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Détail
Liste
1652
p. 73-77
SUR LA PAIX.
Début :
Dansez, Bergers, sous ces ombrages, [...]
Mots clefs :
Bergers, Paix, Chansons, Jouissance, Troupeaux, Plaisirs, Bocages
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texteReconnaissance textuelle : SUR LA PAIX.
DAnsè Bergers,fous
cesombrages
Chantez, les douceurs de laPaix-,
Elle revient dans ces
bocages>
Elle ua comblernosJouhaits.
Preparez.., vos douces
musèttes
EnfleZ > ruos tendres cha~
tumeAuX
Que l'écho de vos chan-
Jonettes
Fajfe -retentir ces hameaux.
Buvons, fermons nos
bergeries,
Ouvrons nos caver.,nos
celliers
3 Comme l'eaucouleences
prairiess
Que levin coule en nos
-goziers,
NioslJarmes ri.Jontpas été,
vatnes
Le Cielfè rend a nos
jfoupirs:
Ne nous fbwvenons de
nos peines
Quepourmieuxgoûter
nos plaisirs.
CultiveZ. déformais
tranquiles,
Et nos vergers 3
eS vos
guerets5
Vous joüirez, des biens
utiles
Et de Bacchus f5 de
Cerés.
Ne craignez, plus que
par Bellonne
Aumeurtre, aupillage
animé,
Vennemi ravage , ou
moissonne
Le champ que vous aurez,
ftmé.
Le bruit eJ' la fureur
des armes
Ne menacent plus ces
coIl teaux5
Jeunes Bergeressàns allarmes
ConduiseZvosnombreux
trouPeaux.
Il nest plus de guerres
cruelles,
Pour eux ne craigneZ
que les loups3
Et pour 'Vous que les
infidelles Les indiscrets ,f5 les
jaloux,
cesombrages
Chantez, les douceurs de laPaix-,
Elle revient dans ces
bocages>
Elle ua comblernosJouhaits.
Preparez.., vos douces
musèttes
EnfleZ > ruos tendres cha~
tumeAuX
Que l'écho de vos chan-
Jonettes
Fajfe -retentir ces hameaux.
Buvons, fermons nos
bergeries,
Ouvrons nos caver.,nos
celliers
3 Comme l'eaucouleences
prairiess
Que levin coule en nos
-goziers,
NioslJarmes ri.Jontpas été,
vatnes
Le Cielfè rend a nos
jfoupirs:
Ne nous fbwvenons de
nos peines
Quepourmieuxgoûter
nos plaisirs.
CultiveZ. déformais
tranquiles,
Et nos vergers 3
eS vos
guerets5
Vous joüirez, des biens
utiles
Et de Bacchus f5 de
Cerés.
Ne craignez, plus que
par Bellonne
Aumeurtre, aupillage
animé,
Vennemi ravage , ou
moissonne
Le champ que vous aurez,
ftmé.
Le bruit eJ' la fureur
des armes
Ne menacent plus ces
coIl teaux5
Jeunes Bergeressàns allarmes
ConduiseZvosnombreux
trouPeaux.
Il nest plus de guerres
cruelles,
Pour eux ne craigneZ
que les loups3
Et pour 'Vous que les
infidelles Les indiscrets ,f5 les
jaloux,
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Résumé : SUR LA PAIX.
Le poème célèbre le retour de la paix dans les campagnes. Il invite les bergers à chanter les douceurs de la paix revenue et à préparer leurs musettes pour que l'écho de leurs chants résonne dans les hameaux. Le texte encourage à profiter des plaisirs de la vie, à cultiver les vergers et les champs, et à jouir des bienfaits de Bacchus et de Cérès. Les menaces de guerre et de pillage sont désormais écartées, permettant aux jeunes bergères de conduire leurs troupeaux sans crainte. Les seuls dangers restants sont les loups pour les troupeaux et les indiscrets, les infidèles et les jaloux pour les bergères.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1653
p. 233-262
EGLOGUE.
Début :
LA Bergere Dorise, & la Bergere Aminte, [...]
Mots clefs :
Bergère, Amour, Amitié, Cœurs, Confidences, Rivalité, Troupeaux, Curiosité, Mystères, Bagatelle
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texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE.
EGLO GUE.
LA Bergere Dortsi9 &,'
ItlBergtrAminte
S'cntretenoitnt un your
feulesy &sans contrtVnte,
Et fou* LtappaJ trompeur
d'une longue amitié
Feignantd'ouvrir leurs
coeurs>en cachaient la
',,1 , moitié..
Sijamaison a vu lasaussè ->confidence :.
- .;
./)t la finmitc ménager
l'apparence,
Sijamais en amour onJfi
1 ; bien .., Tour piller un ftcret,en
xonferwantlefîen,
jiwzc Hnfô.ill:lgall'unc&
l'autreBtrgere
JFitpvur\y>réussir tout ce."
qu'Ufalloitfaire.
Lfutie&Vautre ejl&itbçUe
-
';.; & croyokmevi'fc#*-*
Leprix quellefeigrioïtde
rtèpétntdiJj?atèK^
'o' (
_r 'Jr,
rI une&l*auW£*tifàret
déférantcfojtffîàiïkétf*
¡.Je ne point aimer brx-M
-
guérit*la renommée>
Z)<%nsle ménagementd'a.
nefanjferigueur,
N?ccupoitfin esprit qu'"
déguiserson coeur:
Donse efl-oitplusfine,
4.mmteplusdiscrete, 4cela prés aufond3 att*
tant.qu'eUe coquette. j£)éj&pour enjuger cepvr*
traitfaute auxyeux,
Maisfatfon$4esparler,om
enjugeramieux.
01 uofis qui connoificT^ le
fenckant de vas lImel'
at nous njoukzj garder le
secret de o vosfamés,
Parle'l^discretementyle
feu de vos amours
Sam cela brillerapar tout
dans vos discours,
Le coeur pour se cacher ni
prend qu'un foinfrivole*
On négligé14Idue& le
secrets'envole.
De cent mots ambigus h
1
voile decevant
Offreuneseureté qui man**
que tres-fbuventy
El four dijjimliler,qvot
— —
*
quel. nimagine>
La grande obfcurtté fait
meme quondevtne.
De cette vente ton ne
pourra douter
En lf;antl'entretienqueje
, vais raconter.
Lejourefloitferaln&la
plaineriante
jîux^Troupeaux réjouis
montroit l'herbe naif-
JaNtt
Etles Zepbirscueillant les
- fremices desfleurs* -
Repandoient danslesairs
de nouvellesodeurs
Sur le cojleauprochain les
";,
Bcrgeres sjjifçs, <. Dufoi dese connût[Ire
également éprises,
<j
Aprê'.s avo,irunpeu^ve,
pris des détours,
Dorife lapreȔieree?ztame.
lediicours.
DvO RI S&.
NNoass... BB~e,rrog-ers amoureuxs'ajemblenf.
dans la
xiÇlaine,, , » !Ir. l Map ce ncjt p/ç. fein
desTroupeaux qui les
mtiney
Les Rcrgeres en foule y
cowrent à leurtour.
Qtton-ejttfungrandloifîr
quandonnapoint d'a-
- m,o.uAr!MI-NTE...,on fait entrer l'amo-u' fr
dans toutes- lesaffaires.
Des foins les pluÀcom-
.t muns on e%sais
mijleres>
Ilen e{titoutefois•quantité
v
•
,;JinnOlMns.l -.
Maisje n'enpuujuger
que par ce que le tells.
DORISE.
Je vous enîensy Amintt;
&vois la consequence.
Ce que t'ay dit pourtant
nejïpointce quejepen- se
Ma bouche auroit trahy
moncoeur&sans raif
son Évezeinterprete à
cette trahison.
AMINTE.
Çcjtsans 4:f;&HIJ'.dçjfew
qm
quej'ay ditmapesse
Etjenycroyoïs pas Don-
Jeinteressee>
Maü-vous partez* d'un
air, afairepresumer
Que vous nignorez* pas
cequecejlqued'aimer.
DORISE.
Je* connût* de l'amour ce
que fen entens dIre.
Pour,ensêntir les.feux cela.
peut-tLftfjine?
AminteJapreneZ-moy-Ce
, que vous enpenp
Peut-estrepourmmfiruire
enfçaveT-vous aJftZj.
AMINTE.
La defaite ejtadroite, &
dtgnedeDonse.
fNejt-cfpoint Dorilasqui.
"vous l'auroit apprise?
Par le* foins qu'il rvOUJ
rend ilsefait remar-
:. quer
JEtquelquefoùpeut-estre il
aimeàs*expliquer.
DORISE.
Tous les foinsqu'il me
rend) ne me font rien vvcomprendre,
1 'Mliis çeux de Telàmon,
ruous les devez,entendrt)
Ce Bergerfris de ruous est
afiezjajjidu;
Tout le temps qutlypaffe,
jiminte, /f-il perdu?
AMINTE.
J'entiens compte, Dorifl
& rftn ajpoint de
honte;
Maiseft-ce À tamourfeul
que l'on doit rendre
compte?
FAut-il absolument qu'il
femjledetout?
Ne âecide-t-on rien que
surce quilrefout ?
DORISE.
Vostre coeur vous diratout
ce qu'ilenfaut croire,
Et vous voulez, en vain
en déguiser l'hifloires
JMaispourmoy,la-dessus
faypeud'attention,
L'on a beau menparler, je rinfçaùque lenom.
AMINTE.
Que le nom! c.cft troppeu ;
moy sen sçay davantage
J Car je vois bien au moins
que L'amour rieft pas
,(age,
EtJije vous disois, Dorj.
se> que cessvous
R::J me l'avez,appris,
vous mettrois-je en cour*
roux?
DORISE.
Point du tout; mais enfin
d'où vous vient lapenfee,
Que des traits de Famour
mon amefoit blessèe?
Sur quoy devinez,-vous.
ma(enfibihté?
Trouve{- vous DoriUf
par moysibientraité?
AMINTE.
Non pas tanten effetqu'il
mérité de l'estre
Mais quefert la froideur
que vous faites paroitre?
Sans cesse & sans raison
par tout vous le bLâmeZ,
Vous le maltraitez* trop?
Dortfe, vous laimeZj,
DORISE.
Le nom de Telamon
vous mpofesilences
On ne (roit pourtant pas
que ce nomvous ojfen.
(è,
Des qu'on parle de luy3
vous c,,'jîneeZd'ebtretien.
N'en di:es-vous point
trop J
quand vous ne
dites rien?
AMIN TE.
Malheureux Dorilas,
ta jlame qu'on mcpr/
je 1
Se devroit rebuter, mais
quelle est masurprise,
Devoir, quand on revient
lejoir dans le
Hamau,
Dorift te charger dufoin
de (On Troupeau! DORISE.
AmintcJ Te/Amon, avec indifférence
Entendparlerde tOYJfanJ
rompre le silence.
Dans cet étatglacé, d'où
vient doncqueje vois
Que ton chienfiaitfi bien
obéir asis volx?
AMINTE.
Uautrejour quon railloit
de vofire amour, Bergert
Vousfussessur le point de
vous mettre en co.lere ;
Mais un moment après,
avecque Dorilas
JeJcay q.'4'on VOUJ vitrire>
& lui parlertout bas.
D ORISE.
elamon pour rester à
l'écartJe retires
O) quon dije de lu,J
vousnAverIen à
dtre,
Mais toutefois vos yeuxs
sije les entens bien,
Luj fontraijon detout3
quand vous ne ditet
rien.
AMINTE.
r Dorije>ilfautenfinque
je vous dcfabufe;
Nemenageplus tantm
coeur que ton refafe.
Dt/a depuis long-temps
Dúrtlas s'offre à moj>
Matspourrois-je l'aimer
s'il vous manque dt
.fiy?
DORISE.
AhJvous meprevenez,
01 commencez* à
croire
Que Telamon sur vous
me donne la Victoire>
De cette trahi/onjeferois
de moitié,
Sifofois lâchement tra
hir noffre amitié.
AMINTE.
Vne telle amitiésans
douteejlprçcieujes
si ne la crojois paspourtant
sigenereuse,
Je la menagtray, Bergère,
apurement,
Et vous conferverayvos
droits survofire
Ornant.
DORISE.
Je n'auray pas ce foin>
car vous tftes si belle
Que vous fçanreZj aJJt
guenr un injidel/e.
Mais je le vois venir, ce
malheureux Bergzr.
Sans doute qu'il vous
cherche, & ne vent
pas changer.
& AMIN TE.
Quoy9 vous le voye
Jeul?ouvrez^, Usyeuxè
Bergere,
Dorilas taccompagne; a
quoy bon ce mtftcre;
Sice nom prononcévous
met dans l'embarras,
Je diray bien aussi que Je
neDleO"voRis pIaSs. E.
Vous pouvez.., le nommer,
& le voirsans
contrainte,
Vosyeux & vojire coeur
y - ptrdrount trop,
Aminte.
De tout cet embarras je
evais vous délivrer>
Ilarrive9 & je voisqu'il
faut vous le livrer.
TELAMON.
toutes deux à Fécarts &
silong-temps3 Birgeres!
Fourrions-nousdemander
quelles douces affaires
Ontpu vous occuper dans
ce lona;entretien?
Et DorilÓas, & moj ,
n'y
sommes nous de rien?
AMINTE.
Je vous laijje a pensèr,
demandez*-le a Dorifes
Horsdeparler de vous,
qne voulez-vousquGn
dift?
Maisce qu'on en disoit
nous pouleroit trop
loiny.
Songeons à nos Troupeaux
il en faut
prendrefoin.
DORILAS.
Quoyy vous vous retu
rez, si promptement,
cruelles?
Vnpeu plus de hontépour
desBefgtrS fidel/es;
Chacune pour loeijferpaîtreencore
Ion Troupeau
; La partie efl heureuft
& le jourejtsi beau.
DO RISE.
Si vous entT*tprenieZde faire la partie
Vous aurteZ de la peine
a larendreajjortic.
Ouand le coeur riejl pas
Lhre àfuivrefindejïr3
Il est bon d'éditer l'embabarras
de choisir.
DORILAS.
Voilà ce qui s'appelle
un Enigme parfaite.
En avez-vous la clef,
Telamon?
TEL A MON.
Jesouhaite
Q-uaumoins Aminte, 4- rluianet quue.de quitter ce
AMINTE.
Je nay rien a vous dires
adieUJ Bcrgtreadieu.
Les Bergeres alors du coteau
défendirent.
Inquieti, & rêveurs, les
Bergers lesfutvirent,
On neJe parla plue qu'en
mots ntrecoupeZJ#
Les coeurs de l'avanture
tjJoient trop occupet
On amassa desfleurs dans
la Plainefleurie,
Viatmes du dépit, & de
la resverie ;
On en jetta soudain les
feuilles à l'écart,
Les rameaux, du chagrin
eurent aussi leur part;
Toutce quise trouvafous
la rnainilu passa:ge)
Fut brifepar l'effetd'une
secrette rage>
Chacun Je separa pour
joindrefon Troupeau,
Quoy qu'ilne fust point
tard on gagna le Hameau
} Mais malheuren chemin
aux Brebis écartées,
Elles riavoient jamais
,
estesi mal traitées,
On repoussa du pied les carefics
deschiens9
On eujtdïtquechacun ml--
connoijJÕtt lesfiens.
D'un airsi froid enfin on
finit lajournée»
eu'on<vtîbienqu'onalloit
changerdedejlwe'e.
Sans doute les Bergersfié
raccommoderonty
On lés écouterafî-tofiqu'ils
f parleront*
Maissur leur amitié3 Je
croy que les Bereres,
'd , -1
9
Aprés ce déméfié, ne compterontplusgueres.
tlal'une avec Cautre on
les voit rarement>
Uarjcrfion s'augmente en
cet éloignement.
Que l'on apprenne donc,
qu'une amitiéfideLlc
Finit aJjèz., souvent sur
une bagatelley
Etque sil'on prétendqu*
elle dure toujours
JIne faUt point troubler
les secrettes amours.
Quandon veuttrop avant
foüillerdanJ ces misteres
y La curiofitéfaitdegrandes
affaires.
LA Bergere Dortsi9 &,'
ItlBergtrAminte
S'cntretenoitnt un your
feulesy &sans contrtVnte,
Et fou* LtappaJ trompeur
d'une longue amitié
Feignantd'ouvrir leurs
coeurs>en cachaient la
',,1 , moitié..
Sijamaison a vu lasaussè ->confidence :.
- .;
./)t la finmitc ménager
l'apparence,
Sijamais en amour onJfi
1 ; bien .., Tour piller un ftcret,en
xonferwantlefîen,
jiwzc Hnfô.ill:lgall'unc&
l'autreBtrgere
JFitpvur\y>réussir tout ce."
qu'Ufalloitfaire.
Lfutie&Vautre ejl&itbçUe
-
';.; & croyokmevi'fc#*-*
Leprix quellefeigrioïtde
rtèpétntdiJj?atèK^
'o' (
_r 'Jr,
rI une&l*auW£*tifàret
déférantcfojtffîàiïkétf*
¡.Je ne point aimer brx-M
-
guérit*la renommée>
Z)<%nsle ménagementd'a.
nefanjferigueur,
N?ccupoitfin esprit qu'"
déguiserson coeur:
Donse efl-oitplusfine,
4.mmteplusdiscrete, 4cela prés aufond3 att*
tant.qu'eUe coquette. j£)éj&pour enjuger cepvr*
traitfaute auxyeux,
Maisfatfon$4esparler,om
enjugeramieux.
01 uofis qui connoificT^ le
fenckant de vas lImel'
at nous njoukzj garder le
secret de o vosfamés,
Parle'l^discretementyle
feu de vos amours
Sam cela brillerapar tout
dans vos discours,
Le coeur pour se cacher ni
prend qu'un foinfrivole*
On négligé14Idue& le
secrets'envole.
De cent mots ambigus h
1
voile decevant
Offreuneseureté qui man**
que tres-fbuventy
El four dijjimliler,qvot
— —
*
quel. nimagine>
La grande obfcurtté fait
meme quondevtne.
De cette vente ton ne
pourra douter
En lf;antl'entretienqueje
, vais raconter.
Lejourefloitferaln&la
plaineriante
jîux^Troupeaux réjouis
montroit l'herbe naif-
JaNtt
Etles Zepbirscueillant les
- fremices desfleurs* -
Repandoient danslesairs
de nouvellesodeurs
Sur le cojleauprochain les
";,
Bcrgeres sjjifçs, <. Dufoi dese connût[Ire
également éprises,
<j
Aprê'.s avo,irunpeu^ve,
pris des détours,
Dorife lapreȔieree?ztame.
lediicours.
DvO RI S&.
NNoass... BB~e,rrog-ers amoureuxs'ajemblenf.
dans la
xiÇlaine,, , » !Ir. l Map ce ncjt p/ç. fein
desTroupeaux qui les
mtiney
Les Rcrgeres en foule y
cowrent à leurtour.
Qtton-ejttfungrandloifîr
quandonnapoint d'a-
- m,o.uAr!MI-NTE...,on fait entrer l'amo-u' fr
dans toutes- lesaffaires.
Des foins les pluÀcom-
.t muns on e%sais
mijleres>
Ilen e{titoutefois•quantité
v
•
,;JinnOlMns.l -.
Maisje n'enpuujuger
que par ce que le tells.
DORISE.
Je vous enîensy Amintt;
&vois la consequence.
Ce que t'ay dit pourtant
nejïpointce quejepen- se
Ma bouche auroit trahy
moncoeur&sans raif
son Évezeinterprete à
cette trahison.
AMINTE.
Çcjtsans 4:f;&HIJ'.dçjfew
qm
quej'ay ditmapesse
Etjenycroyoïs pas Don-
Jeinteressee>
Maü-vous partez* d'un
air, afairepresumer
Que vous nignorez* pas
cequecejlqued'aimer.
DORISE.
Je* connût* de l'amour ce
que fen entens dIre.
Pour,ensêntir les.feux cela.
peut-tLftfjine?
AminteJapreneZ-moy-Ce
, que vous enpenp
Peut-estrepourmmfiruire
enfçaveT-vous aJftZj.
AMINTE.
La defaite ejtadroite, &
dtgnedeDonse.
fNejt-cfpoint Dorilasqui.
"vous l'auroit apprise?
Par le* foins qu'il rvOUJ
rend ilsefait remar-
:. quer
JEtquelquefoùpeut-estre il
aimeàs*expliquer.
DORISE.
Tous les foinsqu'il me
rend) ne me font rien vvcomprendre,
1 'Mliis çeux de Telàmon,
ruous les devez,entendrt)
Ce Bergerfris de ruous est
afiezjajjidu;
Tout le temps qutlypaffe,
jiminte, /f-il perdu?
AMINTE.
J'entiens compte, Dorifl
& rftn ajpoint de
honte;
Maiseft-ce À tamourfeul
que l'on doit rendre
compte?
FAut-il absolument qu'il
femjledetout?
Ne âecide-t-on rien que
surce quilrefout ?
DORISE.
Vostre coeur vous diratout
ce qu'ilenfaut croire,
Et vous voulez, en vain
en déguiser l'hifloires
JMaispourmoy,la-dessus
faypeud'attention,
L'on a beau menparler, je rinfçaùque lenom.
AMINTE.
Que le nom! c.cft troppeu ;
moy sen sçay davantage
J Car je vois bien au moins
que L'amour rieft pas
,(age,
EtJije vous disois, Dorj.
se> que cessvous
R::J me l'avez,appris,
vous mettrois-je en cour*
roux?
DORISE.
Point du tout; mais enfin
d'où vous vient lapenfee,
Que des traits de Famour
mon amefoit blessèe?
Sur quoy devinez,-vous.
ma(enfibihté?
Trouve{- vous DoriUf
par moysibientraité?
AMINTE.
Non pas tanten effetqu'il
mérité de l'estre
Mais quefert la froideur
que vous faites paroitre?
Sans cesse & sans raison
par tout vous le bLâmeZ,
Vous le maltraitez* trop?
Dortfe, vous laimeZj,
DORISE.
Le nom de Telamon
vous mpofesilences
On ne (roit pourtant pas
que ce nomvous ojfen.
(è,
Des qu'on parle de luy3
vous c,,'jîneeZd'ebtretien.
N'en di:es-vous point
trop J
quand vous ne
dites rien?
AMIN TE.
Malheureux Dorilas,
ta jlame qu'on mcpr/
je 1
Se devroit rebuter, mais
quelle est masurprise,
Devoir, quand on revient
lejoir dans le
Hamau,
Dorift te charger dufoin
de (On Troupeau! DORISE.
AmintcJ Te/Amon, avec indifférence
Entendparlerde tOYJfanJ
rompre le silence.
Dans cet étatglacé, d'où
vient doncqueje vois
Que ton chienfiaitfi bien
obéir asis volx?
AMINTE.
Uautrejour quon railloit
de vofire amour, Bergert
Vousfussessur le point de
vous mettre en co.lere ;
Mais un moment après,
avecque Dorilas
JeJcay q.'4'on VOUJ vitrire>
& lui parlertout bas.
D ORISE.
elamon pour rester à
l'écartJe retires
O) quon dije de lu,J
vousnAverIen à
dtre,
Mais toutefois vos yeuxs
sije les entens bien,
Luj fontraijon detout3
quand vous ne ditet
rien.
AMINTE.
r Dorije>ilfautenfinque
je vous dcfabufe;
Nemenageplus tantm
coeur que ton refafe.
Dt/a depuis long-temps
Dúrtlas s'offre à moj>
Matspourrois-je l'aimer
s'il vous manque dt
.fiy?
DORISE.
AhJvous meprevenez,
01 commencez* à
croire
Que Telamon sur vous
me donne la Victoire>
De cette trahi/onjeferois
de moitié,
Sifofois lâchement tra
hir noffre amitié.
AMINTE.
Vne telle amitiésans
douteejlprçcieujes
si ne la crojois paspourtant
sigenereuse,
Je la menagtray, Bergère,
apurement,
Et vous conferverayvos
droits survofire
Ornant.
DORISE.
Je n'auray pas ce foin>
car vous tftes si belle
Que vous fçanreZj aJJt
guenr un injidel/e.
Mais je le vois venir, ce
malheureux Bergzr.
Sans doute qu'il vous
cherche, & ne vent
pas changer.
& AMIN TE.
Quoy9 vous le voye
Jeul?ouvrez^, Usyeuxè
Bergere,
Dorilas taccompagne; a
quoy bon ce mtftcre;
Sice nom prononcévous
met dans l'embarras,
Je diray bien aussi que Je
neDleO"voRis pIaSs. E.
Vous pouvez.., le nommer,
& le voirsans
contrainte,
Vosyeux & vojire coeur
y - ptrdrount trop,
Aminte.
De tout cet embarras je
evais vous délivrer>
Ilarrive9 & je voisqu'il
faut vous le livrer.
TELAMON.
toutes deux à Fécarts &
silong-temps3 Birgeres!
Fourrions-nousdemander
quelles douces affaires
Ontpu vous occuper dans
ce lona;entretien?
Et DorilÓas, & moj ,
n'y
sommes nous de rien?
AMINTE.
Je vous laijje a pensèr,
demandez*-le a Dorifes
Horsdeparler de vous,
qne voulez-vousquGn
dift?
Maisce qu'on en disoit
nous pouleroit trop
loiny.
Songeons à nos Troupeaux
il en faut
prendrefoin.
DORILAS.
Quoyy vous vous retu
rez, si promptement,
cruelles?
Vnpeu plus de hontépour
desBefgtrS fidel/es;
Chacune pour loeijferpaîtreencore
Ion Troupeau
; La partie efl heureuft
& le jourejtsi beau.
DO RISE.
Si vous entT*tprenieZde faire la partie
Vous aurteZ de la peine
a larendreajjortic.
Ouand le coeur riejl pas
Lhre àfuivrefindejïr3
Il est bon d'éditer l'embabarras
de choisir.
DORILAS.
Voilà ce qui s'appelle
un Enigme parfaite.
En avez-vous la clef,
Telamon?
TEL A MON.
Jesouhaite
Q-uaumoins Aminte, 4- rluianet quue.de quitter ce
AMINTE.
Je nay rien a vous dires
adieUJ Bcrgtreadieu.
Les Bergeres alors du coteau
défendirent.
Inquieti, & rêveurs, les
Bergers lesfutvirent,
On neJe parla plue qu'en
mots ntrecoupeZJ#
Les coeurs de l'avanture
tjJoient trop occupet
On amassa desfleurs dans
la Plainefleurie,
Viatmes du dépit, & de
la resverie ;
On en jetta soudain les
feuilles à l'écart,
Les rameaux, du chagrin
eurent aussi leur part;
Toutce quise trouvafous
la rnainilu passa:ge)
Fut brifepar l'effetd'une
secrette rage>
Chacun Je separa pour
joindrefon Troupeau,
Quoy qu'ilne fust point
tard on gagna le Hameau
} Mais malheuren chemin
aux Brebis écartées,
Elles riavoient jamais
,
estesi mal traitées,
On repoussa du pied les carefics
deschiens9
On eujtdïtquechacun ml--
connoijJÕtt lesfiens.
D'un airsi froid enfin on
finit lajournée»
eu'on<vtîbienqu'onalloit
changerdedejlwe'e.
Sans doute les Bergersfié
raccommoderonty
On lés écouterafî-tofiqu'ils
f parleront*
Maissur leur amitié3 Je
croy que les Bereres,
'd , -1
9
Aprés ce déméfié, ne compterontplusgueres.
tlal'une avec Cautre on
les voit rarement>
Uarjcrfion s'augmente en
cet éloignement.
Que l'on apprenne donc,
qu'une amitiéfideLlc
Finit aJjèz., souvent sur
une bagatelley
Etque sil'on prétendqu*
elle dure toujours
JIne faUt point troubler
les secrettes amours.
Quandon veuttrop avant
foüillerdanJ ces misteres
y La curiofitéfaitdegrandes
affaires.
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Résumé : EGLOGUE.
Le texte relate une conversation entre deux bergères, Dorise et Aminthe, et deux bergers, Dorilas et Télamon, dans un cadre pastoral. Dorise et Aminthe expriment leurs sentiments amoureux tout en cachant leurs véritables émotions derrière une façade de confiance et de discrétion. Aminthe accuse Dorise de dissimuler ses sentiments envers Télamon, mais Dorise nie toute implication amoureuse. Cette discussion révèle des tensions et des malentendus entre les personnages. Lorsque Télamon et Dorilas interviennent, les bergères restent évasives sur leurs sentiments. La journée se conclut sur une note amère, avec les bergères et les bergers se séparant froidement. Le texte souligne les complications et les malentendus qui peuvent surgir dans les relations amoureuses et amicales, insistant sur l'importance de la discrétion et de la prudence dans les affaires de cœur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1654
p. 124-127
Parodie de l'Enigme dont le mot est la quenoüille.
Début :
L'oisiveté de ma maîtresse Conserve ma coiffure & repose mon corps ; [...]
Mots clefs :
Parodie, Quenouille, Coiffure, Oisiveté, Fuseau
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texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'Enigme dont le mot est la quenoüille.
'Parodie de l'Enigme
dont le mot est la
quenoüille.
L'oijiveté de ma maîtresse'
Conprvema coiffure f5
repo/emon corps;
Car, pour ainsi dire, je
dors
--- :•!i
Quand on ne file point
,.," matresse.
Lorjque de laquenoüille
on met la jambe en
presse, -
Sa tête est tournée en
dehors;
C'efialors qu'elle a bonne
grace. 1 Fuseau fait à ses pieds
cent tours de passe-
H*-
Telle fileule au minois
soucieux,
En détournant de moy
lesyeux,
Quoyqu'afilejtoujours
sa mainsoit occufée,
Regarde lefuseau mon
petit compagnon>-
Qu'aux dépens de ma
tête ellegarnit,remplume
, Siquej'en gagnerois te
rhume,
Quandilm'arrache mon
tignon,
Si ma tête de ,', bois étoit
plus lfegmatique:.
Mais duserainje m'in- K
quietepeu,
Quenoüille d'arbre sec,
que la mortfit étique
, Ne craint que lefer &
lefeu.
dont le mot est la
quenoüille.
L'oijiveté de ma maîtresse'
Conprvema coiffure f5
repo/emon corps;
Car, pour ainsi dire, je
dors
--- :•!i
Quand on ne file point
,.," matresse.
Lorjque de laquenoüille
on met la jambe en
presse, -
Sa tête est tournée en
dehors;
C'efialors qu'elle a bonne
grace. 1 Fuseau fait à ses pieds
cent tours de passe-
H*-
Telle fileule au minois
soucieux,
En détournant de moy
lesyeux,
Quoyqu'afilejtoujours
sa mainsoit occufée,
Regarde lefuseau mon
petit compagnon>-
Qu'aux dépens de ma
tête ellegarnit,remplume
, Siquej'en gagnerois te
rhume,
Quandilm'arrache mon
tignon,
Si ma tête de ,', bois étoit
plus lfegmatique:.
Mais duserainje m'in- K
quietepeu,
Quenoüille d'arbre sec,
que la mortfit étique
, Ne craint que lefer &
lefeu.
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Résumé : Parodie de l'Enigme dont le mot est la quenoüille.
Le texte décrit une parodie de l'énigme 'quenoüille'. Il présente une maîtresse paresseuse dormant ou filant maladroitement. Une fileuse soucieuse observe son fuseau, comparé à un petit compagnon. La quenouille, comparée à un arbre sec, craint le fer et le feu. Le narrateur reste indifférent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1655
p. 127-130
Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est un verre à boire.
Début :
Je fuis d'abord un premier elemnt, [...]
Mots clefs :
Élément, Terre, Feu, Rime, Verre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est un verre à boire.
Parodie de la seconde
Enigme,dont le mot
est un verre à boire.
Je suis d'abord un pre-
,
mier element,
Car c'est de terre
Qu'on fait le verre; Fuis engendréd'unsecond
element:
Car le feu détruisant la
terre,
Engendreun v-erre. Ennaissantjecrainsfort
un troisiéme element.
L'air en sortant du four
fait éclater le verre
Comme un petitcoup
,.'
de tonnerre.
Je crains ensuiteaussi sicond ce element.
vC'eest lerferuequi.brife le ': : Mais unquatriéme element,
C'est l'eau dont on rem- plitleverre,
Pourle défendre un peu
du second element.
Une énigme toûjours rimanten
element
De la rime n'a pas le
premier element:
Mais l'obscuritéfaitle
premier element. Des-En*
gré tant d'element,
Les devineurs ici sont
dansleurelement, Et n'ont point deviné
qu'un verre
Est deces mauvais vers
&ame&l'element.
Enigme,dont le mot
est un verre à boire.
Je suis d'abord un pre-
,
mier element,
Car c'est de terre
Qu'on fait le verre; Fuis engendréd'unsecond
element:
Car le feu détruisant la
terre,
Engendreun v-erre. Ennaissantjecrainsfort
un troisiéme element.
L'air en sortant du four
fait éclater le verre
Comme un petitcoup
,.'
de tonnerre.
Je crains ensuiteaussi sicond ce element.
vC'eest lerferuequi.brife le ': : Mais unquatriéme element,
C'est l'eau dont on rem- plitleverre,
Pourle défendre un peu
du second element.
Une énigme toûjours rimanten
element
De la rime n'a pas le
premier element:
Mais l'obscuritéfaitle
premier element. Des-En*
gré tant d'element,
Les devineurs ici sont
dansleurelement, Et n'ont point deviné
qu'un verre
Est deces mauvais vers
&ame&l'element.
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Résumé : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est un verre à boire.
Le poème énigmatique décrit les éléments nécessaires à la création et à la protection d'un verre. La terre, le feu, l'air, le fer et l'eau sont mentionnés. La terre forme le verre, le feu le transforme, l'air peut le briser, le fer le casse et l'eau le protège. Les devineurs n'ont pas identifié ces éléments.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1656
p. 130-132
ENIGME.
Début :
En agitant une de mes oreilles [...]
Mots clefs :
Soufflet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
En agitant une de mes
oreilles
Contre le chaud je puis
faire merveilles,
Contre le froid je suis
utileaussi.
D'unfleau des humains
je donne en racourci
Une idée assez naturelle,
Et ce qui de mon nom
s'appelle
A maintbrave a causé
la mort.
,
Si dans certainmetalje
fais un juste effort , C'efi quelquefois pour
jouerpiece
A Notre- Dame de
Liesse,
-
AsaintEustache,àsaint
Gervais
Et Dieu sçait 3lebruit
quej'yfais
En agitant une de mes
oreilles
Contre le chaud je puis
faire merveilles,
Contre le froid je suis
utileaussi.
D'unfleau des humains
je donne en racourci
Une idée assez naturelle,
Et ce qui de mon nom
s'appelle
A maintbrave a causé
la mort.
,
Si dans certainmetalje
fais un juste effort , C'efi quelquefois pour
jouerpiece
A Notre- Dame de
Liesse,
-
AsaintEustache,àsaint
Gervais
Et Dieu sçait 3lebruit
quej'yfais
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1657
p. 132-133
Autre Enigme.
Début :
Dans une espece de cercüeil, [...]
Mots clefs :
Mouchette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Enigme.
Autre Enigme.
Dans une espece de cercüeil,
Mais qui riejt point
pourtant desagreable a Je suis le plus souvent
couchée:
Maisordinairement,
'o',
quand j'en suis détachée
,
Mesbras croiftZ, en
s'étendant,
,,
Et tôt aprés ense joignant,
Al'objcuritéfontlaguerre.
Je pince, jemords 91,
jeserre;
Etquoiquecenefoitpref
que qu'enbadinant,
Mamorsure en noirceur
se tourne incontinent.
Dans une espece de cercüeil,
Mais qui riejt point
pourtant desagreable a Je suis le plus souvent
couchée:
Maisordinairement,
'o',
quand j'en suis détachée
,
Mesbras croiftZ, en
s'étendant,
,,
Et tôt aprés ense joignant,
Al'objcuritéfontlaguerre.
Je pince, jemords 91,
jeserre;
Etquoiquecenefoitpref
que qu'enbadinant,
Mamorsure en noirceur
se tourne incontinent.
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1658
p. 134-143
Traduction d'un Poëme Anglois, Sur le Bal que M. le D** d** a donné à Londres le 17. Août 1713.
Début :
Pour connoître les moeurs, les goûts, les habitudes [...]
Mots clefs :
Mœurs , Habitudes , Peuples, Voyage, Palais, Dieux, Héros, Beauté, Festin, Divinité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Traduction d'un Poëme Anglois, Sur le Bal que M. le D** d** a donné à Londres le 17. Août 1713.
Traduction d'unPoëme
Anglois,
Sur le Bal que M. le n**'d**
a donnéà Londres le17.
:' , £" :, ,4 U I?IJ. ,"",'-;.\1 ï;'Aout>1713.>;
P our conoître les moeurs,
les goûts, les habitudes
De cent & cent peuples di-
~\W\*Â\V-,\ ^crs,* ,',' "',
iVU grédeleurs inquietudes
Les mortelsinconstans parcourent
l'univers: 9 Pourmoy, libre des foins
qu'entraînent les voyages
,
Loin de vouloir braver les
flots capricieux, 1
Et sans m'exposer aux orages,
Ici je satisfais mes desirs curieux.
Daumont dans son Palais
represente à nos yeux
Les Heros & les mêmes
Dieux
Dont autrefois dansleurs
ouvrages
Les Poëtes ingenieux
J Ne tracerent quelesimages.
Par-toutvous yvoyezer, rans
Les habitans du ciel, de la
terre & de l'onde,
Ettous les hommes differens
Dont les Dieux ont peuplé
tous les climats du
monde.
Suivi de sa brillante cour
Jqupuitierttpéour s'y rendre a l'empirée;
Alecton fort du noir séjour
Avec sa cohorte effarée;
Des humides Tritons Amphitrite
entourée
Reçoit
Reçoit les voeux du Dieu
dont elle est ado-
-
rée,
Et l'on voit errer à l'entour
Les jeunes filles de Nerée.
Mars aux genoux de Citerée
Se laisse dérober ses armes
par l'Amour;
Dans le sein de Thetis le
brillant Dieu du
jour
Fixe sa course mesurée.
Là Dianeparoît artifte-,
: ment parée, -i *v4
L'Amour n'est plusfon ennemi;
Et si j'en croisles soins où
je la voislivrée,
Sa fiere vertumoderée
Cherche un Endimion qui
soit moins endormi.
»
A chaque beauté qui s'avance
Mercure offreà l'instant
des secours seduccteurs,
Par des traits galans & flateurs
Ilsignaleson éloquence.
De toutes parts sont répandus
Princes,Dieux, Rois, mêlez
& confondus
Avec Démons, Bergers,
Nymphes, Geans,
Pigmées.
-
<
L'implacable Nocher des
ondes enflamees*
Soûrit à des objets & plus
doux & plus beaux;
Les Morts suiventses pasy
couverts de leurs
lambeaux.
Ici c'estle Hibou, là c'est
l'Aigle iraraor-•
- iC lierai.*-• J'
On voit le Corbeau, trop
fidele, SJ
D'un noir plumage revê-
,
tu,
Et les oiseaux par leur ramage
.PPoouurrlleessbbeelllleessffoonnttuunnpprreé--
,: ,- sage --,q
De la chûte de leur ver-
,.' tu.
On y voit folâtrer des No-
,- nes peu severes,
Sans reliques Çc sans rosaires.
r Le grave senateur prend
un air gracieux,
De l'austere Themis ou,
bliant le langage,
De son art desormais il ne
veut faire usage
Qu'au tribunal de deux
beaux yeux.
Le triste Medecin déguise
sa presence
Sous un appareil affecp
té.
Le luxe avec la volupté
Empruntent un habit de
pieuse apparence.
Ici cette jeune beauté,
Qui de mille galans tour
a tour est maîtrèfle.-,
Affeâcla(implicite t 1 D'unevertueule Koacresse.
On-voit dans le Palais chacunse
transfor-
.,>; mer,
Daumont seul n'y prend
point une formeem-
*
pruntée.
Quelleautre lui seroit prêtée,
Qui? G: bienquela sienne
eût le don de char- -* mefï1'*
Ainsi dans un festin quand
laTroupe immorîtelle^
Autour de Jupiter se range
avec splendeur,
Il se déguise point sa forme
naturelle;
Ce Dieu s'offre dans sa
grandeur:
Mais lorsque fous le tendre
empire
Dequelque mortelle beauté
Ce Souverain des Dieux
soûpire,
Il voile sa Divinité.
Anglois,
Sur le Bal que M. le n**'d**
a donnéà Londres le17.
:' , £" :, ,4 U I?IJ. ,"",'-;.\1 ï;'Aout>1713.>;
P our conoître les moeurs,
les goûts, les habitudes
De cent & cent peuples di-
~\W\*Â\V-,\ ^crs,* ,',' "',
iVU grédeleurs inquietudes
Les mortelsinconstans parcourent
l'univers: 9 Pourmoy, libre des foins
qu'entraînent les voyages
,
Loin de vouloir braver les
flots capricieux, 1
Et sans m'exposer aux orages,
Ici je satisfais mes desirs curieux.
Daumont dans son Palais
represente à nos yeux
Les Heros & les mêmes
Dieux
Dont autrefois dansleurs
ouvrages
Les Poëtes ingenieux
J Ne tracerent quelesimages.
Par-toutvous yvoyezer, rans
Les habitans du ciel, de la
terre & de l'onde,
Ettous les hommes differens
Dont les Dieux ont peuplé
tous les climats du
monde.
Suivi de sa brillante cour
Jqupuitierttpéour s'y rendre a l'empirée;
Alecton fort du noir séjour
Avec sa cohorte effarée;
Des humides Tritons Amphitrite
entourée
Reçoit
Reçoit les voeux du Dieu
dont elle est ado-
-
rée,
Et l'on voit errer à l'entour
Les jeunes filles de Nerée.
Mars aux genoux de Citerée
Se laisse dérober ses armes
par l'Amour;
Dans le sein de Thetis le
brillant Dieu du
jour
Fixe sa course mesurée.
Là Dianeparoît artifte-,
: ment parée, -i *v4
L'Amour n'est plusfon ennemi;
Et si j'en croisles soins où
je la voislivrée,
Sa fiere vertumoderée
Cherche un Endimion qui
soit moins endormi.
»
A chaque beauté qui s'avance
Mercure offreà l'instant
des secours seduccteurs,
Par des traits galans & flateurs
Ilsignaleson éloquence.
De toutes parts sont répandus
Princes,Dieux, Rois, mêlez
& confondus
Avec Démons, Bergers,
Nymphes, Geans,
Pigmées.
-
<
L'implacable Nocher des
ondes enflamees*
Soûrit à des objets & plus
doux & plus beaux;
Les Morts suiventses pasy
couverts de leurs
lambeaux.
Ici c'estle Hibou, là c'est
l'Aigle iraraor-•
- iC lierai.*-• J'
On voit le Corbeau, trop
fidele, SJ
D'un noir plumage revê-
,
tu,
Et les oiseaux par leur ramage
.PPoouurrlleessbbeelllleessffoonnttuunnpprreé--
,: ,- sage --,q
De la chûte de leur ver-
,.' tu.
On y voit folâtrer des No-
,- nes peu severes,
Sans reliques Çc sans rosaires.
r Le grave senateur prend
un air gracieux,
De l'austere Themis ou,
bliant le langage,
De son art desormais il ne
veut faire usage
Qu'au tribunal de deux
beaux yeux.
Le triste Medecin déguise
sa presence
Sous un appareil affecp
té.
Le luxe avec la volupté
Empruntent un habit de
pieuse apparence.
Ici cette jeune beauté,
Qui de mille galans tour
a tour est maîtrèfle.-,
Affeâcla(implicite t 1 D'unevertueule Koacresse.
On-voit dans le Palais chacunse
transfor-
.,>; mer,
Daumont seul n'y prend
point une formeem-
*
pruntée.
Quelleautre lui seroit prêtée,
Qui? G: bienquela sienne
eût le don de char- -* mefï1'*
Ainsi dans un festin quand
laTroupe immorîtelle^
Autour de Jupiter se range
avec splendeur,
Il se déguise point sa forme
naturelle;
Ce Dieu s'offre dans sa
grandeur:
Mais lorsque fous le tendre
empire
Dequelque mortelle beauté
Ce Souverain des Dieux
soûpire,
Il voile sa Divinité.
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Résumé : Traduction d'un Poëme Anglois, Sur le Bal que M. le D** d** a donné à Londres le 17. Août 1713.
Le texte est une traduction d'un poème anglais décrivant un bal organisé par un noble à Londres le 17 août 1713. Le poète souhaite découvrir les mœurs et les habitudes de divers peuples sans voyager. Le bal se déroule au palais de Daumont, où sont représentés des héros, des dieux, ainsi que des habitants du ciel, de la terre et des mers. Le poème mentionne plusieurs personnages mythologiques et divins, tels que Jupiter, Alecton, les Tritons, Amphitrite, Mars, Thétis, Diane et l'Amour. Mercure offre son éloquence à chaque beauté présente. Le bal rassemble princes, dieux, rois, démons, bergers, nymphes, géants et pygmées. Les invités, comme le sénateur, le médecin et une jeune beauté, adoptent des comportements et des apparences différents. Daumont, quant à lui, ne change pas d'apparence, contrairement à Jupiter qui se déguise sous l'empire d'une mortelle beauté.
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1659
p. 145-160
LA DEFAITE des Hannetons. POEME en deux Chants.
Début :
Des Hannetons vaincus je chante la défaite, [...]
Mots clefs :
Hannetons, Défaite, Victoire, Combat, Chant, Verger, Insectes, Triomphe, Discorde, Licas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA DEFAITE des Hannetons. POEME en deux Chants.
LA DEFAITE
ries Hannetons. PÔ E ME
en deux Chants.
DEs Hannetons vaineusje
chante la défaite,
Et du brave Licas lavictoire
complette,
Mufe, raconte-nous quelle
bouillante ardeur
D'unvifrejjentiment es-
Novembre 1713. Nv
chauffesongrandcoeur,
Colmamentdansses projets valeuraffermie
Triompha fierément d'une
troupe ennemie.
Licas vivoit heureux ,0
tranquilleaParis,
Sonreposfusttroublesi-tost
qu'ileustappris
Que d'insèctes aislées un
partiformidable
Causoit dans ses vergers
un ravage effroyable.
Sur le haut d'un charmant
&fertilecosteau
S'ejUveunmagnifique f5
modernechass,eoeu,
Doptïart ingen«%i$>rivald&
Umfwe:9 >.
Par divers ornemens embellit
lastructure.
L'édifice est construit entre
deux verdsbosquets,
Où l'ardeur du Soleil ne
penetre jamais.
Dujardinspacieuxondécouvre
la Seine,
Qui parde longs detours
Jerpentent dans la plaines
Des ruisseaux, des valons,
des prez, & desforests,
Les presens de Bacchus f5 les dons de Cerés, ,
Les champestres beautez
dont la terresepare,
Et mille objets où l'oeil
avecplaisirs'égare.
C'est dans ce beauséjour,
c'est dans ces lieux charmans,
Qtie Licas avec soin re,.'
veille tous lesans
Favori fortuné de Flore
&dePomonne,
Et lesfleurs du Printems
(f le;fruits de l'Automne.
De quel trait de douleur
dans l'absynthetrempé,
Au rapport qu'on luyfist
son coeurfust-ilfrappé.
Deux coursiers attelez,à
son char le plus leste,
Ilpart, il arrive,&voit
quelspectaclefuneste , ;
Ses arbres dépoüillez de
verdure & defleurs,
; Il pouffe des sanglots ac-
Ilcompagnez de pleurs y'r fremit,il frissonne
,
il
fhûU5 ilchancelle
Danssesyeux enflammez
sacolère tftitoceile:
IIdcîcffc centfois un at-
£ J~ CeïftfWtemïm
qt*Aijfyiffotfdëfefpôir> Ils'addresseàPômône
çfluytimwhzgxgi y
;
O vousquipartagezavec
moy cet outrage,
Dtéeessse pvuniosselzadesninsfec,- j
Dont VÙUY voyez içyles
transportsinsolents. iliI
La Diejle aussitost à ses
yeuxfepresente
Et luy dit: mon pouvoir
remplira ton attente,
Nos ennemis communs de
t$nbonheurjaloux,
Se,ptironMï&ceptw (¡]01(( peutmon-ow>:y-- Je desim?îmz•.» ;u:> .;;• leuraudace>
Il faut extermipçr cette
coupable race.
Dés que l'ajlre du jour
dans l'empire desflots,
Aura précipitéfan char if
ses chervaux,
Armetoy de courage, &
cours a la vengeance,
De ces audacieux reprime
l'insolence ; Je conduiray tes coups ,
j'animeray ton coeur,
Et de cegrandcombat tu
sortiras vainqueur.
Fin du premier Chant.
,
SECOND CHANT.
Licas impatient attend
l'heure marquée
Où la troupe parluy doit
sevoir attaquées
Et le temps luy paroist.
couler trop lentement:,
L'astre second des Cieux
qui donne la lumiere,
\A peine eut dans les eaux
terminésa carriere
Quel'empresséLicascourt
&voleaïinjiant,
Ou le dessin l'appelle, où
c
taïgtoire.l'attend,
A l'aspect de ces lieux il
sent croistresa rage:
Surprenons j'ennemysàns
tarderdavantage*,
Frappons ditil,frappons,
ifgnalom noseffort eha^fssjmnt
rw
'f;QWvetIS~y~
&de iïwrtss
Voffenfecptonmefait j,tiF
tementme £wrrw6t<
llejbranle. acestnêup$t
plus d'unesecousse
Des Frenes,des Ormeaux,
ou l'ennemy caché,
Saisi d'effroy, tremblant,
est en euàt*ri retranché.
Des, arbresles plushauts
LaDeese.semontreau
trmjrrsdela:nuey>
AugmehitdeLicasl'héroïquevalèur,
b..
Et de son bras lasséranime
lavigueur -
A ces coups redoublez,tout
cede, toutsuccombe yZ
De momenten momentun
gros d'ennemy tombe>
Ainsi le Laboureur d'unefobujlemain,
De la gerbequ'il batfait
sortirtout legrain.
Pour eux contre la mort il
n'est aucun azyle,
A chaquepasqu'ilfait il
-
enecrasè mille;
Ainsi le Vendangeurpour
avoirplus de vin,
Sous lepesant pressoir é-
,
crase leraisin.
Les coups portentpar tout
des atteintes mortelles,
C'estenvain qu'emploiant
lesecours de leursasiles,
Pour éviter leur perte ils
traversent les airs
Des cadavresépars tous
les champssont couverts
y Les ventsfontmoins tomber
defeuilles en Automne
LaFaucilleabb, at moins
d'épis quand on mois
sonne,
Licas de toutespartsvainqueur
impetueux,
Massacre en un moment
des bataillons nombreux;
Tel un Lion de sang 0*
decarnageavide,
Exerce sa fureur sur un
troupeau timide.
Tel onvit autrefois dans
leschamps Phrygiens
Achille ason courroux immoler
les Troyens.
Par la paix, cettegrande
Qf terriblejournée
Au gré des deux partis
fust enfin terminée.
LesHannetonsvaincus
signerent un traité,
Promirent à Licas ce
vainqueur indompté,
De ne plus ravager de
formaisson domaine.
Mules, qui m'inspirez
laissezmoy prendre )
Mm#,
Préparez,d'autres vers, chantons une autrepaix
, Quele Cieffdrj&r^&fe accorde
à nossebaits
Pitrjfeparsonretourcette
,.,
Paixdesirée ,.
1 K^mner/h^^tgm'fs.
àç&atww es de Rheey
Etfinissant les maux que
nous avonssoufferts;
Enchaisnerpmp jamais
la Discordeaux Enfers.
Fin du fecond & dernier
Chant,
ries Hannetons. PÔ E ME
en deux Chants.
DEs Hannetons vaineusje
chante la défaite,
Et du brave Licas lavictoire
complette,
Mufe, raconte-nous quelle
bouillante ardeur
D'unvifrejjentiment es-
Novembre 1713. Nv
chauffesongrandcoeur,
Colmamentdansses projets valeuraffermie
Triompha fierément d'une
troupe ennemie.
Licas vivoit heureux ,0
tranquilleaParis,
Sonreposfusttroublesi-tost
qu'ileustappris
Que d'insèctes aislées un
partiformidable
Causoit dans ses vergers
un ravage effroyable.
Sur le haut d'un charmant
&fertilecosteau
S'ejUveunmagnifique f5
modernechass,eoeu,
Doptïart ingen«%i$>rivald&
Umfwe:9 >.
Par divers ornemens embellit
lastructure.
L'édifice est construit entre
deux verdsbosquets,
Où l'ardeur du Soleil ne
penetre jamais.
Dujardinspacieuxondécouvre
la Seine,
Qui parde longs detours
Jerpentent dans la plaines
Des ruisseaux, des valons,
des prez, & desforests,
Les presens de Bacchus f5 les dons de Cerés, ,
Les champestres beautez
dont la terresepare,
Et mille objets où l'oeil
avecplaisirs'égare.
C'est dans ce beauséjour,
c'est dans ces lieux charmans,
Qtie Licas avec soin re,.'
veille tous lesans
Favori fortuné de Flore
&dePomonne,
Et lesfleurs du Printems
(f le;fruits de l'Automne.
De quel trait de douleur
dans l'absynthetrempé,
Au rapport qu'on luyfist
son coeurfust-ilfrappé.
Deux coursiers attelez,à
son char le plus leste,
Ilpart, il arrive,&voit
quelspectaclefuneste , ;
Ses arbres dépoüillez de
verdure & defleurs,
; Il pouffe des sanglots ac-
Ilcompagnez de pleurs y'r fremit,il frissonne
,
il
fhûU5 ilchancelle
Danssesyeux enflammez
sacolère tftitoceile:
IIdcîcffc centfois un at-
£ J~ CeïftfWtemïm
qt*Aijfyiffotfdëfefpôir> Ils'addresseàPômône
çfluytimwhzgxgi y
;
O vousquipartagezavec
moy cet outrage,
Dtéeessse pvuniosselzadesninsfec,- j
Dont VÙUY voyez içyles
transportsinsolents. iliI
La Diejle aussitost à ses
yeuxfepresente
Et luy dit: mon pouvoir
remplira ton attente,
Nos ennemis communs de
t$nbonheurjaloux,
Se,ptironMï&ceptw (¡]01(( peutmon-ow>:y-- Je desim?îmz•.» ;u:> .;;• leuraudace>
Il faut extermipçr cette
coupable race.
Dés que l'ajlre du jour
dans l'empire desflots,
Aura précipitéfan char if
ses chervaux,
Armetoy de courage, &
cours a la vengeance,
De ces audacieux reprime
l'insolence ; Je conduiray tes coups ,
j'animeray ton coeur,
Et de cegrandcombat tu
sortiras vainqueur.
Fin du premier Chant.
,
SECOND CHANT.
Licas impatient attend
l'heure marquée
Où la troupe parluy doit
sevoir attaquées
Et le temps luy paroist.
couler trop lentement:,
L'astre second des Cieux
qui donne la lumiere,
\A peine eut dans les eaux
terminésa carriere
Quel'empresséLicascourt
&voleaïinjiant,
Ou le dessin l'appelle, où
c
taïgtoire.l'attend,
A l'aspect de ces lieux il
sent croistresa rage:
Surprenons j'ennemysàns
tarderdavantage*,
Frappons ditil,frappons,
ifgnalom noseffort eha^fssjmnt
rw
'f;QWvetIS~y~
&de iïwrtss
Voffenfecptonmefait j,tiF
tementme £wrrw6t<
llejbranle. acestnêup$t
plus d'unesecousse
Des Frenes,des Ormeaux,
ou l'ennemy caché,
Saisi d'effroy, tremblant,
est en euàt*ri retranché.
Des, arbresles plushauts
LaDeese.semontreau
trmjrrsdela:nuey>
AugmehitdeLicasl'héroïquevalèur,
b..
Et de son bras lasséranime
lavigueur -
A ces coups redoublez,tout
cede, toutsuccombe yZ
De momenten momentun
gros d'ennemy tombe>
Ainsi le Laboureur d'unefobujlemain,
De la gerbequ'il batfait
sortirtout legrain.
Pour eux contre la mort il
n'est aucun azyle,
A chaquepasqu'ilfait il
-
enecrasè mille;
Ainsi le Vendangeurpour
avoirplus de vin,
Sous lepesant pressoir é-
,
crase leraisin.
Les coups portentpar tout
des atteintes mortelles,
C'estenvain qu'emploiant
lesecours de leursasiles,
Pour éviter leur perte ils
traversent les airs
Des cadavresépars tous
les champssont couverts
y Les ventsfontmoins tomber
defeuilles en Automne
LaFaucilleabb, at moins
d'épis quand on mois
sonne,
Licas de toutespartsvainqueur
impetueux,
Massacre en un moment
des bataillons nombreux;
Tel un Lion de sang 0*
decarnageavide,
Exerce sa fureur sur un
troupeau timide.
Tel onvit autrefois dans
leschamps Phrygiens
Achille ason courroux immoler
les Troyens.
Par la paix, cettegrande
Qf terriblejournée
Au gré des deux partis
fust enfin terminée.
LesHannetonsvaincus
signerent un traité,
Promirent à Licas ce
vainqueur indompté,
De ne plus ravager de
formaisson domaine.
Mules, qui m'inspirez
laissezmoy prendre )
Mm#,
Préparez,d'autres vers, chantons une autrepaix
, Quele Cieffdrj&r^&fe accorde
à nossebaits
Pitrjfeparsonretourcette
,.,
Paixdesirée ,.
1 K^mner/h^^tgm'fs.
àç&atww es de Rheey
Etfinissant les maux que
nous avonssoufferts;
Enchaisnerpmp jamais
la Discordeaux Enfers.
Fin du fecond & dernier
Chant,
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Résumé : LA DEFAITE des Hannetons. POEME en deux Chants.
En novembre 1713, Licas, résidant paisiblement à Paris, apprend que ses vergers sont ravagés par des hannetons. Il se rend sur place et constate l'étendue des dégâts. Fou de rage, il invoque Pomone, la déesse des vergers, qui lui assure son soutien pour exterminer les hannetons. Licas attend avec impatience le moment de l'attaque et, dès l'aube, il se lance à l'assaut des insectes. Pomone l'accompagne et renforce sa détermination. Licas combat les hannetons avec une fureur comparable à celle d'Achille contre les Troyens. Après une journée de lutte acharnée, les hannetons, vaincus, signent un traité promettant de ne plus ravager les domaines de Licas. Le texte se conclut par un appel à la paix et à la fin des souffrances.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1660
p. 173-206
LE VERLUISANT, L'ABEILLE, ET LE VER-A-SOYE. FABLE.
Début :
On ne voit point de si pestite Beste, [...]
Mots clefs :
Fable, Verluisant, Abeille, Amour, Nature, Musique, Rejet , Morale, Mariage, Ver
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE VERLUISANT, L'ABEILLE, ET LE VER-A-SOYE. FABLE.
LE VERLVISANT,
L'ABEILLE,
ET LE V E R-A-S O Y E.
FABLE.
On ne
voit point de si
-~ petite Beste, ;: ~S
Qui dans sa jeune,ou sa vieillefaison, I
Ne se mette l'amour, en
P' , ~i teste.i H
Et qui ne croye encor le
,' faire avecraison. A
Ce que je dis estveritable,
La preuve en est dans cette
table.
Sous le pied d'une Ruche
un certain Verluisant
Logeoit; & ce Logis estoit
assez plaisant.
Nostre bonne Mere NaLturc,
Soit à dessein, foit par hazard
* De ses faveurs au Vers ajvoit
fait bonne part.
Il
,
trouvoit. pour sa
*
nour- ~-xiture*i: ')
A quatre pas dequoy inan.
; geravec plaisïr '., - l*
Herbe seche
,
Herbe fraîche
, il n'avoit qu'à
choisir
S'il en vouloir faire pâture,
Tout alloit sélon son desir.
Mais helas ! du moment
--
f ..: :.
qu'on,aime ,'. -;:
A moins que ce ne soit par
un bonheur extrême,.r.
Il faut se réfoudreàiou ffrir.
L'Amour est unvray crou- :ble-£este,••
Des Hommes en ont pu
:., mourir; ; i Voyons comme ihtraita
une beste.
Dans la Ruche, lieu propre
& très- bien habité,
Entre plusieurs, logeoit
certaine jeune Abeille,
Dont lecoeur à l'amour estoit
assez porté.
Ce n'estoit pas grande merveille
A cette passion le Sexe fé.
,'r- minin
Est enclin,-
Autant & plus que ness le
masculin.
Ajoutez que le voisinage
Donnant les moyens de Ce
: voir
Matin <3e soit,
Insensiblement on s'engage.
Venons au Ver. Il avoic de
l'esprit
Il n'estoit rien de beau, ny
de bon, qu'il n'apprît>
Aussi jamais n'avoit on veu
Reprile
En belles qualitez aucanc
que iuy fertile.
il dançoit & chantoit fore
agréablement
;
Mais ce que l'on trouvoie
de rare,
Et dans un Ver qui l'est a£
surément,
C'estqu'iljoüoit dela Guitare
Panablemenr.
Enfin pour la galanterie
Il avoit un si beau talent,
Qu'en Prose cpmme en
,'. Poësie,,
Cestoit un Aucheur excellent.
Quvrage en Vers , Bitlejr*
& Lettre,
Le tout estant de sa façon,
On n'y trouvoit plus rien
-; n' • a mettre :
Et Voirureencomparaiso.ln,
<
Auroit auprès de luy passé
pour un Oyso1n.
Voila le Ver. Quant à
l'Abeille,
Et pour l'esprit, & pour le
corps,
De la Nature elle eut les
plus riches trésors.
Du Monde ellepassoit pour
huitième Merveille,
Ellejoüitdu Clavessin,
Elle avoir appris WMusi-j
v que, ;>
Parloit Italien, &-' mesme
un peuLatin.
Sa mémoire estoit angéli-
.que,-/
?
';!:-j
Aussi l'exerçoit-elle avec
juste raison.
Elle lisoit la Fable,elle lisoit
l'Histoire,
Elle lisoit, cela se peut-il
croire?
Jusques aux Livresde Blazon.
S'il faut parler de sa personne
,
Quoyqu'elle eust assez
- d'embonpoint,
Sa
-
mtaiillge nestooisngranndee &,
Et le bon air n'y manquoit
",. :',':' point. -.. ,-:
Au reste,c'écoituneBlonde,
Dont le teint blanc, frais,
,
& poly,
L'eust fait seul passer dans
le monde
Pour l'Objet le plus accomply.
Cependant malgré tous
ces charmes,
L'Histoire dit que nostre
Verluifant
Eust bravé son pouvoir, s'il
n'eust rendu les armes
Au regard tendre & languissant,
Dont ( quand il plaisoit à la
Dame) Le coeur le plus glacé se
sentoittouten flaâmmee..
C'est en vain qu'on voudroit
resister à l'Amour.
Tortoutard ,
quoyqu'on
fasse, ilest Maistre à son
- tour.
Ce petit Dieu
,
de toute :/i!:: chosè- En ce monde à son grédispcrfe.
L'Abeille est amoureuse,&
leVer amoureux,
Sans que cependant tous
les deux
De leur trou ble secret sçachent
d'abord la cause ;
Mais comme en eux ce
trouble est tous les jours
plus grand
,
L'un &l'autre bientostl'ap-
,
prend.
LeVerestenhumeur chagriné,
Quand il ne voit pas favoisine
;
Et del'Abeille lechagrin
C'est de ne point voirson Voisin.
Quesi quelque doux te steàteste
Se rencontre pour nos A- mans,
Ils ne font que trop voir
dans cesheureux momens
Que l'un de l'autre est la
conqueste.
En mille & mille occasions
Que leur donnoïclafoli-.
tude,
Sans soucy
,
sans inquiétude,
Satisfaisant leurs payions,,
Ils passerent deuxans dans
ce doux badinage.
Mais à la fin eslans surpris,
Il fallut que le Versortist
duvoisinage.
C'estoir le seul moyen- de
dissiperl'ombrage -
Que les Parens de l'Abeille
avoienc pris.
Tout d'un coup il plia bagage,
Et
Et crut àfranchement:par-
-
ler,
Qu'afin de fauter mieux,il alloitreculer.
C'estoitagir en Ver tressage;
Mais par malheur, le pau-
.< vreDiablealla
Pis que de CaribdeenSylla.
,
Comme il ne voyoit plus
qu'une fois la semaine,'.::
Encarincognito,toujours
mesmeavecpeiné,
L-'objetde ses tcadr£$rar mours. ; >
°,r-
Luy quipouvoit le voir autrefoistous
les jours 1
Par un revers en tel cas or-
A mesure qu'il futmoins Veu, -
,}
( Qui de l'Abeille l'auroit
A ) J. -
A mesure il cessa deplaire.
De plus, Dame Avarice
;-""Y" vint mettredusien,
Elle qui tous lesjours: de
etant de maux-c
Les Parens
-
del'Abeille .Lvoietbeaucoupde
Bien è]
Et ceux duGalant n'a-
-r-.r.l'Oi'yûticvnt•'ntn-jr,p ''L
Q(I tourau plus si peu de
chose
Que jen'ose
Là-dessus seulement sous-
Ecdevouloirlesaccoupler
Ec devouloir les accoupler,
Lecoup paroissoit impossible-
A l'Abeille on ditbien&
-
beau,:
(
Qu'ondoimeroit sur lemu-
-4 i
seau,
Si plusau Verluisanton la
:., :-Noÿoit fenCble;
Quenfin elle devoir avoir
Sur.sarichesse un autre esi,
poir,
Puisque leMielpouvoir làmettre
enl'alliance
Du plus riche Animal de
France. »'i I
Fy d'un Ver, disoit-on,qui
napour tout vaillant
Qu'une etincelle de brillant.
Or donc parheureuse.
rencontre,
A nostreVerluifantunjour
L'inconstante Abeille se
moncre. :,
Il luy parla d'abord de son
amour.
Elle recoure sans repondre.
Questce donc qui peut vous
confondre,
Luy dit ce Ver,luy-mesme
confondu
De ce qu'à ses propos elle
n'arépon d u?
Ay je quelque Rival à craindre
?
Non de cela, dit elle, il ne
fautpasvous plaindre; ',"
Si l'airfroid dont J'agis fait
vostre estonnement,
Je m'en vaisvous contersans feindre,
Ce qui causece changement.
Tous mes Parens
, ne vous
:
déplaiseT
SortiGensquisontfort à leur*
aise.
Et lesyoftrpjs3,mvm.vçuil
enseriezlefin,
N'ont pasun semblable destin.
Il est vrayquevous eKr
, (7
moychétive Abeille, >v--V
Nostrecondition si trouve ast
,
sezpareille.
Mais onnecomptepointsur
cettif-éXae. ; Dans laplupart des Maria.
ges ; Etce qui les fautchez les Sages,
Ce n'estquelaréalité --,
Ergo. Parmes
Biensseulsestantrecommandable,
Je dois fairechoixd' un Party
que vd.M Wtfâïfar
table*
Mes Parens à nos feux n'ont
jamaisconsenty.
Ainsicherchez une Maistresse
Quiveuille bien recevoiren
payement
V..ps douceurs& vopre ten- Ànjjf-:
Jy renonce, & dés ce moment
Jelésseavosdpftrfilibertétçttte
entiere
,
Dese donnerailleurscarriere.
L'Abetil^difp.arçi(t vkVer
au desespoir
A tout cela qu'eust-il pû
dire?
Si vous desurezJesçavoir,
Il est dans ceRondeau, vous
n'avez qu'à le lire.
Un tendre coeur fait tout
mon bien;
Et pour n'avoir que cesoustien;
Jeseraytoujoursmiserable;
Car dans ce temps abominable,
On regarde un Gueux comme
un Chien.
• Des amitiez le seul lien,
Argent
,
bel argent, cejl le
tien;
Etsanstoyl'onenvoyeau
-
,
Un.-:Dia£/e tendre coeur.
Tay mon sort, chacun à le
,::. ; :'
,
:-:, sien , Mais
Mais en est-ilcomme le mien?
En est-il d'aussu deplorable ?
Non,non,jesuisinconsolable,
Si l'Abeillecompte pour rien
Vn tendre coeur.
Pendant qu'ainsi nostre
Vermoralise,
L'Abeille sans s'en soucier,
Prend sonessorjusque sur
un Meurier,
Où si-tost qu'elle se suc
n1ise)
Ses yeux d'un ver-à foye
attaquent la franchise.
(Sur ces Arbres tousjours
,.
Ver-àsoye esterrant. )*
Ce Ver la voit, l'aborde,
& dit en son langage,
Aprés l'humble salut que
l'Abeille luy rend;
A veniren ces lieux quelsujet
vous engage?
Vous n'y trouverez point de Fleur,
? Mais en récompense mon cteu-Y
Vient s'offrir à vostre pillage.
Pour vous il est sans aucun
fiel,
Vous en pourriez faire du
Miel;
Belle Abeille,daignezleprendre.
Nostre Abeille sans plus attendre,
Aprés un regard des plus
doux,
Luy dit, Tout de bon, m'aimez-
vous ?
A peine encor m'avez - vous
veuë ;
Et cependant, sivous quittez
ces lieux;
Répond le Ver,vostreabsence
me tuë
, Je ne puis vivreesloigné de
vos jeux.
Je ne sçaurois aussi sans défiance
Croire , un amoursi prompt, si
plein de violence,
Repartl'Abeille au Ver.
; Mais en cas que demain
Vous yresserntieez pareille m.Lar-
Vousviendrez chez,moy me le
dire
y Et vous n'yvviaendirnez p.as en
jidtf'u, beau Ver,je me
retire.
..-"" r'
Quandl'Abeille esten sa
Maison
, .', Ellesonge à sonavanture,
Èt par leSiecle d'or en soymesme
elle jure
Qu'elle fera tres prompte
1
guérison
De la blessure
,
Qu'au coeur du Ver-à soye
ont fait ses doux appas,
Si l'Animal porte les pas
Le lendemain du costé de
la Ruc he.
Quoy,jiii-n-rûistt-igueuxde
Verluisant, Disoit elleenreste hiffanc>
Ilfl!tj¡OÚ rjM'r je fasseCrache.
Vivent mes nouvelles amours
Ah, quellejoye !
Jevais coulerle reste de mes
jours
Et dans le miel
, & dans la
soye.
Elle passa la nuit à raisonnerainsi;
Et des le grand marin elle
n'eut desoucy
Que de demeurer sur sa
Porte,
Croyant de moment en
moment
Qu'il faut que le bon vent
y porte
LebeauVer
,
son nouvel
-
Amant, Il en arriva d'autre sorte,
Pour elle c'estoit temps
perdu.
Son Ver-à soye étoit dodu,
Et marchoit lentement,suivy
de l'équipage
Qu'un Ver semblable à luy
méne à son Mariage.
Le Rendez-vous estoitun
Rendez-vous d'amour;
Mais pour faire un pareil
voyage, Au pesant Ver-à-soye ilfalloit
plus d'un jour.
Quoyqu'il en fust,voicyla
triste destinée
Qu'autour delaRuchetraînoit
Le pauvre Verluisant. Son
ame abandonnée
Au plus mortel chagrin
sans ccèe examinoit
Par où pouvoir adoucir
l'Inhumaine.
Sur Je feüil dela Ruche il
la surprit le soir.
Elle n'estoit pas là sans
doute pour le voir.
J\I*aure^-rusMpoint pitié, luy.
dit il, de ma peine?
Je vous aime tousjours, &..
vousnem'aimezplus
Ingrate, insensible , insidelle,
Que dites-vousune flâmesi
belle?
Messoûpirs si conjlansferont-
-
ilssuperstus?
Enfin, tout de bon, dois-je
croire
v
Que contre rno) vous soyezen
courroux,
Et que vous perdiez la mémoire
De tout ce que l'Amour m'a
faitfaire pour vous ?
Vil Animal
,
Infecte teméraire,
Qu'a'Vez vousfaitqu'envous
trompant
Répond l'Abeill3e, & que
pouviez vous faire ?
Ce que j'ayfait, dit le Ver
en rampant ? Je m'en vay vous l'apprendre,
Abeilie trop légere.
J'ay fait, nonsans de grands
travaux ,
Pour vous conter mes doleances
Messoins, mes soucis, mesfouf
frances, -
Tous les joursmille Vers nouveaux.
J'ayfait cent t7 cent Madrigaux
Sur la moindre de vos absences;
J'ay fait des Odes & des
Stances,
Chansons
,
Triolets, & Rondeaux.
J'ay fait pour vous des Epigrammes
)
Et mesme quelquesAnagrammes
y Le tout d'unstile pur & net.
Et s'il eust esté necessaire
, J'avoistelle ardeur de VOUA plaire,
Que jcujje esté jusqu'au Sonnet.
De tout cela je vous tiens
peu de compte,
Répond l'Abeille, & je
mourrois de honte,
Si javois de l'attachement
Pour un Amant
Dontleplussolide merite
Consiste en beaux discours; dés
mes plus jeunes ans
On m'offusquoit de cetEncens.
JaimeAujourd'huy celuy de la
Marmite.
Elle rentre en sa Ruche, en
disantce beau mot.
Aussi le Verluisantestoit-il
un grand sot,
D'oseraspireràla proye,
Que fuivanc les regles du
temps
Doit attraperle riche Verà
soye.
Qu'il soit donc sage à fcs
dépens,
Et secontente d'une Mouche
>
Qui n'aura comme luy,
que l'esprit & la bouc he,
Il passera par là pour un
Ver de bon sens.
,.J'ay prétendu qu'en cet- te Fable,
Pour que lque Amant peutéstre
Histoireverita ble,
Et les Filles, &les Garçons,
Trouveroient de bonnes
leçons.
Les unes sur l'obéïssance
Que rend l'Abeille aux
droits de la naissance,
Profiteront en la lisant;
Et les autres sujetsàl'aveugle
tendresse,
Quand ils voudront choisir
uneMaistresse,
Consulteront leVerluisant;
Il sçait dans l'amoureuse affaire
Comme est punile Temeraire.
L'ABEILLE,
ET LE V E R-A-S O Y E.
FABLE.
On ne
voit point de si
-~ petite Beste, ;: ~S
Qui dans sa jeune,ou sa vieillefaison, I
Ne se mette l'amour, en
P' , ~i teste.i H
Et qui ne croye encor le
,' faire avecraison. A
Ce que je dis estveritable,
La preuve en est dans cette
table.
Sous le pied d'une Ruche
un certain Verluisant
Logeoit; & ce Logis estoit
assez plaisant.
Nostre bonne Mere NaLturc,
Soit à dessein, foit par hazard
* De ses faveurs au Vers ajvoit
fait bonne part.
Il
,
trouvoit. pour sa
*
nour- ~-xiture*i: ')
A quatre pas dequoy inan.
; geravec plaisïr '., - l*
Herbe seche
,
Herbe fraîche
, il n'avoit qu'à
choisir
S'il en vouloir faire pâture,
Tout alloit sélon son desir.
Mais helas ! du moment
--
f ..: :.
qu'on,aime ,'. -;:
A moins que ce ne soit par
un bonheur extrême,.r.
Il faut se réfoudreàiou ffrir.
L'Amour est unvray crou- :ble-£este,••
Des Hommes en ont pu
:., mourir; ; i Voyons comme ihtraita
une beste.
Dans la Ruche, lieu propre
& très- bien habité,
Entre plusieurs, logeoit
certaine jeune Abeille,
Dont lecoeur à l'amour estoit
assez porté.
Ce n'estoit pas grande merveille
A cette passion le Sexe fé.
,'r- minin
Est enclin,-
Autant & plus que ness le
masculin.
Ajoutez que le voisinage
Donnant les moyens de Ce
: voir
Matin <3e soit,
Insensiblement on s'engage.
Venons au Ver. Il avoic de
l'esprit
Il n'estoit rien de beau, ny
de bon, qu'il n'apprît>
Aussi jamais n'avoit on veu
Reprile
En belles qualitez aucanc
que iuy fertile.
il dançoit & chantoit fore
agréablement
;
Mais ce que l'on trouvoie
de rare,
Et dans un Ver qui l'est a£
surément,
C'estqu'iljoüoit dela Guitare
Panablemenr.
Enfin pour la galanterie
Il avoit un si beau talent,
Qu'en Prose cpmme en
,'. Poësie,,
Cestoit un Aucheur excellent.
Quvrage en Vers , Bitlejr*
& Lettre,
Le tout estant de sa façon,
On n'y trouvoit plus rien
-; n' • a mettre :
Et Voirureencomparaiso.ln,
<
Auroit auprès de luy passé
pour un Oyso1n.
Voila le Ver. Quant à
l'Abeille,
Et pour l'esprit, & pour le
corps,
De la Nature elle eut les
plus riches trésors.
Du Monde ellepassoit pour
huitième Merveille,
Ellejoüitdu Clavessin,
Elle avoir appris WMusi-j
v que, ;>
Parloit Italien, &-' mesme
un peuLatin.
Sa mémoire estoit angéli-
.que,-/
?
';!:-j
Aussi l'exerçoit-elle avec
juste raison.
Elle lisoit la Fable,elle lisoit
l'Histoire,
Elle lisoit, cela se peut-il
croire?
Jusques aux Livresde Blazon.
S'il faut parler de sa personne
,
Quoyqu'elle eust assez
- d'embonpoint,
Sa
-
mtaiillge nestooisngranndee &,
Et le bon air n'y manquoit
",. :',':' point. -.. ,-:
Au reste,c'écoituneBlonde,
Dont le teint blanc, frais,
,
& poly,
L'eust fait seul passer dans
le monde
Pour l'Objet le plus accomply.
Cependant malgré tous
ces charmes,
L'Histoire dit que nostre
Verluifant
Eust bravé son pouvoir, s'il
n'eust rendu les armes
Au regard tendre & languissant,
Dont ( quand il plaisoit à la
Dame) Le coeur le plus glacé se
sentoittouten flaâmmee..
C'est en vain qu'on voudroit
resister à l'Amour.
Tortoutard ,
quoyqu'on
fasse, ilest Maistre à son
- tour.
Ce petit Dieu
,
de toute :/i!:: chosè- En ce monde à son grédispcrfe.
L'Abeille est amoureuse,&
leVer amoureux,
Sans que cependant tous
les deux
De leur trou ble secret sçachent
d'abord la cause ;
Mais comme en eux ce
trouble est tous les jours
plus grand
,
L'un &l'autre bientostl'ap-
,
prend.
LeVerestenhumeur chagriné,
Quand il ne voit pas favoisine
;
Et del'Abeille lechagrin
C'est de ne point voirson Voisin.
Quesi quelque doux te steàteste
Se rencontre pour nos A- mans,
Ils ne font que trop voir
dans cesheureux momens
Que l'un de l'autre est la
conqueste.
En mille & mille occasions
Que leur donnoïclafoli-.
tude,
Sans soucy
,
sans inquiétude,
Satisfaisant leurs payions,,
Ils passerent deuxans dans
ce doux badinage.
Mais à la fin eslans surpris,
Il fallut que le Versortist
duvoisinage.
C'estoir le seul moyen- de
dissiperl'ombrage -
Que les Parens de l'Abeille
avoienc pris.
Tout d'un coup il plia bagage,
Et
Et crut àfranchement:par-
-
ler,
Qu'afin de fauter mieux,il alloitreculer.
C'estoitagir en Ver tressage;
Mais par malheur, le pau-
.< vreDiablealla
Pis que de CaribdeenSylla.
,
Comme il ne voyoit plus
qu'une fois la semaine,'.::
Encarincognito,toujours
mesmeavecpeiné,
L-'objetde ses tcadr£$rar mours. ; >
°,r-
Luy quipouvoit le voir autrefoistous
les jours 1
Par un revers en tel cas or-
A mesure qu'il futmoins Veu, -
,}
( Qui de l'Abeille l'auroit
A ) J. -
A mesure il cessa deplaire.
De plus, Dame Avarice
;-""Y" vint mettredusien,
Elle qui tous lesjours: de
etant de maux-c
Les Parens
-
del'Abeille .Lvoietbeaucoupde
Bien è]
Et ceux duGalant n'a-
-r-.r.l'Oi'yûticvnt•'ntn-jr,p ''L
Q(I tourau plus si peu de
chose
Que jen'ose
Là-dessus seulement sous-
Ecdevouloirlesaccoupler
Ec devouloir les accoupler,
Lecoup paroissoit impossible-
A l'Abeille on ditbien&
-
beau,:
(
Qu'ondoimeroit sur lemu-
-4 i
seau,
Si plusau Verluisanton la
:., :-Noÿoit fenCble;
Quenfin elle devoir avoir
Sur.sarichesse un autre esi,
poir,
Puisque leMielpouvoir làmettre
enl'alliance
Du plus riche Animal de
France. »'i I
Fy d'un Ver, disoit-on,qui
napour tout vaillant
Qu'une etincelle de brillant.
Or donc parheureuse.
rencontre,
A nostreVerluifantunjour
L'inconstante Abeille se
moncre. :,
Il luy parla d'abord de son
amour.
Elle recoure sans repondre.
Questce donc qui peut vous
confondre,
Luy dit ce Ver,luy-mesme
confondu
De ce qu'à ses propos elle
n'arépon d u?
Ay je quelque Rival à craindre
?
Non de cela, dit elle, il ne
fautpasvous plaindre; ',"
Si l'airfroid dont J'agis fait
vostre estonnement,
Je m'en vaisvous contersans feindre,
Ce qui causece changement.
Tous mes Parens
, ne vous
:
déplaiseT
SortiGensquisontfort à leur*
aise.
Et lesyoftrpjs3,mvm.vçuil
enseriezlefin,
N'ont pasun semblable destin.
Il est vrayquevous eKr
, (7
moychétive Abeille, >v--V
Nostrecondition si trouve ast
,
sezpareille.
Mais onnecomptepointsur
cettif-éXae. ; Dans laplupart des Maria.
ges ; Etce qui les fautchez les Sages,
Ce n'estquelaréalité --,
Ergo. Parmes
Biensseulsestantrecommandable,
Je dois fairechoixd' un Party
que vd.M Wtfâïfar
table*
Mes Parens à nos feux n'ont
jamaisconsenty.
Ainsicherchez une Maistresse
Quiveuille bien recevoiren
payement
V..ps douceurs& vopre ten- Ànjjf-:
Jy renonce, & dés ce moment
Jelésseavosdpftrfilibertétçttte
entiere
,
Dese donnerailleurscarriere.
L'Abetil^difp.arçi(t vkVer
au desespoir
A tout cela qu'eust-il pû
dire?
Si vous desurezJesçavoir,
Il est dans ceRondeau, vous
n'avez qu'à le lire.
Un tendre coeur fait tout
mon bien;
Et pour n'avoir que cesoustien;
Jeseraytoujoursmiserable;
Car dans ce temps abominable,
On regarde un Gueux comme
un Chien.
• Des amitiez le seul lien,
Argent
,
bel argent, cejl le
tien;
Etsanstoyl'onenvoyeau
-
,
Un.-:Dia£/e tendre coeur.
Tay mon sort, chacun à le
,::. ; :'
,
:-:, sien , Mais
Mais en est-ilcomme le mien?
En est-il d'aussu deplorable ?
Non,non,jesuisinconsolable,
Si l'Abeillecompte pour rien
Vn tendre coeur.
Pendant qu'ainsi nostre
Vermoralise,
L'Abeille sans s'en soucier,
Prend sonessorjusque sur
un Meurier,
Où si-tost qu'elle se suc
n1ise)
Ses yeux d'un ver-à foye
attaquent la franchise.
(Sur ces Arbres tousjours
,.
Ver-àsoye esterrant. )*
Ce Ver la voit, l'aborde,
& dit en son langage,
Aprés l'humble salut que
l'Abeille luy rend;
A veniren ces lieux quelsujet
vous engage?
Vous n'y trouverez point de Fleur,
? Mais en récompense mon cteu-Y
Vient s'offrir à vostre pillage.
Pour vous il est sans aucun
fiel,
Vous en pourriez faire du
Miel;
Belle Abeille,daignezleprendre.
Nostre Abeille sans plus attendre,
Aprés un regard des plus
doux,
Luy dit, Tout de bon, m'aimez-
vous ?
A peine encor m'avez - vous
veuë ;
Et cependant, sivous quittez
ces lieux;
Répond le Ver,vostreabsence
me tuë
, Je ne puis vivreesloigné de
vos jeux.
Je ne sçaurois aussi sans défiance
Croire , un amoursi prompt, si
plein de violence,
Repartl'Abeille au Ver.
; Mais en cas que demain
Vous yresserntieez pareille m.Lar-
Vousviendrez chez,moy me le
dire
y Et vous n'yvviaendirnez p.as en
jidtf'u, beau Ver,je me
retire.
..-"" r'
Quandl'Abeille esten sa
Maison
, .', Ellesonge à sonavanture,
Èt par leSiecle d'or en soymesme
elle jure
Qu'elle fera tres prompte
1
guérison
De la blessure
,
Qu'au coeur du Ver-à soye
ont fait ses doux appas,
Si l'Animal porte les pas
Le lendemain du costé de
la Ruc he.
Quoy,jiii-n-rûistt-igueuxde
Verluisant, Disoit elleenreste hiffanc>
Ilfl!tj¡OÚ rjM'r je fasseCrache.
Vivent mes nouvelles amours
Ah, quellejoye !
Jevais coulerle reste de mes
jours
Et dans le miel
, & dans la
soye.
Elle passa la nuit à raisonnerainsi;
Et des le grand marin elle
n'eut desoucy
Que de demeurer sur sa
Porte,
Croyant de moment en
moment
Qu'il faut que le bon vent
y porte
LebeauVer
,
son nouvel
-
Amant, Il en arriva d'autre sorte,
Pour elle c'estoit temps
perdu.
Son Ver-à soye étoit dodu,
Et marchoit lentement,suivy
de l'équipage
Qu'un Ver semblable à luy
méne à son Mariage.
Le Rendez-vous estoitun
Rendez-vous d'amour;
Mais pour faire un pareil
voyage, Au pesant Ver-à-soye ilfalloit
plus d'un jour.
Quoyqu'il en fust,voicyla
triste destinée
Qu'autour delaRuchetraînoit
Le pauvre Verluisant. Son
ame abandonnée
Au plus mortel chagrin
sans ccèe examinoit
Par où pouvoir adoucir
l'Inhumaine.
Sur Je feüil dela Ruche il
la surprit le soir.
Elle n'estoit pas là sans
doute pour le voir.
J\I*aure^-rusMpoint pitié, luy.
dit il, de ma peine?
Je vous aime tousjours, &..
vousnem'aimezplus
Ingrate, insensible , insidelle,
Que dites-vousune flâmesi
belle?
Messoûpirs si conjlansferont-
-
ilssuperstus?
Enfin, tout de bon, dois-je
croire
v
Que contre rno) vous soyezen
courroux,
Et que vous perdiez la mémoire
De tout ce que l'Amour m'a
faitfaire pour vous ?
Vil Animal
,
Infecte teméraire,
Qu'a'Vez vousfaitqu'envous
trompant
Répond l'Abeill3e, & que
pouviez vous faire ?
Ce que j'ayfait, dit le Ver
en rampant ? Je m'en vay vous l'apprendre,
Abeilie trop légere.
J'ay fait, nonsans de grands
travaux ,
Pour vous conter mes doleances
Messoins, mes soucis, mesfouf
frances, -
Tous les joursmille Vers nouveaux.
J'ayfait cent t7 cent Madrigaux
Sur la moindre de vos absences;
J'ay fait des Odes & des
Stances,
Chansons
,
Triolets, & Rondeaux.
J'ay fait pour vous des Epigrammes
)
Et mesme quelquesAnagrammes
y Le tout d'unstile pur & net.
Et s'il eust esté necessaire
, J'avoistelle ardeur de VOUA plaire,
Que jcujje esté jusqu'au Sonnet.
De tout cela je vous tiens
peu de compte,
Répond l'Abeille, & je
mourrois de honte,
Si javois de l'attachement
Pour un Amant
Dontleplussolide merite
Consiste en beaux discours; dés
mes plus jeunes ans
On m'offusquoit de cetEncens.
JaimeAujourd'huy celuy de la
Marmite.
Elle rentre en sa Ruche, en
disantce beau mot.
Aussi le Verluisantestoit-il
un grand sot,
D'oseraspireràla proye,
Que fuivanc les regles du
temps
Doit attraperle riche Verà
soye.
Qu'il soit donc sage à fcs
dépens,
Et secontente d'une Mouche
>
Qui n'aura comme luy,
que l'esprit & la bouc he,
Il passera par là pour un
Ver de bon sens.
,.J'ay prétendu qu'en cet- te Fable,
Pour que lque Amant peutéstre
Histoireverita ble,
Et les Filles, &les Garçons,
Trouveroient de bonnes
leçons.
Les unes sur l'obéïssance
Que rend l'Abeille aux
droits de la naissance,
Profiteront en la lisant;
Et les autres sujetsàl'aveugle
tendresse,
Quand ils voudront choisir
uneMaistresse,
Consulteront leVerluisant;
Il sçait dans l'amoureuse affaire
Comme est punile Temeraire.
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Résumé : LE VERLUISANT, L'ABEILLE, ET LE VER-A-SOYE. FABLE.
La fable 'Le Verluisant, l'Abeille, et le Ver-à-soye' raconte l'histoire d'un ver nommé Verluisant, qui vit sous une ruche et bénéficie des faveurs de la nature pour sa nourriture. Cependant, Verluisant est tourmenté par l'amour et tombe amoureux d'une abeille habitant la ruche. Cette abeille est décrite comme ayant de nombreux talents et qualités, mais elle ne répond pas aux avances de Verluisant. L'abeille, bien que charmée par les talents de Verluisant, finit par le repousser en raison de sa condition sociale inférieure. Elle rencontre ensuite un ver-à-soye, qui lui déclare son amour. Après une nuit de réflexion, l'abeille décide de se rendre au rendez-vous avec le ver-à-soye, laissant Verluisant dans le désespoir. Verluisant, désespéré, tente de comprendre pourquoi l'abeille l'a rejeté. Il lui rappelle tous les efforts qu'il a faits pour elle, mais l'abeille reste insensible à ses discours. Elle lui avoue préférer un amant plus riche et plus solide, comme le ver-à-soye. Verluisant est alors qualifié de sot pour avoir osé aspirer à l'abeille, et on lui conseille de se contenter d'une mouche. La fable se conclut par une morale destinée aux jeunes amants, leur apprenant à respecter les droits de la naissance et à éviter la témérité en matière d'amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1661
p. 26-29
Parodie de la premiere Enigme, dont le mot est le Soufflet.
Début :
En agitant une de mes oreilles [...]
Mots clefs :
Soufflet, Oreilles, Vent, Feu, Bourreau, Querelle, Orgue, Église, Saint-Eustache
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de la premiere Enigme, dont le mot est le Soufflet.
Parodie de la premiere
Enigme, dont le mot
, est le Soufflet.
En agitant une de mes
oreilles
Soufflet contre le chaud
pourroitfaire mer- veilles. '-'
Souffletsaudos,aunez,
sous levent,àcôté,
Pourroient rafraîchir en
1 été.
Contre lefroid ji-fûts.
utile aussi.
Soufflant le feu vous
l'entendez ainct.
D'unfléau des humains
je donne en racourci
Uneidéeairelle.-
Levent
Des mers c'est le bour- -
reau. Et ce qui de mon nom s'appelle,
Le faufilée sur la jouë a
causémaintquerelle,
r:4..maint brave a causé
la mort.
Si dans certain métal je
fais unjuste effort,
GVft soufflet d'orgue,
ou jeme trompe fort,
C'est quelquefois pour
joüerpiece tri
A Nôtre- Dame de
Liesse
AsaintEujtach,e,àfaint
Gervais':J
Et Dieu sçait le bruit
que j'yfais.
Enigme, dont le mot
, est le Soufflet.
En agitant une de mes
oreilles
Soufflet contre le chaud
pourroitfaire mer- veilles. '-'
Souffletsaudos,aunez,
sous levent,àcôté,
Pourroient rafraîchir en
1 été.
Contre lefroid ji-fûts.
utile aussi.
Soufflant le feu vous
l'entendez ainct.
D'unfléau des humains
je donne en racourci
Uneidéeairelle.-
Levent
Des mers c'est le bour- -
reau. Et ce qui de mon nom s'appelle,
Le faufilée sur la jouë a
causémaintquerelle,
r:4..maint brave a causé
la mort.
Si dans certain métal je
fais unjuste effort,
GVft soufflet d'orgue,
ou jeme trompe fort,
C'est quelquefois pour
joüerpiece tri
A Nôtre- Dame de
Liesse
AsaintEujtach,e,àfaint
Gervais':J
Et Dieu sçait le bruit
que j'yfais.
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Résumé : Parodie de la premiere Enigme, dont le mot est le Soufflet.
Le texte explore diverses utilisations et métaphores du mot 'soufflet'. Il est décrit comme utile pour rafraîchir en été, lutter contre le froid et agiter une oreille. Associé au vent, le soufflet est aussi lié à des querelles et des morts. Le soufflet d'orgue, utilisé dans des églises, produit un bruit notable.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1662
p. 29-31
Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est la Mouchette.
Début :
Dans une espece de cercüeil, [...]
Mots clefs :
Mouchette, Cercueil, Obscurité, Pince, Morsure, Noirceur , Bras
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est la Mouchette.
Parodie de la seconde
Enigme, dont le mot
est la Mouchette.
Dans une espece de cercüeil
Porte-mouch,ette peut
être agreable à l'oeil,
Je suis leplus (owvent
couchée:
ildais lorsque j'en suis
détachée,
Mes bras croisez en s'é~
tendant,
Et tôt aprés en siJoignant,
A lobscurité font la
guerre. Je pince je mors oje
serre.
Etquoique la mouchette
étreigne en badinant,
Sa morsureennoirceur
se tourne incontinent.
Enigme, dont le mot
est la Mouchette.
Dans une espece de cercüeil
Porte-mouch,ette peut
être agreable à l'oeil,
Je suis leplus (owvent
couchée:
ildais lorsque j'en suis
détachée,
Mes bras croisez en s'é~
tendant,
Et tôt aprés en siJoignant,
A lobscurité font la
guerre. Je pince je mors oje
serre.
Etquoique la mouchette
étreigne en badinant,
Sa morsureennoirceur
se tourne incontinent.
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1663
p. 31-33
ENIGME.
Début :
J'ai la couleur d'un diable, oeil de feu, front cornu, [...]
Mots clefs :
Mouche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
J'ai la couleur d'un diahIe"
oeil defeu,front
connu,
Piedgriffé, corps velu,
Je trouble le Jommeil
je blesse la pensée
Par .) moy comme le corps
l'ame étant offensée,
- Tel qui porte mon nom
venditmainteforçat,
Etfait trembler le Jet*
lerat.
Telle portant mon nom prend le , nom d'assasfine.
J'assassineparfoislorsque
je me inuttne;
Je bois parfois en trahison
Quand un fer m'ouvre
ma prison:
Là je fais mal sans en
avoirl'envie;
Là cependant je perds
la vie.
J'habite parfois les fovêts
Commefirentjadis Philosophes
abstraits,
Et là je me construis
une caverne
sombre Où meditant ,à l'ombre,
Je fais des ouvrages divins
Pour illuminer les humains.
J'ai la couleur d'un diahIe"
oeil defeu,front
connu,
Piedgriffé, corps velu,
Je trouble le Jommeil
je blesse la pensée
Par .) moy comme le corps
l'ame étant offensée,
- Tel qui porte mon nom
venditmainteforçat,
Etfait trembler le Jet*
lerat.
Telle portant mon nom prend le , nom d'assasfine.
J'assassineparfoislorsque
je me inuttne;
Je bois parfois en trahison
Quand un fer m'ouvre
ma prison:
Là je fais mal sans en
avoirl'envie;
Là cependant je perds
la vie.
J'habite parfois les fovêts
Commefirentjadis Philosophes
abstraits,
Et là je me construis
une caverne
sombre Où meditant ,à l'ombre,
Je fais des ouvrages divins
Pour illuminer les humains.
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1664
p. 34-37
Autre Enigme.
Début :
Au fond d'un bois j'ai pris mon origine ; [...]
Mots clefs :
Nappe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Autre Enigme.
Autre Enigme.
Au fondd'un bois j'ai
prismonorigine5
Gens groeiers d"efprit f5
demine
Entre deux bois encore
ont travaillésur
moy
Pour lesujet &pour le
Roy.
Claire comme un miroir,
l'eau claire, trans
parente
M'embelit f5 me repre-
Jefaisplsaeinsteir.
métenqsua;nd je
Chez,les mortelsje porte
en même temps
L'argent, l'aliment, la
lumiere,
Et tout ce qui conduit
maint homme dans
la biere,
Et le glaive fatal aux
morts
Quisoüillent quelquefois
mesbords:
Mais le rivage mejt
propice
-, Où la femelle, au lieu
d'y pêcherl'écreru/
ce
3 Chante parfois en m'assommant
de coups,
Et parfois devant mbj
s'incline à deux
genoux,
Puis me portant dans
sa taniere,
Me donne forme à sa
maniéré.
&un scelerat mourant
fai souvent le
dessinj
jivec lesmains on me
farde le tein Puis , me courbant sur
moyl'on me redresse
ensuite.
jifîeZ; pour deviner où
l'on me met enfin
La gent dervineresse à
presentest instruite.
Au fondd'un bois j'ai
prismonorigine5
Gens groeiers d"efprit f5
demine
Entre deux bois encore
ont travaillésur
moy
Pour lesujet &pour le
Roy.
Claire comme un miroir,
l'eau claire, trans
parente
M'embelit f5 me repre-
Jefaisplsaeinsteir.
métenqsua;nd je
Chez,les mortelsje porte
en même temps
L'argent, l'aliment, la
lumiere,
Et tout ce qui conduit
maint homme dans
la biere,
Et le glaive fatal aux
morts
Quisoüillent quelquefois
mesbords:
Mais le rivage mejt
propice
-, Où la femelle, au lieu
d'y pêcherl'écreru/
ce
3 Chante parfois en m'assommant
de coups,
Et parfois devant mbj
s'incline à deux
genoux,
Puis me portant dans
sa taniere,
Me donne forme à sa
maniéré.
&un scelerat mourant
fai souvent le
dessinj
jivec lesmains on me
farde le tein Puis , me courbant sur
moyl'on me redresse
ensuite.
jifîeZ; pour deviner où
l'on me met enfin
La gent dervineresse à
presentest instruite.
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1665
p. 38-48
PARAPHRASE d'un fragment de Poësies Greques.
Début :
Par-delà le fleuve fatal [...]
Mots clefs :
Paraphrase, Fleuve fatal, Ombres, Forêt, Amours, Punition, Amants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PARAPHRASE d'un fragment de Poësies Greques.
PARAPHRASE
d'un fragment de
Poësies GL" reques.
PAr-dela le lfeuvefatal
Qui porte les mortssur (ononde,
Etqui roulesonnoircristal
Dans lesplaines de l'autremonde
;
Dans une forêt de cyprès
Sont des routes froides
&sombres,
Faites parla nature exprés
Pour la promenade des
ombres.
Là,malgrélarigueurdu
fort9
Les plus vieux rajeunis
vontse conterfleurettes
Et font revivre après
leurmort
Leurs amours é5leurs
amourettes.
Arrirvé dans ce basJejour
Comme vivan,t j'eus le
coeur tendre
yif resolus d'abordj d'apprendre
Commentonyfaisoitl'amour.
J'allai dans cette forêt
rJo.mbre,,-' Douce
Douce retraite des amans,
Et j'en apperçus un
grand nombre
Quipoussoient les beaux
sentimens.
Les uns gaischantoient
leurs maitresses,
Les autres étoient aux
abois
Llûprés de leurssires ti-
* greffes,
Et mouroient encore une
fois*
-
V:.
Là desbeuteztristes
eS pales
^Maudissant leurs feux
'violens y
Murmuroietcontre leurs
galans,
Et médifoient de leurs
rivales.
Parmi tant d'objets a-.
moureux
¡le. vis uneaviedesolées
Elle s'arrachait les cheveux
Dans lefonddl'unesomy
breallée.
Mille soûpirs qu'elle
pouBoit
Montroient quelle étoit
amoureuse :
CSepeondanit telle parois Aussi belle
que malheu-
Tout le monde diJàit!
Voila
Cette ame triste eS miferalrle
Etquoyqu'ellefût fort
aimable,
Tout le monde la lais
(bit là.
Ombre pleureuse ombre
crieuse,
M-êlas!lui dis-je en l'ac- costant,
Ametragique&declameuse
,
Qu'est-ce qui te tour*
mente tant ?
Chezlesmortssans ccremonte
On se parle ainsi brus
quement, Et l'on renonce au compliment
Désque l'onfortdecette
vie.
Qui que tusois, dit-elle,
helas!
Tu vois une ame malheureuse
, Furieusement amoureue-,,
Et quin'aime que des
ingrats.
Dtanos il'asutre monde j'é- belle
Maisrien , ne pouvoit
me touchera
J'étois fiere
, fétois
cruelle.,
Et fayots un coeur de
rocher.
Jétois pesse j'étois rieufe3
.-. Je traitois f!:J bruns fM
blondtns,
D'impcrtinens& de badins
Et je faisois, la précieusi.
Je rendois leursort dé-
-
plorable
Lors qu'ilsJe rangeoient
sousmaloy, ":
Et dés qu'ils Se don- -noient à moy
Je les donnais d'abord
< au diable.
C'étoit en vainquiU
senjlamozent.
Maintenant les Dieux
me punissent ; Je haïssois ceux qui mai*
moient,
Et j'aime ceux qui me
haissent.
Envain je Soûpire es
je gronde;
Les destins le veulent
ainsi,
Les prudes de ce premier
monde
Sontlesfollesde celui-ci,
d'un fragment de
Poësies GL" reques.
PAr-dela le lfeuvefatal
Qui porte les mortssur (ononde,
Etqui roulesonnoircristal
Dans lesplaines de l'autremonde
;
Dans une forêt de cyprès
Sont des routes froides
&sombres,
Faites parla nature exprés
Pour la promenade des
ombres.
Là,malgrélarigueurdu
fort9
Les plus vieux rajeunis
vontse conterfleurettes
Et font revivre après
leurmort
Leurs amours é5leurs
amourettes.
Arrirvé dans ce basJejour
Comme vivan,t j'eus le
coeur tendre
yif resolus d'abordj d'apprendre
Commentonyfaisoitl'amour.
J'allai dans cette forêt
rJo.mbre,,-' Douce
Douce retraite des amans,
Et j'en apperçus un
grand nombre
Quipoussoient les beaux
sentimens.
Les uns gaischantoient
leurs maitresses,
Les autres étoient aux
abois
Llûprés de leurssires ti-
* greffes,
Et mouroient encore une
fois*
-
V:.
Là desbeuteztristes
eS pales
^Maudissant leurs feux
'violens y
Murmuroietcontre leurs
galans,
Et médifoient de leurs
rivales.
Parmi tant d'objets a-.
moureux
¡le. vis uneaviedesolées
Elle s'arrachait les cheveux
Dans lefonddl'unesomy
breallée.
Mille soûpirs qu'elle
pouBoit
Montroient quelle étoit
amoureuse :
CSepeondanit telle parois Aussi belle
que malheu-
Tout le monde diJàit!
Voila
Cette ame triste eS miferalrle
Etquoyqu'ellefût fort
aimable,
Tout le monde la lais
(bit là.
Ombre pleureuse ombre
crieuse,
M-êlas!lui dis-je en l'ac- costant,
Ametragique&declameuse
,
Qu'est-ce qui te tour*
mente tant ?
Chezlesmortssans ccremonte
On se parle ainsi brus
quement, Et l'on renonce au compliment
Désque l'onfortdecette
vie.
Qui que tusois, dit-elle,
helas!
Tu vois une ame malheureuse
, Furieusement amoureue-,,
Et quin'aime que des
ingrats.
Dtanos il'asutre monde j'é- belle
Maisrien , ne pouvoit
me touchera
J'étois fiere
, fétois
cruelle.,
Et fayots un coeur de
rocher.
Jétois pesse j'étois rieufe3
.-. Je traitois f!:J bruns fM
blondtns,
D'impcrtinens& de badins
Et je faisois, la précieusi.
Je rendois leursort dé-
-
plorable
Lors qu'ilsJe rangeoient
sousmaloy, ":
Et dés qu'ils Se don- -noient à moy
Je les donnais d'abord
< au diable.
C'étoit en vainquiU
senjlamozent.
Maintenant les Dieux
me punissent ; Je haïssois ceux qui mai*
moient,
Et j'aime ceux qui me
haissent.
Envain je Soûpire es
je gronde;
Les destins le veulent
ainsi,
Les prudes de ce premier
monde
Sontlesfollesde celui-ci,
Fermer
Résumé : PARAPHRASE d'un fragment de Poësies Greques.
Le texte décrit un au-delà où les âmes des défunts se promènent et expriment leurs sentiments amoureux. Au-delà d'un fleuve fatal, dans une forêt de cyprès, les âmes rajeunies racontent leurs amours passées. Le narrateur observe divers couples : certains chantent leurs maîtresses, d'autres souffrent de passions non partagées. Une femme désolée attire son attention. Belle mais malheureuse, elle aime des ingrats. Elle révèle qu'elle était autrefois fière et cruelle, traitant mal ceux qui l'aimaient. Maintenant, elle est punie par les dieux, aimant ceux qui la haïssent. Les prudes de ce monde deviennent les folles de l'au-delà.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1666
p. 50-92
Erudition sur le vin.
Début :
Que le vin soit l'appas le plus doux de la vie, [...]
Mots clefs :
Vin, Chagrin, Esprit, Courage, Joie, Amour, Santé, Médecine, Compagnon, Festivités, Société, Divinité, Poésie, Guerre, Alcool, Humeur, Vieillesse, Guérison, Mélancolie, Nature
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Erudition sur le vin.
Eruditionsur le vin.
Que le vin soit l'appas
leplusdouxdela vie,1
Qa'il^ bannisse l'ennui,
dissipe le chagrin,
2,
3 Enchante les esprits,
charme le coeur ,;
humain,
Enlevé tous les sens,rende
l'ameravie;
Qu'il fournisse au bûveur
du coeur & de
Feipric, 4
1.
1 Non ejl vivere jfed
valerevita. Martial.
2. Date vinum his qui
amarosuntanimo. Prov.
c. 31.
3 Ex bonovinoplusquam
ex alio quocumque
potu generantur e5 multiplicanturspiritus
fenues.
Avicen.
4 Ingenium acuit.Scola
Saler. '-
Qu'il épanche l'odeur du
plusfin ambre-gris, 5
6 Qu'il inspire la joye,
augmente le courage,
7.
Qu'il deride le front des
Catons de nôtre
âge, 8
Qu'il soit de tous les
5 Vinum priusquam
degustetur quintâ parte
suinectarisprocessus mamillares
jam imbuit.
Tl"uf Rem.
6 Vinum e5 musica
latificant cor hominis-
Eccl. 40.
7; Vina parant anitnos.
Ovid. Add;, cornua
pauperi. Horat.
8 Narratur e5 prisci
Catonis sæpe mero caluissevirtus.
Idem.
dons que Dieu fait
aux mortels
Leplusprecieux, leplus
digne 9
Que par une faveur in-
.,
signe
Il destine pour les autels:
C'cft une verité que la
Sagessemême.
Nous a laissée empreinte
en ses divins écrits.
Un homme de bon sens ,
de bon goût&d'esprit
9 Natura nihilquicquam
eJito penu largita
est præstantius vino.
Gunter. Hyg. p. 76.
Peut-il ia recevoir comme
un nouveau problême?
C'est nier de sens froid
un principearrêté
10
Par les graves Auteurs
de la Latinité,
Comme de la sçavante
Grece.
C'est l'aimable lien de
la societé, Il
Charmantauteurdel'allegresse
;
Il fournit les bons mots,
10 Ire contra omnes in*
sanire est.
11 Non habet amaritudinemconversatio
illius,
nec tædium cowviitus illius,
sed lætitiam (S?gaule
sel, l'urbanité;
C'est le grand sceau des
mariages,
C'efl l'ame des fefiins..
des bals, des comperages,
12
L'ennemi du divorce &
des divisions,
L'arc-boutant des reünions;
Agreable tyran, puissant
moteur de l'ame,
Qui d'un vieillard usé
, sçait ranimer la
flame. ri
dium. Sap.c.8.
12Revera voluptas
mensarum atque delitiæ
semper habitus estvini
potus , ex cujus suavitate
convivii festivitas
omnis Qf elegantiavenit
æstimanda. Gunter.
15 Vino sublato non
Voulez-vous dissiper ces
rigoureux ennuis
Qui vous obsedent jour
&nuit,
Et mettre fin à vos disgraces,
14
Bûvez du vin à pleines
tasses.
Infortuné client, qui
crains que ce procés
Ne te fasse dans peu tonv
ber en decadence,
D'un vin delicieux tâte
sans faire exees, is
fjl tpenUi. Eurip.
14 Dissipatcujuscuras
edales. Horat. FiniþJ.
re memento tristitiam
molli mero. Idem.
IS Hute calix tnul;
Et laisse agir la Providence
Sur le bon ou mauvais
succés.
Languissante beauté
J
- donc l'humeur hif-
-, terique,
indigeûe,mélancolique16
Agice un petit corps a
chaque lunaison,
Laissez poudre ,.eau ,bolus
& sel diureyrvôusprdnrets-
d^Vin
impingendus est, utplorare
desinat. Cic. Tusc.
3.
16 Vis vinipræcipua
ad crassos humores
,
ad
obstructiones,ad morbos
frigidos
, ac diuturnos
ad , quæ quovis syrupo
vel medicato liquore præftantius.
Fernel. Meentiere
guerison;
Contre les douleurs de
colique,
D'un rhumatisme affreux
ou goutte sciatiq
ue,
Il vaut mieux que les
eauxnid'Aix ni de
Bourbon:
Car pour brifer l'acide il
est seur,il est bon.
Un vin leger & vifvainc
la douleur cruelle 17
Du calcul & de la gravelle;
thod.
thod. lib. 4. c. 11.
-
17 Tenuenjinumcien*
dæ urinæ magis idoneum
capitinullaminsert noC'est
un doux vehicule
, aalf) insinuant,
18.
A qui cedent Aix,Spa-
Plombiere & saint
Amand.
Pauvre convalescent ,
veux-tu que l'on rabatte
Par un moyen facile Se
doux
Les grossieres vapeurs
du foye& de la ratte,
Qui frapant le cerveau
yfont'/e-ntir coups, kurs - :
xam. Galen. lib. 1. de
euchym.
18 Qjtmm vinum sit
naturæ jucundum acfamiliare,
per omnia JeJe
insinuansvires in ßn84
gulas 'Ell abilitissimas
corporis partes diffundit
atque impertit, estque
optimum medicinæ vin.
culum. Ferel ibid.
Congedie à presentGalien,
Hippocrate,
19Avicene& Fernel > le
bon vin mieux qu'eux
tous,
Sitôt qu'il a changé sa
nature de moût,
Sçauradesopiler
,
bannir
l'humeur ingrate.
Vous qui devenus languissans
Par l'effort imprévud'une
paralysie,
20 Ne goutez qu'à demi
lesplaisirsdelavie,
19Bacchus ab antiquis
dicebatur Medicus uuU
gi, eò quòd vinomorbos
omnes fugaret. Moreau
ad Scol. Sal.
20 Vis vinipræcipua
ad morbosfrigidos. Fernel.
Le vin ranimera tous
les nerfs im puissans.
21 Beau sexe, rejettez
ces boissons meurtrieres
Qui changean,t vôtre
teint,retranchent le
beau cours
Du printemps fleuride
vos jours;
Brifez tasses & caffetieres,
22 Et d'un vin petillant
emplissez vos aiguieres:
Vina omnia 'Vircs roborant.
Gal.
21 Centis ociosæ nugamenta.
22 Bibat t'[}inum in jUcunditate.
Judith c. 12.
Il accroîtra le feu de vos
vivespaupieres,
23 Le vin vous tiendra
lieu de parure &
d'atours.
Il purge les humeurs que
dans la solitude
24 Contractent les hommes
d'étude,
Et d'un flegme importun
sçait les débarasser:
Avecque son secours ils
sçavent retracer
Tant de traits enchassez
tj Son
23 Son jus pris par
compas redonne la con*
leur. Dubaitois.
24 Muniteadhibe vim
fàpientiæ. Hor.
Sapientium curas fu«
gat. Idem.
dans leur vaftc memoire
Et de politique & d'hiss"-'
roire.
z5 Sans le vin des arts liberaux
Verroit-on de nobles travaux?
x6 Et si nous en croyons
Horace,
Lut-on jamais sur le Parnasle
25 Nam si bono 'vino
moderatè utantur,longè
seipsis CJr ad excogitandum
acutiores
, f5 ad explicandum
orandumque
uberiores
,
FlJ ad memoriam
denique firmores
evadunt. Moreau.
2.6 Carmina vino ingeniumfaciente
canunt.
Ovid.
2.7 Des xtth faits par un
buveur d'eau
Qui valussent ceux de
Boileau?
28Nos zelezOrateurs
tonnent mieux dans
les chaires,
Lors qu'ils s'en vont munis
de quatre ou cinq
bons verres.
Ces mortels enfoncez
dans la devotion,
Qui boivent par compas
<
6C sans81ffettion)
29 Gardantles voeux les
27 Sanèmagnus equeis
lepidosunt vinaPoëtæ,
2S Foecundi cælices non
feceredisertum. Horat.
19 Severioris est virplus
austeres
A saine Thierry
,
saint
Bâle,Hautvillers&
Cumicres,
Sententcroître la voix,
la force & 30l'onction,
31 Lors qu'ils boivent les
jours de jubilation
De ce pieux nectar qui
provient sur leurs
terres.
Les Dames en beguin
de Reims & d'Avenay
tutis calcar 69 stimulus
vinum. Thes. Rem.
30 Vatasti nos rvino
compunctionis. Ps. 59.
31iVfl/z ille, quan.
quam Socraticis madet
sermonibus
j te negligit
horridus. Horat.
31, Sentent ceder d'abord
-
à la liq ueurdivine
Qui croît sur leurs côteaux
ou bienà Verzenay,
Foiblesse d'estomach, ftbriibniefeïc de poi- , I
33 Qui les tourmente si
souvent,
Et qui levur ientenrdittle. Enfin quiconque veut l
dans l'extreme vieil-
Je/Iè,
32 Stomachitædia diF
€Uttt. Thes. Rem.
33
Vinumin ventriculo
perfusum ciborum cofiionem
f5 distributionent
juvat.
Lacsenum.
Libre d'esprit & sain de
corps
54 Braver les horreurs de
la mort,
Et seconserver en liesse,
Qu'il ait en son cellier
un foudre de fin vin,
- t un recipé tout divin.
jj Avecque lui le pauvre
oublie ses disgraces
;
( Quatre rasades les effacent)
L'artïsan son travail, le
34Vinum remedium
adversùssenectutis duritiem.
Plato de kg,
35 Bibant obliviscantur
egestatis j'uæ. Eccles.
soldat tous ses
maux, 36
Le pelerin ses pas,le gasantsesrivaux,
L'homme convalescent
la douleur si cruelle
Que lui causa l'effortd'une
fievrerebelle, 37
Le prude sourcilleux les
rides de son front,38
Le vindicatifun affront.
Enfin c'est le tombeau
de toutes les miseres,
Des chagrins, des ennuis
qu'ici nous desesperent
;
36 Vinum laborum
pharmacumest. Limpid*
in Troad.
37 Etdoloris sui non
recordenturampliùs. Eccles.
38 PrAceliens est antipharmacum
; siquidem
caperatam mirèfrontem
exporrigitsuave clarumque
vinum. Rhodig.
C'est l'ame des plus doux
desirs,
Et l'innocent objet des
Colides.plaisirs.39
Sur ce pied je soûtiens,
& contre la Sorbonne,
Que le vin fut toujours
une chose trés
bonne.40
Le vin, me direz-vous,
est l'auteur des querelles.
Oui, quand il s'introduit
dansde foibles
cervelles,
39 Tristissobrietas est
remo'venda. Senec.
40 Tanturn vino crtditur
attribuisse Æfèulapius
, ut aqua id cum
numinibus,lance latHe-
,rif, Rhodig.
Qu'ilrencontre un bûveur
chagrin ou rioteux,
41
Ou quelque jeune furieux,
42, Qui boitavec excès &C
se plaît à l'yvresse,
Que le moindre mot
choque &C blesse. 43
44 Quoy? parce que
Noëenyvra saraison,
Le vin passera pour poi-
Ion?
41 Fel
41 Fel draconum wnumcorum.
Deuter.
42 Vinum multum
meracum infaniæcauft.
Hippoc.
43 Natis in usum latitiæ
Sapphis pugnare
Thracum ejl.Horat.
-
44 Vinum in jucunditatem
ereaturnejl, non inebrietatem ab initio.
hdt ce principe vain la
beauté, les attraits,
Les charmes de l'esprit,
le feu de 1éloquence,
L'érudition
,
la science
Contre l'ordre de Dieu
font reputez mauvais.
Point depresent du Ciel
dont le méchant n'abufe;
La prudence en lui de"
vient ruse
Pour surprendre les innocens
; L'éloquence mondaine
avec ses doux accens
Devient l'art dangereux
d'appuyer le mensonge
;
La politique prend la vé- ritépour songe:
Avecque les atours cette
femme au filet
Prend l'homme comme
on fait un timide
oiselet,
Et ces attraits charmans
dont chacun fait
estime.
Lui fervent d'échelons
au crime.
Faudra-t-il pour cela
proscrire ces talens
Qui font les hommes
excellens?
Que le vin soit l'appas
leplusdouxdela vie,1
Qa'il^ bannisse l'ennui,
dissipe le chagrin,
2,
3 Enchante les esprits,
charme le coeur ,;
humain,
Enlevé tous les sens,rende
l'ameravie;
Qu'il fournisse au bûveur
du coeur & de
Feipric, 4
1.
1 Non ejl vivere jfed
valerevita. Martial.
2. Date vinum his qui
amarosuntanimo. Prov.
c. 31.
3 Ex bonovinoplusquam
ex alio quocumque
potu generantur e5 multiplicanturspiritus
fenues.
Avicen.
4 Ingenium acuit.Scola
Saler. '-
Qu'il épanche l'odeur du
plusfin ambre-gris, 5
6 Qu'il inspire la joye,
augmente le courage,
7.
Qu'il deride le front des
Catons de nôtre
âge, 8
Qu'il soit de tous les
5 Vinum priusquam
degustetur quintâ parte
suinectarisprocessus mamillares
jam imbuit.
Tl"uf Rem.
6 Vinum e5 musica
latificant cor hominis-
Eccl. 40.
7; Vina parant anitnos.
Ovid. Add;, cornua
pauperi. Horat.
8 Narratur e5 prisci
Catonis sæpe mero caluissevirtus.
Idem.
dons que Dieu fait
aux mortels
Leplusprecieux, leplus
digne 9
Que par une faveur in-
.,
signe
Il destine pour les autels:
C'cft une verité que la
Sagessemême.
Nous a laissée empreinte
en ses divins écrits.
Un homme de bon sens ,
de bon goût&d'esprit
9 Natura nihilquicquam
eJito penu largita
est præstantius vino.
Gunter. Hyg. p. 76.
Peut-il ia recevoir comme
un nouveau problême?
C'est nier de sens froid
un principearrêté
10
Par les graves Auteurs
de la Latinité,
Comme de la sçavante
Grece.
C'est l'aimable lien de
la societé, Il
Charmantauteurdel'allegresse
;
Il fournit les bons mots,
10 Ire contra omnes in*
sanire est.
11 Non habet amaritudinemconversatio
illius,
nec tædium cowviitus illius,
sed lætitiam (S?gaule
sel, l'urbanité;
C'est le grand sceau des
mariages,
C'efl l'ame des fefiins..
des bals, des comperages,
12
L'ennemi du divorce &
des divisions,
L'arc-boutant des reünions;
Agreable tyran, puissant
moteur de l'ame,
Qui d'un vieillard usé
, sçait ranimer la
flame. ri
dium. Sap.c.8.
12Revera voluptas
mensarum atque delitiæ
semper habitus estvini
potus , ex cujus suavitate
convivii festivitas
omnis Qf elegantiavenit
æstimanda. Gunter.
15 Vino sublato non
Voulez-vous dissiper ces
rigoureux ennuis
Qui vous obsedent jour
&nuit,
Et mettre fin à vos disgraces,
14
Bûvez du vin à pleines
tasses.
Infortuné client, qui
crains que ce procés
Ne te fasse dans peu tonv
ber en decadence,
D'un vin delicieux tâte
sans faire exees, is
fjl tpenUi. Eurip.
14 Dissipatcujuscuras
edales. Horat. FiniþJ.
re memento tristitiam
molli mero. Idem.
IS Hute calix tnul;
Et laisse agir la Providence
Sur le bon ou mauvais
succés.
Languissante beauté
J
- donc l'humeur hif-
-, terique,
indigeûe,mélancolique16
Agice un petit corps a
chaque lunaison,
Laissez poudre ,.eau ,bolus
& sel diureyrvôusprdnrets-
d^Vin
impingendus est, utplorare
desinat. Cic. Tusc.
3.
16 Vis vinipræcipua
ad crassos humores
,
ad
obstructiones,ad morbos
frigidos
, ac diuturnos
ad , quæ quovis syrupo
vel medicato liquore præftantius.
Fernel. Meentiere
guerison;
Contre les douleurs de
colique,
D'un rhumatisme affreux
ou goutte sciatiq
ue,
Il vaut mieux que les
eauxnid'Aix ni de
Bourbon:
Car pour brifer l'acide il
est seur,il est bon.
Un vin leger & vifvainc
la douleur cruelle 17
Du calcul & de la gravelle;
thod.
thod. lib. 4. c. 11.
-
17 Tenuenjinumcien*
dæ urinæ magis idoneum
capitinullaminsert noC'est
un doux vehicule
, aalf) insinuant,
18.
A qui cedent Aix,Spa-
Plombiere & saint
Amand.
Pauvre convalescent ,
veux-tu que l'on rabatte
Par un moyen facile Se
doux
Les grossieres vapeurs
du foye& de la ratte,
Qui frapant le cerveau
yfont'/e-ntir coups, kurs - :
xam. Galen. lib. 1. de
euchym.
18 Qjtmm vinum sit
naturæ jucundum acfamiliare,
per omnia JeJe
insinuansvires in ßn84
gulas 'Ell abilitissimas
corporis partes diffundit
atque impertit, estque
optimum medicinæ vin.
culum. Ferel ibid.
Congedie à presentGalien,
Hippocrate,
19Avicene& Fernel > le
bon vin mieux qu'eux
tous,
Sitôt qu'il a changé sa
nature de moût,
Sçauradesopiler
,
bannir
l'humeur ingrate.
Vous qui devenus languissans
Par l'effort imprévud'une
paralysie,
20 Ne goutez qu'à demi
lesplaisirsdelavie,
19Bacchus ab antiquis
dicebatur Medicus uuU
gi, eò quòd vinomorbos
omnes fugaret. Moreau
ad Scol. Sal.
20 Vis vinipræcipua
ad morbosfrigidos. Fernel.
Le vin ranimera tous
les nerfs im puissans.
21 Beau sexe, rejettez
ces boissons meurtrieres
Qui changean,t vôtre
teint,retranchent le
beau cours
Du printemps fleuride
vos jours;
Brifez tasses & caffetieres,
22 Et d'un vin petillant
emplissez vos aiguieres:
Vina omnia 'Vircs roborant.
Gal.
21 Centis ociosæ nugamenta.
22 Bibat t'[}inum in jUcunditate.
Judith c. 12.
Il accroîtra le feu de vos
vivespaupieres,
23 Le vin vous tiendra
lieu de parure &
d'atours.
Il purge les humeurs que
dans la solitude
24 Contractent les hommes
d'étude,
Et d'un flegme importun
sçait les débarasser:
Avecque son secours ils
sçavent retracer
Tant de traits enchassez
tj Son
23 Son jus pris par
compas redonne la con*
leur. Dubaitois.
24 Muniteadhibe vim
fàpientiæ. Hor.
Sapientium curas fu«
gat. Idem.
dans leur vaftc memoire
Et de politique & d'hiss"-'
roire.
z5 Sans le vin des arts liberaux
Verroit-on de nobles travaux?
x6 Et si nous en croyons
Horace,
Lut-on jamais sur le Parnasle
25 Nam si bono 'vino
moderatè utantur,longè
seipsis CJr ad excogitandum
acutiores
, f5 ad explicandum
orandumque
uberiores
,
FlJ ad memoriam
denique firmores
evadunt. Moreau.
2.6 Carmina vino ingeniumfaciente
canunt.
Ovid.
2.7 Des xtth faits par un
buveur d'eau
Qui valussent ceux de
Boileau?
28Nos zelezOrateurs
tonnent mieux dans
les chaires,
Lors qu'ils s'en vont munis
de quatre ou cinq
bons verres.
Ces mortels enfoncez
dans la devotion,
Qui boivent par compas
<
6C sans81ffettion)
29 Gardantles voeux les
27 Sanèmagnus equeis
lepidosunt vinaPoëtæ,
2S Foecundi cælices non
feceredisertum. Horat.
19 Severioris est virplus
austeres
A saine Thierry
,
saint
Bâle,Hautvillers&
Cumicres,
Sententcroître la voix,
la force & 30l'onction,
31 Lors qu'ils boivent les
jours de jubilation
De ce pieux nectar qui
provient sur leurs
terres.
Les Dames en beguin
de Reims & d'Avenay
tutis calcar 69 stimulus
vinum. Thes. Rem.
30 Vatasti nos rvino
compunctionis. Ps. 59.
31iVfl/z ille, quan.
quam Socraticis madet
sermonibus
j te negligit
horridus. Horat.
31, Sentent ceder d'abord
-
à la liq ueurdivine
Qui croît sur leurs côteaux
ou bienà Verzenay,
Foiblesse d'estomach, ftbriibniefeïc de poi- , I
33 Qui les tourmente si
souvent,
Et qui levur ientenrdittle. Enfin quiconque veut l
dans l'extreme vieil-
Je/Iè,
32 Stomachitædia diF
€Uttt. Thes. Rem.
33
Vinumin ventriculo
perfusum ciborum cofiionem
f5 distributionent
juvat.
Lacsenum.
Libre d'esprit & sain de
corps
54 Braver les horreurs de
la mort,
Et seconserver en liesse,
Qu'il ait en son cellier
un foudre de fin vin,
- t un recipé tout divin.
jj Avecque lui le pauvre
oublie ses disgraces
;
( Quatre rasades les effacent)
L'artïsan son travail, le
34Vinum remedium
adversùssenectutis duritiem.
Plato de kg,
35 Bibant obliviscantur
egestatis j'uæ. Eccles.
soldat tous ses
maux, 36
Le pelerin ses pas,le gasantsesrivaux,
L'homme convalescent
la douleur si cruelle
Que lui causa l'effortd'une
fievrerebelle, 37
Le prude sourcilleux les
rides de son front,38
Le vindicatifun affront.
Enfin c'est le tombeau
de toutes les miseres,
Des chagrins, des ennuis
qu'ici nous desesperent
;
36 Vinum laborum
pharmacumest. Limpid*
in Troad.
37 Etdoloris sui non
recordenturampliùs. Eccles.
38 PrAceliens est antipharmacum
; siquidem
caperatam mirèfrontem
exporrigitsuave clarumque
vinum. Rhodig.
C'est l'ame des plus doux
desirs,
Et l'innocent objet des
Colides.plaisirs.39
Sur ce pied je soûtiens,
& contre la Sorbonne,
Que le vin fut toujours
une chose trés
bonne.40
Le vin, me direz-vous,
est l'auteur des querelles.
Oui, quand il s'introduit
dansde foibles
cervelles,
39 Tristissobrietas est
remo'venda. Senec.
40 Tanturn vino crtditur
attribuisse Æfèulapius
, ut aqua id cum
numinibus,lance latHe-
,rif, Rhodig.
Qu'ilrencontre un bûveur
chagrin ou rioteux,
41
Ou quelque jeune furieux,
42, Qui boitavec excès &C
se plaît à l'yvresse,
Que le moindre mot
choque &C blesse. 43
44 Quoy? parce que
Noëenyvra saraison,
Le vin passera pour poi-
Ion?
41 Fel
41 Fel draconum wnumcorum.
Deuter.
42 Vinum multum
meracum infaniæcauft.
Hippoc.
43 Natis in usum latitiæ
Sapphis pugnare
Thracum ejl.Horat.
-
44 Vinum in jucunditatem
ereaturnejl, non inebrietatem ab initio.
hdt ce principe vain la
beauté, les attraits,
Les charmes de l'esprit,
le feu de 1éloquence,
L'érudition
,
la science
Contre l'ordre de Dieu
font reputez mauvais.
Point depresent du Ciel
dont le méchant n'abufe;
La prudence en lui de"
vient ruse
Pour surprendre les innocens
; L'éloquence mondaine
avec ses doux accens
Devient l'art dangereux
d'appuyer le mensonge
;
La politique prend la vé- ritépour songe:
Avecque les atours cette
femme au filet
Prend l'homme comme
on fait un timide
oiselet,
Et ces attraits charmans
dont chacun fait
estime.
Lui fervent d'échelons
au crime.
Faudra-t-il pour cela
proscrire ces talens
Qui font les hommes
excellens?
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Résumé : Erudition sur le vin.
Le texte 'Eruditionsur le vin' met en avant les nombreux bienfaits du vin. Il est décrit comme un remède contre l'ennui et le chagrin, capable d'enchanter les esprits et de charmer le cœur humain. Le vin est présenté comme un moyen de fournir du courage et de la joie, et de dissiper les rigoureux ennuis. Il est également loué pour ses vertus médicinales, aidant à traiter diverses maladies telles que les douleurs de colique, les rhumatismes, et les affections du foie. Le vin est considéré comme un lien social, charmant auteur d'allégresse, et grand sceau des mariages. Il est également vu comme un ennemi du divorce et des divisions, et un moteur puissant de l'âme. Le vin est recommandé pour les convalescents, les personnes mélancoliques, et ceux souffrant de paralysie. Il est également vanté pour ses effets bénéfiques sur les arts libéraux et l'éloquence. Cependant, le texte avertit contre les dangers de l'abus du vin, notamment chez les personnes à l'esprit faible ou les jeunes furieux. Malgré ces mises en garde, le vin est globalement présenté comme une chose très bonne, capable de dissiper les misères et les chagrins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1667
p. 93-111
L'ISLE DES PESCHEURS. Historiette traduite de l'Italien par M. de Pré***.
Début :
Une femme trés-sensible à l'ambitionm & encore plus à [...]
Mots clefs :
Veuve, Pêcheur, Mélancolie, Amour, Magicienne, Oracle, Sacrifice, Résolution, Consolation, Mariage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ISLE DES PESCHEURS. Historiette traduite de l'Italien par M. de Pré***.
L'ISLE
DES PESCHEURS.
Hitoriette traduite de l'Italien
parM.dePrè***.
UNe femme trés-sensible
à l'ambition, & encore
plus à l'amour, venoit
de perdre son mari
qu'elle , aimoit, & qui
étoit Gouverneur de
l'Isle des Pescheurs.
Elle se retira dans le
creuxd'un rocher, dont
elle ne sortoit que pour
aller pleurer sur le bord
de la mer.
Unpescheur mélancolique,
& qui pour
pescher seul s'écartoit
toûjours des autres, alla
un jour pescher de bon
matin, & se plaça sur
le bout d'un rocher, proche
decelui qu'habitoit
Zauraa. (c'étoit le nom
de la veuve ) Quoique
depuis son veuvage elle
1
n'eût éie capable de
prendre aucun plaisir,
elle trouva que celui de
la pesche étoit si mélancolique,
qu'il convenoit
à une personneaffligée:
elle regarda la pesche un
peu detemps, & ensuite
elle regarda le pescheur.
Il avoit aussi l'air
fort mélancolique; cest
ce qui luyplut d'abord:
elle s'approcha de luy,
8G se mit à pleurer. Le
gescheur, qui nesçavoit
que lui dire, se mit à
pleurer aussi, & ce fut
toute la conversation de
cette premiere entrevuë.
Zauraa rentra dans son
rocher,& le pêcheurss'en
retourna dans sa cabane.
Toute la nuit Zauraa
pensa à son défunt mari
,
& par malheur pour
elle elle n'y peut penser
sans pleurer, ni pleurer
sans se souvenir de celui
qui avoit pleuré de compagnie
-
avec elle: elle
jugea
jugea que deux pleureursvalentmieux
qu'-
un, & font plus d'honneur
au défunt. Elle retourna
àl'endroit de la
peschepouryrencontrer
son second. Dés la
pointe du jour il ne manqua
pas de s'y trouver;
carilavoitresoludeconsoler
la veuve. D'abord
ils reprirent les pleurs
où ils lesavoientlaissez
de bonesprit, & qui
sçavoit que 1g meilleur
moyen de retirer quelqu'un
de sadouleur,c'est
d'yentrer d'abord avec
lui, se mità parlerainsi.
En vérité, Madame,
vous avez bien raifonde
pleurer Monsieur vôtre
mari; car c'étoit le
meilleur & le plus honjiete
homme du monde.
Comment donc, dit
la veuve, est-ceque vous
le connoissez?Non pas,
Madame, répondit le
pescheur:mais j'en juge
par la maniere dont vous
le pleurez. Après plusieurs
autres discours de
la même espece, enfin le
pescheur la consola de si
bonne grace, qu'elle benissoit
presque le sujet
d'affliction qui luyavoit
attiré un tel consolateur.
Elle l'aima pendant quelque
temps sans s'en ap-
- percevoir;car siere comme
elle Tétoit, elle ailroit
rompu d'abord tout
commerce. Le pescheur
qui s'en étoit apperçû
d'abord, avoit fait confidence
de sa bonne fortune
à la suivante de la
veuve, à qui il promit
tout si elle conduisoit la
chose jusqu'à un bon
mariage.
Cette suivante étoit
une espece de magicienne,
c'est à dire une espece
de fourbe qui avoit
lû des livres de magic,
d'Astrologie, de Chiromancie
,& autres de pareille
trempe. Un foir,
que sa maîtresse rêvoit
profondément au pescheur,
elle lui prit la
main en badinant, &
par certaines lignes redoublées
qu'elle vit dans
sa main, elle devina qu'-
elle étoit destinée à se
remarier. Ce mot deremarier
l'irrita si fort,
que la suivante eût voulu
le retenir, 6L n'en
pnarlaépelus.de la jour-
Le lendemain cette
fiere veuve voyant à son
ordinaire pêscher le pescheur,
se surprit dans un
mouvement detendresse
si fort, qu'elle ne pouvoit
plus le meconnoître.
Elle en eut tant
d'horreur, qu'elle fut
prête à se précipiter dans
la mer:on dit même qu'-
elle s'y précipita,& que
le pescheur la repescha
aussitôt. Quoy qu'il en
foit
,
ello resolut de ne
le plus voir, & elle n'eût
jamais crû pouvoir tenir
sa resolution ;elle la tint
pourtant: mais quels
combatsnéprouvat-elle
point?Tantôt elle regardoit
avec horreur
l'objet de sa foiblesse;
tantôt elle prenoit plaisir
à penser à lui malgré
elle:encertains momens
elle vouloit mourir, en
d'autres momens elle se
feiitoit delà^iipeiîtîoïi
à vi vre. Enfin^a. Magicienne,
qui devinoit tout
de - qu'elle ne ---vouloi-t
point luidire,siten forte
, avec le temps & l'amour,
que la veuve conftritit'à
êtrepresenteà
Uhê^efthêmerveiHeufc
que la Magicienne * lui
Èro?o«sa, &C qui se passa
enjtféfrte'fortc.-; Entre les herbes qu'-
elleconnoissoit, il y en
avoit une pour la-qu-cllc-
,
les poissons avoient tant
d'antipatie, quelle les
faifoic fuir du plus loin
qu'ils la sentoient. Du
jus de cette herbe le pescheur
alloit toutes les
nuits froter les filetsde
ses camarades, en sorte
que pendant huit jours
on ne pur prendre aucun
poisson dans toute fine.
Les voila desolez ; car
ils ne vivoient que de
leur pesche, c'étoit tout
leur commerce.
On eut recours a l'oracle
feur & .trés-seur
car l'oracle dépendoitdu
Sacrificateur, & le Sacrificateur
dépendoitde
la Magicienne. En un
mot elle fit dire à l'oracle
que le poisson ne
viendroit point se prendre
si la veuve de leur
Gouverneur ne leur donnoit
pour chef le pescheuren
question.Apres
cela l'oracle fitunebelle
genealogie au pescheur,
pour le rendre plus digne
de commander: ensuite
sur la foy de l'oracle
on depura vers la
veuve,quirefusa, autant
qu'il en fut besoin
pour persuader qu'elle
ne se fûtjamais mariée
sans la necessité absoluë
qu'il y a d'obéir aux oracles.
Enfin l(histoireditqu'-
elle se maria pour le bien
public; que l'amourdu
bien public lui fit prendre
son mariage en patience
aussi bien qu'à son
mari, qui pour ne jamais
oublier sa baffe extraction
,fit élever un monument
magnifique, avec
un trophée superbe, ou
il appendit son habit ruftique
, sa ligne, ses filets;&
toute sadépoüille
de pescheur, & fitgraver
ces vers au-dessous.
Rustiques omemens de
mapauvrefamille,
Filets
, guetres,sabots
es barette &man- 9
dille,
Je n'ai pas de regret de
*7 * vous avoir quittez
Mais je veux vousgarder
dans mes antiquitez.,
Pour me servir un jour
contre la vaine
gloire.
C'ejl par vous que je
veux commencermon
histoire
A ceux qui curieux de
mesillustresfaits, Mecroiroientvolontiers
descendu desJafets.
Lorsque vous me verrez
un jour par avanture
Succombantsous lepoids
d'une injuste dorure,
'B,Ouff dans mon jabot
comme un pigeon
patu y, Faites-moyJouvenirque
vous m avez, vêtu.
Si quelquefatpajépour
illustrer ma race,
Retranche à mes ayeux
lefiltteS lanasse Pour , me passer sur le
rapé
D'une antique Principauté
,
Pour lors,mes chers hA"
bits,contrecetteimposture
Vous vous érigerez, en
preuves de roture.
DES PESCHEURS.
Hitoriette traduite de l'Italien
parM.dePrè***.
UNe femme trés-sensible
à l'ambition, & encore
plus à l'amour, venoit
de perdre son mari
qu'elle , aimoit, & qui
étoit Gouverneur de
l'Isle des Pescheurs.
Elle se retira dans le
creuxd'un rocher, dont
elle ne sortoit que pour
aller pleurer sur le bord
de la mer.
Unpescheur mélancolique,
& qui pour
pescher seul s'écartoit
toûjours des autres, alla
un jour pescher de bon
matin, & se plaça sur
le bout d'un rocher, proche
decelui qu'habitoit
Zauraa. (c'étoit le nom
de la veuve ) Quoique
depuis son veuvage elle
1
n'eût éie capable de
prendre aucun plaisir,
elle trouva que celui de
la pesche étoit si mélancolique,
qu'il convenoit
à une personneaffligée:
elle regarda la pesche un
peu detemps, & ensuite
elle regarda le pescheur.
Il avoit aussi l'air
fort mélancolique; cest
ce qui luyplut d'abord:
elle s'approcha de luy,
8G se mit à pleurer. Le
gescheur, qui nesçavoit
que lui dire, se mit à
pleurer aussi, & ce fut
toute la conversation de
cette premiere entrevuë.
Zauraa rentra dans son
rocher,& le pêcheurss'en
retourna dans sa cabane.
Toute la nuit Zauraa
pensa à son défunt mari
,
& par malheur pour
elle elle n'y peut penser
sans pleurer, ni pleurer
sans se souvenir de celui
qui avoit pleuré de compagnie
-
avec elle: elle
jugea
jugea que deux pleureursvalentmieux
qu'-
un, & font plus d'honneur
au défunt. Elle retourna
àl'endroit de la
peschepouryrencontrer
son second. Dés la
pointe du jour il ne manqua
pas de s'y trouver;
carilavoitresoludeconsoler
la veuve. D'abord
ils reprirent les pleurs
où ils lesavoientlaissez
de bonesprit, & qui
sçavoit que 1g meilleur
moyen de retirer quelqu'un
de sadouleur,c'est
d'yentrer d'abord avec
lui, se mità parlerainsi.
En vérité, Madame,
vous avez bien raifonde
pleurer Monsieur vôtre
mari; car c'étoit le
meilleur & le plus honjiete
homme du monde.
Comment donc, dit
la veuve, est-ceque vous
le connoissez?Non pas,
Madame, répondit le
pescheur:mais j'en juge
par la maniere dont vous
le pleurez. Après plusieurs
autres discours de
la même espece, enfin le
pescheur la consola de si
bonne grace, qu'elle benissoit
presque le sujet
d'affliction qui luyavoit
attiré un tel consolateur.
Elle l'aima pendant quelque
temps sans s'en ap-
- percevoir;car siere comme
elle Tétoit, elle ailroit
rompu d'abord tout
commerce. Le pescheur
qui s'en étoit apperçû
d'abord, avoit fait confidence
de sa bonne fortune
à la suivante de la
veuve, à qui il promit
tout si elle conduisoit la
chose jusqu'à un bon
mariage.
Cette suivante étoit
une espece de magicienne,
c'est à dire une espece
de fourbe qui avoit
lû des livres de magic,
d'Astrologie, de Chiromancie
,& autres de pareille
trempe. Un foir,
que sa maîtresse rêvoit
profondément au pescheur,
elle lui prit la
main en badinant, &
par certaines lignes redoublées
qu'elle vit dans
sa main, elle devina qu'-
elle étoit destinée à se
remarier. Ce mot deremarier
l'irrita si fort,
que la suivante eût voulu
le retenir, 6L n'en
pnarlaépelus.de la jour-
Le lendemain cette
fiere veuve voyant à son
ordinaire pêscher le pescheur,
se surprit dans un
mouvement detendresse
si fort, qu'elle ne pouvoit
plus le meconnoître.
Elle en eut tant
d'horreur, qu'elle fut
prête à se précipiter dans
la mer:on dit même qu'-
elle s'y précipita,& que
le pescheur la repescha
aussitôt. Quoy qu'il en
foit
,
ello resolut de ne
le plus voir, & elle n'eût
jamais crû pouvoir tenir
sa resolution ;elle la tint
pourtant: mais quels
combatsnéprouvat-elle
point?Tantôt elle regardoit
avec horreur
l'objet de sa foiblesse;
tantôt elle prenoit plaisir
à penser à lui malgré
elle:encertains momens
elle vouloit mourir, en
d'autres momens elle se
feiitoit delà^iipeiîtîoïi
à vi vre. Enfin^a. Magicienne,
qui devinoit tout
de - qu'elle ne ---vouloi-t
point luidire,siten forte
, avec le temps & l'amour,
que la veuve conftritit'à
êtrepresenteà
Uhê^efthêmerveiHeufc
que la Magicienne * lui
Èro?o«sa, &C qui se passa
enjtféfrte'fortc.-; Entre les herbes qu'-
elleconnoissoit, il y en
avoit une pour la-qu-cllc-
,
les poissons avoient tant
d'antipatie, quelle les
faifoic fuir du plus loin
qu'ils la sentoient. Du
jus de cette herbe le pescheur
alloit toutes les
nuits froter les filetsde
ses camarades, en sorte
que pendant huit jours
on ne pur prendre aucun
poisson dans toute fine.
Les voila desolez ; car
ils ne vivoient que de
leur pesche, c'étoit tout
leur commerce.
On eut recours a l'oracle
feur & .trés-seur
car l'oracle dépendoitdu
Sacrificateur, & le Sacrificateur
dépendoitde
la Magicienne. En un
mot elle fit dire à l'oracle
que le poisson ne
viendroit point se prendre
si la veuve de leur
Gouverneur ne leur donnoit
pour chef le pescheuren
question.Apres
cela l'oracle fitunebelle
genealogie au pescheur,
pour le rendre plus digne
de commander: ensuite
sur la foy de l'oracle
on depura vers la
veuve,quirefusa, autant
qu'il en fut besoin
pour persuader qu'elle
ne se fûtjamais mariée
sans la necessité absoluë
qu'il y a d'obéir aux oracles.
Enfin l(histoireditqu'-
elle se maria pour le bien
public; que l'amourdu
bien public lui fit prendre
son mariage en patience
aussi bien qu'à son
mari, qui pour ne jamais
oublier sa baffe extraction
,fit élever un monument
magnifique, avec
un trophée superbe, ou
il appendit son habit ruftique
, sa ligne, ses filets;&
toute sadépoüille
de pescheur, & fitgraver
ces vers au-dessous.
Rustiques omemens de
mapauvrefamille,
Filets
, guetres,sabots
es barette &man- 9
dille,
Je n'ai pas de regret de
*7 * vous avoir quittez
Mais je veux vousgarder
dans mes antiquitez.,
Pour me servir un jour
contre la vaine
gloire.
C'ejl par vous que je
veux commencermon
histoire
A ceux qui curieux de
mesillustresfaits, Mecroiroientvolontiers
descendu desJafets.
Lorsque vous me verrez
un jour par avanture
Succombantsous lepoids
d'une injuste dorure,
'B,Ouff dans mon jabot
comme un pigeon
patu y, Faites-moyJouvenirque
vous m avez, vêtu.
Si quelquefatpajépour
illustrer ma race,
Retranche à mes ayeux
lefiltteS lanasse Pour , me passer sur le
rapé
D'une antique Principauté
,
Pour lors,mes chers hA"
bits,contrecetteimposture
Vous vous érigerez, en
preuves de roture.
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Résumé : L'ISLE DES PESCHEURS. Historiette traduite de l'Italien par M. de Pré***.
Le texte relate l'histoire de Zauraa, une veuve sensible et amoureuse, qui se retire dans un rocher après la perte de son mari, gouverneur de l'Isle des Pêcheurs. Elle y pleure sa douleur sur le bord de la mer. Un pêcheur mélancolique, qui s'isole pour pêcher, la rencontre et partage sa tristesse. Ils pleurent ensemble sans échanger un mot. Zauraa, incapable de trouver du réconfort, retourne voir le pêcheur le lendemain. Ils discutent de son défunt mari, et le pêcheur la console avec tant de grâce qu'elle finit par l'aimer sans s'en rendre compte. Le pêcheur, aidé par la suivante de Zauraa, une magicienne, cherche à l'épouser. La magicienne prédit à Zauraa qu'elle se remariera, ce qui la perturbe. Malgré ses efforts pour éviter le pêcheur, Zauraa finit par céder à ses sentiments. La magicienne utilise ses pouvoirs pour manipuler la situation. Elle fait en sorte que les pêcheurs de l'île ne puissent plus attraper de poissons, ce qui les pousse à consulter l'oracle. L'oracle, contrôlé par la magicienne, déclare que le pêcheur doit devenir le chef de l'île pour que la pêche reprenne. Zauraa accepte finalement de l'épouser pour le bien public. Le pêcheur, devenu gouverneur, fait ériger un monument avec ses anciens vêtements de pêcheur et des vers gravés, rappelant ses origines modestes et mettant en garde contre la vanité.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1668
p. 112-116
CHANSON en étrennes. Par M. D. L. T. Avec un petit More d'argent émaillé de noir. A Madame la Comtesse de ...
Début :
Je viens des lointains climats [...]
Mots clefs :
Chanson, Étrennes, Comtesse, Amour, Aventure, Prédiction, Feu, Compliment, Entretien, Attraits
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON en étrennes. Par M. D. L. T. Avec un petit More d'argent émaillé de noir. A Madame la Comtesse de ...
CHANSON
en étrennes.
ParM.D.L.T.
Avec un petit Mored'argent émaillé
de noir.
eA Madame la Comtesse de. J E viens des lointains
climats
Exprés
, je vous jure,
Pour m'attacher à vos
pas)
Ne me refusezdoncpas
La bonne avanture au
gué, La
La bonne avanture.
Si l'ardentflambeau des
ceux
Noircit ma figure J'aimeroismafy m, ieux
Brûler aufeu de 'Vos
yeux.
La bonne avanture, eSc.
D'un équipage brillant
Jefais la parure;
Jefais bien un compliment,
Etjedisfortjoliment:
La bonne arvanture9 Çfc,
Jde'hvouus pir,édis aujour- Prédiction el sure
Que maint , amoureux
transi
Vous diratout cetan-ci,
La bonne avanture, &c.
Je ne vous couterai rien
Pour la nourriture, Vous voir est l'unique
bien
Qu'ilfaut pourmon entretien.
La bonne avanture, Çfc.
CheZnous onfaitde vos
traits
La blanchepeinture
Je viens pour voir de - plusprés
Si blancvaut noir en attraits.
Labonneavnnture, &c.
Un blanc amant roÕilJ
vientvoir
J'en fesie ) ÇbdngeZ donc du^tanc
au noir,
Si de moy voulez,avoir
La bonne avanture au
gué,
La bonne avanture.-
en étrennes.
ParM.D.L.T.
Avec un petit Mored'argent émaillé
de noir.
eA Madame la Comtesse de. J E viens des lointains
climats
Exprés
, je vous jure,
Pour m'attacher à vos
pas)
Ne me refusezdoncpas
La bonne avanture au
gué, La
La bonne avanture.
Si l'ardentflambeau des
ceux
Noircit ma figure J'aimeroismafy m, ieux
Brûler aufeu de 'Vos
yeux.
La bonne avanture, eSc.
D'un équipage brillant
Jefais la parure;
Jefais bien un compliment,
Etjedisfortjoliment:
La bonne arvanture9 Çfc,
Jde'hvouus pir,édis aujour- Prédiction el sure
Que maint , amoureux
transi
Vous diratout cetan-ci,
La bonne avanture, &c.
Je ne vous couterai rien
Pour la nourriture, Vous voir est l'unique
bien
Qu'ilfaut pourmon entretien.
La bonne avanture, Çfc.
CheZnous onfaitde vos
traits
La blanchepeinture
Je viens pour voir de - plusprés
Si blancvaut noir en attraits.
Labonneavnnture, &c.
Un blanc amant roÕilJ
vientvoir
J'en fesie ) ÇbdngeZ donc du^tanc
au noir,
Si de moy voulez,avoir
La bonne avanture au
gué,
La bonne avanture.-
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Résumé : CHANSON en étrennes. Par M. D. L. T. Avec un petit More d'argent émaillé de noir. A Madame la Comtesse de ...
La chanson 'En étrennes' est dédiée à Madame la Comtesse de J. L'auteur, M.D.L.T., offre un petit Mored'argent émaillé de noir comme cadeau. Il se présente comme venant de lointains climats pour se lier à elle et lui propose une bonne aventure. L'auteur exprime son désir de brûler au feu de ses yeux, même si cela noircit son visage. Il se vante d'un équipage brillant et prédit que de nombreux amoureux transis diront la même chose à la comtesse. Il assure qu'il ne lui coûtera rien pour la nourriture, car la voir est son unique bien. Il compare les attraits du blanc et du noir, mentionnant un amant blanc qui vient également voir la comtesse. L'auteur invite cette dernière à choisir entre le blanc et le noir pour obtenir la bonne aventure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1669
p. 116-117
A LA BELLE inhumaine. Par le pâle galant de la Foire Saint Germain. Avec un homme de pain d'épice.
Début :
D'un tendre amant recevez le portrait [...]
Mots clefs :
Pain d'épice, Amant, Portrait, Martyre
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texteReconnaissance textuelle : A LA BELLE inhumaine. Par le pâle galant de la Foire Saint Germain. Avec un homme de pain d'épice.
A LA BELLE
inhumaine.
par le faitgalant de la Foin
Saint Germain*
Avec un homme de pain kiepice-. D'Vn tendre amant
r-ecevez, le portrait
Dans cethommç depain
d'épices
Il estpâle
,
doux CYdifcret>
Desnmartyre ilsoûpire
en Jecret>
Le pauvre homme en a la jaunijïe-
inhumaine.
par le faitgalant de la Foin
Saint Germain*
Avec un homme de pain kiepice-. D'Vn tendre amant
r-ecevez, le portrait
Dans cethommç depain
d'épices
Il estpâle
,
doux CYdifcret>
Desnmartyre ilsoûpire
en Jecret>
Le pauvre homme en a la jaunijïe-
Fermer
1670
p. 117-120
A LA BELLE JOUEUSE d'Hombre. Avec les deux as noirs.
Début :
Au commencement de l'année [...]
Mots clefs :
Hombre, Philis, As noirs, Fortunée, Devoirs, Vaincre, Étrennes, Amant
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A LA BELLE JOUEUSE d'Hombre. Avec les deux as noirs.
A LA BELLE JOUEUSE
d'Hombre.
*vcc les detjc**nêirS' A quenzencementde
(\"Wiannée
Voici, Philis,les deux
as noirs, Qui pour vous rendre
fortunée
Viennent vous rendre
leurs devoirs.
Que la manille lesseconde,
jiïhombre vous en joue-*
rez, mieux:
lUenis ils vaincront tont F"1*sip :
Commelevadre awfuos
beauxyeuxtrai
Philis
, si de leur soin
fidelle
Vos beauxyeuxsonttoûjJoouursrsttéémmooinisnhs
; S'ilstouchent cette main
fidelle,
Ils serontpayez, de leurs
soins.
Qu'un tierstoûjours infatigable
Quittant brelan f5lans
quenet, Ne quitte jamaisvôtre
table,
Etse pique jusqu'au hi.
net.
Voila ce que pour vos
étrennes
Unamant vous offre en
ce jou;
Iris,faites quepour les
fiennes
Il devienne heureux en
amour.
d'Hombre.
*vcc les detjc**nêirS' A quenzencementde
(\"Wiannée
Voici, Philis,les deux
as noirs, Qui pour vous rendre
fortunée
Viennent vous rendre
leurs devoirs.
Que la manille lesseconde,
jiïhombre vous en joue-*
rez, mieux:
lUenis ils vaincront tont F"1*sip :
Commelevadre awfuos
beauxyeuxtrai
Philis
, si de leur soin
fidelle
Vos beauxyeuxsonttoûjJoouursrsttéémmooinisnhs
; S'ilstouchent cette main
fidelle,
Ils serontpayez, de leurs
soins.
Qu'un tierstoûjours infatigable
Quittant brelan f5lans
quenet, Ne quitte jamaisvôtre
table,
Etse pique jusqu'au hi.
net.
Voila ce que pour vos
étrennes
Unamant vous offre en
ce jou;
Iris,faites quepour les
fiennes
Il devienne heureux en
amour.
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Résumé : A LA BELLE JOUEUSE d'Hombre. Avec les deux as noirs.
Le poème 'A LA BELLE JOUEUSE' est dédié à Philis. Il utilise des termes de jeu de cartes pour exprimer des sentiments amoureux. Le poète souhaite que Philis soit fortunée et que ses yeux, comparés à des atouts gagnants, soient toujours victorieux. Il espère que ses soins constants soient récompensés et que Philis, représentée par Iris, trouve le bonheur en amour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1671
p. 121-132
A MONSEIGNEUR DESMARETZ, Ministre d'Etat, Controlleur General des Finances. ODE.
Début :
Quel sort flatte mon esperance ? [...]
Mots clefs :
Ministre, Contrôleur général des finances, Victoire, Paix, Gloire, Espérance, Desmaretz, Louis, Villars, Eugène
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSEIGNEUR DESMARETZ, Ministre d'Etat, Controlleur General des Finances. ODE.
A MONSEIGNEUR desmaretz,
Ministre d'Etat, Controlleur
General des
Finances.
ODE.
Quel sort flatte mon
fiperance-
Quels chants heureuxfrapent
lesairs?
Le Ctel fait triompher la
France,
Le Ciel veut calmer J'V..,
nivers
Landause rend, Fribourg
succombe,
La discorde aux enfers rtw
tombe,
'JEliey vagemir à jamais.
Quel bonheur, quel comble
degloire?
Sur les ailes de la Victoire
L01)JSfait descendre
la Paix.
Jevois Villars,je vois
Eugène
Fameux par cent travaux
,
guerriers,
Malgré l'ardeur qui les
entraine
Preferer l'Olive aux Lanriers
Le Rhin surson Vrne refose,
Dubonheur des lieux qu'il
arrose
Il se plaist à voirles aprtjls
Son Ondesefait violence
Et l'on droit queson silence
JReJpecleaaugujlesfecrets»
Desmaretz,Ministre
fide1le
Du Héros qui comble nos
voeux,
Souffre un moment que je
rapelle
l'Image d'un tems moins
heureux.
Queltems?en vain contre
l'orage
LaFrance excitoitson
courage,
Tout sembloit trahir ses
efforts;
Rivaux, fiers de nostre
disgrace
Combien r'anima vojlre
audace
L'épusement de nos trelors?
Ton nom seul calma,
nos alarmes
LOVIS le plussage des
Rois.
Renditl'esperance à nos
armes
Par la justicedeson choix
Que dis-je, projets inutiles
Sur nos champs toujours
sifendes
L'Hiver exercesafureur;
Le Ciel contre nousse dé*
clare;
Tout perit; la nature avare
Trompel'espoir du lahoureur.
Quelsort? quel exés de
misere?
Il en fallutsubir la loy;
LOVIS la sentit com-
1 Pere
Et lafoulagea comme Roy.
Tu connus toute sa tendresse,
Et de laplus hautefagesse
<j Les tresors en lui réunis;
Il commitsonpeuple à ton
zele
Tout prit une face nou«
velle ;
Mais nos mauxnefioient
pasfinis.
L'or, l'argent devenus
Prothées
Sedéroboient à tous nos
soins,
Et sous des formes empruntées
Augmentoient encore nos
besoins
L'Usure monstre plus anji*
de,
Que l'Hydrequ'abatit Alcide,
Jusqu'à cejour t'avoit brave's
Mais en vainsa rusefatale
S'envelopoit dans un dedale
Le fil t'en estoit reservé.
De nos maux tu connus
lasource,
Et par un travail assidu
Tu ¡çûs arrester dans fl
course
Un torrentpartout répandu.
Par ton sçavoir, par ta
prudence,
Tu rétablis la confiance;
Pour réüssir il faut oser;
Rien n'étonne un Minstre
habile;
Et plus le temps est difficile
Plus ilsçait s'imortalizer.
Lefort où tu nousfaits
atteindre
Passe tous nos voeux &
les tiens;
Nous n'avons plus de
maux à craindre
Et nous esperons mille
biens.
Les flots des plus fieres
tempefles
Qui sembloient menacer
nos tefies
Anos peds viennent se
briser;
De LOVIS nos destins
dépendent
Et nos ennemis lui demandent
Ce qu'ilsosoient nous refùftr.
C'est la Paix, que ce
grand ouvrage
Comblera les voeux de ton
Roy.
Il vient de t'en donner un
gage
Dans l'éclat qu'ilrépand
sur toy
Nous la terrons bien-tost
descendre;
Que ne devons nous pas
attendre
Du Z-Jele qui brûle (on
coeur?
Pourjïiis,consacre ta me*
mOIre;
Tune peus augmenter ta
gloire
Sansaugmenter nos-tre
bonheur.
Ministre d'Etat, Controlleur
General des
Finances.
ODE.
Quel sort flatte mon
fiperance-
Quels chants heureuxfrapent
lesairs?
Le Ctel fait triompher la
France,
Le Ciel veut calmer J'V..,
nivers
Landause rend, Fribourg
succombe,
La discorde aux enfers rtw
tombe,
'JEliey vagemir à jamais.
Quel bonheur, quel comble
degloire?
Sur les ailes de la Victoire
L01)JSfait descendre
la Paix.
Jevois Villars,je vois
Eugène
Fameux par cent travaux
,
guerriers,
Malgré l'ardeur qui les
entraine
Preferer l'Olive aux Lanriers
Le Rhin surson Vrne refose,
Dubonheur des lieux qu'il
arrose
Il se plaist à voirles aprtjls
Son Ondesefait violence
Et l'on droit queson silence
JReJpecleaaugujlesfecrets»
Desmaretz,Ministre
fide1le
Du Héros qui comble nos
voeux,
Souffre un moment que je
rapelle
l'Image d'un tems moins
heureux.
Queltems?en vain contre
l'orage
LaFrance excitoitson
courage,
Tout sembloit trahir ses
efforts;
Rivaux, fiers de nostre
disgrace
Combien r'anima vojlre
audace
L'épusement de nos trelors?
Ton nom seul calma,
nos alarmes
LOVIS le plussage des
Rois.
Renditl'esperance à nos
armes
Par la justicedeson choix
Que dis-je, projets inutiles
Sur nos champs toujours
sifendes
L'Hiver exercesafureur;
Le Ciel contre nousse dé*
clare;
Tout perit; la nature avare
Trompel'espoir du lahoureur.
Quelsort? quel exés de
misere?
Il en fallutsubir la loy;
LOVIS la sentit com-
1 Pere
Et lafoulagea comme Roy.
Tu connus toute sa tendresse,
Et de laplus hautefagesse
<j Les tresors en lui réunis;
Il commitsonpeuple à ton
zele
Tout prit une face nou«
velle ;
Mais nos mauxnefioient
pasfinis.
L'or, l'argent devenus
Prothées
Sedéroboient à tous nos
soins,
Et sous des formes empruntées
Augmentoient encore nos
besoins
L'Usure monstre plus anji*
de,
Que l'Hydrequ'abatit Alcide,
Jusqu'à cejour t'avoit brave's
Mais en vainsa rusefatale
S'envelopoit dans un dedale
Le fil t'en estoit reservé.
De nos maux tu connus
lasource,
Et par un travail assidu
Tu ¡çûs arrester dans fl
course
Un torrentpartout répandu.
Par ton sçavoir, par ta
prudence,
Tu rétablis la confiance;
Pour réüssir il faut oser;
Rien n'étonne un Minstre
habile;
Et plus le temps est difficile
Plus ilsçait s'imortalizer.
Lefort où tu nousfaits
atteindre
Passe tous nos voeux &
les tiens;
Nous n'avons plus de
maux à craindre
Et nous esperons mille
biens.
Les flots des plus fieres
tempefles
Qui sembloient menacer
nos tefies
Anos peds viennent se
briser;
De LOVIS nos destins
dépendent
Et nos ennemis lui demandent
Ce qu'ilsosoient nous refùftr.
C'est la Paix, que ce
grand ouvrage
Comblera les voeux de ton
Roy.
Il vient de t'en donner un
gage
Dans l'éclat qu'ilrépand
sur toy
Nous la terrons bien-tost
descendre;
Que ne devons nous pas
attendre
Du Z-Jele qui brûle (on
coeur?
Pourjïiis,consacre ta me*
mOIre;
Tune peus augmenter ta
gloire
Sansaugmenter nos-tre
bonheur.
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Résumé : A MONSEIGNEUR DESMARETZ, Ministre d'Etat, Controlleur General des Finances. ODE.
Le texte est une ode dédiée à Monsieur Desmaretz, Ministre d'État et Contrôleur Général des Finances. Il célèbre les récentes victoires de la France, notamment la soumission de Landau et de Fribourg, et la paix qui en résulte. Le poète admire les généraux Villars et Eugène, qui privilégient la paix à la guerre. Il rappelle les difficultés passées de la France, où les rivaux exploitaient ses faiblesses malgré les efforts des Français. Louis XIV, par sa sagesse et sa justice, a redonné espoir aux armées françaises. Le texte mentionne également les problèmes économiques que la France a traversés, tels que la raréfaction de l'or et de l'argent, et l'usure. Desmaretz est loué pour avoir identifié les causes de ces maux et pour avoir restauré la confiance grâce à son savoir et sa prudence. Grâce à ses efforts, la France a atteint un état de prospérité et de sécurité. Les ennemis de la France demandent désormais la paix à Louis XIV. Le poète espère que Desmaretz continuera à servir le roi et à apporter bonheur et gloire à la nation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1672
p. 156-166
EXTRAIT de la Gazette de Cithere, le 4. Decembre 1713.
Début :
Un Envoyé du brillant Hymenée [...]
Mots clefs :
Hyménée , Vénus, Plaisirs, Beauté, Jeunesse, Flore, Amour, Mariée , Contrat
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de la Gazette de Cithere, le 4. Decembre 1713.
EXTRAIT
dela Gazette de Cithere,
le4. Decembre 1713.
Un Envoyédu brillant
Hymenèe
Paré defleurs, ût audiance
icy,
Venus étantdes Ris environnée
Ilfuat adlmnisàjileu.r.parler
Depuisl'Hymen de cel-
,
le dontla coupe
Fait l'enjouëment de la
table des Dieux;
PourcaJ pareil,sijamais
<vojlretroupe
SçûsanimerlesPlaisirs&
lesJeux,
Quelle y travaille avec tinfoinextreme3
Un jeune objet dans nos
rets efl tombé'
Aux yeux d'Hercule il
paroistroit Hebé,
Et je l'ay pris pour la
Jeunesse même;
Il a l'éclat de Flore au renouveau
Et de l' Aurore en ouvrant
sa Cariere,
Beauténaissante& reçue
au berceau
Ensurvivance auxappas
delaMere:
Sa Merefçutl'artdefer*
petuer
Ses traits charmans dans
sa bellefamille,
Lorsqu'ellefit bonne part à
safille
De les attraits sans les
diminuer:
Ainsi des mois l'inégale
Courriere
Et de ses feux, les autres
feux témoins
Du blond Phoebus em«.
prunte la lumiere
Tant que jamais Phoebus
en brille moins.
Le jeune objet que l'Hy.
1 "llnCe engage
Sous nul empire encore n'a
flechi,
Et cent beautez., fesoient
un douxpartage
De centtresorsdontilest
enrichi;
Il estluiseul plus maistre
en l'art de plaire
Que vostroisSoeurs, les
JHufes toutes neuf,
Pour dire plus, cejl trait
pour traitfa Mere.
A ce portrait ceji la jeune
Pleneuf
1 Dîtsurlechamp la Reine
D'*dmathonte9
C'estse moquer,c'est If-.
vant lasaison
Allerunir les jeuxà la
raison,
Et l'Hymenêe en devroit
avoir honte;
Dans mon couroux qu'estce
qui me retient
L'Ingrat qu'ilest, que je
ne le querelle;
Ravirsi-tost a. mais
il me souvient
Qu'encor sa Mereétoit
plus jeune qu'elle
Quand par l'amour son
contratfut signe,
Contrat si bon au bien de
nos affaires
Qj£à cet Hymen, ma samilleagagné
Une recrue deSoeurs
de freres,
Lajeune Iris ne m'en promet
pas moins;
Cherche l' Amour, q'iit
s'aime qu'ilj'apprëte,
Arelever l'Hymen de
tous ses soins,
Qu'il aide seulse mêler de
laseste,
Sur-tout au cas que la première
nuit
Le même toit mere &
fillerassemble;
jiti grand raport qu'ont
leurs attraits ensemble
L'Hymenpourroitse méprendrede
lit; -
Il passeroit pour d'autant
moinscoupable,
En commetant cette erreur
auflambeau
Qu'en pleinmidy duSoleil
le plus beau
Qui laseroit,seroitfort
pardonable;
On ne devroit qu'après
mûr examen
Marierfille ayantsijeune
mere
Etsans le soin que je
prend du mistere
Quel qui pro quo pouroit
faire l'Hymen.
jîllezj, mon fils, réglée
bien toutes choses,
Die- Citheréeàl'enfantamtiiïreux,
Venezcueillir sur mes le~
rvres de roses
Un doux basser pour ces
époux heureux;
Que ce baiser les remplisse
deflame,
Qui'l soit suivi du plus
fort de vos traits,
Et que portant jufyuau
fondde leurame
Ily demeure &m'enforte
jamais;
Et vous Seigneur,ditesà
l'Hymenee
Que s'il formoit toujours
depareils noeuds
Saplace ici luiseroit dcfi*
gné,e/
Avecles Ris, les Graces(7
lesFeux..
dela Gazette de Cithere,
le4. Decembre 1713.
Un Envoyédu brillant
Hymenèe
Paré defleurs, ût audiance
icy,
Venus étantdes Ris environnée
Ilfuat adlmnisàjileu.r.parler
Depuisl'Hymen de cel-
,
le dontla coupe
Fait l'enjouëment de la
table des Dieux;
PourcaJ pareil,sijamais
<vojlretroupe
SçûsanimerlesPlaisirs&
lesJeux,
Quelle y travaille avec tinfoinextreme3
Un jeune objet dans nos
rets efl tombé'
Aux yeux d'Hercule il
paroistroit Hebé,
Et je l'ay pris pour la
Jeunesse même;
Il a l'éclat de Flore au renouveau
Et de l' Aurore en ouvrant
sa Cariere,
Beauténaissante& reçue
au berceau
Ensurvivance auxappas
delaMere:
Sa Merefçutl'artdefer*
petuer
Ses traits charmans dans
sa bellefamille,
Lorsqu'ellefit bonne part à
safille
De les attraits sans les
diminuer:
Ainsi des mois l'inégale
Courriere
Et de ses feux, les autres
feux témoins
Du blond Phoebus em«.
prunte la lumiere
Tant que jamais Phoebus
en brille moins.
Le jeune objet que l'Hy.
1 "llnCe engage
Sous nul empire encore n'a
flechi,
Et cent beautez., fesoient
un douxpartage
De centtresorsdontilest
enrichi;
Il estluiseul plus maistre
en l'art de plaire
Que vostroisSoeurs, les
JHufes toutes neuf,
Pour dire plus, cejl trait
pour traitfa Mere.
A ce portrait ceji la jeune
Pleneuf
1 Dîtsurlechamp la Reine
D'*dmathonte9
C'estse moquer,c'est If-.
vant lasaison
Allerunir les jeuxà la
raison,
Et l'Hymenêe en devroit
avoir honte;
Dans mon couroux qu'estce
qui me retient
L'Ingrat qu'ilest, que je
ne le querelle;
Ravirsi-tost a. mais
il me souvient
Qu'encor sa Mereétoit
plus jeune qu'elle
Quand par l'amour son
contratfut signe,
Contrat si bon au bien de
nos affaires
Qj£à cet Hymen, ma samilleagagné
Une recrue deSoeurs
de freres,
Lajeune Iris ne m'en promet
pas moins;
Cherche l' Amour, q'iit
s'aime qu'ilj'apprëte,
Arelever l'Hymen de
tous ses soins,
Qu'il aide seulse mêler de
laseste,
Sur-tout au cas que la première
nuit
Le même toit mere &
fillerassemble;
jiti grand raport qu'ont
leurs attraits ensemble
L'Hymenpourroitse méprendrede
lit; -
Il passeroit pour d'autant
moinscoupable,
En commetant cette erreur
auflambeau
Qu'en pleinmidy duSoleil
le plus beau
Qui laseroit,seroitfort
pardonable;
On ne devroit qu'après
mûr examen
Marierfille ayantsijeune
mere
Etsans le soin que je
prend du mistere
Quel qui pro quo pouroit
faire l'Hymen.
jîllezj, mon fils, réglée
bien toutes choses,
Die- Citheréeàl'enfantamtiiïreux,
Venezcueillir sur mes le~
rvres de roses
Un doux basser pour ces
époux heureux;
Que ce baiser les remplisse
deflame,
Qui'l soit suivi du plus
fort de vos traits,
Et que portant jufyuau
fondde leurame
Ily demeure &m'enforte
jamais;
Et vous Seigneur,ditesà
l'Hymenee
Que s'il formoit toujours
depareils noeuds
Saplace ici luiseroit dcfi*
gné,e/
Avecles Ris, les Graces(7
lesFeux..
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Résumé : EXTRAIT de la Gazette de Cithere, le 4. Decembre 1713.
La Gazette de Cithère du 4 décembre 1713 relate une scène où l'Hyménée, dieu du mariage, est accueilli par Vénus et les Rires. L'Hyménée évoque une coupe qui réjouit la table des Dieux et exprime le désir de retrouver les plaisirs et les jeux. Il mentionne un jeune individu comparé à Hébé et à la jeunesse, avec la beauté de Flore et de l'Aurore, et des attraits hérités de sa mère. Ce jeune individu, non encore soumis à un quelconque empire, possède cent beautés et est comparé à la jeune Pleneuf, reconnue par la Reine d'Amathonte. L'Hyménée exprime son courroux mais se souvient que la mère du jeune individu était plus jeune lorsqu'elle s'est mariée par amour, ce qui a bénéficié à sa famille. Il appelle l'Amour à l'aider, surtout dans les cas où la première nuit assemble mère et fille sous le même toit, pour éviter toute erreur. Il conseille de bien examiner avant de marier une fille ayant une mère jeune. Enfin, il invite l'enfant amoureux à cueillir un baiser sur les lèvres de Cithérée pour les époux heureux, afin que ce baiser les remplisse de flamme et demeure à jamais dans leur âme.
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1673
p. 166-168
LE GAZETIER à la jeune Mariée.
Début :
J'aurois jadis mieux badiné peut-estre, [...]
Mots clefs :
Mariée , Jeunesse, Noces, Attachement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE GAZETIER à la jeune Mariée.
LE GAZETIER
à la jeune Mariée. * J'aurois jadis mieux
badinépeut-estre
Quand on tif jeune,il
sied bien d'estre fou,
Mais, par malheur, Iris
monfort est d'estre
VieuxCazetier comme l'abbéBernou;
Hebe la jeune immortelle
Etvostreinférieure erijeu..
ness-e,en appas
Ases Noces fç*4P bien rajeunir
Iolas , Daignez,fairesur moi ce
miracle comme elle3
Je voudroisprolonger mon
cours
Pour redoubler tous les
jours
Le tendre attachement que
j'aipour vostre race,
Pourquoy, ne puis-je rajeunir.
Pour ne voirpas fi-tost la
fin qui le menace
Puisqu'il rieft que ma
mort, quipuisse lefinir.
à la jeune Mariée. * J'aurois jadis mieux
badinépeut-estre
Quand on tif jeune,il
sied bien d'estre fou,
Mais, par malheur, Iris
monfort est d'estre
VieuxCazetier comme l'abbéBernou;
Hebe la jeune immortelle
Etvostreinférieure erijeu..
ness-e,en appas
Ases Noces fç*4P bien rajeunir
Iolas , Daignez,fairesur moi ce
miracle comme elle3
Je voudroisprolonger mon
cours
Pour redoubler tous les
jours
Le tendre attachement que
j'aipour vostre race,
Pourquoy, ne puis-je rajeunir.
Pour ne voirpas fi-tost la
fin qui le menace
Puisqu'il rieft que ma
mort, quipuisse lefinir.
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Résumé : LE GAZETIER à la jeune Mariée.
Le texte 'Le Gazetier' est une adresse à une jeune mariée. L'auteur regrette de ne plus pouvoir badiner comme autrefois, soulignant que la jeunesse sied bien à la folie. Il se compare à un vieillard et à Iris, une divinité jeune et immortelle, en contraste avec la mariée. Il souhaite rajeunir pour prolonger son attachement envers la famille de la mariée et éviter la mort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1674
p. 168
ENVOY.
Début :
Ces Vers partent du cœur, l'amitié les inspire [...]
Mots clefs :
Vers, Cœur, Amitié, Pindare
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENVOY.
ENVOY.
Ces Vers partent du
coeur, tamitie les ins
pire
Ils riont pas ces merveilleux
traits
Des Pindares nouveaux
dont on vante la Lyre,
Mais lessentimens en
font vrais.
Par M. Palaprat.
Ces Vers partent du
coeur, tamitie les ins
pire
Ils riont pas ces merveilleux
traits
Des Pindares nouveaux
dont on vante la Lyre,
Mais lessentimens en
font vrais.
Par M. Palaprat.
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1675
p. 207-224
Pour M. le Dauphin, au sujet d'une avanture entre luy & le petit Marquis de Brancas.
Début :
Muses, prenez vos plus brillans atours, [...]
Mots clefs :
Muses, Dauphin, Prince, Marquis de Brancas, Cour, Rencontre , Majesté, Hommage, Repentir, Réconciliation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Pour M. le Dauphin, au sujet d'une avanture entre luy & le petit Marquis de Brancas.
PourM. le Dauphin, ausujet
d'une avanture entre luy
& le petit Marquis de
Brancas.
mures,Prenez
vos plus
brillans atours,
Vos patins neufs, vos habits
des bons jours,
Vos beaux pendants, soyez
proprettes & blanches,
Telle qu'un jour de Feste
ou deDimanche.
Il faut partir dés demain
pour la Cour,
Un jeune Prince aussi beau
que l'amour
Enfant , des Dieux, par ses
graces, exige
De tous les coeurs un juste
hommage-lige;
Chacun s'empresse à luy
rendre le sien,
Portez luy viste &levostre
& le mien.
C'est ce Dauphin,seul
gage
gage ouinousrcite,
D'un pere helas ! que le
courroux celeste
Malgré les cris des peuples
gemissans,
Nous enleva dans la fleur
de ses ans.
Fasse le Ciel, appaifant sa
colere,
Qu'un jour le fils nous remplace
le pere,
Nous ne pouvons souhaitter
aujourd'huy, ;;
Rien de plus doux ny pour
nous , ny pour luy.
Mais arresté
, que vois-je
icy ma Mufe
,
Vous qui d'abord estonnée
& confuse,
Et dans le coeur murmurant
contre moy Vousdeffendiez d'a,cceprer
cet employ
Au tendre nom du Dau..
phin de la France,
Vous reprenez toute vostre
assurance,
Et semblez mesmeà vôtre
air vif& gay,
Ne demander qu'à partir
sans délay.
Je vois le point, & je crois
vous entendre,
Pour un enfant dans l'âge
le plus tendre,
Et qui ne compte encore
que trois moissons,
Me dites-vous, faut-iltant
de façons?
Muse, tout doux,qui vous
laisseroit faire
Vous me feriez à la Cour
quelque affaire;
Je crois vous voir prompte
à vous oublier,
D'un pas leger & d'un air
familier
Vers le Dauphin pour debut
d'ambassade
Les bras , ouverts courir à
l'embrassade.
Autant en fit dans un fern-J
blable cas
Jeune Marquis que vous ne
valez pas.
Autant en fit & compta
sans son hoste,
Retenez-en Muse, & n'y
faites faute,
Toute l'Histoire. AuPrince
certain jour
Ce jeune enfant alloit faire
: sa cour.
Sa cour, que dis- je, helas !
c'est un langage
Dont à trois ans on ignore
l'usage.
Sans tant tourner disons
qu'ill'alloit voir
Plus par instinct mesme
que par devoir.
Le coeur qui fut son guide
&son genie
Ne connoist point tant de
ceremonie.
Depuis long temps flaté
deceplaisir,
- Le pauvre enfant brusloit
d'un vray desir
De voir le Prince, & disoit
à toute heure,
Quand le verrai- je ? il se
tourmente, il pleure,
Il veut le voir; soyez sage
&demain,
Luy disoit on,vous le verrez
soudain.
Il s'appaifoir, une telle promesse
Plus letouchoit que bonbons
ny carresse.
Arriveenfin ce jour tant
souhaitté,
Long-temps promis, te souvent acheté,
D'attendre au moins un
moment qu'on l'instruise :
Point denouvelle,il faut
qu'on l'y conduise.
Sans differer
,
enfin pour
faire court,
On l'y conduit,ou plutôt
il y court.
En le voyant il ne se sent
pas d'aise,
Il vole à luy, iauce à son
col, le baise
Detout soncoeur; quin'en
,
feroit autant?
Si l'on osoit,n'en faites rien
pourtant,
Un tel debut quoyqu'assez
pardonnable ,
Muse,n'eut pas un succez
favorable.
Bientost le Prince estant
debarrassé
Des petits bras qui l'avoient
embrassé,
Sur l'embrasseur jette une
oeillade;
Et reculant quatre pas en
arriere,
Son petit coeur, mais noble
& qui se sent,
Est tout émû de ce trait
indecent.
Que fera-t il? il s'agite, il
secouë
Avec depit ce baiser de sa
Jouë;
Et de sa main il semble
s'efforcer
S'il est possible au moins
de l'effacer.
A tous ces traits d'un courroux
roux respectable,
Que dit, que fit
, que devint
le coupable,
Coupable, oüy qu'il soit
ainsinommé, [
Mais feulement pour avoir
trop aimé.
Le pauvre enfant dans une
allarmeextreme
Se fit d'abord son procez
à luy mesme, -
Ses yeux baissez,immobile,
- - interdit,
Il reconnut sa faute, il en
rougit,
Son repentir repara son
1 1.
audace,
Par son res pect il mérite sa
grâce,
Et s'approchant humblement
du Dauphin
Il fit sa paix en luy baisant
la main:
De tout cecy vous parois-
,
sez surprise,
Et vostreesprit raisonnant
à sa guise,
Se dit tout bas, Prince tant
c
foitil grande
Sijeune encor envieroit-il sonrang»
Dés son berceau touchant
,.
à laCouronne
Diftinguc.-exill!éclat qui
rr
l'environne,
Et de Louis présomptif
successeur
De son destin comme il a
la grandeur;
Muse, il la sent, s'il ne sçait
la connoistre
, Dans les Heros que pour
regner fit naistre
Des grands Bourbons la
Royalle Maison,
Le fang inspire & prévient
la raison,
Le noble instinct qui dans
leur coeur domine,
Rappelle en eux leurceleste
origine,
Et de ce sangreceu de tant deRoys
La majesté reclame tous
fès droits.
Allez donc, Muses, & deformais
infiruite
Sur ces leçons reglez vostreconduite,
De cesoleil [DUS l'enfance
éclipsé,
N'approchez point d'un air
trop empressé,
Sans affecter des airs de
confiance,
Qu'une modeste & naïve
asseurance
Gagne le Prince & puisse
de la part
Vous attirer quelque tendre
regard:
Haranguez peu, mais que
vostre visage,
De vostre coeur exprime
le langage,
Je ne dis pas qu'un petit
compliment
Assaisonné du sel de l'enjoüement,
N'eust qon merite & mesme
ne pust plaire;
Mais l'embarras, Muse, est
de le bien faire,
Le tout defpend des momens
& du tour,
Vous l'apprendrez des
Rhereurs de la Cour;
Point ne connois pour l'art
de la parole
De plus adroite & plus
subtile école.
Le beau par ler vint au
monde en ce lieu,
Et Compliment est leur
Croix de ParDieu.
L'air du pays qui de luymesme
inspire,
Vous dictera ce que vous
devez dire.
Si cependant vous doutez
du succez
Retranchez , - vous à faire
dessouhaits;
C'est un encens qui fut
toujours de mise,
Mais faites-les en Muse
bien apprise,
Vous trouverez de quoy
dans le Dauphin,
Et surson compte on en
feroit sans fin.
Souhaittez - luy les vertus
de son Pere,
Adjoustez y les graces de
sa Mere,
L'ame &le coeur du Dauphin
son ayeul,
De Louis tout, il comprend
tout luy seul.
Luy fouhaitter qu'àLouis
il ressemble,
C'est le doüer de tous les
dons ensemble.
S'il demandoit, comme il
faut toutprévoir,
Pourquoy ne suis-je moymesme
allé le voir?
Vous luy direz àl'oreille,
mon Prince,
Je croi qu'il a quelque affaire
en province,
Mais en tour cas à luy ne
tiendra point.
Que ne soyez obëi sur ce
point.
d'une avanture entre luy
& le petit Marquis de
Brancas.
mures,Prenez
vos plus
brillans atours,
Vos patins neufs, vos habits
des bons jours,
Vos beaux pendants, soyez
proprettes & blanches,
Telle qu'un jour de Feste
ou deDimanche.
Il faut partir dés demain
pour la Cour,
Un jeune Prince aussi beau
que l'amour
Enfant , des Dieux, par ses
graces, exige
De tous les coeurs un juste
hommage-lige;
Chacun s'empresse à luy
rendre le sien,
Portez luy viste &levostre
& le mien.
C'est ce Dauphin,seul
gage
gage ouinousrcite,
D'un pere helas ! que le
courroux celeste
Malgré les cris des peuples
gemissans,
Nous enleva dans la fleur
de ses ans.
Fasse le Ciel, appaifant sa
colere,
Qu'un jour le fils nous remplace
le pere,
Nous ne pouvons souhaitter
aujourd'huy, ;;
Rien de plus doux ny pour
nous , ny pour luy.
Mais arresté
, que vois-je
icy ma Mufe
,
Vous qui d'abord estonnée
& confuse,
Et dans le coeur murmurant
contre moy Vousdeffendiez d'a,cceprer
cet employ
Au tendre nom du Dau..
phin de la France,
Vous reprenez toute vostre
assurance,
Et semblez mesmeà vôtre
air vif& gay,
Ne demander qu'à partir
sans délay.
Je vois le point, & je crois
vous entendre,
Pour un enfant dans l'âge
le plus tendre,
Et qui ne compte encore
que trois moissons,
Me dites-vous, faut-iltant
de façons?
Muse, tout doux,qui vous
laisseroit faire
Vous me feriez à la Cour
quelque affaire;
Je crois vous voir prompte
à vous oublier,
D'un pas leger & d'un air
familier
Vers le Dauphin pour debut
d'ambassade
Les bras , ouverts courir à
l'embrassade.
Autant en fit dans un fern-J
blable cas
Jeune Marquis que vous ne
valez pas.
Autant en fit & compta
sans son hoste,
Retenez-en Muse, & n'y
faites faute,
Toute l'Histoire. AuPrince
certain jour
Ce jeune enfant alloit faire
: sa cour.
Sa cour, que dis- je, helas !
c'est un langage
Dont à trois ans on ignore
l'usage.
Sans tant tourner disons
qu'ill'alloit voir
Plus par instinct mesme
que par devoir.
Le coeur qui fut son guide
&son genie
Ne connoist point tant de
ceremonie.
Depuis long temps flaté
deceplaisir,
- Le pauvre enfant brusloit
d'un vray desir
De voir le Prince, & disoit
à toute heure,
Quand le verrai- je ? il se
tourmente, il pleure,
Il veut le voir; soyez sage
&demain,
Luy disoit on,vous le verrez
soudain.
Il s'appaifoir, une telle promesse
Plus letouchoit que bonbons
ny carresse.
Arriveenfin ce jour tant
souhaitté,
Long-temps promis, te souvent acheté,
D'attendre au moins un
moment qu'on l'instruise :
Point denouvelle,il faut
qu'on l'y conduise.
Sans differer
,
enfin pour
faire court,
On l'y conduit,ou plutôt
il y court.
En le voyant il ne se sent
pas d'aise,
Il vole à luy, iauce à son
col, le baise
Detout soncoeur; quin'en
,
feroit autant?
Si l'on osoit,n'en faites rien
pourtant,
Un tel debut quoyqu'assez
pardonnable ,
Muse,n'eut pas un succez
favorable.
Bientost le Prince estant
debarrassé
Des petits bras qui l'avoient
embrassé,
Sur l'embrasseur jette une
oeillade;
Et reculant quatre pas en
arriere,
Son petit coeur, mais noble
& qui se sent,
Est tout émû de ce trait
indecent.
Que fera-t il? il s'agite, il
secouë
Avec depit ce baiser de sa
Jouë;
Et de sa main il semble
s'efforcer
S'il est possible au moins
de l'effacer.
A tous ces traits d'un courroux
roux respectable,
Que dit, que fit
, que devint
le coupable,
Coupable, oüy qu'il soit
ainsinommé, [
Mais feulement pour avoir
trop aimé.
Le pauvre enfant dans une
allarmeextreme
Se fit d'abord son procez
à luy mesme, -
Ses yeux baissez,immobile,
- - interdit,
Il reconnut sa faute, il en
rougit,
Son repentir repara son
1 1.
audace,
Par son res pect il mérite sa
grâce,
Et s'approchant humblement
du Dauphin
Il fit sa paix en luy baisant
la main:
De tout cecy vous parois-
,
sez surprise,
Et vostreesprit raisonnant
à sa guise,
Se dit tout bas, Prince tant
c
foitil grande
Sijeune encor envieroit-il sonrang»
Dés son berceau touchant
,.
à laCouronne
Diftinguc.-exill!éclat qui
rr
l'environne,
Et de Louis présomptif
successeur
De son destin comme il a
la grandeur;
Muse, il la sent, s'il ne sçait
la connoistre
, Dans les Heros que pour
regner fit naistre
Des grands Bourbons la
Royalle Maison,
Le fang inspire & prévient
la raison,
Le noble instinct qui dans
leur coeur domine,
Rappelle en eux leurceleste
origine,
Et de ce sangreceu de tant deRoys
La majesté reclame tous
fès droits.
Allez donc, Muses, & deformais
infiruite
Sur ces leçons reglez vostreconduite,
De cesoleil [DUS l'enfance
éclipsé,
N'approchez point d'un air
trop empressé,
Sans affecter des airs de
confiance,
Qu'une modeste & naïve
asseurance
Gagne le Prince & puisse
de la part
Vous attirer quelque tendre
regard:
Haranguez peu, mais que
vostre visage,
De vostre coeur exprime
le langage,
Je ne dis pas qu'un petit
compliment
Assaisonné du sel de l'enjoüement,
N'eust qon merite & mesme
ne pust plaire;
Mais l'embarras, Muse, est
de le bien faire,
Le tout defpend des momens
& du tour,
Vous l'apprendrez des
Rhereurs de la Cour;
Point ne connois pour l'art
de la parole
De plus adroite & plus
subtile école.
Le beau par ler vint au
monde en ce lieu,
Et Compliment est leur
Croix de ParDieu.
L'air du pays qui de luymesme
inspire,
Vous dictera ce que vous
devez dire.
Si cependant vous doutez
du succez
Retranchez , - vous à faire
dessouhaits;
C'est un encens qui fut
toujours de mise,
Mais faites-les en Muse
bien apprise,
Vous trouverez de quoy
dans le Dauphin,
Et surson compte on en
feroit sans fin.
Souhaittez - luy les vertus
de son Pere,
Adjoustez y les graces de
sa Mere,
L'ame &le coeur du Dauphin
son ayeul,
De Louis tout, il comprend
tout luy seul.
Luy fouhaitter qu'àLouis
il ressemble,
C'est le doüer de tous les
dons ensemble.
S'il demandoit, comme il
faut toutprévoir,
Pourquoy ne suis-je moymesme
allé le voir?
Vous luy direz àl'oreille,
mon Prince,
Je croi qu'il a quelque affaire
en province,
Mais en tour cas à luy ne
tiendra point.
Que ne soyez obëi sur ce
point.
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Résumé : Pour M. le Dauphin, au sujet d'une avanture entre luy & le petit Marquis de Brancas.
La lettre invite la Muse à se préparer pour une visite à la cour du Dauphin. La Muse doit se vêtir de ses plus beaux atours pour rencontrer le Dauphin, un jeune prince décrit comme un enfant des dieux par sa beauté et ses grâces. Le Dauphin est présenté comme le seul héritier d'un père enlevé prématurément, et le texte exprime l'espoir que le fils puisse un jour remplacer le père. La Muse, d'abord hésitante, se montre ensuite enthousiaste à l'idée de partir. Le narrateur la met en garde contre un comportement trop familier, rappelant l'exemple du petit Marquis de Brancas. À trois ans, cet enfant avait couru embrasser le Dauphin de manière inappropriée et avait été réprimandé par une œillade du Dauphin. Le narrateur conseille à la Muse de se comporter avec modestie et assurance, en évitant les compliments excessifs. Il suggère de souhaiter au Dauphin les vertus de son père, les grâces de sa mère, et l'âme de son aïeul. Le texte se termine par une recommandation de prudence et de respect envers le Dauphin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1676
p. 63-65
Parodie de la premiere Enigme, dont le mot est la Mouche.
Début :
J'ai la couleur d'un diable, oeil de feu, front cornu, [...]
Mots clefs :
Mouche, Diable, Oeil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de la premiere Enigme, dont le mot est la Mouche.
Parodie de la opremiere
Enigme, donc le mot
est L Mouche.
J'ai la couleur d'un diable, oeil
defeu, front cornu,
Pied griffe, corps njelu.
C'est par le microscope un
fait assez connu.
Je trouble le [orflmeil, je blese
la pensée.
Fait éprouvé par maint au-
-teur-Y
Dont la verve en estoffensée,
Et qui donne la mouche au diable
de bon mltr.
7T"eellqquuiippoorrttee mon nom evveennddiitt
mainte forçat.
Mouche ou mouchard
vend & livre à justice.
Etfait trembler lescelerat.
Telle portant mon nom prend
le nom d'assassîne.
Lacoquetc adonnécenom
A mouche qu'elleplace entre
l'oeil& le
front.
Auxpays chaudselle ajfajjtne
Voyageurs & chevaux, lors
qu'elle s'y mutine.
Je boiAs le-vin «en trahison,
En meglijjant dans la bouteille;
ojfenjè le Dieu de la treille
Quand unferm'ouvre maprison.
Ce
Ce fer est un - tire-bouchon.
Là je fais mal sans en avoir
envie,
La1cependantjeperds lavie.
La mouche à miel habite
lesforefisy
Comme firent jadis PhiloJôphesabifraitsy
Etconfirait dans un chesne une
- caverne [ombre,
Et dans sa ruche en medi-
,
tant à tombî-e,
Ellefait ouvragesdivins>
Cela veut dire
Cierges de cire,-
HQUÎ?illuminer les humains.
L - -
Enigme, donc le mot
est L Mouche.
J'ai la couleur d'un diable, oeil
defeu, front cornu,
Pied griffe, corps njelu.
C'est par le microscope un
fait assez connu.
Je trouble le [orflmeil, je blese
la pensée.
Fait éprouvé par maint au-
-teur-Y
Dont la verve en estoffensée,
Et qui donne la mouche au diable
de bon mltr.
7T"eellqquuiippoorrttee mon nom evveennddiitt
mainte forçat.
Mouche ou mouchard
vend & livre à justice.
Etfait trembler lescelerat.
Telle portant mon nom prend
le nom d'assassîne.
Lacoquetc adonnécenom
A mouche qu'elleplace entre
l'oeil& le
front.
Auxpays chaudselle ajfajjtne
Voyageurs & chevaux, lors
qu'elle s'y mutine.
Je boiAs le-vin «en trahison,
En meglijjant dans la bouteille;
ojfenjè le Dieu de la treille
Quand unferm'ouvre maprison.
Ce
Ce fer est un - tire-bouchon.
Là je fais mal sans en avoir
envie,
La1cependantjeperds lavie.
La mouche à miel habite
lesforefisy
Comme firent jadis PhiloJôphesabifraitsy
Etconfirait dans un chesne une
- caverne [ombre,
Et dans sa ruche en medi-
,
tant à tombî-e,
Ellefait ouvragesdivins>
Cela veut dire
Cierges de cire,-
HQUÎ?illuminer les humains.
L - -
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Résumé : Parodie de la premiere Enigme, dont le mot est la Mouche.
La parodie 'Parodie de la opremiere' utilise le mot 'mouche' comme énigme centrale. La mouche est décrite avec des traits diaboliques : couleur rouge, œil de feu, front cornu, pied griffu et corps noir. Observée au microscope, elle trouble la forme et blesse la pensée, offensant certains auteurs. Elle est également associée au mouchard, qui dénonce et livre à justice, faisant trembler les criminels. Une coquette porte son nom pour une mouche qu'elle place entre l'œil et le front. Dans les pays chauds, elle tourmente les voyageurs et les chevaux. La mouche boit du vin en trahison, se glissant dans la bouteille, et offense le Dieu de la treille lorsqu'on ouvre la bouteille avec un tire-bouchon. Elle fait mal sans en avoir l'intention et perd la vie. La mouche à miel habite les forêts, comme les philosophes, et confinée dans une caverne ombreuse, elle produit des ouvrages divins dans sa ruche, comparés à des cierges de cire pour illuminer les humains.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1677
p. 66-68
Parodie de l'autre Enigme, dont le mot est la Nape.
Début :
Au fond d'un bois je prends mon origine. [...]
Mots clefs :
Nappe, Eau, Bois
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de l'autre Enigme, dont le mot est la Nape.
Parodie de l'autre Enigme,
dont le mot est la Nape.
Au fond d'un bois jepcndj:
mon oririne.
Le lin cest la moele d'un
bois.
Les Tisserans grossers, &
d'esprit & de mine,
Entre deuxbois ont travaille
sur moy
Pour lesujet &pour le Roy.
Claire comme un miroirl'eau
claire & transparente
M'embelit & me represente.
- De nape a pris nom nape
d'eau.
C'est l'eau quirendlelinge
beau. •
Je fais plaisir surtable , , à
souper je metens.
Chez les mortels je porte en
mejmetemps
L'argent, l'aliment, la lumiere,
Ragoûts qui menent dans la
biere
Mainte friand,
Mainté gourmand,
Et le glaive fatal aux boeufs
ZT moutons morts.
De la nape ils fouillent lesbords.
Lerivage au lingeestpropice.
La blanchisseuse, au lieudy
pescherl'écrevice,
Chante parfois en jmaffommant
de coups,
Et parfois devant moy Je met
a deux genoux; Puis meportant dansfa taniere
Adc d-onneformeasa maniere.
D'unscelerat mourantfatfouvent
le dessin.
Sur la corde tenduë
Ne suis,je pas penduë?
Avec les mains après on me jàr. le tein;
Puis me courbantsur moy sost
me redresse enfuite.
AjJèzpour deviner ou* l'on me
met ensuite
La gent devinçreffe a presènt
efl inftrutte.
dont le mot est la Nape.
Au fond d'un bois jepcndj:
mon oririne.
Le lin cest la moele d'un
bois.
Les Tisserans grossers, &
d'esprit & de mine,
Entre deuxbois ont travaille
sur moy
Pour lesujet &pour le Roy.
Claire comme un miroirl'eau
claire & transparente
M'embelit & me represente.
- De nape a pris nom nape
d'eau.
C'est l'eau quirendlelinge
beau. •
Je fais plaisir surtable , , à
souper je metens.
Chez les mortels je porte en
mejmetemps
L'argent, l'aliment, la lumiere,
Ragoûts qui menent dans la
biere
Mainte friand,
Mainté gourmand,
Et le glaive fatal aux boeufs
ZT moutons morts.
De la nape ils fouillent lesbords.
Lerivage au lingeestpropice.
La blanchisseuse, au lieudy
pescherl'écrevice,
Chante parfois en jmaffommant
de coups,
Et parfois devant moy Je met
a deux genoux; Puis meportant dansfa taniere
Adc d-onneformeasa maniere.
D'unscelerat mourantfatfouvent
le dessin.
Sur la corde tenduë
Ne suis,je pas penduë?
Avec les mains après on me jàr. le tein;
Puis me courbantsur moy sost
me redresse enfuite.
AjJèzpour deviner ou* l'on me
met ensuite
La gent devinçreffe a presènt
efl inftrutte.
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Résumé : Parodie de l'autre Enigme, dont le mot est la Nape.
Le texte est une énigme poétique décrivant une nappe. La nappe est comparée à une eau claire et transparente, reflétant comme un miroir. Elle est utilisée pour le plaisir à table et à souper, portant l'argent, l'aliment et la lumière. Elle est associée à des mets délicieux et à des boissons comme la bière. La nappe est également liée à des activités domestiques, telles que le lavage du linge par les blanchisseuses, qui chantent parfois en travaillant. Elle est décrite comme étant manipulée, pliée et dépliée. L'énigme mentionne des aspects funèbres, comme le glaive fatal aux bœufs et aux moutons morts, et le dessin d'un scélérat mourant. Enfin, la nappe est suspendue et manipulée avec les mains, mais sa destination finale reste une énigme pour les devins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1678
p. 69-70
I. ENIGME.
Début :
Quelque Poete en faisant de son mieux, [...]
Mots clefs :
Grès ou rocher
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : I. ENIGME.
*sonmieux,
Eleza jadis jufquaux cieux
Ceux dontjeprens mon origine
Et quelquefois on me prend à
la mine
Pour un bottrgeois, pour un
manant:
AuJJifuis-jegrojjjçr.F-in quelquefois
pourtant,
Les voyageurs quelquefois me
benissent,
Et quelquefois voyageurs me
maudiffint.
Tellefemmequi chante & rit
Anjecfis deux mainsmattendrit,
Pendantqu'il pleut dans fin
écuelle.
Caressepar maint Demoijelle
Je n'en deviens que plus confiant)
Aux Dames j'en souhaite autant.
Eleza jadis jufquaux cieux
Ceux dontjeprens mon origine
Et quelquefois on me prend à
la mine
Pour un bottrgeois, pour un
manant:
AuJJifuis-jegrojjjçr.F-in quelquefois
pourtant,
Les voyageurs quelquefois me
benissent,
Et quelquefois voyageurs me
maudiffint.
Tellefemmequi chante & rit
Anjecfis deux mainsmattendrit,
Pendantqu'il pleut dans fin
écuelle.
Caressepar maint Demoijelle
Je n'en deviens que plus confiant)
Aux Dames j'en souhaite autant.
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1679
p. 70-72
II. ENIGME.
Début :
Jamais dans aucune famille [...]
Mots clefs :
Tison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : II. ENIGME.
II. ENIGME.
Jamais dans aucunefamille
Nom ne fut si souvent chan
ceI.l
Or de'Vinez donc quel nom
foi;
Cenesipoint celui demafilleDansl'endroit
ou je prends
mon nom
lVla mereperd lefien, qu'elle
prit, non d'unpere,
Mais d'un quidan bon compagnon,
Qui la baptisà, mais d'une
rude maniere.
Or je fuis donc le petit-fils
D'unayeul dont le nom sist
pris
NondeJon pere on defiamere,
Et l'un ou l'autre en auoient
un
Qui n'eut nonplus rien de commun
Avecque celui de leur mere,
Quin'a point le nom de son
perepo
Jamais dans aucunefamille
Nom ne fut si souvent chan
ceI.l
Or de'Vinez donc quel nom
foi;
Cenesipoint celui demafilleDansl'endroit
ou je prends
mon nom
lVla mereperd lefien, qu'elle
prit, non d'unpere,
Mais d'un quidan bon compagnon,
Qui la baptisà, mais d'une
rude maniere.
Or je fuis donc le petit-fils
D'unayeul dont le nom sist
pris
NondeJon pere on defiamere,
Et l'un ou l'autre en auoient
un
Qui n'eut nonplus rien de commun
Avecque celui de leur mere,
Quin'a point le nom de son
perepo
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1680
p. 121-168
SATIRE Contre les Maris. / SATIRE.
Début :
Non chere Eudoxe, non, je ne puis plus me taire, [...]
Mots clefs :
Maris, Époux, Femme, Amour, Coeur, Laquais, Victoire, Hôpital
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SATIRE Contre les Maris. / SATIRE.
SATIRE
Contre les Maris.
Preface.
Quelque chose que je
dise contre le Mariage,
mon dessein n'est pas d'en
détourner ceux qui y font
portez par une inclination
naturelle; mais feulement
de faire voir que les dégoûts
& les chagrinsqui c? en font presque infëparable
viennent pour l'ordinaire
plustost du costé des
Maris que de celuy des
Femmes. Contre le fentimens
de Mf Despreaux,
j'espere qu'en faveur de la
cause que j'entreprends,
on excusera les defauts qui
se trouveront dans cet ouvrage
: Je me flatte du
moins que les Dames se.
ront pourmoy;SeàFabry
d'une si illustre protection
je ne crains point les traits
de la Critique la plus envenance.
SATIRE.
Non chere Eudoxe, non,
je ne puis plus me
taire,
Jeveux te détourner d'une
Himen téméraire
D'autres filles sans toy
vendant leur liberté
Sechargeront du foin de
la posterité.
D'autres s'embarqueront
sans crainte du nau.
frage
Mais toj voyant téeueil
sans quitter le riruagc)
Tu riiraspointesclave af
servie à l'amour
Sous le joug d'un époux
t'engaglirsans retour
Ny d'unJervile usage approuvant
linjufiice
De tes biensy de ton coeur
luyfaire unsacrifice,
Abandonner ton ame à
milleJoins divers,
Et toy même à jamais
forger tes propresfers.
JSle t'imagines pAS que l'ardeur
de médire
f
Arme aujourd'huy fila
- main des traits de la
Satire9
Kîy que par un Censeur le
beauftxeoutragé
Ait bcfoin de mes Vers
pour en estre vangc
Ce Sexe plein d'attraits
sans secours & sans
âmes
Peut assez,f deffcndre auecses
propres charmes,
Et les traits d'un Critique
ajfoibli par les ans
Sont tomber deles mains
sansforce & languifi
sans:
Mon tjprit antre-foisenchanté
de ses rimes
Luy comptoit pour rvertus
sessatiriques crimes,
Et livroit avecjoye à ses
nobles fureurs3
Vn tas infortuné d'inflpides
Auteurs;
Maisje riay pu foujfrir
1 qu'une indiscrete veine
Le forçatmieux Athlete
a rentrer Atrl'arene.
Et que laissant en paix
tant de mauvais écrits
NouveauPredicateur il
vint en cheveuxgris
D'un esprit peu chrétien
blâmerde chastesflammes
Et par des Vers malins
nous faire horreur des
j,
femmes
Si l'Himen aprè1s fiy
trame tant de d'goujts,
On n'en doit imputer la
faute qu'auxépoux.
Lesfemmes font toujours
dinnocentesvicitmeç
Que des loix d'interejfJ:J
que defausses maximes
Immolentlâchementà des
Maristrompeurs..
On ne s'informeplus ny
durangnydesmoeurs
Crispin, roux & mancellU,
vient d'epoufir
Julie
Il eji du genre humain&
L'opprobre & lalie
On trouvcroit encore à
quelque vieuxpillter
Son dernier hahit verd
pendu cheXj lefripier:
ParJes concussions fatales
à la France
lia déjàvingtfois affrontélapotence
;
Mais cent rvafts d'argent
parent(es longs buffets
11 - jivecpeine unguèret traversi
[es guèrets
y
Que faut-il davantage?
aujourd'huy la richesse
Ne tient-elle pas lieu di
vertuy de nobleffi?
Et pourfaire un époux,
que voudroit-on déplus?
Que dixterres en Beauce9
avecvingt mil écus.
RegardeDorilas9 cet échape
d*Esope 0z ne peut discerner
quavec un Micro/cope;
Dontle corps de travers&
tefpritplus malfait
D'un Therfite à nos yeux
retracent leportrait
Que t'en emhle dis-moy?
penses-tu quunefille
Qui ria Û cet amant
qu'au travers d'une
grille
Et qui depuis dix Ans
NourrieàPortRoyal
A paffé du parloir dans le
lit nuptial;
Puis-je garderlongtemps
uneforcetendrefie
En faveur d'un Maryd'une
si rare especey
Quand la Cour&la Ville
presententàfis yeux
Desflots d'adorateurs qui
la mertte mieux.
MatsJe veux que du Ciel
une heureuje influence
Rassemble en ton époux
&mérité & naissance
Infortunéjoueur,ilperdra
tousfisbiens
Quun contrat malheureux
confond avec les
fitns
Entrons dans le Brelandy
ou s'arrête à la
porte
De laquais mal payel^Ja
maligne cohorte
Voy les cornets en l'airjettes
avec transport,
Quon veut rendre garend
des caprices du fort.
Voy ces pâlesJoueurs qui
pleinsd'extravagance
D'un destin insolent affronte
l'inconstance
Etsur trois des maudits
lisent l'arrêtfatal
Qui les condamne enfin
d'aller à l'Hôpital.
Pénétrons plus avant
voy cette table ronde
Autet que avarice éleva
dés lemonde
Ou tous les forceriez, fem*
blent avoir faitvoeu
Dese facnfierau noir demon
duJeu,
Vois-tu sur cette carte un
contrat difparotfire
Sur cet autre unChajieau
prêt à changerdemaître
Quelsoudain desespoirsaisit
le malheureux?
Qfuieavfieinntedr'aun
coupegorgeaffreux
MaisfuyonsfousJespieas
tous les parquets gemissent
Defermns tous nouveaux
les platfonds retentifsint
Et par lefort cruel d'une
fatalenuity
, De vOIr enfinGalet a
l'Hôpital reduit,
Sa femme cependant di
centfrayeurs atteinre
Boitchez,elle a longs traits
& le fiel & Cabfmte
Ou traînant aprèsJoy d'infortunete1ans
Va chercher un azjileauprès
desesparenss
Harpagon cftatteit de
, toutautrefolie,
Le Ciell'avantagead'une
femme accomplie
re-ç)utpmrsa dotplus 1 -, 7 , li} deûus^alafois ': — Quun balancier nenpeut
reformer ensix mois.
Sa femmefeflattait de la
douce esperance
De "voirfleurir chez., elle
une heureuseabondance,
ElIecroyait au moins que
deux ou trois amisj
Pourvoientfoir&matinà
sa tableeflreadmis
Mais Harpagon aride&
presqueDiaphane-
Par les jeûnes cruels auf
quels ilse condamne: Nereçoitpointd'amis aux
dépens de son pain
Toutse ressentcheijuy des
langueursde lafaim,
Si pour fournir aux frais
d'un hahit necefaim
Saffmmt-^lÙJ-\'mande
une somme Itgere3
Son vifoegesoudain pre%d
une autre couLfur,
Ses valets font en butte à
sa ma,uvaife humeur,
UAvarice bien-tft au
teint livide &blême,
Surfincoffre defer va taF
foir elle-même3
Pour ne le point ouvrir il
abondeenraisons
Ses hqtes sans payer ont
vidêfts massons
D'un vent,venu du Nord • d^maligne, influence
t
A motjjonésesfruits avec
Ion esperance,
Où de fougueux Torrens
inondansiesFallons,
Ont noyésans pitié thonnAeur
desye~sj fyi/lions,
uiinfitoujours rétif, rien
nefléchitson ame
Pour avoir un habit il
faudra quesafemme
jittende que la mort k
mettant au cercueil,
Luyfaffe enfin unfalutafr
re dueil.
Mais,pourquoy diraJtu9
cette injujtc querelle
Les époux font ilsfaitsftr
lemêmemodelie,
jilcipe nflejf-il pas exempt
deces dejfauts,
Que tu viens de tracer
dans tes piquans tableaux
D'accord, il efi bien fait,
genereux3 noble, {age,
Mats à se ruiner(On propre
honneur l'engage
Si-tost que la victoire un
laurier a la main
appellera Louis Jur les
rives du Rhin
Que des Zephirs nouveaux
les fecondes haleines
Feront verdir nos bois (;;'
refleurir nos plaines:
,Ses Muletsimportais bisarrementornez
Et d'un airain bruyant9
par tout environnez
Sous des tapis brode si
suivantalafile,
ut pas Majeftueux tra«
verseront la Ville.
Tout le peuple attentifAU
bruit deses Mulets
Verrapasserauloin,Surtous9
Fourgons" Vdlets,
Chevaux de main Fringans,
insultant a la
terre.,
Pompe digne en effet des
enfans de laguerre
Mais pour donner fef7
sir à ce noble embarras
Combien cbez, le Notaire
A-t-ilfait des contrats?
Lesjoyaux de sa femme
oonntteétteérmnitsseenn gage
jyunsomptueux buffet le
pompeux étalagé
Que du débris commun il nyapAugarentir.,
Rentre cheZlc Marchand
dont on l'a vu sortir.
Pour assembler unfond de
deux mtlle pi[tôles
Combien nouveau Prothée
at-jt joüé de rôles:
Combien a-t-il fait voir
que leplusfierguerrier
Elplus humble aujourd'huy
qu'un indigne
Vfùrler.
Ilpart, enfin, il mene avec
luy l'abondance
Tout le Camp se ressent de
sa nobU difence
Des Cutfmiers fameux
pour luy fournir des
mets,
Epuisentchaque jonr les
Aiers & les Forefis*
Quefait sa femme alors?
dans le fond d'un Vil,lage Ellevasansargentdepio^
rer
rerfin veuvage
Dans fis jardins defirts
promenersa douleur
Et des champs paresseux
exciter la lenteur.
On voit six mois apre's,
tout ce trainmagnifique
Reduit à la moitiérevenir,
faible étique,
On voit sur les chemins l'équipage
en lambeaux
Des mulets decharneZ, des
ombres de chevauxy
Qui dans ce tri(teétatri0.
fantpresqueparoifire
S'en vont droit au marché
chercher un autre maî*-
tre
Cependant auprintemps il
_faut recommencer, Ilfautsur nouveauxfrais
emprunter9 dépenfer,
Mais nous verrons bientofl
une ltfte cruelle
1)u trépas de l'époux apporter
la nouvelle,
Etpourpayer enfin de tris
tes creancIers,
Ilne laijje après luy qu'un
tas de vains lauriers.
Ilefid'autres Maris
volages) infidellts;
Fatigans damerets/Tirans
nez, des ruelles,
Qu'on voidmaigre l'Hymen
&ses facreZu
flambeaux
S'enrôler chaquejourfous
de nouveaux drapeaux9
Quid'un coeur plein de
feux à leur devoir
contraires
Encensent follement des
beautez, étrdngeres;
Le foin toujours pressant
de leurs galans exploits;
En vingt lieuxdijferends
les appelleà lafois.
Wgaton dans Paris
court à bride abbatué
Malheur à qUI pour lors
est à pied dans la rue
D'un & d'autres cojtezj,
les chevaux bondijjans
D'un déluge deboueinondent
loespassans,
Tout .fuit aux environs,
chacun cherche un aile
Avec plus de rviteifè il
traverse la Ville
Que les courftersp uireux
que l'on vid les pre.
miers,
Du combat de Nervvinde
apporter les lauriers;
Et qui de la victoire emprunterent
les ailes
Pour en donner au Roy les
premieres nouvelles.
De cet ernprejfement lefajet
inconnu
Quelejl-ilen effet?eh quoyi
l'ignores tu?
o 11 va fade amoureux de
theâtre en theâtre
Annoncer un habitdontil
est idolâtre
Dans le même moment on
le retrouve au Cours
Hors la filey au grand
trot ilyfait plu/leurs
tours,
Tout hors d'haleine enfin
il rentre aux Thmlleries,
Cherchantpartoutmatiere
à sesgalanteries,
Ilreçoit tous lesjours mille
tendres billets
Ses brasfontjufquati coude
cntouez., de portraitsy
On voit briller dans l'or9
des blondes& des brunes
Qtitl porte pour garends
de ses bonnesfortunes.
jîux yeux de son épouje il
en fait vanité
Il prétend qu'en dépit des
loix de l'équité
Safemme luy confcrve une
amour éternelle
Tandis qu'il aime ailleurs,
& court de belle en
belle.
D'autres amours en- cor.mais non d'un
tel dficours
Il ne meji pas permis de
prolonger le cours.
lAaplume se rifule a ma
timide rueine
Eut-on crû que leTibre
eutcoulédans la Seine
Etqu'il eut corrompu les
moeurs de nos François
Pour confoltr le Rhin de
leurs fameuxexploits.
Je voudrois bien Eudoxe
abregeant la matiere
Calmer ici ma bile &finir
ma carrure
Maispuis-jefàpprimer le
portrait d'unjaloux
Qui sans cesse agité d'un
mouvement peu doux
Et paré des dehors d'une
tendresse vaine
Aime, mais d'un amour
qui ressemble à la haine?
dlidor vientici s'offrir
à monpinceau
Ilejldesa moitié l'amant
& le bourreau
Partout illapourfuit>fans
cesseUlaquer,lie
Il nepeut la fuitterJ riy
demeurerprès d'elle,
L'erreur au double fronts
le devorant ennuy.
Lesfunefies Joubçons vollent
autour de luys
Ungejle indifférénd un regardsans
étude>
Va deIon coeurjaloux ai.
grlr l*inquiétude,
Sans cejjeilse consume en
projetsfuperjlus
Il voit3 il entend tout, il
en croit encor plus;
Ileflmalgré ses foins, &
fisconstantesveilLes
uéveugle avec centyeux,
Jouràaveccent oretlles.
Chaque objet de son coeur
vient arracher la.pAi
Marbres, bronzées, tableauxyportiers.
cocher,
laquais
Ceux même quaux de-
Jerts de Vardente Guinée
Le Soleil a couvert d'une
peau basanée9
Tout luy paroistamatitfatal
à son honneur
Il craint des héritiers de
plus d'une couleur.
Quun folâtre Zephir arvec
trop de licence
Des cheveux desafemme
ait détruit l'ordonnance
Sa mainsarme aussi-tost
dufer& dupoison
D'unprétendu rival il
veut tirerraisons
Si la crainte des loix fufpendfafrenefte,
Pour l'immoler centfois il
luy laisse la vies
Dans quelque vieux châ.
teau retraitedeshiboux
Dont quelque jour peutejfre
il deviendra jaloux
,
Il trame en exil comme
une criminelle
Et eour la tourmenter il
S'enferme avec elle,
Dans le Jauvage lieu des
vivans ignoré
D'un sosjé large & creux
doublement entouré
Cette tri(le rviéfime, affligét"
eperdue*
Sur les funefies bords croit
ejfredescendue,
Lorsque la parque enfin répondantà/
es voeux
Vient terminer le cours de
ses jours malheureux.
Nomme moysitupeux
quelquemary sans
vice
MaMust cft toute prête
a luy rendre jufttce,
Sera-ce Lijirlas? qui met
avec éclat
Safemme en un convent
par arrejf du Sénat
Et qui trois mois après devenu
doux &Jage
Celebre en un parloir un
fécond mariage.
Sera-ce Lifimon qui toûjours
lntete
Convoqueavecgrandbruit
toute la Facu/té?
Et sur son fort douteux
confiiltant Hipocrate
Fait qu'aux yeux du public
son deshonneur
éclate:
Quel champ!sije parlois
d'un époux furieux
Quiprofanantsans ceJft un
chef-d'oeuvre des cieux
Ofe dans les transports de
sa rage cruelle
Porter sursonépouse une
main criminelle.
Maisje te veux encore
ébaucher un tableau
Remontonssurla Scene&
tirons le rideau.
Dieux que vois-je en dépit
d'une épaifefumée
Que répand dans les airs
maintepipe allumée
Tarmy desflots de vin en
tous lieux répandu9
J'apperçois Trafimontsur
le ventre étendu;
Qui tout pâle& defait rejettefouslatable
Les rebuts odieux d'un repas
qui l'accables
Jlfait pour se lever des effortsviolens,
La terresedérobé à (es pas
chance/ans
De mortelles vapeurs fil
tesse encore peine
Sous de honteux debris de
nouveau le rentrainej
Ilretombe& bien-tojttau*
rore en ce redutt
Viendra nous découvrir
les excés de la nuit;
Bien-tost avec le jour
nous allons voir paroiifre
atre insolens laquais
aussi fMouas isqturee leur
Oui charmez, dans leur
coeur de ce honteuxfracas
Prés de sa femme au lit
le portentfous les bras.
Quelcharme! quelplaifïr!
pour cette trijlefemme
Defsvoir le temain de ce
fPeOaclt infâme
Defintir des vapeurs de
vin & de tabac,
QUexaleprès de foy, un
perfide efiomach.
Tufremis?toutefois dans
le Stecle où noussommes
Chere Eudoxe3voila commefontfaits
les hom-
Quelmérmietés:quelstitresfoapurvèsertaoiunts!
quels titrfsfluverains
Rendent donc les maris &
fifiers&sivains,
Osent-ils se flatter qu'un.
contratautentique>
Leur doine sur les coeurs
un pouvoir tirannique?
Pensent
-
ils que brutaux,
peu comptasans, fâcheux
:A.vares,neghgens, debauchez,,
ombrigeux,
PArez, du nom dépoux ih
ferontsursdeplaire,
du mépris d'un amani
fournis, tendre sincere,
Complaisant,libéral, qui
Jefait nuit &jour
Vnfointoûjours nouveau
de prouverson amour.
Non non, cestseflatter
d'une erreur condamnable
Etpoursefaire aimer, il
faut se rendre aimables
,
Aprés tous cesportraits
bien ou mal ébauchez:..,
Et tant d'autres encor
que jeriay pas tou- cbe
Jras-tu me traitant etennuyeux
pédagogue?
Des martirs de tHimen
grossîr le catalogue,
Non? dans un plein repos
arrête ton dessin,
Ctfi le premier des biens
de vivresans chagrin.
Si dans des vers pi
quansJuvenal enfurie
fait poejfcr pourfou ce.
luy qui semarie3
D'un esprit plus sènsé
concluons aujourd'huy
Que celle qui repoulé est
plus folle que luy.
J. L.D.L.
Contre les Maris.
Preface.
Quelque chose que je
dise contre le Mariage,
mon dessein n'est pas d'en
détourner ceux qui y font
portez par une inclination
naturelle; mais feulement
de faire voir que les dégoûts
& les chagrinsqui c? en font presque infëparable
viennent pour l'ordinaire
plustost du costé des
Maris que de celuy des
Femmes. Contre le fentimens
de Mf Despreaux,
j'espere qu'en faveur de la
cause que j'entreprends,
on excusera les defauts qui
se trouveront dans cet ouvrage
: Je me flatte du
moins que les Dames se.
ront pourmoy;SeàFabry
d'une si illustre protection
je ne crains point les traits
de la Critique la plus envenance.
SATIRE.
Non chere Eudoxe, non,
je ne puis plus me
taire,
Jeveux te détourner d'une
Himen téméraire
D'autres filles sans toy
vendant leur liberté
Sechargeront du foin de
la posterité.
D'autres s'embarqueront
sans crainte du nau.
frage
Mais toj voyant téeueil
sans quitter le riruagc)
Tu riiraspointesclave af
servie à l'amour
Sous le joug d'un époux
t'engaglirsans retour
Ny d'unJervile usage approuvant
linjufiice
De tes biensy de ton coeur
luyfaire unsacrifice,
Abandonner ton ame à
milleJoins divers,
Et toy même à jamais
forger tes propresfers.
JSle t'imagines pAS que l'ardeur
de médire
f
Arme aujourd'huy fila
- main des traits de la
Satire9
Kîy que par un Censeur le
beauftxeoutragé
Ait bcfoin de mes Vers
pour en estre vangc
Ce Sexe plein d'attraits
sans secours & sans
âmes
Peut assez,f deffcndre auecses
propres charmes,
Et les traits d'un Critique
ajfoibli par les ans
Sont tomber deles mains
sansforce & languifi
sans:
Mon tjprit antre-foisenchanté
de ses rimes
Luy comptoit pour rvertus
sessatiriques crimes,
Et livroit avecjoye à ses
nobles fureurs3
Vn tas infortuné d'inflpides
Auteurs;
Maisje riay pu foujfrir
1 qu'une indiscrete veine
Le forçatmieux Athlete
a rentrer Atrl'arene.
Et que laissant en paix
tant de mauvais écrits
NouveauPredicateur il
vint en cheveuxgris
D'un esprit peu chrétien
blâmerde chastesflammes
Et par des Vers malins
nous faire horreur des
j,
femmes
Si l'Himen aprè1s fiy
trame tant de d'goujts,
On n'en doit imputer la
faute qu'auxépoux.
Lesfemmes font toujours
dinnocentesvicitmeç
Que des loix d'interejfJ:J
que defausses maximes
Immolentlâchementà des
Maristrompeurs..
On ne s'informeplus ny
durangnydesmoeurs
Crispin, roux & mancellU,
vient d'epoufir
Julie
Il eji du genre humain&
L'opprobre & lalie
On trouvcroit encore à
quelque vieuxpillter
Son dernier hahit verd
pendu cheXj lefripier:
ParJes concussions fatales
à la France
lia déjàvingtfois affrontélapotence
;
Mais cent rvafts d'argent
parent(es longs buffets
11 - jivecpeine unguèret traversi
[es guèrets
y
Que faut-il davantage?
aujourd'huy la richesse
Ne tient-elle pas lieu di
vertuy de nobleffi?
Et pourfaire un époux,
que voudroit-on déplus?
Que dixterres en Beauce9
avecvingt mil écus.
RegardeDorilas9 cet échape
d*Esope 0z ne peut discerner
quavec un Micro/cope;
Dontle corps de travers&
tefpritplus malfait
D'un Therfite à nos yeux
retracent leportrait
Que t'en emhle dis-moy?
penses-tu quunefille
Qui ria Û cet amant
qu'au travers d'une
grille
Et qui depuis dix Ans
NourrieàPortRoyal
A paffé du parloir dans le
lit nuptial;
Puis-je garderlongtemps
uneforcetendrefie
En faveur d'un Maryd'une
si rare especey
Quand la Cour&la Ville
presententàfis yeux
Desflots d'adorateurs qui
la mertte mieux.
MatsJe veux que du Ciel
une heureuje influence
Rassemble en ton époux
&mérité & naissance
Infortunéjoueur,ilperdra
tousfisbiens
Quun contrat malheureux
confond avec les
fitns
Entrons dans le Brelandy
ou s'arrête à la
porte
De laquais mal payel^Ja
maligne cohorte
Voy les cornets en l'airjettes
avec transport,
Quon veut rendre garend
des caprices du fort.
Voy ces pâlesJoueurs qui
pleinsd'extravagance
D'un destin insolent affronte
l'inconstance
Etsur trois des maudits
lisent l'arrêtfatal
Qui les condamne enfin
d'aller à l'Hôpital.
Pénétrons plus avant
voy cette table ronde
Autet que avarice éleva
dés lemonde
Ou tous les forceriez, fem*
blent avoir faitvoeu
Dese facnfierau noir demon
duJeu,
Vois-tu sur cette carte un
contrat difparotfire
Sur cet autre unChajieau
prêt à changerdemaître
Quelsoudain desespoirsaisit
le malheureux?
Qfuieavfieinntedr'aun
coupegorgeaffreux
MaisfuyonsfousJespieas
tous les parquets gemissent
Defermns tous nouveaux
les platfonds retentifsint
Et par lefort cruel d'une
fatalenuity
, De vOIr enfinGalet a
l'Hôpital reduit,
Sa femme cependant di
centfrayeurs atteinre
Boitchez,elle a longs traits
& le fiel & Cabfmte
Ou traînant aprèsJoy d'infortunete1ans
Va chercher un azjileauprès
desesparenss
Harpagon cftatteit de
, toutautrefolie,
Le Ciell'avantagead'une
femme accomplie
re-ç)utpmrsa dotplus 1 -, 7 , li} deûus^alafois ': — Quun balancier nenpeut
reformer ensix mois.
Sa femmefeflattait de la
douce esperance
De "voirfleurir chez., elle
une heureuseabondance,
ElIecroyait au moins que
deux ou trois amisj
Pourvoientfoir&matinà
sa tableeflreadmis
Mais Harpagon aride&
presqueDiaphane-
Par les jeûnes cruels auf
quels ilse condamne: Nereçoitpointd'amis aux
dépens de son pain
Toutse ressentcheijuy des
langueursde lafaim,
Si pour fournir aux frais
d'un hahit necefaim
Saffmmt-^lÙJ-\'mande
une somme Itgere3
Son vifoegesoudain pre%d
une autre couLfur,
Ses valets font en butte à
sa ma,uvaife humeur,
UAvarice bien-tft au
teint livide &blême,
Surfincoffre defer va taF
foir elle-même3
Pour ne le point ouvrir il
abondeenraisons
Ses hqtes sans payer ont
vidêfts massons
D'un vent,venu du Nord • d^maligne, influence
t
A motjjonésesfruits avec
Ion esperance,
Où de fougueux Torrens
inondansiesFallons,
Ont noyésans pitié thonnAeur
desye~sj fyi/lions,
uiinfitoujours rétif, rien
nefléchitson ame
Pour avoir un habit il
faudra quesafemme
jittende que la mort k
mettant au cercueil,
Luyfaffe enfin unfalutafr
re dueil.
Mais,pourquoy diraJtu9
cette injujtc querelle
Les époux font ilsfaitsftr
lemêmemodelie,
jilcipe nflejf-il pas exempt
deces dejfauts,
Que tu viens de tracer
dans tes piquans tableaux
D'accord, il efi bien fait,
genereux3 noble, {age,
Mats à se ruiner(On propre
honneur l'engage
Si-tost que la victoire un
laurier a la main
appellera Louis Jur les
rives du Rhin
Que des Zephirs nouveaux
les fecondes haleines
Feront verdir nos bois (;;'
refleurir nos plaines:
,Ses Muletsimportais bisarrementornez
Et d'un airain bruyant9
par tout environnez
Sous des tapis brode si
suivantalafile,
ut pas Majeftueux tra«
verseront la Ville.
Tout le peuple attentifAU
bruit deses Mulets
Verrapasserauloin,Surtous9
Fourgons" Vdlets,
Chevaux de main Fringans,
insultant a la
terre.,
Pompe digne en effet des
enfans de laguerre
Mais pour donner fef7
sir à ce noble embarras
Combien cbez, le Notaire
A-t-ilfait des contrats?
Lesjoyaux de sa femme
oonntteétteérmnitsseenn gage
jyunsomptueux buffet le
pompeux étalagé
Que du débris commun il nyapAugarentir.,
Rentre cheZlc Marchand
dont on l'a vu sortir.
Pour assembler unfond de
deux mtlle pi[tôles
Combien nouveau Prothée
at-jt joüé de rôles:
Combien a-t-il fait voir
que leplusfierguerrier
Elplus humble aujourd'huy
qu'un indigne
Vfùrler.
Ilpart, enfin, il mene avec
luy l'abondance
Tout le Camp se ressent de
sa nobU difence
Des Cutfmiers fameux
pour luy fournir des
mets,
Epuisentchaque jonr les
Aiers & les Forefis*
Quefait sa femme alors?
dans le fond d'un Vil,lage Ellevasansargentdepio^
rer
rerfin veuvage
Dans fis jardins defirts
promenersa douleur
Et des champs paresseux
exciter la lenteur.
On voit six mois apre's,
tout ce trainmagnifique
Reduit à la moitiérevenir,
faible étique,
On voit sur les chemins l'équipage
en lambeaux
Des mulets decharneZ, des
ombres de chevauxy
Qui dans ce tri(teétatri0.
fantpresqueparoifire
S'en vont droit au marché
chercher un autre maî*-
tre
Cependant auprintemps il
_faut recommencer, Ilfautsur nouveauxfrais
emprunter9 dépenfer,
Mais nous verrons bientofl
une ltfte cruelle
1)u trépas de l'époux apporter
la nouvelle,
Etpourpayer enfin de tris
tes creancIers,
Ilne laijje après luy qu'un
tas de vains lauriers.
Ilefid'autres Maris
volages) infidellts;
Fatigans damerets/Tirans
nez, des ruelles,
Qu'on voidmaigre l'Hymen
&ses facreZu
flambeaux
S'enrôler chaquejourfous
de nouveaux drapeaux9
Quid'un coeur plein de
feux à leur devoir
contraires
Encensent follement des
beautez, étrdngeres;
Le foin toujours pressant
de leurs galans exploits;
En vingt lieuxdijferends
les appelleà lafois.
Wgaton dans Paris
court à bride abbatué
Malheur à qUI pour lors
est à pied dans la rue
D'un & d'autres cojtezj,
les chevaux bondijjans
D'un déluge deboueinondent
loespassans,
Tout .fuit aux environs,
chacun cherche un aile
Avec plus de rviteifè il
traverse la Ville
Que les courftersp uireux
que l'on vid les pre.
miers,
Du combat de Nervvinde
apporter les lauriers;
Et qui de la victoire emprunterent
les ailes
Pour en donner au Roy les
premieres nouvelles.
De cet ernprejfement lefajet
inconnu
Quelejl-ilen effet?eh quoyi
l'ignores tu?
o 11 va fade amoureux de
theâtre en theâtre
Annoncer un habitdontil
est idolâtre
Dans le même moment on
le retrouve au Cours
Hors la filey au grand
trot ilyfait plu/leurs
tours,
Tout hors d'haleine enfin
il rentre aux Thmlleries,
Cherchantpartoutmatiere
à sesgalanteries,
Ilreçoit tous lesjours mille
tendres billets
Ses brasfontjufquati coude
cntouez., de portraitsy
On voit briller dans l'or9
des blondes& des brunes
Qtitl porte pour garends
de ses bonnesfortunes.
jîux yeux de son épouje il
en fait vanité
Il prétend qu'en dépit des
loix de l'équité
Safemme luy confcrve une
amour éternelle
Tandis qu'il aime ailleurs,
& court de belle en
belle.
D'autres amours en- cor.mais non d'un
tel dficours
Il ne meji pas permis de
prolonger le cours.
lAaplume se rifule a ma
timide rueine
Eut-on crû que leTibre
eutcoulédans la Seine
Etqu'il eut corrompu les
moeurs de nos François
Pour confoltr le Rhin de
leurs fameuxexploits.
Je voudrois bien Eudoxe
abregeant la matiere
Calmer ici ma bile &finir
ma carrure
Maispuis-jefàpprimer le
portrait d'unjaloux
Qui sans cesse agité d'un
mouvement peu doux
Et paré des dehors d'une
tendresse vaine
Aime, mais d'un amour
qui ressemble à la haine?
dlidor vientici s'offrir
à monpinceau
Ilejldesa moitié l'amant
& le bourreau
Partout illapourfuit>fans
cesseUlaquer,lie
Il nepeut la fuitterJ riy
demeurerprès d'elle,
L'erreur au double fronts
le devorant ennuy.
Lesfunefies Joubçons vollent
autour de luys
Ungejle indifférénd un regardsans
étude>
Va deIon coeurjaloux ai.
grlr l*inquiétude,
Sans cejjeilse consume en
projetsfuperjlus
Il voit3 il entend tout, il
en croit encor plus;
Ileflmalgré ses foins, &
fisconstantesveilLes
uéveugle avec centyeux,
Jouràaveccent oretlles.
Chaque objet de son coeur
vient arracher la.pAi
Marbres, bronzées, tableauxyportiers.
cocher,
laquais
Ceux même quaux de-
Jerts de Vardente Guinée
Le Soleil a couvert d'une
peau basanée9
Tout luy paroistamatitfatal
à son honneur
Il craint des héritiers de
plus d'une couleur.
Quun folâtre Zephir arvec
trop de licence
Des cheveux desafemme
ait détruit l'ordonnance
Sa mainsarme aussi-tost
dufer& dupoison
D'unprétendu rival il
veut tirerraisons
Si la crainte des loix fufpendfafrenefte,
Pour l'immoler centfois il
luy laisse la vies
Dans quelque vieux châ.
teau retraitedeshiboux
Dont quelque jour peutejfre
il deviendra jaloux
,
Il trame en exil comme
une criminelle
Et eour la tourmenter il
S'enferme avec elle,
Dans le Jauvage lieu des
vivans ignoré
D'un sosjé large & creux
doublement entouré
Cette tri(le rviéfime, affligét"
eperdue*
Sur les funefies bords croit
ejfredescendue,
Lorsque la parque enfin répondantà/
es voeux
Vient terminer le cours de
ses jours malheureux.
Nomme moysitupeux
quelquemary sans
vice
MaMust cft toute prête
a luy rendre jufttce,
Sera-ce Lijirlas? qui met
avec éclat
Safemme en un convent
par arrejf du Sénat
Et qui trois mois après devenu
doux &Jage
Celebre en un parloir un
fécond mariage.
Sera-ce Lifimon qui toûjours
lntete
Convoqueavecgrandbruit
toute la Facu/té?
Et sur son fort douteux
confiiltant Hipocrate
Fait qu'aux yeux du public
son deshonneur
éclate:
Quel champ!sije parlois
d'un époux furieux
Quiprofanantsans ceJft un
chef-d'oeuvre des cieux
Ofe dans les transports de
sa rage cruelle
Porter sursonépouse une
main criminelle.
Maisje te veux encore
ébaucher un tableau
Remontonssurla Scene&
tirons le rideau.
Dieux que vois-je en dépit
d'une épaifefumée
Que répand dans les airs
maintepipe allumée
Tarmy desflots de vin en
tous lieux répandu9
J'apperçois Trafimontsur
le ventre étendu;
Qui tout pâle& defait rejettefouslatable
Les rebuts odieux d'un repas
qui l'accables
Jlfait pour se lever des effortsviolens,
La terresedérobé à (es pas
chance/ans
De mortelles vapeurs fil
tesse encore peine
Sous de honteux debris de
nouveau le rentrainej
Ilretombe& bien-tojttau*
rore en ce redutt
Viendra nous découvrir
les excés de la nuit;
Bien-tost avec le jour
nous allons voir paroiifre
atre insolens laquais
aussi fMouas isqturee leur
Oui charmez, dans leur
coeur de ce honteuxfracas
Prés de sa femme au lit
le portentfous les bras.
Quelcharme! quelplaifïr!
pour cette trijlefemme
Defsvoir le temain de ce
fPeOaclt infâme
Defintir des vapeurs de
vin & de tabac,
QUexaleprès de foy, un
perfide efiomach.
Tufremis?toutefois dans
le Stecle où noussommes
Chere Eudoxe3voila commefontfaits
les hom-
Quelmérmietés:quelstitresfoapurvèsertaoiunts!
quels titrfsfluverains
Rendent donc les maris &
fifiers&sivains,
Osent-ils se flatter qu'un.
contratautentique>
Leur doine sur les coeurs
un pouvoir tirannique?
Pensent
-
ils que brutaux,
peu comptasans, fâcheux
:A.vares,neghgens, debauchez,,
ombrigeux,
PArez, du nom dépoux ih
ferontsursdeplaire,
du mépris d'un amani
fournis, tendre sincere,
Complaisant,libéral, qui
Jefait nuit &jour
Vnfointoûjours nouveau
de prouverson amour.
Non non, cestseflatter
d'une erreur condamnable
Etpoursefaire aimer, il
faut se rendre aimables
,
Aprés tous cesportraits
bien ou mal ébauchez:..,
Et tant d'autres encor
que jeriay pas tou- cbe
Jras-tu me traitant etennuyeux
pédagogue?
Des martirs de tHimen
grossîr le catalogue,
Non? dans un plein repos
arrête ton dessin,
Ctfi le premier des biens
de vivresans chagrin.
Si dans des vers pi
quansJuvenal enfurie
fait poejfcr pourfou ce.
luy qui semarie3
D'un esprit plus sènsé
concluons aujourd'huy
Que celle qui repoulé est
plus folle que luy.
J. L.D.L.
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Résumé : SATIRE Contre les Maris. / SATIRE.
Le texte est une satire contre les maris, présentée sous forme de dialogue entre l'auteur et Eudoxe. L'auteur précise que son but n'est pas de dissuader ceux qui sont naturellement enclins au mariage, mais de montrer que les désagréments et les chagrins du mariage proviennent souvent des maris plutôt que des femmes. Il espère obtenir le soutien des dames pour éviter les critiques. La satire met en garde contre les dangers et les contraintes d'un mariage hâtif. Les femmes y sont décrites comme des victimes innocentes des lois et des maximes injustes qui les soumettent à des maris trompeurs. Le texte critique les maris, souvent pardonnés et soutenus par la société malgré leurs défauts. L'auteur illustre ses propos par divers exemples de maris avares, joueurs, volages ou jaloux, qui causent du malheur à leurs épouses. Il décrit des situations où les maris ruinent leur famille par leur avarice, leur passion pour le jeu ou leurs infidélités. La satire se termine par une réflexion sur la jalousie excessive et destructrice de certains maris, qui finissent par causer leur propre malheur et celui de leurs épouses. Le texte décrit également une scène tumultueuse et chaotique, où un homme, après des efforts violents, est submergé par des vapeurs mortelles et retombe dans un réduit. Le jour venu, des témoins découvriront les excès de la nuit, observant des comportements insolents et honteux. Un homme est porté près de sa femme, charmé par cette femme malgré le chaos. Le texte critique ensuite les comportements des maris et des pères, soulignant leurs défauts tels que la brutalité, la négligence, la débauche et l'ombrage. Il oppose ces comportements à ceux d'un amant sincère et complaisant, qui prouve constamment son amour. L'auteur conclut en affirmant que pour se faire aimer, il faut se rendre aimable. Il invite à éviter les portraits négatifs et à vivre dans le repos, rejetant les martyres du mariage. En référence à Juvenal, il conclut que celle qui repousse un homme est plus folle que lui. Le texte se termine par les initiales J. L.D.L.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1681
p. 251-267
HISTOIRE de Bichon, Chienne favorite de Madame de P... presentée par Bichon mesme à sa belle Maistresse pour son Bouquet, le 21. de Janvier jour de sa Feste.
Début :
Vostre Bichon, vostre chere Maman [...]
Mots clefs :
Chien, Chienne, Amour, Jupiter, Yeux, Bichon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HISTOIRE de Bichon, Chienne favorite de Madame de P... presentée par Bichon mesme à sa belle Maistresse pour son Bouquet, le 21. de Janvier jour de sa Feste.
HISTO IRE
de BichonyChienne
favorite de Madame
deP.presèntée par
Bichonmejmeasa belle
Maistressepourfin
Bouquet) lezi. dejanrrjierjour
de sa Fesie.
Ostre Bichon, vostre
chere Maman *
Pour son Bouquet vous
donne son Histoire,
Qui passeroit pour Fable
ou pour Roman
S'il estrien dedisette
à croire.
Quand il s'agit du pouvoir
de vos yeux; Mais puisqu'enfin je les
prefere aux Cieux
Que deformaisnul égard
ne m'arreste,
Je doisl'aveu, mesme en
dépit des Dieux , De vostregloire au jour
de vostre feste.
Gonnoissez-moy iàu$
la peau de Bichoa*
Vous possedez une
Chienne immortelle
Qui , vous adore, & qui
veut fous ce nom
Fuïr le sejour des enfans
de Cibelle
Pourvous servir,pour
vous suivreen tous
lieux;
Pour moy ce fort a d'autant
plus de charmes ,
Que vous pouvez m'aimer
sans qu'à vos yeux
Jamais ma mort puisse
couster des larmes :
Or lisez donc la suite
sansallarmes.
Ce chien fameux, ce
chien de si haut prix
Qui fut donné par Diane
à Procris
y Et par Procrisàson Epoux
Cephale,
Qui s'en feroit heureusement
servi
Si ce beau chien de bonté
sans égale,
Du Dard fataln'avoitestésuivi.
Lelape enfin, c'est son
nom,fut mon pere :
S'il s'affranchit de la dent
de Cerbere
Ovideassez vous en in
formera,
Et comme chien, de tout
ce qu'il sçut faire;
Venons àmoy. Sous le
nom deMoera
Je fus jadiscelebre da,. ns
la Grece,
Chienne n'aima jamais,
ny n'aimera,
Comme j'aimay * ma
! Erigone. 1
premiere Maistresse:
Je la perdis. Quel fut
mon desarroy ?
Jevalus seule un funebre
convoy; J'étourdis tant VQurJe,
v
le Crepuscule,
-
Des jours, des nuits, par
maint perçant abboy,
Mes cris des airs par le
perpendicule
Frappent si fort les oreilles
du Roy,
Qui sur l'Olympe aux
autres fait la loy,
-. Que
Que Jupiter au Ciel
m'immatricule:
Ma loyauté fit un Astre
de moy
Que les Mortels nommerent
Canicule.
Tout l'U nivers sçaitquel
fut mon employ ;
Embraser tout. Mais
certaines années
Je vis pourtant que malgré
tous mes soins
Soit par malin vouloir
des Destinés, Soit autrement,je réüC
fïflois moins.
On frissonnoit quelquefois
fous mon regne >
Quoy de baiser est-il.
temps que je craigne,
M'imaginois-je ? un foir
a Í/"ïl'e::'rt':.[l
( Quand ces pensées me
rendoient triste&
sombre)
Pour mon bonheur vos.
beaux yeux par hazard
Comme un éclair tout
autravers de l'ombre,
Jusques à moy lancerent
un regard.
J'en vis ~paslir les naifsaintes
estoiles,
Et de leurs feux ses flammes
triompher,
Quoiqu'un nuage eut
opposé ses voiles
Je m'en sentis moi-filer.
-- me rechauffer.
Ho! ho! pensai-jeÏlefl
une Mortelle
--
Qui d'un regard peut
mettre tout en feu
Allons la , voir, allons
apprendre un peu
A raffiner nostre metier
prés d'elle.
Voilà comment (jevous
en fais l'aveu)
Je vins chez vous, où
fous cette figure
De
-
me cacher j'eus la
précaution,
Laissant le foin à la Vierge,
au Lion
Pour quelques jours
d'embraser la nature.
Je crus d'abord dans
chacun de vos traits-
Revoir ce Dard du malheureux.
Cephale
Seur de ses coups, Se
dont le but jamais
Ne fut soustrait à sa
pointe fatale..
Vos traits font plus, &C
par leur grand fracas
Dans tous les coeurs il y
doit bien paroistre.
Dessein
,
hazard
, tout
fert à vos appas, Et vous portez bien fouventle
trépas
Où vous n'avez jamais
visé-peut-e.stre1.
Meres tremblez pour
vos adolescens;
Sagesvieillards malgré
vostre bon sens
Dans vos glaçons craignez
de voiréclore
-
Folles ardeurs. Et vous
jeune Procris,
A qui l'hymen paroist
l'amour encore
De ma!Maistresse.efloi.
gnez vos Maris,
Elleestautant à craindre
que taurorer
Dés qu'on la voit pour
tousjours on l'adore:
Telest enfin son empire
charmant
Qu'elle pourroit (chose
impossible à Flore)
Fixer le coeur de son
volage Amant.
De tous vos traitsquand
je fus bien instruite
Un beau matin je meditois
ma fuite
Au Diable zot. Sortir
d'auprés de vous
Qui le pourroit? j'en ai
trouvé le giste
Sibon pourmoy, si commode
)
si doux,
De ses honneurs que je
tiens le Ciel quitte.
Si Jupiter voyoit ce que
je voy , Pour partager vostre lit
comme moy , Jupiter mesme en descendroit
plus viste,
Qu'il ne fit pour Alemene
& Leda j
Jamais l'amour si bien ne
le guida.
Quoyque l'amour fait sa
grande
grande Marotte,
Il paroistroitchez vous *
tel que la Motte
Vient de le peindre au
haut du mont Ida.
Pour moy , mon Ciel
n'est qu'aux lieux où
vous estes,
Aux plus huppez j'y dame
le pion,
Et mets au rang des plus
vilaines bestes
* La Cynosure avec le
Scorpion.
Dans son Iliade,l.7.
PetiteOurse.
Prés de ma Reine orgueilleuxSagittaire
Je ne vous croy qu'un
Archer mal adroit
Prenez chacun quelque
trait de Cithere
Et nous verrons qui tirera
plus droit.
Je vous verrai briller
sans jalousie,
Adieu vous dis Ecrevis-
-
jeyPoissons,
Je mangeicy * soyes gras
Sç Pigeons
* J'en mstémoin le premier del'an,
Qui valent mieux que
la maigre Ambrozie.
de BichonyChienne
favorite de Madame
deP.presèntée par
Bichonmejmeasa belle
Maistressepourfin
Bouquet) lezi. dejanrrjierjour
de sa Fesie.
Ostre Bichon, vostre
chere Maman *
Pour son Bouquet vous
donne son Histoire,
Qui passeroit pour Fable
ou pour Roman
S'il estrien dedisette
à croire.
Quand il s'agit du pouvoir
de vos yeux; Mais puisqu'enfin je les
prefere aux Cieux
Que deformaisnul égard
ne m'arreste,
Je doisl'aveu, mesme en
dépit des Dieux , De vostregloire au jour
de vostre feste.
Gonnoissez-moy iàu$
la peau de Bichoa*
Vous possedez une
Chienne immortelle
Qui , vous adore, & qui
veut fous ce nom
Fuïr le sejour des enfans
de Cibelle
Pourvous servir,pour
vous suivreen tous
lieux;
Pour moy ce fort a d'autant
plus de charmes ,
Que vous pouvez m'aimer
sans qu'à vos yeux
Jamais ma mort puisse
couster des larmes :
Or lisez donc la suite
sansallarmes.
Ce chien fameux, ce
chien de si haut prix
Qui fut donné par Diane
à Procris
y Et par Procrisàson Epoux
Cephale,
Qui s'en feroit heureusement
servi
Si ce beau chien de bonté
sans égale,
Du Dard fataln'avoitestésuivi.
Lelape enfin, c'est son
nom,fut mon pere :
S'il s'affranchit de la dent
de Cerbere
Ovideassez vous en in
formera,
Et comme chien, de tout
ce qu'il sçut faire;
Venons àmoy. Sous le
nom deMoera
Je fus jadiscelebre da,. ns
la Grece,
Chienne n'aima jamais,
ny n'aimera,
Comme j'aimay * ma
! Erigone. 1
premiere Maistresse:
Je la perdis. Quel fut
mon desarroy ?
Jevalus seule un funebre
convoy; J'étourdis tant VQurJe,
v
le Crepuscule,
-
Des jours, des nuits, par
maint perçant abboy,
Mes cris des airs par le
perpendicule
Frappent si fort les oreilles
du Roy,
Qui sur l'Olympe aux
autres fait la loy,
-. Que
Que Jupiter au Ciel
m'immatricule:
Ma loyauté fit un Astre
de moy
Que les Mortels nommerent
Canicule.
Tout l'U nivers sçaitquel
fut mon employ ;
Embraser tout. Mais
certaines années
Je vis pourtant que malgré
tous mes soins
Soit par malin vouloir
des Destinés, Soit autrement,je réüC
fïflois moins.
On frissonnoit quelquefois
fous mon regne >
Quoy de baiser est-il.
temps que je craigne,
M'imaginois-je ? un foir
a Í/"ïl'e::'rt':.[l
( Quand ces pensées me
rendoient triste&
sombre)
Pour mon bonheur vos.
beaux yeux par hazard
Comme un éclair tout
autravers de l'ombre,
Jusques à moy lancerent
un regard.
J'en vis ~paslir les naifsaintes
estoiles,
Et de leurs feux ses flammes
triompher,
Quoiqu'un nuage eut
opposé ses voiles
Je m'en sentis moi-filer.
-- me rechauffer.
Ho! ho! pensai-jeÏlefl
une Mortelle
--
Qui d'un regard peut
mettre tout en feu
Allons la , voir, allons
apprendre un peu
A raffiner nostre metier
prés d'elle.
Voilà comment (jevous
en fais l'aveu)
Je vins chez vous, où
fous cette figure
De
-
me cacher j'eus la
précaution,
Laissant le foin à la Vierge,
au Lion
Pour quelques jours
d'embraser la nature.
Je crus d'abord dans
chacun de vos traits-
Revoir ce Dard du malheureux.
Cephale
Seur de ses coups, Se
dont le but jamais
Ne fut soustrait à sa
pointe fatale..
Vos traits font plus, &C
par leur grand fracas
Dans tous les coeurs il y
doit bien paroistre.
Dessein
,
hazard
, tout
fert à vos appas, Et vous portez bien fouventle
trépas
Où vous n'avez jamais
visé-peut-e.stre1.
Meres tremblez pour
vos adolescens;
Sagesvieillards malgré
vostre bon sens
Dans vos glaçons craignez
de voiréclore
-
Folles ardeurs. Et vous
jeune Procris,
A qui l'hymen paroist
l'amour encore
De ma!Maistresse.efloi.
gnez vos Maris,
Elleestautant à craindre
que taurorer
Dés qu'on la voit pour
tousjours on l'adore:
Telest enfin son empire
charmant
Qu'elle pourroit (chose
impossible à Flore)
Fixer le coeur de son
volage Amant.
De tous vos traitsquand
je fus bien instruite
Un beau matin je meditois
ma fuite
Au Diable zot. Sortir
d'auprés de vous
Qui le pourroit? j'en ai
trouvé le giste
Sibon pourmoy, si commode
)
si doux,
De ses honneurs que je
tiens le Ciel quitte.
Si Jupiter voyoit ce que
je voy , Pour partager vostre lit
comme moy , Jupiter mesme en descendroit
plus viste,
Qu'il ne fit pour Alemene
& Leda j
Jamais l'amour si bien ne
le guida.
Quoyque l'amour fait sa
grande
grande Marotte,
Il paroistroitchez vous *
tel que la Motte
Vient de le peindre au
haut du mont Ida.
Pour moy , mon Ciel
n'est qu'aux lieux où
vous estes,
Aux plus huppez j'y dame
le pion,
Et mets au rang des plus
vilaines bestes
* La Cynosure avec le
Scorpion.
Dans son Iliade,l.7.
PetiteOurse.
Prés de ma Reine orgueilleuxSagittaire
Je ne vous croy qu'un
Archer mal adroit
Prenez chacun quelque
trait de Cithere
Et nous verrons qui tirera
plus droit.
Je vous verrai briller
sans jalousie,
Adieu vous dis Ecrevis-
-
jeyPoissons,
Je mangeicy * soyes gras
Sç Pigeons
* J'en mstémoin le premier del'an,
Qui valent mieux que
la maigre Ambrozie.
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Résumé : HISTOIRE de Bichon, Chienne favorite de Madame de P... presentée par Bichon mesme à sa belle Maistresse pour son Bouquet, le 21. de Janvier jour de sa Feste.
Le poème narratif relate l'histoire de Bichon, une chienne immortelle et favorite de Madame de P., présentée lors de la fête de sa maîtresse. Bichon exprime son amour et sa dévotion envers Madame de P., comparant son histoire à celle de chiens célèbres de la mythologie grecque, tels que Lélaps, le chien de Diane et Procris, et Moéra, la chienne d'Érigone. Moéra, après la perte de sa maîtresse, fut transformée en astre par Jupiter et devint la Canicule, responsable de la chaleur estivale. Bichon raconte comment elle fut attirée par la beauté de Madame de P. et comment elle a choisi de la servir fidèlement. Le poème souligne la puissance des regards et des traits de la maîtresse, capables de séduire et de conquérir les cœurs. Bichon exprime également son désir de rester auprès de sa maîtresse, trouvant en elle un amour et une beauté sans pareil. Elle conclut en affirmant sa loyauté et son amour, prêtant à se comparer aux astres et aux constellations pour exalter la beauté et le pouvoir de sa maîtresse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1682
p. 267-270
REMARQUES critiques sur cet Ouvrage trés-moderne par un Scholiaste trés-ancien. A la belle Maistresse de Bichon.
Début :
Si vous estes embarassée [...]
Mots clefs :
Bichon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REMARQUES critiques sur cet Ouvrage trés-moderne par un Scholiaste trés-ancien. A la belle Maistresse de Bichon.
REMARQUES
critiquessur cet Ouvrage
très - moderne
par un Schohajte trésancien.
A la belle Maistressê de
Bichon.
SI
vous estes embarraffée
De découvrir le noeud
detoutcecy,
Incomparable Iris voicy
Comme la chose s'eit
pallee.
Ne scachant comment
ni par ou
Faire unBouquetgaland,
honneste,
Et qui fut bien reçu le
jour de vostre feste :
Conseil tenu chez Madame
&Aveu
On appelle Bichon, on
la flatte
) on s'appreste
A faire cet écrit, à le luy
-
pendreaucou;
Et, comme ilse pratique
en toutes les affaires,
On luy graille la patte
avec un Poulet gras,
Dont dejeuina Bichon,
sanss'embarrasser gueres
Des raisons de ce bon , repas. , Hebé qui sçait aÍlner la
plus digne des Meres,
Mais aimer, comme on
n'aime pas,
Et qui doit à ses traits
tout ce qu'elle a d'apas,
Hebedictoit,& le vieil
lolas
Ce tranquille Doyen des
p-auvres Secretaires
Se Tentant rajeusnir
, regaillardidu
cas 1 Tenoit la plume en nouveau
Dubartas
) Qui vain Gascon
, 8c
fier d'entrer dans ces
mysteres
Jusques aux jours caniculai
res
Auroit écrit sans estre
las.
Par M. PJaprat.
critiquessur cet Ouvrage
très - moderne
par un Schohajte trésancien.
A la belle Maistressê de
Bichon.
SI
vous estes embarraffée
De découvrir le noeud
detoutcecy,
Incomparable Iris voicy
Comme la chose s'eit
pallee.
Ne scachant comment
ni par ou
Faire unBouquetgaland,
honneste,
Et qui fut bien reçu le
jour de vostre feste :
Conseil tenu chez Madame
&Aveu
On appelle Bichon, on
la flatte
) on s'appreste
A faire cet écrit, à le luy
-
pendreaucou;
Et, comme ilse pratique
en toutes les affaires,
On luy graille la patte
avec un Poulet gras,
Dont dejeuina Bichon,
sanss'embarrasser gueres
Des raisons de ce bon , repas. , Hebé qui sçait aÍlner la
plus digne des Meres,
Mais aimer, comme on
n'aime pas,
Et qui doit à ses traits
tout ce qu'elle a d'apas,
Hebedictoit,& le vieil
lolas
Ce tranquille Doyen des
p-auvres Secretaires
Se Tentant rajeusnir
, regaillardidu
cas 1 Tenoit la plume en nouveau
Dubartas
) Qui vain Gascon
, 8c
fier d'entrer dans ces
mysteres
Jusques aux jours caniculai
res
Auroit écrit sans estre
las.
Par M. PJaprat.
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Résumé : REMARQUES critiques sur cet Ouvrage trés-moderne par un Scholiaste trés-ancien. A la belle Maistresse de Bichon.
Le texte est une série de remarques et de critiques sur un ouvrage moderne écrit par un auteur ancien. Il est adressé à une dame nommée Bichon, qualifiée de 'belle Maistressê'. Plusieurs personnes, dont Hebé et le vieil Iolas, se réunissent pour résoudre un problème : créer un bouquet galant et honnête pour la fête de Bichon. Pour obtenir son aide, on la flatte et on lui offre un poulet gras, qu'elle accepte sans se soucier des raisons de ce repas. Hebé est décrite comme une mère digne et aimante, tandis que le vieil Iolas est un secrétaire tranquille. Un certain Dubartas, un Gascon vain et fier, est également mentionné comme prêt à écrire sans se lasser, même pendant les jours les plus chauds. L'auteur de ce texte est M. PJaprat.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1683
p. 49-93
De la necessité de la critique, ou le grand Prevôt du Parnasse.
Début :
On gronde contre la satyre, [...]
Mots clefs :
Critique, Mal, Écrire, Ronsard, Bon, Visage, Satire, Prévôt, Cotin, Boileau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De la necessité de la critique, ou le grand Prevôt du Parnasse.
De la necessité de la critique,
ou le grand Prevôt
du Parnasse.
ON gronde contre la
satyre,
Et Cotin dit qu'on a raison:
Mais quoy que Cotin puisse
dire,
Dans l'étrange demangeaison
Qu'en nôtre siecle on a d'écrire
Ilnous faut ce cotre poison.
Ecrire en vers, écrire en
prose,
Au temps passé c'était un
art,
Au temps present c'est autre
chose:
Tant bien que mal, à tout
hazard,
Rime qui veut, qui veut
compose,
Se dit habile
, ou le suppose,
Entre au chorus, ou chante
a part,
Est pour un tiers, ou pour
un quart,
Fournie le texte, en fait la
glose,
Et tout le monde en veut
sa part.
Dites- nous, Muses, d'où
peut naître
, Cette heureusefeondité?
f Est-on savant quand on
-1-1 veut l'être?
j; Cela n'a pastoujours été;
Il en coûtoit à nos ancêtres
Ce , ne fut pas pour eux un
;,- jeu:
Ce qui coûtoit à ces grands
Maîtres,
D'où vient nous coûte-t-il
>
si peu?
Vanité sotte! qui presume
Par un aveugle & fol orgüell
De son efpric ôc de sa plume:
Voila d'abord le grand écüeil.
Item, le Temple de Memoire
Est un trés-dangereux appas:
Mais en griffonnant pour
la gloire
L'encre toûjours ne coule
pas,
Et quelquefois avient le
cas
Que l'on caffe son écritoire.
Item, soit à bon titreou
non,
On dit, mes oeuvres, mon
Libraire,
Et l'on voit en gros caractere
Afficher son livre & son
nom.
Item, chacun a sa folie;
Item, aujourd'hui tout est
bon,
Et tout ouvrage se publie.
Ce qu'un homme a rêvé la
nuit,
Ce qu'il a dit à sa servante,
Ce qu'il fait entre sept &
huit,
Qu'on l'imprime & le mette
en vente,
L'ouvrage trouve du débit;
Et quelquefois, sans qu'il
s'en vante,
L'auteur y gagne un bon
habit.
Item, quand on ne fçaic
mieux faire,
On forge, on ment dans
un écrit.
Item, on ne sçauroit se- taire,
Et nous avons tous trop
d'esprit.
Autre grand item, il faut vivre;
Voila comment se fait un
livre.
: De là nous viennent à foisonv
Maigres livrets de toute
forte;
Ils n'ont ni rime, ni raison,
Cela se vend toûjours, qu'-
importe?
Tous les sujets sont presque
usez
5 Et tous les titres épuisez,
Jusques à des Contes de
Fée,
Dont on a fait long-temps
trophée.
Le desordre croît tous les
jours,
Je crie, & j'appelle au secours;
Quand viendra-t-il quelque
critique
Pour reformer un tel abus,
Et purger nôtreRépubli-
,
que
De tant d'Ecrivains de Bibus?
A l'aspect d'un censeur farouche
Qui sçait faire valoir ses
droits,
Un pauvre auteur craindra
latouche,
Et devant que d'ouvrir la
bouche,
Y pensera plus de deux
fois.
Je touche une fâcheuse
corde,
Et crois déjà de tous côtez
Entendre à ce funeste exorde
Nombre d'auteurs épouvantez
Crier tout haut, Misericorde.
Soit fait, Messieurs,j'en
luisd'accord:
Mais quand le public en
furie
Contre vous & vos oeuvres
crie
Misericorde encor plus
fort,
Que lui répondre, je vous
prie?
1 C'est un mal, iél ne dis pas
non,
Qu'un censeurrigide & severe,
Qui le prend sur Le plus
haut ton,
Qu'on hait, & pourtant
qu'on revere:
Mais si c'est un mal
,
c'est
souvent
Un mal pour nous bien necessaire;
Un critique en pays sçavant
Fait le métier de Commisfaire.
Bornonsnous,sans aller
plus loin, *
A la feule gent poëtique;
Plus que tout autre elle a
-
besoin
Pour Commissaire,d'un critique.
1
Les Poëtes sont insolens,
Et souvent les plus miserables
Se trouvent les plus intraitables;
Fiers de leurs pretendus talens,
v
Ils prendront le pas au Parnaisse
Et sur Virgile & sur Horace,
S'il nest des censeurs vigilans
Pour chasser ces passe-volans,
-
Et marquer à chacun sa
place. -
D'abord ces petits avortons
Viennent se couler à tâ..
cons,
Ils sont soûmis, humbles,
dociles,
Souples à prendre les leçons
Des Horaces & desVirgiles,
Et devant ces auteurs habiles
Sont muëts comme des
poissons:
Mais quand enfin cette vermine
Sur leParnasse a pris racine,
Elle s'ameute & forme un
corps
Qui se révolte & se mutine.
,Dés qu'une fois elle domine,
Adieu Virgile & ses consors;
Dans quelque coin on les
consine,
Et si Phebus faisoit la mi
ne,
Lui-même on le mettroit
dehors.
*
Comment Ronsard & sa
pleyade, -
Dont un tem ps le regne a
duré,
Nousl'avoient ilsdéfiguré
Dans leur grotesque mascarade?
Plus bigaré qu'un Arlequin
Affublé d'un vieux cafaquin,
Fait a peu prés à la Françoise,
Mais d'étoffe antique &
Gauloise,
Sans goût, sans air, le tout
enfin
Brodé de Grec Ôc de Latin.
C'étoit dans ce bel équipage
Qu'Apollon noir comme
un lutin
Se faisoit partout rendre
hommage:
Mais après un long esclavage,
tEnfiin Méalhe,rbe en eut pi- tIC
J Et l'ayant pris en amitié,
Lui débarboüilla le visage,
Et le remit sur le bon pié,
Renvoyant à la friperie
Ses haillons & sa broderie.
Alors dans le sacré vallon
On
On décria la vieille mode,
Et Malherbe fous Apollon
Fit publier un nouveau code,
Défendant ces vieux passemens
Qu'avec de grands empressemens
On alloit chercher piece à
piece
Au Latium ôc dans la Grece.
Ronsard en fut triste & mâri
Perdant beaucoup à ce décri:
Il en pleura même, & de
rage
Il se souffleta le visage,
Es s'alla cacher dans un trou
En se souffletant tout son
soû.
Les Muses rn'iernefi,rent que
Et demandoient par quel
hazard
., Ronsard if-vanté pour bien dire
Donnoitdes soufflets à Kon*
fard.
Cependant tour changea
de face
Sur l'Helicon &:. le Parnasse;
C'étoit un air de propreté
Plein de grandeur & de
noblesse
; Rien de fade ni d'affecté
N'en alteroit la dignité ;
Le bon goût & la politesse
Brilloient dans la simplicite,
Laissant la frivole parure
Aux fades heros de Ro-
! mans: On emprunta de la nature
Ses plus superbes ornemens.
Vous eussiez vu les jours de
fêtes
Phebus & les neuf d#d:es
Soeurs.
N'employer pour orner
leurs réces
Que dès lauriers mêlez de
fleurs:- Mais cette mode trop unie
Ennuya bientôt, nos Fran-
-
çois; -
Au mépris, des nouvelles
loix
/Ils revinrent à leur génie,
Et reclamerent tous leurs
droits.
Nous aimons trop la bigarure
Jenepuis le dire assez haut
Voila nôtre premier défauc,
Et c'est depuis long temps
qu'il dure:
Il durera,j'enluis garanr,
Quoique le bon lens en
1 murmure.
Si l'on le quitte, on le reprend
Même en dépit de la cen- tre :
On veut du rare ôc du nouveau
#<i Le tout sans regle & sans
mesure,
On outre, on casse le pinceu:
Mais à charger trop le tableau,
On vient à gâter la peinture,
Et voulant le porrrait trop
beau,
On fait grimacer la figure.
Soit-Poëtes, soit Orateurs , C'estlàqu'en sont bien des
auteurs.
Nous nous mettons à la
torture
Pour alambiquer un écrit,
Nous voulons partout de
l'esprir,
Du brillant, de l'enluminure.
C'est un abus, ne forçons
rien,
Laissons travailler la nature,
Et sans effort nous ferons
bien;
Il en coûre pour l'ordinaire
Par cet entêtement fatal
Plus à certains pour faire
mal,
Qu'il n'en coûteroit pour
bien faire.
Mevoila dans un fort beau
champ:
Mais je prêche,& peut- être
ennuye
Comme bien d'autres en
prêchant.
Je finis donc, & je m'essuye.
Bel exemple sans me flater,
Si l'on vouloir en profiter.
Or durant cette maladie
Dont l'Helicon futinfecte,
On bannit la simplicité
SousMalherbe tant applaudie,
Pointes, équivoques dans
peu,
Et jeux de mots vinrent en
jeu:
On
On vit l'assemblage gro.
tesque
Du serieux ôc du burlefque;
Le Phebus, le Gali-Mathias
Parurent avec assurance,
t Et comme si l'on n'étoit
pas
Assez fou, quand on veut
en France,
On fut avec avidité
j Chercher jusques dansl'I
j taliGl
;
Des secours dont par charite
Elle assista nôtre folie.
Apollon se tuoit envain
De faife mainte remontrance,
Et de prêcher à toute outrance,
Nos gens suivoienttoujours
leur train,
Et tout alloit en decadence.
Mais quand ce Dieu plein
de prudence
Eut pris Boileau pour son
Prévôt,
Combiend'auteurs firent le
faut?
- On voyait décaler en bna-
-, -.
-
de
,
Tous ces Messieurs de contrebande.
Chapelain couvert de lauriers
Sauta lui-même des premiers
Et perdit,dit-o,n, dans la
crotte
Et sa perruque & sa calotte.
Il crioit prêt à trébucher:
Sauvez l'honneur de la pucelle.
Mais Boileau plus dur qu'un
rocher
N'eut pitié ni de lui, ni
d'elle.
Pradon voulant parlementer,,
Fit d'abord de la resistance,
Et parut quelque temps luter,
Même en Poëte d'importance;
Il appella de la sentence:
Mais il salut toûjours [au.
ter,
Et l'on n'a point jugé l'infiance.
Sous le manteau de Regulus
On eût épargné sa personne
Mais le pauvre homme n'a-
-
voit plus
Que le just-au-corps d'An-
-tigone. Quinaut par la foule emporte,
Quinaut même fie la culbute:.
Mais un appel interjetté
, Le vangea bientôt de sa
chute.
On vit les Musses en rumeur
A l'envi prendre en main
sa cause.
Quelques gens de mau
vaise humeur
Vouloient pouffer plus loin
la chose,
Insistant qu'on fîst au plûtôt
Le procès au pauvre Prevot:
Mais helas ! qu'un Prévôt
s'echape,
Le cas estdigne de pardon
;
Il n'est pas infaillible, non:
Plus ne pretendroir, fût-il
Pape.
Cependant les plus emportez
Dans cette. émeute générale
Estoient les rimeurs maltraitez.
Les Cotins chefs de la ca- A
bale
Murmuroient & crioient
tout haut:
Voyez-moy ce Prevôt de bale,
Il n'a pas épargné Quinaut.
Mais Phebusd'uneoeillade
fiere
Les rejettant avec mépris,
Leur dit d'un ton ferme &
severe:
Paix, canailles de beaux
esprits,
Qui n'avez fait ici que braire;
Si sur Quinauton s'est mélpris,
J'y veillerai, c'est mon af-
*
faire;
Quantàvous, perdez toue
espoir,
Et ne me rompez plus la
tête,
Mon Prévôt a fait son devoir.
Ainsi se calma la tempête,
Et Quinaut s'étant presenté,
Dans ses griefs fut écouré.
On déclara, vû la Requête,
Bien appelle comme, d'abus,
Dont le Prévôt resta camus.
Il fut même sur le Parnasse
Reglé sans contestation,
Qu'auprès d'Orphée &
d'Amphion
Il iroit reprendre sa place;
Et puis Phebus, d'un air
humain,
Lui mit sa propre lyre en
main,
Non que la sienne fût usée:
Mais par un noble & fier
dédain
De la voir à tort meprisee,
En tombantillavoit briféc.
On en fit recueillir soudain
Tous les morceaux jusques
au moindre:
Mais on les recueillit en
vain,
Et l'on ne put bien les rejoindre.
Tel fut le destin de Quinaut,
Seul de tous où le Commissaire,
A son égard un peu Corfaire,
- S'était trouvé pris en dé- faut: Pourtant en paya-t-il l'amende
,
Et de mainte Mufe en couroux
Essuya verte reprimande,
On a dit même quelques
coups.
Dans tout le reste irréprochabie,
Faisant sa charge avec hauceur,
A tout mauvais & sot auteur
II fut Prevôt inexorable
Sur les grands chemins
d'Helicon)
Donc il fit presque un Montfaucon.
On voyoit de loin les sque-
-lettes
De cent miserables Poètesy-
Exemple dont le seul afpeér
Tenoit les rimeurs en respect.
Il est bien vrai qu'en sa
vieillesse
Il laissa tour à l'ab andon,
Et fit sa charge avec molette.
Quand on est vieux, on
devient bon.
Un reste de terreur cmpreinte
Retenoit pourtant les efprits,
Et l'on ne pensoit qu'avec
crainte
Au fort de tant d'auteurs
proscrits.
Dans cette vieillesse impuissante
Son ombre encore menaçante
Arrêtoit les plus resolus:;
Mais cette ombre fiere ôc
glaçante,
Cette ombre même, helas!
nest plus.
Cependant danscetinterregne
Tout dégénéré & déperit;
Et faute d'un Prevôt qu'on
craigne,
Chacun sur pied de bel
esprit
Arbore déja son enseigne.
Les Cotins bravant les lardons,
De tous côtez (emblenc renaître,
Et comme en un temps de
pardons,
On voit hardiment reparaître
Les Pelletiers & les Pradons.
Apollon, c'est vous que
j'appelle,
Dece mal arrêtez le cours; Le prix de la gloire immortelle
Est en proye aux joueurs de
viele,
Et la plus brillante des
Cours,
Vôtre Cour, autrefois si
belle,
Devient un Grenier de Ga.,
belle,
Et s'encanaille tous les
jours.
Déja qui veut sur le Parnasse
S'établit comme en son
foyer:
Tel croit tour charmer, qui
croasse;
Tel en chantant semble
aboyer;
Tel rimant sans grâce efficace,
Passe tout le jour à broyer,
Et fait des vers, qui, quoy
qu'il sa sse,
-
Semblent tous faits par contumace.
Tel pour tout titre & tout
loyer
Tire
Tire du fonddesa besace
Des vers qu'il prit à la tirace,.
«
Sçavant dans l'art de g1 iboyer.
Confonduparmi cette cras
se
Corneille, pour garder sa
place,
En est reduit à guerroyer,
Et Racine rencontre en
face
Tantôcle Clerc, tantôt
Boyer.
Quel depit pour le grand
Horace!
D'avoir à soûtenir l'audace
D'un fat qui vient le coudoyer.
Le mal plus loin va se répandre,
Si l'on n'y met ordre au plûtôr5
Muses, songez à vous défendre:
Au fpecifiquc, un bon Prévôt.
Un bon Prévôt ! mais où le
prendre?
Je pourrois, s'il m'étoit
permis,
En nommer un, digne de
l'être:
Par ses soins en honneur
remis,
Et plus grand qu'iln'étoit
peut-être,
Homere assez le fait connOlere.
II a tous les talens qu'il faut
Pour un employ si necessaire;
Je ne lui vois qu'un seul
défaut,
C'est que ce métier salutaire
De blâmer ce qui doit dé.
plaire,
De reprendre & n'épargner
rien,
Ce métier qu'il seroit si
bien,
Il ne voudra jamais le faire.
Attaqué par maint traie
selon,
Jamais cótre le noirfrelon
Il n'employa ses nobles
veilles
Et comme le Roy des abeilles
Il fut toujours sans aiguillon.
A son défaut, cherchez
quelqu'autre,
Qui plus hardi, qui moins
humain,
, Pour vôtregloire & pour
la nôtre
Ose à l'oeuvre mettre la
main.
Du Parnasse arbitre supra
me,
Si
vousprisez
Sivouspriiez mon zzcellce
extrême,
Faites-le voirenm'exau,
çant: Helas peut -
être en vous
pressant
Fais-je des voeux contre
moy-même !
ou le grand Prevôt
du Parnasse.
ON gronde contre la
satyre,
Et Cotin dit qu'on a raison:
Mais quoy que Cotin puisse
dire,
Dans l'étrange demangeaison
Qu'en nôtre siecle on a d'écrire
Ilnous faut ce cotre poison.
Ecrire en vers, écrire en
prose,
Au temps passé c'était un
art,
Au temps present c'est autre
chose:
Tant bien que mal, à tout
hazard,
Rime qui veut, qui veut
compose,
Se dit habile
, ou le suppose,
Entre au chorus, ou chante
a part,
Est pour un tiers, ou pour
un quart,
Fournie le texte, en fait la
glose,
Et tout le monde en veut
sa part.
Dites- nous, Muses, d'où
peut naître
, Cette heureusefeondité?
f Est-on savant quand on
-1-1 veut l'être?
j; Cela n'a pastoujours été;
Il en coûtoit à nos ancêtres
Ce , ne fut pas pour eux un
;,- jeu:
Ce qui coûtoit à ces grands
Maîtres,
D'où vient nous coûte-t-il
>
si peu?
Vanité sotte! qui presume
Par un aveugle & fol orgüell
De son efpric ôc de sa plume:
Voila d'abord le grand écüeil.
Item, le Temple de Memoire
Est un trés-dangereux appas:
Mais en griffonnant pour
la gloire
L'encre toûjours ne coule
pas,
Et quelquefois avient le
cas
Que l'on caffe son écritoire.
Item, soit à bon titreou
non,
On dit, mes oeuvres, mon
Libraire,
Et l'on voit en gros caractere
Afficher son livre & son
nom.
Item, chacun a sa folie;
Item, aujourd'hui tout est
bon,
Et tout ouvrage se publie.
Ce qu'un homme a rêvé la
nuit,
Ce qu'il a dit à sa servante,
Ce qu'il fait entre sept &
huit,
Qu'on l'imprime & le mette
en vente,
L'ouvrage trouve du débit;
Et quelquefois, sans qu'il
s'en vante,
L'auteur y gagne un bon
habit.
Item, quand on ne fçaic
mieux faire,
On forge, on ment dans
un écrit.
Item, on ne sçauroit se- taire,
Et nous avons tous trop
d'esprit.
Autre grand item, il faut vivre;
Voila comment se fait un
livre.
: De là nous viennent à foisonv
Maigres livrets de toute
forte;
Ils n'ont ni rime, ni raison,
Cela se vend toûjours, qu'-
importe?
Tous les sujets sont presque
usez
5 Et tous les titres épuisez,
Jusques à des Contes de
Fée,
Dont on a fait long-temps
trophée.
Le desordre croît tous les
jours,
Je crie, & j'appelle au secours;
Quand viendra-t-il quelque
critique
Pour reformer un tel abus,
Et purger nôtreRépubli-
,
que
De tant d'Ecrivains de Bibus?
A l'aspect d'un censeur farouche
Qui sçait faire valoir ses
droits,
Un pauvre auteur craindra
latouche,
Et devant que d'ouvrir la
bouche,
Y pensera plus de deux
fois.
Je touche une fâcheuse
corde,
Et crois déjà de tous côtez
Entendre à ce funeste exorde
Nombre d'auteurs épouvantez
Crier tout haut, Misericorde.
Soit fait, Messieurs,j'en
luisd'accord:
Mais quand le public en
furie
Contre vous & vos oeuvres
crie
Misericorde encor plus
fort,
Que lui répondre, je vous
prie?
1 C'est un mal, iél ne dis pas
non,
Qu'un censeurrigide & severe,
Qui le prend sur Le plus
haut ton,
Qu'on hait, & pourtant
qu'on revere:
Mais si c'est un mal
,
c'est
souvent
Un mal pour nous bien necessaire;
Un critique en pays sçavant
Fait le métier de Commisfaire.
Bornonsnous,sans aller
plus loin, *
A la feule gent poëtique;
Plus que tout autre elle a
-
besoin
Pour Commissaire,d'un critique.
1
Les Poëtes sont insolens,
Et souvent les plus miserables
Se trouvent les plus intraitables;
Fiers de leurs pretendus talens,
v
Ils prendront le pas au Parnaisse
Et sur Virgile & sur Horace,
S'il nest des censeurs vigilans
Pour chasser ces passe-volans,
-
Et marquer à chacun sa
place. -
D'abord ces petits avortons
Viennent se couler à tâ..
cons,
Ils sont soûmis, humbles,
dociles,
Souples à prendre les leçons
Des Horaces & desVirgiles,
Et devant ces auteurs habiles
Sont muëts comme des
poissons:
Mais quand enfin cette vermine
Sur leParnasse a pris racine,
Elle s'ameute & forme un
corps
Qui se révolte & se mutine.
,Dés qu'une fois elle domine,
Adieu Virgile & ses consors;
Dans quelque coin on les
consine,
Et si Phebus faisoit la mi
ne,
Lui-même on le mettroit
dehors.
*
Comment Ronsard & sa
pleyade, -
Dont un tem ps le regne a
duré,
Nousl'avoient ilsdéfiguré
Dans leur grotesque mascarade?
Plus bigaré qu'un Arlequin
Affublé d'un vieux cafaquin,
Fait a peu prés à la Françoise,
Mais d'étoffe antique &
Gauloise,
Sans goût, sans air, le tout
enfin
Brodé de Grec Ôc de Latin.
C'étoit dans ce bel équipage
Qu'Apollon noir comme
un lutin
Se faisoit partout rendre
hommage:
Mais après un long esclavage,
tEnfiin Méalhe,rbe en eut pi- tIC
J Et l'ayant pris en amitié,
Lui débarboüilla le visage,
Et le remit sur le bon pié,
Renvoyant à la friperie
Ses haillons & sa broderie.
Alors dans le sacré vallon
On
On décria la vieille mode,
Et Malherbe fous Apollon
Fit publier un nouveau code,
Défendant ces vieux passemens
Qu'avec de grands empressemens
On alloit chercher piece à
piece
Au Latium ôc dans la Grece.
Ronsard en fut triste & mâri
Perdant beaucoup à ce décri:
Il en pleura même, & de
rage
Il se souffleta le visage,
Es s'alla cacher dans un trou
En se souffletant tout son
soû.
Les Muses rn'iernefi,rent que
Et demandoient par quel
hazard
., Ronsard if-vanté pour bien dire
Donnoitdes soufflets à Kon*
fard.
Cependant tour changea
de face
Sur l'Helicon &:. le Parnasse;
C'étoit un air de propreté
Plein de grandeur & de
noblesse
; Rien de fade ni d'affecté
N'en alteroit la dignité ;
Le bon goût & la politesse
Brilloient dans la simplicite,
Laissant la frivole parure
Aux fades heros de Ro-
! mans: On emprunta de la nature
Ses plus superbes ornemens.
Vous eussiez vu les jours de
fêtes
Phebus & les neuf d#d:es
Soeurs.
N'employer pour orner
leurs réces
Que dès lauriers mêlez de
fleurs:- Mais cette mode trop unie
Ennuya bientôt, nos Fran-
-
çois; -
Au mépris, des nouvelles
loix
/Ils revinrent à leur génie,
Et reclamerent tous leurs
droits.
Nous aimons trop la bigarure
Jenepuis le dire assez haut
Voila nôtre premier défauc,
Et c'est depuis long temps
qu'il dure:
Il durera,j'enluis garanr,
Quoique le bon lens en
1 murmure.
Si l'on le quitte, on le reprend
Même en dépit de la cen- tre :
On veut du rare ôc du nouveau
#<i Le tout sans regle & sans
mesure,
On outre, on casse le pinceu:
Mais à charger trop le tableau,
On vient à gâter la peinture,
Et voulant le porrrait trop
beau,
On fait grimacer la figure.
Soit-Poëtes, soit Orateurs , C'estlàqu'en sont bien des
auteurs.
Nous nous mettons à la
torture
Pour alambiquer un écrit,
Nous voulons partout de
l'esprir,
Du brillant, de l'enluminure.
C'est un abus, ne forçons
rien,
Laissons travailler la nature,
Et sans effort nous ferons
bien;
Il en coûre pour l'ordinaire
Par cet entêtement fatal
Plus à certains pour faire
mal,
Qu'il n'en coûteroit pour
bien faire.
Mevoila dans un fort beau
champ:
Mais je prêche,& peut- être
ennuye
Comme bien d'autres en
prêchant.
Je finis donc, & je m'essuye.
Bel exemple sans me flater,
Si l'on vouloir en profiter.
Or durant cette maladie
Dont l'Helicon futinfecte,
On bannit la simplicité
SousMalherbe tant applaudie,
Pointes, équivoques dans
peu,
Et jeux de mots vinrent en
jeu:
On
On vit l'assemblage gro.
tesque
Du serieux ôc du burlefque;
Le Phebus, le Gali-Mathias
Parurent avec assurance,
t Et comme si l'on n'étoit
pas
Assez fou, quand on veut
en France,
On fut avec avidité
j Chercher jusques dansl'I
j taliGl
;
Des secours dont par charite
Elle assista nôtre folie.
Apollon se tuoit envain
De faife mainte remontrance,
Et de prêcher à toute outrance,
Nos gens suivoienttoujours
leur train,
Et tout alloit en decadence.
Mais quand ce Dieu plein
de prudence
Eut pris Boileau pour son
Prévôt,
Combiend'auteurs firent le
faut?
- On voyait décaler en bna-
-, -.
-
de
,
Tous ces Messieurs de contrebande.
Chapelain couvert de lauriers
Sauta lui-même des premiers
Et perdit,dit-o,n, dans la
crotte
Et sa perruque & sa calotte.
Il crioit prêt à trébucher:
Sauvez l'honneur de la pucelle.
Mais Boileau plus dur qu'un
rocher
N'eut pitié ni de lui, ni
d'elle.
Pradon voulant parlementer,,
Fit d'abord de la resistance,
Et parut quelque temps luter,
Même en Poëte d'importance;
Il appella de la sentence:
Mais il salut toûjours [au.
ter,
Et l'on n'a point jugé l'infiance.
Sous le manteau de Regulus
On eût épargné sa personne
Mais le pauvre homme n'a-
-
voit plus
Que le just-au-corps d'An-
-tigone. Quinaut par la foule emporte,
Quinaut même fie la culbute:.
Mais un appel interjetté
, Le vangea bientôt de sa
chute.
On vit les Musses en rumeur
A l'envi prendre en main
sa cause.
Quelques gens de mau
vaise humeur
Vouloient pouffer plus loin
la chose,
Insistant qu'on fîst au plûtôt
Le procès au pauvre Prevot:
Mais helas ! qu'un Prévôt
s'echape,
Le cas estdigne de pardon
;
Il n'est pas infaillible, non:
Plus ne pretendroir, fût-il
Pape.
Cependant les plus emportez
Dans cette. émeute générale
Estoient les rimeurs maltraitez.
Les Cotins chefs de la ca- A
bale
Murmuroient & crioient
tout haut:
Voyez-moy ce Prevôt de bale,
Il n'a pas épargné Quinaut.
Mais Phebusd'uneoeillade
fiere
Les rejettant avec mépris,
Leur dit d'un ton ferme &
severe:
Paix, canailles de beaux
esprits,
Qui n'avez fait ici que braire;
Si sur Quinauton s'est mélpris,
J'y veillerai, c'est mon af-
*
faire;
Quantàvous, perdez toue
espoir,
Et ne me rompez plus la
tête,
Mon Prévôt a fait son devoir.
Ainsi se calma la tempête,
Et Quinaut s'étant presenté,
Dans ses griefs fut écouré.
On déclara, vû la Requête,
Bien appelle comme, d'abus,
Dont le Prévôt resta camus.
Il fut même sur le Parnasse
Reglé sans contestation,
Qu'auprès d'Orphée &
d'Amphion
Il iroit reprendre sa place;
Et puis Phebus, d'un air
humain,
Lui mit sa propre lyre en
main,
Non que la sienne fût usée:
Mais par un noble & fier
dédain
De la voir à tort meprisee,
En tombantillavoit briféc.
On en fit recueillir soudain
Tous les morceaux jusques
au moindre:
Mais on les recueillit en
vain,
Et l'on ne put bien les rejoindre.
Tel fut le destin de Quinaut,
Seul de tous où le Commissaire,
A son égard un peu Corfaire,
- S'était trouvé pris en dé- faut: Pourtant en paya-t-il l'amende
,
Et de mainte Mufe en couroux
Essuya verte reprimande,
On a dit même quelques
coups.
Dans tout le reste irréprochabie,
Faisant sa charge avec hauceur,
A tout mauvais & sot auteur
II fut Prevôt inexorable
Sur les grands chemins
d'Helicon)
Donc il fit presque un Montfaucon.
On voyoit de loin les sque-
-lettes
De cent miserables Poètesy-
Exemple dont le seul afpeér
Tenoit les rimeurs en respect.
Il est bien vrai qu'en sa
vieillesse
Il laissa tour à l'ab andon,
Et fit sa charge avec molette.
Quand on est vieux, on
devient bon.
Un reste de terreur cmpreinte
Retenoit pourtant les efprits,
Et l'on ne pensoit qu'avec
crainte
Au fort de tant d'auteurs
proscrits.
Dans cette vieillesse impuissante
Son ombre encore menaçante
Arrêtoit les plus resolus:;
Mais cette ombre fiere ôc
glaçante,
Cette ombre même, helas!
nest plus.
Cependant danscetinterregne
Tout dégénéré & déperit;
Et faute d'un Prevôt qu'on
craigne,
Chacun sur pied de bel
esprit
Arbore déja son enseigne.
Les Cotins bravant les lardons,
De tous côtez (emblenc renaître,
Et comme en un temps de
pardons,
On voit hardiment reparaître
Les Pelletiers & les Pradons.
Apollon, c'est vous que
j'appelle,
Dece mal arrêtez le cours; Le prix de la gloire immortelle
Est en proye aux joueurs de
viele,
Et la plus brillante des
Cours,
Vôtre Cour, autrefois si
belle,
Devient un Grenier de Ga.,
belle,
Et s'encanaille tous les
jours.
Déja qui veut sur le Parnasse
S'établit comme en son
foyer:
Tel croit tour charmer, qui
croasse;
Tel en chantant semble
aboyer;
Tel rimant sans grâce efficace,
Passe tout le jour à broyer,
Et fait des vers, qui, quoy
qu'il sa sse,
-
Semblent tous faits par contumace.
Tel pour tout titre & tout
loyer
Tire
Tire du fonddesa besace
Des vers qu'il prit à la tirace,.
«
Sçavant dans l'art de g1 iboyer.
Confonduparmi cette cras
se
Corneille, pour garder sa
place,
En est reduit à guerroyer,
Et Racine rencontre en
face
Tantôcle Clerc, tantôt
Boyer.
Quel depit pour le grand
Horace!
D'avoir à soûtenir l'audace
D'un fat qui vient le coudoyer.
Le mal plus loin va se répandre,
Si l'on n'y met ordre au plûtôr5
Muses, songez à vous défendre:
Au fpecifiquc, un bon Prévôt.
Un bon Prévôt ! mais où le
prendre?
Je pourrois, s'il m'étoit
permis,
En nommer un, digne de
l'être:
Par ses soins en honneur
remis,
Et plus grand qu'iln'étoit
peut-être,
Homere assez le fait connOlere.
II a tous les talens qu'il faut
Pour un employ si necessaire;
Je ne lui vois qu'un seul
défaut,
C'est que ce métier salutaire
De blâmer ce qui doit dé.
plaire,
De reprendre & n'épargner
rien,
Ce métier qu'il seroit si
bien,
Il ne voudra jamais le faire.
Attaqué par maint traie
selon,
Jamais cótre le noirfrelon
Il n'employa ses nobles
veilles
Et comme le Roy des abeilles
Il fut toujours sans aiguillon.
A son défaut, cherchez
quelqu'autre,
Qui plus hardi, qui moins
humain,
, Pour vôtregloire & pour
la nôtre
Ose à l'oeuvre mettre la
main.
Du Parnasse arbitre supra
me,
Si
vousprisez
Sivouspriiez mon zzcellce
extrême,
Faites-le voirenm'exau,
çant: Helas peut -
être en vous
pressant
Fais-je des voeux contre
moy-même !
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Résumé : De la necessité de la critique, ou le grand Prevôt du Parnasse.
Le texte 'De la nécessité de la critique, ou le grand Prévôt du Parnasse' critique la prolifération de mauvais écrivains et l'absence de critique rigoureuse dans le monde littéraire. L'auteur déplore que, contrairement aux époques passées où écrire était un art exigeant, l'écriture est aujourd'hui accessible à tous, souvent sans talent ni effort. Il observe que la vanité et la quête de gloire poussent les auteurs à publier des œuvres de mauvaise qualité, parfois même mensongères ou plagiaires. L'auteur souligne l'importance d'un critique sévère pour purger la république littéraire de ces mauvais écrivains. Il rappelle l'exemple de Malherbe, qui avait réformé la poésie française en bannissant les vieilles modes et en imposant un nouveau code de goût. Cependant, cette réforme n'a pas duré, et les écrivains français sont revenus à leurs anciennes habitudes, préférant la bigarrure et le nouveau au détriment de la simplicité et de la qualité. Le texte mentionne également l'exemple de Boileau, nommé Prévôt du Parnasse par Apollon, qui a sévèrement critiqué et sanctionné les mauvais poètes, comme Chapelain et Pradon. Cependant, même Boileau a commis une erreur en condamnant injustement Quinaut, qui a finalement été réhabilité. L'auteur conclut en appelant à la nomination d'un nouveau Prévôt du Parnasse, capable de restaurer l'ordre et la qualité dans la littérature. Il suggère Homère pour ce rôle, bien que ce dernier refuse probablement de s'engager dans une tâche aussi ingrate. Le texte présente également une métaphore comparant un roi à une abeille, soulignant qu'il fut toujours sans aiguillon, c'est-à-dire sans agressivité. Il exprime le souhait de trouver un successeur plus audacieux et moins humain pour assurer la gloire collective. Le poète se désigne comme l'arbitre suprême du Parnasse, invitant quelqu'un à prendre sa place. Il mentionne son extrême célébrité et exprime un dilemme intérieur, se demandant s'il ne formule pas des vœux contre lui-même en souhaitant être remplacé.
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1684
p. 124-126
Parodie de la premiere Enigme, dont le mot est le grais ou rocher.
Début :
Mainte Poëte appelle audacieux, [...]
Mots clefs :
Grès, Rocher
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texteReconnaissance textuelle : Parodie de la premiere Enigme, dont le mot est le grais ou rocher.
Parodie de la premiere
Enigme, dont le mot
cO: legrais ou rocher.
Mainte Pôëte appelle
audacieux
Et dans ses 3 vers éleve
jusqu'aux cieux
Ces rochers doncle grais
a pris son origine.
Quelquefois pour m'avotr
dans la carri«ere
onmine
Pour le bourgeois
3
pour
le manant.
Jesuisgrossier en pierre,
en table fin pourtant.
Grais en pavé les voyageurs
benissent,
Rude pav lesvoyageurs
maudissent.
Telle 1,rvAiuc
Quirit & c h.r-rEnécurant
des doigts pétrit
Avecses deux mains attendrit
Le prais,&faitpleuvoirdansson
écuelle
En l'arrousant, en laspergeant.
L (pave caresséparmainte
Demoiselle.
Demoiselle est du pa.
veur l'instrument,
Etpar elle affermipavé
ferme fJ) constant.
Enigme, dont le mot
cO: legrais ou rocher.
Mainte Pôëte appelle
audacieux
Et dans ses 3 vers éleve
jusqu'aux cieux
Ces rochers doncle grais
a pris son origine.
Quelquefois pour m'avotr
dans la carri«ere
onmine
Pour le bourgeois
3
pour
le manant.
Jesuisgrossier en pierre,
en table fin pourtant.
Grais en pavé les voyageurs
benissent,
Rude pav lesvoyageurs
maudissent.
Telle 1,rvAiuc
Quirit & c h.r-rEnécurant
des doigts pétrit
Avecses deux mains attendrit
Le prais,&faitpleuvoirdansson
écuelle
En l'arrousant, en laspergeant.
L (pave caresséparmainte
Demoiselle.
Demoiselle est du pa.
veur l'instrument,
Etpar elle affermipavé
ferme fJ) constant.
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Résumé : Parodie de la premiere Enigme, dont le mot est le grais ou rocher.
Le texte présente une énigme sur le mot 'gros gravier' ou 'rocher'. Il décrit ses utilisations variées : pierre grossière, table fine, pavé lisse ou rude. Le gravier est comparé à une pâte pétrie et attendrie. Les demoiselles caressent le pavé, l'affermissant ainsi.
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1685
p. 127-130
Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est le tison.
Début :
Jamais dans aucune famille [...]
Mots clefs :
Tison
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texteReconnaissance textuelle : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est le tison.
Parodie de la fécondé
Enigme, dont le mot
est le tison.
Personne ne l'a devinée;
car elle est plus indevinable
que belle.
Jamais dans aucunefamille
Nom ne fut si fooevent
changé 5
Or devinez, donc quel
nom fai.
Ce rieft point le nom de
mafille.
La cendre est fille du
rifon,
Puisque tison engendre,
Forme la cendre
Dans le foyer, où le tison
Prendson nom.
Aîa mere perd le sien,
qu'ellepritnon d'un
pere.
La buche du tison est
mere,
Et prit son nom
Du bucheron.
C'efl un quidan bon compagnon,
Quibatise avec sacoi- 1gnée
Bûche
,
qui n'a ce nom
que quand elle est
formée.
Or tison est le petit-fils
D'un ayeul dont le nom fut pris
Nideson pere
Ni de sa mere;
Car l'arbre qui bûche
engendra,
Et la urre que pour
merea,
L'arbre qui terre ne se
nomme,
Prouve mon dire, g/
voila comme
BDChe, cendre, tison,
Terre, arbre, bucheron
Ont chacun leur nom en
partage.
L'as-tu deviné?non 3je
gage.
Enigme, dont le mot
est le tison.
Personne ne l'a devinée;
car elle est plus indevinable
que belle.
Jamais dans aucunefamille
Nom ne fut si fooevent
changé 5
Or devinez, donc quel
nom fai.
Ce rieft point le nom de
mafille.
La cendre est fille du
rifon,
Puisque tison engendre,
Forme la cendre
Dans le foyer, où le tison
Prendson nom.
Aîa mere perd le sien,
qu'ellepritnon d'un
pere.
La buche du tison est
mere,
Et prit son nom
Du bucheron.
C'efl un quidan bon compagnon,
Quibatise avec sacoi- 1gnée
Bûche
,
qui n'a ce nom
que quand elle est
formée.
Or tison est le petit-fils
D'un ayeul dont le nom fut pris
Nideson pere
Ni de sa mere;
Car l'arbre qui bûche
engendra,
Et la urre que pour
merea,
L'arbre qui terre ne se
nomme,
Prouve mon dire, g/
voila comme
BDChe, cendre, tison,
Terre, arbre, bucheron
Ont chacun leur nom en
partage.
L'as-tu deviné?non 3je
gage.
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Résumé : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est le tison.
L'énigme poétique explore la transformation des éléments liés au feu. Elle décrit le tison comme un 'bon compagnon' issu de la bûche, fille du bûcheron. La cendre est la fille du tison, et la mère du tison perd son nom. L'énigme mentionne également la terre et l'arbre, et se conclut par une question rhétorique.
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1686
p. 131-133
ENIGME nouvelle.
Début :
Comme on coupe un gâteau des Rois, [...]
Mots clefs :
Montre
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME nouvelle.
ENIGME
nouvelle.
Comme on coupe un gâteau
des Rois
Jecoupe lecruelquiy met
l'homme aux abois;
Je mange à belles dents
celui
Quime mange avecmon
1 * étui.
Faisant envie à tous,
eS n'ayant nulle
envie,
Je vais tambourinant
mavie;
Car vie l'on peut appeller,
Dit moins parfaçon de
parler
> Le train dont jevais
par le monde,
En suivant la brune eS
la blonde,
Suivantaussi brun ê5
blondin
./1/ , ~/V Et mainte desoeuvré badin,
Quitrés-souventn'aime
que ma parure
Et qui sarnufe à m3'ôter
ma coifure
A la remettre, à me
lorgner,
Sans les coups qu'avec
lui je risque de gagner.
nouvelle.
Comme on coupe un gâteau
des Rois
Jecoupe lecruelquiy met
l'homme aux abois;
Je mange à belles dents
celui
Quime mange avecmon
1 * étui.
Faisant envie à tous,
eS n'ayant nulle
envie,
Je vais tambourinant
mavie;
Car vie l'on peut appeller,
Dit moins parfaçon de
parler
> Le train dont jevais
par le monde,
En suivant la brune eS
la blonde,
Suivantaussi brun ê5
blondin
./1/ , ~/V Et mainte desoeuvré badin,
Quitrés-souventn'aime
que ma parure
Et qui sarnufe à m3'ôter
ma coifure
A la remettre, à me
lorgner,
Sans les coups qu'avec
lui je risque de gagner.
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1687
p. 133-136
II. ENIGME.
Début :
D'un pere sedentaire étant fille ambulante, [...]
Mots clefs :
Montre
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texteReconnaissance textuelle : II. ENIGME.
II. ENIGME.
D'un pere sedentaire
étant fille ambulante,
Desa nature aussijesuis
participante.
Mepromenantfort bien
sanssortirde chez
moy Me , promenant Atiflipar
ville & par campagne,
Des bons rameurs le signalm'accompagne.
Parfois mon fîul afPeél
causera de l'effroy
:.Aux poltrons qui foupent
enville.
A qui dort je suis inutile,
S'il n'a pris par avance
unsagearrangement,
Comme aucun Directeur
le prend communément.
Je dirige qui me dirige,
Avec lesfousj'ai le vertIge;
Je guide quelquefois
dans le spirituel
Pouracheminer vers le
Ciel,
Estant propre à monter,
non pAS a
descendre.
Ce que je ne sçai pas de
moy tu peuxl'apprendre.
Qui nous prend à la
mine a tort;
Car il en est de nous comme
des hypocrites
Desfemmestf)desch-, atemites,
Belle montre ,
(f peu
de rapport.
D'un pere sedentaire
étant fille ambulante,
Desa nature aussijesuis
participante.
Mepromenantfort bien
sanssortirde chez
moy Me , promenant Atiflipar
ville & par campagne,
Des bons rameurs le signalm'accompagne.
Parfois mon fîul afPeél
causera de l'effroy
:.Aux poltrons qui foupent
enville.
A qui dort je suis inutile,
S'il n'a pris par avance
unsagearrangement,
Comme aucun Directeur
le prend communément.
Je dirige qui me dirige,
Avec lesfousj'ai le vertIge;
Je guide quelquefois
dans le spirituel
Pouracheminer vers le
Ciel,
Estant propre à monter,
non pAS a
descendre.
Ce que je ne sçai pas de
moy tu peuxl'apprendre.
Qui nous prend à la
mine a tort;
Car il en est de nous comme
des hypocrites
Desfemmestf)desch-, atemites,
Belle montre ,
(f peu
de rapport.
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1688
p. 145-160
LA CRITIQUE ODE.
Début :
Quel orage est prest à fondre ? [...]
Mots clefs :
Critique, Homère, Aristote, Erreur, Virgile, Parnasse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LA CRITIQUE ODE.
LA CRITIQUE
ODE.
Qvelorage est prestà
fondre?
Lanuëobscurcit lescieux,
Desonsein pour me confondre
Sort un esseinfurieux. :
Le Préjugéfanatique,
L'aveugle Amour de
l'Antiquey
L'Orguëigl aaitrdha,rdi reL'Envie
, à nuire si
prompte
3 Lasèditieuse honte
Desedétromper trop taî-d,,
Est-ce peu divin Homere,
Qudux yeux de tout
l'Univers,
Je l'aye avoüé le Pere
De la Fable es desbeaux
Vers?
Jai dit, devois- je plus
dire ?
Qi£en tes mains nâquit
la Lyre
A-vecPart. de l*accorders
Que comme au Roy du
Parnajjey
L'Auteur * mesme qu'1i
t'efface
1 Doit encore te ceder.
Falloit-il9yfa&Jugee >peu
Sansdiscerner tes tra-
,
<vaujc,„ Honorerdumesme ho-mmgz
c
Les beautez, es lesM-
* Vigile*
sauts ?
Falloit-ilfarunmiracle,
Tefairevaincrel'obstacle
Des moeurs, du temps &
'," du lieu?
De quelque nom quon te
.1- nomme, - Tu n'etoisenfin qu'un
v< homme;
Falloit-iltefaireun Dieu?
L'Erreur te croit in- "., faillible.
Sors, rvienl la desavouer
De ce mérite impossible
Dont elle ose te louer,
Vois par quelles réveries
L'Avus des Allégories
Veutsurprendre notrefoi;
Et de tes faux interprètes
Déments les gloses abstraites,
Impénétrables pour toi.
Si tu gardes le silence,
Au défaut de ton jecours.
J'ai du moins pour ma
défense
Lesvrais sçavants de nos
jours.
ymsçats qui malgré les
/1 âges .',
Pésent lesplusgrandssusfrages
\Au poids exact du bon
sens;
La Raison, dèssanais- Jance,
A sur eux plus de puissance
Qu'une erreur de trois
mille ans.
* Du Précepteur d'A..
lexandre
* Aristote.
Lesophistique chaos
Si long-temps a vû s'étendre
Un vainfjflème demots.
Malgréceregne paiftUe,
Del*Obfcur, CIntelligible
Triomphe enfinason tour;
Et maigreleursprivilèges
Au fondsmesme des Colleges
La vérité s'Óestfait jour.
Loin donc respects ¡do-:
1 lastres
Des erreurs des temps
- pafez,,
Tréjugezopimastres,
Taisez-vous, disparoissez.
Sur l'opinionvulgaire,
L'examen le plussevere
l\Jest jamais
hors
de (aison.
C'ejl à la voix de Dieu
1 même
Qu'appartient le droit
fuprejme
Decaptiver la Raison.
Quetout lerestesubisse
Le Tribunalerige.
Venez, entrez dans ia.
lice
Orateurs du Préjugé.
Mais avant que l'Eloquence
Prenne par vous la désense
Des droits de l'Antiquité,
Souffrez encor quen ces
rimes
Je vous trace les maximes
Que me dicte l'Equité.
Bravant, d'un dédain
facile,
Àdes traits les mieuxaig."
i"pz,
Diriez - 1ous que vrai
Zi-ile
J'emprunte , des traits
Qu'àces 1H, oKs imprudentes
.~v ,-..;.- , ¡, 'Ju-^-rjcsfça<vantes
0..7 fzitperdre leurcrédit?
N'importe s iL faut les
confondre
y Dussiez- ruous poury répondre
Dire aussi ce qu'on a dit.
N'allez^pas de phrases
vuides
Enflervos raisonnements,
Par des principes solides
Jettez-en les fondements:
Qu'ilssoientséconds, immuables
;
Dans 'vos conséquences
stables ;
Quils gardent toujours
leurs droits s Etsimples dans la dispute,
Craignezqu'on ne vous
impute
Deux mesures e5 deux
poids.
De l'Ironie insultante
FuyeZlefrej?e soustien:
Malgrefagracepiquante
Un bon mot ne prouve
rien.
Plus d'un meji venusourire
s Je me serois mieux fait
S'ilségayotentmes écrits y
Adais loin que je les régrette
) D'une loüange secrette
Mon coeur m'en donne le
prix.
Du* Héros de l'Iliade
*N*imitez±pas lescouroux;
C'efî Nestorquipersuades
,EmprunteZjonstile doux.
Ceux qmicurfiel empoi-
Jonne
,
,-.r
Le droitsens les abandonne,
re VimprudentParalogijme
* Achille.
Etlejuperbe Sophisme
Sontenfans des Passions.
Oüy
,
malheur àqui
dédaigne o D'inviolables égards;
dentre nous l'amitié
regne
Dûssentperir tous lesArts, Jl est des véritezsaintes
i
Q£iaux mépris des laJches
craintes
Le Zjéle doit soustenir.
JVLais sur des beautez.
mortelles
Nos lumieres valent-elles
La paix qui doit nous
unir ?
Iln'estrien que je ne
Me.
Pour conservercettepaix:
Fallttt-il demander grace
Aux deux partis s je le
fais s Auxadorateursd'Hemere
Je m'avoueraitéméraire,
iyen avQpr troprejette;
Et queceux qu'Homere
blesse,
Me pardonnent la foiblejje
D'en avoir trop adopté
ODE.
Qvelorage est prestà
fondre?
Lanuëobscurcit lescieux,
Desonsein pour me confondre
Sort un esseinfurieux. :
Le Préjugéfanatique,
L'aveugle Amour de
l'Antiquey
L'Orguëigl aaitrdha,rdi reL'Envie
, à nuire si
prompte
3 Lasèditieuse honte
Desedétromper trop taî-d,,
Est-ce peu divin Homere,
Qudux yeux de tout
l'Univers,
Je l'aye avoüé le Pere
De la Fable es desbeaux
Vers?
Jai dit, devois- je plus
dire ?
Qi£en tes mains nâquit
la Lyre
A-vecPart. de l*accorders
Que comme au Roy du
Parnajjey
L'Auteur * mesme qu'1i
t'efface
1 Doit encore te ceder.
Falloit-il9yfa&Jugee >peu
Sansdiscerner tes tra-
,
<vaujc,„ Honorerdumesme ho-mmgz
c
Les beautez, es lesM-
* Vigile*
sauts ?
Falloit-ilfarunmiracle,
Tefairevaincrel'obstacle
Des moeurs, du temps &
'," du lieu?
De quelque nom quon te
.1- nomme, - Tu n'etoisenfin qu'un
v< homme;
Falloit-iltefaireun Dieu?
L'Erreur te croit in- "., faillible.
Sors, rvienl la desavouer
De ce mérite impossible
Dont elle ose te louer,
Vois par quelles réveries
L'Avus des Allégories
Veutsurprendre notrefoi;
Et de tes faux interprètes
Déments les gloses abstraites,
Impénétrables pour toi.
Si tu gardes le silence,
Au défaut de ton jecours.
J'ai du moins pour ma
défense
Lesvrais sçavants de nos
jours.
ymsçats qui malgré les
/1 âges .',
Pésent lesplusgrandssusfrages
\Au poids exact du bon
sens;
La Raison, dèssanais- Jance,
A sur eux plus de puissance
Qu'une erreur de trois
mille ans.
* Du Précepteur d'A..
lexandre
* Aristote.
Lesophistique chaos
Si long-temps a vû s'étendre
Un vainfjflème demots.
Malgréceregne paiftUe,
Del*Obfcur, CIntelligible
Triomphe enfinason tour;
Et maigreleursprivilèges
Au fondsmesme des Colleges
La vérité s'Óestfait jour.
Loin donc respects ¡do-:
1 lastres
Des erreurs des temps
- pafez,,
Tréjugezopimastres,
Taisez-vous, disparoissez.
Sur l'opinionvulgaire,
L'examen le plussevere
l\Jest jamais
hors
de (aison.
C'ejl à la voix de Dieu
1 même
Qu'appartient le droit
fuprejme
Decaptiver la Raison.
Quetout lerestesubisse
Le Tribunalerige.
Venez, entrez dans ia.
lice
Orateurs du Préjugé.
Mais avant que l'Eloquence
Prenne par vous la désense
Des droits de l'Antiquité,
Souffrez encor quen ces
rimes
Je vous trace les maximes
Que me dicte l'Equité.
Bravant, d'un dédain
facile,
Àdes traits les mieuxaig."
i"pz,
Diriez - 1ous que vrai
Zi-ile
J'emprunte , des traits
Qu'àces 1H, oKs imprudentes
.~v ,-..;.- , ¡, 'Ju-^-rjcsfça<vantes
0..7 fzitperdre leurcrédit?
N'importe s iL faut les
confondre
y Dussiez- ruous poury répondre
Dire aussi ce qu'on a dit.
N'allez^pas de phrases
vuides
Enflervos raisonnements,
Par des principes solides
Jettez-en les fondements:
Qu'ilssoientséconds, immuables
;
Dans 'vos conséquences
stables ;
Quils gardent toujours
leurs droits s Etsimples dans la dispute,
Craignezqu'on ne vous
impute
Deux mesures e5 deux
poids.
De l'Ironie insultante
FuyeZlefrej?e soustien:
Malgrefagracepiquante
Un bon mot ne prouve
rien.
Plus d'un meji venusourire
s Je me serois mieux fait
S'ilségayotentmes écrits y
Adais loin que je les régrette
) D'une loüange secrette
Mon coeur m'en donne le
prix.
Du* Héros de l'Iliade
*N*imitez±pas lescouroux;
C'efî Nestorquipersuades
,EmprunteZjonstile doux.
Ceux qmicurfiel empoi-
Jonne
,
,-.r
Le droitsens les abandonne,
re VimprudentParalogijme
* Achille.
Etlejuperbe Sophisme
Sontenfans des Passions.
Oüy
,
malheur àqui
dédaigne o D'inviolables égards;
dentre nous l'amitié
regne
Dûssentperir tous lesArts, Jl est des véritezsaintes
i
Q£iaux mépris des laJches
craintes
Le Zjéle doit soustenir.
JVLais sur des beautez.
mortelles
Nos lumieres valent-elles
La paix qui doit nous
unir ?
Iln'estrien que je ne
Me.
Pour conservercettepaix:
Fallttt-il demander grace
Aux deux partis s je le
fais s Auxadorateursd'Hemere
Je m'avoueraitéméraire,
iyen avQpr troprejette;
Et queceux qu'Homere
blesse,
Me pardonnent la foiblejje
D'en avoir trop adopté
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Résumé : LA CRITIQUE ODE.
Le texte est une critique poétique qui examine la figure d'Homère et les préjugés entourant son œuvre. L'auteur remet en question l'idolâtrie excessive dont Homère fait l'objet, soulignant que même un grand poète reste un homme et ne doit pas être déifié. Il critique les interprétations erronées et les gloses abstraites qui entourent les œuvres d'Homère, affirmant que la raison et le bon sens doivent prévaloir sur les erreurs ancestrales. L'auteur se réfère aux savants contemporains qui, malgré les âges, présentent les suffrages les plus grands au poids exact du bon sens. Il insiste sur la nécessité de fonder les arguments sur des principes solides et immuables, évitant l'ironie insultante et les raisonnements enflés. Il prône la modération et l'amitié, même dans la dispute, pour préserver la paix et les vérités saintes. Enfin, il appelle à l'équité et à la douceur dans les débats, imitant Nestor plutôt qu'Achille, et à éviter les passions destructrices comme l'orgueil et la sophistique. L'auteur exprime son désir de conserver la paix, même au prix de concessions, pour maintenir l'harmonie entre les partisans des différentes opinions.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1689
p. 160-165
L'INDIEN ET LE SOLEIL, FABLE.
Début :
Grand Roy, qui vois les Arts d'un regard favorable, [...]
Mots clefs :
Roi, Indien, Fable, Soleil
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'INDIEN ET LE SOLEIL, FABLE.
V I N D I E N
ETLE SOLEIL,
FABLE.
GRandRoy
,
qui vois
les Arts d'un regard
favorable,
Et dont avec transport
j'éprouvela honte
Sou,ffre
Souffre qu'ici la Verite
Se cache un moment feus
la Fable.
UNhabitant de i3Inde
adoroit le Soleil.
Vn Zjéle renaissant nuit
é5jour le devore,
Etyplein de l'objet qu'il
adore,
L'ardeur de le loüer interrompt
son sommeil.
Quelquefois célébrant sa
lumiere seconde
D'un regard attentifaille
suitdansson cours,
MAdmire en lui l'Ame du
monde s
Toûjours chantant,&se
plaignant toujours
Qj£acequ'ilJent nul terme
ne réponde.
Il peint tantôt le celeste
lfambeau
Vainement assiegé par les
sombres nuages,
Et bten-tost vainqueur
des orages
Reparoissant encore plus
beau.
Il fait Hymnte sur
Hymne, en remplit
la contrée s
Tout accourt àsa voix, f5
chacun l'écoutant,
Benssoit la puissance en
ses vers célebrée,
Tandis que duplaisir de
la voir adorée
Le chantre se tient trop
content,
Le Soleil touché de ce
zJle,
Surfis cLamps dessechez,
jette un oeilcaî-eslàns.
Soudain,moisson double
plusbelle
, Verger fertile t5 steurissant.
Soleil, dit l'Indien, je
rends à tes largejjes
Tout l'hommage que je
leur doi :
Tes bienfaitscependant
n'acquiérentriensur
mois
Tu peux augmenter mes
richesses
Mais non pas mon ZLele
I pourtoî.
ETLE SOLEIL,
FABLE.
GRandRoy
,
qui vois
les Arts d'un regard
favorable,
Et dont avec transport
j'éprouvela honte
Sou,ffre
Souffre qu'ici la Verite
Se cache un moment feus
la Fable.
UNhabitant de i3Inde
adoroit le Soleil.
Vn Zjéle renaissant nuit
é5jour le devore,
Etyplein de l'objet qu'il
adore,
L'ardeur de le loüer interrompt
son sommeil.
Quelquefois célébrant sa
lumiere seconde
D'un regard attentifaille
suitdansson cours,
MAdmire en lui l'Ame du
monde s
Toûjours chantant,&se
plaignant toujours
Qj£acequ'ilJent nul terme
ne réponde.
Il peint tantôt le celeste
lfambeau
Vainement assiegé par les
sombres nuages,
Et bten-tost vainqueur
des orages
Reparoissant encore plus
beau.
Il fait Hymnte sur
Hymne, en remplit
la contrée s
Tout accourt àsa voix, f5
chacun l'écoutant,
Benssoit la puissance en
ses vers célebrée,
Tandis que duplaisir de
la voir adorée
Le chantre se tient trop
content,
Le Soleil touché de ce
zJle,
Surfis cLamps dessechez,
jette un oeilcaî-eslàns.
Soudain,moisson double
plusbelle
, Verger fertile t5 steurissant.
Soleil, dit l'Indien, je
rends à tes largejjes
Tout l'hommage que je
leur doi :
Tes bienfaitscependant
n'acquiérentriensur
mois
Tu peux augmenter mes
richesses
Mais non pas mon ZLele
I pourtoî.
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Résumé : L'INDIEN ET LE SOLEIL, FABLE.
La fable 'Le Soleil' se déroule en Inde et raconte l'histoire d'un habitant qui adore le Soleil et est inspiré par sa lumière. Cet homme célèbre le Soleil jour et nuit, admirant son rôle dans le monde et chantant ses louanges. Ses hymnes attirent une foule qui bénit la puissance du Soleil. Ému par cet amour, le Soleil, par un simple regard, fait croître les récoltes et rend les vergers fertiles. L'Indien, reconnaissant, rend hommage aux bienfaits du Soleil mais souligne que, bien que le Soleil puisse augmenter ses richesses, il ne peut accroître son zèle et son amour pour lui.
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1690
p. 174-183
MARIAGE.
Début :
Le trente Janvier dernier Mr. Henault Président au Parlement, Fils [...]
Mots clefs :
Dieu, Beau, Amour, Raison, Président Hénault, Yeux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
MARIAGE:
LE
trente Janvier dernier
Mr. Henault Président
au Parlement, Fils
de Monsieur Henaulc Fermier
General
,
épousa
Mademoiselle de Montargis,
Fille de Mr. de Montargis
Garde du Trésor
Royal.
Voici des Vers qui ont
esté faits à l'occasion de
ce mariage.
l PArunJ beau jour de la
nouvelle année
Rendit visite à messer
Hymenée
Dame raison
;
dessein ju:
f, dicieux
! Guidoit ses pas, elle s'of-
| freà ses yeux.
| Qui fust sur pris n'est be-
1 foin de le dire
bien l'entendez, à son
abord7leSire'P
Fait grisemine,oh
,
dit-il,
par mon chef
Là, donc icyvientJ nous
:' porter mechef
,
Car long-temps qu'en mes
estats pour cause
Detout sans elleà mon
gré je dispose ;
La pour détruire un injuste
soupçon
Raison sourit
,
& parla
surceton.
Dieu des Epoux dont le
trop dur empire
Contre ton joug révolte
maint beau Sire,
Et qui veras si reglement
n'y mettre
Ton regne choir par faute
de sujets)
Escoute moy ; tes avares
l, ministres, .;
L'humble interest, & les
fraudes sinistres
le faux honneur
,
qui souvent
fuit tes pas ,
Font seuls le mal qui regne
en tes Estats ;
1 Bannis,crois-moy
) cette
troupe perfide,
Qu'àtes conseils au lieu
j d'eux je préside
,
f Tu regneras paisible
, &:
1
les mortels
Viendront en foule encenfer
tes Autels;
Que si ne veux croire à
mon témoignage,
Eprouve au moinsque
, mon conseil est sage.
Prés d'un Hostel par Thémis
habité
Azile sur contre l'iniquité,
Chez Mecenas est gentille
Donzelle
Que je cheris par grand
excés de zele,
Car sa jeunesseinstruiseen
mes devis
Oncques ne fust rebelleà
mes avis
,
- Mon amitié ja long-tems
luy reserve
Un favori de Thémis, de
Minerve ,
A mes leçons tres- docile
sujet
Et qui sans moy ne forme
aucun projet,
Que si son nomtu ne connois
encore Damon s'appelle, Apollo,-n
qu'il honore
N'a gueres encor charmé
de ses écrits
Du beau parler luy decerne
le prix; Enfin tousdeuxsemblen-t
faits l'un pour ràutrel
Et ton aveu doit suivre icy
le nostre, Amour fera de la feste
} &
je crois
Qu'il m'obéit pour la premiere
fois,
A ces propos hymen
rompt le silence
Et sans tenir sa répons,e en
balance
C'a repon d-il éprouvons,
j'y consens
Si tant de mauxdouloureux
& cuifans
N'adviendroient point aux
époux en ménage
Faute d'avoir pris de roy
conseil fage»
Allons, je cede à tes empressements
Et vais unir a tes yeux nos
Amans;
Il dit bien-tostl'un & l'au..
tre ils arrivent
Au lieu marqué, les ris les
jeux les suivent,
Ils sont surpris d'y rencontrer
l'amour
Qu'ils n'attendoient que
vers la fin du jour,
Le couple heureux joint
d'un lien durable 1
Dans beau Palais trouve
excellente table <
Dieu desfestinsd'y repan-
, dre ses mers, ,.,.
Cerés
>
Bachus, d'y verser
ses bienfaits,
Amour, Hymen, raison,
d'entrer en danse,
Jeux & plaisirs de fauter
en cadence,
Tant que ce Dieu qui
donne le repos
Sur maints beaux yeux
vientverser ses pavots, Alors amour luy mesme
deshabille,
Dans litbenit met pucelle
: -- gentille
Et qui bien-tost pucelle ne
sera,
Le mesme Dieu bon ordre
y donnera;
Enfin ayant fait Harangue
à sa mode
Promet Poupons comme
q
c'est la méthode,
Ferme rideaux & delo-1
geant sans bruit J
Laisse à l'Amour le foin
de cette nuit.
LE
trente Janvier dernier
Mr. Henault Président
au Parlement, Fils
de Monsieur Henaulc Fermier
General
,
épousa
Mademoiselle de Montargis,
Fille de Mr. de Montargis
Garde du Trésor
Royal.
Voici des Vers qui ont
esté faits à l'occasion de
ce mariage.
l PArunJ beau jour de la
nouvelle année
Rendit visite à messer
Hymenée
Dame raison
;
dessein ju:
f, dicieux
! Guidoit ses pas, elle s'of-
| freà ses yeux.
| Qui fust sur pris n'est be-
1 foin de le dire
bien l'entendez, à son
abord7leSire'P
Fait grisemine,oh
,
dit-il,
par mon chef
Là, donc icyvientJ nous
:' porter mechef
,
Car long-temps qu'en mes
estats pour cause
Detout sans elleà mon
gré je dispose ;
La pour détruire un injuste
soupçon
Raison sourit
,
& parla
surceton.
Dieu des Epoux dont le
trop dur empire
Contre ton joug révolte
maint beau Sire,
Et qui veras si reglement
n'y mettre
Ton regne choir par faute
de sujets)
Escoute moy ; tes avares
l, ministres, .;
L'humble interest, & les
fraudes sinistres
le faux honneur
,
qui souvent
fuit tes pas ,
Font seuls le mal qui regne
en tes Estats ;
1 Bannis,crois-moy
) cette
troupe perfide,
Qu'àtes conseils au lieu
j d'eux je préside
,
f Tu regneras paisible
, &:
1
les mortels
Viendront en foule encenfer
tes Autels;
Que si ne veux croire à
mon témoignage,
Eprouve au moinsque
, mon conseil est sage.
Prés d'un Hostel par Thémis
habité
Azile sur contre l'iniquité,
Chez Mecenas est gentille
Donzelle
Que je cheris par grand
excés de zele,
Car sa jeunesseinstruiseen
mes devis
Oncques ne fust rebelleà
mes avis
,
- Mon amitié ja long-tems
luy reserve
Un favori de Thémis, de
Minerve ,
A mes leçons tres- docile
sujet
Et qui sans moy ne forme
aucun projet,
Que si son nomtu ne connois
encore Damon s'appelle, Apollo,-n
qu'il honore
N'a gueres encor charmé
de ses écrits
Du beau parler luy decerne
le prix; Enfin tousdeuxsemblen-t
faits l'un pour ràutrel
Et ton aveu doit suivre icy
le nostre, Amour fera de la feste
} &
je crois
Qu'il m'obéit pour la premiere
fois,
A ces propos hymen
rompt le silence
Et sans tenir sa répons,e en
balance
C'a repon d-il éprouvons,
j'y consens
Si tant de mauxdouloureux
& cuifans
N'adviendroient point aux
époux en ménage
Faute d'avoir pris de roy
conseil fage»
Allons, je cede à tes empressements
Et vais unir a tes yeux nos
Amans;
Il dit bien-tostl'un & l'au..
tre ils arrivent
Au lieu marqué, les ris les
jeux les suivent,
Ils sont surpris d'y rencontrer
l'amour
Qu'ils n'attendoient que
vers la fin du jour,
Le couple heureux joint
d'un lien durable 1
Dans beau Palais trouve
excellente table <
Dieu desfestinsd'y repan-
, dre ses mers, ,.,.
Cerés
>
Bachus, d'y verser
ses bienfaits,
Amour, Hymen, raison,
d'entrer en danse,
Jeux & plaisirs de fauter
en cadence,
Tant que ce Dieu qui
donne le repos
Sur maints beaux yeux
vientverser ses pavots, Alors amour luy mesme
deshabille,
Dans litbenit met pucelle
: -- gentille
Et qui bien-tost pucelle ne
sera,
Le mesme Dieu bon ordre
y donnera;
Enfin ayant fait Harangue
à sa mode
Promet Poupons comme
q
c'est la méthode,
Ferme rideaux & delo-1
geant sans bruit J
Laisse à l'Amour le foin
de cette nuit.
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Résumé : MARIAGE.
Le texte décrit le mariage de Monsieur Henault, Président au Parlement et fils de Monsieur Henault, Fermier Général, avec Mademoiselle de Montargis, fille de Monsieur de Montargis, Garde du Trésor Royal, célébré le 30 janvier précédent. À cette occasion, des vers ont été composés. Ces vers relatent une visite de Dame Raison à Hymenée, le dieu du mariage, pour discuter d'un projet divin. Raison critique les maux régissant les États, attribués à l'intérêt personnel, aux fraudes et au faux honneur. Elle conseille à Hymenée de bannir ces influences néfastes pour régner paisiblement. Raison mentionne une jeune femme, Damon, instruite par ses conseils, et son ami Apollon, faits l'un pour l'autre. Hymenée accepte ce conseil et unit les amants. La cérémonie se déroule dans un beau palais où les dieux des festins, des plaisirs et de l'amour participent. La nuit se termine par des promesses de bonheur et de progéniture, laissant les jeunes mariés à leur intimité.
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1691
p. 184-193
A MONSIEUR LE PRESIDENT HENAULT, EPITALAME.
Début :
L'autre jour c'étoit feste aux rives du Permesse, [...]
Mots clefs :
Amour, Hylas, Hymen, Voeux, Nymphe, Règne, Neuf soeurs, Président Hénault
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A MONSIEUR LE PRESIDENT HENAULT, EPITALAME.
A MONSIEUR
LE PRESIDENT
HENAULT,
EPITALAME.
L'Autre jour c'étoit feste
aux rives du Permesse,
Venus y présidoit: aux pieds
de laDéesse
En presence des Ris, des
Graces, &des Jeux
Phebus&les neuf Soeurs
renouvel.
renouvelloient leurs
voeux:
Voeux dont, l'Amour jadis
dressa le Formulaire,
Voeux d'aimer pouraimer,
sans autre engagement,
De promettre, mais sans
serment
Ou sans garans du moins,
que le desirde plaire:
Tous voeux écrits au Rite
de Cythere
Ennemy d'un joug plus sévere.
Mutes à ce grand jour
étoient vos favoris.
-
Ceux qui du beau langage
ont obtenu le prix,
Les Catulles nouveaux;
dont l'amoureuse lyre
Attendrit Lesbie, ou Thamire,
Les Théocrites soupirans,
Les Tragiques fameux
qui, par de certains
charmes,
Des plus plus beaux yeux tirent
des larmes,
Ces derniers en grand
deüil : les Quinauts
plus galans
Vêtus d'habits legers, & de
Cothurnes blancs.
Regne Amour, regne seul
! sur les bordsd'Hypo- -
crene
: S'écrioyent les neuf soeurs.
à l'invocation
Tous les Choeurs reponzedolieent.
eTneltqruaelîene
Donne même à l'Hymen
: quelque imprécation.
Hylas prés d'Apollon avoit
alors sa place,
Hylas couvert de lauriers
tous nouveaux,
Hylasqui jeune encor, loin
? dé nos vieux Rivaux
Se traça deux chemins au
chemin du Parnasse,
Du pur & libre Amour il
1
maintenoit les droits.
Euterpe ayant en main le
rustique Hautbois
C'estmoy, ditelle, Amour,
qui fuis bien assurée
D'enseigner tes loix aux
humains
Selon leur texte pur telles
que de tes mains
Je les reçus fous le regne
d'Astrée
,
Distingue aussi mes sujets
entre tous.
Mes leçons ont forméplus
d'Amans que d'Epoux.
Amoureux du loisir que
l'Idylerespire
Oùvivroyent-ils mieux
que fous ton Empire?
Du sexe ils font assez
j cheris.
f Elle regardeHylas avec
un doux souris,
| Mais tout à coup une clarté
; plus pure
Luit au double Vallon,
on reconnoistMercure
Qui descend d'un vol
promt ,
du celeste
lambris,
Amy de tout illustre
,
&
qui donne au merite
> Les mesmes soins qu'il doit
aux affaires des Cieux.
A -t'il tort } les hommes
d'Elite
Ne sons-ils pas les vrais
enfans des Dieux?
Chacun sçait quel respect
le Parnasse luy porte
L'hymen marchoit tout
fier d'une si bonne
escorte
Et Plutus les suivoit tous
deux
Peu de gens dans ce lieu
connoissoient son visage
-
Dieu pesant, quicent fois
a foulé fous ses pas
Les fleurs dont le Permesse
embellit son rivage
Il estoit ce jour-là plus
humain, moins sauvage
Il répend ses trésors aux
pieds du jeune Hylas.
Hylas ne regardoit que
! Mercure,& les Muses,
i Jeveuxtoncoeur,tamain
ne me refuse pas
Dit Mercure, l'Hymen
t'offrira des appas.
Hylas pour refuser meditoit
des excuses
Quandl'Hymen à sesyeux,
pour premier de ses
dons,
Dévoila le portrait d'une
Nymphe charmante,
Il s'arreste, il contemple..
Eh bien nous te perdons
S'écria la troupe sçavante
Cette Nymphe à jamais
te dérobe à ces lieux
Elle va t'occuper de soins
plus serieux,
Elle n'est pas vostre ennemie
Répond l'Interprete des
Dieux
Son Pere est pour nos Arts
un amy précieux
Dont, contre le faux goust
la raison affermie
Assure au vray merite un
accuëil
accuëil glorieux.
Paulestre, cette Nymphe
a nos plaisirs fidelle
Suivrasouvent icy son , pere
1
&son Epoux,
Jevois dans l'avenir, d'une
chaine, si belle,
Les fruits se consacrer à
vous.
Par cet espoir flateur,la
troupe un peu remise,
Reçoit l'Hymen, approuve
le party,
L'Amour suivit Hylaschez
laNymphe promise, :)
Il si trouva si bien, qu'il
n'en est point sorti.
LE PRESIDENT
HENAULT,
EPITALAME.
L'Autre jour c'étoit feste
aux rives du Permesse,
Venus y présidoit: aux pieds
de laDéesse
En presence des Ris, des
Graces, &des Jeux
Phebus&les neuf Soeurs
renouvel.
renouvelloient leurs
voeux:
Voeux dont, l'Amour jadis
dressa le Formulaire,
Voeux d'aimer pouraimer,
sans autre engagement,
De promettre, mais sans
serment
Ou sans garans du moins,
que le desirde plaire:
Tous voeux écrits au Rite
de Cythere
Ennemy d'un joug plus sévere.
Mutes à ce grand jour
étoient vos favoris.
-
Ceux qui du beau langage
ont obtenu le prix,
Les Catulles nouveaux;
dont l'amoureuse lyre
Attendrit Lesbie, ou Thamire,
Les Théocrites soupirans,
Les Tragiques fameux
qui, par de certains
charmes,
Des plus plus beaux yeux tirent
des larmes,
Ces derniers en grand
deüil : les Quinauts
plus galans
Vêtus d'habits legers, & de
Cothurnes blancs.
Regne Amour, regne seul
! sur les bordsd'Hypo- -
crene
: S'écrioyent les neuf soeurs.
à l'invocation
Tous les Choeurs reponzedolieent.
eTneltqruaelîene
Donne même à l'Hymen
: quelque imprécation.
Hylas prés d'Apollon avoit
alors sa place,
Hylas couvert de lauriers
tous nouveaux,
Hylasqui jeune encor, loin
? dé nos vieux Rivaux
Se traça deux chemins au
chemin du Parnasse,
Du pur & libre Amour il
1
maintenoit les droits.
Euterpe ayant en main le
rustique Hautbois
C'estmoy, ditelle, Amour,
qui fuis bien assurée
D'enseigner tes loix aux
humains
Selon leur texte pur telles
que de tes mains
Je les reçus fous le regne
d'Astrée
,
Distingue aussi mes sujets
entre tous.
Mes leçons ont forméplus
d'Amans que d'Epoux.
Amoureux du loisir que
l'Idylerespire
Oùvivroyent-ils mieux
que fous ton Empire?
Du sexe ils font assez
j cheris.
f Elle regardeHylas avec
un doux souris,
| Mais tout à coup une clarté
; plus pure
Luit au double Vallon,
on reconnoistMercure
Qui descend d'un vol
promt ,
du celeste
lambris,
Amy de tout illustre
,
&
qui donne au merite
> Les mesmes soins qu'il doit
aux affaires des Cieux.
A -t'il tort } les hommes
d'Elite
Ne sons-ils pas les vrais
enfans des Dieux?
Chacun sçait quel respect
le Parnasse luy porte
L'hymen marchoit tout
fier d'une si bonne
escorte
Et Plutus les suivoit tous
deux
Peu de gens dans ce lieu
connoissoient son visage
-
Dieu pesant, quicent fois
a foulé fous ses pas
Les fleurs dont le Permesse
embellit son rivage
Il estoit ce jour-là plus
humain, moins sauvage
Il répend ses trésors aux
pieds du jeune Hylas.
Hylas ne regardoit que
! Mercure,& les Muses,
i Jeveuxtoncoeur,tamain
ne me refuse pas
Dit Mercure, l'Hymen
t'offrira des appas.
Hylas pour refuser meditoit
des excuses
Quandl'Hymen à sesyeux,
pour premier de ses
dons,
Dévoila le portrait d'une
Nymphe charmante,
Il s'arreste, il contemple..
Eh bien nous te perdons
S'écria la troupe sçavante
Cette Nymphe à jamais
te dérobe à ces lieux
Elle va t'occuper de soins
plus serieux,
Elle n'est pas vostre ennemie
Répond l'Interprete des
Dieux
Son Pere est pour nos Arts
un amy précieux
Dont, contre le faux goust
la raison affermie
Assure au vray merite un
accuëil
accuëil glorieux.
Paulestre, cette Nymphe
a nos plaisirs fidelle
Suivrasouvent icy son , pere
1
&son Epoux,
Jevois dans l'avenir, d'une
chaine, si belle,
Les fruits se consacrer à
vous.
Par cet espoir flateur,la
troupe un peu remise,
Reçoit l'Hymen, approuve
le party,
L'Amour suivit Hylaschez
laNymphe promise, :)
Il si trouva si bien, qu'il
n'en est point sorti.
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Résumé : A MONSIEUR LE PRESIDENT HENAULT, EPITALAME.
Le texte est un épithalame célébrant le mariage de Monsieur le Président Hénault. La fête se déroule aux rives du Permesse, sous la présidence de Vénus, avec Phébus et les neuf Muses renouvelant leurs vœux d'amour. Les favoris du président, parmi lesquels des poètes et des tragédiens, sont présents. L'Amour règne sur les bords de l'Hypocrène, et les Muses invoquent son pouvoir. Hylas, un jeune poète couronné de lauriers, est honoré. Euterpe, muse de la musique, affirme enseigner les lois de l'amour. Mercure, accompagné de l'Hymen et de Plutus, offre à Hylas le portrait d'une nymphe charmante, fille d'un père ami des arts. Cette nymphe est destinée à Hylas, qui accepte cette union. La troupe savante, bien que triste de perdre Hylas, approuve cette alliance, espérant que les fruits de leur amitié continueront à être consacrés aux arts.
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1692
p. 16-18
Parodie de la premiere Enigme, dont le mot est une Montre.
Début :
La montre en douze parts partage, [...]
Mots clefs :
Montre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de la premiere Enigme, dont le mot est une Montre.
Parodie de la premiere
Enigme , dont le mot
elt une Montre.
La montre en douze
parts partage ,
Comme on coupe un gâ→
teau des Rois.
Celui quifait tant de ra
vage,
C'eft
GALANT. 17
C'est à dire le temps qui
met l'homme aux
abois.
La montre à belles dents
mange le temps ,
qui mange
,
En prenant la revange ,
Et la montre & l'étui ,
Faifant envie à tous.
Montre n'a nulle
envie,
Et va tambourinant fa
vie i
Car montre vit par fon
tambour.
Mars 1714. B
18 MERCURE
On la
réveille aprés fon
tour.
Brune , blonde , brun &
blondin
La femme defoeuvrée ,
ou le jeune badin ,
Qui trés-fouvent n'aime
que ma parure ',
M'enchaîne , defenchaî
ne , t m'ote ma
coifure ,
Et perd fon temps à me
lorgner ,
Sans les coups qu'avec
lui jerrifque degagner.
Enigme , dont le mot
elt une Montre.
La montre en douze
parts partage ,
Comme on coupe un gâ→
teau des Rois.
Celui quifait tant de ra
vage,
C'eft
GALANT. 17
C'est à dire le temps qui
met l'homme aux
abois.
La montre à belles dents
mange le temps ,
qui mange
,
En prenant la revange ,
Et la montre & l'étui ,
Faifant envie à tous.
Montre n'a nulle
envie,
Et va tambourinant fa
vie i
Car montre vit par fon
tambour.
Mars 1714. B
18 MERCURE
On la
réveille aprés fon
tour.
Brune , blonde , brun &
blondin
La femme defoeuvrée ,
ou le jeune badin ,
Qui trés-fouvent n'aime
que ma parure ',
M'enchaîne , defenchaî
ne , t m'ote ma
coifure ,
Et perd fon temps à me
lorgner ,
Sans les coups qu'avec
lui jerrifque degagner.
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Résumé : Parodie de la premiere Enigme, dont le mot est une Montre.
Le texte est une parodie satirique centrée sur une montre personnifiée, divisée en douze parties. Elle symbolise le temps, décrit comme un animal qui le consomme. La montre est enviée mais reste indifférente, fonctionnant grâce à son tambour. Elle interagit de manière humoristique avec divers personnages. Le texte se conclut par une référence à Mars 1714 et au Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1693
p. 19-21
Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est aussi la Montre.
Début :
D'un pere sedentaire étant fille ambulante, [...]
Mots clefs :
Montre
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texteReconnaissance textuelle : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est aussi la Montre.
Parodie de la feconde
Enigme , dont le mot
cft auffi la Montre.
D'un pere fedentaire étant
fille ambulante ,
Defa nature auffijefuis
participantes.
Me promenantfort bien
fans fortir de chez
may,
Mepromenant auffipar
campagne & par
ville ,
Bij
20 MERCURE
A qui dort je fuis inutile
j
S'il ne veut s'éveiller
matini
Pour lors je deviens fon
lutin .
Je dirige qui me dirige,
Avec les fous j'ai le vertige,
Je fuis propre à monter
,
Et non pas à defcendre.
Avec moy quelquefois on
•
GALANT 21
s'amufe à compter.
Ce que je ne fçai pas de
moy tu peux l'apprendre.
Qui prend Montre à la
mine a torti
Car il en eft de nous
·comme des hypocrites
,
Des femmes & des chatemites
,
Belle montre & peu de
rapport.
Enigme , dont le mot
cft auffi la Montre.
D'un pere fedentaire étant
fille ambulante ,
Defa nature auffijefuis
participantes.
Me promenantfort bien
fans fortir de chez
may,
Mepromenant auffipar
campagne & par
ville ,
Bij
20 MERCURE
A qui dort je fuis inutile
j
S'il ne veut s'éveiller
matini
Pour lors je deviens fon
lutin .
Je dirige qui me dirige,
Avec les fous j'ai le vertige,
Je fuis propre à monter
,
Et non pas à defcendre.
Avec moy quelquefois on
•
GALANT 21
s'amufe à compter.
Ce que je ne fçai pas de
moy tu peux l'apprendre.
Qui prend Montre à la
mine a torti
Car il en eft de nous
·comme des hypocrites
,
Des femmes & des chatemites
,
Belle montre & peu de
rapport.
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Résumé : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est aussi la Montre.
Le texte décrit une montre sous forme d'énigme. Elle est utile aux personnes éveillées et actives, les accompagne partout et mesure le temps. La montre peut amuser en comptant les heures. Le texte met en garde contre les apparences trompeuses, comparant certaines montres à des hypocrites ou des femmes peu fiables.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1694
p. 22-23
ENIGME nouvelle.
Début :
Je suis un corps qui n'ai ni pieds ni mains, [...]
Mots clefs :
Échecs
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME nouvelle.
ENIGME
nouvelle .
Je fuis un corps qui n'ai
ni pieds ni mains ,
Fai le ventrefarci d'individus
humains ,
Je retourne avec eux
dans le fein de ma
mere ,
Lorfque je ne leur fuis
nullement necef
faire.
Les pauvres trés -fouGALANT
.
23
vent méprifent ma
beauté ,
Les
riches
avec moy fe
piquent
d'incon
ſtance
.
Quand on me prend en
liberté,
On n'a pas decente pre-
Stance.
nouvelle .
Je fuis un corps qui n'ai
ni pieds ni mains ,
Fai le ventrefarci d'individus
humains ,
Je retourne avec eux
dans le fein de ma
mere ,
Lorfque je ne leur fuis
nullement necef
faire.
Les pauvres trés -fouGALANT
.
23
vent méprifent ma
beauté ,
Les
riches
avec moy fe
piquent
d'incon
ſtance
.
Quand on me prend en
liberté,
On n'a pas decente pre-
Stance.
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1695
p. 23-25
Seconde Enigme.
Début :
Je suis lourd & grossier quand mon pere m'engendre, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Seconde Enigme.
Seconde
Enigme .
Je suis lourd & groffier
quand mon pere
m'engendre ,
24 MERCURE
Etcomme le phenixje renais
de ma cendre.
Ma mere m'aformé vite
comme le vent ,
Et l'hyver me détruit
vite comme la
grêle.
Tel qui de me baifer fe
mêle
,
Tombe parfois le nez
devant.
Je prens fur le jour 15
fur l'ombre ,
Fobfcurcis l'un fans être
fombres
Quand
GALANT. 25
Quand je deviens mercurial
,
Mon employ change , il
eft moins trivial.
Enigme .
Je suis lourd & groffier
quand mon pere
m'engendre ,
24 MERCURE
Etcomme le phenixje renais
de ma cendre.
Ma mere m'aformé vite
comme le vent ,
Et l'hyver me détruit
vite comme la
grêle.
Tel qui de me baifer fe
mêle
,
Tombe parfois le nez
devant.
Je prens fur le jour 15
fur l'ombre ,
Fobfcurcis l'un fans être
fombres
Quand
GALANT. 25
Quand je deviens mercurial
,
Mon employ change , il
eft moins trivial.
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1696
p. 25-31
A Mademoiselle de *** en lui donnant une copie de l'art d'aimer, faite sur la sienne, que l'on a gardée : par M. Michel.
Début :
Iris, voila cet art & d'aimer & de plaire, [...]
Mots clefs :
Traits, Raison, Coeur, Aimer, Amants, L'Art d'aimer, Iris
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texteReconnaissance textuelle : A Mademoiselle de *** en lui donnant une copie de l'art d'aimer, faite sur la sienne, que l'on a gardée : par M. Michel.
A Mademoiſelle de*** en
lui donnant une copic
de l'art d'aimer , faite lur
la fienne , que l'on a gardée
par M. Michel.
:
IRis , voila cet art
d'aimer & de plaire
Qu'unheritierd'Ovide ,
habitant de Cithere ,
C
Mars
1714.
26 MERCURE
En faveur des amans
autrefois a tracé.
L'auteur en fes leçons
trop difcret & trop
fage ,
Ny met les gens qu'à
IA , B , C ;
Tout ce qu'il dit en fon
ouvrage ,
A force d'être trop fensé,
N'eft pointfaitpour l'ufage
D'un
malheureux que
l'amour a bleẞé.
GALANT.
27
Vos yeux en apprendroient
mille fois davantage
,
Et par eux embrasé
Enfait de paffion le coeur
le plus fauvage
Seroit bien mieux apprivoisé.
Ce n'est pas de ces vers
que trop promt à médire
,
Fe veüille ici les ravaler;
Ilsfont pleins de traits
que j'admire,
Cij
28 MERCURE
Le coeur avec l'efprit ne
ceffe d'y parler,
Les fentimens fontpurs ,
l'objet qui les fit
naître
Pour les meriter devoit
être
Plus charmant que Venus
, même vous reffembler.
Mais je ne puis fouffrir
qu'un maître de tendreffe
Veuille former des amans
fansfoibleffe ,
GALANT. 29
Et que nous impofant
la loy
De trop de retenue &
de delicateffe
,
Il donne à la raifon le
chimerique employ
Dereglertous nos pas auprés
d'une maîtrelle.
Où l'amourfe fait place
elle perd tous fes
droits ,
Et dés
qu'on
s'engage
une fois
Au gré des defirs & de
l'âge
C iij
30 MERCURE
A voyager dans l'empire
amoureux ,
La raifon n'eft pas du
voyage,
Ou le voyage eft malheureux
.
Vous en qui la nature a
formé l'aſſemblage
De fes dons les plus précieux
,
Daignez , charmante
Iris , lire encor cet
ouvrage
Sous les traits
étrangers
qui l'offrent à vos
yeuxi
GALANT .
3r
Ces traits font de ma
main , je conferve
les vôtres ,
Un Dieu qu'ilfaut contenter
Ma donné ce confeil ;
il m'en donne bien
d'autres
Qu'auprés de vous je
n'ofe executer.
lui donnant une copic
de l'art d'aimer , faite lur
la fienne , que l'on a gardée
par M. Michel.
:
IRis , voila cet art
d'aimer & de plaire
Qu'unheritierd'Ovide ,
habitant de Cithere ,
C
Mars
1714.
26 MERCURE
En faveur des amans
autrefois a tracé.
L'auteur en fes leçons
trop difcret & trop
fage ,
Ny met les gens qu'à
IA , B , C ;
Tout ce qu'il dit en fon
ouvrage ,
A force d'être trop fensé,
N'eft pointfaitpour l'ufage
D'un
malheureux que
l'amour a bleẞé.
GALANT.
27
Vos yeux en apprendroient
mille fois davantage
,
Et par eux embrasé
Enfait de paffion le coeur
le plus fauvage
Seroit bien mieux apprivoisé.
Ce n'est pas de ces vers
que trop promt à médire
,
Fe veüille ici les ravaler;
Ilsfont pleins de traits
que j'admire,
Cij
28 MERCURE
Le coeur avec l'efprit ne
ceffe d'y parler,
Les fentimens fontpurs ,
l'objet qui les fit
naître
Pour les meriter devoit
être
Plus charmant que Venus
, même vous reffembler.
Mais je ne puis fouffrir
qu'un maître de tendreffe
Veuille former des amans
fansfoibleffe ,
GALANT. 29
Et que nous impofant
la loy
De trop de retenue &
de delicateffe
,
Il donne à la raifon le
chimerique employ
Dereglertous nos pas auprés
d'une maîtrelle.
Où l'amourfe fait place
elle perd tous fes
droits ,
Et dés
qu'on
s'engage
une fois
Au gré des defirs & de
l'âge
C iij
30 MERCURE
A voyager dans l'empire
amoureux ,
La raifon n'eft pas du
voyage,
Ou le voyage eft malheureux
.
Vous en qui la nature a
formé l'aſſemblage
De fes dons les plus précieux
,
Daignez , charmante
Iris , lire encor cet
ouvrage
Sous les traits
étrangers
qui l'offrent à vos
yeuxi
GALANT .
3r
Ces traits font de ma
main , je conferve
les vôtres ,
Un Dieu qu'ilfaut contenter
Ma donné ce confeil ;
il m'en donne bien
d'autres
Qu'auprés de vous je
n'ofe executer.
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Résumé : A Mademoiselle de *** en lui donnant une copie de l'art d'aimer, faite sur la sienne, que l'on a gardée : par M. Michel.
En 1714, une lettre est adressée à Mademoiselle de*** et contient une copie de 'L'art d'aimer' d'Ovide, adaptée par M. Michel. L'auteur critique cette œuvre, la trouvant trop discrète et sage, inadaptée pour un cœur blessé par l'amour. Il exalte les yeux de la destinataire, affirmant qu'ils enseignent mieux l'amour que les vers. La lettre loue la pureté des sentiments exprimés dans l'œuvre, tout en critiquant la retenue et la délicatesse excessives qu'Ovide préconise. L'auteur soutient que la raison n'a pas sa place dans l'amour et encourage la destinataire à lire l'ouvrage, soulignant que les conseils proviennent d'un dieu qu'il faut contenter. Il conclut en affirmant qu'il conserve les traits de la destinataire et est prêt à exécuter les conseils divins en sa présence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1697
p. 32-44
L'AMOUR POETE. ALLEGORIE. Par M. de la F...
Début :
Deux jours y a que sur le Mont Parnasse [...]
Mots clefs :
Iris, Amour, Sujet, Vers, Parnasse, Lyre, Apollon, Rimeurs, Laurier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'AMOUR POETE. ALLEGORIE. Par M. de la F...
Le lecteur doit être d'autant plus
favorable à la Piece Luivante , qu'elle
a été composée par un auteur de dixhuit
ans. Il eft natif de Dijon..
C iiij
32 MERCURE
L'AMOUR
POETE.
ALLEGORIE.
Par M. de la F...
DEux jours y a que
fur le Mont Par
naffe
Fut convoqué le Confeil
d'Apollon ,
"Pour inftaler ( lors váquoit
une place)
Un Candidat dans le
GALANT.
33
Sacré Vallon.
Or , comme
on fçait , felon
le vieux adage
,
Que l'ouvrier
fe connoît
à
l'ouvrage
,
Decidé
fut que fur fujet
donné
Les pretendans exerceroient
leur veine ;
Que le vainqueur des
mains de Melpomene
Seroitfoudain de laurier
couronné.
34
MERCURE
De cet arrêt content ne
fut Horace :
Quoy je verrai , dit- il ,
en nôtre rang
Fades rimeurs éleve
fur Parnaffe ?
Point ne fera , de ce je
fuis garant.
Le fort voulut , comme
il donnait carriere
A fon chagrin , qu'Apollon
juftement
Le deputa pour donner
la matiere
Auxpretendans . Defon
"
GALANT.
35
reffentiment
Rien ne fçavoit s car le
rusé Lyrique
Feignoit toujours d'approuver
le projet.
Bon , dit Horace , ils auront
tel fujet
Que pour traiter de tout
l'art poëtique
Befoin fera. Sitôt il def
cendit
Dans le Valon , où prés
de
l'Hipocrene ,
Gens de tout ordre
de tout acabit
36 MERCURE
Par mille voeux fatiguoient
Melpomene.
Vous , leur dit - il , qui
de la gloire épris ,
Sur l'Helicon voulezoccuper
place ,
Je viens ici , juge de
vos écrits
Fournir un champ à vôtre
noble audace :
Sur deux fujets
pouvez
vous exercer >
Ou contre Iris écrire une
Satyre ,
Et dans vos vers aigreGALANT.
37
ment la vexer ,
Ou pour Doris accorder
vôtre lyre
.
Il dit. Soudain rimeurs
de s'efcrimer ,
Ronger leurs doigts , fe
mondre leur Minerve
En cent façons fe poindre
, s'animer.
Rien
n'opera
étoit la ver-
Vei
retive
Bref, pour neant aucun
ne put rimer
38
MERCURE
En cet état avint qu'ils
remarquerent
L'Enfant ailé riant de
leurs efforts
Les exceder , troubler
tous leurs accords ;
Dont vers Phebus un
d'entr'eux deputerent
Qui par detail l'avanture
conta .
De leur fujet Apollon
s'enquêta i
Puis dit foudain : Certes
je ne m'étonne
GALANT.
39
De ce mechef,
moymême
en perfonne
Je n'euffe osé , je ne veux
me brouiller
Avec l'Amours il y va
trop du nôtre.
Rimeurs fans luy ne
font que barbouiller
,
Et de Parnaffe il fut
toûjours l'Apotre
.
Vous avez mal vôtre
fujet compris ,
40 MERCURE
F
L'Amour n'a tort à ceftoit
contre Doris
Que vous deviel lancer
traits de fatyre
,
Et pour Iris accorder
vôtre lyre.
Phebusparlaidont l'Enfant
de Cypris
S'ebaudiffant defa gloire
nouvelle ,
Ores chantoit gavote &
vilanelle i
Ores frifoit l'onde du
bout de l'aile ,
Puis
GALANT.
Puis retournoit nicher ès
yeux d'Iris ,
D'où decochant flamboyantes
fagettes
,
De feu vermeil animoit
les Poëtes..
Bientôt auffi Balades ,
Virelais
D'entrer en jeu ; bien- ·
tôt euffiez vû naître
Fleurs d'Helicon , Rondeaux
& Triolets.
'Mars 1714.
D
42 MERCURE
}
L'aurois juré , ne
ne fut
onque tel Maitre
.
Defes leçons fi bienfeus
profiter ,
Que je croyois déja fur
le Parnaffe
Prés de Pindare aller
prendre ma place ,
Quandparces mots Phebus
vint m'arrêter.
Ami , n'attens guerdon
de ton
ouvrages
GALANT.
43
Le Mont facré n'eft ou
vert aux amans ,
Qui des neufSoeurs empruntant
le langage,
Pouffent en vers leurs
tendres fentimens
.
Or fi ta verve a rendu
fon hommage
Aton Iris , n'attens point
monfuffrage ,
C'est à l'Amour à te
larier.
Sa-
Adieu vous dis ,je quitte
Dij
44 MERCURE
le métier ,
Repris -je enfeusfi ma
lyre fredonne ,
C'eftpour Iris ,je ne puis
varier:
Or reprenez
& laurier
couronne ,
Mon choix eft fait , le
myrthe qu'Amour ·
donne
Meft mille fois plus
cher
que
le laurier.
favorable à la Piece Luivante , qu'elle
a été composée par un auteur de dixhuit
ans. Il eft natif de Dijon..
C iiij
32 MERCURE
L'AMOUR
POETE.
ALLEGORIE.
Par M. de la F...
DEux jours y a que
fur le Mont Par
naffe
Fut convoqué le Confeil
d'Apollon ,
"Pour inftaler ( lors váquoit
une place)
Un Candidat dans le
GALANT.
33
Sacré Vallon.
Or , comme
on fçait , felon
le vieux adage
,
Que l'ouvrier
fe connoît
à
l'ouvrage
,
Decidé
fut que fur fujet
donné
Les pretendans exerceroient
leur veine ;
Que le vainqueur des
mains de Melpomene
Seroitfoudain de laurier
couronné.
34
MERCURE
De cet arrêt content ne
fut Horace :
Quoy je verrai , dit- il ,
en nôtre rang
Fades rimeurs éleve
fur Parnaffe ?
Point ne fera , de ce je
fuis garant.
Le fort voulut , comme
il donnait carriere
A fon chagrin , qu'Apollon
juftement
Le deputa pour donner
la matiere
Auxpretendans . Defon
"
GALANT.
35
reffentiment
Rien ne fçavoit s car le
rusé Lyrique
Feignoit toujours d'approuver
le projet.
Bon , dit Horace , ils auront
tel fujet
Que pour traiter de tout
l'art poëtique
Befoin fera. Sitôt il def
cendit
Dans le Valon , où prés
de
l'Hipocrene ,
Gens de tout ordre
de tout acabit
36 MERCURE
Par mille voeux fatiguoient
Melpomene.
Vous , leur dit - il , qui
de la gloire épris ,
Sur l'Helicon voulezoccuper
place ,
Je viens ici , juge de
vos écrits
Fournir un champ à vôtre
noble audace :
Sur deux fujets
pouvez
vous exercer >
Ou contre Iris écrire une
Satyre ,
Et dans vos vers aigreGALANT.
37
ment la vexer ,
Ou pour Doris accorder
vôtre lyre
.
Il dit. Soudain rimeurs
de s'efcrimer ,
Ronger leurs doigts , fe
mondre leur Minerve
En cent façons fe poindre
, s'animer.
Rien
n'opera
étoit la ver-
Vei
retive
Bref, pour neant aucun
ne put rimer
38
MERCURE
En cet état avint qu'ils
remarquerent
L'Enfant ailé riant de
leurs efforts
Les exceder , troubler
tous leurs accords ;
Dont vers Phebus un
d'entr'eux deputerent
Qui par detail l'avanture
conta .
De leur fujet Apollon
s'enquêta i
Puis dit foudain : Certes
je ne m'étonne
GALANT.
39
De ce mechef,
moymême
en perfonne
Je n'euffe osé , je ne veux
me brouiller
Avec l'Amours il y va
trop du nôtre.
Rimeurs fans luy ne
font que barbouiller
,
Et de Parnaffe il fut
toûjours l'Apotre
.
Vous avez mal vôtre
fujet compris ,
40 MERCURE
F
L'Amour n'a tort à ceftoit
contre Doris
Que vous deviel lancer
traits de fatyre
,
Et pour Iris accorder
vôtre lyre.
Phebusparlaidont l'Enfant
de Cypris
S'ebaudiffant defa gloire
nouvelle ,
Ores chantoit gavote &
vilanelle i
Ores frifoit l'onde du
bout de l'aile ,
Puis
GALANT.
Puis retournoit nicher ès
yeux d'Iris ,
D'où decochant flamboyantes
fagettes
,
De feu vermeil animoit
les Poëtes..
Bientôt auffi Balades ,
Virelais
D'entrer en jeu ; bien- ·
tôt euffiez vû naître
Fleurs d'Helicon , Rondeaux
& Triolets.
'Mars 1714.
D
42 MERCURE
}
L'aurois juré , ne
ne fut
onque tel Maitre
.
Defes leçons fi bienfeus
profiter ,
Que je croyois déja fur
le Parnaffe
Prés de Pindare aller
prendre ma place ,
Quandparces mots Phebus
vint m'arrêter.
Ami , n'attens guerdon
de ton
ouvrages
GALANT.
43
Le Mont facré n'eft ou
vert aux amans ,
Qui des neufSoeurs empruntant
le langage,
Pouffent en vers leurs
tendres fentimens
.
Or fi ta verve a rendu
fon hommage
Aton Iris , n'attens point
monfuffrage ,
C'est à l'Amour à te
larier.
Sa-
Adieu vous dis ,je quitte
Dij
44 MERCURE
le métier ,
Repris -je enfeusfi ma
lyre fredonne ,
C'eftpour Iris ,je ne puis
varier:
Or reprenez
& laurier
couronne ,
Mon choix eft fait , le
myrthe qu'Amour ·
donne
Meft mille fois plus
cher
que
le laurier.
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Résumé : L'AMOUR POETE. ALLEGORIE. Par M. de la F...
Un concours poétique est organisé par Apollon sur le Mont Parnasse pour attribuer une place parmi les poètes. Les candidats doivent choisir entre écrire une satire contre Iris ou un poème en l'honneur de Doris. Aucun poète ne parvient à composer un vers. Un jeune garçon ailé et rieur surpasse les efforts des candidats, intriguant Apollon. Ce dernier révèle que l'Amour est essentiel à la poésie et que les poètes sans inspiration amoureuse ne peuvent réussir. Le jeune garçon, originaire de Dijon et âgé de dix-huit ans, a composé une pièce intitulée 'L'Amour Poète' qui a été bien accueillie. Apollon explique que le Mont Parnasse n'est pas destiné aux amants, mais qu'il peut être couronné par l'Amour. Le jeune poète décide alors de quitter le métier poétique pour se consacrer à l'amour, préférant le myrthe donné par l'Amour au laurier du Parnasse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1698
p. 172-179
LE MARY MALADE.
Début :
Malgré les soins des suppôts d'Esculape [...]
Mots clefs :
Mari, Malade, Lubin, Coquette, Thersite, Femme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE MARY MALADE.
LE MARY MALADE .
Malgré les foins des
Suppots d'Efculape
Davegémit, & fent des
maux affreux.
Sa femme en fouffre ; ils
craignent tous les deux,
Lui , qu'il n'en meure , elle,
qu'il n'en réchape.
Anne jeune femme
>
coquete .
Tu prêtois dés dix ans
l'oreille à la Fleurete.
GALANT. 173
Quoique tu fois encor dans
ta jeune faiſon ,
Life , on t'appelle avec
raifon,
Jeune femme , & vieille
Coquete.
La
A CELIE .
En te voyant , laide
Celie ,
peau de la couleur des
plumes d'un Corbeau ,
On te croiroit d'Ethiopie
,
Si tu n'avois
les dents plus
noires que lapeau
.
Piij
174 MERGURE
A la Coquete Alix .
Sur tous mes rivaux
voftre coeur ,
Alix , me cede la Victoire
:
Vous le jurez fur vostre
honneur ;
Sur ce ferment doit - on
vous croire
?
Le Parafite diligent.
Chez Therfite , Lubin
ce pauore Parafite ,
Aſouper étoit invité :
GALANT. 175.
Itpart dés le matin d'un
pasprécipité
Se rend au logis de Therfite
,
Et dit qu'il vient fouper :
Lubin ,
Dit Therfite , ce foir je
tiendray ma promeffe :
Lubin répond , la faim me
presse ,
·Faites - moifouper ce matin.
Sur le même
Lubin ce Parafite étrange
Piiij
276 MERCURE
Mange beaucoup , chacun
le voit :
Il boit encor plus qu'il ne
mange,
Et parle encore plus qu'il·
ne boit.
La voix horrible.
Quand par tes chants
Arcadiens
Ta voix ébranle - nos organes
,
Tu fais aboïer tous les
chiens ,
Et tu fais braire tous les
ânes.
GALANT. 177.
La douleur d'une veuve
toûjours fufpecte.
Artemife en pleurs , défolée,
Fait élever un Mauſolée
A l'époux dont fes yeux
regretent le trépas :
Mais à ce monument
que fa douleur lui
dreffe ?
La
vanité n'at-elle pas
Autant de part que la tendreffe
?
778 MERCURE
La beautéfans l'efprit n'eft
qu'un foible avantage.
! Quand une beauté que
l'on aime , C
N'a point d'enjouement ,
d'esprit ,
L'amour qu'on a, fut- il
·En
extrême ,
pew
nouit :
de tems s'éva
Le coeur eft bien - toft infidelle,
Ilfent le dégoût , & l'ennui
;
GALANT. 179
Et la raifon brife avec
lui
Les nauds qu'il a formé
fans elle.
Malgré les foins des
Suppots d'Efculape
Davegémit, & fent des
maux affreux.
Sa femme en fouffre ; ils
craignent tous les deux,
Lui , qu'il n'en meure , elle,
qu'il n'en réchape.
Anne jeune femme
>
coquete .
Tu prêtois dés dix ans
l'oreille à la Fleurete.
GALANT. 173
Quoique tu fois encor dans
ta jeune faiſon ,
Life , on t'appelle avec
raifon,
Jeune femme , & vieille
Coquete.
La
A CELIE .
En te voyant , laide
Celie ,
peau de la couleur des
plumes d'un Corbeau ,
On te croiroit d'Ethiopie
,
Si tu n'avois
les dents plus
noires que lapeau
.
Piij
174 MERGURE
A la Coquete Alix .
Sur tous mes rivaux
voftre coeur ,
Alix , me cede la Victoire
:
Vous le jurez fur vostre
honneur ;
Sur ce ferment doit - on
vous croire
?
Le Parafite diligent.
Chez Therfite , Lubin
ce pauore Parafite ,
Aſouper étoit invité :
GALANT. 175.
Itpart dés le matin d'un
pasprécipité
Se rend au logis de Therfite
,
Et dit qu'il vient fouper :
Lubin ,
Dit Therfite , ce foir je
tiendray ma promeffe :
Lubin répond , la faim me
presse ,
·Faites - moifouper ce matin.
Sur le même
Lubin ce Parafite étrange
Piiij
276 MERCURE
Mange beaucoup , chacun
le voit :
Il boit encor plus qu'il ne
mange,
Et parle encore plus qu'il·
ne boit.
La voix horrible.
Quand par tes chants
Arcadiens
Ta voix ébranle - nos organes
,
Tu fais aboïer tous les
chiens ,
Et tu fais braire tous les
ânes.
GALANT. 177.
La douleur d'une veuve
toûjours fufpecte.
Artemife en pleurs , défolée,
Fait élever un Mauſolée
A l'époux dont fes yeux
regretent le trépas :
Mais à ce monument
que fa douleur lui
dreffe ?
La
vanité n'at-elle pas
Autant de part que la tendreffe
?
778 MERCURE
La beautéfans l'efprit n'eft
qu'un foible avantage.
! Quand une beauté que
l'on aime , C
N'a point d'enjouement ,
d'esprit ,
L'amour qu'on a, fut- il
·En
extrême ,
pew
nouit :
de tems s'éva
Le coeur eft bien - toft infidelle,
Ilfent le dégoût , & l'ennui
;
GALANT. 179
Et la raifon brife avec
lui
Les nauds qu'il a formé
fans elle.
Fermer
Résumé : LE MARY MALADE.
Le texte décrit plusieurs scènes et personnages dans un style littéraire ancien. Un homme nommé Mary endure des souffrances malgré les soins médicaux, et sa femme, bien que coquette, partage ses peines. Alix, une jeune femme coquette, est courtisée par un galant. Lubin, un homme glouton et bavard, est invité à souper chez Thériste. Célie est critiquée pour sa laideur et la couleur de sa peau. Artémise, une veuve, érige un mausolée pour son époux défunt, mais sa vanité égale sa tendresse. Le texte souligne également que la beauté sans esprit est un faible avantage, car elle ne suffit pas à maintenir l'amour à long terme, le cœur étant sujet à l'infidélité et à l'ennui.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1699
p. 240-277
LES ROCHES DE SALISBURY. ALLEGORIE.
Début :
Cette Isle noble antique renommée, [...]
Mots clefs :
Jeune roi, Albion, Noble, Palais, Prince Artus, Paix, Sage, Chevalier, Débats, Sang, Éclat, Roches, Salisbury, Peuple, Vieillard, Coeur, Amour, Justice, Lumière
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LES ROCHES DE SALISBURY. ALLEGORIE.
LES ROCHES
DE SALISBURY.
ALLEGORIE.
CEtte Ille noble antique
renommée ,
Qui de Neptune à tel point
fut aimée
Qu'un de fes Fils voulut s'y
renfermer ,
Et de fon nom , Albion la
nommer.
Mainte merveille en fon
fein fait reluire
Qu'en ces vers - cy je ne
pretend
GALANT. 241
pretend déduire
Par le menus les Chroni
queurs paffés
En leurs recueils le deduifent
affez ;
Pour le prefent fuffit d'en
citer une
Sans plus , mais qui peut
mieux
qu'aucune ;
Paffer pour rare & que je
garentis
Sur le rapport de ces recuëils
gentils ;
Ge font ces Rocs autre
ment gons de pierre
Qu'on voir femez en cette
noble terre
Mars
1714.
!
X
242 MERCURE
Tout au travers d'un
champ vert & fleury
Que gens du lieu nomment
Saliſbury , ci să
Et que Merlin jadis par
fon genie
Fit transporter des mar
ches d'Ibernie ,
Car tels Rochers ne fcauroient
bonnement
Se trouver la fors par ensachantement.
of C
Orifmoterés qu'entre ces
roches nües , ⠀
Quia pars magie en ces
lieux font venuës
X
GALANT 243
S'en trouvent fept , trois
de
chacune part
Une au deffus , le tout fait
popar tel art
Qu'il
reprefente une porte
effective ,
Porte vraïment bien faite
& bien naïve
Mais c'eft le tout , car qui
voudroit y voir i
Tours & Châtels , doit
Cailleurs fe pourvoir ,
Et ne fçait-on encor pour
Do quel office
Ce haut Portail eft là fans
médifice.
Mais ces fecrets arcanes
X ij]
244 MERCURE
& facrés
Ja ne font faits pour eftre
penetrés ,
Fors de ceux- là que
lance autorife ,
vail-
A pour chaffer vertueufe
entrepriſe
L'Epée au poing , fendant
juſqu'au talons ..
Traitres , Geans , Endriaques
felons
Tant que pareux foit mis
hors de fervage ,
Quelque Empereur ou Roy
de franc lignage ,
Entre ceux- là eftoit prifé
jadis ,
GALANT 245
Agefilan , Florifel , Amadis
,
Et maints encor de qui
Dieu
par fa grace
Jufques à nous a conſervé
la
race ,
Temoin celuy que je vas
publier ,
Sage entre tous , & difcret
Chevalier
Qui merita par fa force invincible
D'eftre introduit dans la
grote invifible ;
Si le tient-on iffu felon la
chair
De Palmerin le Chevalier
X iij
246 MERCURE
fans Pair ,
Iceluy preux vers les roches
décrites
Alloit chantant les vertus
& merites ,
Du Prince Artus , des bons
tant regretté ,
Et recitoit fur fon Luth
argenté
Celui plaintif. O Rives
Britanniques !
O Roy dompteur des Saxons
tyraniques
Si comme on dit par don
furnaturels
Tu dois revoir ce monde
temporel ,
GALANT. 247
Et revenir chaffer hors de
nos terres
Rebellions , debats , troubles
& Guerres .
Que tardes- tu viens revoir
ton Palais
viens de prifon tirer la
douce paix ,
Qui t'as helas ! defolée &
chetive
Chez faction languit tousjours
plaintive.
Ainfi chantoit le Chevalier
dolentejust
Lors fur lui fembla, qu'une
voix l'appellant
X iiij
248 MERCURE
Par fon vrai nom lui parla
de la forte ,
Si les efprits qui gardent
cette porte
En paroiffant n'effarou
chent
tes yeux
,
Tu peux entrer , le Pala
din joyeux
A qui frayeur n'entra ja
mais dans l'ame ,
Prend fon Ecu , fe commande
à ſa Dame
Approche , arrive , & Demons
de hurler
De tempefter , crier fiffler,
voler
,
Mais pour néant car fans
GALANT . 249
merite ni doute
Le Champion pourſuit toujours
fa route
Si qu'euffiez vû tous ces
diables cadets
Larves , Lutins , Lemures,
farfaders
Spectres volans , Tene
brions , Genies ,
En moins de rien ceffer
leurs lytanies ,
& s'éclipfer à tout leur cas
rillon
Comme étourneaux devant
l'émerillon :
Eux départis , ô merveille
imprevuë !
50 MERCURE
2 La terre s'ouvre & ne s'of
fre à la vûë
Qu'un antre noir
mé caverneux ,
en
fu
Ou d'un Bandon l'éclat
fuligineux
Semble éclairer par fes
lueurs funebres
L'affreux manoir du Prince
des Tenebres ;
A la clarté du flambeau
ftygial
Par cent degrés le Che-
> valier loyal
Defcend au creux de la
fpelunque obfcure ..
Et trouve enfin pour l'hif
1
GALANT. __258
toire conclure ,
Un huis fermé qui s'ouvre
fur l'inftant
Et lúi decouvre un Palais
éclatant ;
Palais , non pas ? mais gro
te emerveillable
Tel que l'oeil ne voit onc
de femblable ,
Et que jamais fage n'ob
tint pour don
Telle demeure , hormis
Apollidon.
Car c'eft Illec que la troupe
de Gnomes
Dòminateurs des terref
trés royaumes
252 MERCURE
A raffemblé
pour
prince honorer
leur
Tout ce qui peut fon féjour
decorer ,
Ambre Corail , yvoire ;
marguerites ,
Perles , faphirs , hyacintes ,
Chrifolites
Riches métaux , bronze
Corinthien ,,
Jaſpe , porphire , & marbre
Phrygien ,
Sans oublier mainte belle
efcarboucle
Et
diamans
proprement
mis en boucle
Tout à l'entour , de qui
GALANT.
253
l'éclat riant
Pâlir feroit le Soleil d'Orient.
Or entendes qu'en ce lieu
de lumiere
Où l'art encore ſurpaſſe
la matiere
Brille fur tant de rubis
eftoilé
Un fiége d'or finement
cizelé ,
Ou repofoit le tres noble
Prophete
Qui cette Grote a choifi
pour retraite
Et fut jadis fous le Roy
254 MERCURE
Pendragon
Des Enchanteurs clame le
Bien
Parangon ,
paroiffoit iceluy
grand prud- homme ,
Prince de ceux que fage on
renomme
Tant à le voir fembloit
homme de biens
Vieillard honneſte & de
noble maintien ,
Si qu'eux, voyans feulealment
fon viſager 20
Euffent pour chef accepté
cettuy fage ,
Qui tout a l'heure en fon
féant dreffé VA
GALANT . 255
Ayant trois fois eternué
touffé ,
Les yeux luifans comme
12 deux Girandoles
Au Damoifel addreffa fes
paroles.
Je fuis Merlin qu'en vulpingaire
fermon
0: 0
Vos
vieuxconteurs pre
chent né du
démon ,
Attribuant par
malice grof
-1997
fiere
L'extraction des enfans de
lumiere ,
A la vertu de cet efprit
In enam vilain
Qui de l'Enfer fut créé
ม
256 MERCURE
Châtelain ,
J'ay visité la haut vos Colonies
,
Suivant les us de nous autres
Genies ,
Er fut long -tems Prophete
en Albion
Dont je plorai l'inique
oppreflion ,
Quand Vortiger dans le
fein Britanique
Eut attiré le ferpent Germanique
,
O mon païs ! ô peuples redoutés.
Deffiés -vous de ferpens allaités
.
Aux
GALANT. 257
Aux bords Germains , fuïés
leur
parentage,
Car c'eft d'iceux qu'eft né
vôtre éclavage ;
Je difparus dans ce conflict
amer 霉
Et par mon art tranſporté
d'outre mer
Ces hauts rochers qui fervent
de barriere ,
A cette grotte où bornant
ma carriere ,
Demogorgon
nôtre Roy
fouverain
,
Me fit ſeigneur du peuple
foûterrain.
C'eſt cette gent , dont l'eſ,
Mars 1714. Y
238 MERCURE
prit tutelaire
Va parcourant vôtre mon--
de populaire : -
Où je l'envoye en invifibles
corps ,
Examiner les troubles &
difcors ,
Qui , par l'engin du pere
de l'impofture,
Vont affligéant l'humaine
créature.
Par eux à donc m'ont efté
raportés.
Tous vos débats , maux &
calamités :
Qui par revolte & rufes infernales
,
GALANT 252
Ont affolé vos Provinces
natales .
Si que la Paix onques n'y
peut meurir ,
Tant qu'y verrés iniquités
Aleurir ,
Car ne croyés pouvoir par
smot vartifices
Paix rétablir fans l'aide de
juſtice ,
Par qui d'abord détruire
100% vous convient ,
L'enchantement ou fraude
2 la détient ,
Fraude fans qui rebelle féabpillonie
o
N'ût engendré fuperbe ty-
Y ij
260 MERCURE
rannie :
Et faction mere de tous les
maux ,
Qui font fortis des palais
infernaux ;
Or puis qu'en toy n'eft encore
effacée
La fouvenance & memoire
paffée
Du Prince Artus lá merveille
des Rois .
Je veux du fort t'interpreter
les loix ,
Et t'expliquer les divins ca
racteres
qui font enclos au livre des
myfteres.
GALANT . 261
Ces mots finis le vieillard
s'arrefta
Puis fe fignant quelques
mots marmota ,
En feüillerant fon grand
antiphonaire
Ou par comment & glofe
interlinaire
Se touche au doigt & fe
montre éclairci
Tout l'avenir , lors , pour
fuivit ainsi ,
Ce brave Roy de qui l'ar
dente efpée
Au fang Germain tant de
fois fut trempée
262 MERCURE
De fes hauts faits le monde
récreant ,
Ufurpateurs eut mis tous à
néant
Si d'Atropos la colere felone
N'uft d'Albion renversé la
Colonne
Ah male- mort ! tes larroneffes
mains
Nous ont tollu le plus grand
des humains
Et rien n'y font ceux -là
dont le bon zele
Dans les hauts Cieux comme
Enoch le récele
Doit quelque jour à les oüir
GALANT . 263
narrer
H reviendra fon pays bien
heurer
;
Tous ces rebus d'antiques
propheties
Ne font qu'amas de vieilles
faceties ,
Dont le droit fens &
myftere caché
Eft fans emblême en ce li
vre epluché.
De ce bon Roy l'heroïque.
lignée
Au fond des bois reduite.
& confignée
Donna long- tems aux fi
264 MERCURE
deles Gallois
Chefs Souverains & magnanimes
Rois ,
Tant qu'une Soeur de ces
genereux
Princes
Dont le Germain
detenoit
les Provinces
Le Grand Walter en fes
Alancs enfánta
Qui leur vrai fang chez les
Pictes porta
,
Icy d'Artus fa tige eſt mipartie
Entre les Rois de l'antique
Scotie
Puis fe rejoint dans le fang
bien-aimé
Du
GALANT . 265:
Du bon Henry le fage furnommé
Qui s'uniffant à la royale
race
Dupreux Walter fçut enfuivre
la trace
Des Rois Bretons , dans la
double union
De l'Albanie au regne d'Albion
;
Or entend moy quoique
maint docte livre
ي ف
Conte qu'un jour Artus
doive revivre ,
Pour le deftin de voſtre Ifle
amenderA
CA
Si ne devés ce difcours re-
Z
Mars
1714.
266 MERCURE
garder
Que comme un type ou
fermon prothetique
Qui vous décrit l'evenement
implique
D'un jeune Roy de fon
fang defcendu
Qui par juftice à fon peuple
rendu ,
Doit extirper difcordes inteftines
Guerre ; debats , fcandales ,
& rapines ,
Si que pourrés par lui re-
9 voir encor
En Albion triompher l'âge
d'or
GALANT. 267
Et retourner profperité richeffe
Dilection , paix , amour &
lieffe .
Il de nos bords en naiſſant
diſparu
Terres & Meres dès l'enfance
à couru
Et s'eft appris par épreuve
importune
A fupporter l'une & l'autre
fortune
,
Afin qu'un jour par fon
exemple inftruit
De tout le mal qu'impieté
produit
Juftice & droit à tous il
Zij
168 MERCURE
fache rendre
Aider le foible & l'opprimé
deffendre ,
La noble Fée & le fage
Devin
Qui de ce Prince ont par
vouloir divin
J'ufqu'à ce jour regi la
deftinée
Ja des long- tems fa nail
fance ont ornée
L'une des dons qui le Corps
font chérir
L'autre de ceux qui font
l'ame fleurir
Tant qu'à le voir on ne
peut prefque dire
GALANT 269
Lequel en lui plus de tendreffe
infpire ,
Grace ou vertu ne qui
reüffit mieux
A l'admirer ou le coeur ou
les yeux
.
Déja le Dieu qui les combats
décide
De prés a vû comment ce
jeune Alcide
Sçait manier javelines &
dards
Ecus , haubergs , lances &
braquemars
Et méprifer dans le Champ
de Batailles
Z iij
270 MERCURE
Repos oififs , perils & funerailles
Dont aisément fe peut
imaginer
Comme en fon tems il
Laura gouverner
Ses ennemis , fi quelqu'un
s'en efcrime
Non pas les fiens ; car fon
coeur magnanime
Ne connoiftra pour fes
vrais ennemis
Que ceux du peuple en fa
garde remis
Auffi dans peu ce peu ple
refractaire
GALANT . 271
Reparera fa coulpe involontaire
Et pour bien toft faction
enterrer
Ce jeune Roy n'aura qu'à
ſe montrer ;
Car quel efprit tant foit - il
intraitable
Et fors iffu de manoir delectable
D'entendement , pourroit à
fon aſpect
N'eftre fajfi d'amour & de
respect ,
Eftil Lyon , Tigre ou Serpent
d'Affrique
Qui contemplant le regard
272 MERCURE
heroyque
Le noble éclat de fa douce
fierté
Qui fur ce front rempli de
Majefté
Marque fi bien ce qu'il eft ,
& doit eftre
Ne s'amollit , & reconnut
fon maiſtre
Partant croyés que contre
fes regards
Point ne tiendront les gen
tils Leopards
>
Tous feront bons tous
feront beaux & fages
GALANT . 173
Antiques
moeurs
il reffufci
tera
Gloire & vertu triompher
il fera ,
Que dirai je plus , il ferme
ra le Temple
Du vieux Janus , pour eſtre
à fon exemple
Des bons l'amour
& des
méchans
Feffroy
Finalement
ce legitime
Roy
Fera par tout fleurir paix
& juſtice
Juftice & paix , meres de
tout délice ,
Sans qui richeſſe , honneur
274 MERCURE
profperité
Fait plus de mal que
& pauvreté.
honte
Alors banquets & feltins
domeſtiques
Dances , chanfons , & pe
nices ruftiques ,
Tournois , Behours
tous autres ébats
>
&
Retournent
francs de
noifes & débats ,
Et durera cette joye eftablie
En Albion jufqu'au retour
d'Elic ;
O de tous biens principe &
fondement
GALANT. 275
O Lots en terre & non
point autrement ,
Repos , douceur , allegref
fe , innocence
Deduit , foulas , defir , &
joüiffance
Levés vos coeurs & tendés
vos efprits
Peuples heureux à ſes ordres
preſcrits
Par le vouloir de la Fée
immortelle
Qui vos deftins a pris en fa
tutelle
A tant fe tut le vieillard
nompareil
Lors s'inclina le Chevalier
276 MERCURE
vermeil ,
Qui méditant en extafe
profonde
Le grand Oracle , & myſ
tere où le fonde
Tout gentil coeur ami de
fon devoir
Fut transferé par magique
pouvoir
Dans le Palais de la haute
Pairie
Palais ou git tout l'art de
faërie
Comme celuy qui fait par
fa fplendeur
De toute l'lfle admirer la
grandeur ,.
GALANT . 277
Mais qui pourtant quoy
qu'il joigne & raffemble
De ce Climâ : tous les Sages
enſemble
Si ne reluit , & n'a d'éclat
en foy
Que par le Trofne & les
yeux de fon Roy,
DE SALISBURY.
ALLEGORIE.
CEtte Ille noble antique
renommée ,
Qui de Neptune à tel point
fut aimée
Qu'un de fes Fils voulut s'y
renfermer ,
Et de fon nom , Albion la
nommer.
Mainte merveille en fon
fein fait reluire
Qu'en ces vers - cy je ne
pretend
GALANT. 241
pretend déduire
Par le menus les Chroni
queurs paffés
En leurs recueils le deduifent
affez ;
Pour le prefent fuffit d'en
citer une
Sans plus , mais qui peut
mieux
qu'aucune ;
Paffer pour rare & que je
garentis
Sur le rapport de ces recuëils
gentils ;
Ge font ces Rocs autre
ment gons de pierre
Qu'on voir femez en cette
noble terre
Mars
1714.
!
X
242 MERCURE
Tout au travers d'un
champ vert & fleury
Que gens du lieu nomment
Saliſbury , ci să
Et que Merlin jadis par
fon genie
Fit transporter des mar
ches d'Ibernie ,
Car tels Rochers ne fcauroient
bonnement
Se trouver la fors par ensachantement.
of C
Orifmoterés qu'entre ces
roches nües , ⠀
Quia pars magie en ces
lieux font venuës
X
GALANT 243
S'en trouvent fept , trois
de
chacune part
Une au deffus , le tout fait
popar tel art
Qu'il
reprefente une porte
effective ,
Porte vraïment bien faite
& bien naïve
Mais c'eft le tout , car qui
voudroit y voir i
Tours & Châtels , doit
Cailleurs fe pourvoir ,
Et ne fçait-on encor pour
Do quel office
Ce haut Portail eft là fans
médifice.
Mais ces fecrets arcanes
X ij]
244 MERCURE
& facrés
Ja ne font faits pour eftre
penetrés ,
Fors de ceux- là que
lance autorife ,
vail-
A pour chaffer vertueufe
entrepriſe
L'Epée au poing , fendant
juſqu'au talons ..
Traitres , Geans , Endriaques
felons
Tant que pareux foit mis
hors de fervage ,
Quelque Empereur ou Roy
de franc lignage ,
Entre ceux- là eftoit prifé
jadis ,
GALANT 245
Agefilan , Florifel , Amadis
,
Et maints encor de qui
Dieu
par fa grace
Jufques à nous a conſervé
la
race ,
Temoin celuy que je vas
publier ,
Sage entre tous , & difcret
Chevalier
Qui merita par fa force invincible
D'eftre introduit dans la
grote invifible ;
Si le tient-on iffu felon la
chair
De Palmerin le Chevalier
X iij
246 MERCURE
fans Pair ,
Iceluy preux vers les roches
décrites
Alloit chantant les vertus
& merites ,
Du Prince Artus , des bons
tant regretté ,
Et recitoit fur fon Luth
argenté
Celui plaintif. O Rives
Britanniques !
O Roy dompteur des Saxons
tyraniques
Si comme on dit par don
furnaturels
Tu dois revoir ce monde
temporel ,
GALANT. 247
Et revenir chaffer hors de
nos terres
Rebellions , debats , troubles
& Guerres .
Que tardes- tu viens revoir
ton Palais
viens de prifon tirer la
douce paix ,
Qui t'as helas ! defolée &
chetive
Chez faction languit tousjours
plaintive.
Ainfi chantoit le Chevalier
dolentejust
Lors fur lui fembla, qu'une
voix l'appellant
X iiij
248 MERCURE
Par fon vrai nom lui parla
de la forte ,
Si les efprits qui gardent
cette porte
En paroiffant n'effarou
chent
tes yeux
,
Tu peux entrer , le Pala
din joyeux
A qui frayeur n'entra ja
mais dans l'ame ,
Prend fon Ecu , fe commande
à ſa Dame
Approche , arrive , & Demons
de hurler
De tempefter , crier fiffler,
voler
,
Mais pour néant car fans
GALANT . 249
merite ni doute
Le Champion pourſuit toujours
fa route
Si qu'euffiez vû tous ces
diables cadets
Larves , Lutins , Lemures,
farfaders
Spectres volans , Tene
brions , Genies ,
En moins de rien ceffer
leurs lytanies ,
& s'éclipfer à tout leur cas
rillon
Comme étourneaux devant
l'émerillon :
Eux départis , ô merveille
imprevuë !
50 MERCURE
2 La terre s'ouvre & ne s'of
fre à la vûë
Qu'un antre noir
mé caverneux ,
en
fu
Ou d'un Bandon l'éclat
fuligineux
Semble éclairer par fes
lueurs funebres
L'affreux manoir du Prince
des Tenebres ;
A la clarté du flambeau
ftygial
Par cent degrés le Che-
> valier loyal
Defcend au creux de la
fpelunque obfcure ..
Et trouve enfin pour l'hif
1
GALANT. __258
toire conclure ,
Un huis fermé qui s'ouvre
fur l'inftant
Et lúi decouvre un Palais
éclatant ;
Palais , non pas ? mais gro
te emerveillable
Tel que l'oeil ne voit onc
de femblable ,
Et que jamais fage n'ob
tint pour don
Telle demeure , hormis
Apollidon.
Car c'eft Illec que la troupe
de Gnomes
Dòminateurs des terref
trés royaumes
252 MERCURE
A raffemblé
pour
prince honorer
leur
Tout ce qui peut fon féjour
decorer ,
Ambre Corail , yvoire ;
marguerites ,
Perles , faphirs , hyacintes ,
Chrifolites
Riches métaux , bronze
Corinthien ,,
Jaſpe , porphire , & marbre
Phrygien ,
Sans oublier mainte belle
efcarboucle
Et
diamans
proprement
mis en boucle
Tout à l'entour , de qui
GALANT.
253
l'éclat riant
Pâlir feroit le Soleil d'Orient.
Or entendes qu'en ce lieu
de lumiere
Où l'art encore ſurpaſſe
la matiere
Brille fur tant de rubis
eftoilé
Un fiége d'or finement
cizelé ,
Ou repofoit le tres noble
Prophete
Qui cette Grote a choifi
pour retraite
Et fut jadis fous le Roy
254 MERCURE
Pendragon
Des Enchanteurs clame le
Bien
Parangon ,
paroiffoit iceluy
grand prud- homme ,
Prince de ceux que fage on
renomme
Tant à le voir fembloit
homme de biens
Vieillard honneſte & de
noble maintien ,
Si qu'eux, voyans feulealment
fon viſager 20
Euffent pour chef accepté
cettuy fage ,
Qui tout a l'heure en fon
féant dreffé VA
GALANT . 255
Ayant trois fois eternué
touffé ,
Les yeux luifans comme
12 deux Girandoles
Au Damoifel addreffa fes
paroles.
Je fuis Merlin qu'en vulpingaire
fermon
0: 0
Vos
vieuxconteurs pre
chent né du
démon ,
Attribuant par
malice grof
-1997
fiere
L'extraction des enfans de
lumiere ,
A la vertu de cet efprit
In enam vilain
Qui de l'Enfer fut créé
ม
256 MERCURE
Châtelain ,
J'ay visité la haut vos Colonies
,
Suivant les us de nous autres
Genies ,
Er fut long -tems Prophete
en Albion
Dont je plorai l'inique
oppreflion ,
Quand Vortiger dans le
fein Britanique
Eut attiré le ferpent Germanique
,
O mon païs ! ô peuples redoutés.
Deffiés -vous de ferpens allaités
.
Aux
GALANT. 257
Aux bords Germains , fuïés
leur
parentage,
Car c'eft d'iceux qu'eft né
vôtre éclavage ;
Je difparus dans ce conflict
amer 霉
Et par mon art tranſporté
d'outre mer
Ces hauts rochers qui fervent
de barriere ,
A cette grotte où bornant
ma carriere ,
Demogorgon
nôtre Roy
fouverain
,
Me fit ſeigneur du peuple
foûterrain.
C'eſt cette gent , dont l'eſ,
Mars 1714. Y
238 MERCURE
prit tutelaire
Va parcourant vôtre mon--
de populaire : -
Où je l'envoye en invifibles
corps ,
Examiner les troubles &
difcors ,
Qui , par l'engin du pere
de l'impofture,
Vont affligéant l'humaine
créature.
Par eux à donc m'ont efté
raportés.
Tous vos débats , maux &
calamités :
Qui par revolte & rufes infernales
,
GALANT 252
Ont affolé vos Provinces
natales .
Si que la Paix onques n'y
peut meurir ,
Tant qu'y verrés iniquités
Aleurir ,
Car ne croyés pouvoir par
smot vartifices
Paix rétablir fans l'aide de
juſtice ,
Par qui d'abord détruire
100% vous convient ,
L'enchantement ou fraude
2 la détient ,
Fraude fans qui rebelle féabpillonie
o
N'ût engendré fuperbe ty-
Y ij
260 MERCURE
rannie :
Et faction mere de tous les
maux ,
Qui font fortis des palais
infernaux ;
Or puis qu'en toy n'eft encore
effacée
La fouvenance & memoire
paffée
Du Prince Artus lá merveille
des Rois .
Je veux du fort t'interpreter
les loix ,
Et t'expliquer les divins ca
racteres
qui font enclos au livre des
myfteres.
GALANT . 261
Ces mots finis le vieillard
s'arrefta
Puis fe fignant quelques
mots marmota ,
En feüillerant fon grand
antiphonaire
Ou par comment & glofe
interlinaire
Se touche au doigt & fe
montre éclairci
Tout l'avenir , lors , pour
fuivit ainsi ,
Ce brave Roy de qui l'ar
dente efpée
Au fang Germain tant de
fois fut trempée
262 MERCURE
De fes hauts faits le monde
récreant ,
Ufurpateurs eut mis tous à
néant
Si d'Atropos la colere felone
N'uft d'Albion renversé la
Colonne
Ah male- mort ! tes larroneffes
mains
Nous ont tollu le plus grand
des humains
Et rien n'y font ceux -là
dont le bon zele
Dans les hauts Cieux comme
Enoch le récele
Doit quelque jour à les oüir
GALANT . 263
narrer
H reviendra fon pays bien
heurer
;
Tous ces rebus d'antiques
propheties
Ne font qu'amas de vieilles
faceties ,
Dont le droit fens &
myftere caché
Eft fans emblême en ce li
vre epluché.
De ce bon Roy l'heroïque.
lignée
Au fond des bois reduite.
& confignée
Donna long- tems aux fi
264 MERCURE
deles Gallois
Chefs Souverains & magnanimes
Rois ,
Tant qu'une Soeur de ces
genereux
Princes
Dont le Germain
detenoit
les Provinces
Le Grand Walter en fes
Alancs enfánta
Qui leur vrai fang chez les
Pictes porta
,
Icy d'Artus fa tige eſt mipartie
Entre les Rois de l'antique
Scotie
Puis fe rejoint dans le fang
bien-aimé
Du
GALANT . 265:
Du bon Henry le fage furnommé
Qui s'uniffant à la royale
race
Dupreux Walter fçut enfuivre
la trace
Des Rois Bretons , dans la
double union
De l'Albanie au regne d'Albion
;
Or entend moy quoique
maint docte livre
ي ف
Conte qu'un jour Artus
doive revivre ,
Pour le deftin de voſtre Ifle
amenderA
CA
Si ne devés ce difcours re-
Z
Mars
1714.
266 MERCURE
garder
Que comme un type ou
fermon prothetique
Qui vous décrit l'evenement
implique
D'un jeune Roy de fon
fang defcendu
Qui par juftice à fon peuple
rendu ,
Doit extirper difcordes inteftines
Guerre ; debats , fcandales ,
& rapines ,
Si que pourrés par lui re-
9 voir encor
En Albion triompher l'âge
d'or
GALANT. 267
Et retourner profperité richeffe
Dilection , paix , amour &
lieffe .
Il de nos bords en naiſſant
diſparu
Terres & Meres dès l'enfance
à couru
Et s'eft appris par épreuve
importune
A fupporter l'une & l'autre
fortune
,
Afin qu'un jour par fon
exemple inftruit
De tout le mal qu'impieté
produit
Juftice & droit à tous il
Zij
168 MERCURE
fache rendre
Aider le foible & l'opprimé
deffendre ,
La noble Fée & le fage
Devin
Qui de ce Prince ont par
vouloir divin
J'ufqu'à ce jour regi la
deftinée
Ja des long- tems fa nail
fance ont ornée
L'une des dons qui le Corps
font chérir
L'autre de ceux qui font
l'ame fleurir
Tant qu'à le voir on ne
peut prefque dire
GALANT 269
Lequel en lui plus de tendreffe
infpire ,
Grace ou vertu ne qui
reüffit mieux
A l'admirer ou le coeur ou
les yeux
.
Déja le Dieu qui les combats
décide
De prés a vû comment ce
jeune Alcide
Sçait manier javelines &
dards
Ecus , haubergs , lances &
braquemars
Et méprifer dans le Champ
de Batailles
Z iij
270 MERCURE
Repos oififs , perils & funerailles
Dont aisément fe peut
imaginer
Comme en fon tems il
Laura gouverner
Ses ennemis , fi quelqu'un
s'en efcrime
Non pas les fiens ; car fon
coeur magnanime
Ne connoiftra pour fes
vrais ennemis
Que ceux du peuple en fa
garde remis
Auffi dans peu ce peu ple
refractaire
GALANT . 271
Reparera fa coulpe involontaire
Et pour bien toft faction
enterrer
Ce jeune Roy n'aura qu'à
ſe montrer ;
Car quel efprit tant foit - il
intraitable
Et fors iffu de manoir delectable
D'entendement , pourroit à
fon aſpect
N'eftre fajfi d'amour & de
respect ,
Eftil Lyon , Tigre ou Serpent
d'Affrique
Qui contemplant le regard
272 MERCURE
heroyque
Le noble éclat de fa douce
fierté
Qui fur ce front rempli de
Majefté
Marque fi bien ce qu'il eft ,
& doit eftre
Ne s'amollit , & reconnut
fon maiſtre
Partant croyés que contre
fes regards
Point ne tiendront les gen
tils Leopards
>
Tous feront bons tous
feront beaux & fages
GALANT . 173
Antiques
moeurs
il reffufci
tera
Gloire & vertu triompher
il fera ,
Que dirai je plus , il ferme
ra le Temple
Du vieux Janus , pour eſtre
à fon exemple
Des bons l'amour
& des
méchans
Feffroy
Finalement
ce legitime
Roy
Fera par tout fleurir paix
& juſtice
Juftice & paix , meres de
tout délice ,
Sans qui richeſſe , honneur
274 MERCURE
profperité
Fait plus de mal que
& pauvreté.
honte
Alors banquets & feltins
domeſtiques
Dances , chanfons , & pe
nices ruftiques ,
Tournois , Behours
tous autres ébats
>
&
Retournent
francs de
noifes & débats ,
Et durera cette joye eftablie
En Albion jufqu'au retour
d'Elic ;
O de tous biens principe &
fondement
GALANT. 275
O Lots en terre & non
point autrement ,
Repos , douceur , allegref
fe , innocence
Deduit , foulas , defir , &
joüiffance
Levés vos coeurs & tendés
vos efprits
Peuples heureux à ſes ordres
preſcrits
Par le vouloir de la Fée
immortelle
Qui vos deftins a pris en fa
tutelle
A tant fe tut le vieillard
nompareil
Lors s'inclina le Chevalier
276 MERCURE
vermeil ,
Qui méditant en extafe
profonde
Le grand Oracle , & myſ
tere où le fonde
Tout gentil coeur ami de
fon devoir
Fut transferé par magique
pouvoir
Dans le Palais de la haute
Pairie
Palais ou git tout l'art de
faërie
Comme celuy qui fait par
fa fplendeur
De toute l'lfle admirer la
grandeur ,.
GALANT . 277
Mais qui pourtant quoy
qu'il joigne & raffemble
De ce Climâ : tous les Sages
enſemble
Si ne reluit , & n'a d'éclat
en foy
Que par le Trofne & les
yeux de fon Roy,
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Résumé : LES ROCHES DE SALISBURY. ALLEGORIE.
Le texte décrit les Roches de Salisbury, une île antique et noble, aimée par Neptune et nommée Albion par l'un de ses fils. Cette île est célèbre pour ses merveilles, notamment des rochers transportés par Merlin depuis les marches d'Ibernie. Ces rochers forment une porte mystérieuse dans un champ vert et fleuri près de Salisbury, gardée par des esprits et des démons. Seule une personne vertueuse et autorisée peut franchir cette porte. Un chevalier nommé Palmerin se rend à ces rochers et chante les vertus du prince Arthur. Une voix l'invite à entrer, et il découvre une grotte éclairée par un flambeau funèbre menant à un palais éblouissant décoré de pierres précieuses et de métaux rares. Dans ce palais repose Merlin, le prophète. Merlin explique qu'il a été prophète en Albion et a transporté les rochers pour protéger l'île. Il révèle également que l'île est affligée par des troubles et des révoltes, et que seule la justice peut rétablir la paix. Merlin prophétise le retour d'un jeune roi de la lignée d'Arthur, qui apportera justice et paix en Albion. Ce roi, élevé par une fée et un devin, est destiné à gouverner avec sagesse et à triompher de ses ennemis. Son règne verra le retour de la prospérité, de la paix et de l'amour. Après cette révélation, Merlin se tait, et le chevalier est transporté dans le palais de la haute pairie, où il contemple l'art de la féerie.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1700
p. 96-102
LES DELICES de la vie champêtre. Ode anacreontique. Par Monsieur de B....
Début :
Le faste & le luxe pompeux [...]
Mots clefs :
Amour, Bergers, Délices, Amant, Vie champêtre
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texteReconnaissance textuelle : LES DELICES de la vie champêtre. Ode anacreontique. Par Monsieur de B....
LES DELICES
de la vie champêtre.
Ode anacreontique.
Par Monfieur le B....
LE fafte & le luxe pompeux
Ne brillent point dans les
afyles ;
Nous y vivons toûjours
heureux ,
Toûjours contens, toûjours
tranquiles.
De la fortune nos defirs
Nc
GALANT.
97
Ne briguent jamais les careffes
;
Nos bergers font nos plaifirs
,
Et nos troupeaux font nos
richeffes .
N'est- ce pas nous qui tous
les ans
,
Cheris de Flore & de Pomone
,
Goûtons les premiers des
prefens
Et du printemps & de l'automne
?
Exempts de tous les foins
Avril
1714
I
98
MERCURE
TARQUE
fâcheux ,
Sans ambition , fans envie ,
Parmi les ris , les chants ,
les jeux
Nous paffons une douce
vie.
Tantôt au bord d'un clair
ruiffeau ,
Tantôt à l'ombre d'une
treille ,
Où nous joüons du chalumeau
,
Où nous careffons la bouteille.
Conftans fous l'amoureuſe
loy ,
LYON
DE
ندینش
BIBLIOTHE
THÈQUE
GALANT.
Diſcrets , reconnoiffam ;
finceres ,
Rien ne nous fait trahir la
foy
Que nous jurons à nos ber
geres.
Rien tandis que nous fommeillons
,
Ne nous réveille en ces bocages
,
Que l'aurore par les rayons,
Ou les oifeaux par leurs ramages.
TELA VILLE
De mets fomptueux , delig
cats
I ij
100 MERCURE
Nos tables ne font point
couvertest:
Mais du tombeau par nos
repas
Les portes ne font point ou
vertes,
On boit , on aime en liberté
Dans ces agreables
retraites
;
Môtre vin n'eſt pas frelaté ,
Nos belles ne font point
coquettes
. ano
Jamais d'un trait envenimé
Le Dieu de l'amour ne nous
frape ;
GALANT. 10г
Ici jamais amant aimé
N'a befoin de l'art d'Efcu
lape.
Parmi nous l'amant & l'é
poux
Brûlent des ardeurs les plus
belles
;
L'amour n'y voit point de
jaloux ,
L'hymen n'y fait pas d'infi
delles.
Nos bergers ne font point
de choix
Que l'inconftance defayouë
,
I iij
102 MERCURE
Et les delices de nos bois
Valent bien celles de Capouë
.
de la vie champêtre.
Ode anacreontique.
Par Monfieur le B....
LE fafte & le luxe pompeux
Ne brillent point dans les
afyles ;
Nous y vivons toûjours
heureux ,
Toûjours contens, toûjours
tranquiles.
De la fortune nos defirs
Nc
GALANT.
97
Ne briguent jamais les careffes
;
Nos bergers font nos plaifirs
,
Et nos troupeaux font nos
richeffes .
N'est- ce pas nous qui tous
les ans
,
Cheris de Flore & de Pomone
,
Goûtons les premiers des
prefens
Et du printemps & de l'automne
?
Exempts de tous les foins
Avril
1714
I
98
MERCURE
TARQUE
fâcheux ,
Sans ambition , fans envie ,
Parmi les ris , les chants ,
les jeux
Nous paffons une douce
vie.
Tantôt au bord d'un clair
ruiffeau ,
Tantôt à l'ombre d'une
treille ,
Où nous joüons du chalumeau
,
Où nous careffons la bouteille.
Conftans fous l'amoureuſe
loy ,
LYON
DE
ندینش
BIBLIOTHE
THÈQUE
GALANT.
Diſcrets , reconnoiffam ;
finceres ,
Rien ne nous fait trahir la
foy
Que nous jurons à nos ber
geres.
Rien tandis que nous fommeillons
,
Ne nous réveille en ces bocages
,
Que l'aurore par les rayons,
Ou les oifeaux par leurs ramages.
TELA VILLE
De mets fomptueux , delig
cats
I ij
100 MERCURE
Nos tables ne font point
couvertest:
Mais du tombeau par nos
repas
Les portes ne font point ou
vertes,
On boit , on aime en liberté
Dans ces agreables
retraites
;
Môtre vin n'eſt pas frelaté ,
Nos belles ne font point
coquettes
. ano
Jamais d'un trait envenimé
Le Dieu de l'amour ne nous
frape ;
GALANT. 10г
Ici jamais amant aimé
N'a befoin de l'art d'Efcu
lape.
Parmi nous l'amant & l'é
poux
Brûlent des ardeurs les plus
belles
;
L'amour n'y voit point de
jaloux ,
L'hymen n'y fait pas d'infi
delles.
Nos bergers ne font point
de choix
Que l'inconftance defayouë
,
I iij
102 MERCURE
Et les delices de nos bois
Valent bien celles de Capouë
.
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Résumé : LES DELICES de la vie champêtre. Ode anacreontique. Par Monsieur de B....
Le texte 'Les Délices de la vie champêtre' est une ode qui exalte la vie simple et heureuse à la campagne. Les habitants des campagnes vivent heureux, contents et tranquilles, sans ambition ni envie. Ils trouvent leurs plaisirs dans leurs bergers et leurs troupeaux, et profitent des fruits des saisons. Exempts de soucis, ils passent leur temps entre rires, chants et jeux, souvent au bord d'un ruisseau ou à l'ombre d'une treille. Ils sont fidèles à leurs bergères et rien ne les réveille dans les bocages, sauf l'aurore ou les oiseaux. Leur table n'est pas chargée de mets somptueux, mais ils mangent et boivent en liberté. L'amour y est sincère et sans jalousie, et les bergers ne changent pas facilement d'affection. Les délices de leurs bois valent bien celles de Capoue.
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