brigades de Maréchaussées , comman-
dées par le Prévôt Géneral , étoient de la suite ;
deux Compagnies du Régiment de Pont et les
Pages de S. M. environnoient son Carosse ; M.
l'Evêque et M. l'Intendant précedoient , chacun
dans leur Chaise de poste , afin de recevoir S. M.
à Sary , cinq Carosses à six chevaux , dans les-
quels étoient les Dames et Seigneurs de la suite
de la Reine , & c. La Compagnie de l'Arquebuse
de Chaalons étoit sous les Armes à l'entrée de la
Ville , les Milices Bourgeoises bordoient les rues
jusqu'à la porte de la superbe Promenade dont on
a parlé.
S.M. fut reçue à Sary par les mêmes Personnes
qui s'y étoient trouvées lors du passage du Roy;
l'Evêque de Chaalons et le Marquis de Choi-
seul , curent l'honneur de lui présenter la main.
S. M. soupa à son petit couvert et se coucha
de bonne heure.
Le lendemain elle entendit la Messe à 11. heu-
res dans la Chapelle du Château , les Officiers de
Ville furent présentés à S. M. par le Marquis de
Choiseul, ils lui offrirent dans une corbeille très-
galamment ornée toutes sortes de confitures
seches.
G La
976 MERCURE DE FRANCE
La Reine dîna à son petit couvert à midy ;
elle reçut sur les cinq heutes les respects du R.P.
Baltus , Recteur des jésuites de Chaalons , &c.
Lorsque la Reine de Pologne eut fait ses dé-
pêches pour le Roy son Epoux , elle en chargea
le Marquis de Choiseul , et nomma en même-
temps Mad. son Epouse Dame de son Palais ;
M. de Choiseul en remercia S. M. dans des ter-
mes pleins de reconnoissance; il partit à l'instang
pour Luneville.
Le 7. Avril 5. M. entendit la Messe à dix heu
res , dîna une heure après à son petit couvert et
partit à midy.
On ne peut rien dire de plus obligeant que ce
que la Reine dit à l'Evêque , sur la réception
que lui a fait ce Prélat ; il fut remercié aussi par
la Comtesse de Linange et par les autres Sei-
gneurs et Dames de la Cour.
M. de Beaupré monra dans sa Chaise de poste
pour préceder S. M. à Vitry ; elle y arriva à 6.
heures du soir , escortée par un détachement de
la Maréchaussée.
L'élite de la Milice Bourgeoise sous les Armes
avec des cocardes blanches , formoit une double
haye dans les rues , jusqu'au logement de la Rei-
ne; le Marquis de Vilaine , Gouverneur de la
Ville étoit à la tête. S M. fut reçûë à la descen-
te de son Carosse par M. de la Galaiziere , In-
tendant de Lorraine et de Bar , qui lui donna la
main jusques dans son Apartement.
Les Maire et Echevins , qui furent présentés
par M. l'Intendant , offrirent leurs présens à la
Reine , ils furent très - bien reçus
elle admit en-
suite à son Audience plusieurs Officiers des Trou-
pes du Roy , elle en reconnut quelques- uns , et
leur donna des témoignages de son souvenir;le P.
Prieur
MAY.
1737.
977
Brieur de la Charité de cette Ville fut aussi ad-
mis à rendre ses respects à la Reine , il lui pré-
senta un Ananas d'une prodigieuse grosseur.
A huit heures S. M. soupa à son petit couvert,
il y cut cinq autres tables , dont l'une étoit de
30. couverts , et les autres de 25. et 20. qui fu-
sent servies avec une propreté et une délicatessé
qui passe tout ce qu'on peut imaginer.
L'attention de M. l'Intendant ne se borna pas
aux Personnes de distinction , il voulut que gé-
neralement tous les gens de la snite se ressentis-
sent de sa magnificence ; on cur servit un sou◄
pé convenable et force vin de Champagne.
Le lendeman , jour du départ , S. M. alla en-
tendre la Messe à sept heures à la Collégiale, elle
fut reçue à l'entrée de la principale porte par le
Chapitre , qui lui avoit fait préparer un tapis de
pied et un careau sur lequel la Reine se mit à
genoux pour baiser la Croix , qui lui fut présentée
par le Doyen , S. M. s'étant levée elle reçut l'Eau
benite ; ensuite le Doyen prononça ce Discours .
MADAME ,
Le Chapitre de l'Eglise Royale de cette Ville
rend avec un respectueux empressement ses très-
humbles devoirs à V.M.Nous allons , MADAME,
célebrer les saints Misteres pour demander à Dieu
la conservation de V. M. et le bonheur de toute la
Famille Royale , c'est aux seules Prieres que se ter
minent dans le Temple du Seigneur les Camplimens
des Ministres du Roy des Rois.
La Reine salua le Clergé qui l'accompagna
jusqu'à son Prie- Dieu , M. l'Intendant,donnoit
la main à S. M. La Messe finie , le Doyen à la
droite de la Reine , précedé de tout le Chapitre,
la conduisit jusqu'à son Carosse . M. l'Intendant
continua de donner la main à S. M. Au milieu
G ij
.
de
·
978 MERCURE DE FRANCE
de la Nef , elle eut la bonté de se tourner
du côté du Doyen , et lui dit : M. je vous
remercie et toute votre Compagnie , de la réception
gracieuse que vous m'avezfaite. Le Doyen lui ré-
pondit : MADA ME , nous désirons ardemment
que les Prieres que nous venons de faire pour V.M.
soient exaucées, nous avons prié de tout notre cœur.
Ensuite la Reine monta en Carosse pour se
rendre à S. Dizier , escortée par un détachement
de Maréchaussée , un instant après M. l'Inten-
dant partit en paste , afin de préceder S. M.
S. M. arriva le 11. sur les midy à S. Dizier ,
escortée d'un détachement de la Maréchaussée
de l'Arquebuse et les Milices Bourgeoises bor-
doient les rues ; cette Princesse logea au Château
que M. de Beaupré avoit fait meubler. Les Maire.
et Echevins qu'il présenta à la Reine , lui offri
rent leurs présens , et furent reçus très-gracieu-
sement.
S. M. dina à son petit couvert , elle fut servie
comme si elle cût mangé en public ;
il y eug
plusieurs autres tables également bien servies par
les soins de M. de Beaupré , S. M. partit à trois
heures pour aller coucher à Bar. Elle témoigna
à M. de Beaupré combien elle étoit satisfaite de
ses attentions , &c. Tous les Seigneurs et Dames
de sa Cour le complimenterent dans des termes
remplis de reconnoissance. Il a suivi S. M. jus◄
qu'à Bar.
Dès qu'on fut assuré que la Reine de Pologne
étoit arrivée sur la Frontiere de ses nouveaux
Etats, une nombreuse Compagnie de Chevaliers
proprement vétus d'un uniforme blanc avec pa-
remens rouges , alla à sa rencontre et revint le
même jour , marchant devant le Carosse de
S. M. au bruit des Instrumens Militaires,
Sur
MAY.
1737-
979
Sur le chemin , à quelque distance de Bar-le-
Duc , la Reine trouva une Compagnie de jeunes
Gens à pied , qui avoient passé la nuit sous des
Tentes , en attendant son arrivée. Cette Compa-
gnie formée à son honneur , lui servit d'escorte.
Lorsque la Reine arriva aux portes de la Ville,
elle y trouva environ trois mille Bourgeois qui
étoient rangés sous des Drapeaux magnifiques,
et qui la suivirent jusques au Château.
En entrant dans cette Place , elle fut compli-
mentée par M. le Commandant , et en avançant
un peu plus loin , elle parut agréablement sur-
prise d'un Spectacle que présentoit à ses yeux la
Jeunesse du College des Jésuites. Ces jeunes Gens
etoient partie à pied et partie à cheval . Ceux des
Classes inférieures , au nombre de quarante ,
étoient à pied , habillés à la Polonoise , ayans
tous un habit d'écarlate bordé de fourures d'her
mine,et sur l'habillement des écharpes de prix . Hs
avoient des bonnets rouges qui cachoient entie
rement leurs cheveux , et dont la pointe garnie
d'une frange d'argent , s'élevoit au - dessus d'une
fourure très- propre. Devant eux pendoient de
petits coutelas , et ils tenoient à la main des
Etendards très riches , les uns aux Armes de Pos
logne , de Leczinski , les autres aux Armes de
Lorraine et de Bar.
Ceux des Classes supérieures étoient à cheval
au nombre de 24. botés à la Połonoise , habillés
comme les autres d'écarlate , et portant des bon-
nets de même , mais ayant tous le Sabre à la
main.
Ces deux Corps étoient rangés dans la cour inte
rieure du Château sur deux lignes, en demi cercle,
ayant à une extremité leur Tambour , habillé à
la Romaine , et à une autre deux Clercs , dong
Giij
l'un
980 MERCURE DE FRANCE
P'un étoit à cheval , représentant tous les Clercs-
du College , et l'autre à pied , en manteau long,
qui se disposoit à parler. A leurs côtés étoient
Mrs les Militaires de la Garde , présentant les
Armes.
Aussi- tôt que la Reine fut près de ces jeunes:
Gens ainsi disposés , les premiers baisserent leurs
Erendarts pour la saluer ; ce qui se fit avec beau-
coup d'ordre et au grand contentement de S. M.
La Reine inonta ensuite dans son Apartement,
introduite par M. le Chancelier et Garde des
Sceaux , précedée de quelques - uns des Polonois,
qui portoient des Etendarts aux Armes de Bar.
Après que M. le Chancelier eut fait son com-
pliment , un Ecolier eut aussi l'honneur de com
plimenter Sa Majesté au nom du College..
La Reine répondit avec bonté : Je suis très-
sensible à votre Compliment , je vous en remercie ,
mais je veux voir encore une fois la Jeunesse Po-
lonoise.
Sur cela on donna ordre à cette Jeunesse de se
rendre dans l'Apartement de S. M. et là ces jeu-
nes Gens passant tous devant elle , les uns après-
les autres , ils eurent l'honneur de la saluer de
rechef avec l'Etendart.
Ils sortirent ensuite deux à deux et revinrent
avec les Cavaliers Polonois au College. Peu de
temps après le Canon du Château se fit entendre;
on ne doit pas oublier ici la maniere gracieuse
dont S. M. remercia la Noblesse et toutes les
Compagnies de cette Ville , qui étoient dans les
différentes Chambres de son Apartement , &c..
Elle leur témoigna qu'elle étoit très- satisfaite de.
leur zele et de tout ce qu'on faisoit pour elle .
Sur le soir , vers les huit heures , le Château
et toute la Ville étant illuminés , on tira un très-
beau
MAY.
1737.
981
beau Feu d'artifice , qu'on avoit artistement pla
cé sur un bâtiment à deux étages , orné de De-
vises à l'honneur du Roy et de la Reine , et sur-
monté d'une Renommée , qui tenoit d'ung main
les Armes de Pologne et de l'autre sa Trompete .
Après quoi la Reine se mit à table , et comme
elle a un grand fond de pieté et de religion, inal-
gré toutes ses fatigues et la délicatesse de son
tempérament , elle ne prit qu'une simple colla-
tion
Alors les Dames curent l'honneur de lui
faire la réverence, et en furent très gracieusement
reçûës.
Le lendemain 12. Avril , S. M. entendit la
Messe dans la Chapelle du Château , où elle fut
complimentée par le Doyen de certe Eglise.
Après avoir oui la Messe , elle monta dans
son Carosse. Aussi -tôt la Jeunesse Polonoise
qui avoit repris son premier poste , se mit en
marche sur deux lignes , ceux qui étoient à che-
val , marchant immédiatement devant le Caros-
se de la Reine , et ceux qui étoient à pied mar-
chant à la tête avec leurs Etendarts. Les autres
Carosses suivoient , bordés de la nouvelle Com-
pagnie à pied, et suivis d'une partie de la Bour-
geolie , tap iis que l'autre bordoit les rues .
On marcha dans cet ordre jusques hors de la
Ville, &c. La Reine fut de nouveau complimentée
au nom des Ecoliers Elle eur la bonté de dire plus
sieurs fois qu'elle étoit très- contente, et que ceux
qui étoient à pied pouvoient s'en retourner , ce
qu'ils firent à la suite de la Bourgeoisie.
Pour les autres qui étoient à cheval , ils eurent
l'honneur de marcher devant le Carosse de S. M.
jusqu'à la premiere Bourgade. La Compagnie
des Chevaliers qui avoient attendu la Reine ,
continua à l'accompagner jusques vers Ligny au
Giiij
bruig
982 MERCURE DE FRANCE
bruit des Trompettes et des Timbales. Ensuite
S. M. les remercia de la maniere du monde la
plus obligeante.
au sujet du Passage du Roy et de la Reine de
Pologne par la Champagne , en allant prendre
possession de leurs Etats de Lorraine. A Chaalons
chés
res
MAY.
1737
971
chés Seneuze , 1737. brochure in 4. de 12. pa-
ges. La Lettre est datée du 25. Avril.
L'Ecrivain déclare dabord avec modestie qu'on
ne doit s'atacher qu'à la vérité d.s faits qu'il ra-
porte et non à la délicatesse du stile. Il commen-
ce ainsi sa narration. Le Roy de Pologne partit
de Meudon en poste le premier Avril , ce Prince
n'a séjourné en aucun endroit , il vint coucher à
Mont-Saint- Pere, Terre limitrophe de cette Pro-
vince , qui apartient à M. Paris du Vernay.
De Mont-Saint-Pere,le Roy de Pologne se ren-
dit à Epernay , il fit l'honneur à M. d'Aubigny,
Lieutenant General et Subdelegué de M. l'Inten-
dant , de dîner chés lui.
Le Roy fit aussi l'honneur à M. de Saint Clair,
Chevalier de S. Louis , Exempt des Gardes du
Corps , Gendre de M. d'Aubigni , de le faire
manger à sa table. La Bourgeoisie qui étoit sous
ler Armes , bordoit les rues, et monta la garde
chés le Roy jusqu'au départ de Sa Majesté
Elle fut escortée d'abord par la Maréchaussée ;
une Compagnie du Régiment de Pont , Cavale
rie , qui est en quartier dans le Village d'Athie ,
conduisit ce Prince jusqu'à Jalon , une autre du
mêine Régiment releva cette premiere , ct l'accom-
pagna jusqu'à Aulnay; les Diles de ce Lieu , vétuës
galamment , et M. le Curé ensuite , complimen-
terent S. M. Voici l'un et l'autre de ces Compli
mens , et les Réponses du Roy de Pologne ; Pune
de ces Dlles s'étant avancée , dit avec beaucoup
de grace , en lui présentant le vin d'honneur .
SIRE , nous vous offrons au nom de nos Pe-
>
defoibles marques de leurs respects , nous ac-
compagnons notre offrande de vœux sinceres que
nous faisons pour votre santé puissiez- vous SIRE
Lorsque nous serons ayeules , recevoir de notre pos
terit
972 MERCURE DE FRANCE
terité les mêmes hommages , et voir la vôtre faire
le bonheur de l'Europe.
Le Roy de Pologne aplaudit en souriant à la
saillie de cette jeune personne , il lui souhai
ta l'accomplissement de ses désirs , dans les-
quels il lui dit qu'il se trouvoit fort interessé
ces Dlles s'étant éloignées , M. le Dieu , Curé
d'Aulnay, âgé de près de 80. ans, s'avança et dit.
SIRE , il y a long- temps que je vis, mais dans
le cours de mes années , je n'ai pas eû un jour si
flateur l'ai le bonheur de voir un grand Roy que
son Héroisme fait respecter de toutes les Nations
un Roy tojours égal à lui- même , malgré le concours
des évenemens les plus marqués , c'est le vrai ca-
ractere de la vertu ; nos vœux , SIRE , ont déja
été plusieurs fois portés jusqu'au Trône du Roy des
Rois pour la conservation et la prospérité de V. M.
Les François , SIRE , et moi en particulier , s'y
interessent sincerement et relativement à votre Per
sonne sacrée , et par reconnoissance pour le don que
le Ciel nous a fait de Monseigneur le Dauphin vo-
tre petit-Fils , qui assure le repos de cet Empire
je redoublerai mes prieres , SIRE , pour qu'une
parfaite sécurité pendant une longue suite d'années
vous conduise à la vie éternelle.
Le Roy parut satisfait de ce Compliment , il
en remercia fort gracieusement M. le Curé, et le
conjura de se ressouvenir de la promesse qu'il
lui faisoit de prier Dieu pour lui,
A la sortie du Bac d'Aulnay , de l'autre côté
de la Riviere de Marne, le Roy de Pologne trous
va une Brigade de la Maréchaussée qui l'escorta
jusqu'à Chaalons ; en chemin il trouva une au-
tre Compagnie du même Régiment de Pont, qui
augmenta l'escorte ; S. M. arriva en cette Ville
sur les quatre heures , précedé d'un nouveau dé-
tachement
MAY.
1737.
973
tachement de la Maréchaussée , commandé par
le Prévôt Géneral , et de deux Chaises de poste ,
dans lesquelles il y avoit deux Seigneurs de sa
Maison , plusieurs de ses Officiers suivoient à
cheval , le Carosse de M. de Beaupré , qui étoit
allé au- devant de S. M. venoit après , un troi-
siéme Escadron du Régiment de Pont fermoit la
marche. Le Roy passa au milieu d'une foule de
Peuple accourue de toutes parts pour voir S. M.
laquelle pour répondre à cet empressement,bais-
sa les glaces de sa Chaise et ordonna à son Pos-
tillon d'aller au petit pas.
De Chaalons, S. M. se rendit à Sary, Château
de M. l'Evêque, situé à l'extremité du Jard, pro-
menade la plus belle qu'il y ait dans aucune Vil-
le de France ; ce Château est très -beau et très-
commode ; on le concevra aisément en se rapel-
lant que les Evêques de Chaalons y ont toujours
reçu les Princes et Princesses du Sang, M. le Duc
d'Orleans et M. le Duc y ont été mariés .
M. l'Evêque , accompagné du Marquis de
Choiseul , Lieutenant Général de la Province ,
de l'Abbé de Saint Mémie , ses Freres , et des
Personnes les plus distinguées de Chaalons , re-
çut S. M. à la descente de sa Chaise ; ce Prélat
comptoit que le Roy de Pologne lui feroit l'hon-
neur de souper et coucher chés lui , mais com-
me il étoit encore de bonne heure , ce Prince
jugea à propos de ne s'arrêter qu'environ uns
heure, et d'aller à Saint Dizier
3
après avoir em-
brassé M. l'Evêque et lui avoir témoigné com-
bien il étoit sensible à sa politesse ; S. M. em-
brassa pareillement M. l'Intendant , et lui té-
moigna qu'elle étoit très-contente des attentions
qu'il avoit eues pour lui dans son Département.
L'Evêque de Chaalons présenta au Roy son
Neveu,
974 MERCURE DE FRANCE
Neveu , fils du Marquis de Choiseul , en lui di-
sant ,
qu'étant né en Lorraine il étoit du nom-
bre de ses Sujets , ce jeune Seigneur , qui joint à
une phisionomie des plus heureuses , beaucoup
d'esprit et de graces, servoit alors à boire à S.M.
qui avec cette douce et noble affabilité qui releve
toutes ses actions , dit, en mettant la main sur
l'épaule de cet aimable Enfant , J'en prends pos-
session avec bien du plaisir.
Les Officiers de Ville de Chaalons s'étant ren
dus à Sary , furent introduits auprès de S. M.
par M. l'Evêque , ils présenterent à ce Prince le
vin d'honneur, qu'il accepta ; ces Mrs et les Per
sonnes de consideration qui s'étoient rendus à
Sary , furent invités par M. l'Evêque d'y rester
au soupé, qui étoit destiné pour S. M. De Sary ,
le Roy se rendit à Saint Dizier , & c .
La Reine de Pologne partit de Meudon le 3.
Avril et arriva à 7 heures du soir au Château de
Congy, qui apartient à M,de Chasot , Président
à Mortier au Parlement de Metz ; Ș. A. S. Ma-
demoiselle de Clermont y logea en 1725 , lors-
qu'elle alla à Strasbourg pour le Mariage de la
Reine. M. l'Intendant reçut la Reine de Pologne
à la descente de son Carosse , que tous les Habi-
tans de ce Lieu entouroient ; les femmes offri-
rent leur présent à S. M. qui consistoit en un
Mouton orné d'une infinité de rubans, & c. sur les
huit heures la R. de P. soupa à son petit couverts
on ne fera point le détail des differens mets qui
furent servis avec une délicatesse et une attention
infinies de la part de M.l'Intendant , qui fit aussi
servir à soupé aux Seigneurs et Dames de la sui-
te de S. M.
Le lendemain la Reine de Pol. après avoir en
tendu la Messe , partit pour Sary. Elle alla dîner
au
MAY.
1737.
975
u Château de Reineville , à cinq lieues de Chaa-
lons . M. de Beaupré avoit cû soin que tout y
für en abondance; l'Evêque s'y étant aussi rendu,
i's reçurent S. M. à la descente de son Ca-
rosse ; plusieurs femmes en habit des bonnes Fê.
tes , présenterent à la Reine un Lapin blanc ,
orné de rubans , &c.
La Reine étant partie de Reineville de bonne
heure, arriva à Chaalons vers les 5. heures , et se
rendit ensuite au Château de Sary , où elle a sé-
journé. Son Entrée en cette Ville fut fort belle ,
plusieurs Brigades de Maréchaussées , comman-
dées par le Prévôt Géneral , étoient de la suite ;
deux Compagnies du Régiment de Pont et les
Pages de S. M. environnoient son Carosse ; M.
l'Evêque et M. l'Intendant précedoient , chacun
dans leur Chaise de poste , afin de recevoir S. M.
à Sary , cinq Carosses à six chevaux , dans les-
quels étoient les Dames et Seigneurs de la suite
de la Reine , & c. La Compagnie de l'Arquebuse
de Chaalons étoit sous les Armes à l'entrée de la
Ville , les Milices Bourgeoises bordoient les rues
jusqu'à la porte de la superbe Promenade dont on
a parlé.
S.M. fut reçue à Sary par les mêmes Personnes
qui s'y étoient trouvées lors du passage du Roy;
l'Evêque de Chaalons et le Marquis de Choi-
seul , curent l'honneur de lui présenter la main.
S. M. soupa à son petit couvert et se coucha
de bonne heure.
Le lendemain elle entendit la Messe à 11. heu-
res dans la Chapelle du Château , les Officiers de
Ville furent présentés à S. M. par le Marquis de
Choiseul, ils lui offrirent dans une corbeille très-
galamment ornée toutes sortes de confitures
seches.
G La
976 MERCURE DE FRANCE
La Reine dîna à son petit couvert à midy ;
elle reçut sur les cinq heutes les respects du R.P.
Baltus , Recteur des jésuites de Chaalons , &c.
Lorsque la Reine de Pologne eut fait ses dé-
pêches pour le Roy son Epoux , elle en chargea
le Marquis de Choiseul , et nomma en même-
temps Mad. son Epouse Dame de son Palais ;
M. de Choiseul en remercia S. M. dans des ter-
mes pleins de reconnoissance; il partit à l'instang
pour Luneville.
Le 7. Avril 5. M. entendit la Messe à dix heu
res , dîna une heure après à son petit couvert et
partit à midy.
On ne peut rien dire de plus obligeant que ce
que la Reine dit à l'Evêque , sur la réception
que lui a fait ce Prélat ; il fut remercié aussi par
la Comtesse de Linange et par les autres Sei-
gneurs et Dames de la Cour.
M. de Beaupré monra dans sa Chaise de poste
pour préceder S. M. à Vitry ; elle y arriva à 6.
heures du soir , escortée par un détachement de
la Maréchaussée.
L'élite de la Milice Bourgeoise sous les Armes
avec des cocardes blanches , formoit une double
haye dans les rues , jusqu'au logement de la Rei-
ne; le Marquis de Vilaine , Gouverneur de la
Ville étoit à la tête. S M. fut reçûë à la descen-
te de son Carosse par M. de la Galaiziere , In-
tendant de Lorraine et de Bar , qui lui donna la
main jusques dans son Apartement.
Les Maire et Echevins , qui furent présentés
par M. l'Intendant , offrirent leurs présens à la
Reine , ils furent très - bien reçus
elle admit en-
suite à son Audience plusieurs Officiers des Trou-
pes du Roy , elle en reconnut quelques- uns , et
leur donna des témoignages de son souvenir;le P.
Prieur
MAY.
1737.
977
Brieur de la Charité de cette Ville fut aussi ad-
mis à rendre ses respects à la Reine , il lui pré-
senta un Ananas d'une prodigieuse grosseur.
A huit heures S. M. soupa à son petit couvert,
il y cut cinq autres tables , dont l'une étoit de
30. couverts , et les autres de 25. et 20. qui fu-
sent servies avec une propreté et une délicatessé
qui passe tout ce qu'on peut imaginer.
L'attention de M. l'Intendant ne se borna pas
aux Personnes de distinction , il voulut que gé-
neralement tous les gens de la snite se ressentis-
sent de sa magnificence ; on cur servit un sou◄
pé convenable et force vin de Champagne.
Le lendeman , jour du départ , S. M. alla en-
tendre la Messe à sept heures à la Collégiale, elle
fut reçue à l'entrée de la principale porte par le
Chapitre , qui lui avoit fait préparer un tapis de
pied et un careau sur lequel la Reine se mit à
genoux pour baiser la Croix , qui lui fut présentée
par le Doyen , S. M. s'étant levée elle reçut l'Eau
benite ; ensuite le Doyen prononça ce Discours .
MADAME ,
Le Chapitre de l'Eglise Royale de cette Ville
rend avec un respectueux empressement ses très-
humbles devoirs à V.M.Nous allons , MADAME,
célebrer les saints Misteres pour demander à Dieu
la conservation de V. M. et le bonheur de toute la
Famille Royale , c'est aux seules Prieres que se ter
minent dans le Temple du Seigneur les Camplimens
des Ministres du Roy des Rois.
La Reine salua le Clergé qui l'accompagna
jusqu'à son Prie- Dieu , M. l'Intendant,donnoit
la main à S. M. La Messe finie , le Doyen à la
droite de la Reine , précedé de tout le Chapitre,
la conduisit jusqu'à son Carosse . M. l'Intendant
continua de donner la main à S. M. Au milieu
G ij
.
de
·
978 MERCURE DE FRANCE
de la Nef , elle eut la bonté de se tourner
du côté du Doyen , et lui dit : M. je vous
remercie et toute votre Compagnie , de la réception
gracieuse que vous m'avezfaite. Le Doyen lui ré-
pondit : MADA ME , nous désirons ardemment
que les Prieres que nous venons de faire pour V.M.
soient exaucées, nous avons prié de tout notre cœur.
Ensuite la Reine monta en Carosse pour se
rendre à S. Dizier , escortée par un détachement
de Maréchaussée , un instant après M. l'Inten-
dant partit en paste , afin de préceder S. M.
S. M. arriva le 11. sur les midy à S. Dizier ,
escortée d'un détachement de la Maréchaussée
de l'Arquebuse et les Milices Bourgeoises bor-
doient les rues ; cette Princesse logea au Château
que M. de Beaupré avoit fait meubler. Les Maire.
et Echevins qu'il présenta à la Reine , lui offri
rent leurs présens , et furent reçus très-gracieu-
sement.
S. M. dina à son petit couvert , elle fut servie
comme si elle cût mangé en public ;
il y eug
plusieurs autres tables également bien servies par
les soins de M. de Beaupré , S. M. partit à trois
heures pour aller coucher à Bar. Elle témoigna
à M. de Beaupré combien elle étoit satisfaite de
ses attentions , &c. Tous les Seigneurs et Dames
de sa Cour le complimenterent dans des termes
remplis de reconnoissance. Il a suivi S. M. jus◄
qu'à Bar.
Dès qu'on fut assuré que la Reine de Pologne
étoit arrivée sur la Frontiere de ses nouveaux
Etats, une nombreuse Compagnie de Chevaliers
proprement vétus d'un uniforme blanc avec pa-
remens rouges , alla à sa rencontre et revint le
même jour , marchant devant le Carosse de
S. M. au bruit des Instrumens Militaires,
Sur
MAY.
1737-
979
Sur le chemin , à quelque distance de Bar-le-
Duc , la Reine trouva une Compagnie de jeunes
Gens à pied , qui avoient passé la nuit sous des
Tentes , en attendant son arrivée. Cette Compa-
gnie formée à son honneur , lui servit d'escorte.
Lorsque la Reine arriva aux portes de la Ville,
elle y trouva environ trois mille Bourgeois qui
étoient rangés sous des Drapeaux magnifiques,
et qui la suivirent jusques au Château.
En entrant dans cette Place , elle fut compli-
mentée par M. le Commandant , et en avançant
un peu plus loin , elle parut agréablement sur-
prise d'un Spectacle que présentoit à ses yeux la
Jeunesse du College des Jésuites. Ces jeunes Gens
etoient partie à pied et partie à cheval . Ceux des
Classes inférieures , au nombre de quarante ,
étoient à pied , habillés à la Polonoise , ayans
tous un habit d'écarlate bordé de fourures d'her
mine,et sur l'habillement des écharpes de prix . Hs
avoient des bonnets rouges qui cachoient entie
rement leurs cheveux , et dont la pointe garnie
d'une frange d'argent , s'élevoit au - dessus d'une
fourure très- propre. Devant eux pendoient de
petits coutelas , et ils tenoient à la main des
Etendards très riches , les uns aux Armes de Pos
logne , de Leczinski , les autres aux Armes de
Lorraine et de Bar.
Ceux des Classes supérieures étoient à cheval
au nombre de 24. botés à la Połonoise , habillés
comme les autres d'écarlate , et portant des bon-
nets de même , mais ayant tous le Sabre à la
main.
Ces deux Corps étoient rangés dans la cour inte
rieure du Château sur deux lignes, en demi cercle,
ayant à une extremité leur Tambour , habillé à
la Romaine , et à une autre deux Clercs , dong
Giij
l'un
980 MERCURE DE FRANCE
P'un étoit à cheval , représentant tous les Clercs-
du College , et l'autre à pied , en manteau long,
qui se disposoit à parler. A leurs côtés étoient
Mrs les Militaires de la Garde , présentant les
Armes.
Aussi- tôt que la Reine fut près de ces jeunes:
Gens ainsi disposés , les premiers baisserent leurs
Erendarts pour la saluer ; ce qui se fit avec beau-
coup d'ordre et au grand contentement de S. M.
La Reine inonta ensuite dans son Apartement,
introduite par M. le Chancelier et Garde des
Sceaux , précedée de quelques - uns des Polonois,
qui portoient des Etendarts aux Armes de Bar.
Après que M. le Chancelier eut fait son com-
pliment , un Ecolier eut aussi l'honneur de com
plimenter Sa Majesté au nom du College..
La Reine répondit avec bonté : Je suis très-
sensible à votre Compliment , je vous en remercie ,
mais je veux voir encore une fois la Jeunesse Po-
lonoise.
Sur cela on donna ordre à cette Jeunesse de se
rendre dans l'Apartement de S. M. et là ces jeu-
nes Gens passant tous devant elle , les uns après-
les autres , ils eurent l'honneur de la saluer de
rechef avec l'Etendart.
Ils sortirent ensuite deux à deux et revinrent
avec les Cavaliers Polonois au College. Peu de
temps après le Canon du Château se fit entendre;
on ne doit pas oublier ici la maniere gracieuse
dont S. M. remercia la Noblesse et toutes les
Compagnies de cette Ville , qui étoient dans les
différentes Chambres de son Apartement , &c..
Elle leur témoigna qu'elle étoit très- satisfaite de.
leur zele et de tout ce qu'on faisoit pour elle .
Sur le soir , vers les huit heures , le Château
et toute la Ville étant illuminés , on tira un très-
beau
MAY.
1737.
981
beau Feu d'artifice , qu'on avoit artistement pla
cé sur un bâtiment à deux étages , orné de De-
vises à l'honneur du Roy et de la Reine , et sur-
monté d'une Renommée , qui tenoit d'ung main
les Armes de Pologne et de l'autre sa Trompete .
Après quoi la Reine se mit à table , et comme
elle a un grand fond de pieté et de religion, inal-
gré toutes ses fatigues et la délicatesse de son
tempérament , elle ne prit qu'une simple colla-
tion
Alors les Dames curent l'honneur de lui
faire la réverence, et en furent très gracieusement
reçûës.
Le lendemain 12. Avril , S. M. entendit la
Messe dans la Chapelle du Château , où elle fut
complimentée par le Doyen de certe Eglise.
Après avoir oui la Messe , elle monta dans
son Carosse. Aussi -tôt la Jeunesse Polonoise
qui avoit repris son premier poste , se mit en
marche sur deux lignes , ceux qui étoient à che-
val , marchant immédiatement devant le Caros-
se de la Reine , et ceux qui étoient à pied mar-
chant à la tête avec leurs Etendarts. Les autres
Carosses suivoient , bordés de la nouvelle Com-
pagnie à pied, et suivis d'une partie de la Bour-
geolie , tap iis que l'autre bordoit les rues .
On marcha dans cet ordre jusques hors de la
Ville, &c. La Reine fut de nouveau complimentée
au nom des Ecoliers Elle eur la bonté de dire plus
sieurs fois qu'elle étoit très- contente, et que ceux
qui étoient à pied pouvoient s'en retourner , ce
qu'ils firent à la suite de la Bourgeoisie.
Pour les autres qui étoient à cheval , ils eurent
l'honneur de marcher devant le Carosse de S. M.
jusqu'à la premiere Bourgade. La Compagnie
des Chevaliers qui avoient attendu la Reine ,
continua à l'accompagner jusques vers Ligny au
Giiij
bruig
982 MERCURE DE FRANCE
bruit des Trompettes et des Timbales. Ensuite
S. M. les remercia de la maniere du monde la
plus obligeante.
Fermer
19
p. 982-984
« Pierre Gissey, Libraire et Imprimeur, ruë de la vieille Bouclerie, débite depuis quelque temps [...] »
Début :
Pierre Gissey, Libraire et Imprimeur, ruë de la vieille Bouclerie, débite depuis quelque temps [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Pierre Gissey, Libraire et Imprimeur, ruë de la vieille Bouclerie, débite depuis quelque temps [...] »
Pierre Gissey, Libraire et Imprimeur, ruë de
la vieille Bouclerie, débite depuis quelque temps
des Feuilles Périodiques , qui paroissent tous les
Mardis , et dont voici le titre : Reflexions sur les
Ouvrages de Litterature. Il paroît que deux Au-
reurs ont travaillé aux Feuilles qui composent le
premier volume , et que le second , dont le stile
est plus élegant et plus correct , mérite encore
plus l'estime du Public. L'Auteur de cette con-
tinuation fournit sa carriere avec plus de succès ;
sa Critique est instructive et agréable. Il juge
sainement des Livres modernes , et entremêle des
refléxions interessantes. Dans la premiere Füle
du second volume il expose ainsi son sentiment
sur la Critique.
99
D
>> Quel ton faut-il prendre en critiquant ? Si
l'on s'en raporte au bon sens , qui est l'œil de
l'esprit , il faut proportionner le ton à l'Ouvra-
ge qu'on discute ; s'il est sérieux ou dogmati-
" que les graces austeres , le stile ferme et sou-
tenu , sont alors de saison , et rien ne seroit
plus ridicule que la demangeaison de plaisanter.
" Veut-on aprécier le mérite d'un Ouvrage d'es-
55
prit ? les tours vifs et ingenieux , le sel attique
" et les jeux de l'imagination doivent assaisonner
כל
59
la Critique et les louanges. Mais le fiel et l'en-
vie d'élever sa réputation sur les ruines de celle
d'autrui , ne doivent jamais se faire sentir. La
probité , la droiture du cœur et la politesse ,
» sont les plus beaux ornemens de la Critique .
Quelle étrange situation pour celui qui se livre
à ce dangereux métier ! La plupart des Lec-
teurs
32
MAY.
1737.
983
teurs veulent être instruits d'une maniere
agréable ; ils exigent des traits vifs et hardis ,.
des ironies legeres, des tours figurés et expres-
" sifs , des saillies heureuses et même des Paro-
dies courtes , mais fines , du ridicule. Au con-
* traire l'Auteur crie à l'injustice, se plaint qu'on
→ cherche à divertir le Public à ses dépens , et vo-
mit un torrent d'injures. Faut-il que pour
lui plaire le Critique laisse dormir son imagi-
nation , et s'expose au danger certain d'en-
" nuyer ses Lecteurs par de tristes et froides re-
" fléxions ? En vain donneroit- on ce conseil au
Critique , il ne le suivroit pas , sçachant com-
» bien il est de son interêt d'égayer son Dis-
cours. Mais on a droit de lui prescrire une im-
partialité rigide , l'observation des regles de
" l'honnêteté et de la bienséance, et une sincerité-
qui ne se démente jamais . Heureux le Critique
qui ne fait jamais briller son esprit aux dépens
» de son cœur ! Sûr du suffrage du Public , il ob-
"tiendra l'aprobation de l'Auteur même , lors-
DJ que son ressentiment sera éteint.
Dans la cinquiéme Feuille , l'Auteur des Re-
fléxions s'explique ainsi à l'occasion d'un Libelle.
Rien de plus déplorable que l'abus des talens
de l'esprit dans les disputes où les Gens de Let-
» tres ne devroient se proposer que la perfection
» du goût et de la raison . A en juger par les in-
jures dont ils s'accablent , on croiroit que les
Belles- Lettres , loin de communiquer plus de
politesse et de modération , ne servent qu'à en'
étouffer les précieuses semences. Quelle idée
» veulent- ils que le Public se forme de leurs
" études et de leur éducation , lorsqu'il les voit
braver sans pudeur les loix de l'honnêteté er
de la bienséance
Ces procedés indigues ren-.
GY > deng
981 MERCURE DE FRANCE
» dent méprisables les Lettres et ceux qui fons
D
33
*
profession de les cultiver ... Je conviens que
le genre polemique doit être assaisonné d'un
» peu de sel, mais ce sel ne doit Fas être mordi-
33
cant , c'est à Venus et aux Graces de le prépa
rer ,pour rendre plus vif le goût de la raison .
Chercher à flatter la malignité des Lecteurs
> c'est se défier de la force et de la justesse des
39.
» raisonnemens qu'on leur présente , et révolter
toutes les personnes sensées. Je ne métonne pas
que des gens indignés des excès de la Critique,
l'ayent regardée comme une invention du Dia-
» ble. Omnino credo Diabolum esse Auctorem
" Critices , disoit David Pareus , maltraité par
» Joseph Scaliger. L'Auteur ne s'écarte point de
ces Regles judicieuses. Les dernieres Feuilles de
cet Ouvrage , sur tout , sont très-interessantes et
fort instructives ; toutes les personnes de goût
qui les ont lûës , ont jugé que peut- être elles ne
le cédoient pas aux autres Ouvrages qui parois-
sent dans le même goût.
la vieille Bouclerie, débite depuis quelque temps
des Feuilles Périodiques , qui paroissent tous les
Mardis , et dont voici le titre : Reflexions sur les
Ouvrages de Litterature. Il paroît que deux Au-
reurs ont travaillé aux Feuilles qui composent le
premier volume , et que le second , dont le stile
est plus élegant et plus correct , mérite encore
plus l'estime du Public. L'Auteur de cette con-
tinuation fournit sa carriere avec plus de succès ;
sa Critique est instructive et agréable. Il juge
sainement des Livres modernes , et entremêle des
refléxions interessantes. Dans la premiere Füle
du second volume il expose ainsi son sentiment
sur la Critique.
99
D
>> Quel ton faut-il prendre en critiquant ? Si
l'on s'en raporte au bon sens , qui est l'œil de
l'esprit , il faut proportionner le ton à l'Ouvra-
ge qu'on discute ; s'il est sérieux ou dogmati-
" que les graces austeres , le stile ferme et sou-
tenu , sont alors de saison , et rien ne seroit
plus ridicule que la demangeaison de plaisanter.
" Veut-on aprécier le mérite d'un Ouvrage d'es-
55
prit ? les tours vifs et ingenieux , le sel attique
" et les jeux de l'imagination doivent assaisonner
כל
59
la Critique et les louanges. Mais le fiel et l'en-
vie d'élever sa réputation sur les ruines de celle
d'autrui , ne doivent jamais se faire sentir. La
probité , la droiture du cœur et la politesse ,
» sont les plus beaux ornemens de la Critique .
Quelle étrange situation pour celui qui se livre
à ce dangereux métier ! La plupart des Lec-
teurs
32
MAY.
1737.
983
teurs veulent être instruits d'une maniere
agréable ; ils exigent des traits vifs et hardis ,.
des ironies legeres, des tours figurés et expres-
" sifs , des saillies heureuses et même des Paro-
dies courtes , mais fines , du ridicule. Au con-
* traire l'Auteur crie à l'injustice, se plaint qu'on
→ cherche à divertir le Public à ses dépens , et vo-
mit un torrent d'injures. Faut-il que pour
lui plaire le Critique laisse dormir son imagi-
nation , et s'expose au danger certain d'en-
" nuyer ses Lecteurs par de tristes et froides re-
" fléxions ? En vain donneroit- on ce conseil au
Critique , il ne le suivroit pas , sçachant com-
» bien il est de son interêt d'égayer son Dis-
cours. Mais on a droit de lui prescrire une im-
partialité rigide , l'observation des regles de
" l'honnêteté et de la bienséance, et une sincerité-
qui ne se démente jamais . Heureux le Critique
qui ne fait jamais briller son esprit aux dépens
» de son cœur ! Sûr du suffrage du Public , il ob-
"tiendra l'aprobation de l'Auteur même , lors-
DJ que son ressentiment sera éteint.
Dans la cinquiéme Feuille , l'Auteur des Re-
fléxions s'explique ainsi à l'occasion d'un Libelle.
Rien de plus déplorable que l'abus des talens
de l'esprit dans les disputes où les Gens de Let-
» tres ne devroient se proposer que la perfection
» du goût et de la raison . A en juger par les in-
jures dont ils s'accablent , on croiroit que les
Belles- Lettres , loin de communiquer plus de
politesse et de modération , ne servent qu'à en'
étouffer les précieuses semences. Quelle idée
» veulent- ils que le Public se forme de leurs
" études et de leur éducation , lorsqu'il les voit
braver sans pudeur les loix de l'honnêteté er
de la bienséance
Ces procedés indigues ren-.
GY > deng
981 MERCURE DE FRANCE
» dent méprisables les Lettres et ceux qui fons
D
33
*
profession de les cultiver ... Je conviens que
le genre polemique doit être assaisonné d'un
» peu de sel, mais ce sel ne doit Fas être mordi-
33
cant , c'est à Venus et aux Graces de le prépa
rer ,pour rendre plus vif le goût de la raison .
Chercher à flatter la malignité des Lecteurs
> c'est se défier de la force et de la justesse des
39.
» raisonnemens qu'on leur présente , et révolter
toutes les personnes sensées. Je ne métonne pas
que des gens indignés des excès de la Critique,
l'ayent regardée comme une invention du Dia-
» ble. Omnino credo Diabolum esse Auctorem
" Critices , disoit David Pareus , maltraité par
» Joseph Scaliger. L'Auteur ne s'écarte point de
ces Regles judicieuses. Les dernieres Feuilles de
cet Ouvrage , sur tout , sont très-interessantes et
fort instructives ; toutes les personnes de goût
qui les ont lûës , ont jugé que peut- être elles ne
le cédoient pas aux autres Ouvrages qui parois-
sent dans le même goût.
Fermer
20
p. 984
« CATALOGUE des Livres de feuë Madame la Comtesse de Verruë, dont la vente se fera en [...] »
Début :
CATALOGUE des Livres de feuë Madame la Comtesse de Verruë, dont la vente se fera en [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « CATALOGUE des Livres de feuë Madame la Comtesse de Verruë, dont la vente se fera en [...] »
CATALOGUE des Livres de feuë Madame la
Comtesse de Verruë, dont la vente se fera en
détail en son Hôtel , rue du Cherche- Midy , le
12 juin 1737. et jours suivans . A Paris , ruë
Arts , établie à Pau , distribuera le premier Fé
3
S. Jacques , chés Gabr. Martin , in 8. de 2408-
pages.
Comtesse de Verruë, dont la vente se fera en
détail en son Hôtel , rue du Cherche- Midy , le
12 juin 1737. et jours suivans . A Paris , ruë
Arts , établie à Pau , distribuera le premier Fé
3
S. Jacques , chés Gabr. Martin , in 8. de 2408-
pages.
Fermer
21
p. 984-985
Prix pour l'Académie des Sciences établie à Pau, &c. [titre d'après la table]
Début :
L'ACADEMIE des Sciences et des Beaux-Arts, établie à Pau, distribuera le premier Février [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Prix pour l'Académie des Sciences établie à Pau, &c. [titre d'après la table]
L'ACADEMIE des Sciences et des Beaux-Arts, établie à Pau, distribuera le premier Février 1738 le Prix d'une Médaille d'or à l'Ou
vrage en Prose ou en Vers , qu'elle jugera le mé--
riters lequel ne sera pas de plus d'une
mie
heure de lecture.. Le Sujet proposé est : Quelles :
sompt
MA Y.
1737.
9 ཎཾ ;
sont les qualités les plus désirables dans la Societé,
celles de l'esprit où celles du cœur. On adressera
jusqu'au mois de Novembre inclusivement les
Pieces affranchies , à M. d'Hegobure , Secretaire
de l'Académie. On mettra au bas de l'Ouvrage
une Sentence, laquelle sera repetée au-dessus d'un
Billet cacheté , dans lequel sera le nom de l'Au-
teur.
vrage en Prose ou en Vers , qu'elle jugera le mé--
riters lequel ne sera pas de plus d'une
mie
heure de lecture.. Le Sujet proposé est : Quelles :
sompt
MA Y.
1737.
9 ཎཾ ;
sont les qualités les plus désirables dans la Societé,
celles de l'esprit où celles du cœur. On adressera
jusqu'au mois de Novembre inclusivement les
Pieces affranchies , à M. d'Hegobure , Secretaire
de l'Académie. On mettra au bas de l'Ouvrage
une Sentence, laquelle sera repetée au-dessus d'un
Billet cacheté , dans lequel sera le nom de l'Au-
teur.
Fermer
22
p. 985
Académie Royale de Soissons, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Lundi 29. Avril, l'Académie Royale de Soissons, tint son Assemblée publique dans le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Académie Royale de Soissons, &c. [titre d'après la table]
Le Lundi 29. Avril, l'Académie Royale de
Soissons, tint son Assemblée publique dans le
Palais Episcopal. M. Vernier, Directeur de cette
Académie , en fit l'ouverture par un sçavant Dis-
Cours , après lequel on fit la lecture de la Dis-
sertation qui avoit remporté le Prix , dont le
Sujet étoit : L'Epoque de l'établissement de la Re-
ligion Chrétienne dans le Soissonnois , et les progrès`
du Christianisme dans le même Pays , avec le nom
des premiers Evêques de Soissons et la durée de leur
Episcopat jusqu'à la fin du quatrieme siecle Cette
Dissertation fut déclarée être de M. le Beuf,
Chanoine et Sous- Chantre de l'Eglise d'Auxerre,
qui étoit présent à l'Assemblée. M. l'Evêque ,
Instituteur de ce Prix , lui remit une Médaille
d'or toute semblable à celle dont nous avons fait
la description dans les années précedentes, excep-
té que dans l'Exergue on lit M. DCC. XXXVII.
Soissons, tint son Assemblée publique dans le
Palais Episcopal. M. Vernier, Directeur de cette
Académie , en fit l'ouverture par un sçavant Dis-
Cours , après lequel on fit la lecture de la Dis-
sertation qui avoit remporté le Prix , dont le
Sujet étoit : L'Epoque de l'établissement de la Re-
ligion Chrétienne dans le Soissonnois , et les progrès`
du Christianisme dans le même Pays , avec le nom
des premiers Evêques de Soissons et la durée de leur
Episcopat jusqu'à la fin du quatrieme siecle Cette
Dissertation fut déclarée être de M. le Beuf,
Chanoine et Sous- Chantre de l'Eglise d'Auxerre,
qui étoit présent à l'Assemblée. M. l'Evêque ,
Instituteur de ce Prix , lui remit une Médaille
d'or toute semblable à celle dont nous avons fait
la description dans les années précedentes, excep-
té que dans l'Exergue on lit M. DCC. XXXVII.
Fermer
23
p. 985-986
Séance publique de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Mardy 30. l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, tint sa Séance publique [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Séance publique de l'Académie Royale des Inscriptions et Belles-Lettres, &c. [titre d'après la table]
Le Mardy 30. l'Académie Royale des Inscriptions
et Belles-Lettres, tint sa Séance publique
d'après Pâques. M. le Cardinal de Polignac pré-
sida à cette Assemblée , et déclara que M. l'Abbé'
Goujet , Chanoine de S. Jacques de l'Hôpital à
Paris , avoit remporté le Prix sur le sujer pro-
posé l'année derniere par cette Académie , qui
étoit l'Etat des Lettres en France depuis la mort
Govj
de
986 MERCURE DE FRANCE
de Charlemagnejusqu'au regne du Roy Robert. Ce
Abbé se présenta et reçut des mains de son Emi-
nepce la Médaille d'or de la valeur de 400. liv.
Ensuite M. de Foncemagne , Membre de l'A
cadémie , et l'un des 40. de l'Académie Françoi-
se , lut pour M. de Nicolay , une Dissertation sur
les Rois d'Epire et,sur tout, sur la Vie d'Alexandre
Molossus , oncle d'Alexandre le Grand. Cette
Dissertation fit grand plaisir à toute l'Assemblée.
qui l'a trouvée bien écrite et pleine de recher-
ches très curieuses. Elle fut suivie d'une Disser-
tation que M. Racine lut sur l'harmonie des
Vers François et sur la Rime , où il fit voir que
l'invention de la Rime est aussi ancienne que
celle de la Poësie même , et qu'elle a été connue
de tous les Peuples , même des Romains , qui
prenoient quelquefois pour un ornement de faire
rimer les Hémistiches de leurs Vers , sur tout
des Pentametres ; ce qu'il confirma par plusieurs
exemples , tirés des meilleurs Poëtes Latins.
M. l'Abbé Sallier lut ensuite pour M. Lance
lot , un Mémoire sur la véritable date du Maria-
&e de Charles VIII. et d'Anne de Bretagne. En
fin la Séance fut terminée par une Dissertation
que M. de Foncemagne lut pour M. de la Curne
de Sainte-Palaye , sur les Poisies de Froissard
Cette Dissertation et quelques Morceaux choisis
de cesPoësies, parurent faire plaisir à l'Assemblée .
et Belles-Lettres, tint sa Séance publique
d'après Pâques. M. le Cardinal de Polignac pré-
sida à cette Assemblée , et déclara que M. l'Abbé'
Goujet , Chanoine de S. Jacques de l'Hôpital à
Paris , avoit remporté le Prix sur le sujer pro-
posé l'année derniere par cette Académie , qui
étoit l'Etat des Lettres en France depuis la mort
Govj
de
986 MERCURE DE FRANCE
de Charlemagnejusqu'au regne du Roy Robert. Ce
Abbé se présenta et reçut des mains de son Emi-
nepce la Médaille d'or de la valeur de 400. liv.
Ensuite M. de Foncemagne , Membre de l'A
cadémie , et l'un des 40. de l'Académie Françoi-
se , lut pour M. de Nicolay , une Dissertation sur
les Rois d'Epire et,sur tout, sur la Vie d'Alexandre
Molossus , oncle d'Alexandre le Grand. Cette
Dissertation fit grand plaisir à toute l'Assemblée.
qui l'a trouvée bien écrite et pleine de recher-
ches très curieuses. Elle fut suivie d'une Disser-
tation que M. Racine lut sur l'harmonie des
Vers François et sur la Rime , où il fit voir que
l'invention de la Rime est aussi ancienne que
celle de la Poësie même , et qu'elle a été connue
de tous les Peuples , même des Romains , qui
prenoient quelquefois pour un ornement de faire
rimer les Hémistiches de leurs Vers , sur tout
des Pentametres ; ce qu'il confirma par plusieurs
exemples , tirés des meilleurs Poëtes Latins.
M. l'Abbé Sallier lut ensuite pour M. Lance
lot , un Mémoire sur la véritable date du Maria-
&e de Charles VIII. et d'Anne de Bretagne. En
fin la Séance fut terminée par une Dissertation
que M. de Foncemagne lut pour M. de la Curne
de Sainte-Palaye , sur les Poisies de Froissard
Cette Dissertation et quelques Morceaux choisis
de cesPoësies, parurent faire plaisir à l'Assemblée .
Fermer
24
p. 986-991
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences.
Début :
Feu M. Roüillé de Meslay , ancien Conseiller au Parlement de Paris, ayant conçu le [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences.
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences.
Feu M. Roüillé de Meslay , ancien Conseiller
au Parlement de Paris, ayant conçu le
noble dessein de contribuer au progrès des Scien--
ces et à l'utilité que le Public en pouvoit retirer,
a legué à l'Académie Royale des Sciences un
fonds
M A Y.
1737.
987
fonds pour deux Prix qui seront distribués à
ceux , qui , au jugement de cette Compagnie ,
auront le mieux réussi sur deux differentes sor-
tes de Sujets , qu'il a indiqués dans son Testa-
ment , et dont il a donné des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Sistê-
me general du Monde et l'Astronomie Physique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux ter-
mes du Testament , et se distribuer tous les ans.
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considérable , et il sera de 2500. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navi-
gation et le Commerce.
Il ne se donnera que tous les deux ans , et se-
ra
de 2000. livres.
Plusieurs excellentes Pieces que l'Académie a
reçûës cette année sur le sujet des Ancres , sont
le fruit du délai auquel elle se détermina en 1735.
Cependant ayant divisé ce Sujet en trois Parties
differentes qui devoient faire l'objet d'autant de
Prix, elle n'a pas trouvé des Pieces d'un égal mé-
rite pour tous les trois. La figure des Ancres ,
comme plus susceptible de l'aplication de la
Géométrie , est la partie qui en a fourni davan-
tage , et les meilleures, Celle de la Forge et de la
fabrique des Ancres , n'en a donné qu'un petit
nombre ; et l'épreuve dès Ancres n'en a point
procuré que l'Académie ait pû couronner sous
se titre. La Compagnie a donc adjugé le Prix du
Sujet : Quelle est la figure la plus avantageuse
qu'on puisse donner aux Ancres ? à la Piece N°. 5%.
( de 1737. ) qui a pour Devise ,.
Hic teneat nostras Anchora jacta ratés
et qui est de M....
Elle a donné le Prix de la fabrique , Quelle est
988 MERCURE DE FRANCE
la meilleure maniere deforger des Ancres ?`au N °.
7. dont la Devise est , Vis unita fortior , et qui
est de M. Tresaguet , ancien Ingénieur des Ponts
et Chaussées.
A l'égard du troisiéme Snjet , Quelle est la
meilleure maniere d'éprouver les Ancres ? et qui ne
lui a pas parû suffisamment rempli , elle a jugé à ·
propos de distribuer le Prix qu'elle y avoit des-
tiné , en égale part à deux Pieces , où elle a trou-
vé d'ailleurs des Recherches curieuses et utiles
tánt sur la figure des Ancres , que sur les autres
Sujets et sur plusieurs pratiques qu'elle n'a pase ,
voulu qui fussent perdues pour le Public.
L'une , qui est le N°. 9. et qui a pour Devise ,
Omnia conando docilis solertia vincit ,
est de M ....
L'autre N. 11. qui contient trois parties et
qui a trois Devises , par ce Vers ainsi varié ,
Hic teneat nostras Anchora-{
Firma
Ducta
est de M. le Marquis Poleni , Professeur de Ma~~
thématique à Padoüe.
Les deux Pieces qui ont le plus aproché du
Prix , et c'est par raport à la fabrique ou à l'é-
preuve des Ancres , sont le N° . s. ( de 1735. )V
qui a pour Devise , N° 154
Certa } rates ,
Et le N° .13 . ( de 1737. ) qui a pour Devise, Sz
non bene, saltem voluisse decorum est, est de M. le
Comte de Crequi.
L'Académie ayant eu avis par des personnes
habiles et expérimentées dans la Navigation , que
dans les fréquentes manœuvres où l'on se sert du
Cabestan , le cordage attaché au poids qu'on
veut lever ou traîner , se dévide sur l'essieu de
cette machine , de maniere qu'à chaque tour ce
cordage descend de toute sa grosseur , et qu'il
arrive
MAY.
1737.
989
afrive qu'après plusieurs tours il parvient au
bout du Cabestan, et qu'il faut le rehausser ( ou
choquer ) pour éviter qu'il ne s'embarasse ; que
par-là on ne sçauroit se servir du Cabestan
qu'on ne soit obligé de choquer plusieurs fois ,
e qu'à chaque fois qu'on choque , il faut arrêter
le mouvement de la machine , prendre des bosses-
(ou tresses , &c. ) sur le cordage , dévirer le Ca-
bestan , pour mollir ( ou lâcher ) la partie du
cordage qui est sur l'essieu . relever le cordage
le roidir de nouveau ,et enfin ôter les bosses pour
remettre le Cabestan en état ; que cette opération
souvent repetée emporte beaucoup de temps , et
dans plusieurs rencontres un temps précieux , et
qu'elle fait toujours perdre une partie de l'effort
déja fait : Considérant d'ailleurs la liaison de la
manœuvre du Cabestan avec celle des Ancres ,
qu'on ne jette ou qu'on ne leve que par son
moyen , l'Académie a résolu de proposer pour
Sujet du Prix de l'année 1739. La meilleure cons---
truction du Cabestan , ou telle autre Machine équi--
valente , par raport à tous les usages auxquels
on l'aplique dans un Navire , et principalement
pour éviter , en tout ou en partie , les inconvé
niens mentionnés ci- dessus.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invi--
tés à travailler sur ce Sujet , et même les Asso-
ciés Etrangers de l'Académie. Elle s'est fait la
Loi d'exclure les Académiciens Regnicoles de
prétendre aux Prix.
Ceux qui composeront sont invités à écrire
en François ou en Latin , mais sans aucune obli
gation. Ils pouront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie fera traduire leurs
Ouvrages
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisi--
bles ,
990 MERCURE DE FRANCE
bles , sur-tout quand il y aura des Calculs d'Al-
gebre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ou-
vrages , mais seulement une Sentence ou Devise.
He pouront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit
un Billet séparé et cacheté par eux , où seront
avec cette même Sentence , leur nom , leurs
qualités et leur adresse , et ce Billet ne sera ou
vert par l'Académie qu'en cas que la Piece ait
remporté le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresse-
ront leurs Ouvrages à Paris au Secretaire per-
pétuel de l'Académie , ou les lui feront remer-
tre entre les mains. Dans ce second cas le Secre
taire en donnera en même temps à celui qui les
lui aura remis , son Recepissé , où sera marquée
la Sentence de l'Ouvrage et son numero , selon
l'ordre ou le temps dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au pre-
mier Septembre 1738 : exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'après
Pâques 1739. proclamera la Piece qui aura ce
Prix.
S'il y a un Recepissé du Secretaire pour la
Picce qui aura remporté le Prix , le Trésorier
de l'Académie délivrera la somme du Prix à ce-
lui qui lui raportera ce Recepissé. Il n'y aura à
cela nulle autre formalité
S'il n'y a pas de Recepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur mê-
me , qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
L'Académie juge à propos de déclarer encore
que Comme elle ne restreint à macun Sistême les
explications qu'elle demande des Phénomenes , le
sufrage qu'elle donne à ces explications n'est point
une:
1
MAY.
1737.
991
une adoption des principes sur lesquels elles sont
fondées, ni de toutes les conséquences qu'on ex
tire.
Feu M. Roüillé de Meslay , ancien Conseiller
au Parlement de Paris, ayant conçu le
noble dessein de contribuer au progrès des Scien--
ces et à l'utilité que le Public en pouvoit retirer,
a legué à l'Académie Royale des Sciences un
fonds
M A Y.
1737.
987
fonds pour deux Prix qui seront distribués à
ceux , qui , au jugement de cette Compagnie ,
auront le mieux réussi sur deux differentes sor-
tes de Sujets , qu'il a indiqués dans son Testa-
ment , et dont il a donné des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Sistê-
me general du Monde et l'Astronomie Physique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux ter-
mes du Testament , et se distribuer tous les ans.
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considérable , et il sera de 2500. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navi-
gation et le Commerce.
Il ne se donnera que tous les deux ans , et se-
ra
de 2000. livres.
Plusieurs excellentes Pieces que l'Académie a
reçûës cette année sur le sujet des Ancres , sont
le fruit du délai auquel elle se détermina en 1735.
Cependant ayant divisé ce Sujet en trois Parties
differentes qui devoient faire l'objet d'autant de
Prix, elle n'a pas trouvé des Pieces d'un égal mé-
rite pour tous les trois. La figure des Ancres ,
comme plus susceptible de l'aplication de la
Géométrie , est la partie qui en a fourni davan-
tage , et les meilleures, Celle de la Forge et de la
fabrique des Ancres , n'en a donné qu'un petit
nombre ; et l'épreuve dès Ancres n'en a point
procuré que l'Académie ait pû couronner sous
se titre. La Compagnie a donc adjugé le Prix du
Sujet : Quelle est la figure la plus avantageuse
qu'on puisse donner aux Ancres ? à la Piece N°. 5%.
( de 1737. ) qui a pour Devise ,.
Hic teneat nostras Anchora jacta ratés
et qui est de M....
Elle a donné le Prix de la fabrique , Quelle est
988 MERCURE DE FRANCE
la meilleure maniere deforger des Ancres ?`au N °.
7. dont la Devise est , Vis unita fortior , et qui
est de M. Tresaguet , ancien Ingénieur des Ponts
et Chaussées.
A l'égard du troisiéme Snjet , Quelle est la
meilleure maniere d'éprouver les Ancres ? et qui ne
lui a pas parû suffisamment rempli , elle a jugé à ·
propos de distribuer le Prix qu'elle y avoit des-
tiné , en égale part à deux Pieces , où elle a trou-
vé d'ailleurs des Recherches curieuses et utiles
tánt sur la figure des Ancres , que sur les autres
Sujets et sur plusieurs pratiques qu'elle n'a pase ,
voulu qui fussent perdues pour le Public.
L'une , qui est le N°. 9. et qui a pour Devise ,
Omnia conando docilis solertia vincit ,
est de M ....
L'autre N. 11. qui contient trois parties et
qui a trois Devises , par ce Vers ainsi varié ,
Hic teneat nostras Anchora-{
Firma
Ducta
est de M. le Marquis Poleni , Professeur de Ma~~
thématique à Padoüe.
Les deux Pieces qui ont le plus aproché du
Prix , et c'est par raport à la fabrique ou à l'é-
preuve des Ancres , sont le N° . s. ( de 1735. )V
qui a pour Devise , N° 154
Certa } rates ,
Et le N° .13 . ( de 1737. ) qui a pour Devise, Sz
non bene, saltem voluisse decorum est, est de M. le
Comte de Crequi.
L'Académie ayant eu avis par des personnes
habiles et expérimentées dans la Navigation , que
dans les fréquentes manœuvres où l'on se sert du
Cabestan , le cordage attaché au poids qu'on
veut lever ou traîner , se dévide sur l'essieu de
cette machine , de maniere qu'à chaque tour ce
cordage descend de toute sa grosseur , et qu'il
arrive
MAY.
1737.
989
afrive qu'après plusieurs tours il parvient au
bout du Cabestan, et qu'il faut le rehausser ( ou
choquer ) pour éviter qu'il ne s'embarasse ; que
par-là on ne sçauroit se servir du Cabestan
qu'on ne soit obligé de choquer plusieurs fois ,
e qu'à chaque fois qu'on choque , il faut arrêter
le mouvement de la machine , prendre des bosses-
(ou tresses , &c. ) sur le cordage , dévirer le Ca-
bestan , pour mollir ( ou lâcher ) la partie du
cordage qui est sur l'essieu . relever le cordage
le roidir de nouveau ,et enfin ôter les bosses pour
remettre le Cabestan en état ; que cette opération
souvent repetée emporte beaucoup de temps , et
dans plusieurs rencontres un temps précieux , et
qu'elle fait toujours perdre une partie de l'effort
déja fait : Considérant d'ailleurs la liaison de la
manœuvre du Cabestan avec celle des Ancres ,
qu'on ne jette ou qu'on ne leve que par son
moyen , l'Académie a résolu de proposer pour
Sujet du Prix de l'année 1739. La meilleure cons---
truction du Cabestan , ou telle autre Machine équi--
valente , par raport à tous les usages auxquels
on l'aplique dans un Navire , et principalement
pour éviter , en tout ou en partie , les inconvé
niens mentionnés ci- dessus.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invi--
tés à travailler sur ce Sujet , et même les Asso-
ciés Etrangers de l'Académie. Elle s'est fait la
Loi d'exclure les Académiciens Regnicoles de
prétendre aux Prix.
Ceux qui composeront sont invités à écrire
en François ou en Latin , mais sans aucune obli
gation. Ils pouront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie fera traduire leurs
Ouvrages
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisi--
bles ,
990 MERCURE DE FRANCE
bles , sur-tout quand il y aura des Calculs d'Al-
gebre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ou-
vrages , mais seulement une Sentence ou Devise.
He pouront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit
un Billet séparé et cacheté par eux , où seront
avec cette même Sentence , leur nom , leurs
qualités et leur adresse , et ce Billet ne sera ou
vert par l'Académie qu'en cas que la Piece ait
remporté le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresse-
ront leurs Ouvrages à Paris au Secretaire per-
pétuel de l'Académie , ou les lui feront remer-
tre entre les mains. Dans ce second cas le Secre
taire en donnera en même temps à celui qui les
lui aura remis , son Recepissé , où sera marquée
la Sentence de l'Ouvrage et son numero , selon
l'ordre ou le temps dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au pre-
mier Septembre 1738 : exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'après
Pâques 1739. proclamera la Piece qui aura ce
Prix.
S'il y a un Recepissé du Secretaire pour la
Picce qui aura remporté le Prix , le Trésorier
de l'Académie délivrera la somme du Prix à ce-
lui qui lui raportera ce Recepissé. Il n'y aura à
cela nulle autre formalité
S'il n'y a pas de Recepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur mê-
me , qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
L'Académie juge à propos de déclarer encore
que Comme elle ne restreint à macun Sistême les
explications qu'elle demande des Phénomenes , le
sufrage qu'elle donne à ces explications n'est point
une:
1
MAY.
1737.
991
une adoption des principes sur lesquels elles sont
fondées, ni de toutes les conséquences qu'on ex
tire.
Fermer
25
p. 991-996
Assemblée publique de la même Académie, et Memoires lûs, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Samedy 4. May, cette Académie tint son Assemblée publique, à laquelle M. d'Argenson [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Assemblée publique de la même Académie, et Memoires lûs, &c. [titre d'après la table]
Le Samedy 4. May, cette Académie tint son
Assemblée publique, à laquelle M. d'Argenson
présida. M. de Fontenelle ouvrit la Séance et an-
nonça les Pieces qui ont remporté les Prix de la
présente année ; il proposa ensuite le sujet du
Prix pour l'année 1739. l'un et l'autre.comme
on le voit dans l'article précedent.
M. Cassini lût après cela les Observations
qu'il a faites de la Comete qui a parû cette année;
il parla en ces termes :
Le 16. Février de l'année 1737. on a aperçâ
à Paris une Comete du côté de l'Occident , au-
dessous de la Planette de Vénus , dont elle étoit
éloignée de 7 à 8. degrés.
On continua de la voir les jours suivans qu'el
le parut avoir un mouvement de l'Occident vers
P'Orient,suivant la suite des Signes d'un peu plus
de deux degrés par jour.
Elle paroissoit à peu près comme une Etoile
fixe de la seconde grandeur , mais moins lumi-
neuse >
Σ
avec une queue de 2 à 3 degrés de lon-
gueur , qui étoit dans une direction oposée au
Soleil.
Cette Comete a été aperçue à la vûë simple
jusqu'au commencement de Mars', et on a con-
tinué à l'observer avec des Lunettes jusqu'au 2.
Avril , qu'on a cessé entierement de la voir ,
lorsquelle étoit au-dessous de l'œil du Taureau
Aldebaran . Elle a cû depuis le 17. Février jusqu'à
cejour un mouvement de 63. degrés en longitu
de et de 7. degrésen latitude vers le Midy.
Suivant les Observations qu'on en a faites ,
elle a décrit un Arc de grand cercle incliné de
1.2.4.
992 MERCURE DE FRANCE
2. degrés à l'Ecliptique qu'elle a coupé dans
le 13e degré des Poissons.
Sa distance à la Terre a été jugée le 16. Fé-
vrier , un peu moins du double de la distance de
la Terre au Soleil.
M. de Mairan lût ensuite un Discours sur la
propagation du son et des tons qui le modifient,
Après quoi M.Hellot û un Extrait de deux Me
moires sur une nouvelle Encre Sympatique , que
la chaleur fait paroître et qui disparoît au froid,
Ce qui a donné occasion à ces deux Memoires
est un Sel qu'un Artiste Allemand fit voir l'an-
née dernicie à quelques personnes de l'Acadé-
mie. Ce Sel , qui étoit couleur de rose , devenoit
Bleu en l'aprochant du feu, puis reprenoit sa pre-
miere couleur en refroidissant. C'est la dissolu
pion de ce Sel dans l'eau qui fait l'Encre Sym-
patique en question . Quant à la matiere qui lui
donne sa teinture , c'est une mine Aisenicale
espece de Cobolt , qui fournit en même- temps
par les essais de l'Arsenic , du Bismuth ou Etain
de glace , et une matiere fixe au feu , qui , mê-
lée par la fonte avec d'autres matieres aisées à
vitrifier , fait cette masse bleue qu'on nomme
Smalt , et qui étant réduite en poudre fort fine
est connue ici sous le nom de bleu d'émail ou
d'azur. Au lieu d'introduire cette matiere fixe
colorante dans la substance d'un verre quelcon-
que , il n'y a qu'à l'enlever par l'eau forte , di-
gerée sur la mine réduite en poudre , elle teint
ce dissolvant en rouge sale ou en feuille morte
foncé , on survuide cette eau forte teinte , dans
une jatte de verre ou de porcelaine , on y meg
autant de Sel de table blanc qu'on a employé de
Mine , et l'on desseche ce mêlange sur le feu en
une masse saline grainée , qui est verte tang
qu'elle
M. A Y.
1737.
993
qu'elle est chaude , et qui devient couleur de rose
en refroidissant. L'eau qu'on verse sur ce Sel
refroidi , le dissout et se teint de la couleur du
Lilas . On écrit avec cette Liqueur sur de bon
papier , on laisse secher l'écriture; rien ne paroît;
mais si on aproche le papier du feu , les caracte-
res invisibles prennent une couleur bleuâtre on
bleue verdâtre .On laisse refroidir le papier à l'air.
l'écriture disparoît de nouveau Si on le chauffe
encore , elle reparoît , et ainsi de suite , alterna
tivement , et pendant très- long-temps sans di-
minution de son effet quand la Mine est bien-
choisie. Tous les Cobolts donnent cette teinture
plus ou moins parfaite , selon la qualité des
matieres héterogones qu'ils contiennent. Le si-
gne principal auquel on en reconnoît la bonne
espece , est cette couleur d'une bonne Bierre
rouge qu'il doit donner à l'eau forte.
Cette Encre Sympathique , qui par les pro-
prietés qu'on vient de décrire , est differente de
toutes les autres Encres Sympathiques connues ,
peut devenir , pour ainst - dire , semblable à cha
cune d'elles , ou pour m'expliquer comme M.
Hellot , elle peut entrer dans chacune des quatre
classes de ces Encres Sympathiques , qu'on trou
ve décrites dans divers Auteurs . La premiere
classe est celle des Encres dont l'écriture ne pa-
roît qu'en passant dessus une nouvelle liqueur
•
ou sa vapeur. La seconde comprend les Encres
Sympathiques , dont les caracteres invisibles se
colorent à l'air. Dans la trosiéme sont les Li-
queurs glutineuses avec lesquelles on peut faire
une écriture qui ne paroît qu'en passant dessus
une poudre terreuse , fine et colorée. Enfin la
quatrième classe est celle des Encres dont l'écri-
ture ne peut être aperçuë qu'en chauffant vive-
ment
994 MERCURE DE FRANCE
ment le papier. Mais toutes ces Encres ne dispa-
roissent plus d'elles- mêmes dès qu'une fois on
les a fait paroître. La principale proprieté de
l'Encre Sympathique du Mémoire dont nous
parlons est de paroître d'un verd bleuâtre , M.
Hellot a trouvé le moyen d'avoir de la même
matiere des Encres Sympathiques bleuë , verte de
differentes teintes , colombine, violette claire, in-
carnate , couleur de rose , jaune de citron. Il ne
s'est rien réservé des procedés par lesquels il y
parvient , afin qu'un bon Dessinateur puisse faire
usage de ces couleurs sympathiques. Nous ne
pouvons le suivre de memoire , d'ailleurs ce que
nous donnons ici n'est qu'un abregé de l'Extrait
qu'il a lû.
M. du Hamel finit la Séance par un Memoire
des Observations qu'il a faites , conjointement
avec M. de Buffon , sur les differens effets que les
fortes gelées d'hyver produisent sur les arbres ,
comparés à ceux que les gelées du Printemps y
produisent. En voici l'Extrait.
La Physique des Végétaux qui conduit à la.
perfection de l'Agriculture , est une de ces Scien-
ces dont le progrès ne s'augmente que par une
multitude d'Observations qui ne peuvent être
Pouvrage ni d'un seul homme, ni d'un temps bor-
né; aussi les Observations ne passent-elles gueres
pour certaines que lorsqu'elles ont été repétées et
combinées en differens lieux , en differentes sai-
6ons et par differentes personnes qui ayent eû les
mêmes idées ; ç'a été dans cette vûë que
M. du Hamel et M. de Buffon se sont réunis
pour travailler de concert à l'éclaircissement
d'un nombre de Phénomenes difficiles à expliquer
dans cette partie de l'Histoire de la Nature , de
la connoissance desquels il peut résulter une in
finité
bier.
MAY.
1737.
995
Anité de choses utiles dans la pratique de l'Agri-
culture.
Des Observations sur l'excentricité des cou-
ches
igneuses , sur l'inégalité de l'épaisseur de
ces couches , sur les circonstances qui font que
l'Aubier se convertit plutôt en bois ou reste plus
long - temps dans son état d'Aubier , &c. ont été
les prémices de cette association , et des Observa-
tions sur les differens effets que produisent sur
les Végétaux les grandes gelées d'hyver et les
petites qui viennent au Printemps , sont une sui-
te de cette même association.
Ces Mrs examinent d'abord les désordres que
les grandes gelées de l'hyver produisent sur les
arbres , et cet examen forme la premiere partie
du Mémoire , dans laquelle entr'autres iis détail
lent avec grande exactitude une maladie des ar-
bres peu connue ,
connue , et qu'ils apellent double Au-
Dans la seconde partie il s'agit des gelées qui
viennent au Printemps , et on y démontre 1º.
que ce n'est pas ordinairement dans les situa
tions ou aux expositions où il fait le plus grand
fraid es où il gele le plus fort , que la gelée fait
le plus de tort aux Vegetaux.
20. Que tout ce qui porte de l'humidité sur
les Plantes, rend la gelée plus dangereuse ; telies.
sont les pluyes , les brouillards , les vapeurs qui
s'échapent de la terre et des fumiers , la transpi-
ration des Plantes , &c. au contraire tout ce qui
desseche l'exterieur des Plantes , quand même
ce seroit en augmentant le froid , empêche que
la gelée n'endommage les Végetaux .
Ils entrent ensuite dans un examen des effets
que le Soleil produit sur les Plantes gelées , et ils
terminent ce Memoire par des refléxions utiles
996 MERCURE DE FRANCE
l'Agriculture , mais comme ce Memoire n'est
qu'un tissu d'Observations et d'Experiences qui
sont intimement liées les unes aux autres er qui
se servent mutuellement de preuves, il n'est gue-
re susceptible d'un Extrait.
Nous donnerons dans le prochain Journal
PExtrait du Mémoire de M. Mayran.
Assemblée publique, à laquelle M. d'Argenson
présida. M. de Fontenelle ouvrit la Séance et an-
nonça les Pieces qui ont remporté les Prix de la
présente année ; il proposa ensuite le sujet du
Prix pour l'année 1739. l'un et l'autre.comme
on le voit dans l'article précedent.
M. Cassini lût après cela les Observations
qu'il a faites de la Comete qui a parû cette année;
il parla en ces termes :
Le 16. Février de l'année 1737. on a aperçâ
à Paris une Comete du côté de l'Occident , au-
dessous de la Planette de Vénus , dont elle étoit
éloignée de 7 à 8. degrés.
On continua de la voir les jours suivans qu'el
le parut avoir un mouvement de l'Occident vers
P'Orient,suivant la suite des Signes d'un peu plus
de deux degrés par jour.
Elle paroissoit à peu près comme une Etoile
fixe de la seconde grandeur , mais moins lumi-
neuse >
Σ
avec une queue de 2 à 3 degrés de lon-
gueur , qui étoit dans une direction oposée au
Soleil.
Cette Comete a été aperçue à la vûë simple
jusqu'au commencement de Mars', et on a con-
tinué à l'observer avec des Lunettes jusqu'au 2.
Avril , qu'on a cessé entierement de la voir ,
lorsquelle étoit au-dessous de l'œil du Taureau
Aldebaran . Elle a cû depuis le 17. Février jusqu'à
cejour un mouvement de 63. degrés en longitu
de et de 7. degrésen latitude vers le Midy.
Suivant les Observations qu'on en a faites ,
elle a décrit un Arc de grand cercle incliné de
1.2.4.
992 MERCURE DE FRANCE
2. degrés à l'Ecliptique qu'elle a coupé dans
le 13e degré des Poissons.
Sa distance à la Terre a été jugée le 16. Fé-
vrier , un peu moins du double de la distance de
la Terre au Soleil.
M. de Mairan lût ensuite un Discours sur la
propagation du son et des tons qui le modifient,
Après quoi M.Hellot û un Extrait de deux Me
moires sur une nouvelle Encre Sympatique , que
la chaleur fait paroître et qui disparoît au froid,
Ce qui a donné occasion à ces deux Memoires
est un Sel qu'un Artiste Allemand fit voir l'an-
née dernicie à quelques personnes de l'Acadé-
mie. Ce Sel , qui étoit couleur de rose , devenoit
Bleu en l'aprochant du feu, puis reprenoit sa pre-
miere couleur en refroidissant. C'est la dissolu
pion de ce Sel dans l'eau qui fait l'Encre Sym-
patique en question . Quant à la matiere qui lui
donne sa teinture , c'est une mine Aisenicale
espece de Cobolt , qui fournit en même- temps
par les essais de l'Arsenic , du Bismuth ou Etain
de glace , et une matiere fixe au feu , qui , mê-
lée par la fonte avec d'autres matieres aisées à
vitrifier , fait cette masse bleue qu'on nomme
Smalt , et qui étant réduite en poudre fort fine
est connue ici sous le nom de bleu d'émail ou
d'azur. Au lieu d'introduire cette matiere fixe
colorante dans la substance d'un verre quelcon-
que , il n'y a qu'à l'enlever par l'eau forte , di-
gerée sur la mine réduite en poudre , elle teint
ce dissolvant en rouge sale ou en feuille morte
foncé , on survuide cette eau forte teinte , dans
une jatte de verre ou de porcelaine , on y meg
autant de Sel de table blanc qu'on a employé de
Mine , et l'on desseche ce mêlange sur le feu en
une masse saline grainée , qui est verte tang
qu'elle
M. A Y.
1737.
993
qu'elle est chaude , et qui devient couleur de rose
en refroidissant. L'eau qu'on verse sur ce Sel
refroidi , le dissout et se teint de la couleur du
Lilas . On écrit avec cette Liqueur sur de bon
papier , on laisse secher l'écriture; rien ne paroît;
mais si on aproche le papier du feu , les caracte-
res invisibles prennent une couleur bleuâtre on
bleue verdâtre .On laisse refroidir le papier à l'air.
l'écriture disparoît de nouveau Si on le chauffe
encore , elle reparoît , et ainsi de suite , alterna
tivement , et pendant très- long-temps sans di-
minution de son effet quand la Mine est bien-
choisie. Tous les Cobolts donnent cette teinture
plus ou moins parfaite , selon la qualité des
matieres héterogones qu'ils contiennent. Le si-
gne principal auquel on en reconnoît la bonne
espece , est cette couleur d'une bonne Bierre
rouge qu'il doit donner à l'eau forte.
Cette Encre Sympathique , qui par les pro-
prietés qu'on vient de décrire , est differente de
toutes les autres Encres Sympathiques connues ,
peut devenir , pour ainst - dire , semblable à cha
cune d'elles , ou pour m'expliquer comme M.
Hellot , elle peut entrer dans chacune des quatre
classes de ces Encres Sympathiques , qu'on trou
ve décrites dans divers Auteurs . La premiere
classe est celle des Encres dont l'écriture ne pa-
roît qu'en passant dessus une nouvelle liqueur
•
ou sa vapeur. La seconde comprend les Encres
Sympathiques , dont les caracteres invisibles se
colorent à l'air. Dans la trosiéme sont les Li-
queurs glutineuses avec lesquelles on peut faire
une écriture qui ne paroît qu'en passant dessus
une poudre terreuse , fine et colorée. Enfin la
quatrième classe est celle des Encres dont l'écri-
ture ne peut être aperçuë qu'en chauffant vive-
ment
994 MERCURE DE FRANCE
ment le papier. Mais toutes ces Encres ne dispa-
roissent plus d'elles- mêmes dès qu'une fois on
les a fait paroître. La principale proprieté de
l'Encre Sympathique du Mémoire dont nous
parlons est de paroître d'un verd bleuâtre , M.
Hellot a trouvé le moyen d'avoir de la même
matiere des Encres Sympathiques bleuë , verte de
differentes teintes , colombine, violette claire, in-
carnate , couleur de rose , jaune de citron. Il ne
s'est rien réservé des procedés par lesquels il y
parvient , afin qu'un bon Dessinateur puisse faire
usage de ces couleurs sympathiques. Nous ne
pouvons le suivre de memoire , d'ailleurs ce que
nous donnons ici n'est qu'un abregé de l'Extrait
qu'il a lû.
M. du Hamel finit la Séance par un Memoire
des Observations qu'il a faites , conjointement
avec M. de Buffon , sur les differens effets que les
fortes gelées d'hyver produisent sur les arbres ,
comparés à ceux que les gelées du Printemps y
produisent. En voici l'Extrait.
La Physique des Végétaux qui conduit à la.
perfection de l'Agriculture , est une de ces Scien-
ces dont le progrès ne s'augmente que par une
multitude d'Observations qui ne peuvent être
Pouvrage ni d'un seul homme, ni d'un temps bor-
né; aussi les Observations ne passent-elles gueres
pour certaines que lorsqu'elles ont été repétées et
combinées en differens lieux , en differentes sai-
6ons et par differentes personnes qui ayent eû les
mêmes idées ; ç'a été dans cette vûë que
M. du Hamel et M. de Buffon se sont réunis
pour travailler de concert à l'éclaircissement
d'un nombre de Phénomenes difficiles à expliquer
dans cette partie de l'Histoire de la Nature , de
la connoissance desquels il peut résulter une in
finité
bier.
MAY.
1737.
995
Anité de choses utiles dans la pratique de l'Agri-
culture.
Des Observations sur l'excentricité des cou-
ches
igneuses , sur l'inégalité de l'épaisseur de
ces couches , sur les circonstances qui font que
l'Aubier se convertit plutôt en bois ou reste plus
long - temps dans son état d'Aubier , &c. ont été
les prémices de cette association , et des Observa-
tions sur les differens effets que produisent sur
les Végétaux les grandes gelées d'hyver et les
petites qui viennent au Printemps , sont une sui-
te de cette même association.
Ces Mrs examinent d'abord les désordres que
les grandes gelées de l'hyver produisent sur les
arbres , et cet examen forme la premiere partie
du Mémoire , dans laquelle entr'autres iis détail
lent avec grande exactitude une maladie des ar-
bres peu connue ,
connue , et qu'ils apellent double Au-
Dans la seconde partie il s'agit des gelées qui
viennent au Printemps , et on y démontre 1º.
que ce n'est pas ordinairement dans les situa
tions ou aux expositions où il fait le plus grand
fraid es où il gele le plus fort , que la gelée fait
le plus de tort aux Vegetaux.
20. Que tout ce qui porte de l'humidité sur
les Plantes, rend la gelée plus dangereuse ; telies.
sont les pluyes , les brouillards , les vapeurs qui
s'échapent de la terre et des fumiers , la transpi-
ration des Plantes , &c. au contraire tout ce qui
desseche l'exterieur des Plantes , quand même
ce seroit en augmentant le froid , empêche que
la gelée n'endommage les Végetaux .
Ils entrent ensuite dans un examen des effets
que le Soleil produit sur les Plantes gelées , et ils
terminent ce Memoire par des refléxions utiles
996 MERCURE DE FRANCE
l'Agriculture , mais comme ce Memoire n'est
qu'un tissu d'Observations et d'Experiences qui
sont intimement liées les unes aux autres er qui
se servent mutuellement de preuves, il n'est gue-
re susceptible d'un Extrait.
Nous donnerons dans le prochain Journal
PExtrait du Mémoire de M. Mayran.
Fermer
26
p. 996
DISCOURS prononcé à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture le 4. May par M. Lépicié, Graveur ordinaire du Roy, après avoir prêté le Serment ordinaire pour la place de Secretaire et Historiographe de cette Académie, vacante par la mort de M. de Saint Gelais.
Début :
SI le zele tenoit lieu de capacité, je recevrois, Messieurs, avec une joye sans égale l'honneur [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DISCOURS prononcé à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture le 4. May par M. Lépicié, Graveur ordinaire du Roy, après avoir prêté le Serment ordinaire pour la place de Secretaire et Historiographe de cette Académie, vacante par la mort de M. de Saint Gelais.
DISCOURS prononcé à l'Académie
Royale de Peinture et de Sculpture
le 4. May par M. Lépicié, Graveur
ordinaire du Roy, après avoir prêté
le Serment ordinaire pour la place de
Secretaire et Historiographe de cette
Académie, vacante par la mort de
M. de Saint Gelais.
SI le zele tenoit lieu de capacité, je recevrois,
Messieurs, avec une joye sans égale l'honneur
que vous me faites aujourd'hui , mais puisque
l'inexperience est la source des fautes , fose attendre
que vous mettrez le comble à vos bontés , en m'ai-
dant de vos lumieres et de vos conseils , mon Pré-
decesseur étoit un homme consommé dans les affai-
ves , illustrépar les differens Emplois dont le Minis-
tere l'avoit honoré , et qui n'avoit pas crû mieux
finir sa carriere , qu'en devenant votre Secretaire
et votre Historiographe. Heureux , Messieurs , sije
puis remplir avec succès la double place que vous
me confiez , et plus heureux encore si mon travail
et mon exactitude peuvent m'acquerir l'unanimité
de votre estime !
Royale de Peinture et de Sculpture
le 4. May par M. Lépicié, Graveur
ordinaire du Roy, après avoir prêté
le Serment ordinaire pour la place de
Secretaire et Historiographe de cette
Académie, vacante par la mort de
M. de Saint Gelais.
SI le zele tenoit lieu de capacité, je recevrois,
Messieurs, avec une joye sans égale l'honneur
que vous me faites aujourd'hui , mais puisque
l'inexperience est la source des fautes , fose attendre
que vous mettrez le comble à vos bontés , en m'ai-
dant de vos lumieres et de vos conseils , mon Pré-
decesseur étoit un homme consommé dans les affai-
ves , illustrépar les differens Emplois dont le Minis-
tere l'avoit honoré , et qui n'avoit pas crû mieux
finir sa carriere , qu'en devenant votre Secretaire
et votre Historiographe. Heureux , Messieurs , sije
puis remplir avec succès la double place que vous
me confiez , et plus heureux encore si mon travail
et mon exactitude peuvent m'acquerir l'unanimité
de votre estime !
Fermer
27
p. 996-997
« Louis-François Dubois de Saint Gelais , ancien Conseiller du Roy , Commissaire de Marine [...] »
Début :
Louis-François Dubois de Saint Gelais , ancien Conseiller du Roy , Commissaire de Marine [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Louis-François Dubois de Saint Gelais , ancien Conseiller du Roy , Commissaire de Marine [...] »
Louis-François Dubois de Saint Gelais , ancien Conseiller du Roy , Commissaire de Marine
cien
MAY.
1737.
997
à Amsterdam , Secretaire pour l'Espagne au
Congrès d'Utrech , Contrôleur des Rentes de
l'Hôtel de Ville de Paris , Secretaire et Histo-
riographe de l'Académie Royale de Peinture et
Sculpture , mourut en sa maison de Cires - les-
Marlou , en Beauvoisis , le 23. Avril dernier ,
dans la 68e année de son âge.
cien
MAY.
1737.
997
à Amsterdam , Secretaire pour l'Espagne au
Congrès d'Utrech , Contrôleur des Rentes de
l'Hôtel de Ville de Paris , Secretaire et Histo-
riographe de l'Académie Royale de Peinture et
Sculpture , mourut en sa maison de Cires - les-
Marlou , en Beauvoisis , le 23. Avril dernier ,
dans la 68e année de son âge.
Fermer
28
p. 997-998
Estampes Nouvelles.
Début :
PREMIER LIVRE de Vases, inventés par Edme Bouchardon, Sculpteur du Roy, gravés [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampes Nouvelles.
Estampes Nouvelles.
PREMIER LIVRE de Vases, inventés par
Edme Bouchardon, Sculpteur du Roy, gravés
par Huquier , 12. Pieces en hauteur.
SECOND LIVRE de Vases , inventés par
le inême Auteur et gravés par le même Graveur,
12. Pieces en hauteur.
RECUEIL de dessus de porte , inventés par
un des plus habiles Maîtres, gravés par Huquier,
7. Pieces en hauteur et en largeur , compris le
titre. Ce sont diverses Pieces de Gibier mort et
vivant ; Trophées de Musique , de Peinture , & c,
RECUEIL de differentes Charges , dessinées
à Rome par CHARLES VANLOO , Peintre
du Roy , et gravées par le Bas et Ravenet , 120
Pieces en hauteur ; figures d'hommes en pied et
assis , de diverses Nations.
LES CRIS DE PARIS , par Fran. Boucher,
gravés par le Bas et Ravenet , 12. Pieces en bau-
teur ; figures debout , hommes et femmes , sça-
voir , Rémouleur , Racommodeur de soufflets ,
de seaux et de paraplaye. Vendeuse de Noiset-
tes au litron , Vendeur de balais , Charbonnier,
Ramoneur ; Crêmiere ; Vendeur de Gâteaux et
Talmouses ; Chaudronnier ; Vendeuse de Raves;
Vinaigrier ; Laitiere.
Dit
98 MERCURE DE FRANCE
DIFFERENTES PENSE'ES D'CRNEMENS ,
et Arabesques à divers usages ; en deux Parties
de dix Pieces chacune en large , inventées par
Bellay , et gravées par Huquier.
PREMIER LIVRE de differens Morceaux
à l'usage de tous ceux qui s'apliquent aux Beaux
Arts, inventé par G. M. Oppenor , Architecte dde
Roy , et gravé par Huquier , 6. Pieces en hau-
teur.
SIX MORCEAUX en hauteur de la Suite
du Roman Comique , du Dessein de M. Qudry ,
Peintre du Roy , sçavoir, L'arrivée de l'Opéra-
teur dans l'Hôtellerie.
Ragotin dans le coffre.
Sérenade donnée par Ragotin,
Ragotin renversé dans la boue.
L'Olive rétrecit l'habit de Ragotin.
Ventouses données à Ragotin.
Comme on continue toujours à graver ce **
Suite , il y en a à présent 26. Morceaux .
Toutes les Estampes dont on vient de par
se débitent chés Huquier ,
vis- à - vis le grana
Châtelet. On trouvera tous les mois chés lui dif-
ferentes Nouveautés à l'usage des Artistes et de
Curieux. Il est assorti d'un très-grand nombre
de Desseins , qu'il a fait faire par les plus babi-
les Maîtres pour cet usage.
PREMIER LIVRE de Vases, inventés par
Edme Bouchardon, Sculpteur du Roy, gravés
par Huquier , 12. Pieces en hauteur.
SECOND LIVRE de Vases , inventés par
le inême Auteur et gravés par le même Graveur,
12. Pieces en hauteur.
RECUEIL de dessus de porte , inventés par
un des plus habiles Maîtres, gravés par Huquier,
7. Pieces en hauteur et en largeur , compris le
titre. Ce sont diverses Pieces de Gibier mort et
vivant ; Trophées de Musique , de Peinture , & c,
RECUEIL de differentes Charges , dessinées
à Rome par CHARLES VANLOO , Peintre
du Roy , et gravées par le Bas et Ravenet , 120
Pieces en hauteur ; figures d'hommes en pied et
assis , de diverses Nations.
LES CRIS DE PARIS , par Fran. Boucher,
gravés par le Bas et Ravenet , 12. Pieces en bau-
teur ; figures debout , hommes et femmes , sça-
voir , Rémouleur , Racommodeur de soufflets ,
de seaux et de paraplaye. Vendeuse de Noiset-
tes au litron , Vendeur de balais , Charbonnier,
Ramoneur ; Crêmiere ; Vendeur de Gâteaux et
Talmouses ; Chaudronnier ; Vendeuse de Raves;
Vinaigrier ; Laitiere.
Dit
98 MERCURE DE FRANCE
DIFFERENTES PENSE'ES D'CRNEMENS ,
et Arabesques à divers usages ; en deux Parties
de dix Pieces chacune en large , inventées par
Bellay , et gravées par Huquier.
PREMIER LIVRE de differens Morceaux
à l'usage de tous ceux qui s'apliquent aux Beaux
Arts, inventé par G. M. Oppenor , Architecte dde
Roy , et gravé par Huquier , 6. Pieces en hau-
teur.
SIX MORCEAUX en hauteur de la Suite
du Roman Comique , du Dessein de M. Qudry ,
Peintre du Roy , sçavoir, L'arrivée de l'Opéra-
teur dans l'Hôtellerie.
Ragotin dans le coffre.
Sérenade donnée par Ragotin,
Ragotin renversé dans la boue.
L'Olive rétrecit l'habit de Ragotin.
Ventouses données à Ragotin.
Comme on continue toujours à graver ce **
Suite , il y en a à présent 26. Morceaux .
Toutes les Estampes dont on vient de par
se débitent chés Huquier ,
vis- à - vis le grana
Châtelet. On trouvera tous les mois chés lui dif-
ferentes Nouveautés à l'usage des Artistes et de
Curieux. Il est assorti d'un très-grand nombre
de Desseins , qu'il a fait faire par les plus babi-
les Maîtres pour cet usage.
Fermer
29
p. 998-999
« Il paroît une grande Estampe en large, gravée par le sieur Et. Fessard, d'après une admirable [...] »
Début :
Il paroît une grande Estampe en large, gravée par le sieur Et. Fessard, d'après une admirable [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Il paroît une grande Estampe en large, gravée par le sieur Et. Fessard, d'après une admirable [...] »
Il paroît une grande Estampe en large, gravée par le sieur Et. Fessard, d'après une admirable
yéc
par le sieur Et. Fessard, d'après une admi
rable composition de M. de Troy. C'est la Nais-
sance de Venus, traitée d'une maniere aussi riche
qu'ingénieuse et Poëtique Elle se vend chés
PAuteur, Place des Victoires , et ruë S. Jacques,
chés Duchange. On lit ces Vers au bas,
Quelque
MAY.
1737
Quelpouvoir inconnu ranime l'Univers !
Ilporte son flambeau sur la Terre étonnée
999
Tout s'enflâme à la fois , et les Eaux et les Airs !
Un nouveau Dieuparoît ! c'est l'aimable Himenée,
L'Astre disjour ressent de nouvelles ardeurs ;
Le Triton s'abandonne à de douses langueurs ;
Maispourquoi.m'étonner de voir changer leMonde
La tendre Vénus sort du vaste sein de l'Onde.
yéc
par le sieur Et. Fessard, d'après une admi
rable composition de M. de Troy. C'est la Nais-
sance de Venus, traitée d'une maniere aussi riche
qu'ingénieuse et Poëtique Elle se vend chés
PAuteur, Place des Victoires , et ruë S. Jacques,
chés Duchange. On lit ces Vers au bas,
Quelque
MAY.
1737
Quelpouvoir inconnu ranime l'Univers !
Ilporte son flambeau sur la Terre étonnée
999
Tout s'enflâme à la fois , et les Eaux et les Airs !
Un nouveau Dieuparoît ! c'est l'aimable Himenée,
L'Astre disjour ressent de nouvelles ardeurs ;
Le Triton s'abandonne à de douses langueurs ;
Maispourquoi.m'étonner de voir changer leMonde
La tendre Vénus sort du vaste sein de l'Onde.
Fermer
30
p. 999-1000
Estampe représentant un Combat selon le Poëme Macaronique de R. Belleau, &c. [titre d'après la table]
Début :
Voici la 24e Estampe que le sieur Moyreau met au jour d'après Ph. Wauvermans. C'est une [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estampe représentant un Combat selon le Poëme Macaronique de R. Belleau, &c. [titre d'après la table]
Voici la 24e Estampe que le sieur Moyreau
met au jour d'après Ph. Wauvermans. C'est une
taille, dont le Tableau original de 29. pouces
large , sur 21. de haut , est dans le Cabinet
M. Crozat. On lit au bas , Guerre des Hugue-
sous Charles IX. en 1562. Elle se vend avec
te la suite du même Maître , ruë Galande,
à -vis S. Blaise , chés l'Auteur.
Estampe que nous annonçons ici , a donné
à une conjecture assés singuliere , que nous
croyons pas qu'on doive absolument rejetter.
es Personnes intelligentes ont crû que Wauvre-
mans , en traitant ce Sujet bizare , avoit eû l'i-
agination échauffée et guidée par la lecture du
acux Poëme Macaronique , fait il y a près de
b. ans par Remy Belleau , et intitulé : De Bello
Huguenotico , et Reïstrorum pigliamine.
En effet la Description du Poëte et les objets
représentés par le Peintre , se ressemblent à bien
des égards; le mélange du sérieux et du burlesque
s'y trouve également répandu, et pour peu qu'on
yeuille s'humaniser àlire des Vers Macaroniques,
on trouvera des ráports assés bien fondés entre
la nouvelle Estampe et P'Ouvrage Latin qui dé-
bute par ces quatre Vers.
H Tempus
1000 MERCURE DE FRANCE
Tempus erat quo Mars rubicundam sanguine
spadam
Ficcarat croco , permutaratque Botilla ...
Ronflabatque super lardum vacuando barillos ;
Gaudebatque suum ad solem distendere ventrem..
Traduits ainsi par un de nos anciens Poëtes
Mars avoit mis au croc son Olinde vermeille ,
Il ne se battoit plus qu'à grands coups de Boud
teille ,
Et son énorme ventre au Soleil étendu ,
Prouvoit assés la graisse et le vin répandu …..&cj
met au jour d'après Ph. Wauvermans. C'est une
taille, dont le Tableau original de 29. pouces
large , sur 21. de haut , est dans le Cabinet
M. Crozat. On lit au bas , Guerre des Hugue-
sous Charles IX. en 1562. Elle se vend avec
te la suite du même Maître , ruë Galande,
à -vis S. Blaise , chés l'Auteur.
Estampe que nous annonçons ici , a donné
à une conjecture assés singuliere , que nous
croyons pas qu'on doive absolument rejetter.
es Personnes intelligentes ont crû que Wauvre-
mans , en traitant ce Sujet bizare , avoit eû l'i-
agination échauffée et guidée par la lecture du
acux Poëme Macaronique , fait il y a près de
b. ans par Remy Belleau , et intitulé : De Bello
Huguenotico , et Reïstrorum pigliamine.
En effet la Description du Poëte et les objets
représentés par le Peintre , se ressemblent à bien
des égards; le mélange du sérieux et du burlesque
s'y trouve également répandu, et pour peu qu'on
yeuille s'humaniser àlire des Vers Macaroniques,
on trouvera des ráports assés bien fondés entre
la nouvelle Estampe et P'Ouvrage Latin qui dé-
bute par ces quatre Vers.
H Tempus
1000 MERCURE DE FRANCE
Tempus erat quo Mars rubicundam sanguine
spadam
Ficcarat croco , permutaratque Botilla ...
Ronflabatque super lardum vacuando barillos ;
Gaudebatque suum ad solem distendere ventrem..
Traduits ainsi par un de nos anciens Poëtes
Mars avoit mis au croc son Olinde vermeille ,
Il ne se battoit plus qu'à grands coups de Boud
teille ,
Et son énorme ventre au Soleil étendu ,
Prouvoit assés la graisse et le vin répandu …..&cj
Fermer
31
p. 1000
« La suite des Portraits des grands Hommes et des Personnes illustres dans les Arts et dans [...] »
Début :
La suite des Portraits des grands Hommes et des Personnes illustres dans les Arts et dans [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La suite des Portraits des grands Hommes et des Personnes illustres dans les Arts et dans [...] »
La suite des Portraits des grands Hommes
et des Personnes illustres dans les Arts et dans
les Sciences , se continue avec succès , ches.
Odieuvre , Matchand d'Estampes , sur le Quay
de l'Ecole.
Il vient de faire paroître , et tou
jours de la même grandeur :
HENRIETTE- ANNE D'ANGLETERRE,
Duchesse d'Orleans , née à Excester le 16. Juin
1644. morte à S. Cloud le 39. Juin 1670. dessi
née et gravée par Cl. Mellan.
NINON DE LENCLOS , de Paris ,
morte le 17. Octobre 1705. âgée de 90. ans
peinte par Ferdinand,et gravée par G.F. Schmidt$
GEORGES MARESCHAL , Conseiller ,
Premier Chirurgien du Roy , Chevalier de l'Or-
dre de S. Michel , né à Calais en 1658. mort en
son Château de Bievre le 13. Décembre 173.6.
peint par Fontaine , et gravé par Daullé.
Ces Portraits ont toujours un grand débit , et
ces trois derniers sont gravés avec beaucoup de
soin.
et des Personnes illustres dans les Arts et dans
les Sciences , se continue avec succès , ches.
Odieuvre , Matchand d'Estampes , sur le Quay
de l'Ecole.
Il vient de faire paroître , et tou
jours de la même grandeur :
HENRIETTE- ANNE D'ANGLETERRE,
Duchesse d'Orleans , née à Excester le 16. Juin
1644. morte à S. Cloud le 39. Juin 1670. dessi
née et gravée par Cl. Mellan.
NINON DE LENCLOS , de Paris ,
morte le 17. Octobre 1705. âgée de 90. ans
peinte par Ferdinand,et gravée par G.F. Schmidt$
GEORGES MARESCHAL , Conseiller ,
Premier Chirurgien du Roy , Chevalier de l'Or-
dre de S. Michel , né à Calais en 1658. mort en
son Château de Bievre le 13. Décembre 173.6.
peint par Fontaine , et gravé par Daullé.
Ces Portraits ont toujours un grand débit , et
ces trois derniers sont gravés avec beaucoup de
soin.
Fermer