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13701
p. 57-59
VERS A M. L. C. de *** sur des flambeaux de Saxe qu'elle avoit envoyés mystérieusement à Mme de ***.
Début :
Apollon daignes m'écouter : [...]
Mots clefs :
Flambeaux, Flambeaux de Saxe
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texteReconnaissance textuelle : VERS A M. L. C. de *** sur des flambeaux de Saxe qu'elle avoit envoyés mystérieusement à Mme de ***.
VERS
9 TUE . I
C
" A M. L. C. de *** fur dés flambeaux de
Saxe, qu'elle avoit envoyés myfterienfemeni
à Mme de ***
ཧཱུྃ ; འཛ
A Pollon daignes m'écouter :
Dévoiles-moi certain myftere
Qui commencé à m'inquieter
Et que l'on s'obſtine à me taire.
Mais pour n'être plus ennuyé
Par l'ufage trop imbécille ,
De tourmenter fur ſon trépié
Quelque vieille & laide Sybille ;
Toi-même , parois entouré
De ce pur & brillant nuage ,
Dont l'éclat vif & moderé
Fut toujours d'un heureux préfage ;
Ou pour obtenir des mortels
Plus d'encens & de facrifices
Qu'on n'en offrit fur tes autels
Aux tems fameux des arufpices.
Qu'Eglé , ce chef - d'oeuvre des dieux
Soit l'organe de tes oracles ;
Et tu devras à fes beaux yeux
!!
a
H
10 IU
$ #152
250 oup elono st
515 375'ovno¶
:ov 201 Nos voeux , ton culte & tès miracles
C'en eft fait . Je te vois enfin v ob etwon al anst
C v
18 MERCURE DE FRANCE.
Lui céder tes lauriers , ta lyre;
Et dans les décrets du deſtin
Lui montrer encor Part de lire.
Du Dieu que j'ofois implorer,
Amante rivale & pretreffe ,
Eglé , vous pouvez m'éclairer ,
Et c'eft à vous que je m'adreffe.
Je ne fçais par qui ni comment ,
Hier au foir fur ma toilette
Parut un nouvel ornement
Dont je n'avois pas fait l'emplette.
Ce font deux flambeaux précieur
Et faits d'une élégance extrême
Ou le Saxon induſtrieux
S'eſt encor ſurpaſſé lui-même.
Fixez mon efprit incertain ;
Ne permettez pas que j'ignore
Si ce préfent eft d'une main ,
Ou qui m'offenfe , ou qui m'honore,
Jufqu'à ce jour je n'entends rien
A cette efpece de prodiges
Devinez , mais devinez bien
Eglé ... devinez- bien , vous dis-je.
Un preffentiment affez doux
Sert à me rendre plus tranquille
Je crois que ces flambeaux chez vous
Pouvoient être un meuble inutile.
Dès votre plus jeune faifon ,
Dans le cours de votre carriese
JUIN.
1955. 59
C'eft le flambeau de la raifon
Qui fut toujours votre lumiere ;
Et dans vos regards enchanteurs
Celui de l'amour qui pétille ,
Sans votre aveu dans tous les coeurs ) 200M
Allume les feux dont il brille.
9 TUE . I
C
" A M. L. C. de *** fur dés flambeaux de
Saxe, qu'elle avoit envoyés myfterienfemeni
à Mme de ***
ཧཱུྃ ; འཛ
A Pollon daignes m'écouter :
Dévoiles-moi certain myftere
Qui commencé à m'inquieter
Et que l'on s'obſtine à me taire.
Mais pour n'être plus ennuyé
Par l'ufage trop imbécille ,
De tourmenter fur ſon trépié
Quelque vieille & laide Sybille ;
Toi-même , parois entouré
De ce pur & brillant nuage ,
Dont l'éclat vif & moderé
Fut toujours d'un heureux préfage ;
Ou pour obtenir des mortels
Plus d'encens & de facrifices
Qu'on n'en offrit fur tes autels
Aux tems fameux des arufpices.
Qu'Eglé , ce chef - d'oeuvre des dieux
Soit l'organe de tes oracles ;
Et tu devras à fes beaux yeux
!!
a
H
10 IU
$ #152
250 oup elono st
515 375'ovno¶
:ov 201 Nos voeux , ton culte & tès miracles
C'en eft fait . Je te vois enfin v ob etwon al anst
C v
18 MERCURE DE FRANCE.
Lui céder tes lauriers , ta lyre;
Et dans les décrets du deſtin
Lui montrer encor Part de lire.
Du Dieu que j'ofois implorer,
Amante rivale & pretreffe ,
Eglé , vous pouvez m'éclairer ,
Et c'eft à vous que je m'adreffe.
Je ne fçais par qui ni comment ,
Hier au foir fur ma toilette
Parut un nouvel ornement
Dont je n'avois pas fait l'emplette.
Ce font deux flambeaux précieur
Et faits d'une élégance extrême
Ou le Saxon induſtrieux
S'eſt encor ſurpaſſé lui-même.
Fixez mon efprit incertain ;
Ne permettez pas que j'ignore
Si ce préfent eft d'une main ,
Ou qui m'offenfe , ou qui m'honore,
Jufqu'à ce jour je n'entends rien
A cette efpece de prodiges
Devinez , mais devinez bien
Eglé ... devinez- bien , vous dis-je.
Un preffentiment affez doux
Sert à me rendre plus tranquille
Je crois que ces flambeaux chez vous
Pouvoient être un meuble inutile.
Dès votre plus jeune faifon ,
Dans le cours de votre carriese
JUIN.
1955. 59
C'eft le flambeau de la raifon
Qui fut toujours votre lumiere ;
Et dans vos regards enchanteurs
Celui de l'amour qui pétille ,
Sans votre aveu dans tous les coeurs ) 200M
Allume les feux dont il brille.
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Résumé : VERS A M. L. C. de *** sur des flambeaux de Saxe qu'elle avoit envoyés mystérieusement à Mme de ***.
L'auteur d'une lettre poétique s'adresse à une femme de la haute société, s'interrogeant sur l'origine de deux flambeaux précieux et élégants, fabriqués en Saxe, apparus sur sa toilette sans qu'elle les ait achetés. Elle invoque Pollon et Églé, une figure mythologique, pour obtenir des réponses sur ce mystère. Les flambeaux pourraient être un cadeau d'Églé, qui les aurait envoyés. L'auteur espère que la raison et l'amour, symbolisés par les flambeaux, éclairent son esprit incertain. La lettre se conclut par une réflexion sur la lumière de la raison et de l'amour dans les regards d'Églé.
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13702
p. 59
Mots des Enigmes & des Logogryphes de Mercure de Juin, [titre d'après la table]
Début :
Le mot de la premiere Enigme du premier volume du Mercure de Juin, est [...]
Mots clefs :
Cabriolet, Violette, Miroir, Chapelet
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texteReconnaissance textuelle : Mots des Enigmes & des Logogryphes de Mercure de Juin, [titre d'après la table]
LE mot de la premiere Enigme du premier
volume du Mercure de Juin , eft
Cabriolet . Celui du premier Logogryphe
eft Violette , dans lequel on trouve tête.
vidle , voile , vil , vol , lit , toile , loi. Le
mot de la feconde Enigme eft Miroir.
Celui du fecond Logogryphe eft Chapelet ,
od fe trouvent peché , chat , Athée , plat,
Celte Lethé , Hecate , Chatel , Capet , the ,
êta , aleph , caph , he , pé , pet , tache ,
épacte , éclat , hâle , Alcée , lactée , cap .
palet , Clet , tale , Apt , Aleth , Alep , places ,
étape , halte , pâle , clé , Thecle , étal , Alphée
, Ate , pal , lâche , acte , chape , pâté ,
été , péle , ache , ou celeri , Thecel , Aëte ,
Cephale , Platée , puite , place , lac , cape ,
facet.
volume du Mercure de Juin , eft
Cabriolet . Celui du premier Logogryphe
eft Violette , dans lequel on trouve tête.
vidle , voile , vil , vol , lit , toile , loi. Le
mot de la feconde Enigme eft Miroir.
Celui du fecond Logogryphe eft Chapelet ,
od fe trouvent peché , chat , Athée , plat,
Celte Lethé , Hecate , Chatel , Capet , the ,
êta , aleph , caph , he , pé , pet , tache ,
épacte , éclat , hâle , Alcée , lactée , cap .
palet , Clet , tale , Apt , Aleth , Alep , places ,
étape , halte , pâle , clé , Thecle , étal , Alphée
, Ate , pal , lâche , acte , chape , pâté ,
été , péle , ache , ou celeri , Thecel , Aëte ,
Cephale , Platée , puite , place , lac , cape ,
facet.
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Résumé : Mots des Enigmes & des Logogryphes de Mercure de Juin, [titre d'après la table]
Le texte révèle les solutions des énigmes et logogryphes du premier volume du Mercure de Juin. La première énigme est 'Cabriolet'. Le premier logogryphe est 'Violette', incluant des mots comme 'tête' et 'voile'. La seconde énigme est 'Miroir'. Le second logogryphe est 'Chapelet', contenant des mots tels que 'péché' et 'chat'.
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13703
p. 60
ENIGME.
Début :
Nous sommes les neuf soeurs, au bois nous sommes nées, [...]
Mots clefs :
Quilles
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM Eon wah
Ous fommes les neuf foeurs , au bois nou
ſommes nées
Nous fervons aux humains de divertiffement ;
Et fi de leur plaifir nous n'étions l'inftrument ,
Nous ferions par leur ordre aux flâmes condamnées.
Mais il vaudroit bien mieux , pauvres infortunées,
Nous voir transformer vîte en un brafier ardent ,
Que de fubir l'horreur d'un fupplice conftant ,
Et d'être à mille coups fans ceffe deftinées .
Lorfque nous élevons nos têtes vers les cieux ,
On nous jette par terre ; & cependant les dieux
N'ont jamais voulu voir cette injure vengée ;.
On nomme cet outrage un innocent débat.
En vain nous nous dreffons en bataille rangée
Un globe nous foutient , un globe nous abbat
Ous fommes les neuf foeurs , au bois nou
ſommes nées
Nous fervons aux humains de divertiffement ;
Et fi de leur plaifir nous n'étions l'inftrument ,
Nous ferions par leur ordre aux flâmes condamnées.
Mais il vaudroit bien mieux , pauvres infortunées,
Nous voir transformer vîte en un brafier ardent ,
Que de fubir l'horreur d'un fupplice conftant ,
Et d'être à mille coups fans ceffe deftinées .
Lorfque nous élevons nos têtes vers les cieux ,
On nous jette par terre ; & cependant les dieux
N'ont jamais voulu voir cette injure vengée ;.
On nomme cet outrage un innocent débat.
En vain nous nous dreffons en bataille rangée
Un globe nous foutient , un globe nous abbat
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13704
p. 61-62
LOGOGRYPHE.
Début :
Le génie enfanta trois freres, [...]
Mots clefs :
Matadors
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Le génie E génie enfanta trois freres
De la fortune ils font les favoris :
T
Nés pour la paix, ils font dans des partis contrairess
Jufques aux-Rois tout leur devient foumis.
Ils font bien forts , fur- tout s'ils fe trouvent unist
Mais hélas ! l'union entre freres eſt rare.
A chaque inftant on les fépare ,
Et chaque inftant ils font l'un de l'autre ennemis.
L'aîné des trois fur les autres domine ;
Il combat malgré lui fouvent à fa ruine.
On voit toujours varier le fecond ,
Et
>
le nom. la forme & pour
pour
Le troifieme
le fuît avec moins de puiffance
,
Mais il ne peut changer jamais.
Tu les dois , cher lecteur , reconnoître à ces
... traits.
Non , pas encoreh bien , fouilles dans leur fubaftance
: italapai 19 aniq hat
Ils ont neuf pieds , chacun n'en a que huit
Combine-les ; 'tu trouves cent chimeres
Que le caprice forme , & qu'après il détruit :
Un des fils de Noë : un bien que notre mere
Ne nous livra que pour notre malheur ;
Les principes de tout ( fi l'on croit Epicure ) :
Certain morceau d'architecture :
;
62 MERCURE DE FRANCE.
Un prifonnier d'Eole , un arbre , une faveur ;
Ce qui pouffe un vaiffeau ; un animal ſauvage :
Ce qu'on rafine à la table des Roiss
Un Dieu d'horreur & de carnage ,
Avec les attributs ; une planete , un mois ;
Le nom d'un métal en chymie ;
Un homme dont tu tiens & la mort & la vie
Ce que tu cherches maintenant shpirt
Un être en qui Dieu grava fon empreinte # !!
Ce qui fert dans un jea ; une étoffe , un inſtant 17
Qu'un philofophe attend fans defir & fans crainte :
Un peuple de qui Phaëton 17 .
Fit changer la couleur ; les enfans d'Apollon]
Qui nourriffent Paifance & périffent fans elle : 1
Ce qui fait quelquefois prendre femme moins
belle 1907 3 omnc al quog
Un globe lumineux ; ce que montre un fûyards I
Du monde entier la capitales::
Une peine d'enfer, terrible & fans égale T
Les foutiens de nos corps ; ce qui roule au hazard :
L'empire de Neptune, une piece lyrique , coM
Je n'y ſçais plus enfin qu'une note en muſique.
abole S
Par M. PAbbé M ***
Le génie E génie enfanta trois freres
De la fortune ils font les favoris :
T
Nés pour la paix, ils font dans des partis contrairess
Jufques aux-Rois tout leur devient foumis.
Ils font bien forts , fur- tout s'ils fe trouvent unist
Mais hélas ! l'union entre freres eſt rare.
A chaque inftant on les fépare ,
Et chaque inftant ils font l'un de l'autre ennemis.
L'aîné des trois fur les autres domine ;
Il combat malgré lui fouvent à fa ruine.
On voit toujours varier le fecond ,
Et
>
le nom. la forme & pour
pour
Le troifieme
le fuît avec moins de puiffance
,
Mais il ne peut changer jamais.
Tu les dois , cher lecteur , reconnoître à ces
... traits.
Non , pas encoreh bien , fouilles dans leur fubaftance
: italapai 19 aniq hat
Ils ont neuf pieds , chacun n'en a que huit
Combine-les ; 'tu trouves cent chimeres
Que le caprice forme , & qu'après il détruit :
Un des fils de Noë : un bien que notre mere
Ne nous livra que pour notre malheur ;
Les principes de tout ( fi l'on croit Epicure ) :
Certain morceau d'architecture :
;
62 MERCURE DE FRANCE.
Un prifonnier d'Eole , un arbre , une faveur ;
Ce qui pouffe un vaiffeau ; un animal ſauvage :
Ce qu'on rafine à la table des Roiss
Un Dieu d'horreur & de carnage ,
Avec les attributs ; une planete , un mois ;
Le nom d'un métal en chymie ;
Un homme dont tu tiens & la mort & la vie
Ce que tu cherches maintenant shpirt
Un être en qui Dieu grava fon empreinte # !!
Ce qui fert dans un jea ; une étoffe , un inſtant 17
Qu'un philofophe attend fans defir & fans crainte :
Un peuple de qui Phaëton 17 .
Fit changer la couleur ; les enfans d'Apollon]
Qui nourriffent Paifance & périffent fans elle : 1
Ce qui fait quelquefois prendre femme moins
belle 1907 3 omnc al quog
Un globe lumineux ; ce que montre un fûyards I
Du monde entier la capitales::
Une peine d'enfer, terrible & fans égale T
Les foutiens de nos corps ; ce qui roule au hazard :
L'empire de Neptune, une piece lyrique , coM
Je n'y ſçais plus enfin qu'une note en muſique.
abole S
Par M. PAbbé M ***
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13705
p. 63-65
CHANSON DE TABLE, Sur l'air du Vaudeville d'Epicure.
Début :
O Vous que l'amitié rassemble, [...]
Mots clefs :
Amour, Amant, Bacchus, Buveurs, Vin, Bouteille
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON DE TABLE, Sur l'air du Vaudeville d'Epicure.
CHANSON DE TABLE
O
Sur l'air du Vandeville d'Epicure.
Vous que l'amitié raffemble ,
Tendres amans heureux bûveurs ;
Des Dieux que nous fervons enfemble
Chantons tour à tour les faveurs.
Du nom du Dieu que l'Inde adore ,
Bûveurs rempliffez ce féjour ;
Et
vous , beautés jeunes encore ,
Sans le nommer , chantez l'amour.
2
Le loifir plaît à la tendreffe ;
Mais Bacchus fuit. un vil repos
Le bûveur peut jouir fans ceffe
L'amant ne jouit qu'à propos.
Le bûveur dans fa folle ivreffe
Se croit un Roi toujours vainqueurs,
L'amant foumis à fa maîtreffe ,
Ne veut regner que fur fon coeur.
Dans cette brillante fougere ,
Quand Tircis verfchum vin charmants mono'
I
64 MERCURE . DE FRANCE.
Amour , fur fa mouffe légere
Me peint les traits de mon amant.
Je réunis tout ce que j'aime ,
Ma bouche afpire la liqueur ,
Et fait paffer à l'inſtant même ,
Bacchus & l'amour dans mon coeur.
Ainfi que l'enfant de Cythere',
Le Dieu du vin eft délicat :
Tous les deux aiment le myftere ;
Tous les deux redoutent l'éclat.
Dès qu'une bouteille eft ouverte
Le vin s'évapore ou s'aigrit :
Dès qu'une intrigue eft découverte ,
L'amour s'éteint ou s'affoiblit.
Au Dieu qui fait múrir lá treille ;
Amour , tu dois fouvent ton prix ;
Sylvandre armé d'une bouteille ,
Sçut enfin attendrir Iris .
Le verre à la main , elle oublie
Et fon devoir & le danger :
L'amant triomphe , & Bacchus crie
>> Mon heure eft celle du Berger.
stillid $ 1.5
D'an amour délicat & tendre , but han
JUIN. 1755.
65
Chérs amis célébrons le prix.
Bûveurs imitez tous Sylvandre ,
Nous pourrons imiter Iris.
A Bacchus donnons la journée ;
Refervons les nuits à l'amour :
L'un peut renaître avec l'année ;
Quand l'autre fuit , c'eft fans retour.
Par A. H. Poinfinet , le jeune.
O
Sur l'air du Vandeville d'Epicure.
Vous que l'amitié raffemble ,
Tendres amans heureux bûveurs ;
Des Dieux que nous fervons enfemble
Chantons tour à tour les faveurs.
Du nom du Dieu que l'Inde adore ,
Bûveurs rempliffez ce féjour ;
Et
vous , beautés jeunes encore ,
Sans le nommer , chantez l'amour.
2
Le loifir plaît à la tendreffe ;
Mais Bacchus fuit. un vil repos
Le bûveur peut jouir fans ceffe
L'amant ne jouit qu'à propos.
Le bûveur dans fa folle ivreffe
Se croit un Roi toujours vainqueurs,
L'amant foumis à fa maîtreffe ,
Ne veut regner que fur fon coeur.
Dans cette brillante fougere ,
Quand Tircis verfchum vin charmants mono'
I
64 MERCURE . DE FRANCE.
Amour , fur fa mouffe légere
Me peint les traits de mon amant.
Je réunis tout ce que j'aime ,
Ma bouche afpire la liqueur ,
Et fait paffer à l'inſtant même ,
Bacchus & l'amour dans mon coeur.
Ainfi que l'enfant de Cythere',
Le Dieu du vin eft délicat :
Tous les deux aiment le myftere ;
Tous les deux redoutent l'éclat.
Dès qu'une bouteille eft ouverte
Le vin s'évapore ou s'aigrit :
Dès qu'une intrigue eft découverte ,
L'amour s'éteint ou s'affoiblit.
Au Dieu qui fait múrir lá treille ;
Amour , tu dois fouvent ton prix ;
Sylvandre armé d'une bouteille ,
Sçut enfin attendrir Iris .
Le verre à la main , elle oublie
Et fon devoir & le danger :
L'amant triomphe , & Bacchus crie
>> Mon heure eft celle du Berger.
stillid $ 1.5
D'an amour délicat & tendre , but han
JUIN. 1755.
65
Chérs amis célébrons le prix.
Bûveurs imitez tous Sylvandre ,
Nous pourrons imiter Iris.
A Bacchus donnons la journée ;
Refervons les nuits à l'amour :
L'un peut renaître avec l'année ;
Quand l'autre fuit , c'eft fans retour.
Par A. H. Poinfinet , le jeune.
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Résumé : CHANSON DE TABLE, Sur l'air du Vaudeville d'Epicure.
La 'Chanson de table' est un poème dédié à l'amitié, à l'amour et à la célébration des plaisirs de la vie. Les vers invitent les amis à chanter les faveurs des dieux tout en buvant et en célébrant l'amour. Le texte oppose le plaisir immédiat de la boisson à la jouissance plus contrôlée de l'amour. Le buveur, dans son ivresse, se croit invincible, tandis que l'amant est soumis à sa maîtresse. La poésie décrit également la délicatesse de l'amour et du vin, tous deux préférant le mystère à la lumière. Une bouteille ouverte ou une intrigue découverte peuvent ruiner ces plaisirs. Le poème se conclut par une célébration de Bacchus pendant la journée et de l'amour pendant la nuit, soulignant que l'amour peut renaître chaque année, contrairement à la boisson.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13706
p. 66-68
« MÉMOIRE dans la cause communiquée, pour le sieur Jean Digard, [...] »
Début :
MÉMOIRE dans la cause communiquée, pour le sieur Jean Digard, [...]
Mots clefs :
Mémoire, Ingénieur du roi, Professeur de mathématiques
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MÉMOIRE dans la cause communiquée, pour le sieur Jean Digard, [...] »
ÉMOIRE dans la caufe communi,
quée ,, pour le fieur Jean Digard ,
ancien Ingénieur du Roi , Profeffeur de
Mathématique ; contre Meffire Jofeph-
Louis-Vincent de Mauleon de Caufans ,
Chevalier non profès de l'Ordre de S. Jean
de Jérufalem , ancien Colonel du régiment
de Conti , infanterie .
Au fujet du prix propofé par M. de Caufans
, au premier qui démontreroit un paralogifme
dans fon ouvrage fur la quadrature
du cercle ; brochure in-4°. de 34 pages
avec figures. A Paris, chez Knapen , grandfalle
du Palais , & chez Duchefne , rue Saint
Jacques .
Ce Mémoire commence par une courte
expofition de l'affaire à décider , & de la
queftion fi fouvent & fi infructueufement
rebattue de la quadrature du cercle. M. D.
y prouve par des autorités l'inutilité de
cette recherche & l'infuffifance de ceux qui
s'y livrent ; enfuite il entre dans le détail
des faits : c'eft une hiftoire curieufe de
tout ce qui a rapport à cette caufe plus
JUIN. 1755. 67
célebre qu'importante. L'auteur y analyſe
le profpectus de M. D. C. & les différens
imprimés relatifs qui l'ont fuivi.
Ses moyens fe réduisent à prouver qu'il
a rempli les conditions impofées pour mériter
le prix offert au public par M. D. C.
dans une affiche qui eft le fondement de
la conteſtation & dont on donne la copie.
M. D. détruit les objections de M. D. C
& rapporte le jugement d'un auteur connu
fur l'ouvrage de ce dernier ; il s'appuie du
texte même de la loi , & d'une fentence de
la Sénéchauffée de Lyon , qui en 1729 &
dans des circonftances toutes femblables
condamna le fieur Mathulon à payer une
fomme de gooo liv.
A la page 25 fe trouve le Mémoire dans
lequel M. D. a prouvé plufieurs paralogi
mes de M. D. C. Cette partie , quoique
géométrique , eft auffi fimple que ce qui
la précede. Nous ne rapporterons qu'un
feul paragraphe , par lequel on pourra
juger du ftyle.
- Je viens de démontrer ( cent millions
d'hommes ont pû le démontrer avant
moi ) que la circonférence du cercle eft
plus grande que trois fois fon diametre.
» Mais , s'il étoit poffible d'admettre pour
»un moment la proportion rapportée par
»M. le Chevalier de Caufans , il s'enfui68
MERCURE DE FRANCE.
» vroit ( felon fon propre aveu ) qu'il au-
» roit agi contre fa connoiffance intime en
» s'annonçant pour être l'auteur d'une dé-
» couverte puifée dans les livres faints.
» Quoi ! devoit-il inonder toute la France
de fes écrits pendant deux années ?
» devoit - il s'attendre à l'admiration de
toute l'Europe fçavante ? devoit - il pré-
» tendre à la reconnoiffance univerfelle ?
» devoit- il enfin impofer un tribut de quatre
millions pour avoir fçu lire dans l'écriture
fainte ce qui a été connu d'une
> infinité d'hommes pendant plufieurs mil-
» liers d'années ? eft- ce découvrir que de
» trouver ce qui ne peut être ignoré de
perfonne la vûe du foleil ne pafferoit
» pour une découverte que chez un peuple
d'aveugles- nés.
20
ور
-23
LETTRE de M. le Franc à M. L. Racine
, fur le théâtre en général , & fur les
tragédies de J. Racine en particulier. A
Paris , chez Chaubert , à l'entrée du Quai
des Auguſtins , à la Renommée & à la Prudence.
1755 .
Perfonne ne peut mieux parler des ou
vrages du célebre Racine que l'auteur de
Didon , qui a fi bien pris fa maniere &
faifi fon coloris.
quée ,, pour le fieur Jean Digard ,
ancien Ingénieur du Roi , Profeffeur de
Mathématique ; contre Meffire Jofeph-
Louis-Vincent de Mauleon de Caufans ,
Chevalier non profès de l'Ordre de S. Jean
de Jérufalem , ancien Colonel du régiment
de Conti , infanterie .
Au fujet du prix propofé par M. de Caufans
, au premier qui démontreroit un paralogifme
dans fon ouvrage fur la quadrature
du cercle ; brochure in-4°. de 34 pages
avec figures. A Paris, chez Knapen , grandfalle
du Palais , & chez Duchefne , rue Saint
Jacques .
Ce Mémoire commence par une courte
expofition de l'affaire à décider , & de la
queftion fi fouvent & fi infructueufement
rebattue de la quadrature du cercle. M. D.
y prouve par des autorités l'inutilité de
cette recherche & l'infuffifance de ceux qui
s'y livrent ; enfuite il entre dans le détail
des faits : c'eft une hiftoire curieufe de
tout ce qui a rapport à cette caufe plus
JUIN. 1755. 67
célebre qu'importante. L'auteur y analyſe
le profpectus de M. D. C. & les différens
imprimés relatifs qui l'ont fuivi.
Ses moyens fe réduisent à prouver qu'il
a rempli les conditions impofées pour mériter
le prix offert au public par M. D. C.
dans une affiche qui eft le fondement de
la conteſtation & dont on donne la copie.
M. D. détruit les objections de M. D. C
& rapporte le jugement d'un auteur connu
fur l'ouvrage de ce dernier ; il s'appuie du
texte même de la loi , & d'une fentence de
la Sénéchauffée de Lyon , qui en 1729 &
dans des circonftances toutes femblables
condamna le fieur Mathulon à payer une
fomme de gooo liv.
A la page 25 fe trouve le Mémoire dans
lequel M. D. a prouvé plufieurs paralogi
mes de M. D. C. Cette partie , quoique
géométrique , eft auffi fimple que ce qui
la précede. Nous ne rapporterons qu'un
feul paragraphe , par lequel on pourra
juger du ftyle.
- Je viens de démontrer ( cent millions
d'hommes ont pû le démontrer avant
moi ) que la circonférence du cercle eft
plus grande que trois fois fon diametre.
» Mais , s'il étoit poffible d'admettre pour
»un moment la proportion rapportée par
»M. le Chevalier de Caufans , il s'enfui68
MERCURE DE FRANCE.
» vroit ( felon fon propre aveu ) qu'il au-
» roit agi contre fa connoiffance intime en
» s'annonçant pour être l'auteur d'une dé-
» couverte puifée dans les livres faints.
» Quoi ! devoit-il inonder toute la France
de fes écrits pendant deux années ?
» devoit - il s'attendre à l'admiration de
toute l'Europe fçavante ? devoit - il pré-
» tendre à la reconnoiffance univerfelle ?
» devoit- il enfin impofer un tribut de quatre
millions pour avoir fçu lire dans l'écriture
fainte ce qui a été connu d'une
> infinité d'hommes pendant plufieurs mil-
» liers d'années ? eft- ce découvrir que de
» trouver ce qui ne peut être ignoré de
perfonne la vûe du foleil ne pafferoit
» pour une découverte que chez un peuple
d'aveugles- nés.
20
ور
-23
LETTRE de M. le Franc à M. L. Racine
, fur le théâtre en général , & fur les
tragédies de J. Racine en particulier. A
Paris , chez Chaubert , à l'entrée du Quai
des Auguſtins , à la Renommée & à la Prudence.
1755 .
Perfonne ne peut mieux parler des ou
vrages du célebre Racine que l'auteur de
Didon , qui a fi bien pris fa maniere &
faifi fon coloris.
Fermer
Résumé : « MÉMOIRE dans la cause communiquée, pour le sieur Jean Digard, [...] »
Le document présente un mémoire rédigé par Jean Digard, ancien ingénieur du Roi et professeur de mathématiques, contre Joseph-Louis-Vincent de Mauleon de Causans, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem et ancien colonel. Le mémoire traite de la quadrature du cercle, un problème mathématique souvent jugé infructueux. Digard expose l'inutilité de cette recherche et analyse les écrits de Causans, notamment une brochure proposant un prix pour la démonstration d'un paralogisme dans son ouvrage sur la quadrature du cercle. Digard prouve qu'il a rempli les conditions pour mériter le prix offert par Causans et réfute les objections de ce dernier. Il s'appuie sur des textes légaux et un jugement de la Sénéchaussée de Lyon de 1729, qui avait condamné une personne pour des circonstances similaires. Le mémoire inclut une analyse géométrique simple des erreurs de Causans, illustrée par un paragraphe où Digard démontre que la circonférence du cercle est plus grande que trois fois son diamètre, critiquant ainsi les prétentions de Causans. Le document mentionne également une lettre de M. le Franc à M. L. Racine, discutant du théâtre en général et des tragédies de Jean Racine, publiée à Paris chez Chaubert en 1755.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13707
p. 69-77
« MADAME FAGNAN, qui s'est annoncée avantageusement il y a quelques années [...] »
Début :
MADAME FAGNAN, qui s'est annoncée avantageusement il y a quelques années [...]
Mots clefs :
Conte, Princesses, Beauté, Miroir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « MADAME FAGNAN, qui s'est annoncée avantageusement il y a quelques années [...] »
MADAME FAGNAN , qui s'eft annoncée
avantageufement
il y a quelques années
par un petit conte foi-difant traduit du
Lauvage , vient d'en mettre un autre au'
jour fous le titre du Miroir des Princeffes
orientales , dédié à Madame de Pompa->
dour.
Il paroît que Mme Fagnan s'eft proposée
de prouver que les belles qualités de l'ame ,
celles du coeur & de l'efprit , en un mot les
vertus morales fans le fecours de la beauté ,
font plus propres à former les grandes pafhions
& les attachemens vrais & durables ,
que la beauté feule , même la beauté jointe
aux agrémens de l'efprit. Cette propofition
Lon traite affez volontiers de paradoxe
, n'a rien en elle-même que de trèspoffible
& même de très- agréable : elle
confole celles qui ne fe piquent pas de
beauté , & n'afflige point celles qui y prétendentli
que
L'auteur met en jeu trois Princelles de
Perfe , dont l'une n'a que la beauté en partage.
Elle ne peut fixer long-tems un amant
volage devenu fon époux ; elle en meurt
de douleur en peu de tems.
Une feconde Princeffe , fille de cette premiere
tout auffi belle & plus fpirituelle ,
ne trouve pas mieux le fecret de: fixer un
inconftant ; mais elle foutient mieux fa
70 MERCURE DE FRANCE.
difgrace ; elle en tire parri , & fournit une
carriere plus longue & moins douloureuſe..
La troifieme met dans le plus beau jour
la propofition que l'auteur a eu pour objet.
Cette princeffe , qui n'a d'autre beauté que
celle de l'ame , & qui réunir toutes les
qualités du coeur & de l'efprit , infpire au
prince, qui devient fon époux , un attachement
aufli parfait & auffi conftant que fon
caractere en eft digne.
Les événemens qui décident du fort de
ces princeffes font amenés & développés
par le moyen d'un miroir magique , dont
an enchanteur mécontent des mépris de la
premiere , lui avoit fait un préfent deftiné
paffer à toutes les princeffes qui defcendroient
d'elle . 2107
Ce miroir leur dévoiloit les fentimens
le's plus cachés de tous ceux qui fe préfentoient
à elles devant cette glace , & il n'avoit
que pour elles cette vertu ; il devoit
fe brifer entre les mains de celle dont le
mérite fixeroit pendant une année le print
ce dontelle auroit fait choix : il ne fe brifa
qu'entre les mains de la troifieme , & s'y
caffa de la meilleure grace du monde. Ce
dénonciateur en amenant les événemens
principaux , produit auffi les épifodiques ;
& donne lieu à tout ce que l'auteur a voulu
faire entrer dans la compofition de fon
JUIN. 1755. 71
roman , foit à titre de portraits ou d'anec
dores.
Si l'idée d'un miroit magique n'a plus
le mérite d'ême finguliere , Mme Fagnan
l'a employée d'une façon ingénieufe , & la
vertu qu'elle attribue à ce miroir lui donne
un air de nouveauté qui rajeunic du moins
la bordure. Ce roman nous paroît mériter
de l'eftime par les fentimens honnêtes , &
par la décence qui le caractérisent.v .
LABAGUETTE MYSTÉRIEUSE OU
Abizai. Deux parties in- 12 . Se trouve à
Paris , chez Duchefne , rue S. Jacques , au
Temple du goût , 1755 .
Comme on a déja fait ailleurs l'extrait &
Féloge de cette féerie , qu'on a même obfervé
que la baguette mystérieuse n'eft pas
plus neuve que le miroir magique , j'ajou
terai feulement qu'elle joue le même rôle
avec un peu moins de modeftie , & qu'elle
a même un faux air de l'Ecumoire de
Tanzaï.
OBSERVATIONS fur l'hiftoire natu
relle , fur la phyfique & fur la peinture ,
avec des planches imprimées en couleur ;
par M. Gautier , de l'Académie des Sciences
& Belles LettresdeDijon , penfionnaire
de Sa Majefté , 4 volin- 4 A Paris , chez.
Delaguette . Les planches s'impriment , 80
2
72 MERCURE DE FRANCE.
7
fe diftribuent chez l'Auteur , rue de la
Harpe , près la rue Poupée.
Le même ouvrage eft imprimé in- 12. en
fix volumes on trouve à la tête de cette
édition la nouvelle phyfique de l'auteur ,
& la Chroagenefie , ou génération des couleurs
, contre l'optique de M. Newton fon
dée fur de nouvelles expériences .
M. Gautier fe propofe de continuer fes
Obfervations in -4°. pour lefquelles on
foufcrit annuellement chez lui , & va
donner des volumes de planches jufqu'à
ce qu'il ait formé des fuites affez completes
de morceaux les plus intéreffans . Il fufpendra
pendant quelque tems fes differtations
, & les fupprimera des années 1755
& 1756 , ce qui lui procurera la facilité
de donner le double des morceaux de
gravûres en couleur qu'il avoit promis.
Le volume qui eft actuellement fous preffe,
contient les parties internes du coq & de
fa poule , la formation & l'incubation de
l'oeuf depuis l'approche du coq jufqu'à la
fortie du poulet , & plufieurs autres planches
fort curieuſes.
P
OBSERVATIONS d'hiftoire naturelle
faites avec le microſcope für un grand
nombre d'infectes , & fur les animalcules
qui fe trouvent dans les liqueurs préparées
&
JUIN. 1755.
73
& dans celles qui ne le font pas , & c. avec
la defcription & les ufages des différens
microfcopes , 2 vol. in- 4° . avec un grand
nombre de figures . A Paris , chez Briaffon,
Libraire , rue S. Jacques , à la Science .
Une partie de ces obfervations a été déjà
publiée par feu M. Joblot , Profeffeur en
Mathématiques, de l'Académie de Peinture
& de Sculpture ; l'autre a été rédigée fur
fes obfervations poftérieures. Nous devons
ici un jufte éloge aux foins du Libraire ; il
a la double attention & le double mérite
de ne donner que des éditions de bons
livres , & de ne rien épargner pour les
rendre belles & correctes .
DISSERTATION fur la caufe qui corrompt
& noircit les grains de bled dans les
épis , & fur les moyens de prévenir ces
accidens ; par M. Tiller , de Bordeaux
Directeur de la Monnoie de Troyes . Se
trouve chez le même Libraire . ~
›
Cette Differtation a remporté le prix au
jugement de l'Académie des Belles- Lettres,
Sciences & Arts de Bordeaux , ainfi que la
fuite des Expériences & Réflexions relati
ves à la même matiere , laquelle fe vend
auffi chez Briaffon.
EXAMEN philofophique de la liaifon
11.Vol. D
74 MERCURE DE FRANCE.
réelle qu'il y a entre les fciences & les
mours ; chez le même Libraire.
On trouve dans cet écrit la ſolution de
la vieille difpute de M. Rouffeau , de Genêve
, avec fes adverfaires , fur la queſtion
propofée par l'Académie de Dijon , au
fujet du bien & du mal que les fciences
ont occafionné dans les moeurs .
PANÉGYRIQUES des Saints, précedés
de réflexions fur l'éloquence en général
& fur celle de la chaire en particulier ; par
M. l'Abbé Trublet , Archidiacre & Chanoine
de S. Malo. A Paris , chez Briaffon ,
1755
Il nous femble que ces réflexions ne
démentent point les Effais de littérature &
de morale du même Auteur. Nous en
parlerons plus au long.
Le cinquieme tome de la TABLE GÉNÉ-
RALE des matieres contenues dans le Journal
des fçavans , de l'édition de Paris , depuis
1665 qu'il a commencé , jufqu'en
1750 inclufivement , avec les noms des
Auteurs , les titres de leurs ouvrages &
l'extrait des jugemens qu'on en la portés ,
vient de paroître chez le même Libraire.
On peut dire que cette table inftructive
forme feule un bon livre : on ne peut
trop louer le travail des Auteurs ,
>
JUIN. 1755. 75
MEMOIRE pour le Prince héréditaire
Landgrave de Heffe - Darmftat, contre les
repréfentans de la Comteffe de Naffau . A
Paris , de l'impreffion de Delaguette , 1755 .
L La question eft de fçavoir fi à la mort
de Jean- René III , dernier Comte de Henau
, la Comteffe de Naffau , fa foeur , devoit
recueillir les anciens fiefs d'Empire de
la maifon de Lichtemberg , à l'exclufion
de Heffe-Darmftat , fille unique de Jean-
René III , qui en avoit obtenu du Roi l'inveftiture
pour elle , par des Lettres patentes
du mois de Février 1717. La Comtelle
de Naſſau ayant attaqué ces Lettres comme
obreptices , a prétendu que c'étoit elle qui
étoit appellée à recueillir les fiefs en queftion
, & que la Princeffe de Heffe , fa niece,
n'y avoit aucun droit. Ce Mémoire tend à
détruire fa prétention , & part d'une bonne
main.
>
NOUVEAUX motifs pour porter la
France à rendre libre le commerce du Levant
; par M. Ange G *** 1755. Se trouvent
chez Duchefne , rue S. Jacques , &
chez Babuty , fils , quai des Auguftins.
L'Auteur y joint des réflexions fur les
moyens de foutenir les manufactures en
Languedoc , fans fixer les fabriquans,
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
SUPPLÉMENT aux tablettes dramatiques
de M. le Chevalier de Mouhy , de
l'Académie des Belles - Lettres de Dijon ,
pour 1754 & 1755. A Paris , chez Jorry s
quai des Auguftins ; Lambert , rue de la
Comédie , & Duchefne , rue S. Jacques.
Ce Supplément contient les pieces remifes
, les pieces imprimées , les débuts ,
les anecdotes du théâtre depuis le dernier
fupplément , les ballets , les auteurs & les
acteurs morts en 1754 & en 1755 .
- L'Auteur vient de publier une nouvelle
brochure , intitulée l'Amante anonyme , où
fe trouve l'hiſtoire fecrette de la volupté ,
avec des contes nouveaux de Fées . Ce roman
dont il paroît deux parties , fe vend
chez Jorry. Nous en donnerons l'extrait .
< TABLETTES de Thémis , premiere
partie. A Paris , chez Legras , grand'falle
du Palais ; la veuve Legras , Galerie des
prifonniers au Palais ; la veuve Lameſle ,
Fue vieille Bouclerie , à la Minerve ; Lam
bert , rue de la Comédie , & Duchefne , rue
S. Jacques.
Cet ouvrage utile comprend la fucceffion
chronologique avec le blafon des armes
des Chanceliers & Gardes des Sceaux
Secrétaires d'Etat , Surintendans , Contrê
leurs généraux , Directeurs & Intendans
JUIN. 1755. 77
des Finances , les Intendans des Provinces
depuis 1700 , les Maîtres des Requêtes
dès leur origine , les Préfidens , Avocats &
Procureurs généraux du grand Confeil.
avantageufement
il y a quelques années
par un petit conte foi-difant traduit du
Lauvage , vient d'en mettre un autre au'
jour fous le titre du Miroir des Princeffes
orientales , dédié à Madame de Pompa->
dour.
Il paroît que Mme Fagnan s'eft proposée
de prouver que les belles qualités de l'ame ,
celles du coeur & de l'efprit , en un mot les
vertus morales fans le fecours de la beauté ,
font plus propres à former les grandes pafhions
& les attachemens vrais & durables ,
que la beauté feule , même la beauté jointe
aux agrémens de l'efprit. Cette propofition
Lon traite affez volontiers de paradoxe
, n'a rien en elle-même que de trèspoffible
& même de très- agréable : elle
confole celles qui ne fe piquent pas de
beauté , & n'afflige point celles qui y prétendentli
que
L'auteur met en jeu trois Princelles de
Perfe , dont l'une n'a que la beauté en partage.
Elle ne peut fixer long-tems un amant
volage devenu fon époux ; elle en meurt
de douleur en peu de tems.
Une feconde Princeffe , fille de cette premiere
tout auffi belle & plus fpirituelle ,
ne trouve pas mieux le fecret de: fixer un
inconftant ; mais elle foutient mieux fa
70 MERCURE DE FRANCE.
difgrace ; elle en tire parri , & fournit une
carriere plus longue & moins douloureuſe..
La troifieme met dans le plus beau jour
la propofition que l'auteur a eu pour objet.
Cette princeffe , qui n'a d'autre beauté que
celle de l'ame , & qui réunir toutes les
qualités du coeur & de l'efprit , infpire au
prince, qui devient fon époux , un attachement
aufli parfait & auffi conftant que fon
caractere en eft digne.
Les événemens qui décident du fort de
ces princeffes font amenés & développés
par le moyen d'un miroir magique , dont
an enchanteur mécontent des mépris de la
premiere , lui avoit fait un préfent deftiné
paffer à toutes les princeffes qui defcendroient
d'elle . 2107
Ce miroir leur dévoiloit les fentimens
le's plus cachés de tous ceux qui fe préfentoient
à elles devant cette glace , & il n'avoit
que pour elles cette vertu ; il devoit
fe brifer entre les mains de celle dont le
mérite fixeroit pendant une année le print
ce dontelle auroit fait choix : il ne fe brifa
qu'entre les mains de la troifieme , & s'y
caffa de la meilleure grace du monde. Ce
dénonciateur en amenant les événemens
principaux , produit auffi les épifodiques ;
& donne lieu à tout ce que l'auteur a voulu
faire entrer dans la compofition de fon
JUIN. 1755. 71
roman , foit à titre de portraits ou d'anec
dores.
Si l'idée d'un miroit magique n'a plus
le mérite d'ême finguliere , Mme Fagnan
l'a employée d'une façon ingénieufe , & la
vertu qu'elle attribue à ce miroir lui donne
un air de nouveauté qui rajeunic du moins
la bordure. Ce roman nous paroît mériter
de l'eftime par les fentimens honnêtes , &
par la décence qui le caractérisent.v .
LABAGUETTE MYSTÉRIEUSE OU
Abizai. Deux parties in- 12 . Se trouve à
Paris , chez Duchefne , rue S. Jacques , au
Temple du goût , 1755 .
Comme on a déja fait ailleurs l'extrait &
Féloge de cette féerie , qu'on a même obfervé
que la baguette mystérieuse n'eft pas
plus neuve que le miroir magique , j'ajou
terai feulement qu'elle joue le même rôle
avec un peu moins de modeftie , & qu'elle
a même un faux air de l'Ecumoire de
Tanzaï.
OBSERVATIONS fur l'hiftoire natu
relle , fur la phyfique & fur la peinture ,
avec des planches imprimées en couleur ;
par M. Gautier , de l'Académie des Sciences
& Belles LettresdeDijon , penfionnaire
de Sa Majefté , 4 volin- 4 A Paris , chez.
Delaguette . Les planches s'impriment , 80
2
72 MERCURE DE FRANCE.
7
fe diftribuent chez l'Auteur , rue de la
Harpe , près la rue Poupée.
Le même ouvrage eft imprimé in- 12. en
fix volumes on trouve à la tête de cette
édition la nouvelle phyfique de l'auteur ,
& la Chroagenefie , ou génération des couleurs
, contre l'optique de M. Newton fon
dée fur de nouvelles expériences .
M. Gautier fe propofe de continuer fes
Obfervations in -4°. pour lefquelles on
foufcrit annuellement chez lui , & va
donner des volumes de planches jufqu'à
ce qu'il ait formé des fuites affez completes
de morceaux les plus intéreffans . Il fufpendra
pendant quelque tems fes differtations
, & les fupprimera des années 1755
& 1756 , ce qui lui procurera la facilité
de donner le double des morceaux de
gravûres en couleur qu'il avoit promis.
Le volume qui eft actuellement fous preffe,
contient les parties internes du coq & de
fa poule , la formation & l'incubation de
l'oeuf depuis l'approche du coq jufqu'à la
fortie du poulet , & plufieurs autres planches
fort curieuſes.
P
OBSERVATIONS d'hiftoire naturelle
faites avec le microſcope für un grand
nombre d'infectes , & fur les animalcules
qui fe trouvent dans les liqueurs préparées
&
JUIN. 1755.
73
& dans celles qui ne le font pas , & c. avec
la defcription & les ufages des différens
microfcopes , 2 vol. in- 4° . avec un grand
nombre de figures . A Paris , chez Briaffon,
Libraire , rue S. Jacques , à la Science .
Une partie de ces obfervations a été déjà
publiée par feu M. Joblot , Profeffeur en
Mathématiques, de l'Académie de Peinture
& de Sculpture ; l'autre a été rédigée fur
fes obfervations poftérieures. Nous devons
ici un jufte éloge aux foins du Libraire ; il
a la double attention & le double mérite
de ne donner que des éditions de bons
livres , & de ne rien épargner pour les
rendre belles & correctes .
DISSERTATION fur la caufe qui corrompt
& noircit les grains de bled dans les
épis , & fur les moyens de prévenir ces
accidens ; par M. Tiller , de Bordeaux
Directeur de la Monnoie de Troyes . Se
trouve chez le même Libraire . ~
›
Cette Differtation a remporté le prix au
jugement de l'Académie des Belles- Lettres,
Sciences & Arts de Bordeaux , ainfi que la
fuite des Expériences & Réflexions relati
ves à la même matiere , laquelle fe vend
auffi chez Briaffon.
EXAMEN philofophique de la liaifon
11.Vol. D
74 MERCURE DE FRANCE.
réelle qu'il y a entre les fciences & les
mours ; chez le même Libraire.
On trouve dans cet écrit la ſolution de
la vieille difpute de M. Rouffeau , de Genêve
, avec fes adverfaires , fur la queſtion
propofée par l'Académie de Dijon , au
fujet du bien & du mal que les fciences
ont occafionné dans les moeurs .
PANÉGYRIQUES des Saints, précedés
de réflexions fur l'éloquence en général
& fur celle de la chaire en particulier ; par
M. l'Abbé Trublet , Archidiacre & Chanoine
de S. Malo. A Paris , chez Briaffon ,
1755
Il nous femble que ces réflexions ne
démentent point les Effais de littérature &
de morale du même Auteur. Nous en
parlerons plus au long.
Le cinquieme tome de la TABLE GÉNÉ-
RALE des matieres contenues dans le Journal
des fçavans , de l'édition de Paris , depuis
1665 qu'il a commencé , jufqu'en
1750 inclufivement , avec les noms des
Auteurs , les titres de leurs ouvrages &
l'extrait des jugemens qu'on en la portés ,
vient de paroître chez le même Libraire.
On peut dire que cette table inftructive
forme feule un bon livre : on ne peut
trop louer le travail des Auteurs ,
>
JUIN. 1755. 75
MEMOIRE pour le Prince héréditaire
Landgrave de Heffe - Darmftat, contre les
repréfentans de la Comteffe de Naffau . A
Paris , de l'impreffion de Delaguette , 1755 .
L La question eft de fçavoir fi à la mort
de Jean- René III , dernier Comte de Henau
, la Comteffe de Naffau , fa foeur , devoit
recueillir les anciens fiefs d'Empire de
la maifon de Lichtemberg , à l'exclufion
de Heffe-Darmftat , fille unique de Jean-
René III , qui en avoit obtenu du Roi l'inveftiture
pour elle , par des Lettres patentes
du mois de Février 1717. La Comtelle
de Naſſau ayant attaqué ces Lettres comme
obreptices , a prétendu que c'étoit elle qui
étoit appellée à recueillir les fiefs en queftion
, & que la Princeffe de Heffe , fa niece,
n'y avoit aucun droit. Ce Mémoire tend à
détruire fa prétention , & part d'une bonne
main.
>
NOUVEAUX motifs pour porter la
France à rendre libre le commerce du Levant
; par M. Ange G *** 1755. Se trouvent
chez Duchefne , rue S. Jacques , &
chez Babuty , fils , quai des Auguftins.
L'Auteur y joint des réflexions fur les
moyens de foutenir les manufactures en
Languedoc , fans fixer les fabriquans,
Dij
76 MERCURE DE FRANCE.
SUPPLÉMENT aux tablettes dramatiques
de M. le Chevalier de Mouhy , de
l'Académie des Belles - Lettres de Dijon ,
pour 1754 & 1755. A Paris , chez Jorry s
quai des Auguftins ; Lambert , rue de la
Comédie , & Duchefne , rue S. Jacques.
Ce Supplément contient les pieces remifes
, les pieces imprimées , les débuts ,
les anecdotes du théâtre depuis le dernier
fupplément , les ballets , les auteurs & les
acteurs morts en 1754 & en 1755 .
- L'Auteur vient de publier une nouvelle
brochure , intitulée l'Amante anonyme , où
fe trouve l'hiſtoire fecrette de la volupté ,
avec des contes nouveaux de Fées . Ce roman
dont il paroît deux parties , fe vend
chez Jorry. Nous en donnerons l'extrait .
< TABLETTES de Thémis , premiere
partie. A Paris , chez Legras , grand'falle
du Palais ; la veuve Legras , Galerie des
prifonniers au Palais ; la veuve Lameſle ,
Fue vieille Bouclerie , à la Minerve ; Lam
bert , rue de la Comédie , & Duchefne , rue
S. Jacques.
Cet ouvrage utile comprend la fucceffion
chronologique avec le blafon des armes
des Chanceliers & Gardes des Sceaux
Secrétaires d'Etat , Surintendans , Contrê
leurs généraux , Directeurs & Intendans
JUIN. 1755. 77
des Finances , les Intendans des Provinces
depuis 1700 , les Maîtres des Requêtes
dès leur origine , les Préfidens , Avocats &
Procureurs généraux du grand Confeil.
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Résumé : « MADAME FAGNAN, qui s'est annoncée avantageusement il y a quelques années [...] »
Madame Fagnan a publié 'Le Miroir des Princesses orientales', dédié à Madame de Pompadour. Ce récit illustre la supériorité des vertus morales sur la beauté physique pour susciter des passions sincères et durables. L'histoire se concentre sur trois princesses persanes : la première, bien que belle, manque de qualités morales et meurt de chagrin à cause de l'infidélité de son mari ; la seconde, spirituelle mais sans profondeur morale, échoue à retenir son amant ; la troisième, dotée de beauté intérieure et de qualités morales, obtient un amour constant. Un miroir magique joue un rôle clé en révélant les sentiments des prétendants et en influençant l'intrigue. Le roman est apprécié pour son honnêteté et sa décence. Le document mentionne également plusieurs publications de 1755, parmi lesquelles 'Examen philosophique de la liaison réelle qu'il y a entre les sciences & les mœurs', qui explore l'impact des sciences sur les mœurs. L'abbé Trublet a publié 'Panégyriques des Saints', contenant des réflexions sur l'éloquence. La 'Table Générale des matières contenues dans le Journal des savants' couvre la période de 1665 à 1750 et est jugée utile. Le 'Mémoire pour le Prince héréditaire Landgrave de Hesse-Darmstadt' traite d'une dispute successorale. 'Nouveaux motifs pour porter la France à rendre libre le commerce du Levant' aborde le commerce et les manufactures en Languedoc. D'autres publications incluent des suppléments aux 'Tablettes dramatiques' de Mouhy, une brochure intitulée 'L'Amante anonyme', et les 'Tablettes de Thémis', détaillant les hauts fonctionnaires et magistrats depuis 1700.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13708
p. 77-78
Sujets proposés par l'Académie royale des Sciences & Beaux Arts de Pau, [titre d'après la table]
Début :
SUJETS proposés par l'Académie royale des Sciences & beaux Arts, établie à [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences et beaux-arts de Pau, Prix
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Sujets proposés par l'Académie royale des Sciences & Beaux Arts de Pau, [titre d'après la table]
SUJET UJETS propofés par l'Académie royale
des Sciences & beaux Arts , établie à
Pau , pour deux prix qui feront diftribués
le premier Jeudi du mois de Février 1756.
L'Académie ayant jugé à propos de referver
le prix ordinaire , en accordera deux
l'année prochaine , un à un ouvrage de
profe qui n'excédera pas une demi -heure
de lecture , dont le fujet fera : la droiture
du coeur eft-elle auſſi néceſſaire dans la recherche
de la vérité , que la jufteffe de l'efprit?
Et un autre à un ode ou à un poëme de
cent vers au plus , dont le fujet fera : l'uti
lité des découvertes faites dans les fciences &
dans les arts , fous le regne de Louis XV...!
Chaque Auteur enverra deux copies de
fon ouvrage ; il mettra à la fin une devife
on fentence, & il la repétera au - deffus
d'un billet cacheté , dans lequel il écrira
fon nom & fon adreffe.
On avertit que l'Académie n'accorde
point le prix aux auteurs qui négligent
d'inferer leur nom dans le billet cacheté
ou qui y mettent des noms fuppofés , non
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
plus qu'à ceux qui affectent de fe faire
connoître avant la décifion , ou en faveur
de qui on brigue les fuffrages.
Les ouvrages feront adreffés à M. de
Navailles Poëyferré , Secrétaire de l'Académie
on n'en recevra aucun après le
mois de Novembre , & s'ils ne font affranchis
du
port.
des Sciences & beaux Arts , établie à
Pau , pour deux prix qui feront diftribués
le premier Jeudi du mois de Février 1756.
L'Académie ayant jugé à propos de referver
le prix ordinaire , en accordera deux
l'année prochaine , un à un ouvrage de
profe qui n'excédera pas une demi -heure
de lecture , dont le fujet fera : la droiture
du coeur eft-elle auſſi néceſſaire dans la recherche
de la vérité , que la jufteffe de l'efprit?
Et un autre à un ode ou à un poëme de
cent vers au plus , dont le fujet fera : l'uti
lité des découvertes faites dans les fciences &
dans les arts , fous le regne de Louis XV...!
Chaque Auteur enverra deux copies de
fon ouvrage ; il mettra à la fin une devife
on fentence, & il la repétera au - deffus
d'un billet cacheté , dans lequel il écrira
fon nom & fon adreffe.
On avertit que l'Académie n'accorde
point le prix aux auteurs qui négligent
d'inferer leur nom dans le billet cacheté
ou qui y mettent des noms fuppofés , non
Diij
78 MERCURE DE FRANCE.
plus qu'à ceux qui affectent de fe faire
connoître avant la décifion , ou en faveur
de qui on brigue les fuffrages.
Les ouvrages feront adreffés à M. de
Navailles Poëyferré , Secrétaire de l'Académie
on n'en recevra aucun après le
mois de Novembre , & s'ils ne font affranchis
du
port.
Fermer
Résumé : Sujets proposés par l'Académie royale des Sciences & Beaux Arts de Pau, [titre d'après la table]
En février 1756, l'Académie royale des Sciences et beaux-Arts de Pau a annoncé l'attribution de deux prix. Le premier prix récompensera un ouvrage de prose ne dépassant pas une demi-heure de lecture, traitant du sujet : 'La droiture du cœur est-elle aussi nécessaire dans la recherche de la vérité que la justesse de l'esprit ?' Le second prix sera décerné à une ode ou un poème de cent vers maximum, sur le thème : 'L'utilité des découvertes faites dans les sciences et dans les arts sous le règne de Louis XV.' Les participants doivent soumettre deux copies de leur œuvre, accompagnées d'une devise ou d'une sentence à la fin, et d'un billet cacheté contenant leur nom et adresse. Les œuvres doivent être envoyées à M. de Navailles Poëyferré, Secrétaire de l'Académie, avant novembre, sans frais de port. Les auteurs omettant de mentionner leur nom ou utilisant des noms supposés seront disqualifiés.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
13709
p. 78-84
Lettre de M. Gentil en réponse à la Lettre de M. le Tellier, [titre d'après la table]
Début :
LETTRE de M. Gentil, Docteur en Médecine de la Faculté de Paris, en réponse [...]
Mots clefs :
Docteur en médecine, Histoire universelle, Académie des enfants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre de M. Gentil en réponse à la Lettre de M. le Tellier, [titre d'après la table]
LETTRE ETTRE de M. Gentil , Docteur en
Médecine de la Faculté de Paris , en réponſe
à la Lettre de M. le Thellier , Docteur
en Médecine de la Faculté de Montpellier
, réfidant à Peronne , au fujet d'un
ouvrage nouveau , intitulé Epoques élémentaires
d'hiftoire univerſelle ſuivant la chronologie
vulgaire; par le Sr Mahaux , Maître
affocié de la maifon nommée Académie des
Enfans , rue de Seine , Fauxbourg S.Victor.
En conféquence de ce que vous avez lû ,
Monfieur & cher Confrere , dans la feuille
34° de l'Année littéraire du 18 Décembre
1754 , & dans le Mercure de France d'Avril
1755 , au fujet de l'ouvrage de M.
Mahaux , vous vous êtes adreffé à moi
pour vous déterminer au jugement que
vous en devez porter , & fçavoir fi cet
ouvrage mérite effectivement le bien qu'on
en a dit , fur-tout quels progrès il fait faire
JUIN. 1755. 79
aux enfans dans la maifon des fieurs Viart
& Mahaux , annoncée , il y a plus de deux
ans , par un Profpectus qui a fait beaucoup
de bruit dans fon tems ; enfin fi cette Académie
eft telle qu'il foit raifonnable d'y
envoyer des enfans du fond d'une province
, comment ils y font tenus & nourris ,
& fi l'on y exécute ponctuellement tout ce
qui a été promis à ces différens égards ,
le tout parce que vous fçavez que je fuis
l'ami & le médecin de cette maifon. 1 °.
Je vous crois fort en état de juger par vousmême
de l'ouvrage en queftion ; je vous
l'ai envoyé , effaiez -en fur des enfans qui
yous font chers , & fuivez exactement la
méthode aifée qui y eft prefcrite : vous
verrez bientôt qu'il n'y a rien d'exagéré
dans les éloges qu'on lui a donnés à Paris ,
& qu'il en obtient de plus grands à meſure
qu'il eft plus connu & pratiqué. 2 ° . Je ne
puis ni ne dois refufer mon témoignage
en pareille occafion à quiconque me le
demande , encore moins à vous , Monfieur,
qui m'honorez de votre confiance. Sans
être juge né de cette partie de la littérature
& des méthodes d'éducation en général ,
je conviendrai fans peine que rien n'empêchant
un Médecin de connoître & de
fuivre les différens progrès des arts & des
fciences , il est toujours cenfé n'en fçavoir
Diiij
80 MERCURE DE FRANCE.
pas affez peu dans ces fortes de chofes
pour y être trompé , du moins à un certain
point , ou fe laiffer aveugler par trop
de prévention. Ce que j'ai vu depuis deux
ans ne me permet pas de le déclarer foiblement.
Il y a dans cette maiſon , qui eſt
dans l'air le plus pur , & dont le bâtiment
eft magnifique & fpacieux , féparé feulement
par un mur du Jardin du Roi , fecond
avantage qui fe fait affez fentir fans le dire ,
deux Maîtres en chef , fçavoir le Sr Viart ,
Avocat en Parlement , qui donne des notions
de jurifprudence romaine & françoife
; le Sr Mahaux des leçons d'hiftoire ,
de chronologie , géographie , généalogie 5
blafon , & c. trois Précepteurs pour le
latin ; un Maître de mathématique & de
phyfique expérimentale ; un pour la langue
allemande ; un de deffein , de danfe ,
pour les armes , exercices & évolutions
militaires , de mufique & pour les inftrumens
; enfin un Prêtre de la Paroiffe pour
le catéchifme. La nourriture y est trèsbonne
& très-faine : on accoutume les enfans
à la plus grande propreté , & à avoir
toujours l'air arrangé comme s'ils étoient
dans le monde , fur- tout à une très- grande
politeſſe entr'eux ; ' jamais de termes durs
& choquans , même de la part des Maîtres
lorfqu'ils font forcés d'employer la répri-
-
JUIN. 17556 SE
mande ; le plus grand châtiment eft la
privation des exercices ordinaires qui fervent
toujours de récompenfe de l'un à
l'autre . Ces enfans ne montrent jamais
plus de gaieté & d'empreffement que lorfqu'on
les y appelle ; ils quittent leurs jeux
& fe plaignent ordinairement du peu de
tems que durent les inftructions. Il n'y a
gueres de femaines où il n'ayent à parler
trois ou quatre fois devant des compagnies
nombreufes que la curiofité attire ,
d'où il arrive que ce font des efpeces
d'actes publics qu'ils foutiennent fans
autre préparation , & que fans rien per
dre du côté de l'émulation , ils ne tombent
pas dans l'inconvénient de la préfomption
& de la vaine gloire C'eſt tout
vous dire , Monfieur , que je ne fors jamais
de cette maiſon fans en être comme
enchanté , & vous fçavez que je ne fuis
pas de caractere à commettre légerement
mon eftime & mon fuffrage . Ce que j'y
dois ajouter , & qui peut vous engager le
plus à ne pas y refufer le vôtre , c'est que,
je ne vous écris ceci de concert
pas tout
avec eux ; je les regarde comme des gens
vraiment modeftes , animés du motif de
l'honneur véritable, & nullement avides de
plus de gain & de confidération qu'il ne leur
en eft dû s'ils craignent quelque chofe
Dv
$ 2 MERCURE DE FRANCE.
c'eft de donner à penfer à bien des gens
qu'ils ayent voulu s'annoncer comme plus
capables que tous leurs confreres . La grace
qu'ils demandent , eft que l'on daigne fe
fouvenir de ce qu'ils ont déclaré dans leur
Profpectus ; fçavoir que leur but unique eft
de mettre en ufage tous les bons moyens ,
tant anciens que nouveaux, qu'ils ont trouvés
établis dans les colleges , les penfions ,
& lieux publics & particuliers où l'on
éleve avec fuccès la jeuneffe , marque non
équivoque du vrai mérite & du noble
defir de bien fervir la fociété . Ainfi ils
ufent de la typographie de feu M. Dumas ,
de la méthode de MM . Rollin , Dumarfais
, Pluche & autres ; outre cela , d'une
méthode hiftorique dont les époques élémentaires
principales font partie ; mais
fur- tout de la géographie féculaire , ouvrage
tout neuf de leur façon , & que j'ai
déja vû applaudir hautement des connoiffeurs.
Imaginez-vous autant de cartes ou
de mappe - mondes que les fujets d'histoire
en comportent à chaque fiecle , & où le
point d'intérêt principal & particulier
s'offre auffi- tôt à la vue par la différente
colorifation , & met en état de borner ,
confronter & comparer tous les lieux de
chaque fcène , avec les noms qu'elle avoit
en différens tems , ce qui fait retenir fans
JUIN. 1755.
83
peine la géographie ancienne & moderne.
A l'égard des trois feuilles d'Époques élémentaires
qui ont donné lieu à votre lettre
& à ma réponſe , tout ce que je me contenterai
d'en dire , c'eft qu'il n'y a perfonne
à qui je ne confeillaffe d'en avoir
dans fon cabinet , comme le moyen le plus
propre à mettre fans aucun effort un vrai
plan dans l'efprit en moins de deux heures
de lecture . J'ai l'honneur d'être , &c.
On fçait que cet ouvrage ne fe vend
que 3 liv . & qu'on le trouve à Paris , chez
l'Auteur , & les Libraires Piffot , quai de
Conti , & Lambert , rue de la Comédie .
DICTIONNAIRE D'ARCHITECTURE
civile & hydraulique , & des arts qui en
dépendent ; comme la maçonnerie , la
charpenterie , la menuiferie , la ferrurerie ,
le jardinage , &c. la conftruction des ponts
& chauffées , des éclufes , & de tous les
ouvrages hydrauliques ; par Aug. Charles
d'Aviler ouvrage fervant de fuite au
cours d'architecture du même auteur .
Nouvelle édition , corrigée , & confidérablement
augmentée. A Paris , chez Ch . A.
Jombert, Imprimeur- Libraire du Roi pour
l'Artillerie & pour le Génie , rue Dauphi
ne , à l'Image Notre- Dame. 1755. 1 vol.
in-4°.grand papier. Prix 15 liv . relié.
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
RECUEIL de divers ouvrages fur la
peinture & le coloris ; par M. de Piles ,
de l'Académie royale de Peinture & de
Sculpture . A Paris , chez le même Libraire
, i vol . in- 12 . 2 liv . 10 fols.
Le TRIOMPHE DES DAMES , ou le
nouvel Empire littéraire . A Paris , 1755.
Cette brochure , qui ne contient que 22
pages , fe trouve chez Prault , quai des
Auguftins. Pour montrer dans quel goût
elle eft écrite , il fuffit de citer la prédic
tion qui fonde ce triomphe.
J'étois , dit l'auteur , à l'Obfervatoire ...
je vis une nouvelle conftellation conçue en
ces termes : les hommes abufent de l'empire
des lettres , les femmes le partageront au moins
avec eux dès la rentrée des claffes , c'eſt- àdire
qu'elles régenteront dans les colleges.
Rien n'eft plus galant.
Médecine de la Faculté de Paris , en réponſe
à la Lettre de M. le Thellier , Docteur
en Médecine de la Faculté de Montpellier
, réfidant à Peronne , au fujet d'un
ouvrage nouveau , intitulé Epoques élémentaires
d'hiftoire univerſelle ſuivant la chronologie
vulgaire; par le Sr Mahaux , Maître
affocié de la maifon nommée Académie des
Enfans , rue de Seine , Fauxbourg S.Victor.
En conféquence de ce que vous avez lû ,
Monfieur & cher Confrere , dans la feuille
34° de l'Année littéraire du 18 Décembre
1754 , & dans le Mercure de France d'Avril
1755 , au fujet de l'ouvrage de M.
Mahaux , vous vous êtes adreffé à moi
pour vous déterminer au jugement que
vous en devez porter , & fçavoir fi cet
ouvrage mérite effectivement le bien qu'on
en a dit , fur-tout quels progrès il fait faire
JUIN. 1755. 79
aux enfans dans la maifon des fieurs Viart
& Mahaux , annoncée , il y a plus de deux
ans , par un Profpectus qui a fait beaucoup
de bruit dans fon tems ; enfin fi cette Académie
eft telle qu'il foit raifonnable d'y
envoyer des enfans du fond d'une province
, comment ils y font tenus & nourris ,
& fi l'on y exécute ponctuellement tout ce
qui a été promis à ces différens égards ,
le tout parce que vous fçavez que je fuis
l'ami & le médecin de cette maifon. 1 °.
Je vous crois fort en état de juger par vousmême
de l'ouvrage en queftion ; je vous
l'ai envoyé , effaiez -en fur des enfans qui
yous font chers , & fuivez exactement la
méthode aifée qui y eft prefcrite : vous
verrez bientôt qu'il n'y a rien d'exagéré
dans les éloges qu'on lui a donnés à Paris ,
& qu'il en obtient de plus grands à meſure
qu'il eft plus connu & pratiqué. 2 ° . Je ne
puis ni ne dois refufer mon témoignage
en pareille occafion à quiconque me le
demande , encore moins à vous , Monfieur,
qui m'honorez de votre confiance. Sans
être juge né de cette partie de la littérature
& des méthodes d'éducation en général ,
je conviendrai fans peine que rien n'empêchant
un Médecin de connoître & de
fuivre les différens progrès des arts & des
fciences , il est toujours cenfé n'en fçavoir
Diiij
80 MERCURE DE FRANCE.
pas affez peu dans ces fortes de chofes
pour y être trompé , du moins à un certain
point , ou fe laiffer aveugler par trop
de prévention. Ce que j'ai vu depuis deux
ans ne me permet pas de le déclarer foiblement.
Il y a dans cette maiſon , qui eſt
dans l'air le plus pur , & dont le bâtiment
eft magnifique & fpacieux , féparé feulement
par un mur du Jardin du Roi , fecond
avantage qui fe fait affez fentir fans le dire ,
deux Maîtres en chef , fçavoir le Sr Viart ,
Avocat en Parlement , qui donne des notions
de jurifprudence romaine & françoife
; le Sr Mahaux des leçons d'hiftoire ,
de chronologie , géographie , généalogie 5
blafon , & c. trois Précepteurs pour le
latin ; un Maître de mathématique & de
phyfique expérimentale ; un pour la langue
allemande ; un de deffein , de danfe ,
pour les armes , exercices & évolutions
militaires , de mufique & pour les inftrumens
; enfin un Prêtre de la Paroiffe pour
le catéchifme. La nourriture y est trèsbonne
& très-faine : on accoutume les enfans
à la plus grande propreté , & à avoir
toujours l'air arrangé comme s'ils étoient
dans le monde , fur- tout à une très- grande
politeſſe entr'eux ; ' jamais de termes durs
& choquans , même de la part des Maîtres
lorfqu'ils font forcés d'employer la répri-
-
JUIN. 17556 SE
mande ; le plus grand châtiment eft la
privation des exercices ordinaires qui fervent
toujours de récompenfe de l'un à
l'autre . Ces enfans ne montrent jamais
plus de gaieté & d'empreffement que lorfqu'on
les y appelle ; ils quittent leurs jeux
& fe plaignent ordinairement du peu de
tems que durent les inftructions. Il n'y a
gueres de femaines où il n'ayent à parler
trois ou quatre fois devant des compagnies
nombreufes que la curiofité attire ,
d'où il arrive que ce font des efpeces
d'actes publics qu'ils foutiennent fans
autre préparation , & que fans rien per
dre du côté de l'émulation , ils ne tombent
pas dans l'inconvénient de la préfomption
& de la vaine gloire C'eſt tout
vous dire , Monfieur , que je ne fors jamais
de cette maiſon fans en être comme
enchanté , & vous fçavez que je ne fuis
pas de caractere à commettre légerement
mon eftime & mon fuffrage . Ce que j'y
dois ajouter , & qui peut vous engager le
plus à ne pas y refufer le vôtre , c'est que,
je ne vous écris ceci de concert
pas tout
avec eux ; je les regarde comme des gens
vraiment modeftes , animés du motif de
l'honneur véritable, & nullement avides de
plus de gain & de confidération qu'il ne leur
en eft dû s'ils craignent quelque chofe
Dv
$ 2 MERCURE DE FRANCE.
c'eft de donner à penfer à bien des gens
qu'ils ayent voulu s'annoncer comme plus
capables que tous leurs confreres . La grace
qu'ils demandent , eft que l'on daigne fe
fouvenir de ce qu'ils ont déclaré dans leur
Profpectus ; fçavoir que leur but unique eft
de mettre en ufage tous les bons moyens ,
tant anciens que nouveaux, qu'ils ont trouvés
établis dans les colleges , les penfions ,
& lieux publics & particuliers où l'on
éleve avec fuccès la jeuneffe , marque non
équivoque du vrai mérite & du noble
defir de bien fervir la fociété . Ainfi ils
ufent de la typographie de feu M. Dumas ,
de la méthode de MM . Rollin , Dumarfais
, Pluche & autres ; outre cela , d'une
méthode hiftorique dont les époques élémentaires
principales font partie ; mais
fur- tout de la géographie féculaire , ouvrage
tout neuf de leur façon , & que j'ai
déja vû applaudir hautement des connoiffeurs.
Imaginez-vous autant de cartes ou
de mappe - mondes que les fujets d'histoire
en comportent à chaque fiecle , & où le
point d'intérêt principal & particulier
s'offre auffi- tôt à la vue par la différente
colorifation , & met en état de borner ,
confronter & comparer tous les lieux de
chaque fcène , avec les noms qu'elle avoit
en différens tems , ce qui fait retenir fans
JUIN. 1755.
83
peine la géographie ancienne & moderne.
A l'égard des trois feuilles d'Époques élémentaires
qui ont donné lieu à votre lettre
& à ma réponſe , tout ce que je me contenterai
d'en dire , c'eft qu'il n'y a perfonne
à qui je ne confeillaffe d'en avoir
dans fon cabinet , comme le moyen le plus
propre à mettre fans aucun effort un vrai
plan dans l'efprit en moins de deux heures
de lecture . J'ai l'honneur d'être , &c.
On fçait que cet ouvrage ne fe vend
que 3 liv . & qu'on le trouve à Paris , chez
l'Auteur , & les Libraires Piffot , quai de
Conti , & Lambert , rue de la Comédie .
DICTIONNAIRE D'ARCHITECTURE
civile & hydraulique , & des arts qui en
dépendent ; comme la maçonnerie , la
charpenterie , la menuiferie , la ferrurerie ,
le jardinage , &c. la conftruction des ponts
& chauffées , des éclufes , & de tous les
ouvrages hydrauliques ; par Aug. Charles
d'Aviler ouvrage fervant de fuite au
cours d'architecture du même auteur .
Nouvelle édition , corrigée , & confidérablement
augmentée. A Paris , chez Ch . A.
Jombert, Imprimeur- Libraire du Roi pour
l'Artillerie & pour le Génie , rue Dauphi
ne , à l'Image Notre- Dame. 1755. 1 vol.
in-4°.grand papier. Prix 15 liv . relié.
D vj
84 MERCURE DE FRANCE.
RECUEIL de divers ouvrages fur la
peinture & le coloris ; par M. de Piles ,
de l'Académie royale de Peinture & de
Sculpture . A Paris , chez le même Libraire
, i vol . in- 12 . 2 liv . 10 fols.
Le TRIOMPHE DES DAMES , ou le
nouvel Empire littéraire . A Paris , 1755.
Cette brochure , qui ne contient que 22
pages , fe trouve chez Prault , quai des
Auguftins. Pour montrer dans quel goût
elle eft écrite , il fuffit de citer la prédic
tion qui fonde ce triomphe.
J'étois , dit l'auteur , à l'Obfervatoire ...
je vis une nouvelle conftellation conçue en
ces termes : les hommes abufent de l'empire
des lettres , les femmes le partageront au moins
avec eux dès la rentrée des claffes , c'eſt- àdire
qu'elles régenteront dans les colleges.
Rien n'eft plus galant.
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Résumé : Lettre de M. Gentil en réponse à la Lettre de M. le Tellier, [titre d'après la table]
M. Gentil, Docteur en Médecine de la Faculté de Paris, répond à M. Thellier, Docteur en Médecine de la Faculté de Montpellier, concernant l'ouvrage 'Époques élémentaires d'histoire universelle' du Sr Mahaux et l'Académie des Enfants, dirigée par les Srs Viart et Mahaux, située rue de Seine, Faubourg Saint-Victor. M. Thellier avait demandé l'avis de M. Gentil sur ces sujets. M. Gentil confirme la qualité de l'ouvrage et des méthodes éducatives de l'Académie. Il décrit les installations et les méthodes pédagogiques, soulignant la propreté, la politesse et la discipline des élèves. Les enseignements couvrent divers domaines, tels que la jurisprudence, l'histoire, la chronologie, la géographie, les mathématiques, les langues, la musique, et les exercices militaires. La nourriture est bonne et saine, et les enfants sont encouragés à la propreté et à la politesse. M. Gentil mentionne les méthodes pédagogiques utilisées, telles que celles de MM. Rollin, Dumarsais, et Pluche, ainsi qu'une méthode historique et une géographie séculaire nouvellement développée. Il recommande vivement l'ouvrage 'Époques élémentaires' pour sa capacité à structurer rapidement les connaissances historiques. Enfin, M. Gentil assure que son témoignage est indépendant et qu'il considère les directeurs de l'Académie comme des personnes modestes et honorables, motivées par le désir de bien servir la société.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13710
p. 85-87
Lettre à l'Auteur du Mercure, [titre d'après la table]
Début :
J'ai lû, Monsieur, le problême algébrique que vous avez inséré dans votre [...]
Mots clefs :
Problème d'algèbre, Troupes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Lettre à l'Auteur du Mercure, [titre d'après la table]
'AI lû , Monfieur , le problême algébrique
que vous avez inféré dans votre
Mercure du mois de Mai . On ne peut mieux
'ordonner les combinaifons d'un problême
indéterminé du premier dégré ; mais j'y
aurois fouhaité plus d'exactitude , il renferme
des erreurs capables de déconcerter
ceux qui admettent les conditions comme
certaines .
A la troifieme condition on lit , le troi
fieme détachement étoit tel que les foldats rangés
fur trois de hauteur , il en reftoit trois ;
il faut lire furfept de hauteur. Cette faute
fenfible eft du Copifte ou de l'Imprimeur.
Il y en a une autre qui appartient entierement
à l'auteur ; elle eft au feptieme
article , & confifte dans le mot , c'eft- à - dire
qui joint deux conditions , de façon à faire
croire que de l'une fuit néceffairement l'autre.
Le Septieme des troupes du fecond pofte
86 MERCURE DE FRANCE.
montoit à neuf hommes de moins que la moitié
des foldats tués au premier pofte , c'eſt- àdire
que le rapport des troupes défaites au premier
pofte étoit à celui des troupes défaites au
fecond pofte , comme 140 est à 61 .
La feconde partie de cette propofition
eft toujours vraie dans le problême ; mais
la premiere partie n'eft vraie que dans les
plus petits nombres , & eft impoffible dans
Les autres : il paroît bien
que l'auteur n'a
pas pris la peine de vérifier fon calcul.
S'il avoit fuppofé feulement = 1 ,
il auroit
vû bientôt la faufferé de fa réſolution ,
il auroit vû que les nombres nouveaux ne
répondent pas à la condition dont je parle ,
& qu'il la faut retrancher fi l'on veut que
le problême refte indéterminé.
Comme l'auteur en promet la folution
pour le mois de juin , j'abrégerai la mienne
& ne détaillerai point un calcul qui ennuieroit
ceux pour qui l'algébre eft étran
ger , & qui n'eft pas néceffaire aux autres..
Si pour défigner les trois détachemens ,
on prend les trois expreffions fuivantes ,
1' détachement . 2d détachement . 3 détachement.
12a + 11. 356 + 11. 636 +59
on a déja fatisfait aux trois premieres con
ditions.
L'examen analytique des conditions
qui reftent , fait voir que a 700 n +
•
JUIN. 1755. $1
45. b = 183 n + 12. c = 70 μ + 4 ;
& en mettant ces valeurs au lieu de a, b, c ,
dans les premieres expreffions , on trouvera
avec l'auteur la folution générale
1' détachement. 24 détachement. 3º détachement.
8400551.6405 u + 431 4410 μ + 311.
. Après avoir donné la folution de ce problême
, l'auteur me permettra de lui en
propofer un à mon tour ; il eft indéterminé
comme le fien , & du premier dégré
nous pourrons monter au fecond fi l'auteur
juge à propos de m'honorer de la continuation
de fon commerce mathématique ,
qui ne peut être qu'inftructif pour l'un &
pour l'autre .
PROBLEM E.
Une perfonne rencontre trois pauvres ,
& les faifant ranger en cercle donne à chacun
des pièces de douze fols & des piéces
de vingt- quatre fols.
Après la diftribution , qui eft inégale , il
fe trouve que chaque pauvre a autant de
piéces que l'un de fes voifins a de livres ,
& autant de livres que fon autre voifin a
de piéces .
On demande combien chaque pauvre
reçoit de pieces de douze fols , & combien
de pieces de vingt- quatre fols.
Voici la folution du premier problême par
l'auteur, qui remplit fa promeffe.
que vous avez inféré dans votre
Mercure du mois de Mai . On ne peut mieux
'ordonner les combinaifons d'un problême
indéterminé du premier dégré ; mais j'y
aurois fouhaité plus d'exactitude , il renferme
des erreurs capables de déconcerter
ceux qui admettent les conditions comme
certaines .
A la troifieme condition on lit , le troi
fieme détachement étoit tel que les foldats rangés
fur trois de hauteur , il en reftoit trois ;
il faut lire furfept de hauteur. Cette faute
fenfible eft du Copifte ou de l'Imprimeur.
Il y en a une autre qui appartient entierement
à l'auteur ; elle eft au feptieme
article , & confifte dans le mot , c'eft- à - dire
qui joint deux conditions , de façon à faire
croire que de l'une fuit néceffairement l'autre.
Le Septieme des troupes du fecond pofte
86 MERCURE DE FRANCE.
montoit à neuf hommes de moins que la moitié
des foldats tués au premier pofte , c'eſt- àdire
que le rapport des troupes défaites au premier
pofte étoit à celui des troupes défaites au
fecond pofte , comme 140 est à 61 .
La feconde partie de cette propofition
eft toujours vraie dans le problême ; mais
la premiere partie n'eft vraie que dans les
plus petits nombres , & eft impoffible dans
Les autres : il paroît bien
que l'auteur n'a
pas pris la peine de vérifier fon calcul.
S'il avoit fuppofé feulement = 1 ,
il auroit
vû bientôt la faufferé de fa réſolution ,
il auroit vû que les nombres nouveaux ne
répondent pas à la condition dont je parle ,
& qu'il la faut retrancher fi l'on veut que
le problême refte indéterminé.
Comme l'auteur en promet la folution
pour le mois de juin , j'abrégerai la mienne
& ne détaillerai point un calcul qui ennuieroit
ceux pour qui l'algébre eft étran
ger , & qui n'eft pas néceffaire aux autres..
Si pour défigner les trois détachemens ,
on prend les trois expreffions fuivantes ,
1' détachement . 2d détachement . 3 détachement.
12a + 11. 356 + 11. 636 +59
on a déja fatisfait aux trois premieres con
ditions.
L'examen analytique des conditions
qui reftent , fait voir que a 700 n +
•
JUIN. 1755. $1
45. b = 183 n + 12. c = 70 μ + 4 ;
& en mettant ces valeurs au lieu de a, b, c ,
dans les premieres expreffions , on trouvera
avec l'auteur la folution générale
1' détachement. 24 détachement. 3º détachement.
8400551.6405 u + 431 4410 μ + 311.
. Après avoir donné la folution de ce problême
, l'auteur me permettra de lui en
propofer un à mon tour ; il eft indéterminé
comme le fien , & du premier dégré
nous pourrons monter au fecond fi l'auteur
juge à propos de m'honorer de la continuation
de fon commerce mathématique ,
qui ne peut être qu'inftructif pour l'un &
pour l'autre .
PROBLEM E.
Une perfonne rencontre trois pauvres ,
& les faifant ranger en cercle donne à chacun
des pièces de douze fols & des piéces
de vingt- quatre fols.
Après la diftribution , qui eft inégale , il
fe trouve que chaque pauvre a autant de
piéces que l'un de fes voifins a de livres ,
& autant de livres que fon autre voifin a
de piéces .
On demande combien chaque pauvre
reçoit de pieces de douze fols , & combien
de pieces de vingt- quatre fols.
Voici la folution du premier problême par
l'auteur, qui remplit fa promeffe.
Fermer
Résumé : Lettre à l'Auteur du Mercure, [titre d'après la table]
Le texte critique un problème algébrique publié dans le Mercure de mai. L'auteur reconnaît la bonne structuration des combinaisons du problème indéterminé du premier degré, mais identifie plusieurs erreurs. La première erreur se trouve dans la troisième condition, où il est mentionné 'fur trois de hauteur' au lieu de 'furfept de hauteur'. Une autre erreur apparaît dans le septième article, où le mot 'c'est-à-dire' est mal utilisé, suggérant une relation nécessaire entre deux conditions qui n'existe pas nécessairement. L'auteur critique également la vérification des calculs, soulignant que la première partie d'une proposition est vraie seulement pour les plus petits nombres et impossible pour les autres. Il propose une solution abrégée pour éviter d'ennuyer les lecteurs non familiers avec l'algèbre. Le texte se conclut par la proposition d'un nouveau problème indéterminé du premier degré, similaire à celui critiqué, et invite l'auteur du problème initial à continuer l'échange mathématique. Le nouveau problème consiste à déterminer la distribution de pièces de douze sols et de vingt-quatre sols entre trois pauvres, en respectant certaines conditions de répartition inégale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
13711
p. 88-95
Méthode de solution du problême d'algébre appliqué à la science de la guerre, annoncé dans le Mercure de Mai 1755, page 87, à M. Censeur & Professeur royal ; par M. G. Ecuyer, Officier de Madame la Dauphine, & de la Société Littéraire de Senlis.
Début :
Il est juste de remplir ses engagemens, l'honneur nous y oblige. Tout l'art de la [...]
Mots clefs :
Problème d'algèbre, Science de la guerre, Professeur royal, Société littéraire de Senlis
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texteReconnaissance textuelle : Méthode de solution du problême d'algébre appliqué à la science de la guerre, annoncé dans le Mercure de Mai 1755, page 87, à M. Censeur & Professeur royal ; par M. G. Ecuyer, Officier de Madame la Dauphine, & de la Société Littéraire de Senlis.
Méthode de folution du problême d'algébre
appliqué à la fcience de la guerre , annons
cé dans le Mercure de Mai 1755 , page
87 , à M. de M. Cenfeur & Profeffeur
royal; par M. G. Ecuyer , Officier de Madame
la Dauphine , & de la Société Liti
téraire de Senlis.
It our oblige. Tout
y
dela
Left jufte de remplir fes engagemens ,
méthode de folution du problême confifte à
fuppofer , felon la magie ordinaire de l'al
gébre , des quotiens fictifs qui fe terminent
finalement à un quotient exact & réel , lequel
devient , malgré fon indétermination,
la commune mefure , le lieu commun , l'expreffion
des relations mutuelles des incon →
véniens qui entrent dans la queftion.
La premiere condition du problême eft
telle : lorfqu'on rangeoit les foldats du premier
détachement fur trois de hauteur , il
y en avoit deux de refte , & lorfqu'on les
rangeoit fur quatre , il en reftoit trois.
Cette condition & les deux fuivantes
prifes dans un point de vue , pour ainfi
dire ifolé , contiennent en elles - mêmes
des problêmes parfaitement diftincts . On
verra qu'ils n'acquerront de liaifon entre
JUIN. 1755 . 89
eux que par la quatrieme condition. Soir
donc nommé x le premier détachement , a
le nombre des compres par 3 , & b celui
des comptes par 4 , l'on aura x =
3 a +
2 = 46 + 3 ; donc 3 a 4 b + 1 ;
bt
b ++ : foit fuppofe
3
=
3
donc b + 1 = 30 , b = 30
--
.1; donc
b + 3 = x = 120—4 + 3 = 120 —
- 1 ; ci pour mémoire , x = 12 c Par
la feconde condition , lorfqu'on rangeoit
les troupes du fecond détachement fur
de hauteur , il en reftoit un ; & lorsqu'on
les rangeoit fur 7 , il en reftoit 4. Soit donc
nommé y ce fecond détachement , d les
comptes par 5 , & e ceux des comptes par
7 ; donc y = 5 d + 1 = 7e + 4 ; 5 d
= 7e + 3 ; d = e + 2 +3 foit
: conçu
e
5
2º+3 =ƒf;; donc 2e +3 = 5 ƒ» 2 0
f-
= sf − 336 = 2f + 3 , concevant
f
21
ƒ——g ; doncƒ— 3 — 28 ; f= 28+3 ;
2f486 ; donce = 48+ 6 + g
= 5 g + 6; donc 7 e +4 ou y = 358 +42
2
+ 4 = 358 + 358 + 46 ; ci pour mémoire , y
=35g8 +46.
Dans la troifieme condition il eft dit ,
que lorfqu'on rangeoit les foldats du troi90
MERCURE DE FRANCE.
fieme détachement fur 7 de hauteur , il y
en avoit 3 de refte ; & lorfqu'on les rangeoit
fur 9 , il en reftoit 5. Soit nommé z
ce troifieme détachement , b les comptes
par 7 , & k ceux par 9 , l'on aura 76
+ 3 = 9k + 5 ; donc b = b = k+
2k+2
ſuppoſant
2 +1 = 1 ; donc 2k + 2 =
7
-
2
71,2 k = 71—2k = 3 1+ ²² fai-
2
2
fant = m ; donc / = 2 m + 2 , & par
conféquent k = 6m +m + 6 = 7m+ 6;
donc 9k + 5 ou 2 = 9 × 7m + 6+ 5=
63m + 59.
2 = 63m + 59
y = 35 g +46
x= 12C -- I
L'on a donc les valeurs des trois inconnues
exprimées par trois indéterminées
différentes , & qui en font trois problêmes
parfaitement diftincts ; effectivement 10.
douze comptes par trois moins l'unité, égalent
onze comptes par trois , & deux de
refte ; douze comptes par quatre moins l'unité
, font égaux à onze comptes par quatre
, plus 3 de refte.
2º. On a 7 g comptes pars plus 9 comptes
par 5 ( 45 ) & l'unité de refte , & is ,
comptes par 7 , plus 6 comptespar 7 , & 4
de refte.
JUIN. 1755.
3°. L'on a 9 m × 7 ou 63 comptes par 7,
plus 8 comptes par 7 ( 56 ) & 3 de refte ;
enfin l'on a 7 m × 9 ou 63 comptes par 9 ,
plus 6 comptes par 9 5 & 5 de refte. C.q.
f. d. 1°.
Telle eft la quatrieme condition ; les
trois détachemens étoient en proportion
arithmétique continue , ou le premier détachement
joint au troifieme étoit double
du fecond , ce qui donne
2 × 358 + 46 = 70 g + 92 = 12 G
→ 1 + 63m + 59 , d'où l'on tire 126
=70g — 63 m + 3 4 ; c = 5. g → sm
+ 2 + 10g 3 m + 10 , fuppofant
-
108 = 3m + 10
12
-
*
12
f
= u ; donc 10 g + 10
3 m = 12 u ; 10 g = 122 — 10+
น
3 mg = u ~ 1 + 3 m + 2 ; 3 m + 2 u
-
" 10
I
IO
p ; donc 2 + 3 m = 10 p ; 2 u = 10p
— 3 m , u = 5 pm - m , foitm =
q;
donc m = 2q ; fubftituant par tout en
retrogradant cette valeur de m , l'on aura
= SP - 39.
8 = 5p - 39-1 + 6 + 101 - 6
-
ΙΟ
u
= 6 p — 3 q — i ; donc 358+ 46 ouy
39
92 MERCURE DE FRANCE.
= 35 × 6p - 3 9-146210p
-105 q-+ u.
120- I ou x 420p
& x =1269+ 59 , & les réuniffant l'on a
—
--
336 - 37,
qui rempliffent
les
4 premiex
= 420p 3369 37
y = 210 p
2 =
105 9 + 11
+1269+ Se
res conditions.
-
Effectivement 1 ° , l'on a 140 px 3+
1129 × 3-12 x 31 Ou11 × 3 + 2
& п05p4 84 9 × 4 — 9 × 4 - 1 Oll
- 8 × 4 + 3 .
{ 2 °. L'on a 42 px S
>
- OÙ
·-21.9x5 + 2
- * 5 + 1 & 3 0 p × 7 1 5 9 × 7 + 7
+4.
3 °. 189 × 7 + 8 × 7 + 3 , & 149
9 +6 × 9 + 5 .
420p
-
4°. Enfin 420 p = 336 937 +126
a + 49
2109 +22 2
x2100-1059 +11 . C. q. f. 2 ° . d.
Par la fixieme condition on perdit le
quart du premier détachement augmenté
de neuf hommes ; par la feptieme on perdit
le feptieme des troupes du fecond détachement
diminué de quatre hommes ;
& par la huitieme on perdit le tiers des
troupes du troifieme détachement diminué
de cinq hommes. La perte du premier pofte
étoit à celle du fecond comme 140 à
JUIN. 1755.
93
61 , & la perte du premier pofte à celle du
troifieme , comme 70 à 51. L'on fera donc
pour remplir les feptieme & huitieme conditions
, cette analogie , qui va réduire les
deux indéterminées p & gà une feule ».
x +23-4420p - 3369-28.
140.61 :: ::
-
4. 7
310 p = 105 9 +7 , d'où l'on tire 61 *
7
420p 33 9 -28
4
140 x 210 p 1059+ 7,
7
-129
I
ou 61 × 7 * 4 * ISP ::
30P - 159 + 1 x 20 x 7 , ou 915p +
7329-61600p — 3009 + 20 , ou
315 p = 4329 +81 ; donc 105 p =
1449+ 27335 p = 4 8 9 + 9 ; p = q
++ 139 +2 , 139+9
fuppofant 13 m ; donc
35 35
339 + 9 = 35 m , 1 3 q = 3 5 m — 9 ,
9 = 2m
9 m -
m
13
J
faifant 99
13
= 13 u , m zu +1 +
4น
9
-
faifant = √ 4 = 9 √ ‚ u :
+ √ , faiſfant√ = ; donc √ 4 ,
& fubftituant par-tout à la place de cette
valeur en rétrogradant , l'on aura √
4u , u = 9u , m = 13 u + 1,9 = 35 n
+ 1 ; p = 48 +3 ; & mettant ces valeurs
de p & de q dans celles de x , y , z ,
l'on aura x 420 × 48. × + 3
× 352 + 2 ~ 378400 + 55 =x
----
336
}
94 MERCURE DE FRANCE.
-
7 = 210 × 45 × + 3 → 105 × 35
1 + 2 + 11 = 6405 + 431 = y
z = 126 × 35 + 1 + 59 = 4410
# + 311 = ~ ,
qui font les trois nombres qu'on a démontrés
dans le Mercure dernier devoir remplir
toutes les conditions du problême.
En fait de fciences exactes & de raiſonnement
, il eſt des fautes heureuſes , & il
eft quelquefois avantageux de tomber dans
des paralogifmes , fur-tout lorfque leur
découverte nous ouvre les fources de l'erreur
, & nous apprend à éviter les routes
fauffes dans lesquelles nous nous étions
engagés ; fouvent l'erreur fert à approfondir
des vérités qu'on n'avoit fait qu'ef
fleurer. Les obfervations qui vont fuivre
ferviront à nous en convaincre.
OBSERVATION S.
1º. Si l'on avoit cherché les valeurs de
x ,y,z en une feule indéterminée par la
huitieme condition , on auroit eu en fuivant
toujours notre méthode ,
x = 58800 S +55 1
y = 45465S + 431
L = 32130 S + 311
qui fatisfait également à tout , mais dont
le premier membre eft feptuple du premiermembre
des nombres ci-devant trouvés ,
JUIN. 17553
95
& qui rendent par conféquent la folution
moins étendue & moins élégante.
2º. On pouvoit réfoudre la huitieme
condition comme un problême particulier,
en faifant +9.25 : 70 , 51 , ce qui
4 3
auroit donné x 280 19 , & z = 153 = tb
+ s , qui ne remplit que cette feule condition
, ce qui fait voir la néceffité d'employer
à la place de x & z qui font les dénominations
qu'on a donné d'abord aux
premier & troifieme détachemens , la néceffité
, dis-je , d'employer leurs valeurs
trouvées en p & q par notre méthode.
3. Si on eût choisi un rapport des
pertes du premier & du fecond détachement
différent de celui de 140 à 61 ; par
exemple , fi on eût fait 2.2
420p - 3369-37 . 2100-105 9 + 11
4
à 4 , on auroit eu
x= 37800+ 6039
y= 88200 + 14116
2 = 13860V + 22193
4 оц
qui ne fatisfont qu'à quelques parties des
conditions du problême , par cette feule
raifon que les valeurs de x , y , z , expriprimées
en p & q , avoient acquis par les
conditions multipliées une relation , pour
ainfi dire , intrinféque , & qu'en leur en
attribuant une nouvelle on dénature les
valeurs de p & de q.
appliqué à la fcience de la guerre , annons
cé dans le Mercure de Mai 1755 , page
87 , à M. de M. Cenfeur & Profeffeur
royal; par M. G. Ecuyer , Officier de Madame
la Dauphine , & de la Société Liti
téraire de Senlis.
It our oblige. Tout
y
dela
Left jufte de remplir fes engagemens ,
méthode de folution du problême confifte à
fuppofer , felon la magie ordinaire de l'al
gébre , des quotiens fictifs qui fe terminent
finalement à un quotient exact & réel , lequel
devient , malgré fon indétermination,
la commune mefure , le lieu commun , l'expreffion
des relations mutuelles des incon →
véniens qui entrent dans la queftion.
La premiere condition du problême eft
telle : lorfqu'on rangeoit les foldats du premier
détachement fur trois de hauteur , il
y en avoit deux de refte , & lorfqu'on les
rangeoit fur quatre , il en reftoit trois.
Cette condition & les deux fuivantes
prifes dans un point de vue , pour ainfi
dire ifolé , contiennent en elles - mêmes
des problêmes parfaitement diftincts . On
verra qu'ils n'acquerront de liaifon entre
JUIN. 1755 . 89
eux que par la quatrieme condition. Soir
donc nommé x le premier détachement , a
le nombre des compres par 3 , & b celui
des comptes par 4 , l'on aura x =
3 a +
2 = 46 + 3 ; donc 3 a 4 b + 1 ;
bt
b ++ : foit fuppofe
3
=
3
donc b + 1 = 30 , b = 30
--
.1; donc
b + 3 = x = 120—4 + 3 = 120 —
- 1 ; ci pour mémoire , x = 12 c Par
la feconde condition , lorfqu'on rangeoit
les troupes du fecond détachement fur
de hauteur , il en reftoit un ; & lorsqu'on
les rangeoit fur 7 , il en reftoit 4. Soit donc
nommé y ce fecond détachement , d les
comptes par 5 , & e ceux des comptes par
7 ; donc y = 5 d + 1 = 7e + 4 ; 5 d
= 7e + 3 ; d = e + 2 +3 foit
: conçu
e
5
2º+3 =ƒf;; donc 2e +3 = 5 ƒ» 2 0
f-
= sf − 336 = 2f + 3 , concevant
f
21
ƒ——g ; doncƒ— 3 — 28 ; f= 28+3 ;
2f486 ; donce = 48+ 6 + g
= 5 g + 6; donc 7 e +4 ou y = 358 +42
2
+ 4 = 358 + 358 + 46 ; ci pour mémoire , y
=35g8 +46.
Dans la troifieme condition il eft dit ,
que lorfqu'on rangeoit les foldats du troi90
MERCURE DE FRANCE.
fieme détachement fur 7 de hauteur , il y
en avoit 3 de refte ; & lorfqu'on les rangeoit
fur 9 , il en reftoit 5. Soit nommé z
ce troifieme détachement , b les comptes
par 7 , & k ceux par 9 , l'on aura 76
+ 3 = 9k + 5 ; donc b = b = k+
2k+2
ſuppoſant
2 +1 = 1 ; donc 2k + 2 =
7
-
2
71,2 k = 71—2k = 3 1+ ²² fai-
2
2
fant = m ; donc / = 2 m + 2 , & par
conféquent k = 6m +m + 6 = 7m+ 6;
donc 9k + 5 ou 2 = 9 × 7m + 6+ 5=
63m + 59.
2 = 63m + 59
y = 35 g +46
x= 12C -- I
L'on a donc les valeurs des trois inconnues
exprimées par trois indéterminées
différentes , & qui en font trois problêmes
parfaitement diftincts ; effectivement 10.
douze comptes par trois moins l'unité, égalent
onze comptes par trois , & deux de
refte ; douze comptes par quatre moins l'unité
, font égaux à onze comptes par quatre
, plus 3 de refte.
2º. On a 7 g comptes pars plus 9 comptes
par 5 ( 45 ) & l'unité de refte , & is ,
comptes par 7 , plus 6 comptespar 7 , & 4
de refte.
JUIN. 1755.
3°. L'on a 9 m × 7 ou 63 comptes par 7,
plus 8 comptes par 7 ( 56 ) & 3 de refte ;
enfin l'on a 7 m × 9 ou 63 comptes par 9 ,
plus 6 comptes par 9 5 & 5 de refte. C.q.
f. d. 1°.
Telle eft la quatrieme condition ; les
trois détachemens étoient en proportion
arithmétique continue , ou le premier détachement
joint au troifieme étoit double
du fecond , ce qui donne
2 × 358 + 46 = 70 g + 92 = 12 G
→ 1 + 63m + 59 , d'où l'on tire 126
=70g — 63 m + 3 4 ; c = 5. g → sm
+ 2 + 10g 3 m + 10 , fuppofant
-
108 = 3m + 10
12
-
*
12
f
= u ; donc 10 g + 10
3 m = 12 u ; 10 g = 122 — 10+
น
3 mg = u ~ 1 + 3 m + 2 ; 3 m + 2 u
-
" 10
I
IO
p ; donc 2 + 3 m = 10 p ; 2 u = 10p
— 3 m , u = 5 pm - m , foitm =
q;
donc m = 2q ; fubftituant par tout en
retrogradant cette valeur de m , l'on aura
= SP - 39.
8 = 5p - 39-1 + 6 + 101 - 6
-
ΙΟ
u
= 6 p — 3 q — i ; donc 358+ 46 ouy
39
92 MERCURE DE FRANCE.
= 35 × 6p - 3 9-146210p
-105 q-+ u.
120- I ou x 420p
& x =1269+ 59 , & les réuniffant l'on a
—
--
336 - 37,
qui rempliffent
les
4 premiex
= 420p 3369 37
y = 210 p
2 =
105 9 + 11
+1269+ Se
res conditions.
-
Effectivement 1 ° , l'on a 140 px 3+
1129 × 3-12 x 31 Ou11 × 3 + 2
& п05p4 84 9 × 4 — 9 × 4 - 1 Oll
- 8 × 4 + 3 .
{ 2 °. L'on a 42 px S
>
- OÙ
·-21.9x5 + 2
- * 5 + 1 & 3 0 p × 7 1 5 9 × 7 + 7
+4.
3 °. 189 × 7 + 8 × 7 + 3 , & 149
9 +6 × 9 + 5 .
420p
-
4°. Enfin 420 p = 336 937 +126
a + 49
2109 +22 2
x2100-1059 +11 . C. q. f. 2 ° . d.
Par la fixieme condition on perdit le
quart du premier détachement augmenté
de neuf hommes ; par la feptieme on perdit
le feptieme des troupes du fecond détachement
diminué de quatre hommes ;
& par la huitieme on perdit le tiers des
troupes du troifieme détachement diminué
de cinq hommes. La perte du premier pofte
étoit à celle du fecond comme 140 à
JUIN. 1755.
93
61 , & la perte du premier pofte à celle du
troifieme , comme 70 à 51. L'on fera donc
pour remplir les feptieme & huitieme conditions
, cette analogie , qui va réduire les
deux indéterminées p & gà une feule ».
x +23-4420p - 3369-28.
140.61 :: ::
-
4. 7
310 p = 105 9 +7 , d'où l'on tire 61 *
7
420p 33 9 -28
4
140 x 210 p 1059+ 7,
7
-129
I
ou 61 × 7 * 4 * ISP ::
30P - 159 + 1 x 20 x 7 , ou 915p +
7329-61600p — 3009 + 20 , ou
315 p = 4329 +81 ; donc 105 p =
1449+ 27335 p = 4 8 9 + 9 ; p = q
++ 139 +2 , 139+9
fuppofant 13 m ; donc
35 35
339 + 9 = 35 m , 1 3 q = 3 5 m — 9 ,
9 = 2m
9 m -
m
13
J
faifant 99
13
= 13 u , m zu +1 +
4น
9
-
faifant = √ 4 = 9 √ ‚ u :
+ √ , faiſfant√ = ; donc √ 4 ,
& fubftituant par-tout à la place de cette
valeur en rétrogradant , l'on aura √
4u , u = 9u , m = 13 u + 1,9 = 35 n
+ 1 ; p = 48 +3 ; & mettant ces valeurs
de p & de q dans celles de x , y , z ,
l'on aura x 420 × 48. × + 3
× 352 + 2 ~ 378400 + 55 =x
----
336
}
94 MERCURE DE FRANCE.
-
7 = 210 × 45 × + 3 → 105 × 35
1 + 2 + 11 = 6405 + 431 = y
z = 126 × 35 + 1 + 59 = 4410
# + 311 = ~ ,
qui font les trois nombres qu'on a démontrés
dans le Mercure dernier devoir remplir
toutes les conditions du problême.
En fait de fciences exactes & de raiſonnement
, il eſt des fautes heureuſes , & il
eft quelquefois avantageux de tomber dans
des paralogifmes , fur-tout lorfque leur
découverte nous ouvre les fources de l'erreur
, & nous apprend à éviter les routes
fauffes dans lesquelles nous nous étions
engagés ; fouvent l'erreur fert à approfondir
des vérités qu'on n'avoit fait qu'ef
fleurer. Les obfervations qui vont fuivre
ferviront à nous en convaincre.
OBSERVATION S.
1º. Si l'on avoit cherché les valeurs de
x ,y,z en une feule indéterminée par la
huitieme condition , on auroit eu en fuivant
toujours notre méthode ,
x = 58800 S +55 1
y = 45465S + 431
L = 32130 S + 311
qui fatisfait également à tout , mais dont
le premier membre eft feptuple du premiermembre
des nombres ci-devant trouvés ,
JUIN. 17553
95
& qui rendent par conféquent la folution
moins étendue & moins élégante.
2º. On pouvoit réfoudre la huitieme
condition comme un problême particulier,
en faifant +9.25 : 70 , 51 , ce qui
4 3
auroit donné x 280 19 , & z = 153 = tb
+ s , qui ne remplit que cette feule condition
, ce qui fait voir la néceffité d'employer
à la place de x & z qui font les dénominations
qu'on a donné d'abord aux
premier & troifieme détachemens , la néceffité
, dis-je , d'employer leurs valeurs
trouvées en p & q par notre méthode.
3. Si on eût choisi un rapport des
pertes du premier & du fecond détachement
différent de celui de 140 à 61 ; par
exemple , fi on eût fait 2.2
420p - 3369-37 . 2100-105 9 + 11
4
à 4 , on auroit eu
x= 37800+ 6039
y= 88200 + 14116
2 = 13860V + 22193
4 оц
qui ne fatisfont qu'à quelques parties des
conditions du problême , par cette feule
raifon que les valeurs de x , y , z , expriprimées
en p & q , avoient acquis par les
conditions multipliées une relation , pour
ainfi dire , intrinféque , & qu'en leur en
attribuant une nouvelle on dénature les
valeurs de p & de q.
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Résumé : Méthode de solution du problême d'algébre appliqué à la science de la guerre, annoncé dans le Mercure de Mai 1755, page 87, à M. Censeur & Professeur royal ; par M. G. Ecuyer, Officier de Madame la Dauphine, & de la Société Littéraire de Senlis.
Le document expose une méthode de résolution d'un problème d'algèbre appliquée à la science de la guerre, présentée dans le Mercure de Mai 1755 par M. G. Ecuyer. Cette méthode utilise des quotients fictifs pour déterminer des quotients exacts et réels, servant de mesure commune pour les relations mutuelles des inconvénients dans la question. Le problème initial consiste à déterminer le nombre de soldats dans trois détachements en fonction de conditions spécifiques de rangement. Pour le premier détachement, lorsqu'on range les soldats par trois, il en reste deux, et par quatre, il en reste trois. Pour le second détachement, lorsqu'on range les soldats par cinq, il en reste un, et par sept, il en reste quatre. Pour le troisième détachement, lorsqu'on range les soldats par sept, il en reste trois, et par neuf, il en reste cinq. Les conditions sont résolues en utilisant des équations algébriques, aboutissant à des valeurs pour les trois détachements exprimées par des indéterminées différentes. La quatrième condition révèle que les détachements sont en proportion arithmétique continue, permettant de lier les trois problèmes distincts. Les pertes subies par chaque détachement sont également prises en compte, avec des rapports spécifiques entre les pertes des différents détachements. Les valeurs finales des détachements sont calculées pour satisfaire toutes les conditions du problème. Le document conclut en soulignant l'importance des erreurs heureuses et des paralogismes dans l'approfondissement des vérités scientifiques. Il présente également des observations sur les différentes méthodes de résolution et les conséquences de choisir des rapports de pertes différents.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13712
p. 96-105
Observations de M. Pessault de la Tour, Médecin à Beaufort, sur un mémoire de M. Le Cat, [titre d'après la table]
Début :
Ce 1 Février 1755. Le Mémoire que M. le Cat donne par [...]
Mots clefs :
Fluide, Sang, Maladies, Maladie, Remèdes
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texteReconnaissance textuelle : Observations de M. Pessault de la Tour, Médecin à Beaufort, sur un mémoire de M. Le Cat, [titre d'après la table]
Ce 1 Février 1755 . I
1
E Mémoire que M. le Cat donne par
extrait dans le Mercure de Novembre
dernier touchant les fievres malignes , &
en particulier celles qui ont regné à Rouen
à la fin de l'année 1753 , & au commencement
de celle de 1754 , renferme un fyftême
qui, s'il n'eft pas fufceptible d'objection,
pourroit l'être du moins de quelqu'éclai
ciffement .
Des trois parties qui compofent le corps
de fes réflexions à ce fujet , je ne m'attacherai
qu'aux deux dernieres , dont voici
le précis .
Dans l'une , il prétend que les maladies
internes , & en particulier les fievres malignes
dont il s'agit , ne font que des maladies
externes très-connues , & que par
l'infpection des cadavres dont il a fait faire
ouverture , il a obfervé que celle qui a
regné à Rouen , étoit un herpès placé à
l'eftomac & aux inteftins grêles ; que les
remedes chez ceux qui en font guéris, n'ont
eu ce fuccès que parce qu'ils font analogues
aux topiques que la chirurgie emploie
dans le traitement du herpès.
Dans l'autre , il condamne l'opinion
prefque
JUIN. 1755. 97
prefque générale où l'on eft que les maladies
réfident dans les humeurs .
A bien confiderer les argumens que M.
le Cat propofe pour appuyer fon fyltême ,
il eft à craindre qu'il ne fe foit prêté avec
un peu trop de complaifance à la fécondité
de fon imagination , à l'inftar de bien d'autres
fçavans , particulierement de certains
Anglois.
1. Il prétend que l'état des liqueurs
dépend de celui des folides , & que le réciproque
eft fort rare.
2 °. Que fi les maladies étoient dans les
fluides , il n'y auroit pas une feule maladie
locale ; les maladies au contraire devroient
fe trouver dans tous les points du tiffu de
nos parties , en les fuppofant dans les liquides
, qui occupent ,tous les points de nos
folides .
3°. Que l'on pourroit dire que la dépravation
n'eft tombée que fur une partie des
Auides , ce qui feroit infoutenable , felon
lui , attendu que cette parcelle de nos hu
meurs , quelque petite qu'elle fût , devroit
en très- peu de tems corrompre tout le refte
par le mouvement continuel de la circulation.
Cela pofé , toute maladie humorale
devroit être univerfelle ; par exemple , fi la
contagion répandue dans l'air avoit prife
fur nos humeurs , nul homme n'en échap-
II. Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
peroit , les Médecins fur-tout comme les
plus expofés .
Que n'aurois-je point à redouter , ſi je
me propofois comme adverfaire d'un tel
fçavant ? mais non , je ne cherche qu'à
m'inftruire.
Je dis donc que la cure des maladies en
queſtion , que M. le Cat n'attribue qu'à
l'analogie que les remedes internes ont
avec les topiques que la chirurgie a coutume
d'employer pour la guérifon des maladies
externes , fouffre d'autant plus de difficulté
, que les topiques font les remedes
les moins effentiels dans le traitement de
ces maladies , fur- tout du herpès , & que fi
ces remedes extérieurs contribuent en
quelque chofe à leur guérifon , ce ne peutêtre
au contraire que parce qu'ils font analogues
eux- mêmes aux remedes internes
que
la médecine a coutume de mettre en
ufage pour les guérir ; cela eft d'autant
plus évident , que ce qui paroît à l'exté
rieur dans ces fortes de maladies , ne peut
paffer que pour l'effet & non pour la caufe :
prendre l'un pour l'autre ce feroit affurément
fe tromper groffierement.
Quant à la feconde partie , il n'eft pas
néceffaire d'être Médecin , ni Chirurgien ,
pour fçavoir que le chyle eft le germe du
Lang ,
, que celui - ci l'eft de toutes les autres
JUIN. 1755. ANDTHEDIA
humeurs , & par une conféquence inevi
table , fi le chyle eſt vicié par quelque caufe
que ce foit , ce qui arrive tous les jours ,
fang le fera néceffairement ; de même file
fang tombe en dépravation , les autres humeurs
tiendront de leur fource : donc les
maladies réfident dans les fluides , puifqu'ils
font fujets à tomber en dépravation ;
foutenir le contraire , ce feroit démentir
F'expérience. Mais , replique M. le Cat , fi
la maladie réfide dans les liquides , il n'y
aura pas une feule maladie locale , toute
maladie humorale fera générale & devra
occuper tous les points du tiffa de nos
parties. Une telle objection qu'il , fe fait à
lui-même ne devoit point être capable de
l'alarmer fi fort fur le fentiment commun
& c'eft argumenter contre fes propres lumieres
que de conteſter la vérité d'un fait ,
parce qu'il s'opere par des voies qui nous
font inconnues. M. le Cat auroit donc eu
plus de raifon d'examiner fi véritablement
la chofe eft telle qu'il s'imagine qu'elle
devroit l'être , en partant des vrais principes
ou non , fans nier ce qui fe palle tous
les jours fous fes yeux : dira-t-il , par exemple,
que les virus de toute efpece , foit dartreux
, écrouelleux , fcorbutiques , vénériens
, contagieux , & c . n'ont aucune prife
fur nos humeurs ? niera- t-il qu'elles péchent
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
4
"
& dans leur quantité & dans leur qualité ?
tous les caracteres de dépravation qui s'obfervent
journellement dans le fang que
l'on tire des veines des différens malades ,
font- ils illufoires ou bien ce fang n'eft- il
dépravé que dans le vaiffeau d'où il fort ?
en ce cas l'on fe ferviroit des propres are
mes de l'auteur en lui oppofant fa troifie
me objection. Il doit croire après tout que
dans toutes les mala
maladies en question
quoique tous les Points du tiflu de nos
folides ne paroiffent pas affectés d'une maniere
également fenfible , ils le font cependant
& même doivent l'être , mais d'une
façon relative à l'intensité de la corrup
tion à la nature du fluide , à l'uſage de
chaque partie , à leur fenfibilité?, aauuxxdidifffférentes
pofitions & modifications qui les
mettent dans le cas d'éprouver plus pu
moins fenfiblement les impreffions des
humeurs viciées ; aux différens obftacles
foit de la part des folides ou des fluides
& ſouvent des deux enſemble , qui empêchent
ces derniers de pénétrer dans leurs
fecrétoires , & de s'infinuer dans les vifceres
aufquels ils appartiennent naturellement,
d'où naiffent les ftafes & les écarts
de ces mêmes liquides , qui affectent certaines
parties plus particulierement, que
d'autres , d'où l'on doit conclure qu'inde
JUIN. 1755. 101
pendamment que tous les points du tifft
de nos folides foient affectés dans le cas
où les humeurs font en dyfcrafie , il ne s'enfait
pas qu'ils doivent être tous avec la
même force ; & fi les malades en pareil cas
ne s'apperçoivent pas d'une léfion géné
rale , c'est que ( par les raifons ci- deffus )
la plus forte impreffion l'emporte fur la
moindre .
200 UB
Dire que toute contagion devroit être
générale , & que perfonne n'en devroit
échapper fi l'air contagieux avoit affaire
à nos liqueurs , c'eft , ce me femblé , une
propofition qui n'eft pas moins fufceptible
de difficulté que le refte ; & je ne vois pas
quand même la chofe fe pafferoit comme
le perfuade l'auteur du nouveau fyftême
qu'il pût en tirer une conféquence bien
triomphante , attendu que de quelque façon
que fe répande un air contagieux , &
quelque partie de nous- mêmes qu'il affecte,
il doit attaquer indifféremment tous ceux
qui le refpirent ; & fi le contraire arrive ,
ce ne peut être que par une difpofition non
moins heureufe que fecrette de certains
tempéramens fur lefquels les miafmes ne
font pas la même impreffion , femblables à
l'eau régale qui diffout certains métaux
fans pouvoir mordre fur les autres. '
La dépendance de l'état des Anides de
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
celui des folides , fans du moins admettre
le réciproque , ne me paroît pas mieux fondée
; & à examiner le tout en rigueur , l'on
pourroit prendre un parti diamétralement
oppofé à celui de l'auteur , en ce que ceuxci
ne reçoivent de nourriture que des premiers
, qui ne peuvent fouffrir la moindre
altération fans leur nuire d'une façon relative
; ceux- là au contraire éprouvent tous
les jours des dérangemens , légers à la vérité
, qui n'en apportent aucuns aux liqueurs
; mais je n'adopterai ni l'un , ni
l'autre par préférence , & ne prétends point
m'écarter de l'équilibre fi néceffaire entre
les folides & les fluides pour la confervation
de la vie & de la fanté : ainfi il faut
les croire dans une dépendance réciproque ,
& quand même les fluides dépendroient
de l'état des folides , ils n'en feroient pas
pour cela à l'abri des dépravations. Difons
donc feulement que la léfion des uns attire
la léfion des autres ; tout eft mutuel par
conféquent.
M. le Cat dévoile enfin fon myftere , &
s'explique d'une maniere à la vérité bien
différente que femble l'annoncer fon début
; il foutient que les maladies réfident
dans le fluide des nerfs : l'opinion générale
n'eft pas du moins entierement convaincue
d'erreur , puifque ce fluide fait partie des
JUIN. 1755. 103
humeurs. Refte à fçavoir maintenant par
quel chemin il conduira la maladie dans
le Auide nerveux , qui ne peut pécher , felon
lui , que par fa qualité ou fa trop petite
quantité ; quand il auroit ajouté auffi par
fa trop grande abondance , la chofe n'en
feroit pas plus mal , parce qu'en fait des
fonctions animales , ainfi que de toute autre
méchanique , la jufte proportion qui
eft effentielle, peut pécher par le trop comme
par le trop peu. Mais paffons par là
deffus , puifqu'il a jugé à propos d'y paffer
lui- même ; je ne veux cependant pas dire
par là que les grands hommes foient à
imiter en tout , parce qu'il n'y a perfonne
qui n'ait fes défauts. Je reviens donc à la
queftion , & dis qu'aucun vice ne peut
pénétrer dans la cavité des nerfs pour y
infecter les efprits , fans paffer par la même
route qui conduit ces mêmes efprits dans
les nerfs or le fang eft l'unique route qui
conduit les efprits dans les nerfs , puifqu'il
en eft la fource ; donc toute contagion doit
paffer par le fang avant de parvenir jufqu'aux
efprits. M. le Cat ne dira pas qu'elle
fe fait paffage feulement au travers des
pores des nerfs , parce qu'en ce cas elle
pafferoit également au travers de ceux qui
font répandus fur tous les points du tiſſu
de nos parties , & par une conféquence
E iiij
104 MERCURE DE FRANCE .
non moins prépondérante , toutes les autres
humeurs en feroient attaquées également.
en
A l'égard des maladies qu'il prétend expliquer
par leurs véritables caufes ,
donnant des raifons convaincantes du méchanifme
des cryfes qu'il ne fait confifter
que dans la dépuration du fuc nerveux ,
qui bien différent des autres humeurs , ne
retourne point à fon réſervoir , & ne peut
par conféquent corrompre les fluides dont
il s'eft féparé une fois pour toujours ; l'auteur
de ce raifonnement n'ignore pas que
les membranes ne font que des développemens
de l'extrêmité des nerfs ; qu'elles
donnent origine à une infinité de petits
tuyaux connus fous le nom de veines lymphatiques
, qui n'ont d'autre ufage que
celui de reporter dans le fang les réfidus du
fuc nerveux , qui , comme on voit , circule
également que le refte des fluides : donc
l'auteur de la nouvelle opinion fe trouve
pour la feconde fois en proie à fa troifieme
objection par les conféquences même qu'il
en tire.
Voilà , je penfe , tout ce que l'on peut
objecter en raccourci contre un fyftême qui
ne doit pas furprendre feulement par l'air
de nouveauté qu'on lui donne : quoiqu'il
en foit , je me perfuade que fon auteur a
prévu toutes ces difficultés ; que bien loin
JUIN 1755. 105
•
*
de les regarder comme orageufes , il ne les
envifagera que comme une rofée qui donne
un nouvel éclat aux fleurs fur lefquelles
elle fe répand : j'attends donc avec impatience
cette théorie lumineufe qui doit
nous garantir des tâtonnemens fi defagréables
pour les praticiens & fi dangereux
pour les malades : belles & magnifiques
promeffes conçues dans des termes qui ne
le font pas moins ; c'eft grand dommage
qu'ils foient placés avant la démonftration
. Malgré tout , je fens l'obligation où
je fuis d'y répondre avec des expreffions
de même prix mais comme mon infuffifance
ne me permet pas de les puifer dans
mon propre fonds , je ne celerai pas que
je fuis forcé de les emprunter de l'Orateur
françois ; il fair trop bien l'éloge de l'efprit
inventeur pour ne m'en pas fervir en
l'honneur de M. le Cat. Je dirai donc
qu'un tel génie n'a point de modele , titre
qui annonce une fupériorité de gloire.
qu'on ne peut difputer fans injuftice ; il
fert aux autres de modele , titre qui porte
une étendue de bienfaits qu'on ne peut
méconnoître fans ingratitude. Ainfi pour
ene paffer pour injufte nipour ingrat vis- àvis
cer auteur , je me ferai un devoir 'de me
foumettre à la déciſion des fçavans . tid
Peffault de la Tour, Médecin à Beaufort,
1
E Mémoire que M. le Cat donne par
extrait dans le Mercure de Novembre
dernier touchant les fievres malignes , &
en particulier celles qui ont regné à Rouen
à la fin de l'année 1753 , & au commencement
de celle de 1754 , renferme un fyftême
qui, s'il n'eft pas fufceptible d'objection,
pourroit l'être du moins de quelqu'éclai
ciffement .
Des trois parties qui compofent le corps
de fes réflexions à ce fujet , je ne m'attacherai
qu'aux deux dernieres , dont voici
le précis .
Dans l'une , il prétend que les maladies
internes , & en particulier les fievres malignes
dont il s'agit , ne font que des maladies
externes très-connues , & que par
l'infpection des cadavres dont il a fait faire
ouverture , il a obfervé que celle qui a
regné à Rouen , étoit un herpès placé à
l'eftomac & aux inteftins grêles ; que les
remedes chez ceux qui en font guéris, n'ont
eu ce fuccès que parce qu'ils font analogues
aux topiques que la chirurgie emploie
dans le traitement du herpès.
Dans l'autre , il condamne l'opinion
prefque
JUIN. 1755. 97
prefque générale où l'on eft que les maladies
réfident dans les humeurs .
A bien confiderer les argumens que M.
le Cat propofe pour appuyer fon fyltême ,
il eft à craindre qu'il ne fe foit prêté avec
un peu trop de complaifance à la fécondité
de fon imagination , à l'inftar de bien d'autres
fçavans , particulierement de certains
Anglois.
1. Il prétend que l'état des liqueurs
dépend de celui des folides , & que le réciproque
eft fort rare.
2 °. Que fi les maladies étoient dans les
fluides , il n'y auroit pas une feule maladie
locale ; les maladies au contraire devroient
fe trouver dans tous les points du tiffu de
nos parties , en les fuppofant dans les liquides
, qui occupent ,tous les points de nos
folides .
3°. Que l'on pourroit dire que la dépravation
n'eft tombée que fur une partie des
Auides , ce qui feroit infoutenable , felon
lui , attendu que cette parcelle de nos hu
meurs , quelque petite qu'elle fût , devroit
en très- peu de tems corrompre tout le refte
par le mouvement continuel de la circulation.
Cela pofé , toute maladie humorale
devroit être univerfelle ; par exemple , fi la
contagion répandue dans l'air avoit prife
fur nos humeurs , nul homme n'en échap-
II. Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
peroit , les Médecins fur-tout comme les
plus expofés .
Que n'aurois-je point à redouter , ſi je
me propofois comme adverfaire d'un tel
fçavant ? mais non , je ne cherche qu'à
m'inftruire.
Je dis donc que la cure des maladies en
queſtion , que M. le Cat n'attribue qu'à
l'analogie que les remedes internes ont
avec les topiques que la chirurgie a coutume
d'employer pour la guérifon des maladies
externes , fouffre d'autant plus de difficulté
, que les topiques font les remedes
les moins effentiels dans le traitement de
ces maladies , fur- tout du herpès , & que fi
ces remedes extérieurs contribuent en
quelque chofe à leur guérifon , ce ne peutêtre
au contraire que parce qu'ils font analogues
eux- mêmes aux remedes internes
que
la médecine a coutume de mettre en
ufage pour les guérir ; cela eft d'autant
plus évident , que ce qui paroît à l'exté
rieur dans ces fortes de maladies , ne peut
paffer que pour l'effet & non pour la caufe :
prendre l'un pour l'autre ce feroit affurément
fe tromper groffierement.
Quant à la feconde partie , il n'eft pas
néceffaire d'être Médecin , ni Chirurgien ,
pour fçavoir que le chyle eft le germe du
Lang ,
, que celui - ci l'eft de toutes les autres
JUIN. 1755. ANDTHEDIA
humeurs , & par une conféquence inevi
table , fi le chyle eſt vicié par quelque caufe
que ce foit , ce qui arrive tous les jours ,
fang le fera néceffairement ; de même file
fang tombe en dépravation , les autres humeurs
tiendront de leur fource : donc les
maladies réfident dans les fluides , puifqu'ils
font fujets à tomber en dépravation ;
foutenir le contraire , ce feroit démentir
F'expérience. Mais , replique M. le Cat , fi
la maladie réfide dans les liquides , il n'y
aura pas une feule maladie locale , toute
maladie humorale fera générale & devra
occuper tous les points du tiffa de nos
parties. Une telle objection qu'il , fe fait à
lui-même ne devoit point être capable de
l'alarmer fi fort fur le fentiment commun
& c'eft argumenter contre fes propres lumieres
que de conteſter la vérité d'un fait ,
parce qu'il s'opere par des voies qui nous
font inconnues. M. le Cat auroit donc eu
plus de raifon d'examiner fi véritablement
la chofe eft telle qu'il s'imagine qu'elle
devroit l'être , en partant des vrais principes
ou non , fans nier ce qui fe palle tous
les jours fous fes yeux : dira-t-il , par exemple,
que les virus de toute efpece , foit dartreux
, écrouelleux , fcorbutiques , vénériens
, contagieux , & c . n'ont aucune prife
fur nos humeurs ? niera- t-il qu'elles péchent
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
4
"
& dans leur quantité & dans leur qualité ?
tous les caracteres de dépravation qui s'obfervent
journellement dans le fang que
l'on tire des veines des différens malades ,
font- ils illufoires ou bien ce fang n'eft- il
dépravé que dans le vaiffeau d'où il fort ?
en ce cas l'on fe ferviroit des propres are
mes de l'auteur en lui oppofant fa troifie
me objection. Il doit croire après tout que
dans toutes les mala
maladies en question
quoique tous les Points du tiflu de nos
folides ne paroiffent pas affectés d'une maniere
également fenfible , ils le font cependant
& même doivent l'être , mais d'une
façon relative à l'intensité de la corrup
tion à la nature du fluide , à l'uſage de
chaque partie , à leur fenfibilité?, aauuxxdidifffférentes
pofitions & modifications qui les
mettent dans le cas d'éprouver plus pu
moins fenfiblement les impreffions des
humeurs viciées ; aux différens obftacles
foit de la part des folides ou des fluides
& ſouvent des deux enſemble , qui empêchent
ces derniers de pénétrer dans leurs
fecrétoires , & de s'infinuer dans les vifceres
aufquels ils appartiennent naturellement,
d'où naiffent les ftafes & les écarts
de ces mêmes liquides , qui affectent certaines
parties plus particulierement, que
d'autres , d'où l'on doit conclure qu'inde
JUIN. 1755. 101
pendamment que tous les points du tifft
de nos folides foient affectés dans le cas
où les humeurs font en dyfcrafie , il ne s'enfait
pas qu'ils doivent être tous avec la
même force ; & fi les malades en pareil cas
ne s'apperçoivent pas d'une léfion géné
rale , c'est que ( par les raifons ci- deffus )
la plus forte impreffion l'emporte fur la
moindre .
200 UB
Dire que toute contagion devroit être
générale , & que perfonne n'en devroit
échapper fi l'air contagieux avoit affaire
à nos liqueurs , c'eft , ce me femblé , une
propofition qui n'eft pas moins fufceptible
de difficulté que le refte ; & je ne vois pas
quand même la chofe fe pafferoit comme
le perfuade l'auteur du nouveau fyftême
qu'il pût en tirer une conféquence bien
triomphante , attendu que de quelque façon
que fe répande un air contagieux , &
quelque partie de nous- mêmes qu'il affecte,
il doit attaquer indifféremment tous ceux
qui le refpirent ; & fi le contraire arrive ,
ce ne peut être que par une difpofition non
moins heureufe que fecrette de certains
tempéramens fur lefquels les miafmes ne
font pas la même impreffion , femblables à
l'eau régale qui diffout certains métaux
fans pouvoir mordre fur les autres. '
La dépendance de l'état des Anides de
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
celui des folides , fans du moins admettre
le réciproque , ne me paroît pas mieux fondée
; & à examiner le tout en rigueur , l'on
pourroit prendre un parti diamétralement
oppofé à celui de l'auteur , en ce que ceuxci
ne reçoivent de nourriture que des premiers
, qui ne peuvent fouffrir la moindre
altération fans leur nuire d'une façon relative
; ceux- là au contraire éprouvent tous
les jours des dérangemens , légers à la vérité
, qui n'en apportent aucuns aux liqueurs
; mais je n'adopterai ni l'un , ni
l'autre par préférence , & ne prétends point
m'écarter de l'équilibre fi néceffaire entre
les folides & les fluides pour la confervation
de la vie & de la fanté : ainfi il faut
les croire dans une dépendance réciproque ,
& quand même les fluides dépendroient
de l'état des folides , ils n'en feroient pas
pour cela à l'abri des dépravations. Difons
donc feulement que la léfion des uns attire
la léfion des autres ; tout eft mutuel par
conféquent.
M. le Cat dévoile enfin fon myftere , &
s'explique d'une maniere à la vérité bien
différente que femble l'annoncer fon début
; il foutient que les maladies réfident
dans le fluide des nerfs : l'opinion générale
n'eft pas du moins entierement convaincue
d'erreur , puifque ce fluide fait partie des
JUIN. 1755. 103
humeurs. Refte à fçavoir maintenant par
quel chemin il conduira la maladie dans
le Auide nerveux , qui ne peut pécher , felon
lui , que par fa qualité ou fa trop petite
quantité ; quand il auroit ajouté auffi par
fa trop grande abondance , la chofe n'en
feroit pas plus mal , parce qu'en fait des
fonctions animales , ainfi que de toute autre
méchanique , la jufte proportion qui
eft effentielle, peut pécher par le trop comme
par le trop peu. Mais paffons par là
deffus , puifqu'il a jugé à propos d'y paffer
lui- même ; je ne veux cependant pas dire
par là que les grands hommes foient à
imiter en tout , parce qu'il n'y a perfonne
qui n'ait fes défauts. Je reviens donc à la
queftion , & dis qu'aucun vice ne peut
pénétrer dans la cavité des nerfs pour y
infecter les efprits , fans paffer par la même
route qui conduit ces mêmes efprits dans
les nerfs or le fang eft l'unique route qui
conduit les efprits dans les nerfs , puifqu'il
en eft la fource ; donc toute contagion doit
paffer par le fang avant de parvenir jufqu'aux
efprits. M. le Cat ne dira pas qu'elle
fe fait paffage feulement au travers des
pores des nerfs , parce qu'en ce cas elle
pafferoit également au travers de ceux qui
font répandus fur tous les points du tiſſu
de nos parties , & par une conféquence
E iiij
104 MERCURE DE FRANCE .
non moins prépondérante , toutes les autres
humeurs en feroient attaquées également.
en
A l'égard des maladies qu'il prétend expliquer
par leurs véritables caufes ,
donnant des raifons convaincantes du méchanifme
des cryfes qu'il ne fait confifter
que dans la dépuration du fuc nerveux ,
qui bien différent des autres humeurs , ne
retourne point à fon réſervoir , & ne peut
par conféquent corrompre les fluides dont
il s'eft féparé une fois pour toujours ; l'auteur
de ce raifonnement n'ignore pas que
les membranes ne font que des développemens
de l'extrêmité des nerfs ; qu'elles
donnent origine à une infinité de petits
tuyaux connus fous le nom de veines lymphatiques
, qui n'ont d'autre ufage que
celui de reporter dans le fang les réfidus du
fuc nerveux , qui , comme on voit , circule
également que le refte des fluides : donc
l'auteur de la nouvelle opinion fe trouve
pour la feconde fois en proie à fa troifieme
objection par les conféquences même qu'il
en tire.
Voilà , je penfe , tout ce que l'on peut
objecter en raccourci contre un fyftême qui
ne doit pas furprendre feulement par l'air
de nouveauté qu'on lui donne : quoiqu'il
en foit , je me perfuade que fon auteur a
prévu toutes ces difficultés ; que bien loin
JUIN 1755. 105
•
*
de les regarder comme orageufes , il ne les
envifagera que comme une rofée qui donne
un nouvel éclat aux fleurs fur lefquelles
elle fe répand : j'attends donc avec impatience
cette théorie lumineufe qui doit
nous garantir des tâtonnemens fi defagréables
pour les praticiens & fi dangereux
pour les malades : belles & magnifiques
promeffes conçues dans des termes qui ne
le font pas moins ; c'eft grand dommage
qu'ils foient placés avant la démonftration
. Malgré tout , je fens l'obligation où
je fuis d'y répondre avec des expreffions
de même prix mais comme mon infuffifance
ne me permet pas de les puifer dans
mon propre fonds , je ne celerai pas que
je fuis forcé de les emprunter de l'Orateur
françois ; il fair trop bien l'éloge de l'efprit
inventeur pour ne m'en pas fervir en
l'honneur de M. le Cat. Je dirai donc
qu'un tel génie n'a point de modele , titre
qui annonce une fupériorité de gloire.
qu'on ne peut difputer fans injuftice ; il
fert aux autres de modele , titre qui porte
une étendue de bienfaits qu'on ne peut
méconnoître fans ingratitude. Ainfi pour
ene paffer pour injufte nipour ingrat vis- àvis
cer auteur , je me ferai un devoir 'de me
foumettre à la déciſion des fçavans . tid
Peffault de la Tour, Médecin à Beaufort,
Fermer
13713
p. 96-105
Observations de M. Pessault de la Tour, Médecin à Beaufort, sur un mémoire de M. Le Cat, [titre d'après la table]
Début :
Ce 1 Février 1755. Le Mémoire que M. le Cat donne par [...]
Mots clefs :
Fluide, Sang, Maladies, Maladie, Remèdes
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texteReconnaissance textuelle : Observations de M. Pessault de la Tour, Médecin à Beaufort, sur un mémoire de M. Le Cat, [titre d'après la table]
Ce 1 Février 1755 . I
1
E Mémoire que M. le Cat donne par
extrait dans le Mercure de Novembre
dernier touchant les fievres malignes , &
en particulier celles qui ont regné à Rouen
à la fin de l'année 1753 , & au commencement
de celle de 1754 , renferme un fyftême
qui, s'il n'eft pas fufceptible d'objection,
pourroit l'être du moins de quelqu'éclai
ciffement .
Des trois parties qui compofent le corps
de fes réflexions à ce fujet , je ne m'attacherai
qu'aux deux dernieres , dont voici
le précis .
Dans l'une , il prétend que les maladies
internes , & en particulier les fievres malignes
dont il s'agit , ne font que des maladies
externes très-connues , & que par
l'infpection des cadavres dont il a fait faire
ouverture , il a obfervé que celle qui a
regné à Rouen , étoit un herpès placé à
l'eftomac & aux inteftins grêles ; que les
remedes chez ceux qui en font guéris, n'ont
eu ce fuccès que parce qu'ils font analogues
aux topiques que la chirurgie emploie
dans le traitement du herpès.
Dans l'autre , il condamne l'opinion
prefque
JUIN. 1755. 97
prefque générale où l'on eft que les maladies
réfident dans les humeurs .
A bien confiderer les argumens que M.
le Cat propofe pour appuyer fon fyltême ,
il eft à craindre qu'il ne fe foit prêté avec
un peu trop de complaifance à la fécondité
de fon imagination , à l'inftar de bien d'autres
fçavans , particulierement de certains
Anglois.
1. Il prétend que l'état des liqueurs
dépend de celui des folides , & que le réciproque
eft fort rare.
2 °. Que fi les maladies étoient dans les
fluides , il n'y auroit pas une feule maladie
locale ; les maladies au contraire devroient
fe trouver dans tous les points du tiffu de
nos parties , en les fuppofant dans les liquides
, qui occupent ,tous les points de nos
folides .
3°. Que l'on pourroit dire que la dépravation
n'eft tombée que fur une partie des
Auides , ce qui feroit infoutenable , felon
lui , attendu que cette parcelle de nos hu
meurs , quelque petite qu'elle fût , devroit
en très- peu de tems corrompre tout le refte
par le mouvement continuel de la circulation.
Cela pofé , toute maladie humorale
devroit être univerfelle ; par exemple , fi la
contagion répandue dans l'air avoit prife
fur nos humeurs , nul homme n'en échap-
II. Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
peroit , les Médecins fur-tout comme les
plus expofés .
Que n'aurois-je point à redouter , ſi je
me propofois comme adverfaire d'un tel
fçavant ? mais non , je ne cherche qu'à
m'inftruire.
Je dis donc que la cure des maladies en
queſtion , que M. le Cat n'attribue qu'à
l'analogie que les remedes internes ont
avec les topiques que la chirurgie a coutume
d'employer pour la guérifon des maladies
externes , fouffre d'autant plus de difficulté
, que les topiques font les remedes
les moins effentiels dans le traitement de
ces maladies , fur- tout du herpès , & que fi
ces remedes extérieurs contribuent en
quelque chofe à leur guérifon , ce ne peutêtre
au contraire que parce qu'ils font analogues
eux- mêmes aux remedes internes
que
la médecine a coutume de mettre en
ufage pour les guérir ; cela eft d'autant
plus évident , que ce qui paroît à l'exté
rieur dans ces fortes de maladies , ne peut
paffer que pour l'effet & non pour la caufe :
prendre l'un pour l'autre ce feroit affurément
fe tromper groffierement.
Quant à la feconde partie , il n'eft pas
néceffaire d'être Médecin , ni Chirurgien ,
pour fçavoir que le chyle eft le germe du
Lang ,
, que celui - ci l'eft de toutes les autres
JUIN. 1755. ANDTHEDIA
humeurs , & par une conféquence inevi
table , fi le chyle eſt vicié par quelque caufe
que ce foit , ce qui arrive tous les jours ,
fang le fera néceffairement ; de même file
fang tombe en dépravation , les autres humeurs
tiendront de leur fource : donc les
maladies réfident dans les fluides , puifqu'ils
font fujets à tomber en dépravation ;
foutenir le contraire , ce feroit démentir
F'expérience. Mais , replique M. le Cat , fi
la maladie réfide dans les liquides , il n'y
aura pas une feule maladie locale , toute
maladie humorale fera générale & devra
occuper tous les points du tiffa de nos
parties. Une telle objection qu'il , fe fait à
lui-même ne devoit point être capable de
l'alarmer fi fort fur le fentiment commun
& c'eft argumenter contre fes propres lumieres
que de conteſter la vérité d'un fait ,
parce qu'il s'opere par des voies qui nous
font inconnues. M. le Cat auroit donc eu
plus de raifon d'examiner fi véritablement
la chofe eft telle qu'il s'imagine qu'elle
devroit l'être , en partant des vrais principes
ou non , fans nier ce qui fe palle tous
les jours fous fes yeux : dira-t-il , par exemple,
que les virus de toute efpece , foit dartreux
, écrouelleux , fcorbutiques , vénériens
, contagieux , & c . n'ont aucune prife
fur nos humeurs ? niera- t-il qu'elles péchent
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
4
"
& dans leur quantité & dans leur qualité ?
tous les caracteres de dépravation qui s'obfervent
journellement dans le fang que
l'on tire des veines des différens malades ,
font- ils illufoires ou bien ce fang n'eft- il
dépravé que dans le vaiffeau d'où il fort ?
en ce cas l'on fe ferviroit des propres are
mes de l'auteur en lui oppofant fa troifie
me objection. Il doit croire après tout que
dans toutes les mala
maladies en question
quoique tous les Points du tiflu de nos
folides ne paroiffent pas affectés d'une maniere
également fenfible , ils le font cependant
& même doivent l'être , mais d'une
façon relative à l'intensité de la corrup
tion à la nature du fluide , à l'uſage de
chaque partie , à leur fenfibilité?, aauuxxdidifffférentes
pofitions & modifications qui les
mettent dans le cas d'éprouver plus pu
moins fenfiblement les impreffions des
humeurs viciées ; aux différens obftacles
foit de la part des folides ou des fluides
& ſouvent des deux enſemble , qui empêchent
ces derniers de pénétrer dans leurs
fecrétoires , & de s'infinuer dans les vifceres
aufquels ils appartiennent naturellement,
d'où naiffent les ftafes & les écarts
de ces mêmes liquides , qui affectent certaines
parties plus particulierement, que
d'autres , d'où l'on doit conclure qu'inde
JUIN. 1755. 101
pendamment que tous les points du tifft
de nos folides foient affectés dans le cas
où les humeurs font en dyfcrafie , il ne s'enfait
pas qu'ils doivent être tous avec la
même force ; & fi les malades en pareil cas
ne s'apperçoivent pas d'une léfion géné
rale , c'est que ( par les raifons ci- deffus )
la plus forte impreffion l'emporte fur la
moindre .
200 UB
Dire que toute contagion devroit être
générale , & que perfonne n'en devroit
échapper fi l'air contagieux avoit affaire
à nos liqueurs , c'eft , ce me femblé , une
propofition qui n'eft pas moins fufceptible
de difficulté que le refte ; & je ne vois pas
quand même la chofe fe pafferoit comme
le perfuade l'auteur du nouveau fyftême
qu'il pût en tirer une conféquence bien
triomphante , attendu que de quelque façon
que fe répande un air contagieux , &
quelque partie de nous- mêmes qu'il affecte,
il doit attaquer indifféremment tous ceux
qui le refpirent ; & fi le contraire arrive ,
ce ne peut être que par une difpofition non
moins heureufe que fecrette de certains
tempéramens fur lefquels les miafmes ne
font pas la même impreffion , femblables à
l'eau régale qui diffout certains métaux
fans pouvoir mordre fur les autres. '
La dépendance de l'état des Anides de
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
celui des folides , fans du moins admettre
le réciproque , ne me paroît pas mieux fondée
; & à examiner le tout en rigueur , l'on
pourroit prendre un parti diamétralement
oppofé à celui de l'auteur , en ce que ceuxci
ne reçoivent de nourriture que des premiers
, qui ne peuvent fouffrir la moindre
altération fans leur nuire d'une façon relative
; ceux- là au contraire éprouvent tous
les jours des dérangemens , légers à la vérité
, qui n'en apportent aucuns aux liqueurs
; mais je n'adopterai ni l'un , ni
l'autre par préférence , & ne prétends point
m'écarter de l'équilibre fi néceffaire entre
les folides & les fluides pour la confervation
de la vie & de la fanté : ainfi il faut
les croire dans une dépendance réciproque ,
& quand même les fluides dépendroient
de l'état des folides , ils n'en feroient pas
pour cela à l'abri des dépravations. Difons
donc feulement que la léfion des uns attire
la léfion des autres ; tout eft mutuel par
conféquent.
M. le Cat dévoile enfin fon myftere , &
s'explique d'une maniere à la vérité bien
différente que femble l'annoncer fon début
; il foutient que les maladies réfident
dans le fluide des nerfs : l'opinion générale
n'eft pas du moins entierement convaincue
d'erreur , puifque ce fluide fait partie des
JUIN. 1755. 103
humeurs. Refte à fçavoir maintenant par
quel chemin il conduira la maladie dans
le Auide nerveux , qui ne peut pécher , felon
lui , que par fa qualité ou fa trop petite
quantité ; quand il auroit ajouté auffi par
fa trop grande abondance , la chofe n'en
feroit pas plus mal , parce qu'en fait des
fonctions animales , ainfi que de toute autre
méchanique , la jufte proportion qui
eft effentielle, peut pécher par le trop comme
par le trop peu. Mais paffons par là
deffus , puifqu'il a jugé à propos d'y paffer
lui- même ; je ne veux cependant pas dire
par là que les grands hommes foient à
imiter en tout , parce qu'il n'y a perfonne
qui n'ait fes défauts. Je reviens donc à la
queftion , & dis qu'aucun vice ne peut
pénétrer dans la cavité des nerfs pour y
infecter les efprits , fans paffer par la même
route qui conduit ces mêmes efprits dans
les nerfs or le fang eft l'unique route qui
conduit les efprits dans les nerfs , puifqu'il
en eft la fource ; donc toute contagion doit
paffer par le fang avant de parvenir jufqu'aux
efprits. M. le Cat ne dira pas qu'elle
fe fait paffage feulement au travers des
pores des nerfs , parce qu'en ce cas elle
pafferoit également au travers de ceux qui
font répandus fur tous les points du tiſſu
de nos parties , & par une conféquence
E iiij
104 MERCURE DE FRANCE .
non moins prépondérante , toutes les autres
humeurs en feroient attaquées également.
en
A l'égard des maladies qu'il prétend expliquer
par leurs véritables caufes ,
donnant des raifons convaincantes du méchanifme
des cryfes qu'il ne fait confifter
que dans la dépuration du fuc nerveux ,
qui bien différent des autres humeurs , ne
retourne point à fon réſervoir , & ne peut
par conféquent corrompre les fluides dont
il s'eft féparé une fois pour toujours ; l'auteur
de ce raifonnement n'ignore pas que
les membranes ne font que des développemens
de l'extrêmité des nerfs ; qu'elles
donnent origine à une infinité de petits
tuyaux connus fous le nom de veines lymphatiques
, qui n'ont d'autre ufage que
celui de reporter dans le fang les réfidus du
fuc nerveux , qui , comme on voit , circule
également que le refte des fluides : donc
l'auteur de la nouvelle opinion fe trouve
pour la feconde fois en proie à fa troifieme
objection par les conféquences même qu'il
en tire.
Voilà , je penfe , tout ce que l'on peut
objecter en raccourci contre un fyftême qui
ne doit pas furprendre feulement par l'air
de nouveauté qu'on lui donne : quoiqu'il
en foit , je me perfuade que fon auteur a
prévu toutes ces difficultés ; que bien loin
JUIN 1755. 105
•
*
de les regarder comme orageufes , il ne les
envifagera que comme une rofée qui donne
un nouvel éclat aux fleurs fur lefquelles
elle fe répand : j'attends donc avec impatience
cette théorie lumineufe qui doit
nous garantir des tâtonnemens fi defagréables
pour les praticiens & fi dangereux
pour les malades : belles & magnifiques
promeffes conçues dans des termes qui ne
le font pas moins ; c'eft grand dommage
qu'ils foient placés avant la démonftration
. Malgré tout , je fens l'obligation où
je fuis d'y répondre avec des expreffions
de même prix mais comme mon infuffifance
ne me permet pas de les puifer dans
mon propre fonds , je ne celerai pas que
je fuis forcé de les emprunter de l'Orateur
françois ; il fair trop bien l'éloge de l'efprit
inventeur pour ne m'en pas fervir en
l'honneur de M. le Cat. Je dirai donc
qu'un tel génie n'a point de modele , titre
qui annonce une fupériorité de gloire.
qu'on ne peut difputer fans injuftice ; il
fert aux autres de modele , titre qui porte
une étendue de bienfaits qu'on ne peut
méconnoître fans ingratitude. Ainfi pour
ene paffer pour injufte nipour ingrat vis- àvis
cer auteur , je me ferai un devoir 'de me
foumettre à la déciſion des fçavans . tid
Peffault de la Tour, Médecin à Beaufort,
1
E Mémoire que M. le Cat donne par
extrait dans le Mercure de Novembre
dernier touchant les fievres malignes , &
en particulier celles qui ont regné à Rouen
à la fin de l'année 1753 , & au commencement
de celle de 1754 , renferme un fyftême
qui, s'il n'eft pas fufceptible d'objection,
pourroit l'être du moins de quelqu'éclai
ciffement .
Des trois parties qui compofent le corps
de fes réflexions à ce fujet , je ne m'attacherai
qu'aux deux dernieres , dont voici
le précis .
Dans l'une , il prétend que les maladies
internes , & en particulier les fievres malignes
dont il s'agit , ne font que des maladies
externes très-connues , & que par
l'infpection des cadavres dont il a fait faire
ouverture , il a obfervé que celle qui a
regné à Rouen , étoit un herpès placé à
l'eftomac & aux inteftins grêles ; que les
remedes chez ceux qui en font guéris, n'ont
eu ce fuccès que parce qu'ils font analogues
aux topiques que la chirurgie emploie
dans le traitement du herpès.
Dans l'autre , il condamne l'opinion
prefque
JUIN. 1755. 97
prefque générale où l'on eft que les maladies
réfident dans les humeurs .
A bien confiderer les argumens que M.
le Cat propofe pour appuyer fon fyltême ,
il eft à craindre qu'il ne fe foit prêté avec
un peu trop de complaifance à la fécondité
de fon imagination , à l'inftar de bien d'autres
fçavans , particulierement de certains
Anglois.
1. Il prétend que l'état des liqueurs
dépend de celui des folides , & que le réciproque
eft fort rare.
2 °. Que fi les maladies étoient dans les
fluides , il n'y auroit pas une feule maladie
locale ; les maladies au contraire devroient
fe trouver dans tous les points du tiffu de
nos parties , en les fuppofant dans les liquides
, qui occupent ,tous les points de nos
folides .
3°. Que l'on pourroit dire que la dépravation
n'eft tombée que fur une partie des
Auides , ce qui feroit infoutenable , felon
lui , attendu que cette parcelle de nos hu
meurs , quelque petite qu'elle fût , devroit
en très- peu de tems corrompre tout le refte
par le mouvement continuel de la circulation.
Cela pofé , toute maladie humorale
devroit être univerfelle ; par exemple , fi la
contagion répandue dans l'air avoit prife
fur nos humeurs , nul homme n'en échap-
II. Vol. E
98 MERCURE DE FRANCE.
peroit , les Médecins fur-tout comme les
plus expofés .
Que n'aurois-je point à redouter , ſi je
me propofois comme adverfaire d'un tel
fçavant ? mais non , je ne cherche qu'à
m'inftruire.
Je dis donc que la cure des maladies en
queſtion , que M. le Cat n'attribue qu'à
l'analogie que les remedes internes ont
avec les topiques que la chirurgie a coutume
d'employer pour la guérifon des maladies
externes , fouffre d'autant plus de difficulté
, que les topiques font les remedes
les moins effentiels dans le traitement de
ces maladies , fur- tout du herpès , & que fi
ces remedes extérieurs contribuent en
quelque chofe à leur guérifon , ce ne peutêtre
au contraire que parce qu'ils font analogues
eux- mêmes aux remedes internes
que
la médecine a coutume de mettre en
ufage pour les guérir ; cela eft d'autant
plus évident , que ce qui paroît à l'exté
rieur dans ces fortes de maladies , ne peut
paffer que pour l'effet & non pour la caufe :
prendre l'un pour l'autre ce feroit affurément
fe tromper groffierement.
Quant à la feconde partie , il n'eft pas
néceffaire d'être Médecin , ni Chirurgien ,
pour fçavoir que le chyle eft le germe du
Lang ,
, que celui - ci l'eft de toutes les autres
JUIN. 1755. ANDTHEDIA
humeurs , & par une conféquence inevi
table , fi le chyle eſt vicié par quelque caufe
que ce foit , ce qui arrive tous les jours ,
fang le fera néceffairement ; de même file
fang tombe en dépravation , les autres humeurs
tiendront de leur fource : donc les
maladies réfident dans les fluides , puifqu'ils
font fujets à tomber en dépravation ;
foutenir le contraire , ce feroit démentir
F'expérience. Mais , replique M. le Cat , fi
la maladie réfide dans les liquides , il n'y
aura pas une feule maladie locale , toute
maladie humorale fera générale & devra
occuper tous les points du tiffa de nos
parties. Une telle objection qu'il , fe fait à
lui-même ne devoit point être capable de
l'alarmer fi fort fur le fentiment commun
& c'eft argumenter contre fes propres lumieres
que de conteſter la vérité d'un fait ,
parce qu'il s'opere par des voies qui nous
font inconnues. M. le Cat auroit donc eu
plus de raifon d'examiner fi véritablement
la chofe eft telle qu'il s'imagine qu'elle
devroit l'être , en partant des vrais principes
ou non , fans nier ce qui fe palle tous
les jours fous fes yeux : dira-t-il , par exemple,
que les virus de toute efpece , foit dartreux
, écrouelleux , fcorbutiques , vénériens
, contagieux , & c . n'ont aucune prife
fur nos humeurs ? niera- t-il qu'elles péchent
E ij
100 MERCURE DE FRANCE.
4
"
& dans leur quantité & dans leur qualité ?
tous les caracteres de dépravation qui s'obfervent
journellement dans le fang que
l'on tire des veines des différens malades ,
font- ils illufoires ou bien ce fang n'eft- il
dépravé que dans le vaiffeau d'où il fort ?
en ce cas l'on fe ferviroit des propres are
mes de l'auteur en lui oppofant fa troifie
me objection. Il doit croire après tout que
dans toutes les mala
maladies en question
quoique tous les Points du tiflu de nos
folides ne paroiffent pas affectés d'une maniere
également fenfible , ils le font cependant
& même doivent l'être , mais d'une
façon relative à l'intensité de la corrup
tion à la nature du fluide , à l'uſage de
chaque partie , à leur fenfibilité?, aauuxxdidifffférentes
pofitions & modifications qui les
mettent dans le cas d'éprouver plus pu
moins fenfiblement les impreffions des
humeurs viciées ; aux différens obftacles
foit de la part des folides ou des fluides
& ſouvent des deux enſemble , qui empêchent
ces derniers de pénétrer dans leurs
fecrétoires , & de s'infinuer dans les vifceres
aufquels ils appartiennent naturellement,
d'où naiffent les ftafes & les écarts
de ces mêmes liquides , qui affectent certaines
parties plus particulierement, que
d'autres , d'où l'on doit conclure qu'inde
JUIN. 1755. 101
pendamment que tous les points du tifft
de nos folides foient affectés dans le cas
où les humeurs font en dyfcrafie , il ne s'enfait
pas qu'ils doivent être tous avec la
même force ; & fi les malades en pareil cas
ne s'apperçoivent pas d'une léfion géné
rale , c'est que ( par les raifons ci- deffus )
la plus forte impreffion l'emporte fur la
moindre .
200 UB
Dire que toute contagion devroit être
générale , & que perfonne n'en devroit
échapper fi l'air contagieux avoit affaire
à nos liqueurs , c'eft , ce me femblé , une
propofition qui n'eft pas moins fufceptible
de difficulté que le refte ; & je ne vois pas
quand même la chofe fe pafferoit comme
le perfuade l'auteur du nouveau fyftême
qu'il pût en tirer une conféquence bien
triomphante , attendu que de quelque façon
que fe répande un air contagieux , &
quelque partie de nous- mêmes qu'il affecte,
il doit attaquer indifféremment tous ceux
qui le refpirent ; & fi le contraire arrive ,
ce ne peut être que par une difpofition non
moins heureufe que fecrette de certains
tempéramens fur lefquels les miafmes ne
font pas la même impreffion , femblables à
l'eau régale qui diffout certains métaux
fans pouvoir mordre fur les autres. '
La dépendance de l'état des Anides de
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
celui des folides , fans du moins admettre
le réciproque , ne me paroît pas mieux fondée
; & à examiner le tout en rigueur , l'on
pourroit prendre un parti diamétralement
oppofé à celui de l'auteur , en ce que ceuxci
ne reçoivent de nourriture que des premiers
, qui ne peuvent fouffrir la moindre
altération fans leur nuire d'une façon relative
; ceux- là au contraire éprouvent tous
les jours des dérangemens , légers à la vérité
, qui n'en apportent aucuns aux liqueurs
; mais je n'adopterai ni l'un , ni
l'autre par préférence , & ne prétends point
m'écarter de l'équilibre fi néceffaire entre
les folides & les fluides pour la confervation
de la vie & de la fanté : ainfi il faut
les croire dans une dépendance réciproque ,
& quand même les fluides dépendroient
de l'état des folides , ils n'en feroient pas
pour cela à l'abri des dépravations. Difons
donc feulement que la léfion des uns attire
la léfion des autres ; tout eft mutuel par
conféquent.
M. le Cat dévoile enfin fon myftere , &
s'explique d'une maniere à la vérité bien
différente que femble l'annoncer fon début
; il foutient que les maladies réfident
dans le fluide des nerfs : l'opinion générale
n'eft pas du moins entierement convaincue
d'erreur , puifque ce fluide fait partie des
JUIN. 1755. 103
humeurs. Refte à fçavoir maintenant par
quel chemin il conduira la maladie dans
le Auide nerveux , qui ne peut pécher , felon
lui , que par fa qualité ou fa trop petite
quantité ; quand il auroit ajouté auffi par
fa trop grande abondance , la chofe n'en
feroit pas plus mal , parce qu'en fait des
fonctions animales , ainfi que de toute autre
méchanique , la jufte proportion qui
eft effentielle, peut pécher par le trop comme
par le trop peu. Mais paffons par là
deffus , puifqu'il a jugé à propos d'y paffer
lui- même ; je ne veux cependant pas dire
par là que les grands hommes foient à
imiter en tout , parce qu'il n'y a perfonne
qui n'ait fes défauts. Je reviens donc à la
queftion , & dis qu'aucun vice ne peut
pénétrer dans la cavité des nerfs pour y
infecter les efprits , fans paffer par la même
route qui conduit ces mêmes efprits dans
les nerfs or le fang eft l'unique route qui
conduit les efprits dans les nerfs , puifqu'il
en eft la fource ; donc toute contagion doit
paffer par le fang avant de parvenir jufqu'aux
efprits. M. le Cat ne dira pas qu'elle
fe fait paffage feulement au travers des
pores des nerfs , parce qu'en ce cas elle
pafferoit également au travers de ceux qui
font répandus fur tous les points du tiſſu
de nos parties , & par une conféquence
E iiij
104 MERCURE DE FRANCE .
non moins prépondérante , toutes les autres
humeurs en feroient attaquées également.
en
A l'égard des maladies qu'il prétend expliquer
par leurs véritables caufes ,
donnant des raifons convaincantes du méchanifme
des cryfes qu'il ne fait confifter
que dans la dépuration du fuc nerveux ,
qui bien différent des autres humeurs , ne
retourne point à fon réſervoir , & ne peut
par conféquent corrompre les fluides dont
il s'eft féparé une fois pour toujours ; l'auteur
de ce raifonnement n'ignore pas que
les membranes ne font que des développemens
de l'extrêmité des nerfs ; qu'elles
donnent origine à une infinité de petits
tuyaux connus fous le nom de veines lymphatiques
, qui n'ont d'autre ufage que
celui de reporter dans le fang les réfidus du
fuc nerveux , qui , comme on voit , circule
également que le refte des fluides : donc
l'auteur de la nouvelle opinion fe trouve
pour la feconde fois en proie à fa troifieme
objection par les conféquences même qu'il
en tire.
Voilà , je penfe , tout ce que l'on peut
objecter en raccourci contre un fyftême qui
ne doit pas furprendre feulement par l'air
de nouveauté qu'on lui donne : quoiqu'il
en foit , je me perfuade que fon auteur a
prévu toutes ces difficultés ; que bien loin
JUIN 1755. 105
•
*
de les regarder comme orageufes , il ne les
envifagera que comme une rofée qui donne
un nouvel éclat aux fleurs fur lefquelles
elle fe répand : j'attends donc avec impatience
cette théorie lumineufe qui doit
nous garantir des tâtonnemens fi defagréables
pour les praticiens & fi dangereux
pour les malades : belles & magnifiques
promeffes conçues dans des termes qui ne
le font pas moins ; c'eft grand dommage
qu'ils foient placés avant la démonftration
. Malgré tout , je fens l'obligation où
je fuis d'y répondre avec des expreffions
de même prix mais comme mon infuffifance
ne me permet pas de les puifer dans
mon propre fonds , je ne celerai pas que
je fuis forcé de les emprunter de l'Orateur
françois ; il fair trop bien l'éloge de l'efprit
inventeur pour ne m'en pas fervir en
l'honneur de M. le Cat. Je dirai donc
qu'un tel génie n'a point de modele , titre
qui annonce une fupériorité de gloire.
qu'on ne peut difputer fans injuftice ; il
fert aux autres de modele , titre qui porte
une étendue de bienfaits qu'on ne peut
méconnoître fans ingratitude. Ainfi pour
ene paffer pour injufte nipour ingrat vis- àvis
cer auteur , je me ferai un devoir 'de me
foumettre à la déciſion des fçavans . tid
Peffault de la Tour, Médecin à Beaufort,
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Résumé : Observations de M. Pessault de la Tour, Médecin à Beaufort, sur un mémoire de M. Le Cat, [titre d'après la table]
Le texte traite d'un mémoire de M. le Cat publié dans le Mercure de novembre précédent, qui aborde les fièvres malignes à Rouen à la fin de 1753 et au début de 1754. Le mémoire propose que les maladies internes, telles que les fièvres malignes, sont en réalité des maladies externes connues, comme l'herpès, localisées à l'estomac et aux intestins grêles. M. le Cat suggère que les remèdes efficaces pour ces maladies sont analogues aux traitements topiques utilisés en chirurgie pour l'herpès. Le texte critique l'opinion générale selon laquelle les maladies résident dans les humeurs. M. le Cat argue que l'état des liquides dépend de celui des solides et que les maladies ne peuvent être locales si elles résident dans les fluides. Il affirme que toute maladie humorale devrait être générale et affecter tous les points du tissu corporel. Cependant, le texte conteste ces arguments en soulignant que les remèdes internes sont plus efficaces que les topiques pour traiter les maladies en question. Il note également que le chyle, germe du sang, et les autres humeurs peuvent être viciés, ce qui prouve que les maladies résident dans les fluides. Le texte conclut en soulignant que les objections de M. le Cat ne sont pas fondées et que les maladies peuvent affecter différents points du corps de manière relative à l'intensité de la corruption et à la sensibilité des parties affectées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13714
p. 106-119
A MESSIEURS De l'Académie royale de Chirurgie.
Début :
MESSIEURS, j'ai lû avec plaisir dans le second volume de l'Académie [...]
Mots clefs :
Académie royale de chirurgie, Chirurgie, Amputation, Moignon, Jambe, Muscles, Accident, Lambeau, Chirurgien
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texteReconnaissance textuelle : A MESSIEURS De l'Académie royale de Chirurgie.
CHIRURGIE.
A MESSIEURS
De l'Académie royale de Chirurgie.
M
ESSIEURS , j'ai lû avec plaific
dans le fecond volume de l'Académie
royale de Chirurgie l'hiftoire - que M.
la Faye fait de l'amputation à lambeau ; il
y détaille avec beaucoup de fagacité les
différens accidens qui accompagnent l'ancienne
méthode ; il montre les efforts
qu'ont fait plufieurs Chirurgiens célebres
pour fe frayer une nouvelle route en confervant
un lambeau de chair pour couvrir
le moignon , éviter la ligature des vaiffeaux
, la faillie de l'os , fon exfoliation ,
former la cicatrice en moins de tems , &
enfin matelaffer le bout de l'os de façon à
parer les différens accidens qui peuvent
accompagner pendant le cours de la vie .
Mais la difficulté d'appliquer exactement
le lambeau de chair fur le bout des os ,
la crainte qu'il ne s'y rencontrât des vuides
qui donnaffent retraite à des épanchemens,
lui a fait inventer un inftrument pour rapprocher
exactement & mollement le lamJUI
N. 1755. 107
beau fur tout le moignon c'eft une perfection
effentielle qui manquoit à cette
méthode.
M. Garangeot ajoûte la ligature des
vaiffeaux dans ce même cas , & fon procedé
feroit jufte s'il la faifoit par l'ancienne
méthode.
M. Louis dont les recherches & la péné
tration font intariffables , nous donne le
détail de nombre d'autres méthodes , dont
les procédés font auffi différens que les
parties qu'il a à amputer le font entr'elles :
il voit la rétraction des muſcles après leur
fection ; il diffeque les portions de ceux
qui ont refté adhérens aux os , il les releve
par une compreffe fendue pour fcier l'os le
plus haut qu'il eft poffible.
M. Vermalle qui étoit Aide-major à
l'hôpital militaire de Landau en 1734 ,
ayant vû pratiquer l'amputation à deux
lambeaux à M. Ravaton , fon confrere ,
telle qu'il la préfenta à Meffieurs de l'Académie
, a imaginé une façon différente
de former ces deux lambeaux , à laquelle on
a donné la préférence , quoique M. Vermalle
n'ait jamais fait cette amputation
que fur un bouchon de liege , fuivant le
rapport de M. Pierron , Gentilhomme de
la chambre de S. A. S. Electorale Palatine,
chargé de l'Imprimerie de ce Prince
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
ami particulier de Monfieur Vermalle.
Tous les efforts qu'on a fait juſqu'aujourd'hui
pour perfectionner l'amputation,
ont eu pour objet de conferver la peau &
couvrir le moignon en moins de tems . Le
même efprit m'a toujours animé , Meffieurs
, & je vous prie d'agréer mes remar
ques für cette partie effentielle de la chirurgie
je ne m'arrêterai pas à parcourir
l'ancienne méthode , tout le monde connoît
les inconvéniens qui l'accompagnent.
Celle à lambeau inventée par M. Lowdan
, que MM. Verduin , Manget , & c.
ont répandue , & que M. la Faye & quelques
autres ont adoptée , paroît du premier
coup d'oeil impraticable aux praticiens . On
fépare les mufcles jumeaux & folaires jufqu'au
tendon d'Achille on coupe
la peau
au deffous de l'attache des mufcles extenfeurs
de la jambe à l'endroit où on veut
fcier l'os , & on releve enfuite le lambeau
pour couvrir le moignon .
Je remarquerai en premier lieu qu'on ne
peut fcier les os de la jambe fans danger
évident de toucher avec les dents de la
fcie au lambeau , d'où doit s'enfuivre des
accidens fâcheux , puifque les chairs qui
auront été déchirées font recouvertes dans
l'inftant.
Les os ne peuvent être fciés fi également
JUIN. 1755. 109
qu'il n'en refte des pointes qui piqueront
& produiront le même effet , le lambeau
devant être rapproché le plus intimement
qu'il eft poffible ; d'où naîtront des irritations
, des gonflemens , des inflammations,
des dépôts , des fufées , qui rendront le
fuccès fort équivoque. Pour répondre à
ces objections ( qui ont déja été faites ) M.
la Faye dit avoir vû des fractures avec ef
quilles qui piquoient les chairs , qui ont
guéri : pour moi je n'ai pas été fi heureux ,
j'ai vu toujours ces piquûres accompagnées
d'accidens plus ou moins fâcheux , qui ne
fe font terminés que par des dépôts , qui
ont procuré l'exfoliation des portions des
os , ou par l'épanchement d'un fuc que
j'appellerai offeux , qui les a émouffés en
les applaniffant par fucceffion de tems ,
ainfi que M. la Faye l'a remarqué au bout
des os amputés depuis long- tems.
Neft- il pas à craindre que ce fang qui
parcourt le lambeau ne foit gêné ou intercepté
dans fa marche il doit l'être au
jarret par l'angle aigu qui forme le lambeau ;
s'il force cet obftacle , il peut l'être par la
compreffion qu'on eft obligé de faire fur
toute fon étendue pour le tenir rapproché
des os ; d'où s'enfuivra la chûte par pourriture
d'une partie ou du lambeau dans
fon entier.
110 MERCURE DE FRANCE.
Peut- on efperer avec confiance que la
nature réunira des fibres mufculaires coupées
fuivant leur longueur , avec celles
qui le font tranfverfalement ? mais la fuppuration
qui doit néceffairement s'établir
dans toute la ſurface interne du lambeau ,
fuivant la fituation qu'on a coutume de
donner aux bleffés , ne pourra s'écouler
que par les parties latérales femi-fupérieures
: n'eft- il pas à craindre qu'elle ne forme
un vuide dans la partie la plus déclive
du lambeau , & qu'elle ne s'y dépofe ?
Mais ce lambeau rapproché fur toute
la furface du moignon eft-il fi juſte qu'on
ne foit forcé d'en couper des morceaux
pour le rendre parallele ? car fans cette
exacte égalité on ne peut efperer de guérifon.
Le lambeau figuré au moignon laiffe
encore un inconvénient également embarraffant
auquel il n'eft pas aifé de remédier
; car la peau qui eft au bord du tibia
doit fe trouver éloignée de celle du lambeau
de toute l'épaiffeur de ce même
lambeau ; elle le fera davantage fi les chairs
la débordent , comme il arrive prefque
toujours après les grandes fuppurations.
Si la fievre furvient & qu'elle foit violente
( ce qui n'eft que trop ordinaire )
tout le bâtiment s'écroule , la fuppuration
JUI N. 1755. IIT
devient féreufe , abondante , la pofition
de la gaîne du tendon d'Achille reftant ,
ainfi que la membrane oedipeufe qui lie les
mufcles les uns avec les autres ; s'exfolie ;
le lambeau s'amincit , & tend à s'éloigner
du moignon , ce qui entraîne néceffairement
fa chûte.
Je fens cependant que fi cette amputation
eft faite à un bon fujet , qu'il n'arrive
point d'accident pendant le cours du traitement
, elle peut réuffir un peu plus dif
ficilement que dans l'ancienne méthode ;
mais il faut qu'elle ait le bonheur d'être
conduite par une main auffi fage & auffi
expérimentée que celle de M. la Faye.
.M. Garangeot qui dit avoir fait plufieurs
fois cette amputation , confeille d'arrêter
l'hémorragie , en appliquant fur l'orifice
des vaiffeaux ouverts un morceau de
gui de chêne , foutenu d'une compreffe
dont le bout fortira par l'un des côtés de
la plaie. S'il avoit fait attention que ce
font des corps étrangers qu'il introduit
dans le centre d'une très-grande plaie , qui
peuvent caufer des accidens très- fâcheux ,
il auroit préféré la ligature faite avec du fil,
felon l'ancien ufage , qui n'en caufe jamais
de confidérables. Par ce coup de maître
il rend l'inftrument propofé par M. la Faye
pour rapprocher le lambeau, inutile , puif112
MERCURE DE FRANCE.
qu'il introduit un corps intermédiaire qui
s'oppose à ce rapprochement.
M. Louis embraffe toutes les façons
d'amputer les membres qui ont été propofées
, & n'en adopte aucune qu'il ne
l'eût remaniée ; il est vrai qu'il le fait avec
grace , mais il fait tout plier à fon imagi
nation : il charge d'une foule d'accidens
les méthodes qu'il lui plaît de profcrire ,
& n'en voit aucun dans celles qu'il adopte
ou qu'il crée ; il voit la rétraction des mufcles
après l'inciſion tranfverfale ; il détache
les portions de ceux qui restent adhé
rens aux os pour le fcier plus haut , & il
croit par cette découverte remédier à fa
faillie de l'os , à fon exfoliation & à la
longueur des fuppurations.
*
J'ai fait quelques amputations de cuiffe ..
& de jambe par l'ancienne méthode : j'ai
pris en opérant les précautions qui font
récommandées ; je n'aijamais apperçu que
la rétraction des muſcles fût fi confidérable
que M. Louis veut l'infinuer , quoique
j'euffe fait lâcher le tourniquet avant de
faire la ligature , pour reconnoître l'orifice .
des vaiffeaux , comme il eft d'ufage . M.
Louis convient que les mufcles adhérens
aux os ne font pas fufceptibles de cette
rétraction ; mais ceux - ci ne font - ils pás
liés intimément avec ceux qui les touchent?
JUIN. 1755. 113
& ne le font- ils pas tous les uns avec les
autres ?
Si la rétraction des mufcles étoit la feule
caufe de la dénudation de l'os après l'amputation
, cette dénudation paroîtroit à
l'inftant qu'ils font coupés ; ce qui n'eft
jamais arrivé , ni ne peut arriver. M. Louis
l'apperçoit cependant dans le cabinet
lorfqu'il fait lâcher de tourniquet ; & il
faudroit pour que cette grande rétraction
s'exécute , qu'il fe fir un déchirement ou
un alongement confidérable des liens qui
uniffent les mufcles les uns avec les autres ,
ce qui n'eft pas probable.
Si ces remarques font autorifées par
l'expérience de tous les tems , & par la
connoiffance des parties , M. Louis ne doit
plus trouver des portions des mufcles à
relever après fon incifion tranfverfale
faite , & il fera forcé de fcier l'os au niveau
des chairs , comme l'ont fait tous
ceux qui l'ont précédé.
Tout le monde fçait qu'un corps élaftique
coupé en travers s'éloigne plus ou
moins du point de fa divifion à proportion
de fa tenfion & de fon élasticité ; ce
principe a fait errer M. Louis : mais les
mufcles ( par exemple ceux de la cuiffe )
ne font que médiocrement tendus lors de
l'amputation ; leur maffe & leurs liaiſons
114 MERCURE DE FRANCE.
intimes femblent s'oppofer à un grand
écartement : il fe forme cependant un jour
lors de leur fection , mais ce n'eft qu'au
bord extérieur par le principe ci - deffus
établi , car pour les muſcles qui avoiſinent
les Os , cet écartement ou cette retraction
eft infiniment moindre. Or comme on ne
peut fcier l'os qu'après que cette rétraction
s'eft faite , & qu'on a coutume de le fcier
le plus près des chairs qu'il eft poffible , s'il
arrive faillie de l'os elle doit reconnoître
une autre cauſe , & il n'y a aucun Chirur
gien , quelque peu verfé qu'il foit dans la
pratique , qui l'ignore.
Lorfqu'on eft forcé d'amputer la cuiffe
par l'ancienne méthode à un fujet gros &
gras , il y aura faillie de l'os, quelque précaution
qu'on prenne pour l'éviter , &
cette faillie fera même plus ou moins confidérable
, à proportion des accidens qu'aura
effuyés le bleflé pendant le cours des
panfemens. Cette propofition paroîtra erronée
à M. Louis ; mais s'il veut avoir la
bonté de jetter les yeux fur la grande furface
que forme cette fection , fur les fuppurations
longues & abondantes qui l'ac
compagnent , fur la fonte des graiffes &
l'exfoliation des membranes , il apperce
vra l'affaiflement de toutes les parties char
nelles , feule & unique caufe de la grande
faillie de l'os.
JUI N. 1755. 115
Si on fuit M. Louis à l'amputation de la
jambe , on le voit conferver un morceau
de peau femi-fphérique fur le tibia , pour
pouvoir plus aisément couvrir le bout de
cet os après qu'il a été fcié : voilà de ces
efforts d'imagination marqués au bon coin
du cabinet , & qui devroient l'être au contraire
par l'expérience fouvent répétée
pour paroître dans un livre auffi refpectable
que le fera toujours celui des Mémoi
res de l'Académie royale de Chirurgie : il
difféque ici la peau , ailleurs les muſcles
adhérens aux os , & il oublie que dans
tout ceci il fait à petit pas la méthode de
l'amputation à deux lambeaux , inventée
par M. Ravaton , Chirurgien- major de
l'hôpital militaire de Landau , ou celle
en deux tems qu'il condamne ailleurs.
Si à la fuite d'une amputation il arrive
faillie de l'os , M. Louis le coupe fans at
tendre fon exfoliation naturelle , qu'on
peut même accélerer par l'application de
l'eau de mercure ; il s'embarraffe peu des
accidens qui fuivent cette fection ; ce qu'en
ont dit les praticiens eft infuffifant ou inintelligible
pour lui , il y eût remédié s'il
eût été préfent : tout eft borgne ou aveu→
gle , il n'y a que M. Louis qui ait deux
bons yeux.
La cicatrice du moignon ne fe forme ,
116 MERCURE DE FRANCE.
felon M. Louis , que par l'alongement des
fibres de la peau qui eft à fa circonférence ;
il eft vrai qu'elle y concourt effentiellement
, mais les chairs y concourent auffi ,
puifqu'on voit tous les jours des portions
de tégumens fe former dans le centre des
grandes plaies , particulierement aux brûlures
étendues & profondes : il feroit fal
cile d'en rapporter des exemples ; mais cé
que la nature fait tous les jours fous les
yeux de l'obfervateur intelligent , n'a pas
befoin de preuves.
M. Vermalle , Chirurgien de S. A. S.
Electorale Palatine , ayant vû pratiquer
l'amputation à deux lambeaux à M. Rava
ton , a imaginé une façon différente de
former ces deux lambeaux ; il pofe à l'or
dinaire le tourniquet , marque au - deſſous
avec un fil l'étendue qu'il veut leur donner
; il enfonce enfuite un biftouri droit
fur le milieu de l'os , & en fait tourner la
pointe à côté & autour de l'os pour former
deux lambeaux égaux , & il les releve
pour fcier l'os , & c.
Il eft impoffible ( la ligature étant pofée
à la cuiffe ) de faire tourner un biſtouri
droit à côté & autour de l'os pour former
deux lambeaux égaux . Faut- il qu'un petit
Chirurgien de province les affure qu'il n'a
jamais pû les former fur le cadavre ? ( il
JUIN 1755 : 117
n'y a que le liege fur lequel on peut
faire
cette manoeuvre ) car enfin il eft palpable.
qu'il y a une impoffibilité morale de fermer
ces deux l'ambeaux , quand bien même
le biſtouri feroit courbe , comme le propofe
M. Louis , & je ne vois d'autre moyen
de remédier à cet obſtacle infurmontable
qu'en rendant le fer foumis à nos com→
mandemens , fi on en trouve le fecret, pour
qu'il fe plie & fe contourne à volonté , &
alors cette méthode pourra s'employer uti
lement aux amputations des cuiffes.
MM. La Faye & Louis s'accordent à
dire que l'amputation à deux lambeaux
propolée par M. Ravaton , qui confifte à
faire une coupe tranfverfale avec le couteau
courbe , & deux incifions latérales
avec le biftonri , à difféquer & relever les
deux lambeaux pour feier l'os le plus haut
qu'il eft poffible , forme une léſion trop
grande pour ne pas attirer des accidens
fâcheux; mais cette léfion ne feroit- elle
pas la même dans la méthode propofée par
M. Vermalle & n'eft - elle pas double dans
celle à lambeau de la jambe , où ces Mefheurs
ont la complaifance de n'en pas appercevoir
aucun ? Dans trente années d'ici
les décifions de ces Meffieurs fur ces matieres
pourront avoir quelque poids ;
mais en vérité pour le préfent ils permet
2
118 MERCURE DE FRANCE.
tront aux Chirurgiens praticiens de ne pas
fuivre aveuglément leurs dogmes qu'ils
ne les aient anatomifés , & pefés au poids
de l'expérience.
J'ai vû pratiquer l'amputation à deux
lambeaux à M. Ravaton avec tout le fuccès
poffible. Les deux incifions latérales
qui effrayent ces Meffieurs , & qui doivent
être caufe , felon eux , de tant d'accidens
fâcheux , font celles au contraire qui re
médient à ces mêmes accidens , en laiſſant
librement couler la matiere de la fuppu
ration , & évitant conféquemment les inflammations
, les gonflemens , les fuſées ,
les dépôts , &c. qui n'arrivent que trop
fouvent dans l'ancienne méthode ; l'os fe
trouve bien enfoncé & bien recouvert des
chairs , plus d'exfoliation : ce moignon
préfentant une moindre furface, fe cicatrife
en moins de tems , & fe trouve pour
toujours à l'abri des différens accidens qui
l'accompagnoient par l'ancienne méthode.
M. Ledran dit dans fon traité d'opérations
de Chirurgie , avoir fait l'amputation
à deux lambeaux d'une cuiffe,fous les
yeux de Meffieurs de l'Académie , & que
cette amputation a été guérie en trois femaines.
M. Louis rapporte que M. Trecour ,
Chirurgien-major du Régiment de PiéJUIN.
1755: 119
mont , l'a pratiquée avec un égal fuccès ;
je l'ai vû faire en Flandres à différens Chirurgiens,
qui ont été émerveillés du peu de
tems qu'ils ont employé à cicatrifer le
moignon . Je l'ai faite moi- même avec tant
d'avantage , que je ne puis trop recommander
aux princes de la Chirurgie de
l'examiner de plus près , afin de la mieux
connoître .
On fera fans doute furpris de me voir
prendre tant d'intérêt aux avantages que
Famputation à deux lambeaux a fur toutes
ces autres méthodes. Cette furpriſe ceffera
lorfqu'on fera informé que je fuis éleve de
M. Ravaton , & que l'humanité , le bien
public & la force de la vérité m'y ont engagé.
M. Ravaton pratique fon amputation à
deux lambeaux à toutes les parties des bras,
des avant-bras , aux cuifles & aux jambes ;
mais ce qui furprendra davantage , c'eft
que fi une maladie au pied demande l'amputation
de la jambe , il coupe cette jambe
près les malléoles ; & par le fecours d'une
bottine le bleffé étant guéri , marche avec
une facilité peu aifée à rendre. Il coupe de
même les doigts des mains & des pieds ; je
l'ai vû emporter le métatarfe , & le malade
eft guéri en peu de tems.
J'ai l'honneur d'être , & c.
A Meziere, le 20 Mars 1755.
A MESSIEURS
De l'Académie royale de Chirurgie.
M
ESSIEURS , j'ai lû avec plaific
dans le fecond volume de l'Académie
royale de Chirurgie l'hiftoire - que M.
la Faye fait de l'amputation à lambeau ; il
y détaille avec beaucoup de fagacité les
différens accidens qui accompagnent l'ancienne
méthode ; il montre les efforts
qu'ont fait plufieurs Chirurgiens célebres
pour fe frayer une nouvelle route en confervant
un lambeau de chair pour couvrir
le moignon , éviter la ligature des vaiffeaux
, la faillie de l'os , fon exfoliation ,
former la cicatrice en moins de tems , &
enfin matelaffer le bout de l'os de façon à
parer les différens accidens qui peuvent
accompagner pendant le cours de la vie .
Mais la difficulté d'appliquer exactement
le lambeau de chair fur le bout des os ,
la crainte qu'il ne s'y rencontrât des vuides
qui donnaffent retraite à des épanchemens,
lui a fait inventer un inftrument pour rapprocher
exactement & mollement le lamJUI
N. 1755. 107
beau fur tout le moignon c'eft une perfection
effentielle qui manquoit à cette
méthode.
M. Garangeot ajoûte la ligature des
vaiffeaux dans ce même cas , & fon procedé
feroit jufte s'il la faifoit par l'ancienne
méthode.
M. Louis dont les recherches & la péné
tration font intariffables , nous donne le
détail de nombre d'autres méthodes , dont
les procédés font auffi différens que les
parties qu'il a à amputer le font entr'elles :
il voit la rétraction des muſcles après leur
fection ; il diffeque les portions de ceux
qui ont refté adhérens aux os , il les releve
par une compreffe fendue pour fcier l'os le
plus haut qu'il eft poffible.
M. Vermalle qui étoit Aide-major à
l'hôpital militaire de Landau en 1734 ,
ayant vû pratiquer l'amputation à deux
lambeaux à M. Ravaton , fon confrere ,
telle qu'il la préfenta à Meffieurs de l'Académie
, a imaginé une façon différente
de former ces deux lambeaux , à laquelle on
a donné la préférence , quoique M. Vermalle
n'ait jamais fait cette amputation
que fur un bouchon de liege , fuivant le
rapport de M. Pierron , Gentilhomme de
la chambre de S. A. S. Electorale Palatine,
chargé de l'Imprimerie de ce Prince
E vj
108 MERCURE DE FRANCE.
ami particulier de Monfieur Vermalle.
Tous les efforts qu'on a fait juſqu'aujourd'hui
pour perfectionner l'amputation,
ont eu pour objet de conferver la peau &
couvrir le moignon en moins de tems . Le
même efprit m'a toujours animé , Meffieurs
, & je vous prie d'agréer mes remar
ques für cette partie effentielle de la chirurgie
je ne m'arrêterai pas à parcourir
l'ancienne méthode , tout le monde connoît
les inconvéniens qui l'accompagnent.
Celle à lambeau inventée par M. Lowdan
, que MM. Verduin , Manget , & c.
ont répandue , & que M. la Faye & quelques
autres ont adoptée , paroît du premier
coup d'oeil impraticable aux praticiens . On
fépare les mufcles jumeaux & folaires jufqu'au
tendon d'Achille on coupe
la peau
au deffous de l'attache des mufcles extenfeurs
de la jambe à l'endroit où on veut
fcier l'os , & on releve enfuite le lambeau
pour couvrir le moignon .
Je remarquerai en premier lieu qu'on ne
peut fcier les os de la jambe fans danger
évident de toucher avec les dents de la
fcie au lambeau , d'où doit s'enfuivre des
accidens fâcheux , puifque les chairs qui
auront été déchirées font recouvertes dans
l'inftant.
Les os ne peuvent être fciés fi également
JUIN. 1755. 109
qu'il n'en refte des pointes qui piqueront
& produiront le même effet , le lambeau
devant être rapproché le plus intimement
qu'il eft poffible ; d'où naîtront des irritations
, des gonflemens , des inflammations,
des dépôts , des fufées , qui rendront le
fuccès fort équivoque. Pour répondre à
ces objections ( qui ont déja été faites ) M.
la Faye dit avoir vû des fractures avec ef
quilles qui piquoient les chairs , qui ont
guéri : pour moi je n'ai pas été fi heureux ,
j'ai vu toujours ces piquûres accompagnées
d'accidens plus ou moins fâcheux , qui ne
fe font terminés que par des dépôts , qui
ont procuré l'exfoliation des portions des
os , ou par l'épanchement d'un fuc que
j'appellerai offeux , qui les a émouffés en
les applaniffant par fucceffion de tems ,
ainfi que M. la Faye l'a remarqué au bout
des os amputés depuis long- tems.
Neft- il pas à craindre que ce fang qui
parcourt le lambeau ne foit gêné ou intercepté
dans fa marche il doit l'être au
jarret par l'angle aigu qui forme le lambeau ;
s'il force cet obftacle , il peut l'être par la
compreffion qu'on eft obligé de faire fur
toute fon étendue pour le tenir rapproché
des os ; d'où s'enfuivra la chûte par pourriture
d'une partie ou du lambeau dans
fon entier.
110 MERCURE DE FRANCE.
Peut- on efperer avec confiance que la
nature réunira des fibres mufculaires coupées
fuivant leur longueur , avec celles
qui le font tranfverfalement ? mais la fuppuration
qui doit néceffairement s'établir
dans toute la ſurface interne du lambeau ,
fuivant la fituation qu'on a coutume de
donner aux bleffés , ne pourra s'écouler
que par les parties latérales femi-fupérieures
: n'eft- il pas à craindre qu'elle ne forme
un vuide dans la partie la plus déclive
du lambeau , & qu'elle ne s'y dépofe ?
Mais ce lambeau rapproché fur toute
la furface du moignon eft-il fi juſte qu'on
ne foit forcé d'en couper des morceaux
pour le rendre parallele ? car fans cette
exacte égalité on ne peut efperer de guérifon.
Le lambeau figuré au moignon laiffe
encore un inconvénient également embarraffant
auquel il n'eft pas aifé de remédier
; car la peau qui eft au bord du tibia
doit fe trouver éloignée de celle du lambeau
de toute l'épaiffeur de ce même
lambeau ; elle le fera davantage fi les chairs
la débordent , comme il arrive prefque
toujours après les grandes fuppurations.
Si la fievre furvient & qu'elle foit violente
( ce qui n'eft que trop ordinaire )
tout le bâtiment s'écroule , la fuppuration
JUI N. 1755. IIT
devient féreufe , abondante , la pofition
de la gaîne du tendon d'Achille reftant ,
ainfi que la membrane oedipeufe qui lie les
mufcles les uns avec les autres ; s'exfolie ;
le lambeau s'amincit , & tend à s'éloigner
du moignon , ce qui entraîne néceffairement
fa chûte.
Je fens cependant que fi cette amputation
eft faite à un bon fujet , qu'il n'arrive
point d'accident pendant le cours du traitement
, elle peut réuffir un peu plus dif
ficilement que dans l'ancienne méthode ;
mais il faut qu'elle ait le bonheur d'être
conduite par une main auffi fage & auffi
expérimentée que celle de M. la Faye.
.M. Garangeot qui dit avoir fait plufieurs
fois cette amputation , confeille d'arrêter
l'hémorragie , en appliquant fur l'orifice
des vaiffeaux ouverts un morceau de
gui de chêne , foutenu d'une compreffe
dont le bout fortira par l'un des côtés de
la plaie. S'il avoit fait attention que ce
font des corps étrangers qu'il introduit
dans le centre d'une très-grande plaie , qui
peuvent caufer des accidens très- fâcheux ,
il auroit préféré la ligature faite avec du fil,
felon l'ancien ufage , qui n'en caufe jamais
de confidérables. Par ce coup de maître
il rend l'inftrument propofé par M. la Faye
pour rapprocher le lambeau, inutile , puif112
MERCURE DE FRANCE.
qu'il introduit un corps intermédiaire qui
s'oppose à ce rapprochement.
M. Louis embraffe toutes les façons
d'amputer les membres qui ont été propofées
, & n'en adopte aucune qu'il ne
l'eût remaniée ; il est vrai qu'il le fait avec
grace , mais il fait tout plier à fon imagi
nation : il charge d'une foule d'accidens
les méthodes qu'il lui plaît de profcrire ,
& n'en voit aucun dans celles qu'il adopte
ou qu'il crée ; il voit la rétraction des mufcles
après l'inciſion tranfverfale ; il détache
les portions de ceux qui restent adhé
rens aux os pour le fcier plus haut , & il
croit par cette découverte remédier à fa
faillie de l'os , à fon exfoliation & à la
longueur des fuppurations.
*
J'ai fait quelques amputations de cuiffe ..
& de jambe par l'ancienne méthode : j'ai
pris en opérant les précautions qui font
récommandées ; je n'aijamais apperçu que
la rétraction des muſcles fût fi confidérable
que M. Louis veut l'infinuer , quoique
j'euffe fait lâcher le tourniquet avant de
faire la ligature , pour reconnoître l'orifice .
des vaiffeaux , comme il eft d'ufage . M.
Louis convient que les mufcles adhérens
aux os ne font pas fufceptibles de cette
rétraction ; mais ceux - ci ne font - ils pás
liés intimément avec ceux qui les touchent?
JUIN. 1755. 113
& ne le font- ils pas tous les uns avec les
autres ?
Si la rétraction des mufcles étoit la feule
caufe de la dénudation de l'os après l'amputation
, cette dénudation paroîtroit à
l'inftant qu'ils font coupés ; ce qui n'eft
jamais arrivé , ni ne peut arriver. M. Louis
l'apperçoit cependant dans le cabinet
lorfqu'il fait lâcher de tourniquet ; & il
faudroit pour que cette grande rétraction
s'exécute , qu'il fe fir un déchirement ou
un alongement confidérable des liens qui
uniffent les mufcles les uns avec les autres ,
ce qui n'eft pas probable.
Si ces remarques font autorifées par
l'expérience de tous les tems , & par la
connoiffance des parties , M. Louis ne doit
plus trouver des portions des mufcles à
relever après fon incifion tranfverfale
faite , & il fera forcé de fcier l'os au niveau
des chairs , comme l'ont fait tous
ceux qui l'ont précédé.
Tout le monde fçait qu'un corps élaftique
coupé en travers s'éloigne plus ou
moins du point de fa divifion à proportion
de fa tenfion & de fon élasticité ; ce
principe a fait errer M. Louis : mais les
mufcles ( par exemple ceux de la cuiffe )
ne font que médiocrement tendus lors de
l'amputation ; leur maffe & leurs liaiſons
114 MERCURE DE FRANCE.
intimes femblent s'oppofer à un grand
écartement : il fe forme cependant un jour
lors de leur fection , mais ce n'eft qu'au
bord extérieur par le principe ci - deffus
établi , car pour les muſcles qui avoiſinent
les Os , cet écartement ou cette retraction
eft infiniment moindre. Or comme on ne
peut fcier l'os qu'après que cette rétraction
s'eft faite , & qu'on a coutume de le fcier
le plus près des chairs qu'il eft poffible , s'il
arrive faillie de l'os elle doit reconnoître
une autre cauſe , & il n'y a aucun Chirur
gien , quelque peu verfé qu'il foit dans la
pratique , qui l'ignore.
Lorfqu'on eft forcé d'amputer la cuiffe
par l'ancienne méthode à un fujet gros &
gras , il y aura faillie de l'os, quelque précaution
qu'on prenne pour l'éviter , &
cette faillie fera même plus ou moins confidérable
, à proportion des accidens qu'aura
effuyés le bleflé pendant le cours des
panfemens. Cette propofition paroîtra erronée
à M. Louis ; mais s'il veut avoir la
bonté de jetter les yeux fur la grande furface
que forme cette fection , fur les fuppurations
longues & abondantes qui l'ac
compagnent , fur la fonte des graiffes &
l'exfoliation des membranes , il apperce
vra l'affaiflement de toutes les parties char
nelles , feule & unique caufe de la grande
faillie de l'os.
JUI N. 1755. 115
Si on fuit M. Louis à l'amputation de la
jambe , on le voit conferver un morceau
de peau femi-fphérique fur le tibia , pour
pouvoir plus aisément couvrir le bout de
cet os après qu'il a été fcié : voilà de ces
efforts d'imagination marqués au bon coin
du cabinet , & qui devroient l'être au contraire
par l'expérience fouvent répétée
pour paroître dans un livre auffi refpectable
que le fera toujours celui des Mémoi
res de l'Académie royale de Chirurgie : il
difféque ici la peau , ailleurs les muſcles
adhérens aux os , & il oublie que dans
tout ceci il fait à petit pas la méthode de
l'amputation à deux lambeaux , inventée
par M. Ravaton , Chirurgien- major de
l'hôpital militaire de Landau , ou celle
en deux tems qu'il condamne ailleurs.
Si à la fuite d'une amputation il arrive
faillie de l'os , M. Louis le coupe fans at
tendre fon exfoliation naturelle , qu'on
peut même accélerer par l'application de
l'eau de mercure ; il s'embarraffe peu des
accidens qui fuivent cette fection ; ce qu'en
ont dit les praticiens eft infuffifant ou inintelligible
pour lui , il y eût remédié s'il
eût été préfent : tout eft borgne ou aveu→
gle , il n'y a que M. Louis qui ait deux
bons yeux.
La cicatrice du moignon ne fe forme ,
116 MERCURE DE FRANCE.
felon M. Louis , que par l'alongement des
fibres de la peau qui eft à fa circonférence ;
il eft vrai qu'elle y concourt effentiellement
, mais les chairs y concourent auffi ,
puifqu'on voit tous les jours des portions
de tégumens fe former dans le centre des
grandes plaies , particulierement aux brûlures
étendues & profondes : il feroit fal
cile d'en rapporter des exemples ; mais cé
que la nature fait tous les jours fous les
yeux de l'obfervateur intelligent , n'a pas
befoin de preuves.
M. Vermalle , Chirurgien de S. A. S.
Electorale Palatine , ayant vû pratiquer
l'amputation à deux lambeaux à M. Rava
ton , a imaginé une façon différente de
former ces deux lambeaux ; il pofe à l'or
dinaire le tourniquet , marque au - deſſous
avec un fil l'étendue qu'il veut leur donner
; il enfonce enfuite un biftouri droit
fur le milieu de l'os , & en fait tourner la
pointe à côté & autour de l'os pour former
deux lambeaux égaux , & il les releve
pour fcier l'os , & c.
Il eft impoffible ( la ligature étant pofée
à la cuiffe ) de faire tourner un biſtouri
droit à côté & autour de l'os pour former
deux lambeaux égaux . Faut- il qu'un petit
Chirurgien de province les affure qu'il n'a
jamais pû les former fur le cadavre ? ( il
JUIN 1755 : 117
n'y a que le liege fur lequel on peut
faire
cette manoeuvre ) car enfin il eft palpable.
qu'il y a une impoffibilité morale de fermer
ces deux l'ambeaux , quand bien même
le biſtouri feroit courbe , comme le propofe
M. Louis , & je ne vois d'autre moyen
de remédier à cet obſtacle infurmontable
qu'en rendant le fer foumis à nos com→
mandemens , fi on en trouve le fecret, pour
qu'il fe plie & fe contourne à volonté , &
alors cette méthode pourra s'employer uti
lement aux amputations des cuiffes.
MM. La Faye & Louis s'accordent à
dire que l'amputation à deux lambeaux
propolée par M. Ravaton , qui confifte à
faire une coupe tranfverfale avec le couteau
courbe , & deux incifions latérales
avec le biftonri , à difféquer & relever les
deux lambeaux pour feier l'os le plus haut
qu'il eft poffible , forme une léſion trop
grande pour ne pas attirer des accidens
fâcheux; mais cette léfion ne feroit- elle
pas la même dans la méthode propofée par
M. Vermalle & n'eft - elle pas double dans
celle à lambeau de la jambe , où ces Mefheurs
ont la complaifance de n'en pas appercevoir
aucun ? Dans trente années d'ici
les décifions de ces Meffieurs fur ces matieres
pourront avoir quelque poids ;
mais en vérité pour le préfent ils permet
2
118 MERCURE DE FRANCE.
tront aux Chirurgiens praticiens de ne pas
fuivre aveuglément leurs dogmes qu'ils
ne les aient anatomifés , & pefés au poids
de l'expérience.
J'ai vû pratiquer l'amputation à deux
lambeaux à M. Ravaton avec tout le fuccès
poffible. Les deux incifions latérales
qui effrayent ces Meffieurs , & qui doivent
être caufe , felon eux , de tant d'accidens
fâcheux , font celles au contraire qui re
médient à ces mêmes accidens , en laiſſant
librement couler la matiere de la fuppu
ration , & évitant conféquemment les inflammations
, les gonflemens , les fuſées ,
les dépôts , &c. qui n'arrivent que trop
fouvent dans l'ancienne méthode ; l'os fe
trouve bien enfoncé & bien recouvert des
chairs , plus d'exfoliation : ce moignon
préfentant une moindre furface, fe cicatrife
en moins de tems , & fe trouve pour
toujours à l'abri des différens accidens qui
l'accompagnoient par l'ancienne méthode.
M. Ledran dit dans fon traité d'opérations
de Chirurgie , avoir fait l'amputation
à deux lambeaux d'une cuiffe,fous les
yeux de Meffieurs de l'Académie , & que
cette amputation a été guérie en trois femaines.
M. Louis rapporte que M. Trecour ,
Chirurgien-major du Régiment de PiéJUIN.
1755: 119
mont , l'a pratiquée avec un égal fuccès ;
je l'ai vû faire en Flandres à différens Chirurgiens,
qui ont été émerveillés du peu de
tems qu'ils ont employé à cicatrifer le
moignon . Je l'ai faite moi- même avec tant
d'avantage , que je ne puis trop recommander
aux princes de la Chirurgie de
l'examiner de plus près , afin de la mieux
connoître .
On fera fans doute furpris de me voir
prendre tant d'intérêt aux avantages que
Famputation à deux lambeaux a fur toutes
ces autres méthodes. Cette furpriſe ceffera
lorfqu'on fera informé que je fuis éleve de
M. Ravaton , & que l'humanité , le bien
public & la force de la vérité m'y ont engagé.
M. Ravaton pratique fon amputation à
deux lambeaux à toutes les parties des bras,
des avant-bras , aux cuifles & aux jambes ;
mais ce qui furprendra davantage , c'eft
que fi une maladie au pied demande l'amputation
de la jambe , il coupe cette jambe
près les malléoles ; & par le fecours d'une
bottine le bleffé étant guéri , marche avec
une facilité peu aifée à rendre. Il coupe de
même les doigts des mains & des pieds ; je
l'ai vû emporter le métatarfe , & le malade
eft guéri en peu de tems.
J'ai l'honneur d'être , & c.
A Meziere, le 20 Mars 1755.
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Résumé : A MESSIEURS De l'Académie royale de Chirurgie.
Le texte examine diverses méthodes d'amputation pratiquées par des chirurgiens de l'Académie royale de Chirurgie. M. la Faye décrit l'amputation à lambeau, visant à conserver un lambeau de chair pour couvrir le moignon et accélérer la cicatrisation. Cependant, il mentionne les difficultés liées à cette méthode, telles que la crainte des vides sous le lambeau et les irritations possibles. M. Garangeot ajoute la ligature des vaisseaux, tandis que M. Louis explore différentes méthodes adaptées aux diverses parties à amputer. M. Vermalle propose une variante de l'amputation à deux lambeaux, observée chez M. Ravaton. Le texte critique les méthodes existantes, soulignant les risques d'inflammation, de suppuration et de chute du lambeau. M. Ravaton pratique une technique d'amputation à deux lambeaux, consistant en une coupe transversale avec un couteau courbe et deux incisions latérales avec un bistouri pour disséquer et relever les lambeaux afin de fixer l'os. Cette méthode est critiquée par M. La Faye et M. Louis pour causer une lésion trop grande et attirer des accidents. Cependant, le narrateur conteste cette critique en affirmant que les incisions latérales permettent de drainer la matière purulente, évitant ainsi les inflammations et les gonflements. Le narrateur rapporte avoir vu cette méthode pratiquée avec succès par plusieurs chirurgiens, y compris M. Ravaton, M. Ledran et M. Trecour, soulignant sa rapidité de cicatrisation et la réduction des risques post-opératoires. Le narrateur, élève de M. Ravaton, recommande vivement l'examen et l'adoption de cette méthode, soulignant son efficacité et ses avantages pour le bien public. M. Ravaton pratique cette amputation sur diverses parties du corps, y compris les bras, les avant-bras, les cuisses, les jambes, et même les doigts des mains et des pieds. Dans le cas d'une amputation de jambe, il coupe près des malléoles, permettant au patient de marcher avec une bottine après guérison.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13715
p. 120-123
LETTRE de M. Descastans a M. Dupuy, Maître en Chirurgie, Associé de l'Académie de Bordeaux, & Chirurgien-major de l'Hôpital S. André de ladite ville.
Début :
MONSIEUR, j'ai communiqué à mon oncle la lettre que vous m'avez fait [...]
Mots clefs :
Bordeaux, Remèdes, Traitement, Malade, Chirurgie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. Descastans a M. Dupuy, Maître en Chirurgie, Associé de l'Académie de Bordeaux, & Chirurgien-major de l'Hôpital S. André de ladite ville.
-LETTRE de M. Defcaftans a M. Dupuy,
Maître en Chirurgie , Affocié de l'Acadé-.
mie de Bordeaux , & Chirurgien -major
de l'Hôpital S. André de ladite ville.
Monde la letreque vous m'avez fait
ONSIEUR, j'ai communiqué à mon
l'honneur de m'écrire . Il a été ført furpris
qu'il y ait des Chirurgiens & autres perfonnes
dans votre province qui prétendent
qu'il foit en relation avec eux & qu'il leur.
fourniffe fes remedes , leurs mauvais fuccès
fans doute doivent détruire cette impofture
; mais il est très-certain que vous êtes
le feul à Bordeaux & dans tout le pays
avec qui il ait des correfpondances. Il vous
fera très- facile de tirer d'erreur ceux qui
yous en parleront ; il ne s'agit que d'exiger
de ces prétendus correfpondans qu'ils montrent
les lettres de M. Daran , qui feules
peuvent certifier leur commerce avec lui ,
ou d'engager ceux qui foupçonneront cette
liaifon , de lui écrire à lui- même , & il ne
manquera pas de leur faire auffi- tôt une
réponſe qui levera tous leurs doutes . Vous
connoiffez la fignature , & il ne fera pas
aifé de vous en impofer . Ce n'eft pas feulement
à Bordeaux que l'on fuppofe ces
•¿ ¿ di armik od vcorrefpondances
JUIN. 1755. 121
correfpondances avec M. Daran . On employe
le même artifice non feulement dans,
toute la France , mais encore dans les pays
étrangers ; d'autres fans avoir recours à
cette rufe , qui leur paroît apparemment
inutile , publient que les remedes dont ils
fe fervent ont été pris chez lui , & c'eſt le
plus grand nombre : ils font répandus en
plufieurs endroits , même à Paris , & ce
qu'il y a de plus étonnant , c'eft que des
gens qui jouiffent d'ailleurs de la plus
grande réputation , fe vantent auffi d'avoir
les mêmes remedes que lui , & ils le perfuadent
d'autant plus facilement , qu'ils fe
font acquis beaucoup de crédit & de confiance
dans le public toujours fi facile à
être trompé. Il eft vrai qu'on fe defabuſe
à la fin , mais c'eſt toujours à ſes dépens
après avoir reconnu par un traitement
long , douloureux & inutile , qu'on auroit
dû d'abord s'adreffer à M. Daran. Il m'eſt
arrivé fouvent en lifant les lettres qu'il
reçoit des malades , d'y trouver qu'ils s'étoient
confiés à des perfonnes qui difoient
tenir de M. Daran lui-même les fondes &
les bougies dont elles faifoient ufage. Ces
malades l'avoient cru bonnement , & le
confultoient fur leur état en lui demandant
ce qui pouvoit avoir empêché leur guérifon
, après qu'ils s'étoient fervis de fes
II. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE. ,
reniedes avec toute l'exactitude poffible &
le plus grand régime : mon oncle fe trouvoit
obligé de leur répondre qu'ils avoient
été trompés , & qu'il n'étoit point du tout
vrai qu'on eût pris les remedes chez lui.
Les malades de leur côté fe voyoient dans
la trifte néceffité de fe foumettre à un nouveau
traitement complet , trop heureux
encore d'en être quittes pour l'inutilité du
premier , & de n'avoir été qu'à demi les
victimes de cette contrebande fi funefte à
tant d'autres .
Mon oncle a reçu des plaintes de quan
tité de perfonnes à qui ces faux remedes
avoient caufé des accidens très - fâcheux.
J'ai cru devoir rendre cette lettre publique
, pour détromper les perfonnes qui ont
intérêt de l'être , & pour mettre un frein
à l'avidité de ceux qui fe croyent permis
d'abufer de la crédulité publique pour leur
profit particulier on fent bien quelles
font les fuites funeftes de cet artifice . Les
malades qui voyent leur état empirer , au
lieu de changer en mieux par l'ufage des
remedes qu'ils croyent de la compofition
de M. Daran , s'imaginent que leur mal
eft incurable , parce qu'il a réfifté aux fecours
qui font généralement reconnus
comme les plus propres pour le guérir , &
tombent dans un defefpoir auffi contraire
JUI N. 1735. 123
:
à leur rétabliſſement qu'affligeant pour
leur famille mais il leur fera facile de
s'épargner un fi cruel embarras , comme
auffi le defagrément d'un traitement repété
, s'ils veulent avant que de fe confier à
qui que ce foit , écrire à M. Daran , pour
fçavoir au jufte fi ceux qui ont entrepris de
les traiter , ont des correfpondances avec
lui . Ils recevront infailliblement une réponſe
qui éclaircira leurs doutes , & les
fauvera du danger où ils s'alloient peutêtre
expofer imprudemment.
J'ai l'honneur d'être , &c.
DESCASTANS.
A Paris , cè 8 Avril 1755•
Maître en Chirurgie , Affocié de l'Acadé-.
mie de Bordeaux , & Chirurgien -major
de l'Hôpital S. André de ladite ville.
Monde la letreque vous m'avez fait
ONSIEUR, j'ai communiqué à mon
l'honneur de m'écrire . Il a été ført furpris
qu'il y ait des Chirurgiens & autres perfonnes
dans votre province qui prétendent
qu'il foit en relation avec eux & qu'il leur.
fourniffe fes remedes , leurs mauvais fuccès
fans doute doivent détruire cette impofture
; mais il est très-certain que vous êtes
le feul à Bordeaux & dans tout le pays
avec qui il ait des correfpondances. Il vous
fera très- facile de tirer d'erreur ceux qui
yous en parleront ; il ne s'agit que d'exiger
de ces prétendus correfpondans qu'ils montrent
les lettres de M. Daran , qui feules
peuvent certifier leur commerce avec lui ,
ou d'engager ceux qui foupçonneront cette
liaifon , de lui écrire à lui- même , & il ne
manquera pas de leur faire auffi- tôt une
réponſe qui levera tous leurs doutes . Vous
connoiffez la fignature , & il ne fera pas
aifé de vous en impofer . Ce n'eft pas feulement
à Bordeaux que l'on fuppofe ces
•¿ ¿ di armik od vcorrefpondances
JUIN. 1755. 121
correfpondances avec M. Daran . On employe
le même artifice non feulement dans,
toute la France , mais encore dans les pays
étrangers ; d'autres fans avoir recours à
cette rufe , qui leur paroît apparemment
inutile , publient que les remedes dont ils
fe fervent ont été pris chez lui , & c'eſt le
plus grand nombre : ils font répandus en
plufieurs endroits , même à Paris , & ce
qu'il y a de plus étonnant , c'eft que des
gens qui jouiffent d'ailleurs de la plus
grande réputation , fe vantent auffi d'avoir
les mêmes remedes que lui , & ils le perfuadent
d'autant plus facilement , qu'ils fe
font acquis beaucoup de crédit & de confiance
dans le public toujours fi facile à
être trompé. Il eft vrai qu'on fe defabuſe
à la fin , mais c'eſt toujours à ſes dépens
après avoir reconnu par un traitement
long , douloureux & inutile , qu'on auroit
dû d'abord s'adreffer à M. Daran. Il m'eſt
arrivé fouvent en lifant les lettres qu'il
reçoit des malades , d'y trouver qu'ils s'étoient
confiés à des perfonnes qui difoient
tenir de M. Daran lui-même les fondes &
les bougies dont elles faifoient ufage. Ces
malades l'avoient cru bonnement , & le
confultoient fur leur état en lui demandant
ce qui pouvoit avoir empêché leur guérifon
, après qu'ils s'étoient fervis de fes
II. Vol. F
122 MERCURE DE FRANCE. ,
reniedes avec toute l'exactitude poffible &
le plus grand régime : mon oncle fe trouvoit
obligé de leur répondre qu'ils avoient
été trompés , & qu'il n'étoit point du tout
vrai qu'on eût pris les remedes chez lui.
Les malades de leur côté fe voyoient dans
la trifte néceffité de fe foumettre à un nouveau
traitement complet , trop heureux
encore d'en être quittes pour l'inutilité du
premier , & de n'avoir été qu'à demi les
victimes de cette contrebande fi funefte à
tant d'autres .
Mon oncle a reçu des plaintes de quan
tité de perfonnes à qui ces faux remedes
avoient caufé des accidens très - fâcheux.
J'ai cru devoir rendre cette lettre publique
, pour détromper les perfonnes qui ont
intérêt de l'être , & pour mettre un frein
à l'avidité de ceux qui fe croyent permis
d'abufer de la crédulité publique pour leur
profit particulier on fent bien quelles
font les fuites funeftes de cet artifice . Les
malades qui voyent leur état empirer , au
lieu de changer en mieux par l'ufage des
remedes qu'ils croyent de la compofition
de M. Daran , s'imaginent que leur mal
eft incurable , parce qu'il a réfifté aux fecours
qui font généralement reconnus
comme les plus propres pour le guérir , &
tombent dans un defefpoir auffi contraire
JUI N. 1735. 123
:
à leur rétabliſſement qu'affligeant pour
leur famille mais il leur fera facile de
s'épargner un fi cruel embarras , comme
auffi le defagrément d'un traitement repété
, s'ils veulent avant que de fe confier à
qui que ce foit , écrire à M. Daran , pour
fçavoir au jufte fi ceux qui ont entrepris de
les traiter , ont des correfpondances avec
lui . Ils recevront infailliblement une réponſe
qui éclaircira leurs doutes , & les
fauvera du danger où ils s'alloient peutêtre
expofer imprudemment.
J'ai l'honneur d'être , &c.
DESCASTANS.
A Paris , cè 8 Avril 1755•
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Résumé : LETTRE de M. Descastans a M. Dupuy, Maître en Chirurgie, Associé de l'Académie de Bordeaux, & Chirurgien-major de l'Hôpital S. André de ladite ville.
La lettre de M. Descastans à M. Dupuy, maître en chirurgie et associé de l'Académie de Bordeaux, met en lumière une fraude concernant les remèdes attribués à M. Daran. Des individus prétendent correspondre avec M. Daran et fournissent des remèdes, mais leurs échecs révèlent leur imposture. M. Daran affirme que M. Dupuy est le seul interlocuteur avec qui il correspond à Bordeaux. Pour démasquer les imposteurs, il est recommandé de demander des lettres authentiques de M. Daran ou de lui écrire directement. Cette fraude ne se limite pas à Bordeaux mais se répand en France et à l'étranger. Des personnes, même réputées, se vantent de posséder les mêmes remèdes que M. Daran, trompant ainsi le public. Les malades, après des traitements inefficaces, se retrouvent souvent dans des situations désespérées. M. Descastans conseille aux malades de vérifier auprès de M. Daran avant de se confier à quiconque, afin d'éviter des traitements inutiles et dangereux. La lettre vise à détromper les personnes intéressées et à freiner l'avidité de ceux qui abusent de la crédulité publique.
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13716
p. 124-128
Observations sur les vignes de 1754, faites dans le Bordelois.
Début :
Les grandes chaleurs qu'il a fait l'été passé ont arrêté de bonne heure la séve [...]
Mots clefs :
Vignes, Terre, Chaleur, Vendanges
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texteReconnaissance textuelle : Observations sur les vignes de 1754, faites dans le Bordelois.
Obfervations fur les vignes de 1754 , faites
dans le Bordelois.
Lafont arrêté de bonne heure la féve
Es grandes chaleurs qu'il a fait l'été
dans le farment , ce qui a donné fort peu
de bois & a rendu la taille difficile . Les
grands froids ont fait mourir beaucoup de
pieds , les chaleurs de l'année paffée en
avoient déja fait mourir grand nombre.
Les grandes gelées ont rendu les premiers
travaux fort aifés & fort profitables.
Tous les bourgeons étoient prefque fortis ,
lorfqu'il eft furvenu une gelée caufée par
un vent de nord-oueft qui avoit donné la
veille une pluie froide. Tous les endroits
qui avoient été frappés de la pluie , ont
extrêmement fouffert ; il n'y a pas eu de
mal ailleurs , ce qui fait qu'il y a eu des
côtes inacceffibles àla gelée qui ont fouffert
, tandis que dans les plaines l'on en a
été quitte pour la peur.
Les vignes qui n'étoient point gelées
étoient chargées de manes ; le farment a
paru d'abord vigoureux , les feuilles étoient
d'une largeur extraordinaire ; les provins
JUIN. 1755. 125
& les plantations ont réuffi à merveille.
Les travaux fe font faits aifément & en
beau tems.
Les pluies furvenues fur la fleur ont
caufé quelque perte , mais elle n'eft pas
comparable aux maux que les chaleurs qui
leur ont fuccedé ont fait : elles ont trouvé
le bois de la vigne encore humide ; & prenant
de nouveaux accroiffemens , le verjus
n'avoit pas eu le tems de prendre de la
force. Les rayons du foleil ont agi avec
tant de violence , que la moitié de la récolte
a été brûlée. Les chaleurs continuant
ont defféché la terre à un tel point , que
toutes les campagnes étoient crevaffées. Le
farment a pris fa maturité avant le tems ,
la queue du raifin fembloit defféchée , les
grains étoient extrêmement petits ; ceux
qui paroiffoient les plus mûrs étoient d'un
rouge tuilé , ayant une confiftance fort
molle.
La récolte promettoit fort peu de chofe
en Septembre les paluds , quoique dans
une terre forte , ont beaucoup fouffert
l'on laiffe à penfer ce qu'ont eu à endurer
les Graves.
Aux approches des vendanges les vins de
l'année paffée étoient extraordinairement
montés ; ce qui eft prodigieux , c'est que
les vins , dont la qualité étoit fupérieure ,
Fuj
126 MERCURE DE FRANCE.
:.
ont aigri en beaucoup d'endroits .
Des pluies douces furvenues à la veille
des vendanges ont ranimé les efpérances ;
l'on peut conjecturer du bien qu'elles ont
produit , puifque fans avoir pénétré jufqu'à
la racine , elles n'ont pas laiflé d'amener
tout à une maturité parfaite : huit jours
ont füffi , le raiſin a acquis dans ce peu de
tems fa groffeur naturelle , l'on ne voyoit
plus aucun veftige des defordres qu'avoient
fait les grandes chaleurs ; ce changement
arriva à la mi- Octobre. L'on a profité des
beaux jours qu'il a fait depuis pour vendanger
; mais les froids & les mauvais tems
qui ont fuccédé , ont tout gâté en certains
endroits : les vendanges étoient trop reculées
pour pouvoir être faites fans inconvénient.
Enfin l'on a fait prefque par-tour
d'abondantes vendanges ; mais le vin n'eſt
pas également bon , on ne lui trouve ni la
féve , ni le corps de celui de l'année paffée.
Le vin blanc eft moindre en qualité que
le rouge . Un ouragan des plus terribles qui
s'eft fait fentir en Novembre , a caufé de
grands maux ; les raifins n'étoient pas encore
bons à prendre , l'on n'avoit fait qu'u
ne cueillette , & en quelques endroits aucune
; les grains les plus pourris fe détacherent
, la terre en étoit couverte ; une
pluie abondante qui futvint , les détrempa
JUIN. 1755. 127
fi fort que l'on fut obligé de les abandonner
: il eft vrai que cette pluie hâta les vendanges
en achevant de pourrir. Les vins
blancs du Bordelois fe font prefque tous
de raifins pourris.
Remarques particulieres fur les grands froids
& les grandes chaleurs de l'année.
Les rigueurs de l'hiver & les grandes
chaleurs de l'été ont tout fait dans l'abondanté
récolte de cette année.
Les hivers froids & les étés chauds ,
malgré les inconvéniens qu'ils ont , font
les plus propres aux vignes.
D
Les gelées fortes mettent en pouffiere
les terres les plus compactes ; elles s'infinuent
dans toutes les parties , elles les
foulevent en en faifant la féparation . Que
ne doit-on pas attendre après cela des labours,
qui achevent de procurer une ouver
ture qui puiffe infinuer les rayons du foleil
dans le fein de la terrre , afin d'en mettre
en mouvement tous les fels ? Les hivers
doux ne fçauroient produire ces avantages.
Les pluvieux font d'ordinaire funeftes à
toutes les plantes , fans compter la quantité
immenfe de fels précieux qu'entraînent
les eaux ou qu'elles diffipent ; l'on perd
prefque le fruit de tous les travaux : en
vain l'on ouvre le fein de la terre pour y
F iiij
128 MERCURE DE FRANCE.
infinuer les douces influences de l'air ; la
terre chargée d'humidité , preffe fur ellemême
& fe refferre auffi - tôt.
La chaleur eft le principe de la végétation
, & plus elle eft grande , plus elle agit
avec efficacité.
Le point eft de mettre la vigne dans une
fituation à profiter de ces bienfaits , par où
on la met en même tems à l'abri des inconvéniens
d'une trop grande chaleur :
c'eft en faifant de fréquens labours , qui
tiennent toujours la terre meuble , & font
mourir les mauvaiſes herbes ; il eft inconteftable
que fans cela la terre fe durcit ,
la chaleur s'y concentre , c'eft une maſſe
de feu qui altere & qui defféche tout ce
qui en approche. Il eft démontré qu'à un
demi-pied de terre meuble il regne une
fraîcheur que l'on ne trouve point à deux
pieds d'une terre inculte. Les mauvaifes
herbes contribuent à entretenir la chaleur ,
leur ombrage ne porte point la fraîcheur
que l'on s'imagine.
Par le P. P. R. D. N. D. D. V,
dans le Bordelois.
Lafont arrêté de bonne heure la féve
Es grandes chaleurs qu'il a fait l'été
dans le farment , ce qui a donné fort peu
de bois & a rendu la taille difficile . Les
grands froids ont fait mourir beaucoup de
pieds , les chaleurs de l'année paffée en
avoient déja fait mourir grand nombre.
Les grandes gelées ont rendu les premiers
travaux fort aifés & fort profitables.
Tous les bourgeons étoient prefque fortis ,
lorfqu'il eft furvenu une gelée caufée par
un vent de nord-oueft qui avoit donné la
veille une pluie froide. Tous les endroits
qui avoient été frappés de la pluie , ont
extrêmement fouffert ; il n'y a pas eu de
mal ailleurs , ce qui fait qu'il y a eu des
côtes inacceffibles àla gelée qui ont fouffert
, tandis que dans les plaines l'on en a
été quitte pour la peur.
Les vignes qui n'étoient point gelées
étoient chargées de manes ; le farment a
paru d'abord vigoureux , les feuilles étoient
d'une largeur extraordinaire ; les provins
JUIN. 1755. 125
& les plantations ont réuffi à merveille.
Les travaux fe font faits aifément & en
beau tems.
Les pluies furvenues fur la fleur ont
caufé quelque perte , mais elle n'eft pas
comparable aux maux que les chaleurs qui
leur ont fuccedé ont fait : elles ont trouvé
le bois de la vigne encore humide ; & prenant
de nouveaux accroiffemens , le verjus
n'avoit pas eu le tems de prendre de la
force. Les rayons du foleil ont agi avec
tant de violence , que la moitié de la récolte
a été brûlée. Les chaleurs continuant
ont defféché la terre à un tel point , que
toutes les campagnes étoient crevaffées. Le
farment a pris fa maturité avant le tems ,
la queue du raifin fembloit defféchée , les
grains étoient extrêmement petits ; ceux
qui paroiffoient les plus mûrs étoient d'un
rouge tuilé , ayant une confiftance fort
molle.
La récolte promettoit fort peu de chofe
en Septembre les paluds , quoique dans
une terre forte , ont beaucoup fouffert
l'on laiffe à penfer ce qu'ont eu à endurer
les Graves.
Aux approches des vendanges les vins de
l'année paffée étoient extraordinairement
montés ; ce qui eft prodigieux , c'est que
les vins , dont la qualité étoit fupérieure ,
Fuj
126 MERCURE DE FRANCE.
:.
ont aigri en beaucoup d'endroits .
Des pluies douces furvenues à la veille
des vendanges ont ranimé les efpérances ;
l'on peut conjecturer du bien qu'elles ont
produit , puifque fans avoir pénétré jufqu'à
la racine , elles n'ont pas laiflé d'amener
tout à une maturité parfaite : huit jours
ont füffi , le raiſin a acquis dans ce peu de
tems fa groffeur naturelle , l'on ne voyoit
plus aucun veftige des defordres qu'avoient
fait les grandes chaleurs ; ce changement
arriva à la mi- Octobre. L'on a profité des
beaux jours qu'il a fait depuis pour vendanger
; mais les froids & les mauvais tems
qui ont fuccédé , ont tout gâté en certains
endroits : les vendanges étoient trop reculées
pour pouvoir être faites fans inconvénient.
Enfin l'on a fait prefque par-tour
d'abondantes vendanges ; mais le vin n'eſt
pas également bon , on ne lui trouve ni la
féve , ni le corps de celui de l'année paffée.
Le vin blanc eft moindre en qualité que
le rouge . Un ouragan des plus terribles qui
s'eft fait fentir en Novembre , a caufé de
grands maux ; les raifins n'étoient pas encore
bons à prendre , l'on n'avoit fait qu'u
ne cueillette , & en quelques endroits aucune
; les grains les plus pourris fe détacherent
, la terre en étoit couverte ; une
pluie abondante qui futvint , les détrempa
JUIN. 1755. 127
fi fort que l'on fut obligé de les abandonner
: il eft vrai que cette pluie hâta les vendanges
en achevant de pourrir. Les vins
blancs du Bordelois fe font prefque tous
de raifins pourris.
Remarques particulieres fur les grands froids
& les grandes chaleurs de l'année.
Les rigueurs de l'hiver & les grandes
chaleurs de l'été ont tout fait dans l'abondanté
récolte de cette année.
Les hivers froids & les étés chauds ,
malgré les inconvéniens qu'ils ont , font
les plus propres aux vignes.
D
Les gelées fortes mettent en pouffiere
les terres les plus compactes ; elles s'infinuent
dans toutes les parties , elles les
foulevent en en faifant la féparation . Que
ne doit-on pas attendre après cela des labours,
qui achevent de procurer une ouver
ture qui puiffe infinuer les rayons du foleil
dans le fein de la terrre , afin d'en mettre
en mouvement tous les fels ? Les hivers
doux ne fçauroient produire ces avantages.
Les pluvieux font d'ordinaire funeftes à
toutes les plantes , fans compter la quantité
immenfe de fels précieux qu'entraînent
les eaux ou qu'elles diffipent ; l'on perd
prefque le fruit de tous les travaux : en
vain l'on ouvre le fein de la terre pour y
F iiij
128 MERCURE DE FRANCE.
infinuer les douces influences de l'air ; la
terre chargée d'humidité , preffe fur ellemême
& fe refferre auffi - tôt.
La chaleur eft le principe de la végétation
, & plus elle eft grande , plus elle agit
avec efficacité.
Le point eft de mettre la vigne dans une
fituation à profiter de ces bienfaits , par où
on la met en même tems à l'abri des inconvéniens
d'une trop grande chaleur :
c'eft en faifant de fréquens labours , qui
tiennent toujours la terre meuble , & font
mourir les mauvaiſes herbes ; il eft inconteftable
que fans cela la terre fe durcit ,
la chaleur s'y concentre , c'eft une maſſe
de feu qui altere & qui defféche tout ce
qui en approche. Il eft démontré qu'à un
demi-pied de terre meuble il regne une
fraîcheur que l'on ne trouve point à deux
pieds d'une terre inculte. Les mauvaifes
herbes contribuent à entretenir la chaleur ,
leur ombrage ne porte point la fraîcheur
que l'on s'imagine.
Par le P. P. R. D. N. D. D. V,
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Résumé : Observations sur les vignes de 1754, faites dans le Bordelois.
En 1754, dans le Bordelais, les conditions climatiques extrêmes ont gravement affecté les vignes. Les grandes chaleurs estivales ont limité la croissance du bois, rendant la taille difficile. Les froids intenses ont tué de nombreux pieds de vigne, aggravant les pertes de l'année précédente. Les gelées ont facilité les premiers travaux, mais une gelée tardive, précédée d'une pluie froide, a endommagé les bourgeons dans certaines zones. Les vignes non gelées étaient chargées de fruits, mais les pluies et les chaleurs excessives ont causé des pertes significatives. Les rayons du soleil ont brûlé une grande partie de la récolte, et les chaleurs ont desséché la terre, rendant les grains de raisin petits et mous. En septembre, la récolte semblait prometteuse, mais les paluds ont souffert. Les vins de l'année précédente avaient monté en qualité, mais certains avaient aigri. Des pluies douces avant les vendanges ont amélioré la maturité du raisin, mais les froids et les mauvais temps ultérieurs ont gâté certaines récoltes. Les vendanges, bien que tardives, ont été abondantes, mais le vin manquait de saveur et de corps par rapport à l'année précédente. Un ouragan en novembre a causé des dégâts supplémentaires, laissant des raisins pourris. Les rigueurs de l'hiver et les grandes chaleurs de l'été ont été déterminantes pour l'abondance de la récolte. Les gelées fortes et les labours fréquents sont bénéfiques pour les vignes, tandis que les hivers doux et les étés pluvieux sont nuisibles. La chaleur est essentielle pour la végétation, mais elle doit être modérée pour éviter de dessécher les vignes. Les labours réguliers et l'élimination des mauvaises herbes sont cruciaux pour maintenir la fraîcheur du sol et protéger les vignes des excès de chaleur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13717
p. 129-140
SCULPTURE. LETTRE de M. Voisin, Avocat au Parlement de Paris, à M. le Comte de Tressan, Lieutenant général des armées du Roi, & Commandant pour Sa Mejesté en Lorraine.
Début :
MONSIEUR, permettez-moi de me renouveller dans l'honneur de votre [...]
Mots clefs :
Marbre, Antiquités romaines, Antiquités grecques, Sculpture, Rome, Palais, Relief, Ruines, Collection
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SCULPTURE. LETTRE de M. Voisin, Avocat au Parlement de Paris, à M. le Comte de Tressan, Lieutenant général des armées du Roi, & Commandant pour Sa Mejesté en Lorraine.
SCULPTURE.
LETTRE de M. Voifin , Avocat au Par
lement de Paris , à M. le Comte de Treffan,
Lieutenant général des armées du Roi , &
Commandant pour Sa Majesté en Lorraine.
MONSIEUR , permettez - moi de me
renouveller dans l'honneur de votre
fouvenir , & de faifir pour cela l'occafion
de vous faire part d'une collection confidérable
d'antiques grecques & romaines
que M. Adam l'aîné , de Nanci , Sculpteur
ordinaire du Roi , & Profeffeur de l'Académie
royale de Peinture & de Sculpture
expofe à la curiofité publique dans fa maifon
, rue baffe du Rempart , quartier de la
Ville-l'Evêque , après avoir eu l'honneur
,
Fv
310 MERCURE DE FRANCE.
d'en préfenter le recueil gravé à Sa Majesté,
& après l'avoir envoyé aux autres Souverains
de l'Europe..
Les 68 morceaux de cette collection
exécutés en marbre de Paros & de Salin ,
ont été trouvés à Rome dans le Palais de
Néron , au mont Palatin , & dans les ruines
du palais de Marius , entre Rome & Frelcati
: auffi M. Adam a- t- il deffiné & gravé
lui-même pour frontifpice à fon recueil
avec cette délicateffe & ce goût qui affectent
fi fingulierement les fçavans , le tems
qui découvre les ruines du palais de Marius
en 1729 .
C'eft des héritiers de M. le Cardinal
de Polignac , qui avoit raffemblé la plus
grande partie de ces antiques pendant fon
ambaffade à Rome , & qui les avoit fait
tranfporter en France , que M. Adam les a
acquifes. Il y a joint auffi plufieurs autres
morceaux également antiques , que dix ans
de féjour à Rome lui avoient procurés,
Cette collection , auffi rare que piquante
par la beauté & par la variété des objets ,
paroît déterminément propre à décorer une
une galerie ou une bibliothéque.
Elle feroit auffi d'une très- grande utilité
dans une académie , pour l'étude & pour
former le goût des éleves , foit de peinture ,
ou de ſculpture.
JUIN. 1755 131
Le bas-relief du tombeau d'un des fils
de Fauſtine , d'un pied de haut fur trois de
large , ouvrage romain én marbre de Paros
, fait la vignette initiale du recueil de
M.Adam : on y voit le bufte de ce fils chéri ,
avec une allégorie fçavamment imaginée.
Enfuite fe préfente un autel triangulaire
dédié à Bacchus : il a trois pieds trois pouces
de haut , & il eft monté fur trois vafes.
de bronze , foutenus par un piédeſtal ;
ouvrage grec de marbre de Paros . Le basrelief
de deux de ces faces repréfente un
Faune & une Bacchante , d'un pied de hauteur
on voit Silene fur le bas- relief de la
troiſieme face.
Un autre bas- relief de trois pieds de
hauteur & de deux pieds dix pouces de
largeur ; ouvrage grec de marbre de Salin ,
& tiré du tombeau de Marc- Antoine , repréfente
la conquête des Indes par Bacchus .
Les figures de ce bas- relief ont un pied
dix pouces de hauteur ce morceau eft
fans contredit un des plus beaux de l'antiquité
grecque.
Combien deux médaillons qu'on remarque
après , n'excitent- ils pas notre curiofité
de ces deux médaillons de marbre de
Paros , de deux pieds trois pouces de hau
teur chacun , l'un repréfente Diane, & l'autre
Vénus.
F vj
432 MERCURE DE FRANCE.
Deux médaillons d'Aurelien & de Vitellus
, de marbre de Paros , d'un pied trois
pouces de haut , font aux yeux l'éloge de
l'artifte romain antique qui les a exécutés.
Les gens de goût pourront- ils n'être pas
faifis de cette figure faillante & neuve ,
malgré fon antiquité , après nombre de
fiecles ? c'eft un Amour repréfenté de deux
faces , monté fur une panthere ; ouvrage
grec de marbre de Paros , de deux pieds fept
pouces de haut , dont le plinthe eft de deux
pieds trois pouces , & l'Amour de deux
pieds de proportion.
Arrive un petit Bacchus , enfant monté
fur un bouc , & préfenté de deux côtés :
c'eft un ouvrage grec de marbre de Paros ,
de deux pieds de haut fur un plinthe de
trois.
L'Hercule Farnefe eft fans doute connu ,
foit à Rome dans le palais Farnefe , où il
eft en original , foit en copies à Verfailles ,
même foit dans différens cabinets . Il s'agit
ici d'un Hercule appellé Farnefe improprement
, mais qui eft un monument grec
de marbre de Paros , d'un pied fix
de hauteur.
pouces
Après ce qui vient d'être remarqué ,
l'Amour pour l'antiquité fe trouve animé
par une figure de Minerve , d'éxécution
JUIN. 1755: 133
grecque, & de bréche violette, de la hauteur
de deux pieds.
Une autre antique grecque de marbre
de Paros , de deux pieds de haut , repréſentant
Bellonne , a immédiatement après elle
la place qui lui convient.
Enfuite fe préfente dans la galerie de
M. Adam , l'Abondance , antiquité romaine
de marbre de Salin , d'un pied onze pouces
de haut.
Les yeux s'arrêtent après fur un Jupiter
de deux pieds de hauteur , antiquité romaine
, de marbre de Paros.
On ne peut pas fe refufer à la beauté
fçavante de la Junon romaine , de marbre
de Paros , de deux pieds de hauteur . "
La Vénus à la pomme d'or , ouvrage
romain de marbre de Paros , d'un pied onze
pouces de haut , mérite ici toute notre attention
; c'eſt un précieux original dans fa
mefure déterminée , mais dont la copie ſe
remarque dans une étendue plus confidérable
le long de l'allée qui conduit au canal
de Verſailles ; & c'eft cette figure que le
feu célebre Vaillant qualifioit Dea Delphina
, à la différence que la Déeffe du
tapis verd ne tient point de pomme d'or ,
quoiqu'on lui attribue le même gefte .
La Vénus fortant du bain ne cede rien
à la précédente ; elle a une partie de fon
134 MERCURE DE FRANCE.
attitude du côté de la pudicité , & peu s'en
faut qu'à cet égard elle ne fe trouve au
niveau de la perfection de l'original de la
Vénus appellée vulgairement de Médicis ,
& qui eft dans le plus précieux cabinet du
palais de Florence. Cette Vénus fortant du
bain , qui eft une antique romaine de
marbre de Paros , a deux pieds deux pouces
de haut.
Vient enfuite une autre antique romaine
, auffi de marbre de Paros, de deux pieds
quatre pouces , repréfentant un enfant.
A côté , Bacchus enfant affis fur une peau
de bouc , d'un pied neuf pouces de haut en
marbre de Paros ; antiquité romaine.
Achelous à demi - couché & tenant une
corne d'abondance ; antiquité grecque de
marbre de Paros , de deux pieds huit pouces
de proportion , fur un plinthe de deux
pieds fept pouces .
Autre antiquité grecque de marbre de
Paros, de trois pieds de proportion , repréfentant
une Nereïde endormie & couchée
fur le rivage.
On ne peut trop admirer la beauté d'un
Hercule vainqueur du dragon du jardin
des Hefpérides ; antiquité romaine de
marbre de Paros, de deux pieds cinq pouces.
A côté on remarque avec la même fatisfaction
la figure de l'Empereur Commode
JUIN. 1755.
135
en Hercule , après la même victoire ; antiquité
romaine de marbre de Paros , de deux
pieds onze pouces de hauteur.
Un Efculape ; autre antiquité romaine
de marbre de Salin , de deux pieds onze
pouces de haut , égale en beauté les deux
précédentes figures .
Rien de plus précieux que la Vénus pu
dique qu'on voit enfuite ; antiquité grecque
de marbre de Paros , de deux pieds
onze pouces de haut. Cette figure eft régulierement
belle de tous les côtés.
On fixe enfuite fes regards fur une
Pallas armée de fon égide ; antiquité grecque
de marbre de Paros , de deux pieds
onze pouces de hauteur.
La Junon qui eft à côté , eft de la plus
rare beauté par la précifion avec laquelle
le nud fe trouve deffiné fous la draperie :
c'eſt une antiquité grecque , de deux pieds
onze pouces de hauteur , en marbre de
Paros.
Une Flore également belle ; antiquité
grecque , du même marbre & de la même.
proportion .
La curiofité est enfuite extrêmement
piquée par une autre antique grecque , de
trois pieds fix pouces de proportion , &
deux pieds fix pouces de hauteur , en marbre
Crétois , repréfentant un Phrygien qui
136 MERCURE DE FRANCE.
au bas d'une tour fe garantit des traits ennemis
par fon bouclier. Cette figure : eft
également avantageufe de tous côtés .
Une Diane fait partie de la collection de
M. Adam : c'eſt une antique romaine de
marbre de Paros , de trois pieds fix pouces
de hauteur , qui eft d'une beauté parfaite
ainfi que l'Apollon , antiquité grecque , du
même marbre & de la même hauteur. I
Il ne fe voit rien de fupérieur à une
autre antiquité grecque , du même marbre,
de trois pieds fept pouces de haut , repréfentant
une des filles de Lycomede , fous
la draperie de laquelle les yeux développent
le nud.
A côté fe trouve un Pâris à la pomme
d'or ; antiquité grecque , du même marbre
& de la même hauteur , figure admirable
pour fervir de modele.
Ifis , fous les attributs de la Déeffe de la
fanté ; antiquité grecque de marbre de
Paros , de quatre pieds de hauteur , s'offre
enfuite aux yeux.
Une des plus précieufes figures qu'on
puiffe voir fe préfente après ; c'eſt une antiquité
grecque de marbre de Salin, de quatre
pieds dix pouces de haut , repréfentant
l'Hymen , tenant un flambeau d'une main
& une couronne de l'autre à côté de fon
autel.
JUI N. 1755: 137
Il eft fuivi de trois autres antiquités
grecques , du même marbre & de la même
hauteur , repréfentant Mercure , Bacchus
& Méléagre , d'une beauté rare.
,
Enfuite la vûe fe fixe fur une antiquité
grecque , de marbre de Paros , de fix pieds
fix pouces de proportion repréſentant
Perfée qui , après la délivrance d'Andromede
, pofe la tête de Medufe fur du corail
pétrifié & teint de fon fang. La vûe
de cette figure eft piquante de tous les
côtés : on pourroit incrufter dans fon
piédeſtal un bas- relief, partie de la collection
, antiquité grecque , de deux pieds
trois pouces de haut & d'un pied fix
pouces de large , de marbre de Paros ,
repréfentant la même délivrance d'Andromede
, & dont les figures ont un pied huit
pouces.
Deux buftes , antiquités grecques , fe
trouvent enfuite , d'un pied fix pouces de
hauteur chacune ; l'une de marbre de Paros
, & l'autre de marbre de Salin , repréfentant
Germanicus & Lepida .
Deux autres buftes , l'un d'une femme
inconnue , & l'autre d'Adrien , jeune ; an
tiquités romaines , de marbre de Paros ,
d'un pied huit pouces de hauteur.
Deux autres de marbre de Paros , d'un
pied deux pouces de hauteur ; antiquités
138 MERCURE DE FRANCE.
i
romaines, repréfentant une Matrone & une
Nymphe.
Deux autres buftes ; antiquités grecques,
de marbre de Paros, d'un pied cinq pouces
de hauteur , repréfentant une Veftale &
une Sabine .
Deux autres , l'un romain , & l'autre
grec , de marbre de Paros , d'un pied fept
pouces de haut , repréfentant une Bacchante
& Antinous.
Deux autres ; l'un romain & l'autre grec,
de marbre de Paros , de deux pieds de hauteur
, repréfentant Pâris & Cybelle..
Deux autres , de deux pieds trois pouces
de haut ; antiquités romaines , de marbre
de Paros , repréfentant Neron & Meffa-
-line .
C
Deux autres de marbre de Páros , de
deux pieds trois pouces de haut ; antiquités
romaines , qui repréfentent Longina
& Cefonia.
Deux autres , de la même hauteur & du
même marbre ; antiquités grecques , repréfentant
Pompeia & Caligula.
Deux autres du même marbre , l'un de
deux pieds trois pouces , & l'autre de deux
pieds un pouce ; antiquités romaines , repréfentant
Séneque & l'Empereur Commode
.
Deux autres du même marbre , de deux
JUIN. 1755. 139
pieds fept pouces ; antiquités romaines ,
repréfentant Annibal & Septime Sévere.
pouces ,
Deux autres , du même marbre ; antiquités
romaines , l'un d'un pied neuf
& l'autre de deux pieds trois pouces , repréfentant
Narciffe & Faune.
Deux autres du même marbre , de deux
pieds quatre pouces de haut ; antiquités
romaines , repréfentant Tibere & Galba .
Deux autres du même marbre , de deux
pieds dix pouces ; antiques romaines , repréfentant
Augufte & Lepide.
M. Adam a joint à fa collection cinq
buftes de lui , qui ont excité la curiofité,
publique.
Le premier eft un Apollon françois ,
de marbre de Carare , de deux pieds huit
pouces de hauteur. Ce bufte eft un portrait
allégorique du Roi , auquel Apollon , fi
c'étoit une divinité réelle comme c'eft
une fiction poëtique , auroit fouhaité de
reffembler .
Les quatre autres , de deux pieds fix pouces
chacun de haut , du même marbre
repréfentent élégamment & avec énergie
l'eau , l'air , le feu & la terre.
Tous ces différens morceaux , au nombre
de foixante & treize , font rangés avec intelligence
dans une galerie de la maiſon
140 MERCURE DE FRANCE!
où loge M. Adam. La fuite en eft trop
intéreffante pour qu'elle puiffe être féparée
, & fans doute que le Prince curieux
d'une auffi rare collection , ne trouvera fa
curiofité fatisfaite que par l'acquifition de
la totalité.
Je fuis perfuadé , Monfieur , que vous
me fçaurez quelque gré du détail que j'ai
l'honneur de vous faire ; votre goût pour
les fciences & pour les arts m'en eſt un sûr
garant. Excellent Général & homme de
Lettres , vous réuniffez les motifs les plus
preffans de vous vouer l'attachement le
plus inviolable & le plus refpectueux : c'eft
auffi avec ces fentimens que j'ai l'honneur
d'être pour toute ma vie , & c.
LETTRE de M. Voifin , Avocat au Par
lement de Paris , à M. le Comte de Treffan,
Lieutenant général des armées du Roi , &
Commandant pour Sa Majesté en Lorraine.
MONSIEUR , permettez - moi de me
renouveller dans l'honneur de votre
fouvenir , & de faifir pour cela l'occafion
de vous faire part d'une collection confidérable
d'antiques grecques & romaines
que M. Adam l'aîné , de Nanci , Sculpteur
ordinaire du Roi , & Profeffeur de l'Académie
royale de Peinture & de Sculpture
expofe à la curiofité publique dans fa maifon
, rue baffe du Rempart , quartier de la
Ville-l'Evêque , après avoir eu l'honneur
,
Fv
310 MERCURE DE FRANCE.
d'en préfenter le recueil gravé à Sa Majesté,
& après l'avoir envoyé aux autres Souverains
de l'Europe..
Les 68 morceaux de cette collection
exécutés en marbre de Paros & de Salin ,
ont été trouvés à Rome dans le Palais de
Néron , au mont Palatin , & dans les ruines
du palais de Marius , entre Rome & Frelcati
: auffi M. Adam a- t- il deffiné & gravé
lui-même pour frontifpice à fon recueil
avec cette délicateffe & ce goût qui affectent
fi fingulierement les fçavans , le tems
qui découvre les ruines du palais de Marius
en 1729 .
C'eft des héritiers de M. le Cardinal
de Polignac , qui avoit raffemblé la plus
grande partie de ces antiques pendant fon
ambaffade à Rome , & qui les avoit fait
tranfporter en France , que M. Adam les a
acquifes. Il y a joint auffi plufieurs autres
morceaux également antiques , que dix ans
de féjour à Rome lui avoient procurés,
Cette collection , auffi rare que piquante
par la beauté & par la variété des objets ,
paroît déterminément propre à décorer une
une galerie ou une bibliothéque.
Elle feroit auffi d'une très- grande utilité
dans une académie , pour l'étude & pour
former le goût des éleves , foit de peinture ,
ou de ſculpture.
JUIN. 1755 131
Le bas-relief du tombeau d'un des fils
de Fauſtine , d'un pied de haut fur trois de
large , ouvrage romain én marbre de Paros
, fait la vignette initiale du recueil de
M.Adam : on y voit le bufte de ce fils chéri ,
avec une allégorie fçavamment imaginée.
Enfuite fe préfente un autel triangulaire
dédié à Bacchus : il a trois pieds trois pouces
de haut , & il eft monté fur trois vafes.
de bronze , foutenus par un piédeſtal ;
ouvrage grec de marbre de Paros . Le basrelief
de deux de ces faces repréfente un
Faune & une Bacchante , d'un pied de hauteur
on voit Silene fur le bas- relief de la
troiſieme face.
Un autre bas- relief de trois pieds de
hauteur & de deux pieds dix pouces de
largeur ; ouvrage grec de marbre de Salin ,
& tiré du tombeau de Marc- Antoine , repréfente
la conquête des Indes par Bacchus .
Les figures de ce bas- relief ont un pied
dix pouces de hauteur ce morceau eft
fans contredit un des plus beaux de l'antiquité
grecque.
Combien deux médaillons qu'on remarque
après , n'excitent- ils pas notre curiofité
de ces deux médaillons de marbre de
Paros , de deux pieds trois pouces de hau
teur chacun , l'un repréfente Diane, & l'autre
Vénus.
F vj
432 MERCURE DE FRANCE.
Deux médaillons d'Aurelien & de Vitellus
, de marbre de Paros , d'un pied trois
pouces de haut , font aux yeux l'éloge de
l'artifte romain antique qui les a exécutés.
Les gens de goût pourront- ils n'être pas
faifis de cette figure faillante & neuve ,
malgré fon antiquité , après nombre de
fiecles ? c'eft un Amour repréfenté de deux
faces , monté fur une panthere ; ouvrage
grec de marbre de Paros , de deux pieds fept
pouces de haut , dont le plinthe eft de deux
pieds trois pouces , & l'Amour de deux
pieds de proportion.
Arrive un petit Bacchus , enfant monté
fur un bouc , & préfenté de deux côtés :
c'eft un ouvrage grec de marbre de Paros ,
de deux pieds de haut fur un plinthe de
trois.
L'Hercule Farnefe eft fans doute connu ,
foit à Rome dans le palais Farnefe , où il
eft en original , foit en copies à Verfailles ,
même foit dans différens cabinets . Il s'agit
ici d'un Hercule appellé Farnefe improprement
, mais qui eft un monument grec
de marbre de Paros , d'un pied fix
de hauteur.
pouces
Après ce qui vient d'être remarqué ,
l'Amour pour l'antiquité fe trouve animé
par une figure de Minerve , d'éxécution
JUIN. 1755: 133
grecque, & de bréche violette, de la hauteur
de deux pieds.
Une autre antique grecque de marbre
de Paros , de deux pieds de haut , repréſentant
Bellonne , a immédiatement après elle
la place qui lui convient.
Enfuite fe préfente dans la galerie de
M. Adam , l'Abondance , antiquité romaine
de marbre de Salin , d'un pied onze pouces
de haut.
Les yeux s'arrêtent après fur un Jupiter
de deux pieds de hauteur , antiquité romaine
, de marbre de Paros.
On ne peut pas fe refufer à la beauté
fçavante de la Junon romaine , de marbre
de Paros , de deux pieds de hauteur . "
La Vénus à la pomme d'or , ouvrage
romain de marbre de Paros , d'un pied onze
pouces de haut , mérite ici toute notre attention
; c'eſt un précieux original dans fa
mefure déterminée , mais dont la copie ſe
remarque dans une étendue plus confidérable
le long de l'allée qui conduit au canal
de Verſailles ; & c'eft cette figure que le
feu célebre Vaillant qualifioit Dea Delphina
, à la différence que la Déeffe du
tapis verd ne tient point de pomme d'or ,
quoiqu'on lui attribue le même gefte .
La Vénus fortant du bain ne cede rien
à la précédente ; elle a une partie de fon
134 MERCURE DE FRANCE.
attitude du côté de la pudicité , & peu s'en
faut qu'à cet égard elle ne fe trouve au
niveau de la perfection de l'original de la
Vénus appellée vulgairement de Médicis ,
& qui eft dans le plus précieux cabinet du
palais de Florence. Cette Vénus fortant du
bain , qui eft une antique romaine de
marbre de Paros , a deux pieds deux pouces
de haut.
Vient enfuite une autre antique romaine
, auffi de marbre de Paros, de deux pieds
quatre pouces , repréfentant un enfant.
A côté , Bacchus enfant affis fur une peau
de bouc , d'un pied neuf pouces de haut en
marbre de Paros ; antiquité romaine.
Achelous à demi - couché & tenant une
corne d'abondance ; antiquité grecque de
marbre de Paros , de deux pieds huit pouces
de proportion , fur un plinthe de deux
pieds fept pouces .
Autre antiquité grecque de marbre de
Paros, de trois pieds de proportion , repréfentant
une Nereïde endormie & couchée
fur le rivage.
On ne peut trop admirer la beauté d'un
Hercule vainqueur du dragon du jardin
des Hefpérides ; antiquité romaine de
marbre de Paros, de deux pieds cinq pouces.
A côté on remarque avec la même fatisfaction
la figure de l'Empereur Commode
JUIN. 1755.
135
en Hercule , après la même victoire ; antiquité
romaine de marbre de Paros , de deux
pieds onze pouces de hauteur.
Un Efculape ; autre antiquité romaine
de marbre de Salin , de deux pieds onze
pouces de haut , égale en beauté les deux
précédentes figures .
Rien de plus précieux que la Vénus pu
dique qu'on voit enfuite ; antiquité grecque
de marbre de Paros , de deux pieds
onze pouces de haut. Cette figure eft régulierement
belle de tous les côtés.
On fixe enfuite fes regards fur une
Pallas armée de fon égide ; antiquité grecque
de marbre de Paros , de deux pieds
onze pouces de hauteur.
La Junon qui eft à côté , eft de la plus
rare beauté par la précifion avec laquelle
le nud fe trouve deffiné fous la draperie :
c'eſt une antiquité grecque , de deux pieds
onze pouces de hauteur , en marbre de
Paros.
Une Flore également belle ; antiquité
grecque , du même marbre & de la même.
proportion .
La curiofité est enfuite extrêmement
piquée par une autre antique grecque , de
trois pieds fix pouces de proportion , &
deux pieds fix pouces de hauteur , en marbre
Crétois , repréfentant un Phrygien qui
136 MERCURE DE FRANCE.
au bas d'une tour fe garantit des traits ennemis
par fon bouclier. Cette figure : eft
également avantageufe de tous côtés .
Une Diane fait partie de la collection de
M. Adam : c'eſt une antique romaine de
marbre de Paros , de trois pieds fix pouces
de hauteur , qui eft d'une beauté parfaite
ainfi que l'Apollon , antiquité grecque , du
même marbre & de la même hauteur. I
Il ne fe voit rien de fupérieur à une
autre antiquité grecque , du même marbre,
de trois pieds fept pouces de haut , repréfentant
une des filles de Lycomede , fous
la draperie de laquelle les yeux développent
le nud.
A côté fe trouve un Pâris à la pomme
d'or ; antiquité grecque , du même marbre
& de la même hauteur , figure admirable
pour fervir de modele.
Ifis , fous les attributs de la Déeffe de la
fanté ; antiquité grecque de marbre de
Paros , de quatre pieds de hauteur , s'offre
enfuite aux yeux.
Une des plus précieufes figures qu'on
puiffe voir fe préfente après ; c'eſt une antiquité
grecque de marbre de Salin, de quatre
pieds dix pouces de haut , repréfentant
l'Hymen , tenant un flambeau d'une main
& une couronne de l'autre à côté de fon
autel.
JUI N. 1755: 137
Il eft fuivi de trois autres antiquités
grecques , du même marbre & de la même
hauteur , repréfentant Mercure , Bacchus
& Méléagre , d'une beauté rare.
,
Enfuite la vûe fe fixe fur une antiquité
grecque , de marbre de Paros , de fix pieds
fix pouces de proportion repréſentant
Perfée qui , après la délivrance d'Andromede
, pofe la tête de Medufe fur du corail
pétrifié & teint de fon fang. La vûe
de cette figure eft piquante de tous les
côtés : on pourroit incrufter dans fon
piédeſtal un bas- relief, partie de la collection
, antiquité grecque , de deux pieds
trois pouces de haut & d'un pied fix
pouces de large , de marbre de Paros ,
repréfentant la même délivrance d'Andromede
, & dont les figures ont un pied huit
pouces.
Deux buftes , antiquités grecques , fe
trouvent enfuite , d'un pied fix pouces de
hauteur chacune ; l'une de marbre de Paros
, & l'autre de marbre de Salin , repréfentant
Germanicus & Lepida .
Deux autres buftes , l'un d'une femme
inconnue , & l'autre d'Adrien , jeune ; an
tiquités romaines , de marbre de Paros ,
d'un pied huit pouces de hauteur.
Deux autres de marbre de Paros , d'un
pied deux pouces de hauteur ; antiquités
138 MERCURE DE FRANCE.
i
romaines, repréfentant une Matrone & une
Nymphe.
Deux autres buftes ; antiquités grecques,
de marbre de Paros, d'un pied cinq pouces
de hauteur , repréfentant une Veftale &
une Sabine .
Deux autres , l'un romain , & l'autre
grec , de marbre de Paros , d'un pied fept
pouces de haut , repréfentant une Bacchante
& Antinous.
Deux autres ; l'un romain & l'autre grec,
de marbre de Paros , de deux pieds de hauteur
, repréfentant Pâris & Cybelle..
Deux autres , de deux pieds trois pouces
de haut ; antiquités romaines , de marbre
de Paros , repréfentant Neron & Meffa-
-line .
C
Deux autres de marbre de Páros , de
deux pieds trois pouces de haut ; antiquités
romaines , qui repréfentent Longina
& Cefonia.
Deux autres , de la même hauteur & du
même marbre ; antiquités grecques , repréfentant
Pompeia & Caligula.
Deux autres du même marbre , l'un de
deux pieds trois pouces , & l'autre de deux
pieds un pouce ; antiquités romaines , repréfentant
Séneque & l'Empereur Commode
.
Deux autres du même marbre , de deux
JUIN. 1755. 139
pieds fept pouces ; antiquités romaines ,
repréfentant Annibal & Septime Sévere.
pouces ,
Deux autres , du même marbre ; antiquités
romaines , l'un d'un pied neuf
& l'autre de deux pieds trois pouces , repréfentant
Narciffe & Faune.
Deux autres du même marbre , de deux
pieds quatre pouces de haut ; antiquités
romaines , repréfentant Tibere & Galba .
Deux autres du même marbre , de deux
pieds dix pouces ; antiques romaines , repréfentant
Augufte & Lepide.
M. Adam a joint à fa collection cinq
buftes de lui , qui ont excité la curiofité,
publique.
Le premier eft un Apollon françois ,
de marbre de Carare , de deux pieds huit
pouces de hauteur. Ce bufte eft un portrait
allégorique du Roi , auquel Apollon , fi
c'étoit une divinité réelle comme c'eft
une fiction poëtique , auroit fouhaité de
reffembler .
Les quatre autres , de deux pieds fix pouces
chacun de haut , du même marbre
repréfentent élégamment & avec énergie
l'eau , l'air , le feu & la terre.
Tous ces différens morceaux , au nombre
de foixante & treize , font rangés avec intelligence
dans une galerie de la maiſon
140 MERCURE DE FRANCE!
où loge M. Adam. La fuite en eft trop
intéreffante pour qu'elle puiffe être féparée
, & fans doute que le Prince curieux
d'une auffi rare collection , ne trouvera fa
curiofité fatisfaite que par l'acquifition de
la totalité.
Je fuis perfuadé , Monfieur , que vous
me fçaurez quelque gré du détail que j'ai
l'honneur de vous faire ; votre goût pour
les fciences & pour les arts m'en eſt un sûr
garant. Excellent Général & homme de
Lettres , vous réuniffez les motifs les plus
preffans de vous vouer l'attachement le
plus inviolable & le plus refpectueux : c'eft
auffi avec ces fentimens que j'ai l'honneur
d'être pour toute ma vie , & c.
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Résumé : SCULPTURE. LETTRE de M. Voisin, Avocat au Parlement de Paris, à M. le Comte de Tressan, Lieutenant général des armées du Roi, & Commandant pour Sa Mejesté en Lorraine.
La lettre de M. Voifin, avocat au Parlement de Paris, est adressée à M. le Comte de Treffan, lieutenant général des armées du Roi et commandant en Lorraine. Elle présente une collection d'antiquités grecques et romaines exposée par M. Adam l'aîné, sculpteur ordinaire du Roi et professeur à l'Académie royale de Peinture et de Sculpture. Cette collection, composée de 68 pièces en marbre de Paros et de Salin, a été découverte à Rome et dans ses environs. M. Adam a acquis la majorité des pièces des héritiers du Cardinal de Polignac, qui les avait rassemblées pendant son ambassade à Rome. La collection inclut divers bas-reliefs, médaillons et statues, tels qu'un bas-relief du tombeau d'un fils de Faustine, un autel dédié à Bacchus, et des représentations de figures mythologiques comme Bacchus, Diane, Vénus et Hercule. La collection est décrite comme rare et variée, appropriée pour décorer une galerie ou une bibliothèque, et utile pour l'étude et la formation du goût des élèves en peinture et sculpture. La lettre se conclut par une expression de respect et d'attachement envers le Comte de Treffan.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13718
p. 140-143
GRAVURE.
Début :
JEAN-BAPTISTE MASSÉ, Peintre & Conseiller de l'Académie royale de [...]
Mots clefs :
Gravure, Estampes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRAVURE.
GRAVURE.
EAN- BAPTISTE MASSÉ , Peintre
& Confeiller de l'Académie royale de
Peinture & de Sculpture , a deffiné & fait
graver fous fes yeux tous les tableaux de
la grande galerie de Verfailles & des
deux fallons qui l'accompagnent , peints par
Charles le Brun , premier Peintre de Louis
XIV . Cette admirable collection de gravûre
a donné lieu à un Artiſte , qu'un beau
zéle a rendu Poëte , de faire les vers que
JUIN. 1755. 141
nous avons inférés dans le Mercure de
Mai.
Quoique dans ce genre il n'ait jamais ,
paru d'ouvrage plus digne de la curiofité du
public , tant par fon étendue que par la
beauté de fon exécution , quoiqu'il ait été
univerfellement admiré au fallon , où il a
été exposé en 1753 , & que les Gazettes ,
les Mercures & les Journaux en ayent parlé
avec beaucoup d'éloge , il eft furprenant
qu'on n'ait point indiqué où il fe vendoit ,
ni fur les planches ni dans le livret * que
l'auteur nous a donné lui-même de l'explication
de chacun de ces morceaux. Après
tout un pareil oubli de fa part tourne à fa
louange ; il prouve qu'un noble defintéreffement
l'a feul conduit dans le cours
d'un fi long travail , & que fon objet principal
étoit la gloire de la nation . Pour y
fuppléer , nous avertiffons que cet ouvrage
fe vend à Paris , chez le fieur Maffé
place Dauphine.
Si l'on pouvoit fuppofer qu'il y eût
quelques amateurs d'eftampes qui n'euffent
point entendu parler d'une fi belle
collection , ils pourroient en prendre connoiffance
dans les Journaux de Trévoux ,
* Ce livret ſe vend chez la veuve Amaulry , ay
Palais.
142 MERCURE DE FRANCE.
Décembre 1753 , 1 vol . & Mai 1754 , 2
vol. Le R. P. Bertier l'ayant eue entre fes
mains eft celui qui en a fait l'analyſe la
plus exacte.
AMPHITHEATRE DE LA VILLE
D'HERCULANUM ; décoration faifant allu-.
fion à la nouvelle découverte de cette ville
qui fut enfevelie par les cendres du mont
Vefuve fous l'empire de Titus , laquelle a
été exécutée en relief à Rome dans la place
Farnèfe en 1749 , fur les deffeins de M.
Petitot , premier Architecte de S. A. S.
l'Infant Duc de Parme , à l'occaſion de la
cérémonie de l'hommage que le Royaume
de Naples rend au Saint Siége. Dédié à M.
de Montullé , Baron de Saint-Port , & Secrétaire
des commandemens de la Reine.
Cette perfpective qui eft de la grandeur de
la feuille de nom de Jefus , eft gravée par
P. Patte , & fe vend chez lui , rue des
Noyers , la fixieme porte cochere à droite
en entrant par la rue S. Jacques. Prix 1 liv.
10 fols.
I
Cette eftampe eft le digne pendant du
Temple de Venus annoncé dans le Mercure
du mois d'Avril dernier ; elle repréſente
une de ces décorations que l'on exécute
tous les ans à Rome la veille de la Fête de
5. Pierre , lefquelles font toujours allufion,
JUIN. 1755
143
ainfi que nous l'avons déja dit , à quelques-
unes des antiquités du Royaume de
Naples , dont il eft d'ufage de leur faire
retenir le nom , quoiqu'elles ne forent en
effet que des compofitions de MM. les
Penfionnaires de l'Académie de France à
Rome. Comme chaque ville n'avoit qu'un
amphithéatre , & que c'étoit l'édifice le
plus vafte & le plus remarquable , il eft
naturel qu'on ait défigné cette ville par ce
monument ; ainfi on ne doit pas s'étonner
du titre de cette eftampe , qui eft des plus
remarquables par la beauté de fon architecture
& de fa perfpective , ce qui doit lui
mériter un rang diftingué dans les cabinets
des curieux & des amateurs.
EAN- BAPTISTE MASSÉ , Peintre
& Confeiller de l'Académie royale de
Peinture & de Sculpture , a deffiné & fait
graver fous fes yeux tous les tableaux de
la grande galerie de Verfailles & des
deux fallons qui l'accompagnent , peints par
Charles le Brun , premier Peintre de Louis
XIV . Cette admirable collection de gravûre
a donné lieu à un Artiſte , qu'un beau
zéle a rendu Poëte , de faire les vers que
JUIN. 1755. 141
nous avons inférés dans le Mercure de
Mai.
Quoique dans ce genre il n'ait jamais ,
paru d'ouvrage plus digne de la curiofité du
public , tant par fon étendue que par la
beauté de fon exécution , quoiqu'il ait été
univerfellement admiré au fallon , où il a
été exposé en 1753 , & que les Gazettes ,
les Mercures & les Journaux en ayent parlé
avec beaucoup d'éloge , il eft furprenant
qu'on n'ait point indiqué où il fe vendoit ,
ni fur les planches ni dans le livret * que
l'auteur nous a donné lui-même de l'explication
de chacun de ces morceaux. Après
tout un pareil oubli de fa part tourne à fa
louange ; il prouve qu'un noble defintéreffement
l'a feul conduit dans le cours
d'un fi long travail , & que fon objet principal
étoit la gloire de la nation . Pour y
fuppléer , nous avertiffons que cet ouvrage
fe vend à Paris , chez le fieur Maffé
place Dauphine.
Si l'on pouvoit fuppofer qu'il y eût
quelques amateurs d'eftampes qui n'euffent
point entendu parler d'une fi belle
collection , ils pourroient en prendre connoiffance
dans les Journaux de Trévoux ,
* Ce livret ſe vend chez la veuve Amaulry , ay
Palais.
142 MERCURE DE FRANCE.
Décembre 1753 , 1 vol . & Mai 1754 , 2
vol. Le R. P. Bertier l'ayant eue entre fes
mains eft celui qui en a fait l'analyſe la
plus exacte.
AMPHITHEATRE DE LA VILLE
D'HERCULANUM ; décoration faifant allu-.
fion à la nouvelle découverte de cette ville
qui fut enfevelie par les cendres du mont
Vefuve fous l'empire de Titus , laquelle a
été exécutée en relief à Rome dans la place
Farnèfe en 1749 , fur les deffeins de M.
Petitot , premier Architecte de S. A. S.
l'Infant Duc de Parme , à l'occaſion de la
cérémonie de l'hommage que le Royaume
de Naples rend au Saint Siége. Dédié à M.
de Montullé , Baron de Saint-Port , & Secrétaire
des commandemens de la Reine.
Cette perfpective qui eft de la grandeur de
la feuille de nom de Jefus , eft gravée par
P. Patte , & fe vend chez lui , rue des
Noyers , la fixieme porte cochere à droite
en entrant par la rue S. Jacques. Prix 1 liv.
10 fols.
I
Cette eftampe eft le digne pendant du
Temple de Venus annoncé dans le Mercure
du mois d'Avril dernier ; elle repréſente
une de ces décorations que l'on exécute
tous les ans à Rome la veille de la Fête de
5. Pierre , lefquelles font toujours allufion,
JUIN. 1755
143
ainfi que nous l'avons déja dit , à quelques-
unes des antiquités du Royaume de
Naples , dont il eft d'ufage de leur faire
retenir le nom , quoiqu'elles ne forent en
effet que des compofitions de MM. les
Penfionnaires de l'Académie de France à
Rome. Comme chaque ville n'avoit qu'un
amphithéatre , & que c'étoit l'édifice le
plus vafte & le plus remarquable , il eft
naturel qu'on ait défigné cette ville par ce
monument ; ainfi on ne doit pas s'étonner
du titre de cette eftampe , qui eft des plus
remarquables par la beauté de fon architecture
& de fa perfpective , ce qui doit lui
mériter un rang diftingué dans les cabinets
des curieux & des amateurs.
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Résumé : GRAVURE.
Le texte décrit deux principales gravures et leurs contextes. La première gravure est une collection de tableaux de la grande galerie de Versailles et des deux salons adjacents, peints par Charles Le Brun, premier Peintre de Louis XIV. Ces tableaux ont été définis et gravés sous la supervision de Jean-Baptiste Massé, Peintre et Conseiller de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture. Cette collection, exposée en 1753, a été largement élogiée. Elle se vend à Paris chez le sieur Massé, place Dauphine, et un livret explicatif est disponible chez la veuve Amaulry, au Palais. La seconde gravure représente l'amphithéâtre de la ville d'Herculanum, exécuté en relief à Rome en 1749 pour l'hommage du Royaume de Naples au Saint Siège. Gravée par P. Patte, elle est dédiée à M. de Montullé, Baron de Saint-Port, et Secrétaire des commandements de la Reine. Elle se vend chez P. Patte, rue des Noyers, au prix de 1 livre 10 sols. Cette estampe est décrite comme le pendant du Temple de Vénus et est remarquée pour la beauté de son architecture et de sa perspective.
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13719
p. 144-155
ARCHITECTURE. Lettre de M.... à M. le Comte de Ch. sur le Louvre. (a)
Début :
Je veux vous faire part, Monsieur, d'une critique du péristile du Louvre que je [...]
Mots clefs :
Architecture, Façade, Louvre, Monument, Édifices, Péristyle, Palais
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ARCHITECTURE. Lettre de M.... à M. le Comte de Ch. sur le Louvre. (a)
ARCHITECTURE.
Lettre de M.... à M. le Comte de Ch.
fur le Louvre. (a )
E veux vous faire part, Monfieur , d'une
queje
viens de voir dans le Mercure d'Avril . Je
connois la chaleur de votre intérêt pour ce
célebre monument , & je crois vous donner
une preuve finguliere de mon amitié ,
en vous expofant les prétendus défauts
qu'attaque ce cenfeur anonyme.
Il m'a paru un homme de l'art , mais on
découvre aifément à travers les éloges qu'il
donne à ce beau monument , que fon admiration
eft plus contrainte que fincere. Il
demande d'abord qu'on lui permette quelques
réflexions hazardées fur un de ces chefsd'oeuvres
des arts ( b ) faits pour être adorés
aveuglément dans un fiecle d'enthousiasme
& de préjugés ( reconnoît- on à ces traits
le fiécle de Louis XIV ? ) ( c) maisfaits pour
( a ) Les notes qui accompagnent cette lettre
Tont d'un Artiſte auffi éclairé qu'impartial.
(6) Le périftile.
(c) Non fans doute , le Cenfeur a pu le dire
être
JUIN. 1755. 145
être difcutés dans un fiècle fage , éclairé
enfin dans un fiécle philofophe comme le nôtre.
Ce fiécle , tout philofophe qu'il eft ,
pourra-t-il nous indiquer quelques- uns de
Les chefs - d'oeuvres qui ayent furpaffé ou
même approché de ceux du fiécle dernier
dans tous les genres ? ›
Une nouvelle du
preuve peu d'équité ,
& j'oſe dire du peu de goût de ce nouveau
cenfeur , c'eft qu'au lieu de faire élever
cette admirable façade , il eût fouhaité de
faire achever le Louvre fur les mêmes deffeins
de l'ancien ; & nous aurions , dit - il ,
fous les yeux le plus fuperbe palais de l'Europe.
L'on ne fçauroit marquer un mépris
plus injurieux pour l'architecture de Perrault
qu'en lui préférant un édifice où l'on
ne trouve ni compofition , ni proportions ,
en général de tout fiécle où l'on n'auroit pas les
lumieres néceflaires pour diftinguer ce qui eft digne
d'admiration de ce qui eft repréhensible ; il
n'y a nulle apparence que dans le fiécle paffé ce
grand ouvrage ait échappé à la critique de tant
d'habiles Artiftes qui fe diftinguerent alors ; mais
il eft arrivé ce qui arrivera toujours : quelques
défauts qu'on puiffe démontrer dans un bel ou
vrage , ce qu'il a de beau lui attirera l'admiration
, & payera avec ufure pour les défauts qui
peuvent s'y rencontrer : de là l'inutilité des critiques
, fi ce n'eft pour l'inftruction de ceux qui
étudient , de peur qu'ils n'imitent ces défauts
comme confacrés.
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
ni régles. Trois frontons enclavés les
uns dans les autres , des Caryatides placées
à un fecond étage , des ornemens à la
vérité d'un bon deffein & d'une belle exécution
, mais prefque tous déplacés , fuperflus
& prodigués fans choix. ( d )
Sur quel fondement attribuer enfuite à
l'injuftice de l'amour propre des Architectes
de Louis XIV , le refus de fuivre cet
ancien plan qu'il eftime fi fort , pour y
fubftituer par vanité leurs propres idées ?
Ne fe préfentoit- il pas un motif plus naturel
& plus équitable ? celui de mettre à
profit dans une occafion fi heureuſe & fi
rare les progrès de l'efprit humain , celui
des connoiffances & des talens , la fcience
des vraies proportions , l'eftime & la pré-
( d ) L'Auteur tombe ici dans le même défaut
qu'il reproche à fon adverſaire , en faiſant la cririque
d'un morceau qui eft rempli d'affez de
beautés pour mériter fon refpect ; d'ailleurs, quand
fon antagoniſte a dit ce qu'il lui reproche , ce
n'eft point à cette partie du Louvre qu'il faifoit
allufion , mais à celle qui du côté de la riviere ſe
trouve maſquée par ce que M. Perrault a bâti devant
, & on a en effet lieu d'en regretter la perte ,
cette partie étant , au fentiment de plufieurs , plus
belle que ce qui la cache : il eft vrai qu'elle ne
pouvoit s'allier avec le périftile du Louvre ; mais
e - il ridicule de defirer que Perrault eût trouvé
le moyen
de faire une belle chofe fans en facri
fier une autre déja faite ?
JUIN. · 1755. 147
férence de ce beau fimple à l'abondance &
à la profufion des ornemens , reffource ordinaire
de l'ignorance & du défaut de goût ?
Que réfulte - t - il du fentiment de notre
Ariftarque ? une façade de palais fans
croifées , dont on n'a pu deviner jusqu'à
préfent l'ufage & la deftination , & dont les
inconvéniens font fans nombre , & les beautés
déplacées ? Il fe donne bien de garde de
nous détailler aucune de ces beautés , ni
d'en louer les perfections. Il commence par
chercher des défauts à cette façade , pour
affoiblir l'impreffion d'admiration dont
elle frappe tous les regards , en s'efforçant
de rendre cette admiration injufte & pref
que ridicule ; mais il n'eſt aifé de combattre
avec fuccès une approbation univerfelle
, & foutenue pendant le cours de
près d'un fiécle.
pas
Il dir que l'on n'a pu deviner jufqu'à
préfent la deftination de cette façade ; mais
n'auroit-il pas dû s'en informer avant de la
condamner ? Je crois pouvoir l'en inftruire
après avoir répondu à un reproche qu'il
fait à M. Perrault , & que ce grand architecte
n'a point mérité.
Il l'accufe de n'avoir interrompu la
communication de ce périftile que pour
faire une mauvaiſe arcade & une petite
porte . Quelle apparence qu'une porte auffi
Gij
148 MERCURE DE FRANCE,
fimple ait été chez un auffi grand compofiteur
l'objet de cette interruption ! le bon
fens peut-il adopter une idée fifinguliere ?
Ces deux périftiles ont chacun deux portes
à leurs deux extrêmités , qui leur font
fuffifantes. Etoit - il fenfé que l'architecte .
fupprimât ou gâtât ce beau pavillon du
milieu pour donner plus d'étendue à deux
périftiles qui ont chacun plus de trentecinq
toifes : d'ailleurs quelle raiſon a- t- il
d'appeller une mauvaife arcade une porte
dont les proportions font excellentes , & à
laquelle on ne pouvoit donner qu'une forme
ceintrée fans la rendre défectueufe ?
Eft-il mieux fondé de blâmer la petite.
porte placée dans un renfoncement de
douze pieds de profondeur , & fans laquelle
il eût été impoffible de fermer le
Louvre ? Eût-on pû mettre des venteaux à
une ouverture de quarante-deux pieds de
hauteur ? Il étoit donc indifpenfable d'en
menager avec art une plus petite , que l'on
pûr ouvrir & fermer(e). Je reviens à l'ufage
f. 1
-L'Auteur.veut ici excufer un défaut inexcu→
fable , & qui eft reconnu univerfellement pour tel.
Je parle de cette porte ceintrée qui interrompt le
périftile en dedans & en dehors , ce n'eft pas là
deffus qu'il faut défendre Perrault : d'ailleurs it
eft inutile qu'une porte foit dans une autre , la
porte quarrée fufifoite, qus der
A
JUIN. 1755 . 149
& à la deſtination de cette façade , qui eft
pour notre critique un problême , & dont
je lui ai promis la folution .
Il est très- certain , & je l'ai fçu par Mrs
Defgot & Boffrand qui avoient connu M.
Perrault dans leur jeuneffe , que lorfque
Louis XIV déclara qu'il vouloit le frontifpice
de fon Louvre enrichi de tout ce
que l'architecture avoit acquis de perfection
fous fon regne , & de tout ce qu'elle
pouvoit produire de plus régulier en même-
tems , & de plus conforme aux belles
proportions & à la majeftueufe fimplicité
de l'architecture antique , il n'eut aucune
intention d'habiter jamais ce Palais , mais
feulement d'élever à fon entrée un édifice
dont la magnificence égalât & la grandeur
de fes idées , & la dignité d'une maifon que
la nation regardoit comme celle de fon
Roi , par les honneurs qu'il avoit attachés
à fes entrées. Il vouloit encore qu'elle pût
fervir aux fiécles à venir de monument &
de témoin évident & inconteſtable des
merveilles de fon regne dans tous les genres
, mais fur-tout dans celui de la perfection
des beaux Arts . Il y eut encore un autre
motif qui détermina à employer dans
cette façade tout ce que l'architecture avoit
de plus majestueux & de plus frappant . Le
deffein de M. Colbert étoit d'ouvrir une
Giij
150 MERCURE DE FRANCE .
large & belle rue vis- à-vis le Louvre , qui
auroit été continuée jufques à l'arc de
triomphe du fauxbourg S. Antoine , & qui
auroit fervi d'avenue au plus vafte palais
par fon enceinte qu'il y eût eu en Europe ,
puifqu'il étoit décidé qu'on éleveroit du
côté de la rue S. Honoré une galerie parallele
à l'ancienne qui eft fur la riviere ,
& qu'il n'y auroit aucun bâtiment entre le
Louvre & le palais des Tuileries. Quelle
décoration n'exigeoit pas l'objet d'un point
de vue d'une fi prodigieufe étendue ( ƒ) !
Louis XIV , en qui l'excellence d'un
goût naturel égaloit fon amour pour le
grand en tout , ne fut point fatisfait de
plufieurs deffeins qui lui furent préfentés ,
où les croifées n'avoient point été oubliées,
& fur-tout dans celui du Cavalier Bernin
(g ) : mais Perrault fçut faifir en ha-
(f)Toutes les raifons que l'Auteur apporte ici
autorifent Perrault à faire un monument de la
plus grande magnificence & d'une grandeur coloffale
, mais nullement à interrompre par une
arcade fon architecture , & à faire le milieu plein
& maffif comme il eft . A l'égard du défaut de croifées
, il est très-bien juftifié , parce qu'en effet les
niches préfenteront toujours un plus riche fpectacle
que des fenêtres.
(g ) Le projet du Bernin n'étoit pas à rejetter
parce qu'il y avoit des croifées , mais parce
qu'il ne valoit rien d'ailleurs.
JUIN. 1755- 151
bile homme l'avantage unique de la deftination
de cet édifice , & compofer cet admirable
frontifpice , où il n'étoit affervi
ni à la ftructure des palais ordinaires ni à
leurs façades percées à jour ; c'eft ce qui
lui fit concevoir & enfanter ce fublime
deffein , qui fut dans le même inſtant préfenté
, admiré & agréé par Louis XIV.
Voilà ce qui a échappé aux connoiffan
ces de l'auteur de la critique , & qui détruit
tous fes efforts pour dégrader ce bel
édifice . L'ignorance à la vérité de ce que
je viens de lui expofer , peut excufer &
même autorifer les erreurs qu'on trouve
dans la fuite de l'examen de cette façade
au fujet de fa deftination . Telle est l'impoffibilité
où l'on eût été d'y placer des
fpectateurs dans le milieu , à l'occafion des
fêtes qui auroient été données dans l'efpace
en face de ce Château ( b ) . Il n'eft cependant
pas vraisemblable qu'il n'ait jamais
oui parler du fuperbe carroufel donné
par Louis XIV dans la cour du palais
(b ) Il ne s'enfuit pas de ce que les fêtes publiques
pouvoient fe donner dans la cour des Tuileries
, qu'il fût néceffaire de remplir le milieu
du périftile , de telle maniere que perfonne ne pût
s'y placer pour voir le beau coup d'oeil de cette
grande rue , projettée jufqu'à l'arc de triomphe da
fauxbourg S, Antoine.
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
·
des Tuileries qui en a gardé le nom , &
que cette cour étant beaucoup plus fpacieufe
que celle du Louvre , elle eût par
conféquent toujours été choifie pour des
fêtes . Notre Cenfeur auroit encore pû deviner
la deſtination de ce palais par une
réflexion bien fimple : c'eft que le palais
le plus fuperbe ne fçauroit être digne d'un
Roi , s'il n'a fous fes yeux & à fa bienſéance
les agrémens & la promenade d'un magnifique
jardin. Ces réflexions euffent peutêtre
moderé la vivacité de fa critique , &
l'euffent obligé de donner à Perrault les éloges
qu'il mérite , quoique l'on apperçoive
dans fes remarques une confpiration déclarée
contre notre admiration. Ce Cenfeur
peu équitable n'ayant pû fe faire illufion fur
la foibleffe des coups qu'il a portés à cette
façade admirable , qui fe bornent à fon
inutilité apparente & à l'interruption des
deux périftiles , a cherché des défauts
dans l'architecture de la façade de ce palais
du côté de la riviere , mais avec auffi
peu de fuccès. Il prétend que c'eft dans
cette partie du Louvre que Perrault avoit
eu intention de placer l'appartement du
Roi dans cette fuppofition il s'éleve vivement
contre la fimplicité indécente de
fa décoration extérieure ; il la blâme d'être
fans avant corps qui interrompent par -
UIN. 1755.
153
des repos & des maffes l'ennuyeufe monotonie
qui y regne. Cette premiere critique
tombe d'elle- même , puifque l'on
voit dans cette façade trois avant-corps ,
l'un dans le milieu qui devoit être couronné
d'un grand fronton orné de fculptures
, tel qu'il eft gravé dans les plans du
Louvre , d'après le deffein original de
Perrault , & qui font entre les mains de
tout le monde ; les deux autres font placés
aux pavillons des deux extrêmités. ( ż)
En fecond lieu , ce bâtiment dont la fimplicité
l'offenfe fi fort & le rend froid à
Les yeux , ne l'auroit point été fi les pilaftres
qui en décorent la face étoient cannelés
comme ils le doivent être , les chapitaux
corinthiens fculptés & les trois
corps décorés de médaillons couronnés de
mafques & de guirlandes , & de tous les
ornemens dont ils devoient être enrichis.
Lorfqu'il defire dans ce palais un progrès
A
(i ) L'Auteur défend mieux la façade du côté
de la riviere , qui feroit en effet plus riche fi les
pilaftres étoient cannelés & les ornemens finis ;
mais on ne peut nier que cette fuite de pilaftres
n'ait quelque chofe de nonotone , & que fi les
avant- corps étoient ornés de colonnes il en réfulteroit
plus d'agrément & de variété , fans qu'el-
Tes ôtaffent le jour, comme il le croit , puifqu'il y
en a à la façade de Verfailles qui n'obfcurciffent
point la grande galerie .
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
de magnificence fupérieure , ou au moins
égale à celle de la façade de l'entrée , il
auroit voulu fans doute le même périftile ,
mais percé par des croifées , ce qui eût
été impoffible. Ces croifées placées dans
un renfoncement de dix-fept pieds , auroient-
elles éclairé fuffifamment les
appartemens
, & n'y auroient- elles pas plutôt
jetté le fombre & la trifteffe d'un faux jour
plus infupportable que l'entiere obfcurité ?
Un autre inconvénient que l'on n'auroit
jamais pû fauver dans la continuation du
périftile , c'étoit de ne pouvoir rendre les
appartemens de cette partie doubles , &
par conféquent habitables par Sa Majefté
dans des jours de fêtes .
Je paffe fous filence ce qu'il dit de l'intérieur
de la cour : il convient avec raifon
de l'embarras prefque invincible où
furent alors les Architectes , ou de continuer
l'attique , ou en le fupprimant , de
raccorder la nouvelle architecture avec
l'ancienne. Les plus habiles de nos jours
ont tenté d'imaginer pour cet accord un
meilleur deffein que celui qu'on a exécuté
en partie , & ils ont tous avoué que leurs
efforts ont été fans fuccès.
L'Auteur finit fa critique par une affertion
dont on pourra lui difputer la vérité ;
c'eft que tout changement dans un ouvra
JUIN. 1755. 155
ge
confacré à la vénération publique , paroîtra
toujours un crime. Je puis lui répondre
que s'il eût propofé quelque chofe
de nouveau & d'un meilleur accord que
ce que l'on a exécuté dans les façades intérieures
, le public fenfé & éclairé en eût
été très - reconnoiffant , & auroit penſé
comme luis qu'une critique fondée concourt
à l'avantage des arts qu'elle éclaire , & que
les murmures ne doivent jamais empêcher
de publier ce que le goût , d'accord avec la
raison , ont approuvé. ( k )
(k ) Le réſultat de ces deux écrits eft que l'Auteur
de la lettre eft fondé dans le reproche qu'il
fait au Cenfeur du Louvre d'avoir parlé avec trop
peu de ménagement d'un édifice qui fait & qui
fera toujours , malgré fes défauts , l'admiration
de tous les gens de goût ; cependant on ne peut
pas dire que la cenfure de ce Critique manque
de jufteffe , mais qu'elle eft déplacée , dans un
tems où tous les vrais citoyens voyent avec un
plaifir qui tient du transport les préparatifs qu'on
fait pour achever ce ſuperbe monument, Elle paroit
d'autant plus repréhenfible que la multitude
non inftruite peut en conclure , que ce n'eft pas
la peine de finir un ouvrage dont on releve les
défauts avec tant d'amertume , & que d'ailleurs
il y a quelque ingratitude à reconnoître fi mal
le zéle de ceux qui s'occupent du foin de le faire
porter à fon entiere perfection.
Lettre de M.... à M. le Comte de Ch.
fur le Louvre. (a )
E veux vous faire part, Monfieur , d'une
queje
viens de voir dans le Mercure d'Avril . Je
connois la chaleur de votre intérêt pour ce
célebre monument , & je crois vous donner
une preuve finguliere de mon amitié ,
en vous expofant les prétendus défauts
qu'attaque ce cenfeur anonyme.
Il m'a paru un homme de l'art , mais on
découvre aifément à travers les éloges qu'il
donne à ce beau monument , que fon admiration
eft plus contrainte que fincere. Il
demande d'abord qu'on lui permette quelques
réflexions hazardées fur un de ces chefsd'oeuvres
des arts ( b ) faits pour être adorés
aveuglément dans un fiecle d'enthousiasme
& de préjugés ( reconnoît- on à ces traits
le fiécle de Louis XIV ? ) ( c) maisfaits pour
( a ) Les notes qui accompagnent cette lettre
Tont d'un Artiſte auffi éclairé qu'impartial.
(6) Le périftile.
(c) Non fans doute , le Cenfeur a pu le dire
être
JUIN. 1755. 145
être difcutés dans un fiècle fage , éclairé
enfin dans un fiécle philofophe comme le nôtre.
Ce fiécle , tout philofophe qu'il eft ,
pourra-t-il nous indiquer quelques- uns de
Les chefs - d'oeuvres qui ayent furpaffé ou
même approché de ceux du fiécle dernier
dans tous les genres ? ›
Une nouvelle du
preuve peu d'équité ,
& j'oſe dire du peu de goût de ce nouveau
cenfeur , c'eft qu'au lieu de faire élever
cette admirable façade , il eût fouhaité de
faire achever le Louvre fur les mêmes deffeins
de l'ancien ; & nous aurions , dit - il ,
fous les yeux le plus fuperbe palais de l'Europe.
L'on ne fçauroit marquer un mépris
plus injurieux pour l'architecture de Perrault
qu'en lui préférant un édifice où l'on
ne trouve ni compofition , ni proportions ,
en général de tout fiécle où l'on n'auroit pas les
lumieres néceflaires pour diftinguer ce qui eft digne
d'admiration de ce qui eft repréhensible ; il
n'y a nulle apparence que dans le fiécle paffé ce
grand ouvrage ait échappé à la critique de tant
d'habiles Artiftes qui fe diftinguerent alors ; mais
il eft arrivé ce qui arrivera toujours : quelques
défauts qu'on puiffe démontrer dans un bel ou
vrage , ce qu'il a de beau lui attirera l'admiration
, & payera avec ufure pour les défauts qui
peuvent s'y rencontrer : de là l'inutilité des critiques
, fi ce n'eft pour l'inftruction de ceux qui
étudient , de peur qu'ils n'imitent ces défauts
comme confacrés.
II. Vol. G
146 MERCURE DE FRANCE.
ni régles. Trois frontons enclavés les
uns dans les autres , des Caryatides placées
à un fecond étage , des ornemens à la
vérité d'un bon deffein & d'une belle exécution
, mais prefque tous déplacés , fuperflus
& prodigués fans choix. ( d )
Sur quel fondement attribuer enfuite à
l'injuftice de l'amour propre des Architectes
de Louis XIV , le refus de fuivre cet
ancien plan qu'il eftime fi fort , pour y
fubftituer par vanité leurs propres idées ?
Ne fe préfentoit- il pas un motif plus naturel
& plus équitable ? celui de mettre à
profit dans une occafion fi heureuſe & fi
rare les progrès de l'efprit humain , celui
des connoiffances & des talens , la fcience
des vraies proportions , l'eftime & la pré-
( d ) L'Auteur tombe ici dans le même défaut
qu'il reproche à fon adverſaire , en faiſant la cririque
d'un morceau qui eft rempli d'affez de
beautés pour mériter fon refpect ; d'ailleurs, quand
fon antagoniſte a dit ce qu'il lui reproche , ce
n'eft point à cette partie du Louvre qu'il faifoit
allufion , mais à celle qui du côté de la riviere ſe
trouve maſquée par ce que M. Perrault a bâti devant
, & on a en effet lieu d'en regretter la perte ,
cette partie étant , au fentiment de plufieurs , plus
belle que ce qui la cache : il eft vrai qu'elle ne
pouvoit s'allier avec le périftile du Louvre ; mais
e - il ridicule de defirer que Perrault eût trouvé
le moyen
de faire une belle chofe fans en facri
fier une autre déja faite ?
JUIN. · 1755. 147
férence de ce beau fimple à l'abondance &
à la profufion des ornemens , reffource ordinaire
de l'ignorance & du défaut de goût ?
Que réfulte - t - il du fentiment de notre
Ariftarque ? une façade de palais fans
croifées , dont on n'a pu deviner jusqu'à
préfent l'ufage & la deftination , & dont les
inconvéniens font fans nombre , & les beautés
déplacées ? Il fe donne bien de garde de
nous détailler aucune de ces beautés , ni
d'en louer les perfections. Il commence par
chercher des défauts à cette façade , pour
affoiblir l'impreffion d'admiration dont
elle frappe tous les regards , en s'efforçant
de rendre cette admiration injufte & pref
que ridicule ; mais il n'eſt aifé de combattre
avec fuccès une approbation univerfelle
, & foutenue pendant le cours de
près d'un fiécle.
pas
Il dir que l'on n'a pu deviner jufqu'à
préfent la deftination de cette façade ; mais
n'auroit-il pas dû s'en informer avant de la
condamner ? Je crois pouvoir l'en inftruire
après avoir répondu à un reproche qu'il
fait à M. Perrault , & que ce grand architecte
n'a point mérité.
Il l'accufe de n'avoir interrompu la
communication de ce périftile que pour
faire une mauvaiſe arcade & une petite
porte . Quelle apparence qu'une porte auffi
Gij
148 MERCURE DE FRANCE,
fimple ait été chez un auffi grand compofiteur
l'objet de cette interruption ! le bon
fens peut-il adopter une idée fifinguliere ?
Ces deux périftiles ont chacun deux portes
à leurs deux extrêmités , qui leur font
fuffifantes. Etoit - il fenfé que l'architecte .
fupprimât ou gâtât ce beau pavillon du
milieu pour donner plus d'étendue à deux
périftiles qui ont chacun plus de trentecinq
toifes : d'ailleurs quelle raiſon a- t- il
d'appeller une mauvaife arcade une porte
dont les proportions font excellentes , & à
laquelle on ne pouvoit donner qu'une forme
ceintrée fans la rendre défectueufe ?
Eft-il mieux fondé de blâmer la petite.
porte placée dans un renfoncement de
douze pieds de profondeur , & fans laquelle
il eût été impoffible de fermer le
Louvre ? Eût-on pû mettre des venteaux à
une ouverture de quarante-deux pieds de
hauteur ? Il étoit donc indifpenfable d'en
menager avec art une plus petite , que l'on
pûr ouvrir & fermer(e). Je reviens à l'ufage
f. 1
-L'Auteur.veut ici excufer un défaut inexcu→
fable , & qui eft reconnu univerfellement pour tel.
Je parle de cette porte ceintrée qui interrompt le
périftile en dedans & en dehors , ce n'eft pas là
deffus qu'il faut défendre Perrault : d'ailleurs it
eft inutile qu'une porte foit dans une autre , la
porte quarrée fufifoite, qus der
A
JUIN. 1755 . 149
& à la deſtination de cette façade , qui eft
pour notre critique un problême , & dont
je lui ai promis la folution .
Il est très- certain , & je l'ai fçu par Mrs
Defgot & Boffrand qui avoient connu M.
Perrault dans leur jeuneffe , que lorfque
Louis XIV déclara qu'il vouloit le frontifpice
de fon Louvre enrichi de tout ce
que l'architecture avoit acquis de perfection
fous fon regne , & de tout ce qu'elle
pouvoit produire de plus régulier en même-
tems , & de plus conforme aux belles
proportions & à la majeftueufe fimplicité
de l'architecture antique , il n'eut aucune
intention d'habiter jamais ce Palais , mais
feulement d'élever à fon entrée un édifice
dont la magnificence égalât & la grandeur
de fes idées , & la dignité d'une maifon que
la nation regardoit comme celle de fon
Roi , par les honneurs qu'il avoit attachés
à fes entrées. Il vouloit encore qu'elle pût
fervir aux fiécles à venir de monument &
de témoin évident & inconteſtable des
merveilles de fon regne dans tous les genres
, mais fur-tout dans celui de la perfection
des beaux Arts . Il y eut encore un autre
motif qui détermina à employer dans
cette façade tout ce que l'architecture avoit
de plus majestueux & de plus frappant . Le
deffein de M. Colbert étoit d'ouvrir une
Giij
150 MERCURE DE FRANCE .
large & belle rue vis- à-vis le Louvre , qui
auroit été continuée jufques à l'arc de
triomphe du fauxbourg S. Antoine , & qui
auroit fervi d'avenue au plus vafte palais
par fon enceinte qu'il y eût eu en Europe ,
puifqu'il étoit décidé qu'on éleveroit du
côté de la rue S. Honoré une galerie parallele
à l'ancienne qui eft fur la riviere ,
& qu'il n'y auroit aucun bâtiment entre le
Louvre & le palais des Tuileries. Quelle
décoration n'exigeoit pas l'objet d'un point
de vue d'une fi prodigieufe étendue ( ƒ) !
Louis XIV , en qui l'excellence d'un
goût naturel égaloit fon amour pour le
grand en tout , ne fut point fatisfait de
plufieurs deffeins qui lui furent préfentés ,
où les croifées n'avoient point été oubliées,
& fur-tout dans celui du Cavalier Bernin
(g ) : mais Perrault fçut faifir en ha-
(f)Toutes les raifons que l'Auteur apporte ici
autorifent Perrault à faire un monument de la
plus grande magnificence & d'une grandeur coloffale
, mais nullement à interrompre par une
arcade fon architecture , & à faire le milieu plein
& maffif comme il eft . A l'égard du défaut de croifées
, il est très-bien juftifié , parce qu'en effet les
niches préfenteront toujours un plus riche fpectacle
que des fenêtres.
(g ) Le projet du Bernin n'étoit pas à rejetter
parce qu'il y avoit des croifées , mais parce
qu'il ne valoit rien d'ailleurs.
JUIN. 1755- 151
bile homme l'avantage unique de la deftination
de cet édifice , & compofer cet admirable
frontifpice , où il n'étoit affervi
ni à la ftructure des palais ordinaires ni à
leurs façades percées à jour ; c'eft ce qui
lui fit concevoir & enfanter ce fublime
deffein , qui fut dans le même inſtant préfenté
, admiré & agréé par Louis XIV.
Voilà ce qui a échappé aux connoiffan
ces de l'auteur de la critique , & qui détruit
tous fes efforts pour dégrader ce bel
édifice . L'ignorance à la vérité de ce que
je viens de lui expofer , peut excufer &
même autorifer les erreurs qu'on trouve
dans la fuite de l'examen de cette façade
au fujet de fa deftination . Telle est l'impoffibilité
où l'on eût été d'y placer des
fpectateurs dans le milieu , à l'occafion des
fêtes qui auroient été données dans l'efpace
en face de ce Château ( b ) . Il n'eft cependant
pas vraisemblable qu'il n'ait jamais
oui parler du fuperbe carroufel donné
par Louis XIV dans la cour du palais
(b ) Il ne s'enfuit pas de ce que les fêtes publiques
pouvoient fe donner dans la cour des Tuileries
, qu'il fût néceffaire de remplir le milieu
du périftile , de telle maniere que perfonne ne pût
s'y placer pour voir le beau coup d'oeil de cette
grande rue , projettée jufqu'à l'arc de triomphe da
fauxbourg S, Antoine.
Giv
152 MERCURE DE FRANCE.
·
des Tuileries qui en a gardé le nom , &
que cette cour étant beaucoup plus fpacieufe
que celle du Louvre , elle eût par
conféquent toujours été choifie pour des
fêtes . Notre Cenfeur auroit encore pû deviner
la deſtination de ce palais par une
réflexion bien fimple : c'eft que le palais
le plus fuperbe ne fçauroit être digne d'un
Roi , s'il n'a fous fes yeux & à fa bienſéance
les agrémens & la promenade d'un magnifique
jardin. Ces réflexions euffent peutêtre
moderé la vivacité de fa critique , &
l'euffent obligé de donner à Perrault les éloges
qu'il mérite , quoique l'on apperçoive
dans fes remarques une confpiration déclarée
contre notre admiration. Ce Cenfeur
peu équitable n'ayant pû fe faire illufion fur
la foibleffe des coups qu'il a portés à cette
façade admirable , qui fe bornent à fon
inutilité apparente & à l'interruption des
deux périftiles , a cherché des défauts
dans l'architecture de la façade de ce palais
du côté de la riviere , mais avec auffi
peu de fuccès. Il prétend que c'eft dans
cette partie du Louvre que Perrault avoit
eu intention de placer l'appartement du
Roi dans cette fuppofition il s'éleve vivement
contre la fimplicité indécente de
fa décoration extérieure ; il la blâme d'être
fans avant corps qui interrompent par -
UIN. 1755.
153
des repos & des maffes l'ennuyeufe monotonie
qui y regne. Cette premiere critique
tombe d'elle- même , puifque l'on
voit dans cette façade trois avant-corps ,
l'un dans le milieu qui devoit être couronné
d'un grand fronton orné de fculptures
, tel qu'il eft gravé dans les plans du
Louvre , d'après le deffein original de
Perrault , & qui font entre les mains de
tout le monde ; les deux autres font placés
aux pavillons des deux extrêmités. ( ż)
En fecond lieu , ce bâtiment dont la fimplicité
l'offenfe fi fort & le rend froid à
Les yeux , ne l'auroit point été fi les pilaftres
qui en décorent la face étoient cannelés
comme ils le doivent être , les chapitaux
corinthiens fculptés & les trois
corps décorés de médaillons couronnés de
mafques & de guirlandes , & de tous les
ornemens dont ils devoient être enrichis.
Lorfqu'il defire dans ce palais un progrès
A
(i ) L'Auteur défend mieux la façade du côté
de la riviere , qui feroit en effet plus riche fi les
pilaftres étoient cannelés & les ornemens finis ;
mais on ne peut nier que cette fuite de pilaftres
n'ait quelque chofe de nonotone , & que fi les
avant- corps étoient ornés de colonnes il en réfulteroit
plus d'agrément & de variété , fans qu'el-
Tes ôtaffent le jour, comme il le croit , puifqu'il y
en a à la façade de Verfailles qui n'obfcurciffent
point la grande galerie .
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
de magnificence fupérieure , ou au moins
égale à celle de la façade de l'entrée , il
auroit voulu fans doute le même périftile ,
mais percé par des croifées , ce qui eût
été impoffible. Ces croifées placées dans
un renfoncement de dix-fept pieds , auroient-
elles éclairé fuffifamment les
appartemens
, & n'y auroient- elles pas plutôt
jetté le fombre & la trifteffe d'un faux jour
plus infupportable que l'entiere obfcurité ?
Un autre inconvénient que l'on n'auroit
jamais pû fauver dans la continuation du
périftile , c'étoit de ne pouvoir rendre les
appartemens de cette partie doubles , &
par conféquent habitables par Sa Majefté
dans des jours de fêtes .
Je paffe fous filence ce qu'il dit de l'intérieur
de la cour : il convient avec raifon
de l'embarras prefque invincible où
furent alors les Architectes , ou de continuer
l'attique , ou en le fupprimant , de
raccorder la nouvelle architecture avec
l'ancienne. Les plus habiles de nos jours
ont tenté d'imaginer pour cet accord un
meilleur deffein que celui qu'on a exécuté
en partie , & ils ont tous avoué que leurs
efforts ont été fans fuccès.
L'Auteur finit fa critique par une affertion
dont on pourra lui difputer la vérité ;
c'eft que tout changement dans un ouvra
JUIN. 1755. 155
ge
confacré à la vénération publique , paroîtra
toujours un crime. Je puis lui répondre
que s'il eût propofé quelque chofe
de nouveau & d'un meilleur accord que
ce que l'on a exécuté dans les façades intérieures
, le public fenfé & éclairé en eût
été très - reconnoiffant , & auroit penſé
comme luis qu'une critique fondée concourt
à l'avantage des arts qu'elle éclaire , & que
les murmures ne doivent jamais empêcher
de publier ce que le goût , d'accord avec la
raison , ont approuvé. ( k )
(k ) Le réſultat de ces deux écrits eft que l'Auteur
de la lettre eft fondé dans le reproche qu'il
fait au Cenfeur du Louvre d'avoir parlé avec trop
peu de ménagement d'un édifice qui fait & qui
fera toujours , malgré fes défauts , l'admiration
de tous les gens de goût ; cependant on ne peut
pas dire que la cenfure de ce Critique manque
de jufteffe , mais qu'elle eft déplacée , dans un
tems où tous les vrais citoyens voyent avec un
plaifir qui tient du transport les préparatifs qu'on
fait pour achever ce ſuperbe monument, Elle paroit
d'autant plus repréhenfible que la multitude
non inftruite peut en conclure , que ce n'eft pas
la peine de finir un ouvrage dont on releve les
défauts avec tant d'amertume , & que d'ailleurs
il y a quelque ingratitude à reconnoître fi mal
le zéle de ceux qui s'occupent du foin de le faire
porter à fon entiere perfection.
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Résumé : ARCHITECTURE. Lettre de M.... à M. le Comte de Ch. sur le Louvre. (a)
La lettre de M.... à M. le Comte de Ch. aborde une critique anonyme publiée dans le Mercure d'avril concernant l'architecture du Louvre. L'auteur de la lettre reconnaît l'intérêt du comte pour ce monument et partage les critiques formulées par le censeur anonyme, qualifié d'homme de l'art. Ce dernier propose des réflexions sur le Louvre, affirmant que les œuvres du siècle de Louis XIV doivent être adorées aveuglément, tandis que le siècle actuel, plus sage et éclairé, peut les discuter. Le censeur critique la façade actuelle, préférant l'achèvement du Louvre selon les anciens plans, qu'il juge plus superbe. Il reproche à l'architecture de Perrault son manque de composition et de proportions, et déplore l'absence de croisées. La lettre défend Perrault en expliquant que Louis XIV n'avait pas l'intention d'habiter le Louvre, mais de créer un monument magnifiquement décoré pour témoigner de la grandeur de son règne. Elle souligne également que la façade actuelle répondait à un projet urbanistique ambitieux, incluant une large rue et une galerie parallèle. La critique du censeur est jugée inéquitable et manquant de goût, notamment en ce qui concerne l'interruption des péristyles et l'absence de croisées. Le texte discute également des défis architecturaux rencontrés lors de la construction de la façade du château de Versailles. L'auteur souligne que, bien que la grande galerie soit bien éclairée, il aurait été impossible de percer des croisées dans la façade pour éclairer les appartements sans créer une lumière insupportable. De plus, la continuité du péristyle aurait empêché de rendre les appartements doubles et habitables lors des jours de fête. L'auteur reconnaît les difficultés rencontrées par les architectes pour concilier l'ancienne et la nouvelle architecture, et mentionne que même les experts actuels n'ont pas trouvé de meilleure solution. La critique se termine par une réflexion sur les changements apportés aux ouvrages consacrés à la vénération publique, qualifiés de 'crime'. L'auteur répond que des critiques constructives peuvent contribuer à l'amélioration des arts. La censure du critique est jugée mal placée, surtout en période de préparatifs pour achever le monument, et pourrait décourager le public non instruit et sembler ingrate envers ceux qui travaillent à la perfection de l'ouvrage.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13720
p. 156-157
HORLOGERIE. Avertissement du sieur le Mazurier.
Début :
La simplicité fut toujours le caractere distinctif des bonnes machines ; c'est [...]
Mots clefs :
Horlogerie
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texteReconnaissance textuelle : HORLOGERIE. Avertissement du sieur le Mazurier.
HORLOGERIE.
Avertiſſement du fieur le Mazurier .
Ldiftinctif des bonnes machines ; c'eſt
un principe dont conviennent tous ceux
qui ont quelques connoiffances des méchaniques.
On fçait que bien des chofes
égales en foi , ont fouvent le même effet ;
mais que cet effet eft d'autant plus fûrement
produit , qu'il faut moins d'agens
pour le produire ; c'eft pour cette raifon
que le public s'eft intéreffé au travail de
M. le Roi fils , & qu'on a applaudi aux
moyens qu'il a propofés pour fupprimer
dans nos pendules ce grand nombre de
rouesqui ne peuvent qu'altérer leur jufteffe
en y multipliant l'ouvrage & la dépenfe.
En rendant à M. le Roi la juftice qui lui
eft dûe en qualité de premier inventeur
de ces fortes de conftructions le fieur
le Mazurier a cru qu'on ne lui fçauroit
pas mauvais gré d'entrer dans la même
carriere , & que ce feroit une entreprife
utile que de chercher quelqu'autre moyen
encore plus fimple de parvenir au but que
M. le Roi fe propofoit : c'est ce qui la
A fimplicité fut toujours le caractere
>
JUIN. 1755- I 57
porté à exécuter la conftruction de pendule
qu'il publie aujourd'hui ; non content de
la grande fimplicité où il l'a amenée , il lui
a donné une forme extrêmement gracieufe
, ce qui lui a donné lieu d'y ajufter un
cadran de glace , au travers duquel on voit
l'opération de tous ces effets : cette pendule
marque l'heure , la minute , la feconde ;
elle fonne l'heure & le quart à la feconde
précisément , ce qu'on n'avoit pû exécuter
jufqu'à ce jour , & elle n'a qu'une roue
pour fon mouvement & une pour fa fonnerie
; elle donne en outre l'équation du
foleil par un moyen fimple , ce que l'on
verra plus en détail dans le rapport fuivant
, & ce dont on pourra s'inftruire par
fes yeux fi l'on veut fe donner la peine de
la venir voir , rue de la Harpe , où il demeure
, tous les jours de travail , depuis
trois heures d'après- midi jufqu'à cinq , où
il fe fera un devoir de recevoir les avis des
gens de l'art , & des amateurs qui voudront
l'en honorer.
Avertiſſement du fieur le Mazurier .
Ldiftinctif des bonnes machines ; c'eſt
un principe dont conviennent tous ceux
qui ont quelques connoiffances des méchaniques.
On fçait que bien des chofes
égales en foi , ont fouvent le même effet ;
mais que cet effet eft d'autant plus fûrement
produit , qu'il faut moins d'agens
pour le produire ; c'eft pour cette raifon
que le public s'eft intéreffé au travail de
M. le Roi fils , & qu'on a applaudi aux
moyens qu'il a propofés pour fupprimer
dans nos pendules ce grand nombre de
rouesqui ne peuvent qu'altérer leur jufteffe
en y multipliant l'ouvrage & la dépenfe.
En rendant à M. le Roi la juftice qui lui
eft dûe en qualité de premier inventeur
de ces fortes de conftructions le fieur
le Mazurier a cru qu'on ne lui fçauroit
pas mauvais gré d'entrer dans la même
carriere , & que ce feroit une entreprife
utile que de chercher quelqu'autre moyen
encore plus fimple de parvenir au but que
M. le Roi fe propofoit : c'est ce qui la
A fimplicité fut toujours le caractere
>
JUIN. 1755- I 57
porté à exécuter la conftruction de pendule
qu'il publie aujourd'hui ; non content de
la grande fimplicité où il l'a amenée , il lui
a donné une forme extrêmement gracieufe
, ce qui lui a donné lieu d'y ajufter un
cadran de glace , au travers duquel on voit
l'opération de tous ces effets : cette pendule
marque l'heure , la minute , la feconde ;
elle fonne l'heure & le quart à la feconde
précisément , ce qu'on n'avoit pû exécuter
jufqu'à ce jour , & elle n'a qu'une roue
pour fon mouvement & une pour fa fonnerie
; elle donne en outre l'équation du
foleil par un moyen fimple , ce que l'on
verra plus en détail dans le rapport fuivant
, & ce dont on pourra s'inftruire par
fes yeux fi l'on veut fe donner la peine de
la venir voir , rue de la Harpe , où il demeure
, tous les jours de travail , depuis
trois heures d'après- midi jufqu'à cinq , où
il fe fera un devoir de recevoir les avis des
gens de l'art , & des amateurs qui voudront
l'en honorer.
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Résumé : HORLOGERIE. Avertissement du sieur le Mazurier.
Le texte aborde les innovations en horlogerie, notamment celles du sieur le Mazurier et de M. le Roi. Le Mazurier insiste sur la simplicité et l'efficacité dans la construction des machines, particulièrement des pendules. M. le Roi a proposé des méthodes pour réduire le nombre de roues dans les pendules, augmentant ainsi leur précision et diminuant les coûts. Inspiré par ces idées, le Mazurier crée une pendule plus simple et élégante. Cette pendule indique l'heure, la minute et la seconde avec précision, et sonne l'heure et le quart à la seconde près, une fonction inédite à l'époque. Elle utilise seulement deux roues pour son mouvement et sa sonnerie, et affiche l'équation du soleil par un moyen simple. Le Mazurier invite les experts et les amateurs à visiter sa pendule rue de la Harpe, où il est disponible pour des consultations les jours de travail de 15h à 17h.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13721
p. 158-176
EXTRAIT DES REGISTRES De l'Académie royale des Sciences, du 22 Mars 1755.
Début :
Nous avons examiné par ordre de l'Académie, une pendule du sieur le Mazurier [...]
Mots clefs :
Pendule, Le Mazurier, Mouvement, Roue, Sonnerie, Vibrations, Académie royale des sciences, Horloger, Détente, Chevilles
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT DES REGISTRES De l'Académie royale des Sciences, du 22 Mars 1755.
EXTRAIT DES REGISTRES
De l'Académie royale des Sciences , du 22
Mars 1755.
Nous avons examiné par ordre de l'Académie
, une pendule du fieur le Mazurier
, Horloger , à fecondes , à fonnerie &
à remontoir , dont le mouvement n'a qu'une
feule roue , ainfi que la fonnerie
. Ces
deux parties
de la pendule
étant diftinctes
l'une de l'autre
, nous les décrirons
féparément
, afin d'en donner
une idée plus
nette , & de le faire d'une
maniere
plus
préciſe
; mais avant que d'en venir là , il eft
à propos de reprendre
les chofes
de plus
haut , & de faire quelques
réflexions
relativement
à la conftruction
des pendules
de
cette
espéce .
On fçait que les premiers régulateurs
des horloges , comme le balancier , n'agiffant
pour en régler le mouvement que
par leur inertie , n'avoient en eux , avant
l'application du reffort fpiral , aucun principe
de mouvement alternatif : pour que
le balancier fît des vibrations , il falloit
donc que la conftruction de l'échappement
fût telle que par fon moyen la roue de
rencontre ayant fait faire une excurfion à
ce régulateur , elle continuât d'agir fur lui
JUIN. 1755. 159
pour pouvoir le ramener & lui en faire
faire une autre en fens contraire : car fi
dans l'inftant où elle auroit fait faire la
premiere excurfion , elle avoit ceffé d'agir
de cette maniere fur le balancier , il n'auroit
point fait de vibration , puiſque par
fon inertie il ſe ſeroit mû , ou auroit tendu
à fe mouvoir dans la premiere direction
qui lui auroit été imprimée. Le premier
échappement qu'on employa dans les horloges
devoit donc par fa conftruction produire
l'effet dont nous venons de parler ;
auffi l'échappement à roue de rencontre &
à palettes , le plus ancien de tous , eft- il
très- bien conftruit pour cela. Mais l'application
du pendule aux horloges & du reffort
fpiral au balancier , fit bientôt connoître
que la difpofition de cet échappement ,
relativement à la production de cet effet ,
n'étoit pas abfolument néceffaire . En effet ,
le pendule & le balancier , aidés du reffort
fpiral , pouvant , lorfqu'ils font une fois
mis en mouvement , faire des vibrations
indépendamment de l'action de la force
motrice , la difpofition de l'échappement
par laquelle la roue de rencontre agiffoit
continuellement fur le régulateur pour le
faire vibrer , devenoit inutile , & pouvoit
même ne pas procurer à l'horloge toute la
juſteſſe dont elle étoit fufceptible ; car les
160 MERCURE DE FRANCE.
petites vibrations de ces deux régulateurs
étant ifochrones * , il fembloit que pour
en rendre le mouvement plus jufte , il
falloit laiffer autant qu'il étoit poffible
leurs vibrations libres ce fut vraisemblablement
cette confidération qui donna
lieu à l'invention des échappemens à repos.
On fçait que dans ces échappemens ,
lorfque la dent de la roue de rencontre a
écarté le régulateur , elle échappe , & elle ,
ou une autre de la même roue , va fe
repofer
fur une partie faifant corps avec l'axe
de ce même régulateur , conftruite de façon
que pendant que le régulateur acheve fon
excurfion , le mouvement de cette roue fe
trouve fufpendu ; qu'enfuite lorfqu'il revient
en arriere , il détend , fi cela fe peut
dire , le rouage , en laiffant paffer une dent
de la roue de rencontre qui agit de nouveau
fur lui , & ainfi de fuite. De là on
pourroit appeller encore ces échappemens ,
échappemens à détente ; mais cette dénomination
nous paroît mieux convenir à
ceux dont nous allons parler.
La fufpenfion du mouvement de la
roue de rencontre pourroit encore être
• Terme de phyfique & de mathématique , qui
fignifie qui fe fait en tems égaux : les vibrations
d'un pendule font toutes ifochrones , c'est-à - dire
qu'elles fe font toutes dans le même efpace de tems
JUIN. 1755. 161
produite d'une maniere différente de
celle que nous venons de décrire ; elle
pourroit fe faire au moyen d'une piéce
étrangere au régulateur ( comme un lévier ,
une bafcule ) , & immobile pendant toute
la vibration , dont une partie fe feroit engagée
entre les dents de cette roue & fe
feroit dégagée par le mouvement de ce
même régulateur ; & c'eft ainfi que cela
s'exécutoit dans un échappement que feu
M. du Tartre , habile Horloger , imagina
vers l'an 1730. Nous l'avons vu de même
dans un autre échappement , très différent
d'ailleurs , que l'aîné des fils de M. Julien
le Roi préfenta à cette Académie en 1748 .
Enfin la fufpenfion du mouvement de la
roue de rencontre fur le régulateur , eft
encore exécutée d'une maniere toute nouvelle
dans la pendule dont nous rendons
compte : ce font ces échappemens que nous
appellerons à l'avenir , échappemens à détente
, parce que ce nom nous paroît les
bien caractérifer , & leur convenir , comme
nous l'avons dit , beaucoup mieux qu'aux
précédens : en effet , le jeu de la piéce dont
une partie , en s'engageant dans les dents
de la roue de rencontre , ou s'en dégageant
, arrête cette roue , ou lui permet
de fe mouvoir , reffemble tout - à-fait à celui
d'une détente.
162 MERCURE DE FRANCE.
C'étoit avoir déja fait un certain chemin
que d'avoir inventé l'échappement à
repos , & il fembloit qu'avec un régulateur
tel que le pendule , il n'y avoit pas bien
loin de ce pas à un autre , par lequel on
auroit fimplifié les horloges où on l'emploie
; car ce régulateur pouvant faire les
vibrations par lui-même , & confervant
fon mouvement auffi long-tems qu'il le
conferve , il paroiffoit qu'on pouvoit conftruire
ces horloges de maniere que ce régulateur
fît non feulement une vibration
libre , mais encore dix , vingt , trente &
foixante , fans recevoir de nouveau mouvement
de la force motrice , c'est- à- dire
que la reſtitution au lieu de fe faire , par
exemple toutes les fecondes dans les
pendules à fecondes , ne fe fit que toutes
dix , vingt , trente ou foixante fecondes
; par là on pouvoit retrancher plufieurs
roues , & ainfi diminuer beaucoup les frottemens
, & en général fimplifier toute la
machine. Mais foit qu'un pareil changement
dans la conftruction de ces horloges
fût plus difficile à faire qu'il ne le paroît ,
foit par quelqu'autre caufe , ce ne fut que
long-tems après la découverte des échappemens
à repos qu'on fit des pendules fur
ce principe on les doit au fils de M. le
Roi dont nous avons déja parlé , qui les
JUIN. 2755% 163
inventa en 1751. Cependant un de nous
( M. le Camus ) ainfi que quelques Horlogers
de Paris , entr'autres M. Julien le Roi ,
ont vû chez feu M. l'Abbé d'Andeleau ,
vers l'an 1727 , non une pendule , mais
un échappement dans lequel la reftitution
ne fe faifoit qu'après plufieurs vibrations
du régulateur. Voici comment il étoit
conftruit.
Deux rochets d'inégale grandeur étoient
portés par un même arbre à quelque diftance
l'un de l'autre ; le plus grand étoit
divifé en trente dents , & l'autre en un
nombre plus petit aliquote du premier ,
comme quinze , dix , fix ou cinq : les dents
du premier fe repofoient alternativement
fur la circonférence convexe & concave
d'une efpéce de cylindre creux que portoit
l'axe du pendule ; lorfque plufieurs de ces
dents étoient paffées , une de celles du petit
rochet rencontroit une palette que portoit
le même axe du pendule , & lui reſtituoit
le mouvement qu'il avoit perdu dans
les vibrations précédentes. Mais on voit
par cette conftruction que cet échappement
étoit au plus auffi bon que les échappemens
ordinaires , où la reftitution fe fait
à toutes les vibrations , & que ce fçavant
Abbé n'avoit pas fenti les avantages que
l'on pouvoit obtenir , comme nous l'avons
164 MERCURE DE FRANCE .
dit , en ne faifant reftituer le mouvement
au pendule qu'après un certain nombre de
vibrations en effet , fon grand rochet
ayant trente dents , comme ceux des pendules
à fecondes ordinaires , & devant faire
comme eux une révolution par minute ,
il devoit néceffairement avoir la même
vîteffe , qui étoit auffi celle du petit rochet.
Il s'enfuit donc que les pendules où M.
l'Abbé d'Andeleau auroit employé cet
échappement , n'auroient pû en aucune
maniere avoir un rouage plus fimple que
celui des autres. }
Dans la pendule de M. le Mazurier , les
deux platines font réduites à deux piéces
de trois branches chacune en forme d'y ,
renverfées , très - évafées , & faites d'un
cuivre fort épais ; fur l'y ou platine de
devant on voit en dehors , ou du côté de la
cadrature , la roue qui porte l'aiguille des
fecondes ; elle a trente dents , & porte une
palette vers l'extrêmité de la tige , qui paffe
travers la platine dont nous venons de
parler , fon pivot étant porté par un pont :
cette roue ne reçoit point de mouvement
de la force motrice , mais uniquement du
pendule , de la maniere ſuivante.
Sur l'axe du pendule qui déborde un
peu la platine de devant , eft attachée perpendiculairement
& par le milieu
une
JUIN. 1755. 165
traverſe formant avec cet axe une figure
de T ; cette traverſe porte à chacune de fes
extrêmités une efpéce de béquille ; les
bouts des tiges de ces béquilles qui font
fort longues , vont s'engager du même côté
dans différens intervalles des dents de la
roue qui porte l'aiguille des fecondes ; par
cette difpofition on voit que ces béquilles
forment un lévier de La Garoufte , de forte
que deux vibrations du pendule font paffer
une dent de cette roue ; ainfi au bout
de foixante vibrations , elle a fait fon tour.
Voyons maintenant de quelle façon
Faction de la roue fur le pendule eft fufpendue
pour lui laiffer faire fes vibrations
en liberté , comment elle eft dégagée , &
comment elle agit fur le pendule pour lui
reftituer le mouvement qu'il pouvoit avoir
perdu pendant une minute .
Une piéce en forme d'équerre mobile
fur une cheville qui traverfe fa branche
horizontale , & porte fur fa branche verticale
& fupérieure un doigt , fur l'extrê
mité duquel viennent s'appuyer les chevilles
de la roue ; ce doigt eft mobile ſur
une cheville & taillé en bifeau par- deffous ,
afin qu'il ne puiffe heurter contre aucunes
chevilles , & qu'il ne manque jamais de
paffer entre deux chevilles : au haut de la
même branche verticale , eft placée une
166 MERCURE DE FRANCE.
cheville , par laquelle cette équerre peut
être prife pour être renversée par la piéce
qui fert à dégager la roue : une longue
piéce fufpendue par fon extrêmité fupérieure
par une cheville , autour de laquelle
elle peut fe mouvoir très- librement , porte
vers fon extrêmité inférieure la cheville
ou appui d'un lévier de la premiere efpéce.
L'extrêmité du petit bras de ce lévier eft
articulée avec une petite verge verticale ,
qui porte un petit talon , fur lequel la
palette de la tige de la roue qui porte l'aiguille
des fecondes vient s'appuyer à la fin
de chaque minute : au moyen de cette action
de la palette , le petit bras de ce lévier
s'abaiffe & le plus grand s'éleve , & par là
un talon qui eft à fon extrêmité , eft rencontré
par une pièce ou doigt qui tient à
la verge du pendule. Le pendule continuant
fa vibration , entraîne dans fon
mouvement le lévier & la longue piéce
pendante qui le porte.
Pendant que cette vibration ſe fait , un
fe
crochet dont le centre du mouvement eft
placé tout au bas de la piéce pendante qui
porte le lévier , accroche la cheville qui
eft tout au haut de la branche verticale de
l'équerre dont nous avons parlé , & retirant
cette branche de fa fituation verticale ,
dégage en même tems le doigt fur lequel
JUIN. 1755: 167
une cheville de la roue étoit appuyée ; alors
cette roue étant libre , une de fes chevilles
rencontre une palette d'agarhe fixée ſur la
verge du pendule , & lui reftitue pendant
une grande partie de cette vibration le
mouvement qu'il avoit perdu pendant une
minute . Comme le centre du mouvement
de l'équerre eft vers le milieu de fa branche
horizontale , la branche verticale s'abaiffe
en même tems qu'elle s'écarte de fa fituation
verticale , & la cheville placée à l'extrêmité
de cette branche , fe dégage du crochet
qui la renverfoit avant que la vibration
foit totalement firie ; enforte que
pendant que cette même vibration s'acheve
, l'équerre a la liberté de reprendre fa
premiere pofition , & le doigt qu'elle porte,
fa fituation , pour arrêter & foutenir la
cheville fuivante .
On connoît trop la conftruction ordinaire
des fonneries , pour qu'il foit néceffaire
de s'étendre fur ce fuiet. Nous ferons
remarquer feulement qu'elles font compofées
de plufieurs roues ( communément au
nombre de quatre ) & d'un volant , qui fervent
à moderer la vîteffe du rouage , pour
qu'il y ait un intervalle fuffifant entre chaque
coup de marteau : fi donc par quelque
moyen fimple on pouvoit empêcher que le
poids ou le reffort ne fe muffent avec
168 MERCURE DE FRANCE .
trop de rapidité , on trouveroit par là celui
de fe paffer de ces roues & de ce volant ;
c'eft ce que le fils de M. le Roi , déja cité , a
exécuté le premier , par le moyen du régulateur
du mouvement , dans une pendule
qu'il préfenta à l'Académie le 19 Avril
1752. Dans la defcription que l'on en
trouve dans le Mercure d'Août de la
même année , page 161 , on voit qu'il n'y
a dans cette fonnerie qu'une roue unique ,
fervant tout à la fois de roue , de cheville
& de chaperon , dont l'action eft ralentie &
reglée par le régulateur même , &c.
Dans la fonnerie du fieur le Mazurier ,
il n'y a auffi qu'une feule roue , portant le
poids & faifant la fonction de la roue de
chevilles & de chaperon , faifant fonner
les heures & tous les quarts . Le mouvement
de cette roue y eft auffi moderé
par celui
du régulateur ; mais cet effet s'y exécute ,
ainfi que les autres appartenant à la fonnerie
, d'une maniere bien fimple & bien
fûre , toute différente de ce qu'a fait M. le
Roi fils .
Pour s'en former une idée , fuppofons
qu'on regarde la pendule du côté du cadran
, on voit à droite la roue de fonnerie
,
, portant fur l'une de fes faces les chevilles
qui font fonner les quarts , & fur
l'autre celles qui font fonner les heures :
dans
JUIN. 1755.
169
dans les entailles qui font à la circonféren
ce , s'engage une détente lorfqu'elle doit
ceffer de tourner à la gauche de cette roue
& un peu au- deffus de fon diametre horizontal,
font placés fur un même axe parallele
à celui de la roue , les marteaux au
nombre de quatre ; chaque marteau à tout
près de l'axe un bec , que les chevilles de la
roue accrochent pour les lever ; & fur le
côté oppofé à ce bec , une queue de laiton.
recourbée , fort déliée & flexible. Enfin la
verge du pendule porte une efpéce de plan ,
fur lequel s'appuient ( la verge étant aux
environs de l'aplomb ) les bouts recourbés
des queues de ces marteaux , lorfqu'ils font
aux trois quarts lleevvééss ,, oouu àà peu près , &
prêts à échapper des chevilles du chaperon
pour frapper fur les timbres. Voici comment
s'exécute cette fonnerie . Sur la roue
des minutes , ou celle qui fait fon tour en
une heure , font placées quatre chevilles à
go dégrés l'une de l'autre une longué
piéce de cuivre qui part de la détente , &
qu'on en peut nommer la queue , s'étend
diagonalement en enbas de droite à gauche
, fe préfente par fon extrêmité à celle
de ces quatre chevilles qui fe trouve
perpendiculairement ou à peu près au-deffus
du centre de la roue ; cette cheville
pouffant légerement la détente , la fait
II.Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE .
lever , & par ce moyen dégage le chaperon.
La roue des minutes n'ayant de mouvement
qu'à la foixantieme feconde de chaque
minute , fait affez de chemin à la fin
de chaque minute pour que les chevilles
qui répondent à l'heure , au , à la ½ , &
aux , puiffent dégager la détente , & fe
dégager elles -mêmes de la queue de cette
piéce dans l'intervalle d'une feconde : ce
dégagement eft encore facilité par un petit
crochet articulé avec la queue de la détente
; le chaperon tournant , fes chevilles levent
fucceffivement les marteaux ; mais
leurs queues appuyant fur le plan porté par
la verge du pendule dont nous avons déja
parlé , le marteau ne peut achever de s'élever
que lorfque le pendule approche de
la fin de chaque vibration ; les queues recourbées
des marteaux échappant les unes
à droite , les autres à gauche du petit plan
que porte la verge du pendule , on ne doit
craindre que cette action des queues
des marteaux fur le petit plan altere le
mouvement du pendule , parce que les
queues de ces marteaux étant fort longues
& leurs levées fort courtes , la force avec
laquelle elles preffent fur le plan eft trèslégere
de plus , il eft limé en talut vers
fes bords , afin que lorfque les queues
échappent de deffus le plan , elles reftituent
pas
JUIN. 1755. 175
au pendule le peu de mouvement qu'il auroit
pû perdre par leur preffion.
Quant au remontoir de cette pendule
qui entre en action toutes les douze heures,
il est fort fimple : la corde fans fin qui
porte le poids & le contre-poids de la fonnerie
, paffe d'une part fur une poulie.
adaptée fur l'arbre de la roue de la fonnerie
, & de l'autre fur une poulie qui tient
au remontoir : à l'extrêmité de l'arbre de
cette roue , de l'autre côté de la platine de
derriere , il y a une levée ; cette levée
vient s'appuyer contre une efpéce de détente
, qui s'engageant dans une entaille
faite au remontoir , l'empêche de tourner ;
lorfque cette levée fait fon effet , elle dégage
la détente de l'entaille du remontoir ,
au moyen de quoi fon poids le faifant
tourner , celui de la fonnerie eft remonté
d'une hauteur égale à la demi- circonférence
de la poulie de ce remontoir , pendant
qu'il tourne une cheville qu'il porte , fait
baiffer une détente ou bafcule , & par là
dégage le remontoir du mouvement que
cette bafcule arrêtoit auparavant , lequel
étant libre , tourne & remonte le poids du
mouvement.
Enfin l'auteur a fçu tirer parti de ce
dernier remontoir pour faire mouvoir un
cercle annuel , fur lequel font marqués les
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
jours de chaque mois , & la quantité déquation
appartenante à chaque jour.
Après cette defcription , il eft à propos
de réfumer ce que nous avons dit fur cette
pendule. On voit que quant à l'idée générale
de faire une pendule à une feule
roue pour le mouvement , & à une feule
pour la fonnerie , elle n'eft pas nouvelle ,
puifque le fils de M. le Roi l'avoit exécutée
long - tems auparavant. Mais comme ¹en
méchanique les mêmes effets peuvent s'exé
cuter de différentes manieres , le fieur le
Mazurier a rendu fa pendule très- différente
de celle de M. le Roi ; les fecondes y font
marquées par une aiguille qui fait une
révolution entiere ( avantage qui n'eft pas
dans les premieres pendules à une roue ) ;
l'action de la roue fur le pendule eft ici
fufpendue pendant une minute entiere ,
& à la fin de chaque minute elle n'agit
que pendant une demi -feconde ou environ
, pour reftituer au pendule ce qu'il a
pû perdre de mouvement pendant la minute
; au lieu que dans celles que nous
venons de citer , l'action de la roue , out
celle d'un corps élevé par la roue , de demiminute
en demi-minute , agiffent continuellement.
Nous concluons de tout ceci que cette
pendule , qui eft d'ailleurs bien exécutée ,
JUI N. 1755. 173
eft nouvelle , quant à la maniere dont elle
eft conftruite pour produire les effets
qu'exigent des pendules del cette efpéce ,
& que ces effets s'y exécutent d'une façon
fure & capable de la faire aller avec beaecoup
de juſtelle : nous croyons donc qu'elle
mérite l'approbation de l'Académie , &
d'être inférée dans le recueil des machines.
Le fieur le Paute ayant écrit à M. de
Fouchy , le 18 Décembre 1754 , une lettre
où il dit , qu'il lui paroît que le fieur le Ma-
Kurier a employé les mêmes principes que
lui , foit pour les deux léviers , foit pour la
fonnerie fans rouage , il eft à propos de
difcuter ici fes prétentions .
Le fieur le Mazurier convient d'avoir
yû chez le fieur le Paute , par la face feulement
, une pendule où il y avoit deux
béquilles , faifant comme dans la fienne la
fonction de lávier de La Garoufte ,
fans avoir rien vû de l'intérieur de cette
pendule ; mais par les deux certificats
fuivans , fignés de perfonnes dignes de foi ,
il paroît quele feur de Mazurier avoit employé
dès le mois de Mai 1751 le même
moyen pour faire mouvoir une roue dans
une autre pendule de fon invention .
Voici comment ces certificats s'expri
ment of spillud ma nuolat
nem & .
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE .
» Vers le commencement de l'été de
»l'année 1751 , j'ai vû chez le fieur le
» Mazurier , Horloger , deux bras de lé-
>> vier attachés au deffus du coûteau d'un
pendule , & pendant à droite contre les
» dents d'une roue verticale en forme de
rochet : le bras droit pouffoit une dent
» dans une vibration du pendule , & le
bras gauche en pouffoit une autre dans
» la vibration fuivante : ce que je certifie
» véritable. A Paris , ce 15 Février 1755 .
Signé , Joly , Avocat , Confeiller au
" Confeil de M. le Duc d'Orléans , Lieu-
» nant général de la Capitainerie de Vincennes.
Je , fouffigné , Prieur du Collège de
Grammont , à Paris , attefte à tous qu'il
appartiendra avoir vû chez le fieur le
» Mazurier , Horloger , rue de la Harpe ,
»vers les fêtes de la Pentecôte de l'année
» 1751 , les mêmes léviers avec leurs
»mouvemens énoncés ci -deffus pour la
pendule de nouvelle invention , que j'ai
vû même commencer chez ledit fieur le
Mazurier dans les années antérieures. En
» foi de quoi j'ai figné le préfent certificat .
» A Paris , le 16 de Février 1755. Signé ,
» F. Vitecoq , Prieur du Collège de Grama
mont.
JUIN. 1755. 173
⚫On voit donc qu'à cet égard le fieur le
Mazurier n'a rien emprunté du fieur le
Paute.
Quant à l'idée de la fonnerie exécutée
en général par le moyen d'une feule roue ,
il eft clair par ce que nous avons rapporté ,
que le fieur le Paute n'eft nullement fondé
à la revendiquer ; car le fils de M. le Roi
avoit préfenté à l'Académie une pendule à
fonnerie conftruite fur ce principe au mois
d'Avril 1752 , c'eſt- à-dire plus de fix mois
avant qu'il eût parlé de la fienne dans le
Mercure d'Octobre de la même année , &
il en avoit donné la defcription générale
dans le Mercure d'Août , ou deux mois
avant l'annonce de celle du fieur le Paute.
Enfin en comparant la fonnerie du
fieur le Mazurier avec les deux deffeins
de fonnerie , dépofés à l'Académie le 22
Janvier 1754 , par le fieur le Paute , &
dont il a defiré que nous euffions communication
, on voit clairement que ces
deux Horlogers ne fe font pas rencontrés ,
le Geur le Paute ayant employé deux chaperons
, l'un pour faire fonner les heures ,
l'autre pour faire fonner les quarts , & le
fieur le Mazurier n'en ayant employé
qu'un pour produire les mêmes effets :
d'ailleurs on ne voit rien dans ces def
feins qui defigne de quelle maniere de
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE.
fieur le Paute fe propofoit d'exécuter les
autres effets appartenant à la fonnerie.
Ainfi il paroît que le fieur le Mazurier
n'a rien emprunté du fieur le Paute.
Signé , Camus , de Montigny , de Parcieux .
De l'Académie royale des Sciences , du 22
Mars 1755.
Nous avons examiné par ordre de l'Académie
, une pendule du fieur le Mazurier
, Horloger , à fecondes , à fonnerie &
à remontoir , dont le mouvement n'a qu'une
feule roue , ainfi que la fonnerie
. Ces
deux parties
de la pendule
étant diftinctes
l'une de l'autre
, nous les décrirons
féparément
, afin d'en donner
une idée plus
nette , & de le faire d'une
maniere
plus
préciſe
; mais avant que d'en venir là , il eft
à propos de reprendre
les chofes
de plus
haut , & de faire quelques
réflexions
relativement
à la conftruction
des pendules
de
cette
espéce .
On fçait que les premiers régulateurs
des horloges , comme le balancier , n'agiffant
pour en régler le mouvement que
par leur inertie , n'avoient en eux , avant
l'application du reffort fpiral , aucun principe
de mouvement alternatif : pour que
le balancier fît des vibrations , il falloit
donc que la conftruction de l'échappement
fût telle que par fon moyen la roue de
rencontre ayant fait faire une excurfion à
ce régulateur , elle continuât d'agir fur lui
JUIN. 1755. 159
pour pouvoir le ramener & lui en faire
faire une autre en fens contraire : car fi
dans l'inftant où elle auroit fait faire la
premiere excurfion , elle avoit ceffé d'agir
de cette maniere fur le balancier , il n'auroit
point fait de vibration , puiſque par
fon inertie il ſe ſeroit mû , ou auroit tendu
à fe mouvoir dans la premiere direction
qui lui auroit été imprimée. Le premier
échappement qu'on employa dans les horloges
devoit donc par fa conftruction produire
l'effet dont nous venons de parler ;
auffi l'échappement à roue de rencontre &
à palettes , le plus ancien de tous , eft- il
très- bien conftruit pour cela. Mais l'application
du pendule aux horloges & du reffort
fpiral au balancier , fit bientôt connoître
que la difpofition de cet échappement ,
relativement à la production de cet effet ,
n'étoit pas abfolument néceffaire . En effet ,
le pendule & le balancier , aidés du reffort
fpiral , pouvant , lorfqu'ils font une fois
mis en mouvement , faire des vibrations
indépendamment de l'action de la force
motrice , la difpofition de l'échappement
par laquelle la roue de rencontre agiffoit
continuellement fur le régulateur pour le
faire vibrer , devenoit inutile , & pouvoit
même ne pas procurer à l'horloge toute la
juſteſſe dont elle étoit fufceptible ; car les
160 MERCURE DE FRANCE.
petites vibrations de ces deux régulateurs
étant ifochrones * , il fembloit que pour
en rendre le mouvement plus jufte , il
falloit laiffer autant qu'il étoit poffible
leurs vibrations libres ce fut vraisemblablement
cette confidération qui donna
lieu à l'invention des échappemens à repos.
On fçait que dans ces échappemens ,
lorfque la dent de la roue de rencontre a
écarté le régulateur , elle échappe , & elle ,
ou une autre de la même roue , va fe
repofer
fur une partie faifant corps avec l'axe
de ce même régulateur , conftruite de façon
que pendant que le régulateur acheve fon
excurfion , le mouvement de cette roue fe
trouve fufpendu ; qu'enfuite lorfqu'il revient
en arriere , il détend , fi cela fe peut
dire , le rouage , en laiffant paffer une dent
de la roue de rencontre qui agit de nouveau
fur lui , & ainfi de fuite. De là on
pourroit appeller encore ces échappemens ,
échappemens à détente ; mais cette dénomination
nous paroît mieux convenir à
ceux dont nous allons parler.
La fufpenfion du mouvement de la
roue de rencontre pourroit encore être
• Terme de phyfique & de mathématique , qui
fignifie qui fe fait en tems égaux : les vibrations
d'un pendule font toutes ifochrones , c'est-à - dire
qu'elles fe font toutes dans le même efpace de tems
JUIN. 1755. 161
produite d'une maniere différente de
celle que nous venons de décrire ; elle
pourroit fe faire au moyen d'une piéce
étrangere au régulateur ( comme un lévier ,
une bafcule ) , & immobile pendant toute
la vibration , dont une partie fe feroit engagée
entre les dents de cette roue & fe
feroit dégagée par le mouvement de ce
même régulateur ; & c'eft ainfi que cela
s'exécutoit dans un échappement que feu
M. du Tartre , habile Horloger , imagina
vers l'an 1730. Nous l'avons vu de même
dans un autre échappement , très différent
d'ailleurs , que l'aîné des fils de M. Julien
le Roi préfenta à cette Académie en 1748 .
Enfin la fufpenfion du mouvement de la
roue de rencontre fur le régulateur , eft
encore exécutée d'une maniere toute nouvelle
dans la pendule dont nous rendons
compte : ce font ces échappemens que nous
appellerons à l'avenir , échappemens à détente
, parce que ce nom nous paroît les
bien caractérifer , & leur convenir , comme
nous l'avons dit , beaucoup mieux qu'aux
précédens : en effet , le jeu de la piéce dont
une partie , en s'engageant dans les dents
de la roue de rencontre , ou s'en dégageant
, arrête cette roue , ou lui permet
de fe mouvoir , reffemble tout - à-fait à celui
d'une détente.
162 MERCURE DE FRANCE.
C'étoit avoir déja fait un certain chemin
que d'avoir inventé l'échappement à
repos , & il fembloit qu'avec un régulateur
tel que le pendule , il n'y avoit pas bien
loin de ce pas à un autre , par lequel on
auroit fimplifié les horloges où on l'emploie
; car ce régulateur pouvant faire les
vibrations par lui-même , & confervant
fon mouvement auffi long-tems qu'il le
conferve , il paroiffoit qu'on pouvoit conftruire
ces horloges de maniere que ce régulateur
fît non feulement une vibration
libre , mais encore dix , vingt , trente &
foixante , fans recevoir de nouveau mouvement
de la force motrice , c'est- à- dire
que la reſtitution au lieu de fe faire , par
exemple toutes les fecondes dans les
pendules à fecondes , ne fe fit que toutes
dix , vingt , trente ou foixante fecondes
; par là on pouvoit retrancher plufieurs
roues , & ainfi diminuer beaucoup les frottemens
, & en général fimplifier toute la
machine. Mais foit qu'un pareil changement
dans la conftruction de ces horloges
fût plus difficile à faire qu'il ne le paroît ,
foit par quelqu'autre caufe , ce ne fut que
long-tems après la découverte des échappemens
à repos qu'on fit des pendules fur
ce principe on les doit au fils de M. le
Roi dont nous avons déja parlé , qui les
JUIN. 2755% 163
inventa en 1751. Cependant un de nous
( M. le Camus ) ainfi que quelques Horlogers
de Paris , entr'autres M. Julien le Roi ,
ont vû chez feu M. l'Abbé d'Andeleau ,
vers l'an 1727 , non une pendule , mais
un échappement dans lequel la reftitution
ne fe faifoit qu'après plufieurs vibrations
du régulateur. Voici comment il étoit
conftruit.
Deux rochets d'inégale grandeur étoient
portés par un même arbre à quelque diftance
l'un de l'autre ; le plus grand étoit
divifé en trente dents , & l'autre en un
nombre plus petit aliquote du premier ,
comme quinze , dix , fix ou cinq : les dents
du premier fe repofoient alternativement
fur la circonférence convexe & concave
d'une efpéce de cylindre creux que portoit
l'axe du pendule ; lorfque plufieurs de ces
dents étoient paffées , une de celles du petit
rochet rencontroit une palette que portoit
le même axe du pendule , & lui reſtituoit
le mouvement qu'il avoit perdu dans
les vibrations précédentes. Mais on voit
par cette conftruction que cet échappement
étoit au plus auffi bon que les échappemens
ordinaires , où la reftitution fe fait
à toutes les vibrations , & que ce fçavant
Abbé n'avoit pas fenti les avantages que
l'on pouvoit obtenir , comme nous l'avons
164 MERCURE DE FRANCE .
dit , en ne faifant reftituer le mouvement
au pendule qu'après un certain nombre de
vibrations en effet , fon grand rochet
ayant trente dents , comme ceux des pendules
à fecondes ordinaires , & devant faire
comme eux une révolution par minute ,
il devoit néceffairement avoir la même
vîteffe , qui étoit auffi celle du petit rochet.
Il s'enfuit donc que les pendules où M.
l'Abbé d'Andeleau auroit employé cet
échappement , n'auroient pû en aucune
maniere avoir un rouage plus fimple que
celui des autres. }
Dans la pendule de M. le Mazurier , les
deux platines font réduites à deux piéces
de trois branches chacune en forme d'y ,
renverfées , très - évafées , & faites d'un
cuivre fort épais ; fur l'y ou platine de
devant on voit en dehors , ou du côté de la
cadrature , la roue qui porte l'aiguille des
fecondes ; elle a trente dents , & porte une
palette vers l'extrêmité de la tige , qui paffe
travers la platine dont nous venons de
parler , fon pivot étant porté par un pont :
cette roue ne reçoit point de mouvement
de la force motrice , mais uniquement du
pendule , de la maniere ſuivante.
Sur l'axe du pendule qui déborde un
peu la platine de devant , eft attachée perpendiculairement
& par le milieu
une
JUIN. 1755. 165
traverſe formant avec cet axe une figure
de T ; cette traverſe porte à chacune de fes
extrêmités une efpéce de béquille ; les
bouts des tiges de ces béquilles qui font
fort longues , vont s'engager du même côté
dans différens intervalles des dents de la
roue qui porte l'aiguille des fecondes ; par
cette difpofition on voit que ces béquilles
forment un lévier de La Garoufte , de forte
que deux vibrations du pendule font paffer
une dent de cette roue ; ainfi au bout
de foixante vibrations , elle a fait fon tour.
Voyons maintenant de quelle façon
Faction de la roue fur le pendule eft fufpendue
pour lui laiffer faire fes vibrations
en liberté , comment elle eft dégagée , &
comment elle agit fur le pendule pour lui
reftituer le mouvement qu'il pouvoit avoir
perdu pendant une minute .
Une piéce en forme d'équerre mobile
fur une cheville qui traverfe fa branche
horizontale , & porte fur fa branche verticale
& fupérieure un doigt , fur l'extrê
mité duquel viennent s'appuyer les chevilles
de la roue ; ce doigt eft mobile ſur
une cheville & taillé en bifeau par- deffous ,
afin qu'il ne puiffe heurter contre aucunes
chevilles , & qu'il ne manque jamais de
paffer entre deux chevilles : au haut de la
même branche verticale , eft placée une
166 MERCURE DE FRANCE.
cheville , par laquelle cette équerre peut
être prife pour être renversée par la piéce
qui fert à dégager la roue : une longue
piéce fufpendue par fon extrêmité fupérieure
par une cheville , autour de laquelle
elle peut fe mouvoir très- librement , porte
vers fon extrêmité inférieure la cheville
ou appui d'un lévier de la premiere efpéce.
L'extrêmité du petit bras de ce lévier eft
articulée avec une petite verge verticale ,
qui porte un petit talon , fur lequel la
palette de la tige de la roue qui porte l'aiguille
des fecondes vient s'appuyer à la fin
de chaque minute : au moyen de cette action
de la palette , le petit bras de ce lévier
s'abaiffe & le plus grand s'éleve , & par là
un talon qui eft à fon extrêmité , eft rencontré
par une pièce ou doigt qui tient à
la verge du pendule. Le pendule continuant
fa vibration , entraîne dans fon
mouvement le lévier & la longue piéce
pendante qui le porte.
Pendant que cette vibration ſe fait , un
fe
crochet dont le centre du mouvement eft
placé tout au bas de la piéce pendante qui
porte le lévier , accroche la cheville qui
eft tout au haut de la branche verticale de
l'équerre dont nous avons parlé , & retirant
cette branche de fa fituation verticale ,
dégage en même tems le doigt fur lequel
JUIN. 1755: 167
une cheville de la roue étoit appuyée ; alors
cette roue étant libre , une de fes chevilles
rencontre une palette d'agarhe fixée ſur la
verge du pendule , & lui reftitue pendant
une grande partie de cette vibration le
mouvement qu'il avoit perdu pendant une
minute . Comme le centre du mouvement
de l'équerre eft vers le milieu de fa branche
horizontale , la branche verticale s'abaiffe
en même tems qu'elle s'écarte de fa fituation
verticale , & la cheville placée à l'extrêmité
de cette branche , fe dégage du crochet
qui la renverfoit avant que la vibration
foit totalement firie ; enforte que
pendant que cette même vibration s'acheve
, l'équerre a la liberté de reprendre fa
premiere pofition , & le doigt qu'elle porte,
fa fituation , pour arrêter & foutenir la
cheville fuivante .
On connoît trop la conftruction ordinaire
des fonneries , pour qu'il foit néceffaire
de s'étendre fur ce fuiet. Nous ferons
remarquer feulement qu'elles font compofées
de plufieurs roues ( communément au
nombre de quatre ) & d'un volant , qui fervent
à moderer la vîteffe du rouage , pour
qu'il y ait un intervalle fuffifant entre chaque
coup de marteau : fi donc par quelque
moyen fimple on pouvoit empêcher que le
poids ou le reffort ne fe muffent avec
168 MERCURE DE FRANCE .
trop de rapidité , on trouveroit par là celui
de fe paffer de ces roues & de ce volant ;
c'eft ce que le fils de M. le Roi , déja cité , a
exécuté le premier , par le moyen du régulateur
du mouvement , dans une pendule
qu'il préfenta à l'Académie le 19 Avril
1752. Dans la defcription que l'on en
trouve dans le Mercure d'Août de la
même année , page 161 , on voit qu'il n'y
a dans cette fonnerie qu'une roue unique ,
fervant tout à la fois de roue , de cheville
& de chaperon , dont l'action eft ralentie &
reglée par le régulateur même , &c.
Dans la fonnerie du fieur le Mazurier ,
il n'y a auffi qu'une feule roue , portant le
poids & faifant la fonction de la roue de
chevilles & de chaperon , faifant fonner
les heures & tous les quarts . Le mouvement
de cette roue y eft auffi moderé
par celui
du régulateur ; mais cet effet s'y exécute ,
ainfi que les autres appartenant à la fonnerie
, d'une maniere bien fimple & bien
fûre , toute différente de ce qu'a fait M. le
Roi fils .
Pour s'en former une idée , fuppofons
qu'on regarde la pendule du côté du cadran
, on voit à droite la roue de fonnerie
,
, portant fur l'une de fes faces les chevilles
qui font fonner les quarts , & fur
l'autre celles qui font fonner les heures :
dans
JUIN. 1755.
169
dans les entailles qui font à la circonféren
ce , s'engage une détente lorfqu'elle doit
ceffer de tourner à la gauche de cette roue
& un peu au- deffus de fon diametre horizontal,
font placés fur un même axe parallele
à celui de la roue , les marteaux au
nombre de quatre ; chaque marteau à tout
près de l'axe un bec , que les chevilles de la
roue accrochent pour les lever ; & fur le
côté oppofé à ce bec , une queue de laiton.
recourbée , fort déliée & flexible. Enfin la
verge du pendule porte une efpéce de plan ,
fur lequel s'appuient ( la verge étant aux
environs de l'aplomb ) les bouts recourbés
des queues de ces marteaux , lorfqu'ils font
aux trois quarts lleevvééss ,, oouu àà peu près , &
prêts à échapper des chevilles du chaperon
pour frapper fur les timbres. Voici comment
s'exécute cette fonnerie . Sur la roue
des minutes , ou celle qui fait fon tour en
une heure , font placées quatre chevilles à
go dégrés l'une de l'autre une longué
piéce de cuivre qui part de la détente , &
qu'on en peut nommer la queue , s'étend
diagonalement en enbas de droite à gauche
, fe préfente par fon extrêmité à celle
de ces quatre chevilles qui fe trouve
perpendiculairement ou à peu près au-deffus
du centre de la roue ; cette cheville
pouffant légerement la détente , la fait
II.Vol. H
170 MERCURE DE FRANCE .
lever , & par ce moyen dégage le chaperon.
La roue des minutes n'ayant de mouvement
qu'à la foixantieme feconde de chaque
minute , fait affez de chemin à la fin
de chaque minute pour que les chevilles
qui répondent à l'heure , au , à la ½ , &
aux , puiffent dégager la détente , & fe
dégager elles -mêmes de la queue de cette
piéce dans l'intervalle d'une feconde : ce
dégagement eft encore facilité par un petit
crochet articulé avec la queue de la détente
; le chaperon tournant , fes chevilles levent
fucceffivement les marteaux ; mais
leurs queues appuyant fur le plan porté par
la verge du pendule dont nous avons déja
parlé , le marteau ne peut achever de s'élever
que lorfque le pendule approche de
la fin de chaque vibration ; les queues recourbées
des marteaux échappant les unes
à droite , les autres à gauche du petit plan
que porte la verge du pendule , on ne doit
craindre que cette action des queues
des marteaux fur le petit plan altere le
mouvement du pendule , parce que les
queues de ces marteaux étant fort longues
& leurs levées fort courtes , la force avec
laquelle elles preffent fur le plan eft trèslégere
de plus , il eft limé en talut vers
fes bords , afin que lorfque les queues
échappent de deffus le plan , elles reftituent
pas
JUIN. 1755. 175
au pendule le peu de mouvement qu'il auroit
pû perdre par leur preffion.
Quant au remontoir de cette pendule
qui entre en action toutes les douze heures,
il est fort fimple : la corde fans fin qui
porte le poids & le contre-poids de la fonnerie
, paffe d'une part fur une poulie.
adaptée fur l'arbre de la roue de la fonnerie
, & de l'autre fur une poulie qui tient
au remontoir : à l'extrêmité de l'arbre de
cette roue , de l'autre côté de la platine de
derriere , il y a une levée ; cette levée
vient s'appuyer contre une efpéce de détente
, qui s'engageant dans une entaille
faite au remontoir , l'empêche de tourner ;
lorfque cette levée fait fon effet , elle dégage
la détente de l'entaille du remontoir ,
au moyen de quoi fon poids le faifant
tourner , celui de la fonnerie eft remonté
d'une hauteur égale à la demi- circonférence
de la poulie de ce remontoir , pendant
qu'il tourne une cheville qu'il porte , fait
baiffer une détente ou bafcule , & par là
dégage le remontoir du mouvement que
cette bafcule arrêtoit auparavant , lequel
étant libre , tourne & remonte le poids du
mouvement.
Enfin l'auteur a fçu tirer parti de ce
dernier remontoir pour faire mouvoir un
cercle annuel , fur lequel font marqués les
Hij
172 MERCURE DE FRANCE.
jours de chaque mois , & la quantité déquation
appartenante à chaque jour.
Après cette defcription , il eft à propos
de réfumer ce que nous avons dit fur cette
pendule. On voit que quant à l'idée générale
de faire une pendule à une feule
roue pour le mouvement , & à une feule
pour la fonnerie , elle n'eft pas nouvelle ,
puifque le fils de M. le Roi l'avoit exécutée
long - tems auparavant. Mais comme ¹en
méchanique les mêmes effets peuvent s'exé
cuter de différentes manieres , le fieur le
Mazurier a rendu fa pendule très- différente
de celle de M. le Roi ; les fecondes y font
marquées par une aiguille qui fait une
révolution entiere ( avantage qui n'eft pas
dans les premieres pendules à une roue ) ;
l'action de la roue fur le pendule eft ici
fufpendue pendant une minute entiere ,
& à la fin de chaque minute elle n'agit
que pendant une demi -feconde ou environ
, pour reftituer au pendule ce qu'il a
pû perdre de mouvement pendant la minute
; au lieu que dans celles que nous
venons de citer , l'action de la roue , out
celle d'un corps élevé par la roue , de demiminute
en demi-minute , agiffent continuellement.
Nous concluons de tout ceci que cette
pendule , qui eft d'ailleurs bien exécutée ,
JUI N. 1755. 173
eft nouvelle , quant à la maniere dont elle
eft conftruite pour produire les effets
qu'exigent des pendules del cette efpéce ,
& que ces effets s'y exécutent d'une façon
fure & capable de la faire aller avec beaecoup
de juſtelle : nous croyons donc qu'elle
mérite l'approbation de l'Académie , &
d'être inférée dans le recueil des machines.
Le fieur le Paute ayant écrit à M. de
Fouchy , le 18 Décembre 1754 , une lettre
où il dit , qu'il lui paroît que le fieur le Ma-
Kurier a employé les mêmes principes que
lui , foit pour les deux léviers , foit pour la
fonnerie fans rouage , il eft à propos de
difcuter ici fes prétentions .
Le fieur le Mazurier convient d'avoir
yû chez le fieur le Paute , par la face feulement
, une pendule où il y avoit deux
béquilles , faifant comme dans la fienne la
fonction de lávier de La Garoufte ,
fans avoir rien vû de l'intérieur de cette
pendule ; mais par les deux certificats
fuivans , fignés de perfonnes dignes de foi ,
il paroît quele feur de Mazurier avoit employé
dès le mois de Mai 1751 le même
moyen pour faire mouvoir une roue dans
une autre pendule de fon invention .
Voici comment ces certificats s'expri
ment of spillud ma nuolat
nem & .
Hiij
174 MERCURE DE FRANCE .
» Vers le commencement de l'été de
»l'année 1751 , j'ai vû chez le fieur le
» Mazurier , Horloger , deux bras de lé-
>> vier attachés au deffus du coûteau d'un
pendule , & pendant à droite contre les
» dents d'une roue verticale en forme de
rochet : le bras droit pouffoit une dent
» dans une vibration du pendule , & le
bras gauche en pouffoit une autre dans
» la vibration fuivante : ce que je certifie
» véritable. A Paris , ce 15 Février 1755 .
Signé , Joly , Avocat , Confeiller au
" Confeil de M. le Duc d'Orléans , Lieu-
» nant général de la Capitainerie de Vincennes.
Je , fouffigné , Prieur du Collège de
Grammont , à Paris , attefte à tous qu'il
appartiendra avoir vû chez le fieur le
» Mazurier , Horloger , rue de la Harpe ,
»vers les fêtes de la Pentecôte de l'année
» 1751 , les mêmes léviers avec leurs
»mouvemens énoncés ci -deffus pour la
pendule de nouvelle invention , que j'ai
vû même commencer chez ledit fieur le
Mazurier dans les années antérieures. En
» foi de quoi j'ai figné le préfent certificat .
» A Paris , le 16 de Février 1755. Signé ,
» F. Vitecoq , Prieur du Collège de Grama
mont.
JUIN. 1755. 173
⚫On voit donc qu'à cet égard le fieur le
Mazurier n'a rien emprunté du fieur le
Paute.
Quant à l'idée de la fonnerie exécutée
en général par le moyen d'une feule roue ,
il eft clair par ce que nous avons rapporté ,
que le fieur le Paute n'eft nullement fondé
à la revendiquer ; car le fils de M. le Roi
avoit préfenté à l'Académie une pendule à
fonnerie conftruite fur ce principe au mois
d'Avril 1752 , c'eſt- à-dire plus de fix mois
avant qu'il eût parlé de la fienne dans le
Mercure d'Octobre de la même année , &
il en avoit donné la defcription générale
dans le Mercure d'Août , ou deux mois
avant l'annonce de celle du fieur le Paute.
Enfin en comparant la fonnerie du
fieur le Mazurier avec les deux deffeins
de fonnerie , dépofés à l'Académie le 22
Janvier 1754 , par le fieur le Paute , &
dont il a defiré que nous euffions communication
, on voit clairement que ces
deux Horlogers ne fe font pas rencontrés ,
le Geur le Paute ayant employé deux chaperons
, l'un pour faire fonner les heures ,
l'autre pour faire fonner les quarts , & le
fieur le Mazurier n'en ayant employé
qu'un pour produire les mêmes effets :
d'ailleurs on ne voit rien dans ces def
feins qui defigne de quelle maniere de
Hiiij
176 MERCURE DE FRANCE.
fieur le Paute fe propofoit d'exécuter les
autres effets appartenant à la fonnerie.
Ainfi il paroît que le fieur le Mazurier
n'a rien emprunté du fieur le Paute.
Signé , Camus , de Montigny , de Parcieux .
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Résumé : EXTRAIT DES REGISTRES De l'Académie royale des Sciences, du 22 Mars 1755.
Le document, daté du 22 mars 1755, est un extrait des registres de l'Académie royale des Sciences décrivant une pendule innovante conçue par le horloger Le Mazurier. Cette pendule se distingue par un mécanisme unique utilisant une seule roue pour le mouvement et la sonnerie, simplifiant ainsi la structure traditionnelle des horloges. Les premiers régulateurs des horloges, comme le balancier, ne possédaient pas de mouvement alternatif avant l'introduction du ressort spiral. L'échappement à roue de rencontre et à palettes était le plus ancien et le plus efficace pour produire des vibrations. L'adoption du pendule et du ressort spiral a permis aux régulateurs de vibrer indépendamment de la force motrice, rendant certains échappements inutiles. Le texte mentionne l'invention des échappements à repos, permettant au régulateur de faire plusieurs vibrations libres avant de recevoir un nouveau mouvement. Cette innovation a conduit à la simplification des horloges en réduisant le nombre de roues et les frottements. La pendule de Le Mazurier utilise un mécanisme où deux vibrations du pendule font passer une dent de la roue des secondes, permettant ainsi à la roue de faire un tour complet en soixante vibrations. Le mouvement de la roue est suspendu pour laisser le pendule vibrer librement, puis il est restitué par une palette. Le remontoir de la pendule, actionné toutes les douze heures, est simple et efficace. Une corde sans fin porte le poids et le contre-poids, passant sur des poulies pour remonter le mécanisme. Le Mazurier a également intégré un cercle annuel pour marquer les jours de chaque mois et les équations correspondantes. Le texte souligne que, bien que l'idée d'une pendule à une seule roue ne soit pas nouvelle, la réalisation du sieur Le Mazurier diffère de celle du fils de M. le Roi. La pendule du sieur Le Mazurier est considérée comme nouvelle et bien exécutée, méritant l'approbation de l'Académie. Le sieur Le Paute avait affirmé que le sieur Le Mazurier avait emprunté ses principes, mais des certificats attestent que Le Mazurier utilisait déjà des mécanismes similaires dès 1751. De plus, le fils de M. le Roi avait présenté une pendule à sonnerie unique avant que Le Paute ne parle de la sienne. Ainsi, il est clair que Le Mazurier n'a rien emprunté à Le Paute.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13722
p. 176-178
Autre Extrait des mêmes Registres de l'Académie royale des Sciences, du 12 Avril suivant.
Début :
Depuis la lecture de ce rapport à l'Académie, le sieur le Mazurier a fait un [...]
Mots clefs :
Le Mazurier, Académie royale des sciences, Pendule
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texteReconnaissance textuelle : Autre Extrait des mêmes Registres de l'Académie royale des Sciences, du 12 Avril suivant.
Autre Extrait des mêmes Regiftres de l'Acas
démie royale des Sciences , du 12 Avril
Juivant.
Depuis la lecture de ce rapport à l'Académie
, le fieur le Mazurier a fait un
changement affez confidérable à l'échappement
de fa pendule pour le fimplifier.
Dans fa nouvelle conftruction , la branche
verticale de l'équerre qui porte le doigt
fur lequel s'appuient fucceffivement les
chevilles de la roue motrice , porte à fon
extrêmité fupérieure un lévier de la premiere
efpéce à bras fort inégaux : le petit
bras de ce lévier eft rencontré & abaiffé
par la palette de la tige de la roue des
fecondes pendant la derniere vibration de
chaque minute ; l'autre bras étant alors
élevé , le mantonnet qu'il porte à fon
extrêmité , eft rencontré par le doigt qui
tient à la verge du pendule : le pendule
continuant fa vibration , entraîne ce lévier
& la branche verticale de l'équerre qui le
porte ; alors le doigt ou verrou qui fufSHAJUINUM
677
pendoit l'action de la roue motrice , eft
retiré en partie dê deffous la cheville qu'il
-foutenoit & cette cheville arrivant vets
l'extrêmité du verrou taillé en biſeau ,
nacheve de chaffer ce verrous comme
-elle lui donne un mouvement plus prompt
que celui du pendule qui le retiroit , te
mantonnet du lévier fe dégage du doigt
du pendule , & la branche horizontale de
l'équerre agiffant par fa pefanteur , ramene
toutes ces piéces à leur premier état avant
que la vibration foit achevée. Cette nouvelle
conftruction d'échappement , plus
fimple que la premiere , nous paroît avan
tageufe , & nous croyons qu'elle mérite
l'approbation de l'Académie . Signé , le
Camus , de Montigny de Parcieux.
Au bas eft écrit : » Je certifie les pré-
» fens Extraits conformes à leurs originaux
» & au jugement de la Compagnie. A
Paris , ce 14 Avril 1755. Signé , Grand-
Jean de Fouchy , Secrétaire perpétuel de
» l'Académie royale des Sciences.
Hy
378 MERCURE DE FRANCE.
abrem eres el ob poll
Les perfonnes qui defireront fe procurer
la Médaille de feu M. Charles de Secondat
, Baron de Montefquieu , gravée par
le célebre M. Daffier , pourront s'adreffer
à M. Balleaferd , Négociant , Place Dauphine.
démie royale des Sciences , du 12 Avril
Juivant.
Depuis la lecture de ce rapport à l'Académie
, le fieur le Mazurier a fait un
changement affez confidérable à l'échappement
de fa pendule pour le fimplifier.
Dans fa nouvelle conftruction , la branche
verticale de l'équerre qui porte le doigt
fur lequel s'appuient fucceffivement les
chevilles de la roue motrice , porte à fon
extrêmité fupérieure un lévier de la premiere
efpéce à bras fort inégaux : le petit
bras de ce lévier eft rencontré & abaiffé
par la palette de la tige de la roue des
fecondes pendant la derniere vibration de
chaque minute ; l'autre bras étant alors
élevé , le mantonnet qu'il porte à fon
extrêmité , eft rencontré par le doigt qui
tient à la verge du pendule : le pendule
continuant fa vibration , entraîne ce lévier
& la branche verticale de l'équerre qui le
porte ; alors le doigt ou verrou qui fufSHAJUINUM
677
pendoit l'action de la roue motrice , eft
retiré en partie dê deffous la cheville qu'il
-foutenoit & cette cheville arrivant vets
l'extrêmité du verrou taillé en biſeau ,
nacheve de chaffer ce verrous comme
-elle lui donne un mouvement plus prompt
que celui du pendule qui le retiroit , te
mantonnet du lévier fe dégage du doigt
du pendule , & la branche horizontale de
l'équerre agiffant par fa pefanteur , ramene
toutes ces piéces à leur premier état avant
que la vibration foit achevée. Cette nouvelle
conftruction d'échappement , plus
fimple que la premiere , nous paroît avan
tageufe , & nous croyons qu'elle mérite
l'approbation de l'Académie . Signé , le
Camus , de Montigny de Parcieux.
Au bas eft écrit : » Je certifie les pré-
» fens Extraits conformes à leurs originaux
» & au jugement de la Compagnie. A
Paris , ce 14 Avril 1755. Signé , Grand-
Jean de Fouchy , Secrétaire perpétuel de
» l'Académie royale des Sciences.
Hy
378 MERCURE DE FRANCE.
abrem eres el ob poll
Les perfonnes qui defireront fe procurer
la Médaille de feu M. Charles de Secondat
, Baron de Montefquieu , gravée par
le célebre M. Daffier , pourront s'adreffer
à M. Balleaferd , Négociant , Place Dauphine.
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Résumé : Autre Extrait des mêmes Registres de l'Académie royale des Sciences, du 12 Avril suivant.
Le document décrit une amélioration de l'échappement d'une pendule réalisée par le sieur Le Mazurier. Cette innovation simplifie le mécanisme en utilisant une branche verticale d'une équerre qui porte un levier à bras inégaux. Le petit bras du levier est abaissé par la palette de la tige de la roue des secondes pendant la dernière vibration de chaque minute. L'autre bras, élevé, porte un mantonnet libéré par le doigt attaché à la verge du pendule. Le pendule, continuant sa vibration, entraîne le levier et la branche verticale, retirant partiellement le verrou qui retenait la cheville de la roue motrice. Cette cheville, arrivant à l'extrémité du verrou taillé en biseau, achève de chasser le verrou plus rapidement que le pendule ne le retirait. Le mantonnet se dégage alors du doigt du pendule, et la branche horizontale de l'équerre, par sa pesanteur, ramène toutes les pièces à leur état initial avant la fin de la vibration. Cette nouvelle construction, jugée plus simple et avantageuse, a reçu l'approbation de l'Académie. Le document est signé par le Camus, de Montigny et de Parcieux, et certifié conforme par Grandjean de Fouchy, Secrétaire perpétuel de l'Académie royale des Sciences, le 14 avril 1755. De plus, le texte mentionne la disponibilité d'une médaille gravée par Daffier en mémoire de Charles de Secondat, Baron de Montesquieu, auprès de M. Balleaferd, négociant à la Place Dauphine.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13723
p. 179-180
COMEDIE FRANÇOISE.
Début :
Le 24 Mai le Sr Calvareau de Rochebelle reprit son début par l'Enfant prodigue [...]
Mots clefs :
Comédie-Française, Comédiens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMEDIE FRANÇOISE.
COMEDIE FRANÇOISE.
E 24 Mai le Sr Clavareau de Roche-
L'belle reprit fon début par l'Enfant prodigue
, dont il joua le rolle avec un plein
fuccès ; il n'eft pas poffible de mieux rendre
la fcene de la reconnoiffance : il y mit
toute la vérité , tout le pathétique & tonte
la précifion qu'elle demande ; il paroît
propre aux rolles de fentiment dans le
comique noble ; à un extérieur décent
il joint beaucoup de fineffe , il faifit les
nuances , il fent auffi -bien qu'il détaille ;
toujours attentif à la fcene , il poffede le
jeu muet , & ne fait jamais de contre-fens ,
qualité d'autant plus rare dans un acteur
qui débute , qu'elle manque fouvent au
Comédien qui a le plus d'ufage & qui eſt
le mieux établi.
Le 26 , le même acteur joua Seide dans
Mahomet , tragédie de M. de Voltaire ; il
y a été justement applaudi, Par la maniere
dont il a rendu la grande fituation du
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
quatrieme acte , il a montré qu'on n'a jamais
l'organe foible quand on a l'art de le
conduire , & que la vraie force eft plus
dans l'ame que dans les poumons.
Le 28 , les Comédiens françois donnerent
l'Homme à bonnes fortunes. L'acteur
nouveau y repréfenta Moncade , mais il
a l'air trop fenfé pour bien jouer la fatuité;
il a mieux rendu Durval dans le Préjugé à
la mode.
Le 31 , les mêmes Comédiens donnerent
une repréfentation des Troyennes , de
M. de Chateaubrun ; elles leur avoient été
demandées par des perfonnes de diftinction
, & furent applaudies par une affemblée
auffi brillante que nombreuſe. Voici
Pextrait de fon Philoctete .
E 24 Mai le Sr Clavareau de Roche-
L'belle reprit fon début par l'Enfant prodigue
, dont il joua le rolle avec un plein
fuccès ; il n'eft pas poffible de mieux rendre
la fcene de la reconnoiffance : il y mit
toute la vérité , tout le pathétique & tonte
la précifion qu'elle demande ; il paroît
propre aux rolles de fentiment dans le
comique noble ; à un extérieur décent
il joint beaucoup de fineffe , il faifit les
nuances , il fent auffi -bien qu'il détaille ;
toujours attentif à la fcene , il poffede le
jeu muet , & ne fait jamais de contre-fens ,
qualité d'autant plus rare dans un acteur
qui débute , qu'elle manque fouvent au
Comédien qui a le plus d'ufage & qui eſt
le mieux établi.
Le 26 , le même acteur joua Seide dans
Mahomet , tragédie de M. de Voltaire ; il
y a été justement applaudi, Par la maniere
dont il a rendu la grande fituation du
H vj
180 MERCURE DE FRANCE.
quatrieme acte , il a montré qu'on n'a jamais
l'organe foible quand on a l'art de le
conduire , & que la vraie force eft plus
dans l'ame que dans les poumons.
Le 28 , les Comédiens françois donnerent
l'Homme à bonnes fortunes. L'acteur
nouveau y repréfenta Moncade , mais il
a l'air trop fenfé pour bien jouer la fatuité;
il a mieux rendu Durval dans le Préjugé à
la mode.
Le 31 , les mêmes Comédiens donnerent
une repréfentation des Troyennes , de
M. de Chateaubrun ; elles leur avoient été
demandées par des perfonnes de diftinction
, & furent applaudies par une affemblée
auffi brillante que nombreuſe. Voici
Pextrait de fon Philoctete .
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Résumé : COMEDIE FRANÇOISE.
En mai, l'acteur Clavareau de Roche-Lebelle se distingue au sein de la troupe de la Comédie Française. Le 24 mai, il incarne l'Enfant prodigue avec succès, notamment dans la scène de la reconnaissance, où il montre une grande vérité, un pathétique et une précision. Il est particulièrement adapté aux rôles de sentiment dans le comique noble, grâce à sa finesse et son attention aux nuances. Le 26 mai, il joue Seide dans la tragédie 'Mahomet' de Voltaire et reçoit des applaudissements pour sa gestion du quatrième acte, démontrant que la force vocale véritable réside dans l'âme plutôt que dans les poumons. Le 28 mai, il interprète Moncade dans 'L'Homme à bonnes fortunes', mais son apparence trop sérieuse ne convient pas au rôle de fat. Il est plus convaincant dans le rôle de Durval dans 'Le Préjugé à la mode'. Le 31 mai, la troupe présente 'Les Troyennes' de Chateaubrun à la demande de personnes distinguées et reçoit des applaudissements d'une assemblée nombreuse et brillante.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13724
p. 180-196
EXTRAIT DE PHILOCTETE.
Début :
Ulysse & Pyrrhus accompagnés de Démas, ouvrent la scene, qui est dans l'isle [...]
Mots clefs :
M. de Chateaubrun, Dieux, Amour, Grecs, Guerrier, Gloire, Héros, Seigneur, Comédie-Française
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT DE PHILOCTETE.
EXTRAIT DE PHILOCTETE.
Ulyffe & Pyrrhus accompagnés de Démas
, ouvrent la fcene , qui eft dans l'ifle
de Lemnos , à vue de la caverne qui fert
de retraite à Philoctete . Le premier dit au
fils d'Achille , que Philoctete refpire dans
ce defert affreux , & que les Grecs ne peuvent
triompher de Troye fans le bras de ce
guerrier , uni à la valeur de Pyrrhus. Les
Dieux l'ont déclaré par la bouche de Calchas'
; cet Oracle eft un arrêt dont on ne
peut appeller. Si Philoctete n'eft ramené
JUIN. 1755. 181
dans l'armée , elle va périr dans l'opprobre
& dans la mifere. Pyrrhus impatient veut
courir vers Philoctete , mais Ulyffe le retient
, & l'inftruit du jufte courroux de ce
Prince contre les Grecs . Il lui apprend que
dès les premiers jours du fiége d'Ilion ,
Un Troyen le bleffa d'un dard envenimé
Par d'horribles douleurs le poiſon ſe déclare :
Mais fon ardeur s'éteint dans un profond fommeil,
Et jamais la douleur ne fuccéde au réveil.
A peine ce guerrier revoit-il la lumière ,
Qu'il retrouve fa voix &. fa force premiere ;
Jufqu'à d'autres accès fans ceffe renaiſſans ,
L'art épuifa fur lui fes fecours impuiffans.
Ce mal cruel rendit Philoctete fi farouche
qu'il devint infupportable à tous les
chefs , & particulierement aux Atrides
qu'il accabloit de reproches amers. Le Roi
d'Itaque , pour les en délivrer , joua le mécontent,
engagea Philoctete à le fuivre dans
l'ifle de Lemnos où il feignit de fe retirer ,
& l'abandonna feul dans ce defert pendant
fon fommeil. Ulyffe , après ce récit
recommande à Pyrrhus de ne pas le nommer
il lui confeille , pour arracher ce héros
de fa retraite , de feindre que la tempête
l'a pouflé fur ce rivage , qu'il à quitté
182 MERCURE DE FRANCE.
le camp des Grecs , & qu'il retourne à Scyros
, révolté contre un fiége fi lent , & indigné
de l'avarice fordide des chefs qui
ont fruftré fa valeur de fes droits . Pyrrhus
réfifte d'abord à ce confeil , la feinte répugne
à fon grand coeur ; mais Ulyffe lui
en fait fentir la néceffité & s'éloigne
pour le laiffer agir .
›
Pyrrhus refte avec Démas , & s'écrie en
jettant les regards fur l'entrée de la caverne
,
Mon oeil foutient à peine
Cet horrible tableau de la miſere humaine ;
Quelques vafes groffiers que le befoin conftruit ,
Des feuilles , des lambeaux qui lui fervent de lit.
Il voit fortir du fond de cet antre fauvage
une jeune beauté ; il eft frappé de
fes charmes , il l'aborde , & apprend d'elle
que fon nom eft Sophie , & qu'elle eft la
fille de Philoctete. Så tendreffe l'a conduite
dans cette ifle déferte pour y partager
le malheur de fon pere ; elle y aborda par
un naufrage. Nous allions périr , dit- elle ,
Hercule nous fecourut .
Il retint dans nos coeurs notre ame fugitive ,
Et fon bras bienfaiſant nous pouffa fur la rive.
Nous appellons mon pere , il s'avance vers nous.
Que n'éprouvai -je point dans un moment fi doux !
Avec quelle tendreffe il efluya mes larmes ↓
JUIN.
183 1755.
Combien für mon état témoigna-t- il d'allarmes !
Quels mouvemens confus de joie & de pitié ,
De fanglots mutuels qu'exhaloit l'amitié !
Les périls de la mer , mes craintes , ma mifere ,
J'oubliai tout , Seigneur , en embraffant mon pere
;
Voilà le langage naïf de la nature. Les
vers les plus pompeux valent - ils ceux
qu'elle infpire ? Cette fimplicité charmante
qui rend fi bien le fentiment , n'eſtelle
pas la vraie éloquence ? Pyrrhus témoigne
le defir qu'il a de voir Philoctete
Sophie répond, qu'armé d'un arc qui pourvoit
à leur fubfiftance , il erre dans les
bois , & qu'elle va le chercher. Pyrrhus
devant Démas fait éclater pour Sophie une
pitié qui laiffe entrevoir le premier trait
de l'amour. Démas lui repréfente qu'il ne
doit s'occuper que du foin de rendre Philoctete
aux Grecs prêts à périr.
Philoctete paroît avec Sophie , & marque
fa furprife à Pyrrhus , qu'il n'a jamais
vu , de le voir dans des lieux fi fauvages.
11 exprime en même tems fon reffentiment
contre les chefs de la Grece , & leur ingratitude
, par ces deux vers juftement applaudis
,
Les bienfaits n'avoient pu m'attacher les Atrides
:
Je fous apprivoifer jufqu'aux monftres avides.
184 MERCURE DE FRANCE.
Pyrrhus fe nomme ; Philoctere montre
une joie très- vive de voir en lui le fils
d'Achille dont il a toujours été l'ami ; mais
apprenant la mort de ce héros par la bouche
de fon fils , il s'écrie avec douleur
2
Achille eft mort , grands Dieux , & les Atrides
vivent
! Y
7 25377
Pyrrhus s'offre à conduire Philoctete &
fa fille dans leur patrie. Ce guerrier y
confent ; mais dans le moment qu'il veut
partir , il eft arrêté par un accès de fon
mal , qui l'oblige à rentrer dans fon antre
, & qui termine le premier acte. Y
101-20
Pyrrhus ouvre le fecond acte par ce beau
monologue , qui peint avec des couleurs
fi touchantes l'état de mifere & de douleur
où il vient de voir Philoctete dans la
caverne , ayant près de lui fa fille qui arrofoit
fes mains de larmes. Quel contraſte ,
dit- il , avec l'éducation qu'on nous donne !
p , cody courqu
"P
On écarte de nous juſqu'à l'ombre des maux
On n'offre à nos regards que de fiants tableaux
Pour ne point nous déplaire , on nous cache à
nous - mêmes ; ovo zng , ol mbase C
On ne nous entretient que de grandeurs fupre
-kot mes.unim un saciera'n aistroid as S11
On ajoûte à nos noms des noms ambitieux :
Autant que l'on le peut on fait de nous des Dieur.
JUIN.
185
1755 .
Victimes des flateurs , malheureux que nous fom
mes ,
Que ne nous apprend-t-on que les Rois font des
hommes !
·Démas furvient ; il exhorte Pyrrhus à
diffimuler encore pour engager Philoctete
à partir. La générofité de Pyrrhus attendri
s'en offenfe , & marque un vrai remords
d'avoir employé la feinte . Philoctete paroît
avec Sophie , & veut fe rendre au rivage.
Pyrrhus l'arrête. Philoctete furpris , lui en
demande la raifon . Le fatal fecret échappe
de la bouche du fils d'Achille, qui rougit de
commettre une perfidie , & lui déclare
qu'il le méne aux Atrides . A cet aveu le Roi
d'Eubée devient furieux. Pyrrhus l'inftruit
de la pofition des Grecs , & du befoin
qu'ils ont de fon bras pour renverfer
Troye , & s'arracher à une mort honteuſe ;
il le preffe en même tems d'immoler fon
reffentiment au falut de l'Etat. Philoctete
refufe de fe rendre , & fait des imprécations
contre Ulyffe & les autres chefs. Pyrrhus
lui répond , qu'il ne peut fe venger plus
noblement d'eux qu'en faifant triompher
fa patrie , & qu'en voyant Agamemnon
lui-même ramper à fes pieds. Philoctete
perfifte à ne point prêter fon fecours au
Roi d'Argos ; mais il propofe à Pyrrhus
186 MERCURE DE FRANCE.
d'aller combattre avec leurs foldats , & d'a
voir feuls la gloire de vaincre les Troyens.
Pyrrhus approuve ce parti ; mais comme il
entend du bruit , il s'éloigne avec Philoctete.
Démas qui les écoutoit , veut inftruire
Ulyffe du projet que ces deux guerriers
viennent de former ; mais le Roi d'Itaque
lui dit que les Grecs cachés avec lui fous
un rocher l'ont entendu , qu'ils ont réſolu
de les en punir ; & que s'il n'eût retenu
leur fureur , ils alloient fondre fur eux &
les immoler. Démas ajoûte qu'il craint encore
plus la fille que le pere . Ulyffe lui en
demande la raifon ; l'autre lui répond
que Pyrrhus adore Sophie."
›
Ulyffe en paroit allarmé , & quitte la
fcene en difant qu'il va voir avec les
Grecs ce qu'on doit oppofer à ce fatal
amour qui peut tout détruire.
I
Ulyffe ouvre le troifieme acte avec Démas.
Il tient un papier à la main , & dit à
Démas que les Grecs veulent entraîner
au camp Philoctete mort ou vivant , que
tel eft l'arrêt qu'ils viennent de figner ; &
que fi ce Prince refifte , ils veulent exterminer
fa famille , & faire fubir à fa fille
le fort d'Iphigénie . Ulyffe craint que Pyrrhus
ne prenne leur défenſe ; mais Démas
lui répond que fa résistance fera vaine , &
JUIN 1755. 187
que les Grecs viennent d'envelopper Philoctete
de toutes parts:
Pyrrhus paroît ; Ulyffe le preffe de partir
fans Philoctete , en difant qu'il ne veut
pas lui-même qu'on emmene ce guerrier au
camp . Pyrrhus s'excufe fur la pitié. Ulyffe
lui dit que la pitié dont il eft ému , n'eft
qu'un amour déguifé. Le premier répond
que l'amour n'eft pas un crime. Non , réplique
le Roi d'Itaque ,
Quand élevant le coeur , loin de l'humilier ,
Aux régles du devoir l'amour fçait le plier ,
Et ne l'enyvre point de fon poifon funefte :
Il eft fublime alors , la fource en eft céleste ,
Et c'eſt de cet amour que les Dieux font heureux.
Mais , Seigneur , quand l'amour , le bandeau fur
les yeux ,
Enchaîne le devoir aux pieds d'une maîtreffe ,
A des coeurs généreux n'infpire que foibleffe ,
Tient fous un joug d'airain leur courage foumis ,
Leur fait facrifier gloire , patrie , amis ,
Et des droits les plus faints rompt le noeud légitime
;
Alors , Seigneur , alors cet amour eft an crime.
Pyrrhus veut fe juftifier en difant qu'Achille
aima comme lui . Ulyffe lui repart
qu'il n'aima point aux dépens de fa gloire ,
& qu'il quitta tout pour elle. Il lui fait en
188 MERCURE DE FRANCE.
même tems une peinture pathétique de
l'état affreux où l'armée des Grecs fe trouve
réduite , ajoûtant qu'il va la joindre ,
& mourir fur le tombeau d'Achille , tandis
que fon fils refte tranquille à Lemnos
par l'amour. Ce trait réveille le
courage de Pyrrhus , & l'adroit Ulyffe pour
achever de le déterminer à le fuivre , lui
rapporte ainfi les dernieres paroles d'Achille
expirant , après qu'il l'eut arraché
lui-même des mains des Troyens .
enchaîné
Cher ami , me dit-il , cache-moi tes alarmes ;
Et laiffe- moi mourir parmi le bruit des armes. T
Par tes foins je fuis libre , & je refpire encor
Tu m'épargnes l'affront dont je flétris Hector.:
Que mon fils à jamais en garde la mémoire ,
Et te rende les foins que tu prens de ma gloire.
Sers-lui de pere , amis qu'il te ferve de fils . ' ; i
Voilà fes derniers voeux ; les avez-vous remplis
:
Pyrrhus eft prêt à partir , quand la préfence
de Sophie le retient il fe trouve
alors entre la gloire & l'amour, La premiere
foutenue par l'art d'Ulyffe , femble
d'abord l'emporter ; mais l'amour mieux
déféndu par les larmes de Sophie ', triomphe
enfin de Pyrrhus , & l'entraîne de fon
côté. Ce jeune héros en tournant les yeux
vers elle , s'écrie :
JUIN.
183 1755.
Quoi vous pleurez , courons à votre pere.
Il vole fur les pas de Sophie. Ulyffe fo
retire avec Démas , en difant que Pyrrhus
va fe perdre & combler le malheur de
Philoctete & de fa fille . Ce troifiéme Acte
eft d'une grande beauté .
Z Sophie commence le quatriéme Acte avec
Palmire fa gouvernante , & lui dit que fans
Pyrrhus les Grecs auroient furpris & enlevé
fon pere. Elle avoue avec cette ingé
nuité qui accompagne l'innocence , que
ce jeune héros lui a déclaré qu'il l'adoroit
, & qu'elle y a été fenfible par reconnoiffance
pour
le fervice qu'il a rendu à
fon pere. Palmire l'avertit de redouter les
effets de fa beauté . Je n'ai pas oublié , lui
répond Sophie , vos fages leçons.
Hélas ! cette beauté , ce charme fouverain ;
Dont le fexe s'honore , & qui le rend fi vain
Si la vertu n'en fait un ornement célefte ,
Eft , des Dieux irrités , le don le plus funefte.
" Philoctete arrive , & dit à fa fille qu'il
faut fauver l'honneur d'un pere infortuné ,
& lui remet un poignard. Sophie lui demande
quel ufage elle en doit faire : il répond
qu'il a vécu comme Hercule , &
qu'il veut mourir de même , ajoutant que
Le poifon peut encore lui porter une at
190 MERCURE DE FRANCE.
teinte , que les Grecs pourroient faifir, ce
moment pour le charger de fers , & qu'elle
doit le fouftraire à leur fureur , en faisant
ce qu'Hercule exigea de fon fils. Elle frémit
de commettre un parricide . Philoctete
defeſpéré de ce refus , s'écrie
s'écrie que dans
cette extrêmité il va lancer ces flèches redoutables
qui portent d'inévitables coups ,
& qu'il va commencer par Pyrrhus . Sophie
allarmée l'arrête , & lui apprend que
c'eft le fecours de Pyrrhus qui l'a dérobé à
l'audace des Grecs , & qu'elle en eft aimée.
Philoctete raffuré par l'amour de Pyrrhus
pour fa fille , la preffe de lui déclarer que
La flamme eft connue de fon pere , qui l'approuve
; mais que fi ce jeune guerrier ne
fe joint à lui pour les venger ,
elle rejette
avec dédain les offres de fa foi. Sophie le
lui jure , en lui difant tendrement qu'après
avoir partagé fa gloire , il eft jufte qu'elle
partage fon affront. Philoctete qui voit
venir Pyrrhus, rentre dans fon afyle , & recommande
à Sophie d'éprouver le coeur de
fon amant.
Pyrrhus dit à Sophie qu'il a fait retirer
les foldats , mais qu'elle engage fon pere
à remplir leurs voeux ; que le falut public
doit être un de fes bienfaits,, & qu'il ofe à
çe motif preffant joindre l'intérêt de fon
amour. Elle lui répond que Philoctete eft
JUI N. 1755. 191*
·
inftruit de fes feux , qu'il confent que
l'hymen les couronne , mais qu'il veut que
ces noeuds foient formés dans fes états .
Pyrrhus lui réplique en foupirant , que la
Grece l'implore , & qu'il ne peut l'abandonner,
Elle l'interrompt en lui difant que
puifque l'intérêt de fon pere & le fien lui
font moins chers que celui des Atrides ,
elle rend à fon amour les fermens qui le
lient. Seigneur , ajoute- t -elle ':
Plus grands dans nos deferts que vous ,
trône ,
fur votre
L'honneur nous tiendra lieu de fceptre & de cou
ronne.
Partez , laiffez -nous feuls dans ces fauvages lieux
La vertų pour témoin n'a befoin que des Dieux..
Pyrrhus lui fait entendre que Philoctete
a tout à craindre de la rage des Grecs. Sophie
répond que fa main va mettre un
frein à leurs droits prétendus , que fon
pere vient de l'armer d'un poignard , &
que fi les Grecs s'avançoient pour le pren
are , elle a juré de le plonger dans le coeur
de Philoctete
,› pour prévenir fa honte.
Pourriez-vous , lui dit Pyrrhus , verfer le
fang d'un pere ? elle s'écrie :
Que fçais-je leurs fureurs me ferviront de guid
des ? >
191 MERCURE DE FRANCE.
Un mortel fans honneur n'eſt plus qu'un monſtrë
affreux ,
Que tout autre homme abhorre , & qui craint
tous les yeux ;
Chaque regard l'infulte , & réveillant fa honte ;
De fon honneur perdu , lui redemande compte
Lui fait baiffer la vûe , & femble l'avertir
De fuir dans le tombeau qui devroit l'engloutir.
Pyrrhus frappé de ce tableau promet à
Sophie de périr plutôt mille fois que de
fouffrir que leurs foldats en viennent à
cette violence . Elle le quitte en lui re-.
commandant ainſi les jours de fon pere :
Etes-vous à l'abri du deſtin qui l'accable ›
Si les hommes , hélas ! réfléchiffoient fur eux ;
Ils répandroient des pleurs fur tous les malheu
reux.
Ulyffe vient apprendre à Pyrrhus que
les Troyens inftruits de l'oracle , ont profité
du tems de fon abſence pour attaquer
le camp , qu'ils font près de forcer fi luimême
ne vole au fecours des Grecs ; qu'ils
ont déja bleffé plufieurs chefs de l'armée
& qu'ils ont fouillé dans le tombeau d'Achille
, & difperfé les reftes de fon corps ,
qui font devenus la proie des chiens & des
vautours.
JUIN. 1755. 193
yautours. Pyrrhus devient furieux à cette
nouvelle , & veut voler au camp . Ulyffe
infifte alors pour enlever Philoctete , &
montre les foldats qui l'ont fuivi pour
cette exécution. Mais Pyrrhus s'écrie qu'ils
n'avancent point , que Philoctete eft armé
des traits du defefpoir , & que fa mort va
tromper leur eſpérance. Il termine le quatriéme
acte , en difant qu'il va tenter un
dernier effort auprès du pere de Sophie ,
& qu'après il s'abandonne tout entier aux
confeils d'Ulyffe.
Pyrrhus paroît d'abord feul au cinquiéme
acte , & dit à Ulyffe qui furvient , qu'il
n'a pu fléchir Philoctete. Le Roi d'Itaque
lui montre l'arrêt que la Grece a dicté contre
ce guerrier indomptable. Pyrrhus lui
repréfente qu'en livrant Philoctete à la
mort on venge la patrie , mais qu'on ne
la fauve pas. Ulyffe répond qu'avant
d'exécuter l'arrêt , il veut tout effayer , &
qu'il veut voir Philoctete , qui arrive dans
ce moment avec Sophie. C'eft ici cette admirable
fcene qui forme non feulement
un dénouement des plus heureux , mais
qui fait encore elle feule un des plus beaux
cinquiémes actes qui foient au théâtre :
il faudroit la tranfcrire toute entiere pour
en faire fentir toutes les beautés . Philoctete
à l'afpect d'Ulyffe s'écrie dans fa fu-
II.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
reur qu'on lui rende fes armes. Ce der
nier lui donne les fiennes. Philoctete veut
l'en percer , mais Pyrrhus l'arrête . Ce
guerrier les brave par ces deux vers , dont
le dernier eft digne de Corneille :
Un oracle accablant vous à glacés d'effroi.
Vous vous trouvez preffés entre les Dieux & moi.
Ulyffe lui dit de ne punir que lai , &
d'avoir pitié de fa patrie :
Graces à mon exil , cruel je n'en ai plus ,
Lui répond Philoctete :
•
Je voue à vos fureurs les Grecs que je détefte ;
Dieux ! épargnez Pyrrhus & foudroyez le refte .
Le fils d'Achille eſt révolté de cette imprécation
; mais Ulyffe combat alors Philoctete
avec tous les traits de fon éloquen-.
ce. Il l'attaque par fon foible , c'eſt - à- dire
par l'endroit le plus fenfible à fa gloire.p
Vous ofez (lui dit- il ) confpirer contre votre pays...
Quand un homme a formé ce projet parricide ,
On dévoue aux tourmens ce citoyen perfide :
Son opprobre s'attache aux flancs qui l'ont posté ,
Et fa honte le fuit dans fa poftérité .
A fes concitoyens fon nom eft exécrable ;
On recherche avec foin les traces dy coupable.
JUIN. 1755. 195
Rebut de l'univers , à foi- même odieux :
Il vit errant , fans loix , fans amis & fans Dieux.
Son fupplice aux mortels offre un exemple horri
ble ;
Le tombeau lui refuſe un afyle paifible ,
Et la terre abandonne aux monftres dévorans ,
De fon corps déchiré , les reftes expirans.
Ses manes agités d'une éternelle rage ,
En vain parmi les morts fe cherchent un paffage ;
L'enfer même l'enfer fe rend fourd à fes cris.
Si vous l'ofez , cruel , vengez - vous à ce prix.
Philoctete eft effrayé de cette image.
Ulyffe pour achever de le defarmer , &
pour frapper le dernier coup , preffe Pyrrhus
de partir. Renvoyez , dit - il , des
vaiffeaux qui puiffent tranfporter ce héros
par-tout où il voudra aller :
Maître du fort des Grecs , qu'il le foit de lui- mê
me.
Emmenez tous nos Grecs ; je refte près de lui.
Philoctete à ces mots s'écrie :
Ulyffe près de moi ! retire-toi barbare .
Ulyffe lui fait cette réplique admirable ,
qui le met pour ainfi dire au pied du mur .
Si votre coeur pour moi ne peut être adouci ,
Suivez les Grecs , Seigneur , & me laiffez ici.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
Philoctete à ce trait demeure interdit.
Sa fille fe joint à Ulyffe , & embraſſe ſes
genoux pour le fléchir . Ce guerrier attendri
par les larmes de fa fille , céde à cette
derniere inftance . Il lui facrifie fon reffentiment
, conſent de l'unir à Pyrrhus , &
termine la piece en difant :
Le Ciel m'ouvre les yeux fur la vertu d'Ulyffe ,
Et femble m'annoncer la fin de mon fupplice :
En marchant fur les pas au rivage Troyen ,
Nous fuivrons le grand homme & le vrai citoyen.
On ne peut pas conduire ni dénouer
une piece avec plus d'art. Que M. de Châteaubrun
a tiré fur tout un heureux parti
de l'épifode de Sophie ! 'que fon Ulyffe eft
beau ! & que M. de la Noue l'a bien
rendu !
Ulyffe & Pyrrhus accompagnés de Démas
, ouvrent la fcene , qui eft dans l'ifle
de Lemnos , à vue de la caverne qui fert
de retraite à Philoctete . Le premier dit au
fils d'Achille , que Philoctete refpire dans
ce defert affreux , & que les Grecs ne peuvent
triompher de Troye fans le bras de ce
guerrier , uni à la valeur de Pyrrhus. Les
Dieux l'ont déclaré par la bouche de Calchas'
; cet Oracle eft un arrêt dont on ne
peut appeller. Si Philoctete n'eft ramené
JUIN. 1755. 181
dans l'armée , elle va périr dans l'opprobre
& dans la mifere. Pyrrhus impatient veut
courir vers Philoctete , mais Ulyffe le retient
, & l'inftruit du jufte courroux de ce
Prince contre les Grecs . Il lui apprend que
dès les premiers jours du fiége d'Ilion ,
Un Troyen le bleffa d'un dard envenimé
Par d'horribles douleurs le poiſon ſe déclare :
Mais fon ardeur s'éteint dans un profond fommeil,
Et jamais la douleur ne fuccéde au réveil.
A peine ce guerrier revoit-il la lumière ,
Qu'il retrouve fa voix &. fa force premiere ;
Jufqu'à d'autres accès fans ceffe renaiſſans ,
L'art épuifa fur lui fes fecours impuiffans.
Ce mal cruel rendit Philoctete fi farouche
qu'il devint infupportable à tous les
chefs , & particulierement aux Atrides
qu'il accabloit de reproches amers. Le Roi
d'Itaque , pour les en délivrer , joua le mécontent,
engagea Philoctete à le fuivre dans
l'ifle de Lemnos où il feignit de fe retirer ,
& l'abandonna feul dans ce defert pendant
fon fommeil. Ulyffe , après ce récit
recommande à Pyrrhus de ne pas le nommer
il lui confeille , pour arracher ce héros
de fa retraite , de feindre que la tempête
l'a pouflé fur ce rivage , qu'il à quitté
182 MERCURE DE FRANCE.
le camp des Grecs , & qu'il retourne à Scyros
, révolté contre un fiége fi lent , & indigné
de l'avarice fordide des chefs qui
ont fruftré fa valeur de fes droits . Pyrrhus
réfifte d'abord à ce confeil , la feinte répugne
à fon grand coeur ; mais Ulyffe lui
en fait fentir la néceffité & s'éloigne
pour le laiffer agir .
›
Pyrrhus refte avec Démas , & s'écrie en
jettant les regards fur l'entrée de la caverne
,
Mon oeil foutient à peine
Cet horrible tableau de la miſere humaine ;
Quelques vafes groffiers que le befoin conftruit ,
Des feuilles , des lambeaux qui lui fervent de lit.
Il voit fortir du fond de cet antre fauvage
une jeune beauté ; il eft frappé de
fes charmes , il l'aborde , & apprend d'elle
que fon nom eft Sophie , & qu'elle eft la
fille de Philoctete. Så tendreffe l'a conduite
dans cette ifle déferte pour y partager
le malheur de fon pere ; elle y aborda par
un naufrage. Nous allions périr , dit- elle ,
Hercule nous fecourut .
Il retint dans nos coeurs notre ame fugitive ,
Et fon bras bienfaiſant nous pouffa fur la rive.
Nous appellons mon pere , il s'avance vers nous.
Que n'éprouvai -je point dans un moment fi doux !
Avec quelle tendreffe il efluya mes larmes ↓
JUIN.
183 1755.
Combien für mon état témoigna-t- il d'allarmes !
Quels mouvemens confus de joie & de pitié ,
De fanglots mutuels qu'exhaloit l'amitié !
Les périls de la mer , mes craintes , ma mifere ,
J'oubliai tout , Seigneur , en embraffant mon pere
;
Voilà le langage naïf de la nature. Les
vers les plus pompeux valent - ils ceux
qu'elle infpire ? Cette fimplicité charmante
qui rend fi bien le fentiment , n'eſtelle
pas la vraie éloquence ? Pyrrhus témoigne
le defir qu'il a de voir Philoctete
Sophie répond, qu'armé d'un arc qui pourvoit
à leur fubfiftance , il erre dans les
bois , & qu'elle va le chercher. Pyrrhus
devant Démas fait éclater pour Sophie une
pitié qui laiffe entrevoir le premier trait
de l'amour. Démas lui repréfente qu'il ne
doit s'occuper que du foin de rendre Philoctete
aux Grecs prêts à périr.
Philoctete paroît avec Sophie , & marque
fa furprife à Pyrrhus , qu'il n'a jamais
vu , de le voir dans des lieux fi fauvages.
11 exprime en même tems fon reffentiment
contre les chefs de la Grece , & leur ingratitude
, par ces deux vers juftement applaudis
,
Les bienfaits n'avoient pu m'attacher les Atrides
:
Je fous apprivoifer jufqu'aux monftres avides.
184 MERCURE DE FRANCE.
Pyrrhus fe nomme ; Philoctere montre
une joie très- vive de voir en lui le fils
d'Achille dont il a toujours été l'ami ; mais
apprenant la mort de ce héros par la bouche
de fon fils , il s'écrie avec douleur
2
Achille eft mort , grands Dieux , & les Atrides
vivent
! Y
7 25377
Pyrrhus s'offre à conduire Philoctete &
fa fille dans leur patrie. Ce guerrier y
confent ; mais dans le moment qu'il veut
partir , il eft arrêté par un accès de fon
mal , qui l'oblige à rentrer dans fon antre
, & qui termine le premier acte. Y
101-20
Pyrrhus ouvre le fecond acte par ce beau
monologue , qui peint avec des couleurs
fi touchantes l'état de mifere & de douleur
où il vient de voir Philoctete dans la
caverne , ayant près de lui fa fille qui arrofoit
fes mains de larmes. Quel contraſte ,
dit- il , avec l'éducation qu'on nous donne !
p , cody courqu
"P
On écarte de nous juſqu'à l'ombre des maux
On n'offre à nos regards que de fiants tableaux
Pour ne point nous déplaire , on nous cache à
nous - mêmes ; ovo zng , ol mbase C
On ne nous entretient que de grandeurs fupre
-kot mes.unim un saciera'n aistroid as S11
On ajoûte à nos noms des noms ambitieux :
Autant que l'on le peut on fait de nous des Dieur.
JUIN.
185
1755 .
Victimes des flateurs , malheureux que nous fom
mes ,
Que ne nous apprend-t-on que les Rois font des
hommes !
·Démas furvient ; il exhorte Pyrrhus à
diffimuler encore pour engager Philoctete
à partir. La générofité de Pyrrhus attendri
s'en offenfe , & marque un vrai remords
d'avoir employé la feinte . Philoctete paroît
avec Sophie , & veut fe rendre au rivage.
Pyrrhus l'arrête. Philoctete furpris , lui en
demande la raifon . Le fatal fecret échappe
de la bouche du fils d'Achille, qui rougit de
commettre une perfidie , & lui déclare
qu'il le méne aux Atrides . A cet aveu le Roi
d'Eubée devient furieux. Pyrrhus l'inftruit
de la pofition des Grecs , & du befoin
qu'ils ont de fon bras pour renverfer
Troye , & s'arracher à une mort honteuſe ;
il le preffe en même tems d'immoler fon
reffentiment au falut de l'Etat. Philoctete
refufe de fe rendre , & fait des imprécations
contre Ulyffe & les autres chefs. Pyrrhus
lui répond , qu'il ne peut fe venger plus
noblement d'eux qu'en faifant triompher
fa patrie , & qu'en voyant Agamemnon
lui-même ramper à fes pieds. Philoctete
perfifte à ne point prêter fon fecours au
Roi d'Argos ; mais il propofe à Pyrrhus
186 MERCURE DE FRANCE.
d'aller combattre avec leurs foldats , & d'a
voir feuls la gloire de vaincre les Troyens.
Pyrrhus approuve ce parti ; mais comme il
entend du bruit , il s'éloigne avec Philoctete.
Démas qui les écoutoit , veut inftruire
Ulyffe du projet que ces deux guerriers
viennent de former ; mais le Roi d'Itaque
lui dit que les Grecs cachés avec lui fous
un rocher l'ont entendu , qu'ils ont réſolu
de les en punir ; & que s'il n'eût retenu
leur fureur , ils alloient fondre fur eux &
les immoler. Démas ajoûte qu'il craint encore
plus la fille que le pere . Ulyffe lui en
demande la raifon ; l'autre lui répond
que Pyrrhus adore Sophie."
›
Ulyffe en paroit allarmé , & quitte la
fcene en difant qu'il va voir avec les
Grecs ce qu'on doit oppofer à ce fatal
amour qui peut tout détruire.
I
Ulyffe ouvre le troifieme acte avec Démas.
Il tient un papier à la main , & dit à
Démas que les Grecs veulent entraîner
au camp Philoctete mort ou vivant , que
tel eft l'arrêt qu'ils viennent de figner ; &
que fi ce Prince refifte , ils veulent exterminer
fa famille , & faire fubir à fa fille
le fort d'Iphigénie . Ulyffe craint que Pyrrhus
ne prenne leur défenſe ; mais Démas
lui répond que fa résistance fera vaine , &
JUIN 1755. 187
que les Grecs viennent d'envelopper Philoctete
de toutes parts:
Pyrrhus paroît ; Ulyffe le preffe de partir
fans Philoctete , en difant qu'il ne veut
pas lui-même qu'on emmene ce guerrier au
camp . Pyrrhus s'excufe fur la pitié. Ulyffe
lui dit que la pitié dont il eft ému , n'eft
qu'un amour déguifé. Le premier répond
que l'amour n'eft pas un crime. Non , réplique
le Roi d'Itaque ,
Quand élevant le coeur , loin de l'humilier ,
Aux régles du devoir l'amour fçait le plier ,
Et ne l'enyvre point de fon poifon funefte :
Il eft fublime alors , la fource en eft céleste ,
Et c'eſt de cet amour que les Dieux font heureux.
Mais , Seigneur , quand l'amour , le bandeau fur
les yeux ,
Enchaîne le devoir aux pieds d'une maîtreffe ,
A des coeurs généreux n'infpire que foibleffe ,
Tient fous un joug d'airain leur courage foumis ,
Leur fait facrifier gloire , patrie , amis ,
Et des droits les plus faints rompt le noeud légitime
;
Alors , Seigneur , alors cet amour eft an crime.
Pyrrhus veut fe juftifier en difant qu'Achille
aima comme lui . Ulyffe lui repart
qu'il n'aima point aux dépens de fa gloire ,
& qu'il quitta tout pour elle. Il lui fait en
188 MERCURE DE FRANCE.
même tems une peinture pathétique de
l'état affreux où l'armée des Grecs fe trouve
réduite , ajoûtant qu'il va la joindre ,
& mourir fur le tombeau d'Achille , tandis
que fon fils refte tranquille à Lemnos
par l'amour. Ce trait réveille le
courage de Pyrrhus , & l'adroit Ulyffe pour
achever de le déterminer à le fuivre , lui
rapporte ainfi les dernieres paroles d'Achille
expirant , après qu'il l'eut arraché
lui-même des mains des Troyens .
enchaîné
Cher ami , me dit-il , cache-moi tes alarmes ;
Et laiffe- moi mourir parmi le bruit des armes. T
Par tes foins je fuis libre , & je refpire encor
Tu m'épargnes l'affront dont je flétris Hector.:
Que mon fils à jamais en garde la mémoire ,
Et te rende les foins que tu prens de ma gloire.
Sers-lui de pere , amis qu'il te ferve de fils . ' ; i
Voilà fes derniers voeux ; les avez-vous remplis
:
Pyrrhus eft prêt à partir , quand la préfence
de Sophie le retient il fe trouve
alors entre la gloire & l'amour, La premiere
foutenue par l'art d'Ulyffe , femble
d'abord l'emporter ; mais l'amour mieux
déféndu par les larmes de Sophie ', triomphe
enfin de Pyrrhus , & l'entraîne de fon
côté. Ce jeune héros en tournant les yeux
vers elle , s'écrie :
JUIN.
183 1755.
Quoi vous pleurez , courons à votre pere.
Il vole fur les pas de Sophie. Ulyffe fo
retire avec Démas , en difant que Pyrrhus
va fe perdre & combler le malheur de
Philoctete & de fa fille . Ce troifiéme Acte
eft d'une grande beauté .
Z Sophie commence le quatriéme Acte avec
Palmire fa gouvernante , & lui dit que fans
Pyrrhus les Grecs auroient furpris & enlevé
fon pere. Elle avoue avec cette ingé
nuité qui accompagne l'innocence , que
ce jeune héros lui a déclaré qu'il l'adoroit
, & qu'elle y a été fenfible par reconnoiffance
pour
le fervice qu'il a rendu à
fon pere. Palmire l'avertit de redouter les
effets de fa beauté . Je n'ai pas oublié , lui
répond Sophie , vos fages leçons.
Hélas ! cette beauté , ce charme fouverain ;
Dont le fexe s'honore , & qui le rend fi vain
Si la vertu n'en fait un ornement célefte ,
Eft , des Dieux irrités , le don le plus funefte.
" Philoctete arrive , & dit à fa fille qu'il
faut fauver l'honneur d'un pere infortuné ,
& lui remet un poignard. Sophie lui demande
quel ufage elle en doit faire : il répond
qu'il a vécu comme Hercule , &
qu'il veut mourir de même , ajoutant que
Le poifon peut encore lui porter une at
190 MERCURE DE FRANCE.
teinte , que les Grecs pourroient faifir, ce
moment pour le charger de fers , & qu'elle
doit le fouftraire à leur fureur , en faisant
ce qu'Hercule exigea de fon fils. Elle frémit
de commettre un parricide . Philoctete
defeſpéré de ce refus , s'écrie
s'écrie que dans
cette extrêmité il va lancer ces flèches redoutables
qui portent d'inévitables coups ,
& qu'il va commencer par Pyrrhus . Sophie
allarmée l'arrête , & lui apprend que
c'eft le fecours de Pyrrhus qui l'a dérobé à
l'audace des Grecs , & qu'elle en eft aimée.
Philoctete raffuré par l'amour de Pyrrhus
pour fa fille , la preffe de lui déclarer que
La flamme eft connue de fon pere , qui l'approuve
; mais que fi ce jeune guerrier ne
fe joint à lui pour les venger ,
elle rejette
avec dédain les offres de fa foi. Sophie le
lui jure , en lui difant tendrement qu'après
avoir partagé fa gloire , il eft jufte qu'elle
partage fon affront. Philoctete qui voit
venir Pyrrhus, rentre dans fon afyle , & recommande
à Sophie d'éprouver le coeur de
fon amant.
Pyrrhus dit à Sophie qu'il a fait retirer
les foldats , mais qu'elle engage fon pere
à remplir leurs voeux ; que le falut public
doit être un de fes bienfaits,, & qu'il ofe à
çe motif preffant joindre l'intérêt de fon
amour. Elle lui répond que Philoctete eft
JUI N. 1755. 191*
·
inftruit de fes feux , qu'il confent que
l'hymen les couronne , mais qu'il veut que
ces noeuds foient formés dans fes états .
Pyrrhus lui réplique en foupirant , que la
Grece l'implore , & qu'il ne peut l'abandonner,
Elle l'interrompt en lui difant que
puifque l'intérêt de fon pere & le fien lui
font moins chers que celui des Atrides ,
elle rend à fon amour les fermens qui le
lient. Seigneur , ajoute- t -elle ':
Plus grands dans nos deferts que vous ,
trône ,
fur votre
L'honneur nous tiendra lieu de fceptre & de cou
ronne.
Partez , laiffez -nous feuls dans ces fauvages lieux
La vertų pour témoin n'a befoin que des Dieux..
Pyrrhus lui fait entendre que Philoctete
a tout à craindre de la rage des Grecs. Sophie
répond que fa main va mettre un
frein à leurs droits prétendus , que fon
pere vient de l'armer d'un poignard , &
que fi les Grecs s'avançoient pour le pren
are , elle a juré de le plonger dans le coeur
de Philoctete
,› pour prévenir fa honte.
Pourriez-vous , lui dit Pyrrhus , verfer le
fang d'un pere ? elle s'écrie :
Que fçais-je leurs fureurs me ferviront de guid
des ? >
191 MERCURE DE FRANCE.
Un mortel fans honneur n'eſt plus qu'un monſtrë
affreux ,
Que tout autre homme abhorre , & qui craint
tous les yeux ;
Chaque regard l'infulte , & réveillant fa honte ;
De fon honneur perdu , lui redemande compte
Lui fait baiffer la vûe , & femble l'avertir
De fuir dans le tombeau qui devroit l'engloutir.
Pyrrhus frappé de ce tableau promet à
Sophie de périr plutôt mille fois que de
fouffrir que leurs foldats en viennent à
cette violence . Elle le quitte en lui re-.
commandant ainſi les jours de fon pere :
Etes-vous à l'abri du deſtin qui l'accable ›
Si les hommes , hélas ! réfléchiffoient fur eux ;
Ils répandroient des pleurs fur tous les malheu
reux.
Ulyffe vient apprendre à Pyrrhus que
les Troyens inftruits de l'oracle , ont profité
du tems de fon abſence pour attaquer
le camp , qu'ils font près de forcer fi luimême
ne vole au fecours des Grecs ; qu'ils
ont déja bleffé plufieurs chefs de l'armée
& qu'ils ont fouillé dans le tombeau d'Achille
, & difperfé les reftes de fon corps ,
qui font devenus la proie des chiens & des
vautours.
JUIN. 1755. 193
yautours. Pyrrhus devient furieux à cette
nouvelle , & veut voler au camp . Ulyffe
infifte alors pour enlever Philoctete , &
montre les foldats qui l'ont fuivi pour
cette exécution. Mais Pyrrhus s'écrie qu'ils
n'avancent point , que Philoctete eft armé
des traits du defefpoir , & que fa mort va
tromper leur eſpérance. Il termine le quatriéme
acte , en difant qu'il va tenter un
dernier effort auprès du pere de Sophie ,
& qu'après il s'abandonne tout entier aux
confeils d'Ulyffe.
Pyrrhus paroît d'abord feul au cinquiéme
acte , & dit à Ulyffe qui furvient , qu'il
n'a pu fléchir Philoctete. Le Roi d'Itaque
lui montre l'arrêt que la Grece a dicté contre
ce guerrier indomptable. Pyrrhus lui
repréfente qu'en livrant Philoctete à la
mort on venge la patrie , mais qu'on ne
la fauve pas. Ulyffe répond qu'avant
d'exécuter l'arrêt , il veut tout effayer , &
qu'il veut voir Philoctete , qui arrive dans
ce moment avec Sophie. C'eft ici cette admirable
fcene qui forme non feulement
un dénouement des plus heureux , mais
qui fait encore elle feule un des plus beaux
cinquiémes actes qui foient au théâtre :
il faudroit la tranfcrire toute entiere pour
en faire fentir toutes les beautés . Philoctete
à l'afpect d'Ulyffe s'écrie dans fa fu-
II.Vol. I
194 MERCURE DE FRANCE.
reur qu'on lui rende fes armes. Ce der
nier lui donne les fiennes. Philoctete veut
l'en percer , mais Pyrrhus l'arrête . Ce
guerrier les brave par ces deux vers , dont
le dernier eft digne de Corneille :
Un oracle accablant vous à glacés d'effroi.
Vous vous trouvez preffés entre les Dieux & moi.
Ulyffe lui dit de ne punir que lai , &
d'avoir pitié de fa patrie :
Graces à mon exil , cruel je n'en ai plus ,
Lui répond Philoctete :
•
Je voue à vos fureurs les Grecs que je détefte ;
Dieux ! épargnez Pyrrhus & foudroyez le refte .
Le fils d'Achille eſt révolté de cette imprécation
; mais Ulyffe combat alors Philoctete
avec tous les traits de fon éloquen-.
ce. Il l'attaque par fon foible , c'eſt - à- dire
par l'endroit le plus fenfible à fa gloire.p
Vous ofez (lui dit- il ) confpirer contre votre pays...
Quand un homme a formé ce projet parricide ,
On dévoue aux tourmens ce citoyen perfide :
Son opprobre s'attache aux flancs qui l'ont posté ,
Et fa honte le fuit dans fa poftérité .
A fes concitoyens fon nom eft exécrable ;
On recherche avec foin les traces dy coupable.
JUIN. 1755. 195
Rebut de l'univers , à foi- même odieux :
Il vit errant , fans loix , fans amis & fans Dieux.
Son fupplice aux mortels offre un exemple horri
ble ;
Le tombeau lui refuſe un afyle paifible ,
Et la terre abandonne aux monftres dévorans ,
De fon corps déchiré , les reftes expirans.
Ses manes agités d'une éternelle rage ,
En vain parmi les morts fe cherchent un paffage ;
L'enfer même l'enfer fe rend fourd à fes cris.
Si vous l'ofez , cruel , vengez - vous à ce prix.
Philoctete eft effrayé de cette image.
Ulyffe pour achever de le defarmer , &
pour frapper le dernier coup , preffe Pyrrhus
de partir. Renvoyez , dit - il , des
vaiffeaux qui puiffent tranfporter ce héros
par-tout où il voudra aller :
Maître du fort des Grecs , qu'il le foit de lui- mê
me.
Emmenez tous nos Grecs ; je refte près de lui.
Philoctete à ces mots s'écrie :
Ulyffe près de moi ! retire-toi barbare .
Ulyffe lui fait cette réplique admirable ,
qui le met pour ainfi dire au pied du mur .
Si votre coeur pour moi ne peut être adouci ,
Suivez les Grecs , Seigneur , & me laiffez ici.
I ij
196 MERCURE DE FRANCE.
Philoctete à ce trait demeure interdit.
Sa fille fe joint à Ulyffe , & embraſſe ſes
genoux pour le fléchir . Ce guerrier attendri
par les larmes de fa fille , céde à cette
derniere inftance . Il lui facrifie fon reffentiment
, conſent de l'unir à Pyrrhus , &
termine la piece en difant :
Le Ciel m'ouvre les yeux fur la vertu d'Ulyffe ,
Et femble m'annoncer la fin de mon fupplice :
En marchant fur les pas au rivage Troyen ,
Nous fuivrons le grand homme & le vrai citoyen.
On ne peut pas conduire ni dénouer
une piece avec plus d'art. Que M. de Châteaubrun
a tiré fur tout un heureux parti
de l'épifode de Sophie ! 'que fon Ulyffe eft
beau ! & que M. de la Noue l'a bien
rendu !
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Résumé : EXTRAIT DE PHILOCTETE.
L'extrait de 'Philoctète' se déroule sur l'île de Lemnos, où Ulysse et Pyrrhus discutent de la nécessité de ramener Philoctète, un guerrier essentiel à la victoire contre Troie. Philoctète, abandonné sur l'île en raison d'une blessure empoisonnée incurable, est décrit comme farouche et insupportable. Ulysse conseille à Pyrrhus de feindre un naufrage pour approcher Philoctète sans éveiller sa méfiance. Pyrrhus rencontre Sophie, la fille de Philoctète, et apprend son histoire. Philoctète apparaît ensuite, exprimant son ressentiment contre les Grecs. Pyrrhus se propose de les conduire, lui et Sophie, dans leur patrie, mais un accès de douleur oblige Philoctète à rentrer dans sa caverne. Dans le second acte, Pyrrhus exprime sa pitié pour la misère de Philoctète. Ulysse révèle à Pyrrhus que les Grecs sont prêts à tout pour ramener Philoctète. Philoctète, furieux, refuse de se rendre aux Grecs. Pyrrhus propose alors de combattre avec lui contre les Troyens, sans les autres Grecs. Dans le troisième acte, Ulysse et Démas discutent de la manière de capturer Philoctète. Pyrrhus, partagé entre son amour pour Sophie et son devoir, finit par choisir l'amour. Sophie avoue à sa gouvernante qu'elle aime Pyrrhus. Dans le quatrième acte, Sophie révèle à Philoctète l'amour de Pyrrhus et son aide contre les Grecs. Philoctète accepte leur union à condition que Pyrrhus les aide à se venger. Pyrrhus, pressé par Sophie, accepte de rejoindre Philoctète pour combattre les Troyens, malgré les appels de la Grèce. Dans le cinquième acte, Ulysse montre à Philoctète un arrêt de mort dicté par la Grèce. Philoctète, face à Ulysse, exige ses armes mais est arrêté par Pyrrhus. Ulysse utilise son éloquence pour convaincre Philoctète de renoncer à sa vengeance, en lui décrivant les horreurs réservées aux traîtres. Touché par les larmes de sa fille Sophie, Philoctète cède et accepte de se réconcilier. La pièce se termine par l'union de Sophie et Pyrrhus, et Philoctète reconnaît la vertu d'Ulysse.
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13725
p. 196-200
COMEDIE ITALIENNE.
Début :
Le 22 Mai les Comédiens Italiens ont remis, ou plutôt donné pour la premiere [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Comédie en danse, Ballet
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMEDIE ITALIENNE.
COMEDIE ITALIENNE.
LE 22 Mai les Comédiens Italiens ont
remis , ou plutôt donné pour la premiere
fois , le Mai , Ballet mêlé de chants . Il eft
changé & embelli de façon qu'on peut
l'annoncer comme un divertiffement nouveau
; on peut même dire qu'il forme une
petitè Comédie en danfe. J'ajouterai qu'on
JUI N. 1755. 197
*
en voit peu qui faffent autant de plaifir au
théâtre par la variété & par la gaieté continue.
Je crois obliger le lecteur de lui en
donner ici le Programme .
Le fond du théâtre repréfente la porte
d'un château , au - deffus l'on découvre
une terraffe ornée de baluftrades & de fontaines
& garnie de vafes remplis de
fleurs.
>
PREMIERE ENTRÉE .
Le Ballet commence au point du jour ;
plufieurs Payfans viennent pour donner
des bouquets à leurs maîtreffes , d'autres
apportent des échelles à un fignal ; plufieurs
jeunes Payfans & Payfannes garniffent
la terraffe & reçoivent les bouquets.
Les Amans témoignent leur joie par une
danfe vive.
SECONDE ENTRÉE.
Les Payfannes fortent du château avec
leurs bouquets, & remercient les Payfans de
leur galanterie ; ils vont tous pour rentrer
dans le château , un Payfan retient deux
des Payfannes & danfe avec elles un pas
de trois .
TROISIEME ENTRE E.
Une autre troupe de Payfans & Payfan
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
nes viennent planter le Mai devant la
porte du château ; tous danfent autour ,
pendant que la jeuneffe forme une danfe
gaie fur la terraffe , de forte que l'on voit
en même tems deux corps de Ballets . Un
Payfan chante les agrémens du mois de
Mai.
QUATRIEME ENTRÉE.
La porte du château s'ouvre ; le Seigneur
& la Dame vêtus en Berger & Bergere
, & fuivis de tous les habitans , forment
une marche autour du Mai ; une
Bergere chante , un Payfan & une Payſanne
danfent un pas deux.
Le Seigneur & la Dame chantent une
Mufette , elle invite après un Berger à la
danfer avec elle . Ils exécutent enfuite un
Tambourin.
Le pas de deux eft coupé par un pas de
trois , qui à fon tour l'eft par un autre pas
de deux tous les Payfans & Payfannes
chantent & danfent une ronde.
CINQUIEME ENTRÉE.
Contredanfe.
Ce Divertiffement eft compofé de trois
corps de Ballets , le premier commence la
contredanſe.
JUIN. 1755-
199
Danfé par
Second Couplet.
les amans & leurs maîtreffes .
Troifiéme Couplet.
Danfé par la jeuneſſe du village .
Danfé
Quatrieme Couplet.
par le Seigneur & la Dame.
Cinquième Couplet.
Les trois corps de Ballets fe joignent
enfemble . La jeuneffe occupe toujours le
centre , & fe trouve fouvent fous les bras
des deux autres corps de Ballets , ce qui
multiplie les figures de façon qu'il paroît
beaucoup plus de monde qu'il n'y en a.
La Contredanfe finit par une lutte d'entrechats.
Premier pas de trois.
Mlle Camille . M. Sody. Mile Catinop
Premier
pas
de deux.
Mlle Camille. M. Balletti ( cadet . )
Deuxieme pas
de deux.
Mlle Favart. M. Balletti ( aîné . )
Deuxieme pas de trois.
M. Berquelor. Mlle Marine. M. Dupuis.
I iv
200 MERCURE DE FRANCE .
Troisieme pas de deux.
Mlle Catinon . M. Billioni.
Troifieme pas de trois.
M. Vifintini. Mlle Artus. M. Artus.
LE 22 Mai les Comédiens Italiens ont
remis , ou plutôt donné pour la premiere
fois , le Mai , Ballet mêlé de chants . Il eft
changé & embelli de façon qu'on peut
l'annoncer comme un divertiffement nouveau
; on peut même dire qu'il forme une
petitè Comédie en danfe. J'ajouterai qu'on
JUI N. 1755. 197
*
en voit peu qui faffent autant de plaifir au
théâtre par la variété & par la gaieté continue.
Je crois obliger le lecteur de lui en
donner ici le Programme .
Le fond du théâtre repréfente la porte
d'un château , au - deffus l'on découvre
une terraffe ornée de baluftrades & de fontaines
& garnie de vafes remplis de
fleurs.
>
PREMIERE ENTRÉE .
Le Ballet commence au point du jour ;
plufieurs Payfans viennent pour donner
des bouquets à leurs maîtreffes , d'autres
apportent des échelles à un fignal ; plufieurs
jeunes Payfans & Payfannes garniffent
la terraffe & reçoivent les bouquets.
Les Amans témoignent leur joie par une
danfe vive.
SECONDE ENTRÉE.
Les Payfannes fortent du château avec
leurs bouquets, & remercient les Payfans de
leur galanterie ; ils vont tous pour rentrer
dans le château , un Payfan retient deux
des Payfannes & danfe avec elles un pas
de trois .
TROISIEME ENTRE E.
Une autre troupe de Payfans & Payfan
I iij
198 MERCURE DE FRANCE.
nes viennent planter le Mai devant la
porte du château ; tous danfent autour ,
pendant que la jeuneffe forme une danfe
gaie fur la terraffe , de forte que l'on voit
en même tems deux corps de Ballets . Un
Payfan chante les agrémens du mois de
Mai.
QUATRIEME ENTRÉE.
La porte du château s'ouvre ; le Seigneur
& la Dame vêtus en Berger & Bergere
, & fuivis de tous les habitans , forment
une marche autour du Mai ; une
Bergere chante , un Payfan & une Payſanne
danfent un pas deux.
Le Seigneur & la Dame chantent une
Mufette , elle invite après un Berger à la
danfer avec elle . Ils exécutent enfuite un
Tambourin.
Le pas de deux eft coupé par un pas de
trois , qui à fon tour l'eft par un autre pas
de deux tous les Payfans & Payfannes
chantent & danfent une ronde.
CINQUIEME ENTRÉE.
Contredanfe.
Ce Divertiffement eft compofé de trois
corps de Ballets , le premier commence la
contredanſe.
JUIN. 1755-
199
Danfé par
Second Couplet.
les amans & leurs maîtreffes .
Troifiéme Couplet.
Danfé par la jeuneſſe du village .
Danfé
Quatrieme Couplet.
par le Seigneur & la Dame.
Cinquième Couplet.
Les trois corps de Ballets fe joignent
enfemble . La jeuneffe occupe toujours le
centre , & fe trouve fouvent fous les bras
des deux autres corps de Ballets , ce qui
multiplie les figures de façon qu'il paroît
beaucoup plus de monde qu'il n'y en a.
La Contredanfe finit par une lutte d'entrechats.
Premier pas de trois.
Mlle Camille . M. Sody. Mile Catinop
Premier
pas
de deux.
Mlle Camille. M. Balletti ( cadet . )
Deuxieme pas
de deux.
Mlle Favart. M. Balletti ( aîné . )
Deuxieme pas de trois.
M. Berquelor. Mlle Marine. M. Dupuis.
I iv
200 MERCURE DE FRANCE .
Troisieme pas de deux.
Mlle Catinon . M. Billioni.
Troifieme pas de trois.
M. Vifintini. Mlle Artus. M. Artus.
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Résumé : COMEDIE ITALIENNE.
Le 22 mai 1755, les Comédiens Italiens ont présenté pour la première fois le ballet 'Le Mai', un spectacle mêlant chants et danses, annoncé comme un divertissement nouveau et comparable à une petite comédie en danse. Ce ballet, salué pour sa variété et sa gaieté, se déroule devant la porte d'un château orné de balustrades, fontaines et vases de fleurs. Il se compose de cinq entrées distinctes. La première entrée montre des valets apportant des bouquets à leurs maîtresses et dansant avec eux. La deuxième entrée voit les valets et valettes sortir du château pour remercier les valets et danser. La troisième entrée présente une autre troupe de valets et valettes plantant le Mai et dansant autour. La quatrième entrée voit le seigneur et la dame, vêtus en bergers, ouvrir la porte du château et danser avec les habitants. La cinquième entrée est une contredanse composée de trois corps de ballets, incluant les amants, la jeunesse du village et le seigneur et la dame. Les principaux danseurs incluent Mlle Camille, M. Sody, Mlle Catinon, M. Balletti, Mlle Favart, M. Berquelor, Mlle Marine, M. Dupuis, Mlle Artus et M. Artus.
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13726
p. 200-203
VAUDEVILLE SUR LA CONTREDANSE.
Début :
Allons gai : [...]
Mots clefs :
Comédiens-Italiens, Mois de mai, Comédie, Musique
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : VAUDEVILLE SUR LA CONTREDANSE.
VAUDEVILLE SUR LA CONTREDANSE.
•
PREMIER COUPLET.
Allons gai:
Voici le mois de Mai ,
Le doux mois d'amourette.
Commençons
Nos jeux & nos chanfons ,
Et, danfops fur l'herbette .
Colin
Prend Colinette ;
De violette
Pare fon fein.
Le coeur
Le plus fauvage
Souvent s'engage . ¡
Par une fleur.
Allons gai , &c.
Bergers , une fleurette
De vos feux devient l'interprête
Et Flore
Fait éclore
Ses préfens
JUIN. 1755. 201
VILLA
Pour fervir les amans.
Allons gai , & c.
SECOND
Allons gai , & c.
Plaiſirs ,
COUPLE T.
Bonheur champêtre ,
Vous allez naître
De nos foupirs.
Tout rit
Dans ces afyles ,
Ces lieux tranquilles
Qu'amour chérit.
Allons gai , & c.
Déja tout fent les flammes ,
Tendre amour , printems de nos ames
Tu charmes ,
Tu defarmes
Nos rigueurs
Par tes attraits vainqueurs;
Allons gai , & c .
TROISIEME COUPLET.
Allons gai , & c .
Le fon
De la mufette
Séduit Lifette
Sur le gazon .
Tirfis
LYON
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
Par cette adreffe ,
De fa tendreffe
Reçoit le prix.
Allons gai , & c.
L'amour fous nos fougères
Tend des lacs aux jeunes Bergeres .
Fillette
Joliette ,
En ce mois.
N'allez point feule aux bois.
Allons gai , &c.
QUATRIEME COUPLET.
Palfangué ,
Voici le mois de mai , &c.
Vien çà ,
Vien çà , Paquette ,
A la franquette ,
Mets ta main là.
Morgue ,
De t'voir fi fiare ;
Sçais-tu que Piare
Eft fatigué ?
Jarnigué , voici , &c .
Faut-il que j'aille au piautre ,
Quand j'avons un coeur comme un autre ?
Mais ... fille ...
Ton oeil brille ,
Et je fens
JUIN. 1755 203
Naître en moi le printems.
Sarpegué , voici , &c.
Les paroles de ce Vaudeville font de
M. Favart. Les danfes du Ballet font de la
compofition de M. Deheffe , & la mufique
eft de M. Defbroffes ,
Le 31 Mai les Comédiens Italiens donnerent
la premiere repréſentation du Maître
de Musique , Comédie nouvelle en
deux actes , mêlée d'arietes , & parodiée
de l'Italien , avec un divertiffement. Cette
piece eft de M. Borand , Auteur de la
Servante Maitreffe ; le public lui a fait un
accueil favorable. Le premier acte paroît
avoir le plus réuffi , nous en rendrons un
compte plus détaillé dans la fuite des repréfentations
•
PREMIER COUPLET.
Allons gai:
Voici le mois de Mai ,
Le doux mois d'amourette.
Commençons
Nos jeux & nos chanfons ,
Et, danfops fur l'herbette .
Colin
Prend Colinette ;
De violette
Pare fon fein.
Le coeur
Le plus fauvage
Souvent s'engage . ¡
Par une fleur.
Allons gai , &c.
Bergers , une fleurette
De vos feux devient l'interprête
Et Flore
Fait éclore
Ses préfens
JUIN. 1755. 201
VILLA
Pour fervir les amans.
Allons gai , & c.
SECOND
Allons gai , & c.
Plaiſirs ,
COUPLE T.
Bonheur champêtre ,
Vous allez naître
De nos foupirs.
Tout rit
Dans ces afyles ,
Ces lieux tranquilles
Qu'amour chérit.
Allons gai , & c.
Déja tout fent les flammes ,
Tendre amour , printems de nos ames
Tu charmes ,
Tu defarmes
Nos rigueurs
Par tes attraits vainqueurs;
Allons gai , & c .
TROISIEME COUPLET.
Allons gai , & c .
Le fon
De la mufette
Séduit Lifette
Sur le gazon .
Tirfis
LYON
Iv
202 MERCURE DE FRANCE.
Par cette adreffe ,
De fa tendreffe
Reçoit le prix.
Allons gai , & c.
L'amour fous nos fougères
Tend des lacs aux jeunes Bergeres .
Fillette
Joliette ,
En ce mois.
N'allez point feule aux bois.
Allons gai , &c.
QUATRIEME COUPLET.
Palfangué ,
Voici le mois de mai , &c.
Vien çà ,
Vien çà , Paquette ,
A la franquette ,
Mets ta main là.
Morgue ,
De t'voir fi fiare ;
Sçais-tu que Piare
Eft fatigué ?
Jarnigué , voici , &c .
Faut-il que j'aille au piautre ,
Quand j'avons un coeur comme un autre ?
Mais ... fille ...
Ton oeil brille ,
Et je fens
JUIN. 1755 203
Naître en moi le printems.
Sarpegué , voici , &c.
Les paroles de ce Vaudeville font de
M. Favart. Les danfes du Ballet font de la
compofition de M. Deheffe , & la mufique
eft de M. Defbroffes ,
Le 31 Mai les Comédiens Italiens donnerent
la premiere repréſentation du Maître
de Musique , Comédie nouvelle en
deux actes , mêlée d'arietes , & parodiée
de l'Italien , avec un divertiffement. Cette
piece eft de M. Borand , Auteur de la
Servante Maitreffe ; le public lui a fait un
accueil favorable. Le premier acte paroît
avoir le plus réuffi , nous en rendrons un
compte plus détaillé dans la fuite des repréfentations
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Résumé : VAUDEVILLE SUR LA CONTREDANSE.
Le texte présente un vaudeville intitulé 'Vaudeville sur la contredanse', composé de plusieurs couplets célébrant l'arrivée du mois de mai et les plaisirs champêtres associés à l'amour et à la nature. Le premier couplet invite à la gaieté et à la danse, mettant en scène Colin et Colinette qui s'engagent par une fleur. Le second couplet évoque les plaisirs et le bonheur champêtre, charmé par l'amour et le printemps. Le troisième couplet décrit l'amour qui tend des pièges aux jeunes bergères, tandis que le quatrième couplet est une invitation plus directe et familière à la danse et à l'amour. Les paroles sont de M. Favart, les danses du ballet de M. Deheffe, et la musique de M. Desbroffes. Le 31 mai 1755, les Comédiens Italiens ont donné la première représentation de 'Le Maître de Musique', une comédie en deux actes mêlée d'ariettes et parodiée de l'italien, avec un divertissement. Cette pièce, écrite par M. Borand, auteur de 'La Servante Maîtresse', a reçu un accueil favorable du public, notamment pour son premier acte.
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13727
p. 203-204
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
Le Concert qui fut exécuté le Jeudi 29 Mai, jour de la Fête-Dieu, fut très-beau [...]
Mots clefs :
Concert spirituel, Concert
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
LE
E Concert qui fut exécuté le Jeudi
29 Mai , jour de la Fête- Dieu , fut trèsbeau
& très- varié . Il commença par la
premiere fuite des pieces de clavecin de
M. Clement , mife en fymphonie par luimême
; enfuite Cantate à grand choeur de
M. Davefne. Mme Veftris de Giardini
chanta deux airs Italiens. On s'apperçoit
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
du progrès qu'elle fait chaque jour ; elle
met à profit les bons confeils qu'on lui
donne , & mérite de plus en plus l'applaudiffement
des connoiffeurs . Mlle Sixte , qui
a chanté au Concert de la Reine , débuta
avec le plus brillant fuccès dans Ufquequò ,
petit motet de M. Mouret. Le public a
conçu de fon talent les plus grandes efpérances
; l'accueil qu'elle en a reçu doit raffurer
fa timidité , & l'engager à tenir tout
ce qu'elle promet.
M. Balbatre joua fur l'orgue l'ouverture
de Pigmalion , fuivie des Sauvages , & fit
toujours un nouveau plaifir. Le Concert
finit par Magnus Dominus , motet à grand
choeur de M. de Mondonville.
LE
E Concert qui fut exécuté le Jeudi
29 Mai , jour de la Fête- Dieu , fut trèsbeau
& très- varié . Il commença par la
premiere fuite des pieces de clavecin de
M. Clement , mife en fymphonie par luimême
; enfuite Cantate à grand choeur de
M. Davefne. Mme Veftris de Giardini
chanta deux airs Italiens. On s'apperçoit
I vj
204 MERCURE DE FRANCE .
du progrès qu'elle fait chaque jour ; elle
met à profit les bons confeils qu'on lui
donne , & mérite de plus en plus l'applaudiffement
des connoiffeurs . Mlle Sixte , qui
a chanté au Concert de la Reine , débuta
avec le plus brillant fuccès dans Ufquequò ,
petit motet de M. Mouret. Le public a
conçu de fon talent les plus grandes efpérances
; l'accueil qu'elle en a reçu doit raffurer
fa timidité , & l'engager à tenir tout
ce qu'elle promet.
M. Balbatre joua fur l'orgue l'ouverture
de Pigmalion , fuivie des Sauvages , & fit
toujours un nouveau plaifir. Le Concert
finit par Magnus Dominus , motet à grand
choeur de M. de Mondonville.
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Résumé : CONCERT SPIRITUEL.
Le concert spirituel du jeudi 29 mai, jour de la Fête-Dieu, fut marqué par une grande diversité et une haute qualité musicale. Il débuta avec la première suite des pièces de clavecin de M. Clément, orchestrée par lui-même, suivie d'une cantate à grand chœur de M. Davenne. Mme Vestris de Giardini interpréta deux airs italiens, révélant un progrès quotidien et méritant les applaudissements des connaisseurs. Mlle Sixte, déjà connue pour ses performances au Concert de la Reine, fit ses débuts dans le petit motet 'Usquequò' de M. Mouret, suscitant de grandes attentes. M. Balbastre joua à l'orgue l'ouverture de 'Pigmalion' suivie des 'Sauvages', offrant un nouveau plaisir aux auditeurs. Le concert se conclut par 'Magnus Dominus', un motet à grand chœur de M. de Mondonville.
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13728
p. 205
DU LEVANT.
Début :
On continue de travailler avec toute la diligence possible, à réparer [...]
Mots clefs :
Constantinople, Grand vizir, Tremblement de terre, Sultane Validé, Grand seigneur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DU LEVANT.
DU LEVANT.
DE CONSTANTINOPLE , le 10 Avril.
ONcontinue de travailler avec toute la dili- gence poffible , à réparer les dommages caufés
par les derniers tremblemens de terre. La
partie du château des Sept Tours qui avoit été
ruinée , eft entierement rebâtie , ainfi que le mur
qui fert d'enceinte à la ville depuis l'Arfenal jufqu'à
la porte d'Andrinople . Ces jours derniers , le
Grand Seigneur alla vifiter les ouvrages qu'on
fait à l'Eglife de fainte Sophie.
Le dernier Grand Vifir , fur la recommendation
de la Sultane Validé , a obtenu une penfion de
cinq mille Sultanins .
Le Kiaïa Bey fut dépofé le 10 de ce mois. Il a
pour fucceffeur le Secrétaire du Grand Vifir .
DE CONSTANTINOPLE , le 10 Avril.
ONcontinue de travailler avec toute la dili- gence poffible , à réparer les dommages caufés
par les derniers tremblemens de terre. La
partie du château des Sept Tours qui avoit été
ruinée , eft entierement rebâtie , ainfi que le mur
qui fert d'enceinte à la ville depuis l'Arfenal jufqu'à
la porte d'Andrinople . Ces jours derniers , le
Grand Seigneur alla vifiter les ouvrages qu'on
fait à l'Eglife de fainte Sophie.
Le dernier Grand Vifir , fur la recommendation
de la Sultane Validé , a obtenu une penfion de
cinq mille Sultanins .
Le Kiaïa Bey fut dépofé le 10 de ce mois. Il a
pour fucceffeur le Secrétaire du Grand Vifir .
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Résumé : DU LEVANT.
Le 10 avril, à Constantinople, les réparations post-sismiques avancent rapidement. Le château des Sept Tours et le mur d'enceinte de l'Arsenal à la porte d'Andrinople sont reconstruits. Le sultan a inspecté les travaux à Sainte-Sophie. L'ancien Grand Vizir reçoit une pension de cinq mille sultanins. Le Kiaïa Bey est démis de ses fonctions et remplacé par le secrétaire du Grand Vizir.
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13729
p. 205-206
DU NORD.
Début :
On reçoit avis que la ville de Szereszow, en Lithuanie, [...]
Mots clefs :
Varsovie, Stockholm, Lituanie, Académie royale des sciences, Académie des sciences et des belles-lettres de Berlin
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texteReconnaissance textuelle : DU NORD.
DUNOR D.
DE WARSOVIE , le 3 Mai.
On reçoit avis que la ville de Szerefzow , en
Lithuanie , a été preſque entierement réduite en
cendres.
306 MERCURE DE FRANCE.
DE STOCKHOLM , le 4 Mai .
L'Académie royale des Sciences dans une affemblée
qu'elle tint hier , a élu pour Préſident le Baron
de Scheffer , Sénateur & Chevalier des Ordres
de Sa Majesté. Cette Compagnie a aggrégé à fon
corps , en qualité d'Affociés étrangers , M. Lidbeck
, de la Société royale de Londres ; M. Kuhn ,
Docteur en Médecine , & Membre de l'Académie
des Sciences & Belles - Lettres de Berlin ; M. l'Abbé
de la Caille , Aftronome , de l'Académie des
Sciences de Paris ; M. Morand , de la même Académie
, & Secrétaire perpétuel de celle de Chirurgie
; & M. Waitz , Directeur des Salines du
Landgraviat de Heffe - Caffel .
Une femme eft morte à Kimi , dans la Bothnie
orientale , âgée de cent vingt-fept ans. Depuis .
deux ans feulement elle avoit perdu l'ouie &
La vue..
DE WARSOVIE , le 3 Mai.
On reçoit avis que la ville de Szerefzow , en
Lithuanie , a été preſque entierement réduite en
cendres.
306 MERCURE DE FRANCE.
DE STOCKHOLM , le 4 Mai .
L'Académie royale des Sciences dans une affemblée
qu'elle tint hier , a élu pour Préſident le Baron
de Scheffer , Sénateur & Chevalier des Ordres
de Sa Majesté. Cette Compagnie a aggrégé à fon
corps , en qualité d'Affociés étrangers , M. Lidbeck
, de la Société royale de Londres ; M. Kuhn ,
Docteur en Médecine , & Membre de l'Académie
des Sciences & Belles - Lettres de Berlin ; M. l'Abbé
de la Caille , Aftronome , de l'Académie des
Sciences de Paris ; M. Morand , de la même Académie
, & Secrétaire perpétuel de celle de Chirurgie
; & M. Waitz , Directeur des Salines du
Landgraviat de Heffe - Caffel .
Une femme eft morte à Kimi , dans la Bothnie
orientale , âgée de cent vingt-fept ans. Depuis .
deux ans feulement elle avoit perdu l'ouie &
La vue..
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Résumé : DU NORD.
Le 3 mai, Szerefzow en Lituanie a été ravagée par un incendie. Le 4 mai, l'Académie royale des Sciences de Stockholm a élu le Baron de Scheffer président et intégré plusieurs membres étrangers, dont M. Lidbeck et l'Abbé de la Caille. Une femme est décédée à Kimi, en Bothnie orientale, à l'âge de 127 ans.
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13730
p. 206-207
ALLEMAGNE.
Début :
Hagi Ali Effendi, Envoyé extraordinaire du Grand Seigneur, fut conduit [...]
Mots clefs :
Vienne, Dresde, Hanovre, Francfort, Envoyé extraordinaire, Sa Majesté, Cercle de Franconie
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texteReconnaissance textuelle : ALLEMAGNE.
ALLEMAGNE.
DE VIENNE, t le 3 Mai.
Hagi Ali Effendi , Envoyé extraordinaire du
Grand Seigneur , fut conduit le 28 dn mois d'A
vril à l'audience du Comté de Colloredo , Vice-
Chancelier de l'Empire. Le lendemain , Hagi Ali
Effendi eut audience du Comte de Kaunitz Rittberg
, Grand Chancelier de la Cour .
Cet Envoyé a eu fes premierés audiences le 12
Mai , de l'Empereur , & le 14 , de l'Impératrice
Reine.
Il est arrivé un grand nombre de chevaux de
remonte pour la cavalerie. On a fait venir du
JUIN. 1755. 207
Tyrol plufieurs ouvriers , qu'on fe propofe d'employer
à l'exploitation des mines d'argent dans la
haute Autriche.
DE DRESDE , le 6 Mai.
On prépare dans la manufacture de Miffen un
fervice de porcelaine , dont Sa Majefté ſe propoſe
de faire préfent au Grand Seigneur.
Il a été vendu à la foire de Leipfick plufieurs
étoffes fabriquées de la foie qu'on a recueillie
l'année dernière dans cet Electorat .
DE HANOV RE , le 16 Mai.
Il y aura cette année dans cet Electorat deux
camps qui fe fuccéderont ; le premier fera compofé
de douze bataillons du corps de l'artillerie ,
& de dix-huit efcadrons , & commencera le 9 du
mois prochain , le fecond fera de onze bataillons
& de feize efcadrons. Les troupes qui doivent le
former n'y entreront que le 7 Juillet .
DE FRANCFORT , le 17 Mai.
Il paroît un mémoire , par lequel le Cercle de
Franconie demande à l'Empire le remboursement
de quatre millions cent trente -deux mille deux
cens foixante-trois florins , qu'il prétend lui être
dûs pour quatre régimens furnuméraires levés en
en 1703 , ainfi que pour les réparations des fortifications
de Philifbourg , & pour divers autres frais
extraordinaires.
DE VIENNE, t le 3 Mai.
Hagi Ali Effendi , Envoyé extraordinaire du
Grand Seigneur , fut conduit le 28 dn mois d'A
vril à l'audience du Comté de Colloredo , Vice-
Chancelier de l'Empire. Le lendemain , Hagi Ali
Effendi eut audience du Comte de Kaunitz Rittberg
, Grand Chancelier de la Cour .
Cet Envoyé a eu fes premierés audiences le 12
Mai , de l'Empereur , & le 14 , de l'Impératrice
Reine.
Il est arrivé un grand nombre de chevaux de
remonte pour la cavalerie. On a fait venir du
JUIN. 1755. 207
Tyrol plufieurs ouvriers , qu'on fe propofe d'employer
à l'exploitation des mines d'argent dans la
haute Autriche.
DE DRESDE , le 6 Mai.
On prépare dans la manufacture de Miffen un
fervice de porcelaine , dont Sa Majefté ſe propoſe
de faire préfent au Grand Seigneur.
Il a été vendu à la foire de Leipfick plufieurs
étoffes fabriquées de la foie qu'on a recueillie
l'année dernière dans cet Electorat .
DE HANOV RE , le 16 Mai.
Il y aura cette année dans cet Electorat deux
camps qui fe fuccéderont ; le premier fera compofé
de douze bataillons du corps de l'artillerie ,
& de dix-huit efcadrons , & commencera le 9 du
mois prochain , le fecond fera de onze bataillons
& de feize efcadrons. Les troupes qui doivent le
former n'y entreront que le 7 Juillet .
DE FRANCFORT , le 17 Mai.
Il paroît un mémoire , par lequel le Cercle de
Franconie demande à l'Empire le remboursement
de quatre millions cent trente -deux mille deux
cens foixante-trois florins , qu'il prétend lui être
dûs pour quatre régimens furnuméraires levés en
en 1703 , ainfi que pour les réparations des fortifications
de Philifbourg , & pour divers autres frais
extraordinaires.
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Résumé : ALLEMAGNE.
En 1755, plusieurs événements politiques et économiques marquent l'Allemagne. À Vienne, Hagi Ali Effendi, représentant du Grand Seigneur, rencontre successivement le Comte de Colloredo, le Comte de Kaunitz Rittberg, l'Empereur et l'Impératrice Reine entre avril et mai. Des chevaux pour la cavalerie et des ouvriers tyroliens pour les mines d'argent en Haute-Autriche sont également mobilisés. À Dresde, une manufacture produit un service de porcelaine pour le Grand Seigneur. La foire de Leipzig voit la vente de tissus en soie de l'Électorat. À Hanovre, deux camps militaires sont planifiés : le premier, avec douze bataillons d'artillerie et dix-huit escadrons, débute le 9 juin, et le second, avec onze bataillons et seize escadrons, commence le 7 juillet. Enfin, le Cercle de Franconie réclame à l'Empire le remboursement de 4 132 263 florins pour divers frais, incluant les régiments supplémentaires levés en 1703 et les réparations des fortifications de Philippsbourg.
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13731
p. 208-209
ITALIE.
Début :
Deux chabecs du Roi ont amené dans ce port un Corsaire [...]
Mots clefs :
Naples, Livourne, Gênes, Corsaires, Tripoli, Marines de guerre, Golfe adriatique, Cap de Spartivento
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texteReconnaissance textuelle : ITALIE.
ITALI E.
DE NAPLES , le 23 Avril.
Deux chabecs du Roi ont amené dans ce port
un Corfaire de Tripoli , dont ils fe font emparés
dans le Golfe Adriatique . Le bâtiment ennemi
étoit monté de douze piéces de canon , & d'un
pareil nombre de pierriers. Son équipage étoit
compofé de quatre -vingt quinze hommes. Il y
en a eu vingt -fix de tués , & les quarante- neuf
autres ont été faits efclaves. Les deux chabecs
vont remettre à là voile pour donner la chaffe à
un autre Corfaire , qui croife dans les environs
de l'Ile de Cerigo.
Don Jofeph Martinez s'eft emparé d'un ſecond
Corfaire Tripolitain , de quatorze canons , de
vingt- quatre pierriers & de quatre- vingt hommes
d'équipage. On a envoyé ce bâtiment à l'lfle de
Nifita dans le Golfe de Pozzuolo , pour y faire la
quarantaine.
DE LIVOURNE , le 4 Mai.
Trois Corfaires ont enlevé la pinque des dépê
ches de Barcelone quelques jours après fon dé
part de Gênes.
DE GENES , le 6 Mai.
On apprend par une barque françoife , qui eft
venue de Tunis en quarante-deux jours de navigation
, que les Corfaires de cette Régence ont
quatre bâtimens en mer. Une polaque de pavillon
Impérial a été viſitée près du Cap de Spartivento ,
JUIN. 17558 200
par une galiotte de Tripoli , & le même jour
après-midi elle a rencontré trois galeres de la
Religion de Malthe fur la côte de Syracufe. Les
chaloupes d'un bâtiment Corfaire ayant enlevé
le 24 du mois dernier une barque de la riviere du
Ponent , il eft forti du port de Monaco quelques
felouques , qui ont repris cette barque. Cinq
hommes de fon équipage font reftés malheureuſes
ment au pouvoir des Barbarefques.
DE NAPLES , le 23 Avril.
Deux chabecs du Roi ont amené dans ce port
un Corfaire de Tripoli , dont ils fe font emparés
dans le Golfe Adriatique . Le bâtiment ennemi
étoit monté de douze piéces de canon , & d'un
pareil nombre de pierriers. Son équipage étoit
compofé de quatre -vingt quinze hommes. Il y
en a eu vingt -fix de tués , & les quarante- neuf
autres ont été faits efclaves. Les deux chabecs
vont remettre à là voile pour donner la chaffe à
un autre Corfaire , qui croife dans les environs
de l'Ile de Cerigo.
Don Jofeph Martinez s'eft emparé d'un ſecond
Corfaire Tripolitain , de quatorze canons , de
vingt- quatre pierriers & de quatre- vingt hommes
d'équipage. On a envoyé ce bâtiment à l'lfle de
Nifita dans le Golfe de Pozzuolo , pour y faire la
quarantaine.
DE LIVOURNE , le 4 Mai.
Trois Corfaires ont enlevé la pinque des dépê
ches de Barcelone quelques jours après fon dé
part de Gênes.
DE GENES , le 6 Mai.
On apprend par une barque françoife , qui eft
venue de Tunis en quarante-deux jours de navigation
, que les Corfaires de cette Régence ont
quatre bâtimens en mer. Une polaque de pavillon
Impérial a été viſitée près du Cap de Spartivento ,
JUIN. 17558 200
par une galiotte de Tripoli , & le même jour
après-midi elle a rencontré trois galeres de la
Religion de Malthe fur la côte de Syracufe. Les
chaloupes d'un bâtiment Corfaire ayant enlevé
le 24 du mois dernier une barque de la riviere du
Ponent , il eft forti du port de Monaco quelques
felouques , qui ont repris cette barque. Cinq
hommes de fon équipage font reftés malheureuſes
ment au pouvoir des Barbarefques.
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Résumé : ITALIE.
Le 23 avril, deux navires royaux ont capturé un corsaire tripolitain dans le golfe Adriatique, équipé de douze canons et douze pierriers, avec un équipage de quatre-vingt-quinze hommes. Vingt-six hommes ont été tués et quarante-neuf capturés comme esclaves. Les navires royaux poursuivaient un autre corsaire près de l'île de Cerigo. Parallèlement, Don Joseph Martinez a pris possession d'un second corsaire tripolitain, armé de quatorze canons et vingt-quatre pierriers, avec un équipage de quatre-vingts hommes, envoyé à l'île de Nisida pour quarantaine. Le 4 mai, trois corsaires ont capturé une pinque transportant des dépêches de Barcelone après son départ de Gênes. À Gênes, le 6 mai, une barque française de Tunis a signalé que les corsaires tunisiens avaient quatre bâtiments en mer. Une polaque impériale a été interceptée près du cap de Spartivento par une galiotte de Tripoli et a ensuite rencontré trois galères de l'ordre de Malte au large de Syracuse. Le 24 du mois précédent, des chaloupes d'un corsaire avaient capturé une barque sur la rivière du Pô, reprise plus tard par des felouques de Monaco, mais cinq membres de l'équipage sont restés prisonniers des Barbaresques.
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13732
p. 209-210
GRANDE-BRETAGNE.
Début :
L'Amiral Holborne fit voile de Portsmouth le 10 de ce mois avec [...]
Mots clefs :
Londres, Amiral, Compagnie des Indes orientales, Vaisseaux, Ports
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : GRANDE-BRETAGNE.
GRANDE - BRETAGNE.
DE LONDRES , le 15 Mai.
L'Amiral Holborne fit voile de Portſmouth le
10 de ce mois avec fix vaiffeaux de guerre. Il eſt
allé à Plymouth en prendre quatre autres , & il
doit enfuite fe remettre en mer pour aller joindre
l'efcadre de l'Amiral Boscawen. Le 8 , on enleva
de force fur la Tamife près de mille Matelots .
On en a enlevé auffi ces jours derniers un grand
nombre dans tous les ports le long de la côte
particulierement à Portfmouth , à Cowes &
Southampton. La Compagnie des Indes orientales
attend fept vaiffeaux de la Chine , un de Sainte-
Heleine , cinq de la Baye , & trois de Bombay.
Elle en a reçu trois de Bengale richement chargés
, par lefquels on a été informé que l'Eſcadre
partie l'année derniere fous les ordres de l'Amiral
Watson , étoit arrivé à Madras.
On a publié en Irlande une proclamation contre
les perfonnes qui s'enrôlent au ſervice des
Puiffances étrangeres.
Le vaiffeau le Montford , appartenant à la Compagnie
des Indes orientales , eft arrivé de Bengale ,
richement chargé. Il a fait en neuf ſemaines &
110 MERCURE DÈ FRANCE.
deux jours le trajet depuis Sainte-Heleine , où il
laiffé huit autres vaiffeaux qui fe difpofoient à
remettre bientôt à la voile pour le fuivre en Europe.
Selon les nouvelles apportées par ce bâtiment
, M. Godeheu , Gouverneur de Pondichery,
avoit conclu le 11 Octobre une trève de trois
mois avec le Gouverneur de Madras. Les mêmes
avis ajoutent qu'il y a eu dans le mois de Décembre
un violent ouragan à Bengale. Dans cette
tempête , onze Navires Hollandois ont été forcés
à terre , & il en a péri deux. Quelques bâtimens
Anglois ont été auffi très- conſidérablement endommagés
.
DE LONDRES , le 15 Mai.
L'Amiral Holborne fit voile de Portſmouth le
10 de ce mois avec fix vaiffeaux de guerre. Il eſt
allé à Plymouth en prendre quatre autres , & il
doit enfuite fe remettre en mer pour aller joindre
l'efcadre de l'Amiral Boscawen. Le 8 , on enleva
de force fur la Tamife près de mille Matelots .
On en a enlevé auffi ces jours derniers un grand
nombre dans tous les ports le long de la côte
particulierement à Portfmouth , à Cowes &
Southampton. La Compagnie des Indes orientales
attend fept vaiffeaux de la Chine , un de Sainte-
Heleine , cinq de la Baye , & trois de Bombay.
Elle en a reçu trois de Bengale richement chargés
, par lefquels on a été informé que l'Eſcadre
partie l'année derniere fous les ordres de l'Amiral
Watson , étoit arrivé à Madras.
On a publié en Irlande une proclamation contre
les perfonnes qui s'enrôlent au ſervice des
Puiffances étrangeres.
Le vaiffeau le Montford , appartenant à la Compagnie
des Indes orientales , eft arrivé de Bengale ,
richement chargé. Il a fait en neuf ſemaines &
110 MERCURE DÈ FRANCE.
deux jours le trajet depuis Sainte-Heleine , où il
laiffé huit autres vaiffeaux qui fe difpofoient à
remettre bientôt à la voile pour le fuivre en Europe.
Selon les nouvelles apportées par ce bâtiment
, M. Godeheu , Gouverneur de Pondichery,
avoit conclu le 11 Octobre une trève de trois
mois avec le Gouverneur de Madras. Les mêmes
avis ajoutent qu'il y a eu dans le mois de Décembre
un violent ouragan à Bengale. Dans cette
tempête , onze Navires Hollandois ont été forcés
à terre , & il en a péri deux. Quelques bâtimens
Anglois ont été auffi très- conſidérablement endommagés
.
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Résumé : GRANDE-BRETAGNE.
Le 10 mai, l'amiral Holborne a quitté Portsmouth avec six vaisseaux de guerre, rejoints par quatre autres à Plymouth, pour se rallier à l'escadre de l'amiral Boscawen. Environ mille matelots ont été enlevés de force sur la Tamise et dans divers ports côtiers entre le 8 mai. La Compagnie des Indes orientales attend plusieurs vaisseaux de la Chine, de Sainte-Hélène, de la Baie et de Bombay, et a déjà reçu trois vaisseaux du Bengale. L'escadre de l'amiral Watson est annoncée à Madras. En Irlande, une proclamation interdit l'enrôlement au service des puissances étrangères. Le vaisseau Montford, de la Compagnie des Indes orientales, est arrivé de Bengale après neuf semaines et deux jours de trajet depuis Sainte-Hélène, avec huit autres vaisseaux prévus. Le Montford rapporte qu'une trêve de trois mois a été conclue entre M. Godeheu, gouverneur de Pondichéry, et le gouverneur de Madras le 11 octobre. Un ouragan violent a endommagé plusieurs navires hollandais et anglais au Bengale en décembre.
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13733
p. 210-211
PAYS-BAS.
Début :
Les Etats de Hollande & de Westfrise ont fait publier une [...]
Mots clefs :
La Haye, Bruxelles, Loterie, Numéros
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : PAYS-BAS.
PATS - BAS.
DE LA HAYE , le 23 Mai.
Les Etats de Hollande & de Weftfrife ont fait
publier une défenſe d'établir aucune nouvelle
Lotterie dans cette Province , & d'y continuer
celles qui pourroient s'y trouver établies , fous
peine d'une amende de fix cens florins , & de confifcation
de l'argent qu'on y aura mis . Ils ont défendu
fous les mêmes peines de diftribuer des billets
de lotteries étrangeres , & même d'imprimer ou
colporter des liftes ou profpectus concernant lefdites
lotteries. M. Marfelis , Commiffaire des Etats
généraux pour le réglement des affaires de Commerce
entre la France & cette République , eft
arrivé de Paris,
.
DE BRUXELLES , le 17 Mai.
On fit le 12 & les deux jours fuivans le tirage
de la feconde claffe de la Lotterie. Le lot de vinge
JUIN. 1755. 211
cinq mille florins eft échu au numero 133086 ,
celui de quinze mille florins au numero 20916 ,
celui de dix mille florins au numero 121121
celui de fept mille cinq cens au numero 119870 ,
& celui de cinq mille au numero 654.
DE LA HAYE , le 23 Mai.
Les Etats de Hollande & de Weftfrife ont fait
publier une défenſe d'établir aucune nouvelle
Lotterie dans cette Province , & d'y continuer
celles qui pourroient s'y trouver établies , fous
peine d'une amende de fix cens florins , & de confifcation
de l'argent qu'on y aura mis . Ils ont défendu
fous les mêmes peines de diftribuer des billets
de lotteries étrangeres , & même d'imprimer ou
colporter des liftes ou profpectus concernant lefdites
lotteries. M. Marfelis , Commiffaire des Etats
généraux pour le réglement des affaires de Commerce
entre la France & cette République , eft
arrivé de Paris,
.
DE BRUXELLES , le 17 Mai.
On fit le 12 & les deux jours fuivans le tirage
de la feconde claffe de la Lotterie. Le lot de vinge
JUIN. 1755. 211
cinq mille florins eft échu au numero 133086 ,
celui de quinze mille florins au numero 20916 ,
celui de dix mille florins au numero 121121
celui de fept mille cinq cens au numero 119870 ,
& celui de cinq mille au numero 654.
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Résumé : PAYS-BAS.
Le 23 mai à La Haye, les États de Hollande et de Westfrise ont interdit l'établissement de nouvelles loteries et la poursuite de celles existantes, avec une amende de six cents florins et la confiscation des fonds investis. Ils ont aussi interdit la distribution de billets de loteries étrangères et la diffusion de prospectus relatifs à ces loteries. Parallèlement, M. Marselis, commissaire des États généraux pour les affaires commerciales entre la France et la République, est arrivé de Paris. À Bruxelles, les 12, 13 et 14 mai, le tirage de la seconde classe de la loterie a attribué les lots suivants : 25 000 florins pour le numéro 133086, 15 000 florins pour le numéro 20916, 10 000 florins pour le numéro 121121, 7 500 florins pour le numéro 119870, et 5 000 florins pour le numéro 654.
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13734
p. 211-219
« Le vaisseau le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, [...] »
Début :
Le vaisseau le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, [...]
Mots clefs :
Évêques, Archevêques, Roi, Cardinal, Messe, Chapelle, Abbé, Marquis, Chevalier, Famille royale
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le vaisseau le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, [...] »
FRANCE.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE vaiffeau le Bethune , appartenant à la Compagnie
des Indes , eft entré le 10 Mai dans le port
de l'Orient. On a appris par ce bâtiment que M.
Dupleix étoit parti le 15 Octobre de Pondichery ,
& qu'il étoit arrivé le 25 Novembre à l'Ile de
France.
Le 16 de Mai , Fête de S. Jean Nepomucene ,
la Reine vint de Marly entendre le Sermon dans
l'égliſe des Recolets de Verſailles. Il fut pronon
cé par le P. Couterot , de la Congrégation des
Barnabites , & Prédicateur du Roi. Sa Majefté
affiſta enfuite au Salut , & retourna le foir à Marly.
Leurs Majeftés & Mefdames de France ſe rendirent
à Verfailles le jour fuivant pour y paffer les
Fêtes , & le 20 leurs Majeftés & Mefdames de
France retournent à Marly.
Le 17 , veille de la Fête de la Pentecôte , Monfeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine entendirent
à Marly dans la Chapelle du Château
les premieres Vêpres , aufquelles l'Archevêque de
Sens officia pontificalement , & qui furent chantées
par les Cordeliers de Noify.
212 MERCURE DE FRANCE.
Le 18 , jour de la Pentecôte , les Chevaliers ,
Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-
Efprit s'étant affemblés vers les onze heures du
du matin dans le cabinet du Roi , Sa Majefté
fortit de fon appartement pour aller à la Chapelle.
Le Roi , devant qui les deux Huiffiers de la
Chambre portoient leurs maffes , étoit en manteau
, le collier de l'Ordre par- deffus , ainfi que
celui de l'Ordre de la Toifon d'or . Sa Majesté
étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin qui
étoit arrivé le matin , du Duc d'Orléans , du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , du Prince
de Conty , du Comte de la Marche , du Comte
d'Eu , & des Chevaliers , Commandeurs & Officiers
de l'Ordre. L'Archevêque de Narbonne
Prélat , Commandeur de l'Ordre , célébra pontificalement
la grande Meffe , qui fut chantée par
la Mufique. Au fortir de la Chapelle le Roi fut
reconduit à fon appartement en la maniere accoutumée
.
>
La Reine & Meſdames de France entendirent
la grande Meffe dans la tribune.
Monfeigneur le Dauphin après la cérémonie ,
retourna joindre à Marly Madame la Dauphine ,
que des foupçons de groffeffe ont empêché de
quitter ce château.
Le Roi & la Reine accompagnés de Mesdames ,
affifterent l'après - midi à la prédication de l'Abbé
Bertier , Vicaire Général de l'Evêché de Troyes ,
& Doyen du Chapitre de Vezelai . Après le Sermon
leurs Majeftés entendirent les Vêpres chantées
par la Mufique , aufquelles l'Abbé Gergoy
officia , & le Salut célébré par les Miffionnaires.
Ce même jour la Marquife de Montmorin
Saint Herem fut préſentée au Roi & à la Reine ;
& leurs Majeftés fignerent le contrat de mariage
JUI N. 1755. 213
du Marquis de Merinville avec Dlle de Lhôpital.
Le Roi a donné fon agrément au mariage du
Marquis de Dreux , Maréchal de camp , & Grand
Maître des cérémonies de France , avec Dlle de
Pezé.
Le 19 , les Députés des Etats d'Artois eurent
audience du Roi . Ils furent préſentés à Sa Majesté
par le Duc de Chaulnes , Gouverneur de cette
province & de celle de Picardie ; & par le Comte
d'Argenfon , Miniftre & Secrétaire d'Etat , qui en
a le département . Selon l'uſage , ils ont été con◄
duits par le Marquis de Dreux , Grand Maître
des cérémonies. La députation étoit compofée
de l'Evêque d'Arras pour le Clergé , du Comte
de Douchen pour la Nobleffe , & de M. Goffe ,
ancien Echevin des ville & cité d'Arras , pour le
Tiers Etat . L'Evêque d'Arras porta la parole.
Jean-Marie de Bourbon , Duc de Châteauvilain,
fils de Louis-Jean - Marie de Bourbon , Duc de Penthievre
; & de feue Marie - Therefe- Félicité d'Eft
Princeffe de Modene , mourut le 19 à Paris , âgé
de fix ans fix mois & deux jours. Le même jour
le Prince de Dombes annonça cette mort au Roi.
La Reine communia le 20 par les mains de
L'Evêque de Chartres , fon premier Aumônier.
Il paroît trois arrêts du Confeil d'Etat . Le
premier caffe un arrêt du Parlement de Toulouſe ,
du 25 Février , & ordonne l'exécution de celui de
la Cour des Monnoies de Lyon , dụ 4 du même
mois. Le fecond ordonne que les fujets qui juftifieront
d'un apprentiffage & compagnonage chez
les Maîtres d'une ville quelconque du Royaume ,
dans laquelle il y aura Jurande , feront admis à
la maîtrife de leur profeffion dans les Communautés
d'arts & métiers de telle autre ville du
goyaume qu'ils jugeront à propos de choisir ,
214 MERCURE DE FRANCE.
l'exception des villes de Paris , Lyon , Lille &
Rouen. Par le troiſieme arrêt , le Roi commet
M. Doyen , Notaire , pour faire la recette des
portions qui reviennent aux Abbés & Chanoines
Réguliers de Sainte Genevieve dans les produits
des trois lotteries de S. Sulpice , des Enfans-Trouvés
& des Communautés.
L'Académie royale de Chirurgie , outre le prix
qu'elle adjuge tous les ans , donnera deformais
chaque année une autre medaille d'or à celui des
Chirurgiens , étrangers ou regnicoles , qui l'aura
méritée par un ouvrage fur quelque matiere de
Chirurgie que ce foit , au choix de l'auteur. Ce
fecond prix , dont la valeur fera de deux cens
livres , fera nommé Prix d'émulation . L'Académie
diftribuera de plus tous les ans cinq médailles
d'or , de cent francs chacune , à cinq Chirurgiens,
foit Académiciens de la claffe des Libres , foit
fimplement regnicoles , qui auront fourni pendant.
le cours de l'année un mémoire , ou trois obfervations
intéreffantes.
Un bâtiment nommé le Sainte-Helene , de Saint-
Malo , venant de la Martinique , a péri la nuit du
sau 6 de Mai dans le Golfe de Fos , près de Martigues.
Le navire le Grand Saint- Paul , de Marfeille
, a découvert à l'oueft du Cap Saint - Vincent
trois chabecs algériens. Une pinque de Corron
a rencontré fur la Guillâtre un vaiffeau , un chabec
& une galiotte de la même nation. Deuxi
autres bâtimens barbarefques ont été apperçus à
quelque diftance de la côte de Sardaigne.
Le 24 , leurs Majeftés fignerent le contrat de
mariage du Marquis de Dreux , Grand Maître des
cérémonies de France . avec Dlle de Pezé..
Elles fignerent le 25 celui du Marquis de Beranger
, Colonel dans le Corps des Grenadiers de
JUIN. 1755. 215
France , avec Dlle de Saffenage , fille du Marquis
de ce nom , Chevalier des ordres du Roi , &
Chevalier d'honneur de Madame la Dauphine.
En confidération de ce mariage , le Marquis de
Beranger a obtenu la furvivance de la charge de
Chevalier d'honneur de Madame la Dauphine ,
dont il ne doit exercer les fonctions qu'à vingtcinq
ans.
Le Roi a accordé au Marquis d'Efpagne la
charge de Sénéchal & Gouverneur du Comté de
Nebouzan .
Les Prélats & les Députés du fecond Ordre qui
compofent l'Affemblée générale du Clergé de
France, s'affemblerent le 25 de Mai chez le Cardi
nal de la Rochefoucauld pour remettre leurs procurations.
Ils tinrent le 27 une feconde Affemblée,
dans laquelle les procurations furent admifes. Le
28 , l'ouverture folemnelle de l'Affemblée fe fit
dans l'églife des Grands Auguftins , par la Meffe
du Saint-Efprit. Le Cardinal de la Rochefoucauld
y officia pontificalement , & tous les Députés y
communierent. Le fermon fut prononcé par l'Evêque
du Puy. Les Députés font , pour la province
de Paris , les Evêques de Meaux & de Blois , &
les Abbés Guillot de Montjoye & d'Apchon . Pour
la province de Lyon , les Evêques de Langres &
d'Autun , l'Abbé de Montjouvant , Comte de
Lyon , & l'Abbé de la Croix. Pour celle de Rouen,
les Evêques de Bayeux & d'Evreux , & les Abbés
de Saint-Aulaire & de Belbeuf. Pour celle de
Sens , l'Archevêque de Sens , l'Evêque de Nevers ,
l'Abbé de Murat de Baing , & l'Abbé d'Oſmond
de Medavy , Comte de Lyon. Pour celle de Reims,
les Evêques d'Amiens & de Senlis , & les Abbés
de Trudaine & de Modene . Pour celle de Tours
PArchevêque de Tours , l'Evêque de Quimper
216 MERCURE DE FRANCE.
les Abbés de Monteclair & de Soulange . Pour
celle de Bourges , le Cardinal de la Rochefoucauld
, Archevêque de Bourges ; l'Evêque du Puy,
& les Abbés de Fretat de Sarra & de Molin de
Mons. Pour celle d'Alby , l'Archevêque d'Alby ,
l'Evêque de Rhodès , & les Abbés de Roquigny
de Bulonde & de Langlade. Pour celle de Bordeaux
, les Evêques de Saintes & de Sarlat , & les
Abbés de Montefquiou & Dudon . Pour celle
d'Auch , l'Archevêque d'Auch ; l'Evêque d'Oleron
, & les Abbés de Berthier & de Larbouft . Pour
celle de Narbonne , l'Archevêque de Narbonne ,
P'Evêque de Montpellier , & les Abbés de Roquefort
& de Boizay de Courcenay. Pour celle de
Toulouſe , l'Archevêque de Toulouſe , l'Evêque
de Lavaur , & les Abbés de Bruyeres de Chalabre
& de Bauteville. Pour celle d'Aix , les Evêques de
Riez & d'Apt , & les Abbés de Gadagne & de Canorgue.
Pour celle d'Embrun , l'Archevêque
d'Embrun , l'Evêque de Glandeve , & les Abbés du
Queylard & de Baumel. Pour celle de Vienne , les
Evêques de Grenoble & de Die , & les Abbés de
Gouvernet & de Breves. Pour celle d'Arles , l'Atchevêque
d'Arles , l'Evêque de Saint -Paul Troischâteaux
, & les Abbés de Chapt de Raftignac &
d'Almant de Château - neuf. L'Affemblée a élu
pour Préfidens le Cardinal de la Rochefoucauld ,
P'Archevêque de Narbonne , l'Archevêque d'Embrun
, l'Archevêque d'Auch , l'Evêque de Bayeux ,
'Evêque de Langres , l'Evêque de Grenoble &
P'Evêque de Montpellier. L'Abbé de Coriolis ,
ancien Agent général du Clergé , eft Promoteur ;
l'Abbé de Raftignac , Vice- Promoteur ; l'Abbé
de Caftries , ancien Agent général , Secrétaire ;
l'Abbé d'Ofmond , Vice-Secrétaire. Les nouveaux
Agens généraux font l'Abbé de Crillon & l'Abbé.
de Jumilhac Le
J
JUIN. 1755. 217
Le 27 , l'Archevêque de Paris bénit dans l'églife
des Religieufes Bénédictines de Conflans , les
Guidons des Gendarmes de la Garde de Sa Majefe
Le détachement étoit de cinquante Gendarmes
& le Prince de Soubife à leur tête affitta à la
cérémonie.
M. Jean Crochet , Chanoine honoraire de l'églife
Cathédrale de Noyon , eft mort le 21 en
cette derniere ville , âgé de quatre-vingt -douze
ans. Il avoit été nommé Chanoine le 31 Mars
1676 , & il a vû deux fois renouveller fon Chapitre.
Ce fut le feu Cardinal de Retz qui fit accorder
à cet Eccléfiaftique la difpenfe d'âge pour
être Chanoine d'une Cathédrale .
Woldemar , Comte de Lowendalh & du Saint
Empire , Maréchal de France , Chevalier des ordres
du Roi , & des ordres de Saint - Alexandre
Neuski & de Saint- Hubert , Colonel d'un Régiment
d'Infanterie allemande de fon nom , un des
Académiciens honoraires de l'Académie royale
des Sciences , & ci - devant Général des armées de
l'Impératrice de Ruſſie , mourut à Paris le 27 de
ce mois. Lorsqu'il eſt entré au ſervice de Sa Ma◄
jefté , il étoit déja regardé comme un des plus
habiles Généraux de l'Europe. La priſe d'Oudenarde
, d'Oftende , de Nieuport & de Berg - opzoom
, & le fuccès de toutes les autres expéditions
dont il a été chargé , ont confirmé fa réputation.
Le Maréchal de Lowendalh étoit né à Hambourg
le 6 Avril 1700 , & il étoit fils de Woldemar , Baron
de Lowendalh , Chevalier des Ordres de l'Aigle-
blanc , de l'Elephant & de Danebrog , grand
Maréchal& Miniftre du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe. Son grand - pere étoit Ulric Frederic ,
Gomte de Guldenloew , Chevalier de l'Ordre de
('Elephant , Maréchal Général des armées de Da
II. Vol. K
21S MERCURE DE FRANCE.
nemarck , Chancelier du même royaume & Viceroi
de Norwege , fils naturel de Frederic III ,
Roi de Danemarck. Au mois de Janvier 1747 , le
Maréchal de Lowendalh obtint des lettres de
naturalité pour lui, pour la Maréchale de Lowendalh
, & pour trois enfans qu'ils avoient eus en
pays étranger. Il a montré par fon zele pour la
gloire du Roi & pour les intérêts de la France ,
qu'en acquerant les priviléges des fujets nés dans
le Royaume , il avoit pris leurs fentimens .
Le 28 , les Actions de la Compagnie des Indes
étoient à dix fept cens foixante livres : les billets
de la premiere lotterie royale à huit cens cinquante
, & ceux de la feconde lotterie à fept cens qua
rante-cinq.
Le même jour , leurs Majeftés & la Famille
royale revinrent de Marly.
Le 29 , Fête du Saint Sacrement , le Roi accompagné
de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
Adelaïde , & de Mefdames Victoire , Sophie
& Louife s'eft rendu à l'Eglife de Notre-Dame. Sa
Majefté y a entendu la grande Meffe , après avoir
affifté à la Proceffion qui eft venue felon l'uſage
à la Chapelle du Château. La Reine & Madame
la Dauphine ont reçu dans la Chapelle la benédiction
du Saint Sacrement. Leurs Majeſtés & la
Famille royale ont affifté cet après-midi aux Vêpres
chantées par la Mufique , aufquelles l'Abbé
Gergoy a officié , & au Salut célébré par les Miffionnaires
, pendant lequel la Mufique a chanté
une élévation , de la compofition de M. Blanchard
, Maître de la Muſique de la Chapelle en
quartier.
Dans l'Evêché d'Acqs douze villages ou ha
meaux , diverfes mailons de campagne & un grand
nombre de Moulins ont été réduits en cendres .
JUIN 1755. 219
Plufieurs perfonnes & quantité de beftiaux ont
péri dans les flammes. On fait monter à plus d'un
million la perte caufée par cet incendie. L'Evêque
d'Acqs a reffenti auffi vivement que l'exigeoit de
lui fa qualité de Pafteur la défolation d'une partie
de fon diocefe. Voyant d'honnêtes familles réduites
à la derniere mifere , il en a pris les enfans
fous fa protection ; if les a placés à fes dépens
dans des penfions , & il les y fait élever ſuivant
leur état. La charité de ce Prélat s'eft étendue fur
tous les autres malheureux qui ont fouffert , & il
leur a fait diftribuer du bled & de l'argent.
Nouvelles de la Cour , de Paris , &c.
LE vaiffeau le Bethune , appartenant à la Compagnie
des Indes , eft entré le 10 Mai dans le port
de l'Orient. On a appris par ce bâtiment que M.
Dupleix étoit parti le 15 Octobre de Pondichery ,
& qu'il étoit arrivé le 25 Novembre à l'Ile de
France.
Le 16 de Mai , Fête de S. Jean Nepomucene ,
la Reine vint de Marly entendre le Sermon dans
l'égliſe des Recolets de Verſailles. Il fut pronon
cé par le P. Couterot , de la Congrégation des
Barnabites , & Prédicateur du Roi. Sa Majefté
affiſta enfuite au Salut , & retourna le foir à Marly.
Leurs Majeftés & Mefdames de France ſe rendirent
à Verfailles le jour fuivant pour y paffer les
Fêtes , & le 20 leurs Majeftés & Mefdames de
France retournent à Marly.
Le 17 , veille de la Fête de la Pentecôte , Monfeigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine entendirent
à Marly dans la Chapelle du Château
les premieres Vêpres , aufquelles l'Archevêque de
Sens officia pontificalement , & qui furent chantées
par les Cordeliers de Noify.
212 MERCURE DE FRANCE.
Le 18 , jour de la Pentecôte , les Chevaliers ,
Commandeurs & Officiers de l'Ordre du Saint-
Efprit s'étant affemblés vers les onze heures du
du matin dans le cabinet du Roi , Sa Majefté
fortit de fon appartement pour aller à la Chapelle.
Le Roi , devant qui les deux Huiffiers de la
Chambre portoient leurs maffes , étoit en manteau
, le collier de l'Ordre par- deffus , ainfi que
celui de l'Ordre de la Toifon d'or . Sa Majesté
étoit précédée de Monfeigneur le Dauphin qui
étoit arrivé le matin , du Duc d'Orléans , du Prince
de Condé , du Comte de Clermont , du Prince
de Conty , du Comte de la Marche , du Comte
d'Eu , & des Chevaliers , Commandeurs & Officiers
de l'Ordre. L'Archevêque de Narbonne
Prélat , Commandeur de l'Ordre , célébra pontificalement
la grande Meffe , qui fut chantée par
la Mufique. Au fortir de la Chapelle le Roi fut
reconduit à fon appartement en la maniere accoutumée
.
>
La Reine & Meſdames de France entendirent
la grande Meffe dans la tribune.
Monfeigneur le Dauphin après la cérémonie ,
retourna joindre à Marly Madame la Dauphine ,
que des foupçons de groffeffe ont empêché de
quitter ce château.
Le Roi & la Reine accompagnés de Mesdames ,
affifterent l'après - midi à la prédication de l'Abbé
Bertier , Vicaire Général de l'Evêché de Troyes ,
& Doyen du Chapitre de Vezelai . Après le Sermon
leurs Majeftés entendirent les Vêpres chantées
par la Mufique , aufquelles l'Abbé Gergoy
officia , & le Salut célébré par les Miffionnaires.
Ce même jour la Marquife de Montmorin
Saint Herem fut préſentée au Roi & à la Reine ;
& leurs Majeftés fignerent le contrat de mariage
JUI N. 1755. 213
du Marquis de Merinville avec Dlle de Lhôpital.
Le Roi a donné fon agrément au mariage du
Marquis de Dreux , Maréchal de camp , & Grand
Maître des cérémonies de France , avec Dlle de
Pezé.
Le 19 , les Députés des Etats d'Artois eurent
audience du Roi . Ils furent préſentés à Sa Majesté
par le Duc de Chaulnes , Gouverneur de cette
province & de celle de Picardie ; & par le Comte
d'Argenfon , Miniftre & Secrétaire d'Etat , qui en
a le département . Selon l'uſage , ils ont été con◄
duits par le Marquis de Dreux , Grand Maître
des cérémonies. La députation étoit compofée
de l'Evêque d'Arras pour le Clergé , du Comte
de Douchen pour la Nobleffe , & de M. Goffe ,
ancien Echevin des ville & cité d'Arras , pour le
Tiers Etat . L'Evêque d'Arras porta la parole.
Jean-Marie de Bourbon , Duc de Châteauvilain,
fils de Louis-Jean - Marie de Bourbon , Duc de Penthievre
; & de feue Marie - Therefe- Félicité d'Eft
Princeffe de Modene , mourut le 19 à Paris , âgé
de fix ans fix mois & deux jours. Le même jour
le Prince de Dombes annonça cette mort au Roi.
La Reine communia le 20 par les mains de
L'Evêque de Chartres , fon premier Aumônier.
Il paroît trois arrêts du Confeil d'Etat . Le
premier caffe un arrêt du Parlement de Toulouſe ,
du 25 Février , & ordonne l'exécution de celui de
la Cour des Monnoies de Lyon , dụ 4 du même
mois. Le fecond ordonne que les fujets qui juftifieront
d'un apprentiffage & compagnonage chez
les Maîtres d'une ville quelconque du Royaume ,
dans laquelle il y aura Jurande , feront admis à
la maîtrife de leur profeffion dans les Communautés
d'arts & métiers de telle autre ville du
goyaume qu'ils jugeront à propos de choisir ,
214 MERCURE DE FRANCE.
l'exception des villes de Paris , Lyon , Lille &
Rouen. Par le troiſieme arrêt , le Roi commet
M. Doyen , Notaire , pour faire la recette des
portions qui reviennent aux Abbés & Chanoines
Réguliers de Sainte Genevieve dans les produits
des trois lotteries de S. Sulpice , des Enfans-Trouvés
& des Communautés.
L'Académie royale de Chirurgie , outre le prix
qu'elle adjuge tous les ans , donnera deformais
chaque année une autre medaille d'or à celui des
Chirurgiens , étrangers ou regnicoles , qui l'aura
méritée par un ouvrage fur quelque matiere de
Chirurgie que ce foit , au choix de l'auteur. Ce
fecond prix , dont la valeur fera de deux cens
livres , fera nommé Prix d'émulation . L'Académie
diftribuera de plus tous les ans cinq médailles
d'or , de cent francs chacune , à cinq Chirurgiens,
foit Académiciens de la claffe des Libres , foit
fimplement regnicoles , qui auront fourni pendant.
le cours de l'année un mémoire , ou trois obfervations
intéreffantes.
Un bâtiment nommé le Sainte-Helene , de Saint-
Malo , venant de la Martinique , a péri la nuit du
sau 6 de Mai dans le Golfe de Fos , près de Martigues.
Le navire le Grand Saint- Paul , de Marfeille
, a découvert à l'oueft du Cap Saint - Vincent
trois chabecs algériens. Une pinque de Corron
a rencontré fur la Guillâtre un vaiffeau , un chabec
& une galiotte de la même nation. Deuxi
autres bâtimens barbarefques ont été apperçus à
quelque diftance de la côte de Sardaigne.
Le 24 , leurs Majeftés fignerent le contrat de
mariage du Marquis de Dreux , Grand Maître des
cérémonies de France . avec Dlle de Pezé..
Elles fignerent le 25 celui du Marquis de Beranger
, Colonel dans le Corps des Grenadiers de
JUIN. 1755. 215
France , avec Dlle de Saffenage , fille du Marquis
de ce nom , Chevalier des ordres du Roi , &
Chevalier d'honneur de Madame la Dauphine.
En confidération de ce mariage , le Marquis de
Beranger a obtenu la furvivance de la charge de
Chevalier d'honneur de Madame la Dauphine ,
dont il ne doit exercer les fonctions qu'à vingtcinq
ans.
Le Roi a accordé au Marquis d'Efpagne la
charge de Sénéchal & Gouverneur du Comté de
Nebouzan .
Les Prélats & les Députés du fecond Ordre qui
compofent l'Affemblée générale du Clergé de
France, s'affemblerent le 25 de Mai chez le Cardi
nal de la Rochefoucauld pour remettre leurs procurations.
Ils tinrent le 27 une feconde Affemblée,
dans laquelle les procurations furent admifes. Le
28 , l'ouverture folemnelle de l'Affemblée fe fit
dans l'églife des Grands Auguftins , par la Meffe
du Saint-Efprit. Le Cardinal de la Rochefoucauld
y officia pontificalement , & tous les Députés y
communierent. Le fermon fut prononcé par l'Evêque
du Puy. Les Députés font , pour la province
de Paris , les Evêques de Meaux & de Blois , &
les Abbés Guillot de Montjoye & d'Apchon . Pour
la province de Lyon , les Evêques de Langres &
d'Autun , l'Abbé de Montjouvant , Comte de
Lyon , & l'Abbé de la Croix. Pour celle de Rouen,
les Evêques de Bayeux & d'Evreux , & les Abbés
de Saint-Aulaire & de Belbeuf. Pour celle de
Sens , l'Archevêque de Sens , l'Evêque de Nevers ,
l'Abbé de Murat de Baing , & l'Abbé d'Oſmond
de Medavy , Comte de Lyon. Pour celle de Reims,
les Evêques d'Amiens & de Senlis , & les Abbés
de Trudaine & de Modene . Pour celle de Tours
PArchevêque de Tours , l'Evêque de Quimper
216 MERCURE DE FRANCE.
les Abbés de Monteclair & de Soulange . Pour
celle de Bourges , le Cardinal de la Rochefoucauld
, Archevêque de Bourges ; l'Evêque du Puy,
& les Abbés de Fretat de Sarra & de Molin de
Mons. Pour celle d'Alby , l'Archevêque d'Alby ,
l'Evêque de Rhodès , & les Abbés de Roquigny
de Bulonde & de Langlade. Pour celle de Bordeaux
, les Evêques de Saintes & de Sarlat , & les
Abbés de Montefquiou & Dudon . Pour celle
d'Auch , l'Archevêque d'Auch ; l'Evêque d'Oleron
, & les Abbés de Berthier & de Larbouft . Pour
celle de Narbonne , l'Archevêque de Narbonne ,
P'Evêque de Montpellier , & les Abbés de Roquefort
& de Boizay de Courcenay. Pour celle de
Toulouſe , l'Archevêque de Toulouſe , l'Evêque
de Lavaur , & les Abbés de Bruyeres de Chalabre
& de Bauteville. Pour celle d'Aix , les Evêques de
Riez & d'Apt , & les Abbés de Gadagne & de Canorgue.
Pour celle d'Embrun , l'Archevêque
d'Embrun , l'Evêque de Glandeve , & les Abbés du
Queylard & de Baumel. Pour celle de Vienne , les
Evêques de Grenoble & de Die , & les Abbés de
Gouvernet & de Breves. Pour celle d'Arles , l'Atchevêque
d'Arles , l'Evêque de Saint -Paul Troischâteaux
, & les Abbés de Chapt de Raftignac &
d'Almant de Château - neuf. L'Affemblée a élu
pour Préfidens le Cardinal de la Rochefoucauld ,
P'Archevêque de Narbonne , l'Archevêque d'Embrun
, l'Archevêque d'Auch , l'Evêque de Bayeux ,
'Evêque de Langres , l'Evêque de Grenoble &
P'Evêque de Montpellier. L'Abbé de Coriolis ,
ancien Agent général du Clergé , eft Promoteur ;
l'Abbé de Raftignac , Vice- Promoteur ; l'Abbé
de Caftries , ancien Agent général , Secrétaire ;
l'Abbé d'Ofmond , Vice-Secrétaire. Les nouveaux
Agens généraux font l'Abbé de Crillon & l'Abbé.
de Jumilhac Le
J
JUIN. 1755. 217
Le 27 , l'Archevêque de Paris bénit dans l'églife
des Religieufes Bénédictines de Conflans , les
Guidons des Gendarmes de la Garde de Sa Majefe
Le détachement étoit de cinquante Gendarmes
& le Prince de Soubife à leur tête affitta à la
cérémonie.
M. Jean Crochet , Chanoine honoraire de l'églife
Cathédrale de Noyon , eft mort le 21 en
cette derniere ville , âgé de quatre-vingt -douze
ans. Il avoit été nommé Chanoine le 31 Mars
1676 , & il a vû deux fois renouveller fon Chapitre.
Ce fut le feu Cardinal de Retz qui fit accorder
à cet Eccléfiaftique la difpenfe d'âge pour
être Chanoine d'une Cathédrale .
Woldemar , Comte de Lowendalh & du Saint
Empire , Maréchal de France , Chevalier des ordres
du Roi , & des ordres de Saint - Alexandre
Neuski & de Saint- Hubert , Colonel d'un Régiment
d'Infanterie allemande de fon nom , un des
Académiciens honoraires de l'Académie royale
des Sciences , & ci - devant Général des armées de
l'Impératrice de Ruſſie , mourut à Paris le 27 de
ce mois. Lorsqu'il eſt entré au ſervice de Sa Ma◄
jefté , il étoit déja regardé comme un des plus
habiles Généraux de l'Europe. La priſe d'Oudenarde
, d'Oftende , de Nieuport & de Berg - opzoom
, & le fuccès de toutes les autres expéditions
dont il a été chargé , ont confirmé fa réputation.
Le Maréchal de Lowendalh étoit né à Hambourg
le 6 Avril 1700 , & il étoit fils de Woldemar , Baron
de Lowendalh , Chevalier des Ordres de l'Aigle-
blanc , de l'Elephant & de Danebrog , grand
Maréchal& Miniftre du Roi de Pologne , Electeur
de Saxe. Son grand - pere étoit Ulric Frederic ,
Gomte de Guldenloew , Chevalier de l'Ordre de
('Elephant , Maréchal Général des armées de Da
II. Vol. K
21S MERCURE DE FRANCE.
nemarck , Chancelier du même royaume & Viceroi
de Norwege , fils naturel de Frederic III ,
Roi de Danemarck. Au mois de Janvier 1747 , le
Maréchal de Lowendalh obtint des lettres de
naturalité pour lui, pour la Maréchale de Lowendalh
, & pour trois enfans qu'ils avoient eus en
pays étranger. Il a montré par fon zele pour la
gloire du Roi & pour les intérêts de la France ,
qu'en acquerant les priviléges des fujets nés dans
le Royaume , il avoit pris leurs fentimens .
Le 28 , les Actions de la Compagnie des Indes
étoient à dix fept cens foixante livres : les billets
de la premiere lotterie royale à huit cens cinquante
, & ceux de la feconde lotterie à fept cens qua
rante-cinq.
Le même jour , leurs Majeftés & la Famille
royale revinrent de Marly.
Le 29 , Fête du Saint Sacrement , le Roi accompagné
de Monfeigneur le Dauphin , de Madame
Adelaïde , & de Mefdames Victoire , Sophie
& Louife s'eft rendu à l'Eglife de Notre-Dame. Sa
Majefté y a entendu la grande Meffe , après avoir
affifté à la Proceffion qui eft venue felon l'uſage
à la Chapelle du Château. La Reine & Madame
la Dauphine ont reçu dans la Chapelle la benédiction
du Saint Sacrement. Leurs Majeſtés & la
Famille royale ont affifté cet après-midi aux Vêpres
chantées par la Mufique , aufquelles l'Abbé
Gergoy a officié , & au Salut célébré par les Miffionnaires
, pendant lequel la Mufique a chanté
une élévation , de la compofition de M. Blanchard
, Maître de la Muſique de la Chapelle en
quartier.
Dans l'Evêché d'Acqs douze villages ou ha
meaux , diverfes mailons de campagne & un grand
nombre de Moulins ont été réduits en cendres .
JUIN 1755. 219
Plufieurs perfonnes & quantité de beftiaux ont
péri dans les flammes. On fait monter à plus d'un
million la perte caufée par cet incendie. L'Evêque
d'Acqs a reffenti auffi vivement que l'exigeoit de
lui fa qualité de Pafteur la défolation d'une partie
de fon diocefe. Voyant d'honnêtes familles réduites
à la derniere mifere , il en a pris les enfans
fous fa protection ; if les a placés à fes dépens
dans des penfions , & il les y fait élever ſuivant
leur état. La charité de ce Prélat s'eft étendue fur
tous les autres malheureux qui ont fouffert , & il
leur a fait diftribuer du bled & de l'argent.
Fermer
Résumé : « Le vaisseau le Bethune, appartenant à la Compagnie des Indes, [...] »
En mai 1755, plusieurs événements marquants ont eu lieu à la cour française. Le 10 mai, le vaisseau *Le Béthune* de la Compagnie des Indes est arrivé au port de l'Orient. M. Dupleix a quitté Pondichéry le 15 octobre et est arrivé à l'île de France le 25 novembre. Le 16 mai, la Reine a assisté à un sermon à l'église des Recolets de Versailles avant de retourner à Marly. Le 17 mai, le Dauphin et la Dauphine ont participé aux premières vêpres à Marly. Le 18 mai, jour de la Pentecôte, le Roi a assisté à la messe entouré des Chevaliers de l'Ordre du Saint-Esprit, tandis que la Reine et Mesdames de France écoutaient depuis la tribune. Le Roi et la Reine ont également assisté à un sermon et aux vêpres chantées par les Missionnaires. La Marquise de Montmorin Saint-Hérem a été présentée au Roi et à la Reine, qui ont signé des contrats de mariage pour le Marquis de Mérinville et le Marquis de Dreux. En juin 1755, le 24 juin, Leurs Majestés ont signé le contrat de mariage entre le Marquis de Dreux et Mademoiselle de Pezé. Le 25 juin, elles ont signé celui entre le Marquis de Beranger et Mademoiselle de Saffenage. Le Roi a accordé la charge de Sénéchal et Gouverneur du Comté de Nebouzan au Marquis d'Espagne. Le 25 mai, les Prélats et Députés du second Ordre se sont réunis chez le Cardinal de la Rochefoucauld. Le 28 mai, l'Assemblée générale du Clergé de France a été ouverte solennellement dans l'église des Grands Augustins, où le Cardinal de la Rochefoucauld a été élu Président. Le 27 juin, l'Archevêque de Paris a béni les guidons des Gendarmes de la Garde. Le 28 juin, les actions de la Compagnie des Indes étaient cotées à 1 760 livres, et les billets de loterie royale se vendaient à 850 et 745 livres. Le 29 juin, lors de la fête du Saint Sacrement, le Roi et la famille royale ont assisté à la messe et à la procession à l'église Notre-Dame. Un incendie dans l'évêché d'Acq a détruit plusieurs villages et causé des pertes estimées à plus d'un million de livres. L'évêque d'Acq a pris en charge les enfants sinistrés et distribué des aides aux victimes.
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13735
p. 219-220
BENEFICES DONNÉS.
Début :
Sa Majesté a donné à l'Abbaye de la Chassaigne; Ordre de [...]
Mots clefs :
Saint, Abbaye, Ordre, Diocèse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : BENEFICES DONNÉS.
BENEFICES DONNÉS.
Sa Majefté a donné l'Abbaye de la Chaffaigne ;
A
Ordre de Câteaux , diocefe de Lyon , vacante par
le décès de M. de Borſat , à M. Pierre- Louis de
Chalvet de Saint - Etienne , Vifiteur Général des
Carmélites .
L'Abbaye de Belle- Ville , Ordre de Saint- Augnftin
, diocefe de Lyon , vacante par le décès de
M. d'Hauterive , à M. Gafpard Dufou de Saint-
Amour , grand Vicaire de Mâcon,
>
L'Abbaye de Beaulieu , Ordre de Saint- Auguftin
, dioceſe de Saint- Malo vacante par la démiffion
de M. de Montlouet , Evêque de Saint-
Omer , à M. Louis-Marie de Pontuat , grand Vicaire
de Vannes.
L'Abbaye de Notre- Dame d'Abfie en Brignon ,
Ordre de S. Benoît , diocefe de Poitiers , vacante
pâr la démiffion de M. Luthier de Saint-Martin ,
à M. Louis-Hugues d'Ethy de Milly , Prêtre du
Kij
220 MERCURE DE FRANCE:
diocefe de Mâcon , à la charge d'une penfion de
mille livres pour le remettant .
L'Abbaye Réguliere du Rivet , Ordre de Cîteaux
, dioceſe de Bazas , vacante par la démiffion
de Dom Chibert , à Dom Jean - Jofeph la
Malatie , Religieux dudit Ordre , à la charge de
huit cens livres de penfion pour le remettant.
Sa Majefté a donné l'Abbaye de la Chaffaigne ;
A
Ordre de Câteaux , diocefe de Lyon , vacante par
le décès de M. de Borſat , à M. Pierre- Louis de
Chalvet de Saint - Etienne , Vifiteur Général des
Carmélites .
L'Abbaye de Belle- Ville , Ordre de Saint- Augnftin
, diocefe de Lyon , vacante par le décès de
M. d'Hauterive , à M. Gafpard Dufou de Saint-
Amour , grand Vicaire de Mâcon,
>
L'Abbaye de Beaulieu , Ordre de Saint- Auguftin
, dioceſe de Saint- Malo vacante par la démiffion
de M. de Montlouet , Evêque de Saint-
Omer , à M. Louis-Marie de Pontuat , grand Vicaire
de Vannes.
L'Abbaye de Notre- Dame d'Abfie en Brignon ,
Ordre de S. Benoît , diocefe de Poitiers , vacante
pâr la démiffion de M. Luthier de Saint-Martin ,
à M. Louis-Hugues d'Ethy de Milly , Prêtre du
Kij
220 MERCURE DE FRANCE:
diocefe de Mâcon , à la charge d'une penfion de
mille livres pour le remettant .
L'Abbaye Réguliere du Rivet , Ordre de Cîteaux
, dioceſe de Bazas , vacante par la démiffion
de Dom Chibert , à Dom Jean - Jofeph la
Malatie , Religieux dudit Ordre , à la charge de
huit cens livres de penfion pour le remettant.
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Résumé : BENEFICES DONNÉS.
Sa Majesté a attribué plusieurs abbayes à de nouveaux titulaires. L'Abbaye de la Chaffaigne, de l'Ordre de Cîteaux dans le diocèse de Lyon, a été confiée à M. Pierre-Louis de Chalvet de Saint-Étienne, Visiteur Général des Carmélites, après le décès de M. de Borsat. L'Abbaye de Belle-Ville, de l'Ordre de Saint-Augustin dans le diocèse de Lyon, a été attribuée à M. Gaspard Dufou de Saint-Amour, grand Vicaire de Mâcon, suite au décès de M. d'Hauterive. L'Abbaye de Beaulieu, de l'Ordre de Saint-Augustin dans le diocèse de Saint-Malo, a été donnée à M. Louis-Marie de Pontuat, grand Vicaire de Vannes, après la démission de M. de Montlouet, Évêque de Saint-Omer. L'Abbaye de Notre-Dame d'Absie en Brignon, de l'Ordre de Saint-Benoît dans le diocèse de Poitiers, a été confiée à M. Louis-Hugues d'Éthy de Milly, Prêtre du diocèse de Mâcon, avec une pension de mille livres pour le précédent titulaire, M. Luthier de Saint-Martin, qui a démissionné. Enfin, l'Abbaye Régulière du Rivet, de l'Ordre de Cîteaux dans le diocèse de Bazas, a été attribuée à Dom Jean-Joseph la Malatie, Religieux du même ordre, avec une pension de huit cents livres pour le précédent titulaire, Dom Chibert, qui a également démissionné.
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13736
p. 221-229
MORTS ET MARIAGES.
Début :
Le 6 février, Charles-René de Maillé Latour-Landry, Comte de Maillé, [...]
Mots clefs :
Morts, Mariages, Marquis, Comte, Chevalier, Lieutenant, Prince, Gentilhomme ordinaire
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texteReconnaissance textuelle : MORTS ET MARIAGES.
MORTS ET MARIAGES. #
E 6 Février , Charles-René de Maillé Latour
Landry ,Comte de Maille , Capitaine de Dra
>
gons , fils de Charles-Louis de Maillé , Comte de
Latour- Landry , Baron d'Antraíme , & de Dame
Marie-Françoife de Savonnieres , Dame de Meaune
, a été marié avec Marie-Renée-Bonne - Félicité
de Savary-Breves de Jarzé. L'Evêque de Senlis
leur a donné la bénédiction nuptiale dans la Chapelle
de l'Hôtel de Condé , en préſence de leurs
A. A. S. S. Monfeigneur le Prince & Madame la
Princeffe de Conde.
La Maiſon de Maillé étoit floriflante dès le
douziéme fiécle . L'an 1233 , les Vicomtes de
Rohan & de Leon appellerent à leurs fecours ,
contre Pierre de Dreux , Duc de Bretagne , Hardouin
V , Baron de Maillé , Seigneur puiffant .
Ce qui releve infiniment le luftre de toutes les
grandes alliances de cette Maifon , c'eft l'honnenr
qu'elle a d'être alliée à la Maifon de Bourbon.
L'an 1510 , Hardouin X. de Maillé tranfigea
avec Louis de Bourbon , Prince de la Roche-fur-
Yon , de la fucceffion de leur oncle commun ,
André de Chauvigny , héritier des Princes de
Deols ; Hardouin de Maillé eut au nombre des
grandes Terres qui lui revinrent de cette fucceffion
, le Comté de Châteauroux en Berri.
L'an 1641 , Louis de Bourbon , Prince de Con
dé ,furnommé le grand Condé , époufa Claire-
Clémence de Maillé , fille d'Urbain de Maillé ,"
Maréchal de France , Chevalier des Ordres du
Kj
272 MERCURE DE FRANCE.
Rot , Gouverneur d'Anjou , & foeur d'Armand de
Maillé , Marquis de Brezé , Duc de Fronſac , Pair
de France , tué à 27, ans , Commandant la flotte
de France devant Orbitelle , c'en de cette Brite
ceffe que defcendent tous les Princes & Princeffe
de la Maifon de Condé.
La Maifon de Maillé s'eft divifée en plufieurs
branches , l'aînée a joint au nom de Maillé celui
de Latour-Landry , à caufe de l'héritiere de cette
ancienne Maiſon fondue dans cette branche ; aujourd'hui
les chefs & aînés de toute la Maifon de
Maillé , font Charles - Hardouin de Maillé - Latour-
Landry , Marquis de Jalefnes , Baron de Gaftines ,
Colonel d'infanterie , & Charles- Louis de Maillé ,
Comte de Latour-Landry , Baron d'Antrafme.
Le fils unique du Marquis de Maillé a épousé le
premier Mars 1713 , la fille aînée du Comte de
Latour-Landry fa coufine germaine , & foeur du
Comte de Maillé qui donne lieu à cet article.
> La Comteffe de Latour - Landry mere du
Comte de Maillé , eft héritiere de la branche
aînée de la Maiſon de Savonnieres , originaire
d'Anjou , & connue dès l'an 1100 parmi les premieres
de cette province ; elle a donné nombre
de Chevaliers de l'ordre de Saint- Michel , & un
Evêque de Bayeux : elle s'eft diftinguée dans l'Ordre
de Malthe dès les premiers tems ; de nos jours
Charles de Savonnieres , grand oncle de Madame
la Comteffe de Latour-Landry , étoit grand Bailli
de la Morée , Chef d'Eſcadre & Commandant les
Galeres de France.
La Maiſon de Savonnieres eft alliée à celles de
Mattefelon , de Beauveau , de Villequier , du
Bellay , de Froulay & de Montecler , & c.
La Maiſon de Savary , originaire de Touraine ,
afervi nos Rois & l'Etat fans difcontinuation dès
JUIN. 1755. 223.
le douzième fiécle , qu'elle eft connue entre les
plus nobles de cette province , par des alliances
illuftres , par des dons faits à des Abbayes du tems
des Croisades , par la poffeffion de fiefs mouvans
directement de la Couronne , & enfin par la pof-,
feffion de la Seigneurie de Lancofine depuis 400
ans.
L'aîné & le chef du nom & armes de cette Maifon
, eft Louis-François- Alexandre de Savary ,
Seigneur & Marquis de Lancofme en Touraine ,
& autres terres en Berri , Chevalier de l'Ordre
royal & militaire de Saint-Louis , ci- devant Capitaine
de grenadiers au régiment de Richelieu :
fon frere N..... de Savary-Lancofme , Chevalier
de Saint- Louis , Seigneur de Nozieres , a été tué
en 1734 au fiége de Philisbourg , étant Capitaine
de grenadiers au même régiment.
N... de Savary-Lancofme ( autre frere du
Marquis de Laacofme ) Chevalier Profès de l'Ordre
de Saint- Jean de Jerufalem , eut le bras droit
emporté en 1734 au même fiége , étant Sous-
Lieutenant de grenadiers au régiment des Gardes-
Françoifes , & a quitté étant Lieutenant au même
régiment.
N..... de Savary - Lancofme , Seigneur de
Bauché , fils aîné du Marquis de Lancofme , âgé
de 27 ans , Capitaine de cavalerie au régiment de
Bourgogne , fert le Roi depuis 14 ans : il a épousé
N..... de Ronçay , & a des enfans.
Marie- Renée-Bonne Félicité de Savary - Breves
de Jarzé , Comteffe de Maillé , qui donne lieu à
cet article , a pour fixiéme ayeul paternel , noble
Seigneur Denis de Savary , Ecuyer , Seigneur de
Ligny & de Breves , cadet de la Maiſon de Savary-
Lancofme , qui époufa le 19 Décembre 1544 ,
Françoife de Damas , fille de François de Damas
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Chevalier , Seigneur de Breves en Nivernois , &
d'Ifabeau d'Arces : Françoife de Damas devint par
la mort d'Antoine de Damas fon neveu , héritiere
de la terre de Breves , qui a fervi de titre distinctif
à cette branche de Savary. Elle fut mere de Franfois
de Savary , Seigneur de Breves , Marquis de
Maulevrier , &c. Il fuivit à Conftantinople Jacques
de Savary- Lancofme fon parent , ci- devant
Meftre de Camp d'un régiment d'infanterie
nommé en 1582 par Henri III. Ambaſſadeur à la
Porte Ottomane , où étant mort en 1591 , la
Seigneur de Breves fut nommé à fa place. Il y
refta jufqu'à l'année 1606 , après avoir conclu le
20 Mai 1604 avec le Sultan Achmet un Traité
très-avantageux à la Nation Françoife & à la religion
: il fut reçu en 1607 Confeiller d'Etat d'épée
& Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi,
il en prêta le fermet le 6 Janvier 1607. Il fur
nommé en 1608 Ambaffadeur à Rome , où il fou
tint au contentement de Sa Majeſté & de la Reine
Régente , la dignité de la couronne contre l'Ambaffadeur
d'Efpagne , comme il paroît par leurs
lettres des 31 Août & 4 Juin 1610. Le Roi le
choifit & nomma par Brevets & Lettres Patentes
fcellées du grand Sceau des 18 Décembre 1610 ,
& 4 Juillet 1614 , Gouverneur de la perfonne de
Monſeigneur le Duc d'Anjou , frere unique du
Roi , premier Gentilhomme de fa Chambre
Lieutenant de fa Compagnie de 200 hommes
d'armes , & Surintendant de fa Maifon par
Brevet du Confeil des affaires de Sa Majefté du 29
Septembre 1614 , l'entrée près de fa perfonne lui
étoit permife même aux heures les plus fecretes
: la Reine mere du Roi , par Brevet du 21
Octobre 1624 , lui donna l'état & charge de fon
premier Ecuyer , il en prêta le ferment le même
JUIN. 1755. 225
jour. Par Lettres Patentes du mois de Mai 1625 ,
le Roi érigea la terre de Breves en titre de Comté
pour lui & fes defcendans de fon nom : il fut
nommé Chevalier de l'Ordre du Saint- Esprit par
Brevet du 13 Novembre 1725 , & fes preuves admifes
pardevant François de Silly , Duc de la Rocheguyon
, & Louis de la Marck , Marquis de Mofny,
Chevaliers dudit Ordre , Commiflaires nommés
à cet effet par Sa Majefté. Il fut invité par lettres
du Roi du 15 Novembre 1626 , à fe trouver à
l'ouverture de l'affemblée des Notables du Royaume,
indiquée à Saint -Germain- en - Laye ; & par Brevet
du 28 Août 1627 ; le Roi le retint Confeiller
en fon Confeil des Dépêches . Il avoit épousé par
contrat du 27 Février 1607 Anne de Thou ,
fille de Christophe-Augufte de Thou , Chevalier ,
Seigneur du Pleffis de Placy , Gentilhomme ordinaire
de la Chambre du Roi , & d'Anne de Neufville-
Villeroy , dont il eut trois fils ; fçavoir , Camille
de Savary-Breves , premier du nom , qui a
continué la postérité , Cofine de Savary- Breves
Marqui de Maulevrier , Maître de la Garde- robe
de S. A. R. Monfieur Gafton de France , frere
unique du Roi , décedé fans avoir été marié , &
Gafton-Jean- Baptifte de Savary- Breves , Abbé de
Montmajour , de Greftin , de Saint- Gildas de
Ruis , & de Gifmont , Aumônier du Roi.
>
Camille de Savary , premier du nom , Chevalier
, Comte de Breves , Seigneur Dauvours , &c.
Maître de la Garde-robe de S. A. R. Monfieur
Gafton de France , frere unique du Roi , par Bre
vet du 12 Novembre 1616. , fur la démiffion
d'Annibal d'Eftrées , Marqui de Coeuvres , pour
exercer ladite charge conjointement ou par femeftre
avec Cofme de Savary , Marquis de Mau
levrier fon frere puifné , épaufa par contrat du
226 MERCURE DE FRANCE.
>
22 Février 1634 , Catherine du Pleffis-Jarzé , fille
de François du Pleffis , Chevalier , Seigneur &
Marquis de Jarzé , Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roi , Capitaine d'une Compagnie
de so Chevaux-Légers , & de Catherine de Beaumanoir
- Lavardin. Catherine du Pleffis-Jarzé
étoit foeur de René du Pleffis , Marquis de Jarzé
Capitaine d'une Compagnie de 90 Chevaux-Légers
en 1638. Cornette des 200 Chevaux- Légers
de la garde du Roi en 1643. Maréchal de Camp
& Capitaine d'une Compagnie des Gardes da
Corps de Sa Majefté en 1648. Ils étoient tous.
deux iffus de René , Seigneur de Jarzé , appellé
le brave Jarzé , tué en 1588 , à l'attaque des fauxbourgs
de Tours , pendant les guerres de la Ligue,
étant Meftre de Camp d'un régiment d'infanterie
pour le fervice du Roi ; ce René étoit fils de François
, Seigneur de Jarzé , & de Marie de Maillé-
Brezé la Maifon du Pleffis-Jarzé , originaire de
la province du Maine , eft éteinte en 1723 , par le
décès fans enfans de Marie-Urbain - René du Pleffis
, Marquis de Jarzé , Chevalier de Saint- Louis ;
il avoit eu une main emportée au fiége de Philisbourg
en 1688 , étant Colonel d'un régiment
d'infanterie de fon nom , la branche de Savary.
Breves a hérité de fes biens paternels , & le Marquilat
de Jarzé eft échu en partage à Camille de
Savary- Breves , troifiéme du nom , grand-pere de
la Comteffe de Maillé .
Camille de Savary , fecond du nom , Chevalier ,
Comte de Breves , &c . fils de Camille premier &
de Catherine du Pleffis- Jarzé : il fut fucceffivement
Capitaine & Lieutenant- Colonel du régiment
d'infanterie du fieur de Ferron , & Colonel
d'un régiment d'infanterie fuivant les Brevets des
31 Janvier 1637 , & 18 Mars 1658. Il époufa par
JUIN. 1755. 227
contrat du 29 Septembre 1661 , Hélene de Bar-,
tholy , fille unique de François de Bartholy , Che-,
valier , Comte de Saint- Bonnet , & d'Edmée de
Damas d'Anlezy ; de ce mariage eft iffu entr'autres
enfans ,
Camille de Savary , troifiéme du nom , Marquis,
de Breves & de Jarzé , &c. Capitaine de cavalerie ,
bleffé dangereufement en 1691 , au combat de
Leufe , qui de fon fecond mariage du 30 Avril
1717 , avec Marie- Magdelaine Cholet , a eu
Paul-Louis-Jean - Baptifte- Camille de Savary-
Breves , Marquis de Jarzé , qui a épousé par contrat
du 24 Avril 1739 , Bonne Damaris de Briqueville
de la Luzerne , fille de Jean- François de-
Briqueville , Seigneur & Comte de la Luzerne , &
de Françoife-Philberte de Froulay de Teffé , fille
dur feu Maréchal de Teffé : de ce mariage eft iffu
Marie-Frauçois- Camille de Savary , Comte de
Breves , Marie-Renée- Bonne-Félicité de Savary-
Breves de Jarzé , qui donne lieu à cet article , &
Marie-Louife de Savary-Breves .
Françoife -Alexandrine de Savary- Breves , four
du Marquis de Jarzé , a épousé en 1746 , François-
Philbert de Briqueville de la Luzerne , appellé le
Comte de Briqueville , Brigadier des armées du
Roi , Enfeigne des Gardes du Corps de Sa Majesté »
if eft frere de la Marquife de Jarzé.
La Maifon de Savary porte pour armes ,
d'argent & defable.
écartelé
Voyez les Mémoires de l'Abbé de Marolles , tom.
2. p. 230 ; le Mercure François , tom. 1. p. 29. tom ..
2. p. 262 ; l'Histoire de Louis XIII. par Michel le
Vaffor tom. 3. premiere part . d . 6 ; les Mémoires
Hiftoire , de Critique de Littérature , par
M.ľAbbé d'Artigny , tom . 4. p . 345 , ¿co
K vi
228 MERCURE DE FRANCE.
Le 2 Janvier eft mort à Paris Meffire François-
Vincent Durand de Villegagnon , Marquis de
Villegagnon , âgé de 72 ans.
Le 7 Février eft mort Meffire Galiot Mandat ;
Maître des Requêtes.
Melfire Pierre de Meſmes de Ravignan , ancien
Colonel d'Infanterie , mourut le même jour âgé
de 81 ans.
Meffire Jacques- Gabriel de Chapt , Comte de
Raftignac , Baron de Luzech , eft mort le 9 à
Sarlat en Périgord dans fa 78 ° année .
ג
Meffire Charles de Secondat , Baron de Montefquieu
ancien Préfident du Parlement de
Guyenne , & l'un des quarante de l'Académie
Françoife , dont il étoit un des principaux ornemens
, mourut à Paris le 10 , âgé de 65 ans, IL
étoit de la Société royale de Londres & de l'Académie
de Berlin .
Dame Louiſe- Claire de Lamoignon , veuve de
Meffire Armand -Pierre -Marc - Antoine de Gourgues
, Maître des Requêtes , mourut à Paris le 17.
Meffire Jofeph-Nicolas Millet , Chanoine &
ancien Doyen de l'Eglife Métropolitaine de
Rheims , eft mort à Rheims le 18 dans fa 97e
année.
Damoiſelle Jeanne-Hippolite - Charlote-Marine
PEriget de la Faye , fille de feu Meffire Jean- Franfois
l'Eriget , Marquis de la Faye , eft morte le
19 au Couvent de Belle- Chaffe.
Dame Magdeleine- Henriette de Caze , veuve
de Meffire Jean- Louis Rouillé d'Orfeuil , Maître
des Requêtes , eft morte à Paris le 23.
Dame Marie Robert , veuve de Meffire François
Dauvet , Comte Defmareft , Grand Fauconnier
de France , mourut le 24 âgée de 71 ans .
Dame Magdeleine -Elizabeth Haillet , époufe
JUIN. 1755. 2.29
de Meffire Aimeri de Caffagnet , Marquis de Fi
marcon , Lieutenant général des Armées du Roi ,
eft morte le 28 dans fa 45 ° année .
Dame Genevieve Pecquot , veuve de Meflire
Charles Sevin , Marquis de Quinci , Brigadier des
Armées du Roi , Lieutenant général d'Artillerie ,
& Lieutenant du Roi dans la province d'Auvergne
, eft morte au Monaftere des Dames de fainte
Marie de Meaux , dans fa 77° année.
Pierre -Guillaume Monpefat Tremolety de Bucelly
, Marquis de Monpefat , Lieutenant de Roi
de Languedoc , eft décédé dans fon château de
Monpefat le 24 d'Avril ; il étoit devenu le chef &
l'aîné des anciens Monpefat du bas- Languedoc : il
a laiffé deux fils , l'aîné connu fous le nom de
Marquis de Monpefat , eft Lieutenant de Roi de
Languedoc , & l'un des quatre premiers Baron du
Dauphiné le fecond , eft Doyen du Chapitre de
Tarrafcon ; leur four unique avoit épousé le Marquis
de Nicolay : il y a eu de leur mariage deux
fils ; & le Marquis de Monpefat , aujourd'hui repréfentant
fon pere , a de fon mariage avec la fille
unique du Marquis d'Ugoult-Montmaur des en.
fans.
E 6 Février , Charles-René de Maillé Latour
Landry ,Comte de Maille , Capitaine de Dra
>
gons , fils de Charles-Louis de Maillé , Comte de
Latour- Landry , Baron d'Antraíme , & de Dame
Marie-Françoife de Savonnieres , Dame de Meaune
, a été marié avec Marie-Renée-Bonne - Félicité
de Savary-Breves de Jarzé. L'Evêque de Senlis
leur a donné la bénédiction nuptiale dans la Chapelle
de l'Hôtel de Condé , en préſence de leurs
A. A. S. S. Monfeigneur le Prince & Madame la
Princeffe de Conde.
La Maiſon de Maillé étoit floriflante dès le
douziéme fiécle . L'an 1233 , les Vicomtes de
Rohan & de Leon appellerent à leurs fecours ,
contre Pierre de Dreux , Duc de Bretagne , Hardouin
V , Baron de Maillé , Seigneur puiffant .
Ce qui releve infiniment le luftre de toutes les
grandes alliances de cette Maifon , c'eft l'honnenr
qu'elle a d'être alliée à la Maifon de Bourbon.
L'an 1510 , Hardouin X. de Maillé tranfigea
avec Louis de Bourbon , Prince de la Roche-fur-
Yon , de la fucceffion de leur oncle commun ,
André de Chauvigny , héritier des Princes de
Deols ; Hardouin de Maillé eut au nombre des
grandes Terres qui lui revinrent de cette fucceffion
, le Comté de Châteauroux en Berri.
L'an 1641 , Louis de Bourbon , Prince de Con
dé ,furnommé le grand Condé , époufa Claire-
Clémence de Maillé , fille d'Urbain de Maillé ,"
Maréchal de France , Chevalier des Ordres du
Kj
272 MERCURE DE FRANCE.
Rot , Gouverneur d'Anjou , & foeur d'Armand de
Maillé , Marquis de Brezé , Duc de Fronſac , Pair
de France , tué à 27, ans , Commandant la flotte
de France devant Orbitelle , c'en de cette Brite
ceffe que defcendent tous les Princes & Princeffe
de la Maifon de Condé.
La Maifon de Maillé s'eft divifée en plufieurs
branches , l'aînée a joint au nom de Maillé celui
de Latour-Landry , à caufe de l'héritiere de cette
ancienne Maiſon fondue dans cette branche ; aujourd'hui
les chefs & aînés de toute la Maifon de
Maillé , font Charles - Hardouin de Maillé - Latour-
Landry , Marquis de Jalefnes , Baron de Gaftines ,
Colonel d'infanterie , & Charles- Louis de Maillé ,
Comte de Latour-Landry , Baron d'Antrafme.
Le fils unique du Marquis de Maillé a épousé le
premier Mars 1713 , la fille aînée du Comte de
Latour-Landry fa coufine germaine , & foeur du
Comte de Maillé qui donne lieu à cet article.
> La Comteffe de Latour - Landry mere du
Comte de Maillé , eft héritiere de la branche
aînée de la Maiſon de Savonnieres , originaire
d'Anjou , & connue dès l'an 1100 parmi les premieres
de cette province ; elle a donné nombre
de Chevaliers de l'ordre de Saint- Michel , & un
Evêque de Bayeux : elle s'eft diftinguée dans l'Ordre
de Malthe dès les premiers tems ; de nos jours
Charles de Savonnieres , grand oncle de Madame
la Comteffe de Latour-Landry , étoit grand Bailli
de la Morée , Chef d'Eſcadre & Commandant les
Galeres de France.
La Maiſon de Savonnieres eft alliée à celles de
Mattefelon , de Beauveau , de Villequier , du
Bellay , de Froulay & de Montecler , & c.
La Maiſon de Savary , originaire de Touraine ,
afervi nos Rois & l'Etat fans difcontinuation dès
JUIN. 1755. 223.
le douzième fiécle , qu'elle eft connue entre les
plus nobles de cette province , par des alliances
illuftres , par des dons faits à des Abbayes du tems
des Croisades , par la poffeffion de fiefs mouvans
directement de la Couronne , & enfin par la pof-,
feffion de la Seigneurie de Lancofine depuis 400
ans.
L'aîné & le chef du nom & armes de cette Maifon
, eft Louis-François- Alexandre de Savary ,
Seigneur & Marquis de Lancofme en Touraine ,
& autres terres en Berri , Chevalier de l'Ordre
royal & militaire de Saint-Louis , ci- devant Capitaine
de grenadiers au régiment de Richelieu :
fon frere N..... de Savary-Lancofme , Chevalier
de Saint- Louis , Seigneur de Nozieres , a été tué
en 1734 au fiége de Philisbourg , étant Capitaine
de grenadiers au même régiment.
N... de Savary-Lancofme ( autre frere du
Marquis de Laacofme ) Chevalier Profès de l'Ordre
de Saint- Jean de Jerufalem , eut le bras droit
emporté en 1734 au même fiége , étant Sous-
Lieutenant de grenadiers au régiment des Gardes-
Françoifes , & a quitté étant Lieutenant au même
régiment.
N..... de Savary - Lancofme , Seigneur de
Bauché , fils aîné du Marquis de Lancofme , âgé
de 27 ans , Capitaine de cavalerie au régiment de
Bourgogne , fert le Roi depuis 14 ans : il a épousé
N..... de Ronçay , & a des enfans.
Marie- Renée-Bonne Félicité de Savary - Breves
de Jarzé , Comteffe de Maillé , qui donne lieu à
cet article , a pour fixiéme ayeul paternel , noble
Seigneur Denis de Savary , Ecuyer , Seigneur de
Ligny & de Breves , cadet de la Maiſon de Savary-
Lancofme , qui époufa le 19 Décembre 1544 ,
Françoife de Damas , fille de François de Damas
Kiv
224 MERCURE DE FRANCE.
Chevalier , Seigneur de Breves en Nivernois , &
d'Ifabeau d'Arces : Françoife de Damas devint par
la mort d'Antoine de Damas fon neveu , héritiere
de la terre de Breves , qui a fervi de titre distinctif
à cette branche de Savary. Elle fut mere de Franfois
de Savary , Seigneur de Breves , Marquis de
Maulevrier , &c. Il fuivit à Conftantinople Jacques
de Savary- Lancofme fon parent , ci- devant
Meftre de Camp d'un régiment d'infanterie
nommé en 1582 par Henri III. Ambaſſadeur à la
Porte Ottomane , où étant mort en 1591 , la
Seigneur de Breves fut nommé à fa place. Il y
refta jufqu'à l'année 1606 , après avoir conclu le
20 Mai 1604 avec le Sultan Achmet un Traité
très-avantageux à la Nation Françoife & à la religion
: il fut reçu en 1607 Confeiller d'Etat d'épée
& Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi,
il en prêta le fermet le 6 Janvier 1607. Il fur
nommé en 1608 Ambaffadeur à Rome , où il fou
tint au contentement de Sa Majeſté & de la Reine
Régente , la dignité de la couronne contre l'Ambaffadeur
d'Efpagne , comme il paroît par leurs
lettres des 31 Août & 4 Juin 1610. Le Roi le
choifit & nomma par Brevets & Lettres Patentes
fcellées du grand Sceau des 18 Décembre 1610 ,
& 4 Juillet 1614 , Gouverneur de la perfonne de
Monſeigneur le Duc d'Anjou , frere unique du
Roi , premier Gentilhomme de fa Chambre
Lieutenant de fa Compagnie de 200 hommes
d'armes , & Surintendant de fa Maifon par
Brevet du Confeil des affaires de Sa Majefté du 29
Septembre 1614 , l'entrée près de fa perfonne lui
étoit permife même aux heures les plus fecretes
: la Reine mere du Roi , par Brevet du 21
Octobre 1624 , lui donna l'état & charge de fon
premier Ecuyer , il en prêta le ferment le même
JUIN. 1755. 225
jour. Par Lettres Patentes du mois de Mai 1625 ,
le Roi érigea la terre de Breves en titre de Comté
pour lui & fes defcendans de fon nom : il fut
nommé Chevalier de l'Ordre du Saint- Esprit par
Brevet du 13 Novembre 1725 , & fes preuves admifes
pardevant François de Silly , Duc de la Rocheguyon
, & Louis de la Marck , Marquis de Mofny,
Chevaliers dudit Ordre , Commiflaires nommés
à cet effet par Sa Majefté. Il fut invité par lettres
du Roi du 15 Novembre 1626 , à fe trouver à
l'ouverture de l'affemblée des Notables du Royaume,
indiquée à Saint -Germain- en - Laye ; & par Brevet
du 28 Août 1627 ; le Roi le retint Confeiller
en fon Confeil des Dépêches . Il avoit épousé par
contrat du 27 Février 1607 Anne de Thou ,
fille de Christophe-Augufte de Thou , Chevalier ,
Seigneur du Pleffis de Placy , Gentilhomme ordinaire
de la Chambre du Roi , & d'Anne de Neufville-
Villeroy , dont il eut trois fils ; fçavoir , Camille
de Savary-Breves , premier du nom , qui a
continué la postérité , Cofine de Savary- Breves
Marqui de Maulevrier , Maître de la Garde- robe
de S. A. R. Monfieur Gafton de France , frere
unique du Roi , décedé fans avoir été marié , &
Gafton-Jean- Baptifte de Savary- Breves , Abbé de
Montmajour , de Greftin , de Saint- Gildas de
Ruis , & de Gifmont , Aumônier du Roi.
>
Camille de Savary , premier du nom , Chevalier
, Comte de Breves , Seigneur Dauvours , &c.
Maître de la Garde-robe de S. A. R. Monfieur
Gafton de France , frere unique du Roi , par Bre
vet du 12 Novembre 1616. , fur la démiffion
d'Annibal d'Eftrées , Marqui de Coeuvres , pour
exercer ladite charge conjointement ou par femeftre
avec Cofme de Savary , Marquis de Mau
levrier fon frere puifné , épaufa par contrat du
226 MERCURE DE FRANCE.
>
22 Février 1634 , Catherine du Pleffis-Jarzé , fille
de François du Pleffis , Chevalier , Seigneur &
Marquis de Jarzé , Gentilhomme ordinaire de la
Chambre du Roi , Capitaine d'une Compagnie
de so Chevaux-Légers , & de Catherine de Beaumanoir
- Lavardin. Catherine du Pleffis-Jarzé
étoit foeur de René du Pleffis , Marquis de Jarzé
Capitaine d'une Compagnie de 90 Chevaux-Légers
en 1638. Cornette des 200 Chevaux- Légers
de la garde du Roi en 1643. Maréchal de Camp
& Capitaine d'une Compagnie des Gardes da
Corps de Sa Majefté en 1648. Ils étoient tous.
deux iffus de René , Seigneur de Jarzé , appellé
le brave Jarzé , tué en 1588 , à l'attaque des fauxbourgs
de Tours , pendant les guerres de la Ligue,
étant Meftre de Camp d'un régiment d'infanterie
pour le fervice du Roi ; ce René étoit fils de François
, Seigneur de Jarzé , & de Marie de Maillé-
Brezé la Maifon du Pleffis-Jarzé , originaire de
la province du Maine , eft éteinte en 1723 , par le
décès fans enfans de Marie-Urbain - René du Pleffis
, Marquis de Jarzé , Chevalier de Saint- Louis ;
il avoit eu une main emportée au fiége de Philisbourg
en 1688 , étant Colonel d'un régiment
d'infanterie de fon nom , la branche de Savary.
Breves a hérité de fes biens paternels , & le Marquilat
de Jarzé eft échu en partage à Camille de
Savary- Breves , troifiéme du nom , grand-pere de
la Comteffe de Maillé .
Camille de Savary , fecond du nom , Chevalier ,
Comte de Breves , &c . fils de Camille premier &
de Catherine du Pleffis- Jarzé : il fut fucceffivement
Capitaine & Lieutenant- Colonel du régiment
d'infanterie du fieur de Ferron , & Colonel
d'un régiment d'infanterie fuivant les Brevets des
31 Janvier 1637 , & 18 Mars 1658. Il époufa par
JUIN. 1755. 227
contrat du 29 Septembre 1661 , Hélene de Bar-,
tholy , fille unique de François de Bartholy , Che-,
valier , Comte de Saint- Bonnet , & d'Edmée de
Damas d'Anlezy ; de ce mariage eft iffu entr'autres
enfans ,
Camille de Savary , troifiéme du nom , Marquis,
de Breves & de Jarzé , &c. Capitaine de cavalerie ,
bleffé dangereufement en 1691 , au combat de
Leufe , qui de fon fecond mariage du 30 Avril
1717 , avec Marie- Magdelaine Cholet , a eu
Paul-Louis-Jean - Baptifte- Camille de Savary-
Breves , Marquis de Jarzé , qui a épousé par contrat
du 24 Avril 1739 , Bonne Damaris de Briqueville
de la Luzerne , fille de Jean- François de-
Briqueville , Seigneur & Comte de la Luzerne , &
de Françoife-Philberte de Froulay de Teffé , fille
dur feu Maréchal de Teffé : de ce mariage eft iffu
Marie-Frauçois- Camille de Savary , Comte de
Breves , Marie-Renée- Bonne-Félicité de Savary-
Breves de Jarzé , qui donne lieu à cet article , &
Marie-Louife de Savary-Breves .
Françoife -Alexandrine de Savary- Breves , four
du Marquis de Jarzé , a épousé en 1746 , François-
Philbert de Briqueville de la Luzerne , appellé le
Comte de Briqueville , Brigadier des armées du
Roi , Enfeigne des Gardes du Corps de Sa Majesté »
if eft frere de la Marquife de Jarzé.
La Maifon de Savary porte pour armes ,
d'argent & defable.
écartelé
Voyez les Mémoires de l'Abbé de Marolles , tom.
2. p. 230 ; le Mercure François , tom. 1. p. 29. tom ..
2. p. 262 ; l'Histoire de Louis XIII. par Michel le
Vaffor tom. 3. premiere part . d . 6 ; les Mémoires
Hiftoire , de Critique de Littérature , par
M.ľAbbé d'Artigny , tom . 4. p . 345 , ¿co
K vi
228 MERCURE DE FRANCE.
Le 2 Janvier eft mort à Paris Meffire François-
Vincent Durand de Villegagnon , Marquis de
Villegagnon , âgé de 72 ans.
Le 7 Février eft mort Meffire Galiot Mandat ;
Maître des Requêtes.
Melfire Pierre de Meſmes de Ravignan , ancien
Colonel d'Infanterie , mourut le même jour âgé
de 81 ans.
Meffire Jacques- Gabriel de Chapt , Comte de
Raftignac , Baron de Luzech , eft mort le 9 à
Sarlat en Périgord dans fa 78 ° année .
ג
Meffire Charles de Secondat , Baron de Montefquieu
ancien Préfident du Parlement de
Guyenne , & l'un des quarante de l'Académie
Françoife , dont il étoit un des principaux ornemens
, mourut à Paris le 10 , âgé de 65 ans, IL
étoit de la Société royale de Londres & de l'Académie
de Berlin .
Dame Louiſe- Claire de Lamoignon , veuve de
Meffire Armand -Pierre -Marc - Antoine de Gourgues
, Maître des Requêtes , mourut à Paris le 17.
Meffire Jofeph-Nicolas Millet , Chanoine &
ancien Doyen de l'Eglife Métropolitaine de
Rheims , eft mort à Rheims le 18 dans fa 97e
année.
Damoiſelle Jeanne-Hippolite - Charlote-Marine
PEriget de la Faye , fille de feu Meffire Jean- Franfois
l'Eriget , Marquis de la Faye , eft morte le
19 au Couvent de Belle- Chaffe.
Dame Magdeleine- Henriette de Caze , veuve
de Meffire Jean- Louis Rouillé d'Orfeuil , Maître
des Requêtes , eft morte à Paris le 23.
Dame Marie Robert , veuve de Meffire François
Dauvet , Comte Defmareft , Grand Fauconnier
de France , mourut le 24 âgée de 71 ans .
Dame Magdeleine -Elizabeth Haillet , époufe
JUIN. 1755. 2.29
de Meffire Aimeri de Caffagnet , Marquis de Fi
marcon , Lieutenant général des Armées du Roi ,
eft morte le 28 dans fa 45 ° année .
Dame Genevieve Pecquot , veuve de Meflire
Charles Sevin , Marquis de Quinci , Brigadier des
Armées du Roi , Lieutenant général d'Artillerie ,
& Lieutenant du Roi dans la province d'Auvergne
, eft morte au Monaftere des Dames de fainte
Marie de Meaux , dans fa 77° année.
Pierre -Guillaume Monpefat Tremolety de Bucelly
, Marquis de Monpefat , Lieutenant de Roi
de Languedoc , eft décédé dans fon château de
Monpefat le 24 d'Avril ; il étoit devenu le chef &
l'aîné des anciens Monpefat du bas- Languedoc : il
a laiffé deux fils , l'aîné connu fous le nom de
Marquis de Monpefat , eft Lieutenant de Roi de
Languedoc , & l'un des quatre premiers Baron du
Dauphiné le fecond , eft Doyen du Chapitre de
Tarrafcon ; leur four unique avoit épousé le Marquis
de Nicolay : il y a eu de leur mariage deux
fils ; & le Marquis de Monpefat , aujourd'hui repréfentant
fon pere , a de fon mariage avec la fille
unique du Marquis d'Ugoult-Montmaur des en.
fans.
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Résumé : MORTS ET MARIAGES.
Le texte décrit des événements familiaux et historiques liés aux maisons de Maillé, Savonnières et Savary. Le 6 février, Charles-René de Maillé Latour-Landry, comte de Maillé et capitaine de dragons, a épousé Marie-Renée-Bonne-Félicité de Savary-Breves de Jarzé en présence du prince et de la princesse de Condé. La maison de Maillé est documentée dès le douzième siècle et a établi des alliances notables, notamment avec la maison de Bourbon. En 1510, Hardouin X de Maillé a hérité du comté de Châteauroux. En 1641, Louis de Bourbon, prince de Condé, a épousé Claire-Clémence de Maillé. La maison de Maillé s'est divisée en plusieurs branches, dont l'aînée porte le nom de Latour-Landry. La comtesse de Latour-Landry, mère du comte de Maillé, est héritière de la maison de Savonnières, connue depuis l'an 1100 et alliée à plusieurs familles nobles. La maison de Savary, originaire de Touraine, a servi les rois et l'État depuis le douzième siècle. Le texte mentionne également les alliances et les exploits militaires des membres de ces familles, notamment lors du siège de Philisbourg en 1734. Marie-Renée-Bonne-Félicité de Savary-Breves de Jarzé descend de Denis de Savary, seigneur de Ligny et de Breves, qui a joué un rôle diplomatique important à Constantinople et à Rome au début du XVIIe siècle. Enfin, le texte rapporte plusieurs décès notables en janvier 1755, incluant ceux de François-Vincent Durand de Villegagnon, Messire Galiot Mandat, Messire Pierre de Mesmes de Ravignan, Messire Jacques-Gabriel de Chapt, et Messire Charles de Secondat, Baron de Montesquieu.
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13737
p. 229-230
AVIS
Début :
L'eau des Sultannes se distribue toujours avec beaucoup de succès. [...]
Mots clefs :
Eau des Sultannes, Maladies de peau, Sieur Garot, Guérison, Dartres, Rougeurs
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVIS
A VIS
'Eau des Sultannes fe diftribue toujours avec.
beaucoup de fuccès. Il y a peu de femaines .
que le fieur Garot , feul poffeffeur du fecret de la
compofer , ne reçoive des lettres de province , qui.
lui font adreffées de la part des perfonnes de dif
tinction , pour des envois qu'il a foin de faire
tenir régulierement . Ces perfonnes véridiques ,»
230 MERCURE DE FRANCE.
qui font l'éloge de cette Eau , ont remarqué par
fufage qu'elles en ont fait , qu'elle poffede non'
feulement toutes les vertus annoncées déja dans le
Mercure de Juillet 1752 , mais encore celles
d'être excellente pour preffer la guérifon des éré-'
fipeles , dartres vives & farineufes , & enfin toutes
les maladies de la peau , qui ont un grand feu
pour principe.
:
>
On peut s'en fervir le matin & le foir , elle raf--
fermit la peau , l'adoucit & la fortifie confidérablement
en la blanchiffant ; elle a auffi la vertu
de rafraîchir . Elle convient non feulement aux
femmes , mais encore aux hommes qui ont le vifage
brûlé du foleil en courant la pofte , ou à la
chaffe ; il ne faut qu'imbiber un petit linge fin ,
ou une éponge avec cette Eau , & s'en étuver
pour le trouver promptement foulagé . Cette Eau
eft très - convenable dans les bains de fanté & de
propreté , on la peut mêler avec l'eau du bain , à
volonté ; lorfque l'on fera forti du bain , on peut
l'employer toute pure. On peut auffi , après s'être
bien lavé les mains & les avoir effuyées , fe les
frotter de ladite Eau pure , puis la laiffer fecher
fans les effuyer que très - légerement . Cette Eau
eft auffi très-bonne pour les taches de rouffeur &
les rougeurs de la petite verole , elle les efface entierement.
Plufieurs Seigneurs & Dames s'en fervent
actuellement . Cette Eau fe débite en plufieurs
provinces : le prix du flacon eft de 6 liv. &
le demi- flacon eft de 3 livres . Le fieur Garot prie
les perfonnes qui lui écriront , d'affranchir le port
de leur lettre . Il demeure préfentement rue Be
tízy , en entrant par la rue de la Monnoye , chez
M. Sivrie , Maître Boulanger , au milieu de l'allée
une petite porte à gauche , au premier étage.
'Eau des Sultannes fe diftribue toujours avec.
beaucoup de fuccès. Il y a peu de femaines .
que le fieur Garot , feul poffeffeur du fecret de la
compofer , ne reçoive des lettres de province , qui.
lui font adreffées de la part des perfonnes de dif
tinction , pour des envois qu'il a foin de faire
tenir régulierement . Ces perfonnes véridiques ,»
230 MERCURE DE FRANCE.
qui font l'éloge de cette Eau , ont remarqué par
fufage qu'elles en ont fait , qu'elle poffede non'
feulement toutes les vertus annoncées déja dans le
Mercure de Juillet 1752 , mais encore celles
d'être excellente pour preffer la guérifon des éré-'
fipeles , dartres vives & farineufes , & enfin toutes
les maladies de la peau , qui ont un grand feu
pour principe.
:
>
On peut s'en fervir le matin & le foir , elle raf--
fermit la peau , l'adoucit & la fortifie confidérablement
en la blanchiffant ; elle a auffi la vertu
de rafraîchir . Elle convient non feulement aux
femmes , mais encore aux hommes qui ont le vifage
brûlé du foleil en courant la pofte , ou à la
chaffe ; il ne faut qu'imbiber un petit linge fin ,
ou une éponge avec cette Eau , & s'en étuver
pour le trouver promptement foulagé . Cette Eau
eft très - convenable dans les bains de fanté & de
propreté , on la peut mêler avec l'eau du bain , à
volonté ; lorfque l'on fera forti du bain , on peut
l'employer toute pure. On peut auffi , après s'être
bien lavé les mains & les avoir effuyées , fe les
frotter de ladite Eau pure , puis la laiffer fecher
fans les effuyer que très - légerement . Cette Eau
eft auffi très-bonne pour les taches de rouffeur &
les rougeurs de la petite verole , elle les efface entierement.
Plufieurs Seigneurs & Dames s'en fervent
actuellement . Cette Eau fe débite en plufieurs
provinces : le prix du flacon eft de 6 liv. &
le demi- flacon eft de 3 livres . Le fieur Garot prie
les perfonnes qui lui écriront , d'affranchir le port
de leur lettre . Il demeure préfentement rue Be
tízy , en entrant par la rue de la Monnoye , chez
M. Sivrie , Maître Boulanger , au milieu de l'allée
une petite porte à gauche , au premier étage.
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Résumé : AVIS
L'Eau des Sultannes est un produit cosmétique et thérapeutique distribué par le sieur Garot, qui en détient le secret de fabrication. Ce produit connaît un grand succès et est demandé par des personnes distinguées à travers la province. Ses vertus ont été mentionnées dans le Mercure de Juillet 1752. L'Eau des Sultannes traite efficacement les érésipèles, les dartres vives et farineuses, et autres maladies de la peau inflammatoires. Elle raffermit, adoucit, fortifie, blanchit et rafraîchit la peau. Elle convient aux femmes et aux hommes dont le visage est brûlé par le soleil ou la chaleur, offrant un soulagement rapide lorsqu'elle est appliquée avec un linge imbibé. Utilisable dans les bains de santé et de propreté, elle peut être mélangée à l'eau du bain ou utilisée pure après le bain. Elle est également efficace contre les taches de rousseur et les rougeurs de la petite vérole. Plusieurs seigneurs et dames l'utilisent actuellement. L'Eau des Sultannes se vend en flacons de 6 livres et demi-flacons de 3 livres. Le sieur Garot réside rue Béthizy, en entrant par la rue de la Monnoye, chez M. Sivrie, Maître Boulanger, au premier étage.
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13738
p. 231
AUTRE.
Début :
Le sieur Jean Harty, Marchand Epicier-Droguiste, rue des Lombards [...]
Mots clefs :
Jean Harty, Sirop de Callebasse, Afflictions de poitrine, Rhumes, Maux de gorges, Expectoration, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
E fieur Jean Hatry , Marchand Epicier - Dro
Lguifte ,rue des Lombards à Paris , a reçu de
P'Amérique du Syrop de Callebaffe , déja connu
par les excellentes propriétés contre toutes les
affections de poitrine , comme les rhumes , les
maux de gorge , la pulmonie , la phthifie & l'afthme.
Ce Sirop , par fa qualité lubrefiante & déterfive
, fait expectorer avec beaucoup de facilité..
Le prix du flacon de pinte eft de 12 livres..
E fieur Jean Hatry , Marchand Epicier - Dro
Lguifte ,rue des Lombards à Paris , a reçu de
P'Amérique du Syrop de Callebaffe , déja connu
par les excellentes propriétés contre toutes les
affections de poitrine , comme les rhumes , les
maux de gorge , la pulmonie , la phthifie & l'afthme.
Ce Sirop , par fa qualité lubrefiante & déterfive
, fait expectorer avec beaucoup de facilité..
Le prix du flacon de pinte eft de 12 livres..
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13739
p. 231
AUTRE.
Début :
Le sieur Cartier donne avis au public qu'il continue à distribuer [...]
Mots clefs :
Sieur Cartier, Remède, Pierre et Gravelle, Guérison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E fieur Cartier donne avis au public qu'il
continue à diftribuer avec fuccès fon remede
pour la guériſon de la pierre & de la gravelle , if
envoye avec la maniere de s'en fervir les noms &
certificats des perfonnes qu'il a guéries , parmi
lefquelles il y en a deux qui ont été refondées , &
leur pierre s'eft trouvée entierement diffoute . Son
adreffe eft au College de Narbonne , rue de la
Harpe , à Paris . On affranchira le port des lettres..
E fieur Cartier donne avis au public qu'il
continue à diftribuer avec fuccès fon remede
pour la guériſon de la pierre & de la gravelle , if
envoye avec la maniere de s'en fervir les noms &
certificats des perfonnes qu'il a guéries , parmi
lefquelles il y en a deux qui ont été refondées , &
leur pierre s'eft trouvée entierement diffoute . Son
adreffe eft au College de Narbonne , rue de la
Harpe , à Paris . On affranchira le port des lettres..
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13740
p. 231-232
AUTRE.
Début :
Il n'est pas surprenant que depuis quinze à vingt ans tant de [...]
Mots clefs :
Chocolat, Excellence
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
L n'eft pas furprenant que depuis quinze à vinge
nifeftées , étant devenu fort à la mode. Nous en
offrons au public une qui a l'applaudiffement de
232 MERCURE DE FRANCE.
tous ceux qui s'en font fervis , parce qu'elle rend
-le-Chocolat plus délicat & beaucoup plus onс-
tueux , ce qui vient d'une nouvelle machine qui
le broye avec plus de fuccès qu'on ne l'avoit fait
jufqu'aujourd'hui . L'on s'adreffera chez le fieur
Cartier , à l'Arſenal de Paris , dans la cour de la
Bastille. Toutes les grandes maifons feront foi de
l'excellence de ce Chocolat.
L n'eft pas furprenant que depuis quinze à vinge
nifeftées , étant devenu fort à la mode. Nous en
offrons au public une qui a l'applaudiffement de
232 MERCURE DE FRANCE.
tous ceux qui s'en font fervis , parce qu'elle rend
-le-Chocolat plus délicat & beaucoup plus onс-
tueux , ce qui vient d'une nouvelle machine qui
le broye avec plus de fuccès qu'on ne l'avoit fait
jufqu'aujourd'hui . L'on s'adreffera chez le fieur
Cartier , à l'Arſenal de Paris , dans la cour de la
Bastille. Toutes les grandes maifons feront foi de
l'excellence de ce Chocolat.
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Résumé : AUTRE.
Une nouvelle méthode de préparation du chocolat, utilisant une machine innovante, a gagné en popularité ces quinze à vingt dernières années. Ce chocolat, plus délicat et coûteux, est acclamé par tous les dégustateurs et le Mercure de France. Il est disponible chez le sieur Cartier, à l'Arsenal de Paris, cour de la Bastille. Plusieurs grandes maisons en attestent l'excellence.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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13741
p. 232-234
AUTRE.
Début :
Duchesne, Libraire, rue saint Jacques, au-dessous de la Fontaine saint Benoît [...]
Mots clefs :
Librairie, Ouvrages, Prochaines parutions
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE .
Duchefne me faint equis ',
Uchefne , Libraire , rue faint Jacques , auau
Temple du Goût , vient de mettre en vente :
La fuite de la Bibliothéque amufante & inftructive
, 2 vol . in- 12. reliés 5 liv .
Le tome troisieme eft fous preffe.
La Baguette myftérieufe , ou Hiftoire d'Abizaï ,
deux parties brochées , 2 liv.
Lettre critique de l'Hiftoire univerfelle de M.
de Voltaire , par M. B. in- 12 . 1 liv.
Trois Differtations de M. l'Abbé Coyer , Ia
premiere fur le mot dé Patrie , la feconde fur la
nature du Peuple , & la troifieme fur les Religions
Grecque & Romaine , in - 12 . relié 2 liv.
Eclairciffemens effentiels pour préferver les
dents de la carie , & les conferver jufqu'à l'extrême
vieilleffe , par M. de l'Eclufe , brochure , 12 f.
Entretiens fur les Romans , ouvrage moral &
critique , avec une Table alphabétique des anciens
& nouveaux Romans , in- 12 . relié 3 liv.
Une nouvelle édition de l'Effai fur l'Architecture
, par le Pere Laugier , augmentée confidérablement
, avec un Dictionnaire des termes & des f
gures , in- 8°. relié 6 liv.
JUIN. 1755. 233
La feconde partie des Effais hiftoriques fur
Paris , par M. de Saintfoix , la partie , 1 liv. 16 f.
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allemande , par M. de Rivery , in - 12 . belles
vignettes , 2 liv . 10 £
Les faux Pas ou Mémoires vrais ou vrai→
femblables , de la Baronne de ... 2 parties brochées
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Hiftoire de Simonide & du fiecle où il a vêcu ;
avec des éclairciffemens chronologiques ; par M.
de Boiffy fils , deux parties brochées , 2 1. 1o f.
Recueil général de tout ce qui a été publié fur
la ville d'Herculane , in- 12 . broché 2 liv .
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Hiftoire d'une jeune fille fauvage trouvée dans
les bois à l'âge de dix ans , in - 12. broché 1 liv.
Mémoires du Comte de Banefton , par M. de
Forceville , deux parties , broché 2 liv. 10 f.
La Médecine expérimentale , ou le réſultat des
nouvelles Obfervations pratiques & anatomiques ,
par M. Thiery , Médecin de l'Empereur , in- 12 .
relié 2 liv. 10 f.
Mémoires du Chevalier d'Herban , deux parties
in- 12. 2 1.
Nouveaux fujets de Peinture & Sculpture , par
M. le Comte de C ... in- 12 . brochure , 1 liv.
La Pleyade françoife , ou l'efprit des fept grands
Poëtes François , en forme de Dictionnaire ,
2 vol. petit format , reliés , liv .
Le Paffe- tems des Moufquetaires , ou le tems
perdu , in-12 . 1 liv. 10 f.
Triomphe de l'Amour , ou le Serpent caché
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deux parties.
Traité de la Diction françoife , par M. E ...
de l'Académie des Sciences de Montpellier , in-12 .
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Les Troyennes de Champagne , Parodie.
Les Jumeaux , Parodie.
Jerôme & Fanchonette , Parodie.
Les jeunes Mariés , Opéra- Comique.
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La Baguette myftérieufe , ou Hiftoire d'Abizaï ,
deux parties brochées , 2 liv.
Lettre critique de l'Hiftoire univerfelle de M.
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Trois Differtations de M. l'Abbé Coyer , Ia
premiere fur le mot dé Patrie , la feconde fur la
nature du Peuple , & la troifieme fur les Religions
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JUIN. 1755. 233
La feconde partie des Effais hiftoriques fur
Paris , par M. de Saintfoix , la partie , 1 liv. 16 f.
Fables & Contes , avec un Difcours fur la littérature
allemande , par M. de Rivery , in - 12 . belles
vignettes , 2 liv . 10 £
Les faux Pas ou Mémoires vrais ou vrai→
femblables , de la Baronne de ... 2 parties brochées
, 2 liv. 10 f. <
Hiftoire de Simonide & du fiecle où il a vêcu ;
avec des éclairciffemens chronologiques ; par M.
de Boiffy fils , deux parties brochées , 2 1. 1o f.
Recueil général de tout ce qui a été publié fur
la ville d'Herculane , in- 12 . broché 2 liv .
I
Hiftoire d'une jeune fille fauvage trouvée dans
les bois à l'âge de dix ans , in - 12. broché 1 liv.
Mémoires du Comte de Banefton , par M. de
Forceville , deux parties , broché 2 liv. 10 f.
La Médecine expérimentale , ou le réſultat des
nouvelles Obfervations pratiques & anatomiques ,
par M. Thiery , Médecin de l'Empereur , in- 12 .
relié 2 liv. 10 f.
Mémoires du Chevalier d'Herban , deux parties
in- 12. 2 1.
Nouveaux fujets de Peinture & Sculpture , par
M. le Comte de C ... in- 12 . brochure , 1 liv.
La Pleyade françoife , ou l'efprit des fept grands
Poëtes François , en forme de Dictionnaire ,
2 vol. petit format , reliés , liv .
Le Paffe- tems des Moufquetaires , ou le tems
perdu , in-12 . 1 liv. 10 f.
Triomphe de l'Amour , ou le Serpent caché
fous les fleurs , fuivi de la brochure à la mode ,
deux parties.
Traité de la Diction françoife , par M. E ...
de l'Académie des Sciences de Montpellier , in-12 .
2 liv.
1
234 MERCURE DE FRANCE.
La nouvelle édition de Telliamed , confidérablement
augmentée de plufieurs pieces relatives à
l'ouvrage , & de la vie de l'auteur , 2 vol. in - 12 .
liv.
Le Recueil des OEuvres de M. Vadé , 2 vol.
in-8°. 10 liv.
*
Le Recueil des pieces qui ont été repréſentées
fur le théâtre de l'Opéra- Comique depuis fon
rétabliſſement , 3 vol . in - 8 ° . avec les airs notés
Is liv.
Les Troyennes de Champagne , Parodie.
Les Jumeaux , Parodie.
Jerôme & Fanchonette , Parodie.
Les jeunes Mariés , Opéra- Comique.
La Folie & l'Amour , Comédie.
Les Tuteurs , Comédie.
"
On trouve chez le même Libraire un aſſortiment
de Livres, tant anciens que nouveaux , de France
& du pays étranger ; pareillement un affortiment
général des Théatres & Pieces détachées , &plu➡
fieurs Recueils , de Mufique.
LIVRES fous preffe qui ne tarderont pas
à paroître.
Tableau de l'Empire Ottoman , 12.
Projet des Embelliffemens de Paris , par M.
Delagrave.
Les pieces dérobées de M. l'Abbé de Lattaignant
, 4
vol. in- 12.
Les OEuvres de M. Piron , 3 vol. in-12.
Hiftoire intéreffante du Nord , in-12. 3 vol.
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Résumé : AUTRE.
En juin 1755, un libraire situé rue Saint-Jacques, au Temple du Goût, annonce la vente de divers ouvrages. Parmi les livres disponibles figurent 'La fuite de la Bibliothèque amusante & instructive' en deux volumes, 'La Baguette mystérieuse, ou Histoire d'Abizaï' en deux parties, une lettre critique sur l'Histoire universelle de Voltaire, des dissertations de l'abbé Coyer, un traité pour préserver les dents, des entretiens sur les romans, une nouvelle édition de l'Essai sur l'Architecture, et plusieurs mémoires et histoires, tels que ceux de Simonide, d'une jeune fille sauvage, du comte de Baneston, et du chevalier d'Herban. Le libraire propose aussi des recueils de pièces de théâtre et de musique, ainsi qu'un assortiment de livres anciens et nouveaux. Des ouvrages en préparation incluent un 'Tableau de l'Empire Ottoman', un 'Projet des Embellissements de Paris', les œuvres de l'abbé de Lattaignant, celles de Piron, et une 'Histoire intéressante du Nord'.
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13742
p. 235
AUTRE.
Début :
Le sieur Maupillier l'aîné, surnommé l'Indien, autrefois Chrirugien des Hôpitaux du Roi, [...]
Mots clefs :
Baume nerval, Rhumatismes, Entorses, Piqûres, Articulations, Guérison
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E fieur Maupillier l'aîné , furnommé l'Indien ,
Lautrefois
autrefois Chirurgien des Hôpitaux du Roi ,
ancien Chirurgien- major de la Compagnie des
Indes , Chirurgien reçu à Paris , P. Angers , &
aggrégé à Saint- Germain-en- Laye , où il demeure
, rue de Poiffy , eft inventeur d'un baume nerval
, fpécifique pour toutes les douleurs rhumatiffantes
, foit du cuir chevelu , ou de fciatique,
'goutte froide des articles , entorfes , débilité ,
piquures , foulures , meurtriffures des nerfs , des
tendons , des ligamens , &c.
Ce baume a été éprouvé avec fuccès à l'Hôtel
royal des Invalides , a l'Hôpital de la Salpétriere
à Paris , & c.
Les pots en fayence font de trois & de fix onces
, les uns font de fix livres , & les autres de
trois livres.
On n'en fera point d'envois en province que
pour une livre & demie ; on aura foin d'affranchir
les ports de lettres & de l'argent , & on aura celui
de faire enrégiftrer ce médicament à fon adreffe
dans les Meffageries. Ce baume fe vend chez M.
Gambés , Diſtillateur dans l'Abbaye S. Germain
des Prés à Paris ; ou chez l'aureur , à Saint-Germain-
en- Laye.
E fieur Maupillier l'aîné , furnommé l'Indien ,
Lautrefois
autrefois Chirurgien des Hôpitaux du Roi ,
ancien Chirurgien- major de la Compagnie des
Indes , Chirurgien reçu à Paris , P. Angers , &
aggrégé à Saint- Germain-en- Laye , où il demeure
, rue de Poiffy , eft inventeur d'un baume nerval
, fpécifique pour toutes les douleurs rhumatiffantes
, foit du cuir chevelu , ou de fciatique,
'goutte froide des articles , entorfes , débilité ,
piquures , foulures , meurtriffures des nerfs , des
tendons , des ligamens , &c.
Ce baume a été éprouvé avec fuccès à l'Hôtel
royal des Invalides , a l'Hôpital de la Salpétriere
à Paris , & c.
Les pots en fayence font de trois & de fix onces
, les uns font de fix livres , & les autres de
trois livres.
On n'en fera point d'envois en province que
pour une livre & demie ; on aura foin d'affranchir
les ports de lettres & de l'argent , & on aura celui
de faire enrégiftrer ce médicament à fon adreffe
dans les Meffageries. Ce baume fe vend chez M.
Gambés , Diſtillateur dans l'Abbaye S. Germain
des Prés à Paris ; ou chez l'aureur , à Saint-Germain-
en- Laye.
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Résumé : AUTRE.
Fleur Maupillier, dit 'l'Indien', est un ancien chirurgien des hôpitaux du roi, chirurgien-major de la Compagnie des Indes, et chirurgien agréé à Paris et Saint-Germain-en-Laye. Il a inventé un baume nerveux efficace contre diverses douleurs rhumatismales, telles que celles du cuir chevelu, la sciatique, la goutte, les entorses, la faiblesse musculaire, les piqûres, les foulures et les contusions des nerfs, tendons et ligaments. Ce baume a été testé avec succès à l'Hôtel royal des Invalides et à l'Hôpital de la Salpêtrière à Paris. Il est disponible en pots de trois et six onces, six livres et trois livres. Les envois en province sont limités à une livre et demie par envoi. Les frais de port et d'argent sont à la charge de l'expéditeur, mais le médicament peut être enregistré à l'adresse du destinataire dans les messageries. Le baume est vendu chez Monsieur Gambès, distillateur à l'Abbaye Saint-Germain-des-Prés à Paris, ou chez l'auteur à Saint-Germain-en-Laye.
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13743
p. 236
AUTRE.
Début :
L'elixir de Garrus, dont tout le monde connoit les excellentes propriétés, se vend [...]
Mots clefs :
Elixir de Garrus
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE
'Elixir de Garrus, dont tout le monde connoît
les excellentes propriétés , fe vend à préfent
chez Mme Garrus , rue de la Sourdiere , maifon
de Mme Hachette , à côté du petit hôtel S. Jean.
'Elixir de Garrus, dont tout le monde connoît
les excellentes propriétés , fe vend à préfent
chez Mme Garrus , rue de la Sourdiere , maifon
de Mme Hachette , à côté du petit hôtel S. Jean.
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13744
p. 236-238
AUTRE.
Début :
Fauvel, expert, reçu à S. Côme pour les hernies ou descentes, traite ces maladies [...]
Mots clefs :
Bandage, Hernies, Ivoire, Urinoirs portatifs, Porte ventre, Levier de Roouhuissen
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Fauvel , expert,reçu à S. Côme pour lesher
nies ou defcentes , traite ces maladies par l'application
d'une nouvelle efpece de bandage d'ivoi
re qu'il a inventé .
Ce bandage convient aux perfonnes de tout àge
& de tout fexe ; il excelle fur-tout pour les hernies
naiflantes qu'il guérit radicalement & en peu
'de tems.
Ce bandage étant fans fer ni acier , a l'avanta
ge
fur ceux qu'on emploie communement d'être
très-léger , & de faire très- peu de volume ; il n'eſt
pas fujet à écorcher ni à ufer le linge qui porte
deffus , enfin on couche avec lui fans en être gêné
, & on n'eſt pas obligé de le quitter dans aucun
exercice que ce foit : un feul fuffit pour la vie ,
& il eft aifé d'un bandage fimple d'en faire un
double fans rien changer au premier , auquel on
ajoute un fecond écuffon d'ivoire , qui s'approche
ou s'écarte à volonté. Ceux du nombril &
autres parties du ventre font auffi d'ivoire.
Il fait des peffaires d'ivoire & de cire pour la
chûte de la matrice ; il en fait d'ivoire & à reffort
pour la chûte de l'anus ; il fait aufli pour l'un &
JUIN 1755 237
Pautre fexe des refforts & machines pour empêcher
l'écoulement involontaire des urines.
Il fait des urinoirs portatifs pour ceux qui font
obligés de refter long-tems dans la même place ,
comme les Eccléfiaftiques , les gens de robes , &
ceux qui vont en voitures ; il en fait auffi de trèscommodes
pour l'un & l'autre fexe , qui fe mettent
dans la poche , fans laiffer répandre une feule
goutte d'urine.
Il fait des portes- ventre très-légers , tant pour
les femmes enceintes , que pour les perfonnes
graffes , & celles qui ont la difpofition à avoir
un gros ventre parce qu'ils empêchent les
mufcles du bas- ventre de s'étendre outre
mefure.
>
Il fait une machine très-commode pour cacher
la fiftule l'acrimale ; des croix , des colliers , &
des botines pour les enfans qui en ont befoin ; il
fait des fufpenfoirs de toutes façons ; & généralement
tout ce qui concerne la guériſon , ou le
foulagement de toutes les maladies fufdites.
Il fait en ivoire le lévier de Roouhuiffen pour
les accouchemens difficiles , qui eft beaucoup
plus commode & plus fimple que celui de fer
dont fe fervoit ce fameux Accoucheur , & ne cauſe
pas
d'effroi comme font les ferremens .
Les malades de provinces qui lui écriront , font
priés de bien expliquer leurs maladies. A l'égard
de celles qui exigent l'application des bandages ,
il faut qu'on envoye la groffeur de la perfonne ,
qu'on explique la place ainfi que le volume de la
hernie ; s'il y en a deux , il faut fpécifier celle
qui eft la plus groffe , marquer fi le malade eft
maigre ou en embonpoint , fi les aînes font
creuſes , ou élevées , & affranchir les lettres,
238 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Fauvel demeure à préfent rue Macon ;
entre le Pont Saint-Michel & S. André des- Artsa
an Bandage d'ivoire , à Paris.
Fauvel , expert,reçu à S. Côme pour lesher
nies ou defcentes , traite ces maladies par l'application
d'une nouvelle efpece de bandage d'ivoi
re qu'il a inventé .
Ce bandage convient aux perfonnes de tout àge
& de tout fexe ; il excelle fur-tout pour les hernies
naiflantes qu'il guérit radicalement & en peu
'de tems.
Ce bandage étant fans fer ni acier , a l'avanta
ge
fur ceux qu'on emploie communement d'être
très-léger , & de faire très- peu de volume ; il n'eſt
pas fujet à écorcher ni à ufer le linge qui porte
deffus , enfin on couche avec lui fans en être gêné
, & on n'eſt pas obligé de le quitter dans aucun
exercice que ce foit : un feul fuffit pour la vie ,
& il eft aifé d'un bandage fimple d'en faire un
double fans rien changer au premier , auquel on
ajoute un fecond écuffon d'ivoire , qui s'approche
ou s'écarte à volonté. Ceux du nombril &
autres parties du ventre font auffi d'ivoire.
Il fait des peffaires d'ivoire & de cire pour la
chûte de la matrice ; il en fait d'ivoire & à reffort
pour la chûte de l'anus ; il fait aufli pour l'un &
JUIN 1755 237
Pautre fexe des refforts & machines pour empêcher
l'écoulement involontaire des urines.
Il fait des urinoirs portatifs pour ceux qui font
obligés de refter long-tems dans la même place ,
comme les Eccléfiaftiques , les gens de robes , &
ceux qui vont en voitures ; il en fait auffi de trèscommodes
pour l'un & l'autre fexe , qui fe mettent
dans la poche , fans laiffer répandre une feule
goutte d'urine.
Il fait des portes- ventre très-légers , tant pour
les femmes enceintes , que pour les perfonnes
graffes , & celles qui ont la difpofition à avoir
un gros ventre parce qu'ils empêchent les
mufcles du bas- ventre de s'étendre outre
mefure.
>
Il fait une machine très-commode pour cacher
la fiftule l'acrimale ; des croix , des colliers , &
des botines pour les enfans qui en ont befoin ; il
fait des fufpenfoirs de toutes façons ; & généralement
tout ce qui concerne la guériſon , ou le
foulagement de toutes les maladies fufdites.
Il fait en ivoire le lévier de Roouhuiffen pour
les accouchemens difficiles , qui eft beaucoup
plus commode & plus fimple que celui de fer
dont fe fervoit ce fameux Accoucheur , & ne cauſe
pas
d'effroi comme font les ferremens .
Les malades de provinces qui lui écriront , font
priés de bien expliquer leurs maladies. A l'égard
de celles qui exigent l'application des bandages ,
il faut qu'on envoye la groffeur de la perfonne ,
qu'on explique la place ainfi que le volume de la
hernie ; s'il y en a deux , il faut fpécifier celle
qui eft la plus groffe , marquer fi le malade eft
maigre ou en embonpoint , fi les aînes font
creuſes , ou élevées , & affranchir les lettres,
238 MERCURE DE FRANCE.
Le fieur Fauvel demeure à préfent rue Macon ;
entre le Pont Saint-Michel & S. André des- Artsa
an Bandage d'ivoire , à Paris.
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Résumé : AUTRE.
Fauvel, expert en traitement des hernies et autres maladies, a inventé un bandage en ivoire adapté à tous les âges et sexes, particulièrement efficace pour les hernies naissantes. Ce bandage est léger, ne gêne pas le port de vêtements et peut être ajusté facilement. Il fabrique également des dispositifs en ivoire et en cire pour traiter la chute de la matrice et de l'anus, ainsi que des appareils pour prévenir l'écoulement involontaire des urines. Fauvel propose des urinoirs portatifs pour diverses professions et situations, ainsi que des porte-ventre légers pour les femmes enceintes et les personnes ayant une disposition à un gros ventre. Il crée aussi des instruments pour cacher la fistule anale, des accessoires pour enfants, et divers autres dispositifs pour le soulagement des maladies mentionnées. Pour les accouchements difficiles, il utilise un levier en ivoire, plus simple et moins effrayant que ceux en fer. Les patients de province sont invités à décrire précisément leurs maladies et, pour les cas nécessitant des bandages, à fournir des mesures spécifiques. Fauvel réside actuellement rue Macon, entre le Pont Saint-Michel et Saint-André-des-Arts à Paris.
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13745
p. 238
APPROBATION.
Début :
J'ai lû, par ordre de Monseigneur le Chancelier, le second volume [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : APPROBATION.
APPROBATION.
"Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier
, le fecond volume du Mercure de Juin ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 16 Juin 1755.
GUIROY.
"Ai lu , par ordre de Monfeigneur le Chancelier
, le fecond volume du Mercure de Juin ,
& je n'y ai rien trouvé qui puiffe en empêcher
l'impreffion. A Paris , ce 16 Juin 1755.
GUIROY.
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13746
p. 238-240
TABLE DES ARTICLES.
Début :
Article premier. Pieces Fugitives en Vers et en Prose. Response de M. [...]
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texteReconnaissance textuelle : TABLE DES ARTICLES.
TABLE DES ARTICLES.
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
REponſede M. Defmahis à M. de Margency,
page 7
Les Donneurs d'idées , Badinage inſtructif adreſſé
à M. de Boiffy,
II
Vers fur la mort de M. le Maréchal de Lowendalh,
Madrigal ,
20
ibid.
21
Vers à Mlle de Luffan , à l'occafion de fa penfion
fur le Mercure , par un de fes amis ,
Portraits de cing fameux Peintres Romains ,
Voyage de Dijon à Paris , fait en 1746 ,
Réflexions de M. de Marivaux ,
22
25
46
Vers à M.L. C. de *** fur des flambeaux de Saxe
qu'elle avoit envoyés myftérieufement à Mme
de SZ
239
Mots des Enigmes & des Logogryphes du Mer
cure de Juin ,
Chanfon de Table ,
Enigme & Logogryphe ,
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
59
60
63
Extraits , Précis ou Indications des Livres nouveaux
,
66
Sujets propofés par l'Académie royale des Sciences
& Beaux Arts de Pau , 77
Lettre de M. Gentil en réponſe à la Lettre de M.
le Tellier >
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
78
85
Algébre. Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Méthode de Solution du Problême d'Algebre appliqué
à la fcience de la guerre , annoncé dans
le Mercure de Mai dernier ,
Médecine. Obfervations de M. Peffault de la Tour,
Médecin à Beaufort , fur un mémoire de M. Le
Cat ,
88
96.
Chirurgie. A Meffieurs de l'Académie royale de
Chirurgie , 106
Lettre de M. Defcaftans à M. Dupuy , Maître en
Chirurgie
120
Agriculture. Obfervations fur les vignes de 1754 ,
faites dans le Bordelois ,
ART. IV. BEAUX ARTS.
134
Sculpture. Lettre de M. Voifin , Avocat au Parlement
de Paris , à M. le Comte de Treffan , 129
Gravure ,
Architecture. Lettre de M à M. le Comte de
Ch, fur le Louvre ,
....
140
144
240
Horlogerie. Avertiffement du fieur le Mazurier
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe ,
Extrait de Philoctete ,
Comédie Italienne ,
ISO
179
180
195
Concert fpirituel ,
203
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 203
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. 21E
>
Bénéfices donnés
219
Mariage & Morts , 221
Avis divers , -228
ARTICLE PREMIER.
PIECES FUGITIVES EN VERS ET EN PROSE.
REponſede M. Defmahis à M. de Margency,
page 7
Les Donneurs d'idées , Badinage inſtructif adreſſé
à M. de Boiffy,
II
Vers fur la mort de M. le Maréchal de Lowendalh,
Madrigal ,
20
ibid.
21
Vers à Mlle de Luffan , à l'occafion de fa penfion
fur le Mercure , par un de fes amis ,
Portraits de cing fameux Peintres Romains ,
Voyage de Dijon à Paris , fait en 1746 ,
Réflexions de M. de Marivaux ,
22
25
46
Vers à M.L. C. de *** fur des flambeaux de Saxe
qu'elle avoit envoyés myftérieufement à Mme
de SZ
239
Mots des Enigmes & des Logogryphes du Mer
cure de Juin ,
Chanfon de Table ,
Enigme & Logogryphe ,
ART. II . NOUVELLES LITTERAIRES.
59
60
63
Extraits , Précis ou Indications des Livres nouveaux
,
66
Sujets propofés par l'Académie royale des Sciences
& Beaux Arts de Pau , 77
Lettre de M. Gentil en réponſe à la Lettre de M.
le Tellier >
ART. III. SCIENCES ET BELLES LETTRES.
78
85
Algébre. Lettre à l'Auteur du Mercure ,
Méthode de Solution du Problême d'Algebre appliqué
à la fcience de la guerre , annoncé dans
le Mercure de Mai dernier ,
Médecine. Obfervations de M. Peffault de la Tour,
Médecin à Beaufort , fur un mémoire de M. Le
Cat ,
88
96.
Chirurgie. A Meffieurs de l'Académie royale de
Chirurgie , 106
Lettre de M. Defcaftans à M. Dupuy , Maître en
Chirurgie
120
Agriculture. Obfervations fur les vignes de 1754 ,
faites dans le Bordelois ,
ART. IV. BEAUX ARTS.
134
Sculpture. Lettre de M. Voifin , Avocat au Parlement
de Paris , à M. le Comte de Treffan , 129
Gravure ,
Architecture. Lettre de M à M. le Comte de
Ch, fur le Louvre ,
....
140
144
240
Horlogerie. Avertiffement du fieur le Mazurier
ART. V. SPECTACLES.
Comédie Françoiſe ,
Extrait de Philoctete ,
Comédie Italienne ,
ISO
179
180
195
Concert fpirituel ,
203
ARTICLE VI.
Nouvelles étrangeres , 203
Nouvelles de la Cour , de Paris , & c. 21E
>
Bénéfices donnés
219
Mariage & Morts , 221
Avis divers , -228
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Résumé : TABLE DES ARTICLES.
Le document présente une table des articles d'une publication divisée en six sections. La première, 'Pièces fugitives en vers et en prose', regroupe des œuvres littéraires variées comme des réponses, des badinages, des madrigaux, des portraits, des réflexions et des énigmes, signées par des auteurs tels que M. Defmahis, M. de Margency, M. de Boiffy et M. de Marivaux. La deuxième section, 'Nouvelles littéraires', contient des extraits de livres récents, des sujets proposés par l'Académie royale des Sciences et Beaux-Arts de Pau, et une lettre de M. Gentil adressée à M. le Tellier. La troisième section, 'Sciences et Belles Lettres', explore des thèmes comme l'algèbre, la médecine, la chirurgie et l'agriculture, avec des contributions de M. Peffault de la Tour et M. Descastans. La quatrième section, 'Beaux Arts', traite de la sculpture, de la gravure, de l'architecture et de l'horlogerie, incluant des lettres de M. Voisin et M. le Mazurier. La cinquième section, 'Spectacles', propose des extraits de pièces de théâtre françaises et italiennes ainsi que des concerts spirituels. Enfin, la sixième section, 'Nouvelles étrangères', relate les nouvelles de la cour, de Paris, les bénéfices donnés, les mariages et décès, et divers avis.
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13747
p. 240
« De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
Début :
De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « De l'Imprimerie de Ch. A.Jombert. [...] »
De L'Imprimeriede Ch, A. JOMBERT,
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13748
s. p.
AVERTISSEMENT.
Début :
Le Bureau du Mercure est chez M. LUTTON, Avocat, & Greffier-Commis [...]
Mots clefs :
Bureau du Mercure, Abonnés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AVERTISSEMENT.
AVERTISSEMENT.
LE Bureau du Mercure eft cher M.
LUTTON , Avocat , & Greffier- Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis au
recouvrement du Mercure , rue Sainte Anne ,
Butte Saint Roch , entre deux Selliers.
C'est à lui qu'on prie d'adreſſer , francs
de port , les paquets & lettres , pour remettre
quant à la partie littéraire , à M. de Boiffy ,
Auteur du Mercure.
Le prix eft de 36 fols , mais l'on ne payera
d'avance , en s'abonnant , que 21 livres pour
l'année , à raison de quatorze volumes . Les
volumes d'extraordinaire feront également de
30fols pour les Abonnés , & fe payeront avec
l'année qui les fuivra.
Les perfonnes de province auxquelles on
lenverra par la pofte , payeront 31 livres
10 fols d'avance en s'abonnant , & elles le
recevront franc de port.
Celles qui auront des occafions pour le faire
venir , ou qui prendront lesfrais du port fur
leur compte , ne payeront qu'à raison de 30
fals par volume , c'est-à- dire 21 livres d'a
vance , en s'abonnant pour l'année , fans les
extraordinaires .
Les Libraires des provinces ou des pays
A ij
étrangers, qui voudront faire venir le Merà
cure , écriront à l'adreffe ci - deſſus.
On Supplie les perfonnes des provinces d'envoyerpar
la pofte , enpayant le droit , le prix
de leur abonnement , ou de donner leurs ordres,
afin que le payement en foit fait d'avance au
Bureau.
Les paquets qui ne feront pas affranchis ,
refteront au rebut.
L'on trouvera toujours quelqu'un en état
de répondre chez le fieur Lutton ; & il obfervera
de refter à fon Bureau les Mardi ,
Mercredi & Jeudi de chaque femaine , aprèsmidi.
On peut fe procurer par la voie du Mer
les autres Journaux , ainſi que les Livres
, Estampes & Mufique qu'ils annoncent,
LE Bureau du Mercure eft cher M.
LUTTON , Avocat , & Greffier- Commis
au Greffe Civil du Parlement , Commis au
recouvrement du Mercure , rue Sainte Anne ,
Butte Saint Roch , entre deux Selliers.
C'est à lui qu'on prie d'adreſſer , francs
de port , les paquets & lettres , pour remettre
quant à la partie littéraire , à M. de Boiffy ,
Auteur du Mercure.
Le prix eft de 36 fols , mais l'on ne payera
d'avance , en s'abonnant , que 21 livres pour
l'année , à raison de quatorze volumes . Les
volumes d'extraordinaire feront également de
30fols pour les Abonnés , & fe payeront avec
l'année qui les fuivra.
Les perfonnes de province auxquelles on
lenverra par la pofte , payeront 31 livres
10 fols d'avance en s'abonnant , & elles le
recevront franc de port.
Celles qui auront des occafions pour le faire
venir , ou qui prendront lesfrais du port fur
leur compte , ne payeront qu'à raison de 30
fals par volume , c'est-à- dire 21 livres d'a
vance , en s'abonnant pour l'année , fans les
extraordinaires .
Les Libraires des provinces ou des pays
A ij
étrangers, qui voudront faire venir le Merà
cure , écriront à l'adreffe ci - deſſus.
On Supplie les perfonnes des provinces d'envoyerpar
la pofte , enpayant le droit , le prix
de leur abonnement , ou de donner leurs ordres,
afin que le payement en foit fait d'avance au
Bureau.
Les paquets qui ne feront pas affranchis ,
refteront au rebut.
L'on trouvera toujours quelqu'un en état
de répondre chez le fieur Lutton ; & il obfervera
de refter à fon Bureau les Mardi ,
Mercredi & Jeudi de chaque femaine , aprèsmidi.
On peut fe procurer par la voie du Mer
les autres Journaux , ainſi que les Livres
, Estampes & Mufique qu'ils annoncent,
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Résumé : AVERTISSEMENT.
Le document est un avertissement concernant l'abonnement au Mercure. Les abonnés doivent envoyer leurs paquets et lettres à M. Lutton, avocat et greffier-commis au Greffe Civil du Parlement, rue Sainte Anne, Butte Saint Roch. Pour les correspondances littéraires, l'adresse est M. de Boiffy, auteur du Mercure. Le prix annuel de l'abonnement est de 36 sols, mais il est réduit à 21 livres pour quatorze volumes en s'abonnant à l'avance. Les volumes extraordinaires coûtent 30 sols pour les abonnés et sont payés avec l'année suivante. Les résidents de province payent 31 livres 10 sols à l'avance et reçoivent les envois franc de port. Ceux qui préfèrent prendre en charge les frais de port paient 30 sols par volume, soit 21 livres à l'avance pour l'année, sans les extraordinaires. Les libraires des provinces ou des pays étrangers doivent écrire à l'adresse indiquée pour recevoir le Mercure. Les personnes de province sont priées d'envoyer le prix de leur abonnement par la poste en payant le droit ou de donner des ordres pour un paiement anticipé. Les paquets non affranchis seront rejetés. M. Lutton est disponible à son bureau les mardi, mercredi et jeudi après-midi. Le Mercure permet également de se procurer d'autres journaux, ainsi que des livres, estampes et musique annoncés.
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13749
p. 5-6
A M. L'ABBÉ DE *** Par Madame de ***.
Début :
Vous en répondrez devant Dieu [...]
Mots clefs :
Abbé, Dieu
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texteReconnaissance textuelle : A M. L'ABBÉ DE *** Par Madame de ***.
A M. L'ABBÉ DE ***
Par Madame de ***
Vous en répondrez devant Dies
De m'avoir trop ennorgueillie ;
Entre la Balourdife & l'efprit de faillie,
Javois pris un jufte milien :
Sans ofer me coëffer du poëtique liere ;
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
>
Contente de fçavoir , & penfer & fentir,
Abbé , je fourniffois ma modefte carriere
Et vous m'en avez fait fortir.
A de la profe mal rimée ,
Qui m'échappe à tort à travers
Je n'étois point accoutumée
A prodiguer le nom de vers :
Mais vaine de votre fuffrage •
J'ai dit: verfifions ....Il fe peut après tout ,
Que d'un talent en moi le germe fe dégage ,
J'en dois croire le Dieu du goût.
J'invoque vainement les Mufes & les graces ,
Vous feul donnez au bon le coloris du beau ;
Des Térences & des Horaces A
J'apperçois bien en vous l'affemblage nouveau ,
Mais tel modele à fuivre eft un pefant fardeau
Si vous m'appellez fur vos traces ,
Au moins de l'ignorance ôtez moi le bandeau."
Chaque habitant de la voûte azurée
Vient vous feconder à fon tour :
Moi par aucun je ne fuis infpirée.
Le Dieu qui difpenfe le jour ,
Momus , Minerve , Cithérée ,
Dans votre cabinet ont fixé leur fejour ,
Et votre plume fut tirée
D'une des aîles de l'amour.
Par Madame de ***
Vous en répondrez devant Dies
De m'avoir trop ennorgueillie ;
Entre la Balourdife & l'efprit de faillie,
Javois pris un jufte milien :
Sans ofer me coëffer du poëtique liere ;
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
>
Contente de fçavoir , & penfer & fentir,
Abbé , je fourniffois ma modefte carriere
Et vous m'en avez fait fortir.
A de la profe mal rimée ,
Qui m'échappe à tort à travers
Je n'étois point accoutumée
A prodiguer le nom de vers :
Mais vaine de votre fuffrage •
J'ai dit: verfifions ....Il fe peut après tout ,
Que d'un talent en moi le germe fe dégage ,
J'en dois croire le Dieu du goût.
J'invoque vainement les Mufes & les graces ,
Vous feul donnez au bon le coloris du beau ;
Des Térences & des Horaces A
J'apperçois bien en vous l'affemblage nouveau ,
Mais tel modele à fuivre eft un pefant fardeau
Si vous m'appellez fur vos traces ,
Au moins de l'ignorance ôtez moi le bandeau."
Chaque habitant de la voûte azurée
Vient vous feconder à fon tour :
Moi par aucun je ne fuis infpirée.
Le Dieu qui difpenfe le jour ,
Momus , Minerve , Cithérée ,
Dans votre cabinet ont fixé leur fejour ,
Et votre plume fut tirée
D'une des aîles de l'amour.
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Résumé : A M. L'ABBÉ DE *** Par Madame de ***.
Madame de *** adresse une lettre à un abbé, exprimant son regret d'avoir été trop orgueilleuse et reconnaissant avoir trouvé un juste milieu entre la balourdise et l'esprit de faiblesse. Elle avoue ne pas être habituée à écrire des vers, mais se sent encouragée par l'approbation de l'abbé. Elle invoque les Muses et les Grâces, tout en reconnaissant que seul l'abbé peut donner le coloris du beau. Elle admire en lui un mélange des talents de Térence et d'Horace, mais trouve ce modèle difficile à suivre. Elle demande à l'abbé de lui ôter le bandeau de l'ignorance. Elle constate que chaque divinité vient inspirer l'abbé, mais qu'elle-même ne reçoit aucune inspiration. Elle mentionne que l'abbé est inspiré par l'amour.
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13750
p. 7-8
LE PHILOSOPHE MILITAIRE.
Début :
Est-il un sort plus heureux que le mien ? [...]
Mots clefs :
Paris, Coeur, Plaisir
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE PHILOSOPHE MILITAIRE.
LE PHILOSOPHE MILITAIRE.
Est-il un fort plus heureux que le mien ?
Dans ma petite folitude
Je n'ai que ce qu'il faut de bien
Pour vivre fans inquiétude.
Je me fuis fait de tout tems une loi
D'être réglé dans ma conduite ;
Cependant jamais je n'évite
Le plaifir quand il s'offre à moi .
Une douce philofophie ,
Que Dieu fait parler dans mon coeur ,
Seule eft la régle de ma vie ,
Et la caufe de mon bonheur.
**
A Corbi fous un toît ruftique ,
Au milieu des champs & des bois ,
C'eft-là que fouvent je m'applique
A regner dans mon coeur , à lui donner des loix.
C'eft-là que quand je vois fans ceffe
Mes paffions flater mes fens ,
Je crois voir des flateurs la troupe enchantereffe
M'offrir uninfipide encens.
A iv
S MERCURE DE FRANCE.
Je vois Corbi du même oeil que Verſailles
Souverain de mon coeur j'y vis en liberté :
L'innocence , la probité ,
Sont les remparts , font les murailles
Qui défendent notre cité.
Corbi n'eft qu'une foible image
De ce qu'il fut anciennement ;
Mais au moins a-t- il l'avantage,
S'il eft petii , d'être charmant.
Rien de plus gai , rien de plus agréable :
Il n'a point de Paris l'éclat tumultueux ;
Le plaifir eft moins vif, mais il eft plus durable
Mais il eſt plus délicieux.
Fait pour Paris , le fard ne peut rien fur nos ames,
Il feroit inutile en ces lieux écartés :
Autant on voit de jeunes Dames ,
Autant on compte de beautés.
Après le portrait fi fincere
Que je vous trace de ces lieux ,
Comment peut-on ne pas ſe plaire
Dans un féjour digne des Dieux.
De Sauvigny , Gendarme , à Corbi
Est-il un fort plus heureux que le mien ?
Dans ma petite folitude
Je n'ai que ce qu'il faut de bien
Pour vivre fans inquiétude.
Je me fuis fait de tout tems une loi
D'être réglé dans ma conduite ;
Cependant jamais je n'évite
Le plaifir quand il s'offre à moi .
Une douce philofophie ,
Que Dieu fait parler dans mon coeur ,
Seule eft la régle de ma vie ,
Et la caufe de mon bonheur.
**
A Corbi fous un toît ruftique ,
Au milieu des champs & des bois ,
C'eft-là que fouvent je m'applique
A regner dans mon coeur , à lui donner des loix.
C'eft-là que quand je vois fans ceffe
Mes paffions flater mes fens ,
Je crois voir des flateurs la troupe enchantereffe
M'offrir uninfipide encens.
A iv
S MERCURE DE FRANCE.
Je vois Corbi du même oeil que Verſailles
Souverain de mon coeur j'y vis en liberté :
L'innocence , la probité ,
Sont les remparts , font les murailles
Qui défendent notre cité.
Corbi n'eft qu'une foible image
De ce qu'il fut anciennement ;
Mais au moins a-t- il l'avantage,
S'il eft petii , d'être charmant.
Rien de plus gai , rien de plus agréable :
Il n'a point de Paris l'éclat tumultueux ;
Le plaifir eft moins vif, mais il eft plus durable
Mais il eſt plus délicieux.
Fait pour Paris , le fard ne peut rien fur nos ames,
Il feroit inutile en ces lieux écartés :
Autant on voit de jeunes Dames ,
Autant on compte de beautés.
Après le portrait fi fincere
Que je vous trace de ces lieux ,
Comment peut-on ne pas ſe plaire
Dans un féjour digne des Dieux.
De Sauvigny , Gendarme , à Corbi
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Résumé : LE PHILOSOPHE MILITAIRE.
Le texte présente la philosophie de vie et les préférences d'un individu résidant à Corbi, probablement un militaire. Cet individu se décrit comme heureux et sans inquiétude, guidé par une 'douce philosophie' qui lui apporte du bonheur. Il apprécie la simplicité et la régularité, savourant les plaisirs qui se présentent. Il compare Corbi à Versailles, affirmant y vivre en liberté, protégé par l'innocence et la probité. Corbi est décrit comme un lieu charmant, agréable et durable, contrastant avec l'éclat tumultueux de Paris. Le texte souligne la beauté naturelle et la simplicité des habitants de Corbi, où le fard et l'artifice n'ont pas de place. Enfin, l'auteur exprime son plaisir à vivre dans un lieu digne des Dieux.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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