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Détail
Liste
1401
p. 97-102
Copie d'une lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin 1714.
Début :
Quoique mes instances ayent été inutiles, lorsque [...]
Mots clefs :
Barcelone, Camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Copie d'une lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin 1714.
<Copie d'unei lettre écrite au
camp-devant Barcelonne
le 14.Juin 1714.
Quoique mes instances
ayent été inutiles, lorsque
je fus à Madrid pour rassembler
toutes les trou pes,
les places de guerre, pour
se mettre en état de terminer
l'affaire de Barcelonne; ilparoît aujourd'hui que le
resultat d'un grand conseil
,
de guerre est qu'il faut assembler
,
sans perdre de
temps, toutes les troupes
qu'on pourra,quoique tard,
par les raisonsqu'entraîne
avec elle la longueur de
pareilles affaires, & ouvrir
latranchée. Ce Courierpart
pour porter au Roy nos
sentimens par écrit, & pour
supplierSaMajesté d'envoyer
ses ordres à Meilîeuçs
de Thoy & Valdecanas
,
pour qu'ils nous envoyenc
leurs troupes, après avoir
muni les places. Gonzales
a encore battu un corps de
rebeles proche S. Martin;
cent - cinquante hommes
ont été tuez, quarante prisonniers,&
en les poursuivant
nos gens se sont rendus
maîtres du château de
saint Martin;le Gouverneur
avec les principaux ont été
pendus à la porte,
Le bombardement continuë
assez favorablement;
plus de cinqà six mil maifons
sont déja abattuës:
mais je croy qu'il ne se terminera
pas sans que nous
ayons cinq cens hommes de
suez ou bleffiZ) compris l'af
faire des Capucins. Il paroît
que nous sommes assez
de sentiment,pour que l'atraque
se fasse depuisla
porte neuve jusquau bas-
{Íon du Levant. Si elle s'execute
ainG, tous les travaux
faits pour le bombardement
deviennent inutiles,
&l'on conserveraseulement
les Capucins. if,
Ces jours passez M. de
Verbonne a été blessépar
le feu d'une de nos bombes
: mais ce ne fera rien.
Le même jour, M. de
Grandpré, commandant
l'artillerie, après avoirreridu
compte de cet accident
à M. de.Popoli
, reçut lui
& son valet, en passant vis
à vis la tante d'un vivandier
,
quelques grains de
plomb dune arme qui le
lâcha aussi par malheur..
M. de Ribadeo a aussi été
blene d'une pierre à la tranchée,
mais legerement. Le
Comte de Vignolle,Brigadier
, est en danger de
mort de sa blessure, & depuis
ilest mort. Il êtoitCapitaine
aux GardesEspagnoles.
camp-devant Barcelonne
le 14.Juin 1714.
Quoique mes instances
ayent été inutiles, lorsque
je fus à Madrid pour rassembler
toutes les trou pes,
les places de guerre, pour
se mettre en état de terminer
l'affaire de Barcelonne; ilparoît aujourd'hui que le
resultat d'un grand conseil
,
de guerre est qu'il faut assembler
,
sans perdre de
temps, toutes les troupes
qu'on pourra,quoique tard,
par les raisonsqu'entraîne
avec elle la longueur de
pareilles affaires, & ouvrir
latranchée. Ce Courierpart
pour porter au Roy nos
sentimens par écrit, & pour
supplierSaMajesté d'envoyer
ses ordres à Meilîeuçs
de Thoy & Valdecanas
,
pour qu'ils nous envoyenc
leurs troupes, après avoir
muni les places. Gonzales
a encore battu un corps de
rebeles proche S. Martin;
cent - cinquante hommes
ont été tuez, quarante prisonniers,&
en les poursuivant
nos gens se sont rendus
maîtres du château de
saint Martin;le Gouverneur
avec les principaux ont été
pendus à la porte,
Le bombardement continuë
assez favorablement;
plus de cinqà six mil maifons
sont déja abattuës:
mais je croy qu'il ne se terminera
pas sans que nous
ayons cinq cens hommes de
suez ou bleffiZ) compris l'af
faire des Capucins. Il paroît
que nous sommes assez
de sentiment,pour que l'atraque
se fasse depuisla
porte neuve jusquau bas-
{Íon du Levant. Si elle s'execute
ainG, tous les travaux
faits pour le bombardement
deviennent inutiles,
&l'on conserveraseulement
les Capucins. if,
Ces jours passez M. de
Verbonne a été blessépar
le feu d'une de nos bombes
: mais ce ne fera rien.
Le même jour, M. de
Grandpré, commandant
l'artillerie, après avoirreridu
compte de cet accident
à M. de.Popoli
, reçut lui
& son valet, en passant vis
à vis la tante d'un vivandier
,
quelques grains de
plomb dune arme qui le
lâcha aussi par malheur..
M. de Ribadeo a aussi été
blene d'une pierre à la tranchée,
mais legerement. Le
Comte de Vignolle,Brigadier
, est en danger de
mort de sa blessure, & depuis
ilest mort. Il êtoitCapitaine
aux GardesEspagnoles.
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Résumé : Copie d'une lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin 1714.
Le 14 juin 1714, une lettre du camp devant Barcelone rapporte l'échec des efforts à Madrid pour rassembler les troupes et les ressources nécessaires pour prendre la ville. Un conseil de guerre a ordonné de réunir rapidement toutes les troupes disponibles pour ouvrir une tranchée. Une demande de renforts supplémentaires de Meilîeuçs de Thoy et Valdecanas a été envoyée au roi après la fortification des places. Gonzales a vaincu des rebelles près de Saint-Martin, capturant le château et exécutant le gouverneur et ses officiers. Le bombardement de Barcelone détruit plus de cinq à six mille maisons, mais nécessite cinq cents hommes supplémentaires de Suez ou Bledfiz pour être achevé. Une attaque depuis la porte neuve jusqu'au bastion du Levant est envisagée, rendant les travaux de bombardement inutiles sauf pour les Capucins. Plusieurs officiers, dont M. de Verbonne, M. de Grandpré, et le Comte de Vignolle, ont été blessés. Le Comte de Vignolle est décédé des suites de ses blessures.
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1402
p. 102-108
Copie d'une autre lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin.
Début :
Je vous ai écrit, mon cher Monsieur, un peu à [...]
Mots clefs :
Barcelone, Camp, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Copie d'une autre lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin.
Copie d'une autre lettre écrits
au camp devant Barcelonne
le J4. Juin.
Je vous ai écrit, mosi
cher Monsieur, un peu à
la hâte le lendemain de la
prise des Capucins. M. de
Popoli m'avoir dit qu'il al.
loit faire partir son courier:
mais comme le paysest plus
révolté que jamais, je ne
sçai comment ils feront
pour le faire passer. Les ennemis
se [one emparez de
Villanueva, où nous avions
garnison, laquelle a été
obligée de l'abandonner ;
&nous avons plusieurs pof,
tesaveclefqueJsils nous
ont coupé les communications
sans beaucoup de
peine. Les volontaires ont
enlevé dans le fauxbourg
- de. Mataro trois compagnies
de cavalerie. Nous
avons vu1\ entrer ce matin
ddeeuuxxaâsssseezzggrroossbbââttiimnleennss
dans Barcelonne. Le feu
vient de prendre à une tretitaine
de bombes qu'on
chargeoic à la queuë de la
Tranchée
;
elles ont fauté
avec quelques barils de
poudre. On dit que c'est le
bombardier qui y a mis le
feu en enfonçant la fusee.
Je ne sçai point encore le
dérail de la perteque nous
aura causée cet accident; je
sçai feulement que huit de
nos soldars François, qui
servoient les bombardiers,
ont été tuez, & deux petits
corps de gardes Espagnols
qui écoient dans le voifinage,
ont été fort endommagez.
Voila bien du vilain
que je vous dis tout de suite
,
il faut vous dire le beau.
On fait monter tous les
jours un Maréchal de Camp
à la tranchée, avec six compagnies
de grenadiers &
six cens hommes d'infanterie.
Nous avons fait une
belle parallele à 120. toises
en avant des Capucins, qui
n'est pas à 400. toises de la
place. Meilleurs les- Artilleurs
de marine ont fait
derricre nôtre paralelleune
magnifique batterie à bombes
pour vingt mortiers, à
la gauche & à la droite de
laquelle nous avons deux
bonnes redoutes.. M. de
Grandpré n'a pas voulu
d'autres travailleurs que des
nos François pour faire sa
batterie. Je viens de la visiser
dans le moment ;
les
plattes- formes sont faites,
& l'on ameneactuellement
les mortiers : on fera en
état de tirer demain. La
ville ne peur éviter d'être
mise en poudre; ils le [ça.
vent, & n'en sont pas plus
dociles.
M. Orry me donna il y
a trois jours un gros paquet
pour le faire passer dans
Barcelonne, me disant:
Vous sçavez bien qu'ils ne
veulent rien entendre de
la part de M de Popoli. Je
vous prie de dire à M. de
Guerchy de ma part, que
ce ne sont que des lettres
,
de plusieurs particuliers ôc
gens de consideration qui
sont fortis de Barcelonne,
qui écrivenr à leurs amis;
pour leur faire ouvrir les
yeux sur leur situation, &
leur conseillent de prendre
le bon parti. Nous fîmes
passer le paquet par un de
- nos tambours. Le Jurât prit
le paquet, & le tambour
rapporta réponse à M. de
Guerchy, l'affuranr toujours
que rien ne les obligeroit
à se rendre qu'un
ordre de l'Empereur.
Je vous envoye un érat
present des troupes, en attendant
que l'arrivéede M.
le Duc de Bervick change
la disposition de nôtre armee.
au camp devant Barcelonne
le J4. Juin.
Je vous ai écrit, mosi
cher Monsieur, un peu à
la hâte le lendemain de la
prise des Capucins. M. de
Popoli m'avoir dit qu'il al.
loit faire partir son courier:
mais comme le paysest plus
révolté que jamais, je ne
sçai comment ils feront
pour le faire passer. Les ennemis
se [one emparez de
Villanueva, où nous avions
garnison, laquelle a été
obligée de l'abandonner ;
&nous avons plusieurs pof,
tesaveclefqueJsils nous
ont coupé les communications
sans beaucoup de
peine. Les volontaires ont
enlevé dans le fauxbourg
- de. Mataro trois compagnies
de cavalerie. Nous
avons vu1\ entrer ce matin
ddeeuuxxaâsssseezzggrroossbbââttiimnleennss
dans Barcelonne. Le feu
vient de prendre à une tretitaine
de bombes qu'on
chargeoic à la queuë de la
Tranchée
;
elles ont fauté
avec quelques barils de
poudre. On dit que c'est le
bombardier qui y a mis le
feu en enfonçant la fusee.
Je ne sçai point encore le
dérail de la perteque nous
aura causée cet accident; je
sçai feulement que huit de
nos soldars François, qui
servoient les bombardiers,
ont été tuez, & deux petits
corps de gardes Espagnols
qui écoient dans le voifinage,
ont été fort endommagez.
Voila bien du vilain
que je vous dis tout de suite
,
il faut vous dire le beau.
On fait monter tous les
jours un Maréchal de Camp
à la tranchée, avec six compagnies
de grenadiers &
six cens hommes d'infanterie.
Nous avons fait une
belle parallele à 120. toises
en avant des Capucins, qui
n'est pas à 400. toises de la
place. Meilleurs les- Artilleurs
de marine ont fait
derricre nôtre paralelleune
magnifique batterie à bombes
pour vingt mortiers, à
la gauche & à la droite de
laquelle nous avons deux
bonnes redoutes.. M. de
Grandpré n'a pas voulu
d'autres travailleurs que des
nos François pour faire sa
batterie. Je viens de la visiser
dans le moment ;
les
plattes- formes sont faites,
& l'on ameneactuellement
les mortiers : on fera en
état de tirer demain. La
ville ne peur éviter d'être
mise en poudre; ils le [ça.
vent, & n'en sont pas plus
dociles.
M. Orry me donna il y
a trois jours un gros paquet
pour le faire passer dans
Barcelonne, me disant:
Vous sçavez bien qu'ils ne
veulent rien entendre de
la part de M de Popoli. Je
vous prie de dire à M. de
Guerchy de ma part, que
ce ne sont que des lettres
,
de plusieurs particuliers ôc
gens de consideration qui
sont fortis de Barcelonne,
qui écrivenr à leurs amis;
pour leur faire ouvrir les
yeux sur leur situation, &
leur conseillent de prendre
le bon parti. Nous fîmes
passer le paquet par un de
- nos tambours. Le Jurât prit
le paquet, & le tambour
rapporta réponse à M. de
Guerchy, l'affuranr toujours
que rien ne les obligeroit
à se rendre qu'un
ordre de l'Empereur.
Je vous envoye un érat
present des troupes, en attendant
que l'arrivéede M.
le Duc de Bervick change
la disposition de nôtre armee.
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Résumé : Copie d'une autre lettre écrite au camp devant Barcelonne le 14. Juin.
La lettre du 4 juin détaille la situation militaire devant Barcelone. Des troubles et des problèmes de communication sont signalés, aggravés par la prise de Villanueva par les ennemis. Les volontaires ont capturé trois compagnies de cavalerie à Mataro. Un incendie, provoqué par l'explosion de bombes et de barils de poudre, a causé la mort de huit soldats français et blessé des gardes espagnols. Les forces françaises renforcent leurs positions en construisant une parallèle et une batterie de mortiers près des Capucins, sous la supervision de M. de Grandpré, qui refuse toute aide extérieure. Un paquet de lettres destiné à influencer les habitants de Barcelone a été transmis par un tambour, mais les autorités locales refusent de se rendre sans ordre impérial. L'auteur envoie également un état des troupes en attendant l'arrivée du Duc de Bervick pour réorganiser l'armée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1403
p. 109-115
Estat present des troupes de l'armée de Catalogne.
Début :
L'infanterie du Roy, compris les detachemens de Bracamonte & [...]
Mots clefs :
Détachements, Infanterie, Cavalerie, Camp, Poudres, Dragons
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Estat present des troupes de l'armée de Catalogne.
Estat prejent des troupes de
l'armée de Catalogne.
L'infanterie du Roy
compris les detachemens
de Bracamonte ôc Gonzales,
& les autres deux petits,
un du côté de Calaf, ôc
l'autre de Bubernes
, compris
les malades & les blessez,
est de 10010.
Cinq compagnies de
Gardes Valones, 400.
L'infanterie de France,
compris le detachement
de Bracamonte
,
lespoftci
de S. Hierôme, de Mongat
& autres ,
est de 6000.
M. le Marquis de Valdecanas,
comprises les garnisons
de Tortose& Tarragone,
avoit au mois de Janvier
environ 5000.
M. le Marquisde Thoy,
comprises les garnirons de
Lerida., Balaguer, Ager,
Berga, Castel-Ciudad ôc
Cervera, avoit au mois d'Avril
environ 1000.
A Martoreil un bataillon
d'environ 100.
A Mataro deux bataillons,
qui sontd'environ600.
A Ostalrich un bataillon
, & un detachement de
deux bataillons de Mataro,
., 550.
A Vich, avec M. de Bracamonte,
outre les detachemens
de l'armée, deux
bataillons, qui font environ
700.
Total de l'infanterie, 24360.
i Cavalerie. »*1erie.
La cavalerie montée qui
1cil prelentement dans ce
camp , compris les deta,.
chemens de Bracamonte &
Gonzales, est de3141.
Celle qui est aux ordres
de M. de Valdecanas est
d'environ • 1100.
-' Celle qui est avec M. le
Marquis de Thoy est environ
de 700.
1 A Martoreil quatre efcadrons,
qui seront environ
de.350.
A Mataro deux escadrons,
quifont environ 160.
A Vich, outre les derachemens
de l'armée, cavalerie
demontée presente
aucamp,cy 207.
Le
Le regiment de Luquely
démonté fait cent hom-
[nés)CY .., 100%
Total de la cavalerie^5859.
Dragons.
Dragons montez au
camp, compris les detachemens
de Bracamontc-
& Gonzales
,
& les,esca-T
drons qui sont dehors, t66jï
Dragons remontez aacamp
font
tous 898.
M le Marquis de Valde-:
canas doit avoir àpied de
a cheval environ ,300.
1-< Total des dragonsy 3865.,
Les poftcs qu'il faut gar-'
der au camp font le sorts
du Llobregat, avec un magafin
de poudres.
Lamaison deNavarro,
Nacre Dame del Puerto, la.
Bergerie,& fcs retranche-,
mens,, fonc les magasins de,
poudres du parcde ladroite;
Les villages de Sartia ôc
Pedralras
3
ou font les de-.
pôrs des vivres., & un grand
magafin/de. poudres les
deux Hôpitaux de l'Hospitalet
& de Garcia; le parc
de l'artillerie de la gauche,
le fort du Befos, outre les
gardes de la ligne de contrevallation,
celles des Ge.
néraux, celles des drapeaux
& des piquets, sans compter
les travailleurs & les
detachemens qu'on fait
journellement pour lescon-
VOIS.
l'armée de Catalogne.
L'infanterie du Roy
compris les detachemens
de Bracamonte ôc Gonzales,
& les autres deux petits,
un du côté de Calaf, ôc
l'autre de Bubernes
, compris
les malades & les blessez,
est de 10010.
Cinq compagnies de
Gardes Valones, 400.
L'infanterie de France,
compris le detachement
de Bracamonte
,
lespoftci
de S. Hierôme, de Mongat
& autres ,
est de 6000.
M. le Marquis de Valdecanas,
comprises les garnisons
de Tortose& Tarragone,
avoit au mois de Janvier
environ 5000.
M. le Marquisde Thoy,
comprises les garnirons de
Lerida., Balaguer, Ager,
Berga, Castel-Ciudad ôc
Cervera, avoit au mois d'Avril
environ 1000.
A Martoreil un bataillon
d'environ 100.
A Mataro deux bataillons,
qui sontd'environ600.
A Ostalrich un bataillon
, & un detachement de
deux bataillons de Mataro,
., 550.
A Vich, avec M. de Bracamonte,
outre les detachemens
de l'armée, deux
bataillons, qui font environ
700.
Total de l'infanterie, 24360.
i Cavalerie. »*1erie.
La cavalerie montée qui
1cil prelentement dans ce
camp , compris les deta,.
chemens de Bracamonte &
Gonzales, est de3141.
Celle qui est aux ordres
de M. de Valdecanas est
d'environ • 1100.
-' Celle qui est avec M. le
Marquis de Thoy est environ
de 700.
1 A Martoreil quatre efcadrons,
qui seront environ
de.350.
A Mataro deux escadrons,
quifont environ 160.
A Vich, outre les derachemens
de l'armée, cavalerie
demontée presente
aucamp,cy 207.
Le
Le regiment de Luquely
démonté fait cent hom-
[nés)CY .., 100%
Total de la cavalerie^5859.
Dragons.
Dragons montez au
camp, compris les detachemens
de Bracamontc-
& Gonzales
,
& les,esca-T
drons qui sont dehors, t66jï
Dragons remontez aacamp
font
tous 898.
M le Marquis de Valde-:
canas doit avoir àpied de
a cheval environ ,300.
1-< Total des dragonsy 3865.,
Les poftcs qu'il faut gar-'
der au camp font le sorts
du Llobregat, avec un magafin
de poudres.
Lamaison deNavarro,
Nacre Dame del Puerto, la.
Bergerie,& fcs retranche-,
mens,, fonc les magasins de,
poudres du parcde ladroite;
Les villages de Sartia ôc
Pedralras
3
ou font les de-.
pôrs des vivres., & un grand
magafin/de. poudres les
deux Hôpitaux de l'Hospitalet
& de Garcia; le parc
de l'artillerie de la gauche,
le fort du Befos, outre les
gardes de la ligne de contrevallation,
celles des Ge.
néraux, celles des drapeaux
& des piquets, sans compter
les travailleurs & les
detachemens qu'on fait
journellement pour lescon-
VOIS.
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Résumé : Estat present des troupes de l'armée de Catalogne.
Le document décrit la composition des troupes de l'armée de Catalogne, détaillant les effectifs de l'infanterie, de la cavalerie et des dragons. L'infanterie compte 24 360 hommes, incluant les Gardes Valones, l'infanterie française, ainsi que les troupes sous les commandements du Marquis de Valdecanas et du Marquis de Thoy. La cavalerie montée totalise 5 859 hommes, répartis dans diverses localités telles que Martoreil, Mataro et Vich. Les dragons, quant à eux, comptent 3 865 hommes, répartis en unités montées et démontées. Le texte mentionne également les postes à garder au camp, les magasins de poudre, les hôpitaux, et les gardes nécessaires pour assurer la sécurité et les opérations quotidiennes.
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1404
p. 206-216
Suplément aux nouvelles, [titre d'après la table]
Début :
On a eu avis de Cadix du 18. Juin que les jours precedens [...]
Mots clefs :
Maréchal, Ministres, Nouvelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suplément aux nouvelles, [titre d'après la table]
On aeuavisde Cadix du
18. Juin que les jours precedcns
il en estoit encore parti
vingt-deuxvaisseaux deguerre
bien équipez & chargezde
canon, de mortiers, boulets
& d'autresprovisionsde guerre,
& qu'un Vaisseau Portugais
en ayant rencontre un
Algerien, qui emmenoit un
BastimentAnglois
,
l'avait
attaqué & fait couler à fond:
On a receu de Lisbonne la
-'ê
confirmation des grandes réjoüissances
faites pour la naissance
d'un second Prince dont
la. Reine de Portugal est accouchée
le 6. &qui fera nomme
Louis au nom du Roy de
France & de la Reine d'Angleterre.
On ajouteaux Nouvelles
du Camp devant Barcelonne
du 11. Juin qui font dans la
Gazette derniere, que fuivanc
le rapport des Deserteurs fortis
de la Place depuis le 20.
il n'yavoit pas trois mille
hommes de Troupes reglées,
qui ne cherchoient que l'occasson
de deserter aussi. Depuisla
nouvelle de l'approche
du Maréchal de Berwick
,
les Barcelonnois
commençoientà paroistre
plus traitables qu'auparavant,
Lorsque le ficur de Caux fut
envoyé dans la Place pour
l'échange des Prisonniers,on
luy fit toutes sortes de bons
traitemens, & on le regala
magnifiquement en poisson,
& ensuite par des danses de
Dames &de jeunes filles;rien
n'est égal au fanatisme de ces
gens-cy qui comptent sur la
parole
parotedequelquesM~in~
qu'un Ange exterminateur va
les vanger des maux qu'on
leur fait, & de laruine donc
onles menace. Onajouteaussi aux nonvelles
de Perpignan du 17.
que le sieurde la Neuville, Intendant
du Roussillon,ayant
sçu-que-leMaréchal de Bervickvenoit
en poste sans équipagesavec
six chevaux sule-
'f :ment:.. luy enavoit fait pteparrer
vingtscinq de Selle avec
quatre-vingt- dix mulets pour
porter. les équipages qu'il
fournitàce Maréchal
,
& qui
'conMent en quatre-vingt
douzainesde serviettes &de
nappes, trente couvertsdargent,
les batteries de cuisine
nece[aires..,&huitcaiOès rctD
pliesde meilleursvins deFrance,
d'Italie & dEspagne, ~ck
jambons & d'autres provi- sions.•<
On écrit de Bade du L.A
ce mois que les Conferences
continuoient assidument entre
les Ministres deFrance &
del'Empereurle matin fcu.
lement depuis neuf heures
jusqu'à onze tous les jours,
excepté le Mercredy qui est
GcGiné. pour les depêches,
ainsi que le Dimanche. Le
secret n'y est pas moins grand
, qu'à Rastat; Cependant on
içatt que les premières COlt.
ferences ont roulé sur le rétablissement
des deux Electeurs,
dont les Ministresn'avoient
point encore paru à l'Hôtel de
Ville pour délivrer leur plcin
pouvoir, mais ils avoient de
fréquentés & secrettes confè*
- rences avec les Ministres de
1 France, ainsi que. le Marquis
Barette, Ambassadeur d'Espagne
en Suisse qui s'éroit rcrh
duà Badeincognito. On se
flatte que tout sera réglé avant
lafinde ce mois, auquel tems
le Prince Eugène & le Maré*
chal de Villars s'y rendront
pour assister aux conferences
générales, qui ne se tiendront
qu'après que les principaux
articles auront esté reglez &
pour signet le Traité avec les
autres Ministres. Ceux du
Roy & de l'Empereur se régalent
mutuellement, & font
grosse figure malgré la cherté
des vivres, particulièrement
Mr le Comte de Luques, qui
tient tous les jours deux tables
ouvertes également servies de
cinquante à soixante couverts
la sienne estant de quinzeà
dix-huit.
On a eu avis de Lyon que
le Maréchal de Villeroyaprès
avoir ôtéaux Bourgeois la garde
de laVille&,l'avoir donnée
aux Troupes qu'on y avoit
fair marcher d'un Camp qui
est sur la Saonne vers Dole, &
dont il a renvoyé la plus grande
partie depuis que la Ville
:
est tranquille, avoit fait publicr
fous derigoureuses peines
une Ordonnance du Roy
à tous les Bouchers de tuer
des Bestaux & vendre la viande
en détail,en payant les Droits
& les oaraim comme cy devant,
à quoi ils se font fournis,
On avoit d'abord arrestéquelqu'un
des plus coupables de
hi sédition, pour en faire un
chastiment exemplaire; mais
on les a relaschez aprés les a-
Vôir reprimandez. -ie,
Le 18. de ce mois, Mr le
leDuc d' Antin recalarnagni-
'Rqucmcnc Mr l'Electeur de
Bavière, quiestrevenudepuis
quelques joursde Compiegne,
eu il a tué avec une intrépidite
étonnante, un Loup Cf)-
:'ragé,
",
qm- -<kpuis qucJque
temps faisoit de grands ravages
dans tout le Pays.
Le iq; le Tonnere tomba
-
sur la Sacristie des Jacobins
dela,rueS. Dominique, entre
trois,Religieux, sans en
blesser aucun, ni causer aucundesordre.
LaLmeried'Hollande sera
tirée sans aucun délay le premier
Octobre prochaineainsi
ceux quivoudront y prendre
interest, ont encore le temps
d'y mettre.
Les Obseques de Monreigneur
le Duc Berry, furent
faites à S. Denis, le 16. de ce
mois.
Orr filè dira Péùé.;,Cftrc, que
tant de Nouvelles sans suites
Tcflèrriblent à des Pieces de
rapport,dont je devrois orner
d'une autre maniére l'assemblagequ'elles
fontdans
mon Livre;cela peut-estre;
mais doresna,va1nt .o,n.Jn,'a'ura rien à,mè reprocher 1dcffus
& jettes mettray, toutes en
forme d'Histoiredutemps,
dont je feray un Chapitre à
lafindu Mercure;
18. Juin que les jours precedcns
il en estoit encore parti
vingt-deuxvaisseaux deguerre
bien équipez & chargezde
canon, de mortiers, boulets
& d'autresprovisionsde guerre,
& qu'un Vaisseau Portugais
en ayant rencontre un
Algerien, qui emmenoit un
BastimentAnglois
,
l'avait
attaqué & fait couler à fond:
On a receu de Lisbonne la
-'ê
confirmation des grandes réjoüissances
faites pour la naissance
d'un second Prince dont
la. Reine de Portugal est accouchée
le 6. &qui fera nomme
Louis au nom du Roy de
France & de la Reine d'Angleterre.
On ajouteaux Nouvelles
du Camp devant Barcelonne
du 11. Juin qui font dans la
Gazette derniere, que fuivanc
le rapport des Deserteurs fortis
de la Place depuis le 20.
il n'yavoit pas trois mille
hommes de Troupes reglées,
qui ne cherchoient que l'occasson
de deserter aussi. Depuisla
nouvelle de l'approche
du Maréchal de Berwick
,
les Barcelonnois
commençoientà paroistre
plus traitables qu'auparavant,
Lorsque le ficur de Caux fut
envoyé dans la Place pour
l'échange des Prisonniers,on
luy fit toutes sortes de bons
traitemens, & on le regala
magnifiquement en poisson,
& ensuite par des danses de
Dames &de jeunes filles;rien
n'est égal au fanatisme de ces
gens-cy qui comptent sur la
parole
parotedequelquesM~in~
qu'un Ange exterminateur va
les vanger des maux qu'on
leur fait, & de laruine donc
onles menace. Onajouteaussi aux nonvelles
de Perpignan du 17.
que le sieurde la Neuville, Intendant
du Roussillon,ayant
sçu-que-leMaréchal de Bervickvenoit
en poste sans équipagesavec
six chevaux sule-
'f :ment:.. luy enavoit fait pteparrer
vingtscinq de Selle avec
quatre-vingt- dix mulets pour
porter. les équipages qu'il
fournitàce Maréchal
,
& qui
'conMent en quatre-vingt
douzainesde serviettes &de
nappes, trente couvertsdargent,
les batteries de cuisine
nece[aires..,&huitcaiOès rctD
pliesde meilleursvins deFrance,
d'Italie & dEspagne, ~ck
jambons & d'autres provi- sions.•<
On écrit de Bade du L.A
ce mois que les Conferences
continuoient assidument entre
les Ministres deFrance &
del'Empereurle matin fcu.
lement depuis neuf heures
jusqu'à onze tous les jours,
excepté le Mercredy qui est
GcGiné. pour les depêches,
ainsi que le Dimanche. Le
secret n'y est pas moins grand
, qu'à Rastat; Cependant on
içatt que les premières COlt.
ferences ont roulé sur le rétablissement
des deux Electeurs,
dont les Ministresn'avoient
point encore paru à l'Hôtel de
Ville pour délivrer leur plcin
pouvoir, mais ils avoient de
fréquentés & secrettes confè*
- rences avec les Ministres de
1 France, ainsi que. le Marquis
Barette, Ambassadeur d'Espagne
en Suisse qui s'éroit rcrh
duà Badeincognito. On se
flatte que tout sera réglé avant
lafinde ce mois, auquel tems
le Prince Eugène & le Maré*
chal de Villars s'y rendront
pour assister aux conferences
générales, qui ne se tiendront
qu'après que les principaux
articles auront esté reglez &
pour signet le Traité avec les
autres Ministres. Ceux du
Roy & de l'Empereur se régalent
mutuellement, & font
grosse figure malgré la cherté
des vivres, particulièrement
Mr le Comte de Luques, qui
tient tous les jours deux tables
ouvertes également servies de
cinquante à soixante couverts
la sienne estant de quinzeà
dix-huit.
On a eu avis de Lyon que
le Maréchal de Villeroyaprès
avoir ôtéaux Bourgeois la garde
de laVille&,l'avoir donnée
aux Troupes qu'on y avoit
fair marcher d'un Camp qui
est sur la Saonne vers Dole, &
dont il a renvoyé la plus grande
partie depuis que la Ville
:
est tranquille, avoit fait publicr
fous derigoureuses peines
une Ordonnance du Roy
à tous les Bouchers de tuer
des Bestaux & vendre la viande
en détail,en payant les Droits
& les oaraim comme cy devant,
à quoi ils se font fournis,
On avoit d'abord arrestéquelqu'un
des plus coupables de
hi sédition, pour en faire un
chastiment exemplaire; mais
on les a relaschez aprés les a-
Vôir reprimandez. -ie,
Le 18. de ce mois, Mr le
leDuc d' Antin recalarnagni-
'Rqucmcnc Mr l'Electeur de
Bavière, quiestrevenudepuis
quelques joursde Compiegne,
eu il a tué avec une intrépidite
étonnante, un Loup Cf)-
:'ragé,
",
qm- -<kpuis qucJque
temps faisoit de grands ravages
dans tout le Pays.
Le iq; le Tonnere tomba
-
sur la Sacristie des Jacobins
dela,rueS. Dominique, entre
trois,Religieux, sans en
blesser aucun, ni causer aucundesordre.
LaLmeried'Hollande sera
tirée sans aucun délay le premier
Octobre prochaineainsi
ceux quivoudront y prendre
interest, ont encore le temps
d'y mettre.
Les Obseques de Monreigneur
le Duc Berry, furent
faites à S. Denis, le 16. de ce
mois.
Orr filè dira Péùé.;,Cftrc, que
tant de Nouvelles sans suites
Tcflèrriblent à des Pieces de
rapport,dont je devrois orner
d'une autre maniére l'assemblagequ'elles
fontdans
mon Livre;cela peut-estre;
mais doresna,va1nt .o,n.Jn,'a'ura rien à,mè reprocher 1dcffus
& jettes mettray, toutes en
forme d'Histoiredutemps,
dont je feray un Chapitre à
lafindu Mercure;
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Résumé : Suplément aux nouvelles, [titre d'après la table]
Le 18 juin, des nouvelles de Cadix signalent le départ de vingt-deux vaisseaux de guerre bien équipés et chargés de provisions militaires. Un vaisseau portugais a attaqué et coulé un navire algérien transportant un bâtiment anglais. De Lisbonne, on confirme les réjouissances pour la naissance d'un second prince au Portugal, né le 6 juin, qui portera le nom de Louis en hommage au roi de France et à la reine d'Angleterre. À Barcelone, les déserteurs indiquent que moins de trois mille hommes de troupes régulières cherchent à déserter. Depuis l'arrivée du maréchal de Berwick, les Barcelonais semblent plus conciliants. Le sieur de Caux, envoyé pour l'échange des prisonniers, a été bien traité et magnifiquement reçu. À Perpignan, le sieur de la Neuville a fourni des chevaux et des mulets au maréchal de Berwick pour ses équipages. À Bade, les conférences entre les ministres de France et de l'Empereur se poursuivent quotidiennement, sauf le mercredi et le dimanche. Les principaux articles devraient être réglés avant la fin du mois, permettant l'arrivée du prince Eugène et du maréchal de Villars pour les conférences générales. À Lyon, le maréchal de Villeroy a publié une ordonnance royale obligeant les bouchers à vendre de la viande en détail. Le duc d'Antin a accueilli l'électeur de Bavière, qui a récemment tué un loup enragé. Un éclair est tombé sur la sacristie des Jacobins sans causer de dommages. Les obsèques du duc de Berry ont eu lieu à Saint-Denis le 16 juin.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1405
p. 286-289
« On raisonne & l'on se croit en droit de raisonner [...] »
Début :
On raisonne & l'on se croit en droit de raisonner [...]
Mots clefs :
Chancelier de France, Roi, Louis Phélypeaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « On raisonne & l'on se croit en droit de raisonner [...] »
On raisonne & l'on se
croit en droit de raisonner
à son gré sur les plus grands
événements du monde, &
de donner carriéere à son
imagination, sur les preuves
les plus évidentes
d'un desinteressement parfait
; nous establissons le
principe de nostre erreur,
sur l'excez de nostre foiblesse,
& nous ne nous étonnons,
ou plustost nous ne
nous effrayons souvent des
actions heroïques, que parce
que nous n'en (oinmcs
pas capables, rien cependantn'lit
plus propreàdétruire
nos préjugez, & plus
digne de nostre admiration
quel'exemple de modération
que donne au jourd'huy
à laposterité Messire Loüis
Phelippeaux Comte de
Pontchartrain Chancelier
Garde des Sceaux de Francceei
,M¡finnisi*triIered'dE'Fs-itat, Commandeur
des Ordres du
Roy,cy-devant Secretaire
d'Estat, & Controlleur General
des Finances, qui s'ea
déterminé par de sages &
chrestiennesreflexions à
mettre un intervale entre la
Vie & la more, en portant ledeux de ce mois la demission
de sa Charge entre les
mains de SaMaesté, En cela
il a donné des preuves
d'une grandeur d'ame
,
&
d'une pieté sans exemple.
Quoyque dans les polIes
les plus importants du Royaume
,
il eust toujours
également mérité la confiance
du Roy, l'estime des
Grands,&l'amour des peuples,
il fera encore plus di£
tingué dans Tbiftoire par
cette derniere démarché.
Le public en a paru d'actant
tant7 édifié
, que ce
grandfemme n'a jamais eu
ny plus de santé , ny plus
de force d'esprit, ny plu
s
de consideration pour un e
famille digne detoute -
tendresse
,
& qui prouve
- que tous les égards humains
ontcedez à celuy de l'éte r- -nitéj
croit en droit de raisonner
à son gré sur les plus grands
événements du monde, &
de donner carriéere à son
imagination, sur les preuves
les plus évidentes
d'un desinteressement parfait
; nous establissons le
principe de nostre erreur,
sur l'excez de nostre foiblesse,
& nous ne nous étonnons,
ou plustost nous ne
nous effrayons souvent des
actions heroïques, que parce
que nous n'en (oinmcs
pas capables, rien cependantn'lit
plus propreàdétruire
nos préjugez, & plus
digne de nostre admiration
quel'exemple de modération
que donne au jourd'huy
à laposterité Messire Loüis
Phelippeaux Comte de
Pontchartrain Chancelier
Garde des Sceaux de Francceei
,M¡finnisi*triIered'dE'Fs-itat, Commandeur
des Ordres du
Roy,cy-devant Secretaire
d'Estat, & Controlleur General
des Finances, qui s'ea
déterminé par de sages &
chrestiennesreflexions à
mettre un intervale entre la
Vie & la more, en portant ledeux de ce mois la demission
de sa Charge entre les
mains de SaMaesté, En cela
il a donné des preuves
d'une grandeur d'ame
,
&
d'une pieté sans exemple.
Quoyque dans les polIes
les plus importants du Royaume
,
il eust toujours
également mérité la confiance
du Roy, l'estime des
Grands,&l'amour des peuples,
il fera encore plus di£
tingué dans Tbiftoire par
cette derniere démarché.
Le public en a paru d'actant
tant7 édifié
, que ce
grandfemme n'a jamais eu
ny plus de santé , ny plus
de force d'esprit, ny plu
s
de consideration pour un e
famille digne detoute -
tendresse
,
& qui prouve
- que tous les égards humains
ontcedez à celuy de l'éte r- -nitéj
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Résumé : « On raisonne & l'on se croit en droit de raisonner [...] »
Le texte examine la tendance humaine à s'étonner des actions héroïques en raison de notre propre incapacité à les accomplir. Il souligne que la modération est un moyen efficace de détruire les préjugés et de mériter l'admiration. Le texte met en lumière la décision de Messire Louis Phélypeaux, Comte de Pontchartrain, Chancelier et Garde des Sceaux de France, de démissionner de ses fonctions de Secrétaire d'État et Contrôleur Général des Finances. Cette décision, motivée par des réflexions sages et chrétiennes, démontre une grandeur d'âme et une piété exceptionnelles. Malgré ses mérites et la confiance du roi, des grands et du peuple, cette démarche le distinguera davantage dans l'histoire. Le public a été édifié par cette action, soulignant la santé, la force d'esprit et la considération de cet homme pour sa famille, tout en privilégiant les égards de l'éternité.
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1406
p. 290-291
Le Compliment qui suit lui fut présenté le 27. de ce mois par S. T. H. C. T. O. S. de Caux.
Début :
Dés qu'il eut remis les Sceaux entre les mains du / Ne craignons plus de Mars l'injuste violence. [...]
Mots clefs :
Roi, Chancelier de France, Daniel François Voysin de La Noiraye
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Le Compliment qui suit lui fut présenté le 27. de ce mois par S. T. H. C. T. O. S. de Caux.
Dés qu'il eut remis les
,
Sceaux entre les mains, du
Roy, Sa Majestéles donna
a Monsieur Voisin Ministre
& Secretaired'Estac,&le
fit Chancelier de France.
La haute (aceÛe, & lesproondes
lumieresdu Roy,&
s grandes qualitez de Mr
oiGn sont les garands du
erite de cechoix, & des
antages qu'on en doit
endre.
: Compliment qui fuit
luy fut présenté le %yf.
de ce mois par S. T. H.
C. T. O. S. de Caux. NE craignons plus de -iMars l'ïnjufieviolence,
L'équitable Themts dans ja droite balance,
Vapesertoussestraits.,
VOISIN par Ja wrturéunit
deuxgrands titres,
Et la Guerre e5 la Paix
Aujourd'huy dansun hommeont
trouvédeux Arbitres.
!
EXTRAIT
,
Sceaux entre les mains, du
Roy, Sa Majestéles donna
a Monsieur Voisin Ministre
& Secretaired'Estac,&le
fit Chancelier de France.
La haute (aceÛe, & lesproondes
lumieresdu Roy,&
s grandes qualitez de Mr
oiGn sont les garands du
erite de cechoix, & des
antages qu'on en doit
endre.
: Compliment qui fuit
luy fut présenté le %yf.
de ce mois par S. T. H.
C. T. O. S. de Caux. NE craignons plus de -iMars l'ïnjufieviolence,
L'équitable Themts dans ja droite balance,
Vapesertoussestraits.,
VOISIN par Ja wrturéunit
deuxgrands titres,
Et la Guerre e5 la Paix
Aujourd'huy dansun hommeont
trouvédeux Arbitres.
!
EXTRAIT
Fermer
Résumé : Le Compliment qui suit lui fut présenté le 27. de ce mois par S. T. H. C. T. O. S. de Caux.
Le roi a nommé Monsieur Voisin Chancelier de France, lui remettant les Sceaux. Cette décision est motivée par la faveur royale et les qualités de Voisin. Le Comte de Caux a présenté un compliment le 5 février. Voisin est reconnu pour son rôle crucial en temps de guerre et de paix, assurant justice et équilibre.
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1407
p. 291-294
EXTRAIT D'une Lettre écrite le 15. au Camp devant Barcelone.
Début :
Si nous en voulions croire tous les bruits qui ont couru [...]
Mots clefs :
Barcelone, Vaisseaux, Barques, Tambour, Camp
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT D'une Lettre écrite le 15. au Camp devant Barcelone.
EXTRAIT.
Diune Lettre écrite le 15.
au Camp devantBarcelone.
Si nous en voulions croire
tous les bruits qui ont couru
,les Barcelonnois n'attendoient
que le départ de
M. le Duc de Popali pour
se rendre; aepfodant:Ürift
parti avant hier, & ces
gens-là n'ont envoyé aucune
députation. Ilestvray
qu'ils envoyerent le onze
un Tambour, fous prétexte
de repener un Cheval
voie par un Valetdéserteur.
M. leMaretchal deBerwik
fie renvoyer le Tambour,
& leur fie dire qu'il ne vouloit
aucun commerce avec
3eùx. Ilsenvoyerent hierun
Trompette à M.de Guerchy,
avec une Lettre. M.
le Maréchal fit renvoyer
Jun & l'autre,sansvouloir
qu'on ouvrist la Lettre, Ôc lemesmesoir fit ouvrirla
-tranchée par dix Battail-
Jans qui n'ont pu se loger
cematin dans la parallele,
attendu qu'on n'a paseu le
temps pendant lanuit de la
mettre enestat de recevoir
les troupes;on la va persectionner
,
& nos affaires
wontallerleurtrain. Nous
attendons encore huitBattaillons
le quatorze, &onze
le dix-huit. On prétend
queces gens-là n'ont que
douze cens hommes de
troupesreglées, les déferteurs
ne leur en donnent
pas plus de quatrecens,le
resteest comparé,d'Etudiants
, d'Artisans & de
Moines. Ilsont tirécette
nuit& ce matin assezde
cation, & n'ontblessépensonne
;nous yavonsresté
avec M.Je Mareschal jusqu'aminuit.
Il lileurvenoitun convoy
deMaillorque composé de
quatreVaisseaux & vingesept
Barques;mais il h'est
rntréque deux Vaisseaux&
quatre Barques dans laPlace.
Diune Lettre écrite le 15.
au Camp devantBarcelone.
Si nous en voulions croire
tous les bruits qui ont couru
,les Barcelonnois n'attendoient
que le départ de
M. le Duc de Popali pour
se rendre; aepfodant:Ürift
parti avant hier, & ces
gens-là n'ont envoyé aucune
députation. Ilestvray
qu'ils envoyerent le onze
un Tambour, fous prétexte
de repener un Cheval
voie par un Valetdéserteur.
M. leMaretchal deBerwik
fie renvoyer le Tambour,
& leur fie dire qu'il ne vouloit
aucun commerce avec
3eùx. Ilsenvoyerent hierun
Trompette à M.de Guerchy,
avec une Lettre. M.
le Maréchal fit renvoyer
Jun & l'autre,sansvouloir
qu'on ouvrist la Lettre, Ôc lemesmesoir fit ouvrirla
-tranchée par dix Battail-
Jans qui n'ont pu se loger
cematin dans la parallele,
attendu qu'on n'a paseu le
temps pendant lanuit de la
mettre enestat de recevoir
les troupes;on la va persectionner
,
& nos affaires
wontallerleurtrain. Nous
attendons encore huitBattaillons
le quatorze, &onze
le dix-huit. On prétend
queces gens-là n'ont que
douze cens hommes de
troupesreglées, les déferteurs
ne leur en donnent
pas plus de quatrecens,le
resteest comparé,d'Etudiants
, d'Artisans & de
Moines. Ilsont tirécette
nuit& ce matin assezde
cation, & n'ontblessépensonne
;nous yavonsresté
avec M.Je Mareschal jusqu'aminuit.
Il lileurvenoitun convoy
deMaillorque composé de
quatreVaisseaux & vingesept
Barques;mais il h'est
rntréque deux Vaisseaux&
quatre Barques dans laPlace.
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Résumé : EXTRAIT D'une Lettre écrite le 15. au Camp devant Barcelone.
La lettre, datée du 15, est rédigée depuis le camp devant Barcelone. Les Barcelonais, qui attendaient le départ du Duc de Popali pour se rendre, n'ont pas envoyé de députation après son départ. Le 11, un tambour a été envoyé pour récupérer un cheval volé, mais le maréchal de Berwick l'a renvoyé, refusant tout commerce. Hier, un trompette a été renvoyé avec une lettre non ouverte. La même soirée, une tranchée a été ouverte par dix bataillons, mais ceux-ci n'ont pu se loger dans la parallèle faute de temps. Les opérations suivent le plan prévu, avec l'arrivée attendue de huit bataillons le 14 et onze le 18. Les forces ennemies comptent environ 1 200 hommes réguliers et 400 déserteurs, complétées par des étudiants, artisans et moines. Les ennemis ont tiré sans faire de blessés. Le maréchal et l'auteur de la lettre sont restés sur place jusqu'à minuit. Un convoi de Majorque, composé de quatre vaisseaux et vingt-sept barques, a été signalé, mais seuls deux vaisseaux et quatre barques ont atteint la place.
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1408
p. 87-94
Dons du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Ce jour-là même le Roy a donné l'Archevêché de [...]
Mots clefs :
Lyon, Roi, Diocèse, Abbaye, Maréchal, Évêque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy. [titre d'après la table]
Ce jour-là même le Roy
a donnél'Archevêché de
Lyon, vacant par la more
de Messire Claude de Saint
Georges, à Messire Fran
çois-Paul de Neuqvilled
Villeroy,Abbéde Fescam
fils deM. le Maréchal Du
de Villeroy,Gouverneur d
Lyon, & des Provinces.d
Lyonnois, Foretz &Beau
jollois, & petit-neveud
MessireCamille de Neuf
ville de Villeroy,aussiAr
chevêque de Lyon, mo~
en 1695 & auquel feu M
de S. Georgesavoit succe
dé.L'Archevêquede Lyoi
se qualifie Primat des Gau
les, & Comre de Lyon..
L'Evêchéde Lizreux, va
can
cant par tamorede Mf.LeonorGoyon
de Matignon, àM. l'Abbé deBrancas, J
Aumônier du Roy, frère
de M. le Marquis de Brancas,
Lieutenant generaldes
armées du Roy, ci- devant
Ambasadeur en Espagne,
de la Maison de Brancas,
originaire du Royaumede
Naples, où elle subsiste en- coreavecéclat. La branche
deCereste,de laquelleest
M. l'Evêque deLizieux,est
l'aînée
,
& apour cadette
celle de Ducs de Villars.
Bufile de Brancas,Chevalier
Comted'Agnano, Maréchal
de l'Eglise Romaine,
transplanta sa famille en
Provence vers l'an 1390. &
après sa mort,arrivée l'an
1416. il fut enterré dans l'Eglise
des Freres Prêcheurs
d'Avignon, & dansla eha.
pelle construite par Nicolas
de Brancas son frere
Cardinal, Evêque d'Albano,
qui l'avoit suivi, & qui
fut aussienterré dans la me
me Chapelle.
-
L'Evêché de Lizieux er
Normandie est suffragant
de Roüen; l' Evêque est Seigneur
de la ville, le Diocese
est divisé en quatre
Archidiaconez, & contient
580. Paroisses.
L'Abbaye de Lessay,Ordre
de S. Benoît,Diocese de
Coutances
, vacante par la
mort de feu M. l'Evêque de
Lizieux,àM.l'Abbé de Matignonson
neveu, fils de ~[.
le Maréchal de Matignon.
L'Abbaye de S. Julien de
Tours, Ordre de S Benoît,
Congregation deS. Maur,
àM.de la Croix, Chapelain
du Roy.
L'Abbaye de Sauvelade à
M. deFenayConseillerau
Parlementde Pau.
L'Abbaye deNôstreDairiè
de Torigny, Ordre de
Cîteaux, dans le bourgde
Torigny, au Diocesede
Bayeux, à M. de laChataigneraye.
': L'Abbaye deVilledieuà
M.d'Esquilles.
L'Abbaye de Nôtre-Dame
de Josaphat, Ordre de
S. Benoît, dans le Diocese
& àune lieuë de Chartres,
à M. de Barriere.
L'Abbaye de Bonaigues,
Ordre de Cîteaux, dans le
Diocese de Limoges ,
)om Robert Pascal. ;i¡¡.,'{
L'Abbayed'Estival,Or-
Ire de S. Augustin, dans la
-
Forêt de Charny, au Dior
_:
cese du Mans, à Madame
lePezé, dunom de Cogr..,,,
arvel, d'une noblesseancienne&
distinguée du
MainejOÙeftfïtuéelaTer.-ç
re de Courtarvel. )' :':
-
L'Abbaye Royaled'Issy,
Ordrede Cîreaux, Diocese
deParis, à Madame de 1^
Force, del'illustreMaison
de Caumont enGuyenne.
L'Abbaye de Vernonà
Madame Turgot, d'un
famille ancienne & distir
guée dans la Robe, orig
naire de Normandie
a donnél'Archevêché de
Lyon, vacant par la more
de Messire Claude de Saint
Georges, à Messire Fran
çois-Paul de Neuqvilled
Villeroy,Abbéde Fescam
fils deM. le Maréchal Du
de Villeroy,Gouverneur d
Lyon, & des Provinces.d
Lyonnois, Foretz &Beau
jollois, & petit-neveud
MessireCamille de Neuf
ville de Villeroy,aussiAr
chevêque de Lyon, mo~
en 1695 & auquel feu M
de S. Georgesavoit succe
dé.L'Archevêquede Lyoi
se qualifie Primat des Gau
les, & Comre de Lyon..
L'Evêchéde Lizreux, va
can
cant par tamorede Mf.LeonorGoyon
de Matignon, àM. l'Abbé deBrancas, J
Aumônier du Roy, frère
de M. le Marquis de Brancas,
Lieutenant generaldes
armées du Roy, ci- devant
Ambasadeur en Espagne,
de la Maison de Brancas,
originaire du Royaumede
Naples, où elle subsiste en- coreavecéclat. La branche
deCereste,de laquelleest
M. l'Evêque deLizieux,est
l'aînée
,
& apour cadette
celle de Ducs de Villars.
Bufile de Brancas,Chevalier
Comted'Agnano, Maréchal
de l'Eglise Romaine,
transplanta sa famille en
Provence vers l'an 1390. &
après sa mort,arrivée l'an
1416. il fut enterré dans l'Eglise
des Freres Prêcheurs
d'Avignon, & dansla eha.
pelle construite par Nicolas
de Brancas son frere
Cardinal, Evêque d'Albano,
qui l'avoit suivi, & qui
fut aussienterré dans la me
me Chapelle.
-
L'Evêché de Lizieux er
Normandie est suffragant
de Roüen; l' Evêque est Seigneur
de la ville, le Diocese
est divisé en quatre
Archidiaconez, & contient
580. Paroisses.
L'Abbaye de Lessay,Ordre
de S. Benoît,Diocese de
Coutances
, vacante par la
mort de feu M. l'Evêque de
Lizieux,àM.l'Abbé de Matignonson
neveu, fils de ~[.
le Maréchal de Matignon.
L'Abbaye de S. Julien de
Tours, Ordre de S Benoît,
Congregation deS. Maur,
àM.de la Croix, Chapelain
du Roy.
L'Abbaye de Sauvelade à
M. deFenayConseillerau
Parlementde Pau.
L'Abbaye deNôstreDairiè
de Torigny, Ordre de
Cîteaux, dans le bourgde
Torigny, au Diocesede
Bayeux, à M. de laChataigneraye.
': L'Abbaye deVilledieuà
M.d'Esquilles.
L'Abbaye de Nôtre-Dame
de Josaphat, Ordre de
S. Benoît, dans le Diocese
& àune lieuë de Chartres,
à M. de Barriere.
L'Abbaye de Bonaigues,
Ordre de Cîteaux, dans le
Diocese de Limoges ,
)om Robert Pascal. ;i¡¡.,'{
L'Abbayed'Estival,Or-
Ire de S. Augustin, dans la
-
Forêt de Charny, au Dior
_:
cese du Mans, à Madame
lePezé, dunom de Cogr..,,,
arvel, d'une noblesseancienne&
distinguée du
MainejOÙeftfïtuéelaTer.-ç
re de Courtarvel. )' :':
-
L'Abbaye Royaled'Issy,
Ordrede Cîreaux, Diocese
deParis, à Madame de 1^
Force, del'illustreMaison
de Caumont enGuyenne.
L'Abbaye de Vernonà
Madame Turgot, d'un
famille ancienne & distir
guée dans la Robe, orig
naire de Normandie
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Résumé : Dons du Roy. [titre d'après la table]
Le texte décrit plusieurs nominations et successions dans des fonctions ecclésiastiques et abbatiales. Le roi a attribué l'Archevêché de Lyon, vacant après la mort de Messire Claude de Saint-Georges, à Messire François-Paul de Neuville de Villeroy, abbé de Fescamp et fils du maréchal de Villeroy. L'Archevêché de Lyon est qualifié de Primat des Gaules et Comte de Lyon. L'Évêché de Lisieux, vacant après la mort de Messire Léonor Goyon de Matignon, a été attribué à l'abbé de Brancas, aumônier du roi et frère du marquis de Brancas, lieutenant général des armées du roi et ancien ambassadeur en Espagne. La famille Brancas est originaire du royaume de Naples et possède des branches notables, dont celle de Cereste, aînée de la famille. L'Évêché de Lisieux en Normandie est suffragant de Rouen et comprend 580 paroisses. Plusieurs abbayes ont également été attribuées, notamment l'Abbaye de Lessay à l'abbé de Matignon, neveu de l'ancien évêque de Lisieux, et l'Abbaye de Saint-Julien de Tours à M. de la Croix, chapelain du roi. D'autres abbayes, comme celles de Sauvelade, Notre-Dame de Torigny, Villedieu, Notre-Dame de Josaphat, Bonaigues, Estival, Issy, et Vernon, ont été attribuées à des conseillers parlementaires, des nobles et des familles distinguées.
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1409
p. 296-300
Nouvelles. De Hambourg, de Dannemarck, de Stralzund, de la Haye, de Vienne, de Perpignan. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Hambourg le 30. Juillet que les Lettres de [...]
Mots clefs :
Suède, Hommes, Commandant
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles. De Hambourg, de Dannemarck, de Stralzund, de la Haye, de Vienne, de Perpignan. [titre d'après la table]
On écrit de Hambourg le
50. Juillet que les Lettres de
Suede ne sont aucune mention
de ce Combat Naval
donton par le depuis longtemps
Elles marquent aucontraire
que les deux Flotes n'avoient
encore pû se joindre,
& que celle de Suede se renforçoit
de jour en jour, par
lesBastiments qui la venoient
joindre, ensorte qu'elle estoit
beaucoup fuperieurc à celle
des Moscovites.
Le Roy de Dannemark est
encore occupé à fairelarevûë
de ses Troupes qui ne pourront
estreassemblezque dans
le quinze dumois prochain:
Comme la saison s'avance, on
ne croit pas qu'il puisse faire
de grands progrez cetteCampagne.
Il doit cependant l'ouvrit
parl'attaque de l'Isled'Higelant
; & pour cette expédition
,
il fait embarquer de
-
l'Artillerie,des Bombes&des
Mortiers. Cette Isleestdedifsicile
accez,d'autant que pour
en approcher, il faut passer entre
des écuëils dangereux, &
que d'ailleurs le passage enest
dessendu par des Forts tresescarpez.
On écrit de Stralzund que
le General Duker a fous cette
Place un Corps de 9. à 10.mil
hommes ausquels le Commandant
de Wismar joindra
trois mil hommes en cas de
besoin. Mais il ne fera point
de mouvement que lesDanois
nee nsoietntratetacphezrà iqsuelequ.e
Le Roy Auguste qui partit
de Dresde le1 3. pour retourner
en Pologne,dépêcha le
jour de devant son départ, divers
Courriers. Celuyqu'ila
envoyé au Roy de Dannemar
k a esté enlevé dans le
M kelbourg par un Parti de
la Garnison de Wismarquil'a
mené au Commandant de
cette Place
,
& les dépêches
ont esté envoyez àlaRegence
deSuede.
50. Juillet que les Lettres de
Suede ne sont aucune mention
de ce Combat Naval
donton par le depuis longtemps
Elles marquent aucontraire
que les deux Flotes n'avoient
encore pû se joindre,
& que celle de Suede se renforçoit
de jour en jour, par
lesBastiments qui la venoient
joindre, ensorte qu'elle estoit
beaucoup fuperieurc à celle
des Moscovites.
Le Roy de Dannemark est
encore occupé à fairelarevûë
de ses Troupes qui ne pourront
estreassemblezque dans
le quinze dumois prochain:
Comme la saison s'avance, on
ne croit pas qu'il puisse faire
de grands progrez cetteCampagne.
Il doit cependant l'ouvrit
parl'attaque de l'Isled'Higelant
; & pour cette expédition
,
il fait embarquer de
-
l'Artillerie,des Bombes&des
Mortiers. Cette Isleestdedifsicile
accez,d'autant que pour
en approcher, il faut passer entre
des écuëils dangereux, &
que d'ailleurs le passage enest
dessendu par des Forts tresescarpez.
On écrit de Stralzund que
le General Duker a fous cette
Place un Corps de 9. à 10.mil
hommes ausquels le Commandant
de Wismar joindra
trois mil hommes en cas de
besoin. Mais il ne fera point
de mouvement que lesDanois
nee nsoietntratetacphezrà iqsuelequ.e
Le Roy Auguste qui partit
de Dresde le1 3. pour retourner
en Pologne,dépêcha le
jour de devant son départ, divers
Courriers. Celuyqu'ila
envoyé au Roy de Dannemar
k a esté enlevé dans le
M kelbourg par un Parti de
la Garnison de Wismarquil'a
mené au Commandant de
cette Place
,
& les dépêches
ont esté envoyez àlaRegence
deSuede.
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Résumé : Nouvelles. De Hambourg, de Dannemarck, de Stralzund, de la Haye, de Vienne, de Perpignan. [titre d'après la table]
Le 50 juillet, des lettres de Hambourg indiquent qu'aucun combat naval n'a eu lieu entre les flottes suédoise et moscovite, car elles ne se sont pas encore rencontrées. La flotte suédoise s'accroît quotidiennement avec l'arrivée de nouveaux navires, surpassant ainsi celle des Moscovites. Le roi de Danemark passe en revue ses troupes, prêtes le 15 du mois suivant, mais l'avancement de la saison limite ses actions. Il prévoit d'attaquer l'île d'Higelant, défendue par des écueils et des forts. À Stralzund, le général Duker dispose de 9 à 10 000 hommes, renforçables par 3 000 hommes de Wismar, mais n'agira pas avant l'arrivée des Danois. Le roi Auguste, parti de Dresde le 13 juillet, a envoyé des courriers, dont un destiné au roi de Danemark, intercepté près de Kiel et transmis à la régence de Suède.
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1410
p. 300-302
Extrait d'une Lettre de la Haye du 8. Aoust.
Début :
Suivant les avis que nous avons de Baden, les Conferences [...]
Mots clefs :
Prince, États, Roi
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de la Haye du 8. Aoust.
Extrait d'une Lettre de la Haye
dît 8. Aoust.
; Suivant les avis que nous
avons de Baden
,
les Conferencess'y
continuentavec succez.
Tout ce qui concerne les
deuxElecteurs touchant larestitution
de leurs Etats, avec
leurs meubles ,bijoux,pierreries
, argent ,
artillerie, 6C
autres munitionsde guerre,
& de bouche,est reglé. Or
t/y attendoit plus que l'arrivéedu
Prince Eugene & du
Maréchal de Villars
, pour
mettre la derniere main à la
Pa:x.
On voit icydepuis quelques
jours desGardes duCorps
du Roy de Prusse, ce qui donne
lieu au bruit qui court, que
ce Prince en icy incognito, &
qu'il se trouva à l'Assemblée
des Etats Generaux qui se tint
ces jours passez, & qui dura
fort avant dans la nuit.
L'armement de Vaisseaux
qu'on fait en plusieurs de nos
Parts est pour aller à la Mer
du Sud; ils ont receu leurs
expéditions de l'Amirauté, 6c
doivent partir incessamment.
Le Prince de Saxe n'cft pas
encore arrivédans cette Ville.
Onécrit qu'il a retardé son
voyage sur l'avis qu'il a eu de
l'arrivée du Roy Sraniflas à la
Principauté des deux Ponts.
dît 8. Aoust.
; Suivant les avis que nous
avons de Baden
,
les Conferencess'y
continuentavec succez.
Tout ce qui concerne les
deuxElecteurs touchant larestitution
de leurs Etats, avec
leurs meubles ,bijoux,pierreries
, argent ,
artillerie, 6C
autres munitionsde guerre,
& de bouche,est reglé. Or
t/y attendoit plus que l'arrivéedu
Prince Eugene & du
Maréchal de Villars
, pour
mettre la derniere main à la
Pa:x.
On voit icydepuis quelques
jours desGardes duCorps
du Roy de Prusse, ce qui donne
lieu au bruit qui court, que
ce Prince en icy incognito, &
qu'il se trouva à l'Assemblée
des Etats Generaux qui se tint
ces jours passez, & qui dura
fort avant dans la nuit.
L'armement de Vaisseaux
qu'on fait en plusieurs de nos
Parts est pour aller à la Mer
du Sud; ils ont receu leurs
expéditions de l'Amirauté, 6c
doivent partir incessamment.
Le Prince de Saxe n'cft pas
encore arrivédans cette Ville.
Onécrit qu'il a retardé son
voyage sur l'avis qu'il a eu de
l'arrivée du Roy Sraniflas à la
Principauté des deux Ponts.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de la Haye du 8. Aoust.
Le 8 août, les conférences de paix à Baden avancent favorablement. Les discussions sur la restitution des États des deux Électeurs, incluant leurs biens mobiliers, bijoux, pierreries, argent, artillerie et autres munitions, sont conclues. L'arrivée du Prince Eugène et du Maréchal de Villars est imminente pour finaliser la paix. À La Haye, la présence de Gardes du Corps du Roi de Prusse suscite des rumeurs sur une visite incognito du Prince de Prusse aux États Généraux. Parallèlement, plusieurs ports préparent des vaisseaux pour une expédition vers la Mer du Sud, avec des expéditions de l'Amirauté déjà reçues. Le Prince de Saxe n'est pas encore à La Haye, son voyage étant retardé par l'arrivée du Roi Stanislas à la Principauté des Deux Ponts.
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1411
p. 302-305
De Vienne le 4. Aoust.
Début :
Le jour du depart du Prince Eugene pour Baden, n'est pas [...]
Mots clefs :
Empereur, Vienne, Turcs, Roi de Suède, Régiments d'infanterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Vienne le 4. Aoust.
De Viennele4.Aoust.
Le jour du départ du Prince
Eugene pour Baden, n'est pas
encore fixé, il assiste souvent
aux Conseils secrets, qui se
tiennent à l'arrivée des Exprés
qui viennent de Baden : mais
le resultatn'en est point rendu
publique.
Les Princes Protestants ont
envoyé leurs griefs à l'Empereur,
mais il les a renvoyez
à la Diete On dit que tout
ce qui regarde les deux Electeurs
est fini, & qu'il ne reste
plus qu'à decider des pretentions
des Princes d'Italie, ainsi
on compte que tout fera terminé
le mois prochain.
On ne sçait pas bien encore
quelle route prendra le Roy
jde Suede, Suivant les dernieres
nouvelles qu'on en a cuës, il
estoit encore a Demir-Toca,
attendant les ordres &de l'argent
du Grand Seigneur, pour
se mettre en marche.
Comme les Turcs font avancer
des troupes du costé
de Belgrade, pour y camper,
l'Empereur a envoyé des ordres
en Italie, pour en faire
revenir quatre Regimens d'Infanterie,
cinq deCavalerie&
deux de Dragons, pour les
envoyer en Hongrie, où on
pretend avoir à tout événement,
40. ou 50000. hommes
, non compris les garnisons,
dans le mois de Septembre
tembre prochain,auquel tems
l'Empereur doit aller à Presbourg.
Le jour du départ du Prince
Eugene pour Baden, n'est pas
encore fixé, il assiste souvent
aux Conseils secrets, qui se
tiennent à l'arrivée des Exprés
qui viennent de Baden : mais
le resultatn'en est point rendu
publique.
Les Princes Protestants ont
envoyé leurs griefs à l'Empereur,
mais il les a renvoyez
à la Diete On dit que tout
ce qui regarde les deux Electeurs
est fini, & qu'il ne reste
plus qu'à decider des pretentions
des Princes d'Italie, ainsi
on compte que tout fera terminé
le mois prochain.
On ne sçait pas bien encore
quelle route prendra le Roy
jde Suede, Suivant les dernieres
nouvelles qu'on en a cuës, il
estoit encore a Demir-Toca,
attendant les ordres &de l'argent
du Grand Seigneur, pour
se mettre en marche.
Comme les Turcs font avancer
des troupes du costé
de Belgrade, pour y camper,
l'Empereur a envoyé des ordres
en Italie, pour en faire
revenir quatre Regimens d'Infanterie,
cinq deCavalerie&
deux de Dragons, pour les
envoyer en Hongrie, où on
pretend avoir à tout événement,
40. ou 50000. hommes
, non compris les garnisons,
dans le mois de Septembre
tembre prochain,auquel tems
l'Empereur doit aller à Presbourg.
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Résumé : De Vienne le 4. Aoust.
Le 4 août à Vienne, le départ du Prince Eugène pour Baden n'est pas encore déterminé. Il participe régulièrement aux Conseils secrets, mais les décisions ne sont pas divulguées. Les Princes Protestants ont soumis leurs plaintes à l'Empereur, qui les a redirigées vers la Diète. Les questions concernant les deux Électeurs sont supposément résolues, ne laissant que les revendications des Princes d'Italie à traiter. Une conclusion est attendue pour le mois suivant. La route du Roi de Suède reste incertaine. Il se trouvait à Demir-Toca, attendant les instructions et les fonds du Grand Seigneur. Les Turcs déplacent des troupes vers Belgrade. En réponse, l'Empereur a ordonné le rappel de plusieurs régiments d'infanterie, de cavalerie et de dragons d'Italie pour les envoyer en Hongrie. L'objectif est de rassembler 40 000 à 50 000 hommes, en plus des garnisons, d'ici septembre, lorsque l'Empereur doit se rendre à Presbourg.
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1412
p. 305-307
De Perpignan, le 2.
Début :
Nous venons d'apprendre du Camp de Barcelone, les [...]
Mots clefs :
Perpignan, Fossé, Batteries, Camp de Barcelone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Perpignan, le 2.
De Perpignan,le2.
Nous venons d'apprendre
) du Camp de Barcelone, les
nouvelles suivantes. Le30du
passé, Monsieur le Mareschal
de Berwick voyant qu'une
partie des deffenses, des assiegez
estoitruinée par nos batteries,
resolut de faire attaquer
le Chemin couvert;on
l'emporta sans aucunes resistances.
Ceux qui le defifea*
doient prirent la fuite au premier
mouvement que nos
troupes firent, & on s'y logea
sans peine. Ils parurent
le lendemain le long du fossé,
dans le dessein de le reprendre;
on y vit mesme à leur teste
quantité de Moynes & deCapucins
qui les exhortoient à
faire bien leur devoir. Cependant
loin d'oser rienentreprendre,
ils rentrerent promptemenr
dans leur Ville. On
travaille à establir des batteries
sur la Contrescarpe, pour
battre en bréche le Corps de
la place: la grande Courtine
est presque toute ruinée ; te
Mineur est attaché à un des
Bastions de l'attaque: celuy de
SainteClaire est tout ouvert,
& on faitestat que le 8. où
.,
le 10. pour le plus tard, on
pourra donner l'assaut gencral
à la place. Cette lettre adjouste
que les assiegez qui ne
sçaventny sedeffendreny se
rendre
,
persistent toûjours
dans leur obstination, & qu'ils
travaillent à faire derrière la
bréche un grand retranchement
avec un fossé profond,
qui comprend toutle fondde
fatuauc.
Nous venons d'apprendre
) du Camp de Barcelone, les
nouvelles suivantes. Le30du
passé, Monsieur le Mareschal
de Berwick voyant qu'une
partie des deffenses, des assiegez
estoitruinée par nos batteries,
resolut de faire attaquer
le Chemin couvert;on
l'emporta sans aucunes resistances.
Ceux qui le defifea*
doient prirent la fuite au premier
mouvement que nos
troupes firent, & on s'y logea
sans peine. Ils parurent
le lendemain le long du fossé,
dans le dessein de le reprendre;
on y vit mesme à leur teste
quantité de Moynes & deCapucins
qui les exhortoient à
faire bien leur devoir. Cependant
loin d'oser rienentreprendre,
ils rentrerent promptemenr
dans leur Ville. On
travaille à establir des batteries
sur la Contrescarpe, pour
battre en bréche le Corps de
la place: la grande Courtine
est presque toute ruinée ; te
Mineur est attaché à un des
Bastions de l'attaque: celuy de
SainteClaire est tout ouvert,
& on faitestat que le 8. où
.,
le 10. pour le plus tard, on
pourra donner l'assaut gencral
à la place. Cette lettre adjouste
que les assiegez qui ne
sçaventny sedeffendreny se
rendre
,
persistent toûjours
dans leur obstination, & qu'ils
travaillent à faire derrière la
bréche un grand retranchement
avec un fossé profond,
qui comprend toutle fondde
fatuauc.
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Résumé : De Perpignan, le 2.
Le 2 octobre, des rapports du camp de Barcelone indiquent que le 30 septembre, le maréchal de Berwick a ordonné l'attaque du chemin couvert, pris sans résistance. Les défenseurs se sont retirés dès les premiers mouvements des troupes assaillantes. Le 1er octobre, ils ont tenté de reprendre le chemin couvert avec le soutien de moines et de capucins, mais se sont rapidement retirés dans la ville. Les assiégeants installent des batteries sur la contrescarpe pour bombarder le corps de la place. La grande courtine est presque entièrement détruite, et un mineur est actif sur un bastion de l'attaque. Le bastion de Sainte-Claire est ouvert, et un assaut général est prévu pour le 8 ou le 10 octobre. Malgré leur situation, les assiégés, incapables de se défendre ou de se rendre, construisent un grand retranchement avec un fossé profond derrière la brèche, couvrant tout le fond du faubourg.
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1413
p. 308-311
ETAT des Brigades des Troupes Françoises qui doivent estre au Camp, devant Barcelone, depuis le 21. Juillet.
Début :
Mrs DE BALINCOURT. Brigades. Bataillons. Normandie. 3. Artois. 2. Lamarche. [...]
Mots clefs :
Brigades, Troupes françaises, Barcelone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETAT des Brigades des Troupes Françoises qui doivent estre au Camp, devant Barcelone, depuis le 21. Juillet.
ETAT
DesBrigades desTroupes Françoises
qui doivent estre as.
Camp , devant Barcelone,
depuis le 21Juillet.
Mls DE BALINCOURT.
Brigades.* Bataillons,
Normandie. 3.
Artois. 2.
Lamarche. A.
7
ROISSY.
Audetot. ,. U
Bombardiers. i.
La Couronne. z.
4* DALBA.
Talleran. 1.
Danois. i.
Royal Artillerie.i.
Auvergne. Z. -SSANSAY.
La Marina 3.
-
Bcauvoifist z.
Sanlay. 2.
1.1
NONAN.
Anjou. a*
Meâoc., i*
Province.
• Z.
Bassigny. 1.
îi•
SAUVEBEUF.
liaReine. 3»
ponthiew 211
Blcfois.
-
1 il »
CURTY.
, - ~, Qilcànl.wi
Quercy. 2..
LIflc de France. t.
6.
COURTEN.
Gaftellasi3;
courtem. 3.
&4
50.Bat.
DesBrigades desTroupes Françoises
qui doivent estre as.
Camp , devant Barcelone,
depuis le 21Juillet.
Mls DE BALINCOURT.
Brigades.* Bataillons,
Normandie. 3.
Artois. 2.
Lamarche. A.
7
ROISSY.
Audetot. ,. U
Bombardiers. i.
La Couronne. z.
4* DALBA.
Talleran. 1.
Danois. i.
Royal Artillerie.i.
Auvergne. Z. -SSANSAY.
La Marina 3.
-
Bcauvoifist z.
Sanlay. 2.
1.1
NONAN.
Anjou. a*
Meâoc., i*
Province.
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LIflc de France. t.
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COURTEN.
Gaftellasi3;
courtem. 3.
&4
50.Bat.
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Résumé : ETAT des Brigades des Troupes Françoises qui doivent estre au Camp, devant Barcelone, depuis le 21. Juillet.
Le document, signé par le maréchal de Balincourt, détaille les brigades françaises devant Barcelone depuis le 21 juillet. Il liste les brigades de Normandie, Artois, Lamarche, et d'autres unités comme les bombardiers et le Royal Artillerie. Les bataillons proviennent de diverses provinces françaises, avec des effectifs précisés pour chaque unité.
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1414
p. 311-312
Extrait d'une Lettre de Tarragone. [titre d'après la table]
Début :
Une Lettre de Tarragone du 28. du passé, marque que [...]
Mots clefs :
Tarragone, Rebelles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Tarragone. [titre d'après la table]
Une Lettre de Tarragone
du 2. 8. du passé, marque que
le Marquis de Thouy qui
commande dans le District
de cette place,ayant joint le
Marquis del Pual, qui avoir
fcpt àhuit cent Rebelles, l'avoit
attaque & entierement
defait, & que mesme il avoit
eu peine à se sauver à Cardonne
avec environ trente
hommes de ses troupes.
du 2. 8. du passé, marque que
le Marquis de Thouy qui
commande dans le District
de cette place,ayant joint le
Marquis del Pual, qui avoir
fcpt àhuit cent Rebelles, l'avoit
attaque & entierement
defait, & que mesme il avoit
eu peine à se sauver à Cardonne
avec environ trente
hommes de ses troupes.
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1415
p. 312-316
Extrait de deux lettres d'Utrecht du 13. & du 14. Aoust.
Début :
Mylord Strafford est venu icy pour presser les Plenipotentiaires [...]
Mots clefs :
Angleterre, Utrecht, Reine d'Angleterre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de deux lettres d'Utrecht du 13. & du 14. Aoust.
Extraitde deux lettres d'Utrecht
du 13. Cm du 14.Aoust.
Mylord Strafford est venu
icy pour presser les Plenipotentiaires
d'Espagne & de
Portugal à- faire la
-
Paix. Ceux
de Portugal ont réponduqu'à
l'arrivée du Comte de Ribeyra.
à Madrid
, on luy avoir fait
quelques propositions
, »
sur
quoy
quoy ce Ministreavoitdepesché
à Lisbonne un Courrier
donc on attendoit la réponse.
Les Ministres d'Espagnerépondirent
de leurcosté qu'ils
attcndoient leurs infirulbons.
Ce marin 14 Mylord Straf- tford a receu par un Extraor-
>
binaire une LettredeMylord tBromley Secretaire d'Etat de
Ha Reine d'Angleterre, par la-
>quelle il luy mandeque la
[ Rcineayanccuë une attaque
> d'apoplexie, elle avoit étédeux
1 heures sans connoissance, & trevenue àforce deremedes,
;Çllc avoit eu le temps de fi---------
- - - gner laPatente de Grand Tresorier,
de laquelle Mylord
Arlay Comte d Oxfort avoit
fait sa demission del'ordre de
li Reine six jours auparavant
en faveur du Duc de Scherfbury.
Mylord Bromlay a-w
jousteque le Conseil d'Estat,
Nemine Contradicente
,
avoit
depesché un courier à l'Electeur
d'Hanover avec ces nouvelles
, le priant de passer incessamment
en Angleterre,
& qu'on avoit envoyé une Escadre
de Vaisseaux de guerre
pour l'y tranfportcr. Mylord
Straffort avoit ordredecom-
.,
muniquer ces nouvelles aux
Estats Generaux, & de les
exhorter en vertu des traiter
faits avec la Hollande, à mettre
l'Electeurd'Hanover cvl
possession de la Couronne
d'Angleterre.La manieredonc
le Secretaire d'Estat écrit, fait
voir qu'on est horsd'esperance
pour la santé de la Reine. Les
lettres de Londres du 13. confirmerent
aussi tostcettenouvelle
à Paris, où on a apprit le
1 y, que le , la Reine fut incommodée,
que le 10. au
matin elle eut une attaque
d'appplexie si violente, que
pendant plusieurs heures on la
crut motte :,
qu'elle en revint
neàncmoins^ mais qu'elle retomba&
mourut le 12. entre
$;-t&huic heures du matin.
-
Le¿ mesme jour à deuxheures
aprèsmidy,on proclama dans
lesMiëux''ordinaire!aveefde
grandes ceremonies&sans at*-
cun trouble l'ElecteurdHanbver
Roy 'det là Grande
Btétagne,&leParJemencsa4
journaaulendemain. **>VksÏ -fùunJifc
du 13. Cm du 14.Aoust.
Mylord Strafford est venu
icy pour presser les Plenipotentiaires
d'Espagne & de
Portugal à- faire la
-
Paix. Ceux
de Portugal ont réponduqu'à
l'arrivée du Comte de Ribeyra.
à Madrid
, on luy avoir fait
quelques propositions
, »
sur
quoy
quoy ce Ministreavoitdepesché
à Lisbonne un Courrier
donc on attendoit la réponse.
Les Ministres d'Espagnerépondirent
de leurcosté qu'ils
attcndoient leurs infirulbons.
Ce marin 14 Mylord Straf- tford a receu par un Extraor-
>
binaire une LettredeMylord tBromley Secretaire d'Etat de
Ha Reine d'Angleterre, par la-
>quelle il luy mandeque la
[ Rcineayanccuë une attaque
> d'apoplexie, elle avoit étédeux
1 heures sans connoissance, & trevenue àforce deremedes,
;Çllc avoit eu le temps de fi---------
- - - gner laPatente de Grand Tresorier,
de laquelle Mylord
Arlay Comte d Oxfort avoit
fait sa demission del'ordre de
li Reine six jours auparavant
en faveur du Duc de Scherfbury.
Mylord Bromlay a-w
jousteque le Conseil d'Estat,
Nemine Contradicente
,
avoit
depesché un courier à l'Electeur
d'Hanover avec ces nouvelles
, le priant de passer incessamment
en Angleterre,
& qu'on avoit envoyé une Escadre
de Vaisseaux de guerre
pour l'y tranfportcr. Mylord
Straffort avoit ordredecom-
.,
muniquer ces nouvelles aux
Estats Generaux, & de les
exhorter en vertu des traiter
faits avec la Hollande, à mettre
l'Electeurd'Hanover cvl
possession de la Couronne
d'Angleterre.La manieredonc
le Secretaire d'Estat écrit, fait
voir qu'on est horsd'esperance
pour la santé de la Reine. Les
lettres de Londres du 13. confirmerent
aussi tostcettenouvelle
à Paris, où on a apprit le
1 y, que le , la Reine fut incommodée,
que le 10. au
matin elle eut une attaque
d'appplexie si violente, que
pendant plusieurs heures on la
crut motte :,
qu'elle en revint
neàncmoins^ mais qu'elle retomba&
mourut le 12. entre
$;-t&huic heures du matin.
-
Le¿ mesme jour à deuxheures
aprèsmidy,on proclama dans
lesMiëux''ordinaire!aveefde
grandes ceremonies&sans at*-
cun trouble l'ElecteurdHanbver
Roy 'det là Grande
Btétagne,&leParJemencsa4
journaaulendemain. **>VksÏ -fùunJifc
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Résumé : Extrait de deux lettres d'Utrecht du 13. & du 14. Aoust.
Les lettres d'Utrecht des 13 et 14 août relatent des événements politiques et diplomatiques. Lord Strafford, présent à Utrecht, presse les plénipotentiaires d'Espagne et du Portugal pour conclure la paix. Les représentants portugais attendent des nouvelles du Comte de Ribeyra à Madrid, tandis que les ministres espagnols attendent des instructions de leurs supérieurs. Le 14 août, Lord Strafford reçoit une lettre de Lord Bromley, secrétaire d'État de la reine d'Angleterre, annonçant une attaque d'apoplexie subie par la reine, qui a été inconsciente pendant deux heures. Avant cet incident, la reine avait nommé le Duc de Scherfbury Grand Trésorier, succédant au Comte d'Oxfort. Lord Bromley informe également que l'Électeur d'Hanover a été convoqué en Angleterre et qu'une escadre de vaisseaux de guerre a été envoyée pour le transporter. Lord Strafford doit communiquer ces nouvelles aux États Généraux et les inciter à mettre l'Électeur d'Hanover en possession de la couronne d'Angleterre. Les lettres de Londres confirment que la reine a été incommodée le 11 août, a subi une attaque d'apoplexie le 10 août, et est décédée le 12 août. Le même jour, à 14 heures, l'Électeur d'Hanover est proclamé roi de Grande-Bretagne et d'Irlande.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1416
p. 316-319
Extrait d'une Lettre de Caditz du 15. Juillet.
Début :
Les Saltins continuent à croiser dans nos Mers : il attaquent [...]
Mots clefs :
Roi, Cadix, Vaisseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Caditz du 15. Juillet.
Extrait aune Lettre deLaaitz 'v du ., ~ity 1illrt.
Les Saltins. continuent à
croiser dm* nos Mers: ilsattaquent
encore les Vaisseaux
Anglois, nonobstant qu'on
nous ait assuté que le Roy de
Maroc avoit renouvelle la
Paix avec les Anglois. Ils
poursuvirentle10jusques
sous lecanon denostre Mole
deux Badimente--,tviai-chauds
de cette Nation quialloicnt
dans la Mediterrannée,où ils
prirent le
1 2.e;un grosNavire
Portugais: mais comme ilsl'amenotent,
ils furent rencontrez
par les deuxVaisseaux de
guerre quele Roy de Portugal
a fait forcir, pour leuraller
donner la chasle & pour evU
ter une alboh. quoyquîli
fussent quatre Bastiments,ils.
abandonnerent leurs prises &
se sauverent en faisant forcede
voile, & emmenerent leséquipages
qu'ils avoient fait entrer
sur leursbords.
Onajamais veuëtantde
BastimentsAnglois& Hollan-
,-dois qu'il y en a dans nostre
Port presentement tous chargez
de diver ses marchandises.
Al'égard des Portugais,ilsn'y
ont accez que pour se mettra
à l'abri des gros temps & des
Corsaires. On desarme des
Vaisseaux qui sont revenus de
Ja Mediterrannée, &on arme
deux Fregates, sans qu on dise
à quoyon les destine.
-"
Il arrive presque tous les
jours icy des soldars Anglois
de la garnison de Gibraltar,
lesquels quittent le service,
parce qu'ils ne font pas payez.
Les Saltins. continuent à
croiser dm* nos Mers: ilsattaquent
encore les Vaisseaux
Anglois, nonobstant qu'on
nous ait assuté que le Roy de
Maroc avoit renouvelle la
Paix avec les Anglois. Ils
poursuvirentle10jusques
sous lecanon denostre Mole
deux Badimente--,tviai-chauds
de cette Nation quialloicnt
dans la Mediterrannée,où ils
prirent le
1 2.e;un grosNavire
Portugais: mais comme ilsl'amenotent,
ils furent rencontrez
par les deuxVaisseaux de
guerre quele Roy de Portugal
a fait forcir, pour leuraller
donner la chasle & pour evU
ter une alboh. quoyquîli
fussent quatre Bastiments,ils.
abandonnerent leurs prises &
se sauverent en faisant forcede
voile, & emmenerent leséquipages
qu'ils avoient fait entrer
sur leursbords.
Onajamais veuëtantde
BastimentsAnglois& Hollan-
,-dois qu'il y en a dans nostre
Port presentement tous chargez
de diver ses marchandises.
Al'égard des Portugais,ilsn'y
ont accez que pour se mettra
à l'abri des gros temps & des
Corsaires. On desarme des
Vaisseaux qui sont revenus de
Ja Mediterrannée, &on arme
deux Fregates, sans qu on dise
à quoyon les destine.
-"
Il arrive presque tous les
jours icy des soldars Anglois
de la garnison de Gibraltar,
lesquels quittent le service,
parce qu'ils ne font pas payez.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Caditz du 15. Juillet.
Le texte décrit les activités des corsaires en Méditerranée. Malgré les assurances de paix entre le Maroc et l'Angleterre, les corsaires attaquent toujours les vaisseaux anglais, notamment près de la Mole. Ils ont capturé un gros navire portugais, mais ont dû fuir face à deux vaisseaux de guerre portugais, abandonnant leurs prises et libérant les équipages capturés. Actuellement, plusieurs vaisseaux anglais et hollandais chargés de marchandises sont présents dans un port. Les navires portugais n'y accèdent que pour se protéger des tempêtes et des corsaires. Des vaisseaux revenus de Méditerranée sont désarmés, tandis que deux frégates sont armées sans destination précise. Par ailleurs, des soldats anglais de la garnison de Gibraltar désertent fréquemment en raison de l'absence de paiement de leur solde.
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1417
p. 319-322
De Strasbourg le 30. Juillet. [titre d'après la table]
Début :
A Strasbourg le 30. du passé. On a ici à vil prix le bled de [...]
Mots clefs :
Roi, Strasbourg
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texteReconnaissance textuelle : De Strasbourg le 30. Juillet. [titre d'après la table]
A Strasbourg le 30. du passé.
On a icy a vil prix le bled de
nos magazins, par rapport a
la recolte abondante de cette
année, on n'en garde seulement
que pour la garnison.
Nous apprenons de Baden
duxj. que tes Conferences
s'y continuënt avec succez
& tour ce qu'on n'en dit, n'est
que par conjecture,cequi
donne de l'occupationauxMinistres
des Princes Protestants.
qui n'oublient rien pour faire
mettre ànéant letraité de RIe.
wich. L'Envoyé du Roy de
Sicile se donneaussi de grands
mouvements,pour que le Roy
son Maistre foit compris dans
Id traité,quant à ce qui regardeson
differentavecl'Empereur
:mais les Plenipotentiaires
deSa MajestéImperiale
disent qu'ils n'ont point d'ordred'entrerenmatierelà
def.
fus;&que comme tour eflt
reglé pour ce qui regarde lcs
dcux Electeurs, on nedoute
point que les Conferencesne
pcrenhnenat finidnansl.emoispro- 1. On mande de Bruxelles,que
le29 au soit la Tour neuve
¡, qu'on avoitélevée sur l'Eglise
de S. Nicolas, & où on avoic
i.lcbt..bh le carillon, tomba inopinement,
qu'ellecausa un
grand dommage aux maisons
sines, & tua beaucoupde
monde.
Onapprend des 2 Ponts que te Roy Sta~ y anc~d<~C
la Reine sonespouse, qui étoit
partie de Suede pour le venir
joindre,& qu'il avoit renvoyé
le P~Povioustouski au
Roy de Suede qui estoit en
Turquie au mois de Juin dernier
, pour le remercier de 1*
retraitte qu'il luy a donné dans
ses Estats des deux Pont
On a icy a vil prix le bled de
nos magazins, par rapport a
la recolte abondante de cette
année, on n'en garde seulement
que pour la garnison.
Nous apprenons de Baden
duxj. que tes Conferences
s'y continuënt avec succez
& tour ce qu'on n'en dit, n'est
que par conjecture,cequi
donne de l'occupationauxMinistres
des Princes Protestants.
qui n'oublient rien pour faire
mettre ànéant letraité de RIe.
wich. L'Envoyé du Roy de
Sicile se donneaussi de grands
mouvements,pour que le Roy
son Maistre foit compris dans
Id traité,quant à ce qui regardeson
differentavecl'Empereur
:mais les Plenipotentiaires
deSa MajestéImperiale
disent qu'ils n'ont point d'ordred'entrerenmatierelà
def.
fus;&que comme tour eflt
reglé pour ce qui regarde lcs
dcux Electeurs, on nedoute
point que les Conferencesne
pcrenhnenat finidnansl.emoispro- 1. On mande de Bruxelles,que
le29 au soit la Tour neuve
¡, qu'on avoitélevée sur l'Eglise
de S. Nicolas, & où on avoic
i.lcbt..bh le carillon, tomba inopinement,
qu'ellecausa un
grand dommage aux maisons
sines, & tua beaucoupde
monde.
Onapprend des 2 Ponts que te Roy Sta~ y anc~d<~C
la Reine sonespouse, qui étoit
partie de Suede pour le venir
joindre,& qu'il avoit renvoyé
le P~Povioustouski au
Roy de Suede qui estoit en
Turquie au mois de Juin dernier
, pour le remercier de 1*
retraitte qu'il luy a donné dans
ses Estats des deux Pont
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Résumé : De Strasbourg le 30. Juillet. [titre d'après la table]
À Strasbourg, le 30 du mois précédent, le blé a été vendu à bas prix en raison d'une récolte abondante. Les stocks sont principalement réservés pour la garnison. À Baden, les conférences se poursuivent avec succès, bien que les détails restent conjecturaux. Les ministres des princes protestants cherchent à annuler le traité de Ryswick. L'envoyé du roi de Sicile travaille à inclure son maître dans le traité concernant le différend avec l'empereur. Cependant, les plénipotentiaires de Sa Majesté impériale affirment ne pas avoir d'instructions pour aborder cette question, bien que les discussions sur les deux électeurs soient réglées. Les conférences devraient se conclure prochainement. À Bruxelles, le 29, la tour neuve de l'église de Saint-Nicolas s'est effondrée, causant des dommages importants aux maisons voisines et tuant de nombreuses personnes. Aux Deux-Ponts, le roi et la reine, venue de Suède, sont arrivés. Le roi a renvoyé le prince Pouvoustovski au roi de Suède, en Turquie depuis juin, pour le remercier de la retraite accordée dans ses États des Deux-Ponts.
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1418
p. 322-326
A S. Lucar de Carrameda, le 15. Juillet.
Début :
Il est arrivé icy il y a huit jours un grand malheur. Vous [...]
Mots clefs :
Gouverneur, Mort, Sanlúcar de Barrameda, Moines, Couvent
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texteReconnaissance textuelle : A S. Lucar de Carrameda, le 15. Juillet.
A S. LUCAT de Carrameda,
£iaicii le 15 Juillet.,_.f
M,ih v •i* Il estarrivé icy il y a huit
jours un grand malheur.Vous
sçavezque dans la pluspart des
Convents d'Andalousie, les
Moines vendent de la viande,
ce qui est frustrer les droitsdu
Roy Catholique, & de presque
tout le veste il en arrive
la même chose. Le Gouverneur
nomméDon Alonzo Jacinco
Velardo, homme tort
zélé pour le service,ayantsçu
qu'au Convent des Augustins
on la vendoit aussi publique
qu'à la Boucherie,avoir envoyé
dire plusieurs fois au
Prieur de s'abstenir de cela,
qu'autrement il seroit obligé
d'ymettre luy-même ordre.
Les Moines fc souciant
fort peu des menaces du GOlit
Vwfncur> continuaient toujours
.cTfiO'îvendre.*»! Lej-Rr?
rmerdes Milionnesvoyantcela
, sir posterdes Ministres de
la rrnrç auxenvirons du Con-
Vccenur;x pour reconnoistre tous
ungqauirednofonrm, aient;*On
àuqùebiJlt
trouvadvuxHivrcs de viande.
Les Mniftrcsl'anècoient
le menoiem en prison ; IOTU
qu'unM>me qui étoit à
porte du Convent, courut a-*
préseux pour faire relâch1er ceà
garçon, à quoy ils resisterent.
CeMoineirritédevoirque
çcs:Minifîresn'imûenr.poûit
de deference pour luy, commença
à lesmaltraiter de paroles&
devoîesde fait. Un des
Ministressevoyant outrage de
lasorre,tiraun coupde pistoler
auMoine,&luy cassalacuisse,
dontil t& mort trois jours aprés;
Les Ministres prirent la
fuite pour se refugier dans
quelque Eglise; mais on ne
voulut point les recevoir. Le
lendemain un Moine du meme
Convent, parent du mort,
voyantque le Gouverneur ne faisoitpoint de diligences
pourle châtier,s'en fut chez
luy, &demandaàluy parler,
la Garde le laissa entier, & des
qu'il fut dans la chambre où
étoit le Gouverneur, il tirade
sa manche un pistoler,dont
illuilâcha le coup à bout portant
dans l'estomach. CetOfsicier
se sentant blessé, voulut;
couriraprésle meurtrier,mais !
il tomba. Le Moine tira un
autre pistolet de l'autre manche.
paflj à travers la Garde,
& se réfugia dansun Convent,
d'où il décampa ensuite. Lr.
Gouverneur n'est pas mort
encore? mais on compte qu'il
n'enéchappera pas,car il a per- ,
du la paroledepuis troisjours
£iaicii le 15 Juillet.,_.f
M,ih v •i* Il estarrivé icy il y a huit
jours un grand malheur.Vous
sçavezque dans la pluspart des
Convents d'Andalousie, les
Moines vendent de la viande,
ce qui est frustrer les droitsdu
Roy Catholique, & de presque
tout le veste il en arrive
la même chose. Le Gouverneur
nomméDon Alonzo Jacinco
Velardo, homme tort
zélé pour le service,ayantsçu
qu'au Convent des Augustins
on la vendoit aussi publique
qu'à la Boucherie,avoir envoyé
dire plusieurs fois au
Prieur de s'abstenir de cela,
qu'autrement il seroit obligé
d'ymettre luy-même ordre.
Les Moines fc souciant
fort peu des menaces du GOlit
Vwfncur> continuaient toujours
.cTfiO'îvendre.*»! Lej-Rr?
rmerdes Milionnesvoyantcela
, sir posterdes Ministres de
la rrnrç auxenvirons du Con-
Vccenur;x pour reconnoistre tous
ungqauirednofonrm, aient;*On
àuqùebiJlt
trouvadvuxHivrcs de viande.
Les Mniftrcsl'anècoient
le menoiem en prison ; IOTU
qu'unM>me qui étoit à
porte du Convent, courut a-*
préseux pour faire relâch1er ceà
garçon, à quoy ils resisterent.
CeMoineirritédevoirque
çcs:Minifîresn'imûenr.poûit
de deference pour luy, commença
à lesmaltraiter de paroles&
devoîesde fait. Un des
Ministressevoyant outrage de
lasorre,tiraun coupde pistoler
auMoine,&luy cassalacuisse,
dontil t& mort trois jours aprés;
Les Ministres prirent la
fuite pour se refugier dans
quelque Eglise; mais on ne
voulut point les recevoir. Le
lendemain un Moine du meme
Convent, parent du mort,
voyantque le Gouverneur ne faisoitpoint de diligences
pourle châtier,s'en fut chez
luy, &demandaàluy parler,
la Garde le laissa entier, & des
qu'il fut dans la chambre où
étoit le Gouverneur, il tirade
sa manche un pistoler,dont
illuilâcha le coup à bout portant
dans l'estomach. CetOfsicier
se sentant blessé, voulut;
couriraprésle meurtrier,mais !
il tomba. Le Moine tira un
autre pistolet de l'autre manche.
paflj à travers la Garde,
& se réfugia dansun Convent,
d'où il décampa ensuite. Lr.
Gouverneur n'est pas mort
encore? mais on compte qu'il
n'enéchappera pas,car il a per- ,
du la paroledepuis troisjours
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Résumé : A S. Lucar de Carrameda, le 15. Juillet.
Le 15 juillet, un incident tragique a eu lieu à £iaicii. En Andalousie, des moines vendaient illégalement de la viande, violant ainsi les droits du Roi Catholique et du clergé. Le gouverneur, Don Alonzo Jacinco Velardo, a tenté de mettre fin à cette pratique au couvent des Augustins, mais les moines ont ignoré ses avertissements. Les ministres du roi ont arrêté un garçon en possession de viande de contrebande, ce qui a provoqué la colère d'un moine. Ce dernier a agressé les ministres, entraînant une altercation au cours de laquelle un ministre a tiré sur le moine, le blessant mortellement. Les ministres se sont ensuite réfugiés dans une église. Le lendemain, un moine, parent du moine tué, a tiré sur le gouverneur, le blessant gravement. Le moine a ensuite fui vers un autre couvent. Le gouverneur est gravement blessé et son pronostic vital est engagé.
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1419
p. 327-330
De Marseille.
Début :
On a donné dans cette Ville pendant le mois de Juillet plusieurs [...]
Mots clefs :
Marseille, Marquis, Eaux, Reine de Pologne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Marseille.
DeMarseille.
i 'f OnadonnédanscetteVille
pendant lemois de Juilletplurieurs
festes à la Reine de Pologne,
1^ PrincessesSobieski
sa petite filleafortbrillédans
tous les bals qui se sont donnez
chez M. le Bailli de la Pat
laitric ChefdEscadre des Galetes.,
&chez M. Arnoult,
Intendant dela Marine. Le
Comte àt Bausse
a eu l'boD-'
licotf'de&'afci avec la Princcfle,
&le Marquisde laBruyere
Jatente Syndic de la Ho4
blesse & ancien Procureur du
paîss'y est fort distingué.Ila
eu plusieurs Audiances particulieres;
de SaMajesté dont
ellea paruê fort contente.
C:dI un Gentilhommequi a
beaucoup d'esprit&uneparfaite
connoissancedesinterêts. desPrinces.
.Qç^mandepu'i*ff«queleVi- ce-Légat d'Avignon aenvoyé
un ordre,à ce Marquis de se rzen-d.r1e1à,s-o.n,, g.o, uvei rnetment
de Sorgues dans le Comtat
d'Avignonpouryrecevoir la
Reine iorfq Ile y passera.
Ilya déja envoyé beaucoup
de
le meubles) & plusieurs baIlli
fots dae ce quii perut esetre nee.ek On écrit du même endroit
juc les eaux de Montfrin deviennent
tous les jours en plus
grande réputation. Le sieur:
Monranier
,,
Docteur en Me;
decine) s'est appliqué particulièrement
àen connoistre toute
la vertu, & a découvert qu'-
elles étoient excellentes pouc
ceux qui font étiques. En esser,
Messieurs les Marquis de
Razac &le Baron de Tourncfort
, Capitaines de Galeres,
quiétoient tombez dans une
fcchcrcffc qui faisoit appréhender
leur perte, en sont revenus
en parfaite santes&reprennent
tous les jours leur
premier embonpoint. Cet esset
merveilleux a si fort augmenté
la réputation de ces
eaux, qu'une infinité de personnes
dé Provence & deDauphiné
y accourent.
i 'f OnadonnédanscetteVille
pendant lemois de Juilletplurieurs
festes à la Reine de Pologne,
1^ PrincessesSobieski
sa petite filleafortbrillédans
tous les bals qui se sont donnez
chez M. le Bailli de la Pat
laitric ChefdEscadre des Galetes.,
&chez M. Arnoult,
Intendant dela Marine. Le
Comte àt Bausse
a eu l'boD-'
licotf'de&'afci avec la Princcfle,
&le Marquisde laBruyere
Jatente Syndic de la Ho4
blesse & ancien Procureur du
paîss'y est fort distingué.Ila
eu plusieurs Audiances particulieres;
de SaMajesté dont
ellea paruê fort contente.
C:dI un Gentilhommequi a
beaucoup d'esprit&uneparfaite
connoissancedesinterêts. desPrinces.
.Qç^mandepu'i*ff«queleVi- ce-Légat d'Avignon aenvoyé
un ordre,à ce Marquis de se rzen-d.r1e1à,s-o.n,, g.o, uvei rnetment
de Sorgues dans le Comtat
d'Avignonpouryrecevoir la
Reine iorfq Ile y passera.
Ilya déja envoyé beaucoup
de
le meubles) & plusieurs baIlli
fots dae ce quii perut esetre nee.ek On écrit du même endroit
juc les eaux de Montfrin deviennent
tous les jours en plus
grande réputation. Le sieur:
Monranier
,,
Docteur en Me;
decine) s'est appliqué particulièrement
àen connoistre toute
la vertu, & a découvert qu'-
elles étoient excellentes pouc
ceux qui font étiques. En esser,
Messieurs les Marquis de
Razac &le Baron de Tourncfort
, Capitaines de Galeres,
quiétoient tombez dans une
fcchcrcffc qui faisoit appréhender
leur perte, en sont revenus
en parfaite santes&reprennent
tous les jours leur
premier embonpoint. Cet esset
merveilleux a si fort augmenté
la réputation de ces
eaux, qu'une infinité de personnes
dé Provence & deDauphiné
y accourent.
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Résumé : De Marseille.
En juillet, Marseille a célébré la Reine de Pologne, la princesse Sobieski, avec plusieurs fêtes. Sa petite-fille a été remarquée lors des bals chez le Bailli de la Patta et M. Arnoult. Le Comte de Bausse a dansé avec la princesse, et le Marquis de la Bruyère, ancien Syndic des Hôtels et Procureur du pays, a été distingué par plusieurs audiences particulières avec la Reine. Le Marquis est décrit comme un gentilhomme d'esprit et connaisseur des intérêts des princes. Le Vice-Légat d'Avignon a ordonné au Marquis de se rendre à Sorgues pour accueillir la Reine lors de son passage. Par ailleurs, les eaux de Montfrin gagnent en réputation grâce à leurs vertus découvertes par le Docteur Monranier. Les Marquis de Razac et le Baron de Tournefort, Capitaines de Galères, ont recouvré la santé après une grave maladie grâce à ces eaux, attirant ainsi de nombreuses personnes de Provence et du Dauphiné.
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1420
p. 330-345
Suite des Nouvelles de Paris.
Début :
L'Edit du Roy qui appelle à la succession de la Couronne [...]
Mots clefs :
Duc du Maine, Comte de Toulouse, Roi, Parlement, Archevêque de Canterbury, Batterie, Armées, Cérémonie, Notre-Dame de la Merci, Messe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite des Nouvelles de Paris.
Suite des Nouvelles de Paris. 4. L'Edit du Roy qui appelle
-1 la succession de la Couronne
M. le Duc du Maine, &
M. le Comte de Toulouse Se
leurs descendans masses., au
deffaut de tous les Princes du
Sang Royal, & qui ordonne
qu'ils jouiront des mêmes
rangs, honneurs,& préféances
que lesdits Princes duSang,
après tous lesdits Princes) fut
presente le deux de ce mois au
Parlement
,
M. le Duc d'Enguien
,M.le Princede Conty,
M. le Duc du Maine,&M. le
Comte de Toulouse s'estams
rendus au Palais. Les Pairs qui
,sîy trouvèrent, furent L' Archevêque
Duc deReims, l'Evêque
Comte de Noyon, Ecclesiastiques
;le Duc d'I^zés,
ole Dnuc de Sully, le Duc de S. ie Duc dela Force, le
Duc de Rohanle Duc de Luxembourg
,te Ducd'Estrées,
le Duc deGrammont, le Duc
Mazarin ,le DucdeTresmes,
le Duc deNoailles, leDuc de
Charost,leDuc d'Albrer,le
Duc deChaulnes, le Ducde
Vittars le Duc Dantin.m
>• M. de Mesmes, Premier
Président ayant : expliqué les
intentions du Roy, M. Joly
de Fleury, Avocat General
presenta l'Editde Sa Majesté)
qui fut lû: les Chambresas-
-fcn^lpes, l'Arrest d'eregistremcnt
fut ensuite prononcé
suivant lesconclusions duProcureur
Général. u M.leMatéchal deVillars
partis le n- de sa Terre de
Veaux,alla coucherà Troyes,
& le 12.à Langres,d'oùil alla
continuersa route vers Baden.
Le Prince Eugène doit
arriverezmême temps,,&on
croit que dans huit ou dix
jours ils auront terminé tout
ce quiresteàregler-, "i-.
Les Lettres du Camp devant
Barcelonnc du7portent
que le 3. lesAssiegezenleverent
quatreMineursEspagnols
&en tuerentdeux par ia faute
de ceux qui les soutenoient »
& qui s'estoient posté trop
loin. Aprésmidy 400. hommes
sortirent pourenlever les
Mineurs François du Bastion
de la Porte Neuve.,,, & ils firent
marcher devant eux soixante&
dixhommes ;mais ils
furent toustuez par les Grenadiers
,
excepté un qu'ils firent
prifennier. Le 4. on avançaune
partie des Batteries.Le j.milnommesfirent une fol'.
tie du cofté des Capucins,
surprirent une Redoute où à
019liolunm >dom
dix- huit furent tuez;on y accourut
,on les repoussà,&on
entua un grand nombre, sans
autre perte que de deux Soldats
tuez. Le6. une Batterie
de dix Canonstira tout le jour
contre le Bastion de Sainte
Claire. Le 7. quatre autres
Batteries tirèrent de fort prés.
Monsieur Dupuys Vauban
reçut un coup de Mousquet
audessous de l'épaule qui sort
à costé de la mammelle, mais
sans danger parce quil n'y a
aucune fraction,&qu'iln'entre
pas dans la capacité. On
dévoie Ic 11. oule 12. faire
jouer les Mines, & donner
J'assaut pour fc loger sur la
brêchcoà l'on meneradu Canonafinde
ruiner les Retranchements.
Les Barcelonnois firent le
50, répandre un écrit dans la
Catalogne pourexhorter tous
les peuples à les secourir dans
le danger oùils sont, &daller
joindre Armangoll'un de
leurs;Chefs qui tientla Campagne
:plusieurs lieux ont envoyez
cet écrit & les ordres
d'Armangol ànos Généraux;
d'autres l'alloientjoindrevers
Ostalerie ,.' Les
Les Lettres de Londres du
vingt de ce mois portentque
tout y estoitfort tranquille,
ainsi que danstoute la Grande
Bretagne ,
où jusques alors il
n'y avait. pas eu le moindre
mouvementLaRégence continuoit
à donner les ordres, au
dedans & au dehors; elle est
composée des Regents nommezparle
Parlement
,
qui
sont, l'Archevêque de Cantorbery
,
le Duc de Bukinhan
Président duConseil, leGrand
Tresorier,le Chancelier .&
Garde des Sceaux, Pierre le
Lord
,
Chef de Justice particulipr,&
le Comte cieStraf-|
lf'oArtmpirreamuietré.Commissaire de
Le Duc de Hanower en
avoit ajouté dix neufautres
par des Listes écrites de sa
main qu'ilavoit envëez à l'Archevêque
de Cantorbery ,au
Chancelier,&
- au lieur
Creyemberg son Résident.Le
Duc Schresbury que la feuë
Reinedéclarale 10. Grand
Tresorier, prit le2.possession.
de cette Charge, & commença
à en faire lafonction;commelaLoterie
dequatorze cens
; mil livresSterlin nese rem-
,', 4
plissoit pas, les 26. Regents y
ont souscrit pour des grandes
sommes
,
& on croit que le
reste fera bientôt remply par
la Banque Royale
, & par les
Marchands. Le 16. leChancelierfit
au nom des Regents
un Discours aux deux Chambres
du Parlement pour leurs
recommander l'union & la si'.
dclité pour le nouveau Roy
Georges, & il exhorta les
Communes à suppléer aux
Subsides qui cessoient par le
decés de la Reine,ce qu'elles
accordèrent le même jour.
Il y a environ un mois que
quatre ou cinq deMessieurs les
Mousquetaires ayant elleà li
chasse, sur la Terre deChamp
qui appartient à.M. de Bourvallais,
son Concierge alla les
prierde se retirer,a, moins
qu'ils n'eussent permission de
luy de chasser.En ayant elle
averty ,il en porta sa,p1aintc
à M. le Marquis de Vains qui
commande la Compagnie ;
depuis, ayant appris que l'on
avoit, répandu dans le Public
qu'il avoit dit qu'illes avoit
fait dcfarmer ,il a cru devoir
aller à l'Hostel des Mou(quc-I.
taires,lorsque la Compagnie I
fèroit assemblée,certifier que
ces bruits estoient faux, ce
qu'il a fait en termes forthonneftes,#
dônt M.le Marquis de
Vains, Mssieurs les Officiers'
&U Compagnie ont essé tresfetisfaits.
Le premier Dimanche déf
cé moisla Fetic-dc Nostre.
DDaamtneed-edlc.aI Mercy fut solem- 48
c-rcy fol tn«i--
m(ee dans l'Eglisede son Ordre
au Maraisprés l'Hostel dc"
Soubjzc. La grande Messe y
fut chantée en plein-chant&
au goût Italien
,
& Madame
la Princesse de Rohan yrenditkPain-
Bcni qui fut presenté
pourelle par son Aumônier
14 y en eut quatre ornez de
Cierges &de Banderolles, pre-
Cedez desSuisses de sa Maisons
des Timballes, des Trompettes
des Gendarmes de la Garde,
& autres de la Maison du
Roy. Le Sermon fut prononcé
,avant lesVêpres,«par M
l'Abbé le Paige
,
Docteur de
Sorbonne. Il fit connoistre
d'une manière fort éloquente
la grandeur & la qualité de
l'Ordre de la Mercy dans fork
établissement, & sa charité
dans le quatrièmevoeu que ces
Religieux font de rester en
- 'k 1 i
otage pour laredemption des.
Captifs. Les Vespres furent
suivies d'une Procession dont
la magnificence, l'ordre & la
pieté firent une des plus belles
cer1emonbie que leur Eglise ait célébré.
Messire Loüis de Bouchez,
Chevalier
y
Seigneur, Comte
de Montsoreau
,
Marquis de
Souches,& du Belley
,
Baron
d'Abondant, Lieutenant General
des Armées du Roy,
prêtaferment de fidelité entre
les mains du Roy, de la
Charge de Grand Prevost, le
jour de la Feste du Roy, dont
ilest filleul. Ffiiij
Son pere Louis
-
François
de Bouchez exerçât cette.
Charge avec dignité pendant
48. ou 49. ans. Il avoitesté:
reçu en survivance. de cette.
Charge de Jean de Bouchez,.
ayeul de Loüis, qu'il avoit eu.
de Mle Maréchal d'Hoquincourt.
Monsieur le Marquis de.
Lignerac
,
Brigadier des Armées
du Roy, a esté pourveu.
de la Charge de Lieutenant.
General de la Province du..
Haut Auvergne, dont il a prêté
le ferment entre les mains,
de Sa Majesté. Le premier de.
ccmoiil à (Hé aussi pourveu.
de celle de Grand Bailly du
Haut Auvergne
,
doncil doit
p/êter serment auParlement.
-1 la succession de la Couronne
M. le Duc du Maine, &
M. le Comte de Toulouse Se
leurs descendans masses., au
deffaut de tous les Princes du
Sang Royal, & qui ordonne
qu'ils jouiront des mêmes
rangs, honneurs,& préféances
que lesdits Princes duSang,
après tous lesdits Princes) fut
presente le deux de ce mois au
Parlement
,
M. le Duc d'Enguien
,M.le Princede Conty,
M. le Duc du Maine,&M. le
Comte de Toulouse s'estams
rendus au Palais. Les Pairs qui
,sîy trouvèrent, furent L' Archevêque
Duc deReims, l'Evêque
Comte de Noyon, Ecclesiastiques
;le Duc d'I^zés,
ole Dnuc de Sully, le Duc de S. ie Duc dela Force, le
Duc de Rohanle Duc de Luxembourg
,te Ducd'Estrées,
le Duc deGrammont, le Duc
Mazarin ,le DucdeTresmes,
le Duc deNoailles, leDuc de
Charost,leDuc d'Albrer,le
Duc deChaulnes, le Ducde
Vittars le Duc Dantin.m
>• M. de Mesmes, Premier
Président ayant : expliqué les
intentions du Roy, M. Joly
de Fleury, Avocat General
presenta l'Editde Sa Majesté)
qui fut lû: les Chambresas-
-fcn^lpes, l'Arrest d'eregistremcnt
fut ensuite prononcé
suivant lesconclusions duProcureur
Général. u M.leMatéchal deVillars
partis le n- de sa Terre de
Veaux,alla coucherà Troyes,
& le 12.à Langres,d'oùil alla
continuersa route vers Baden.
Le Prince Eugène doit
arriverezmême temps,,&on
croit que dans huit ou dix
jours ils auront terminé tout
ce quiresteàregler-, "i-.
Les Lettres du Camp devant
Barcelonnc du7portent
que le 3. lesAssiegezenleverent
quatreMineursEspagnols
&en tuerentdeux par ia faute
de ceux qui les soutenoient »
& qui s'estoient posté trop
loin. Aprésmidy 400. hommes
sortirent pourenlever les
Mineurs François du Bastion
de la Porte Neuve.,,, & ils firent
marcher devant eux soixante&
dixhommes ;mais ils
furent toustuez par les Grenadiers
,
excepté un qu'ils firent
prifennier. Le 4. on avançaune
partie des Batteries.Le j.milnommesfirent une fol'.
tie du cofté des Capucins,
surprirent une Redoute où à
019liolunm >dom
dix- huit furent tuez;on y accourut
,on les repoussà,&on
entua un grand nombre, sans
autre perte que de deux Soldats
tuez. Le6. une Batterie
de dix Canonstira tout le jour
contre le Bastion de Sainte
Claire. Le 7. quatre autres
Batteries tirèrent de fort prés.
Monsieur Dupuys Vauban
reçut un coup de Mousquet
audessous de l'épaule qui sort
à costé de la mammelle, mais
sans danger parce quil n'y a
aucune fraction,&qu'iln'entre
pas dans la capacité. On
dévoie Ic 11. oule 12. faire
jouer les Mines, & donner
J'assaut pour fc loger sur la
brêchcoà l'on meneradu Canonafinde
ruiner les Retranchements.
Les Barcelonnois firent le
50, répandre un écrit dans la
Catalogne pourexhorter tous
les peuples à les secourir dans
le danger oùils sont, &daller
joindre Armangoll'un de
leurs;Chefs qui tientla Campagne
:plusieurs lieux ont envoyez
cet écrit & les ordres
d'Armangol ànos Généraux;
d'autres l'alloientjoindrevers
Ostalerie ,.' Les
Les Lettres de Londres du
vingt de ce mois portentque
tout y estoitfort tranquille,
ainsi que danstoute la Grande
Bretagne ,
où jusques alors il
n'y avait. pas eu le moindre
mouvementLaRégence continuoit
à donner les ordres, au
dedans & au dehors; elle est
composée des Regents nommezparle
Parlement
,
qui
sont, l'Archevêque de Cantorbery
,
le Duc de Bukinhan
Président duConseil, leGrand
Tresorier,le Chancelier .&
Garde des Sceaux, Pierre le
Lord
,
Chef de Justice particulipr,&
le Comte cieStraf-|
lf'oArtmpirreamuietré.Commissaire de
Le Duc de Hanower en
avoit ajouté dix neufautres
par des Listes écrites de sa
main qu'ilavoit envëez à l'Archevêque
de Cantorbery ,au
Chancelier,&
- au lieur
Creyemberg son Résident.Le
Duc Schresbury que la feuë
Reinedéclarale 10. Grand
Tresorier, prit le2.possession.
de cette Charge, & commença
à en faire lafonction;commelaLoterie
dequatorze cens
; mil livresSterlin nese rem-
,', 4
plissoit pas, les 26. Regents y
ont souscrit pour des grandes
sommes
,
& on croit que le
reste fera bientôt remply par
la Banque Royale
, & par les
Marchands. Le 16. leChancelierfit
au nom des Regents
un Discours aux deux Chambres
du Parlement pour leurs
recommander l'union & la si'.
dclité pour le nouveau Roy
Georges, & il exhorta les
Communes à suppléer aux
Subsides qui cessoient par le
decés de la Reine,ce qu'elles
accordèrent le même jour.
Il y a environ un mois que
quatre ou cinq deMessieurs les
Mousquetaires ayant elleà li
chasse, sur la Terre deChamp
qui appartient à.M. de Bourvallais,
son Concierge alla les
prierde se retirer,a, moins
qu'ils n'eussent permission de
luy de chasser.En ayant elle
averty ,il en porta sa,p1aintc
à M. le Marquis de Vains qui
commande la Compagnie ;
depuis, ayant appris que l'on
avoit, répandu dans le Public
qu'il avoit dit qu'illes avoit
fait dcfarmer ,il a cru devoir
aller à l'Hostel des Mou(quc-I.
taires,lorsque la Compagnie I
fèroit assemblée,certifier que
ces bruits estoient faux, ce
qu'il a fait en termes forthonneftes,#
dônt M.le Marquis de
Vains, Mssieurs les Officiers'
&U Compagnie ont essé tresfetisfaits.
Le premier Dimanche déf
cé moisla Fetic-dc Nostre.
DDaamtneed-edlc.aI Mercy fut solem- 48
c-rcy fol tn«i--
m(ee dans l'Eglisede son Ordre
au Maraisprés l'Hostel dc"
Soubjzc. La grande Messe y
fut chantée en plein-chant&
au goût Italien
,
& Madame
la Princesse de Rohan yrenditkPain-
Bcni qui fut presenté
pourelle par son Aumônier
14 y en eut quatre ornez de
Cierges &de Banderolles, pre-
Cedez desSuisses de sa Maisons
des Timballes, des Trompettes
des Gendarmes de la Garde,
& autres de la Maison du
Roy. Le Sermon fut prononcé
,avant lesVêpres,«par M
l'Abbé le Paige
,
Docteur de
Sorbonne. Il fit connoistre
d'une manière fort éloquente
la grandeur & la qualité de
l'Ordre de la Mercy dans fork
établissement, & sa charité
dans le quatrièmevoeu que ces
Religieux font de rester en
- 'k 1 i
otage pour laredemption des.
Captifs. Les Vespres furent
suivies d'une Procession dont
la magnificence, l'ordre & la
pieté firent une des plus belles
cer1emonbie que leur Eglise ait célébré.
Messire Loüis de Bouchez,
Chevalier
y
Seigneur, Comte
de Montsoreau
,
Marquis de
Souches,& du Belley
,
Baron
d'Abondant, Lieutenant General
des Armées du Roy,
prêtaferment de fidelité entre
les mains du Roy, de la
Charge de Grand Prevost, le
jour de la Feste du Roy, dont
ilest filleul. Ffiiij
Son pere Louis
-
François
de Bouchez exerçât cette.
Charge avec dignité pendant
48. ou 49. ans. Il avoitesté:
reçu en survivance. de cette.
Charge de Jean de Bouchez,.
ayeul de Loüis, qu'il avoit eu.
de Mle Maréchal d'Hoquincourt.
Monsieur le Marquis de.
Lignerac
,
Brigadier des Armées
du Roy, a esté pourveu.
de la Charge de Lieutenant.
General de la Province du..
Haut Auvergne, dont il a prêté
le ferment entre les mains,
de Sa Majesté. Le premier de.
ccmoiil à (Hé aussi pourveu.
de celle de Grand Bailly du
Haut Auvergne
,
doncil doit
p/êter serment auParlement.
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Résumé : Suite des Nouvelles de Paris.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires. Le 2 du mois, un édit royal a été présenté au Parlement, désignant le Duc du Maine et le Comte de Toulouse comme successeurs à la couronne, après tous les Princes du Sang. Les pairs présents incluaient l'Archevêque Duc de Reims, le Duc d'Izé, le Duc de Sully, et plusieurs autres. L'édit a été lu et enregistré après les conclusions du Procureur Général. Le Maréchal de Villars a quitté sa terre de Veaux pour se rendre à Baden afin de rencontrer le Prince Eugène et régler des affaires militaires. À Barcelone, les assiégés ont tenté des opérations contre les mineurs français, mais ont subi des pertes. Les Barcelonnois ont également appelé à l'aide dans la Catalogne. À Londres, la Régence continue de fonctionner tranquillement, composée de régents nommés par le Parlement, incluant l'Archevêque de Cantorbery et le Duc de Buckingham. Le Duc de Schresbury a pris possession de la charge de Grand Trésorier. Les régents ont souscrit à une loterie pour lever des fonds. En France, un incident impliquant des Mousquetaires et le Concierge de M. de Bourvallais a été résolu par le Marquis de Vains. Une fête solennelle de l'Ordre de la Mercy a été célébrée à l'église du Marais, avec une messe en plein-chant et un sermon prononcé par l'Abbé le Paige. Enfin, Louis de Bouchez a prêté serment pour la charge de Grand Prévost, succédant à son père. Le Marquis de Lignerac a été nommé Lieutenant Général de la Province du Haut Auvergne et Grand Bailly du Haut Auvergne.
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1421
p. 356-363
Journal de ce qui s'est passé à Versailles depuis le retour de Marly jusqu'au voyage de Fontainebleau. [titre d'après la table]
Début :
Le Roy arriva à Versailles le 11. La Cour n'a jamais esté [...]
Mots clefs :
Roi, Duc d'Orléans, Duchesse de Berry, Reine d'Angleterre, Dauphin, Sa Majesté, Fontainebleau, Versailles
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Journal de ce qui s'est passé à Versailles depuis le retour de Marly jusqu'au voyage de Fontainebleau. [titre d'après la table]
Le Roy arriva à Versailles
le II. La Cour n'a jamais esté
si grosse que depuis son retour.
Le 14. Sa Majesté donna
Audiance à l'Envoyé de
Holstein Gottorp
,
qui l'eût
'enfujtc de Monseigneur le
Dauphin., de Madame laDucheflede
Berry, de Madame,
de M.le Duc d'Orléans, & de
Madame la DuchessedOrleans
Le même jour Sa Majesté
se rendit à deux heures ÔC
demie à la Chapelle accompagnée
de Madame la Duchesse.
de Berry,de Madame,de M.
le Duc d'Orléans, ils entendirent
les Vespres chantéespar
la Musique. Le 15.leRoy se
rendit aussiàla même heure
à la Chapelle accompagnéde
Madame la Duchesse de Berry;
de M. le Duc d'Orléans, de
tous les Princes & Princesses
duSang, ils entendirent les
Vespres chantées par laMusique
: ensuite on commença la
Procession. Le Roy pendant
la.marche avoit àson costé
droitM.le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier,&àsa gauche
M. l'Abbé d'Enttagues
Aumônier, & M.leCardinal
de Polignac. Immédiatement
après le Roy suivoit Madame
la Duchesse de Berry, ayant
d'un côté M. l'Abbé de Castres,
& de l'autre M. l'Abbé
de Rouget ses Aumôniers. Ensuitevenoient
Madame la Duchesse,
Madame la Princesse
de Conty, Mademoiselle àc.
Charolois. Le Roy estoit precedé
de M. le Duc d'Orleans,
qui avoit à ses costez M. l'Abbé
deTrissan & M. l'Abbé
Malet ses Aumôniers. Devant
M.le Ducd'Orléansmarchoit
M. le Duc, M. le Comte de
Charolois.
>
M. le Prince de
Comy,M.le Prince de Dombes,
& M.le Comte d'Eu. Le
17. Madame l'Ambassadrice
d'Hollande prie le Tabouret
pour la premièrefoischezMadame
la Duchesse de Berry
,
ÔC
au souper chez le Roy. Le 17.
onapprit que la Reine d'Angleterre
estoit morte le 12.&
que le Duc d'Hanovre avoit
estéproclaméRoy de laGrande
Bretagne. Le 19 M.le Maréchal
de Villars prit congé du
Roy &assura Sa Majesté qu'il
arriveroit à Bade le 25. Le même
jourlePrevost des Marchands
accompagné des Echevins
presenta le scrutinauRoy;
M. Clement harangua S. M.
ensuiteils allerentchez M. le
Dauphin,chezMadame laDuchesse
de Berry,&: chez Madame.
Le 20. les Ambassadeurs
du Royde Sicile&
d'Hollande eurent Audiance
deMadamelaDuchessedeBerry
qu'ilscomplimentèrent.
Celuy dHollanderemit àcettePrincesse
uneLettredesEtats-
Generaux. Le mesme jourle
General desBarnabites accompagnéde20.
Religieuxde son
Ordre
Ordre eûtaussi Audiance du
Roy,de M. le Dauphin
,
&
de Madame laDuchesse de Berry
,
qui l'a donnée à tous les
Ambassadeurs dans une chambre
tenduë dedrap noir Cette
Princesse alla aprèsl'Audiance
à la Messe
,
&traversa les appartemens
portant une robe
de drap noir de neuf aulnes
de long avec un voile long de
dix aulnes, dont la queuë étoit
portée pat son Porte manteau
& quatre de ses Pages. Le 21.
M. Prior notifia à S. M. la
mort dela Reine d'Angleterre
sa maîtresse ,& luy remit une
Lettre de la Regence. Le 22. lesDeputez des Etats de Languedoc
ayants à leur teste M.
le Duc du Maunte Gouverneur
dela Province & M. le Marquis
de la Vrillesse Secretaire
d'Etatpresenterent le Cahier
auRoy :l'Evesque d'Aletharangua.
Ils allerent ensuite
chez M. te Dauphin,chezMadamela
Duchesse d-cberryc-à"
leCercleestoittrès grand; 8c
oùle meemePrelatharangua.
L'onpeut dire que ce Prelat
futapplaudi de toutela Cour.
L'apresdînée on fit joüer les j
eaux en leur faveur. Le 2.J.-,1
,• :
arrivaunCourrier deBarcelonne,&
le24Roy pritle
deüil pour la Reine d'Angleterre
,& M. le Dauphin parue
cejour-là pourla premierefois
encolo1 nne&avec l1'.épée. Lr -e
25. ily eût un concours infini
de peuple pourvoir S. M. &
voir joüer les eaux Le29 le
Roy partit pourallercoucher
à Petit-Bourg
le II. La Cour n'a jamais esté
si grosse que depuis son retour.
Le 14. Sa Majesté donna
Audiance à l'Envoyé de
Holstein Gottorp
,
qui l'eût
'enfujtc de Monseigneur le
Dauphin., de Madame laDucheflede
Berry, de Madame,
de M.le Duc d'Orléans, & de
Madame la DuchessedOrleans
Le même jour Sa Majesté
se rendit à deux heures ÔC
demie à la Chapelle accompagnée
de Madame la Duchesse.
de Berry,de Madame,de M.
le Duc d'Orléans, ils entendirent
les Vespres chantéespar
la Musique. Le 15.leRoy se
rendit aussiàla même heure
à la Chapelle accompagnéde
Madame la Duchesse de Berry;
de M. le Duc d'Orléans, de
tous les Princes & Princesses
duSang, ils entendirent les
Vespres chantées par laMusique
: ensuite on commença la
Procession. Le Roy pendant
la.marche avoit àson costé
droitM.le Cardinal de Rohan
Grand Aumônier,&àsa gauche
M. l'Abbé d'Enttagues
Aumônier, & M.leCardinal
de Polignac. Immédiatement
après le Roy suivoit Madame
la Duchesse de Berry, ayant
d'un côté M. l'Abbé de Castres,
& de l'autre M. l'Abbé
de Rouget ses Aumôniers. Ensuitevenoient
Madame la Duchesse,
Madame la Princesse
de Conty, Mademoiselle àc.
Charolois. Le Roy estoit precedé
de M. le Duc d'Orleans,
qui avoit à ses costez M. l'Abbé
deTrissan & M. l'Abbé
Malet ses Aumôniers. Devant
M.le Ducd'Orléansmarchoit
M. le Duc, M. le Comte de
Charolois.
>
M. le Prince de
Comy,M.le Prince de Dombes,
& M.le Comte d'Eu. Le
17. Madame l'Ambassadrice
d'Hollande prie le Tabouret
pour la premièrefoischezMadame
la Duchesse de Berry
,
ÔC
au souper chez le Roy. Le 17.
onapprit que la Reine d'Angleterre
estoit morte le 12.&
que le Duc d'Hanovre avoit
estéproclaméRoy de laGrande
Bretagne. Le 19 M.le Maréchal
de Villars prit congé du
Roy &assura Sa Majesté qu'il
arriveroit à Bade le 25. Le même
jourlePrevost des Marchands
accompagné des Echevins
presenta le scrutinauRoy;
M. Clement harangua S. M.
ensuiteils allerentchez M. le
Dauphin,chezMadame laDuchesse
de Berry,&: chez Madame.
Le 20. les Ambassadeurs
du Royde Sicile&
d'Hollande eurent Audiance
deMadamelaDuchessedeBerry
qu'ilscomplimentèrent.
Celuy dHollanderemit àcettePrincesse
uneLettredesEtats-
Generaux. Le mesme jourle
General desBarnabites accompagnéde20.
Religieuxde son
Ordre
Ordre eûtaussi Audiance du
Roy,de M. le Dauphin
,
&
de Madame laDuchesse de Berry
,
qui l'a donnée à tous les
Ambassadeurs dans une chambre
tenduë dedrap noir Cette
Princesse alla aprèsl'Audiance
à la Messe
,
&traversa les appartemens
portant une robe
de drap noir de neuf aulnes
de long avec un voile long de
dix aulnes, dont la queuë étoit
portée pat son Porte manteau
& quatre de ses Pages. Le 21.
M. Prior notifia à S. M. la
mort dela Reine d'Angleterre
sa maîtresse ,& luy remit une
Lettre de la Regence. Le 22. lesDeputez des Etats de Languedoc
ayants à leur teste M.
le Duc du Maunte Gouverneur
dela Province & M. le Marquis
de la Vrillesse Secretaire
d'Etatpresenterent le Cahier
auRoy :l'Evesque d'Aletharangua.
Ils allerent ensuite
chez M. te Dauphin,chezMadamela
Duchesse d-cberryc-à"
leCercleestoittrès grand; 8c
oùle meemePrelatharangua.
L'onpeut dire que ce Prelat
futapplaudi de toutela Cour.
L'apresdînée on fit joüer les j
eaux en leur faveur. Le 2.J.-,1
,• :
arrivaunCourrier deBarcelonne,&
le24Roy pritle
deüil pour la Reine d'Angleterre
,& M. le Dauphin parue
cejour-là pourla premierefois
encolo1 nne&avec l1'.épée. Lr -e
25. ily eût un concours infini
de peuple pourvoir S. M. &
voir joüer les eaux Le29 le
Roy partit pourallercoucher
à Petit-Bourg
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Résumé : Journal de ce qui s'est passé à Versailles depuis le retour de Marly jusqu'au voyage de Fontainebleau. [titre d'après la table]
Le roi arriva à Versailles le 11 mai. La cour était particulièrement nombreuse. Le 14, il reçut l'envoyé de Holstein Gottorp et assista aux vêpres avec des membres de la famille royale. Le 15, il se rendit à la chapelle avec la duchesse de Berry, le duc d'Orléans et d'autres princes. Le 17, l'ambassadrice d'Hollande demanda le tabouret pour la duchesse de Berry et la mort de la reine d'Angleterre fut annoncée, ainsi que la proclamation du duc d'Hanovre comme roi de Grande-Bretagne. Le 19, le maréchal de Villars prit congé pour se rendre à Bade. Le 20, les ambassadeurs du roi de Sicile et d'Hollande eurent audience avec la duchesse de Berry. Le 21, la mort de la reine d'Angleterre fut notifiée au roi. Le 22, les députés des États de Languedoc présentèrent leur cahier au roi. Le 24, le roi prit le deuil pour la reine d'Angleterre et le dauphin apparut en col blanc et avec l'épée. Le 25, une grande foule se rassembla pour voir le roi et les jeux d'eau. Le 29, le roi partit pour coucher à Petit-Bourg.
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1422
p. 122-131
Copie d'une lettre écrite du Pardo le. 15. Août.
Début :
Le mariage du Roy fut déclaré hier après dîné, & [...]
Mots clefs :
Mariage, Princesse, Roi, Nouvelle, Princesse des Asturies, Prince des Asturies
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Copie d'une lettre écrite du Pardo le. 15. Août.
Copie d'une lettre écrite du
Pardo le 15. Août.
Le mariage du Roy fut
declaré hier aprés dîné , &
j'eus l'honneur de baifer
la main à Sa Majeſté comme
beaucoup d'autres. Madame
la Princeſſe montra
4
GALANT. 123
le portrait de la nouvelle
Reine à ceux qui demana
derent à le voir ; elle paroît
belle &bien faite. On étoit
en peine comment le dire
à Monſeigneur le Prince
des Afturies , & il fut decidé
qu'on lui feroit entendre
qu'on le vouloit marier
& le Roy auffi. Il ſe mit à
rire , diſant à M. de Figue.
roa,qui lui porta cette nouvelle
, qu'il lui faisoit un
plaiſant conte ,& que cela
ne pouvoit pas être , qu'il
entendoit bien ce qu'on
youloit lui dire. On lui de
Lij
124 MERCURE
manda ce qu'il entendoit ; il
ne voulut point s'expliquer,
& il fortit de ſon apparte.
ment pour publier cette
nouvelle comme un quento
pafſagero,c'eſt à dire un conte
en l'air. Enfin pendant
fon ſoupé il ne parla d'autre
chofe , & il appella M. do
Figueroa pour lui demander
comment il pouvoit lui
faire croire que le Roy s'al
loit marier , puis qu'il n'y
avoit pas long-temps qu'il
lui avoit fait comprendre
qu'un homme ne pouvoit
pas avoir deux femmes , &
1
GALANT. 125
pourquoy Papa en prenoit
encore une ;diſant toûjours
qu'il penſoit autre choſe ,
ſans vouloir s'expliquer : &
laiſſant cet article à part
qu'onnevouloit pas pouffer
plus loin, il parla de ſonmariage
, & demanda pourquoyonvouloit
le marier fi
jeune. On lui répondit que
cen'étoit encore qu'une parole
donnée depart&d'autre,&
que quand il ſeroit en
âge il ſe marieroit ,que cela
ſe pratiquoit envers lesPrinces.
Ildemanda enſuite ſi ſa
femme pretenduë étoitbel
Liij
126 MERCURE
le;onlui dit qu'oui.Hé bien,
répondit il, fi elle me plaît ,
elle ſera trés - heureuſe avec
moy; car je compte qu'elle
ſera juſte: je lui laiſſerai faire
tout ce qu'elle voudra , je la
ferai bien danſer , & quand
nous irons en caroſſe , j'ordonnerai
qu'iln'aille pas vi
te , peur de faire mal à ſa
groffefſe.
Aprés avoir un peu reflechi,
il commença àdire qu'il
avoit biendes choses à penfer
pour fon mariage ; qu'il
vouloit commander des habitsmagnifiques,&
fur tout
GALANT. 127
:
un bien brodé , parce qu'il
en devoit avoir un de même,
des beaux caroffes , des
-pierreries , & bien d'autres
choſes , qu'il ne lui donneroit
que les unes apres les
autres, parce que s'il donnoit
tout en une fois , il la
lafſeroit , & qu'il aimoit
mieux faire durer le plaifir.
Un moment aprés il dit
qu'il étoit bien obligéàMadamela
Princeſſe de le vouloir
marier , & qu'elle ne
pouvoit pas lui faire un plus
grandplaiſir : mais qu'il jugeoit
bien que ce ne feroit
Liiij
128 MERCURE
pas fitôt,n'ayant encoreque
ſept ans,&qu'on ne marioit
pas avant quatorze ; que
cependant ſi on le marioit
dans huit jours, il ſeroit marié
fortbien.M. de Figueroa
charmé de tous ces dif
cours,comme tous ceux qui
avoient eu l'honneur d'être
prefens, lui fit unequeſtion,
&lui demanda, ſi le jour de
ſon mariage il y avoit bal ,
comme onpouvoit le croire
, qui il prendroit la premiere
pour danſer,ou laReine,
ou la Princeſſe desAfturies
; il répondit qu'il pren
GALANT . 129
droit la Reine , & enſuite
ſa chere petite femme.
Un peu aprés il dit àMadame
la Marquiſe de Salzedo:
Marquiſe,je veux penſer
auſſi àvous ;&comme vous
m'avez bien ſervi ,que vous
avez eu bien de la peine
avec moy,je veux vous faire
Camerera major de la Princeffe
des Afturies. A cette
penfćeelle ne putretenir ſes
larmes &ſajoye. Aprés ſoupé
on le mena chezMadame
la Princeſſe pourvoir le
portrait de la nouvelle Reine,
qu'il trouvabeau, & de
130 MERCURE
A
manda à voir auſſi le por.
trait de la Princeſſe des AL
turies. On lui dit qu'il viendroit
inceſſamment.
Il alla enfuite promener ,
&au retour ilditàM. de Figueroa
qu'il avoit toûjours
penſé aumariage du Roy,&
qu'il ſçavoit bien pourquoy
il ſe marioit. Nevoulant pas
endiredavantage,M. de Figueroa
le pria de lui dire
toutbas. Alors il s'expliqua,
&lui dit qu'il ſçavoit bien
que ſa chere Maman étoit
morte , & qu'il prioit Dieu
pour elle. Ace mot on le
GALANT . 131
lui avoüa , diſant qu'elle
étoit bienheureuſe , parce
qu'elle étoit en Paradis.
Pardo le 15. Août.
Le mariage du Roy fut
declaré hier aprés dîné , &
j'eus l'honneur de baifer
la main à Sa Majeſté comme
beaucoup d'autres. Madame
la Princeſſe montra
4
GALANT. 123
le portrait de la nouvelle
Reine à ceux qui demana
derent à le voir ; elle paroît
belle &bien faite. On étoit
en peine comment le dire
à Monſeigneur le Prince
des Afturies , & il fut decidé
qu'on lui feroit entendre
qu'on le vouloit marier
& le Roy auffi. Il ſe mit à
rire , diſant à M. de Figue.
roa,qui lui porta cette nouvelle
, qu'il lui faisoit un
plaiſant conte ,& que cela
ne pouvoit pas être , qu'il
entendoit bien ce qu'on
youloit lui dire. On lui de
Lij
124 MERCURE
manda ce qu'il entendoit ; il
ne voulut point s'expliquer,
& il fortit de ſon apparte.
ment pour publier cette
nouvelle comme un quento
pafſagero,c'eſt à dire un conte
en l'air. Enfin pendant
fon ſoupé il ne parla d'autre
chofe , & il appella M. do
Figueroa pour lui demander
comment il pouvoit lui
faire croire que le Roy s'al
loit marier , puis qu'il n'y
avoit pas long-temps qu'il
lui avoit fait comprendre
qu'un homme ne pouvoit
pas avoir deux femmes , &
1
GALANT. 125
pourquoy Papa en prenoit
encore une ;diſant toûjours
qu'il penſoit autre choſe ,
ſans vouloir s'expliquer : &
laiſſant cet article à part
qu'onnevouloit pas pouffer
plus loin, il parla de ſonmariage
, & demanda pourquoyonvouloit
le marier fi
jeune. On lui répondit que
cen'étoit encore qu'une parole
donnée depart&d'autre,&
que quand il ſeroit en
âge il ſe marieroit ,que cela
ſe pratiquoit envers lesPrinces.
Ildemanda enſuite ſi ſa
femme pretenduë étoitbel
Liij
126 MERCURE
le;onlui dit qu'oui.Hé bien,
répondit il, fi elle me plaît ,
elle ſera trés - heureuſe avec
moy; car je compte qu'elle
ſera juſte: je lui laiſſerai faire
tout ce qu'elle voudra , je la
ferai bien danſer , & quand
nous irons en caroſſe , j'ordonnerai
qu'iln'aille pas vi
te , peur de faire mal à ſa
groffefſe.
Aprés avoir un peu reflechi,
il commença àdire qu'il
avoit biendes choses à penfer
pour fon mariage ; qu'il
vouloit commander des habitsmagnifiques,&
fur tout
GALANT. 127
:
un bien brodé , parce qu'il
en devoit avoir un de même,
des beaux caroffes , des
-pierreries , & bien d'autres
choſes , qu'il ne lui donneroit
que les unes apres les
autres, parce que s'il donnoit
tout en une fois , il la
lafſeroit , & qu'il aimoit
mieux faire durer le plaifir.
Un moment aprés il dit
qu'il étoit bien obligéàMadamela
Princeſſe de le vouloir
marier , & qu'elle ne
pouvoit pas lui faire un plus
grandplaiſir : mais qu'il jugeoit
bien que ce ne feroit
Liiij
128 MERCURE
pas fitôt,n'ayant encoreque
ſept ans,&qu'on ne marioit
pas avant quatorze ; que
cependant ſi on le marioit
dans huit jours, il ſeroit marié
fortbien.M. de Figueroa
charmé de tous ces dif
cours,comme tous ceux qui
avoient eu l'honneur d'être
prefens, lui fit unequeſtion,
&lui demanda, ſi le jour de
ſon mariage il y avoit bal ,
comme onpouvoit le croire
, qui il prendroit la premiere
pour danſer,ou laReine,
ou la Princeſſe desAfturies
; il répondit qu'il pren
GALANT . 129
droit la Reine , & enſuite
ſa chere petite femme.
Un peu aprés il dit àMadame
la Marquiſe de Salzedo:
Marquiſe,je veux penſer
auſſi àvous ;&comme vous
m'avez bien ſervi ,que vous
avez eu bien de la peine
avec moy,je veux vous faire
Camerera major de la Princeffe
des Afturies. A cette
penfćeelle ne putretenir ſes
larmes &ſajoye. Aprés ſoupé
on le mena chezMadame
la Princeſſe pourvoir le
portrait de la nouvelle Reine,
qu'il trouvabeau, & de
130 MERCURE
A
manda à voir auſſi le por.
trait de la Princeſſe des AL
turies. On lui dit qu'il viendroit
inceſſamment.
Il alla enfuite promener ,
&au retour ilditàM. de Figueroa
qu'il avoit toûjours
penſé aumariage du Roy,&
qu'il ſçavoit bien pourquoy
il ſe marioit. Nevoulant pas
endiredavantage,M. de Figueroa
le pria de lui dire
toutbas. Alors il s'expliqua,
&lui dit qu'il ſçavoit bien
que ſa chere Maman étoit
morte , & qu'il prioit Dieu
pour elle. Ace mot on le
GALANT . 131
lui avoüa , diſant qu'elle
étoit bienheureuſe , parce
qu'elle étoit en Paradis.
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Résumé : Copie d'une lettre écrite du Pardo le. 15. Août.
La lettre du 15 août annonce le mariage du roi. L'auteur a eu l'honneur de baiser la main du roi, ainsi que d'autres personnes présentes. La princesse a présenté le portrait de la nouvelle reine, décrite comme belle et bien faite. La nouvelle du mariage du prince des Asturies a été révélée avec délicatesse. Initialement sceptique, le prince a réagi avec incrédulité, affirmant que cela ne pouvait pas être vrai. Il a ensuite partagé ses réflexions sur son propre mariage futur, exprimant le souhait d'avoir des habits magnifiques et des cadeaux pour sa future épouse. Il a également mentionné son obligation envers la princesse et son désir de voir le portrait de sa future épouse. La lettre se conclut par une promenade du prince, durant laquelle il a discuté avec M. de Figueroa de la mort de sa mère, confirmée comme étant au paradis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1423
p. 131-133
Nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Les lettres de Londres du 7. de ce mois, porrent que [...]
Mots clefs :
Communes, Chancelier, Londres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles. [titre d'après la table]
Les lettres de Londres du
17. de ce mois , porrent que
-le4. on lut la 2. fois le projet
d'acte pour continuer au
nouveau Roy les revenus
dont la feuë Reine jouiſſoit,
& on refolut d'y ajoûter 2 .
clauſes : l'une, pour donner
pouvoir au grand Treſorier
de payer 65000. liv. ſterlin
d'arrerages dûs auxtroupes
-deHanovrequi ont ſervi en
Flandres en 1712.l'autre pour
132 MERCURE
payer 100000. livres ſterlin
àdifferens particuliers. Le
même jour les Communes
s'étant renduës à la Barre
des Seigneurs par ordredes
Regens,leChancelier dit en
leurs noms aux deuxChambres
, qu'ils avoient reçû le
matin une lettre du Roy
Georges,qui témoignoit êtretrés
farisfaitdela fidelité
que ſes ſujets avoient fait
paroître , & qu'il viendroit
auplûtôt pour travailler à ſe
mettredansun état heureux
&floriſſat. Enſuite leChancelier
declaraque la loterie
GALANT . 133
ne ſe rempliſſoit pas àcauſe que
les interêts étoient trop bas.
Les Communes s'étant retirées,
refolurent le s de donner cinq
pour cent d'interêt au lieu de 4.
Le 6. cette reſolution fut approuvée.
LeComte de Bercley
areçû ordre de faire voile avec
la flote , compoſee de 20. vaifſeaux
& de fix fregates , pour
aller en Hollande embarquer
le nouveau Roy.
Les avis de Hollande du 2.
portent qu'on y attendoit le
RoyGeorges.
17. de ce mois , porrent que
-le4. on lut la 2. fois le projet
d'acte pour continuer au
nouveau Roy les revenus
dont la feuë Reine jouiſſoit,
& on refolut d'y ajoûter 2 .
clauſes : l'une, pour donner
pouvoir au grand Treſorier
de payer 65000. liv. ſterlin
d'arrerages dûs auxtroupes
-deHanovrequi ont ſervi en
Flandres en 1712.l'autre pour
132 MERCURE
payer 100000. livres ſterlin
àdifferens particuliers. Le
même jour les Communes
s'étant renduës à la Barre
des Seigneurs par ordredes
Regens,leChancelier dit en
leurs noms aux deuxChambres
, qu'ils avoient reçû le
matin une lettre du Roy
Georges,qui témoignoit êtretrés
farisfaitdela fidelité
que ſes ſujets avoient fait
paroître , & qu'il viendroit
auplûtôt pour travailler à ſe
mettredansun état heureux
&floriſſat. Enſuite leChancelier
declaraque la loterie
GALANT . 133
ne ſe rempliſſoit pas àcauſe que
les interêts étoient trop bas.
Les Communes s'étant retirées,
refolurent le s de donner cinq
pour cent d'interêt au lieu de 4.
Le 6. cette reſolution fut approuvée.
LeComte de Bercley
areçû ordre de faire voile avec
la flote , compoſee de 20. vaifſeaux
& de fix fregates , pour
aller en Hollande embarquer
le nouveau Roy.
Les avis de Hollande du 2.
portent qu'on y attendoit le
RoyGeorges.
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Résumé : Nouvelles. [titre d'après la table]
Le 17 du mois, le projet d'acte pour maintenir les revenus royaux pour le nouveau roi a été relu une deuxième fois. Deux clauses ont été ajoutées : l'une pour payer 65 000 livres sterling d'arriérés aux troupes de Hanovre ayant servi en Flandres en 1712, et l'autre pour verser 100 000 livres sterling à divers particuliers. Les Communes se sont ensuite rendues à la Chambre des Lords sur ordre des régents. Le chancelier a lu une lettre du roi Georges, exprimant sa satisfaction envers ses sujets et son intention de venir rapidement pour le bien du royaume. Il a aussi signalé que la loterie ne se remplissait pas en raison d'intérêts trop bas, conduisant les Communes à augmenter le taux d'intérêt à cinq pour cent, décision approuvée le 6. De plus, le comte de Berkeley a reçu l'ordre de naviguer avec une flotte de 20 vaisseaux et six frégates pour aller chercher le nouveau roi en Hollande.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1424
p. 133-141
Discours des Deputez de la Province du Languedoc au Roy.
Début :
SIRE, Nous venons aux pieds du Trône de Vôtre Maj. [...]
Mots clefs :
Roi, Députés de la province du Languedoc, Députés, Discours, Languedoc, Ennemis, Zèle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours des Deputez de la Province du Languedoc au Roy.
Discours des Deputezde la Province
du Languedoc au Roy.
SIRE ,
1
Nous venons aux pieds du
Trône de Vôtre Maj. lui ren,
1
134 MERCURE
dre le tribut annuel de nôtre
obeïſſance & de nos hõmages.
La Province qui nous depute
ne vantera pas ſon inviolable fidelité
, c'eſt une qualité qui lui
elt commune avec tous ceux
qui ont le bonheur d'être ſoûmis
a vôtre Empire , & ce n'eſt
pas un merite d'étre fidele au
plus grand & au meilleur de
tous les Rois. Ce qui la flate &
la diftingue , eſt le zele ardent
qu'elle a toûjours témoignée
pour la Perſonne facrée de V
M. pour ſon ſervice & pour ſa
gloire ; zele qui dans les temps
les plus difficiles ne s'eſt jamais
démenti , qui lui a fait oublier
fespropresbeſoins pour ne penſer
qu'à ceeuuxx de l'Etat ; & qui
empruntant de nouvelles for.
GALANT. 135.
ces des difficultez &des obſtacles.
lui a fait tirer du fond de
fon amour des reſources que la
nature lui refuſoit . Il étoit bien
juſte , Sire , que par des efforts
juſques là inconnus,elle contribuât
aux frais immenfes d'une
guerre que vous ne ſoûteniez
qu'à regret, & qui devenuë indiſpenſable
& neceſſaire par
les vaſtes projets de l'ambition
de vos ennemis , n'eut jamais
d'autre objet dans les intentions
de V. M. que la paix de
l'Europe&la felicitépublique.
Pourrons - nous jamais-oublier
, & les fiecles à venir le
pourront- ils croire , tout ce que
vôtre tendreſſe pour les peuples
a voulu ſacrifier à leur repos
? mais graces immortelles
:
136 MERCURE
en ſoient renduës auDieu des
armées , il a arrété le bras d'Abraham
prêt à immoler ce qu'il
avoitde plus cher; contentd'un
ſi noble & fi glorieux facrifice ,
il n'a pas permis qu'il s'accomplit,
& par les fuccés les plus éclatans
il a maintenu V.M.dans
la poſſeſſion de faire naître la
paix du fein de ſes victoires.
Quel Princedans des conjon-
Aures ſi favorab es & fi glorieuſes
auroit pû ſe refuſer à la flateuſe
douceur de ſe venger de
fes ennemis , &de porter plus
loin ſes conquêtes : Mais la fageffe
de V. M. toûjours ſuperieure
à toutes paſſions , ne lui
permet pas de perdre un moment
de vue la paix ſi deſirée ,
&ne la rend fentible aux derniers
1
GALANT. 137
miers progrés de ſes armes , qu'
autant qu'elle les regarde comme
le ſeul moyen qui lui ref
toit pour y arriver.
C'eſt pour procurer à l'Eſpagne
le même repos dont nous
jouiſſons que V. M. vient de
prêter au Roy ſon petit- fils fes
troupes victorieuſes à qui rien
ne peut refifter , & qui prêtes à
forcer juſques dans ſes derniers
retranchemens la plus opiniatre
rebellion,feront rentrer das
le devoir des peuples ennemis
d'eux - mêmes , & leur feront
goûter malgréeux les douceurs
de la paix dont l'Europe vous
eft redevable.
Quels biens ne promet pas au
monde une paix fi heureule, ap.
puyée ſur les fondemens folides
Sept. 1714.
3
M
138 MERCURE
de la plus équitable moderation
? Elle nous fait entrevoir
une longue ſuite de beaux jours
que rien ne ſera capable de
troubler. Aprés avoir goûté ſi
long- temps la gloire de vivre
fous l'Empire d'un Royconquerant
, nous goûterons dans un
long repos la douceur de vivre
ſous les loix d'un Roy pacifi
que,& la providence favorable
reünira dans le ſeul regne deV.
M. les differentes gloires des 2.
plusbeaux regnes d'Iſraël.C'eſt
dumoins ce que nous ofonspre
fumer des divines mifericordes.
Les voeux ardens & unanimes
de tous les ſujets de V.M.la perfection
qu'elle donne à l'Eglife,
fon zele pour la fainte doctrine,
ſon amour pour l'unité , ſa
GALANT. 139
piere,ſes vertus, tout en eſt pour
nous un gage preſque certain .
C'eſt ſous ce regne pacifique
quenous allons voir le miel&le
lait coulerde nos montagnes,&
leseauxvives ſe répandre dans
tous les vaiſſeaux de Juda . La
justice& la paix ſe ſont embraffées,
&par cette heureuſe alliance
les loix reprennent leur
vigueur ; l'ordre & la diſcipline
ſe rétabliſſent, l'équité &labonne
foy rentrent dans le commerce
, l'uſure devenuë timide
n'oſe plus ſe montrer.Déja le laboureur
tranquile recüeille
ſans troubles & fans obſtacles
ſes fertiles moiffons,&flaté de la
douce eſperance de joüir du
fruit de ſes mains , il ſe ranime
au travail , & nous promet de
Mij
140 MERCURE
fon induſtrie une continuelle
abondance.
Mais la ſource la plus afſurée
dubonheur que nous attendős
eſt dans le coeur de V. M. Cette
bonté paternelle,qui s'eſt ſi ſouvent&
fi tendrement expliquée
fur les maux inévitables que
traîne aprés ſoy une longue
guerre,ne fera deformais occu.
pée que du ſoin d'y remedier.
Les difficultez s'aplaniront entre
ſesmains,les moyens ſe mul
tiplirõt par les conſeils de la fageſſe,
chaquejour ſeradiftingué
par des bienfaits & par des graces;&
les fruits de la paix, toû
jours amers dans leur primeur,
parviendront enfin par degrez
àla plus heureuſe maturité.
C'eftdans cette confiance que
la Province de Languedoc éGALANT.
141
:
pargnera à V. M. l'inutile recic
de ſes prodigieux épuiſemens ,
des dettes immenfes qu'elle a
contractées pour ſon ſervice,de
la deſolation de pluſieurs contrees
que la famine& les mala
dies ont renduës incultes &defertes.
Bientôt, ſous les regards
favorables de V.M.elle reprendra
fon premier éclat , & il ne
lui reſtera d'autre deſir à former
, que de voir prolonger au
delà des bornes preſcrites une
vie precieuſe , de qui ſeule dépend
nôtre commune felicité.
du Languedoc au Roy.
SIRE ,
1
Nous venons aux pieds du
Trône de Vôtre Maj. lui ren,
1
134 MERCURE
dre le tribut annuel de nôtre
obeïſſance & de nos hõmages.
La Province qui nous depute
ne vantera pas ſon inviolable fidelité
, c'eſt une qualité qui lui
elt commune avec tous ceux
qui ont le bonheur d'être ſoûmis
a vôtre Empire , & ce n'eſt
pas un merite d'étre fidele au
plus grand & au meilleur de
tous les Rois. Ce qui la flate &
la diftingue , eſt le zele ardent
qu'elle a toûjours témoignée
pour la Perſonne facrée de V
M. pour ſon ſervice & pour ſa
gloire ; zele qui dans les temps
les plus difficiles ne s'eſt jamais
démenti , qui lui a fait oublier
fespropresbeſoins pour ne penſer
qu'à ceeuuxx de l'Etat ; & qui
empruntant de nouvelles for.
GALANT. 135.
ces des difficultez &des obſtacles.
lui a fait tirer du fond de
fon amour des reſources que la
nature lui refuſoit . Il étoit bien
juſte , Sire , que par des efforts
juſques là inconnus,elle contribuât
aux frais immenfes d'une
guerre que vous ne ſoûteniez
qu'à regret, & qui devenuë indiſpenſable
& neceſſaire par
les vaſtes projets de l'ambition
de vos ennemis , n'eut jamais
d'autre objet dans les intentions
de V. M. que la paix de
l'Europe&la felicitépublique.
Pourrons - nous jamais-oublier
, & les fiecles à venir le
pourront- ils croire , tout ce que
vôtre tendreſſe pour les peuples
a voulu ſacrifier à leur repos
? mais graces immortelles
:
136 MERCURE
en ſoient renduës auDieu des
armées , il a arrété le bras d'Abraham
prêt à immoler ce qu'il
avoitde plus cher; contentd'un
ſi noble & fi glorieux facrifice ,
il n'a pas permis qu'il s'accomplit,
& par les fuccés les plus éclatans
il a maintenu V.M.dans
la poſſeſſion de faire naître la
paix du fein de ſes victoires.
Quel Princedans des conjon-
Aures ſi favorab es & fi glorieuſes
auroit pû ſe refuſer à la flateuſe
douceur de ſe venger de
fes ennemis , &de porter plus
loin ſes conquêtes : Mais la fageffe
de V. M. toûjours ſuperieure
à toutes paſſions , ne lui
permet pas de perdre un moment
de vue la paix ſi deſirée ,
&ne la rend fentible aux derniers
1
GALANT. 137
miers progrés de ſes armes , qu'
autant qu'elle les regarde comme
le ſeul moyen qui lui ref
toit pour y arriver.
C'eſt pour procurer à l'Eſpagne
le même repos dont nous
jouiſſons que V. M. vient de
prêter au Roy ſon petit- fils fes
troupes victorieuſes à qui rien
ne peut refifter , & qui prêtes à
forcer juſques dans ſes derniers
retranchemens la plus opiniatre
rebellion,feront rentrer das
le devoir des peuples ennemis
d'eux - mêmes , & leur feront
goûter malgréeux les douceurs
de la paix dont l'Europe vous
eft redevable.
Quels biens ne promet pas au
monde une paix fi heureule, ap.
puyée ſur les fondemens folides
Sept. 1714.
3
M
138 MERCURE
de la plus équitable moderation
? Elle nous fait entrevoir
une longue ſuite de beaux jours
que rien ne ſera capable de
troubler. Aprés avoir goûté ſi
long- temps la gloire de vivre
fous l'Empire d'un Royconquerant
, nous goûterons dans un
long repos la douceur de vivre
ſous les loix d'un Roy pacifi
que,& la providence favorable
reünira dans le ſeul regne deV.
M. les differentes gloires des 2.
plusbeaux regnes d'Iſraël.C'eſt
dumoins ce que nous ofonspre
fumer des divines mifericordes.
Les voeux ardens & unanimes
de tous les ſujets de V.M.la perfection
qu'elle donne à l'Eglife,
fon zele pour la fainte doctrine,
ſon amour pour l'unité , ſa
GALANT. 139
piere,ſes vertus, tout en eſt pour
nous un gage preſque certain .
C'eſt ſous ce regne pacifique
quenous allons voir le miel&le
lait coulerde nos montagnes,&
leseauxvives ſe répandre dans
tous les vaiſſeaux de Juda . La
justice& la paix ſe ſont embraffées,
&par cette heureuſe alliance
les loix reprennent leur
vigueur ; l'ordre & la diſcipline
ſe rétabliſſent, l'équité &labonne
foy rentrent dans le commerce
, l'uſure devenuë timide
n'oſe plus ſe montrer.Déja le laboureur
tranquile recüeille
ſans troubles & fans obſtacles
ſes fertiles moiffons,&flaté de la
douce eſperance de joüir du
fruit de ſes mains , il ſe ranime
au travail , & nous promet de
Mij
140 MERCURE
fon induſtrie une continuelle
abondance.
Mais la ſource la plus afſurée
dubonheur que nous attendős
eſt dans le coeur de V. M. Cette
bonté paternelle,qui s'eſt ſi ſouvent&
fi tendrement expliquée
fur les maux inévitables que
traîne aprés ſoy une longue
guerre,ne fera deformais occu.
pée que du ſoin d'y remedier.
Les difficultez s'aplaniront entre
ſesmains,les moyens ſe mul
tiplirõt par les conſeils de la fageſſe,
chaquejour ſeradiftingué
par des bienfaits & par des graces;&
les fruits de la paix, toû
jours amers dans leur primeur,
parviendront enfin par degrez
àla plus heureuſe maturité.
C'eftdans cette confiance que
la Province de Languedoc éGALANT.
141
:
pargnera à V. M. l'inutile recic
de ſes prodigieux épuiſemens ,
des dettes immenfes qu'elle a
contractées pour ſon ſervice,de
la deſolation de pluſieurs contrees
que la famine& les mala
dies ont renduës incultes &defertes.
Bientôt, ſous les regards
favorables de V.M.elle reprendra
fon premier éclat , & il ne
lui reſtera d'autre deſir à former
, que de voir prolonger au
delà des bornes preſcrites une
vie precieuſe , de qui ſeule dépend
nôtre commune felicité.
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Résumé : Discours des Deputez de la Province du Languedoc au Roy.
Les députés de la province du Languedoc adressent un discours au roi pour exprimer leur loyauté et leur dévotion. Ils mettent en avant la fidélité de tous les sujets du roi, mais soulignent que le Languedoc se distingue par son zèle ardent envers la personne royale, son service et sa gloire. La province a toujours soutenu l'État, même dans les périodes difficiles, en mobilisant des ressources malgré les obstacles. Le discours évoque la nécessité d'une guerre contre les ennemis du roi, bien que menée à contrecœur, pour assurer la paix en Europe et le bien public. Les députés remercient Dieu d'avoir mis fin aux conflits et permis au roi de maintenir la paix grâce à ses victoires. Ils louent la sagesse du roi, qui privilégie la paix malgré les succès militaires, et son intervention en Espagne pour y instaurer la paix. Ils espèrent une paix durable et équitable, annonciatrice de prospérité et de justice. Enfin, les députés expriment leur confiance en la bonté paternelle du roi, qui remédiera aux maux causés par la guerre. Ils demandent l'annulation des dettes contractées pour le service du roi et la restauration des régions dévastées, espérant voir la province retrouver son éclat sous la bienveillance royale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1425
p. 141-144
A Monseigneur le Dauphin.
Début :
MONSEIGNEUR, La Province de Languedoc vient par de respectueux hommages [...]
Mots clefs :
Dauphin, Languedoc, Province de Languedoc
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texteReconnaissance textuelle : A Monseigneur le Dauphin.
AMonseigneur le Dauphin.
MONSEIGNEUR ,
La Province de Languedoc
vient par de reſpectueuxhom
mages reconnoître en vous
142 MERCURE
l'heritier preſomptifde la premiere
Couronne du monde.
Le ſentiment naturel qui nous
intereſſe au bonheur de nos ne-
-veux, nous fait goûter par avance
toute lagloire qu'ils aurotde
-vous obeïr,& nous leur ſervons
d'interpretes pour vous prêter
en leur nom le ferment anticipé
d'une fidelité inviolable .
Quelle conſolation pour
nous,de voir dans un Prince déja
ſi parfait revivre ſon auguſte
pere , &découvrir dans ſon
heureux naturel le fond de ces
grandes vertus que nous avons
ſi amerement regrettées.
Qu'il eſt glorieux , Monſeigneur
, pour l'illuſtre Dame à
qui la ſageſſe du Roy a confié
vôtre éducation , de voir gerGALANT.
143
mer avec tant de ſuccés la ſemence
de ſes nobles vertus qu'-
ellea fi ſagement cultivée, d'en
recüeillir déja les fruits ,&de
vous voir dans un âge ſi peu avancé
non ſeulement l'objet de
la tendreſſe,mais mêmede l'admiration
de tous ceux qui ont
l'honneurde vous approcher.
Que fera ce donc, Monfeigneur
, lors qu'appellé auprés
du Roy vôtre biſayeul ,vous aurez
de plus prés ce grand modeledevant
vos yeux , &qu'intruit
long-temps par ſes leçons
dans le grand art de regner ,
vous partagerez le poids des affaires
, & concourrez avec lui
par votre ſageſſe & vôtre zele
ànôtre commune felicité ?
C'eſt ce que nous promet le
144 MERCURE
retour heureux des mifericor
des du Seigneur.Ce grand Dieu
fléchi par tant d'illuſtres victimes
qu'il s'eſt immolées dans ſa
colere,nous fait enfin connoî.
tre par la paix glorieuſe qu'il
vient de nous donner , qu'il aime
toûjours Ifraël ; & nous avons
lieu d'augurer de cedernier
bienfait qu'il ſera ſuivi d'un
plus grand ; qu'il conſervera ,
pourla conſolationdubiſayeul,
un jeune Prince qui fait ſes efperances
& fes delices ,&qu'il
confervera, pour le bonheur de
l'arriere-petit-fils,un grandRoy
qui eſt ſon appui & fa gloire.
C'eſt ce qui fait,Monſeigneur,
nôtre plus douce efperance , &
c'eſt auſſi l'unique objet de nos
vocux & de nos deſirs.
MONSEIGNEUR ,
La Province de Languedoc
vient par de reſpectueuxhom
mages reconnoître en vous
142 MERCURE
l'heritier preſomptifde la premiere
Couronne du monde.
Le ſentiment naturel qui nous
intereſſe au bonheur de nos ne-
-veux, nous fait goûter par avance
toute lagloire qu'ils aurotde
-vous obeïr,& nous leur ſervons
d'interpretes pour vous prêter
en leur nom le ferment anticipé
d'une fidelité inviolable .
Quelle conſolation pour
nous,de voir dans un Prince déja
ſi parfait revivre ſon auguſte
pere , &découvrir dans ſon
heureux naturel le fond de ces
grandes vertus que nous avons
ſi amerement regrettées.
Qu'il eſt glorieux , Monſeigneur
, pour l'illuſtre Dame à
qui la ſageſſe du Roy a confié
vôtre éducation , de voir gerGALANT.
143
mer avec tant de ſuccés la ſemence
de ſes nobles vertus qu'-
ellea fi ſagement cultivée, d'en
recüeillir déja les fruits ,&de
vous voir dans un âge ſi peu avancé
non ſeulement l'objet de
la tendreſſe,mais mêmede l'admiration
de tous ceux qui ont
l'honneurde vous approcher.
Que fera ce donc, Monfeigneur
, lors qu'appellé auprés
du Roy vôtre biſayeul ,vous aurez
de plus prés ce grand modeledevant
vos yeux , &qu'intruit
long-temps par ſes leçons
dans le grand art de regner ,
vous partagerez le poids des affaires
, & concourrez avec lui
par votre ſageſſe & vôtre zele
ànôtre commune felicité ?
C'eſt ce que nous promet le
144 MERCURE
retour heureux des mifericor
des du Seigneur.Ce grand Dieu
fléchi par tant d'illuſtres victimes
qu'il s'eſt immolées dans ſa
colere,nous fait enfin connoî.
tre par la paix glorieuſe qu'il
vient de nous donner , qu'il aime
toûjours Ifraël ; & nous avons
lieu d'augurer de cedernier
bienfait qu'il ſera ſuivi d'un
plus grand ; qu'il conſervera ,
pourla conſolationdubiſayeul,
un jeune Prince qui fait ſes efperances
& fes delices ,&qu'il
confervera, pour le bonheur de
l'arriere-petit-fils,un grandRoy
qui eſt ſon appui & fa gloire.
C'eſt ce qui fait,Monſeigneur,
nôtre plus douce efperance , &
c'eſt auſſi l'unique objet de nos
vocux & de nos deſirs.
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Résumé : A Monseigneur le Dauphin.
La lettre adressée au Dauphin par la Province de Languedoc exprime la loyauté et l'admiration des auteurs. Ils se réjouissent de servir le Dauphin et voient en lui les vertus de son père. Ils louent également la personne chargée de son éducation pour son succès dans l'inculcation des nobles vertus. Les auteurs espèrent que le Dauphin, en étant proche de son bisaïeul le roi, apprendra l'art de régner et contribuera à la gouvernance du royaume. Ils attribuent la récente paix à la miséricorde divine et prient pour que Dieu préserve le Dauphin pour le bien du roi et du royaume. Leur plus grande espérance est de voir le Dauphin devenir un grand roi, soutien et gloire de son bisaïeul.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1426
p. 202-206
Relation d'une Feste galante que M. Desmolieres a donné à Chinon pour celebrer le retour de la Paix. [titre d'après la table]
Début :
Je vais en attendant battre la campagne, & promener d'abord [...]
Mots clefs :
Fête, Campagne, Fête galante, Chinon, Paix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation d'une Feste galante que M. Desmolieres a donné à Chinon pour celebrer le retour de la Paix. [titre d'après la table]
Je vais en attendant
battre la campagne , & promener
d'abord juſqu'à Chi
GALANT 203
non; les lecteurs qui voudront
m'y accompagner , ils y apprendront
le ſuccés d'une des
plus ſplendides & des plus
galantes feſtes qu'aucun par
ticulier ait donnée en France
pour le retour de la Paix.
M. des Molieres homme
riche & de distinction dans
cette Province fit dreſſer le
douze du mois paffé tout
l'appareil d'un Feu magnifique
au milieu d'une Terraſſe
vis à vis le Convent des Capucins
de Chinon. Le Theatre
de cette réjoüiſſance ſo
trouva ainſi heureuſement
204 MERCURE
fitué ſur le haut d'une Mon
tagne qui commande à la
Ville & à la Riviere. Plus
de cinq cens chandelles enfermées
dans des Lanternes
fervirent à illuminer le Con
vent dont les murailles du
Jardin furent bordées d'un
grand nombre de pots de
fer & de terre pleins de gau
dron & d'autres feux , une
quantité prodigieuſe de fufées
& de gerbes ſe meſlerent
au bruit des Tambours ,
des Trompettes , des Haut
bois , & des Violons , dont
le defordre agréable fut in
GALANT. 205
terrompu par pluſieurs décharges
de fix pieces de canon
qu'on avoit rangées ſur la
Terraffe , & qui tirerent juf
qu'à ce que tout l'artifice du
Feu de joye fut conſommé.
Toute la Ville de Chinon
fur les Remparts , fur les
Ponts & dans la Campagne
répondit à cette feſte par mille
acclamations de vive le Roy.
Enfin les illuminations furent
fi nombreuſes & fi grandes ,
que bien des gens aſſurent
avoir leu de plus d'une demie
lieuë , à la faveur de leur lumiere
, & aprés de trois lieuës
206 MERCURE
àla ronde , toute la campagne
a eu le plaisir de voir cette
réjoüſſance , qui fut ſuivic
d'un repas dont la propreté ,
l'abondance & la delicateſſe
firent les honneurs à plus de
quatre- vingt perſonnes.
battre la campagne , & promener
d'abord juſqu'à Chi
GALANT 203
non; les lecteurs qui voudront
m'y accompagner , ils y apprendront
le ſuccés d'une des
plus ſplendides & des plus
galantes feſtes qu'aucun par
ticulier ait donnée en France
pour le retour de la Paix.
M. des Molieres homme
riche & de distinction dans
cette Province fit dreſſer le
douze du mois paffé tout
l'appareil d'un Feu magnifique
au milieu d'une Terraſſe
vis à vis le Convent des Capucins
de Chinon. Le Theatre
de cette réjoüiſſance ſo
trouva ainſi heureuſement
204 MERCURE
fitué ſur le haut d'une Mon
tagne qui commande à la
Ville & à la Riviere. Plus
de cinq cens chandelles enfermées
dans des Lanternes
fervirent à illuminer le Con
vent dont les murailles du
Jardin furent bordées d'un
grand nombre de pots de
fer & de terre pleins de gau
dron & d'autres feux , une
quantité prodigieuſe de fufées
& de gerbes ſe meſlerent
au bruit des Tambours ,
des Trompettes , des Haut
bois , & des Violons , dont
le defordre agréable fut in
GALANT. 205
terrompu par pluſieurs décharges
de fix pieces de canon
qu'on avoit rangées ſur la
Terraffe , & qui tirerent juf
qu'à ce que tout l'artifice du
Feu de joye fut conſommé.
Toute la Ville de Chinon
fur les Remparts , fur les
Ponts & dans la Campagne
répondit à cette feſte par mille
acclamations de vive le Roy.
Enfin les illuminations furent
fi nombreuſes & fi grandes ,
que bien des gens aſſurent
avoir leu de plus d'une demie
lieuë , à la faveur de leur lumiere
, & aprés de trois lieuës
206 MERCURE
àla ronde , toute la campagne
a eu le plaisir de voir cette
réjoüſſance , qui fut ſuivic
d'un repas dont la propreté ,
l'abondance & la delicateſſe
firent les honneurs à plus de
quatre- vingt perſonnes.
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Résumé : Relation d'une Feste galante que M. Desmolieres a donné à Chinon pour celebrer le retour de la Paix. [titre d'après la table]
Le texte relate une fête somptueuse organisée par M. des Molière pour célébrer le retour de la paix. Cet événement a eu lieu le 12 du mois précédent sur une terrasse dominant la ville de Chinon et la rivière, face au couvent des Capucins. La scène était illuminée par plus de cinq cents chandelles dans des lanternes, tandis que les murs du jardin étaient décorés de pots contenant des gaudrons et autres feux. Des fusées, des gerbes, et des instruments de musique tels que tambours, trompettes, hautbois et violons, accompagnés de salves de canons, ajoutaient à l'ambiance festive. Toute la ville, des remparts aux ponts et à la campagne, acclama le roi. Les illuminations étaient visibles à plus d'une demi-lieue, permettant à la région environnante de participer au spectacle. La soirée s'est conclue par un repas où la propreté, l'abondance et la délicatesse furent mises en avant pour plus de quatre-vingts personnes.
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1427
p. 206-215
Etrange avanture arrivée à Venise au Curé de S. Mathias accusé d'entretenir des correspondances criminelles en France, & sa justification. [titre d'après la table]
Début :
Pour changer de theatre & de matiere, je prie ceux [...]
Mots clefs :
Accusateur, Avocat, Inquisiteurs, Curé, Curé de Saint Matthias, Avocat
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texteReconnaissance textuelle : Etrange avanture arrivée à Venise au Curé de S. Mathias accusé d'entretenir des correspondances criminelles en France, & sa justification. [titre d'après la table]
Pour changer de theatre
&de matiere , je prie ceux
qui ne s'ennuyent point de
voyager avec moy de me
tenir compagnie juſqu'à Veniſe
, où je vais en entrant
offrir à leurs yeux la fidelle
peinture d'une Hiſtoire fi
veritable,& fi fraîche , qu'elle
fait encore à preſent tout le
T GALANT. 207
bruitde cette Ville.
Le vingt trois du mois
paſſé , on mit en priſon , par
ordre des Inquifiteurs de l'Etát
, le Curé de la Paroiſſe de
S. Mathias âgé d'environ 60.
ans , accuſé d'entretenir correſpondance
en France. Son
Accuſateur avoit contrefait le
caractere de ſon écriture , &
avoit compoſé une Lettre ,
dans laquelle il diſoit que le
Senateur bien connu , n'ayant
pû aller au * Pregadi , n'avoit
pû l'informer de ce qui s'y
étoit paflé. Ce pauvre Curé a
* Conſeil des Dix.
208 MERCURE
été mis à la queſtion plufieurs
fois , & a ſouffert tous les
tourmens imaginables ; mais
loin de confeffer un crime
qu'il n'avoit point commis , il
a toûjours répondu avec fermeté
qu'il étoit innocent. Ccpendant
on fut prêt à le condamner
à la mort ; mais comme
on luy avoit donné tous
les tourmens que les Loix permettent
, ſans pouvoir arracher
de luy l'aveu du crime
dont on prétendoit qu'il fut
coupable , on le condamna à
une priſon perpetuelle , dans
l'eſpoir qu'avec le temps il denonceroit
GALANT. 209
nonceroit le Senateur.
Le même Accuſateur a tenté
de joüer un pareil tour au
Curéde Saint Jean ,& eft allé
chez luy , luy dire , qu'il luy
étoit tombé entre les mains
une de ſes Lettres pleine de
matieres d'Etat , & que s'il ne
lay donnoit cent ſequins il la
portcroit aux Inquifiteurs de
l'Etat. Le Curé ſurpris de voir
une Lettre de ſon caractere ,
quoyqu'il ſçût bien ne l'avoir
pas écrite , luy dit qu'il luy
donneroit les cent ſequins ,
mais qu'il falloit du temps.
L'Accuſateur s'en contenta ,
Septembre 1714. S
210 MERCURE
& répondit qu'il retourneroit
dans trois jours pour prendre
l'argent , & qu'il luy remettroit
alors ladite Lettre. Le
Curé fut auſſitôt trouver un
Avocat pour confulter cette
affaire. L'Avocat luy dit , Si
vous estes coupable , payez , &
tachez de r'avoir cette Lettre ,
finon allez rendre compte auxInquisiteurs
de ce qui ſe paſſe. Le
Curé prit ce dernier parti ,il
fut les trouver , & leur dit
qu'une perſonne inconnuë
étoit venuë luy faire voir une
Lettre où il y avoit des matieres
d'Etat , qu'elle paroif
GALANT. 211
foit être de ſon caractere ,
mais qu'il affeuroit ne l'avoir
pas écute; qu'il avoit promis
à ce fauſſaire de luy donner
cent ſequins , & qu'il devoit
venir les prendre un tel jour.
Les Inquifiteurs ſe ſouvenant
du Curé de S. Mathias ,&fe
figurant que ſe pouvoit être
quelque malheureux qui contrefaifoit
toutes les écritures ,
dirent au Curé de S. Jean que
le jour que devoit venir cet
Accufateur ,leCapitaine , ou
leGrand- Prevôr ſe trouveroit
dans fon Eglife avec ſes Archers
, &que pour faire con
Sij
212 MERCURE
noître ledit Accuſateur lorf
qu'il luy parleroit , il n'avoit
qu'à ſe moucher pluſieurs
fois . L'Accuſateur vint à
point nommé trouver leCuré
pour recevoir les cent ſequins,
&fut le chercher dans ſon
Eglife , où il confeſſoit. Le
Curé l'aborda , ſe moucha ,
& auffitoft les Archers du Prevôt
ſe ſaiſirent de ſa perſonne
,& le conduiſirent en prifon
, où il fut appliqué à la
queſtion , & où il confefſa
tous ſes crimes .
Le Curé de S. Mathias fut
reconnu innocent & mis en
GALANT. 2133
liberté avec une joye extraor
dinaire de tout le peuple ,&
l'Accuſateur a été étranglé,&
attaché enſuite à une porence
fur la place pendant tout un
jour. C'est la Justice ordinaire
des Inquifiteurs d'Etat , differente
du Conseil des Dix , qui
fait mouter les criminels en pu
blic.
Ce Curé a donné dans cette
horrible extrêmité une preuve
de la conſtance & de la fermetéd'un
veritable Chrétien
If a fouffert toutes les tortures
ſans jamais s'en plaindre ,
&preferé ſon devoir à ſa vic.
214 MERCURE
Peu de jours aprés fon empriſonnement
, ſon Accuſateur
fut ſe confeffer au Curé de
S. Caffan , & luy dit avoir accuſé
injuſtement le Curé de
S. Mathias & qu'il pouvoit
luy confier ſa Confeſſion , ce
qu'il fit ; mais connoiffant
parce moyenſonAccuſateur,
il crût que ſa Religion luy
deffendoit abſolument de le
déclarer. Enfin quoyqu'il foit
forti de priſon il ya huit jours,
il n'eſt retourné chez luy qu'-
hier , pour éviter la grande
quantité de peuple qui meurt
d'envie de le voir.
GALANT . 215
Cet Accuſateur étoit Ferrarois
,& avoit tiré cinquante
piſtoles en pluſieurs fois du
grand Chancelier deffunt, par
des Lettres contrefaites de fon
caractere . Il a joüé le même
tour à pluſieurs autres perfonnes.
&de matiere , je prie ceux
qui ne s'ennuyent point de
voyager avec moy de me
tenir compagnie juſqu'à Veniſe
, où je vais en entrant
offrir à leurs yeux la fidelle
peinture d'une Hiſtoire fi
veritable,& fi fraîche , qu'elle
fait encore à preſent tout le
T GALANT. 207
bruitde cette Ville.
Le vingt trois du mois
paſſé , on mit en priſon , par
ordre des Inquifiteurs de l'Etát
, le Curé de la Paroiſſe de
S. Mathias âgé d'environ 60.
ans , accuſé d'entretenir correſpondance
en France. Son
Accuſateur avoit contrefait le
caractere de ſon écriture , &
avoit compoſé une Lettre ,
dans laquelle il diſoit que le
Senateur bien connu , n'ayant
pû aller au * Pregadi , n'avoit
pû l'informer de ce qui s'y
étoit paflé. Ce pauvre Curé a
* Conſeil des Dix.
208 MERCURE
été mis à la queſtion plufieurs
fois , & a ſouffert tous les
tourmens imaginables ; mais
loin de confeffer un crime
qu'il n'avoit point commis , il
a toûjours répondu avec fermeté
qu'il étoit innocent. Ccpendant
on fut prêt à le condamner
à la mort ; mais comme
on luy avoit donné tous
les tourmens que les Loix permettent
, ſans pouvoir arracher
de luy l'aveu du crime
dont on prétendoit qu'il fut
coupable , on le condamna à
une priſon perpetuelle , dans
l'eſpoir qu'avec le temps il denonceroit
GALANT. 209
nonceroit le Senateur.
Le même Accuſateur a tenté
de joüer un pareil tour au
Curéde Saint Jean ,& eft allé
chez luy , luy dire , qu'il luy
étoit tombé entre les mains
une de ſes Lettres pleine de
matieres d'Etat , & que s'il ne
lay donnoit cent ſequins il la
portcroit aux Inquifiteurs de
l'Etat. Le Curé ſurpris de voir
une Lettre de ſon caractere ,
quoyqu'il ſçût bien ne l'avoir
pas écrite , luy dit qu'il luy
donneroit les cent ſequins ,
mais qu'il falloit du temps.
L'Accuſateur s'en contenta ,
Septembre 1714. S
210 MERCURE
& répondit qu'il retourneroit
dans trois jours pour prendre
l'argent , & qu'il luy remettroit
alors ladite Lettre. Le
Curé fut auſſitôt trouver un
Avocat pour confulter cette
affaire. L'Avocat luy dit , Si
vous estes coupable , payez , &
tachez de r'avoir cette Lettre ,
finon allez rendre compte auxInquisiteurs
de ce qui ſe paſſe. Le
Curé prit ce dernier parti ,il
fut les trouver , & leur dit
qu'une perſonne inconnuë
étoit venuë luy faire voir une
Lettre où il y avoit des matieres
d'Etat , qu'elle paroif
GALANT. 211
foit être de ſon caractere ,
mais qu'il affeuroit ne l'avoir
pas écute; qu'il avoit promis
à ce fauſſaire de luy donner
cent ſequins , & qu'il devoit
venir les prendre un tel jour.
Les Inquifiteurs ſe ſouvenant
du Curé de S. Mathias ,&fe
figurant que ſe pouvoit être
quelque malheureux qui contrefaifoit
toutes les écritures ,
dirent au Curé de S. Jean que
le jour que devoit venir cet
Accufateur ,leCapitaine , ou
leGrand- Prevôr ſe trouveroit
dans fon Eglife avec ſes Archers
, &que pour faire con
Sij
212 MERCURE
noître ledit Accuſateur lorf
qu'il luy parleroit , il n'avoit
qu'à ſe moucher pluſieurs
fois . L'Accuſateur vint à
point nommé trouver leCuré
pour recevoir les cent ſequins,
&fut le chercher dans ſon
Eglife , où il confeſſoit. Le
Curé l'aborda , ſe moucha ,
& auffitoft les Archers du Prevôt
ſe ſaiſirent de ſa perſonne
,& le conduiſirent en prifon
, où il fut appliqué à la
queſtion , & où il confefſa
tous ſes crimes .
Le Curé de S. Mathias fut
reconnu innocent & mis en
GALANT. 2133
liberté avec une joye extraor
dinaire de tout le peuple ,&
l'Accuſateur a été étranglé,&
attaché enſuite à une porence
fur la place pendant tout un
jour. C'est la Justice ordinaire
des Inquifiteurs d'Etat , differente
du Conseil des Dix , qui
fait mouter les criminels en pu
blic.
Ce Curé a donné dans cette
horrible extrêmité une preuve
de la conſtance & de la fermetéd'un
veritable Chrétien
If a fouffert toutes les tortures
ſans jamais s'en plaindre ,
&preferé ſon devoir à ſa vic.
214 MERCURE
Peu de jours aprés fon empriſonnement
, ſon Accuſateur
fut ſe confeffer au Curé de
S. Caffan , & luy dit avoir accuſé
injuſtement le Curé de
S. Mathias & qu'il pouvoit
luy confier ſa Confeſſion , ce
qu'il fit ; mais connoiffant
parce moyenſonAccuſateur,
il crût que ſa Religion luy
deffendoit abſolument de le
déclarer. Enfin quoyqu'il foit
forti de priſon il ya huit jours,
il n'eſt retourné chez luy qu'-
hier , pour éviter la grande
quantité de peuple qui meurt
d'envie de le voir.
GALANT . 215
Cet Accuſateur étoit Ferrarois
,& avoit tiré cinquante
piſtoles en pluſieurs fois du
grand Chancelier deffunt, par
des Lettres contrefaites de fon
caractere . Il a joüé le même
tour à pluſieurs autres perfonnes.
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Résumé : Etrange avanture arrivée à Venise au Curé de S. Mathias accusé d'entretenir des correspondances criminelles en France, & sa justification. [titre d'après la table]
En septembre 1714, un curé de la paroisse de Saint-Mathias, âgé d'environ 60 ans, est arrêté à Venise sur ordre des Inquisiteurs de l'État pour une accusation de correspondance en France. Cette accusation repose sur une lettre compromettante écrite par un faux accusateur ayant imité l'écriture du curé. Malgré plusieurs séances de torture, le curé affirme son innocence. Il est condamné à la prison perpétuelle. Plus tard, l'accusateur est arrêté alors qu'il tentait de faire chanter le curé de Saint-Jean en lui montrant une lettre falsifiée. Les Inquisiteurs tendent un piège à l'accusateur et le capturent. Le curé de Saint-Mathias est alors libéré, accueilli avec joie par le peuple. L'accusateur, originaire de Ferrare, est exécuté publiquement. Il avait déjà extorqué de l'argent à plusieurs personnes, y compris au grand chancelier défunt, en utilisant des lettres contrefaites.
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1428
p. 258-275
NOMS de Messieurs les Plenipotentiaires & Envoyez qui se sont trouvez au Congrez de la Paix à Bade, commencé le cinquième Juin 1714.
Début :
M Jean Pierre de Goës, Comte du Saint Empire Romain [...]
Mots clefs :
Duc, Comte, Prince, Baron, Empereur, Roi de France, Électeur, Abbé, Princes, Évêques, Congrès de la paix à Bade, Paix, Bade, Congrès, Envoyés, Plénipotentiaires
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texteReconnaissance textuelle : NOMS de Messieurs les Plenipotentiaires & Envoyez qui se sont trouvez au Congrez de la Paix à Bade, commencé le cinquième Juin 1714.
NOMS :
de Meſſicurs les Plenipoten-
1. tiaires &Envoyez qui fe
font trouvez au Congrez de
la Paix à Bade , commencé
le cinquiémeJuin 1714 .
De la part de l'Empereur.
i
M Jean Pierre de Goës ,
Comte du Saint Empire Romain
, Baron de Carleſbergà
Monbourg , Seigneur à Razzenegg
,Ebentalbach , Porhnftein
, & Liebenfels , & c. Conſeiller
de Sa Majesté Imperiale
GALANT. 259
*
& Catholique , Gouverneur
:du Duché de Carinthie , Ambaffadeur
Extraordinaire &
Plenipotentiaire au Congrez
de la Paix à Bade .
M Jean Friderich , Comte
de Scilern , &c. Confeiller &
Affeſſeur dela Chancellerie de
Cour , & Ambaſſadeur Extraordinaire
de Sa Majesté Imperiale
au Congrez de la Paix
àBade.
DuRoyde France.
M. François Charles deVinithamille
, des Comtes de Mar
Yij
260 MERCURE
ſeille , Comte du Luc , Marquis
de la Marthe, Lieutenant
du Roy en Provence , Commandeur
de l'Ordre de Saint
Loüis , Gouverneur des Ifles
Porquerolles , Ambaſſadeur
ordinaire de Sa Majefté aux
Ligues Suiffes & Grifons , &
fon Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire au
Congrez de la Paix.
M. Barberie , Seigneur de
faint Contest , Conſeiller du
Roy en tous ſes Conſeils ,
Maiſtre des Requeſtes ordinaire
de ſon Hoſtel , Intendant
de Juſtice , Police & Fi
GALANT . 161
nances des trois Evêchez de
Metz , Toul , & Verdun , au
Pays de la Sarre & de l'Armée,
Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire de Sa Majeſté
au Congrez de la Paix à
Bade.
A
Son Alteſſe Monfieur.
Le Prince Henry d'Auvergne,
Grand Prevoſt de Strafbourg.
B
Del'Electeur de Baviere.
M. le Baron de Malknecht
>
262 MERCURE
Miniftre & Conſeiller d'Etat
de ſon A. E. de Baviere.
De l'Evesque de Bafle.
M Hauſt , Eveſque deDomitiopolis
, Suffragant &
Grand Doyen du Chapitre de
Bafle.
Des Princes de Birkenfeld.
M. Simon , Confeiller.
C
De l'Electeur de Cologne.
M. le Baron Kargde BeGALANT.
263
benbourg , Grand Chancelier
&Premier Miniſtre de ſon A.
E. Abbé du Mont de ſaint
Michel en Normandie.
Son Alteffe .
M. l'Abbé de Gonzague ,
Prince de Caſtillon , &c,
De Madame la Princeffe , veuve
deM. le Prince de Condé.
M. l'Abbé duBos.
D
DuMarquis de Bade- Dourlach.
M. Stadelman .
264 MERCURE
E
DeMadame la Ducheffe
d'Elbeuf.
M. le Comte Cremone ,
Gentilhomme de la Chambre
de feu M. le Duc deMantouë.
F
De la part des Etats Generaux
des Provinces-Unies..
M. Jean- Louis Ronchel ,
leur Secretaire , Reſident en
Suiffe.
G
GALANT. 268
ر
Du Duc de Guastalla .
M. leComte Loüis Canta
ni , Chambellan & Confcillet
intime de S. A. S. Antoine
Gonzague Duc de Guaſtalla
& Sabionnette, &c.
27 : pradDenGennes
07
2
T
4
M. de Sorba, Miniſtre d'Erat
& Reſident ordinaire à
H
DuLandgrave de Heffe-Caffel.
of germinalline morbent
M. le Baron de Mal ron de Malſbourg ,
Septembre 1714. Z
06 MERCURE
)
Miniſtre & Conſeiller Privé
deM. le Landgrave de Helle-
Caffel
M
Du Landgrave de Heffein
al 90635588 angesmoo
M.de Malcowsky, Con
ſeiller Privé& en même tems
Ple-
S. A.S. Ic
aauufſlſii Envobyyée&&MMiinniſtre
nipotentiaire de S.
Duc de Saxe Gotha , & des
Princes & Etats Proteftansda
Cercle du Haut Rhin , &c.
M. le Landgrave Guillaume le
jeune de Heffe-Rhinfels.
GALANT. 267
Des Chapitresde Hildesheim,
Spire.
M. le Baron de Twikel
d'Havixbek , Chanoine des
Cathedrales d'Hildesheim &
Spire , Archidiacre à Goflar,
Conſeillerd'Etat de l'Evêché
d'Hildesheim , Seigneur de
Meubourg.
DuPrinced'Ifenghein. 1
M. Sanfor , Conſeiller &
Intendant dudit Prince.
Zij
468 MERCURE
1
Du Duc de Lorraine .
M. le Begue , Seigneur de
Germini , & de Lhelod de
Chantreine ,&c. Conſeiller &
Secretaire d'Etat , Garde des
?.
Sceaux de S. A. R. de Lorraine.
Du Chapitre de Liege.
M. le Baron de Vanſoul,
Abbé de Damas , Chanoine
du Chapitre de Liege
GALANT. 269
DeM. le Prince de Ligne.
M. Merode.
M
DeModene.
M. le Comte Jean FrançoisBergomy
, Gentilhomme
de la Chambre , Conſeiller
d'Etat , Gouverneur de la Province
de Garffagnane.
M. l'Abbé Giardini , Conſeiller
& Miniſtre d'Etat de
fon A. S. le Duc de Modene.
Zij
270 MERCURE
• Du Duc de la Mirandole.
M. Regnault Dulioli , Noble
de Bologne ; Profeffeur
public dans les Univerſitez de
Bologne & Padouë.
Du Princede Montbeliard.
M. Charles Leopold Leſpe
rance,Baron de Sanderſleben.
M. Julien Guillaume de
Siegman, Confeiller.
M. Jacques Chriftophe
Cuvier , Confeiller,
GALANT. 277
N
M. le Prince de Naffan Sigben,
10
M. Rivage Co N
Eu-
M
Du Cardinal Ottoboni .
Dung ab pleપવા રૂચીગ
Il P. Ludovico Maria Mau
ro de Chierici Regolari minori
Cowls Mile Comte Paffionci, Reverondaire
de l'une & l'autre
fignature , Prelat domestique
Zamj
272 MERCURE
&Camerier ſecret de ſa Sainreté,
&c.
DuRoy de Pruffe. I
M. le Comte de Metternicht
,Chambellan de ſa Majeſté
Royale de Pruffe , Envoyé
à la Dicte de l'Empire à
Auſbourg.
DuDuc deParme.
bot
M. le Comte OctavioSaint
Severin d'Aragon , Comte
d'O'za , Gentilhomme de la
Chambre de S. A. S. le Duc
de Parme.
GALANT. 273.
François Marie Spinola ,
Duc de ſaint Pierre , Prince
deMolfeta ,&c Grand d'Efpagne
, Gentilhomme de la
Chambre de S.M.C. &Grand
Maistre de la Maiſon de la
Reine Doüaitiere ,&c? g
20
:
Du Roy de Sicile.
M. de Melarede , Miniſtre
d'Etat de S. M. Sicilienne ,
Premier Préſident de la Chambre
des Comptes de Turin..
A
هق
274 MERGURE
८ slu 192 De Spirecto
M. Drieshe , ConſeillerAu
lique & Directeur de laCham.
bre des Finances de S. A.
Monfieur l'Evêque & Prince
de Spire
T
De l'Electeur de Treves.
M. deUmbſcheinden,Con
ſeiller Privé d'Etat de S. A. E.
de Trevesationele M
Du Grand- Maistre de l'ordre
Teutonique.
M. le Baron de Waldecker
GALANT 378
Commandeur de Virnsberg
& Willembourg
M. Veringen , Confciller
de S. A. S.
W
১৯০
Du Duc de Wirtemberg.
M. de Heſpen , Miniſtre
d'Etat intime de Son A. S.
Monſeigneur le Duc Regens
de Wirtemberg:
Des Marquis Malaspina de
Mulezo&Madrignano.
M. l'Abbé Jean -Baptiste
Cioli.
de Meſſicurs les Plenipoten-
1. tiaires &Envoyez qui fe
font trouvez au Congrez de
la Paix à Bade , commencé
le cinquiémeJuin 1714 .
De la part de l'Empereur.
i
M Jean Pierre de Goës ,
Comte du Saint Empire Romain
, Baron de Carleſbergà
Monbourg , Seigneur à Razzenegg
,Ebentalbach , Porhnftein
, & Liebenfels , & c. Conſeiller
de Sa Majesté Imperiale
GALANT. 259
*
& Catholique , Gouverneur
:du Duché de Carinthie , Ambaffadeur
Extraordinaire &
Plenipotentiaire au Congrez
de la Paix à Bade .
M Jean Friderich , Comte
de Scilern , &c. Confeiller &
Affeſſeur dela Chancellerie de
Cour , & Ambaſſadeur Extraordinaire
de Sa Majesté Imperiale
au Congrez de la Paix
àBade.
DuRoyde France.
M. François Charles deVinithamille
, des Comtes de Mar
Yij
260 MERCURE
ſeille , Comte du Luc , Marquis
de la Marthe, Lieutenant
du Roy en Provence , Commandeur
de l'Ordre de Saint
Loüis , Gouverneur des Ifles
Porquerolles , Ambaſſadeur
ordinaire de Sa Majefté aux
Ligues Suiffes & Grifons , &
fon Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire au
Congrez de la Paix.
M. Barberie , Seigneur de
faint Contest , Conſeiller du
Roy en tous ſes Conſeils ,
Maiſtre des Requeſtes ordinaire
de ſon Hoſtel , Intendant
de Juſtice , Police & Fi
GALANT . 161
nances des trois Evêchez de
Metz , Toul , & Verdun , au
Pays de la Sarre & de l'Armée,
Ambaſſadeur Extraordinaire
& Plenipotentiaire de Sa Majeſté
au Congrez de la Paix à
Bade.
A
Son Alteſſe Monfieur.
Le Prince Henry d'Auvergne,
Grand Prevoſt de Strafbourg.
B
Del'Electeur de Baviere.
M. le Baron de Malknecht
>
262 MERCURE
Miniftre & Conſeiller d'Etat
de ſon A. E. de Baviere.
De l'Evesque de Bafle.
M Hauſt , Eveſque deDomitiopolis
, Suffragant &
Grand Doyen du Chapitre de
Bafle.
Des Princes de Birkenfeld.
M. Simon , Confeiller.
C
De l'Electeur de Cologne.
M. le Baron Kargde BeGALANT.
263
benbourg , Grand Chancelier
&Premier Miniſtre de ſon A.
E. Abbé du Mont de ſaint
Michel en Normandie.
Son Alteffe .
M. l'Abbé de Gonzague ,
Prince de Caſtillon , &c,
De Madame la Princeffe , veuve
deM. le Prince de Condé.
M. l'Abbé duBos.
D
DuMarquis de Bade- Dourlach.
M. Stadelman .
264 MERCURE
E
DeMadame la Ducheffe
d'Elbeuf.
M. le Comte Cremone ,
Gentilhomme de la Chambre
de feu M. le Duc deMantouë.
F
De la part des Etats Generaux
des Provinces-Unies..
M. Jean- Louis Ronchel ,
leur Secretaire , Reſident en
Suiffe.
G
GALANT. 268
ر
Du Duc de Guastalla .
M. leComte Loüis Canta
ni , Chambellan & Confcillet
intime de S. A. S. Antoine
Gonzague Duc de Guaſtalla
& Sabionnette, &c.
27 : pradDenGennes
07
2
T
4
M. de Sorba, Miniſtre d'Erat
& Reſident ordinaire à
H
DuLandgrave de Heffe-Caffel.
of germinalline morbent
M. le Baron de Mal ron de Malſbourg ,
Septembre 1714. Z
06 MERCURE
)
Miniſtre & Conſeiller Privé
deM. le Landgrave de Helle-
Caffel
M
Du Landgrave de Heffein
al 90635588 angesmoo
M.de Malcowsky, Con
ſeiller Privé& en même tems
Ple-
S. A.S. Ic
aauufſlſii Envobyyée&&MMiinniſtre
nipotentiaire de S.
Duc de Saxe Gotha , & des
Princes & Etats Proteftansda
Cercle du Haut Rhin , &c.
M. le Landgrave Guillaume le
jeune de Heffe-Rhinfels.
GALANT. 267
Des Chapitresde Hildesheim,
Spire.
M. le Baron de Twikel
d'Havixbek , Chanoine des
Cathedrales d'Hildesheim &
Spire , Archidiacre à Goflar,
Conſeillerd'Etat de l'Evêché
d'Hildesheim , Seigneur de
Meubourg.
DuPrinced'Ifenghein. 1
M. Sanfor , Conſeiller &
Intendant dudit Prince.
Zij
468 MERCURE
1
Du Duc de Lorraine .
M. le Begue , Seigneur de
Germini , & de Lhelod de
Chantreine ,&c. Conſeiller &
Secretaire d'Etat , Garde des
?.
Sceaux de S. A. R. de Lorraine.
Du Chapitre de Liege.
M. le Baron de Vanſoul,
Abbé de Damas , Chanoine
du Chapitre de Liege
GALANT. 269
DeM. le Prince de Ligne.
M. Merode.
M
DeModene.
M. le Comte Jean FrançoisBergomy
, Gentilhomme
de la Chambre , Conſeiller
d'Etat , Gouverneur de la Province
de Garffagnane.
M. l'Abbé Giardini , Conſeiller
& Miniſtre d'Etat de
fon A. S. le Duc de Modene.
Zij
270 MERCURE
• Du Duc de la Mirandole.
M. Regnault Dulioli , Noble
de Bologne ; Profeffeur
public dans les Univerſitez de
Bologne & Padouë.
Du Princede Montbeliard.
M. Charles Leopold Leſpe
rance,Baron de Sanderſleben.
M. Julien Guillaume de
Siegman, Confeiller.
M. Jacques Chriftophe
Cuvier , Confeiller,
GALANT. 277
N
M. le Prince de Naffan Sigben,
10
M. Rivage Co N
Eu-
M
Du Cardinal Ottoboni .
Dung ab pleપવા રૂચીગ
Il P. Ludovico Maria Mau
ro de Chierici Regolari minori
Cowls Mile Comte Paffionci, Reverondaire
de l'une & l'autre
fignature , Prelat domestique
Zamj
272 MERCURE
&Camerier ſecret de ſa Sainreté,
&c.
DuRoy de Pruffe. I
M. le Comte de Metternicht
,Chambellan de ſa Majeſté
Royale de Pruffe , Envoyé
à la Dicte de l'Empire à
Auſbourg.
DuDuc deParme.
bot
M. le Comte OctavioSaint
Severin d'Aragon , Comte
d'O'za , Gentilhomme de la
Chambre de S. A. S. le Duc
de Parme.
GALANT. 273.
François Marie Spinola ,
Duc de ſaint Pierre , Prince
deMolfeta ,&c Grand d'Efpagne
, Gentilhomme de la
Chambre de S.M.C. &Grand
Maistre de la Maiſon de la
Reine Doüaitiere ,&c? g
20
:
Du Roy de Sicile.
M. de Melarede , Miniſtre
d'Etat de S. M. Sicilienne ,
Premier Préſident de la Chambre
des Comptes de Turin..
A
هق
274 MERGURE
८ slu 192 De Spirecto
M. Drieshe , ConſeillerAu
lique & Directeur de laCham.
bre des Finances de S. A.
Monfieur l'Evêque & Prince
de Spire
T
De l'Electeur de Treves.
M. deUmbſcheinden,Con
ſeiller Privé d'Etat de S. A. E.
de Trevesationele M
Du Grand- Maistre de l'ordre
Teutonique.
M. le Baron de Waldecker
GALANT 378
Commandeur de Virnsberg
& Willembourg
M. Veringen , Confciller
de S. A. S.
W
১৯০
Du Duc de Wirtemberg.
M. de Heſpen , Miniſtre
d'Etat intime de Son A. S.
Monſeigneur le Duc Regens
de Wirtemberg:
Des Marquis Malaspina de
Mulezo&Madrignano.
M. l'Abbé Jean -Baptiste
Cioli.
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Résumé : NOMS de Messieurs les Plenipotentiaires & Envoyez qui se sont trouvez au Congrez de la Paix à Bade, commencé le cinquième Juin 1714.
Le document décrit la liste des plénipotentiaires et envoyés présents au Congrès de la Paix à Bade, qui a commencé le 5 juin 1714. Les représentants incluent plusieurs dignitaires de haut rang. Pour l'Empereur, les représentants sont Jean Pierre de Goës, Comte du Saint Empire Romain, et Jean Friderich, Comte de Scilern. Pour le Roi de France, les représentants sont François Charles de Vinithamille, Comte de Marville, et Barberie, Seigneur de Saint Contest. Divers princes et États sont également représentés, notamment le Prince Henry d'Auvergne, le Baron de Malknecht pour l'Électeur de Bavière, l'Évêque de Bâle, les Princes de Birkenfeld, l'Électeur de Cologne, Madame la Princesse veuve de Monsieur le Prince de Condé, le Marquis de Bade-Dourlach, Madame la Duchesse d'Elbeuf, les États Généraux des Provinces-Unies, le Duc de Guastalla, le Landgrave de Hesse-Cassel, le Landgrave de Hesse-Hanau, le Duc de Saxe Gotha, les Princes et États protestants du Cercle du Haut Rhin, les Chapitres d'Hildesheim et de Spire, le Prince d'Isembourg, le Duc de Lorraine, le Chapitre de Liège, le Prince de Ligne, le Duc de Modène, le Duc de la Mirandole, le Prince de Montbéliard, le Cardinal Ottoboni, le Roi de Prusse, le Duc de Parme, le Roi de Sicile, l'Évêque et Prince de Spire, l'Électeur de Trèves, le Grand-Maître de l'ordre Teutonique, le Duc de Wurtemberg, et les Marquis Malaspina de Mulazzo et Madrignano. Ces individus sont identifiés par leurs titres et fonctions respectifs, avec quelques détails supplémentaires pour certains.
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1429
p. 276-304
NOUVELLES de ce qui se passe dans Barcelone, & la disposition des Troupes.
Début :
Du 21. Aoust. Il y a dans cette place 2000. [...]
Mots clefs :
Barcelone, Hommes, Rebelles, Mines, Troupes, Régiment, Tranchée, Armes, Bataille, Maréchal de Berwick, Détachement
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES de ce qui se passe dans Barcelone, & la disposition des Troupes.
NOUVELLES
** de ce qui ſe paſſe dans Barcelone
, & la difpofition des
Troupes.
Du 21. Aouft
Il ya dans cette Place 2000.
hommes de Troupes reglées
tant Infanterie que Cavalerie.
Les Chefs des Rebelles
font le premier Villaroüel ,
le ſecond c'eſtoit Poanton
Lieutenant General , il eſt
deferté ,& fon employ eft
encore vacant..
GALANT 277
Ilya un Major General de
Bataille qui s'appelle Jozepet.
Celuy qui commande la
Cavaleric est le Chevalier
Romana , le Commandant de
l'Artillerie eſt Balet qui eft
auſſi Ingenieur en chef Bru
no Torner eft Capitaine de
Bombardiers , & Pacheras eft
Capitaine des Mineurs .
Le Regiment de la Colonelle
est composé de fix Ba
taillons de soo. hommes,
Le nombre des Habitans
qui prennent les armes &qui
font actuellement le Service
va à 3000. hommes qui font
178 MERCURE
parmy les Troupes reglées ;
&le Regiment de la Colo-
7 Les Places d'Armes font
au nombre de trois , la pre
miere s'étend depuis Sainte
Catherine juſqu'à la Chapelle
de Marcos , la ſeconde au
Palais ,& la troifiéme à la
Mercediosla
- Ceux qui occupent la Demi-
Lune de la porte neuve ,
ont actuellement unRenfort
à faint Pierre & au Jardin de
ce Convent.
Le renfort de la breſche eſt
à laplacede ſaint Pierre.Ceux
GALANT 299
qui gardent la Denni Lune de
fainte Claire ont le leur à la
Celuy de la garde du Baf
tion du Levant eft à l'Aucata.
Dans l'écurie de l'Aucata ,
il y a toûjours cent chevaux
de Piguet quo
ס נ ו כ כ
obDans le Jardin de Gury , ily
aauffi cens chevaux de Piquet
hors laVille le long de laMer.
Le fignal pour l'allarme c'eſt
le toquefin , lors duquel ils
font tous obligez de prendre
les armes , & ceux qui refuſent
de marcher font pris &
mis en prifon.
280 MERCURE
1
La coupure qui eſt derriere
la bieſche prend depuis la
porte neuve juſqu'aux Poten
ces; l'ona abattu toutes les
Egliſes&maiſonsdepuis faint
Auguſtin juſqu'aux Bouche-
Cette coupure eſt dans ſa
perfection ; il y a une grande
place d'armes,avec un grand
foffé de douze pieds de profondeur
& dix de largeur. La
muraille eſt de pierre & de
terre d'argile ; l'on y a mis
cinq pieces de canon ſur les
deux coſtez chargées à
touche.
a car-
1
Il
GALANT. 281
Ilyadans la PlaceunConfeil
de guerre qu'on appelle
Junta magna , où aſſiſtent le
Gouverneur de laProvince appelléTorrellas
, qui eſtant fort
âgé a pour Lieutenans Don
Francifco Sayol ,DonJoſeph
de Pinot, le Comte de Po
nonos,leComte de Plazencia,
leMarquis de Sermanat , Don
Fiancilco Sivaller , & Don
Emmanuel Ferrer, coup inq
Ceux qui ont foin de faire
payer les Troupes, font Salvador
Felice , Juan Llinas , Ci
toven , Chattople Llado , le
Docteur Monnar,Medecin
Septembre 1714. Aa
281 MERCURE
/
4
Francifco Moſcaro , Marchand
auffi bien que Joſeph
Durand , Muriano Durand,
Comallas , Juan Albaret ,&
le nommé Fer. L'argent ſe
prend par tout où l'on ſçait
qu'il yen a de gré ou de for
co , & ceux qui refuſent dele
donner font pris & mis en
prifon.
Le nombre des bleſſez depuis
qu'on bat en brefehe
pour aller à 600 hommes.
Lc 14. Août le Comte
Don Jofeph Mata,DonCar
los Ribera ,Don Magin Ninot,
Don Francifco de laVoGALANY.
ga,& le fils du Juge Salvador
furent tuez; le fils aîné de Be
rardo avec deux fils de Llinas
farent bleſſeze 2ob ediểu
Ua sûr dans l'action du
même jour soo hommes tucz
A
A Gironne le 8, Septembre
D
Par lesLettres ddou quarre,
Monfieur , que je viens de
IsEcupiti du Campideyang
Barcelone,j'apppprreenndd que les
nouvelles batteries conti
nuoient àtiter vivement pour
ouvrir les nouvelles breches
Aaij
284 MERCURE
& qu'elles eltoient prelqueen
eftat auſſi bien que les Mines.
L'on me mande que M. le
Maréchal de Berwick avoit
fait fommet le 3. les Barcelonois
pour la premiere &
derniere fois ; ils répondirent
qu'ils alloient aff mbler leurs
Confeils que cela feroit un
peu long , mais qu'ils feroient
A
leurs réponſes Le 4 au foir
tirer de
elle n'eſtoir pas encore venue.
L'on continue cependant de
part & d'autre &l'on
croit qu'ils ne ſe prefferont
pas de la faire , parce que le
defordre que les caux ont
A
GALANT. 285
1
fait à la tranchée & dans les
Mines leur a donné de nou
velles efperances &relevé leur
courages il eſt certain que la
famine eſt dans cette Places
beaucoup de gens voudroient
en fortir , mais M. le Maréchal
de Berwick veurs que
Ponles'y faffe rentrer & cela
s'execute régulierement. Le 32
plus de 200 perſonnes entre
Jefquelles ily avoir beaucoup
defemmes ,parurent hors de
la Ville pour fortirsen implo
rant lamifericorde du Roy&
crane vive Philippes Vo mais
en les obligeaàrentrer
286 MERCURE
que
Il fait un temps fi affreux
depuis 10, ou 12. jours que
toutes les tranchées ont eſté
inondées , & qu'il eſt entré
beaucoup d'eau dans les Mines
,ce qui retardera encore
le Siege quelque tempsiolo
Paredes Lettres du
je viens de recevoir de Mataro
, l'on me mande qu'un
Enſeigne ayantdeferté de la
Place avec fix foldats , avoit
dit que le Confeil eſtoit encore
affemblé ,que l'on difoit
que trois perfonnes avoient
ſté nommées pour aller par
Jet àMonfieur deMaréchal de
GALANT. 287
Berwick, alçavoir leGeneral
de Bataille Joſeper , le Marquis
de Tamarit ,& le Comte
de Placentia. Que l'on ne ſçavoit
pas quel jour ce feroit;
mais que s'il y avoit quelque
retardement ce n'estoit qu'à
cauſe du déſordre que l'on
[çavoit que les eaux avoient
fait dans la tranchée & dane
les Mines, ce qui leur avoi
selevé le courage.201
Quant à ce qui ſe paſſedans
IePaysducoſtéde la Marine,le
Village de Saint Hiſcle a eſté
pillé Sentierement brulé
par le détachement deMon
188 MERCURE
fieur de Valloute queſtoir
à Tordera ; & deux autres
des Troupes d'Eſpagne qui
s'y estoient joint Les Rebelles
ſe ſont appro hez ' aprés
avoir abandonne Canet ; mais
lors qu'ils fçûrent que l'on
marchoit de ce colte là , ils
fitent la même manoeuvre ,
ainſi la chofe fut faite fans
refittance
C'eſt unVillage ſitué dans
un pays tres difficile prés de
la Mer qui ſervoit de retraite
& de magaſin aux Rebelles
dont ils farfoient continuellement
porter des vivres
Saint
GALANT. 289
Saint Paul & Canet pour
Barcelone.
Monfieur de Vallouſe a
auſſi fait bruler à ſon retour
ſept Barques de Barcelone
avec leurs agrés qu'il trouva
àCanet & à Saint Paul.
Pour ce qui eſt de la Montagne,
Monfieur de Rauchop
eſt toûjours avec un détachement
du coſté de Ripoüille ,
& Meragas ,s'eſt retiré un
peu plus loin du côté de la
Puebla qui eſt à quatre heures
de là.
Les Rebelles s'y eſtoient
aſſemblez pour faire de nou-
Septembre 17 14 . Bb
290 MERCURE
veau ſoulever le pays ; mais
comme l'on n'a ſçû depuis
qu'ils avoient marché du côté
de Manresa , Monfieur de
Bracamonté profite de ce
temps là pour aller bruler de
nouveau Arbucia où il y a un
autre corps de Rebelles. Monfieur
le Comte de Frenne a
envoyé un détachement dans
la Plaine de Vich , pour le
favoriſer dans ſon expedition :
c'eſt un endroitdans le Mouſigny
qui eſt continuellement
ſous les armes & qui fert de
retraite & de magaſin aux
Rebelles.
GALANT. 297
Le deux de ce mois au matin
trois Officiers de Cavaleric
de la Ville vinrent au Camp
commedeferteurs. M. le Marêchal
de Berwick les interrogea
, les fit garder à veuë , &
enſuite embarquer pour Pcniſcola.
Le meſme jour deux unCapitaine
de Volontaires du
Marquis Delpoal deferta , &
eût une longue conference
avec M. le Mareſchal qui le fit
refter chez luy; l'on croit qu'il
doit aller joindre quelqu'un
des Camps volans detachez de
l'Armée contre cesRebelles.
Bb ij
292 MERCURE
Les nouvelles breches &
les mines vont parfaitement
bien , mais une grande pluye
qu'il fit hier pendant dix à
douze heures a inondé la
plus grande partie de la tranchée
,& fur tout mis beaucoup
d'eau dans les mines ,
dont quelque partie s'eſt
éboulée : on travailie à reparer
les dommages , cependant
ces orages réïterez cauſent du
retardement. Les Affiegez
pretendent avoir eventé la
mine des Eſpagnols qui eſt
ſous la courtine prés l'angle
rentrant du Baſtion de la porGALANT.
293
re neuve.. Mais on dit qu'elle
n'eſt point endommagée
d'autant plus que l'on a poufſé
un rameau d'un autre côté;
d'ailleurs on aſſeure que les
breches dont le nombre augmente
tous les jours , & qui
quand cette mine n'y ſeroit
pas feront encore 6. attaques,
Leront encore plus que ſuffifantes
,&tout ſe diſpoſe pour
leſdites attaques. Les Dragons
en auront une. Mole Marefchal
fait faire des échelles ,&
l'on en a déja porté beaucoup
avec un grand nombre de
grenades aux dépoſts que l'on
Bb iij
294 MERCURE
a formez prés les débouchez
marquez pour l'attaque des
breches.
M. le Maréchal voulut bien
les faire ſommer hier 3 à 10 .
heures du matin avant de les
expoſer à un affaut general ,
ils répondirent qu'ils affembleroient
leur conſeil : une
heure aprés ils demanderent fi
l'on ſouhaitoit pour ôrages
des hommes de guerre ou de
Magiftrature , ajoûtant qu'ils
ne pouvoient ceffer de tirer ,
de maniere que le feu a toûjours
continué de part &
d'autre;&quoyqu'il y ait prés
GALANT . 295
de 36. heures , il ne paroît pas
qu'ils ayent encore fait de réponſe.
L'on aſſeure neanmoins
qu'il eſt venu cette nuit deux
Exprés avec des Lettres dú
ſieur Villaroël qui ont fait
éveiller Monfieur le Maref
chal ; mais comme il a dit à
tout le monde que ce n'eſtoit
que des deferteurs , on a jugé
qu'il vouloit qu'on ignoraft
le reſte.
Le pain eft tres - rare & fort
cher dans Barcelone , d'où
les femmes viennent en grand
nombre fur le bordde nos lignes
pour tâcher d'en fortir ,
B b iiij
J
296 MERCURE
A
mais M. le Maréchal a donné
ordre par toutde les faire rentrer
par forcedans la Ville.
2. M. de Sardini Montriel
Lieutenant Colonel du Regiment
de la Marine , homme
tres eſtimé de toutes les manieres
a eu ce matin une jambe
emportée d'un coup de canon
, & l'autre tres endommagée
en deſcendant la tranchéc.
Enfin aprés trois jours entiers
pendant leſquels les Barcelonois
ont fait pluſieurs
aſſemblées generales leſquelles
auroient dû naturellement
GALANT. 297
finir pour envoyer les trois
Deputez qu'ils avoient nommez
dés le premier jour : le
réſultat du tout a eſté que le
nommé Jozepet General de
Bataille dans cette Ville ayant
demandé hier à parler àMonfieur
le Chevalier d'Hasfeld
qui eſtoit de tranchée , luy
rendit pour réponſe que la
Ville ne vouloit écouter aucunes
propefkions & luy demanda
enfuite s'il vouloit
quelque choſe de plus ; cela
fini il luy conſeilla de ſe retirer
promptement , &l'on recommença
à tirer de part & d'au298
MERCURE
tres ; l'extravagance de cette
réponſe étant encore mieux
marquée en Efpagnol comme
elle a eſté faite , on en joint
une copie à la preſente.
:
La nuit du quatre au cinq
les Affiegez firent une fortic
par deux endroits du chemin
couvert qui eſt prés de la
Redoute de la Mer , ils tomberent
fur les deux Compagnies
des Grensers du Regiment
d'Auvergne qui les
chafferent & leur tuerent
treize hommes ; mais des
Officiers de ces deux Compagnies
, ily en eutdeux deblef.
GALANT. 299
ſez , deux morts & vingtun
Grenadiers tuez oubleffez.
La nuit du cinq au fix il fit
une ſi grande pluye que ces
inondations réïterées obligerent
d'abandonner la Mine
des Eſpagnols , celle du ſieur
de Lorme pouvant eſtre plus
facilement réparée,on compte
qu'elle ſera en état au plus
tard le neuf..
Il entra encore avant hier
•aprés midy dans Barcelone
deux groffes Barques chargées
de proviſions à la veuë
de toute l'Armée ; on parle
d'en armer vingt- cinq ou tren300
MERCURE
te pour s'oppoſer à tous les
petits Baſtimens qu'ils font
entrer de cette maniere dans
laPlace.
Les Rebelles de la Montagne
s'eſtant raſſemblez devant
Manreze au nombre de plus
de 4000. l'ont attaqué &même
bleſſé à mort le Gouverneur
; mais les détachemens
qui ſont toûjours en campagne
s'eſtant réünis les en ont
chaffez.
Monfieur de Sardiny Lieutenant
Colonel du Regiment
de la Marine eſt mort des
bleſſures dont on a parlé. 3
GALANT 301
Respuesta bichaporla ciudadde
Barcelona dopalabra altenienté
General detrinxera Cavallero
d'Hasfeld el dia 6. Setiembre
1714. Segun que el general detrinxera
hauia propuesto dias.
Laciudad ha hecho tresjuntas
a refuelto lo figuiente.
La ciudad noquiere admittir
propofition alguna quiere V. E.
algoMas?
Le 7. de ce mois les Barcelonois
firent la réponſe ſuivante
à la ſommation qui leur
avoit été faite deux jours
avant.
Un Officier vint ſur labre302
MERCURE
che , & demanda à parler à
l'Officier General commendant
la tranchée , qui étoit M.
leChevalier d'Hasfeld , il luy
lut la réponſe , contenant que
la Députation de Barcelone
faiſoit ſçavoir à M. le Maréchal
de Berwick qu'elle n'avoit
aucune propoſitionàfaire
ni à recevoir.
Le 11. on a donné l'aſſaut
general fans avoir pu ſe
ſervir des Mines qui ſe trouvoient
toutes noyées , & on
s'eſt empaté de tous les trois
Baſtions attaquez , &des retranchemens
; les Barcelonois
GALANT. 303
eſtoient retranchez dans les
maiſons , & dans les ruës , &
avoient demandé à capituler ,
fur quoyMonfieur le Maref
chal de Berwick leur fit répondre
qu'ils ne pouvoient
demander autre choſe que
d'eſtre pris à diſcretion.
On en étoit là lors que M.
le Ducde Mortemart eft party.
On attend la fin de cette
affaire par M. le Marquis de
Broglio.
e M. de la Villemenu , Colonel
d'Orleans a un coup de
fufil au travers du corps .
M. de Tailleran la cuiſſe
coupéc.
304 MERCURE
M. dHoudetot un coup
de fuſil dans l'aîne.
** de ce qui ſe paſſe dans Barcelone
, & la difpofition des
Troupes.
Du 21. Aouft
Il ya dans cette Place 2000.
hommes de Troupes reglées
tant Infanterie que Cavalerie.
Les Chefs des Rebelles
font le premier Villaroüel ,
le ſecond c'eſtoit Poanton
Lieutenant General , il eſt
deferté ,& fon employ eft
encore vacant..
GALANT 277
Ilya un Major General de
Bataille qui s'appelle Jozepet.
Celuy qui commande la
Cavaleric est le Chevalier
Romana , le Commandant de
l'Artillerie eſt Balet qui eft
auſſi Ingenieur en chef Bru
no Torner eft Capitaine de
Bombardiers , & Pacheras eft
Capitaine des Mineurs .
Le Regiment de la Colonelle
est composé de fix Ba
taillons de soo. hommes,
Le nombre des Habitans
qui prennent les armes &qui
font actuellement le Service
va à 3000. hommes qui font
178 MERCURE
parmy les Troupes reglées ;
&le Regiment de la Colo-
7 Les Places d'Armes font
au nombre de trois , la pre
miere s'étend depuis Sainte
Catherine juſqu'à la Chapelle
de Marcos , la ſeconde au
Palais ,& la troifiéme à la
Mercediosla
- Ceux qui occupent la Demi-
Lune de la porte neuve ,
ont actuellement unRenfort
à faint Pierre & au Jardin de
ce Convent.
Le renfort de la breſche eſt
à laplacede ſaint Pierre.Ceux
GALANT 299
qui gardent la Denni Lune de
fainte Claire ont le leur à la
Celuy de la garde du Baf
tion du Levant eft à l'Aucata.
Dans l'écurie de l'Aucata ,
il y a toûjours cent chevaux
de Piguet quo
ס נ ו כ כ
obDans le Jardin de Gury , ily
aauffi cens chevaux de Piquet
hors laVille le long de laMer.
Le fignal pour l'allarme c'eſt
le toquefin , lors duquel ils
font tous obligez de prendre
les armes , & ceux qui refuſent
de marcher font pris &
mis en prifon.
280 MERCURE
1
La coupure qui eſt derriere
la bieſche prend depuis la
porte neuve juſqu'aux Poten
ces; l'ona abattu toutes les
Egliſes&maiſonsdepuis faint
Auguſtin juſqu'aux Bouche-
Cette coupure eſt dans ſa
perfection ; il y a une grande
place d'armes,avec un grand
foffé de douze pieds de profondeur
& dix de largeur. La
muraille eſt de pierre & de
terre d'argile ; l'on y a mis
cinq pieces de canon ſur les
deux coſtez chargées à
touche.
a car-
1
Il
GALANT. 281
Ilyadans la PlaceunConfeil
de guerre qu'on appelle
Junta magna , où aſſiſtent le
Gouverneur de laProvince appelléTorrellas
, qui eſtant fort
âgé a pour Lieutenans Don
Francifco Sayol ,DonJoſeph
de Pinot, le Comte de Po
nonos,leComte de Plazencia,
leMarquis de Sermanat , Don
Fiancilco Sivaller , & Don
Emmanuel Ferrer, coup inq
Ceux qui ont foin de faire
payer les Troupes, font Salvador
Felice , Juan Llinas , Ci
toven , Chattople Llado , le
Docteur Monnar,Medecin
Septembre 1714. Aa
281 MERCURE
/
4
Francifco Moſcaro , Marchand
auffi bien que Joſeph
Durand , Muriano Durand,
Comallas , Juan Albaret ,&
le nommé Fer. L'argent ſe
prend par tout où l'on ſçait
qu'il yen a de gré ou de for
co , & ceux qui refuſent dele
donner font pris & mis en
prifon.
Le nombre des bleſſez depuis
qu'on bat en brefehe
pour aller à 600 hommes.
Lc 14. Août le Comte
Don Jofeph Mata,DonCar
los Ribera ,Don Magin Ninot,
Don Francifco de laVoGALANY.
ga,& le fils du Juge Salvador
furent tuez; le fils aîné de Be
rardo avec deux fils de Llinas
farent bleſſeze 2ob ediểu
Ua sûr dans l'action du
même jour soo hommes tucz
A
A Gironne le 8, Septembre
D
Par lesLettres ddou quarre,
Monfieur , que je viens de
IsEcupiti du Campideyang
Barcelone,j'apppprreenndd que les
nouvelles batteries conti
nuoient àtiter vivement pour
ouvrir les nouvelles breches
Aaij
284 MERCURE
& qu'elles eltoient prelqueen
eftat auſſi bien que les Mines.
L'on me mande que M. le
Maréchal de Berwick avoit
fait fommet le 3. les Barcelonois
pour la premiere &
derniere fois ; ils répondirent
qu'ils alloient aff mbler leurs
Confeils que cela feroit un
peu long , mais qu'ils feroient
A
leurs réponſes Le 4 au foir
tirer de
elle n'eſtoir pas encore venue.
L'on continue cependant de
part & d'autre &l'on
croit qu'ils ne ſe prefferont
pas de la faire , parce que le
defordre que les caux ont
A
GALANT. 285
1
fait à la tranchée & dans les
Mines leur a donné de nou
velles efperances &relevé leur
courages il eſt certain que la
famine eſt dans cette Places
beaucoup de gens voudroient
en fortir , mais M. le Maréchal
de Berwick veurs que
Ponles'y faffe rentrer & cela
s'execute régulierement. Le 32
plus de 200 perſonnes entre
Jefquelles ily avoir beaucoup
defemmes ,parurent hors de
la Ville pour fortirsen implo
rant lamifericorde du Roy&
crane vive Philippes Vo mais
en les obligeaàrentrer
286 MERCURE
que
Il fait un temps fi affreux
depuis 10, ou 12. jours que
toutes les tranchées ont eſté
inondées , & qu'il eſt entré
beaucoup d'eau dans les Mines
,ce qui retardera encore
le Siege quelque tempsiolo
Paredes Lettres du
je viens de recevoir de Mataro
, l'on me mande qu'un
Enſeigne ayantdeferté de la
Place avec fix foldats , avoit
dit que le Confeil eſtoit encore
affemblé ,que l'on difoit
que trois perfonnes avoient
ſté nommées pour aller par
Jet àMonfieur deMaréchal de
GALANT. 287
Berwick, alçavoir leGeneral
de Bataille Joſeper , le Marquis
de Tamarit ,& le Comte
de Placentia. Que l'on ne ſçavoit
pas quel jour ce feroit;
mais que s'il y avoit quelque
retardement ce n'estoit qu'à
cauſe du déſordre que l'on
[çavoit que les eaux avoient
fait dans la tranchée & dane
les Mines, ce qui leur avoi
selevé le courage.201
Quant à ce qui ſe paſſedans
IePaysducoſtéde la Marine,le
Village de Saint Hiſcle a eſté
pillé Sentierement brulé
par le détachement deMon
188 MERCURE
fieur de Valloute queſtoir
à Tordera ; & deux autres
des Troupes d'Eſpagne qui
s'y estoient joint Les Rebelles
ſe ſont appro hez ' aprés
avoir abandonne Canet ; mais
lors qu'ils fçûrent que l'on
marchoit de ce colte là , ils
fitent la même manoeuvre ,
ainſi la chofe fut faite fans
refittance
C'eſt unVillage ſitué dans
un pays tres difficile prés de
la Mer qui ſervoit de retraite
& de magaſin aux Rebelles
dont ils farfoient continuellement
porter des vivres
Saint
GALANT. 289
Saint Paul & Canet pour
Barcelone.
Monfieur de Vallouſe a
auſſi fait bruler à ſon retour
ſept Barques de Barcelone
avec leurs agrés qu'il trouva
àCanet & à Saint Paul.
Pour ce qui eſt de la Montagne,
Monfieur de Rauchop
eſt toûjours avec un détachement
du coſté de Ripoüille ,
& Meragas ,s'eſt retiré un
peu plus loin du côté de la
Puebla qui eſt à quatre heures
de là.
Les Rebelles s'y eſtoient
aſſemblez pour faire de nou-
Septembre 17 14 . Bb
290 MERCURE
veau ſoulever le pays ; mais
comme l'on n'a ſçû depuis
qu'ils avoient marché du côté
de Manresa , Monfieur de
Bracamonté profite de ce
temps là pour aller bruler de
nouveau Arbucia où il y a un
autre corps de Rebelles. Monfieur
le Comte de Frenne a
envoyé un détachement dans
la Plaine de Vich , pour le
favoriſer dans ſon expedition :
c'eſt un endroitdans le Mouſigny
qui eſt continuellement
ſous les armes & qui fert de
retraite & de magaſin aux
Rebelles.
GALANT. 297
Le deux de ce mois au matin
trois Officiers de Cavaleric
de la Ville vinrent au Camp
commedeferteurs. M. le Marêchal
de Berwick les interrogea
, les fit garder à veuë , &
enſuite embarquer pour Pcniſcola.
Le meſme jour deux unCapitaine
de Volontaires du
Marquis Delpoal deferta , &
eût une longue conference
avec M. le Mareſchal qui le fit
refter chez luy; l'on croit qu'il
doit aller joindre quelqu'un
des Camps volans detachez de
l'Armée contre cesRebelles.
Bb ij
292 MERCURE
Les nouvelles breches &
les mines vont parfaitement
bien , mais une grande pluye
qu'il fit hier pendant dix à
douze heures a inondé la
plus grande partie de la tranchée
,& fur tout mis beaucoup
d'eau dans les mines ,
dont quelque partie s'eſt
éboulée : on travailie à reparer
les dommages , cependant
ces orages réïterez cauſent du
retardement. Les Affiegez
pretendent avoir eventé la
mine des Eſpagnols qui eſt
ſous la courtine prés l'angle
rentrant du Baſtion de la porGALANT.
293
re neuve.. Mais on dit qu'elle
n'eſt point endommagée
d'autant plus que l'on a poufſé
un rameau d'un autre côté;
d'ailleurs on aſſeure que les
breches dont le nombre augmente
tous les jours , & qui
quand cette mine n'y ſeroit
pas feront encore 6. attaques,
Leront encore plus que ſuffifantes
,&tout ſe diſpoſe pour
leſdites attaques. Les Dragons
en auront une. Mole Marefchal
fait faire des échelles ,&
l'on en a déja porté beaucoup
avec un grand nombre de
grenades aux dépoſts que l'on
Bb iij
294 MERCURE
a formez prés les débouchez
marquez pour l'attaque des
breches.
M. le Maréchal voulut bien
les faire ſommer hier 3 à 10 .
heures du matin avant de les
expoſer à un affaut general ,
ils répondirent qu'ils affembleroient
leur conſeil : une
heure aprés ils demanderent fi
l'on ſouhaitoit pour ôrages
des hommes de guerre ou de
Magiftrature , ajoûtant qu'ils
ne pouvoient ceffer de tirer ,
de maniere que le feu a toûjours
continué de part &
d'autre;&quoyqu'il y ait prés
GALANT . 295
de 36. heures , il ne paroît pas
qu'ils ayent encore fait de réponſe.
L'on aſſeure neanmoins
qu'il eſt venu cette nuit deux
Exprés avec des Lettres dú
ſieur Villaroël qui ont fait
éveiller Monfieur le Maref
chal ; mais comme il a dit à
tout le monde que ce n'eſtoit
que des deferteurs , on a jugé
qu'il vouloit qu'on ignoraft
le reſte.
Le pain eft tres - rare & fort
cher dans Barcelone , d'où
les femmes viennent en grand
nombre fur le bordde nos lignes
pour tâcher d'en fortir ,
B b iiij
J
296 MERCURE
A
mais M. le Maréchal a donné
ordre par toutde les faire rentrer
par forcedans la Ville.
2. M. de Sardini Montriel
Lieutenant Colonel du Regiment
de la Marine , homme
tres eſtimé de toutes les manieres
a eu ce matin une jambe
emportée d'un coup de canon
, & l'autre tres endommagée
en deſcendant la tranchéc.
Enfin aprés trois jours entiers
pendant leſquels les Barcelonois
ont fait pluſieurs
aſſemblées generales leſquelles
auroient dû naturellement
GALANT. 297
finir pour envoyer les trois
Deputez qu'ils avoient nommez
dés le premier jour : le
réſultat du tout a eſté que le
nommé Jozepet General de
Bataille dans cette Ville ayant
demandé hier à parler àMonfieur
le Chevalier d'Hasfeld
qui eſtoit de tranchée , luy
rendit pour réponſe que la
Ville ne vouloit écouter aucunes
propefkions & luy demanda
enfuite s'il vouloit
quelque choſe de plus ; cela
fini il luy conſeilla de ſe retirer
promptement , &l'on recommença
à tirer de part & d'au298
MERCURE
tres ; l'extravagance de cette
réponſe étant encore mieux
marquée en Efpagnol comme
elle a eſté faite , on en joint
une copie à la preſente.
:
La nuit du quatre au cinq
les Affiegez firent une fortic
par deux endroits du chemin
couvert qui eſt prés de la
Redoute de la Mer , ils tomberent
fur les deux Compagnies
des Grensers du Regiment
d'Auvergne qui les
chafferent & leur tuerent
treize hommes ; mais des
Officiers de ces deux Compagnies
, ily en eutdeux deblef.
GALANT. 299
ſez , deux morts & vingtun
Grenadiers tuez oubleffez.
La nuit du cinq au fix il fit
une ſi grande pluye que ces
inondations réïterées obligerent
d'abandonner la Mine
des Eſpagnols , celle du ſieur
de Lorme pouvant eſtre plus
facilement réparée,on compte
qu'elle ſera en état au plus
tard le neuf..
Il entra encore avant hier
•aprés midy dans Barcelone
deux groffes Barques chargées
de proviſions à la veuë
de toute l'Armée ; on parle
d'en armer vingt- cinq ou tren300
MERCURE
te pour s'oppoſer à tous les
petits Baſtimens qu'ils font
entrer de cette maniere dans
laPlace.
Les Rebelles de la Montagne
s'eſtant raſſemblez devant
Manreze au nombre de plus
de 4000. l'ont attaqué &même
bleſſé à mort le Gouverneur
; mais les détachemens
qui ſont toûjours en campagne
s'eſtant réünis les en ont
chaffez.
Monfieur de Sardiny Lieutenant
Colonel du Regiment
de la Marine eſt mort des
bleſſures dont on a parlé. 3
GALANT 301
Respuesta bichaporla ciudadde
Barcelona dopalabra altenienté
General detrinxera Cavallero
d'Hasfeld el dia 6. Setiembre
1714. Segun que el general detrinxera
hauia propuesto dias.
Laciudad ha hecho tresjuntas
a refuelto lo figuiente.
La ciudad noquiere admittir
propofition alguna quiere V. E.
algoMas?
Le 7. de ce mois les Barcelonois
firent la réponſe ſuivante
à la ſommation qui leur
avoit été faite deux jours
avant.
Un Officier vint ſur labre302
MERCURE
che , & demanda à parler à
l'Officier General commendant
la tranchée , qui étoit M.
leChevalier d'Hasfeld , il luy
lut la réponſe , contenant que
la Députation de Barcelone
faiſoit ſçavoir à M. le Maréchal
de Berwick qu'elle n'avoit
aucune propoſitionàfaire
ni à recevoir.
Le 11. on a donné l'aſſaut
general fans avoir pu ſe
ſervir des Mines qui ſe trouvoient
toutes noyées , & on
s'eſt empaté de tous les trois
Baſtions attaquez , &des retranchemens
; les Barcelonois
GALANT. 303
eſtoient retranchez dans les
maiſons , & dans les ruës , &
avoient demandé à capituler ,
fur quoyMonfieur le Maref
chal de Berwick leur fit répondre
qu'ils ne pouvoient
demander autre choſe que
d'eſtre pris à diſcretion.
On en étoit là lors que M.
le Ducde Mortemart eft party.
On attend la fin de cette
affaire par M. le Marquis de
Broglio.
e M. de la Villemenu , Colonel
d'Orleans a un coup de
fufil au travers du corps .
M. de Tailleran la cuiſſe
coupéc.
304 MERCURE
M. dHoudetot un coup
de fuſil dans l'aîne.
Fermer
Résumé : NOUVELLES de ce qui se passe dans Barcelone, & la disposition des Troupes.
En août 1714, Barcelone est sous contrôle rebelle avec environ 2 000 hommes de troupes régulières, incluant l'infanterie et la cavalerie. Les chefs rebelles principaux sont Villarroël et Poanton, ce dernier ayant été destitué. Les officiers clés comprennent Jozepet, major général de bataille, le Chevalier Romana, commandant de la cavalerie, Balet, directeur de l'artillerie et de l'ingénierie, Bruno Torner, capitaine des bombardiers, et Pacheras, capitaine des mineurs. Le régiment de la colonelle compte six bataillons de 500 hommes chacun, et environ 3 000 habitants prennent les armes, portant le total des forces à 5 000 hommes. Les positions défensives sont établies près de Sainte Catherine, du Palais, et de la Merced, avec des renforts à la Demi-Lune de la porte neuve et à la brèche de saint Pierre. La Junta magna, dirigée par le gouverneur Torrellas et ses lieutenants, dont le Comte de Pononos et le Marquis de Sermanat, gère les opérations. Les finances sont collectées par la force si nécessaire. Depuis le début des combats, environ 600 hommes ont été blessés et plusieurs tués, dont le Comte Don José Mata et Don Carlos Ribera. Les batteries continuent de tirer pour ouvrir de nouvelles brèches, et les mines sont presque prêtes. Le maréchal de Berwick a sommé les Barcelonais de se rendre, mais ceux-ci demandent du temps pour consulter leurs conseils. Les rebelles utilisent un village près de la mer comme retraite et magasin de vivres. Plusieurs actions militaires sont menées par les forces françaises et espagnoles, incluant des attaques et des destructions de bastions rebelles. À Barcelone, des désertions vers les forces françaises sont signalées. Les travaux de siège avancent malgré des intempéries. Les assiégés prétendent avoir détecté une mine espagnole, mais les brèches créées par les bombardements sont suffisantes pour lancer des attaques. Le pain est rare et cher à Barcelone. Le 6 septembre 1714, Barcelone refuse toute proposition de négociation. Le 7 septembre, la réponse de la députation de Barcelone au maréchal de Berwick indique qu'elle n'a aucune proposition à faire ni à recevoir. Le 11 septembre, un assaut général permet la prise de trois bastions et des retranchements. Les Barcelonais demandent à capituler, mais le maréchal de Berwick exige une reddition sans condition. Parmi les blessés figurent M. de la Villemenu, M. de Tailleran et M. d'Houdetot. La fin des hostilités est attendue avec l'arrivée du marquis de Broglio.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1430
p. 304-331
JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau jusques au 21. Septembre 1714.
Début :
Le Roy partit le 29. Aoust de Versailles pour aller coucher [...]
Mots clefs :
Roi, Fontainebleau, Cour, Seigneurs, Cardinal, Duchesse, Dames, Abbé, Électeurs, Chevaux, Duc d'Orléans, Conseil d'État, Cheval, Duchesse de Berry, Cardinal de Rohan, Seigneurs de la Cour, Chasse du cerf, Chasse, Cerf
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau jusques au 21. Septembre 1714.
JOURNAL
de ce qui s'est passé àFontaibleau
juſques au 21. Sep.
tembre 1714.
Le Roy partit le 29. Aouſt
de Verſailles pour aller coucher
à Petitbourg. Madame
la Ducheſſe de Berry eſtoit à
ſon côté dans le fonds du
caroſſe. Madame la Ducheſſe ,
& Madame la Princeſſe de
Conti eſtoient ſur le devant.
Je ne feray pas le détail de
Petitbourg ,
GALANT. 305
Petitbourg , ni de la grande
chere que Monfieur le Duc
d'Antin fit au Roy , & à toute
la Cour. Ce Seigneur a
toûjours fait de même lorf
que Sa Majeſté luy a fait l'honneur
d'y aller coucher. Le Roy
partit le 30. aprés avoir entendu
la Meffe , & avoir diné.
Sa Majesté fut eſcortée pendant
le voyage , par les Gardes
du Corps , les Gendarmes
, les Mouſquetaires ,&
Chevaux - Legers , juſqu'à
Fontainebleau , où S. M. arriva
le 30. à cinq heures du ſoir.
Le Vendredy 31. le Roy
Septembre 1714. Cc
306 MERCURE
alla à la chaffe du Cerf. Tous
les Seigneurs , & Dames de la
Cour portoient l'habit du
Cerf. Les Dames veſtuës en
Amazones à cheval ,& celles
qui estoient en caléche , habil-
Jées en Siamoiſes. S. M.revint
debonneheure , & prit ,
aprés avoir changé de linge
une cariole pour aller viſiter
les réparations.
Le Samedy premier Septembre
, il y eut aprés la Mefſe
Conſeil de confcience ,
où le R. P. le Tellier aſſiſta
ſeul , & l'apreſdinée S. M
alla tirer. Ce même jour on
C
GALANT. 307
apprit la mort du Duc de
Beauvillier.
Le Dimanche 2. il y cût
Conſeil d'Etat , l'apreſdinée
promenade Royale le long du
Canal , fur lequel on voyoit
quatre Gondoles ſculptées&
dorées que des Matelots vef
tus de damas bleu , garni de
galons ,& franges d'or , faifoient
monter & deſcendre ,
à meſure que la caléche du
Roy montoit & defcendoit :
cette caléche eſtoit entourée
de tous les Seigneurs de la
Cour à cheval , & fuivie de
plufieurs caroffes à 8 & à 6 .
Ccij
1
308 MERCURE
chevaux. Celuy de Madame
la Princeſſe de Conty fille du
Roy , de Monfieur le Cardinal
de Rohan, & de Monfieur
le Nonce étoient du nombre.
Ily eût auſſi peſche des Cormorans
; & au retour de la
promenade , S. M. apprit à
M. le Duc de Villeroy qu'elle
avoit donné la placede Préſident
du Conſeil des Finances
à M. le Maréchal de Villeroy
fon pere. Lemeſme jourMonfieur
le Duc d'Orleans arriva
à cinqheures de Paris ,&foupa
avecle Roy qui a toûjours
à ſa droite Madame la Dus
GALANT. 309
cheſſe de Berry , à la gauche
Madame. Monfieur le Duc
d'Orleans à coſté de Madame
la Ducheffe de Berry , & Madame
la Duchefle d'Orleans à
coſté de Madame .
Le Lundy troifiéme , il
y eut Conſeil d'Etat , & on
vit ce jour- là tous les Princes
& Seigneurs de la Cour en
habit du Cerf , ainſi que les
Princeſſes , & Dames veſtuës
en Amazones. S. M. alla
l'apreſdînée à la chaſſe du
Cerf , d'où Elle revint fort
tard ,parce qu'on en courut
deux ; M. l'Ambaſſadeur de
310 MERCURE
Sicile , M. le Nonce , M. le
Cardinal de Rohan y allerent
auffi. M. le Cardinal del Giudice
arriva ce ſoir de Paris.
Le Mardy quatriéme il y
cut Conſeil des Finances. Les
neveux de feu M. le Duc
d'Hamilton furent preſentez
au Roy & à Madame la Ducheffe
de Berry pendant ſa
toilette. Le Roy augmenta ce
jour-là les Gardes du Corps
de cette Princeffe de douze :
cette troupe eſt une des plus
belles qu'on puiſſe voir. Ils
font veſtus de drap noir avec
des Brandebourgs d'un galon
GALANT . 311
velouté , & une Bandoliere
brodée d'argent avec unCeinturon
couvert d'un galon
d'argent , ce qui fait untrésbel
effet. Le Cardinal del Giudice
qui avoit receu ordre du
Roy fon Maiſtre de retourner
en Eſpagne , cûr une longue
conference avec le Roy dans
le cabinet ; enſuite il y eût
Conſeil des Finances. Le Roy
alla tirer l'apreſdinée : ce foirlà
au ſoupé du Roy il y cût
les 24. violons,qui joints avec
les baffes de viole , les hautsbois
, flutes douces , & baffons
firentune tres-belle fym
4
312 MERCURE
phonie à cauſe de la veille de
la naiſſance de S. M. M. le
Cardinal delGiudice s'y trouva
, qui voulut embraſſer les
genoux du Roy , lorſqu'il ſe
leva de table ; mais S. M. le
releva , & l'embraſſa. Cette
Eminence étoit allée prendre
congé deMadame la Duchefſe
de Berry , & de Madame
L'apreſdinée , devant partir le
lendemain matin en chaiſe de
poſte pour Madrid.
Le Mercredy 5. il y cut
Conſeil d'Etat , & l'apreſdinée
promenade Royale le long
du Canal. Monfieur le Duc
d'Orleans
GALANT. 313
d'Orleans étoit à cheval àcôté
de la caléche du Roy , ainſi
que tous les Seigneurs de la
Cour. Il y cut grand nombre
de Caroſſes à 8. & à 6. chevaux
tant des Princeſſes que
des Dames de la Cour. Les
Gondoles monterent & defcendirent
ſur le Canal au lieu
ordinaire, & il y eut une tresbelle
pêche des Cormorans.
Le Jeudy fixiéme il y eut
Conſeil d'Etat, & l'apreſdinée
Sa Majeſté alla à la chaſſe du
Cerf , Madame , Monfieur le
Ducd'Orleans, Mademoiselle
de Charollois , Madame la
Septembre 1714. Dd
314 MERCURE
Marquise de Maillebois curent
place dans le Caroffe du
Roy. Madame la Ducheſſe de
Berry alla auſſi ce jour là ſe,
promener dans la Foreft , elle,
fit entrer dans ſon, Caroffe
Mesdames les Marquiſes de,
Mouchi , de Parabere , & de
Pons; elle étoit eſcortée de
ſes Gardes du Corps. Cette
Princeſſe n'aſſiſte àaucun ſpectacle
public à cauſe du duëil.
Le Vendredy ſeptiéme il y
cut Conſeil de confcience. Le
même jour M. le Nonce ,
&Meffieurs les Ambaſſadeurs
de Sicile&d'Hollande allerent
)
GALANT 3
àla toilette de Madame la
Ducheſſe de Berry , où le cercle
fut tres beau. L'apreſdinéc
Sa Majeſté alla tirer, & il y cut
chaffe du Cerfavec l'équipage
de Mr le Ducd'Enguien.
Le Samedy huitième jourde
laNativité de laVierge ,Monfieur
l'Ambaſladeur d'Hollande
, & Mademoiselle ſa
fille allerent à la toilette de
Madame la Ducheſſe deBerry.
Monfieur le Marquis de la
Vrilliere , & Monfieur le
Comte de Pontchartrain y
allerent auſſi faire leur cour.
A 2. heures & demie le Roy
Ddij
316 MERCURE
ſe rendit à la Tribune de la
Chapelle, accompagné de
Madame la Ducheſſe de
Berry , de Madame , & de
Monfieur le Duc d'Orleans
pour y entendre les Veſpres
qui furent chantées par la
muſique. Le Roy s'affit fur un
fauteüil . Madame la Ducheſſe
de Berry étoit aſſiſe auprés de
S. M. enſuite Madame &
Monfieur le Duc d'Orleans
eſtoient de l'autre coſté. Voicy
le nom de ceux qui eurent
l'honneur d'y ettre affis . Sur la
droite du Roy eſtoient affis
M. le Cardinal de Rohan ,
GALANT. 317
Grand Aumônier , M. l'Abbé
deChoiſeul , M. l'Abbé d'Entragues
Aumôniers du Roy ,
& le R. P. le Tellier. Sur la
gauche étoient affis M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouget , & M. l'Abbé Davejan
, Aumôniers de Madame
la Ducheſſe deBerry . M. l'Abbé
de Magnas , M. l'Abbé de
Verthamont , Aumôniers de
Madame y estoient de même
que M. l'Abbé Malet Aumônier
de Monfieur le Duc d'Orleans.
Derriere le fauteüil du
Roy eſtoit affis M. le Duc de
Villeroy , Capitaine desGar-
Dd iij
318 MERCURE
des. Derriere Madame la Du
cheffe de Berry , M. le Marquis
de Coetenfo fonChevalier
d'honneur, Madame la
Ducheffe de S. Simon ſa Damed'honneur
, & Madamela
Marquiſe de la Vieuville ſa
Dame d'atours. Derriere Madame
eſtoit affiſe Madame de
Châteautieri ; & derriereMonfieur
le Duc d'Orleans , M.le
Marquis d'Estampes ſon Capitaine
des Gardes. Madame
la Ducheſſe , Madame la Princeſſe
de Conty , & Mademoiſelle
de Charollois estoient
dans une des niches. Le mê
GALANT. 319
me jour S. M. entendit le Salut
à fix heures du foir.
Le Dimanche neuviéme il
y eut Conſeil d'Etat. Mrdame
l'Ambaſſadrice d'Hollande
, &Mademoiselle la fille
allerent à la toilette de Madame
la Ducheffe de Berry
où le cercle étoit rempli des
plus grands Seigneurs & Dames
de la Cour. Il y eut ce
jour-là promenade Royale ; 11
y avoit plus de 100. carofles
à8. ou à 6 chevaux . Ceux de
Madame la Princeffe de Conti
fille du Roy , de Monfieur le
Nonce , de Monfieur le Car
Ddij
320 MERCURE
dinal de Rohan ; ceux de
M. l'Ambaſſadeur d'Hollande,
dans l'un deſquels il étoit
avec Madame l'Ambaſſadrice,
&Mademoiselle ſa fille aînée,
&dans l'autre le reſte de ſa famille.
Celuy de l'Ambaſſadeur
de Sicile. Il y avoit un
nombre infini d'étrangers qui
conviennent qu'on ne voit
rien dans l'Europe de plus
beau: en effet , rien n'eſt plus
grand que de voirde deſſus le
Tibre , le Roy deſcendre le
long du Canal avec toute ſa
Cour. Il n'eſt point de plus
beau coup d'oeil que cette va
GALANT. 321
rieté : d'un coſté ſur leCanal
quatre Gondoles dorées qui
voltigent ; &de l'autre cemélange
de Seigneurs à cheval ,
de caroffes ,& de peuple. L'Electeur
deBaviere arriva à neuf
heures du foir.
Le Lundy dix l'Electeur en
tendit la Meſſe du Roy ; il y
cut ce matin Conſeil des Depêches
, & l'apreſdinée pour
la premiere fois Conſeil des
Parties. S. M. alla aprés le diné
à la chaſſe du Cerf. Tous
les Princes & Seigneurs portoient
l'habit du Cerf , de
même que les Princeſſes , &
{
322 MERCURE
Jes Dames veltoes en Amazo
nes ,& à cheval. L'Electeur ,
M. le Prince Ragorza , M. Ic
Nonce , Mile Cardinal deRo
han , de même que tous les
Ambaſfadeurs y allerent auffi
avec un nombre infini d'é
trangers : il y avoit plus de
1000. chevaux , dont il yen
avoit 200. de main qui ſont
au Roy , que des Palefreniers
menoient , qui étoient couverrs
de caparaffons toutbro
dez d'or ; il y avoit auffi plus
dedeux cent caroffes ou caléches.
Le Mardy onze il y eut
GALANT. 323
Conſeil des Finances aprés la
Meffe du Roy , & l'apreſdinéc
Confeil d'Etat Les Princesa
lerent avec pluſieurs Seigneurs
à la challe du Sangher.
Le Mercredy douze M. le
Marquis du Luc , fils deM. le
Comte da Luc , Ambaffadeur
en Sulfe , arriva à huit heures
du matin de Bade , & porta la
nouvelle de la ſignature de la
Paix generale. Ce Seigneur ,
aprés le levé du Roy , fut preſenté
par M. le Marquis de
Torcy , & entra avec S. M.
dans le cabinet ; il y eut enfuite
Confeil d'Etat : le même
324 MERCURE
jour M. leDuc d Enguien alla
avec pluſieurs Seigneurs à la
chaffe du Cerf, &le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
L'e Jeudy treize on chanta
à la Meſſe du Roy un motet
de la compofition de M. Dus
buiffon , il y cut Conſeil d'E.
tat, & fymphonie audiné du
Roy , qui alla immediatement
aprés à la chaſſe du Cerf:Madame,
Monſicur le Ducd'Orleans
, Mademoiselle de Charollois
, Meſdames de Maillebois
, de Rupelmonde , & de
S. Germain étoient dans le caroſſe
de S. M. Tous les PrinGALANT.
325
ces ,& Seigneurs de la Cour
yallerent auſſi ; les Princeſſes
&Dames veſtuës en Amazones
à cheval , & celles qui
étoient en caléches en Siamoiſes
. L'Electeur, M. le Cardinal
de Rohan , M. le Prince
Ragotzi , M le Nonce , tous
les Ambaffadeurs & Envoyez
eſtoient du nombre. Ily avoit
plus de 1000. chevaux , fans
compter les caroffes, caléches,
brelines , phaëtons , & guinguettes
ou chaiſes, qui étoient
toutes d'une tres - grande
beauté. Il yavoit plus de 300.
chevaux de main du Royavec
326 MERCURE
des caparallons tout brodez
d'or. On prit deux Cerfs . Au
retour on fit la curée à huit
heures & demic devant S. M.
pendant que 60. ou 80. cors
ſonnoient ,&que 180 chiens
eſtoient aprés le Cerf qu'on
avoit coupé en morceaux ,
tout cela à la lueur de 100.
lambeaux portez par des Palefteniers
qui bordoient toute
l'allée Royale.
Le Vendredy quatorze il y
eur Conſeil de Conſcience.
M. le Cardinal de Rohan
M le Prince de Rohan , M.
le Prince d'Eſpinoy , & M. le
GALANT. 327
Prince de Soubite allerent àla
toilette de Madame la Duchefle
de Berry luy preſenter
àfigner le Contrat de Mariage
de M. le Prince de Soubiſe
avecMademoiselle d' Elpinoy,
que cette Princeffe figna :M..
le Duc deEnguien alla cejourlà
àla chaſſe du Sanglier ; &
on en prit deux ; le Roy alla
tirer l'apreſdinée..
Le Samedy dix huit il y
cut Conſeil des Finances ,M.
le Duc & M. le Comte de
Toulouſe allerent à la chaffe
du Cerf L' preſdinée S. M.
travailla avec M. Voiſin.
4
328 MERCURE
Le Dimanche ſeize ily eut
Conſeil d'Etat. M. le Cardinal
de Polignac , M. l'Archevêque
de Lyon , M. le Duc
de la Tremoille , M. l'Am-
-baſſadeur de Malthe , allerent,
à la toilettede Madame la Du
cheffe de Berry , où le cercle
des Dames fut des plus brillans
: il y eut Conſeil d'Etat
l'apreſdinée.
Le Lundy dix- ſeptiéme le
Roy prit medecine. M. le
Duc d'Enguien alla à la chaſſe
du Sanglier , il en prit deux ,
il y eut ce jour là Conſeil des
Parties le matin ; & l'aprefdinée
,
GALANC. 329
dinée Conſeil d Etat .
Le Mardy dix huitiéme il
y cut Conſeil des Finances ;
& l'apreſdinée chaſſe du
Cerf. Tous les Princes , Princeffes
, l'Electeur , les Ambaſſadeurs
y allerent auffi ; & au
retour on fit la curée en preſence
du Roy , de l'Electeur ,
de M. le Duc d'Enguien , de
M. le Comte de Charollois ,&
de tous les Seigneurs de la
Cour.
Le Mercredy dix- neuviéme
on chanta à la Meſſe du Roy
un Motetde la compofition
deM. la Loüette : ily eutCon-
Septembre 1714, Ec
330 MERCURE
feil d'Etat , & M. le Maréchal
de Villeroy y entra pour la
premiere fois en qualité de
Miniſtre. Le Roy alla tirer
l'apreſdinée , & à ſon déboté
M. le Maréchal de Villars
arriva de Bade , à qui S. M.
demanda ;fitout estoit fini , oüy
Sire , répondit ce Maréchal
laPaix Generale eft fignée ;
le Prince Eugene m'a aſſuré
qu'Elle feroit durable.
Le Jeudy vingtiéme ily cut
Confeil d'Etat, une tres belle
ſymphonie au dîné du Roy ,
qui alla à la chaſſe du Cerf
demême que l'Electeur , tous
2
2
7
GALANT. 331
lesPrinces,Seigneurs &Dames
de la Cour.
On joue un tres-gros jeu
tous les jours chez l'Electeur .
de ce qui s'est passé àFontaibleau
juſques au 21. Sep.
tembre 1714.
Le Roy partit le 29. Aouſt
de Verſailles pour aller coucher
à Petitbourg. Madame
la Ducheſſe de Berry eſtoit à
ſon côté dans le fonds du
caroſſe. Madame la Ducheſſe ,
& Madame la Princeſſe de
Conti eſtoient ſur le devant.
Je ne feray pas le détail de
Petitbourg ,
GALANT. 305
Petitbourg , ni de la grande
chere que Monfieur le Duc
d'Antin fit au Roy , & à toute
la Cour. Ce Seigneur a
toûjours fait de même lorf
que Sa Majeſté luy a fait l'honneur
d'y aller coucher. Le Roy
partit le 30. aprés avoir entendu
la Meffe , & avoir diné.
Sa Majesté fut eſcortée pendant
le voyage , par les Gardes
du Corps , les Gendarmes
, les Mouſquetaires ,&
Chevaux - Legers , juſqu'à
Fontainebleau , où S. M. arriva
le 30. à cinq heures du ſoir.
Le Vendredy 31. le Roy
Septembre 1714. Cc
306 MERCURE
alla à la chaffe du Cerf. Tous
les Seigneurs , & Dames de la
Cour portoient l'habit du
Cerf. Les Dames veſtuës en
Amazones à cheval ,& celles
qui estoient en caléche , habil-
Jées en Siamoiſes. S. M.revint
debonneheure , & prit ,
aprés avoir changé de linge
une cariole pour aller viſiter
les réparations.
Le Samedy premier Septembre
, il y eut aprés la Mefſe
Conſeil de confcience ,
où le R. P. le Tellier aſſiſta
ſeul , & l'apreſdinée S. M
alla tirer. Ce même jour on
C
GALANT. 307
apprit la mort du Duc de
Beauvillier.
Le Dimanche 2. il y cût
Conſeil d'Etat , l'apreſdinée
promenade Royale le long du
Canal , fur lequel on voyoit
quatre Gondoles ſculptées&
dorées que des Matelots vef
tus de damas bleu , garni de
galons ,& franges d'or , faifoient
monter & deſcendre ,
à meſure que la caléche du
Roy montoit & defcendoit :
cette caléche eſtoit entourée
de tous les Seigneurs de la
Cour à cheval , & fuivie de
plufieurs caroffes à 8 & à 6 .
Ccij
1
308 MERCURE
chevaux. Celuy de Madame
la Princeſſe de Conty fille du
Roy , de Monfieur le Cardinal
de Rohan, & de Monfieur
le Nonce étoient du nombre.
Ily eût auſſi peſche des Cormorans
; & au retour de la
promenade , S. M. apprit à
M. le Duc de Villeroy qu'elle
avoit donné la placede Préſident
du Conſeil des Finances
à M. le Maréchal de Villeroy
fon pere. Lemeſme jourMonfieur
le Duc d'Orleans arriva
à cinqheures de Paris ,&foupa
avecle Roy qui a toûjours
à ſa droite Madame la Dus
GALANT. 309
cheſſe de Berry , à la gauche
Madame. Monfieur le Duc
d'Orleans à coſté de Madame
la Ducheffe de Berry , & Madame
la Duchefle d'Orleans à
coſté de Madame .
Le Lundy troifiéme , il
y eut Conſeil d'Etat , & on
vit ce jour- là tous les Princes
& Seigneurs de la Cour en
habit du Cerf , ainſi que les
Princeſſes , & Dames veſtuës
en Amazones. S. M. alla
l'apreſdînée à la chaſſe du
Cerf , d'où Elle revint fort
tard ,parce qu'on en courut
deux ; M. l'Ambaſſadeur de
310 MERCURE
Sicile , M. le Nonce , M. le
Cardinal de Rohan y allerent
auffi. M. le Cardinal del Giudice
arriva ce ſoir de Paris.
Le Mardy quatriéme il y
cut Conſeil des Finances. Les
neveux de feu M. le Duc
d'Hamilton furent preſentez
au Roy & à Madame la Ducheffe
de Berry pendant ſa
toilette. Le Roy augmenta ce
jour-là les Gardes du Corps
de cette Princeffe de douze :
cette troupe eſt une des plus
belles qu'on puiſſe voir. Ils
font veſtus de drap noir avec
des Brandebourgs d'un galon
GALANT . 311
velouté , & une Bandoliere
brodée d'argent avec unCeinturon
couvert d'un galon
d'argent , ce qui fait untrésbel
effet. Le Cardinal del Giudice
qui avoit receu ordre du
Roy fon Maiſtre de retourner
en Eſpagne , cûr une longue
conference avec le Roy dans
le cabinet ; enſuite il y eût
Conſeil des Finances. Le Roy
alla tirer l'apreſdinée : ce foirlà
au ſoupé du Roy il y cût
les 24. violons,qui joints avec
les baffes de viole , les hautsbois
, flutes douces , & baffons
firentune tres-belle fym
4
312 MERCURE
phonie à cauſe de la veille de
la naiſſance de S. M. M. le
Cardinal delGiudice s'y trouva
, qui voulut embraſſer les
genoux du Roy , lorſqu'il ſe
leva de table ; mais S. M. le
releva , & l'embraſſa. Cette
Eminence étoit allée prendre
congé deMadame la Duchefſe
de Berry , & de Madame
L'apreſdinée , devant partir le
lendemain matin en chaiſe de
poſte pour Madrid.
Le Mercredy 5. il y cut
Conſeil d'Etat , & l'apreſdinée
promenade Royale le long
du Canal. Monfieur le Duc
d'Orleans
GALANT. 313
d'Orleans étoit à cheval àcôté
de la caléche du Roy , ainſi
que tous les Seigneurs de la
Cour. Il y cut grand nombre
de Caroſſes à 8. & à 6. chevaux
tant des Princeſſes que
des Dames de la Cour. Les
Gondoles monterent & defcendirent
ſur le Canal au lieu
ordinaire, & il y eut une tresbelle
pêche des Cormorans.
Le Jeudy fixiéme il y eut
Conſeil d'Etat, & l'apreſdinée
Sa Majeſté alla à la chaſſe du
Cerf , Madame , Monfieur le
Ducd'Orleans, Mademoiselle
de Charollois , Madame la
Septembre 1714. Dd
314 MERCURE
Marquise de Maillebois curent
place dans le Caroffe du
Roy. Madame la Ducheſſe de
Berry alla auſſi ce jour là ſe,
promener dans la Foreft , elle,
fit entrer dans ſon, Caroffe
Mesdames les Marquiſes de,
Mouchi , de Parabere , & de
Pons; elle étoit eſcortée de
ſes Gardes du Corps. Cette
Princeſſe n'aſſiſte àaucun ſpectacle
public à cauſe du duëil.
Le Vendredy ſeptiéme il y
cut Conſeil de confcience. Le
même jour M. le Nonce ,
&Meffieurs les Ambaſſadeurs
de Sicile&d'Hollande allerent
)
GALANT 3
àla toilette de Madame la
Ducheſſe de Berry , où le cercle
fut tres beau. L'apreſdinéc
Sa Majeſté alla tirer, & il y cut
chaffe du Cerfavec l'équipage
de Mr le Ducd'Enguien.
Le Samedy huitième jourde
laNativité de laVierge ,Monfieur
l'Ambaſladeur d'Hollande
, & Mademoiselle ſa
fille allerent à la toilette de
Madame la Ducheſſe deBerry.
Monfieur le Marquis de la
Vrilliere , & Monfieur le
Comte de Pontchartrain y
allerent auſſi faire leur cour.
A 2. heures & demie le Roy
Ddij
316 MERCURE
ſe rendit à la Tribune de la
Chapelle, accompagné de
Madame la Ducheſſe de
Berry , de Madame , & de
Monfieur le Duc d'Orleans
pour y entendre les Veſpres
qui furent chantées par la
muſique. Le Roy s'affit fur un
fauteüil . Madame la Ducheſſe
de Berry étoit aſſiſe auprés de
S. M. enſuite Madame &
Monfieur le Duc d'Orleans
eſtoient de l'autre coſté. Voicy
le nom de ceux qui eurent
l'honneur d'y ettre affis . Sur la
droite du Roy eſtoient affis
M. le Cardinal de Rohan ,
GALANT. 317
Grand Aumônier , M. l'Abbé
deChoiſeul , M. l'Abbé d'Entragues
Aumôniers du Roy ,
& le R. P. le Tellier. Sur la
gauche étoient affis M. l'Abbé
de Caſtres , M. l'Abbé de
Rouget , & M. l'Abbé Davejan
, Aumôniers de Madame
la Ducheſſe deBerry . M. l'Abbé
de Magnas , M. l'Abbé de
Verthamont , Aumôniers de
Madame y estoient de même
que M. l'Abbé Malet Aumônier
de Monfieur le Duc d'Orleans.
Derriere le fauteüil du
Roy eſtoit affis M. le Duc de
Villeroy , Capitaine desGar-
Dd iij
318 MERCURE
des. Derriere Madame la Du
cheffe de Berry , M. le Marquis
de Coetenfo fonChevalier
d'honneur, Madame la
Ducheffe de S. Simon ſa Damed'honneur
, & Madamela
Marquiſe de la Vieuville ſa
Dame d'atours. Derriere Madame
eſtoit affiſe Madame de
Châteautieri ; & derriereMonfieur
le Duc d'Orleans , M.le
Marquis d'Estampes ſon Capitaine
des Gardes. Madame
la Ducheſſe , Madame la Princeſſe
de Conty , & Mademoiſelle
de Charollois estoient
dans une des niches. Le mê
GALANT. 319
me jour S. M. entendit le Salut
à fix heures du foir.
Le Dimanche neuviéme il
y eut Conſeil d'Etat. Mrdame
l'Ambaſſadrice d'Hollande
, &Mademoiselle la fille
allerent à la toilette de Madame
la Ducheffe de Berry
où le cercle étoit rempli des
plus grands Seigneurs & Dames
de la Cour. Il y eut ce
jour-là promenade Royale ; 11
y avoit plus de 100. carofles
à8. ou à 6 chevaux . Ceux de
Madame la Princeffe de Conti
fille du Roy , de Monfieur le
Nonce , de Monfieur le Car
Ddij
320 MERCURE
dinal de Rohan ; ceux de
M. l'Ambaſſadeur d'Hollande,
dans l'un deſquels il étoit
avec Madame l'Ambaſſadrice,
&Mademoiselle ſa fille aînée,
&dans l'autre le reſte de ſa famille.
Celuy de l'Ambaſſadeur
de Sicile. Il y avoit un
nombre infini d'étrangers qui
conviennent qu'on ne voit
rien dans l'Europe de plus
beau: en effet , rien n'eſt plus
grand que de voirde deſſus le
Tibre , le Roy deſcendre le
long du Canal avec toute ſa
Cour. Il n'eſt point de plus
beau coup d'oeil que cette va
GALANT. 321
rieté : d'un coſté ſur leCanal
quatre Gondoles dorées qui
voltigent ; &de l'autre cemélange
de Seigneurs à cheval ,
de caroffes ,& de peuple. L'Electeur
deBaviere arriva à neuf
heures du foir.
Le Lundy dix l'Electeur en
tendit la Meſſe du Roy ; il y
cut ce matin Conſeil des Depêches
, & l'apreſdinée pour
la premiere fois Conſeil des
Parties. S. M. alla aprés le diné
à la chaſſe du Cerf. Tous
les Princes & Seigneurs portoient
l'habit du Cerf , de
même que les Princeſſes , &
{
322 MERCURE
Jes Dames veltoes en Amazo
nes ,& à cheval. L'Electeur ,
M. le Prince Ragorza , M. Ic
Nonce , Mile Cardinal deRo
han , de même que tous les
Ambaſfadeurs y allerent auffi
avec un nombre infini d'é
trangers : il y avoit plus de
1000. chevaux , dont il yen
avoit 200. de main qui ſont
au Roy , que des Palefreniers
menoient , qui étoient couverrs
de caparaffons toutbro
dez d'or ; il y avoit auffi plus
dedeux cent caroffes ou caléches.
Le Mardy onze il y eut
GALANT. 323
Conſeil des Finances aprés la
Meffe du Roy , & l'apreſdinéc
Confeil d'Etat Les Princesa
lerent avec pluſieurs Seigneurs
à la challe du Sangher.
Le Mercredy douze M. le
Marquis du Luc , fils deM. le
Comte da Luc , Ambaffadeur
en Sulfe , arriva à huit heures
du matin de Bade , & porta la
nouvelle de la ſignature de la
Paix generale. Ce Seigneur ,
aprés le levé du Roy , fut preſenté
par M. le Marquis de
Torcy , & entra avec S. M.
dans le cabinet ; il y eut enfuite
Confeil d'Etat : le même
324 MERCURE
jour M. leDuc d Enguien alla
avec pluſieurs Seigneurs à la
chaffe du Cerf, &le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
L'e Jeudy treize on chanta
à la Meſſe du Roy un motet
de la compofition de M. Dus
buiffon , il y cut Conſeil d'E.
tat, & fymphonie audiné du
Roy , qui alla immediatement
aprés à la chaſſe du Cerf:Madame,
Monſicur le Ducd'Orleans
, Mademoiselle de Charollois
, Meſdames de Maillebois
, de Rupelmonde , & de
S. Germain étoient dans le caroſſe
de S. M. Tous les PrinGALANT.
325
ces ,& Seigneurs de la Cour
yallerent auſſi ; les Princeſſes
&Dames veſtuës en Amazones
à cheval , & celles qui
étoient en caléches en Siamoiſes
. L'Electeur, M. le Cardinal
de Rohan , M. le Prince
Ragotzi , M le Nonce , tous
les Ambaffadeurs & Envoyez
eſtoient du nombre. Ily avoit
plus de 1000. chevaux , fans
compter les caroffes, caléches,
brelines , phaëtons , & guinguettes
ou chaiſes, qui étoient
toutes d'une tres - grande
beauté. Il yavoit plus de 300.
chevaux de main du Royavec
326 MERCURE
des caparallons tout brodez
d'or. On prit deux Cerfs . Au
retour on fit la curée à huit
heures & demic devant S. M.
pendant que 60. ou 80. cors
ſonnoient ,&que 180 chiens
eſtoient aprés le Cerf qu'on
avoit coupé en morceaux ,
tout cela à la lueur de 100.
lambeaux portez par des Palefteniers
qui bordoient toute
l'allée Royale.
Le Vendredy quatorze il y
eur Conſeil de Conſcience.
M. le Cardinal de Rohan
M le Prince de Rohan , M.
le Prince d'Eſpinoy , & M. le
GALANT. 327
Prince de Soubite allerent àla
toilette de Madame la Duchefle
de Berry luy preſenter
àfigner le Contrat de Mariage
de M. le Prince de Soubiſe
avecMademoiselle d' Elpinoy,
que cette Princeffe figna :M..
le Duc deEnguien alla cejourlà
àla chaſſe du Sanglier ; &
on en prit deux ; le Roy alla
tirer l'apreſdinée..
Le Samedy dix huit il y
cut Conſeil des Finances ,M.
le Duc & M. le Comte de
Toulouſe allerent à la chaffe
du Cerf L' preſdinée S. M.
travailla avec M. Voiſin.
4
328 MERCURE
Le Dimanche ſeize ily eut
Conſeil d'Etat. M. le Cardinal
de Polignac , M. l'Archevêque
de Lyon , M. le Duc
de la Tremoille , M. l'Am-
-baſſadeur de Malthe , allerent,
à la toilettede Madame la Du
cheffe de Berry , où le cercle
des Dames fut des plus brillans
: il y eut Conſeil d'Etat
l'apreſdinée.
Le Lundy dix- ſeptiéme le
Roy prit medecine. M. le
Duc d'Enguien alla à la chaſſe
du Sanglier , il en prit deux ,
il y eut ce jour là Conſeil des
Parties le matin ; & l'aprefdinée
,
GALANC. 329
dinée Conſeil d Etat .
Le Mardy dix huitiéme il
y cut Conſeil des Finances ;
& l'apreſdinée chaſſe du
Cerf. Tous les Princes , Princeffes
, l'Electeur , les Ambaſſadeurs
y allerent auffi ; & au
retour on fit la curée en preſence
du Roy , de l'Electeur ,
de M. le Duc d'Enguien , de
M. le Comte de Charollois ,&
de tous les Seigneurs de la
Cour.
Le Mercredy dix- neuviéme
on chanta à la Meſſe du Roy
un Motetde la compofition
deM. la Loüette : ily eutCon-
Septembre 1714, Ec
330 MERCURE
feil d'Etat , & M. le Maréchal
de Villeroy y entra pour la
premiere fois en qualité de
Miniſtre. Le Roy alla tirer
l'apreſdinée , & à ſon déboté
M. le Maréchal de Villars
arriva de Bade , à qui S. M.
demanda ;fitout estoit fini , oüy
Sire , répondit ce Maréchal
laPaix Generale eft fignée ;
le Prince Eugene m'a aſſuré
qu'Elle feroit durable.
Le Jeudy vingtiéme ily cut
Confeil d'Etat, une tres belle
ſymphonie au dîné du Roy ,
qui alla à la chaſſe du Cerf
demême que l'Electeur , tous
2
2
7
GALANT. 331
lesPrinces,Seigneurs &Dames
de la Cour.
On joue un tres-gros jeu
tous les jours chez l'Electeur .
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Résumé : JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau jusques au 21. Septembre 1714.
Du 29 août au 21 septembre 1714, plusieurs événements significatifs eurent lieu à Fontainebleau. Le roi quitta Versailles le 29 août, accompagné de la Duchesse de Berry, de la Duchesse de Conti et de la Princesse de Conti. À Fontainebleau, le roi s'adonna à diverses activités, notamment des chasses au cerf et des promenades royales le long du canal. Le 1er septembre, le duc de Beauvillier décéda. Le lendemain, le roi nomma le maréchal de Villeroy président du Conseil des Finances. Le 3 septembre, une chasse au cerf se déroula en présence de l'ambassadeur de Sicile, du nonce et du cardinal de Rohan. Le 4 septembre, le roi augmenta les Gardes du Corps de la Duchesse de Berry et reçut les neveux du duc d'Hamilton. Une autre promenade royale eut lieu le 5 septembre. Le 6 septembre, une nouvelle chasse au cerf se tint avec plusieurs membres de la cour. Le 16 septembre, le Duc d'Enguien chassa le sanglier et captura deux bêtes. Le 17 septembre, un conseil des finances se tint, et le Duc d'Enguien ainsi que le Comte de Toulouse allèrent chasser le cerf. Le 18 septembre, plusieurs personnalités assistèrent à la toilette de Madame la Duchesse de Berry. Le 19 septembre, le Duc d'Enguien chassa à nouveau le sanglier. Le 20 septembre, une chasse au cerf se déroula en présence de nombreux princes, princesses, l'Électeur et les ambassadeurs. Le 21 septembre, un motet fut chanté lors de la messe du roi, et le Maréchal de Villeroy fit sa première entrée en tant que ministre. Le Maréchal de Villars arriva de Bade, annonçant la signature de la paix générale.
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1431
p. 353
APOSTILLE.
Début :
La Ville de Barcelone est enfin prise, & renduë à discretion [...]
Mots clefs :
Barcelone, Siège
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texteReconnaissance textuelle : APOSTILLE.
APOSTILLE.
La Ville de Barcelone eſt
enfin priſe , & renduë à difcretion.
Je donneray le mois
prochain un Journal hiſtorique
de tous les grands évenemens
de ce Siege .
La Ville de Barcelone eſt
enfin priſe , & renduë à difcretion.
Je donneray le mois
prochain un Journal hiſtorique
de tous les grands évenemens
de ce Siege .
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1432
p. 5-12
Description de la Ceremonie du Baptême de l'Infant de Portugal Joseph. [titre d'après la table]
Début :
Je ne vous mene point au Japon, mais en Portugal [...]
Mots clefs :
Portugal, Lisbonne, Baptême, Seigneurs, Marquis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Description de la Ceremonie du Baptême de l'Infant de Portugal Joseph. [titre d'après la table]
Je ne vous mene
* Plaideurs A iij
6 MERCURE
point au Japon , mais en
Portugal , à Lisbonne , où
je vous ai retenu des places,
pour vous faire voir à vôtre
aiſe la ceremonie du Baptême
de l'Infant de Portugal
Joſeph. Ceux qui n'auront
pas la commodité d'aller
juſques là, en pourront,
fi bon leur ſemble , lire la
relation que je leur donne.
Le 27, du mois d'Août
dernier M. l'Abbé de Mornay,
Ambaſſadeur de Fran .
ce , ſe rendit au Palais à
onze heures aprés midi , où
tous les Seigneurs de la
GALANT. 37
Cour étoient déja. Tout
étant prêt , le Duc de Cadaval
fortit de l'appartement
de l'Infant , le tenant
dans ſes bras , & marchant
fous un dais porté par trois
Marquis & trois Comtes ,
ſçavoir les Marquis d'Alegrete
, de Nice, & de Cafcaes
le fils , & les Comtes
d'Arcos , de Ribeira , & de
Santiago. Devant le dais
l'Ambaſſadeur prit ſaplace,
&marcha. Immediatement
aprés le dais ſuivoit laMarquiſe
de fainte Croix, comime
Gouvernante , & qua .
A iiij
8 MERCURE
tre autres Seigneurs portant
dans de grands baffins
dorez les chofes neceſſaires
pour le Baptême , comme
le cierge , le fel, &c.
Ces Seigneurs étoient le
Duc fils , les Marquis de
Fronteira , & les deux Marquis
de las Minas, leſquels
étoient fuivis de toute la
Nobleſſe titrée & autre , &
de tous les Officiers de la
Maiſon du Roy de Portugal.
Ce cortege étoit precedé
des Herauts d'armes ,
Maſſiers , & d'un nombre
d'Officiers de Juſtice , qui
GALANT.
1
la
ſe mirent en marche de
vant l'Ambaſſadeur , lorf
que le Duc tenant l'Infant
fortit de l'appartement , &
ainſi marcha juſques à la
Chapelle , au milieu de
quelle étoit élevée une ef
trade , où l'on montoit par
trois marches. Sur cette
eſtrade s'élevoient quatre
colomnes , qui portoient
un dais magnifique fait en
forme du Baldachin de S.
Pierre de Rome , d'une
étoffe toute d'or , & brodé
avec des franges fort hautes
& fort épaiſſes. Les co
10 MERCURE
lonnes étoient garnies de
la même étoffe . Deſſous ce
dais étoient les fonts baptiſmaux
: à l'un des côtez il
y avoit un lit pratiqué dans
l'épaiffeur d'une arcade de
I'Eglife , & à l'oppofite un
*buffet garni de quantité de
vales de vermeil doré. Il
ne monta fur cette eſtrade
que l'Ambaſſadeur, le Duc,
# & les quatre Seigneurs qui
portoient les chofes neceffaires
au Baptême. Le Cardinal
, aſſiſté de fix Evêques
, en fit la fonction. Le
Roy , la Reine , l'Infante ,
GALANT. IT
1
:
& ſes deux freres , Don Antonio
& Don Manuel , étoient
à la tribune , d'où ils
voyoient facilement la ceremonie
, les fonts baptifmaux
en étant proche. La
Reine avoit devant elle ſes
deux enfans. La petite Infante
, qui eſt la plus âgée ,
paroît déja grandelette &
fort jolie. La ceremonie finie
, on chanta le Te Deum ,
aprés quoy tout le cortege
reprit la marche en même
ordre juſqu'à l'appartement
de l'Infant.
Le ſoir il y eut des illu
12 MERCURE
minations , & les tours &
les vaiſſeaux firent trois décharges
d'artillerie. Il y
avoit dans la place du Palais
de la cavalerie & de
l'infanterie ſous les armes ,
mais en petit nombre , par
rapportàla ta la ppeettiitteelſlſedu lieu,
qui eſt occupé par les échafauts
pour la fête des taureaux
, qui commencera
demain.
* Plaideurs A iij
6 MERCURE
point au Japon , mais en
Portugal , à Lisbonne , où
je vous ai retenu des places,
pour vous faire voir à vôtre
aiſe la ceremonie du Baptême
de l'Infant de Portugal
Joſeph. Ceux qui n'auront
pas la commodité d'aller
juſques là, en pourront,
fi bon leur ſemble , lire la
relation que je leur donne.
Le 27, du mois d'Août
dernier M. l'Abbé de Mornay,
Ambaſſadeur de Fran .
ce , ſe rendit au Palais à
onze heures aprés midi , où
tous les Seigneurs de la
GALANT. 37
Cour étoient déja. Tout
étant prêt , le Duc de Cadaval
fortit de l'appartement
de l'Infant , le tenant
dans ſes bras , & marchant
fous un dais porté par trois
Marquis & trois Comtes ,
ſçavoir les Marquis d'Alegrete
, de Nice, & de Cafcaes
le fils , & les Comtes
d'Arcos , de Ribeira , & de
Santiago. Devant le dais
l'Ambaſſadeur prit ſaplace,
&marcha. Immediatement
aprés le dais ſuivoit laMarquiſe
de fainte Croix, comime
Gouvernante , & qua .
A iiij
8 MERCURE
tre autres Seigneurs portant
dans de grands baffins
dorez les chofes neceſſaires
pour le Baptême , comme
le cierge , le fel, &c.
Ces Seigneurs étoient le
Duc fils , les Marquis de
Fronteira , & les deux Marquis
de las Minas, leſquels
étoient fuivis de toute la
Nobleſſe titrée & autre , &
de tous les Officiers de la
Maiſon du Roy de Portugal.
Ce cortege étoit precedé
des Herauts d'armes ,
Maſſiers , & d'un nombre
d'Officiers de Juſtice , qui
GALANT.
1
la
ſe mirent en marche de
vant l'Ambaſſadeur , lorf
que le Duc tenant l'Infant
fortit de l'appartement , &
ainſi marcha juſques à la
Chapelle , au milieu de
quelle étoit élevée une ef
trade , où l'on montoit par
trois marches. Sur cette
eſtrade s'élevoient quatre
colomnes , qui portoient
un dais magnifique fait en
forme du Baldachin de S.
Pierre de Rome , d'une
étoffe toute d'or , & brodé
avec des franges fort hautes
& fort épaiſſes. Les co
10 MERCURE
lonnes étoient garnies de
la même étoffe . Deſſous ce
dais étoient les fonts baptiſmaux
: à l'un des côtez il
y avoit un lit pratiqué dans
l'épaiffeur d'une arcade de
I'Eglife , & à l'oppofite un
*buffet garni de quantité de
vales de vermeil doré. Il
ne monta fur cette eſtrade
que l'Ambaſſadeur, le Duc,
# & les quatre Seigneurs qui
portoient les chofes neceffaires
au Baptême. Le Cardinal
, aſſiſté de fix Evêques
, en fit la fonction. Le
Roy , la Reine , l'Infante ,
GALANT. IT
1
:
& ſes deux freres , Don Antonio
& Don Manuel , étoient
à la tribune , d'où ils
voyoient facilement la ceremonie
, les fonts baptifmaux
en étant proche. La
Reine avoit devant elle ſes
deux enfans. La petite Infante
, qui eſt la plus âgée ,
paroît déja grandelette &
fort jolie. La ceremonie finie
, on chanta le Te Deum ,
aprés quoy tout le cortege
reprit la marche en même
ordre juſqu'à l'appartement
de l'Infant.
Le ſoir il y eut des illu
12 MERCURE
minations , & les tours &
les vaiſſeaux firent trois décharges
d'artillerie. Il y
avoit dans la place du Palais
de la cavalerie & de
l'infanterie ſous les armes ,
mais en petit nombre , par
rapportàla ta la ppeettiitteelſlſedu lieu,
qui eſt occupé par les échafauts
pour la fête des taureaux
, qui commencera
demain.
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Résumé : Description de la Ceremonie du Baptême de l'Infant de Portugal Joseph. [titre d'après la table]
Le texte relate le baptême de l'Infant Joseph de Portugal à Lisbonne. L'auteur avait réservé des places pour l'événement et offrait une description écrite pour ceux absents. Le 27 août, l'Abbé de Mornay, ambassadeur de France, se rendit au palais royal à onze heures. Le Duc de Cadaval porta l'Infant sous un dais soutenu par trois marquis et trois comtes, suivi par l'ambassadeur et la Marquise de Sainte-Croix avec les objets nécessaires. Le cortège, précédé par des hérauts d'armes et des officiers de justice, se dirigea vers la chapelle où se trouvaient les fonts baptismaux ornés. La cérémonie fut dirigée par le Cardinal, assisté de six évêques. Le Roi, la Reine, l'Infante et ses frères assistèrent depuis une tribune. Après le baptême, le Te Deum fut chanté et le cortège retourna à l'appartement de l'Infant. En soirée, des illuminations et des salves d'artillerie marquèrent la célébration.
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1433
p. 68-76
Discours de M. de Réal fit à l'Assemblée du Clergé, de la Noblesse, & de la Justice, le jour qu'il fut installé dans sa Charge de Sénéchal de Forcalquier. [titre d'après la table]
Début :
Passons maintenant, s'il vous plaît, à d'autres articles [...]
Mots clefs :
Forcalquier, Sénéchal, Gaspard de Réal de Curban, Roi, Sénéchaux
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texteReconnaissance textuelle : Discours de M. de Réal fit à l'Assemblée du Clergé, de la Noblesse, & de la Justice, le jour qu'il fut installé dans sa Charge de Sénéchal de Forcalquier. [titre d'après la table]
Je ne ſçai pas encore ,
Meffieurs & Meſdames , fi
j'aibien ou mal faitde vous
donner cette deſcription à
la place d'une Hiſtoriette :
mais je ſçai bien , fans vanité
, que cette lecture vaut
mieux que la vûë des do
gues de la porte S. Martin.
Paſſons maintenant , s'il
vous plaît , à d'autres articles;
fur tout.choiſiſſons les
meilleurs . Voici heureuſementuneHarangue
courte
&d'un ſtile net & concis.
Elle m'a paru bonne , &je
la donne pour telle.
GALANT . 69
(
M. de Real étant arrivé à
Forcalquier le 19. Août 1714.
pouryprendrepoffeffion de
laChargede Senechal , fut
reçû par les habitans ſous les
armes,viſitépar MsduClergé
, de la Nobleffe & du
Siege en Corps , & harangué
par les Confuls en cha.
peron. Il fit preſenter ſes
lettres de proviſions par ſon
Avocat le vingt à l'audience
publique. Il y fut complimenté
par l'Avocat du
Roy,& enſuite par le Lieutenant
General. Il prefida
à l'audience , & prenant
70 MERCURE
ſa place , il parla en ces
termes.
MESSIEURS,
LaJustice prononceroit en
vain des jugemens , fi l'Epée
n'en afſfuroit l'execution ;
l'Epée pourroit ſe porter à des
entrepriſes dangereuses , fi la
Justice ne la conduiſoit.
Les loix les armes , dont
les emploisfontſi differens, se
doivent donc un mutuel ſecours
; elles ont concouruà
mer les grands Empires , elles
concourent à lesfoûtenir ,
àfor
GALANT. 71
cet heureux concert affure la
fortune des particuliers au dedans
, &rend l'Etat puiſſant
redoutable au dehors.
Nous le voyons ce concert
fous un Roy , qui aprés avoir
portéau plus haut point l'art
de regner,femble en avoirfixé
les regles par lafuperioritéde
fon genie. Elles font invariables
dans ce Monarque , &les
Princes les plus habiles dans la
Sciencede gouverner les hommes
,fontceuxdont la conduite
eft moins éloignée de laſienne.
Le nom de Senechal n'eft
guere moins ancien que laMo
72 MERCURE
narchie . Ilfaudroit , pour trouver
fon origine , remonter, ou
peu s'en faut , juſques à celle
du Trône. La France a eu des
Senechaux preſqu'auſſitôt que
des Rois. Ils étoient alors les
premiers Officiers de la Maifon
du Prince ; ilsfont aujourd'hui
dans leurs Senechauffées
d'un côtéles chefs de laJustice ,
de l'autre , ceux de laNobleſſe,
qu'ils conduisent dans
les armées. Et pour dire quelque
choſe qui nous foit plus
particulier, cette Provincefous
Jes Comtes , avant qu'elle eût
paſſeſous la domination de nos
Rois,
GALANT.
73
Rois , recevoit des loix dia
main des Senechaux. Leurs
fonctionsy font preſentement
les mêmes que celles des Senechaux
des autres Provinces du
Royaume. Jele remarque, pour
rappeller par la dignité de ces
fonctions l'idée des devoirs
auſquels elles engagent,&pour
m'exciter par de fi grands objets
àles remplir.
Je m'étois proposé , Meffieurs
, de vous marquer toute
la joye que j'ai de me voir affis
parmi defi dignes Magistratsi
je me flatois de le pouvoir
faire, parce qu'on croit être
Octob.17:4 G
74
MERCURE
súr des expreſſions quand on ne
confulte que ſes ſentimens.
Quels peuvent être les miens ,
instruit de vôtre habileté à
connoître la justice , &de vôtre
integrité à la rendre !
Mais j'ignorois une partie
des engagemens où je me trouve.
Je ne m'y attendois ni à
une installation si glorieuse ,
ni à des demonstrations d'une
bienveillance fi marquée , qui
augmentantmaſenſibilité, rendent
impoffibles les témoignages
d'une reconnoiſſance trop vive
pourpouvoir être exprimée.
Ce n'estpas que je me livre
GALANT. 75
aux charmes flateurs des difcours
que j'ai entendus. En
vain la bouche même qui prononce
les jugemens a parlé; en
vain elle a applaudi à la voix
non ſeulement du peuple , mais
du Parquet : mon coeurſe refuſeàdes
éloges qu'ilſouhaite
de meriter : mais il ne peutfe
refufer à un accüeil qui le prévient
,& qui en m'inſtruiſant
m'encourage d'une maniere fi
obligeante.
Que ne puis - je exprimer
tout ce que je fens ! Il ne manqueroit
rien à mafatisfaction ,
Meſſfieurs, fi je pouvois vous
1
Gij
76 MERCURE
faire connoître toute l'étenduë
de mon zele pour cette Compagnie
, & de mon attachement
pour chacun des Magiftrats
qui la compoſent : mais
c'est le fort de tous les mouvemens
extraordinaires de l'ame,
qu'ils manquent de termes pour
Se produire , & ne paroiffent
tels qu'ils font que par le filence.
Meffieurs & Meſdames , fi
j'aibien ou mal faitde vous
donner cette deſcription à
la place d'une Hiſtoriette :
mais je ſçai bien , fans vanité
, que cette lecture vaut
mieux que la vûë des do
gues de la porte S. Martin.
Paſſons maintenant , s'il
vous plaît , à d'autres articles;
fur tout.choiſiſſons les
meilleurs . Voici heureuſementuneHarangue
courte
&d'un ſtile net & concis.
Elle m'a paru bonne , &je
la donne pour telle.
GALANT . 69
(
M. de Real étant arrivé à
Forcalquier le 19. Août 1714.
pouryprendrepoffeffion de
laChargede Senechal , fut
reçû par les habitans ſous les
armes,viſitépar MsduClergé
, de la Nobleffe & du
Siege en Corps , & harangué
par les Confuls en cha.
peron. Il fit preſenter ſes
lettres de proviſions par ſon
Avocat le vingt à l'audience
publique. Il y fut complimenté
par l'Avocat du
Roy,& enſuite par le Lieutenant
General. Il prefida
à l'audience , & prenant
70 MERCURE
ſa place , il parla en ces
termes.
MESSIEURS,
LaJustice prononceroit en
vain des jugemens , fi l'Epée
n'en afſfuroit l'execution ;
l'Epée pourroit ſe porter à des
entrepriſes dangereuses , fi la
Justice ne la conduiſoit.
Les loix les armes , dont
les emploisfontſi differens, se
doivent donc un mutuel ſecours
; elles ont concouruà
mer les grands Empires , elles
concourent à lesfoûtenir ,
àfor
GALANT. 71
cet heureux concert affure la
fortune des particuliers au dedans
, &rend l'Etat puiſſant
redoutable au dehors.
Nous le voyons ce concert
fous un Roy , qui aprés avoir
portéau plus haut point l'art
de regner,femble en avoirfixé
les regles par lafuperioritéde
fon genie. Elles font invariables
dans ce Monarque , &les
Princes les plus habiles dans la
Sciencede gouverner les hommes
,fontceuxdont la conduite
eft moins éloignée de laſienne.
Le nom de Senechal n'eft
guere moins ancien que laMo
72 MERCURE
narchie . Ilfaudroit , pour trouver
fon origine , remonter, ou
peu s'en faut , juſques à celle
du Trône. La France a eu des
Senechaux preſqu'auſſitôt que
des Rois. Ils étoient alors les
premiers Officiers de la Maifon
du Prince ; ilsfont aujourd'hui
dans leurs Senechauffées
d'un côtéles chefs de laJustice ,
de l'autre , ceux de laNobleſſe,
qu'ils conduisent dans
les armées. Et pour dire quelque
choſe qui nous foit plus
particulier, cette Provincefous
Jes Comtes , avant qu'elle eût
paſſeſous la domination de nos
Rois,
GALANT.
73
Rois , recevoit des loix dia
main des Senechaux. Leurs
fonctionsy font preſentement
les mêmes que celles des Senechaux
des autres Provinces du
Royaume. Jele remarque, pour
rappeller par la dignité de ces
fonctions l'idée des devoirs
auſquels elles engagent,&pour
m'exciter par de fi grands objets
àles remplir.
Je m'étois proposé , Meffieurs
, de vous marquer toute
la joye que j'ai de me voir affis
parmi defi dignes Magistratsi
je me flatois de le pouvoir
faire, parce qu'on croit être
Octob.17:4 G
74
MERCURE
súr des expreſſions quand on ne
confulte que ſes ſentimens.
Quels peuvent être les miens ,
instruit de vôtre habileté à
connoître la justice , &de vôtre
integrité à la rendre !
Mais j'ignorois une partie
des engagemens où je me trouve.
Je ne m'y attendois ni à
une installation si glorieuse ,
ni à des demonstrations d'une
bienveillance fi marquée , qui
augmentantmaſenſibilité, rendent
impoffibles les témoignages
d'une reconnoiſſance trop vive
pourpouvoir être exprimée.
Ce n'estpas que je me livre
GALANT. 75
aux charmes flateurs des difcours
que j'ai entendus. En
vain la bouche même qui prononce
les jugemens a parlé; en
vain elle a applaudi à la voix
non ſeulement du peuple , mais
du Parquet : mon coeurſe refuſeàdes
éloges qu'ilſouhaite
de meriter : mais il ne peutfe
refufer à un accüeil qui le prévient
,& qui en m'inſtruiſant
m'encourage d'une maniere fi
obligeante.
Que ne puis - je exprimer
tout ce que je fens ! Il ne manqueroit
rien à mafatisfaction ,
Meſſfieurs, fi je pouvois vous
1
Gij
76 MERCURE
faire connoître toute l'étenduë
de mon zele pour cette Compagnie
, & de mon attachement
pour chacun des Magiftrats
qui la compoſent : mais
c'est le fort de tous les mouvemens
extraordinaires de l'ame,
qu'ils manquent de termes pour
Se produire , & ne paroiffent
tels qu'ils font que par le filence.
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Résumé : Discours de M. de Réal fit à l'Assemblée du Clergé, de la Noblesse, & de la Justice, le jour qu'il fut installé dans sa Charge de Sénéchal de Forcalquier. [titre d'après la table]
Le 19 août 1714, M. de Réal arriva à Forcalquier pour prendre possession de la charge de Sénéchal. Il fut accueilli par les habitants armés et reçu par les représentants du clergé, de la noblesse et du siège en corps. Le lendemain, lors d'une audience publique, M. de Réal présenta ses lettres de provision. L'avocat du roi et le lieutenant général lui adressèrent des compliments. Dans son discours, M. de Réal insista sur la nécessité de la collaboration entre la justice et l'épée pour assurer l'ordre et la puissance de l'État. Il rappela l'antiquité et la dignité de la fonction de Sénéchal, soulignant que ces derniers étaient autrefois les premiers officiers du prince et jouaient un rôle clé dans l'administration de la justice et la conduite de la noblesse. M. de Réal exprima sa joie et sa gratitude pour l'accueil chaleureux et les marques de bienveillance qu'il reçut, tout en reconnaissant l'habileté et l'intégrité des magistrats présents.
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1434
p. 123-138
Nouvelles. [titre d'après la table]
Début :
Passons maintenant aux nouvelles. Le Prince Royal Electoral de Saxe [...]
Mots clefs :
Roi, Prince, Sa Majesté, Duc, Lettres, Hongrie, Pologne, Troupes, Comte
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles. [titre d'après la table]
Le Prince Royal Electoral
de Saxe , fils unique du
Roy Auguſte , arriva au
commencement du mois
dernier à Paris , aprés avoir
voyagé en Italie & en Allemagne.
Vers la fin du même
mois ce Prince fut à
Fontainebleau , où il fut
2
preſenté au Roy par Madame
, accompagné du Palatin
de Livonie &de pluſieurs
autres Seigneurs. Ce
Prince fut charmé de l'accüeil
qu'il reçut du Roy ,
Lij
124 MERCURE
auſſi bien que tous les Seigneurs
qui l'accompa
gnoient.
La Reine Doüairiere de
Pologne arriva à Lyon le
18. du mois d'Août , aprés
avoir traverſé une partie de
la Provence & tout le Dauphiné
dans un coche d'eau ,
qu'on lui avoit preparé
pour lui épargner les fatigues
du voyage par terre.
Elle deſcendit à l'Archevêché.
A fon débarquement
M. le Maréchal de Villeroy
fut la complimenter. Il lui
donna la main juſqu'à fa
1
GALANT.
125
chaiſe à porteurs. Il fut accompagné
de M. l'Intendant
, & de M. le Prevôt
des Marchands , ſuivi de
tout le Corps des Echevins
de Lyon , qui harangua
auſſi Sa Majesté Polonoiſe
avant qu'elle débarquât.
Elle avoit avec elle la jeune
Princeſſe de Sobieski ſa petite-
fille.Elle partit de Lyon
en litiere le 29. & la Princeffe
Sobieski dans une autre
avec ſa Gouvernante. Sa
Majefté Polonoiſe s'embarqua
à Roüanne ſur la Loire
, & fut accompagnée de
Liij
126 MERCURE
M. leMaréchal de Villeroy,
& de plus de trente carofſes
, qui la ſuivirent plus
d'une lieuë hors des portes
de la ville. Le 11. Septembre
elle arriva à Nevers ,
où elle fut reçûë au bruit
du canon par le Corps de
Ville en robe rouge , les habitans
étant ſous les armes,
&elle en partit le 12. pour
aller à Blois .
Il y a certains articles de
nouvelles où le precieux
langage du Journal de Verdun
ſe preſente malgrémoy
à mon imagination. En-
1
1
1
GALANT. 127
tr'autres fur celles qu'il debite
de Vienne : * On ajoute
, dit - il , qu'ily étoit arrivé
des Commiſſaires pour y recevoir
des remiſes que les Banquiers
de Hambourg & de
Hollande y ont faitfaire pour
le fervice du Roy de Suede.
M. Hyſteen , qui refide depuis
quelque temps à Petri-Vvaradin
par ordre de Sa Majesté
Suedoiſe , doit faire la deftination
2 de cet argent : mais jufqu'à
ce qu'on ait avis de l'arrivée
de ce Prince fur les Etats
des Princes Chrétiens , on ap-
*Page 278.
L'iiij
128 MERCURE
prehendera toûjours que que
nouvel acroc de l'inconstante 3
varieté dts Infideles.
Que veut- il dire par ces
mots de ſervices, de faire
la deſtination 2 , & d'acroc
de l'inconftante 3 varieté,
&c. Parle-t- il François ou
Allobroge ? & pourquoy
tient - il le même langage
par tout ?
Il eſt neanmoins conſtant
que le départ du Roy de
Suede de Demir-Tcoa eft
mandé de tant d'endroits
differens , qu'on n'oſe prefqueplus
en douter. Les der-
:
GALANT.
129
nieres lettres de Vienne le
confirment, & ajoûtent que
ce Prince traverſera inco
gnitò les Pays Hereditaires
de l'Empereur , qui a donné
ordre qu'on regalât par
tout Sa Majesté Suedoile ,
& qu'on lui donnât dans
tous les lieux de ſon paffage
des marques réelles d'une
amitié & d'une intelligence
parfaite. Le Comte de Villlek
étoit à la veille de partir
pour la Hongrie , afin d'y
recevoir ce Monarque de
la part de l'Empereur, dont
une partie des équipages a
130 MERCURE
pris depuis quelques jours
la route de Presbourg. Le
départ de Sa Majesté Imperiale
pour Presbourg eft
fixé au 10. cependant elle
aordonnéà la Chancellerie
de la Cour de Hongrie de
difpofer toute choſe pour la
conclufion de la Diere , &
d'affifter au couronnement
de l'Imperatrice en qualité
de Reine de Hongrie.
On écrit de Varſovie ,
que le z. de ce mois le Roy
de Pologne fit la revûë de
ſes Gardes à pied , que le
General Cyan marchera
GALANT. 131
vers le Palatinat de Sandomir
avec les Gardes à cheval
, & qu'il ſe joindra aux
troupes Saxonnes qui y
font,plus de huit mille hommes
de la Nobleſſe de Pologne
étant déja montez à
cheval. Le Roy fait affembler
toutes ſes troupes &
fon artillerie; & nonobſtant
la diſette, qui eft grande en
ce pays , & dans les Provinces
les plus fertiles du
Royaume , il fait faire de
grands amas de fourrages ,
d'avoines , de blez , pour la
ſubſiſtance de fon armée.
132 MERCURE
On dit qu'il a deffein des'avancer
à Coſmice , au deçà
de Steczica , afin d'y être à
portée d'obſerver les defſeins
de la Nobleſſe. Les
Dietes des Palatinats de
Maſovie & de Kaliſch ſe
ſont ſeparées fans avoir pris
aucunes refolutions. Ainfi
on voit encore peu de difpoſition
au rétabliſſement
d'une pafaite tranquilité
dans ce Royaume.
On mande de Madrid ,
que le 27. du mois dernier
le Roy alla du Pardo à l'Egliſe
de Notre-Dame d'A
GALANT.
133
tocha , où le Te Deum fur:
chanté en preſence des
Grands, qui s'y étoient rendus
pour rendre graces à
Dieu de la priſe de Barce
lone ,& des heureux ſuccés
de la guerre de Catalogne,
dont on trouvera le détail
dans la ſuite de ce Journal.
Les dernieres lettres de
Rome portent qu'entr'au.
tres audiences confidera
bles que le Pape avoit données
, malgré ſes infirmitez
qui continuent toûjours ,
l'Ambaſſadeur de Malthe
en avoit cu une de Sa Sain-
:
134 MERCURE
:
teté , dans laquelle il lui
avoit donné à connoître
que les Chevaliers de cet
Ordre prenoient ombrage
de l'armement naval des
Turcs , qui intrigue aufli
beaucoup les Venitiens. On
écrit de Veniſe , que l'équipage
du vaiſſeau l'Union ,
arrivé de Smirne , a rapporté
que trois Bachas de
la petite Aſie s'étant revól
tez , avoient mis so. ou 60.
mille hommes en campagne,
& qu'ils demandoient
la tête du Grand Vifir. Si
cette revolte ſe confirme,
GALANT.
135
elle donnera de l'occupation
au Divan , qui paroif->
foit diſpoſé à rompre avec
quelque puiſſance voiſine ;
joint à cela qu'elle empêchera
l'arrivée des cara.
vanes de Perſe à Smirne.
On écrit de Londres , que
le Roy continue à faire de
grands changemens dans
lesCharges. Celle de Capitaine
general des troupes
d'Ecoſſe a été donnée aus
Duc d'Argyle, avec leGouvernement
du château d'E
dimbourg , & celui de Port
Mahon. Le Duc de Mont136
MERCURE
roſſe a été fait Secretaire
d'Etat pour l'Ecoſſe , à la
place du Comte de Maar.
Le Duc de Roxborough a
été fair Garde du Sceau Privé
du même pays, à la place
du Duc d'Athol. Le Marquis
d'Annandale a eu la
Charge de Chancelier que
poſſedoit le Comtede Finlater
& de Seafiel. Le Duc
Schrevvsbury a deman
à ſe demettre de la Charge
de Grand Treſorier , & on
croit que la Treſorerie ſera
adminiſtrée par cinq Commiſſaires
. Le Duc de Som
de
merſet
:
GALANT.
137
merſetpretendoità laCharge
de premier Gentilhomme
de la Chambre : mais il
a accepté la Charge de
grand Ecuyer qu'on lui offroit.
Milord Marlboroug ,
outre la Charge de Capi
taine general des forces
d'Angleterre , a encore obtenu
celle de Colonel du
premier regiment des Gardes
, & celle de grand Maî
tre de l'artillerie. Le Comte
de Sunderland ſon gendre,
qui a été fait Viceroy d'Irlande
, a ordre de partir au
plûtôt , pour aller prendre
Octob. 1714. M
138 MERCURE
poſſeſſion de fon Gouvernement.
Les lettres de Lisbonne
du 14. du mois dernier portent
qu'on y attendoit avec
impatience la flote du Brefil
, au devant de laquelle
on avoit envoyé quatre
vaiſſeaux de guerre , pour
lamettreà couvert des Corfaires
d'Alger & de Salé qui
font en mer.
de Saxe , fils unique du
Roy Auguſte , arriva au
commencement du mois
dernier à Paris , aprés avoir
voyagé en Italie & en Allemagne.
Vers la fin du même
mois ce Prince fut à
Fontainebleau , où il fut
2
preſenté au Roy par Madame
, accompagné du Palatin
de Livonie &de pluſieurs
autres Seigneurs. Ce
Prince fut charmé de l'accüeil
qu'il reçut du Roy ,
Lij
124 MERCURE
auſſi bien que tous les Seigneurs
qui l'accompa
gnoient.
La Reine Doüairiere de
Pologne arriva à Lyon le
18. du mois d'Août , aprés
avoir traverſé une partie de
la Provence & tout le Dauphiné
dans un coche d'eau ,
qu'on lui avoit preparé
pour lui épargner les fatigues
du voyage par terre.
Elle deſcendit à l'Archevêché.
A fon débarquement
M. le Maréchal de Villeroy
fut la complimenter. Il lui
donna la main juſqu'à fa
1
GALANT.
125
chaiſe à porteurs. Il fut accompagné
de M. l'Intendant
, & de M. le Prevôt
des Marchands , ſuivi de
tout le Corps des Echevins
de Lyon , qui harangua
auſſi Sa Majesté Polonoiſe
avant qu'elle débarquât.
Elle avoit avec elle la jeune
Princeſſe de Sobieski ſa petite-
fille.Elle partit de Lyon
en litiere le 29. & la Princeffe
Sobieski dans une autre
avec ſa Gouvernante. Sa
Majefté Polonoiſe s'embarqua
à Roüanne ſur la Loire
, & fut accompagnée de
Liij
126 MERCURE
M. leMaréchal de Villeroy,
& de plus de trente carofſes
, qui la ſuivirent plus
d'une lieuë hors des portes
de la ville. Le 11. Septembre
elle arriva à Nevers ,
où elle fut reçûë au bruit
du canon par le Corps de
Ville en robe rouge , les habitans
étant ſous les armes,
&elle en partit le 12. pour
aller à Blois .
Il y a certains articles de
nouvelles où le precieux
langage du Journal de Verdun
ſe preſente malgrémoy
à mon imagination. En-
1
1
1
GALANT. 127
tr'autres fur celles qu'il debite
de Vienne : * On ajoute
, dit - il , qu'ily étoit arrivé
des Commiſſaires pour y recevoir
des remiſes que les Banquiers
de Hambourg & de
Hollande y ont faitfaire pour
le fervice du Roy de Suede.
M. Hyſteen , qui refide depuis
quelque temps à Petri-Vvaradin
par ordre de Sa Majesté
Suedoiſe , doit faire la deftination
2 de cet argent : mais jufqu'à
ce qu'on ait avis de l'arrivée
de ce Prince fur les Etats
des Princes Chrétiens , on ap-
*Page 278.
L'iiij
128 MERCURE
prehendera toûjours que que
nouvel acroc de l'inconstante 3
varieté dts Infideles.
Que veut- il dire par ces
mots de ſervices, de faire
la deſtination 2 , & d'acroc
de l'inconftante 3 varieté,
&c. Parle-t- il François ou
Allobroge ? & pourquoy
tient - il le même langage
par tout ?
Il eſt neanmoins conſtant
que le départ du Roy de
Suede de Demir-Tcoa eft
mandé de tant d'endroits
differens , qu'on n'oſe prefqueplus
en douter. Les der-
:
GALANT.
129
nieres lettres de Vienne le
confirment, & ajoûtent que
ce Prince traverſera inco
gnitò les Pays Hereditaires
de l'Empereur , qui a donné
ordre qu'on regalât par
tout Sa Majesté Suedoile ,
& qu'on lui donnât dans
tous les lieux de ſon paffage
des marques réelles d'une
amitié & d'une intelligence
parfaite. Le Comte de Villlek
étoit à la veille de partir
pour la Hongrie , afin d'y
recevoir ce Monarque de
la part de l'Empereur, dont
une partie des équipages a
130 MERCURE
pris depuis quelques jours
la route de Presbourg. Le
départ de Sa Majesté Imperiale
pour Presbourg eft
fixé au 10. cependant elle
aordonnéà la Chancellerie
de la Cour de Hongrie de
difpofer toute choſe pour la
conclufion de la Diere , &
d'affifter au couronnement
de l'Imperatrice en qualité
de Reine de Hongrie.
On écrit de Varſovie ,
que le z. de ce mois le Roy
de Pologne fit la revûë de
ſes Gardes à pied , que le
General Cyan marchera
GALANT. 131
vers le Palatinat de Sandomir
avec les Gardes à cheval
, & qu'il ſe joindra aux
troupes Saxonnes qui y
font,plus de huit mille hommes
de la Nobleſſe de Pologne
étant déja montez à
cheval. Le Roy fait affembler
toutes ſes troupes &
fon artillerie; & nonobſtant
la diſette, qui eft grande en
ce pays , & dans les Provinces
les plus fertiles du
Royaume , il fait faire de
grands amas de fourrages ,
d'avoines , de blez , pour la
ſubſiſtance de fon armée.
132 MERCURE
On dit qu'il a deffein des'avancer
à Coſmice , au deçà
de Steczica , afin d'y être à
portée d'obſerver les defſeins
de la Nobleſſe. Les
Dietes des Palatinats de
Maſovie & de Kaliſch ſe
ſont ſeparées fans avoir pris
aucunes refolutions. Ainfi
on voit encore peu de difpoſition
au rétabliſſement
d'une pafaite tranquilité
dans ce Royaume.
On mande de Madrid ,
que le 27. du mois dernier
le Roy alla du Pardo à l'Egliſe
de Notre-Dame d'A
GALANT.
133
tocha , où le Te Deum fur:
chanté en preſence des
Grands, qui s'y étoient rendus
pour rendre graces à
Dieu de la priſe de Barce
lone ,& des heureux ſuccés
de la guerre de Catalogne,
dont on trouvera le détail
dans la ſuite de ce Journal.
Les dernieres lettres de
Rome portent qu'entr'au.
tres audiences confidera
bles que le Pape avoit données
, malgré ſes infirmitez
qui continuent toûjours ,
l'Ambaſſadeur de Malthe
en avoit cu une de Sa Sain-
:
134 MERCURE
:
teté , dans laquelle il lui
avoit donné à connoître
que les Chevaliers de cet
Ordre prenoient ombrage
de l'armement naval des
Turcs , qui intrigue aufli
beaucoup les Venitiens. On
écrit de Veniſe , que l'équipage
du vaiſſeau l'Union ,
arrivé de Smirne , a rapporté
que trois Bachas de
la petite Aſie s'étant revól
tez , avoient mis so. ou 60.
mille hommes en campagne,
& qu'ils demandoient
la tête du Grand Vifir. Si
cette revolte ſe confirme,
GALANT.
135
elle donnera de l'occupation
au Divan , qui paroif->
foit diſpoſé à rompre avec
quelque puiſſance voiſine ;
joint à cela qu'elle empêchera
l'arrivée des cara.
vanes de Perſe à Smirne.
On écrit de Londres , que
le Roy continue à faire de
grands changemens dans
lesCharges. Celle de Capitaine
general des troupes
d'Ecoſſe a été donnée aus
Duc d'Argyle, avec leGouvernement
du château d'E
dimbourg , & celui de Port
Mahon. Le Duc de Mont136
MERCURE
roſſe a été fait Secretaire
d'Etat pour l'Ecoſſe , à la
place du Comte de Maar.
Le Duc de Roxborough a
été fair Garde du Sceau Privé
du même pays, à la place
du Duc d'Athol. Le Marquis
d'Annandale a eu la
Charge de Chancelier que
poſſedoit le Comtede Finlater
& de Seafiel. Le Duc
Schrevvsbury a deman
à ſe demettre de la Charge
de Grand Treſorier , & on
croit que la Treſorerie ſera
adminiſtrée par cinq Commiſſaires
. Le Duc de Som
de
merſet
:
GALANT.
137
merſetpretendoità laCharge
de premier Gentilhomme
de la Chambre : mais il
a accepté la Charge de
grand Ecuyer qu'on lui offroit.
Milord Marlboroug ,
outre la Charge de Capi
taine general des forces
d'Angleterre , a encore obtenu
celle de Colonel du
premier regiment des Gardes
, & celle de grand Maî
tre de l'artillerie. Le Comte
de Sunderland ſon gendre,
qui a été fait Viceroy d'Irlande
, a ordre de partir au
plûtôt , pour aller prendre
Octob. 1714. M
138 MERCURE
poſſeſſion de fon Gouvernement.
Les lettres de Lisbonne
du 14. du mois dernier portent
qu'on y attendoit avec
impatience la flote du Brefil
, au devant de laquelle
on avoit envoyé quatre
vaiſſeaux de guerre , pour
lamettreà couvert des Corfaires
d'Alger & de Salé qui
font en mer.
Fermer
Résumé : Nouvelles. [titre d'après la table]
Le Prince Électeur de Saxe, fils du roi Auguste, est arrivé à Paris au début du mois précédent après un voyage en Italie et en Allemagne. Il a été présenté au roi à Fontainebleau par Madame, en compagnie du Palatin de Livonie et d'autres seigneurs. La reine douairière de Pologne et la princesse de Sobieski, sa petite-fille, sont arrivées à Lyon le 18 août et ont quitté la ville le 29 août. La reine s'est embarquée à Roanne sur la Loire, escortée par le maréchal de Villeroy. Des nouvelles de Vienne rapportent l'arrivée de commissaires pour recevoir des fonds des banquiers de Hambourg et de Hollande destinés au roi de Suède. Le départ du roi de Suède de Demir-Tcoa est confirmé, et il traversera incognito les Pays Héréditaires de l'Empereur, qui a ordonné un accueil amical. À Varsovie, le roi de Pologne a passé en revue ses gardes à pied. Le général Cyan se dirige vers le Palatinat de Sandomir avec les gardes à cheval pour rejoindre les troupes saxonnes. Malgré une disette, le roi rassemble des troupes et des provisions pour surveiller les intentions de la noblesse. En Grande-Bretagne et en Écosse, plusieurs changements politiques et militaires ont eu lieu en octobre 1714. Le Duc d'Argyle a été nommé Capitaine général des troupes d'Écosse et gouverneur du château d'Édimbourg ainsi que de Port Mahon. Le Duc de Montrose est devenu Secrétaire d'État pour l'Écosse, remplaçant le Comte de Mar. Le Duc de Roxborough a succédé au Duc d'Atholl comme Garde du Sceau Privé d'Écosse. Le Marquis d'Annandale a obtenu la charge de Chancelier. Le Duc de Shrewsbury a démissionné de sa charge de Grand Trésorier, et la trésorerie sera probablement administrée par cinq commissaires. Le Duc de Somerset a refusé la charge de premier Gentilhomme de la Chambre mais a accepté celle de grand Écuyer. Milord Marlborough a obtenu les charges de Colonel du premier régiment des Gardes et de grand Maître de l'artillerie. Le Comte de Sunderland, gendre de Marlborough, a été nommé Vice-roi d'Irlande et doit partir rapidement pour prendre possession de son gouvernement. À Lisbonne, on attendait la flotte du Brésil, escortée par quatre vaisseaux de guerre pour la protéger des corsaires d'Alger et de Salé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1435
p. 167-168
Extrait d'un Discours prononcé par le R. P. Feüilletau, Superieur des Barnabites, à la Profession de Dom Marc-René Dubuisson de la Bruneliere, parent de M. d'Argenson.
Début :
Imitez dans l'état saint que vous allez embrasser le [...]
Mots clefs :
Discours, Église
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'un Discours prononcé par le R. P. Feüilletau, Superieur des Barnabites, à la Profession de Dom Marc-René Dubuisson de la Bruneliere, parent de M. d'Argenson.
Extrait d'un Discours prononcé
par le R. P. Feüilletau ,
Superieur des Barnabites ,
à la Profeffion de Dom
Marc-René Dubuiſſon de
la Bruneliere , parent de
M. d'Argenson.
Imitez dans l'état faint
que vous allez embraſſer le
grand Magiſtrat à qui vous
avez l'honneur d'apparte
nir, & qui vous tient icilieu
pere ; ſi zelé pour le fervicedu
Roydans la Police ,
fi reſpecté dans le monde
de
1
168 MERCURE
par ſon autorité ,ſa fermeté
& ſon zele ; temperé par ſa
ſageſſe , & fon attention
pour lebienpublic,&lebon
ordre qu'il fait regner par
tout; fi fidele à Dieupar une
pieté ſage& éclairée , par
des ſoins infatigables pour
les pauvres, qu'ilfoulage en
rantdemanieres;par tantde
vertus qui édifient l'Eglife ,
pour l'avantage des Egliſes
même , qu'il reparepar tout
dés qu'il en connoît les befoins
& qui s'étendront
peut- être juſques ſur la nô
tre par ſa charité.
par le R. P. Feüilletau ,
Superieur des Barnabites ,
à la Profeffion de Dom
Marc-René Dubuiſſon de
la Bruneliere , parent de
M. d'Argenson.
Imitez dans l'état faint
que vous allez embraſſer le
grand Magiſtrat à qui vous
avez l'honneur d'apparte
nir, & qui vous tient icilieu
pere ; ſi zelé pour le fervicedu
Roydans la Police ,
fi reſpecté dans le monde
de
1
168 MERCURE
par ſon autorité ,ſa fermeté
& ſon zele ; temperé par ſa
ſageſſe , & fon attention
pour lebienpublic,&lebon
ordre qu'il fait regner par
tout; fi fidele à Dieupar une
pieté ſage& éclairée , par
des ſoins infatigables pour
les pauvres, qu'ilfoulage en
rantdemanieres;par tantde
vertus qui édifient l'Eglife ,
pour l'avantage des Egliſes
même , qu'il reparepar tout
dés qu'il en connoît les befoins
& qui s'étendront
peut- être juſques ſur la nô
tre par ſa charité.
Fermer
Résumé : Extrait d'un Discours prononcé par le R. P. Feüilletau, Superieur des Barnabites, à la Profession de Dom Marc-René Dubuisson de la Bruneliere, parent de M. d'Argenson.
Le Père Feüilletau, supérieur des Barnabites, encourage Dom Dubuisson à suivre l'exemple de Monsieur d'Argenson, connu pour son dévouement au roi et son autorité dans la police. D'Argenson est admiré pour sa fermeté, sa sagesse et sa charité envers les pauvres. Sa piété et ses réparations d'églises édifient l'Église. Sa charité pourrait aussi bénéficier à leur communauté.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1436
p. 169-176
Copie d'une Lettre de M. le Procureur General du Parlement de Paris à l'occasion du Testament du Roy. [titre d'après la table]
Début :
Je crains point qu'on me sçache mauvais gré d'avoir / Nous vous apportons, Messieurs, un Edit du Roy, un [...]
Mots clefs :
Testament, Testament du roi, Procureur général, Procureur général du Parlement de Paris, Parlement de Paris, Couronne, Édit du roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Copie d'une Lettre de M. le Procureur General du Parlement de Paris à l'occasion du Testament du Roy. [titre d'après la table]
Je ne crains point qu'on
me ſcache mauvais gré d'avoir
differé juſqu'à preſent à parler
du Teſtament du Roy , que
Sa Majeſté envoya il y a deux
mois à fon Parlement. C'eſt
un dépoſt ſacré auquel j'ay
crû nedevoir point toucher ;
&dont je me garderois bien
encore d'approcher une main
profane , ſi je n'avoispas reçû
depuis peu la copie d'une
Lettre que Monfieur le Procureur
General du Parlement
de Paris a écrit fur ce ſujet.
Je n'apprehende point d'en
parleri aprés luy. En voicy .
Octobre 1714. P
170 MERCURE
la ſubitance,
,
Nous vous apportons , Mel
fleurs , un Edit du Roy un
paquet cacheté ,&une Lettre
de cachet ; le Roy par fon
Edit ordonne le dépôt ſeur ,
& ſecret dudit paquet ,
quel eſt écrit de ſa propre
main : Cecy est nostre Testament.
Signé , LOUIS.
fur le-
Dans lon Testament le
Roy nomme un Conſeil de
Rgence , & diſpoſe de toutes
les volontez à cet égard.
Nous ne pouvons allez admirer
le courage & la bonté
du Roy , qui , dans un âge
1
t
GALANT. 171
avancé , & par une ſuite naturelle
de la fermeté qu'il
marque dans toutes les actions
de ſa vie , enviſage fans fraieur
le moment fatal de la mort ,
& ſain de fon eſprit , vient de
confummer un ouvrage qui
inſpire de la crainte à tous les
hommes, pour affurer la Couronne
à fon arriere petit fils ,
le repos & la tranquillité de
fon Etat , & le bonheur de
ſes fideles Sujets ; il veut bien
nous en rendre depofitaires,en
nous honorant toûjours de la
même confiance qu'il nous a
marqué dans tous les temps ,
1
Pij
172 MERCURE
heureux , fi le Ciel par une
grace particuliere daigne rendre
toutes les ſages précautions
du Roy inutiles en luy
conſervant ſes jours,du moins
juſqu'au temps de la majorité
de ſon arriere petit fils ,& les
étendant même au delà des
bornes ordinaires. Nous ne
doutons pas qu'aprés l'enregiſtrement
dudit Edir , & le
dépôt dudit Testament , la
Cour ne rende au Roy de
tres humbles actions de graces
de fa bonté & de ſa con
fiance particuliere pour fon
Parlement.
GALANT . 173
Les conclufions de Monfieur
le Procureur General
tendent à ce qu'il y ait un lieu
particulier auGreffe de laCour
pour le dépôt dudit Teſtament
, lequel ſera fermé de
trois clefs , dont l'une ſera
miſe entre les mains deMeſfire
Jean - Antoine de Meſmes ,
Premier Préſident ; la feconde
entre les mains de luy Procureur
General du Roy ; & la
troifiéme entre les mains de
Nicolas Dongois , Greffier en
chef de la Cour ; procés- verbal
préalablement dreffé de
l'état dudit lieu , & de tout ce
Piij
174 MERCURE
qui ſe paſſera lors dudit dépôt
pardevant le Premier Préfident
& moy Procureur General
du Roy.
L'Edit porte en ſubſtance
que le Roy ayant eu la douleur
de perdre preſque dans
le même temps ſes fits & pctits
fils qui étoient ſon efperance
& celle de ſon peuple ,
il voit ſa Couronne devoluë
de plein droit à M. le Dauphin
ſon arriere petit fils qui
eſt encore dans un âge trestendre
; & comme il craint
d'eſtre prevenu par ce moment
fatal , il ſouhaite par
GALANT. 179
une ſage prévoyance prefcrire
toutes les meſures qu'il
conviendra alors prendre
pour affermir la Couronne à
fon arriere petit fils & maintenir
en même temps latranquillité
de fon Royaume , il a
fait ſon Teftament ſuſcrit de
ſa main , dans lequel il declare
ſa volonté pour la Regence
& fon Conſeil ; il défend de
l'ouvrir pour quelques cauſes
&prétexte que ce foit , avant
fon decés , & veut aprés iceluyque
les Princes de ſonSang
& les Pairs du Royaume ſe
rendent à fon Parlement ,&
Pilij
176 MERCURE
que toutes les Chambres afſemblées
il foit fait ouverture
de ſon Testament , pour eſtre
enſuite par la Regence envoyé
des Duplicata dudit Teſtament
aux autres Parlements
du Royaume.
me ſcache mauvais gré d'avoir
differé juſqu'à preſent à parler
du Teſtament du Roy , que
Sa Majeſté envoya il y a deux
mois à fon Parlement. C'eſt
un dépoſt ſacré auquel j'ay
crû nedevoir point toucher ;
&dont je me garderois bien
encore d'approcher une main
profane , ſi je n'avoispas reçû
depuis peu la copie d'une
Lettre que Monfieur le Procureur
General du Parlement
de Paris a écrit fur ce ſujet.
Je n'apprehende point d'en
parleri aprés luy. En voicy .
Octobre 1714. P
170 MERCURE
la ſubitance,
,
Nous vous apportons , Mel
fleurs , un Edit du Roy un
paquet cacheté ,&une Lettre
de cachet ; le Roy par fon
Edit ordonne le dépôt ſeur ,
& ſecret dudit paquet ,
quel eſt écrit de ſa propre
main : Cecy est nostre Testament.
Signé , LOUIS.
fur le-
Dans lon Testament le
Roy nomme un Conſeil de
Rgence , & diſpoſe de toutes
les volontez à cet égard.
Nous ne pouvons allez admirer
le courage & la bonté
du Roy , qui , dans un âge
1
t
GALANT. 171
avancé , & par une ſuite naturelle
de la fermeté qu'il
marque dans toutes les actions
de ſa vie , enviſage fans fraieur
le moment fatal de la mort ,
& ſain de fon eſprit , vient de
confummer un ouvrage qui
inſpire de la crainte à tous les
hommes, pour affurer la Couronne
à fon arriere petit fils ,
le repos & la tranquillité de
fon Etat , & le bonheur de
ſes fideles Sujets ; il veut bien
nous en rendre depofitaires,en
nous honorant toûjours de la
même confiance qu'il nous a
marqué dans tous les temps ,
1
Pij
172 MERCURE
heureux , fi le Ciel par une
grace particuliere daigne rendre
toutes les ſages précautions
du Roy inutiles en luy
conſervant ſes jours,du moins
juſqu'au temps de la majorité
de ſon arriere petit fils ,& les
étendant même au delà des
bornes ordinaires. Nous ne
doutons pas qu'aprés l'enregiſtrement
dudit Edir , & le
dépôt dudit Testament , la
Cour ne rende au Roy de
tres humbles actions de graces
de fa bonté & de ſa con
fiance particuliere pour fon
Parlement.
GALANT . 173
Les conclufions de Monfieur
le Procureur General
tendent à ce qu'il y ait un lieu
particulier auGreffe de laCour
pour le dépôt dudit Teſtament
, lequel ſera fermé de
trois clefs , dont l'une ſera
miſe entre les mains deMeſfire
Jean - Antoine de Meſmes ,
Premier Préſident ; la feconde
entre les mains de luy Procureur
General du Roy ; & la
troifiéme entre les mains de
Nicolas Dongois , Greffier en
chef de la Cour ; procés- verbal
préalablement dreffé de
l'état dudit lieu , & de tout ce
Piij
174 MERCURE
qui ſe paſſera lors dudit dépôt
pardevant le Premier Préfident
& moy Procureur General
du Roy.
L'Edit porte en ſubſtance
que le Roy ayant eu la douleur
de perdre preſque dans
le même temps ſes fits & pctits
fils qui étoient ſon efperance
& celle de ſon peuple ,
il voit ſa Couronne devoluë
de plein droit à M. le Dauphin
ſon arriere petit fils qui
eſt encore dans un âge trestendre
; & comme il craint
d'eſtre prevenu par ce moment
fatal , il ſouhaite par
GALANT. 179
une ſage prévoyance prefcrire
toutes les meſures qu'il
conviendra alors prendre
pour affermir la Couronne à
fon arriere petit fils & maintenir
en même temps latranquillité
de fon Royaume , il a
fait ſon Teftament ſuſcrit de
ſa main , dans lequel il declare
ſa volonté pour la Regence
& fon Conſeil ; il défend de
l'ouvrir pour quelques cauſes
&prétexte que ce foit , avant
fon decés , & veut aprés iceluyque
les Princes de ſonSang
& les Pairs du Royaume ſe
rendent à fon Parlement ,&
Pilij
176 MERCURE
que toutes les Chambres afſemblées
il foit fait ouverture
de ſon Testament , pour eſtre
enſuite par la Regence envoyé
des Duplicata dudit Teſtament
aux autres Parlements
du Royaume.
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Résumé : Copie d'une Lettre de M. le Procureur General du Parlement de Paris à l'occasion du Testament du Roy. [titre d'après la table]
Le texte aborde la réception et la gestion du testament du roi Louis XIV, envoyé au Parlement deux mois plus tôt. L'auteur manifeste son respect pour ce document et mentionne avoir reçu une copie d'une lettre du Procureur Général du Parlement de Paris. Le roi a ordonné le dépôt sécurisé et secret d'un paquet cacheté contenant son testament, rédigé de sa propre main. Ce testament désigne un conseil de régence et expose les volontés royales concernant la succession. Malgré son âge avancé, le roi démontre courage et détermination en préparant ce document pour assurer la couronne à son arrière-petit-fils et le bien-être de ses sujets. Le Parlement doit enregistrer l'édit et déposer le testament dans un lieu spécifique au greffe de la cour, fermé par trois clefs détenues par des personnalités clés du Parlement. Le testament ne doit être ouvert qu'après le décès du roi, en présence des princes du sang et des pairs du royaume, pour ensuite être exécuté par la régence.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1437
p. 182-185
Extrait d'une Lettre de Bayonne du 19. Septembre.
Début :
Dona Maria Angela âgée de 99. ans est morte ces jours [...]
Mots clefs :
Bayonne, Reine d'Espagne, Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Bayonne du 19. Septembre.
Extrait d'une Lettrede Bayonne
du 19. Septembre.
Dona Maria Angela âgée
de99. ans eſt morte ces joursGALANT.
183
cy au ſervice de la Reine
Doüiriere d'Eſpagne, auCaftel
de Lozaque , proche de
Bayonne : c'eſt une maiſon
qui appartient au ſicur Lopés
des Heureaux , LieutenantGeneral
, Civil & Criminel de
Bayonne , où la ReineDoüiriere
d'Eſpagne va paffer tous
les Eſté. Cette Dona Maria
Angela a eſté auſſi au fervice
de l'Infante Marie - Therefe
dEſpagne , & de Madame
Loüfe Reine d'Eſpagne au ffi,
La Reine Doüaniere d'Elpagne
a donné une magnifique
fuſte à Bayonne à l'arti
184 MERCURE
vée de M. le Marquis de Villa
Garcia ,Envoyé du Roy d Efpagne
, pour luy faire partde
fon mariage. Il y acu pendant
huit jours des bals , table ouverte&
fuperbe , chaſſes , jeu,
&toutes lortes de plaiſirs ; le
Palais étoit éclairé dedans &
dehors de bougies & de flambeaux
durant ledit temps ,
avec des ſalves de boites& de
toute l'artillerie. La Muſique
n'y a pas été épargnée. M. le
Cardinal del Judicé venantde
Paris y aſſiſta , auſſi bien que
de Prince Pio venant de Madrid,&
l'Ambaſſadeur&Ambafladrice
>
GALANT 185
baffadrice de Portugal , M. le
Comte de Liveria , à tous lefquels
Sa Majesté Doüniriere
a fait des preſens magnifiques
en pierreries , & tabatieres
d'or enrichies de diamans .
du 19. Septembre.
Dona Maria Angela âgée
de99. ans eſt morte ces joursGALANT.
183
cy au ſervice de la Reine
Doüiriere d'Eſpagne, auCaftel
de Lozaque , proche de
Bayonne : c'eſt une maiſon
qui appartient au ſicur Lopés
des Heureaux , LieutenantGeneral
, Civil & Criminel de
Bayonne , où la ReineDoüiriere
d'Eſpagne va paffer tous
les Eſté. Cette Dona Maria
Angela a eſté auſſi au fervice
de l'Infante Marie - Therefe
dEſpagne , & de Madame
Loüfe Reine d'Eſpagne au ffi,
La Reine Doüaniere d'Elpagne
a donné une magnifique
fuſte à Bayonne à l'arti
184 MERCURE
vée de M. le Marquis de Villa
Garcia ,Envoyé du Roy d Efpagne
, pour luy faire partde
fon mariage. Il y acu pendant
huit jours des bals , table ouverte&
fuperbe , chaſſes , jeu,
&toutes lortes de plaiſirs ; le
Palais étoit éclairé dedans &
dehors de bougies & de flambeaux
durant ledit temps ,
avec des ſalves de boites& de
toute l'artillerie. La Muſique
n'y a pas été épargnée. M. le
Cardinal del Judicé venantde
Paris y aſſiſta , auſſi bien que
de Prince Pio venant de Madrid,&
l'Ambaſſadeur&Ambafladrice
>
GALANT 185
baffadrice de Portugal , M. le
Comte de Liveria , à tous lefquels
Sa Majesté Doüniriere
a fait des preſens magnifiques
en pierreries , & tabatieres
d'or enrichies de diamans .
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Bayonne du 19. Septembre.
Le 19 septembre, une lettre annonce le décès de Dona Maria Angela, âgée de 99 ans, qui servait la Reine Douairière d'Espagne au château de Lozaque près de Bayonne. Ce château appartient au sieur López des Heureaux, Lieutenant Général civil et criminel de Bayonne. Dona Maria Angela avait également été au service de l'Infante Marie-Thérèse d'Espagne et de Madame Louise, Reine d'Espagne. La Reine Douairière a organisé une fête somptueuse à Bayonne pour célébrer le mariage de M. le Marquis de Villa Garcia, Envoyé du Roi d'Espagne. Cet événement de huit jours a inclus des bals, des tables ouvertes, des chasses, des jeux et divers divertissements. Le palais était illuminé par des bougies et des flambeaux, accompagnés de salves d'artillerie et de musique. Parmi les invités figuraient le Cardinal del Judicé de Paris, le Prince Pio de Madrid, ainsi que l'Ambassadeur et l'Ambastrice de Portugal, M. le Comte de Liveria. La Reine Douairière leur a offert des présents magnifiques, notamment des pierreries et des tabatières en or enrichies de diamants.
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1438
p. 186-199
A Parme.
Début :
Le 7. de ce mois aprés l'arrivée d'un Courrier d'Espagne [...]
Mots clefs :
Princesse de Parme, Parme, Duc de Parme, Cardinal, Roi d'Espagne, Reine d'Espagne, Gentilhommes, Prince, Princesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Parme.
AParme.
Le 7. de ce mois aprés l'arrivée
d'un Courrier d'Eſpagne
qui apporta à la Princeſſe le
Portrait du Roy d'Eſpagne ,
avec un nouveau preſent de
fix mille piſtoles pour les épingles
,& la nouvelle de l'ordre
envoyé à la Flote pour ſe rendre
à Seſtri , on prit le jour
du 15 pour l'entrée ſolemnel.
le du Cardinal Gozzadıni, Legat;
celuy du 16. pour la fonc-
1
GALANT. 187
1
tion du Mariage ; le 17. pour
les viſites de congé du Cardinal
; le 18. pour ſon départ ,
&le 19 pour celuyde la Reine.
Le Cardinal Legat partit
le 1 4. des confins du Bolonois,
& ſe rendit le ſoir dans ceux
de l'Etat de Parme , fans s'arreſter
à celuy de Modene. Il
logea dans deux maiſons de
campagne , qu'on luy avoit
magnifiquement preparées. Le
lendemain 15. il continua fon
voyage , & fut receu par le
Duc de Parme à trois mille
de la Ville ,& laiflé à dîner
dans la Chartreuſe , où tout
Qij
188 MERCURE
pas
eſtoit auſſi preparé par ordre
du Prince. L'apreſdinée il ſe
rendit ,& s'arreſta àcent pas
des portes de la Ville , où il
trouva une Chapelle , & un
appartement dreſſez , afin de
ſemettre dans ſes grands habits
de Ceremonie , qu'on
appelle , Cappa magna , &
donner lieu à fon Equipage ,
& à ſa ſuite qui eſt de cinq
cent perſonnes , de ſe mettre
en état pour la Cavalcade ,.
laquelle ſe fit dans cet ordre .
Quatre Courriers du Duc
de Parme , fes Trompettes ,
un Officier de ſes Gardes du
GALANT. 189
Corps à la teſte d'un détachement
desGardes ; le Maréchal
de Logis du Cardinal Legat ;
ſes Trompettes;vingt- quatre
Mulets chargez de ſon bagage
; ſa Litiere ; fon Maiſtre
d'écurie; ſa Chaiſe à Porteurs;
le Maiftre de ſa Garderobe
avec un Valet de chambre
& fa valiſe ;les Domestiques
des Evêques ,& des Prelats
qui accompagnoient le Cardinal
; ſes Aumôniers , ſes
Gentilhommes ;& ſes Domeftiques
deux à deux ; ſoixante
Gentilhommes , ou perfonnes
de qualité , qui accompa
190 MERCURE
gnoient le Cardinal ,un àun ;
mais chacun entre deux Gentilhommes
de la Chambre du
Ducde Parme , tous enhabits
de manteau de tres riches
étoffes ,&garnis de dentelles
d'or , d argent , ou de foye
noire ; le Clergé & le Chapitre;
les Hoffiers portant leurs
Maffes , le Muttre des Geremontes
du Pape. La Croix de
la Legation , douze Pages du
Cardinal ; feize Eltafiers , &
Palefieniers à pied , & ceux
des Gentilhommes de ſa fuite,
& de fon accompagnement
aunombre de trois cent. Au
GALANT. 191
}
,
Pont- Levisde la Ville ,le Dais
de brocard d'argent , porté
par huit Gentilhommes
qu'on appelle les anciens de la
Ville , tous lequel il fut receu
&entra dans la Ville en compagnie
du Cardinal Acquavi.
va ,&du Duc de Parme , tres
fuperbement vêtu &monté ;
enfuite du Dais trente- fix Pages
du Duc de Parme ; fixvingt
de fes Gens de livrée ;
les Maiſtres de Chambre ; le
Grand Ecuyer du Duc de
Parme ; ſes Ecuyers ; ceux
des Cardinaux ; des Evêques ;
des Prelats ; & les Magiftrats
r
192 MERCURE
dela Ville. Le reſtedes Gardes
ferma la Cavalcade , aprés
laquelle venoient le Caroſſe
du Corps de la Princeſſe ,
appellé déja celuy de la Reine,
celuy du Corps du Cardinal
Legat ; celuy du Cardinal
Acquaviva , celuydu Duc de
Parme ,& celuy du Prince de
Parme. Vingt cinq Caroffes -
du Cortege noble du Cardi .
nal Legat , compoſé de Gentilhommes
de Bologne , & de
l'Etat de 1EEgglliiffee,,qquuaatriieeCaroffes
du Cortege noble du
Cardinal Acquaviva , quaran.
te-huit carofles de celuy du
Duc
GALANT. 193
Duc de Parme , quatre de
celuy du Prince de Parme ,
fix caroffes du Cardinal Legat
pour ſes Domeſtiques , deux
pour ceux du Cardinal Acquaviva
, dix huit du Duc de Parme
pour ſes Officiers ,& trois
duPrince pour les fiens.
De la Porte par où on entra
dans la Ville , la Cavalcade
ſe fit par la grande &
magnifique ruë , appellée de
Saint Michel , toute bordéc
àpluſieurs rangs de Troupes ,
autant de la Garniſon , que
des Milices , tous en habit
uniforme , outre la Cavalerie
Octobre 1714. R
1
194 MERCURE
du Duc de Parme , & de l'Etat
compoſée de Gentilhommes,
& autres perſonnes vivans
noblement & obligez de ,
monter à Cheval aux ordres
du Prince.
On defcendit à la Cathedrale
, & delà le Cardinal Legat
fut mené , & logé en
Cour. Ceux de ſa ſuite , qui
n'y purent loger , furent diſtribuez
dans le magnifique &
vatte College des nobles ,&
dans dix Palais du voisinage.
Outre les tables de la Cour ,
on en a fait ſervir cinq dans
le College , pour differentes
GALANT. 195
1
conditions de perſonnes ,
dont celle des Eſtafiers étoit
de trois cent trente couverts .
Le lendemain 16. on fe
rendit à la Cathedrale , qui
étoit toute tenduë au dehors
des plus riches , & plus précicules
tapiſſeries de la Maifon
de Parme , & par le dedans
de damas , & de velours
galonnez d'or , avec une
infinité d'autres damas &
d'autres étoffes figurées en
fleurs , en feüillages , & en
d'autres formes tres induſ
trieuſes ,& qui formoient un
*des plus agréables parterres
Rij
196 MERCURE
qu'on ait encore veuen cou
vrant de cette maniere tout le
ciel ou le plafond de l'Eglife.
On avoit ôté du Choeur tous
les ſieges des Chanoines, dref
ſé un Autel par le dedans derriere
le grand Autel , & un
Thrône Royal au milieu du
Choeur , du coté duquel la
Princeffe s'approcha de l'Hôtel
à l'heure de la Ceremonie
du mariage , laquelle fut faire
par le Cardinal Gozzadini à
l'Offertoire de la Meſſe , qu'il
chanta luy même , & le Duc
de Parme l'ayant épousée
comme Procureur du Roy
GALANT. 197
}
d'Eſpagne , la mena ſur le
Thrône , & s'y plaça auſſi
comme ayant l'honneur de repreſenter
Sa Majefté Catholique.
Cette grande & auguſte
fonction fur annoncée à toute
la Ville par la décharge des
Troupes , des Milices , de la
Cavalerie , & de l'artillerie de
la Ville , &de la Fortereffe ; &
ce jour - là , & les deux fuivants
ont eſté celebrez avec
tout ce que la joye & la magnificence
peuvent inventer ,
& former de plus nouveau &
de plus éclatant , dans un
Riij
1,8 MERCURE
)
tems incomparablement plus
long , que celuy qu'on a cu
pour une folemnité de cette
nature& de cette confequence
, la Nobleffe & le Peuple
s'eſtant ſurpaſſez à l'imitation
de leur Prince , pour luy marquer
leur zele , faire leur cour
à la Reine d'Eſpagne , & témoigner
au Roy Catholique
une reconnoiſſance infinie de
l'honneur qu'il a fait à la Maifon
Farnefe.
Outreles compliments faits
à la Reine par la Ville de Parme
, celle de Plaiſance luy a
envoyé une Ambaſſade de
GALANT
NEQUE DE
douze des principau *1S8e93i*
gneurs .
Le 7. de ce mois aprés l'arrivée
d'un Courrier d'Eſpagne
qui apporta à la Princeſſe le
Portrait du Roy d'Eſpagne ,
avec un nouveau preſent de
fix mille piſtoles pour les épingles
,& la nouvelle de l'ordre
envoyé à la Flote pour ſe rendre
à Seſtri , on prit le jour
du 15 pour l'entrée ſolemnel.
le du Cardinal Gozzadıni, Legat;
celuy du 16. pour la fonc-
1
GALANT. 187
1
tion du Mariage ; le 17. pour
les viſites de congé du Cardinal
; le 18. pour ſon départ ,
&le 19 pour celuyde la Reine.
Le Cardinal Legat partit
le 1 4. des confins du Bolonois,
& ſe rendit le ſoir dans ceux
de l'Etat de Parme , fans s'arreſter
à celuy de Modene. Il
logea dans deux maiſons de
campagne , qu'on luy avoit
magnifiquement preparées. Le
lendemain 15. il continua fon
voyage , & fut receu par le
Duc de Parme à trois mille
de la Ville ,& laiflé à dîner
dans la Chartreuſe , où tout
Qij
188 MERCURE
pas
eſtoit auſſi preparé par ordre
du Prince. L'apreſdinée il ſe
rendit ,& s'arreſta àcent pas
des portes de la Ville , où il
trouva une Chapelle , & un
appartement dreſſez , afin de
ſemettre dans ſes grands habits
de Ceremonie , qu'on
appelle , Cappa magna , &
donner lieu à fon Equipage ,
& à ſa ſuite qui eſt de cinq
cent perſonnes , de ſe mettre
en état pour la Cavalcade ,.
laquelle ſe fit dans cet ordre .
Quatre Courriers du Duc
de Parme , fes Trompettes ,
un Officier de ſes Gardes du
GALANT. 189
Corps à la teſte d'un détachement
desGardes ; le Maréchal
de Logis du Cardinal Legat ;
ſes Trompettes;vingt- quatre
Mulets chargez de ſon bagage
; ſa Litiere ; fon Maiſtre
d'écurie; ſa Chaiſe à Porteurs;
le Maiftre de ſa Garderobe
avec un Valet de chambre
& fa valiſe ;les Domestiques
des Evêques ,& des Prelats
qui accompagnoient le Cardinal
; ſes Aumôniers , ſes
Gentilhommes ;& ſes Domeftiques
deux à deux ; ſoixante
Gentilhommes , ou perfonnes
de qualité , qui accompa
190 MERCURE
gnoient le Cardinal ,un àun ;
mais chacun entre deux Gentilhommes
de la Chambre du
Ducde Parme , tous enhabits
de manteau de tres riches
étoffes ,&garnis de dentelles
d'or , d argent , ou de foye
noire ; le Clergé & le Chapitre;
les Hoffiers portant leurs
Maffes , le Muttre des Geremontes
du Pape. La Croix de
la Legation , douze Pages du
Cardinal ; feize Eltafiers , &
Palefieniers à pied , & ceux
des Gentilhommes de ſa fuite,
& de fon accompagnement
aunombre de trois cent. Au
GALANT. 191
}
,
Pont- Levisde la Ville ,le Dais
de brocard d'argent , porté
par huit Gentilhommes
qu'on appelle les anciens de la
Ville , tous lequel il fut receu
&entra dans la Ville en compagnie
du Cardinal Acquavi.
va ,&du Duc de Parme , tres
fuperbement vêtu &monté ;
enfuite du Dais trente- fix Pages
du Duc de Parme ; fixvingt
de fes Gens de livrée ;
les Maiſtres de Chambre ; le
Grand Ecuyer du Duc de
Parme ; ſes Ecuyers ; ceux
des Cardinaux ; des Evêques ;
des Prelats ; & les Magiftrats
r
192 MERCURE
dela Ville. Le reſtedes Gardes
ferma la Cavalcade , aprés
laquelle venoient le Caroſſe
du Corps de la Princeſſe ,
appellé déja celuy de la Reine,
celuy du Corps du Cardinal
Legat ; celuy du Cardinal
Acquaviva , celuydu Duc de
Parme ,& celuy du Prince de
Parme. Vingt cinq Caroffes -
du Cortege noble du Cardi .
nal Legat , compoſé de Gentilhommes
de Bologne , & de
l'Etat de 1EEgglliiffee,,qquuaatriieeCaroffes
du Cortege noble du
Cardinal Acquaviva , quaran.
te-huit carofles de celuy du
Duc
GALANT. 193
Duc de Parme , quatre de
celuy du Prince de Parme ,
fix caroffes du Cardinal Legat
pour ſes Domeſtiques , deux
pour ceux du Cardinal Acquaviva
, dix huit du Duc de Parme
pour ſes Officiers ,& trois
duPrince pour les fiens.
De la Porte par où on entra
dans la Ville , la Cavalcade
ſe fit par la grande &
magnifique ruë , appellée de
Saint Michel , toute bordéc
àpluſieurs rangs de Troupes ,
autant de la Garniſon , que
des Milices , tous en habit
uniforme , outre la Cavalerie
Octobre 1714. R
1
194 MERCURE
du Duc de Parme , & de l'Etat
compoſée de Gentilhommes,
& autres perſonnes vivans
noblement & obligez de ,
monter à Cheval aux ordres
du Prince.
On defcendit à la Cathedrale
, & delà le Cardinal Legat
fut mené , & logé en
Cour. Ceux de ſa ſuite , qui
n'y purent loger , furent diſtribuez
dans le magnifique &
vatte College des nobles ,&
dans dix Palais du voisinage.
Outre les tables de la Cour ,
on en a fait ſervir cinq dans
le College , pour differentes
GALANT. 195
1
conditions de perſonnes ,
dont celle des Eſtafiers étoit
de trois cent trente couverts .
Le lendemain 16. on fe
rendit à la Cathedrale , qui
étoit toute tenduë au dehors
des plus riches , & plus précicules
tapiſſeries de la Maifon
de Parme , & par le dedans
de damas , & de velours
galonnez d'or , avec une
infinité d'autres damas &
d'autres étoffes figurées en
fleurs , en feüillages , & en
d'autres formes tres induſ
trieuſes ,& qui formoient un
*des plus agréables parterres
Rij
196 MERCURE
qu'on ait encore veuen cou
vrant de cette maniere tout le
ciel ou le plafond de l'Eglife.
On avoit ôté du Choeur tous
les ſieges des Chanoines, dref
ſé un Autel par le dedans derriere
le grand Autel , & un
Thrône Royal au milieu du
Choeur , du coté duquel la
Princeffe s'approcha de l'Hôtel
à l'heure de la Ceremonie
du mariage , laquelle fut faire
par le Cardinal Gozzadini à
l'Offertoire de la Meſſe , qu'il
chanta luy même , & le Duc
de Parme l'ayant épousée
comme Procureur du Roy
GALANT. 197
}
d'Eſpagne , la mena ſur le
Thrône , & s'y plaça auſſi
comme ayant l'honneur de repreſenter
Sa Majefté Catholique.
Cette grande & auguſte
fonction fur annoncée à toute
la Ville par la décharge des
Troupes , des Milices , de la
Cavalerie , & de l'artillerie de
la Ville , &de la Fortereffe ; &
ce jour - là , & les deux fuivants
ont eſté celebrez avec
tout ce que la joye & la magnificence
peuvent inventer ,
& former de plus nouveau &
de plus éclatant , dans un
Riij
1,8 MERCURE
)
tems incomparablement plus
long , que celuy qu'on a cu
pour une folemnité de cette
nature& de cette confequence
, la Nobleffe & le Peuple
s'eſtant ſurpaſſez à l'imitation
de leur Prince , pour luy marquer
leur zele , faire leur cour
à la Reine d'Eſpagne , & témoigner
au Roy Catholique
une reconnoiſſance infinie de
l'honneur qu'il a fait à la Maifon
Farnefe.
Outreles compliments faits
à la Reine par la Ville de Parme
, celle de Plaiſance luy a
envoyé une Ambaſſade de
GALANT
NEQUE DE
douze des principau *1S8e93i*
gneurs .
Fermer
Résumé : A Parme.
En octobre 1714, Parme a été le cadre de plusieurs événements significatifs. Le 7 octobre, la princesse a reçu le portrait du roi d'Espagne ainsi qu'un présent de six mille pistoles. Le 15 octobre, le cardinal Gozzadini, légat, a effectué une entrée solennelle à Parme après avoir été accueilli par le duc à trois milles de la ville. Le 16 octobre, le mariage de la princesse avec le duc de Parme a été célébré, avec le cardinal agissant comme procureur du roi d'Espagne. Les visites de congé du cardinal ont eu lieu le 17 octobre, et il a quitté Parme le 18 octobre, suivi par la reine le 19 octobre. L'entrée du cardinal à Parme a été marquée par une cavalcade ordonnée, incluant des courriers, des trompettes, des gardes et divers dignitaires. La procession a traversé la rue Saint-Michel, bordée de troupes en uniforme, jusqu'à la cathédrale où la cérémonie de mariage a été célébrée avec grande solennité. Des tirs d'artillerie et des célébrations ont duré trois jours. Ces festivités ont honoré la Maison Farnèse, mettant en avant la joie et la magnificence de l'événement. La noblesse et le peuple ont manifesté leur zèle et leur loyauté envers leur prince. La ville de Parme a rendu hommage à la Reine d'Espagne, et Plaisance a envoyé une ambassade de douze seigneurs pour témoigner sa reconnaissance au Roi Catholique pour l'honneur accordé à la Maison Farnèse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1439
p. 199-211
A Parme le 17. Septembre.
Début :
Samedy aprés midy 15. de ce mois le Cardinal Gozzadini [...]
Mots clefs :
Reine d'Espagne, Mariage, Princesse, Cardinaux, Dames, Cardinal, Duc de Parme, Princes, Reine
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Parme le 17. Septembre.
AParme le 17. Septembre.
Samedy aprés midy 15. de
ce mois le Cardinal Gozzadini
Legat de Sa Sainteté fit
ſon entrée publique en cette
Ville , les Princes & le Cardinal
Acquaviva furent à ſa
rencontre , ily avoit avec luy
beaucoup de Nobleſſe & un
grand nombre de Domeſtiques
tous veſtus de riches &
magnifiques livrées , il eſtoſt
accompagné des Gardes du
-R iiij
200 MERCURE
Corps , les Grenadiers eſtoient
diſpoſez dans les places & l'Infanterie
dans les avenuës du
Cours pour empêcher le defordre
: il eſtoit precedé du
Clergé , cette Ceremonie
commença & finit ſans le
moindre defordre & aux applaudiffements
de tout le
monde.
La Reine voulut la voir &
pour cet effet Elle ſe rendit
avec la Princeſſe ſa mere & la
Princeſſe Iſabelle au Palais
,
du Prince Antoine qui eſt dans
le Cours. A peine le Legat
eſtoit- il paſſfé ſous le Dais avec
GALANT. 201
5
leCardinal Acquaviva , eſtant
tousdeux entre le Duc de Parme,&
le Prince Antoine vêtus
d'un brocard d'or des plus
beaux & des plus riches
qu'Elle defcendit avec les Princeffes
par une porte fecrete
pour ſe trouver au Palais à l'arrivée
du Legat , là , voulant
prendre la derniere place ainſi
qu'Elle avoit accoutumée de
faire , la Princeſſe ſa mere la
luy ceda , & ſe mit dans la
ſeconde , & la Princeſſe Iſabelle
dans la derniere : cette
nuit mêmeElle receut le Legat
ſous le Throne&paſſa enfuite
202 MERCURE
dans un appartement Royal :
on fit les viſites qui durerent
juſqu'à quatre heures pour
donner lieu à l'une & à l'autre
Nobleſſe auſſi-bien qu'aux
Etrangers d'aller aux Opera.
Dimanche matin 16. du
courant , les Grenadiers , l'Infanterie,
les Compagnies des
Gardes du Corps à cheval ,
les Archers , & la Garde Suiffe
furentdans lemême ordreque
le jour precedent &pofé dans
les mêmes endroits. On alla
entendre la Meſſe au Dôme
qui paroiſſoit un Ciel par ſa
grandeur , par les belles pein
GALANT. 203
tures du Corregge & par les
emblêmes qu'on y avoit mis.
La Reine étoit ſous un Thiône
, ayant à ſa main droite le
Duc de Parme qui reprefentoit
le Roy d'Eſpagne. La
Princefle mere de la Reine &
leCardinalAcquaviva étoient
dans des fauteüils hors du
Thrône : dans deux autres
plus bas eſtoient la Princeſſe
Iſabelle & le Prince Antoine.
Le Legat celebra la Meſſe ,&
le Credo fini , il ſe mit ſous un
Dais qu'on luy avoit preparé ,
oùun Prelat lut la procuration
pour le mariage du Roy d'Ef.
204 MERCURE
pagne avee la Reine , & ur
autre la diſpenſe du Pape. Le
Duc de Parme mit enſuite au
doigt de la Reine un anneau
d'un riche diamant ; le Legat
preſenta la rofe , & la Ceremonie
finit avec un applaudiſſement
univerſel. Pendant
qu'elle dura, la Princeſſe mere
de la Reine ne leva jamais les
yeux de deſſus la Reine ſa fille
qui fut complimentée , & elle
enfuite par les Princes & les
deuxCardinaux. Dans le moment
que la Reine defcendit
du Throſne pour ſe retirer
la Princeſſe ſa mere avant de
د
GALANT. 205
luy donner le bras voulut luy
baiſer la main , mais la Reine
employa toute ſa force pour
la retirer avec beaucoup de
vivacité d'eſprit & un grand
reſpect ; là tous ceux qui y prirent
garde ne purent s'empêcher
de pleurer de tendreffe ;
la foule fut grande , & il y
eût un nombre infini de Dames
& de Gentilhommes , celles
cy habillées magnifiquement
& parées de diamants &
de toutes fortes de pierres précieuſes
, & ceux cy avec des
habits à la Romaine galonnez
d'or ,& leurs manteaux dou
206 MERCURE
blez de brocard , excepté les
gens du Legat dont les habits
n'étoient point galonnez d'or,
tous les autres étoient vêtus à
la Françoiſe auſſi magnifiquement
& auffi richement que
les premiers. La Reine mangea
en particulier avec laPrinceffe
la mere , les Princes mangerent
en publicavec les deux
Cardinaux. Le ſoir on repreſenta
une Paftorale dans le
grand Theâtre , cù il y cût
plus de 1 5000. perſonnes. La
Reine y fut avec les Princes &
les Cardinaux qui fortirent au
commencement de la piece
GALANT. 207
pour garder le decorum. Il y
avoit plus de 700. Dames , &
dans la Place du milieu entre
les deux angles on fit un bal
où danſerent douze jeunes
Demoiselles avec autant de
jeunes Seigneurs : de temps à
autre on portoit des rafraî
chiſſements de forbet , &c . on
preſenta à toutes les Dames
quiy étoient des petits paniers
verds attachez à des rubans
remplis de confitures ſeches ,
& on porta des eaux glacées
aux gens de diſtinction Tour
ſe paſſa ſans aucun bruit ny
confufion : à ſept heures ces
208 MERCURE
1
champseliſées diſparurent ,&
chacun ſe retira ſurpris d'une
fi grande magnificence. Le
Legat devoit aujourd'huy
partir , mais les Princes ont
fait tout leur poſſible pour
l'obliger à differer ſon départ
juſqu'à demain. On ne ſçast fi
la Reine qui devoit partir demain
apreſdinée pourra le faire
Samedy pour donner tems
à l'Armée de venir. Le Cardinal
Acquaviva diſpoſe de
tout , & il ne ſe fait rien que
les Princes ne prennent auparavant
ſon avis& fon conſeil :
hier au foir le Duc de Parme
luy
GALANT. 209
:
luy fit preſent d'une Croix
garnie de gros diamants qui
renferme dans le milieu un
morceau de la vraye Croix ,
au haut il y a une pierre d'une
groffeur extraordinaire ; on
dit que cette Croix vaut douze
mille écus , quelques uns
même diſent encore beaucoup
plus . Ces jours paffez les
Cardinaux ont toûjours mangé
avec les Princes , & il y a
apparence que cela continuëra
juſqu'au départ du Legat , qui
probablement fera demain au
foir. La Reine quoyque déja
revêtuë de cette qualité , &
Octobre 1714. S
210 MERCURE
1
quoyqu'elle ait infiniment
d'eſprit , ne fait neanmoins
pas un pas fans en conſulter
auparavant ſon Eminence,qui
paſſe preſque les jours entiers
à luy donner les inftructions
neceffaires. La Princeſſe mere
en uſe déja avec ſa fille comme
elle feroit avec une grande
Reine étrangere. Quand
nous ſommes preſents à leurs
entreveues & aux converfations
qu'elles ont enſemble ,
les larmes nous viennent aux
yeux. On traite d'Excellence
le Comte del Verme ſon Majordome
, & la Comteſſe de
GALANT. 211-
Saint Vital ſa premiere Dame
d'Honneur qui doivent l'accompagner
juſqu'à Seſtri. Il
eſt certain que lorſque le Roy
d'Eſpagne & ſon Confeil
ſçauront toutes ces particularitez
, cela leurs donnera beaucoupde
plaifir.
Samedy aprés midy 15. de
ce mois le Cardinal Gozzadini
Legat de Sa Sainteté fit
ſon entrée publique en cette
Ville , les Princes & le Cardinal
Acquaviva furent à ſa
rencontre , ily avoit avec luy
beaucoup de Nobleſſe & un
grand nombre de Domeſtiques
tous veſtus de riches &
magnifiques livrées , il eſtoſt
accompagné des Gardes du
-R iiij
200 MERCURE
Corps , les Grenadiers eſtoient
diſpoſez dans les places & l'Infanterie
dans les avenuës du
Cours pour empêcher le defordre
: il eſtoit precedé du
Clergé , cette Ceremonie
commença & finit ſans le
moindre defordre & aux applaudiffements
de tout le
monde.
La Reine voulut la voir &
pour cet effet Elle ſe rendit
avec la Princeſſe ſa mere & la
Princeſſe Iſabelle au Palais
,
du Prince Antoine qui eſt dans
le Cours. A peine le Legat
eſtoit- il paſſfé ſous le Dais avec
GALANT. 201
5
leCardinal Acquaviva , eſtant
tousdeux entre le Duc de Parme,&
le Prince Antoine vêtus
d'un brocard d'or des plus
beaux & des plus riches
qu'Elle defcendit avec les Princeffes
par une porte fecrete
pour ſe trouver au Palais à l'arrivée
du Legat , là , voulant
prendre la derniere place ainſi
qu'Elle avoit accoutumée de
faire , la Princeſſe ſa mere la
luy ceda , & ſe mit dans la
ſeconde , & la Princeſſe Iſabelle
dans la derniere : cette
nuit mêmeElle receut le Legat
ſous le Throne&paſſa enfuite
202 MERCURE
dans un appartement Royal :
on fit les viſites qui durerent
juſqu'à quatre heures pour
donner lieu à l'une & à l'autre
Nobleſſe auſſi-bien qu'aux
Etrangers d'aller aux Opera.
Dimanche matin 16. du
courant , les Grenadiers , l'Infanterie,
les Compagnies des
Gardes du Corps à cheval ,
les Archers , & la Garde Suiffe
furentdans lemême ordreque
le jour precedent &pofé dans
les mêmes endroits. On alla
entendre la Meſſe au Dôme
qui paroiſſoit un Ciel par ſa
grandeur , par les belles pein
GALANT. 203
tures du Corregge & par les
emblêmes qu'on y avoit mis.
La Reine étoit ſous un Thiône
, ayant à ſa main droite le
Duc de Parme qui reprefentoit
le Roy d'Eſpagne. La
Princefle mere de la Reine &
leCardinalAcquaviva étoient
dans des fauteüils hors du
Thrône : dans deux autres
plus bas eſtoient la Princeſſe
Iſabelle & le Prince Antoine.
Le Legat celebra la Meſſe ,&
le Credo fini , il ſe mit ſous un
Dais qu'on luy avoit preparé ,
oùun Prelat lut la procuration
pour le mariage du Roy d'Ef.
204 MERCURE
pagne avee la Reine , & ur
autre la diſpenſe du Pape. Le
Duc de Parme mit enſuite au
doigt de la Reine un anneau
d'un riche diamant ; le Legat
preſenta la rofe , & la Ceremonie
finit avec un applaudiſſement
univerſel. Pendant
qu'elle dura, la Princeſſe mere
de la Reine ne leva jamais les
yeux de deſſus la Reine ſa fille
qui fut complimentée , & elle
enfuite par les Princes & les
deuxCardinaux. Dans le moment
que la Reine defcendit
du Throſne pour ſe retirer
la Princeſſe ſa mere avant de
د
GALANT. 205
luy donner le bras voulut luy
baiſer la main , mais la Reine
employa toute ſa force pour
la retirer avec beaucoup de
vivacité d'eſprit & un grand
reſpect ; là tous ceux qui y prirent
garde ne purent s'empêcher
de pleurer de tendreffe ;
la foule fut grande , & il y
eût un nombre infini de Dames
& de Gentilhommes , celles
cy habillées magnifiquement
& parées de diamants &
de toutes fortes de pierres précieuſes
, & ceux cy avec des
habits à la Romaine galonnez
d'or ,& leurs manteaux dou
206 MERCURE
blez de brocard , excepté les
gens du Legat dont les habits
n'étoient point galonnez d'or,
tous les autres étoient vêtus à
la Françoiſe auſſi magnifiquement
& auffi richement que
les premiers. La Reine mangea
en particulier avec laPrinceffe
la mere , les Princes mangerent
en publicavec les deux
Cardinaux. Le ſoir on repreſenta
une Paftorale dans le
grand Theâtre , cù il y cût
plus de 1 5000. perſonnes. La
Reine y fut avec les Princes &
les Cardinaux qui fortirent au
commencement de la piece
GALANT. 207
pour garder le decorum. Il y
avoit plus de 700. Dames , &
dans la Place du milieu entre
les deux angles on fit un bal
où danſerent douze jeunes
Demoiselles avec autant de
jeunes Seigneurs : de temps à
autre on portoit des rafraî
chiſſements de forbet , &c . on
preſenta à toutes les Dames
quiy étoient des petits paniers
verds attachez à des rubans
remplis de confitures ſeches ,
& on porta des eaux glacées
aux gens de diſtinction Tour
ſe paſſa ſans aucun bruit ny
confufion : à ſept heures ces
208 MERCURE
1
champseliſées diſparurent ,&
chacun ſe retira ſurpris d'une
fi grande magnificence. Le
Legat devoit aujourd'huy
partir , mais les Princes ont
fait tout leur poſſible pour
l'obliger à differer ſon départ
juſqu'à demain. On ne ſçast fi
la Reine qui devoit partir demain
apreſdinée pourra le faire
Samedy pour donner tems
à l'Armée de venir. Le Cardinal
Acquaviva diſpoſe de
tout , & il ne ſe fait rien que
les Princes ne prennent auparavant
ſon avis& fon conſeil :
hier au foir le Duc de Parme
luy
GALANT. 209
:
luy fit preſent d'une Croix
garnie de gros diamants qui
renferme dans le milieu un
morceau de la vraye Croix ,
au haut il y a une pierre d'une
groffeur extraordinaire ; on
dit que cette Croix vaut douze
mille écus , quelques uns
même diſent encore beaucoup
plus . Ces jours paffez les
Cardinaux ont toûjours mangé
avec les Princes , & il y a
apparence que cela continuëra
juſqu'au départ du Legat , qui
probablement fera demain au
foir. La Reine quoyque déja
revêtuë de cette qualité , &
Octobre 1714. S
210 MERCURE
1
quoyqu'elle ait infiniment
d'eſprit , ne fait neanmoins
pas un pas fans en conſulter
auparavant ſon Eminence,qui
paſſe preſque les jours entiers
à luy donner les inftructions
neceffaires. La Princeſſe mere
en uſe déja avec ſa fille comme
elle feroit avec une grande
Reine étrangere. Quand
nous ſommes preſents à leurs
entreveues & aux converfations
qu'elles ont enſemble ,
les larmes nous viennent aux
yeux. On traite d'Excellence
le Comte del Verme ſon Majordome
, & la Comteſſe de
GALANT. 211-
Saint Vital ſa premiere Dame
d'Honneur qui doivent l'accompagner
juſqu'à Seſtri. Il
eſt certain que lorſque le Roy
d'Eſpagne & ſon Confeil
ſçauront toutes ces particularitez
, cela leurs donnera beaucoupde
plaifir.
Fermer
Résumé : A Parme le 17. Septembre.
Le 17 septembre, le cardinal Gozzadini, légat du pape, arriva publiquement à Parme, escorté par des nobles et des gardes du corps. Il fut accueilli par les princes et le cardinal Acquaviva. La reine, accompagnée de la princesse sa mère et de la princesse Isabelle, rencontra le légat au palais du prince Antoine. Des visites se poursuivirent tard dans la nuit, permettant à la noblesse et aux étrangers d'assister aux opéras. Le 16 septembre, les forces militaires furent déployées de manière ordonnée pour la messe au Dôme, décoré de peintures et d'emblèmes. La reine, accompagnée du duc de Parme, assista à la cérémonie où le duc lui remit une bague et le légat lui offrit une rose. La cérémonie se conclut sous les applaudissements universels. La princesse mère observa attentivement sa fille durant toute la messe. Après la cérémonie, la reine reçut des félicitations des princes et des cardinaux. Lors de son retrait, la princesse mère tenta de baiser la main de la reine, mais celle-ci refusa avec respect. Le soir, une pastorale fut représentée au grand théâtre devant plus de 15 000 personnes, suivie d'un bal. Le texte met en lumière la relation affectueuse entre la reine et sa mère, comparée au respect dû à une reine étrangère. Le Comte del Verme et la Comtesse de Galant accompagnèrent la reine jusqu'à Sestri. Ces événements devaient ravir le roi d'Espagne et son conseil.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1440
p. 211-224
A Genes le 2. Octobre.
Début :
Le 25. du mois dernier la nouvelle Reine d'Espagne arriva [...]
Mots clefs :
Reine, Princesse, Duc, Gênes, Cardinal, Vaisseaux, Duc de Parme, République
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Genes le 2. Octobre.
AGenes le 2. Octobre.
Le 25. du mois dernier la
nouvelle Reine d'Eſpagne arriva
à Seſtri lieu de cette Republique
à trente mille au
Levant de Genes. M. le Duc
de Parme l'accompagna juf-
Sij
212 MERCURE
qu'au fommet du Mont Sains
te Croix , qui ſépare ſes Etats
de ceux de la Republique , &
où il avoit fait conſtruire avec
des planches une baraque tapiflée&
meublée affez proprement
, où ils ſe repoſerent environ
une demie heure , aprés
quoyce Duc prit congé de la
Princeſſe ,& les dernieres paroles
qu'il luy dit , furent de
luy ſouhaiter un heureux
voyage , & de luy recommander
la protection de ſa
Maifon . Cette Princeſſe fut
rencontrée à ces mêmes confins
par Madame la Princeſſe
GALANT. 213
Piombino ſuivie de la Marquife
Silica femme du Conful
d'Eſpagne à Livourne. Les
Ambaſſadeurs de cette Repu
blique l'y furent recevoir ,&
l'accompagnerent juſqu'à Seftri.
Elle avoit à ſa ſuite M. le
Cardinal Acquaviva
Dame d'Honneur
>
,
une
quatre
Femmes de Chambre , & trois
Aydes. Son Confeffeur qui
eſt un Jeſuite de Ferrare appellé
Pere Belate avec fon
Compagnon , ſon Medecin
Parmefan un Aumônier
د
د
Preſtre , deux Pages d'Honneur
, le Marquis Annibal
214 MERCURE
Scotty de Plaiſance qui l'accompagne
en qualité de Majordome
, foixante Mulets
chargez de ſes équipages &
quarante Cuiraffiers du Duc
de Parme qui l'ont accompagnée
juſqu'à Settry . Elle fut
conduite eny arrivant au Palais
Brignolé qu'on luy avoit
magnifiquement preparé &
onluydonna une Garde Suiffe
de la Republique , avec 400.
autres Soldats devant fon
Palais. Le lendemain de ſon
arrivée les Deputez de la Republique
firent leur entrée , accompagnez
de prés de 200.
GALANT. 215
autres Cavaliers Genois tous
magnifiquement habillez &
24. livrées uniformes & tresfuperbes
: aprés que ces Ambaſſadeurs
eurent fait leur
premier compliment , il luy
preſenterent le régal que la
Republique luy faifoit de 24.
caiſſes remplies de chocolat
• confitures , & eaux d'odeur
toutes couvertes de brocard
d'or&d'argent que cette Princeffe
a accepté de fort bonne
grace. L'apreſdinée du même
jour , M. le Duc Salviaty Ambaſſadeurde
M. le Grand Duc
fit fon entrée ayant trente
,
,
216 MERCURE
hommes de livrée fort magnifique
, deux Trompettes , &
deux Pages , & quatre Cavaliers
pour fon cortege qui fut
augmenté par tous les Officiers
des deux Galeres de Tofcane
, cette nouvelle Reine a
reſté trois jours à Seſtry , pendant
leſquels Elle n'eſt ſortie
qu'une ſeule fois pour aller à
l'Eglife. Cependant dans tout
ce temps-là les Dames de Genes
qui y estoient en grand
nombre & parées avec beaucoup
de faſte ſe ſont données
des feſtes , des bals tres magnifiques
à l'honneur de la
,
Reine
GALANT. 217
Reine . Elle s'embarqua le 30.
fur la Capitane de M. le Duc
de Turcis , & arriva icy te
même jour fur les 22. heures
d'Italie au bruit d'une triple
décharge de toute l'artillerie
de la Ville & des fix Vaiſſeaux
d'Eſpagne qui l'ont attenduë
dans ce Port , Elle fit rendre le
falut à la Ville par trois coups
deCanon de la Galere qui la
portoit , & lors qu'Elle ſe
débarqua toutes les Galeres
tant celles de M. le Duc de
Turcis , que celles de la Republique
, la faluërent aufli par
une triple décharge. Elle fe
Octobre 1714 . T
(
218 MERCURE
débarqua au pas du Fanal parce
que la Mer ſe trouva mauvaiſe
pour defcendre à Saint
Pierre d'Arenne , où on luy
avoit preparé le logement , &
on l'y conduifit enſuite par
terre dans ſa chaiſe à Porteur.
Son débarquement fut d'abord
troublé par une bourafque
qui ſurvint dans un moment,&
qui ne dura heureuſement
qu'un quart d'heure
mais ce fut une ſi forte pluye
&greſſe que plus de fix mille
perſonnes de l'un &de l'autre
ſexe qui estoient venuës pour
la voir en furent moüilleés juf
GALAN . 219
qu'à la chemiſe. Cette Princeſſe
a eſté ſi incommodée
dela Mer dans le petit trajet
de Seſtry icy qui n'eſt que de
dix lieuës , qu'Elle en garde
actuellement le lit , & eſt abſolument
réſoluë de ne plus
s'embarquer. A cet effet Elle
expedie aujourd'huy au Roy
fon Epoux pour luy reprefenter
que ne pouvant ſouffrir le
voyage par Mer , Elle estoit
refoluë d'aller par terre,& Elle
partira au premier beau temps
ayant toujours plû depuis
qu'elle eft icy ; & comme les
chemins ſont extraordinaire-
Tij
220 MERCURE
ment mauvais d'icy à Nice &
qu'Elle ne peut naturellement
les faire qu'en chaiſe àPorteur,
on va diſpoſer les relais pour
dix chaiſes , ſçavoir celle de
la Reine , une pour la Princeſſe
Piombino , une pour M.
le Cardinal Acquaviva , une
pour M. le Marquis de Los
Balbazés, une pour le Marquis
Scotty , une pour Don Carlo
Grillo , qui a ordre de la Reine
de ſe débarquer des Vaif
ſeaux où il eſt un des Lieutenant
Generaux , une pour le
Marquis Maldachini Romain
qui fuit d'ordre du Roy d'EfGALANT.
221
pagne en qualité de Majordome
, une pour les deux Femmes
de Chambre de la Reine ,
& une pour la Princeſſe de
Piombino. Les équipages
s'embarqueront ſur les Vaifſeaux
, à la referve de ce qui
doit ſuivre neceſſairement la
Reine, qu'on fera marcher à
cheval ,& pour les hardes on
acompté qu'il faur 36.Mulets.
Les Vaiſſeaux iront droit à
Micant & les Galeres ſuivront
lacoſte de Ville- franche , ou
Antibes , pour eſtre à portéc
de recevoir les ordres de la
Reine , qui ſuivra la même
T iij
222 MERCURE
coſte par terre. M. le Ducde
Turcis qui avoit receu le premier
ordre du Roy d'Eſpagne
d'embarquer la Princeſſe , a
eſté fort mortifié d'en voir
un autre au General Pez , par
lequel S. M. C. luy mande
qu'Elle defireroit que la Reine
s'embarqua ſur ſes Vaifſeaux.
Surquoy M. le Duc de
Turcis pour montrer quelque
empreſſement, avoit reprefenté
que la commodité des Galeres
eſtoit plus propre pour la
Reine que celle des Vaiſſeaux
& eſtant ſurvenu quelque
petit different fur cela entre 1
GALANT. 223
ce Duc & leGeneral Pez , M.
le Cardinal Acquaviva les
avoit mis d'accord eſtant encore
à Seſtry, en faiſant refoudre
la Reine de venir ſur les
Galeres juſqu'à Genes pour
s'y embarquer enſuite fur les
Vaiſſeaux. Mais il ne s'agit
plus preſentement d'aller par
Mer , puiſque cette Princeffe
a pris la reſolution de ſuivre
ſon voyage par Terre
compte de trouver ou d'attendre
à Toulouze les ordres
&
du Roy ſon Epoux pour la
continuation de ſon voyage
delà en Eſpagne. Elle a expe-
T iiij
224 MERCURE
,
dié à Monaco & à Nice pour
donner part de ſon paſſage.
Cette Princeſſe eſt âgéede 22.
ans, d'une taille moïenne,bien
faite , une belle gorge fort
blanche , des yeux petits
mais fort brillants , Elle eſt
piquée dela petite verole , ſa
vivacité eſt extraordinaire
Elle a beaucoup d'eſprit , elle
brode & peint en mignature
parfaitement bien , elle parle
diverſes Langues, & s'attache
actuellement à l'Eſpagnole.
Le 25. du mois dernier la
nouvelle Reine d'Eſpagne arriva
à Seſtri lieu de cette Republique
à trente mille au
Levant de Genes. M. le Duc
de Parme l'accompagna juf-
Sij
212 MERCURE
qu'au fommet du Mont Sains
te Croix , qui ſépare ſes Etats
de ceux de la Republique , &
où il avoit fait conſtruire avec
des planches une baraque tapiflée&
meublée affez proprement
, où ils ſe repoſerent environ
une demie heure , aprés
quoyce Duc prit congé de la
Princeſſe ,& les dernieres paroles
qu'il luy dit , furent de
luy ſouhaiter un heureux
voyage , & de luy recommander
la protection de ſa
Maifon . Cette Princeſſe fut
rencontrée à ces mêmes confins
par Madame la Princeſſe
GALANT. 213
Piombino ſuivie de la Marquife
Silica femme du Conful
d'Eſpagne à Livourne. Les
Ambaſſadeurs de cette Repu
blique l'y furent recevoir ,&
l'accompagnerent juſqu'à Seftri.
Elle avoit à ſa ſuite M. le
Cardinal Acquaviva
Dame d'Honneur
>
,
une
quatre
Femmes de Chambre , & trois
Aydes. Son Confeffeur qui
eſt un Jeſuite de Ferrare appellé
Pere Belate avec fon
Compagnon , ſon Medecin
Parmefan un Aumônier
د
د
Preſtre , deux Pages d'Honneur
, le Marquis Annibal
214 MERCURE
Scotty de Plaiſance qui l'accompagne
en qualité de Majordome
, foixante Mulets
chargez de ſes équipages &
quarante Cuiraffiers du Duc
de Parme qui l'ont accompagnée
juſqu'à Settry . Elle fut
conduite eny arrivant au Palais
Brignolé qu'on luy avoit
magnifiquement preparé &
onluydonna une Garde Suiffe
de la Republique , avec 400.
autres Soldats devant fon
Palais. Le lendemain de ſon
arrivée les Deputez de la Republique
firent leur entrée , accompagnez
de prés de 200.
GALANT. 215
autres Cavaliers Genois tous
magnifiquement habillez &
24. livrées uniformes & tresfuperbes
: aprés que ces Ambaſſadeurs
eurent fait leur
premier compliment , il luy
preſenterent le régal que la
Republique luy faifoit de 24.
caiſſes remplies de chocolat
• confitures , & eaux d'odeur
toutes couvertes de brocard
d'or&d'argent que cette Princeffe
a accepté de fort bonne
grace. L'apreſdinée du même
jour , M. le Duc Salviaty Ambaſſadeurde
M. le Grand Duc
fit fon entrée ayant trente
,
,
216 MERCURE
hommes de livrée fort magnifique
, deux Trompettes , &
deux Pages , & quatre Cavaliers
pour fon cortege qui fut
augmenté par tous les Officiers
des deux Galeres de Tofcane
, cette nouvelle Reine a
reſté trois jours à Seſtry , pendant
leſquels Elle n'eſt ſortie
qu'une ſeule fois pour aller à
l'Eglife. Cependant dans tout
ce temps-là les Dames de Genes
qui y estoient en grand
nombre & parées avec beaucoup
de faſte ſe ſont données
des feſtes , des bals tres magnifiques
à l'honneur de la
,
Reine
GALANT. 217
Reine . Elle s'embarqua le 30.
fur la Capitane de M. le Duc
de Turcis , & arriva icy te
même jour fur les 22. heures
d'Italie au bruit d'une triple
décharge de toute l'artillerie
de la Ville & des fix Vaiſſeaux
d'Eſpagne qui l'ont attenduë
dans ce Port , Elle fit rendre le
falut à la Ville par trois coups
deCanon de la Galere qui la
portoit , & lors qu'Elle ſe
débarqua toutes les Galeres
tant celles de M. le Duc de
Turcis , que celles de la Republique
, la faluërent aufli par
une triple décharge. Elle fe
Octobre 1714 . T
(
218 MERCURE
débarqua au pas du Fanal parce
que la Mer ſe trouva mauvaiſe
pour defcendre à Saint
Pierre d'Arenne , où on luy
avoit preparé le logement , &
on l'y conduifit enſuite par
terre dans ſa chaiſe à Porteur.
Son débarquement fut d'abord
troublé par une bourafque
qui ſurvint dans un moment,&
qui ne dura heureuſement
qu'un quart d'heure
mais ce fut une ſi forte pluye
&greſſe que plus de fix mille
perſonnes de l'un &de l'autre
ſexe qui estoient venuës pour
la voir en furent moüilleés juf
GALAN . 219
qu'à la chemiſe. Cette Princeſſe
a eſté ſi incommodée
dela Mer dans le petit trajet
de Seſtry icy qui n'eſt que de
dix lieuës , qu'Elle en garde
actuellement le lit , & eſt abſolument
réſoluë de ne plus
s'embarquer. A cet effet Elle
expedie aujourd'huy au Roy
fon Epoux pour luy reprefenter
que ne pouvant ſouffrir le
voyage par Mer , Elle estoit
refoluë d'aller par terre,& Elle
partira au premier beau temps
ayant toujours plû depuis
qu'elle eft icy ; & comme les
chemins ſont extraordinaire-
Tij
220 MERCURE
ment mauvais d'icy à Nice &
qu'Elle ne peut naturellement
les faire qu'en chaiſe àPorteur,
on va diſpoſer les relais pour
dix chaiſes , ſçavoir celle de
la Reine , une pour la Princeſſe
Piombino , une pour M.
le Cardinal Acquaviva , une
pour M. le Marquis de Los
Balbazés, une pour le Marquis
Scotty , une pour Don Carlo
Grillo , qui a ordre de la Reine
de ſe débarquer des Vaif
ſeaux où il eſt un des Lieutenant
Generaux , une pour le
Marquis Maldachini Romain
qui fuit d'ordre du Roy d'EfGALANT.
221
pagne en qualité de Majordome
, une pour les deux Femmes
de Chambre de la Reine ,
& une pour la Princeſſe de
Piombino. Les équipages
s'embarqueront ſur les Vaifſeaux
, à la referve de ce qui
doit ſuivre neceſſairement la
Reine, qu'on fera marcher à
cheval ,& pour les hardes on
acompté qu'il faur 36.Mulets.
Les Vaiſſeaux iront droit à
Micant & les Galeres ſuivront
lacoſte de Ville- franche , ou
Antibes , pour eſtre à portéc
de recevoir les ordres de la
Reine , qui ſuivra la même
T iij
222 MERCURE
coſte par terre. M. le Ducde
Turcis qui avoit receu le premier
ordre du Roy d'Eſpagne
d'embarquer la Princeſſe , a
eſté fort mortifié d'en voir
un autre au General Pez , par
lequel S. M. C. luy mande
qu'Elle defireroit que la Reine
s'embarqua ſur ſes Vaifſeaux.
Surquoy M. le Duc de
Turcis pour montrer quelque
empreſſement, avoit reprefenté
que la commodité des Galeres
eſtoit plus propre pour la
Reine que celle des Vaiſſeaux
& eſtant ſurvenu quelque
petit different fur cela entre 1
GALANT. 223
ce Duc & leGeneral Pez , M.
le Cardinal Acquaviva les
avoit mis d'accord eſtant encore
à Seſtry, en faiſant refoudre
la Reine de venir ſur les
Galeres juſqu'à Genes pour
s'y embarquer enſuite fur les
Vaiſſeaux. Mais il ne s'agit
plus preſentement d'aller par
Mer , puiſque cette Princeffe
a pris la reſolution de ſuivre
ſon voyage par Terre
compte de trouver ou d'attendre
à Toulouze les ordres
&
du Roy ſon Epoux pour la
continuation de ſon voyage
delà en Eſpagne. Elle a expe-
T iiij
224 MERCURE
,
dié à Monaco & à Nice pour
donner part de ſon paſſage.
Cette Princeſſe eſt âgéede 22.
ans, d'une taille moïenne,bien
faite , une belle gorge fort
blanche , des yeux petits
mais fort brillants , Elle eſt
piquée dela petite verole , ſa
vivacité eſt extraordinaire
Elle a beaucoup d'eſprit , elle
brode & peint en mignature
parfaitement bien , elle parle
diverſes Langues, & s'attache
actuellement à l'Eſpagnole.
Fermer
Résumé : A Genes le 2. Octobre.
Le 2 octobre, la nouvelle reine d'Espagne arriva à Sestri, dans la République de Gênes, escortée par le duc de Parme jusqu'au Mont Sainte-Croix. Elle fut accueillie par la princesse Piombino, la marquise Silica et les ambassadeurs de la République. La reine était accompagnée de divers dignitaires, dont le cardinal Acquaviva, des dames d'honneur, des femmes de chambre, un confesseur jésuite, un médecin, un aumônier, des pages et le marquis Annibal Scotty en tant que majordome. Elle séjourna trois jours à Sestri, recevant des visites officielles et des présents, notamment 24 caisses de chocolats, confitures et eaux de senteur. Le 30 octobre, elle embarqua sur la galère du duc de Tursis pour Gênes, mais en raison d'un malaise en mer, elle décida de poursuivre son voyage par terre. Des préparatifs furent faits pour organiser des relais pour dix chaises à porteurs destinées à la reine et à son entourage. La princesse, âgée de 22 ans, est décrite comme ayant une taille moyenne, une belle gorge blanche, des yeux petits mais brillants, et des traces de petite vérole. Elle est connue pour sa vivacité, son esprit, ses talents en broderie et en peinture miniature, ainsi que sa maîtrise de plusieurs langues, notamment l'espagnol. Initialement prévue pour se rendre en Espagne par mer, elle choisit de se rendre à Toulouse pour y attendre les ordres du roi, son époux. Elle informa Monaco et Nice de son passage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1441
p. 226-241
DROITE AUX ORDRES de Messieurs Dhilon, Lieutenant General ; Castille, Maréchal de Camp ; Revez, Brigadier.
Début :
En attendant je vais suivre l'histoire de ce Siege & en / Courten. Balincour. Bataillons. Grenadiers. Vieille Tranchée. Castille I I Murcia. [...]
Mots clefs :
Ordres, Bataillons, Troupes, Attaque, Grenadiers, Siège, Barcelone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DROITE AUX ORDRES de Messieurs Dhilon, Lieutenant General ; Castille, Maréchal de Camp ; Revez, Brigadier.
En attendant je vais ſuivre
P'hiſtoire de ce Siege & en
reprendre le détail depuis le
onze de Septembre , qui eſt le
*Art. Poëtique,
1
GALANT . 227
jour que l'affaut general fut
donné. Voicy un ordre exact
de l'attaque generale.
***********************
DROITE AUX ORDRES
de Meffieurs Dhilon , LieutenantGeneral;
Caftille, Maréchal
de Camp ; Revez ,
✓ Brigadier.
Courten.
Balincour.
Bataillons. Grenadiers.
VieilleTranchée.
Caſtille. I I
Murcia. I. I
228 MERCURE
Nouvelle Tranchée.
Savoye.
Aftourias. I
I I
I
Extraordinaire.
Gardes Eſpagnoles .
Gardes Valones .
2 2
I I
B. 7. G. 7.
200. Travailleurs.
Sçavoir ,
Mineurs.
Canoniers .
IS
10
25
GALANT . 229
Depost destinépour cette attaque.
Celuy desGardes Eſpagnoles.
Celuy des Gardes Valones.
CENTRE AUX ORDRES
deM. le Marquis de Laverre.
Bataillons. Grenadiers.
Provence. 2 2
Auvergne. 2 2
Artois . 2 2
Normandie. I I
Anjou. 2 2
La Reine . I
F
1
230 MERCURE
.
La Couronne . 2
Baffigny.
2
I
13. 13 .
5. Compagnies extraordinaires.
Sçavoir ,
Beauvoiſi.
Sanfay.
Guerchy.
Blaifois.
2
[
I
I
G.18.
300. Travailleurs François ,
un Capitaine par so.
Sçavoir ,
Beauvoiſi.
Guerchy.
125
so
GALANT. 231
}
Sanſay.
Mineurs.
Canoniers.
125
300.
Depost destiné pour cette
attaque.
Celuyd'Auvergne.
Caſtelar.
La Marine.
12
10
22
232 MERCURE
GAUCHEAUXORDRES
de Meſſieurs de Silly , Lieutenant
General ; Rivadeo ,
Maréchal de Camp;delPouerto
, Brigadier.
Nonant.
Curcy.
Bataillons. Grenadiers.
La Marine. 3 3
Caſtelas. 3 3
Medoc. 2
2
Ponticu. 2
2
10. 10.
2.
GALANT . 233
2. Compagnies extraordinaires .
Talleran .
Houdetor.
I
I
Τ. 12 .
300. Travailleurs François.
Sçavoir ,.
La Marche.
Blaifois.
*
100
100
*
Talleran .
so
Houdetor. so
D
Τ. 300 .
Mineurs. 12
Canoniers. 10
Octobre 1714 . V
T. 22.
234 MERCURE
Depoft destiné pour cette attaque.
Normandic.
La Couronne .
RESERVE AUX
ordres de M. le Maréchal
deBerwick.
Brigadiers .
Ordoigno.
Valieco.
Bataillons.
Gardes Eſpagnoles.
Cordoüa.
Grenadiers.
+
I I
I
GALANT. 235
Orleans. 2 2
Guerchy. I 1
L'Ile de France. 2 2
Royal Artillerie. I
Bombardiers. I
Courten. 2 2
La Noüa. I I
B. 12. G. 9 .
J
1
Travailleurs.
I
)
2
I
2
So
01002503535
so
t
25
Vij
236 MERCURE
2
I
G. 9 .
100
75 7
Τ. 350 .
500. Travailleurs .
Sçavoir ,
Un Lieutenant, un Sergent
&vingt cinq hommes parBataillons
, comme il eſt detaillé
cy-deflus.
DETAIL.
Sçavoir ,
Eſpagnols. Ijo
François. 350
T. 5oo.
600. Dragons commandez
par M. de Chateaufort .
)
1
GALANT. 237
L'affaut commença vers les
quatre heures du matin , & en
peu de temps les breches & les
Baſtions de la Porte neuve de
Sainte Claire & du Levant ,
& la grande coupure furent
emportez avec peu de perte ;
mais les Troupes animées par
ce ſuccés s'avancerent vers les
entrées des ruës qui estoient
toutes retranchées , &les maifons
percées , d'où les Ennemis
faifoient grand feu de
Mousqueterie & de Canons
chargez à cartouches ; elles
voulurent auffi s'emparer fans
neceffité du Baſtion de Saint
*
238 MERCURE
:
Pierre qui estoit commandé
de tous coſtez par les maiſons
voiſines , ce qui caufa une
perte qu'on n'auroit pas faite ,
fi les ordres avoient eſté ſuivis.
Enfin les Troupes voyant
la réſiſtance des Afliegez , ſe
coulerent à droit& à gauche ,
le long des remparts ; pour les
envelopper de tous coſtez.
Ces mouvemens furieux les
déconcerterent,&vers les cinq
heures du foir , ils battirent la
chamade en trois endroits dif.
ferents ,& ils envoyerent des
Deputez qui demanderent /
une fufpenfion d'armes pour
1
GALANT. 239
}
traiter. M. le Maréchal de
Berwick l'accorda , à condition
qu'ils ſe rendroient le
lendemain au matin .
Le 12 à midy ils confentirent
de ſe rendre àdiſcretion ,
fur lapromeſſe que leur fit M.
le Maréchal de leur fauver la
vie& les biens , ſuivant les or.
dres qu'il avoit receus du Roy
d'Eſpagne , d'épargner les
Habitans , autant qu'il pourroit
,&de conſerver les Egliſes.
LeChaſteau de Montjoüy
& les autres poftes furent livrez
le même jour ,& le lendemain
le Comte de Monte.
240 MERCURE
mar partit avec des Troupes
pour aller prendre poffeffion
du Chaſteau de Cardonne qui
eſtoit la ſeule Fortereffe qui
reſtoit aux Rebelles . Des
Troupes Eſpagnoles il ya eu
24. Officiers tuez , parmi leſquels
il n'y a aucun Officier
General , ny Colonel , & 86 .
bleffez , 336. Soldats tuez , &
760. bleſſez. La perte des
Alfiegez a eſté beaucoup plus
grande , quatre de leurs principaux
Chefs ont eſté tuez , &
le Marquis de Villaroel , d'Almau
, & Romana bleffez . On
a trouvé dans la Place 18.3 .
pieces
4
GALANT. 241
pieces deCanons, & 3 2. Mortiers.
Voicy une Relation de
l'entrée de M. le Maréchal
dans cette Ville.
P'hiſtoire de ce Siege & en
reprendre le détail depuis le
onze de Septembre , qui eſt le
*Art. Poëtique,
1
GALANT . 227
jour que l'affaut general fut
donné. Voicy un ordre exact
de l'attaque generale.
***********************
DROITE AUX ORDRES
de Meffieurs Dhilon , LieutenantGeneral;
Caftille, Maréchal
de Camp ; Revez ,
✓ Brigadier.
Courten.
Balincour.
Bataillons. Grenadiers.
VieilleTranchée.
Caſtille. I I
Murcia. I. I
228 MERCURE
Nouvelle Tranchée.
Savoye.
Aftourias. I
I I
I
Extraordinaire.
Gardes Eſpagnoles .
Gardes Valones .
2 2
I I
B. 7. G. 7.
200. Travailleurs.
Sçavoir ,
Mineurs.
Canoniers .
IS
10
25
GALANT . 229
Depost destinépour cette attaque.
Celuy desGardes Eſpagnoles.
Celuy des Gardes Valones.
CENTRE AUX ORDRES
deM. le Marquis de Laverre.
Bataillons. Grenadiers.
Provence. 2 2
Auvergne. 2 2
Artois . 2 2
Normandie. I I
Anjou. 2 2
La Reine . I
F
1
230 MERCURE
.
La Couronne . 2
Baffigny.
2
I
13. 13 .
5. Compagnies extraordinaires.
Sçavoir ,
Beauvoiſi.
Sanfay.
Guerchy.
Blaifois.
2
[
I
I
G.18.
300. Travailleurs François ,
un Capitaine par so.
Sçavoir ,
Beauvoiſi.
Guerchy.
125
so
GALANT. 231
}
Sanſay.
Mineurs.
Canoniers.
125
300.
Depost destiné pour cette
attaque.
Celuyd'Auvergne.
Caſtelar.
La Marine.
12
10
22
232 MERCURE
GAUCHEAUXORDRES
de Meſſieurs de Silly , Lieutenant
General ; Rivadeo ,
Maréchal de Camp;delPouerto
, Brigadier.
Nonant.
Curcy.
Bataillons. Grenadiers.
La Marine. 3 3
Caſtelas. 3 3
Medoc. 2
2
Ponticu. 2
2
10. 10.
2.
GALANT . 233
2. Compagnies extraordinaires .
Talleran .
Houdetor.
I
I
Τ. 12 .
300. Travailleurs François.
Sçavoir ,.
La Marche.
Blaifois.
*
100
100
*
Talleran .
so
Houdetor. so
D
Τ. 300 .
Mineurs. 12
Canoniers. 10
Octobre 1714 . V
T. 22.
234 MERCURE
Depoft destiné pour cette attaque.
Normandic.
La Couronne .
RESERVE AUX
ordres de M. le Maréchal
deBerwick.
Brigadiers .
Ordoigno.
Valieco.
Bataillons.
Gardes Eſpagnoles.
Cordoüa.
Grenadiers.
+
I I
I
GALANT. 235
Orleans. 2 2
Guerchy. I 1
L'Ile de France. 2 2
Royal Artillerie. I
Bombardiers. I
Courten. 2 2
La Noüa. I I
B. 12. G. 9 .
J
1
Travailleurs.
I
)
2
I
2
So
01002503535
so
t
25
Vij
236 MERCURE
2
I
G. 9 .
100
75 7
Τ. 350 .
500. Travailleurs .
Sçavoir ,
Un Lieutenant, un Sergent
&vingt cinq hommes parBataillons
, comme il eſt detaillé
cy-deflus.
DETAIL.
Sçavoir ,
Eſpagnols. Ijo
François. 350
T. 5oo.
600. Dragons commandez
par M. de Chateaufort .
)
1
GALANT. 237
L'affaut commença vers les
quatre heures du matin , & en
peu de temps les breches & les
Baſtions de la Porte neuve de
Sainte Claire & du Levant ,
& la grande coupure furent
emportez avec peu de perte ;
mais les Troupes animées par
ce ſuccés s'avancerent vers les
entrées des ruës qui estoient
toutes retranchées , &les maifons
percées , d'où les Ennemis
faifoient grand feu de
Mousqueterie & de Canons
chargez à cartouches ; elles
voulurent auffi s'emparer fans
neceffité du Baſtion de Saint
*
238 MERCURE
:
Pierre qui estoit commandé
de tous coſtez par les maiſons
voiſines , ce qui caufa une
perte qu'on n'auroit pas faite ,
fi les ordres avoient eſté ſuivis.
Enfin les Troupes voyant
la réſiſtance des Afliegez , ſe
coulerent à droit& à gauche ,
le long des remparts ; pour les
envelopper de tous coſtez.
Ces mouvemens furieux les
déconcerterent,&vers les cinq
heures du foir , ils battirent la
chamade en trois endroits dif.
ferents ,& ils envoyerent des
Deputez qui demanderent /
une fufpenfion d'armes pour
1
GALANT. 239
}
traiter. M. le Maréchal de
Berwick l'accorda , à condition
qu'ils ſe rendroient le
lendemain au matin .
Le 12 à midy ils confentirent
de ſe rendre àdiſcretion ,
fur lapromeſſe que leur fit M.
le Maréchal de leur fauver la
vie& les biens , ſuivant les or.
dres qu'il avoit receus du Roy
d'Eſpagne , d'épargner les
Habitans , autant qu'il pourroit
,&de conſerver les Egliſes.
LeChaſteau de Montjoüy
& les autres poftes furent livrez
le même jour ,& le lendemain
le Comte de Monte.
240 MERCURE
mar partit avec des Troupes
pour aller prendre poffeffion
du Chaſteau de Cardonne qui
eſtoit la ſeule Fortereffe qui
reſtoit aux Rebelles . Des
Troupes Eſpagnoles il ya eu
24. Officiers tuez , parmi leſquels
il n'y a aucun Officier
General , ny Colonel , & 86 .
bleffez , 336. Soldats tuez , &
760. bleſſez. La perte des
Alfiegez a eſté beaucoup plus
grande , quatre de leurs principaux
Chefs ont eſté tuez , &
le Marquis de Villaroel , d'Almau
, & Romana bleffez . On
a trouvé dans la Place 18.3 .
pieces
4
GALANT. 241
pieces deCanons, & 3 2. Mortiers.
Voicy une Relation de
l'entrée de M. le Maréchal
dans cette Ville.
Fermer
Résumé : DROITE AUX ORDRES de Messieurs Dhilon, Lieutenant General ; Castille, Maréchal de Camp ; Revez, Brigadier.
Le 11 septembre 1714, l'assaut final d'un siège commence à quatre heures du matin. L'attaque est structurée en trois sections : droite, centre et gauche, chacune dirigée par différents officiers. Les forces engagées comprennent des bataillons de grenadiers, des compagnies extraordinaires, des travailleurs, des mineurs et des canonniers. Rapidement, les brèches et bastions stratégiques sont conquis avec peu de pertes. Cependant, des pertes inutiles surviennent lors de la tentative de prise d'un bastion sans respecter les ordres. À cinq heures, les assiégés demandent une suspension des hostilités et se rendent le lendemain, le 12 octobre, après avoir reçu la garantie de la sauvegarde de leur vie et de leurs biens. Le château de Montjuïc et d'autres postes sont remis le même jour. Les pertes espagnoles s'élèvent à 24 officiers tués, 86 blessés, 336 soldats tués et 760 blessés. Parmi les assiégés, quatre chefs principaux sont tués et plusieurs autres sont blessés. La ville contient 183 pièces d'artillerie et 32 mortiers. Le maréchal de Berwick prend possession de la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
1442
p. 241-250
A Barcelone le 21. Septembre.
Début :
M. le Maréchal de Berwick a fait le 18. de ce mois son [...]
Mots clefs :
Barcelone, Maréchal de Berwick, Entrée, Maréchal, Porte, Roi, Chevaux, Premier consul, Rebelles, Gardes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Barcelone le 21. Septembre.
A Barcelone le 21. Septembre.
M. le Maréchal de Berwick
a fait le 18. de ce mois ſon
entrée en cette Ville pour aller
à la Cathedrale faire chanter
le Te Deum . Il partit du Camp
ſuivi de plus de 100. Officiers
du premier ordre , tous bien
montez , & les Chevaux couverts
de houfles tres propres.
J'avoishonneur d'eſtre dece
Octobre 1714. X
242 MERCURE
nombre. Lorſque nous fumes
au tiersdu chemin , il s'arrêta
un quart d'heure , aprés il s'avança
à une demie portée de
Canon de la Ville , où il attendit
encore un quart d'heure.
Le Corps de Ville vint audevant
de luy. Il y avoit dix
hommes àpied vêtus de Robes
rouges & un galon deſſus.
Ils eſtoient ſuivis d'un pareil
nombre veſtus de même qui
eſtoient à cheval. Il y en avoit
demontez ſur des mules avec
des Timbales ; aprés quoy
marchoient à cheval fix hommes
avec des Robes bleuës &
GALANT . 243
violettes , tenant des manieres
de maſſes à la main, & ils
étoient ſuivis de cinq Confuls
bienmontez , dont les chevaux
eſtoient magnifiquement
harnachez , avec beaucoupde
rubans à leur teſte. Ils
avoient une maniere d'écharpe
de ſatin rouge à fleurs d'or
large de neuf à dix pouces
qui leur prenoit ſur l'épaule
&defcendoit iufqu'à leur épée
M. le Maréchal s'arreſta ; le
premier Conful luy fit une
petite Harangue en Eſpagnol.
Je ne pus pas bien l'entendre.
M. le Maréchal luy répondit
Xij
244 MERCURE
fort honneſtement , & leur
dit en general qu'il falloit oule
paffé, qu'ils n'avoient
qu'à donner au Roy des marques
de leur fidelité , & qu'il
feroit tout ce qu'il pourroit
auprés de S. M. C. pour l'engager
à les traiter favorablement.
Aprés quoy les Gardes
de M. le Maréchal mirent l'épée
à la main , & pafferent les
premiers.Tout le cortege fit
demy tour à droite , & mar./
cha du coſté de la Ville dans
le même ordre qu'il eſtoir
Le premier Conful
marcha à lagauche duMilord.
venu.
ン
GALANT. 245
En approchant , le Montjoüy
falua de tout fon Canon ,&
en entrant dans la Ville toute
l'artillerie de la Place tira. Ily
avoit ſur la porte trois tapis
avec le Portrait du Roy'd'Efpagne.
Nous marchâmes dans
cet ordre juſqu'à la Citadelle..
Les ruës eſtoient bordées de
Soldats qui preſentoient les
armes ,& avoient leurs bayon.
nettes au bout du fufil , il n'y
avoit que les Gardes Valones:
qui euffent le fufil ſur l'épaule.
Il y avoit dans les ruës qui
traverſoient celles par leſquelles
nous paffions ,des Cavaliers
X iij
246 MERCURE
qui avoient le ſabre haut. Le
Portrait du Roy eſtoit auſſi
au deſſus de la grande porte
del'Eglife. LeChefdu Clergé
ſuivi de ſes Chanoines ſe trouva
ſur la porte& fit ſon compliment
à M. le Maréchal &
l'accompagna dans le Choeur
où on luy avoit preparé un
Prié-Dieu. L'Egliſe eſtoit fort
illuminée. On chanta le Te
Deum en Muſique,pendant lequel
tems la Place fit3. décharges
deCanon. Les enfans &
le petit peuple crioient Viva
&jettoient leurs chapeaux en
l'air. Le Te Deum fini on
GALANT. 247
repaſſa par lesmêmes ruës &
avec le même ordre juſqu'à
la porte.En fortant, laPlace&
leMontjoüy faluërent encore
de toute leur artillerie. Voilà
toute la Ceremonie.
Je remarquay qu'il y avoit
neuf Bombes qui estoient
tombées dans cette Eglife. Il
y ades ruës où l'on ne peut
paſſerà cauſe des débris des
maiſons. Il y en a peu qui ne
foient endommagées ou des
Bombes oudes Boulets à rico .
chet que nous avons tirez.
LorſqueM. de Broglio eft
parti il y avoit auprés de M.
X iiij
248 MERCURE
le Maréchal des Deputez de
l'Ifle de Maillorque pour traiter
avec luy .
On parle diverſement du
Marquis de Villaroel qui
commandoit dans Barcelone ,
& qui a eu le genoüil caffé au
dernier afſaut ; les uns diſent
qu'ils'eſt ſauvé à Maillorque,
& les autres qu'il s'eſt remis
àla clemence du Roy , alleguant
qu'il n'a pas tenu à ſes
répreſentations que les Rebelles
ne ſe ſoient plutoſt ſoumis.
Ce dernier ſentiment paroiſt
le plus vray.
J'ay vû d'ailleurs des LerGALANT.
249
1
tres qui mandent qu'il ne
faut pas croire un mot du
grand nombre de gens que
nous avons perdu. Il y en a
fix fois moins.
On ajoûte qu'on va faire
le procés aux plus coupables
des Rebelles , que les Miquelets
prendront parti dans les
Troupes d'Eſpagne , & qu'on
oblige la Ville de baltir une
Citadelle à ſes dépens .
On dit que M. le Maréchal
de Berwick avoit envoyé
les Drapeaux de Barce
lone à Madrid , & quele Roy
d'Eſpagne les luy a renvoyé
1
250 MERCURE
par le même Courrier avec
ordre de les faire bruler au
milieu de la Ville par la main
du Bourreau.
Une Lettre du trois de ce
mois porte que M. le Maréchal
a fait embarquer le même
jour vingt deux des principaux
Chefs des Rebelles ,
pour les faire paſſer au Château
d'Alicant , où ils ſeront
biengardez Ondit que Villaroel
,Pinos , & Baſſet ſont du
nombre des prifonniers. Il y
en a un grand nombre d'autres
qu'on envoye à Peniſcola.
M. le Maréchal de Berwick
a fait le 18. de ce mois ſon
entrée en cette Ville pour aller
à la Cathedrale faire chanter
le Te Deum . Il partit du Camp
ſuivi de plus de 100. Officiers
du premier ordre , tous bien
montez , & les Chevaux couverts
de houfles tres propres.
J'avoishonneur d'eſtre dece
Octobre 1714. X
242 MERCURE
nombre. Lorſque nous fumes
au tiersdu chemin , il s'arrêta
un quart d'heure , aprés il s'avança
à une demie portée de
Canon de la Ville , où il attendit
encore un quart d'heure.
Le Corps de Ville vint audevant
de luy. Il y avoit dix
hommes àpied vêtus de Robes
rouges & un galon deſſus.
Ils eſtoient ſuivis d'un pareil
nombre veſtus de même qui
eſtoient à cheval. Il y en avoit
demontez ſur des mules avec
des Timbales ; aprés quoy
marchoient à cheval fix hommes
avec des Robes bleuës &
GALANT . 243
violettes , tenant des manieres
de maſſes à la main, & ils
étoient ſuivis de cinq Confuls
bienmontez , dont les chevaux
eſtoient magnifiquement
harnachez , avec beaucoupde
rubans à leur teſte. Ils
avoient une maniere d'écharpe
de ſatin rouge à fleurs d'or
large de neuf à dix pouces
qui leur prenoit ſur l'épaule
&defcendoit iufqu'à leur épée
M. le Maréchal s'arreſta ; le
premier Conful luy fit une
petite Harangue en Eſpagnol.
Je ne pus pas bien l'entendre.
M. le Maréchal luy répondit
Xij
244 MERCURE
fort honneſtement , & leur
dit en general qu'il falloit oule
paffé, qu'ils n'avoient
qu'à donner au Roy des marques
de leur fidelité , & qu'il
feroit tout ce qu'il pourroit
auprés de S. M. C. pour l'engager
à les traiter favorablement.
Aprés quoy les Gardes
de M. le Maréchal mirent l'épée
à la main , & pafferent les
premiers.Tout le cortege fit
demy tour à droite , & mar./
cha du coſté de la Ville dans
le même ordre qu'il eſtoir
Le premier Conful
marcha à lagauche duMilord.
venu.
ン
GALANT. 245
En approchant , le Montjoüy
falua de tout fon Canon ,&
en entrant dans la Ville toute
l'artillerie de la Place tira. Ily
avoit ſur la porte trois tapis
avec le Portrait du Roy'd'Efpagne.
Nous marchâmes dans
cet ordre juſqu'à la Citadelle..
Les ruës eſtoient bordées de
Soldats qui preſentoient les
armes ,& avoient leurs bayon.
nettes au bout du fufil , il n'y
avoit que les Gardes Valones:
qui euffent le fufil ſur l'épaule.
Il y avoit dans les ruës qui
traverſoient celles par leſquelles
nous paffions ,des Cavaliers
X iij
246 MERCURE
qui avoient le ſabre haut. Le
Portrait du Roy eſtoit auſſi
au deſſus de la grande porte
del'Eglife. LeChefdu Clergé
ſuivi de ſes Chanoines ſe trouva
ſur la porte& fit ſon compliment
à M. le Maréchal &
l'accompagna dans le Choeur
où on luy avoit preparé un
Prié-Dieu. L'Egliſe eſtoit fort
illuminée. On chanta le Te
Deum en Muſique,pendant lequel
tems la Place fit3. décharges
deCanon. Les enfans &
le petit peuple crioient Viva
&jettoient leurs chapeaux en
l'air. Le Te Deum fini on
GALANT. 247
repaſſa par lesmêmes ruës &
avec le même ordre juſqu'à
la porte.En fortant, laPlace&
leMontjoüy faluërent encore
de toute leur artillerie. Voilà
toute la Ceremonie.
Je remarquay qu'il y avoit
neuf Bombes qui estoient
tombées dans cette Eglife. Il
y ades ruës où l'on ne peut
paſſerà cauſe des débris des
maiſons. Il y en a peu qui ne
foient endommagées ou des
Bombes oudes Boulets à rico .
chet que nous avons tirez.
LorſqueM. de Broglio eft
parti il y avoit auprés de M.
X iiij
248 MERCURE
le Maréchal des Deputez de
l'Ifle de Maillorque pour traiter
avec luy .
On parle diverſement du
Marquis de Villaroel qui
commandoit dans Barcelone ,
& qui a eu le genoüil caffé au
dernier afſaut ; les uns diſent
qu'ils'eſt ſauvé à Maillorque,
& les autres qu'il s'eſt remis
àla clemence du Roy , alleguant
qu'il n'a pas tenu à ſes
répreſentations que les Rebelles
ne ſe ſoient plutoſt ſoumis.
Ce dernier ſentiment paroiſt
le plus vray.
J'ay vû d'ailleurs des LerGALANT.
249
1
tres qui mandent qu'il ne
faut pas croire un mot du
grand nombre de gens que
nous avons perdu. Il y en a
fix fois moins.
On ajoûte qu'on va faire
le procés aux plus coupables
des Rebelles , que les Miquelets
prendront parti dans les
Troupes d'Eſpagne , & qu'on
oblige la Ville de baltir une
Citadelle à ſes dépens .
On dit que M. le Maréchal
de Berwick avoit envoyé
les Drapeaux de Barce
lone à Madrid , & quele Roy
d'Eſpagne les luy a renvoyé
1
250 MERCURE
par le même Courrier avec
ordre de les faire bruler au
milieu de la Ville par la main
du Bourreau.
Une Lettre du trois de ce
mois porte que M. le Maréchal
a fait embarquer le même
jour vingt deux des principaux
Chefs des Rebelles ,
pour les faire paſſer au Château
d'Alicant , où ils ſeront
biengardez Ondit que Villaroel
,Pinos , & Baſſet ſont du
nombre des prifonniers. Il y
en a un grand nombre d'autres
qu'on envoye à Peniſcola.
Fermer
Résumé : A Barcelone le 21. Septembre.
Le 18 septembre 1714, le maréchal de Berwick entra à Barcelone accompagné de plus de cent officiers de haut rang pour assister à un Te Deum à la cathédrale. Le cortège, incluant des dignitaires et des soldats, fut accueilli par le corps municipal de la ville, vêtu de robes rouges et violettes. Le maréchal adressa un discours aux habitants, les incitant à démontrer leur loyauté envers le roi d'Espagne. La procession traversa les rues de la ville, bordées de soldats et de cavaliers, sous les salves de canons et les acclamations de la population. Après le Te Deum, le cortège repartit dans le même ordre. La ville portait des traces de destruction dues aux bombardements récents. Le marquis de Villaroel, commandant rebelle, avait capitulé et attendait la clémence royale. Des rumeurs indiquaient que certains rebelles étaient emprisonnés ou envoyés à Alicante et Peniscola. Le maréchal de Berwick avait également ordonné la destruction des drapeaux de Barcelone au centre de la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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1443
p. 302-342
SUITE DU JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau.
Début :
Le Jeudy 20. Septembre on chanta un Motet de la [...]
Mots clefs :
Fontainebleau, Princes, Seigneurs, Dames, Princesses, Duchesse, Électeur, Promenade, Cerf, Calèche, Chasse, Calèches, Conseil, Comte, Sanglier, Promenade royale, Trompettes, Cour, Roi, Spectacle
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texteReconnaissance textuelle : SUITE DU JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau.
SUITE DU JOURNAL
de ce qui s'est paffé à Fontainebleau.
Le Jeudy 20. Septembre
on chanta un Motet de la
GALANT. 303
compoſition de M. Lalouëtte ;
ily cut Confeil d'Etat , l'aprefdinée
chaſſe du Cerf, où tous
les Princes , Princeſſes , Scigneurs
,& Dames de la Cour
allerent de même que l'Electeur
,& le Prince Ragotzi ;
au retour de la chaſſe M. le
Ducde Mortemar arriva de
Barcelone qui porta la nouvelle
qu'on avoit attaqué la Place
par ſept endroits , que le
combat avoit commencé à
quatre heures & demie , &
qu'àmidi nous eſtions maiſtres
des deux Baſtions & de la premiere
enceinte ; queles Barce304
MERCURE
i
lenois avoient arboré l'éten
dart blanc , & qu'ils avoient
promis d'envoyer des Orages
à fix heures du ſoir ; qu'il étoit
parti à cette heure là , mais
qu'il ne doutoit pas que la
Place n'eût capitulé , que M.
le Maréchal de Berwickl'avoit
aſſuré qu'il envoyeroit M le
Marquis de Broglio pour porter
les articles de la Capitulation
& le détail de ce qui
s'étoit paflé dans l'ction.
Le Vendredy 21. on chanta
à la Meffe du Roy , un
Moter de la compoſition de
M. de Lalande que El Eteur
entendit ,
:
GALANT. 305
entendit , & qui fut tres- applaudi
; il y eut Conſeil de
Conſcience , le Roy pendant
ſon dîné , fir pluſieurs queftions
à M. le Duc de Mortemar
ſur le Siege de Barcelone ;
Sa Majefte alla enſuite tirer.
Le Samedy 22. il ycutConſeil
des Finances : on courut
le Cerf avec l'équipage de M.
le Duc , & l'apreſdinée il y
eut promenade Royale le
long du Canal . On ne vit
jamais tant de Caroffes., &de
Caléches. Il y en avoit une
ttes-brillante à huit places ,
touredécouverte , où estoient
Octobre 1714. Cc
306 MERCURE
Madamela Duchefle , Madame
la Princeſſe de Conty
Mademoiselle de Charollois ,
& cinq autres Dames ; ily eut
auſſi pêche des Cormorans
avec un concours infini de
monde tant de la Cour que
des Etrangers.
Le Dimanche 23. M. le
Marquis de Broglio arriva de
Catalogne avec_la nouvelle
que Barcelone s'étoit rendu
àdiſcretion avec le Montjouy;
qu'on avoit conſervé la vie
&les biens aux habitans ; il y
cut ce foir-làConſeil d'Etat :
le Roy cut une longue confeGALANT
. 307
rence avec M. Voiſin & M. le
Marquis de Broglio.
Le Lundy 24. ily eut Confeil
des Dépêches le matin ,&
l'apreſdinée Conſeil des Parties
; il y cut auffi chaffe du
Cerf: on vit paſſer devant le
départ du Roy , plus de 300.
chevaux de maindu Roy , fans
compter ceux des Princes :
il yavoit plus de 150. caroffes ,
yavoitplus
caléches , ou brelines . L'Electeur
s'ytrouva de même que
tous les Princes , Princeffes
Seigneurs , & Dames de la
Cour. Ilyavoit pour le moins
1.000. Cavaliers , on courut
د
Ccij
308 MERCURE
deux Cerfs qu'on prit.
Le Mardy 25 on chanta le
Te Deum , en Muſique pendant
la Mefle du Roy , pour
la priſe de Barcelone ; il y cut
Confeil des Finances : on vit
ce jour là quantité de Seigneurs
, & de Dames à la
Toilette de Madame la DOLD
cheſſe de Berry. Il y eut au
diné du Roy une tres belle
Symphonie. M le Duc ,& les
autres Princes allerent à la
chatle du Sangher , on en prit
deux , & S. M. alla tirer; il y
cut le ſoir des feux & des
illuminations au Gouverne.
GALANT. 309.
ment ,l'on tira le Canon , &
quantité de Boëtes; l'aprefdinée
M. le Maréchal de Villars
preſenta au Roy M. le Duc
Daremberg.
: Le Mercredy 26. on chanta
unMotet de la compofition
de M. de Lalande à la
Meſſe du Roy , où l'Electeur
aſſiſta ; il y eut Conſeil d'Etat
&à quatre heuresdu ſoir promenade
Royale le long du
Canal . S. M. y vint dans une
caléche tres - magnifique accompagnée
de tous les Princes
&Seigneurs de la Cour à
cheval. L'Electeur étoit dans
310 MERCURE
une autre caléche découverte
àhuit places avec Madame la
Ducheffe , & fix autresDames.
Madame la Princeſſe deConty
& Mademoiselle de Charollois
, eſtoient auſſi dans une
autre caléche , de même que
1 pluſieurs autres Dames qui
avoient quitté ledeüil ,& qui
menoient elles -mêmes leurs
caléches. On fit pluſieurs fois
le tour duCanal. L'Electeur
Madame la Ducheffe ,& les
autres Dames aprés lepremier
tour defcendirent ,& entrerent
dans une Gondole toute
ſculptée& tapiffée,&couverGALANT.
311
1
te d'un gros damas avec des
franges d'or ; cette Gondole
eſtoit precedée de trois autres
de la même magnificence
fur leſquelles eſtoient les Muficiens
de S. M. avec des vio
lons , baflons , trompettes ,
timballes , & autres inſtrumens
; quand le Choeur de la
Muſique ceffoit de chanter
la Symphonie ſe faifoit entendre
,& quand celle-cy finiſſoit
les trompettes , & timballes
commençoient ; & à meſure
que le Roy , avec ſa Cour ,
montoit & defcendoit , les
Gondoles ſuivoient la caléche
312 MERCURE
du Roy , qui eltoit eſcortée :
de plus de 2 50. caroffes à huit
& à fix chevaux , fans compter
les caléches qui y estoient en
tres grand nombre. Unnombre
infini de peuple qui bordoit
tout le Canal , quoique
tres long , preſentoit à la veuë
du haut de la Caſcade , le
plus beau ſpectacle qu'on y
ait encore veu. Il eſt conſtant
que lesperſonnes qui habitent
la Cour depuis tres- longtemps
, ſoutiennent qu'onn'a
jamais rien veu de ſi magnifique
, auſſi les Etrangers qui y
eſtoient , & qui ont voyagé
dans
GALANT. 315
dans toutes les Cours de
l'Europe , conviennent qu'il
n'ya que la Cour de France
qui puiffe fournir un ſpectacle quip
de cette magnificence. M. lo
*Prince Royal & Electoral de
Saxe arriva ce foir-là.
Le Jeudy 27. ily cut-Confeil
d'Etat , & l'apreſdinée
chaffe du Cerf , l'Electeur y
alla de même que tous les
Princes , Seigneurs , & Dames
de la Cour , il y avoit
plus de 300. chevaux de main
du Roy avec des caparaffons
brodez d'or , on courut deux
Cerfs, le Roy n'en revint qu'à
Octobre 1714. Dd
814 MERCURE
prés de ſept heures. Pendant
le ſoupé M. le Prince Royal
& Electoral de Saxe fils du
Roy dePologne , ſous lenom
deM le Comte de Luface ſe
rendit dans la Chambre du
Roy avec Male Palatin de
Livonie , & pluſieurs autres
Seigneurs Polonois , & Allemans
, il fit fon compliment
à S. M. qui luy répondit tresgracieuſement
; enſuite le
Prince preſenta au Roy tous
des Seigneurs qui l'accompagnoient
, ce fut Madame qui
preſenta au Roy M. leComte
de Luface. C'eſt un Prince
GALANT. 315
dont l'air noble & grand& la
magnificence ſoutiennent parfaitement
l'éclatdu ſang dont
il eſt ſorti.
Vendredy 28. l'Electeur
prit congé du Roy , il y eut
ce ſoir làConſeildeConfcience
, & à midy & demi M. le
Comte de Luſace , accompagné
de M. le Marquis de Torcy,
rendit viſite à Madame la
Ducheſſe de Berry , qu'il complimenta
, il alla auffi chez
Madame , chez M. le Duc
d'Orleans , chez Madame la
Ducheſſe d'Orleans , chez Madame
la Ducheffe , chez tous
L
Ddij
316 MERCURE
Hes Princes , & Princeffes , &
PElecteur de Baviere qui le
retint à diné. Meffieurs les
Princes allerent à la chaffe du
Sanglier ,& le Roy alla tirer.
L'Electeur partieà cinqheures
du foir pour aller coucher à
S.Cloud. ८
"Le Samedy 29. il y eut
Conſeil des Finances , l'aprefdinée
le Roy alla coure le Cerf
avec l'équipage de M. le Duc.
M. leComtede Luface y alla
de même que tous les Princes,
&Princefles , le nombre des
caroffes , caléches , & deschevauxde
mainne futpas moins
ว
GALANT 317
grand que le 28. on courut
deux Cerfs qu'on prit..
Le Dimanche 30. il y cut
Conſeil d'Etat , le Roy alla
tirer l'apreſdinée , & on chanta
aprés les Veſpres le Te
Deum , à la Paroiſſe de Fontainebleau
, au fon des trompettes
, timbales , violons,flutes
douces , & autres inftrumens
, on tira pendant qu'on
le chantoit quantité de Boëtes
pour la priſe de Barcelone,
Le Lundy premier Octobre
il y eut Conſeil des Par
ties , & apreſdinée chaſſe du
Cerf , le Royy alla avec tous
2
*
Dd iij
318 MERCURE
les Princes & Princeſſes ; M. le
Comte de Luface , &M. le
Prince Ragotzi eſtant de la
partie, fanscompter un grand
nombre d'Etrangers de toutes
les Nations , on courut
deux Cerfs qu'on prit.
cuc Le Mardy deux , il y
Conſeil des Finances , M. le
Comte de Luſace ſe trouva
au lever du Roy avec M. le
Palatin de Livonie , & pluſieurs
autres Etrangers , Melfieurs
les Princes allerent à la
chaffe du Cerf, & le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
LeMardy 3. il y eut Con
GALANT. 319
ſeil d'Etat , & l'apreſdinéo
promenade Royale , & pêche
des Cormorans , cette promenade
fut tres- magnifique tant
par le nombre des caroffes ,
carioles , caléches , que par
une affluence prodigieuſe de
perſonnes qui estoient venuës
tant de Paris que de la Campagne;
parce qu'on avoit crû
qu'il y auroit Symphonie , & ya
Muſique ſur le Canal en faveur
de M. le Comtede Luface
qui s'y trouva , de même
que M. le Duc Daremberg ,
tous les Princes ,& Princeſſes ,
Meſſieurs les Cardinaux de
Dd iiij
320 MERCURE
Rohan , & de Polignac , M.
le Nonce , tous les Ambaſſadeurs
, & Envoyez des Cours
Etrangeres.
Le Jeudy 4 il y cut Conſeil
d'Etat , & chaſſe duCerf
apreſdinée , Madame la Du
cheſſe qui n'en manque pas.
une , y alla auffi , elle avoit
dans ſa caléche Madame la.
Maréchale de Villars qui va.
preſque toûjours avec cette
Princeffe.
Le Vendredy s.il y eutConſeil
de Conſcience , chaſſe du
Cerf avec l'équipage de M.
le Duc du Maine. Tous les
GALANT. 3210
Princes & Princeſſes , de même
que tous les Seigneurs& Dames
de la Cour y allerent,il y
avoit plus de 1000 perſonnes,
à cheval , tant de la Cour
qu'Etrangers.
Le Samedy 6. il yeutCon
feil de Finances . On fit dans
la Salle des Suiſſes la repetition
pour la feſte du lende..
main ,tant des voix que de la.
ſymphonie pour tout cc.
qu'on devoir chanter. Cette.
Salle , quoyque tres-grande
étoit ſi remplie de monde ود
qu'on n'y pouvoit tenir. Le
Roy alla tirer l'apreſdinée.
322 MERCURE
!
Le Dimanche 7. il y cut
Conſeild'Etat , &à 4 heures
du ſoir S. M. ſe rendit au Ca
nal dans une caléche magnifique
eſcortée de plus de 200.
Seigneurs à cheval , ſuivie de
plus de 200. carofles à 8. ou
à 6. chevaux , de pluſieurs caléches
découvertes remplies
des Dames , parmi leſquelles
on en voyoit une à 8. places **
dans laquelle estoient Madame
la Princeſſe deConty, Ma--
demoiselle deCharollois,Mef
dames les Marquiſes de Rupelmonde
, de Maillebois , de
S. Germain , de Montforeau ,
GALANT. 323
deChampinelle, de Saucourt.
Madame la Ducheffe , & Madame
la Princeffe de Conty
fille du Roy , eſtoient chacune
dans leurs caroſſes avec plu--
fieurs autres Dames. M. le
Comte de Luface étoit arrivé
un peu auparavant , accompagné
de M. le Duc de Noailles
, de M.le Duc d'Aumont ,
de M. le Maréchal d'Eſtrées ,
& de pluſieurs autres Scigneurs.
Toute cette illuftre
Troupe entra dans uneGondole
ſculptée & dorée , couverte
& tapiffée d'un grosdamas
cramoiſi avecdes franges
324 MERCURE
&du galon d'or tout au tour ;
elle eſtoit fuivie d'une autre
de même , mais couverte &
tapiſſée d'un damas cramoifi
à fleurs d'or , les Marelots
étant vêtus d'un gros damas
bleu ,couverts de galons &
brandebourgs àfranges d'or :
àcoſté de ces deux Gondoles
on en voïoit deux autres plus
grandes de la même magnificence
, dans lefquelles étoient
les Muſiciens ; & entre ces
deux là on en avoit attaché
deux autres ſur lesquelles on
avoit dreffe un Amphitheatre
pour les trompettes , hautGALANT.
1325
1
bois , timballes , & autres
inſtruments : à meſure que le
Roy avec ſa Cour montoit &
deſcendoit , les Gondoles en
faifoient de même ſur le Canal
, qui , quoyqu'il ait 600.
toiſes de longueur , étoitbordé
tout au tour d'un nombre
prodigieux de pouple ; les
Equipages y eltoient tres-ma.
gniques , ceux de tous lesPrinces
, Princeſſes , Cardinaux ,
Ambaſſadeurs & Envoïcz y
eſtoient precedez de leurs Pages
à cheval. Celui de Madame
la Maréchale d'Eſtrées y
eſtoit precedé de 4. de ſes Pa326
MERCURE
ges bien montez , de même
que preſque tous ceuxdes autres
Seigneurs & Dames . On
n'avoit encore rien veu de
plus grand à Fontainebleau :
ceux qui eſtoient audeſſus de
la caſcade ne pouvoient ſe
laffer d'admirer ce ſpectacle.
Le Lundy 8. il y cut Conſeil
des Depêches , & aprefdinée
Conſeil des Parties . Le
Royalla l'apreſdinée courre le
Cerf accompagné de tous les
Princes ,Princeffes , Seigneurs
&Dames de la Cour. La chafſe
ne fut pasmoins nombreu
ſe , nimoins belle que les pre
:
GALANT. 327
cedentes . M. le Comte de Luface
en estoit : cette chaffe
donna beaucoup de plaiſir à
tous ceux qui en étoient , le
Cerf s'étant fait lancer jufqu'à
10. ou 12. fois : le Roy
n'en revint qu'à ſept heures.
M. & Madame la Maréchale
d'Eltrées donnerent un ſoupé
magnifique à M. le Comte de
Luſace , à M. le Palatin de Li-
-vonic,& à pluſieurs Seigneurs
&Dames de la Cour; il y eut
pendant tout le ſoupé muſique&
ſymphonie.
Le Mardy 9. il y eut Confeil
des Finances. M. I Envoyé
328 MERCURE
de Parme fit part au Roy da
Mariage de la Princeſſe de
Parme avec le Roy d'Eſpagne,
il alla à midy & demi , chez
Madame la Ducheffe deBerry
qui eſtoit à ſa Toilette , il étoit
conduit par le ſieurde Saintor,
le Cercle estoit tres-nombreux
, & tres- brillant chez
cette Princeſſe , Meſdames les
Princeffes de Lambefc , de
Rohan , de Monaco , Mefdames
les Ducheſſes de S. Simon
, de la Ferté , d'Eſtrées ,
en eſtoient,de même que plufieurs
autres Dames , cer Envoyé
alla enſuite chez Madame
GALANT. 329
د
me Madame la Ducheffe
d'Orleans , &c . Ce jour-là
pendant le diné du Roy le
Trompette Anglois qui s'étoit
fait admirer le jour de la
promenade , ſonna dans l'Antichambre
de S. M. tous les
Muſiciens avouent que c'eſt
le premier homme du monde
pour fonner de laTrompette.
Le Roy alla tirer l'apreſdinée.
Le Mercredy 10. il y cut
Conſeil d'Etat. M. le Duc du
Maine alla àla chafle du Cerf,
il n'y eut pas de promenade
Royale à caule du mauvais
temps.
Octobre 1714. Ec
را
330 MERCURE
1
Le Jeudy It. il y eutConſeil
d'Etat , &l'apreſdinée le Roy
alla à la chaſſe du Cerf , accompagné
de tous les Princes,
& Princeffes , M. le Comte
de Luface y allaavec pluſieurs
Seigneurs Etrangers , on prit
deux Cerfs , ce foir là M. le
Duc d'Orleans donna un retour
de chaſſe tres exquis , où
il pria M. le Comte de Luſace,
&les Seigneurs de ſa ſuite ,
Meſſieurs les Ducs de Lauzun,
d'Aumont , de Fronſacq , M.
le Maréchal d'Eftrées , M. le
Marquis de Torcy , & plu
ſieurs autres Seigneurs.
GALANT. 331
Le Vendredy 12. il y eut
Conſeil de Conſcience
Papreſdinéele Roy alla tirer.
Le foir à onze heures leChevalier
Caiſſan , dont je ne
vous ay pas encore parlé
quoiqu'il ait toûjours eſté le
premier àtoutes les chaffes &
promenades Royales avec ſon
inſtrument fans pareil, monté
fur un trapon , parut dans la
court ovale , couvert de papier
marbré monté ſur une bouri.
que couverte auffi de papier
marbré , qui avoit ſur ſa tête
deux bois de Cerfs bien attachez&
le Chevalier avoit fur
Ecij
332 MERCURE
la fienne un artifice qui joüa ,
ſcoſt que le Roy , & les Princes
parurent aux feneftres du
Cabinet de Sa Majeſté; mais
la bourique au bruit des fuſées
s'enfuit , ce qui fit rire
tout le monde quiy eſtoit venu
en foule pour le voir. M. le
Chevalier Caiſſan ayant pris
grand ſoin d'en inſtruire le
public , l'Histoire de ſa vie
eſt imprimée depuis cette année
à Verſailles ou à Paris.
Le Samedy 13. il y eutConſeil
des Finances. M. le Duc ,
M. le Duc du Maine , & M.
GALANT.333
*
le Comte de Toulouſe allerent
à la chaſſe du Cerf. Le ſoir
aprés le ſoupé , pendant que .
S. M. eſtoit dans ſon Cabinet
avectous les: Princes , &i
Princeſſes , le Trompette Anglois
ſonna dans l'Antichambre
les plus beaux airs du
monde , il y avoit un autre
Trompette au- deſſus de la
Salledes Suiſſes quiluy répondoit
; mais qui ne l'égaloit
pas.
Le Dimanche 14. il y cut
Conſeild'Etat , le même jour
àcinqheures& demie Madame
la Ducheffe de Berry le
334 MERCURE
rendit àla Tribune de la Chapelle
pour y entendre le Salut ,
accompagnée de M. l'Abbé
de Rouget fon Aumônier.
Madame s'y rendit auſſi à la
même heure accompagnéede
M. l'Abbé de Magnas fon
premier Aumônier , & le Roy
vint à prés de 6. heures accompagné
de M. le Cardinal
de Rohan , Grand Aumônier ,
& de M. l'Abbé de Maulevrier
Aumônier auffi Sitoft
que S. M. fut arrivée , on
commença le Salut qui ne finit
qu'à 7 heures.
Le Lundy 15. le Roy prit
GALANT. 335 $
medecine. Il y eut Conſeil des..
Parties . M.leDuc &Meffieurs
les Princes allerent à la chaffe
du Sanglier , Male Comte de
Toulouſe en tua un Madame
la Ducheſſe d'Orleans partic
ce jour-là dans la Litiere du
Roy portée par 4 Mulets
pour aller coucher à Bretigny
&de- là à Paris. On avoitdref
ſéun lit dans cette Litiere , où
elle estoit couchée à cauſe de
fa groffeffe.
LeMardy 16. ily eutConfeil
des Finances , chaffe du
Cert aprefdinée où tous les
Princes & Princeſſes allerent ,
1
336 MERCURE
les Equipages n'eſtoient past
moins brillants qu'aux chaffes
precedentes: M. le Duc
menoit fa caléche , de même
que M. le Prince de Soubize
la fienne,
LeMercredy 17. M. l'Arvêque
de Vienne prêta fera
ment de fidelité pendant la
Meſſe du Roy, entre lesmains
de S. M. l'apreſdinée on tint
leConſeildes Dépêches qu'on
n'avoit pas pû tenir-le Lundy,
parce que leRoy prit Medecine
ce jour- là , Meffieurs les
Princes allerent à la chaſſe du
Sanglier , Male Dúc du Mai
де
GALANT. 337
ne alla court le Cerf.
Le Jeudy 18. il y eut Confeil
d'Erat , & l'apreſdinée
chaſſe du Cerf Tous les Princes
& Princeſſes y accompapagnerent
le Roy , de même
que M. le Comte de Luface ,
tous les Seigneurs & Dames
de la Cour , on en prit deux ,
le Roy revint de bonne heure
, ſuivi de pluſieurs caléches
& des Princeffes , & Dames
vêtuës en Amazones ,& a cheval.
Le Vendredy 19 il y eut
Confeil de Conſcience. M.
Buis Ambaſſadeurd'Hollande
Octobre 1714 . Ff
1
338 MERCURE
alla à la Toilettede Madame
la Ducheſſe deBerry qui fut
tres nombreuſe , le Roy qui
devoit aller tirer l'apreſdinée
n'y alla pas àcauſe du mauvais
temps.
Le Samedy 20. il y eut
Conſeil des Finances , M. le
Duc ,&M. le Comte de Toulouze
, allerent à la chaſſe du
Sanglier ,M. le Duc du Maine
alla courir le Cerf. Il y eut une
tres-belle Symphonie au diné
du Roy aprés lequel S. M. alla
tirer , le même jour le Roy
declara Meſſieurs les Princes
de Soubize , & d'Epinoy 2
GALANT. 339
Ducs & Pairs .
Le Dimanche 21. il y eut
Confeil d'Etat , M. le Maréchal
de Teſſé , le Prince d'Epinoy
, M. le Duc de la Feüillade
, Madame l'Ambaſſadrice
d'Hollande , & pluſieurs autres
Seigneurs &Dames , allerent
à la Toilette de Madame
la Ducheſſe de Berry , le Roy
ne fortit pas ce jour- là
LeLundy 22. il y eutConſeil
d'Etat , l'apreſdinée le
Roy alla à la chaſſe du Cerf ,
accompagné de tous les Princes
,& Princeſſes , M. le Com.
te de Luface y alla de même
Ffij
340 MERCURE
accompagné de plusieurs Seigneurs
Etrangers , les Dames
estoient auffi à cheval vêtuës
en Amazones , on courut
trois Cerfs qu'on prit , M. le
Comte de Ribeira Ambaſſadeur
de Portugal arriva ce
même jour.
Le Mardy 2 3. M le Comte
deRibeira fut preſenté à S. M.
M.leComte de Luface partit
de Fontainebleau pour Paris ,
ily eut Conſeil des Finances ,
&l'apreſdinée le Roy alla ſe
promener dans les Jardins accompagné
de tous les Seigneurs
de la Cour , M. le
ALANT 341
Duc& M. le Duc du Maine
allerent à la chaſſe du Cerf ,
on en a pris pendant que la
Cour a reſtée icy plus de 60.
LeMecredy 24. leRoy partic
de Fontainebleau , ayant dans
Con carofle Madame la Ducheſſe
de Berry , Madame ,
Madame la Ducheffe , & Mademoifelle
de Charollois. S.
M. eſtoit eſcortée par lesGardes
du Corps , les Gendarmes ,
les Chevaux Legers , & les
deux Compagnies de Moufquetaires
pour aller coucher
à Petit-Bourg , où toute la
Courfut traitée magnifique-
Ffiiy
342 MERCURE
ment , on partic le 25. pour
aller coucher à Verſailles , où
l'on arriva de bonne heure.
Fête fur feſte , la Scene de
celle-cy eſt au Château d'Emery.
de ce qui s'est paffé à Fontainebleau.
Le Jeudy 20. Septembre
on chanta un Motet de la
GALANT. 303
compoſition de M. Lalouëtte ;
ily cut Confeil d'Etat , l'aprefdinée
chaſſe du Cerf, où tous
les Princes , Princeſſes , Scigneurs
,& Dames de la Cour
allerent de même que l'Electeur
,& le Prince Ragotzi ;
au retour de la chaſſe M. le
Ducde Mortemar arriva de
Barcelone qui porta la nouvelle
qu'on avoit attaqué la Place
par ſept endroits , que le
combat avoit commencé à
quatre heures & demie , &
qu'àmidi nous eſtions maiſtres
des deux Baſtions & de la premiere
enceinte ; queles Barce304
MERCURE
i
lenois avoient arboré l'éten
dart blanc , & qu'ils avoient
promis d'envoyer des Orages
à fix heures du ſoir ; qu'il étoit
parti à cette heure là , mais
qu'il ne doutoit pas que la
Place n'eût capitulé , que M.
le Maréchal de Berwickl'avoit
aſſuré qu'il envoyeroit M le
Marquis de Broglio pour porter
les articles de la Capitulation
& le détail de ce qui
s'étoit paflé dans l'ction.
Le Vendredy 21. on chanta
à la Meffe du Roy , un
Moter de la compoſition de
M. de Lalande que El Eteur
entendit ,
:
GALANT. 305
entendit , & qui fut tres- applaudi
; il y eut Conſeil de
Conſcience , le Roy pendant
ſon dîné , fir pluſieurs queftions
à M. le Duc de Mortemar
ſur le Siege de Barcelone ;
Sa Majefte alla enſuite tirer.
Le Samedy 22. il ycutConſeil
des Finances : on courut
le Cerf avec l'équipage de M.
le Duc , & l'apreſdinée il y
eut promenade Royale le
long du Canal . On ne vit
jamais tant de Caroffes., &de
Caléches. Il y en avoit une
ttes-brillante à huit places ,
touredécouverte , où estoient
Octobre 1714. Cc
306 MERCURE
Madamela Duchefle , Madame
la Princeſſe de Conty
Mademoiselle de Charollois ,
& cinq autres Dames ; ily eut
auſſi pêche des Cormorans
avec un concours infini de
monde tant de la Cour que
des Etrangers.
Le Dimanche 23. M. le
Marquis de Broglio arriva de
Catalogne avec_la nouvelle
que Barcelone s'étoit rendu
àdiſcretion avec le Montjouy;
qu'on avoit conſervé la vie
&les biens aux habitans ; il y
cut ce foir-làConſeil d'Etat :
le Roy cut une longue confeGALANT
. 307
rence avec M. Voiſin & M. le
Marquis de Broglio.
Le Lundy 24. ily eut Confeil
des Dépêches le matin ,&
l'apreſdinée Conſeil des Parties
; il y cut auffi chaffe du
Cerf: on vit paſſer devant le
départ du Roy , plus de 300.
chevaux de maindu Roy , fans
compter ceux des Princes :
il yavoit plus de 150. caroffes ,
yavoitplus
caléches , ou brelines . L'Electeur
s'ytrouva de même que
tous les Princes , Princeffes
Seigneurs , & Dames de la
Cour. Ilyavoit pour le moins
1.000. Cavaliers , on courut
د
Ccij
308 MERCURE
deux Cerfs qu'on prit.
Le Mardy 25 on chanta le
Te Deum , en Muſique pendant
la Mefle du Roy , pour
la priſe de Barcelone ; il y cut
Confeil des Finances : on vit
ce jour là quantité de Seigneurs
, & de Dames à la
Toilette de Madame la DOLD
cheſſe de Berry. Il y eut au
diné du Roy une tres belle
Symphonie. M le Duc ,& les
autres Princes allerent à la
chatle du Sangher , on en prit
deux , & S. M. alla tirer; il y
cut le ſoir des feux & des
illuminations au Gouverne.
GALANT. 309.
ment ,l'on tira le Canon , &
quantité de Boëtes; l'aprefdinée
M. le Maréchal de Villars
preſenta au Roy M. le Duc
Daremberg.
: Le Mercredy 26. on chanta
unMotet de la compofition
de M. de Lalande à la
Meſſe du Roy , où l'Electeur
aſſiſta ; il y eut Conſeil d'Etat
&à quatre heuresdu ſoir promenade
Royale le long du
Canal . S. M. y vint dans une
caléche tres - magnifique accompagnée
de tous les Princes
&Seigneurs de la Cour à
cheval. L'Electeur étoit dans
310 MERCURE
une autre caléche découverte
àhuit places avec Madame la
Ducheffe , & fix autresDames.
Madame la Princeſſe deConty
& Mademoiselle de Charollois
, eſtoient auſſi dans une
autre caléche , de même que
1 pluſieurs autres Dames qui
avoient quitté ledeüil ,& qui
menoient elles -mêmes leurs
caléches. On fit pluſieurs fois
le tour duCanal. L'Electeur
Madame la Ducheffe ,& les
autres Dames aprés lepremier
tour defcendirent ,& entrerent
dans une Gondole toute
ſculptée& tapiffée,&couverGALANT.
311
1
te d'un gros damas avec des
franges d'or ; cette Gondole
eſtoit precedée de trois autres
de la même magnificence
fur leſquelles eſtoient les Muficiens
de S. M. avec des vio
lons , baflons , trompettes ,
timballes , & autres inſtrumens
; quand le Choeur de la
Muſique ceffoit de chanter
la Symphonie ſe faifoit entendre
,& quand celle-cy finiſſoit
les trompettes , & timballes
commençoient ; & à meſure
que le Roy , avec ſa Cour ,
montoit & defcendoit , les
Gondoles ſuivoient la caléche
312 MERCURE
du Roy , qui eltoit eſcortée :
de plus de 2 50. caroffes à huit
& à fix chevaux , fans compter
les caléches qui y estoient en
tres grand nombre. Unnombre
infini de peuple qui bordoit
tout le Canal , quoique
tres long , preſentoit à la veuë
du haut de la Caſcade , le
plus beau ſpectacle qu'on y
ait encore veu. Il eſt conſtant
que lesperſonnes qui habitent
la Cour depuis tres- longtemps
, ſoutiennent qu'onn'a
jamais rien veu de ſi magnifique
, auſſi les Etrangers qui y
eſtoient , & qui ont voyagé
dans
GALANT. 315
dans toutes les Cours de
l'Europe , conviennent qu'il
n'ya que la Cour de France
qui puiffe fournir un ſpectacle quip
de cette magnificence. M. lo
*Prince Royal & Electoral de
Saxe arriva ce foir-là.
Le Jeudy 27. ily cut-Confeil
d'Etat , & l'apreſdinée
chaffe du Cerf , l'Electeur y
alla de même que tous les
Princes , Seigneurs , & Dames
de la Cour , il y avoit
plus de 300. chevaux de main
du Roy avec des caparaffons
brodez d'or , on courut deux
Cerfs, le Roy n'en revint qu'à
Octobre 1714. Dd
814 MERCURE
prés de ſept heures. Pendant
le ſoupé M. le Prince Royal
& Electoral de Saxe fils du
Roy dePologne , ſous lenom
deM le Comte de Luface ſe
rendit dans la Chambre du
Roy avec Male Palatin de
Livonie , & pluſieurs autres
Seigneurs Polonois , & Allemans
, il fit fon compliment
à S. M. qui luy répondit tresgracieuſement
; enſuite le
Prince preſenta au Roy tous
des Seigneurs qui l'accompagnoient
, ce fut Madame qui
preſenta au Roy M. leComte
de Luface. C'eſt un Prince
GALANT. 315
dont l'air noble & grand& la
magnificence ſoutiennent parfaitement
l'éclatdu ſang dont
il eſt ſorti.
Vendredy 28. l'Electeur
prit congé du Roy , il y eut
ce ſoir làConſeildeConfcience
, & à midy & demi M. le
Comte de Luſace , accompagné
de M. le Marquis de Torcy,
rendit viſite à Madame la
Ducheſſe de Berry , qu'il complimenta
, il alla auffi chez
Madame , chez M. le Duc
d'Orleans , chez Madame la
Ducheſſe d'Orleans , chez Madame
la Ducheffe , chez tous
L
Ddij
316 MERCURE
Hes Princes , & Princeffes , &
PElecteur de Baviere qui le
retint à diné. Meffieurs les
Princes allerent à la chaffe du
Sanglier ,& le Roy alla tirer.
L'Electeur partieà cinqheures
du foir pour aller coucher à
S.Cloud. ८
"Le Samedy 29. il y eut
Conſeil des Finances , l'aprefdinée
le Roy alla coure le Cerf
avec l'équipage de M. le Duc.
M. leComtede Luface y alla
de même que tous les Princes,
&Princefles , le nombre des
caroffes , caléches , & deschevauxde
mainne futpas moins
ว
GALANT 317
grand que le 28. on courut
deux Cerfs qu'on prit..
Le Dimanche 30. il y cut
Conſeil d'Etat , le Roy alla
tirer l'apreſdinée , & on chanta
aprés les Veſpres le Te
Deum , à la Paroiſſe de Fontainebleau
, au fon des trompettes
, timbales , violons,flutes
douces , & autres inftrumens
, on tira pendant qu'on
le chantoit quantité de Boëtes
pour la priſe de Barcelone,
Le Lundy premier Octobre
il y eut Conſeil des Par
ties , & apreſdinée chaſſe du
Cerf , le Royy alla avec tous
2
*
Dd iij
318 MERCURE
les Princes & Princeſſes ; M. le
Comte de Luface , &M. le
Prince Ragotzi eſtant de la
partie, fanscompter un grand
nombre d'Etrangers de toutes
les Nations , on courut
deux Cerfs qu'on prit.
cuc Le Mardy deux , il y
Conſeil des Finances , M. le
Comte de Luſace ſe trouva
au lever du Roy avec M. le
Palatin de Livonie , & pluſieurs
autres Etrangers , Melfieurs
les Princes allerent à la
chaffe du Cerf, & le Roy alla
tirer l'apreſdinée.
LeMardy 3. il y eut Con
GALANT. 319
ſeil d'Etat , & l'apreſdinéo
promenade Royale , & pêche
des Cormorans , cette promenade
fut tres- magnifique tant
par le nombre des caroffes ,
carioles , caléches , que par
une affluence prodigieuſe de
perſonnes qui estoient venuës
tant de Paris que de la Campagne;
parce qu'on avoit crû
qu'il y auroit Symphonie , & ya
Muſique ſur le Canal en faveur
de M. le Comtede Luface
qui s'y trouva , de même
que M. le Duc Daremberg ,
tous les Princes ,& Princeſſes ,
Meſſieurs les Cardinaux de
Dd iiij
320 MERCURE
Rohan , & de Polignac , M.
le Nonce , tous les Ambaſſadeurs
, & Envoyez des Cours
Etrangeres.
Le Jeudy 4 il y cut Conſeil
d'Etat , & chaſſe duCerf
apreſdinée , Madame la Du
cheſſe qui n'en manque pas.
une , y alla auffi , elle avoit
dans ſa caléche Madame la.
Maréchale de Villars qui va.
preſque toûjours avec cette
Princeffe.
Le Vendredy s.il y eutConſeil
de Conſcience , chaſſe du
Cerf avec l'équipage de M.
le Duc du Maine. Tous les
GALANT. 3210
Princes & Princeſſes , de même
que tous les Seigneurs& Dames
de la Cour y allerent,il y
avoit plus de 1000 perſonnes,
à cheval , tant de la Cour
qu'Etrangers.
Le Samedy 6. il yeutCon
feil de Finances . On fit dans
la Salle des Suiſſes la repetition
pour la feſte du lende..
main ,tant des voix que de la.
ſymphonie pour tout cc.
qu'on devoir chanter. Cette.
Salle , quoyque tres-grande
étoit ſi remplie de monde ود
qu'on n'y pouvoit tenir. Le
Roy alla tirer l'apreſdinée.
322 MERCURE
!
Le Dimanche 7. il y cut
Conſeild'Etat , &à 4 heures
du ſoir S. M. ſe rendit au Ca
nal dans une caléche magnifique
eſcortée de plus de 200.
Seigneurs à cheval , ſuivie de
plus de 200. carofles à 8. ou
à 6. chevaux , de pluſieurs caléches
découvertes remplies
des Dames , parmi leſquelles
on en voyoit une à 8. places **
dans laquelle estoient Madame
la Princeſſe deConty, Ma--
demoiselle deCharollois,Mef
dames les Marquiſes de Rupelmonde
, de Maillebois , de
S. Germain , de Montforeau ,
GALANT. 323
deChampinelle, de Saucourt.
Madame la Ducheffe , & Madame
la Princeffe de Conty
fille du Roy , eſtoient chacune
dans leurs caroſſes avec plu--
fieurs autres Dames. M. le
Comte de Luface étoit arrivé
un peu auparavant , accompagné
de M. le Duc de Noailles
, de M.le Duc d'Aumont ,
de M. le Maréchal d'Eſtrées ,
& de pluſieurs autres Scigneurs.
Toute cette illuftre
Troupe entra dans uneGondole
ſculptée & dorée , couverte
& tapiffée d'un grosdamas
cramoiſi avecdes franges
324 MERCURE
&du galon d'or tout au tour ;
elle eſtoit fuivie d'une autre
de même , mais couverte &
tapiſſée d'un damas cramoifi
à fleurs d'or , les Marelots
étant vêtus d'un gros damas
bleu ,couverts de galons &
brandebourgs àfranges d'or :
àcoſté de ces deux Gondoles
on en voïoit deux autres plus
grandes de la même magnificence
, dans lefquelles étoient
les Muſiciens ; & entre ces
deux là on en avoit attaché
deux autres ſur lesquelles on
avoit dreffe un Amphitheatre
pour les trompettes , hautGALANT.
1325
1
bois , timballes , & autres
inſtruments : à meſure que le
Roy avec ſa Cour montoit &
deſcendoit , les Gondoles en
faifoient de même ſur le Canal
, qui , quoyqu'il ait 600.
toiſes de longueur , étoitbordé
tout au tour d'un nombre
prodigieux de pouple ; les
Equipages y eltoient tres-ma.
gniques , ceux de tous lesPrinces
, Princeſſes , Cardinaux ,
Ambaſſadeurs & Envoïcz y
eſtoient precedez de leurs Pages
à cheval. Celui de Madame
la Maréchale d'Eſtrées y
eſtoit precedé de 4. de ſes Pa326
MERCURE
ges bien montez , de même
que preſque tous ceuxdes autres
Seigneurs & Dames . On
n'avoit encore rien veu de
plus grand à Fontainebleau :
ceux qui eſtoient audeſſus de
la caſcade ne pouvoient ſe
laffer d'admirer ce ſpectacle.
Le Lundy 8. il y cut Conſeil
des Depêches , & aprefdinée
Conſeil des Parties . Le
Royalla l'apreſdinée courre le
Cerf accompagné de tous les
Princes ,Princeffes , Seigneurs
&Dames de la Cour. La chafſe
ne fut pasmoins nombreu
ſe , nimoins belle que les pre
:
GALANT. 327
cedentes . M. le Comte de Luface
en estoit : cette chaffe
donna beaucoup de plaiſir à
tous ceux qui en étoient , le
Cerf s'étant fait lancer jufqu'à
10. ou 12. fois : le Roy
n'en revint qu'à ſept heures.
M. & Madame la Maréchale
d'Eltrées donnerent un ſoupé
magnifique à M. le Comte de
Luſace , à M. le Palatin de Li-
-vonic,& à pluſieurs Seigneurs
&Dames de la Cour; il y eut
pendant tout le ſoupé muſique&
ſymphonie.
Le Mardy 9. il y eut Confeil
des Finances. M. I Envoyé
328 MERCURE
de Parme fit part au Roy da
Mariage de la Princeſſe de
Parme avec le Roy d'Eſpagne,
il alla à midy & demi , chez
Madame la Ducheffe deBerry
qui eſtoit à ſa Toilette , il étoit
conduit par le ſieurde Saintor,
le Cercle estoit tres-nombreux
, & tres- brillant chez
cette Princeſſe , Meſdames les
Princeffes de Lambefc , de
Rohan , de Monaco , Mefdames
les Ducheſſes de S. Simon
, de la Ferté , d'Eſtrées ,
en eſtoient,de même que plufieurs
autres Dames , cer Envoyé
alla enſuite chez Madame
GALANT. 329
د
me Madame la Ducheffe
d'Orleans , &c . Ce jour-là
pendant le diné du Roy le
Trompette Anglois qui s'étoit
fait admirer le jour de la
promenade , ſonna dans l'Antichambre
de S. M. tous les
Muſiciens avouent que c'eſt
le premier homme du monde
pour fonner de laTrompette.
Le Roy alla tirer l'apreſdinée.
Le Mercredy 10. il y cut
Conſeil d'Etat. M. le Duc du
Maine alla àla chafle du Cerf,
il n'y eut pas de promenade
Royale à caule du mauvais
temps.
Octobre 1714. Ec
را
330 MERCURE
1
Le Jeudy It. il y eutConſeil
d'Etat , &l'apreſdinée le Roy
alla à la chaſſe du Cerf , accompagné
de tous les Princes,
& Princeffes , M. le Comte
de Luface y allaavec pluſieurs
Seigneurs Etrangers , on prit
deux Cerfs , ce foir là M. le
Duc d'Orleans donna un retour
de chaſſe tres exquis , où
il pria M. le Comte de Luſace,
&les Seigneurs de ſa ſuite ,
Meſſieurs les Ducs de Lauzun,
d'Aumont , de Fronſacq , M.
le Maréchal d'Eftrées , M. le
Marquis de Torcy , & plu
ſieurs autres Seigneurs.
GALANT. 331
Le Vendredy 12. il y eut
Conſeil de Conſcience
Papreſdinéele Roy alla tirer.
Le foir à onze heures leChevalier
Caiſſan , dont je ne
vous ay pas encore parlé
quoiqu'il ait toûjours eſté le
premier àtoutes les chaffes &
promenades Royales avec ſon
inſtrument fans pareil, monté
fur un trapon , parut dans la
court ovale , couvert de papier
marbré monté ſur une bouri.
que couverte auffi de papier
marbré , qui avoit ſur ſa tête
deux bois de Cerfs bien attachez&
le Chevalier avoit fur
Ecij
332 MERCURE
la fienne un artifice qui joüa ,
ſcoſt que le Roy , & les Princes
parurent aux feneftres du
Cabinet de Sa Majeſté; mais
la bourique au bruit des fuſées
s'enfuit , ce qui fit rire
tout le monde quiy eſtoit venu
en foule pour le voir. M. le
Chevalier Caiſſan ayant pris
grand ſoin d'en inſtruire le
public , l'Histoire de ſa vie
eſt imprimée depuis cette année
à Verſailles ou à Paris.
Le Samedy 13. il y eutConſeil
des Finances. M. le Duc ,
M. le Duc du Maine , & M.
GALANT.333
*
le Comte de Toulouſe allerent
à la chaſſe du Cerf. Le ſoir
aprés le ſoupé , pendant que .
S. M. eſtoit dans ſon Cabinet
avectous les: Princes , &i
Princeſſes , le Trompette Anglois
ſonna dans l'Antichambre
les plus beaux airs du
monde , il y avoit un autre
Trompette au- deſſus de la
Salledes Suiſſes quiluy répondoit
; mais qui ne l'égaloit
pas.
Le Dimanche 14. il y cut
Conſeild'Etat , le même jour
àcinqheures& demie Madame
la Ducheffe de Berry le
334 MERCURE
rendit àla Tribune de la Chapelle
pour y entendre le Salut ,
accompagnée de M. l'Abbé
de Rouget fon Aumônier.
Madame s'y rendit auſſi à la
même heure accompagnéede
M. l'Abbé de Magnas fon
premier Aumônier , & le Roy
vint à prés de 6. heures accompagné
de M. le Cardinal
de Rohan , Grand Aumônier ,
& de M. l'Abbé de Maulevrier
Aumônier auffi Sitoft
que S. M. fut arrivée , on
commença le Salut qui ne finit
qu'à 7 heures.
Le Lundy 15. le Roy prit
GALANT. 335 $
medecine. Il y eut Conſeil des..
Parties . M.leDuc &Meffieurs
les Princes allerent à la chaffe
du Sanglier , Male Comte de
Toulouſe en tua un Madame
la Ducheſſe d'Orleans partic
ce jour-là dans la Litiere du
Roy portée par 4 Mulets
pour aller coucher à Bretigny
&de- là à Paris. On avoitdref
ſéun lit dans cette Litiere , où
elle estoit couchée à cauſe de
fa groffeffe.
LeMardy 16. ily eutConfeil
des Finances , chaffe du
Cert aprefdinée où tous les
Princes & Princeſſes allerent ,
1
336 MERCURE
les Equipages n'eſtoient past
moins brillants qu'aux chaffes
precedentes: M. le Duc
menoit fa caléche , de même
que M. le Prince de Soubize
la fienne,
LeMercredy 17. M. l'Arvêque
de Vienne prêta fera
ment de fidelité pendant la
Meſſe du Roy, entre lesmains
de S. M. l'apreſdinée on tint
leConſeildes Dépêches qu'on
n'avoit pas pû tenir-le Lundy,
parce que leRoy prit Medecine
ce jour- là , Meffieurs les
Princes allerent à la chaſſe du
Sanglier , Male Dúc du Mai
де
GALANT. 337
ne alla court le Cerf.
Le Jeudy 18. il y eut Confeil
d'Erat , & l'apreſdinée
chaſſe du Cerf Tous les Princes
& Princeſſes y accompapagnerent
le Roy , de même
que M. le Comte de Luface ,
tous les Seigneurs & Dames
de la Cour , on en prit deux ,
le Roy revint de bonne heure
, ſuivi de pluſieurs caléches
& des Princeffes , & Dames
vêtuës en Amazones ,& a cheval.
Le Vendredy 19 il y eut
Confeil de Conſcience. M.
Buis Ambaſſadeurd'Hollande
Octobre 1714 . Ff
1
338 MERCURE
alla à la Toilettede Madame
la Ducheſſe deBerry qui fut
tres nombreuſe , le Roy qui
devoit aller tirer l'apreſdinée
n'y alla pas àcauſe du mauvais
temps.
Le Samedy 20. il y eut
Conſeil des Finances , M. le
Duc ,&M. le Comte de Toulouze
, allerent à la chaſſe du
Sanglier ,M. le Duc du Maine
alla courir le Cerf. Il y eut une
tres-belle Symphonie au diné
du Roy aprés lequel S. M. alla
tirer , le même jour le Roy
declara Meſſieurs les Princes
de Soubize , & d'Epinoy 2
GALANT. 339
Ducs & Pairs .
Le Dimanche 21. il y eut
Confeil d'Etat , M. le Maréchal
de Teſſé , le Prince d'Epinoy
, M. le Duc de la Feüillade
, Madame l'Ambaſſadrice
d'Hollande , & pluſieurs autres
Seigneurs &Dames , allerent
à la Toilette de Madame
la Ducheſſe de Berry , le Roy
ne fortit pas ce jour- là
LeLundy 22. il y eutConſeil
d'Etat , l'apreſdinée le
Roy alla à la chaſſe du Cerf ,
accompagné de tous les Princes
,& Princeſſes , M. le Com.
te de Luface y alla de même
Ffij
340 MERCURE
accompagné de plusieurs Seigneurs
Etrangers , les Dames
estoient auffi à cheval vêtuës
en Amazones , on courut
trois Cerfs qu'on prit , M. le
Comte de Ribeira Ambaſſadeur
de Portugal arriva ce
même jour.
Le Mardy 2 3. M le Comte
deRibeira fut preſenté à S. M.
M.leComte de Luface partit
de Fontainebleau pour Paris ,
ily eut Conſeil des Finances ,
&l'apreſdinée le Roy alla ſe
promener dans les Jardins accompagné
de tous les Seigneurs
de la Cour , M. le
ALANT 341
Duc& M. le Duc du Maine
allerent à la chaſſe du Cerf ,
on en a pris pendant que la
Cour a reſtée icy plus de 60.
LeMecredy 24. leRoy partic
de Fontainebleau , ayant dans
Con carofle Madame la Ducheſſe
de Berry , Madame ,
Madame la Ducheffe , & Mademoifelle
de Charollois. S.
M. eſtoit eſcortée par lesGardes
du Corps , les Gendarmes ,
les Chevaux Legers , & les
deux Compagnies de Moufquetaires
pour aller coucher
à Petit-Bourg , où toute la
Courfut traitée magnifique-
Ffiiy
342 MERCURE
ment , on partic le 25. pour
aller coucher à Verſailles , où
l'on arriva de bonne heure.
Fête fur feſte , la Scene de
celle-cy eſt au Château d'Emery.
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Résumé : SUITE DU JOURNAL de ce qui s'est passé à Fontainebleau.
Du 20 au 27 septembre 1714, plusieurs événements significatifs eurent lieu à la cour de Fontainebleau. Le 20 septembre, un motet de M. Lalouëtte fut interprété, suivi d'un conseil d'État et d'une chasse au cerf. Le Duc de Mortemar annonça l'attaque de Barcelone et la prise de deux bastions. Le 21 septembre, un autre motet de M. de Lalande fut chanté et acclamé lors de la messe royale. Le 23 septembre, le Marquis de Broglio rapporta la reddition de Barcelone. Le 25 septembre, un Te Deum fut célébré pour commémorer cette victoire, accompagné de feux d'artifice et d'illuminations. Du 28 septembre au 7 octobre, le Comte de Luface, fils du roi de Pologne, fut accueilli à la cour. Des chasses au cerf et des promenades royales furent organisées, notamment le 30 septembre pour fêter la prise de Barcelone. Le 7 octobre, le roi se rendit au canal dans une calèche somptueuse, entouré de nombreux seigneurs et dames. Du 8 au 19 octobre, des conseils et des chasses au cerf se poursuivirent, avec des moments marquants comme l'annonce du mariage de la princesse de Parme avec le roi d'Espagne le 9 octobre. Le 19 octobre, l'ambassadeur de Hollande, M. Buis, participa à un conseil de conscience. Le 24 octobre, le roi quitta Fontainebleau pour passer la nuit à Petit-Bourg, et le 25 octobre, la cour se déplaça à Versailles.
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1444
p. 109-117
Nouvelles de Vienne. [titre d'après la table]
Début :
Les dernieres lettres de Vienne du 5. de ce mois [...]
Mots clefs :
Cérémonie, Château, Empereur, Impératrice, Vienne, Cardinal, Cardinal de Saxe, Seigneurs
1445
p. 117-118
De Madrid. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Madrid du 7. de ce mois, que quatre [...]
Mots clefs :
Madrid, Académie espagnole
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Madrid. [titre d'après la table]
On écrit de Madrid du
7. de ce mois , que quatre
Deputez de l'Academie
Eſpagnole, établie encette
ville pour fixer & perfectionner
la Langue Caftillanne
, allerent baifer la
.د
118 MERCURE
main au Roy , pour le re
mercier de l'avoir approuvée,&
de lui avoir accordé
fſaa protection. Ils allerente
enſuite ſaluer le Prince
pour lui demander aufſi ſa
protection auprés de Sab
Majeſté. On ajoûte que le
28. d'Octobre M. leMaré.
chal de Bervvik y arriva
qu'il a été reçû du Roy
avec tous les témoignages
d'eſtime & d'affection que
A
meritent ſes importans fer-2
vices.
7. de ce mois , que quatre
Deputez de l'Academie
Eſpagnole, établie encette
ville pour fixer & perfectionner
la Langue Caftillanne
, allerent baifer la
.د
118 MERCURE
main au Roy , pour le re
mercier de l'avoir approuvée,&
de lui avoir accordé
fſaa protection. Ils allerente
enſuite ſaluer le Prince
pour lui demander aufſi ſa
protection auprés de Sab
Majeſté. On ajoûte que le
28. d'Octobre M. leMaré.
chal de Bervvik y arriva
qu'il a été reçû du Roy
avec tous les témoignages
d'eſtime & d'affection que
A
meritent ſes importans fer-2
vices.
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Résumé : De Madrid. [titre d'après la table]
Le 7 octobre, quatre députés de l'Académie Espagnole de Madrid ont remercié le roi pour son soutien. Ils ont aussi sollicité la protection du prince. Le 28 octobre, le maréchal de Berwick est arrivé à Madrid et a été accueilli par le roi, qui a reconnu ses services.
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1446
p. 118-124
De Barcelone. Liste des Generaux & Officiers des Barcelonois arrestez & embarquez le 22. Septembre par ordre de M. le Maréchal de Berwic, en vertu du plein pouvoir qu'il avoit receu de sa M C. & conduits en differentes prisons d'Espagne, & ailleurs. [titre d'après la table]
Début :
Les avis de Catalogne portent que les nouveaux Gouverneurs pour [...]
Mots clefs :
Infanterie, Catalogne, Généraux, Officiers, Maréchal de Berwick
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texteReconnaissance textuelle : De Barcelone. Liste des Generaux & Officiers des Barcelonois arrestez & embarquez le 22. Septembre par ordre de M. le Maréchal de Berwic, en vertu du plein pouvoir qu'il avoit receu de sa M C. & conduits en differentes prisons d'Espagne, & ailleurs. [titre d'après la table]
Les avis de Catalogne
portent que les nouveaux.
GALANT. 119
Gouverneurs pour
& le Militaire commencent
le Civil
à exercer leurs fonctions
avec une entiere fatisfactiondes
peuples.
Voici une liste exacte
des Generaux & Officiers
des Barcelonnois , arrêtez
& embarquez le 22. Sep
tembre 1714. par ordre de
M. le Maréchal de Beryvik
, en vertu du pleinpouvoir
qu'il avoit reçû de
Sa Majesté Catholique , &
conduits en differentes priſons
d'Eſpagne.
Le General Baffet , qui
120 MERCURE
commandoit l'artillerie.
Don Sebastien Dalmanau,
Colonel du regiment
de la cavaleric.
Don Simon Sanchez,premier
Capitaine de ce regiment.
Don Gaëtan Antillon ,
Major du même regiment.
Don 'Joſeph Belvez &
Balaguer ( dit Joſepet)General
de bataille , Colonel
du regiment du Roſaire infanterie.
fils.
Don Felix de Belvez , fon
Don François Vilaz,Major
GALANTA 121
\
jor du même regiment.
Don Franciſco Sanz, Coloneldu
regiment de laDeputation
, infanterie.
DonRaymond Sanz, fon
fils , Capitaine des grenadiers
du même regiment.
Don Nicolas Axendri ,
Lieutenant-Colonel de ce
regiment.
Don Jean Vinas , Colonel
du regiment de ſaint
Narciffe , infanterie.
Don Joſeph de Torres ,
Colonel du regiment de
Valence , infanterie.
Don François Maijans ,
Νου. 1714.
L
}
7
122 MERCURE
fon Lieutenant-Colonel.
Bordes , Capitaine de la
compagnie des aſſaſſins .
Ily en avoit trois autres
ſur la liſte : mais ils s'étoient
évadez dés le matin ,& ils
ont vuidé le pays.
Le Marquis de Villaroël
, leur Generaliſſime ,
étant bleſſe dangereusement
& allité , on ſe contenta
de lui donner ſa maifon
pour prifon, prenant
ſa parole qu'il n'en fortiroit
pas ſans un nouvel ordre.
L'Evêque d'Albarrazzin
C
GALANT.
123
en 'Arragon , de la nomination
de Philippe V. &
qui étoit Religieux de la
Mercy , nommé Jean Navarro
, ayant été trouvé
dans Barcelonne , où il s'étoit
jetté depuis la bataille
de Sarragoffſe , a été embarqué
ſur une galere , &
conduit en Italie. D'autres
diſent qu'on l'a laiſſé prifonnier
aux les de ſainte
Marguerite.
Le Pere Torrento Dominiquain
, fameux predicateur
d'obſtination , fut
mis d'abord en priſon dans
1
Lij
124 MERCURE
fon Convent , avec charge
aux trois principaux d'en
répondre. Ilfut enſuite embarqué
avec trois autres
Religieux de ſon Ordre ,
& conduit pour être enfermé
dans des priſons d'Ef.
pagne.
Le Marquis de Pinos auroit
eu le même ſort : mais
il étoit trés - malade, & depuis
il eſt mort.
portent que les nouveaux.
GALANT. 119
Gouverneurs pour
& le Militaire commencent
le Civil
à exercer leurs fonctions
avec une entiere fatisfactiondes
peuples.
Voici une liste exacte
des Generaux & Officiers
des Barcelonnois , arrêtez
& embarquez le 22. Sep
tembre 1714. par ordre de
M. le Maréchal de Beryvik
, en vertu du pleinpouvoir
qu'il avoit reçû de
Sa Majesté Catholique , &
conduits en differentes priſons
d'Eſpagne.
Le General Baffet , qui
120 MERCURE
commandoit l'artillerie.
Don Sebastien Dalmanau,
Colonel du regiment
de la cavaleric.
Don Simon Sanchez,premier
Capitaine de ce regiment.
Don Gaëtan Antillon ,
Major du même regiment.
Don 'Joſeph Belvez &
Balaguer ( dit Joſepet)General
de bataille , Colonel
du regiment du Roſaire infanterie.
fils.
Don Felix de Belvez , fon
Don François Vilaz,Major
GALANTA 121
\
jor du même regiment.
Don Franciſco Sanz, Coloneldu
regiment de laDeputation
, infanterie.
DonRaymond Sanz, fon
fils , Capitaine des grenadiers
du même regiment.
Don Nicolas Axendri ,
Lieutenant-Colonel de ce
regiment.
Don Jean Vinas , Colonel
du regiment de ſaint
Narciffe , infanterie.
Don Joſeph de Torres ,
Colonel du regiment de
Valence , infanterie.
Don François Maijans ,
Νου. 1714.
L
}
7
122 MERCURE
fon Lieutenant-Colonel.
Bordes , Capitaine de la
compagnie des aſſaſſins .
Ily en avoit trois autres
ſur la liſte : mais ils s'étoient
évadez dés le matin ,& ils
ont vuidé le pays.
Le Marquis de Villaroël
, leur Generaliſſime ,
étant bleſſe dangereusement
& allité , on ſe contenta
de lui donner ſa maifon
pour prifon, prenant
ſa parole qu'il n'en fortiroit
pas ſans un nouvel ordre.
L'Evêque d'Albarrazzin
C
GALANT.
123
en 'Arragon , de la nomination
de Philippe V. &
qui étoit Religieux de la
Mercy , nommé Jean Navarro
, ayant été trouvé
dans Barcelonne , où il s'étoit
jetté depuis la bataille
de Sarragoffſe , a été embarqué
ſur une galere , &
conduit en Italie. D'autres
diſent qu'on l'a laiſſé prifonnier
aux les de ſainte
Marguerite.
Le Pere Torrento Dominiquain
, fameux predicateur
d'obſtination , fut
mis d'abord en priſon dans
1
Lij
124 MERCURE
fon Convent , avec charge
aux trois principaux d'en
répondre. Ilfut enſuite embarqué
avec trois autres
Religieux de ſon Ordre ,
& conduit pour être enfermé
dans des priſons d'Ef.
pagne.
Le Marquis de Pinos auroit
eu le même ſort : mais
il étoit trés - malade, & depuis
il eſt mort.
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Résumé : De Barcelone. Liste des Generaux & Officiers des Barcelonois arrestez & embarquez le 22. Septembre par ordre de M. le Maréchal de Berwic, en vertu du plein pouvoir qu'il avoit receu de sa M C. & conduits en differentes prisons d'Espagne, & ailleurs. [titre d'après la table]
Après la bataille de Sarragosse en 1714, les nouveaux gouverneurs civils et militaires en Catalogne exercent leurs fonctions avec la satisfaction des populations. Le maréchal de Berwick, représentant Philippe V, a ordonné l'arrestation de plusieurs généraux et officiers barcelonais le 22 septembre 1714. Parmi les arrêtés figurent le général Baffet, commandant l'artillerie, et Don Sébastien Dalmanau, colonel du régiment de cavalerie. Divers autres officiers de régiments d'infanterie et de cavalerie ont également été incarcérés. Le marquis de Villaroël, blessé, a été assigné à résidence. L'évêque d'Albarracín, Jean Navarro, nommé par Philippe V, a été arrêté et conduit soit en Italie, soit aux îles de Sainte-Marguerite. Le père Torrento, prédicateur dominicain, a été emprisonné puis transféré en Espagne. Le marquis de Pinos, gravement malade, est décédé peu après. Trois autres officiers mentionnés sur la liste ont réussi à s'évader avant leur arrestation.
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1447
p. 125-138
Liste des Ecclesiastiques, & des Religieux bannis à perpetuité de Barcelonne & de Catalogne, avec défense d'entrer jamais dans aucuns des Estats de la domination de Sa Majesté Catholique, par ordre de Monsieur le Maréchal de Bervvik du deux Septembre 1714.
Début :
De la Cathedrale de Barcelonne. Le Docteur Thomas Elorens, soy-disant [...]
Mots clefs :
Ecclésiastiques, Barcelone, Catalogne, Maréchal de Berwick, Religieux, Chanoine, Chanoine, Église, Paroisse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Liste des Ecclesiastiques, & des Religieux bannis à perpetuité de Barcelonne & de Catalogne, avec défense d'entrer jamais dans aucuns des Estats de la domination de Sa Majesté Catholique, par ordre de Monsieur le Maréchal de Bervvik du deux Septembre 1714.
Liste des Eccleſiaſtiques ,
des Religieux bannis à perpetuité
de Barcelonne &
de Catalogne , avec défense
d'entrer jamais dans
aucuns des Estats de la domination
de Sa Majesté
Catholique , par ordre de
Monsieur le Maréchal de
Bervvik du deux Septembre
1714.
De la Cathedrale de Barcelonne.
Le Docteur Thomas
Elorens , ſoy-diſant Chancelier
de Catalogne.
Liij
126 MERCURE
Le Docteur Joſeph Rifos
, Chanoine , & Grand
Vicaire du Dioceſe.
André Fox , Chanoine ,
& fon Coadjuteur.
N. Barata , Chanoine &
Docteur .
Le Docteur N. Figaro ,
Beneficier de la Cathedrale
, Prieur de l'Hôpital de
la Mifericorde.
Le Docteur Maurice Andreu
, Beneficier de la Cathedrale.
Vincent Carcazez , idem .
GALANT. 127
De l'Eglise Paroiffe dite
de Pine
Michel Busquets , Vicaire.
Le Docteur François
Galvanii , Beneficier.
Raymond Roffell , idem.
De l'Eglise Paroiſſe de
Sainte Marie.
:
Le Docteur Estienne Maſcaro
, Vicaire perpetuel ,
( ou Curé ) de cette Eglife.
L iiij
128 MERCURE
Le Docteur Raymond
Padrall.στου 2019
Le Docteur François
Serrat.
Le Docteur Varis.
Le Docteur Antoine
Roig.
Le Docteur Magin Sinio.
Le Docteur François
Goli.
Joſeph Compte.
N. Moleni .
Le Docteur Raymond
Torruella , Vicaire.
Jofeph Canfera , Prê
tre.
Tous Beneficiers de cette Eglife.
GALANT.
129
Joſeph Roig , Prêtre , &
Procureur general de l'Hôpital
general dit de ſainte
Croix.
Le Docteur Don Antoine
Sola.
Le Docteur Joſeph d'Efpreu
, Archidiacre & Chanoine
d'Urgal.
Le Docteur Paul Vinas ,
Chanoine de la même Eglife.
Le Docteur Thomas
Borras, Hofpitalier de Tortofa
Le Docteur André Arbell
, Chanoine de Vich.
130 MERCURE
Ces quatre derniers trouvez
dans Barcelonne ayant
abandonné leurs Eglifes.
Religieux ou vivans en Communauté,
Le Docteur Joſeph Campasi
, Camerier du Monastere
de Gerry , Ordre
de faint Benoît.
De la Miffion.
Le Docteur Joſeph Jofrea
, Superieur du Seminaire
de la Miffion.
GALANT.
131
400 Le P. Jerome Dieran.
Minimes .
Le P. Paul Andrau , Provincial.
Jacobins .
Le P. Maître Thomas
Sabater , l'un des Inquifiteurs.
Grands Carmes.
Le P. Maître François
Battaller.
132
MERCURE
Le P. Jean Alau .
Carmes Déchauffez
François Joſeph deChriſt.
Cordeliers.
Le P. Jacques Boldas.
Le P. N. Coll. ىلع
Grands Augustins.
Le P. Maître Diegue Florenza.
Le P. Maître Antoine Recorda.
(
GALANT.
133
Le P. Maître Laurent
Dalmau.
Trinitaires Déchauſſez
Le P. André de ſaint
Pierre.
Le P. Joſeph de la Mere
de Dieu.
De la Mercy.
Le P. Sauveur Folia.
Le P. Jean Vilar .
Le P. Pinille.
Le P. Cuenta.
A
Le P. Arnault, Arragon
nois.
134 MERCURE
Le P. Raphael N. Valencien.
lan.
Le P. N. Caſtro , Caſtil-
Jefuites.
Le P. Gerard Marzille ,
ci - devant Vice - Provinc
cial.
Le P. Dominique Naveſque,
Receveur du grand
College dit de Betlheem.
Le P. Philippe Elanes.
Le P. Jacques Corxet.
Le P. Gregoire Auharri ,
Arragonnois.
GALANT.
135
Le Frere Sall , Majorquin.
Ils eurent tous ordre de
fortir de Barcelonne dans
vingt-quatre heures , & de
tous les Eftats d'Eſpagne
dans huit jours.
Quelques-uns prirent par
mer la route d'Italie ; plu-
✓ ſieurs paſſerent par le Rouffillon.
On leur permit d'abord
trois jours de ſéjour
dans Perpignan , ou M. l'Evêque
défendit qu'on leur
laiſsât dire la Meffe. En-
4
ſuite M. l'Intendant fit publier
une défenſe d'en re-
?
136 MERCURE "
cevoir aucun fans avertir ,
& de le garder plus de
vingt quatre heures. Il permit
pourtant deux fois
vingt - quatre heures pour
les Religieux.
Quelques uns débarquerent
à Collioure : mais on
les obligea de ſe rembarquer
auflitôt en des barques
Genoiſes qui les por
toient , avec leſquelles on
leur a fait prendre la route
d'Italie.
Don N. Sola & Comes ,
Comte de Koque Marti ,
Chanoine de Tolede , ( on
ne
i
GALANT.A
137
ne ſçait pas fi c'eſt le mê
me que l'on trouve dans
la liſte ſous le nom deDon
Antoine Sola) arriva àVillefranche,
Capitale duConflans
en Rouffillon , avec
fes paſſeports du Marquis
de Lede , Gouverneur de
Barcelonne , qui lui permettoit
d'aller à Villefranche
: mais comme ce pafſeport
portoit qu'il étoit
banni de la Monarchie
d'Eſpagne , le Gouverneur
de la place envoya vîte ce
paffeport à Monfieur l'Intendant
, qui ordonna de
Νου. 1714. M
138 MERCURE
le faire fortir inceſſamment
de toute l'étenduë de fon
Intendance. api iwego
On dit que ce n'eſt là
qu'une premiere purgation
faite de la Catalogne ,
&qu'on en fera encoreune
plus forte.
On deſarme tout le pays.
Majorque ne dit encore
rien ; Monfieur le Maré
chal y a envoyé Monfieur
d'Adoncourt , Aide - Major
deſon armée , pour s'aboucher
avec le Gouverneur
& les principaux de cette
Mе.
des Religieux bannis à perpetuité
de Barcelonne &
de Catalogne , avec défense
d'entrer jamais dans
aucuns des Estats de la domination
de Sa Majesté
Catholique , par ordre de
Monsieur le Maréchal de
Bervvik du deux Septembre
1714.
De la Cathedrale de Barcelonne.
Le Docteur Thomas
Elorens , ſoy-diſant Chancelier
de Catalogne.
Liij
126 MERCURE
Le Docteur Joſeph Rifos
, Chanoine , & Grand
Vicaire du Dioceſe.
André Fox , Chanoine ,
& fon Coadjuteur.
N. Barata , Chanoine &
Docteur .
Le Docteur N. Figaro ,
Beneficier de la Cathedrale
, Prieur de l'Hôpital de
la Mifericorde.
Le Docteur Maurice Andreu
, Beneficier de la Cathedrale.
Vincent Carcazez , idem .
GALANT. 127
De l'Eglise Paroiffe dite
de Pine
Michel Busquets , Vicaire.
Le Docteur François
Galvanii , Beneficier.
Raymond Roffell , idem.
De l'Eglise Paroiſſe de
Sainte Marie.
:
Le Docteur Estienne Maſcaro
, Vicaire perpetuel ,
( ou Curé ) de cette Eglife.
L iiij
128 MERCURE
Le Docteur Raymond
Padrall.στου 2019
Le Docteur François
Serrat.
Le Docteur Varis.
Le Docteur Antoine
Roig.
Le Docteur Magin Sinio.
Le Docteur François
Goli.
Joſeph Compte.
N. Moleni .
Le Docteur Raymond
Torruella , Vicaire.
Jofeph Canfera , Prê
tre.
Tous Beneficiers de cette Eglife.
GALANT.
129
Joſeph Roig , Prêtre , &
Procureur general de l'Hôpital
general dit de ſainte
Croix.
Le Docteur Don Antoine
Sola.
Le Docteur Joſeph d'Efpreu
, Archidiacre & Chanoine
d'Urgal.
Le Docteur Paul Vinas ,
Chanoine de la même Eglife.
Le Docteur Thomas
Borras, Hofpitalier de Tortofa
Le Docteur André Arbell
, Chanoine de Vich.
130 MERCURE
Ces quatre derniers trouvez
dans Barcelonne ayant
abandonné leurs Eglifes.
Religieux ou vivans en Communauté,
Le Docteur Joſeph Campasi
, Camerier du Monastere
de Gerry , Ordre
de faint Benoît.
De la Miffion.
Le Docteur Joſeph Jofrea
, Superieur du Seminaire
de la Miffion.
GALANT.
131
400 Le P. Jerome Dieran.
Minimes .
Le P. Paul Andrau , Provincial.
Jacobins .
Le P. Maître Thomas
Sabater , l'un des Inquifiteurs.
Grands Carmes.
Le P. Maître François
Battaller.
132
MERCURE
Le P. Jean Alau .
Carmes Déchauffez
François Joſeph deChriſt.
Cordeliers.
Le P. Jacques Boldas.
Le P. N. Coll. ىلع
Grands Augustins.
Le P. Maître Diegue Florenza.
Le P. Maître Antoine Recorda.
(
GALANT.
133
Le P. Maître Laurent
Dalmau.
Trinitaires Déchauſſez
Le P. André de ſaint
Pierre.
Le P. Joſeph de la Mere
de Dieu.
De la Mercy.
Le P. Sauveur Folia.
Le P. Jean Vilar .
Le P. Pinille.
Le P. Cuenta.
A
Le P. Arnault, Arragon
nois.
134 MERCURE
Le P. Raphael N. Valencien.
lan.
Le P. N. Caſtro , Caſtil-
Jefuites.
Le P. Gerard Marzille ,
ci - devant Vice - Provinc
cial.
Le P. Dominique Naveſque,
Receveur du grand
College dit de Betlheem.
Le P. Philippe Elanes.
Le P. Jacques Corxet.
Le P. Gregoire Auharri ,
Arragonnois.
GALANT.
135
Le Frere Sall , Majorquin.
Ils eurent tous ordre de
fortir de Barcelonne dans
vingt-quatre heures , & de
tous les Eftats d'Eſpagne
dans huit jours.
Quelques-uns prirent par
mer la route d'Italie ; plu-
✓ ſieurs paſſerent par le Rouffillon.
On leur permit d'abord
trois jours de ſéjour
dans Perpignan , ou M. l'Evêque
défendit qu'on leur
laiſsât dire la Meffe. En-
4
ſuite M. l'Intendant fit publier
une défenſe d'en re-
?
136 MERCURE "
cevoir aucun fans avertir ,
& de le garder plus de
vingt quatre heures. Il permit
pourtant deux fois
vingt - quatre heures pour
les Religieux.
Quelques uns débarquerent
à Collioure : mais on
les obligea de ſe rembarquer
auflitôt en des barques
Genoiſes qui les por
toient , avec leſquelles on
leur a fait prendre la route
d'Italie.
Don N. Sola & Comes ,
Comte de Koque Marti ,
Chanoine de Tolede , ( on
ne
i
GALANT.A
137
ne ſçait pas fi c'eſt le mê
me que l'on trouve dans
la liſte ſous le nom deDon
Antoine Sola) arriva àVillefranche,
Capitale duConflans
en Rouffillon , avec
fes paſſeports du Marquis
de Lede , Gouverneur de
Barcelonne , qui lui permettoit
d'aller à Villefranche
: mais comme ce pafſeport
portoit qu'il étoit
banni de la Monarchie
d'Eſpagne , le Gouverneur
de la place envoya vîte ce
paffeport à Monfieur l'Intendant
, qui ordonna de
Νου. 1714. M
138 MERCURE
le faire fortir inceſſamment
de toute l'étenduë de fon
Intendance. api iwego
On dit que ce n'eſt là
qu'une premiere purgation
faite de la Catalogne ,
&qu'on en fera encoreune
plus forte.
On deſarme tout le pays.
Majorque ne dit encore
rien ; Monfieur le Maré
chal y a envoyé Monfieur
d'Adoncourt , Aide - Major
deſon armée , pour s'aboucher
avec le Gouverneur
& les principaux de cette
Mе.
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Résumé : Liste des Ecclesiastiques, & des Religieux bannis à perpetuité de Barcelonne & de Catalogne, avec défense d'entrer jamais dans aucuns des Estats de la domination de Sa Majesté Catholique, par ordre de Monsieur le Maréchal de Bervvik du deux Septembre 1714.
Le 2 septembre 1714, le Maréchal de Berwick ordonna l'exil perpétuel de plusieurs ecclésiastiques et religieux de Barcelone et de Catalogne, leur interdisant d'entrer dans les États du roi d'Espagne. Cette mesure concernait des membres de la cathédrale de Barcelone, des églises paroissiales, ainsi que divers ordres religieux tels que les Minimes, Jacobins, Grands Carmes, Cordeliers, Grands Augustins, Trinitaires et Jésuites. Les personnes concernées devaient quitter Barcelone dans les vingt-quatre heures et l'Espagne dans les huit jours. Certains ont pris la mer vers l'Italie ou ont traversé le Roussillon. Ils ont été autorisés à séjourner trois jours à Perpignan, mais l'évêque leur interdit de célébrer la messe. L'intendant publia ensuite une défense d'accueillir ces exilés plus de vingt-quatre heures, avec quelques exceptions pour les religieux. Plusieurs furent contraints de se rembarquer à Collioure vers l'Italie. Le document mentionne également l'arrivée de Don N. Sola & Comes à Villefranche, expulsé en raison de son bannissement de la monarchie espagnole. Cette purge est présentée comme une première étape, avec des actions similaires prévues pour Majorque. Par ailleurs, le pays était en cours de désarmement.
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1448
p. 139-140
De Rome. [titre d'après la table]
Début :
On mande de Rome du 23. Octobre que le Pape [...]
Mots clefs :
Rome, Pape
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome. [titre d'après la table]
On mande de Rome du
23. Octobre que le Pape
continue ſon ſejour à Caftel
Gandolfe , où il joüit
d'une parfaite ſanté. Quoy
qu'il eût témoigné qu'il
vouloit être en particulier
ſans recevoir des viſites , il
en a neanmoins reçû pluſieurs
des Cardinaux , &
des principales perſonnes
de qualité qui ſe trouvent
dans des maiſons de campagne
du voisinage. L'Abbé
Nazari Bergamaſque ,
Profeſſeur à la Sapience ,
qui avoit autrefois travaillé
Mij
140 MERCURE
"
avec ſuccés à un Journaldes
Sçavans en Italien,eſt mort
âgé de quatre-vingt-un an.
23. Octobre que le Pape
continue ſon ſejour à Caftel
Gandolfe , où il joüit
d'une parfaite ſanté. Quoy
qu'il eût témoigné qu'il
vouloit être en particulier
ſans recevoir des viſites , il
en a neanmoins reçû pluſieurs
des Cardinaux , &
des principales perſonnes
de qualité qui ſe trouvent
dans des maiſons de campagne
du voisinage. L'Abbé
Nazari Bergamaſque ,
Profeſſeur à la Sapience ,
qui avoit autrefois travaillé
Mij
140 MERCURE
"
avec ſuccés à un Journaldes
Sçavans en Italien,eſt mort
âgé de quatre-vingt-un an.
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Résumé : De Rome. [titre d'après la table]
Le 23 octobre, le Pape réside à Castel Gandolfo en bonne santé. Il a reçu des cardinaux et des personnalités locales malgré son souhait de rester discret. L'abbé Nazari Bergamasque, professeur à la Sapienza et ancien directeur d'un journal savant, est décédé à 81 ans.
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1449
p. 140-143
De Venise. [titre d'après la table]
Début :
Les lettres de Venise du 29. Octobre portent que quelques [...]
Mots clefs :
Troupes, Capitaines, Munitions
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texteReconnaissance textuelle : De Venise. [titre d'après la table]
Les lettres de Veniſe du
29. Octobre portent que
quelques bâtimens qui entrerent
dans le port le 21.
de ce mois , ont rapporté
qu'un vaiſſeau Marchand
Venitien,nommé le Triomphe
, avoit été pris par un
Corfaire de Tunis , reve
nant de Trapani chargé de
fel:mais que tout l'équipage
s'étoit ſauvé , à l'exception
du Capitaine , qui n'ayant
pas voulu abandonner fon
あき
GALANTM 14
vaiſſcau , avoit été pris &
fait eſclave. Il y a pluſieurs
bâtimens prêts à faire voile
au premier bon vent , pour
aller au Levant ; entr'autres
trois pinques , & quelques
Marfilianes chargées
de biſcuit , de munitions ,
d'armes , & d'autres chofes
neceſſairespour la flote. On
y envoye en même temps
quelques Officiers , & des
recruës pour les troupes
qui ſont dans la Moréc.
Une partie des munitions
& des provifions doit être
débarquée à Corfou pour
142 MERCURE
-les magaſinsde la fortereſſe
& de quelques autres. Les
avis de Dalmatie portent
que le Sieur Emo , General
de Dalmatic , étoit parde
Spalatro , avec les galeres
de fon commandement,
& qu'il s'étoit avancé
aux bouches de Cattaro,
doù il avoit été joint par le
Capitaine du Golfe , avec
deux autres , & par deux
vaiſſeaux de guerre commandez
par l'Amiral , pour
obſerver les mouvemens
des Turcs contre les peuples
de Montenegro. Les
IGALANT . 143
Bachas avoient avoient partagé
leurs troupes en deux
3corps de vingt mille hommes
chacun , avec dix pieces
de canon , pour atraquer
les Montenegrins par
deux endroits , ou pour
les bloquer. Le bruit s'eſt
- répandu , mais fans aucune
certitude , que ces peuples
épouvantez par des troupes
ſi nombreuſes , avoient
offert de ſe ſoûmettre à
1certaines conditions : mais
cet avis paroît encore dou-
C
teux.
29. Octobre portent que
quelques bâtimens qui entrerent
dans le port le 21.
de ce mois , ont rapporté
qu'un vaiſſeau Marchand
Venitien,nommé le Triomphe
, avoit été pris par un
Corfaire de Tunis , reve
nant de Trapani chargé de
fel:mais que tout l'équipage
s'étoit ſauvé , à l'exception
du Capitaine , qui n'ayant
pas voulu abandonner fon
あき
GALANTM 14
vaiſſcau , avoit été pris &
fait eſclave. Il y a pluſieurs
bâtimens prêts à faire voile
au premier bon vent , pour
aller au Levant ; entr'autres
trois pinques , & quelques
Marfilianes chargées
de biſcuit , de munitions ,
d'armes , & d'autres chofes
neceſſairespour la flote. On
y envoye en même temps
quelques Officiers , & des
recruës pour les troupes
qui ſont dans la Moréc.
Une partie des munitions
& des provifions doit être
débarquée à Corfou pour
142 MERCURE
-les magaſinsde la fortereſſe
& de quelques autres. Les
avis de Dalmatie portent
que le Sieur Emo , General
de Dalmatic , étoit parde
Spalatro , avec les galeres
de fon commandement,
& qu'il s'étoit avancé
aux bouches de Cattaro,
doù il avoit été joint par le
Capitaine du Golfe , avec
deux autres , & par deux
vaiſſeaux de guerre commandez
par l'Amiral , pour
obſerver les mouvemens
des Turcs contre les peuples
de Montenegro. Les
IGALANT . 143
Bachas avoient avoient partagé
leurs troupes en deux
3corps de vingt mille hommes
chacun , avec dix pieces
de canon , pour atraquer
les Montenegrins par
deux endroits , ou pour
les bloquer. Le bruit s'eſt
- répandu , mais fans aucune
certitude , que ces peuples
épouvantez par des troupes
ſi nombreuſes , avoient
offert de ſe ſoûmettre à
1certaines conditions : mais
cet avis paroît encore dou-
C
teux.
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Résumé : De Venise. [titre d'après la table]
Le 29 octobre, des navires à Venise ont rapporté la capture du vaisseau vénitien 'le Triomphe' par un corsaire tunisien près de Trapani. L'équipage s'est enfui, sauf le capitaine, capturé. Plusieurs navires, incluant trois pinques et des marfilanes, chargés de vivres, munitions et armes, se préparent à partir pour le Levant. Des renforts sont envoyés en Morée. Une partie des munitions sera débarquée à Corfou. En Dalmatie, le général Emo surveille les mouvements turcs avec ses galères. Les Turcs ont divisé leurs troupes en deux corps de vingt mille hommes chacun, armés de dix canons, pour attaquer ou bloquer les Monténégrins. Des rumeurs évoquent une possible soumission des Monténégrins, mais cela reste incertain.
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1450
p. 143-152
De Londres. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de Londres du 14. de ce mois, que le 26. [...]
Mots clefs :
Londres, Baron, Couronne, Comte d'Halifax, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres. [titre d'après la table]
On écrit de Londres du
144 MERCURE
14. de ce mois , que le 26.
du mois dernier le Roy
créa pluſieurs Pairs de la
Grande Bretagne. Milord
Chandon a été fait Comte
de Caernarven ; Milord
Rockingam , Comte de
Rockingam ; Milord Of
fulton , Comte d'Offulton;
Milord Hallifax , Comte
de Hallifax ; Milord Gernſez
, Comte d'Aylesford ;
Milord Harvey , Comte
de Bristol ; & Milord Pelham
, Comte de Clare. Il
fit encore Pairs de la Grande
Bretagne le Comte de
ThoGALANT.
145
Thomond Irlandois , Vicomte
de Tadcaſter ; le
Vicomte de Caſtleton , Ba .
ron Sanderſon de Saxby ;
Milord Sherad , Baron de
Harbouroug ; Milord Pierrepont
, Baron de Pierrepont
de Hauſlip. Ces trois
derniers ſont auſſi Irlandois.
Le ſieur Henry Boyle
a été créé Baron de Carleton
; le Chevalier Richard
Temple , Baron Temple ;
&le Chevalier Michel Vvaſton
, Baron de Vvaſton :
mais il s'eſt excuſé d'accepter
cette dignité. Le
Νου. 1714. N
146 MERCURE
ende
27. le Roy tint au Palais de
faint James , pour la prémiere
fois , Chapitre de
l'Ordre de la Jarretiere ,
dans lequel il fit quatre
Ghevaliers , qui font le
Duc de Rutland , le Duc
de Bolton , le Comte de
Dorfet , & le Comte de
Hallifax. Le Comte d'Ay
lesford a été fait Chance
lier du Duché de Lancafi
tre , à la place de Milord
Burkley de Strerlon , & le
Colonel Killegrevv Gentilhomme
de la Garderobe
du Prince de Galles. Le 25
GALANT 147
Je Marquis de Monteleon ,
Ambaſſadeur d'Eſpagne ,
arriva de Hollande en cette
ville par la voye de Calais
&le 26. au matin il alla vi
fiter les Secretaires d'Eftat ,
qui le même jour allerent
àfon Hôtel lui rendre ſa
viſitean Le même jour le
Maire nomma fix Aldermans
, & douze Membres
du commun Conſeil de la
ville, pour faire la fonc
tion de Maîtres d'Hôtel
&faire fervir le Roy, le
Prince & la Princeſſe au
feftin qu'il donnera le 9.
Nij
148 MERCURE
de ce mois , auquel les Seigneurs
& les Miniftres font
auſſi invitez. Le General
Cadogan ayant reçû fes
inſtructions , partit le 27 .
pour aller en Hollande , à
la place du Comte de Strafford.
Le 31. au matin le
Roy fut couronné dans l'Egliſe
de l'Abbaye de Vveſtminſter
, avec toute la ſo .
Lemnité poſſible , ſuivant le
ceremonial ordinaire , La
marche commença de la
falle de Vveſtminster , Sa
Majefté étant precedée par
les Officiers qui ont accou
GALANT . 149
tume de porter les marques
& de la Dignité Royale
accompagnée des Pairs
leurs couronnes à la main .
La ceremonie du couronnement
fut faite par l'Archevêque
de Cantorbery ,
qui , aprés le ſervice , & le
fermon prononcé par l'Evêque
d'Oxford , mit la
couronne fur la tête du
Roy. Enfuite on chanta le
TeDeum, & quelques hymnes
en muſique au bruit
des trompettes , auquel les
canons de la Tour & du
Parc répondirent. On re-
Niij
150 MERCURE
tourna dans le mémetors
dre à la falle de Viveſtmin
ſter , où un magnifique
feſtin avoit été proparé. Le
Roy & le Prince s'affirent
à une table élevée au bout
de la falle , & les Pairs , la
couronne en tête , à deux
longues tables dreſſées des
deux côtez de la falle vAh
premier ſervice un Heraut
d'armes fit la proclamation
7
en Anglois & en François;
& le champion étant entré
àcheval , armé de toutes
pieces , jetta ſon ganteler ,
comme gage de bataille ,
GALANTM
pour défier aub combat
ceux qui contefteroient le
droit à la couronne pour
de nouveau Roy. A cinq
heures le Roy ſe retira au
Palais de ſaint James ; &
de foir il y eut des feux de
joye , des réjoüiffances , &
des illuminations par toute
la ville. Avant qu'on ſe mît
en marche pour la ceremonie,
deux ou trois écha
fauts à triple étage , dref
fez dans la cour de Vveftminster
& autour du cimetiere
de l'Eglife , chargez
de ſpectateurs , fondi-
Niiij
7
152 MERCURE
rent , en forte qu'il y cut
pluſieurs perſonnes tuées ,
9115.D
& un tres - grand nombre
de bleſſées.
144 MERCURE
14. de ce mois , que le 26.
du mois dernier le Roy
créa pluſieurs Pairs de la
Grande Bretagne. Milord
Chandon a été fait Comte
de Caernarven ; Milord
Rockingam , Comte de
Rockingam ; Milord Of
fulton , Comte d'Offulton;
Milord Hallifax , Comte
de Hallifax ; Milord Gernſez
, Comte d'Aylesford ;
Milord Harvey , Comte
de Bristol ; & Milord Pelham
, Comte de Clare. Il
fit encore Pairs de la Grande
Bretagne le Comte de
ThoGALANT.
145
Thomond Irlandois , Vicomte
de Tadcaſter ; le
Vicomte de Caſtleton , Ba .
ron Sanderſon de Saxby ;
Milord Sherad , Baron de
Harbouroug ; Milord Pierrepont
, Baron de Pierrepont
de Hauſlip. Ces trois
derniers ſont auſſi Irlandois.
Le ſieur Henry Boyle
a été créé Baron de Carleton
; le Chevalier Richard
Temple , Baron Temple ;
&le Chevalier Michel Vvaſton
, Baron de Vvaſton :
mais il s'eſt excuſé d'accepter
cette dignité. Le
Νου. 1714. N
146 MERCURE
ende
27. le Roy tint au Palais de
faint James , pour la prémiere
fois , Chapitre de
l'Ordre de la Jarretiere ,
dans lequel il fit quatre
Ghevaliers , qui font le
Duc de Rutland , le Duc
de Bolton , le Comte de
Dorfet , & le Comte de
Hallifax. Le Comte d'Ay
lesford a été fait Chance
lier du Duché de Lancafi
tre , à la place de Milord
Burkley de Strerlon , & le
Colonel Killegrevv Gentilhomme
de la Garderobe
du Prince de Galles. Le 25
GALANT 147
Je Marquis de Monteleon ,
Ambaſſadeur d'Eſpagne ,
arriva de Hollande en cette
ville par la voye de Calais
&le 26. au matin il alla vi
fiter les Secretaires d'Eftat ,
qui le même jour allerent
àfon Hôtel lui rendre ſa
viſitean Le même jour le
Maire nomma fix Aldermans
, & douze Membres
du commun Conſeil de la
ville, pour faire la fonc
tion de Maîtres d'Hôtel
&faire fervir le Roy, le
Prince & la Princeſſe au
feftin qu'il donnera le 9.
Nij
148 MERCURE
de ce mois , auquel les Seigneurs
& les Miniftres font
auſſi invitez. Le General
Cadogan ayant reçû fes
inſtructions , partit le 27 .
pour aller en Hollande , à
la place du Comte de Strafford.
Le 31. au matin le
Roy fut couronné dans l'Egliſe
de l'Abbaye de Vveſtminſter
, avec toute la ſo .
Lemnité poſſible , ſuivant le
ceremonial ordinaire , La
marche commença de la
falle de Vveſtminster , Sa
Majefté étant precedée par
les Officiers qui ont accou
GALANT . 149
tume de porter les marques
& de la Dignité Royale
accompagnée des Pairs
leurs couronnes à la main .
La ceremonie du couronnement
fut faite par l'Archevêque
de Cantorbery ,
qui , aprés le ſervice , & le
fermon prononcé par l'Evêque
d'Oxford , mit la
couronne fur la tête du
Roy. Enfuite on chanta le
TeDeum, & quelques hymnes
en muſique au bruit
des trompettes , auquel les
canons de la Tour & du
Parc répondirent. On re-
Niij
150 MERCURE
tourna dans le mémetors
dre à la falle de Viveſtmin
ſter , où un magnifique
feſtin avoit été proparé. Le
Roy & le Prince s'affirent
à une table élevée au bout
de la falle , & les Pairs , la
couronne en tête , à deux
longues tables dreſſées des
deux côtez de la falle vAh
premier ſervice un Heraut
d'armes fit la proclamation
7
en Anglois & en François;
& le champion étant entré
àcheval , armé de toutes
pieces , jetta ſon ganteler ,
comme gage de bataille ,
GALANTM
pour défier aub combat
ceux qui contefteroient le
droit à la couronne pour
de nouveau Roy. A cinq
heures le Roy ſe retira au
Palais de ſaint James ; &
de foir il y eut des feux de
joye , des réjoüiffances , &
des illuminations par toute
la ville. Avant qu'on ſe mît
en marche pour la ceremonie,
deux ou trois écha
fauts à triple étage , dref
fez dans la cour de Vveftminster
& autour du cimetiere
de l'Eglife , chargez
de ſpectateurs , fondi-
Niiij
7
152 MERCURE
rent , en forte qu'il y cut
pluſieurs perſonnes tuées ,
9115.D
& un tres - grand nombre
de bleſſées.
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Résumé : De Londres. [titre d'après la table]
En 1714 à Londres, plusieurs événements politiques et cérémoniels marquants ont eu lieu. Le 26 du mois précédent, le roi a créé plusieurs pairs de la Grande-Bretagne, dont Lord Chandon, Lord Rockingham, Lord Offulton, Lord Halifax, Lord Gernsey, Lord Harvey, Lord Pelham, et le comte de Thogalant. Des titres de vicomtes et de barons ont été attribués à des personnalités irlandaises et anglaises, tandis que le chevalier Michel Wvaston a refusé la dignité de baron. Le 27, le roi a tenu le premier chapitre de l'Ordre de la Jarretière au Palais de Saint James, nommant quatre chevaliers : le duc de Rutland, le duc de Bolton, le comte de Dorset, et le comte de Halifax. Le comte d'Aylesford a été nommé chancelier du duché de Lancastre et le colonel Killegrev gentilhomme de la garde-robe du prince de Galles. Le marquis de Monteleon, ambassadeur d'Espagne, est arrivé de Hollande et a été reçu par les secrétaires d'État. Le maire de Londres a nommé des aldermen et des membres du conseil communal pour le festin royal du 9 du mois. Le général Cadogan est parti pour la Hollande, remplaçant le comte de Strafford. Le 31, le roi a été couronné à l'abbaye de Westminster selon le cérémonial traditionnel, dirigé par l'archevêque de Cantorbéry. La cérémonie incluait la mise de la couronne, un sermon par l'évêque d'Oxford, et des chants accompagnés de trompettes et de canons. Un festin a suivi à la salle de Westminster, accompagné de réjouissances et d'illuminations dans la ville.
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