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1
p. 63-68
Histoire abregée des derniers tremblements arrivez à Manosque en Provence.
Début :
Le premier de ces tremblements se fit sentir le 14. [...]
Mots clefs :
Tremblements de terre, Manosque, Églises, Rochers, Secousses, Ruines, Maladies
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texteReconnaissance textuelle : Histoire abregée des derniers tremblements arrivez à Manosque en Provence.
Histoireabregée des derniers
tremblemens arrivez à Manosque
en Provence.,
Le premier de ces tremblemens
se fit sentir le 14-
du mois deàsix heu-
1 res & demie du matin, &
l'on entendit en quelques
endroits comme des salves
de plusieurs coups de canon
repetées, en d'autres
comme des mugissemens
épouvantables,& en d'au- ,
tres encore,comme des
roulemens de tonnerre
sourds & affreux. La ville
de Manosque parut à quelques
personnes qui étoient
à la campagne, comme soûlevée
en l'air, ôc ensuite entierement
renversée. Tout
son terroir a été tellement
secoüépar ce tremblement,
qu'il n'y a pas une maison
dans la ville & autour qui,
n'en soit endommagée, les,
unes étant renversées à demi,
d'autres fenduës depuis. lesFondemens jusques à la
couverture. Le château de
Manosque entr'autres menace
ruïne de touscôtez?
T - - - Il
Il-en est de même des Eglises
de saint Sauveur, de
Nôtre-Dame, & du Convent
des Observantins. Les
murailles de la ville font
renversées en quantité d'endroits.
La terre s'est ouverteen
plusieurs lieux; les
rochers se sont fendus, ôc
un entr'autres,à, demi quart
de lieuë de la ville, a jetté
plusieurs sources d'eaudouce
& d'eau soufrée. Les
nourrices du lieu ont perdu
leur lait, la frayeur a
fait plusieurs malades, 6c
rendu quelques-uns hebêrez;
d'autres en ont perdu
l'esprit tout à fait. Les bêtes
même s'en font senties.,
& les oiseaux du ciel
,
se sont enfuis. i, 1,
t
Depuis le 14. jusques au
20. on a senti tous les jours
plusieurs secousses fort legeres
: mais le 20. il se fit
trois tremblemens, dont le
premier fut accompagné
de bruits plus epouvantables
que ceux du 1 4. ce qui
fit deserter la ville aux habitans
en moins d'un demi
quart- d'heure au nombre
de sept à huit millepertonnes.
Ces tremblemens
ont continué tous les jours
depuis le 20. jusques au 30.
lX même quelques uns ont
été assezviolens. Il n'y a
cependant eu personne de
tué fous les ruines. On a ressenti
ces tremblemens jusques
à sept à huit lieuës à
la ronde;les villages de
Corbiere
,
de sainte Tulle
& de Monfuron, quiont àdeux lieuës dé Manosque,
ont souffert quelque
dommage, & celui de Peyrevert
, <juin'eneft^^a'à.
unepetitelieue,aétépresque
autant endommagé
que Manosque même, &c
le château de Forcalquier,
qui est aquatre, lieuës au
nruorïtndeedMetaonuosscqôuet,emze.nace
J;: ;.>
>MEMOJRË,ltil
tremblemens arrivez à Manosque
en Provence.,
Le premier de ces tremblemens
se fit sentir le 14-
du mois deàsix heu-
1 res & demie du matin, &
l'on entendit en quelques
endroits comme des salves
de plusieurs coups de canon
repetées, en d'autres
comme des mugissemens
épouvantables,& en d'au- ,
tres encore,comme des
roulemens de tonnerre
sourds & affreux. La ville
de Manosque parut à quelques
personnes qui étoient
à la campagne, comme soûlevée
en l'air, ôc ensuite entierement
renversée. Tout
son terroir a été tellement
secoüépar ce tremblement,
qu'il n'y a pas une maison
dans la ville & autour qui,
n'en soit endommagée, les,
unes étant renversées à demi,
d'autres fenduës depuis. lesFondemens jusques à la
couverture. Le château de
Manosque entr'autres menace
ruïne de touscôtez?
T - - - Il
Il-en est de même des Eglises
de saint Sauveur, de
Nôtre-Dame, & du Convent
des Observantins. Les
murailles de la ville font
renversées en quantité d'endroits.
La terre s'est ouverteen
plusieurs lieux; les
rochers se sont fendus, ôc
un entr'autres,à, demi quart
de lieuë de la ville, a jetté
plusieurs sources d'eaudouce
& d'eau soufrée. Les
nourrices du lieu ont perdu
leur lait, la frayeur a
fait plusieurs malades, 6c
rendu quelques-uns hebêrez;
d'autres en ont perdu
l'esprit tout à fait. Les bêtes
même s'en font senties.,
& les oiseaux du ciel
,
se sont enfuis. i, 1,
t
Depuis le 14. jusques au
20. on a senti tous les jours
plusieurs secousses fort legeres
: mais le 20. il se fit
trois tremblemens, dont le
premier fut accompagné
de bruits plus epouvantables
que ceux du 1 4. ce qui
fit deserter la ville aux habitans
en moins d'un demi
quart- d'heure au nombre
de sept à huit millepertonnes.
Ces tremblemens
ont continué tous les jours
depuis le 20. jusques au 30.
lX même quelques uns ont
été assezviolens. Il n'y a
cependant eu personne de
tué fous les ruines. On a ressenti
ces tremblemens jusques
à sept à huit lieuës à
la ronde;les villages de
Corbiere
,
de sainte Tulle
& de Monfuron, quiont àdeux lieuës dé Manosque,
ont souffert quelque
dommage, & celui de Peyrevert
, <juin'eneft^^a'à.
unepetitelieue,aétépresque
autant endommagé
que Manosque même, &c
le château de Forcalquier,
qui est aquatre, lieuës au
nruorïtndeedMetaonuosscqôuet,emze.nace
J;: ;.>
>MEMOJRË,ltil
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Résumé : Histoire abregée des derniers tremblements arrivez à Manosque en Provence.
Le 14 juin à 6h30, un violent tremblement de terre a frappé Manosque en Provence. Les habitants ont rapporté divers sons, comme des salves de canon ou des roulements de tonnerre. La ville a subi des dommages massifs : maisons renversées ou fendues, château et églises menacés de ruine, murailles effondrées, et terre ouverte libérant des sources d'eau. La frayeur a causé des maladies, évanouissements et troubles mentaux chez les habitants et les animaux. Des secousses légères ont été ressenties quotidiennement jusqu'au 20 juin, date à laquelle trois tremblements plus violents ont poussé environ 7 000 à 8 000 habitants à fuir. Les secousses ont continué jusqu'au 30 juin, affectant également les villages voisins de Corbières, Sainte-Tulle, Monfuron et Peyrevert. Malgré les dégâts, aucune victime n'a été signalée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 1637-1649
SECONDE LETTRE de M. Lalouat de Soalaines, sur les Akousmates.
Début :
J'ai établi, Monsieur, dans ma premiere Lettre, que les principes des [...]
Mots clefs :
Terre, Airs, Brouillards, Tremblements de terre, Secousses, Vibrations, Canards, Oies, Battement des ailes, Tonnerre
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texteReconnaissance textuelle : SECONDE LETTRE de M. Lalouat de Soalaines, sur les Akousmates.
SECONDE LETTRE de M. Lar
lonat de Soalaines , sur les Akousmates.
J'A
*
'Ay établi , Monsieur , dans ma premiere
Lettre , que les principes des
sons peuvent se rencontrer aussi - bien dans
le sein de la Terre que dans les Airs , et
je l'ai prouvé principalement par l'experience.
Il est vrai que les bruits dont j'ai
parlé , qui sortent des entrailles de la
Terre , sont très rares , et qu'ils sont ,
quand ils arrivent, plus confus et entendus
de moins loin , que ceux qui partent des >
Airs , et ces évenemens sont une suite
de mon principe. La Terre étant très-facile
à se dilater , sur tout dans les endroits .
où peuvent résider les matieres qui les
occasionnent ,, il s'ensuit que ne tro vant
que très- peu ou point du tou
tar
cles dans leur sortie , elles ne doivent aire
aucun bruit , ou du moins un bruit trèspen.
1638 MERCURE DE FRANCE
peu sensible ; de- là ces matieres sulfureuses
qui composent les brouillards et
qui font les tremblemens de Terre , ne
produisent aucun son en sortant. D'ailleurs
notre matiere fluide agitée , trouvant
à sa rencontre des Edifices et des Montagnes
ou d'autres obstacles dans son extension,
se refléchit dans l'espace d'où elle
part , et peu à peu ne recevant plus que
des secousses ou des vibrations sembla
bles à celles d'une Corde de Clavecin
sur laquelle on met legerement le doigt
dans le tems que la touche la frappe , elle
ne peut plus s'entendre bien loin et ne
doit plus exciter qu'un son très -confus
et très-interrompu , qui a pû néanmoins
être très-perçant dans le point central de
son tourbillon. Ainsi , Monsieur , quelque
terrible que fût le bruit causé à Pale
Magazin à Poudre dont je vous
ai parlé , il ne fut entendu qu'aux environs
, les Habitans des autres Quartiers.
ne le scutent que par oui dire.
ris par
Faisons l'application de mes principes
à la diablerie d'Ansacq , ou si vous voulez
à celle de Sezanne . Ce bruit sortoit
du sein de la Terre ou de l'Air ; quant à
celui que j'entendis à Sezanne , il avoir
assurément son principe dans une Nuée ,
qui selon toutes les apparences , avoit été
formée
JUILLET. 1731
1639
formée par des vapeurs exhalées de ces.
Marais et de ces Etangs dont je vous ai
parlé.
de
Il faut dire que dans cette Nuée se trou
voit renfermée une grande quantité ou de
Sels ou d'autres esprits très- actifs qui y
avoient été enveloppez ou par une chute
plusieursNuées les unes sur les autres ,ou
parce que se dégageant de la partie aqueuse
et la plus grossiere de la Nuée , ils s'étoient
creusé une espece de voute, ou pour
mieux dire , un nombre infini de petites
celules ou concavitez , que ces esprits actifs
se multipliant et se raréfiant , ne pouvant
plus se contenir dans ces celules ou
concavitez , les percerent en differens en .
droits , et sortant par ces troux avec impétuosité
, ébranloient par leur choc les
differentes colomnes de notre matiere
Auide celle- cy communiquant son trẻ-
moussement et ses secousses à tous les
objets voisins capables d'être ébranlés , et
frapant les oreilles de ceux qui pouvoient
se rencontrer dans ses tourbillons , leur
faisoit distinguer des sons .
Ces esprits se faisant jour de toutes parts,
et sortant par une infinité d'échancrures
ou de troux de forme differente , donnoient
par leur éruption des secousses infinies
et d'une varieté infinie à la matiere flui-
>
de ,
1640 MERCURE DE FRANCE
de , qui en les reportant à l'oreille , faisoit
par consequent éprouver une infinité
de sons differens. Les efforts. que
faisoient ces Esprits pour sortir , élargissoient
necessairement leurs passages , out
même réduisoient un grand nombre de
troux très- petits en un seul , et grossissoient
parconsequent et confondoient les
sons.
Enfin la plus grande partie de ces Esprits
s'étant échappez , ce qui restoit se
trouvant par là plus au large dans ces
Celules , ou peut être la matiere grossierequi
s'opposoit à leur sortie , se trouvant
assez dilatée pour qu'ils pussent sortir
sans tant de précipitation , ils ne frapperent
plus que foiblement , et leur activité
ébranlant le corps entier de la Nuée
ne produisoit plus qu'une secousse generale
de tout ce Corps , et ne rendoit plus.
qu'un son qui devoit être , à la verité , un
peu violent , et étourdir les oreilles , mais
unique et très-confus , tel à peu près
( toute proportion gardée ) que celui que
fait une bande d'Oyes ou de Canards.
sauvages par le battement des aîles , en
fendant l'Air.
Qu'il y ait plusieurs Nuées ou feüilles
de Nuées, ( si l'on peut parler ainsi ) qui
puissent retomber les unes sur les autres
JUILLET 1731. 1642
il suffit pour s'en convaincre de lever
les yeux en l'air dans un temps de Nuée
on en voit d'infiniment plus élevées les
unes que les autres ; quelques Philosophes
ont même prétendu que cette chûte
de Nuées les unes sur les autres faisoit
tout le bruit du Tonerre. Qu'il se forme
des concavités dans les Nuées , et qu'il
puisse y en avoir plusieurs dans une même
Nuée , le Tonerre nous le démontre ;
nous voyons la matiere ignée sortir , et
le bruit éclatter d'un grand nombre d'endroits
tout à la fois.
Ce Metéore prouve encore ce que je
dis de l'eruption de la Nuée causée par
les efforts des esprits qui en veulent sortir
, puisque dans le Tonerre si- tôt que
la matiere ignée est parvenue à se faire
passage et à sortir de la Nuée , nous
voyons cette Nuée fendue en plusieurs.
pieces , et chaque piece se pousser de differens
côtés. Donc si cette matiere ignée
qui étoit renfermée dans la Nuée, en est
sortie , ce n'a été qu'en brisant par son
choc cette même Nuée..
Voilà M. ce que je pense du bruit que
j'entendis à Sezanne ; et comme je pense
de même de celui qui fut entendu à
Ansacq , je dois y étendre cette explication
, contre laquelle je prévois deux
objections ,
1542 MERCURE DE FRANCE
objections , l'une de la part du Curé
d'Ansacq , et l'autre de vous.
M. le Curé pour déffendre sa Rélation
et toutes ses dépendances , pourra me
dire qu'en suivant mes propres principes
, il n'y a rien d'impossible dans toutes
les circonstances de son Akousmate
et que j'ai tort par consequent d'en retrancher
le plus admirable , parcequ'il
suffit que dans le sein de la Terre , il se
soit trouvé plusieurs concavités remplies
d'une matière active qui ait cherché à
forcer sa Prison , et que ces concavités
se soient trouvées à quelque distance les
unes des autres , pour que dans quelques
unes la matiete ait été plus préparée à sortir
et à s'éloigner , et ait par consequent
rompu la premiere la Prison avec fracas
et qu'enfin dans le milieu toutes les autres
, peut être même ébranlées par les
secousses des premieres crévées , soient
parties presque en même temps ; qu'il
n'y a pas plus de difficulté à supposer un
grand nombre de concavités en la varieté
des sons dans le sein de la Terre que dans
une Nuée , puisque j'admets le principe
des sons dans la Terre comme dans les
·Airs.
+
A cela je réponds qu'il y a une grande
difference entre une Nuée et la Terre.
Unc
JUILLET. 1731. 1643
gner
UneNuée est composée de parties les unes
aqueuses trés -liées , et d'autres trés- actives
, qui par leur propre mouvement ,
et par l'effort, qu'elles font pour s'éloi
de leurs centres , peuvent se détacher
des plus grossieres , et s'élever ; si en
s'élevant elles trouvent des obstacles, elles
seront renfermées de tous côtés , et demeureront
dans le sein de la Nuée , jusqu'à
ce qu'elles ayent pû par leur activiré
et leur quantité forcer les barrieres ; ou
bien , si dans le tems qu'elles s'élevent, un
Nuage superieur vient à tomber sur celui
d'où elles sortent , elles se trouveront
comme englouties entre ces deux Nuages ,
et ne pourront jamais s'en dégager sans
éffort.
Et ce qui peut multiplier le bruit ,
c'est que ces parties spiritueuses que j'appelle
Esprits , peuvent même sortir à plusieurs
fois , parce que , se trouvant trop
comprimées , et s'étant fait jour par la
partie de la Nuée la plus foible , il peutarriver
qu'il n'en sorte qu'une certaine
quantité , que le reste étant au large n'ait
plas la même activité pour s'échapper
et que l'ouverture se referme aussitôt que
les esprits les plus actifs sont sortis
par Pélasticité ou par la grande facilité
à se reunir avec les parties aqueuses.
Donné
1644 MERCURE DE FRANCE
Donné un coup dans un ruisseau ,
vous pourrés voir le fond , mais ces parties
d'eau que vous aurés mises dans un
grand mouvement se réuniront aussi
promptement que vous les aurés separées
, si vous voulez voir une deuxième
fois le fond , il faut donner un deuxième
coup. Telle est la nature de tous les liquides
et fluides, et en particulier des Nuées,
comme nous le prouvent les éclairs qui
fendent la Nuée avec impetuosité,à peine
sont ils sortis qu'elle se referme , et il
faut absolument qu'elle soit brisée en plusieurs
morceaux pour que tous les esprits
ayent le tems de se dissiper entierement.
Il s'en faut beaucoup qu'on en puisse
dire autant de la Terre.C'est un corps solide
et grossier qui n'a ni élasticité ni
mouvement. Etant une fois ouvert , ou le
trou demeure toujours, ou la surface s'abîme
, et remplit la concavité aussitôt que
cette matiere active en est sortie , ensorte
qu'elle n'a besoin que d'un effort
pour fuir, et par consequent elle ne doit
produire qu'un seul son.
>
D'ailleurs il est bien difficile de suposer
dans la Terre tant de petites concavités
differentes dans un si petit espace , du
moins est- il impossible que toutes ces pe
tites concavités eussent crevé sans que la
surface
JUILLET. 1731. 1545
surface en eût été ébranlée . Mais surtout
il faut convenir que ce bruit sortant de
la Terre ne se seroit élevé que de la hauteur
de son tourbillon , et auroit toujours paru
fixé.
Que dix mille hommes rangés dans
une plaine fassent chacun une décharge ,
tout les coups seront entendus fixement
comme
pourra dint de la Plaine , et l'on
dire j'ai entendu tirer dans la
Plaine dix milles coups de fusil
Dira- ton , en effet , que le tintamarre
d'Ansacq soit sorti de la Terre , et qu'il
soit allé se faire entendre le long du
Village pour effrayer les endormis. Il est
donc plus probable que c'est une Nuée
qui a produit ces Sons. 1 ° . Presque tous
les témoins et M. le Curé lui- même conviennent
que ce bruit s'est fait entendre
en l'air. 2. La disposition du Terrain
les Montagnes fecondes en Sources , les
Bois , les Ruisseaux , les Marécages qui
en sont les suites , ont pû facilement
former cette Nuée.
Enfin M. le Curé pourra ajouter qu'en
supposant , si je veux , que ce bruit soit
parti d'une Nuée , il se peut faire qu'à
chaque extrémité de la Nuée , il y ait eu
du bruit avant que le milieu se soit fait
entendre.
A
1646 MERCURE DE FRANCE
A cela on peut répondre que les temoins
qui disent avoir entendu ces deux
premieres voix les font sortir de la Terre.
En deuxieme lieu les extrêmités d'une
Nuée sont infiniment plus rarefiées que
le milieu , dès- là les esprits qui pourroient
s'y rencontrer ont trop de liberté
pour pouvoir faire du ffacas par leur
évasion. C'est toujours à quelque distanée
de ses extrémités qu'une Nuée se contracte
davantage , et qu'elle se condense
de façon qu'elle y forme une espece de
corps opaque. C'est ce qui me fait croire,
que quoyque ces deux voix ne soient pas
phisiquement impossibles , puisqu'on
peut supposer que la Nuée avoit assés
d'étendue pour que ce ne fut pas absolument
à ses extrémités : cependant le fait
est trop suspect pour l'admettre. Il en
faut dire autant des éclats de rire et de la
symphonie.
Quant à vous , M. vous me direz que
mon explication peut bien faire concevoir
quelque bruit à peu prés semblable à ceux
du Tonnerre , mais nullement des voix
humaines , des cris d'Oiseaux et d'Animaux.
Il est aisé de répondre à vôtre objection.
Si l'Art peut bien imiter la nature ,
pourquoy ne voudriés-vous pas que la
nature
JUILLET. 1731. 1647
nature s'imitât elle- même dans ses differenres
operations ? si un Facteur d'Orgues
peut bien dans son jeu faire imiter
la voix humaine et les differens instrumens
; si un Paisan peut bien avec un
petit instrument de terre cuite , qu'on
debite dans vos Foires , imiter un Rossignol
; si l'on peut inventer differentes
machines qui imitent parfaitement la
Perdrix et la Caille , pourquoy ne voudriez
-vous pas qu'il se trouvât dans les
differens conduits , qui poussent les esprits
renfermés dans cetteNuée au dehors,
quelque chose qui ressemble à la voix
humaine , à un cri d'Oiseau ou d'Animal?
La voix humaine , celle d'un Oiseau
ou d'un autre Animal , n'est formée
par un air reçu dans les poumons ( qui
font à peu-prés la même fonction dans
le corps , que les soufflers dans les Orgues)
lequel en étant chassé par la trachée-artere
, se dégorge par le Larinx dans la
bouche , d'où il se répand ensuite au dehors
; la qualité du son ou de la voix dépend
de la construction de ce tuyau et
de la forme de son embouchure ou du
Larinx ; si le Larinx est étroit comme
dans les Enfans et dans les Femmes , le son
sera aigu , perçant et délié , si la trachéeartere
et même le Larinx sont humectés
que
dune
1648 MERCURE DE FRANCE
d'une liqueur douce et onctueuse , le son
sera sonore et agréable. Si au contraire
ils sont secs , arides , échauffés , où remplis
d'une liqueur épaisse et gluante comme
dans le rhume , la voix sera grêle ,
rauque , ou tout à fait étouffée.
Ily
a des hommes dont la voix ressemble
si
peu que
nous
appellons
voix
humaine
, que si nous
ne les voyons
pas ,
nous
ne nous
persuaderions
jamais
que
ce son
que
nous
entendons
fût
la voix
d'un
homme
; il y a au contraire
des Oiseaux
et des
Animaux
qui
imitent
parfaitement
la voix
humaine
.
En un mot , le son et les differentes
modifications que nôtre ame en reçoit
ne venant que des differentes façons dont
nôtre oreille est frappée , et dont ce choc
est raporté à l'ame , rien de plus facile de
concevoir que l'air , ou nôtre matiere
fluide , ne puissent être chassés d'un endroit
qui aura la même forme que dans le
Larinx,par consequent fraper notre oreille
de la même façon que si cela sortoit de
la trachée- artere , et exciter en nôtre ame
la même sensation ,
Je ne ferois pas même tant de difficul
té d'admettre la symphonie chorien e de
M. le Curé d'Ansacq , s'il ne la compo
soit que de flutes , de trompettes et d'au
tre
JUILLET. 1731. 1649
tres instrumens àvent, parce qu'il est trèsfacile
entre cette multitude de passages
et de trous que je suppose qu'ont faits ces
esprits pour s'échaper , d'y en concevoir
plusieurs de la forme d'un trou de flute
ou d'aurres instrumens à vent , par où
les esprits soient sortis de la mê ne façon
que l'air sort par les trous des instrumens,
quand on soufl dedans , et par où
ils auront fait ressentir aux colomne: voisines
de nôtre matiere fluide les mêmes
secouss es , et qui auront produit parconsequent
le même son . Les deux bourdons
que j'entendis , et ( dont je parle )
prouvent cette possibilité. Mais j'avoue
que les Tambours , les Violons & c . sont
des Concerts d'une trop difficile exécules
Musiciens de: Airs.
tion
pour
Voilà , Monsieur , ce que je pense et ce
que j'avois à vous dire , pour vous obéir
sur l'Akousmate d'Ansacq , et sûr une
Avanture presque toute semblable qui
est arrivée , moi present, à Sezanne ; heureux
si mes réflexions vous ont paru avoir
quelque fondement dans une Physique
raisonnable , et surtout si je ne vous ai
point ennuyé. Je suis & c .
A Paris ce 25. Juin. 1731.
lonat de Soalaines , sur les Akousmates.
J'A
*
'Ay établi , Monsieur , dans ma premiere
Lettre , que les principes des
sons peuvent se rencontrer aussi - bien dans
le sein de la Terre que dans les Airs , et
je l'ai prouvé principalement par l'experience.
Il est vrai que les bruits dont j'ai
parlé , qui sortent des entrailles de la
Terre , sont très rares , et qu'ils sont ,
quand ils arrivent, plus confus et entendus
de moins loin , que ceux qui partent des >
Airs , et ces évenemens sont une suite
de mon principe. La Terre étant très-facile
à se dilater , sur tout dans les endroits .
où peuvent résider les matieres qui les
occasionnent ,, il s'ensuit que ne tro vant
que très- peu ou point du tou
tar
cles dans leur sortie , elles ne doivent aire
aucun bruit , ou du moins un bruit trèspen.
1638 MERCURE DE FRANCE
peu sensible ; de- là ces matieres sulfureuses
qui composent les brouillards et
qui font les tremblemens de Terre , ne
produisent aucun son en sortant. D'ailleurs
notre matiere fluide agitée , trouvant
à sa rencontre des Edifices et des Montagnes
ou d'autres obstacles dans son extension,
se refléchit dans l'espace d'où elle
part , et peu à peu ne recevant plus que
des secousses ou des vibrations sembla
bles à celles d'une Corde de Clavecin
sur laquelle on met legerement le doigt
dans le tems que la touche la frappe , elle
ne peut plus s'entendre bien loin et ne
doit plus exciter qu'un son très -confus
et très-interrompu , qui a pû néanmoins
être très-perçant dans le point central de
son tourbillon. Ainsi , Monsieur , quelque
terrible que fût le bruit causé à Pale
Magazin à Poudre dont je vous
ai parlé , il ne fut entendu qu'aux environs
, les Habitans des autres Quartiers.
ne le scutent que par oui dire.
ris par
Faisons l'application de mes principes
à la diablerie d'Ansacq , ou si vous voulez
à celle de Sezanne . Ce bruit sortoit
du sein de la Terre ou de l'Air ; quant à
celui que j'entendis à Sezanne , il avoir
assurément son principe dans une Nuée ,
qui selon toutes les apparences , avoit été
formée
JUILLET. 1731
1639
formée par des vapeurs exhalées de ces.
Marais et de ces Etangs dont je vous ai
parlé.
de
Il faut dire que dans cette Nuée se trou
voit renfermée une grande quantité ou de
Sels ou d'autres esprits très- actifs qui y
avoient été enveloppez ou par une chute
plusieursNuées les unes sur les autres ,ou
parce que se dégageant de la partie aqueuse
et la plus grossiere de la Nuée , ils s'étoient
creusé une espece de voute, ou pour
mieux dire , un nombre infini de petites
celules ou concavitez , que ces esprits actifs
se multipliant et se raréfiant , ne pouvant
plus se contenir dans ces celules ou
concavitez , les percerent en differens en .
droits , et sortant par ces troux avec impétuosité
, ébranloient par leur choc les
differentes colomnes de notre matiere
Auide celle- cy communiquant son trẻ-
moussement et ses secousses à tous les
objets voisins capables d'être ébranlés , et
frapant les oreilles de ceux qui pouvoient
se rencontrer dans ses tourbillons , leur
faisoit distinguer des sons .
Ces esprits se faisant jour de toutes parts,
et sortant par une infinité d'échancrures
ou de troux de forme differente , donnoient
par leur éruption des secousses infinies
et d'une varieté infinie à la matiere flui-
>
de ,
1640 MERCURE DE FRANCE
de , qui en les reportant à l'oreille , faisoit
par consequent éprouver une infinité
de sons differens. Les efforts. que
faisoient ces Esprits pour sortir , élargissoient
necessairement leurs passages , out
même réduisoient un grand nombre de
troux très- petits en un seul , et grossissoient
parconsequent et confondoient les
sons.
Enfin la plus grande partie de ces Esprits
s'étant échappez , ce qui restoit se
trouvant par là plus au large dans ces
Celules , ou peut être la matiere grossierequi
s'opposoit à leur sortie , se trouvant
assez dilatée pour qu'ils pussent sortir
sans tant de précipitation , ils ne frapperent
plus que foiblement , et leur activité
ébranlant le corps entier de la Nuée
ne produisoit plus qu'une secousse generale
de tout ce Corps , et ne rendoit plus.
qu'un son qui devoit être , à la verité , un
peu violent , et étourdir les oreilles , mais
unique et très-confus , tel à peu près
( toute proportion gardée ) que celui que
fait une bande d'Oyes ou de Canards.
sauvages par le battement des aîles , en
fendant l'Air.
Qu'il y ait plusieurs Nuées ou feüilles
de Nuées, ( si l'on peut parler ainsi ) qui
puissent retomber les unes sur les autres
JUILLET 1731. 1642
il suffit pour s'en convaincre de lever
les yeux en l'air dans un temps de Nuée
on en voit d'infiniment plus élevées les
unes que les autres ; quelques Philosophes
ont même prétendu que cette chûte
de Nuées les unes sur les autres faisoit
tout le bruit du Tonerre. Qu'il se forme
des concavités dans les Nuées , et qu'il
puisse y en avoir plusieurs dans une même
Nuée , le Tonerre nous le démontre ;
nous voyons la matiere ignée sortir , et
le bruit éclatter d'un grand nombre d'endroits
tout à la fois.
Ce Metéore prouve encore ce que je
dis de l'eruption de la Nuée causée par
les efforts des esprits qui en veulent sortir
, puisque dans le Tonerre si- tôt que
la matiere ignée est parvenue à se faire
passage et à sortir de la Nuée , nous
voyons cette Nuée fendue en plusieurs.
pieces , et chaque piece se pousser de differens
côtés. Donc si cette matiere ignée
qui étoit renfermée dans la Nuée, en est
sortie , ce n'a été qu'en brisant par son
choc cette même Nuée..
Voilà M. ce que je pense du bruit que
j'entendis à Sezanne ; et comme je pense
de même de celui qui fut entendu à
Ansacq , je dois y étendre cette explication
, contre laquelle je prévois deux
objections ,
1542 MERCURE DE FRANCE
objections , l'une de la part du Curé
d'Ansacq , et l'autre de vous.
M. le Curé pour déffendre sa Rélation
et toutes ses dépendances , pourra me
dire qu'en suivant mes propres principes
, il n'y a rien d'impossible dans toutes
les circonstances de son Akousmate
et que j'ai tort par consequent d'en retrancher
le plus admirable , parcequ'il
suffit que dans le sein de la Terre , il se
soit trouvé plusieurs concavités remplies
d'une matière active qui ait cherché à
forcer sa Prison , et que ces concavités
se soient trouvées à quelque distance les
unes des autres , pour que dans quelques
unes la matiete ait été plus préparée à sortir
et à s'éloigner , et ait par consequent
rompu la premiere la Prison avec fracas
et qu'enfin dans le milieu toutes les autres
, peut être même ébranlées par les
secousses des premieres crévées , soient
parties presque en même temps ; qu'il
n'y a pas plus de difficulté à supposer un
grand nombre de concavités en la varieté
des sons dans le sein de la Terre que dans
une Nuée , puisque j'admets le principe
des sons dans la Terre comme dans les
·Airs.
+
A cela je réponds qu'il y a une grande
difference entre une Nuée et la Terre.
Unc
JUILLET. 1731. 1643
gner
UneNuée est composée de parties les unes
aqueuses trés -liées , et d'autres trés- actives
, qui par leur propre mouvement ,
et par l'effort, qu'elles font pour s'éloi
de leurs centres , peuvent se détacher
des plus grossieres , et s'élever ; si en
s'élevant elles trouvent des obstacles, elles
seront renfermées de tous côtés , et demeureront
dans le sein de la Nuée , jusqu'à
ce qu'elles ayent pû par leur activiré
et leur quantité forcer les barrieres ; ou
bien , si dans le tems qu'elles s'élevent, un
Nuage superieur vient à tomber sur celui
d'où elles sortent , elles se trouveront
comme englouties entre ces deux Nuages ,
et ne pourront jamais s'en dégager sans
éffort.
Et ce qui peut multiplier le bruit ,
c'est que ces parties spiritueuses que j'appelle
Esprits , peuvent même sortir à plusieurs
fois , parce que , se trouvant trop
comprimées , et s'étant fait jour par la
partie de la Nuée la plus foible , il peutarriver
qu'il n'en sorte qu'une certaine
quantité , que le reste étant au large n'ait
plas la même activité pour s'échapper
et que l'ouverture se referme aussitôt que
les esprits les plus actifs sont sortis
par Pélasticité ou par la grande facilité
à se reunir avec les parties aqueuses.
Donné
1644 MERCURE DE FRANCE
Donné un coup dans un ruisseau ,
vous pourrés voir le fond , mais ces parties
d'eau que vous aurés mises dans un
grand mouvement se réuniront aussi
promptement que vous les aurés separées
, si vous voulez voir une deuxième
fois le fond , il faut donner un deuxième
coup. Telle est la nature de tous les liquides
et fluides, et en particulier des Nuées,
comme nous le prouvent les éclairs qui
fendent la Nuée avec impetuosité,à peine
sont ils sortis qu'elle se referme , et il
faut absolument qu'elle soit brisée en plusieurs
morceaux pour que tous les esprits
ayent le tems de se dissiper entierement.
Il s'en faut beaucoup qu'on en puisse
dire autant de la Terre.C'est un corps solide
et grossier qui n'a ni élasticité ni
mouvement. Etant une fois ouvert , ou le
trou demeure toujours, ou la surface s'abîme
, et remplit la concavité aussitôt que
cette matiere active en est sortie , ensorte
qu'elle n'a besoin que d'un effort
pour fuir, et par consequent elle ne doit
produire qu'un seul son.
>
D'ailleurs il est bien difficile de suposer
dans la Terre tant de petites concavités
differentes dans un si petit espace , du
moins est- il impossible que toutes ces pe
tites concavités eussent crevé sans que la
surface
JUILLET. 1731. 1545
surface en eût été ébranlée . Mais surtout
il faut convenir que ce bruit sortant de
la Terre ne se seroit élevé que de la hauteur
de son tourbillon , et auroit toujours paru
fixé.
Que dix mille hommes rangés dans
une plaine fassent chacun une décharge ,
tout les coups seront entendus fixement
comme
pourra dint de la Plaine , et l'on
dire j'ai entendu tirer dans la
Plaine dix milles coups de fusil
Dira- ton , en effet , que le tintamarre
d'Ansacq soit sorti de la Terre , et qu'il
soit allé se faire entendre le long du
Village pour effrayer les endormis. Il est
donc plus probable que c'est une Nuée
qui a produit ces Sons. 1 ° . Presque tous
les témoins et M. le Curé lui- même conviennent
que ce bruit s'est fait entendre
en l'air. 2. La disposition du Terrain
les Montagnes fecondes en Sources , les
Bois , les Ruisseaux , les Marécages qui
en sont les suites , ont pû facilement
former cette Nuée.
Enfin M. le Curé pourra ajouter qu'en
supposant , si je veux , que ce bruit soit
parti d'une Nuée , il se peut faire qu'à
chaque extrémité de la Nuée , il y ait eu
du bruit avant que le milieu se soit fait
entendre.
A
1646 MERCURE DE FRANCE
A cela on peut répondre que les temoins
qui disent avoir entendu ces deux
premieres voix les font sortir de la Terre.
En deuxieme lieu les extrêmités d'une
Nuée sont infiniment plus rarefiées que
le milieu , dès- là les esprits qui pourroient
s'y rencontrer ont trop de liberté
pour pouvoir faire du ffacas par leur
évasion. C'est toujours à quelque distanée
de ses extrémités qu'une Nuée se contracte
davantage , et qu'elle se condense
de façon qu'elle y forme une espece de
corps opaque. C'est ce qui me fait croire,
que quoyque ces deux voix ne soient pas
phisiquement impossibles , puisqu'on
peut supposer que la Nuée avoit assés
d'étendue pour que ce ne fut pas absolument
à ses extrémités : cependant le fait
est trop suspect pour l'admettre. Il en
faut dire autant des éclats de rire et de la
symphonie.
Quant à vous , M. vous me direz que
mon explication peut bien faire concevoir
quelque bruit à peu prés semblable à ceux
du Tonnerre , mais nullement des voix
humaines , des cris d'Oiseaux et d'Animaux.
Il est aisé de répondre à vôtre objection.
Si l'Art peut bien imiter la nature ,
pourquoy ne voudriés-vous pas que la
nature
JUILLET. 1731. 1647
nature s'imitât elle- même dans ses differenres
operations ? si un Facteur d'Orgues
peut bien dans son jeu faire imiter
la voix humaine et les differens instrumens
; si un Paisan peut bien avec un
petit instrument de terre cuite , qu'on
debite dans vos Foires , imiter un Rossignol
; si l'on peut inventer differentes
machines qui imitent parfaitement la
Perdrix et la Caille , pourquoy ne voudriez
-vous pas qu'il se trouvât dans les
differens conduits , qui poussent les esprits
renfermés dans cetteNuée au dehors,
quelque chose qui ressemble à la voix
humaine , à un cri d'Oiseau ou d'Animal?
La voix humaine , celle d'un Oiseau
ou d'un autre Animal , n'est formée
par un air reçu dans les poumons ( qui
font à peu-prés la même fonction dans
le corps , que les soufflers dans les Orgues)
lequel en étant chassé par la trachée-artere
, se dégorge par le Larinx dans la
bouche , d'où il se répand ensuite au dehors
; la qualité du son ou de la voix dépend
de la construction de ce tuyau et
de la forme de son embouchure ou du
Larinx ; si le Larinx est étroit comme
dans les Enfans et dans les Femmes , le son
sera aigu , perçant et délié , si la trachéeartere
et même le Larinx sont humectés
que
dune
1648 MERCURE DE FRANCE
d'une liqueur douce et onctueuse , le son
sera sonore et agréable. Si au contraire
ils sont secs , arides , échauffés , où remplis
d'une liqueur épaisse et gluante comme
dans le rhume , la voix sera grêle ,
rauque , ou tout à fait étouffée.
Ily
a des hommes dont la voix ressemble
si
peu que
nous
appellons
voix
humaine
, que si nous
ne les voyons
pas ,
nous
ne nous
persuaderions
jamais
que
ce son
que
nous
entendons
fût
la voix
d'un
homme
; il y a au contraire
des Oiseaux
et des
Animaux
qui
imitent
parfaitement
la voix
humaine
.
En un mot , le son et les differentes
modifications que nôtre ame en reçoit
ne venant que des differentes façons dont
nôtre oreille est frappée , et dont ce choc
est raporté à l'ame , rien de plus facile de
concevoir que l'air , ou nôtre matiere
fluide , ne puissent être chassés d'un endroit
qui aura la même forme que dans le
Larinx,par consequent fraper notre oreille
de la même façon que si cela sortoit de
la trachée- artere , et exciter en nôtre ame
la même sensation ,
Je ne ferois pas même tant de difficul
té d'admettre la symphonie chorien e de
M. le Curé d'Ansacq , s'il ne la compo
soit que de flutes , de trompettes et d'au
tre
JUILLET. 1731. 1649
tres instrumens àvent, parce qu'il est trèsfacile
entre cette multitude de passages
et de trous que je suppose qu'ont faits ces
esprits pour s'échaper , d'y en concevoir
plusieurs de la forme d'un trou de flute
ou d'aurres instrumens à vent , par où
les esprits soient sortis de la mê ne façon
que l'air sort par les trous des instrumens,
quand on soufl dedans , et par où
ils auront fait ressentir aux colomne: voisines
de nôtre matiere fluide les mêmes
secouss es , et qui auront produit parconsequent
le même son . Les deux bourdons
que j'entendis , et ( dont je parle )
prouvent cette possibilité. Mais j'avoue
que les Tambours , les Violons & c . sont
des Concerts d'une trop difficile exécules
Musiciens de: Airs.
tion
pour
Voilà , Monsieur , ce que je pense et ce
que j'avois à vous dire , pour vous obéir
sur l'Akousmate d'Ansacq , et sûr une
Avanture presque toute semblable qui
est arrivée , moi present, à Sezanne ; heureux
si mes réflexions vous ont paru avoir
quelque fondement dans une Physique
raisonnable , et surtout si je ne vous ai
point ennuyé. Je suis & c .
A Paris ce 25. Juin. 1731.
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Résumé : SECONDE LETTRE de M. Lalouat de Soalaines, sur les Akousmates.
Dans sa seconde lettre, M. Larionat de Soalaines examine les principes des sons, affirmant qu'ils peuvent se manifester aussi bien dans la Terre que dans les airs. Il note que les bruits provenant des entrailles de la Terre sont rares et confus, contrairement à ceux provenant des airs. La Terre, étant facile à dilater, produit peu de bruit lors de la sortie des matières sulfureuses. Les matières fluides, rencontrant des obstacles comme des édifices ou des montagnes, se réfléchissent et produisent des sons confus et interrompus. L'auteur applique ses principes à des événements spécifiques, tels que la 'diablerie' d'Ansacq et celle de Sezanne. À Sezanne, le bruit provenait d'une nuée formée par des vapeurs exhalées des marais et étangs. Cette nuée contenait des sels ou des esprits actifs qui, en se multipliant et en se raréfiant, perçaient les concavités et produisaient des sons variés. Les esprits actifs, en sortant avec impétuosité, ébranlaient la matière fluide, produisant ainsi des sons divers. Une fois la majorité des esprits échappés, le bruit devenait plus confus et moins perçant. L'auteur discute également de la possibilité de plusieurs nuées se superposant et formant des concavités, comme le démontre le tonnerre. Il réfute les objections du curé d'Ansacq et de son interlocuteur, soulignant les différences entre une nuée et la Terre. Une nuée, composée de parties aqueuses et actives, peut produire des sons variés, tandis que la Terre, étant solide et grossière, ne produit qu'un seul son. Enfin, l'auteur répond à l'objection selon laquelle son explication ne peut pas rendre compte de voix humaines ou de cris d'animaux, affirmant que la nature peut imiter ses propres opérations, comme le font les instruments musicaux. Le texte explore également la possibilité que des sons puissent être produits par des moyens mécaniques, comme des instruments à vent. Il mentionne une symphonie chorale composée uniquement d'instruments à vent, suggérant que les esprits peuvent s'échapper par des trous similaires à ceux des instruments, produisant ainsi des sons. L'auteur admet cependant que des instruments comme les tambours ou les violons sont plus difficiles à expliquer par ce mécanisme. Le texte se conclut par une formule de politesse datée du 25 juin 1731.
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3
p. 176-177
ESPAGNE.
Début :
Le Roi a envoyé ordre aux Gouverneurs des provinces limitrophes [...]
Mots clefs :
Madrid, Tarifa, Tremblement de terre, Secours, Provisions, Argent, Dégâts, Secousses, Effondrement d'une montagne, Inondations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
E S P A G N E.
D E M A D R 1 D , le 27 Novembre.
Le Roi a envoyé ordre aux Gouverneurs des
rovinces limitrophes au Portugal, de fournir aux
† tous les ſecours de vivres & d'argent
† pourroit leur procurer. Indépendamment
e cela, Sa Majeſté a fait expédier pluſieurs cou
riers avec des§conſidérables, afin que le
Secrétaire du feu Comte de la Perelada†
buât aux habitans de Liſbonne , qui ont été rui
nés par le déſaſtre qu'a #cette ville. Il n'y a
preſque aucune partie des deux Royaumes de Sa
Majeſté Très-Fidele, qui ne ſe ſoit reſſentie des
effets du tremblement de terre. Les villes de Por
to, de Santarem, de Guimaraens , de Bragance,
de Viana, de Lamego, deSintra , de Villaréal ,
|
J A N V I E R. 1756. 177
de Caſtellobranco, de Beja, de Portalegre, d'El
vas & de Taveira, préſentent , chacune en par
ticulier , de triſtes veſtiges du dégât que les ſe
conſſes y ont cauſé. Pluſieurs montagnes, entre
autres l'Eſtrella , l'Arrabida , le Marvan, & le
Monte Junio, ont été fortement ébranlées.Quel
ques-unes ſe ſont entr'ouvertes. La crue extraor
dinaire des eaux du Tage, de la Guadiana , du
Minho & du Douro, a produit des inondations ,
qui ont interrompu preſque toute communica
tion entre les différentes provinces.
D E T A R 1 F F A , le 19 Novembre,
Si l'on en croit diverſes lettres , les ſecouſſes
ont été encore plus violentes à Gibraltar que dans
toutes les autres villes de cette côte Une partie
de la montagne voiſine du port s'eſt écroulée ſuz
la ville , & y a cauſé un grand dommage.
D E M A D R 1 D , le 27 Novembre.
Le Roi a envoyé ordre aux Gouverneurs des
rovinces limitrophes au Portugal, de fournir aux
† tous les ſecours de vivres & d'argent
† pourroit leur procurer. Indépendamment
e cela, Sa Majeſté a fait expédier pluſieurs cou
riers avec des§conſidérables, afin que le
Secrétaire du feu Comte de la Perelada†
buât aux habitans de Liſbonne , qui ont été rui
nés par le déſaſtre qu'a #cette ville. Il n'y a
preſque aucune partie des deux Royaumes de Sa
Majeſté Très-Fidele, qui ne ſe ſoit reſſentie des
effets du tremblement de terre. Les villes de Por
to, de Santarem, de Guimaraens , de Bragance,
de Viana, de Lamego, deSintra , de Villaréal ,
|
J A N V I E R. 1756. 177
de Caſtellobranco, de Beja, de Portalegre, d'El
vas & de Taveira, préſentent , chacune en par
ticulier , de triſtes veſtiges du dégât que les ſe
conſſes y ont cauſé. Pluſieurs montagnes, entre
autres l'Eſtrella , l'Arrabida , le Marvan, & le
Monte Junio, ont été fortement ébranlées.Quel
ques-unes ſe ſont entr'ouvertes. La crue extraor
dinaire des eaux du Tage, de la Guadiana , du
Minho & du Douro, a produit des inondations ,
qui ont interrompu preſque toute communica
tion entre les différentes provinces.
D E T A R 1 F F A , le 19 Novembre,
Si l'on en croit diverſes lettres , les ſecouſſes
ont été encore plus violentes à Gibraltar que dans
toutes les autres villes de cette côte Une partie
de la montagne voiſine du port s'eſt écroulée ſuz
la ville , & y a cauſé un grand dommage.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 27 novembre, le roi d'Espagne a ordonné aux gouverneurs des provinces frontalières du Portugal de fournir des secours en vivres et en argent aux victimes du tremblement de terre qui a frappé Lisbonne. Plusieurs courriers ont été envoyés pour transmettre des aides financières aux habitants de Lisbonne. Les effets du séisme se sont fait sentir dans presque toutes les parties des royaumes de Sa Majesté Très-Fidèle. Les villes de Porto, Santarem, Guimaraens, Bragance, Viana, Lamego, Sintra, Villaréal, Castellobranco, Beja, Portalegre, Elvas et Taveira montrent des signes de destruction. Plusieurs montagnes, dont l'Estrella, l'Arrabida, le Marvan et le Monte Junio, ont été ébranlées et certaines se sont ouvertes. La crue extraordinaire des rivières Tage, Guadiana, Minho et Douro a provoqué des inondations, interrompant les communications entre les provinces. Le 19 novembre, des lettres rapportent que les secousses à Gibraltar ont été plus violentes qu'ailleurs, causant l'effondrement d'une partie de la montagne voisine du port et des dommages importants.
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4
p. 217-218
DU NORD.
Début :
Quelque attentif que le Gouvernement soit à maintenir la sureté [...]
Mots clefs :
Varsovie, Stockholm, Sûreté publique, Vols et brigandages, Exécutions, Mal contagieux, Secousses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DUNOR D.
DE WARSOVIE , le 29 Novembre.
QuelUelque attentif que le Gouvernement foit
à maintenir la fureté publique dans cette ville ,
les vols y font toujours fréquens. La femaine
derniere encore , le magafin d'un riche négociant
Arménien a été forcé , & l'on en a enlevé beau→
coup de marchandiſes de grande valeur . Les Juifs
étant foupçonnés d'être complices des voleurs ,
ou du moins de les favorifer , on a chaffé de cette
capitale toutes les perfonnes de cette nation , par
un decret qui fut publié avant-hier , & qui a été
exécuté aujourd'hui . Depuis quelques jours , on
a arrêté dix brigands , & hier on fe faifit d'un de
leurs chefs.
Au commencement du mois dernier , il arriva
de Bender à Laticzew un jeune Turc , qu'on fçavoit
avoir été domeftique dans la premiere de
ces deux villes. Sa dépenfe furpaffant de beaucoup
les facultés d'un homme de ſon état , il
fur mis aux arrêts , & interrogé par ordre des
Magiftrats . Il déclara qu'il avoit hérité du bien
de fon Maître , qui l'avoit inftitué fon légataire
, & qui étoit mort de la pefte avec toute fa
famille. Quelques jours après il mourut. Les prifonniers
qui avoient été renfermés avec lui dans
La même chambre , & même les Geoliers qui
II. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
les avoient fervis , ne tarderent pas à avoir le
même fort. Ces accidens ont d'abord caufé beaucoup
d'épouvante à Laticzew , & même dans la
ville de Nimirow , qui en eft voifine. La plupart
des habitans ont abandonné leurs maifons , & fe
font retirés dans les bois. Mais aucun d'eux n'étant
mort depuis avec des fymptomes de mal
contagieux , les inquiétudes font entierement
diffipées.
DE STOCKHOLM , le 9 Decembre.
Suivant les nouvelles de Dalecarlie , & de quel
ques autres provinces , on y a fenti le premier du
mois dernier une fecouffe , pendant laquelle les
eaux de plufieurs rivieres & de différens lacs ont
été extrêmement agitées.
DE WARSOVIE , le 29 Novembre.
QuelUelque attentif que le Gouvernement foit
à maintenir la fureté publique dans cette ville ,
les vols y font toujours fréquens. La femaine
derniere encore , le magafin d'un riche négociant
Arménien a été forcé , & l'on en a enlevé beau→
coup de marchandiſes de grande valeur . Les Juifs
étant foupçonnés d'être complices des voleurs ,
ou du moins de les favorifer , on a chaffé de cette
capitale toutes les perfonnes de cette nation , par
un decret qui fut publié avant-hier , & qui a été
exécuté aujourd'hui . Depuis quelques jours , on
a arrêté dix brigands , & hier on fe faifit d'un de
leurs chefs.
Au commencement du mois dernier , il arriva
de Bender à Laticzew un jeune Turc , qu'on fçavoit
avoir été domeftique dans la premiere de
ces deux villes. Sa dépenfe furpaffant de beaucoup
les facultés d'un homme de ſon état , il
fur mis aux arrêts , & interrogé par ordre des
Magiftrats . Il déclara qu'il avoit hérité du bien
de fon Maître , qui l'avoit inftitué fon légataire
, & qui étoit mort de la pefte avec toute fa
famille. Quelques jours après il mourut. Les prifonniers
qui avoient été renfermés avec lui dans
La même chambre , & même les Geoliers qui
II. Vol. K
218 MERCURE DE FRANCE.
les avoient fervis , ne tarderent pas à avoir le
même fort. Ces accidens ont d'abord caufé beaucoup
d'épouvante à Laticzew , & même dans la
ville de Nimirow , qui en eft voifine. La plupart
des habitans ont abandonné leurs maifons , & fe
font retirés dans les bois. Mais aucun d'eux n'étant
mort depuis avec des fymptomes de mal
contagieux , les inquiétudes font entierement
diffipées.
DE STOCKHOLM , le 9 Decembre.
Suivant les nouvelles de Dalecarlie , & de quel
ques autres provinces , on y a fenti le premier du
mois dernier une fecouffe , pendant laquelle les
eaux de plufieurs rivieres & de différens lacs ont
été extrêmement agitées.
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Résumé : DU NORD.
Le texte décrit des événements récents à Varsovie et dans d'autres régions. À Varsovie, malgré les efforts du gouvernement pour maintenir l'ordre, les vols persistent. La semaine précédente, un magasin appartenant à un riche négociant arménien a été cambriolé, et des marchandises de grande valeur ont été dérobées. Les Juifs, soupçonnés de complicité, ont été expulsés de la capitale par un décret publié avant-hier et exécuté aujourd'hui. Dix brigands ont été arrêtés, et l'un de leurs chefs a été capturé hier. Au début du mois dernier, un jeune Turc est arrivé de Bender à Laticzew. Suspecté de dépenses excessives, il a été arrêté et a déclaré avoir hérité de son maître, mort de la peste avec sa famille. Peu après, il est décédé, et d'autres prisonniers et geôliers ayant été en contact avec lui ont également succombé à la maladie. Cette épidémie a semé la panique à Laticzew et à Nimirow, poussant les habitants à fuir leurs maisons. Cependant, l'absence de nouveaux cas contagieux a dissipé les inquiétudes. De Stockholm, les nouvelles rapportent une secousse sismique en Dalécarlie et dans d'autres provinces le premier du mois dernier, durant laquelle les eaux de plusieurs rivières et lacs ont été fortement agitées.
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5
p. 212-213
ALLEMAGNE.
Début :
Une forte secousse de tremblement de terre se fit sentir ici [...]
Mots clefs :
Munich, Töplitz, Secousses, Bains thermaux, Dégâts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE TEPLITZ , le 9 Décembre.
Une forte fecouffe de tremblement de terre fa
fit fentir ici le premier de ce mois . Elle ne cauſa
aucun dommage , mais elle affecta fingulierement
les bains chauds de cette ville , qui , ayant
été découverts en 762 , n'avoient point éprouvé
depuis près de mille ans le moindre changement.
Sur le midi , l'eau de la fource fe troubla. Bien
tot elle ceffa de couler. Quelques minutes après
elle revint à grands flots , mais fort épaiffe , &
auffi rouge que du fang. Pendant un quart-d'heure
elle fut abfolument froide. Elle reprit infenfiblement
fa limpidité & fon dégré de chaleur
ordinaire. Depuis cette fecouffe ," la fontaine eft
devenue plus abondante. Lorsqu'on avoit vuidé
les bains , il falloit huit heures pour les remplin,
à préfent il n'en faut plus que quatre. On foupFEVRIER.
1756. 213
çonne qu'il s'eft formé une feconde fource à côsé
de la premiere.
DE MUNICH , le 20 Décembre.
Il y eut ici le 9 de ce mois une légere ſecouſſe
de tremblement de terre . Le même jour on en
fentit une à Donawert. Elle a ébranlé le couvent
des Capucins , & endommagé une partie des murailles
de l'Abbaye de Sainte Croix. A Ingolstadt,
les eaux des fontaines baifferent confidérablement
, & devinrent d'une couleur rouffâtre. Le
11 , on éprouva une nouvelle fecouffe en divers
endroits de cet Electorat.
DE TEPLITZ , le 9 Décembre.
Une forte fecouffe de tremblement de terre fa
fit fentir ici le premier de ce mois . Elle ne cauſa
aucun dommage , mais elle affecta fingulierement
les bains chauds de cette ville , qui , ayant
été découverts en 762 , n'avoient point éprouvé
depuis près de mille ans le moindre changement.
Sur le midi , l'eau de la fource fe troubla. Bien
tot elle ceffa de couler. Quelques minutes après
elle revint à grands flots , mais fort épaiffe , &
auffi rouge que du fang. Pendant un quart-d'heure
elle fut abfolument froide. Elle reprit infenfiblement
fa limpidité & fon dégré de chaleur
ordinaire. Depuis cette fecouffe ," la fontaine eft
devenue plus abondante. Lorsqu'on avoit vuidé
les bains , il falloit huit heures pour les remplin,
à préfent il n'en faut plus que quatre. On foupFEVRIER.
1756. 213
çonne qu'il s'eft formé une feconde fource à côsé
de la premiere.
DE MUNICH , le 20 Décembre.
Il y eut ici le 9 de ce mois une légere ſecouſſe
de tremblement de terre . Le même jour on en
fentit une à Donawert. Elle a ébranlé le couvent
des Capucins , & endommagé une partie des murailles
de l'Abbaye de Sainte Croix. A Ingolstadt,
les eaux des fontaines baifferent confidérablement
, & devinrent d'une couleur rouffâtre. Le
11 , on éprouva une nouvelle fecouffe en divers
endroits de cet Electorat.
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Résumé : ALLEMAGNE.
Le 1er décembre, une forte secousse sismique a été ressentie à Teplitz, affectant les bains chauds de la ville, découverts en 762. L'eau de la source s'est troublée, a cessé de couler, puis est revenue en grands flots, épaissie et rougeâtre, avant de retrouver sa limpidité et sa température habituelle. Depuis cet événement, la fontaine est devenue plus abondante, remplissant les bains en quatre heures au lieu de huit. On suspecte la formation d'une seconde source à côté de la première. Le 9 décembre, une légère secousse a été ressentie à Munich et à Donawert, endommageant partiellement les murailles de l'Abbaye de Sainte Croix. À Ingolstadt, les eaux des fontaines ont changé de couleur, devenant rouillées. Le 11 décembre, une nouvelle secousse a été ressentie dans divers endroits de l'Électorat.
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6
p. 211-216
« M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...] »
Début :
M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...]
Mots clefs :
Duc de Coigny, Comte de Coigny, Secousses, Versailles, Paris, Marquis, Régiments, La Reine, Sa Majesté, Nominations
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...] »
M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu
la permiffion de fe démettre de fon Duché en
faveur de M. le Comte de Coigny , Mestre de
Camp Général des Dragons , fon petit-fils , madame
la Comteffe de Coigny fut préfentée le 22
Février à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par Madame la Comteffe de Coigny , Douairiere .
En qualité de Ducheffe elle prit le tabouret.
Le 18 Février , entre fept & huit heures du matin ,
il y eut dans cette Capitale deux fecouffes de trem .
blement de terre ; mais elles ont été fi légeres que
la plupart des habitans ne s'en font point apperçus.
On a effuyé les mêmes fecouffes à Verſailles . Elles
fe font fait fentir en plufieurs autres endroits. Les
avis reçus de Beauvais marquent qu'elles y ont
été fenfibles principalement pour les perfonnes
qui étoient encore couchées. On a fait à Paris la
même obfervation . A Saint Quentin , la direction
du mouvement a paru être de l'Oueſt au Sud- Eft³:
le tems étoit à la pluie , & un vent d'Oueſt ſouf212
MERCURE DE FRANCE.
floit modérément. La Cloche de l'Hôtel de Ville
de la Fere a fonné d'elle - même plufieurs coups.
On mande de Dieppe , que le Barométre étoit ,
le jour du tremblement, au dernier degré au deffus
de la tempête. A Aire , il tomboit de la pluie mê--
lée de neige. Dans la Ville de Metz , quelques
cheminées ont été abattues . Sedan a éprouvé les
mêmes accidens, Les fecouffes,Y ont duré une minure
& quelques fecondes , & ont été accompagnées
d'un bruit femblable à celui du tonnerre.
Du refte , on n'a remarqué aucune agitation extraordinaire
dans les eaux de la Meufe. A Fifmes ,
Laon , à Moyenvic , à Mons , à Namur , à Bruxel- ´
les , à Maeftricht , à Utrecht & à Amſterdam , les
fecouffes ont commencé environ à la même heure,
& ont été de la même durée . Elles n'ont commencé
à Liege qu'à neuf heures du matin , & elles ont
duré trois minutes. Au départ du courier , la terre
n'étoit pas encore dans un parfait repos.
à
Le 2 Mars . M. de Montenault préfenta au
Roi le fecond Volume de la nouvelle Edition
des Fables de la Fontaine. Sa Majeſté témoigna
en être très- fatisfaite.
Le Roi a difpofé du Gouvernement des Ville
& Château de Dieppe , qui vaquoit par la mort
de M. le Marquis de Saliere , en faveur de M. de
Mailly de Rubempré , Chevalier des Ordres de
Sa Majefté , Lieutenant Général de fes Armées ,
& premier Ecuyer de Madame la Dauphine .
La place d'Infpecteur Général de l'Infanterie ;
vacante par la même mort , a été donnée à M. le
Comte de Choifeul - Beaupré , qui étoit Infpecteur
Général furnuméraire.
M. Le Marquis du Châtelet - Lomont , Lieutenant-
Général des Armées du Roi & Commandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis,a été
A VRIL. 1756 . 213
fait Grand Croix de cet Ordre. Sa Majefté a nommé
Grand Croix Honoraire du même Ordre M.
le Marquis de Valory , Lieutenant - Général , Miniftre
Plénipotentiaire auprès du Roi de Pruffe.
Elle a accordé une place de Commandeur à M. le
Marquis de Braffac , Maréchal de Camp .
Le Régiment de Cavalerie de Royal Etranger,
dont M. le Comte de Charleval à donné fa démiffion
, a été accordé à M. le Comte de Chabot ,
Colonel dans les Grenadiers de France ,
M. le Comte de Durfort & le Chevalier de Corn ,
Aides-Majors des Gardes du Corps , ayant obtenu
leur retraite ,font remplacés par M. le Chevalier de
Montaigu & par M. de Prifye. M. Le Chevalier
de Luflay a été nommé Sous- Aide - Major. M. le
Chevalier de Ligondé a obtenu une place d'Exempt,
vacante dans la Compagnie de Noailles par
la retraite de M. de Fumereau .
Le 12, la Marquife de Beauffremont fit , à l'occafion
de fon veuvage , fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le 16 , Monfeigneur le Duc de Berry fut fevré.
Le 17 , M. Peirenc de Moras , que le Roi a
nommé pour Adjoint à M. de Sechelles dans la
charge de Contrôleur Général des Finances
remercia Sa Majesté.
La Reine entendit le 20 une Meffe de Requiem ;
pendant laquelle la Mufique chanta le De Profundis,
pour l'Anniverfaire de la feue Reine de Pologne
Ducheffe de Lorraine & de Bar , Mere de Sa Majesté.
-
Le 28 Madame la Ducheffe de Luynes , Dame
d'Honneur de la Reine , préfenta à Leurs Majeftés
l'épouse de M. Perinc de Moras. *
Selon des lettres de Calais , une Frégate Angloife
de trente canons , s'approcha le 9 de ce Port ,
fous PavillonHollandois, en faifant le fignal de dan214
MERCURE DE FRANCE.
3
ger. On commanda auffitôt une Chaloupe avec un
Pilote & neufhommes , pour aller au fecours de
ce Bâtiment. La Frégate a enlevé la Chaloupe , &
l'a conduite dans un port de la Grande-Bretagne.
A
Le Roi a déclaré qu'il donnoit fa nomination
pour le Chapeau de Cardinal à l'Archevêque de
Rouen , Grand Aumônier de la Reine ; & le 20 ce
Prélat en remercia Sa Majesté.
La place de Confeiller au Confeil Royal des
Finances , vacante par la mort de M. d'Ormeffon ,
a été accordée à M. Trudaine Confeiller d'Etat
ordinaire & au Confeil Royal de Commerce
Intendant des Finances.
>
Sa Majeſté a donné à M. Peirenc de Moras celle
de Confeiller d'Etat , qui vaquoit par la même
mort.
M. de Sechelles , Miniftre d'Etat & Contrôleur
Général des Finances , s'étant démis de fa place de
Confeiller d'Etat , le Roi l'a accordé à M. Chauvelin
, Intendant des Finances.
M. Moreau de Beaumont , Intendant de Flandre
, a obtenu l'agrément de la charge d'Intendant
des Finances , dont étoit pourvu M. Peirenc de
Moras. Le Roi a nommé à l'Intendance de Flandre
M. de Caumartin , Intendant de Metz , & a
donné l'Intendance des trois Evêchés à M. de Bernage
de Vaux , Intendant de Moulins .
Sa Majefté a difpofé du Régiment Suiffe de Vie
gier en faveur de M. de Caftelar , Maréchal de
Camp , & Capitaine au Régiment des Gardes Suiffes.
M. de Reding , Brigadier d'Infanterie , & Lieutenant-
Colonel du Régiment Suiffe de Monin , a
étéfait Colonel de ce Régiment.
la
Madame la Baronne d'Oppede fut préſentée le
14 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale par
Marquise de Janfon .
On fit le 22 de ce mois la Proceffion folemnelle
AVRIL. 1756. 215
qu'on a coutume de faire tous les ans , en mémoire
de la Réduction de cette Capitale fous l'obéiffance
de Henri IV. Le Corps de Ville y affifta fuivant
'ufage.
M.l'Abbé du Refnel , l'un des Quarante de l'Académie
Françoife , & Affocié de l'Académie
Royale des Belles - Lettres , a été élu par cette derniere
Compagnie , pour y remplir la place de
Penfionnaire , vacante par la mort de M. Blanchard.
On mande d'Avignon , que le 3 à fix heures du
foir , le tems étant très - calme , & la Lune en fon
couchant ne donnant qu'une foible lueur , on apperçut
vers le Sud-Eft , dans la moyenne région
de l'air , un Globe auffi lumineux que la Lune en
fon plein. Environ trois fecondes après , ce Globe
fe transforma en une espece de Comete , dont la
queue s'étendoit vers l'Oueft. Ce Météore ne tarda
pas à fe perdre en forme de fufée volante , nuancée
de diverfes couleurs ainfi que l'Arc- en- Ciel . La
fufée fe termina en trois pointes , de chacune
defquelles il fortit une étoile pareille à celles
qu'on imite dans les feux d'artifice.
Selon les avis reçus de Canne & de Nice , on y
a vu le même jour & à la même heure un femblable
phénomene. Dans ces deux dernieres Villes,
il a paru fous un beaucoup plus grand volume
que dans celle d'Avignon . A Nice , la fufée fut terminée
par quatre étoiles de couleur de foufre, Elle
fat fuivie de deux violens coups de tonnerre..
Le 28 Mars , M. Feydeau de Marville , en
qualité de Confeiller d'Etat ordinaire , fut préfenté
au Roi par M. de Lamoignon Chancelier de
France.
M. de Berulle, Maître des Requêtes , a été nom→
mé à l'Intendance du Bourbonnois, vacante par la
216 MERCURE DE FRANCE.
nomination de M. de Bernage de Vaux à l'Intendance
des trois Evêchés.
Dans le neuvieme tirage de la premiere Loterie
Royal , le premier Lot eft échu au numéro 57083 ;
le fecond Lot eft échu au numéro 28188 , & la
Prime au numéro 8198.
>
Le 20 Mars M. le Comte de Clermont fit dans la
Plaine de fon Château de Berny la revue de fon
Régiment d'Infanterie d'Enghien , commandé par
M.le Comte de Polignac, Colonel-Lieutenant de ce
Corps . Le Régiment exécuta avec toute la précifion
poffible les manceuvres & les évolutions que
le Prince ordonna ; ce qui dura trois heures . Après
la revue M. le Comte de Clermont donna un
dîner de la plus grande magnificence à tous les
Seigneurs & Officiers qui l'avoient accompagné.
Sa table étoit de foixante couverts . On fervit plufieurs
autres tables dans les appartemens du Château
. Dans une Allée du Parc vis - à- vis du Sallon
où mangeoit le Prince , on avoit dreffé une table
pour les Sergens du Régiment , & deux autres
tables , chacune de fept cens couverts , pour
Soldats. Deux Grenadiers furent députés par leurs
Compagnies , pour aller porter la fanté du Roi &
celle de M. le Comte de Clermont. Le Prince les
reçut avec cette affabilité qui lui eft naturelle ,
qui le rend également cher aux Militaires & aux
Gens de Lettres. Au fortir de table , M. le Comte
de Clermont diftribua des préfens aux Officiers du
Régiment , & fon portrait aux principaux . Pendant
les trois jours que le Régiment a paffé à
Berny , ce Prince a tenu table ouverte pour tous
les Officiers.
la permiffion de fe démettre de fon Duché en
faveur de M. le Comte de Coigny , Mestre de
Camp Général des Dragons , fon petit-fils , madame
la Comteffe de Coigny fut préfentée le 22
Février à Leurs Majeftés & à la Famille Royale ,
par Madame la Comteffe de Coigny , Douairiere .
En qualité de Ducheffe elle prit le tabouret.
Le 18 Février , entre fept & huit heures du matin ,
il y eut dans cette Capitale deux fecouffes de trem .
blement de terre ; mais elles ont été fi légeres que
la plupart des habitans ne s'en font point apperçus.
On a effuyé les mêmes fecouffes à Verſailles . Elles
fe font fait fentir en plufieurs autres endroits. Les
avis reçus de Beauvais marquent qu'elles y ont
été fenfibles principalement pour les perfonnes
qui étoient encore couchées. On a fait à Paris la
même obfervation . A Saint Quentin , la direction
du mouvement a paru être de l'Oueſt au Sud- Eft³:
le tems étoit à la pluie , & un vent d'Oueſt ſouf212
MERCURE DE FRANCE.
floit modérément. La Cloche de l'Hôtel de Ville
de la Fere a fonné d'elle - même plufieurs coups.
On mande de Dieppe , que le Barométre étoit ,
le jour du tremblement, au dernier degré au deffus
de la tempête. A Aire , il tomboit de la pluie mê--
lée de neige. Dans la Ville de Metz , quelques
cheminées ont été abattues . Sedan a éprouvé les
mêmes accidens, Les fecouffes,Y ont duré une minure
& quelques fecondes , & ont été accompagnées
d'un bruit femblable à celui du tonnerre.
Du refte , on n'a remarqué aucune agitation extraordinaire
dans les eaux de la Meufe. A Fifmes ,
Laon , à Moyenvic , à Mons , à Namur , à Bruxel- ´
les , à Maeftricht , à Utrecht & à Amſterdam , les
fecouffes ont commencé environ à la même heure,
& ont été de la même durée . Elles n'ont commencé
à Liege qu'à neuf heures du matin , & elles ont
duré trois minutes. Au départ du courier , la terre
n'étoit pas encore dans un parfait repos.
à
Le 2 Mars . M. de Montenault préfenta au
Roi le fecond Volume de la nouvelle Edition
des Fables de la Fontaine. Sa Majeſté témoigna
en être très- fatisfaite.
Le Roi a difpofé du Gouvernement des Ville
& Château de Dieppe , qui vaquoit par la mort
de M. le Marquis de Saliere , en faveur de M. de
Mailly de Rubempré , Chevalier des Ordres de
Sa Majefté , Lieutenant Général de fes Armées ,
& premier Ecuyer de Madame la Dauphine .
La place d'Infpecteur Général de l'Infanterie ;
vacante par la même mort , a été donnée à M. le
Comte de Choifeul - Beaupré , qui étoit Infpecteur
Général furnuméraire.
M. Le Marquis du Châtelet - Lomont , Lieutenant-
Général des Armées du Roi & Commandeur
de l'Ordre Royal & Militaire de Saint Louis,a été
A VRIL. 1756 . 213
fait Grand Croix de cet Ordre. Sa Majefté a nommé
Grand Croix Honoraire du même Ordre M.
le Marquis de Valory , Lieutenant - Général , Miniftre
Plénipotentiaire auprès du Roi de Pruffe.
Elle a accordé une place de Commandeur à M. le
Marquis de Braffac , Maréchal de Camp .
Le Régiment de Cavalerie de Royal Etranger,
dont M. le Comte de Charleval à donné fa démiffion
, a été accordé à M. le Comte de Chabot ,
Colonel dans les Grenadiers de France ,
M. le Comte de Durfort & le Chevalier de Corn ,
Aides-Majors des Gardes du Corps , ayant obtenu
leur retraite ,font remplacés par M. le Chevalier de
Montaigu & par M. de Prifye. M. Le Chevalier
de Luflay a été nommé Sous- Aide - Major. M. le
Chevalier de Ligondé a obtenu une place d'Exempt,
vacante dans la Compagnie de Noailles par
la retraite de M. de Fumereau .
Le 12, la Marquife de Beauffremont fit , à l'occafion
de fon veuvage , fes révérences à Leurs Majeftés
& à la Famille Royale.
Le 16 , Monfeigneur le Duc de Berry fut fevré.
Le 17 , M. Peirenc de Moras , que le Roi a
nommé pour Adjoint à M. de Sechelles dans la
charge de Contrôleur Général des Finances
remercia Sa Majesté.
La Reine entendit le 20 une Meffe de Requiem ;
pendant laquelle la Mufique chanta le De Profundis,
pour l'Anniverfaire de la feue Reine de Pologne
Ducheffe de Lorraine & de Bar , Mere de Sa Majesté.
-
Le 28 Madame la Ducheffe de Luynes , Dame
d'Honneur de la Reine , préfenta à Leurs Majeftés
l'épouse de M. Perinc de Moras. *
Selon des lettres de Calais , une Frégate Angloife
de trente canons , s'approcha le 9 de ce Port ,
fous PavillonHollandois, en faifant le fignal de dan214
MERCURE DE FRANCE.
3
ger. On commanda auffitôt une Chaloupe avec un
Pilote & neufhommes , pour aller au fecours de
ce Bâtiment. La Frégate a enlevé la Chaloupe , &
l'a conduite dans un port de la Grande-Bretagne.
A
Le Roi a déclaré qu'il donnoit fa nomination
pour le Chapeau de Cardinal à l'Archevêque de
Rouen , Grand Aumônier de la Reine ; & le 20 ce
Prélat en remercia Sa Majesté.
La place de Confeiller au Confeil Royal des
Finances , vacante par la mort de M. d'Ormeffon ,
a été accordée à M. Trudaine Confeiller d'Etat
ordinaire & au Confeil Royal de Commerce
Intendant des Finances.
>
Sa Majeſté a donné à M. Peirenc de Moras celle
de Confeiller d'Etat , qui vaquoit par la même
mort.
M. de Sechelles , Miniftre d'Etat & Contrôleur
Général des Finances , s'étant démis de fa place de
Confeiller d'Etat , le Roi l'a accordé à M. Chauvelin
, Intendant des Finances.
M. Moreau de Beaumont , Intendant de Flandre
, a obtenu l'agrément de la charge d'Intendant
des Finances , dont étoit pourvu M. Peirenc de
Moras. Le Roi a nommé à l'Intendance de Flandre
M. de Caumartin , Intendant de Metz , & a
donné l'Intendance des trois Evêchés à M. de Bernage
de Vaux , Intendant de Moulins .
Sa Majefté a difpofé du Régiment Suiffe de Vie
gier en faveur de M. de Caftelar , Maréchal de
Camp , & Capitaine au Régiment des Gardes Suiffes.
M. de Reding , Brigadier d'Infanterie , & Lieutenant-
Colonel du Régiment Suiffe de Monin , a
étéfait Colonel de ce Régiment.
la
Madame la Baronne d'Oppede fut préſentée le
14 à Leurs Majeftés & à la Famille Royale par
Marquise de Janfon .
On fit le 22 de ce mois la Proceffion folemnelle
AVRIL. 1756. 215
qu'on a coutume de faire tous les ans , en mémoire
de la Réduction de cette Capitale fous l'obéiffance
de Henri IV. Le Corps de Ville y affifta fuivant
'ufage.
M.l'Abbé du Refnel , l'un des Quarante de l'Académie
Françoife , & Affocié de l'Académie
Royale des Belles - Lettres , a été élu par cette derniere
Compagnie , pour y remplir la place de
Penfionnaire , vacante par la mort de M. Blanchard.
On mande d'Avignon , que le 3 à fix heures du
foir , le tems étant très - calme , & la Lune en fon
couchant ne donnant qu'une foible lueur , on apperçut
vers le Sud-Eft , dans la moyenne région
de l'air , un Globe auffi lumineux que la Lune en
fon plein. Environ trois fecondes après , ce Globe
fe transforma en une espece de Comete , dont la
queue s'étendoit vers l'Oueft. Ce Météore ne tarda
pas à fe perdre en forme de fufée volante , nuancée
de diverfes couleurs ainfi que l'Arc- en- Ciel . La
fufée fe termina en trois pointes , de chacune
defquelles il fortit une étoile pareille à celles
qu'on imite dans les feux d'artifice.
Selon les avis reçus de Canne & de Nice , on y
a vu le même jour & à la même heure un femblable
phénomene. Dans ces deux dernieres Villes,
il a paru fous un beaucoup plus grand volume
que dans celle d'Avignon . A Nice , la fufée fut terminée
par quatre étoiles de couleur de foufre, Elle
fat fuivie de deux violens coups de tonnerre..
Le 28 Mars , M. Feydeau de Marville , en
qualité de Confeiller d'Etat ordinaire , fut préfenté
au Roi par M. de Lamoignon Chancelier de
France.
M. de Berulle, Maître des Requêtes , a été nom→
mé à l'Intendance du Bourbonnois, vacante par la
216 MERCURE DE FRANCE.
nomination de M. de Bernage de Vaux à l'Intendance
des trois Evêchés.
Dans le neuvieme tirage de la premiere Loterie
Royal , le premier Lot eft échu au numéro 57083 ;
le fecond Lot eft échu au numéro 28188 , & la
Prime au numéro 8198.
>
Le 20 Mars M. le Comte de Clermont fit dans la
Plaine de fon Château de Berny la revue de fon
Régiment d'Infanterie d'Enghien , commandé par
M.le Comte de Polignac, Colonel-Lieutenant de ce
Corps . Le Régiment exécuta avec toute la précifion
poffible les manceuvres & les évolutions que
le Prince ordonna ; ce qui dura trois heures . Après
la revue M. le Comte de Clermont donna un
dîner de la plus grande magnificence à tous les
Seigneurs & Officiers qui l'avoient accompagné.
Sa table étoit de foixante couverts . On fervit plufieurs
autres tables dans les appartemens du Château
. Dans une Allée du Parc vis - à- vis du Sallon
où mangeoit le Prince , on avoit dreffé une table
pour les Sergens du Régiment , & deux autres
tables , chacune de fept cens couverts , pour
Soldats. Deux Grenadiers furent députés par leurs
Compagnies , pour aller porter la fanté du Roi &
celle de M. le Comte de Clermont. Le Prince les
reçut avec cette affabilité qui lui eft naturelle ,
qui le rend également cher aux Militaires & aux
Gens de Lettres. Au fortir de table , M. le Comte
de Clermont diftribua des préfens aux Officiers du
Régiment , & fon portrait aux principaux . Pendant
les trois jours que le Régiment a paffé à
Berny , ce Prince a tenu table ouverte pour tous
les Officiers.
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Résumé : « M. le Maréchal Duc de Coigny ayant obtenu la permission de se démettre de son [...] »
En février et avril 1756, plusieurs événements notables ont eu lieu. Le maréchal duc de Coigny a obtenu la permission de céder son duché à son petit-fils, le comte de Coigny. Madame la comtesse de Coigny a été présentée à Leurs Majestés et à la famille royale le 22 février, prenant le tabouret en qualité de duchesse. Le 18 février, deux secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Paris et dans plusieurs autres villes, sans causer de dommages significatifs. Le 2 mars, M. de Montenault a présenté au roi le second volume de la nouvelle édition des Fables de La Fontaine. Le roi a également disposé du gouvernement de Dieppe en faveur de M. de Mailly de Rubempré. Plusieurs nominations et promotions militaires ont été annoncées, notamment celles de M. le marquis du Châtelet-Lomont et de M. le marquis de Valory. Le 12 avril, la marquise de Beauffremont a fait ses révérences à Leurs Majestés à l'occasion de son veuvage. Le 16 avril, Monseigneur le duc de Berry a été fiévreux. Le 20 avril, la reine a entendu une messe de Requiem pour l'anniversaire de la feue reine de Pologne. Madame la duchesse de Luynes a présenté à Leurs Majestés l'épouse de M. Perinc de Moras. Le roi a nommé l'archevêque de Rouen au chapeau de cardinal. Plusieurs autres nominations et promotions ont été effectuées, notamment dans les finances et les intendances. Le 22 avril, une procession solennelle a été organisée en mémoire de la réduction de la capitale sous l'obéissance de Henri IV. Le 28 mars, M. Feydeau de Marville a été présenté au roi en qualité de conseiller d'État ordinaire. Un phénomène météorologique inhabituel a été observé à Avignon, Cannes et Nice. Le 20 mars, le comte de Clermont a passé en revue son régiment d'infanterie à Berny, offrant un dîner somptueux aux seigneurs et officiers présents.
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7
p. 246-247
ESPAGNE.
Début :
Don Ascensio Mendez, Prêtre, né à Coïmbre en Portugal, mourut [...]
Mots clefs :
Madrid, Don Ascensio Mendez, Lisbonne, Victimes du tremblement de terre, Projet de reconstruction, Secousses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE MADRID , le 6 Avril.
Don Afcenfio Mendez , Prêtre , né à Coïmbre
en Portugal , mourut ici le 24 du mois dernier ,
âgé de cent deux ans , quatre mois & vingt- fix
jours. Cette année , il traverfoit encore à pied
une partie de la Ville tous les matins , pour aller
dire la Meffe à l'Hôpital Général , & jamais il ne
s'eft fervi de lunettes,
DE LISBONNE , le 3 Mars.
La plupart des habitans de cette Capitale , à qui
il reste encore dans leurs maifons quelque partie
habitable , viennent l'occuper pendant le jour. Ils
retournent le foir à la campagne , pour y cou
cher fous des Tentes . Suivant le plan fur lequel
on fe propofe de rebâtir Lifbonne , fa nouvelle enceinte
fera confidérablement plus grande que l'ancienne
, tant parce que les rues feront plus lar
M A I. 1756. 247
3
ges , que parce que les maiſons n'auront que deux
étages.
La fécurité , dont on commençoit à jouir ici ,
n'a pas duré long - tems . Avant - hier on effuya
une nouvelle fecouffe de tremblement de terre ,
plus violente que toutes celles qui s'étoient fait
fentir depuis le 21 Décembre.
DE MADRID , le 6 Avril.
Don Afcenfio Mendez , Prêtre , né à Coïmbre
en Portugal , mourut ici le 24 du mois dernier ,
âgé de cent deux ans , quatre mois & vingt- fix
jours. Cette année , il traverfoit encore à pied
une partie de la Ville tous les matins , pour aller
dire la Meffe à l'Hôpital Général , & jamais il ne
s'eft fervi de lunettes,
DE LISBONNE , le 3 Mars.
La plupart des habitans de cette Capitale , à qui
il reste encore dans leurs maifons quelque partie
habitable , viennent l'occuper pendant le jour. Ils
retournent le foir à la campagne , pour y cou
cher fous des Tentes . Suivant le plan fur lequel
on fe propofe de rebâtir Lifbonne , fa nouvelle enceinte
fera confidérablement plus grande que l'ancienne
, tant parce que les rues feront plus lar
M A I. 1756. 247
3
ges , que parce que les maiſons n'auront que deux
étages.
La fécurité , dont on commençoit à jouir ici ,
n'a pas duré long - tems . Avant - hier on effuya
une nouvelle fecouffe de tremblement de terre ,
plus violente que toutes celles qui s'étoient fait
fentir depuis le 21 Décembre.
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Résumé : ESPAGNE.
Le texte décrit deux événements distincts en Espagne et au Portugal. À Madrid, le 6 avril, il est rapporté que Don Afcenfio Mendez, un prêtre né à Coïmbre au Portugal, est décédé le 24 mars à l'âge de 102 ans, 4 mois et 26 jours. Malgré son grand âge, il se rendait à pied chaque matin à l'Hôpital Général pour dire la messe et n'utilisait jamais de lunettes. À Lisbonne, le 3 mars, il est mentionné que les habitants de la capitale, dont les maisons sont encore habitables, les occupent pendant la journée et retournent camper dans des tentes à la campagne pour dormir. La reconstruction de Lisbonne prévoit une nouvelle enceinte plus grande que l'ancienne, avec des rues plus larges et des maisons à deux étages seulement. Cependant, la sécurité récemment retrouvée a été perturbée par un violent tremblement de terre survenu deux jours avant la date du rapport, plus puissant que ceux ressentis depuis le 21 décembre précédent.
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8
p. 247-248
ITALIE.
Début :
On écrit de Malte, que pendant le cours de Février on y a [...]
Mots clefs :
Rome, Secousses, Comte de Stainville, Ambassadeur extraordinaire, Gentilhommes, Cardinal
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALIE.
DE ROME, le 3 Avril.
On écrit de Malte , que pendant le cours de
Février on y a fenti deux fecouffes de tremblement
de terre , mais qu'elles ont cauſé peu
dommage.
de
Le 28 Mars , M. le Comte de Stainville, Ambaf
fadeur Extraordinaire du Roi de France , s'étant
rendu au Palais de la Chambre Apoftolique hors
de la porte du Peuple , tous les Miniftres Etrangers
, ainfi que les Cardinaux , les Princes , les
principaux Prélats & autres perfonnes de diftinction
, envoyerent dans leurs carroffes de céré~
monie leurs Gentilshommes , pour le complimenter.
Cet Ambaffadeur , accompagné du Cardinal
Portocarrero , & des Abbés de Canillac &
de Berulle , Auditeurs de Rote , le premier pour
la France , le fecond pour l'Eſpagne , monta enfuite
dans un carroffe de parade , que Te Cardinal
Valenti Gonzaga , Camerlingue du Saint Siege ,
& Secretaire d'Etat , lui avoit envoyé , & il fit en
cette Capitale fon Entrée publique. L'ordre fuivant
fut obfervé dans la marche : deux Poftillons ; deux
Couriers ; deux Trompettes ; fix Fourgons couverts
de houffes aux Armes de l'Ambaffadeur ;
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
1
>
fix chevaux de felle avec de riches caparaçons ;
trente- huit Eftafiers ; deux Suiffes à cheval ;
vingt-quatre Officiers ; un Ecuyer & un Sous-
Ecuyer. Aux deux côtés du carroffe , dans lequel
étoit l'Ambaffadeur , marchoient fes huit Pages à
cheval. Cette entrée , non feulement par la magnificence
de la Livrée de M. le Comte de Stainville
mais encore par le grand nombre des équipages
qui accompagnerent le cortége , a fourni à cette
Ville un fpectable des plus pompeux. Lorſque
l'Ambaffadeur fut arrivé au Palais de France , il
y fit diftribuer une grande abondance de rafraîchiffemens.
Quelque temps après , il fe rendit
avec fes carroffes & fa fuite au Palais du Quirinał ,
où il eut fa premiere audience publique du Pape.
M. le Comte de Stainville , après cette audience à
laquelle il fut conduit par le Cardinal Portocarrero,
rendit vifite au Cardinal Camerlingue . Il retourna
enfuite au Palais de France . Il y trouva les préfens
que Sa Sainteté y avoit fait porter , & qui
confiftoient en trente fix corbeilles , remplies de
rafraîchiffemens de diverfes efpeces.
DE ROME, le 3 Avril.
On écrit de Malte , que pendant le cours de
Février on y a fenti deux fecouffes de tremblement
de terre , mais qu'elles ont cauſé peu
dommage.
de
Le 28 Mars , M. le Comte de Stainville, Ambaf
fadeur Extraordinaire du Roi de France , s'étant
rendu au Palais de la Chambre Apoftolique hors
de la porte du Peuple , tous les Miniftres Etrangers
, ainfi que les Cardinaux , les Princes , les
principaux Prélats & autres perfonnes de diftinction
, envoyerent dans leurs carroffes de céré~
monie leurs Gentilshommes , pour le complimenter.
Cet Ambaffadeur , accompagné du Cardinal
Portocarrero , & des Abbés de Canillac &
de Berulle , Auditeurs de Rote , le premier pour
la France , le fecond pour l'Eſpagne , monta enfuite
dans un carroffe de parade , que Te Cardinal
Valenti Gonzaga , Camerlingue du Saint Siege ,
& Secretaire d'Etat , lui avoit envoyé , & il fit en
cette Capitale fon Entrée publique. L'ordre fuivant
fut obfervé dans la marche : deux Poftillons ; deux
Couriers ; deux Trompettes ; fix Fourgons couverts
de houffes aux Armes de l'Ambaffadeur ;
Liv
248 MERCURE DE FRANCE.
1
>
fix chevaux de felle avec de riches caparaçons ;
trente- huit Eftafiers ; deux Suiffes à cheval ;
vingt-quatre Officiers ; un Ecuyer & un Sous-
Ecuyer. Aux deux côtés du carroffe , dans lequel
étoit l'Ambaffadeur , marchoient fes huit Pages à
cheval. Cette entrée , non feulement par la magnificence
de la Livrée de M. le Comte de Stainville
mais encore par le grand nombre des équipages
qui accompagnerent le cortége , a fourni à cette
Ville un fpectable des plus pompeux. Lorſque
l'Ambaffadeur fut arrivé au Palais de France , il
y fit diftribuer une grande abondance de rafraîchiffemens.
Quelque temps après , il fe rendit
avec fes carroffes & fa fuite au Palais du Quirinał ,
où il eut fa premiere audience publique du Pape.
M. le Comte de Stainville , après cette audience à
laquelle il fut conduit par le Cardinal Portocarrero,
rendit vifite au Cardinal Camerlingue . Il retourna
enfuite au Palais de France . Il y trouva les préfens
que Sa Sainteté y avoit fait porter , & qui
confiftoient en trente fix corbeilles , remplies de
rafraîchiffemens de diverfes efpeces.
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Résumé : ITALIE.
En février, deux secousses sismiques ont été enregistrées à Malte, causant peu de dommages. Le 28 mars, le comte de Stainville, ambassadeur extraordinaire du roi de France, a effectué une entrée solennelle à Rome. Accompagné du cardinal Portocarrero et des abbés de Canillac et de Bérulle, il a été transporté dans un carrosse de parade fourni par le cardinal Valenti Gonzaga. Le cortège comprenait divers membres, dont des postillons, des courriers, des trompettes, des fourgons, des chevaux de selle, des estafiers, des suisses, des officiers et des pages. Cette entrée, marquée par la magnificence de la livrée de l'ambassadeur et le grand nombre d'équipages, a offert un spectacle pompeux à la ville. À son arrivée au Palais de France, l'ambassadeur a distribué des rafraîchissements. Il s'est ensuite rendu au Palais du Quirinal pour sa première audience publique avec le pape, accompagné du cardinal Portocarrero. Après cette audience, il a rendu visite au cardinal camerlingue avant de retourner au Palais de France, où il a trouvé des présents du pape, consistant en trente-six corbeilles de rafraîchissements variés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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9
p. 213-219
« Le 27 Avril, les Députés du Grand Conseil eurent audience du Roi. [...] »
Début :
Le 27 Avril, les Députés du Grand Conseil eurent audience du Roi. [...]
Mots clefs :
Députés du Grand Conseil, Comte de Spaar, Colonel, Géographie, Ouvrages, M. Buache, Cartes, Ordonnances du roi, Secousses, Roi de France, Nominations, Évêque, Invention d'une pompe à incendie, Martinique, M. de Tréville, Vaisseaux anglais, Tensions
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texteReconnaissance textuelle : « Le 27 Avril, les Députés du Grand Conseil eurent audience du Roi. [...] »
La 27 d'Avril , les Députés du Grand Confeil
eurent audience du Roi . Ils furent préſentés à Sa
Majefté par M. de Comte d'Argenfon , Miniftre
& Secretaire d'Etat , & conduits par M. Deſgranges
, Maître des Cérémonies. M. Caftanier d'Auriac
, Confeiller d'Etat & Premier Préfident de
cette Compagnie , porta la parole.
M. le Duc de Nivernois arriva le 22 de la Cour
de Berlin. Il fut préfenté au Roi par M. Rouillé ,
Miniftre & Secretaire d'Etat ayant le département
des Affaires Etrangeres. Sa Majesté accorda le
même jour les entrées de la chambre à M. le Duc
de Nivernois.
M. le Comte de Spaar , Maréchal de Camp ;
Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , & Colonel du Régiment Royal Suédois
, s'étant démis de ce Régiment , entre les
mains du Roi , Sa Majeſté en a diſpoſé en faveur
du Comte Alexandre de Spaar , fils aîné de cet
Officier. La famille de Spaar eft Suédoise d'origine.
M. le Comte de Spaar eft petit-fils du Comte
de ce nom , qui a été Ambaffadeur de Suede en
France , & il eft le premier de cette famille qui
ait été naturalifé François ,
Sa Majesté a accordé à M. le Marquis de Juigné
, Colonel dans le Corps des Grenadiers de
France , le Régiment d'Infanterie de Forez , dont
M. le Marquis de la Rochecourbon , Brigadier
214 MERCURE DE FRANCE.
d'Infanterie , a obtenu la permiffion de fe démettre.
La place de Colonel , vacante dans les Grenanadiers
de France , a été donnée à M. le Marquis
de Chaumont de Guitry.
M. Buache , premier Géographe du Roi & Adjoint
de l'Académie Royale des Sciences , préfenta
le 25 Avril à Sa Majefté deux ouvrages importans
fur la Géographie. Le premier a pour objet l'inftruction
de Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
& il confifte 1º. en une ſuite de huit Cartes manufcrites
, qui forment la premiere partie d'une
nouvelle Inftitution géographique & hiftorique ,
depuis la création jufqu'à Moïfe , y compris les
principes élémentaires ; 2°. en un Globe manuf
crit , qui s'ouvre & qui rend fenfible la forme que
prennent les hémiſpheres dans les projections ordinaires
; 3 °. en une Sphere qui ſe démonte
4°. en un volume manufcrit qui contient plufieurs
Mémoires concernant cette Inftitution , dont
le plan a été approuvé par l'Académie des Sciences.
Le fecond ouvrage eft une Carte manuſcrite
en deux grandes feuilles , où l'on voit tous les
lieux de l'Europe Occidentale qui ont éprouvé un
mouvement intérieur de la terre foit par les tremblemens
, foit par l'agitation des eaux. Les lieux
dans lefquels on a apperçu des feux aëriens
foupçonnés électriques , ou d'autres météores
depuis le premier Novembre 1755 , font auffi
marqués fur cette Carte. Elle eft le réſultat des recherches
de M. Buache & des obſervations™ lues à
l'Académie . L'Auteur a appliqué le tout fur fon
Plan phyfique , dont le principal objet eft les chaînes
des montagnes qui ceignent notre Globe
d'une maniere non interrompue , & il a diſtribué
les tremblemens , & c. par quatre commotions
JUIN. 1756. 215
principales. Il y obferve que les tremblemens fe
font fentir plus violemment le long des côtes ,
d'où il femble que le mouvement le communique
d'une façon moins fenfible dans l'intérieur
des terres , & redevient plus confidérable près des
montagnes.
Il a paru deux nouvelles Ordonnances du Roi ,
l'une portant Réglement pour les Ecoles du Corps
Royal de l'Artillerie & du Génie , l'autre concernant
les Milices.
M. de Burigny a été élu pour remplir la place
d'Affocié , qui vaquoit dans l'Académie des Belles-
Lettres par la nomination de l'Abbé du Refnel à
la place de Penfionnaire.
Le 29 Avril au foir , il eft arrivé à Verſailles
M. de Moncour, Capitaine de Dragons , dépêché
par M. le Maréchal Duc de Richelieu , lequel a
apporté la nouvelle de l'arrivée de la Flotte du
Roi , commandée par M. le Marquis de la Galiffonniere
, Lieutenant- Général des Armées Navales
, à l'Ile de Minorque, le 18 devant Ciutadella ,
oùles troupes ont fait leur débarquement fans
aucune oppofition de la part des Anglois , qui
avoient évacué cette Place le même jour au
matin .
Leurs Majeftés entendirent le s Mai une Meſſe
de Requiem , pendant laquelle le De profundis fut
chantée par la Mufique , pour l'anniverfaire de
Monſeigneur le Dauphin , ayeul du Roi.
Le premier Mai M. le Duc de Mirepoix arriva de
Languedoc. Il prêta ferment le 2 , entre les mains
du Roi , pour la charge de Capitaine des Gardes
du Corps , dont le Duc de Béthune s'eft démis.
Après la preftation de ferment M. le Duc de Mirepoix
fut reconnu des Gardes du Corps en la maniere
accoutumée , & il prit le fervice qu'il
216 MERCURE DE FRANCE.
continuera pendant le refte du Quartier.
Il y eut ici le 30 , vers neuf heures & un quart
du foir , deux nouvelles fecouffes de tremblement
de terre. Ainfi que celle du 18 Février ,
elles n'ont pas été fenties par une partie des habitans
de cette capitale. Une de ces fecoufles s'eft
fait fentir à Verfailles. Le même jour , & à la
même heure , il y en eut une violente dans un
canton de la Picardie. Au Château du Pleffis ,
fitué à quatre lieues de Montdidier , le tremblement
a été accompagné d'un bruit ſemblable à
celui que fait un grand vent , en agitant les arbres
d'un bois de haute futaie . Toute la charpente de
la couverture du Bâtiment a été ébranlée . Une
corniche de pierre de taille a été abattue. L'allarme
fut telle dans le Village & dans tous les
lieux voifins , à plus de deux lieues à la ronde
que les habitans pafferent la nuit , ou dans les
Eglifes ou en plein air. Le 26 , on avoit effuyé
au Pleffis & à Saint-Juft deux autres fecouffes plus
longues , mais moins effrayantes. Celles qu'on y
éprouva le 30 , durerent environ quinze fecondes.
→
Les nouveaux Drapeaux du Régiment des Gardes
Françoifes & de celui des Gardes Suifles , furent
portés le 6 Mai à l'Eglife Métropolitaine , où
ils furent benis par l'Abbé de Saint -Exupery ,
Doyen du Chapitre.
Le 13 Mai , les Députés du Parlement de
Rouen ont eu une audience du Roi. Ils ont été
préfentés à Sa Majesté par M. le Comte de Saint-
Florentin , Miniftre & Secretaire d'Etat , ayant le
département de la Province de Normandie.
Le même jour , le Roi fit dans la plaine des Sablons
la revue du Régiment des Gardes Françoiſes
& de celui des Gardes Suiffes . Ces deux Régimens,
après avoir fait l'exercice , défilerent en préſence
de
JUIN. 1756. 217
de Sa Majesté. Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Madame , & Mefdames Victoire
, Sophie & Louife , affitterent à cette revue ,
après laquelle le Roi foupa au Château de la
Meute avec ce Prince & avec ces Princeffes .
Le Roi a nommé Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis M. le Comte de
Rafilly , Lieutenant Général des Armées de Sa
Majefté , & Commandant d'un Bataillon du Régiment
des Gardes Françoifes .
Les Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel tinrent
le 8 du mois de Mai un Chapitre dans le grand
Couvent des Religieux de l'Obfervance. M. le
Duc de la Valliere , Chevalier des Ordres du Roi ,
y préfida en qualité de Commiffaire de Sa Majefté
. Il reçut Chevalier M. Perier , premier Commis
des Bâtimens du Roi.
Selon les lettres de Beauvais , le Courier qui
portoit la nouvelle de la nomination de l'Evêque
Comte de cette Ville au Cardinalat , y arriva la
nuit du 14 au 15 du mois d'Avril entre minuit &
une heure. Cette nomination fut annoncée au
public dès cinq heures du matin par le fon des
cloches de toutes les Eglifes , & par une triple
décharge d'artillerie. Le nouveau Cardinal fut
complimenté à fept heures par le Chapitre de la
Cathédrale , & enfuite par tous les autres Corps
de la Ville. Le 17 après - midi , le Chapitre précedé
des timballes & des trompettes du Régiment
Dauphin , Cavalerie , dont un détachement formoit
une double haie depuis le Palais épifcopal
jufqu'à la Cathédrale , alla prendre le Cardinal
de Gêvre en fon Palais , & le conduifit proceffionnellement
à l'Eglife . Après le Te Deum , qui fuc
chanté en mufique , le Cardinal fut reconduir
chez lui avec les mêmes cérémonies. Il y eut le
K
218 MERCURE DE FRANCE.
foir un feu de joie , & tous les habitans marquerent
à l'envi leur alegreffe par leurs acclamations.
L'Eglife Cathédrale fut magnifiquement
illuminée .
On écrit de Besançon que l'Abbé Dard a inventé
une Pompe , pour éteindre le feu dans les
incendies. Elle eft de trois corps en cuivre , &
deux hommes peuvent la faire jouer par le moyen
de deux manivelles. Cette machine pouffe l'eau à
foixante pieds de hauteur , fans boyaux , & audeffus
des maifons les plus élevées avec des boyaux.
Elle eft renfermée dans une caiffe qui contient
un muid , & qui montée fur un train à quatre
roues , peut paffer facilement par une porte de
trois pieds de large. L'ouvrage eft d'autant plus
folide , qu'il n'eft compofé d'aucune roue dans
l'intérieur , & que de quelque côté que Pon commence
à tourner les manivelles , on ne rifque
point de rien déranger.
On a reçu par des lettres de la Martinique la
Relation fuivante . «M.leChevalier d'Aubigny étant
» parti de Rochefort fur le Vaiffeau le Prudent, de
>> 74 canons , pour fe rendre à la Martinique , ac-
>> compagné de deux Frégates , l'Atalante , de 34
>> canons , commandée par M. Duchâteau de
» Bene , Capitaine de Vaiffeau , & le Zéphyr , de
» 30 canons , montée par M. de la Touche Tré-
» ville , Lieutenant de Vaiffeau , & Commandant
» de la Compagnie des Cadets à Rochefort ; la
» Frégate le Zéphyr , feparée des deux autres Bâti-
» mens , a rencontré le Vaiffeau Anglois le War-
» wick de 64 canons , qui croifoit depuis quel-
» que tems dans ces mers , & qui avoit enlevé aux
François plufieurs Navires. M. de Tréville a
» manoeuvré fi habilement , qu'il a laiffé croire au
» Capitaine Anglois , qu'il ne çommandoir qu'un
JUI N. 1756 . 219
>>
» Vaiffeau Marchand. L'Anglois l'a méprifé , &
» n'a pas daigné faire ouvrir fes fabords. M. de
» Tréville s'eft laiffé approcher à la portée du pif-
» tolet . Alors il a arboré le pavillon blanc , & a
>> lâché toute la bordée fur l'Anglois , qui , voyant
» fa méprife , a ordonné d'ouvrir promptement
» fes fabords. M. de Tréville , qui a deviné le
>> commandement de l'ennemi , à fait tirer fi à
» propos toute fa moufqueterie , que l'équipage
>> Anglois a difparu , & n'a ofé manoeuvrer . Au
» bruit de l'artillerie , le Vaiffeau le Prudent eft
» venu au fecours de la Frégate le Zéphyr avec la
Frégate l'Atalante. Le Capitaine Anglois
» voyant qu'il ne pouvoit échapper , a fait dire
» qu'il fe rendroit , mais au Commandant feule-
≫ment. Le Chevalier d'Aubigny pour lors a fait
» un fignal , qui a interrompu le feu de la Frégate
le Zéphyr pour un moment. C'étoit pour faire
» fçavoir à M. de Tréville qu'il eût à combattre le
» Vaiffeau , fi ce Bâtiment refufoit de fe rendre à
» la Frégate. Le Capitaine Anglois a craint l'évé
»> nement du combat , & s'eft rendu à M. de Tréville
. On ne sçauroit trop louer la valeur & la
» conduite de M. de Tréville , & le ſentiment gé-
» néreux du Chevalier d'Aubigny , quia cru devoir
» lui laiffer la gloire entiere de cette prife. Le
» Vaiffeau le Warwick a été conduit à la Marti-
>> nique. On eft à la pourfuite d'une Frégate Angloife
, qui croiſoit avec ce Vaiffeau .
eurent audience du Roi . Ils furent préſentés à Sa
Majefté par M. de Comte d'Argenfon , Miniftre
& Secretaire d'Etat , & conduits par M. Deſgranges
, Maître des Cérémonies. M. Caftanier d'Auriac
, Confeiller d'Etat & Premier Préfident de
cette Compagnie , porta la parole.
M. le Duc de Nivernois arriva le 22 de la Cour
de Berlin. Il fut préfenté au Roi par M. Rouillé ,
Miniftre & Secretaire d'Etat ayant le département
des Affaires Etrangeres. Sa Majesté accorda le
même jour les entrées de la chambre à M. le Duc
de Nivernois.
M. le Comte de Spaar , Maréchal de Camp ;
Commandeur de l'Ordre Royal & Militaire de
Saint Louis , & Colonel du Régiment Royal Suédois
, s'étant démis de ce Régiment , entre les
mains du Roi , Sa Majeſté en a diſpoſé en faveur
du Comte Alexandre de Spaar , fils aîné de cet
Officier. La famille de Spaar eft Suédoise d'origine.
M. le Comte de Spaar eft petit-fils du Comte
de ce nom , qui a été Ambaffadeur de Suede en
France , & il eft le premier de cette famille qui
ait été naturalifé François ,
Sa Majesté a accordé à M. le Marquis de Juigné
, Colonel dans le Corps des Grenadiers de
France , le Régiment d'Infanterie de Forez , dont
M. le Marquis de la Rochecourbon , Brigadier
214 MERCURE DE FRANCE.
d'Infanterie , a obtenu la permiffion de fe démettre.
La place de Colonel , vacante dans les Grenanadiers
de France , a été donnée à M. le Marquis
de Chaumont de Guitry.
M. Buache , premier Géographe du Roi & Adjoint
de l'Académie Royale des Sciences , préfenta
le 25 Avril à Sa Majefté deux ouvrages importans
fur la Géographie. Le premier a pour objet l'inftruction
de Monfeigneur le Duc de Bourgogne ,
& il confifte 1º. en une ſuite de huit Cartes manufcrites
, qui forment la premiere partie d'une
nouvelle Inftitution géographique & hiftorique ,
depuis la création jufqu'à Moïfe , y compris les
principes élémentaires ; 2°. en un Globe manuf
crit , qui s'ouvre & qui rend fenfible la forme que
prennent les hémiſpheres dans les projections ordinaires
; 3 °. en une Sphere qui ſe démonte
4°. en un volume manufcrit qui contient plufieurs
Mémoires concernant cette Inftitution , dont
le plan a été approuvé par l'Académie des Sciences.
Le fecond ouvrage eft une Carte manuſcrite
en deux grandes feuilles , où l'on voit tous les
lieux de l'Europe Occidentale qui ont éprouvé un
mouvement intérieur de la terre foit par les tremblemens
, foit par l'agitation des eaux. Les lieux
dans lefquels on a apperçu des feux aëriens
foupçonnés électriques , ou d'autres météores
depuis le premier Novembre 1755 , font auffi
marqués fur cette Carte. Elle eft le réſultat des recherches
de M. Buache & des obſervations™ lues à
l'Académie . L'Auteur a appliqué le tout fur fon
Plan phyfique , dont le principal objet eft les chaînes
des montagnes qui ceignent notre Globe
d'une maniere non interrompue , & il a diſtribué
les tremblemens , & c. par quatre commotions
JUIN. 1756. 215
principales. Il y obferve que les tremblemens fe
font fentir plus violemment le long des côtes ,
d'où il femble que le mouvement le communique
d'une façon moins fenfible dans l'intérieur
des terres , & redevient plus confidérable près des
montagnes.
Il a paru deux nouvelles Ordonnances du Roi ,
l'une portant Réglement pour les Ecoles du Corps
Royal de l'Artillerie & du Génie , l'autre concernant
les Milices.
M. de Burigny a été élu pour remplir la place
d'Affocié , qui vaquoit dans l'Académie des Belles-
Lettres par la nomination de l'Abbé du Refnel à
la place de Penfionnaire.
Le 29 Avril au foir , il eft arrivé à Verſailles
M. de Moncour, Capitaine de Dragons , dépêché
par M. le Maréchal Duc de Richelieu , lequel a
apporté la nouvelle de l'arrivée de la Flotte du
Roi , commandée par M. le Marquis de la Galiffonniere
, Lieutenant- Général des Armées Navales
, à l'Ile de Minorque, le 18 devant Ciutadella ,
oùles troupes ont fait leur débarquement fans
aucune oppofition de la part des Anglois , qui
avoient évacué cette Place le même jour au
matin .
Leurs Majeftés entendirent le s Mai une Meſſe
de Requiem , pendant laquelle le De profundis fut
chantée par la Mufique , pour l'anniverfaire de
Monſeigneur le Dauphin , ayeul du Roi.
Le premier Mai M. le Duc de Mirepoix arriva de
Languedoc. Il prêta ferment le 2 , entre les mains
du Roi , pour la charge de Capitaine des Gardes
du Corps , dont le Duc de Béthune s'eft démis.
Après la preftation de ferment M. le Duc de Mirepoix
fut reconnu des Gardes du Corps en la maniere
accoutumée , & il prit le fervice qu'il
216 MERCURE DE FRANCE.
continuera pendant le refte du Quartier.
Il y eut ici le 30 , vers neuf heures & un quart
du foir , deux nouvelles fecouffes de tremblement
de terre. Ainfi que celle du 18 Février ,
elles n'ont pas été fenties par une partie des habitans
de cette capitale. Une de ces fecoufles s'eft
fait fentir à Verfailles. Le même jour , & à la
même heure , il y en eut une violente dans un
canton de la Picardie. Au Château du Pleffis ,
fitué à quatre lieues de Montdidier , le tremblement
a été accompagné d'un bruit ſemblable à
celui que fait un grand vent , en agitant les arbres
d'un bois de haute futaie . Toute la charpente de
la couverture du Bâtiment a été ébranlée . Une
corniche de pierre de taille a été abattue. L'allarme
fut telle dans le Village & dans tous les
lieux voifins , à plus de deux lieues à la ronde
que les habitans pafferent la nuit , ou dans les
Eglifes ou en plein air. Le 26 , on avoit effuyé
au Pleffis & à Saint-Juft deux autres fecouffes plus
longues , mais moins effrayantes. Celles qu'on y
éprouva le 30 , durerent environ quinze fecondes.
→
Les nouveaux Drapeaux du Régiment des Gardes
Françoifes & de celui des Gardes Suifles , furent
portés le 6 Mai à l'Eglife Métropolitaine , où
ils furent benis par l'Abbé de Saint -Exupery ,
Doyen du Chapitre.
Le 13 Mai , les Députés du Parlement de
Rouen ont eu une audience du Roi. Ils ont été
préfentés à Sa Majesté par M. le Comte de Saint-
Florentin , Miniftre & Secretaire d'Etat , ayant le
département de la Province de Normandie.
Le même jour , le Roi fit dans la plaine des Sablons
la revue du Régiment des Gardes Françoiſes
& de celui des Gardes Suiffes . Ces deux Régimens,
après avoir fait l'exercice , défilerent en préſence
de
JUIN. 1756. 217
de Sa Majesté. Monfeigneur le Dauphin , Madame
la Dauphine , Madame , & Mefdames Victoire
, Sophie & Louife , affitterent à cette revue ,
après laquelle le Roi foupa au Château de la
Meute avec ce Prince & avec ces Princeffes .
Le Roi a nommé Commandeur de l'Ordre
Royal & Militaire de S. Louis M. le Comte de
Rafilly , Lieutenant Général des Armées de Sa
Majefté , & Commandant d'un Bataillon du Régiment
des Gardes Françoifes .
Les Chevaliers de l'Ordre de Saint Michel tinrent
le 8 du mois de Mai un Chapitre dans le grand
Couvent des Religieux de l'Obfervance. M. le
Duc de la Valliere , Chevalier des Ordres du Roi ,
y préfida en qualité de Commiffaire de Sa Majefté
. Il reçut Chevalier M. Perier , premier Commis
des Bâtimens du Roi.
Selon les lettres de Beauvais , le Courier qui
portoit la nouvelle de la nomination de l'Evêque
Comte de cette Ville au Cardinalat , y arriva la
nuit du 14 au 15 du mois d'Avril entre minuit &
une heure. Cette nomination fut annoncée au
public dès cinq heures du matin par le fon des
cloches de toutes les Eglifes , & par une triple
décharge d'artillerie. Le nouveau Cardinal fut
complimenté à fept heures par le Chapitre de la
Cathédrale , & enfuite par tous les autres Corps
de la Ville. Le 17 après - midi , le Chapitre précedé
des timballes & des trompettes du Régiment
Dauphin , Cavalerie , dont un détachement formoit
une double haie depuis le Palais épifcopal
jufqu'à la Cathédrale , alla prendre le Cardinal
de Gêvre en fon Palais , & le conduifit proceffionnellement
à l'Eglife . Après le Te Deum , qui fuc
chanté en mufique , le Cardinal fut reconduir
chez lui avec les mêmes cérémonies. Il y eut le
K
218 MERCURE DE FRANCE.
foir un feu de joie , & tous les habitans marquerent
à l'envi leur alegreffe par leurs acclamations.
L'Eglife Cathédrale fut magnifiquement
illuminée .
On écrit de Besançon que l'Abbé Dard a inventé
une Pompe , pour éteindre le feu dans les
incendies. Elle eft de trois corps en cuivre , &
deux hommes peuvent la faire jouer par le moyen
de deux manivelles. Cette machine pouffe l'eau à
foixante pieds de hauteur , fans boyaux , & audeffus
des maifons les plus élevées avec des boyaux.
Elle eft renfermée dans une caiffe qui contient
un muid , & qui montée fur un train à quatre
roues , peut paffer facilement par une porte de
trois pieds de large. L'ouvrage eft d'autant plus
folide , qu'il n'eft compofé d'aucune roue dans
l'intérieur , & que de quelque côté que Pon commence
à tourner les manivelles , on ne rifque
point de rien déranger.
On a reçu par des lettres de la Martinique la
Relation fuivante . «M.leChevalier d'Aubigny étant
» parti de Rochefort fur le Vaiffeau le Prudent, de
>> 74 canons , pour fe rendre à la Martinique , ac-
>> compagné de deux Frégates , l'Atalante , de 34
>> canons , commandée par M. Duchâteau de
» Bene , Capitaine de Vaiffeau , & le Zéphyr , de
» 30 canons , montée par M. de la Touche Tré-
» ville , Lieutenant de Vaiffeau , & Commandant
» de la Compagnie des Cadets à Rochefort ; la
» Frégate le Zéphyr , feparée des deux autres Bâti-
» mens , a rencontré le Vaiffeau Anglois le War-
» wick de 64 canons , qui croifoit depuis quel-
» que tems dans ces mers , & qui avoit enlevé aux
François plufieurs Navires. M. de Tréville a
» manoeuvré fi habilement , qu'il a laiffé croire au
» Capitaine Anglois , qu'il ne çommandoir qu'un
JUI N. 1756 . 219
>>
» Vaiffeau Marchand. L'Anglois l'a méprifé , &
» n'a pas daigné faire ouvrir fes fabords. M. de
» Tréville s'eft laiffé approcher à la portée du pif-
» tolet . Alors il a arboré le pavillon blanc , & a
>> lâché toute la bordée fur l'Anglois , qui , voyant
» fa méprife , a ordonné d'ouvrir promptement
» fes fabords. M. de Tréville , qui a deviné le
>> commandement de l'ennemi , à fait tirer fi à
» propos toute fa moufqueterie , que l'équipage
>> Anglois a difparu , & n'a ofé manoeuvrer . Au
» bruit de l'artillerie , le Vaiffeau le Prudent eft
» venu au fecours de la Frégate le Zéphyr avec la
Frégate l'Atalante. Le Capitaine Anglois
» voyant qu'il ne pouvoit échapper , a fait dire
» qu'il fe rendroit , mais au Commandant feule-
≫ment. Le Chevalier d'Aubigny pour lors a fait
» un fignal , qui a interrompu le feu de la Frégate
le Zéphyr pour un moment. C'étoit pour faire
» fçavoir à M. de Tréville qu'il eût à combattre le
» Vaiffeau , fi ce Bâtiment refufoit de fe rendre à
» la Frégate. Le Capitaine Anglois a craint l'évé
»> nement du combat , & s'eft rendu à M. de Tréville
. On ne sçauroit trop louer la valeur & la
» conduite de M. de Tréville , & le ſentiment gé-
» néreux du Chevalier d'Aubigny , quia cru devoir
» lui laiffer la gloire entiere de cette prife. Le
» Vaiffeau le Warwick a été conduit à la Marti-
>> nique. On eft à la pourfuite d'une Frégate Angloife
, qui croiſoit avec ce Vaiffeau .
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Résumé : « Le 27 Avril, les Députés du Grand Conseil eurent audience du Roi. [...] »
Du 27 avril au 13 mai, plusieurs événements marquants eurent lieu à la cour royale. Le 27 avril, les députés du Grand Conseil furent reçus par le Roi, présentés par le comte d'Argenfon et conduits par Desgranges. Le duc de Nivernois arriva de Berlin le 22 avril et fut présenté au Roi par Rouillé. Le comte de Spaar transmit son régiment Royal Suédois à son fils, Alexandre de Spaar. Le marquis de Juigné reçut le régiment d'infanterie de Forez, vacant après la démission du marquis de la Rochecourbon. Le marquis de Chaumont de Guitry fut nommé colonel des Grenadiers de France. Le géographe Buache présenta au Roi deux ouvrages : une nouvelle institution géographique et historique, et une carte des mouvements de la terre en Europe occidentale depuis novembre 1755. Le Roi publia deux ordonnances, l'une pour les écoles du Corps Royal de l'Artillerie et du Génie, l'autre concernant les milices. Burigny fut élu à l'Académie des Belles-Lettres pour remplacer l'abbé du Resnel. Le 29 avril, le capitaine de dragons Moncour annonça l'arrivée de la flotte royale à Minorque, commandée par le marquis de La Galissonnière. Le 5 mai, le Roi et la famille royale assistèrent à une messe de requiem pour l'anniversaire du dauphin. Le duc de Mirepoix arriva de Languedoc et prêta serment pour la charge de capitaine des Gardes du Corps. Le 30 avril, deux secousses de tremblement de terre furent ressenties à Paris et en Picardie. Les nouveaux drapeaux des régiments des Gardes Françaises et Suisses furent bénis le 6 mai. Le 13 mai, les députés du Parlement de Rouen furent reçus par le Roi, qui passa ensuite en revue les régiments des Gardes Françaises et Suisses. Le comte de Rafilly fut nommé commandeur de l'Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis. Les Chevaliers de l'Ordre de Saint-Michel tinrent un chapitre le 8 mai, au cours duquel Perier fut reçu chevalier. L'évêque de Beauvais fut nommé cardinal et célébré à Beauvais. L'abbé Dard inventa une pompe pour éteindre les incendies. En Martinique, la frégate Zéphyr, commandée par de Tréville, captura le vaisseau anglais Warwick.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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10
p. 221-224
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
On prépare à Wolwich dix mille bombes, dont le public ignore la destination. [...]
Mots clefs :
Londres, Bombes, Maladies, Amérique, Bataillons, Commerce du blé, Discours du roi, Parlement, Colonies, Chambre des communes, La Haye, Ordonnance, Vaisseaux, Secousses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE BRETAGNE.
DE LONDRES , le 7 Décembre.
On prépare à Wolwich dix mille bombes , dont
le public ignore la deſtination . Il n'y a eu aucun
moyen d'engager les habitans des Provinces de
Kent & de Hampſhire , à recevoir dans les Villes ,
même dans les Villages , les troupes de Hanovre
& de Heffe.
Des dépêches qu'on recut le 20 Novembre
de la Nouvelle Yorck , marquent qu'il regne
beaucoup de maladies parmi les troupes que commande
le Lord Loudon. On a été informé par
les mêmes avis , que ce Lord avoit fait marcher
plufieurs détachemens , pour tâcher d'arrêter les
courfes des Sauvages , qui répandent la terreur dans
toutes les Colonies Angloifes de l'Amérique Septentrionale
.
Les Vaiffeaux de guerre le Kennington & le
Sutherland, partirent le 6 de Corck pour ces Colonies
. Ils ont fous leur convoi quatorze Bâtimens
de tranfport, à bord defquels on a fait embarquer
le Régiment d'Offarel , & les détachemens tirés
des Régimens d'Infanterie fur l'établiſſement d'Irlande.
Quatre Bataillons des troupes Hanoveriennes
s'embarquerent le 24 du mois dernier , pour retourner
en Allemagne. On y fera repaffer fucceffivement
en deux autres divifions le refte de ces troupes
, qui eft encore actuellement campé près de
Maidstone malgré la rigueur de la faifon . Plufieurs
Frégates croiferont cet hyver dans la Manche.L'Amiral
Byng , & le fieur Shirley , ci - devant Gouverneur
de la Nouvelle Angleterre , fubiront dans
peu leurs interrogatoires . Il s'eft tenu ces jours-
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
1
ci un grand Confeil à Whitehall , pour délibérer
fur les moyens de faire baiffer le prix du bled.
Conformément aux réfolutions prifes dans ce Confeil
, on publia le 26 une Proclamation , pour
défendre l'exportation des grains. En plufieurs endroits
ils étoient d'une telle rareté , que la populace
, craignant de manquer de pain , s'eft attroupée
tumultueufement , & a commis de grands défordres.
On n'eft parvenu à la calmer , qu'en recherchant
les perfonnes qui avoient fait fécrettement
des magaſins , & en les contraignant de vendre
à un prix modique tout le bled qu'elles y
avoient amaffé . Le 27 , le Roi nomma le Géné–
ral Blakeney Chevalier de l'Ordre du Bain. Sa
Majefté le même jour , créa ce Général Pair d'Irlande
, fous le titre de Vicomte d'Innitkilling .
L'ouverture du Parlement fe fit le 2 Décembre
avec les cérémonies accoutumées .
ע
Le Roi fit ce difcours : « Milord & Meffieurs ,
je vous ai fait affembler dans une conjoncture
qui requiert particuliérement les délibérations ,
» les avis & le fecours du Parlement , & je me
flatte, moyennant la protection de la divine Pro-
>> vidence , que l'union & la fermeté qui regnent
»parmi mes fideles Sujets , me feront fortir avec
>> honneur de toutes les difficultés , & feront triom-
» pher enfin de l'ancien ennemi de ces Royaumes ,
la dignité de ma Couronne & fes droits incon-
>> teftables. Un des principaux objets de mon at-
>>tention & de mon inquiétude , eft la défenſe &
>> la confervation de nos poffeffions en Amérique.
» Le danger éminent , auquel nos Colonies font
exposées , exige des réfolutions auffi promptes
>>que vigoureufes. Le foin de pourvoir à la fûreté
» de ces trois Royaumes n'occupe pas moins mon
efprit. Dans l'occurrence préfente , je n'ai rien
JANVIER. 1757. 223
»tant à coeur que de ne laiffer à mon peuple fur
>> cet article aucun fujet de mécontentement. A
>> cette fin , une Milice nationale , établie propor-
>>tionnellement aux forces & aux befoins de l'Ewtat
, peut devenir une avantageuſe reſſource
»dans le péril général . Je recommande l'établiffe-
>> ment de cette Milice au zele & à la vigilance de
>> mon Parlement. L'alliance peu naturelle que ,
>> contre toute attente , ont contractée des Puiffan-
>> ces étrangeres ; les malheurs qui , en conféquen-
» ce de cette dangereufe alliance , peuvent , par
» l'entrée de troupes étrangeres dans l'Empire ,
>>porter une funefte atteinte aux conftitutions du
»Corps Germanique , renverfer fon fyftême &
Dentrainer l'oppreffion du parti Proteftant , font
» des événemens qui ont fixé les yeux de l'Europe
>> fur cette nouvelle & dangereufe crife , & qui
»doivent affliger fenfiblement tous les Ordres de
>> la Nation Britannique . J'ai ordonné au corps de
»mes troupes Electorales , que j'avois fait venir
à la réquifition de mon Parlement , de retourner
» dans mes Etats d'Allemagne , me repofant avec
plaifir fur l'affection de mon peuple , & fur fon
» zele pour la défenfe de ma perfonne & de mes
>>Royaumes . Meffieurs de la Chambre des Com-
»munes : Je ferai remettre devant vous , lorfqu'il
» en fera temps , l'état des dépenfes . J'attends de
>>votre fageffe que vous préférerez le parti de ne
» rien épargner pour foutenir la guerre avec vi-
»gueur , au parti de vous expofer à la rendre plus
»coûteufe par la fuite , en employant pour le
»préfent des efforts moins efficaces . Je vous ai
>>montré les dangers & les befoins de l'Etat . C'eſt
Ȉ votre prudence de chercher les moyens de
»rendre à mon peuple , les moins onéreux qu'il
»fera poffible , les fardeaux que vous jugerez
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
indifpenfables de lui impofer. Mylords & Meffieurs
, Je ne puis négliger de mettre devant
>vos yeux tout ce que les pauvres fouffrent de la
»cherté des grains , & les inconvéniens qui en
>>peuvent réfulter. Je vous recommande de pren-
>>dre les mesures convenables , pour prévenir à
» cet égard dans la fuite les mauvaiſes mancupvres.
Mes Sujets , à l'occafion du malheureux
»fuccès de nos armes dans la Méditerranée ,
» m'ont donné des preuves éclatantes de l'intérêt
qu'ils prennent à mon honneur & à celui de ma
>> Couronne. Ils éprouveront de ma part un jufle
>> retour par mes foins infatiguables & mes efforts
>> continuels pour la gloire & le bonheur de la
>>>Nation . >>
DE LA HAYE , le 22 Novembre.
Une nouvelle Ordonnance des Etats Généraux
enjoint à tous les Vaiffeaux de guerre & Armateurs
étrangers , qui relâcheront dans les Ports & Rades
de cette République , d'arborer en s'y préfentant
le Pavillon de la Puiffance à laquelle ils
appartiennent ; de ne point y entrer fans une
permiffion de l'Amirauté du lieu , & de n'y donner
ni aux habitans , ni aux étrangers aucun fujet
de fe plaindre. Il eft défendu par la même Ordonnance
aux sujets de la République , d'acheter
aucuns effets des prifes qui feront faites par les
Armateurs , & les contrevenans feront condamnés
à mille florins d'amende.
On apprend de Cologne qu'il y eût le 19 de ce
mois , à trois heures du matin , une fecouffe de
tremblement de terre , qui ne dura qu'environ
trente fecondes , mais qui fut très - violente . Elle
s'eft fait fentir à Bonn , à Limbourg , à Malmedy,
& dans plufieurs autres lieux.
DE LONDRES , le 7 Décembre.
On prépare à Wolwich dix mille bombes , dont
le public ignore la deſtination . Il n'y a eu aucun
moyen d'engager les habitans des Provinces de
Kent & de Hampſhire , à recevoir dans les Villes ,
même dans les Villages , les troupes de Hanovre
& de Heffe.
Des dépêches qu'on recut le 20 Novembre
de la Nouvelle Yorck , marquent qu'il regne
beaucoup de maladies parmi les troupes que commande
le Lord Loudon. On a été informé par
les mêmes avis , que ce Lord avoit fait marcher
plufieurs détachemens , pour tâcher d'arrêter les
courfes des Sauvages , qui répandent la terreur dans
toutes les Colonies Angloifes de l'Amérique Septentrionale
.
Les Vaiffeaux de guerre le Kennington & le
Sutherland, partirent le 6 de Corck pour ces Colonies
. Ils ont fous leur convoi quatorze Bâtimens
de tranfport, à bord defquels on a fait embarquer
le Régiment d'Offarel , & les détachemens tirés
des Régimens d'Infanterie fur l'établiſſement d'Irlande.
Quatre Bataillons des troupes Hanoveriennes
s'embarquerent le 24 du mois dernier , pour retourner
en Allemagne. On y fera repaffer fucceffivement
en deux autres divifions le refte de ces troupes
, qui eft encore actuellement campé près de
Maidstone malgré la rigueur de la faifon . Plufieurs
Frégates croiferont cet hyver dans la Manche.L'Amiral
Byng , & le fieur Shirley , ci - devant Gouverneur
de la Nouvelle Angleterre , fubiront dans
peu leurs interrogatoires . Il s'eft tenu ces jours-
Kiij
222 MERCURE DE FRANCE.
1
ci un grand Confeil à Whitehall , pour délibérer
fur les moyens de faire baiffer le prix du bled.
Conformément aux réfolutions prifes dans ce Confeil
, on publia le 26 une Proclamation , pour
défendre l'exportation des grains. En plufieurs endroits
ils étoient d'une telle rareté , que la populace
, craignant de manquer de pain , s'eft attroupée
tumultueufement , & a commis de grands défordres.
On n'eft parvenu à la calmer , qu'en recherchant
les perfonnes qui avoient fait fécrettement
des magaſins , & en les contraignant de vendre
à un prix modique tout le bled qu'elles y
avoient amaffé . Le 27 , le Roi nomma le Géné–
ral Blakeney Chevalier de l'Ordre du Bain. Sa
Majefté le même jour , créa ce Général Pair d'Irlande
, fous le titre de Vicomte d'Innitkilling .
L'ouverture du Parlement fe fit le 2 Décembre
avec les cérémonies accoutumées .
ע
Le Roi fit ce difcours : « Milord & Meffieurs ,
je vous ai fait affembler dans une conjoncture
qui requiert particuliérement les délibérations ,
» les avis & le fecours du Parlement , & je me
flatte, moyennant la protection de la divine Pro-
>> vidence , que l'union & la fermeté qui regnent
»parmi mes fideles Sujets , me feront fortir avec
>> honneur de toutes les difficultés , & feront triom-
» pher enfin de l'ancien ennemi de ces Royaumes ,
la dignité de ma Couronne & fes droits incon-
>> teftables. Un des principaux objets de mon at-
>>tention & de mon inquiétude , eft la défenſe &
>> la confervation de nos poffeffions en Amérique.
» Le danger éminent , auquel nos Colonies font
exposées , exige des réfolutions auffi promptes
>>que vigoureufes. Le foin de pourvoir à la fûreté
» de ces trois Royaumes n'occupe pas moins mon
efprit. Dans l'occurrence préfente , je n'ai rien
JANVIER. 1757. 223
»tant à coeur que de ne laiffer à mon peuple fur
>> cet article aucun fujet de mécontentement. A
>> cette fin , une Milice nationale , établie propor-
>>tionnellement aux forces & aux befoins de l'Ewtat
, peut devenir une avantageuſe reſſource
»dans le péril général . Je recommande l'établiffe-
>> ment de cette Milice au zele & à la vigilance de
>> mon Parlement. L'alliance peu naturelle que ,
>> contre toute attente , ont contractée des Puiffan-
>> ces étrangeres ; les malheurs qui , en conféquen-
» ce de cette dangereufe alliance , peuvent , par
» l'entrée de troupes étrangeres dans l'Empire ,
>>porter une funefte atteinte aux conftitutions du
»Corps Germanique , renverfer fon fyftême &
Dentrainer l'oppreffion du parti Proteftant , font
» des événemens qui ont fixé les yeux de l'Europe
>> fur cette nouvelle & dangereufe crife , & qui
»doivent affliger fenfiblement tous les Ordres de
>> la Nation Britannique . J'ai ordonné au corps de
»mes troupes Electorales , que j'avois fait venir
à la réquifition de mon Parlement , de retourner
» dans mes Etats d'Allemagne , me repofant avec
plaifir fur l'affection de mon peuple , & fur fon
» zele pour la défenfe de ma perfonne & de mes
>>Royaumes . Meffieurs de la Chambre des Com-
»munes : Je ferai remettre devant vous , lorfqu'il
» en fera temps , l'état des dépenfes . J'attends de
>>votre fageffe que vous préférerez le parti de ne
» rien épargner pour foutenir la guerre avec vi-
»gueur , au parti de vous expofer à la rendre plus
»coûteufe par la fuite , en employant pour le
»préfent des efforts moins efficaces . Je vous ai
>>montré les dangers & les befoins de l'Etat . C'eſt
Ȉ votre prudence de chercher les moyens de
»rendre à mon peuple , les moins onéreux qu'il
»fera poffible , les fardeaux que vous jugerez
K iv
224 MERCURE DE FRANCE.
indifpenfables de lui impofer. Mylords & Meffieurs
, Je ne puis négliger de mettre devant
>vos yeux tout ce que les pauvres fouffrent de la
»cherté des grains , & les inconvéniens qui en
>>peuvent réfulter. Je vous recommande de pren-
>>dre les mesures convenables , pour prévenir à
» cet égard dans la fuite les mauvaiſes mancupvres.
Mes Sujets , à l'occafion du malheureux
»fuccès de nos armes dans la Méditerranée ,
» m'ont donné des preuves éclatantes de l'intérêt
qu'ils prennent à mon honneur & à celui de ma
>> Couronne. Ils éprouveront de ma part un jufle
>> retour par mes foins infatiguables & mes efforts
>> continuels pour la gloire & le bonheur de la
>>>Nation . >>
DE LA HAYE , le 22 Novembre.
Une nouvelle Ordonnance des Etats Généraux
enjoint à tous les Vaiffeaux de guerre & Armateurs
étrangers , qui relâcheront dans les Ports & Rades
de cette République , d'arborer en s'y préfentant
le Pavillon de la Puiffance à laquelle ils
appartiennent ; de ne point y entrer fans une
permiffion de l'Amirauté du lieu , & de n'y donner
ni aux habitans , ni aux étrangers aucun fujet
de fe plaindre. Il eft défendu par la même Ordonnance
aux sujets de la République , d'acheter
aucuns effets des prifes qui feront faites par les
Armateurs , & les contrevenans feront condamnés
à mille florins d'amende.
On apprend de Cologne qu'il y eût le 19 de ce
mois , à trois heures du matin , une fecouffe de
tremblement de terre , qui ne dura qu'environ
trente fecondes , mais qui fut très - violente . Elle
s'eft fait fentir à Bonn , à Limbourg , à Malmedy,
& dans plufieurs autres lieux.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
En décembre 1756, plusieurs événements marquants se sont produits en Grande-Bretagne et en Europe. À Londres, la préparation de dix mille bombes, dont la destination reste inconnue, est en cours. Dans les provinces de Kent et de Hampshire, les habitants refusent d'accueillir les troupes de Hanovre et de Hesse. En Nouvelle-York, des dépêches signalent des maladies parmi les troupes du Lord Loudon, qui a envoyé des détachements pour contrer les attaques des Amérindiens. Les vaisseaux de guerre Kennington et Sutherland, accompagnés de quatorze bâtiments de transport, ont quitté Cork pour l'Amérique du Nord avec des régiments embarqués. Quatre bataillons de troupes hanovriennes sont rentrés en Allemagne, et d'autres divisions suivront. Plusieurs frégates patrouilleront dans la Manche. L'amiral Byng et l'ancien gouverneur de la Nouvelle-Angleterre, Shirley, doivent subir des interrogatoires. Un grand conseil à Whitehall a délibéré sur la hausse du prix du blé, menant à une proclamation interdisant l'exportation des grains. Des émeutes ont éclaté en raison de la rareté du blé, calmées par la vente forcée des réserves. Le roi a nommé le général Blakeney chevalier de l'Ordre du Bain et pair d'Irlande. Le Parlement a été ouvert le 2 décembre, et le roi a prononcé un discours sur la défense des possessions américaines, la sécurité des royaumes, et la création d'une milice nationale. Il a également mentionné l'alliance dangereuse des puissances étrangères et les menaces pour le Corps Germanique. Le roi a ordonné le retour des troupes électorales en Allemagne, se reposant sur l'affection de son peuple. Il a recommandé au Parlement de soutenir la guerre avec vigueur et de prendre des mesures contre la cherté des grains. À La Haye, une ordonnance des États Généraux régule l'entrée des vaisseaux étrangers dans les ports. Un tremblement de terre a été ressenti à Cologne et dans les environs.
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11
p. 179-180
DU NORD
Début :
Il se trouvoit dans l'armée destinée à agir contre le Roi de Prusse, [...]
Mots clefs :
Saint-Petersbourg, Roi de Prusse, Impératrice de Russie, Officiers russes, Copenhague, Inoculation, Petite vérole, Succès, Norvège, Secousses
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU NORD
DU NORD
DE PETERSBOURG , le 26 Février.
"
Il fe trouvoit dans l'armée deftinée à agir con
tre le Roi de Pruffe , plufieurs Officiers nés fujets
de ce Prince. L'Impératrice n'a point voulu less
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE.
obliger de porter les armes contre leur Souverain.
Ils ont été remplacés par des Officiers Ruffiens
dans les Régimens où ils étoient employés , &
le Feld-Maréchal Apraxin les ayant renvoyés ici ,
on les fait partir fucceffivement , pour aller remplir
les nouveaux poftes qu'on leur deftine.
DE COPENHAGUE , le 18 Février.
Le Roi dîna les de ce mois chez le Préfident
Ogier , Ambaffadeur de Sa Majefté Très- Chrétienne.
Depuis fix mois , plus de cent perfonnes
ont été inoculées de la petite vérole en cette Ville.
Aucune n'eft morte , ni ne reffent la moindre incommodité.
Selon les lettres écrites de diverfes
Provinces , l'inoculation y a le même fuccès . On
a eu quelque peine à introduire cette méthode en
Norwege , mais elle commence à s'y établir.
On mande de Norwege , que le premier , le
19 , le 22 , le 23 , le 24 & le 25 du mois dernier ,
on a entendu dans la Province d'Aggerhus plufleurs
bruits fouterreins , & que le 4 de ce mois
on y a fenti deux fecouffes de tremblement de:
terre.
DE PETERSBOURG , le 26 Février.
"
Il fe trouvoit dans l'armée deftinée à agir con
tre le Roi de Pruffe , plufieurs Officiers nés fujets
de ce Prince. L'Impératrice n'a point voulu less
Hvj
180 MERCURE DE FRANCE.
obliger de porter les armes contre leur Souverain.
Ils ont été remplacés par des Officiers Ruffiens
dans les Régimens où ils étoient employés , &
le Feld-Maréchal Apraxin les ayant renvoyés ici ,
on les fait partir fucceffivement , pour aller remplir
les nouveaux poftes qu'on leur deftine.
DE COPENHAGUE , le 18 Février.
Le Roi dîna les de ce mois chez le Préfident
Ogier , Ambaffadeur de Sa Majefté Très- Chrétienne.
Depuis fix mois , plus de cent perfonnes
ont été inoculées de la petite vérole en cette Ville.
Aucune n'eft morte , ni ne reffent la moindre incommodité.
Selon les lettres écrites de diverfes
Provinces , l'inoculation y a le même fuccès . On
a eu quelque peine à introduire cette méthode en
Norwege , mais elle commence à s'y établir.
On mande de Norwege , que le premier , le
19 , le 22 , le 23 , le 24 & le 25 du mois dernier ,
on a entendu dans la Province d'Aggerhus plufleurs
bruits fouterreins , & que le 4 de ce mois
on y a fenti deux fecouffes de tremblement de:
terre.
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Résumé : DU NORD
Le texte décrit deux événements distincts. À Saint-Pétersbourg, le 26 février, plusieurs officiers prussiens servaient dans une armée destinée à agir contre leur propre roi. L'impératrice a refusé de les obliger à combattre leur souverain et les a remplacés par des officiers russes. À Copenhague, le 18 février, le roi a dîné chez le président Ogier, ambassadeur de France. Depuis six mois, plus de cent personnes ont été inoculées contre la petite vérole à Copenhague sans complications. Cette méthode a également réussi dans diverses provinces, bien que son introduction en Norvège ait rencontré des difficultés. Par ailleurs, des bruits souterrains et des tremblements de terre ont été signalés dans la province d'Aggerhus en Norvège les 1er, 19, 22, 23, 24 et 25 du mois précédent, ainsi que le 4 du mois en cours.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12
p. 196-197
ESPAGNE.
Début :
Les lettres de Lisbonne marquent que la Flotte de la Baye [...]
Mots clefs :
Madrid, Flotte, Secousses, Alicante, Frégate, Attaque, Combat sanglant, Prisonnier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAG N E.
DE MADRID , le 19 Juillet.
Les lettres de Liſbonne marquent que la Flotte
de la Baye de Tous les Saints a mis à la voile avec
un vent favorable. Ces lettres ajoutent qu'on a
fenti du côté de Cafcaes quelques nouvelles fecouffes
de tremblement de terre.
D'ALICANTE , le 29 Juin .
Une Frégate de Marſeille , appellée le Théléma
que , a été attaquée & prife le 19 de ce mois
fous le canon du Château de Morayra , par la Frégate
du Roi d'Angleterre l'Expérience , dont le
feur Strhaan a le commandement. Le combat
quoique de peu de durée , a été très-fanglant. Il
y a eu à bord du Bâtiment François 35 hommes de
tués & 123 de bleffés . Le fieur Strhaan , qu'un fi .
grand nombre de prifonniers embarraffoit , les a
SEPTEMBRE. 1757. 197
*
fait embarquer fur un Senaw de ce Port , qu'il a
rencontré au large , & qui a remis ici les bleffés
le 24 au foir. Tout le monde , en les voyant , a
été fai fi de compaffion & d'horreur. Aucun d'eux
n'avoit été panlé , & tous avoient été entiérement
dépouillés , fans en excepter le Capitaine , dont
la bravoure auroit mérité un autre traitement .
Ceux que le fort des armes a épargnés , périffoient
de faim & de foif ; & l'on a fçu que depuis 24
heures ils n'avoient pris aucune nourriture , parce
que le Capitaine Efpagnol , qui a été forcé de les
recevoir , n'avoit prefque plus de vivres & que
les Anglois ne lui en avoient remis aucuns pour la
fubfiftance de ces prifonniers.
DE MADRID , le 19 Juillet.
Les lettres de Liſbonne marquent que la Flotte
de la Baye de Tous les Saints a mis à la voile avec
un vent favorable. Ces lettres ajoutent qu'on a
fenti du côté de Cafcaes quelques nouvelles fecouffes
de tremblement de terre.
D'ALICANTE , le 29 Juin .
Une Frégate de Marſeille , appellée le Théléma
que , a été attaquée & prife le 19 de ce mois
fous le canon du Château de Morayra , par la Frégate
du Roi d'Angleterre l'Expérience , dont le
feur Strhaan a le commandement. Le combat
quoique de peu de durée , a été très-fanglant. Il
y a eu à bord du Bâtiment François 35 hommes de
tués & 123 de bleffés . Le fieur Strhaan , qu'un fi .
grand nombre de prifonniers embarraffoit , les a
SEPTEMBRE. 1757. 197
*
fait embarquer fur un Senaw de ce Port , qu'il a
rencontré au large , & qui a remis ici les bleffés
le 24 au foir. Tout le monde , en les voyant , a
été fai fi de compaffion & d'horreur. Aucun d'eux
n'avoit été panlé , & tous avoient été entiérement
dépouillés , fans en excepter le Capitaine , dont
la bravoure auroit mérité un autre traitement .
Ceux que le fort des armes a épargnés , périffoient
de faim & de foif ; & l'on a fçu que depuis 24
heures ils n'avoient pris aucune nourriture , parce
que le Capitaine Efpagnol , qui a été forcé de les
recevoir , n'avoit prefque plus de vivres & que
les Anglois ne lui en avoient remis aucuns pour la
fubfiftance de ces prifonniers.
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Résumé : ESPAGNE.
Le 19 juillet à Madrid, des lettres de Lisbonne rapportent que la flotte de la Baie de Tous les Saints a pris la mer avec un vent favorable. Des secousses de tremblement de terre ont également été signalées près de Cafcaes. Le 29 juin à Alicante, la frégate française le Thélémaque a été attaquée et capturée par la frégate britannique l'Expérience, commandée par le seigneur Strhaan. Le combat, bien que bref, a été violent, entraînant 35 morts et 123 blessés à bord du navire français. Les prisonniers britanniques ont été transférés sur un senau rencontré en mer, qui les a ramenés à Alicante le 24 juin. Les blessés ont suscité compassion et horreur en raison de l'absence de soins et du pillage de leurs effets personnels, y compris ceux du capitaine. Le capitaine espagnol, contraint d'accueillir les prisonniers, manquait de vivres, et les Britanniques n'en avaient pas fourni.
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13
p. 200
ESPAGNE.
Début :
Par un Arrêt du Roi qui a été publié ici le 2 de ce mois, [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Arrêt du roi, Reconstruction, Plan, Propriétaires, Secousses
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texteReconnaissance textuelle : ESPAGNE.
ESPAGNE.
DE LISBONNE , le 13 Juin.
Par un Arrêt du Roi qui a été publié ici le 2 de
ce mois , il eſt ordonné que cette Ville ſera rebâtie
dans l'eſpace de cinq années. Chaque Propriétaire
ſera tenu de faire reconstruire ſa maiſon ſuivant le
Plan qui a été arrêté au Conſeil , & ceux qui ne ſe
trouveront point en état de rebâtir , vendront leur
terrein à d'autres particuliers ou au Roi. Le terrein
qui ſera pris pour les rues qu'on élargira ou
que l'on fera obligé de percer , ſera payé aux Propriétaires
par ceux dont la ſituation en deviendra
plus avantageuſe;mais celui qui ſera employé pour
les Places publiques ſera payé par le Roi.
,
Le lendemain de cette publication , à deux heures
trois quarts du matin une nouvelle ſecouſſe
aſſez forte & précédée d'un bruit ſouterrein , ſe fit
ſentir dans tous les quartiers de la Ville .
DE LISBONNE , le 13 Juin.
Par un Arrêt du Roi qui a été publié ici le 2 de
ce mois , il eſt ordonné que cette Ville ſera rebâtie
dans l'eſpace de cinq années. Chaque Propriétaire
ſera tenu de faire reconstruire ſa maiſon ſuivant le
Plan qui a été arrêté au Conſeil , & ceux qui ne ſe
trouveront point en état de rebâtir , vendront leur
terrein à d'autres particuliers ou au Roi. Le terrein
qui ſera pris pour les rues qu'on élargira ou
que l'on fera obligé de percer , ſera payé aux Propriétaires
par ceux dont la ſituation en deviendra
plus avantageuſe;mais celui qui ſera employé pour
les Places publiques ſera payé par le Roi.
,
Le lendemain de cette publication , à deux heures
trois quarts du matin une nouvelle ſecouſſe
aſſez forte & précédée d'un bruit ſouterrein , ſe fit
ſentir dans tous les quartiers de la Ville .
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Résumé : ESPAGNE.
Le 2 juin, un arrêté royal a ordonné la reconstruction de Lisbonne en cinq ans. Les propriétaires doivent suivre un plan approuvé. Les terrains pour les rues seront payés par les bénéficiaires, ceux pour les places publiques par le Roi. Le 3 juin, une nouvelle secousse sismique a été ressentie.
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14
p. 213-216
DE PARIS, le 19 Janvier 1760, & jours suivans.
Début :
Le 15 de ce mois, on fit dans l'Eglise Métropolitaine de cette Ville, [...]
Mots clefs :
Service religieux, Repos de l'âme, Roi d'Espagne, Madame, Cérémonies, Église, Décorations, Autel, Oraison funèbre, Marbre, Voûte, Colonne, Lumières, Registres publics, Décès, Mariages, Baptêmes, Tremblement de terre, Secousses, Vaisseaux, Combat, Loterie de l'école royale militaire, Tirage
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE PARIS, le 19 Janvier 1760, & jours suivans.
De PARIS , le 19 Janvier 1760 , &jours fuivans .
Le 1s de ce mois , on fit dans l'Eglife Métropolitaine
de cette Ville , un Service folemnel , par
ordre du Roi , pour le repos de l'ame de Ferdinand
, VI du nom , Roi d'Espagne , & de Marie-
Madelaine de Portugal , Reine d'Espagne , fon
époufe . Sa Majefté avoit nommé pour le grand
deuil du Roi d'Eſpagne, Monfeigneur le Dauphin ,
le Duc d'Orléans , le Prince de Condé ; & pour
celui de la Reine d'Espagne , Madame la Dauphine
, Madame , & Madame Victoire . Ces Princes
& Princeffes s'étant rendus à l'Archevêché , où
le Marquis de Dreux, Grand Maître des Cérémonies
, & le fieur de Nantouillet , Maître des Cérémonies
en furvivance , allerent les prendre ,
lorfque tout fut prêt. Ils les conduifirent à l'Eglife ;
ils entrèrent par la grande porte , & furent pla
cés dans les hautes Italles , à droite & à gauche.
Plusieurs Archevêques & Evêques affiftèrent à
cette cérémonie , ainfi que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la Cour des Aides , l'Univerfité
, & le Corps de Ville. L'Archevêque de
Paris y officia pontificalement. L'Evêque de Vence
prononça l'Oraifon funèbre.
Le portail de l'Eglife étoit tendu en noir , avec
trois lès de velours, chargés d'écuffons , entre lelquels
étoient placés trois cartels chargés des
armes & des chiffres du Roi & de la Reine d'ELpagne
Le pourtour du choeur , étoit décoré d'un ordre
Ionique , en pilaftres & arcades , furmonté d'un
entablement , dont la frife étoit femée de fleursde-
lys d'or. Cette architecture étoit figurée en
marbre antique, & tous les ornemens étoient
dorés. Ses arcades étoient garnies de rideaux
noirs , rayés d'hermine , retroulés avec des cordons
treffés en or. Au-deffus de l'entablement ,
214 MERCURE DE FRANCE.
étoit un attique , orné à l'aplomb des arcades ,
de grands écullons aux armes d'Espagne , foutenus
par des lions , entourés de palmes & de guirlandes
en or , accompagnés de chiffres du Roi &
de la Rei e d'Espagne , fur un fond d'azur , groupés
de branches de cyprès.
L'Autel , élevé de plufieurs marches , étoit au
pied d'une niche , en marbre blanc. Le fond de
la niche étoit rempli par le fymbole de la Divinité
, entouré de nuages & de grands rayons dorés.
Au haut de l'attique , terminé en fronton, un
grand dais étoit placé en baldaquin , avec des
rideaux pendans & retrouffés , rayés d'hermine.
Le Catafalque , placé à l'entrée du choeur , étoit
fur un plan quarré long. Aux quatre angles, s'élevoient
quatre focles ,; d'où partoient , quatre
corps folides . Deux colonnes , d'ordre Ionique ,
étoient engagées dans chacun de ces corps , &
portoient un entablement pareil à celui de l'architecture
du choeur. Les deux petites faces de ce monument
, étoient difpofées en arcades . Les deux
grands côtés étoient terminés , quarrément , par
la plate-bande de l'entablement . Les colonnes de
verd antique , avoient leurs bafes & leurs chapiteaux
en or. Les corps folides étoient en marbre
jaune antique , avec des encadremens renfoncés ,
chargés de trophées militaires , & de médaillons
en or , liés par des guirlandes de lauriers.
Une pyramide de brêche violette, portée par un
piédeſtal de même marbre , terminoit le monument.
Sur les quatre faces de ce piédeſtal, étoient
les Ecuffons d'Eſpagne en relief, fupportés par
deux lions ; & fur les faces de la pyramide , des
Ecuffons d'Anjou , en or.
Sous la voute du Catafalque , fur une eſtrade
élevée de fix marches , pofoit un focle de verd
campan , chargé fur fes faces de bas-reliefs & de
agures de marbre en ronde boffe. Au-deffus du foFEVRIER
. 1760. 215
cle & fur les griffes de lion , étoit un farcophage
de porphire , couvert d'un drap mortuaire en or,
chargé des écuffons d'Eſpagne en broderie d'or ,
avec deux couronnes voilées d'un crêpe .
Le Catafalque étoit couvert d'un grand poêle à
quatre rideaux pendans & retrouflés , noirs , &
rayés d'hermine.
Toute cette décoration étoit dans le goût antique.
Ses ornemens , étoient du meilleur choix.
Leur éclat étoit relevé par le grand nombre &
par l'heureufe difpofition des lumieres. Il y avoit
beaucoup de richeffe dans les détails , beaucoup
de nobleſſe & de magnificence dans l'enfemble.
Cette pompe funèbre , ordonnée de la part de
Sa Majesté , par le Duc de Duras , Pair de France ,
premier Gentilhomme de la Chambre du Roi ,
a été dirigée par le fieur de la Ferté , Intendant
des Menus- plaifirs du Roi , fur les deffeins du fieur
Michel Ange Slodtz , Deffinateur ordinaire de la
Chambre & du Cabinet de Sa Majeſté .
Suivant les regiftres publics des Eglifes Paroiffiales
de cette Ville , il eft mort , pendant le cours
de l'année derniére , 18446 perfonnes ; il s'y eſt
fait 4059 mariages ; il y a eu 19058 baptêmes ; &
le nombre des enfans trouvés monte à 5 264.
Le 20 Janvier, on a reſſenti ici , à dix heures & un
quart du foir , une légère ſecoufle de tremblement
de terre ; mais elle a été fi peu fenfible , que trèspeu
de perfonnes s'en font apperçues . On l'a reffentie
plus diftinctement , à Verlailles. On a appris
depuis, que ce tremblement de terre a été fenti
à Amfterdam , à Leyde & à Utrecht. Les lettres
de Bruxelles & de Cologne , parlent de quelques
fecoufles qui le précédèrent le 19. Il a été affez
violent dans ces deux Villes . Suivant les lettres de
Cologne , on a reffenti une nouvelle fecouffe le
21 , vers les quatre heures du matin. A Peronne,
les fecouffes du 20 au foir, durerent deux ou trois
216 MERCURE DE FRANCE.
minutes , & effrayerent plufieurs perfonnes , qui
fortirent précipitamment de leurs maifons , de
crainte d'être écralées fur leurs ruines. On a ap .
pris auffi , que le 22 de Décembre , la fecouffe di
tremblement de terre s'étoit faite fentir dans la
Norwege & dans le Duché de Holſtein . Cette fecoulle
a été précédée , en divers , endroits par un
violent coup de tonnerre.L'ébranlement a été confidérable,
à Hadersleben. Dans quelques villes, routes
les tuilles ont été jettées par terre. Cet accident
n'a pas eu d'autres fuites.
Le 1 Février , le fieur Gigot , Recteur de l'Uni-¸
verfité , accompagné des Doyens des quatre Facultés
& des Procureurs des Nations , ſe rendit à Verfailles
; & fuivant l'ancien ufage, il préſenta un
cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
, à Madame la Dauphine , & à Monfeigneur
le Duc de Bourgogne.
Le mêmejour, le Pere Aubert, Docteur de Sorbonne
, & Commandeur de l'Ordre de Notre
Dame de la Mercy , Rédemption des Captifs, accompagné
de trois Religieux de cet Ordre , eut
l'honneur de préfenter à la Reine un cierge , en
hommage & en reconnoillance de leur établiſſement
à Paris , par la feue Reine Marie de Médicis.
On a reçu avis de Toulon , que les vaiffeaux &
les frégates , qui étoient à Cadix depuis le combat
du fieur de la Clue , font rentrés dans le premier
de ces deux ports , au nombre de cinq vaiſſeaux &
trois frégates. Ils étoient fortis de Cadix immédiatement
après la tempête qui avoit difperfé l'Efcadre
Angloife.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
, s'eft fait le s de Février , en la manière
accoutumée. Les Numéros fortis de la roue de
fortune font 39 , 30 , 64 , 28 , 56. Le prochain
tirage fe fera le 6 du mois de Mars.
Le 1s de ce mois , on fit dans l'Eglife Métropolitaine
de cette Ville , un Service folemnel , par
ordre du Roi , pour le repos de l'ame de Ferdinand
, VI du nom , Roi d'Espagne , & de Marie-
Madelaine de Portugal , Reine d'Espagne , fon
époufe . Sa Majefté avoit nommé pour le grand
deuil du Roi d'Eſpagne, Monfeigneur le Dauphin ,
le Duc d'Orléans , le Prince de Condé ; & pour
celui de la Reine d'Espagne , Madame la Dauphine
, Madame , & Madame Victoire . Ces Princes
& Princeffes s'étant rendus à l'Archevêché , où
le Marquis de Dreux, Grand Maître des Cérémonies
, & le fieur de Nantouillet , Maître des Cérémonies
en furvivance , allerent les prendre ,
lorfque tout fut prêt. Ils les conduifirent à l'Eglife ;
ils entrèrent par la grande porte , & furent pla
cés dans les hautes Italles , à droite & à gauche.
Plusieurs Archevêques & Evêques affiftèrent à
cette cérémonie , ainfi que le Parlement , la
Chambre des Comptes , la Cour des Aides , l'Univerfité
, & le Corps de Ville. L'Archevêque de
Paris y officia pontificalement. L'Evêque de Vence
prononça l'Oraifon funèbre.
Le portail de l'Eglife étoit tendu en noir , avec
trois lès de velours, chargés d'écuffons , entre lelquels
étoient placés trois cartels chargés des
armes & des chiffres du Roi & de la Reine d'ELpagne
Le pourtour du choeur , étoit décoré d'un ordre
Ionique , en pilaftres & arcades , furmonté d'un
entablement , dont la frife étoit femée de fleursde-
lys d'or. Cette architecture étoit figurée en
marbre antique, & tous les ornemens étoient
dorés. Ses arcades étoient garnies de rideaux
noirs , rayés d'hermine , retroulés avec des cordons
treffés en or. Au-deffus de l'entablement ,
214 MERCURE DE FRANCE.
étoit un attique , orné à l'aplomb des arcades ,
de grands écullons aux armes d'Espagne , foutenus
par des lions , entourés de palmes & de guirlandes
en or , accompagnés de chiffres du Roi &
de la Rei e d'Espagne , fur un fond d'azur , groupés
de branches de cyprès.
L'Autel , élevé de plufieurs marches , étoit au
pied d'une niche , en marbre blanc. Le fond de
la niche étoit rempli par le fymbole de la Divinité
, entouré de nuages & de grands rayons dorés.
Au haut de l'attique , terminé en fronton, un
grand dais étoit placé en baldaquin , avec des
rideaux pendans & retrouffés , rayés d'hermine.
Le Catafalque , placé à l'entrée du choeur , étoit
fur un plan quarré long. Aux quatre angles, s'élevoient
quatre focles ,; d'où partoient , quatre
corps folides . Deux colonnes , d'ordre Ionique ,
étoient engagées dans chacun de ces corps , &
portoient un entablement pareil à celui de l'architecture
du choeur. Les deux petites faces de ce monument
, étoient difpofées en arcades . Les deux
grands côtés étoient terminés , quarrément , par
la plate-bande de l'entablement . Les colonnes de
verd antique , avoient leurs bafes & leurs chapiteaux
en or. Les corps folides étoient en marbre
jaune antique , avec des encadremens renfoncés ,
chargés de trophées militaires , & de médaillons
en or , liés par des guirlandes de lauriers.
Une pyramide de brêche violette, portée par un
piédeſtal de même marbre , terminoit le monument.
Sur les quatre faces de ce piédeſtal, étoient
les Ecuffons d'Eſpagne en relief, fupportés par
deux lions ; & fur les faces de la pyramide , des
Ecuffons d'Anjou , en or.
Sous la voute du Catafalque , fur une eſtrade
élevée de fix marches , pofoit un focle de verd
campan , chargé fur fes faces de bas-reliefs & de
agures de marbre en ronde boffe. Au-deffus du foFEVRIER
. 1760. 215
cle & fur les griffes de lion , étoit un farcophage
de porphire , couvert d'un drap mortuaire en or,
chargé des écuffons d'Eſpagne en broderie d'or ,
avec deux couronnes voilées d'un crêpe .
Le Catafalque étoit couvert d'un grand poêle à
quatre rideaux pendans & retrouflés , noirs , &
rayés d'hermine.
Toute cette décoration étoit dans le goût antique.
Ses ornemens , étoient du meilleur choix.
Leur éclat étoit relevé par le grand nombre &
par l'heureufe difpofition des lumieres. Il y avoit
beaucoup de richeffe dans les détails , beaucoup
de nobleſſe & de magnificence dans l'enfemble.
Cette pompe funèbre , ordonnée de la part de
Sa Majesté , par le Duc de Duras , Pair de France ,
premier Gentilhomme de la Chambre du Roi ,
a été dirigée par le fieur de la Ferté , Intendant
des Menus- plaifirs du Roi , fur les deffeins du fieur
Michel Ange Slodtz , Deffinateur ordinaire de la
Chambre & du Cabinet de Sa Majeſté .
Suivant les regiftres publics des Eglifes Paroiffiales
de cette Ville , il eft mort , pendant le cours
de l'année derniére , 18446 perfonnes ; il s'y eſt
fait 4059 mariages ; il y a eu 19058 baptêmes ; &
le nombre des enfans trouvés monte à 5 264.
Le 20 Janvier, on a reſſenti ici , à dix heures & un
quart du foir , une légère ſecoufle de tremblement
de terre ; mais elle a été fi peu fenfible , que trèspeu
de perfonnes s'en font apperçues . On l'a reffentie
plus diftinctement , à Verlailles. On a appris
depuis, que ce tremblement de terre a été fenti
à Amfterdam , à Leyde & à Utrecht. Les lettres
de Bruxelles & de Cologne , parlent de quelques
fecoufles qui le précédèrent le 19. Il a été affez
violent dans ces deux Villes . Suivant les lettres de
Cologne , on a reffenti une nouvelle fecouffe le
21 , vers les quatre heures du matin. A Peronne,
les fecouffes du 20 au foir, durerent deux ou trois
216 MERCURE DE FRANCE.
minutes , & effrayerent plufieurs perfonnes , qui
fortirent précipitamment de leurs maifons , de
crainte d'être écralées fur leurs ruines. On a ap .
pris auffi , que le 22 de Décembre , la fecouffe di
tremblement de terre s'étoit faite fentir dans la
Norwege & dans le Duché de Holſtein . Cette fecoulle
a été précédée , en divers , endroits par un
violent coup de tonnerre.L'ébranlement a été confidérable,
à Hadersleben. Dans quelques villes, routes
les tuilles ont été jettées par terre. Cet accident
n'a pas eu d'autres fuites.
Le 1 Février , le fieur Gigot , Recteur de l'Uni-¸
verfité , accompagné des Doyens des quatre Facultés
& des Procureurs des Nations , ſe rendit à Verfailles
; & fuivant l'ancien ufage, il préſenta un
cierge au Roi , à la Reine , à Monfeigneur le Dauphin
, à Madame la Dauphine , & à Monfeigneur
le Duc de Bourgogne.
Le mêmejour, le Pere Aubert, Docteur de Sorbonne
, & Commandeur de l'Ordre de Notre
Dame de la Mercy , Rédemption des Captifs, accompagné
de trois Religieux de cet Ordre , eut
l'honneur de préfenter à la Reine un cierge , en
hommage & en reconnoillance de leur établiſſement
à Paris , par la feue Reine Marie de Médicis.
On a reçu avis de Toulon , que les vaiffeaux &
les frégates , qui étoient à Cadix depuis le combat
du fieur de la Clue , font rentrés dans le premier
de ces deux ports , au nombre de cinq vaiſſeaux &
trois frégates. Ils étoient fortis de Cadix immédiatement
après la tempête qui avoit difperfé l'Efcadre
Angloife.
Le tirage de la Loterie de l'Ecole Royale Militaire
, s'eft fait le s de Février , en la manière
accoutumée. Les Numéros fortis de la roue de
fortune font 39 , 30 , 64 , 28 , 56. Le prochain
tirage fe fera le 6 du mois de Mars.
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Résumé : DE PARIS, le 19 Janvier 1760, & jours suivans.
Le 1er janvier 1760, un service solennel fut organisé dans l'église métropolitaine de Paris pour honorer la mémoire de Ferdinand VI, roi d'Espagne, et de Marie-Madeleine de Portugal, reine d'Espagne. Ce service fut ordonné par le roi de France, qui désigna le Dauphin, le Duc d'Orléans et le Prince de Condé pour le grand deuil du roi d'Espagne, et Madame la Dauphine, Madame et Madame Victoire pour celui de la reine d'Espagne. Les princes et princesses furent conduits à l'église par le Marquis de Dreux et le sieur de Nantouillet. La cérémonie fut assistée par plusieurs archevêques, évêques, ainsi que par le Parlement, la Chambre des Comptes, la Cour des Aides, l'Université et le Corps de Ville. L'archevêque de Paris officia pontificalement, et l'évêque de Vence prononça l'oraison funèbre. L'église était somptueusement décorée : le portail était tendu de noir avec des écussons, le chœur orné d'un ordre ionique en pilastres et arcades, et un catafalque richement décoré. La décoration, dirigée par le sieur de la Ferté et conçue par Michel Ange Slodtz, était dans le goût antique et d'une grande magnificence. Les registres publics des églises paroissiales de Paris indiquèrent 18 446 décès, 4 059 mariages, 19 058 baptêmes et 5 264 enfants trouvés pour l'année précédente. Le 20 janvier, une légère secousse de tremblement de terre fut ressentie à Paris, plus distinctement à Versailles, et signalée à Amsterdam, Leyde, Utrecht, Bruxelles et Cologne. Des secousses furent également ressenties en Norvège et dans le Duché de Holstein. Le 1er février, le sieur Gigot, recteur de l'Université, présenta un cierge au roi, à la reine et à d'autres membres de la famille royale à Versailles. Le même jour, le Père Aubert présenta un cierge à la reine en reconnaissance de l'établissement de l'Ordre de Notre Dame de la Mercy à Paris. Des nouvelles de Toulon indiquèrent le retour de vaisseaux et de frégates à Cadix après une tempête. Enfin, le tirage de la loterie de l'École Royale Militaire eut lieu le 6 février, avec les numéros 39, 30, 64, 28 et 56.
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15
p. 183-184
De VIENNE, le 2 Juillet 1763.
Début :
Le 28 du mois dernier, entre quatre & cinq heures du matin, on a ressenti [...]
Mots clefs :
Secousses, Tremblements de terre, Dégâts, Édifices, Montée des eaux, Écroulement, Ravages
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 2 Juillet 1763.
De VIENNE , le 2 Juillet 1763× ~
Le 28 da mois dernier , entre quatre & cinq
heures du matin , on a reffenti quelques fecouffes
de tremblement de terre qui n'ont pas été confidérables
, & n'ont caufé aucun dommage ; mais
fuivant des Lettres de Hongrie , on en a effuyé
de très-violentes à Comore , ou prefque tous les
Edifices les plus folides ont été ébrantes , & quelques-
uns même renversés : on affure que la Cathédrale
& la magnifique maifon des Jéfuites
184 MERCURE DE FRANCE.
font du nombre de ces derniers , ainfi que deu
baftions de la fortereffe baignés par le Danube ,
lefquels ont été détruits par la violente commotion
des eaux de ce fleuve. Plus de deux cent perfonnes
affemblées dans une Eglife de cette mênre
Ville ont péri par l'écroulement de la voute du
Choeur. LaVille de Raab a auffi beaucoup fouffert ,
& l'on reçoit des Nouvelles de divers endroits où ce
tremblement de terre a également cauſé de
grands ravages .
Le 28 da mois dernier , entre quatre & cinq
heures du matin , on a reffenti quelques fecouffes
de tremblement de terre qui n'ont pas été confidérables
, & n'ont caufé aucun dommage ; mais
fuivant des Lettres de Hongrie , on en a effuyé
de très-violentes à Comore , ou prefque tous les
Edifices les plus folides ont été ébrantes , & quelques-
uns même renversés : on affure que la Cathédrale
& la magnifique maifon des Jéfuites
184 MERCURE DE FRANCE.
font du nombre de ces derniers , ainfi que deu
baftions de la fortereffe baignés par le Danube ,
lefquels ont été détruits par la violente commotion
des eaux de ce fleuve. Plus de deux cent perfonnes
affemblées dans une Eglife de cette mênre
Ville ont péri par l'écroulement de la voute du
Choeur. LaVille de Raab a auffi beaucoup fouffert ,
& l'on reçoit des Nouvelles de divers endroits où ce
tremblement de terre a également cauſé de
grands ravages .
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Résumé : De VIENNE, le 2 Juillet 1763.
Le 28 juin 1763, des tremblements de terre ont été ressentis à Vienne et en Hongrie. À Komárom, des bâtiments comme la cathédrale et la maison des Jésuites ont été détruits, causant plus de deux cents morts dans une église. Raab a également subi des dommages importants.
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16
p. 184
De PEST en Hongrie, le 29 Juin 1763.
Début :
Hier, on a ressenti ici de très-violentes secousses de tremblement de terre [...]
Mots clefs :
Secousses, Tremblement de terre, Bâtiments, Dégâts
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De PEST en Hongrie, le 29 Juin 1763.
De PEST en Hongrie , le 29 Juin 1763.
Hier,on a reffenti ici de très -violentes fecouffes de
tremblement de terre ,qui ont endommagé confidérablement
les principaux bâtimens de cetteVille ,
& particulierement l'Hôtel des Invalides. La
Croix du Clocher de cet édifice a été abattue & la
voûte, ainfi que les murs de l'Eglife , fe font entrouverts
en plufieurs en droits. On affure que les
fecouffes ont été encore plus violentes à Buttin
ainfi qu'au Village de Kerepes à trois lieues d'ici
& qu'elles fe font fait fentir dans ces différens endroits
prèfque dans la même minute.
Hier,on a reffenti ici de très -violentes fecouffes de
tremblement de terre ,qui ont endommagé confidérablement
les principaux bâtimens de cetteVille ,
& particulierement l'Hôtel des Invalides. La
Croix du Clocher de cet édifice a été abattue & la
voûte, ainfi que les murs de l'Eglife , fe font entrouverts
en plufieurs en droits. On affure que les
fecouffes ont été encore plus violentes à Buttin
ainfi qu'au Village de Kerepes à trois lieues d'ici
& qu'elles fe font fait fentir dans ces différens endroits
prèfque dans la même minute.
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Résumé : De PEST en Hongrie, le 29 Juin 1763.
Le 29 juin 1763, un violent tremblement de terre à Pest, en Hongrie, a endommagé des bâtiments majeurs, dont l'Hôtel des Invalides. La croix du clocher a été renversée et la voûte de l'église fissurée. Les secousses ont été intenses à Buttin et Kerepes, ressenties simultanément dans ces lieux.
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17
p. 185
De MALTE, le 30 Mai 1763.
Début :
Le jour de la Pentecôte à une heure & demie après-midi, on a [...]
Mots clefs :
Pentecôte, Secousses, Tremblement de terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De MALTE, le 30 Mai 1763.
De MALTE, le 30 Mai 1763 .
Le jour de la Pentecôte à une heure & demie
après- midi , on a reffenti ici une ſecouffe de tremblement
de terre , affez vive , qui a duré près d'une
minute.
Le jour de la Pentecôte à une heure & demie
après- midi , on a reffenti ici une ſecouffe de tremblement
de terre , affez vive , qui a duré près d'une
minute.
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18
p. 208-209
De SCHEMNITZ, dans la Haute-Hongrie, le 29 Juin 1763.
Début :
Hier, sur les deux heures après minuit, on sentit un tremblement de Terre [...]
Mots clefs :
Secousses, Tremblement de terre, Habitants
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texteReconnaissance textuelle : De SCHEMNITZ, dans la Haute-Hongrie, le 29 Juin 1763.
DeSCHEMNITZ , dans la Haute- Hongrie ,
Le 29 Juin 1763.
HIER, fur les deux heures après minuit , on
fentit un tremblement de Terre qui jetta les Habitans
de cette ville dans la plus grande confter
nation : l'air étoit alors ferein & tranquille . La
première fut fuivie d'une feconde , vers les cinq
heures , & d'une troifiéme , vingt - huit minutes
après. On aremarqué qu'un Baromètre qui , lors
SEPTEMBRE. 1763. 209
du tremblement de Terre de Lisbonne , du premier
Novembre 1755 , avoit baiflé confidérablement
, quoique ce tremblement ne ſe fut fait
pas
fentir ici , n'a point été agité par ces dernières fecouffes
, & qu'il eft resté à la même hauteur où
'il étoit auparavant. Une des fecouffes a été cependant
affez forte pour détacher d'un aimant ,
un morceau de fer qui y étoit ſuſpendu . C'eſt une
chofe affez finguliere , que ce tremblement de
Terre n'ait pas été reffenti dans plufieurs de nos
mines , quoiqu'il y eût plus de huit cens hommes
occupés à travailler dans les fouterrains , au mo
ment même où la terre a été agitée .
Le 29 Juin 1763.
HIER, fur les deux heures après minuit , on
fentit un tremblement de Terre qui jetta les Habitans
de cette ville dans la plus grande confter
nation : l'air étoit alors ferein & tranquille . La
première fut fuivie d'une feconde , vers les cinq
heures , & d'une troifiéme , vingt - huit minutes
après. On aremarqué qu'un Baromètre qui , lors
SEPTEMBRE. 1763. 209
du tremblement de Terre de Lisbonne , du premier
Novembre 1755 , avoit baiflé confidérablement
, quoique ce tremblement ne ſe fut fait
pas
fentir ici , n'a point été agité par ces dernières fecouffes
, & qu'il eft resté à la même hauteur où
'il étoit auparavant. Une des fecouffes a été cependant
affez forte pour détacher d'un aimant ,
un morceau de fer qui y étoit ſuſpendu . C'eſt une
chofe affez finguliere , que ce tremblement de
Terre n'ait pas été reffenti dans plufieurs de nos
mines , quoiqu'il y eût plus de huit cens hommes
occupés à travailler dans les fouterrains , au mo
ment même où la terre a été agitée .
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Résumé : De SCHEMNITZ, dans la Haute-Hongrie, le 29 Juin 1763.
Le 29 juin 1763, trois tremblements de terre ont été ressentis à DeSCHEMNITZ en Haute-Hongrie. Le premier a eu lieu peu après deux heures du matin, suivi d'un second vers cinq heures et d'un troisième vingt-huit minutes plus tard. Ces secousses ont provoqué une grande frayeur parmi les habitants, alors que l'air était serein et tranquille. Un baromètre, qui avait réagi lors du tremblement de terre de Lisbonne en 1755, est resté inchangé malgré ces nouvelles secousses. Une des secousses a été suffisamment puissante pour détacher un morceau de fer suspendu à un aimant. De manière surprenante, ces tremblements n'ont pas été ressentis dans plusieurs mines locales, malgré la présence de plus de huit cents travailleurs à ce moment-là.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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19
p. 209-210
De VIENNE, le 9 Juillet 1763.
Début :
On a reçu ici la nouvelle d'un tremblement de Terre que l'on ressentit à [...]
Mots clefs :
Tremblement de terre, Secousses, Bruits, Édifices, Dégâts, Écroulement, Blessés et morts, Décombres, Refuge, Montée des eaux
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texteReconnaissance textuelle : De VIENNE, le 9 Juillet 1763.
De VIENNE, le 9 Juillet 1763.
On a reçu ici la nouvelle d'un tremblement de
Terre que l'on reffentit à Comorre le 28 du mois
dernier.
La première fecouffe fe fit fentir à cinq heures
du matin : l'allarme fut bientôt génerale , & la
plupart des habitans forrirent précipitamment de
la ville. A cinq heures vingt-deux à vingt-trois minutes
, il y eut une feconde fecouffe accompa
gnée d'un bruit fouterrain , laquelle dura une minute
& demie ; l'ébranlement fut fi confidérable ,
que les murs des Eglifes , des principaux Edifices ,
& de prefque toutes les Mailons des Particuliers
furent entr'ouverts ; la plupart des toits , des voutes
& des planchers tombèrent ' ; l'Eglife des Jéfaites
fut entiérement ruinée , la Tour s'écroula ,
& leur maiſon fut extrêmement endommagée ; le
Couvent des Récolets fut encore plus maltraité ;
tous les Autels de l'Eglife furent renversés ; la
voûte entiérement tomba , & écrafa plufieurs perfonnes
qui atfiftoient à la Melle . La Tour de l'Hô-
' tel- de- Ville s'écroula , & enfevelit beaucoup de
BIO MERCURE DE FRANCE.
monde fous les ruines ; on ignore encore le nor
bre de ceux qui ont péri : on a déjà retiré de deffous
les décombres cinquante- quatre morts , &
l'on évalue a deux cens perfonnes le nombre des
bleffés . Plus des deux tiers des Habitans , fe font
ou fauvés dans le plat Pays , ou réfugiés far des
bateaux , le Service Divin le fait fous des espèces
de Hangards. On a manqué de vivres pendant
quelques jours , & dans ces circonftances , les
Communautés voifines le font empreffées de faire
paffer aux malheureux Habitans de cette ville ,
du pain & une quantité confidérable de farine. La
terre n'étoit pas encore calmée le 4 de ce mois , &
l'on avoit compté jufqu'alors quatre - vingt - dix
fecouffes. On a remarqué le long du Danube plufieurs
endroits d'où jaillifoit de la groffeur du bras
& de la hauteur d'environ cinq pieds , une eau
'mêlée d'un fable bleuâtre & fin , imprégné d'une
deur de fouffre.
On a reçu ici la nouvelle d'un tremblement de
Terre que l'on reffentit à Comorre le 28 du mois
dernier.
La première fecouffe fe fit fentir à cinq heures
du matin : l'allarme fut bientôt génerale , & la
plupart des habitans forrirent précipitamment de
la ville. A cinq heures vingt-deux à vingt-trois minutes
, il y eut une feconde fecouffe accompa
gnée d'un bruit fouterrain , laquelle dura une minute
& demie ; l'ébranlement fut fi confidérable ,
que les murs des Eglifes , des principaux Edifices ,
& de prefque toutes les Mailons des Particuliers
furent entr'ouverts ; la plupart des toits , des voutes
& des planchers tombèrent ' ; l'Eglife des Jéfaites
fut entiérement ruinée , la Tour s'écroula ,
& leur maiſon fut extrêmement endommagée ; le
Couvent des Récolets fut encore plus maltraité ;
tous les Autels de l'Eglife furent renversés ; la
voûte entiérement tomba , & écrafa plufieurs perfonnes
qui atfiftoient à la Melle . La Tour de l'Hô-
' tel- de- Ville s'écroula , & enfevelit beaucoup de
BIO MERCURE DE FRANCE.
monde fous les ruines ; on ignore encore le nor
bre de ceux qui ont péri : on a déjà retiré de deffous
les décombres cinquante- quatre morts , &
l'on évalue a deux cens perfonnes le nombre des
bleffés . Plus des deux tiers des Habitans , fe font
ou fauvés dans le plat Pays , ou réfugiés far des
bateaux , le Service Divin le fait fous des espèces
de Hangards. On a manqué de vivres pendant
quelques jours , & dans ces circonftances , les
Communautés voifines le font empreffées de faire
paffer aux malheureux Habitans de cette ville ,
du pain & une quantité confidérable de farine. La
terre n'étoit pas encore calmée le 4 de ce mois , &
l'on avoit compté jufqu'alors quatre - vingt - dix
fecouffes. On a remarqué le long du Danube plufieurs
endroits d'où jaillifoit de la groffeur du bras
& de la hauteur d'environ cinq pieds , une eau
'mêlée d'un fable bleuâtre & fin , imprégné d'une
deur de fouffre.
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Résumé : De VIENNE, le 9 Juillet 1763.
Le 9 juillet 1763, une nouvelle rapporta un tremblement de terre à Comorre le 28 juin précédent. La première secousse, à cinq heures du matin, provoqua la panique. Une seconde secousse, accompagnée d'un bruit souterrain, dura une minute et demie, causant des dommages considérables. Les murs des églises, des édifices principaux et des maisons furent endommagés, et de nombreux toits, voûtes et planchers s'effondrèrent. L'église des Jésuites fut entièrement ruinée, et le couvent des Récollets subit des dégâts importants. La tour de l'hôtel de ville s'écroula, ensevelissant de nombreuses personnes. Le bilan provisoire faisait état de cinquante-quatre morts et environ deux cents blessés. Les habitants se réfugièrent dans les champs ou sur des bateaux, et le service divin fut célébré dans des hangars. Une pénurie de vivres fut signalée, mais des communautés voisines fournirent du pain et de la farine. Le 4 juillet, quatre-vingt-dix secousses furent enregistrées. Le long du Danube, plusieurs sources jaillirent, émettant une eau mêlée d'une substance bleuâtre et fine, imprégnée d'une odeur de soufre.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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20
p. 211
De BRESLAU, le 6 Juillet 1763.
Début :
Le 29 du mois dernier, on a ressenti à Comorre une nouvelle [...]
Mots clefs :
Secousses, Tremblement de terre, Incendie, Dégâts
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texteReconnaissance textuelle : De BRESLAU, le 6 Juillet 1763.
De BRESLAU , le 6 Juillet 1763 .
Nous apprenons par des lettres de Pologne ,
que le 19 du mois dernier , la petite ville de Brinbaum
a été prèfque entierement confumée par
un Incendie , & qu'il n'y refte plus fur pied que
l'Eglife Luthérienne & quelques majlons.
Nous apprenons par des lettres de Pologne ,
que le 19 du mois dernier , la petite ville de Brinbaum
a été prèfque entierement confumée par
un Incendie , & qu'il n'y refte plus fur pied que
l'Eglife Luthérienne & quelques majlons.
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21
p. 206
DE MONTPELLIER, le 15 Juillet 1763.
Début :
Le 11 de ce mois, on a ressenti à Nismes, à sept heures trente-deux [...]
Mots clefs :
Tremblement de terre, Secousses, Vent léger
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DE MONTPELLIER, le 15 Juillet 1763.
DE MONTPELLIER , le 15 Juillet 1763 .
Le 11 de ce mois , on a reffenti à Nifmes , à
fept heures trente- deux miuutes du matin , une
légère fecouffe de tremblement de terre qui a
été plus fenfible pour ceux qui habitoient des
appartemens élevés. Elle n'a duré que quelques
fecondes , & paroiffoit dirigée du Couchant au
Levant. L'air étoit calme ; il ne fouffloit qu'un
vent léger du Sud- Eſt.
Le 11 de ce mois , on a reffenti à Nifmes , à
fept heures trente- deux miuutes du matin , une
légère fecouffe de tremblement de terre qui a
été plus fenfible pour ceux qui habitoient des
appartemens élevés. Elle n'a duré que quelques
fecondes , & paroiffoit dirigée du Couchant au
Levant. L'air étoit calme ; il ne fouffloit qu'un
vent léger du Sud- Eſt.
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22
p. 206
D'AIX, le 15 Juillet 1763.
Début :
Le 12 de ce mois nous avons ressenti une secousse de tremblement de terre, [...]
Mots clefs :
Secousses, Tremblement de terre, Bruit, Province
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texteReconnaissance textuelle : D'AIX, le 15 Juillet 1763.
D'Aix , le 15 Juillet 1763 .
Le 11 de ce mois nous avons reffenti une fe
couffe de tremblement de terre , accompagnée
d'un bruit extraordinaire : elle s'eft fait fentir le
même jour & à la même heure en différens endroits
de la Province , entr'autres , à Tarafcon ,
où l'on affure qu'une horloge & plufieurs pendules
ont fonné d'elles-mêmes.
Le 11 de ce mois nous avons reffenti une fe
couffe de tremblement de terre , accompagnée
d'un bruit extraordinaire : elle s'eft fait fentir le
même jour & à la même heure en différens endroits
de la Province , entr'autres , à Tarafcon ,
où l'on affure qu'une horloge & plufieurs pendules
ont fonné d'elles-mêmes.
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23
p. 189
DE VIENNE, le 17 Août 1763.
Début :
On mande de Comorre que le 9, on y a ressenti, ainsi que dans les environs, [...]
Mots clefs :
Secousses, Tremblements de terre, Secousses violentes, Dommages
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texteReconnaissance textuelle : DE VIENNE, le 17 Août 1763.
DE VIENNE , le 17 Août 1763 .
On mande de Comorre que le 9 , ony a refſenti
, ainſi que dans les environs , une nouvelle
lecoulle de tremblement de terre plus forte ,
que toutes celles qu'on y a éprouvées depuis le 28
Juin. Elle s'est fait auſſi reſſentir avec plus de
violence à Raab , où pluſieurs bâtimens
tr'autresla maiſon du Gouverneur , ont été fort
endommagés.
On mande de Comorre que le 9 , ony a refſenti
, ainſi que dans les environs , une nouvelle
lecoulle de tremblement de terre plus forte ,
que toutes celles qu'on y a éprouvées depuis le 28
Juin. Elle s'est fait auſſi reſſentir avec plus de
violence à Raab , où pluſieurs bâtimens
tr'autresla maiſon du Gouverneur , ont été fort
endommagés.
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