Résultats : 21719 texte(s)
Accéder à la liste des langues.
Détail
Liste
14401
p. 196-201
PAYS-BAS.
Début :
Le sieur de Kauderbach, Ministre Résident du Roi de Pologne Electeur de [...]
Mots clefs :
La Haye, Sieur Kauderbach, États généraux, Mémoire, Invasion, Electorat de Saxe, Seigneurs, La Reine, Traité de neutralité, Amsterdam, Tempête, Naufrages, Bruxelles, Bataille, Prussiens, Croates
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PAYS- BAS.
DE LA HAYE , le 8 Octobre.
Le fieur de Kauderbach , Miniftre Réſident da
Roi de Pologne Electeur de Saxe auprès des
Etats Généraux , leur a préfenté le 30 du mos
dernier le Mémoire fuivant .
« L'Invafion de l'Electorat de Saxe par les trou
»pes Pruffiennes eft un de ces attentats contre les
Loix refpectables des Nations , qui réclame de
»lui-même les fecours de toutes les Puiffances in
téreflées à conferver leur liberté & leur indépen-
>> dance.
» Le Roi , mon augufte Maître , a vu fes Etats
Héréditaires envahis dans le fein de la paix la
plus profonde , quoique S. M. ait évité avec
foin toutes les démarches qui auroient pa don
L
NOVEMBRE
. 1756.
197 . »ner la moindre ombre d'inquiétude
à fes voifins." » Dès les premieres
lueurs de méfintelligence >>entre les Cours de Vienne & de Berlin , S. M. a enjoint expreffément
à fes Miniftres d'annoncer
a toutes les Cours de L'Europe , qu'Elle étoit
d'ob-"
»refolue , dans les conjectures
préfentes , d'oc
»Terver la plus exacte neutralité. 251
297708
» Le fimple expofe des faits fuffira , pour dé- montrer à Vos Hautes Puiffances
, à quels ex- »ces on s'eft porté contre les Etats Héréditaires
du Roi , & de quelle importance
il eft pour tou- tes les Puiflances
d'arrêter un torrent , qui peut » les entraîner
elles- mêmes dans fa courfe . » Sa Majefté , fur le compte que je lui ai rendu »des premieres
impreffions
qu'a faites dans l'Etat »de V. H, P. l'entrée hoftile du Roi de Pruffe dans »fon Electorat , a reconny avec fenfibilité les fen- ntimens de l'ancienne
& conftante
amitié , qui
»lie le Roi avec votre République
. » Vous repréfenter
, Hauts & Puiffans
Seiun
Etat libre , tranquille
& neutre , en- »gneurs , yahi par un ennemi qui fe couvre des dehors de »l'amitié
, qui fans alléguer
le moindre
grief & la moindre
prétention
, mais fondé uniquement »fur la convenance
, s'empare
à main armée da toutes les Villes , & même de la Capitale
, dé- mande
les Places fortes comme Wittemberg
,
>>en fortifie d'autres comme Torgau , ce n'eft que »crayonner
foiblement
l'oppreffion
fous laquelle »gémiffent
les fideles Sujets de Sa Majefte, Les »Bourgeois
défarmés
, les Magiftrats
enlevés pour » fervir de garans des contributions
injuftes & enor- mes en vivres & en fourrages
, les caifles faifies » les revenus
de l'Electorat
confifqués
, les Arfe-
»naux de Drefde, de Léipfick, de Weiffenfels
& de »Zeitz , forcés, l'artillerie
& les armes pillées &
tij
198 MERCURE DE FRANCE.
tranfportées à Magdebourg , tous ces procédés
n'étoient qu'un préliminaire des traitemens
inouis qu'alloit effuyer une Reine , que les vertus
devoient rendre refpectable à fes ennemis
»mêmes. C'eſt d'entre les bras facrés de certe
Augufte Princeffe , qu'ont été enlevées avec
»menace & violence les Archives de l'Etat
malgré la fécurité fous laquelle S. M. croyoit
pouvoir vivre à l'abri des Loix divines & humaines
, & malgré les affurances réitérées qui lui
»avoient été données de la part du Roi de Pruffe ,
»que non feulement fa perfonne & fa réfidence
feroient en fûreté , mais même que la Garniſon
Pruffienne feroit fous fes ordres.
Cette Augufte & tendre Mère de fes fideles
» Sujets , reftés à Dreſde par un facrifice qu'Elle
»faifoit au bonheur des Saxons , comptoit du ſein
»du tumulte régir en fécurité les Etats de fon Augufte
Epoux ; que des foins également impor
tans avoient fait voler à la tête de fon armée ,
pour défendre fon honneur outragé , & rendre
au zele & à l'amour de fes peuples , ce qu'ils
Davoient lieu d'attendre de la valeur & de la fermeté
d'un Prince fi magnanime. Cette Princeffe
❤a vu ôter toute activité au Conſeil Privé , & fubftituer
au légitime Gouvernement un Directoire
arbitraire , qui ne connoît d'autre droit que fa
propre volonté.
Tels font , Hauts & Puiffans Seigneurs , les
premiers exploits d'un Prince , qui annonce
qu'il n'entreprend la guerre uniquement que
pour la défenfe de la liberté du Corps Germanique
, & pour la protection de la Religion Proteftante
, à laquelle il porte un coup d'autant
plus funefte , qu'il commence par écraſer ce même
Etat à qui cette Religion doit ſon établife,
10
1
1
။
NOVEMBRE. 1756: 199
>>ment & la confervation de fes droits les plus précieux
, en même temps qu'il enfreint toutes les
Loix refpectables , qui font l'union du Corps
Germanique , fous prétexte d'une défenfe , dontl'Empire
n'a befoin que contre lui -même.
Un Traité folemnel de Neutralité , offert par
»Sa Majefté , toutes les fûretés compatibles avec fa
>>fouveraineté , n'ont pu arrêter les projets formés
d'envahir & d'écrafer la Saxe. Le Roi , retiré
» dans ſon camp , n'a dû conſulter que fon honneur
& le zele de fes Sujets , pour rejetter , comme
elles le méritoient , les propofitions énor-
>>mes & inouies qu'on lui a faites , d'abandonner"
»durant cette guerre au Roi de Pruffe l'adminiftra-
»tion de ſes États & le commandement de fon ar
» mée.
» La cauſe de la Saxe eft commune à toutes les
Puiffances , puifque fon fort leur annonce celui '
» qu'elles doivent s'attendre d'éprouver , dès que
le Droit de Gens & la foi des Traités ne font plus
wun frein refpecté .
» Vos Hautes Puiffances verront , par la Copie
ci- jointe de la Déclaration que le Roi a fait publier
dans fon camp , que le Roi de Prufſe , en
» proteftant de n'être entré que comme ami en
» Saxe , n'exige pas moins que l'entier facrifice de
cet Electorat que fes prétentions énormes ont
wobligé Sa Majefté de déclarer à ce Prince
squ'Elle eft réfolue de défendre la jufte caufe jufqu'à
la derniere goutte de fon fang , plutôt que
d'accepter des conditions auffi odieufes & auffi
injurieufes à fa gloire.
» Dans la feconde annexe , V. H. P. remarqueront
que le Roi de Pruffe , dans l'expofé de:
fes motifs , qu'il a fait publier fous les yeux d'un '
Prince dont il fe dit ami , ne daigne pas feule--
Iiy
200 MERCURE DE FRANCE.
»ment alléguer de prétexte , pour colorer l'ufur-
»pation du territoire & des revenus de Sa Majeſté .
» Dans ces circonstances , le Roi attend de tou-
»tes les Puiffances , à qui l'honneur eft en recom-
»mandation , & en particulier de V. H. Puiffances
qui ont été de tout temps fi jaloufes de leur
liberté & de leur indépendance , qu'Eiles
»prêteront à Sa Majefté , par l'emploi de leurs
»bons offices & par d'autres moyens plus effica
ces , les fecours que tout Etat doit pour fon pro-
» pre intérêt à un autre Etat opprimé injuftement ,
quand même il ne feroit lié par aucun Traité. »
D'AMSTERDAM , le 11 Octobre.
On effuya le 7 de ce mois fur ces côtes une
affreufe tempête. Elle a caufé un grand nom
bre de naufrages. Quelques Vaiffeaux , entre
Jefquels on compte un Vaiffeau de guerre de
la République , & un Vaiffeau de la Compagnie
des Indes Orientales , ont péri au Texel. Quantité
d'autres ont été jettés fur le fable , ou pouffes
en pleine mer; & l'on n'a aucune nouvelle de
plufieurs de ces derniers.
DE BRUXELLES , le 16.Octobre.
Depuis l'arrivée du Courier , par lequel on a
reça la nouvelle de la bataille donnée en Boheme
le premier de ce mois , on a appris qu'un Détachement
confidérable de Pruffiens ayant paffé
l'Elbe pour enlever des fourrages fur la droite de
cette riviere , il a été attaqué au retour par un
corps de Croates ; que les ennemis ont eu près
de cinq cens hommes tués en cette occafion ; que
les Croates leur ont enlevé foixante - quatorze
NOVEMBRE . 1756. 201
mille rations de fourrage , & que le pont fur lequel
les Pruffiens avoient paffé la riviere , a été
brûlé.
DE LA HAYE , le 8 Octobre.
Le fieur de Kauderbach , Miniftre Réſident da
Roi de Pologne Electeur de Saxe auprès des
Etats Généraux , leur a préfenté le 30 du mos
dernier le Mémoire fuivant .
« L'Invafion de l'Electorat de Saxe par les trou
»pes Pruffiennes eft un de ces attentats contre les
Loix refpectables des Nations , qui réclame de
»lui-même les fecours de toutes les Puiffances in
téreflées à conferver leur liberté & leur indépen-
>> dance.
» Le Roi , mon augufte Maître , a vu fes Etats
Héréditaires envahis dans le fein de la paix la
plus profonde , quoique S. M. ait évité avec
foin toutes les démarches qui auroient pa don
L
NOVEMBRE
. 1756.
197 . »ner la moindre ombre d'inquiétude
à fes voifins." » Dès les premieres
lueurs de méfintelligence >>entre les Cours de Vienne & de Berlin , S. M. a enjoint expreffément
à fes Miniftres d'annoncer
a toutes les Cours de L'Europe , qu'Elle étoit
d'ob-"
»refolue , dans les conjectures
préfentes , d'oc
»Terver la plus exacte neutralité. 251
297708
» Le fimple expofe des faits fuffira , pour dé- montrer à Vos Hautes Puiffances
, à quels ex- »ces on s'eft porté contre les Etats Héréditaires
du Roi , & de quelle importance
il eft pour tou- tes les Puiflances
d'arrêter un torrent , qui peut » les entraîner
elles- mêmes dans fa courfe . » Sa Majefté , fur le compte que je lui ai rendu »des premieres
impreffions
qu'a faites dans l'Etat »de V. H, P. l'entrée hoftile du Roi de Pruffe dans »fon Electorat , a reconny avec fenfibilité les fen- ntimens de l'ancienne
& conftante
amitié , qui
»lie le Roi avec votre République
. » Vous repréfenter
, Hauts & Puiffans
Seiun
Etat libre , tranquille
& neutre , en- »gneurs , yahi par un ennemi qui fe couvre des dehors de »l'amitié
, qui fans alléguer
le moindre
grief & la moindre
prétention
, mais fondé uniquement »fur la convenance
, s'empare
à main armée da toutes les Villes , & même de la Capitale
, dé- mande
les Places fortes comme Wittemberg
,
>>en fortifie d'autres comme Torgau , ce n'eft que »crayonner
foiblement
l'oppreffion
fous laquelle »gémiffent
les fideles Sujets de Sa Majefte, Les »Bourgeois
défarmés
, les Magiftrats
enlevés pour » fervir de garans des contributions
injuftes & enor- mes en vivres & en fourrages
, les caifles faifies » les revenus
de l'Electorat
confifqués
, les Arfe-
»naux de Drefde, de Léipfick, de Weiffenfels
& de »Zeitz , forcés, l'artillerie
& les armes pillées &
tij
198 MERCURE DE FRANCE.
tranfportées à Magdebourg , tous ces procédés
n'étoient qu'un préliminaire des traitemens
inouis qu'alloit effuyer une Reine , que les vertus
devoient rendre refpectable à fes ennemis
»mêmes. C'eſt d'entre les bras facrés de certe
Augufte Princeffe , qu'ont été enlevées avec
»menace & violence les Archives de l'Etat
malgré la fécurité fous laquelle S. M. croyoit
pouvoir vivre à l'abri des Loix divines & humaines
, & malgré les affurances réitérées qui lui
»avoient été données de la part du Roi de Pruffe ,
»que non feulement fa perfonne & fa réfidence
feroient en fûreté , mais même que la Garniſon
Pruffienne feroit fous fes ordres.
Cette Augufte & tendre Mère de fes fideles
» Sujets , reftés à Dreſde par un facrifice qu'Elle
»faifoit au bonheur des Saxons , comptoit du ſein
»du tumulte régir en fécurité les Etats de fon Augufte
Epoux ; que des foins également impor
tans avoient fait voler à la tête de fon armée ,
pour défendre fon honneur outragé , & rendre
au zele & à l'amour de fes peuples , ce qu'ils
Davoient lieu d'attendre de la valeur & de la fermeté
d'un Prince fi magnanime. Cette Princeffe
❤a vu ôter toute activité au Conſeil Privé , & fubftituer
au légitime Gouvernement un Directoire
arbitraire , qui ne connoît d'autre droit que fa
propre volonté.
Tels font , Hauts & Puiffans Seigneurs , les
premiers exploits d'un Prince , qui annonce
qu'il n'entreprend la guerre uniquement que
pour la défenfe de la liberté du Corps Germanique
, & pour la protection de la Religion Proteftante
, à laquelle il porte un coup d'autant
plus funefte , qu'il commence par écraſer ce même
Etat à qui cette Religion doit ſon établife,
10
1
1
။
NOVEMBRE. 1756: 199
>>ment & la confervation de fes droits les plus précieux
, en même temps qu'il enfreint toutes les
Loix refpectables , qui font l'union du Corps
Germanique , fous prétexte d'une défenfe , dontl'Empire
n'a befoin que contre lui -même.
Un Traité folemnel de Neutralité , offert par
»Sa Majefté , toutes les fûretés compatibles avec fa
>>fouveraineté , n'ont pu arrêter les projets formés
d'envahir & d'écrafer la Saxe. Le Roi , retiré
» dans ſon camp , n'a dû conſulter que fon honneur
& le zele de fes Sujets , pour rejetter , comme
elles le méritoient , les propofitions énor-
>>mes & inouies qu'on lui a faites , d'abandonner"
»durant cette guerre au Roi de Pruffe l'adminiftra-
»tion de ſes États & le commandement de fon ar
» mée.
» La cauſe de la Saxe eft commune à toutes les
Puiffances , puifque fon fort leur annonce celui '
» qu'elles doivent s'attendre d'éprouver , dès que
le Droit de Gens & la foi des Traités ne font plus
wun frein refpecté .
» Vos Hautes Puiffances verront , par la Copie
ci- jointe de la Déclaration que le Roi a fait publier
dans fon camp , que le Roi de Prufſe , en
» proteftant de n'être entré que comme ami en
» Saxe , n'exige pas moins que l'entier facrifice de
cet Electorat que fes prétentions énormes ont
wobligé Sa Majefté de déclarer à ce Prince
squ'Elle eft réfolue de défendre la jufte caufe jufqu'à
la derniere goutte de fon fang , plutôt que
d'accepter des conditions auffi odieufes & auffi
injurieufes à fa gloire.
» Dans la feconde annexe , V. H. P. remarqueront
que le Roi de Pruffe , dans l'expofé de:
fes motifs , qu'il a fait publier fous les yeux d'un '
Prince dont il fe dit ami , ne daigne pas feule--
Iiy
200 MERCURE DE FRANCE.
»ment alléguer de prétexte , pour colorer l'ufur-
»pation du territoire & des revenus de Sa Majeſté .
» Dans ces circonstances , le Roi attend de tou-
»tes les Puiffances , à qui l'honneur eft en recom-
»mandation , & en particulier de V. H. Puiffances
qui ont été de tout temps fi jaloufes de leur
liberté & de leur indépendance , qu'Eiles
»prêteront à Sa Majefté , par l'emploi de leurs
»bons offices & par d'autres moyens plus effica
ces , les fecours que tout Etat doit pour fon pro-
» pre intérêt à un autre Etat opprimé injuftement ,
quand même il ne feroit lié par aucun Traité. »
D'AMSTERDAM , le 11 Octobre.
On effuya le 7 de ce mois fur ces côtes une
affreufe tempête. Elle a caufé un grand nom
bre de naufrages. Quelques Vaiffeaux , entre
Jefquels on compte un Vaiffeau de guerre de
la République , & un Vaiffeau de la Compagnie
des Indes Orientales , ont péri au Texel. Quantité
d'autres ont été jettés fur le fable , ou pouffes
en pleine mer; & l'on n'a aucune nouvelle de
plufieurs de ces derniers.
DE BRUXELLES , le 16.Octobre.
Depuis l'arrivée du Courier , par lequel on a
reça la nouvelle de la bataille donnée en Boheme
le premier de ce mois , on a appris qu'un Détachement
confidérable de Pruffiens ayant paffé
l'Elbe pour enlever des fourrages fur la droite de
cette riviere , il a été attaqué au retour par un
corps de Croates ; que les ennemis ont eu près
de cinq cens hommes tués en cette occafion ; que
les Croates leur ont enlevé foixante - quatorze
NOVEMBRE . 1756. 201
mille rations de fourrage , & que le pont fur lequel
les Pruffiens avoient paffé la riviere , a été
brûlé.
Fermer
Résumé : PAYS-BAS.
Le 8 octobre 1756, le ministre résident du roi de Pologne et électeur de Saxe auprès des États Généraux des Pays-Bas a soumis un mémoire dénonçant l'invasion de l'Électorat de Saxe par les troupes prussiennes. Cette invasion est décrite comme une violation des lois internationales et une menace à la liberté et à l'indépendance des nations. Le roi de Saxe, ayant maintenu une neutralité et n'ayant provoqué personne, a vu ses territoires occupés sans raison apparente. Les Prussiens ont pris contrôle des villes et places fortes saxonnes, confisqué les revenus, pillé les arsenaux et menacé la reine ainsi que ses archives. La reine a été forcée de rester à Dresde, tandis que le gouvernement légitime a été remplacé par un directoire arbitraire. Le mémoire souligne la menace que cette agression représente pour toutes les puissances européennes, car elle viole les lois et traités internationaux. Le roi de Saxe a refusé de céder l'administration de ses États et le commandement de son armée aux Prussiens, choisissant de défendre sa cause. Le document, issu du Mercure de France de novembre 1756, inclut également une lettre diplomatique où un prince appelle à l'aide toutes les puissances, particulièrement celles attachées à leur liberté et indépendance, pour secourir un État injustement opprimé. Par ailleurs, une section du document rapporte une tempête survenue le 7 octobre, ayant causé de nombreux naufrages, dont ceux d'un vaisseau de guerre de la République et d'un navire de la Compagnie des Indes Orientales. Enfin, un courrier mentionne une bataille en Bohême le 1er octobre, où un détachement prussien a subi des pertes humaines et matérielles significatives lors d'une attaque par des Croates.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14402
p. 201-207
« Le Roi de Pologne Electeur de Saxe, ayant désigner l'Evêque Duc de Laon, [...] »
Début :
Le Roi de Pologne Electeur de Saxe, ayant désigner l'Evêque Duc de Laon, [...]
Mots clefs :
Roi de Pologne, Nominations, Roi de France, Impératrice Reine de Hongrie et Bohême, Traité de Versailles, Régiments, Chevaliers, Comtes, Lieutenants, Comte de Starhemberg, Maréchal de Browne, Bataille, Artillerie, Violences, Morts, Corsaires, Navires anglais, Capitaines, Loterie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roi de Pologne Electeur de Saxe, ayant désigner l'Evêque Duc de Laon, [...] »
LE Roi de Pologne Electeur de Saxe , ayant défigné
l'Evêque Duc de Laon , pour remplir fa nomination
au Chapeau de Cardinal , le Roi y a
donné fon confentement . Ce Prélat eut l'honneur
d'en remercier Sa Majeſté , ainfi que de la grace
qu'Elle vient de lui faire , en lui accordant les
entrées de fa Chambre .
Le Roi a accordé à M. le Marquis de Cruffol - de
Salles , Lieutenant - Général , le Gouvernement
de l'Ile d'Oleron , vacant par la mort de M. de
Cadeville.
L'Impératrice Reine de Hongrie & de Boheme
ayant demandé au Roi , à l'occafion de l'entrée
de l'armée du Roi de Prufle en Boheme , le
Tecours de troupes ftipulé par le Traité de Verfailles
du premier M ai dernier ; Sa Majesté a
donné ordre de raffembler à cet effet les Régimens
ci- après , qui doivent former un Corps de vingtquatre
mille hommes aux ordres du Prince de
Soubife : fçavoir , les Régimens d'Infanterie de
Champagne, Belfunce , Lyonnois, Dauphin , Vaubecourt
, Alface , Bentheim , Jenner , la March ,
Courten , Royal Suédois , Royal Baviere , Lowendalh
& Lochmann , faifant enſemble vingt- fix Bataillons
; & les Régimens de Cavalerie du Commiflaire
Général , Royal Cuiraffiers , Royal Rouf-
I v
202 MERCURE DE FRANCE:
fillon , Royal Allemand , trois Brigades de Ca
rabiniers , Royal Pologne , Bourgogne , Berry ,
Orléans , Lufignan , Marcieu , Talleyrand , la
Rochefoucault , Lameth , Bellefonds , Henrichemont
, Moutiers , Wirtemberg , Harcourt &
Naffaw , faifant enfemble quarante- quatre Efcadrons
, avec un Détachement du Corps Royal de
l'Artillerie & du Génie.
Sa Majesté a nommé en même temps , pour
fervir avec ces troupes , MM . le Chevalier de Nicolay
. le Duc de Broglie , le Comte de Lorges
& le Comte de Mailly , Lieutenant Généraux ; le
Marquis de Crillon , le Marquis de Poyanne ,
le Marquis de Barbançon , le Marquis de Berville,
le Marquis de Cuftine , le Marquis de Rougé , le
Marquis Deffalles , le Marquis de Saint - Chamans,
le Prince de Beauvau & le Prince Camille , Maréchaux
de Camp ; le Comte de Revel , Maréchal
général des Logis ; le Marquis de Lugeac , Major
général de l'infanterie , & le Marquis de Caulin
court, Maréchal Général des Logis de la Cavalerie.
M. le Comte de Starhemberg , Miniftre Plénipotentiaire
de Leurs Majeftés Impériales auprès
du Roi , reçut le 13 , par un courier extraordinaire
qui lui a été dépêché de ſa Cour , une Copie
de la Relation , par laquelle le Maréchal
Comte de Browne a rendu compte à l'Empereur
de l'action qui s'eft paffée en Boheme le premier
Octobre , entre les troupes Impériales & celles du
Roi de Pruffe . Cette Relation , qui eft datée du
2 , du camp de Budin , porte en fubftance , que la
nuit du 30 Septembre au premier Octobre le Roi
de Pruffe s'avança vers le Maréchal de Browne
avec une armée de quarante mille combattans au
moins : Que cette armée déboucha à la pointe du
jour par la Gorge de Welmina , en fe déployant
NOVEMBRE. 1756. 203
pafur
les hauteurs , à droite , à gauche , & dans le
fond de Lowofis.Que la bataille commença à fept:
heures. Que le feu a été fort vif des deux côtés ,
& la canonnade des Pruffiens telle , que tout le
monde convient n'en avoir jamais entendu de
reille. Que malgré cela les troupes Autrichiennes
ont fait des prodiges de valeur , en foutenant la
violence extrême de ce feu d'artillerie avec la plus
grande fermeté , & en repouffant à diverſes reprifes
les attaques de l'ennemi . Que les Pruffiens
ayant commencé à jetter des boulets rouges dans
le Village de Lowofis , le feu y a pris ; & que cet
accident a obligé l'Iufanterie Autrichienne , qui fe
trouvoit entre le feu du Village & celui de l'attaque
, d'abandonner la hauteur droite du Village
pour le former dehors dans la plaine , après quoi
le feu fe ralentit & finit enfin à trois heures aprèsmidi
. Que la Cavalerie Autrichienne a chaffé celle :
de l'ennemi à deux reprifes , de forte que celle- ci
n'a plus ofé reparoître , & a été forcée de fe retirer :
derriere l'Infanterie. Que parmi les Officiers de
rang de l'armée Autrichienne , il n'y a eu de tués
que le Général Radicati ; que le Général Prince
de Lobkowits a été bieffé & fait prifonnier ; que'
le Général Danois Rantzau a été bleffé , ainfi que
MM. Caroli , Hager , Adjudant Général , de
Browne , fils du Maréchal , de Bievre , Gowrai
& Lafcy ; que le Colonel Sanyvani eft mort de fesbleffures
. Qu'on croit , fuivant le calcul le plus
jafte qu'on ait pu faire , que le nombre des morts
& blellés Autrichiens ne monte guere qu'à environ
deux mille hommes , & que la perte des Pruf
fiens eft beaucoup plus confidérable , outre qu'il y
a eu quelques centaines de ceux - ci & plufieurs de
leurs Officiers , qui ont été faits prifonniers. Que
les Autrichiens n'ont perdu ni canons , ni dra--
Į vj ,
204 MERCURE DE FRANCE.
peaux, & qu'on foupçonne feulement qu'il manque
un Etendard dans le Régiment de Cordoua ,
qui eft celui de tous qui a le plus fouffert . Que le
Maréchal de Browne eft resté toute la nuit fur le
champ de bataille ; mais que comme les charriots
des vivres & des fourages s'étoient retirés , & qu'il
y a difette d'eau dans la Plaine où il étoit , il étoit
retourné le z au matin , dans fon ancien camp de
Budin , derriere l'Egra , afin de ne manquer de
rien pour la fubfiftance de fon armée. Que le Roi
de Prufle avoit pris fon camp derriere le champde
bataille , & que le 2 au matin au départ de l'armée
Autrichienne , il ne s'étoit pas encore mis
en poffeffion de Lowofis. Les Déserteurs & les
Prifonniers rapportent unanimement que les
Pruffiens ont perdu trois Généraux , dont pourtant
ils ne fçavent pas les noms. Le Maréchal de
Browne affure que cette action , quoique extrêmement
vive & fanglante , ne change abfolu
ment rien au ſyſtême des affaires & de les opé-
Iarions.
On mande de Dunkerque , que le Capitaine
Canon , commandant le Corfaire le Prince de
Soubife , de ce Port , y a fait conduire un Navire
Anglois de 250 tonneaux , dont il s'eft emparé ,
& qui revenoit de la Barbade avec un chargement
de fucre , de coton , de taffia & d'autres marchandifes.
L'Hirondelle , autre Corfaire de Dunkerque ,
qui avoit auffi pris deux Bâtimens Anglois , les a
rançonnés , l'un pour deux cens , l'autre pour
trois cens livres sterlings .
Le Corfaire l'Infernal , du Havre , dont eft
Capitaine Louis de Ferne , a relâché , moyennant
une rançon de dix-fept mille livres , un Navire
Anglois dont il s'étoit rendu maître.
NOVEMBRE.
1756. 205
Le Capitaine Deveaux , qui monte le Corfaire
PEfpérance , de Saint - Malo , a conduit au Havre
le Navire Anglois le Prince Rupert , de 140 .
tonneaux , armé de 12 canons , & Chargé de
cire fine , de cuivre , de gomme arabique & d'amandes.
Les Corfaires l'Amiral' & la Levrette ,
de
Bayonne , le font rendus maîtres , l'un des Navires
Anglois la Joanne , de Bofton , de 150 tonneaux
, chargé de fucre , de coton & de bois de
Campêche, & le Horley , de Londres , de 330
tonneaux , venant de la Virginie avec un charge.
ment de tabac ; l'autre , du Brigantin appellé le
Dauphin , de Newport en Amérique , dont la
cargaifon eft compofée de bois de Campêche ,
& du Bateau l'Helene , de Marblehead , chargé
de morue verte .
On a été informé par des lettres écrites de
Marſeille , que le Navire Anglois le Molly, de
140 tonneaun mint de 4
plomb , de plufieurs balles de draps & caiffes de
quincaillerie , a été pris & conduit en ce Port par
le Corfaire l'Heureufe Therefe , dont eft Capitaine
Pierre Pelouquin .
Le Vaiffeau de guerre Anglois le Warwick , de
64 canons , dont le Chevalier d'Aubigny s'étoit
emparé fur les côtes des Iles du Vent , a été armé
à la Martinique , & joint au Vaiffeau le Prudent
& aux Frégates l'Atalante , & le Zephyr ,
qui étoient fous le commandement de cet Offeier.
Cette Efcadre , après avoir croifé plufieurs
mois dans les parages de ces Ifles , où elle a fait
plufieurs prifes , eft partie de la Martinique le 12
Août , avec un convoi de 22 Navires Marchands
Les vents contraires l'ont obligée de relâcher le
premier Octobre au Port de la Corogne en Espa
206 MERCURE DE FRANCE.
gne. Elle en eft partie le 10 , & elle eft arrivéele
14 dans Rade de l'Ile d'Aix , à l'exception de la
Frégate le Zephyr , que le Chevalier d'Aubigny a
renvoyée à la Martinique, quelques jours après fondépart
de cette Ifle , pour y conduire - trois prifes
que cette Frégate avoit faites , & dont une étoit
un Corfaire ennemi , lequel venoit de s'emparer
d'un des Navires Marchands , qui s'étoit écarté du
convoi. Le Chevalier d'Aubigny a fait auffi deux
prifes dans fa traverſée de la Martinique en France
, & a amené les Officiers & une partie de l'équipage
Anglois du Vaiffeau le Warwick.
Le Corfaire l'Amiral , Capitaine Jean Samfon ;
s'eft emparé du Navire Anglois le Friendship , de
Londres , armé de 6 canons , allant à la Virgi
nie avec un chargement de marchandifes féches ,.
& a conduit cette prife à Bayonne.
Le Senaw Anglois le Landovery , de 130 ton
neaux , armé de 10 canons , & dont la cargaifon
chandelle & autres Loliere
marchandifes deftinées pour la
Jamaïque , a été
pris par le Corfaire le Comte de Maurepas , de
Bordeaux , qui l'a fait conduire à Fécamp.
Le 17 d'Octobre , le Roi fit la cérémonie de
recevoir Chevalier de l'Ordre de Saint Louis le
Prince de Rohan-Kochefort , Brigadier , Colonel
d'un Régiment d'Infanterie de fon nom , & M. de
Château- Thierry , Capitaine dars ce Régiment.
Le Roi a choifi M. le Comte d'Eftrées , Chevalier
de fes Ordres , & Lieutenant Général de
fes Armées , pour aller exécuter , en qualité de
fon Miniftre
Plénipotentiaire , une commiffion
particuliere auprès de l'Empereur & de l'Impératrice
Reine de Hongrie & de Boheme.
Les Auguftins Réformés de la
Congrégation de
France , dans le Chapitre qu'ils ont tenu à Paris
NOVEMBRE. 1756. 207-
fe 18 de ce mois , ont élu le Pere Gervais pour
leur Supérieur Général ,
Le 21 les Actions de la Compagnie des Indesétoient
à quinze cens livres : les Billets de la Se
conde Loterie Royal , à fept cens foixante cinq ",
ceux de la troifieme Loterie , à fix cens quatrevingt.
Ceux de la premiere Loterie n'avoient
point de prix fixe.
l'Evêque Duc de Laon , pour remplir fa nomination
au Chapeau de Cardinal , le Roi y a
donné fon confentement . Ce Prélat eut l'honneur
d'en remercier Sa Majeſté , ainfi que de la grace
qu'Elle vient de lui faire , en lui accordant les
entrées de fa Chambre .
Le Roi a accordé à M. le Marquis de Cruffol - de
Salles , Lieutenant - Général , le Gouvernement
de l'Ile d'Oleron , vacant par la mort de M. de
Cadeville.
L'Impératrice Reine de Hongrie & de Boheme
ayant demandé au Roi , à l'occafion de l'entrée
de l'armée du Roi de Prufle en Boheme , le
Tecours de troupes ftipulé par le Traité de Verfailles
du premier M ai dernier ; Sa Majesté a
donné ordre de raffembler à cet effet les Régimens
ci- après , qui doivent former un Corps de vingtquatre
mille hommes aux ordres du Prince de
Soubife : fçavoir , les Régimens d'Infanterie de
Champagne, Belfunce , Lyonnois, Dauphin , Vaubecourt
, Alface , Bentheim , Jenner , la March ,
Courten , Royal Suédois , Royal Baviere , Lowendalh
& Lochmann , faifant enſemble vingt- fix Bataillons
; & les Régimens de Cavalerie du Commiflaire
Général , Royal Cuiraffiers , Royal Rouf-
I v
202 MERCURE DE FRANCE:
fillon , Royal Allemand , trois Brigades de Ca
rabiniers , Royal Pologne , Bourgogne , Berry ,
Orléans , Lufignan , Marcieu , Talleyrand , la
Rochefoucault , Lameth , Bellefonds , Henrichemont
, Moutiers , Wirtemberg , Harcourt &
Naffaw , faifant enfemble quarante- quatre Efcadrons
, avec un Détachement du Corps Royal de
l'Artillerie & du Génie.
Sa Majesté a nommé en même temps , pour
fervir avec ces troupes , MM . le Chevalier de Nicolay
. le Duc de Broglie , le Comte de Lorges
& le Comte de Mailly , Lieutenant Généraux ; le
Marquis de Crillon , le Marquis de Poyanne ,
le Marquis de Barbançon , le Marquis de Berville,
le Marquis de Cuftine , le Marquis de Rougé , le
Marquis Deffalles , le Marquis de Saint - Chamans,
le Prince de Beauvau & le Prince Camille , Maréchaux
de Camp ; le Comte de Revel , Maréchal
général des Logis ; le Marquis de Lugeac , Major
général de l'infanterie , & le Marquis de Caulin
court, Maréchal Général des Logis de la Cavalerie.
M. le Comte de Starhemberg , Miniftre Plénipotentiaire
de Leurs Majeftés Impériales auprès
du Roi , reçut le 13 , par un courier extraordinaire
qui lui a été dépêché de ſa Cour , une Copie
de la Relation , par laquelle le Maréchal
Comte de Browne a rendu compte à l'Empereur
de l'action qui s'eft paffée en Boheme le premier
Octobre , entre les troupes Impériales & celles du
Roi de Pruffe . Cette Relation , qui eft datée du
2 , du camp de Budin , porte en fubftance , que la
nuit du 30 Septembre au premier Octobre le Roi
de Pruffe s'avança vers le Maréchal de Browne
avec une armée de quarante mille combattans au
moins : Que cette armée déboucha à la pointe du
jour par la Gorge de Welmina , en fe déployant
NOVEMBRE. 1756. 203
pafur
les hauteurs , à droite , à gauche , & dans le
fond de Lowofis.Que la bataille commença à fept:
heures. Que le feu a été fort vif des deux côtés ,
& la canonnade des Pruffiens telle , que tout le
monde convient n'en avoir jamais entendu de
reille. Que malgré cela les troupes Autrichiennes
ont fait des prodiges de valeur , en foutenant la
violence extrême de ce feu d'artillerie avec la plus
grande fermeté , & en repouffant à diverſes reprifes
les attaques de l'ennemi . Que les Pruffiens
ayant commencé à jetter des boulets rouges dans
le Village de Lowofis , le feu y a pris ; & que cet
accident a obligé l'Iufanterie Autrichienne , qui fe
trouvoit entre le feu du Village & celui de l'attaque
, d'abandonner la hauteur droite du Village
pour le former dehors dans la plaine , après quoi
le feu fe ralentit & finit enfin à trois heures aprèsmidi
. Que la Cavalerie Autrichienne a chaffé celle :
de l'ennemi à deux reprifes , de forte que celle- ci
n'a plus ofé reparoître , & a été forcée de fe retirer :
derriere l'Infanterie. Que parmi les Officiers de
rang de l'armée Autrichienne , il n'y a eu de tués
que le Général Radicati ; que le Général Prince
de Lobkowits a été bieffé & fait prifonnier ; que'
le Général Danois Rantzau a été bleffé , ainfi que
MM. Caroli , Hager , Adjudant Général , de
Browne , fils du Maréchal , de Bievre , Gowrai
& Lafcy ; que le Colonel Sanyvani eft mort de fesbleffures
. Qu'on croit , fuivant le calcul le plus
jafte qu'on ait pu faire , que le nombre des morts
& blellés Autrichiens ne monte guere qu'à environ
deux mille hommes , & que la perte des Pruf
fiens eft beaucoup plus confidérable , outre qu'il y
a eu quelques centaines de ceux - ci & plufieurs de
leurs Officiers , qui ont été faits prifonniers. Que
les Autrichiens n'ont perdu ni canons , ni dra--
Į vj ,
204 MERCURE DE FRANCE.
peaux, & qu'on foupçonne feulement qu'il manque
un Etendard dans le Régiment de Cordoua ,
qui eft celui de tous qui a le plus fouffert . Que le
Maréchal de Browne eft resté toute la nuit fur le
champ de bataille ; mais que comme les charriots
des vivres & des fourages s'étoient retirés , & qu'il
y a difette d'eau dans la Plaine où il étoit , il étoit
retourné le z au matin , dans fon ancien camp de
Budin , derriere l'Egra , afin de ne manquer de
rien pour la fubfiftance de fon armée. Que le Roi
de Prufle avoit pris fon camp derriere le champde
bataille , & que le 2 au matin au départ de l'armée
Autrichienne , il ne s'étoit pas encore mis
en poffeffion de Lowofis. Les Déserteurs & les
Prifonniers rapportent unanimement que les
Pruffiens ont perdu trois Généraux , dont pourtant
ils ne fçavent pas les noms. Le Maréchal de
Browne affure que cette action , quoique extrêmement
vive & fanglante , ne change abfolu
ment rien au ſyſtême des affaires & de les opé-
Iarions.
On mande de Dunkerque , que le Capitaine
Canon , commandant le Corfaire le Prince de
Soubife , de ce Port , y a fait conduire un Navire
Anglois de 250 tonneaux , dont il s'eft emparé ,
& qui revenoit de la Barbade avec un chargement
de fucre , de coton , de taffia & d'autres marchandifes.
L'Hirondelle , autre Corfaire de Dunkerque ,
qui avoit auffi pris deux Bâtimens Anglois , les a
rançonnés , l'un pour deux cens , l'autre pour
trois cens livres sterlings .
Le Corfaire l'Infernal , du Havre , dont eft
Capitaine Louis de Ferne , a relâché , moyennant
une rançon de dix-fept mille livres , un Navire
Anglois dont il s'étoit rendu maître.
NOVEMBRE.
1756. 205
Le Capitaine Deveaux , qui monte le Corfaire
PEfpérance , de Saint - Malo , a conduit au Havre
le Navire Anglois le Prince Rupert , de 140 .
tonneaux , armé de 12 canons , & Chargé de
cire fine , de cuivre , de gomme arabique & d'amandes.
Les Corfaires l'Amiral' & la Levrette ,
de
Bayonne , le font rendus maîtres , l'un des Navires
Anglois la Joanne , de Bofton , de 150 tonneaux
, chargé de fucre , de coton & de bois de
Campêche, & le Horley , de Londres , de 330
tonneaux , venant de la Virginie avec un charge.
ment de tabac ; l'autre , du Brigantin appellé le
Dauphin , de Newport en Amérique , dont la
cargaifon eft compofée de bois de Campêche ,
& du Bateau l'Helene , de Marblehead , chargé
de morue verte .
On a été informé par des lettres écrites de
Marſeille , que le Navire Anglois le Molly, de
140 tonneaun mint de 4
plomb , de plufieurs balles de draps & caiffes de
quincaillerie , a été pris & conduit en ce Port par
le Corfaire l'Heureufe Therefe , dont eft Capitaine
Pierre Pelouquin .
Le Vaiffeau de guerre Anglois le Warwick , de
64 canons , dont le Chevalier d'Aubigny s'étoit
emparé fur les côtes des Iles du Vent , a été armé
à la Martinique , & joint au Vaiffeau le Prudent
& aux Frégates l'Atalante , & le Zephyr ,
qui étoient fous le commandement de cet Offeier.
Cette Efcadre , après avoir croifé plufieurs
mois dans les parages de ces Ifles , où elle a fait
plufieurs prifes , eft partie de la Martinique le 12
Août , avec un convoi de 22 Navires Marchands
Les vents contraires l'ont obligée de relâcher le
premier Octobre au Port de la Corogne en Espa
206 MERCURE DE FRANCE.
gne. Elle en eft partie le 10 , & elle eft arrivéele
14 dans Rade de l'Ile d'Aix , à l'exception de la
Frégate le Zephyr , que le Chevalier d'Aubigny a
renvoyée à la Martinique, quelques jours après fondépart
de cette Ifle , pour y conduire - trois prifes
que cette Frégate avoit faites , & dont une étoit
un Corfaire ennemi , lequel venoit de s'emparer
d'un des Navires Marchands , qui s'étoit écarté du
convoi. Le Chevalier d'Aubigny a fait auffi deux
prifes dans fa traverſée de la Martinique en France
, & a amené les Officiers & une partie de l'équipage
Anglois du Vaiffeau le Warwick.
Le Corfaire l'Amiral , Capitaine Jean Samfon ;
s'eft emparé du Navire Anglois le Friendship , de
Londres , armé de 6 canons , allant à la Virgi
nie avec un chargement de marchandifes féches ,.
& a conduit cette prife à Bayonne.
Le Senaw Anglois le Landovery , de 130 ton
neaux , armé de 10 canons , & dont la cargaifon
chandelle & autres Loliere
marchandifes deftinées pour la
Jamaïque , a été
pris par le Corfaire le Comte de Maurepas , de
Bordeaux , qui l'a fait conduire à Fécamp.
Le 17 d'Octobre , le Roi fit la cérémonie de
recevoir Chevalier de l'Ordre de Saint Louis le
Prince de Rohan-Kochefort , Brigadier , Colonel
d'un Régiment d'Infanterie de fon nom , & M. de
Château- Thierry , Capitaine dars ce Régiment.
Le Roi a choifi M. le Comte d'Eftrées , Chevalier
de fes Ordres , & Lieutenant Général de
fes Armées , pour aller exécuter , en qualité de
fon Miniftre
Plénipotentiaire , une commiffion
particuliere auprès de l'Empereur & de l'Impératrice
Reine de Hongrie & de Boheme.
Les Auguftins Réformés de la
Congrégation de
France , dans le Chapitre qu'ils ont tenu à Paris
NOVEMBRE. 1756. 207-
fe 18 de ce mois , ont élu le Pere Gervais pour
leur Supérieur Général ,
Le 21 les Actions de la Compagnie des Indesétoient
à quinze cens livres : les Billets de la Se
conde Loterie Royal , à fept cens foixante cinq ",
ceux de la troifieme Loterie , à fix cens quatrevingt.
Ceux de la premiere Loterie n'avoient
point de prix fixe.
Fermer
Résumé : « Le Roi de Pologne Electeur de Saxe, ayant désigner l'Evêque Duc de Laon, [...] »
Le Roi de Pologne, également Électeur de Saxe, a nommé l'Évêque Duc de Laon comme cardinal avec le consentement du Roi de France. Le Marquis de Crussol de Salles a été désigné gouverneur de l'île d'Oléron suite au décès de M. de Cadeville. L'Impératrice Reine de Hongrie et de Bohême a sollicité l'aide militaire française pour contrer l'invasion prussienne en Bohême. En réponse, le Roi a ordonné la mobilisation de 24 000 hommes sous le commandement du Prince de Soubise, incluant des unités d'infanterie, de cavalerie, ainsi que des détachements d'artillerie et de génie. La bataille de Löwositz, le 1er octobre, a vu s'affronter 40 000 Prussiens contre les Autrichiens. Bien que les Autrichiens aient subi des pertes significatives, ils ont réussi à repousser plusieurs attaques prussiennes. Cependant, un incendie les a contraints à se replier. Les pertes autrichiennes s'élèvent à environ 2 000 hommes, tandis que les pertes prussiennes sont estimées plus élevées. En novembre 1756, plusieurs actions navales françaises contre des navires anglais ont été signalées. Des corsaires français ont capturé ou rançonné divers navires anglais transportant diverses marchandises. Le Roi a nommé plusieurs officiers et a choisi le comte d'Estrées pour une mission diplomatique auprès de l'empereur et de l'impératrice de Hongrie et de Bohême. Les Augustins réformés ont élu le père Gervais comme leur supérieur général. Par ailleurs, les actions de la Compagnie des Indes étaient évaluées à 1500 livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14403
p. 207
BÉNÉFICE DONNÉ.
Début :
Le Roi a donné l'Abbaye Régulière de Sainte Austreberte de [...]
Mots clefs :
Abbaye, Diocèse d'Amiens, Ordre de Saint Benoît
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BÉNÉFICE DONNÉ.
BÉNÉFICE DONNÉ.
>
LE Roi a donné l'Abbaye Réguliere de Sainte
Auftreberte de Montreuil- fur- mer Ordre de
Saint Benoît , Diocèfe d'Amiens , vacante par la
mort de la Dame de la Motte d'Orléans , à la Da
me Anne- Renée- Jeanne d'Egrigny , Religieufe :
de cette Abbaye.
>
LE Roi a donné l'Abbaye Réguliere de Sainte
Auftreberte de Montreuil- fur- mer Ordre de
Saint Benoît , Diocèfe d'Amiens , vacante par la
mort de la Dame de la Motte d'Orléans , à la Da
me Anne- Renée- Jeanne d'Egrigny , Religieufe :
de cette Abbaye.
Fermer
14404
p. 207-209
A Caen, ce 17 septembre, 1756.
Début :
Monsieur, le silence que les nouvelles publiques gardent sur un événement qui a fixé, [...]
Mots clefs :
Caen, Duc d'Harcourt, Duc de Montmorenci, Fête, Régiment, Illuminations, Pièce en vers, Banquet, Feux d'artifice
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Caen, ce 17 septembre, 1756.
A Caen , ce 17 septembre , 1756.
Monfieur , le filence que les nouvelles publiques
gardent fur un événement qui a fixé , qui a ›
mérité l'attention de tous les Militaires que le Camp du Havre raffembloit fous les ordres de
Monfieur le Duc d'Harcourt , me détermine à vous
le détailler.
J'entends parler d'une Fête que Monfieur le Duc de Montmorenci
a donnée à ce Général , &
à Madame la Comteffe de Lillebonne fa belle-fille ;
Fête digne à la fois , & de qui la donnoit , & de
qui l'a reçue.
M. de Montmorenci l'a imaginée , l'a dirigée
lui-même l'objet fait l'éloge de fon difcerne
ment , l'exécution fait celui de fon goût.
20S MERCURE DE FRANCE.
Donner des preuves d'attachement à M. le Duo
d'Harcourt , c'eft acquitter près de lui les dettes.
de la Nation ; Poffeffeur du droit héréditaire d'ètre
aimé, ce Général s'eft acquis celui de fe faire
adorer.
Cambiner , faire exécuter foi- même en vingtquatre
heures , la fête la plus brillante , lui donner
l'air le plus galant fous l'appareil le plus militaire
, c'eft un chef-d'oeuvre de goût qui n'appartient
qu'à M. de Montmorency. Paffons au
détail.
Lorfque le Général & les Dames arriverent à
la Brigade de Touraine , on y trouva en bataille
devant les faiſceaux , deux cens hommes de ce
Régiment , troupe connue depuis long - temps
fous le nom de Pruffiens de M. de Montmorency ,
qui lui-même l'a inftruite à faire avec grace &
précifion le maniement des armes & les évolutions
ordinaires au refte de l'Infanterie. Il l'a fit
manoeuvrer & tout le monde convint qu'on ne
pouvoit , ni mieux commandet , nt mieux obéir.
L'arrivée des Dames aux tentes du jeune Duc ,
fut annoncée par toute l'artillerie des Forts & des
Lignes.
Il avoit fait élever devant la premiere un Fort ,
dont le front préfentoit un ouvrage à couronne ,
flanqué de deux baftions , avec des places d'armes
retranchées dans le chemin couvert. Du flanc
droit partoient des lignes défendues par des redans
& redoutes , le tout paliffadé & garni d'une
artillerie dont le volume étoit proportionné à la
capacité des ouvrages. Ces lignes entouroient
plufieurs autres tentes également grandes & magnifiques.
L'intervalle des tentes & lignes étoit
occupé par un parterre en gazon découpé , dont
les compartimens étoient pleins des chiffres de
NOVEMBRE . 1756. 209
Montmorency , Harcourt & la Feuillade. Les Ar
moiries des trois Maifons paroiffoient fur les
remparts en cartouches tranfparens . Tous les ouvrages
, les compartimens & chiffres , ou ornemens
du parterre , étoient deffinés par un nombre
infini de lampions.
L'effet de cette illumination dans une nuit
tranquille & obfcure , a furpris même les plus
difficiles en ce genre.
Avant de commencer le jeu , M. de Montmorency
préfenta à Madame de Lillebonne une piece
de vers fous le titre d'ordre : M. Defluile ' , Capitaine
au Régiment de Touraine , en eft l'Auteur,
& je les ai joints à nra Lettre.
Après le jeu , on paffa dans les tentes voisines
où étoient dreffées plufieurs tables fur lesquelles
l'abondance & la délicateffe des mets fe difputoient
l'avantage. Tous les Chefs des Corps
avoient été invités particuliérement à ce fouper,
où furent priés tous les Officiers que ela curiofité
avoient amenés à ce fpectacle. Pendant le repas
une fymphonie de haut-bois , baffons & corps - dechaffe
fe fit entendre : les fantés furent bues au
bruit de toute l'artillerie.
Lorfqu'on eat quitté la table , on tira un feu
d'artifice qui fut allumé par Madame de Lillebonne
. Le bal fut ouvert enfuite par elle & M. de
Montmorency, & fut terminé à fix heures du matin
, par le retour de cette Dame à Harfleur. Il
convenoit que le départ des graces mît fin à leur
fête.
J'ai l'honneur d'être , &c .
LA NEUFVILLE.
Monfieur , le filence que les nouvelles publiques
gardent fur un événement qui a fixé , qui a ›
mérité l'attention de tous les Militaires que le Camp du Havre raffembloit fous les ordres de
Monfieur le Duc d'Harcourt , me détermine à vous
le détailler.
J'entends parler d'une Fête que Monfieur le Duc de Montmorenci
a donnée à ce Général , &
à Madame la Comteffe de Lillebonne fa belle-fille ;
Fête digne à la fois , & de qui la donnoit , & de
qui l'a reçue.
M. de Montmorenci l'a imaginée , l'a dirigée
lui-même l'objet fait l'éloge de fon difcerne
ment , l'exécution fait celui de fon goût.
20S MERCURE DE FRANCE.
Donner des preuves d'attachement à M. le Duo
d'Harcourt , c'eft acquitter près de lui les dettes.
de la Nation ; Poffeffeur du droit héréditaire d'ètre
aimé, ce Général s'eft acquis celui de fe faire
adorer.
Cambiner , faire exécuter foi- même en vingtquatre
heures , la fête la plus brillante , lui donner
l'air le plus galant fous l'appareil le plus militaire
, c'eft un chef-d'oeuvre de goût qui n'appartient
qu'à M. de Montmorency. Paffons au
détail.
Lorfque le Général & les Dames arriverent à
la Brigade de Touraine , on y trouva en bataille
devant les faiſceaux , deux cens hommes de ce
Régiment , troupe connue depuis long - temps
fous le nom de Pruffiens de M. de Montmorency ,
qui lui-même l'a inftruite à faire avec grace &
précifion le maniement des armes & les évolutions
ordinaires au refte de l'Infanterie. Il l'a fit
manoeuvrer & tout le monde convint qu'on ne
pouvoit , ni mieux commandet , nt mieux obéir.
L'arrivée des Dames aux tentes du jeune Duc ,
fut annoncée par toute l'artillerie des Forts & des
Lignes.
Il avoit fait élever devant la premiere un Fort ,
dont le front préfentoit un ouvrage à couronne ,
flanqué de deux baftions , avec des places d'armes
retranchées dans le chemin couvert. Du flanc
droit partoient des lignes défendues par des redans
& redoutes , le tout paliffadé & garni d'une
artillerie dont le volume étoit proportionné à la
capacité des ouvrages. Ces lignes entouroient
plufieurs autres tentes également grandes & magnifiques.
L'intervalle des tentes & lignes étoit
occupé par un parterre en gazon découpé , dont
les compartimens étoient pleins des chiffres de
NOVEMBRE . 1756. 209
Montmorency , Harcourt & la Feuillade. Les Ar
moiries des trois Maifons paroiffoient fur les
remparts en cartouches tranfparens . Tous les ouvrages
, les compartimens & chiffres , ou ornemens
du parterre , étoient deffinés par un nombre
infini de lampions.
L'effet de cette illumination dans une nuit
tranquille & obfcure , a furpris même les plus
difficiles en ce genre.
Avant de commencer le jeu , M. de Montmorency
préfenta à Madame de Lillebonne une piece
de vers fous le titre d'ordre : M. Defluile ' , Capitaine
au Régiment de Touraine , en eft l'Auteur,
& je les ai joints à nra Lettre.
Après le jeu , on paffa dans les tentes voisines
où étoient dreffées plufieurs tables fur lesquelles
l'abondance & la délicateffe des mets fe difputoient
l'avantage. Tous les Chefs des Corps
avoient été invités particuliérement à ce fouper,
où furent priés tous les Officiers que ela curiofité
avoient amenés à ce fpectacle. Pendant le repas
une fymphonie de haut-bois , baffons & corps - dechaffe
fe fit entendre : les fantés furent bues au
bruit de toute l'artillerie.
Lorfqu'on eat quitté la table , on tira un feu
d'artifice qui fut allumé par Madame de Lillebonne
. Le bal fut ouvert enfuite par elle & M. de
Montmorency, & fut terminé à fix heures du matin
, par le retour de cette Dame à Harfleur. Il
convenoit que le départ des graces mît fin à leur
fête.
J'ai l'honneur d'être , &c .
LA NEUFVILLE.
Fermer
Résumé : A Caen, ce 17 septembre, 1756.
Le 17 septembre 1756, à Caen, le Duc de Montmorency organisa une fête en l'honneur du Duc d'Harcourt et de Madame la Comtesse de Lillebonne. Cet événement, décrit comme brillant et digne des invités, fut conçu et dirigé par le Duc de Montmorency, mettant en lumière son discernement et son goût. À l'arrivée des invités à la Brigade de Touraine, 200 hommes du régiment de Montmorency exécutèrent des manœuvres militaires impressionnantes. L'arrivée des dames fut annoncée par l'artillerie des forts et des lignes. La scène était ornée de fortifications miniatures, incluant un fort avec des bastions et des lignes défensives, illuminées par des lampions. Un parterre en gazon, décoré des armoiries des maisons de Montmorency, Harcourt et La Feuillade, séparait les tentes. La soirée débuta par la présentation de vers à Madame de Lillebonne, suivie d'un jeu et d'un souper où abondance et délicatesse des mets étaient mises en avant. Une symphonie accompagna le repas, et des salves d'artillerie marquèrent les toasts. Après le dîner, un feu d'artifice fut tiré par Madame de Lillebonne, suivi d'un bal qui se termina à six heures du matin par son départ pour Harfleur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14405
p. 210-212
L'ORDRE.
Début :
Que tout Normand soit un aigle en chicanne, [...]
Mots clefs :
Ordre, Plaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'ORDRE.
L'ORDRE.
Ue tout Normand foit un aigle en chi→
canne ,
Que du Barreau fon nom foit le foutien ;
Vingt fois par an, qu'un juge le condamne ;
Tout eft dans l'ordre , & je n'en dirai rien :
Mais que je trouve aux lieux qui l'ont vu naïtre','
Riche modefte , & peuple façonné ,
M.... décent , & charitable P....
C'eft contre l'Ordre , & j'en fuis étonné
Que de fes yeux , la gentille Cauchoiſe ,
En tapinois veuille éprouver l'effet ;
Que la friponne à nos coeurs cherche noife ;
Tout eft dans l'Ordre , & j'en fuis fatisfait :
Mais que le fien au fein de la victoire ,
Soit fans pitié pour quelqu'un des vaincus ,
Que fes defirs fe bornent à fa gloire ,
C'eft contre l'Ordre , & j'en fuis tout confus.
܀
Que de ces champs confacrés à Bellonne ,
Mars ait fait fuir & Pomone & Cérès ;
Que le falpêtre à chaque inftant y tonne ,.
Tout eft dans l'ordre , ou du moins fait exprès
NOVEMBRE. 1756.
217
Mais qu'on y trouve un (1 ) Intendant aima
ble ,
A plaire à tous conftamment appliqué ,
Dans fon travail , vif , prompt , infatigable ,
C'eft contre l'Ordre , & j'en fuis très -piqué.
Qu'une ( 2 ) Comteffe en qui les Dieux propices
Ont réunis mille dons précieux ,
Soit de la Cour l'ornement , les délices ,
Tout eft dans l'Ordre , & ne peut être mieux's
Mais qu'un mari feul ait droit de lui plaire ,
. Que pour lui-même elle ait des agrémens ,.
Qu'on croie en eux voir deux tendres amans ,
C'eſt contre l'Ordre , & je ne puis m'en taire,
Qu'un (3 ) Général ait chez lui grande chere ,
: Force vins vieux , Bourgogne velouté ,
Valets nombreux & ne ſçachant rien faire ,
Tout eft dans l'Ordre , & j'en fuis enchanté :
Mais que marchant fur les pas de Turenne ,.
Il foit actif , zélé , laborieux ,
Poli fans fard , & modefte fans gêne ,
C'eſt contre l'Ordre , & j'en fuis furieux.
(1) M. de Brou , Intendant de Rouen ..
(2 ) Madame la Comteffe de Lillebonnes.
(3 ) M. le Duc d'Harcourt.
212 MERCURE DE FRANCE .
Dans les plaifirs qu'un nombreux militaire
Mêle par fois quelques petits excès ,
Que trop fouvent on ait peine à lui plaire ,
Tout eft dans l'Ordre ; on fçait qu'il eft Fraqçois
: -
Mais lorsqu'il offre un pur & tendre hommage
au ( 1 ) Chef chéri dont nous fuivons les loix ,
De fa raiſon il fait un digne ufage ,
Et contre l'ordre , en écoute la voix.
(1 ) M. le Duc d'Harcourt.
Ue tout Normand foit un aigle en chi→
canne ,
Que du Barreau fon nom foit le foutien ;
Vingt fois par an, qu'un juge le condamne ;
Tout eft dans l'ordre , & je n'en dirai rien :
Mais que je trouve aux lieux qui l'ont vu naïtre','
Riche modefte , & peuple façonné ,
M.... décent , & charitable P....
C'eft contre l'Ordre , & j'en fuis étonné
Que de fes yeux , la gentille Cauchoiſe ,
En tapinois veuille éprouver l'effet ;
Que la friponne à nos coeurs cherche noife ;
Tout eft dans l'Ordre , & j'en fuis fatisfait :
Mais que le fien au fein de la victoire ,
Soit fans pitié pour quelqu'un des vaincus ,
Que fes defirs fe bornent à fa gloire ,
C'eft contre l'Ordre , & j'en fuis tout confus.
܀
Que de ces champs confacrés à Bellonne ,
Mars ait fait fuir & Pomone & Cérès ;
Que le falpêtre à chaque inftant y tonne ,.
Tout eft dans l'ordre , ou du moins fait exprès
NOVEMBRE. 1756.
217
Mais qu'on y trouve un (1 ) Intendant aima
ble ,
A plaire à tous conftamment appliqué ,
Dans fon travail , vif , prompt , infatigable ,
C'eft contre l'Ordre , & j'en fuis très -piqué.
Qu'une ( 2 ) Comteffe en qui les Dieux propices
Ont réunis mille dons précieux ,
Soit de la Cour l'ornement , les délices ,
Tout eft dans l'Ordre , & ne peut être mieux's
Mais qu'un mari feul ait droit de lui plaire ,
. Que pour lui-même elle ait des agrémens ,.
Qu'on croie en eux voir deux tendres amans ,
C'eſt contre l'Ordre , & je ne puis m'en taire,
Qu'un (3 ) Général ait chez lui grande chere ,
: Force vins vieux , Bourgogne velouté ,
Valets nombreux & ne ſçachant rien faire ,
Tout eft dans l'Ordre , & j'en fuis enchanté :
Mais que marchant fur les pas de Turenne ,.
Il foit actif , zélé , laborieux ,
Poli fans fard , & modefte fans gêne ,
C'eſt contre l'Ordre , & j'en fuis furieux.
(1) M. de Brou , Intendant de Rouen ..
(2 ) Madame la Comteffe de Lillebonnes.
(3 ) M. le Duc d'Harcourt.
212 MERCURE DE FRANCE .
Dans les plaifirs qu'un nombreux militaire
Mêle par fois quelques petits excès ,
Que trop fouvent on ait peine à lui plaire ,
Tout eft dans l'Ordre ; on fçait qu'il eft Fraqçois
: -
Mais lorsqu'il offre un pur & tendre hommage
au ( 1 ) Chef chéri dont nous fuivons les loix ,
De fa raiſon il fait un digne ufage ,
Et contre l'ordre , en écoute la voix.
(1 ) M. le Duc d'Harcourt.
Fermer
Résumé : L'ORDRE.
Le texte examine divers comportements jugés conformes ou contraires à un certain 'Ordre'. Parmi les Normands, certaines attitudes sont acceptées, tandis que d'autres, comme la richesse modeste et la charité, sont perçues comme contraires à cet Ordre. Les aspects militaires sont également abordés, soulignant que l'amour de la victoire sans pitié va à l'encontre de l'Ordre. Des individus spécifiques sont mentionnés : M. de Brou, Intendant de Rouen, est loué pour son dévouement, mais son amour du travail est jugé contraire à l'Ordre. Madame la Comtesse de Lillebonne est admirée pour ses qualités, mais son mariage heureux est considéré comme allant à l'encontre de l'Ordre. Le Duc d'Harcourt est critiqué pour son style de vie luxueux, mais son comportement militaire actif et modeste est également perçu comme contraire à l'Ordre. Le texte traite enfin des plaisirs militaires et des excès, notant que certains comportements sont acceptables car typiques des Français, mais que l'obéissance à un chef respecté va à l'encontre de l'Ordre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14406
p. 212-216
LETTRE à Madame de ***, sur une Fête donnée à Brest.
Début :
Je vous l'avois bien dit, Madame, avant de partir de Paris, que vous seriez [...]
Mots clefs :
Fête, Brest, Marquis de Constant, Navire, Fleurs, Colonnes, Décors, Baldaquins, Beauté, Buste du roi, Statues, Musique, Bal, Banquets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE à Madame de ***, sur une Fête donnée à Brest.
LETTRE à Madame de *** ſur une
Fête donnée à Breft.
JE vous l'avois bien dit , Madame , avant de
partir de Paris , que vous feriez bientôt furieuſe
de n'avoir pas été de notre voyage , & je gage que
vous allez l'être. Me voilà arrivée à Brest. Vous
croyez peut- être que je vais vous parler de la mer,
& des préparatifs formidables que l'on fait dans
ce port contre les Anglois ? J'ai vraiment bien
d'autres merveilles à vous conter . Je fors d'un palais
des Fées , d'une maison de campagne fur l'eau :
j'y ai vu des jardins , des bois . Oh ! je voudrois
tout vous dire à la fois , ou plutôt je voudrois y
être encore. Laiffez -moi du moins vous donner
une idée des charmes d'une fête que les Graces
feules devroient décrire , & qu'un Général feul
de mer peut donner. M. le Marquis de Conflans
qui commande l'eſcadre qui eft en rade , vient
de donner cette fête en l'honneur de celle de
NOVEMBRE. 1756. 213
Roi. C'eft de fon vaiffeau que je fors : voilà le
château enchanté. Il y avoit invité toutes les
- femmes de cette ville , avec plufieurs étrangeres
voyageuses comme moi. Nous y fûmes toutes
avec lui dans une petite flotte de canots le plus
galamment équipés , & aufli leftes que nos cabriolets.
En vérité , ce font des magiciens que ces Meffieurs
les Marins : j'imaginois devoir entrer en
arrivant à bord du Soleil royal , dans une citadelle
de bois , hériffée de quatre - vingts canons , &
- c'eft fur le gazon d'abord que j'ai marché. Pai
levé les yeux pour appercevoir une girouette , j'étois
fous un lambri de feuillages émaillés de
fleurs ; enfin dans une allée de myrthes & de lauriers.
Le paffavant ( je vous prie de croire que
je fuis déja un peu marine ; & que j'en fçais les
termes ; je vous les expliquerai à mon retour ) ,
le paffavant donc étoit métamorphofé en cette
belle allée qui régnoit tout autour du vaiffeau ; &
- en faifoit une promenade délicieufe : les vents
ne fouffloient ce jour- là que pour répandre l'efprit
des fleurs dont tout le vaiffeau étoit paré.
L'intervalle qui fépare les deux paffavants , étoit
rempli par un plancher très- uni , & formoit un
fallon fpacieux. Ce fut dans ce fallon que j'entrai
enfuite trois de fes côtés étoient ornés de co-
-lonnes d'ifs dans l'ordre Ionique , entrelaffés de
gairlandes de fleurs ; leurs chapiteaux foutenoient
une galerie auffi militaire qu'elle étoit agréable
aux yeux par tous les trophées de Neptune &
de Mars , dont on l'avoit décorée : le fond du
fallon étoit terminé par un baldaquin de verdure
; on y voyoit le portrait du Roi peint de
grandeur naturelle , & appuyé fur une pouppe de
vaiffeau, Près de lui la Renommée lui préfentoit
214 MERCURE DE FRANCE.
d'une main des lauriers , fe foutenant de l'autre
fur l'épaule du Miniftre de la marine , indiqué par
La caffette des Sceaux : tout l'enſemble de ce tableau
repréfentoit très bien l'emblême de la
gloire que notre augufte Monarque vient d'acquérir
fur la mer.
-
Le Général enchanté des éloges que tout le
monde donnoit à cette maniere ingénieuſe de célébrer
les victoires du Roi & les fuccès de fa
marine triomphante même en renaiffant , nous
conduifit delà dans une autre falle auffi vafte ,
mais décorée différemment ; c'est le gaillard d'arriere
où nous étions ( je vous déroute furieufement
, Madame , par tous ces noms- là , mais
je vous l'ai promis , je vous les apprendrai tous ) :
elle étoit tendue de blanc , vous auriez dit d'une
mouffeline ; ce font leurs pavillons de fignaux.
Le grand mât du vaiffeau qui eft au milieu ,
& qui féparoit ces deux falles , étoit revêtu de
myrthes touffus , dans lefquels on avoit pratiqué
avec art une niche en verdure fleurie , où étoit
placé le bufte du Roi fur un piédeſtal élégamment
orné. Nous appellâmes ces deux falles , l'une
de Mars , & l'autre de l'Amour. Ce fut là qu'on
fervit un repas avec autant de magnificence que
de goût ; une table immenfe étoit couverte des
cryftaux les plus joliment imaginés du monde.
Je fçais bien , pour moi , que j'étois devant le
fiege de Mahon , & tout auprès d'une efcadre
Françoife , dont nos vaiffeaux défignés par de petits
pavillons de taffetas blanc , faifoient prefque
fortir à force de voiles , une troupe de pavillons
rouges qui s'enfuyoient devant eux.
Une bonne fymphonie , que l'on n'appercevoir
point , anima tout le dîner ; fur le foir on chanta
folemnellement un Te Deum en musique. Il fut
NOVEMBRE. 1756. 215
Tuivi d'une falve de moufqueterie & de canons, que
tirerent tous les vaiffeaux de la rade : mais de façon
à nous donner l'image d'un combat naval
fpectacle auffi gracieux à poudre feulement , qu'il
doit être terrible à boulets . Je l'ai donc vu auffi ,
Madame, & avec la même gaieté que je fus enfuite
au bal . Le foleil ne fe coucha point , ou celui
où nous étions prit fa place : mille bougies allumées
parmi les feuillages , furent les feux que jetta
le foleil royal & jamais illumination plus brillante
n'avoit éclairé un bal plus galant, ni mieux ordonné.
Les favoris d'Amphitrite vont fans doute dans
leurs voyages de temps en temps à Paphos ou à
Idalie . Ils ne font point du tout Loups de mer , &
j'apperçus dans nos allées de myrthes une foule de
jeunes marins , qui me fembloient conter leurs
peines , & s'y prendre comme à Paris : croyez
qu'ils fçavent galamment chanter leur Roi & leurs
maîtreffes. Lifez plutôt cette chanſon , ou chantez-
là : car je vous l'envoie notée . C'est une production
marine d'un des Officiers du vaiſſeau , &
une efquiffe de la fête , & de ma rélation aufli.
Mais je vais la finir pour ne pas achever de vous
défefpérer de n'être pas venue.
Le bal ne fut interrompu que par un ambigu
fervi avec une profufion & une délicateffe qui ne
laiffoient rien à défirer . Nous y fûmes d'une folie......
Les Dames de Breft furtout étoient d'une
gaieté charmante , & bien faites pour en infpirer,
bien dignes auffi de la fête que nous célébrions.
Elles n'aiment pas le Roi , elles en font amoureufes.
Nous y aurions paffé la nuit , fi les inftrumens
ne nous euffent rappellé dans la falle du bal, qui recommença
avec encore plus de vivacité & de plaifir
qu'auparavant. Je n'en fuis fortie qu'au jour . J'ai
fini par danſer la Mahon , & je ſuis revenye vîte
216 MERCURE DE FRANCE.
vous écrire au ſon des violons qui , j'imagine ,
frappent encore mes oreilles . Adieu , Madame. Je
pars au premier jour pour revenir vous voir. Que
je vais vous parler marine ! Ce fera le fruit de mes
voyages : mais vous qui les aimez fi peu , ne faites
pas de même au moins d'une voyageufe que vous
fçavez vous être attachée bien fincérement , toute
charmante & toute jolie que vous êtes.
Fête donnée à Breft.
JE vous l'avois bien dit , Madame , avant de
partir de Paris , que vous feriez bientôt furieuſe
de n'avoir pas été de notre voyage , & je gage que
vous allez l'être. Me voilà arrivée à Brest. Vous
croyez peut- être que je vais vous parler de la mer,
& des préparatifs formidables que l'on fait dans
ce port contre les Anglois ? J'ai vraiment bien
d'autres merveilles à vous conter . Je fors d'un palais
des Fées , d'une maison de campagne fur l'eau :
j'y ai vu des jardins , des bois . Oh ! je voudrois
tout vous dire à la fois , ou plutôt je voudrois y
être encore. Laiffez -moi du moins vous donner
une idée des charmes d'une fête que les Graces
feules devroient décrire , & qu'un Général feul
de mer peut donner. M. le Marquis de Conflans
qui commande l'eſcadre qui eft en rade , vient
de donner cette fête en l'honneur de celle de
NOVEMBRE. 1756. 213
Roi. C'eft de fon vaiffeau que je fors : voilà le
château enchanté. Il y avoit invité toutes les
- femmes de cette ville , avec plufieurs étrangeres
voyageuses comme moi. Nous y fûmes toutes
avec lui dans une petite flotte de canots le plus
galamment équipés , & aufli leftes que nos cabriolets.
En vérité , ce font des magiciens que ces Meffieurs
les Marins : j'imaginois devoir entrer en
arrivant à bord du Soleil royal , dans une citadelle
de bois , hériffée de quatre - vingts canons , &
- c'eft fur le gazon d'abord que j'ai marché. Pai
levé les yeux pour appercevoir une girouette , j'étois
fous un lambri de feuillages émaillés de
fleurs ; enfin dans une allée de myrthes & de lauriers.
Le paffavant ( je vous prie de croire que
je fuis déja un peu marine ; & que j'en fçais les
termes ; je vous les expliquerai à mon retour ) ,
le paffavant donc étoit métamorphofé en cette
belle allée qui régnoit tout autour du vaiffeau ; &
- en faifoit une promenade délicieufe : les vents
ne fouffloient ce jour- là que pour répandre l'efprit
des fleurs dont tout le vaiffeau étoit paré.
L'intervalle qui fépare les deux paffavants , étoit
rempli par un plancher très- uni , & formoit un
fallon fpacieux. Ce fut dans ce fallon que j'entrai
enfuite trois de fes côtés étoient ornés de co-
-lonnes d'ifs dans l'ordre Ionique , entrelaffés de
gairlandes de fleurs ; leurs chapiteaux foutenoient
une galerie auffi militaire qu'elle étoit agréable
aux yeux par tous les trophées de Neptune &
de Mars , dont on l'avoit décorée : le fond du
fallon étoit terminé par un baldaquin de verdure
; on y voyoit le portrait du Roi peint de
grandeur naturelle , & appuyé fur une pouppe de
vaiffeau, Près de lui la Renommée lui préfentoit
214 MERCURE DE FRANCE.
d'une main des lauriers , fe foutenant de l'autre
fur l'épaule du Miniftre de la marine , indiqué par
La caffette des Sceaux : tout l'enſemble de ce tableau
repréfentoit très bien l'emblême de la
gloire que notre augufte Monarque vient d'acquérir
fur la mer.
-
Le Général enchanté des éloges que tout le
monde donnoit à cette maniere ingénieuſe de célébrer
les victoires du Roi & les fuccès de fa
marine triomphante même en renaiffant , nous
conduifit delà dans une autre falle auffi vafte ,
mais décorée différemment ; c'est le gaillard d'arriere
où nous étions ( je vous déroute furieufement
, Madame , par tous ces noms- là , mais
je vous l'ai promis , je vous les apprendrai tous ) :
elle étoit tendue de blanc , vous auriez dit d'une
mouffeline ; ce font leurs pavillons de fignaux.
Le grand mât du vaiffeau qui eft au milieu ,
& qui féparoit ces deux falles , étoit revêtu de
myrthes touffus , dans lefquels on avoit pratiqué
avec art une niche en verdure fleurie , où étoit
placé le bufte du Roi fur un piédeſtal élégamment
orné. Nous appellâmes ces deux falles , l'une
de Mars , & l'autre de l'Amour. Ce fut là qu'on
fervit un repas avec autant de magnificence que
de goût ; une table immenfe étoit couverte des
cryftaux les plus joliment imaginés du monde.
Je fçais bien , pour moi , que j'étois devant le
fiege de Mahon , & tout auprès d'une efcadre
Françoife , dont nos vaiffeaux défignés par de petits
pavillons de taffetas blanc , faifoient prefque
fortir à force de voiles , une troupe de pavillons
rouges qui s'enfuyoient devant eux.
Une bonne fymphonie , que l'on n'appercevoir
point , anima tout le dîner ; fur le foir on chanta
folemnellement un Te Deum en musique. Il fut
NOVEMBRE. 1756. 215
Tuivi d'une falve de moufqueterie & de canons, que
tirerent tous les vaiffeaux de la rade : mais de façon
à nous donner l'image d'un combat naval
fpectacle auffi gracieux à poudre feulement , qu'il
doit être terrible à boulets . Je l'ai donc vu auffi ,
Madame, & avec la même gaieté que je fus enfuite
au bal . Le foleil ne fe coucha point , ou celui
où nous étions prit fa place : mille bougies allumées
parmi les feuillages , furent les feux que jetta
le foleil royal & jamais illumination plus brillante
n'avoit éclairé un bal plus galant, ni mieux ordonné.
Les favoris d'Amphitrite vont fans doute dans
leurs voyages de temps en temps à Paphos ou à
Idalie . Ils ne font point du tout Loups de mer , &
j'apperçus dans nos allées de myrthes une foule de
jeunes marins , qui me fembloient conter leurs
peines , & s'y prendre comme à Paris : croyez
qu'ils fçavent galamment chanter leur Roi & leurs
maîtreffes. Lifez plutôt cette chanſon , ou chantez-
là : car je vous l'envoie notée . C'est une production
marine d'un des Officiers du vaiſſeau , &
une efquiffe de la fête , & de ma rélation aufli.
Mais je vais la finir pour ne pas achever de vous
défefpérer de n'être pas venue.
Le bal ne fut interrompu que par un ambigu
fervi avec une profufion & une délicateffe qui ne
laiffoient rien à défirer . Nous y fûmes d'une folie......
Les Dames de Breft furtout étoient d'une
gaieté charmante , & bien faites pour en infpirer,
bien dignes auffi de la fête que nous célébrions.
Elles n'aiment pas le Roi , elles en font amoureufes.
Nous y aurions paffé la nuit , fi les inftrumens
ne nous euffent rappellé dans la falle du bal, qui recommença
avec encore plus de vivacité & de plaifir
qu'auparavant. Je n'en fuis fortie qu'au jour . J'ai
fini par danſer la Mahon , & je ſuis revenye vîte
216 MERCURE DE FRANCE.
vous écrire au ſon des violons qui , j'imagine ,
frappent encore mes oreilles . Adieu , Madame. Je
pars au premier jour pour revenir vous voir. Que
je vais vous parler marine ! Ce fera le fruit de mes
voyages : mais vous qui les aimez fi peu , ne faites
pas de même au moins d'une voyageufe que vous
fçavez vous être attachée bien fincérement , toute
charmante & toute jolie que vous êtes.
Fermer
Résumé : LETTRE à Madame de ***, sur une Fête donnée à Brest.
L'auteure écrit à Madame de *** depuis Brest pour relater une fête exceptionnelle organisée par le Marquis de Conflans, commandant de l'escadre en rade, en l'honneur du roi. Cette fête eut lieu sur le vaisseau du marquis, métamorphosé en un palais enchanté. Les invitées, tant locales qu'étrangères, furent transportées en canots élégants et découvrirent un décor enchanteur composé de jardins, de bois et d'allées de myrtes et de lauriers. Le passavant du vaisseau était orné de fleurs, tandis que le salon principal était décoré de colonnes ioniques et de trophées, symbolisant la gloire du roi et de sa marine. Après un repas somptueux servi sur le gaillard d'arrière, un Te Deum fut chanté, suivi d'une salve de mousqueterie et de canons. La soirée se poursuivit par un bal illuminé, conclu par un ambigu servi avec délicatesse. Les dames de Brest célébrèrent avec enthousiasme cette fête en l'honneur du roi. La soirée s'étira tard dans la nuit, avec une reprise du bal plus animée. L'auteur mentionne la présence de femmes charmantes et bien faites, dignes de la fête, mais sans manifester d'affection particulière pour le roi. Elle danse la Mahon et quitte la fête au lever du jour, écrivant à son destinataire au son des violons. Elle exprime son intention de partir dès le lendemain pour revoir son interlocutrice et promet de lui parler de ses voyages en mer, espérant que cette dernière montrera plus d'intérêt pour elle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14407
p. 216-234
MARIAGES ET MORTS.
Début :
Messire Louis-Georges de Johanne de la Carre, Marquis de Saumeri, [...]
Mots clefs :
Mariages, Morts, Maison de Montaynard, Maison de Chambrai, Maison de Villeneuve, Maison de Chamborant, Duc, Comte, Chevalier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGES ET MORTS.
MARIAGES ET MORTS.
MEffire Louis- Georges de Johanne de la Carre,
Marquis de Saumeri , Gouverneur & grand Bailli
de Blois , & Gouverneur en ſurvivance du Château
Royal de Chambord , époufa le 2 Juin Demoiselle
Henriette -Françoife de Menou , fille de Meffire
Louis-Jofeph , Comte de Menou , Baron de Pontchâteau
, Maréchal des Camps & Armées du
Roi , & de feue Dame Marie - Louiſe de Charitte.
La bénédiction nuptiale leur a été donné dans
l'Eglife paroiffiale de Saint Sulpice par l'Abbé
de Menou. Leur contrat de mariage avoit été
figné le 16 Mai précédent par leurs Majeftés &
la Famille Royale.
François , Comte de Montaynard , épousa le
21 Juin , dans la Chapelle du Château de Bellevue
, Henriette - Lucie-Magdeleine de Bafchi ,
troisieme fille de Francois , des Comtes de Bafchi ,
Comte de Bafchi- Saint -Efteve , Chevalier des Ordres
du Roi , Confeiller d'Etat d'épée , Ambaſſadeur
de Sa Majefté à la Cour de Portugal , & de
Dame Charlotte- Victoire Le Normant. L'Evêque
de Digne leur donna la bénédiction nuptiale.
Leur contrat de mariage avoit été figné le 15
dx
NOVEMBRE. 1756. 217
du même mois par Leurs Majeftés & par la Famille
Royale.
- La Maifon de Montaynard, qui eft une des plus
anciennes & des plus illuftres du Royaume, eft trop
connue pour qu'il foit befoin d'en donner un détail
fort étendu. Il fuffit de dire que cette Maifon
ale rare avantage de prouver fa filiation depuis
Rodolphe , l'un des plus grands Seigneurs du Gréfivaudan
, qui vivoit vers l'an 969 , jufqu'à nos
jours. Ce Rodolphe fut pere d'Ainard , qui fonda
vers l'an 1027, dans la terre de Domene un Prieuré
qui fubfifte encore aujourd'hui. Sa postérité prit
le nom d'Ainard jufqu'à Pierre , fon ſeptieme defcendant
, qui le premier prit le nom de Montagnard
, d'une de les terres près Grenoble , de laquelle
il fit hommage au Dauphin Guigue l'an
1329. Sa postérité a confervé le nom de Montaynard.
Il eut pour fils Raimond , qui fut ayeul de
Raimond III , Lieutenant Général de la Province
de Dauphiné en 1445 , pere d'Hector de Montaynard
, Gouverneur du Comté d'Afti pour le Roi
Louis XII, qui fut affaffiné en 1501. Il avoit époufé
Marguerite , fille de Boniface , Marquis de
Montferrat , de laquelle il eut Louis de Montaynard
, bifayeul de Marie de Montaynard , qui devint
Seigneur de Montfrin par la donation que lui
en fit en 1598, fa coufine Marguerite d'Arpajon.
Marie de Montaynard eut pour petit fils Hector
de Montaynard , Marquis de Montfrin , mort
Maréchal de Camp le 7 Janvier 1687. Il avoit
époufé Chriftine- Marguerite de la Gorée , dont naquit
François de Montaynard , Marquis de Montfrin
, décède le 12 Juillet 1728 , laiffant de fa femme
Louiſe Lottet-de Cauviffon , Jofeph de Montaynard
, Marquis de Montfrin , Comte de Souternon
, Grand Sénéchal de Niſmes & de Beau-
K
218 MERCURE DE FRANCE.
caire , né le 14 Février 1703 , marié le 9 Juin
1732 , à Diane - Henriette de Baſchi- d' . ubais .
morte le 18 Mars 1755. fille de Charles des Comtes
de Bafchi , Marquis d'Aubais , Baron du Cayla,
& de Diane de Rofel, Dame de Cors & de Beaumont.
De ce mariage font fortis :
1º. François , Marquis de Montaynard , né le
28 Août 1735 , qui donne lieu à cet article.
2º. Françoife-Marie de Montaynard , née le 29
Avril 1734
3°. Marie-Henriette de Montaynard , née le
14 Juin 1750.
Meffire Erneft- Louis , Comte de Mortaigne ;
Lieutenant-général des armées du Roi , & Commandant
dans les trois Evêches , fut marié le s
Août à Demoiſelle Françoife- Félicité de Montmorillon
, ci- devant Chanoineffe du chapitre de
Sainte-Marie de Metz . La bénédiction nuptiale
leur fut donnée dans la chapelle du château de
Begny , par l'Abbé de Montmorillon , Comte de
Lyon.
Marie-Sophie de Courcillon , veuve de Hercules-
Meriadec de Rohan , Duc de Rohan- Rohan , Pair
de France , Prince de Soubife & de Maubuiffon ,
Marquis d'Annonay , Comte de la Voute & de
Tournon , Lieutenant Général des Armées du
Roi , ci- devant Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Garde de Sa Majeſté , & Gouverneur des
Provinces de Champagne & de Brie , mourut à
Paris le 4 Avril , âgée de 43 ans. La Princeffe
Douairiere de Rohan étoit fille unique de Philippe-
Egon de Courcillon , Marquis de Dangeau ,
Baron de Lucé , &c , Gouverneur de Touraine ,
&c , & de Françoile de Pompadour, Dame du Duché
de la Vallette. Elle avoit époufé en premieres
noces le 20 Janvier 1717 , Charles-François d'AlNOVEMBRE.
1756. 219
bert d'Ailly , Duc de Picquigni , mort le 14 Juin
1731. De ce mariage il n'y a point d'enfans . Elle
s'étoit remariée au Prince de Rohan le 2 Septembre
1732 , & en étoit restée veuve fans enfans le
26 Janvier 1749.
Frere Jacques -François de Chambrai , Grand-
Croix de l'Ordre de S. Jean de Jérufalem , Commandeur
des Commanderies de Sainte Vaubourg
dans le Grand Prieuré de France , de Virecourt
dans celui de Champagne , & de la Commanderie
Magiftrale de Metz au même Grand Prieuré , ci
devant Lieutenant Général & Commandant des
vaiffeaux de la Religion , eft mort à Malte le 8
Avril . Le Bailli de Chambrai a été un des plus
grands hommes de mer de ce fiecle. Il a pris
fur les ennemis de la Religion la Sultane neuve
commandée par le Contre - Amiral , & portant
pavillon du Grand Seigneur , la Patrone de Tripoli
, & neuf autres Bâtimens. Après s'être figna
lé par fes exploits , il a fait conftruire à fes frais
dans l'Ile du Goze une Fortereffe qui porte le nom
de Cité neuve de Chambrai. Cet ouvrage impor
tant qui met les Gozetins à l'abri des infultes des
Barbarefques , eft prefque achevé . Le Grand Maî
tre de Malte a réſolu de fubvenir aux dépenfes des
travaux qui restent encore à faire pour conduire
cet ouvrage à fa perfection , & en confidération
des fervices du Bailli de Chambrai , il a accordé
au Marquis de Chambrai , petit neven de
cet homme illuftre , la permiffion de porter la
Croix de l'Ordre.
La Maiſon de Chambrai eft une branche de
celle de la Ferté- Fresnel , qui eft connue dès le
onzieme fiecle . Richard II du nom , Baron de la
Ferté- Fresnel , qui vivoit dans le douzieme , épou
fa Emmeline , fille de Richard II du nom , Baron
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
de l'Aigle , & en eut pour fecond fils, Simon de la
Ferté Frefnel, qui eut en partage la terre de Chambrai-
fur Yton , en Normandie , Baillage d'Evreux,
de laquelle il prit le nom qu'il tranſmit à fa poftérité.
De lui defcendit Jean de Chambrai , Chambellan
du Roi Charles le Bel , lequel fut pere de
Roger de Chambrai & ayeul de François , Bailli &
Capitaine d'Evreux en 1379 , mort en 1399. Ce
dernier eut pour fils Roger de Chambrai II du
nom , marié à Catherine , Dame de Ménille & de
Thévrai , qui le rendit pere de Jean III , lequel fit
rentrer par échange dans fa maifon la terre de
Chambrai, qui avoit été portée dans une autre par
une fille héritiere d'une branche aînée. Le Roi
Chales VII, en confidération de fa fidélité à fon
fervice , & de celle de fes prédéceffeurs, le rétablit
en 1450 , avec fes freres Simon & Gui dans les
biens de leur famille , qui avoient été confifqués
en 1430 , par Henri VI , Roi d'Angleterre. Jean
de Chambrai mourut en 1460 , ayant eu pour enfans
de fa femme Gillette Chollet, Dame d'Urbois,
Guerville, Bretoncelles , la Roche - Turpin en Vendômois,
& c , Jean IV du nom qui fuit, & Jacques
de Chambrai. Ce dernier fut Chevalier de l'Ordre
du Roi , fon Chambellan , Grand Bailli &
Gouverneur d'Evreux , & l'un des députés pour la
ratification de la paix à Eſtaple en 1499. & décéda
le 4 Mars 1504.
Jean IV du nom , Chevalier , Seigneur de
Chambrai , Châtelain de Ponfcei , Baron de la Roche-
Turpin , &c , époufa Françoife de Tillai ,
Baronne d'Auffay au pays de Caux , & Dame d'Afpiftres
& de S. Remi - des-Landes , dont naquit
entr'autres Nicolas , Seigneur de Chambrai , Baron
d'Auffay , & c , allié les Janvier 1530 , à
Bonaventure de Prunelé. Leur fils Gabriel , SeiNOVEMBRE
. 1756. 221
gneur de Chambrai , député de la Nobleffe du
Bailliage d'Evreux aux EtatsGénéraux du Royaume,
tenus à Blois en 1976, futfait par Henri III , Chevalier
de fon Ordre & Gentilhomme de fa Cham
bre , le 17 Mai 1587 , & en 1590 Capitaine de
cinquante hommes d'armes par Henri IV. Sa fe
conde femme Jeanne d'Angenne , qui fut Dame du
Palais de la Reine , le fit pere de Tannegui , Baron de
Chambrai , mort Maréchal de Camp en 1645.
Celui- ci avoit eu de fon fecond mariage , fait en
1636, avec Helene Baignart , Nicolas II du nom ,
Baron de Chambrai , Capitaine ès Armées navales
, qui époufa le 10 Septembre 1669 , Anne
le Doux de Melleville. Il en lailla , entr'autres enfans
, François-Nicolas & Jacques - François de
Chambrai , dont nous annonçons la mort.
*
Son Frere aîné François Nicolas , Baron de
Chambrai , Colonel d'Infanterie en 1702 , fut allié
le 1 Avril 1704 , avec Marie - Louife de Folloville
de Manancourt , de laquelle il a eu :
I. Louis , Marquis de Chambrai & de Conflans,
né le 16 Juin 1713 , `marié 1 ° . le 6 Avril 1734 , à
Françoife de Bonnigalle , morte le 17: Mai 1737 :
20. en 1741 , à Anne-Catherine d'Aubenton-de
Malicorne , décédée au mois de Juillet 1743 : 3 °.
le 9 Juillet 1747 , à Jacqueline - Anne- Magdeleine
de Bernard, Dame & Patrone de la Befliere , Francheville-
le- Moncel, Rofnay , &c . Ses enfans font
du premier lit :
i. Louis- François de Chambrai , né le 23. Mai
1737.
Du fecond lit :
2. François- Nicolas de Chambrai , né en Juin
1742.
Du troisieme lit :
3. Bernard , né le 19 Mai 1752.
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
4. Helene-Marthe- Cécile , née le 3 Novem
bre 1749.
5. Louife-Françoise-Charlotte , née le 22 Noyembre
1750.
II. Marie-Anne de Chambrai , mariée en 1725 ,
à Charles-Gabriel du Four, Ecuyer , Seigneur de
S. Léger , fon coufin germain.
III . Clémence-Renée de Chambrai , née le 6
Août 1706 , Prieure Royale de Bellefond à Rouen.
IV. Marthe -Gabrielle de Chambrai , née le 6
Mars 1709 , Abbeffe de l'Abbaye Royale d'Almanefches
, dioceſe de Seez ; c'eít la troifieme Abbeffe
de fon nom en cette Abbaye.
V. Marie-Henriette de Chambrai , née le 1
Mars 1711. Religieufe à l'Abbaye Royale de S.
Sauveur à Evreux.
Dame Claude Canablin , époufe de N.....
Comte de Salvert – Montrognon , eft morte le 9
Avril dans la quarante- huitieme année de fon âge.
Dom Jofeph Vaiffette , Religieux Bénédictin ,
célebre par fon Hiftoire de Languedoc , & par une
Géographie univerfelle qu'il venoit de donner
au public , mourut le 10 à l'Abbaye de S. Germain
des Prez .
Dom Jean-Bernard Senfarie du même Ordre,
& Prédicateur ordinaire du Roi , eft mort le même
jour dans la même Abbaye.
Dame Elizabeth - Olive de Saint- Georges-de-
Verac , veuve de Meffire Benjamin- Louis Fratsier
, Marquis de la Meffeliere , mourut à Paris le
23 Avril âgé de 87 ans.
Frere Thomas de Villeneuve -Trans , Chevalier
profès de l'Ordre de S. Jean de Jérufalem , Commandeur
de la Commanderie de Montfrin en
Languedoc , & Meftre de camp réformé de Dragons
, mourut à Paris le 30 Avril , âgé de 74 ans.
NOVEMBRE . 1756. 223
Le Chevalier de Villeneuve étoit fils de Pierre-
Jean de Villeneuve , Marquis de Trans , lequel
avoit épousé en 1665 , Marie- Françoile de Bitand,
& étoit iffu de Raimond de Villeneuve , Général
des troupes d'Aragon , qui vint en Provence avec
le Comte de Barcelone , vers l'an 1114 , & s'y établit
ayant eu la terre de Gandelet , appellée depuis
Villeneuve . Ce Raimond fut pere de Geraud
de Villeneuve , Gouverneur de Tarafcon , auquel
Alphonfe Comte de Provence fit don l'an 1201
de la Baronie de Trans. Geraud fut pere de Romée
de Villeneuve , fi connu dans l'Hiftoire de
Provence , & de Geraud II . de Villeneuve , defquels
la poftérité ſubſiſte .
Romée de Villeneuve , Connétable de Provence ,
reçut en 1230 , la Seigneurie de Vence de Raimond-
Bérenger , Comte de Provence , dont il
étoit Miniftre , & qui le nomma Régent de fes
états , & un des Tuteurs de fa fille Béatrix , qui
par fes négociations fut mariée avec Clales I ,
Comte d'Anjou . Ce Seigneur qui mourut en 1250,
fut le onzieme ayeul de Claude de Villeneuve
créé Marquis de Vence ; celui - ci fut pere d'Alexandre
& de Jean- Baptifte de Villeneuve .
Alexandre de Villeneuve , Marquis de Vence ,
eft l'ayeul d'Alexandre -Gafpard de Villeneuve ,
Marquis de Vence , qui de fon mariage fait en
Juin 1723 , avec Magdeleine-Sophie de Simiane ,
a pour enfans :
1º. Jean - Alexandre-Romée, Vicomte de Vence,
Colonel en fecond du régiment Royal Corfe , par
brevet du premier Février 1749 , né le 7 Novembre
1727 , marié à Angélique- Louiſe de la Rochefoucaud-
de Surgeres , dont 10. Jules- Alexandre-
Romée de Villeneuve , né le 21 Mars 1755. 2º.
Alexandrine - Charlotte- Adélaïde , née le 14 Jan-
K iy
vier 1793.
224 MERCURE DE FRANCE.
2º. Pauline de Villeneuve , mariée en 1741 à
Jofeph-Ours de Villeneuve , Marquis de Floyofc.
Jean Baptifte de Villeneuve , Comte de Vence,
frere d'Alexandre , Marquis de Vence , mourut en
1724 capitaine de vaiffeau . Il avoit été allié en
1700 , à Françoife de Graffe , morte le 10 Septem
bre 1748 , de laquelle il eut : 1 ° . Claude - Alexandre
, Comte de Vence , né en Novembre 1701 ,
Colonel du régiment Royal Corfe en 1739 , Brigadier
des armées du Roi le premier Mai 1745 ,
Maréchal de camp le 10 Mai 1748 : 2 ° . Jacques
de Villeneuve, dit le Chevalier de Vence , Lieute
nant de vaiffeau en 1744 : 3º . Claudine de Villeneuve
, née le 13 Juillet 1701 , veuve d'Antoine-
Jofeph d'Arcy , Comte de la Varenne.
Geraud de Villeneuve , deuxieme du nom , frere
du fameux Romée , fat Baron de Trans , des Arcs,
&c. Son petit- fils Geraud , troifieme du nom ,
époufa , 1º. Aigline d'Uzès : 2º . Philippe Dame
d'Efclapons & de Tourette , iffue des Princes de
Callian. Il eut du premier mariage : Arnaud II
de Villeneuve qui fuit , & Hugues - Raimond de
Villeneuve , Baron de Tourette , dont il fera parlé
après fon frere.
Arnaud de Villeneuve , deuxieme du nom , fut
bifayeul d'Arnaud quatrieme du nom . Chambellan
de la Reine Jeanne , & Gouverneur d'Avignon,
dit le Grand , tant à caufe de fes grar des qualités
qu'à caufe des grands biens qu'il poffeda , ayant
été Seigneur , en tout ou en partie , de quatrevingt-
deux terres nobles , foit en Provence , foit
au royaume de Naples . Il eut de fon mariage avec
Philippe de Caftellane de Salernes , trois enfans ,
fçavoir : 1 ° . Giraud , dont la poftérité s'eft éteinte
en 1672 ; de lui , defcendoit Louis de Villeneuve,
Comte d'Aveline , Ambaffadeur de Louis XII , à
1
NOVEMBRE . 1756. 225
Rome , en faveur duquel la Baronie de Trans fur
érigée en Marquifat Pan 1505. 2º . Hélion , duquel
la postérité n'a pas duré. 3°. Antoine , qui
fut Baron de Flayofc. Alexandre- François de
Villeneuve , Baron de Flayofc , un des defcendans
de ce dernier , eft ayeul de Joſeph- Ours de Villeneuve
, Marquis de Flayofc , marié en 1741 , à
Pauline de Villeneuve , foeur du Vicomte de Vence
, Colonel en fecond du régiment Royal - Corfe.
Leurs enfans font :
1º. Alexandre- Gaſpard - Balthaſar de Villeneu
ve , né en 1745 .
2º. Claude -Alexandre - Romée de Villeneuve ,
né en 1746 .
3°. Martin de Villeneuve , né en Décembre
1750.
4°. Sophie de Villeneuve .
Le Marquis de Flayofc a pour foeur Julie de
Villeneuve , qui a épousé le 31 Mai 1746 , Julės-
François de Fauris , Seigneur de Saint - Vincent ,
Préfident du Parlement de Provence.
Hugues- Raimond de Villeneuve , fils du fecond
lit de Geraud , troifieme du nom , Baron de Trans ,
fat Baron de Tourette , & époufa Béatrix de Savoye
, de laquelle il eut Raimond de Villeneuve ,
marié avec Alix des Baux , des Princes d'Orange ,
laquelle fut mere de Pons -Albert , mort avant
l'an 1321 celui- ci eut d'Andalafie de Mujols ,
Bertrand de Villeneuve , allié , vers l'an 1331 , à
Sancie de Signe , des Vicomtes de Marſeille , dont
vint Jean mort en 1361 , ayant été marié à Dracone
Ricavi. Leur fecond fils , Pons de Villeneuve
, Seigneur de Barjemont , époufa en 1380 , Catherine
Dame de Vauclaufe , mere de Jean de
Villeneuve , auteur de la branche de Villeneuve-
Barjemont , & d'Antoine de Villeneuve , Baron
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
de Tourette en 1445 , lequel époufa en 1455 , Pau
line du Puget , de laquelle il eut Honoré de Villeneuve
, qui tefta en 1502. Celui - ci fut pere par
Blanche Grimaldi- de Monaco , de Jean de Villeneuve
, Baron de Tourette , Chevalier de P'Ordre
du Roi , Capitaine de cinquante hommes d'armes,
allié eenn 1922 , à Marguerite de Foix- Meille , dont
naquit Jean II de Villeneuve , Chevalier de l'Ordre
du Roi Gouverneur de Frejus , mort en 1586.
Il avoit épousé en 1562 Perette d'Oraiſon , qui
le fit père de Jean de Villeneuve , troifieme du
nom , lequel fut nommé àl'Ordre du Saint- Elprit,
& mourut en 1631 , laiffant de Baptiftine de la
Lande , Gafpard de Villeneuve , Comte de Tourette,
mort le 29 Novembre 1649. Celui- ci époufa
Marguerite de Graffe , de laquelle il eut Pierre
de Villeneuve , allié en 1665 à Marie-Françoife
de Bitaud , qui fut mere de Pierre-Jean de Villeneuve
qui fuit , & de Thomas de Villeneuve dont
nous annonçons la mort.
Pierre-Jean de Villeneuve , Marquis de Trans,
mourut le 17 Février 1730 , laillant de Marie-
Thérefe de Barthelemi Sainte- Croix , qu'il avoit
épousée en 1711 , Louis de Villeneuve , Marquis
de Trans , Comte de Tourette , Enſeigne de galeres
en 1733 , mort le 13 Juin 1753. Il avoit
époufé le 29 Octobre 1738 , Louiſe- Catherine
Pernot - du-Buat , morte le 11 Mars 1751. Ils ont
eu de leur mariage :
1º. Louis -Henri de Villeneuve , né le 18 Octo
bre 1739:
2º. Thomas- Alexandre - Balthafar de Villeneu
ve , né le 18 Mars 1742 .
3 °. Rofaline- Victoire-Martial de Villeneuve,
né le 18 Mai 1744.
4. Alexandre-Marie de Villeneuve , né le s
Février 1748.
NOVEMBRE. 1756. 227
Pauline- Nicole de Villeneuve , née le 18
Octobre 1745 .
Dame Félice -Marie de Roque de Garceival ,
épouse de Meffire Philibert- Louis , Comte de Saint.
Jal- de Laftic , Brigadier de cavalerie , & Meftre
de camp d'un régiment de fon nom , mourut en
- Rouergue le 20 Avril , âgée de 27 ans .
Le Marquis de Ceberet , Lieutenant général des
armées du Roi , Grand Croix de l'Ordre royal &
militaire de Saint Louis , Gouverneur des ville
fort & château d'Aire , & Commandant en chef
dans la province d'Artois , eft mort , le 25 Avril , à
Aire , dans la quatre - vingt- quatrieme année de fon
âge. La Marquife de Ceberet , la mere , qui vit encore
, a eu au mois de Juillet dernier 100 ans
accomplis, & elle ne fe reffent d'aucune infirmité.
Le Roi a donné fon gouvernement au Sieur de
Cremille , Lieutenant général des armées de Sa
Majefté , Commandeur de l'Ordre royal & militaire
de Saint Louis , & Infpecteur général des
troupes du Roi,
Meffire Charles- Louis de Rogres de Lufignan ,
Marquis de Champignelles , eft mort le 27 Avril
dans une de ſes terres , âgé de 81 ans. Il avoit été
premier Maître - d'hôtel de Monfeigneur le Duc
de Berry.
eft
Meffire Louis - Jacques - François de Vocance ,
Evêque de Senez , & Abbé de l'Abbaye de Simorre
, Ordre de faint Benoît , dioceſe d'Auch ,
mort à Riez , au commencement du mois de Mai ,
dans la foixante & quinzieme année de fon âge.
Claude de Chamborant , Comte de la Claviere ,
Lieutenant général des armées du Roi , Gonverneur
du Pont d'Arlos & de Mont- Medi, & premier
Gentilhomme de la chambre du Comte de la Marche
, Prince du fang , de la perfonne duquel il
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
avoit été Gouverneur , mourut à Paris le 18 Mai ,
âgé de 65 ans. Il a fervi avec beaucoup de réputatation
, & il s'eft diftingué à la tête des brigades de
Limofin & de Bretagne , ainfi qu'à la défenſe d'Egra,
en Boheme .
Le Comte de la Claviere avoit époufé , le 18 Juin
1728 , Marie-Anne Moret- de Bournonville, de laquelle
il a eu :
1º. André- Claude de Chamborant , né le 23 Février
1732 , Capitaine de cavalerie .
2º. Marie-Anne- Therefe de Chamborant , née
le 14 Septembre 1734.
La maison de Chamborant tient un rang diſtingué
dans la nobleffe de France , tant par l'ancienneté
de fon origine , que par fes alliances & fes
emplois honorables , foit à la cour , ſoit dans les
armées. Elle tire fon origine de la terre de Chamborant
, premier Fief & Baronie du Vicomté de
Bridiers en Poitou . L'Abbaye de Bénévent , diocefe
de Limoges , compte parmi fes bienfaiteurs
les Seigneurs de Chamborant , qui fe trouvent qualifiés
Chevaliers , dès le onzieme fiecle . Gosfrid
de Chamborant eft nommé avec les Chevaliers ,
qui fignerent une charte en faveur de l'églife de
Limoges , fous l'épiſcopat de l'Evêque Ithier , vers
l'an 1060.
Cette Maifon s'eſt partagée en deux branches
principales celle de Droux , & celle de la Claviere
, deux terres , la premiere en Limofin , l'autre
dans la haute Marche , que Marguerite de Forges
porta en dot, vers l'an 1330 , à Pierre de Chamborant
, Chevalier , Seigneur de Chamborant
frere de Guillaume de Chamborant , Ecuyer du
corps du Roi , Baron d'Afnebec & de Rannes en
Normandie , qu'il vendit en 1383. Du mariage
de Pierre de Chamborant , & de Marguerite de
NOVEMBRE. 1756. 229
Forges , vint Foucaud , Seigneur de Chamborant ,
de Droux & de la Claviere , qui fut pere par Jaquette
de Clays-de Gui , Seigneur de Chamborant
, & de Jacques de Chamborant , qui de Marguerite
Chauvet- de Sampnac , eut pour fecond fils
Gui de Chamborant , Seigneur de Droux & de la
Claviere , allié avec Françoife de Salagnac , dont
les deux fils Pierre & Gafpard ont formé les deux
branches de Droux & de la Claviere.
L'aîné eut de Philippe de Loube , pour ſecond
fils , Pierre Chamborant , fecond du nom , Baron
de Neuvi-Saint- Sépulchre, Lieutenant Général de
la province de Berri , Gouverneur de la groffe tour
de Bourges , Chevalier de l'Ordre du Roi , Chambellan
& Colonel des Gardes étrangeres du Duc
d'Anjou. Il épouſa Anne de la Foreft, qui fut Gouvernante
des Dames de France , foeurs du Roi
Louis XIII , & eut pour enfans Marguerite de
Chamborant , fille d'honneur de la Reine Marie
de Médicis , & Louis de Chamborant , Baron de
Neuvi - Saint - Sépulchre , mort à Madrid le 19
Avril 1615 , en odeur de fainteté. Son oncle Jean
de Chamborant , Chevalier de l'Ordre du Roi ,
Seigneur de Droux , fut pere , par fa feconde femme
Catherine de Châteauvieux , de Gafpard de
Chamborant , dont l'arriere - petite fille Marie-
Anne de Chamborant, Dame de Droux, a épousé,
en 1728 , Jean de Chamborant, Seigneur de Villevert
, fon parent.
Gafpard de Chamborant , Seigneur de la Claviere
, fecond fils de Gui & de Françoife de Salagnac
, devint Seigneur d'Azai - le - Feron en Touraine
, par fon mariage avec Louife de Reilhac , des
Vicomtes de Brigueuil , qui fut mere de Jean de
Chamborant , Seigneur de la Claviere , Chevalier
de l'Ordre du Roi, marié en 1571 , à Anne Razès.
230 MERCURE DE FRANCE.
Leur fils Pierre de Chamborant , Seigneur de la
Claviere , qui époufa Diane de Gentils , fut Lieutenant
de la compagnie des cent Gentilhommes ordinaires
de la Maifon du Roi , appellés les cent
Gentilshommes à bec de Corbin , charge dans laquelle
lui fuccéda , en 1660 , fon fils Etienne de
Chamborant , Seigneur de la Claviere , d'Aiguzon,
de Lavye & de Puilaurent , Confeiller d'Etat d'épée
, qui avoit été fait en 1647 Maréchal de
Camp, en gardant par une diftinction particuliere
fes deux régimens, l'un de cavalerie , & l'autre d'infanterie
, & en 1650 Gouverneur de Philisbourg ,
ayant commandé la cavalerie légere fous M. le
Prince. Il avoit époufé en 1639 , Marie Phelipes,
de laquelle il eut Pierre de Chamborant , Seigneur
de la Claviere , de Puilaurent , &c. mort en 1714 ,
ayant été allié à Marie- Anne le Fort-de Villemandor
, fille de Georges le Fort , Baron de Cernoi ,
& Seigneur de Villemander. Il laiffa pour enfans.
1º. Alexandre- Etienne de Chamborant , appellé
le Marquis de Puilaurent , né le 26 Novembre
1685 , Lieutenant de vaiffeau en 1728 , & Chevalier
de l'Ordre royal & militaire de faint Louis.
2º. Claude de Chamborant, Comte de la Claviere
, qui donne lieu à cet article.
3°. Henri de Chamborant , reçu Chevalier de
Malte de minorité en 1704.
4°. Marie-Anne de Chamborant,mariée le 14 Novembre
1721 , à André Hébert, Seigneur , Baron de
Chateldon , alors Introducteur des Ambaffadeurs.
Pierre-Emmanuel - Jofeph-Timoleon de Coffé-
Briffac , Marquis de Briffac , fils de Jean- Paul
Timoleon de Coffé, Duc de Briffac, Pair & grand
Pannetier de France, Chevalier des Ordres du Roi,
& Lieutenant général des armées de Sa Majesté ,
NOVEMBRE . 1756. 23
mourut à Paris le 27 Mai , âgé de 14 ans . Marie-
Jofephe Durey de Sauroy, une des Dames nommées
pour accompagner Madame , épouse du Duc de
Briffac , & mere du Marquis de Briffac , eft morte
le 18 Juin fuivant , dans la quarantieme année de
fon âge.
Meffire N.... Comte de Crefnay , Vice- Amiral
de France , dans les mers du Ponent , & Grand-
Croix de l'Ordre de faint Louis , eft mort le 31
Mai , au château de la Riviere , près Fontainebleau ,
âgé de 65 ans. Il étoit entré dans la marine en
1705, & s'étoit diftingué dans les différens grades
de ce fervice .
Agnès Miotte de Ravane , époufe de Charles-
Anne-Sigifmond de Montmorenci - Luxembourg ,
Duc d'Olonne, Maréchal des camps & armées du
Roi , mourut à Paris le 1 Jain , âgée de 31 ans.
Elle avoit épousé le Duc d'Olonne le 2 Juin 1753,
étant veuve de Matthieu - Roch de la Rochefoucauld,
Marquis de Bayers.
Dame Magdeleine- Elizabeth de Rieux de Far
gis , veuve de Meffire Pierre-Eléonor de la Ville ,
Marquis de Ferolles , Gouverneur des Ifle & terre
ferme de Cayenne en Amérique , eft morte à Paris
le 2 Juin , dans la foixante & dix-huitieme année
de fon âge.
Jean-Louis Mocénigo, Noble Vénitien , Chevalier
de l'Ordre de l'Etole d'or , l'un des fix Sages
grands , d'abord Ambaffadeur de la République
de Venise à la Cour d'Eſpagne en 1747 , à celle
de France en 1751 , & nommé en 1754 pour
PAmbaffade de Rome , eft mort à Paris le 12 Juin
dans fa quarante-fixieme année.
De fon mariage contracté en 1737, avec Blanche
Morofini , fille de Louis , Noble Vénitien , &
l'un des Membres du Sénat , il laiffe pour enfans ,
232 MERCURE DE FRANCE.
1º. Jean- Louis Mocénigo , né en 1738. 2 ° . Jean-
Louis , né en 1744. 3 °. Marie Mocénigo , née en
1739. 4º . Hélene Mocénigo , née en 1743.
Meffire Henri -Charles Arnauld de Pomponne ,
Abbé de Saint-Médard de Soiffons , Ordre de
Saint Benoît , Doyen du Confeil d'Etat , Commandeur-
Chancelier , Garde des Sceaux & Sur-
Intendant des Finances des Ordres du Roi , &
honoraire de l'Académie Royale des Belles - Lettres
, eft mort à Paris le 26 Juin , âgé de 87 ans
moins 14 jours.
Armand de Rohan-Soubife , Cardinal Prêtre ,
Evêque- Prince de Strasbourg , Abbé de l'Abbaye
de la Chaife-Dieu , Ordre de S. Benoit , Dioceſe
de Clermont , Grand Aumonier de France, Commandeur
des Ordres du Roi , & l'un des Quarante
de l'Académie Françoiſe , mourut à Saverne le
28 Juin , âgé de 38 ans , 6 mois & 27 jours. Le
Pape l'avoit créé Cardinal à la nomination du Chevalier
de S. Georges , dans la promotion faite en
1747, pour les Couronnes. Il étoit fils de Jules-
François de Rohan- Rohan , Prince de Soubife ,
mort le 6 Mai 1724. & d'Anne- Julie- Adélaïde de
Melun , décédée le 18 Mai de la même année
1724.
Meffire Charles Beaupoil de Saint Aulaire ;
Abbé de l'Abbaye de Mortemer, Ordre de Citeaux,
Dioceſe de Rouen , & de celle de S. Jean de Falaife
, Ordre de Prémontré , Diocefe de Seez , &
Aumonier ordinaire de la Reine , eft mort le 29 ,
âgé de près de 87. ans .
Agnès- Marie de la Rochefoucauld de Lafcaris
d'Urfé , veuve de Meffire Paul-Edouard Colbert ,
Comte de Creuilly , Maréchal des Camps & Armées
du Roi , décédé le 28 Février de cette année,
eft morte à Paris le 1 Juillet , dans la vingt- cinNOVEMBRE.
1756 . 233
quieme année de fon âge. Elle avoit épousé le
Comte de Creuilly le 4 Avril 1754.
François - Maximilien de Tenczin - Offolinski ,
Duc d'Offolinski , Prince du Saint Empire , Chevalier
des Ordres du Roi & de l'Ordre de l'Aigle
blanc , Grand Maître de la Maiſon du Roi de Pologne
, Duc de Lorraine & de Bar ; & Gouvelneur
des Château & Ville de Lunéville , mourut
au Château de la Malgrange près de Nanci , le 1
Juillet , âgé de 80. ans .
En 1725 il fut Maréchal de la Diete générale
de Pologne ; il a été enfuite Grand- Tréforier de la
Couronne. Il fuivit le Roi Staniflas en France ,
dans l'année 1736 , & le Roi cette même année lui
accorda un brevet de Duc. Sa Majefté , l'année
fuivante , le nomma Chevalier de fes Ordres ..
Il étoit fils de Maximilien , Comte de Tenczin-
Offolinski , Grand Veneur du Palatinat de Podlachie
, & de Théodore , Comteffe de Kraffouska.
Il avoit été marié en premieres nôces à N... fille
de N... Comte de Méviézinski , Palatin de Vo-
Ihinie en Pologne ; & en fecondes nôces à Catherine
Jablonowska , fille de Jean né Prince Jablonowski
, Grand Enfeigne de la Couronne de Pologne
, Palatin de Volhinie & de la petite Ruffie ,
& foeur du Prince Jablonowski , Chevalier des
Ordres du Roi , & de la Princeffe de Talmont.
Il a eu de fa premiere femme :
1º. Jofeph , dit le Comte de Tenczin - Offolinf
ki , Starofte de Sandomir , qui eft marié en Pologne.
2 Thomas , dit auffi Comte de Tenczin - Offolinski
, ci- devant Chevalier d'honneur de la Reine
de Pologne , Ducheffe de Lorraine & de Bar.
3°. Anne de Tenczin - Offolinski , alliée à Jofaphat
, Comte de Zamewski , Grand Sous - Pannetier
du Royaume de Pologne.
234 MERCURE DE FRANCE.
4° . Thérefe de Tenczin- Offolinski.
Dame Conftance de Harville , veuve de Meffire
Nicolas-Simon Arnauld, Marquis de Pomponne ,
Brigadier des armées du Roi , & ancien Lieutenant
Général au Gouvernement de l'Ile de France , eft
morte en cette Ville le 4 Juillet , âgée de 84 ans.
Dame Michele- Gabriele Dugué- de Bagnols ,
veave de Meffire Jacques Tannegui le Veneur,
Comte de Tillieres, eft morte à Paris le 22 Juillet,
âgée de 83 ans.
Charles- Armand de Gontaut , Duc de Biron ,
Pair & premier Maréchal de France , Chevalier
des Ordres du Roi , & ci - devant Gouverneur des
Ville & Citadelle de Landau , mourut en cette
Ville le 23 Juillet , âgé de 93 ans moins quelques
Jours.
Au mois de Juin 1598 , la Baronie de Biron avoit
été érigée en Duché- Pairie pour Charles de Gontaut-
de Biron , Maréchal & Amiral de France ,
Maréchal Général des Camps & Armées du Roi ,
Gouverneur & Lieutenant- Général du Duché de
Bourgogne & du pays de Breffe , & Chevalier des
Ordres du Roi. Ce Seigneur étant mort en 1602 ,
& n'ayant point laiffé de postérité, le Duché- Pairie
de Biron fut éteint . Le Roi a de nouveau érigé à
perpétuité pour le Maréchal de Biron qui vient de
mourir , la Baronie de Biron en Duche-Pairie par
Lettres du Mois de Février 1723. Le 22 du même
mois ce nouveau Duc , arriere petit neveu du
premier Duc de Biron , prit féance au Parlement ,
Sa Majesté y tenant fon lit de juftice , pour la déclaration
de fa Majorité.
Par la mort du Maréchal Duc de Biron , le Maréchal
Duc de Noailles devient premier Maréchal
de France.
MEffire Louis- Georges de Johanne de la Carre,
Marquis de Saumeri , Gouverneur & grand Bailli
de Blois , & Gouverneur en ſurvivance du Château
Royal de Chambord , époufa le 2 Juin Demoiselle
Henriette -Françoife de Menou , fille de Meffire
Louis-Jofeph , Comte de Menou , Baron de Pontchâteau
, Maréchal des Camps & Armées du
Roi , & de feue Dame Marie - Louiſe de Charitte.
La bénédiction nuptiale leur a été donné dans
l'Eglife paroiffiale de Saint Sulpice par l'Abbé
de Menou. Leur contrat de mariage avoit été
figné le 16 Mai précédent par leurs Majeftés &
la Famille Royale.
François , Comte de Montaynard , épousa le
21 Juin , dans la Chapelle du Château de Bellevue
, Henriette - Lucie-Magdeleine de Bafchi ,
troisieme fille de Francois , des Comtes de Bafchi ,
Comte de Bafchi- Saint -Efteve , Chevalier des Ordres
du Roi , Confeiller d'Etat d'épée , Ambaſſadeur
de Sa Majefté à la Cour de Portugal , & de
Dame Charlotte- Victoire Le Normant. L'Evêque
de Digne leur donna la bénédiction nuptiale.
Leur contrat de mariage avoit été figné le 15
dx
NOVEMBRE. 1756. 217
du même mois par Leurs Majeftés & par la Famille
Royale.
- La Maifon de Montaynard, qui eft une des plus
anciennes & des plus illuftres du Royaume, eft trop
connue pour qu'il foit befoin d'en donner un détail
fort étendu. Il fuffit de dire que cette Maifon
ale rare avantage de prouver fa filiation depuis
Rodolphe , l'un des plus grands Seigneurs du Gréfivaudan
, qui vivoit vers l'an 969 , jufqu'à nos
jours. Ce Rodolphe fut pere d'Ainard , qui fonda
vers l'an 1027, dans la terre de Domene un Prieuré
qui fubfifte encore aujourd'hui. Sa postérité prit
le nom d'Ainard jufqu'à Pierre , fon ſeptieme defcendant
, qui le premier prit le nom de Montagnard
, d'une de les terres près Grenoble , de laquelle
il fit hommage au Dauphin Guigue l'an
1329. Sa postérité a confervé le nom de Montaynard.
Il eut pour fils Raimond , qui fut ayeul de
Raimond III , Lieutenant Général de la Province
de Dauphiné en 1445 , pere d'Hector de Montaynard
, Gouverneur du Comté d'Afti pour le Roi
Louis XII, qui fut affaffiné en 1501. Il avoit époufé
Marguerite , fille de Boniface , Marquis de
Montferrat , de laquelle il eut Louis de Montaynard
, bifayeul de Marie de Montaynard , qui devint
Seigneur de Montfrin par la donation que lui
en fit en 1598, fa coufine Marguerite d'Arpajon.
Marie de Montaynard eut pour petit fils Hector
de Montaynard , Marquis de Montfrin , mort
Maréchal de Camp le 7 Janvier 1687. Il avoit
époufé Chriftine- Marguerite de la Gorée , dont naquit
François de Montaynard , Marquis de Montfrin
, décède le 12 Juillet 1728 , laiffant de fa femme
Louiſe Lottet-de Cauviffon , Jofeph de Montaynard
, Marquis de Montfrin , Comte de Souternon
, Grand Sénéchal de Niſmes & de Beau-
K
218 MERCURE DE FRANCE.
caire , né le 14 Février 1703 , marié le 9 Juin
1732 , à Diane - Henriette de Baſchi- d' . ubais .
morte le 18 Mars 1755. fille de Charles des Comtes
de Bafchi , Marquis d'Aubais , Baron du Cayla,
& de Diane de Rofel, Dame de Cors & de Beaumont.
De ce mariage font fortis :
1º. François , Marquis de Montaynard , né le
28 Août 1735 , qui donne lieu à cet article.
2º. Françoife-Marie de Montaynard , née le 29
Avril 1734
3°. Marie-Henriette de Montaynard , née le
14 Juin 1750.
Meffire Erneft- Louis , Comte de Mortaigne ;
Lieutenant-général des armées du Roi , & Commandant
dans les trois Evêches , fut marié le s
Août à Demoiſelle Françoife- Félicité de Montmorillon
, ci- devant Chanoineffe du chapitre de
Sainte-Marie de Metz . La bénédiction nuptiale
leur fut donnée dans la chapelle du château de
Begny , par l'Abbé de Montmorillon , Comte de
Lyon.
Marie-Sophie de Courcillon , veuve de Hercules-
Meriadec de Rohan , Duc de Rohan- Rohan , Pair
de France , Prince de Soubife & de Maubuiffon ,
Marquis d'Annonay , Comte de la Voute & de
Tournon , Lieutenant Général des Armées du
Roi , ci- devant Capitaine- Lieutenant des Gendarmes
de la Garde de Sa Majeſté , & Gouverneur des
Provinces de Champagne & de Brie , mourut à
Paris le 4 Avril , âgée de 43 ans. La Princeffe
Douairiere de Rohan étoit fille unique de Philippe-
Egon de Courcillon , Marquis de Dangeau ,
Baron de Lucé , &c , Gouverneur de Touraine ,
&c , & de Françoile de Pompadour, Dame du Duché
de la Vallette. Elle avoit époufé en premieres
noces le 20 Janvier 1717 , Charles-François d'AlNOVEMBRE.
1756. 219
bert d'Ailly , Duc de Picquigni , mort le 14 Juin
1731. De ce mariage il n'y a point d'enfans . Elle
s'étoit remariée au Prince de Rohan le 2 Septembre
1732 , & en étoit restée veuve fans enfans le
26 Janvier 1749.
Frere Jacques -François de Chambrai , Grand-
Croix de l'Ordre de S. Jean de Jérufalem , Commandeur
des Commanderies de Sainte Vaubourg
dans le Grand Prieuré de France , de Virecourt
dans celui de Champagne , & de la Commanderie
Magiftrale de Metz au même Grand Prieuré , ci
devant Lieutenant Général & Commandant des
vaiffeaux de la Religion , eft mort à Malte le 8
Avril . Le Bailli de Chambrai a été un des plus
grands hommes de mer de ce fiecle. Il a pris
fur les ennemis de la Religion la Sultane neuve
commandée par le Contre - Amiral , & portant
pavillon du Grand Seigneur , la Patrone de Tripoli
, & neuf autres Bâtimens. Après s'être figna
lé par fes exploits , il a fait conftruire à fes frais
dans l'Ile du Goze une Fortereffe qui porte le nom
de Cité neuve de Chambrai. Cet ouvrage impor
tant qui met les Gozetins à l'abri des infultes des
Barbarefques , eft prefque achevé . Le Grand Maî
tre de Malte a réſolu de fubvenir aux dépenfes des
travaux qui restent encore à faire pour conduire
cet ouvrage à fa perfection , & en confidération
des fervices du Bailli de Chambrai , il a accordé
au Marquis de Chambrai , petit neven de
cet homme illuftre , la permiffion de porter la
Croix de l'Ordre.
La Maiſon de Chambrai eft une branche de
celle de la Ferté- Fresnel , qui eft connue dès le
onzieme fiecle . Richard II du nom , Baron de la
Ferté- Fresnel , qui vivoit dans le douzieme , épou
fa Emmeline , fille de Richard II du nom , Baron
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
de l'Aigle , & en eut pour fecond fils, Simon de la
Ferté Frefnel, qui eut en partage la terre de Chambrai-
fur Yton , en Normandie , Baillage d'Evreux,
de laquelle il prit le nom qu'il tranſmit à fa poftérité.
De lui defcendit Jean de Chambrai , Chambellan
du Roi Charles le Bel , lequel fut pere de
Roger de Chambrai & ayeul de François , Bailli &
Capitaine d'Evreux en 1379 , mort en 1399. Ce
dernier eut pour fils Roger de Chambrai II du
nom , marié à Catherine , Dame de Ménille & de
Thévrai , qui le rendit pere de Jean III , lequel fit
rentrer par échange dans fa maifon la terre de
Chambrai, qui avoit été portée dans une autre par
une fille héritiere d'une branche aînée. Le Roi
Chales VII, en confidération de fa fidélité à fon
fervice , & de celle de fes prédéceffeurs, le rétablit
en 1450 , avec fes freres Simon & Gui dans les
biens de leur famille , qui avoient été confifqués
en 1430 , par Henri VI , Roi d'Angleterre. Jean
de Chambrai mourut en 1460 , ayant eu pour enfans
de fa femme Gillette Chollet, Dame d'Urbois,
Guerville, Bretoncelles , la Roche - Turpin en Vendômois,
& c , Jean IV du nom qui fuit, & Jacques
de Chambrai. Ce dernier fut Chevalier de l'Ordre
du Roi , fon Chambellan , Grand Bailli &
Gouverneur d'Evreux , & l'un des députés pour la
ratification de la paix à Eſtaple en 1499. & décéda
le 4 Mars 1504.
Jean IV du nom , Chevalier , Seigneur de
Chambrai , Châtelain de Ponfcei , Baron de la Roche-
Turpin , &c , époufa Françoife de Tillai ,
Baronne d'Auffay au pays de Caux , & Dame d'Afpiftres
& de S. Remi - des-Landes , dont naquit
entr'autres Nicolas , Seigneur de Chambrai , Baron
d'Auffay , & c , allié les Janvier 1530 , à
Bonaventure de Prunelé. Leur fils Gabriel , SeiNOVEMBRE
. 1756. 221
gneur de Chambrai , député de la Nobleffe du
Bailliage d'Evreux aux EtatsGénéraux du Royaume,
tenus à Blois en 1976, futfait par Henri III , Chevalier
de fon Ordre & Gentilhomme de fa Cham
bre , le 17 Mai 1587 , & en 1590 Capitaine de
cinquante hommes d'armes par Henri IV. Sa fe
conde femme Jeanne d'Angenne , qui fut Dame du
Palais de la Reine , le fit pere de Tannegui , Baron de
Chambrai , mort Maréchal de Camp en 1645.
Celui- ci avoit eu de fon fecond mariage , fait en
1636, avec Helene Baignart , Nicolas II du nom ,
Baron de Chambrai , Capitaine ès Armées navales
, qui époufa le 10 Septembre 1669 , Anne
le Doux de Melleville. Il en lailla , entr'autres enfans
, François-Nicolas & Jacques - François de
Chambrai , dont nous annonçons la mort.
*
Son Frere aîné François Nicolas , Baron de
Chambrai , Colonel d'Infanterie en 1702 , fut allié
le 1 Avril 1704 , avec Marie - Louife de Folloville
de Manancourt , de laquelle il a eu :
I. Louis , Marquis de Chambrai & de Conflans,
né le 16 Juin 1713 , `marié 1 ° . le 6 Avril 1734 , à
Françoife de Bonnigalle , morte le 17: Mai 1737 :
20. en 1741 , à Anne-Catherine d'Aubenton-de
Malicorne , décédée au mois de Juillet 1743 : 3 °.
le 9 Juillet 1747 , à Jacqueline - Anne- Magdeleine
de Bernard, Dame & Patrone de la Befliere , Francheville-
le- Moncel, Rofnay , &c . Ses enfans font
du premier lit :
i. Louis- François de Chambrai , né le 23. Mai
1737.
Du fecond lit :
2. François- Nicolas de Chambrai , né en Juin
1742.
Du troisieme lit :
3. Bernard , né le 19 Mai 1752.
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
4. Helene-Marthe- Cécile , née le 3 Novem
bre 1749.
5. Louife-Françoise-Charlotte , née le 22 Noyembre
1750.
II. Marie-Anne de Chambrai , mariée en 1725 ,
à Charles-Gabriel du Four, Ecuyer , Seigneur de
S. Léger , fon coufin germain.
III . Clémence-Renée de Chambrai , née le 6
Août 1706 , Prieure Royale de Bellefond à Rouen.
IV. Marthe -Gabrielle de Chambrai , née le 6
Mars 1709 , Abbeffe de l'Abbaye Royale d'Almanefches
, dioceſe de Seez ; c'eít la troifieme Abbeffe
de fon nom en cette Abbaye.
V. Marie-Henriette de Chambrai , née le 1
Mars 1711. Religieufe à l'Abbaye Royale de S.
Sauveur à Evreux.
Dame Claude Canablin , époufe de N.....
Comte de Salvert – Montrognon , eft morte le 9
Avril dans la quarante- huitieme année de fon âge.
Dom Jofeph Vaiffette , Religieux Bénédictin ,
célebre par fon Hiftoire de Languedoc , & par une
Géographie univerfelle qu'il venoit de donner
au public , mourut le 10 à l'Abbaye de S. Germain
des Prez .
Dom Jean-Bernard Senfarie du même Ordre,
& Prédicateur ordinaire du Roi , eft mort le même
jour dans la même Abbaye.
Dame Elizabeth - Olive de Saint- Georges-de-
Verac , veuve de Meffire Benjamin- Louis Fratsier
, Marquis de la Meffeliere , mourut à Paris le
23 Avril âgé de 87 ans.
Frere Thomas de Villeneuve -Trans , Chevalier
profès de l'Ordre de S. Jean de Jérufalem , Commandeur
de la Commanderie de Montfrin en
Languedoc , & Meftre de camp réformé de Dragons
, mourut à Paris le 30 Avril , âgé de 74 ans.
NOVEMBRE . 1756. 223
Le Chevalier de Villeneuve étoit fils de Pierre-
Jean de Villeneuve , Marquis de Trans , lequel
avoit épousé en 1665 , Marie- Françoile de Bitand,
& étoit iffu de Raimond de Villeneuve , Général
des troupes d'Aragon , qui vint en Provence avec
le Comte de Barcelone , vers l'an 1114 , & s'y établit
ayant eu la terre de Gandelet , appellée depuis
Villeneuve . Ce Raimond fut pere de Geraud
de Villeneuve , Gouverneur de Tarafcon , auquel
Alphonfe Comte de Provence fit don l'an 1201
de la Baronie de Trans. Geraud fut pere de Romée
de Villeneuve , fi connu dans l'Hiftoire de
Provence , & de Geraud II . de Villeneuve , defquels
la poftérité ſubſiſte .
Romée de Villeneuve , Connétable de Provence ,
reçut en 1230 , la Seigneurie de Vence de Raimond-
Bérenger , Comte de Provence , dont il
étoit Miniftre , & qui le nomma Régent de fes
états , & un des Tuteurs de fa fille Béatrix , qui
par fes négociations fut mariée avec Clales I ,
Comte d'Anjou . Ce Seigneur qui mourut en 1250,
fut le onzieme ayeul de Claude de Villeneuve
créé Marquis de Vence ; celui - ci fut pere d'Alexandre
& de Jean- Baptifte de Villeneuve .
Alexandre de Villeneuve , Marquis de Vence ,
eft l'ayeul d'Alexandre -Gafpard de Villeneuve ,
Marquis de Vence , qui de fon mariage fait en
Juin 1723 , avec Magdeleine-Sophie de Simiane ,
a pour enfans :
1º. Jean - Alexandre-Romée, Vicomte de Vence,
Colonel en fecond du régiment Royal Corfe , par
brevet du premier Février 1749 , né le 7 Novembre
1727 , marié à Angélique- Louiſe de la Rochefoucaud-
de Surgeres , dont 10. Jules- Alexandre-
Romée de Villeneuve , né le 21 Mars 1755. 2º.
Alexandrine - Charlotte- Adélaïde , née le 14 Jan-
K iy
vier 1793.
224 MERCURE DE FRANCE.
2º. Pauline de Villeneuve , mariée en 1741 à
Jofeph-Ours de Villeneuve , Marquis de Floyofc.
Jean Baptifte de Villeneuve , Comte de Vence,
frere d'Alexandre , Marquis de Vence , mourut en
1724 capitaine de vaiffeau . Il avoit été allié en
1700 , à Françoife de Graffe , morte le 10 Septem
bre 1748 , de laquelle il eut : 1 ° . Claude - Alexandre
, Comte de Vence , né en Novembre 1701 ,
Colonel du régiment Royal Corfe en 1739 , Brigadier
des armées du Roi le premier Mai 1745 ,
Maréchal de camp le 10 Mai 1748 : 2 ° . Jacques
de Villeneuve, dit le Chevalier de Vence , Lieute
nant de vaiffeau en 1744 : 3º . Claudine de Villeneuve
, née le 13 Juillet 1701 , veuve d'Antoine-
Jofeph d'Arcy , Comte de la Varenne.
Geraud de Villeneuve , deuxieme du nom , frere
du fameux Romée , fat Baron de Trans , des Arcs,
&c. Son petit- fils Geraud , troifieme du nom ,
époufa , 1º. Aigline d'Uzès : 2º . Philippe Dame
d'Efclapons & de Tourette , iffue des Princes de
Callian. Il eut du premier mariage : Arnaud II
de Villeneuve qui fuit , & Hugues - Raimond de
Villeneuve , Baron de Tourette , dont il fera parlé
après fon frere.
Arnaud de Villeneuve , deuxieme du nom , fut
bifayeul d'Arnaud quatrieme du nom . Chambellan
de la Reine Jeanne , & Gouverneur d'Avignon,
dit le Grand , tant à caufe de fes grar des qualités
qu'à caufe des grands biens qu'il poffeda , ayant
été Seigneur , en tout ou en partie , de quatrevingt-
deux terres nobles , foit en Provence , foit
au royaume de Naples . Il eut de fon mariage avec
Philippe de Caftellane de Salernes , trois enfans ,
fçavoir : 1 ° . Giraud , dont la poftérité s'eft éteinte
en 1672 ; de lui , defcendoit Louis de Villeneuve,
Comte d'Aveline , Ambaffadeur de Louis XII , à
1
NOVEMBRE . 1756. 225
Rome , en faveur duquel la Baronie de Trans fur
érigée en Marquifat Pan 1505. 2º . Hélion , duquel
la postérité n'a pas duré. 3°. Antoine , qui
fut Baron de Flayofc. Alexandre- François de
Villeneuve , Baron de Flayofc , un des defcendans
de ce dernier , eft ayeul de Joſeph- Ours de Villeneuve
, Marquis de Flayofc , marié en 1741 , à
Pauline de Villeneuve , foeur du Vicomte de Vence
, Colonel en fecond du régiment Royal - Corfe.
Leurs enfans font :
1º. Alexandre- Gaſpard - Balthaſar de Villeneu
ve , né en 1745 .
2º. Claude -Alexandre - Romée de Villeneuve ,
né en 1746 .
3°. Martin de Villeneuve , né en Décembre
1750.
4°. Sophie de Villeneuve .
Le Marquis de Flayofc a pour foeur Julie de
Villeneuve , qui a épousé le 31 Mai 1746 , Julės-
François de Fauris , Seigneur de Saint - Vincent ,
Préfident du Parlement de Provence.
Hugues- Raimond de Villeneuve , fils du fecond
lit de Geraud , troifieme du nom , Baron de Trans ,
fat Baron de Tourette , & époufa Béatrix de Savoye
, de laquelle il eut Raimond de Villeneuve ,
marié avec Alix des Baux , des Princes d'Orange ,
laquelle fut mere de Pons -Albert , mort avant
l'an 1321 celui- ci eut d'Andalafie de Mujols ,
Bertrand de Villeneuve , allié , vers l'an 1331 , à
Sancie de Signe , des Vicomtes de Marſeille , dont
vint Jean mort en 1361 , ayant été marié à Dracone
Ricavi. Leur fecond fils , Pons de Villeneuve
, Seigneur de Barjemont , époufa en 1380 , Catherine
Dame de Vauclaufe , mere de Jean de
Villeneuve , auteur de la branche de Villeneuve-
Barjemont , & d'Antoine de Villeneuve , Baron
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
de Tourette en 1445 , lequel époufa en 1455 , Pau
line du Puget , de laquelle il eut Honoré de Villeneuve
, qui tefta en 1502. Celui - ci fut pere par
Blanche Grimaldi- de Monaco , de Jean de Villeneuve
, Baron de Tourette , Chevalier de P'Ordre
du Roi , Capitaine de cinquante hommes d'armes,
allié eenn 1922 , à Marguerite de Foix- Meille , dont
naquit Jean II de Villeneuve , Chevalier de l'Ordre
du Roi Gouverneur de Frejus , mort en 1586.
Il avoit épousé en 1562 Perette d'Oraiſon , qui
le fit père de Jean de Villeneuve , troifieme du
nom , lequel fut nommé àl'Ordre du Saint- Elprit,
& mourut en 1631 , laiffant de Baptiftine de la
Lande , Gafpard de Villeneuve , Comte de Tourette,
mort le 29 Novembre 1649. Celui- ci époufa
Marguerite de Graffe , de laquelle il eut Pierre
de Villeneuve , allié en 1665 à Marie-Françoife
de Bitaud , qui fut mere de Pierre-Jean de Villeneuve
qui fuit , & de Thomas de Villeneuve dont
nous annonçons la mort.
Pierre-Jean de Villeneuve , Marquis de Trans,
mourut le 17 Février 1730 , laillant de Marie-
Thérefe de Barthelemi Sainte- Croix , qu'il avoit
épousée en 1711 , Louis de Villeneuve , Marquis
de Trans , Comte de Tourette , Enſeigne de galeres
en 1733 , mort le 13 Juin 1753. Il avoit
époufé le 29 Octobre 1738 , Louiſe- Catherine
Pernot - du-Buat , morte le 11 Mars 1751. Ils ont
eu de leur mariage :
1º. Louis -Henri de Villeneuve , né le 18 Octo
bre 1739:
2º. Thomas- Alexandre - Balthafar de Villeneu
ve , né le 18 Mars 1742 .
3 °. Rofaline- Victoire-Martial de Villeneuve,
né le 18 Mai 1744.
4. Alexandre-Marie de Villeneuve , né le s
Février 1748.
NOVEMBRE. 1756. 227
Pauline- Nicole de Villeneuve , née le 18
Octobre 1745 .
Dame Félice -Marie de Roque de Garceival ,
épouse de Meffire Philibert- Louis , Comte de Saint.
Jal- de Laftic , Brigadier de cavalerie , & Meftre
de camp d'un régiment de fon nom , mourut en
- Rouergue le 20 Avril , âgée de 27 ans .
Le Marquis de Ceberet , Lieutenant général des
armées du Roi , Grand Croix de l'Ordre royal &
militaire de Saint Louis , Gouverneur des ville
fort & château d'Aire , & Commandant en chef
dans la province d'Artois , eft mort , le 25 Avril , à
Aire , dans la quatre - vingt- quatrieme année de fon
âge. La Marquife de Ceberet , la mere , qui vit encore
, a eu au mois de Juillet dernier 100 ans
accomplis, & elle ne fe reffent d'aucune infirmité.
Le Roi a donné fon gouvernement au Sieur de
Cremille , Lieutenant général des armées de Sa
Majefté , Commandeur de l'Ordre royal & militaire
de Saint Louis , & Infpecteur général des
troupes du Roi,
Meffire Charles- Louis de Rogres de Lufignan ,
Marquis de Champignelles , eft mort le 27 Avril
dans une de ſes terres , âgé de 81 ans. Il avoit été
premier Maître - d'hôtel de Monfeigneur le Duc
de Berry.
eft
Meffire Louis - Jacques - François de Vocance ,
Evêque de Senez , & Abbé de l'Abbaye de Simorre
, Ordre de faint Benoît , dioceſe d'Auch ,
mort à Riez , au commencement du mois de Mai ,
dans la foixante & quinzieme année de fon âge.
Claude de Chamborant , Comte de la Claviere ,
Lieutenant général des armées du Roi , Gonverneur
du Pont d'Arlos & de Mont- Medi, & premier
Gentilhomme de la chambre du Comte de la Marche
, Prince du fang , de la perfonne duquel il
K vj
228 MERCURE DE FRANCE.
avoit été Gouverneur , mourut à Paris le 18 Mai ,
âgé de 65 ans. Il a fervi avec beaucoup de réputatation
, & il s'eft diftingué à la tête des brigades de
Limofin & de Bretagne , ainfi qu'à la défenſe d'Egra,
en Boheme .
Le Comte de la Claviere avoit époufé , le 18 Juin
1728 , Marie-Anne Moret- de Bournonville, de laquelle
il a eu :
1º. André- Claude de Chamborant , né le 23 Février
1732 , Capitaine de cavalerie .
2º. Marie-Anne- Therefe de Chamborant , née
le 14 Septembre 1734.
La maison de Chamborant tient un rang diſtingué
dans la nobleffe de France , tant par l'ancienneté
de fon origine , que par fes alliances & fes
emplois honorables , foit à la cour , ſoit dans les
armées. Elle tire fon origine de la terre de Chamborant
, premier Fief & Baronie du Vicomté de
Bridiers en Poitou . L'Abbaye de Bénévent , diocefe
de Limoges , compte parmi fes bienfaiteurs
les Seigneurs de Chamborant , qui fe trouvent qualifiés
Chevaliers , dès le onzieme fiecle . Gosfrid
de Chamborant eft nommé avec les Chevaliers ,
qui fignerent une charte en faveur de l'églife de
Limoges , fous l'épiſcopat de l'Evêque Ithier , vers
l'an 1060.
Cette Maifon s'eſt partagée en deux branches
principales celle de Droux , & celle de la Claviere
, deux terres , la premiere en Limofin , l'autre
dans la haute Marche , que Marguerite de Forges
porta en dot, vers l'an 1330 , à Pierre de Chamborant
, Chevalier , Seigneur de Chamborant
frere de Guillaume de Chamborant , Ecuyer du
corps du Roi , Baron d'Afnebec & de Rannes en
Normandie , qu'il vendit en 1383. Du mariage
de Pierre de Chamborant , & de Marguerite de
NOVEMBRE. 1756. 229
Forges , vint Foucaud , Seigneur de Chamborant ,
de Droux & de la Claviere , qui fut pere par Jaquette
de Clays-de Gui , Seigneur de Chamborant
, & de Jacques de Chamborant , qui de Marguerite
Chauvet- de Sampnac , eut pour fecond fils
Gui de Chamborant , Seigneur de Droux & de la
Claviere , allié avec Françoife de Salagnac , dont
les deux fils Pierre & Gafpard ont formé les deux
branches de Droux & de la Claviere.
L'aîné eut de Philippe de Loube , pour ſecond
fils , Pierre Chamborant , fecond du nom , Baron
de Neuvi-Saint- Sépulchre, Lieutenant Général de
la province de Berri , Gouverneur de la groffe tour
de Bourges , Chevalier de l'Ordre du Roi , Chambellan
& Colonel des Gardes étrangeres du Duc
d'Anjou. Il épouſa Anne de la Foreft, qui fut Gouvernante
des Dames de France , foeurs du Roi
Louis XIII , & eut pour enfans Marguerite de
Chamborant , fille d'honneur de la Reine Marie
de Médicis , & Louis de Chamborant , Baron de
Neuvi - Saint - Sépulchre , mort à Madrid le 19
Avril 1615 , en odeur de fainteté. Son oncle Jean
de Chamborant , Chevalier de l'Ordre du Roi ,
Seigneur de Droux , fut pere , par fa feconde femme
Catherine de Châteauvieux , de Gafpard de
Chamborant , dont l'arriere - petite fille Marie-
Anne de Chamborant, Dame de Droux, a épousé,
en 1728 , Jean de Chamborant, Seigneur de Villevert
, fon parent.
Gafpard de Chamborant , Seigneur de la Claviere
, fecond fils de Gui & de Françoife de Salagnac
, devint Seigneur d'Azai - le - Feron en Touraine
, par fon mariage avec Louife de Reilhac , des
Vicomtes de Brigueuil , qui fut mere de Jean de
Chamborant , Seigneur de la Claviere , Chevalier
de l'Ordre du Roi, marié en 1571 , à Anne Razès.
230 MERCURE DE FRANCE.
Leur fils Pierre de Chamborant , Seigneur de la
Claviere , qui époufa Diane de Gentils , fut Lieutenant
de la compagnie des cent Gentilhommes ordinaires
de la Maifon du Roi , appellés les cent
Gentilshommes à bec de Corbin , charge dans laquelle
lui fuccéda , en 1660 , fon fils Etienne de
Chamborant , Seigneur de la Claviere , d'Aiguzon,
de Lavye & de Puilaurent , Confeiller d'Etat d'épée
, qui avoit été fait en 1647 Maréchal de
Camp, en gardant par une diftinction particuliere
fes deux régimens, l'un de cavalerie , & l'autre d'infanterie
, & en 1650 Gouverneur de Philisbourg ,
ayant commandé la cavalerie légere fous M. le
Prince. Il avoit époufé en 1639 , Marie Phelipes,
de laquelle il eut Pierre de Chamborant , Seigneur
de la Claviere , de Puilaurent , &c. mort en 1714 ,
ayant été allié à Marie- Anne le Fort-de Villemandor
, fille de Georges le Fort , Baron de Cernoi ,
& Seigneur de Villemander. Il laiffa pour enfans.
1º. Alexandre- Etienne de Chamborant , appellé
le Marquis de Puilaurent , né le 26 Novembre
1685 , Lieutenant de vaiffeau en 1728 , & Chevalier
de l'Ordre royal & militaire de faint Louis.
2º. Claude de Chamborant, Comte de la Claviere
, qui donne lieu à cet article.
3°. Henri de Chamborant , reçu Chevalier de
Malte de minorité en 1704.
4°. Marie-Anne de Chamborant,mariée le 14 Novembre
1721 , à André Hébert, Seigneur , Baron de
Chateldon , alors Introducteur des Ambaffadeurs.
Pierre-Emmanuel - Jofeph-Timoleon de Coffé-
Briffac , Marquis de Briffac , fils de Jean- Paul
Timoleon de Coffé, Duc de Briffac, Pair & grand
Pannetier de France, Chevalier des Ordres du Roi,
& Lieutenant général des armées de Sa Majesté ,
NOVEMBRE . 1756. 23
mourut à Paris le 27 Mai , âgé de 14 ans . Marie-
Jofephe Durey de Sauroy, une des Dames nommées
pour accompagner Madame , épouse du Duc de
Briffac , & mere du Marquis de Briffac , eft morte
le 18 Juin fuivant , dans la quarantieme année de
fon âge.
Meffire N.... Comte de Crefnay , Vice- Amiral
de France , dans les mers du Ponent , & Grand-
Croix de l'Ordre de faint Louis , eft mort le 31
Mai , au château de la Riviere , près Fontainebleau ,
âgé de 65 ans. Il étoit entré dans la marine en
1705, & s'étoit diftingué dans les différens grades
de ce fervice .
Agnès Miotte de Ravane , époufe de Charles-
Anne-Sigifmond de Montmorenci - Luxembourg ,
Duc d'Olonne, Maréchal des camps & armées du
Roi , mourut à Paris le 1 Jain , âgée de 31 ans.
Elle avoit épousé le Duc d'Olonne le 2 Juin 1753,
étant veuve de Matthieu - Roch de la Rochefoucauld,
Marquis de Bayers.
Dame Magdeleine- Elizabeth de Rieux de Far
gis , veuve de Meffire Pierre-Eléonor de la Ville ,
Marquis de Ferolles , Gouverneur des Ifle & terre
ferme de Cayenne en Amérique , eft morte à Paris
le 2 Juin , dans la foixante & dix-huitieme année
de fon âge.
Jean-Louis Mocénigo, Noble Vénitien , Chevalier
de l'Ordre de l'Etole d'or , l'un des fix Sages
grands , d'abord Ambaffadeur de la République
de Venise à la Cour d'Eſpagne en 1747 , à celle
de France en 1751 , & nommé en 1754 pour
PAmbaffade de Rome , eft mort à Paris le 12 Juin
dans fa quarante-fixieme année.
De fon mariage contracté en 1737, avec Blanche
Morofini , fille de Louis , Noble Vénitien , &
l'un des Membres du Sénat , il laiffe pour enfans ,
232 MERCURE DE FRANCE.
1º. Jean- Louis Mocénigo , né en 1738. 2 ° . Jean-
Louis , né en 1744. 3 °. Marie Mocénigo , née en
1739. 4º . Hélene Mocénigo , née en 1743.
Meffire Henri -Charles Arnauld de Pomponne ,
Abbé de Saint-Médard de Soiffons , Ordre de
Saint Benoît , Doyen du Confeil d'Etat , Commandeur-
Chancelier , Garde des Sceaux & Sur-
Intendant des Finances des Ordres du Roi , &
honoraire de l'Académie Royale des Belles - Lettres
, eft mort à Paris le 26 Juin , âgé de 87 ans
moins 14 jours.
Armand de Rohan-Soubife , Cardinal Prêtre ,
Evêque- Prince de Strasbourg , Abbé de l'Abbaye
de la Chaife-Dieu , Ordre de S. Benoit , Dioceſe
de Clermont , Grand Aumonier de France, Commandeur
des Ordres du Roi , & l'un des Quarante
de l'Académie Françoiſe , mourut à Saverne le
28 Juin , âgé de 38 ans , 6 mois & 27 jours. Le
Pape l'avoit créé Cardinal à la nomination du Chevalier
de S. Georges , dans la promotion faite en
1747, pour les Couronnes. Il étoit fils de Jules-
François de Rohan- Rohan , Prince de Soubife ,
mort le 6 Mai 1724. & d'Anne- Julie- Adélaïde de
Melun , décédée le 18 Mai de la même année
1724.
Meffire Charles Beaupoil de Saint Aulaire ;
Abbé de l'Abbaye de Mortemer, Ordre de Citeaux,
Dioceſe de Rouen , & de celle de S. Jean de Falaife
, Ordre de Prémontré , Diocefe de Seez , &
Aumonier ordinaire de la Reine , eft mort le 29 ,
âgé de près de 87. ans .
Agnès- Marie de la Rochefoucauld de Lafcaris
d'Urfé , veuve de Meffire Paul-Edouard Colbert ,
Comte de Creuilly , Maréchal des Camps & Armées
du Roi , décédé le 28 Février de cette année,
eft morte à Paris le 1 Juillet , dans la vingt- cinNOVEMBRE.
1756 . 233
quieme année de fon âge. Elle avoit épousé le
Comte de Creuilly le 4 Avril 1754.
François - Maximilien de Tenczin - Offolinski ,
Duc d'Offolinski , Prince du Saint Empire , Chevalier
des Ordres du Roi & de l'Ordre de l'Aigle
blanc , Grand Maître de la Maiſon du Roi de Pologne
, Duc de Lorraine & de Bar ; & Gouvelneur
des Château & Ville de Lunéville , mourut
au Château de la Malgrange près de Nanci , le 1
Juillet , âgé de 80. ans .
En 1725 il fut Maréchal de la Diete générale
de Pologne ; il a été enfuite Grand- Tréforier de la
Couronne. Il fuivit le Roi Staniflas en France ,
dans l'année 1736 , & le Roi cette même année lui
accorda un brevet de Duc. Sa Majefté , l'année
fuivante , le nomma Chevalier de fes Ordres ..
Il étoit fils de Maximilien , Comte de Tenczin-
Offolinski , Grand Veneur du Palatinat de Podlachie
, & de Théodore , Comteffe de Kraffouska.
Il avoit été marié en premieres nôces à N... fille
de N... Comte de Méviézinski , Palatin de Vo-
Ihinie en Pologne ; & en fecondes nôces à Catherine
Jablonowska , fille de Jean né Prince Jablonowski
, Grand Enfeigne de la Couronne de Pologne
, Palatin de Volhinie & de la petite Ruffie ,
& foeur du Prince Jablonowski , Chevalier des
Ordres du Roi , & de la Princeffe de Talmont.
Il a eu de fa premiere femme :
1º. Jofeph , dit le Comte de Tenczin - Offolinf
ki , Starofte de Sandomir , qui eft marié en Pologne.
2 Thomas , dit auffi Comte de Tenczin - Offolinski
, ci- devant Chevalier d'honneur de la Reine
de Pologne , Ducheffe de Lorraine & de Bar.
3°. Anne de Tenczin - Offolinski , alliée à Jofaphat
, Comte de Zamewski , Grand Sous - Pannetier
du Royaume de Pologne.
234 MERCURE DE FRANCE.
4° . Thérefe de Tenczin- Offolinski.
Dame Conftance de Harville , veuve de Meffire
Nicolas-Simon Arnauld, Marquis de Pomponne ,
Brigadier des armées du Roi , & ancien Lieutenant
Général au Gouvernement de l'Ile de France , eft
morte en cette Ville le 4 Juillet , âgée de 84 ans.
Dame Michele- Gabriele Dugué- de Bagnols ,
veave de Meffire Jacques Tannegui le Veneur,
Comte de Tillieres, eft morte à Paris le 22 Juillet,
âgée de 83 ans.
Charles- Armand de Gontaut , Duc de Biron ,
Pair & premier Maréchal de France , Chevalier
des Ordres du Roi , & ci - devant Gouverneur des
Ville & Citadelle de Landau , mourut en cette
Ville le 23 Juillet , âgé de 93 ans moins quelques
Jours.
Au mois de Juin 1598 , la Baronie de Biron avoit
été érigée en Duché- Pairie pour Charles de Gontaut-
de Biron , Maréchal & Amiral de France ,
Maréchal Général des Camps & Armées du Roi ,
Gouverneur & Lieutenant- Général du Duché de
Bourgogne & du pays de Breffe , & Chevalier des
Ordres du Roi. Ce Seigneur étant mort en 1602 ,
& n'ayant point laiffé de postérité, le Duché- Pairie
de Biron fut éteint . Le Roi a de nouveau érigé à
perpétuité pour le Maréchal de Biron qui vient de
mourir , la Baronie de Biron en Duche-Pairie par
Lettres du Mois de Février 1723. Le 22 du même
mois ce nouveau Duc , arriere petit neveu du
premier Duc de Biron , prit féance au Parlement ,
Sa Majesté y tenant fon lit de juftice , pour la déclaration
de fa Majorité.
Par la mort du Maréchal Duc de Biron , le Maréchal
Duc de Noailles devient premier Maréchal
de France.
Fermer
Résumé : MARIAGES ET MORTS.
En 1756, plusieurs événements marquants ont eu lieu au sein de la noblesse française. Le marquis Louis-Georges de Johanne de la Carre a épousé Henriette-Françoise de Menou le 2 juin, et le comte François de Montaynard a épousé Henriette-Lucie-Magdeleine de Baschi le 21 juin. Le comte Ernest-Louis de Mortaigne a également contracté mariage avec Françoise-Félicité de Montmorillon. Parmi les décès notables, Marie-Sophie de Courcillon, veuve du duc Hércules-Mériadec de Rohan, est décédée à Paris le 4 avril à l'âge de 43 ans. Le frère Jacques-François de Chambrai, grand-croix de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, est décédé à Malte le 8 avril. La famille de Chambrai, une branche de la Maison de la Ferté-Fresnel, inclut des figures comme Jean de Chambrai, chambellan du roi Charles le Bel, et Roger de Chambrai II, gouverneur d'Évreux. La famille Villeneuve, une autre lignée noble, comprend des membres tels qu'Alexandre de Villeneuve, Marquis de Vence, et Arnaud de Villeneuve, chambellan de la Reine Jeanne. Parmi les autres décès notables figurent la Dame Félice-Marie de Roque de Garceival, le Marquis de Ceberet, Charles-Louis de Rogres de Lufignan, Louis-Jacques-François de Vocance, et Claude de Chamborant. La famille de Chamborant, originaire du Poitou, inclut des membres distingués comme Gosfrid de Chamborant. Pierre de Chamborant, Seigneur de la Clavière et de Puilaurent, décédé en 1714, eut plusieurs enfants, dont Alexandre-Étienne de Chamborant, Marquis de Puilaurent, Claude de Chamborant, Comte de la Clavière, Henri de Chamborant, Chevalier de Malte, et Marie-Anne de Chamborant, mariée à André Hébert, Seigneur de Chateldon. Pierre-Emmanuel-Joseph-Timoléon de Coffé-Briffac, Marquis de Briffac, fils du Duc de Briffac, est décédé à Paris à l'âge de 14 ans. Sa mère, Marie-Josèphe Durey de Sauroy, est décédée peu après à 40 ans. Messire N..., Comte de Cresnay, Vice-Amiral de France, est décédé à 65 ans après une carrière distinguée dans la marine. Agnès Miotte de Ravane, épouse du Duc d'Olonne, est décédée à 31 ans. Dame Magdeleine-Elisabeth de Rieux de Farigis, veuve du Marquis de Ferolles, est morte à 68 ans. Jean-Louis Mocénigo, Noble Vénitien et diplomate, est décédé.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14408
p. 235
AVIS.
Début :
Le Sieur Viale, Chirurgien expert, reçu à S. Côme pour les [...]
Mots clefs :
Sieur Viale, Chirurgien, Hernies, Descente de boyaux , Remède, Guérison, Eau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
LE Sieur Viale , Chirurgien expert , reçu à S.
Côme pour les Hernies ou defcentes de Boyaux
vend une Eau de fimples , qui guérit radicalement
toutes fortes de defcentes fans opérations &
en très- peu de tems tant pour femmes que
pour hommes , & même pour Hernies Ombilicales...
C'eſt un remede qui a été expérimenté dans toute
la Bretagne , ainfi qu'il eft conftaté par plufieurs
Certificats qui lui ont été expédiés , & notamment
par un arrêt du Parlement de Rennes & un Certificat
de la faculté d'Angers .
Depuis fept mois que le fieur Viale eft à Paris , ..
il a guéri plufieurs perfonnes diftinguées , dont
il a les Certificats . Il en a un de M. Petit , Medecin
de Monfeigneur le Duc d'Orléans , un de M.
Hoftie , Medecin de la Faculté de Paris , &c.
Ceux qui pourront être tranquilles dans leurs
chambres n'auront pas beſoin de tenir un ban
dage.
Le prix de la bouteille de cette Eau eft de
48 livres , & une feule fuffit pour la maladie la
plus invétérée. On s'en fert en trempant un morceau
de linge fin dans cette Liqueur , pour
en baffiner la partie affligée matin & foir.
Il demeure à Paris , rue du Sépulchre , dans la
maifon de M. de Bréaud , vis-à- vis le corps-de-
Garde , au fecond en entrant par l'efcalier à droite.
On le trouvera le matin , depuis 10 heures jufqu'à
midi , & l'après-midi , depuis 2 heures jufqu'à
fept.
LE Sieur Viale , Chirurgien expert , reçu à S.
Côme pour les Hernies ou defcentes de Boyaux
vend une Eau de fimples , qui guérit radicalement
toutes fortes de defcentes fans opérations &
en très- peu de tems tant pour femmes que
pour hommes , & même pour Hernies Ombilicales...
C'eſt un remede qui a été expérimenté dans toute
la Bretagne , ainfi qu'il eft conftaté par plufieurs
Certificats qui lui ont été expédiés , & notamment
par un arrêt du Parlement de Rennes & un Certificat
de la faculté d'Angers .
Depuis fept mois que le fieur Viale eft à Paris , ..
il a guéri plufieurs perfonnes diftinguées , dont
il a les Certificats . Il en a un de M. Petit , Medecin
de Monfeigneur le Duc d'Orléans , un de M.
Hoftie , Medecin de la Faculté de Paris , &c.
Ceux qui pourront être tranquilles dans leurs
chambres n'auront pas beſoin de tenir un ban
dage.
Le prix de la bouteille de cette Eau eft de
48 livres , & une feule fuffit pour la maladie la
plus invétérée. On s'en fert en trempant un morceau
de linge fin dans cette Liqueur , pour
en baffiner la partie affligée matin & foir.
Il demeure à Paris , rue du Sépulchre , dans la
maifon de M. de Bréaud , vis-à- vis le corps-de-
Garde , au fecond en entrant par l'efcalier à droite.
On le trouvera le matin , depuis 10 heures jufqu'à
midi , & l'après-midi , depuis 2 heures jufqu'à
fept.
Fermer
Résumé : AVIS.
Le document traite du Sieur Viale, un chirurgien parisien spécialisé dans le traitement des hernies et des descentes de boyaux sans intervention chirurgicale. Son remède, une eau de simples, a été validé en Bretagne par divers certificats, incluant un arrêt du Parlement de Rennes et un certificat de la faculté d'Angers. À Paris, Viale a déjà soigné plusieurs personnes notables, parmi lesquelles des médecins comme M. Petit et M. Hofstie. Le traitement implique d'appliquer un linge imbibé de cette liqueur sur la zone affectée, matin et soir. Une seule bouteille, au prix de 48 livres, est suffisante pour traiter même les cas les plus anciens. Viale reçoit les patients à Paris, rue du Sépulcre, chez M. de Bréaud, face au corps-de-garde, aux horaires suivants : le matin entre 10 heures et midi, et l'après-midi entre 2 heures et 7 heures.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14409
p. 236
AUTRE.
Début :
Le Public est averti que le sieur Nivard vend & débite [...]
Mots clefs :
Sieur Nivard, Remède, Dysenterie, Flux de sang
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E Public eft averti que le fieur Nivard vend
& débite , par permiffion de M. le premier Médecin
du Roy , & de la commiffion Royale de
Médecine , un remede fpécifique pour les diffenteries
, & pour le flux de fang.
Ce remede qui eft fous la forme d'un extrait ;
fe délaye dans une taffe d'eau tiede , & il eft
rare qu'il foit néceffaire d'en donner plus d'une
où deux prifes .
Il demeure rue S. Louis au Marais , au coin
de celle de S. François chez M. le Febvre , à
Paris.
On le trouve tout le matin jufqu'à midi.
E Public eft averti que le fieur Nivard vend
& débite , par permiffion de M. le premier Médecin
du Roy , & de la commiffion Royale de
Médecine , un remede fpécifique pour les diffenteries
, & pour le flux de fang.
Ce remede qui eft fous la forme d'un extrait ;
fe délaye dans une taffe d'eau tiede , & il eft
rare qu'il foit néceffaire d'en donner plus d'une
où deux prifes .
Il demeure rue S. Louis au Marais , au coin
de celle de S. François chez M. le Febvre , à
Paris.
On le trouve tout le matin jufqu'à midi.
Fermer
Résumé : AUTRE.
Le sieur Nivard vend un remède contre les dysenteries et les flux de sang. Ce remède, en extrait, se dilue dans une tasse d'eau tiède. Une ou deux prises suffisent. Autorisé par M. le premier Médecin du Roi et la commission royale de médecine. Disponible rue Saint-Louis au Marais, chez M. Le Febvre, à Paris, tous les matins jusqu'à midi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14410
p. 236-237
AUTRE.
Début :
Le grand usage du Café, l'incommodité & l'embarras où sont [...]
Mots clefs :
Café, Sieur Berthoud, Nouvelle méthode, Café en tablette, Praticité
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Le grand ufage du Café , l'incommodité &
l'embarras où font quantité de perfonnes pour le
mettre au point qu'il le faut pour s'en fervir dans
toute fa bonté , ont déterminé le fieur Berthod
à le rendre plus commode , & le mettre au point
de n'avoir befoin que d'une Cafetiere , de l'eau ou
du lait , pour avoir du Café en moins d'un quart
d'heure.
Ce Café eft en tablettes comme le Chocolat.
Chaque tablette porte trois fortes taffes ; & ceux
qui ne le prennent pas fi fort , en pourront faire
quatre à l'eau , & au lait cinq , & même fix tafles.
L'invention dudit Café eft d'autant plus commode
, qu'elle eft moins embarraffante , furtout
pour Meffieurs les Officiers & les Voyageurs ,
NOVEMBRE. 1756. 237
qui n'ont befoin de porter avec eux que la fimple.
tablette , fans fucre ni moulin. Il est encore d'une
grande utilité pour les perfonnes âgées , qui ont
coutume de prendre leur Café deux fois le jour.
Ce Café fe fait entiérement comme le Café en
poudre.
Le prix de la tablette Moka pur , 12 fols :
moitié Moka & Martinique , 10 fols : Martinique
fimple , 8 fols.
debite fes Tablettes dans S. J. de Latran , chez
le fieur le Riche , Bourfier , fous la grande porte.
Le grand ufage du Café , l'incommodité &
l'embarras où font quantité de perfonnes pour le
mettre au point qu'il le faut pour s'en fervir dans
toute fa bonté , ont déterminé le fieur Berthod
à le rendre plus commode , & le mettre au point
de n'avoir befoin que d'une Cafetiere , de l'eau ou
du lait , pour avoir du Café en moins d'un quart
d'heure.
Ce Café eft en tablettes comme le Chocolat.
Chaque tablette porte trois fortes taffes ; & ceux
qui ne le prennent pas fi fort , en pourront faire
quatre à l'eau , & au lait cinq , & même fix tafles.
L'invention dudit Café eft d'autant plus commode
, qu'elle eft moins embarraffante , furtout
pour Meffieurs les Officiers & les Voyageurs ,
NOVEMBRE. 1756. 237
qui n'ont befoin de porter avec eux que la fimple.
tablette , fans fucre ni moulin. Il est encore d'une
grande utilité pour les perfonnes âgées , qui ont
coutume de prendre leur Café deux fois le jour.
Ce Café fe fait entiérement comme le Café en
poudre.
Le prix de la tablette Moka pur , 12 fols :
moitié Moka & Martinique , 10 fols : Martinique
fimple , 8 fols.
debite fes Tablettes dans S. J. de Latran , chez
le fieur le Riche , Bourfier , fous la grande porte.
Fermer
Résumé : AUTRE.
Le sieur Berthod a innové en créant des tablettes de café, similaires au chocolat, facilitant ainsi la préparation du café. Ces tablettes permettent de préparer du café rapidement avec une cafetière et de l'eau ou du lait. Chaque tablette contient trois doses fortes, mais peut être ajustée pour obtenir jusqu'à six doses plus légères. Cette invention est particulièrement utile pour les officiers, les voyageurs, et les personnes âgées consommant du café deux fois par jour, car elle évite le transport de sucre et de moulin. Les tablettes de café sont disponibles en trois qualités : Moka pur à 12 sols, moitié Moka et Martinique à 10 sols, et Martinique simple à 8 sols. Elles sont vendues chez le sieur le Riche, Bourfier, sous la grande porte de Saint-Jean-de-Latran.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14411
p. 237
AUTRE.
Début :
François, Maître Limonadier à Paris, rue Sainte-Anne, Butte S. Roch, [...]
Mots clefs :
Limonadier, Chocolat, Vanille, Pistache
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
François, Maître Limonadier à Paris , rue Sainte-
Anne , Butte S. Roch , à la Croix de Chevalier ,
vis-à - vis la rue Clogeorgeot ; tient grande Fabrique
de Chocolat de fanté de vanilles de toutes
fortes de façons , Piftaches & Diablotins , & à
jufte prix.
François, Maître Limonadier à Paris , rue Sainte-
Anne , Butte S. Roch , à la Croix de Chevalier ,
vis-à - vis la rue Clogeorgeot ; tient grande Fabrique
de Chocolat de fanté de vanilles de toutes
fortes de façons , Piftaches & Diablotins , & à
jufte prix.
Fermer
14412
p. 237-238
AUTRE.
Début :
Elixir Stomachique du Sieur Camus, Marchand Epicier-Droguiste, [...]
Mots clefs :
Elixir stomachique, Sieur Camus, Estomac, Digestion, Toux, Asthme
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Elixir Stomachique du Sieur Camus , Marchand
Epicier-Droguifte , rue S. Denis , vis -à- vis la rue
Guerin - Boileau , au figne de la Croix du Fer à
Cheval , à Paris. Cet Elixir fortifie l'eftomac ;
facilite la digeftion , recrée les efprits animaux &
chaffe les vents ; il foulage auffi les perfonnes attaquées
de Toux pituiteufe & d'Afthme humide ; il
eft un préfervatif contre le mauvais air. C'eſt un
très-bon cordial d'un goût fort agréable. Les perfonnes
en fanté peuvent auffi en faire ufage avec
fuccès. On donnera la maniere de s'en fervir
238 MERCURE DE FRANCE.
avec les bouteilles fcellées du cachet, & l'étiquette
fignée de l'Auteur . Pour la facilité du Public , il y
a des bouteilles de 4 liv. & de 8 liv.
Elixir Stomachique du Sieur Camus , Marchand
Epicier-Droguifte , rue S. Denis , vis -à- vis la rue
Guerin - Boileau , au figne de la Croix du Fer à
Cheval , à Paris. Cet Elixir fortifie l'eftomac ;
facilite la digeftion , recrée les efprits animaux &
chaffe les vents ; il foulage auffi les perfonnes attaquées
de Toux pituiteufe & d'Afthme humide ; il
eft un préfervatif contre le mauvais air. C'eſt un
très-bon cordial d'un goût fort agréable. Les perfonnes
en fanté peuvent auffi en faire ufage avec
fuccès. On donnera la maniere de s'en fervir
238 MERCURE DE FRANCE.
avec les bouteilles fcellées du cachet, & l'étiquette
fignée de l'Auteur . Pour la facilité du Public , il y
a des bouteilles de 4 liv. & de 8 liv.
Fermer
Résumé : AUTRE.
L'Elixir Stomachique du Sieur Camus, épicier-drogiste à Paris, fortifie l'estomac, facilite la digestion et stimule les esprits animaux. Il soigne la toux pituiteuse, l'asthme humide et prévient les mauvais airs. Ce cordial au goût agréable convient aux personnes en bonne santé et malades. Disponible en bouteilles scellées de 4 et 8 livres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14413
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'Ai la , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Novembre , & je n'y ai
rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion
A Paris , ce 28 Octobre 1756.
GUIROY.
J'Ai la , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le Mercure du mois de Novembre , & je n'y ai
rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreffion
A Paris , ce 28 Octobre 1756.
GUIROY.
Fermer
14414
p. 238
ERRATA pour le second Volume d'Octobre.
Début :
Page 26, ligne 7, meunet de M. Exauder, lisez, menuet. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERRATA pour le second Volume d'Octobre.
ERRATA
pour le fecond Volume d'Octobre.
PAge 26 , ligne 7 , meunet de M. Exaudet ;
lifez , menuet.
Pag. 61 , lig. 10 & 11 , jamais des marques
d'amour n'avoient mieux compromis la pudeur
, lif n'avoient moins compromis la pudeur
Pag. 72 , lig. premiere ,
lif.
Met tout à fac.
Fronfac
Met tout à fac.
Pag. 104, lig. derniere ( 1 ) Louis IV , lif
Lois XIV.
Pag, 135 , lig. 5 , Docteur en Médecine de Montpellier
, lif. de la Faculté de Montpellier
Pag. 239 , lig, 22 , l'amante timide , lif. l'amant
timide,
pour le fecond Volume d'Octobre.
PAge 26 , ligne 7 , meunet de M. Exaudet ;
lifez , menuet.
Pag. 61 , lig. 10 & 11 , jamais des marques
d'amour n'avoient mieux compromis la pudeur
, lif n'avoient moins compromis la pudeur
Pag. 72 , lig. premiere ,
lif.
Met tout à fac.
Fronfac
Met tout à fac.
Pag. 104, lig. derniere ( 1 ) Louis IV , lif
Lois XIV.
Pag, 135 , lig. 5 , Docteur en Médecine de Montpellier
, lif. de la Faculté de Montpellier
Pag. 239 , lig, 22 , l'amante timide , lif. l'amant
timide,
Fermer
Résumé : ERRATA pour le second Volume d'Octobre.
Le document liste les errata du deuxième volume d'octobre. Les corrections incluent 'meunet' en 'menuet' (page 26), 'jamais des marques d'amour n'avoient mieux compromis la pudeur' en 'n'avoient moins compromis la pudeur' (page 61), 'lif' en 'Met tout à fac.' (page 72), 'Louis IV' en 'Louis XIV' (page 104), 'Docteur en Médecine de Montpellier' en 'de la Faculté de Montpellier' (page 135) et 'l'amante timide' en 'l'amant timide' (page 239).
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14415
p. 239-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Epitre à Madame de G*** [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
EPITRE à Madame de G *** , qui partoit pour
la campagne , par M, le C. de S. G. M. pages
Les Riens , Conte ,
Vers à une jeune Penfionnaire >
Portrait de Madame la *** , ***,
Origine du jeu de Volant ,
8
27
35
39
Combien les Sçavans doivent avoir peu d'amour
propre ,
Egloge par Madame ...
41
Vers à Mademoiſelle N.... en lui préſentant un
coûteau , 54
Lettre de Mademoiſelle de ... à l'Auteur du Mercure
, 55
Chanfon pour Madame la Marquife d'A *** , 58
Remerciement à M. le Maréchal-Duc de Riche
lieu , par Madame Bourette ,
L'Efprit & la Science , allégorie Angloiſe tirée du
Rambler,
Le Sentiment , Epître ,
60
61
63
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
fecond Mercure d'Octobre ,
Enigmes & Logogryphes ,
Chanſon ,
65
ibid.
68
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES,
Extraits , Précis ou Indications de livres nou
veaux ,
69
76
Réponse de l'Auteur des Lettres à un Américain ,
à la Lettre de M. l'Abbé de Condillac ,
Lettre à Madame de M *** au fujet des Pierres
240
Milliaires que M. S*** a fait placer fur la route
dų Languedoc ,
Séance publique de l'Académie d'Amiens ,
93
119
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Géométrie. Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Finances.
121
123
140
Chirurgie. Lettres Patentes accordées aux Chirurgiens
de Province ,
Obfervation de chirurgie très- importante au
fujet des ravages produit par la pierre dans
la veffie ,
Séance Publique de l'Académie Royale des Belles-
Lettres de la Rochelle ,.
146
149
ART. IV. BEAUX - ARTS.
Mufique.
169
Gravure. ibid.
Architecture. 172
ART. V. SPECTACLE
Comédie Françoiſe.
Comédie Italienne.
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
177
ibid.
178
ARTICLE VI.
Lettre à M. de Boiffy , fur la Déclamation notée ,
Nouvelles étrangeres ,
180
185
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
201
Bénéfice donné , 207
Mariages & Morts ,
216
Avis divers. 235
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE
EPITRE à Madame de G *** , qui partoit pour
la campagne , par M, le C. de S. G. M. pages
Les Riens , Conte ,
Vers à une jeune Penfionnaire >
Portrait de Madame la *** , ***,
Origine du jeu de Volant ,
8
27
35
39
Combien les Sçavans doivent avoir peu d'amour
propre ,
Egloge par Madame ...
41
Vers à Mademoiſelle N.... en lui préſentant un
coûteau , 54
Lettre de Mademoiſelle de ... à l'Auteur du Mercure
, 55
Chanfon pour Madame la Marquife d'A *** , 58
Remerciement à M. le Maréchal-Duc de Riche
lieu , par Madame Bourette ,
L'Efprit & la Science , allégorie Angloiſe tirée du
Rambler,
Le Sentiment , Epître ,
60
61
63
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
fecond Mercure d'Octobre ,
Enigmes & Logogryphes ,
Chanſon ,
65
ibid.
68
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES,
Extraits , Précis ou Indications de livres nou
veaux ,
69
76
Réponse de l'Auteur des Lettres à un Américain ,
à la Lettre de M. l'Abbé de Condillac ,
Lettre à Madame de M *** au fujet des Pierres
240
Milliaires que M. S*** a fait placer fur la route
dų Languedoc ,
Séance publique de l'Académie d'Amiens ,
93
119
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Géométrie. Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Finances.
121
123
140
Chirurgie. Lettres Patentes accordées aux Chirurgiens
de Province ,
Obfervation de chirurgie très- importante au
fujet des ravages produit par la pierre dans
la veffie ,
Séance Publique de l'Académie Royale des Belles-
Lettres de la Rochelle ,.
146
149
ART. IV. BEAUX - ARTS.
Mufique.
169
Gravure. ibid.
Architecture. 172
ART. V. SPECTACLE
Comédie Françoiſe.
Comédie Italienne.
Lettre à l'Auteur du Mercure ,
177
ibid.
178
ARTICLE VI.
Lettre à M. de Boiffy , fur la Déclamation notée ,
Nouvelles étrangeres ,
180
185
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
201
Bénéfice donné , 207
Mariages & Morts ,
216
Avis divers. 235
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication divisée en six sections principales. L'Article Premier rassemble des pièces fugitives en vers et en prose, telles que des épîtres, des contes, des portraits, des poèmes et des lettres adressées à diverses personnes. Parmi les œuvres notables figurent 'Les Riens, Conte', 'Vers à une jeune Pensionnaire' et 'Lettre de Mademoiselle de... à l'Auteur du Mercure'. L'Article II est dédié aux nouvelles littéraires, incluant des extraits, des précisions sur des livres récents et une réponse à une lettre de l'Abbé de Condillac. L'Article III explore les sciences et les belles-lettres, abordant des sujets comme la géométrie, les finances et la chirurgie, avec des lettres et des observations médicales. L'Article IV se focalise sur les beaux-arts, mentionnant la musique, la gravure et l'architecture. L'Article V traite du spectacle, distinguant entre la comédie française et la comédie italienne. Enfin, l'Article VI comprend des lettres, des nouvelles étrangères, des nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que des annonces de bénéfices, de mariages et de décès, et divers avis.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14416
p. 240
« La Chanson notée doit regarder la page 68. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 68. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 68. [...] »
La Chanfon notée doit regarder la page 68.
Fermer
14417
p. 240
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch . Ant . Jombert.
Fermer
14418
p. 80-81
ENIGME A Madame le B....
Début :
J'habite avec nombre de soeurs [...]
Mots clefs :
Dent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME A Madame le B....
ENIGME
A Madame le B....
J'habite 'habite avec nombre de fours
Une maifon très - précieuſe
Aceux qui font fes poffeffeurs :
Ainfi qu'une Religieufe ,
Je n'en fors jamais qu'à ma mort;
DECEMBRE . 1756. SI
S'il eft dans ce Couvent un Frere ,
C'est l'effet malheureux du fort ,
Et tout franc , on ne l'aime guere ;
Il ne peut que nous faire tort.
Ce qui me flatte , c'eft qu'en France,
Où regna toujours l'inconftance
Plus que chez le fage Etranger ,
La mode n'ait pas pu changer
L'eftime rare & finguliere
Qu'en tous les temps on eut de moi.
Hélas ! je n'en fuis pas plus fiere :
Car il arrive d'ordinaire
Que je me plais moins chez un Roi ,
Que chez le Paysan robufte ,
Et que la Coquette m'ajuste ,
Pour me fixer bon gré , malgré ,
Tandis que chez la Payſanne ,
Qui ne m'en fçait preſqu'aucun gré ,
Je fuis , en dépit de Madame ,
Belle , faine . C'en eft affez :
Suis-je prife ? Non , relifez.
Par M. HOCH ... D'ET...
A Madame le B....
J'habite 'habite avec nombre de fours
Une maifon très - précieuſe
Aceux qui font fes poffeffeurs :
Ainfi qu'une Religieufe ,
Je n'en fors jamais qu'à ma mort;
DECEMBRE . 1756. SI
S'il eft dans ce Couvent un Frere ,
C'est l'effet malheureux du fort ,
Et tout franc , on ne l'aime guere ;
Il ne peut que nous faire tort.
Ce qui me flatte , c'eft qu'en France,
Où regna toujours l'inconftance
Plus que chez le fage Etranger ,
La mode n'ait pas pu changer
L'eftime rare & finguliere
Qu'en tous les temps on eut de moi.
Hélas ! je n'en fuis pas plus fiere :
Car il arrive d'ordinaire
Que je me plais moins chez un Roi ,
Que chez le Paysan robufte ,
Et que la Coquette m'ajuste ,
Pour me fixer bon gré , malgré ,
Tandis que chez la Payſanne ,
Qui ne m'en fçait preſqu'aucun gré ,
Je fuis , en dépit de Madame ,
Belle , faine . C'en eft affez :
Suis-je prife ? Non , relifez.
Par M. HOCH ... D'ET...
Fermer
14419
p. 81-83
LOGOGRYPHE.
Début :
Jadis, affrontant les hazards, [...]
Mots clefs :
Aigrette
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGO GRYPH E.
JAdis , affrontant les hazards ,
J'étois dans les combats au deffus des Céfars.
Mon afpect ébranloit le plus ferme courage ,
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
Et la mort devant moi voloit de toutes parts.
Mais bientôt laffe de carnage ,
J'abandonnai Mars pour l'Amour;
Mon fort moins éclatant me charma davantage ,
Et je devins l'ornement de fa cour.
Philis à fes appas me trouva néceſſaire :
A fes gouts différens il fallut me plier ;
Il me fallut fouffrir . En pareil cas , que faire ?
Il en coûte toujours , lecteur , à qui veut plaire ;
C'est un point qu'on ne peut nier.
Enfin j'ai plu . Philis un peu coquette ,
Ne trouve pas fans moi fa parure complette :
Je lui rends l'air plus libre , plus piquant ,
Et toujours elle m'accommode
Au gré de fon Amant.
Bref par ce trait , lecteur , juge de mon talent ,
J'ai mille ans tout au moins , & fuis encor de
mode.
Mais il faut t'ôter d'embarras :
Décompofe mon être, & tu me connoîtras ;
Divife , compaffe , mefure ,
J'offrirai d'abord à tes yeux
Ce qui fouvent embellit la nature ;
Le feul bien que de fes ayeux
Reçoit par fois un Gentilhomme ;
Ce qui du Souverain de Rome
Couvre le front majestueux.
N'en est - ce point affez ? cherche ; je t'offre
encore
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY.
ASTOR,
LENOK
AND
TILDEN
FOUNDATIONS.
Vous dont l'Ame a reçue l'at
:teinte, Des traits du Dieu le
plus charmant Ecoutez l'his :
-toire succinte Du sort malheu
reux d'un A mant
.
MALVAUX.
Imprimé par Tournelle . Decembre 1756.
DECEMBRE. 1756 . $ 3
Ce qui charme en Philis , ce qui fait qu'on l'a
dore ,
Et mieux que tous les vains apprêts ,
Donne du luftre à fes attraits ;
Une Déeffe à nous perdre obftinée ;
Ce que cache avec foin coquette furannée ;
Une faifon , un élément
Senfible aux feux d'un tendre Amant ;
Ce que réserve Amour à l'infenfible Iole .
Mais c'en eft trop , fur ma parole.
Je me tais , tu dois me fçavoir:
Ami lecteur , jufqu'au revoir.
JAdis , affrontant les hazards ,
J'étois dans les combats au deffus des Céfars.
Mon afpect ébranloit le plus ferme courage ,
D v
82 MERCURE DE FRANCE.
Et la mort devant moi voloit de toutes parts.
Mais bientôt laffe de carnage ,
J'abandonnai Mars pour l'Amour;
Mon fort moins éclatant me charma davantage ,
Et je devins l'ornement de fa cour.
Philis à fes appas me trouva néceſſaire :
A fes gouts différens il fallut me plier ;
Il me fallut fouffrir . En pareil cas , que faire ?
Il en coûte toujours , lecteur , à qui veut plaire ;
C'est un point qu'on ne peut nier.
Enfin j'ai plu . Philis un peu coquette ,
Ne trouve pas fans moi fa parure complette :
Je lui rends l'air plus libre , plus piquant ,
Et toujours elle m'accommode
Au gré de fon Amant.
Bref par ce trait , lecteur , juge de mon talent ,
J'ai mille ans tout au moins , & fuis encor de
mode.
Mais il faut t'ôter d'embarras :
Décompofe mon être, & tu me connoîtras ;
Divife , compaffe , mefure ,
J'offrirai d'abord à tes yeux
Ce qui fouvent embellit la nature ;
Le feul bien que de fes ayeux
Reçoit par fois un Gentilhomme ;
Ce qui du Souverain de Rome
Couvre le front majestueux.
N'en est - ce point affez ? cherche ; je t'offre
encore
THE
NEW
YORK
PUBLIC
LIBRARY.
ASTOR,
LENOK
AND
TILDEN
FOUNDATIONS.
Vous dont l'Ame a reçue l'at
:teinte, Des traits du Dieu le
plus charmant Ecoutez l'his :
-toire succinte Du sort malheu
reux d'un A mant
.
MALVAUX.
Imprimé par Tournelle . Decembre 1756.
DECEMBRE. 1756 . $ 3
Ce qui charme en Philis , ce qui fait qu'on l'a
dore ,
Et mieux que tous les vains apprêts ,
Donne du luftre à fes attraits ;
Une Déeffe à nous perdre obftinée ;
Ce que cache avec foin coquette furannée ;
Une faifon , un élément
Senfible aux feux d'un tendre Amant ;
Ce que réserve Amour à l'infenfible Iole .
Mais c'en eft trop , fur ma parole.
Je me tais , tu dois me fçavoir:
Ami lecteur , jufqu'au revoir.
Fermer
14420
p. 126-130
« DISCOURS sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, pour servir de réponse [...] »
Début :
DISCOURS sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, pour servir de réponse [...]
Mots clefs :
M. Rousseau, Société, Hommes, Inégalité, Homme, Mal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « DISCOURS sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, pour servir de réponse [...] »
DISCOURS fur l'origine de l'inégalité
parmi les hommes , pour fervir de réponfe
au Difcours que M. Rouffeau , Citoyen de
Geneve , a publié fur le même fujer ; par
M. Jean de Caftillon , Profeſſeur en Philofophie
& Mathématique à Utrecht , &
Membre des Académies royales de Londres
, Berlin & Gottingue , &c. imprimé
à Amfterdam , & fe trouve à Paris , chez
Duchefne , rue S. Jacques , au Temple du
Goût. Prix 3 liv. 12 fols , broché .
Il nous a paru que la raifon & la fageffe
fe faifoient fentir dans ce Livre eſtimable.
Les hommes y font examinés dans
leur origine , & portés immédiatement
après les premiers momens de leur enfance
dans la fphere des vices & des vertus ,
c'eft- à - dire fur le théâtre naturel de leurs
actions. Le mal & le bien qu'ils font &
qu'ils peuvent faire , y eſt pefé par la main
équitable de la philofophie , & la conclufion
eft qu'ils méritent plus d'eftime que
de mépris . Le fyftême de l'Auteur eft que
de tout temps l'homme fut , & annonça ce
qu'il devoit être. Il agit , penſa , diſtingua
& inventa. Selon lui , les premiers
DECEMBRE. 1756. 127
Arts touchent aux premiers hommes. Les
premiers befoins firent naître les premieres
idées. Ce raifonnement eſt tout fimple ; en
l'étendant , en paffant de l'examen du
principe à l'examen de l'effet , on voit éclorre
la fociété mais cette fociété formée at'elle
été un bien en elle -même pour les
hommes fi enclins à abufer du bien & du
mieux ? Oui , fans doute : le mal qu'elle a
fait naître ne doit être reproché qu'à
l'homme lui -même ; c'eft lui qui a corrompu
par fes inclinations vicieufes la
fource des avantages qu'elle renfermoit
dans fon fein : mais cet abus du bien &
du mieux n'a détruit que des parties d'un
tout inestimable & inépuifable. Celles que
la nature , la raiſon & la juſtice ont fauvées
du naufrage , fe perfectionnent tous les
jours, & fe feront fentir à jamais. « Où ſont,
» dit-il , ces Brigans qui infeftoient toute
» la terre , & qui exerçoient le courage
» des Hercules & des Théfés ? Où font
» ces Pyrates ( 1 ) qui rendoient la mer plus
dangereufe par leurs armes qu'elle ne
par fes tempêtes Les malheureux
qui éprouvent la fureur des vents & des
" ondes , trouvent des mains fecourables
"fur ces bords , où ils ne rencontroient
» que des mains avides de rapine & de
(1) Ils revivent encore de nos jours , dira M. R.
و ر
» l'eft "
"
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
و د
ود
» carnage. On parcourt tout le globe plus
fûrement qu'autrefois une Province. Les
» meres juſtement glorieufes de leur fé-
» condité , ne craignent plus que les ordres
» d'un époux dénaturé , les privent de leur
»fruit. Au lieu d'enfans expofés aux bêtes
féroces , & de vieillards livrés à leur
» mifere & à leur caducité , on voit par-
» tout des azyles où l'enfance abandonnée
» & la vieilleſſe indigente trouvent des
»peres tendres & éclairés , & des fils
riches & bienfaifans ; des maiſons to
jours prêtes à recevoir les Citoyens languiffans
, pour les rendre à la patrie
» fains & robuftes. Aux marais & aux
glaçons ont fuccédé des Villes magnifi
" ques & peuplées. L'abondance a pris la
place de la ftérilité , qui régnoit fur pref
» que toute la terre. Les hommes menent
» une vie douce & heureufe par les foins
» d'un petit nombre de conducteurs. Il ne
» s'éleve plus de Tyrans dans les Républi
"ques. On ne voit plus fur le trône les
» Nérons & les Caligulas , & bientôt
» l'homme & la fociété feront ce qu'ils
ور
ور
ور
20
و د
ود
peuvent & ce qu'ils doivent être . La
» bonne foi réglera le commerce : l'utilité
» publique dirigera les Arts & les Sciences :
» le Guerrier préférera le falut de fa patrie
» à fa gloire : le Magiftrat , la République
0
C
E
DECEMBRE . 1756 . 129
"
»
"3
"
"
» à fes intérêts ; le peuple , l'utilité com-
» mune à fes avantages . Je vois le mérite
feul faire & maintenir la Nobleffe . Qui-
» conque dégénere , déroge , & ne déroge
» que parce qu'il dégénere. La grandeur
» la plus élevée , la fcience la plus fubli-
» me , les talens les plus rares , eftiment la
» vertu même en guenille , parce que tous
» font vertueux , & ils le font parce qu'ils
refpectent tous la Religion , non pas
» ce fantôme pointilleux qui s'allarme pour
» un Dogme de pure fpéculation , qui per-
» fécute pour un mot mal interprété , mais
» cette fille des Cieux , qui ne refpire que
» le bonheur des hommes & l'avantage
de la fociété , & qui ne reconnoît pour
» fes Miniftres que ceux qui éclairent les
» hommes par leur doctrine , qui les corrigent
par leur exemple , qui mettent
» leur honneur dans la vertu , leur richeffe
dans la modération , leur ambition dans
l'humilité , & c. Nous rendriens un
compte plus exact de cet Ouvrage , fans les
limites étroites où nous fommes obligés
de nous renfermer. Peut -être y trouverat'on
les hommes vus avec autant d'indulgence
, & traités avec autant de faveur
qu'ils ont paru jugés avec févérité dans
celui de M. Rouffeau . Quoi qu'il en foit ,
nous nous bornons à dire que tout le Livre
33
و و
"
ود ע
F'v
130 MERCURE DE FRANCE .
APA
de M. Caftillon porte fur ce « que l'homme
fans fociété eft un être de raifon , qu'on
» peut examiner uniquement pour découvrir
ce que l'homme fe doit à lui -même ;
qu'un de fes premiers devoirs eft de fon-
» der la fociété ; qu'elle exige l'inégalité
» de Souverain & de fujets , de grands &
» de petits diftingués par l'autorité &
ور
"
ود
par la puiffance
; qu'elle
admet
l'inégalité » de nobles
& d'ignobles
; qu'elle
donne » néceſſairement
naiſſance
à l'inégalité
de » riches
& de pauvres
; que le mérite
doit » régler le choix des perfonnes
qu'on
éleve » à la puiffance
, qu'on diftingue
par la
و د
33
»
Nobleffe , qu'on affocie au Gouverne-
» ment ; que toutes ces inégalités autorifées
par le droit naturel , fans qu'il y en
ait une feule autorifée par le feul droit
pofitif, font juftes en elles-mêmes & injuftes
dans leur abus ; que le genre hu-
» main eft auffi heureux que le permet fon
» état préfent , quoique fon bonheur puiffe
» croître à l'infini. »
parmi les hommes , pour fervir de réponfe
au Difcours que M. Rouffeau , Citoyen de
Geneve , a publié fur le même fujer ; par
M. Jean de Caftillon , Profeſſeur en Philofophie
& Mathématique à Utrecht , &
Membre des Académies royales de Londres
, Berlin & Gottingue , &c. imprimé
à Amfterdam , & fe trouve à Paris , chez
Duchefne , rue S. Jacques , au Temple du
Goût. Prix 3 liv. 12 fols , broché .
Il nous a paru que la raifon & la fageffe
fe faifoient fentir dans ce Livre eſtimable.
Les hommes y font examinés dans
leur origine , & portés immédiatement
après les premiers momens de leur enfance
dans la fphere des vices & des vertus ,
c'eft- à - dire fur le théâtre naturel de leurs
actions. Le mal & le bien qu'ils font &
qu'ils peuvent faire , y eſt pefé par la main
équitable de la philofophie , & la conclufion
eft qu'ils méritent plus d'eftime que
de mépris . Le fyftême de l'Auteur eft que
de tout temps l'homme fut , & annonça ce
qu'il devoit être. Il agit , penſa , diſtingua
& inventa. Selon lui , les premiers
DECEMBRE. 1756. 127
Arts touchent aux premiers hommes. Les
premiers befoins firent naître les premieres
idées. Ce raifonnement eſt tout fimple ; en
l'étendant , en paffant de l'examen du
principe à l'examen de l'effet , on voit éclorre
la fociété mais cette fociété formée at'elle
été un bien en elle -même pour les
hommes fi enclins à abufer du bien & du
mieux ? Oui , fans doute : le mal qu'elle a
fait naître ne doit être reproché qu'à
l'homme lui -même ; c'eft lui qui a corrompu
par fes inclinations vicieufes la
fource des avantages qu'elle renfermoit
dans fon fein : mais cet abus du bien &
du mieux n'a détruit que des parties d'un
tout inestimable & inépuifable. Celles que
la nature , la raiſon & la juſtice ont fauvées
du naufrage , fe perfectionnent tous les
jours, & fe feront fentir à jamais. « Où ſont,
» dit-il , ces Brigans qui infeftoient toute
» la terre , & qui exerçoient le courage
» des Hercules & des Théfés ? Où font
» ces Pyrates ( 1 ) qui rendoient la mer plus
dangereufe par leurs armes qu'elle ne
par fes tempêtes Les malheureux
qui éprouvent la fureur des vents & des
" ondes , trouvent des mains fecourables
"fur ces bords , où ils ne rencontroient
» que des mains avides de rapine & de
(1) Ils revivent encore de nos jours , dira M. R.
و ر
» l'eft "
"
Fiv
128 MERCURE DE FRANCE.
و د
ود
» carnage. On parcourt tout le globe plus
fûrement qu'autrefois une Province. Les
» meres juſtement glorieufes de leur fé-
» condité , ne craignent plus que les ordres
» d'un époux dénaturé , les privent de leur
»fruit. Au lieu d'enfans expofés aux bêtes
féroces , & de vieillards livrés à leur
» mifere & à leur caducité , on voit par-
» tout des azyles où l'enfance abandonnée
» & la vieilleſſe indigente trouvent des
»peres tendres & éclairés , & des fils
riches & bienfaifans ; des maiſons to
jours prêtes à recevoir les Citoyens languiffans
, pour les rendre à la patrie
» fains & robuftes. Aux marais & aux
glaçons ont fuccédé des Villes magnifi
" ques & peuplées. L'abondance a pris la
place de la ftérilité , qui régnoit fur pref
» que toute la terre. Les hommes menent
» une vie douce & heureufe par les foins
» d'un petit nombre de conducteurs. Il ne
» s'éleve plus de Tyrans dans les Républi
"ques. On ne voit plus fur le trône les
» Nérons & les Caligulas , & bientôt
» l'homme & la fociété feront ce qu'ils
ور
ور
ور
20
و د
ود
peuvent & ce qu'ils doivent être . La
» bonne foi réglera le commerce : l'utilité
» publique dirigera les Arts & les Sciences :
» le Guerrier préférera le falut de fa patrie
» à fa gloire : le Magiftrat , la République
0
C
E
DECEMBRE . 1756 . 129
"
»
"3
"
"
» à fes intérêts ; le peuple , l'utilité com-
» mune à fes avantages . Je vois le mérite
feul faire & maintenir la Nobleffe . Qui-
» conque dégénere , déroge , & ne déroge
» que parce qu'il dégénere. La grandeur
» la plus élevée , la fcience la plus fubli-
» me , les talens les plus rares , eftiment la
» vertu même en guenille , parce que tous
» font vertueux , & ils le font parce qu'ils
refpectent tous la Religion , non pas
» ce fantôme pointilleux qui s'allarme pour
» un Dogme de pure fpéculation , qui per-
» fécute pour un mot mal interprété , mais
» cette fille des Cieux , qui ne refpire que
» le bonheur des hommes & l'avantage
de la fociété , & qui ne reconnoît pour
» fes Miniftres que ceux qui éclairent les
» hommes par leur doctrine , qui les corrigent
par leur exemple , qui mettent
» leur honneur dans la vertu , leur richeffe
dans la modération , leur ambition dans
l'humilité , & c. Nous rendriens un
compte plus exact de cet Ouvrage , fans les
limites étroites où nous fommes obligés
de nous renfermer. Peut -être y trouverat'on
les hommes vus avec autant d'indulgence
, & traités avec autant de faveur
qu'ils ont paru jugés avec févérité dans
celui de M. Rouffeau . Quoi qu'il en foit ,
nous nous bornons à dire que tout le Livre
33
و و
"
ود ע
F'v
130 MERCURE DE FRANCE .
APA
de M. Caftillon porte fur ce « que l'homme
fans fociété eft un être de raifon , qu'on
» peut examiner uniquement pour découvrir
ce que l'homme fe doit à lui -même ;
qu'un de fes premiers devoirs eft de fon-
» der la fociété ; qu'elle exige l'inégalité
» de Souverain & de fujets , de grands &
» de petits diftingués par l'autorité &
ور
"
ود
par la puiffance
; qu'elle
admet
l'inégalité » de nobles
& d'ignobles
; qu'elle
donne » néceſſairement
naiſſance
à l'inégalité
de » riches
& de pauvres
; que le mérite
doit » régler le choix des perfonnes
qu'on
éleve » à la puiffance
, qu'on diftingue
par la
و د
33
»
Nobleffe , qu'on affocie au Gouverne-
» ment ; que toutes ces inégalités autorifées
par le droit naturel , fans qu'il y en
ait une feule autorifée par le feul droit
pofitif, font juftes en elles-mêmes & injuftes
dans leur abus ; que le genre hu-
» main eft auffi heureux que le permet fon
» état préfent , quoique fon bonheur puiffe
» croître à l'infini. »
Fermer
Résumé : « DISCOURS sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, pour servir de réponse [...] »
Jean de Castillon critique le 'Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes' de Jean-Jacques Rousseau tout en approuvant sa vision de la nature humaine. Selon Castillon, les hommes méritent estime plutôt que mépris. Il valide l'idée que l'homme a toujours agi, pensé et inventé, ce qui a conduit à la formation de la société. Cependant, il critique l'abus des bienfaits sociaux, qui ont corrompu les avantages initiaux. Castillon reconnaît les progrès apportés par la société, tels que la sécurité, la protection des faibles et l'abondance. Il espère que la vertu, la bonne foi et l'utilité publique guideront les actions humaines et que la noblesse sera basée sur le mérite. Il conclut que Rousseau montre que l'homme, sans société, est un être de raison et que la société nécessite des inégalités justes, bien que celles-ci puissent être abusées. Le texte aborde également les concepts de justice et de bonheur humain, affirmant que certaines actions sont justes en elles-mêmes mais injustes lorsqu'elles sont abusives. Il note que le bonheur humain peut augmenter indéfiniment selon son état présent.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14421
p. 203-220
ALLEMAGNE.
Début :
Depuis quelques jours, la Cour a publié sa Réponse à [...]
Mots clefs :
Vienne, Réponse, Exposé des motifs du Roi de Prusse, Attaque, Royaume de Bohême, Déclaration de guerre, Impératrice-Reine, Manifeste, Traité, Impératrice de Russie, Cour de Vienne, Prince Picolomini, Troupes, Détachement de la cavalerie, Lieutenants, Camps militaires, Ratisbonne, Diète, Conseil aulique, Déclaration, Hambourg, Comte de Browne, Combats, Armée saxonne, Obstacles naturels, Roi de Pologne, Capitulation, Leipzig, Conseil de guerre, Dresde, Feld-Maréchal de Browne, Témoignage, Mémoire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 17 Octobre.
DEpuis quelques jours , la Cour a publié fa
Réponse à l'Expofé des Motifs du Roi de Pruffe.
Cette piece commence ainfi. « L'Electorat de Saxe
ayant été inondé de troupes Prufliennes , & ayant
»été arraché à fon légitime Poffeffeur ; le droit
»des gens y ayant été violé ; tous les égards
»dûs à une keine ayant été foulés aux pieds ;
»un deftin affreux menaçant encore le Roi de
>>Pologne ; l'efprit de domination & d'agrandif
»fement , qui guide le Roi de Prufle , l'a porté
»à attaquer enfuite le Royaume de Boheme , & à
»y ouvrir de nouveau le théâtre de fes hoftilités .
»Les circonftances & les fuites de cette double
infraction de la paix , de la part de la Cour de
>>Berlin , étant tout à fait extraordinaires , le public
impartial n'a pu que fouhaiter avec une impa
>>tience extrême de voir paroître les motifs fonda-
>> mentaux d'un procédé auffi étrange , & a cru de
»voir s'attendre à voir révéler les myfteres les plus
profonds de cabinets . Jamais attente n'a été
plus mal remplie . Le manifefte de la Pruffe n'a
été remplie que d'expreffions qui fe contredi-
»foient palpablement les unes les autres , & l'om
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
n'y a étalé que des motifs qui , malgré toute
» l'étude de l'invention , n'ont pu être revêtus da
moindre air de vraisemblance . Le Roi de Fruffe ,
»dans l'impoffibilité de trouver matiere à motiver
pune Déclaration de Guerre , eft tombé ſur l'idée
stare & finguliere , qu'il pourroit , fon invafion
men Saxe déja faite , déterrer dans les papiers
fecrets , qu'il a fait enlever à Drefde du Cabinet
du Roi de Pologne , des preuves qui pourroient
confirmer ce qu'il avançoit d'un Traité offenfif
entre l'Impératrice Reine & l'Impératrice de
»Ruffie , & démentir ainfi les aſſurances données
par l'Impératrice Reine , que cette imputation
»étoit fauffe & controuvée. La Cour de Vienne ,
obfervant fcrupuleufement les loix de la vérité ,
n'avoit rien à appréhender de toutes ces recher-
»ches. Elle a elle - même les indices les plus
»démonftratifs , que , fi l'on pouvoit expofer auf
»yeux du public ce que renferme le Cabinet de
>>Potſdam , on y découvriroit avec un étonne-
»ment indicible des projets tendans à corrompre
»de fideles ferviteurs , liés à leurs maîtres par la
>>foi du ferment ; à opprimer des Co- Etats confidérables
de l'Empire ; à réchauffer des pré-
»tention illégales fur des Provinces entieres , &
» à ourdir des rébellions affreuſes dans de puiffans
>>Royaumes.»>
Voici plufieurs autres principaux traits de la
Réponse de la Cour. « On a déja vu dans le Ref
»crits de S. M. Imp. & Royale à fes Miniftres
>> dans les Cours Etrangeres , comment le Roi de
>> Pruffe s'eft émancipé à prendre itérativement
» Impératrice Reine à partie fur fes difpofitions
»défenfives........ Dans fon Manifefte , il avane
>>ce également des chofes peu fondées. Il foutient
qu'à peine le Traité de Drefde avoit été conclu ,
Σ
E
2
B
D
Da
DECEMBRE. 1756. 20
>>la Cour de Vienne s'étoit étudié à l'éluder &
»à l'infirmer. Cependant on n'allegue à notre
>> charge que ce feul grief , fçavoir que fept ans
» après la conclufion du Traité , c'est - à-dire en
» 1753 , Pimpôt fur les marchandifes fabriquées
dans la Silefie Pruffienne a été augmenté. Il
» eft étonnant que de la part de la Pruffe on
»faffe quelque reproche fur cet article , com-
>>me fi S. M. Pr. n'avoit pas été la premiere à
»augmenter les droits de douane , & comme fi
Delle n'avoit pas commis diverſes autres contra
»ventions , tant contre ce Traité que contre celui
» de Breflau ; & cela au point que fi S. M. Imp.
»& Royale n'étoit pas en poffeffion de facrifier
»fes plus juftes motifs de reffentiment à fon amour
»pour la paix , Elle auroit été en droit depuis
long- temps , furtout après les repréſentations
Dinutiles qu'Elle avoit faites , de recourir , pour
»fe venger, aux armes dont Elle ne fe fert au-
»jourd'hui que pour fon unique défenſe......
>> Dans le niême Manifefte , on releve encore
»d'autres plaintes contre la Cour de Vienne. Elle
»a conçu , dit- on , des projets d'une extrême
»conféquence ; Elle a des vues dangereufes , &
» du côté de la Pruffe on s'étudie à les dévelop
per.... Mais la Maiſon Archiducale d'Autriche
»ne balance pas à foutenir , que dans toutes les
» Annales de fa Monarchie on ne trouvera pas
»le moindre veftige d'entrepriſes de fa part , ten
»dantes à renverfer les premieres loix de l'Em-
»pire ; à opprimer fes membres ; à s'emparer
de leurs Etats par droits de convenance ; à perfé
cuter par les oppreffions les plus inouies route
»une Famille Royale fous les affurances d'une
pamitié fimulée ; à boulverfer le repos de l'Alle-
»magne ;... à vouloir impoſer à tous le Corps
206 MERCURE DE FRANCE.
»Germanique des loix arbitraires , aux dépens de
»fes Conftitutions ......
Au fujet du Traité que l'Impératrice Reine a
conclu en 1746 avec l'Impératrice de Ruffie ,
la Cour fait les obfervations fuivantes . « Pour
s'affurer de plus en plus contre une quatrieme
winfraction de la paix de la part de la Pruffe ,
>> on conclut entre les deux Cours Impériales ,
Davant le Traité d'Aix - la- Chapelle , un Traité
» d'Amitié & de Défenſe , ne tendant au préjudice
» d'aucune Puiflance . La Cour de Vienne n'a
»pas eu befoin d'exciter la fenfibilité de celle
» de Ruffie fur les procédés méprifans de la Pruffe ,
>>attendu que S. M. Pruf. fe contient ſi peu vis-àvis
de fes voisins , qu'ils comprennent facilement
» qu'il n'y a pas d'autre moyen de le fouftraire
aux défagrémens que la Pruffe caufe continuelle-
» ment , qu'en rompant toute communication avec
elle...... Le public n'aura pas encore oublié ,
>>comment le Comte de Beftuchef, Grand Char-
>> celier de Ruffie , ne balança pas en 1750 d'expo-
>>fer aux yeux de l'Europe , d'une maniere convain-
»cante, les procédés extraordinaires des Pruffiens......
C'eft une nouvelle illufion de la
»part du Roi de Pruffe , de vouloir , par des
vues faciles à deviner , faire paffer nos innocens
Dengagemens défenfifs pour un Traité offenfif
>>contre la Porte. » La Cour ajoute : « Le Roi
»de Pruffe fait affez connoître à la Couronne
>>de France , fans ménagement & par fon infrac-
>tion de paix , que l'Union du Roi T. C. avee
»l'impératrice Reine l'a animé à faire exifter
d'autant plus vite par fon aggreffion ennemie
le Cafus Foederis. Tout ce que S. M. Pruf
permet de mettre à la charge de la Cour
de Vienne & d'autres Cours fur le pied de
>> fe
DECEMBRE. 1756. 207
T
conſpiration , eft une imputation déplacée , qui
»n'a jamais lieu de Souverain à Souverain , &
>>qui ne peut s'appliquer qu'à des Sujets rébelles.
» Ces confpirations doivent être mifes au rang
»des projets de ceux qui dans leur plan d'a-
»grandiffement ne font aucune diftinction des
>>moyens d'affouvir leur ambition. S. M. l'Impéra-
» trice Reine déclare pareillement fauffe & controuvée
l'imputation , qu'elle ait voulu porter
» la Cour d'Angleterre à entrer dans des projets
»qui puffent troubler le repos général . On en
>appelle au propre témoignage de ladite Cour ,
»& l'on ne fera jamais aucune difficulté de ren-
» dre publique la négociation dont il s'eft agi
avec S. M. Brit.... Le Roi de Pruffe accufe la
>>Cour de Vienne , d'avoir voulu puifer dans les
» troubles de l'Amérique les moyens d'allumer
Dune guerre générale . La Cour Britannique peut
»rendre elle - même juftice fur ce point à la vérité,
& dire combien l'Impératrice Reine s'eft
» efforcée d'étouffer ces divifions dès leur naiffan-
» ce. En général tout ce que la Cour de Pruffe
»avance , relativement à celles de France & de
» la Grande - Bretagne , aboutit à infinuer que la
»premiere n'a point affez réfléchi far la nature
»des chofes & fur fes propres intérêts , & que
»la feconde n'a pas approfondi les vues du Minif-
»tere de Vienne , & a manqué de pénétration
» à cet égard , ( expreffions qui ne touchent pas peu
>> l'honneur de ces deux Cours ) . Au refte le Roi
»de Pruffe auroit pu fe paffer de parler de recon-
»noiffance , lui qui a oublié fur cet article
»tout ce qu'il doit à la Maiſon Archiducale d'Autriche
, à qui il eft redevable de fa Dignité
>>Royale ....>>
Selon la lifte que le Feld-Maréchal de Browne
208 MERCURE DE FRANCE.
E
a envoyé de la perte faite par les Autrichiens
dans la bataille du premier de ce mois , il y a
eu dix- neuf Officiers tués & cent cinq de bleffés ;
quatre cens vingt Soldats tués , dix-fept cens vingtneuf
bleffés; & fept cens onze qui ont difparu.
On ne compte que quatre cens foixante -quinze
chevaux tués ou bleffés.
On mande de Conftantinople , que fur la nouvelle
de l'invafion des troupes Pruffiennes en Boheme
, le Grand Vifir a voulu fçavoir du Sr de Schwachenheim
, Miniftres de Leurs Majeftés Impériales
à la Porte , toutes les circonstances de cer
événement. Selon les mêmes lettres , le Grand
Seigneur a fait affurerie fieur de Schwachenheim ,
que fa Hauteffe continueroit d'obſerver religieufement
le Traité conclu par le Sultan fon prédéceffeur
avec la Cour de Vienne , & que fi l'Impératrice
Reine , pour foutenir la guerre contre
le Roi de Pruffe , avoit befoin d'employer les
Troupes qu'Elle avoit en Hongrie , Elle pouvoit
avec confiance les faire marcher , fans craindre
que Sa Hauteffe profitât de leur éloignement ,
pour enfreindre la paix qui fubfifte entre les deux
Puiffances.
Du Quartier Général du Prince Picolomini à
Spalena-Lhotka , le 20 Octobre 1756.
Un Corps de troupes paffa l'Elbe les , fous
les ordres du Général Comte de Trautmansdorff ,
pour empêcher le Feld - Maréchal de Schwerin
d'étendre fi loin fes fourrages . On fit avancer le
7 dans la même vue un Détachement de Cavalerie .
Par- là , le général ennemie eft refferré de plus
en plus , tant fur la droite que fur fa gauche,
& l'on efpere de le gêner confidérablement fur
Particle des fubfiftances. La premiere Colonne des
L
H
R
&
D
T
1
DECEMBRE. 1756. 209
Efclavons entra le 2 de ce mois dans notre camp.
Le Colonel Simbfchon , qui la commande , infor
ma le Prince Picolomini , qu'un Détachement de
Huffards de l'Impératrice Reine avoit enlevé une
des caiffes militaires des Pruffiens , & qu'elle avoit
été conduite à Troppau.
On apprit le 13 de ce mois , que le Comte
Rodolphe de Palfi avoit pénétré jufqu'à Lévin ,
& qu'il avoit tiré des contributions de plufieurs
Diſtricts du Comté de Glatz. Le Capitaine Roskovanny
du Régiment de Spleni a fait une courfe
jufqu'à Franckenftein en Siléfie . Il est revenu
avec beaucoup de butin , & fans avoir perdu un
feul homme. Un Détachement commandé par
le Baron de Gerfdorff , Lieutenant - Colonel du
Régiment de Birckenfeld , en vint aux mains le
16 au matin avec un Détachement Pruffien . Los
ennemis ont été mis en fuite. On leur a tué
un Capitaine de Cavalerie , deux Lieutenans , &
cinquante hommes , & on leur a fait quinze
prifonniers. La veille de cette rencontre , le même
Détachement Pruffien étant dans un bois , il s'éleva
un vent fi furieux , que les chevaux épouvantés
prirent le mors aux dents , & quarantecinq
s'échapperent . La plupart font tombés entre
les mains de nos Huffards.
DE RATISBONNE , le 14 Octobre .
Par une Proteftation que le Roi de Pruffe a
adreffée à la Diette contre le Decret Commifforial
du Confeil Aulique de l'Empire , ce Prince
déclare Que n'ayant fait , en entrant dans l'Electorat
de Saxe & dans le Royaume de Boheme
, que ce qu'il étoit autorifé de faire en
vertu de toutes les Loix , pour repouffer le dan-
:
210 MERCURE DE FRANCE .
ger dont il étoit menacé , il ſe réſerve de pourfuivre
la fatisfaction , qu'il prétend lui être dûe
par rapport à la maniere , dont le Confeil Aulique
s'eft cru en droit d'agir à fon égard. Sa
Majefté Pruffienne dit être en état de prouver ,
que fi le paffage pour l'armée Pruffienne par
P'Electorat de Saxe avoit été accepté fur le pied
que la Cour de Drefde propofoit , à peine
cette armée auroit - elle pénétré dans les Etats
de l'Impératrice Reine , que les Saxons en liberté
d'agir , auroient fait une irruption dans les
Etats de la Maifon de Brandebourg , afin de
s'emparer des dépouilles que les circonftances
lui auroient permis de s'approprier . Elle renouvelle
les affurances données dans fa premiere
Déclaration , que , malgré les fujets qu'Elle
croit avoir de fe plaindre , elle remettra toutes
chofes dans l'Electorat de Saxe fur l'ancien pied ,
dès que l'animofité fera place aux voies de conciliation
, auxquelles Elle fera toujours prête
de donner les mains , lorfqu'on aura lieu d'efpérer
le rétabliffement de la paix fur des fondemens
folides & conftans . Pour combattre les
argumens du Confeil Aulique , & pour montrer
que les hoftilités d'un Etat de l'Empire
contre quelques - uns de fes Co - Etats ne font
point un cas extraordinaire , le Roi de Pruffe
allegue plufieurs exemples antérieurs. Il cite entre
autres la guerre de l'Impératrice Reine contre
le feu Empereur Charles VII , & l'invaſion
des troupes de cette Princeffe dans l'Electorat
de Baviere & dans d'autres Etats de l'Empire ,
avec lefquels Elle étoit en défunion , Ce Prince
ajoute que la conduite tenue dans ces conjonc
tures par l'Impératrice Reine , ne fut point
alors confidérée du même oeil , dont la Cour
29
le
2
M
S
9
K
U
9
n
I
f
C
DECEMBRE. 1756. 211
de Vienne voudroit aujourd'hui faire enviſager
les démarches de la Cour de Berlin.
DE HAMBOURG , le 22 Octobre.
Le Feld -Maréchal Comte de Browne , dans
le deffein de dégager l'armée Saxonne , s'étoit
avancé le 12 avec un Corps de troupes jufqu'à
Mitteldorff , à peu de diftance de Schandau. Les
Saxons devoient paffer l'Elbe la nuit du 11 au
12 mais quelque dommage arrivé au pont
que S. M. Polonoife avoit fait jetter près de
Konigstein , les en empêcha. La nuit fuivante , le
dominage étant réparé , ils pafferent la riviere.
Un grand bruit de canon & de moufqueterie ,
qu'on entendit le 13 au matin , & qui paroiffoit
venir du côté de Schandau , fit foupçonner
que le Feld- Maréchal de Browne avoit attaqué
le Corps de Pruffiens , qui fe trouvoit
dans ce pofte. La Garnifon que le koi de
Pruffe a mife dans Drefde , en parut même
fort inquiete. Deux jours s'écoulerent , fans
qu'on eût aucunes nouvelles pofitives de l'armée
Saxonne . Il fe répandoit feulement un bruit
vague qu'elle avoit fait la jonction avec les
Autrichiens. A la fin la vérité le développa.
Le délai , qui avoit fufpendu le départ des Saxons ,
avoit donné le temps aux Pruffiens de fe renforcer
à Schandau , & de faire des abattis d'arbres
dans les défilés . Le Feld- Maréchal de Browne
ne voyant aucun figne de la part des premiers ,
& craignant d'être enveloppé , avoit été dans
la néceffité de quitter Mitteldorff le 13. Pendant
la nuit du 13 au 14 , il étoit tombé une
grande abondance de pluie. Les chemins creux ,
par lefquels l'armée Saxonne devoit paffer près de
212 MERCURE DE FRANCE.
Lilienſtein , étoient entiérement inondés , & ce
contretemps retarda beaucoup la marche des
troupes & le tranſport de l'artillerie . Les Pruffiens
avoient pris poffeffion du camp de Pirna . Ils
attaquerent l'arriere- garde , qui fit une très- belie
défenfe , & qui ne perdit que très - peu de monde
& une vingtaine de charriots . A la pluie fuccéda
un brouillard épais. Lorfque les troupes
Saxonnes voulurent entrer le matin dans les
gorges du défilé qui conduifoit vers Ulletfdorff ,
où elles devoient fe joindre aux Autrichiens ,
elles trouverent ces gorges bouchées , & les Pruf-
Giens Maîtres de toutes les hauteurs. La diftance
à laquelle étoient les Autrichiens , la direction
du vent , un grand ouragan qui s'éleva la nuit ,
& qui continua le lendemain , furent caufe que
les Autrichiens ne purent entendre les coups
de canon , qui devoient leur fervir de fignaux
pour attaquer les Pruffiens. Ainfi la journée du
14 fe paffa fans coup ferir. Les Autrichiens ,
qui avoient attendu l'armée Saxonne deux fois
vingt- quatre heures , & qui n'avoient avec eux
ni tentes , ni provifions fuffifantes de vivres &
de fourrages , furent enfin contraints d'aller rejoindre
le gros de leur armée. Ils avoient fait
trois marches forcées , & il falloit en faire autant
pour exécuter leur retraite , & pour éviter
d'être coupés par le Corps de troupes Pruffiennes
pofté entre Auffig & Lowolis. Le 15 ,
les Saxons tenterent de gagner les fommets
des montagnes , ou de percer à travers les forêts
; mais ils rencontrerent partout des obftacles
infurmontables. Entourés de tous côtés par
les Pruffiens , dénués de fecours & de fubfif-
Lances , privés de toutes reffources , ils étoient
arrêtés entre les rochers inacceffibles , qui bor-
S
7
f
¿
la
P
le
E
P
DECEMBRE , 1756. 213
dent les deux feuls débouchés praticables que
les Pruffiens avoient occupés . Les Saxons ont
paffé trois jours dans cette affreuſe pofition ,
expofés à toutes les injures de la faifon , fans
pain & fans fourrage. Alors le Roi de Pologne
& les Princes Xavier & Charles , obligés de pourvoir
à la fûreté de leurs perfonnes , le font
retirés à Konigstein . En tâchant de fauver leur
liberté , ils ont couru plus d'une fois rifque de
perdre la vie. L'unique defir des Saxons , dans
la fituation déplorable à laquelle ils étoient réduits
, étoit de périr les armes à la main . Ils
n'ont pas même eu cette confolation , & il ne
leur eft refté que la cruelle extrêmité de compofer
avec les Pruffiens. Par la Capitulation ,
les Généraux ont ftipulé pour S. M. Polonoiſe
& pour les Princes fes fils la liberté de fe retirer
où bon leur fembleroit. Les troupes fe
font rendues prifonnieres de guerre . Pendant
deux jours qu'on a employés à convenir des
articles de la Capitulation , toutes les troupes
Saxonnes depuis le Feld- Maréchal jufqu'au
Tambour , déclarerent conftamment qu'elles fe
feroient plutôt hacher en pieces , que de prendre
parti dans l'armée du Roi de Pruffe. Mais
la plupart des foldats n'ont eu enfuite que cette
reffource . A l'égard des Officiers , il a été réglé
qu'ils ne feroient point forcés de prendre
fervice. La Reine de Pologne Electrice de Saxe
étant allée de Drefde joindre le Roi fon époux ,
Leurs Majeftés Polonoifes font parties le 19
pour Warfovie avec les Princes Xavier & Charles
, & avec le Comte de Bruhl . Les Miniftres
Etrangers ont été invités de la part du Roi de
Pologne , de l'y fuivre. S. M. Polonoife n'a
point voulufe mêler de la Capitulation fignée par
1
214 MERCURE DE FRANCE.
fes Généraux. Le Roi de Pruffe occupe à Struppen
le même logement , qu'y occupoit le Roi
de Pologne Il y a de fréquentes allées & venues
de cet endroit à Ko. igſtein , qui par la
capitulation eft tefté aux Saxons , mais dont les
Pruffiens défireroient d'être mis en poffeffion ,
ainfi que de Pirna , & de toutes les Places
des Etats Héréditaires de Saxe , dont S. M.
Pruffienne fe réſerve l'adminiſtration , jufqu'à
ce qu'une paix folide faffe rentrer les chofes
dans leur premier état .
DE LEIPSICK , le 24 Octobre.
Depuis la premiere Relation qu'on a reçue
du malheur des troupes Saxonnes , on a été informé
des particularités fuivantes . Lorsque ces troupes
eurent perdu toute efpérance de forcer les
paffages , le Feld - Maréchal Comte Rutowski
écrivit au Roi , pour lui donner part d'une fi
trifte nouvelle . Sa Majefté fit cette réponfe . « J'ap-
>>prends avec une extrême douleur la déplorable
»fituation , où , par un enchaînement de difgraces
»difficiles à exprimer , vous êtes réduits , vous ,
» mes Généraux & toute mon armée . Il faut fe
>>foumettre à la Divine Providence . Dieu connoit
>>ma droiture. Voilà ma reflource & ma confola-
>>tion. On veut , comme vous me le faites enten-
»dre par le Baron de Dygera , me forcer de
»foufcrire à des conditions que l'on a rendues
»plus dures à mesure que les circonftances font
»devenues plus fâcheufes. Ne me connoît - on
»plus Je fuis toujours Souverain & toujours
»libre. Heureux ou malheureux , je vivrai avec
>>honneur , & je mourrai de même. Je vous aban.
>>donne , Monfieur , le fort de mon armée. Que
t
$
C
C
C
DECEMBRE. 1756. 215
>>votre Confeil de guerre décide lui - même , fi
>>vous devez vous rendre prifonnier , ou s'il vous
>>faut mourir par le fer ou par la difette. Que
l'humanité dicte , s'il eft poffible , vos réfolutions
. Quelles qu'elles puiffent être , elle ne me
>> regardent plus , & je vous déclare que je ne
>> vous tiendrai refponfable que d'une feule chofe ,
fçavoir de porter les armes contre moi & contre
» mes amis. >>
Sur la lettre du Roi le Confeil de guerre s'affembla
, & le réfultat des délibérations fut :
Qu'on tenteroit inutilement de vaincre les obftacles
qui empêchoient l'armée de pénétrer plus
avant ; que quand même on parviendroit à les
furmonter , ce feroit fans fruit , dès qu'on n'étoit
pas à portée de joindre une autre armée qui pût
non feulement aider à repouffer les efforts de
l'ennemi , mais encore fournir aux Saxons toutes
les chofes dont ils manquoient ; qu'ils avoient
été obligés de laiffer la moitié de leur artillerie
& de leurs charriots de munitions à bord de l'Elbe ;
qu'on avoit eu avis que le Feld- Maréchal Comte
de Browne avoit rétrogradé à Lychtenhain ; que
vraifemblablement il étoit retourné encore plus
en arriere , puifqu'il n'avoit point entendu les
coups de canon qu'on avoit tirés pour fignaux ;
que de plus la Cavalerie , vu la foiblefle des
chevaux , ne pouvoit entreprendre de combattre
contre la Cavalerie ennemie ; que dans un tel
concours d'événemens finiftres , il n'y avoit point
d'autre parti à prendre que de capituler , & qu'on
fe foumettoit là- deffus au jugement de tous les
gens de guerre; que toutes les troupes étoient
prêtes à verfer leur fang , fi le Roi l'ordonnoit ;
mais que ce feroit les facrifier gratuitement , &
que leur destruction ne pourroit qu'expofer à de
216 MERCURE DE FRANCE.
juftes reproches d'ignorance & de témérité un
corps d'Officiers Généraux qui croyoient avoir
fervi jufques là avec honneur & avec diſtinction.
Il a été réglé par la Capitulation , que le Roi
demeureroit en poffeffion de Konigstein , & que
les Pruffiens n'inquiéteroient en aucune maniere
la garnifon Saxonne , qui a été laiffée par Sa Majefté
dans cette Fortereffe. On attend avec impatience
la nouvelle de l'arrivée du Roi à Warfovic.
DE DRESDE , le 4 Novembre.
་ ་ ་
Cour
2 Co
PP
Cuell
I co
ee
C1
Mar
fo
and
Be
TOU
me
Lo
Aa
2
Par un Mémoire intitulé , Exposé des motifs
de la Capitulation fignée le 15 Octobre 1756 ,
entre l'armée du Roi de Pologne Electeur de
Saxe , & Sa Majesté Pruffienne , on voit le plan ad
des opérations que le Confeil du Roi avoit concertées
avec le Feld- Maréchal de Browne . Une
colonne des troupes Saxonnes devoit marcher
vers Proffen , laiffant la montagne de Lilienf
tein à fa gauche . Une autre Colonne devoit
foutenir fix Bataillons de Grenadiers , deſtinés
à attaquer les abattis du bois de Lilienftein,
Elle auroit enfuite continué fa marche , laif
fant cette montagne à fa droite ; & les fix Ba
taillons de Grenadiers fe feroient portés fur le
Village de Walterdorff. Après l'avoir emporté
ils devoient s'y défendre contre l'ennemi , jufquà
ce que l'armée für engagée dans les défilés.
Ils avoient ordre , lorfqu'elle y feroit entrée
, de faire l'arriere-garde. On étoit convenu
avec le Feld- Maréchal de Browne , que les
Saxons le trouveroient à la tête d'un Corps de
douze mille hommes fur les hauteurs de Ratmanfdorff
& de Schandau. Enfuite ils fe feroient
xéunis avec lui au gros de l'armée Autrichienne
campće
dét
ob
pr
D
D
D
B
DECEMBRE. 1756. 217
5
campée à Budin. L'exécution de ce projet avoit
été fixée à la nuit du 11 au 12 du mois dernier ,
pour le plus tard. On fe flattoit avec raifon , que
la conftance & le zele des troupes leur feroient
fupporter patiemment la difette de vivres à laquelle
elles feroient réduites pendant un intervalle
fi confidérable. Les rations de pain furent diminuées
, & l'on mit les chevaux à la pâture . Bien
loin d'être rebutés par ces épreuves , les foldats
n'afpiroient qu'au moment de s'ouvrir généreufement
un paffage à travers l'armée Pruſſienne
qui les tenoit bloqués dans leur camp . Le Feld-
Maréchal de Browne inftruit de ce qu'ils avoient
à fouffrir , voulut avancer de quelques jours le
terme de leur délivrance. Il fe porta du camp de
Budin à Lowofitz , afin de donner de l'inquiétude
au Roi de Pruffe du côté de Brix & de Bylin ,
tandis que les Saxons par de fauffes attaques fur
Hennerfdorff & fur Marckerfbach , feindroient de
vouloir fe dégager par feur gauche . Ce mouvement
engagea le premier Octobre le combat de
Lowofitz ou de Welmina entre l'avant- garde des
Autrichiens & l'armée Pruffienne. Le furlendemain
de cette action , le Feld- Maréchal de Browne
fit affurer le Roi que cette action n'avoit rien
dérangé au projet concerté , & qu'il auroit toujours
lieu la nuit du 11 au 12.
Le même Mémoire détaille enfuite tous les
obftacles qui fe font oppofés à la réuffite de ce
projet. « Divers contretemps , dit - on dans cet
Décrit , empêcherent que le pont ne fût établi
auffi-tôt que l'on s'en étoit flatté , & il ne fut
»pas poffible de décamper avant la nuit du 12 au
13. Cette nuit , la plus cruelle qu'on ait jamais
»paffée , l'armée défila fur le pont par une pluie
» affreufe , qui acheva de mettre fur les dents les
K
218 MERCURE DE FRANCE.
»chevaux déja excédés de faim & de fatigue . Le
feul débouché par lequel l'armée pouvoit par-
»venir à la hauteur d'Ebenheit s'étant trouvé
>>engorgé par
le canon que les chevaux n'avoient
»plus la force de traîner , non feulement les
>> Grenadiers & le refte de l'Infanterie , mais même
>>la Cavalerie entreprirent de gravir fucceffive-
»ment contre une montagne preſque inacceffible.
>> Les troupes ne purent arriver fur la hauteur
» d'Ebenheit que vers les quatre heures après-
»midi. Elles s'y formerent fur plufieurs lignes ,
autant que le terrein refferré pouvoit le per-
>>mettre. Le vent prodigieux qu'il faifoit fut cauſe
>>que le Feld-Maréchal de Browne ne put entendre
la violente canonnade & la moufqueterie
>> continuelle dont notre arriere-garde avoit été
»accompagnée depuis dix heures du matin , &
»par cette raifon il n'exécuta point l'attaque qu'il
» s'étoit propofé de faire. Alors nos Généraux
»perfuadés qu'il étoit hors de portée de les fe-
>>courir , ne crurent pas devoir prendre fur eux
>>de facrifier les troupes dans une attaque que
toute la bravoure imaginable ne pouvoit rendre
»utile , dès qu'elle ne fe feroit point en même
>>temps par les Autrichiens & par les Saxons.
»Dans une pofition fi critique , il fut réſolu que
»l'armée demeureroit fous les armes & en état
»de combattre , jufqu'à ce qu'on fçût pofitive-
»ment fi le Feld-Maréchal de Browne avoit pu
wfe porter & fe maintenir fur les hauteurs de
Schandau. Toute la journée du 14 fe paffa dans
>> l'inquiétude & dans le trouble. Malgré les fati-
» gues d'une marche également longue & péni-
»ble , malgré la difette abfolue que le foldat
» éprouvoit depuis quarante-huit heures , le cou-
Drage des troupes n'étoit point ralenti . Elles
13
ร
D
2
་
Σ
3
2
DECEMBRE . 1756. 219
»attendoient avec impatience l'inftant de fe fa-
» crifier fous les yeux d'un Maître qui avoit voulu
»les commander en perfonne , & à qui l'on ne
perfuada qu'avec beaucoup de peine de fe ren-
» fermer dans la Fortereffe de Konigstein , lorfque
» la multiplicité des obftacles nous eût ôté toute
»efpérance de pouvoir nous dégager. »
>>
Ĉe Mémoire finit par ces mots remarquables :
« Le témoignage que l'armée Saxonne fe doit à
» elle- même de fon courage & de fa fidélité , l'o-
» blige d'expofer aux yeux de toute la terre les
>>motifs invincibles qui l'ont déterminée à une
»démarche auffi accablante que celle à laquelle
» elle a été contrainte. Il n'y a aucun Officier ni
»foldat qui ne fcellât de tout fon ſang la vérité
» des faits contenus dans cet expofé. C'eſt à l'uni-
>vers à prononcer fur ce que l'armée Saxonne a
»fait , & fur ce qu'elle a dû faire . »
Les Régimens Saxons qui ont été forcés de fe'
rendre au Roi de Pruffe , n'ont pas été incorporés
dans les troupes de ce Prince. On leur a donné
des Officiers Pruffiens pour les commander , les
Officiers Saxons ayant conftamment refufé de
fervir contre leur Roi & leur Patrie. Deux de ces
Régimens avoient été conduits à Léipfick , pour
être mis en quartiers dans les environs. Ils ont
pris les armes contre les Officiers Pruffiens qui
ont voulu s'opposer à leur deffein , & ils en ont
tué deux. Les autres Officiers fe font retirés' , &
ccs deux Régimens ayant pris la route du Royaume
de Boheme , font arrivés à Prague.
Cent cinquante foldats des mêmes troupes
s'étant réunis après avoir quitté l'armée Pruffien-¨
ne , ont été atteints dans leur marche par trois
cens Cavaliers qu'on avoit envoyés après eux. Ils
fe font mis en état de défenfe , & ils ont forcé les
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
trois cens Cavaliers Pruffiens de rendre les armes ,
& de les fuivre en Boheme où ils font auffi arrivés.
Ces actions de courage de la part des troupes
Saxonnes , prouvent bien qu'elles ne fe font rendues
qu'y étant forcées par leur pofition. Tous
les foldats qui peuvent s'échapper volent au fervice
des Alliés de leur Monarque.
DE VIENNE , le 17 Octobre.
DEpuis quelques jours , la Cour a publié fa
Réponse à l'Expofé des Motifs du Roi de Pruffe.
Cette piece commence ainfi. « L'Electorat de Saxe
ayant été inondé de troupes Prufliennes , & ayant
»été arraché à fon légitime Poffeffeur ; le droit
»des gens y ayant été violé ; tous les égards
»dûs à une keine ayant été foulés aux pieds ;
»un deftin affreux menaçant encore le Roi de
>>Pologne ; l'efprit de domination & d'agrandif
»fement , qui guide le Roi de Prufle , l'a porté
»à attaquer enfuite le Royaume de Boheme , & à
»y ouvrir de nouveau le théâtre de fes hoftilités .
»Les circonftances & les fuites de cette double
infraction de la paix , de la part de la Cour de
>>Berlin , étant tout à fait extraordinaires , le public
impartial n'a pu que fouhaiter avec une impa
>>tience extrême de voir paroître les motifs fonda-
>> mentaux d'un procédé auffi étrange , & a cru de
»voir s'attendre à voir révéler les myfteres les plus
profonds de cabinets . Jamais attente n'a été
plus mal remplie . Le manifefte de la Pruffe n'a
été remplie que d'expreffions qui fe contredi-
»foient palpablement les unes les autres , & l'om
I vj
204 MERCURE DE FRANCE.
n'y a étalé que des motifs qui , malgré toute
» l'étude de l'invention , n'ont pu être revêtus da
moindre air de vraisemblance . Le Roi de Fruffe ,
»dans l'impoffibilité de trouver matiere à motiver
pune Déclaration de Guerre , eft tombé ſur l'idée
stare & finguliere , qu'il pourroit , fon invafion
men Saxe déja faite , déterrer dans les papiers
fecrets , qu'il a fait enlever à Drefde du Cabinet
du Roi de Pologne , des preuves qui pourroient
confirmer ce qu'il avançoit d'un Traité offenfif
entre l'Impératrice Reine & l'Impératrice de
»Ruffie , & démentir ainfi les aſſurances données
par l'Impératrice Reine , que cette imputation
»étoit fauffe & controuvée. La Cour de Vienne ,
obfervant fcrupuleufement les loix de la vérité ,
n'avoit rien à appréhender de toutes ces recher-
»ches. Elle a elle - même les indices les plus
»démonftratifs , que , fi l'on pouvoit expofer auf
»yeux du public ce que renferme le Cabinet de
>>Potſdam , on y découvriroit avec un étonne-
»ment indicible des projets tendans à corrompre
»de fideles ferviteurs , liés à leurs maîtres par la
>>foi du ferment ; à opprimer des Co- Etats confidérables
de l'Empire ; à réchauffer des pré-
»tention illégales fur des Provinces entieres , &
» à ourdir des rébellions affreuſes dans de puiffans
>>Royaumes.»>
Voici plufieurs autres principaux traits de la
Réponse de la Cour. « On a déja vu dans le Ref
»crits de S. M. Imp. & Royale à fes Miniftres
>> dans les Cours Etrangeres , comment le Roi de
>> Pruffe s'eft émancipé à prendre itérativement
» Impératrice Reine à partie fur fes difpofitions
»défenfives........ Dans fon Manifefte , il avane
>>ce également des chofes peu fondées. Il foutient
qu'à peine le Traité de Drefde avoit été conclu ,
Σ
E
2
B
D
Da
DECEMBRE. 1756. 20
>>la Cour de Vienne s'étoit étudié à l'éluder &
»à l'infirmer. Cependant on n'allegue à notre
>> charge que ce feul grief , fçavoir que fept ans
» après la conclufion du Traité , c'est - à-dire en
» 1753 , Pimpôt fur les marchandifes fabriquées
dans la Silefie Pruffienne a été augmenté. Il
» eft étonnant que de la part de la Pruffe on
»faffe quelque reproche fur cet article , com-
>>me fi S. M. Pr. n'avoit pas été la premiere à
»augmenter les droits de douane , & comme fi
Delle n'avoit pas commis diverſes autres contra
»ventions , tant contre ce Traité que contre celui
» de Breflau ; & cela au point que fi S. M. Imp.
»& Royale n'étoit pas en poffeffion de facrifier
»fes plus juftes motifs de reffentiment à fon amour
»pour la paix , Elle auroit été en droit depuis
long- temps , furtout après les repréſentations
Dinutiles qu'Elle avoit faites , de recourir , pour
»fe venger, aux armes dont Elle ne fe fert au-
»jourd'hui que pour fon unique défenſe......
>> Dans le niême Manifefte , on releve encore
»d'autres plaintes contre la Cour de Vienne. Elle
»a conçu , dit- on , des projets d'une extrême
»conféquence ; Elle a des vues dangereufes , &
» du côté de la Pruffe on s'étudie à les dévelop
per.... Mais la Maiſon Archiducale d'Autriche
»ne balance pas à foutenir , que dans toutes les
» Annales de fa Monarchie on ne trouvera pas
»le moindre veftige d'entrepriſes de fa part , ten
»dantes à renverfer les premieres loix de l'Em-
»pire ; à opprimer fes membres ; à s'emparer
de leurs Etats par droits de convenance ; à perfé
cuter par les oppreffions les plus inouies route
»une Famille Royale fous les affurances d'une
pamitié fimulée ; à boulverfer le repos de l'Alle-
»magne ;... à vouloir impoſer à tous le Corps
206 MERCURE DE FRANCE.
»Germanique des loix arbitraires , aux dépens de
»fes Conftitutions ......
Au fujet du Traité que l'Impératrice Reine a
conclu en 1746 avec l'Impératrice de Ruffie ,
la Cour fait les obfervations fuivantes . « Pour
s'affurer de plus en plus contre une quatrieme
winfraction de la paix de la part de la Pruffe ,
>> on conclut entre les deux Cours Impériales ,
Davant le Traité d'Aix - la- Chapelle , un Traité
» d'Amitié & de Défenſe , ne tendant au préjudice
» d'aucune Puiflance . La Cour de Vienne n'a
»pas eu befoin d'exciter la fenfibilité de celle
» de Ruffie fur les procédés méprifans de la Pruffe ,
>>attendu que S. M. Pruf. fe contient ſi peu vis-àvis
de fes voisins , qu'ils comprennent facilement
» qu'il n'y a pas d'autre moyen de le fouftraire
aux défagrémens que la Pruffe caufe continuelle-
» ment , qu'en rompant toute communication avec
elle...... Le public n'aura pas encore oublié ,
>>comment le Comte de Beftuchef, Grand Char-
>> celier de Ruffie , ne balança pas en 1750 d'expo-
>>fer aux yeux de l'Europe , d'une maniere convain-
»cante, les procédés extraordinaires des Pruffiens......
C'eft une nouvelle illufion de la
»part du Roi de Pruffe , de vouloir , par des
vues faciles à deviner , faire paffer nos innocens
Dengagemens défenfifs pour un Traité offenfif
>>contre la Porte. » La Cour ajoute : « Le Roi
»de Pruffe fait affez connoître à la Couronne
>>de France , fans ménagement & par fon infrac-
>tion de paix , que l'Union du Roi T. C. avee
»l'impératrice Reine l'a animé à faire exifter
d'autant plus vite par fon aggreffion ennemie
le Cafus Foederis. Tout ce que S. M. Pruf
permet de mettre à la charge de la Cour
de Vienne & d'autres Cours fur le pied de
>> fe
DECEMBRE. 1756. 207
T
conſpiration , eft une imputation déplacée , qui
»n'a jamais lieu de Souverain à Souverain , &
>>qui ne peut s'appliquer qu'à des Sujets rébelles.
» Ces confpirations doivent être mifes au rang
»des projets de ceux qui dans leur plan d'a-
»grandiffement ne font aucune diftinction des
>>moyens d'affouvir leur ambition. S. M. l'Impéra-
» trice Reine déclare pareillement fauffe & controuvée
l'imputation , qu'elle ait voulu porter
» la Cour d'Angleterre à entrer dans des projets
»qui puffent troubler le repos général . On en
>appelle au propre témoignage de ladite Cour ,
»& l'on ne fera jamais aucune difficulté de ren-
» dre publique la négociation dont il s'eft agi
avec S. M. Brit.... Le Roi de Pruffe accufe la
>>Cour de Vienne , d'avoir voulu puifer dans les
» troubles de l'Amérique les moyens d'allumer
Dune guerre générale . La Cour Britannique peut
»rendre elle - même juftice fur ce point à la vérité,
& dire combien l'Impératrice Reine s'eft
» efforcée d'étouffer ces divifions dès leur naiffan-
» ce. En général tout ce que la Cour de Pruffe
»avance , relativement à celles de France & de
» la Grande - Bretagne , aboutit à infinuer que la
»premiere n'a point affez réfléchi far la nature
»des chofes & fur fes propres intérêts , & que
»la feconde n'a pas approfondi les vues du Minif-
»tere de Vienne , & a manqué de pénétration
» à cet égard , ( expreffions qui ne touchent pas peu
>> l'honneur de ces deux Cours ) . Au refte le Roi
»de Pruffe auroit pu fe paffer de parler de recon-
»noiffance , lui qui a oublié fur cet article
»tout ce qu'il doit à la Maiſon Archiducale d'Autriche
, à qui il eft redevable de fa Dignité
>>Royale ....>>
Selon la lifte que le Feld-Maréchal de Browne
208 MERCURE DE FRANCE.
E
a envoyé de la perte faite par les Autrichiens
dans la bataille du premier de ce mois , il y a
eu dix- neuf Officiers tués & cent cinq de bleffés ;
quatre cens vingt Soldats tués , dix-fept cens vingtneuf
bleffés; & fept cens onze qui ont difparu.
On ne compte que quatre cens foixante -quinze
chevaux tués ou bleffés.
On mande de Conftantinople , que fur la nouvelle
de l'invafion des troupes Pruffiennes en Boheme
, le Grand Vifir a voulu fçavoir du Sr de Schwachenheim
, Miniftres de Leurs Majeftés Impériales
à la Porte , toutes les circonstances de cer
événement. Selon les mêmes lettres , le Grand
Seigneur a fait affurerie fieur de Schwachenheim ,
que fa Hauteffe continueroit d'obſerver religieufement
le Traité conclu par le Sultan fon prédéceffeur
avec la Cour de Vienne , & que fi l'Impératrice
Reine , pour foutenir la guerre contre
le Roi de Pruffe , avoit befoin d'employer les
Troupes qu'Elle avoit en Hongrie , Elle pouvoit
avec confiance les faire marcher , fans craindre
que Sa Hauteffe profitât de leur éloignement ,
pour enfreindre la paix qui fubfifte entre les deux
Puiffances.
Du Quartier Général du Prince Picolomini à
Spalena-Lhotka , le 20 Octobre 1756.
Un Corps de troupes paffa l'Elbe les , fous
les ordres du Général Comte de Trautmansdorff ,
pour empêcher le Feld - Maréchal de Schwerin
d'étendre fi loin fes fourrages . On fit avancer le
7 dans la même vue un Détachement de Cavalerie .
Par- là , le général ennemie eft refferré de plus
en plus , tant fur la droite que fur fa gauche,
& l'on efpere de le gêner confidérablement fur
Particle des fubfiftances. La premiere Colonne des
L
H
R
&
D
T
1
DECEMBRE. 1756. 209
Efclavons entra le 2 de ce mois dans notre camp.
Le Colonel Simbfchon , qui la commande , infor
ma le Prince Picolomini , qu'un Détachement de
Huffards de l'Impératrice Reine avoit enlevé une
des caiffes militaires des Pruffiens , & qu'elle avoit
été conduite à Troppau.
On apprit le 13 de ce mois , que le Comte
Rodolphe de Palfi avoit pénétré jufqu'à Lévin ,
& qu'il avoit tiré des contributions de plufieurs
Diſtricts du Comté de Glatz. Le Capitaine Roskovanny
du Régiment de Spleni a fait une courfe
jufqu'à Franckenftein en Siléfie . Il est revenu
avec beaucoup de butin , & fans avoir perdu un
feul homme. Un Détachement commandé par
le Baron de Gerfdorff , Lieutenant - Colonel du
Régiment de Birckenfeld , en vint aux mains le
16 au matin avec un Détachement Pruffien . Los
ennemis ont été mis en fuite. On leur a tué
un Capitaine de Cavalerie , deux Lieutenans , &
cinquante hommes , & on leur a fait quinze
prifonniers. La veille de cette rencontre , le même
Détachement Pruffien étant dans un bois , il s'éleva
un vent fi furieux , que les chevaux épouvantés
prirent le mors aux dents , & quarantecinq
s'échapperent . La plupart font tombés entre
les mains de nos Huffards.
DE RATISBONNE , le 14 Octobre .
Par une Proteftation que le Roi de Pruffe a
adreffée à la Diette contre le Decret Commifforial
du Confeil Aulique de l'Empire , ce Prince
déclare Que n'ayant fait , en entrant dans l'Electorat
de Saxe & dans le Royaume de Boheme
, que ce qu'il étoit autorifé de faire en
vertu de toutes les Loix , pour repouffer le dan-
:
210 MERCURE DE FRANCE .
ger dont il étoit menacé , il ſe réſerve de pourfuivre
la fatisfaction , qu'il prétend lui être dûe
par rapport à la maniere , dont le Confeil Aulique
s'eft cru en droit d'agir à fon égard. Sa
Majefté Pruffienne dit être en état de prouver ,
que fi le paffage pour l'armée Pruffienne par
P'Electorat de Saxe avoit été accepté fur le pied
que la Cour de Drefde propofoit , à peine
cette armée auroit - elle pénétré dans les Etats
de l'Impératrice Reine , que les Saxons en liberté
d'agir , auroient fait une irruption dans les
Etats de la Maifon de Brandebourg , afin de
s'emparer des dépouilles que les circonftances
lui auroient permis de s'approprier . Elle renouvelle
les affurances données dans fa premiere
Déclaration , que , malgré les fujets qu'Elle
croit avoir de fe plaindre , elle remettra toutes
chofes dans l'Electorat de Saxe fur l'ancien pied ,
dès que l'animofité fera place aux voies de conciliation
, auxquelles Elle fera toujours prête
de donner les mains , lorfqu'on aura lieu d'efpérer
le rétabliffement de la paix fur des fondemens
folides & conftans . Pour combattre les
argumens du Confeil Aulique , & pour montrer
que les hoftilités d'un Etat de l'Empire
contre quelques - uns de fes Co - Etats ne font
point un cas extraordinaire , le Roi de Pruffe
allegue plufieurs exemples antérieurs. Il cite entre
autres la guerre de l'Impératrice Reine contre
le feu Empereur Charles VII , & l'invaſion
des troupes de cette Princeffe dans l'Electorat
de Baviere & dans d'autres Etats de l'Empire ,
avec lefquels Elle étoit en défunion , Ce Prince
ajoute que la conduite tenue dans ces conjonc
tures par l'Impératrice Reine , ne fut point
alors confidérée du même oeil , dont la Cour
29
le
2
M
S
9
K
U
9
n
I
f
C
DECEMBRE. 1756. 211
de Vienne voudroit aujourd'hui faire enviſager
les démarches de la Cour de Berlin.
DE HAMBOURG , le 22 Octobre.
Le Feld -Maréchal Comte de Browne , dans
le deffein de dégager l'armée Saxonne , s'étoit
avancé le 12 avec un Corps de troupes jufqu'à
Mitteldorff , à peu de diftance de Schandau. Les
Saxons devoient paffer l'Elbe la nuit du 11 au
12 mais quelque dommage arrivé au pont
que S. M. Polonoife avoit fait jetter près de
Konigstein , les en empêcha. La nuit fuivante , le
dominage étant réparé , ils pafferent la riviere.
Un grand bruit de canon & de moufqueterie ,
qu'on entendit le 13 au matin , & qui paroiffoit
venir du côté de Schandau , fit foupçonner
que le Feld- Maréchal de Browne avoit attaqué
le Corps de Pruffiens , qui fe trouvoit
dans ce pofte. La Garnifon que le koi de
Pruffe a mife dans Drefde , en parut même
fort inquiete. Deux jours s'écoulerent , fans
qu'on eût aucunes nouvelles pofitives de l'armée
Saxonne . Il fe répandoit feulement un bruit
vague qu'elle avoit fait la jonction avec les
Autrichiens. A la fin la vérité le développa.
Le délai , qui avoit fufpendu le départ des Saxons ,
avoit donné le temps aux Pruffiens de fe renforcer
à Schandau , & de faire des abattis d'arbres
dans les défilés . Le Feld- Maréchal de Browne
ne voyant aucun figne de la part des premiers ,
& craignant d'être enveloppé , avoit été dans
la néceffité de quitter Mitteldorff le 13. Pendant
la nuit du 13 au 14 , il étoit tombé une
grande abondance de pluie. Les chemins creux ,
par lefquels l'armée Saxonne devoit paffer près de
212 MERCURE DE FRANCE.
Lilienſtein , étoient entiérement inondés , & ce
contretemps retarda beaucoup la marche des
troupes & le tranſport de l'artillerie . Les Pruffiens
avoient pris poffeffion du camp de Pirna . Ils
attaquerent l'arriere- garde , qui fit une très- belie
défenfe , & qui ne perdit que très - peu de monde
& une vingtaine de charriots . A la pluie fuccéda
un brouillard épais. Lorfque les troupes
Saxonnes voulurent entrer le matin dans les
gorges du défilé qui conduifoit vers Ulletfdorff ,
où elles devoient fe joindre aux Autrichiens ,
elles trouverent ces gorges bouchées , & les Pruf-
Giens Maîtres de toutes les hauteurs. La diftance
à laquelle étoient les Autrichiens , la direction
du vent , un grand ouragan qui s'éleva la nuit ,
& qui continua le lendemain , furent caufe que
les Autrichiens ne purent entendre les coups
de canon , qui devoient leur fervir de fignaux
pour attaquer les Pruffiens. Ainfi la journée du
14 fe paffa fans coup ferir. Les Autrichiens ,
qui avoient attendu l'armée Saxonne deux fois
vingt- quatre heures , & qui n'avoient avec eux
ni tentes , ni provifions fuffifantes de vivres &
de fourrages , furent enfin contraints d'aller rejoindre
le gros de leur armée. Ils avoient fait
trois marches forcées , & il falloit en faire autant
pour exécuter leur retraite , & pour éviter
d'être coupés par le Corps de troupes Pruffiennes
pofté entre Auffig & Lowolis. Le 15 ,
les Saxons tenterent de gagner les fommets
des montagnes , ou de percer à travers les forêts
; mais ils rencontrerent partout des obftacles
infurmontables. Entourés de tous côtés par
les Pruffiens , dénués de fecours & de fubfif-
Lances , privés de toutes reffources , ils étoient
arrêtés entre les rochers inacceffibles , qui bor-
S
7
f
¿
la
P
le
E
P
DECEMBRE , 1756. 213
dent les deux feuls débouchés praticables que
les Pruffiens avoient occupés . Les Saxons ont
paffé trois jours dans cette affreuſe pofition ,
expofés à toutes les injures de la faifon , fans
pain & fans fourrage. Alors le Roi de Pologne
& les Princes Xavier & Charles , obligés de pourvoir
à la fûreté de leurs perfonnes , le font
retirés à Konigstein . En tâchant de fauver leur
liberté , ils ont couru plus d'une fois rifque de
perdre la vie. L'unique defir des Saxons , dans
la fituation déplorable à laquelle ils étoient réduits
, étoit de périr les armes à la main . Ils
n'ont pas même eu cette confolation , & il ne
leur eft refté que la cruelle extrêmité de compofer
avec les Pruffiens. Par la Capitulation ,
les Généraux ont ftipulé pour S. M. Polonoiſe
& pour les Princes fes fils la liberté de fe retirer
où bon leur fembleroit. Les troupes fe
font rendues prifonnieres de guerre . Pendant
deux jours qu'on a employés à convenir des
articles de la Capitulation , toutes les troupes
Saxonnes depuis le Feld- Maréchal jufqu'au
Tambour , déclarerent conftamment qu'elles fe
feroient plutôt hacher en pieces , que de prendre
parti dans l'armée du Roi de Pruffe. Mais
la plupart des foldats n'ont eu enfuite que cette
reffource . A l'égard des Officiers , il a été réglé
qu'ils ne feroient point forcés de prendre
fervice. La Reine de Pologne Electrice de Saxe
étant allée de Drefde joindre le Roi fon époux ,
Leurs Majeftés Polonoifes font parties le 19
pour Warfovie avec les Princes Xavier & Charles
, & avec le Comte de Bruhl . Les Miniftres
Etrangers ont été invités de la part du Roi de
Pologne , de l'y fuivre. S. M. Polonoife n'a
point voulufe mêler de la Capitulation fignée par
1
214 MERCURE DE FRANCE.
fes Généraux. Le Roi de Pruffe occupe à Struppen
le même logement , qu'y occupoit le Roi
de Pologne Il y a de fréquentes allées & venues
de cet endroit à Ko. igſtein , qui par la
capitulation eft tefté aux Saxons , mais dont les
Pruffiens défireroient d'être mis en poffeffion ,
ainfi que de Pirna , & de toutes les Places
des Etats Héréditaires de Saxe , dont S. M.
Pruffienne fe réſerve l'adminiſtration , jufqu'à
ce qu'une paix folide faffe rentrer les chofes
dans leur premier état .
DE LEIPSICK , le 24 Octobre.
Depuis la premiere Relation qu'on a reçue
du malheur des troupes Saxonnes , on a été informé
des particularités fuivantes . Lorsque ces troupes
eurent perdu toute efpérance de forcer les
paffages , le Feld - Maréchal Comte Rutowski
écrivit au Roi , pour lui donner part d'une fi
trifte nouvelle . Sa Majefté fit cette réponfe . « J'ap-
>>prends avec une extrême douleur la déplorable
»fituation , où , par un enchaînement de difgraces
»difficiles à exprimer , vous êtes réduits , vous ,
» mes Généraux & toute mon armée . Il faut fe
>>foumettre à la Divine Providence . Dieu connoit
>>ma droiture. Voilà ma reflource & ma confola-
>>tion. On veut , comme vous me le faites enten-
»dre par le Baron de Dygera , me forcer de
»foufcrire à des conditions que l'on a rendues
»plus dures à mesure que les circonftances font
»devenues plus fâcheufes. Ne me connoît - on
»plus Je fuis toujours Souverain & toujours
»libre. Heureux ou malheureux , je vivrai avec
>>honneur , & je mourrai de même. Je vous aban.
>>donne , Monfieur , le fort de mon armée. Que
t
$
C
C
C
DECEMBRE. 1756. 215
>>votre Confeil de guerre décide lui - même , fi
>>vous devez vous rendre prifonnier , ou s'il vous
>>faut mourir par le fer ou par la difette. Que
l'humanité dicte , s'il eft poffible , vos réfolutions
. Quelles qu'elles puiffent être , elle ne me
>> regardent plus , & je vous déclare que je ne
>> vous tiendrai refponfable que d'une feule chofe ,
fçavoir de porter les armes contre moi & contre
» mes amis. >>
Sur la lettre du Roi le Confeil de guerre s'affembla
, & le réfultat des délibérations fut :
Qu'on tenteroit inutilement de vaincre les obftacles
qui empêchoient l'armée de pénétrer plus
avant ; que quand même on parviendroit à les
furmonter , ce feroit fans fruit , dès qu'on n'étoit
pas à portée de joindre une autre armée qui pût
non feulement aider à repouffer les efforts de
l'ennemi , mais encore fournir aux Saxons toutes
les chofes dont ils manquoient ; qu'ils avoient
été obligés de laiffer la moitié de leur artillerie
& de leurs charriots de munitions à bord de l'Elbe ;
qu'on avoit eu avis que le Feld- Maréchal Comte
de Browne avoit rétrogradé à Lychtenhain ; que
vraifemblablement il étoit retourné encore plus
en arriere , puifqu'il n'avoit point entendu les
coups de canon qu'on avoit tirés pour fignaux ;
que de plus la Cavalerie , vu la foiblefle des
chevaux , ne pouvoit entreprendre de combattre
contre la Cavalerie ennemie ; que dans un tel
concours d'événemens finiftres , il n'y avoit point
d'autre parti à prendre que de capituler , & qu'on
fe foumettoit là- deffus au jugement de tous les
gens de guerre; que toutes les troupes étoient
prêtes à verfer leur fang , fi le Roi l'ordonnoit ;
mais que ce feroit les facrifier gratuitement , &
que leur destruction ne pourroit qu'expofer à de
216 MERCURE DE FRANCE.
juftes reproches d'ignorance & de témérité un
corps d'Officiers Généraux qui croyoient avoir
fervi jufques là avec honneur & avec diſtinction.
Il a été réglé par la Capitulation , que le Roi
demeureroit en poffeffion de Konigstein , & que
les Pruffiens n'inquiéteroient en aucune maniere
la garnifon Saxonne , qui a été laiffée par Sa Majefté
dans cette Fortereffe. On attend avec impatience
la nouvelle de l'arrivée du Roi à Warfovic.
DE DRESDE , le 4 Novembre.
་ ་ ་
Cour
2 Co
PP
Cuell
I co
ee
C1
Mar
fo
and
Be
TOU
me
Lo
Aa
2
Par un Mémoire intitulé , Exposé des motifs
de la Capitulation fignée le 15 Octobre 1756 ,
entre l'armée du Roi de Pologne Electeur de
Saxe , & Sa Majesté Pruffienne , on voit le plan ad
des opérations que le Confeil du Roi avoit concertées
avec le Feld- Maréchal de Browne . Une
colonne des troupes Saxonnes devoit marcher
vers Proffen , laiffant la montagne de Lilienf
tein à fa gauche . Une autre Colonne devoit
foutenir fix Bataillons de Grenadiers , deſtinés
à attaquer les abattis du bois de Lilienftein,
Elle auroit enfuite continué fa marche , laif
fant cette montagne à fa droite ; & les fix Ba
taillons de Grenadiers fe feroient portés fur le
Village de Walterdorff. Après l'avoir emporté
ils devoient s'y défendre contre l'ennemi , jufquà
ce que l'armée für engagée dans les défilés.
Ils avoient ordre , lorfqu'elle y feroit entrée
, de faire l'arriere-garde. On étoit convenu
avec le Feld- Maréchal de Browne , que les
Saxons le trouveroient à la tête d'un Corps de
douze mille hommes fur les hauteurs de Ratmanfdorff
& de Schandau. Enfuite ils fe feroient
xéunis avec lui au gros de l'armée Autrichienne
campće
dét
ob
pr
D
D
D
B
DECEMBRE. 1756. 217
5
campée à Budin. L'exécution de ce projet avoit
été fixée à la nuit du 11 au 12 du mois dernier ,
pour le plus tard. On fe flattoit avec raifon , que
la conftance & le zele des troupes leur feroient
fupporter patiemment la difette de vivres à laquelle
elles feroient réduites pendant un intervalle
fi confidérable. Les rations de pain furent diminuées
, & l'on mit les chevaux à la pâture . Bien
loin d'être rebutés par ces épreuves , les foldats
n'afpiroient qu'au moment de s'ouvrir généreufement
un paffage à travers l'armée Pruſſienne
qui les tenoit bloqués dans leur camp . Le Feld-
Maréchal de Browne inftruit de ce qu'ils avoient
à fouffrir , voulut avancer de quelques jours le
terme de leur délivrance. Il fe porta du camp de
Budin à Lowofitz , afin de donner de l'inquiétude
au Roi de Pruffe du côté de Brix & de Bylin ,
tandis que les Saxons par de fauffes attaques fur
Hennerfdorff & fur Marckerfbach , feindroient de
vouloir fe dégager par feur gauche . Ce mouvement
engagea le premier Octobre le combat de
Lowofitz ou de Welmina entre l'avant- garde des
Autrichiens & l'armée Pruffienne. Le furlendemain
de cette action , le Feld- Maréchal de Browne
fit affurer le Roi que cette action n'avoit rien
dérangé au projet concerté , & qu'il auroit toujours
lieu la nuit du 11 au 12.
Le même Mémoire détaille enfuite tous les
obftacles qui fe font oppofés à la réuffite de ce
projet. « Divers contretemps , dit - on dans cet
Décrit , empêcherent que le pont ne fût établi
auffi-tôt que l'on s'en étoit flatté , & il ne fut
»pas poffible de décamper avant la nuit du 12 au
13. Cette nuit , la plus cruelle qu'on ait jamais
»paffée , l'armée défila fur le pont par une pluie
» affreufe , qui acheva de mettre fur les dents les
K
218 MERCURE DE FRANCE.
»chevaux déja excédés de faim & de fatigue . Le
feul débouché par lequel l'armée pouvoit par-
»venir à la hauteur d'Ebenheit s'étant trouvé
>>engorgé par
le canon que les chevaux n'avoient
»plus la force de traîner , non feulement les
>> Grenadiers & le refte de l'Infanterie , mais même
>>la Cavalerie entreprirent de gravir fucceffive-
»ment contre une montagne preſque inacceffible.
>> Les troupes ne purent arriver fur la hauteur
» d'Ebenheit que vers les quatre heures après-
»midi. Elles s'y formerent fur plufieurs lignes ,
autant que le terrein refferré pouvoit le per-
>>mettre. Le vent prodigieux qu'il faifoit fut cauſe
>>que le Feld-Maréchal de Browne ne put entendre
la violente canonnade & la moufqueterie
>> continuelle dont notre arriere-garde avoit été
»accompagnée depuis dix heures du matin , &
»par cette raifon il n'exécuta point l'attaque qu'il
» s'étoit propofé de faire. Alors nos Généraux
»perfuadés qu'il étoit hors de portée de les fe-
>>courir , ne crurent pas devoir prendre fur eux
>>de facrifier les troupes dans une attaque que
toute la bravoure imaginable ne pouvoit rendre
»utile , dès qu'elle ne fe feroit point en même
>>temps par les Autrichiens & par les Saxons.
»Dans une pofition fi critique , il fut réſolu que
»l'armée demeureroit fous les armes & en état
»de combattre , jufqu'à ce qu'on fçût pofitive-
»ment fi le Feld-Maréchal de Browne avoit pu
wfe porter & fe maintenir fur les hauteurs de
Schandau. Toute la journée du 14 fe paffa dans
>> l'inquiétude & dans le trouble. Malgré les fati-
» gues d'une marche également longue & péni-
»ble , malgré la difette abfolue que le foldat
» éprouvoit depuis quarante-huit heures , le cou-
Drage des troupes n'étoit point ralenti . Elles
13
ร
D
2
་
Σ
3
2
DECEMBRE . 1756. 219
»attendoient avec impatience l'inftant de fe fa-
» crifier fous les yeux d'un Maître qui avoit voulu
»les commander en perfonne , & à qui l'on ne
perfuada qu'avec beaucoup de peine de fe ren-
» fermer dans la Fortereffe de Konigstein , lorfque
» la multiplicité des obftacles nous eût ôté toute
»efpérance de pouvoir nous dégager. »
>>
Ĉe Mémoire finit par ces mots remarquables :
« Le témoignage que l'armée Saxonne fe doit à
» elle- même de fon courage & de fa fidélité , l'o-
» blige d'expofer aux yeux de toute la terre les
>>motifs invincibles qui l'ont déterminée à une
»démarche auffi accablante que celle à laquelle
» elle a été contrainte. Il n'y a aucun Officier ni
»foldat qui ne fcellât de tout fon ſang la vérité
» des faits contenus dans cet expofé. C'eſt à l'uni-
>vers à prononcer fur ce que l'armée Saxonne a
»fait , & fur ce qu'elle a dû faire . »
Les Régimens Saxons qui ont été forcés de fe'
rendre au Roi de Pruffe , n'ont pas été incorporés
dans les troupes de ce Prince. On leur a donné
des Officiers Pruffiens pour les commander , les
Officiers Saxons ayant conftamment refufé de
fervir contre leur Roi & leur Patrie. Deux de ces
Régimens avoient été conduits à Léipfick , pour
être mis en quartiers dans les environs. Ils ont
pris les armes contre les Officiers Pruffiens qui
ont voulu s'opposer à leur deffein , & ils en ont
tué deux. Les autres Officiers fe font retirés' , &
ccs deux Régimens ayant pris la route du Royaume
de Boheme , font arrivés à Prague.
Cent cinquante foldats des mêmes troupes
s'étant réunis après avoir quitté l'armée Pruffien-¨
ne , ont été atteints dans leur marche par trois
cens Cavaliers qu'on avoit envoyés après eux. Ils
fe font mis en état de défenfe , & ils ont forcé les
Kij
220 MERCURE DE FRANCE.
trois cens Cavaliers Pruffiens de rendre les armes ,
& de les fuivre en Boheme où ils font auffi arrivés.
Ces actions de courage de la part des troupes
Saxonnes , prouvent bien qu'elles ne fe font rendues
qu'y étant forcées par leur pofition. Tous
les foldats qui peuvent s'échapper volent au fervice
des Alliés de leur Monarque.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
En décembre 1756, des tensions croissantes opposent la Cour de Vienne et le Roi de Prusse. Vienne accuse la Prusse d'avoir envahi l'Électorat de Saxe et menacé le Roi de Pologne, tout en attaquant le Royaume de Bohême. La Cour de Vienne critique le manifeste prussien pour ses contradictions et affirme que la Prusse cherche à justifier son invasion par des documents secrets. Elle nie toute violation de traités et accuse la Prusse de corruption et d'oppression. Les relations diplomatiques sont également tendues avec la France et la Grande-Bretagne, la Prusse les accusant de conspirations et d'ingérence. L'Impératrice Reine réfute ces accusations, affirmant chercher à éviter les conflits. Sur le front militaire, les troupes autrichiennes mènent diverses opérations contre les Prussiens, subissant des pertes significatives lors d'une bataille. En Saxe, la Prusse accuse l'Électorat de violer les termes de passage de son armée et justifie ses actions par des précédents historiques. Après des combats, les troupes saxonnes capitulent, devenant prisonnières de guerre. Le roi de Pologne, électeur de Saxe, accorde la liberté à ses fils et rejoint Varsovie avec la reine et les princes. La capitulation permet au roi de Saxe de conserver la forteresse de Königstein, et les Prussiens s'engagent à ne pas inquiéter la garnison saxonne. Un plan est élaboré entre le Feld-Maréchal de Browne et les Saxons pour qu'ils rejoignent l'armée autrichienne à Budin. L'opération, initialement prévue pour la nuit du 11 au 12 octobre, vise à traverser l'armée prussienne. Malgré des conditions difficiles, les soldats saxons sont prêts à avancer. Browne avance l'opération et se dirige vers Lowofitz pour inquiéter le roi de Prusse, tandis que les Saxons effectuent des attaques simulées. Cependant, divers contretemps retardent la construction du pont, et l'armée doit partir sous une pluie torrentielle. Les troupes atteignent la hauteur d'Ebenheit, mais une tempête empêche Browne d'entendre les combats de l'arrière-garde. Les généraux décident de ne pas attaquer, jugeant l'opération inutile sans l'appui simultané des Autrichiens et des Saxons. Le 14 octobre, l'armée reste en état de combat, attendant des nouvelles de Browne. Le mémoire souligne le courage et la fidélité des soldats saxons, contraints de se rendre par leur situation critique.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14422
p. 220-221
« Les Galeres de Malte ayant été appellées à Tunis par la Régence, [...] »
Début :
Les Galeres de Malte ayant été appellées à Tunis par la Régence, [...]
Mots clefs :
Malte, Galères, Bailli de Fleury, Algériens, Corsaires, Capitaines, Attaque, Cap cartage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Les Galeres de Malte ayant été appellées à Tunis par la Régence, [...] »
DE MALTE , le 6 Septembre.
Les Galeres de Malte ayant été appellées à Tunis
par la Régence , le Bailli de Fleury , Général
de ces Galeres , fut informé le premier de
ce mois , que les Algériens avoient fait des progrès
confidérables ; & il donna les ordres néceffaires
pour le tenir prêt à attaquer de nuit dix de leurs
Corfaires , qui étoient à la Goulette . Le lendemain
, quatre des principaux Miniftres du Bey ,
que le Bailli de Fleury avoit promis de fauver ,
& qu'il a fauvés en effet , lui apprirent à ſept
heures & demie du matin la défaite totale du parti
de ce Bey , & l'évasion de toute fa Famille . A
cette nouvelle le Général , fans attendre la nuit ,
fit fignal d'envoyer à la Capitane toutes les Chaloupes
, Felouques & Canots de l'Efcadre armés
, & leur or lonna , à mesure qu'ils arriverent ,
d'aller s'emparer des Bâtimens Algériens . Les
Galeres ferperent en même temps , & s'approcherent
, en dépendant , jufqu'à la demi - portée
du canon de la Fortereffe de la Goulette , pour
foutenir la petite Flotille , & pour remorquer en
cas de befoin les prifes qu'elle allait faire. Jamais
attaque ne fut pouffée avec plus de vivacité ,
d'intelligence & de bravoure. A peine les Chevaliers
eurent- ils abordé ces Corfaires , qu'ils s'en
lendirent maîtres. Malgré le feu continuel de
DECEMBRE. 1756. 221
cinq canons de 24 , de la petite Goulette , placés
à fleur d'eau & toute l'artillerie de la grande
Goulette , confiftant en quatre vingts pieces de
48 , de 35 , & de 24 , qui ne ceffoient de tirer
fur les prifes & fur l'Efcadre , tout s'exécuta
avec tant d'ordre & de promptitude , que couper
les cables , fe faifir des Turcs , faire voile , &
arborer le Pavillon de Malte , ne parut qu'une
feule action. Sur les neuf heures & un quart ,
tous les Bâtimens étant hors de la portée du
canon , le Bailli de Fleury fit fignal de ralliement
, & alla mouiller fous le Cap Cartage ,
où on les mit en état de naviguer pour partic
pendant la nuit ; ce qui fut exécuté .
Les Galeres de Malte ayant été appellées à Tunis
par la Régence , le Bailli de Fleury , Général
de ces Galeres , fut informé le premier de
ce mois , que les Algériens avoient fait des progrès
confidérables ; & il donna les ordres néceffaires
pour le tenir prêt à attaquer de nuit dix de leurs
Corfaires , qui étoient à la Goulette . Le lendemain
, quatre des principaux Miniftres du Bey ,
que le Bailli de Fleury avoit promis de fauver ,
& qu'il a fauvés en effet , lui apprirent à ſept
heures & demie du matin la défaite totale du parti
de ce Bey , & l'évasion de toute fa Famille . A
cette nouvelle le Général , fans attendre la nuit ,
fit fignal d'envoyer à la Capitane toutes les Chaloupes
, Felouques & Canots de l'Efcadre armés
, & leur or lonna , à mesure qu'ils arriverent ,
d'aller s'emparer des Bâtimens Algériens . Les
Galeres ferperent en même temps , & s'approcherent
, en dépendant , jufqu'à la demi - portée
du canon de la Fortereffe de la Goulette , pour
foutenir la petite Flotille , & pour remorquer en
cas de befoin les prifes qu'elle allait faire. Jamais
attaque ne fut pouffée avec plus de vivacité ,
d'intelligence & de bravoure. A peine les Chevaliers
eurent- ils abordé ces Corfaires , qu'ils s'en
lendirent maîtres. Malgré le feu continuel de
DECEMBRE. 1756. 221
cinq canons de 24 , de la petite Goulette , placés
à fleur d'eau & toute l'artillerie de la grande
Goulette , confiftant en quatre vingts pieces de
48 , de 35 , & de 24 , qui ne ceffoient de tirer
fur les prifes & fur l'Efcadre , tout s'exécuta
avec tant d'ordre & de promptitude , que couper
les cables , fe faifir des Turcs , faire voile , &
arborer le Pavillon de Malte , ne parut qu'une
feule action. Sur les neuf heures & un quart ,
tous les Bâtimens étant hors de la portée du
canon , le Bailli de Fleury fit fignal de ralliement
, & alla mouiller fous le Cap Cartage ,
où on les mit en état de naviguer pour partic
pendant la nuit ; ce qui fut exécuté .
Fermer
Résumé : « Les Galeres de Malte ayant été appellées à Tunis par la Régence, [...] »
Le 6 septembre, les galères de Malte, convoquées à Tunis par la Régence, reçurent l'ordre d'attaquer dix corvettes algériennes à la Goulette. Le Bailli de Fleury, général des galères, fut averti des avancées des Algériens et planifia une offensive nocturne. Le jour suivant, des ministres du Bey informèrent le Bailli de sa défaite et de l'évasion de sa famille. Sans attendre la nuit, le Bailli ordonna aux chaloupes, felouques et canots de l'escadre de capturer les bâtiments algériens, soutenus par les galères qui se rapprochèrent de la forteresse de la Goulette. Malgré une intense canonnade depuis la Goulette, les Chevaliers de Malte prirent rapidement le contrôle des corvettes. À neuf heures et un quart, tous les navires furent hors de portée des canons, et le Bailli de Fleury ordonna le rassemblement au Cap Cartage pour préparer le départ nocturne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14423
p. 221-235
RELATION de ce qui s'est passé cette année en Canada, avec le journal historique du siege des Forts de Chouëguen ou Oswego, commencé le 11 Août 1756, & fini le 14 par la prise de ces Forts.
Début :
Les nouveaux préparatifs que les Anglois ont faits pour envahir nos possessions [...]
Mots clefs :
Amérique, Anglais, Canada, Français, Montréal, Marquis de Montcalm, Défense des frontières, Les sauvages, Marquis de Vaudreuil, Forts, Lac Ontario, Gouverneurs, Troupes, Mouvements des troupes, Bataillons, Régiments, Officiers, Rivières, Morts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de ce qui s'est passé cette année en Canada, avec le journal historique du siege des Forts de Chouëguen ou Oswego, commencé le 11 Août 1756, & fini le 14 par la prise de ces Forts.
RELATION de ce qui s'eft paffé cette
année en Canada , avec le journal hiſtorique
du fiege des Forts de Choueguen ou
Ofwego, commencé le 11 Août 1756, co
fini le 14 par la prise de ces Forts.
LE
Es nouveaux préparatifs que les Anglois ont
faits pour envahir nos poffeffions en Amérique ,
malgré le mauvais fuccès de leurs entreprifes de
P'année derniere , ont été auffi publics en Europe
que dans le nouveau monde. On s'y étoit attendu
& dans les premiers jours d'Avril dernier , le Roi
fit partir , pour le Canada , un renfort de troupes
commandé par le Marquis de Montcalm ,
Maréchal de Camp.
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
En attendant l'arrivée de ce fecours , & dès la
fin de la campagne derniere , le Marquis de Vaudreuil
, Gouverneur & Lieutenant Général de la
Nouvelle France , avoit pris de juftes meſures
pour la défenſe de nos frontieres. Ses arrangemens
avoient eu même pour objet de faire harceler
les Anglois dans leurs propres Colonies. Il a
tenu des détachemens en campagne durant tout
l'hyver. Les Sauvages ont tué beaucoup de monde ,
on a enlevé une quantité confiderable de beftiaux :
ily a eu un grand nombre de maifons & de magafins
brulés ; les campagnes ont été abandonnées
dans plufieurs endroits des frontieres des Colonies
Angloifes. Ces mouvemens divers ont efficacement
fervi , non feulement à augmenter le mécontentement
qu'avoit caufé parmi elles l'injuftice
des projets de leurs Gouverneurs , mais encore à
faire naître des embarras & des difficultés qui ont
empêché l'exécution de ces projets dans le printemps.
Le Marquis de Vaudreuil ne s'en eft pas tenu
là . Tandis que nos Partis fe fuccedoient fans
relâche fur les frontieres des Anglois , expofées à
leurs courſes , & défoloient furtout la Pensilvanie
, la Virginie & le Mariland , un Corps de nos
troupes , qu'il avoit placé fur la riviere S. Jean ,
y recueilloit les reftes épars des Acadiens chalés
de leurs habitations par les Anglois , & dont une
partie erroit alors dans les bois. La défenſe du
Fort du Quêne & de l'Ohio , ou de la belle Riviere
, étoit confiée à un corps de Canadiens & de
Sauvages commandés par le Sieur Dumas. Un
autre detachement d'environ 500 hommes , obfervoit
l'ennemi du côté du Fort Lydius . Le bataillon
du Régiment de la Reine & celui du Régiment
de Languedoc , campoient devant le Fort
2
N
༡༩.R
te
P
¿
C
DECEMBRE. 1756 . 223
de Carrillon , vers le Lac du Saint- Sacrement. Le
bataillon de Bearn étoit deſtiné pour le Fort de
Niagara , & celui de Guyenne pour le Fort Frontenac
, afin de défendre ces deux poftes importans
dont les ennemis paroiffoient méditer. l'attaque
pendant le cours de la campagne prête à s'ouvrir.
Dès le commencement de l'hyver , le Marquis
de Vaudreuil avoit été informé que , pour l'exécution
de ce projet , les Anglois faifoient raffembler
des troupes avec des provifions confidérables
dans les Forts de Choueguen près du Lac
Ontario ; & c'eft en conféquence de cet avis
qu'au mois de Mars dernier le fieur de Léry attaqua
par fes ordres un Fort où étoit le principal
entrepôt de ces approvifionnemens . Ce Fort
fut enlevé d'affaut & détruit avec tous les bâtimens
qui en dependoient ; & toutes les munitions
qui s'y trouvoient en grande quantité ,
furent enlevées , brûlées , ou jettées dans la Riviere.
Dans la vue de profiter de ce premier
fuccès , le Gouverneur- Général fit un autre détachement
de 700 hommes , Canadiens & Sauvages
, fous les ordres du fieur de Villiers , Capitaine
de la Colonie , pour refferrer les ennemis
de ce côté-là , obferver leurs mouvemens , &
intercepter les tranfports qu'ils pourroient faire
fur la riviere de Choueguen.
Ainfi tout étoit difpofé par le Marquis de Vaudreuil
pour une défenfive vigoureuſe dans les différentes
parties du Canada , fur les lacs Champlain
& du St. Sacrement , vers la Belle - Riviere , &
furtout du côté du lac Ontario , où la défenſe
de nos Forts & même l'attaque des poftes Anglois
avoient été fon objet principal dans la diftribution
des forces de la Colonie.
Tout le monde fçait que l'établiffement des
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Anglois fur le lac Ontario eft une invafion qu'ils
ont faite en pleine paix. Il n'étoit queftion d'abord
de leur part que d'une fimple Maiſon de
commerce. C'eft fous ce feul point de vue qu'ils
en firent la propofition en 1728 , aux Sauvages
Iroquois , qui ne les auroient pas vus tranquillement
fe fortifier tout d'un coup dans le voifinage
de leurs Habitations . On fentit cependant
dès - lors en Canada quel étoit leur véritable objet
dans cet Etabliffèment , qui devoit les mettre
à portée non feulement d'envahir le commerce
des Lacs que les François n'avoient jamais
partagé avec aucune Nation Européenne , mais
encore de couper , par le centre même de la
Colonie de Canada , la communication des poftes
qui en dépendent. Les Gouverneurs François
fe contenterent cependant de réclamer contre
cette ufurpation. Le Roi en fit porter dans
le temps des plaintes à la Cour Britanique , où
elles ont été conſtamment renouvellées dans toutes
les occafions . Mais les Anglois , fans ſe mettre
en peine de la juftice de ces plaintes , &
abufant toujours de l'efprit de paix qui a réglé
dans tous les temps la conduite de la France ,
ie font fortifiés peu à peu à Choueguen , de
maniere qu'ils y avoient établi trois Forts ,
fçavoir :
1º. Le Fort Ontario placé à la droite de la
Riviere , au milieu d'un plateau fort élevé. Il
confiftoit en un quatré de trente toifes de côté ,
dont les faces brifées par le milieu étoient flanquées
par un rédan placé à l'endroit de la brifure.
Il étoit fait de pieux de dix - huit pouces
de diametre applanis fur deux faces , parfaitement
bien joints l'un à l'autre , & fortans de terre de
de huit à neuf pieds . Le follé qui entouroit le
1
1
1
1
DECEMBRE . 1756. 225
Fort avoit dix-huit pieds de largeur fur huit de
profondeur. Les terres qu'on en avoit tirées
avoient été rejettées en glacis fur la contrefcarpe
& en talud fort roide fur la berme. On
avoit pratiqué des creneaux & des embrafures
dans les pieux à fleur de terre rejettée fur la
berme , & un échafaudage de charpente régnoit
tout autour , afin de tirer pardeffus . Il y avoit
huit canons & quatre mortiers à doubles grenades,
2 °. Le vieux Fort de Choueguen , fitué fur
la rive gauche de la Riviere , confiftant en une
Maifon à machicoulis & crénelée au rez de chauf
fée & au premier étage , dont les murs avoient
trois pieds d'épaiffeur & étoient entourés
à trois toiles de diftance d'une autre muraille
de quatre pieds d'épaiffeur fur dix de hauteur
, crénelée & flanquée par deux groffes tours
quarrées. Il y avoit de plus un retranchement
qui entouroit , du côté de la campagne , le
Fort où les Ennemis avoient placés dix- huit
pieces de canon & quinze mortiers & obufiers .
3°. Le Fort Georges , fitué à 300 toifes endelà
de celui de Choueguen fur une hauteur qui
le dominoit. Il étoit de pieux & aſſez mal retranché
en terre fur deux faces .
C'eft principalement au moyen des avantages
que cet Etabliffement donnoit aux Anglois ,
qu'ils s'étoient flattés d'envahir le Canada . Leur
deffein étoit d'abord , ainfi qu'on l'a dit , de
s'emparer du Fort de Niagara & de celui de Frontenac
. Maîtres de ces deux poftes , ils auroient coupé
abfolument la communication , non feulement
des Pays d'en haut , mais encore de la Louifiane
: ils auroient fait tomber une des principales
branches du commerce de Canada ; &
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
en enlevant à cette Colonie une partie de fes
Sauvages alliés , ils fe feroient trouvés à portée
de l'attaquer de toutes parts dans tous les Etabliflemens.
Telles étoient les vues , du moins apparentes
, des Anglois , & les difpofitions faites de notre
part , lorfque les troupes Françoiſes commandées
par le Marquis de Montcalm arriverent au
mois de Mai.
Dès que le Marquis de Vaudreuil eut reça
ce renfort , il envoya fur le lac du St. Sacrement
le bataillon de Royal Rouffillon qui en
faifoit partie. Le Bataillon de la Sarre fut envoyé
à Frontenac avec les deux Ingénieurs François
nouvellement débarqués , aux ordres du fieur
de Bourlamaque Colonel d'Infanterie , pour former
devant cette Place un Camp retranché. Le
Chevalier de Levis , Brigadier , fut deftiné à commander
fur le lac du St. Sacrement ; & le Marquis
de Montcalm devoit fe porter aux lieux
que les ennemis paroîtroient menacer le plus.
Vers le mois de Juin , il parut clairement
par le rapport des Sauvages envoyés à la découverte
, par les dépofitions de plufieurs prifonniers
, & par les préparatifs immenfes faits à
Albany & au Fort Lydius , que les Anglois
avoient des projets d'offenfive du côté de la
Pointe ou du lac du St. Sacrement. Ces nouvelles
confirmerent les Commandans François dans
le deffein d'une diverfion fur le lac Ontario ,
qui devenoit néceffaite pour attirer de ce côtélà
une partie des forces ennemies. Le Marquis
de Montcalm propofa de s'en charger , & même
de tenter , s'il étoit poffible , une entreprife
fur les Etabliffemens Anglois : entrepriſe
deja projettée depuis quelque temps par le Gou
་
་
DECEMBRE. 1756. 227
verneur- Général , qui n'avoit jamais perdu de
vue le fiege des Forts de Choueguen , dont il
connoiffoit toute l'importance. Ce Siege fut réfolu
par le Marquis de Vaudreuil , au cas que
l'état de la Place , & la lenteur des ennemis
permiffent de le former dans cette campagne ,
dont la faifon commençoit à s'avancer. Mais
une pareille expédition exigeoit de grands préparatifs
; les diftances étoient confidérables ; &
les tranfports ne pouvoient s'exécuter qu'avec
des peines & des longueurs infinies , à travers un
pays qui n'a d'autres chemins que des rivieres
remplies de fauts & de rapides , & des lacs où
la violence des vagues rend quelquefois la navigation
prefqu'impoffible . On ne pouvoit donc
fe flatter de réufhir dans ce projet qu'autant qu'il
ne feroit pas pénétré par les ennemis ; & qu'on
ne leur donneroit pas le temps de faire paffer
à Choueguen les nouveaux fecours qu'ils deftineroient
eux-mêmes pour l'attaque des deux
Forts François,
En conféquence le Marquis de Vaudreuil priv
toutes les mesures qui pouvoient accélérer nos
difpofitions & en cacher l'objet . Le fieur Bigot
Intendant du Canada vint à Montreal , & fe char--
gea d'amaffer des munitions de guerre & debouche
, d'en diligenter les convois & de les entretenir
fans interruption. Le fieur Rigaud de
Vaudreuil , Gouverneur des trois Rivieres , fut envoyé
avec un renfort de Canadiens & de Sauvages
, pour prendre le commandement du Camp
du fieur de Villiers . En même temps le fieur de
Bourlamaque reçut ordre de commencer à Frontenac
les préparatifs qu'on jugea néceffaires. Le
fieur de Combles Ingénieur , fut chargé d'aller
avec un détachement reconnoître Choi eguen. E
K. vj
228 MERCURE DE FRANCE.
tandis que tout fe difpofoit ainfi pour cette attaque
, dans la vue de donner le change aux
ennemis , le Marquis de Montcalm partit le 27
de Juin pour le Fort de Carrillon avec le Chevalier
de Levis. Les pofitions à prendre au fujet
de la défenfive dans cette partie , les fortifications
alors commencées à Carrillon , & les
mouvemens des Anglois à Albany , paroiffoient
en effet des raifons fuffifantes pour autorifer la
préfence du Marquis de Montcalm fur le lac
du St. Sacrement , comme dans le pofte où devoient
fe paffer les opérations les plus intéres-
Santes. Ce Général n'y étant resté que le temps
néceffaire pour préparer l'effentiel , & s'attirer
l'attention des Anglois , remit la défenſe de cette
Frontiere au Chevalier de Levis , en lui laiffant
un Corps de trois mille hommes , & reprit le
quinze de Juillet la route de Montreal , où il arriva
le dix -neuf du même mois. Il y reçut fes
dernieres inftructions pour l'entrepriſe contre
les Forts de Choueguen , à laquelle le Marquis
de Vaudreuil fe trouvoit engagé de plus en plus
par la nouvelle toute récente d'un fuccès qui
fembloit en faciliter l'exécution . C'eft celle de
l'échec que les ennemis avoient reçu dans les
premiers jours de Juillet fur le lac Ontario , où
le fieur de Villiers venoit de détruire un convoi
d'environ deux cens bâtimens , & de tuer
u de prendre prifonniers plus de cinq cens
hommes.
Le Marquis de Montcalm repartit de Montreal
le 21 de Juillet , & arriva le ving neuf
à Frontenac , où il trouva tout raffemblé , à
l'exception du détachement commandé par le fieur
Rigaud de Vaudreuil. Ce Corps s'étoit deja
porté fur la Riviere de Choueguen à la Baie
a
t
I
DECEMBRE. 1756. 229
de Niaouré , où le Marquis de Vaudreuil avoit
marqué le rendez -vous général des troupes deftinées
pour l'expédition .
Ces troupes formoient un Corps de trois
mille hommes , y compris le détachement du
fieur de Rigaud , qui devoit fervir d'avant- garde.
Elles étoient compofées des Bataillons de la Sarre
, Guyenne , & Bearn , ne faifant enfemble
que treize cens hommes , & d'environ dix- fept
cens foldats de la Colonie , Miliciens & Sauvages .
Le Marquis de Montcalm n'a pas perdu de
temps pour le mettre en état de partir du Fort
Frontenac. Aprés avoir fait dans cette Place les
préparatifs inféparables d'une opération nouvelle
en ce Pays , & qui préfentoit des difficultés
inconnues en Europe ; après avoir en même
temps pourvu aux difpofitions néceffaires
pour affurer la retraite , en cas que des forces
fupérieures la rendiffent inévitable , il a donné
ordre à deux barques armées fur le Lac Ontario
, l'une de douze , & l'autre de feize canons ,
de fe mettre en croifiere dans les parages de
Chouëguen. Il a établi une chaîne de découvreurs
, Canadiens & Sauvages , fur le chemin
de cette Place à la Ville d'Albanie , pour y intercepter
les Couriers ; & dès le 4 Août il s'eft
embarqué à Frontenac avec la premiere divifion
de fes Troupes , compofée du Bataillon de
la Sarre & de celui de Guyenne , avec 4 pieces
de canon , & eft arrivé le 6 à la Baie de
Niaouré , où la feconde divifion compofée du
Bataillon de Béarn , de Miliciens , & des Bateaux
chargés de l'Artillerie & des vivres , s'eft rendue
le huit.
Le même jour , le Marquis de Montcalm fit
partir l'avant-garde , commandée par le Sieur de
230 MERCURE DE FRANCE.
Rigaud , pour s'avancer à trois lieues de Chouëguen
dans une Anfe nommée l'Anfe- aux -Cabannes.
La premiere divifion y étant arrivée le 10 à
deux heures du matin , Pavant - garde fe porta
quatre heures après par terre & au travers des
bois , à une autre Anfe fituée à une demi- lieue
de Choueguen , pour y favorifer le débarquement
de l'artillerie & des troupes. La premiere divifion
fe rendit à minuit dans cette même Anfe. Le
Marquis de Montcalm parvint à faire établir
auffi -tôt une batterie fur le Lac Ontario , & les
troupes pafferent la nuit au bivouac à la tête des
bateaux.
Le 11 , à la pointe du jour , les Canadiens &
les Sauvages s'avancerent à un quart de lieue do
Fort Ontario , fitué , comme on l'a dit , fur la rive
droite de la Riviere de Chouëguen , & en formoient
l'inveftiffement. Le Sieur de Combles ,
Ingénieur , qui avoit été envoyé à trois heures du
matin pour déterminer cet inveſtiſſement & le
front de l'attaque , fut tué , en revenant de fa découverte
, par un de nos Sauvages qui l'avoit efcorté
, & qui dans l'obcurité le prit malheureuſement
pour un Anglois . Le Sieur Defandrouins ,
autre Ingénieur , qui par-là reftoit ſeul , traça â
travers des bois , en partie marécageux , un chemin
reconnu la veille , pour y conduire de l'Artillerie
; & ce chemin commencé le rr au matin ,
fut pouffé avec tant de vivacité, qu'il fe trouva perfectionné
le lendemain. On avoit en même temps
établi le Camp, la droite appuyée au Lac Ontario
, couverte par la batterie établie la veille , &
qui mettoit les Bateaux hors d'infulte ; & la gauche
à un marais impraticable.
La marche des François , que la précaution de
que de nuit, & d'entrer pour faire halte dans
n'aller
DECEMBRE . 1756. 13 .
les rivieres qui les couvroient , avoit jufqu'alors
dérobée aux Ennemis , leur fut annoncée le même
jour par les Sauvages , qui allerent fufiller juf
qu'au pied du Fort . Trois barques armées fortirent
à midi de la Riviere de Choueguen , vinrent
croifer devant le Camp, firent quelques décharges
de leur Artillerie ; mais le feu de notre batterie
les força de s'éloigner
Le 12 , à la pointe du jour, le Bataillon de Béarn
arriva avec les Bateaux de l'Artillerie & des vivres.
La décharge de ces Bateaux fut faite fur le champ,
en préfence des Barques Angloifes qui croifoient
devant le Camp : la batterie de la greve fut augmentée
le parc de l'Artillerie , & le dépôt des
vivres furent établis ; & le Sieur Pouchot , Capitaine
au Régiment de Béarn , reçut ordre de
faire fonction d'Ingénieur pendant le fiege. La
difpofition fut faite pour l'ouverture de la tranchée
le foir même le Marquis de Montcalm en
donna la direction au Sieur de Bourlamaque
Colonel d'Infanterie , & commanda fix piquets
de travailleurs de cinquante hommes chacun
pour cette nuit , avec deux compagnies de Grenadiers
& trois piquets pour les foutenir .
Avec toute la diligence poffible , on ne put
commencer qu'à minuit le travail de cette tranchée
, qui étoit plutôt une parallele d'environ ico
toifes de front , ouverte à 90 toifes du foffé du
Fort , dans un terrein embarraffé d'abattis & de
troncs d'arbres.Cette parallele achevée à cinq heures
du matin , fut perfectionnée par les travailleurs
du jour , qui y firent les chemins de communication
, & commencerent l'établiſſement des batteries
. Le feu des ennemis qui depuis la pointe du
jour avoit été très-vif , ceffa vers les fix heures
dufoir; & l'on s'apperçut que la Garniſon avoid
232 MERCURE DE FRANCE.
évacué le Fort Ontario , & paflé de l'autre côté
de la riviere dans celui de Choueguen. Elle abandonna
, en fe retirant , 8 pieces de canon & 4
mortiers.
Le Fort ayant auffitôt été occupé par les Grenadiers
de tranchée , des travailleurs furent commandés
pour continuer la communication de la
parallele au bord de la Riviere , où , dès l'entrée
de la nuit , on commença une grande batterie
placée de façon à pouvoir, non feulement battre
le Fort Choueguen & le chemin de ce Fort au Fort
Georges , mais encore prendre à revers le retranchement
qui entouroit le premier de ces Forts.
Vingt pieces de canon furent chariées à bras
d'hommes pendant la nuit ; & ce travail employa
toutes les troupes , à l'exception des piquets &
Gardes du camp.
Le 14 , à la pointe du jour , le Marquis de Montcalm
ordonna au Sieur de Rigaud de paffer à gué
de l'autre côté de la Riviere avec les Canadiens &
les Sauvages , de fe porter dans les bois , & d'inquiéter
la communication au Fort Georges où les
Ennemis paroiffoient faire de grandes difpofitions.
Le Sieur de Rigaud exécuta cet ordre fur le champ.
Quoiqu'il y ait beaucoup d'eau dans cette Riviere,
& que le courant en foit très- rapide , il s'y jetta ,
la traverfa avec les Canadiens & les Sauvages , les
uns à la nage , d'autres dans l'eau jufqu'à la ceinture
ou jufqu'au cou , & fe rendit à fa deftination
, fans que le feu de l'Ennemi fût capable d'arrêter
un feul Canadien , ni Sauvage.
A neuf heures , les Affiégeans eurent neuf pieces
de canon en état de tirer ; & quoique jufqu'alors
le feu des Affiégés eût été fupérieur , ils arborerent
à dix heures le Drapeau blanc . Le Sieur de
Rigaud renvoya au Marquis de Montcalm deux
DECEMBRE . 1756. 23.3
Officiers que le Commandant du Fort lui avoit
adreffés pour demander à capituler. Le Marquis
de Montcalm envoya le Sr de Bougainville , l'un
de fes Aides de Camp , pour fervir d'ôtage , &
propofer les articles de la capitulation , qui furent
que la Garnifon fe rendroit prifonniere de guerre,
& que les troupes Françoifes prendroient fur le
champ poffeffion des Forts . On a déja dit qu'elles
avoient occupé la veille celui d'Ontario . Čes articles
ayant été acceptés par le Commandant Anglois
, le Sieur de la Pauze , Aide-Major au Régiment
de Guyenne , faifant fonction de Major Général
, fut chargé par le Marquis de Montcalm de
les aller rédiger ; & le Sieur de Bourlamaque
nommé Commandant des Forts Georges & Chouëguen
, en prit poffeffion avec deux compagnies de
Grenadiers & les piquets de la tranchée. Il fut
chargé de la démolition de tous les Forts , & du
déblaiement de l'Artillerie , & des munitions de
guerre & de bouche qui s'y trouverent .
La célérité de nos ouvrages dans un terrein que
les Ennemis avoient jugé impraticable , l'établiſ
fement de nos batteries fait fi rapidement , l'idée
que ces travaux ont donnée du nombre des troupes
Françoifes , la mort du Colonel Mercer , Commandant
de Chouëguen , tué à huit heures du marin
, & plus que tout encore , la manoeuvre hardie
du Sieur de Rigaud , & li crainte des Canadiens
& des Sauvages qui faifoient déja feu fur le
Fort , ont fans doute déterminé les Aſſiégés à ne
pas faire une plus longue défenfe .
Ils ont perdu cent cinquante-deux hommes , y
compris quelques Soldats tués par les Sauvages en
voulant fe fauver dans les bois . Le nombre des prifonniers
a été de plus de feize cens , dont quatrevingts
Officiers. On a pris auffi ſept Bâtimens de
234 MERCURE DE FRANCE.
guerre , dont un de dix- huit canons , un de quatorze
, un de dix , un de huit , & les trois autres
armés de pierriers , outre deux cens bâtimens de
tranfport ; & les Officiers & Equipages de ces bâtimens
ont été compris dans la capitulation de la
Garnifon , qui étoit compofée de deux Régimens
de troupes réglées , de Shirley & de Pepperel , &
du Régiment de Milice de Shuyler. L'Artillerie
qu'on a prife , confifte en cent cinquante-cinq pieces
de canon , quatorze mortiers , cinq obuliers
& quarante-fept pierriers , qu'on a enlevés avec
une grande quantité de boulets , bombes , balles
& poudre , & un amas confidérable de vivres.
Le Marquis de Montcalm n'a perdu que trois
hommes , fçavoir un Canadien , un Soldat & un
Canonnier , outre la perte du Sieur de Combles ,
& il n'y a eu dans les différens corps de troupes ,
qui étoient fous fes ordres , qu'environ vingt
bleffés , qui tous le font fort légèrement. Le Sieur
de Bourlamaque & les Sieurs de Palmarol , Capitaine
de Grenadiers , & Duparquet , Capitaine au
Régiment de la Sarre , font de ce nombre.
P
P
д
C
to
d
C
0
é
d
fa
n
&
d
P
9
C1
'C
Le 21 du même mois d'Août , toutes les démolitions
étant achevées , le tranfport des prifonniers
, de l'artillerie & des vivres fait , le Marquis
de Montcalm fe rembarqua avec les troupes , &
fe rendit fur trois divifions à la Baie de Niaouré ,
d'où les différens Corps fe font portés aux deftinations
refpectives que leur avoit indiquées le Marquis
de Vaudreuil , qui a fait dépofer dans les
Eglifes de Québec &des trois Rivieres , avec les ]
cérémonies ordinaires , les quatre Drapeaux des
Régimens de troupes réglées de Shirley & Pepperel
, & celui du Régiment de Milices de Shuyler.
Le fuccès de cette expédition a répandu une
joie générale dans la Colonie , où l'on en connoît
C DECEMBRE. 1756. 235
plus qu'ailleurs tous les avantages . Elle fe trouve
par la délivrée des juftes inquiétudes que lui donnoit
l'établiffement de Choueguen. Elle voit la
communication avec le pays d'enhaut & avec
toutes les Nations Sauvages fes alliées , à l'abri
des troubles auxquels elle étoit expofee . Elle ne
craint plus d'être attaquée de ce côté - là , du
moins avec la fupériorité que donnoit aux Anglois
l'établiſſement qu'on vient de leur enlever ,
& qui les mettoit en état de dominer fur les Lacs ,
où ils avoient déja formé une Marine. Elle eft en
état déformais de réunir fes forces pour la défenſe
de fes frontieres , & elle a la fatisfaction de devoir
cet heureux changement dans fa fituation , aux
fecours puiffans que le Roi a eu la bonté de lui
envoyer.
Elle a fait éclater les fentimens les plus touchans
de refpect & de reconnoiffance pour ces
nouvelles marques de la protection de Sa Majefté ,
& elle feconde avec tout le zele qu'on peut attendre
du peuple le plus fidele & le plus attaché à fon
Prince , les foins infatigables que fe donnent
pour fa défenfe le Marquis de Vaudreuil , ainfi
que le Marquis de Montcalm , & les autres Officiers
qui en font chargés fous les ordres de ce
Gouverneur.
année en Canada , avec le journal hiſtorique
du fiege des Forts de Choueguen ou
Ofwego, commencé le 11 Août 1756, co
fini le 14 par la prise de ces Forts.
LE
Es nouveaux préparatifs que les Anglois ont
faits pour envahir nos poffeffions en Amérique ,
malgré le mauvais fuccès de leurs entreprifes de
P'année derniere , ont été auffi publics en Europe
que dans le nouveau monde. On s'y étoit attendu
& dans les premiers jours d'Avril dernier , le Roi
fit partir , pour le Canada , un renfort de troupes
commandé par le Marquis de Montcalm ,
Maréchal de Camp.
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
En attendant l'arrivée de ce fecours , & dès la
fin de la campagne derniere , le Marquis de Vaudreuil
, Gouverneur & Lieutenant Général de la
Nouvelle France , avoit pris de juftes meſures
pour la défenſe de nos frontieres. Ses arrangemens
avoient eu même pour objet de faire harceler
les Anglois dans leurs propres Colonies. Il a
tenu des détachemens en campagne durant tout
l'hyver. Les Sauvages ont tué beaucoup de monde ,
on a enlevé une quantité confiderable de beftiaux :
ily a eu un grand nombre de maifons & de magafins
brulés ; les campagnes ont été abandonnées
dans plufieurs endroits des frontieres des Colonies
Angloifes. Ces mouvemens divers ont efficacement
fervi , non feulement à augmenter le mécontentement
qu'avoit caufé parmi elles l'injuftice
des projets de leurs Gouverneurs , mais encore à
faire naître des embarras & des difficultés qui ont
empêché l'exécution de ces projets dans le printemps.
Le Marquis de Vaudreuil ne s'en eft pas tenu
là . Tandis que nos Partis fe fuccedoient fans
relâche fur les frontieres des Anglois , expofées à
leurs courſes , & défoloient furtout la Pensilvanie
, la Virginie & le Mariland , un Corps de nos
troupes , qu'il avoit placé fur la riviere S. Jean ,
y recueilloit les reftes épars des Acadiens chalés
de leurs habitations par les Anglois , & dont une
partie erroit alors dans les bois. La défenſe du
Fort du Quêne & de l'Ohio , ou de la belle Riviere
, étoit confiée à un corps de Canadiens & de
Sauvages commandés par le Sieur Dumas. Un
autre detachement d'environ 500 hommes , obfervoit
l'ennemi du côté du Fort Lydius . Le bataillon
du Régiment de la Reine & celui du Régiment
de Languedoc , campoient devant le Fort
2
N
༡༩.R
te
P
¿
C
DECEMBRE. 1756 . 223
de Carrillon , vers le Lac du Saint- Sacrement. Le
bataillon de Bearn étoit deſtiné pour le Fort de
Niagara , & celui de Guyenne pour le Fort Frontenac
, afin de défendre ces deux poftes importans
dont les ennemis paroiffoient méditer. l'attaque
pendant le cours de la campagne prête à s'ouvrir.
Dès le commencement de l'hyver , le Marquis
de Vaudreuil avoit été informé que , pour l'exécution
de ce projet , les Anglois faifoient raffembler
des troupes avec des provifions confidérables
dans les Forts de Choueguen près du Lac
Ontario ; & c'eft en conféquence de cet avis
qu'au mois de Mars dernier le fieur de Léry attaqua
par fes ordres un Fort où étoit le principal
entrepôt de ces approvifionnemens . Ce Fort
fut enlevé d'affaut & détruit avec tous les bâtimens
qui en dependoient ; & toutes les munitions
qui s'y trouvoient en grande quantité ,
furent enlevées , brûlées , ou jettées dans la Riviere.
Dans la vue de profiter de ce premier
fuccès , le Gouverneur- Général fit un autre détachement
de 700 hommes , Canadiens & Sauvages
, fous les ordres du fieur de Villiers , Capitaine
de la Colonie , pour refferrer les ennemis
de ce côté-là , obferver leurs mouvemens , &
intercepter les tranfports qu'ils pourroient faire
fur la riviere de Choueguen.
Ainfi tout étoit difpofé par le Marquis de Vaudreuil
pour une défenfive vigoureuſe dans les différentes
parties du Canada , fur les lacs Champlain
& du St. Sacrement , vers la Belle - Riviere , &
furtout du côté du lac Ontario , où la défenſe
de nos Forts & même l'attaque des poftes Anglois
avoient été fon objet principal dans la diftribution
des forces de la Colonie.
Tout le monde fçait que l'établiffement des
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Anglois fur le lac Ontario eft une invafion qu'ils
ont faite en pleine paix. Il n'étoit queftion d'abord
de leur part que d'une fimple Maiſon de
commerce. C'eft fous ce feul point de vue qu'ils
en firent la propofition en 1728 , aux Sauvages
Iroquois , qui ne les auroient pas vus tranquillement
fe fortifier tout d'un coup dans le voifinage
de leurs Habitations . On fentit cependant
dès - lors en Canada quel étoit leur véritable objet
dans cet Etabliffèment , qui devoit les mettre
à portée non feulement d'envahir le commerce
des Lacs que les François n'avoient jamais
partagé avec aucune Nation Européenne , mais
encore de couper , par le centre même de la
Colonie de Canada , la communication des poftes
qui en dépendent. Les Gouverneurs François
fe contenterent cependant de réclamer contre
cette ufurpation. Le Roi en fit porter dans
le temps des plaintes à la Cour Britanique , où
elles ont été conſtamment renouvellées dans toutes
les occafions . Mais les Anglois , fans ſe mettre
en peine de la juftice de ces plaintes , &
abufant toujours de l'efprit de paix qui a réglé
dans tous les temps la conduite de la France ,
ie font fortifiés peu à peu à Choueguen , de
maniere qu'ils y avoient établi trois Forts ,
fçavoir :
1º. Le Fort Ontario placé à la droite de la
Riviere , au milieu d'un plateau fort élevé. Il
confiftoit en un quatré de trente toifes de côté ,
dont les faces brifées par le milieu étoient flanquées
par un rédan placé à l'endroit de la brifure.
Il étoit fait de pieux de dix - huit pouces
de diametre applanis fur deux faces , parfaitement
bien joints l'un à l'autre , & fortans de terre de
de huit à neuf pieds . Le follé qui entouroit le
1
1
1
1
DECEMBRE . 1756. 225
Fort avoit dix-huit pieds de largeur fur huit de
profondeur. Les terres qu'on en avoit tirées
avoient été rejettées en glacis fur la contrefcarpe
& en talud fort roide fur la berme. On
avoit pratiqué des creneaux & des embrafures
dans les pieux à fleur de terre rejettée fur la
berme , & un échafaudage de charpente régnoit
tout autour , afin de tirer pardeffus . Il y avoit
huit canons & quatre mortiers à doubles grenades,
2 °. Le vieux Fort de Choueguen , fitué fur
la rive gauche de la Riviere , confiftant en une
Maifon à machicoulis & crénelée au rez de chauf
fée & au premier étage , dont les murs avoient
trois pieds d'épaiffeur & étoient entourés
à trois toiles de diftance d'une autre muraille
de quatre pieds d'épaiffeur fur dix de hauteur
, crénelée & flanquée par deux groffes tours
quarrées. Il y avoit de plus un retranchement
qui entouroit , du côté de la campagne , le
Fort où les Ennemis avoient placés dix- huit
pieces de canon & quinze mortiers & obufiers .
3°. Le Fort Georges , fitué à 300 toifes endelà
de celui de Choueguen fur une hauteur qui
le dominoit. Il étoit de pieux & aſſez mal retranché
en terre fur deux faces .
C'eft principalement au moyen des avantages
que cet Etabliffement donnoit aux Anglois ,
qu'ils s'étoient flattés d'envahir le Canada . Leur
deffein étoit d'abord , ainfi qu'on l'a dit , de
s'emparer du Fort de Niagara & de celui de Frontenac
. Maîtres de ces deux poftes , ils auroient coupé
abfolument la communication , non feulement
des Pays d'en haut , mais encore de la Louifiane
: ils auroient fait tomber une des principales
branches du commerce de Canada ; &
Kv
226 MERCURE DE FRANCE.
en enlevant à cette Colonie une partie de fes
Sauvages alliés , ils fe feroient trouvés à portée
de l'attaquer de toutes parts dans tous les Etabliflemens.
Telles étoient les vues , du moins apparentes
, des Anglois , & les difpofitions faites de notre
part , lorfque les troupes Françoiſes commandées
par le Marquis de Montcalm arriverent au
mois de Mai.
Dès que le Marquis de Vaudreuil eut reça
ce renfort , il envoya fur le lac du St. Sacrement
le bataillon de Royal Rouffillon qui en
faifoit partie. Le Bataillon de la Sarre fut envoyé
à Frontenac avec les deux Ingénieurs François
nouvellement débarqués , aux ordres du fieur
de Bourlamaque Colonel d'Infanterie , pour former
devant cette Place un Camp retranché. Le
Chevalier de Levis , Brigadier , fut deftiné à commander
fur le lac du St. Sacrement ; & le Marquis
de Montcalm devoit fe porter aux lieux
que les ennemis paroîtroient menacer le plus.
Vers le mois de Juin , il parut clairement
par le rapport des Sauvages envoyés à la découverte
, par les dépofitions de plufieurs prifonniers
, & par les préparatifs immenfes faits à
Albany & au Fort Lydius , que les Anglois
avoient des projets d'offenfive du côté de la
Pointe ou du lac du St. Sacrement. Ces nouvelles
confirmerent les Commandans François dans
le deffein d'une diverfion fur le lac Ontario ,
qui devenoit néceffaite pour attirer de ce côtélà
une partie des forces ennemies. Le Marquis
de Montcalm propofa de s'en charger , & même
de tenter , s'il étoit poffible , une entreprife
fur les Etabliffemens Anglois : entrepriſe
deja projettée depuis quelque temps par le Gou
་
་
DECEMBRE. 1756. 227
verneur- Général , qui n'avoit jamais perdu de
vue le fiege des Forts de Choueguen , dont il
connoiffoit toute l'importance. Ce Siege fut réfolu
par le Marquis de Vaudreuil , au cas que
l'état de la Place , & la lenteur des ennemis
permiffent de le former dans cette campagne ,
dont la faifon commençoit à s'avancer. Mais
une pareille expédition exigeoit de grands préparatifs
; les diftances étoient confidérables ; &
les tranfports ne pouvoient s'exécuter qu'avec
des peines & des longueurs infinies , à travers un
pays qui n'a d'autres chemins que des rivieres
remplies de fauts & de rapides , & des lacs où
la violence des vagues rend quelquefois la navigation
prefqu'impoffible . On ne pouvoit donc
fe flatter de réufhir dans ce projet qu'autant qu'il
ne feroit pas pénétré par les ennemis ; & qu'on
ne leur donneroit pas le temps de faire paffer
à Choueguen les nouveaux fecours qu'ils deftineroient
eux-mêmes pour l'attaque des deux
Forts François,
En conféquence le Marquis de Vaudreuil priv
toutes les mesures qui pouvoient accélérer nos
difpofitions & en cacher l'objet . Le fieur Bigot
Intendant du Canada vint à Montreal , & fe char--
gea d'amaffer des munitions de guerre & debouche
, d'en diligenter les convois & de les entretenir
fans interruption. Le fieur Rigaud de
Vaudreuil , Gouverneur des trois Rivieres , fut envoyé
avec un renfort de Canadiens & de Sauvages
, pour prendre le commandement du Camp
du fieur de Villiers . En même temps le fieur de
Bourlamaque reçut ordre de commencer à Frontenac
les préparatifs qu'on jugea néceffaires. Le
fieur de Combles Ingénieur , fut chargé d'aller
avec un détachement reconnoître Choi eguen. E
K. vj
228 MERCURE DE FRANCE.
tandis que tout fe difpofoit ainfi pour cette attaque
, dans la vue de donner le change aux
ennemis , le Marquis de Montcalm partit le 27
de Juin pour le Fort de Carrillon avec le Chevalier
de Levis. Les pofitions à prendre au fujet
de la défenfive dans cette partie , les fortifications
alors commencées à Carrillon , & les
mouvemens des Anglois à Albany , paroiffoient
en effet des raifons fuffifantes pour autorifer la
préfence du Marquis de Montcalm fur le lac
du St. Sacrement , comme dans le pofte où devoient
fe paffer les opérations les plus intéres-
Santes. Ce Général n'y étant resté que le temps
néceffaire pour préparer l'effentiel , & s'attirer
l'attention des Anglois , remit la défenſe de cette
Frontiere au Chevalier de Levis , en lui laiffant
un Corps de trois mille hommes , & reprit le
quinze de Juillet la route de Montreal , où il arriva
le dix -neuf du même mois. Il y reçut fes
dernieres inftructions pour l'entrepriſe contre
les Forts de Choueguen , à laquelle le Marquis
de Vaudreuil fe trouvoit engagé de plus en plus
par la nouvelle toute récente d'un fuccès qui
fembloit en faciliter l'exécution . C'eft celle de
l'échec que les ennemis avoient reçu dans les
premiers jours de Juillet fur le lac Ontario , où
le fieur de Villiers venoit de détruire un convoi
d'environ deux cens bâtimens , & de tuer
u de prendre prifonniers plus de cinq cens
hommes.
Le Marquis de Montcalm repartit de Montreal
le 21 de Juillet , & arriva le ving neuf
à Frontenac , où il trouva tout raffemblé , à
l'exception du détachement commandé par le fieur
Rigaud de Vaudreuil. Ce Corps s'étoit deja
porté fur la Riviere de Choueguen à la Baie
a
t
I
DECEMBRE. 1756. 229
de Niaouré , où le Marquis de Vaudreuil avoit
marqué le rendez -vous général des troupes deftinées
pour l'expédition .
Ces troupes formoient un Corps de trois
mille hommes , y compris le détachement du
fieur de Rigaud , qui devoit fervir d'avant- garde.
Elles étoient compofées des Bataillons de la Sarre
, Guyenne , & Bearn , ne faifant enfemble
que treize cens hommes , & d'environ dix- fept
cens foldats de la Colonie , Miliciens & Sauvages .
Le Marquis de Montcalm n'a pas perdu de
temps pour le mettre en état de partir du Fort
Frontenac. Aprés avoir fait dans cette Place les
préparatifs inféparables d'une opération nouvelle
en ce Pays , & qui préfentoit des difficultés
inconnues en Europe ; après avoir en même
temps pourvu aux difpofitions néceffaires
pour affurer la retraite , en cas que des forces
fupérieures la rendiffent inévitable , il a donné
ordre à deux barques armées fur le Lac Ontario
, l'une de douze , & l'autre de feize canons ,
de fe mettre en croifiere dans les parages de
Chouëguen. Il a établi une chaîne de découvreurs
, Canadiens & Sauvages , fur le chemin
de cette Place à la Ville d'Albanie , pour y intercepter
les Couriers ; & dès le 4 Août il s'eft
embarqué à Frontenac avec la premiere divifion
de fes Troupes , compofée du Bataillon de
la Sarre & de celui de Guyenne , avec 4 pieces
de canon , & eft arrivé le 6 à la Baie de
Niaouré , où la feconde divifion compofée du
Bataillon de Béarn , de Miliciens , & des Bateaux
chargés de l'Artillerie & des vivres , s'eft rendue
le huit.
Le même jour , le Marquis de Montcalm fit
partir l'avant-garde , commandée par le Sieur de
230 MERCURE DE FRANCE.
Rigaud , pour s'avancer à trois lieues de Chouëguen
dans une Anfe nommée l'Anfe- aux -Cabannes.
La premiere divifion y étant arrivée le 10 à
deux heures du matin , Pavant - garde fe porta
quatre heures après par terre & au travers des
bois , à une autre Anfe fituée à une demi- lieue
de Choueguen , pour y favorifer le débarquement
de l'artillerie & des troupes. La premiere divifion
fe rendit à minuit dans cette même Anfe. Le
Marquis de Montcalm parvint à faire établir
auffi -tôt une batterie fur le Lac Ontario , & les
troupes pafferent la nuit au bivouac à la tête des
bateaux.
Le 11 , à la pointe du jour , les Canadiens &
les Sauvages s'avancerent à un quart de lieue do
Fort Ontario , fitué , comme on l'a dit , fur la rive
droite de la Riviere de Chouëguen , & en formoient
l'inveftiffement. Le Sieur de Combles ,
Ingénieur , qui avoit été envoyé à trois heures du
matin pour déterminer cet inveſtiſſement & le
front de l'attaque , fut tué , en revenant de fa découverte
, par un de nos Sauvages qui l'avoit efcorté
, & qui dans l'obcurité le prit malheureuſement
pour un Anglois . Le Sieur Defandrouins ,
autre Ingénieur , qui par-là reftoit ſeul , traça â
travers des bois , en partie marécageux , un chemin
reconnu la veille , pour y conduire de l'Artillerie
; & ce chemin commencé le rr au matin ,
fut pouffé avec tant de vivacité, qu'il fe trouva perfectionné
le lendemain. On avoit en même temps
établi le Camp, la droite appuyée au Lac Ontario
, couverte par la batterie établie la veille , &
qui mettoit les Bateaux hors d'infulte ; & la gauche
à un marais impraticable.
La marche des François , que la précaution de
que de nuit, & d'entrer pour faire halte dans
n'aller
DECEMBRE . 1756. 13 .
les rivieres qui les couvroient , avoit jufqu'alors
dérobée aux Ennemis , leur fut annoncée le même
jour par les Sauvages , qui allerent fufiller juf
qu'au pied du Fort . Trois barques armées fortirent
à midi de la Riviere de Choueguen , vinrent
croifer devant le Camp, firent quelques décharges
de leur Artillerie ; mais le feu de notre batterie
les força de s'éloigner
Le 12 , à la pointe du jour, le Bataillon de Béarn
arriva avec les Bateaux de l'Artillerie & des vivres.
La décharge de ces Bateaux fut faite fur le champ,
en préfence des Barques Angloifes qui croifoient
devant le Camp : la batterie de la greve fut augmentée
le parc de l'Artillerie , & le dépôt des
vivres furent établis ; & le Sieur Pouchot , Capitaine
au Régiment de Béarn , reçut ordre de
faire fonction d'Ingénieur pendant le fiege. La
difpofition fut faite pour l'ouverture de la tranchée
le foir même le Marquis de Montcalm en
donna la direction au Sieur de Bourlamaque
Colonel d'Infanterie , & commanda fix piquets
de travailleurs de cinquante hommes chacun
pour cette nuit , avec deux compagnies de Grenadiers
& trois piquets pour les foutenir .
Avec toute la diligence poffible , on ne put
commencer qu'à minuit le travail de cette tranchée
, qui étoit plutôt une parallele d'environ ico
toifes de front , ouverte à 90 toifes du foffé du
Fort , dans un terrein embarraffé d'abattis & de
troncs d'arbres.Cette parallele achevée à cinq heures
du matin , fut perfectionnée par les travailleurs
du jour , qui y firent les chemins de communication
, & commencerent l'établiſſement des batteries
. Le feu des ennemis qui depuis la pointe du
jour avoit été très-vif , ceffa vers les fix heures
dufoir; & l'on s'apperçut que la Garniſon avoid
232 MERCURE DE FRANCE.
évacué le Fort Ontario , & paflé de l'autre côté
de la riviere dans celui de Choueguen. Elle abandonna
, en fe retirant , 8 pieces de canon & 4
mortiers.
Le Fort ayant auffitôt été occupé par les Grenadiers
de tranchée , des travailleurs furent commandés
pour continuer la communication de la
parallele au bord de la Riviere , où , dès l'entrée
de la nuit , on commença une grande batterie
placée de façon à pouvoir, non feulement battre
le Fort Choueguen & le chemin de ce Fort au Fort
Georges , mais encore prendre à revers le retranchement
qui entouroit le premier de ces Forts.
Vingt pieces de canon furent chariées à bras
d'hommes pendant la nuit ; & ce travail employa
toutes les troupes , à l'exception des piquets &
Gardes du camp.
Le 14 , à la pointe du jour , le Marquis de Montcalm
ordonna au Sieur de Rigaud de paffer à gué
de l'autre côté de la Riviere avec les Canadiens &
les Sauvages , de fe porter dans les bois , & d'inquiéter
la communication au Fort Georges où les
Ennemis paroiffoient faire de grandes difpofitions.
Le Sieur de Rigaud exécuta cet ordre fur le champ.
Quoiqu'il y ait beaucoup d'eau dans cette Riviere,
& que le courant en foit très- rapide , il s'y jetta ,
la traverfa avec les Canadiens & les Sauvages , les
uns à la nage , d'autres dans l'eau jufqu'à la ceinture
ou jufqu'au cou , & fe rendit à fa deftination
, fans que le feu de l'Ennemi fût capable d'arrêter
un feul Canadien , ni Sauvage.
A neuf heures , les Affiégeans eurent neuf pieces
de canon en état de tirer ; & quoique jufqu'alors
le feu des Affiégés eût été fupérieur , ils arborerent
à dix heures le Drapeau blanc . Le Sieur de
Rigaud renvoya au Marquis de Montcalm deux
DECEMBRE . 1756. 23.3
Officiers que le Commandant du Fort lui avoit
adreffés pour demander à capituler. Le Marquis
de Montcalm envoya le Sr de Bougainville , l'un
de fes Aides de Camp , pour fervir d'ôtage , &
propofer les articles de la capitulation , qui furent
que la Garnifon fe rendroit prifonniere de guerre,
& que les troupes Françoifes prendroient fur le
champ poffeffion des Forts . On a déja dit qu'elles
avoient occupé la veille celui d'Ontario . Čes articles
ayant été acceptés par le Commandant Anglois
, le Sieur de la Pauze , Aide-Major au Régiment
de Guyenne , faifant fonction de Major Général
, fut chargé par le Marquis de Montcalm de
les aller rédiger ; & le Sieur de Bourlamaque
nommé Commandant des Forts Georges & Chouëguen
, en prit poffeffion avec deux compagnies de
Grenadiers & les piquets de la tranchée. Il fut
chargé de la démolition de tous les Forts , & du
déblaiement de l'Artillerie , & des munitions de
guerre & de bouche qui s'y trouverent .
La célérité de nos ouvrages dans un terrein que
les Ennemis avoient jugé impraticable , l'établiſ
fement de nos batteries fait fi rapidement , l'idée
que ces travaux ont donnée du nombre des troupes
Françoifes , la mort du Colonel Mercer , Commandant
de Chouëguen , tué à huit heures du marin
, & plus que tout encore , la manoeuvre hardie
du Sieur de Rigaud , & li crainte des Canadiens
& des Sauvages qui faifoient déja feu fur le
Fort , ont fans doute déterminé les Aſſiégés à ne
pas faire une plus longue défenfe .
Ils ont perdu cent cinquante-deux hommes , y
compris quelques Soldats tués par les Sauvages en
voulant fe fauver dans les bois . Le nombre des prifonniers
a été de plus de feize cens , dont quatrevingts
Officiers. On a pris auffi ſept Bâtimens de
234 MERCURE DE FRANCE.
guerre , dont un de dix- huit canons , un de quatorze
, un de dix , un de huit , & les trois autres
armés de pierriers , outre deux cens bâtimens de
tranfport ; & les Officiers & Equipages de ces bâtimens
ont été compris dans la capitulation de la
Garnifon , qui étoit compofée de deux Régimens
de troupes réglées , de Shirley & de Pepperel , &
du Régiment de Milice de Shuyler. L'Artillerie
qu'on a prife , confifte en cent cinquante-cinq pieces
de canon , quatorze mortiers , cinq obuliers
& quarante-fept pierriers , qu'on a enlevés avec
une grande quantité de boulets , bombes , balles
& poudre , & un amas confidérable de vivres.
Le Marquis de Montcalm n'a perdu que trois
hommes , fçavoir un Canadien , un Soldat & un
Canonnier , outre la perte du Sieur de Combles ,
& il n'y a eu dans les différens corps de troupes ,
qui étoient fous fes ordres , qu'environ vingt
bleffés , qui tous le font fort légèrement. Le Sieur
de Bourlamaque & les Sieurs de Palmarol , Capitaine
de Grenadiers , & Duparquet , Capitaine au
Régiment de la Sarre , font de ce nombre.
P
P
д
C
to
d
C
0
é
d
fa
n
&
d
P
9
C1
'C
Le 21 du même mois d'Août , toutes les démolitions
étant achevées , le tranfport des prifonniers
, de l'artillerie & des vivres fait , le Marquis
de Montcalm fe rembarqua avec les troupes , &
fe rendit fur trois divifions à la Baie de Niaouré ,
d'où les différens Corps fe font portés aux deftinations
refpectives que leur avoit indiquées le Marquis
de Vaudreuil , qui a fait dépofer dans les
Eglifes de Québec &des trois Rivieres , avec les ]
cérémonies ordinaires , les quatre Drapeaux des
Régimens de troupes réglées de Shirley & Pepperel
, & celui du Régiment de Milices de Shuyler.
Le fuccès de cette expédition a répandu une
joie générale dans la Colonie , où l'on en connoît
C DECEMBRE. 1756. 235
plus qu'ailleurs tous les avantages . Elle fe trouve
par la délivrée des juftes inquiétudes que lui donnoit
l'établiffement de Choueguen. Elle voit la
communication avec le pays d'enhaut & avec
toutes les Nations Sauvages fes alliées , à l'abri
des troubles auxquels elle étoit expofee . Elle ne
craint plus d'être attaquée de ce côté - là , du
moins avec la fupériorité que donnoit aux Anglois
l'établiſſement qu'on vient de leur enlever ,
& qui les mettoit en état de dominer fur les Lacs ,
où ils avoient déja formé une Marine. Elle eft en
état déformais de réunir fes forces pour la défenſe
de fes frontieres , & elle a la fatisfaction de devoir
cet heureux changement dans fa fituation , aux
fecours puiffans que le Roi a eu la bonté de lui
envoyer.
Elle a fait éclater les fentimens les plus touchans
de refpect & de reconnoiffance pour ces
nouvelles marques de la protection de Sa Majefté ,
& elle feconde avec tout le zele qu'on peut attendre
du peuple le plus fidele & le plus attaché à fon
Prince , les foins infatigables que fe donnent
pour fa défenfe le Marquis de Vaudreuil , ainfi
que le Marquis de Montcalm , & les autres Officiers
qui en font chargés fous les ordres de ce
Gouverneur.
Fermer
Résumé : RELATION de ce qui s'est passé cette année en Canada, avec le journal historique du siege des Forts de Chouëguen ou Oswego, commencé le 11 Août 1756, & fini le 14 par la prise de ces Forts.
En 1756, les Britanniques préparaient une invasion des possessions françaises en Amérique. Le Marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle-France, renforça les défenses et harcela les Britanniques. Des détachements français attaquèrent des colons et incendièrent des maisons, perturbant les plans britanniques. Vaudreuil organisa la défense des forts stratégiques et rassembla des Acadiens déplacés. Le Sieur de Léry détruisit un fort britannique près du lac Ontario, et Vaudreuil envoya 700 hommes surveiller la rivière Choueguen. Les Britanniques avaient établi trois forts à Choueguen, menaçant le commerce français. En mai 1756, le Marquis de Montcalm arriva avec des renforts. Les Français planifièrent une attaque contre les forts de Choueguen. En juillet, Montcalm rassembla 3 000 hommes à Montréal et partit pour Frontenac. Le 11 août, les troupes françaises avancèrent vers le fort Ontario. Après la fuite de la garnison britannique, les Français occupèrent le fort et commencèrent à attaquer le Fort Choueguen. Le 14 août, les assiégés hissèrent le drapeau blanc et capitulèrent. Les Français capturèrent 152 hommes, dont 80 officiers, sept bâtiments de guerre et 200 bateaux de transport. Ils perdirent trois hommes et eurent vingt blessés légers. Le 21 août, Montcalm se rembarqua avec les troupes, laissant le Sieur de Bourlamaque commandant des forts capturés. Cette expédition apporta une joie générale dans la colonie. La situation militaire de la colonie française en Amérique du Nord s'est améliorée grâce à la neutralisation d'une position stratégique britannique sur les lacs. Cette victoire permit à la colonie de redéployer ses forces pour mieux protéger ses frontières. La colonie exprima sa gratitude au roi pour les renforts militaires envoyés, soulignant le respect et la reconnaissance éprouvés. Le peuple, loyal et dévoué à son souverain, soutint activement les initiatives du Marquis de Vaudreuil et du Marquis de Montcalm.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14424
p. 235-238
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
Le 21 Octobre, Madame la Dauphine se sentit incommodée, & se mit au lit. [...]
Mots clefs :
Madame la Dauphine, Sa Majesté, Lieutenant, Chevalier, Corsaires, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE 21 Octobre , Madame la Dauphine ſe
fentit incommodée , & fe mit au lit. Elle fit le
lendemain une fauffe couche. On compte que
cette Princeffe étoit groffe d'environ deux mois .
Le Marquis de la Galiffonniere , Lieutenant-
Général des Armées Navales , qui avoit été obli
236 MERCURE DE FRANCE .
gé , par le mauvais état de fa fanté , de ſe démettre
du commandement de l'Efcadre de Toulon , eft
mort à Nemours , en fe rendant à Fontainebleau.
Le Roi lui avoit accordé 8000 livres de penſion, &
l'avoit nommé Grand - Croix Honoraire de l'Ordre
de S. Louis . En confidération du fervice impor
tant qu'il avoit rendu à l'Etat pendant la derniere
campagne , Sa Majesté a accordé le même jour à
fa veuve 6000 livres de penfion.
Sa Majesté a fait Lieutenant- Général des Armées
Navales M. de Maffiac , qui a pris le conmandement
de l'Efcadre deToulon , après le dépat
du Marquis de la Galiffonniere . Sa Majesté 4
nommé auffi M. Daché Capitaine de Vailleau
du Département de Breft , & M. de Villarrel
Commandant la Compagnie des Gardes de la Marine
de Toulon , Chefs d'Efcadre de fes Armées
Navales. M. Perrier de Salvert , Chef d'Eſcadr
des Armées Navales , a obtenu une place a
Commandeur de l'Ordre de Saint Louis , avec
une penfion de 3000 livres fur cet Ordre ; &
le Cordon Rouge , dont il étoit décoré , a cé
accordé à M. de Folligny , Chef d'Eſcadre d
Département de Breft . Le Roi a accordé en même
temps 3000 livres de penfion fur le Tréfor Ross
au Comte Maulévrier , Lieutenant - Général de
Armées Navales. Sa Majefté a agréé cinquante
Lieutenans de Vaiffeaux des différens Départe
mens du Royaume , pour être reçus Chevaliers de
Saint Louis.
Le Roi a difpofé du Gouvernement de Nea
Brifack , vacant par la mort de M. le Marquis
Clermont-Gallerande , en faveur du Lord O
Brien , Vicomte de Clare , Comte de Thomas ,
Chevalier des Ordres de Sa Majefté , Lieutenan
Général de fes Armées, & Inſpecteur Général d'ifanterie.
1
9
e
le
la
ce
g
m
un
ce
gi
le
ré
DECEMBRE. 1756. 237
Le commandement du Pays d'aunis & de Saintonge
, qui vaquoit par la même mort , a été
donné à M. le Marquis de Senecterre , Chevalier
des Ordres du Roi , Lieutenant - Général des
Armées de Sa Majefté , & ci- devant fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne.
On a effuyé à Toulon pendant vingt jours
un temps affreux , & il y a eu un orage qui
a duré quatre fois vingt- quatre heures ; le 23
Octobre , à fept heures & demie du foir , le
tonnerre tomba en huit endroits différens , & il
fut fuivi d'une grêle , dont les grains étoient d'une
groffeur extraordinaire.
Un Bâtiment , arrivé de la côte de Barbarie
i Marſeille, a rapporté que les Algériens s'étoient
emparés de Tunis par la trahifon d'un Officier
le la Garnifon , qui leur a livré une des portes
le la Ville . Leur premier foin a été de fe faifir
lu nouveau Bey & de fon fils . On affure que
e fils a été maffacré en préfence du pere , &
que le pere a été mis à la torture , les Algériens
fpérant de lui faire déclarer , dans les tourmens ,
e lieu où il avoit caché fes trésors .
Le Capitaine Deffaux qui commande le Corfaire
a Favorite , du Havre , a rançonné pour fept
ens cinquante livres fterlings trois Bâtimens Anglois
, dont il s'étoit rendu maître.
Le Corfaire la Cigale , de Saint -Malo , comnandé
par le Capitaine Soyer , a conduit à Morlaix
in Navire Anglois de 80 tonneaux , chargé de
:ent cinquante bouchauts de tabac de la Virinie.
Il s'eft auffi emparé du Navire Anglois
e Bon Ami , de Dublin , de 80 tonneaux , dont
e chargement eft compofé de goudron , de thé
rébentine & de merrain .
Il eft arrivé à la Rochelle un Batiment Anglois ,
238 MERCURE DE FRANCE.
de 150 tonneaux , chargé de morue féche & d'huile
de poiffon , qui a été pris par le Corfaire le Comte
d'Hérouville , de Bordeaux , dont eft Capitaine
le fieur Belouan, qui s'eft emparé auffi du Corfaire
Anglois le Royale Georges , de Garnefey , de
16 canons , 16 pierriers , & cent fix hommes
d'équipage.
LE 21 Octobre , Madame la Dauphine ſe
fentit incommodée , & fe mit au lit. Elle fit le
lendemain une fauffe couche. On compte que
cette Princeffe étoit groffe d'environ deux mois .
Le Marquis de la Galiffonniere , Lieutenant-
Général des Armées Navales , qui avoit été obli
236 MERCURE DE FRANCE .
gé , par le mauvais état de fa fanté , de ſe démettre
du commandement de l'Efcadre de Toulon , eft
mort à Nemours , en fe rendant à Fontainebleau.
Le Roi lui avoit accordé 8000 livres de penſion, &
l'avoit nommé Grand - Croix Honoraire de l'Ordre
de S. Louis . En confidération du fervice impor
tant qu'il avoit rendu à l'Etat pendant la derniere
campagne , Sa Majesté a accordé le même jour à
fa veuve 6000 livres de penfion.
Sa Majesté a fait Lieutenant- Général des Armées
Navales M. de Maffiac , qui a pris le conmandement
de l'Efcadre deToulon , après le dépat
du Marquis de la Galiffonniere . Sa Majesté 4
nommé auffi M. Daché Capitaine de Vailleau
du Département de Breft , & M. de Villarrel
Commandant la Compagnie des Gardes de la Marine
de Toulon , Chefs d'Efcadre de fes Armées
Navales. M. Perrier de Salvert , Chef d'Eſcadr
des Armées Navales , a obtenu une place a
Commandeur de l'Ordre de Saint Louis , avec
une penfion de 3000 livres fur cet Ordre ; &
le Cordon Rouge , dont il étoit décoré , a cé
accordé à M. de Folligny , Chef d'Eſcadre d
Département de Breft . Le Roi a accordé en même
temps 3000 livres de penfion fur le Tréfor Ross
au Comte Maulévrier , Lieutenant - Général de
Armées Navales. Sa Majefté a agréé cinquante
Lieutenans de Vaiffeaux des différens Départe
mens du Royaume , pour être reçus Chevaliers de
Saint Louis.
Le Roi a difpofé du Gouvernement de Nea
Brifack , vacant par la mort de M. le Marquis
Clermont-Gallerande , en faveur du Lord O
Brien , Vicomte de Clare , Comte de Thomas ,
Chevalier des Ordres de Sa Majefté , Lieutenan
Général de fes Armées, & Inſpecteur Général d'ifanterie.
1
9
e
le
la
ce
g
m
un
ce
gi
le
ré
DECEMBRE. 1756. 237
Le commandement du Pays d'aunis & de Saintonge
, qui vaquoit par la même mort , a été
donné à M. le Marquis de Senecterre , Chevalier
des Ordres du Roi , Lieutenant - Général des
Armées de Sa Majefté , & ci- devant fon Ambaffadeur
auprès du Roi de Sardaigne.
On a effuyé à Toulon pendant vingt jours
un temps affreux , & il y a eu un orage qui
a duré quatre fois vingt- quatre heures ; le 23
Octobre , à fept heures & demie du foir , le
tonnerre tomba en huit endroits différens , & il
fut fuivi d'une grêle , dont les grains étoient d'une
groffeur extraordinaire.
Un Bâtiment , arrivé de la côte de Barbarie
i Marſeille, a rapporté que les Algériens s'étoient
emparés de Tunis par la trahifon d'un Officier
le la Garnifon , qui leur a livré une des portes
le la Ville . Leur premier foin a été de fe faifir
lu nouveau Bey & de fon fils . On affure que
e fils a été maffacré en préfence du pere , &
que le pere a été mis à la torture , les Algériens
fpérant de lui faire déclarer , dans les tourmens ,
e lieu où il avoit caché fes trésors .
Le Capitaine Deffaux qui commande le Corfaire
a Favorite , du Havre , a rançonné pour fept
ens cinquante livres fterlings trois Bâtimens Anglois
, dont il s'étoit rendu maître.
Le Corfaire la Cigale , de Saint -Malo , comnandé
par le Capitaine Soyer , a conduit à Morlaix
in Navire Anglois de 80 tonneaux , chargé de
:ent cinquante bouchauts de tabac de la Virinie.
Il s'eft auffi emparé du Navire Anglois
e Bon Ami , de Dublin , de 80 tonneaux , dont
e chargement eft compofé de goudron , de thé
rébentine & de merrain .
Il eft arrivé à la Rochelle un Batiment Anglois ,
238 MERCURE DE FRANCE.
de 150 tonneaux , chargé de morue féche & d'huile
de poiffon , qui a été pris par le Corfaire le Comte
d'Hérouville , de Bordeaux , dont eft Capitaine
le fieur Belouan, qui s'eft emparé auffi du Corfaire
Anglois le Royale Georges , de Garnefey , de
16 canons , 16 pierriers , & cent fix hommes
d'équipage.
Fermer
Résumé : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Le 21 octobre, la Dauphine fit une fausse couche après s'être sentie mal. Le Marquis de La Galissonnière, Lieutenant-Général des Armées Navales, décéda à Nemours. Le roi lui avait accordé une pension de 8 000 livres et le titre de Grand-Croix Honoraire de l'Ordre de Saint-Louis, tandis que sa veuve reçut une pension de 6 000 livres. M. de Massiac fut nommé à la succession du Marquis de La Galissonnière. Plusieurs promotions furent annoncées, incluant celles de M. Daché et M. de Villarrel. M. Perrier de Salvert et le Comte Maulévrier reçurent chacun une pension de 3 000 livres et une place de Commandeur de l'Ordre de Saint-Louis. Cinquante lieutenants de vaisseaux furent nommés Chevaliers de Saint-Louis. Le roi attribua le Gouvernement de Neubourg au Lord O'Brien et le commandement du Pays d'Aunis et de Saintonge au Marquis de Senecterre. À Toulon, un violent orage dura quatre-vingt-seize heures. Un bâtiment rapporta que les Algériens avaient pris Tunis grâce à la trahison d'un officier. Les capitaines Deffaux et Soyer capturèrent plusieurs navires anglais, et le capitaine Belouan prit un navire anglais et un corsaire anglais près de La Rochelle.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14425
p. 238
AVIS.
Début :
Bechique souverain ou Syrop pectoral, approuvé par Brevet du 24 [...]
Mots clefs :
Sirop béchique, Sirop pectoral, Maladies de poitrine, Humeurs engorgées, Dame veuve Mouton
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
BEchique fouverain ou Syrop pectoral , approuvé
par Brevet du 24 Août 1750 , pour les
maladies de poitrine , comme rhume , toux invétérée
, oppreffion , foibleffe de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le poulmon
, d'adoucir l'acrimonie de la lymphe en tant
que balfamique , & de rétablir les forces abattues
en rappellant peu à peu l'appétit & le fommeil
, comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies énoncées , que
la bouteille taxée à fix livres , fcellée & étiquetée
à l'ordinaire , eft fuffifante pour en éprouver toute
l'efficacité avec fuccès .
Il ne fe débite que chez la Dame veuve Mouton ,
Marchande Apothicaire de Paris , rue Saint Denis ,
à côté de la rue Thevenot , vis-à- vis le Roi François
.
BEchique fouverain ou Syrop pectoral , approuvé
par Brevet du 24 Août 1750 , pour les
maladies de poitrine , comme rhume , toux invétérée
, oppreffion , foibleffe de poitrine , & afthme
humide. Ce Béchique ayant la propriété de fondre
& d'atténuer les humeurs engorgées dans le poulmon
, d'adoucir l'acrimonie de la lymphe en tant
que balfamique , & de rétablir les forces abattues
en rappellant peu à peu l'appétit & le fommeil
, comme parfait reftaurant , produit des effets
fi rapides dans les maladies énoncées , que
la bouteille taxée à fix livres , fcellée & étiquetée
à l'ordinaire , eft fuffifante pour en éprouver toute
l'efficacité avec fuccès .
Il ne fe débite que chez la Dame veuve Mouton ,
Marchande Apothicaire de Paris , rue Saint Denis ,
à côté de la rue Thevenot , vis-à- vis le Roi François
.
Fermer
Résumé : AVIS.
L'Avis présente le Béchique souverain, un sirop pectoral approuvé en 1750 pour traiter les maladies de poitrine comme le rhume, la toux chronique, l'oppression et l'asthme. Il dissout les humeurs pulmonaires, adoucit la lymphe acide et restaure les forces. Une bouteille coûte six livres et est disponible chez la Dame veuve Mouton, apothicaire à Paris, rue Saint-Denis près de la rue Thévenot.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14426
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le Mercure du mois [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier ,
le Mercure du mois de Décembre , & je n'y ai
rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreſſion.
A Paris , ce 28 Novembre 1756.
GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier ,
le Mercure du mois de Décembre , & je n'y ai
rien trouvé qui puiffe en empêcher l'impreſſion.
A Paris , ce 28 Novembre 1756.
GUIROY.
Fermer
14427
p. 239-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Traduction libre d'une [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
TRADUCTION libre d'une Elégie de Tibulle ,
page s
Vers fur la Conquête de Minorque ,
Portrait plus vrai que vraisemblable ,
Les Adieux d'un Berger à fa Bergere ,
Penfées fur la Converſation ,
Déclaration d'indifférence à Mefdames *** ,
Bouquet au Roi ,
Vers à M. de Crébillon ,
Poëme en profe fur les Illes d'Hyères ,
Effai fur l'Ame ,
II
17
33
35
36
37
44
47
48
49
SI
Lettre à l'Auteur du Mercure , avec un Madrigal
de M. de la Monnoye ,
Vers à M. ***
Le Pinfon & la Fauvette , Fable ,
Tout ou rien , Anecdote moderne ,
Remerciement à l'Académie des Arcades de Rome
, par M. Tannevot , 75
Explication des Enigmes & des Logogryphes du
Mercure de Novembre ,
Enigme & Logogryphe ,
Romance ,
80
81
83
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
,
85
Lettre à l'Auteur du Mercure , fur une affaire concernant
la fucceffion du Maréchal de Saxe , 92
Suite de la Réponſe de l'Auteur des Lettres à un
Américain , à la Lettre de M. l'Abbé de Condillac
, 102
240
Premiere Séance de la Société de Châlons , 132
Extrait de la Séance de l'Académie de Dijon , 135
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Géographie. Lettre de Dom Calmet , fur la terte
de Geffen & fur le Royaume de Tanis en Egyp
te ,
143
Géométrie . Lettre de M. Marffon , & Réponſe à fon
Théorême ,
Finances. Financier.
155
162
169
Séance Publique de l'Académie Royale des Belles-
Lettres & de l'Académie des Sciences ,
Suite de la Séance de l'Académie de la Rochelle ,
ART. IV. BEAUX - ART S.
170
181
Mufique.
Peinture. Vers de Me, du Bocage à M. Pierre , 182
Sculpture. Suite des Mémoires d'une Société de
Gens de Lettres , publiés en l'année 2355 , 183
Gravure.
ART. V. SPECTACLES.
197
Comédie Françoiſe.
Comédie Italienne.
Concert Spirituel ,
Nouvelles étrangeres ,
ARTICLE VI.
199
201
202
203
France. Relation de ce qui s'eft paſſé au Canada
, & c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c.
221
235
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
TRADUCTION libre d'une Elégie de Tibulle ,
page s
Vers fur la Conquête de Minorque ,
Portrait plus vrai que vraisemblable ,
Les Adieux d'un Berger à fa Bergere ,
Penfées fur la Converſation ,
Déclaration d'indifférence à Mefdames *** ,
Bouquet au Roi ,
Vers à M. de Crébillon ,
Poëme en profe fur les Illes d'Hyères ,
Effai fur l'Ame ,
II
17
33
35
36
37
44
47
48
49
SI
Lettre à l'Auteur du Mercure , avec un Madrigal
de M. de la Monnoye ,
Vers à M. ***
Le Pinfon & la Fauvette , Fable ,
Tout ou rien , Anecdote moderne ,
Remerciement à l'Académie des Arcades de Rome
, par M. Tannevot , 75
Explication des Enigmes & des Logogryphes du
Mercure de Novembre ,
Enigme & Logogryphe ,
Romance ,
80
81
83
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
,
85
Lettre à l'Auteur du Mercure , fur une affaire concernant
la fucceffion du Maréchal de Saxe , 92
Suite de la Réponſe de l'Auteur des Lettres à un
Américain , à la Lettre de M. l'Abbé de Condillac
, 102
240
Premiere Séance de la Société de Châlons , 132
Extrait de la Séance de l'Académie de Dijon , 135
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Géographie. Lettre de Dom Calmet , fur la terte
de Geffen & fur le Royaume de Tanis en Egyp
te ,
143
Géométrie . Lettre de M. Marffon , & Réponſe à fon
Théorême ,
Finances. Financier.
155
162
169
Séance Publique de l'Académie Royale des Belles-
Lettres & de l'Académie des Sciences ,
Suite de la Séance de l'Académie de la Rochelle ,
ART. IV. BEAUX - ART S.
170
181
Mufique.
Peinture. Vers de Me, du Bocage à M. Pierre , 182
Sculpture. Suite des Mémoires d'une Société de
Gens de Lettres , publiés en l'année 2355 , 183
Gravure.
ART. V. SPECTACLES.
197
Comédie Françoiſe.
Comédie Italienne.
Concert Spirituel ,
Nouvelles étrangeres ,
ARTICLE VI.
199
201
202
203
France. Relation de ce qui s'eft paſſé au Canada
, & c.
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c.
221
235
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document est organisé en six sections principales. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', regroupe des œuvres littéraires variées, incluant des traductions, des poèmes, des réflexions sur la conversation, et des contributions poétiques. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', présente des extraits de livres récents, des lettres et des réponses sur des sujets littéraires et académiques. La troisième section, 'Sciences et belles-lettres', explore des thèmes tels que la géographie, la géométrie et les finances, avec des contributions d'experts. La quatrième section, 'Beaux-Arts', se concentre sur la musique, la peinture, la sculpture et la gravure, incluant des vers et des mémoires. La cinquième section, 'Spectacles', couvre les comédies française et italienne, les concerts spirituels, et les nouvelles étrangères. Enfin, la sixième section, 'France', relate des événements au Canada et des nouvelles de la cour et de Paris.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14428
p. 240
« La Chanson notée doit regarder la page 83. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 83. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 83. [...] »
La Chanson notée doit regarder la page 83 .
Fermer
14429
p. 240
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert .
Fermer
14430
p. 99-100
ENIGME.
Début :
Je suis aimé des uns, les autres me haïssent ; [...]
Mots clefs :
Premier jour de l'an
14431
p. 100-102
LOGOGRYPHE.
Début :
Pour habiter la terre, Eve me donna l'être ; [...]
Mots clefs :
Compagnie
14432
p. 207-208
DU NORD.
Début :
Un grand nombre de Seigneur se sont empressés de venir ici, [...]
Mots clefs :
Varsovie, Stockholm, Seigneurs, Impératrice Reine de Hongrie et Bohême, Roi de Prusse, Constantinople, Peste, Marche des soldats, Ordonnance, Marchandises
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NOR D.
DE WARSOVIE , le 15 Novembre.
Un grand nombre de Seigneurs N fe font empref+
fés de venir ici , pour rendre leurs reſpects au Roi.-
Sur l'avis que les troupes Ruffiennes , qui mar
chent au fecours de l'Impératrice Reine de Hongrie
& de Boheme , paroiffoient vouloir prendre
leur route par la Pologne , le Roi de Pruffe a requis
la République de ne point leur accorder le
paffage . Sa Majefté Pruffienne , informée qu'on
lai fuppofe des vues préjudiciables aux intérêts des
habitans de Dantzick , les a fait affurer qu'Elle
étoit fort éloignée de penfer à leur donner aucun
fujet d'inquiétude.
On apprend de Conftantinople , que cette Capitale
de la Turquie eft prefque entiérement délivrée
de la pefte , mais que le mal contagieux fait
encore beaucoup de ravages dans quelques parties
de la Grece. Les mêmes lettres marquent que
dans le mois de Septembre il y a eu plufieurs fecouffes
de tremblement de terre en divers endroits
des Etats du Grand Seigneur.
por-
Les avis recus de Courlande & de Livonie
tent que les troupes Ruffiennes , deſtinées à agir
contre le Roi de Pruffe , ont été obligées par la
208 MERCURE DE FRANCE.
rigueur de la faifon , de fufpendre leur marche.
Ces avis ajoutent que le 7 de ce mois le Feld-
Maréchal Apraxin n'étoit pas encore arrivé à Riga.
DE STOCKOLM , le 17 Novembre.
Par une Ordonnance du 4 de ce mois , il eft
défendu de faire entrer en Suede toutes marchandifes
& denrées étrangeres , dont le Royaume,
peut abfolument fe paffer.
4
DE WARSOVIE , le 15 Novembre.
Un grand nombre de Seigneurs N fe font empref+
fés de venir ici , pour rendre leurs reſpects au Roi.-
Sur l'avis que les troupes Ruffiennes , qui mar
chent au fecours de l'Impératrice Reine de Hongrie
& de Boheme , paroiffoient vouloir prendre
leur route par la Pologne , le Roi de Pruffe a requis
la République de ne point leur accorder le
paffage . Sa Majefté Pruffienne , informée qu'on
lai fuppofe des vues préjudiciables aux intérêts des
habitans de Dantzick , les a fait affurer qu'Elle
étoit fort éloignée de penfer à leur donner aucun
fujet d'inquiétude.
On apprend de Conftantinople , que cette Capitale
de la Turquie eft prefque entiérement délivrée
de la pefte , mais que le mal contagieux fait
encore beaucoup de ravages dans quelques parties
de la Grece. Les mêmes lettres marquent que
dans le mois de Septembre il y a eu plufieurs fecouffes
de tremblement de terre en divers endroits
des Etats du Grand Seigneur.
por-
Les avis recus de Courlande & de Livonie
tent que les troupes Ruffiennes , deſtinées à agir
contre le Roi de Pruffe , ont été obligées par la
208 MERCURE DE FRANCE.
rigueur de la faifon , de fufpendre leur marche.
Ces avis ajoutent que le 7 de ce mois le Feld-
Maréchal Apraxin n'étoit pas encore arrivé à Riga.
DE STOCKOLM , le 17 Novembre.
Par une Ordonnance du 4 de ce mois , il eft
défendu de faire entrer en Suede toutes marchandifes
& denrées étrangeres , dont le Royaume,
peut abfolument fe paffer.
4
Fermer
Résumé : DU NORD.
Le 15 novembre, plusieurs seigneurs se rendent à Varsovie pour saluer le roi. Le roi de Prusse demande à la République de Pologne de bloquer le passage des troupes russes, qui viennent aider l'impératrice reine de Hongrie et de Bohême, par crainte d'intentions hostiles envers les habitants de Dantzig. Il affirme toutefois ne pas vouloir les inquiéter. À Constantinople, la peste recule dans la capitale turque mais persiste en Grèce. Des tremblements de terre ont été signalés en Turquie en septembre. En Courlande et en Livonie, les troupes russes destinées à combattre le roi de Prusse ont suspendu leur avancée en raison du froid. Le feld-maréchal Apraxine n'était pas encore arrivé à Riga au 7 novembre. À Stockholm, une ordonnance du 4 novembre interdit l'importation de marchandises étrangères dont la Suède peut se passer.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14433
p. 208-219
ALLEMAGNE.
Début :
Leurs Majestés Impériales ont envoyé au Feld-Maréchal Comte de Browne leurs [...]
Mots clefs :
Vienne, Feld-Maréchal de Browne, Saxons, Roi de Prusse, Prague, Grenadiers, Camp de Budin, Général Haddick, Prisonniers, Occupation militaire, Déplacement des troupes, Attaques, Soldats croates, Prince Piccolomini, Comtes, Comté de Glatz, Litoměřice, Major Manstein, Dresde, Régiments, Ordonnance, Infanterie, Leipzig, Magistrats, Conseillers, Contribution financière, Bautzen, États du cercle, Berlin, Patente, Biens, Francfort, Décret de l'Empereur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE...
DE VIENNE , le 27 Novembre.
Leurs Majeftés Impériales ont envoyé au Feld-
Maréchal Comte de Browne leurs portraits enrichis
de diamans , & l'on compte que ce Général
fera mis an nombre des Chevaliers de l'Ordre de
la Toifon d'Or , qui font en cette Cour.
Le Comte d'Eftrées , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi Très- Chrétien , arriva ici le 10 de ce
mois. Il eut le 12 fes audiences de Leurs Majeſtés
Impériales.
Près de trois cens Saxons qui ont quitté l'armée
du Roi de Pruffe , font arrivés à Ybbi & à Crem's.
On apprend de Cracovie que les quatre Régimens
d'Infanterie & les deux de Cavalerie de cette Nátion
qui étoient en Pologne , s'avancent du côté
de Bielitz dans la haute Siléfie , pour le joindre aux
troupes de l'Impératrice Reine.
DE PRAGUE , le 14 Novembre.
Quatre Compagnies de Grenadiers des Régimens
que l'Impératrice Reine a fait venir d'Ita
lie , ont été mifes ici en garnifon. On a déposé
JANVIER. 1757. 200
dans l'Arcenal de cette Ville tous les pontons de
l'armée commandée par le Feld- Maréchal de
Browne. Il arrive tous les jours un grand nombre
de Déferteurs Pruffiens. Plufieurs prennent parti
dans les troupes de l'Impératrice Reine.
Depuis quelques jours les troupes qui
étoient dans le camp de Budin , fe font féparées.
Le Feld- Maréchal Comte de Browne a établi fon
quartier général en cette Ville . Il a donné le commandement
de tous les poftes au delà de l'Elbe au
Comte de Maguire. Le Général Haddick commandera
ceux en deçà de cette riviere. Les Huf
fards & les Croates ont formé un cordon le long
des frontieres de la Saxe , & plufieurs Efcadrons
de Cuiraffiers & de dragons font à portée de foutenir
ces troupes irrégulieres.
On doit faire à Carlsbadt l'échange des prifonniers.
Il s'y rendra pour cet effet de chaque côté
un Lieutenant Colonel , un Capitaine , un Auditeur
& un Commiffaire des guerres.
Pendant cet hyver , la Garniſon de cette Ville
fera compofée du Régiment de Jeune Wolfenbu
tel , d'un Bataillon de Wallis , & de vingt- deux
Compagnies de Grenadiers.
Du Camp de Budin , le 7 Novembre.
Le 27 du mois dernier , les Pruffiens ayant
abandonné la Ville d'Auffig , le Feld - Maréchal
Comte de Browne la fit occuper par un Détachement
de Croates. Il fit paffer en même temps
l'Elbe à la plupart des troupes de cette Nation ,
harceler l'arriere- garde de l'armée ennemie.
Le Général Haddick s'avança le 28 avec fon détachement
vers Peterwald. Les Pruffiens s'en re-.
tirerent , & il en prit poffeffion. Le 29 , le Lieute
nant-Colonel Maceligot attaqua un poſte , dans
pour
1
ZIO MERCURE DE FRANCE.
:
lequel un corps d'ennemis étoit retranché avec
huit canons. L'action fut très- vive , & les Pruffiens
fe défendirent long-temps à la faveur de leur
artillerie mais le Colonel Velha étant venu au
fecours du fieur Maceligot , le pofte fut emporté.
Les ennemis y ont laiffé près de deux cens morts
ou bleffés . On eut le 30 des avis certains , que l'ennemi
avoit entiérement évacué la Boheme ; & le
31 , le Feld - Maréchal de Browne rappella les
Détachemens qu'il avoit envoyés dans les Cercles
de Saatz & de Leitmeritz . Sur le bruit qui fe
répandit le premier de ce mois , que les Pruffiens
faifoient de nouveaux mouvemens du côté de Zitau
& de Gabel , ce Général fit avancer le Comte
Lafcy à la tête de quelques Bataillons & d'un
Corps de Huffards vers Jung- Buntzlau , & le Lieutenant-
Colonel Louden vers Bambourg, avec huit
cens Croates. Le Baron de Wolfersdorff , Major
Général , fut détaché le 3 avec fix Bataillons , un
pareil nombre de Compagnies de Grénadiers , fix
cens chevaux , & douze pieces de canon
foutenir le Comte Lafcy . Le s , on apprit que les
ennemis avoient pris des cantonnemens ; qu'il n'y
avoit plus que quatre mille hommes de leurs troupes
qui fuffent campés ; & que ce Corps étoit
retranché derriere Nellendorff.
, pour
Du Quartier Général du Prince Piccolomini
Hollochlau , le 8 Novembre 1756.
Les troupes commandées par le Prince Piccolomini
, ne ſe ſont arrêtées qu'un jour à Jaromitz
, & le 27 du mois dernier elles font venues
camper ici. On fut informé le 29 , qu'un Corps
de Pruffiens qui étoit reſté à Neuſtadt , s'etoit retiré.
Auffitôt le Prince Piccolomini manda au
Comte Spada , de faire prendre poffeffion de ce
JANVIER. 1757. 27F
le
pofte. Sur l'avis qu'on reçut le même jour , que
le Feld- Maréchal de Schwerin décampoit de Skalitz
, & qu'il paroifloit avoir deffein de fe replier
vers Lewin ; les Comtes de Spada , Louis de Starhemberg
& de Rodolphe de Palfy , eurent ordre
de fe porter en avant .En même temps, on détacha
le Colonel Mibaliewich , pour inquiéter
les ennemis dans leur retraite. Le 30 ils fe retirerent
jufqu'à Reinerz dans le Comté de Glatz . Le
fieur Mibaliewich , après les avoir poursuivis ,
eft revenu prendre pofte à Lewin. Le Feld - Maréchal
de Schwerin leva de nouveau fon camp
premier de ce mois. Continuant de retourner
en arriere , il alla fe pofter fous Glatz , & s'eft
replié enfuite jufqu'à Warthe : il n'a laiffé à
Glatz que deux Régimens. Quelques difpofitions.
de ce Général font juger qu'il à même deſſein
d'évacuer entiérement le Comté de Glatz . Les
troupes de l'Impératrice Reine y paient tout ar
gent comptant , excepté le pain & les fourrages ,
qu'elles ne prennent même qu'en donnant des reçus.
Deux Détachemens fe font avancés à Reinerz
& à Gofbubel , pour obferver les mouvemens des
ennemis. Nos Huffards font campés entre Czaftch
& Slany. Les Régimens de Cuiraffiers de Schmerzing
, de Kalckreuter & de Gelhay , & les Régimens
de Huffards de Nadafti & de Kaluocki
font arrivés de Hongrie en Moravie , où ils s'ar
rêteront juſqu'à nouvel ordre.
DE LEITMERITZ , le 2 Novembre.
Quelques jours avant que les Prufſiens abandonnaffent
la Boheme , le fieur de Tallange atta--
qua Salefl , où étoient trois cens hommes d'Infanterie
& quatre-vingts Huffards de leur troupes ,
212 MERCURE DE FRANCE .
avec deux pieces de canon . Il tailla en pieces cent
foixante -dix hommes , & il encloua les deux canons
, ne pouvant les enlever parce que fix cens
Cavaliers ennemis vinrent au fecours du pofte attaqué.
Le Major Manftein , qui y commandoir ,
a perdu la vie. Il n'y a eu que feize hommes tués
& vingt-trois bleffés du côté des Autrichiens . Le
Général Maguire a fait former , par les troupes
qu'il a fous fes ordres , un cordon le long de la
frontiere .
DE DRESDE , le 29 Novembre.
NeufRégimens de l'armée de Sa Majeſté Pruſfienne
devoient traverfer le Cercle de Buntzlau
pour aller joindre l'armée qui eft aux ordres du
Feld-Maréchal de Schwerin . Ils n'ont pu exécuter
ce projet , les Autrichiens ayant occupé les principaux
poftes fitués le long des montagnes de la
Luface. Des lettres de Léipfick avoient marqué ,
que deux Régimens Saxons avoient trouvé le
moyen de fe rendre à Prague. Les mêmes lettres
ajoutoient , que cent cinquante Soldats des mêmes
troupes avoient forcé trois cens Cavaliers
Pruffiens , qui avoient été envoyés à leur pour
fuite , de mettre les armes bas , & qu'il les
avoient emmenés prifonniers en Boheme. Ces
nouvelles ne font pas confirmées. Il eft vrai feule
ment que le Régiment Saxon de Lubomirsky a
refufé de marcher fous les ordres des Officiers
Pruffiens , qui lui avoient été donnés pour commander
qu'il en a tué quelques- uns , & qu'il
s'eft enfuite entiérement difperfé .
Quelques Régimens des troupes Electorales
ayant conftamment refufé de prêter ferment au
Roi de Pruffe , & un grand nombre de Soldats des
JANVIER. 1757. 213
mêmes troupes ayant pris la fuite , le Prince
Maurice d'Anhalt - Deſſau en a porté des plaintes
au Feld- Maréchal Comte de Rutowski , par ordre
de Sa Majesté Pruffienne. Ce Feld- Maréchal a
fait à la lettre du Prince d'Anhalt une réponſe ,
dont voici l'extrait.
« V. A. S. fçait mieux que perfonne , que la plu-
»part des Officiers, après avoir paffé le Pont de Rhuden
,ont été d'abord éloignés de leurs Régimens.
»Comment peut- on exiger d'eux qu'ils répon-
>>dent de leur monde ; & de moi , que je réponde
pour les Officiers ? En vertu de la Capitula-
»tion , il étoit libre à ces derniers de refter au fer-
»vice de S. M. le Roi de Pologne , ou de deman-
» der leur congé. On a convenablement annoncé
»aux Soldats qu'ils feroient prifonniers de guer-
>>re ; mais on ne leur a dit , ni de ma part , ni
>>de celle de qui que ce foit , qu'ils devoient prê-
»ter ferment au Roi de Pruffe , & qu'ils y fe-
Proient forcés. Je me fuis expreffément défendu
»dans la Capitulation , je l'ai fait représenter à S.
>>M. Pruffienne . Malgré cela , perfonne n'eft &
»ne fe croit autorifé à retenir quelques hommes
»de l'Artillerie , de l'Infanterie & de la Cavalerie.
»V. A. S. n'a qu'à nommer ceux des Généraux &
»>Officiers , qu'elle accufe. Notre qualité de prifonniers
de guerre ne nous permet pas de
>>nous éloigner des lieux de notre réfidence , &
chacun de nous eft refponfable de ce qui pourroit
fe faire contre la Capitulation . Mais V. A. S.
>>me permettra de lui dire que l'éloignement des
troupes pour la preftation de ferment qu'on éxi-
»goit d'elles & qu'on leur a fait faire par des
moyens violens , ne devroit point lui paroître
métrange ; & quoi qu'il en foit , il n'eft guere poffible
de rendre refponfables de cet éloignement
214 MERCURE DE FRANCE.
>>leurs Officiers qui font féparés d'elles .... Sur
la Lifte des Grenadiers Gardes du Corps , on a
»mis des hommes qui doivent avoir été auprès des
Ȏquipages des Officiers , & dont une partie s'eft
»perdue avec les bagages , & l'autre a été renvoyée
de Pirna & de Drefde . On a d'ailleurs fpé-
»ciné , comme étant à Drefde , des malades qui
wétoient reftés à Thurmfdorff & à Naumdorff , &
que les troupes Pruffiennes doivent y avoir trou
»vés. Il y a auffi beaucoup de Soldats qui étoient
nabfens par congé . Les Officiers ne fçavent où ils
>>font reftés , ni ce qu'ils font devenus . On a porté
>> pareillement furl'état des troupes plufieurs Ca-
» dets qui ne font encore que des enfans , & qui
»ne font jamais venus au Drapeau , quoique la
>> Cour ait bien voulu leur accorder , comme une
» grace , la paie pour leur entretien....... >>
On publia le premier de ce mois une Ordonnance
, par laquelle S. M. Pruffienne prefcrivoit
aux Cercles de cet Electorat , de fournir neuf
mille foixante -quinze hommes , pour recruter les
Régimens Saxons qu'Elle a pris à ſon ſervice. Par
la répartition qui avoit été faite , ce Prince demandoit
deux mille cent vingt hommes au Cercle
de Mifnie , dix- fept cens trente-cinq au Cercle
de Léipfick , deux cens foixante -un au Cercle
de Neuftadt , quatre cens foixante-onze au Cercle
Electoral , feize cens foixante- cinq au Cercle
des Montagnes , neuf cens cinq au Cercle de
Thuringe , quatre cens foixante - fix au Cercle de
Voigtland , fix cens au Marquifat de la Haute-
Luface , trois cens foixante - huit à la Baffe- Luface
, deux cens trente-e- quatre au Chapitre de Merfebourg
, & deux cens trente au Chapitre de
Naumbourg & de Zeift. Il étoit recommandé aux
Régences de n'enrôler que des hommes qui euf- -
JANVIER. 1757 . 275
>
fent au moins cinq pieds cinq pouces , & qui
n'euffent pas plus de vingt- huit ans ; & de les
choifir principalement parmi les Artifans , particuliérement
parmi les Charrons , Forgerons ,
Charpentiers , Maçons & Serruriers . Toutes ces
recrues devoient être prêtes le 15 & il avoit été
fignifié à chaque Cercle , que , fi elles ne fe trouvoient
pas affemblées pour ce temps , ou fi elles
n'étoient pas telles que S. M. Pruffienne les exigoit,
on procéderoit contre les Membres de la Régence
du Cercle par voie d'éxécution militaire ;
que même ils feroient arrêtés , & que , fans aucune
diftinction de perfonnes , on les condamneroit
aux travaux des fortifications .
Dix Régimens d'Infanterie de l'armée Saxonne
font confervés en entier. S. M. Pruffienne a incorporé
dans les troupes les Grenadiers Gardes du
Corps , le Régiment de la Reine ; celui de la Princeffe,
épouse du Prince Electoral ; fix Régimens de
Cavalerie , & le Corps d'Artillerie . Elle a envoyé
dans fes Etats le Régiment de Dragons de Rutow.
ski , ainfi que les foldats qui ont refufé de prêter
ferment . Plufieurs Officiers , foupçonnés d'avoir
contribué par leurs confeils à ce refus , ont été mis
aux arrêts .
Quelques Soldats Saxons s'étant évadés en paſfant
par Dornau , le détachement Pruffien , qui
les conduifoit , a enlevé les Magiftrats de ce Bourg ,
& les a emmenés prifonniers. On a publié une
Ordonnance du Directoire de Guerre , établi par
le Roi de Pruffe à Torgau . Elle porte que les foldats
qui quitteront les Régimens Saxons que ce
Prince a pris à fon fervice , feront traités comme
déferteurs. Par la même Ordonnance , il eft enjoint
aux Magiftrats de faire arrêter ceux qui le
trouveront dans leurs diftricts , & de les faire conduire
à la garnifon la plus prochaine , fous peine
216 MERCURE DE FRANCE.
d'en répondre en leur propre & privé nom. Il eſt
expreffément défendu de faire tenir aux fugitifs
rien de ce qui peut leur appartenir. Les Magiftrats
auffi-tôt qu'ils feront informés de l'évalion de
quelqu'un , feront obligés de faifir ſes biens meubles
ou immeubles , & ils payeront de leurs
pres fonds les effets qui feront détournés. Toutes
perfonnes qui auront contribué à la fuite d'un
foldat , ou qui , ayant connoiffance de fa fuite , ne
dénonceront pas le fugitif , fubiront la peine prononcée
contre lui .
pro-
Sur les repréſentations des Députés des différens
Cercles de la Saxe , & avec le confentement
du Roi de Pruffe , le Major Général Rezow s'eft
chargé d'acheter la levée des Milices que Sa Majeſté
Pruſſienne a demandées à cet Electorat.
1
On parle diverſement des caufes de la détention
du fieur de Heinecke , Confeiller privé. Le ſcellé
a été mis fur tous les papiers. Le fieur Hibler ,
Major d'un Régiment d'Infanterie des troupes
Saxonnes , a été arrêté en même temps que ce
Magiftrat , pour avoir exhorté des foldats à paffer
chez les Autrichiens.
DE LEIPSICK , le 2 Décembre.
Sur la réquifitión de nos Magiftrats & du Corps
de nos Négocians , le Roi de Pruffe a confenti
d'accorder une diminution fur la contribution de
cinq cens mille écus , qu'il avoit fait demander à
cette Ville. En même temps Sa Majeſté Pruffienne
a recommandé aux habitans de n'entretenir aucune
intelligence avec les Autrichiens , & de ne leur
faire aucune livraiſon , de quelque nature que ce
pût être.
Ce Prince arriva le 24 du mois dernier en cette
Ville , & il prit fon logement chez le fieur Heman
,
JANVIER. 1757. 217
man ,Confeiller des Finances. S.M. Pruffienne vifita
le lendemain matin , les quartiers qu'une partie de
fes troupes occupe dans les environs ; & le foir
Elle retourna à Drefde . Elle a témoigné qu'Elle
auroit défiré de pouvoir accorder une plus grande
diminution fur la contribution qu'Elle a demandée
; mais que les circonftances ne le lui
avoient pas permis . Il y a actuellement ici quatre
mille hommes en garnifon , fans y comprendre
les Gardes du Corps & les Gendarmes du Roi de
Pruffe , qui font logés dans les fauxbourgs . On
compte dans plufieurs maifons jufqu'à huit & dix
foldats . La Bourgeoifie eft obligée de leur céder
les chambres fur le devant , afin qu'ils -foient plus
à portée d'obſerver ce qui fe paffe dans les rues
& d'entendre les fignaux que les Officiers peuvent
avoir befoin de leur donner.
Le Roi de Pruffe , en faiſant la visite des quar
tiers que plufieurs Corps de fes troupes occupent
dans les environs de cette Ville , a employé plus
de deux heures à examiner la plaine de Lutzen ,
où Guftave Adolphe , Roi de Suede , perdit la vie ,
& où fon armée , quoique privée de ce Prince ,
remporta une victoire complette fur les Impériaux
. On obferva que S. M. Pruffienne écrivoit
plufieurs remarques fur les tablettes . Il y a actuellement
ici fix Bataillons en garniſon .
DE BAULZEN , le 22 Novembre.
Depuis quelques jours , le prince de Pruffe a
établi ici fon quartier. Après avoir fait diftribuer
des logemens à quatre Baraillons qu'il a amenés
avec lui , il a adreffé aux Etats du Cercle l'ordre
fuivant.
« S. A. R. difpenfant les habitans de fournir
»la nourriture aux troupes, efpere que les louables
1. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE .
»Etats , de concert avec le Magiftrat & le Cha-
» pitre , régleront les chofes entr'eux de façon que
chaque foldat reçoive journellement fix deniers
& le Bas Officier un gros , & qu'il foit payé
tous les mois dix écus aux Lieutenans , Sous-
>> Lieutenans & Enfeignes , vingt aux Capitaines ,
» quarante aux Lieutenans - Colonels , foixante aux
»Colonels. S. A. R. ne demande rien Elle .
pour
»A l'égard de fes Aides de Camp , Elle laiffe à la
»difcrétion des Etats , de décider de quelle maniere'
>>on doit en ufer. Elle ne penſe pas , que ces
>> Etats faffent la moindre difficulté de remplir fes
>>intentions fur ces différens articles. Au refte , Elle
»promet qu'Elle empêchera l'Officier & le foldat
» d'exiger rien de leurs hôtes au - delà des fommes
»fpécifiées ci -deffus ; bien entendu néanmoins que
» la lumiere & le bois ferontfournis gratuitement
» & que
l'hôte fera tenu de cuire & d'apprêter pour
» le foldat la viande que celui- ci aura achetée . De
» plus , S. A. R. demande qu'on prépare trois cens
>>lits pour établir en cette Ville un Hôpital Mili-
>>> taire. >>>
DE BERLIN , le 28 Novembre.
Il paroît une Patente du Roi , pour rappeller
tous les Vaffaux ou Sujets de Sa Majeſté , qui font
au fervice de l'Impératrice Reine de Hongrie &
de Boheme , ou qui réfident dans les Etats de
cette Princeffe. Le Roi leur ordonne de ſe repréfenter
dans le terme de deux mois , à compter
du jour de la publication de la Patente . Les biens
de ceux qui n'obéiront pas , feront confifqués au
profit des Officiers ou fujets de S. M. qui par
repréfailles pourroient effuyer quelque dommage
de la part de la Cour de Vienne.
C
JANVIER. 1757. 219
DE FRANC FORT , le 6 Décembre.
On afficha ici le 3 de Novembre dans toutes les
Places publiques le Decret de l'Empereur contre
le Roi de Pruffe ; & les Magiftrats ont défendu
de faire , dans cette Ville , & dans fon territoire ,
aucunes levées de foldats pour S. M. Pruffienne .
L'Empereur ayant ordonné la voie d'exécution
contre ce Prince , a déféré cette commiffion au
Duc de Saxe -Gotha en l'abſence du Roi de Pologne
, Electeur de Saxe . Le Duc de Saxe - Gotha s'eft
excuſé de ſe mêler de cette affaire ; mais les raifons
qu'il allegue pour s'en difpenfer , n'ont pas
fatisfait Sa Majefté Impériale , & Elle lui a adreffé
une nouvelle Admonition.
le Ba-
Les lettres de Ratisbonne marquent que
ron de Ponickau , Miniftre du Roi de Pologne
Electeur de Saxe à la Diete de l'Empire , a préfenté
un nouveau Mémoire à cette aſſemblée . La
moitié du Bourg de Kupferberg dans l'Evêché de
Bamberg , vient d'être réduite en cendre. Il y a eu
auffi un grand incendie à Wetzlar .
DE VIENNE , le 27 Novembre.
Leurs Majeftés Impériales ont envoyé au Feld-
Maréchal Comte de Browne leurs portraits enrichis
de diamans , & l'on compte que ce Général
fera mis an nombre des Chevaliers de l'Ordre de
la Toifon d'Or , qui font en cette Cour.
Le Comte d'Eftrées , Miniftre Plénipotentiaire
du Roi Très- Chrétien , arriva ici le 10 de ce
mois. Il eut le 12 fes audiences de Leurs Majeſtés
Impériales.
Près de trois cens Saxons qui ont quitté l'armée
du Roi de Pruffe , font arrivés à Ybbi & à Crem's.
On apprend de Cracovie que les quatre Régimens
d'Infanterie & les deux de Cavalerie de cette Nátion
qui étoient en Pologne , s'avancent du côté
de Bielitz dans la haute Siléfie , pour le joindre aux
troupes de l'Impératrice Reine.
DE PRAGUE , le 14 Novembre.
Quatre Compagnies de Grenadiers des Régimens
que l'Impératrice Reine a fait venir d'Ita
lie , ont été mifes ici en garnifon. On a déposé
JANVIER. 1757. 200
dans l'Arcenal de cette Ville tous les pontons de
l'armée commandée par le Feld- Maréchal de
Browne. Il arrive tous les jours un grand nombre
de Déferteurs Pruffiens. Plufieurs prennent parti
dans les troupes de l'Impératrice Reine.
Depuis quelques jours les troupes qui
étoient dans le camp de Budin , fe font féparées.
Le Feld- Maréchal Comte de Browne a établi fon
quartier général en cette Ville . Il a donné le commandement
de tous les poftes au delà de l'Elbe au
Comte de Maguire. Le Général Haddick commandera
ceux en deçà de cette riviere. Les Huf
fards & les Croates ont formé un cordon le long
des frontieres de la Saxe , & plufieurs Efcadrons
de Cuiraffiers & de dragons font à portée de foutenir
ces troupes irrégulieres.
On doit faire à Carlsbadt l'échange des prifonniers.
Il s'y rendra pour cet effet de chaque côté
un Lieutenant Colonel , un Capitaine , un Auditeur
& un Commiffaire des guerres.
Pendant cet hyver , la Garniſon de cette Ville
fera compofée du Régiment de Jeune Wolfenbu
tel , d'un Bataillon de Wallis , & de vingt- deux
Compagnies de Grenadiers.
Du Camp de Budin , le 7 Novembre.
Le 27 du mois dernier , les Pruffiens ayant
abandonné la Ville d'Auffig , le Feld - Maréchal
Comte de Browne la fit occuper par un Détachement
de Croates. Il fit paffer en même temps
l'Elbe à la plupart des troupes de cette Nation ,
harceler l'arriere- garde de l'armée ennemie.
Le Général Haddick s'avança le 28 avec fon détachement
vers Peterwald. Les Pruffiens s'en re-.
tirerent , & il en prit poffeffion. Le 29 , le Lieute
nant-Colonel Maceligot attaqua un poſte , dans
pour
1
ZIO MERCURE DE FRANCE.
:
lequel un corps d'ennemis étoit retranché avec
huit canons. L'action fut très- vive , & les Pruffiens
fe défendirent long-temps à la faveur de leur
artillerie mais le Colonel Velha étant venu au
fecours du fieur Maceligot , le pofte fut emporté.
Les ennemis y ont laiffé près de deux cens morts
ou bleffés . On eut le 30 des avis certains , que l'ennemi
avoit entiérement évacué la Boheme ; & le
31 , le Feld - Maréchal de Browne rappella les
Détachemens qu'il avoit envoyés dans les Cercles
de Saatz & de Leitmeritz . Sur le bruit qui fe
répandit le premier de ce mois , que les Pruffiens
faifoient de nouveaux mouvemens du côté de Zitau
& de Gabel , ce Général fit avancer le Comte
Lafcy à la tête de quelques Bataillons & d'un
Corps de Huffards vers Jung- Buntzlau , & le Lieutenant-
Colonel Louden vers Bambourg, avec huit
cens Croates. Le Baron de Wolfersdorff , Major
Général , fut détaché le 3 avec fix Bataillons , un
pareil nombre de Compagnies de Grénadiers , fix
cens chevaux , & douze pieces de canon
foutenir le Comte Lafcy . Le s , on apprit que les
ennemis avoient pris des cantonnemens ; qu'il n'y
avoit plus que quatre mille hommes de leurs troupes
qui fuffent campés ; & que ce Corps étoit
retranché derriere Nellendorff.
, pour
Du Quartier Général du Prince Piccolomini
Hollochlau , le 8 Novembre 1756.
Les troupes commandées par le Prince Piccolomini
, ne ſe ſont arrêtées qu'un jour à Jaromitz
, & le 27 du mois dernier elles font venues
camper ici. On fut informé le 29 , qu'un Corps
de Pruffiens qui étoit reſté à Neuſtadt , s'etoit retiré.
Auffitôt le Prince Piccolomini manda au
Comte Spada , de faire prendre poffeffion de ce
JANVIER. 1757. 27F
le
pofte. Sur l'avis qu'on reçut le même jour , que
le Feld- Maréchal de Schwerin décampoit de Skalitz
, & qu'il paroifloit avoir deffein de fe replier
vers Lewin ; les Comtes de Spada , Louis de Starhemberg
& de Rodolphe de Palfy , eurent ordre
de fe porter en avant .En même temps, on détacha
le Colonel Mibaliewich , pour inquiéter
les ennemis dans leur retraite. Le 30 ils fe retirerent
jufqu'à Reinerz dans le Comté de Glatz . Le
fieur Mibaliewich , après les avoir poursuivis ,
eft revenu prendre pofte à Lewin. Le Feld - Maréchal
de Schwerin leva de nouveau fon camp
premier de ce mois. Continuant de retourner
en arriere , il alla fe pofter fous Glatz , & s'eft
replié enfuite jufqu'à Warthe : il n'a laiffé à
Glatz que deux Régimens. Quelques difpofitions.
de ce Général font juger qu'il à même deſſein
d'évacuer entiérement le Comté de Glatz . Les
troupes de l'Impératrice Reine y paient tout ar
gent comptant , excepté le pain & les fourrages ,
qu'elles ne prennent même qu'en donnant des reçus.
Deux Détachemens fe font avancés à Reinerz
& à Gofbubel , pour obferver les mouvemens des
ennemis. Nos Huffards font campés entre Czaftch
& Slany. Les Régimens de Cuiraffiers de Schmerzing
, de Kalckreuter & de Gelhay , & les Régimens
de Huffards de Nadafti & de Kaluocki
font arrivés de Hongrie en Moravie , où ils s'ar
rêteront juſqu'à nouvel ordre.
DE LEITMERITZ , le 2 Novembre.
Quelques jours avant que les Prufſiens abandonnaffent
la Boheme , le fieur de Tallange atta--
qua Salefl , où étoient trois cens hommes d'Infanterie
& quatre-vingts Huffards de leur troupes ,
212 MERCURE DE FRANCE .
avec deux pieces de canon . Il tailla en pieces cent
foixante -dix hommes , & il encloua les deux canons
, ne pouvant les enlever parce que fix cens
Cavaliers ennemis vinrent au fecours du pofte attaqué.
Le Major Manftein , qui y commandoir ,
a perdu la vie. Il n'y a eu que feize hommes tués
& vingt-trois bleffés du côté des Autrichiens . Le
Général Maguire a fait former , par les troupes
qu'il a fous fes ordres , un cordon le long de la
frontiere .
DE DRESDE , le 29 Novembre.
NeufRégimens de l'armée de Sa Majeſté Pruſfienne
devoient traverfer le Cercle de Buntzlau
pour aller joindre l'armée qui eft aux ordres du
Feld-Maréchal de Schwerin . Ils n'ont pu exécuter
ce projet , les Autrichiens ayant occupé les principaux
poftes fitués le long des montagnes de la
Luface. Des lettres de Léipfick avoient marqué ,
que deux Régimens Saxons avoient trouvé le
moyen de fe rendre à Prague. Les mêmes lettres
ajoutoient , que cent cinquante Soldats des mêmes
troupes avoient forcé trois cens Cavaliers
Pruffiens , qui avoient été envoyés à leur pour
fuite , de mettre les armes bas , & qu'il les
avoient emmenés prifonniers en Boheme. Ces
nouvelles ne font pas confirmées. Il eft vrai feule
ment que le Régiment Saxon de Lubomirsky a
refufé de marcher fous les ordres des Officiers
Pruffiens , qui lui avoient été donnés pour commander
qu'il en a tué quelques- uns , & qu'il
s'eft enfuite entiérement difperfé .
Quelques Régimens des troupes Electorales
ayant conftamment refufé de prêter ferment au
Roi de Pruffe , & un grand nombre de Soldats des
JANVIER. 1757. 213
mêmes troupes ayant pris la fuite , le Prince
Maurice d'Anhalt - Deſſau en a porté des plaintes
au Feld- Maréchal Comte de Rutowski , par ordre
de Sa Majesté Pruffienne. Ce Feld- Maréchal a
fait à la lettre du Prince d'Anhalt une réponſe ,
dont voici l'extrait.
« V. A. S. fçait mieux que perfonne , que la plu-
»part des Officiers, après avoir paffé le Pont de Rhuden
,ont été d'abord éloignés de leurs Régimens.
»Comment peut- on exiger d'eux qu'ils répon-
>>dent de leur monde ; & de moi , que je réponde
pour les Officiers ? En vertu de la Capitula-
»tion , il étoit libre à ces derniers de refter au fer-
»vice de S. M. le Roi de Pologne , ou de deman-
» der leur congé. On a convenablement annoncé
»aux Soldats qu'ils feroient prifonniers de guer-
>>re ; mais on ne leur a dit , ni de ma part , ni
>>de celle de qui que ce foit , qu'ils devoient prê-
»ter ferment au Roi de Pruffe , & qu'ils y fe-
Proient forcés. Je me fuis expreffément défendu
»dans la Capitulation , je l'ai fait représenter à S.
>>M. Pruffienne . Malgré cela , perfonne n'eft &
»ne fe croit autorifé à retenir quelques hommes
»de l'Artillerie , de l'Infanterie & de la Cavalerie.
»V. A. S. n'a qu'à nommer ceux des Généraux &
»>Officiers , qu'elle accufe. Notre qualité de prifonniers
de guerre ne nous permet pas de
>>nous éloigner des lieux de notre réfidence , &
chacun de nous eft refponfable de ce qui pourroit
fe faire contre la Capitulation . Mais V. A. S.
>>me permettra de lui dire que l'éloignement des
troupes pour la preftation de ferment qu'on éxi-
»goit d'elles & qu'on leur a fait faire par des
moyens violens , ne devroit point lui paroître
métrange ; & quoi qu'il en foit , il n'eft guere poffible
de rendre refponfables de cet éloignement
214 MERCURE DE FRANCE.
>>leurs Officiers qui font féparés d'elles .... Sur
la Lifte des Grenadiers Gardes du Corps , on a
»mis des hommes qui doivent avoir été auprès des
Ȏquipages des Officiers , & dont une partie s'eft
»perdue avec les bagages , & l'autre a été renvoyée
de Pirna & de Drefde . On a d'ailleurs fpé-
»ciné , comme étant à Drefde , des malades qui
wétoient reftés à Thurmfdorff & à Naumdorff , &
que les troupes Pruffiennes doivent y avoir trou
»vés. Il y a auffi beaucoup de Soldats qui étoient
nabfens par congé . Les Officiers ne fçavent où ils
>>font reftés , ni ce qu'ils font devenus . On a porté
>> pareillement furl'état des troupes plufieurs Ca-
» dets qui ne font encore que des enfans , & qui
»ne font jamais venus au Drapeau , quoique la
>> Cour ait bien voulu leur accorder , comme une
» grace , la paie pour leur entretien....... >>
On publia le premier de ce mois une Ordonnance
, par laquelle S. M. Pruffienne prefcrivoit
aux Cercles de cet Electorat , de fournir neuf
mille foixante -quinze hommes , pour recruter les
Régimens Saxons qu'Elle a pris à ſon ſervice. Par
la répartition qui avoit été faite , ce Prince demandoit
deux mille cent vingt hommes au Cercle
de Mifnie , dix- fept cens trente-cinq au Cercle
de Léipfick , deux cens foixante -un au Cercle
de Neuftadt , quatre cens foixante-onze au Cercle
Electoral , feize cens foixante- cinq au Cercle
des Montagnes , neuf cens cinq au Cercle de
Thuringe , quatre cens foixante - fix au Cercle de
Voigtland , fix cens au Marquifat de la Haute-
Luface , trois cens foixante - huit à la Baffe- Luface
, deux cens trente-e- quatre au Chapitre de Merfebourg
, & deux cens trente au Chapitre de
Naumbourg & de Zeift. Il étoit recommandé aux
Régences de n'enrôler que des hommes qui euf- -
JANVIER. 1757 . 275
>
fent au moins cinq pieds cinq pouces , & qui
n'euffent pas plus de vingt- huit ans ; & de les
choifir principalement parmi les Artifans , particuliérement
parmi les Charrons , Forgerons ,
Charpentiers , Maçons & Serruriers . Toutes ces
recrues devoient être prêtes le 15 & il avoit été
fignifié à chaque Cercle , que , fi elles ne fe trouvoient
pas affemblées pour ce temps , ou fi elles
n'étoient pas telles que S. M. Pruffienne les exigoit,
on procéderoit contre les Membres de la Régence
du Cercle par voie d'éxécution militaire ;
que même ils feroient arrêtés , & que , fans aucune
diftinction de perfonnes , on les condamneroit
aux travaux des fortifications .
Dix Régimens d'Infanterie de l'armée Saxonne
font confervés en entier. S. M. Pruffienne a incorporé
dans les troupes les Grenadiers Gardes du
Corps , le Régiment de la Reine ; celui de la Princeffe,
épouse du Prince Electoral ; fix Régimens de
Cavalerie , & le Corps d'Artillerie . Elle a envoyé
dans fes Etats le Régiment de Dragons de Rutow.
ski , ainfi que les foldats qui ont refufé de prêter
ferment . Plufieurs Officiers , foupçonnés d'avoir
contribué par leurs confeils à ce refus , ont été mis
aux arrêts .
Quelques Soldats Saxons s'étant évadés en paſfant
par Dornau , le détachement Pruffien , qui
les conduifoit , a enlevé les Magiftrats de ce Bourg ,
& les a emmenés prifonniers. On a publié une
Ordonnance du Directoire de Guerre , établi par
le Roi de Pruffe à Torgau . Elle porte que les foldats
qui quitteront les Régimens Saxons que ce
Prince a pris à fon fervice , feront traités comme
déferteurs. Par la même Ordonnance , il eft enjoint
aux Magiftrats de faire arrêter ceux qui le
trouveront dans leurs diftricts , & de les faire conduire
à la garnifon la plus prochaine , fous peine
216 MERCURE DE FRANCE.
d'en répondre en leur propre & privé nom. Il eſt
expreffément défendu de faire tenir aux fugitifs
rien de ce qui peut leur appartenir. Les Magiftrats
auffi-tôt qu'ils feront informés de l'évalion de
quelqu'un , feront obligés de faifir ſes biens meubles
ou immeubles , & ils payeront de leurs
pres fonds les effets qui feront détournés. Toutes
perfonnes qui auront contribué à la fuite d'un
foldat , ou qui , ayant connoiffance de fa fuite , ne
dénonceront pas le fugitif , fubiront la peine prononcée
contre lui .
pro-
Sur les repréſentations des Députés des différens
Cercles de la Saxe , & avec le confentement
du Roi de Pruffe , le Major Général Rezow s'eft
chargé d'acheter la levée des Milices que Sa Majeſté
Pruſſienne a demandées à cet Electorat.
1
On parle diverſement des caufes de la détention
du fieur de Heinecke , Confeiller privé. Le ſcellé
a été mis fur tous les papiers. Le fieur Hibler ,
Major d'un Régiment d'Infanterie des troupes
Saxonnes , a été arrêté en même temps que ce
Magiftrat , pour avoir exhorté des foldats à paffer
chez les Autrichiens.
DE LEIPSICK , le 2 Décembre.
Sur la réquifitión de nos Magiftrats & du Corps
de nos Négocians , le Roi de Pruffe a confenti
d'accorder une diminution fur la contribution de
cinq cens mille écus , qu'il avoit fait demander à
cette Ville. En même temps Sa Majeſté Pruffienne
a recommandé aux habitans de n'entretenir aucune
intelligence avec les Autrichiens , & de ne leur
faire aucune livraiſon , de quelque nature que ce
pût être.
Ce Prince arriva le 24 du mois dernier en cette
Ville , & il prit fon logement chez le fieur Heman
,
JANVIER. 1757. 217
man ,Confeiller des Finances. S.M. Pruffienne vifita
le lendemain matin , les quartiers qu'une partie de
fes troupes occupe dans les environs ; & le foir
Elle retourna à Drefde . Elle a témoigné qu'Elle
auroit défiré de pouvoir accorder une plus grande
diminution fur la contribution qu'Elle a demandée
; mais que les circonftances ne le lui
avoient pas permis . Il y a actuellement ici quatre
mille hommes en garnifon , fans y comprendre
les Gardes du Corps & les Gendarmes du Roi de
Pruffe , qui font logés dans les fauxbourgs . On
compte dans plufieurs maifons jufqu'à huit & dix
foldats . La Bourgeoifie eft obligée de leur céder
les chambres fur le devant , afin qu'ils -foient plus
à portée d'obſerver ce qui fe paffe dans les rues
& d'entendre les fignaux que les Officiers peuvent
avoir befoin de leur donner.
Le Roi de Pruffe , en faiſant la visite des quar
tiers que plufieurs Corps de fes troupes occupent
dans les environs de cette Ville , a employé plus
de deux heures à examiner la plaine de Lutzen ,
où Guftave Adolphe , Roi de Suede , perdit la vie ,
& où fon armée , quoique privée de ce Prince ,
remporta une victoire complette fur les Impériaux
. On obferva que S. M. Pruffienne écrivoit
plufieurs remarques fur les tablettes . Il y a actuellement
ici fix Bataillons en garniſon .
DE BAULZEN , le 22 Novembre.
Depuis quelques jours , le prince de Pruffe a
établi ici fon quartier. Après avoir fait diftribuer
des logemens à quatre Baraillons qu'il a amenés
avec lui , il a adreffé aux Etats du Cercle l'ordre
fuivant.
« S. A. R. difpenfant les habitans de fournir
»la nourriture aux troupes, efpere que les louables
1. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE .
»Etats , de concert avec le Magiftrat & le Cha-
» pitre , régleront les chofes entr'eux de façon que
chaque foldat reçoive journellement fix deniers
& le Bas Officier un gros , & qu'il foit payé
tous les mois dix écus aux Lieutenans , Sous-
>> Lieutenans & Enfeignes , vingt aux Capitaines ,
» quarante aux Lieutenans - Colonels , foixante aux
»Colonels. S. A. R. ne demande rien Elle .
pour
»A l'égard de fes Aides de Camp , Elle laiffe à la
»difcrétion des Etats , de décider de quelle maniere'
>>on doit en ufer. Elle ne penſe pas , que ces
>> Etats faffent la moindre difficulté de remplir fes
>>intentions fur ces différens articles. Au refte , Elle
»promet qu'Elle empêchera l'Officier & le foldat
» d'exiger rien de leurs hôtes au - delà des fommes
»fpécifiées ci -deffus ; bien entendu néanmoins que
» la lumiere & le bois ferontfournis gratuitement
» & que
l'hôte fera tenu de cuire & d'apprêter pour
» le foldat la viande que celui- ci aura achetée . De
» plus , S. A. R. demande qu'on prépare trois cens
>>lits pour établir en cette Ville un Hôpital Mili-
>>> taire. >>>
DE BERLIN , le 28 Novembre.
Il paroît une Patente du Roi , pour rappeller
tous les Vaffaux ou Sujets de Sa Majeſté , qui font
au fervice de l'Impératrice Reine de Hongrie &
de Boheme , ou qui réfident dans les Etats de
cette Princeffe. Le Roi leur ordonne de ſe repréfenter
dans le terme de deux mois , à compter
du jour de la publication de la Patente . Les biens
de ceux qui n'obéiront pas , feront confifqués au
profit des Officiers ou fujets de S. M. qui par
repréfailles pourroient effuyer quelque dommage
de la part de la Cour de Vienne.
C
JANVIER. 1757. 219
DE FRANC FORT , le 6 Décembre.
On afficha ici le 3 de Novembre dans toutes les
Places publiques le Decret de l'Empereur contre
le Roi de Pruffe ; & les Magiftrats ont défendu
de faire , dans cette Ville , & dans fon territoire ,
aucunes levées de foldats pour S. M. Pruffienne .
L'Empereur ayant ordonné la voie d'exécution
contre ce Prince , a déféré cette commiffion au
Duc de Saxe -Gotha en l'abſence du Roi de Pologne
, Electeur de Saxe . Le Duc de Saxe - Gotha s'eft
excuſé de ſe mêler de cette affaire ; mais les raifons
qu'il allegue pour s'en difpenfer , n'ont pas
fatisfait Sa Majefté Impériale , & Elle lui a adreffé
une nouvelle Admonition.
le Ba-
Les lettres de Ratisbonne marquent que
ron de Ponickau , Miniftre du Roi de Pologne
Electeur de Saxe à la Diete de l'Empire , a préfenté
un nouveau Mémoire à cette aſſemblée . La
moitié du Bourg de Kupferberg dans l'Evêché de
Bamberg , vient d'être réduite en cendre. Il y a eu
auffi un grand incendie à Wetzlar .
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
Entre novembre 1756 et janvier 1757, plusieurs événements militaires et diplomatiques marquent l'Allemagne et l'Europe centrale. À Vienne, le 27 novembre, le Feld-Maréchal Comte de Browne est honoré avec des portraits enrichis de diamants et nommé Chevalier de l'Ordre de la Toison d'Or. Le Comte d'Estrées, ministre français, arrive à Vienne le 10 novembre. Près de trois cents Saxons désertent l'armée prussienne pour rejoindre les troupes de l'Impératrice Reine en Pologne. À Prague, des grenadiers italiens sont mis en garnison et des déserteurs prussiens affluent. Les troupes autrichiennes, dirigées par le Feld-Maréchal Comte de Browne, le Comte de Maguire et le Général Haddick, surveillent les frontières de la Saxe. Les Prussiens abandonnent la ville d'Aussig et le Général Haddick prend possession de Peterwald. Le Lieutenant-Colonel Maceligot attaque un poste ennemi, infligeant de lourdes pertes. Les Prussiens évacuent la Bohême. En Saxe, des régiments prussiens sont empêchés de rejoindre l'armée du feld-maréchal de Schwerin par l'occupation des postes clés par les Autrichiens. Des régiments saxons se rendent à Prague et capturent des soldats prussiens. Plusieurs régiments des troupes électorales refusent de prêter serment au roi de Prusse, provoquant des désertions. Le roi de Prusse impose des mesures administratives strictes contre les déserteurs saxons et ordonne la confiscation des biens des fugitifs. Il visite les troupes autour de Leipzig et établit des quartiers généraux à Baulzen. Une patente royale somme les vassaux de l'impératrice reine de se représenter sous peine de confiscation de leurs biens. À Francfort, l'empereur interdit toute levée de soldats pour le roi de Prusse et charge le duc de Saxe-Gotha de l'exécution de cette mesure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14434
p. 219-220
ITALIE.
Début :
Il y eut ici le 22 du mois dernier, à trois heures & demie [...]
Mots clefs :
Naples, Tremblement de terre, Dégâts, Places maritimes, La Bastie, Expédition, Antibes, Bataillons, Maréchal, Marquis, Convois, Rebelles corses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE NAPLES , le 16 Novembre.
Il y eut ici le 22 du mois dernier , à trois heures
& demie de l'après - midi , une violente fecoufle
de tremblement de terre , qui dura près de quatre
minutes. Plufieurs maifons ont été endommagées ,
& un grand nombre de cheminées ont été abattues.
Les voûtes de quelques Eglifes ont confidérablement
fouffert.
Le 20 on effuya aufli un tremblement de terre
des plus violens dans une partie de la Sicile . Les
Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
mêmes fecouffes fe font fait fentir dans la Morée ,
ainfi que dans les Golfes de Lépante & de Corinthe ,
& elles ont caufé en plufieurs endroits des dommages
confidérables . Il eft forti de la mer quelqués
nouvelles Ifles. Le Roi a donné ordre de mettre
toutes les Places maritimes en état d'être reſpectées
par les forces navales des Puiſſances étrangeres .
DE LA BASTIE , le 14 Novembre.
La premiere divifion du convoi , qui a fait
voile d'Antibes pour tranfporter un corps de troupes
Françoiles dans cette Ifle , arriva le premier de
ce mois à Calvi , fous l'escorte de la Frégate la
Gracieuſe. Les Bâtimens de cette diviſion avoient
à bord les deux Bataillons du Régiment de Montmorin
, le fecond Bataillon du Régiment de Flandre,
& le premier du Régiment Suiffe de Boccard.
Le Marquis de Caftries , Maréchal de Camp ,
& Commandant en chef des troupes Françoifes
débarqua le lendemain au matin. Le même jour
les Grenadiers releverent les principaux poftes ,
qu'occupoient les Gênois . Les quatre Bataillons
furent diftribués le 3 dans la Place & dans le fauxbourg.
Les , le Marquis de Caftries conduifit
deux compagnies de Suiffes à l'Algaiola & à l'Ile
Roffa. On ne rencontra aucun obftacle de la part
des Corfes rebelles. La feconde divifion du convoi ,
efcortée par la Frégate la Topafe , fit le 3 fon
débarquement à San -Fiorenzo . La navigation de
la troifieme divifion , qu'efcortoit la Frégate la
Junon , a été traversée les vents contraires .
Cette divifion n'a pu arriver que le 6 à Ajaccio.
Le Comte de Balbi , Brigadier d'Infanterie au
fervice de Sa Majefté Très-Chrétienne , commande
à San- Fiorenzo , & le Marquis de Ségur à
Ajaccio.
DE NAPLES , le 16 Novembre.
Il y eut ici le 22 du mois dernier , à trois heures
& demie de l'après - midi , une violente fecoufle
de tremblement de terre , qui dura près de quatre
minutes. Plufieurs maifons ont été endommagées ,
& un grand nombre de cheminées ont été abattues.
Les voûtes de quelques Eglifes ont confidérablement
fouffert.
Le 20 on effuya aufli un tremblement de terre
des plus violens dans une partie de la Sicile . Les
Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
mêmes fecouffes fe font fait fentir dans la Morée ,
ainfi que dans les Golfes de Lépante & de Corinthe ,
& elles ont caufé en plufieurs endroits des dommages
confidérables . Il eft forti de la mer quelqués
nouvelles Ifles. Le Roi a donné ordre de mettre
toutes les Places maritimes en état d'être reſpectées
par les forces navales des Puiſſances étrangeres .
DE LA BASTIE , le 14 Novembre.
La premiere divifion du convoi , qui a fait
voile d'Antibes pour tranfporter un corps de troupes
Françoiles dans cette Ifle , arriva le premier de
ce mois à Calvi , fous l'escorte de la Frégate la
Gracieuſe. Les Bâtimens de cette diviſion avoient
à bord les deux Bataillons du Régiment de Montmorin
, le fecond Bataillon du Régiment de Flandre,
& le premier du Régiment Suiffe de Boccard.
Le Marquis de Caftries , Maréchal de Camp ,
& Commandant en chef des troupes Françoifes
débarqua le lendemain au matin. Le même jour
les Grenadiers releverent les principaux poftes ,
qu'occupoient les Gênois . Les quatre Bataillons
furent diftribués le 3 dans la Place & dans le fauxbourg.
Les , le Marquis de Caftries conduifit
deux compagnies de Suiffes à l'Algaiola & à l'Ile
Roffa. On ne rencontra aucun obftacle de la part
des Corfes rebelles. La feconde divifion du convoi ,
efcortée par la Frégate la Topafe , fit le 3 fon
débarquement à San -Fiorenzo . La navigation de
la troifieme divifion , qu'efcortoit la Frégate la
Junon , a été traversée les vents contraires .
Cette divifion n'a pu arriver que le 6 à Ajaccio.
Le Comte de Balbi , Brigadier d'Infanterie au
fervice de Sa Majefté Très-Chrétienne , commande
à San- Fiorenzo , & le Marquis de Ségur à
Ajaccio.
Fermer
Résumé : ITALIE.
Le 22 octobre, Naples a été frappée par un séisme de près de quatre minutes, causant des dommages à de nombreuses habitations et détruisant des cheminées. Des dégâts similaires ont été observés en Sicile le 20 octobre, ainsi qu'en Morée et dans les golfes de Lépante et de Corinthe, où de nouvelles îles sont apparues. Le roi a ordonné la sécurisation des ports pour se protéger contre les menaces navales étrangères. Le 14 novembre, à La Bastie, la première division d'un convoi français, accompagnée par la frégate 'La Gracieuse', est arrivée à Calvi le 1er novembre avec les bataillons des régiments de Montmorin, de Flandre et le régiment suisse de Boccard. Le Marquis de Castries, commandant en chef, a débarqué le lendemain et a pris le contrôle des positions tenues par les Génois. Les troupes ont été déployées dans la ville et ses environs. La deuxième division, escortée par 'La Topaze', a accosté à San-Fiorenzo le 3 novembre. La troisième division, escortée par 'La Junon', a atteint Ajaccio le 6 novembre en raison de vents défavorables. Le Comte de Balbi commande à San-Fiorenzo et le Marquis de Ségur à Ajaccio.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14435
p. 221-224
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
On prépare à Wolwich dix mille bombes, dont le public ignore la destination. [...]
Mots clefs :
Londres, Bombes, Maladies, Amérique, Bataillons, Commerce du blé, Discours du roi, Parlement, Colonies, Chambre des communes, La Haye, Ordonnance, Vaisseaux, Secousses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 7 Décembre.
On prépare à Wolwich dix mille bombes , dont
le public ignore la deſtination . Il n'y a eu aucun
moyen d'engager les habitans des Provinces de
Kent & de Hampſhire , à recevoir dans les Villes ,
même dans les Villages , les troupes de Hanovre
& de Heffe.
Des dépêches qu'on recut le 20 Novembre
de la Nouvelle Yorck , marquent qu'il regne
beaucoup de maladies parmi les troupes que commande
le Lord Loudon. On a été informé par
les mêmes avis , que ce Lord avoit fait marcher
plufieurs détachemens , pour tâcher d'arrêter les
courfes des Sauvages , qui répandent la terreur dans
toutes les Colonies Angloifes de l'Amérique Septentrionale
.
Les Vaiffeaux de guerre le Kennington & le
Sutherland, partirent le 6 de Corck pour ces Colonies
. Ils ont fous leur convoi quatorze Bâtimens
de tranfport, à bord defquels on a fait embarquer
le Régiment d'Offarel , & les détachemens tirés
des Régimens d'Infanterie fur l'établiſſement d'Irlande.
Quatre Bataillons des troupes Hanoveriennes
s'embarquerent le 24 du mois dernier , pour retourner
en Allemagne. On y fera repaffer fucceffivement
en deux autres divifions le refte de ces troupes
, qui eft encore actuellement campé près de
Maidstone malgré la rigueur de la faifon . Plufieurs
Frégates croiferont cet hyver dans la Manche.L'Amiral
Byng , & le fieur Shirley , ci - devant Gouverneur
de la Nouvelle Angleterre , fubiront dans
peu leurs interrogatoires . Il s'eft tenu ces jours-
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
1
ci un grand Confeil à Whitehall , pour délibérer
fur les moyens de faire baiffer le prix du bled.
Conformément aux réfolutions prifes dans ce Confeil
, on publia le 26 une Proclamation , pour
défendre l'exportation des grains. En plufieurs endroits
ils étoient d'une telle rareté , que la populace
, craignant de manquer de pain , s'eft attroupée
tumultueufement , & a commis de grands défordres.
On n'eft parvenu à la calmer , qu'en recherchant
les perfonnes qui avoient fait fécrettement
des magaſins , & en les contraignant de vendre
à un prix modique tout le bled qu'elles y
avoient amaffé . Le 27 , le Roi nomma le Géné–
ral Blakeney Chevalier de l'Ordre du Bain. Sa
Majefté le même jour , créa ce Général Pair d'Irlande
, fous le titre de Vicomte d'Innitkilling .
L'ouverture du Parlement fe fit le 2 Décembre
avec les cérémonies accoutumées .
ע
Le Roi fit ce difcours : « Milord & Meffieurs ,
je vous ai fait affembler dans une conjoncture
qui requiert particuliérement les délibérations ,
» les avis & le fecours du Parlement , & je me
flatte, moyennant la protection de la divine Pro-
>> vidence , que l'union & la fermeté qui regnent
»parmi mes fideles Sujets , me feront fortir avec
>> honneur de toutes les difficultés , & feront triom-
» pher enfin de l'ancien ennemi de ces Royaumes ,
la dignité de ma Couronne & fes droits incon-
>> teftables. Un des principaux objets de mon at-
>>tention & de mon inquiétude , eft la défenſe &
>> la confervation de nos poffeffions en Amérique.
» Le danger éminent , auquel nos Colonies font
exposées , exige des réfolutions auffi promptes
>>que vigoureufes. Le foin de pourvoir à la fûreté
» de ces trois Royaumes n'occupe pas moins mon
efprit. Dans l'occurrence préfente , je n'ai rien
JANVIER. 1757. 223
»tant à coeur que de ne laiffer à mon peuple fur
>> cet article aucun fujet de mécontentement. A
>> cette fin , une Milice nationale , établie propor-
>>tionnellement aux forces & aux befoins de l'Ewtat
, peut devenir une avantageuſe reſſource
»dans le péril général . Je recommande l'établiffe-
>> ment de cette Milice au zele & à la vigilance de
>> mon Parlement. L'alliance peu naturelle que ,
>> contre toute attente , ont contractée des Puiffan-
>> ces étrangeres ; les malheurs qui , en conféquen-
» ce de cette dangereufe alliance , peuvent , par
» l'entrée de troupes étrangeres dans l'Empire ,
>>porter une funefte atteinte aux conftitutions du
»Corps Germanique , renverfer fon fyftême &
Dentrainer l'oppreffion du parti Proteftant , font
» des événemens qui ont fixé les yeux de l'Europe
>> fur cette nouvelle & dangereufe crife , & qui
»doivent affliger fenfiblement tous les Ordres de
>> la Nation Britannique . J'ai ordonné au corps de
»mes troupes Electorales , que j'avois fait venir
à la réquifition de mon Parlement , de retourner
» dans mes Etats d'Allemagne , me repofant avec
plaifir fur l'affection de mon peuple , & fur fon
» zele pour la défenfe de ma perfonne & de mes
>>Royaumes . Meffieurs de la Chambre des Com-
»munes : Je ferai remettre devant vous , lorfqu'il
» en fera temps , l'état des dépenfes . J'attends de
>>votre fageffe que vous préférerez le parti de ne
» rien épargner pour foutenir la guerre avec vi-
»gueur , au parti de vous expofer à la rendre plus
»coûteufe par la fuite , en employant pour le
»préfent des efforts moins efficaces . Je vous ai
>>montré les dangers & les befoins de l'Etat . C'eſt
Ȉ votre prudence de chercher les moyens de
»rendre à mon peuple , les moins onéreux qu'il
»fera poffible , les fardeaux que vous jugerez
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
indifpenfables de lui impofer. Mylords & Meffieurs
, Je ne puis négliger de mettre devant
>vos yeux tout ce que les pauvres fouffrent de la
»cherté des grains , & les inconvéniens qui en
>>peuvent réfulter. Je vous recommande de pren-
>>dre les mesures convenables , pour prévenir à
» cet égard dans la fuite les mauvaiſes mancupvres.
Mes Sujets , à l'occafion du malheureux
»fuccès de nos armes dans la Méditerranée ,
» m'ont donné des preuves éclatantes de l'intérêt
qu'ils prennent à mon honneur & à celui de ma
>> Couronne. Ils éprouveront de ma part un jufle
>> retour par mes foins infatiguables & mes efforts
>> continuels pour la gloire & le bonheur de la
>>>Nation . >>
DE LA HAYE , le 22 Novembre.
Une nouvelle Ordonnance des Etats Généraux
enjoint à tous les Vaiffeaux de guerre & Armateurs
étrangers , qui relâcheront dans les Ports & Rades
de cette République , d'arborer en s'y préfentant
le Pavillon de la Puiffance à laquelle ils
appartiennent ; de ne point y entrer fans une
permiffion de l'Amirauté du lieu , & de n'y donner
ni aux habitans , ni aux étrangers aucun fujet
de fe plaindre. Il eft défendu par la même Ordonnance
aux sujets de la République , d'acheter
aucuns effets des prifes qui feront faites par les
Armateurs , & les contrevenans feront condamnés
à mille florins d'amende.
On apprend de Cologne qu'il y eût le 19 de ce
mois , à trois heures du matin , une fecouffe de
tremblement de terre , qui ne dura qu'environ
trente fecondes , mais qui fut très - violente . Elle
s'eft fait fentir à Bonn , à Limbourg , à Malmedy,
& dans plufieurs autres lieux.
DE LONDRES , le 7 Décembre.
On prépare à Wolwich dix mille bombes , dont
le public ignore la deſtination . Il n'y a eu aucun
moyen d'engager les habitans des Provinces de
Kent & de Hampſhire , à recevoir dans les Villes ,
même dans les Villages , les troupes de Hanovre
& de Heffe.
Des dépêches qu'on recut le 20 Novembre
de la Nouvelle Yorck , marquent qu'il regne
beaucoup de maladies parmi les troupes que commande
le Lord Loudon. On a été informé par
les mêmes avis , que ce Lord avoit fait marcher
plufieurs détachemens , pour tâcher d'arrêter les
courfes des Sauvages , qui répandent la terreur dans
toutes les Colonies Angloifes de l'Amérique Septentrionale
.
Les Vaiffeaux de guerre le Kennington & le
Sutherland, partirent le 6 de Corck pour ces Colonies
. Ils ont fous leur convoi quatorze Bâtimens
de tranfport, à bord defquels on a fait embarquer
le Régiment d'Offarel , & les détachemens tirés
des Régimens d'Infanterie fur l'établiſſement d'Irlande.
Quatre Bataillons des troupes Hanoveriennes
s'embarquerent le 24 du mois dernier , pour retourner
en Allemagne. On y fera repaffer fucceffivement
en deux autres divifions le refte de ces troupes
, qui eft encore actuellement campé près de
Maidstone malgré la rigueur de la faifon . Plufieurs
Frégates croiferont cet hyver dans la Manche.L'Amiral
Byng , & le fieur Shirley , ci - devant Gouverneur
de la Nouvelle Angleterre , fubiront dans
peu leurs interrogatoires . Il s'eft tenu ces jours-
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
1
ci un grand Confeil à Whitehall , pour délibérer
fur les moyens de faire baiffer le prix du bled.
Conformément aux réfolutions prifes dans ce Confeil
, on publia le 26 une Proclamation , pour
défendre l'exportation des grains. En plufieurs endroits
ils étoient d'une telle rareté , que la populace
, craignant de manquer de pain , s'eft attroupée
tumultueufement , & a commis de grands défordres.
On n'eft parvenu à la calmer , qu'en recherchant
les perfonnes qui avoient fait fécrettement
des magaſins , & en les contraignant de vendre
à un prix modique tout le bled qu'elles y
avoient amaffé . Le 27 , le Roi nomma le Géné–
ral Blakeney Chevalier de l'Ordre du Bain. Sa
Majefté le même jour , créa ce Général Pair d'Irlande
, fous le titre de Vicomte d'Innitkilling .
L'ouverture du Parlement fe fit le 2 Décembre
avec les cérémonies accoutumées .
ע
Le Roi fit ce difcours : « Milord & Meffieurs ,
je vous ai fait affembler dans une conjoncture
qui requiert particuliérement les délibérations ,
» les avis & le fecours du Parlement , & je me
flatte, moyennant la protection de la divine Pro-
>> vidence , que l'union & la fermeté qui regnent
»parmi mes fideles Sujets , me feront fortir avec
>> honneur de toutes les difficultés , & feront triom-
» pher enfin de l'ancien ennemi de ces Royaumes ,
la dignité de ma Couronne & fes droits incon-
>> teftables. Un des principaux objets de mon at-
>>tention & de mon inquiétude , eft la défenſe &
>> la confervation de nos poffeffions en Amérique.
» Le danger éminent , auquel nos Colonies font
exposées , exige des réfolutions auffi promptes
>>que vigoureufes. Le foin de pourvoir à la fûreté
» de ces trois Royaumes n'occupe pas moins mon
efprit. Dans l'occurrence préfente , je n'ai rien
JANVIER. 1757. 223
»tant à coeur que de ne laiffer à mon peuple fur
>> cet article aucun fujet de mécontentement. A
>> cette fin , une Milice nationale , établie propor-
>>tionnellement aux forces & aux befoins de l'Ewtat
, peut devenir une avantageuſe reſſource
»dans le péril général . Je recommande l'établiffe-
>> ment de cette Milice au zele & à la vigilance de
>> mon Parlement. L'alliance peu naturelle que ,
>> contre toute attente , ont contractée des Puiffan-
>> ces étrangeres ; les malheurs qui , en conféquen-
» ce de cette dangereufe alliance , peuvent , par
» l'entrée de troupes étrangeres dans l'Empire ,
>>porter une funefte atteinte aux conftitutions du
»Corps Germanique , renverfer fon fyftême &
Dentrainer l'oppreffion du parti Proteftant , font
» des événemens qui ont fixé les yeux de l'Europe
>> fur cette nouvelle & dangereufe crife , & qui
»doivent affliger fenfiblement tous les Ordres de
>> la Nation Britannique . J'ai ordonné au corps de
»mes troupes Electorales , que j'avois fait venir
à la réquifition de mon Parlement , de retourner
» dans mes Etats d'Allemagne , me repofant avec
plaifir fur l'affection de mon peuple , & fur fon
» zele pour la défenfe de ma perfonne & de mes
>>Royaumes . Meffieurs de la Chambre des Com-
»munes : Je ferai remettre devant vous , lorfqu'il
» en fera temps , l'état des dépenfes . J'attends de
>>votre fageffe que vous préférerez le parti de ne
» rien épargner pour foutenir la guerre avec vi-
»gueur , au parti de vous expofer à la rendre plus
»coûteufe par la fuite , en employant pour le
»préfent des efforts moins efficaces . Je vous ai
>>montré les dangers & les befoins de l'Etat . C'eſt
Ȉ votre prudence de chercher les moyens de
»rendre à mon peuple , les moins onéreux qu'il
»fera poffible , les fardeaux que vous jugerez
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
indifpenfables de lui impofer. Mylords & Meffieurs
, Je ne puis négliger de mettre devant
>vos yeux tout ce que les pauvres fouffrent de la
»cherté des grains , & les inconvéniens qui en
>>peuvent réfulter. Je vous recommande de pren-
>>dre les mesures convenables , pour prévenir à
» cet égard dans la fuite les mauvaiſes mancupvres.
Mes Sujets , à l'occafion du malheureux
»fuccès de nos armes dans la Méditerranée ,
» m'ont donné des preuves éclatantes de l'intérêt
qu'ils prennent à mon honneur & à celui de ma
>> Couronne. Ils éprouveront de ma part un jufle
>> retour par mes foins infatiguables & mes efforts
>> continuels pour la gloire & le bonheur de la
>>>Nation . >>
DE LA HAYE , le 22 Novembre.
Une nouvelle Ordonnance des Etats Généraux
enjoint à tous les Vaiffeaux de guerre & Armateurs
étrangers , qui relâcheront dans les Ports & Rades
de cette République , d'arborer en s'y préfentant
le Pavillon de la Puiffance à laquelle ils
appartiennent ; de ne point y entrer fans une
permiffion de l'Amirauté du lieu , & de n'y donner
ni aux habitans , ni aux étrangers aucun fujet
de fe plaindre. Il eft défendu par la même Ordonnance
aux sujets de la République , d'acheter
aucuns effets des prifes qui feront faites par les
Armateurs , & les contrevenans feront condamnés
à mille florins d'amende.
On apprend de Cologne qu'il y eût le 19 de ce
mois , à trois heures du matin , une fecouffe de
tremblement de terre , qui ne dura qu'environ
trente fecondes , mais qui fut très - violente . Elle
s'eft fait fentir à Bonn , à Limbourg , à Malmedy,
& dans plufieurs autres lieux.
Fermer
Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
En Grande-Bretagne, des préparatifs militaires sont en cours avec la production de 10 000 bombes à Woolwich. Les habitants du Kent et du Hampshire refusent d'accueillir les troupes de Hanovre et de Hesse. Aux colonies américaines, les troupes du Lord Loudon sont affectées par des maladies tout en combattant les attaques amérindiennes. Les navires Kennington et Sutherland, accompagnés de quatorze bâtiments de transport, ont quitté Cork pour l'Amérique. Quatre bataillons hanovriens ont été rapatriés en Allemagne, et des frégates assureront la patrouille dans la Manche durant l'hiver. L'amiral Byng et l'ancien gouverneur de la Nouvelle-Angleterre, Shirley, doivent être interrogés. Le Parlement britannique a interdit l'exportation des grains en raison de leur rareté et des troubles populaires. Le roi a nommé le général Blakeney chevalier de l'Ordre du Bain et pair d'Irlande. Lors de l'ouverture du Parlement le 2 décembre, le roi a souligné la nécessité de défendre les possessions américaines et de garantir la sécurité des trois royaumes. Il a recommandé la création d'une milice nationale et exprimé des préoccupations concernant les alliances étrangères. Il a également ordonné le retour des troupes électorales en Allemagne et demandé au Parlement de soutenir l'effort de guerre et de réguler les prix des grains. Aux Pays-Bas, les États Généraux ont imposé des règles strictes aux vaisseaux de guerre étrangers. Une secousse sismique violente a été ressentie à Cologne et dans plusieurs autres localités le 19 novembre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14436
p. 225-229
« Le Roi a donné à M. le Marquis de Conflans-Brienne, Lieutenant-Général [...] »
Début :
Le Roi a donné à M. le Marquis de Conflans-Brienne, Lieutenant-Général [...]
Mots clefs :
Sa Majesté, Marquis de Conflans-Brienne, Comte de Vaudreuil, Nominations, Frégates, Canada, Seigneur de Chousy, Fête, Lettres de noblesse, Capitaines, Navires, Marchandises, Corsaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le Roi a donné à M. le Marquis de Conflans-Brienne, Lieutenant-Général [...] »
Le Roi a donné à M. le Marquis de Conflans-
Brienne , Lieutenant - Général de fes Armées Navales
, la place de Vice- Amiral , vacante par la
mort de M. de Macnemara , le 27 Novembre le
Marquis de Conflans prêta ferment en cette qualité
entre les mains de Sa Majesté.
Sa Majefté a accordé à M. le Comte de Vaudreuil
, auffi Lieutenant- Général des Armées Navales
, la Grand'Croix de l'Ordre Royal & Militaire
de Saint Louis , qui vaquoit par la même
mort.
Selon des lettres de Toulon , les Frégates la
Gracieufe & la Topafe y revinrent le 8 Novembre
de Corfe , & la Frégate la Junon le 13. Elles
ont conduit à cette Ifle les troupes Françoifes ,
commandées pour y paffer. Les mêmes lettres
marquent , que le 2 la Gracieuſe a fait à Calvi
le débarquement de la partie du Convoi , deſtinée
pour ce Port. La Topafe fit le 3 à San Fiorenzo
le débarquement , dont elle étoit chargée , & la
Junon , qui n'a pu arriver que le 6 à Ajaccio
, y a fait ce jour là & le lendemain , le débarquement
des troupes quí étoient fous fon
convoi.
La Flûte du Roi l'Outarde eft arrivé le 15 Novembre
dans le Port de Breft. Elle avoit été expédiée
de Rochefort au mois d'Avril , pour porter
des recrues en Canada. Elle eft repartie de
de Quebec le 7 Octobre , & a débarqué à Brest
Ky
226 MERCURE DE FRANCE.
180 prifonniers Anglois , provenans de la Garnifon
des Forts de Choueguen. On n'apprend point
par les lettres venues par ce Bâtiment , qu'il fe
foit paffé rien d'intéreffant dans ce pays- là depuis
la prife de ces Forts .
Meffire Didier-François- René Mefnard, Seigneur
de Choufy , Contrôleur Général de la maifon du
Roi , procureur Général du Confeil de la Reine ,
en furvivance , fils de Meffire François - Didier
Mefnard , Me des Comptes à Paris , & Procureur
Général du Confeil de la Reine , & de Dame
Anne- Marie Pean , époufa le 22 du mois de
Novembre , dans la Chapelle de la Bibliotheque
du Roi , Damoiſelle Marie-Roze Vaffal , fille de
Meffire Jean Vaffal , Ecuyer, Confeiller , Secretaire
du Roi , Maiſon , Couronne de France, fucceffivement
à feu , N.... Vaffale fon Pere , & de feue
Dame Julie du Weils .
Le 25 Novembre, les Penfionnaires de l'Abbaye
Royale de Panthemont donnerent une grande
Mufique pour la fête de Madame l'Abbeffe
Catherine de Béthify. Mademoifelle Sixte , dont
on connoît le talent , chanta le Motet Ufquequò ,
de M. Mouret. M. Balbaftre fit exécuter pendant
la Meffe plufieurs de fes Concerto- d'Orgue avec
fymphonie , que l'on entend toujours avec de
nouveaux fentimens de plaifir & d'admiration.
Sa réputation y avoit attiré la compagnie la plus
brillante.
Le Roi a accordé des Lettres de Nobleffe à
M. Guerin, Chirurgien-Major de la feconde Compagnie
des Moufquetaires.
M. de Saldanha , Principal de la Patriarchale
de Lifbonne , arrivé depuis quelques jours à Paris
, pour réfider auprès du Roi en qualité d'Ambaffadeur
du Roi de Portugal , eut le 7 Novembre
JANVIER. 1757. 227
fa premiere audience particuliere du Roi & de la
Famille royale .
Le Roi a accordé un Brevet de Confeiller d'Etat
à M. Blondel , ci - devant fon Miniftre en différentes
Cours .
Le Capitaine Dominique Lauga , commandant
le Corfaire la Junon , de Bayonne , y a fait conduire
le Navire Anglois l'Eftandre , de Lancaftre ,
dont il s'eft emparé , & qui alloit à la Jamaïque
avec un chargement compofé de cinquante- cinq
futailles de diverfes marchandiſes , de centfoixante
barriques de boeuf , de mille barriques de beurre ,
& de trois cens quatre-vingt- dix caiffes de chandelle
.
Le Capitaine Jean Mare , commandant le Corfaire
le Levrier , de Dunkerque , y eft rentré avec
deux rançons montant enſemble à ſept cens livres
fterlings .
Le Capitaine Pierre le Maître , dit Rondel ,
qui commande le Corfaire la Nanon , de Calais ,
y a conduit le Navire Anglois la Providence,
de Sunderland, de 120 tonneaux , chargé de charbon
de terre.
Il eft arrivé dans la Rade de Lomariaquer un
Navire Anglois , appellé le Jofeph , de Cork , de
140 tonneaux , dont la cargaifon eft compofée
de vin , de fel & de citrons ; il a été pris par
le Capitaine Moleres , commandant le Corfaire
le Glorieux , de la Rochelle.
M. de la Touraudais , Capitaine du Corfaire
le Port-Mahon , de Saint - Malo , a fait conduire
à Breft le Navire Anglois la Lady , de 160 ton →
neaux , dont il s'eft rendu maitre Ce Bâtiment
alloit de Londres à Philadelphie , avec un chargement
de marchandifes féches . On a trouvé dans
la calle douze canons & des armes bianches ,
K vi
228 MERCURE DE FRANCE.
deftinés pour un Corfaire qu'on arme à la Nouvelle
York .
Le Navire Anglois l'Aventure , de 160 tonneaux
, chargé de 47 milliers de merrain , a été
pris par le Corfaire l'Espérance , de Bayonne
dont eft Capitaine M. Souhaignet , & il a été
conduit en ce Port.
M. Fuftel de la Villehoux , Enſeigne de Vaiffeau ,
commandant la Corvette du Roi la Mouche , a pris
& a conduit le 2 Novembre , à Breft , le Corſaire le
Millford , de Garnezey , armé de fix canons , &
de 30 hommes d'équipage.
D'autres lettres écrites du même Port annoncent
qu'il y eft arrivé un Navire Anglois , appellé la
Sufanne , d'environ trois cens tonneaux qui revenoit
d'Antigues avec un chargement compofé
de fucre , de coton , de taffia & de bois pour
teinture. Cette prife , qu'on eftime plus de trois
cens mille livres , a été faite par le Corfaire le
Volcan , de Saint- Malo , dont eſt Capitaine M.
Nicolas Rogerie.
Le Capitaine Peltier , qui commande le Corfaire
le Surprenant , de ce dernier Port , y a conduit
le Navire Anglois la Princeffe Auguste , de 150
tonneaux , dont il s'eft emparé , & qui alloit de
Peterſbourgà Cork avec un chargement confiftant
en chanvre & en fer.
Le fieur Mathieu Dumont , commandant le Corfaire
le Hardi Mendiant , de Dunkerque , a rançonné
pour huit cens livres fterlings le Navire
Anglois l'Expédition , de Buravoc , dont il s'étoit
rendu maître.
On mande de Cherbourg , que le Capitaine
de Ferne , qui commande le Corfaire l'Infernal
, du Havre , a fait conduire dans ce premier,
Port un Navire Anglois , de 140 tonneaux , dont
JANVIER. 1757. 229
il s'eft emparé , & qui eft chargé de morue féche &
d'huile.
Les Navires Anglois , l'Annabelle , de 200 tonneaux
, chargé de pelleteries , de goudron & de
thérébentine , & le Belveder , de 80 tonneaux
n'ayant que fon left , ont été pris par le Corfaire
le Lys , d'Audierne , & conduits à Morlaix.
Des lettres écrites de Bayonne marquent que
le Navire Anglois , appellé le Beaver , de Londres ,
de 150 tonneaux , chargé de marchandiſes féches,
a été conduit dans ce premier Port , & qu'il
a été pris par le Capitaine de Cock , commandant
le Corfaire le Comte de Maurepas , de Bordeaux.
Nous donnerons dans le Mercure prochain , le
détail de la tenue du Lit de Juftice , avec les Edit
Déclarations qui y ont été enregistrés.
Brienne , Lieutenant - Général de fes Armées Navales
, la place de Vice- Amiral , vacante par la
mort de M. de Macnemara , le 27 Novembre le
Marquis de Conflans prêta ferment en cette qualité
entre les mains de Sa Majesté.
Sa Majefté a accordé à M. le Comte de Vaudreuil
, auffi Lieutenant- Général des Armées Navales
, la Grand'Croix de l'Ordre Royal & Militaire
de Saint Louis , qui vaquoit par la même
mort.
Selon des lettres de Toulon , les Frégates la
Gracieufe & la Topafe y revinrent le 8 Novembre
de Corfe , & la Frégate la Junon le 13. Elles
ont conduit à cette Ifle les troupes Françoifes ,
commandées pour y paffer. Les mêmes lettres
marquent , que le 2 la Gracieuſe a fait à Calvi
le débarquement de la partie du Convoi , deſtinée
pour ce Port. La Topafe fit le 3 à San Fiorenzo
le débarquement , dont elle étoit chargée , & la
Junon , qui n'a pu arriver que le 6 à Ajaccio
, y a fait ce jour là & le lendemain , le débarquement
des troupes quí étoient fous fon
convoi.
La Flûte du Roi l'Outarde eft arrivé le 15 Novembre
dans le Port de Breft. Elle avoit été expédiée
de Rochefort au mois d'Avril , pour porter
des recrues en Canada. Elle eft repartie de
de Quebec le 7 Octobre , & a débarqué à Brest
Ky
226 MERCURE DE FRANCE.
180 prifonniers Anglois , provenans de la Garnifon
des Forts de Choueguen. On n'apprend point
par les lettres venues par ce Bâtiment , qu'il fe
foit paffé rien d'intéreffant dans ce pays- là depuis
la prife de ces Forts .
Meffire Didier-François- René Mefnard, Seigneur
de Choufy , Contrôleur Général de la maifon du
Roi , procureur Général du Confeil de la Reine ,
en furvivance , fils de Meffire François - Didier
Mefnard , Me des Comptes à Paris , & Procureur
Général du Confeil de la Reine , & de Dame
Anne- Marie Pean , époufa le 22 du mois de
Novembre , dans la Chapelle de la Bibliotheque
du Roi , Damoiſelle Marie-Roze Vaffal , fille de
Meffire Jean Vaffal , Ecuyer, Confeiller , Secretaire
du Roi , Maiſon , Couronne de France, fucceffivement
à feu , N.... Vaffale fon Pere , & de feue
Dame Julie du Weils .
Le 25 Novembre, les Penfionnaires de l'Abbaye
Royale de Panthemont donnerent une grande
Mufique pour la fête de Madame l'Abbeffe
Catherine de Béthify. Mademoifelle Sixte , dont
on connoît le talent , chanta le Motet Ufquequò ,
de M. Mouret. M. Balbaftre fit exécuter pendant
la Meffe plufieurs de fes Concerto- d'Orgue avec
fymphonie , que l'on entend toujours avec de
nouveaux fentimens de plaifir & d'admiration.
Sa réputation y avoit attiré la compagnie la plus
brillante.
Le Roi a accordé des Lettres de Nobleffe à
M. Guerin, Chirurgien-Major de la feconde Compagnie
des Moufquetaires.
M. de Saldanha , Principal de la Patriarchale
de Lifbonne , arrivé depuis quelques jours à Paris
, pour réfider auprès du Roi en qualité d'Ambaffadeur
du Roi de Portugal , eut le 7 Novembre
JANVIER. 1757. 227
fa premiere audience particuliere du Roi & de la
Famille royale .
Le Roi a accordé un Brevet de Confeiller d'Etat
à M. Blondel , ci - devant fon Miniftre en différentes
Cours .
Le Capitaine Dominique Lauga , commandant
le Corfaire la Junon , de Bayonne , y a fait conduire
le Navire Anglois l'Eftandre , de Lancaftre ,
dont il s'eft emparé , & qui alloit à la Jamaïque
avec un chargement compofé de cinquante- cinq
futailles de diverfes marchandiſes , de centfoixante
barriques de boeuf , de mille barriques de beurre ,
& de trois cens quatre-vingt- dix caiffes de chandelle
.
Le Capitaine Jean Mare , commandant le Corfaire
le Levrier , de Dunkerque , y eft rentré avec
deux rançons montant enſemble à ſept cens livres
fterlings .
Le Capitaine Pierre le Maître , dit Rondel ,
qui commande le Corfaire la Nanon , de Calais ,
y a conduit le Navire Anglois la Providence,
de Sunderland, de 120 tonneaux , chargé de charbon
de terre.
Il eft arrivé dans la Rade de Lomariaquer un
Navire Anglois , appellé le Jofeph , de Cork , de
140 tonneaux , dont la cargaifon eft compofée
de vin , de fel & de citrons ; il a été pris par
le Capitaine Moleres , commandant le Corfaire
le Glorieux , de la Rochelle.
M. de la Touraudais , Capitaine du Corfaire
le Port-Mahon , de Saint - Malo , a fait conduire
à Breft le Navire Anglois la Lady , de 160 ton →
neaux , dont il s'eft rendu maitre Ce Bâtiment
alloit de Londres à Philadelphie , avec un chargement
de marchandifes féches . On a trouvé dans
la calle douze canons & des armes bianches ,
K vi
228 MERCURE DE FRANCE.
deftinés pour un Corfaire qu'on arme à la Nouvelle
York .
Le Navire Anglois l'Aventure , de 160 tonneaux
, chargé de 47 milliers de merrain , a été
pris par le Corfaire l'Espérance , de Bayonne
dont eft Capitaine M. Souhaignet , & il a été
conduit en ce Port.
M. Fuftel de la Villehoux , Enſeigne de Vaiffeau ,
commandant la Corvette du Roi la Mouche , a pris
& a conduit le 2 Novembre , à Breft , le Corſaire le
Millford , de Garnezey , armé de fix canons , &
de 30 hommes d'équipage.
D'autres lettres écrites du même Port annoncent
qu'il y eft arrivé un Navire Anglois , appellé la
Sufanne , d'environ trois cens tonneaux qui revenoit
d'Antigues avec un chargement compofé
de fucre , de coton , de taffia & de bois pour
teinture. Cette prife , qu'on eftime plus de trois
cens mille livres , a été faite par le Corfaire le
Volcan , de Saint- Malo , dont eſt Capitaine M.
Nicolas Rogerie.
Le Capitaine Peltier , qui commande le Corfaire
le Surprenant , de ce dernier Port , y a conduit
le Navire Anglois la Princeffe Auguste , de 150
tonneaux , dont il s'eft emparé , & qui alloit de
Peterſbourgà Cork avec un chargement confiftant
en chanvre & en fer.
Le fieur Mathieu Dumont , commandant le Corfaire
le Hardi Mendiant , de Dunkerque , a rançonné
pour huit cens livres fterlings le Navire
Anglois l'Expédition , de Buravoc , dont il s'étoit
rendu maître.
On mande de Cherbourg , que le Capitaine
de Ferne , qui commande le Corfaire l'Infernal
, du Havre , a fait conduire dans ce premier,
Port un Navire Anglois , de 140 tonneaux , dont
JANVIER. 1757. 229
il s'eft emparé , & qui eft chargé de morue féche &
d'huile.
Les Navires Anglois , l'Annabelle , de 200 tonneaux
, chargé de pelleteries , de goudron & de
thérébentine , & le Belveder , de 80 tonneaux
n'ayant que fon left , ont été pris par le Corfaire
le Lys , d'Audierne , & conduits à Morlaix.
Des lettres écrites de Bayonne marquent que
le Navire Anglois , appellé le Beaver , de Londres ,
de 150 tonneaux , chargé de marchandiſes féches,
a été conduit dans ce premier Port , & qu'il
a été pris par le Capitaine de Cock , commandant
le Corfaire le Comte de Maurepas , de Bordeaux.
Nous donnerons dans le Mercure prochain , le
détail de la tenue du Lit de Juftice , avec les Edit
Déclarations qui y ont été enregistrés.
Fermer
Résumé : « Le Roi a donné à M. le Marquis de Conflans-Brienne, Lieutenant-Général [...] »
En novembre, plusieurs nominations et distinctions ont été annoncées. Le Roi a nommé le Marquis de Conflans Vice-Amiral suite au décès de M. de Macnemara. Le Comte de Vaudreuil a reçu la Grand'Croix de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis. Sur le plan maritime, les frégates 'la Gracieuse', 'la Topaze' et 'la Junon' sont revenues à Toulon avec des troupes destinées à la Corse, tandis que 'l'Outarde' est arrivée à Brest avec des recrues pour le Canada et 180 prisonniers anglais. Didier-François-René Mesnard a épousé Marie-Rose Vassal. Les pensionnaires de l'Abbaye Royale de Panthemont ont célébré la fête de Madame l'Abbesse Catherine de Béthisy. Le Roi a accordé des lettres de noblesse à M. Guerin et un brevet de Conseiller d'État à M. Blondel. M. de Saldanha, ambassadeur du Roi de Portugal, a eu sa première audience privée avec le Roi et la famille royale. Plusieurs capitaines de corsaires français, dont Dominique Lauga, Jean Mare et Pierre le Maître, ont signalé des prises de navires anglais. En janvier 1757, des corsaires français ont capturé plusieurs navires anglais, notamment 'l'Annabelle' et 'le Belveder'. Enfin, le détail du Lit de Justice et des édits enregistrés sera publié dans le prochain numéro du Mercure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14437
p. 229-237
MARIAGE ET MORT.
Début :
Messire Charles-François-Marie Comte d'Aumale, Colonel dans le Corps [...]
Mots clefs :
Marquis, Comtes, Maison de Chastellard, Maison d'Hauterive, Marquis de Salieres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE ET MORT.
MARIAGE ET MORT.
MESSIRE Charles- François - Marie Comte d'Aumale
, Colonel dans le Corps d'Artillerie & du
Génie , fut marié le 23 Août 1756 , à Dame Génévieve
de Caulincourt , veuve de Meffire Benoît de la
Verde- des Vallons, Colonel d'Infanterie , Directeur
des Fortifications du Cambrefis. L'Abbé d'Aumale
fit la cérémonie du mariage dans la Chapelle
du Château d'Orfay. Leur contrat avoit été figné
le jour précédent par Leurs Majeftés . Le Comte
d'Aumale eft fils de feu Meffire Charles Comte
d'Aumale , Lieutenant - Général des Armées du
Roi , & Directeur des Fortifications des places
d'Artois , & de Dame Marie - Marguerite- Jofephe
de Blocquet-de Croix.
230 MERCURE DE FRANCE.
Meffire Alexis- Antoine de Chastellard , appellé
le Marquis de Salieres , né à Salins en 1687 ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , Grand-
Croix de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-
Louis , Infpecteur général de l'Infanterie , Gouverneur
d'Ardres , de Dieppe , & de l'Hôtel de
l'Ecole Royale- Militaire en 1752 , place dont il
donna fa démiffion en 1754 , mourut à Paris le
29 Février 1756.
D'Hauterive eft le premier nom de la maiſon
de Chaftellard en Dauphiné , qui a l'avantage
peu commun de juftifier une filiation exactement
fuivie depuis cinq fiecles. On trouve une preuve
bien authentique de la haute ancienneté du nom
d'Hauterive dans la vie d'Amédée d'Hauterive , Religieux
de l'Abbaye de Bonnevaux , Ordre de Cîteaux
, diocèfe de Vienne , où l'on conferve en
Original un Manuſcrit du treizieme fiecle, qui contient
cette vie écrite vers l'an 1185 par un Moine
de la même Abbaye.Amédée d'Hauterive , Seigneur
d'Hauterive en Viennois , de Planefe , de Charmes ,
de Lemps , de Clermont , de Saint - Geoire , & cor
Seigneur de plufieurs autres Terres , mérita par la
fainteté de fa vie le furnom de Vénérable. Il avoit
pour oncle maternel Guigues - Dauphin , Comte
d'Albon : Guigo ( 1 ) Delphinus , Comes Albioninfis,
ejus avunculusfuit , & ex illußri Conradi Imperatoris
profapia originis propaginem duxit. Le goût
pour la retraite le conduifit à l'Abbaye de Bonnevaux
, où il embraffa la vie Religeufe avec feize
Chevaliers de diftinction , qui s'étoient joints à lui.
Il quitta depuis ce Monaftere pour le retirer avec
Amédée fon fils dans la célebre Abbaye de Cluni ,
où les Lettres étoient en honneur & où on les cultivoit
avec fuccès. Les Religieux de Cluni perfuadés
(1) Vie d'Amédée-d'Hauterive , ch. 1 & 7.
JANVIER. 1757. 231
)
que l'inftruction qu'ils pouvoient donner à un fi
digne éleve ( Amédée le fils ) , quelque bonne
qu'elle pût être en foi , feroit bien au deffous de
celle qui lui convenoit à tous égards , crurent ne
pouvoir faire rien de mieux que de s'en décharger
promptement fur l'Empereur Conrad fon parent ,
qui en effet ne négligea rien pour l'élever d'une
maniere qui répondît dignement à la nobleffe de
fon extraction , & qui prit de lui le même foin
pendant plufieurs années , que s'il eût été fon
propre fils filium ( 1 ) quoque ( Amedeum ) ipfius
( Amedei ) cum gaudio fufcipientes , poft dies aliquot
in Germaniam ad confanguineum fuum Con-.
radum Imperatorem delegárunt , qui eum gratanter
fufcipiens , eruditiffimis Doctoribus erudiendum
tradidit, multoque tempore curam illius, ac veluti fi
fpecialiter ejus filius effet, ita peregit . Cependant le
Vénérable Amédée fe reprochant de n'avoir pas
perfévéré conftamment dans fa premiere voca
tion , fonda quatre Monafteres qu'il foumit à celui
de Bonnevaux où il étoit retourné , & où il
mourut plein de mérite & de bonnes oeuvres le
14 Janvier , vers l'an 1150. Les Religieux de
l'Ordre de Cîteaux le mettent au nombre de leurs
Saints .
Amédée fils du précédent , prit l'habit Reli
gieux dans l'Abbaye de Clairvaux , & fut enfuite
Abbé de Hautecombe en Savoye , puis Evêque de
Lauſanne. Il eſt mis auffi au nombre des Saints de
POrdre de Câteaux
Berlion d'Hauterive ou de Chaftellard, I. du nom
Damoiſeau , eft celui où commence la filiation
fuivie de cette maifon de Chaftellard . Il époufa
d'abord Elifabeth ; & étoit remarié en 1262 avec
Blanchette Gaudin , fille de Guillaume Gaudin
( 1 ) Ibidem , chap. § .
1
232 MERCURE DE FRANCE.
Chevalier , & de Dame Girine ; fit fon teſtament
dans fa maifon d'Hauterive , en Viennois , le Vendredi
avant la Fête de Saint- Luc 1295 , & en
nomma éxécuteurs Pons ou Poncet , Seigneur
d'Hauterive, dont il étoit vaffal, & Aymard de Rovoire,
Chevalier , fon parent. Du premier lit il eut
Guigonne,qui époufa en 1279 , Antelme - Aynier , Danofeau
; & de l'un des deux lits , Nicolas qui fuit.
Nicolas d'Hauterive ou de Caftellard , Damoiſeau
, demanda en mariage le Jeudi après la Fête
de Sainte- Luce 1292 , Guillemette de Givort , fille
Guillaume de Givort, Chevalier; époufa depuis Catherine
de Clavayfon , fille de Guillaume de Clavayfon
, Chevalier , par contrat du mardi après la Fête
de la Magdeleine 1295 paffé en préfence de Pons
Seigneur d'Hauterive , & vivoit encore en 1335.
Pierre d'Hauterive ou de Chaſtellard ſon fils ,
Damoifeau , eut pour femme Agnès Roftain , &
fit fon teftament à Hauterive le 23 Mars 1341 ,
c'eſt- à - dire 1342 , par lequel entr'autres difpofitions
il donna fa maison d'Hauterive , avec ce qui
lui appartenoit dans la Seigneurie d'Hauterive ,
à Pierre & à Humbert d'Hauterive -Damoiſeaux .
Il eut entr'autres enfans 1. Berlion qui fuit , &
2. Catherine , femme de Hugues Maugiron , Chevalier.
Berlion d'Hauterive ou de Chaftellard , deuxieme
du nom , Chevalier , qualifié noble & puiſſant
homme en 1351 , époufa en 1362 , Françoile de
Quincieu , fille de noble Aymaron de Quincieu ,
fit hommage en 1375 à Joachim de Clermont
Seigneur d'Hauterive , pour tout ce qu'il poffédoit
dans l'étendue de la Seigneurie d'Hauterive ; vivoir
encore le 15 Août 1395 ; & mourut avant le
9 Décembre 1398. Il eut pour enfans , 1. Pierre
de Chaftellard, qui époula en 1394, Marguerite de
JANVIER. 1757. 233
la Baftie,fille de noble & puiffant homme Rolland
de la Baftie , Chevalier Seigneur de Saint -Roman ,
& qui fit fon teftament en 1398 , par lequel il
voulut être enterré dans le Cimetiere de l'Eglife de
Saint Martin-d'Auferin à Hauterive , au tombeau
de fon pere ; & 2. Guillaume , qui fuit .
Guillaume de Chaftellard , Chevalier , époufa
en 1395 , Béatrix de Murinais, fille de noble Odobert
de Murinais . La qualité de noble & puiffant
lui eft donnée dans une fentence rendue à fon profit
en 1439 , contre noble Humbert de Buffevant ,
par le Vice-Juge - Mage des appellations de tout
le Dauphiné ; & on la lui donne encore dans un
acte de l'an 1450 ; mais il ne vivoit plus alors . Il
eut deux enfans , 1. Pierre de Chaftellard qui épou
fa Catherine d'Urre , ſuivant un mémoire domeftique
dreffé récemment , lequel ajoute que ce Pierre
a fait la branche de Saint Lattier qui eſt éteinte ;
& 2. Antoine qui fuit.
Antoine de Chaftellard , Damoifeau , donataire
d'Antoine de Clermont , Chevalier , Seigneur
d'Hauterive, pour la troisieme partie des revenus de
la Châtellenie d'Hauterive , par acte du 9 Août
1442 , époufa peu de temps après Anne Ollanier ,
fille de noble Pons Ollanier ; déclara le 20 No- .
vembre 1450 , qu'il devoit & qu'il vouloit tenir
dorénavant du Dauphin de Viennois tous les biens
qu'il avoit poffédés jufque- là en franc - aleu dans
le mandement de Moras ; & tefta le 13 ..... de
la même année 1450. On lui connoît un fils qui
fuit & une fille appellée Catherine de Chaftellard
femme de noble Antoine du Palais.
Claude de Chaftellard premier du nom Damoifeau
, époufa par contrat du 8 Fevrier 1472 , c'eftà-
dire 1473 , Louiſe de Breffieu , fille de puiffant
homme François de Breffieu , Chevalier , Seigneur
234 MERCURE DE FRANCE.
de Beaucroiffant & de Quincenet. Il eut entr'autres
enfans , 1. Aynard qui fuit ; & 2. Françoise
de Chaftellard, qui époufa en 1492, noble Jean Salignon
. Dans le même temps paroiffent Philippe de
Chaftellard , Abbeffe de Saint André le haut à
Vienne en 1525 , date d'un acte où pend un fceau
fur lequel on voit les trois chevrons qui défignent
les Armes de la maifon de Chaftellard ; & Louiſe
de Chaftellard, élue Abbeffe de Sainte Claire d'Annonay
le premier Novembre 1538.
Aynard de Chaftellard, Seigneur de Chaftellard
dans le mandement d'Hauterive , époufa en 1515
Catherine de Chavanes , fille de noble Jean de
Chavanes , & tefta en 1556. On lui connoît entr'autres
enfans 1. Simon qui fuit, & 2. Antoine de
Chaftellard , Seigneur de Vaux , qui époufa Fleurie
de Chapponay , & qui ( fuivant un mémoire
domeftique drefflé récemment ) a formé les bran
ches de Vaux , de Levaux & d'Herpieu , qui font
éteintes.
Simon de Chaftellard , Seigneur de Chaftellardlès-
Hauterive & de Levaux , époufa Antoinette
Barbier , & tefta en 1588. Ses enfans furent entr'autres
, 1. Claude qui fuit , & 2. Antoinette
de Chaftellard , veuve en 1588 , de noble Imbaud
du Cros.
Claude de Chaftellard , fecond du nom , Seigneur
de Chaftellard - lès - Hauterive , inftitué
héritier univerfel de fon pere en 1588 , pour tous
les biens qu'il poffédoit dans le mandement d'Hauterive
& de Moras , époufa en 1593 , Jeanne Mufy
, foeur de Simon Mufy, Maître & Auditeur en
la Chambre des Comptes de Dauphiné ; & tefta
en 1611. Il eut entr'autres enfans , 1. Alexandre
qui fuit ; 2. Melchior de Chaftellard , Capitaine
d'Infanterie en 1632 ; 3. Henry qui a formé la
JANVIER. 1757. 235
Branche de Chaftellard- Salieres , rapportée ciaprés
; & 4. Claude de Caftellard , femme de noble
Balthafar de Fotte , Sieur de la Freidiere.
Alexandre de Chaftellard , Seigneur de Chaſtellard-
lès-Hauterive , Capitaine dans le Régiment
de Nereftang , marié en 1624 , avec Catherine
de Legue , ou de Laigue , fille de Noble Claude
de Legue, Seigneur de Legue & de la Sabliere ,
& de Louiſe du Peloux , fit fon teftament en 1659,
dans lequel il rappelle tous fes enfans au nombre
de neuf, qui fuivent . 1. Chriftophe de Chaftellard
Seigneur de Chaſtellard- lès- Hauterive , commanda
le Régiment de Bourbonnois , & mourut fans
poftérité ; 2. Georges de Chaftellard , Sieur de la
Contamine , Capitaine dans le Régiment de Bourbonnois
; 3. François a continué la defcendance ;
4. Antoine de Chaſtellard , Chanoine de Saint André
le Bas, à Vienne , & Prieur de Saint Pierre - de
Chandieu ; s . Charles de Chaftellard , Oratorien ,
6. Marie de Chaſtellard , Abbeffe de Notre- Dame
de Bons en Bugey ; 7. Reine de Chaftellard , Urfeline
à Romans , fous le nom de Soeur de Saint
Joachim; 8. Louife Magdeleine de Chaftellard,femme
de noble Charles de Gruel, Seigneur de Fonta
gier ; & 9. Claudine de Chaftellard , Abbeffe de
Bons en Bugey , après Marie de Chaftellard fa
foeur.
François de Chaftellard , Seigneur de Chastellardlès
-Hauterive, époufa en 1690 ,Virgine de Virieude
Beauvoir , fille d'Andréde Virieu - de Beauvoir ,
Seigneur & Baron de Faverges , & de Marguerite
de Virieu -de Beauvoir. Il eut quatre enfans , 1.
Christophe qui fuit ; 2. 3. & 4. Marie de Chastellard
, Marie-Anne de Chaftellard , Catherine de
Chaftellard , Religieufes de la Vifitation à Saint
Marcellin , dont deux font mortes.
236 MERCURE DE FRANCE.
Christophe de Chaftellard , Seigneur de Chatellard-
lès -Hauterive , de la Maifonblanche , de Fontagé
, &c . appellé le Comte de Chastellard , a
époufé en 1716 , Marguerite Roux-Deageant , fille
de François Roux- Deageant, Seigneur de Morges,
& de Marguerite de Virieu -de-l'onterrey . Ses
enfans font au nombre de trois . 1. François de
Chaftellard , appellé le Marquis de Chastellard ,
Brigadier des Armées du Roi , Colonel d'Infanterie
, & Lieutenant Colonel du Régiment des
Gardes de Lorraine , a époufé le 18 Décembre
1755 , Marie- Thérefe de la Morte-de Laval, Dame
de la Morte- Chalencon , de Vors , & c . fille de
Jean-René de la Morte , Seigneur des mêmes Terres
, & de Marie- Louiſe de Manent- de Montaux .
2. Pierre-Jacques de Chaftellard , appellé le Chevalier
de Chaftellard , Major du Régiment des
Gardes de Lorraine . 3. Antoine -Claude de Chaſtellard
, Chanoine du Chapitre Noble de Saint
Pierre de Vienne.
Branche des Marquis de Salieres.
Henry de Chaftellard , appellé le Marquis de
Salieres , Colonel d'Infanterie , Commandant le
Régiment de Carignan en 1664 , commandoit en
1670, ce même Regiment pour le fervice de S. M.
en Canada. Il étoit auffi Gentilhomme ordinaire
de la Chambre du Roi ; & il eut pour femme
Honorée de Maty , dont il eut 1. François -Balthafar
qui fuit , & 2. Claudine de Chaſtellard qui
époufa en 1670 , Noble Jean de Rignac.
François- Balthafar de Chaftellard appellé le
Marquis de Salieres , Colonel d'Infanterie , Com
mandant des forts & Ville de Salins , marié en
1681 , avec Anne- Louiſe d'Affigny , fille de Noble
Pierre d'Affigny, Seigneur de Préaumont, & de JeanJANVIER.
1757. 237
ne du Coclet , mourut en 1720. Il fut pere d'Alexis-
Antoine, qui a donné lieu à cet article , & de
Louife - Henriette de Chaftellard qui époufa en
1712 , Claude - Raimond Comte de Narbonne-
Pelet , & mourut en 1751.
La maifon de Chaftellard porte pour Armes .
d'or à trois chevrons d'Azur ; & le détail qu'on
vient d'en donner eft tiré de fon Hiftoire Généalogique
certifiée véritable le 10 Mai 1756 , par
M. d'Hozier- de Sérigny , Juge d'Armes de
France en furvivance , & imprimée ( in-folio )
avec un corps de preuves ou pieces juftificatives ,
depuis l'an 1262 , fuivies de la vie en latin du Vénérable
Amédée d'Hauterive dont on a parlé au
commencement de cet article.
MESSIRE Charles- François - Marie Comte d'Aumale
, Colonel dans le Corps d'Artillerie & du
Génie , fut marié le 23 Août 1756 , à Dame Génévieve
de Caulincourt , veuve de Meffire Benoît de la
Verde- des Vallons, Colonel d'Infanterie , Directeur
des Fortifications du Cambrefis. L'Abbé d'Aumale
fit la cérémonie du mariage dans la Chapelle
du Château d'Orfay. Leur contrat avoit été figné
le jour précédent par Leurs Majeftés . Le Comte
d'Aumale eft fils de feu Meffire Charles Comte
d'Aumale , Lieutenant - Général des Armées du
Roi , & Directeur des Fortifications des places
d'Artois , & de Dame Marie - Marguerite- Jofephe
de Blocquet-de Croix.
230 MERCURE DE FRANCE.
Meffire Alexis- Antoine de Chastellard , appellé
le Marquis de Salieres , né à Salins en 1687 ,
Lieutenant Général des Armées du Roi , Grand-
Croix de l'Ordre Royal & Militaire de Saint-
Louis , Infpecteur général de l'Infanterie , Gouverneur
d'Ardres , de Dieppe , & de l'Hôtel de
l'Ecole Royale- Militaire en 1752 , place dont il
donna fa démiffion en 1754 , mourut à Paris le
29 Février 1756.
D'Hauterive eft le premier nom de la maiſon
de Chaftellard en Dauphiné , qui a l'avantage
peu commun de juftifier une filiation exactement
fuivie depuis cinq fiecles. On trouve une preuve
bien authentique de la haute ancienneté du nom
d'Hauterive dans la vie d'Amédée d'Hauterive , Religieux
de l'Abbaye de Bonnevaux , Ordre de Cîteaux
, diocèfe de Vienne , où l'on conferve en
Original un Manuſcrit du treizieme fiecle, qui contient
cette vie écrite vers l'an 1185 par un Moine
de la même Abbaye.Amédée d'Hauterive , Seigneur
d'Hauterive en Viennois , de Planefe , de Charmes ,
de Lemps , de Clermont , de Saint - Geoire , & cor
Seigneur de plufieurs autres Terres , mérita par la
fainteté de fa vie le furnom de Vénérable. Il avoit
pour oncle maternel Guigues - Dauphin , Comte
d'Albon : Guigo ( 1 ) Delphinus , Comes Albioninfis,
ejus avunculusfuit , & ex illußri Conradi Imperatoris
profapia originis propaginem duxit. Le goût
pour la retraite le conduifit à l'Abbaye de Bonnevaux
, où il embraffa la vie Religeufe avec feize
Chevaliers de diftinction , qui s'étoient joints à lui.
Il quitta depuis ce Monaftere pour le retirer avec
Amédée fon fils dans la célebre Abbaye de Cluni ,
où les Lettres étoient en honneur & où on les cultivoit
avec fuccès. Les Religieux de Cluni perfuadés
(1) Vie d'Amédée-d'Hauterive , ch. 1 & 7.
JANVIER. 1757. 231
)
que l'inftruction qu'ils pouvoient donner à un fi
digne éleve ( Amédée le fils ) , quelque bonne
qu'elle pût être en foi , feroit bien au deffous de
celle qui lui convenoit à tous égards , crurent ne
pouvoir faire rien de mieux que de s'en décharger
promptement fur l'Empereur Conrad fon parent ,
qui en effet ne négligea rien pour l'élever d'une
maniere qui répondît dignement à la nobleffe de
fon extraction , & qui prit de lui le même foin
pendant plufieurs années , que s'il eût été fon
propre fils filium ( 1 ) quoque ( Amedeum ) ipfius
( Amedei ) cum gaudio fufcipientes , poft dies aliquot
in Germaniam ad confanguineum fuum Con-.
radum Imperatorem delegárunt , qui eum gratanter
fufcipiens , eruditiffimis Doctoribus erudiendum
tradidit, multoque tempore curam illius, ac veluti fi
fpecialiter ejus filius effet, ita peregit . Cependant le
Vénérable Amédée fe reprochant de n'avoir pas
perfévéré conftamment dans fa premiere voca
tion , fonda quatre Monafteres qu'il foumit à celui
de Bonnevaux où il étoit retourné , & où il
mourut plein de mérite & de bonnes oeuvres le
14 Janvier , vers l'an 1150. Les Religieux de
l'Ordre de Cîteaux le mettent au nombre de leurs
Saints .
Amédée fils du précédent , prit l'habit Reli
gieux dans l'Abbaye de Clairvaux , & fut enfuite
Abbé de Hautecombe en Savoye , puis Evêque de
Lauſanne. Il eſt mis auffi au nombre des Saints de
POrdre de Câteaux
Berlion d'Hauterive ou de Chaftellard, I. du nom
Damoiſeau , eft celui où commence la filiation
fuivie de cette maifon de Chaftellard . Il époufa
d'abord Elifabeth ; & étoit remarié en 1262 avec
Blanchette Gaudin , fille de Guillaume Gaudin
( 1 ) Ibidem , chap. § .
1
232 MERCURE DE FRANCE.
Chevalier , & de Dame Girine ; fit fon teſtament
dans fa maifon d'Hauterive , en Viennois , le Vendredi
avant la Fête de Saint- Luc 1295 , & en
nomma éxécuteurs Pons ou Poncet , Seigneur
d'Hauterive, dont il étoit vaffal, & Aymard de Rovoire,
Chevalier , fon parent. Du premier lit il eut
Guigonne,qui époufa en 1279 , Antelme - Aynier , Danofeau
; & de l'un des deux lits , Nicolas qui fuit.
Nicolas d'Hauterive ou de Caftellard , Damoiſeau
, demanda en mariage le Jeudi après la Fête
de Sainte- Luce 1292 , Guillemette de Givort , fille
Guillaume de Givort, Chevalier; époufa depuis Catherine
de Clavayfon , fille de Guillaume de Clavayfon
, Chevalier , par contrat du mardi après la Fête
de la Magdeleine 1295 paffé en préfence de Pons
Seigneur d'Hauterive , & vivoit encore en 1335.
Pierre d'Hauterive ou de Chaſtellard ſon fils ,
Damoifeau , eut pour femme Agnès Roftain , &
fit fon teftament à Hauterive le 23 Mars 1341 ,
c'eſt- à - dire 1342 , par lequel entr'autres difpofitions
il donna fa maison d'Hauterive , avec ce qui
lui appartenoit dans la Seigneurie d'Hauterive ,
à Pierre & à Humbert d'Hauterive -Damoiſeaux .
Il eut entr'autres enfans 1. Berlion qui fuit , &
2. Catherine , femme de Hugues Maugiron , Chevalier.
Berlion d'Hauterive ou de Chaftellard , deuxieme
du nom , Chevalier , qualifié noble & puiſſant
homme en 1351 , époufa en 1362 , Françoile de
Quincieu , fille de noble Aymaron de Quincieu ,
fit hommage en 1375 à Joachim de Clermont
Seigneur d'Hauterive , pour tout ce qu'il poffédoit
dans l'étendue de la Seigneurie d'Hauterive ; vivoir
encore le 15 Août 1395 ; & mourut avant le
9 Décembre 1398. Il eut pour enfans , 1. Pierre
de Chaftellard, qui époula en 1394, Marguerite de
JANVIER. 1757. 233
la Baftie,fille de noble & puiffant homme Rolland
de la Baftie , Chevalier Seigneur de Saint -Roman ,
& qui fit fon teftament en 1398 , par lequel il
voulut être enterré dans le Cimetiere de l'Eglife de
Saint Martin-d'Auferin à Hauterive , au tombeau
de fon pere ; & 2. Guillaume , qui fuit .
Guillaume de Chaftellard , Chevalier , époufa
en 1395 , Béatrix de Murinais, fille de noble Odobert
de Murinais . La qualité de noble & puiffant
lui eft donnée dans une fentence rendue à fon profit
en 1439 , contre noble Humbert de Buffevant ,
par le Vice-Juge - Mage des appellations de tout
le Dauphiné ; & on la lui donne encore dans un
acte de l'an 1450 ; mais il ne vivoit plus alors . Il
eut deux enfans , 1. Pierre de Chaftellard qui épou
fa Catherine d'Urre , ſuivant un mémoire domeftique
dreffé récemment , lequel ajoute que ce Pierre
a fait la branche de Saint Lattier qui eſt éteinte ;
& 2. Antoine qui fuit.
Antoine de Chaftellard , Damoifeau , donataire
d'Antoine de Clermont , Chevalier , Seigneur
d'Hauterive, pour la troisieme partie des revenus de
la Châtellenie d'Hauterive , par acte du 9 Août
1442 , époufa peu de temps après Anne Ollanier ,
fille de noble Pons Ollanier ; déclara le 20 No- .
vembre 1450 , qu'il devoit & qu'il vouloit tenir
dorénavant du Dauphin de Viennois tous les biens
qu'il avoit poffédés jufque- là en franc - aleu dans
le mandement de Moras ; & tefta le 13 ..... de
la même année 1450. On lui connoît un fils qui
fuit & une fille appellée Catherine de Chaftellard
femme de noble Antoine du Palais.
Claude de Chaftellard premier du nom Damoifeau
, époufa par contrat du 8 Fevrier 1472 , c'eftà-
dire 1473 , Louiſe de Breffieu , fille de puiffant
homme François de Breffieu , Chevalier , Seigneur
234 MERCURE DE FRANCE.
de Beaucroiffant & de Quincenet. Il eut entr'autres
enfans , 1. Aynard qui fuit ; & 2. Françoise
de Chaftellard, qui époufa en 1492, noble Jean Salignon
. Dans le même temps paroiffent Philippe de
Chaftellard , Abbeffe de Saint André le haut à
Vienne en 1525 , date d'un acte où pend un fceau
fur lequel on voit les trois chevrons qui défignent
les Armes de la maifon de Chaftellard ; & Louiſe
de Chaftellard, élue Abbeffe de Sainte Claire d'Annonay
le premier Novembre 1538.
Aynard de Chaftellard, Seigneur de Chaftellard
dans le mandement d'Hauterive , époufa en 1515
Catherine de Chavanes , fille de noble Jean de
Chavanes , & tefta en 1556. On lui connoît entr'autres
enfans 1. Simon qui fuit, & 2. Antoine de
Chaftellard , Seigneur de Vaux , qui époufa Fleurie
de Chapponay , & qui ( fuivant un mémoire
domeftique drefflé récemment ) a formé les bran
ches de Vaux , de Levaux & d'Herpieu , qui font
éteintes.
Simon de Chaftellard , Seigneur de Chaftellardlès-
Hauterive & de Levaux , époufa Antoinette
Barbier , & tefta en 1588. Ses enfans furent entr'autres
, 1. Claude qui fuit , & 2. Antoinette
de Chaftellard , veuve en 1588 , de noble Imbaud
du Cros.
Claude de Chaftellard , fecond du nom , Seigneur
de Chaftellard - lès - Hauterive , inftitué
héritier univerfel de fon pere en 1588 , pour tous
les biens qu'il poffédoit dans le mandement d'Hauterive
& de Moras , époufa en 1593 , Jeanne Mufy
, foeur de Simon Mufy, Maître & Auditeur en
la Chambre des Comptes de Dauphiné ; & tefta
en 1611. Il eut entr'autres enfans , 1. Alexandre
qui fuit ; 2. Melchior de Chaftellard , Capitaine
d'Infanterie en 1632 ; 3. Henry qui a formé la
JANVIER. 1757. 235
Branche de Chaftellard- Salieres , rapportée ciaprés
; & 4. Claude de Caftellard , femme de noble
Balthafar de Fotte , Sieur de la Freidiere.
Alexandre de Chaftellard , Seigneur de Chaſtellard-
lès-Hauterive , Capitaine dans le Régiment
de Nereftang , marié en 1624 , avec Catherine
de Legue , ou de Laigue , fille de Noble Claude
de Legue, Seigneur de Legue & de la Sabliere ,
& de Louiſe du Peloux , fit fon teftament en 1659,
dans lequel il rappelle tous fes enfans au nombre
de neuf, qui fuivent . 1. Chriftophe de Chaftellard
Seigneur de Chaſtellard- lès- Hauterive , commanda
le Régiment de Bourbonnois , & mourut fans
poftérité ; 2. Georges de Chaftellard , Sieur de la
Contamine , Capitaine dans le Régiment de Bourbonnois
; 3. François a continué la defcendance ;
4. Antoine de Chaſtellard , Chanoine de Saint André
le Bas, à Vienne , & Prieur de Saint Pierre - de
Chandieu ; s . Charles de Chaftellard , Oratorien ,
6. Marie de Chaſtellard , Abbeffe de Notre- Dame
de Bons en Bugey ; 7. Reine de Chaftellard , Urfeline
à Romans , fous le nom de Soeur de Saint
Joachim; 8. Louife Magdeleine de Chaftellard,femme
de noble Charles de Gruel, Seigneur de Fonta
gier ; & 9. Claudine de Chaftellard , Abbeffe de
Bons en Bugey , après Marie de Chaftellard fa
foeur.
François de Chaftellard , Seigneur de Chastellardlès
-Hauterive, époufa en 1690 ,Virgine de Virieude
Beauvoir , fille d'Andréde Virieu - de Beauvoir ,
Seigneur & Baron de Faverges , & de Marguerite
de Virieu -de Beauvoir. Il eut quatre enfans , 1.
Christophe qui fuit ; 2. 3. & 4. Marie de Chastellard
, Marie-Anne de Chaftellard , Catherine de
Chaftellard , Religieufes de la Vifitation à Saint
Marcellin , dont deux font mortes.
236 MERCURE DE FRANCE.
Christophe de Chaftellard , Seigneur de Chatellard-
lès -Hauterive , de la Maifonblanche , de Fontagé
, &c . appellé le Comte de Chastellard , a
époufé en 1716 , Marguerite Roux-Deageant , fille
de François Roux- Deageant, Seigneur de Morges,
& de Marguerite de Virieu -de-l'onterrey . Ses
enfans font au nombre de trois . 1. François de
Chaftellard , appellé le Marquis de Chastellard ,
Brigadier des Armées du Roi , Colonel d'Infanterie
, & Lieutenant Colonel du Régiment des
Gardes de Lorraine , a époufé le 18 Décembre
1755 , Marie- Thérefe de la Morte-de Laval, Dame
de la Morte- Chalencon , de Vors , & c . fille de
Jean-René de la Morte , Seigneur des mêmes Terres
, & de Marie- Louiſe de Manent- de Montaux .
2. Pierre-Jacques de Chaftellard , appellé le Chevalier
de Chaftellard , Major du Régiment des
Gardes de Lorraine . 3. Antoine -Claude de Chaſtellard
, Chanoine du Chapitre Noble de Saint
Pierre de Vienne.
Branche des Marquis de Salieres.
Henry de Chaftellard , appellé le Marquis de
Salieres , Colonel d'Infanterie , Commandant le
Régiment de Carignan en 1664 , commandoit en
1670, ce même Regiment pour le fervice de S. M.
en Canada. Il étoit auffi Gentilhomme ordinaire
de la Chambre du Roi ; & il eut pour femme
Honorée de Maty , dont il eut 1. François -Balthafar
qui fuit , & 2. Claudine de Chaſtellard qui
époufa en 1670 , Noble Jean de Rignac.
François- Balthafar de Chaftellard appellé le
Marquis de Salieres , Colonel d'Infanterie , Com
mandant des forts & Ville de Salins , marié en
1681 , avec Anne- Louiſe d'Affigny , fille de Noble
Pierre d'Affigny, Seigneur de Préaumont, & de JeanJANVIER.
1757. 237
ne du Coclet , mourut en 1720. Il fut pere d'Alexis-
Antoine, qui a donné lieu à cet article , & de
Louife - Henriette de Chaftellard qui époufa en
1712 , Claude - Raimond Comte de Narbonne-
Pelet , & mourut en 1751.
La maifon de Chaftellard porte pour Armes .
d'or à trois chevrons d'Azur ; & le détail qu'on
vient d'en donner eft tiré de fon Hiftoire Généalogique
certifiée véritable le 10 Mai 1756 , par
M. d'Hozier- de Sérigny , Juge d'Armes de
France en furvivance , & imprimée ( in-folio )
avec un corps de preuves ou pieces juftificatives ,
depuis l'an 1262 , fuivies de la vie en latin du Vénérable
Amédée d'Hauterive dont on a parlé au
commencement de cet article.
Fermer
Résumé : MARIAGE ET MORT.
Le texte décrit deux événements principaux et une généalogie détaillée d'une famille noble. Le 23 août 1756, Messire Charles-François-Marie Comte d'Aumale, colonel dans le Corps d'Artillerie et du Génie, épousa Dame Geneviève de Caulincourt, veuve de Messire Benoît de la Verde-des-Vallons. La cérémonie eut lieu dans la Chapelle du Château d'Orfay et fut célébrée par l'Abbé d'Aumale. Le Comte d'Aumale était le fils de feu Messire Charles Comte d'Aumale, lieutenant-général des Armées du Roi, et de Dame Marie-Marguerite-Josèphe de Blocquet-de Croix. Messire Alexis-Antoine de Chastellard, Marquis de Salieres, né à Salins en 1687, lieutenant-général des Armées du Roi, démissionna de sa fonction de gouverneur de l'Hôtel de l'École Royale Militaire en 1754 et décéda à Paris le 29 février 1756. La maison de Chastellard en Dauphiné, initialement nommée Hauterive, peut justifier une filiation suivie depuis cinq siècles. Une preuve de cette ancienneté est la vie d'Amédée d'Hauterive, religieux de l'Abbaye de Bonnevaux, dont la biographie fut écrite vers 1185 et conservée dans un manuscrit du XIIIe siècle. La généalogie de la famille de Chaftellard inclut plusieurs générations et leurs alliances matrimoniales. Parmi les membres notables, Pierre de Chaftellard, né en 1394, et son frère Guillaume, chevalier, sont mentionnés. Claude de Chaftellard épousa Louise de Breffieu en 1473. Aynard de Chaftellard, seigneur de Chaftellard, épousa Catherine de Chavanes en 1515. Alexandre de Chaftellard, capitaine dans le régiment de Néréstang, épousa Catherine de Legue en 1624. D'autres membres notables incluent Marie-Charlotte de la Morte-Chalencon, fille de Jean-René de la Morte et de Marie-Louise de Manent-de Montaux. Pierre-Jacques de Chaftellard, dit le Chevalier de Chaftellard, était Major du Régiment des Gardes de Lorraine. Antoine-Claude de Chaftellard était Chanoine du Chapitre Noble de Saint-Pierre de Vienne. Henry de Chaftellard, Marquis de Salieres, fut Colonel d'Infanterie et commanda le Régiment de Carignan au Canada. François-Balthazar de Chaftellard, également Marquis de Salieres, fut Colonel d'Infanterie et commandant des forts et de la ville de Salins.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14438
p. 237-238
AVIS.
Début :
Lecomte, Vinaigrier ordinaire du Roi & de la Reine, [...]
Mots clefs :
Lecomte, Vinaigrier, Vinaigre à la tronchin, Petite vérole, Rougeole, Maladies pestilentielles, Soin préventif, Vinaigre de turbie, Moutarde, Maladies des soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS.
AVIS.
ECOMTE , Vinaigrier ordinaire du Roi &
de la Reine , des Princes & Princeſſes de la Cour ,
donne avis au Public qu'il a fini , & met en
vente le vinaigre à la tronchin , qui eft un excellent
préfervatifcontre la petite Vérole , la Rougeole
, & autres maladies peftilencielles : fes vertus
font fi grandes , qu'il eft utile & même néceffaire
d'en avoir un flacon fur foi , afin d'être
à portée dans le beſoin de s'en frotter les temples
& mains , & d'en refpirer : il eft non feulement
utile aux perfonnes qui font obligées par
état de traiter & garder les malades , mais encore
à celles qui les vifitent par devoir , ou par
amitié, Il eft d'une qualité au deffus du vinaigre
des quatre voleurs , & eft approuvé de la Faculté
de la Cour. La maniere de s'en fervir eft de
tremper deux bracelets de toile préparée dans
ledit vinaigre , & d'en mettre un fur chaque
poignet tous les foirs en fe couchant ; on en
238 MERCURE DE FRANCE.
4
trouve de tout préparé chez ledit Lecomte.
Ledit Lecomte continue toujours avec fuccès
la vente du vinaigre fans pareil , qui non feulement
blanchit la peau du vifage , mais a encore
beaucoup d'autres propriétés.
Et le Radical , dit Turbie, pour la parfaite guérifon
des maux de dents. Le Romain qui les
blanchit & les conferve , ainfi que la bouche ,
& arrête le progrès de la carie . Sa poudre &
tartre de vinaigre préparé qui conferve l'émail
des dents , détruifant le limon qui s'y attache ,
& empêche qu'elles fe déchauffent.
Il vient d'augmenter fa Moutarde aux capres , &
aux anchois qui eft d'un goût agréable & gracieux ;
elle fe conferve deux ans dans fa même bonté.
Meffieurs les Officiers - Généraux & autres, trouveront
toujours chez lui pour les proviſions de
l'armée , tous les vinaigres qu'ils defireront ,
auffi -bien que les moutardes & fruits confits au
vinaigre , étant le mieux afforti , & en ayant déja
fourni beaucoup pendant les campagnes dernieres.
11 fe croit indifpenfablement obligé pour l'intérêt
de l'Etat & pour le bien public , d'annoncer
fon Vinaigre Royal , qui guérit la gangrene
la plus invétérée & abandonnée , auffi- bien
que les coups de feu , ce qui eft abfolument néceffaire
aux perfonnes qui font dans les armées ;
c'est ce que l'expérience prouve tous les jours.
Ledit Lecomte auroit déja fait inférer dans le
Mercure de France fon Vinaigre nouveau à la
tronchin , s'il n'avoit eu une grande maladie ,
dont il eft parfaitement rétabli ; quoique quelques-
uns de fes confreres ayent répandu dans les
provinces , où il continue de faire de confiderables
envois , qu'il étoit mort.
Sa demeure est toujours au quai de l'Ecole , près
le Pont- neuf , à la Renominée des vinaigres fins .
ECOMTE , Vinaigrier ordinaire du Roi &
de la Reine , des Princes & Princeſſes de la Cour ,
donne avis au Public qu'il a fini , & met en
vente le vinaigre à la tronchin , qui eft un excellent
préfervatifcontre la petite Vérole , la Rougeole
, & autres maladies peftilencielles : fes vertus
font fi grandes , qu'il eft utile & même néceffaire
d'en avoir un flacon fur foi , afin d'être
à portée dans le beſoin de s'en frotter les temples
& mains , & d'en refpirer : il eft non feulement
utile aux perfonnes qui font obligées par
état de traiter & garder les malades , mais encore
à celles qui les vifitent par devoir , ou par
amitié, Il eft d'une qualité au deffus du vinaigre
des quatre voleurs , & eft approuvé de la Faculté
de la Cour. La maniere de s'en fervir eft de
tremper deux bracelets de toile préparée dans
ledit vinaigre , & d'en mettre un fur chaque
poignet tous les foirs en fe couchant ; on en
238 MERCURE DE FRANCE.
4
trouve de tout préparé chez ledit Lecomte.
Ledit Lecomte continue toujours avec fuccès
la vente du vinaigre fans pareil , qui non feulement
blanchit la peau du vifage , mais a encore
beaucoup d'autres propriétés.
Et le Radical , dit Turbie, pour la parfaite guérifon
des maux de dents. Le Romain qui les
blanchit & les conferve , ainfi que la bouche ,
& arrête le progrès de la carie . Sa poudre &
tartre de vinaigre préparé qui conferve l'émail
des dents , détruifant le limon qui s'y attache ,
& empêche qu'elles fe déchauffent.
Il vient d'augmenter fa Moutarde aux capres , &
aux anchois qui eft d'un goût agréable & gracieux ;
elle fe conferve deux ans dans fa même bonté.
Meffieurs les Officiers - Généraux & autres, trouveront
toujours chez lui pour les proviſions de
l'armée , tous les vinaigres qu'ils defireront ,
auffi -bien que les moutardes & fruits confits au
vinaigre , étant le mieux afforti , & en ayant déja
fourni beaucoup pendant les campagnes dernieres.
11 fe croit indifpenfablement obligé pour l'intérêt
de l'Etat & pour le bien public , d'annoncer
fon Vinaigre Royal , qui guérit la gangrene
la plus invétérée & abandonnée , auffi- bien
que les coups de feu , ce qui eft abfolument néceffaire
aux perfonnes qui font dans les armées ;
c'est ce que l'expérience prouve tous les jours.
Ledit Lecomte auroit déja fait inférer dans le
Mercure de France fon Vinaigre nouveau à la
tronchin , s'il n'avoit eu une grande maladie ,
dont il eft parfaitement rétabli ; quoique quelques-
uns de fes confreres ayent répandu dans les
provinces , où il continue de faire de confiderables
envois , qu'il étoit mort.
Sa demeure est toujours au quai de l'Ecole , près
le Pont- neuf , à la Renominée des vinaigres fins .
Fermer
Résumé : AVIS.
Le document est une publicité de Lecomte, vinaigrier officiel du Roi, de la Reine et des Princes de la Cour. Lecomte met en vente le vinaigre à la tronchin, un remède préventif contre la petite vérole, la rougeole et d'autres maladies contagieuses. Ce vinaigre est recommandé pour se frotter les temples et les mains, ainsi que pour être respiré, notamment par ceux qui soignent ou visitent des malades. Il est présenté comme supérieur au vinaigre des quatre voleurs et approuvé par la Faculté de la Cour. L'utilisation suggérée est de tremper deux bracelets de toile dans le vinaigre et de les porter sur chaque poignet chaque soir. Lecomte propose également divers autres produits, tels qu'un vinaigre blanc pour la peau, un remède pour les maux de dents, un produit pour blanchir et conserver les dents, ainsi qu'une moutarde aux câpres et aux anchois. Il fournit également des vinaigres, moutardes et fruits confits au vinaigre pour les provisions de l'armée. De plus, il offre le vinaigre royal, efficace contre la gangrène et les blessures par armes à feu, essentiel pour les militaires. Lecomte dément les rumeurs de sa mort propagées par certains concurrents, affirmant être rétabli. Sa boutique est située au quai de l'École, près du Pont-Neuf, sous l'enseigne 'La Renommée des vinaigres fins'.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14439
p. 239
APPROBATION.
Début :
J'ai lu, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le premier volume du [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le premier volume du Mercure de Janvier , & je
n'y ai rien trouvé qui puifle en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 28 Décembre 1756.
GUIROY.
J'ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier,
le premier volume du Mercure de Janvier , & je
n'y ai rien trouvé qui puifle en empêcher l'impreffion.
A Paris , ce 28 Décembre 1756.
GUIROY.
Fermer
14440
p. 239-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article Premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Le Jeu d'Echecs, Fable, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
LEE Jeu d'Echecs , Fable ,
Complainte à l'Amour ,
page 7
8
Fragment d'hiftoire Egyptienne ,
Lettre traduite de l'Anglois ,
Epître à Madame D '..
Vers à M. le Marquis d'Argenſon ,
Stances à Mademoiſelle *** ,
9
19
23
24
34
Vers à Madame de S. N ...
35
Suite des Penfées fur la Converſation ,
36 Epître à Eglé ,
56
Bouquet à la Czarine ,
Impromptu
L'Amant anonyme , Nouvelle ,
Vers à Madame la Vicomteffe de N ***.
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure de Décembre ,
Enigme & Logogryphe ,
Le Roi de la Feve , Chanson ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
ibid.
ibid.
102
Extrait du Mémoire de M. l'Abbé Nollet , fur les
moyens de fuppléer à l'ufage de la Glace , 103
63
95
97
99
240
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
,
113
Séance publique de l'Académie de Besançon , 130
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Géographie. Suite de la Lettre de Dom Calmet ,
fur la terre de Geſſen , &c.
Chirurgie.
145
163
Suite de la Séance de l'Académie de Rouen , 165
ART. IV. BEAUX - ARTS.
Mufique. Réponſe de M. de Morambert à la Lettre
de M. Rouffier ,
Gravure.
181
189
Architecture. Lettre au fujet du choeur de S. Germain-
l'Auxerrois , 192
Horlogerie. Lettre fur des Cadrans d'une nouvelle
invention ,
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoife .
199
201
Vers fur Mademoiſelle Dangeville , ibid.
Comédie Italienne. 204.
Concert Spirituel ,
205
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 207
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. 225
Mariage & Mort ,
229
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
LEE Jeu d'Echecs , Fable ,
Complainte à l'Amour ,
page 7
8
Fragment d'hiftoire Egyptienne ,
Lettre traduite de l'Anglois ,
Epître à Madame D '..
Vers à M. le Marquis d'Argenſon ,
Stances à Mademoiſelle *** ,
9
19
23
24
34
Vers à Madame de S. N ...
35
Suite des Penfées fur la Converſation ,
36 Epître à Eglé ,
56
Bouquet à la Czarine ,
Impromptu
L'Amant anonyme , Nouvelle ,
Vers à Madame la Vicomteffe de N ***.
Explication de l'Enigme & du Logogryphe du
Mercure de Décembre ,
Enigme & Logogryphe ,
Le Roi de la Feve , Chanson ,
ART. II. NOUVELLES LITTERAIRES.
ibid.
ibid.
102
Extrait du Mémoire de M. l'Abbé Nollet , fur les
moyens de fuppléer à l'ufage de la Glace , 103
63
95
97
99
240
Extraits , Précis ou Indications de livres nouveaux
,
113
Séance publique de l'Académie de Besançon , 130
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
Géographie. Suite de la Lettre de Dom Calmet ,
fur la terre de Geſſen , &c.
Chirurgie.
145
163
Suite de la Séance de l'Académie de Rouen , 165
ART. IV. BEAUX - ARTS.
Mufique. Réponſe de M. de Morambert à la Lettre
de M. Rouffier ,
Gravure.
181
189
Architecture. Lettre au fujet du choeur de S. Germain-
l'Auxerrois , 192
Horlogerie. Lettre fur des Cadrans d'une nouvelle
invention ,
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoife .
199
201
Vers fur Mademoiſelle Dangeville , ibid.
Comédie Italienne. 204.
Concert Spirituel ,
205
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 207
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. 225
Mariage & Mort ,
229
Fermer
Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication structurée en six sections. La première section énumère des œuvres littéraires variées, telles que des fables, des complaintes, des fragments historiques, des lettres traduites, des épîtres, des stances, des nouvelles et des explications d'énigmes. Parmi les titres notables figurent 'Le Jeu d'Echecs', 'Complainte à l'Amour' et 'L'Amant anonyme'. La deuxième section aborde les nouvelles littéraires, incluant des extraits de mémoires, des indications de livres récents et une séance publique de l'Académie de Besançon. La troisième section traite des sciences et des belles-lettres, avec des contributions en géographie et en chirurgie. La quatrième section est consacrée aux beaux-arts, englobant la musique, la gravure, l'architecture et l'horlogerie. La cinquième section mentionne les spectacles, comme la comédie française et italienne, ainsi que les concerts spirituels. Enfin, la sixième section rapporte les nouvelles étrangères, les nouvelles de la cour et de Paris, ainsi que les annonces de mariages et de décès.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14441
p. 240
« La Chanson notée doit regarder la page 102. [...] »
Début :
La Chanson notée doit regarder la page 102. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Chanson notée doit regarder la page 102. [...] »
La Chanfen notée doit regarder la page 102 .
Fermer
14442
p. 240
« De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. Ant. Jombert. [...] »
De l'Imprimerie de Ch . Ant. Jombert.
Fermer
14443
p. 77-78
ENIGME.
Début :
J'altere la délicatesse [...]
Mots clefs :
Barbe
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME.
J''AALLTTEERREE la délicateſſe
Du lieu dont je ſuis l'ornement ;
Je viens toujours tout doucement ,
Et l'on me chaſſe avec viteſſe :
On ſeroit bien fâché de ne me point avoir.
Souvent on me defire avec impatience :
Mais dans le lieu de ma naiſſance
On ne sçauroit ſe réſoudre à me voir.
Si j'embellis le brun , j'enlaidis fort la blonde.
L'on m'aime , & l'on me hait :
On me fait , lorſqu'on me défait.
Les gens de piété profonde
Pour me garder ſortent du monde.
Tout le reſte du genre humain
Me fait un traitement ſévere :
Diij
78 MERCURE DE FRANCE .
Mais malgré tout ce qu'on peut faire ,
On me chaffe aujourd'hui ,& je reviens demain.
J''AALLTTEERREE la délicateſſe
Du lieu dont je ſuis l'ornement ;
Je viens toujours tout doucement ,
Et l'on me chaſſe avec viteſſe :
On ſeroit bien fâché de ne me point avoir.
Souvent on me defire avec impatience :
Mais dans le lieu de ma naiſſance
On ne sçauroit ſe réſoudre à me voir.
Si j'embellis le brun , j'enlaidis fort la blonde.
L'on m'aime , & l'on me hait :
On me fait , lorſqu'on me défait.
Les gens de piété profonde
Pour me garder ſortent du monde.
Tout le reſte du genre humain
Me fait un traitement ſévere :
Diij
78 MERCURE DE FRANCE .
Mais malgré tout ce qu'on peut faire ,
On me chaffe aujourd'hui ,& je reviens demain.
Fermer
14444
p. 78-79
LOGOGRYPHE.
Début :
Je porte en treize pieds le métail précieux, [...]
Mots clefs :
Subordination
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPH Ε.
JE
porte en treize pieds le métail précieux ,
Dont l'avare repaît , & fon coeur & ſes yeux ;
Le caſque d'un Viſir ; cette liqueur vermeille ,
Que le Dieu des côteaux fait couler de la treille ;
Cequi fait l'ornement&leprix d'un chapeau ;
Le bruit que le Berger fait rendre à ſon pipeau ;
L'Amant de Talaïre; un terme de phyſique ;
Un mets dont ſe nourrit le peuple Aſiatiques
Ce qui fait d'ordinaire un acte d'un repas ;
Un ſage qui de l'or ne faiſoit aucun cas ;
Cequi charme un ſoldat au fort de la défaite ;
L'objet , l'unique objet des defirs d'un athlete ;
Un meuble néceſſaire au pieux voyageur ,
Dont Rome ou Compoſtelle admirent la ferveur :
UneDivinité dans Memphis adorée ;
Ce Prince infortuné ſi cher à Cythérée :
Une injure groſſiere , un boyau plein de ſang :
Tout homme bourſoufié des honneurs de fon
rang:
Cemot que ſur un ton fidoux pour une Actrice ,
Au théâtre prodigue un parterre propice ;
Un oiſeau ſur le Nil redoutable aux ferpens ;
Une fille en amour fidelle à ſes dépens :
JANVIER. 1757. 79
T
Cette charmante ſoeur dont l'humeur trop volage
Dans les murs de Sichem fit porter le ravage:
Lamere des épics , la force d'un château ,
La montagne où Pâris conduiſoit ſon troupeau;
Ce qui chez la Maubois fit entrer la fortune:
Une Nymphe qui dut ſon bonheur à Neptune ;
Lamouche de Junon , les Pages de l'Amour ;
Ce qui fait qu'un vieillard à Vulcain fait ſa cour;
Ce que , même au Couvent , nos jeunes Demoifelles
Rangent avec tant d'art , pour paroître plus belles.
Pour tout dire , en un mot ,je ſuis ce que l'Auteur
Sera toujours en droit d'exiger de ſa ſoeur.
ParMademoiselle DE SAURET , l'aînée» ,
Penſionnaire chez les Dames de la Foi.
ASainte-Foi , en Agenois.
JE
porte en treize pieds le métail précieux ,
Dont l'avare repaît , & fon coeur & ſes yeux ;
Le caſque d'un Viſir ; cette liqueur vermeille ,
Que le Dieu des côteaux fait couler de la treille ;
Cequi fait l'ornement&leprix d'un chapeau ;
Le bruit que le Berger fait rendre à ſon pipeau ;
L'Amant de Talaïre; un terme de phyſique ;
Un mets dont ſe nourrit le peuple Aſiatiques
Ce qui fait d'ordinaire un acte d'un repas ;
Un ſage qui de l'or ne faiſoit aucun cas ;
Cequi charme un ſoldat au fort de la défaite ;
L'objet , l'unique objet des defirs d'un athlete ;
Un meuble néceſſaire au pieux voyageur ,
Dont Rome ou Compoſtelle admirent la ferveur :
UneDivinité dans Memphis adorée ;
Ce Prince infortuné ſi cher à Cythérée :
Une injure groſſiere , un boyau plein de ſang :
Tout homme bourſoufié des honneurs de fon
rang:
Cemot que ſur un ton fidoux pour une Actrice ,
Au théâtre prodigue un parterre propice ;
Un oiſeau ſur le Nil redoutable aux ferpens ;
Une fille en amour fidelle à ſes dépens :
JANVIER. 1757. 79
T
Cette charmante ſoeur dont l'humeur trop volage
Dans les murs de Sichem fit porter le ravage:
Lamere des épics , la force d'un château ,
La montagne où Pâris conduiſoit ſon troupeau;
Ce qui chez la Maubois fit entrer la fortune:
Une Nymphe qui dut ſon bonheur à Neptune ;
Lamouche de Junon , les Pages de l'Amour ;
Ce qui fait qu'un vieillard à Vulcain fait ſa cour;
Ce que , même au Couvent , nos jeunes Demoifelles
Rangent avec tant d'art , pour paroître plus belles.
Pour tout dire , en un mot ,je ſuis ce que l'Auteur
Sera toujours en droit d'exiger de ſa ſoeur.
ParMademoiselle DE SAURET , l'aînée» ,
Penſionnaire chez les Dames de la Foi.
ASainte-Foi , en Agenois.
Fermer
14445
p. 207-210
DU NORD.
Début :
Le temps s'étant remis au beau, on ne doute pas que les troupes [...]
Mots clefs :
Saint-Petersbourg, Mouvements des troupes, Subsistances, Reine de Pologne, Varsovie, Sénateurs, Grand Chancelier de Russie, Lettre circulaire, Roi de Prusse, Souverains, Feld-Maréchal Apraxin, Paix, Comte de Bestuchef, Stockholm, Paix de Westphalie, Suède, Électeurs, Commissaires
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DU NORD.
DE PETERSBOURG , le 24 Novembre.
L temps s'étant remis au beau , on ne doute
pasque les troupes commandées par le Feld-Maréchal
Apraxin , ne continuent inceſſamment leur
marche. Selon les nouvelles qu'on a de ces troupes
, il n'y regne ni maladie , ni déſertion. On a
donné les ordres néceſſaires pour que dans tous les
lieuxde leur paſſage , elles trouvaſſent abondammentdes
ſubſiſtances . Le dernier convoi des munitions
de guerre , deſtinées pour cette armée ,
eftarrivéàRiga.
S.M. Impériale a envoyé pluſieurs préfens à la
Reinede Pologne, Electrice de Saxe, & a ordonné
qu'on fit à Dreſde une remiſe de cent mille rowbles,
pour le foulagement des habitans de la campagne
, qui ont le plus fouffert de l'invaſion des
troupes Pruffiennes.
DE WARSOVIE , le 13 Décembre.
Tous lesSénateurs ont reçu du Comte de Beftuchef,
Grand Chancelier de Ruſſie , une Lettre
circulaire , par laquelle ce Miniſtre leur marque
que le fortdéplorable de Sa Majesté , auquel Elle
208 MERCURE DE FRANCE.
n'a pas donné le moindre lieu , mérite une compaſſion
égale à la gloire que Sa Majesté s'eſt acquiſe
par fa noble conſtance. Qu'il doit en même
temps exciter toutes les Puiſſances , ſurtout les
Puiſſances alliées du Roi & de la République , à
prendre à un événement de cette nature une part
ſenſible. Que les ſuites funeſtes qui pourroient
réſulter de la démarche du Roi de Pruſſe , tant
pour le repos commun de l'Europe , que pour
chaque Puiſſance en particulier , & furtout pour
les pays voiſins des Etats de S. M. Pruffienne, font
évidentes. Que chaque Souverain a intérêt , pour
ſa propre fûreté , en faiſant cauſe commune avec
l'Impératrice Reine de Hongrie & avec le Roi , de
prendre les meſures convenables , non ſeulement
pour procurer à deux Puiſſances injuftement attaquées
, la fatisfaction qui leur eſt dûe , mais auſſi
pour preſcrire au pouvoir trop étendu du Roi de
Pruſſe des bornes qui puiſſent à l'avenir ſervir
d'abri contre les infultes d'un tel voiſin. Le Comte
de Beſtuchef ajoute que l'Impératrice de Ruſſie ,
vivement touchée de l'infortune du Roi , & ne
pouvant voir avec indifférence les entrepriſes de
S. M. Prufſienne , a pris la réſolution d'aſſiſter
efficacement & promptement le Roi , & d'envoyer
un corps conſidérable de ſes troupes au ſecours
de Sa Majeſté. Que ce corps eſt actuellement
en marche ſous les ordres du Feld-Maréchal
Apraxin , & qu'une néceſſité indiſpenſable l'obli
gera de traverſer une partie du territoire de la Pologne.
Que toutes les perſonnes qui jugeront fans
prévention , rendront juſtice à un projet qui ne
tend qu'à défendre les Alliés de la Ruffie , &à rétablir
la paix en Allemagne , en y remettant les
choſes dans unjuſte équilibre. Que fans doute
les Polonois faciliteront , autant qu'il dépendra
JANVIER . 17576 205
d'eux, lamarche des troupes Ruſſiennes , & s'empreſſferont
de concourir à venger le Roi leur maî
tre , & à faire échouer les vaſtes deſſeins du Roi
de Prufſfe. « Rien , continue le Comte de Beſtu-
>>chef, n'eſt plus propre pour cet effet , que de
>>rétablir en Pologne l'harmonie& la tranquillité
>>qui y font troublées depuis ſi long-temps , &de
>>prendre unanimement à coeur les circonstances
>>>préſentes. Ma très - gracieuſe Souveraine a déja
>>donné tant de preuves convaincantes de l'amitié
>fincere qu'Elle conſerve pour la République , &
>>de l'intérêt ſenſible qu'elle prend, tant au bien
>>de la Pologne en général , qu'à celui de chaque
>>P>olonois en particulier , que je ne doute nulle-
>>ment que Votre Excellence ne foit tout-à-fais
>>p>erfuadée des ſentimens de S. M. Impériale. Je
>me flatte pareillement que Votre Excellence ſe
>>fera un plaiſir d'engager ſes compatriotes ani-
>>més du point d'honneur &de l'amour qu'ils ont
>>pour leur Roi , à faire prévaloir le malheur de
>>ce Prince fur des débats domestiques , & fur des
>>haines particulieres..... Le moyen le plus fûr
>>de vous attirer l'approbation de S. M. Impériale,
>>>eſt de gagner les bonnes graces du Roi votre
>> maître , & de donner à ce Prince , ainſi qu'à la
>>République , des preuves inconteſtables de votre
>>>zele & de votre attachement. >>>> :
Le bruit court que le Roi & la République , à
l'exemple des autres Puiſſances de l'Europe , accorderont
inceſſamment le titre d'Impératrice à
cette Princeſſe, à qui la Pologne n'a donné juſqu'à
préſent que celui d'Autocratrice. Alors le fieur
Wolkonskoy prendra le caractere d'Ambaſſadeur.
Ces jours derniers le Poſtillon chargé des lettres
de Cracovie , a été aſſaſſiné entré Rodoſzice &
Konskie. On a retrouvé ſa malle dans un endrois
210 MERCURE DE FRANCE.
écarté du grand chemin; mais les paquets de let
tres qu'elle contenoit , avoient étéenlevés.
DE STOCKOLM , le 15 Décembre.
1
1
La Suede étant garante de la paix deWestphalie,
leComte deGoes , Miniſtre Plénipotentiaire de
la Cour de Vienne , & le Baron de Sack , Envoyé.
Extraordinaire de celle de Dreſde , après avoir
repréſenté au Roi la triſte ſituation de la Saxe, ont
réclamé pour cet Electorat les ſecours de la Couronne.
Sa Majesté a répondu qu'Elle voyoit avec
plaiſir la confiance que lui témoignoient ces deux
Cours; qu'Elle n'ignoroit pas les obligations que
la Suede avoit contractées par le Traité de Weftphalie;
qu'on la verroit toujours diſpoſée à les
remplir exactement : mais qu'avant de prendre
une réſolution définitive fur la réquiſition faite
par l'Impératrice Reine de Hongrie , & par le
Roi de Pologne , Electeur de Saxe , il étoit indiſpenſable
de ſe concerter avec la Couronne de
France , garante du même Traité. レイ
Cette Cour a renouvellé ſon Traité avec la
France pour douze ans, à compter du 12 Juillet
1756.
LesCommiſſaires établis par lesEtats du royaume,
pour inſtruire le procès des auteurs de la derniereconſpiration
, ont condamné le Comte de
Hardt& le Baron Eric deWrangel , à perdre la
tête.
DE PETERSBOURG , le 24 Novembre.
L temps s'étant remis au beau , on ne doute
pasque les troupes commandées par le Feld-Maréchal
Apraxin , ne continuent inceſſamment leur
marche. Selon les nouvelles qu'on a de ces troupes
, il n'y regne ni maladie , ni déſertion. On a
donné les ordres néceſſaires pour que dans tous les
lieuxde leur paſſage , elles trouvaſſent abondammentdes
ſubſiſtances . Le dernier convoi des munitions
de guerre , deſtinées pour cette armée ,
eftarrivéàRiga.
S.M. Impériale a envoyé pluſieurs préfens à la
Reinede Pologne, Electrice de Saxe, & a ordonné
qu'on fit à Dreſde une remiſe de cent mille rowbles,
pour le foulagement des habitans de la campagne
, qui ont le plus fouffert de l'invaſion des
troupes Pruffiennes.
DE WARSOVIE , le 13 Décembre.
Tous lesSénateurs ont reçu du Comte de Beftuchef,
Grand Chancelier de Ruſſie , une Lettre
circulaire , par laquelle ce Miniſtre leur marque
que le fortdéplorable de Sa Majesté , auquel Elle
208 MERCURE DE FRANCE.
n'a pas donné le moindre lieu , mérite une compaſſion
égale à la gloire que Sa Majesté s'eſt acquiſe
par fa noble conſtance. Qu'il doit en même
temps exciter toutes les Puiſſances , ſurtout les
Puiſſances alliées du Roi & de la République , à
prendre à un événement de cette nature une part
ſenſible. Que les ſuites funeſtes qui pourroient
réſulter de la démarche du Roi de Pruſſe , tant
pour le repos commun de l'Europe , que pour
chaque Puiſſance en particulier , & furtout pour
les pays voiſins des Etats de S. M. Pruffienne, font
évidentes. Que chaque Souverain a intérêt , pour
ſa propre fûreté , en faiſant cauſe commune avec
l'Impératrice Reine de Hongrie & avec le Roi , de
prendre les meſures convenables , non ſeulement
pour procurer à deux Puiſſances injuftement attaquées
, la fatisfaction qui leur eſt dûe , mais auſſi
pour preſcrire au pouvoir trop étendu du Roi de
Pruſſe des bornes qui puiſſent à l'avenir ſervir
d'abri contre les infultes d'un tel voiſin. Le Comte
de Beſtuchef ajoute que l'Impératrice de Ruſſie ,
vivement touchée de l'infortune du Roi , & ne
pouvant voir avec indifférence les entrepriſes de
S. M. Prufſienne , a pris la réſolution d'aſſiſter
efficacement & promptement le Roi , & d'envoyer
un corps conſidérable de ſes troupes au ſecours
de Sa Majeſté. Que ce corps eſt actuellement
en marche ſous les ordres du Feld-Maréchal
Apraxin , & qu'une néceſſité indiſpenſable l'obli
gera de traverſer une partie du territoire de la Pologne.
Que toutes les perſonnes qui jugeront fans
prévention , rendront juſtice à un projet qui ne
tend qu'à défendre les Alliés de la Ruffie , &à rétablir
la paix en Allemagne , en y remettant les
choſes dans unjuſte équilibre. Que fans doute
les Polonois faciliteront , autant qu'il dépendra
JANVIER . 17576 205
d'eux, lamarche des troupes Ruſſiennes , & s'empreſſferont
de concourir à venger le Roi leur maî
tre , & à faire échouer les vaſtes deſſeins du Roi
de Prufſfe. « Rien , continue le Comte de Beſtu-
>>chef, n'eſt plus propre pour cet effet , que de
>>rétablir en Pologne l'harmonie& la tranquillité
>>qui y font troublées depuis ſi long-temps , &de
>>prendre unanimement à coeur les circonstances
>>>préſentes. Ma très - gracieuſe Souveraine a déja
>>donné tant de preuves convaincantes de l'amitié
>fincere qu'Elle conſerve pour la République , &
>>de l'intérêt ſenſible qu'elle prend, tant au bien
>>de la Pologne en général , qu'à celui de chaque
>>P>olonois en particulier , que je ne doute nulle-
>>ment que Votre Excellence ne foit tout-à-fais
>>p>erfuadée des ſentimens de S. M. Impériale. Je
>me flatte pareillement que Votre Excellence ſe
>>fera un plaiſir d'engager ſes compatriotes ani-
>>més du point d'honneur &de l'amour qu'ils ont
>>pour leur Roi , à faire prévaloir le malheur de
>>ce Prince fur des débats domestiques , & fur des
>>haines particulieres..... Le moyen le plus fûr
>>de vous attirer l'approbation de S. M. Impériale,
>>>eſt de gagner les bonnes graces du Roi votre
>> maître , & de donner à ce Prince , ainſi qu'à la
>>République , des preuves inconteſtables de votre
>>>zele & de votre attachement. >>>> :
Le bruit court que le Roi & la République , à
l'exemple des autres Puiſſances de l'Europe , accorderont
inceſſamment le titre d'Impératrice à
cette Princeſſe, à qui la Pologne n'a donné juſqu'à
préſent que celui d'Autocratrice. Alors le fieur
Wolkonskoy prendra le caractere d'Ambaſſadeur.
Ces jours derniers le Poſtillon chargé des lettres
de Cracovie , a été aſſaſſiné entré Rodoſzice &
Konskie. On a retrouvé ſa malle dans un endrois
210 MERCURE DE FRANCE.
écarté du grand chemin; mais les paquets de let
tres qu'elle contenoit , avoient étéenlevés.
DE STOCKOLM , le 15 Décembre.
1
1
La Suede étant garante de la paix deWestphalie,
leComte deGoes , Miniſtre Plénipotentiaire de
la Cour de Vienne , & le Baron de Sack , Envoyé.
Extraordinaire de celle de Dreſde , après avoir
repréſenté au Roi la triſte ſituation de la Saxe, ont
réclamé pour cet Electorat les ſecours de la Couronne.
Sa Majesté a répondu qu'Elle voyoit avec
plaiſir la confiance que lui témoignoient ces deux
Cours; qu'Elle n'ignoroit pas les obligations que
la Suede avoit contractées par le Traité de Weftphalie;
qu'on la verroit toujours diſpoſée à les
remplir exactement : mais qu'avant de prendre
une réſolution définitive fur la réquiſition faite
par l'Impératrice Reine de Hongrie , & par le
Roi de Pologne , Electeur de Saxe , il étoit indiſpenſable
de ſe concerter avec la Couronne de
France , garante du même Traité. レイ
Cette Cour a renouvellé ſon Traité avec la
France pour douze ans, à compter du 12 Juillet
1756.
LesCommiſſaires établis par lesEtats du royaume,
pour inſtruire le procès des auteurs de la derniereconſpiration
, ont condamné le Comte de
Hardt& le Baron Eric deWrangel , à perdre la
tête.
Fermer
Résumé : DU NORD.
En novembre et décembre 1756, plusieurs événements militaires et diplomatiques marquants se déroulent en Europe. Les troupes russes, dirigées par le feld-maréchal Apraxin, avancent sans rencontrer de problèmes de maladie ou de désertion et reçoivent des provisions adéquates. Un convoi de munitions parvient à Riga. L'impératrice de Russie envoie des fonds à la reine de Pologne et électrice de Saxe pour soutenir les habitants affectés par l'invasion prussienne. À Varsovie, le comte de Bestuchef informe les sénateurs russes de la situation difficile du roi de Pologne et appelle à une action conjointe contre les initiatives du roi de Prusse. La Russie envoie un corps de troupes sous le commandement d'Apraxin pour secourir le roi de Pologne, traversant la Pologne. Le comte de Bestuchef incite les Polonais à appuyer cette intervention. En Suède, les représentants de Vienne et de Dresde sollicitent des secours pour la Saxe, mais la Suède doit consulter la France avant de prendre une décision. La Suède renouvelle également son traité avec la France pour une durée de douze ans. Par ailleurs, deux conspirateurs suédois, le comte de Hardt et le baron Eric de Wrangel, sont condamnés à mort.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14446
p. 210-213
ALLEMAGNE.
Début :
On célébra le 8 de ce mois l'anniversaire de la naissance de l'Empereur, [...]
Mots clefs :
Vienne, Anniversaire de l'Empereur, Fête, Campagnes militaires, Transylvanie, Görlitz, Pillages, Impératrice Reine de Hongrie et Bohême, Troupes, Prussiens, Attaque, Dresde, Enrôlement, Baron de Wyllich, Francfort, Levée de soldats
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE , le 18 Décembre.
On célébra le 8 de ce mois l'anniverſaire de la
naiſſance de l'Empereur, qui eft entré dans la quaJANVIER.
1757 . 1
211
rante-neuvieme année de ſon âge. S. M. Impésiale
, après avoir entendu la meſſe à l'égliſe métropolitaine
, alloit ſe mettre à table pour dîner en
public , lorſqu'on annonça que l'Impératrice
Reine reflentoit quelques douleurs. Une heure
après cette Princeſſe accoucha d'un cinquieme
Archiduc , qui fat baptisé le même jour à ſept
heures du ſoir par le ſieur Crivelli , Nonce du
Pape. Le jeune Prince a été tenu ſur les Fonts de
baptême par l'Archiduc Jofeph , & par l'Archiducheſſe
Marie-Anne , au nom de l'Electeur & de
l'Electrice de Baviere , & il a été nommé Maximilien
-François -Xavier- Joſeph-Jean-Antoine-Vinceflas.
Il ſe porte , ainſi que l'Impératrice Reine ,
auſſi bien qu'on puiſſe ledeſirer.
Il ſe tient de fréquentes conférences à la Cour ,
pour régler les opérations de laccaammppagneprochaine.
On prépare à l'arcenal un train confidérable
d'artillerie. Le neuf on fit partir pour la
Moravie un grand nombre de recrues. Les Knès
Galitzin&Perloſeski furent préſentés hier à l'Empereur.
Le Comte d'Aſpremont , Capitaine au
régiment de Linden , a épousé une fille du Comte
de Wolkenstein. Cette cérémonie s'est faite au
château de Wahringen , appartenant à la Comteſſe
de Vaſquez , d'où les nouveaux mariés partirent
le lendemain pour aller paſſer quelque temps
à la terre du Comte de Wolkenstein , dans le
Tirol. A
Dès que les Etats de Tranfilvanie ont été informés
des actes d'hoſtilité du Roi de Pruſſe contre
l'Impératrice Reine , ils ont réſolu de donner à
Sa Majesté des preuves de leur zele& de leur refpectueux
attachement. En conféquence ils ſe ſont
engagés à fournir deux mille hommes de recrues ,
pour compléter les régimens d'infanterie Hon
212 MERCURE DE FRANCE .
groiſe. LaNobleſſe & le Clergé, tant Catholique
que Luthérien , Réformé & Grec de la même
province , ont offert en même temps de lever &
d'entretenir à leurs dépens un régiment de cavalerie
, de quatre cens cinquante maîtres. Les régimens
Saxons , qui viennent de Pologne , ont
employé à leur marche toute la diligence poſſible.
Celui des Cuiraſſiers du Prince Albert est déja entré
en Boheme. Il a pris ſes quartiers entre Hohenmault
& Konigfgratz .
DE GORLITZ , le 12 Décembre.
Sept ou huit cens hommes des troupes irrégu
lieres de l'Impératrice Reine pillerent il y a quel
ques jours pluſieurs villages. Auffitôt que le ſieur
de Leſchevitz , qui commande à Zittau , en fut
averti , il fit marcher un détachement pour couper
la retraite aux Autrichiens. Les Pruſſiens ne purenty
réuffir. Les troupes de l'Impératrice Reine
s'étant partagées en deux corps, l'un fit face tandis
que l'autre ſe retira avec le butin. Celui qui foutint
le chocdes Pruſſiens , ne tint ferme qu'autant
detemps qu'il étoit néceſſaire pour mettre en ſûreté
les effets enlevés. Il ſe diſperſa enſuite , & il
reprit par pelotons la route de Boheme.
Un corps de cinq mille Pruffiens tenta hier de
furprendre le Bourg de Paſberg , ſitué à fix lieues
de Leitmeritz . Ils attaquerent avec une vigueur
extraordinaire ce poſte , qui fut défendu de même
parun bataillon du régiment de Harſch. Les Officiers
de ce bataillon ont montré autant d'habileté
que de valeur. L'action a duré ſept heures , & les
ennemis ſe ſont retirés après avoir perdu cinq cens
vingt-huit hommes. On leur a pris quatre canons.
Du côté des troupes de l'Impératrice Reine, il n'y
JANVIER. 1757 . 213
4.
aeu que quatre-vingt-trois hommes tués ou bleffés
.
DE DRESDE , le 21 Décembre.
Depuis quelques jours le Roi de Pruſſe a ordonnéde
prendre une note de tous les habitans de
cette ville , en état de porter les armes. Les artifans
, à l'exception des maçons , ne ſont pas compris
dans ce dénombrement.
On arrêta derniérement à la porte de cette ville
un courier qui venoit de Warſovie , & on lui ôta
des dépêches qu'il apportoit à la Reine. Sur les
plaintes que cette Princeſſe en a portées, le Baron
de Wyllich a répondu que S. M. Pruffienne ne
vouloit plus permettre d'autre correſpondance entre
Dreſde & Warſovie , que celle de la poſte ordinaire.
DE FRANCFORT , le Is Décembre.
Sur les Monitoires réitérés de l'Empereur , la
Régence s'eſt enfin déterminée à défendre formellement
toutes levées de ſoldats pour le ſervice
du Roi de Pruſſe. Cette ville, pour n'avoir pas fatisfait
plutôt ſur cet article à la réquisition de
S. M. Impériale , & pour avoir différé de publier
les Reſcrits à l'occaſion de l'entrée des Pruffiens
dans la Saxe , a été condamnée à une amende.
DE VIENNE , le 18 Décembre.
On célébra le 8 de ce mois l'anniverſaire de la
naiſſance de l'Empereur, qui eft entré dans la quaJANVIER.
1757 . 1
211
rante-neuvieme année de ſon âge. S. M. Impésiale
, après avoir entendu la meſſe à l'égliſe métropolitaine
, alloit ſe mettre à table pour dîner en
public , lorſqu'on annonça que l'Impératrice
Reine reflentoit quelques douleurs. Une heure
après cette Princeſſe accoucha d'un cinquieme
Archiduc , qui fat baptisé le même jour à ſept
heures du ſoir par le ſieur Crivelli , Nonce du
Pape. Le jeune Prince a été tenu ſur les Fonts de
baptême par l'Archiduc Jofeph , & par l'Archiducheſſe
Marie-Anne , au nom de l'Electeur & de
l'Electrice de Baviere , & il a été nommé Maximilien
-François -Xavier- Joſeph-Jean-Antoine-Vinceflas.
Il ſe porte , ainſi que l'Impératrice Reine ,
auſſi bien qu'on puiſſe ledeſirer.
Il ſe tient de fréquentes conférences à la Cour ,
pour régler les opérations de laccaammppagneprochaine.
On prépare à l'arcenal un train confidérable
d'artillerie. Le neuf on fit partir pour la
Moravie un grand nombre de recrues. Les Knès
Galitzin&Perloſeski furent préſentés hier à l'Empereur.
Le Comte d'Aſpremont , Capitaine au
régiment de Linden , a épousé une fille du Comte
de Wolkenstein. Cette cérémonie s'est faite au
château de Wahringen , appartenant à la Comteſſe
de Vaſquez , d'où les nouveaux mariés partirent
le lendemain pour aller paſſer quelque temps
à la terre du Comte de Wolkenstein , dans le
Tirol. A
Dès que les Etats de Tranfilvanie ont été informés
des actes d'hoſtilité du Roi de Pruſſe contre
l'Impératrice Reine , ils ont réſolu de donner à
Sa Majesté des preuves de leur zele& de leur refpectueux
attachement. En conféquence ils ſe ſont
engagés à fournir deux mille hommes de recrues ,
pour compléter les régimens d'infanterie Hon
212 MERCURE DE FRANCE .
groiſe. LaNobleſſe & le Clergé, tant Catholique
que Luthérien , Réformé & Grec de la même
province , ont offert en même temps de lever &
d'entretenir à leurs dépens un régiment de cavalerie
, de quatre cens cinquante maîtres. Les régimens
Saxons , qui viennent de Pologne , ont
employé à leur marche toute la diligence poſſible.
Celui des Cuiraſſiers du Prince Albert est déja entré
en Boheme. Il a pris ſes quartiers entre Hohenmault
& Konigfgratz .
DE GORLITZ , le 12 Décembre.
Sept ou huit cens hommes des troupes irrégu
lieres de l'Impératrice Reine pillerent il y a quel
ques jours pluſieurs villages. Auffitôt que le ſieur
de Leſchevitz , qui commande à Zittau , en fut
averti , il fit marcher un détachement pour couper
la retraite aux Autrichiens. Les Pruſſiens ne purenty
réuffir. Les troupes de l'Impératrice Reine
s'étant partagées en deux corps, l'un fit face tandis
que l'autre ſe retira avec le butin. Celui qui foutint
le chocdes Pruſſiens , ne tint ferme qu'autant
detemps qu'il étoit néceſſaire pour mettre en ſûreté
les effets enlevés. Il ſe diſperſa enſuite , & il
reprit par pelotons la route de Boheme.
Un corps de cinq mille Pruffiens tenta hier de
furprendre le Bourg de Paſberg , ſitué à fix lieues
de Leitmeritz . Ils attaquerent avec une vigueur
extraordinaire ce poſte , qui fut défendu de même
parun bataillon du régiment de Harſch. Les Officiers
de ce bataillon ont montré autant d'habileté
que de valeur. L'action a duré ſept heures , & les
ennemis ſe ſont retirés après avoir perdu cinq cens
vingt-huit hommes. On leur a pris quatre canons.
Du côté des troupes de l'Impératrice Reine, il n'y
JANVIER. 1757 . 213
4.
aeu que quatre-vingt-trois hommes tués ou bleffés
.
DE DRESDE , le 21 Décembre.
Depuis quelques jours le Roi de Pruſſe a ordonnéde
prendre une note de tous les habitans de
cette ville , en état de porter les armes. Les artifans
, à l'exception des maçons , ne ſont pas compris
dans ce dénombrement.
On arrêta derniérement à la porte de cette ville
un courier qui venoit de Warſovie , & on lui ôta
des dépêches qu'il apportoit à la Reine. Sur les
plaintes que cette Princeſſe en a portées, le Baron
de Wyllich a répondu que S. M. Pruffienne ne
vouloit plus permettre d'autre correſpondance entre
Dreſde & Warſovie , que celle de la poſte ordinaire.
DE FRANCFORT , le Is Décembre.
Sur les Monitoires réitérés de l'Empereur , la
Régence s'eſt enfin déterminée à défendre formellement
toutes levées de ſoldats pour le ſervice
du Roi de Pruſſe. Cette ville, pour n'avoir pas fatisfait
plutôt ſur cet article à la réquisition de
S. M. Impériale , & pour avoir différé de publier
les Reſcrits à l'occaſion de l'entrée des Pruffiens
dans la Saxe , a été condamnée à une amende.
Fermer
Résumé : ALLEMAGNE.
Le 8 janvier 1757, l'anniversaire de l'Empereur a été célébré à Vienne. Lors de cette journée, l'Empereur a assisté à la messe avant d'apprendre que l'Impératrice Reine éprouvait des douleurs. Elle a donné naissance à un cinquième archiduc, nommé Maximilien-François-Xavier-Joseph-Jean-Antoine-Vincent, dont les parrains étaient l'Archiduc Joseph et l'Archiduchesse Marie-Anne. La santé de l'Impératrice et du nouveau-né était bonne. En parallèle, des conférences se tenaient à la cour pour préparer la campagne militaire à venir, et des recrues étaient envoyées en Moravie. Les princes Galitzin et Perloseski ont été présentés à l'Empereur, et le comte d'Aspremont a épousé une fille du comte de Wolkenstein. Les États de Transylvanie ont décidé de soutenir l'Impératrice Reine contre le roi de Prusse en fournissant des recrues et en levant un régiment de cavalerie. Les régiments saxons, venant de Pologne, ont rejoint la Bohême. À Gorlitz, des troupes irrégulières de l'Impératrice Reine ont pillé des villages mais ont été repoussées par les Prussiens. Un corps prussien a tenté de prendre le bourg de Pasberg mais a été repoussé après une bataille de sept heures. À Dresde, le roi de Prusse a ordonné un recensement des habitants aptes au combat. Un courrier venant de Varsovie a été arrêté et ses dépêches confisquées. À Francfort, la Régence a interdit les levées de soldats pour le roi de Prusse et a été condamnée à une amende pour non-respect des exigences impériales.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14447
p. 213-214
ESPAGNE.
Début :
Selon les avis reçus d'Algezire, l'Amiral Hawke a fait enlever [...]
Mots clefs :
Madrid, Amiral Hawke, Bâtiment anglais, Combat naval, Tremblement de terre, Portugal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
:
DE MADRID , le 21 Décembre.
Selon les avis reçus d'Algezire , l'Amiral Hawke
a fait enlever ſous le canon de cette Place un Bâtiment
Anglois , qu'un Armateur François y avoit
214 MERCURE DE FRANCE.
:
conduit. L'Officier Eſpagnol, qui commande dans
la ville , s'eſt oppofé , autant qu'il étoit en ſon
pouvoir , à cette violence. Il a fait tirer fur les
Anglois , & il y en a eu près de cent cinquante
tués ou bleſſés. Cependant ils n'ont pas laiſſe de
reprendre le Navire dont l'Armateur François s'étoit
rendu maître .
Les ſecoufles de tremblemens de terre continuent
de ſe faire fentir en divers endroits du Portugal.
Sur la fin du mois dernier elles ont été trèsfréquentes
àVireu. Ily eneut une violente le 28
àBarcellos. Depuis le 4juſqu'au 9 de ce mois , on
en aefſuyé pluſieurs à Caſcaës, àCintra, à Colares
&àOcyras. Celle du 8 renverſa pluſieurs maiſons
àSezimbra.
:
DE MADRID , le 21 Décembre.
Selon les avis reçus d'Algezire , l'Amiral Hawke
a fait enlever ſous le canon de cette Place un Bâtiment
Anglois , qu'un Armateur François y avoit
214 MERCURE DE FRANCE.
:
conduit. L'Officier Eſpagnol, qui commande dans
la ville , s'eſt oppofé , autant qu'il étoit en ſon
pouvoir , à cette violence. Il a fait tirer fur les
Anglois , & il y en a eu près de cent cinquante
tués ou bleſſés. Cependant ils n'ont pas laiſſe de
reprendre le Navire dont l'Armateur François s'étoit
rendu maître .
Les ſecoufles de tremblemens de terre continuent
de ſe faire fentir en divers endroits du Portugal.
Sur la fin du mois dernier elles ont été trèsfréquentes
àVireu. Ily eneut une violente le 28
àBarcellos. Depuis le 4juſqu'au 9 de ce mois , on
en aefſuyé pluſieurs à Caſcaës, àCintra, à Colares
&àOcyras. Celle du 8 renverſa pluſieurs maiſons
àSezimbra.
Fermer
Résumé : ESPAGNE.
Le 21 décembre, à Madrid, l'amiral Hawke a attaqué un navire anglais contrôlé par un armateur français à Algésiras. L'officier espagnol a riposté, causant 150 morts ou blessés. Les Anglais ont repris le navire. Des tremblements de terre ont été signalés au Portugal, notamment à Vireu, Barcelos, Cascais, Cintra, Colares, Oeiras et Setúbal.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14448
p. 214-215
GRANDE BRETAGNE.
Début :
Le 15 la Chambre des Communes accorda cinquante-cinq mille Matelots pour [...]
Mots clefs :
Londres, Chambre des communes, Equipage, Mines de Redbrook, Ouvriers, Pillages, Financement militaire, Troupes, Amérique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 28 Décembre.
Le 1s la Chambre des Communes accorda cinquante-
cinq mille Matelots pour le ſervice de la
Flotte Royale , en ycomprenant onze mille quatre
cens dix-neufSoldats de Marine, Elle réſolut
enmême temps qu'il ſeroit alloué quatre livres
ſterlings par mois pour chaque homme, ladépenſe
de l'artillerie étant compriſe dans cet article. Le
17 elle décida qu'une taxe de quatre ſchelings par
livre ſterling , ſeroit levée ſur les terres.
Les ouvriers des mines de Redbrook , & les
charbonniers de la forêt de Déan , s'attrouperent
tumultueuſement ily a quinze jours , &pillerent
pluſieurs navires chargés de grains.
Le Baron Théodore de Neuhoff , qui après
avoir tant fait parler de lui , étoit preſque entiérement
oublié , vient de terminer ſes joursdans la
JANVIER. 1757. 215
!
prifondu Fleet , où il a éprouvé , pendant les deux
dernieres années de ſa vie , la plus affreuſe miſere.
La Chambre des Communes accorda le 22 au Roi
douze cens treize mille ſept cens quarante-fix livres
ſterlings pour l'entretien de quarante - neuf mille
ſept cens quarante-neuf hommes de troupes de
terre , en y comprenant quatre mille huit invalides
; quatre cens vingt- trois mille neuf cens
ſoixante-trois livres ſterlings pour les garniſons de
Gibraltar & des Colonies de l'Amérique ; quarante-
ſept mille ſoixante pour les Officiers Genéraux
, & pour l'Etat Major ; vingt-trois mille trois
censtrente- cinq pour les troupes Heſſoiſſes , &
quatre cens trente-trois mille vingt-cinq pour les
troupes Hanovériennes. Les troupes Heſſoiſſes
ont enfin quitté leur camp pour prendre les quartiers
d'hyver que le Parlement leur a aſſigné dans
les villes de Salisbury , de Winchester & de Southampton.
On ſe propoſe de lever inceſſamment
deux nouveaux régimens de Montagnards Ecoffois.
Les nouvelles de l'Amérique continuent d'être
défagréables. On a appris que les Chiroquois ,
qui venoient de renouveller leur alliance avec les
Anglois , s'étoient ſaiſis par ſurpriſe d'un Fort
qu'ils avoient permis de conſtruire ſur leur terri
toire,
DE LONDRES , le 28 Décembre.
Le 1s la Chambre des Communes accorda cinquante-
cinq mille Matelots pour le ſervice de la
Flotte Royale , en ycomprenant onze mille quatre
cens dix-neufSoldats de Marine, Elle réſolut
enmême temps qu'il ſeroit alloué quatre livres
ſterlings par mois pour chaque homme, ladépenſe
de l'artillerie étant compriſe dans cet article. Le
17 elle décida qu'une taxe de quatre ſchelings par
livre ſterling , ſeroit levée ſur les terres.
Les ouvriers des mines de Redbrook , & les
charbonniers de la forêt de Déan , s'attrouperent
tumultueuſement ily a quinze jours , &pillerent
pluſieurs navires chargés de grains.
Le Baron Théodore de Neuhoff , qui après
avoir tant fait parler de lui , étoit preſque entiérement
oublié , vient de terminer ſes joursdans la
JANVIER. 1757. 215
!
prifondu Fleet , où il a éprouvé , pendant les deux
dernieres années de ſa vie , la plus affreuſe miſere.
La Chambre des Communes accorda le 22 au Roi
douze cens treize mille ſept cens quarante-fix livres
ſterlings pour l'entretien de quarante - neuf mille
ſept cens quarante-neuf hommes de troupes de
terre , en y comprenant quatre mille huit invalides
; quatre cens vingt- trois mille neuf cens
ſoixante-trois livres ſterlings pour les garniſons de
Gibraltar & des Colonies de l'Amérique ; quarante-
ſept mille ſoixante pour les Officiers Genéraux
, & pour l'Etat Major ; vingt-trois mille trois
censtrente- cinq pour les troupes Heſſoiſſes , &
quatre cens trente-trois mille vingt-cinq pour les
troupes Hanovériennes. Les troupes Heſſoiſſes
ont enfin quitté leur camp pour prendre les quartiers
d'hyver que le Parlement leur a aſſigné dans
les villes de Salisbury , de Winchester & de Southampton.
On ſe propoſe de lever inceſſamment
deux nouveaux régimens de Montagnards Ecoffois.
Les nouvelles de l'Amérique continuent d'être
défagréables. On a appris que les Chiroquois ,
qui venoient de renouveller leur alliance avec les
Anglois , s'étoient ſaiſis par ſurpriſe d'un Fort
qu'ils avoient permis de conſtruire ſur leur terri
toire,
Fermer
Résumé : GRANDE BRETAGNE.
En décembre, la Chambre des Communes britannique a approuvé l'allocation de 55 000 matelots pour la Flotte Royale, incluant 11 419 soldats de marine, avec une allocation mensuelle de quatre livres sterling par homme, couvrant aussi les dépenses d'artillerie. Elle a également imposé une taxe de quatre shillings par livre sterling sur les terres. Précédemment, des ouvriers des mines de Redbrook et des charbonniers de la forêt de Dean avaient pillé des navires chargés de grains. Le baron Théodore de Neuhoff est décédé dans la prison de Fleet après deux années de misère. Le 22 janvier 1757, la Chambre des Communes a alloué 1 213 746 livres sterling pour l'entretien de 49 749 hommes de troupes terrestres, incluant 4 008 invalides. Des fonds supplémentaires ont été alloués pour les garnisons de Gibraltar et des colonies américaines, les officiers généraux, les troupes hessoises et hanovriennes. Les troupes hessoises ont quitté leur camp pour hiverner à Salisbury, Winchester et Southampton. Deux nouveaux régiments de montagnards écossais doivent être levés. Les nouvelles d'Amérique sont préoccupantes, notamment une attaque surprise des Chiroquois contre un fort anglais malgré une récente alliance.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14449
p. 215-218
« Le 13 Décembre, le Parlement qui avoit reçu les ordres du Roi [...] »
Début :
Le 13 Décembre, le Parlement qui avoit reçu les ordres du Roi [...]
Mots clefs :
Lit de justice, Conseillers, Maréchaux, Chancelier de France, Sa Majesté, Gouverneurs, Comtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le 13 Décembre, le Parlement qui avoit reçu les ordres du Roi [...] »
LE 13 Décembre , le Parlement qui avoit reçu
les ordres du Roi par M. le Marquis de Dreux ,
Grand Maître de Cérémonies , s'aſſembla pour
le Lit de Justice , que Sa Majesté avoit réſolu
1
216 MERCURE DE FRANCE .
detenir. M. de Lamoignon , Chancelier de France
, accompagné d'un grand nombre de Confeillers
d'Etat & de Maîtres des Requêtes , ſe
rendit au Palais. Les Maréchaux de France , s'y
rendirent en corps avec toute la Connétablie.
Vers les neuf heures & demie du matin , le Roi ,
qui avoit couché à la Meute partit de ce Château ,
ayant dans fon carroſſe Monſeigneur leDauphin,
LeDucd'Orléans , le Prince deCondé & le Comte
de Clermont. Sa Majefté étoit accompagnée d'un
nombreux détachement de ſes Gardes du Corps ,
d'un détachement de cinquante Gendarmes de ſa
Garde, de pareils Détachemens de la Compagnie
des Chevaux- Legers , & des deux Compagnies
desMouſquetaires . Devant le carroffe de Sa Majeſté
étoit le vol du Cabinet. Le Roi arriva ſur les
dix heures & un quart à la Sainte Chapelle ,
où les Maréchaux de France , les Chevaliers des
Ordres , les Gouverneurs & Lieutenans- Généraux
de Provinces , s'étoient aſſemblés pour l'attendre.
Le Prince de Conty & le Comte de la Marche
y avoient auſſi devancé Sa Majeſté. Elle monta
les degrés , précédée de ſa Cour , au ſon des
Trompettes , Hautbois , Fifres & Tambours de
la Chambre. Deux Huiſſiers de la Chambre portoient
leurs Maſſes devant le Roi. L'Abbé de
Vichy-Chamron, Tréſorier de la Sainte Chapelle ,
à la tête des Chanoines , préſenta au Roi la vraie
Croix à baifer , & le complimenta. Le Roi enrendit
la Meſſe , qui fut célébrée par l'Abbé
Châtelain , Chapelain de Sa Majesté , & pendant
laquelle on exécuta le Motet , Laudate Dominum
in Sanctis ejus , de la compoſition du ſieur Bréval ,
Maître de Muſique de la Sainte Chapelle. Lorſque
le Roi eut entendu la Meſſe, quatre Préſidens
& fix Conſeillers , députés par le Parlement , vinrent
JANVIER . 1757. 217
rent recevoir Sa Majefté , & la conduifirent à
la Grand Chambre. Le Roi s'étant affis fur fon
Trône , & toutes les ſéances ayant été priſes en la
maniere accoutumée , dont on peut voir le détail
dans le Mercure du mois d'Octobre de l'année
derniere , Sa Majesté dit : Je viens vous apporter
mes volontés . Mon Chancelier vous les annoncera.
Le Chancelier expliqua les intentions du Roi , &
les motifs qui avoient déterminé Sa Majesté à
tenir ſon Lit de Juſtice. Après que le Chancelier
eut ceffé de parler , M. de Maupeou , premier
Préſident , parla au nom du Parlement. Le Chancelier
monta enſuite vers le Roi , pour prendre ſes
ordres , un genou en terre. Remis en ſa place ,
affis & découvert , il fit ouvrir les portes , & il
ordonna au ſieur Dufranc , Secretaire de la Cour ,
faiſant les fonctions de Greffier en Chef, de lire
deux Déclarations & un Edit. Cette lecture finie ,
les Gens du Roi , M. Joly-de Fleury , Premier
Avocat Général , portant la parole , donnerent
leurs conclufions. Le Chancelier prit les avis ,
& après qu'il en eut rendu compte au Roi , il
prononça l'enregistrement . Ce qui ayant été exécuté,
le Roi fortit dans le même ordre qu'il étoit
entré. Sa Majesté trouva , ainſi qu'à fon arrivée ,
les deux Régimens des Gardes Françoiſes & Suifſes
, qui formoient une double haie dans les
rues , ſur le Pont-Neuf, & fur les Quais , depuis
le Palais juſqu'à l'extrémité du Quai des Tuileries.
Partout , ſur le paſſage du Roi , le peuple
eft accouru en foule , pourjouir de la préſence de
Sa Majefté.
Les Pairs , qui ont aſſiſté à ce Lit de Juſtice ,
font l'Evêque Duc de Laon , les Ducs d'Uzés ,
de Luines ,de Briſſac , Maréchal Duc de Richelieu ,
de la Force , de Rohan , de Luxembourg , de Ville-
II . Vol. K
21S MERCURE DE FRANCE.
roy , de Saint -Aignan, Maréchal Ducde Noailles ,
de Fitz - James , d'Antin , de Chaulnes , de Rohan-
Soubize , de Villars- Brancas , de Lauraguais , de
Biron , de la Valliere , de Fleury , Maréchal
Duc de Belle- Ifle. Les Maréchaux de Coigny ,
de Balincourt & de Clermont-Tonnerre , y ont
eu ſéance , étant entrés avec le Roi.
Voici les deux Déclarations , dont l'enrégiftrement
a été ordonné dans le Lit de Juftice.
les ordres du Roi par M. le Marquis de Dreux ,
Grand Maître de Cérémonies , s'aſſembla pour
le Lit de Justice , que Sa Majesté avoit réſolu
1
216 MERCURE DE FRANCE .
detenir. M. de Lamoignon , Chancelier de France
, accompagné d'un grand nombre de Confeillers
d'Etat & de Maîtres des Requêtes , ſe
rendit au Palais. Les Maréchaux de France , s'y
rendirent en corps avec toute la Connétablie.
Vers les neuf heures & demie du matin , le Roi ,
qui avoit couché à la Meute partit de ce Château ,
ayant dans fon carroſſe Monſeigneur leDauphin,
LeDucd'Orléans , le Prince deCondé & le Comte
de Clermont. Sa Majefté étoit accompagnée d'un
nombreux détachement de ſes Gardes du Corps ,
d'un détachement de cinquante Gendarmes de ſa
Garde, de pareils Détachemens de la Compagnie
des Chevaux- Legers , & des deux Compagnies
desMouſquetaires . Devant le carroffe de Sa Majeſté
étoit le vol du Cabinet. Le Roi arriva ſur les
dix heures & un quart à la Sainte Chapelle ,
où les Maréchaux de France , les Chevaliers des
Ordres , les Gouverneurs & Lieutenans- Généraux
de Provinces , s'étoient aſſemblés pour l'attendre.
Le Prince de Conty & le Comte de la Marche
y avoient auſſi devancé Sa Majeſté. Elle monta
les degrés , précédée de ſa Cour , au ſon des
Trompettes , Hautbois , Fifres & Tambours de
la Chambre. Deux Huiſſiers de la Chambre portoient
leurs Maſſes devant le Roi. L'Abbé de
Vichy-Chamron, Tréſorier de la Sainte Chapelle ,
à la tête des Chanoines , préſenta au Roi la vraie
Croix à baifer , & le complimenta. Le Roi enrendit
la Meſſe , qui fut célébrée par l'Abbé
Châtelain , Chapelain de Sa Majesté , & pendant
laquelle on exécuta le Motet , Laudate Dominum
in Sanctis ejus , de la compoſition du ſieur Bréval ,
Maître de Muſique de la Sainte Chapelle. Lorſque
le Roi eut entendu la Meſſe, quatre Préſidens
& fix Conſeillers , députés par le Parlement , vinrent
JANVIER . 1757. 217
rent recevoir Sa Majefté , & la conduifirent à
la Grand Chambre. Le Roi s'étant affis fur fon
Trône , & toutes les ſéances ayant été priſes en la
maniere accoutumée , dont on peut voir le détail
dans le Mercure du mois d'Octobre de l'année
derniere , Sa Majesté dit : Je viens vous apporter
mes volontés . Mon Chancelier vous les annoncera.
Le Chancelier expliqua les intentions du Roi , &
les motifs qui avoient déterminé Sa Majesté à
tenir ſon Lit de Juſtice. Après que le Chancelier
eut ceffé de parler , M. de Maupeou , premier
Préſident , parla au nom du Parlement. Le Chancelier
monta enſuite vers le Roi , pour prendre ſes
ordres , un genou en terre. Remis en ſa place ,
affis & découvert , il fit ouvrir les portes , & il
ordonna au ſieur Dufranc , Secretaire de la Cour ,
faiſant les fonctions de Greffier en Chef, de lire
deux Déclarations & un Edit. Cette lecture finie ,
les Gens du Roi , M. Joly-de Fleury , Premier
Avocat Général , portant la parole , donnerent
leurs conclufions. Le Chancelier prit les avis ,
& après qu'il en eut rendu compte au Roi , il
prononça l'enregistrement . Ce qui ayant été exécuté,
le Roi fortit dans le même ordre qu'il étoit
entré. Sa Majesté trouva , ainſi qu'à fon arrivée ,
les deux Régimens des Gardes Françoiſes & Suifſes
, qui formoient une double haie dans les
rues , ſur le Pont-Neuf, & fur les Quais , depuis
le Palais juſqu'à l'extrémité du Quai des Tuileries.
Partout , ſur le paſſage du Roi , le peuple
eft accouru en foule , pourjouir de la préſence de
Sa Majefté.
Les Pairs , qui ont aſſiſté à ce Lit de Juſtice ,
font l'Evêque Duc de Laon , les Ducs d'Uzés ,
de Luines ,de Briſſac , Maréchal Duc de Richelieu ,
de la Force , de Rohan , de Luxembourg , de Ville-
II . Vol. K
21S MERCURE DE FRANCE.
roy , de Saint -Aignan, Maréchal Ducde Noailles ,
de Fitz - James , d'Antin , de Chaulnes , de Rohan-
Soubize , de Villars- Brancas , de Lauraguais , de
Biron , de la Valliere , de Fleury , Maréchal
Duc de Belle- Ifle. Les Maréchaux de Coigny ,
de Balincourt & de Clermont-Tonnerre , y ont
eu ſéance , étant entrés avec le Roi.
Voici les deux Déclarations , dont l'enrégiftrement
a été ordonné dans le Lit de Juftice.
Fermer
Résumé : « Le 13 Décembre, le Parlement qui avoit reçu les ordres du Roi [...] »
Le 13 décembre, le Parlement reçut des instructions du roi, transmises par le Marquis de Dreux, Grand Maître de Cérémonies, pour organiser un Lit de Justice. Le roi, accompagné du Dauphin, du Duc d'Orléans, du Prince de Condé et du Comte de Clermont, se rendit à la Sainte-Chapelle, entouré par les Gardes du Corps, les Gendarmes, les Chevaux-Legers et les Mousquetaires. À la Sainte-Chapelle, une messe fut célébrée par l'Abbé Châtelain, durant laquelle le motet 'Laudate Dominum in Sanctis ejus' fut interprété. Après la messe, le roi se dirigea vers la Grand Chambre du Parlement où il annonça ses volontés, expliquées par le Chancelier de Lamoignon. Le Premier Président, M. de Maupeou, prit ensuite la parole au nom du Parlement. Le Chancelier lut deux déclarations et un édit, suivis des conclusions des Gens du Roi. Le roi quitta ensuite le Parlement dans le même ordre qu'à son arrivée, sous les acclamations du peuple. Parmi les pairs présents figuraient plusieurs ducs et maréchaux, dont le Duc de Richelieu et le Maréchal de Noailles.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
14450
p. 218-222
Premiere Déclaration.
Début :
Louis, par la grace de Dieu, Roi de France & de Navare : [...]
Mots clefs :
Royaume de France, Troubles, Pape, Bien de l'État, Articles, Constitution Unigenitus, Déclarations, Tranquillité publique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Premiere Déclaration.
Premiere Déclaration.
Louis , par la grace de Dieu , Roi de France &
de Navare : A tous ceux qui ces préſentes lettres
verront , Salut. Nous nous sommes propoſé dans
tous les temps , de faire ceffer les troubles qui
ſe ſont élevés dans notre Royaume , à l'occaſion
de la Conſtitution Unigenitus , en employant également
notre autorité à lui faire rendre le refpect
&la ſoumifſion qui lui ſont dûs , & à empêcher
l'abus qu'on en voudroit faire , en lui attribuant
un caractere & des effets qu'elle ne peut
avoir par ſa nature. Il nous a paru ſurtout , qu'il
étoit important de preſcrire un filence abfolu fur
des queſtions qui ne peuvent tendre qu'à troubler
la tranquillité publique. Nous avons eu la fatisfaction
de voir Notre Saint Fere le Pape , en rendant
justice à notreamour pour la Religion , donner
ſes éloges aux vues qui nous ont conduit pour
faire rendre à l'autorité de l'Egliſe Pobéiſſance
qui lui eſt dûe , entretenir la paix , & réprimer
ceux qui cherchent à la troubler ; & nous avons
reçu avec reconnoiſſance les témoignages que la
bonté paternelle de ce ſaint Pontife , qui remplit
fi dignement la chaire de faint Pierre , nous en
• donnés par les lettres qu'il nous a adrefiés,
JANVIER. 1757 . 219
Animés du même eſprit & du deſir de conſommer
un ouvrage ſi néceſſaire au bien de notre
Etat, nous avons cru devoir encore, en maintenant
l'éxécution des loix précédemment rendues , ſtatuer
ſur différens points qui ont donné lieu à
de nouvelles conteſtations , & abolir en même
temps tout ce qui s'est fait de part & d'autre
à l'occaſion de ces diſputes , pour en effacer ,
s'il eſt poſſible , juſqu'au ſouvenir. A ces cauſes ,
& autres à ce nous mouvant,de l'avis de notre Conſeil
, de notre certaine ſcience , pleine puiſſance
& autorité royale , Nous avons dit , déclaré &
ordonné , & par ces Préſentes ſignées de notre
main , diſons , déclarons & ordonnons , voulons &
Nous plaît :
ART. I. Que les Lettres Patentes & Déclarations
données , tant par le feu Roi notre très-honoré
Seigneur & Bifaïeul , que par nous , & régiſtrées
ennos Cours au ſujet de la Conſtitution Unigenitus
, ſoient exécutées ſelon leur forme& teneur ;
&qu'en conféquence , tous nos ſujets ayent pour
laditeConſtitution le reſpect & la foumiffion qui
Hui ſont dûs ; fans néanmoins qu'on puiſſe lui
attribuer la dénomination, le caractere, ni les effets
de Regle de Foi.
II . N'entendons que le filence abſolu preſcrit
par noſdites Déclarations , & que nous voulons
être inviolablement obſervé , puiſſe préjudicier
au droit qu'ont les Archevêques & Evêques , d'enſeigner
les Eccléſiaſtiques & les peuples confiés
à leurs foins. Exhortons& néanmoins enjoignons
auxdits Archevêques & Evêques , de ſe renfermer ,
pour l'exercice de leurs fonctions , dans les bornes
de la charité & de la modération chrétienne , &
d'éviter tout ce qui pourroit troubler la tranquillité
-publique.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
III . L'article XXXIV de l'Edit du mois d'Avril
1695 ſera exécuté ſelon ſa forme & teneur ; &
en conféquence , toutes cauſes & actions civiles ,
concernant l'adminiſtration & le refus des Sacremens
, feront portées devant les Juges d'Eglife ,
excluſivement à tous Juges & Tribunaux ſéculiers ,
auxquels nous enjoignonsde leur en faire le renvoi,
fauf & ſans préjudice de l'appel comme d'abus.
Et à l'égard des plaintes & pourſuites criminelles
en cette matiere , elles feront portées , tant devant
nos Juges ayant la connoiſſance des cas royaux ,
&par appel en nos Cours , que devant les Juges
d'Eglife , chacun en ce qui les concerne & eſt
de leur compétence ; ſçavoir , pardevant nos
Juges pour raiſon du cas privilégié , & pardevant
les Juges d'Eglife pour le délit commun , le tout
conformément aux Ordonnances ; fans néanmoins
que nos cours & Juges puiffent ordonner , en
quelque maniere & fous quelque expreſſion que
ce ſoit , que les Sacremens feront adminiſtrés ;
fauf à nofdites Cours & Juges à prononcer telle
peine qu'il appartiendra , contre ceux qui ſe ſeroient
rendus coupables , lors de l'adminiſtration
ou du refus des Sacremens .
IV. Ne pourront néanmoins les Curés & autres
Eccléſiaſtiques , chargés de l'adminiſtration des
Sacremens , être pourſuivis pour raiſon des refus
de Sacremens par eux faits à ceux contre lefquels
il ſubſiſteroit des condamnations & cenfures
juridiquement & perſonnellement prononcées
contre eux , & actuellement exécutoires pour
leur déſobéiſſance à l'autorité & aux déciſions
de l'Eglife , & notamment à la Conftitution
Unigenitus ; ou à ceux qui dans le tems même
qu'ils demanderoient à être admis à la participation
des Sacremens , auroient fait connoître d'eux
JANVIER. 1757 . 221
mêmes publiquement leur défobéiſſance à ladite
Conftitution. Exhortons & néanmoins enjoignons
aux Archevêques & Evêques , de veiller à ce que
leſdits Curés & autres Prêtres ne faſſent à ceux
à qui ils adminiſtreront les Sacremens , aucunes
interrogations indifcretes qui puiſſent tendre à
troubler la paix.
Et voulons que tout ce qui s'eſt fait à l'occaſion
des derniers troubles, ſoit enſeveli dans l'oubli ;
ordonnons que le tout ſoit réputé & demeure comme
non avenu. Voulons pareillement que toutes
pourfuites , décrets & procédures qui pourroient
avoir été faits , & tous Arrêts , Sentences ou
Jugemens , qui pourroient avoir été rendus au
même ſujet , demeurent ſans aucune fuite & fans
aucun effet; & , en conféquence , que ceux contre
leſquels leſdites procédures auroient été faites ,
& leſdits Arrêts , Sentences ou Jugemens rendus ,
rentrent , en vertu des préſentes , en leur état &
fonctions. Si donnons en Mandement à nos amés
& féaux Confeillers les Gens tenant notre Cour de
Parlement à Paris , que ces préſentes ils ayent à
faire lire , publier & enregistrer , & le contenu
en icelles garder & obſerver de point en point , ſelon
leur forme & teneur : Car tel eſt notre plaifir.
En temoin de quoi nous avons fait mettre notre
ſcel à ceſdites préſentes. Donné à Versailles le
dixieme jour de Décembre , l'an de grace mil
ſeptcent cinquante- fix , & de notre regne le quarante-
deuxieme. Signé Louis. Et plus bas. Par le
Roi . M. P. de Voyer d'Argenson . Et ſcellé du grand
ſceau de cire jaune.
Lue &publiée , le Roi féant en ſon Lit de Juftice
, & régistrée , oui , & ce requérant le Procureur
Général du Roi , pour être exécutée selon ſa
forme& teneur ; & copies collationnées d'icelle en- .
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
voyées aux Baillages & Sénéchauſſées du réſſort ,
pour y être pareillement lue , publiée to enregistrée :
Enjoint aux Subſtituts deſon Procureur Général d'y
tenir la main , & d'en certifier la Cour dans un
mois . A Paris , en Parlement , le Roi tenant fon
Son Lit de Justice , le treize Décembre milſept cent
cinquante-fix. Signé Dufranc.
Louis , par la grace de Dieu , Roi de France &
de Navare : A tous ceux qui ces préſentes lettres
verront , Salut. Nous nous sommes propoſé dans
tous les temps , de faire ceffer les troubles qui
ſe ſont élevés dans notre Royaume , à l'occaſion
de la Conſtitution Unigenitus , en employant également
notre autorité à lui faire rendre le refpect
&la ſoumifſion qui lui ſont dûs , & à empêcher
l'abus qu'on en voudroit faire , en lui attribuant
un caractere & des effets qu'elle ne peut
avoir par ſa nature. Il nous a paru ſurtout , qu'il
étoit important de preſcrire un filence abfolu fur
des queſtions qui ne peuvent tendre qu'à troubler
la tranquillité publique. Nous avons eu la fatisfaction
de voir Notre Saint Fere le Pape , en rendant
justice à notreamour pour la Religion , donner
ſes éloges aux vues qui nous ont conduit pour
faire rendre à l'autorité de l'Egliſe Pobéiſſance
qui lui eſt dûe , entretenir la paix , & réprimer
ceux qui cherchent à la troubler ; & nous avons
reçu avec reconnoiſſance les témoignages que la
bonté paternelle de ce ſaint Pontife , qui remplit
fi dignement la chaire de faint Pierre , nous en
• donnés par les lettres qu'il nous a adrefiés,
JANVIER. 1757 . 219
Animés du même eſprit & du deſir de conſommer
un ouvrage ſi néceſſaire au bien de notre
Etat, nous avons cru devoir encore, en maintenant
l'éxécution des loix précédemment rendues , ſtatuer
ſur différens points qui ont donné lieu à
de nouvelles conteſtations , & abolir en même
temps tout ce qui s'est fait de part & d'autre
à l'occaſion de ces diſputes , pour en effacer ,
s'il eſt poſſible , juſqu'au ſouvenir. A ces cauſes ,
& autres à ce nous mouvant,de l'avis de notre Conſeil
, de notre certaine ſcience , pleine puiſſance
& autorité royale , Nous avons dit , déclaré &
ordonné , & par ces Préſentes ſignées de notre
main , diſons , déclarons & ordonnons , voulons &
Nous plaît :
ART. I. Que les Lettres Patentes & Déclarations
données , tant par le feu Roi notre très-honoré
Seigneur & Bifaïeul , que par nous , & régiſtrées
ennos Cours au ſujet de la Conſtitution Unigenitus
, ſoient exécutées ſelon leur forme& teneur ;
&qu'en conféquence , tous nos ſujets ayent pour
laditeConſtitution le reſpect & la foumiffion qui
Hui ſont dûs ; fans néanmoins qu'on puiſſe lui
attribuer la dénomination, le caractere, ni les effets
de Regle de Foi.
II . N'entendons que le filence abſolu preſcrit
par noſdites Déclarations , & que nous voulons
être inviolablement obſervé , puiſſe préjudicier
au droit qu'ont les Archevêques & Evêques , d'enſeigner
les Eccléſiaſtiques & les peuples confiés
à leurs foins. Exhortons& néanmoins enjoignons
auxdits Archevêques & Evêques , de ſe renfermer ,
pour l'exercice de leurs fonctions , dans les bornes
de la charité & de la modération chrétienne , &
d'éviter tout ce qui pourroit troubler la tranquillité
-publique.
Kij
220 MERCURE DE FRANCE .
III . L'article XXXIV de l'Edit du mois d'Avril
1695 ſera exécuté ſelon ſa forme & teneur ; &
en conféquence , toutes cauſes & actions civiles ,
concernant l'adminiſtration & le refus des Sacremens
, feront portées devant les Juges d'Eglife ,
excluſivement à tous Juges & Tribunaux ſéculiers ,
auxquels nous enjoignonsde leur en faire le renvoi,
fauf & ſans préjudice de l'appel comme d'abus.
Et à l'égard des plaintes & pourſuites criminelles
en cette matiere , elles feront portées , tant devant
nos Juges ayant la connoiſſance des cas royaux ,
&par appel en nos Cours , que devant les Juges
d'Eglife , chacun en ce qui les concerne & eſt
de leur compétence ; ſçavoir , pardevant nos
Juges pour raiſon du cas privilégié , & pardevant
les Juges d'Eglife pour le délit commun , le tout
conformément aux Ordonnances ; fans néanmoins
que nos cours & Juges puiffent ordonner , en
quelque maniere & fous quelque expreſſion que
ce ſoit , que les Sacremens feront adminiſtrés ;
fauf à nofdites Cours & Juges à prononcer telle
peine qu'il appartiendra , contre ceux qui ſe ſeroient
rendus coupables , lors de l'adminiſtration
ou du refus des Sacremens .
IV. Ne pourront néanmoins les Curés & autres
Eccléſiaſtiques , chargés de l'adminiſtration des
Sacremens , être pourſuivis pour raiſon des refus
de Sacremens par eux faits à ceux contre lefquels
il ſubſiſteroit des condamnations & cenfures
juridiquement & perſonnellement prononcées
contre eux , & actuellement exécutoires pour
leur déſobéiſſance à l'autorité & aux déciſions
de l'Eglife , & notamment à la Conftitution
Unigenitus ; ou à ceux qui dans le tems même
qu'ils demanderoient à être admis à la participation
des Sacremens , auroient fait connoître d'eux
JANVIER. 1757 . 221
mêmes publiquement leur défobéiſſance à ladite
Conftitution. Exhortons & néanmoins enjoignons
aux Archevêques & Evêques , de veiller à ce que
leſdits Curés & autres Prêtres ne faſſent à ceux
à qui ils adminiſtreront les Sacremens , aucunes
interrogations indifcretes qui puiſſent tendre à
troubler la paix.
Et voulons que tout ce qui s'eſt fait à l'occaſion
des derniers troubles, ſoit enſeveli dans l'oubli ;
ordonnons que le tout ſoit réputé & demeure comme
non avenu. Voulons pareillement que toutes
pourfuites , décrets & procédures qui pourroient
avoir été faits , & tous Arrêts , Sentences ou
Jugemens , qui pourroient avoir été rendus au
même ſujet , demeurent ſans aucune fuite & fans
aucun effet; & , en conféquence , que ceux contre
leſquels leſdites procédures auroient été faites ,
& leſdits Arrêts , Sentences ou Jugemens rendus ,
rentrent , en vertu des préſentes , en leur état &
fonctions. Si donnons en Mandement à nos amés
& féaux Confeillers les Gens tenant notre Cour de
Parlement à Paris , que ces préſentes ils ayent à
faire lire , publier & enregistrer , & le contenu
en icelles garder & obſerver de point en point , ſelon
leur forme & teneur : Car tel eſt notre plaifir.
En temoin de quoi nous avons fait mettre notre
ſcel à ceſdites préſentes. Donné à Versailles le
dixieme jour de Décembre , l'an de grace mil
ſeptcent cinquante- fix , & de notre regne le quarante-
deuxieme. Signé Louis. Et plus bas. Par le
Roi . M. P. de Voyer d'Argenson . Et ſcellé du grand
ſceau de cire jaune.
Lue &publiée , le Roi féant en ſon Lit de Juftice
, & régistrée , oui , & ce requérant le Procureur
Général du Roi , pour être exécutée selon ſa
forme& teneur ; & copies collationnées d'icelle en- .
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
voyées aux Baillages & Sénéchauſſées du réſſort ,
pour y être pareillement lue , publiée to enregistrée :
Enjoint aux Subſtituts deſon Procureur Général d'y
tenir la main , & d'en certifier la Cour dans un
mois . A Paris , en Parlement , le Roi tenant fon
Son Lit de Justice , le treize Décembre milſept cent
cinquante-fix. Signé Dufranc.
Fermer
Résumé : Premiere Déclaration.
Le roi Louis de France et de Navarre a publié une déclaration visant à apaiser les troubles liés à la Constitution Unigenitus. Il réaffirme son engagement à maintenir la tranquillité publique et à respecter l'autorité de l'Église tout en prévenant les abus de cette constitution. Le roi exprime sa satisfaction face à l'approbation du pape, qui a reconnu ses efforts pour préserver la paix et la soumission à l'Église. La déclaration précise que les lettres patentes et déclarations antérieures concernant la Constitution Unigenitus doivent être appliquées, mais sans en faire une règle de foi. Elle impose un silence absolu sur les questions controversées et maintient le droit des archevêques et évêques d'enseigner, tout en leur demandant de modérer leurs actions pour éviter les troubles. Les affaires civiles relatives aux sacrements relèvent des juges ecclésiastiques, tandis que les poursuites criminelles peuvent être traitées par les juges royaux ou ecclésiastiques selon leur compétence. Les curés ne peuvent être poursuivis pour refus de sacrements envers ceux condamnés pour désobéissance à la Constitution Unigenitus. Toutes les procédures et jugements relatifs aux troubles récents sont annulés, et les personnes concernées récupèrent leurs fonctions. Le document, daté du 10 décembre 1756, a été lu et publié en présence du roi lors de son lit de justice, puis enregistré. Le procureur général du roi a demandé l'exécution de cet acte et l'envoi de copies aux bailliages et sénéchaussées pour y être lues, publiées et enregistrées. Les substituts du procureur général doivent veiller à l'exécution de cet ordre et certifier la cour dans un délai d'un mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer