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Liste
1
p. 1031-1032
DISCOURS du Comte Collalto, Ambassadeur de l'Empereur, fait au Sacré College, le 10. Avril.
Début :
EMINENTISSIMES SEIGNEURS, Le très-Auguste Empereur mon Maître, vous sçachant [...]
Mots clefs :
Sacré Collège, Empire
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS du Comte Collalto, Ambassadeur de l'Empereur, fait au Sacré College, le 10. Avril.
DISCOURS du Comte Collalto
Ambaffadeur de l'Empereur , fait
au Sacré College , le 10. Avril .
EMINENTISSIM MINENTISSIMES SEIGNEURS,
Le très- Augufte Empereur mon Maître, vous
fsachant affemblez dans l'intention de pourvoir
au falut du Monde Chrétien , vous a déja
fi fort exhortez par fes Lettres , de donner au
plutôt un Chef à l'Eglife Univerfelle , que je
regarde comme quelque chose de fuperflu , de
vous prier de confommer l'ouvrage que vous
avez fi heureusement commencé , cependant je
fuis chargé de vous dire que mon Maître confir
me par ma bouche le contenu de fes Lettres
qu'il vous a addreffées à ce sujet ; fçavoir que
vous ayez les égards dans de pareilles occafions
pour l'Avocat perpetuel de l'Eglife Romaine
fon tout-puiffant Protecteur & fon infigne défenfeur
, dont la pieté & l'attachement étrois
à la Religion Orthodoxe font generalement cons
nuside fi dignes qualitez méritens bien que
vous lui donniez un sujet agréable , qui fache
fe conciser l'amour de tous les Fideles , la
bienveillance , la veneration , l'obéissance , la
paix , qui fait l'ornement & le bonheur de la
Chrétienté , que celui d'entre vous qui fera
choifi pour dominer fur les autrs , ne foit pas
moins diſtingué par sa prudence & la fainteté
de fa vie , que par sa dignité & fon autorité ,
je fçai qu'il n'y en a aucun parmi vous qui
ne foit propre à remplir ce pofte important; mais
il s'agit de prendre le plus capable ; implorez
donc pour cet effet les lumieres du S. Efprit ,
deman1032
MERCURE DE FRANCE
demandez lui avec humilité& inftance afin qu'il
vous donne un Sujet qui fort une lumiere bril
lante à tous les hommes , qui fe faſſe tout à
tous , qui travaille efficacement à conferver la
paix , qui fe montre veritablement être le
pere commun par une charité chrétienne ; je
vous affure au nom de mon très - auguſte Empereur
, que fi vous faites un tel choix , le Sacerdoce
fera l'appui de l'Empire , l'Empire fera
l'appui du Sacerdoce ; c'est ce que je vous pro
mets au nom de mon très - augufte Empereur.
Ambaffadeur de l'Empereur , fait
au Sacré College , le 10. Avril .
EMINENTISSIM MINENTISSIMES SEIGNEURS,
Le très- Augufte Empereur mon Maître, vous
fsachant affemblez dans l'intention de pourvoir
au falut du Monde Chrétien , vous a déja
fi fort exhortez par fes Lettres , de donner au
plutôt un Chef à l'Eglife Univerfelle , que je
regarde comme quelque chose de fuperflu , de
vous prier de confommer l'ouvrage que vous
avez fi heureusement commencé , cependant je
fuis chargé de vous dire que mon Maître confir
me par ma bouche le contenu de fes Lettres
qu'il vous a addreffées à ce sujet ; fçavoir que
vous ayez les égards dans de pareilles occafions
pour l'Avocat perpetuel de l'Eglife Romaine
fon tout-puiffant Protecteur & fon infigne défenfeur
, dont la pieté & l'attachement étrois
à la Religion Orthodoxe font generalement cons
nuside fi dignes qualitez méritens bien que
vous lui donniez un sujet agréable , qui fache
fe conciser l'amour de tous les Fideles , la
bienveillance , la veneration , l'obéissance , la
paix , qui fait l'ornement & le bonheur de la
Chrétienté , que celui d'entre vous qui fera
choifi pour dominer fur les autrs , ne foit pas
moins diſtingué par sa prudence & la fainteté
de fa vie , que par sa dignité & fon autorité ,
je fçai qu'il n'y en a aucun parmi vous qui
ne foit propre à remplir ce pofte important; mais
il s'agit de prendre le plus capable ; implorez
donc pour cet effet les lumieres du S. Efprit ,
deman1032
MERCURE DE FRANCE
demandez lui avec humilité& inftance afin qu'il
vous donne un Sujet qui fort une lumiere bril
lante à tous les hommes , qui fe faſſe tout à
tous , qui travaille efficacement à conferver la
paix , qui fe montre veritablement être le
pere commun par une charité chrétienne ; je
vous affure au nom de mon très - auguſte Empereur
, que fi vous faites un tel choix , le Sacerdoce
fera l'appui de l'Empire , l'Empire fera
l'appui du Sacerdoce ; c'est ce que je vous pro
mets au nom de mon très - augufte Empereur.
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Résumé : DISCOURS du Comte Collalto, Ambassadeur de l'Empereur, fait au Sacré College, le 10. Avril.
Le 10 avril, le Comte Collalto, ambassadeur de l'Empereur, s'adresse au Sacré Collège pour rappeler l'exhortation de l'Empereur à désigner rapidement un chef pour l'Église universelle. Collalto souligne l'importance de considérer l'Avocat perpétuel de l'Église Romaine, protecteur et défenseur de la foi orthodoxe. Il insiste sur la nécessité de choisir un candidat distingué par sa prudence, la sainteté de sa vie, sa dignité et son autorité. Collalto encourage les cardinaux à implorer les lumières du Saint-Esprit pour sélectionner un pape qui soit une lumière pour tous, travaille à la conservation de la paix et se montre un père commun par sa charité chrétienne. Il assure que si un tel choix est fait, le Sacerdoce et l'Empire se soutiendront mutuellement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 135-139
De Londres le 12 Février
Début :
Il est arrivé une affaire importante qui fait beaucoup de [...]
Mots clefs :
Colonel, Capitaine des gardes, Ministre, Visite, Arrêts, Gouvernement, Négociation, Abbé, Tsar, Saint-Petersbourg
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texteReconnaissance textuelle : De Londres le 12 Février
NOUVELLES
ETRANGERES
De Londres le 12 Février
Left arrivé une affaire imporqui
beaucoup
Mardi au foir affez tard , le Colonel
Blackney Capitaine aux Gardes , alla
avec un détachement de foixante
hommes alla fe pofter au tour de la
Maifon du Comte de Gyllembourg
Envoyé de Suede ; une heure aprés le
Major G. Wade alla fraper à la porte
de ce Miniftre ; eftant entré dáns fa
maifon avec le Colonel , il le trouva
écrivant des Dépeches , & luy ayant
expliqué le fujet de fa vifite , il fe faifit
des papiers qu'il trouva fur fa table
, & mit le Scellé fur les calfetes
où il y avoit d'autres papiers qu'il
fit tranfporter ; enfuite de quoy
Mij
136 LE NOUVEAU
ayant pris congé de ce Miniftre , il
laiffa dans fa maifon la Garde qu'on y
avoit mife , qui fut relevée le lendemain
Mercredy par vingt Grenadiers ;
ce jour là on arrêta le Chevalier Jacob
Bank Suedois de Nation & autre
fois membre du Parlement , de même
que M. Cefar ci-devant Tréforier
de la Marine , comme il n'y a
que le Roy & fon Confeil qui fçachent
le fecret de cette affaire , on
n'en parle jufqu'ici dans le Public, que
par des conjectures ; mais comme
fon apprend que quelques Miniftres
étrangers ont prefentés un Memoire
pour eftre informez des motifs de
l'arêtde cetEnvoyé, & que l'on ditque
la Cour leur en doit aujourd'hui faire
fçavoir les raifons ; on ne tardera pas
d'en eftre éclairci. Cependant il y a
diverfes circonstances qui font juger
que cette affaire eft des plus graves &
des plus importantes , plufieurs Meſfagers
d'Etat & autres Officiers font
en campagne pour arrêter diverles
perfonnes
; on a envoyé
des Ordres pour faire fermer les
Ports . On preffe l'équipement.de
MERCURE 137
l'Efcadre pour la Mer Baltique , &
pour trouver plus promptement des
Matelots . On a mis un Embargo
fur tous les Vaiffeaux ; on dit auffi
que M. Jakfon Refident de S. M. à
la Cour de Suede, a efté rappellé quelque
tems avant que cette affaire ait
éclaté.
Les papiers qu'on a faifi chez le
Miniftre de Suede , ont efté portez
au Bureau du premier Secretaire d'Etat
, où on travaille actuellement
à les examiner. Le bruit eft generalement
répandu , qu'on a fair des
découvertes de la derniere confequence,
qui n'interreflent pas moins
la Nation que le Gouvernement , &
on en dit tant de chofes & de fi furprenantes,
que tout le Public eft dans
L'impatience de voir ce qui fera publié
de la part de S. M. & communiqué
à Meffieurs les Miniftres touchant
cette affaire.
On vient d'apprendre que le
Comte de Gyllembourg a efté examiné
aujourd'hui , & que la Cour a
fait fçavoir aux Miniftres étrangers
Miij
38 LE
NOUVEAU
les raifons de fon arreft & de la faifie
de fes papiers . S. M. a auffi envoyé
Ordre à fes Miniftres dans les
Cours étrangeres d'en faire une pareille
notification.
On écrit de Peterbourg que le
21 & le 22 Novembre dernier , il
s'éleva un orage fi furieux à Revel.
en Livonie , que non feulement la
plus grande partie de la Flote Mofcovite
en avoit efté fort endommagée
, mais que le Port même avoit
efté prefque entierement detruit ; on
ne l'avoit mis à fa perfection que
Pan paflé, avec des dépenfes exceffives
.
Les Vaiffeaux , Antoine & la Fortune
, da premier rang ont coulez à
fond , fept autres du premier & du
fecond rang , fçavoir la Caterine
le Pultova , le Rafaël , le Gabriel ,.
le Michel , le Saladiel & la Perle
ont efté fracaffés ; cet accident mettoit
la Flotte du Czar hors d'état .
de fortirjen Met de long- tems , on
fait monter cette perte à plufieurs
millions.
MERCURE. 1399
M. l'Abbé Dubois eft de retour de
Hollande à Paris L. H. P.luy avoient
remis avant fon départ de la Haye
une Lettre de récreance pour le
Roytrés Chrétien , par laquelle on
temoigne l'extreme fatisfaction que:
L. H. P. ont eus de la conduite de ce
Miniftre dans tout le cours de fa negociation.
ETRANGERES
De Londres le 12 Février
Left arrivé une affaire imporqui
beaucoup
Mardi au foir affez tard , le Colonel
Blackney Capitaine aux Gardes , alla
avec un détachement de foixante
hommes alla fe pofter au tour de la
Maifon du Comte de Gyllembourg
Envoyé de Suede ; une heure aprés le
Major G. Wade alla fraper à la porte
de ce Miniftre ; eftant entré dáns fa
maifon avec le Colonel , il le trouva
écrivant des Dépeches , & luy ayant
expliqué le fujet de fa vifite , il fe faifit
des papiers qu'il trouva fur fa table
, & mit le Scellé fur les calfetes
où il y avoit d'autres papiers qu'il
fit tranfporter ; enfuite de quoy
Mij
136 LE NOUVEAU
ayant pris congé de ce Miniftre , il
laiffa dans fa maifon la Garde qu'on y
avoit mife , qui fut relevée le lendemain
Mercredy par vingt Grenadiers ;
ce jour là on arrêta le Chevalier Jacob
Bank Suedois de Nation & autre
fois membre du Parlement , de même
que M. Cefar ci-devant Tréforier
de la Marine , comme il n'y a
que le Roy & fon Confeil qui fçachent
le fecret de cette affaire , on
n'en parle jufqu'ici dans le Public, que
par des conjectures ; mais comme
fon apprend que quelques Miniftres
étrangers ont prefentés un Memoire
pour eftre informez des motifs de
l'arêtde cetEnvoyé, & que l'on ditque
la Cour leur en doit aujourd'hui faire
fçavoir les raifons ; on ne tardera pas
d'en eftre éclairci. Cependant il y a
diverfes circonstances qui font juger
que cette affaire eft des plus graves &
des plus importantes , plufieurs Meſfagers
d'Etat & autres Officiers font
en campagne pour arrêter diverles
perfonnes
; on a envoyé
des Ordres pour faire fermer les
Ports . On preffe l'équipement.de
MERCURE 137
l'Efcadre pour la Mer Baltique , &
pour trouver plus promptement des
Matelots . On a mis un Embargo
fur tous les Vaiffeaux ; on dit auffi
que M. Jakfon Refident de S. M. à
la Cour de Suede, a efté rappellé quelque
tems avant que cette affaire ait
éclaté.
Les papiers qu'on a faifi chez le
Miniftre de Suede , ont efté portez
au Bureau du premier Secretaire d'Etat
, où on travaille actuellement
à les examiner. Le bruit eft generalement
répandu , qu'on a fair des
découvertes de la derniere confequence,
qui n'interreflent pas moins
la Nation que le Gouvernement , &
on en dit tant de chofes & de fi furprenantes,
que tout le Public eft dans
L'impatience de voir ce qui fera publié
de la part de S. M. & communiqué
à Meffieurs les Miniftres touchant
cette affaire.
On vient d'apprendre que le
Comte de Gyllembourg a efté examiné
aujourd'hui , & que la Cour a
fait fçavoir aux Miniftres étrangers
Miij
38 LE
NOUVEAU
les raifons de fon arreft & de la faifie
de fes papiers . S. M. a auffi envoyé
Ordre à fes Miniftres dans les
Cours étrangeres d'en faire une pareille
notification.
On écrit de Peterbourg que le
21 & le 22 Novembre dernier , il
s'éleva un orage fi furieux à Revel.
en Livonie , que non feulement la
plus grande partie de la Flote Mofcovite
en avoit efté fort endommagée
, mais que le Port même avoit
efté prefque entierement detruit ; on
ne l'avoit mis à fa perfection que
Pan paflé, avec des dépenfes exceffives
.
Les Vaiffeaux , Antoine & la Fortune
, da premier rang ont coulez à
fond , fept autres du premier & du
fecond rang , fçavoir la Caterine
le Pultova , le Rafaël , le Gabriel ,.
le Michel , le Saladiel & la Perle
ont efté fracaffés ; cet accident mettoit
la Flotte du Czar hors d'état .
de fortirjen Met de long- tems , on
fait monter cette perte à plufieurs
millions.
MERCURE. 1399
M. l'Abbé Dubois eft de retour de
Hollande à Paris L. H. P.luy avoient
remis avant fon départ de la Haye
une Lettre de récreance pour le
Roytrés Chrétien , par laquelle on
temoigne l'extreme fatisfaction que:
L. H. P. ont eus de la conduite de ce
Miniftre dans tout le cours de fa negociation.
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3
p. 139-140
A Rome le 2 Fevrier.
Début :
Le Comte Lamberg qui paroissoit n'estre venu à Rome, que pour [...]
Mots clefs :
Comte Lamberg, Empereur, Princes, Grand Duc, Chapelle, Pape, Chant, Cérémonies, Roi du Portugal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 2 Fevrier.
A Rome le a Fevrier.
Le Comte Lamberg qui paroifloit :
n'eftre venu à Rome , que pour donner
part au nom de l'Empereur, de la
conquefte de Themefvvar , avoit de
plus, commiffion de demander au S.
•Pere de l'argent pour la Guerre con..
tre les Infideles ; il en voudroit exi-.
ger 400 mille écus Romains , outre
trois mille piftoles pour fon voyage;
on a peine à croite , qu'on puiffe
trouver une fomme auffi confiderable
, attendu les malheurs & la pauvreté
du patrimoine de faint Pierre.
L'Empereura taxé auffi les Princes
d'Italie comme le Grand Duc , les
14.0 LE
NOUVEA
Ducs de Parme , de Modene , la Ré.
publique de Genes , & autres Sou .
verains de la Bote , à fournir inceffamment
leur
contingent.
Le Roy de Portugal ayant trouvé,
fur la relation fidelle qu'on lui a
envoyée de la chapelle du Pape
qu'il manquoit encore quelque chofe
à la fienne , pour la parfaite reffemblance;
& croyant qu'il eftoit eflentiel
d'avoir des Muficiens , adinftar,
de ceux du Pape , a fait choisir douze
jeunes gens de fes fujets pour les faire
paffer en Italie , afin d'y apprendre
la Mufique , & s'y
perfectionner
dans le goût du chant Romain, avant .
que de les conduire à Rome ; on les
a debarqué à Venife où on leur a.
fait l'operation ; elle s'eft faite li heureufement
, qu'aucun des douze n'en.
eft mort , puifqu'ils font arrivez icy
en bonne fanté ; on a joint à cette
jeuneffe 15 ou 20 autres Portugais
pour apprendre les ceremonies.
Le Comte Lamberg qui paroifloit :
n'eftre venu à Rome , que pour donner
part au nom de l'Empereur, de la
conquefte de Themefvvar , avoit de
plus, commiffion de demander au S.
•Pere de l'argent pour la Guerre con..
tre les Infideles ; il en voudroit exi-.
ger 400 mille écus Romains , outre
trois mille piftoles pour fon voyage;
on a peine à croite , qu'on puiffe
trouver une fomme auffi confiderable
, attendu les malheurs & la pauvreté
du patrimoine de faint Pierre.
L'Empereura taxé auffi les Princes
d'Italie comme le Grand Duc , les
14.0 LE
NOUVEA
Ducs de Parme , de Modene , la Ré.
publique de Genes , & autres Sou .
verains de la Bote , à fournir inceffamment
leur
contingent.
Le Roy de Portugal ayant trouvé,
fur la relation fidelle qu'on lui a
envoyée de la chapelle du Pape
qu'il manquoit encore quelque chofe
à la fienne , pour la parfaite reffemblance;
& croyant qu'il eftoit eflentiel
d'avoir des Muficiens , adinftar,
de ceux du Pape , a fait choisir douze
jeunes gens de fes fujets pour les faire
paffer en Italie , afin d'y apprendre
la Mufique , & s'y
perfectionner
dans le goût du chant Romain, avant .
que de les conduire à Rome ; on les
a debarqué à Venife où on leur a.
fait l'operation ; elle s'eft faite li heureufement
, qu'aucun des douze n'en.
eft mort , puifqu'ils font arrivez icy
en bonne fanté ; on a joint à cette
jeuneffe 15 ou 20 autres Portugais
pour apprendre les ceremonies.
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4
p. 137-139
Extrait d'une Lettre de Vienne du 20 Mars.
Début :
Messieurs Montagüe & Collieres, Ambassadeurs d'Angleterre & d'Hollande à la [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs, Angleterre, Hollande, Paix, Empires, Grand seigneur, Forteresse, Traité de Carlowitz, Médiateur, Conquêtes, Cour ottomane, Ecclésiastique, Députés, Province, Despotique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Vienne du 20 Mars.
Extrait d'une Lettre de Vienne
M
du 20 Mars.
Effieurs Montague & Collie
res , Ambaffadeurs d'Angleterre
& d'Hollande à la Porte , font
autorifés par les pleins pouvoirs de
leurs Maîtres , d'offrir leur Médiation
pour la Paix entre les deux Einpires
; ils font chargés de faire tout
leur poffible pour engager le Grand
Seigneur de céder à l'Empereur
Themefvvar, Belgrade & leurs dépendances
; de renoncer aux prétentions
que la Porte peut avoir dans
la Valachie , de faire rafer la
Fortereffe nouvellement conftruite
à Choczin , fur les Frontieres de la
Pologne comme ayant été faite au
>
M iij
138 LE NOUVEAU
préjudice de la teneur du Traité
de Carlovvits ; que la Porte conviendra
d'un accomodement , enforte
que l'Italie foit miſe en fûreté
au moyen dequoi , l'Empereur n'infiftera
pas à la reftitution de la Morée
, que ces Médiateurs repréfenteront
furtout le danger qu'il y auroit
pour la Cour Ottomane de perdre
tout ce qu'elle poffede en Europe
; fi l'Empereur Chrêtien pouffoit
vivement la guerre, étant en étar
de faire des Conquêtes bien avant
dans l'Empire Mufulman , capables.
de foulever la plufpart des Turcs
qui , dit-on , murmure toujours contre
cette guerre. On a eu nouvelle
que Mr Montague eft arrivé à
Belgrade ; on attend prefentement
avec impatience l'effet de fes inftructions
, jointes à celles du fieur
Collieres.
On a apris par les mêmes Lettres
que les Principaux Valaques Ecle-
Gattiques & Seculiers , qui fe font
refugiez en Tranfilvanie , ont dreffés
un Mémoire que les Député
>
MRE.CURE
139
qu'ils envoient à la Cour Impériale ,
doivent préfenter au nom de toute
la Nation , par lequel ils offrent de .
foumettre la Province de Valaquie
à la domination de l'Empereur ; à
condition qu'elle fera gouvernée
comme auparavant , par un Hofpodar
, ou Prince particulier qui fera
Feudataire de S. M. I. mais les
Miniftres Imperiaux prétendent au
contraire , que ce Pais fera regi par
un Gouverneur Impérial de la même
manière que l'eft aujourd'huy
la Tranfilvanie ; de forte que la qualité
de Prince fera éteinte & le Gouvernement
fera defpotique , comme
dans les autres Etats que la Maifon
d'Autriche s'eft appropriez ,
M
du 20 Mars.
Effieurs Montague & Collie
res , Ambaffadeurs d'Angleterre
& d'Hollande à la Porte , font
autorifés par les pleins pouvoirs de
leurs Maîtres , d'offrir leur Médiation
pour la Paix entre les deux Einpires
; ils font chargés de faire tout
leur poffible pour engager le Grand
Seigneur de céder à l'Empereur
Themefvvar, Belgrade & leurs dépendances
; de renoncer aux prétentions
que la Porte peut avoir dans
la Valachie , de faire rafer la
Fortereffe nouvellement conftruite
à Choczin , fur les Frontieres de la
Pologne comme ayant été faite au
>
M iij
138 LE NOUVEAU
préjudice de la teneur du Traité
de Carlovvits ; que la Porte conviendra
d'un accomodement , enforte
que l'Italie foit miſe en fûreté
au moyen dequoi , l'Empereur n'infiftera
pas à la reftitution de la Morée
, que ces Médiateurs repréfenteront
furtout le danger qu'il y auroit
pour la Cour Ottomane de perdre
tout ce qu'elle poffede en Europe
; fi l'Empereur Chrêtien pouffoit
vivement la guerre, étant en étar
de faire des Conquêtes bien avant
dans l'Empire Mufulman , capables.
de foulever la plufpart des Turcs
qui , dit-on , murmure toujours contre
cette guerre. On a eu nouvelle
que Mr Montague eft arrivé à
Belgrade ; on attend prefentement
avec impatience l'effet de fes inftructions
, jointes à celles du fieur
Collieres.
On a apris par les mêmes Lettres
que les Principaux Valaques Ecle-
Gattiques & Seculiers , qui fe font
refugiez en Tranfilvanie , ont dreffés
un Mémoire que les Député
>
MRE.CURE
139
qu'ils envoient à la Cour Impériale ,
doivent préfenter au nom de toute
la Nation , par lequel ils offrent de .
foumettre la Province de Valaquie
à la domination de l'Empereur ; à
condition qu'elle fera gouvernée
comme auparavant , par un Hofpodar
, ou Prince particulier qui fera
Feudataire de S. M. I. mais les
Miniftres Imperiaux prétendent au
contraire , que ce Pais fera regi par
un Gouverneur Impérial de la même
manière que l'eft aujourd'huy
la Tranfilvanie ; de forte que la qualité
de Prince fera éteinte & le Gouvernement
fera defpotique , comme
dans les autres Etats que la Maifon
d'Autriche s'eft appropriez ,
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5
p. 139-141
A Rome ce 3 Mars 1717
Début :
Le Carnaval nous a fourni des amusemens de toute espece, [...]
Mots clefs :
Carnaval, Opéras, Réjouissances, Princes, Altesse sérénissime, Gouverneur, Comtesse, Curiosité, Marquis, Chevalier, Bal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome ce 3 Mars 1717
A Rome ce 3 Mars 1717
Le Carnaval nous a fourni des
amuſemens de toute elpece , jamais
le Cours n'a été plus brillant , nos
Dames Romaines plus magnifiques,
les Comedies , Operas plus fre- .
quents , les Réjoüiffances plus uniLE
NOUVEAU
140
*
verfelles , ce fera bien autre chofe
l'année prochaine , fi l'on vient à
bout de rembarer le Turc. Les Prin-
Clement & Philippe de Baviere
font arrivez ici affez à tems,
pour jouïr des divertiffemens du
Carnaval , leurs Altele s Sereniffimes
fe firent voir Lundy incognito
au Cours , & virent enfuite d'un
Balcon du Comte de Bolognetti
la courfe des Chevaux ; Mr Santini
leur Gouverneur , qui avoit
accompagné l'an paffé le Prince
Electoral leur frere, a régalé de la
part de ce Prince , d'un Diamant
de prix , la Comteffe Bolognetti ,
en reconnoiffance du bon accueil
qu'il en a reçû pendant fon féjour
à Rome .
Il faut convenir que le Carnaval
de Rome mérite la curiofité des
Etrangers , & que c'eft fans contredit
le plus beau & le plus galant
de toute la Chrêtienté.
Le Marquis de Saint Pieri eft aux
Arrêts dans fa maifon & condamécus
d'amande , pour avoir né à
500
MERCURE. 141
fait jouer chez lui une Comedie
& donné le Bal enfuite un Vendredy
, ce jour étant le feul de la
femaine où les fpectacles font interdits
, cela s'apelle payer les violons
bien cher.
Le Chevalier de S. Georges ne
vient plus à Rome , & les prépa-.
paratifs qu'avoit fait le Cardinal
Gualterio pour le recevoir, devienent
inutils , l'apartement étoit difpofé
à la Royale: en y changeant peu de
chofe , il conviendra à Mr le Duc
de la Feüillade. S. S. a eû avis
qué ce Prince étoit forti d'Avignon
le 6 de Février , qu'il a paffé par le
Piémond , où il a reçû tous les honneurs
imaginables du Roy de Sicile ,
par le Parmefan & le Boulonois ,
pour fe rendre à Pefaro. Dom Carlo
Albani Neveu du Pape eft nommé
pour aller audevant de lui & le
conduire jufqu'au lieu deſtiné à fa
retraite .
Le Carnaval nous a fourni des
amuſemens de toute elpece , jamais
le Cours n'a été plus brillant , nos
Dames Romaines plus magnifiques,
les Comedies , Operas plus fre- .
quents , les Réjoüiffances plus uniLE
NOUVEAU
140
*
verfelles , ce fera bien autre chofe
l'année prochaine , fi l'on vient à
bout de rembarer le Turc. Les Prin-
Clement & Philippe de Baviere
font arrivez ici affez à tems,
pour jouïr des divertiffemens du
Carnaval , leurs Altele s Sereniffimes
fe firent voir Lundy incognito
au Cours , & virent enfuite d'un
Balcon du Comte de Bolognetti
la courfe des Chevaux ; Mr Santini
leur Gouverneur , qui avoit
accompagné l'an paffé le Prince
Electoral leur frere, a régalé de la
part de ce Prince , d'un Diamant
de prix , la Comteffe Bolognetti ,
en reconnoiffance du bon accueil
qu'il en a reçû pendant fon féjour
à Rome .
Il faut convenir que le Carnaval
de Rome mérite la curiofité des
Etrangers , & que c'eft fans contredit
le plus beau & le plus galant
de toute la Chrêtienté.
Le Marquis de Saint Pieri eft aux
Arrêts dans fa maifon & condamécus
d'amande , pour avoir né à
500
MERCURE. 141
fait jouer chez lui une Comedie
& donné le Bal enfuite un Vendredy
, ce jour étant le feul de la
femaine où les fpectacles font interdits
, cela s'apelle payer les violons
bien cher.
Le Chevalier de S. Georges ne
vient plus à Rome , & les prépa-.
paratifs qu'avoit fait le Cardinal
Gualterio pour le recevoir, devienent
inutils , l'apartement étoit difpofé
à la Royale: en y changeant peu de
chofe , il conviendra à Mr le Duc
de la Feüillade. S. S. a eû avis
qué ce Prince étoit forti d'Avignon
le 6 de Février , qu'il a paffé par le
Piémond , où il a reçû tous les honneurs
imaginables du Roy de Sicile ,
par le Parmefan & le Boulonois ,
pour fe rendre à Pefaro. Dom Carlo
Albani Neveu du Pape eft nommé
pour aller audevant de lui & le
conduire jufqu'au lieu deſtiné à fa
retraite .
Fermer
6
p. 142-143
Réponse de Mr le Marquis de Monteleon Ambassadeur d'Espagne, à la Lettre de Mr Stanhope Sécrétaire d'Etat, dattée du 18 Février, touchant la détention de Mr de Gillemborg Ambassadeur de Suéde en Angleterre.
Début :
M. j'ay reçû hier au soir la Lettre que votre Excellence m'avoit fait [...]
Mots clefs :
Honneur, Ministre, Roi de Suède, Sentiment, Paix, Papiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse de Mr le Marquis de Monteleon Ambassadeur d'Espagne, à la Lettre de Mr Stanhope Sécrétaire d'Etat, dattée du 18 Février, touchant la détention de Mr de Gillemborg Ambassadeur de Suéde en Angleterre.
Réponse de Mr le Marquis de Monteleon
Ambaffadeur d'Espagne ,
à la Lettre de Mr Stanhope Sé
crétaire d'Etat , dartée du 18 Février,
touchant la détention de
Mr de Gillenborg Ambaßadeur
de Suéde en Angleterre.
M. j'ay reçû hier au foir la Mi
Lettre que votre Excellence
m'avoit fait l'honneur de m'écrite
le même jour , pour m'informer des
raifons que S. M. a , de faire arreter
le C. de Gillemborg Miniftre
du Roy de Suéde , & de s'affûrer
de tous les papiers . Aprés avoir
remercié votre Excellence de la
bonré qu'Elle a cûe de me faire connoître
les fentimens de S. M. fuivant
l'ordre qu'elle en avoit reçû ,
commeje fuis par là en état d'en informer
fidelement le Roy mon Maî
tre , je ne puis faire autre chofe que
d'attendre fa réponſe pour la communiquer
pareillement à V. Exc.
cependant je fuis obligé de dire que
MERCURE . 143
ceft un grand malheur qu'on n'ait
pû trouver d'autre moyen d'affûrer
la Paix dans les Etats de S. M. &
la tranquilité de l'Europe , auffi
bien que la feureté des préfentes
Alliances , qu'en arrêtant la perfonne
d'un Miniftre public & enfaififlant
tous les papiers qui font les
dépofitaires facrés des fécrets de
fon Maître ; de quelque maniére
qu'on envifage ces deux faits , ils
paroiffent bleffer véritablement le
droit des gens . J'ay l'honneur d'ê-
Ce 18 Février 1717.
Ambaffadeur d'Espagne ,
à la Lettre de Mr Stanhope Sé
crétaire d'Etat , dartée du 18 Février,
touchant la détention de
Mr de Gillenborg Ambaßadeur
de Suéde en Angleterre.
M. j'ay reçû hier au foir la Mi
Lettre que votre Excellence
m'avoit fait l'honneur de m'écrite
le même jour , pour m'informer des
raifons que S. M. a , de faire arreter
le C. de Gillemborg Miniftre
du Roy de Suéde , & de s'affûrer
de tous les papiers . Aprés avoir
remercié votre Excellence de la
bonré qu'Elle a cûe de me faire connoître
les fentimens de S. M. fuivant
l'ordre qu'elle en avoit reçû ,
commeje fuis par là en état d'en informer
fidelement le Roy mon Maî
tre , je ne puis faire autre chofe que
d'attendre fa réponſe pour la communiquer
pareillement à V. Exc.
cependant je fuis obligé de dire que
MERCURE . 143
ceft un grand malheur qu'on n'ait
pû trouver d'autre moyen d'affûrer
la Paix dans les Etats de S. M. &
la tranquilité de l'Europe , auffi
bien que la feureté des préfentes
Alliances , qu'en arrêtant la perfonne
d'un Miniftre public & enfaififlant
tous les papiers qui font les
dépofitaires facrés des fécrets de
fon Maître ; de quelque maniére
qu'on envifage ces deux faits , ils
paroiffent bleffer véritablement le
droit des gens . J'ay l'honneur d'ê-
Ce 18 Février 1717.
Fermer
7
p. 143-148
A Londres, le 20. Mars 1717.
Début :
Le 5. on publia ici les Lettres du Comte Gyllemborg, des Barons [...]
Mots clefs :
Lettres, Rébellion, Forces, Roi de Suède, Cavalerie, Flotte, Soldats, Trône d'Angleterre, Cour, Armements, Comte Gyllemborg, Tsar, Paix, Baron, Conspiration
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Londres, le 20. Mars 1717.
A Londres , le 20. Mars 1717 .
Le 5. on publia ici les Lettres du
Comte GYLLEMBORG , des Barons
GORTZ , SPARR & autres contenants
le deffein d'exciter dans la
GRANDE BRETAGNE une Rebellion
qui devoit être foutenue par les forces
de la SUEDE.
Ces Lettres font au nombre de
trente- fix , depuis le 25. Septembre
1716. jufqu'au 10. Février 1717 .
144 LE NOUVEAU
Lettre du
Comte de
Selon ces imprimez , l'entre-
Baron de prife devoit s'executer au mois
Gorte, au de Mars , lorfque les vents de
L'EST régnent, & que l'on s'y attenberg.
à Pa droit le moins. Le Roy de Suéde ,
vis le fix à l'exemple de SCIPION , devoit
jane. 1717 venir en perfonne avec 12000 hom-
Gyllommes
, porter la Guerre dans les Pays
de ceux qui ont voulu , & veulent
encore la perte de celui - ci . Sçavoir .
3000 hommes d'Infanterie , & 4000
de Cavalerie , dont il y en auroit
d'abord 500. montés. Le Pays étant
plufque fuffifant pour fournir des
chevaux de remonte . La Flote Suédoife
devoit être pourvue de l'Ar-
Let.4. tillerie neceffaire , & de quoy ardu
Com mer is à 20000. hommes , qui ne
Gyllem demandoient qu'un corps de TrouborganBa.
ron Gortz Pes réglées , auxquelles , ils puffent
de Londres fe joindre , étant fûr que de dix
le 12 Od perfonnes , il s'en trouveroit neuf
1716.
mécontentes , qui défiroient le rétabliffement
du PRETENDANT. S. M.
Suédoife devoit faire publier à fon
arrivée , un Manifefte ; par lequel il
déclaroit n'avoir point d'autre intention
que de rétablir le PrétenMERCURE.
145
Billet de
meme 7 d
dant fur le Thrône d'Angleterre
de maintenir les Libertés de la Nation
, & de la Religion Anglicane.
D'ailleurs l'argent ne devoit pas
manquer , puifque la Cour D'AVIGNON
offroit 60. mille livres fterlins
d'avance , ad captandam benevolen
tiam ; joins à un million de florins Londres d
que les Amis de ce Prince s'enga- 16 Octobre
geoient de faire toucher en Hollan- 1716 .
de au Baron GORTZ , qui en avoit
déja reçû 100000 livres , afin de
faire travailler avec toute la diligence
poffible à l'Armement , qui
fe faifoit à Gottenburg , & aux
préparatifs néceffaires pour cette
Expédition.Pendant ces difpofitions
fécrettes , on prenoit des méfures ,
pour faire congédier par le Parlement
, la moitié de l'Armée , comme
étant à charge à l'Etat , dans
l'efperance que cette Partie mécontente
fe joindroit aux Rebelles :
Mais le principal objet du Comte
de Gyllemborg étoit , d'empêcher
par toutes fortes de moyens , un
Armement Naval en Angleterre ,
Mars 1717. N
146 LE NOUVEAU
au
jufques au mois de Mai , afin que
la Flote de fon Maître pût être la
premiere en Mer , & ne trouvât
point d'opofition de la part de
celle des Anglois . Non content
de ces précautions , il paroît par
une Lettre de la Haye,du 17 Novembre
1716 , de Mr GUST ,
C. de Gyllemborg fon frere , que
le Czar n'étoit pas éloigné d'entrer
dans cette Ligue , y étant fortement
follicité par un nommé
ERSKINS Médecin & Confeiller privé
de ce Prince . Ce confident écrivoit
à Milord MARR fon Coufin
Germain , que le Grand Duc s'étant
brouillé avec fes Alliez , il
paroiffoit tout -à-fait difpofé à faire
fa Paix avec la Suede , & à ceffer
fes hoftilitez contre ce Royaume ;
Qu'haïffant mortellement le Roy
Georges , & connoiffant la jufte
caufe du Prétendant : Il ne fouhaitoit
rien plus ardemment
qu'une Conjoncture favorable, pour
pouvoir le retablir dans fes Royaumes
; que fon Maître ayant ce-
3
MERCURE. 147
"
pendant tout l'avantage contre la
Suede , il ne lui convenoit pas de
faire le premier pas : mais que fi le
Roy vouloit hazarder la moindre
démarche, l'accommodement feroit
bientôt conclu entr'eux.
Dans la même Lettre , le Prétendant
fait prier le Baron Sparr
de lui procurer la permiffion de fe
retirer à STOLKO M : mais cet
Ambaffadeur ne le juge pas propos
, par la raifon que ce feroit déclarer
la Guerre , à fon de trompe ,
& ruïner entierement leurs affaires.
Dans uneLettre du 8 Janvier 1717,
le Baron Gortz envoye à Mr le
Comte de Gyllemborg , une Copie
du plein pouvoir , qu'il avoit reçû
du Roy , pour traiter & conclure
toutes affaires , qui concernent le
fervice & les interêts de la Nation .
Il eft datté de Lunden en Scanie ,
23 Octobre 1716 du
Enfin par la derniere Lettre du
Comte de Gyllemborg à ce Baron ,
qui étoit retourné de Paris à la
Haye ; le Comte lui fait obſerver
Nij
148 LE NOUVEAU
que l'Aimement de l'Efcadre Angloife
fe fera de bonne heure ; aparemment
, pour prévenir la deftruction
, dont on croit le DANEMARK
menacé ; & qu'ainfi , il est néceffaire
de prendre de juftes meſures
pour être les premiers en Mer.
›
Toutes ces Circonftances convaincront
fans doute , les plus incrédules
, que
, que la Confpiration n'eſt
pas une Nouvelle chimérique . Bien
des gens , malgré l'évidence de
ces preuves , ont encore de la peine
à fe perfuader , que le Roy de
Suéde accablé de toutes parts , par
des Ennemis très-puiffants , ait voulu
entreprendre de paffer en Angleterre
, avec une Flote & des
Troupes , pour faire une invafion ,
en faveur du Prétendant , tandis
qu'il laiffoit fon Païs au premier
occupant.
Le 5. on publia ici les Lettres du
Comte GYLLEMBORG , des Barons
GORTZ , SPARR & autres contenants
le deffein d'exciter dans la
GRANDE BRETAGNE une Rebellion
qui devoit être foutenue par les forces
de la SUEDE.
Ces Lettres font au nombre de
trente- fix , depuis le 25. Septembre
1716. jufqu'au 10. Février 1717 .
144 LE NOUVEAU
Lettre du
Comte de
Selon ces imprimez , l'entre-
Baron de prife devoit s'executer au mois
Gorte, au de Mars , lorfque les vents de
L'EST régnent, & que l'on s'y attenberg.
à Pa droit le moins. Le Roy de Suéde ,
vis le fix à l'exemple de SCIPION , devoit
jane. 1717 venir en perfonne avec 12000 hom-
Gyllommes
, porter la Guerre dans les Pays
de ceux qui ont voulu , & veulent
encore la perte de celui - ci . Sçavoir .
3000 hommes d'Infanterie , & 4000
de Cavalerie , dont il y en auroit
d'abord 500. montés. Le Pays étant
plufque fuffifant pour fournir des
chevaux de remonte . La Flote Suédoife
devoit être pourvue de l'Ar-
Let.4. tillerie neceffaire , & de quoy ardu
Com mer is à 20000. hommes , qui ne
Gyllem demandoient qu'un corps de TrouborganBa.
ron Gortz Pes réglées , auxquelles , ils puffent
de Londres fe joindre , étant fûr que de dix
le 12 Od perfonnes , il s'en trouveroit neuf
1716.
mécontentes , qui défiroient le rétabliffement
du PRETENDANT. S. M.
Suédoife devoit faire publier à fon
arrivée , un Manifefte ; par lequel il
déclaroit n'avoir point d'autre intention
que de rétablir le PrétenMERCURE.
145
Billet de
meme 7 d
dant fur le Thrône d'Angleterre
de maintenir les Libertés de la Nation
, & de la Religion Anglicane.
D'ailleurs l'argent ne devoit pas
manquer , puifque la Cour D'AVIGNON
offroit 60. mille livres fterlins
d'avance , ad captandam benevolen
tiam ; joins à un million de florins Londres d
que les Amis de ce Prince s'enga- 16 Octobre
geoient de faire toucher en Hollan- 1716 .
de au Baron GORTZ , qui en avoit
déja reçû 100000 livres , afin de
faire travailler avec toute la diligence
poffible à l'Armement , qui
fe faifoit à Gottenburg , & aux
préparatifs néceffaires pour cette
Expédition.Pendant ces difpofitions
fécrettes , on prenoit des méfures ,
pour faire congédier par le Parlement
, la moitié de l'Armée , comme
étant à charge à l'Etat , dans
l'efperance que cette Partie mécontente
fe joindroit aux Rebelles :
Mais le principal objet du Comte
de Gyllemborg étoit , d'empêcher
par toutes fortes de moyens , un
Armement Naval en Angleterre ,
Mars 1717. N
146 LE NOUVEAU
au
jufques au mois de Mai , afin que
la Flote de fon Maître pût être la
premiere en Mer , & ne trouvât
point d'opofition de la part de
celle des Anglois . Non content
de ces précautions , il paroît par
une Lettre de la Haye,du 17 Novembre
1716 , de Mr GUST ,
C. de Gyllemborg fon frere , que
le Czar n'étoit pas éloigné d'entrer
dans cette Ligue , y étant fortement
follicité par un nommé
ERSKINS Médecin & Confeiller privé
de ce Prince . Ce confident écrivoit
à Milord MARR fon Coufin
Germain , que le Grand Duc s'étant
brouillé avec fes Alliez , il
paroiffoit tout -à-fait difpofé à faire
fa Paix avec la Suede , & à ceffer
fes hoftilitez contre ce Royaume ;
Qu'haïffant mortellement le Roy
Georges , & connoiffant la jufte
caufe du Prétendant : Il ne fouhaitoit
rien plus ardemment
qu'une Conjoncture favorable, pour
pouvoir le retablir dans fes Royaumes
; que fon Maître ayant ce-
3
MERCURE. 147
"
pendant tout l'avantage contre la
Suede , il ne lui convenoit pas de
faire le premier pas : mais que fi le
Roy vouloit hazarder la moindre
démarche, l'accommodement feroit
bientôt conclu entr'eux.
Dans la même Lettre , le Prétendant
fait prier le Baron Sparr
de lui procurer la permiffion de fe
retirer à STOLKO M : mais cet
Ambaffadeur ne le juge pas propos
, par la raifon que ce feroit déclarer
la Guerre , à fon de trompe ,
& ruïner entierement leurs affaires.
Dans uneLettre du 8 Janvier 1717,
le Baron Gortz envoye à Mr le
Comte de Gyllemborg , une Copie
du plein pouvoir , qu'il avoit reçû
du Roy , pour traiter & conclure
toutes affaires , qui concernent le
fervice & les interêts de la Nation .
Il eft datté de Lunden en Scanie ,
23 Octobre 1716 du
Enfin par la derniere Lettre du
Comte de Gyllemborg à ce Baron ,
qui étoit retourné de Paris à la
Haye ; le Comte lui fait obſerver
Nij
148 LE NOUVEAU
que l'Aimement de l'Efcadre Angloife
fe fera de bonne heure ; aparemment
, pour prévenir la deftruction
, dont on croit le DANEMARK
menacé ; & qu'ainfi , il est néceffaire
de prendre de juftes meſures
pour être les premiers en Mer.
›
Toutes ces Circonftances convaincront
fans doute , les plus incrédules
, que
, que la Confpiration n'eſt
pas une Nouvelle chimérique . Bien
des gens , malgré l'évidence de
ces preuves , ont encore de la peine
à fe perfuader , que le Roy de
Suéde accablé de toutes parts , par
des Ennemis très-puiffants , ait voulu
entreprendre de paffer en Angleterre
, avec une Flote & des
Troupes , pour faire une invafion ,
en faveur du Prétendant , tandis
qu'il laiffoit fon Païs au premier
occupant.
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8
p. 175-176
A Pesaro, le 23 Mars 1717.
Début :
Le Chevalier de S. Georges qu'on apelle ici Roi d'Angleterre, [...]
Mots clefs :
Chevalier, Ville, Duc, Prince, Canon, Modène, Romains, Sénateurs, Compliments
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Pesaro, le 23 Mars 1717.
A Pefaro , le 23 Mars 1717 .
E Chevalier de S. Georges
qu'on apelle ici Roi d'Angleterre
, elt arrivé en cette Ville fans
aucune pompe , n'ayant pas voulu
permettre qu'on tirât le Canon le
jour de fon arrivée ; il foupa en Pu
blic, mais fans diftinction de rang
ni de place. Le Duc d'Ormond &
d'autres Seigneurs Anglois étoient à
fa Table , avec D. Carlo Albani . M
Anguifcola Vice- Legat , Mr Mofca ,
le Marquis Bufalini . Le Vice- Legat
donna le Regal . Le Chevalier de
S. Georges ne voulut être accompagné
d'aucuns Gardes dans la Salle,
il permit feulement qu'ils fuffent
devant la porte du Palais. Il n'a encore
que so. perfonnes de fa fuite ,
mais on en attend un plus grand
nombre.
Ce Prince a receu tous les hongeurs
poffibles à fon paffage
176 LE MERCURE
"
par l'Etat de Modéne , jufqu'à
fon arrivée à Boulogne , les
Ducs de Modéne & de Parme
l'ont défrayé , & l'ont regalé fplendidement.
Le premier lui a fait préfent
d'un magnifique caroffe attelé
de fix chevaux , & le fecond d'une
fomme de 12000 écus Romains,
Il partit le 13. de Modéné avec 5.
caroffes à fix chevaux , & la Garde
des Chevaux- Legers du Duc , pour
Caftel Franco , où il fut complimenté
par D. Carlo Albani , accompagné
de quatre Senateurs de cette
Ville.
E Chevalier de S. Georges
qu'on apelle ici Roi d'Angleterre
, elt arrivé en cette Ville fans
aucune pompe , n'ayant pas voulu
permettre qu'on tirât le Canon le
jour de fon arrivée ; il foupa en Pu
blic, mais fans diftinction de rang
ni de place. Le Duc d'Ormond &
d'autres Seigneurs Anglois étoient à
fa Table , avec D. Carlo Albani . M
Anguifcola Vice- Legat , Mr Mofca ,
le Marquis Bufalini . Le Vice- Legat
donna le Regal . Le Chevalier de
S. Georges ne voulut être accompagné
d'aucuns Gardes dans la Salle,
il permit feulement qu'ils fuffent
devant la porte du Palais. Il n'a encore
que so. perfonnes de fa fuite ,
mais on en attend un plus grand
nombre.
Ce Prince a receu tous les hongeurs
poffibles à fon paffage
176 LE MERCURE
"
par l'Etat de Modéne , jufqu'à
fon arrivée à Boulogne , les
Ducs de Modéne & de Parme
l'ont défrayé , & l'ont regalé fplendidement.
Le premier lui a fait préfent
d'un magnifique caroffe attelé
de fix chevaux , & le fecond d'une
fomme de 12000 écus Romains,
Il partit le 13. de Modéné avec 5.
caroffes à fix chevaux , & la Garde
des Chevaux- Legers du Duc , pour
Caftel Franco , où il fut complimenté
par D. Carlo Albani , accompagné
de quatre Senateurs de cette
Ville.
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9
p. 176-178
COMPLIMENTO Fatto da Don Carlo Albani, degnissimo Nipote di nostro Signore, al Rê d'Inghilterra
Début :
Benche la Maesta sua portata dalla sua Eroïca moderazione habbia voluta [...]
Mots clefs :
Maestà, Vostra Santità
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENTO Fatto da Don Carlo Albani, degnissimo Nipote di nostro Signore, al Rê d'Inghilterra
COMPLIMENTO
Fatto da Don Carlo Albani , degniffimo
Nipote di noftro Signore,
al Rè d'Inghilterra
Enche la Maefta fua portata
dalla fua Eroica moderazione
,,habbia voluta portarfi a quefto Sta-
,,to Ecclefiaftico , fotto nome In-
Cognito per non incontrare quelle
D'AVRIL. 177.
>>
"
"
Publiche dimoftrationi d'offequio
che fi dovrebero alla fublimitá del
fuo Grado , ed alle bene merenze
❞ della M. Voftra alla Santa Chieſa
>> Catolica , non ha potuto pero la
>> Santità fua contenerfi di non render
,, a V. M. la teftimonianza della fua
Paterna
Benevolenza con queſto
fuo Pontificio Breve , concedendo
a me l'onore di prefentar glielo :
" a gli efpreffioni benigniffime di fua
>> Santitá,jo devo ancora d'ordine del-
,, la medema efibire alla Maefta Vof-
,, tra qualunque Citta , ó luogo di
quefto ftato che poffa effer di mag.
gior piaccimento per la di lui Reg-
" gia dimora , afficurendo inſieme V.
" M. della particolare premura che
» la S. S. havera d'incontrar ogni fodisfattione
della maefta voftra; con
quefta fi bella occafione che mi fiè
offerta d'Umiliarmi a V. M. imploro
dalla di lei gran generofità
" a me fteffo ed alla mia cafa tanto
> divota del di lei gloriofo nome
», l'alta fua protettione : Jo ne Sup-
,, plico la M. V. colla maggior effica-
"
""
"
"
"
178 LE MERCURE
33
D
"
cia d'umilta , giache ora non mi
refta di piubramare , non invidiando
la forte di qualunque
,, altro.
Fatto da Don Carlo Albani , degniffimo
Nipote di noftro Signore,
al Rè d'Inghilterra
Enche la Maefta fua portata
dalla fua Eroica moderazione
,,habbia voluta portarfi a quefto Sta-
,,to Ecclefiaftico , fotto nome In-
Cognito per non incontrare quelle
D'AVRIL. 177.
>>
"
"
Publiche dimoftrationi d'offequio
che fi dovrebero alla fublimitá del
fuo Grado , ed alle bene merenze
❞ della M. Voftra alla Santa Chieſa
>> Catolica , non ha potuto pero la
>> Santità fua contenerfi di non render
,, a V. M. la teftimonianza della fua
Paterna
Benevolenza con queſto
fuo Pontificio Breve , concedendo
a me l'onore di prefentar glielo :
" a gli efpreffioni benigniffime di fua
>> Santitá,jo devo ancora d'ordine del-
,, la medema efibire alla Maefta Vof-
,, tra qualunque Citta , ó luogo di
quefto ftato che poffa effer di mag.
gior piaccimento per la di lui Reg-
" gia dimora , afficurendo inſieme V.
" M. della particolare premura che
» la S. S. havera d'incontrar ogni fodisfattione
della maefta voftra; con
quefta fi bella occafione che mi fiè
offerta d'Umiliarmi a V. M. imploro
dalla di lei gran generofità
" a me fteffo ed alla mia cafa tanto
> divota del di lei gloriofo nome
», l'alta fua protettione : Jo ne Sup-
,, plico la M. V. colla maggior effica-
"
""
"
"
"
178 LE MERCURE
33
D
"
cia d'umilta , giache ora non mi
refta di piubramare , non invidiando
la forte di qualunque
,, altro.
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10
p. 178-180
TRADUCTION DU COMPLIMENT De D. Carlo Albani Neveu du Pape, à Jacques III. Roy d'Angleterre.
Début :
Quoyque la Modestie Héroïque de Vôtre Majesté l'ait engagée à [...]
Mots clefs :
Vertus héroïques, Respect, Honneur, Sa Majesté, Grâces, Discours, Cardinal, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TRADUCTION DU COMPLIMENT De D. Carlo Albani Neveu du Pape, à Jacques III. Roy d'Angleterre.
TRADICTION
COMPLIMENT
De D. Carlo Albani Neveu du
Pape , à Jacques III. Roy
d'Angleterre.
Uoyque la Modeftie Héroïque
de Vôtre Majesté l'ait
engagée à entrer dans l'Etat Ecclefiaftique
fous un nom inconnu ,
pour fe dérober aux témoignages
Publics d'obéiffance
& de refpect
qui fe doivent à la Grandeur de fon
Rang , & à l'attachement inviolable
qu'Elle a toujours eue pour la
Sainte Eglife Catôlique , Sa Sainteté
ne pouvant refifter à l'envie
qu'Elle avoit de donner à V. M.
des marques de fa bonté Paternelle
, m'a fait l'honneur de me
charger de fon Bref Pontifical ,
pour le préfenter à V. M. Aux
expreffions du S. P. qui font pleines
D'AVRIL.
179
de tendreffe , je dois encore ajoûter
qu'il ma donné ordre d'offrir à V.
M. les Places de cet Etat qui lui
feront les plus agréables pour y faire
fon Royal féjour ; l'affûrant de
plus de l'ardent défir que S. S.
a de procurer toutes fortes de fatisfactions
à vôtre Majeſté .
Aprés avoir eu le bonheur de lui
préfenter mes refpects , je prens encore
la liberté de lui demander
l'honneur de fa puiffante protection
pour toute ma Famille qui eft entiérement
dévoilée à fon fervice ,
& pour moy en particulier ; c'eft
avec le zele le plus ardent & la
plus profonde humilité que je fuplie
V.M.de m'accorder cette grace
qui comblera mes voeux , & me
mettra enétat de n'envier le fort de
perfonne.
Ce difcours a été accompagné de
rafraichiffemens de toute efpéce ,
il y en avoit la charge de cent Faquins
: aprés s'être arrêté deux jours
à Boulogne , il en partit le 15. &
arriva le lendemain à Caftel San
180 LE MERCURE
Pietro & de là à Pefaro où il fera
fon féjour. Le Cardinal Paracciani
fera fait Vicaire de Rome & cet
Evêché donné à un fimple Prelat ,
pour éviter le concours du cérémonial
: le Cardinal Gualterio eft attendu
ici
pour y faluer le Chevalier
de S. Georges.
COMPLIMENT
De D. Carlo Albani Neveu du
Pape , à Jacques III. Roy
d'Angleterre.
Uoyque la Modeftie Héroïque
de Vôtre Majesté l'ait
engagée à entrer dans l'Etat Ecclefiaftique
fous un nom inconnu ,
pour fe dérober aux témoignages
Publics d'obéiffance
& de refpect
qui fe doivent à la Grandeur de fon
Rang , & à l'attachement inviolable
qu'Elle a toujours eue pour la
Sainte Eglife Catôlique , Sa Sainteté
ne pouvant refifter à l'envie
qu'Elle avoit de donner à V. M.
des marques de fa bonté Paternelle
, m'a fait l'honneur de me
charger de fon Bref Pontifical ,
pour le préfenter à V. M. Aux
expreffions du S. P. qui font pleines
D'AVRIL.
179
de tendreffe , je dois encore ajoûter
qu'il ma donné ordre d'offrir à V.
M. les Places de cet Etat qui lui
feront les plus agréables pour y faire
fon Royal féjour ; l'affûrant de
plus de l'ardent défir que S. S.
a de procurer toutes fortes de fatisfactions
à vôtre Majeſté .
Aprés avoir eu le bonheur de lui
préfenter mes refpects , je prens encore
la liberté de lui demander
l'honneur de fa puiffante protection
pour toute ma Famille qui eft entiérement
dévoilée à fon fervice ,
& pour moy en particulier ; c'eft
avec le zele le plus ardent & la
plus profonde humilité que je fuplie
V.M.de m'accorder cette grace
qui comblera mes voeux , & me
mettra enétat de n'envier le fort de
perfonne.
Ce difcours a été accompagné de
rafraichiffemens de toute efpéce ,
il y en avoit la charge de cent Faquins
: aprés s'être arrêté deux jours
à Boulogne , il en partit le 15. &
arriva le lendemain à Caftel San
180 LE MERCURE
Pietro & de là à Pefaro où il fera
fon féjour. Le Cardinal Paracciani
fera fait Vicaire de Rome & cet
Evêché donné à un fimple Prelat ,
pour éviter le concours du cérémonial
: le Cardinal Gualterio eft attendu
ici
pour y faluer le Chevalier
de S. Georges.
Fermer
11
p. 180-181
De Vienne le 15 Avril 1717.
Début :
Le Poëte Rousseau si connu par ses Ouvrages, s'est acquis [...]
Mots clefs :
Poète, Esprit, Opéra, Troupe italienne, Prince, Vienne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Vienne le 15 Avril 1717.
De Vienne le 15 Avril 1717 .
Le Poëte Rouffeau fi connu par
fes Ouvrages , s'eſt acquis la réputation
d'un Homme de beaucoup
d'Efprit dans cette Cour. Il la doit
en partie aux Remarques critiques
qu'il fit fur un Opera Italien , intitulé
CONSTANTIN , qui fut joué
le 19 Novembre , en préfence de
Leurs Majeftés Impériales ; le Poëte
y ayant trouvé plufieurs défauts con .
fidérables , communiqua fes réflexions
aux Chefs de la Troupe Italienne
, qui fçurent fi bien en profiter
, que tout le monde s'apperçût
du changement dans la
Repréſentation
fuivante ; ce qui
lui
D'AVRIL. 181
lui attira beaucoup d'égards de la
part de L. M. I. du Prince Emanuel
de Portugal , & de tous les
Minifties Etrangers qui font à
Vienne .
Le Poëte Rouffeau fi connu par
fes Ouvrages , s'eſt acquis la réputation
d'un Homme de beaucoup
d'Efprit dans cette Cour. Il la doit
en partie aux Remarques critiques
qu'il fit fur un Opera Italien , intitulé
CONSTANTIN , qui fut joué
le 19 Novembre , en préfence de
Leurs Majeftés Impériales ; le Poëte
y ayant trouvé plufieurs défauts con .
fidérables , communiqua fes réflexions
aux Chefs de la Troupe Italienne
, qui fçurent fi bien en profiter
, que tout le monde s'apperçût
du changement dans la
Repréſentation
fuivante ; ce qui
lui
D'AVRIL. 181
lui attira beaucoup d'égards de la
part de L. M. I. du Prince Emanuel
de Portugal , & de tous les
Minifties Etrangers qui font à
Vienne .
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12
p. 181-182
De Rotterdam le 4 Avril.
Début :
Le séjour de leurs Majestés Czarienes s'est abbrégé contre [...]
Mots clefs :
Tsar, Remparts, Princesse, Bâtiment, Troupes, Culture, Rotterdam
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rotterdam le 4 Avril.
De
Rotterdam le 4 Avril.
Le féjour de leurs
Majeftés
Czarienes s'eft abbrégé contie nôtre
attente. Le Czat étant parti fur les
fept heures du matin pour Middelbourg
au bruit du Canon de
nos
Remparts . La Czarine n'a pas
été
acceffible pendant le féjour
qu'elle a fait ici. C'eft une belle
Princeffe , d'une taille bien prife
& au deffus de la médiocre , l'oeil vif
& ouvert , les fourcils & les cheveux
de
couleur de geay , l'air
doux, & dans fes manieres une forte
de décence dégagée des
affetteries
&
mignardifes
Européannes. Le
Czar s'eft promené par tous les Canaux
dans une Chaloupe découverte
, admirant une Ville que la Nature
&
l'induftrie ont percée de tou-
Avril 1717.
e
182 LE MERCURE
tes parts à l'avantage du Commerce.
Ce Prince s'étoit choifi un Logement
fur les BOOMTIES , pour avoir
la pleine vûe de la Meuze
qui rend nôtre Port fi magnifique
& fi commode. S. M. Cz. fe plaît
à garder quelquefois l'incognito
pour voir le train de tout ce qui fe
pafle en public & le particulier de
ce qui fe trame de plus curieux.
Ayant apperçu un Batiment Anglois
, d'une structure légere , il en
apprit toutes les dimentions jufques
à la groffeur des cordages , &
a déffiné une nouvelle maniére
d'affût qui tient le Canon en
équilibre. Rien n'échape au coup
d'oeil du Czar ; c'eft ainfi que ce
Prince tire ufage de fes momens de
loifir pour le bien de fon Empire.
Lui feul a formé une Marine puiffante
, des Troupes aguérries , un
Commerce fort étendu en un mot
la Culture la plus précieuſe , c'eſtà-
dire celle des Efprits , par l'introduction
des Arts & Fabriques
à la convenance de fon Païs .
Rotterdam le 4 Avril.
Le féjour de leurs
Majeftés
Czarienes s'eft abbrégé contie nôtre
attente. Le Czat étant parti fur les
fept heures du matin pour Middelbourg
au bruit du Canon de
nos
Remparts . La Czarine n'a pas
été
acceffible pendant le féjour
qu'elle a fait ici. C'eft une belle
Princeffe , d'une taille bien prife
& au deffus de la médiocre , l'oeil vif
& ouvert , les fourcils & les cheveux
de
couleur de geay , l'air
doux, & dans fes manieres une forte
de décence dégagée des
affetteries
&
mignardifes
Européannes. Le
Czar s'eft promené par tous les Canaux
dans une Chaloupe découverte
, admirant une Ville que la Nature
&
l'induftrie ont percée de tou-
Avril 1717.
e
182 LE MERCURE
tes parts à l'avantage du Commerce.
Ce Prince s'étoit choifi un Logement
fur les BOOMTIES , pour avoir
la pleine vûe de la Meuze
qui rend nôtre Port fi magnifique
& fi commode. S. M. Cz. fe plaît
à garder quelquefois l'incognito
pour voir le train de tout ce qui fe
pafle en public & le particulier de
ce qui fe trame de plus curieux.
Ayant apperçu un Batiment Anglois
, d'une structure légere , il en
apprit toutes les dimentions jufques
à la groffeur des cordages , &
a déffiné une nouvelle maniére
d'affût qui tient le Canon en
équilibre. Rien n'échape au coup
d'oeil du Czar ; c'eft ainfi que ce
Prince tire ufage de fes momens de
loifir pour le bien de fon Empire.
Lui feul a formé une Marine puiffante
, des Troupes aguérries , un
Commerce fort étendu en un mot
la Culture la plus précieuſe , c'eſtà-
dire celle des Efprits , par l'introduction
des Arts & Fabriques
à la convenance de fon Païs .
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13
p. 183-184
A Cartagene le 12 Avril 1717.
Début :
On a appris par l'arrivée d'un Batiment François dans ce Port, [...]
Mots clefs :
Bâtiment, Commandant, Troupes, Maures, Retranchement , Garnison, Cartagène
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Cartagene le 12 Avril 1717.
A Cartagene le 12 Avril. 1717.
On a appris par l'arrivée d'un
Batiment François dans ce Port
le détail de l'Action qui s'eft paffée
le 12 Mars dernier à Ceuta . Le 、
Commandant de cette Place ayant
fait tirer un retranchement devant
la fauffe Braye, à la portée du Moufquet
, l'avoit fait fortifier de quatre
Redoutres gardées par 30 hommes
chacune . La nuit du 11 au 12 ,
les Maures au nombre de 6 mille ,
s'en approcherent fans être découverts
, & à la petite pointe du jour
ils les attaquerent & en emporterent
deux d'affaut , les deux reftantes
s'étant deffenduës jufques à huit
heures , furent pareillement emportées.
Les Troupes qui étoient
dans ces redoutes & ce retranchement,
ayant été obligées de fe retirer
dans la fauffe Braye , les Maures
enflés de ce premier fuccés , s'avancerent
pour l'attaquer , ils y entrerent
même & commençoient à s'y
Qij
184 LE MERCURE
loger : mais fur le midi , le Commandant
avec des Troupes d'élite
les attaqua fi vigoureuſement , qu’-
il les força de regagner avec précipitation
les retranchemens , d'où
ils furent encore délogés , & contrains
de fe retirer dans la derniere
confufion. Ils ont perdu dans ces
differentes attaques plus de 4000
hommes tués ou bleffés. la Garniſon
n'a û en toutes ces diverfes Actions ,
que So hommes tués & 120 de
bleflès .
On a appris par l'arrivée d'un
Batiment François dans ce Port
le détail de l'Action qui s'eft paffée
le 12 Mars dernier à Ceuta . Le 、
Commandant de cette Place ayant
fait tirer un retranchement devant
la fauffe Braye, à la portée du Moufquet
, l'avoit fait fortifier de quatre
Redoutres gardées par 30 hommes
chacune . La nuit du 11 au 12 ,
les Maures au nombre de 6 mille ,
s'en approcherent fans être découverts
, & à la petite pointe du jour
ils les attaquerent & en emporterent
deux d'affaut , les deux reftantes
s'étant deffenduës jufques à huit
heures , furent pareillement emportées.
Les Troupes qui étoient
dans ces redoutes & ce retranchement,
ayant été obligées de fe retirer
dans la fauffe Braye , les Maures
enflés de ce premier fuccés , s'avancerent
pour l'attaquer , ils y entrerent
même & commençoient à s'y
Qij
184 LE MERCURE
loger : mais fur le midi , le Commandant
avec des Troupes d'élite
les attaqua fi vigoureuſement , qu’-
il les força de regagner avec précipitation
les retranchemens , d'où
ils furent encore délogés , & contrains
de fe retirer dans la derniere
confufion. Ils ont perdu dans ces
differentes attaques plus de 4000
hommes tués ou bleffés. la Garniſon
n'a û en toutes ces diverfes Actions ,
que So hommes tués & 120 de
bleflès .
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14
p. 103-106
« Toutes les Lettres de Vienne roulent sur l'application du Conseil, [...] »
Début :
Toutes les Lettres de Vienne roulent sur l'application du Conseil, [...]
Mots clefs :
Vienne, Conseil, Armée, Empire, Terreur, Paix, Offensive, Prince, Bataille, Forteresse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Toutes les Lettres de Vienne roulent sur l'application du Conseil, [...] »
Toutes les Lettres de Vienne
roulent fur l'application du
Confeil , à prendre de juftes mefures
, pour la Campagne prochaine
, & à profiter des hûreux
fuccez qu'ont ûs les Armées de
l'Empereur , l'an paffe , qui ont
porté la terreur par tout l'Empire
Ottoman , & .dont le Divan redoute
les fuittes , avec raifon. En effet
, partagé comme il eft , entre
la crainte & l'efpérance , animé
d'un côté par certains Miniftres ,
qui trouvent leurs interêts à la
104
LE MERCURE
continuation de la Guerre , intimidé
de l'autre , par les cris & les
lamentations des Peuples , qui ne
refpirent que la Paix , & commencent
à prévoir les fuites d'une Rupture
, qui ne leur peut être que
fatale. A quoi peut il fe déterminer
? flotant de cette maniere entre
deux extrémités. Il eft difficile de
fe former un plan fixe ; c'eft ce
qui donne lieu à fon irréfolution ,
& oblige fouvent le Confeil de
Guerre , a'changer de Batterie . Il
n'en eft pas de même de celui de
l'Empereur. Toutes les voix y concourent
à l'offenfive , toutes les
mefures font prifes pour l'ecuter
d'une maniere efficace ; il ne
s'agit que de l'endroit le plus con -1
venable , pour porter le coup mortel
à l'Empire Ottoman. C'est làdeffus
que délibérent les Miniftres
du Confeil Impérial . Quelqu'uns
veulent que le Prince Eugene de
Savoye marchera avec la principale
Armée , du côté de Belgrade,
pendant qu'un Corps Corps de 50000
DE MAY.
105
Hommes, fous le Comte de Merci
reftera aux environs de Témeſvvar
, juſqu'à ce qu'on voye ,
fi les Turcs s'oppoferont au Siége
de Belgrade. D'autres veulent que
le Prince Eugene ne paffera pas la
Save , mais bien le Danube , pour
éxécuter de ce côté-là , un deffein
important , avant que de s'attacher
à Belgrade. Un troifiéme parti
fait revivre l'ancien projet , qui
eft , de hazarder une Bataille à l'ouverture
de la Campagne ; & en cas
qu'on la gagne , de s'emparer d'un
Paffage confidérable , près du Danube
, & aux environs d'Andrinople
. On s'emparera en même
tems , d'une Fortereffe réguliére
du côté de la Dalmatie ; ce qui
feroit le moyen de couper Belgrade
, & de le faire tomber en le
privant des fecours , qui ne lui peu
vent venir que de fort loin. Ce
projet a quelque fondement , parce
que l'Armée Impérialle a fes
derriéres à couvert , par la prife.
de Temefvvar,&qu'elle peut tirer
›
106 LE MERCURE
la fubfiftance néceffaire de la Moldavie
, & de la Valachie . Le
Tems nous fera voir quel plan on
fuivra.
roulent fur l'application du
Confeil , à prendre de juftes mefures
, pour la Campagne prochaine
, & à profiter des hûreux
fuccez qu'ont ûs les Armées de
l'Empereur , l'an paffe , qui ont
porté la terreur par tout l'Empire
Ottoman , & .dont le Divan redoute
les fuittes , avec raifon. En effet
, partagé comme il eft , entre
la crainte & l'efpérance , animé
d'un côté par certains Miniftres ,
qui trouvent leurs interêts à la
104
LE MERCURE
continuation de la Guerre , intimidé
de l'autre , par les cris & les
lamentations des Peuples , qui ne
refpirent que la Paix , & commencent
à prévoir les fuites d'une Rupture
, qui ne leur peut être que
fatale. A quoi peut il fe déterminer
? flotant de cette maniere entre
deux extrémités. Il eft difficile de
fe former un plan fixe ; c'eft ce
qui donne lieu à fon irréfolution ,
& oblige fouvent le Confeil de
Guerre , a'changer de Batterie . Il
n'en eft pas de même de celui de
l'Empereur. Toutes les voix y concourent
à l'offenfive , toutes les
mefures font prifes pour l'ecuter
d'une maniere efficace ; il ne
s'agit que de l'endroit le plus con -1
venable , pour porter le coup mortel
à l'Empire Ottoman. C'est làdeffus
que délibérent les Miniftres
du Confeil Impérial . Quelqu'uns
veulent que le Prince Eugene de
Savoye marchera avec la principale
Armée , du côté de Belgrade,
pendant qu'un Corps Corps de 50000
DE MAY.
105
Hommes, fous le Comte de Merci
reftera aux environs de Témeſvvar
, juſqu'à ce qu'on voye ,
fi les Turcs s'oppoferont au Siége
de Belgrade. D'autres veulent que
le Prince Eugene ne paffera pas la
Save , mais bien le Danube , pour
éxécuter de ce côté-là , un deffein
important , avant que de s'attacher
à Belgrade. Un troifiéme parti
fait revivre l'ancien projet , qui
eft , de hazarder une Bataille à l'ouverture
de la Campagne ; & en cas
qu'on la gagne , de s'emparer d'un
Paffage confidérable , près du Danube
, & aux environs d'Andrinople
. On s'emparera en même
tems , d'une Fortereffe réguliére
du côté de la Dalmatie ; ce qui
feroit le moyen de couper Belgrade
, & de le faire tomber en le
privant des fecours , qui ne lui peu
vent venir que de fort loin. Ce
projet a quelque fondement , parce
que l'Armée Impérialle a fes
derriéres à couvert , par la prife.
de Temefvvar,&qu'elle peut tirer
›
106 LE MERCURE
la fubfiftance néceffaire de la Moldavie
, & de la Valachie . Le
Tems nous fera voir quel plan on
fuivra.
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15
p. 106-107
De Berlin, le 15 May.
Début :
L'Etablissement de l'Académie que feu Mr le Baron de [...]
Mots clefs :
Académie, Décès, Monuments, Discours, Tsar, Sciences, Manuscrit
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Berlin, le 15 May.
De Berlin , le 15 May.
L'Etabliſſement de l'Académie
que feu M Baron de Leibniz
a voulu ériger ici , fur le modéle
de celle de Paris , fera
apparemment
fans fuccez ,,
par
la mort
imprévûë de ce Grand Homme .
S. M. I. lui avoir donné une Penfion
annuelle de 2000 Florins.
Cet Hommefi diftingué dans tous
les genres de Littératures , a laiffé
plufieurs Monumens. Un Dialogue
, pour éclaircir certains endroits
de la Théodicée; un Difcours
au Prince Eugene , fur les Exercices
Militaires ; un autre au Czar ,
pour faire fleurir les Sciences & les
Arts en Mofcovie. Il travailloit à
la Langue Univerfelle , quand il
eft mort. Il étoit tout occupé d'Etimologies
& deNoms : Son HiDE
MAY.
107
•
ftoire de la Famille Royale d'Hanovre
fera beaucoup de bruit. On
prétend qu'il a démeflé des cho-
Les qui étoient fort obfcures dans
l'origine des Peuples
Il prouve qu'Attila a été un
grand Roy & un grand Sçavant ,
que le Xe Siécle n'a pas eré un
Tems d'ignorance , mais un Siécle
trés-éclairé , du moins en Allemagne.
Il a laiffé un petit Manufcrit
de la Méthode , par Mr Defcartes ..
Ce Manufcrit n'a jamais été imprimé
& il en contient une
bien différente de celle que Mr
Defcartes a fuivie dans fa Philofophie.
>
Il a donné trop aux Idées , &
trop peu à l'Experience ; on fait à
préfent tout le contraire , on donne
tout à l'expérience , & fort peu
aux Idées. On a raifon ; par cette
.voye , on a fort avancé la Philofophie.
L'Etabliſſement de l'Académie
que feu M Baron de Leibniz
a voulu ériger ici , fur le modéle
de celle de Paris , fera
apparemment
fans fuccez ,,
par
la mort
imprévûë de ce Grand Homme .
S. M. I. lui avoir donné une Penfion
annuelle de 2000 Florins.
Cet Hommefi diftingué dans tous
les genres de Littératures , a laiffé
plufieurs Monumens. Un Dialogue
, pour éclaircir certains endroits
de la Théodicée; un Difcours
au Prince Eugene , fur les Exercices
Militaires ; un autre au Czar ,
pour faire fleurir les Sciences & les
Arts en Mofcovie. Il travailloit à
la Langue Univerfelle , quand il
eft mort. Il étoit tout occupé d'Etimologies
& deNoms : Son HiDE
MAY.
107
•
ftoire de la Famille Royale d'Hanovre
fera beaucoup de bruit. On
prétend qu'il a démeflé des cho-
Les qui étoient fort obfcures dans
l'origine des Peuples
Il prouve qu'Attila a été un
grand Roy & un grand Sçavant ,
que le Xe Siécle n'a pas eré un
Tems d'ignorance , mais un Siécle
trés-éclairé , du moins en Allemagne.
Il a laiffé un petit Manufcrit
de la Méthode , par Mr Defcartes ..
Ce Manufcrit n'a jamais été imprimé
& il en contient une
bien différente de celle que Mr
Defcartes a fuivie dans fa Philofophie.
>
Il a donné trop aux Idées , &
trop peu à l'Experience ; on fait à
préfent tout le contraire , on donne
tout à l'expérience , & fort peu
aux Idées. On a raifon ; par cette
.voye , on a fort avancé la Philofophie.
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16
p. 108-111
De Rome, le 4 May.
Début :
L'Ecrivain Syrien de la Biblioteque du Vatican, Envoyé par le Pape [...]
Mots clefs :
Pape, Livres, Histoire des martyrs, Théologie, Dispute, Histoire, Égypte, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rome, le 4 May.
De Rome , le 4 May.
L'Ecrivain
Syrien de la Biblioteque
du › Envoyé par
le Pape en Egipte & en Syrie, en eft
revenu avec 150 Msc choifis.
Ent'autres , on voit le pretieux
Livre d'Eufebe de Céfarée , tant
défiré , & recherché de toute l'Antiquité
, c'est- à- dire , fon Martyrologe
, ou l'Hiftoire des Martyrs . Il
eft en Syriaque , & d'une Antiquité
d'environ 1000 ans . On a eu
S. Ephrem fur tout le Vieux Teftament.
Deux Peres Anecdotes ,
S. Jacques Evêque de Sarug : Ses
Homélies font un Tome in-fol.
Syriaq . & S. Jacques de Nifibi ;
bien des Collections de Canons .
Parmi les Msc . Arabes , il y en
a de fort bens en fait d'Hiftoire ,
de Géographie , de Théologie Arabe
, de Médecine , de Morale , de
Mathématique . Le Livre d'Eufebe
fera le premier à paroître au jour :
Enfuite, les autres viendront peutêtre
[
"
DE MAY. 109
être , fur les rangs. Le Pape veut
renvoyer le même homme dans
deux ans d'ici , en Méfopotamamie
, où il y a apparence qu'ii
fera une meilleure & plus riche
récolte. On va donc bien - tôt imprimer
Eufebe , & un Ouvrage .
Anecdote d'Avicenne , qui eſt une
courte explication de ce qu'il a
écrit ailleurs plus au long. Je fouhaite
furtout qu'on imprime les
Livres Hiftoriques, comme une ancienneChronique
d'Egypte, une autre
d'Alep & de Damas , une Hiftoire
des Sarrazins , les Lettres
des Sévériens & leur Hiftoire ' ,
la Difpute d'un Neftorien ,
un Ortodoxe & c . J'ay appris aujourd'hui
la datte du Livre d'Eufebe.
Il est écrit , ou achevé l'année
de l'Ere d'Antioche 521. ( 475 de
J. C. ) au mois de Nifan , feria 4 .
Je ne me fouviens pas du quantiéme
du mois. Le Pape alla le Mardi
gras , avec bien des Cardinaux à
la Vaticane , voir ces Livres , qu'on
avoit placé fur une grande Table.
May 1717.
K
avec
110 LE MERCURE
y
avoit au milieu , un Crocodile
mort , un Cédre du Mont-Liban
, une Noix d'Egypte , une des
Pierres d'une Montagne près de
Damas , lefquelles ont toutes , un
poiffon empreint , de couleur noire
& en relief : Le Sirien en a apporté
quatre.
Don Alexandro Albani a û la
mortification de fignifier à Dona
Maria Bernardina fa mere , de fortir
de Rome , par ordre du S. Pere ,
qui l'a releguée à Caftel , jufqu'à
nouvelle ordre ; cette difgrace eft
attribuée à quelques Mémoriaux
qu'on jetta dans le caroffe de Sa
Sainteté , par lefquels on fe plaint
de cette Dame , entre autres chofes
, d'avoir pris fans payer , à un
Cabaretier de Rome , quelques
Jambons & autres bagatelles de
cette nature , quoique le S. Pere
fonbeau-frere, lui donne vingt - cinq
Ecus par mois .
Dimanche 2 , le Pape fit la Cérémonie
de l'Incoronation d'une
Madona Miraculenta , à San Pietro
1
DE MAY. III
་
in Montorio , en faveur des Francifcains
, qui ne font pas fort aifés.
L'Ecrivain
Syrien de la Biblioteque
du › Envoyé par
le Pape en Egipte & en Syrie, en eft
revenu avec 150 Msc choifis.
Ent'autres , on voit le pretieux
Livre d'Eufebe de Céfarée , tant
défiré , & recherché de toute l'Antiquité
, c'est- à- dire , fon Martyrologe
, ou l'Hiftoire des Martyrs . Il
eft en Syriaque , & d'une Antiquité
d'environ 1000 ans . On a eu
S. Ephrem fur tout le Vieux Teftament.
Deux Peres Anecdotes ,
S. Jacques Evêque de Sarug : Ses
Homélies font un Tome in-fol.
Syriaq . & S. Jacques de Nifibi ;
bien des Collections de Canons .
Parmi les Msc . Arabes , il y en
a de fort bens en fait d'Hiftoire ,
de Géographie , de Théologie Arabe
, de Médecine , de Morale , de
Mathématique . Le Livre d'Eufebe
fera le premier à paroître au jour :
Enfuite, les autres viendront peutêtre
[
"
DE MAY. 109
être , fur les rangs. Le Pape veut
renvoyer le même homme dans
deux ans d'ici , en Méfopotamamie
, où il y a apparence qu'ii
fera une meilleure & plus riche
récolte. On va donc bien - tôt imprimer
Eufebe , & un Ouvrage .
Anecdote d'Avicenne , qui eſt une
courte explication de ce qu'il a
écrit ailleurs plus au long. Je fouhaite
furtout qu'on imprime les
Livres Hiftoriques, comme une ancienneChronique
d'Egypte, une autre
d'Alep & de Damas , une Hiftoire
des Sarrazins , les Lettres
des Sévériens & leur Hiftoire ' ,
la Difpute d'un Neftorien ,
un Ortodoxe & c . J'ay appris aujourd'hui
la datte du Livre d'Eufebe.
Il est écrit , ou achevé l'année
de l'Ere d'Antioche 521. ( 475 de
J. C. ) au mois de Nifan , feria 4 .
Je ne me fouviens pas du quantiéme
du mois. Le Pape alla le Mardi
gras , avec bien des Cardinaux à
la Vaticane , voir ces Livres , qu'on
avoit placé fur une grande Table.
May 1717.
K
avec
110 LE MERCURE
y
avoit au milieu , un Crocodile
mort , un Cédre du Mont-Liban
, une Noix d'Egypte , une des
Pierres d'une Montagne près de
Damas , lefquelles ont toutes , un
poiffon empreint , de couleur noire
& en relief : Le Sirien en a apporté
quatre.
Don Alexandro Albani a û la
mortification de fignifier à Dona
Maria Bernardina fa mere , de fortir
de Rome , par ordre du S. Pere ,
qui l'a releguée à Caftel , jufqu'à
nouvelle ordre ; cette difgrace eft
attribuée à quelques Mémoriaux
qu'on jetta dans le caroffe de Sa
Sainteté , par lefquels on fe plaint
de cette Dame , entre autres chofes
, d'avoir pris fans payer , à un
Cabaretier de Rome , quelques
Jambons & autres bagatelles de
cette nature , quoique le S. Pere
fonbeau-frere, lui donne vingt - cinq
Ecus par mois .
Dimanche 2 , le Pape fit la Cérémonie
de l'Incoronation d'une
Madona Miraculenta , à San Pietro
1
DE MAY. III
་
in Montorio , en faveur des Francifcains
, qui ne font pas fort aifés.
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17
p. 170-172
« Les Lettres de Venise du 11 de ce mois portent, qu'on [...] »
Début :
Les Lettres de Venise du 11 de ce mois portent, qu'on [...]
Mots clefs :
Venise, Flotte espagnole, Noblesse, Maison d'Autriche, Vaisseaux, Prince, Gouvernement, Troupes, Victoire, Réjouissances
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texteReconnaissance textuelle : « Les Lettres de Venise du 11 de ce mois portent, qu'on [...] »
L
de ce Es Lettres de Veniſe du 1
mois portent, qu'on commençoit à
paroître fort intrigué ſur les Projets
de la Flote d'Eſpagne. La Nobleffe
publie hautement que la République
étoit prête d'exécuter le dernier Traité
Alliance conclu avec la Maiſon d'Autriche
, en vertu duquel le Sénat s'eſt
cugagé de fournir 4000 hommes & un
certain nombre de Vaiſſeaux à l'Empereur,
files Etats que ce Prince pofféde
en Italie , étoient attaqués par quelque
autre Puiſſance pendant la Caerre
DE SEPTEMBRE. 171
Ge
10
%
t
i
$
du Turc. Ce ſecours doit être même
plus oumoins conſidérable ſelon le lieu
l'Emper. ſera attaqué. LesChefs du
gouvernement ont interrogé le Capello
qui eſt revenu depuis peu de la Reſidence
de Naples ,touchant les ſentimens
des Peuples de ce Royaume
il leur a répondu qu'il croyoit que ſi
les Eſpagnols s'en approchoient , il y
auroit dans ce Pays-là un ſoulevement
preſque générale en leur faveur : Que
deux jours auparavant , on avoit reçû
un Courier de Corfou , avec des Lertres
du Capitaine Général,datrées du
27Aouft, qui portoient que les Turcs
aſſembloient un Corps de Troupes &
qu'ayant avec eux du Canon , il érot
craindre qu'ils n'euffent formé le
deſſeinde faire le Siége de cette Place .
Que ceſoupçon étoit confirmé par le
voiſinagede leurFlote qui s'approchoit
du Zante au nombre de 48 voiles carées,
dont 8 Galéres & 14 demie Galé
res ou Galiotes s'étoient même avancées
juſqu'aux Ifles de Sapienza. Difficilement
lesVénitiens pourront- ils s'oppoſer
à cette entrepriſe.
א
Le peuple a fait ici de grands Feus
de joye , à l'occafion de la Victoire
Pij
172 LE MERCURE
remportée par l'Armée du Prince Eugéne
fur celle des Turcs : Ily a lieu de
préſumer que le Prince Eugene profitant
de la terreur où ils sont , s'avancera
vers Nilla & au delà : Que par des
détachemens , il s'emparera de la Boſnie,&
en fera couler juſque ſur la Côte
du Golphe Adriatique , pour ſerendre
maître de Santary ,deDulcigno & autres
lieux ; afin d'établir par ce Golphe
une communication avec le Royaume
de Naples & l'Italie : Cette grande
Victoire a fait changer la réſolution
priſe de faire paffer 3000 hommes de
Dalmatie au Levant .
de ce Es Lettres de Veniſe du 1
mois portent, qu'on commençoit à
paroître fort intrigué ſur les Projets
de la Flote d'Eſpagne. La Nobleffe
publie hautement que la République
étoit prête d'exécuter le dernier Traité
Alliance conclu avec la Maiſon d'Autriche
, en vertu duquel le Sénat s'eſt
cugagé de fournir 4000 hommes & un
certain nombre de Vaiſſeaux à l'Empereur,
files Etats que ce Prince pofféde
en Italie , étoient attaqués par quelque
autre Puiſſance pendant la Caerre
DE SEPTEMBRE. 171
Ge
10
%
t
i
$
du Turc. Ce ſecours doit être même
plus oumoins conſidérable ſelon le lieu
l'Emper. ſera attaqué. LesChefs du
gouvernement ont interrogé le Capello
qui eſt revenu depuis peu de la Reſidence
de Naples ,touchant les ſentimens
des Peuples de ce Royaume
il leur a répondu qu'il croyoit que ſi
les Eſpagnols s'en approchoient , il y
auroit dans ce Pays-là un ſoulevement
preſque générale en leur faveur : Que
deux jours auparavant , on avoit reçû
un Courier de Corfou , avec des Lertres
du Capitaine Général,datrées du
27Aouft, qui portoient que les Turcs
aſſembloient un Corps de Troupes &
qu'ayant avec eux du Canon , il érot
craindre qu'ils n'euffent formé le
deſſeinde faire le Siége de cette Place .
Que ceſoupçon étoit confirmé par le
voiſinagede leurFlote qui s'approchoit
du Zante au nombre de 48 voiles carées,
dont 8 Galéres & 14 demie Galé
res ou Galiotes s'étoient même avancées
juſqu'aux Ifles de Sapienza. Difficilement
lesVénitiens pourront- ils s'oppoſer
à cette entrepriſe.
א
Le peuple a fait ici de grands Feus
de joye , à l'occafion de la Victoire
Pij
172 LE MERCURE
remportée par l'Armée du Prince Eugéne
fur celle des Turcs : Ily a lieu de
préſumer que le Prince Eugene profitant
de la terreur où ils sont , s'avancera
vers Nilla & au delà : Que par des
détachemens , il s'emparera de la Boſnie,&
en fera couler juſque ſur la Côte
du Golphe Adriatique , pour ſerendre
maître de Santary ,deDulcigno & autres
lieux ; afin d'établir par ce Golphe
une communication avec le Royaume
de Naples & l'Italie : Cette grande
Victoire a fait changer la réſolution
priſe de faire paffer 3000 hommes de
Dalmatie au Levant .
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18
p. 172-173
A Rome le 7 Septembre 1717.
Début :
Le Comte de Galas Ambassadeur de l'Empereur, eut le 25 du [...]
Mots clefs :
Ambassadeur, Empereur, Comte, Troupes, Conquête, Victoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 7 Septembre 1717.
ARome le 7 Septembre 1717
Le Comte de Galas Ambaſſadeur
de l'Empereur , eut le 25 du paſſe, Audiance
du Pape , à qui il ſignifia qu'il
eût à trouver bon que l'Empereur fit
couler des Troupes dans le Royaunie
de Naples par l'Etat Ecclefiaftique ,
n'ayant pas d'autre route à leur faire
renir: Cette propoſition a dû embaraffer
le S. Pere. S. M. I. a donné
ordre à ce qu'on affûre , de faire paffer
25000 hommes dans le Milanois , dont
une partie confifte en Troupes SaxoDE
SEPTEMBRE 173
nes. Selon toutes les apparences,leRoy
deſpagne bornera ſa Conquête à la
Sardaigne ;& nous n'avons pas avis
qu'il faſſe aucune tentative pour ſe
rendre maître de Naples. On prépare
au Château S.Ange une Girandole ,
en réjouiſſance de la Victoire remportée
ſur les Turcs :Elle ſe tirera le jour
qu on chantera leTe Deum.
Le Comte de Galas Ambaſſadeur
de l'Empereur , eut le 25 du paſſe, Audiance
du Pape , à qui il ſignifia qu'il
eût à trouver bon que l'Empereur fit
couler des Troupes dans le Royaunie
de Naples par l'Etat Ecclefiaftique ,
n'ayant pas d'autre route à leur faire
renir: Cette propoſition a dû embaraffer
le S. Pere. S. M. I. a donné
ordre à ce qu'on affûre , de faire paffer
25000 hommes dans le Milanois , dont
une partie confifte en Troupes SaxoDE
SEPTEMBRE 173
nes. Selon toutes les apparences,leRoy
deſpagne bornera ſa Conquête à la
Sardaigne ;& nous n'avons pas avis
qu'il faſſe aucune tentative pour ſe
rendre maître de Naples. On prépare
au Château S.Ange une Girandole ,
en réjouiſſance de la Victoire remportée
ſur les Turcs :Elle ſe tirera le jour
qu on chantera leTe Deum.
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19
p. 131-141
A Malthe le 8 Octobre 1717.
Début :
Comme on n'a pas esté exactement informé des évenemens / Nous sortîmes de Malthe le 3 de Juin avec deux des [...]
Mots clefs :
Vaisseaux, Capitaine, Turcs, Ennemis, Galères, Vénitiens, Malte, Navires, Armée, Combat, Religion, Corfou, Canons
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texteReconnaissance textuelle : A Malthe le 8 Octobre 1717.
Omme on n'a pas esté exactement
qui fe font paffés pendant cette Campagne,
entre les Flotes Venitiennes & Turques
; peut - être me faura- t- on gré que
j'en donne ici un Journal plus fidele que
ce qui a paru dans les Gazettes.. It
a efté traduit fur une Lettre Italienne,
écritepar un Chevalier à un de ſes amis :
On reconnoîtrafans peine qu'il n'avance
aucun fait dont il n'ait eftétémoin , ou
dont il n'ait efté parfaitement inftruit.
NOUVELLES ETRANGERES.
N
A Malthe le8 Octobre 1717.
OUS fortîmes de Malthe lez
de Juin avec deux des Vaiffeaux
de la Religion.
Le 16 du même mois , nous arrivâmes
à Corfon où étoit le rendez - vous
de la Flote Vénitienne : Nous la trouvâmes
cependant partie, pour gagner les
Bouches de Conftantinople ,fur un faux
avis que les Turcs ne pouvant pas trou132
LEMERCURE
ver de monde pour armer leurs Vaiffeaux
, étoient hors d'état de fe mettre:
en Mer. M. le Bailly de Belle - Fontaine
Lieutenant Général des Vaiffeaux
du Roy de France , nommé par le
Grand- Maître & le Pape , pour commander
les Auxiliaires , prévoyant cequi
artiveroit de cette Manoeuvre à
contre tems , dit hautement que ces
Vaifleaux alloient fe faire battre aux
Dardanelles ; qu'il eftoit un peu furpris
que ces Meffieurs ûffent manqué de leur
prudence ordinaire dans cette occafion ,
par trop d'impatience ; qu'ils devoient
bien attendre au moins la jonction des
fecours qui n'auroient point êté de trop.
V
Nous avions trouvé en effet à Corfou
, outre les Vaiffeaux Portugais avec
deux Brulots , les 5. Galeres de la Réligion
, les 5. autres du Pape , avec les
deux du grand Duc & toutes celles de
Veniſe..
Le 21. nous partîmes tous enfemble
pour les Zantès : Le 25. nous moüillâmes
à la Rade de ces ifles . Le 29. nous
apprîmes apres midi, que les Venitiens
êtant arrivés à l'entrée des Dardanelles
, s'en étoient retirés fort précipi- :
tamment ; après avoir laiffé leurs An- ¸
DE NOVEMBRE. 133
cres & leurs Cables aux Ifles de Ténédos
où ils ne faifoient que de moüiller .
Il leur a fallu effuyer deux combâts
confécutifs ; preſque toûjours en fuyant
devant la flotte Ottomane . M. de Frangini
fort brave homme d'ailleurs , mais,
aïant peu de capacité pour le metier
de la Mer ,fut tué dans l'i pemiere action
. M. Diedo l'a templacé dans la
même fonction d'Amira ' . Nous continuâmes
nôtre route pour nous joindre à
l'Armée Venitienne , qui s'êtoit retirée
entre la Candie & la Morée , Païs de
Maniotes qui font des Sauvages fous
la domination des Turcs. Le 2. Juillet ,
nous nous joignîmes avec la flore Venitienne
,réduite dans un pitoyable êtar,
êtapt fort délabrée & manquant de tour .
Le 4. nous apperçûmes les Vaiffeaux
ennemis, pourfuivans toûjours les Venitiens
Nous nous préparâmes au combat
le refte du jour & de la nuit . Le s .
à 8 heures du matin,ils vinrent fur nous
& nous gagnerent le vent : Nous nous
vîmes abandonnés en moins de z. heures
de toutes nos Galeres , dans le tems
que nos Vaiffeaux en avoient le plus
de befoin ,êtant en bonace , & que nous
êtions à 2. portées de Canon des En134
LE MERCURE
nemis. Les 8. Galeres Turques au contraire,
ne s'écarterent point de leurs Sultanes
ou Vaiff. quarrés. Hûreufement il
nous vint un peu de vent ; nous en profitâmes
& nous êtant mis en ligne
les Turcs déployerent leurs Pavillons ,
& nous , les nôtres aprés . Mais , ces Barbares
ayant reconnû que la flote chrêtienne
avoit reçû 10 Vaiff. de renfort ,ils
n'oferent pas nous attaquer ; ils fe contenterent
de tenir le vent. Noustachâmes
de le leur gagner , fans y avoir pû.
réuffir. Le 6. nous vîmes les Ennemis
qui fe retiroient & qui allerent moüiller
à Coron. Pour nous autres , nous
reftântes jufqu'au 13. dans les mêmes
eaux,ayant toûjours ûles vents contraires
& toûjours en vue des Ottomans.
Il ne nous auroit pas fallu plus de 12 .
heures de bon tems, pour regagner les
Zantes où nous nous ferions raccommodés
: Nous prîmes le parti d'aborder
au Golfe de Paflava , pour y faite
de l'Eau ; il n'y en avoit pas pour 24.
heures dans chaque Navire des Venitiens
, qui pour l'épargner , n'en diſtribuoient
à chaque homme que 2. verres
par jour : Jugés de l'extremité où nous
êtions , quand on penfe que nous toûDE
NOVEMBRE.
135
chions au moment de périr de foif.Deux
jours aprés, nous retrouvâmes nos Galeres
& nos Généraux .
•
Le 14 Juillet , eftant entrez dans le
Golfe de Paffava , nous apperçûmes
9 Barbarefques qui nous prenant pour
leurs gens , vinrent s'affaier fur la terre:
Elles fe détromperent bien- tôt , & nous
ayant reconnu , elles fortirent précipitamment
de leur -Taniere fur les s
heures du foir. Nous les chaffâmes inutilement
, nous y étant pris trop tard .
Nous fimes nôtre eau, aprés avoir pris
la précaution de mettre à terre 4000
hommes , à caufe que c'eft Pays de
Turquie.
Il y ût des Capitaines des Vaiffeaux
Vénitiens , qui nous avoüerent qu'il
y avoit un jour que l'eau leur manquoit.
Le 16 , une Chaloupe Vénitienne fe fauva
avec fon équipage & alla fe rendre
aux Turcs , auxquels elle découvrit la
fituation facheufe où l'Armée fe trouvoir.
LesEnnemis en ayant profité , le 18 ,
nous les reconûmes venans à toute voile
fur nous . Nous appareillâmes & nous
nous préparâmes toute la nuit au cobat .
Le19 , à la pointe du jour ,nous découvrîmes
de nôtre avant , leurs voiles , à deux
136 LE MERCURE
lieuës de nos Navires: Ayant le vent fur
nous , nous êtendîmes nôtre ligne tant
bien que mal : M. de Belle - Fontainecommandoit
l'arriere Garde de la Flote
avec les Auxiliaires . Les Vénitiens qui
avoient l'Avant- Garde, commencerent
à tirer à 8 heures du matin : Pour notre
Arriere- Garde , elle ne fit fes décharges
qu'à 9 heures , que les Ennemis
n'étoient qu'à demie-portée de canon
de nous. Le Corps de bataille des
Turcs , & tous les Amiraux tomberent
en même tems fur elle. Ils virent un
autre feu que celui des Vénitiens ; nôcanon
alloit comme la moufqueterie ,
Les Portugais , dont deux de leurs
Vaiffeaux eftoient de 80piéces de canon
, en ayant furtout de 36 livres de
balles à leur premiere batterie , y firent
des merveilles : Le Navire que montoit
M. de Belle - Fontaine , tira en quatre
heures 1250 coups de canon , & fit
revirer de bord l'Amiral Turc qui n'en
voulut plus tâter. Comme les Ennemis
tenoient le vent , & qu'ils nous avoient
enfoncez dans le Golphe de Paffava
tout à fait fur la terre ; M. de Belle-
Fontaine envoya dire par le Major à
l'Amiral Vénitien de revirer
les
DE NOVEMBRE. 137
les vents nous ayant adonez ; &
de couper l'Armée Turque en deux ;-
ce qui fut heureufement exécuté dans
le moment : Les Turcs pour lors , fe
crûrent entierement perdus ; nous
fimes feu des deux bords ; tout rioit
pour gagner une Bataille complette &
abimer la Marine Turque ; mais , cette
efperance ne dura pás long - tems ,
car , contre toute attente , l'avant - garde
alla fe remettre tout en Peloton
fous le vent des Ennemis , où nous nous
trouvâmes en bonace les uns fur les
autres. Il eft comme indubitable , que
files Turcs avoient efté gens experimentés
>
ils n'avoient qu'à envoyer
deux ou 3. Brulots , & toute la flore
chrêtienne auroit efté dévorée par les
flammes . Enfin às heures du foir , le
Combât finit Nos Galeres pendant l'action,
refterent toûjours fous le vent , fans
pouvoir tirer un feul coup , fe mertans .
à l'abri de nos Vaiffeaux du côté qu'ils
ne tiroient point. Toute nôtre Armée a
efté fort maltraitée ; mais , en revanche
, celle des Ennemis n'a gueres
moins fouffert que la nôtre . Pour les
Venitiens, ils avoient déja efté fort endommagés
dans les deux premiers
M
138
LE MERCURE
combâts. Il faut avouer que les Turcs
êtoient plus forts que nous , ayant so.
Navires , & nous 35. en tout. Les premiers
avoient des canons de nouvelle
invention , qui pouffoient des Boulets
de marbre , gros comme des bombes de
400. livres; ce qui abimoit un Vaiffeau ;
auffi , nôtre flote faifoit - elle pitié . On
ne voyoit que Mats , Voiles , Corps de
Navires brifés , Bras , Jambes emportées,
& Cadavres jonchés . Nous avons û
3000. hommes de tués ou bleffés dans
cette journée.
Le lendemain 20. les deux Armées
êtant reftées dans le Golfe de Paſſava ,
demeurerent tranquilles & dans l'inaction.
Nous travaillâmes à nous raccom
moder toute la journée. Le 21. manqua
de nous être bien funefte ; puifqu'à 7 .
heures du matin , nous vîmes revirer
les Turcs fur nous , pour nous rattaquer
de nouveau , s'êtant raccommodés dans
leurs ports & rafraichis de monde.Nous
voulûmes nous mettre en ligne , mais ,
la moitié de nôtre Armée fe trouva en
bonace. A 2. heures aprés midi , il s'éleva
un gros vent de Nord- Ouëft qui
nous démâta 7. de nos plus gros Na-..
vires. Quelle êtrange extremité ? Etre
DE NOVEMBRE.
139
nous
en vue des Ennemis , à portée & demie
de canon, & dans la crainte à chaqueinftant
d'en être écrafés , fans pouvoir
prefque fe deffendre : Voilà qu'elle
etoit nôtre fituation . Nous prîmes le
parti le plus fûr , qui eftoit de gagner
le large. Il ne tenoit qu'à ces Barbares
de nous enlever 4. Vaiffeaux qui
reftoient de l'arriere-garde ; cependant,
ils n'en firent rien , n'ayant pas. fû profiter
de l'occafion . Nous manoeuvrames
fi bien que le jour ayant baiffé ,
nous fauvâmes à la faveur des ténébres
; nous ûmes toute la nuit, le vent
trés frais avec une groffe Mer. Toute
la flotte qui avoit fa mâture endommagée
, êtoit occupée à remorquer des
Navires démâtés . Le lendemain 22 .
nous nous trouvâmes à 15. lieuës de
Terre , les Galéres s'en allant , vent
arriere , du côté de la Candie . Le foir ,
le vent manqua , & ayant fait nos fignaux
de reconnoiffance nous nous
ralliames .
,
Depuis le 23 Juillet , jufqu'au 3 Août
que nous découvrîmes du Cap Paffaro,
la Sicile ; nous n'avions point vû de
terre , tant nous apprehendions les Côtes.
Miij
140 LE MERCURE
Le 12 Aouft , les Portugais prirent
congé de l'Armée des Vénitiens , ne
paroiffans pas contens de ces derniers.
Le 13, nous moüillâmes à Corfou,où
nos Galéres nous avoient précédez.
Ce qu'on aura peine à croire , c'eſt que
malgré tous les défordres du dernier
combat , nous avons trouvé , aprez le
compte fait de nos Bâtimens , que nous
n'en avions pas perdu un feul.
Depuis le 17 jufqu'au 26 , on répara
tant bien que mal , le dommage reçû .
Le 26 , les Galéres de la Religion êtant
parties pour Malthe avec 300 malades ,
nous appareillâmes pour les Zantes , où
nous moüillames le 30 .
Le premier Septembre , les Galéres
de Venife nous y joignirent .
Le 26 du mefme mois , le Tonnerre:
tomba à huit heures de matin fur un
Navire de Malthe. Il brifa le Mât de
Mizaine , tua quatre hommes , & en
brûla 20. Il est étonnant qu'il n'ait pas
mis le feu aux poudres ; mais , ce qu'il
y a de plus furprenant , c'eft qu'il foit
retombé à huit heures du foir fur le
mefme Bâtiment ; eftant entré par un
Sabord , & refforti dans l'inſtant par
l'autre , fans caufer aucun dommage :
DE NOVEMBRE. 14 %
Il fe tranfporta de là fur un Vaiffeau
Vénitien , où il tua hommes , & le
démâta de fes Mats de Hune.
Le 30 Septembre , les Vaiffeaux de
l'Ordre fortirent desZantes ,pour ſe rendre
à Malthe , où ils abordérent. Le 7
Octobre , un de ces meſmes Navires repart
pour ramener M. de Bellefontaine
à Toulon.
qui fe font paffés pendant cette Campagne,
entre les Flotes Venitiennes & Turques
; peut - être me faura- t- on gré que
j'en donne ici un Journal plus fidele que
ce qui a paru dans les Gazettes.. It
a efté traduit fur une Lettre Italienne,
écritepar un Chevalier à un de ſes amis :
On reconnoîtrafans peine qu'il n'avance
aucun fait dont il n'ait eftétémoin , ou
dont il n'ait efté parfaitement inftruit.
NOUVELLES ETRANGERES.
N
A Malthe le8 Octobre 1717.
OUS fortîmes de Malthe lez
de Juin avec deux des Vaiffeaux
de la Religion.
Le 16 du même mois , nous arrivâmes
à Corfon où étoit le rendez - vous
de la Flote Vénitienne : Nous la trouvâmes
cependant partie, pour gagner les
Bouches de Conftantinople ,fur un faux
avis que les Turcs ne pouvant pas trou132
LEMERCURE
ver de monde pour armer leurs Vaiffeaux
, étoient hors d'état de fe mettre:
en Mer. M. le Bailly de Belle - Fontaine
Lieutenant Général des Vaiffeaux
du Roy de France , nommé par le
Grand- Maître & le Pape , pour commander
les Auxiliaires , prévoyant cequi
artiveroit de cette Manoeuvre à
contre tems , dit hautement que ces
Vaifleaux alloient fe faire battre aux
Dardanelles ; qu'il eftoit un peu furpris
que ces Meffieurs ûffent manqué de leur
prudence ordinaire dans cette occafion ,
par trop d'impatience ; qu'ils devoient
bien attendre au moins la jonction des
fecours qui n'auroient point êté de trop.
V
Nous avions trouvé en effet à Corfou
, outre les Vaiffeaux Portugais avec
deux Brulots , les 5. Galeres de la Réligion
, les 5. autres du Pape , avec les
deux du grand Duc & toutes celles de
Veniſe..
Le 21. nous partîmes tous enfemble
pour les Zantès : Le 25. nous moüillâmes
à la Rade de ces ifles . Le 29. nous
apprîmes apres midi, que les Venitiens
êtant arrivés à l'entrée des Dardanelles
, s'en étoient retirés fort précipi- :
tamment ; après avoir laiffé leurs An- ¸
DE NOVEMBRE. 133
cres & leurs Cables aux Ifles de Ténédos
où ils ne faifoient que de moüiller .
Il leur a fallu effuyer deux combâts
confécutifs ; preſque toûjours en fuyant
devant la flotte Ottomane . M. de Frangini
fort brave homme d'ailleurs , mais,
aïant peu de capacité pour le metier
de la Mer ,fut tué dans l'i pemiere action
. M. Diedo l'a templacé dans la
même fonction d'Amira ' . Nous continuâmes
nôtre route pour nous joindre à
l'Armée Venitienne , qui s'êtoit retirée
entre la Candie & la Morée , Païs de
Maniotes qui font des Sauvages fous
la domination des Turcs. Le 2. Juillet ,
nous nous joignîmes avec la flore Venitienne
,réduite dans un pitoyable êtar,
êtapt fort délabrée & manquant de tour .
Le 4. nous apperçûmes les Vaiffeaux
ennemis, pourfuivans toûjours les Venitiens
Nous nous préparâmes au combat
le refte du jour & de la nuit . Le s .
à 8 heures du matin,ils vinrent fur nous
& nous gagnerent le vent : Nous nous
vîmes abandonnés en moins de z. heures
de toutes nos Galeres , dans le tems
que nos Vaiffeaux en avoient le plus
de befoin ,êtant en bonace , & que nous
êtions à 2. portées de Canon des En134
LE MERCURE
nemis. Les 8. Galeres Turques au contraire,
ne s'écarterent point de leurs Sultanes
ou Vaiff. quarrés. Hûreufement il
nous vint un peu de vent ; nous en profitâmes
& nous êtant mis en ligne
les Turcs déployerent leurs Pavillons ,
& nous , les nôtres aprés . Mais , ces Barbares
ayant reconnû que la flote chrêtienne
avoit reçû 10 Vaiff. de renfort ,ils
n'oferent pas nous attaquer ; ils fe contenterent
de tenir le vent. Noustachâmes
de le leur gagner , fans y avoir pû.
réuffir. Le 6. nous vîmes les Ennemis
qui fe retiroient & qui allerent moüiller
à Coron. Pour nous autres , nous
reftântes jufqu'au 13. dans les mêmes
eaux,ayant toûjours ûles vents contraires
& toûjours en vue des Ottomans.
Il ne nous auroit pas fallu plus de 12 .
heures de bon tems, pour regagner les
Zantes où nous nous ferions raccommodés
: Nous prîmes le parti d'aborder
au Golfe de Paflava , pour y faite
de l'Eau ; il n'y en avoit pas pour 24.
heures dans chaque Navire des Venitiens
, qui pour l'épargner , n'en diſtribuoient
à chaque homme que 2. verres
par jour : Jugés de l'extremité où nous
êtions , quand on penfe que nous toûDE
NOVEMBRE.
135
chions au moment de périr de foif.Deux
jours aprés, nous retrouvâmes nos Galeres
& nos Généraux .
•
Le 14 Juillet , eftant entrez dans le
Golfe de Paffava , nous apperçûmes
9 Barbarefques qui nous prenant pour
leurs gens , vinrent s'affaier fur la terre:
Elles fe détromperent bien- tôt , & nous
ayant reconnu , elles fortirent précipitamment
de leur -Taniere fur les s
heures du foir. Nous les chaffâmes inutilement
, nous y étant pris trop tard .
Nous fimes nôtre eau, aprés avoir pris
la précaution de mettre à terre 4000
hommes , à caufe que c'eft Pays de
Turquie.
Il y ût des Capitaines des Vaiffeaux
Vénitiens , qui nous avoüerent qu'il
y avoit un jour que l'eau leur manquoit.
Le 16 , une Chaloupe Vénitienne fe fauva
avec fon équipage & alla fe rendre
aux Turcs , auxquels elle découvrit la
fituation facheufe où l'Armée fe trouvoir.
LesEnnemis en ayant profité , le 18 ,
nous les reconûmes venans à toute voile
fur nous . Nous appareillâmes & nous
nous préparâmes toute la nuit au cobat .
Le19 , à la pointe du jour ,nous découvrîmes
de nôtre avant , leurs voiles , à deux
136 LE MERCURE
lieuës de nos Navires: Ayant le vent fur
nous , nous êtendîmes nôtre ligne tant
bien que mal : M. de Belle - Fontainecommandoit
l'arriere Garde de la Flote
avec les Auxiliaires . Les Vénitiens qui
avoient l'Avant- Garde, commencerent
à tirer à 8 heures du matin : Pour notre
Arriere- Garde , elle ne fit fes décharges
qu'à 9 heures , que les Ennemis
n'étoient qu'à demie-portée de canon
de nous. Le Corps de bataille des
Turcs , & tous les Amiraux tomberent
en même tems fur elle. Ils virent un
autre feu que celui des Vénitiens ; nôcanon
alloit comme la moufqueterie ,
Les Portugais , dont deux de leurs
Vaiffeaux eftoient de 80piéces de canon
, en ayant furtout de 36 livres de
balles à leur premiere batterie , y firent
des merveilles : Le Navire que montoit
M. de Belle - Fontaine , tira en quatre
heures 1250 coups de canon , & fit
revirer de bord l'Amiral Turc qui n'en
voulut plus tâter. Comme les Ennemis
tenoient le vent , & qu'ils nous avoient
enfoncez dans le Golphe de Paffava
tout à fait fur la terre ; M. de Belle-
Fontaine envoya dire par le Major à
l'Amiral Vénitien de revirer
les
DE NOVEMBRE. 137
les vents nous ayant adonez ; &
de couper l'Armée Turque en deux ;-
ce qui fut heureufement exécuté dans
le moment : Les Turcs pour lors , fe
crûrent entierement perdus ; nous
fimes feu des deux bords ; tout rioit
pour gagner une Bataille complette &
abimer la Marine Turque ; mais , cette
efperance ne dura pás long - tems ,
car , contre toute attente , l'avant - garde
alla fe remettre tout en Peloton
fous le vent des Ennemis , où nous nous
trouvâmes en bonace les uns fur les
autres. Il eft comme indubitable , que
files Turcs avoient efté gens experimentés
>
ils n'avoient qu'à envoyer
deux ou 3. Brulots , & toute la flore
chrêtienne auroit efté dévorée par les
flammes . Enfin às heures du foir , le
Combât finit Nos Galeres pendant l'action,
refterent toûjours fous le vent , fans
pouvoir tirer un feul coup , fe mertans .
à l'abri de nos Vaiffeaux du côté qu'ils
ne tiroient point. Toute nôtre Armée a
efté fort maltraitée ; mais , en revanche
, celle des Ennemis n'a gueres
moins fouffert que la nôtre . Pour les
Venitiens, ils avoient déja efté fort endommagés
dans les deux premiers
M
138
LE MERCURE
combâts. Il faut avouer que les Turcs
êtoient plus forts que nous , ayant so.
Navires , & nous 35. en tout. Les premiers
avoient des canons de nouvelle
invention , qui pouffoient des Boulets
de marbre , gros comme des bombes de
400. livres; ce qui abimoit un Vaiffeau ;
auffi , nôtre flote faifoit - elle pitié . On
ne voyoit que Mats , Voiles , Corps de
Navires brifés , Bras , Jambes emportées,
& Cadavres jonchés . Nous avons û
3000. hommes de tués ou bleffés dans
cette journée.
Le lendemain 20. les deux Armées
êtant reftées dans le Golfe de Paſſava ,
demeurerent tranquilles & dans l'inaction.
Nous travaillâmes à nous raccom
moder toute la journée. Le 21. manqua
de nous être bien funefte ; puifqu'à 7 .
heures du matin , nous vîmes revirer
les Turcs fur nous , pour nous rattaquer
de nouveau , s'êtant raccommodés dans
leurs ports & rafraichis de monde.Nous
voulûmes nous mettre en ligne , mais ,
la moitié de nôtre Armée fe trouva en
bonace. A 2. heures aprés midi , il s'éleva
un gros vent de Nord- Ouëft qui
nous démâta 7. de nos plus gros Na-..
vires. Quelle êtrange extremité ? Etre
DE NOVEMBRE.
139
nous
en vue des Ennemis , à portée & demie
de canon, & dans la crainte à chaqueinftant
d'en être écrafés , fans pouvoir
prefque fe deffendre : Voilà qu'elle
etoit nôtre fituation . Nous prîmes le
parti le plus fûr , qui eftoit de gagner
le large. Il ne tenoit qu'à ces Barbares
de nous enlever 4. Vaiffeaux qui
reftoient de l'arriere-garde ; cependant,
ils n'en firent rien , n'ayant pas. fû profiter
de l'occafion . Nous manoeuvrames
fi bien que le jour ayant baiffé ,
nous fauvâmes à la faveur des ténébres
; nous ûmes toute la nuit, le vent
trés frais avec une groffe Mer. Toute
la flotte qui avoit fa mâture endommagée
, êtoit occupée à remorquer des
Navires démâtés . Le lendemain 22 .
nous nous trouvâmes à 15. lieuës de
Terre , les Galéres s'en allant , vent
arriere , du côté de la Candie . Le foir ,
le vent manqua , & ayant fait nos fignaux
de reconnoiffance nous nous
ralliames .
,
Depuis le 23 Juillet , jufqu'au 3 Août
que nous découvrîmes du Cap Paffaro,
la Sicile ; nous n'avions point vû de
terre , tant nous apprehendions les Côtes.
Miij
140 LE MERCURE
Le 12 Aouft , les Portugais prirent
congé de l'Armée des Vénitiens , ne
paroiffans pas contens de ces derniers.
Le 13, nous moüillâmes à Corfou,où
nos Galéres nous avoient précédez.
Ce qu'on aura peine à croire , c'eſt que
malgré tous les défordres du dernier
combat , nous avons trouvé , aprez le
compte fait de nos Bâtimens , que nous
n'en avions pas perdu un feul.
Depuis le 17 jufqu'au 26 , on répara
tant bien que mal , le dommage reçû .
Le 26 , les Galéres de la Religion êtant
parties pour Malthe avec 300 malades ,
nous appareillâmes pour les Zantes , où
nous moüillames le 30 .
Le premier Septembre , les Galéres
de Venife nous y joignirent .
Le 26 du mefme mois , le Tonnerre:
tomba à huit heures de matin fur un
Navire de Malthe. Il brifa le Mât de
Mizaine , tua quatre hommes , & en
brûla 20. Il est étonnant qu'il n'ait pas
mis le feu aux poudres ; mais , ce qu'il
y a de plus furprenant , c'eft qu'il foit
retombé à huit heures du foir fur le
mefme Bâtiment ; eftant entré par un
Sabord , & refforti dans l'inſtant par
l'autre , fans caufer aucun dommage :
DE NOVEMBRE. 14 %
Il fe tranfporta de là fur un Vaiffeau
Vénitien , où il tua hommes , & le
démâta de fes Mats de Hune.
Le 30 Septembre , les Vaiffeaux de
l'Ordre fortirent desZantes ,pour ſe rendre
à Malthe , où ils abordérent. Le 7
Octobre , un de ces meſmes Navires repart
pour ramener M. de Bellefontaine
à Toulon.
Fermer
20
p. 141-145
De Londres le 18 Novembre 1717.
Début :
On ne doute presque pas ici que le Roy, comme Electeur [...]
Mots clefs :
Électeur d'Hanovre, Traité d'alliance, Empereur, Guerre, Troupes, Milord, Roi, Cavalerie, Comte, Pape, Cour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres le 18 Novembre 1717.
De Londres le 18 Novembre 1717 .
le 'On ne doute prefque pas ici que
Roy , comme Electeur d'Hanovre ,
n'ait fait un Traité d'Alliance deffenfive
avec l'Empereur ; fuivant lequel ,
ce Prince doit donner du fecours à S.
M. I. qui eft préfentement attaquée en
Italie par le Roy d'Espagne . Comme
la Nation ne paroit nullement difpofée
à entrer dans cette guerre , dont la
feule déclaration feroit perdre la plus
confidérable branche de fon commerce ,
il n'y a pas d'apparence qu'elle rompe
fitôt avec les Efpagnols : Ainfi , on eft
perfuadé que fi le Roy veut fecourir
l'Empereur , il ne pourra le faire qu'avec
les Troupes de fon Electorat ; &
comme Roy d'Angleterre , il tâchera
avec les autres Puiffances , de regler
742 LE MERCURE.
les différents de ces deux Monarques ,
à l'amiable.
,
Le Lord Cadogan a êté confulté fur
la réduction des Troupes ; mais , cóntre
fon fentiment & celui du Comte
de Sunderland , les ordres ont êté ex-.
pédiés pour réformer inceffament
6300 hommes. Le Roi s'y eft déterminé
fur les rémontrances de Milord
Covvpert, qui a reprefenté à S. M. que
c'étoit le plus für moyen , pour fe
concilier l'affection des Peuples , qui
feroient convaincus par là , qu'elle a
plus de confiance en leur fidélité , que
dans la force d'ure Armée : Cependant
, le Parti oppofé à la Cour , ne témoigne
pas eftre fatisfait de cette réforme
; il prétend qu'elle n'eft
forme au Réglement qui fut fait du
tems du Roy Guillaume ; puifque les
Troupes qui refteroient aprés cette réduction
dans le Royaume , montéroient
encore à plus de 14000 hommes . Ce
Parti voudroit , que fuivant ce Réglement
, on caffât entiérement les nouveaux
Corps , & qu'on les réduifit à
7000 hommes feulement ; ce qui , felon
ces Meffieurs , eft d'une grande
conféquence ; puifqu'en ne réformanc
pas conDE
NOVEMBRE. 143
les Troupes que de dix hommes par
Gompagnies de Cavalerie , & de vingt
par celles d'Infanterie , les Corps n'en
reftent pas moins fur pied ; ce qui n'eft
pas néceffaire , difent -ils , avec d'autant
moins de raifon , que le Royaume
eft en Paix , & que d'ailleurs on a une
Flote pour la garde des Côtes . Ce Parti
prétend faire grand bruit là deffus , dans
le prochain Parlement ; mais , on eft
perfuadé que la Cour fera échouler le
projet de ces Mécontens.
On a êté furpris ici que Milord Cadogan
ait quitté fon Ambaffade de Hollande
, dans le tems qu'il y devoit faire
fon Entrée publique , pour laquelle tous
les préparatifs êtoient faits . On a appris
en même tems , que fon départ êtoit
fondéfur le refus que les E. G. ont fait ,
d'entrer conjointement avec la Cour
dans l'équipement d'une Flote contre
la Suéde , ou contre toute autre Puiſfance.
La Cour eſt tout à fait indignée contre
le Pape , de l'affront qui luy a efté
fait en la perfonne du Comte de Peterboroug
: Comme Pair d'Angleterre, elle
prétend qu'il luy en faffe fatisfaction.
Pour cet effet, elle a écrit au Comte de
144
LE MERCURE
Galafch Ambaffadeur de l'Empereur à
Rome , & l'a chargé de demander
en fon nom au Pontife : 10 , Qu'il air
à déclarer par un êcrit figné du Cardinal
Paulucci fon Secretaire , que ce
n'eft pas par fon ordre , que le Comte:
de Peterborough a êté arrêtè . 2 , Qu'il
fera punir le Cardinal Légat de Bologne
qui a donné l'ordre pour arrêter
ce Seigneur. 30 , Qu'il promettra qu'à«
l'avenir , aucun des Sujets de Sa Majefté
ne fera inquieté dans fes Etats , directement
ou indirectement , fous- pretexte
du Prétendant. 4º , Que le Pape
promettra de ne donner à l'avenir aucune
retraite , fecours , ni entretien , aut
Prétendant. 50 , Que fi le Pape refuſe
de donner cette fatisfaction , le Comte
de Galafch a ordre de luy déclarer que
Sa Majesté fait équiper une Efcadre de
Vailleaux, avec des Galiotes à bombes,
pour aller bobarder Civita- Vechia à fes
dépens. On affùre que le Roy a êcrit à
l'Empereur à ce fujet , pour qu'il donne
ordre à fon Ambaffadeur, d'exécuter la
Commiffion de Sa Majefté. Nos Politiques
prétendent que voilà une belle
occafion pour profiter de l'Armement
de huit Vaiffeaux de Guerre , & de deux
Galiotes
DE NOVEMBRE. 145
Galiotes à bombes ; puifqu'il pourra
fervir
à deux fins ; l'un contre le Pape ,
l'autre pour tenir la balance de ce
côté là , & pour empêcher que les Efpagnols
ne pouffent leurs conquêtes
plus avant en Italie , aprés la priſe de
Sardaigne : Mais , il y a grande apparence
que cette Efcadre ne fera pas
prête avant le Printems prochain ; peuteftre
que dans ce tems- là , la Cour de
Rome aura trouvé des moyens d'affoupir
cette affaire .
le 'On ne doute prefque pas ici que
Roy , comme Electeur d'Hanovre ,
n'ait fait un Traité d'Alliance deffenfive
avec l'Empereur ; fuivant lequel ,
ce Prince doit donner du fecours à S.
M. I. qui eft préfentement attaquée en
Italie par le Roy d'Espagne . Comme
la Nation ne paroit nullement difpofée
à entrer dans cette guerre , dont la
feule déclaration feroit perdre la plus
confidérable branche de fon commerce ,
il n'y a pas d'apparence qu'elle rompe
fitôt avec les Efpagnols : Ainfi , on eft
perfuadé que fi le Roy veut fecourir
l'Empereur , il ne pourra le faire qu'avec
les Troupes de fon Electorat ; &
comme Roy d'Angleterre , il tâchera
avec les autres Puiffances , de regler
742 LE MERCURE.
les différents de ces deux Monarques ,
à l'amiable.
,
Le Lord Cadogan a êté confulté fur
la réduction des Troupes ; mais , cóntre
fon fentiment & celui du Comte
de Sunderland , les ordres ont êté ex-.
pédiés pour réformer inceffament
6300 hommes. Le Roi s'y eft déterminé
fur les rémontrances de Milord
Covvpert, qui a reprefenté à S. M. que
c'étoit le plus für moyen , pour fe
concilier l'affection des Peuples , qui
feroient convaincus par là , qu'elle a
plus de confiance en leur fidélité , que
dans la force d'ure Armée : Cependant
, le Parti oppofé à la Cour , ne témoigne
pas eftre fatisfait de cette réforme
; il prétend qu'elle n'eft
forme au Réglement qui fut fait du
tems du Roy Guillaume ; puifque les
Troupes qui refteroient aprés cette réduction
dans le Royaume , montéroient
encore à plus de 14000 hommes . Ce
Parti voudroit , que fuivant ce Réglement
, on caffât entiérement les nouveaux
Corps , & qu'on les réduifit à
7000 hommes feulement ; ce qui , felon
ces Meffieurs , eft d'une grande
conféquence ; puifqu'en ne réformanc
pas conDE
NOVEMBRE. 143
les Troupes que de dix hommes par
Gompagnies de Cavalerie , & de vingt
par celles d'Infanterie , les Corps n'en
reftent pas moins fur pied ; ce qui n'eft
pas néceffaire , difent -ils , avec d'autant
moins de raifon , que le Royaume
eft en Paix , & que d'ailleurs on a une
Flote pour la garde des Côtes . Ce Parti
prétend faire grand bruit là deffus , dans
le prochain Parlement ; mais , on eft
perfuadé que la Cour fera échouler le
projet de ces Mécontens.
On a êté furpris ici que Milord Cadogan
ait quitté fon Ambaffade de Hollande
, dans le tems qu'il y devoit faire
fon Entrée publique , pour laquelle tous
les préparatifs êtoient faits . On a appris
en même tems , que fon départ êtoit
fondéfur le refus que les E. G. ont fait ,
d'entrer conjointement avec la Cour
dans l'équipement d'une Flote contre
la Suéde , ou contre toute autre Puiſfance.
La Cour eſt tout à fait indignée contre
le Pape , de l'affront qui luy a efté
fait en la perfonne du Comte de Peterboroug
: Comme Pair d'Angleterre, elle
prétend qu'il luy en faffe fatisfaction.
Pour cet effet, elle a écrit au Comte de
144
LE MERCURE
Galafch Ambaffadeur de l'Empereur à
Rome , & l'a chargé de demander
en fon nom au Pontife : 10 , Qu'il air
à déclarer par un êcrit figné du Cardinal
Paulucci fon Secretaire , que ce
n'eft pas par fon ordre , que le Comte:
de Peterborough a êté arrêtè . 2 , Qu'il
fera punir le Cardinal Légat de Bologne
qui a donné l'ordre pour arrêter
ce Seigneur. 30 , Qu'il promettra qu'à«
l'avenir , aucun des Sujets de Sa Majefté
ne fera inquieté dans fes Etats , directement
ou indirectement , fous- pretexte
du Prétendant. 4º , Que le Pape
promettra de ne donner à l'avenir aucune
retraite , fecours , ni entretien , aut
Prétendant. 50 , Que fi le Pape refuſe
de donner cette fatisfaction , le Comte
de Galafch a ordre de luy déclarer que
Sa Majesté fait équiper une Efcadre de
Vailleaux, avec des Galiotes à bombes,
pour aller bobarder Civita- Vechia à fes
dépens. On affùre que le Roy a êcrit à
l'Empereur à ce fujet , pour qu'il donne
ordre à fon Ambaffadeur, d'exécuter la
Commiffion de Sa Majefté. Nos Politiques
prétendent que voilà une belle
occafion pour profiter de l'Armement
de huit Vaiffeaux de Guerre , & de deux
Galiotes
DE NOVEMBRE. 145
Galiotes à bombes ; puifqu'il pourra
fervir
à deux fins ; l'un contre le Pape ,
l'autre pour tenir la balance de ce
côté là , & pour empêcher que les Efpagnols
ne pouffent leurs conquêtes
plus avant en Italie , aprés la priſe de
Sardaigne : Mais , il y a grande apparence
que cette Efcadre ne fera pas
prête avant le Printems prochain ; peuteftre
que dans ce tems- là , la Cour de
Rome aura trouvé des moyens d'affoupir
cette affaire .
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21
p. 145-147
De Vienne, le 5 Novembre.
Début :
Quoique les Turcs publient que la Porte sera des efforts [...]
Mots clefs :
Turcs, Campagne, Paix, Puissance, Forteresse, Députés, Prince Eugène, Duc, Troupes, Noblesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Vienne, le 5 Novembre.
De Vienne , les Novembre.
Quoique les Turcs publient que la
Porte fera des efforts étonnants , pour
agir offenfivement la Campagne prochaine
; il n'en eft pas moins vrai que
ces Infidéles recherchent la Paix avec
empreffement, & mefme fans la participation
d'aucune autre Puiffance . On
fçait que pour préliminaire , ils confentent
de céder Themefvvar , & tout le
côté Septentrional du Danube , juſqu'à
Belgrade . Mais , ils infitent extremément
fur la reftitution de cette derniére
Ville,qui leur tient fi fort au coeur,
que pour la ravoir , ils permetteront
Novembre
1717. N
146
LE
MERCURE
que l'Empereur puiffe conftruire deux
nouvelles Fortereffes fur le Danube ;
l'une , vis- à- vis Belgrade , & l'autre ,
où S. M. I. le trouvera bon. Pour cet
effet , ils offrent de lui payer un million
de Florins ; à condition cependant ,
que les Vénitiens ne feront point compris
dans ce Traité , ne voulans
leur rendre la Morée.
pas
Auffitôt que les Députez des Turcs
qui font à Belgrade , auront reçû de -la
Porte , une plus ample inftruction pour
traiter de la Paix . M. le Prince Eugéne
partira d'ici incognito pour s'y rendre .
En attendant , les Troupes Impériales
font actuellement occupées à s'êtendre
fur la droite par la Bofnie , en
tirant vers Triefte. On avance beaucoup
les nouveaux préparatifs , pour
attaquer de rechef Zvvornick , dont la
la fituation incommode fort nos Quartiers.
La Cour eft en Traité,pour prendre
à fon fervice 30000 hommes d'augmentation
de Troupes auxiliaires ,
qui lui font offertes par divers Princes
Allemagne ...
Les derniéres Lettres de
Hambourg
du dix de ce mois , portent que le Roy
de
Danemarck avance fort fes préparaDE
NOVEMBRE
147
tifs pour le meure de bonne heure
en Campagne avec une Armée de
fooo hommes : Que le Roy de Suéde
defon côté , qui a des Troupes nombreufes
& bien entretenues , ne perdpoint
de vûë fon deffein fur la Norwvege
, fe flatant d'y pouvoir faire
une invafion , à la faveur des glaces
prochaines.
Le Duc de Mexelbourg continue à
faire de nouvelles levées , pour aug
menter le nombre de fes Troupes. Il
prétend avoir fur pied une armée de
15000 hommes le Printes prochain.
On craint fort que cet Armement
n'ait d'autre objet , que fa Nobleffe ;
puifqu'il ne faut pas tant de monde
pour la réduire .
Quoique les Turcs publient que la
Porte fera des efforts étonnants , pour
agir offenfivement la Campagne prochaine
; il n'en eft pas moins vrai que
ces Infidéles recherchent la Paix avec
empreffement, & mefme fans la participation
d'aucune autre Puiffance . On
fçait que pour préliminaire , ils confentent
de céder Themefvvar , & tout le
côté Septentrional du Danube , juſqu'à
Belgrade . Mais , ils infitent extremément
fur la reftitution de cette derniére
Ville,qui leur tient fi fort au coeur,
que pour la ravoir , ils permetteront
Novembre
1717. N
146
LE
MERCURE
que l'Empereur puiffe conftruire deux
nouvelles Fortereffes fur le Danube ;
l'une , vis- à- vis Belgrade , & l'autre ,
où S. M. I. le trouvera bon. Pour cet
effet , ils offrent de lui payer un million
de Florins ; à condition cependant ,
que les Vénitiens ne feront point compris
dans ce Traité , ne voulans
leur rendre la Morée.
pas
Auffitôt que les Députez des Turcs
qui font à Belgrade , auront reçû de -la
Porte , une plus ample inftruction pour
traiter de la Paix . M. le Prince Eugéne
partira d'ici incognito pour s'y rendre .
En attendant , les Troupes Impériales
font actuellement occupées à s'êtendre
fur la droite par la Bofnie , en
tirant vers Triefte. On avance beaucoup
les nouveaux préparatifs , pour
attaquer de rechef Zvvornick , dont la
la fituation incommode fort nos Quartiers.
La Cour eft en Traité,pour prendre
à fon fervice 30000 hommes d'augmentation
de Troupes auxiliaires ,
qui lui font offertes par divers Princes
Allemagne ...
Les derniéres Lettres de
Hambourg
du dix de ce mois , portent que le Roy
de
Danemarck avance fort fes préparaDE
NOVEMBRE
147
tifs pour le meure de bonne heure
en Campagne avec une Armée de
fooo hommes : Que le Roy de Suéde
defon côté , qui a des Troupes nombreufes
& bien entretenues , ne perdpoint
de vûë fon deffein fur la Norwvege
, fe flatant d'y pouvoir faire
une invafion , à la faveur des glaces
prochaines.
Le Duc de Mexelbourg continue à
faire de nouvelles levées , pour aug
menter le nombre de fes Troupes. Il
prétend avoir fur pied une armée de
15000 hommes le Printes prochain.
On craint fort que cet Armement
n'ait d'autre objet , que fa Nobleffe ;
puifqu'il ne faut pas tant de monde
pour la réduire .
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22
p. 147-149
A Rome, le 11 Novembre 1717.
Début :
Le Pape tint Consistoire le 11 de l'autre mois. Tous les Cardinaux [...]
Mots clefs :
Pape, Consistoire, Cardinaux, Prince électoral, Empereur, Décès, Hommage, Chapelle
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome, le 11 Novembre 1717.
A Rome , le 11 Novembre 1717 .
Le Pape tint Confiftoire le 11 de l'autre
mois. Tous les Cardinaux , même
les abfens , avoient efté fommés de s'y
rendre. S. S. leur fit part de l'abiuration
du Prince Electoral de Saxe, faite
en 1712 à Bologne , entre les mains
du Cardinal Cafoni Legat pour lors..
dans cette Ville. C'eft le Prince mê
Nij
148 C LE MERCURE
me quia fupplié le S. P. par une Let.
tre du 28 Septembre de la rendre publique
: On ne doute pas que l'Empereur
ne prenne la défenfe du nouveau
Converti , contre toute Puiffance qui
voudroit lui nuire , ou l'attaquer fous ce
pretexte de changement de Religión.
Milord Peterborough eft toûjours
prifonnier au Fort Urbin, où il fe réjoüit
& fe divertit de fon mieux. On voudroit
bien l'élargir mais il s'y oppofe :
Come ce Seigneur fe croit trés offenfé, il
veut avoir une fatisfaction à l'avenant.
Le 25 du paffé, mourut le Cardinal
Grimaldi Gennois , né le 6 Décembre
1545. Le S. P. médite un voyage à
Urbin lieu de fa naiffance , où il verra
le Prétendant à qui il doit vifite : Il y
paroîtra avec tout l'éclat de la Papauté.
Il a épargné à ce deffein les frais de
trois Villegiatures ; & c'eft pour cela
à ce qu'on affûre ,qu'il ne va point cette
année, à Caftel- Gandolphe : Chemin faifant
, il vifitera Nôtre- Dame de Lorette ,
à qui il deftine pour hommage , les
Queues de cheval nouvellement conquifes
fur les Turcs. Il est arrivé de
France un Courier extraordiniare ; il
eftoit porteur d'un Edit fameux, qui fait
DE NOVEMBRE.. 149
défenfe deparler de la Conftitution.
Quelque inftance qu'ait pû faire M.
le Cardinal de la Tremoille auprés du
Pape , il n'a pû obtenir l'Indult pour
Befançon ; quoique M. l'Abbé de Mornay
défigné pour cet Archevêché , foit
agréable à cette Cour.
Nous fommes dans l'attente , d'un
Confiftoire, pour voir fi M. de ... fera
fait enfin Cardinal : Le Pape s'y eft engagé
de parole trop pofitivement , en
difant de ce Prélat , vederà che fono
galant-huomo,
Le 4 de Novembre , le Pape tint Chapelle
dans l'Eglife de S.
Milanois , dont S. M. I.
Charles des
porte
le nom .
Le Pape tint Confiftoire le 11 de l'autre
mois. Tous les Cardinaux , même
les abfens , avoient efté fommés de s'y
rendre. S. S. leur fit part de l'abiuration
du Prince Electoral de Saxe, faite
en 1712 à Bologne , entre les mains
du Cardinal Cafoni Legat pour lors..
dans cette Ville. C'eft le Prince mê
Nij
148 C LE MERCURE
me quia fupplié le S. P. par une Let.
tre du 28 Septembre de la rendre publique
: On ne doute pas que l'Empereur
ne prenne la défenfe du nouveau
Converti , contre toute Puiffance qui
voudroit lui nuire , ou l'attaquer fous ce
pretexte de changement de Religión.
Milord Peterborough eft toûjours
prifonnier au Fort Urbin, où il fe réjoüit
& fe divertit de fon mieux. On voudroit
bien l'élargir mais il s'y oppofe :
Come ce Seigneur fe croit trés offenfé, il
veut avoir une fatisfaction à l'avenant.
Le 25 du paffé, mourut le Cardinal
Grimaldi Gennois , né le 6 Décembre
1545. Le S. P. médite un voyage à
Urbin lieu de fa naiffance , où il verra
le Prétendant à qui il doit vifite : Il y
paroîtra avec tout l'éclat de la Papauté.
Il a épargné à ce deffein les frais de
trois Villegiatures ; & c'eft pour cela
à ce qu'on affûre ,qu'il ne va point cette
année, à Caftel- Gandolphe : Chemin faifant
, il vifitera Nôtre- Dame de Lorette ,
à qui il deftine pour hommage , les
Queues de cheval nouvellement conquifes
fur les Turcs. Il est arrivé de
France un Courier extraordiniare ; il
eftoit porteur d'un Edit fameux, qui fait
DE NOVEMBRE.. 149
défenfe deparler de la Conftitution.
Quelque inftance qu'ait pû faire M.
le Cardinal de la Tremoille auprés du
Pape , il n'a pû obtenir l'Indult pour
Befançon ; quoique M. l'Abbé de Mornay
défigné pour cet Archevêché , foit
agréable à cette Cour.
Nous fommes dans l'attente , d'un
Confiftoire, pour voir fi M. de ... fera
fait enfin Cardinal : Le Pape s'y eft engagé
de parole trop pofitivement , en
difant de ce Prélat , vederà che fono
galant-huomo,
Le 4 de Novembre , le Pape tint Chapelle
dans l'Eglife de S.
Milanois , dont S. M. I.
Charles des
porte
le nom .
Fermer
23
p. 206-207
A Rome le 9. Novembre.
Début :
Le Cardinal Gualterio est de retour d'Urbin, où il a fait sa [...]
Mots clefs :
Cardinal, Chasse, Seigneur, Liberté, Marquis, Voyages, Ennemis
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texteReconnaissance textuelle : A Rome le 9. Novembre.
SUITE
DES NOUVELLES ETRANGERES.
A Rome le 9. Novembre.
E Cardinal Gualterio est de retour
LeCabina a
> où il a fait fa Cour
pendant 10 jours au - Prétendant , qui
vit affez retiré ; ne prenant d'autre
plaifir que celui de la Chaffe du Liévre
dans le Parc des Capucins , & de
manger avec les Seigneurs de fa fuite .
Milord Peterborough et enfin forti
de fa prifon par ordre de ce Prince ,
& a efté remis en liberté .
Avant hier , M. le Marquis de Ste
Croix reçût le Diplôme Imperial , qui
lui donne le rang & la qualité de Frince
du S. Empire .
c'eft
Depuis 4 jours , nous poffédons une
Dame Françoife , célébre par la fingularité
de fa vie & de fes
voyages ;
Madame de ... Elle cherche maifon
à louer On ne s'empreffe pas beau-
1
DE NOVEMBRE. 207
*
coup ici à lui faire la cour ; le tems
en eft paffé , & il n'en eft pas de la
beauté comme de la réputation , qu'on
repare aifément dans cette fainte Cité.
Pendant le féjour que cette Dame a fair
ici , lors d'un autre Voyage , fes charmes
& fes agrêmens lui avoient attiré
beaucoup d'ennemies: Comme elles en
appréhendent encore l'effet , on croit
qu'elles travaillent fous main , à faire
enforte que le S. Pere lui donne fon
congé.
DES NOUVELLES ETRANGERES.
A Rome le 9. Novembre.
E Cardinal Gualterio est de retour
LeCabina a
> où il a fait fa Cour
pendant 10 jours au - Prétendant , qui
vit affez retiré ; ne prenant d'autre
plaifir que celui de la Chaffe du Liévre
dans le Parc des Capucins , & de
manger avec les Seigneurs de fa fuite .
Milord Peterborough et enfin forti
de fa prifon par ordre de ce Prince ,
& a efté remis en liberté .
Avant hier , M. le Marquis de Ste
Croix reçût le Diplôme Imperial , qui
lui donne le rang & la qualité de Frince
du S. Empire .
c'eft
Depuis 4 jours , nous poffédons une
Dame Françoife , célébre par la fingularité
de fa vie & de fes
voyages ;
Madame de ... Elle cherche maifon
à louer On ne s'empreffe pas beau-
1
DE NOVEMBRE. 207
*
coup ici à lui faire la cour ; le tems
en eft paffé , & il n'en eft pas de la
beauté comme de la réputation , qu'on
repare aifément dans cette fainte Cité.
Pendant le féjour que cette Dame a fair
ici , lors d'un autre Voyage , fes charmes
& fes agrêmens lui avoient attiré
beaucoup d'ennemies: Comme elles en
appréhendent encore l'effet , on croit
qu'elles travaillent fous main , à faire
enforte que le S. Pere lui donne fon
congé.
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24
p. 207-208
A Vienne du 19 Novembre.
Début :
Depuis quelques jours, la Cour est remplie du bruit, que [...]
Mots clefs :
Cour, Mariages, Prince électoral, Flotte marchande
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texteReconnaissance textuelle : A Vienne du 19 Novembre.
A Vienne du 19 Novembre.
Depuis quelques jours , la Cour eft
remplie du bruit , que Sa Majesté Imperiale
a rejettée les propofitions de
Paix des Turcs. On travaille avec
chaleur aux préparatifs de Guerre d'Italie
, dont le fuccez cependant , dépend
de la commiffion de M. Bendenrieder
à Londres. On parle auffi beaucoup
des mariages de deux Archi- Ducheffes
, dont on compte l'un affûré
avec le Prince Electoral de Saxe , &
l'autre avec le Prince Electoral de Baviere.
Le Prince Infant de Portugal
s'eft retiré en Boheme ; il y restera
jufqu'au départ du Prince de Saxe , રે
208 LE MERCURE
caufe du cérémonial . On continue la
démolition de Wifmar avec force , &
on eft occupé à embarquer l'Artillerie
de cette Place , fuivant le partage
que les Rois d'Angleterre , de Dane .
marck & de Pruffe en ont fait . La Flote
Marchande d'Angleterre eft arrivée
hier ici ; elle eſt repartie aujourd'hui
pour retourner en Angleterre ; elle
feia efcortée par quelques Vaiffeaux
de Guerre Anglois qui l'attendent au
Sund depuis quelque tems.
Depuis quelques jours , la Cour eft
remplie du bruit , que Sa Majesté Imperiale
a rejettée les propofitions de
Paix des Turcs. On travaille avec
chaleur aux préparatifs de Guerre d'Italie
, dont le fuccez cependant , dépend
de la commiffion de M. Bendenrieder
à Londres. On parle auffi beaucoup
des mariages de deux Archi- Ducheffes
, dont on compte l'un affûré
avec le Prince Electoral de Saxe , &
l'autre avec le Prince Electoral de Baviere.
Le Prince Infant de Portugal
s'eft retiré en Boheme ; il y restera
jufqu'au départ du Prince de Saxe , રે
208 LE MERCURE
caufe du cérémonial . On continue la
démolition de Wifmar avec force , &
on eft occupé à embarquer l'Artillerie
de cette Place , fuivant le partage
que les Rois d'Angleterre , de Dane .
marck & de Pruffe en ont fait . La Flote
Marchande d'Angleterre eft arrivée
hier ici ; elle eſt repartie aujourd'hui
pour retourner en Angleterre ; elle
feia efcortée par quelques Vaiffeaux
de Guerre Anglois qui l'attendent au
Sund depuis quelque tems.
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25
p. 208-209
De Ratisbonne le 11 Novembre.
Début :
Le Roy de Pologne a fait une Déclaration dans son Electorat [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Religion, Comte, Honneurs, Voyage, Ministres, Cour étrangère
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Ratisbonne le 11 Novembre.
De Ratisbonne le 11 Novembre.
Le
Roy de Pologne
a fair
une
Décla
ration
dans
fon
Electorat
de Saxe
, que
le changement
deReligion
de fon fils ne
préjudiciera
en aucune
façon
à la liberté
de la Religion
de fes Sujets
; & il a fait
faire
la mefme
Déclaration
ici .
M. le Comte de Charolois , aprés
avoir fait les délices de la Cour de
Vienne , eft arrivé à Munick ; où l'Electeur
l'a reçu avec tous les honneurs
dûs à fa haute Naiffance . Ce jeune
Prince prendra fa route par l'Italie ,
fe propofant de voir Rome , Venife &
le Royaume de Naples , où il pourra
voir
F
A
DE NOVEMBRE . 209
voir le Czarowitz fils aifnè du Czar ,
qui n'eftoit connu en cette qualité ,
que du Comte de Thaun Vice- Roy
de Naples.
Les dernieres Lettres de Madrid portent
, que le Roy d'Efpagne fe portoit
beaucoup mieux , & qu'il fe fentoit
affés de forces pour aller à laChaffe.Ces
mêmes Lettres ajoutent que les Forts
d'Alleguer& Arragon en Sardaigne, ont
efté forcés de fe rendre,& que lesTroupesImpériales
qui s'y estoient réfugiées,
avoient êté faites prifonnieresde Guerre.
LeDuc de Linares Major-dome du Roi.
d'Espagne, ayant voulu refufer l'entrée.
au Card . Alberoni ; cette Emin. s'en
êtant plainte au Roi , S.M.a exilé le Duc
à 40 lieues de Madrid . Elle a écrit
à tous fes Miniftres dans les Cours étran
geres , qu'Elle des - avouoit une Lettre
imprimée du Pape , qu'on fuppofe lui
avoir efté addreffée par le S. Pere .
Le
Roy de Pologne
a fair
une
Décla
ration
dans
fon
Electorat
de Saxe
, que
le changement
deReligion
de fon fils ne
préjudiciera
en aucune
façon
à la liberté
de la Religion
de fes Sujets
; & il a fait
faire
la mefme
Déclaration
ici .
M. le Comte de Charolois , aprés
avoir fait les délices de la Cour de
Vienne , eft arrivé à Munick ; où l'Electeur
l'a reçu avec tous les honneurs
dûs à fa haute Naiffance . Ce jeune
Prince prendra fa route par l'Italie ,
fe propofant de voir Rome , Venife &
le Royaume de Naples , où il pourra
voir
F
A
DE NOVEMBRE . 209
voir le Czarowitz fils aifnè du Czar ,
qui n'eftoit connu en cette qualité ,
que du Comte de Thaun Vice- Roy
de Naples.
Les dernieres Lettres de Madrid portent
, que le Roy d'Efpagne fe portoit
beaucoup mieux , & qu'il fe fentoit
affés de forces pour aller à laChaffe.Ces
mêmes Lettres ajoutent que les Forts
d'Alleguer& Arragon en Sardaigne, ont
efté forcés de fe rendre,& que lesTroupesImpériales
qui s'y estoient réfugiées,
avoient êté faites prifonnieresde Guerre.
LeDuc de Linares Major-dome du Roi.
d'Espagne, ayant voulu refufer l'entrée.
au Card . Alberoni ; cette Emin. s'en
êtant plainte au Roi , S.M.a exilé le Duc
à 40 lieues de Madrid . Elle a écrit
à tous fes Miniftres dans les Cours étran
geres , qu'Elle des - avouoit une Lettre
imprimée du Pape , qu'on fuppofe lui
avoir efté addreffée par le S. Pere .
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26
p. 208-209
De Ratisbonne le 11 Novembre.
Début :
Le Roy de Pologne a fait une Déclaration dans son Electorat [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Religion, Comte, Honneurs, Voyage, Ministres, Cour étrangère
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texteReconnaissance textuelle : De Ratisbonne le 11 Novembre.
De Ratisbonne le 11 Novembre.
Le
Roy de Pologne
a fair
une
Décla
ration
dans
fon
Electorat
de Saxe
, que
le changement
deReligion
de fon fils ne
préjudiciera
en aucune
façon
à la liberté
de la Religion
de fes Sujets
; & il a fait
faire
la mefme
Déclaration
ici .
M. le Comte de Charolois , aprés
avoir fait les délices de la Cour de
Vienne , eft arrivé à Munick ; où l'Electeur
l'a reçu avec tous les honneurs
dûs à fa haute Naiffance . Ce jeune
Prince prendra fa route par l'Italie ,
fe propofant de voir Rome , Venife &
le Royaume de Naples , où il pourra
voir
F
A
DE NOVEMBRE . 209
voir le Czarowitz fils aifnè du Czar ,
qui n'eftoit connu en cette qualité ,
que du Comte de Thaun Vice- Roy
de Naples.
Les dernieres Lettres de Madrid portent
, que le Roy d'Efpagne fe portoit
beaucoup mieux , & qu'il fe fentoit
affés de forces pour aller à laChaffe.Ces
mêmes Lettres ajoutent que les Forts
d'Alleguer& Arragon en Sardaigne, ont
efté forcés de fe rendre,& que lesTroupesImpériales
qui s'y estoient réfugiées,
avoient êté faites prifonnieresde Guerre.
LeDuc de Linares Major-dome du Roi.
d'Espagne, ayant voulu refufer l'entrée.
au Card . Alberoni ; cette Emin. s'en
êtant plainte au Roi , S.M.a exilé le Duc
à 40 lieues de Madrid . Elle a écrit
à tous fes Miniftres dans les Cours étran
geres , qu'Elle des - avouoit une Lettre
imprimée du Pape , qu'on fuppofe lui
avoir efté addreffée par le S. Pere .
Le
Roy de Pologne
a fair
une
Décla
ration
dans
fon
Electorat
de Saxe
, que
le changement
deReligion
de fon fils ne
préjudiciera
en aucune
façon
à la liberté
de la Religion
de fes Sujets
; & il a fait
faire
la mefme
Déclaration
ici .
M. le Comte de Charolois , aprés
avoir fait les délices de la Cour de
Vienne , eft arrivé à Munick ; où l'Electeur
l'a reçu avec tous les honneurs
dûs à fa haute Naiffance . Ce jeune
Prince prendra fa route par l'Italie ,
fe propofant de voir Rome , Venife &
le Royaume de Naples , où il pourra
voir
F
A
DE NOVEMBRE . 209
voir le Czarowitz fils aifnè du Czar ,
qui n'eftoit connu en cette qualité ,
que du Comte de Thaun Vice- Roy
de Naples.
Les dernieres Lettres de Madrid portent
, que le Roy d'Efpagne fe portoit
beaucoup mieux , & qu'il fe fentoit
affés de forces pour aller à laChaffe.Ces
mêmes Lettres ajoutent que les Forts
d'Alleguer& Arragon en Sardaigne, ont
efté forcés de fe rendre,& que lesTroupesImpériales
qui s'y estoient réfugiées,
avoient êté faites prifonnieresde Guerre.
LeDuc de Linares Major-dome du Roi.
d'Espagne, ayant voulu refufer l'entrée.
au Card . Alberoni ; cette Emin. s'en
êtant plainte au Roi , S.M.a exilé le Duc
à 40 lieues de Madrid . Elle a écrit
à tous fes Miniftres dans les Cours étran
geres , qu'Elle des - avouoit une Lettre
imprimée du Pape , qu'on fuppofe lui
avoir efté addreffée par le S. Pere .
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27
p. 143-146
De Vienne, le 4 Décembre.
Début :
On commence à s'apercevoir, que les Turcs ne témoignent plus tant [...]
Mots clefs :
Turcs, Paix, Empereur, Sultan, Trêve, Campagne, Rebelles, Guerre, Comte, Envoyé , Prince électoral, Grossesse, Mariage, Ministres, Négociation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Vienne, le 4 Décembre.
De Vienne , te 4 Décembre.
N commence à s'apercevoir , que
les Turcs ne témoignent plus
tant d'empreffement , pour faire leur
Paix avec l'Empereur : On attribuë ce
changement inopiné dans le Divan , à
l'arrivée du Prince Ragotſki à la Porre
; on en peut juger par les nouvelles
propofitions du Sultan, qui font fi
vagues & en même tems fi hautes ,
qu'on a pris le parti de n'y faire preſque
plus de fonds. Comme on eft informé,
que ces Infideles font de trés grands
préparatifs pour être fur l'offenfive, cette
Campagne; nous ne négligeons rien
de notre côté , pour les faire repentir
d'avoir préferé la continuation de la
guerre , à la folidité d'une Tréve bien
cimentée : On ne penfe donc plus ici,
qu'à remplacer prés de 40000 mille
bons hommes qui nous manquent de
la Campagne derniére . Dans cette vue,
on léve des recrues nombreuſes , &
144 LE MERCURE
de plus, on eft en traité avec quelques.
Princes d'Allemagne , pour avoir de
puiffans fenforts , afin de fe mettre
en êtat de foûtenir la guerre d'Italie ,
contre les prétentions de S. M. C,
dont nous reffentons déja des fuites
fâcheufes . En effet , on a contremandé
le Général Bonneval , qui devoit exécuter
avec 8000 hommes, une entreprife
confiderable fur les Turcs ; &
on lui à ordonné de fe tenir prêt à
marcher avec ce Corps , pour fe rendre
en Lombardie .
On a des avis , que plufieurs Chefs
des Rebelles Hongrois fe font rendus
à Sophie, pour toucher de groffes fommes
d'argent, deftinées à former une
Armée de Mécontens. Ils prétendent
faire par là ,une diverfion d'autant plus
grande , qu'ils fe flattent, que la Hongrie
, & la Tranfilvanie n'attendent
qu'une occafion favorable , pour prendre
les armes contre la Séréniffime
Maifon d'Autriche ; mais , on donne
ici de fi bons ordres , que l'on efpere
rendre tous leurs projets inutiles .
Le nouveau G.Vizir fetient toujours
à Niffa ,& le G.S.àPhilippoli;fa Hautef
fe n'ayant pas voulu rifquer fon retour
DE DE CEMBRE. 145
Conftantinople , où tout a êté
jufqu'à préfent dans une extréme confternation
, caufée par les mal-heurs
de la Campagne derniére.
Le Comte de Schonborn Vice-
Chancelier de l'Empire , eft arrivé ici ,
où il étoit attendu avec empreffement ,
pour des affaires de la derniére importance
.
L'Envoyé de Suéde en cette Cour ,
a de fréquentes conférences avec nos
principaux Miniftres.
Le Mariage du Prince Electoral de
Saxe , avec la premiere Archiducheffe
Jofephine , rencontre ici beaucoup de
difficultez & d'obstacles ; quoique le
Comte de Fleminghe ait ordre du
Roy Augufte , de déclarer à S. M. I.
que ce Prince abdiquera le Royaume
de Pologne , en faveur de cette Alliance
: Mais , il faudroit , pour que cette
propofition fût plus goûtée , que ce
Prince fut élû Roy , du confentement
unanime des Palatins , de la Nobleſſe
& du Peuple. On croit cependant , que
par de puiffantes raifons d'Etat , il
obtiendra cette Princeffe .
Tout eft ici dans une joye extraordinaire
, pour la groffeffe de l'Impera-
Décembre 1717. N
346 LE MERCURE
trice , qui a êté renduë publique à la
Cour.
P. S. Quoique le Prince Eugéne
n'ait point encore reçû de réponſes , à
la Lettre qu'il a écrite à Milord Vorfley
Montagu , Ambaffadeur de S. M. B.
à Conftantinople , touchant les Préliminaires
de la Paix , entre les deux
Empereurs ; Mrs de Sulton & de Stanian
Ambaffadeurs du Roy Georges en
cette Cour , ont cependant reçû - depuis
peu d'Angleterre , les ordres &
leurs Lettres de Créances & Plein-pouvoirs
, pour affifter au Traité de Paix ,
comme Miniftres médiateurs . Ces deux
Seigneurs fe préparent à partir d'ici ,
dans quinze jours , pour fe rendre au
lieu du Congrés ; mais , on doute fort
qu'ils réuffiffent dans cette Négociation.
M. de Stanian a reçû de plus ,
fes Léttres de Créances , pour aller
relever Milord Vorfley Montagu , qui
en eft tappellé.
N commence à s'apercevoir , que
les Turcs ne témoignent plus
tant d'empreffement , pour faire leur
Paix avec l'Empereur : On attribuë ce
changement inopiné dans le Divan , à
l'arrivée du Prince Ragotſki à la Porre
; on en peut juger par les nouvelles
propofitions du Sultan, qui font fi
vagues & en même tems fi hautes ,
qu'on a pris le parti de n'y faire preſque
plus de fonds. Comme on eft informé,
que ces Infideles font de trés grands
préparatifs pour être fur l'offenfive, cette
Campagne; nous ne négligeons rien
de notre côté , pour les faire repentir
d'avoir préferé la continuation de la
guerre , à la folidité d'une Tréve bien
cimentée : On ne penfe donc plus ici,
qu'à remplacer prés de 40000 mille
bons hommes qui nous manquent de
la Campagne derniére . Dans cette vue,
on léve des recrues nombreuſes , &
144 LE MERCURE
de plus, on eft en traité avec quelques.
Princes d'Allemagne , pour avoir de
puiffans fenforts , afin de fe mettre
en êtat de foûtenir la guerre d'Italie ,
contre les prétentions de S. M. C,
dont nous reffentons déja des fuites
fâcheufes . En effet , on a contremandé
le Général Bonneval , qui devoit exécuter
avec 8000 hommes, une entreprife
confiderable fur les Turcs ; &
on lui à ordonné de fe tenir prêt à
marcher avec ce Corps , pour fe rendre
en Lombardie .
On a des avis , que plufieurs Chefs
des Rebelles Hongrois fe font rendus
à Sophie, pour toucher de groffes fommes
d'argent, deftinées à former une
Armée de Mécontens. Ils prétendent
faire par là ,une diverfion d'autant plus
grande , qu'ils fe flattent, que la Hongrie
, & la Tranfilvanie n'attendent
qu'une occafion favorable , pour prendre
les armes contre la Séréniffime
Maifon d'Autriche ; mais , on donne
ici de fi bons ordres , que l'on efpere
rendre tous leurs projets inutiles .
Le nouveau G.Vizir fetient toujours
à Niffa ,& le G.S.àPhilippoli;fa Hautef
fe n'ayant pas voulu rifquer fon retour
DE DE CEMBRE. 145
Conftantinople , où tout a êté
jufqu'à préfent dans une extréme confternation
, caufée par les mal-heurs
de la Campagne derniére.
Le Comte de Schonborn Vice-
Chancelier de l'Empire , eft arrivé ici ,
où il étoit attendu avec empreffement ,
pour des affaires de la derniére importance
.
L'Envoyé de Suéde en cette Cour ,
a de fréquentes conférences avec nos
principaux Miniftres.
Le Mariage du Prince Electoral de
Saxe , avec la premiere Archiducheffe
Jofephine , rencontre ici beaucoup de
difficultez & d'obstacles ; quoique le
Comte de Fleminghe ait ordre du
Roy Augufte , de déclarer à S. M. I.
que ce Prince abdiquera le Royaume
de Pologne , en faveur de cette Alliance
: Mais , il faudroit , pour que cette
propofition fût plus goûtée , que ce
Prince fut élû Roy , du confentement
unanime des Palatins , de la Nobleſſe
& du Peuple. On croit cependant , que
par de puiffantes raifons d'Etat , il
obtiendra cette Princeffe .
Tout eft ici dans une joye extraordinaire
, pour la groffeffe de l'Impera-
Décembre 1717. N
346 LE MERCURE
trice , qui a êté renduë publique à la
Cour.
P. S. Quoique le Prince Eugéne
n'ait point encore reçû de réponſes , à
la Lettre qu'il a écrite à Milord Vorfley
Montagu , Ambaffadeur de S. M. B.
à Conftantinople , touchant les Préliminaires
de la Paix , entre les deux
Empereurs ; Mrs de Sulton & de Stanian
Ambaffadeurs du Roy Georges en
cette Cour , ont cependant reçû - depuis
peu d'Angleterre , les ordres &
leurs Lettres de Créances & Plein-pouvoirs
, pour affifter au Traité de Paix ,
comme Miniftres médiateurs . Ces deux
Seigneurs fe préparent à partir d'ici ,
dans quinze jours , pour fe rendre au
lieu du Congrés ; mais , on doute fort
qu'ils réuffiffent dans cette Négociation.
M. de Stanian a reçû de plus ,
fes Léttres de Créances , pour aller
relever Milord Vorfley Montagu , qui
en eft tappellé.
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28
p. 146-147
De Ratisbonne, le 10 Décembre.
Début :
Le Baron de Gottorp est arrivé ici depuis peu, en qualité de Ministre [...]
Mots clefs :
Baron, Roi de Pologne, Protestants, Comte, Électeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Ratisbonne, le 10 Décembre.
De Ratisbone , le 10 Décembre.
E Baron de Gottorp eft arrivé ici
La
tre du Roy de Pologne , pour folliciDE
DECEMBRE. 147
ter de la part de ce Prince , la - continuation
du Directoire des Proteftans:
Il tâchera en même tems, d'applanir
toutes les difficultés , que le changement
de Réligion a caufé à ce fujer .
Le Comte de Meternith ne s'oppoſe
pas aux prétentions des Saxons ; mais
il prétend , qu'au cas qu'on en prive
le Roy Augufte , le Roy de Pruffe ait
feul le Directoire : Cependant, le Roy
Georges , comme Electeur d'Hannovre
, demande d'être joint à S. M. P.
Comme cette affaire eft de la derniére
conféquence , elle fera traitée avec
beaucoup de précaution .
E Baron de Gottorp eft arrivé ici
La
tre du Roy de Pologne , pour folliciDE
DECEMBRE. 147
ter de la part de ce Prince , la - continuation
du Directoire des Proteftans:
Il tâchera en même tems, d'applanir
toutes les difficultés , que le changement
de Réligion a caufé à ce fujer .
Le Comte de Meternith ne s'oppoſe
pas aux prétentions des Saxons ; mais
il prétend , qu'au cas qu'on en prive
le Roy Augufte , le Roy de Pruffe ait
feul le Directoire : Cependant, le Roy
Georges , comme Electeur d'Hannovre
, demande d'être joint à S. M. P.
Comme cette affaire eft de la derniére
conféquence , elle fera traitée avec
beaucoup de précaution .
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29
p. 147-152
De Londres, le 15 Décembre.
Début :
On ressent avec chagrin à nôtre Cour, le changement de Réligion du [...]
Mots clefs :
Chagrin, Prince électoral, Trône, Roi de Suède, Roi de Prusse, Tsar, Empereur, Vaisseaux de guerre, Parlement, Abbé, Compagnie, Navigation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Londres, le 15 Décembre.
De Londres , le 15 Décembre .
N reffent avec chagrin à nôtre
Cour , le changement de Réligion
du Prince Electoral de Saxe : On
eft fort étonné que le Roy Auguite y
ait donné fon confentement ; fur tout
dans un tems , où il paroiffoit avoir
le plus befoin de notre Roy , pour fe
maintenir fur le Trône de Pologne ;
avec d'autant plus de fondement , que
nous avons des avis , que les Roys de
Suéde & de Pruffe ont deffein , con-
Nij
148 LE MERCURE
jointement avec le Czar , de réméttre
Staniflas fur le Trône ; fans laquelle
condition , S. M. Suédoife refufe de
faire fa paix avec les deux autres
Puiffances.
M. de Bentenrieder Envoyé de
l'Empereur , follicite ici fortement 12
Vaiffeaux de guerre ; pour agir contre
l'Espagne en Italie , & pour remettre
S. M. I. en poffeffion du Royaume
de Sardaigne . Quoique nôtre Cour
cherche avec un empreffement extraordinaire
, l'amitié de S. M. I. , dans
la vue que le Roy d'Angleterre , comme
Electeur de Hannovre , puiſſe obtenir
les deux Duchés de Brémen &
de werten , on doute fort cependant
, que le Parlement approuve ,
qu'on fe déclare en faveur de l'Empereur
contre le Roy d'Efpagne , à
caufe du préjudice qu'en recevroit
la Nation ; puifqu'une telle rupture
entraîneroit infalliblement la
ruine d'une des plus importantes
branches de nôtre commerce . On
fouhaiteroit donc , qu'à l'exemple de
la France & des Etats généraux , on
tachât par toute forte de moyens , de
pacifier le différent qu'il y a préfenteDE
DECEMBRE 149
> ment entre ces 2 Puiffances & de
porter ces deux Princes , à exécuter
le traité de Paix d'Utrecht , & celui
de la Neutralité d'Italie. Comme S.
M. B. n'a pas fait part jufqu'à préfent
à fon Parlement , de fon alliance avec
S. M. I. , on ne croit pas que la Cour
donne une réponſe pofitive à M. de
Bentenrieder , avant que de l'avoir
communiquée aux 2 Chambres : Il y a
cependant , des ordres expediés , pour
équiper deux Efcadres ; l'une pour la
Mediteranée , & l'autre , pour la Mer
Baltique.
Le départ inopiné de M. l'Abbé
Dubois pour la Cour de France, ( d'où
Pon affure qu'il fera de retour dans peu
de jours ) fournit matiére à nos Politiques.
Come l'affaire dont il eſt chargé,
doit être,fuivant toutes les apparences ,
dela plus haute importance , elle doit
être auffi par conféquent du dernier fé-
-cret ; c'eft ce qui a obligé cet Abbé , de
ne pas confier les dépêches à un Expres
, & d'aller lui-même la communiquer
à M. le Regent de France .
On continue à réformer 20 hommes
par Compagnie des Regimens des Gardes.
Les Colonels de Cavalerie &
N iij
IFO
LEMERCURE
d'infanterie , qui ont leurs quartiers
dans les Provinces , font partis pour le
même fujet , conformément aux ordres
du Roy.
Le Parlement s'affembla le 2 de ce
mpis , fuivant la derniere prorogation.'
On renvoye aux Gazettes le Difcours
que S. M. B. fit aux deux Chambres ,&
& les adreffes de remerciement qu'elles
préfentérent à ce Prince ,
On mande de Devizes , dans le Comté
de wiltz , que le 8 de ce mois , un
Gentil - homme fut attaqué à trois mille
de cette Ville , par trois perfonnes
mafquées , qui , aprés l'avoir dépouilé
& fort maltraité , ûrent encore la barbarie
de lui tirer la langue avec violence
, & de la lui couper jufques à la
racine ; aprés quoi , ils le renvoyerent
dans ce pitoyable eftat . Cet homme
ût encore le courage de regagner la
Ville, où il entra nud , & perdant tout
fon fang. C'eftoit un ſpectacle effrayant
On efpére cependant , qu'il
en reviendra . Quelques perquifitions
qu'on ait faites jufques à préfent , pour
découvrir les Auteurs de cette cruauté ,
on n'a pu encore y parvenir.
:
Toute l'Europe eft informée, que le
DE DECEMBRE. ret
1
Roy de Danemarck a fait arrêter fur
la Rade , tous les Navires Hollandois
qui ont voulu repaffer le Sund ; fous
prétexte , que L. H. P. refufent de lui
payer les arrerages des fubfides de la
derniere Guerre , pour les Troupes .
qui ont fervi en Brabant. Sur cela ,
L. E. G. ont écrit à leur Envoyé qui
réfide en certe Cour , de déclarer à S.
M. D. que fi elle ne les faifoit pas relâcher
inceffamment , ils prendroient
des mefures convenables , pour affürer
leur Navigation , & repouffer la force
par la force.
Quoique les Hollandois ayent efté.
fortement follicités par la Cour de la
Grande Bretagne , pour joindre feulement
quatre Vaiffeaux à l'Efcadre Angloife
, deftinée contre le Roy de Suéde,
& autant , pour envoyer dans la Méditérannée
; il n'a pas efté poffible de
les engager à cette confédération. Il
paroît par ce refus , que cette République
veut profiter des avantages de la
Paix , & qu'elle fe contentera d'employer
fes bons offices , auprés des
Parties qui font en guerre.
On croit entrevoir par la conduite du
Marquis de Prié , que le différent de la
N iiij
152 LE MERCURE
Barriere ne finira pas fitôt ; & que S.
M. I. n'acceptera pas la médiation de
Leurs Hautes Puiffances , pour pacifier
les troubles de l'Italie.
N reffent avec chagrin à nôtre
Cour , le changement de Réligion
du Prince Electoral de Saxe : On
eft fort étonné que le Roy Auguite y
ait donné fon confentement ; fur tout
dans un tems , où il paroiffoit avoir
le plus befoin de notre Roy , pour fe
maintenir fur le Trône de Pologne ;
avec d'autant plus de fondement , que
nous avons des avis , que les Roys de
Suéde & de Pruffe ont deffein , con-
Nij
148 LE MERCURE
jointement avec le Czar , de réméttre
Staniflas fur le Trône ; fans laquelle
condition , S. M. Suédoife refufe de
faire fa paix avec les deux autres
Puiffances.
M. de Bentenrieder Envoyé de
l'Empereur , follicite ici fortement 12
Vaiffeaux de guerre ; pour agir contre
l'Espagne en Italie , & pour remettre
S. M. I. en poffeffion du Royaume
de Sardaigne . Quoique nôtre Cour
cherche avec un empreffement extraordinaire
, l'amitié de S. M. I. , dans
la vue que le Roy d'Angleterre , comme
Electeur de Hannovre , puiſſe obtenir
les deux Duchés de Brémen &
de werten , on doute fort cependant
, que le Parlement approuve ,
qu'on fe déclare en faveur de l'Empereur
contre le Roy d'Efpagne , à
caufe du préjudice qu'en recevroit
la Nation ; puifqu'une telle rupture
entraîneroit infalliblement la
ruine d'une des plus importantes
branches de nôtre commerce . On
fouhaiteroit donc , qu'à l'exemple de
la France & des Etats généraux , on
tachât par toute forte de moyens , de
pacifier le différent qu'il y a préfenteDE
DECEMBRE 149
> ment entre ces 2 Puiffances & de
porter ces deux Princes , à exécuter
le traité de Paix d'Utrecht , & celui
de la Neutralité d'Italie. Comme S.
M. B. n'a pas fait part jufqu'à préfent
à fon Parlement , de fon alliance avec
S. M. I. , on ne croit pas que la Cour
donne une réponſe pofitive à M. de
Bentenrieder , avant que de l'avoir
communiquée aux 2 Chambres : Il y a
cependant , des ordres expediés , pour
équiper deux Efcadres ; l'une pour la
Mediteranée , & l'autre , pour la Mer
Baltique.
Le départ inopiné de M. l'Abbé
Dubois pour la Cour de France, ( d'où
Pon affure qu'il fera de retour dans peu
de jours ) fournit matiére à nos Politiques.
Come l'affaire dont il eſt chargé,
doit être,fuivant toutes les apparences ,
dela plus haute importance , elle doit
être auffi par conféquent du dernier fé-
-cret ; c'eft ce qui a obligé cet Abbé , de
ne pas confier les dépêches à un Expres
, & d'aller lui-même la communiquer
à M. le Regent de France .
On continue à réformer 20 hommes
par Compagnie des Regimens des Gardes.
Les Colonels de Cavalerie &
N iij
IFO
LEMERCURE
d'infanterie , qui ont leurs quartiers
dans les Provinces , font partis pour le
même fujet , conformément aux ordres
du Roy.
Le Parlement s'affembla le 2 de ce
mpis , fuivant la derniere prorogation.'
On renvoye aux Gazettes le Difcours
que S. M. B. fit aux deux Chambres ,&
& les adreffes de remerciement qu'elles
préfentérent à ce Prince ,
On mande de Devizes , dans le Comté
de wiltz , que le 8 de ce mois , un
Gentil - homme fut attaqué à trois mille
de cette Ville , par trois perfonnes
mafquées , qui , aprés l'avoir dépouilé
& fort maltraité , ûrent encore la barbarie
de lui tirer la langue avec violence
, & de la lui couper jufques à la
racine ; aprés quoi , ils le renvoyerent
dans ce pitoyable eftat . Cet homme
ût encore le courage de regagner la
Ville, où il entra nud , & perdant tout
fon fang. C'eftoit un ſpectacle effrayant
On efpére cependant , qu'il
en reviendra . Quelques perquifitions
qu'on ait faites jufques à préfent , pour
découvrir les Auteurs de cette cruauté ,
on n'a pu encore y parvenir.
:
Toute l'Europe eft informée, que le
DE DECEMBRE. ret
1
Roy de Danemarck a fait arrêter fur
la Rade , tous les Navires Hollandois
qui ont voulu repaffer le Sund ; fous
prétexte , que L. H. P. refufent de lui
payer les arrerages des fubfides de la
derniere Guerre , pour les Troupes .
qui ont fervi en Brabant. Sur cela ,
L. E. G. ont écrit à leur Envoyé qui
réfide en certe Cour , de déclarer à S.
M. D. que fi elle ne les faifoit pas relâcher
inceffamment , ils prendroient
des mefures convenables , pour affürer
leur Navigation , & repouffer la force
par la force.
Quoique les Hollandois ayent efté.
fortement follicités par la Cour de la
Grande Bretagne , pour joindre feulement
quatre Vaiffeaux à l'Efcadre Angloife
, deftinée contre le Roy de Suéde,
& autant , pour envoyer dans la Méditérannée
; il n'a pas efté poffible de
les engager à cette confédération. Il
paroît par ce refus , que cette République
veut profiter des avantages de la
Paix , & qu'elle fe contentera d'employer
fes bons offices , auprés des
Parties qui font en guerre.
On croit entrevoir par la conduite du
Marquis de Prié , que le différent de la
N iiij
152 LE MERCURE
Barriere ne finira pas fitôt ; & que S.
M. I. n'acceptera pas la médiation de
Leurs Hautes Puiffances , pour pacifier
les troubles de l'Italie.
Fermer
30
p. 152-153
De Hambourg le 13 Décembre.
Début :
Tous le déhors de Wismar sont entiérement rasés, à l'exception du Fort [...]
Mots clefs :
Fort, Armée, Roi de Prusse, Traité de paix, Fortification, Envoyé de France, Couronne de Suède
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Hambourg le 13 Décembre.
De Hambourg le 13 Décembre.
Ous le déhors de Wifmar font
Tentiérementrarés, à l'exceptiondu
Fort de la Baleine, qui défend l'entrée
du Port qu'on fera miner inceflamment.
On n'a point touché au Corps de la
Place , le Roy de Pruffe & le Duc de
Mexelbourg fe flattant qu'on leur en
laiffera la poffeffion. On eft perfuadé
ici, qu'il y a un traitté de Paix conclu
entre le Czar & le Roy de Suède ,
ce qui cauferoit un grand changement
dans les affaires du Nord. On a trou
vé un tempérament pour le Port de
Rével, qui jufqu ici a retardé la Paix .
La fortification en fera rafée , & ce
Port fera neutre & ouvert à toutes
fortes de Nations. LEmpereur, le Roy
d'Angleterre , & L. E. G.. font fort
mécontens du Roy de Danemarck ,
caufe des Bâtimens qu'il retient à Gluchſtad.
S. M. B. a fait dire à ce Prinae,
que s'il ne rendoit le commerce de
DE DECEMBRE. 153:
l'Elbe, libre ; & s'il ne relâchoit les
Vaiffeaux qu'il retient , il envoiroit
une Flote dans ces Mers pour l'y
forcer.
M. Pouffein Envoyé de France , a
reçû des avis , que le Baron de Gortz
qui a paffé à Petersbourg , êtoit arrivé
à Stokolme. Le Roy de Pruffe a
accordé la liberté à tous les Prifonniers
Suédois qu'il avoit dans fon partage
; ce qui paroît d'un bon augure
pour la Couronne de Suéde.
Ous le déhors de Wifmar font
Tentiérementrarés, à l'exceptiondu
Fort de la Baleine, qui défend l'entrée
du Port qu'on fera miner inceflamment.
On n'a point touché au Corps de la
Place , le Roy de Pruffe & le Duc de
Mexelbourg fe flattant qu'on leur en
laiffera la poffeffion. On eft perfuadé
ici, qu'il y a un traitté de Paix conclu
entre le Czar & le Roy de Suède ,
ce qui cauferoit un grand changement
dans les affaires du Nord. On a trou
vé un tempérament pour le Port de
Rével, qui jufqu ici a retardé la Paix .
La fortification en fera rafée , & ce
Port fera neutre & ouvert à toutes
fortes de Nations. LEmpereur, le Roy
d'Angleterre , & L. E. G.. font fort
mécontens du Roy de Danemarck ,
caufe des Bâtimens qu'il retient à Gluchſtad.
S. M. B. a fait dire à ce Prinae,
que s'il ne rendoit le commerce de
DE DECEMBRE. 153:
l'Elbe, libre ; & s'il ne relâchoit les
Vaiffeaux qu'il retient , il envoiroit
une Flote dans ces Mers pour l'y
forcer.
M. Pouffein Envoyé de France , a
reçû des avis , que le Baron de Gortz
qui a paffé à Petersbourg , êtoit arrivé
à Stokolme. Le Roy de Pruffe a
accordé la liberté à tous les Prifonniers
Suédois qu'il avoit dans fon partage
; ce qui paroît d'un bon augure
pour la Couronne de Suéde.
Fermer
31
p. 153-155
A Rome le 30 Novembre.
Début :
Il est public dans Rome, que le S. Pere a fixé son départ d'ici, [...]
Mots clefs :
Cuirassiers, Chevaux, Cardinaux, Trésorier, Ordre, Ambassadeur, Doyen, Prison, Château
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Rome le 30 Novembre.
A Rome le 30 ·Novembres
Ipereauxé fon départ d'ici, pour le
Left public dans Rome, que le S.
voyage de Lorrette & d'Urbin, le lendemain
de la Domenica in albis : Danscette
vue , il y a déja 100 mille écus
d'oeconomifés . Cette Villeggiature lera
de so jours ; on ne fera par jour que :
zo mille au plus . Il y aura so Cuiraf
fiers & 40 Chevaux légers de Garde 5
ico Suiffes avec toute la Sale & l'Anti-.
chambre du Pape. S. S. fera accom
pagnée des 3 Cardinaux Paulucci
Albani , & Olivieri ; il y en aura un
4 , qui comme Tréforier , prendra le-
2.
154
LE MERCURE
.
devant , pour ordonner toutes chofes fur
la route. 3 où 4 Auditeurs de Rote &
les Nationaux feront privilegiés. 8
Prélats du premier Ordre , avec plufieurs
du 2 & du Tiers Ordre , outre
la Daterie ,feront de la fête ; fans compter
les Miniftres Etrangers & autres
qui feront défrayés par SS . qui tiendra
table pour les Ambaffadeurs
les Cardinaux & les Prélats : l'Agent
fubalterne fera payé en argent. Malgré
ces préparatifs, le Cardinal Doyen a
fait les remontrances au S. P. pour le
détourner de ce pieux pélerinage , & ..
l'on croit que tous ceux qui en approchent
, en feront de même.
Milord Peterborough , aprés la for
tie de faPrifon , s'eft retiré à Venife ;
& le Comte de Galas Ambaffadeur
de l'Empereur,demande ici reparation
pour ce Seigneur , le Roy Georges
profitant de cette occafion, pour obliger
le S. P. à expulfer de l'Etat Ecclafiaftique,
le Chevalier de faint Georges.
On veut donc , en reparation de
cette injure faite à ce Milord , que ce
Prince fe réfugie autre part , & que le
Cardinal Origni Légat de Bologne ,foit
rappellé ; finon , les Anglois menacent
DE DECEMBRE. 195
les côtes de cet Etat , avec une Eſcadre
de 12 Vaiffeaux. On affûre même
, que les ordres font donnés pour
cela , & qu'ils agiront offenfivement
jufqu'à ce que la fatisfaction foit faite.
Le Pape ferecommande , pour accomoder
l'affaire du Roy d'Espagne
principalement celle du Milord , à ME
le Duc Régent.
, &
Hier 29 , on enferma au Château
faint Ange , le Marquis Davia Neveu
du Cardinal de ce nom : On ne croit
pourtant pas qu'il ait merité ce châtiment
, mais qu'en cela , on a û égard
à la recommandation de fon Oncle ,
avec lequel il vit en parfaite mefintelligence
; depuis qu'il a quitté fa
femme & fes enfans qui font à Bologne.
Ipereauxé fon départ d'ici, pour le
Left public dans Rome, que le S.
voyage de Lorrette & d'Urbin, le lendemain
de la Domenica in albis : Danscette
vue , il y a déja 100 mille écus
d'oeconomifés . Cette Villeggiature lera
de so jours ; on ne fera par jour que :
zo mille au plus . Il y aura so Cuiraf
fiers & 40 Chevaux légers de Garde 5
ico Suiffes avec toute la Sale & l'Anti-.
chambre du Pape. S. S. fera accom
pagnée des 3 Cardinaux Paulucci
Albani , & Olivieri ; il y en aura un
4 , qui comme Tréforier , prendra le-
2.
154
LE MERCURE
.
devant , pour ordonner toutes chofes fur
la route. 3 où 4 Auditeurs de Rote &
les Nationaux feront privilegiés. 8
Prélats du premier Ordre , avec plufieurs
du 2 & du Tiers Ordre , outre
la Daterie ,feront de la fête ; fans compter
les Miniftres Etrangers & autres
qui feront défrayés par SS . qui tiendra
table pour les Ambaffadeurs
les Cardinaux & les Prélats : l'Agent
fubalterne fera payé en argent. Malgré
ces préparatifs, le Cardinal Doyen a
fait les remontrances au S. P. pour le
détourner de ce pieux pélerinage , & ..
l'on croit que tous ceux qui en approchent
, en feront de même.
Milord Peterborough , aprés la for
tie de faPrifon , s'eft retiré à Venife ;
& le Comte de Galas Ambaffadeur
de l'Empereur,demande ici reparation
pour ce Seigneur , le Roy Georges
profitant de cette occafion, pour obliger
le S. P. à expulfer de l'Etat Ecclafiaftique,
le Chevalier de faint Georges.
On veut donc , en reparation de
cette injure faite à ce Milord , que ce
Prince fe réfugie autre part , & que le
Cardinal Origni Légat de Bologne ,foit
rappellé ; finon , les Anglois menacent
DE DECEMBRE. 195
les côtes de cet Etat , avec une Eſcadre
de 12 Vaiffeaux. On affûre même
, que les ordres font donnés pour
cela , & qu'ils agiront offenfivement
jufqu'à ce que la fatisfaction foit faite.
Le Pape ferecommande , pour accomoder
l'affaire du Roy d'Espagne
principalement celle du Milord , à ME
le Duc Régent.
, &
Hier 29 , on enferma au Château
faint Ange , le Marquis Davia Neveu
du Cardinal de ce nom : On ne croit
pourtant pas qu'il ait merité ce châtiment
, mais qu'en cela , on a û égard
à la recommandation de fon Oncle ,
avec lequel il vit en parfaite mefintelligence
; depuis qu'il a quitté fa
femme & fes enfans qui font à Bologne.
Fermer
32
p. 155-158
A Barcelonne, le 6 Décembre 1717.
Début :
Le grand Convoi qu'on avoit ici préparé, en est parti à diverses [...]
Mots clefs :
Convoi, Flotte espagnole, Bâtiments, Cavalerie, Frégate, Escadrons, Troupes, Infanterie, Ingénieur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Barcelonne, le 6 Décembre 1717.
A Barcelonne , le 6 Décembre 1717.
LB
E grand Convoi qu'on avoit ici
pour aller joindre la Flote Efpagnole
en Sardaigne. Le dernier Convoi qui
mit à la voile le 24 du paffé , étoit compofé
de plus de 60 Bâtimens de char→
ges , fur lefquels il y avoit 3000 hommes
de Troupes réglées de débarque156
LE MERCURE
ment , tant Infanterie , que Cavalerie,
avec quantité de munitions de guerre
& de bouche , & toutes fortes de provifions
, fous l'eſcorte de 3 Vaiffeaux
de guerre; un du premier , & 2 du fecond
rang , avec une Fregate de 40
piéces de canon .
Il arriva le trente de l'autre mois , des
ordres de la Cour de Madrid , pour la
répartition des Quartiers qu'on doit
donner aux Troupes , qui étoient dans
cette Ville & dans les places des environs.
Depuis le deux de ce mois , juf
qu'au 6 inclufivement , près de 35 Ba--·
taillons & 20 Efcadrons fe font mis en
marche , pour fe rendre à leurs Quartiers
, qui font la Seud d'Urgel , la
Viguerie de Tarega , Mont- blanc , Tortoze
, Tarragone , Oftalric , Girone ,
& autres Places circonvoifines . A
l'égard des autres Troupes, qui doivent
encore fortir de cette Ville , & cellès
qui font cantonnées dans le voisinage ,
elles ne partiront que le 20 , pour aller
dans les Villes de Vic , de Solfone ,
Balaguer & Lérida. On comptoir qu'àprés
le départ de toutes ces forces , il
refteroit encore dans cette Capitale
plus de 15000 hommes..
DE DCEM PRE. 187
•
Nous apprenons de Sarragoffe , que
les levées pour les 2 Régimens Arragonois
, fe faifoient avec fuccés . On
compte que celui de Cavalerie fera
complet avant le premier du mois prochain
; & celui d'Infanterie qui doit
eftre de 3 bataillons , de 800 hommes
€3
chacun , le fera à la fin du mois de
Janvier.
Les 2 Régimens de Dragons & d'Infanterie
, que le Royaume de Navarre
fait auffi lever à fes dépens , font pareillement
fort avancés. Le Royaume
de Valence va fuivre cet exemple ..
La plupart des Bâtimens , qui font
arrivez ici de Rofe , où ils ont efté
conftruits , doivent mettre à la voile
au premier jour ; pour aller dans les
Ports de France , y charger des grains
que des Agens Efpagnols y ont achetés,
Les , il entra dans le Port de Barcelonne,
24 Bâtimens de charge , fur
lefquels il y avoit quantité d'habits
pour les Troupes , beaucoup de toiles ,
pour faire des chemiſes & des Tentes ,
& plufieurs caiffes remplies de Sabres
& de Bayonettes , avec une grande
quantité de toutes fortes de grains &
de provifions de bouche. On a û or18
LE MERCURE
dre d'acheter 1600 mulets , & de les
xenir prêts pour le premier Mars.
On a jetté dans Palamos 1800 hommes
en Garnifon . On va travailler à
relever les Fortifications de cette Place
, accommoder & nettoyer les Ports ;
poury mettre les Galéres d'Efpagne
qui feront beaucoup mieux , que dans
le Port de Barcelone.
Tout fe prépare pour faire le beau
Port de Rofe. L'Ingénieur qui en a levé
le Plan , & qui a êté approuvé de
la Cour de Madrid , en eft de retour.
Pour cet effet , on commencera par les
jettées
LB
E grand Convoi qu'on avoit ici
pour aller joindre la Flote Efpagnole
en Sardaigne. Le dernier Convoi qui
mit à la voile le 24 du paffé , étoit compofé
de plus de 60 Bâtimens de char→
ges , fur lefquels il y avoit 3000 hommes
de Troupes réglées de débarque156
LE MERCURE
ment , tant Infanterie , que Cavalerie,
avec quantité de munitions de guerre
& de bouche , & toutes fortes de provifions
, fous l'eſcorte de 3 Vaiffeaux
de guerre; un du premier , & 2 du fecond
rang , avec une Fregate de 40
piéces de canon .
Il arriva le trente de l'autre mois , des
ordres de la Cour de Madrid , pour la
répartition des Quartiers qu'on doit
donner aux Troupes , qui étoient dans
cette Ville & dans les places des environs.
Depuis le deux de ce mois , juf
qu'au 6 inclufivement , près de 35 Ba--·
taillons & 20 Efcadrons fe font mis en
marche , pour fe rendre à leurs Quartiers
, qui font la Seud d'Urgel , la
Viguerie de Tarega , Mont- blanc , Tortoze
, Tarragone , Oftalric , Girone ,
& autres Places circonvoifines . A
l'égard des autres Troupes, qui doivent
encore fortir de cette Ville , & cellès
qui font cantonnées dans le voisinage ,
elles ne partiront que le 20 , pour aller
dans les Villes de Vic , de Solfone ,
Balaguer & Lérida. On comptoir qu'àprés
le départ de toutes ces forces , il
refteroit encore dans cette Capitale
plus de 15000 hommes..
DE DCEM PRE. 187
•
Nous apprenons de Sarragoffe , que
les levées pour les 2 Régimens Arragonois
, fe faifoient avec fuccés . On
compte que celui de Cavalerie fera
complet avant le premier du mois prochain
; & celui d'Infanterie qui doit
eftre de 3 bataillons , de 800 hommes
€3
chacun , le fera à la fin du mois de
Janvier.
Les 2 Régimens de Dragons & d'Infanterie
, que le Royaume de Navarre
fait auffi lever à fes dépens , font pareillement
fort avancés. Le Royaume
de Valence va fuivre cet exemple ..
La plupart des Bâtimens , qui font
arrivez ici de Rofe , où ils ont efté
conftruits , doivent mettre à la voile
au premier jour ; pour aller dans les
Ports de France , y charger des grains
que des Agens Efpagnols y ont achetés,
Les , il entra dans le Port de Barcelonne,
24 Bâtimens de charge , fur
lefquels il y avoit quantité d'habits
pour les Troupes , beaucoup de toiles ,
pour faire des chemiſes & des Tentes ,
& plufieurs caiffes remplies de Sabres
& de Bayonettes , avec une grande
quantité de toutes fortes de grains &
de provifions de bouche. On a û or18
LE MERCURE
dre d'acheter 1600 mulets , & de les
xenir prêts pour le premier Mars.
On a jetté dans Palamos 1800 hommes
en Garnifon . On va travailler à
relever les Fortifications de cette Place
, accommoder & nettoyer les Ports ;
poury mettre les Galéres d'Efpagne
qui feront beaucoup mieux , que dans
le Port de Barcelone.
Tout fe prépare pour faire le beau
Port de Rofe. L'Ingénieur qui en a levé
le Plan , & qui a êté approuvé de
la Cour de Madrid , en eft de retour.
Pour cet effet , on commencera par les
jettées
Fermer
33
p. 158-160
De Venise, le 4 Décembre.
Début :
Le Czarovitz, autrement le fils aîné de S. M, Cz que l'on [...]
Mots clefs :
Naples, Tsar, Humeur, Déserteurs, Vénitiens, Cavaliers, Munitions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Venise, le 4 Décembre.
De Venife , le 4 Décembre.
E Czarovitz , autrement le fils aîné
Lie S.M. Cz.que l'on attendoit ici à
fon retour deNaples ,n'y eft point venu.
Il a paffé de Boulogne à Verone , pour
fe rendre à Vienne , & delà à Péterbourg,
pour aller trouver le Czar ,
avec qui il eft rentré en grace.
Le deffein échoué fur Antivari , a
mis de mauvais humeur le Sénat . Il
s'en prend à M. de Noftitz qui . commandoit
le débarquement ; & celui ci
rejette la faute fur M. de Mocenigo ,
DE DECEMBRE. 159
qui ne put empêcher , que quelques
Déferteurs qui fe fauvérent par les
Montagnes , n'avertiffent les Turcs de
l'approche des Vénitiens . Mais , il faut
s'en prendre aux mécontentements des
Troupes qui estoient la pûpart débandées.
Comme les noblesVénitiens n'ont
jamais tort , il a efté donné à M. de
Noftitz qui paroît fort content de
quitter ce fervice . On a efté un peu confolé
de ce mauvais fuccez ', par la priſe
de la Prévefa , gardée par 600 Ottomans
& 600 Cavaliers. Le Comman
dant des Infidéles y a efté tué , & les
Vénitiens y ont trouvé aprés 5 jours
d'attaques , 1 piéces de canon , beaucoup
de bagages & de munitions.
Il a paffé ces jours- ci 1000 ou 1200
hommes de Recrues Allemandes , par
le Territoire de Vérone , pour les Régimens
de cette Nation qui fervent
dans le Milanois : On en attend encore
2000 .
Les Vénitiens fe font enfin réfolus de
demander au Roy de Sicile le renvoi
de 2 ou 300 hommes , qui s'eftant révoltés
fur le Vaiffeaux de guerre le
San Pio Vo , s'en eftoient emparés ,
& l'avoient conduit en Sicile ой
160 LE MERCURE
à peine furent- ils débarquez , qu'ils fu
rent arrêtez par ordre du Vice- Roy.
E Czarovitz , autrement le fils aîné
Lie S.M. Cz.que l'on attendoit ici à
fon retour deNaples ,n'y eft point venu.
Il a paffé de Boulogne à Verone , pour
fe rendre à Vienne , & delà à Péterbourg,
pour aller trouver le Czar ,
avec qui il eft rentré en grace.
Le deffein échoué fur Antivari , a
mis de mauvais humeur le Sénat . Il
s'en prend à M. de Noftitz qui . commandoit
le débarquement ; & celui ci
rejette la faute fur M. de Mocenigo ,
DE DECEMBRE. 159
qui ne put empêcher , que quelques
Déferteurs qui fe fauvérent par les
Montagnes , n'avertiffent les Turcs de
l'approche des Vénitiens . Mais , il faut
s'en prendre aux mécontentements des
Troupes qui estoient la pûpart débandées.
Comme les noblesVénitiens n'ont
jamais tort , il a efté donné à M. de
Noftitz qui paroît fort content de
quitter ce fervice . On a efté un peu confolé
de ce mauvais fuccez ', par la priſe
de la Prévefa , gardée par 600 Ottomans
& 600 Cavaliers. Le Comman
dant des Infidéles y a efté tué , & les
Vénitiens y ont trouvé aprés 5 jours
d'attaques , 1 piéces de canon , beaucoup
de bagages & de munitions.
Il a paffé ces jours- ci 1000 ou 1200
hommes de Recrues Allemandes , par
le Territoire de Vérone , pour les Régimens
de cette Nation qui fervent
dans le Milanois : On en attend encore
2000 .
Les Vénitiens fe font enfin réfolus de
demander au Roy de Sicile le renvoi
de 2 ou 300 hommes , qui s'eftant révoltés
fur le Vaiffeaux de guerre le
San Pio Vo , s'en eftoient emparés ,
& l'avoient conduit en Sicile ой
160 LE MERCURE
à peine furent- ils débarquez , qu'ils fu
rent arrêtez par ordre du Vice- Roy.
Fermer
34
p. 160
De Turin, le 10 Décembre.
Début :
Les ordres viennent d'estre donnés aux Officiers des Troupes, de tenir leurs [...]
Mots clefs :
Officiers, Compagnies, Régiments, Cavalerie, Soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Turin, le 10 Décembre.
De Turin , le 10 Décembre.
Es ordres viennent d'eftre donnés
remis
leurs Compagnies complettes pour le
mois de Fevrier prochain. Comme
nous fommes informez qu'il doit arriver
dans
peu, un corps de 10 à 12000
Impériaux dans le Milanois , on prend
ici toutes les précautions néceffaires,
pour empêcher que ces troupes ne faffent
quelques entreprifes fur quelques
unes des Places dépendantes des Etats
de S. M. Sic. C'est pourquoi , on a fait
fortir de leurs quartiers plufieurs Regimens
d'Infanterie , de Cavalerie & de
Dragons ; pour occuper tous les poftes
& les paffages fur nos Frontières ; afin
de prévenir les Troupes Allemandes ,
& en même-tems , obferver leurs démarches
. Le Roy de Sicile a ordonné
que l'on congédiât de chaque Compagnie
, tous les Soldats malingres.
Es ordres viennent d'eftre donnés
remis
leurs Compagnies complettes pour le
mois de Fevrier prochain. Comme
nous fommes informez qu'il doit arriver
dans
peu, un corps de 10 à 12000
Impériaux dans le Milanois , on prend
ici toutes les précautions néceffaires,
pour empêcher que ces troupes ne faffent
quelques entreprifes fur quelques
unes des Places dépendantes des Etats
de S. M. Sic. C'est pourquoi , on a fait
fortir de leurs quartiers plufieurs Regimens
d'Infanterie , de Cavalerie & de
Dragons ; pour occuper tous les poftes
& les paffages fur nos Frontières ; afin
de prévenir les Troupes Allemandes ,
& en même-tems , obferver leurs démarches
. Le Roy de Sicile a ordonné
que l'on congédiât de chaque Compagnie
, tous les Soldats malingres.
Fermer
35
p. 161-165
A Milan, le 8 Décembre.
Début :
Les Troupes de cet Etat ont fait depuis 8 jours de grands mouvemens. [...]
Mots clefs :
Troupes, Frontières, Régiments, Bataillons, Mouvements des troupes, Cavalerie, Provisions de guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Milan, le 8 Décembre.
A Milan , le 8 Décembre:
Es Troupes de cet Etat ont fait depuis
8 jours de grands mouvemens ,
les unes vers le Mantoüan , le Modénois
& les Etats de Parme ; les autres ,
marchent du côté de la Frontière de
Tofcane & de Gênes : Mais , le tems
pluvieux & la quantité de neiges qui
font tombées & qui tombent actuellement
, ont tellement fait enfler les Riviéres
qu'elles ont inondé une
grande étenduë de Païs , & rendu
les chemins impraticables. Ce contretems
fâcheux a eſté cauſe que, quelques
Régimens qui êtoient déja fort avancés,
n'ont pû continuer leur route, & a obligé
la plus grande partie des Troupes.de
refter dans les endroits où elles fe font
trouvées , eſtant inveſties de toutes
parts par les grandes eaux . On vient
même d'apprendre que 3 Bataillons ,
qui avoient marché du côté des Montagnes
des Frontiéres de la République
de Gênes, eftoient enfermés & environnés
de maniére , qu'ils eftoient
en un péril évident d'eſtre entraînez -
les torrents.>
Décembre
1717.
par
Q
162 LE MERCURE
Sur ces avis , le Prince de Leuvefteinavoit
dépêché au Commandant de
deux Regimens de Cavalerie , & un de
Dragonsqui eftoient à dix mille en deça
de ces Montagnes , de marcher en diligence
au fecours de ces Bataillons . On
eft icy entre la crainte & l'efperance
fur le fort de ces Troupes ; ce qui nous
épouvante , c'est que les Eaux augmentent
de jour à autre.
On eit préfentement occupé, à réparer
à la hafte les Places de cet Erat ;
on les pourvoye abondamment de mu
nitions de guerre & de bouche .
On vient d'établir icy un Confeil de
l'Inconfidence , qui connoiftra de ceux
qui parlent mal du Gouvernement .
On mande de Cadix , qu'on y prépa
roit un grand Convoy , qui fera compofé
de plus de 80 Bâtimens de charges
, fur lefquels on doit embarquer
deux Regimens de Cavalerie & plufieurs
Compagnies de Carabiniers. 58,
piéces de gros Canon , 18 gros Mortiers
; 6000 Boulets , 1600 Bombes
plus de 8000 Grenades , plufieurs miliers
de Carcaffès d'une nouvelle invention
, avec 18 Mortiers pour
lancer ; 1200 Boulers creux , avec if.
les
DE DECEMBRE. 163
'Mortiers à leur ufage , 6000 barils de
poudre , 4000 facs de grains ; outre
une prodigieufe quantité de toutes fortes
de Provifions , aux préparatifs defquels
on travaille avec empreffement.
Sur des ordres de la Cour , on a mis
fur les Chantiers 4 Vaiffeaux de guerre,
3. Fregattes , & ; Galiottes à Bombes.
Tous lesOuvriers propres à la conftruc--
tion des Vaiffeaux , fe rendent icy des
Côtes de Leon,de Galice & de Bifcaye ,
pour avancer ce travail .
On a donné de pareils ordres à
Malaga , à Cartagéne & Alicant ; pour
faire conftruire dans ces Ports , plufieurs
autres Vaiffeaux de Guerre ,
Galiotes & Fregattes , avec s
Galeres :
On a reçû à cet effetde groffes remifes.:
D'un autre côté, on ne néglige rien pour
le départ des Galiotes & des Vaiffeaux
qui doivent leur fervir d'efcorte : Ils »
doivent partir pour la nouvelle Eſpagne
, au commencement de Mars au
plus tard : Selon tous les Avis , cette
Flote fera une des plus fortes & des
plus nombreuſes qui ait efté déftinée
pour l'Amerique.
Les Lettres de Naples du premier
Décembre,portent que le Viceroy êtoits
Q- ij
164 LE MERCURE
plus intrigué que jamais , depuis la prife
de la Sardaigne. Il y a quelques
jours qu'il fortit à cheval , accompagné
d'un grand nombre d'Officiers &
d'Ingenieurs ; pour aller vifiter les nouveaux
Forts qu'il avoit ordonnés de
conftruire,pour la fûreté des Côtes du
Royaume ; mais qu'il avoit êté fort
furpris de voir , que la plupart de ces
ouvrages n'êtoient pasfeulement com
mencés , & qu'il n'y avoit même aucuns
préparatifs pour la conftruction
de ces Forts. Il voulut faire des repri
mandes aux Ingenieurs fur cette négligence,
qui lui fermerent la bouche, en
lui difant que pour travailler il falloit
de l'argent. Ces Lettres ajoûtent, qu'on
y préparoit des logemens pour 4 Regiments
d'Infanterie & de Cavalerie
qui viennent de Hongrie : On avoit de
fréquentes allarmes, desVaiffeaux &des
Galeres d'Efpagne.qui fe font voir tousles
jours le long de cette Côte où ils
font fouvent des prifes . Le 16 fur les 11,
heures du matin , 4 Vaiffeaux de guer.
re & 2 Fregattes Efpagnoles , parûrent
à la vue de ce port ; & vers le midi ,
ils s'approchérent jufques fous leCanon
du Mole , d'où l'on fir plufieurs dé
DE DECEMBRE. 153 ;
charges des Forts , qui n'empêcherent
pas que , les 2 Fregattes foûtenues du
feu des 2 Vaiffeaux de guerre n'enle
vaffent 4 Bâtimens chargés d'huiles &
& 2 autres de grains; aprés quoi elles
allerent rejoindre leurs Vaiffeaux .
On mande de Livourne du 18 , qu'on
avoit vû paffer à la hauteur de ce port ,
un grand nombre de Bâtimens , por
tant Pavillon Efpagnol venant du
côté du détroit ; ce qui faifoit croire
que c'êtoit le grand Convoy de Barcelone
, qui alloit joindre la Flote Ef
pagnole, dont une partie croifoit toû
jours le long de la Côte , depuis Piom
bino jufqu'à Orbitello , & Porto - Ercole
. On a appris que depuis 5 jours ,
elle avoit enlevé 8 Bâtimens chargés
de grains & d'autres provifions, & mu
nitions de guerre, qui êtoient destinées
pour remplir-les -Magazins des Places
Imperiales..
Es Troupes de cet Etat ont fait depuis
8 jours de grands mouvemens ,
les unes vers le Mantoüan , le Modénois
& les Etats de Parme ; les autres ,
marchent du côté de la Frontière de
Tofcane & de Gênes : Mais , le tems
pluvieux & la quantité de neiges qui
font tombées & qui tombent actuellement
, ont tellement fait enfler les Riviéres
qu'elles ont inondé une
grande étenduë de Païs , & rendu
les chemins impraticables. Ce contretems
fâcheux a eſté cauſe que, quelques
Régimens qui êtoient déja fort avancés,
n'ont pû continuer leur route, & a obligé
la plus grande partie des Troupes.de
refter dans les endroits où elles fe font
trouvées , eſtant inveſties de toutes
parts par les grandes eaux . On vient
même d'apprendre que 3 Bataillons ,
qui avoient marché du côté des Montagnes
des Frontiéres de la République
de Gênes, eftoient enfermés & environnés
de maniére , qu'ils eftoient
en un péril évident d'eſtre entraînez -
les torrents.>
Décembre
1717.
par
Q
162 LE MERCURE
Sur ces avis , le Prince de Leuvefteinavoit
dépêché au Commandant de
deux Regimens de Cavalerie , & un de
Dragonsqui eftoient à dix mille en deça
de ces Montagnes , de marcher en diligence
au fecours de ces Bataillons . On
eft icy entre la crainte & l'efperance
fur le fort de ces Troupes ; ce qui nous
épouvante , c'est que les Eaux augmentent
de jour à autre.
On eit préfentement occupé, à réparer
à la hafte les Places de cet Erat ;
on les pourvoye abondamment de mu
nitions de guerre & de bouche .
On vient d'établir icy un Confeil de
l'Inconfidence , qui connoiftra de ceux
qui parlent mal du Gouvernement .
On mande de Cadix , qu'on y prépa
roit un grand Convoy , qui fera compofé
de plus de 80 Bâtimens de charges
, fur lefquels on doit embarquer
deux Regimens de Cavalerie & plufieurs
Compagnies de Carabiniers. 58,
piéces de gros Canon , 18 gros Mortiers
; 6000 Boulets , 1600 Bombes
plus de 8000 Grenades , plufieurs miliers
de Carcaffès d'une nouvelle invention
, avec 18 Mortiers pour
lancer ; 1200 Boulers creux , avec if.
les
DE DECEMBRE. 163
'Mortiers à leur ufage , 6000 barils de
poudre , 4000 facs de grains ; outre
une prodigieufe quantité de toutes fortes
de Provifions , aux préparatifs defquels
on travaille avec empreffement.
Sur des ordres de la Cour , on a mis
fur les Chantiers 4 Vaiffeaux de guerre,
3. Fregattes , & ; Galiottes à Bombes.
Tous lesOuvriers propres à la conftruc--
tion des Vaiffeaux , fe rendent icy des
Côtes de Leon,de Galice & de Bifcaye ,
pour avancer ce travail .
On a donné de pareils ordres à
Malaga , à Cartagéne & Alicant ; pour
faire conftruire dans ces Ports , plufieurs
autres Vaiffeaux de Guerre ,
Galiotes & Fregattes , avec s
Galeres :
On a reçû à cet effetde groffes remifes.:
D'un autre côté, on ne néglige rien pour
le départ des Galiotes & des Vaiffeaux
qui doivent leur fervir d'efcorte : Ils »
doivent partir pour la nouvelle Eſpagne
, au commencement de Mars au
plus tard : Selon tous les Avis , cette
Flote fera une des plus fortes & des
plus nombreuſes qui ait efté déftinée
pour l'Amerique.
Les Lettres de Naples du premier
Décembre,portent que le Viceroy êtoits
Q- ij
164 LE MERCURE
plus intrigué que jamais , depuis la prife
de la Sardaigne. Il y a quelques
jours qu'il fortit à cheval , accompagné
d'un grand nombre d'Officiers &
d'Ingenieurs ; pour aller vifiter les nouveaux
Forts qu'il avoit ordonnés de
conftruire,pour la fûreté des Côtes du
Royaume ; mais qu'il avoit êté fort
furpris de voir , que la plupart de ces
ouvrages n'êtoient pasfeulement com
mencés , & qu'il n'y avoit même aucuns
préparatifs pour la conftruction
de ces Forts. Il voulut faire des repri
mandes aux Ingenieurs fur cette négligence,
qui lui fermerent la bouche, en
lui difant que pour travailler il falloit
de l'argent. Ces Lettres ajoûtent, qu'on
y préparoit des logemens pour 4 Regiments
d'Infanterie & de Cavalerie
qui viennent de Hongrie : On avoit de
fréquentes allarmes, desVaiffeaux &des
Galeres d'Efpagne.qui fe font voir tousles
jours le long de cette Côte où ils
font fouvent des prifes . Le 16 fur les 11,
heures du matin , 4 Vaiffeaux de guer.
re & 2 Fregattes Efpagnoles , parûrent
à la vue de ce port ; & vers le midi ,
ils s'approchérent jufques fous leCanon
du Mole , d'où l'on fir plufieurs dé
DE DECEMBRE. 153 ;
charges des Forts , qui n'empêcherent
pas que , les 2 Fregattes foûtenues du
feu des 2 Vaiffeaux de guerre n'enle
vaffent 4 Bâtimens chargés d'huiles &
& 2 autres de grains; aprés quoi elles
allerent rejoindre leurs Vaiffeaux .
On mande de Livourne du 18 , qu'on
avoit vû paffer à la hauteur de ce port ,
un grand nombre de Bâtimens , por
tant Pavillon Efpagnol venant du
côté du détroit ; ce qui faifoit croire
que c'êtoit le grand Convoy de Barcelone
, qui alloit joindre la Flote Ef
pagnole, dont une partie croifoit toû
jours le long de la Côte , depuis Piom
bino jufqu'à Orbitello , & Porto - Ercole
. On a appris que depuis 5 jours ,
elle avoit enlevé 8 Bâtimens chargés
de grains & d'autres provifions, & mu
nitions de guerre, qui êtoient destinées
pour remplir-les -Magazins des Places
Imperiales..
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36
p. 165-166
De Lindau ce 30 Décembre 1717.
Début :
L'Abbé de saint Galle, aprés être relevé d'une grosse maladie, fut [...]
Mots clefs :
Abbé, Maladie, Apoplexie, Décès, Abbayes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Lindau ce 30 Décembre 1717.
De Lindance 30 Décembre 17175 .
'Abbé de faint Galle , aprés être
relevé d'une groffe maladie , fut
attaqué fubitement le 28du paffé , d'une »
Apoplexie , dont il mourut le lende
166 LE MERCURE
main : Il étoit âgé de 78 ans , & en
avoit regné 22. Pour avoir voulu introduire
des nouveautés , & violé les concordats
avec les fujets , dont les Cantons
de Zurik & de Bêrne font les Garants
, il s'êtoit attiré ces 2 Puiffances
qui l'avoient enfin depoffedé de fon
Abbaye & de fes dependances, qu'elles
gardoient en fequeftre depuis 5 ans .
'Abbé de faint Galle , aprés être
relevé d'une groffe maladie , fut
attaqué fubitement le 28du paffé , d'une »
Apoplexie , dont il mourut le lende
166 LE MERCURE
main : Il étoit âgé de 78 ans , & en
avoit regné 22. Pour avoir voulu introduire
des nouveautés , & violé les concordats
avec les fujets , dont les Cantons
de Zurik & de Bêrne font les Garants
, il s'êtoit attiré ces 2 Puiffances
qui l'avoient enfin depoffedé de fon
Abbaye & de fes dependances, qu'elles
gardoient en fequeftre depuis 5 ans .
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37
p. 166-167
De Vuirsbourg le 1 Décembre 1717.
Début :
M. le Baron de Hutten, Doyen du Châpitre de cette Ville, aussi illustre par [...]
Mots clefs :
Baron, Doyen, Trésor, Empereur, Christoph Franz von Hutten, Bibliothèque
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Vuirsbourg le 1 Décembre 1717.
De Vvirsbourg le 1 Décembre 1717.
M
le Baron de Hutten , Doyen du :
Chapitre de cette Ville, auffi illuftre
par fon favoir quepar fa naifface ,
a découvert un riche Tréfor, en recherchant
les Antiquités de l'Eglife Catédrale
Il a trouvé fous le toit de ce
Vaiffeau , une ancienne Bibliotéque ,.
qui y avoit êté cachée avant la guerre
des Suédois. Outre les Livres imprimés
, il y a plus de 170 manufcrits
en parchemin ou en papier. On y voit
entre autres , les 4 Evangiles écrits du
tems de Charlemagne , ou de Burcard
Evêque de Vvirsbourg , une Bible
de 700 ans : Un Codex Theodofianus
cum aliquibus novellis , Caji inftitutionibus
& Pauli ti libris V. Sententia
DE DECEMBRE. 157
rum , formâ quadrata , litteris femiuncialibus.
On croit que ce dernier manufcrit
, et du tems de l'Empereur
Juftinien Il y a :: auffi plufieurs écrits
de divers Peres de l'Eglife en caracteres
Lombards. M. de Hutten publiera
le Catalogue de cette Biblioteque ,
auquel il fait travailler par Georges .
Conrad Sigler , Bibliotécaire de l'Académie.
M
le Baron de Hutten , Doyen du :
Chapitre de cette Ville, auffi illuftre
par fon favoir quepar fa naifface ,
a découvert un riche Tréfor, en recherchant
les Antiquités de l'Eglife Catédrale
Il a trouvé fous le toit de ce
Vaiffeau , une ancienne Bibliotéque ,.
qui y avoit êté cachée avant la guerre
des Suédois. Outre les Livres imprimés
, il y a plus de 170 manufcrits
en parchemin ou en papier. On y voit
entre autres , les 4 Evangiles écrits du
tems de Charlemagne , ou de Burcard
Evêque de Vvirsbourg , une Bible
de 700 ans : Un Codex Theodofianus
cum aliquibus novellis , Caji inftitutionibus
& Pauli ti libris V. Sententia
DE DECEMBRE. 157
rum , formâ quadrata , litteris femiuncialibus.
On croit que ce dernier manufcrit
, et du tems de l'Empereur
Juftinien Il y a :: auffi plufieurs écrits
de divers Peres de l'Eglife en caracteres
Lombards. M. de Hutten publiera
le Catalogue de cette Biblioteque ,
auquel il fait travailler par Georges .
Conrad Sigler , Bibliotécaire de l'Académie.
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38
p. 122-123
Turquie.
Début :
L'Envoyé du Roy de Perse à Constantinople, eut audience du Grand [...]
Mots clefs :
Perse, Grand vizir, Troupes, Roi de Perse, Géorgie, Constantinople
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Turquie.
Turquie.
L'Envoyé du Roy de Perse à ConfV
tantinople , eut audience du Grand'
Visir au commencement de l'autre mois*
Il se plaignit de Pentrée des Troupes du
G. S. dans la Georgie , & dans d^iutres.
Provinces de la Perse. Ce Premier Mi
nistre lui répondit que S. H. s'étoit çrûe
obligée de s'aíTurer de ces Provinces pour
. arrêter le progrès des Troupes du Czar*.
dont la grande puissance causoit de l'om
brage à la Porte. Le G. V. a asíuré cet
Envoyé que S. H. ne feroit retirer ses
troupes , que lorsque le Roy de Perse së
íèroit mis à sa discretion , & qu'il n'anïoit
plus de liaison particuliere avec S»'
Majesté Czarienne.
On aslure que l'armée Othomane , qui
est commandée par Hassan , Eacha de'
Bag ht , s'est emparée de Schirmanshacn.
&í de Hamedan , Villes coníiderables fur
la route d'Ispahan ; que l'autre armée du
Grand
S ÁNVI £R 1724. 123
Grand Seigneur , de 40000 hommes ,
commandée par le Bacha de Baslòra t
fils du Bacha Haslàn , est entrée dans la
Province dé Schiwan , & qu'elle íe dis
pose à faire le siege d'Erivan , après s'ê
tre emparée de la Ville de Gangia.
La troisième armée du G. S. comman
dée par Achmet ,. Bacha , est en Georgie
où elle a fait de très.grands progrès , &
. on croit qu'elle va marcher vers la Ca
pitale de la Perse. L'armée de l'Usurpa
teur Miry.Mamouth , n'est, dit-on , com
posée que de 30000. hommes.
Quelques lettres portent qu'une partie
des troupes du Grand Seigneur qui avoient
penetré dans la Georgie , avoient été atta
quées par celles du Roy de Perse ; que
ces dernieres avoient eu l'avantage, &
que les Turcs avoient été contraints de.
& retirer du côté de Tiflis.
On mande de Constantinople que il
le Divan prend la réíolution de declarer
la guerre à la Russie,on arborera la gran
de queue de cheval dès que le Grand Viíìr
sera prêt à partir peur aller se mettre
à la tète de l'armée qui sera, dit.on , com
posée de izocoo; hommes, outre 4 5 000.
Tartares.
On ajoute que Gianum Coggia, estr
en gr nde faveur à la Porte, qu'il a 1*
direction des aífaires de la Marine, &
qx'ii est admis au Divan.
L'Envoyé du Roy de Perse à ConfV
tantinople , eut audience du Grand'
Visir au commencement de l'autre mois*
Il se plaignit de Pentrée des Troupes du
G. S. dans la Georgie , & dans d^iutres.
Provinces de la Perse. Ce Premier Mi
nistre lui répondit que S. H. s'étoit çrûe
obligée de s'aíTurer de ces Provinces pour
. arrêter le progrès des Troupes du Czar*.
dont la grande puissance causoit de l'om
brage à la Porte. Le G. V. a asíuré cet
Envoyé que S. H. ne feroit retirer ses
troupes , que lorsque le Roy de Perse së
íèroit mis à sa discretion , & qu'il n'anïoit
plus de liaison particuliere avec S»'
Majesté Czarienne.
On aslure que l'armée Othomane , qui
est commandée par Hassan , Eacha de'
Bag ht , s'est emparée de Schirmanshacn.
&í de Hamedan , Villes coníiderables fur
la route d'Ispahan ; que l'autre armée du
Grand
S ÁNVI £R 1724. 123
Grand Seigneur , de 40000 hommes ,
commandée par le Bacha de Baslòra t
fils du Bacha Haslàn , est entrée dans la
Province dé Schiwan , & qu'elle íe dis
pose à faire le siege d'Erivan , après s'ê
tre emparée de la Ville de Gangia.
La troisième armée du G. S. comman
dée par Achmet ,. Bacha , est en Georgie
où elle a fait de très.grands progrès , &
. on croit qu'elle va marcher vers la Ca
pitale de la Perse. L'armée de l'Usurpa
teur Miry.Mamouth , n'est, dit-on , com
posée que de 30000. hommes.
Quelques lettres portent qu'une partie
des troupes du Grand Seigneur qui avoient
penetré dans la Georgie , avoient été atta
quées par celles du Roy de Perse ; que
ces dernieres avoient eu l'avantage, &
que les Turcs avoient été contraints de.
& retirer du côté de Tiflis.
On mande de Constantinople que il
le Divan prend la réíolution de declarer
la guerre à la Russie,on arborera la gran
de queue de cheval dès que le Grand Viíìr
sera prêt à partir peur aller se mettre
à la tète de l'armée qui sera, dit.on , com
posée de izocoo; hommes, outre 4 5 000.
Tartares.
On ajoute que Gianum Coggia, estr
en gr nde faveur à la Porte, qu'il a 1*
direction des aífaires de la Marine, &
qx'ii est admis au Divan.
Fermer
Résumé : Turquie.
En Turquie, l'envoyé du roi de Perse a rencontré le Grand Visir à Constantinople pour protester contre l'entrée des troupes ottomanes en Géorgie et dans d'autres provinces persanes. Le Grand Visir a justifié cette occupation par la nécessité de contrer l'avancée des troupes russes. Il a assuré que les troupes ottomanes ne se retireraient que lorsque le roi de Perse serait sous la discrétion du sultan et n'aurait plus de liens avec la Russie. L'armée ottomane, dirigée par Hassan, Eacha de Bagdad, a pris les villes de Schirmanshah et Hamedan sur la route d'Ispahan. Une autre armée de 40 000 hommes, commandée par le Bacha de Basra, a pénétré en province de Schiwan et se prépare à assiéger Erivan après avoir pris Gangia. Une troisième armée, dirigée par Achmet Bacha, opère en Géorgie et avance vers la capitale perse. L'armée de l'usurpateur Miry Mamouth est estimée à 30 000 hommes. Des rapports indiquent que des troupes ottomanes en Géorgie ont été attaquées par les forces persanes, qui ont pris l'avantage et repoussé les Turcs vers Tiflis. À Constantinople, le Divan a décidé de déclarer la guerre à la Russie. Une armée de 120 000 hommes, renforcée par 45 000 Tartares, se prépare sous le commandement du Grand Visir. Gianum Coggia, en grande faveur à la Porte, dirige les affaires de la marine et est admis au Divan.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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39
p. 124-126
Nouvelles de Constantinople du mois d'Octobre 1723.
Début :
Sur la fin du mois passé une des Sultanes a mis au monde une Princesse, [...]
Mots clefs :
Ministre, Ministres, Sultane, Moscovie, Constantinople, Grand vizir, Grand seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Constantinople du mois d'Octobre 1723.
Nouvelles de Constantinople du mois
d'Otfobfe 172 3.
•
S Ut la fin du mois passé une des Sul-
. canes a mis au monde une Princesse»
dont la naissance a été celebrée à l'ordi
naire par le bruit du. canon du Serrail ,
de l'Arcenal,des Vaisseaux, & des Gai»
leres qui sorit dans ce Port.
M. Gritti , nouveau Bayle, ou Am
bassadeur de Veniíë qui vient relever M.
Emo , est arrivé le 7. de ce mois en ce
Port fur deux Galeres que íà Hautessé
avoit envoyées. au Tenedore , suivant le
ceremonial ordinaire pour recevoir ce
Ministre, & le transporter. en cette Ville;
les deux Vaisseaux de la République, fur
leíquels ce Ministre étoit parti de Veniíe
iront hiverner Jl Corfou , en attendant le
départ de M. Emo. M. Gritti fera in
cessamment son entrée publique en cetta
Ville , il aura. ensuite son audience du
Grand Visir , & du Grand Seigneur. M.
Emo , ancien Bayle , a étéfuivant l'uiâge
recevoir & complimenter son íucceíîèur.
fur ies Galeres du Grand Seigneur , l'a
conduit au * Baylage de Veniíe, à Peraj
•ù il l'a regalé pendant trois jours , &
s'est retiré ensuite dans une maiíon parr.
* C'est le Balais de ces Misislres...
JANVIER. 1714.: irj
tìcutìere qu'il s'étoit fait preparer avant
l'arrivée de ce nouveau Ministre s dans
laquelle il restera juíques à son départ
pour Venise.
Il n'y a eu aucune nouvelle conferent
ce entre les Ministres de la Porte , Se le
Réíident de Moícovie au sujet des affai
res de Perse, depuis celle quiavoit été
tenue le 19. Aoust: on peut juger delà
que ces conferences auront été suspendues
jusqu'à ce que M. NepluyefF, Résident
de Moícovie, ait reçu la réponse aux Let
tres que portoit le Courier qu'il avoic
dépêché en Moícovie après cette confe
rence.
Ile 17. de ce mois il est arrivé en cette
Cour un Ambassadeur de la part de Tamas
Chah , fils du Sophi qui est toujours
à Tauris avec un corps de troupes consi
derable qu'il a raroaíîe. Ce Ministre qui
avoit été retardé près de six mois fur les
frontieres pendant que l'on déliberoit à
la Porte u on- devoit le recevoir , a
vaincu cette premiere difficulté , par leí
moyen des representations du Pacha d~e
Van. Il est venu en poste accompagné
de huit ou dix personnes, & a eu son
audience dû Grand Visir peu dé jours
après son arrivée. On écrit qu'il est déja
entré en conference avec les Ministres
de cette Cour, & que le íùjet de son
Ambaila^
ii6 MERCURE DE FRANCE.
Ambaííàde est pour demander du secours
à la Porte contre Miri-Mamouth.
Les Turcs 'n'ont encore agi que fbiblement
Gu les frontieres, on eh attri
bue la cause aux divisions qu'il y a eu
entre les Comrnandans.' Ibrahim' Pacha
qui étoit Seraskier , a été dépoíe à cette
occasion , 5e cette Charge donnée à Are-
H.Mehemet Pacha qui commande en mê
me temps dans toute la Georgie.
Il est venu depuis peu de jours quel
ques Seigneurs ou principaux des peu-
{íle^ appeliez Abafla pour se mettre sous
a protection de la Torte , Se servir en
même temps d'otage de la fidelité de leurs
Chefs*
. Les pluyes frequentes qu'il fait en ce
pays dans cette saison ont fait revenir à
Fera tous les Ministres des Paiíïances
Étrangeres qui étoient dispersez dans
des maisons de plaiíànce aux environs dè
cette Ville, pour lai sler passer le temps
de la contagion', quoiqu'elle ne soi t pas.
totalement finie.
d'Otfobfe 172 3.
•
S Ut la fin du mois passé une des Sul-
. canes a mis au monde une Princesse»
dont la naissance a été celebrée à l'ordi
naire par le bruit du. canon du Serrail ,
de l'Arcenal,des Vaisseaux, & des Gai»
leres qui sorit dans ce Port.
M. Gritti , nouveau Bayle, ou Am
bassadeur de Veniíë qui vient relever M.
Emo , est arrivé le 7. de ce mois en ce
Port fur deux Galeres que íà Hautessé
avoit envoyées. au Tenedore , suivant le
ceremonial ordinaire pour recevoir ce
Ministre, & le transporter. en cette Ville;
les deux Vaisseaux de la République, fur
leíquels ce Ministre étoit parti de Veniíe
iront hiverner Jl Corfou , en attendant le
départ de M. Emo. M. Gritti fera in
cessamment son entrée publique en cetta
Ville , il aura. ensuite son audience du
Grand Visir , & du Grand Seigneur. M.
Emo , ancien Bayle , a étéfuivant l'uiâge
recevoir & complimenter son íucceíîèur.
fur ies Galeres du Grand Seigneur , l'a
conduit au * Baylage de Veniíe, à Peraj
•ù il l'a regalé pendant trois jours , &
s'est retiré ensuite dans une maiíon parr.
* C'est le Balais de ces Misislres...
JANVIER. 1714.: irj
tìcutìere qu'il s'étoit fait preparer avant
l'arrivée de ce nouveau Ministre s dans
laquelle il restera juíques à son départ
pour Venise.
Il n'y a eu aucune nouvelle conferent
ce entre les Ministres de la Porte , Se le
Réíident de Moícovie au sujet des affai
res de Perse, depuis celle quiavoit été
tenue le 19. Aoust: on peut juger delà
que ces conferences auront été suspendues
jusqu'à ce que M. NepluyefF, Résident
de Moícovie, ait reçu la réponse aux Let
tres que portoit le Courier qu'il avoic
dépêché en Moícovie après cette confe
rence.
Ile 17. de ce mois il est arrivé en cette
Cour un Ambassadeur de la part de Tamas
Chah , fils du Sophi qui est toujours
à Tauris avec un corps de troupes consi
derable qu'il a raroaíîe. Ce Ministre qui
avoit été retardé près de six mois fur les
frontieres pendant que l'on déliberoit à
la Porte u on- devoit le recevoir , a
vaincu cette premiere difficulté , par leí
moyen des representations du Pacha d~e
Van. Il est venu en poste accompagné
de huit ou dix personnes, & a eu son
audience dû Grand Visir peu dé jours
après son arrivée. On écrit qu'il est déja
entré en conference avec les Ministres
de cette Cour, & que le íùjet de son
Ambaila^
ii6 MERCURE DE FRANCE.
Ambaííàde est pour demander du secours
à la Porte contre Miri-Mamouth.
Les Turcs 'n'ont encore agi que fbiblement
Gu les frontieres, on eh attri
bue la cause aux divisions qu'il y a eu
entre les Comrnandans.' Ibrahim' Pacha
qui étoit Seraskier , a été dépoíe à cette
occasion , 5e cette Charge donnée à Are-
H.Mehemet Pacha qui commande en mê
me temps dans toute la Georgie.
Il est venu depuis peu de jours quel
ques Seigneurs ou principaux des peu-
{íle^ appeliez Abafla pour se mettre sous
a protection de la Torte , Se servir en
même temps d'otage de la fidelité de leurs
Chefs*
. Les pluyes frequentes qu'il fait en ce
pays dans cette saison ont fait revenir à
Fera tous les Ministres des Paiíïances
Étrangeres qui étoient dispersez dans
des maisons de plaiíànce aux environs dè
cette Ville, pour lai sler passer le temps
de la contagion', quoiqu'elle ne soi t pas.
totalement finie.
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Résumé : Nouvelles de Constantinople du mois d'Octobre 1723.
En octobre 1723, une sultane a donné naissance à une princesse à Constantinople, célébré par des salves de canon. M. Gritti, nouveau bailli de Venise, est arrivé le 7 octobre à bord de deux galères. Il a été accueilli selon le cérémonial habituel et sera bientôt reçu par le Grand Visir et le Grand Seigneur. M. Emo, ancien bailli, a conduit M. Gritti au baillage de Venise à Peraj et l'a hébergé pendant trois jours avant de se retirer. Depuis août, il n'y a pas eu de nouvelles conférences entre les ministres de la Porte et le résident de Moscovie concernant les affaires de Perse. Le 17 janvier 1724, un ambassadeur de Tamas Chah, fils du Sophi, est arrivé à Constantinople après un retard de six mois. Il a été reçu par le Grand Visir pour demander du secours contre Miri-Mamouth. Les Turcs ont agi faiblement aux frontières en raison de divisions entre les commandants. Ibrahim Pacha a été déposé et remplacé par Ahmet Mehmet Pacha. Quelques seigneurs des peuples Abaza sont venus se mettre sous la protection de la Porte et servir d'otages. Les pluies fréquentes ont ramené les ministres des palais étrangers à Fera.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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40
p. 126-128
Russie.
Début :
Le Grand Chancelier a fait dire aux Ministres Etrangers, que le Czar [...]
Mots clefs :
Tsar, Moscou, Ordres, Cérémonie, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Russie.
LE Grand Chancelier a fait dire aux
Ministres Étrangers , que le Czar
ayant dessein de se faire couronner inces
samment à.Moscou , il croyoit qu'aucun
, d'eux ne refuscroit de se trouver à cette
céremonie. . On
JANVIER 1724. il?
. .On a envoyé à Revel des ordres du
College de l'Amirauté pour faire équi
per les trois Vaisseaux de Guerre , & les
quatre Fregates qui avoient été destinées
pour l'Ocean , Ôc qu'on avoit fait desar
mer depuis environ deux "mois.
Les Metropolitains du pays se sont
rendus à Moscou pour se trouver à la
ceremonie du Couronnement de leurs.
Majestez Czariennes i les principaux Ge
neraux des Gofaques s'y font aussi ren
dus pour recevoir les ordres du Czar à
fen arrivée , & delà rejoindre leurs
troupes qui font campées du côté de
Pultova , où les Tartares íônt venus
camper à six lieues , au nombre de vingt
mille hommes. Oh a posté un corps
de dix mille Cosaques , & de quatre
mille Moscovites dans les environs de
cette Forteresse pour observer la conte-.
hance & les démarches de ces Tartares.
Les douze Riegimens qui devoient pasfer
en revue à Moscou , ont reçu de nou
veaux ordres de se mettre en marche ;
neuf de ces Regimens ont pris la route
de Pultova , Se trois , celle d'Astracan.
Oh apprend de Turquie que le Grand
Visir avoit fait assurer M. Dierling , Ré
sident de l'Empereur à. Constantinople,
que fa Hauteife ne feroit rien contre les
Traitez conclus avec Sa Majesté Impe
riale ,
. MERCURE DE FRANCE:
riale, qu'avec le Roy & la Républiques
de Pologne , & qu'il n'avoit raslèmblé
ses troupes que pour s'opposer aux en-:
treprisci du Czar sur la Perse.
Ministres Étrangers , que le Czar
ayant dessein de se faire couronner inces
samment à.Moscou , il croyoit qu'aucun
, d'eux ne refuscroit de se trouver à cette
céremonie. . On
JANVIER 1724. il?
. .On a envoyé à Revel des ordres du
College de l'Amirauté pour faire équi
per les trois Vaisseaux de Guerre , & les
quatre Fregates qui avoient été destinées
pour l'Ocean , Ôc qu'on avoit fait desar
mer depuis environ deux "mois.
Les Metropolitains du pays se sont
rendus à Moscou pour se trouver à la
ceremonie du Couronnement de leurs.
Majestez Czariennes i les principaux Ge
neraux des Gofaques s'y font aussi ren
dus pour recevoir les ordres du Czar à
fen arrivée , & delà rejoindre leurs
troupes qui font campées du côté de
Pultova , où les Tartares íônt venus
camper à six lieues , au nombre de vingt
mille hommes. Oh a posté un corps
de dix mille Cosaques , & de quatre
mille Moscovites dans les environs de
cette Forteresse pour observer la conte-.
hance & les démarches de ces Tartares.
Les douze Riegimens qui devoient pasfer
en revue à Moscou , ont reçu de nou
veaux ordres de se mettre en marche ;
neuf de ces Regimens ont pris la route
de Pultova , Se trois , celle d'Astracan.
Oh apprend de Turquie que le Grand
Visir avoit fait assurer M. Dierling , Ré
sident de l'Empereur à. Constantinople,
que fa Hauteife ne feroit rien contre les
Traitez conclus avec Sa Majesté Impe
riale ,
. MERCURE DE FRANCE:
riale, qu'avec le Roy & la Républiques
de Pologne , & qu'il n'avoit raslèmblé
ses troupes que pour s'opposer aux en-:
treprisci du Czar sur la Perse.
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Résumé : Russie.
En janvier 1724, le Grand Chancelier a annoncé que le tsar prévoyait de se faire couronner à Moscou et a invité les ministres étrangers à y assister. Des ordres ont été donnés pour équiper trois vaisseaux de guerre et quatre frégates à Revel. Les métropolites et les principaux généraux des Gofaques se sont rendus à Moscou pour la cérémonie. Après le couronnement, les Gofaques devaient rejoindre leurs troupes près de Pultova, où vingt mille Tartares étaient présents. Un corps de dix mille Cosaques et quatre mille Moscovites a été déployé pour surveiller les Tartares. Douze régiments ont reçu de nouveaux ordres : neuf se sont dirigés vers Pultova et trois vers Astracan. Par ailleurs, la Turquie a assuré qu'elle respecterait les traités avec l'empereur, mais se préparait à contrer les initiatives du tsar en Perse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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41
p. 128-129
Suede.
Début :
On écrit de Dantzich que M. Erdeman, Commissaire du Czar, avoit [...]
Mots clefs :
Suède, Commissaire du tsar
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suede.
Suede..
O N écrit de Dantzich que M. Er=
deman. Commissaire du Czar, avoií
fait partir pour Peteríbourg une trèsgrande
quantité de bied , & qu'il a voie
reçu ordre depuis Quelques jours d'en
acheter encore mille Larts , & de les
faire partir auffi-tôt que la saison le pcrr
mettra.-
Les Lettres dé Curlande & de Livo
nie portent que les Bailliages de ces
Provinces devoient fournir jà leurs frais
à Sa Majesté Czarienne un nombre con
siderable de jeunes gens ; mais que cette
levée fe faisoit très.difficilement., & que
la jeunesse abandonnoit les Villages , 8c
íé fau voit vers les frontieres.
Le Comte de Ta'rlo ayant obtenu de
la derniere; Ailèmblée des Etats duRoyaume
les subsides qu'il follicitoit pour le
Roy Stanislas, est parti le premier De
cembre pour l'aller rejoindre dans le
lieu de sa Résidence.
On apprend encore de Goppenhague
qu'on y imprimoit actuellement le nou?
veau Reglement pour les Feages dupasla.
8*
JANVIER 17T4; lîjjp
ge du Sund , auquel on travailloit depuis
très-long-temps. Le bruit court qu'il est
avantageux aux négòcians étrangers.
On a arrêté pour dettes à Berlin le
Ministre de Suede à la Cour de Prusse ,
& le Senat s'est assemblé extraordinaire
ment le 20. Decembre après.midy, afin
de prendre les mesures neceíîàires pour'
Iìh procurer la liberté..
O N écrit de Dantzich que M. Er=
deman. Commissaire du Czar, avoií
fait partir pour Peteríbourg une trèsgrande
quantité de bied , & qu'il a voie
reçu ordre depuis Quelques jours d'en
acheter encore mille Larts , & de les
faire partir auffi-tôt que la saison le pcrr
mettra.-
Les Lettres dé Curlande & de Livo
nie portent que les Bailliages de ces
Provinces devoient fournir jà leurs frais
à Sa Majesté Czarienne un nombre con
siderable de jeunes gens ; mais que cette
levée fe faisoit très.difficilement., & que
la jeunesse abandonnoit les Villages , 8c
íé fau voit vers les frontieres.
Le Comte de Ta'rlo ayant obtenu de
la derniere; Ailèmblée des Etats duRoyaume
les subsides qu'il follicitoit pour le
Roy Stanislas, est parti le premier De
cembre pour l'aller rejoindre dans le
lieu de sa Résidence.
On apprend encore de Goppenhague
qu'on y imprimoit actuellement le nou?
veau Reglement pour les Feages dupasla.
8*
JANVIER 17T4; lîjjp
ge du Sund , auquel on travailloit depuis
très-long-temps. Le bruit court qu'il est
avantageux aux négòcians étrangers.
On a arrêté pour dettes à Berlin le
Ministre de Suede à la Cour de Prusse ,
& le Senat s'est assemblé extraordinaire
ment le 20. Decembre après.midy, afin
de prendre les mesures neceíîàires pour'
Iìh procurer la liberté..
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Résumé : Suede.
En janvier 1714, plusieurs événements politiques et économiques marquent la Suède et ses régions voisines. À Dantzich, M. Erdmann, commissaire du Czar, expédie une grande quantité de blé à Petersbourg et reçoit l'ordre d'en acheter davantage. En Curlande et en Livonie, les bailliages doivent fournir des jeunes pour le service du Czar, mais cette levée rencontre des difficultés en raison de la fuite des jeunes vers les frontières. Le Comte de Tarlö obtient des subsides pour le roi Stanislas et part le 1er décembre pour le rejoindre. À Copenhague, un nouveau règlement pour les péages du Sund est imprimé, avantageux pour les négociants étrangers. À Berlin, le ministre de Suède à la cour de Prusse est arrêté pour dettes, et le Sénat se réunit en urgence le 20 décembre pour prendre des mesures en vue de sa libération.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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42
p. 129-130
Pologne.
Début :
La Diette generale s'assemblera peu de temps après l'arrivée du Roy, [...]
Mots clefs :
Diète générale, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Pologne.
tolognt.
LA Diette generale s'assemblera peiï'
de temps après l'arrivée du Roy -3
qu'on attend incessamment à Varsovie.
Oh compte que les Protestans du Royau
me y presenteront le Memoire qu'ils ont
dressé contre les Catholiques , poux de
mander la restitution des biens fonds
& des revenus dont ils prétendent quer
le Clergé s'est emparé. Les Evêques, &.
les Ecclesiastiques du íecond Ordre se
disposent à leur répondre , & à détruire
leurs prétentions. On croit que cette
affaire fera la principale occupation de la
Diette.
Le parts attaché au Roy fait des per
quisitions pour découvrir les Nobles qui
épousent encore les interests du Roy Staniflas
; cela fait conjecturer qu'on prendra
des meíures dans la Diette prochaine con
tre les desseins qu'ils pourroient former
en fa faveur. Le
t;6 MERCURE Î>Ì FRANCfe s
Le Roi de Pologne partit de Dresde
, pour Warsovie le 10. de ce mois. Quel
ques jours auparavant sa. Majesté donna
l'Ordre de l'Aigre-Blane au Prince de
Neustadt. C'est le premier Seigneur Ec
clesiastique auquel elle' ait accordé cette
faveur.
S M. P. a nommé le Baron Wederkorp,;
l'un de ses Chambellans , pour son En
voyé extraordinaire à la Cour de France.'
LA Diette generale s'assemblera peiï'
de temps après l'arrivée du Roy -3
qu'on attend incessamment à Varsovie.
Oh compte que les Protestans du Royau
me y presenteront le Memoire qu'ils ont
dressé contre les Catholiques , poux de
mander la restitution des biens fonds
& des revenus dont ils prétendent quer
le Clergé s'est emparé. Les Evêques, &.
les Ecclesiastiques du íecond Ordre se
disposent à leur répondre , & à détruire
leurs prétentions. On croit que cette
affaire fera la principale occupation de la
Diette.
Le parts attaché au Roy fait des per
quisitions pour découvrir les Nobles qui
épousent encore les interests du Roy Staniflas
; cela fait conjecturer qu'on prendra
des meíures dans la Diette prochaine con
tre les desseins qu'ils pourroient former
en fa faveur. Le
t;6 MERCURE Î>Ì FRANCfe s
Le Roi de Pologne partit de Dresde
, pour Warsovie le 10. de ce mois. Quel
ques jours auparavant sa. Majesté donna
l'Ordre de l'Aigre-Blane au Prince de
Neustadt. C'est le premier Seigneur Ec
clesiastique auquel elle' ait accordé cette
faveur.
S M. P. a nommé le Baron Wederkorp,;
l'un de ses Chambellans , pour son En
voyé extraordinaire à la Cour de France.'
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Résumé : Pologne.
La Diète générale de Pologne se tiendra peu après l'arrivée du roi à Varsovie. Les protestants du royaume prévoient soumettre un mémoire réclamant la restitution des biens et revenus qu'ils estiment usurpés par le clergé catholique. Les évêques et ecclésiastiques du second ordre se préparent à contester ces revendications, ce qui devrait être le principal sujet de la Diète. Parallèlement, les partisans du roi mènent des enquêtes pour identifier les nobles soutenant Stanislas, suggérant des mesures contre leurs éventuels projets en faveur de ce dernier. Le roi de Pologne a quitté Dresde pour Varsovie le 10 du mois. Auparavant, il a décerné l'Ordre de l'Aigle Blanc au Prince de Neustadt, premier seigneur ecclésiastique à recevoir cette distinction. De plus, le roi a nommé le Baron Wederkorp comme son envoyé extraordinaire à la cour de France.
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43
p. 130-131
Allemagne.
Début :
Le six de Decembre on afficha à Vienne deux Ordonnances contre les Mandians [...]
Mots clefs :
Mendiants, Empereur, Comte, Capitaine Pretorius
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Allemagne.
Atlemajgte.'
Le six de Décembre on afficha à Vien
ne deux Ordonnances contre les Marídians
& autres gens íâns aveu , par les
quelles les personnes charijables font in-:
Vicées' à porter Ieuf% aumônes dans le'
tronc public des Eglises , afin que la dií
tribution s'en saífe avec Comtoilsance par'
te Comte de Khevenhuller , Lieutenant
de cette Vdk.-
On imnde de hambourg que. le Ca
pitaine Pretarius , soupçonné d'être le'
principal Auteur de l'aísaífinat du feu
Comte de Rantzau avoit été arrêté à
CrbíTen en Silesie , 6c de.là conduit dans
les prisons de Rendefbòurg.
Le Comte Merích, Plenipotentiaire de
l'Empereur dans leCercle de la Bafle Saxe#
a été choisi par S.M.I. pour assister en qua
lité de son CommiiTaire àl'électionde l'E.
1
JAN V 1ER i/jrV *jî
vêque de Hildeim. On ne doute pas que
le Prince Theodore de Biviere , Evêque
de Ratiíbonne y ëc Coadjuteur de Freysingen
, ne íôit élu. Le Comte de Curìeni
a été revêtu du même caractere y
de la part de l'Empereur , à l'élection d«
^Evêque de Liege.
Le six de Décembre on afficha à Vien
ne deux Ordonnances contre les Marídians
& autres gens íâns aveu , par les
quelles les personnes charijables font in-:
Vicées' à porter Ieuf% aumônes dans le'
tronc public des Eglises , afin que la dií
tribution s'en saífe avec Comtoilsance par'
te Comte de Khevenhuller , Lieutenant
de cette Vdk.-
On imnde de hambourg que. le Ca
pitaine Pretarius , soupçonné d'être le'
principal Auteur de l'aísaífinat du feu
Comte de Rantzau avoit été arrêté à
CrbíTen en Silesie , 6c de.là conduit dans
les prisons de Rendefbòurg.
Le Comte Merích, Plenipotentiaire de
l'Empereur dans leCercle de la Bafle Saxe#
a été choisi par S.M.I. pour assister en qua
lité de son CommiiTaire àl'électionde l'E.
1
JAN V 1ER i/jrV *jî
vêque de Hildeim. On ne doute pas que
le Prince Theodore de Biviere , Evêque
de Ratiíbonne y ëc Coadjuteur de Freysingen
, ne íôit élu. Le Comte de Curìeni
a été revêtu du même caractere y
de la part de l'Empereur , à l'élection d«
^Evêque de Liege.
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Résumé : Allemagne.
Le 6 décembre, Vienne publia deux ordonnances contre les Marídians et autres personnes sans aveu, invitant à des dons charitables dans les églises, supervisés par le Comte de Khevenhuller. À Hambourg, le capitaine Pretarius, suspecté du meurtre du Comte de Rantzau, fut arrêté en Silésie et incarcéré à Rendebòurg. Le Comte Merích, représentant impérial en Basse-Saxe, fut désigné pour l'élection de l'évêque de Hildesheim, où le Prince Théodore de Bavière est pressenti. L'Empereur nomma également le Comte de Curìeni pour l'élection de l'évêque de Liège.
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44
p. 131-133
Hollande, & Pays-bas.
Début :
Leurs Hautes Puissances qui avoient chargé leur Ministre à Lisbone de traverser [...]
Mots clefs :
Empereur, Compagnie de Trieste, Indes orientales
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Hollande, & Pays-bas.
H)lUnde >& Pays.bar,
. Leurs Haines Puilíances qui avaient
chargé leur. Ministre à Liíbonede traverfer
la négociation dxi Traité de commerce'
proposé par l'Empereur pour l'avantage'
dela Compagnie Orientale de Trieste
n'ont pu réussir. Le Roi de Portugal leur
à.fait répondre pa* le Comte de Taroncay
son 'Ambassadeur. , qu'il n'avoit aucun en-'
gagement avec la Republique de Hollan->
de qui pût l'empêcher d'user de son droit'
de Souveraineté par rapport aux Indes'
Orientales ; quil pouvoit aûslì dilpoíèr'
áu commerce de ses Etats , íèlon son bon'
plaisir r que les Tertugais ne fburnisioient
point de vaiíseaux à la Compagnie de
Trieste ornais qu'ils les lui rendoient
ainsi qu'ils pou voient juger par le Pavil
lon Imperial qu'on mettoit aux Bâtimens
aullì.tôt que la vente en étoit faite ; 8c
qu'enfin le dernier Traité de commerces
conclu avec l'Empereur , ne contenoit
íîen qui pût préjudiuer aux droits de ls*
ifp MERCURE DE FRANCE.
Republique, tant aux Indes Orientales'^
qu'ailleurs.
. Tous les Commandans des Places pos
íédées par l'Empereur dans les Païs.Bas,
ont reçu ordre de renforcer les gardes
de faire faire des patrouilles hors de leurs
Villes , avant que d'en ouvris ou d'eir
fermer les portes , de n'y laisser entrer
qu'un certain nombre de personnes à laj
fois , d'arrêter toutes celles qui leur pa
raîtront suspectes , & de faire exacte
ment visiter tous les chariots chargez de
paille ou de soin qui íè presenteront pour
entrer.
On apprend de Liege que l'Electeur de .
Cologne y étoit. arrivé le j.i. Decembre*
vers les quatre heures après.midi , accom.i
pagné du Baron' de PÌettembourg , sort
premier Ministre , & que le Cardinal de
Saxe.zeitss'étoit déclaré son competiteur
pour cet Evêché, vacant par le ministere
du Baroride Fiow,- Commandeur de l'Or-
«Ire de Malthe quiest arrivé à Liege3char.
gé des Lettres de créance de ce Cardinal.
Le 19. de ce mois on publia à la Haye
UTie nouvelle Ordonnance des Etats Gene
raux concernant les naufrages , & portant
peine de mort contre tous ceux , qui sous
Îpretexte de donner du íecours à un vaiss
eau en danger , se rendront à bord de ce
Bâtiment , sans ayoir été appelles par le
Capi.3
J A N V I E R 17** j jj
Capitaine , le Pilote , ou par l'equipage
en leur absence.
. Leurs Haines Puilíances qui avaient
chargé leur. Ministre à Liíbonede traverfer
la négociation dxi Traité de commerce'
proposé par l'Empereur pour l'avantage'
dela Compagnie Orientale de Trieste
n'ont pu réussir. Le Roi de Portugal leur
à.fait répondre pa* le Comte de Taroncay
son 'Ambassadeur. , qu'il n'avoit aucun en-'
gagement avec la Republique de Hollan->
de qui pût l'empêcher d'user de son droit'
de Souveraineté par rapport aux Indes'
Orientales ; quil pouvoit aûslì dilpoíèr'
áu commerce de ses Etats , íèlon son bon'
plaisir r que les Tertugais ne fburnisioient
point de vaiíseaux à la Compagnie de
Trieste ornais qu'ils les lui rendoient
ainsi qu'ils pou voient juger par le Pavil
lon Imperial qu'on mettoit aux Bâtimens
aullì.tôt que la vente en étoit faite ; 8c
qu'enfin le dernier Traité de commerces
conclu avec l'Empereur , ne contenoit
íîen qui pût préjudiuer aux droits de ls*
ifp MERCURE DE FRANCE.
Republique, tant aux Indes Orientales'^
qu'ailleurs.
. Tous les Commandans des Places pos
íédées par l'Empereur dans les Païs.Bas,
ont reçu ordre de renforcer les gardes
de faire faire des patrouilles hors de leurs
Villes , avant que d'en ouvris ou d'eir
fermer les portes , de n'y laisser entrer
qu'un certain nombre de personnes à laj
fois , d'arrêter toutes celles qui leur pa
raîtront suspectes , & de faire exacte
ment visiter tous les chariots chargez de
paille ou de soin qui íè presenteront pour
entrer.
On apprend de Liege que l'Electeur de .
Cologne y étoit. arrivé le j.i. Decembre*
vers les quatre heures après.midi , accom.i
pagné du Baron' de PÌettembourg , sort
premier Ministre , & que le Cardinal de
Saxe.zeitss'étoit déclaré son competiteur
pour cet Evêché, vacant par le ministere
du Baroride Fiow,- Commandeur de l'Or-
«Ire de Malthe quiest arrivé à Liege3char.
gé des Lettres de créance de ce Cardinal.
Le 19. de ce mois on publia à la Haye
UTie nouvelle Ordonnance des Etats Gene
raux concernant les naufrages , & portant
peine de mort contre tous ceux , qui sous
Îpretexte de donner du íecours à un vaiss
eau en danger , se rendront à bord de ce
Bâtiment , sans ayoir été appelles par le
Capi.3
J A N V I E R 17** j jj
Capitaine , le Pilote , ou par l'equipage
en leur absence.
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Résumé : Hollande, & Pays-bas.
Le texte décrit plusieurs événements diplomatiques et militaires. Les Pays-Bas ont tenté de négocier un traité de commerce pour la Compagnie Orientale de Trieste via leur ministre à Lisbonne, mais sans succès. Le Roi de Portugal a affirmé qu'il n'avait aucun engagement avec la République de Hollande l'empêchant d'exercer sa souveraineté sur les Indes Orientales. Il a également nié fournir des vaisseaux à la Compagnie de Trieste et assuré que le dernier traité de commerce avec l'Empereur ne préjudiciait pas aux droits de la République. Dans les Pays-Bas, les commandants des places fortifiées par l'Empereur ont reçu des ordres pour renforcer la sécurité : renforcer les gardes, faire des patrouilles, limiter l'accès aux villes, arrêter les personnes suspectes et inspecter les chariots. En Allemagne, l'Électeur de Cologne est arrivé à Liège le 11 décembre avec son premier ministre, le Baron de Pettembourg. Le Cardinal de Saxe s'est déclaré compétiteur pour l'évêché de Cologne, vacant après le décès du Baron de Fiow. Enfin, une ordonnance des États Généraux concernant les naufrages a été publiée à La Haye le 19 du mois, prévoyant la peine de mort pour ceux qui monteraient à bord d'un vaisseau en danger sans y avoir été invités par le capitaine, le pilote ou l'équipage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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45
p. 133-136
Grande-Bretagne.
Début :
La tempête du 20. Septembre dernier qui a été mentionnée dans tous les Journaux, [...]
Mots clefs :
Royaume, Catholique, Parlement, Irlande, Compagnie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Grande-Bretagne.
Grande.Bretagne.
La tempête du 10. Septembre dernier
qui a été mentionnée dans tous les Jourr
naux , a fait perir plus de trente vaisseaux
Marchands aux ten virons de l'Ifle d'Antigoa.
Le 1 7. Décembre les Lords Regens fir
lent publier une Proclamation pour pn>
.roger l'Aísemblée du Parlement jusqu'au
j.o. Janvier suivant, auquel jour tous
les Membres des deux .Chambres ibnt
sommés de' se trouver à Westminster, pour
déliberer sur des affaires très.importantes.
Le 24.. Decembre les Directeurs de la
Compagnie de la Mer du Sud firent a/h>
çher que le Livre de traníport des Acr
étions de cette Compagnie seroit fermé
jusqu'au ì. i . Février prochain pour leur
donner le temps de faire la balance des
profits & des pertes de la Compagnie,
afin d'annoncer ensuite le di videnddû aux
Actionnaires pour la demi.année échue
au terme de Noël ; ils firent publier est
rnéme temps qu'ils payeroient inceflamment
leurs obligations dattéesdu 16. De
cembre 171 5. 1717. 1718. §ç 171 9. qui
font échues.
Le 8. de ce mois le Roi d'Angleterre
arriva heureusement à Margare aux heu
res
^..MERCURE BÉ FRANCl
jres du soit. Cette agréable nouvelle fut?
annoncée à Londres le 9. à dix heures dir'
.matin par une décharge generale du ca<.
lion du Parc de S. James , & de la Tour.
te 5>. íâ Majesté coucha à Chaçham ; elle
.y fit le 10. au matin la visite de seí
vaisseaux de guerre & des magazins de la
Marine t & elle arriva vers les 7. heures
du soir à Londres avec les Seigneurs de
{a. Cour , & plusieurs Ministres Etran
gers. Il y eut le soir dans toutes ies rues
des feux &c des illuminations.
On assure que les Communes du Par
lement d'Irlande ont passe' un Bill trèsrigoureux
contre les Catholiques de ce
Royaume. Par le premier article de cet
Acte , il est ordonné que tous les Archevêques
, Evêques , Vicaires Generaux ,
Doyens Jesuites', Moines , Religieux
ou autres Ecclesiastiques Reguliers Ca
tholiques , exerçant Jurisdiction Eccle
siastique, ou qui depuis le premier jour
de May 1698. ont exercé Jurisdiction
Ecclesiastique dans ce Royaume , feront
.obligez d'en íortir avant le 2 5. Mars
1724. .& que toutes les períonnes cydessus
designées , qui après ce terme in
diqué , seront trouvées dans Je Royau
me , seront jugées coupables de haute
trahison : que tout particulier qui rece
vra , soulagera , entretiendra , ou donnera
au.
JANVIER 1724. ijj
jaucune retraite , azile ou secours à aucun
de ces Ecclesiastiques proscrits , à l'ex
ception de ceuf qui ont prêté les ferment
4'abjuration , fera puiii de mort , lans
esperance de grace, &.que tout dénon
ciateur qui donnera avis du lieu où ils Ce
tiendront cachez , &c des particuliers qui
leur donneront retraite , sera récompensé
auflì.tot que son avis aura été trouvé
.Certain. Par le second article , il e.st dér
fendu à tout particulier Catholique de
recevoir en pension aucune femme ni
iîlle , à peine de 3000. livres d'amende
pour chaque contravention. Par le troir
fiéme , tout Maître d'Ecole Catholique ,
.ou Précepteur de cette Communion , mê
me dans une famille particuliere , qui
fera découvert dans Je Royaume après le
terme indiqué , fera puni de mort , ainsi.
.que le particulier qui le garderoit dans
ta. maiíon malgré la défense. Le quatriè
me ordonne que tout enfant Catholique
né hors du Royaume d'un pere Catho
lique qui aura pris les armes contre le
feu Roy Guillaume , & la Reine Marie
& qui fera ensuite retiré dans les
Etats de quelque Puisíance Catholique f
ne pourra en revenant dans ce Pays, être
reputé veritable sujet de ce Royaume f
ni jouir des Privileges accordez par les
Actes Parlementaires en. faveur des en
* •
y 3* MERCURE DE FRANCE-
-fans Protestans nez hors du Royaume.
..Comme toute personne parvenue à í' li
ge de 16. ans , est obligée fous peine de
Íirison perpetuelle., & de confiscation de
es biens , de prêter le ferment d'abjura
tion en vertu d'un A.cte du Parlement de
:1a troisième. année du Règne de la Reine
Anne , <$c que cependant on a remarqué
que cette obligation étoit .souvent élu
dée par plusieurs particuliers qui íè cas.
choient pour n'être point citez par les
Juges de paix , il est ordonné par le cin
quième arycle qu'il suffira d'afficher la
citation de ces Juges à la porte des Car.
tholiques citez, $~c que si dans le terme
prescrit ils ne íè presentent pas poux
faire le serment , ils seront punis con
formément à l'Acte dont on vient de
parler. Enfin par le sixième, il est. dit
!qne tout Protestant qui prêtera son nom.
à un Catholique pour l'acquisition de
quelque terre , fera condamné à une
amende de 3000. liv. à la confiícation des
terres acquises sous confidence, & à per
dre la jouissance des Privilegies accordez
aux Protestans.
La tempête du 10. Septembre dernier
qui a été mentionnée dans tous les Jourr
naux , a fait perir plus de trente vaisseaux
Marchands aux ten virons de l'Ifle d'Antigoa.
Le 1 7. Décembre les Lords Regens fir
lent publier une Proclamation pour pn>
.roger l'Aísemblée du Parlement jusqu'au
j.o. Janvier suivant, auquel jour tous
les Membres des deux .Chambres ibnt
sommés de' se trouver à Westminster, pour
déliberer sur des affaires très.importantes.
Le 24.. Decembre les Directeurs de la
Compagnie de la Mer du Sud firent a/h>
çher que le Livre de traníport des Acr
étions de cette Compagnie seroit fermé
jusqu'au ì. i . Février prochain pour leur
donner le temps de faire la balance des
profits & des pertes de la Compagnie,
afin d'annoncer ensuite le di videnddû aux
Actionnaires pour la demi.année échue
au terme de Noël ; ils firent publier est
rnéme temps qu'ils payeroient inceflamment
leurs obligations dattéesdu 16. De
cembre 171 5. 1717. 1718. §ç 171 9. qui
font échues.
Le 8. de ce mois le Roi d'Angleterre
arriva heureusement à Margare aux heu
res
^..MERCURE BÉ FRANCl
jres du soit. Cette agréable nouvelle fut?
annoncée à Londres le 9. à dix heures dir'
.matin par une décharge generale du ca<.
lion du Parc de S. James , & de la Tour.
te 5>. íâ Majesté coucha à Chaçham ; elle
.y fit le 10. au matin la visite de seí
vaisseaux de guerre & des magazins de la
Marine t & elle arriva vers les 7. heures
du soir à Londres avec les Seigneurs de
{a. Cour , & plusieurs Ministres Etran
gers. Il y eut le soir dans toutes ies rues
des feux &c des illuminations.
On assure que les Communes du Par
lement d'Irlande ont passe' un Bill trèsrigoureux
contre les Catholiques de ce
Royaume. Par le premier article de cet
Acte , il est ordonné que tous les Archevêques
, Evêques , Vicaires Generaux ,
Doyens Jesuites', Moines , Religieux
ou autres Ecclesiastiques Reguliers Ca
tholiques , exerçant Jurisdiction Eccle
siastique, ou qui depuis le premier jour
de May 1698. ont exercé Jurisdiction
Ecclesiastique dans ce Royaume , feront
.obligez d'en íortir avant le 2 5. Mars
1724. .& que toutes les períonnes cydessus
designées , qui après ce terme in
diqué , seront trouvées dans Je Royau
me , seront jugées coupables de haute
trahison : que tout particulier qui rece
vra , soulagera , entretiendra , ou donnera
au.
JANVIER 1724. ijj
jaucune retraite , azile ou secours à aucun
de ces Ecclesiastiques proscrits , à l'ex
ception de ceuf qui ont prêté les ferment
4'abjuration , fera puiii de mort , lans
esperance de grace, &.que tout dénon
ciateur qui donnera avis du lieu où ils Ce
tiendront cachez , &c des particuliers qui
leur donneront retraite , sera récompensé
auflì.tot que son avis aura été trouvé
.Certain. Par le second article , il e.st dér
fendu à tout particulier Catholique de
recevoir en pension aucune femme ni
iîlle , à peine de 3000. livres d'amende
pour chaque contravention. Par le troir
fiéme , tout Maître d'Ecole Catholique ,
.ou Précepteur de cette Communion , mê
me dans une famille particuliere , qui
fera découvert dans Je Royaume après le
terme indiqué , fera puni de mort , ainsi.
.que le particulier qui le garderoit dans
ta. maiíon malgré la défense. Le quatriè
me ordonne que tout enfant Catholique
né hors du Royaume d'un pere Catho
lique qui aura pris les armes contre le
feu Roy Guillaume , & la Reine Marie
& qui fera ensuite retiré dans les
Etats de quelque Puisíance Catholique f
ne pourra en revenant dans ce Pays, être
reputé veritable sujet de ce Royaume f
ni jouir des Privileges accordez par les
Actes Parlementaires en. faveur des en
* •
y 3* MERCURE DE FRANCE-
-fans Protestans nez hors du Royaume.
..Comme toute personne parvenue à í' li
ge de 16. ans , est obligée fous peine de
Íirison perpetuelle., & de confiscation de
es biens , de prêter le ferment d'abjura
tion en vertu d'un A.cte du Parlement de
:1a troisième. année du Règne de la Reine
Anne , <$c que cependant on a remarqué
que cette obligation étoit .souvent élu
dée par plusieurs particuliers qui íè cas.
choient pour n'être point citez par les
Juges de paix , il est ordonné par le cin
quième arycle qu'il suffira d'afficher la
citation de ces Juges à la porte des Car.
tholiques citez, $~c que si dans le terme
prescrit ils ne íè presentent pas poux
faire le serment , ils seront punis con
formément à l'Acte dont on vient de
parler. Enfin par le sixième, il est. dit
!qne tout Protestant qui prêtera son nom.
à un Catholique pour l'acquisition de
quelque terre , fera condamné à une
amende de 3000. liv. à la confiícation des
terres acquises sous confidence, & à per
dre la jouissance des Privilegies accordez
aux Protestans.
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Résumé : Grande-Bretagne.
Le texte relate plusieurs événements en Grande-Bretagne. Le 10 septembre, une tempête a provoqué la perte de plus de trente vaisseaux marchands près de l'île d'Antigua. Le 17 décembre, les Lords Régents ont publié une proclamation pour ajourner l'Assemblée du Parlement au 10 janvier suivant afin de délibérer sur des affaires importantes. Le 24 décembre, les Directeurs de la Compagnie de la Mer du Sud ont annoncé la fermeture du livre de transport des actions jusqu'au 1er février pour établir la balance des profits et des pertes, et payer les dividendes aux actionnaires. Ils ont également annoncé le paiement immédiat de leurs obligations échues. Le 8 janvier, le roi d'Angleterre est arrivé à Margate et a été accueilli par des célébrations à Londres le 9 janvier. En Irlande, le Parlement a adopté un bill rigoureux contre les catholiques. Ce bill ordonne l'expulsion des ecclésiastiques catholiques exerçant une juridiction ecclésiastique avant le 25 mars 1724, sous peine de haute trahison. Il interdit également aux catholiques de recevoir des femmes ou des filles en pension, d'enseigner, ou d'acquérir des terres avec l'aide de protestants, sous peine d'amendes et de confiscations. Les protestants aidant les catholiques dans ces acquisitions seront également punis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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46
p. 136-138
Espagne & Portugal.
Début :
On a défendu dans ce Royaume l'usage des dorures, tant sur les [...]
Mots clefs :
Roi d'Espagne, Troupes, Conseil, Cour, Marquis, Dorures
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Espagne & Portugal.
Espagne & Portugal.
N a défendu dans ce Royaume
\î-/ l'usage des dorures , tant sor les
habits qu'aux carossej , 6c autres équi
pages
1
7 A N 'V 1^ R rjti t\r
pages ; on n'a excepté que les ornemens
des Eglises. .
On mande de Malaga que plusieurs
bâtimens en étoient partis fous l'eícorte
de deux Galeres , pour transporter fur les
côtes d'Afrique les troupes destinées à
relever la Garnison de Mellille.
le deuil , à l'occaíion de la mort de Mon
sieur le Duc d'Orleans.
Le Roy a donné la Charge de JugeÇonservateur
des Boucheries au Mar
quis d'Aranda , 'Membre du Conseil d'E
tat , Se de celui de la Chambre : celle de
Directeur des Hôpitaux & des Comedies
à Don Pascal de Villa.Campa , Conseil
ler aux mêmes Conseils , Se celle d'Ins
pecteur des Fontaines publiques à Doa
Le Roy d'Espagne que Sa Majesté Por
tugaise a prié d'être le Parain du dernier
Infant , dont la Reine est accouchée^, *
nommé le Prince du Bresil' pour le tenir
fia son nom fur les Fonts de Baptême.
Le Czar a nommé deux Officiers Ge
neraux de ses troupes pour ses Envoyez
extraordinaires en Espagne ^ Se en Por
tugal.
Le 5. Decembre le Marquis de Capichelatro
, Ambassadeur du Roy d'Espa
gne à la .Cour de Liíbone , eut sa pre-
La Cour doit prendre pour trois mois
G rniere
i.3 8 MERCURE DE FRANCE.
miere audience publique du Roy, étant
.conduit par M. le Marquis de Angeja ,
Conseiller d'Etat , & Visiteur des Finan
ces. Son cortege étoit magnifique 8c nom
breux , Se on admira la richeslè & la
beauté de ses équipages.
N a défendu dans ce Royaume
\î-/ l'usage des dorures , tant sor les
habits qu'aux carossej , 6c autres équi
pages
1
7 A N 'V 1^ R rjti t\r
pages ; on n'a excepté que les ornemens
des Eglises. .
On mande de Malaga que plusieurs
bâtimens en étoient partis fous l'eícorte
de deux Galeres , pour transporter fur les
côtes d'Afrique les troupes destinées à
relever la Garnison de Mellille.
le deuil , à l'occaíion de la mort de Mon
sieur le Duc d'Orleans.
Le Roy a donné la Charge de JugeÇonservateur
des Boucheries au Mar
quis d'Aranda , 'Membre du Conseil d'E
tat , Se de celui de la Chambre : celle de
Directeur des Hôpitaux & des Comedies
à Don Pascal de Villa.Campa , Conseil
ler aux mêmes Conseils , Se celle d'Ins
pecteur des Fontaines publiques à Doa
Le Roy d'Espagne que Sa Majesté Por
tugaise a prié d'être le Parain du dernier
Infant , dont la Reine est accouchée^, *
nommé le Prince du Bresil' pour le tenir
fia son nom fur les Fonts de Baptême.
Le Czar a nommé deux Officiers Ge
neraux de ses troupes pour ses Envoyez
extraordinaires en Espagne ^ Se en Por
tugal.
Le 5. Decembre le Marquis de Capichelatro
, Ambassadeur du Roy d'Espa
gne à la .Cour de Liíbone , eut sa pre-
La Cour doit prendre pour trois mois
G rniere
i.3 8 MERCURE DE FRANCE.
miere audience publique du Roy, étant
.conduit par M. le Marquis de Angeja ,
Conseiller d'Etat , & Visiteur des Finan
ces. Son cortege étoit magnifique 8c nom
breux , Se on admira la richeslè & la
beauté de ses équipages.
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Résumé : Espagne & Portugal.
En Espagne, l'usage des dorures a été interdit sur les habits, carrosses et équipements, sauf pour les ornements des églises. Des troupes ont été envoyées de Malaga vers les côtes d'Afrique pour renforcer la garnison de Mellille. Le deuil a été observé à la suite du décès du Duc d'Orléans. Le roi d'Espagne a nommé plusieurs personnes à des postes clés : le Marquis d'Aranda comme Juge-Conservateur des Boucheries, Don Pascal de Villa-Campa comme Directeur des Hôpitaux et des Comédies, et une personne non nommée comme Inspecteur des Fontaines publiques. Au Portugal, le roi a demandé au roi d'Espagne d'être le parrain du dernier infant, nommé Prince du Brésil. Le Czar a désigné deux officiers généraux comme envoyés extraordinaires en Espagne et au Portugal. Le Marquis de Capichelatro, ambassadeur d'Espagne à Lisbonne, a eu sa première audience publique avec le roi du Portugal, accompagné par le Marquis de Angeja. La cour portugaise doit prendre des congés pour trois mois.
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47
p. 138-139
Italie.
Début :
Le 20. du mois passé le Pape tint un Consistoire, dans lequel S. S. proposa [...]
Mots clefs :
Abbé, Évêque, Cardinal, Pape, Consistoire, Évêché, Archevêché
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texteReconnaissance textuelle : Italie.
Italie.
LE 2p. du mois pafle le Pape tint mt
Consistoire , dans lequel S. S. pro
posa l'Archevêché de Camhray pour l'Êvêque
de Laon ; le Cardinal Ottoboni ,
Protecteur des affaires de France, pro
posa l'Evêché d* Autun , pour l'Abbé de
Blitersvich de Moncley, Grand Vicaire
de Besançon. il préconisa ensuite l'Evêque
de Nantes, Premier Aumônier de
feu Monsieur le Duc d'Orleans , pouf
l'Archevêché de Rouen j l'Evêque de
S. Papoul , pour .1'Eyêché de Mende ;
l'Abbé de Froulay , Comte de Lion , 8c
Aumônier du Roy , pour l'Evêché du;
Mans; l'Abbé Boucaud, pour l'Evêché
d'AIet i l'Abbé de Bussi.Rabutin , pour
celui de LuçonJ l'Evêque d'Alais , pour
l'Abbaye de Montebourg ; l'Abbé d'Harcourt
Beuvron, peur celle de Signi, 8c
l'Abbé d'Alegre , pour celle de Bourgueil.
A la fin du Consistoire , le Pape de
clara au Sacré College, qu'ayant fait
exami7
A N V I E R í7i4. 15,
examiner l'a'íFaire du Cardinal Alberoni,
. elle avoic donné un Bref pour fa déchar
ge. Le Cardinal Oli vieri rida lecture de
ce Bref, qui fut generalement approuve-
Le 16. de l'autre mois ie feu prit à
Milan, au Bureau de la Secretairerie de
la Guerre , lequel fut entierement con
sumé , ainsi que la íalle d'audience des
Ministres Etrangers , & quelques autres
appartenons du <Palais Ducal. Trois
hommes ont peri dans cet incendie r 8c
plusieursautres períonnesont étébleííées.
la Comtesse de Colloredo fut contrainte
de se sauver chez laPrincelIè Triv,ulce,
avec ses pierreries, & tout ce qu'elle
.avoit de plus précieux.
L'Ambassadeur de Venise , M. Pierre
.Capello fit íòn entrée publique à Rome
.1e 28. du mois passé , accompagné de plus
de cent carosses. Le Cardinal Ottoboni
;le conduisit à l'audience du Pape ayec
les ceremonies accoutumées.
Le jour de Noël le Pape fit la ceremo
nie ordinaire de benir l'Estoc & l'Epée
que les Pontifes ont coutume d'envoyer
au x Princes qui font la guerre contre les
infideles.
LE 2p. du mois pafle le Pape tint mt
Consistoire , dans lequel S. S. pro
posa l'Archevêché de Camhray pour l'Êvêque
de Laon ; le Cardinal Ottoboni ,
Protecteur des affaires de France, pro
posa l'Evêché d* Autun , pour l'Abbé de
Blitersvich de Moncley, Grand Vicaire
de Besançon. il préconisa ensuite l'Evêque
de Nantes, Premier Aumônier de
feu Monsieur le Duc d'Orleans , pouf
l'Archevêché de Rouen j l'Evêque de
S. Papoul , pour .1'Eyêché de Mende ;
l'Abbé de Froulay , Comte de Lion , 8c
Aumônier du Roy , pour l'Evêché du;
Mans; l'Abbé Boucaud, pour l'Evêché
d'AIet i l'Abbé de Bussi.Rabutin , pour
celui de LuçonJ l'Evêque d'Alais , pour
l'Abbaye de Montebourg ; l'Abbé d'Harcourt
Beuvron, peur celle de Signi, 8c
l'Abbé d'Alegre , pour celle de Bourgueil.
A la fin du Consistoire , le Pape de
clara au Sacré College, qu'ayant fait
exami7
A N V I E R í7i4. 15,
examiner l'a'íFaire du Cardinal Alberoni,
. elle avoic donné un Bref pour fa déchar
ge. Le Cardinal Oli vieri rida lecture de
ce Bref, qui fut generalement approuve-
Le 16. de l'autre mois ie feu prit à
Milan, au Bureau de la Secretairerie de
la Guerre , lequel fut entierement con
sumé , ainsi que la íalle d'audience des
Ministres Etrangers , & quelques autres
appartenons du <Palais Ducal. Trois
hommes ont peri dans cet incendie r 8c
plusieursautres períonnesont étébleííées.
la Comtesse de Colloredo fut contrainte
de se sauver chez laPrincelIè Triv,ulce,
avec ses pierreries, & tout ce qu'elle
.avoit de plus précieux.
L'Ambassadeur de Venise , M. Pierre
.Capello fit íòn entrée publique à Rome
.1e 28. du mois passé , accompagné de plus
de cent carosses. Le Cardinal Ottoboni
;le conduisit à l'audience du Pape ayec
les ceremonies accoutumées.
Le jour de Noël le Pape fit la ceremo
nie ordinaire de benir l'Estoc & l'Epée
que les Pontifes ont coutume d'envoyer
au x Princes qui font la guerre contre les
infideles.
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Résumé : Italie.
En Italie, le 2 du mois, le Pape organisa un consistoire au cours duquel plusieurs nominations ecclésiastiques furent proposées. Le Cardinal Ottoboni suggéra l'Évêché d'Autun pour l'Abbé de Blitersvich de Moncley, Grand Vicaire de Besançon. D'autres nominations inclurent l'Archevêché de Rouen pour l'Évêque de Nantes et l'Évêché de Mende pour l'Évêque de S. Papoul, ainsi que plusieurs autres postes en France. Le Pape annonça également qu'il avait examiné l'affaire du Cardinal Alberoni et émis un bref pour sa décharge, approuvé par le Cardinal Olivieri. Le 16 du mois suivant, un incendie à Milan détruisit le Bureau de la Secretairerie de la Guerre et d'autres parties du Palais Ducal, causant trois morts et plusieurs blessés. La Comtesse de Colloredo dut se réfugier chez la Princesse Trivulce. Le 28 du mois précédent, l'Ambassadeur de Venise, M. Pierre Capello, fit une entrée publique à Rome, accompagné de plus de cent carrosses et conduit à l'audience du Pape par le Cardinal Ottoboni. Le jour de Noël, le Pape bénit l'Estoc et l'Épée destinés aux Princes combattant les infidèles.
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48
p. 140-143
MORTS, BAPTESMES & Mariages des Pays Etrangers.
Début :
Mr. Jagozinski a épousé à Petersbourg Made la Comtesse Gollofskin [...]
Mots clefs :
Mort, Princesse, Reine, Cologne, Épouse, Comtesse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS, BAPTESMES & Mariages des Pays Etrangers.
MORTS, B ALTES MES
& Mariages des Pays Etrangers.
Mk Jagozinski a épousé à PeterÇ.
bowrg Mad: la Comtesse Goiïofsk'in,
fille du Grand Chancelier de
Russie. Ces noces ont été celebrées avec
beaucoup de magnificence , en presence
du Czar, representant avec le Duc d'Holstein
, les peres des deux nouveaux époux,
de la Czarine , accompagnée de la Prin
cesse Menzikoss, repreíentant les meres ,
M. Toistoy , Conseiller d'Etat , & M.
îe General Butterling repreíentaient les
Freres, Mad^ la Comtesse de Mattueof
& Made épouse du Vice-
Amiral Sinets repreíêntoient les íoeurs.
Made Albertine , Michelle , Comtesle
d'Althan, est morte à Vienne le 24.
Novembre, âgée de 17. ans.
Le R. Pere Frederic Confbrug , Je
íuite , Confesseur de l'Imperatrice , est
mort à Vienne le 2 9. Novembre.
Made de Geminghen , Gouvernan
te du jeune Prince Guillaume - Augus
te, & de la jeune Princesse , Se Damed'Honneur
de la Princesse de Galles , est
morte à Londres le premier Decembre.
J A NVïE R' 1714'. ; "4?
La Comtesse de Marlborough , épouse
de M. le Comte de Gòdolphin , est ac
couchée d'une fìlie à Londres le 4. De
cembre. ;
On mande de Londres que le Roy i
d'Angleterre doit declarer la conclusion
du mariage du Prince Frederic , son petjt.
fils, avec la Princesse , fille aînée du'
Roy de Prusse , que Si M. a arrêté pen*.
dant son séjour en Allemagne.
«k. Le R. Pere Joseph Diaíde Mouray
Beneficier dans. l'Eglise Paroissiale de
5, Barthelemy , à Lisbone, y est mort le
6. Novembre , âgé de cent douze ans.
Dom Joseph Hogan, Irlandois', Che
valier de l'Ordre de Christ & Sergent
Major de bataille dans les armées du Roy
de Portugal , est mort à Liíbone le jo.
Octobre.
Dom Jerôme de Camera , quatrième
fils du feu Comte de Ribeïra. Grande ^
Ambassadeur à la Cour de France , est
rnort à Liíbone , & c'est le quatrième
heritier mâle que cette Masson a perdu
dans le courant de cette annee.
Le 6. Decembre le Patriarche de Lis-
.bone baptiíà le quatrième Infant dans
l'Eglise Patriarchale. Ce Prince fut por.
ré par Don Gaston Joseph de Camera
Goutinho , Contrôleur de la Maison de
U Reine, Se il sut tenu sur les Fonts par
G iij le
i4* MERCUTRÏ DE FRANCÉ.
. le Marquis de Capichelatro , au' nom du*
Roy d'Espagne , & pour la Reine Douai
riere d'Esp.gne par Don Numa Alvares.
Pereira , Duc de Cadanel , Conseiller
t d'Etat, Majordome. Major de la Reine,..
President du Desembargo du Palais, po
Mestre de Camp General de la Cour &
de la Province d'Estremadoure. il fut
nommé Franf ois-Joseph. Antoine.Nicolas*
Après la ceremonie le Patriarche enton
na le Te Deum , qui fut chanté par la*
Musique y eníuite ce Prélat donna la be
nediction au peuple. La nuit íuivante it
y eut des illuminations , & autres mar
ques d'une' fête publique dans les deux;
Villes. L'Ambaíïadeur d'Espagne pour jr
contribuer donna ust concert d'instru-^
.mens , avec des rafraîchislgmens à tous. ;
ceux qui le reconduisirent à son Hôtel.
: Le Comte François Malacerta est mort
k Florence fans enfans: Il ne reste plus
de cette ancienne famille que le Mar
quis Malaterra , qui est actuellement
Gouverneur de Volterra.
La Princesse Christine.Amelie , dont
la Reine de Dannemark accoucha il y a
deux mois , est morte le 8. de ce mois à
Coppenhague. ^ . \
.Le 5. de cé mots le corps dq feu
Electeur de Cologne y fut porté de Bonn
' dans un Caroslè à S. chevaux caparaçon-
' ; nea.
.. f A. N V I E R 1714. .ï+s
riéz de deuil Le Clergé Seculier & Re
gulier de Cologne , alla le recevoir hors
de là Porte de S. Se verin ', Se le conduisit
à l'Eglise Metropolitaine, où il fut mis
fous un Dais magnifique. Le 4. le Non-
. ce du Pape accompagné des Prélats Mi
tiez de Rrechsteden , de Steinfeld , d'Altemberg
, de Gladbach , de Deutz , de
Brauveiller , de S.' Martin & de S. Pan,.
taleon , des Ministres Etrangers quí sonc
. à Cologne , de la principale Nobleilè
de cet Electorat , & des Magistrats de
. cette Ville , se rendjt à l'Eglrse Metro
politaine , où il celebra pontificalement
la MeflTe , qui sot suivie de deux Orai.
íòns funèbres , l'une prononcée en Alle
mand par le P. Averhausen , Jesuite, Se
l'autre en' JLatiny pus fó: Curé de Sains
Albin , après quoi le corps de l'Electeur
de Cologne fut inhumé au bruit d'une tri-
J>ie salve de l'artillerie des remparts.
& Mariages des Pays Etrangers.
Mk Jagozinski a épousé à PeterÇ.
bowrg Mad: la Comtesse Goiïofsk'in,
fille du Grand Chancelier de
Russie. Ces noces ont été celebrées avec
beaucoup de magnificence , en presence
du Czar, representant avec le Duc d'Holstein
, les peres des deux nouveaux époux,
de la Czarine , accompagnée de la Prin
cesse Menzikoss, repreíentant les meres ,
M. Toistoy , Conseiller d'Etat , & M.
îe General Butterling repreíentaient les
Freres, Mad^ la Comtesse de Mattueof
& Made épouse du Vice-
Amiral Sinets repreíêntoient les íoeurs.
Made Albertine , Michelle , Comtesle
d'Althan, est morte à Vienne le 24.
Novembre, âgée de 17. ans.
Le R. Pere Frederic Confbrug , Je
íuite , Confesseur de l'Imperatrice , est
mort à Vienne le 2 9. Novembre.
Made de Geminghen , Gouvernan
te du jeune Prince Guillaume - Augus
te, & de la jeune Princesse , Se Damed'Honneur
de la Princesse de Galles , est
morte à Londres le premier Decembre.
J A NVïE R' 1714'. ; "4?
La Comtesse de Marlborough , épouse
de M. le Comte de Gòdolphin , est ac
couchée d'une fìlie à Londres le 4. De
cembre. ;
On mande de Londres que le Roy i
d'Angleterre doit declarer la conclusion
du mariage du Prince Frederic , son petjt.
fils, avec la Princesse , fille aînée du'
Roy de Prusse , que Si M. a arrêté pen*.
dant son séjour en Allemagne.
«k. Le R. Pere Joseph Diaíde Mouray
Beneficier dans. l'Eglise Paroissiale de
5, Barthelemy , à Lisbone, y est mort le
6. Novembre , âgé de cent douze ans.
Dom Joseph Hogan, Irlandois', Che
valier de l'Ordre de Christ & Sergent
Major de bataille dans les armées du Roy
de Portugal , est mort à Liíbone le jo.
Octobre.
Dom Jerôme de Camera , quatrième
fils du feu Comte de Ribeïra. Grande ^
Ambassadeur à la Cour de France , est
rnort à Liíbone , & c'est le quatrième
heritier mâle que cette Masson a perdu
dans le courant de cette annee.
Le 6. Decembre le Patriarche de Lis-
.bone baptiíà le quatrième Infant dans
l'Eglise Patriarchale. Ce Prince fut por.
ré par Don Gaston Joseph de Camera
Goutinho , Contrôleur de la Maison de
U Reine, Se il sut tenu sur les Fonts par
G iij le
i4* MERCUTRÏ DE FRANCÉ.
. le Marquis de Capichelatro , au' nom du*
Roy d'Espagne , & pour la Reine Douai
riere d'Esp.gne par Don Numa Alvares.
Pereira , Duc de Cadanel , Conseiller
t d'Etat, Majordome. Major de la Reine,..
President du Desembargo du Palais, po
Mestre de Camp General de la Cour &
de la Province d'Estremadoure. il fut
nommé Franf ois-Joseph. Antoine.Nicolas*
Après la ceremonie le Patriarche enton
na le Te Deum , qui fut chanté par la*
Musique y eníuite ce Prélat donna la be
nediction au peuple. La nuit íuivante it
y eut des illuminations , & autres mar
ques d'une' fête publique dans les deux;
Villes. L'Ambaíïadeur d'Espagne pour jr
contribuer donna ust concert d'instru-^
.mens , avec des rafraîchislgmens à tous. ;
ceux qui le reconduisirent à son Hôtel.
: Le Comte François Malacerta est mort
k Florence fans enfans: Il ne reste plus
de cette ancienne famille que le Mar
quis Malaterra , qui est actuellement
Gouverneur de Volterra.
La Princesse Christine.Amelie , dont
la Reine de Dannemark accoucha il y a
deux mois , est morte le 8. de ce mois à
Coppenhague. ^ . \
.Le 5. de cé mots le corps dq feu
Electeur de Cologne y fut porté de Bonn
' dans un Caroslè à S. chevaux caparaçon-
' ; nea.
.. f A. N V I E R 1714. .ï+s
riéz de deuil Le Clergé Seculier & Re
gulier de Cologne , alla le recevoir hors
de là Porte de S. Se verin ', Se le conduisit
à l'Eglise Metropolitaine, où il fut mis
fous un Dais magnifique. Le 4. le Non-
. ce du Pape accompagné des Prélats Mi
tiez de Rrechsteden , de Steinfeld , d'Altemberg
, de Gladbach , de Deutz , de
Brauveiller , de S.' Martin & de S. Pan,.
taleon , des Ministres Etrangers quí sonc
. à Cologne , de la principale Nobleilè
de cet Electorat , & des Magistrats de
. cette Ville , se rendjt à l'Eglrse Metro
politaine , où il celebra pontificalement
la MeflTe , qui sot suivie de deux Orai.
íòns funèbres , l'une prononcée en Alle
mand par le P. Averhausen , Jesuite, Se
l'autre en' JLatiny pus fó: Curé de Sains
Albin , après quoi le corps de l'Electeur
de Cologne fut inhumé au bruit d'une tri-
J>ie salve de l'artillerie des remparts.
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Résumé : MORTS, BAPTESMES & Mariages des Pays Etrangers.
En 1714, plusieurs événements marquants ont eu lieu dans diverses cours européennes. Le marquis Jagozinski a épousé la comtesse Gojofsk'in, fille du Grand Chancelier de Russie, en présence du Czar et d'autres dignitaires. À Vienne, la comtesse Albertine Michelle d'Althan est décédée à l'âge de 17 ans, ainsi que le père Frédéric Confbrug, confesseur de l'impératrice. À Londres, madame de Geminghen, gouvernante du prince Guillaume-Auguste et dame d'honneur de la princesse de Galles, est décédée. La comtesse de Marlborough y a accouché d'une fille. Le roi d'Angleterre a annoncé le mariage du prince Frédéric, son petit-fils, avec la fille aînée du roi de Prusse. À Lisbonne, plusieurs décès notables ont été enregistrés. Le père Joseph Diade Mouray, bénéficiant dans l'église paroissiale de Saint-Barthélemy, est mort à l'âge de 112 ans. Dom Joseph Hogan, chevalier de l'Ordre de Christ et sergent-major dans les armées du roi de Portugal, ainsi que Dom Jérôme de Camera, fils du comte de Ribeira, sont également décédés. Dom Jérôme était le quatrième héritier mâle perdu par cette maison cette année-là. Le patriarche de Lisbonne a baptisé le quatrième infant, nommé François-Joseph-Antoine-Nicolas, en présence de dignitaires espagnols et portugais. À Florence, le marquis Malacerta est mort sans enfants, ne laissant que le marquis Malaterra. À Copenhague, la princesse Christine-Amelie, fille de la reine de Danemark, est décédée. Enfin, le corps de l'électeur de Cologne a été transféré de Bonn à Cologne pour des funérailles solennelles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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49
p. 1007-1011
REJOUISSANCES faites à la Martinique, sur la Naissance du Dauphin. Extrait d'une Lettre écrite de cette Isle, le 25. Janvier 1730.
Début :
Le Marquis de Champigny, Gouverneur des Isles du vent de l'Amerique, fit d'abord [...]
Mots clefs :
Martinique, Dauphin, Gouverneur, Illuminations, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : REJOUISSANCES faites à la Martinique, sur la Naissance du Dauphin. Extrait d'une Lettre écrite de cette Isle, le 25. Janvier 1730.
REJOUISSANCES faites à la
Martinique,furlaNaiffance duDauphin .
Extrait d'une Lettre écrite de cette Ifle, le
25. Fanvier 1730 .
E Marquis de Champigny , Gouverneur des
Lifles du Vent de l'Amerique , fit d'abord
éclater fa joye par une décharge generale de tous
les Canons de l'Ifle. Et le lendemain 4. Décembre
, il fit chanter le Te Deum , dans l'Eglife Paroiffiale
du Fort Royal de S. Pierre , où il affifta
avec M. d'Orgeville , Intendant de la Martinique ,
les Officiers Majors , le Confeil en Corps & les
Ju1008
MERCURE DE FRANCÊ
Jurifdictions , &c. Delà on alla dans la grande
Place allumer en ceremonie un Feu de joye qui"
y étoit préparé ; les Milices s'y trouverent & firent
trois décharges , pendant qu'on tira du Fort
& du Vaiffeau du Roi , plus de 400. coups de
Canon. M. le Gouverneur fit répandre de l'argent
au Peuple , dont la foule étoit fort grande dans
cette Place , & fur les fept heures du foir il fit tirer
au Fort un Feu d'artifice. Enfuite il donna
fomptueufement à fouper aux perfonnes les plus
confiderables du Pays , qui avoient déja dîné chez
lui , & il fit donner à manger à toutes les Trounes
Françoifes & Suiffes , fur des tables dreffées
rès autour du Château , au milieu defquelles ,
étoient plufieurs Fontaines de Vin qui coulerent'
pendant tout le temps du Repas , lequel fut fuivi
d'un Bal qui dura jufqu'au jour. L'Illumination
de l'Hôtel du Gouverneur dura auffi jufqu'au jour
& fut très-brillante.
My eut le même foir à l'Intendance une Illumination
magnifique , un nombre infini de Lampions
, difpofez avec art , faifoient un effet merveilleux
, on y diftribua à tous les paffans toutes
fortes de Rafraîchiffemens en abondance. Cependant
M. l'Intendant fe préparoit à donner le jous
fuivant une nouvelle Fête pour marquer l'ardeur
de fon zele , mais il fut obligé de s'embarquer
fur le Vaiffeau du Roy pour aller avec M. le
Gouverneur à la Guadeloupe , & il a remis cette
Fête à fon retour.
Toutes les Communautez Religieufes ont fignar
lé leur zele par des Te Deum , chantez folemnellement
, par des Illuminations , &c. Les Jefuites fe
font particulierement diftinguez , n'ayant rien
obmis pour rendre leur Fête des plus folemnelles,
à quoi la fituation de leur Maifon n'a pas peu
contribué. Au Nord du Bourg de S. Pierre eft
une
MAY. 1730. 1009
I
une longue Avenue , bordée de trois rangées d'arbres,
qui conduit à Paglife & au grand.Portail,qui
fait la principale entrée de cette Maifon , compofée
de trois aîles , & fait face à la Mer , dont elle
n'eft éloignée que d'environ 300. pas ; à cent pas
de la Maifon eft une Riviere , & au -delà une
belle Campagne , où fut dreffé le Feu d'artifice .
Dès les cinq heures du foir du 21. Janvier ,
trois déchargés de 21. coups de Canon chacune,
annoncerent le Te Deum , qui fut chanté dans
leur Eglife par de belles voix , accompagnées de
Hautbois ,Violons , Flutes Aliemandes , Baffes de
Violes , & autres Inftrumens. A fept heures , toute
l'Avenue fut illuminée par de grands Flambeaux
de Bois de Chandelle , de 9 a 10. pieds de
hauteur , placez dans les intervales des Arbres, qui
jettoient une grande flamme , & rendoient une
clarté prefque égale à celle du jour. Ce Bois de
chandelle eft refineux & eft le plus beau du Pays,
on en fait des Flambeaux qui ne s'éteignent point,
& qui éclairent extraordinairement.
L'entrée de la Cour préfentoit un fort beau
morceau d'Architecture , c'étoit un Portique foutenu
par des Colomnes de Marbre feint , dont
l'Entablement portoit de grands Vafes à fleurs &
autres ornemens. On y voyoit fur tout les Armes
de France & celles du Dauphiné , foutenues
par des Statues repréfentant la Force & la Juftice :
Aux deux côrez du Portrait , on voyoit deux Niches
de Rocaille , dans lefquelles étoient deux
Dauphins, qui jettoient une grande quantité d'eau
formant une Nape , qui couloit parmi des Coquillages,
& fe répandoit dans deux Baffins de
Marbre élevez fur des piedeftaux auffi de
Marbre.
"
Un autre grand Baffin, placé dans la cour, contenoit
dans fon milieu un Rocher escarpé , aux
quatre
1010 MERCURE DE FRANCE
quatre coins duquel on voyoit des Groupes . de
petits Dauphins qui jettoient de l'eau, & fervoien
Comme de Piedeital à un autre grand Dauphin ,
lequei pouffoit un Jet d'eau de 25. pieds de hau
_teur , & en même temps des flammes par le
moyen de differens tuyaux , ce qui faifoit un
effet très-éclatant.
Toute la façade & les deux aîles de cette grande
Maiſon étoient cependant tout en feu par Pabondance
& la varieté de l'Iumination , ce qui
formoit un afpect magnifique , fur tout du côté
de la Mer , où une infinité de Chaloupes & de
Canots , remplis d'une multitude de Spectateurs,
contribuerent beaucoup à la beauté de la Fête.
A peine l'Illumination fut-elle achevée, qu'il partit
de la Maiſon un Dragon enflammé , qui porta
le feu à l'Artifice , fitué , comme on l'a dit , audelà
de la Riviere , & éloigné de 400. pas. L'Edifice
qui le contenoit avoit plus de 60. pieds de
hauteur , fur 35. de largeur , & formoit comme
un grand Arc de Triomphe compofé dans toutes
les regles de la meilleure Architecture. Au milieu
de la Frife on voyoit ces mots en Lettres de feu ,
Vive le Roy , qu'on pouvoit lire diftinctement de
très- loin. Sur la Corniche regnoit une belle Baluftrade
, aux deux bouts de laquelle étoient les
Statues de la Paix & de l'Abondance avec leurs
attributs. On voyoit ailleurs celles de la France
& de la Religion , & plufieurs autres Figures &
Ornemens fimboliques , convenables à ce grand
Lujet.
Au bas de la Figure de la Renommée étoient
ces mots : NASCENTE DELPHINO , &
au bas de quatre autres Figures : GALLIA FELIX,
RELIGIO TUTA ABUNDANTIA
CERTA , PAX FIRMA , fans parler de quantité
d'Emblèmes & de Devifes ingénieufes placées
dans
MAY. 1730. ΙΟΙΙ
dans les endroits convenables , & qui furent très
applaudies.
L'Artifice réuffit parfaitement ; on admira fur
tout un grand Soleil fixe qui furprit tout le monpar
l'éclat de fa lumiere & par fa durée. Tout
le fpectacle finit par une décharge de quantité de
de
Boetes.
Il ne faut pas oublier
que cette Fête fi brillante,
& dont le fuccès a été fi heureux
, eft dûe au zele
& à la fagaci é du R. P. Le Brun , Superieur
General
des Miffions
de l'Amérique
, qui dans un
Pays denué de la plupart
des chofes
neceffaires
,
a trouvé
le moyen
de faire tout ce que le plus
habile Artifte auroit pû executer
dans la meilleure
Ville de l'Europe.
par
Les Dominicains fe font auffi beaucoup fignalés
dans cette occafion. Le R, P. Mane , Supérieur
Géneral de leurs Miffions dans les Illes , a donné
une Fête des plus brillantes , qui commença par
le Te Deum , chanté en Mufique , & fut continuée
le bruit d'une nombreuſe Artillerie , par
un Feu d'Artifice des mieux entendus , & heu →
reufement executé , par une Illumination magnifique
, & enfin par un grand repas donné à M.
le Commandant & aux perfonnes les plus qualifiées
, fans parler des aumônes & des liberali,
tés confiderables en faveur des Pauvres &c.
Martinique,furlaNaiffance duDauphin .
Extrait d'une Lettre écrite de cette Ifle, le
25. Fanvier 1730 .
E Marquis de Champigny , Gouverneur des
Lifles du Vent de l'Amerique , fit d'abord
éclater fa joye par une décharge generale de tous
les Canons de l'Ifle. Et le lendemain 4. Décembre
, il fit chanter le Te Deum , dans l'Eglife Paroiffiale
du Fort Royal de S. Pierre , où il affifta
avec M. d'Orgeville , Intendant de la Martinique ,
les Officiers Majors , le Confeil en Corps & les
Ju1008
MERCURE DE FRANCÊ
Jurifdictions , &c. Delà on alla dans la grande
Place allumer en ceremonie un Feu de joye qui"
y étoit préparé ; les Milices s'y trouverent & firent
trois décharges , pendant qu'on tira du Fort
& du Vaiffeau du Roi , plus de 400. coups de
Canon. M. le Gouverneur fit répandre de l'argent
au Peuple , dont la foule étoit fort grande dans
cette Place , & fur les fept heures du foir il fit tirer
au Fort un Feu d'artifice. Enfuite il donna
fomptueufement à fouper aux perfonnes les plus
confiderables du Pays , qui avoient déja dîné chez
lui , & il fit donner à manger à toutes les Trounes
Françoifes & Suiffes , fur des tables dreffées
rès autour du Château , au milieu defquelles ,
étoient plufieurs Fontaines de Vin qui coulerent'
pendant tout le temps du Repas , lequel fut fuivi
d'un Bal qui dura jufqu'au jour. L'Illumination
de l'Hôtel du Gouverneur dura auffi jufqu'au jour
& fut très-brillante.
My eut le même foir à l'Intendance une Illumination
magnifique , un nombre infini de Lampions
, difpofez avec art , faifoient un effet merveilleux
, on y diftribua à tous les paffans toutes
fortes de Rafraîchiffemens en abondance. Cependant
M. l'Intendant fe préparoit à donner le jous
fuivant une nouvelle Fête pour marquer l'ardeur
de fon zele , mais il fut obligé de s'embarquer
fur le Vaiffeau du Roy pour aller avec M. le
Gouverneur à la Guadeloupe , & il a remis cette
Fête à fon retour.
Toutes les Communautez Religieufes ont fignar
lé leur zele par des Te Deum , chantez folemnellement
, par des Illuminations , &c. Les Jefuites fe
font particulierement diftinguez , n'ayant rien
obmis pour rendre leur Fête des plus folemnelles,
à quoi la fituation de leur Maifon n'a pas peu
contribué. Au Nord du Bourg de S. Pierre eft
une
MAY. 1730. 1009
I
une longue Avenue , bordée de trois rangées d'arbres,
qui conduit à Paglife & au grand.Portail,qui
fait la principale entrée de cette Maifon , compofée
de trois aîles , & fait face à la Mer , dont elle
n'eft éloignée que d'environ 300. pas ; à cent pas
de la Maifon eft une Riviere , & au -delà une
belle Campagne , où fut dreffé le Feu d'artifice .
Dès les cinq heures du foir du 21. Janvier ,
trois déchargés de 21. coups de Canon chacune,
annoncerent le Te Deum , qui fut chanté dans
leur Eglife par de belles voix , accompagnées de
Hautbois ,Violons , Flutes Aliemandes , Baffes de
Violes , & autres Inftrumens. A fept heures , toute
l'Avenue fut illuminée par de grands Flambeaux
de Bois de Chandelle , de 9 a 10. pieds de
hauteur , placez dans les intervales des Arbres, qui
jettoient une grande flamme , & rendoient une
clarté prefque égale à celle du jour. Ce Bois de
chandelle eft refineux & eft le plus beau du Pays,
on en fait des Flambeaux qui ne s'éteignent point,
& qui éclairent extraordinairement.
L'entrée de la Cour préfentoit un fort beau
morceau d'Architecture , c'étoit un Portique foutenu
par des Colomnes de Marbre feint , dont
l'Entablement portoit de grands Vafes à fleurs &
autres ornemens. On y voyoit fur tout les Armes
de France & celles du Dauphiné , foutenues
par des Statues repréfentant la Force & la Juftice :
Aux deux côrez du Portrait , on voyoit deux Niches
de Rocaille , dans lefquelles étoient deux
Dauphins, qui jettoient une grande quantité d'eau
formant une Nape , qui couloit parmi des Coquillages,
& fe répandoit dans deux Baffins de
Marbre élevez fur des piedeftaux auffi de
Marbre.
"
Un autre grand Baffin, placé dans la cour, contenoit
dans fon milieu un Rocher escarpé , aux
quatre
1010 MERCURE DE FRANCE
quatre coins duquel on voyoit des Groupes . de
petits Dauphins qui jettoient de l'eau, & fervoien
Comme de Piedeital à un autre grand Dauphin ,
lequei pouffoit un Jet d'eau de 25. pieds de hau
_teur , & en même temps des flammes par le
moyen de differens tuyaux , ce qui faifoit un
effet très-éclatant.
Toute la façade & les deux aîles de cette grande
Maiſon étoient cependant tout en feu par Pabondance
& la varieté de l'Iumination , ce qui
formoit un afpect magnifique , fur tout du côté
de la Mer , où une infinité de Chaloupes & de
Canots , remplis d'une multitude de Spectateurs,
contribuerent beaucoup à la beauté de la Fête.
A peine l'Illumination fut-elle achevée, qu'il partit
de la Maiſon un Dragon enflammé , qui porta
le feu à l'Artifice , fitué , comme on l'a dit , audelà
de la Riviere , & éloigné de 400. pas. L'Edifice
qui le contenoit avoit plus de 60. pieds de
hauteur , fur 35. de largeur , & formoit comme
un grand Arc de Triomphe compofé dans toutes
les regles de la meilleure Architecture. Au milieu
de la Frife on voyoit ces mots en Lettres de feu ,
Vive le Roy , qu'on pouvoit lire diftinctement de
très- loin. Sur la Corniche regnoit une belle Baluftrade
, aux deux bouts de laquelle étoient les
Statues de la Paix & de l'Abondance avec leurs
attributs. On voyoit ailleurs celles de la France
& de la Religion , & plufieurs autres Figures &
Ornemens fimboliques , convenables à ce grand
Lujet.
Au bas de la Figure de la Renommée étoient
ces mots : NASCENTE DELPHINO , &
au bas de quatre autres Figures : GALLIA FELIX,
RELIGIO TUTA ABUNDANTIA
CERTA , PAX FIRMA , fans parler de quantité
d'Emblèmes & de Devifes ingénieufes placées
dans
MAY. 1730. ΙΟΙΙ
dans les endroits convenables , & qui furent très
applaudies.
L'Artifice réuffit parfaitement ; on admira fur
tout un grand Soleil fixe qui furprit tout le monpar
l'éclat de fa lumiere & par fa durée. Tout
le fpectacle finit par une décharge de quantité de
de
Boetes.
Il ne faut pas oublier
que cette Fête fi brillante,
& dont le fuccès a été fi heureux
, eft dûe au zele
& à la fagaci é du R. P. Le Brun , Superieur
General
des Miffions
de l'Amérique
, qui dans un
Pays denué de la plupart
des chofes
neceffaires
,
a trouvé
le moyen
de faire tout ce que le plus
habile Artifte auroit pû executer
dans la meilleure
Ville de l'Europe.
par
Les Dominicains fe font auffi beaucoup fignalés
dans cette occafion. Le R, P. Mane , Supérieur
Géneral de leurs Miffions dans les Illes , a donné
une Fête des plus brillantes , qui commença par
le Te Deum , chanté en Mufique , & fut continuée
le bruit d'une nombreuſe Artillerie , par
un Feu d'Artifice des mieux entendus , & heu →
reufement executé , par une Illumination magnifique
, & enfin par un grand repas donné à M.
le Commandant & aux perfonnes les plus qualifiées
, fans parler des aumônes & des liberali,
tés confiderables en faveur des Pauvres &c.
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Résumé : REJOUISSANCES faites à la Martinique, sur la Naissance du Dauphin. Extrait d'une Lettre écrite de cette Isle, le 25. Janvier 1730.
Le 25 janvier 1730, la Martinique célébra la naissance du Dauphin par des réjouissances officielles. Le Marquis de Champigny, Gouverneur des îles du Vent de l'Amérique, manifesta sa joie par une décharge générale de canons. Le 4 décembre, un Te Deum fut chanté dans l'église paroissiale du Fort Royal de Saint-Pierre, en présence des officiers majeurs, du conseil, des juridictions et du peuple. Cette célébration inclut un feu de joie sur la grande place, accompagné de décharges de milices et de canons. Le gouverneur distribua de l'argent, organisa un feu d'artifice et offrit un somptueux souper aux personnalités importantes, suivi d'un bal et d'une illumination de l'hôtel du gouverneur. L'Intendant d'Orgeville avait également préparé une fête, mais dut partir pour la Guadeloupe avec le gouverneur. Les communautés religieuses, notamment les Jésuites, marquèrent l'événement par des Te Deum solennels et des illuminations. Les Jésuites organisèrent une fête somptueuse avec des illuminations, des feux d'artifice et un repas pour les notables. Les Dominicains, dirigés par le Père Mane, célébrèrent également l'événement avec un Te Deum, des feux d'artifice, une illumination et un repas pour les personnalités qualifiées, ainsi que des aumônes pour les pauvres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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50
p. 1011
TURQUIE ET PERSE.
Début :
On écrit de Constantinople qu'on y avoit reçû avis que le Prince Thamas, après la [...]
Mots clefs :
Turquie, Perse, Thamas Kouli-Kan
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texteReconnaissance textuelle : TURQUIE ET PERSE.
TURQUIE ET PERSE.
N écrit de Conftantinople qu'on y avoit
reçû avis que le Prince Thamas , après la
prife d'Ifpaham , étoit en pleine marche avec fon
Armée pour aller reconquerir les Places & Provinces
cedées à la Porte par le Sultan Acheraf
dont on confirme la mort.
N écrit de Conftantinople qu'on y avoit
reçû avis que le Prince Thamas , après la
prife d'Ifpaham , étoit en pleine marche avec fon
Armée pour aller reconquerir les Places & Provinces
cedées à la Porte par le Sultan Acheraf
dont on confirme la mort.
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