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12801
p. 62-63
COUPLETS Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à Madame la Dauphine, par Madame de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Air du Corbillon.
Début :
Accourez Bergers & Bergeres, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Nouveau né, Hommage, Pierre de Jélyotte, Madame la Dauphine, Fête
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texteReconnaissance textuelle : COUPLETS Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à Madame la Dauphine, par Madame de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Air du Corbillon.
COUPLETS
Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à
Madame la Dauphine, par Madame
de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Air du Corbillon.
Accourez Bergers & Bergeres,
Un Dieu propice a comblé nos désirs;
Venez par des danses légeres;
Venez tracer l'image des plaisirs:
Enfin le Ciel nous a donné
Un joli petit, un petit joli, un joli petit Non-
veau-né.
L'heureux Enfantqui vient de naître
Est de nos lys un dignie rejetton,
L'Auguste fils de notre Mastre
Vient d'enrichir la France d'un Bourbon.
Vive le Poupon fortuné
Ce joli petit, &c.
1752.
JANVIER.
De toutes paris l'écho répête
En son honneur de subliines concerts,
Le son bruyant de la trompette
Fait éclater la joye au sein des aira.
Vivent ceux qui nous ont donné
Ce joli petit, &c.
Je puis sans être téméraire
A ces accords unit ma foible voix;
Le simple hommage du vulgaire
Ajoûte un prix à la gloire des Rois.
Chantons donc sans être étonné
Ce joli, &c.
L'esprit n'est pas notre partage,
Nous ignorons un langage flatteur
Mais pour rendre un fincére hommage
N'avons-nous pas l'éloquence du cœur.
Vivent ceux qui nous ont donne
Ce joli petit, &c.
Par M. Favart.
Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à
Madame la Dauphine, par Madame
de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Air du Corbillon.
Accourez Bergers & Bergeres,
Un Dieu propice a comblé nos désirs;
Venez par des danses légeres;
Venez tracer l'image des plaisirs:
Enfin le Ciel nous a donné
Un joli petit, un petit joli, un joli petit Non-
veau-né.
L'heureux Enfantqui vient de naître
Est de nos lys un dignie rejetton,
L'Auguste fils de notre Mastre
Vient d'enrichir la France d'un Bourbon.
Vive le Poupon fortuné
Ce joli petit, &c.
1752.
JANVIER.
De toutes paris l'écho répête
En son honneur de subliines concerts,
Le son bruyant de la trompette
Fait éclater la joye au sein des aira.
Vivent ceux qui nous ont donné
Ce joli petit, &c.
Je puis sans être téméraire
A ces accords unit ma foible voix;
Le simple hommage du vulgaire
Ajoûte un prix à la gloire des Rois.
Chantons donc sans être étonné
Ce joli, &c.
L'esprit n'est pas notre partage,
Nous ignorons un langage flatteur
Mais pour rendre un fincére hommage
N'avons-nous pas l'éloquence du cœur.
Vivent ceux qui nous ont donne
Ce joli petit, &c.
Par M. Favart.
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Résumé : COUPLETS Chantés par M. Jeliote, à la fête donnée à Madame la Dauphine, par Madame de l'Auraguais, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Air du Corbillon.
Le texte relate une fête organisée par Madame de l'Auraguais pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne, fils de Madame la Dauphine. Les couplets chantés par M. Jeliote décrivent l'enfant comme un 'joli petit nouveau-né' et un 'digne rejeton de nos lys', soulignant son importance pour la France grâce à sa lignée bourbonienne. La joie et la célébration sont marquées par des danses et des concerts, accompagnés par des trompettes annonçant la nouvelle. Les auteurs, bien que modestes, expriment leur désir de participer aux festivités avec sincérité, affirmant que leur hommage vient du cœur. Les couplets sont attribués à M. Favart et datés de janvier 1752.
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12802
p. 64-65
AUTRES. Sur l'air ; de mon Berger volage.
Début :
Un Enfant vient de naitre, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Enfant, Lys
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texteReconnaissance textuelle : AUTRES. Sur l'air ; de mon Berger volage.
AUTRES.
Sur l'ait ; de mon Berger volage.
Un Enfant vient de naitre,
Un enfant précieux,
Un Prince qui doit être
Digne de ses Ayeux,
L'augure est favorable,
Il sera notre amour.
Uue Colombe aimable
Produit-elle un Vautour ?
Nous soupirions sans cesse
Aptès ce gage heureux
Le don d'une Princesse
L'assuroit à nos veux;
J'ai vû la Roze éclore,
Le lis naît à son tour,
Une brillante Aurore
Annonçoit un beau jour.
Croissez parmi les graces
Espoir flatteur des lis
Rassemblez sur vos traces
JANVIER.
1752. 65
Les Arts, les Jeux, les Ris,
Si la gloire cruelle
Reclame un jour ses droits
Vous avez un modele
Dans le meilleur des Rois.
Dans le cristal de l'onde
L'azur des Cieux nous luit,
Et le flamheau du monde
S'y peint, s'y reproduit
Plus vivement encore
Par des traits éclatans,
Ce Roi que l'on adore
Se peint dans ses enfans.
Destin qui les fit nastre
Pour regir l'Univers
Conserve notre maître
Ses jours nous sont trop chers;
Mais ils iegnent d'avance,
Ces dignes successeurs
Leur empire commence
Leut trône est dans nos cœurs.
Par M. Favart.
Sur l'ait ; de mon Berger volage.
Un Enfant vient de naitre,
Un enfant précieux,
Un Prince qui doit être
Digne de ses Ayeux,
L'augure est favorable,
Il sera notre amour.
Uue Colombe aimable
Produit-elle un Vautour ?
Nous soupirions sans cesse
Aptès ce gage heureux
Le don d'une Princesse
L'assuroit à nos veux;
J'ai vû la Roze éclore,
Le lis naît à son tour,
Une brillante Aurore
Annonçoit un beau jour.
Croissez parmi les graces
Espoir flatteur des lis
Rassemblez sur vos traces
JANVIER.
1752. 65
Les Arts, les Jeux, les Ris,
Si la gloire cruelle
Reclame un jour ses droits
Vous avez un modele
Dans le meilleur des Rois.
Dans le cristal de l'onde
L'azur des Cieux nous luit,
Et le flamheau du monde
S'y peint, s'y reproduit
Plus vivement encore
Par des traits éclatans,
Ce Roi que l'on adore
Se peint dans ses enfans.
Destin qui les fit nastre
Pour regir l'Univers
Conserve notre maître
Ses jours nous sont trop chers;
Mais ils iegnent d'avance,
Ces dignes successeurs
Leur empire commence
Leut trône est dans nos cœurs.
Par M. Favart.
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Résumé : AUTRES. Sur l'air ; de mon Berger volage.
En 1752, un prince, fils d'un roi, est né. L'auteur espère que cet enfant honorera ses ancêtres et sera aimé de tous. La naissance du prince est comparée à celle d'une colombe, symbole de pureté et de paix, et non à celle d'un vautour, symbole de destruction. Elle est aussi comparée à l'éclosion d'une rose suivie de la naissance d'un lis, annonçant un avenir radieux. Le texte mentionne les arts, les jeux et les risques, soulignant que le prince a un modèle à suivre en la personne du 'meilleur des rois'. Le roi se reflète dans ses enfants, destinés à régner sur l'univers. L'auteur souhaite longévité au roi et exprime son attachement aux successeurs, dont l'empire commence déjà dans les cœurs des gens. Le poème est signé par M. Favart.
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12803
p. 66-70
Air : Reçois dans ton galletas.
Début :
Signalons en ce grand jour [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Roi, Amour, Hymen
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texteReconnaissance textuelle : Air : Reçois dans ton galletas.
Air : Reçois dans ton galletas.
Signalons en ce grand jour
La vive reconnoissance
Le respect, le tendre amour
Que nous devons au Roi de France
Qui pour combler tous nos vœux
bia.
Nous met aujourd'hui deux à deux.
Son fils pour notre bonheur
A fait un Duc de Bourgogne;
Pour témoigner que son cœur
Est charmé de cette besogne,
Il nous fait à notre tour
die.
Célebter l'Hymen & l'Amour.
Le Nouveau-né très long. tems
N'aura de nous qu'un hommage:
C'estpour servir ses parens
Que nous nous mettons en ménage,
Et nos descendans après
Lui fabriqueront des sujets.
JANVIER.
1752.
Louis sçait en vrai Héros
Faire gronder le tonnerre,
Il sçait calmer à propos
Toutes les hofreurs de la guerre;
I veut que ses bons sujets
Réparent les maux qu'elle a faiu.
N
Mais si ce maître chéti
Montre qu'il est notre pere;
La Ville fait voit aussi
Qu'elle est une excellente mere;
Nos enfans seront heureux
D'avoir de si nobles Ayeux.
Rendons grace au Magistrat
Qui sçait par un trait habile
Fai: e le bien de l'Etat,
En rendant sa dépense utile;
Le prosit en est plus clait
que de tiret sa poudre en l'air.
Quand on a fait de beaux feux
Il n'en reste que fumée
L'ardeur de nos tendres voux
Plus durable & plus animée
67
68 MERCURE DE FRANCE.
Produira des monumens
D'age en âge toujours vivans.
Vive notre bon Dauphia,
Son exemple nous convie
A nous appliquer sans fin
Au soutien de notre Patrie;
Donnons lui des serviteurs
Puisqu'il leur fait des protecteurs
Buvons tous à la santé
Du Prince qui vient de nastre,
Sa valeur, sa fermeté
Se sont deja fait reconnoître
Comme s'il eût sçu prévois
Notre empressement à le voit.
Nous verrons avant quinze ans
Briller aussi sa sagesse,
Ses papas & ses mamaus
Sont de la meilleure noblesse,
De plus, ils sont en vertus
Cent fois plus riches qu'en écus.
JANVIER.
1752.
Qu'en lui la bonté de cœur
Grande Reigne, soit transmise,
Qu'il ait aussi la douceur
Et que chez nous il éternise;
Tu fus un présent des cieux
S'il te ressemble, c'est tant mieux.
La Dauphine en le faisant
A fait le bonheur du mondo,
Ce Prince annonce en naissant
Qu'elle doit être aussi féconde
En Héros, en Conquérans
Comme elle est en agrémens.
De notre cher Gouverneur
Celebrons la bienveillance
La noblesse de son coeut
Egale sa magnificence
son plus agréable emploi
C'est d'aimer le peuple & le Roi.
L'amour que dans norre cœeur
Le Dien de l'Hymen fait naître
N'affoiblira point l'ardeur
Que nous sentons pour notre maître;
»..
69
70 MERCUREDEFRANCE.
En aimant bien nos maris
Nous en servirons mieux Louis,
Buvons à notre Curé
C'est l'arc boutan de la fête,
Son zéle a tout préparé
Il nous promet le tête à tête;
Mais il n'a pas tout fini
Et nous aurons besoin de lui.
La Ville qui dans son sein
Nous a donné la naissanoe,
Mettra la derniere main
Aux faveurs qu'elle nous dispense,
Si nous avons pour pareins
Le Prevôt & les Echevins.
C'est avec plaisir, grand Roi,
Que notre zéle s'exhale,
L'avenir verra qu'an Roi
Fut une ame vrayment Royale;
Car notre postérité
Sera l'œeuvre de ta bonté,
Signalons en ce grand jour
La vive reconnoissance
Le respect, le tendre amour
Que nous devons au Roi de France
Qui pour combler tous nos vœux
bia.
Nous met aujourd'hui deux à deux.
Son fils pour notre bonheur
A fait un Duc de Bourgogne;
Pour témoigner que son cœur
Est charmé de cette besogne,
Il nous fait à notre tour
die.
Célebter l'Hymen & l'Amour.
Le Nouveau-né très long. tems
N'aura de nous qu'un hommage:
C'estpour servir ses parens
Que nous nous mettons en ménage,
Et nos descendans après
Lui fabriqueront des sujets.
JANVIER.
1752.
Louis sçait en vrai Héros
Faire gronder le tonnerre,
Il sçait calmer à propos
Toutes les hofreurs de la guerre;
I veut que ses bons sujets
Réparent les maux qu'elle a faiu.
N
Mais si ce maître chéti
Montre qu'il est notre pere;
La Ville fait voit aussi
Qu'elle est une excellente mere;
Nos enfans seront heureux
D'avoir de si nobles Ayeux.
Rendons grace au Magistrat
Qui sçait par un trait habile
Fai: e le bien de l'Etat,
En rendant sa dépense utile;
Le prosit en est plus clait
que de tiret sa poudre en l'air.
Quand on a fait de beaux feux
Il n'en reste que fumée
L'ardeur de nos tendres voux
Plus durable & plus animée
67
68 MERCURE DE FRANCE.
Produira des monumens
D'age en âge toujours vivans.
Vive notre bon Dauphia,
Son exemple nous convie
A nous appliquer sans fin
Au soutien de notre Patrie;
Donnons lui des serviteurs
Puisqu'il leur fait des protecteurs
Buvons tous à la santé
Du Prince qui vient de nastre,
Sa valeur, sa fermeté
Se sont deja fait reconnoître
Comme s'il eût sçu prévois
Notre empressement à le voit.
Nous verrons avant quinze ans
Briller aussi sa sagesse,
Ses papas & ses mamaus
Sont de la meilleure noblesse,
De plus, ils sont en vertus
Cent fois plus riches qu'en écus.
JANVIER.
1752.
Qu'en lui la bonté de cœur
Grande Reigne, soit transmise,
Qu'il ait aussi la douceur
Et que chez nous il éternise;
Tu fus un présent des cieux
S'il te ressemble, c'est tant mieux.
La Dauphine en le faisant
A fait le bonheur du mondo,
Ce Prince annonce en naissant
Qu'elle doit être aussi féconde
En Héros, en Conquérans
Comme elle est en agrémens.
De notre cher Gouverneur
Celebrons la bienveillance
La noblesse de son coeut
Egale sa magnificence
son plus agréable emploi
C'est d'aimer le peuple & le Roi.
L'amour que dans norre cœeur
Le Dien de l'Hymen fait naître
N'affoiblira point l'ardeur
Que nous sentons pour notre maître;
»..
69
70 MERCUREDEFRANCE.
En aimant bien nos maris
Nous en servirons mieux Louis,
Buvons à notre Curé
C'est l'arc boutan de la fête,
Son zéle a tout préparé
Il nous promet le tête à tête;
Mais il n'a pas tout fini
Et nous aurons besoin de lui.
La Ville qui dans son sein
Nous a donné la naissanoe,
Mettra la derniere main
Aux faveurs qu'elle nous dispense,
Si nous avons pour pareins
Le Prevôt & les Echevins.
C'est avec plaisir, grand Roi,
Que notre zéle s'exhale,
L'avenir verra qu'an Roi
Fut une ame vrayment Royale;
Car notre postérité
Sera l'œeuvre de ta bonté,
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Résumé : Air : Reçois dans ton galletas.
En janvier 1752, un poème célèbre plusieurs événements et figures royales. Il exprime la reconnaissance envers le Roi de France pour avoir uni son fils, le Duc de Bourgogne, afin de garantir le bonheur du peuple. Le nouveau-né royal reçoit l'hommage des sujets, qui s'engagent à servir ses parents et à assurer la continuité de la lignée royale. Louis XV est loué pour sa capacité à contrôler la guerre et à réparer ses ravages. La ville est comparée à une mère excellente, apportant bonheur grâce à des ancêtres nobles. Le magistrat est remercié pour sa gestion utile et durable de l'État. Le poème célèbre également la naissance d'un prince, soulignant sa future valeur, fermeté et sagesse, ainsi que la noblesse et les vertus de ses parents. La Dauphine est félicitée pour sa fécondité. Le gouverneur est loué pour sa bienveillance et sa noblesse, et le curé est remercié pour son rôle dans la fête. Le texte exprime l'amour pour les maris et le service au roi, remerciant la ville et ses dirigeants pour leurs faveurs. Il conclut en espérant que la postérité témoignera de la bonté royale.
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12804
p. 71-72
CHANSON NOUVELLE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Sur l'air : La bonne avanture au gué.
Début :
A Versailles après mi nuit, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Bonne besogne, Au gué, Nuit, Boire, Danser
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHANSON NOUVELLE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Sur l'air : La bonne avanture au gué.
CHANSON NOUVELLE
Sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Sur l'air : La bonne avanture au gué.
A Versailles après mi nuit,
Le Duc de Bourgogne
Est arrivé cette nuit
Sans appareil & sans bruit;
La bonne besogne au gué
La bonne besogne.
Pour boire à ce Nouveau-né
Faut rougir sa trogne;
Ce Prince est un Dieu donné,
Nous serons tous fortunés;
La bonne besogne au gué.
bis.
Buvons donc à sa santé;
En vin de Bourgogne,
De Champagne & Montraché
Il faut tout nous ennivrer,
La bonne besogne, &c.
72 MERCUREDEFRANCE.
Ma commere Magdelon,
Allons à Boulogne,
Pour danser un cotillon,
Et manger le saucisson
La bonne besogne.
bic
Il est permis en ce jour
D'être un bon yvrogne
De danser, & tour à tour,
De boire, & faire l'amour;
La bonne besogne au gué.
bis.
Vive le Roi, le Dauphia
Le Duc de Bourgogne;
Et de la Danphine enfio
Il nous faut chanter sans fin;
La bonne besogne au gué,
La bonne besogne.
Sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Sur l'air : La bonne avanture au gué.
A Versailles après mi nuit,
Le Duc de Bourgogne
Est arrivé cette nuit
Sans appareil & sans bruit;
La bonne besogne au gué
La bonne besogne.
Pour boire à ce Nouveau-né
Faut rougir sa trogne;
Ce Prince est un Dieu donné,
Nous serons tous fortunés;
La bonne besogne au gué.
bis.
Buvons donc à sa santé;
En vin de Bourgogne,
De Champagne & Montraché
Il faut tout nous ennivrer,
La bonne besogne, &c.
72 MERCUREDEFRANCE.
Ma commere Magdelon,
Allons à Boulogne,
Pour danser un cotillon,
Et manger le saucisson
La bonne besogne.
bic
Il est permis en ce jour
D'être un bon yvrogne
De danser, & tour à tour,
De boire, & faire l'amour;
La bonne besogne au gué.
bis.
Vive le Roi, le Dauphia
Le Duc de Bourgogne;
Et de la Danphine enfio
Il nous faut chanter sans fin;
La bonne besogne au gué,
La bonne besogne.
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Résumé : CHANSON NOUVELLE Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Sur l'air : La bonne avanture au gué.
La chanson célèbre la naissance du Duc de Bourgogne à Versailles, survenue après minuit sans cérémonie. Elle invite à fêter cet événement avec des vins prestigieux comme ceux de Bourgogne, de Champagne et de Montrachet. Le duc est vu comme un don divin apportant la fortune. La chanson encourage la joie, la danse, la boisson et l'amour. Elle exalte la santé du roi, du dauphin, du duc et de la dauphine. Le refrain 'La bonne besogne au gué' souligne la liesse populaire.
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12805
p. 78-82
ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. LANCELIN. Fortes generantur à fortibus.
Début :
L'Oiseau qui d'un oeil immobile [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Sang, Gloire, Roi, Héros, Histoire
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texteReconnaissance textuelle : ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. LANCELIN. Fortes generantur à fortibus.
ODE
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
Par M. LANCELIN.
Fortes generantur à fortibus.
L'Oiseau qui d'un oeil immobile
Soutient les regards du Soleil
Rempli d'une vigueur fertile
Engendre toujours son pareil.
C'est du coursier plein de courage,
Que naît sur les rives du Tage
Le coursier vainqueur du repos;
De-là par un effort suprême
Dans son sang se peignant lui-même
Le Hétos produit le Héros.
N'en cherchons point ailleurs les marques
Que dans la race des Bourbons:
L'hétoisme de nos Morarques
A passé dans leurs rejettons;
Ainsi l'Enfant qui vient de naîtro
Anos yeux fera reparoître
zed by Goo
JANVIER. 1752.
Les fameux Hétos de son Sang;
Toujours aussi vaillant que juste
Il sera l'héritier auguste
De leurs vertus & de leur rang.
De ta vie il lira l'Histoire.
GRAND ROI, pour apprendre à regner;
S'il cherche le champ de la gloire
Ton exemple peut l'enseigner.
Ne t'a-t-on pas vd dans l'orage,
De la prudence & du courage
A tes Chess disputer le prix?
Ton audace au fort des batailles,
Parmi d'horribles funérailles,,
A sixé nos regards surpris.
La Lis de toi seul occupée,
Pour te voir, suspendoit son cours.
Des miracles de ton épée
L'Escaut se souviendra toujours.
Quel pouvoir au sein de la gloire
T'a fait abjurer la Victoire?
Tu gémis du sort des humains;
Leur sang crie & se fait enteudre,
Une voix si chere & si tendre
Eteint la foudre dans tes mains.
Diiij
79
80 MERCUREDEFRANCE.
Tu parles ... la paix ressuscite:
Le Ciel fait briller un beau jour.
L'affreuse troupe du Cocyte
Rentre dans l'infernal séjour.
Forcé de respecter nos têtes
Mars neévoque plus les tempêtes
Des flancs de l'airain embrasé:
Le Citoyen libre & tranquile
Ne craint plus de voir son azile
Tomber sous la foudre écrasé.
Mais quels noirs objets se découvrent
A mes sens d'horreur suspendus?
Sous mes pas les ensers s'entrouvrent
Je vois des monstres confondus.
Le bras d'un autre fils d'Alcmene
A dompté l'orgueil & la haine
A mis la vengeance au tombeau.
Par un nouveau coup terrassée,
Je vois la discorde insensée
Gémir sans glaive & sans flambeau.
Plongée au gouffre du Tartare
Par l'effort d'un Roi triomphant
Cette divinité barbare
Pleure son couroux impuissant
JANVIER.
1752.
Sur ses couleuvres étouffées
LOUIS érige des trophées
De sa valeur fruits immortels,
De son sang la source féconde
Fixe enfin le bonheur du monde
Sur des fondemens éternels.
Que vois-je ? quel otdre d'années
Vient se présenter à mes yeux:
Pour nous les Parques fortunées
Filent des jours délicieux.
Le Héros naissant qu'environne
L'auguste Majesté du Tróne
De Trajan auta les vertus,
LQUIS, tu seras son modéle,
S'il t'écoute, il est Marc-Aurele,
Et s'il t'imite, il est Titus.
Du brillant sejour du Tonnerre
Déja la céleste Pallas
Pour lui s'élance sur la Terre:
Les Arts accompagnent ses pas.
Le pinceau sçavant des Apelles
Et le ciseau des Praxitelles
Se ranimeront à sa voix;
Dans les archives de l'histoire,
81
DV
82 MERCURE DE FRANCE.
Clio consacrera sa gloire
Et la justice de ses loix.
Zerer.
ee
D'un chene dont le vaste ombrage
Met à couvert les arbrisseaux,
Ce rejetton sous son feuillage
S'éleve parmi les rameaux;
Mais bientôt cherchant la lumiere
Il portera sa cime altiere
Plus haut qu'un ced e ambitieux:
Phénomene étonnant & rare
Ses pieds toucheront le Tenare,
Sa tête sera dans les Cieux.
GRAND ROI, déja d'un nouveau lustro
L'Univers voit briller tes Lis:
Par le fruit d'un Hymen illustre
Tes augustes voux sont remplis.
Quel terus peut borner ta puissance :
Ta gloire est comme un fleuve immense
Qui coule plein de Majesté,
Inépuisable dans sa source
Elle ne finira sa course
Qu'au sein de l'immortalité.
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
Par M. LANCELIN.
Fortes generantur à fortibus.
L'Oiseau qui d'un oeil immobile
Soutient les regards du Soleil
Rempli d'une vigueur fertile
Engendre toujours son pareil.
C'est du coursier plein de courage,
Que naît sur les rives du Tage
Le coursier vainqueur du repos;
De-là par un effort suprême
Dans son sang se peignant lui-même
Le Hétos produit le Héros.
N'en cherchons point ailleurs les marques
Que dans la race des Bourbons:
L'hétoisme de nos Morarques
A passé dans leurs rejettons;
Ainsi l'Enfant qui vient de naîtro
Anos yeux fera reparoître
zed by Goo
JANVIER. 1752.
Les fameux Hétos de son Sang;
Toujours aussi vaillant que juste
Il sera l'héritier auguste
De leurs vertus & de leur rang.
De ta vie il lira l'Histoire.
GRAND ROI, pour apprendre à regner;
S'il cherche le champ de la gloire
Ton exemple peut l'enseigner.
Ne t'a-t-on pas vd dans l'orage,
De la prudence & du courage
A tes Chess disputer le prix?
Ton audace au fort des batailles,
Parmi d'horribles funérailles,,
A sixé nos regards surpris.
La Lis de toi seul occupée,
Pour te voir, suspendoit son cours.
Des miracles de ton épée
L'Escaut se souviendra toujours.
Quel pouvoir au sein de la gloire
T'a fait abjurer la Victoire?
Tu gémis du sort des humains;
Leur sang crie & se fait enteudre,
Une voix si chere & si tendre
Eteint la foudre dans tes mains.
Diiij
79
80 MERCUREDEFRANCE.
Tu parles ... la paix ressuscite:
Le Ciel fait briller un beau jour.
L'affreuse troupe du Cocyte
Rentre dans l'infernal séjour.
Forcé de respecter nos têtes
Mars neévoque plus les tempêtes
Des flancs de l'airain embrasé:
Le Citoyen libre & tranquile
Ne craint plus de voir son azile
Tomber sous la foudre écrasé.
Mais quels noirs objets se découvrent
A mes sens d'horreur suspendus?
Sous mes pas les ensers s'entrouvrent
Je vois des monstres confondus.
Le bras d'un autre fils d'Alcmene
A dompté l'orgueil & la haine
A mis la vengeance au tombeau.
Par un nouveau coup terrassée,
Je vois la discorde insensée
Gémir sans glaive & sans flambeau.
Plongée au gouffre du Tartare
Par l'effort d'un Roi triomphant
Cette divinité barbare
Pleure son couroux impuissant
JANVIER.
1752.
Sur ses couleuvres étouffées
LOUIS érige des trophées
De sa valeur fruits immortels,
De son sang la source féconde
Fixe enfin le bonheur du monde
Sur des fondemens éternels.
Que vois-je ? quel otdre d'années
Vient se présenter à mes yeux:
Pour nous les Parques fortunées
Filent des jours délicieux.
Le Héros naissant qu'environne
L'auguste Majesté du Tróne
De Trajan auta les vertus,
LQUIS, tu seras son modéle,
S'il t'écoute, il est Marc-Aurele,
Et s'il t'imite, il est Titus.
Du brillant sejour du Tonnerre
Déja la céleste Pallas
Pour lui s'élance sur la Terre:
Les Arts accompagnent ses pas.
Le pinceau sçavant des Apelles
Et le ciseau des Praxitelles
Se ranimeront à sa voix;
Dans les archives de l'histoire,
81
DV
82 MERCURE DE FRANCE.
Clio consacrera sa gloire
Et la justice de ses loix.
Zerer.
ee
D'un chene dont le vaste ombrage
Met à couvert les arbrisseaux,
Ce rejetton sous son feuillage
S'éleve parmi les rameaux;
Mais bientôt cherchant la lumiere
Il portera sa cime altiere
Plus haut qu'un ced e ambitieux:
Phénomene étonnant & rare
Ses pieds toucheront le Tenare,
Sa tête sera dans les Cieux.
GRAND ROI, déja d'un nouveau lustro
L'Univers voit briller tes Lis:
Par le fruit d'un Hymen illustre
Tes augustes voux sont remplis.
Quel terus peut borner ta puissance :
Ta gloire est comme un fleuve immense
Qui coule plein de Majesté,
Inépuisable dans sa source
Elle ne finira sa course
Qu'au sein de l'immortalité.
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Résumé : ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. Par M. LANCELIN. Fortes generantur à fortibus.
Le poème 'ODE Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne', écrit par M. Lancelin en janvier 1752, célèbre la naissance d'un membre de la famille royale française. Il souligne la transmission des vertus et du courage à travers les générations des Bourbons. La lignée royale est comparée à des oiseaux et des chevaux nobles, symbolisant la force et la bravoure. Le poème loue les qualités du roi Louis XV, mettant en avant sa prudence, son courage et sa capacité à établir la paix. Il évoque également les exploits militaires du roi et son rôle dans la consolidation de la paix. Le texte prédit que le nouvel enfant royal suivra les exemples de ses ancêtres, notamment ceux de Louis XV, et héritera de leurs vertus. Le poème se conclut en exaltant la grandeur et la pérennité de la dynastie, comparant la gloire du roi à un fleuve immense et éternel.
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12806
p. 83-85
AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres remplis [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Gloire, Fils, Yeux, Amour
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
AU ROI,
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres
remplis
Eternisent ton sang, & la gloire des Lys.
Le Ciel qui dans tes mains déposa le Tonnerre,
Qui te soumit la Paix, pour la rendre à la Terre,
Par un dernier bienfait couronne ton bonheur.
Un Fils, de tes vertus fidele imitateur,
Vainqueur à tes côtés, au sortir de l'enfance,
Renfermoit en lui seul toute notre espérance.
Ta sagesse veillant pour ce fils, & pour nous,
Lui choisit un objet digne d'un tel Epoux,
La Vertu, sous les traits d'une jeune Mortelle,
Du Sexe né pour plaire ornement & modele.
Elle acquitte aujourd'hui la gloire de ton choix
De leurs chastes ardeurs quel doux fruit tu reçois
VoI tous les yeux trempés de larmes d'allégresse,
Tu peux avec ton Peuple en verset sans foiblesse,
Tes périls, tes combats, tes succès signalés;
Tes jours même, tes jours deux sois renouvellés,
Et le Ciel atrétant le ciseau de la Parque,
Rien ne put décelet l'homme dans le Monarque.
Tu vis d'un œil égal ces grands évenemens
Mais ce beau jour permet l'essor aux sentimens.
DV
84 MERCUREDEFRANCE.
Quand notre joie éclate & si vive, & si pure,
Laisse éclater aussi la voix de la Nature.
Des rives de la Seine Habitans fortunés,
Et du meilleur des Rois Sujets passionnés,
Sur le marbre & l'airain vous tracez son image;
De ses traits si chéris l'aspect vous dédommage
Des momens que l'on perd éloigné de ses yeux;
Du plus fidel amour ce gage précieux
Annonce les récits réservés à l'Histoire.
Mais tout l'effort des Arts suffit. il pour sa gloire ?
Des Vertus du Héros symboles éclatans
Renfermés dans l'espace, assujettis au Tems.
LOUIS se peindra mieux dans son auguste Race.
Eh! quels seront les tems, les lieux, qu'elle n'em-
brasse?
Ses Fils commanderont à nos derniers Neveux,
Et ses Filles rendront d'autres Peuples heureux.
CROISSIZ, cher Rejetton d'une Tige inimos-
t:lie;
Ajoutez à l'éclat que vous recevez d'elle.
Vous avez de l'Amour la douceur, la beauté,
Mais l'Amour est enfant, il l'a toujours été:
Bientôt, grace aux Destius, vous cesserez de
l'être,
La foiblesse de l'âge est prête à disparêtre.
AUTOUR de son berceau volez Jeux inocens,
Mais ne vous flattez pas de l'amuser long. tems;
JANVIER. 1752.
8
Il va vous échapper, la Gloire le réclame,
La Gloire, seule Amante à captiver son ame.
MUSES, déja pour lui vos trésors sont ouverts,
Vous allez à ses yeux offrir tout l'univers,
Tous les climats, où doit voler sa Renommée
Par des progrès constans accrue, & confirmée
Vous allez de l'Histoire évoquer les Hétos
Qui sçurent des Mortels assurer le repos,
Ses Ayeux couronnés, à qui l'heureuse France
Doit ses Autels, ses loix, ses armes, sa puissance;
Mais parmi tant d'objets, Muses, arrêtez-vous
A l'Exemple yivant, qui les rassemble tous.
Sit tibi consimilis natus.
Ovid Trist. 4.
ROY, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
Sur la Naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
GRAND ROI, tes voeux enfin, & les nôtres
remplis
Eternisent ton sang, & la gloire des Lys.
Le Ciel qui dans tes mains déposa le Tonnerre,
Qui te soumit la Paix, pour la rendre à la Terre,
Par un dernier bienfait couronne ton bonheur.
Un Fils, de tes vertus fidele imitateur,
Vainqueur à tes côtés, au sortir de l'enfance,
Renfermoit en lui seul toute notre espérance.
Ta sagesse veillant pour ce fils, & pour nous,
Lui choisit un objet digne d'un tel Epoux,
La Vertu, sous les traits d'une jeune Mortelle,
Du Sexe né pour plaire ornement & modele.
Elle acquitte aujourd'hui la gloire de ton choix
De leurs chastes ardeurs quel doux fruit tu reçois
VoI tous les yeux trempés de larmes d'allégresse,
Tu peux avec ton Peuple en verset sans foiblesse,
Tes périls, tes combats, tes succès signalés;
Tes jours même, tes jours deux sois renouvellés,
Et le Ciel atrétant le ciseau de la Parque,
Rien ne put décelet l'homme dans le Monarque.
Tu vis d'un œil égal ces grands évenemens
Mais ce beau jour permet l'essor aux sentimens.
DV
84 MERCUREDEFRANCE.
Quand notre joie éclate & si vive, & si pure,
Laisse éclater aussi la voix de la Nature.
Des rives de la Seine Habitans fortunés,
Et du meilleur des Rois Sujets passionnés,
Sur le marbre & l'airain vous tracez son image;
De ses traits si chéris l'aspect vous dédommage
Des momens que l'on perd éloigné de ses yeux;
Du plus fidel amour ce gage précieux
Annonce les récits réservés à l'Histoire.
Mais tout l'effort des Arts suffit. il pour sa gloire ?
Des Vertus du Héros symboles éclatans
Renfermés dans l'espace, assujettis au Tems.
LOUIS se peindra mieux dans son auguste Race.
Eh! quels seront les tems, les lieux, qu'elle n'em-
brasse?
Ses Fils commanderont à nos derniers Neveux,
Et ses Filles rendront d'autres Peuples heureux.
CROISSIZ, cher Rejetton d'une Tige inimos-
t:lie;
Ajoutez à l'éclat que vous recevez d'elle.
Vous avez de l'Amour la douceur, la beauté,
Mais l'Amour est enfant, il l'a toujours été:
Bientôt, grace aux Destius, vous cesserez de
l'être,
La foiblesse de l'âge est prête à disparêtre.
AUTOUR de son berceau volez Jeux inocens,
Mais ne vous flattez pas de l'amuser long. tems;
JANVIER. 1752.
8
Il va vous échapper, la Gloire le réclame,
La Gloire, seule Amante à captiver son ame.
MUSES, déja pour lui vos trésors sont ouverts,
Vous allez à ses yeux offrir tout l'univers,
Tous les climats, où doit voler sa Renommée
Par des progrès constans accrue, & confirmée
Vous allez de l'Histoire évoquer les Hétos
Qui sçurent des Mortels assurer le repos,
Ses Ayeux couronnés, à qui l'heureuse France
Doit ses Autels, ses loix, ses armes, sa puissance;
Mais parmi tant d'objets, Muses, arrêtez-vous
A l'Exemple yivant, qui les rassemble tous.
Sit tibi consimilis natus.
Ovid Trist. 4.
ROY, Chevalier de l'Ordre de S. Michel.
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Résumé : AU ROI, Sur la Naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils du roi, réalisée grâce aux vœux royaux et assurant la continuité de la lignée royale. Le ciel a accordé au roi un dernier bienfait en lui offrant un fils, déjà porteur des vertus royales et promis à devenir un grand vainqueur. La sagesse du roi a choisi une épouse vertueuse pour ce fils, incarnant la vertu et la beauté. Cette naissance est perçue comme un moment de grande joie, justifiant les combats et les périls affrontés par le roi. Le texte exprime l'espoir que la postérité se souviendra des exploits du roi et de sa descendance, destinée à gouverner et à apporter le bonheur à divers peuples. Les muses sont appelées à inspirer le jeune duc avec des exemples héroïques et l'exemple vivant de ses ancêtres. Le texte se conclut par une citation latine d'Ovide, exprimant le désir d'avoir un héritier semblable au père.
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12807
p. 86-87
Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. 13 Septembre 1751.
Début :
O Nuit, qui des jours les plus beaux [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Monde, Dieux, Auguste enfant
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texteReconnaissance textuelle : Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. 13 Septembre 1751.
Sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
13 Septembre 1751.
O Nuit, qui des jours les plus beaux
Deviendra la source féconde,
Et qui déssechant nos pavots,
Viens de troubler notre repos
Pour assurer celui du monde
Quel sommeil tranquille & profond
Vaut l'insomnie universe le
Que le bruit heureux du canon,
Que d'une naissance si belle
A causé par tout la nouvelle?
Auguste Enfant, amour de l'Univers.
Sur les biens que tu fais éclore
Lorsque tous les yeux sont ouverts,
Les tiens seuls sont fermés encore;
Sourd à nos vœnx tu les remplis,
Dieux! que ta foiblesse est puissante!
Tu fais déja l'apui des Lys,
Tu naîs à peine, & leur éclat s'augmente.
Au gré du monde satisfait
Commence une illustre cartiere,
JANVIER.
1752.
Si ta naissance est un bienfait
Que sera donc ta vie entiere:
ENVOY
A Madame la Duchesse de Tallard.
Ovous que la vertu comme le rang appelle
A veiller sur le sang des Rois,
Digne de leur auguste choix,
Cultivez cette fleur nouvelle;
D'un tel honneur qui ne seroit jaloux!
Ces demi Dieux sur qui notre bonheur se fonde,
Nés pour donner des loix au monde,
Semblent en recevoir de vous.
M. Lemiere.
Duc de Bourgogne.
13 Septembre 1751.
O Nuit, qui des jours les plus beaux
Deviendra la source féconde,
Et qui déssechant nos pavots,
Viens de troubler notre repos
Pour assurer celui du monde
Quel sommeil tranquille & profond
Vaut l'insomnie universe le
Que le bruit heureux du canon,
Que d'une naissance si belle
A causé par tout la nouvelle?
Auguste Enfant, amour de l'Univers.
Sur les biens que tu fais éclore
Lorsque tous les yeux sont ouverts,
Les tiens seuls sont fermés encore;
Sourd à nos vœnx tu les remplis,
Dieux! que ta foiblesse est puissante!
Tu fais déja l'apui des Lys,
Tu naîs à peine, & leur éclat s'augmente.
Au gré du monde satisfait
Commence une illustre cartiere,
JANVIER.
1752.
Si ta naissance est un bienfait
Que sera donc ta vie entiere:
ENVOY
A Madame la Duchesse de Tallard.
Ovous que la vertu comme le rang appelle
A veiller sur le sang des Rois,
Digne de leur auguste choix,
Cultivez cette fleur nouvelle;
D'un tel honneur qui ne seroit jaloux!
Ces demi Dieux sur qui notre bonheur se fonde,
Nés pour donner des loix au monde,
Semblent en recevoir de vous.
M. Lemiere.
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Résumé : Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. 13 Septembre 1751.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne le 13 septembre 1751, une nuit de tranquillité et de bonheur universel marquée par le bruit joyeux du canon. Le nouveau-né, décrit comme un 'auguste Enfant' et 'amour de l'Univers', symbolise une puissance et un espoir pour l'avenir. Sa venue accroît l'éclat de la maison royale des Lys. Le poème exprime l'espoir que sa vie future apportera davantage de bienfaits. Une dédicace à Madame la Duchesse de Tallard souligne son rôle crucial dans l'éducation et la protection de ce sang royal, la qualifiant de digne de cette responsabilité. Les rois semblent recevoir des lois de sa part. L'auteur, M. Lemiere, exprime sa gratitude et son admiration pour la Duchesse et l'importance de la naissance du Duc de Bourgogne.
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12808
p. 88
VERS Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
L'autre jour en ces lieux qu'arrose le Permesse [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Chanter
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texteReconnaissance textuelle : VERS Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
VERS
Sur la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
L'autre jour en ces lieux qu'arrose le Permesse
Guidé par le désir de chanter mes amours,
Du Dieu, qui d'Arouet regit la douce ivresse
A nos Rimeurs François j'eutendis ce discours:
vous chers Nourissons, qui pat d'heuteuses
veilles
De l'Empire des Lis consacrez les merveilles,
Vous, que j'ornai toujours de mes plus tendres
dons
Pour cet illustre Enfant dont le sang des Bourbons
Dans ces jours si cheris vient d'enrichir la France
De vos doctes transports montrez la violence:
Ranimez vos concerts, redoublez vos chansons
Que votre zèle au monde annonce sa naissance
Le chanter aujourd'hui doit êtte votre emploi;
Mais lorsque sur les pas de votre auguste Roi
Il ira nouveau Mars, enchainer la victoire;
Pour célébrer alors ses hauts faits & sa gloire
Ce ne sera pas trop que moi.
Sur la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
L'autre jour en ces lieux qu'arrose le Permesse
Guidé par le désir de chanter mes amours,
Du Dieu, qui d'Arouet regit la douce ivresse
A nos Rimeurs François j'eutendis ce discours:
vous chers Nourissons, qui pat d'heuteuses
veilles
De l'Empire des Lis consacrez les merveilles,
Vous, que j'ornai toujours de mes plus tendres
dons
Pour cet illustre Enfant dont le sang des Bourbons
Dans ces jours si cheris vient d'enrichir la France
De vos doctes transports montrez la violence:
Ranimez vos concerts, redoublez vos chansons
Que votre zèle au monde annonce sa naissance
Le chanter aujourd'hui doit êtte votre emploi;
Mais lorsque sur les pas de votre auguste Roi
Il ira nouveau Mars, enchainer la victoire;
Pour célébrer alors ses hauts faits & sa gloire
Ce ne sera pas trop que moi.
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Résumé : VERS Sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le poème 'Vers' célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, membre des Bourbons. Une voix divine inspire les poètes français à chanter les mérites de cet enfant. Elle les encourage à montrer leur talent et leur enthousiasme. La voix promet aussi de célébrer les futurs exploits militaires du Duc.
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12809
p. 89-90
AUTRES Présentés à Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
FRANCE ! voici l'objet de tes voeux les plus tendres, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Vertus, Heureux, État, Amour, Louis
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRES Présentés à Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
AUTRES
Présentés à Madame la Dauphine, sur la
naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
FRANCE ! voici l'objet de tes voeux les plus
tendres,
De ton espoir le plus charmant.
O Capets! 6 Bombons! vos genereuses cendres
Ont tréssailli de joie en cet heureux moment!
Ce Prince à tout l'Etat si cher, si nécessaire,
Soutiendra de vos nous la gloire hétéditaite;
Muses: favorisez un présage si beau !
Ecartez à jamais de ce sacré berceau
La dangereuse ffatterie.
Que l'infléxible vérité,
Le tendre amour de la Patrie,
Et la sagesse & l'équité
Réglent le cours heureux de cette auguste vie;
Dites-lui que ces feux, ces concerts enchanteurs,
Ces accens du plaisir, ces viss transports des
cœurs
Sont un prix que l'Amour aime à payer d'avance
Aux vertus qui feront le bonheur de la France,
Aux vertus dont son Pere, aux vertus dont Louis
(0
90 MERCUREDE FRANCE.
Donnent l'exemple au Monde & surtout à leur
fils.
O toi! des Souverains l'arbitre & le modele,
Noble esclave des loix que te dicta ton zèle,
Penitent sur le Thrône & grand Roi daus les fers
Louis! sur cet enfant que tes yeux soient ouverts!
Veille sur les Destins d'une tête si chere;
De l'Etat, comme Toi, qu'il soit un jour le Pere;
Touché de ton exemple, instruit par tes leçons
Qu'il ait encor l'esprit, les graces de sa Mere
Et qu'il nous aime autant que nous la cherissons.
GAILLARD.
Présentés à Madame la Dauphine, sur la
naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne.
FRANCE ! voici l'objet de tes voeux les plus
tendres,
De ton espoir le plus charmant.
O Capets! 6 Bombons! vos genereuses cendres
Ont tréssailli de joie en cet heureux moment!
Ce Prince à tout l'Etat si cher, si nécessaire,
Soutiendra de vos nous la gloire hétéditaite;
Muses: favorisez un présage si beau !
Ecartez à jamais de ce sacré berceau
La dangereuse ffatterie.
Que l'infléxible vérité,
Le tendre amour de la Patrie,
Et la sagesse & l'équité
Réglent le cours heureux de cette auguste vie;
Dites-lui que ces feux, ces concerts enchanteurs,
Ces accens du plaisir, ces viss transports des
cœurs
Sont un prix que l'Amour aime à payer d'avance
Aux vertus qui feront le bonheur de la France,
Aux vertus dont son Pere, aux vertus dont Louis
(0
90 MERCUREDE FRANCE.
Donnent l'exemple au Monde & surtout à leur
fils.
O toi! des Souverains l'arbitre & le modele,
Noble esclave des loix que te dicta ton zèle,
Penitent sur le Thrône & grand Roi daus les fers
Louis! sur cet enfant que tes yeux soient ouverts!
Veille sur les Destins d'une tête si chere;
De l'Etat, comme Toi, qu'il soit un jour le Pere;
Touché de ton exemple, instruit par tes leçons
Qu'il ait encor l'esprit, les graces de sa Mere
Et qu'il nous aime autant que nous la cherissons.
GAILLARD.
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Résumé : AUTRES Présentés à Madame la Dauphine, sur la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils de la Dauphine et petit-fils du roi Louis XIV. Il exprime des vœux pour l'avenir du prince, espérant qu'il devienne un soutien précieux pour l'État et porte la gloire des Capétiens et des Bourbons. Les Muses sont invoquées pour protéger l'enfant de la flatterie et guider sa vie par la vérité, l'amour de la patrie, la sagesse et l'équité. Le poème encourage le prince à suivre l'exemple de vertu de son père et de son grand-père, Louis XIV, présenté comme un modèle de souveraineté et de piété. Il souhaite aussi que l'enfant hérite des qualités de sa mère et devienne un futur père de la nation, inspiré par les enseignements de Louis XIV.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12810
p. 91-93
EPITRE De M. V. R. M. L. à M. D***, en Province, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
Viens ami, vole au sein des jeux & de l'amour, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Amour, Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE De M. V. R. M. L. à M. D***, en Province, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
EPITRE
De M. V. R. M. L. à M. D***,
en
Province, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Viens ami, vole au sein des jeux & de l'amour,
Viens partager ma joie & la rendre parfaite;
Paris à quitter ta retraite
Par de nouveaux plaisirs, t'invite chaque jour;
Tu sçais pour quel objet, * la Princesse emptessée:
Formoit les plus sincéres vœux;
Le ciel enfin lui donne un enfant précieux
Armé du même trait dont elle fut blessée.
De la vie en naissant il goûte la douceur
Sa mere la partage avec lui sans allarmes,
Un Prince né pour le commun bonheur,
Pouvoit- il naître dans les larmes:
Des graces le trio sacré
Etoit prése nt à sa naissance;
L'Hymenée & l'Amour pour lui d'intelligence,
De leurs flambeaux l'ont éclairé;
Les Nimph es de la Seine arrivant en cadence,
De leurs roseaux l'ont décoté.
Madame le Dauphine.
———
92 MERCURE DE FRANCE.
Des combats la Déesse altiere
Voulut ouvrir, dit-on, sa débile paupiere;
Et rit, en découvrant dans d'aussi foibles yeux,
Le feu noble & sacré qui rendit ses ayeux
Si chétis dans la paix, & si grands dano la
guerre.
Déja par cent Coursiers fougueux
La Renommée instruit toute la terre
Du présent que nous font les Dieux
Et ces bouches d'airain, dont l'Anglois fut la
proye
Instrumens meurtiiers des guerrieres fureurs,
Ne sont plus que ceux de la joye
Qui regne dans tous les cœurs.
Dans ce séjour d'opulence,
De la corne d'abondance
Je vois les trésors s'écouler
Chacun par sa magnificence
Veut aujourd'hui se signaler.
La Bourgogno en faveur d'un Prince,
Nouvel appui de sa Province,
S'efforçant de briller d'un plus beau coloris,
Rassemble autour du verre & les jeux & les riu
Six cent Vierges infortunées
De leurs Amants accompagnées
Vont subir aux Autels une plus douce lot;
Et croiront satisfaire à la reconnoissance
JANVIER. 1752.
91
En se hâtant de donner à la France
Des Sojets dignes de leur Roi....
Mais cher D**, quel nouvel êtro
Vient tout à coup frapper mes sens!
Déjà le soustre & le salpêtre
Jusqu'aux cieux portent notre encens,
Et dans l'air agité tracent en traits de flàmme
L'ardeur des sentimens qui ravissent notre ame.
Eu ce moment la plume échappe de mes
mains,
Saus doute tu permets qu'on cesse de t'écrire;
Quand avec tout Paris il faut dire & redire,
Vive le Roi, le pere & l'ami des humains.
De M. V. R. M. L. à M. D***,
en
Province, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Viens ami, vole au sein des jeux & de l'amour,
Viens partager ma joie & la rendre parfaite;
Paris à quitter ta retraite
Par de nouveaux plaisirs, t'invite chaque jour;
Tu sçais pour quel objet, * la Princesse emptessée:
Formoit les plus sincéres vœux;
Le ciel enfin lui donne un enfant précieux
Armé du même trait dont elle fut blessée.
De la vie en naissant il goûte la douceur
Sa mere la partage avec lui sans allarmes,
Un Prince né pour le commun bonheur,
Pouvoit- il naître dans les larmes:
Des graces le trio sacré
Etoit prése nt à sa naissance;
L'Hymenée & l'Amour pour lui d'intelligence,
De leurs flambeaux l'ont éclairé;
Les Nimph es de la Seine arrivant en cadence,
De leurs roseaux l'ont décoté.
Madame le Dauphine.
———
92 MERCURE DE FRANCE.
Des combats la Déesse altiere
Voulut ouvrir, dit-on, sa débile paupiere;
Et rit, en découvrant dans d'aussi foibles yeux,
Le feu noble & sacré qui rendit ses ayeux
Si chétis dans la paix, & si grands dano la
guerre.
Déja par cent Coursiers fougueux
La Renommée instruit toute la terre
Du présent que nous font les Dieux
Et ces bouches d'airain, dont l'Anglois fut la
proye
Instrumens meurtiiers des guerrieres fureurs,
Ne sont plus que ceux de la joye
Qui regne dans tous les cœurs.
Dans ce séjour d'opulence,
De la corne d'abondance
Je vois les trésors s'écouler
Chacun par sa magnificence
Veut aujourd'hui se signaler.
La Bourgogno en faveur d'un Prince,
Nouvel appui de sa Province,
S'efforçant de briller d'un plus beau coloris,
Rassemble autour du verre & les jeux & les riu
Six cent Vierges infortunées
De leurs Amants accompagnées
Vont subir aux Autels une plus douce lot;
Et croiront satisfaire à la reconnoissance
JANVIER. 1752.
91
En se hâtant de donner à la France
Des Sojets dignes de leur Roi....
Mais cher D**, quel nouvel êtro
Vient tout à coup frapper mes sens!
Déjà le soustre & le salpêtre
Jusqu'aux cieux portent notre encens,
Et dans l'air agité tracent en traits de flàmme
L'ardeur des sentimens qui ravissent notre ame.
Eu ce moment la plume échappe de mes
mains,
Saus doute tu permets qu'on cesse de t'écrire;
Quand avec tout Paris il faut dire & redire,
Vive le Roi, le pere & l'ami des humains.
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Résumé : EPITRE De M. V. R. M. L. à M. D***, en Province, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
L'épître célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils de la Princesse et du Dauphin. L'auteur invite son ami à quitter sa retraite parisienne pour partager cette joie. La Princesse avait exprimé des vœux sincères pour cet événement, et le ciel lui a accordé un enfant précieux. Le nouveau-né est décrit comme apportant le bonheur commun et naissant sans larmes. À sa naissance, les grâces sacrées, l'Hyménée et l'Amour étaient présents, éclairant le prince de leurs flambeaux. Les nymphes de la Seine l'ont accueilli avec des roseaux. La déesse Bellone a ouvert les yeux pour voir le feu noble dans ceux du prince. La Renommée annonce la nouvelle à travers le monde, et les bouches d'airain célèbrent désormais la joie. La Bourgogne se pare de ses plus beaux atours pour honorer le nouveau prince. Six cents vierges, accompagnées de leurs amants, se préparent à se marier en signe de reconnaissance. L'auteur est interrompu par les feux d'artifice célébrant la naissance et conclut en acclamant le roi, père et ami des humains.
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12811
p. 94-101
COMPLIMENTS Faits le 26 Septembre 1751, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par la députation des Dames de la Halle.
Début :
AU ROI. SIRE, les voeux de la France sont exaucés, [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Espérances, Majesté, Félicité, Peuples, Délices, Allégresse, Voeux, Sujets
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : COMPLIMENTS Faits le 26 Septembre 1751, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par la députation des Dames de la Halle.
COMPLIMENTS
Faits le 26 Sepiembre 1751, à l'occasion
de la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par la députation des Dames
de la Halle.
AU ROI.
SIRE, les voeux de la France sont
exaucés, une éclatante Aurore nous
avoit annoncé le plus beau jour, il
vient de luire à nos yeux, & ses rayons
sont le terme & l'accomplissement de nos
plus douces espérances; jusqu'ici le ciel
nous laissoit encore des vœux à fotmer;
les succès étonnans & rapides de votre
Majesté, le nombre de ses conquêtes, sa
modération dans ses victoires, sa gran-
deur & sa générosité dans la paix, tant de
traits éclatans qui fourniront aux siécles à
venit moins de sujets d'admiration que
d'incrédulité, nont contribué à la gloire
de votre Majesté & à celle de la France. Il
étoit réservé à Monseigneur le Duc de
Bourgogne de mettre le comble à son bon-
heur, sa naissance assurant votre félicité
JANVIER. 1752.
95
devient la source & le garant de la nôtre.
Ce Prince sera ainsi que vous, Site, la
terteur de ses ennemis, le Pere de ses
peuples, l'arbitre & le modele des Rois
& Iadmiration de l'Univers; en mar-
chant sur vos traces, en suivant celles
de son auguste pere, il sera un jour la gloi-
te de la Nation, les delices de nos artie-
res-neveux & le bonheur de leurs en-
fans.
Quel avantage pour nous, Sire, dans
une occasion si chere, si précieuse à notre
amour, de pouvoir porter aux pieds de vo-
tre Majeste, la joye qui nous anime, &
les sentimens viss & respectueux qu'ellę
nous inspire !
ALAREINE.
MADAME, le Ciel occupé du
bonheur de votre Majesté, & de celui
de ses peuples, vient d'y mettre le comble
par la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne; pénétrées de lajoye vive & pu-
re que nous cause cet heureux événement,
nous osons la porter aux pieds de votre
Majesté, & la suplier d'en agréer le respec-
tueux témoignage. L'Europe entiere parta-
ge notre allegresse, & nous n'y mettons
d'autres bornes que celles de notre amour.
Tel est, Madame, le prix de vos vertus,
Dgsinad hiL0
96 MERCUREDEFRANCE.
le succès de nos voeux & l'accomplissement
de nos desirs: il ne nous en reste plus à
former; les bienfaits précieux que Dieu ré-
pand sur nous, sont de surs garants de no-
tre bonheur, & le gage le plus assuré de
la prospérité de votre Majesté & de toute
la Famille Royale.
AMONSEIGNEURLEDAUPHIN
MONSEIGNEUR, Nous avons partagé
avec vous la vive allégresse que cause à toute
l'Europe la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne; ce gage précieux de la ten-
dresse d'une auguste épouse, nous fait
espérer qu'il est des bienfaits que la re-
connoissance ne peut jamais égaler, & que
les expressions qui pouroient la témoigner
ne servent souvent qu'à l'affoiblir. Quelle
idée pourrions-nous vous donner, Mon-
scigneur, de la joye dont nous sommes
pénétrées, qui pût approcher du sentiment
qui nous l'inspire? Quels voeux nous res-
teroit il ençore à former, tandis que
nous trouvons dans cet événement for-
tuné, le comble de nos espérances & la
source de la félicité publique. La France
trouve dans cet auguste enfant, l'appui de
son Trône & les délices de sespeuples; l'Eu-
rope trouvera en lui un garant du main-
tien de la tranquilité que notre incompara-
ble
JANVIER.
1752.
97
ble Monarque lui a procuré, & nos dernie:s
neveux gouteront l'heureux avantage de
pouvoir comparer leur bonheur à celui de
leur ayeux. Que de titres, Monscigneur
qui consacreront à jamais notre zéle, no-
tre amour & notre reconnoissance!
AMADAME LA DAUPHINE.
MADAME, il ne fut jamais d'occa-
sion plus favorable de faire éclater les
transports de notre joye, que celle de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. Jamais la France n a eû tant de jus-
tes sujets de s'y livrer; vous venez faire
briller un soleil né pour le bonheurdu mon-
de, & ce bonheur est votre ouvrage : aux
vertus de son auguste mere, ce jeune
Prince joindra celles qui font les grands
Rois; il apprendra de Louis le Bien-Ai-
mé & de Monseigneur le Dauphin, l'Art
de regner sur les coeurs, né comme eux
avec ce désir si marqué & toujours suivi de
rendre les peuples heureux, il en aura
un jour le pouvoir, & ne croira pas à leur
exemple en devoir faire un autre usage.
Mais, Madame, ce bonheur n'est réservé
qu'aux siccles à venis. Heureuses d'avoir
tant de motifs de concevoir des espérances
flateuses, dont nos descendans goûteront
II. Vol.
jitized by
98 MERCURE DE FRANCE.
tout le fruit; plus heureuses encore de
graver dans leurs coeurs notre respectueux
amour pour vous, & d'y perpétuer notre
reconnoissance.
A MONSEIGNEUR LE DUC
DE BOURGOGNE.
MONSEIGNEUR, nous venons vous
offrit n os respectueux hommages; mais, la
joye qu'e nous inspire votrenaissance, nous
n essayerons pas de vous l'exprimer. Vous
trouverez un jour dans les services & la
fidélité de nos descendans, dont vous fe-
rez les délices, des preuves de l'amour de
leurs peres dont vous faites les douces es-
pérances.
A MADAME.
MADAME, votre naissance fue
pour nous le présage de nos plus douces
espérances, celle de Monseigneur le Duc
de Bourgogne en devient aujourd'hui l'ac-
complissement, l'une excita toute notre
joye, l'autre assure la durée de notre bon-
heur. Vous ferez, Madame, les délices
des peuples sut qui vous regnerez, il fera la
félicité de ceux qui vivront sous ses loix.
Quelle circonstances plus favorables pour
faire éclater les transports de notre allé-
gresse & ceux de notre amour.
JANVIER. 1752.
99
AMESDAMES.
MESDAMES, rien ne peut éga-
ler la joye que nous cause la naissance de
Monseigneut le Duc de Bourgogne, nous
nous livrons aux justes trasports qu'elle
nous inspire, sans pouvoir les contenit,
n'y les rendre; l'encens fome sur les Au-
tels, l'air brille de nouveaux feux & reten-
tit de mille cris d'allégresse; tout annonce
la nôtre, mais ne l'exprime pas; notre
coeur suffit à peine à la sentit, comment
pourrions-nous en faire connoître toute
l'étendue, mais nous nous flattons que vous
en jugez par la vôtre. C'est dans cette
confiance, Mesdames, que nous osons la
faire éclatter, & vous supplions d'en agréer
les respectueux hommages.
AMONSIEUR LE DUC DE
GESVRES.
En supliant votre Grandeur d'agréer les
respectueux hommages que nous osons lui
presenter, c'est remplir le premier de
nos devoirs, c'est vous offrir un foi-
ble tribut que la reconnoissance exige &
que le sentiment nous inspire, notre bon-
heur est d'éprouver vos bontés, & notre
gloire de les publier.
Dépositaire & Ministre de l'autorité
Ei
100 MERCUREDE FRANCE.
sactée que sa Majesté vous a confiée, Paris
& la premiere Province du Royaume ne
connoissent votre pouvoit que par leut
félicité; leurs habitans moins frappés de l'é
clat d'un nom illustre depuis tant de siécles
pat les exploits les plus glorieux, que des
vertus que vous leur faites paroître, voyent
avec autant de plaisit que d'admitation
que vous ayez réuni en vous seul toutes
celles de vos ayeux. Ils regardent à juste
titre que la confiance & l'amitié du plus
grand Roi du monde, les titres honorables
& les dignités éminentes de votre Gran-
deur, sont moins le prix des services de
ses ancêtres, que la preuve & la ré-
compenses des vôtres. Vous les régissez
moins par vôtre autorité quę par vos bien-
faits; mais c'est principalement sur nous
Monseigneur, que vous avez pris plaisir
à les répandre: C'est vous qui rendez notre
très invincible Monarque sensible à nos
prieres; c'est vous qui portez aux pieds
de son Trône nos respects & nos vœux:
ses graces seront le gage de son amour pa-
ternel pour ses sujets & le fruit de vos
soins genéteux; c'est sous vos auspices que
nous venons d'avoir l'honneur de témoi-
gnet à Madame la Dauphine, la vivre
allégresse que nous ressentons de la naissan-
ce de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
ed by Goo
JANVIER. 1752.
101
& que nous avons le glorieux avantage de
publier vos bienfaits & notre reconnois-
sance.
Faits le 26 Sepiembre 1751, à l'occasion
de la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, par la députation des Dames
de la Halle.
AU ROI.
SIRE, les voeux de la France sont
exaucés, une éclatante Aurore nous
avoit annoncé le plus beau jour, il
vient de luire à nos yeux, & ses rayons
sont le terme & l'accomplissement de nos
plus douces espérances; jusqu'ici le ciel
nous laissoit encore des vœux à fotmer;
les succès étonnans & rapides de votre
Majesté, le nombre de ses conquêtes, sa
modération dans ses victoires, sa gran-
deur & sa générosité dans la paix, tant de
traits éclatans qui fourniront aux siécles à
venit moins de sujets d'admiration que
d'incrédulité, nont contribué à la gloire
de votre Majesté & à celle de la France. Il
étoit réservé à Monseigneur le Duc de
Bourgogne de mettre le comble à son bon-
heur, sa naissance assurant votre félicité
JANVIER. 1752.
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devient la source & le garant de la nôtre.
Ce Prince sera ainsi que vous, Site, la
terteur de ses ennemis, le Pere de ses
peuples, l'arbitre & le modele des Rois
& Iadmiration de l'Univers; en mar-
chant sur vos traces, en suivant celles
de son auguste pere, il sera un jour la gloi-
te de la Nation, les delices de nos artie-
res-neveux & le bonheur de leurs en-
fans.
Quel avantage pour nous, Sire, dans
une occasion si chere, si précieuse à notre
amour, de pouvoir porter aux pieds de vo-
tre Majeste, la joye qui nous anime, &
les sentimens viss & respectueux qu'ellę
nous inspire !
ALAREINE.
MADAME, le Ciel occupé du
bonheur de votre Majesté, & de celui
de ses peuples, vient d'y mettre le comble
par la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne; pénétrées de lajoye vive & pu-
re que nous cause cet heureux événement,
nous osons la porter aux pieds de votre
Majesté, & la suplier d'en agréer le respec-
tueux témoignage. L'Europe entiere parta-
ge notre allegresse, & nous n'y mettons
d'autres bornes que celles de notre amour.
Tel est, Madame, le prix de vos vertus,
Dgsinad hiL0
96 MERCUREDEFRANCE.
le succès de nos voeux & l'accomplissement
de nos desirs: il ne nous en reste plus à
former; les bienfaits précieux que Dieu ré-
pand sur nous, sont de surs garants de no-
tre bonheur, & le gage le plus assuré de
la prospérité de votre Majesté & de toute
la Famille Royale.
AMONSEIGNEURLEDAUPHIN
MONSEIGNEUR, Nous avons partagé
avec vous la vive allégresse que cause à toute
l'Europe la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne; ce gage précieux de la ten-
dresse d'une auguste épouse, nous fait
espérer qu'il est des bienfaits que la re-
connoissance ne peut jamais égaler, & que
les expressions qui pouroient la témoigner
ne servent souvent qu'à l'affoiblir. Quelle
idée pourrions-nous vous donner, Mon-
scigneur, de la joye dont nous sommes
pénétrées, qui pût approcher du sentiment
qui nous l'inspire? Quels voeux nous res-
teroit il ençore à former, tandis que
nous trouvons dans cet événement for-
tuné, le comble de nos espérances & la
source de la félicité publique. La France
trouve dans cet auguste enfant, l'appui de
son Trône & les délices de sespeuples; l'Eu-
rope trouvera en lui un garant du main-
tien de la tranquilité que notre incompara-
ble
JANVIER.
1752.
97
ble Monarque lui a procuré, & nos dernie:s
neveux gouteront l'heureux avantage de
pouvoir comparer leur bonheur à celui de
leur ayeux. Que de titres, Monscigneur
qui consacreront à jamais notre zéle, no-
tre amour & notre reconnoissance!
AMADAME LA DAUPHINE.
MADAME, il ne fut jamais d'occa-
sion plus favorable de faire éclater les
transports de notre joye, que celle de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. Jamais la France n a eû tant de jus-
tes sujets de s'y livrer; vous venez faire
briller un soleil né pour le bonheurdu mon-
de, & ce bonheur est votre ouvrage : aux
vertus de son auguste mere, ce jeune
Prince joindra celles qui font les grands
Rois; il apprendra de Louis le Bien-Ai-
mé & de Monseigneur le Dauphin, l'Art
de regner sur les coeurs, né comme eux
avec ce désir si marqué & toujours suivi de
rendre les peuples heureux, il en aura
un jour le pouvoir, & ne croira pas à leur
exemple en devoir faire un autre usage.
Mais, Madame, ce bonheur n'est réservé
qu'aux siccles à venis. Heureuses d'avoir
tant de motifs de concevoir des espérances
flateuses, dont nos descendans goûteront
II. Vol.
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98 MERCURE DE FRANCE.
tout le fruit; plus heureuses encore de
graver dans leurs coeurs notre respectueux
amour pour vous, & d'y perpétuer notre
reconnoissance.
A MONSEIGNEUR LE DUC
DE BOURGOGNE.
MONSEIGNEUR, nous venons vous
offrit n os respectueux hommages; mais, la
joye qu'e nous inspire votrenaissance, nous
n essayerons pas de vous l'exprimer. Vous
trouverez un jour dans les services & la
fidélité de nos descendans, dont vous fe-
rez les délices, des preuves de l'amour de
leurs peres dont vous faites les douces es-
pérances.
A MADAME.
MADAME, votre naissance fue
pour nous le présage de nos plus douces
espérances, celle de Monseigneur le Duc
de Bourgogne en devient aujourd'hui l'ac-
complissement, l'une excita toute notre
joye, l'autre assure la durée de notre bon-
heur. Vous ferez, Madame, les délices
des peuples sut qui vous regnerez, il fera la
félicité de ceux qui vivront sous ses loix.
Quelle circonstances plus favorables pour
faire éclater les transports de notre allé-
gresse & ceux de notre amour.
JANVIER. 1752.
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AMESDAMES.
MESDAMES, rien ne peut éga-
ler la joye que nous cause la naissance de
Monseigneut le Duc de Bourgogne, nous
nous livrons aux justes trasports qu'elle
nous inspire, sans pouvoir les contenit,
n'y les rendre; l'encens fome sur les Au-
tels, l'air brille de nouveaux feux & reten-
tit de mille cris d'allégresse; tout annonce
la nôtre, mais ne l'exprime pas; notre
coeur suffit à peine à la sentit, comment
pourrions-nous en faire connoître toute
l'étendue, mais nous nous flattons que vous
en jugez par la vôtre. C'est dans cette
confiance, Mesdames, que nous osons la
faire éclatter, & vous supplions d'en agréer
les respectueux hommages.
AMONSIEUR LE DUC DE
GESVRES.
En supliant votre Grandeur d'agréer les
respectueux hommages que nous osons lui
presenter, c'est remplir le premier de
nos devoirs, c'est vous offrir un foi-
ble tribut que la reconnoissance exige &
que le sentiment nous inspire, notre bon-
heur est d'éprouver vos bontés, & notre
gloire de les publier.
Dépositaire & Ministre de l'autorité
Ei
100 MERCUREDE FRANCE.
sactée que sa Majesté vous a confiée, Paris
& la premiere Province du Royaume ne
connoissent votre pouvoit que par leut
félicité; leurs habitans moins frappés de l'é
clat d'un nom illustre depuis tant de siécles
pat les exploits les plus glorieux, que des
vertus que vous leur faites paroître, voyent
avec autant de plaisit que d'admitation
que vous ayez réuni en vous seul toutes
celles de vos ayeux. Ils regardent à juste
titre que la confiance & l'amitié du plus
grand Roi du monde, les titres honorables
& les dignités éminentes de votre Gran-
deur, sont moins le prix des services de
ses ancêtres, que la preuve & la ré-
compenses des vôtres. Vous les régissez
moins par vôtre autorité quę par vos bien-
faits; mais c'est principalement sur nous
Monseigneur, que vous avez pris plaisir
à les répandre: C'est vous qui rendez notre
très invincible Monarque sensible à nos
prieres; c'est vous qui portez aux pieds
de son Trône nos respects & nos vœux:
ses graces seront le gage de son amour pa-
ternel pour ses sujets & le fruit de vos
soins genéteux; c'est sous vos auspices que
nous venons d'avoir l'honneur de témoi-
gnet à Madame la Dauphine, la vivre
allégresse que nous ressentons de la naissan-
ce de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
ed by Goo
JANVIER. 1752.
101
& que nous avons le glorieux avantage de
publier vos bienfaits & notre reconnois-
sance.
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Résumé : COMPLIMENTS Faits le 26 Septembre 1751, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par la députation des Dames de la Halle.
Le document célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils du Dauphin et de la Dauphine, survenue le 26 septembre 1751. Les Dames de la Halle manifestent leur joie et leurs vœux pour le nouveau-né et la famille royale. Elles mettent en avant les succès militaires et la modération du roi, ainsi que la grandeur et la générosité de la monarchie française. La naissance du Duc de Bourgogne est perçue comme l'accomplissement des espérances nationales et la garantie du bonheur futur de la France. Le texte exprime également l'admiration et la reconnaissance envers le roi et la reine, ainsi que les espoirs placés dans l'avenir du jeune prince, vu comme un futur souverain juste et bienveillant. Les auteurs adressent leurs hommages au Duc de Bourgogne, à la Dauphine et à la famille royale, exprimant leur allégresse et leur fidélité. Une lettre adressée au Duc de Gesvres exprime une grande allégresse et reconnaissance pour la naissance du Duc de Bourgogne. Les auteurs rendent hommage aux bienfaits et à l'autorité du Duc de Gesvres, soulignant que la félicité de Paris et de la première province du royaume est due à ses vertus et actions. Les habitants voient en lui une réunion des qualités de ses ancêtres et apprécient sa capacité à obtenir les faveurs du roi. Le duc est perçu comme un régisseur bienveillant, utilisant ses bienfaits plutôt que son autorité. La lettre se conclut par une expression de gratitude pour les soins et les attentions du duc, permettant de témoigner de la joie liée à la naissance du Duc de Bourgogne et de publier les bienfaits et la reconnaissance envers le duc.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
12812
p. 101-107
De Paris, le 13 Septembre.
Début :
Le Lundi 13 Septembre 1751. Ce jour en comblant les voeux de la Famille [...]
Mots clefs :
Duc de Gesvres, Ville, Paris, Roi, Versailles, Gardes, Argent
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Paris, le 13 Septembre.
De Paris, le 13 Septembre.
Le Lundi 13 Septembre 1751. Ce
jour en comblant les voeux de la Famille
Royale, assura le bonheur de la France.
Madame la Dauphine lui donna un Duc
de Bourgogne dont elle accoucha si heu-
reusement, qu'il ne fut guerre possible de
marquer l'intervale des douleurs à la
naissance. M. le Duc de Gêvres en qualité
de Gou verneur de Paris dépêcha un de ses
Pages pour porter la nouvelle des douleurs
au Corps de Ville, il fut suivi du Lieute-
nant de ses Gardes qui lui annonça la
naissance: la Ville, la Bastille & les In-
valides firent aussi-tôt tirer le canon: la
Ville fit sonner la cloche qui continua
jour & nuit jusqu'a la fin de la troisicme
quit.
Eiij
jitized by Goc
202 MERCURE DE FRANCE.
Quoiqu'il ne fût qu'une heure du ma-
tin, lorsque Madame la Dauphine accou-
cha, cet événement causa tant joye, qu'en
un instaut le plaisit réveilla tous les habi-
tans de Versailles, leur empressement &
leurs acclamations réitérés furent les in-
terprêtes de leur cœur.
On chanta le Te Deum dans la Chapelle
du Roi sur les cinq heures du matin, en
action de graces; la Famille Royale & tou-
te la Cour y assistérent en grand habit;
le Roi fit jetter beaucoup d'argent au pu-
blic.
Le soir du même jour il y eut des illu-
minations considérables dans Versailles, on
tira un feu d'artifice dans la Place d'Ar-
mes; la promptitude avec laquelle il fue
préparé est inconcevable & ne lui ôta point
de sa beauté; on en fut étonné, on en a
pen tiré avec autant de succès & qui ayent
produit un si bel effet.
Apeine le feu d'artifice cessa qu'on vit
s'élever une flâme, dont l'éclat étoit ad-
mirable & effrayant; tout le comble de la
grande Ecurie du Roi s'enflamma dans le
même instant, le secours qu'on y apporta
fut inutile, le feu dura pendant deux
jours & a causé beaucoup de dommage; il
prit dans le même instant à la petite écurie
& dans deux ou trois endroits à Versailles;
nes bO.
JANVIER. 1752. 103
l fut éteint aussi-tôt. Voici quelques
vers qu'on fit sur le champ à cette occa-
sion.
Tont lui promet le destin le plus beau,
Et fi la flâme éclaire son bercean
On n'en doit concevoir qu'un illustre présage i
De son éclat futur cette époque est le gage;
De l'Inde le vainqueur fameux,
Le rival du Dieu des batailles
Alexandre naquit à la clarté des feux
Qui du Temple d'Ephése embrasoient les mu-
railles.
M. le Duc de Gêvres étoit parti l'après-
midi de Versailles & étoit arrivé sur les
cinque heures à l'Hôtel de Ville, accompa-
gné d'un détachement de ses Gardes, precé-
dé de ses Pages, & jettant de l'argent sur
son passage.
Le Corps de Ville vint le recevoir, il
fut ensuite prendre sa guirlande de fleurs
asin d'aller à la tête de la Ville allumer un
feu préparé pour le soir: il y fut escorté pas
seize de ses Suisses, ses Gardes, ses Cour-
reurs, 30 Valets de pied, ce qui compo-
soit deux files confidérables qui formoient
presque l'enceinte de la Place: il avoit au
tour de lui ses six Gentilhommes, les Prin-
cipaux Officiers de ses Gardes, ses Pages,
ceux de la Chambre du Roi & les trompet-
...
Euii
00
104 MERCURE DEFRANCE.
tes sonnant, le Corps de Ville le suivoit;
elle avoit aussi ses Gardes; il jetta beaucoup
d'argent; le peuple étoit immense, les
acclamations de joye ne cestoient point,
on tira ensuite un nombre infini de fusées
& d'artifice.
L'Hôtel de Ville fut superbement
illuminé & toutes les rues de Paris; ces
fêtes & ces'cétémonies durerent trois jours.
La Ville pendant ce tems donna de
grands repas à M. le Duc de Gêvres qui
y alloit tous les jours fuivi de ses Gardes
& de ses carrosses & jettant de l'argent
dans toutes les ruës.
Il fit donner l'Opera gratis à Paris, le
jour suivant la Comédie Françoise & le
troisiéme jour la Comédie Italienne, la
foule innombrable qui s'y trouva n'empê-
cha pas le bon ordre.
Le Dimanche suivant jour marqué pour
le Te Deum, le Roi avec la Famille Royale
vint escorté de toute sa Maison à Notre-
Dame.
Sa Majesté fit jetter un argent considéra-
ble & retourna le soir à Versailles; M. le
Duc de Gêvres, que le Roi avoit dispen-
sé d'aller à Notre-Dame, fut à l'Hôtel de
Ville avec un cortège eneore plus nom-
breux que les jours précédens; on tira
un feu d'artifice superbe pout terminer les
fêtes.
3
10)
JANVIER. 1752.
M. le Duc de Gêvres donna sa loge
aux Ambassadeurs & aux Etrangers pour
voir.
Paris fut magnisiquement illuminé tou-
te la nuit, M. le Duc de Gêvres fit mettre
un orchestre dans sa cour qui étoit rem-
plie de desseins de l'ampions ainsi que sa
porte & la facade de son Hôtel, il y fit
distribuer du pain & des viandes de toute
espece, le vin ne cessa d'y couler, on y
dansa toute la nuit; le Prevôt des Mar-
chands, le Lieutenant de Police & beau-
coup de Seigneurs en firent autant.
M. le Duc de Gêvres fut passer trois
jours à S. Ouen: il donna des fêtes
où il invita les Ambassadeurs & Am-
bassadrices, & les Etrangers à qui il
donna de grands repas & des feux d'ar-
tifice, il en a fait itirer trois considé-
rables, & plusieurs petits chez lui, il fit
illuminer son Château & son Parc; il don-
na particulierement une fête à Madamo
l'Ambassadrice de Pologne, il eut tous les
Etrangers, il fit tirer encorę un feu d'arti-
fice & donna le prix de l'atquebuse.
La Ville de Paris pout ne laisser échap-
per aucun moyen possible de donner à la
Famille Royale des marques de la satistac-
tion, dont elle est pénéttée par cet événe-
ment, joint aux fêtes qu'elle a données
EV
d by Goc
106 MERCUREDEFRANCE.
six cens mariages elle dote des filles que
l'indigence empêche de trouver un établis-
sement; la Ville a jugé qu'il en résulteroit
un bien réel dont le souvenir se transmet-
troii à la postérité par de nouveaux Sujets,
qui devront unir la reconnoissance aux
sentimens que tous les François ont pour
leur Roi.
M. le Duc de Gevres en fait particulie-
rement à ses dépens trois à Saint Ouen,
quatre à Mareil, dix à Gêvres, sept à
Blérancourt & un dans toutes ses Tertes;
les Villes du Royaume suivent son exem-
ple; se nombre des mariages devient infi-
ni, ce projet est un nouvel accroissement
pour la France.
Le Dimanche qui fut le dernier jour des
fêtes de la Ville de Paris, M. le Duc de
Gêvres partit le soir de l'Hôtel de Ville
pour aller coucher à Versailles; le lende-
main matin au lever, il vit la Cour Royale
remplie de tous les Artilans qui portoient
les marques de leur état orné de décora-
tions, elles exprimoient tous les Arts qui
vinrent rendre leur hommage; ils étoient
suivis & précédés de tambours, de hau-
bois & de violons, ils vinrent danser
sous les fenêtres du Roi, toute la journée
se passa de même, ces sortes de réjouissan-
ces avoient commencé dès le 13 &
yGoc
107
JANVIER. 1752.
avoient continué tous les jours jusqu'au2o;
elles avoient été varices chaque fois, tout
le peaple de Versailles vêcut pendant ce
tems que de l'argent que le Roi fit distri-
buer; ils les passerent en danses & en di-
vertissements.
Les Gardes du Corps de Sa Majesté
donnerent dans leur Salle un bal paré,
superbe, il fut suivi d'un bal mas-
qué.
Toutes les Communautés font chanter
tous les jours des Te Deum à Versailles & à
Paris, on entend sans cesse le bruit du
canon, l'air le soir est rempli de fusées,
la France ne respire que la joie, tout par-
ticipe au bonheur général, & chacus
en fait le sien particulier.
Le Lundi 13 Septembre 1751. Ce
jour en comblant les voeux de la Famille
Royale, assura le bonheur de la France.
Madame la Dauphine lui donna un Duc
de Bourgogne dont elle accoucha si heu-
reusement, qu'il ne fut guerre possible de
marquer l'intervale des douleurs à la
naissance. M. le Duc de Gêvres en qualité
de Gou verneur de Paris dépêcha un de ses
Pages pour porter la nouvelle des douleurs
au Corps de Ville, il fut suivi du Lieute-
nant de ses Gardes qui lui annonça la
naissance: la Ville, la Bastille & les In-
valides firent aussi-tôt tirer le canon: la
Ville fit sonner la cloche qui continua
jour & nuit jusqu'a la fin de la troisicme
quit.
Eiij
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202 MERCURE DE FRANCE.
Quoiqu'il ne fût qu'une heure du ma-
tin, lorsque Madame la Dauphine accou-
cha, cet événement causa tant joye, qu'en
un instaut le plaisit réveilla tous les habi-
tans de Versailles, leur empressement &
leurs acclamations réitérés furent les in-
terprêtes de leur cœur.
On chanta le Te Deum dans la Chapelle
du Roi sur les cinq heures du matin, en
action de graces; la Famille Royale & tou-
te la Cour y assistérent en grand habit;
le Roi fit jetter beaucoup d'argent au pu-
blic.
Le soir du même jour il y eut des illu-
minations considérables dans Versailles, on
tira un feu d'artifice dans la Place d'Ar-
mes; la promptitude avec laquelle il fue
préparé est inconcevable & ne lui ôta point
de sa beauté; on en fut étonné, on en a
pen tiré avec autant de succès & qui ayent
produit un si bel effet.
Apeine le feu d'artifice cessa qu'on vit
s'élever une flâme, dont l'éclat étoit ad-
mirable & effrayant; tout le comble de la
grande Ecurie du Roi s'enflamma dans le
même instant, le secours qu'on y apporta
fut inutile, le feu dura pendant deux
jours & a causé beaucoup de dommage; il
prit dans le même instant à la petite écurie
& dans deux ou trois endroits à Versailles;
nes bO.
JANVIER. 1752. 103
l fut éteint aussi-tôt. Voici quelques
vers qu'on fit sur le champ à cette occa-
sion.
Tont lui promet le destin le plus beau,
Et fi la flâme éclaire son bercean
On n'en doit concevoir qu'un illustre présage i
De son éclat futur cette époque est le gage;
De l'Inde le vainqueur fameux,
Le rival du Dieu des batailles
Alexandre naquit à la clarté des feux
Qui du Temple d'Ephése embrasoient les mu-
railles.
M. le Duc de Gêvres étoit parti l'après-
midi de Versailles & étoit arrivé sur les
cinque heures à l'Hôtel de Ville, accompa-
gné d'un détachement de ses Gardes, precé-
dé de ses Pages, & jettant de l'argent sur
son passage.
Le Corps de Ville vint le recevoir, il
fut ensuite prendre sa guirlande de fleurs
asin d'aller à la tête de la Ville allumer un
feu préparé pour le soir: il y fut escorté pas
seize de ses Suisses, ses Gardes, ses Cour-
reurs, 30 Valets de pied, ce qui compo-
soit deux files confidérables qui formoient
presque l'enceinte de la Place: il avoit au
tour de lui ses six Gentilhommes, les Prin-
cipaux Officiers de ses Gardes, ses Pages,
ceux de la Chambre du Roi & les trompet-
...
Euii
00
104 MERCURE DEFRANCE.
tes sonnant, le Corps de Ville le suivoit;
elle avoit aussi ses Gardes; il jetta beaucoup
d'argent; le peuple étoit immense, les
acclamations de joye ne cestoient point,
on tira ensuite un nombre infini de fusées
& d'artifice.
L'Hôtel de Ville fut superbement
illuminé & toutes les rues de Paris; ces
fêtes & ces'cétémonies durerent trois jours.
La Ville pendant ce tems donna de
grands repas à M. le Duc de Gêvres qui
y alloit tous les jours fuivi de ses Gardes
& de ses carrosses & jettant de l'argent
dans toutes les ruës.
Il fit donner l'Opera gratis à Paris, le
jour suivant la Comédie Françoise & le
troisiéme jour la Comédie Italienne, la
foule innombrable qui s'y trouva n'empê-
cha pas le bon ordre.
Le Dimanche suivant jour marqué pour
le Te Deum, le Roi avec la Famille Royale
vint escorté de toute sa Maison à Notre-
Dame.
Sa Majesté fit jetter un argent considéra-
ble & retourna le soir à Versailles; M. le
Duc de Gêvres, que le Roi avoit dispen-
sé d'aller à Notre-Dame, fut à l'Hôtel de
Ville avec un cortège eneore plus nom-
breux que les jours précédens; on tira
un feu d'artifice superbe pout terminer les
fêtes.
3
10)
JANVIER. 1752.
M. le Duc de Gêvres donna sa loge
aux Ambassadeurs & aux Etrangers pour
voir.
Paris fut magnisiquement illuminé tou-
te la nuit, M. le Duc de Gêvres fit mettre
un orchestre dans sa cour qui étoit rem-
plie de desseins de l'ampions ainsi que sa
porte & la facade de son Hôtel, il y fit
distribuer du pain & des viandes de toute
espece, le vin ne cessa d'y couler, on y
dansa toute la nuit; le Prevôt des Mar-
chands, le Lieutenant de Police & beau-
coup de Seigneurs en firent autant.
M. le Duc de Gêvres fut passer trois
jours à S. Ouen: il donna des fêtes
où il invita les Ambassadeurs & Am-
bassadrices, & les Etrangers à qui il
donna de grands repas & des feux d'ar-
tifice, il en a fait itirer trois considé-
rables, & plusieurs petits chez lui, il fit
illuminer son Château & son Parc; il don-
na particulierement une fête à Madamo
l'Ambassadrice de Pologne, il eut tous les
Etrangers, il fit tirer encorę un feu d'arti-
fice & donna le prix de l'atquebuse.
La Ville de Paris pout ne laisser échap-
per aucun moyen possible de donner à la
Famille Royale des marques de la satistac-
tion, dont elle est pénéttée par cet événe-
ment, joint aux fêtes qu'elle a données
EV
d by Goc
106 MERCUREDEFRANCE.
six cens mariages elle dote des filles que
l'indigence empêche de trouver un établis-
sement; la Ville a jugé qu'il en résulteroit
un bien réel dont le souvenir se transmet-
troii à la postérité par de nouveaux Sujets,
qui devront unir la reconnoissance aux
sentimens que tous les François ont pour
leur Roi.
M. le Duc de Gevres en fait particulie-
rement à ses dépens trois à Saint Ouen,
quatre à Mareil, dix à Gêvres, sept à
Blérancourt & un dans toutes ses Tertes;
les Villes du Royaume suivent son exem-
ple; se nombre des mariages devient infi-
ni, ce projet est un nouvel accroissement
pour la France.
Le Dimanche qui fut le dernier jour des
fêtes de la Ville de Paris, M. le Duc de
Gêvres partit le soir de l'Hôtel de Ville
pour aller coucher à Versailles; le lende-
main matin au lever, il vit la Cour Royale
remplie de tous les Artilans qui portoient
les marques de leur état orné de décora-
tions, elles exprimoient tous les Arts qui
vinrent rendre leur hommage; ils étoient
suivis & précédés de tambours, de hau-
bois & de violons, ils vinrent danser
sous les fenêtres du Roi, toute la journée
se passa de même, ces sortes de réjouissan-
ces avoient commencé dès le 13 &
yGoc
107
JANVIER. 1752.
avoient continué tous les jours jusqu'au2o;
elles avoient été varices chaque fois, tout
le peaple de Versailles vêcut pendant ce
tems que de l'argent que le Roi fit distri-
buer; ils les passerent en danses & en di-
vertissements.
Les Gardes du Corps de Sa Majesté
donnerent dans leur Salle un bal paré,
superbe, il fut suivi d'un bal mas-
qué.
Toutes les Communautés font chanter
tous les jours des Te Deum à Versailles & à
Paris, on entend sans cesse le bruit du
canon, l'air le soir est rempli de fusées,
la France ne respire que la joie, tout par-
ticipe au bonheur général, & chacus
en fait le sien particulier.
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Résumé : De Paris, le 13 Septembre.
Le 13 septembre 1751, Madame la Dauphine donna naissance au Duc de Bourgogne à Paris, provoquant une grande allégresse au sein de la famille royale et du peuple français. La nouvelle fut rapidement annoncée par le Duc de Gèvres, gouverneur de Paris, qui informa le Corps de Ville. En signe de célébration, la ville, la Bastille et les Invalides tirèrent le canon, et une cloche sonna sans interruption pendant trois jours. À Versailles, malgré l'heure matinale, les habitants exprimèrent leur joie par des acclamations. Un Te Deum fut chanté dès cinq heures du matin à la chapelle du roi, en présence de la famille royale et de la cour. Le roi distribua de l'argent au public. Le soir, des illuminations et un feu d'artifice eurent lieu à Versailles, mais un incendie se déclencha dans la grande écurie du roi, causant des dommages importants. À Paris, le Duc de Gèvres se rendit à l'Hôtel de Ville, où il reçut une guirlande de fleurs et alluma un feu. Il distribua de l'argent et fut acclamé par une foule immense. L'Hôtel de Ville et les rues de Paris furent illuminés, et des spectacles gratuits furent offerts au public. Le dimanche suivant, le roi et la famille royale assistèrent à un Te Deum à Notre-Dame, où le roi distribua de l'argent. Le Duc de Gèvres organisa également des fêtes à Saint-Ouen, invitant ambassadeurs et étrangers. En janvier 1752, le Duc de Gèvres organisa plusieurs mariages dans ses domaines, encourageant d'autres villes à faire de même, ce qui augmenta les unions matrimoniales. Du 13 au 20 janvier, des réjouissances eurent lieu à Versailles, incluant des distributions d'argent, des bals, des Te Deum, des salves de canon et des feux d'artifice.
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12813
p. 108-109
D'Arpajon le 14 Septerbre.
Début :
Aussi-tôt que la nouvelle de la naissance de Monseigneur le Duc de [...]
Mots clefs :
Arpajon, Comte de Noailles, Château, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : D'Arpajon le 14 Septerbre.
D'Arpajon le 14 Septerbre.
Aussi-tôt que la nouvelle de la naissance
de Monseigneur le Duc de
Bourgogne fut artivée à Arpajon, elle fut
annoncee au peuple par le son de toutes
les cloches, & par plusicurs salves d'un
grand nombre de boctes. En même tems
les boutiques furent fermées, & sans atten-
dre les ordres du Magistrat, chacun ne
s'occupa que du soin de célébrer un éve-
nement si intéressant. Une Compagnie
de cent jeunes gens, lestement vêtus, s as-
fembla dans la Place, & fit une triple dé-
charge de mousqueterie. De-li, marchant
au son des tambours & des fifres, ils se
rendirent à la porte de la grande Eglise,
où le peûple étoit déja accouru en foule.
Après le Te Deum, pendant lequel il y eut
plusieurs nouvelles salves de boëtes & de
mousqueterie, la meme Compagnie de
jeunes gens retourna sur la Place, & le
Magistrat mit le feu au bucher qu on y
avoit préparé. En conséquence des ordres
envoyés par le Comte e Noailles, qui est
Seigneur d'Arpajon, le Château fut en-
tierement illuminé, ainsi que l'avenue
edO
JANVIER. 1752. 10
qui y conduit. Ce Château est situé en tre
deux bras de la riviere d'Orge, & l'illu-
mination se répétant dans les eaux, forma
un coup d'oil également agréable & frap-
pant. Le Comte de Noailles avoit ordoa-
né qu'elle fût accompagnée d'un souper
splendide; ses intentions furent parfaite-
ment remplies, & l'on but les santés du
Roi & de la Famille Royale au bruit du
canon. La Ville de son côté, suivit avec
transport l'exemple du Chateau. Il y eut
des illuminations dans toutes les rues, &
un feu de vant chaque maison, & tous les
Habitans, dans 1yvresse de leur joie,
s'empressoient à l'envi de distribuer des
rafraichissemens aux Passans. Pendant la
plus grande partie de la nuit on ne vit de
tous côtés que des danses, & l'air retentit
des acclamations réitérées de Vive le Roi.
L'allégresse générale sembla faire de toute
la Ville une seule famille. Le Comte de
Noailles, indépendamment des autres
marques éclatantes qu'il a données de ses
sentimens en cette occasion, a dotté plu-
sieurs filles dans ses Terres d'Arpajon, de
Poix & de Mouchy, & non content des
sommes qu'il a données pour cet effet, il
s'est chargé de payer pendant cinq ans la
Taille des nouveaux mariés.
Aussi-tôt que la nouvelle de la naissance
de Monseigneur le Duc de
Bourgogne fut artivée à Arpajon, elle fut
annoncee au peuple par le son de toutes
les cloches, & par plusicurs salves d'un
grand nombre de boctes. En même tems
les boutiques furent fermées, & sans atten-
dre les ordres du Magistrat, chacun ne
s'occupa que du soin de célébrer un éve-
nement si intéressant. Une Compagnie
de cent jeunes gens, lestement vêtus, s as-
fembla dans la Place, & fit une triple dé-
charge de mousqueterie. De-li, marchant
au son des tambours & des fifres, ils se
rendirent à la porte de la grande Eglise,
où le peûple étoit déja accouru en foule.
Après le Te Deum, pendant lequel il y eut
plusieurs nouvelles salves de boëtes & de
mousqueterie, la meme Compagnie de
jeunes gens retourna sur la Place, & le
Magistrat mit le feu au bucher qu on y
avoit préparé. En conséquence des ordres
envoyés par le Comte e Noailles, qui est
Seigneur d'Arpajon, le Château fut en-
tierement illuminé, ainsi que l'avenue
edO
JANVIER. 1752. 10
qui y conduit. Ce Château est situé en tre
deux bras de la riviere d'Orge, & l'illu-
mination se répétant dans les eaux, forma
un coup d'oil également agréable & frap-
pant. Le Comte de Noailles avoit ordoa-
né qu'elle fût accompagnée d'un souper
splendide; ses intentions furent parfaite-
ment remplies, & l'on but les santés du
Roi & de la Famille Royale au bruit du
canon. La Ville de son côté, suivit avec
transport l'exemple du Chateau. Il y eut
des illuminations dans toutes les rues, &
un feu de vant chaque maison, & tous les
Habitans, dans 1yvresse de leur joie,
s'empressoient à l'envi de distribuer des
rafraichissemens aux Passans. Pendant la
plus grande partie de la nuit on ne vit de
tous côtés que des danses, & l'air retentit
des acclamations réitérées de Vive le Roi.
L'allégresse générale sembla faire de toute
la Ville une seule famille. Le Comte de
Noailles, indépendamment des autres
marques éclatantes qu'il a données de ses
sentimens en cette occasion, a dotté plu-
sieurs filles dans ses Terres d'Arpajon, de
Poix & de Mouchy, & non content des
sommes qu'il a données pour cet effet, il
s'est chargé de payer pendant cinq ans la
Taille des nouveaux mariés.
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Résumé : D'Arpajon le 14 Septerbre.
Le 14 septembre, la naissance du Duc de Bourgogne fut annoncée à Arpajon. La nouvelle fut célébrée par le son des cloches et des salves d'artillerie. Les boutiques fermèrent et les habitants se rassemblèrent pour fêter l'événement. Une compagnie de jeunes gens tira des salves de mousqueterie et se rendit à l'église pour le Te Deum, accompagnée de nouvelles salves. Ils retournèrent ensuite sur la place où le magistrat alluma un bûcher. Sur ordre du Comte de Noailles, seigneur d'Arpajon, le château et son avenue furent illuminés, reflétant la lumière dans la rivière d'Orge. Le Comte organisa un souper somptueux où les santés du Roi et de la Famille Royale furent portées au bruit du canon. La ville suivit cet exemple avec des illuminations et des feux dans toutes les rues. Les habitants distribuèrent des rafraîchissements et dansèrent toute la nuit, acclamant le Roi. Le Comte de Noailles dota plusieurs filles dans ses terres et s'engagea à payer la taille des nouveaux mariés pendant cinq ans.
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12814
p. 110-111
Du Petit-Châtelet.
Début :
Le même jour, & les trois suivans, les prisonniers retenus pour dettes au Petit-Châtelet [...]
Mots clefs :
Petit Châtelet, Rue Saint-Jacques, Prisonniers, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Petit-Châtelet.
Du Petit-Châtelet.
Le même jour, & les trois suivans, les
prisonniers retenus pour dettes au Petit-Châtelet
ont donné, selon leut pouvoir
des marques de la part qu'ils prennent à la
joie publique. Pendant ces quatre jours,
ils ont fait illuminet, du côté de la rue
Saint Jacques & du côté du Petit Pont,
toutes les tablettes du couronnement du-
Petit-Châtelet, pat un grand nombre de
lampions & de pots à fcu. Du côté du
Petit-Pont étoit cette Inscription eh trans-
parent, Etiam in tenebris: on lisoit celle-
ci du côté de la rue Saint Jacques: Fidem
nec vincula mutant. Ces prisonniers firent
chanter le 17 le Te Deum dans la Cha-
pelle de la prison. Le 19 au soit, ils re-
nouvellerent l'illumination des jours pré-
cédens, & au lieu de la premiere Inscrip-
tion, qui étoit en face du Petit Pont, ils
mirent celle-ci: Gaudet & ipse dolor. Sut
la platte forme du bâtiment, un orches-
tre nombreux, composé de timballes,
trompettes, cors-de-chasse, violons &
autres instrumens, exécuta diverses fanfa-
res, lorsque leurs Majestés passerent, sor
mirablement préparés. Rien n'est égal
Huss uO
II
JANVIER. 1752.
en allant à l'Eglise Métropolitaine, soit à
leur retour.
Le même jour, & les trois suivans, les
prisonniers retenus pour dettes au Petit-Châtelet
ont donné, selon leut pouvoir
des marques de la part qu'ils prennent à la
joie publique. Pendant ces quatre jours,
ils ont fait illuminet, du côté de la rue
Saint Jacques & du côté du Petit Pont,
toutes les tablettes du couronnement du-
Petit-Châtelet, pat un grand nombre de
lampions & de pots à fcu. Du côté du
Petit-Pont étoit cette Inscription eh trans-
parent, Etiam in tenebris: on lisoit celle-
ci du côté de la rue Saint Jacques: Fidem
nec vincula mutant. Ces prisonniers firent
chanter le 17 le Te Deum dans la Cha-
pelle de la prison. Le 19 au soit, ils re-
nouvellerent l'illumination des jours pré-
cédens, & au lieu de la premiere Inscrip-
tion, qui étoit en face du Petit Pont, ils
mirent celle-ci: Gaudet & ipse dolor. Sut
la platte forme du bâtiment, un orches-
tre nombreux, composé de timballes,
trompettes, cors-de-chasse, violons &
autres instrumens, exécuta diverses fanfa-
res, lorsque leurs Majestés passerent, sor
mirablement préparés. Rien n'est égal
Huss uO
II
JANVIER. 1752.
en allant à l'Eglise Métropolitaine, soit à
leur retour.
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Résumé : Du Petit-Châtelet.
Du 17 au 20 janvier 1752, les prisonniers pour dettes du Petit-Châtelet à Paris ont organisé des célébrations publiques. Ils ont illuminé les fenêtres de la prison avec des lampions et des pots à feu, tant du côté de la rue Saint-Jacques que du côté du Petit Pont. Des inscriptions latines étaient affichées : 'Etiam in tenebris' du côté du Petit Pont et 'Fidem nec vincula mutant' du côté de la rue Saint-Jacques. Le 17 janvier, les prisonniers ont chanté le Te Deum dans la chapelle de la prison. Le 19 janvier, ils ont renouvelé l'illumination et modifié l'inscription du Petit Pont en 'Gaudet & ipse dolor'. Par ailleurs, un orchestre a joué des fanfares lors du passage des souverains à l'église métropolitaine et à leur retour.
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12815
p. 111-114
De Lyon le 15.
Début :
Ce fut le Mercredi 15 Septembre à cinq heures du matin, que M. le Marquis de [...]
Mots clefs :
Lyon, Commandant, Roi, Cardinal, Repas, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Lyon le 15.
De Lyon le 15.
Ce fut le Mercredi 15 Septembre à cinq
heures du matin, que M. le Marquis de
Rochebaron, Commandant pour le Roi
dans la Ville de Lyon, & dans les Pro-
vinces de Lyonnois, Forez & Beaujolois,
apprit ici par un Courier, que le Lundi
précédent vers une heure & un quart
après minuit, Madame la Dauphine étoit
heureusement accouchée d'un Prince. La
joie d'un évenement si imporiant se ré-
pandit bientôt par ses ordres dans toute
la Ville: elle fut instruite aussi-tôt de cet-
te heureuse nouvelle par le bruit des boë-
tes & du canon du Château de Pierre-
scize, qui furent tirés par les ordres de
M. le Commandant, & par le son de tou-
tes les cloches, Son Emmence M. le Car-
dinal de Tencin, ayant ordonné qu'elles
fussent incontinent sonnées. Toute cette
journée & les suivantes, se passerent en
transports d'allégresse. Les ordres de M.
le Commandant & les Ordonnances de
nos Magistrats, à qui l'amour du peuple
Lyonnois pour le Roi est si connu, étoient
moins des commandemens que des in vi-
tations qui trouverent tous les cœurs ad-
pires vO
112 MERCUREDE FRANCE.
à l'impatience avec laquelle on a attendu
les ordres nécessaires pour rendre tous en-
semble à Dieu de solemnelles actions de
graces pout un bienfait si signalé. Le Man-
dement de M. le Cardinal de Tencin,
que nous avons le bonheur d'avoit au mi-
lieu de nous, annonça enfin l'arrivée de
ces ordres tant desirés, & le Dimanche,
troisiéme jour du mois d'Octobre, le Te
Deum fut chanté après la grande Messe.
Toutes les cloches de la Ville sonnerent
à cet instant, comme elles avoient fait la
veille au soir, le jour, le matin & à midi
par plusieurs décharges de boëtes, suivant
les ordres de M. le Commandant. Après
le Te Deum, M. le Cardinal donna un
grand repas à la Noblesse & à tous les
Corps de la Ville. La table qui formoit
un fer à cheval de près de cent couverts,
étoit dressée dans la grande Salle de l'Ar-
chevêché; elle fut servie avec toute la
délicatesse, toute la profusion & tout
l'ordre imaginable. Il y eut pendant tout
le repas une belle symphonie, & l'on y
but la santé du Roi, de la Reine & de
toute la famille Royale, au bruit des boë-
tes, des tymbales & des trompettes. Le
dine sini, on passa dans les appartemens
du Palais Archiepiscopal, qui ont vune sur
dby
JANVIER. 1752. 113
la Saône. Ils étoient déja remplis de tou-
tes les Dames de la Ville, à qui l'on fit
servir des rafraschissemens. Elles étoient
venues pour jouir du spectacle de la Joûte,
exercice extremement amusant, & dans
lequel nos Bateliers excellent. Les Quais,
les Ponts & les fenêtres, tout étoit plein,
de monde. Sur la Riviere même il s'etois
formé un grand cercle, composé de co-
ches & de grands bateaux attachés ensem-
blę sans aucune interruption, sur lesquels
il y avoit un peuple infini. Le coup d'oil
étoit aussi charmant que singulier. Au mi-
lieu de cette grande enceinte se fit la
Joûte, dont le succès fut parfait. M. le
Cardinal couronna ces divertissemens par
une œuvre de charité qui fut générale-
ment applaudie, en distribuant quinze
ou vingt dots à de pauvres filles qui doi-
vent être mariées dans l'année, en mé-
moire du bonheur public que l'on célé-
broit ce jour. là.
Il y eut des danses publiques dans des
loges dressées exprès sur la Place de Louis
le Grand, & sur celle des Terreaux,
Messieurs du Consulat avoient aussi fait
placer des Fontaines de vin dans toutes
les Places.
Iorsque la nuit fut venue, le Consulat
fit tirer successivement deux beaux feux
114 MERCURE DEFRANCE
d'artifice, l'un sur le Pont de pierre de
Saône, & l'autre vis-à-vis l'Hotel-de-Vil-
le. Tous deux réussirent, malgré le tems
qui n'étoit pas favorable. Toutes les mai-
sons furent illuminées, & l'Hôtel-de-
Ville en particulier l'étoit d'un dessein &
d'un goût qui firent grand honneur aux
zélés Magistrats qui avoient ordonné cette
décoration. Le lendemain Lundi, M. le
Marquis de Rochebaron, Commandant
pour le Roi, donna un splendide repas à
une Compagnie de près de cent personnes
des plus distinguées, & le sur-lendemain
Mardi, il y eut chez M. l'Intendant un
Bal où rien ne manqua de ce qui pouvoit
rendre la fête complette. Ainsi furent ter-
minées des rejouissances, dont l'objet res-
tera éternellement gravé dans le fond de
nos cœurs.
Ce fut le Mercredi 15 Septembre à cinq
heures du matin, que M. le Marquis de
Rochebaron, Commandant pour le Roi
dans la Ville de Lyon, & dans les Pro-
vinces de Lyonnois, Forez & Beaujolois,
apprit ici par un Courier, que le Lundi
précédent vers une heure & un quart
après minuit, Madame la Dauphine étoit
heureusement accouchée d'un Prince. La
joie d'un évenement si imporiant se ré-
pandit bientôt par ses ordres dans toute
la Ville: elle fut instruite aussi-tôt de cet-
te heureuse nouvelle par le bruit des boë-
tes & du canon du Château de Pierre-
scize, qui furent tirés par les ordres de
M. le Commandant, & par le son de tou-
tes les cloches, Son Emmence M. le Car-
dinal de Tencin, ayant ordonné qu'elles
fussent incontinent sonnées. Toute cette
journée & les suivantes, se passerent en
transports d'allégresse. Les ordres de M.
le Commandant & les Ordonnances de
nos Magistrats, à qui l'amour du peuple
Lyonnois pour le Roi est si connu, étoient
moins des commandemens que des in vi-
tations qui trouverent tous les cœurs ad-
pires vO
112 MERCUREDE FRANCE.
à l'impatience avec laquelle on a attendu
les ordres nécessaires pour rendre tous en-
semble à Dieu de solemnelles actions de
graces pout un bienfait si signalé. Le Man-
dement de M. le Cardinal de Tencin,
que nous avons le bonheur d'avoit au mi-
lieu de nous, annonça enfin l'arrivée de
ces ordres tant desirés, & le Dimanche,
troisiéme jour du mois d'Octobre, le Te
Deum fut chanté après la grande Messe.
Toutes les cloches de la Ville sonnerent
à cet instant, comme elles avoient fait la
veille au soir, le jour, le matin & à midi
par plusieurs décharges de boëtes, suivant
les ordres de M. le Commandant. Après
le Te Deum, M. le Cardinal donna un
grand repas à la Noblesse & à tous les
Corps de la Ville. La table qui formoit
un fer à cheval de près de cent couverts,
étoit dressée dans la grande Salle de l'Ar-
chevêché; elle fut servie avec toute la
délicatesse, toute la profusion & tout
l'ordre imaginable. Il y eut pendant tout
le repas une belle symphonie, & l'on y
but la santé du Roi, de la Reine & de
toute la famille Royale, au bruit des boë-
tes, des tymbales & des trompettes. Le
dine sini, on passa dans les appartemens
du Palais Archiepiscopal, qui ont vune sur
dby
JANVIER. 1752. 113
la Saône. Ils étoient déja remplis de tou-
tes les Dames de la Ville, à qui l'on fit
servir des rafraschissemens. Elles étoient
venues pour jouir du spectacle de la Joûte,
exercice extremement amusant, & dans
lequel nos Bateliers excellent. Les Quais,
les Ponts & les fenêtres, tout étoit plein,
de monde. Sur la Riviere même il s'etois
formé un grand cercle, composé de co-
ches & de grands bateaux attachés ensem-
blę sans aucune interruption, sur lesquels
il y avoit un peuple infini. Le coup d'oil
étoit aussi charmant que singulier. Au mi-
lieu de cette grande enceinte se fit la
Joûte, dont le succès fut parfait. M. le
Cardinal couronna ces divertissemens par
une œuvre de charité qui fut générale-
ment applaudie, en distribuant quinze
ou vingt dots à de pauvres filles qui doi-
vent être mariées dans l'année, en mé-
moire du bonheur public que l'on célé-
broit ce jour. là.
Il y eut des danses publiques dans des
loges dressées exprès sur la Place de Louis
le Grand, & sur celle des Terreaux,
Messieurs du Consulat avoient aussi fait
placer des Fontaines de vin dans toutes
les Places.
Iorsque la nuit fut venue, le Consulat
fit tirer successivement deux beaux feux
114 MERCURE DEFRANCE
d'artifice, l'un sur le Pont de pierre de
Saône, & l'autre vis-à-vis l'Hotel-de-Vil-
le. Tous deux réussirent, malgré le tems
qui n'étoit pas favorable. Toutes les mai-
sons furent illuminées, & l'Hôtel-de-
Ville en particulier l'étoit d'un dessein &
d'un goût qui firent grand honneur aux
zélés Magistrats qui avoient ordonné cette
décoration. Le lendemain Lundi, M. le
Marquis de Rochebaron, Commandant
pour le Roi, donna un splendide repas à
une Compagnie de près de cent personnes
des plus distinguées, & le sur-lendemain
Mardi, il y eut chez M. l'Intendant un
Bal où rien ne manqua de ce qui pouvoit
rendre la fête complette. Ainsi furent ter-
minées des rejouissances, dont l'objet res-
tera éternellement gravé dans le fond de
nos cœurs.
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Résumé : De Lyon le 15.
Le 15 septembre, le Marquis de Rochebaron, représentant le roi à Lyon, reçut la nouvelle que la Dauphine avait donné naissance à un prince la nuit précédente. Cette annonce suscita une grande joie dans la ville, accompagnée de salves de canons et du son des cloches ordonné par le Cardinal de Tencin. Les célébrations furent intenses et variées. Le 3 octobre, un Te Deum fut chanté après la messe, suivi d'un grand repas offert par le Cardinal à la noblesse et aux représentants de la ville. Des joutes sur la Saône, des danses publiques et des fontaines de vin furent organisées. Le soir, des feux d'artifice illuminèrent Lyon. Le lendemain, le Marquis de Rochebaron offrit un repas somptueux, et deux jours plus tard, un bal fut donné par l'intendant. Ces festivités reflétaient la gratitude de la population lyonnaise pour la naissance du prince.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12816
p. 114-128
DESCRIPTION des illuminations faites à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre 1751, & jours suivans, pour célébrer la Naissance de Monseigneur, le Duc de Bourgogne.
Début :
Messieurs les Prévôt des Marchands & Echevins firent élever sur le Pont de pierre [...]
Mots clefs :
Lyon, Illuminations, Naissance du duc de Bourgogne, Transparent, Lampions, Fleurs de lys, Mots, Étoiles, Feu, Place, Milieu, Façade, Cartouche, Couronne
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texteReconnaissance textuelle : DESCRIPTION des illuminations faites à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre 1751, & jours suivans, pour célébrer la Naissance de Monseigneur, le Duc de Bourgogne.
DESCRIPTION des illuminations faites
à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre
1751, & jours suivans, pour célébrer la
Naissance de Monseigneur, le Duc de
Bourgogne.
Messieurs les Prévôt des Marchands &
Echevins firent élever sur le Pont de pierre
de la Riviere de Saône un édifice en
charpente, qui représentoit un grand Por-
tique soutenant un Temple, & qui étoit
JANVIER. 1752.
115
surmonté par un nuage, sur lequel étoit
une Renommée qui paroissoit voler dans
toutes les extrêmités de la terre. Le Génie
de la France étoit à l'entrée du Temple,
tenant en ses mains un enfant; & on lisoit
au bas cette inscription:
Magna quidem Patrisque fui, Matrisque
voluptas, nostra tamen major....
Il y avoit près de-là un dépôt d'artifice
en fusées, feux volans, serpenteaux &
étoiles, ausquels on mit le feu sur les sept
heures du soit; cet artifice réussit parfaite-
ment, & on admira en particulier la va-
riété des objets qu'il produisit, en soleils,
tourbillons & gerbes de feu. On laissa
consumer entierement la machine par
les flammes.
On avoit élevé sur la Place des Ter-
reaux une pyramide, toute couverte de
chandelles ardentes; on fit sortir de la ba-
se du pied-d'estal un feu d'artifite d'exécu-
tion pyrique, accompagné d'une grande
quantité de fusées volantes; on fut charmé
principalement de celles d'où sortoient
des étoiles de feu.
La façade de l'Hôtel de-Ville étoit flan-
quée d'un ouvrage d'architecture d'otdre,
lonique complet; le portrait de Monsei-
gneur le Dauphin se voyoit dans un trans-
d by Goo
116 MERCUREDEFRANCE.
parent à droite, sous lequel étoit un autre
transparent qui représentoit le Soleil, un
Aigle & un Aiglon, avec ces mots;
Vim promovebit insitam.
Il est aisé de voir que le Soleil désignoit
le Roi, que l'Aigle représentoit Monsei-
gneur le Dauphin, l'Aiglon Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & que les mots
Latins exprimoient, que Monseigneur le
Dauphin enflammera par son exemple,
l'ardeur naturelle qu aura Monseigneur le
Dac de Bourgogne, de s'élever jusqu'aux
vertus héroiques de Sa Majesté.
A gauche étoit le portrait de Madame.
la Dauphine, sous lequel étoit un trans-
parent, qui représentoit une nacre ou-
verte, au-dedans de laquelle étoit une
perle, avec ces mots:
Vna prole dives.
Faisant allusion au bonheur de la France,
qui paroît consommé par un évenement si
favorable pour elle.
Au milieu étoit le portrait de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, enveloppé
dans des langes très riches: sous ce portrait
étoit peint un nid d'Alcyon, flottant sur
une mer tranquille, avec ces mots:
JANVIER. 1752. 117
Nascor pacis amans.
Donnant à entendre que ce Prince est
né dans un tems où toute l'Europe étoit
en paix, & qu'il est pour elle une espé-
rance de la voir à jamais durable. Sur la
frise regnoit cette inscription:
Stat Fortuna Domus.
Ces lettres étoient formées par une pro-
digieuse quantité de lumiere: le reste de
toute cette vaste architecture étoit éclairé
par environ seize mille lampions, qui re-
présentoient des fleurs-de. lys, & different
compartimens extrêmement ingénieux.
Toute la Ville étoit éclairée, & l'on
peut dire que la joie générale éclatoit de
toutes parts, par l'empressement avec le-
quel chaque Citoyen s'efforçoit de don-
ner des preuves publiques de son conten-
tement, & de son amour pour Sa Ma-
jesté.
La façade de l'Hotel de M. le Comman-
dant étoit éclairée d'un nombre prodi-
gieux de lampions, placés avec tout l'art
imaginable.
Le portail de l'Hôtel de l'Intendance
étoit également orné de compartimens en
lampions.
Le devant de l'Hôtel de M. le Prévoe
118 MERCUREDEFRANCE.
des Marchands étoit garni de deux colon-
nes d'ordre corinthien, chargées de lam-
pions, rangés en compartimens; elles ser-
voient à soutenit un grand transparent,
sur lequel étoit peint une ancre entrelacés
de lys des vallées, avec ces mots:
Aternitati nominis Borbonii.
Les maisons, où demeurent Messicurs
les Echevins, & celle de M. le Receveur
de la Ville, étoient illuminées pat une
grande quantité de lampions. Toute la
Place de Louis-le-Grand étoit extrêmement
éclaitée.
On admira entr'autres, l'illumination
que le Directeur du Domaine du Roi
avoit fait placer aux fenêtres de son ap-
partement, dont voici le détail,
Autour des trois fenêtres de cet appar-
tement, situé Place de Louis-le-Grand, on
voyoit une illumination particuliere, in-
dépendante de celle de la maison où est
la Direction; elle consistoit en un ceintre
de lampions autour des trois fenêtres;
dans les entre-deux des croisées des Fleurs
de Lys en lampions au-dessus, & au-des-
sous des étoiles.
Du milieu de chaque fenêtre en haut,
un transparent; chaque transparent re-
présentoit un Firmament, fond bleu, avec
d by God
119
JANVIER. 1752.
des nuages en blanc, ornés de differentes
ombres dans les bordures. Dans les trois
cransparens, sur le fond bleu, des étoiles
d'argent en bas, & en haut des Fleurs de
Lys d'or.
Dans le premier transparent, un car-
touche compolé par deux LL. d'or, ornées
d'agrémens, enlacées à la base du cartou-
che, de façon qu'elles partageoient le Fir-
mament en deux parties inégales: dans
la supérieure, qui étoit la plus grande,
des Fleurs de Lys d'or sans nombre: dans
la partie inférieure, des étoiles en argent,
semées çà & là; ce cartouche étoit sur-
monté de la Couronne de France. Dans
la partie supérieure, trois Fleurs de Lys en
or; dans l'inférieure, trois étoiles en ar-
gent; dans le milieu,
Sur les astres voyez les Lys
Avoit ici pleine victoire;
Ils méritent bien cette gloire;
Ils sont l'attribut de LOUIS.
Pour confirmer cette idée, on s'est rapa
pellé deux anciens vers Latins, que l'on
1 ajoutés dans le même cartouche; les
roici:
Seu venere solo, seu funt huc edita coolo
Lilia, digna solo, sunt quoque digns polo,
120 MERCUREDEFRANCE-
Dans le second transpatent, pareil car-
rouche, également formé par deux LL.
d'or, ornees & enlacées, environné d'un
pareil Firmament avec Fleurs de Lys'en
or au-dessus, étoiles en argent au-dessous.
Le cartouche surmonté de la Couronne du
Dauphin, contenoit dans la partie supé-
rieure trois Fleurs de Lys, dans l'infé-
rieure un double Dauphin, dont la queue-
tortillée jettoit à dtoite & à gauche des
Lys de jardin épanovis ou en boutons, le
groupe portoit sur la base du cartouche;
dans le milieu on lisoit les vers suivans;
Vive le bien-aimé Monatque
Qui fait le bonheur des François;
Que son cher Fils oublié de la Parque,
Vive & sut nous regne à jamais.
Dans le troisiême transparent, également
formé, pareil cartouche surmonté de la
Couronne du Duc de Bourgogne, trois
Fleurs de Lys dans le haut, trois étoiles
dans le bas: dans le milieu,
Célébrons l'heureuse Naissance
D'un nouveau Prince de Bourbon;
Il comble les vœux de la France,
Et nous donne grande esperance
De voir long. tems cette auguste Maison
Sur nous avoir toute puissance.
Dans
zed by Goo
JANVIER.
1752. 121
Dans la base de l'illumination, pour faire
connoître de qui elle venoit, (attendu
que la Direction est dans une maison ex-
trêmement respectable), on a mis sous
les trois fenêtres qui la composent, un
grand quadre ceintré par les bouts, dans
l'une des moitiés duquel on a écrit:
Par cette Illumination
On voit que du Roi le Domaine,
.*
Pour Sa Majesté Souveraine
Prouve son zéle & sa soumission.
Pour remplir l'autre moitié du quadre,
on y a mis le passage d'un ancien Auteur
Latin.
Frivola haec fortassis & nimis etiam brevia
videbuntur, sed tamen honesta curiositas ea
non respuit.
Le tout a été éclairé pendant trois nuits
par cinq cens lampions: s'il y avoit eu
d'autres illuminations dans la ville pen-
dant les jours suivans, on auroit continué
celle-là; quoiqu'il n'y en ait pas eu, on a
laissé tout en place pendant huit jours, &
peudant huit nuits éclairé derriere les trans-
parents, assez pour les rendre lisibles.
Sur ce qu on sçut que dans la Ville on
devoit illuminer en quelques endroits,
on fit encote illuminer le tout par cinque
II. Vol.
Digiiued hed
122 MERCUREDEFRANCE.
cens lampions le Dimanche 10 Octobre.
Le même jour, des violons & hautbois
ont fait danser tout le monde devant les fe-
nêtres de la direction, depuis deux heures
après-midy, jusqu'à deux heures après-mi-
nuit.
Pour terminer l'illumination & relative-
ment à la dépense qu'elle a coûté, on a
mis la devise suivante:
Pour corps, une couronne d'or chargée
de beaucoup de pierreries:
Pour ame, ces mots:
Onerosa, sed gloriosa.
Le Portail de la Chapelle des Pénitens
de la Royale Compagnie de Notre-Dame
des Confalons, étoit garni d'un grand
nombre de lampions; on lisoit en lettres
de feu cette inscription:
Nos Vota.
Faisant connoîntre pat là que comme l'ins-
titution principale de cette Compagnie
est de prier spécialement pout la perfonne
sacrée de S. M. & pour la famille Royale,
la part qu'elle prenoit à la joie publique
par les transports de son allégresse s'accor-
doit aussi avec son devoir. Cette Compa-
gnie chanta avec beaucoup de solemnité &
de pompe un Te Deum, en actious de gra-
ces, le Dimanche 10 Octobre.
JANVIER. 1752. 123
Les RR. PP. Célestins firent une trés-
belle illumination le dixiéme d'Octobre;
toute la façade de leur superbe bâtiment
étoit illuminée par un nombre prodigieux
de lampions disposés avec beaucoup de
goût & d'agrément.
L'illumination de la maison du Bureau
de la Communauté des Fabriquans en
étosfes d'or, d'argent & de soie, située
dans la rue S. Dominique, étoit superbe
& bien ingénieuse.
La façade étoit illuminée d'environ
quatre mille lampions qui formoient des
Fleurs de lys, des Etoiles & des desseins
d'architecture, qui accompagnoient trois
pyramides; il y avoit sur la maison un
fronton en transparent aux armes de Bour-
gogne, de quatorze pieds de hauteur, ac-
compagnés de deux urnes en transparent
de huit pieds de haut.
Au balcon qui remplit le milieu de la
façade, il y avoit un transparent qui repré-
sentoit un Soleil levant, avec ces mom:
Simul exoritur, simul excitat artes.
A la croisée du côté droit du grand bal-
con, un autre transparent représentant un
Lys, dont la principale fleur étoit épanovie,
F1
124 MERCURE DEFRANCE.
la seconde à moitié ouverte, & la troisié-
me en boutons, avec ces mots:
Splendida Domus jucundo risit odore.
A la croisée à gauche le transparent pré-
sentoit une grenade ouverte & couronnée
d'unę Couronne Royale, avec ces mots:
Regali splendida fructu.
On a voulu faire entendre par ces ins-
criptions que certe auguste Naissance est un
presage pour le Royaume, que ses Manu-
factures & tous les Arts vont ranimer leut
zéle & seront plus que jamais occupés à at-
tirer dans nos Ports les richesses de l'un &
l'autre monde.
La Messagerie de Strasbourg, dont le
Bureau est établi sur la place des Terreaux,
fit une illumination aussi ingénieuse qu'é-
légante. Sur un grand transparent étoit
peint un char de triomphe, auquel étoit
attelé un grand nombre de chevaux, &
conduits par le Génie de la France, avec
ces mots.:
Centum quadrijugos agitaho ad nuntia currus.
Ce transparent étoit surmonté d'un Dau-
phin d'azur, & formé par des lampions;
JANVIER.
1752.
125
de chaque côté étoient des Fleurs de Lys
en lumiéres.
Le Bureau des Diligences du Rhône,
des Messageries de Provence & de Lan-
guedoc, établi sur le quai de St. Antoine,
présentoit une illumination extrêmement
ingénieuse: la principale piéce étoit un
transparent sur lequel étoient peints deux
Dauphins entrelacés soutenant une cou-
ronne, avec ces mots :
His nixa stabit.
L'Illumination chez le sieur Lorget,
Caffetier aux Terreaux, consistoit en un
tableau transparent, représentant Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne, nouveau-
né, avec ce vers de la quatrième églogue
de Virgile:
Cara Deùm soboles, Magnum jovis incre-
mentum.
Tous les étages de sa maison étoient or-
nés de pyramides & Fleurs de Lys, garnis
en lampions & guirlandes de verdure, en
orangers, par des globes de verre de dif-
férentes couleurs, jettant leur reverbéra-
tion sur la place en forme de soleils, dans
le goût d'Italie.
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
Le sieur Mignard, Marchand, rue Lan-
terne, fit aussi une illumination particu-
liére; elle consistoit en un Globe en forme
de soleil, qu'il avoit placé & suspendu
dans le misieu de la rue: on voyoit sur les
deux faces une Fleur de Lys d'or, sur la-
quelle s'élevoit une petite éminence, d'où
sortoit un jeune olivier qui poussoit vers
la tige un tendre rejeton; le tout étoit en-
tourré par ces mots:
Triumphali è stipite surgens.
Il y a eu dans la Ville bien d'autres II-
luminations particuliéres, elles étoient un
témoignage de la sincérité de la joie des
Citoyens, & une marque de leur bon goût;
si on ne les rappelle pas ici, c'est pour se
conformer à l'intention de ceux dont la
modestie nous oblige de nous taire.
On s'est efforcé dans les Villes de la Pro-
vince d'exécuter les ordres que Monsei-
gneur le Commandant a donnés pour les
Réjouissances publiques, & dans les Mai-
sons de campagne aux environs de Lyon,
il y a eu des Illuminations particuliéres.
Son Eminence Monseigneur le Cardinal
de Tencin fit chanter dans la Chapelle de
son Château d'Ullins, un Te Deum, avec
JANVIER. 1752. 127
beaucoup de pompe; & le soir le Château
fut illuminé.
MM. Charet, pere & fils, empressés de
donner des marques parriculieres de leur
joie sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, firent le Dimanche
10 Octobre une Illumination des plus jo-
lies dans leur Château de Grangeblanche.
Les cours & avant-cours étoient toutes
illuminées, & plus particuliérement enco-
re la façade du Château; toutes les fenê-
tres étoient garnies de lampions, & ceux
qui avoient été placés daus les intervalles
formoient des Fleurs de Lys, des pyrami-
des ou divers autres desseins d'architecture
les plus convenables au bâtiment, & les
plus avantageux pour le coup d'œil; on
avoit placé sur le palcon principal un Ta-
bleau transparent, representant Monseis
gneur le Duc de Bourgogne; on lisoit au
bas ce Vers d'Horace:
Serus in coelum redeas, diuque laetus intersis
populo.
1e Liv. des Odes, Ode 2.
Le Parterre formant un quarté parfait,
étoit décoré d'un millier de pots-a-feu de
différentes grosscurs, & l'on voyoit s'éle-
ver dans le milieu douze girandoles de
...
Fiij
zed by Goc
—---
128 MERCUREDEFRANCE.
fer-blanc de six à sept pieds de hauteur,
toutes garnies d'un nombre très considé-
rable de lampions qui finissoient en pyra-
mides, & faisoient un effet merveilleux.
Au milieu de ce parterre on avoit dressé
un Théatre sur lequel étoient placées tou-
tes sortes de fusées, moulinets, serpen-
teaux & autres artifices des plus particu-
liers. Le feu y fut mis par un dragon qui
partit du Château, & l'on vit à linstant
tout le Ciel en feu, plein d'étoiles artifi-
cielles qui sembloient faire disparoitre la
nuit.
Ce premier Artifice fut suivi de deux
autres également beaux, pendant lesquels
on fit plusieurs décharges successives de
boëtes; le temps favorable qui regnoit
contribua beaucoup à faire briller cette
gête, conduite avec autant d'ordre que de
gout; & on ne sçauroit trop regretter que
l'éloignement du Château ait empêché
toute la Ville d'y prendre part.
à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre
1751, & jours suivans, pour célébrer la
Naissance de Monseigneur, le Duc de
Bourgogne.
Messieurs les Prévôt des Marchands &
Echevins firent élever sur le Pont de pierre
de la Riviere de Saône un édifice en
charpente, qui représentoit un grand Por-
tique soutenant un Temple, & qui étoit
JANVIER. 1752.
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surmonté par un nuage, sur lequel étoit
une Renommée qui paroissoit voler dans
toutes les extrêmités de la terre. Le Génie
de la France étoit à l'entrée du Temple,
tenant en ses mains un enfant; & on lisoit
au bas cette inscription:
Magna quidem Patrisque fui, Matrisque
voluptas, nostra tamen major....
Il y avoit près de-là un dépôt d'artifice
en fusées, feux volans, serpenteaux &
étoiles, ausquels on mit le feu sur les sept
heures du soit; cet artifice réussit parfaite-
ment, & on admira en particulier la va-
riété des objets qu'il produisit, en soleils,
tourbillons & gerbes de feu. On laissa
consumer entierement la machine par
les flammes.
On avoit élevé sur la Place des Ter-
reaux une pyramide, toute couverte de
chandelles ardentes; on fit sortir de la ba-
se du pied-d'estal un feu d'artifite d'exécu-
tion pyrique, accompagné d'une grande
quantité de fusées volantes; on fut charmé
principalement de celles d'où sortoient
des étoiles de feu.
La façade de l'Hôtel de-Ville étoit flan-
quée d'un ouvrage d'architecture d'otdre,
lonique complet; le portrait de Monsei-
gneur le Dauphin se voyoit dans un trans-
d by Goo
116 MERCUREDEFRANCE.
parent à droite, sous lequel étoit un autre
transparent qui représentoit le Soleil, un
Aigle & un Aiglon, avec ces mots;
Vim promovebit insitam.
Il est aisé de voir que le Soleil désignoit
le Roi, que l'Aigle représentoit Monsei-
gneur le Dauphin, l'Aiglon Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & que les mots
Latins exprimoient, que Monseigneur le
Dauphin enflammera par son exemple,
l'ardeur naturelle qu aura Monseigneur le
Dac de Bourgogne, de s'élever jusqu'aux
vertus héroiques de Sa Majesté.
A gauche étoit le portrait de Madame.
la Dauphine, sous lequel étoit un trans-
parent, qui représentoit une nacre ou-
verte, au-dedans de laquelle étoit une
perle, avec ces mots:
Vna prole dives.
Faisant allusion au bonheur de la France,
qui paroît consommé par un évenement si
favorable pour elle.
Au milieu étoit le portrait de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, enveloppé
dans des langes très riches: sous ce portrait
étoit peint un nid d'Alcyon, flottant sur
une mer tranquille, avec ces mots:
JANVIER. 1752. 117
Nascor pacis amans.
Donnant à entendre que ce Prince est
né dans un tems où toute l'Europe étoit
en paix, & qu'il est pour elle une espé-
rance de la voir à jamais durable. Sur la
frise regnoit cette inscription:
Stat Fortuna Domus.
Ces lettres étoient formées par une pro-
digieuse quantité de lumiere: le reste de
toute cette vaste architecture étoit éclairé
par environ seize mille lampions, qui re-
présentoient des fleurs-de. lys, & different
compartimens extrêmement ingénieux.
Toute la Ville étoit éclairée, & l'on
peut dire que la joie générale éclatoit de
toutes parts, par l'empressement avec le-
quel chaque Citoyen s'efforçoit de don-
ner des preuves publiques de son conten-
tement, & de son amour pour Sa Ma-
jesté.
La façade de l'Hotel de M. le Comman-
dant étoit éclairée d'un nombre prodi-
gieux de lampions, placés avec tout l'art
imaginable.
Le portail de l'Hôtel de l'Intendance
étoit également orné de compartimens en
lampions.
Le devant de l'Hôtel de M. le Prévoe
118 MERCUREDEFRANCE.
des Marchands étoit garni de deux colon-
nes d'ordre corinthien, chargées de lam-
pions, rangés en compartimens; elles ser-
voient à soutenit un grand transparent,
sur lequel étoit peint une ancre entrelacés
de lys des vallées, avec ces mots:
Aternitati nominis Borbonii.
Les maisons, où demeurent Messicurs
les Echevins, & celle de M. le Receveur
de la Ville, étoient illuminées pat une
grande quantité de lampions. Toute la
Place de Louis-le-Grand étoit extrêmement
éclaitée.
On admira entr'autres, l'illumination
que le Directeur du Domaine du Roi
avoit fait placer aux fenêtres de son ap-
partement, dont voici le détail,
Autour des trois fenêtres de cet appar-
tement, situé Place de Louis-le-Grand, on
voyoit une illumination particuliere, in-
dépendante de celle de la maison où est
la Direction; elle consistoit en un ceintre
de lampions autour des trois fenêtres;
dans les entre-deux des croisées des Fleurs
de Lys en lampions au-dessus, & au-des-
sous des étoiles.
Du milieu de chaque fenêtre en haut,
un transparent; chaque transparent re-
présentoit un Firmament, fond bleu, avec
d by God
119
JANVIER. 1752.
des nuages en blanc, ornés de differentes
ombres dans les bordures. Dans les trois
cransparens, sur le fond bleu, des étoiles
d'argent en bas, & en haut des Fleurs de
Lys d'or.
Dans le premier transparent, un car-
touche compolé par deux LL. d'or, ornées
d'agrémens, enlacées à la base du cartou-
che, de façon qu'elles partageoient le Fir-
mament en deux parties inégales: dans
la supérieure, qui étoit la plus grande,
des Fleurs de Lys d'or sans nombre: dans
la partie inférieure, des étoiles en argent,
semées çà & là; ce cartouche étoit sur-
monté de la Couronne de France. Dans
la partie supérieure, trois Fleurs de Lys en
or; dans l'inférieure, trois étoiles en ar-
gent; dans le milieu,
Sur les astres voyez les Lys
Avoit ici pleine victoire;
Ils méritent bien cette gloire;
Ils sont l'attribut de LOUIS.
Pour confirmer cette idée, on s'est rapa
pellé deux anciens vers Latins, que l'on
1 ajoutés dans le même cartouche; les
roici:
Seu venere solo, seu funt huc edita coolo
Lilia, digna solo, sunt quoque digns polo,
120 MERCUREDEFRANCE-
Dans le second transpatent, pareil car-
rouche, également formé par deux LL.
d'or, ornees & enlacées, environné d'un
pareil Firmament avec Fleurs de Lys'en
or au-dessus, étoiles en argent au-dessous.
Le cartouche surmonté de la Couronne du
Dauphin, contenoit dans la partie supé-
rieure trois Fleurs de Lys, dans l'infé-
rieure un double Dauphin, dont la queue-
tortillée jettoit à dtoite & à gauche des
Lys de jardin épanovis ou en boutons, le
groupe portoit sur la base du cartouche;
dans le milieu on lisoit les vers suivans;
Vive le bien-aimé Monatque
Qui fait le bonheur des François;
Que son cher Fils oublié de la Parque,
Vive & sut nous regne à jamais.
Dans le troisiême transparent, également
formé, pareil cartouche surmonté de la
Couronne du Duc de Bourgogne, trois
Fleurs de Lys dans le haut, trois étoiles
dans le bas: dans le milieu,
Célébrons l'heureuse Naissance
D'un nouveau Prince de Bourbon;
Il comble les vœux de la France,
Et nous donne grande esperance
De voir long. tems cette auguste Maison
Sur nous avoir toute puissance.
Dans
zed by Goo
JANVIER.
1752. 121
Dans la base de l'illumination, pour faire
connoître de qui elle venoit, (attendu
que la Direction est dans une maison ex-
trêmement respectable), on a mis sous
les trois fenêtres qui la composent, un
grand quadre ceintré par les bouts, dans
l'une des moitiés duquel on a écrit:
Par cette Illumination
On voit que du Roi le Domaine,
.*
Pour Sa Majesté Souveraine
Prouve son zéle & sa soumission.
Pour remplir l'autre moitié du quadre,
on y a mis le passage d'un ancien Auteur
Latin.
Frivola haec fortassis & nimis etiam brevia
videbuntur, sed tamen honesta curiositas ea
non respuit.
Le tout a été éclairé pendant trois nuits
par cinq cens lampions: s'il y avoit eu
d'autres illuminations dans la ville pen-
dant les jours suivans, on auroit continué
celle-là; quoiqu'il n'y en ait pas eu, on a
laissé tout en place pendant huit jours, &
peudant huit nuits éclairé derriere les trans-
parents, assez pour les rendre lisibles.
Sur ce qu on sçut que dans la Ville on
devoit illuminer en quelques endroits,
on fit encote illuminer le tout par cinque
II. Vol.
Digiiued hed
122 MERCUREDEFRANCE.
cens lampions le Dimanche 10 Octobre.
Le même jour, des violons & hautbois
ont fait danser tout le monde devant les fe-
nêtres de la direction, depuis deux heures
après-midy, jusqu'à deux heures après-mi-
nuit.
Pour terminer l'illumination & relative-
ment à la dépense qu'elle a coûté, on a
mis la devise suivante:
Pour corps, une couronne d'or chargée
de beaucoup de pierreries:
Pour ame, ces mots:
Onerosa, sed gloriosa.
Le Portail de la Chapelle des Pénitens
de la Royale Compagnie de Notre-Dame
des Confalons, étoit garni d'un grand
nombre de lampions; on lisoit en lettres
de feu cette inscription:
Nos Vota.
Faisant connoîntre pat là que comme l'ins-
titution principale de cette Compagnie
est de prier spécialement pout la perfonne
sacrée de S. M. & pour la famille Royale,
la part qu'elle prenoit à la joie publique
par les transports de son allégresse s'accor-
doit aussi avec son devoir. Cette Compa-
gnie chanta avec beaucoup de solemnité &
de pompe un Te Deum, en actious de gra-
ces, le Dimanche 10 Octobre.
JANVIER. 1752. 123
Les RR. PP. Célestins firent une trés-
belle illumination le dixiéme d'Octobre;
toute la façade de leur superbe bâtiment
étoit illuminée par un nombre prodigieux
de lampions disposés avec beaucoup de
goût & d'agrément.
L'illumination de la maison du Bureau
de la Communauté des Fabriquans en
étosfes d'or, d'argent & de soie, située
dans la rue S. Dominique, étoit superbe
& bien ingénieuse.
La façade étoit illuminée d'environ
quatre mille lampions qui formoient des
Fleurs de lys, des Etoiles & des desseins
d'architecture, qui accompagnoient trois
pyramides; il y avoit sur la maison un
fronton en transparent aux armes de Bour-
gogne, de quatorze pieds de hauteur, ac-
compagnés de deux urnes en transparent
de huit pieds de haut.
Au balcon qui remplit le milieu de la
façade, il y avoit un transparent qui repré-
sentoit un Soleil levant, avec ces mom:
Simul exoritur, simul excitat artes.
A la croisée du côté droit du grand bal-
con, un autre transparent représentant un
Lys, dont la principale fleur étoit épanovie,
F1
124 MERCURE DEFRANCE.
la seconde à moitié ouverte, & la troisié-
me en boutons, avec ces mots:
Splendida Domus jucundo risit odore.
A la croisée à gauche le transparent pré-
sentoit une grenade ouverte & couronnée
d'unę Couronne Royale, avec ces mots:
Regali splendida fructu.
On a voulu faire entendre par ces ins-
criptions que certe auguste Naissance est un
presage pour le Royaume, que ses Manu-
factures & tous les Arts vont ranimer leut
zéle & seront plus que jamais occupés à at-
tirer dans nos Ports les richesses de l'un &
l'autre monde.
La Messagerie de Strasbourg, dont le
Bureau est établi sur la place des Terreaux,
fit une illumination aussi ingénieuse qu'é-
légante. Sur un grand transparent étoit
peint un char de triomphe, auquel étoit
attelé un grand nombre de chevaux, &
conduits par le Génie de la France, avec
ces mots.:
Centum quadrijugos agitaho ad nuntia currus.
Ce transparent étoit surmonté d'un Dau-
phin d'azur, & formé par des lampions;
JANVIER.
1752.
125
de chaque côté étoient des Fleurs de Lys
en lumiéres.
Le Bureau des Diligences du Rhône,
des Messageries de Provence & de Lan-
guedoc, établi sur le quai de St. Antoine,
présentoit une illumination extrêmement
ingénieuse: la principale piéce étoit un
transparent sur lequel étoient peints deux
Dauphins entrelacés soutenant une cou-
ronne, avec ces mots :
His nixa stabit.
L'Illumination chez le sieur Lorget,
Caffetier aux Terreaux, consistoit en un
tableau transparent, représentant Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne, nouveau-
né, avec ce vers de la quatrième églogue
de Virgile:
Cara Deùm soboles, Magnum jovis incre-
mentum.
Tous les étages de sa maison étoient or-
nés de pyramides & Fleurs de Lys, garnis
en lampions & guirlandes de verdure, en
orangers, par des globes de verre de dif-
férentes couleurs, jettant leur reverbéra-
tion sur la place en forme de soleils, dans
le goût d'Italie.
Fiij
126 MERCURE DE FRANCE.
Le sieur Mignard, Marchand, rue Lan-
terne, fit aussi une illumination particu-
liére; elle consistoit en un Globe en forme
de soleil, qu'il avoit placé & suspendu
dans le misieu de la rue: on voyoit sur les
deux faces une Fleur de Lys d'or, sur la-
quelle s'élevoit une petite éminence, d'où
sortoit un jeune olivier qui poussoit vers
la tige un tendre rejeton; le tout étoit en-
tourré par ces mots:
Triumphali è stipite surgens.
Il y a eu dans la Ville bien d'autres II-
luminations particuliéres, elles étoient un
témoignage de la sincérité de la joie des
Citoyens, & une marque de leur bon goût;
si on ne les rappelle pas ici, c'est pour se
conformer à l'intention de ceux dont la
modestie nous oblige de nous taire.
On s'est efforcé dans les Villes de la Pro-
vince d'exécuter les ordres que Monsei-
gneur le Commandant a donnés pour les
Réjouissances publiques, & dans les Mai-
sons de campagne aux environs de Lyon,
il y a eu des Illuminations particuliéres.
Son Eminence Monseigneur le Cardinal
de Tencin fit chanter dans la Chapelle de
son Château d'Ullins, un Te Deum, avec
JANVIER. 1752. 127
beaucoup de pompe; & le soir le Château
fut illuminé.
MM. Charet, pere & fils, empressés de
donner des marques parriculieres de leur
joie sur la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne, firent le Dimanche
10 Octobre une Illumination des plus jo-
lies dans leur Château de Grangeblanche.
Les cours & avant-cours étoient toutes
illuminées, & plus particuliérement enco-
re la façade du Château; toutes les fenê-
tres étoient garnies de lampions, & ceux
qui avoient été placés daus les intervalles
formoient des Fleurs de Lys, des pyrami-
des ou divers autres desseins d'architecture
les plus convenables au bâtiment, & les
plus avantageux pour le coup d'œil; on
avoit placé sur le palcon principal un Ta-
bleau transparent, representant Monseis
gneur le Duc de Bourgogne; on lisoit au
bas ce Vers d'Horace:
Serus in coelum redeas, diuque laetus intersis
populo.
1e Liv. des Odes, Ode 2.
Le Parterre formant un quarté parfait,
étoit décoré d'un millier de pots-a-feu de
différentes grosscurs, & l'on voyoit s'éle-
ver dans le milieu douze girandoles de
...
Fiij
zed by Goc
—---
128 MERCUREDEFRANCE.
fer-blanc de six à sept pieds de hauteur,
toutes garnies d'un nombre très considé-
rable de lampions qui finissoient en pyra-
mides, & faisoient un effet merveilleux.
Au milieu de ce parterre on avoit dressé
un Théatre sur lequel étoient placées tou-
tes sortes de fusées, moulinets, serpen-
teaux & autres artifices des plus particu-
liers. Le feu y fut mis par un dragon qui
partit du Château, & l'on vit à linstant
tout le Ciel en feu, plein d'étoiles artifi-
cielles qui sembloient faire disparoitre la
nuit.
Ce premier Artifice fut suivi de deux
autres également beaux, pendant lesquels
on fit plusieurs décharges successives de
boëtes; le temps favorable qui regnoit
contribua beaucoup à faire briller cette
gête, conduite avec autant d'ordre que de
gout; & on ne sçauroit trop regretter que
l'éloignement du Château ait empêché
toute la Ville d'y prendre part.
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Résumé : DESCRIPTION des illuminations faites à Lyon, le 15 Septembre & 3 Octobre 1751, & jours suivans, pour célébrer la Naissance de Monseigneur, le Duc de Bourgogne.
En septembre et octobre 1751, Lyon a célébré la naissance du Duc de Bourgogne par diverses illuminations. Sur le Pont de Pierre, un édifice représentant un portique avec un temple surmonté d'un nuage et une Renommée volante a été érigé. À l'entrée, le Génie de la France tenait un enfant avec une inscription latine. Un feu d'artifice a été allumé, produisant des soleils, tourbillons et gerbes de feu. Sur la Place des Terreaux, une pyramide de chandelles ardentes et des feux d'artifice ont été installés. La façade de l'Hôtel de Ville était décorée de portraits du Dauphin, de la Dauphine et du Duc de Bourgogne, ainsi que de symboles comme le Soleil, un Aigle et un Aiglon, accompagnés d'inscriptions latines. La ville entière était illuminée avec des lampions formant des fleurs de lys et divers compartiments ingénieux. Les façades de plusieurs hôtels importants étaient ornées de lampions. La Place de Louis-le-Grand était particulièrement bien éclairée, avec des transparents représentant des firmaments et des étoiles. En janvier 1752, des illuminations ont marqué d'autres événements royaux, incluant des transparents avec des fleurs de lys, des dauphins et des vers en l'honneur du roi et de son fils. Plusieurs institutions et compagnies ont participé aux festivités, illuminant leurs façades et chantant des Te Deum. En province, les villes ont suivi les ordres du commandant pour les réjouissances publiques. Le Cardinal de Tencin a fait chanter un Te Deum et illuminer son château. Les sieurs Charet ont organisé une illumination spectaculaire dans leur château de Grangeblanche, avec des lampions, des tableaux transparents et des feux d'artifice. Ces célébrations témoignaient de la joie des citoyens et de leur loyauté envers la maison royale.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12817
p. 128-129
Du 18.
Début :
M. le Marquis de la Tour Maubourg Lieutenant Général des Armées de Sa Majesté, [...]
Mots clefs :
Château de Maubourg, Marquis de La Tour Maubourg, Naissance du duc de Bourgogne, Feu d'artifice
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texteReconnaissance textuelle : Du 18.
Du 18.
M. le Marquis de la Tour Maubourg
Lieutenant Général des Armées de Sa Majesté,
& Inspecteur Général de l'Infante-
rie, voulant faire éclater ses sentimens
par des démonstrations publiques, donna
te 18 une fête magnisique, & fit tirer un
OC
1752.
JANVIER.
129
feu d'artifice dans son Château de Mau-
bourg, près la Ville de S. Etienne, en
Forez.
M. le Marquis de la Tour Maubourg
Lieutenant Général des Armées de Sa Majesté,
& Inspecteur Général de l'Infante-
rie, voulant faire éclater ses sentimens
par des démonstrations publiques, donna
te 18 une fête magnisique, & fit tirer un
OC
1752.
JANVIER.
129
feu d'artifice dans son Château de Mau-
bourg, près la Ville de S. Etienne, en
Forez.
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12818
p. 129
Du 21.
Début :
La Reine, accompagnée de Monseigneur le Dauphin & de Mesdames de France, [...]
Mots clefs :
Reine, Roi, Musique, Église de la paroisse du château de Versailles, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du 21.
Du 21.
La Reine, accompagnée de Monseigneur
le Dauphin & de Mesdames de France,
se rendit le 21 à l'Eglise de la paroisse
du Château de Versailles, & sa Majesté y
assista au Te Deum que le Corps de Musi-
que de la Chapelle du Roi y fit chanter,
en action de graces de la nouvelle marque
que Dieu vient de donner au Roi, de sa
protection. L'Evêque de Bayeux, premier
Aumônier de Madame la Dauphine y of-
sicia pontificalement.
La Musique du Motet étoit de l'Abbé
Blanchare, Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roi, en quartier.
La Reine, accompagnée de Monseigneur
le Dauphin & de Mesdames de France,
se rendit le 21 à l'Eglise de la paroisse
du Château de Versailles, & sa Majesté y
assista au Te Deum que le Corps de Musi-
que de la Chapelle du Roi y fit chanter,
en action de graces de la nouvelle marque
que Dieu vient de donner au Roi, de sa
protection. L'Evêque de Bayeux, premier
Aumônier de Madame la Dauphine y of-
sicia pontificalement.
La Musique du Motet étoit de l'Abbé
Blanchare, Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roi, en quartier.
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Résumé : Du 21.
Le 21, la Reine, accompagnée du Dauphin et de Mesdames de France, se rendit à l'église paroissiale du Château de Versailles. Elle assista à un Te Deum dirigé par l'Évêque de Bayeux pour remercier Dieu de sa protection envers le Roi. La musique fut composée par l'Abbé Blanchard, Maître de Musique de la Chapelle du Roi.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12819
p. 129-134
De Soleure le 22 Septembre.
Début :
Un Courier arriva de Versailles le 16 de ce mois, pour annoncer au Marquis de [...]
Mots clefs :
Soleure, Marquis de Paulmy, Église collégiale, Ambassadeur, Naissance du duc de Bourgogne, Événement, Dauphine, Roi
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Soleure le 22 Septembre.
De Soleure le 22 Septembre.
Un Courier arriva de Versailles le 16 de
ce mois, pour annoncer au Marquis de
Paulmy, Ambassadeur du Roi de Prance,
la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne. Cet évenement a causé ici une
joye générale. Le Conseil de ce Canton,
& le Chaputre de l'Eglise Collégiale de
cette Ville, sont allés complimenter le
Marquis de Paulmy, & il s'est renda
Nues uO
130 MERCUREDE FRANCE.
cliez lui un concours extraordinaire de
personnes de tous les Ordres, pour lui
témoigner la part qu'elles prenoient au
bonheur de la France. Des que cet Ambas-
sadeur a reçu la nouvelle des couches de
Madame la Dauphine, il s'est empressé de
faire éclater son zéle, en faisant chanter
dans l'Eglise des Cordeliers, le Te Deum
au bruit d'un grand nombre de boëtes; en
faisant illuminet toutes les nuits son Hô-
tel, devant lequel des fontaines de vin
ont coulé presque continuellement, &
en tenant matin & soir table ouverte. Non.
content de ces premieres démonstrations
de ses sentimens, il donna hier au Con-
seil de ce Canton, au Chapitre de l'Eglise
Collégiale, & à tous les habitans les
plus considérables, soit de cette Ville,
soit des environs, un diner splendide
auquel se sont trouvées plus de cent cin-
quante personnes. A chaquo santé du
Roi & de la Reine, de Monseigneut le
Dauphin, de Madame la Dauphine, de
Monseigneur le Duc de Bourgogne, de
Madashe, & de Mesdames de France, il y
a eu une salve de toute l'attillerie de la
Ville, & plus de six cens coups de canon
ont été tirés à cette occasion. L'Après-
midi, outre les fontaines de vin placée
près de l'Hôtel du Marquis de Pauliny,
d by Goc
JANVIER. 1751.
131
on en fit couler six autres par l'ordre de
cet Ambassadeur, en différens endroits. Ilfit
jetter au peuple, dans ces mêmes en-
droits, une grande quantité de médailles,
sur lesquelles on lisoit d'un côté, Gallia
fit partu felixe, & de l'autre, Laetantur
Amici. Au commencement de la nuit,
l'Hôtel du Marquis de Paulmy, par une
illumination qui dessinoit l'ordre d'Ar-
chitecture du bâtiment, ioffrit un des plus
beaux spectacles qu on puisse voir en ce
genre. Le repas qu on a fervi le soir chez
cet Ambassadeur, n a point cédé, ni pour
la profusion, ni pour la délicatesse, à ce-
lui du matin. Un magnisique Bal, qui a
duré jusqu'au jour, & pendant lequel
on a distribué une abondance prodigieuse
de tafraichissemens, a terminé cette fête,
dont l'éclat a d'autant plus frappé, que le
Marquis de Paulmy, etant obligé de faire
un voyage à Paris, n'a eu que très- peu
de tems pour la faire préparer.
Voici le Discours que cet Ambassadeur
prononça, lorsqu'il se rendit à l'Hôtel de
Ville, pour donner part au Conseil de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. » Magnifiques Seigneurs, les voeux
„de la France sont comblés; l'attente
„de l'Europe entiere est remplie. La nais-
»sance de Monseigneur le Duc de Bour-
Fvj
zed by Goc
132 MERCURE DE FRANCE.
»gogne assure la tranquilité d'une Mo-
»narchie, dont la prospérité aura tou-
„jours la plus grande influence sur le
„maintien de votre liberté. Vous parta-
» gez la joye vive & pure, dont tous les
» Sujets du Roi mon Maître, sont pénétrés
»dans ce moment. Vous prenez à l'heu-
„reux évenement, que je vous annonce
»le même intérêt qu'eux; & s'il peut y
„ avoir quelque différence dans la manie-
„re, dont on doit envisager votre zéle
»& le nôtre, elle est toute à votre avan-
„tage, puisque nous ne faisons que rem-
„plit dans toute leur étendue, envers le
»meilleur des Peres & le plus aimable des
» Maîtres de l'Univers, des devoirs aux-
oquels nous serions coupables de man-
„quer; au lieu que Vous, Magnifiques
„Seigneurs, étrangers pour ainsi dire dans
„notre famille, vous avez le mérite d'a-
„dopter librement tous nos sentimens,
» & de vous les rendre propres. Quel
»bonheur pour moi de pouvoir offrir
»à Sa Majesté le tableau touchant de vos
„dispositions pour elle, & de pouvoit ain-
» si lui faire connoître jusqu ou S'étend son
„ empire sur les coeurs; genre de domi-
„nation, dont elle a si constament mon-
„tré qu'elle étoit uniquement flattée. Je
»vous invite, Magniliques Seigneurs, à
zed by Goog
JANVIER. 1752-
133
»venir encore aux pieds des Autels, renou-
»veller de concert nos Actions de graces.
» Continuez d'unit vos cœeurs aux nôtres.
„Que le zéle, que vous montrez aujour-
„d'hui, soit le présage & le modéle de la
„ conduite que vous tiendrez dans tous les
» tems & dans toutes les occasions. Que
„ notre prospérité vous soit toujours éga-
»lement chére. Votre bonheur fera tou-
» jours partie du nôtre. Puissent nos deux
„ Nations reconnoître, pendant une longue
„ suite de siécles, dans l'Auguste Maison qui
„donne des Maîtres à la France; nous,
„des Souverains aussi glorieux que justes,
„ aussi dignes de notre amour que de nos
»hommages; vous, Magnisiques Sei-
„ gneurs, de puissans Défenseurs de votre
„liberré, & de constans Amis de votre.
„ République.
Après ce discours, le Conseil se rendit
avec le Marquis de Paulmy, à l'Eglise
Collégiale, ou le Te Deum fut chanté avec
encore plus d'apareil & de pompe, qu'il
ne l'avoit été dans l'Eglise des Corde-
liers.
La naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne a produit la même impression
sur tous les Cantons, soit Catholiques soit
Protestans, & ils se disposent à célébrer cet
événement par toutes les démonstrations
134 MERCURE DE FRANCE
qui peuvent prouver l'attachement du
Corps Helvétique pour la Maison de
France.
Un Courier arriva de Versailles le 16 de
ce mois, pour annoncer au Marquis de
Paulmy, Ambassadeur du Roi de Prance,
la naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne. Cet évenement a causé ici une
joye générale. Le Conseil de ce Canton,
& le Chaputre de l'Eglise Collégiale de
cette Ville, sont allés complimenter le
Marquis de Paulmy, & il s'est renda
Nues uO
130 MERCUREDE FRANCE.
cliez lui un concours extraordinaire de
personnes de tous les Ordres, pour lui
témoigner la part qu'elles prenoient au
bonheur de la France. Des que cet Ambas-
sadeur a reçu la nouvelle des couches de
Madame la Dauphine, il s'est empressé de
faire éclater son zéle, en faisant chanter
dans l'Eglise des Cordeliers, le Te Deum
au bruit d'un grand nombre de boëtes; en
faisant illuminet toutes les nuits son Hô-
tel, devant lequel des fontaines de vin
ont coulé presque continuellement, &
en tenant matin & soir table ouverte. Non.
content de ces premieres démonstrations
de ses sentimens, il donna hier au Con-
seil de ce Canton, au Chapitre de l'Eglise
Collégiale, & à tous les habitans les
plus considérables, soit de cette Ville,
soit des environs, un diner splendide
auquel se sont trouvées plus de cent cin-
quante personnes. A chaquo santé du
Roi & de la Reine, de Monseigneut le
Dauphin, de Madame la Dauphine, de
Monseigneur le Duc de Bourgogne, de
Madashe, & de Mesdames de France, il y
a eu une salve de toute l'attillerie de la
Ville, & plus de six cens coups de canon
ont été tirés à cette occasion. L'Après-
midi, outre les fontaines de vin placée
près de l'Hôtel du Marquis de Pauliny,
d by Goc
JANVIER. 1751.
131
on en fit couler six autres par l'ordre de
cet Ambassadeur, en différens endroits. Ilfit
jetter au peuple, dans ces mêmes en-
droits, une grande quantité de médailles,
sur lesquelles on lisoit d'un côté, Gallia
fit partu felixe, & de l'autre, Laetantur
Amici. Au commencement de la nuit,
l'Hôtel du Marquis de Paulmy, par une
illumination qui dessinoit l'ordre d'Ar-
chitecture du bâtiment, ioffrit un des plus
beaux spectacles qu on puisse voir en ce
genre. Le repas qu on a fervi le soir chez
cet Ambassadeur, n a point cédé, ni pour
la profusion, ni pour la délicatesse, à ce-
lui du matin. Un magnisique Bal, qui a
duré jusqu'au jour, & pendant lequel
on a distribué une abondance prodigieuse
de tafraichissemens, a terminé cette fête,
dont l'éclat a d'autant plus frappé, que le
Marquis de Paulmy, etant obligé de faire
un voyage à Paris, n'a eu que très- peu
de tems pour la faire préparer.
Voici le Discours que cet Ambassadeur
prononça, lorsqu'il se rendit à l'Hôtel de
Ville, pour donner part au Conseil de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne. » Magnifiques Seigneurs, les voeux
„de la France sont comblés; l'attente
„de l'Europe entiere est remplie. La nais-
»sance de Monseigneur le Duc de Bour-
Fvj
zed by Goc
132 MERCURE DE FRANCE.
»gogne assure la tranquilité d'une Mo-
»narchie, dont la prospérité aura tou-
„jours la plus grande influence sur le
„maintien de votre liberté. Vous parta-
» gez la joye vive & pure, dont tous les
» Sujets du Roi mon Maître, sont pénétrés
»dans ce moment. Vous prenez à l'heu-
„reux évenement, que je vous annonce
»le même intérêt qu'eux; & s'il peut y
„ avoir quelque différence dans la manie-
„re, dont on doit envisager votre zéle
»& le nôtre, elle est toute à votre avan-
„tage, puisque nous ne faisons que rem-
„plit dans toute leur étendue, envers le
»meilleur des Peres & le plus aimable des
» Maîtres de l'Univers, des devoirs aux-
oquels nous serions coupables de man-
„quer; au lieu que Vous, Magnifiques
„Seigneurs, étrangers pour ainsi dire dans
„notre famille, vous avez le mérite d'a-
„dopter librement tous nos sentimens,
» & de vous les rendre propres. Quel
»bonheur pour moi de pouvoir offrir
»à Sa Majesté le tableau touchant de vos
„dispositions pour elle, & de pouvoit ain-
» si lui faire connoître jusqu ou S'étend son
„ empire sur les coeurs; genre de domi-
„nation, dont elle a si constament mon-
„tré qu'elle étoit uniquement flattée. Je
»vous invite, Magniliques Seigneurs, à
zed by Goog
JANVIER. 1752-
133
»venir encore aux pieds des Autels, renou-
»veller de concert nos Actions de graces.
» Continuez d'unit vos cœeurs aux nôtres.
„Que le zéle, que vous montrez aujour-
„d'hui, soit le présage & le modéle de la
„ conduite que vous tiendrez dans tous les
» tems & dans toutes les occasions. Que
„ notre prospérité vous soit toujours éga-
»lement chére. Votre bonheur fera tou-
» jours partie du nôtre. Puissent nos deux
„ Nations reconnoître, pendant une longue
„ suite de siécles, dans l'Auguste Maison qui
„donne des Maîtres à la France; nous,
„des Souverains aussi glorieux que justes,
„ aussi dignes de notre amour que de nos
»hommages; vous, Magnisiques Sei-
„ gneurs, de puissans Défenseurs de votre
„liberré, & de constans Amis de votre.
„ République.
Après ce discours, le Conseil se rendit
avec le Marquis de Paulmy, à l'Eglise
Collégiale, ou le Te Deum fut chanté avec
encore plus d'apareil & de pompe, qu'il
ne l'avoit été dans l'Eglise des Corde-
liers.
La naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne a produit la même impression
sur tous les Cantons, soit Catholiques soit
Protestans, & ils se disposent à célébrer cet
événement par toutes les démonstrations
134 MERCURE DE FRANCE
qui peuvent prouver l'attachement du
Corps Helvétique pour la Maison de
France.
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Résumé : De Soleure le 22 Septembre.
Le 22 septembre, un courrier parvint à Soleure depuis Versailles, annonçant au Marquis de Paulmy, ambassadeur du roi de France, la naissance du Duc de Bourgogne. Cette nouvelle fut accueillie avec une grande joie à Soleure. Le Conseil du canton et le chapitre de l'église collégiale adressèrent leurs félicitations à l'ambassadeur, qui organisa diverses festivités pour célébrer l'événement. Dès la réception de la nouvelle, il fit chanter le Te Deum dans l'église des Cordeliers, illumina son hôtel chaque nuit et offrit du vin au public. Il invita également le Conseil du canton, le chapitre de l'église collégiale et les habitants notables à un dîner somptueux, suivi de salves d'artillerie et de distributions de médailles commémoratives. Un bal fut organisé le soir, marqué par une abondance de rafraîchissements. L'ambassadeur prononça un discours à l'hôtel de ville, exprimant la joie de la France et l'importance de l'événement pour la monarchie française. Ensuite, le Conseil et l'ambassadeur se rendirent à l'église collégiale pour un Te Deum solennel. La nouvelle de la naissance du Duc de Bourgogne fut favorablement accueillie par tous les cantons suisses, tant catholiques que protestants, qui se préparaient à célébrer l'événement avec des démonstrations de soutien à la Maison de France.
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12820
p. 134-137
De Metz. le 26.
Début :
M. Le Maréchal de Belle-Isle a célébré, d'une maniere vraiment digne de lui, [...]
Mots clefs :
Metz, Maréchal de Belle-Isle, Tables, Table, Ville, Cheval, Couverts, Soldats, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Metz. le 26.
De Metz. le 26.
M. Le Maréchal de Belle-Isle a célébré,
d'une maniere vraiment digne de lui,
l'heureux événement qui comble les
rœeux des François. Les Regimens de Na-
varre, d'Alsace, de Touraine, de Cam-
bis & de Séédorf, & un Bataillon d'Ar-
tillerie, sont en garnison dans la Ville de
Metz. Outre ces troupes, qui composent
quinze Bataillons, il se trouve dans la
même Ville le Régiment de Cavalerie
d'Orléans, les Volontaires Royaux, &
deux Compagnies de Mineurs & d'Ou-
vriers. Le Maréchal Duc deBelle- Isse s'est
proposé de donner à diner à tous les Sol-
dats de ces Corps, formant ensemble huit
mille hommes effectifs. Le 26, jour fixé
pour cette Fête, elle fut annoncée à la
pointe du jour par une salve générale de
artillerie des remparts. Lorsque les Déta-
chemens, commandes pour porter le pain
& les viandes, eurent couvert les tables
les Soldats fortirent des Cazernes. Les
tables de chaque Régiment étoient en
fer à cheval, & les Soldats s'y place-
rent en dedans & en dehors sur des Ban-
d by Goo
JANVIER.
1752. 135
quettes, qui régnoient des deux côtés. Il
avoit été ordonné une livre & demie de
viande, autant de pain, & une pinte de vin
pour chaque Soldat. Dans l'intérieur du fer
a cheval de chaque table, étoit une table
pour les Sergens, auxquels on fervit de
plus qu'aux Soldats, plusieurs pâtés froids.
Vis- à- vis du milieu & aux deux extrêmi-
tés de chaque fer à cheval, on avoit cons-
truit des Orchestres, où différens Instru-
mens de Musique, pendant tout le diner,
exécuterent des symphonies melées de fan-
fares. Le Maréchal & la Maréchale de Bel-
le-Isse se rendirent à l'endroit où les tables
étoient dressées, & ils burent à chaque
table la santé du Roi.
A quatre heures après midi, l'on chan-
ta dans l'Eglise Cathédrale de Metz, au
bruit d'une nouvelle salve de l'artillerie, le
Te Deum auquel l'Evêque de Metz officia
pontificalement. Toutes les Dames de la
Ville s'assemblerent ensuite sur la terrasse
de l'Hôtel du Gouverneut, pour voir tirer
le feu d'artifice qui avoit été préparé sur
l'Esplanade. Il commença à sept heures,
& il fut allumé par ure Colombe, à la-
quelle la Princesse de Wirteniberg mit le
feu. En com prenant le tems des trois salves
des canons des remparts, & des trois dé-
charges de la mousqueterie de toutes les
es
136 MERCUREDE FRANCE.
troupes qui étoient sous les armes tant fur
l'Esplanade que dans la Citadelle, il dura
une heure. Vers les huit heures du soir,
on servit les tables destinées pour les per-
sonnes qui avoient été invitées à souper
à l'Hôtel du Gouvernement. La principale
table à laquelle étoit la Princesse de Vir-
temberg, étoit en fer à cheval, & étoit de
soixante-dix couverts. La Maréchale Du-
chesse de Belle-Isse en fit les honneurs:
cinquante- trois Dames souperent à cette ta-
ble, & le reste des couverts fut rempli par
l'Evêque de Metz, par M. de Creil, In-
tendant de la Province, par M. de Mon-
tholon, premier Président du Parlement
de Metz, par le Doyen de la Cathédrale,
& pat quelques Etrangers de distinction. Ily
eut onze autres tables, dont une de trente
couverts, trois de vingt-cinque & sept chacu-
ne de douze, servies avecla même délicates-
se & la même profusion que la premiere.
Quelque considérable que fût le nombre
des couverts, le nombre des Convives
l'excéda de beaucoup, & tous les Officiers
de la Garnison, à l'exception de ceux qui
étoient à leurs postes, souperent au Gou-
vernement. Pendant tout le repas, des
fontaines de vin coulerent pour le Peu-
ple, on lui distribua de la viande & du
pain.
jines vO
JANVIER. 1752.
137
On se leva de table à onze heures du
soir, & l'on commença le Bal paré, qui
dura jusqu'au lendemain matin. L'Hôtel
du Gouvernement fut illuminé avec au-
tant de goût que de magnificence. Indé-
pendamment de cinque autres Bals qui fu-
rent donnés au Peuple dans les places pu-
bliques, le Maréchal Duc de Belle-Isse
avoit donné ordre qu'il y eût dans la Salle
de la Comédie, un Bal pour la Bour-
geoisie.
L'Evêque de Metz a signalé aussi son
zéle, en donnant à diner à quinze cens.
pauvres dans les cours de son Palais Episco-
pal, & la Ville, pour se conformer nux
sages vûes du Roi, a résolu de donner des
dots à cinquante filles.
M. Le Maréchal de Belle-Isle a célébré,
d'une maniere vraiment digne de lui,
l'heureux événement qui comble les
rœeux des François. Les Regimens de Na-
varre, d'Alsace, de Touraine, de Cam-
bis & de Séédorf, & un Bataillon d'Ar-
tillerie, sont en garnison dans la Ville de
Metz. Outre ces troupes, qui composent
quinze Bataillons, il se trouve dans la
même Ville le Régiment de Cavalerie
d'Orléans, les Volontaires Royaux, &
deux Compagnies de Mineurs & d'Ou-
vriers. Le Maréchal Duc deBelle- Isse s'est
proposé de donner à diner à tous les Sol-
dats de ces Corps, formant ensemble huit
mille hommes effectifs. Le 26, jour fixé
pour cette Fête, elle fut annoncée à la
pointe du jour par une salve générale de
artillerie des remparts. Lorsque les Déta-
chemens, commandes pour porter le pain
& les viandes, eurent couvert les tables
les Soldats fortirent des Cazernes. Les
tables de chaque Régiment étoient en
fer à cheval, & les Soldats s'y place-
rent en dedans & en dehors sur des Ban-
d by Goo
JANVIER.
1752. 135
quettes, qui régnoient des deux côtés. Il
avoit été ordonné une livre & demie de
viande, autant de pain, & une pinte de vin
pour chaque Soldat. Dans l'intérieur du fer
a cheval de chaque table, étoit une table
pour les Sergens, auxquels on fervit de
plus qu'aux Soldats, plusieurs pâtés froids.
Vis- à- vis du milieu & aux deux extrêmi-
tés de chaque fer à cheval, on avoit cons-
truit des Orchestres, où différens Instru-
mens de Musique, pendant tout le diner,
exécuterent des symphonies melées de fan-
fares. Le Maréchal & la Maréchale de Bel-
le-Isse se rendirent à l'endroit où les tables
étoient dressées, & ils burent à chaque
table la santé du Roi.
A quatre heures après midi, l'on chan-
ta dans l'Eglise Cathédrale de Metz, au
bruit d'une nouvelle salve de l'artillerie, le
Te Deum auquel l'Evêque de Metz officia
pontificalement. Toutes les Dames de la
Ville s'assemblerent ensuite sur la terrasse
de l'Hôtel du Gouverneut, pour voir tirer
le feu d'artifice qui avoit été préparé sur
l'Esplanade. Il commença à sept heures,
& il fut allumé par ure Colombe, à la-
quelle la Princesse de Wirteniberg mit le
feu. En com prenant le tems des trois salves
des canons des remparts, & des trois dé-
charges de la mousqueterie de toutes les
es
136 MERCUREDE FRANCE.
troupes qui étoient sous les armes tant fur
l'Esplanade que dans la Citadelle, il dura
une heure. Vers les huit heures du soir,
on servit les tables destinées pour les per-
sonnes qui avoient été invitées à souper
à l'Hôtel du Gouvernement. La principale
table à laquelle étoit la Princesse de Vir-
temberg, étoit en fer à cheval, & étoit de
soixante-dix couverts. La Maréchale Du-
chesse de Belle-Isse en fit les honneurs:
cinquante- trois Dames souperent à cette ta-
ble, & le reste des couverts fut rempli par
l'Evêque de Metz, par M. de Creil, In-
tendant de la Province, par M. de Mon-
tholon, premier Président du Parlement
de Metz, par le Doyen de la Cathédrale,
& pat quelques Etrangers de distinction. Ily
eut onze autres tables, dont une de trente
couverts, trois de vingt-cinque & sept chacu-
ne de douze, servies avecla même délicates-
se & la même profusion que la premiere.
Quelque considérable que fût le nombre
des couverts, le nombre des Convives
l'excéda de beaucoup, & tous les Officiers
de la Garnison, à l'exception de ceux qui
étoient à leurs postes, souperent au Gou-
vernement. Pendant tout le repas, des
fontaines de vin coulerent pour le Peu-
ple, on lui distribua de la viande & du
pain.
jines vO
JANVIER. 1752.
137
On se leva de table à onze heures du
soir, & l'on commença le Bal paré, qui
dura jusqu'au lendemain matin. L'Hôtel
du Gouvernement fut illuminé avec au-
tant de goût que de magnificence. Indé-
pendamment de cinque autres Bals qui fu-
rent donnés au Peuple dans les places pu-
bliques, le Maréchal Duc de Belle-Isse
avoit donné ordre qu'il y eût dans la Salle
de la Comédie, un Bal pour la Bour-
geoisie.
L'Evêque de Metz a signalé aussi son
zéle, en donnant à diner à quinze cens.
pauvres dans les cours de son Palais Episco-
pal, & la Ville, pour se conformer nux
sages vûes du Roi, a résolu de donner des
dots à cinquante filles.
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Résumé : De Metz. le 26.
Le 26 janvier 1752, à Metz, le maréchal de Belle-Isle a célébré un événement significatif pour les Français. La ville accueillait plusieurs régiments, incluant ceux de Navarre, d'Alsace, de Touraine, de Cambis et de Sédorf, ainsi qu'un bataillon d'artillerie, totalisant quinze bataillons. S'y ajoutaient le régiment de cavalerie d'Orléans, les Volontaires Royaux, et deux compagnies de mineurs et d'ouvriers, soit environ huit mille hommes. Pour marquer cet événement, le maréchal organisa un dîner pour tous les soldats, précédé d'une salve d'artillerie. Chaque soldat reçut une livre et demie de viande, autant de pain et une pinte de vin, accompagnés par des orchestres jouant durant le repas. Le maréchal et la maréchale de Belle-Isle portèrent un toast à la santé du roi à chaque table. Après le dîner, un Te Deum fut chanté à la cathédrale de Metz, suivi d'un feu d'artifice allumé par la princesse de Wirtenberg. À 20 heures, un souper fut servi à l'hôtel du gouvernement pour les invités, incluant la princesse de Wirtenberg, l'évêque de Metz et d'autres dignitaires. Onze autres tables furent également dressées pour les convives. Du vin fut distribué au peuple, ainsi que de la viande et du pain. Après le souper, un bal débuta et se poursuivit jusqu'au matin. L'hôtel du gouvernement fut illuminé, et cinq autres bals furent organisés pour le peuple. L'évêque de Metz offrit un dîner à mille cinq cents pauvres, et la ville décida de fournir des dots à cinquante filles.
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12821
p. 137-139
RELATION d: la fête donnée par S. A. Monseigneur le Prince de Monaco, le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
Le Prince de Monaco, qui étoit à sa Maison de Plaisance de Carnolez, lorsqu'il [...]
Mots clefs :
Prince de Monaco, Troupes, Palais, Magnificence, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : RELATION d: la fête donnée par S. A. Monseigneur le Prince de Monaco, le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
RELATION d: la fête donnée par
S. A. Monseigneur le Prince de Monaco,
le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
Le Prince de Monaco, qui étoit à sa Maison
de Plaisance de Carnolez, lorsqu'il
apprit la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne, envoya sur le champ ses
ordres à Monaco pour qu'on annonçât aux
habitans cette intéressante nouvelle par
une salve de 25 coups de canon; il ordon-
lized by Goo
138 MERCUREDEFRANCE.
na en même-tems les préparatifs de réjouis-
sances dignes du zéle qui l'anime, & se
rendit dans sa Capitale pour les célébrer
le 26 du mois derniet, jour indiqué pour
la fête. Sa Compagnie de Cadets & un
détachement de ses Grenadiers, ainsi que
les troupes de France, se mirent sous les ar-
mes à quatre heures après midi; le Prince
accompagné de la Noblesse & des Magis-
trats, assista dans la Chapelle du Palais,
ornée avec la plus grande magnificence,
au Te Deum qui fut chanté au bruit de
toute l'artillerie; il fit ensuite jetter de
l'argent au peuple & tous les environs du
Palais retentirent des acclamations réité-
rées de vive le Roi de France & notre
Prince. A l'entrée de la nuit les troupes dé-
filerent le long des remparts & l'on fit trois
salves générales du canon de la Place aus-
quelles les troupes répondirent par unpareil
nombre de salves de toute leur mousquet-
terie; à ce signal toute la Ville fut illumi-
née, on tira en même tems un très beau
feu d'arrifice: les troupes s'étant ren-
dues sous des tentes qui avoient été dres-
sées exprès, elles y trouverent des tables
servies avec autant de propreté que d'abon-
dance.
Le Prince de Monaco alla les voir sou-
per, & après être retourné au Palais dont
JANVIER. 1752.
139
l'illumination offroit un coup d'œil égale-
ment magnifique & varié par l'intelligence
dans le dessein & par les devises adoptées
au sujet, il soupa avec les Dames, les
principaux Officiers des troupes & plu-
sieurs autres personnes de distinction.
Outre sa table il y en eut deux autres dans
lesquelles brillerent la même profusion &
la même délicatesse; les santés du Roi,
de la Reine, de Monseigneur le Dauphin,
de Madame la Dauphine, de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & de Mesdames de
France, furent saluées chacune de vingt-
cinque coups de canon. Les trois tables, ayant
demande la permission de boire à la santé
du Prince de Monaco, il ne voulut point
y consentir, & il répondit que tous les hon-
neurs du jour devoient être pour le Roi &
pour la Famille Royale. Le repas fut sui-
vit d'un Bal, qui dura jusqu'à six heures du
matin & qui soit par le nombre prodi-
gieux de bougie dont il fut éclairé, soit
pat l'abondance des rafraichissements &
confitures de toutes especes qu'on y distri-
bua, ne céda point en magnificence au
reste de la fête.
S. A. Monseigneur le Prince de Monaco,
le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
Le Prince de Monaco, qui étoit à sa Maison
de Plaisance de Carnolez, lorsqu'il
apprit la naissance de Monseigneur le Duc
de Bourgogne, envoya sur le champ ses
ordres à Monaco pour qu'on annonçât aux
habitans cette intéressante nouvelle par
une salve de 25 coups de canon; il ordon-
lized by Goo
138 MERCUREDEFRANCE.
na en même-tems les préparatifs de réjouis-
sances dignes du zéle qui l'anime, & se
rendit dans sa Capitale pour les célébrer
le 26 du mois derniet, jour indiqué pour
la fête. Sa Compagnie de Cadets & un
détachement de ses Grenadiers, ainsi que
les troupes de France, se mirent sous les ar-
mes à quatre heures après midi; le Prince
accompagné de la Noblesse & des Magis-
trats, assista dans la Chapelle du Palais,
ornée avec la plus grande magnificence,
au Te Deum qui fut chanté au bruit de
toute l'artillerie; il fit ensuite jetter de
l'argent au peuple & tous les environs du
Palais retentirent des acclamations réité-
rées de vive le Roi de France & notre
Prince. A l'entrée de la nuit les troupes dé-
filerent le long des remparts & l'on fit trois
salves générales du canon de la Place aus-
quelles les troupes répondirent par unpareil
nombre de salves de toute leur mousquet-
terie; à ce signal toute la Ville fut illumi-
née, on tira en même tems un très beau
feu d'arrifice: les troupes s'étant ren-
dues sous des tentes qui avoient été dres-
sées exprès, elles y trouverent des tables
servies avec autant de propreté que d'abon-
dance.
Le Prince de Monaco alla les voir sou-
per, & après être retourné au Palais dont
JANVIER. 1752.
139
l'illumination offroit un coup d'œil égale-
ment magnifique & varié par l'intelligence
dans le dessein & par les devises adoptées
au sujet, il soupa avec les Dames, les
principaux Officiers des troupes & plu-
sieurs autres personnes de distinction.
Outre sa table il y en eut deux autres dans
lesquelles brillerent la même profusion &
la même délicatesse; les santés du Roi,
de la Reine, de Monseigneur le Dauphin,
de Madame la Dauphine, de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, & de Mesdames de
France, furent saluées chacune de vingt-
cinque coups de canon. Les trois tables, ayant
demande la permission de boire à la santé
du Prince de Monaco, il ne voulut point
y consentir, & il répondit que tous les hon-
neurs du jour devoient être pour le Roi &
pour la Famille Royale. Le repas fut sui-
vit d'un Bal, qui dura jusqu'à six heures du
matin & qui soit par le nombre prodi-
gieux de bougie dont il fut éclairé, soit
pat l'abondance des rafraichissements &
confitures de toutes especes qu'on y distri-
bua, ne céda point en magnificence au
reste de la fête.
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Résumé : RELATION d: la fête donnée par S. A. Monseigneur le Prince de Monaco, le 26 au sujet de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le Prince de Monaco, résidant à sa maison de Plaisance de Carnolez, apprit la naissance du Duc de Bourgogne et ordonna des festivités. À Monaco, une salve de 25 coups de canon annonça la nouvelle. Le 26 du mois, le Prince se rendit à Monaco pour célébrer l'événement. À 16 heures, la Compagnie de Cadets, les Grenadiers et les troupes françaises se mirent sous les armes. Le Prince, accompagné de la noblesse et des magistrats, assista à un Te Deum dans la chapelle du Palais, suivie de distributions d'argent au peuple. En soirée, les troupes défilèrent et tirèrent des salves, tandis que la ville fut illuminée et un feu d'artifice fut tiré. Les troupes soupèrent sous des tentes. Le Prince visita ensuite les troupes, puis soupa au Palais avec des dames et des officiers distingués. Trois tables furent dressées, offrant profusion et délicatesse. Les santés du Roi, de la Reine, du Dauphin, de la Dauphine, du Duc de Bourgogne et des princesses furent saluées par des salves de canon. Un bal suivit jusqu'à 6 heures du matin, éclairé par de nombreuses bougies et offrant divers rafraîchissements.
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12822
p. 139-143
De Genèves le même jour.
Début :
Aussi-tôt que M. de Montpeyroux, Résident de France en cette Ville, eut reçu la [...]
Mots clefs :
Genève, Jean de Montpeyroux, Dauphine, Hôtel, Honneur, Palme, Accouchement, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Genèves le même jour.
De Genèves le même jour.
Aussi-tôt que M. de Montpeyroux, Résident
de France en cette Ville, eut reçu la
tized by Goc
240 MERCUREDE FRANCE.
nouvelle de l'heureux accouchement de
Madame la Dauphine, il en donna part
aux Magistrats, & l'un de ses principaux
soins a eté de rendre à Dieu de solemnelles
actions de graces d'un événement désiré
avec tant d'ardeur par tous les François. Le
26, il fit chanter le Te Deum dans sa Cha-
pelle, qui étoit éclairée & ornée avec une
extrême magnificence. Après cette cérémo-
nie, à laquelle il assista un si grand nom-
bre de personnes, soit de France, soit
de Suisse & de Savoye, que non seule-
ment la Chapelle & les Salles voisines,
mais encore la cour de la Maison, étoient
remplies, M. de Montpeyroux donna un
repas somptueux. Le 30, il donna un se-
cond repas dans l'Hôtel de Ville, & il y
invita les Magistrats, les Officiers qui
ont été ou qui sont au service de France,
& toutes les personnes de considération,
tant de la Ville que des environs. La table
étoit de cent dix couverts, & fl y eut qua-
tre services, chacun de cent douze plats.
On salua les santés du Roi, & de la Reine
de France, de Monseigneur le Dauphin
de Madame la Dauphine, & de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, de cent un
coups de canon; celles de Madame, & de
Mesdames de France, de soixante & un
& celle de la République, de quarante.
O
JANVIER. 1752. 141
Vers les sept heures du soir, l'Hôtel de
M. de Montpeyroux fut illuminé. Un
Ordre feint d'Architecture, de cinquan-
re pieds de haut, en masquoit la façade.
De chaque côté étoit une pyramide, du
pied d'estal de la laquelle il couloit une
fontaine de vin pour le peuple. Sur la fri-
se, on lisoit cette inscription, Jam nova
Progenies coelo dimittitur alio. Chaque partie
de la maison, ainsi que la façade, étoit
éclairée par une quantité innombrable de
lampions & de pots à feu. Presque tous les
habitans de cette Ville, en faisant illumi-
ner aussi leurs maisons, & en les ornant
d'emblêmes relatifs à la circonstance, ont
montré la part qu'ils prenoient au bouheur
de la France. Le bal, que le sieur de Mont-
peyroux avoit fait préparer, commença à
onze heuresdu soir. LaSalle destinée pource
bal, & qui est celle où le Conseil des Deùx
Cens sassemble dans l'Hôtel de Ville,
étoit richement décorée, il s'y trouva trois
cens Dames & quatre cens Cavaliers. Pendant
toute la nuit on ne cessa de distribuer des
rafraîchissemens de toute espéce. A sept
heures du matin, le bal finit, & la Com-
pagnie se retira également satisfaite de la
beauté de la fête, & de la manière dont
M. de Montpeyroux en a fait les honneurs.
142 MERCURE DEFRANCE.
Le même jour, l'Archi-Confraitie
Royale des Chevaliers-Voyageurs &
Palmiers du Saint Sepulchre de Jerusa-
lem, érigée en l'Eglise des RR. PP. Cor-
deliers du Grand Couvent à Paris, fit célé-
brer solemnellement la Messe, & c hanter le
Te Deum en musique, en action de graces
de l'heureux accouchement de Madame la
Dauphine, & la naissance de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne.
Le 2 Octobre suivant, elle députa
Messieurs Boivin, Syndic; Marigaux, de
la Riviere, le Fevre Dergny, & de Va-
renne, Administrateurs, pout compli-
menter Leurs Majestés, & Monseigneur le
Dauphin.
Ils y furent conduits par M. le Duc de
Gesvres, Pair de France, & Premier Gen-
tilhomme de la Chambre du Roi, & ils
eurent l'honneur de prononcer leurs com-
plimens, en demandant la permission de
présenter la palme à Monseigneur le Duc
de Bourgogne, ce qui leur fut accordé.
Madame la Duchesse de Tallard, Gou-
vernante des Enfans de France, les ayant
fait approcher de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, M. Boivin eut l'honneur de
le complimonter dans les termes suivans:
ed by Goo
JANVIER7IO. 1752. 143
„MONSEIGNEUR,
„ Le coeur plus que l'usage, enhardit
»les Confreres de Jerusalem à vous pré-
„ senter la palme, que n'ont point rejettée
„les illustres Auteurs de votre naissance.
» Ce signe en votre enfance annonce les
„lauriers que vous aurez à cueillir sur
» leurs traces dans un âge plus avancé.
Ensuite il eut l'honneur de présenter la
palme de l'Archi-Confrairie, elle fut ac-
ceptée par Madame la Duchesse de Tallard
qui signa pour le Prince.
Aussi-tôt que M. de Montpeyroux, Résident
de France en cette Ville, eut reçu la
tized by Goc
240 MERCUREDE FRANCE.
nouvelle de l'heureux accouchement de
Madame la Dauphine, il en donna part
aux Magistrats, & l'un de ses principaux
soins a eté de rendre à Dieu de solemnelles
actions de graces d'un événement désiré
avec tant d'ardeur par tous les François. Le
26, il fit chanter le Te Deum dans sa Cha-
pelle, qui étoit éclairée & ornée avec une
extrême magnificence. Après cette cérémo-
nie, à laquelle il assista un si grand nom-
bre de personnes, soit de France, soit
de Suisse & de Savoye, que non seule-
ment la Chapelle & les Salles voisines,
mais encore la cour de la Maison, étoient
remplies, M. de Montpeyroux donna un
repas somptueux. Le 30, il donna un se-
cond repas dans l'Hôtel de Ville, & il y
invita les Magistrats, les Officiers qui
ont été ou qui sont au service de France,
& toutes les personnes de considération,
tant de la Ville que des environs. La table
étoit de cent dix couverts, & fl y eut qua-
tre services, chacun de cent douze plats.
On salua les santés du Roi, & de la Reine
de France, de Monseigneur le Dauphin
de Madame la Dauphine, & de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne, de cent un
coups de canon; celles de Madame, & de
Mesdames de France, de soixante & un
& celle de la République, de quarante.
O
JANVIER. 1752. 141
Vers les sept heures du soir, l'Hôtel de
M. de Montpeyroux fut illuminé. Un
Ordre feint d'Architecture, de cinquan-
re pieds de haut, en masquoit la façade.
De chaque côté étoit une pyramide, du
pied d'estal de la laquelle il couloit une
fontaine de vin pour le peuple. Sur la fri-
se, on lisoit cette inscription, Jam nova
Progenies coelo dimittitur alio. Chaque partie
de la maison, ainsi que la façade, étoit
éclairée par une quantité innombrable de
lampions & de pots à feu. Presque tous les
habitans de cette Ville, en faisant illumi-
ner aussi leurs maisons, & en les ornant
d'emblêmes relatifs à la circonstance, ont
montré la part qu'ils prenoient au bouheur
de la France. Le bal, que le sieur de Mont-
peyroux avoit fait préparer, commença à
onze heuresdu soir. LaSalle destinée pource
bal, & qui est celle où le Conseil des Deùx
Cens sassemble dans l'Hôtel de Ville,
étoit richement décorée, il s'y trouva trois
cens Dames & quatre cens Cavaliers. Pendant
toute la nuit on ne cessa de distribuer des
rafraîchissemens de toute espéce. A sept
heures du matin, le bal finit, & la Com-
pagnie se retira également satisfaite de la
beauté de la fête, & de la manière dont
M. de Montpeyroux en a fait les honneurs.
142 MERCURE DEFRANCE.
Le même jour, l'Archi-Confraitie
Royale des Chevaliers-Voyageurs &
Palmiers du Saint Sepulchre de Jerusa-
lem, érigée en l'Eglise des RR. PP. Cor-
deliers du Grand Couvent à Paris, fit célé-
brer solemnellement la Messe, & c hanter le
Te Deum en musique, en action de graces
de l'heureux accouchement de Madame la
Dauphine, & la naissance de Monsei-
gneur le Duc de Bourgogne.
Le 2 Octobre suivant, elle députa
Messieurs Boivin, Syndic; Marigaux, de
la Riviere, le Fevre Dergny, & de Va-
renne, Administrateurs, pout compli-
menter Leurs Majestés, & Monseigneur le
Dauphin.
Ils y furent conduits par M. le Duc de
Gesvres, Pair de France, & Premier Gen-
tilhomme de la Chambre du Roi, & ils
eurent l'honneur de prononcer leurs com-
plimens, en demandant la permission de
présenter la palme à Monseigneur le Duc
de Bourgogne, ce qui leur fut accordé.
Madame la Duchesse de Tallard, Gou-
vernante des Enfans de France, les ayant
fait approcher de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, M. Boivin eut l'honneur de
le complimonter dans les termes suivans:
ed by Goo
JANVIER7IO. 1752. 143
„MONSEIGNEUR,
„ Le coeur plus que l'usage, enhardit
»les Confreres de Jerusalem à vous pré-
„ senter la palme, que n'ont point rejettée
„les illustres Auteurs de votre naissance.
» Ce signe en votre enfance annonce les
„lauriers que vous aurez à cueillir sur
» leurs traces dans un âge plus avancé.
Ensuite il eut l'honneur de présenter la
palme de l'Archi-Confrairie, elle fut ac-
ceptée par Madame la Duchesse de Tallard
qui signa pour le Prince.
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Résumé : De Genèves le même jour.
À Genève, après l'annonce de l'accouchement de Madame la Dauphine, M. de Montpeyroux, Résident de France, informa les magistrats et organisa diverses actions de grâce. Le 26, il fit chanter le Te Deum dans sa chapelle, décorée somptueusement, suivi d'un repas fastueux auquel participèrent des personnalités françaises, suisses et savoyardes. Le 30, il offrit un second banquet à l'Hôtel de Ville, réunissant magistrats, officiers français et notables. Ce repas compta cent dix convives avec quatre services de cent douze plats chacun. Des salves de canons marquèrent les santés royales. Le soir, la résidence de M. de Montpeyroux fut illuminée et décorée, avec des fontaines de vin pour le peuple. Un bal fut organisé dans la salle du Conseil des Deux Cens, rassemblant trois cents dames et quatre cents cavaliers, et se prolongea jusqu'au matin. Parallèlement, l'Archi-Confrérie Royale des Chevaliers-Voyageurs et Palmiers du Saint-Sépulcre de Jérusalem célébra une messe et chanta le Te Deum en action de grâce le même jour. Le 2 octobre, des représentants de cette confrérie furent envoyés à la cour pour féliciter Leurs Majestés et le Dauphin, sous la conduite du Duc de Gesvres. Ils offrirent une palme au Duc de Bourgogne, que la Duchesse de Tallard accepta en son nom.
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12823
p. 143-144
Le 30.
Début :
On chanta le Te Deum dans l'Eglise Métropolitaine de Bordeaux, avec [...]
Mots clefs :
Naissance du duc de Bourgogne, Église métropolitaine de Bordeaux, Ville, Porte
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texteReconnaissance textuelle : Le 30.
Le 30.
On chanta le Te Deum dans l'Eglise
Métropolitaine de Bordeaux, avec
toute la solemnité possible, en action de
graces de l'heureux accouchement de Ma-
dame la Dauphine. Après cette cérémo-
nie, les Jurats, ayant à leur tênte M. de
Tourny, Intendant de la Province, & la
Milice Bourgeoise étant sous les armes,
allerent au milieu des acclamations du
peuple & au bruit de l'artillerie, tant de
ia Ville que des Vaisseaux, poser la pre-
miere pierre d'une nouvelle Porte que la
Ville fait construire, & à laquelle les Bor-
delois, avec la permission du Roi, donne-
ront le nom de Porte du Duc de Bourgogne,
Ily eut ensuite un feu devant l'Hôtel-de-
144 MERCUREDE FRANCE.
Ville, & des illuminations dans toutes les
rues, & l'on tira une quantité prodigieu-
se de fusées; le Corps de-Ville de Bor-
deaux a résolu de doter cent soixante-dix
filles, & à cet Acte de liberalité, si avan-
tageux au bien public, il joindra plusieurs
autres largesses considérables, qui seront
distribuées dans toutes les Patoisses de la
Ville & de sa Jurisdiction.
On chanta le Te Deum dans l'Eglise
Métropolitaine de Bordeaux, avec
toute la solemnité possible, en action de
graces de l'heureux accouchement de Ma-
dame la Dauphine. Après cette cérémo-
nie, les Jurats, ayant à leur tênte M. de
Tourny, Intendant de la Province, & la
Milice Bourgeoise étant sous les armes,
allerent au milieu des acclamations du
peuple & au bruit de l'artillerie, tant de
ia Ville que des Vaisseaux, poser la pre-
miere pierre d'une nouvelle Porte que la
Ville fait construire, & à laquelle les Bor-
delois, avec la permission du Roi, donne-
ront le nom de Porte du Duc de Bourgogne,
Ily eut ensuite un feu devant l'Hôtel-de-
144 MERCUREDE FRANCE.
Ville, & des illuminations dans toutes les
rues, & l'on tira une quantité prodigieu-
se de fusées; le Corps de-Ville de Bor-
deaux a résolu de doter cent soixante-dix
filles, & à cet Acte de liberalité, si avan-
tageux au bien public, il joindra plusieurs
autres largesses considérables, qui seront
distribuées dans toutes les Patoisses de la
Ville & de sa Jurisdiction.
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Résumé : Le 30.
Le 30, un Te Deum fut chanté à l'Église Métropolitaine de Bordeaux pour célébrer la naissance du Dauphin. Après cette cérémonie, les Jurats, dirigés par M. de Tourny, Intendant de la Province, et la Milice Bourgeoise, armés, se rendirent au milieu des acclamations du peuple et des salves d'artillerie pour poser la première pierre d'une nouvelle porte. Cette porte, construite par la ville, sera nommée Porte du Duc de Bourgogne avec la permission du Roi. Un feu d'artifice fut tiré devant l'Hôtel-de-Ville, suivi d'illuminations dans toutes les rues et de nombreuses fusées. Le Corps de Ville de Bordeaux décida également de doter cent soixante-dix filles et de distribuer plusieurs autres largesses considérables dans toutes les paroisses de la ville et de sa juridiction.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12824
p. 144-149
EXTRAIT D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille, à un de ses amis à Paris, au sujet des rejouissances, faites par le Corps de la Marine, & les fêtes données par M. de Charron, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
M. le Chevalier de Piles, Chef d'Escadre, Commandant la Marine à Marseille, [...]
Mots clefs :
Marseille, Réjouissances, Corps de la marine, Monsieur de Charron, Chevalier de Piles, Toussaint de Fortia, Vaisseau, Amiral, Appartements, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille, à un de ses amis à Paris, au sujet des rejouissances, faites par le Corps de la Marine, & les fêtes données par M. de Charron, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
EXTRAIT
D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille,
à un de ses amis à Paris, au sujet
des rejouissances, faites par le Corps de la
Marine, & les fêtes données par M. de
Charron, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
M. le Chevalier de Piles, Chef d'Escadre,
Commandant la Marine à Marseille,
& M. de Charron, Commissaire
Général Ordonnateur, avoient reçu des
ordres pour faire chanter le Te Deum sur
le Vaisseau portant Pavillon Amiral, &
faire des rejouissances publiques à l'occa-
sion de la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Le Samedi au soir 9 Octobre, après le
coucher du Soleil, le Vaisseau portant Pa-
villon
d by Goo
JANVIER. 1752.
145
villon Amiral, tira vingt- un coup de ca-
non, tout l'extérieur de l'Arsenal & les
portes des maisons, habitées par Messieurs
de Piles & de Charron, furent illumi-
nées.
Le lendemain Dimanche, M. le Che-
valier de Piles donna un grand diné à
tout le Corps de la Marine, après lequel
il se rendit au Vaisseau Amiral, où le Te
Deum fut chanté par les Musiciens du
Concert de la Ville: les troupes de la
Marine firent à la suite du Te Deum une
décharge de mousqueterie, le Vaisseau
Amiral tira vingt-un coup de candn, &
dix-huit Vaisseaux Marchands, rangés ex-
près au milieu du Port, firent feu de tou-
te leur artillerie, ces décharges furent ré-
petées trois fois; les illuminations de l'ex-
térieur de l'Arsenal furent les mêmes que
le jour précédent. M. de la Croix de
Marraguais, Major de la Marine, fit cou-
ler à ses frais une fontaine de vin à la por-
te des Casernes, on y lisoit cette inscrip-
tion: Quantos effundit in usus.
A dix heures du soir les fêtes données
par M. de Charron commencerent. Les
portes de l'Hôtel de l'Intendance de la
Marine qu'il occupe, furent ouvertes à,
six mille personnes qu'il avoit invitées par
billets: cette maison devint alors le palais
II. Vol,
ed by Goo
146 MERCUREDEERANCE.
de la joie & de la inagnificence; tous les
appartemens étoient destinés à des rejouis-
sances particulieres, le jardin somptueu-
sement illuminé, offroit le spectacle le
plus noble & le plus brillant du monde;
deux rangs de portiques, pratiqués de
chaque coté du jardin, dans l'intervalle
de deux allées de marroniers, taillés en
évantail, étoient garnis de lampions; au
centre de chaque portique étoit suspendu
un lustre en goblets de cristal, cette ar-
chitecture artificielle, répondoit à celle
de la façade des appartemens qui étoit
parfaitement bien éclairée. Le côté op-
posé étoit terminé par un temple de lu-
miere, dont l'architecture tracée par des
lampions répandus avec autant d'art que
de profusion, formoit l'aspect le plus sur-
prenant & le plus agréable; au faîte de ce
Temple paroissoit un Soleil couronné,
ayant deux étoiles à ses côtés, au dessous
on lisoit l'inscription suivante:
Fulgens & proprio sinul & splendore
paterno.
Les berceaux qui regnent tout autour
de ce vaste jardin, étoient aussi éclairés
en-dedans par deux cordons de lumiere
en lampions.
Ce. spectacle étoit animé pat les danses
JANVIER. 1752. 147
d'un peuple innom brable, qui au son de
plusieurs tambourins, distribués dans diffe-
rens endroits de ces nouveaux champs éli-
sées, témoignoient l'allégresse la plus vi-
ve. Des cors-de-chasse, placés aux senê-
tres des appartemens, se firent entendre
pendant toute la nuit. La variété des dé-
guisemens, dont les Habitans de Mar-
seille avoient pris soin de se parer, ajou-
toit un nouvel agrément à la fête; des
millions de fusées partirent aussi jusqu'au
jour, du milieu de ce jardin enchanté.
Les appartemens du rez de-chaussée
étoient destinés à réprésenter le théâtre de
la Fortune: cette Déesse partagea l'agré-
ment de la fête, & ne chercha qu'à amu-
ser ceux qui sacrifioient sur ses Autels sans
faire de mécontens.
Je devrois, cher ami, garder le silence sur
la somptuosité du bal, ce sont-là de ces
beautés inexprimables: imaginez- vous
tout ce que le Dieu Momus dirigé par le
bon goût & inspité par la décence, pour-
roit inventer de plus noble & de plus
amusant: voilà l'idée la plus juste que se
puisse vous donner de ce spectacle. La No-
plesse la plus qualifiée des deux sexes s'y
tronva réunie: car vous sçaurez que M. de
Charron, l'homme du monde le plus at-
tentif & le plus galant, avoit invité les
Gij
itized by Goo
148 MERCUREDE FRANCE.
Dames par des billets particuliers, les
Citoyens les plus distingués y parurent
sans être déguisés, & tous les Officiers de
la Marine en habit uniforme. L'heure de
la fête ne permit pas à M. le Chevalier
de Piles, leur Commandant, de s'y trou-
ver. Plusieurs corps nombreux de sym-
phonie étoient placés dans differentes
chambres. C'est au son de tous ces instru-
mens qu'une foule, aussi charmante que
joyeuse formoit mille Ballets agréables.
Tous les Dieux sembloient présider à cet-
te fête, Comus voulut en partager les
honneurs, il ordonna chez M. de Char-
ron un ambigu délicieux, tout ce que la
libéralité & la délicatesse pouvoit imagi-
ner d'agréable, y fut servi des mains de
l'Abondance; les vins, les liqueurs, les
glaces, les rafraîchissemens de toute es-
péce & des mets plus solides y furent
distribues jusqu'au jour avec profusion, &
sans distinction à tout le monde : on ne
vit jamais donner & recevoir de meilleur
coeur. Ce qui vous étonnera, cher ami,
c'est d'apprendre que le bon ordre prési-
doit particulierement à cette Fête: plu-
sieurs corps- de-garde & des sentinelles se-
mées avec intelligence prévinrent tout dé-
sordre, on eût dit que la sagesse & la dé-
gence marchoit partout avec la gayeté.
ed by Goo-
JANVIER. 1752.
149
Vous comprenez que l'intention de M. de
Charron n'étoit pas d'exclure des réjouis-
sances publiques les personnes ausquelles
il n'avoit pas envoyé de billets, aussi vit-il
avec un plaisir infini que plus de vingt
mille y assisterent, & tout le monde con-
vint que l'on n'avoit jamais vû une fête
plus belle, plus goûtée, & plus générale-
ment applaudie.
Quand le peuple rassasié de plaisir com-
mença à se retirer, M. de Charron rassem-
bla dans un salon séparé les Dames les plus
distinguées qui formerent alors un bal
dont l'arrangement & la parure presente-
rent un spectacle nouveau. Je ne vous rends
qu'imparfaitement le détail de ces réjouis-
sances qui furent terminées le Lundi par
l'illumination generale de l'Arsenal & par
des décharges de canon & de Mousquet-
terie, pareilles à celles qui avoient été fai-
tes la veille, &c.
D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille,
à un de ses amis à Paris, au sujet
des rejouissances, faites par le Corps de la
Marine, & les fêtes données par M. de
Charron, à l'occasion de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne.
M. le Chevalier de Piles, Chef d'Escadre,
Commandant la Marine à Marseille,
& M. de Charron, Commissaire
Général Ordonnateur, avoient reçu des
ordres pour faire chanter le Te Deum sur
le Vaisseau portant Pavillon Amiral, &
faire des rejouissances publiques à l'occa-
sion de la naissance de Monseigneur le
Duc de Bourgogne.
Le Samedi au soir 9 Octobre, après le
coucher du Soleil, le Vaisseau portant Pa-
villon
d by Goo
JANVIER. 1752.
145
villon Amiral, tira vingt- un coup de ca-
non, tout l'extérieur de l'Arsenal & les
portes des maisons, habitées par Messieurs
de Piles & de Charron, furent illumi-
nées.
Le lendemain Dimanche, M. le Che-
valier de Piles donna un grand diné à
tout le Corps de la Marine, après lequel
il se rendit au Vaisseau Amiral, où le Te
Deum fut chanté par les Musiciens du
Concert de la Ville: les troupes de la
Marine firent à la suite du Te Deum une
décharge de mousqueterie, le Vaisseau
Amiral tira vingt-un coup de candn, &
dix-huit Vaisseaux Marchands, rangés ex-
près au milieu du Port, firent feu de tou-
te leur artillerie, ces décharges furent ré-
petées trois fois; les illuminations de l'ex-
térieur de l'Arsenal furent les mêmes que
le jour précédent. M. de la Croix de
Marraguais, Major de la Marine, fit cou-
ler à ses frais une fontaine de vin à la por-
te des Casernes, on y lisoit cette inscrip-
tion: Quantos effundit in usus.
A dix heures du soir les fêtes données
par M. de Charron commencerent. Les
portes de l'Hôtel de l'Intendance de la
Marine qu'il occupe, furent ouvertes à,
six mille personnes qu'il avoit invitées par
billets: cette maison devint alors le palais
II. Vol,
ed by Goo
146 MERCUREDEERANCE.
de la joie & de la inagnificence; tous les
appartemens étoient destinés à des rejouis-
sances particulieres, le jardin somptueu-
sement illuminé, offroit le spectacle le
plus noble & le plus brillant du monde;
deux rangs de portiques, pratiqués de
chaque coté du jardin, dans l'intervalle
de deux allées de marroniers, taillés en
évantail, étoient garnis de lampions; au
centre de chaque portique étoit suspendu
un lustre en goblets de cristal, cette ar-
chitecture artificielle, répondoit à celle
de la façade des appartemens qui étoit
parfaitement bien éclairée. Le côté op-
posé étoit terminé par un temple de lu-
miere, dont l'architecture tracée par des
lampions répandus avec autant d'art que
de profusion, formoit l'aspect le plus sur-
prenant & le plus agréable; au faîte de ce
Temple paroissoit un Soleil couronné,
ayant deux étoiles à ses côtés, au dessous
on lisoit l'inscription suivante:
Fulgens & proprio sinul & splendore
paterno.
Les berceaux qui regnent tout autour
de ce vaste jardin, étoient aussi éclairés
en-dedans par deux cordons de lumiere
en lampions.
Ce. spectacle étoit animé pat les danses
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d'un peuple innom brable, qui au son de
plusieurs tambourins, distribués dans diffe-
rens endroits de ces nouveaux champs éli-
sées, témoignoient l'allégresse la plus vi-
ve. Des cors-de-chasse, placés aux senê-
tres des appartemens, se firent entendre
pendant toute la nuit. La variété des dé-
guisemens, dont les Habitans de Mar-
seille avoient pris soin de se parer, ajou-
toit un nouvel agrément à la fête; des
millions de fusées partirent aussi jusqu'au
jour, du milieu de ce jardin enchanté.
Les appartemens du rez de-chaussée
étoient destinés à réprésenter le théâtre de
la Fortune: cette Déesse partagea l'agré-
ment de la fête, & ne chercha qu'à amu-
ser ceux qui sacrifioient sur ses Autels sans
faire de mécontens.
Je devrois, cher ami, garder le silence sur
la somptuosité du bal, ce sont-là de ces
beautés inexprimables: imaginez- vous
tout ce que le Dieu Momus dirigé par le
bon goût & inspité par la décence, pour-
roit inventer de plus noble & de plus
amusant: voilà l'idée la plus juste que se
puisse vous donner de ce spectacle. La No-
plesse la plus qualifiée des deux sexes s'y
tronva réunie: car vous sçaurez que M. de
Charron, l'homme du monde le plus at-
tentif & le plus galant, avoit invité les
Gij
itized by Goo
148 MERCUREDE FRANCE.
Dames par des billets particuliers, les
Citoyens les plus distingués y parurent
sans être déguisés, & tous les Officiers de
la Marine en habit uniforme. L'heure de
la fête ne permit pas à M. le Chevalier
de Piles, leur Commandant, de s'y trou-
ver. Plusieurs corps nombreux de sym-
phonie étoient placés dans differentes
chambres. C'est au son de tous ces instru-
mens qu'une foule, aussi charmante que
joyeuse formoit mille Ballets agréables.
Tous les Dieux sembloient présider à cet-
te fête, Comus voulut en partager les
honneurs, il ordonna chez M. de Char-
ron un ambigu délicieux, tout ce que la
libéralité & la délicatesse pouvoit imagi-
ner d'agréable, y fut servi des mains de
l'Abondance; les vins, les liqueurs, les
glaces, les rafraîchissemens de toute es-
péce & des mets plus solides y furent
distribues jusqu'au jour avec profusion, &
sans distinction à tout le monde : on ne
vit jamais donner & recevoir de meilleur
coeur. Ce qui vous étonnera, cher ami,
c'est d'apprendre que le bon ordre prési-
doit particulierement à cette Fête: plu-
sieurs corps- de-garde & des sentinelles se-
mées avec intelligence prévinrent tout dé-
sordre, on eût dit que la sagesse & la dé-
gence marchoit partout avec la gayeté.
ed by Goo-
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Vous comprenez que l'intention de M. de
Charron n'étoit pas d'exclure des réjouis-
sances publiques les personnes ausquelles
il n'avoit pas envoyé de billets, aussi vit-il
avec un plaisir infini que plus de vingt
mille y assisterent, & tout le monde con-
vint que l'on n'avoit jamais vû une fête
plus belle, plus goûtée, & plus générale-
ment applaudie.
Quand le peuple rassasié de plaisir com-
mença à se retirer, M. de Charron rassem-
bla dans un salon séparé les Dames les plus
distinguées qui formerent alors un bal
dont l'arrangement & la parure presente-
rent un spectacle nouveau. Je ne vous rends
qu'imparfaitement le détail de ces réjouis-
sances qui furent terminées le Lundi par
l'illumination generale de l'Arsenal & par
des décharges de canon & de Mousquet-
terie, pareilles à celles qui avoient été fai-
tes la veille, &c.
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Résumé : EXTRAIT D'une Lettre écrite, par un Citoyen de Marseille, à un de ses amis à Paris, au sujet des rejouissances, faites par le Corps de la Marine, & les fêtes données par M. de Charron, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
À Marseille, des festivités furent organisées pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. Le Chevalier de Piles et M. de Charron furent chargés de préparer ces événements. Le 9 octobre, après le coucher du soleil, le vaisseau amiral tira vingt-et-un coups de canon. Les bâtiments de l'Arsenal ainsi que les maisons de M. de Piles et de M. de Charron furent illuminés. Le dimanche suivant, M. de Piles organisa un grand dîner pour le Corps de la Marine, suivi du chant du Te Deum sur le vaisseau amiral. Les troupes de la Marine tirèrent des salves de mousqueterie, et plusieurs vaisseaux marchands firent feu de leur artillerie. Les illuminations furent renouvelées, et une fontaine de vin fut offerte par M. de la Croix de Marraguais. Dans la soirée, M. de Charron ouvrit l'Hôtel de l'Intendance de la Marine à six mille invités. Le jardin, somptueusement illuminé, offrit un spectacle magnifique avec des portiques garnis de lampions et un temple de lumière. Des danses, des musiques et des feux d'artifice animèrent la fête jusqu'au matin. Les appartements du rez-de-chaussée accueillirent un bal somptueux réunissant la noblesse et les officiers de la Marine. Plus de vingt mille personnes assistèrent aux réjouissances, malgré l'absence de billets pour certaines. Après les festivités principales, M. de Charron organisa un bal pour les dames les plus distinguées dans un salon séparé. Les réjouissances se conclurent le lundi par l'illumination générale de l'Arsenal et des salves de canons et de mousqueterie.
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12824
12825
p. 149-152
Des Chevaliers de l'Arbalête.
Début :
Le Samedi 9 Octobre, jour & fête de Saint Denis, la Compagnie Royale des [...]
Mots clefs :
Chevaliers de l'Arbalète, Paris, Oiseau, Compagnie, Prévôt des marchands, Officiers, Tirage, Marchands échevins, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Des Chevaliers de l'Arbalête.
Des Chevaliers de l'Arbalête.
Le Samedi 9 Octobre, jour & fête de
Saint Denis, la Compagnie Royale des
Chevaliers de l'Arbalête & de l'Arquebu-
ze de Paris, fit chanter dans l'Eglise de
la Maason Professe des Jésuites, une mes-
se & un Te Deum de la composition de M.
Corette, qui fut très-bien exécuté; en
G iij
tized by Goc
150 MERCUREDEFRANCE.
action de graces de l'heureux accouche-
ment de Madame la Dauphine, & de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
MM. le Prevôt des Marchands, Echevins
& Corps de Ville, qui y avo ient été in-
vités, sy rendirent précedés d'un détache-
ment de leurs Gardes: on tira à leur
entrée, à leur sortie, & au commencement
du Te Deum, une salve de boëtes.
Le Dimanche 24, cette même Com-
pagnie tira par extraordinaire, un oiseau
dans son hôtel hors la Porte Saint Antoi-
ne, en réjouissance du même sujet. Le
Dimanche précédent, quatre de ses prin-
cipaux Officiers avoient été à Versailles
pour suplier Sa Majesté d'honorer la Com-
pagnie de sa présence le jour du tirage de
cet oisean, ou de nommer un Seigneur
pour représenter sa personne & tirer en son-
nom. Ces Officiers ayant à leur tête M.
le Comte de Tresmes, Licutenant Général
des Armées duRoi, & leur Colonel eurent
l'honneur d'être présentés à sa Majeste
par M. de Gêvres, premier Gentilhomme
de la Chambre & Gouverneur de Paris; le
Roi les reçut avec une très-grande bonté &
leur dit: j'accorde ce qu'on me demande, &
je nomme M. le Comte de Tresmes pour me
représenter. Le jour du tirage de l'oiseau
ayant été fixé au 24 Octobre, Messicurs
by Goc
JANVIER. 1752.
131
les Prevôt des Marchands, Echevins &
Corps de Ville qui avoient été pareille-
ment invités, arriverent à l'Hôtel de l'Ar-
quebuse à une heure après-midy, precédés
d'un détachement de leurs Gardes. Ils y fu-
rent reçus pat les principaux Officiers de
la Compagnie qui étoit en uniforme,
sous les armes, tambours battans, dra-
peau déployé, & au bruit d'une salve de
boëtes: ils furent conduits en une galerie
en face de la butte qui leur étoit destinée,
& qui étoit toute tapissée de damas cra-
moisi avec des crépines d'or & les fauteuils
parcils. Peu de tems aptès M. le Comte
de Tresmes arriva accompagné de plu-
fieurs autres Seigneurs; il fut reçu avee
quelques cérémonies de plus. MM. les
Prevot des Marchands & Echevins des-
cendirent de la galerie où ils étoient placés
pour le recevoir: il fut conduit à la butie
où étoit placé l'oiseau, & sur le coté de
laquelle étoit une estrade de quatre deorés
eouverts d'un tapis, sur laquelle il y
avoit un fauteuil & au dessus un dais, le
tout de velours relevé en or: aux côtés du
fauteuil en bas de l'estrade étoient deux
Chevaliers sous les armes pour garder la
place de Sa Majesté. M. le Comte de Tres-
mes n'ayant point occupé ce fauteuil, il
monta à la galerie & s'y placo à la droite
G iij
a
152 MERCUREDEFRANCE.
de M. le Prevôt des Marchands. Quelque
tems après, la Compagnie sous les armes,
& ses Officiers à la tête, vinrent prendre
M. le Comte de Tresmes, le conduisi-
rent à la Salle du tirage tambours battans
& là, il tira deux très-beaux coups d'Ar-
quebuse sur l'oiseau, le premier pour &
au nom de Sa Majesté, & le second,
pour lui en sa qualité de Colonel de la
Compagnie, apres quoi il fut de même re-
conduit dans la galerie. Les Officiers &
Chevaliers commencerent ensuite à tiret
suivant l'ordre du numéro qui leur étoit
échu pour ce tirage & l'oiseau fut abbatu
au dix-huitième coup avant la fin de la
halte, par le sicur Vaucher qui gagna le
premier prix.
L'oiseau abbatu l'on posa un autre Pan-
ton pour tiret le second prix. M. le Com-
te de Tresmes, tira le premier, comme
Colonel & toute la Compagnie ensuite
dans le même ordre que la premiere fois.
Le sieur Brosset ayant fait le plus près coup
de la broche, gagna ce second prix.
Ces prix consistent en deux très-belles
& grandes médailles d'argent que Mes-
sieurs le Prevôt des Marchands & Echevins
donnent tous les ans au nom de la Ville le
jour du tirage de l'oiseau, qu'ils honorent
de leurs présences; elles ont d'un côté les
Le Samedi 9 Octobre, jour & fête de
Saint Denis, la Compagnie Royale des
Chevaliers de l'Arbalête & de l'Arquebu-
ze de Paris, fit chanter dans l'Eglise de
la Maason Professe des Jésuites, une mes-
se & un Te Deum de la composition de M.
Corette, qui fut très-bien exécuté; en
G iij
tized by Goc
150 MERCUREDEFRANCE.
action de graces de l'heureux accouche-
ment de Madame la Dauphine, & de la
naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
MM. le Prevôt des Marchands, Echevins
& Corps de Ville, qui y avo ient été in-
vités, sy rendirent précedés d'un détache-
ment de leurs Gardes: on tira à leur
entrée, à leur sortie, & au commencement
du Te Deum, une salve de boëtes.
Le Dimanche 24, cette même Com-
pagnie tira par extraordinaire, un oiseau
dans son hôtel hors la Porte Saint Antoi-
ne, en réjouissance du même sujet. Le
Dimanche précédent, quatre de ses prin-
cipaux Officiers avoient été à Versailles
pour suplier Sa Majesté d'honorer la Com-
pagnie de sa présence le jour du tirage de
cet oisean, ou de nommer un Seigneur
pour représenter sa personne & tirer en son-
nom. Ces Officiers ayant à leur tête M.
le Comte de Tresmes, Licutenant Général
des Armées duRoi, & leur Colonel eurent
l'honneur d'être présentés à sa Majeste
par M. de Gêvres, premier Gentilhomme
de la Chambre & Gouverneur de Paris; le
Roi les reçut avec une très-grande bonté &
leur dit: j'accorde ce qu'on me demande, &
je nomme M. le Comte de Tresmes pour me
représenter. Le jour du tirage de l'oiseau
ayant été fixé au 24 Octobre, Messicurs
by Goc
JANVIER. 1752.
131
les Prevôt des Marchands, Echevins &
Corps de Ville qui avoient été pareille-
ment invités, arriverent à l'Hôtel de l'Ar-
quebuse à une heure après-midy, precédés
d'un détachement de leurs Gardes. Ils y fu-
rent reçus pat les principaux Officiers de
la Compagnie qui étoit en uniforme,
sous les armes, tambours battans, dra-
peau déployé, & au bruit d'une salve de
boëtes: ils furent conduits en une galerie
en face de la butte qui leur étoit destinée,
& qui étoit toute tapissée de damas cra-
moisi avec des crépines d'or & les fauteuils
parcils. Peu de tems aptès M. le Comte
de Tresmes arriva accompagné de plu-
fieurs autres Seigneurs; il fut reçu avee
quelques cérémonies de plus. MM. les
Prevot des Marchands & Echevins des-
cendirent de la galerie où ils étoient placés
pour le recevoir: il fut conduit à la butie
où étoit placé l'oiseau, & sur le coté de
laquelle étoit une estrade de quatre deorés
eouverts d'un tapis, sur laquelle il y
avoit un fauteuil & au dessus un dais, le
tout de velours relevé en or: aux côtés du
fauteuil en bas de l'estrade étoient deux
Chevaliers sous les armes pour garder la
place de Sa Majesté. M. le Comte de Tres-
mes n'ayant point occupé ce fauteuil, il
monta à la galerie & s'y placo à la droite
G iij
a
152 MERCUREDEFRANCE.
de M. le Prevôt des Marchands. Quelque
tems après, la Compagnie sous les armes,
& ses Officiers à la tête, vinrent prendre
M. le Comte de Tresmes, le conduisi-
rent à la Salle du tirage tambours battans
& là, il tira deux très-beaux coups d'Ar-
quebuse sur l'oiseau, le premier pour &
au nom de Sa Majesté, & le second,
pour lui en sa qualité de Colonel de la
Compagnie, apres quoi il fut de même re-
conduit dans la galerie. Les Officiers &
Chevaliers commencerent ensuite à tiret
suivant l'ordre du numéro qui leur étoit
échu pour ce tirage & l'oiseau fut abbatu
au dix-huitième coup avant la fin de la
halte, par le sicur Vaucher qui gagna le
premier prix.
L'oiseau abbatu l'on posa un autre Pan-
ton pour tiret le second prix. M. le Com-
te de Tresmes, tira le premier, comme
Colonel & toute la Compagnie ensuite
dans le même ordre que la premiere fois.
Le sieur Brosset ayant fait le plus près coup
de la broche, gagna ce second prix.
Ces prix consistent en deux très-belles
& grandes médailles d'argent que Mes-
sieurs le Prevôt des Marchands & Echevins
donnent tous les ans au nom de la Ville le
jour du tirage de l'oiseau, qu'ils honorent
de leurs présences; elles ont d'un côté les
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Résumé : Des Chevaliers de l'Arbalête.
Le 9 octobre, la Compagnie Royale des Chevaliers de l'Arbalète et de l'Arquebuse de Paris organisa une messe et un Te Deum à l'église de la Maison Professe des Jésuites pour célébrer l'accouchement heureux de Madame la Dauphine et la naissance du Duc de Bourgogne. Les autorités municipales, incluant le Prévôt des Marchands et les Échevins, assistèrent à cet événement, escortées par un détachement de gardes. Des salves de mousquets furent tirées à leur entrée, sortie et au début du Te Deum. Le 24 octobre, la compagnie organisa un tir exceptionnel d'un oiseau dans son hôtel près de la Porte Saint-Antoine. La veille, quatre officiers principaux se rendirent à Versailles pour inviter le roi à assister à l'événement ou à désigner un représentant. Le roi accepta et nomma le Comte de Tresmes pour le représenter. Lors du tir, les autorités municipales arrivèrent escortées par des gardes et furent accueillies par les officiers en uniforme. Le Comte de Tresmes tira deux coups d'arquebuse, le premier au nom du roi et le second en tant que colonel de la compagnie. L'oiseau fut abattu au dix-huitième coup par le sieur Vaucher, qui remporta le premier prix. Un second oiseau fut ensuite tiré pour le second prix, remporté par le sieur Brosset. Les prix étaient des médailles d'argent offertes par le Prévôt des Marchands et les Échevins au nom de la ville.
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12826
p. 161-163
De Parme, le 14 Octobre.
Début :
M. le Marquis de Crussol, Ministre Plénipotentiaire auprès de l'Infant Don [...]
Mots clefs :
Marquis de Crussol, Parme, Armes, Décoration, Musique, Bal, Sujet, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Parme, le 14 Octobre.
De Parme, le 14 Octobre.
M. le Marquis de Crussol, Ministre
Plénipotentiaire auprès de l'Infant Don
Philippe, Duc de Parme, célébra Jeudi
14 Octobre, la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, par une fête qu'il
donna dans sa Maison à Colorno: il y
avoit invité la Cour, & la Noblesse du
Pays, qui s'y rendit vers les six heures du
soit; leurs Altesses Royales lui firent aussi
l'honneur d'y venir. On commença par
un feu d'artifice, après lequel, pendant
quon illuminoit la décoration & le jar-
din, les personnes invitées passerent dans
une gallerie bien décorée, à l'extrêmité
de laquelle étoit un orchestre: on exécuta
plusieurs morceaux de musique, & le
Concert finit par une Ode allégorique au
sujet, qui y fut chantée: un Bal masqué, &
un ambigu succéderent à la musique. Le
Bal, ainsi que l'illumination durerent jus-
qu au jour. Il y a eu grande profusion de
rafraîchissemens de toute espéce, & on
distribua pendant toute la nuit au peuple
quantité de viande & de vin devant sa
maison qui étoit illuminée.
La décoration du feu d'artifice tepré-
sentoit une masse de rochers ceintrée en
plan, de l'étendue de cent pieds, dont la
ed by Goc
.
162 MERCUREDEFRANCE.
partie du milieu ouverte, en forme de
grotte rustique, laissoit voir la campagne
qui étoit derriere; sur ces rochers s'éle-
voit une tertasle ornée d'une balustrade,
sur laquelle étoit fondé un Arc-de-triom-
phe a ordte Corinthien, qui faisoit le
sujet principal de l'allégorie; on voyoit
au plus haut de cet Arc, Lucihe appuyée
sut un globe d'azur aux armes de France;
à la droite de cette Déesse, qui étoit assise
sur un groupe de nuée, étoit la Felicité
publique couronnée de fleurs, tenant un
caducée d'or & à sa gauche étoit la Fécon-
dité; sut les flanes de la corniche de l'arc,
du côté droit, étoient placées en perspec-
tive les Armes de Monseigneur le Dau-
phin, & du côté gauche celles de Madame
la Dauphine, éclairées de lumieres trans-
parentes, & entourées de rayons lumi-
neux, ainsi que celle des Armes de Fran-
ee, qui étoient au sommet de l'édifice. A
quatre vingt pieds de hauteur, entre les
colonnes au niveau de leur base, étoient
représentées douze fontaines en niche,
dont l'eau jettée par des dauphins for-
moient une cascade. Sur deux piéd'estaux,
poses au bas des gradins de l'arc, on voyoit
les fleuves de Seine & d'Elbe, appuyés sut
leur urne: cet arc étoit environné de por-
tiques en loges d'ordre Ionique; au-dessus
d by Goe
JANVIER. 1752.
163
du couronnement de la face principale de
ces portiques étoit à la droite la statue de
Mars, se reposant sur ses armes, avec cette
inscription sur sa frise de l'entablement.
Belli & pacis artibus.
Du côté gauche, en parallele à la sta-
tue de Mars, étoit celle de la Paix, te-
nant une corne d'abondance; au dessous
étoit écrite cette inscription:
Gallia felicitati nato.
Au-dessus de la grotte rustique, parois-
foit la Renommée, les aîles étendues, te-
nant de la main droite une trompette, &
de la gauche déployant une banderole,
fur laquelle on lisoit ce vers de Virgile:
En nova progenies coelo demittitur alto.
Deux avenues de pyramides en lumiere
conduisoient, à cet édifice, qui étoit
construit dans le milieu d'un jardin, au-
fond duquel est un paysage qu'on avoit
illuminé, & qu'on voyoit dans le loin-
tain; à travers les portiques, toute la ma-
chine étoit illuminée, comme les décora-
tions de Théatre, & ornée de lustres dans
les arcades de chacun des portiques.
L'Ode suivante est allégorique au sujet
représenté par la décoration, & fut chan-
tée à la fin de la musique, avant que d'en-
trer dans la salle du bal.
M. le Marquis de Crussol, Ministre
Plénipotentiaire auprès de l'Infant Don
Philippe, Duc de Parme, célébra Jeudi
14 Octobre, la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, par une fête qu'il
donna dans sa Maison à Colorno: il y
avoit invité la Cour, & la Noblesse du
Pays, qui s'y rendit vers les six heures du
soit; leurs Altesses Royales lui firent aussi
l'honneur d'y venir. On commença par
un feu d'artifice, après lequel, pendant
quon illuminoit la décoration & le jar-
din, les personnes invitées passerent dans
une gallerie bien décorée, à l'extrêmité
de laquelle étoit un orchestre: on exécuta
plusieurs morceaux de musique, & le
Concert finit par une Ode allégorique au
sujet, qui y fut chantée: un Bal masqué, &
un ambigu succéderent à la musique. Le
Bal, ainsi que l'illumination durerent jus-
qu au jour. Il y a eu grande profusion de
rafraîchissemens de toute espéce, & on
distribua pendant toute la nuit au peuple
quantité de viande & de vin devant sa
maison qui étoit illuminée.
La décoration du feu d'artifice tepré-
sentoit une masse de rochers ceintrée en
plan, de l'étendue de cent pieds, dont la
ed by Goc
.
162 MERCUREDEFRANCE.
partie du milieu ouverte, en forme de
grotte rustique, laissoit voir la campagne
qui étoit derriere; sur ces rochers s'éle-
voit une tertasle ornée d'une balustrade,
sur laquelle étoit fondé un Arc-de-triom-
phe a ordte Corinthien, qui faisoit le
sujet principal de l'allégorie; on voyoit
au plus haut de cet Arc, Lucihe appuyée
sut un globe d'azur aux armes de France;
à la droite de cette Déesse, qui étoit assise
sur un groupe de nuée, étoit la Felicité
publique couronnée de fleurs, tenant un
caducée d'or & à sa gauche étoit la Fécon-
dité; sut les flanes de la corniche de l'arc,
du côté droit, étoient placées en perspec-
tive les Armes de Monseigneur le Dau-
phin, & du côté gauche celles de Madame
la Dauphine, éclairées de lumieres trans-
parentes, & entourées de rayons lumi-
neux, ainsi que celle des Armes de Fran-
ee, qui étoient au sommet de l'édifice. A
quatre vingt pieds de hauteur, entre les
colonnes au niveau de leur base, étoient
représentées douze fontaines en niche,
dont l'eau jettée par des dauphins for-
moient une cascade. Sur deux piéd'estaux,
poses au bas des gradins de l'arc, on voyoit
les fleuves de Seine & d'Elbe, appuyés sut
leur urne: cet arc étoit environné de por-
tiques en loges d'ordre Ionique; au-dessus
d by Goe
JANVIER. 1752.
163
du couronnement de la face principale de
ces portiques étoit à la droite la statue de
Mars, se reposant sur ses armes, avec cette
inscription sur sa frise de l'entablement.
Belli & pacis artibus.
Du côté gauche, en parallele à la sta-
tue de Mars, étoit celle de la Paix, te-
nant une corne d'abondance; au dessous
étoit écrite cette inscription:
Gallia felicitati nato.
Au-dessus de la grotte rustique, parois-
foit la Renommée, les aîles étendues, te-
nant de la main droite une trompette, &
de la gauche déployant une banderole,
fur laquelle on lisoit ce vers de Virgile:
En nova progenies coelo demittitur alto.
Deux avenues de pyramides en lumiere
conduisoient, à cet édifice, qui étoit
construit dans le milieu d'un jardin, au-
fond duquel est un paysage qu'on avoit
illuminé, & qu'on voyoit dans le loin-
tain; à travers les portiques, toute la ma-
chine étoit illuminée, comme les décora-
tions de Théatre, & ornée de lustres dans
les arcades de chacun des portiques.
L'Ode suivante est allégorique au sujet
représenté par la décoration, & fut chan-
tée à la fin de la musique, avant que d'en-
trer dans la salle du bal.
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Résumé : De Parme, le 14 Octobre.
Le 14 octobre, le Marquis de Crussol, Ministre Plénipotentiaire auprès de l'Infant Don Philippe, Duc de Parme, a organisé une fête à Colorno pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. La Cour, la noblesse locale et Leurs Altesses Royales y ont été conviées. La soirée a débuté par un feu d'artifice, suivi d'illuminations et de décorations. Les invités ont ensuite écouté de la musique dans une galerie ornée, concluant par une ode allégorique. Un bal masqué et un buffet ont suivi, prolongant la fête jusqu'au matin avec des rafraîchissements abondants et des distributions de nourriture et de vin au peuple. La décoration du feu d'artifice représentait une masse de rochers avec une grotte rustique, une terrasse et un Arc-de-Triomphe corinthien au sommet. Lucina, la Félicité publique et la Fécondité étaient représentées autour de l'arc, ainsi que les armes du Dauphin, de la Dauphine et de la France. Douze fontaines formaient une cascade, et les fleuves Seine et Elbe étaient figurés au bas des gradins. Des statues de Mars et de la Paix, accompagnées d'inscriptions latines, entouraient l'arc. La Renommée, tenant une trompette et une banderole avec un vers de Virgile, apparaissait au-dessus de la grotte. Deux avenues de pyramides lumineuses menaient à l'édifice, illuminé comme un décor de théâtre.
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12827
p. 169-170
De Bourges, le 17 Octobre.
Début :
Le Te Deum odonné par Sa Majesté a été célébré par son Eminence Monseigneur le Cardinal [...]
Mots clefs :
Bourges, Cathédrale de Bourges, Éminence, Cardinal, Corps, Naissance du duc de Bourgogne, Mariages
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texteReconnaissance textuelle : De Bourges, le 17 Octobre.
De Bourges, le 17 Octobre.
Le Te Deum odonné par Sa Majesté a été
célébré par son Eminence Monseigneur le Cardinal
de la Rochefoucault dans l'Eglise Cathé-
drale de Bourges. M. l'Intendant & tous les
Corps y ont assisté. La milice bourgroise étoit
sous les armes, le canon a tiré: le Corps de
Ville a fait un seu de joie dans le lieu accoutu-
mé, & la Maison de Ville & toutes les mai-
sons des particuliers étoient illuminées. Le Pa-
lais de l'Archevêché & celui du Roi où loge M.
l'Intendant l'étoient pareillement, & il a été ti-
ré dans chacun un feu d'artifice. Nous vou-
drions qu'il nous fût permis de rendre compte
au Public de toutes les charités & ibéralités que
son Eminence M. le Cardinal de la Rochefou-
cault a déjà répanduies, & s'est proposéé de ré-
pandre à l'occasion de cet heureux événe-
ment.
Nous avons appris depuis, que le Lundi 22. de
Novembre, M. Dodart Intendant de Bourges,
avoit donné un bal à toute la Ville, où il avoit
été servi toutes sortes de rafraîchissemens, &
qui n'avoit pu s'exécuter lors des premieres ré-
jouissances à cause de l'absence de presque tous
ceux qui pouvoient y être invités. La Ville de
H
II. Vol.
by
179 MERCUREDE FRANCE.
Bourges a marié quatorze filles: celle de Cha-
teauroux sis: celle d'Yssoudun quatre: celle de
la Chaché deux: celle de Saint-Amand une: cel-
le de Dieu-le-Roi une: celle de Chatillon une :
celle de la Charité deux; outre dix filles de cam-
pagne qui ont été mariées soit pat M. l'Inten-
dant, soit pac Messicurs les Receveurs-Généraux
de la Province: ce qui fait en tout trente- neuf
mariages dans la Genéralité de Bourges.
Le Te Deum odonné par Sa Majesté a été
célébré par son Eminence Monseigneur le Cardinal
de la Rochefoucault dans l'Eglise Cathé-
drale de Bourges. M. l'Intendant & tous les
Corps y ont assisté. La milice bourgroise étoit
sous les armes, le canon a tiré: le Corps de
Ville a fait un seu de joie dans le lieu accoutu-
mé, & la Maison de Ville & toutes les mai-
sons des particuliers étoient illuminées. Le Pa-
lais de l'Archevêché & celui du Roi où loge M.
l'Intendant l'étoient pareillement, & il a été ti-
ré dans chacun un feu d'artifice. Nous vou-
drions qu'il nous fût permis de rendre compte
au Public de toutes les charités & ibéralités que
son Eminence M. le Cardinal de la Rochefou-
cault a déjà répanduies, & s'est proposéé de ré-
pandre à l'occasion de cet heureux événe-
ment.
Nous avons appris depuis, que le Lundi 22. de
Novembre, M. Dodart Intendant de Bourges,
avoit donné un bal à toute la Ville, où il avoit
été servi toutes sortes de rafraîchissemens, &
qui n'avoit pu s'exécuter lors des premieres ré-
jouissances à cause de l'absence de presque tous
ceux qui pouvoient y être invités. La Ville de
H
II. Vol.
by
179 MERCUREDE FRANCE.
Bourges a marié quatorze filles: celle de Cha-
teauroux sis: celle d'Yssoudun quatre: celle de
la Chaché deux: celle de Saint-Amand une: cel-
le de Dieu-le-Roi une: celle de Chatillon une :
celle de la Charité deux; outre dix filles de cam-
pagne qui ont été mariées soit pat M. l'Inten-
dant, soit pac Messicurs les Receveurs-Généraux
de la Province: ce qui fait en tout trente- neuf
mariages dans la Genéralité de Bourges.
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Résumé : De Bourges, le 17 Octobre.
Le 17 octobre, un Te Deum a été ordonné par Sa Majesté et célébré par le Cardinal de la Rochefoucauld dans la cathédrale de Bourges. L'événement a rassemblé M. l'Intendant, divers corps, la milice bourgroise et a été marqué par des salves de canon. La ville a organisé un feu d'artifice et illuminé plusieurs bâtiments, dont le Palais de l'Archevêché et celui du Roi. Les auteurs souhaitent souligner les charités et libéralités du Cardinal à cette occasion. Le 22 novembre, M. Dodart, Intendant de Bourges, a donné un bal avec des rafraîchissements, initialement reporté en raison de l'absence de nombreux invités. Par ailleurs, la ville de Bourges et plusieurs localités voisines ont célébré trente-neuf mariages, répartis comme suit : quatorze à Bourges, six à Châteauroux, quatre à Yssoudun, deux à La Châché, une à Saint-Amand, une à Dieu-le-Roi, une à Chatillon, deux à La Charité, et dix dans les campagnes.
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12828
p. 170-171
De l'Orient.
Début :
Le 17. d'Octobre la Compagnie des Indes fit faire des réjouissances pour la naissance de Monseigneur [...]
Mots clefs :
Lorient, Compagnie des Indes, Réjouissances, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De l'Orient.
De l'Orient.
Le 17. d'Octobre la Compagnie des Indes fit
faire des réjouissances pout la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne La fête qu'elle
a donnée à cette occasion étoit proportionnée à
la joie qu'elle a ressentie de cet heureux évene-
ment. Elle fut annonçée le matin par une salve de
quatre-vingt coups de canon. A quatre heures du
soit on chanta le Te Deum pendant lequel il y
cut deux autres salvos d'Artillerie, & trois dé-
charges de Mousquetterie par les troupes de la
Compagnie qui étoient sous les armes. Il
avoit sur la place d'armes quatre fontaines de
vin; & l'on distribua au peuple une grande quan-
tité de pain & de viande. Le soir il y eut une
magnisique illumination à l'Hôtel des ventes, à
la machine à Mater, & à deux vaisseaux qui
étoient en rade. La variété qui regnoit dans ces
différentes parties formoit un spectacle très-
agréable. La Comédie fut donnée gratis, & la
Compagnie en fit les frais.
M. Godeheu Directeur, commandant au port
de l'Orient, qui cherche toujours les occasions
de se distinguer dans la place qu'il occupe, vou-
lut aussi donnet des preuves de son zele, & ter-
mina la fête par un graud repas suivi du bal. Il
ed by Goo
JANVIER.
1752.
171
avoit fait construire une salle de cent pieds de
long sur l'endroit appellé le parterie. Ceux qu'il
avoit invités à souper s'y rendirent apiès la Co-
médie: on trouva cinq tables de vingt cinq cou-
verts magnisiquement servies dont les places fu-
rent presque toutes remplies par les Danes de
l'Orient. Il n'y avoit à chaque table que le nom-
bre de Cavaliers nécessaires pour en faire les
honneurs; le reste étoit occupé à servir les Da-
mes. Après le repas qui dura jusqu'à minuit, on
entra dans une salle de bal très-bien éclairée :
les orchestres étoient nombreux, & on y servit
pendant toute la uuit des rafraîchissemens de tou-
te espêce. A six heures du matin chacun se retira
également satisfait de la beauté de la fête, & de
la façon dont M. le Commandant en avoit fait
les honneurs.
Le 17. d'Octobre la Compagnie des Indes fit
faire des réjouissances pout la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne La fête qu'elle
a donnée à cette occasion étoit proportionnée à
la joie qu'elle a ressentie de cet heureux évene-
ment. Elle fut annonçée le matin par une salve de
quatre-vingt coups de canon. A quatre heures du
soit on chanta le Te Deum pendant lequel il y
cut deux autres salvos d'Artillerie, & trois dé-
charges de Mousquetterie par les troupes de la
Compagnie qui étoient sous les armes. Il
avoit sur la place d'armes quatre fontaines de
vin; & l'on distribua au peuple une grande quan-
tité de pain & de viande. Le soir il y eut une
magnisique illumination à l'Hôtel des ventes, à
la machine à Mater, & à deux vaisseaux qui
étoient en rade. La variété qui regnoit dans ces
différentes parties formoit un spectacle très-
agréable. La Comédie fut donnée gratis, & la
Compagnie en fit les frais.
M. Godeheu Directeur, commandant au port
de l'Orient, qui cherche toujours les occasions
de se distinguer dans la place qu'il occupe, vou-
lut aussi donnet des preuves de son zele, & ter-
mina la fête par un graud repas suivi du bal. Il
ed by Goo
JANVIER.
1752.
171
avoit fait construire une salle de cent pieds de
long sur l'endroit appellé le parterie. Ceux qu'il
avoit invités à souper s'y rendirent apiès la Co-
médie: on trouva cinq tables de vingt cinq cou-
verts magnisiquement servies dont les places fu-
rent presque toutes remplies par les Danes de
l'Orient. Il n'y avoit à chaque table que le nom-
bre de Cavaliers nécessaires pour en faire les
honneurs; le reste étoit occupé à servir les Da-
mes. Après le repas qui dura jusqu'à minuit, on
entra dans une salle de bal très-bien éclairée :
les orchestres étoient nombreux, & on y servit
pendant toute la uuit des rafraîchissemens de tou-
te espêce. A six heures du matin chacun se retira
également satisfait de la beauté de la fête, & de
la façon dont M. le Commandant en avoit fait
les honneurs.
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Résumé : De l'Orient.
Le 17 octobre, la Compagnie des Indes célébra la naissance du Duc de Bourgogne par diverses festivités. La journée débuta par une salve de quatre-vingt coups de canon. À 16 heures, un Te Deum fut chanté, accompagné de salves d'artillerie et de décharges de mousqueterie. Sur la place d'armes, des fontaines de vin, du pain et de la viande furent distribués au peuple. Le soir, une illumination eut lieu à l'Hôtel des ventes, à la machine à Mater et sur deux vaisseaux en rade. La Comédie fut offerte gratuitement, avec les frais pris en charge par la Compagnie. M. Godeheu, directeur et commandant au port de l'Orient, organisa un grand repas suivi d'un bal après la Comédie. Une salle de cent pieds de long fut construite pour accueillir cinq tables de vingt-cinq couverts, principalement occupées par les dames de l'Orient. Le bal, avec orchestres et rafraîchissements, se prolongea jusqu'à six heures du matin, laissant tous les participants satisfaits.
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12829
p. 171-173
De Perpignan le 17. Octobre.
Début :
La Province du Roussillon a donné les plus grandes marques de joie à l'occasion de la naissance [...]
Mots clefs :
Perpignan, Roussillon, Feu d'artifice, Place, Province, Décoration, Comte de Mailly, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Perpignan le 17. Octobre.
De Perpignan le 17. Octobre.
La Province du Roussillon a donné les plus
grandes marques de joie à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Ily aeu à Perpignan de brillantes fêtes pendant
huit jours, elles avoient attiré dans cette Ville
un grand nombre d'Etrangers: les Espagnols
surtout y ont accouru en foule.
Les réjouissances y commencerent le 17. Oc-
tobre par un Te Deum qui fut chanté dans
l'Eglise Cathédrale avec la plus grande pompe.
M. le Comte de Mailly Licutenant Génetal &
Commandant de la Province y assista à la tête
de tous les Corps, celui de la Noblesse & du
Militaire étoit très-nombreux. Il y eut ensuite
un feu devant l'Hôtel de Ville, toutes les mai-
sons furent illuminées, & les sontaines de vin
Hij
ed by Goc
172 MERCUREDE FRANCE.
coulerent en abondance. On fit le lendemain
quarante mariages; & le jout d'aptès, l'Hôtel
de Ville termina sa fête par un fort beau feu d'at-
tifice.
Le 20. M. le Comte de Mailly commença
une fête particuliere. On avoit formé une salle
en décoration qui occupoit toute la place d'ar-
mes. Il y avoit quatre ares de triomphe dans les
coins, ils étoient unis par une colonade suivie
& entrecoupée de deux autres arcs de triomphe
intérieurs qui étoient remplis de toute sorte de
Musiciens. On avoit élevé a l'un des deux bouts
une décoration de plus de soixante pieds de
hauteur, elle étoit d'un goût exquis, & ornée
de différentes emblêmes, cette décoration for-
moit l'établissement d'un feu d'artifice. On avoit
élevé en face un amphithéa te couvert, où plus
de quatre cent personnes furent placées: il y
avoit aussi divers autres établissemens pour conte-
nit les différens Etats & le peuple. Cette fête
fut annonçée par trois décharges de toute l'Ar-
tilletie des ramparts: une quantité prodigieu-
se de tambours, de tymballes, de trompettes
& toute sorte d'instrumens y répondirent succes-
sivement. On tira ensuite le feu d'artifice qui fut
aussi heureusement qu'agréablement composé,
Aussi tôt toute la place fut illuminée, & les Da-
mes, au nombre de plus de cent, en habits de
masques de différens caracteres, descendirent de
l'amphithéâtre avec leurs danseurs habillés de mê-
me; elles entrerent par les quatre arcs de triom-
phe formant différens cadtilles, & ouvrirent les
danses au bruit de tous les instrumens, elles re-
monterent ensuite à l'amphithéâtre, & la place
fut laissée libre à tout le peuple qui y entra de
même par différentes danses, & y troura des
jitized by Goo,
JANVIER. 1752.
173
fontaines de vin qui n'ont cessé de couler pen-
dant trois jours: les danses & les illuminations
ont aussi duré tout ce tems. Après le premier
coup d'œeil, toutes les Dames se rendirent chezM.
le Comte de Mailly, où l'on servit cinq tables
avec la plus grande somptuosité. On y admit
plus de quatre cens personnes. On ouvrit en-
suite un bal qui dura jusqu'à huit heures du ma-
tin. Le jour d'aptès les Dames, reparurent à la
place d'armes avec les mêmes habillemens, &
revinrent enfuite chez M. le Comte de Mailiy
terminer cette gtande fête par un bal, od l'on
n'oublia rien pour satisfaire tout le monde.
M. Bertin, Intendant de la Province, donna le
Jendemain une fête tout à fait galante, & de fort
bon goût: les Dames reparurent sur la place com-
me les jours précedens: le peuple s'y rendit en-
suite, les fontaines de vin coulerent encore; on
distribua un chariot de viandes de différentes
sortes. On se rendit enfuite à l'Intendance où
l'on tira un feu d'artifice qui fut trouvé très-beau.
On servit aussi- 1ôt un souper où la profusion ne
nuisit pas à la délicatesse. Un bal qui dura jus-
qu'à huit heures du matio termina le Lundi 25.
toutes ces fêtes commencées depuis le 17, du mê-
me mois. Tont le monde, & les Espagnols fur-
tout, ont paru extrêmement satisfaits de la ma-
gnificence & du bon ordre avec lequel toutes
ces fêtes ont été célebrées.
La Province du Roussillon a donné les plus
grandes marques de joie à l'occasion de la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Ily aeu à Perpignan de brillantes fêtes pendant
huit jours, elles avoient attiré dans cette Ville
un grand nombre d'Etrangers: les Espagnols
surtout y ont accouru en foule.
Les réjouissances y commencerent le 17. Oc-
tobre par un Te Deum qui fut chanté dans
l'Eglise Cathédrale avec la plus grande pompe.
M. le Comte de Mailly Licutenant Génetal &
Commandant de la Province y assista à la tête
de tous les Corps, celui de la Noblesse & du
Militaire étoit très-nombreux. Il y eut ensuite
un feu devant l'Hôtel de Ville, toutes les mai-
sons furent illuminées, & les sontaines de vin
Hij
ed by Goc
172 MERCUREDE FRANCE.
coulerent en abondance. On fit le lendemain
quarante mariages; & le jout d'aptès, l'Hôtel
de Ville termina sa fête par un fort beau feu d'at-
tifice.
Le 20. M. le Comte de Mailly commença
une fête particuliere. On avoit formé une salle
en décoration qui occupoit toute la place d'ar-
mes. Il y avoit quatre ares de triomphe dans les
coins, ils étoient unis par une colonade suivie
& entrecoupée de deux autres arcs de triomphe
intérieurs qui étoient remplis de toute sorte de
Musiciens. On avoit élevé a l'un des deux bouts
une décoration de plus de soixante pieds de
hauteur, elle étoit d'un goût exquis, & ornée
de différentes emblêmes, cette décoration for-
moit l'établissement d'un feu d'artifice. On avoit
élevé en face un amphithéa te couvert, où plus
de quatre cent personnes furent placées: il y
avoit aussi divers autres établissemens pour conte-
nit les différens Etats & le peuple. Cette fête
fut annonçée par trois décharges de toute l'Ar-
tilletie des ramparts: une quantité prodigieu-
se de tambours, de tymballes, de trompettes
& toute sorte d'instrumens y répondirent succes-
sivement. On tira ensuite le feu d'artifice qui fut
aussi heureusement qu'agréablement composé,
Aussi tôt toute la place fut illuminée, & les Da-
mes, au nombre de plus de cent, en habits de
masques de différens caracteres, descendirent de
l'amphithéâtre avec leurs danseurs habillés de mê-
me; elles entrerent par les quatre arcs de triom-
phe formant différens cadtilles, & ouvrirent les
danses au bruit de tous les instrumens, elles re-
monterent ensuite à l'amphithéâtre, & la place
fut laissée libre à tout le peuple qui y entra de
même par différentes danses, & y troura des
jitized by Goo,
JANVIER. 1752.
173
fontaines de vin qui n'ont cessé de couler pen-
dant trois jours: les danses & les illuminations
ont aussi duré tout ce tems. Après le premier
coup d'œeil, toutes les Dames se rendirent chezM.
le Comte de Mailly, où l'on servit cinq tables
avec la plus grande somptuosité. On y admit
plus de quatre cens personnes. On ouvrit en-
suite un bal qui dura jusqu'à huit heures du ma-
tin. Le jour d'aptès les Dames, reparurent à la
place d'armes avec les mêmes habillemens, &
revinrent enfuite chez M. le Comte de Mailiy
terminer cette gtande fête par un bal, od l'on
n'oublia rien pour satisfaire tout le monde.
M. Bertin, Intendant de la Province, donna le
Jendemain une fête tout à fait galante, & de fort
bon goût: les Dames reparurent sur la place com-
me les jours précedens: le peuple s'y rendit en-
suite, les fontaines de vin coulerent encore; on
distribua un chariot de viandes de différentes
sortes. On se rendit enfuite à l'Intendance où
l'on tira un feu d'artifice qui fut trouvé très-beau.
On servit aussi- 1ôt un souper où la profusion ne
nuisit pas à la délicatesse. Un bal qui dura jus-
qu'à huit heures du matio termina le Lundi 25.
toutes ces fêtes commencées depuis le 17, du mê-
me mois. Tont le monde, & les Espagnols fur-
tout, ont paru extrêmement satisfaits de la ma-
gnificence & du bon ordre avec lequel toutes
ces fêtes ont été célebrées.
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Résumé : De Perpignan le 17. Octobre.
Le 17 octobre, la province du Roussillon a célébré la naissance du Duc de Bourgogne avec des festivités de huit jours à Perpignan, attirant de nombreux étrangers, dont des Espagnols. Les réjouissances ont commencé par un Te Deum solennel à la cathédrale, en présence de M. le Comte de Mailly, Lieutenant Général et Commandant de la province, ainsi que de la noblesse et des militaires. Les premiers jours ont été marqués par des feux d'artifice, des illuminations et des fontaines de vin. Le 20 octobre, M. le Comte de Mailly a organisé une fête sur la place d'armes, décorée de quatre arcs de triomphe et d'une colonnade. Cette soirée a inclus un feu d'artifice et des danses masquées, avec la participation de plus de cent dames et de nombreux spectateurs. Les festivités ont continué jusqu'au 25 octobre, incluant des bals, des distributions de nourriture et des illuminations. Les Espagnols ont particulièrement apprécié la magnificence et l'organisation de ces événements.
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12830
p. 173-174
De Trelon près d'Avesnes.
Début :
Le 17. du même mois Mademoiselle la Comtesse de Merode, voulant aussi donner des démonstrations [...]
Mots clefs :
Treslon, Château, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Trelon près d'Avesnes.
De Trelon près d'Avesnes.
Le 17. du même mois Mademoiselle la Comtesse
de Merode, voulant aussi donner des démonstrations
publiques de son zéle, fit chanter, dans
la Chapelle de son Château de Trelon près
H liij
174 MERCUREDEFRANCE.
Avesnes, le Te Deum auquel l'Abhé de l'Ab-
baye réguliere de Liessies officia pontificalement.
Elle donna le même jour un souper splendide
& un grand bal, & son Château, tant à l'ex-
térieur que dans l'intérieur, fut magnisique-
ment illuminé.
Le 17. du même mois Mademoiselle la Comtesse
de Merode, voulant aussi donner des démonstrations
publiques de son zéle, fit chanter, dans
la Chapelle de son Château de Trelon près
H liij
174 MERCUREDEFRANCE.
Avesnes, le Te Deum auquel l'Abhé de l'Ab-
baye réguliere de Liessies officia pontificalement.
Elle donna le même jour un souper splendide
& un grand bal, & son Château, tant à l'ex-
térieur que dans l'intérieur, fut magnisique-
ment illuminé.
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12831
p. 174-177
LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.
Début :
La naissance de Monseigneur le DUC DE BOURG[O]GNE, est un événement qui [...]
Mots clefs :
Félicité publique, Feu de joie, Reims, Temple, Figure, Ville, Majesté, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.
LE TEMPLE de la felicité publique
figuré par le feu de joie élevé par les
soins de Messieurs les Lieutenant, Gens
du Conseil, Echevins, Gouverneurs de
la Ville de Reims, & tirè devant l'Hôtel
de Ville, pour la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, en presence
de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant
Général de la Province, qui mit le
feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans,
le Lundi 18. Octobre.
Jam nova progenies caelo demittitur alto,
Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna,
Virg. Eglog. IV.
La naissance de Monseigneur le DUC DE
BOURG[O]GNE, est un événement qui
met tout à la fois le comble aux vœux de Sa
Majesté, à ceux de Monseigneur le Dauphin
& au bonheur des Peuples.
La Ville de Reims, toujours distinguée par
son empressement à signaler son zele dans les
circonstances qui intéressent Sa Majesté & la fé-
JANVIER. 1752.
175
liciré de son Royaume, a voulu donner un specta-
cle digne de l'amour & de la reconnoissance dont
elle est si vivement pénétrée pour les bienfaits
dont Sa Majessé vient de la combler, & qui lui
fournissent les moyens de hâter l'éxécution des
fontaines amenées dans l'enceinte de ses muis. El-
le a cru devoir profiter des circonstances de la
joie publique pour reconnostre une faveur aussi
honorable; & au plaisir de se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, sur l'objet des dots
elle a joint la satisfaction de faire éclater les
mouvemens de sa gratitude.
Le Temple de la félicité publique, par une
imitation de celui qui fut élevé dans Rome sous
le plus grand & le meilleur des Empereurs, † est
le monument qui a paru au Conseil de Ville
le plus propre à exprimer ses sentimens pour un
Prince qui fait revivre les vertus d'Auguste.
Cet édifice d'ordre Corinthien, a cinquante-
cinque pieds d'élévation & vingt pieds de face, suu
un plan octogone, élevé sur cinq dégrés de mar-
bre; les pilastres, aussi de marbre, sont posés
sur des pieds-d'estaux couronnés de leur entable-
ment: dans les grandes faces s'ouvrent quatre
portiques en plein ceintre, ornés de leur impos-
te & archivolte, chargés de caducées, de car-
quois, & des armes de Ftance & de Bourgo-
gne : ces portiques découvrent l'intérieur du
Temple.
Dans les pans conpés de l'édifice du Temple
*Sa Majesté a accordé à la Vi. le de Reims, pour
remt lir cet objet, la somme de cent quatre- vingt mille
livres.
† Ce Temple fut banti par les soins de Lepidus. Dion.
Livre 44.
Hiij
Itized by Goog
176 MERCUREDEFRANCE.
sont placées quatre figures héroiques posées sur
leurs pied-d'estaux, au bas de chacun desquels on
lit dans un cattouche quatre vers, qui ont
rapport à la figure. Au dessus sont des médail-
lons en camoieux, rehaussés d'or, suspendus par
des mascarons.
Une balustrade aussi octogone, surmonte l'en-
tablement; dans les pans coupés sont des bas-
reliefs, & les inscriptions qui y ont tapport sont
placées dans la frise: sur les tablettes des piéd-d'es-
taux sont polés des groupes d'Amours & des
vases.
Au niveau de la corniche s'éleve un attique
sur lequel est appuyé un dôme de figure octo-
gone, enrichi de guirlandes; au sommet du
dôme est un amortissement qui porte la figure de
la Renommée terminant l'edifice du Temple.
Chaque figure placée dans les pans coupés de-
vient, par le caractere qui lui est propre, la Di-
vinité tutélaire du Temple; ces figures sont la
Paix, Minerve, la Force & l'Abondance.
La Paix tenant d'une main un rameau d'oli-
vier, & de l'autre un flambeau avec lequel elle
brule un trophée d'armes, pour annoncer que
son regne est plus que jamais assuré par la nais-
sance du jeune Priace.
A jamais sous mes pieds que la discorde expire;
L'Amout qui vient de naître écarte ses forfaits,
Et de LoUIS l'heureux empire
Deviendra pour toujours celui de mes bienfaits.
L'Abondance, caractérisée par la corne d'A-
malthée qu'elle tient daus ses bras, promet au
peuple ses bienfaits.
JANVIER. 1752.
177
Peuples, un fils du sang des Dieux,
De mes laveurs pour vous est la douce espérance,
Mes dons versés à sa naissance
Par les mains de LOUIS combleront tous vos
vœux.
Minerve portant d'une main le livre de ses
Joix, & de l'autre des desseins d'Architecture &
de Mathématique, semble exprimer que le Due
DE BOURGOGNI, instruit par les leçons de la Sa-
gesse, sera un jour la gloire & le protecteur des
beaux Arts.
Un Eleve nouveau, formé par mes otacles,
De ce Temple sacré sera le ferme appui,
Il crostra pour sa gloire, & deux Héros en lui
Verront de leurs vertus retracer les miracles.
La Force, armée d'une massue, terrasse à
ses pieds une Hydre representant la Discorde,
France, qu'a tes regards mes armes, mon con-
rage
N'annoncent désormais la crainte ni l'horreur;
Sous les yeux de LOUIS elles n'ont d'autre
usage,
Que d'affermit la paix, ta gloire & ton bonhour.
figuré par le feu de joie élevé par les
soins de Messieurs les Lieutenant, Gens
du Conseil, Echevins, Gouverneurs de
la Ville de Reims, & tirè devant l'Hôtel
de Ville, pour la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, en presence
de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant
Général de la Province, qui mit le
feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans,
le Lundi 18. Octobre.
Jam nova progenies caelo demittitur alto,
Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna,
Virg. Eglog. IV.
La naissance de Monseigneur le DUC DE
BOURG[O]GNE, est un événement qui
met tout à la fois le comble aux vœux de Sa
Majesté, à ceux de Monseigneur le Dauphin
& au bonheur des Peuples.
La Ville de Reims, toujours distinguée par
son empressement à signaler son zele dans les
circonstances qui intéressent Sa Majesté & la fé-
JANVIER. 1752.
175
liciré de son Royaume, a voulu donner un specta-
cle digne de l'amour & de la reconnoissance dont
elle est si vivement pénétrée pour les bienfaits
dont Sa Majessé vient de la combler, & qui lui
fournissent les moyens de hâter l'éxécution des
fontaines amenées dans l'enceinte de ses muis. El-
le a cru devoir profiter des circonstances de la
joie publique pour reconnostre une faveur aussi
honorable; & au plaisir de se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, sur l'objet des dots
elle a joint la satisfaction de faire éclater les
mouvemens de sa gratitude.
Le Temple de la félicité publique, par une
imitation de celui qui fut élevé dans Rome sous
le plus grand & le meilleur des Empereurs, † est
le monument qui a paru au Conseil de Ville
le plus propre à exprimer ses sentimens pour un
Prince qui fait revivre les vertus d'Auguste.
Cet édifice d'ordre Corinthien, a cinquante-
cinque pieds d'élévation & vingt pieds de face, suu
un plan octogone, élevé sur cinq dégrés de mar-
bre; les pilastres, aussi de marbre, sont posés
sur des pieds-d'estaux couronnés de leur entable-
ment: dans les grandes faces s'ouvrent quatre
portiques en plein ceintre, ornés de leur impos-
te & archivolte, chargés de caducées, de car-
quois, & des armes de Ftance & de Bourgo-
gne : ces portiques découvrent l'intérieur du
Temple.
Dans les pans conpés de l'édifice du Temple
*Sa Majesté a accordé à la Vi. le de Reims, pour
remt lir cet objet, la somme de cent quatre- vingt mille
livres.
† Ce Temple fut banti par les soins de Lepidus. Dion.
Livre 44.
Hiij
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176 MERCUREDEFRANCE.
sont placées quatre figures héroiques posées sur
leurs pied-d'estaux, au bas de chacun desquels on
lit dans un cattouche quatre vers, qui ont
rapport à la figure. Au dessus sont des médail-
lons en camoieux, rehaussés d'or, suspendus par
des mascarons.
Une balustrade aussi octogone, surmonte l'en-
tablement; dans les pans coupés sont des bas-
reliefs, & les inscriptions qui y ont tapport sont
placées dans la frise: sur les tablettes des piéd-d'es-
taux sont polés des groupes d'Amours & des
vases.
Au niveau de la corniche s'éleve un attique
sur lequel est appuyé un dôme de figure octo-
gone, enrichi de guirlandes; au sommet du
dôme est un amortissement qui porte la figure de
la Renommée terminant l'edifice du Temple.
Chaque figure placée dans les pans coupés de-
vient, par le caractere qui lui est propre, la Di-
vinité tutélaire du Temple; ces figures sont la
Paix, Minerve, la Force & l'Abondance.
La Paix tenant d'une main un rameau d'oli-
vier, & de l'autre un flambeau avec lequel elle
brule un trophée d'armes, pour annoncer que
son regne est plus que jamais assuré par la nais-
sance du jeune Priace.
A jamais sous mes pieds que la discorde expire;
L'Amout qui vient de naître écarte ses forfaits,
Et de LoUIS l'heureux empire
Deviendra pour toujours celui de mes bienfaits.
L'Abondance, caractérisée par la corne d'A-
malthée qu'elle tient daus ses bras, promet au
peuple ses bienfaits.
JANVIER. 1752.
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Peuples, un fils du sang des Dieux,
De mes laveurs pour vous est la douce espérance,
Mes dons versés à sa naissance
Par les mains de LOUIS combleront tous vos
vœux.
Minerve portant d'une main le livre de ses
Joix, & de l'autre des desseins d'Architecture &
de Mathématique, semble exprimer que le Due
DE BOURGOGNI, instruit par les leçons de la Sa-
gesse, sera un jour la gloire & le protecteur des
beaux Arts.
Un Eleve nouveau, formé par mes otacles,
De ce Temple sacré sera le ferme appui,
Il crostra pour sa gloire, & deux Héros en lui
Verront de leurs vertus retracer les miracles.
La Force, armée d'une massue, terrasse à
ses pieds une Hydre representant la Discorde,
France, qu'a tes regards mes armes, mon con-
rage
N'annoncent désormais la crainte ni l'horreur;
Sous les yeux de LOUIS elles n'ont d'autre
usage,
Que d'affermit la paix, ta gloire & ton bonhour.
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Résumé : LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.
Le texte relate les festivités organisées à Reims pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne, un événement qui a réjoui le roi, le Dauphin et le peuple. La ville de Reims, réputée pour son loyalisme envers la monarchie, a mis en place un spectacle public pour manifester sa gratitude. À cette occasion, un 'Temple de la félicité publique' a été construit, s'inspirant d'un monument romain érigé sous Auguste. Ce bâtiment, de style corinthien, mesure cinquante-cinq pieds de haut et vingt pieds de large, et est structuré sur un plan octogonal avec cinq degrés de marbre. Il est décoré de pilastres, de portiques et de symboles représentant la France et la Bourgogne. Le temple abrite quatre figures allégoriques : la Paix, Minerve, la Force et l'Abondance. Chacune de ces figures est accompagnée de vers et de symboles appropriés. La Paix est représentée en train de brûler un trophée d'armes, symbolisant la fin des conflits. L'Abondance tient une corne d'Amalthée, représentant la prospérité. Minerve, déesse de la sagesse, porte des livres et des plans architecturaux. La Force, quant à elle, terrasse une hydre symbolisant la discorde. Le roi a alloué une somme de cent quatre-vingt mille livres pour financer ce projet monumental.
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12831
LE TEMPLE de la felicité publique figuré par le feu de joie élevé par les soins de Messieurs les Lieutenant, Gens du Conseil, Echevins, Gouverneurs de la Ville de Reims, & tiré devant l'Hôtel de Ville, pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, en présence de M. le Comte de Grand Pré, Lieutenant Général de la Province, qui mit le feu avec M. le Lie[u]tenant des Habitans, le Lundi 18. Octobre. Jam nova progenies caelo demittitur alto, Jam redit & virgo, redeunt Saturnia regna, Virg. Eglog. IV.
12832
p. 178-188
Explications des devises & des emblèmes peints sur les médaillons placés au-dessus de chaque Figure.
Début :
Au dessus de la Paix une Aurore dont l'éclat prompt & lumineux dissipe en un moment les [...]
Mots clefs :
Devises, Emblèmes, Jeune, Amour, Prince, Naissance du duc de Bourgogne, Sort, Mots, Peuple, Joie
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texteReconnaissance textuelle : Explications des devises & des emblèmes peints sur les médaillons placés au-dessus de chaque Figure.
Explications des devises & des emblèmes
peints sur les médaillons placés au-dessus de
chaque Figure.
Au dessus de la Paix une Aurore dont l'éclat
prompt & lumineux dissipe en un moment les
ténébres de la nuit, & ramene le Soleil, pour
exprimer le moment imptévu où naquit Monsci-
gneur le DUC DE BOUAGOGNE, dont la
naissance éveilla la Cour & tout Patis, & pressa
le retour du Roi à Versailles.
Luce fugat somnos, Solemque reducit.
Je parois dans les airs, & soudain ma lamiere
Des mortels assoupis écarte le sommeil;
A peine j'ouvre ma cartiete
Que je ramene le Soleil.
Le Signe de la Balance, sous lequel est né
Monseigneur le DUC DI BOURCOGNI
dont l'heureuse naissance assure plus que jamais
l'ordre de la succession dans la branche regnante.
Ex me invariabilis ordo.
De cet ordte immortel qui mésure les temps
J'annonce la marche assurée;
Er mon retour d'éternelle durée,
Doit triompher & du sort & des aus.
Une figure de Dauphin d'ou sort une eau
jaillissante avec ces mots;
Ex me utile, dulce fluit.
JANVIER. 1752.
179
De moi, signe toujours aimable,
Pour vous coule un nouveau présent
Goutez-en à longs rraits le charme bienfaisant
Peuples, il réunit l'utile & l'agréable.
Au dessus de la Force, dans un brillant par-
terre, un myrthe & un olivier entourés d'un
jeune lys, qui semble les unir plus étroitement
Fortius ac melius.
Rameaux sacrés qu'aujourd'hui j'environne,
Plus que jamais vous serez precieux;
Et la force que je vous donne
En m'unissant à vous, embellira vos nœuds.
Un Trône d'or, chargé des Armes de France-
sur lequel s'appuye de chaque côté, un Amous
qui en assûre la stabilité.
Fulcitur utrinque.
Trône, que de LOUIS la Famille féconde
Affranchira de l'Empire des ans
A jamais tu verras sur toi ses descendans
Servir d'exemple aux Rois & d'ornement au
monde.
Une Couronne d'or, à laquelle un Amour at-
tache un diamant, qui sert à l'affermir & à aug.
menter son éclat.
Et robur & decus addit.
Enfant de la Pélicité
Quel éclat en naissant t'annonce & t'envitonne !
Hvj
...*
180 MERCURE DE FRANCE.
Ta main donne à cette Courronne
D'un ornement nouveau la solide beauté.
Au-dessus de Minerve, on voit autour du ben-
ceau du jeune Prince Mars, Apollon & Minerve.
Ces Divinités se félicitent d'un Eleve si propre à
honorer les bienfaits, dont elles s'empressent de
le combler.
Quisque suo fe jactat alumno.
Sur ce nouvel Eleve, à l'envi, sans mesure,
Divinités, répandez vos bienfaits;
Il sçaura tour à tour les rendre avec usure,
Et toujours les Bourbous surpassent vos souhaits.
Deux grands Palmiers, au bas desquels est us
jeune Palmier, qui sort de leur tige commune.
Reddet origo parem.
Sorti d'une Tige immortelle,
Mon sort est d'égaler les Arbres les plus beaux;
Dans peu je serai digne d'elle
Par la hauteur de mes rameaux.
Le Chef d'un essain d'abeilles leur moutre uu
jeune rejetton, auquel il vient de donner le jour;
il abandonne à la République cet héritier destiné
& la gouverner, pour fuire allusion au sentiment
noble & généreux de Monseigneur le Dauphin
qui, à la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, dit que ce Prince étoit l'enfant de
tonte la France.
Genti, non mihi nascitur Hares.
Cet héritiet, qui de moi tient le jour,
Peuple, est à vous plus qu'à moi- même i
181
JANVIER. 1752.
Vous l'instruîrez par votre amout
A vous chérir autant que je vous aimie.
Au- dessus de l'Abondance, un aigle portant
son jeune aiglon, & volant entre le Soleil & son
pa élie, pour exprimer la joie qu'à la Naissanco
de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI, Mada-
me la Dauphine fit éclater, en présence du Roi
& de Monseigneur le Dauphin.
Ui Nato, inter utrumque, superbit.
Ces feux éblouissans qui frappent l'Univers
Superbe Aiglon, n'ont rien, dont tes regards
s'étonnent,
Et le double éclat qu'ils te donnent,
Dit que mon Sang est fait pour l'Empire des airs-
Un Oranger couvert de fleurs, au bas de sa
tige, une orange que la maturité a fait tomber,
& que le tems a rendu plus douce & plus agrea-
ble:
Tempore dulcior exis.
Le fruit que je viens de répandre,
Par sa beauté charme les yeux,
Et le tems qui l'a fait attendre,
Le rend encor plus précieur.
Pour marquer la joie générale que les peuples
témoignent par les Feux & les Illuminations á
Poccasion de la Naissance du Prince. Une main
tenant un verre ardent, exposé aux rayons da
Soleil; & au-dessous plusicurs feux qui s'allu-
ment.
182 MERCURE DEFRANCE.
Faecundus calor excitat Ignes-
Par mes feux j'anime le monde;
Mes ardeurs le rendent heureux,
Et c'est à ma chaleur féconde
Que s'allument mille autres feux.
D scription des Bas-reliefs, placés dans les
Pans coupés de la Ballustrade.
Le premier Bas-relief offre, à côté de l'His-
toire, le Destin qui montre au jeune Prince le
Portrait de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI,
Pere de Sa Majesté. Pour annoncer qu'un jout
cet Enfant; que la France tient dans ses bras
aura les rares vertus de son Bisayeul; il lui adresse
par allusion à ces mots de Virgile, Tu Marcellus
aris, ces patoles:
Tu Burgundus eris.
Sous ce nom qui promit à des Peuples heureux
Un Sage sur le Trône, & dans un Maître un Pere;
Croissez, beau Rejetton, d'une Tige si chere,
Vous aurez ses vertus & des jours plus nombreux.
Dans le second Bas-relief, Lucine appuyée sur
un berceau d'or, où est le Prince nouveau né, in-
vite le Tems, les Heures, les Parques & la Santé,
à conserver les jours du jeune Prince, à la Nais-
sance duquel elle vient de s'intéresser d'une façon
si marquée: pour les y engager, elle leur adresse
ces mots :
Magnum Jovis incrementum. Virg. Eclog. Iv.
Des mortels en naissant, vous qui réglez le sort,
d by Goo
JANVIER.
1752.
183
Sur celui, dont mes soins ont hâté la Naissance,
Signalez votre bienfaisance:
Le plus pur sang des Dieux est le sang dont il
sort.
Le troisième Bas-relief présente Jupiter sur un
trône de nues: l'Amour & l'Hymen prenant leur
essor croisent leurs flambeaux allumés; & sur la
terre on voit des Autels od Jupiter vent qu'ils
unissent les cœurs des mortels, hommage pour
lui plus touchant que toutes les autres offrandes:
pour marquer la volonté de Sa Majesté, qui tou-
jours attentive au bonheur de ses peuples, a or-
donné qu'on consacrât à former des alliances, les
dépenses que le zéle public destinoit à célébrer la
Naissance de Monseigneur le DUC DE BOUA-
GOGNE.
Ferte citi flammas, date tela & jungite dextras.
Volez, Amour; Hymen, descendez sur la terre»
Que vos flambeaux unis brillent pour les mortels:
Peu jaloux des respects qu'attire le tonnerre
Je ne veux que l'encens offert sur vos Autels.
Le quatrième Bas-relief, fait voir la Déesse de
la Peinture, accompagnée de Venus; elle montre
an jeune Prince, soutenu dans les bras d'une des
uois Graces, le Portrait de Madame la Dauphine,
avec ces mots de Virgile:
Incipe, parve Puer, ri, u cognoscere Matrem.
Virg. Egl. 4.
Aimal le Enfant, qui vient de nastre,
Contemple celle à qui tu dois le jous;
itized by God
184 MERCUREDE FRANCE.
Par son sourire elle te fait connoître
Qi'elle est la Mere de l'Amour.
Sur les Angles de la Balustrade sont posos qua-
tre Groupes de Génies.
Le premier représente deux Amours couronnés
de Pampres & de Lierre, mélant dans des Coupes
rehaussées d'or, le vin de Champagne avec celui-
de Bourgogne.
Jungito Burgundo Campani prcula Cives.
Le second offre deux autres Enfans couronnés
de fleurs, tenant des corbeilles remplies de roses
& de lys qu'ils répandent à pleines mains, avec-
ces mots:
Manibus date Lilia plenis. Virg. Liv. 6.
Le troisiéme montre un Groupe d'Amours, avec
des Couronnes de Myrte & d'Olivier, armés de
Carquois, & tenant en main des Ares tendus.
Nec vim tela ferunt. Virg. Liv. 7.
Le quatrième retrace le Génie de la France &
celui de la Bourgogne, unissant tendrement des-
Boucliers, sur lesquels sont peintes les Armes de
France & de Bourgogne. Autrefois ces Boucliers
ne se rapprochoient que pour les combats, aujour-
d'hui l'Amour & l'Hymen les confondent.
Non ut olim.
Au-dessus du Dôme s'éleve une Renommée,
prenant son essor dans les airs; sur la Bandelette
de sa Trompette, on lit ces mots: Felicitas Pu-
blica.
L'intéricur du Temple découvre au milieu
l'Autel de la Félicité publique, élevé sur trois de-
grés de marbre, sur lequel est un Foyer destiné à
recevo ir les parfums que brule un jeune Amout.
ed by Goc
JANVIER.
185
1752.
Autour du ceintre de l'Autel on lit ces vers de
Tibulle:
Dicamus bona verba, venit natalis ad aras;
Urantur pia thura focis, urantur odores.
Les Parois du Temple offre une nouvelle Ar-
chitecture d'Ordre Corinthien; sur la bordure
sont répandues les Armes de France & de Bourgo-
gne, les Flambeaux de l'Amour & de l'Hymen;
& dans des Cartouches rehaussés d'or on lit les
Inscriptions suivantes, qui annoncent la joie pu-
blique.
Ipse fuos adsit Genius visurus honores
Cui decorent sanctus mollia serta genas. Tib-
I1.
Bacche veni, dulcisque tuis è cornibus uva
Pendeat, & spicis tempora cinge Ceres. Tib-
III.
At tu natalis multos celebrande per aunos
Candidior semper, candidiorque veni! Tib.
IV.
Dum festiva novis fumant altaria flammis,
Urat vestra, Remi, pectora vivus amor.
L'intérieur du Temple n'étoit éclairé que par
la lueur du Foyer de l'Autel, & cette foitle Ju-
miere répandoit dans le Temple une obscurité
mystérieuse qui en augmentoit la majesté.
A chaque côté de l'Hôzel de-Ville sont placées
deux Figures, l'une représentant la Ville de Reimo
couronnée de Tours, contemplaut l'Image du
yGoc
186 MERCUREDEFRANCE.
jeune Prince, préferablement aux Monumens qui
lui restent de Jules Cesar,
Arcs superbes, des ans qui bravez les outrages,
Vos Héros n'ont plus rien qui flate mes regards;
L'Amour que je contemple a seul tous mes hom-
mages:
Un Bourbon m'est plus cher que Rome & ses
Césars.
De l'autre côté la Nymphe de Vesse engage ses
Naiades à s'unir à la joie publique, en reconnois-
sancedes nouveaux bienfaits de SaMajesté; elle veut
qu'elles renouvellent en l'honneur du Roi, ces
Fêtes * anciennes, où l'on couvroit de fleurs les
Urnes des Fontaines rendues célebres par quel-
qu'érénement qui éternisolt leur gloire.
Vous que LouIs fixe en ces lieux,
Naiades
à l'envie que votre onde jaillisse,
Et que son murmure s'unisse
Aux accens d'un Peuple joyeux.
De ce Peuple heureux & fidele
Imitez, s'il se peut, l'amour & les transports.
Du plus puissant des Rois la bonté paternelle
Allure pour jamais la gloire de vos bords:
Nymphes, soyez reconnoissantes;
Pour célébrer sa générosité,
Que vos Urnes obeissantes,
Ces fêtes s' apl elloient Fontanilia.
gitized by Goc
287
JANVIER.
1752.
En épanchant ici leurs Ondes bienfaisantes
Y versent la félicité;
Que leurs cours ne soit arrêté,
Que lors qu'au Temble de Mémoire
De Louis finira la gloire,
Le nom & la postérité.
Au dessus de la Porte de l'Hôtel de Ville, on
lit dans un cartouche, l'Inscription suivante:
LUDOVICO DECIMO QUINTO
Regi maximo & optimo
Pacis reparatori,
Suorum amori,
Et Ludovico Delphino ejus Filio dilectissimo
Paternarum virtutum amulatori;
Ob recens Natum Burgundia Ducem,
Gallia votorum summam, spem, delicias.
Pacis pignus fidissimum;
In impotenti exundantis latitia impetu
Et solemni aterna gratiarum actionis protestatione,
Hoc
Felicitatis publica monumentum.
S. P. Q R.
D. V. C.
Anno M. DCCLI.
TRADUCTION DE L'INSCRPTION.
Le Conseil & le Peuple de la Ville de Reims,
dans les effusions de la Joie la plus vive, & les té-
ized by Goc
-
288 MERCURE DE FRANCE.
moignages solemnels de leur éternelle reconnois-
sancè, dé jient, vouent, & consacrent ce Tempse
de la Felicite publique à LOUIS, RoI très-
grand & très bon, le Restaurateur de la Paix
l'amour de son peuple; & à LOUIS, Dau-
phin, son fils Bien-Aimé, en réjouissance de l'heu-
reuse naissance du DUC DE BOURGOGNE,
objet des vœux de la France, son espérance, &
ses délices. L'an du Seigneur mil sept cens cin-
quante & un.
peints sur les médaillons placés au-dessus de
chaque Figure.
Au dessus de la Paix une Aurore dont l'éclat
prompt & lumineux dissipe en un moment les
ténébres de la nuit, & ramene le Soleil, pour
exprimer le moment imptévu où naquit Monsci-
gneur le DUC DE BOUAGOGNE, dont la
naissance éveilla la Cour & tout Patis, & pressa
le retour du Roi à Versailles.
Luce fugat somnos, Solemque reducit.
Je parois dans les airs, & soudain ma lamiere
Des mortels assoupis écarte le sommeil;
A peine j'ouvre ma cartiete
Que je ramene le Soleil.
Le Signe de la Balance, sous lequel est né
Monseigneur le DUC DI BOURCOGNI
dont l'heureuse naissance assure plus que jamais
l'ordre de la succession dans la branche regnante.
Ex me invariabilis ordo.
De cet ordte immortel qui mésure les temps
J'annonce la marche assurée;
Er mon retour d'éternelle durée,
Doit triompher & du sort & des aus.
Une figure de Dauphin d'ou sort une eau
jaillissante avec ces mots;
Ex me utile, dulce fluit.
JANVIER. 1752.
179
De moi, signe toujours aimable,
Pour vous coule un nouveau présent
Goutez-en à longs rraits le charme bienfaisant
Peuples, il réunit l'utile & l'agréable.
Au dessus de la Force, dans un brillant par-
terre, un myrthe & un olivier entourés d'un
jeune lys, qui semble les unir plus étroitement
Fortius ac melius.
Rameaux sacrés qu'aujourd'hui j'environne,
Plus que jamais vous serez precieux;
Et la force que je vous donne
En m'unissant à vous, embellira vos nœuds.
Un Trône d'or, chargé des Armes de France-
sur lequel s'appuye de chaque côté, un Amous
qui en assûre la stabilité.
Fulcitur utrinque.
Trône, que de LOUIS la Famille féconde
Affranchira de l'Empire des ans
A jamais tu verras sur toi ses descendans
Servir d'exemple aux Rois & d'ornement au
monde.
Une Couronne d'or, à laquelle un Amour at-
tache un diamant, qui sert à l'affermir & à aug.
menter son éclat.
Et robur & decus addit.
Enfant de la Pélicité
Quel éclat en naissant t'annonce & t'envitonne !
Hvj
...*
180 MERCURE DE FRANCE.
Ta main donne à cette Courronne
D'un ornement nouveau la solide beauté.
Au-dessus de Minerve, on voit autour du ben-
ceau du jeune Prince Mars, Apollon & Minerve.
Ces Divinités se félicitent d'un Eleve si propre à
honorer les bienfaits, dont elles s'empressent de
le combler.
Quisque suo fe jactat alumno.
Sur ce nouvel Eleve, à l'envi, sans mesure,
Divinités, répandez vos bienfaits;
Il sçaura tour à tour les rendre avec usure,
Et toujours les Bourbous surpassent vos souhaits.
Deux grands Palmiers, au bas desquels est us
jeune Palmier, qui sort de leur tige commune.
Reddet origo parem.
Sorti d'une Tige immortelle,
Mon sort est d'égaler les Arbres les plus beaux;
Dans peu je serai digne d'elle
Par la hauteur de mes rameaux.
Le Chef d'un essain d'abeilles leur moutre uu
jeune rejetton, auquel il vient de donner le jour;
il abandonne à la République cet héritier destiné
& la gouverner, pour fuire allusion au sentiment
noble & généreux de Monseigneur le Dauphin
qui, à la Naissance de Monseigneur le Duc de
Bourgogne, dit que ce Prince étoit l'enfant de
tonte la France.
Genti, non mihi nascitur Hares.
Cet héritiet, qui de moi tient le jour,
Peuple, est à vous plus qu'à moi- même i
181
JANVIER. 1752.
Vous l'instruîrez par votre amout
A vous chérir autant que je vous aimie.
Au- dessus de l'Abondance, un aigle portant
son jeune aiglon, & volant entre le Soleil & son
pa élie, pour exprimer la joie qu'à la Naissanco
de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI, Mada-
me la Dauphine fit éclater, en présence du Roi
& de Monseigneur le Dauphin.
Ui Nato, inter utrumque, superbit.
Ces feux éblouissans qui frappent l'Univers
Superbe Aiglon, n'ont rien, dont tes regards
s'étonnent,
Et le double éclat qu'ils te donnent,
Dit que mon Sang est fait pour l'Empire des airs-
Un Oranger couvert de fleurs, au bas de sa
tige, une orange que la maturité a fait tomber,
& que le tems a rendu plus douce & plus agrea-
ble:
Tempore dulcior exis.
Le fruit que je viens de répandre,
Par sa beauté charme les yeux,
Et le tems qui l'a fait attendre,
Le rend encor plus précieur.
Pour marquer la joie générale que les peuples
témoignent par les Feux & les Illuminations á
Poccasion de la Naissance du Prince. Une main
tenant un verre ardent, exposé aux rayons da
Soleil; & au-dessous plusicurs feux qui s'allu-
ment.
182 MERCURE DEFRANCE.
Faecundus calor excitat Ignes-
Par mes feux j'anime le monde;
Mes ardeurs le rendent heureux,
Et c'est à ma chaleur féconde
Que s'allument mille autres feux.
D scription des Bas-reliefs, placés dans les
Pans coupés de la Ballustrade.
Le premier Bas-relief offre, à côté de l'His-
toire, le Destin qui montre au jeune Prince le
Portrait de Monseigneur le DUC DE BOURGOGNI,
Pere de Sa Majesté. Pour annoncer qu'un jout
cet Enfant; que la France tient dans ses bras
aura les rares vertus de son Bisayeul; il lui adresse
par allusion à ces mots de Virgile, Tu Marcellus
aris, ces patoles:
Tu Burgundus eris.
Sous ce nom qui promit à des Peuples heureux
Un Sage sur le Trône, & dans un Maître un Pere;
Croissez, beau Rejetton, d'une Tige si chere,
Vous aurez ses vertus & des jours plus nombreux.
Dans le second Bas-relief, Lucine appuyée sur
un berceau d'or, où est le Prince nouveau né, in-
vite le Tems, les Heures, les Parques & la Santé,
à conserver les jours du jeune Prince, à la Nais-
sance duquel elle vient de s'intéresser d'une façon
si marquée: pour les y engager, elle leur adresse
ces mots :
Magnum Jovis incrementum. Virg. Eclog. Iv.
Des mortels en naissant, vous qui réglez le sort,
d by Goo
JANVIER.
1752.
183
Sur celui, dont mes soins ont hâté la Naissance,
Signalez votre bienfaisance:
Le plus pur sang des Dieux est le sang dont il
sort.
Le troisième Bas-relief présente Jupiter sur un
trône de nues: l'Amour & l'Hymen prenant leur
essor croisent leurs flambeaux allumés; & sur la
terre on voit des Autels od Jupiter vent qu'ils
unissent les cœurs des mortels, hommage pour
lui plus touchant que toutes les autres offrandes:
pour marquer la volonté de Sa Majesté, qui tou-
jours attentive au bonheur de ses peuples, a or-
donné qu'on consacrât à former des alliances, les
dépenses que le zéle public destinoit à célébrer la
Naissance de Monseigneur le DUC DE BOUA-
GOGNE.
Ferte citi flammas, date tela & jungite dextras.
Volez, Amour; Hymen, descendez sur la terre»
Que vos flambeaux unis brillent pour les mortels:
Peu jaloux des respects qu'attire le tonnerre
Je ne veux que l'encens offert sur vos Autels.
Le quatrième Bas-relief, fait voir la Déesse de
la Peinture, accompagnée de Venus; elle montre
an jeune Prince, soutenu dans les bras d'une des
uois Graces, le Portrait de Madame la Dauphine,
avec ces mots de Virgile:
Incipe, parve Puer, ri, u cognoscere Matrem.
Virg. Egl. 4.
Aimal le Enfant, qui vient de nastre,
Contemple celle à qui tu dois le jous;
itized by God
184 MERCUREDE FRANCE.
Par son sourire elle te fait connoître
Qi'elle est la Mere de l'Amour.
Sur les Angles de la Balustrade sont posos qua-
tre Groupes de Génies.
Le premier représente deux Amours couronnés
de Pampres & de Lierre, mélant dans des Coupes
rehaussées d'or, le vin de Champagne avec celui-
de Bourgogne.
Jungito Burgundo Campani prcula Cives.
Le second offre deux autres Enfans couronnés
de fleurs, tenant des corbeilles remplies de roses
& de lys qu'ils répandent à pleines mains, avec-
ces mots:
Manibus date Lilia plenis. Virg. Liv. 6.
Le troisiéme montre un Groupe d'Amours, avec
des Couronnes de Myrte & d'Olivier, armés de
Carquois, & tenant en main des Ares tendus.
Nec vim tela ferunt. Virg. Liv. 7.
Le quatrième retrace le Génie de la France &
celui de la Bourgogne, unissant tendrement des-
Boucliers, sur lesquels sont peintes les Armes de
France & de Bourgogne. Autrefois ces Boucliers
ne se rapprochoient que pour les combats, aujour-
d'hui l'Amour & l'Hymen les confondent.
Non ut olim.
Au-dessus du Dôme s'éleve une Renommée,
prenant son essor dans les airs; sur la Bandelette
de sa Trompette, on lit ces mots: Felicitas Pu-
blica.
L'intéricur du Temple découvre au milieu
l'Autel de la Félicité publique, élevé sur trois de-
grés de marbre, sur lequel est un Foyer destiné à
recevo ir les parfums que brule un jeune Amout.
ed by Goc
JANVIER.
185
1752.
Autour du ceintre de l'Autel on lit ces vers de
Tibulle:
Dicamus bona verba, venit natalis ad aras;
Urantur pia thura focis, urantur odores.
Les Parois du Temple offre une nouvelle Ar-
chitecture d'Ordre Corinthien; sur la bordure
sont répandues les Armes de France & de Bourgo-
gne, les Flambeaux de l'Amour & de l'Hymen;
& dans des Cartouches rehaussés d'or on lit les
Inscriptions suivantes, qui annoncent la joie pu-
blique.
Ipse fuos adsit Genius visurus honores
Cui decorent sanctus mollia serta genas. Tib-
I1.
Bacche veni, dulcisque tuis è cornibus uva
Pendeat, & spicis tempora cinge Ceres. Tib-
III.
At tu natalis multos celebrande per aunos
Candidior semper, candidiorque veni! Tib.
IV.
Dum festiva novis fumant altaria flammis,
Urat vestra, Remi, pectora vivus amor.
L'intérieur du Temple n'étoit éclairé que par
la lueur du Foyer de l'Autel, & cette foitle Ju-
miere répandoit dans le Temple une obscurité
mystérieuse qui en augmentoit la majesté.
A chaque côté de l'Hôzel de-Ville sont placées
deux Figures, l'une représentant la Ville de Reimo
couronnée de Tours, contemplaut l'Image du
yGoc
186 MERCUREDEFRANCE.
jeune Prince, préferablement aux Monumens qui
lui restent de Jules Cesar,
Arcs superbes, des ans qui bravez les outrages,
Vos Héros n'ont plus rien qui flate mes regards;
L'Amour que je contemple a seul tous mes hom-
mages:
Un Bourbon m'est plus cher que Rome & ses
Césars.
De l'autre côté la Nymphe de Vesse engage ses
Naiades à s'unir à la joie publique, en reconnois-
sancedes nouveaux bienfaits de SaMajesté; elle veut
qu'elles renouvellent en l'honneur du Roi, ces
Fêtes * anciennes, où l'on couvroit de fleurs les
Urnes des Fontaines rendues célebres par quel-
qu'érénement qui éternisolt leur gloire.
Vous que LouIs fixe en ces lieux,
Naiades
à l'envie que votre onde jaillisse,
Et que son murmure s'unisse
Aux accens d'un Peuple joyeux.
De ce Peuple heureux & fidele
Imitez, s'il se peut, l'amour & les transports.
Du plus puissant des Rois la bonté paternelle
Allure pour jamais la gloire de vos bords:
Nymphes, soyez reconnoissantes;
Pour célébrer sa générosité,
Que vos Urnes obeissantes,
Ces fêtes s' apl elloient Fontanilia.
gitized by Goc
287
JANVIER.
1752.
En épanchant ici leurs Ondes bienfaisantes
Y versent la félicité;
Que leurs cours ne soit arrêté,
Que lors qu'au Temble de Mémoire
De Louis finira la gloire,
Le nom & la postérité.
Au dessus de la Porte de l'Hôtel de Ville, on
lit dans un cartouche, l'Inscription suivante:
LUDOVICO DECIMO QUINTO
Regi maximo & optimo
Pacis reparatori,
Suorum amori,
Et Ludovico Delphino ejus Filio dilectissimo
Paternarum virtutum amulatori;
Ob recens Natum Burgundia Ducem,
Gallia votorum summam, spem, delicias.
Pacis pignus fidissimum;
In impotenti exundantis latitia impetu
Et solemni aterna gratiarum actionis protestatione,
Hoc
Felicitatis publica monumentum.
S. P. Q R.
D. V. C.
Anno M. DCCLI.
TRADUCTION DE L'INSCRPTION.
Le Conseil & le Peuple de la Ville de Reims,
dans les effusions de la Joie la plus vive, & les té-
ized by Goc
-
288 MERCURE DE FRANCE.
moignages solemnels de leur éternelle reconnois-
sancè, dé jient, vouent, & consacrent ce Tempse
de la Felicite publique à LOUIS, RoI très-
grand & très bon, le Restaurateur de la Paix
l'amour de son peuple; & à LOUIS, Dau-
phin, son fils Bien-Aimé, en réjouissance de l'heu-
reuse naissance du DUC DE BOURGOGNE,
objet des vœux de la France, son espérance, &
ses délices. L'an du Seigneur mil sept cens cin-
quante & un.
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Résumé : Explications des devises & des emblèmes peints sur les médaillons placés au-dessus de chaque Figure.
Le texte célèbre la naissance du Duc de Bourgogne, fils du Dauphin, en 1751. Plusieurs emblèmes et devises symbolisent cet événement. Une aurore au-dessus de la Paix représente la naissance inattendue du Duc, avec la devise 'Luce fugat somnos, Solemque reducit'. Le signe de la Balance assure l'ordre de la succession royale, avec 'Ex me invariabilis ordo'. Un dauphin jaillissant symbolise les bienfaits de cette naissance, avec 'Ex me utile, dulce fluit'. La Force est illustrée par un myrthe, un olivier et un lys, signifiant la force et l'union, avec 'Fortius ac melius'. Un trône doré soutenu par des amours représente la stabilité royale, avec 'Fulcitur utrinque'. Une couronne d'or symbolise l'éclat et la robustesse du nouveau-né, avec 'Et robur et decus addit'. Autour du berceau, Mars, Apollon et Minerve célèbrent cet élève prometteur, avec 'Quae suo fiat alumno'. Des palmiers symbolisent la noblesse et la grandeur future du prince, avec 'Reddet origo parem'. Un essaim d'abeilles et un rejeton illustrent le dévouement du Dauphin à la France, avec 'Genti, non mihi nascitur haeres'. Un aigle et son aiglon expriment la joie de la Dauphine, avec 'Ut nato, inter utrum'. Les bas-reliefs montrent Jupiter, l'Amour et l'Hymen, symbolisant l'union des cœurs et la volonté du roi de former des alliances. La déesse de la Peinture et Vénus montrent au prince le portrait de la Dauphine, accompagnée d'une citation de Virgile. La balustrade est ornée de génies représentant l'union de la France et de la Bourgogne. Une Renommée proclame 'Felicitas Publica'. L'intérieur du temple, dédié à la Félicité publique, est orné d'inscriptions célébrant la joie publique. Des figures représentent Reims et la nymphe de Vesse, invitant à la reconnaissance des bienfaits du roi. Une inscription voue un temple de la Félicité publique à Louis XV et au Dauphin.
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12833
p. 188-189
« La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...] »
Début :
La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...]
Mots clefs :
Ville, Illumination, Spectacle, Fête, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...] »
La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son
Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon
s'élevoit une estrade de six dégrés, où l'on
voyoit les portraits du Roi & de la Reine, sous un
dais enrichi de broderies & des Chiffres de leurs
Majestés.
La fête fut annoncée dès le matin par le bruit du
canon des remparts. L'Illumination commença
vers les sept heures du soir, au son des trom-
pettes, des fifres, des hanthois, des tavibours
& des tymbales, suivi des décharges du cinon &
de la mousqueterie des Chovaliers de l'Aiquebu-
se: cette Compagnie, par l'éclat de son unifor-
me, & la legéreté de ses évolutions, ajoutoit à la
fête un nonvel embélissement.
L'illumination, l'artifice & les Fusées volan-
tes, semblerent donner une espece de vie aux
figures symboliques dont le bâtiment du Temple
étoit décoré; & pour donnet un nouvel agrément
à ce spectacle, on avoit placé au balcon de l'Ho-
tel de Ville, un chœur nombrenx de symphonis-
tes, dont les airs exptimoient la joie universelle.
Une joie vive annonçoit le zéle, l'amour, & la
reconnoissance de tous les Citoyens pour notre au-
guste Monarque, & ces sentimens étoient élo-
zed by Goog
JANVIER.
1752.
189
quemment exprimés par leurs acclamations, &
par les cris redoublés de leurs vœux pour Sa Ma-
jesté & la Famille Royale.
Le même jour, le Palais Archiépiscopal de
M. le Prince de Rohan fut magnisiquement illu-
miné: le bon goût & l'arrangement de cette illu-
lumination attira un grand nombre de Specta-
teurs.
M. Rogier, Lieutenant des habitans, si distin-
gué par son zéle pout la gloire & les Intérêts de la
Ville, a voulu dans cette occasion se rendre le
Ministre de l'allégresse publique, & l'interprête de
l'amour du Peuple pout son Roi, par une fête
magnisique qu'il a donnée à laquelle ont été invi-
tés M. le Comte de Grand Pré, le Corps de Ville,
les Capitaines de la Bourgeoisie. & différentes au-
tres personnes. Plusieurs tables ont été servies àvec
autant d'ordre que de délicatesse & de magnifi-
cence. La foçade & l'intérieur de son Hôtel, of-
scoient une illumination charmante, par le nom-
bre & la disposition des lumieres qui formoient sur
la terrasse un spectacle nouveau, en feu figurant des
arcades, des portiques, & différens ornemens
d'Architecture.
La Ville de Reims, pour se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, a conclu qu'il seroit pris
sut les deniers dont l'administration lui est confiée,
la somme de quatre mille livres, pour doter vingt
filles.
Chacun s'empressa de seconder le zéle du Con-
seil de Ville par des Illuminations, qui furent
générales dans toute la Ville.
Le dessein du Temple, les devises & les emble-
mes, ont été imaginés, & les Inscriptions en
vers, composées par M. de Saulx, Chanoine de
l'Eglise de Reims, Chancelier de l'Université, &
Principal du College.
Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon
s'élevoit une estrade de six dégrés, où l'on
voyoit les portraits du Roi & de la Reine, sous un
dais enrichi de broderies & des Chiffres de leurs
Majestés.
La fête fut annoncée dès le matin par le bruit du
canon des remparts. L'Illumination commença
vers les sept heures du soir, au son des trom-
pettes, des fifres, des hanthois, des tavibours
& des tymbales, suivi des décharges du cinon &
de la mousqueterie des Chovaliers de l'Aiquebu-
se: cette Compagnie, par l'éclat de son unifor-
me, & la legéreté de ses évolutions, ajoutoit à la
fête un nonvel embélissement.
L'illumination, l'artifice & les Fusées volan-
tes, semblerent donner une espece de vie aux
figures symboliques dont le bâtiment du Temple
étoit décoré; & pour donnet un nouvel agrément
à ce spectacle, on avoit placé au balcon de l'Ho-
tel de Ville, un chœur nombrenx de symphonis-
tes, dont les airs exptimoient la joie universelle.
Une joie vive annonçoit le zéle, l'amour, & la
reconnoissance de tous les Citoyens pour notre au-
guste Monarque, & ces sentimens étoient élo-
zed by Goog
JANVIER.
1752.
189
quemment exprimés par leurs acclamations, &
par les cris redoublés de leurs vœux pour Sa Ma-
jesté & la Famille Royale.
Le même jour, le Palais Archiépiscopal de
M. le Prince de Rohan fut magnisiquement illu-
miné: le bon goût & l'arrangement de cette illu-
lumination attira un grand nombre de Specta-
teurs.
M. Rogier, Lieutenant des habitans, si distin-
gué par son zéle pout la gloire & les Intérêts de la
Ville, a voulu dans cette occasion se rendre le
Ministre de l'allégresse publique, & l'interprête de
l'amour du Peuple pout son Roi, par une fête
magnisique qu'il a donnée à laquelle ont été invi-
tés M. le Comte de Grand Pré, le Corps de Ville,
les Capitaines de la Bourgeoisie. & différentes au-
tres personnes. Plusieurs tables ont été servies àvec
autant d'ordre que de délicatesse & de magnifi-
cence. La foçade & l'intérieur de son Hôtel, of-
scoient une illumination charmante, par le nom-
bre & la disposition des lumieres qui formoient sur
la terrasse un spectacle nouveau, en feu figurant des
arcades, des portiques, & différens ornemens
d'Architecture.
La Ville de Reims, pour se conformer aux in-
tentions de Sa Majesté, a conclu qu'il seroit pris
sut les deniers dont l'administration lui est confiée,
la somme de quatre mille livres, pour doter vingt
filles.
Chacun s'empressa de seconder le zéle du Con-
seil de Ville par des Illuminations, qui furent
générales dans toute la Ville.
Le dessein du Temple, les devises & les emble-
mes, ont été imaginés, & les Inscriptions en
vers, composées par M. de Saulx, Chanoine de
l'Eglise de Reims, Chancelier de l'Université, &
Principal du College.
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Résumé : « La Façade de l'Hôtel de Ville présentoit par son Illumination un autre Spectacle. Au dessus du balcon [...] »
En janvier 1752, Reims célébra le roi et la reine par diverses festivités. La façade de l'Hôtel de Ville fut illuminée et ornée des portraits royaux sous un dais brodé. La fête commença avec des tirs de canon et de musique, suivis de salves d'artillerie et de mousqueterie par les Chevaliers de l'Arquebuse. Des illuminations, feux d'artifice et fusées éclairantes animèrent les figures symboliques du Temple. Un chœur de musiciens joua des airs joyeux depuis le balcon de l'Hôtel de Ville. Le Palais Archiépiscopal du Prince de Rohan fut également illuminé, attirant de nombreux spectateurs. M. Rogier, Lieutenant des habitants, organisa une fête somptueuse avec des personnalités notables. La ville de Reims alloua 4000 livres pour doter vingt filles, selon les intentions royales. Des illuminations générales eurent lieu dans toute la ville. Les décorations du Temple, les devises et les emblèmes furent conçus par M. de Saulx, Chanoine de l'Église de Reims.
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12834
p. 190-191
De Rochefort, le 20.
Début :
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort, [...]
Mots clefs :
Rochefort, Jean-Baptiste Mac Nemara, Marine, Roi, Ville, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Rochefort, le 20.
De Rochefort, le 20.
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons
fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort,
& il a été nommé le Duc de Bourgogne. Il
arriva dans cette occasion un hazard, qui auroit
été regardé par les anciens Romains, comme un
augure digne de remarque. On avoit orné ce
Vaisseau de quelques btanches d'arbre: un oi-
seau, qu'un faucon poursuivoit à tire d'asle, s'y
refugia, & il y trouva un asile qui lui sauva la vie.
Le lendemain, on annonça par une salve de vingt
& une pièce de canon, les rejouissances pour la nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. A
midi, tout le Corps des Officiers de la Marine se
rendit chez M. de Macnemara, Chef d'Escadie
des Armées Navales du Roi, & Commandant à
Rochefort, qui avoit invité à cette fête les prin-
cipales Dames de la Ville, & tous les Etrangers
que la curiosité y avoit attirés. On servit plusieurs
tables, dont quatre étoient de trente couverts
& une de vingt. Les santés du Roi, de la Reine,
de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dau-
phine, & de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
furent salvées chacune de vingt & un coup de
canon. Sur les cinq heures du soir, le Te Deum
fut chanté daus la Chapelle du Roi, & tout le
Clergé Séculier & Régulier de la Ville y assista,
Lorsque la nuit fut venue, on tira un feu d'arti-
fice dans la Prairie de Rhône. En même tems,
toutes les maisons de la Ville furent illuminées,
ainsi que le Château, l'Intendance & le Contrôle
& plusieurs fontaines de vin coulerent par ordre
de M. de Macnemara dans la Place du Château,
Le souper, que ce Commandant donna, ne ceda
191
JANVIER. 1752.
point au diner en magnificence. Toute la Com-
pagnie se rendit vers les onze heures à l'Hôtel des
Gardes de la Marine, qui étoit illuminé avec
beauçoup de goût & d'élégance, & où, M. de
Macnemara ouvrit le Bal avec Madame ie Nor-
mant de Mezy, épouse de l'Intendant de Roche-
fort. L'éclat de cette fête a répondu parfaitement
aux soins que M. de Macnemara a pris, & à l'ar-
deur avec laquelle tout le Corps de la Marine de
Rochefort l'a secondé, pout rendre ces rejouis-
sances dignes de l'évenement qui en étoit l'occa-
sion.
Un nouveau Vaisseau de quatre-vingt canons
fut lancé à l'eau le 20, dans le Port de Rochefort,
& il a été nommé le Duc de Bourgogne. Il
arriva dans cette occasion un hazard, qui auroit
été regardé par les anciens Romains, comme un
augure digne de remarque. On avoit orné ce
Vaisseau de quelques btanches d'arbre: un oi-
seau, qu'un faucon poursuivoit à tire d'asle, s'y
refugia, & il y trouva un asile qui lui sauva la vie.
Le lendemain, on annonça par une salve de vingt
& une pièce de canon, les rejouissances pour la nais-
sance de Monseigneur le Duc de Bourgogne. A
midi, tout le Corps des Officiers de la Marine se
rendit chez M. de Macnemara, Chef d'Escadie
des Armées Navales du Roi, & Commandant à
Rochefort, qui avoit invité à cette fête les prin-
cipales Dames de la Ville, & tous les Etrangers
que la curiosité y avoit attirés. On servit plusieurs
tables, dont quatre étoient de trente couverts
& une de vingt. Les santés du Roi, de la Reine,
de Monseigneur le Dauphin, de Madame la Dau-
phine, & de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
furent salvées chacune de vingt & un coup de
canon. Sur les cinq heures du soir, le Te Deum
fut chanté daus la Chapelle du Roi, & tout le
Clergé Séculier & Régulier de la Ville y assista,
Lorsque la nuit fut venue, on tira un feu d'arti-
fice dans la Prairie de Rhône. En même tems,
toutes les maisons de la Ville furent illuminées,
ainsi que le Château, l'Intendance & le Contrôle
& plusieurs fontaines de vin coulerent par ordre
de M. de Macnemara dans la Place du Château,
Le souper, que ce Commandant donna, ne ceda
191
JANVIER. 1752.
point au diner en magnificence. Toute la Com-
pagnie se rendit vers les onze heures à l'Hôtel des
Gardes de la Marine, qui étoit illuminé avec
beauçoup de goût & d'élégance, & où, M. de
Macnemara ouvrit le Bal avec Madame ie Nor-
mant de Mezy, épouse de l'Intendant de Roche-
fort. L'éclat de cette fête a répondu parfaitement
aux soins que M. de Macnemara a pris, & à l'ar-
deur avec laquelle tout le Corps de la Marine de
Rochefort l'a secondé, pout rendre ces rejouis-
sances dignes de l'évenement qui en étoit l'occa-
sion.
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Résumé : De Rochefort, le 20.
Le 20 janvier 1752, le vaisseau de quatre-vingt canons nommé le Duc de Bourgogne a été lancé à Rochefort. Lors de cet événement, un oiseau, poursuivi par un faucon, a trouvé refuge sur le vaisseau. Le lendemain, une salve de vingt-et-un coups de canon a célébré la naissance du Duc de Bourgogne. À midi, M. de Macnemara, Chef d'Escadre des Armées Navales du Roi et Commandant à Rochefort, a invité les officiers de la marine, les principales dames de la ville et les étrangers présents. Les santés du Roi, de la Reine, du Dauphin, de la Dauphine et du Duc de Bourgogne ont été portées, chacune accompagnée de vingt-et-un coups de canon. En soirée, un Te Deum a été chanté dans la chapelle du Roi, suivi d'un feu d'artifice et d'illuminations dans toute la ville. Des fontaines de vin ont coulé sur la place du Château. M. de Macnemara a offert un somptueux souper, et un bal a été organisé à l'Hôtel des Gardes de la Marine. La fête, marquée par une grande magnificence, a été soigneusement organisée par M. de Macnemara et le corps de la marine de Rochefort.
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12835
p. 191
De Sion, en Vallais, le 21.
Début :
Un Courier dépêché de Soleure, par M. le Marquis de Paulmy, ayant apporté ici la nouvelle [...]
Mots clefs :
Sion, Valais, Résident de France, Ville, Cathédrale, Chapitre, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Sion, en Vallais, le 21.
De Sion, en Vallais, le 21.
Un Courier dépêché de Soleure, par M. le
Marquis de Paulmy, ayant apporté ici la nouvelle
de la naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne, les Habitans de cette Ville ont montré la
même joie que s'ils avoient été François. L'Evê-
que & le Chapitre de la Cathédrale ont été des
premiers à faire éclater leurs sentimens, en chan-
tant solemnellement le Te Deum, après lequel
l'Evêque donna un somptueux repas au Résident
de France, ainsi qu'au Chapitre & au Conseil. Le
3 de ce mois, le Conseil en donna un qui ne fut
pas moins magnisique, & le 17 il assista au Te
Deum, que le Résident de France fit chanter en
musique dans la Cathédrale. Après cette cérémo-
nie, le Résident de France fit servir une table de
cent couverts. Deux fontaines de vin coulerent en
même tems par son ordre pour le peuple, à qui il
fit abandonner un bœeuf rôti. Le soir il y eut Bal
chez le Résident, & sa maison illuminée avec ma-
gnificence, offrit un spectacle qu'on n'avoit point
encore vû dans cette Ville,
Un Courier dépêché de Soleure, par M. le
Marquis de Paulmy, ayant apporté ici la nouvelle
de la naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne, les Habitans de cette Ville ont montré la
même joie que s'ils avoient été François. L'Evê-
que & le Chapitre de la Cathédrale ont été des
premiers à faire éclater leurs sentimens, en chan-
tant solemnellement le Te Deum, après lequel
l'Evêque donna un somptueux repas au Résident
de France, ainsi qu'au Chapitre & au Conseil. Le
3 de ce mois, le Conseil en donna un qui ne fut
pas moins magnisique, & le 17 il assista au Te
Deum, que le Résident de France fit chanter en
musique dans la Cathédrale. Après cette cérémo-
nie, le Résident de France fit servir une table de
cent couverts. Deux fontaines de vin coulerent en
même tems par son ordre pour le peuple, à qui il
fit abandonner un bœeuf rôti. Le soir il y eut Bal
chez le Résident, & sa maison illuminée avec ma-
gnificence, offrit un spectacle qu'on n'avoit point
encore vû dans cette Ville,
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Résumé : De Sion, en Vallais, le 21.
Le 21 du mois, la nouvelle de la naissance du Duc de Bourgogne est arrivée à Sion, en Valais. Les habitants ont manifesté leur joie de manière festive, comme s'ils étaient français. L'évêque et le chapitre de la cathédrale ont été parmi les premiers à célébrer cet événement en chantant solennellement le Te Deum. Ensuite, l'évêque a offert un somptueux repas au résident de France, ainsi qu'au chapitre et au conseil. Le 3 du mois, le conseil a organisé un autre repas somptueux. Le 17, le conseil a assisté à un Te Deum chanté en musique dans la cathédrale par le résident de France. Après la cérémonie, le résident a servi une table de cent couverts et a fait couler deux fontaines de vin pour le peuple, auquel il a également offert un bœuf rôti. Le soir, un bal a eu lieu chez le résident, dont la maison était illuminée avec magnificence, offrant un spectacle inédit dans la ville.
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12836
p. 192-193
De Versailles.
Début :
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet, de la bouche & de la fouriere de Madame [...]
Mots clefs :
Versailles, Dauphine, Concert, Feu d'artifice, Fête, Duchesse, Catherine-Nicole Le Maure, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Versailles.
De Versailles.
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet,
de la bouche & de la fouriere de Madame
la Dauphine, ayant fait magnisiquement illumi-
ner l'Eglise des Recolets de Versailles; y firent
chanter le Te Deum, pour joindre leurs actions de
graces à celles de toute la France. Monseigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine y assisterenti,
& le peuple, qui étoit accoutu sur leur passage
s'empressa de leur témoigner, l'intérête qu'il
prend à leur santé, & à leur satisfaction.
Il y eut le soit un Concert chez Madame la
Dauphine, & ensuite un très-beau feu d'artifice,
que les Habitans de Versailles firent tirer dans les
Jardins du Château, vis-à-vis de l'Appartement
de cette Priocesse.
La Duchesse de Lauraguais, Dame d'Atour de
Madame la Dauphine, donna le 24 une fête, à
laquelle présiderent également le goût & la ma-
gnificence. Monseigneut le Dauphin & Madame
la Dauphine, se rendirent vers les six heures du
soir, à la maison que cette Duchesse a dans la
principale avenue de Versailles, & la fête com-
mença par un Concert, composé de Musiciens du
premier ordre, entre autres de la célebre Demoi-
selle le Maure, de Madame & de M. Forquary
de M. Jeliotte & de M. Blavet. Au Concert suc-
ceda uu feu d'artifice, tiré sur la butte de Mont
horon, qui aptès le feu offrit un très-brillant
spectacle par une illumination aussi var ée qu'éle-
gante. On servit ensuite un soupet des plus splen-
dides, & la fête fut terminée par plusieurs cou-
plets, chantés à l'honneur de Monseigneur le Due
de Bourgogne, dans lesquels la Demoilelle le
Navite
JANVIER.
1752.
193
Maure fit admirer la supériorité de sa voix & de
son talent.
Le 23, les Officiers du Bureau & ceux du Gobelet,
de la bouche & de la fouriere de Madame
la Dauphine, ayant fait magnisiquement illumi-
ner l'Eglise des Recolets de Versailles; y firent
chanter le Te Deum, pour joindre leurs actions de
graces à celles de toute la France. Monseigneur
le Dauphin & Madame la Dauphine y assisterenti,
& le peuple, qui étoit accoutu sur leur passage
s'empressa de leur témoigner, l'intérête qu'il
prend à leur santé, & à leur satisfaction.
Il y eut le soit un Concert chez Madame la
Dauphine, & ensuite un très-beau feu d'artifice,
que les Habitans de Versailles firent tirer dans les
Jardins du Château, vis-à-vis de l'Appartement
de cette Priocesse.
La Duchesse de Lauraguais, Dame d'Atour de
Madame la Dauphine, donna le 24 une fête, à
laquelle présiderent également le goût & la ma-
gnificence. Monseigneut le Dauphin & Madame
la Dauphine, se rendirent vers les six heures du
soir, à la maison que cette Duchesse a dans la
principale avenue de Versailles, & la fête com-
mença par un Concert, composé de Musiciens du
premier ordre, entre autres de la célebre Demoi-
selle le Maure, de Madame & de M. Forquary
de M. Jeliotte & de M. Blavet. Au Concert suc-
ceda uu feu d'artifice, tiré sur la butte de Mont
horon, qui aptès le feu offrit un très-brillant
spectacle par une illumination aussi var ée qu'éle-
gante. On servit ensuite un soupet des plus splen-
dides, & la fête fut terminée par plusieurs cou-
plets, chantés à l'honneur de Monseigneur le Due
de Bourgogne, dans lesquels la Demoilelle le
Navite
JANVIER.
1752.
193
Maure fit admirer la supériorité de sa voix & de
son talent.
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Résumé : De Versailles.
Le 23 janvier 1752, à Versailles, les officiers du Bureau et du Gobelet, ainsi que ceux de la bouche et de la fourière de Madame la Dauphine, ont illuminé l'église des Récollets et y ont fait chanter le Te Deum pour exprimer leur gratitude. Monseigneur le Dauphin et Madame la Dauphine ont assisté à cet événement, et le peuple a manifesté son soutien lors de leur passage. Le soir, un concert et un feu d'artifice ont eu lieu dans les jardins du Château, devant l'appartement de Madame la Dauphine. Le 24 janvier, la Duchesse de Lauraguais a organisé une fête somptueuse. Le Dauphin et la Dauphine y ont assisté, accompagnée d'un concert avec des musiciens renommés comme Mademoiselle le Maure, Madame, M. Forqueray, M. Jéliotte et M. Blavet. Un feu d'artifice a été tiré sur la butte de Montbauron, suivi d'une illumination et d'un somptueux souper. La fête s'est conclue par des couplets chantés en l'honneur du Duc de Bourgogne, où Mademoiselle le Maure a montré son talent vocal.
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12837
p. 193-194
D'Avignon, le 24.
Début :
Les bienfaits que les Habitans de cette Ville ont reçu de la Couronne de France, leur inspirent [...]
Mots clefs :
Avignon, Te Deum, Église, Vice-légat, Ville, Musique, Feu d'artifice, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : D'Avignon, le 24.
D'Avignon, le 24.
Les bienfaits que les Habitans de cette Ville
ont reçu de la Couronne de France, leur inspirent
une reconnoissance trop sincère, pour qu'ils
négligent aucune occasion de la faire éclater.
Pendant trois jours consécutifs, il y a eu ici des
rejouissances publiques pour la naissance de Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne. Le 24 de ce mois,
le Deum fut chanté à plusieurs chœurs de musique
dans l'Eglise Métropolitaine par ordre du Vice-
Légat, qui y assista, étant accompagné de tous
les Tribunaux, ains: que du Corps de-Ville.
Après cette cétémonie, le Vice-Légat, an bruit
d'une décharge d'artillerie, & de plusieurs salves,
de mousqueterie des troupes de la garnison & de
la Milice Bourgeoise, alluma le Buchet qu'on
avoit préparé dans la Place, vis-à vis le Palais.
On tira le soir devant l'Hô el-de Vile un feu
d'artifice, & toutes les rues furent illuininées.
Le 25 & le 26, l'Archevêché, le Corps-de Vil'e
& le Chapitre de l'Eglise Métropolitaive, ont
fait successivement chanter le Te Deum dans cette
Eglise, en action de graces du même évenement.
Chacun de ces deux jours, on a renouvellé les
illuminations, & le : 6 le Corps-de Visse fit tirer.
un seeond seu d'artifice, de beaucoup plus grande
dépense encore que celui du 24. Ces fêtes. furent
terminées par un somptueux repas, que le Vice-
Légat donna à toute la Noblesse. Les, Célestins
dont le Couvent a été fondé par le Roi Charles
VI. out signalé en particulier leur zéle, en faisant
chanter une Messe solemnelle, & le Te Deum en
II. Vol.
tized by Goc
194 MERCUREDEFRANCE.
musique. Le Marquis de Crillon, & le Marquis
d'Aulan, n'ont rien épargné pour marquet leur
joie, & ils se sont distingues surtout par la beauté
des illuminations de leurs Hôtels.
Les bienfaits que les Habitans de cette Ville
ont reçu de la Couronne de France, leur inspirent
une reconnoissance trop sincère, pour qu'ils
négligent aucune occasion de la faire éclater.
Pendant trois jours consécutifs, il y a eu ici des
rejouissances publiques pour la naissance de Mon-
seigneur le Duc de Bourgogne. Le 24 de ce mois,
le Deum fut chanté à plusieurs chœurs de musique
dans l'Eglise Métropolitaine par ordre du Vice-
Légat, qui y assista, étant accompagné de tous
les Tribunaux, ains: que du Corps de-Ville.
Après cette cétémonie, le Vice-Légat, an bruit
d'une décharge d'artillerie, & de plusieurs salves,
de mousqueterie des troupes de la garnison & de
la Milice Bourgeoise, alluma le Buchet qu'on
avoit préparé dans la Place, vis-à vis le Palais.
On tira le soir devant l'Hô el-de Vile un feu
d'artifice, & toutes les rues furent illuininées.
Le 25 & le 26, l'Archevêché, le Corps-de Vil'e
& le Chapitre de l'Eglise Métropolitaive, ont
fait successivement chanter le Te Deum dans cette
Eglise, en action de graces du même évenement.
Chacun de ces deux jours, on a renouvellé les
illuminations, & le : 6 le Corps-de Visse fit tirer.
un seeond seu d'artifice, de beaucoup plus grande
dépense encore que celui du 24. Ces fêtes. furent
terminées par un somptueux repas, que le Vice-
Légat donna à toute la Noblesse. Les, Célestins
dont le Couvent a été fondé par le Roi Charles
VI. out signalé en particulier leur zéle, en faisant
chanter une Messe solemnelle, & le Te Deum en
II. Vol.
tized by Goc
194 MERCUREDEFRANCE.
musique. Le Marquis de Crillon, & le Marquis
d'Aulan, n'ont rien épargné pour marquet leur
joie, & ils se sont distingues surtout par la beauté
des illuminations de leurs Hôtels.
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Résumé : D'Avignon, le 24.
Les habitants d'Avignon ont manifesté leur reconnaissance envers la Couronne de France le 24 du mois, à l'occasion de la naissance du Duc de Bourgogne. Des festivités publiques ont duré trois jours. Le 24, un Te Deum a été chanté dans l'église métropolitaine par ordre du Vice-Légat, en présence des tribunaux et du corps de ville. Un bûcher a été allumé sur la place, suivi de salves d'artillerie et de mousqueterie. Un feu d'artifice a été tiré devant l'hôtel de ville, et les rues ont été illuminées. Les 25 et 26, l'archevêché, le corps de ville et le chapitre de l'église métropolitaine ont chanté le Te Deum en actions de grâce. Des illuminations ont été renouvelées chaque jour, et un second feu d'artifice a été tiré le 26. Les célébrations se sont conclues par un somptueux repas offert par le Vice-Légat à la noblesse. Les Célestins ont marqué leur zèle par une messe solennelle et le Te Deum en musique. Les marquis de Crillon et d'Aulan se sont distingués par la beauté des illuminations de leurs hôtels.
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12838
p. 194-196
Du Havre le 28.
Début :
Je ne prends point, Monsieur, en mauvaise part les reproches que vous me faites de mon silence ; [...]
Mots clefs :
Le Havre, Hôtel de ville, Place, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Du Havre le 28.
Du Havre le 28.
Je ne prends point, Monsieur, en mauvaise
part les reproches que vous me faites de mon silence ;
vous les assa sonnez de termes si obligans, que
je ne sçautois vous en faire un crime. Je me per-
suade que vous me pardonnerez à votre tour ma
negligence, puisqu'elle n'a été occasionnée que
par un voyage, que j'ai fait au Havre de Grace
où j'ai resté jusqu'au 29. du mois passé.
Je ne comptois pas m'y atrêter si long tems;
mais j'ai différé mon retour de quelques jours
pour me trouver aux réjouissances qui s'y sont fai-
tes le 28 à l'occasion de la naissance de Monsei-
gneut le Duc de Bourgogne.
Comme j'en ai été satisfait, je crois que vous
me sçaurez bon gré de vous faire part de ce qui
s'y est passé.
Cette Ville, pour se conformer aux désirs de
Sa Majeste, a doté 21 pauvres filles nées de la-
dite Ville, ou du Faubourg, ausquelles elle a
donné à chacune quatre cens livtes. Afin de ren-
dre cet événement plus mémorable, les réjouis-
sances avoient été différées jusqu'au jour de leurs
mariages, pour n'en fatre qu'une même sête.
Ahuit heures du matin on battit la géné ale, &
à 9 heures la Garnison & la Bourgecisie étoient
sous les at mes, ils se rangerent en bataille sur la
Place d'Armes, à côté de l'Hôtel de Ville. A 10
heuies tout le cortège partit pour se rendre à l'E-
glise; un détachement de 50 Grenadiers ourrit
195
JANVIER. 1752.
la marche, la Bourgeoisie les suivit les drapeaux
déployés, en bordant les rues depuis l'Hôtel de
Ville, jusques dans la Cour de l'Eglise N. Dame.
M. le Comte de Beauvoir Lieutenant de Roi& Com-
mandant de la Place à la tête de Corps de-Ville,
marchoit au milieu. Les 21 filles accompagnées
de leurs affidés, les suivoient, & la marche étoit
fermée par les Gardes de M. le Duc de Saint Ai-
gnan Gouverneur de la Place, & par les tam-
oours, les trompettes, les hautbois, les fiffres &
les violons. Arrivez à l'Eglise, le Curé de la Pa-
roisse célébra les mariages avec les cérémonies or-
dinaires, & après la messe on chanta le Te Deum
& l'Exaudiat, qui furent suivis d'une infinité d'ac-
clamations, de vive le Roi, réitérées à plusieurs
reptises.
On retourna à l'Hôtel dé Ville dans le même
ordre, qu'on en étoit parti: les nouveaux mariés
y trouverent 2 tabies, l'une de 20; & l'autre de
22 couverts, où on seur servit à diner. Après le
repas on les fit passer dans un autre appartement,
ou la dot leur fut payée.
Sur les cinq heures du soir on mit le feu au bu-
cher, & peu après, les canons de la Citadelle, &
des ramparts de la Ville, tirerent chacun trois
décharges, qui furent répétées par la mousquet-
terie de la Garnison & des Bourgeois, qui bor-
doient les courtines des fortifications. Ce specta-
cle faisoit un fort bon effet, & représentoit une
Ville assiègée qui se deffendoit contre l'en-
nemi.
A six heures toute la Ville fut illuminée avec
beaucoup d'ordre & de bon goût, chacun s'étoit
distingué à l'envi à encherir les uns sut les autres,
soit par la quantité de lampions, soit par l'élégan-
atrangement, ou par des emblêmes, qui
ce de l'
175 MERCUREDEFRANCE.
avoient rapport à la fête que l'on célébroit. Ea
voici entre autres trois que j'ai retenues, parce
qu'elles m'ont frappé davantage.
L'une représentoit le soleil levant, qui dardoit
ses rayons sur une Campagne émaillée de fleurs. Oa
lisoit an bas ces mots.
Faecundat ab erta.
Cette premiere étoit placée au milieu des deun
suivantes.
Celle de la droite représentoit la couronne de
France soutenue par trois colonnes. Et elle avoit
pour devise.
Firma tribus.
Celle de la gauche étoit un lys qui portoit des
tiges inégales, dont une étoit encore naissante.
Et il y avoit au bas.
Nac erit surtulus impar,
Cette fete a été terminée par un bal que M. le
Comte de Beauvoir a donné à l'Hôtel de Ville
od il avoit fait inviter toutes les personnes distin-
guées de la Ville & des environs Je vous avoue
que j'ai été satisfait au de la de mon attente de
cette réjovissance, & du bon ordre avec lequel
olle a été exécutée, &c.
Je ne prends point, Monsieur, en mauvaise
part les reproches que vous me faites de mon silence ;
vous les assa sonnez de termes si obligans, que
je ne sçautois vous en faire un crime. Je me per-
suade que vous me pardonnerez à votre tour ma
negligence, puisqu'elle n'a été occasionnée que
par un voyage, que j'ai fait au Havre de Grace
où j'ai resté jusqu'au 29. du mois passé.
Je ne comptois pas m'y atrêter si long tems;
mais j'ai différé mon retour de quelques jours
pour me trouver aux réjouissances qui s'y sont fai-
tes le 28 à l'occasion de la naissance de Monsei-
gneut le Duc de Bourgogne.
Comme j'en ai été satisfait, je crois que vous
me sçaurez bon gré de vous faire part de ce qui
s'y est passé.
Cette Ville, pour se conformer aux désirs de
Sa Majeste, a doté 21 pauvres filles nées de la-
dite Ville, ou du Faubourg, ausquelles elle a
donné à chacune quatre cens livtes. Afin de ren-
dre cet événement plus mémorable, les réjouis-
sances avoient été différées jusqu'au jour de leurs
mariages, pour n'en fatre qu'une même sête.
Ahuit heures du matin on battit la géné ale, &
à 9 heures la Garnison & la Bourgecisie étoient
sous les at mes, ils se rangerent en bataille sur la
Place d'Armes, à côté de l'Hôtel de Ville. A 10
heuies tout le cortège partit pour se rendre à l'E-
glise; un détachement de 50 Grenadiers ourrit
195
JANVIER. 1752.
la marche, la Bourgeoisie les suivit les drapeaux
déployés, en bordant les rues depuis l'Hôtel de
Ville, jusques dans la Cour de l'Eglise N. Dame.
M. le Comte de Beauvoir Lieutenant de Roi& Com-
mandant de la Place à la tête de Corps de-Ville,
marchoit au milieu. Les 21 filles accompagnées
de leurs affidés, les suivoient, & la marche étoit
fermée par les Gardes de M. le Duc de Saint Ai-
gnan Gouverneur de la Place, & par les tam-
oours, les trompettes, les hautbois, les fiffres &
les violons. Arrivez à l'Eglise, le Curé de la Pa-
roisse célébra les mariages avec les cérémonies or-
dinaires, & après la messe on chanta le Te Deum
& l'Exaudiat, qui furent suivis d'une infinité d'ac-
clamations, de vive le Roi, réitérées à plusieurs
reptises.
On retourna à l'Hôtel dé Ville dans le même
ordre, qu'on en étoit parti: les nouveaux mariés
y trouverent 2 tabies, l'une de 20; & l'autre de
22 couverts, où on seur servit à diner. Après le
repas on les fit passer dans un autre appartement,
ou la dot leur fut payée.
Sur les cinq heures du soir on mit le feu au bu-
cher, & peu après, les canons de la Citadelle, &
des ramparts de la Ville, tirerent chacun trois
décharges, qui furent répétées par la mousquet-
terie de la Garnison & des Bourgeois, qui bor-
doient les courtines des fortifications. Ce specta-
cle faisoit un fort bon effet, & représentoit une
Ville assiègée qui se deffendoit contre l'en-
nemi.
A six heures toute la Ville fut illuminée avec
beaucoup d'ordre & de bon goût, chacun s'étoit
distingué à l'envi à encherir les uns sut les autres,
soit par la quantité de lampions, soit par l'élégan-
atrangement, ou par des emblêmes, qui
ce de l'
175 MERCUREDEFRANCE.
avoient rapport à la fête que l'on célébroit. Ea
voici entre autres trois que j'ai retenues, parce
qu'elles m'ont frappé davantage.
L'une représentoit le soleil levant, qui dardoit
ses rayons sur une Campagne émaillée de fleurs. Oa
lisoit an bas ces mots.
Faecundat ab erta.
Cette premiere étoit placée au milieu des deun
suivantes.
Celle de la droite représentoit la couronne de
France soutenue par trois colonnes. Et elle avoit
pour devise.
Firma tribus.
Celle de la gauche étoit un lys qui portoit des
tiges inégales, dont une étoit encore naissante.
Et il y avoit au bas.
Nac erit surtulus impar,
Cette fete a été terminée par un bal que M. le
Comte de Beauvoir a donné à l'Hôtel de Ville
od il avoit fait inviter toutes les personnes distin-
guées de la Ville & des environs Je vous avoue
que j'ai été satisfait au de la de mon attente de
cette réjovissance, & du bon ordre avec lequel
olle a été exécutée, &c.
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Résumé : Du Havre le 28.
Le 28 janvier 1752, l'auteur écrit depuis Le Havre pour expliquer son silence précédent, dû à un voyage au Havre de Grâce. Il y est resté jusqu'au 29 du mois précédent afin de participer aux célébrations marquant la naissance du Duc de Bourgogne. La ville a doté 21 jeunes filles pauvres, natives du Havre ou de ses faubourgs, chacune recevant 400 livres. Les festivités ont débuté à 8 heures du matin avec le battement général et la mise en place de la garnison et de la bourgeoisie sur la Place d'Armes. Un cortège, comprenant les filles et leurs familles, s'est dirigé vers l'église Notre-Dame pour les cérémonies de mariage, suivies d'un Te Deum et d'un Exaudiat. Après un dîner à l'Hôtel de Ville, les dots ont été remises aux mariées. En soirée, un bûcher a été allumé et des salves de canons tirées. À 6 heures, la ville a été illuminée avec des lanternes et des emblèmes symboliques. La fête s'est achevée par un bal organisé par le Comte de Beauvoir à l'Hôtel de Ville. L'auteur exprime sa satisfaction quant à l'organisation et au déroulement des festivités.
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12839
p. 196-197
De Fontainebleau le 11 Novembre.
Début :
L'espérance de pouvoir, à l'exemple des Grands & des Riches, célébrer par quelque solemnité [...]
Mots clefs :
Fontainebleau, Cérémonie, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Fontainebleau le 11 Novembre.
De Fontainebleau le 11 Novembre.
L'espérance de pouvoir, à l'exemple des Grands
& des Riches, célébrer par quelque solemnité
religieuse & magnisique la naissance de Monsei-
gueur le Duc de Bourgogne, sembloit être inter-
dite aux Paurres de la Ville de Fontainebleau
197
JANVIER, 1752.
Il s'est trouvé à la Cour quelques personnes
charitables, qui scachant con bien- la voix
de l'indigent vertuent, est agréable, à Dien
& capable d'attirer de nouvelles Bénédictions sur
la Famille Royale, ont mis ces infortunés en
état de donner l'essor à leur zéle pat un Te
Deum chanté avec pompe. L'Abbé de la Cha-
tegnetaye, Comte de Lyon, & Aumônier du
Roi, y a officié, & le motet fut exécuté par les
Musiciens du Roi, qui se sont fait honneur de
servit d'Organes aux Preuvres dans cette cérémonie
remarquable. La Reine, Monseigneur le Dau-
phin, & Mesdames de France; en assistant à une
cérémonie si touchante par elle même, ont con-
tribué à la rendre encore plus intéressante.
L'espérance de pouvoir, à l'exemple des Grands
& des Riches, célébrer par quelque solemnité
religieuse & magnisique la naissance de Monsei-
gueur le Duc de Bourgogne, sembloit être inter-
dite aux Paurres de la Ville de Fontainebleau
197
JANVIER, 1752.
Il s'est trouvé à la Cour quelques personnes
charitables, qui scachant con bien- la voix
de l'indigent vertuent, est agréable, à Dien
& capable d'attirer de nouvelles Bénédictions sur
la Famille Royale, ont mis ces infortunés en
état de donner l'essor à leur zéle pat un Te
Deum chanté avec pompe. L'Abbé de la Cha-
tegnetaye, Comte de Lyon, & Aumônier du
Roi, y a officié, & le motet fut exécuté par les
Musiciens du Roi, qui se sont fait honneur de
servit d'Organes aux Preuvres dans cette cérémonie
remarquable. La Reine, Monseigneur le Dau-
phin, & Mesdames de France; en assistant à une
cérémonie si touchante par elle même, ont con-
tribué à la rendre encore plus intéressante.
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Résumé : De Fontainebleau le 11 Novembre.
Le 11 novembre à Fontainebleau, les pauvres, initialement exclus des célébrations pour la naissance du Duc de Bourgogne, ont pu participer grâce à des personnes charitables. Un Te Deum solennel a été organisé, dirigé par l'Abbé de Châtégnetaye et accompagné par les musiciens du roi. La reine, le Dauphin et Mesdames de France y ont assisté.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12840
p. 197-199
De Paris le 13.
Début :
La célébration des six cens mariages, déterminés par la Ville avec l'agrément de Sa Majesté, [...]
Mots clefs :
Paris, Mariages, Paroisse, Prévôt des marchands, Échevins, Salve générale, Célébration, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : De Paris le 13.
De Paris le 13.
La célébration des six cens mariages, déterminés
par la Ville avec l'agrément de Sa Majesté,
ayant été fixée au 9 de ce mois, cette fête fut an-
noncée la veille par les cloches de toutes les Pa-
roisses, & le 6 à six heures du matin par une salve
générale de l'artillerie de la Ville. Il y eut une
seconde salve à midi? lorsque ces mariages su-
rent célébrés. Le Duc de Gesvres, Gouverneur
de Paris, assista à ceux de l'Eglise de Saint Roch
sa Paroisse. Ceux de Saint Nicolas des Champs
Paroisse de M. de Bernage, Prevôt des Mar-
chands, se firent en présence de ce Magistrat. Mes-
sieurs Bontems, Gillet & Mirey, Echevins;
M. Moriau Procureur & Avocat du Roi &
de la Ville, & M. Taitbout, Greffier en chef
furent pésens chacun dans leurs Paroisses, aux ma-
riages qu'on y célébra, & M. Boucot, Receveur
de la Ville, se trouva à ceux de Saint Germain-
l'Auxertois. On avoit député des Conseillers de
Iiij
ized by Goc
198 MERCUREDE FRANCE.
la Ville & des Quartiniers, pour faire les hon-
neurs des mariages des autres Paroisses. Dans cet
Acte mémorable a régné une majesté, vraiment
digne de la cérémonie & de l'événement qui en
étoit l'occasion. Toutes les Eglises étoient ornées
de la même maniere qu'elles ont coutume de l'être
dans les jours de la plus grande solemnité, & l'on
ne peut trop louer les soins pris par les Curés pour
la décence & pour la commodité générale. La Vil-
le, non contente d'avoir doté & habillé les Ma-
riés, a pourvu à la dépense des festins & des
nôces auxquels les Mariés ont été conduits dans
des catosses fournis par la Ville, & ces festins
ont été servis dans des Salles particulieres pout
chaque Paroisse. Une affluence prodigieuse de
personnes de toutes les conditions s'est présentée
soit dans les Eglises, soit dans ces Salles, s afin de
jouir d'un spectacle si plein de charmes pour les
Amateurs de l'humanité & du bien public. Il
auroit été impossible de compter le nombre des
Spectateurs: il ne le seroit pas moins d'expriiner
les sentimens de joie, d'amous & de reconnois-
sance, des Mariés & de leurs familles, pour le
Roi & pour la Famille Royale, & la satisfaction
dont tous les cœurs ont paru pénétrés.
Le même jour le Prevôt des Marchands & Eche-
vins donnerent dans la grande Salle de l'Hôtel de
Ville un diner splendide, auquel le Duc de Ge-
vres fut invité, ainsi que les députés qui avoient
assisté de la part de la Ville à la célébration des
mariages. A la fin du repas on but au bruit des
fanfares, les santés de la Reine, de Monseigneur
le Dauphin, de Madame la Dauphine, & de Mes-
dames de France, & lorsque la santé du Roi
fut portée, il fut fait une salve générale d'artillerie.
Sur les six heures du soir, le Corps de Ville,
ayant à sa têté le Duc de Gêvtes, se rendit à l'E-
199
JANVIER. 1752.
glise de Saint Jean en Grêve, qui étoit éclairée &
décotée avec une magnificeence extraordinaire,
& il assista au Te Deum qu'il fit chanter en Musi-
que. LeMotet étoit de la composition du Sieur Cal-
viere. Au Sanctus, les canons de la Ville firent
une nonvelle salve. Après le Te Deum, la façada
de l'Hôtel de Ville fut illuminée, ainsi que les
Hôtels du Duc de Gêvres & du Prevôt des Mar-
chands, & les maisons des autres Officiers du Bu-
reau de la Ville Il y eut aussi des illuminations
chez les Députés de la Ville dans chaque Paroisse.
La célébration des six cens mariages, déterminés
par la Ville avec l'agrément de Sa Majesté,
ayant été fixée au 9 de ce mois, cette fête fut an-
noncée la veille par les cloches de toutes les Pa-
roisses, & le 6 à six heures du matin par une salve
générale de l'artillerie de la Ville. Il y eut une
seconde salve à midi? lorsque ces mariages su-
rent célébrés. Le Duc de Gesvres, Gouverneur
de Paris, assista à ceux de l'Eglise de Saint Roch
sa Paroisse. Ceux de Saint Nicolas des Champs
Paroisse de M. de Bernage, Prevôt des Mar-
chands, se firent en présence de ce Magistrat. Mes-
sieurs Bontems, Gillet & Mirey, Echevins;
M. Moriau Procureur & Avocat du Roi &
de la Ville, & M. Taitbout, Greffier en chef
furent pésens chacun dans leurs Paroisses, aux ma-
riages qu'on y célébra, & M. Boucot, Receveur
de la Ville, se trouva à ceux de Saint Germain-
l'Auxertois. On avoit député des Conseillers de
Iiij
ized by Goc
198 MERCUREDE FRANCE.
la Ville & des Quartiniers, pour faire les hon-
neurs des mariages des autres Paroisses. Dans cet
Acte mémorable a régné une majesté, vraiment
digne de la cérémonie & de l'événement qui en
étoit l'occasion. Toutes les Eglises étoient ornées
de la même maniere qu'elles ont coutume de l'être
dans les jours de la plus grande solemnité, & l'on
ne peut trop louer les soins pris par les Curés pour
la décence & pour la commodité générale. La Vil-
le, non contente d'avoir doté & habillé les Ma-
riés, a pourvu à la dépense des festins & des
nôces auxquels les Mariés ont été conduits dans
des catosses fournis par la Ville, & ces festins
ont été servis dans des Salles particulieres pout
chaque Paroisse. Une affluence prodigieuse de
personnes de toutes les conditions s'est présentée
soit dans les Eglises, soit dans ces Salles, s afin de
jouir d'un spectacle si plein de charmes pour les
Amateurs de l'humanité & du bien public. Il
auroit été impossible de compter le nombre des
Spectateurs: il ne le seroit pas moins d'expriiner
les sentimens de joie, d'amous & de reconnois-
sance, des Mariés & de leurs familles, pour le
Roi & pour la Famille Royale, & la satisfaction
dont tous les cœurs ont paru pénétrés.
Le même jour le Prevôt des Marchands & Eche-
vins donnerent dans la grande Salle de l'Hôtel de
Ville un diner splendide, auquel le Duc de Ge-
vres fut invité, ainsi que les députés qui avoient
assisté de la part de la Ville à la célébration des
mariages. A la fin du repas on but au bruit des
fanfares, les santés de la Reine, de Monseigneur
le Dauphin, de Madame la Dauphine, & de Mes-
dames de France, & lorsque la santé du Roi
fut portée, il fut fait une salve générale d'artillerie.
Sur les six heures du soir, le Corps de Ville,
ayant à sa têté le Duc de Gêvtes, se rendit à l'E-
199
JANVIER. 1752.
glise de Saint Jean en Grêve, qui étoit éclairée &
décotée avec une magnificeence extraordinaire,
& il assista au Te Deum qu'il fit chanter en Musi-
que. LeMotet étoit de la composition du Sieur Cal-
viere. Au Sanctus, les canons de la Ville firent
une nonvelle salve. Après le Te Deum, la façada
de l'Hôtel de Ville fut illuminée, ainsi que les
Hôtels du Duc de Gêvres & du Prevôt des Mar-
chands, & les maisons des autres Officiers du Bu-
reau de la Ville Il y eut aussi des illuminations
chez les Députés de la Ville dans chaque Paroisse.
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Résumé : De Paris le 13.
Le 13 janvier 1752, Paris a célébré six cents mariages approuvés par la Ville et le roi. Les festivités ont commencé le 8 janvier avec les cloches des paroisses et le 9 janvier avec des salves d'artillerie. Le Duc de Gesvres, gouverneur de Paris, a assisté aux mariés à l'église Saint-Roch, tandis que d'autres dignitaires, comme le Prévôt des Marchands et plusieurs échevins, ont participé dans leurs paroisses respectives. La Ville a doté et habillé les mariés et a organisé des festins paroissiaux. Une grande foule a assisté aux événements, exprimant joie et reconnaissance envers le roi et la famille royale. Le même jour, le Prévôt des Marchands et les échevins ont offert un dîner à l'Hôtel de Ville, auquel le Duc de Gesvres et les députés de la Ville ont été invités. Des toasts ont été portés à la santé de la reine, du dauphin, de la dauphine et des princesses de France, suivis de salves d'artillerie. En soirée, le corps de ville, dirigé par le Duc de Gesvres, s'est rendu à l'église Saint-Jean-en-Grève pour un Te Deum, accompagné de salves d'artillerie et d'illuminations.
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12841
p. 199-205
RELATION Des Fêtes données à Rome pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
Début :
Le Duc de Nivernois Ambassadeur extraordinaire de France auprès du Saint Siege, [...]
Mots clefs :
Fêtes, Rome, Naissance du duc de Bourgogne, Duc de Nivernois, Ambassadeur, Noblesse, Palais, Cardinaux, Goût, Fêtes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION Des Fêtes données à Rome pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
RELATION
Des Fêtes données à Rome pour la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
Le Duc de Nivernois Ambassadeur extraordinaire
de France auprès du Saint Siege,
ayant fixé au 22. 13. & 24. de Novembre les
fêtes qu'il devoit donner pour la naissance de
Monseigneui le Duc de Bourgogne, elles com-
mencerent Lundi matin 22. par un Te Deum so-
lemnel qui fut chanté dans l'Eglise Françoise de
Saint Louis. Son Excellence reçut avant de partit
les complimens d'un grand nombre de Prélats,
qui s'étoient rendus au Palais de France, &
ceux des Cardinaux, & des Princes Romains
qui envoyereut leurs Gentilshommes. On distri-
bua en abondance à tous avant de partit des gla-
ces & des stuits gelés.
Iiiij
200 MERCURE DEFRANCE.
M. l'Ambassadeur se rendit à l'Eglise de S.
Louis avec son train ordinaire composé de qua-
torze carosses qui étoient remplis de trente Pré-
lats & d'un cortège nombreux formé par les
Ftançois, & la Maison de son Excellence. L'E-
glise de Saint Louis étoit ornée avec beancoup
de goût & de magnificence, & prépaiée pour
tenir la chapelle cardinalitienne intimée par Sa
Sainteté Vingt-cinq Cardinaux s'y rendirent &
toute la Prélature. M. Vicentini Archevêque,
célebia pontificalement la messe qui fut sui-
vie d'un Te Deum chanté par la Musique du Pa-
pe, pendant lequel on fit une triple sal ve de
boëtes.
A trois heures après midi Son Excellence sui-
vie seulement de trois carosses, se tendit au
cours, où la course de Barbes indiquée pour ces
sêtes avoit attiré une foule prodigieuse de Nobles-
se & de peuple, & après y avoir fait deux tours
elle entra dans le Palais de l'Académie de Fran-
ee pour y recevoir les Cardinaux, les Prélats
& la Noblesse qui avoient été invités à s'y ren-
dre pour y voir la course. L'assemblée étoit aussi
nombreuse & aussi brillante qu'elle pouvoit l'è-
tre, & l'on servit, en attendant la course, un
superbe rafraîchissement. Dix sept chevaux cou-
rurent, dont quatorze appartenoient à des Sei-
goeurs Romains, & trois étoient venus de diffé-
rentes Villes d'Italie, & ce fut un cheval du
Prince Dom Camillo Rospigliosi qui fut vain-
queur. Le prix étoit une piéce d'une des plus bel-
les étoffes de Lvon fond d'argent à fleurs d'or.
Le sacté Collége, la Prélature & la Noblesse
étoient invités le même jour à une cantate, ou
Dame en deux Actes & en musique qui devoit
s'exécuter dans un salon du Palais Farnése. Ce
JANVIER. 1752. 201
sallon avoit été orné pour cet effet en maniere
de décoration théâtrale, sur les desseins & sous
la direction du Cavalier Jean Paul Panini, Pein-
tre & Architecte, dont le nom est célebre en Eu-
rope. Le sallon étoit éclairé par trente-neuf lus-
tres, plus de sept cens autres grosses bougles, &
environ cent cinquante flambeaux de cinq livres.
Il aété trouvé généralement du plus grand gout,
& de la plus grande magnificence, & l'on a dit
unanimement qu'on n'avoit jamais rien vu de
plus beau ni de plus brillant. Comme il seroit
difficile de donner une idée de ce spectacle, on
renvoie à la description détaillée qui suit cette
relation.
Madame la Princesse Borghese faisoit les hon-
neurs aux Dames qui se placerent sur une espe-
ce d'amphitheâtre pratiqué à œe dessein, & M.
l'Ambassadeur reçut les Cardinaux qui vinrent
au nombre de vingt- un. Les Acteurs de la canta-
te étoient vêtus d'habits brodés fort riches & de
très bon goût, conformes aux personnages qu'ils
représentoient. Tout l'Orchestre qui étoit dispose
en forme d'amphithéâtre composé de plus de
quatre vingt joveurs d'instrumens, vêtus d'habits
de théâtre tres-bien entendus, & ayant chacun
une couronne de fleurs sur la têre, formoient
un coup d'œil qui augmentoit encore l'agrément
& l'éciat de ce spectacle aussi brillaut qu'il pou-
voit l'être. La musique de la cantate qui est de la
tomposition du Signor Rinaldo de Capoue, fut
trouvée fort belle. Dans l'intervalle de la pre-
miere partie à la seconde, on distribua des gla-
ces, des eaux frasches & des fruits glaces à tout
le monde. Aprés la fin de la cantate, & le dé-
part des Cardinaux, les Dames passe rent dans la
gallerie du Palais appellé la gallerie des Caraches,
IV
zed by Goc
202 MERCURE DEFRANCE.
où elles trouverent une table de quatre-vingt
couverts, très-bien illuminée, & couverte d'un
magnifique ambigu. Dans les chambres voisines
étoient des tables volantes & des détachemens
de valets de-chambre destinés à les servir & à les
couvrir de viandes froides ou chaudes, suivant le
goût de ceux qui s'y rassembloient, de façon que
chacun fut servi comme il vouloit l'être, ce qui
parut plaire & surprendre également. Pendant le
temps du souper on avoit préparé le sallon pour
V danser. Les Dames y etant repasséés, M. le
Duc de Nivernois ouvrit le bal avec Madame
l'Ambassadiice de Venise. La sête ne finit qu'au
jour, & tant qu'elle dura, les Officiers de M.
l'Ambassadeur ne cesserent de porter & de pre-
senter dans tous les rangs des rafraschissemens
soit de fruits glaces, soit de vin, soit de ratafiat.
Le lendemain Mardi M. l'Ambassadeur se rendit
comme la veille, à l'Académie de France, où il
y eut le même concours de Cardinaux, de Pré-
lats & de Nob'esse. La troupe des chevaux qui
disputoient le prix étoit composée de seize
& ce fut encore un cheval de Dom Camillo Ros-
pigliosi qui remporta ce prix consistant, comme
celui de la veille, en une piéce d'étoffes de Lyon
des plus ri hes.
Le Mercredi étoit destiné à un Bal public, fait
non seulemeut pour la Noblesse, mais pour toute
la Ville, & pour cet effet le grand Appartement
du Parais Fatnese avoit été meublé, & éclairé su-
perbement; le Sallon, dont on vient de parler
au sujet de la Cantate, devoit servir à la Noblesse,
& les douze autres piéces, dont l'appartement
est composé, à tous les masques iudifferemment.
Outre ces salles, on avoit meublé des plus bel-
les tapisscries de Flandres & des Gobelins, les
17)2.
203
JANVIER.
trois grands portiques ou galleries ouvertes qui
occupent trois côtés du Palais. Deux de ces galle-
ries servoient aux Masques, & s'unissoient au
reste de l'appartement. Dans le troisiéme on avoit
dressé une longue table, au bout de laquelle étoit
un buffet en forme d'amphithéâtre richement dé-
coré, très-bien illuminé & chargé de toutes sor-
te de viandes, pâtés, pâtisseries, vins, liqueurs, &
toutes sortes de rafraîchissemens. Tous ceux qui
vinrent se presenter à cette table y trouverent
chondamment pendant toute la nuit tout ce qu'ils
pouvoient demander soit en glaces & fruits gla-
cés, soit en viandes, vins & ratafiats. On ne
cessa, comme au premier bal, de porter des ra-
fraschissemens dans la salle de la Noblesse, &
vers une heure après minuit, on vit paroître
dans le milieu de cette salle, six tables volantes
qui furent aussi- tot couvertes de viandes froides,
& les Cavaliers servant eux-mêmes les Dames,
& portant à manger à celles qui ne s'étoient,
poiut approchées des tables; tout le monde fit,
une espéce de souper dont la confusion & le des-
ordre parut ajouter à l'agrément de la fête. Ceux-
qui demanderent des mets chauds furent servis
sur le champ, comme le jout de l'ambigu: on
a compté qu'il pouvoit y avoir au moins huit à
neuf cens personnes dans la salle de la No-
blesse, & que dans le cours de la nuit il pouvoit
être venu trente mille personnes dans les autres.
Toutes les differentes parties de ces fêtes ont-
éé exécutées & servies avec un ordre qu'il esti
aussi rare que difficile d'observer dans une si
grande confusion, & l'abondance des prépara-
tifs a fait que rien n'a manqué, malgré le con-
cours prodigieux des Masques. Pendant les trois
jours qu'a duré la fête, l'Atchitecture extérieute
1vj
itized byC
204 MERCURE DEFRA NCE.
du Palais Farnese, & tout le tour de la
place a été illuminé de flambeaux de cire blan-
rche & de lampions, suivant l'usage du Pays Cet-
te place étoit ornée d'espece de portiques, for-
mes pare des branches de laurier qui faisoient
un spectacle fort agréable. Aux deux côtés étoient
deux fontaines de vin destinées au peuple Le Pa-
lais de M. l'Ambassadeur, ainsi que ceux des
Cardinaux & des Ministres, ont aussi été illuminés
pendant ces trois jours. Les maisons françoises
l'étoient aussi, & M. l'Ambassadeur avoit fait
distribuer pout cet effet vingt-cinq miile lu-
mieres.
Le Jeudi, M. l'Ambassadeur se rendit avec son
cortège, & en habit dde cérémonie, au Palais
Farnese où devoit venit Sa Sainteté pour don-
ner un coup d'œil au spectacle du sallon. Tous les
Acteurs de la cantate étoient disposés à leurs pla-
ces,, & dès que le Pape parut, on leva la toile
& on commença l'ouverture. Sa Sainteté enten-
dit chanter trois ariettes & un chœur, & ent la
bonté de témoigner à M l'Ambassadeur qu'elle
étoit fort satisfaite de ce qu'elle avoit vu.
Lorsque le Pape fut parti, on se hâta de défai-
re le thrône qui avoit été préparé pour sa Sain-
reté, & on remit la salle dans son premier état
cette soirée étant destinée à faire entendre la can-
tate à ceux qui n'avoient pas pu être admis à la
fête, ou la Noblesse seule & la Prélature pon-
vbient être admises; & pour donner une satisfac-
tion plus entiere à cet Ordre de personnes, le
Samedi suivant, il fut donné encore une répré-
sentation pour elles, de façon qu'en y compre-
nant denx répétitions qui ont été faites avec la
salle illuminée, & pour lesquelles, ainsi que
pour les deux dernieres sois, on avoit distribué
ized by Goc
205
1752.
JANVIER.
des billets, il y a eu quatre réprésentations, in-
dépendamment de celle du Lundi. On donne
ici les plus grands éloges à la magnificence & au
bon goût de ces fêtes, ainsi qu'à l'abondance
& à la somptuosité qui y ont regné. On dit
généralement qu'on n'a jamais rien vu de plus
beau ni de mieux entendu, & où il y ait eu un
plus grand air de magnificence. La Noblesse
Romaine s'est empressée dans cette circonstance
de donner à M. le Duc de Nivernois des Sar-
ques très-flatteuses de l'estime & de la préven-
tion favorable qu'on a pour lui. Tous les Ordres
se sont tassemblés, & jamais la Noblesse Romai.
ne n'avoit paru avec plus d'éclat. Un grand
nombre de Dames surtout ont fait voir dans
cette occasion des habits de masques du goût
le plus recherché, & de la plus grande richesse.
Il y avoit aussi un concours nombreux d'Etran-
gers de distinction qui contribuerent beaucoup
an succès de ces fêtes, en assurant qu'ils n'en
ont point vul dans les différentes Cours où ils
se sont trouvés, de comparables à ces dernieres
& pour tout dire en un mot, les Habitans de
cette Capitale du Monde la trouverent digne
d'eux & de leur Ville.
Des Fêtes données à Rome pour la naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne,
par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
Le Duc de Nivernois Ambassadeur extraordinaire
de France auprès du Saint Siege,
ayant fixé au 22. 13. & 24. de Novembre les
fêtes qu'il devoit donner pour la naissance de
Monseigneui le Duc de Bourgogne, elles com-
mencerent Lundi matin 22. par un Te Deum so-
lemnel qui fut chanté dans l'Eglise Françoise de
Saint Louis. Son Excellence reçut avant de partit
les complimens d'un grand nombre de Prélats,
qui s'étoient rendus au Palais de France, &
ceux des Cardinaux, & des Princes Romains
qui envoyereut leurs Gentilshommes. On distri-
bua en abondance à tous avant de partit des gla-
ces & des stuits gelés.
Iiiij
200 MERCURE DEFRANCE.
M. l'Ambassadeur se rendit à l'Eglise de S.
Louis avec son train ordinaire composé de qua-
torze carosses qui étoient remplis de trente Pré-
lats & d'un cortège nombreux formé par les
Ftançois, & la Maison de son Excellence. L'E-
glise de Saint Louis étoit ornée avec beancoup
de goût & de magnificence, & prépaiée pour
tenir la chapelle cardinalitienne intimée par Sa
Sainteté Vingt-cinq Cardinaux s'y rendirent &
toute la Prélature. M. Vicentini Archevêque,
célebia pontificalement la messe qui fut sui-
vie d'un Te Deum chanté par la Musique du Pa-
pe, pendant lequel on fit une triple sal ve de
boëtes.
A trois heures après midi Son Excellence sui-
vie seulement de trois carosses, se tendit au
cours, où la course de Barbes indiquée pour ces
sêtes avoit attiré une foule prodigieuse de Nobles-
se & de peuple, & après y avoir fait deux tours
elle entra dans le Palais de l'Académie de Fran-
ee pour y recevoir les Cardinaux, les Prélats
& la Noblesse qui avoient été invités à s'y ren-
dre pour y voir la course. L'assemblée étoit aussi
nombreuse & aussi brillante qu'elle pouvoit l'è-
tre, & l'on servit, en attendant la course, un
superbe rafraîchissement. Dix sept chevaux cou-
rurent, dont quatorze appartenoient à des Sei-
goeurs Romains, & trois étoient venus de diffé-
rentes Villes d'Italie, & ce fut un cheval du
Prince Dom Camillo Rospigliosi qui fut vain-
queur. Le prix étoit une piéce d'une des plus bel-
les étoffes de Lvon fond d'argent à fleurs d'or.
Le sacté Collége, la Prélature & la Noblesse
étoient invités le même jour à une cantate, ou
Dame en deux Actes & en musique qui devoit
s'exécuter dans un salon du Palais Farnése. Ce
JANVIER. 1752. 201
sallon avoit été orné pour cet effet en maniere
de décoration théâtrale, sur les desseins & sous
la direction du Cavalier Jean Paul Panini, Pein-
tre & Architecte, dont le nom est célebre en Eu-
rope. Le sallon étoit éclairé par trente-neuf lus-
tres, plus de sept cens autres grosses bougles, &
environ cent cinquante flambeaux de cinq livres.
Il aété trouvé généralement du plus grand gout,
& de la plus grande magnificence, & l'on a dit
unanimement qu'on n'avoit jamais rien vu de
plus beau ni de plus brillant. Comme il seroit
difficile de donner une idée de ce spectacle, on
renvoie à la description détaillée qui suit cette
relation.
Madame la Princesse Borghese faisoit les hon-
neurs aux Dames qui se placerent sur une espe-
ce d'amphitheâtre pratiqué à œe dessein, & M.
l'Ambassadeur reçut les Cardinaux qui vinrent
au nombre de vingt- un. Les Acteurs de la canta-
te étoient vêtus d'habits brodés fort riches & de
très bon goût, conformes aux personnages qu'ils
représentoient. Tout l'Orchestre qui étoit dispose
en forme d'amphithéâtre composé de plus de
quatre vingt joveurs d'instrumens, vêtus d'habits
de théâtre tres-bien entendus, & ayant chacun
une couronne de fleurs sur la têre, formoient
un coup d'œil qui augmentoit encore l'agrément
& l'éciat de ce spectacle aussi brillaut qu'il pou-
voit l'être. La musique de la cantate qui est de la
tomposition du Signor Rinaldo de Capoue, fut
trouvée fort belle. Dans l'intervalle de la pre-
miere partie à la seconde, on distribua des gla-
ces, des eaux frasches & des fruits glaces à tout
le monde. Aprés la fin de la cantate, & le dé-
part des Cardinaux, les Dames passe rent dans la
gallerie du Palais appellé la gallerie des Caraches,
IV
zed by Goc
202 MERCURE DEFRANCE.
où elles trouverent une table de quatre-vingt
couverts, très-bien illuminée, & couverte d'un
magnifique ambigu. Dans les chambres voisines
étoient des tables volantes & des détachemens
de valets de-chambre destinés à les servir & à les
couvrir de viandes froides ou chaudes, suivant le
goût de ceux qui s'y rassembloient, de façon que
chacun fut servi comme il vouloit l'être, ce qui
parut plaire & surprendre également. Pendant le
temps du souper on avoit préparé le sallon pour
V danser. Les Dames y etant repasséés, M. le
Duc de Nivernois ouvrit le bal avec Madame
l'Ambassadiice de Venise. La sête ne finit qu'au
jour, & tant qu'elle dura, les Officiers de M.
l'Ambassadeur ne cesserent de porter & de pre-
senter dans tous les rangs des rafraschissemens
soit de fruits glaces, soit de vin, soit de ratafiat.
Le lendemain Mardi M. l'Ambassadeur se rendit
comme la veille, à l'Académie de France, où il
y eut le même concours de Cardinaux, de Pré-
lats & de Nob'esse. La troupe des chevaux qui
disputoient le prix étoit composée de seize
& ce fut encore un cheval de Dom Camillo Ros-
pigliosi qui remporta ce prix consistant, comme
celui de la veille, en une piéce d'étoffes de Lyon
des plus ri hes.
Le Mercredi étoit destiné à un Bal public, fait
non seulemeut pour la Noblesse, mais pour toute
la Ville, & pour cet effet le grand Appartement
du Parais Fatnese avoit été meublé, & éclairé su-
perbement; le Sallon, dont on vient de parler
au sujet de la Cantate, devoit servir à la Noblesse,
& les douze autres piéces, dont l'appartement
est composé, à tous les masques iudifferemment.
Outre ces salles, on avoit meublé des plus bel-
les tapisscries de Flandres & des Gobelins, les
17)2.
203
JANVIER.
trois grands portiques ou galleries ouvertes qui
occupent trois côtés du Palais. Deux de ces galle-
ries servoient aux Masques, & s'unissoient au
reste de l'appartement. Dans le troisiéme on avoit
dressé une longue table, au bout de laquelle étoit
un buffet en forme d'amphithéâtre richement dé-
coré, très-bien illuminé & chargé de toutes sor-
te de viandes, pâtés, pâtisseries, vins, liqueurs, &
toutes sortes de rafraîchissemens. Tous ceux qui
vinrent se presenter à cette table y trouverent
chondamment pendant toute la nuit tout ce qu'ils
pouvoient demander soit en glaces & fruits gla-
cés, soit en viandes, vins & ratafiats. On ne
cessa, comme au premier bal, de porter des ra-
fraschissemens dans la salle de la Noblesse, &
vers une heure après minuit, on vit paroître
dans le milieu de cette salle, six tables volantes
qui furent aussi- tot couvertes de viandes froides,
& les Cavaliers servant eux-mêmes les Dames,
& portant à manger à celles qui ne s'étoient,
poiut approchées des tables; tout le monde fit,
une espéce de souper dont la confusion & le des-
ordre parut ajouter à l'agrément de la fête. Ceux-
qui demanderent des mets chauds furent servis
sur le champ, comme le jout de l'ambigu: on
a compté qu'il pouvoit y avoir au moins huit à
neuf cens personnes dans la salle de la No-
blesse, & que dans le cours de la nuit il pouvoit
être venu trente mille personnes dans les autres.
Toutes les differentes parties de ces fêtes ont-
éé exécutées & servies avec un ordre qu'il esti
aussi rare que difficile d'observer dans une si
grande confusion, & l'abondance des prépara-
tifs a fait que rien n'a manqué, malgré le con-
cours prodigieux des Masques. Pendant les trois
jours qu'a duré la fête, l'Atchitecture extérieute
1vj
itized byC
204 MERCURE DEFRA NCE.
du Palais Farnese, & tout le tour de la
place a été illuminé de flambeaux de cire blan-
rche & de lampions, suivant l'usage du Pays Cet-
te place étoit ornée d'espece de portiques, for-
mes pare des branches de laurier qui faisoient
un spectacle fort agréable. Aux deux côtés étoient
deux fontaines de vin destinées au peuple Le Pa-
lais de M. l'Ambassadeur, ainsi que ceux des
Cardinaux & des Ministres, ont aussi été illuminés
pendant ces trois jours. Les maisons françoises
l'étoient aussi, & M. l'Ambassadeur avoit fait
distribuer pout cet effet vingt-cinq miile lu-
mieres.
Le Jeudi, M. l'Ambassadeur se rendit avec son
cortège, & en habit dde cérémonie, au Palais
Farnese où devoit venit Sa Sainteté pour don-
ner un coup d'œil au spectacle du sallon. Tous les
Acteurs de la cantate étoient disposés à leurs pla-
ces,, & dès que le Pape parut, on leva la toile
& on commença l'ouverture. Sa Sainteté enten-
dit chanter trois ariettes & un chœur, & ent la
bonté de témoigner à M l'Ambassadeur qu'elle
étoit fort satisfaite de ce qu'elle avoit vu.
Lorsque le Pape fut parti, on se hâta de défai-
re le thrône qui avoit été préparé pour sa Sain-
reté, & on remit la salle dans son premier état
cette soirée étant destinée à faire entendre la can-
tate à ceux qui n'avoient pas pu être admis à la
fête, ou la Noblesse seule & la Prélature pon-
vbient être admises; & pour donner une satisfac-
tion plus entiere à cet Ordre de personnes, le
Samedi suivant, il fut donné encore une répré-
sentation pour elles, de façon qu'en y compre-
nant denx répétitions qui ont été faites avec la
salle illuminée, & pour lesquelles, ainsi que
pour les deux dernieres sois, on avoit distribué
ized by Goc
205
1752.
JANVIER.
des billets, il y a eu quatre réprésentations, in-
dépendamment de celle du Lundi. On donne
ici les plus grands éloges à la magnificence & au
bon goût de ces fêtes, ainsi qu'à l'abondance
& à la somptuosité qui y ont regné. On dit
généralement qu'on n'a jamais rien vu de plus
beau ni de mieux entendu, & où il y ait eu un
plus grand air de magnificence. La Noblesse
Romaine s'est empressée dans cette circonstance
de donner à M. le Duc de Nivernois des Sar-
ques très-flatteuses de l'estime & de la préven-
tion favorable qu'on a pour lui. Tous les Ordres
se sont tassemblés, & jamais la Noblesse Romai.
ne n'avoit paru avec plus d'éclat. Un grand
nombre de Dames surtout ont fait voir dans
cette occasion des habits de masques du goût
le plus recherché, & de la plus grande richesse.
Il y avoit aussi un concours nombreux d'Etran-
gers de distinction qui contribuerent beaucoup
an succès de ces fêtes, en assurant qu'ils n'en
ont point vul dans les différentes Cours où ils
se sont trouvés, de comparables à ces dernieres
& pour tout dire en un mot, les Habitans de
cette Capitale du Monde la trouverent digne
d'eux & de leur Ville.
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Résumé : RELATION Des Fêtes données à Rome pour la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne, par son Excellence M. le Duc de Nivernois.
Du 22 au 24 novembre, le Duc de Nivernois, ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, organisa des fêtes à Rome pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. Les festivités commencèrent par un Te Deum solennel à l'église Saint-Louis, en présence de prélats, cardinaux et princes romains. La messe fut célébrée par l'Archevêque Vincenti, et des glaces et des sorbets furent servis après la cérémonie. L'église était somptueusement décorée. L'après-midi du premier jour, une course de barbes eut lieu au cours, avec dix-sept chevaux participants. Un cheval du Prince Dom Camillo Rospigliosi remporta la course. Le soir, une cantate en deux actes fut exécutée au Palais Farnèse, décoré par le Cavalier Jean Paul Panini. La cantate, composée par le Signor Rinaldo de Capoue, fut acclamée. Des rafraîchissements furent offerts entre les actes, suivis d'un souper et d'un bal. Le lendemain, une nouvelle course de chevaux se tint à l'Académie de France, avec seize participants. Un autre cheval de Dom Camillo Rospigliosi remporta le prix. Le mercredi, un bal public fut organisé au Palais Farnèse, décoré de masques et de tapisseries. Trois grandes galeries offraient des rafraîchissements et environ huit à neuf cents personnes étaient présentes dans la salle de la Noblesse. Trente mille personnes visitèrent les autres parties du palais durant la nuit. Les festivités durèrent trois jours, avec des illuminations extérieures et des fontaines de vin sur la place. Les résidences de l'ambassadeur, des cardinaux, des ministres et des maisons françaises furent également illuminées. Le pape assista à une représentation musicale le jeudi. Au total, cinq représentations eurent lieu, incluant deux répétitions. Les festivités furent louées pour leur magnificence et leur bon goût, et la noblesse romaine exprima son estime pour l'ambassadeur.
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12842
p. 205-208
Description du Sallon décoré pour la Cantate, & le Bal de la Noblesse.
Début :
En entrant, on voyoit en face l'orchestre destiné à placer les Musiciens ; il étoit formé par un [...]
Mots clefs :
Salon, Argent, Palmes, Colonnes, Fleurs de lys, Théâtre, Relief, Armes, Génies, Naissance du duc de Bourgogne
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texteReconnaissance textuelle : Description du Sallon décoré pour la Cantate, & le Bal de la Noblesse.
Description du Sallon décoré pour la Cantate,
& le Bal de la Noblesse.
En entrant, on voyoit en face l'orchestre destiné
à placer les Musiciens ; il étoit formé par un
amphitéatre circulaire: de six gradins, qui rem-
plissoit toute la largeur de la salle; au bas étoit
un banc, feint de velours cramoisy, brodé d'or,
sur lequel étoient assis les per'onnages chantans.
L'ouverture de cette espêce de Théatre, étoit
Digjines hod
206 MERCURE DE FRANCE
formée par quatre colonnes isolées d'ordre Com-
posite, surmontées d'un attique. Ces colonnes
étoient bleu-clait, & torse-canelées en or, dans
les deux tiers; le dervier tiers, qui étoit celui
d'en bas, étoit orné de festons de fleurs naturelles,
Les chapiteaux étoient ornés de dauphins, de lys,
&c. exécutés en relief & en argent. Le long de
l'architecture regnoient des guitlandes de fleurs
supportées chacune pat deux amours, exécutés
en lief & en argent; la frise de cet entablement
étoit ornée de coquilles en relief, travaillées en
or & en argent alternativement; à la plus gran-
de élevation de l'ouverture, de l'orchestre,
on voyoit les armes de France portées par deux
Génies, & surmontées par la Renommée. Ces
figures exécutées en relief, étoient de douze
palmes de hauteur, un pavillon bleu, semé de
fleurs de-lys d'or, accompagnoit le tout. Les
rôtés du Théatre représentoient un Temple ou-
vert, formé par des colonnes d'ordre Composite
qui s'accordoient avec les quatre colonnes, par
lesquelles étoit formée l'ouverture. Le fond re-
presentoit un Soleil brillant, qui répandoit sa lu-
miere sur un groupe de cinquante figures, les-
quelles représentoient la France, ayant d'un coté
la Religion & la Paix, de l'autre la Justice & l'A-
bondance. Cette décoration du sond fut cachée
jusqu'au commencement de la Cantare, par un
rideau fond blanc, semé de lys d'argent, distri-
bués avec beaucoup d'élégance. Les deux côtés de
la s. lle, étoient occupés par un ordre Composite
de pilastres, de cinquante palmes de hauteur,
Cet ordre étoit surmonté d'un attique de quatorze
palmes; les colonnes étoient feintes de lapis-
Jazuli, & les entre-colonnes formées par une
toile bleu & argent. Au milieu de chacune de ces
JANVIER.
1752.
207
dernieres étoient des dauphins en relief & en
argent, qui portoient des guirlandes pour
des lumieres. Entre chaque pilastre étoit un
trumeau de vingt palmes de hauteur, le reste de
l'élevation étoit occupé par deux cartouches,
ornés tous les deux, dans le goût de la décoration,
dans l'un desquels étoient peints deux amours,
jouant avec un lys, & dans le second les armes de
France, & le chistre du Roi, alternativement sur
un fond de toile bleu & argent. Les ornemens
des deux ofdres Composite & Attique, les chapi-
teaux, & tous les attributs qui les accompagnoient,
étoient exécutés en reliet d'or ou d'argent, &
parés de guitlandes & fleurs naturelles, disposées
avec beaucoup d'élegance. Le côté opposé a celui
du Théatre, étoit formé d'une architecture sem-
blable à celle des deux côtés correspondans. On,
voyoit au milieu deux Renominées en telief or
& argent, qui portoient les armes du Roi, &
trois Genies qui étoient au-dessus supportoient
un manteau bleu, semé de fleurs-de-lys d'or
& doublé d'hermine, qui s'étendoit sous l'écus-
son; au-dessous des armes de Fraoce, quatre pe-
tits Genies poctoient les écussons de Monseigneur
le Dauphin, & de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne.
On avoit élevé de ce côté, à la hauteur de
douze palmes, un amphithéatre dont la convéxité
étoit de quatre-vingt six palmes, & la moindre
profondeur de quinze. A huit palmes & demie au-
dessus, étoit un balcen orné, ainsi que l'amphi-
théatre, d'une riche balustrade. Le plasond s'ac-
cordoit avec l'Attique, qui regnoit dans les qua-
tre côtés de la salle, & paroissoit en être la suite,
& le milieu étoit formé par des festons de fleurs
dont les Peintres Italiens entendent si bien la
disposition.
208 MERCUREDEFRANCE.
Quoique la réputation du Cavalier Jean-Paul
Panini soit faite depuis long.-tems, & que son
nom soit célébre même chez les Etrangers, on a
trouvé que ce sallon surpassoit encore ce qu'oa
se croyoit en droit d'attendre de lui, & on con-
vient unaniment qu'on n'a jamais vum de décora-
tion plus brillante, plus riche, & mieux enten-
due. Le dessein de cette salle, s'il étoit réelie-
ment exécuté, seroit, de l'aveu de tous les Con-
noisseurs, un morceau d'architectute compara-
ble à tout. Cet ouvrage acquiert un nouveau mé-
rite pour ceux qui peuvent juger des difficultés
qu'il y a en à vaincre, l'Architecte ayant dû s'ac-
commoder à la situation qu'il avoit, & ayant été
bien gèné par beaucoup de statues, dont le sal-
lon est plein, & qu'il n'éroit pas pratiquable de
déranger. Ce sillon étoit éclairé d'une lumiere
douce & égale, & en même tems aussi brillante
qu'elle pouvoit l'être, & égale à celle du jour.
& le Bal de la Noblesse.
En entrant, on voyoit en face l'orchestre destiné
à placer les Musiciens ; il étoit formé par un
amphitéatre circulaire: de six gradins, qui rem-
plissoit toute la largeur de la salle; au bas étoit
un banc, feint de velours cramoisy, brodé d'or,
sur lequel étoient assis les per'onnages chantans.
L'ouverture de cette espêce de Théatre, étoit
Digjines hod
206 MERCURE DE FRANCE
formée par quatre colonnes isolées d'ordre Com-
posite, surmontées d'un attique. Ces colonnes
étoient bleu-clait, & torse-canelées en or, dans
les deux tiers; le dervier tiers, qui étoit celui
d'en bas, étoit orné de festons de fleurs naturelles,
Les chapiteaux étoient ornés de dauphins, de lys,
&c. exécutés en relief & en argent. Le long de
l'architecture regnoient des guitlandes de fleurs
supportées chacune pat deux amours, exécutés
en lief & en argent; la frise de cet entablement
étoit ornée de coquilles en relief, travaillées en
or & en argent alternativement; à la plus gran-
de élevation de l'ouverture, de l'orchestre,
on voyoit les armes de France portées par deux
Génies, & surmontées par la Renommée. Ces
figures exécutées en relief, étoient de douze
palmes de hauteur, un pavillon bleu, semé de
fleurs de-lys d'or, accompagnoit le tout. Les
rôtés du Théatre représentoient un Temple ou-
vert, formé par des colonnes d'ordre Composite
qui s'accordoient avec les quatre colonnes, par
lesquelles étoit formée l'ouverture. Le fond re-
presentoit un Soleil brillant, qui répandoit sa lu-
miere sur un groupe de cinquante figures, les-
quelles représentoient la France, ayant d'un coté
la Religion & la Paix, de l'autre la Justice & l'A-
bondance. Cette décoration du sond fut cachée
jusqu'au commencement de la Cantare, par un
rideau fond blanc, semé de lys d'argent, distri-
bués avec beaucoup d'élégance. Les deux côtés de
la s. lle, étoient occupés par un ordre Composite
de pilastres, de cinquante palmes de hauteur,
Cet ordre étoit surmonté d'un attique de quatorze
palmes; les colonnes étoient feintes de lapis-
Jazuli, & les entre-colonnes formées par une
toile bleu & argent. Au milieu de chacune de ces
JANVIER.
1752.
207
dernieres étoient des dauphins en relief & en
argent, qui portoient des guirlandes pour
des lumieres. Entre chaque pilastre étoit un
trumeau de vingt palmes de hauteur, le reste de
l'élevation étoit occupé par deux cartouches,
ornés tous les deux, dans le goût de la décoration,
dans l'un desquels étoient peints deux amours,
jouant avec un lys, & dans le second les armes de
France, & le chistre du Roi, alternativement sur
un fond de toile bleu & argent. Les ornemens
des deux ofdres Composite & Attique, les chapi-
teaux, & tous les attributs qui les accompagnoient,
étoient exécutés en reliet d'or ou d'argent, &
parés de guitlandes & fleurs naturelles, disposées
avec beaucoup d'élegance. Le côté opposé a celui
du Théatre, étoit formé d'une architecture sem-
blable à celle des deux côtés correspondans. On,
voyoit au milieu deux Renominées en telief or
& argent, qui portoient les armes du Roi, &
trois Genies qui étoient au-dessus supportoient
un manteau bleu, semé de fleurs-de-lys d'or
& doublé d'hermine, qui s'étendoit sous l'écus-
son; au-dessous des armes de Fraoce, quatre pe-
tits Genies poctoient les écussons de Monseigneur
le Dauphin, & de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne.
On avoit élevé de ce côté, à la hauteur de
douze palmes, un amphithéatre dont la convéxité
étoit de quatre-vingt six palmes, & la moindre
profondeur de quinze. A huit palmes & demie au-
dessus, étoit un balcen orné, ainsi que l'amphi-
théatre, d'une riche balustrade. Le plasond s'ac-
cordoit avec l'Attique, qui regnoit dans les qua-
tre côtés de la salle, & paroissoit en être la suite,
& le milieu étoit formé par des festons de fleurs
dont les Peintres Italiens entendent si bien la
disposition.
208 MERCUREDEFRANCE.
Quoique la réputation du Cavalier Jean-Paul
Panini soit faite depuis long.-tems, & que son
nom soit célébre même chez les Etrangers, on a
trouvé que ce sallon surpassoit encore ce qu'oa
se croyoit en droit d'attendre de lui, & on con-
vient unaniment qu'on n'a jamais vum de décora-
tion plus brillante, plus riche, & mieux enten-
due. Le dessein de cette salle, s'il étoit réelie-
ment exécuté, seroit, de l'aveu de tous les Con-
noisseurs, un morceau d'architectute compara-
ble à tout. Cet ouvrage acquiert un nouveau mé-
rite pour ceux qui peuvent juger des difficultés
qu'il y a en à vaincre, l'Architecte ayant dû s'ac-
commoder à la situation qu'il avoit, & ayant été
bien gèné par beaucoup de statues, dont le sal-
lon est plein, & qu'il n'éroit pas pratiquable de
déranger. Ce sillon étoit éclairé d'une lumiere
douce & égale, & en même tems aussi brillante
qu'elle pouvoit l'être, & égale à celle du jour.
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Résumé : Description du Sallon décoré pour la Cantate, & le Bal de la Noblesse.
Le texte décrit la décoration somptueuse d'un salon préparé pour une cantate et un bal de la noblesse. À l'entrée, un amphithéâtre circulaire de six gradins accueillait les musiciens et les chanteurs sur un banc de velours cramoisi brodé d'or. Cet espace était encadré par quatre colonnes d'ordre composite, bleues et torsadées d'or, ornées de festons de fleurs naturelles et de chapiteaux en relief argentés. Des guirlandes de fleurs soutenues par des amours en relief et en argent décoraient l'entablement, tandis que les armes de France étaient portées par deux génies surmontés de la Renommée. Les côtés du théâtre représentaient un temple ouvert avec des colonnes composites. Le fond montrait un soleil illuminant un groupe de cinquante figures symbolisant la France entourée de la Religion, la Paix, la Justice et l'Abondance. Cette décoration était cachée par un rideau blanc semé de lys d'argent jusqu'au début de la cantate. Les côtés de la salle étaient ornés de pilastres de cinquante palmes de hauteur, surmontés d'un attique de quatorze palmes, avec des colonnes feintes en lapis-lazuli et des entre-colonnes en toile bleue et argent. Des dauphins en relief et des cartouches ornés d'amours et des armes de France décoraient les espaces entre les pilastres. Du côté opposé au théâtre, une architecture similaire présentait des Renommées et des génies soutenant un manteau bleu semé de fleurs-de-lys. Un amphithéâtre de douze palmes de hauteur avec une balustrade richement décorée était également présent. Le plafond s'harmonisait avec l'attique des côtés de la salle et était orné de festons de fleurs. La décoration a été réalisée par le Cavalier Jean-Paul Pannini.
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12843
p. 208-218
Relation des Fêtes données à Vienne, par M. le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur de France, le 23 & 24 Novembre, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Début :
M. le Marquis d'Hautefort n'eut pas plutôt reçu l'heureuse nouvelle de la naissance de Monseigneur [...]
Mots clefs :
Vienne, Marquis de Hautefort, Naissance du duc de Bourgogne, Salle, Place, Hôtel, Fleurs, Édifice, Amphithéâtre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Relation des Fêtes données à Vienne, par M. le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur de France, le 23 & 24 Novembre, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Relation des Fêtes données à Vienne, par M.
le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur
de France, le 23 & 24 Novembre,
à l'occasion de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
M. le Marquis d'Hautefort n'eut pas plutót
reçu l'heureuse nouvelle de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, qu'il fit toutes
ses dispositions pour célebrer, par des fêtes pu-
bliques & solemnelles, un évenement si desiré.
L'Hôte d'Harrach que Son Excellence occupe,
tout spacieux qu'il est, manque de plusieurs com-
modités essentielles en pareilles circonstances, &
la Place des Ecossois, sur laqueile regne la façade
JANVIER. 1752. 209
principale de cet Hôtel, n'offie à la vde que des
objets peu agréables ou par leur usage, ou par
leur itrégularité.
Il falloit remédier à ce double inconvénient.
en construisant une salle dans se jardin de cer
Hôtel, & en décorant la Place des Ecossois, com-
me on le dira ci-apiès.
On donna à cette salle les proportions les plus
regulieres, & elle reussit d'autant mieux, qu'elle
joignoit un ancien sallon fort orné, accompagné
de deux cabinets, qui étoient devenus des pieces
utiles pout servit de décharge.
La longueur de cette salle étoit de soixante-
treize pieds, sur quarante-buit de largeur & trente
de hanteur, le tout dans œuvre. Sa décoration
consistoit dans une suite de Pilastres d'ordre Com-
posite, peints en marbre sur toile; les canelures
les bases & les chapiteaux étoient dorés. Les en-
tre deux des Pilastres étoient remplis par des va-
ses de fleurs, portés sur des consoles dorées, &
au-dessus étoient des trophées de Musique, atta-
chés par des festons de fleurs. L'intervalle, depuis
la corniche qui couronnoit cette architecture
jusqu'au cordon du plafond, étoit en calote cir-
culaire, formée par des courbes en anses de pa-
nier, & il étoit rempli par des modillons, portant
d'aplomb sur les Pilastres, enrichis d'ornemens
dorés & de festons de fleurs.
La partie du plafond qui étoit peinte, & qui
occupoit le milieu, avoit trente pieds de long sur
vingt- deux de large. Elle étoit renfermée dans
un cartouche, en or entrelacé de fleurs. Quatre
medaillons répondoient aux quatre angles de ce
plafond. Ils contenoient des Genies, représentans
les beaux Arts, scavoir la Peinture, la Sculpture
la Musique & la Poësie. On voyoit au milieu de
jitized by Goc
210 MERCURE DE FRANCE.
la partie peinte, la Déesse Lucine, invitant Mer-
cure à aller annoncer au monde la naissance du
Prince qui faisoit le sujet de la fête. D'un côté
étoient plusieurs figures de femmes, préparant
des guirlandes de fleurs, & de l'autre d'autres
femmes, qui paroissoient se livrer aux transports
de la joie la plus vive. Plus bas étoit un groupe
d'enfans sur un nuage, tenans les uus l'Ecusson
des armes du Roi, d'autres une corne d'abon-
dance renversée d'où sortoient des Couronnes
des Sceptres, des Médailles d'or, &c. des Amours
voltigeans au-dessus de la figure principale, s'oc-
cupoient à former des Couronnes de fleurs.
Sur les trois portes, qui donnoient entrée dans
cette belle Salle, étoient peints des groupes d'en-
fans, s'amusant à couper des bleds, & à cueillit
des fruits & des raisins.
Sur chacune des faces les plus longues de cette
Salle, on avoit placé deux glaces qui par le moyen
des deux chassis dorés dont on les avoit cou-
vertes, paroissoient former autant de fenêtres.
Au dessus de chacune étoient peints des jeux d'en-
fans, & en général le dessein, l'ordre & le coloris
de tous ces tableaux, repondoient parfaitement
au sujet & au brillant du reste de la Salle.
En face de la principale enttée qui avoit été
pratiquée nécessairement au milieu de sa largeur
etoit une tribune fort profonde destinée à placet
les Musiciens; elle avançoit sur la Salle en for-
me citculaire d'environ quatre pieds dans sa plus
grande saillie, & on l'avoit renfermée par une
balustrade dorée. Sa décoration étoit aussi com-
posée d'ornemens dorés, sur uo fond blanc avec
des guirlandes de fleurs.
On avoit posé aux quatre angles de cette Salle
qui avoit été arrondis, quatre beaux poëles dont
JANVIER. 1752.
211
la chaleur entretenve avec soin & jointe à celle
d'un autre poële placé dans ie Sallon contigu,
rendoit l'une & l'autie piéce parfaitement habi-
table au milieu du plus grand froid de la saison.
Ces différentes pièces étoient éclairées par près de
500 bougies.
L'édifice construit en charpente en face & à
26 toises du milieu de l'Hlôtel de Son Excel-
lence, avoit la forme d'un amphitheâtre. La hau-
teur étoit de 36 pieds, & sa longueur en demi
ceintre de 136. Il étoit orné de colomnes & de
pilastres d'ordre lonique entre lesquels on voyoit
des panaux de toile transparente de hauteur pro-
portionnée sur lesquels étoient peints des trophées.
On avoit rempli les ouvertures des senêtres de
cet édisice, au nombre de six, d'un pareil nombre
de tableaux peints de même sur des toiles transpa-
rentes, contenant différentes allégories ingé-
nieuses rélatives à la naissance du Prince.
On remarquoit dans le premier à main gau-
che, la Déesse Lucine présentant à la France un
enfant; au dessus étoit le Signe de la balance sous
lequel il est né, présage heureux de sa justice;
au dessous paroissoit l'Automne avec tous ses
attributs. On lisoit immédatement sous le ceintre
de ce tableau ces mots, Di vini favoris pig-
nus.
Dans le tableau suivant, étoient représentées
les trois Parques, l'une filant les jours du Prince
nouveau-né, l'autre tournant le fusean & la troisié-
me jettant son ciseau, pour montrer par cette ac-
tion, combien elle étoit éloignée de vouloit
trancher le fil d'une vie si précieuse: au dessons
du ceintre étoient ces mots, Abhorret munere
fungi.
On voyoit dans le troisième la Déesse Asttée
zed by Goc
212 MERCUREDE FRANCE.
portée sur un nuage, d'ou sortoit un soleil levant
Saturne ou le Tems avec sa faula & Janus remar-
quable par son double visage, étoient plus bas &
sembloient applaudir à la devise Aurea condet se-
cula, qu'on lisoit au deflous du ceintre.
Le quatriéme tableau re: resentoit Jupiter or-
donnant à Vulcain de cesser de forger des armes
dans un moment où la naissance d'un Prince si
désiré, venoit encore affermir la paix de l'Europe.
On voyoit dans le lointain, les forges de Vulcain
& des Ciclopes animés au travail. Au dessous
du ceintre étoient ces mot, Cœptos auferte la-
bores.
Sur le cinquième étoient représentés le Dieu
de l'Hymen assis sur un nuage & au dessous la
France & la Pologne sous la figure de deux fem-
mes assisses, tenant un cœur avec ces mots, Se-
cundo conjugio.
Le sixième représentoit la France debout sur une
espece d'estrade, soutenant un Enfant qu'elle
montroit à l'Europe. On lisoit sous le ceintre de co
tableau les mots suivants, Felicitati regni &
orbis.
Au milien de ce vaste édifice paroissoit une por-
te entiérement ouverte & au dessus étoit un ta-
bleau sur toile transpatente comme les précédens
qui représentoit le génie de la France assis sur un
Trône, & à ses côrés la Justice & la,Prudence
avec tous leurs atttibuts. On lisoit au haut ces
mots, Consiliis Industria compar.
Sur l'entablement des deux bouts de l'édifice
en place de fronton, on voyoit en transparens
d'un cônté les Armes du Roi, dela Reine, & de l'au-
tre celles de Monseigneur le Dauphin & de Mada-
me la Dauphine, surmontées de leurs couronnes
avec leurs supports & les trophées, qui les accom-
res vO
1752.
213
JANVIER.
pagnoient. Ces trophées surpassoient la balustra-
de dont tout le reste de l'édifice étoit couronné,
Ces balustrades, percées à jour en transparens
étoient interrompuespar des pieds- d'estaux qui por-
toient à l'aplomp de toutes les colonnes, des
grands vases destinés à porter eux-mêmes des pots
à feu. Au devant de l'édifice étoit une gallerie éle-
vée à huit pieds de hauteur du rez de chaussée
fermée sur toute sa longueur dune balustrade, sur
les pieds-d'estaux de laquelle on avoit posé des
vases d'une très-belle proportion. Cette gallerie
étoit accessible au moyen d'un large escalier,
pratiqué à chacune de ses exttémites.
C'étoit au milieu de cette Place qu'on avoit
élevé un grand pied-d'estal de forme hexagone.
Sur les Codillons des angles étoient assisses quatre
sigures colossales de relief entiérement dorées,
représentant la riehesse, la valeus, la renommée
& la noblesse. Sur ce pied- d'estal s'éle voit une base
de même forme qui pottoit une pyramide de 62
pieds de hauteur dont toutes les faces jusqu'à la
pointe, étoient en transparens; on y avoit peint
ses chiffres du Roi, des dauphins & des fleurs de
lys. On remarquoit au pied de la face principale
de cette pyramide le grand écusson des Arines de
France, & sur la pointe, un globe transparer:
surmonté d'une sleur de lyode grandeurconvenable;
tous les angles étoient marques par un nom,
bre prodigieux de lumieres.
La façade du pied- d'estal du côté de l'Hôtel de
Son Excellence étoit chargée d'une Inscription
Latine peinte sur une toile transparente; elle an-
nonçoit le sujet de la fête & de la joie publique.
Les deux faces latérales du même pied. d'estal
avoient été décorées en fontaines, quatre dau-
phins places aux quatre coius à hauteur de corni,
itized by Goo
214 MERCUREDEFRANCE.
niche, jettoient du vin en abondance.
Tous ces différens corps étoient éclairés d'unt
infinité de lampions & de terrines dont la lumiere
ajoutoit à la beauté de leur forme & à la richesse
de leurs décorations.
Asin que l'amphithéatre fit tout son effet, on
avoit joint ce superbe édifice à l'Hôtel, par ua
rang d'arcades de chaque côté, qui, décrivant
une ligne circulaim, donnoient à la Place des
Ecossois une forme ronde, & en apparence beau-
coup plus spacieuse. Ces arcades avoient une hau-
teur & des ouvertures proportionnées. Elles étoient
figurées par des lampions depuis le socle jusqu'à
la tablette.
A l'egard de la façade de l'Hôtel, du côté de
la Place, on avoit suivi pout son illuminaion l'or-
dre de son archirecture, qui est des plus regulie-
res. Les trois rangs de fenêtres qui l'éclairent,
les Pilastres qui décorent les trumeaux, depuis le
socle jusqu'à la corniche servant d'entablement
& la corniche même, avoient été sigurés en lam-
pions. Le grand balcon, au-dessus de la porte-
cochere & les colonnes qui les soutiennent
étoient pareillement chargés de lumieres. On ea
avoit entouré les deux niches aux côtés de la por-
te, dans lesquelles on avoit placé deux figures de
relief, imitant le marbre blanc, repiésentant
Themis & Minerve. En tout, on pouvoit comp-
ter pout l'illumination de cette façade des arca-
des de l'amphitheatre, & de la pyramide, onze
mille lampions, & plus de quatte mille terrines.
Toutes ces dispositions étant achevées, M.
l'Ambassadeur jugea à propos de faire précéder
ces fêtes par uu repas splendi de qu'il donna aux
Ambassadeurs, & à tous les Ministres & Grands
Officiers de la Cour.
zed by Goo
JANVIER.
1752.
215
Quelques jours auparavant, S. Exc avoit fait
porter des billets d'invitation aux mêmes person-
nes, & à tout ce que la Cour & la Ville tenfer-
ment de plus distingué par le rang & la naissance,
pour se trouver, le Mardi 23 Novembre, à une
assemblée dans son Hôtel, pendant laquelle il y
autoit Concert, & le lendemain 24, au Bal paté,
& au souper qui devoi. le suivre.
L'assemblee se tiut dans la nouvelle Salle, dout
la description vient d'être faite. Plus de cinq cens
personnnes, de l'un & l'autre sexe, s'y rendirent
en habit de grand gala; on peut se représenter leur
maguisicence par celle, dont la haute Noblesse de
Vienne fait toujours montre dans les occasions
d'éclat; & ce qui en rehaussoit le prix, étoit un
nombre prodigieux de diamans, dont elle est en
usage de douner en même tems le brillant spec-
tacle.
Pendant l'assemblée, & peu après que chacun
eut pris place à des tables de jeu disposées dans la
salle & le sallon voifin, un Orchestre composé de
Musiciens choisis, & dirigé par le célebre Siani
connu en France, sous le nom de Desplanes, de-
puis long-tems Directeur de la Musique de la
Cour Imperiale, fit entendre successivement de
la Tribune, où il avoit été placé, les morceaux
les plus agréables de symphonie Françoise & Ita-
lienne; ils furent entremèlés de Concerto, exécu-
tés par le Sieur Fertari, célébre Violon d'Italie,
& qui justifia bien dans cette occasion la réputa-
tion dont il jouit. On distribua pendant cette as-
semblée toutes sottes de rafraichissemeus avec
profusion.
A cet amusement qui dura jusqu'à onze heures
du soit, & dont on sortit trés. satisfait, succeda le
lendemain celui du Bal paré & du repas, par le-
quel les fêtes devoient être terminées.
216 MERCUREDEFRANCE.
On se rendit ce jour-là, vers les six heures da
soir, dans la même salle où l'assemblée s'étoit te-
nue la veille, & avec même affluence. Tout s'y
trouvant préparé pour le Bal, il fut ouvert au son
d'une brillante symphonie, composée de plus de
trente instrumens, par M. l'Ambassadeur, & par
Madame la Comtesse d'Harrach, qu'il avoit prié
de vouloir bien en faire les honneurs.
Bientôt aptès, six Chambellans choisis parmi
ce qu'il y a de plus distingué à la Cour, ayanz
partagé, en quelque sorte, entr'eux le terrain de
la salle, prirent à danser les principales Dames du
Bal, chacune suivant son rang, ensorte qu'insen-
fiblement le plaisit de la danse devint le plaisir
général. Celui du jeu eut aussi ses partisans. Vinge
tables au moius placées, tant dans la salle même
du Bal que dans le sallon, furent continuellement
occupées jusqu'au moment du souper.
Lorsqu'on eut servi, chacun s'empresta de se
rendre aux tables qui avoient été distribuées pour
cet effet dans les appartemens de l'Hôtel. Plus de
deux cent cinquante personnes trouverent à s'y
placer. Le soin que l'on prit de servit toutes ces
tables également, l'ordre & l'intelligence qui
y furent apportés, le choix & l'abondance des
mets, la delicatesse & la diversité des vins, ne
laisserent rien à désirer.
Les attentions de M. l'Ambassadeut pendant
ce somptueux repas, s'étendirent à tous les ob-
jets. Il ne prit place à aucune table pout avoir
la liberté de se porter à toutes, & pour pouvois
commaniquer à ses illustres convives la jove
dont il étoit lui-même pénétré.
A une heure après minvit, on se leva de ta-
ble, & l'on coutut vers la salle du bal, où. deja
lo simphonie se. faisoit entendre. Les menuets
recom-
itized by Goo
JANVIER. 1752.
217
recommencerent, on leur fit succeder des dan-
ses allemandes, dont les pas & les mouvemens
bcaucoup plus viss & plus animés, redoublerent
encore la gaieté qui s'étoit dejà répandue. Le
jeu reprit aussi de tous côtés, & c'est dans ces
plaisirs que se passa le reste de la nuit jusqu'à
cinq heures du matin que la plupart des Dames
se retirerent.
Il reste présentement à parler de l'illumina-
tion générale de la place des Ecossois & de la
façade de l'Hôtel de son Excellence, qui eut
lieu le Mardi 23, & qui fut repetée le len-
demain 24.
La nuit vente, on vit tous les différens
corps qui composoient cette illumination, répan-
dre insensiblement la lumiere, & se couvrir en-
fin des feux les plus brillans. Les tableaux d'em-
blêmes, & tout ce qui dans la façade de l'am-
phithéâtre & dans la pyramide étoit peint sur
toile transparente, semblerent s'animer. L'Ar-
chitecture de ces corps dessinée en lampions
en parut plus saillante; bientôt la pyramide dont
on a dit que les angles avoient été pareillement
dessinés en lampions depuis sa base julqu'à la fleur
de lys qui la terminoit, ne fut plus qu'une co-
lomne de feu. On illumina en même tems la fa-
çade de l'Hôtel depuis le socle jusqu'au faîte
& les arcades qui formoient l'enceinte de la
place, de sorte que toutes ces parties se prê-
tant mutuellement un grand éclat, on vit long-
tems la nuit ceder la place au jour.
Ce fut-là le moment que l'on choisit pour fai-
re couler le vin en abondance. Le peuple qui
Pattendoit avec impatience, s'étoit muui, com-
me il arrive en pareil cas, de toutes sortes de
va ses pour s'en procurer d'amples provisions
II. Vol.
ed by G
218 MERCUREDEFRANCE.
& tous les efforts qu'on lui vit faire pour y par-
venir, donnerent pendant les deux jours un
spectacle assez amusant.
Deux Chœurs de trompettes & de tymbales
placés aux deux bouts de la gallerie de l'amphi-
théâtre, & qui se répondoient sans interrup-
tion, augmentoient par leurs fanfares l'émula-
tion de ce même peuple, & concouroient à ses
pla sirs. Son Excellence auroit désiré, pour les
varier davantage, pouvoit donner un feu d'ar-
tifice: mais ces sortes de spectacles ne sont pas
pas permis dans Vienue, à cause du danger
presqu'inévitable du feu, la plupart des mai-
lons étant couvertes en bois,
Les constructions & les décorations tant de
l'édifice en forme d'amphithéâtre & de la pyra-
mide, que de la salle du bal, avoient été in-
ventées & dirigées par le Sicur Gaetan Fanti
Architecte & Inspecteur de la gallerie des Pein-
tures de M. le Prince de Lichtenstein, & les su-
jets des tableaux du même amphithéâtre & des
peintures de la salle avoient été exécutés sur les
desseins du Sicur Vincent Fanti son sils.
le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur
de France, le 23 & 24 Novembre,
à l'occasion de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne.
M. le Marquis d'Hautefort n'eut pas plutót
reçu l'heureuse nouvelle de la naissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne, qu'il fit toutes
ses dispositions pour célebrer, par des fêtes pu-
bliques & solemnelles, un évenement si desiré.
L'Hôte d'Harrach que Son Excellence occupe,
tout spacieux qu'il est, manque de plusieurs com-
modités essentielles en pareilles circonstances, &
la Place des Ecossois, sur laqueile regne la façade
JANVIER. 1752. 209
principale de cet Hôtel, n'offie à la vde que des
objets peu agréables ou par leur usage, ou par
leur itrégularité.
Il falloit remédier à ce double inconvénient.
en construisant une salle dans se jardin de cer
Hôtel, & en décorant la Place des Ecossois, com-
me on le dira ci-apiès.
On donna à cette salle les proportions les plus
regulieres, & elle reussit d'autant mieux, qu'elle
joignoit un ancien sallon fort orné, accompagné
de deux cabinets, qui étoient devenus des pieces
utiles pout servit de décharge.
La longueur de cette salle étoit de soixante-
treize pieds, sur quarante-buit de largeur & trente
de hanteur, le tout dans œuvre. Sa décoration
consistoit dans une suite de Pilastres d'ordre Com-
posite, peints en marbre sur toile; les canelures
les bases & les chapiteaux étoient dorés. Les en-
tre deux des Pilastres étoient remplis par des va-
ses de fleurs, portés sur des consoles dorées, &
au-dessus étoient des trophées de Musique, atta-
chés par des festons de fleurs. L'intervalle, depuis
la corniche qui couronnoit cette architecture
jusqu'au cordon du plafond, étoit en calote cir-
culaire, formée par des courbes en anses de pa-
nier, & il étoit rempli par des modillons, portant
d'aplomb sur les Pilastres, enrichis d'ornemens
dorés & de festons de fleurs.
La partie du plafond qui étoit peinte, & qui
occupoit le milieu, avoit trente pieds de long sur
vingt- deux de large. Elle étoit renfermée dans
un cartouche, en or entrelacé de fleurs. Quatre
medaillons répondoient aux quatre angles de ce
plafond. Ils contenoient des Genies, représentans
les beaux Arts, scavoir la Peinture, la Sculpture
la Musique & la Poësie. On voyoit au milieu de
jitized by Goc
210 MERCURE DE FRANCE.
la partie peinte, la Déesse Lucine, invitant Mer-
cure à aller annoncer au monde la naissance du
Prince qui faisoit le sujet de la fête. D'un côté
étoient plusieurs figures de femmes, préparant
des guirlandes de fleurs, & de l'autre d'autres
femmes, qui paroissoient se livrer aux transports
de la joie la plus vive. Plus bas étoit un groupe
d'enfans sur un nuage, tenans les uus l'Ecusson
des armes du Roi, d'autres une corne d'abon-
dance renversée d'où sortoient des Couronnes
des Sceptres, des Médailles d'or, &c. des Amours
voltigeans au-dessus de la figure principale, s'oc-
cupoient à former des Couronnes de fleurs.
Sur les trois portes, qui donnoient entrée dans
cette belle Salle, étoient peints des groupes d'en-
fans, s'amusant à couper des bleds, & à cueillit
des fruits & des raisins.
Sur chacune des faces les plus longues de cette
Salle, on avoit placé deux glaces qui par le moyen
des deux chassis dorés dont on les avoit cou-
vertes, paroissoient former autant de fenêtres.
Au dessus de chacune étoient peints des jeux d'en-
fans, & en général le dessein, l'ordre & le coloris
de tous ces tableaux, repondoient parfaitement
au sujet & au brillant du reste de la Salle.
En face de la principale enttée qui avoit été
pratiquée nécessairement au milieu de sa largeur
etoit une tribune fort profonde destinée à placet
les Musiciens; elle avançoit sur la Salle en for-
me citculaire d'environ quatre pieds dans sa plus
grande saillie, & on l'avoit renfermée par une
balustrade dorée. Sa décoration étoit aussi com-
posée d'ornemens dorés, sur uo fond blanc avec
des guirlandes de fleurs.
On avoit posé aux quatre angles de cette Salle
qui avoit été arrondis, quatre beaux poëles dont
JANVIER. 1752.
211
la chaleur entretenve avec soin & jointe à celle
d'un autre poële placé dans ie Sallon contigu,
rendoit l'une & l'autie piéce parfaitement habi-
table au milieu du plus grand froid de la saison.
Ces différentes pièces étoient éclairées par près de
500 bougies.
L'édifice construit en charpente en face & à
26 toises du milieu de l'Hlôtel de Son Excel-
lence, avoit la forme d'un amphitheâtre. La hau-
teur étoit de 36 pieds, & sa longueur en demi
ceintre de 136. Il étoit orné de colomnes & de
pilastres d'ordre lonique entre lesquels on voyoit
des panaux de toile transparente de hauteur pro-
portionnée sur lesquels étoient peints des trophées.
On avoit rempli les ouvertures des senêtres de
cet édisice, au nombre de six, d'un pareil nombre
de tableaux peints de même sur des toiles transpa-
rentes, contenant différentes allégories ingé-
nieuses rélatives à la naissance du Prince.
On remarquoit dans le premier à main gau-
che, la Déesse Lucine présentant à la France un
enfant; au dessus étoit le Signe de la balance sous
lequel il est né, présage heureux de sa justice;
au dessous paroissoit l'Automne avec tous ses
attributs. On lisoit immédatement sous le ceintre
de ce tableau ces mots, Di vini favoris pig-
nus.
Dans le tableau suivant, étoient représentées
les trois Parques, l'une filant les jours du Prince
nouveau-né, l'autre tournant le fusean & la troisié-
me jettant son ciseau, pour montrer par cette ac-
tion, combien elle étoit éloignée de vouloit
trancher le fil d'une vie si précieuse: au dessons
du ceintre étoient ces mots, Abhorret munere
fungi.
On voyoit dans le troisième la Déesse Asttée
zed by Goc
212 MERCUREDE FRANCE.
portée sur un nuage, d'ou sortoit un soleil levant
Saturne ou le Tems avec sa faula & Janus remar-
quable par son double visage, étoient plus bas &
sembloient applaudir à la devise Aurea condet se-
cula, qu'on lisoit au deflous du ceintre.
Le quatriéme tableau re: resentoit Jupiter or-
donnant à Vulcain de cesser de forger des armes
dans un moment où la naissance d'un Prince si
désiré, venoit encore affermir la paix de l'Europe.
On voyoit dans le lointain, les forges de Vulcain
& des Ciclopes animés au travail. Au dessous
du ceintre étoient ces mot, Cœptos auferte la-
bores.
Sur le cinquième étoient représentés le Dieu
de l'Hymen assis sur un nuage & au dessous la
France & la Pologne sous la figure de deux fem-
mes assisses, tenant un cœur avec ces mots, Se-
cundo conjugio.
Le sixième représentoit la France debout sur une
espece d'estrade, soutenant un Enfant qu'elle
montroit à l'Europe. On lisoit sous le ceintre de co
tableau les mots suivants, Felicitati regni &
orbis.
Au milien de ce vaste édifice paroissoit une por-
te entiérement ouverte & au dessus étoit un ta-
bleau sur toile transpatente comme les précédens
qui représentoit le génie de la France assis sur un
Trône, & à ses côrés la Justice & la,Prudence
avec tous leurs atttibuts. On lisoit au haut ces
mots, Consiliis Industria compar.
Sur l'entablement des deux bouts de l'édifice
en place de fronton, on voyoit en transparens
d'un cônté les Armes du Roi, dela Reine, & de l'au-
tre celles de Monseigneur le Dauphin & de Mada-
me la Dauphine, surmontées de leurs couronnes
avec leurs supports & les trophées, qui les accom-
res vO
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JANVIER.
pagnoient. Ces trophées surpassoient la balustra-
de dont tout le reste de l'édifice étoit couronné,
Ces balustrades, percées à jour en transparens
étoient interrompuespar des pieds- d'estaux qui por-
toient à l'aplomp de toutes les colonnes, des
grands vases destinés à porter eux-mêmes des pots
à feu. Au devant de l'édifice étoit une gallerie éle-
vée à huit pieds de hauteur du rez de chaussée
fermée sur toute sa longueur dune balustrade, sur
les pieds-d'estaux de laquelle on avoit posé des
vases d'une très-belle proportion. Cette gallerie
étoit accessible au moyen d'un large escalier,
pratiqué à chacune de ses exttémites.
C'étoit au milieu de cette Place qu'on avoit
élevé un grand pied-d'estal de forme hexagone.
Sur les Codillons des angles étoient assisses quatre
sigures colossales de relief entiérement dorées,
représentant la riehesse, la valeus, la renommée
& la noblesse. Sur ce pied- d'estal s'éle voit une base
de même forme qui pottoit une pyramide de 62
pieds de hauteur dont toutes les faces jusqu'à la
pointe, étoient en transparens; on y avoit peint
ses chiffres du Roi, des dauphins & des fleurs de
lys. On remarquoit au pied de la face principale
de cette pyramide le grand écusson des Arines de
France, & sur la pointe, un globe transparer:
surmonté d'une sleur de lyode grandeurconvenable;
tous les angles étoient marques par un nom,
bre prodigieux de lumieres.
La façade du pied- d'estal du côté de l'Hôtel de
Son Excellence étoit chargée d'une Inscription
Latine peinte sur une toile transparente; elle an-
nonçoit le sujet de la fête & de la joie publique.
Les deux faces latérales du même pied. d'estal
avoient été décorées en fontaines, quatre dau-
phins places aux quatre coius à hauteur de corni,
itized by Goo
214 MERCUREDEFRANCE.
niche, jettoient du vin en abondance.
Tous ces différens corps étoient éclairés d'unt
infinité de lampions & de terrines dont la lumiere
ajoutoit à la beauté de leur forme & à la richesse
de leurs décorations.
Asin que l'amphithéatre fit tout son effet, on
avoit joint ce superbe édifice à l'Hôtel, par ua
rang d'arcades de chaque côté, qui, décrivant
une ligne circulaim, donnoient à la Place des
Ecossois une forme ronde, & en apparence beau-
coup plus spacieuse. Ces arcades avoient une hau-
teur & des ouvertures proportionnées. Elles étoient
figurées par des lampions depuis le socle jusqu'à
la tablette.
A l'egard de la façade de l'Hôtel, du côté de
la Place, on avoit suivi pout son illuminaion l'or-
dre de son archirecture, qui est des plus regulie-
res. Les trois rangs de fenêtres qui l'éclairent,
les Pilastres qui décorent les trumeaux, depuis le
socle jusqu'à la corniche servant d'entablement
& la corniche même, avoient été sigurés en lam-
pions. Le grand balcon, au-dessus de la porte-
cochere & les colonnes qui les soutiennent
étoient pareillement chargés de lumieres. On ea
avoit entouré les deux niches aux côtés de la por-
te, dans lesquelles on avoit placé deux figures de
relief, imitant le marbre blanc, repiésentant
Themis & Minerve. En tout, on pouvoit comp-
ter pout l'illumination de cette façade des arca-
des de l'amphitheatre, & de la pyramide, onze
mille lampions, & plus de quatte mille terrines.
Toutes ces dispositions étant achevées, M.
l'Ambassadeur jugea à propos de faire précéder
ces fêtes par uu repas splendi de qu'il donna aux
Ambassadeurs, & à tous les Ministres & Grands
Officiers de la Cour.
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JANVIER.
1752.
215
Quelques jours auparavant, S. Exc avoit fait
porter des billets d'invitation aux mêmes person-
nes, & à tout ce que la Cour & la Ville tenfer-
ment de plus distingué par le rang & la naissance,
pour se trouver, le Mardi 23 Novembre, à une
assemblée dans son Hôtel, pendant laquelle il y
autoit Concert, & le lendemain 24, au Bal paté,
& au souper qui devoi. le suivre.
L'assemblee se tiut dans la nouvelle Salle, dout
la description vient d'être faite. Plus de cinq cens
personnnes, de l'un & l'autre sexe, s'y rendirent
en habit de grand gala; on peut se représenter leur
maguisicence par celle, dont la haute Noblesse de
Vienne fait toujours montre dans les occasions
d'éclat; & ce qui en rehaussoit le prix, étoit un
nombre prodigieux de diamans, dont elle est en
usage de douner en même tems le brillant spec-
tacle.
Pendant l'assemblée, & peu après que chacun
eut pris place à des tables de jeu disposées dans la
salle & le sallon voifin, un Orchestre composé de
Musiciens choisis, & dirigé par le célebre Siani
connu en France, sous le nom de Desplanes, de-
puis long-tems Directeur de la Musique de la
Cour Imperiale, fit entendre successivement de
la Tribune, où il avoit été placé, les morceaux
les plus agréables de symphonie Françoise & Ita-
lienne; ils furent entremèlés de Concerto, exécu-
tés par le Sieur Fertari, célébre Violon d'Italie,
& qui justifia bien dans cette occasion la réputa-
tion dont il jouit. On distribua pendant cette as-
semblée toutes sottes de rafraichissemeus avec
profusion.
A cet amusement qui dura jusqu'à onze heures
du soit, & dont on sortit trés. satisfait, succeda le
lendemain celui du Bal paré & du repas, par le-
quel les fêtes devoient être terminées.
216 MERCUREDEFRANCE.
On se rendit ce jour-là, vers les six heures da
soir, dans la même salle où l'assemblée s'étoit te-
nue la veille, & avec même affluence. Tout s'y
trouvant préparé pour le Bal, il fut ouvert au son
d'une brillante symphonie, composée de plus de
trente instrumens, par M. l'Ambassadeur, & par
Madame la Comtesse d'Harrach, qu'il avoit prié
de vouloir bien en faire les honneurs.
Bientôt aptès, six Chambellans choisis parmi
ce qu'il y a de plus distingué à la Cour, ayanz
partagé, en quelque sorte, entr'eux le terrain de
la salle, prirent à danser les principales Dames du
Bal, chacune suivant son rang, ensorte qu'insen-
fiblement le plaisit de la danse devint le plaisir
général. Celui du jeu eut aussi ses partisans. Vinge
tables au moius placées, tant dans la salle même
du Bal que dans le sallon, furent continuellement
occupées jusqu'au moment du souper.
Lorsqu'on eut servi, chacun s'empresta de se
rendre aux tables qui avoient été distribuées pour
cet effet dans les appartemens de l'Hôtel. Plus de
deux cent cinquante personnes trouverent à s'y
placer. Le soin que l'on prit de servit toutes ces
tables également, l'ordre & l'intelligence qui
y furent apportés, le choix & l'abondance des
mets, la delicatesse & la diversité des vins, ne
laisserent rien à désirer.
Les attentions de M. l'Ambassadeut pendant
ce somptueux repas, s'étendirent à tous les ob-
jets. Il ne prit place à aucune table pout avoir
la liberté de se porter à toutes, & pour pouvois
commaniquer à ses illustres convives la jove
dont il étoit lui-même pénétré.
A une heure après minvit, on se leva de ta-
ble, & l'on coutut vers la salle du bal, où. deja
lo simphonie se. faisoit entendre. Les menuets
recom-
itized by Goo
JANVIER. 1752.
217
recommencerent, on leur fit succeder des dan-
ses allemandes, dont les pas & les mouvemens
bcaucoup plus viss & plus animés, redoublerent
encore la gaieté qui s'étoit dejà répandue. Le
jeu reprit aussi de tous côtés, & c'est dans ces
plaisirs que se passa le reste de la nuit jusqu'à
cinq heures du matin que la plupart des Dames
se retirerent.
Il reste présentement à parler de l'illumina-
tion générale de la place des Ecossois & de la
façade de l'Hôtel de son Excellence, qui eut
lieu le Mardi 23, & qui fut repetée le len-
demain 24.
La nuit vente, on vit tous les différens
corps qui composoient cette illumination, répan-
dre insensiblement la lumiere, & se couvrir en-
fin des feux les plus brillans. Les tableaux d'em-
blêmes, & tout ce qui dans la façade de l'am-
phithéâtre & dans la pyramide étoit peint sur
toile transparente, semblerent s'animer. L'Ar-
chitecture de ces corps dessinée en lampions
en parut plus saillante; bientôt la pyramide dont
on a dit que les angles avoient été pareillement
dessinés en lampions depuis sa base julqu'à la fleur
de lys qui la terminoit, ne fut plus qu'une co-
lomne de feu. On illumina en même tems la fa-
çade de l'Hôtel depuis le socle jusqu'au faîte
& les arcades qui formoient l'enceinte de la
place, de sorte que toutes ces parties se prê-
tant mutuellement un grand éclat, on vit long-
tems la nuit ceder la place au jour.
Ce fut-là le moment que l'on choisit pour fai-
re couler le vin en abondance. Le peuple qui
Pattendoit avec impatience, s'étoit muui, com-
me il arrive en pareil cas, de toutes sortes de
va ses pour s'en procurer d'amples provisions
II. Vol.
ed by G
218 MERCUREDEFRANCE.
& tous les efforts qu'on lui vit faire pour y par-
venir, donnerent pendant les deux jours un
spectacle assez amusant.
Deux Chœurs de trompettes & de tymbales
placés aux deux bouts de la gallerie de l'amphi-
théâtre, & qui se répondoient sans interrup-
tion, augmentoient par leurs fanfares l'émula-
tion de ce même peuple, & concouroient à ses
pla sirs. Son Excellence auroit désiré, pour les
varier davantage, pouvoit donner un feu d'ar-
tifice: mais ces sortes de spectacles ne sont pas
pas permis dans Vienue, à cause du danger
presqu'inévitable du feu, la plupart des mai-
lons étant couvertes en bois,
Les constructions & les décorations tant de
l'édifice en forme d'amphithéâtre & de la pyra-
mide, que de la salle du bal, avoient été in-
ventées & dirigées par le Sicur Gaetan Fanti
Architecte & Inspecteur de la gallerie des Pein-
tures de M. le Prince de Lichtenstein, & les su-
jets des tableaux du même amphithéâtre & des
peintures de la salle avoient été exécutés sur les
desseins du Sicur Vincent Fanti son sils.
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Résumé : Relation des Fêtes données à Vienne, par M. le Marquis d'Hautefort, Ambassadeur de France, le 23 & 24 Novembre, à l'occasion de la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgogne.
Le Marquis d'Hautefort, ambassadeur de France à Vienne, organisa des fêtes publiques et solennelles les 23 et 24 novembre pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. En raison des inconvénients de l'hôtel d'Harrach, une salle fut construite dans le jardin de l'ambassadeur et la Place des Écossais fut décorée. Cette salle, mesurant 73 pieds de longueur sur 48 de largeur et 30 de hauteur, était ornée de pilastres d'ordre composite peints en marbre sur toile, avec des bases et chapiteaux dorés. Elle comportait des vases de fleurs, des trophées de musique, et un plafond représentant la déesse Lucine invitant Mercure à annoncer la naissance du prince. Trois portes donnaient accès à la salle, décorées de groupes d'enfants s'amusant. Des glaces et des tableaux représentant des jeux d'enfants étaient placés sur les murs. Une tribune pour les musiciens, décorée de guirlandes de fleurs, était située en face de l'entrée principale. La salle était chauffée par cinq poêles et éclairée par près de 500 bougies. Les festivités incluaient divers tableaux symboliques. Le premier tableau montrait la déesse Astérée portée sur un nuage avec un soleil levant, accompagnée de Saturne et Janus. Le quatrième tableau représentait Jupiter ordonnant à Vulcain de cesser de forger des armes, marquant la paix en Europe. Le cinquième tableau montrait le dieu de l'Hymen avec la France et la Pologne représentées par deux femmes tenant un cœur. Le sixième tableau présentait la France tenant un enfant, symbolisant la félicité du royaume et du monde. Une porte ouverte menait à un tableau représentant le génie de la France avec la Justice et la Prudence. L'édifice était décoré des armes du roi, de la reine, du dauphin et de la dauphine, ainsi que de trophées et de vases. Une galerie élevée et un pied-d'estal hexagonal avec des figures colossales représentant la richesse, la valeur, la renommée et la noblesse étaient également présents. Une pyramide de 62 pieds de hauteur, décorée des chiffres du roi et des dauphins, surmontée d'un globe et d'une fleur de lys, était illuminée par un grand nombre de lumières. L'ambassadeur organisa un repas somptueux pour les ambassadeurs, ministres et grands officiers de la cour, suivi d'une assemblée avec concert et d'un bal masqué. Plus de cinq cents personnes assistèrent à ces événements.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12844
p. 219-229
RELATION Des réjouissances que le College de Belsunce & la Maison des Pensionnaires du même College, ont faites à l'occasion de la naissance de MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE, le 24. Novembre, &c.
Début :
La joie que la naissance de MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE à [sic] causée dans toute [...]
Mots clefs :
Collège de Belsunce, Naissance du duc de Bourgogne, Génie de la France, Zèle, Prince, Provence, Maison, Bonheur, Fêtes, Réjouissances
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texteReconnaissance textuelle : RELATION Des réjouissances que le College de Belsunce & la Maison des Pensionnaires du même College, ont faites à l'occasion de la naissance de MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE, le 24. Novembre, &c.
RELATION
Des réjouissances que le College de Belsunce
& la Maison des Pensionnaires du même
College, ont faites à l'occasion de la
naissance de MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE,
le 24. Novembre, &c.
La joie que la naissance de MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE à [sic] causée dans toute
la France, & que l'Europe entiere a partagée
ne devoit point être bornée au court espace de
quelques semaines. On parle, & on patlera en-
core long temps de cet heureux évenement avec
les mêmes transports que fit naître dans tous
les cœurs la premiere nouvelle qui s'en répan-
dit. Ces transports & cette joie si juste & si vi-
ve, les Jesuites de Marseille n'ont pas cru de-
voir les renfermer dans le secret de leur mai-
son; & ils n'ont pas voulu en borner le té-
moignage à quelques pieces de poësie compo-
sces à ce sujet. Le bonheur étoit trop grand,
& ils le partageoient avec trop de monde
pour ne pas s'empresser à rendre publiques leur
allegresse & leurs actions de graces; & s'ils se
sont vu obligés de différer leurs fêtes à cause du
long séjour que l'on fait dans ce Pais plus qu'ail-
Jeurs à la campagne pendant l'Automne, ils
n'en ont été que plus attentifs à ne rien oublier
pour signaler leur zéle & leurs sentimens. Ilo
Kij
220 MERCUREDE FRANCE.
ont eu la satisfaction de voir que tout ce qui ra-
pelle au peuple le souvenir, du bienfait qu'il a
reçu du Ciel, renouvelle toute la vivacité de
ses transports & l'ardeur de ses empressemens.
Ces fêtes commencerent le Mercredi 24. No-
vembre par un discours latin fort applaudi, pro-
noncé par le Pere Abbressevin, Professeut de Rhé-
torique en présence de Monseigneur l'Evêque
Fondatenrdu College & de Messieurs les Echevins,
qui furent reçus au bivit des fanfares. L'Orateur ne
crut pas devoir séparer le bonheur du Prince de
celui des François. Il fit voir dans son premier
Point tout ce que laiaissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne a d'heureux pour la Fran-
ce, & tout ce que nous devons nous en pro-
mettre. Dans le second Point adressé au Prin-
ce lui-même, il lui assure par un juste retour
de la part du Peuple François (celui de tous les
peuples qui par ses sentimens & ses qualitès peut
le plus contribuer au bonheur de ses Souverains)
une félicité qui repond à celle que sa naissance
nous a apportée. La cour du College étoit en-
tierement tapissée; & on y voyoit un très-grand
nombre d'emblêmes & des devises dont les con-
noisseuts parurent fort satisfaits. La journée fut
terminée par une belle illumination.
Le lendemain Jeudi 15. Messieurs les Pension-
naires qui en attendant que la partie du Colle-
ge qu'ils habitoient auparavant soit rebatie
occupent la maison de Sainte-Croix, dont la
situation est des plus avantageuses, & où se
trouve un des plus beaux Observatoires de Fran-
ce, commencernt eleurs réjouissances pat un Te
Deum qui fut exécuté par l'Academie Royale
de Musique, & auquel Messieurs les Echevins
assisterent. Monseigneur l'Evêque y officia. Le
JANVIER. 1752. 221
zéle de cet Illustre Prélat pour la prospérité de
la maison Royale & le bien des peuples, est
trop connu pour avoir besoin du témoignage
public que la justice jointe à la reconnoissance
semble exiger qu'on lui rende ici. Il avoit dé-
jà éclaté d'une maniere digne de lui par la part
qu'il avoit prise aux fêtes que la Ville donna
& par la distribution qu'il fit faire d'une trés-
grande quantité de pains aux Pauvres de toutes
les Paroisies. Mais a t-il jamais sçu prescrire des
bornes à son zéle ou à sa complaisance : Le, Te
Deum fut suivi d'une salve d'un grand nombie
de boëtes, & dès l'entrée de la nuit toutes les
fenêtres de lla Maison furent illuminées en lam-
pions. Il y eut une grande quantité de caisses
de fusées, & un feu d'artifice tiré de dessus la
tertasse de l'Observatoire, dont l'illumination
qui étoit composée de plusieurs grandes pyramides
chargées de lampions, se faisoit surtour remat-
quer. Le tems qui ne pouvoit être plus beau, ne
la savorisa pas moins que la situation du lieu, l'un
des plus propres qu'on puisse imaginer pour cet
effet, aussi présenta- t'elle à tous ceux qui s'étoient
rendus en soule du côté du Port, un coup d'œil
des plus satis faisans.
Le Vendredi 26, les Jesuites célébrerent eux-
mêmes une grande Messe, qui fut accompagnée
d'un Discours Chrétien. M. l'Evêque & Mes-
sieurs les Echevins y assisterent; & l'Assembiée
fut également nombreuse & brillante. L'Egl. se de
Sainte Croix, l'une des plus belles de la Ville
étoit tapissée en Damas Cramoisy. On avoit eu
soin, pour que rien ne manquât a la décoration,
de l'orner de quantité de miroirs & de lustres en
cristal. A l'issue de la Grand-Messe, qui ainsi
que le Te Deum de la veille, avoit été chantée par
K iij
a
222 MERCUREDE FRANCE.
la Musique du Concert, il y eut une seconde de-
charge de Boëtes.
Ces paroles, tirées du Cantique de la Vierge,
la misericords du Sergneur s'étend de génération en
gé lération, servirent de texte au Discours. Après
avoit montté que c'est le Seigneur qui accorde
les bons Rois aux peuples & les grands bienfaits
aux bons Rois, qu'il perpetue leur gloire en per-
pétuant leur nom, & récompense leurs vertus en
étendant leur postérité: 1»» Le don, disoit l'Ora-
»teur, que le Seigneur vient de faire à LOUIS
„ & à ses peuples, présente un doubie motif à
„ notre reconnoissance. Elle se doit également,
» & à ce que le Seigneur fait pour nous, en nous
„donnant un Prince, l'objet de nos vœux, & à
„ ce qu'il s'est engagé à faire pour ce Prinee l'ob-
u» jet de notre tendresse. Ce qu'il fait pour nous
Ȏgale nos desirs: Ce qu'il s'engage a faire pour
o lui, doit égaler nos espérances. L'un est la
mesure de notre joie: l'autre sera le comble de
» notre félicité.
»Premiere Partie. Ce que le Seigneur fait
pour nous dans la Naissance de ce Prince, &
»qui remplit nos desirs dans toute leur étendue
„ c'est de flatter toute la délicatesse de norsenti-
mens pour la Maison Royale, & d'assurer la
o tranquillité de l'Eglise & de l'Etat.
»Seconde Partie. Ce que le Seigoeur s'est en-
„ gagé à faire pour ce Prince, & qui doit égaler
»nos espérances, c'est 1°. En le faisant u itre
»du sang des Bourbons, de lui assuter de grands
sentimens pour élever son cœur, & de grands
»excmples pour le former. 2°. En le faisant nai-
„ tre pour les destinées des Bourbons, d'attacher
»un grand nom à sa personne, & de grands in-
atérets à ses jours. Je n'ajouterai pas, dit l'Ora-
itized by Goog
JANVIER.
1752.
223.
„teur, qu'il promet par-la des grands évenemens
„à son Regne. Regne heureux ! le Ciel qui le
»prépare pour nos neveux, nous aimera sans
53 doute assez pour ne pas nous en faire jouir nous-
» mêmes.
Dans la Peroraison l'Orateur adresse au Ciel
des actions de graces pour la Naissance du Prin-
ce, & des vœeux pour la conservation de ses jours,
„ Conservez, Seigneur, dit-il, des jours qui nous
„ sont si précieux, &c. Mais conservez surtout
»son innocence. Prenez son cœur entre vos
»mains, puisque vous devez mettre un jour nos
„ destinées dans les siennes. Faites-en un Priuce
»selon votre cœur, & il sera toujours un Prince
selon le nôtre. Pour remplir, en un mot, nos
Desperances & nos desiis, prenez, graud Dieu !
prenez pour lui nos sentimens, &c.
On avoit annoncé pour l'après-midi, la repré-
sentation d'une Piéce intitulée: Les Fêtes Proven-
gales, &c. Mais, malgré toutes les mesures que
l'on avoit prises, la trop grande affluence de
monde, attirée par la réputation de l'Auteur, le
Pere Regis, en empêcha l'exécution, & l'on se vit
obligé de renvoyer la reptésentation à un autre
jour, & de chercher pour cet effet une salle plus
vaste, que ne l'étoit celle où le Theatre étoit
dressé selon la coûtume. Dans l'embarras où on
se trouvoit, on eut recours à M. de Charton
Commisiaire Général de la Marive, Ordonnateur
à Marseille, lequel avec cette bonté & cette
politesse, qui lui sont ordinaires & qui lui
gagnent, tous les cœurs, offrit une salle des
plus vastes qui soient dans le Parc. Son zéle
s'étoit déja signalé de la maniere la plus écla-
tante, par une sête brillante, dont on n'a pas
moins admiré l'ordre & le goût, que la magnifi-
cence & la somptuosité. C'est ce même zéle qui
K iiij
224 MERCUREDE FRANCE.
l'a porté à favoriser en tout la représentation d'u-
ne piéce, dont l'heureuse naissance qui vient de
combler les vœux de la France, étoit l'occasion
& le sujet. Sa complaisance alla même jusqu'à
faciliter, par les moyens qu'il fournit & les ordres
qu'il donna, l'exécution du projet qu'on avoit
formé de transporter le Théatre dans la nouvelle
salle, de sorte que tout se trouvant prêt pour le
Mardi 30, Messieurs les Pensionnaires y représen-
terent leur Pièce, qu'ils répeterent le lendemain.
On ne s'est point lassé d'admirer l'ordre & le
silence qui y regnerent, malgré le concours ex-
taordinaire de monde qui s'y rendit l'un & l'au-
tre jour. M. l'Evèque présida à l'une des repré-
sentations; & Messieurs les Echevins honorerent
l'autre de leut présence. Ces Messieurs, dont la
voix publique ne cesse de faire l'éloge, ont bien
voulu confondre en cette occasion la complai-
sance avec leur zéle. On ne pourroit jamais assex
louer leur politesse, & leur attention qu'ils ont
portées jusqu'à l'empressement, & presque au. dela
de ce qu'on auroit pu souhaiter. Ils s'étoient de-
là distingués dans les fêtes de la Ville: Empressés
à secondet les pieuses intentions de Sa Majesté
ils avoient relevé leurs rejouissances par la célé-
bration du Mariage de soixante-dix filles qu'ils
avoient dotées, & par un festin donné dans l'Hô-
tel de-Ville, auquel se trouverent tous les nou-
veaux époux avec leurs parens. Les Villes sont
heureuses, lorsqu'elles ont à leur tête des person-
nes qui scavent porter leur attention à tout ce qui
peut favorifer & animer le zéle des bons Ci-
toyens.
L'ouverture de la Pièce, dont on n'entreprend
de donner ici qu'une légere idée, se faisoit par le
genie de la France & pat celui de la Provence. Le
225
1752.
ANVIER.
après avoir parcouru les differentes Pro-
Les du puissant Etat auquel il préside, & avoir
epandu par tout la nouvelle, qui après avoir été
si long-tems l'objet de tous les vœeux, est devenue
celui de tous les transports, étoit arrêté par le
genie de la Provence. Celui-ci vouloit à son tour
se rendre témoin de la joie & des empressemens
d'une Province, qui par sa fidélité & son amour
pour ses Princes, ne le cede à aucune autre; &
sur ce que le genie de la France lui representoit
qu'il devoit encore ce jour-là même se transpor-
ter au Palais des Destins, pour les consulter sur le
sort du jeune Prince & le leur recommander, le
Génie de la Provence, après avoir redoublé ses
instances, ajodtoit:
Et n'est-ce pas dans la Provence
Qu'a patu cet homme divin
Qui lui-même régla les Arrêts du destin
Le Grand Nostradamus, si connu dans le monde,
Pour la conuoissance profonde
Qu'il avoit de tous les secrets
Que le Ciel tient encor cachés dans ses décrets
Je m'offre à le faire paroître;
Bien mieux que les destins il vous satisfera
Sur ce que vous voulez connoltre, &c.
Le Génie François gagné par cette promesse,
consentoit à s'arréter pour le reste du jour. Les
ordres sont aussi tôt donnés. On annonce les fe-
tes. Elles commencent, elles se succédent. Cha-
cun s'empresse à y prendre part. On en omet le
détail, pour ne pas trop charger cette description.
KV
gl
zed by Goo
226 MERCUREDEFRANC
On croit seulement devoir remarquer qu'on s.
étudié à les caractériser, de lorte qu'on ne po.
voit pas y méconnoître le goût, les usages & le
genie des Provençaux. Elles étoient accompa-
gnées d'une Cantate, de quelques Vaudevilles,
& de plusicurs danses, dont l'exécution fut extrê-
mement applaudie. Après une longue suite de
divertissemens, le Génie de Provence invitoit son
hôte à voir l'illumination des Galéres & des Vais.
seaux, telle qu'elle s'est faite bien des fois dans
les Ports de cette Province, & lui annonçoit pour
le lendemain un nouvel ordre de rejouissances;
mais celui ci empressé de se trouver à son terme,
lui rappelloit sa promesse. Le Génie Provençal
évoquoit alors l'onibre du célébre Nostradamus
qui lortoit du tombeau, & faisoit voir qu'il avoit
prédit dans ses Quatrains la Naissance du Prince.
Il en commençoit l'horoscope, que venoient
achever à son invitation, & avec moins d'obscu-
rité, quatre Troubadours. On sçait que c'est ainsi
que l'on nommoit les anciens Poëtes Provençaux.
Les Troubadours paroissoient, tenant chacun à la
main un Rameau symbolique, pris de quatre ar-
bres differens, mais qui tous ou sont particuliets
à la Provence, ou du moins y viennent plus aisé-
ment qu'ailleurs. Ces Rameaux, qui devoient
servir de présent au Prince, & qui étoient un pré-
sage de ce qu'il seroit un jour, étoient des ra-
meaux d'oranger, de grenadier, d'olivier & de
laurier. On s'est laissé persuader qu'on ne seroit
pas fâché de voit ici en langage moderne des
Tioubadours, la façon dont ils s'expriment sur la
qualité de leur présens & sur leur symbole:
tized by Goog
JANVIER. 1752.
227
2. Tr. Couneissez l'Aurengier & sabez quinte
audour
Porte pertout eme sei flour;
Vaqui de sei vertus la plus fidelle eimagi.
2. Tr. Aqueu Lautier de sa valour
Deou vous douna i'idée & vous servi de gagi.
3. Tr. L'Aulivier de la Pax es lou signe parfait;
La Pax sera toujou sei plus arden soubait.
4. Tr. Lou Migranié marque l'Empire;
Soun fruit es courouna: regarda de sei gran
Et lou nombre & l'ordre charman;
Coumprenez ce qu'aco vaou dire.
1. Tr. Prenez aquelei brou; scran noustre preq
sen.
Tr. Tenez de tout aco fasez une Couroune
Et pourtaleis & nostrei couers encen
A sa polidette Persoune, &c.
Enfin, le Génie de la France satis fait, se dis-
pose à partir; & ceui de la Provence finit ses
adieux, en lui disant:
...... Allez, portez de notre hommage
Le sincere tribut à cet auguste Enfant.
Et s'il se pent, à son pere en passant
Dites un mot de noîre zéle
De nos tendres respects, de notre ardeur si lelle,
Kvj
as
228 MERCUREDEFRANCE.
Et n'oubliez pas la Maman,
Tout notre bonheur nous vient d'elle.
Que votre sort est doux que vous êtes heureux,
De pouvoir à leuis pieds porter vos justes rœux !
Volez où le devoir, où l'amour vous appelle;
Sous les yeux de LOUIS & de son digne fils,
Voyez croître le nombre & l'éclat de nos Lys;
Que formé sur ce grand modelle
Cet Enfant soit un jour leur fidelle portrait.
Je n'ajoute plus rien à cet ardent souhait.
Er si nous avons en le bonheur de vous plaire
Allez, vantez par tout, non pas ce qu'on a fait,
Mais ce qu'on auroit voulu faire.
L'une & l'autre représentation fut terminée
par un Feu d'artisice, exécuté sur le Théatre avec
beaucoup de succès. Puisqu'on s'est enhardi ainserer
dans cette description quelques vers Provençaux,
& que dans une Piéce du caractère de celle-ci,
on a dii s'accommoder au goût du Pays, décidé
pour le langage qui lui est particulier, on va ter-
miner cette Reiation par un couplet Provençal,
qui fut chanté à la suite de quelques autres par un
Berger. Sur l'air: Lou beou Tirsis se proumenave,
&c.
Tout es charman din sa Persoune;
Et tout près d'eou
Les flous que lou printemps nous donne
N'an ren de beou
JANVIER. 1752.
229
Lei plus doux presen de Poumoune
Nous toquoun plu
Est lou plus beou fruit de l'Autoune
Quaguen agu.
Des réjouissances que le College de Belsunce
& la Maison des Pensionnaires du même
College, ont faites à l'occasion de la
naissance de MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE,
le 24. Novembre, &c.
La joie que la naissance de MONSEIGNEUR
LE DUC DE BOURGOGNE à [sic] causée dans toute
la France, & que l'Europe entiere a partagée
ne devoit point être bornée au court espace de
quelques semaines. On parle, & on patlera en-
core long temps de cet heureux évenement avec
les mêmes transports que fit naître dans tous
les cœurs la premiere nouvelle qui s'en répan-
dit. Ces transports & cette joie si juste & si vi-
ve, les Jesuites de Marseille n'ont pas cru de-
voir les renfermer dans le secret de leur mai-
son; & ils n'ont pas voulu en borner le té-
moignage à quelques pieces de poësie compo-
sces à ce sujet. Le bonheur étoit trop grand,
& ils le partageoient avec trop de monde
pour ne pas s'empresser à rendre publiques leur
allegresse & leurs actions de graces; & s'ils se
sont vu obligés de différer leurs fêtes à cause du
long séjour que l'on fait dans ce Pais plus qu'ail-
Jeurs à la campagne pendant l'Automne, ils
n'en ont été que plus attentifs à ne rien oublier
pour signaler leur zéle & leurs sentimens. Ilo
Kij
220 MERCUREDE FRANCE.
ont eu la satisfaction de voir que tout ce qui ra-
pelle au peuple le souvenir, du bienfait qu'il a
reçu du Ciel, renouvelle toute la vivacité de
ses transports & l'ardeur de ses empressemens.
Ces fêtes commencerent le Mercredi 24. No-
vembre par un discours latin fort applaudi, pro-
noncé par le Pere Abbressevin, Professeut de Rhé-
torique en présence de Monseigneur l'Evêque
Fondatenrdu College & de Messieurs les Echevins,
qui furent reçus au bivit des fanfares. L'Orateur ne
crut pas devoir séparer le bonheur du Prince de
celui des François. Il fit voir dans son premier
Point tout ce que laiaissance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne a d'heureux pour la Fran-
ce, & tout ce que nous devons nous en pro-
mettre. Dans le second Point adressé au Prin-
ce lui-même, il lui assure par un juste retour
de la part du Peuple François (celui de tous les
peuples qui par ses sentimens & ses qualitès peut
le plus contribuer au bonheur de ses Souverains)
une félicité qui repond à celle que sa naissance
nous a apportée. La cour du College étoit en-
tierement tapissée; & on y voyoit un très-grand
nombre d'emblêmes & des devises dont les con-
noisseuts parurent fort satisfaits. La journée fut
terminée par une belle illumination.
Le lendemain Jeudi 15. Messieurs les Pension-
naires qui en attendant que la partie du Colle-
ge qu'ils habitoient auparavant soit rebatie
occupent la maison de Sainte-Croix, dont la
situation est des plus avantageuses, & où se
trouve un des plus beaux Observatoires de Fran-
ce, commencernt eleurs réjouissances pat un Te
Deum qui fut exécuté par l'Academie Royale
de Musique, & auquel Messieurs les Echevins
assisterent. Monseigneur l'Evêque y officia. Le
JANVIER. 1752. 221
zéle de cet Illustre Prélat pour la prospérité de
la maison Royale & le bien des peuples, est
trop connu pour avoir besoin du témoignage
public que la justice jointe à la reconnoissance
semble exiger qu'on lui rende ici. Il avoit dé-
jà éclaté d'une maniere digne de lui par la part
qu'il avoit prise aux fêtes que la Ville donna
& par la distribution qu'il fit faire d'une trés-
grande quantité de pains aux Pauvres de toutes
les Paroisies. Mais a t-il jamais sçu prescrire des
bornes à son zéle ou à sa complaisance : Le, Te
Deum fut suivi d'une salve d'un grand nombie
de boëtes, & dès l'entrée de la nuit toutes les
fenêtres de lla Maison furent illuminées en lam-
pions. Il y eut une grande quantité de caisses
de fusées, & un feu d'artifice tiré de dessus la
tertasse de l'Observatoire, dont l'illumination
qui étoit composée de plusieurs grandes pyramides
chargées de lampions, se faisoit surtour remat-
quer. Le tems qui ne pouvoit être plus beau, ne
la savorisa pas moins que la situation du lieu, l'un
des plus propres qu'on puisse imaginer pour cet
effet, aussi présenta- t'elle à tous ceux qui s'étoient
rendus en soule du côté du Port, un coup d'œil
des plus satis faisans.
Le Vendredi 26, les Jesuites célébrerent eux-
mêmes une grande Messe, qui fut accompagnée
d'un Discours Chrétien. M. l'Evêque & Mes-
sieurs les Echevins y assisterent; & l'Assembiée
fut également nombreuse & brillante. L'Egl. se de
Sainte Croix, l'une des plus belles de la Ville
étoit tapissée en Damas Cramoisy. On avoit eu
soin, pour que rien ne manquât a la décoration,
de l'orner de quantité de miroirs & de lustres en
cristal. A l'issue de la Grand-Messe, qui ainsi
que le Te Deum de la veille, avoit été chantée par
K iij
a
222 MERCUREDE FRANCE.
la Musique du Concert, il y eut une seconde de-
charge de Boëtes.
Ces paroles, tirées du Cantique de la Vierge,
la misericords du Sergneur s'étend de génération en
gé lération, servirent de texte au Discours. Après
avoit montté que c'est le Seigneur qui accorde
les bons Rois aux peuples & les grands bienfaits
aux bons Rois, qu'il perpetue leur gloire en per-
pétuant leur nom, & récompense leurs vertus en
étendant leur postérité: 1»» Le don, disoit l'Ora-
»teur, que le Seigneur vient de faire à LOUIS
„ & à ses peuples, présente un doubie motif à
„ notre reconnoissance. Elle se doit également,
» & à ce que le Seigneur fait pour nous, en nous
„donnant un Prince, l'objet de nos vœux, & à
„ ce qu'il s'est engagé à faire pour ce Prinee l'ob-
u» jet de notre tendresse. Ce qu'il fait pour nous
Ȏgale nos desirs: Ce qu'il s'engage a faire pour
o lui, doit égaler nos espérances. L'un est la
mesure de notre joie: l'autre sera le comble de
» notre félicité.
»Premiere Partie. Ce que le Seigneur fait
pour nous dans la Naissance de ce Prince, &
»qui remplit nos desirs dans toute leur étendue
„ c'est de flatter toute la délicatesse de norsenti-
mens pour la Maison Royale, & d'assurer la
o tranquillité de l'Eglise & de l'Etat.
»Seconde Partie. Ce que le Seigoeur s'est en-
„ gagé à faire pour ce Prince, & qui doit égaler
»nos espérances, c'est 1°. En le faisant u itre
»du sang des Bourbons, de lui assuter de grands
sentimens pour élever son cœur, & de grands
»excmples pour le former. 2°. En le faisant nai-
„ tre pour les destinées des Bourbons, d'attacher
»un grand nom à sa personne, & de grands in-
atérets à ses jours. Je n'ajouterai pas, dit l'Ora-
itized by Goog
JANVIER.
1752.
223.
„teur, qu'il promet par-la des grands évenemens
„à son Regne. Regne heureux ! le Ciel qui le
»prépare pour nos neveux, nous aimera sans
53 doute assez pour ne pas nous en faire jouir nous-
» mêmes.
Dans la Peroraison l'Orateur adresse au Ciel
des actions de graces pour la Naissance du Prin-
ce, & des vœeux pour la conservation de ses jours,
„ Conservez, Seigneur, dit-il, des jours qui nous
„ sont si précieux, &c. Mais conservez surtout
»son innocence. Prenez son cœur entre vos
»mains, puisque vous devez mettre un jour nos
„ destinées dans les siennes. Faites-en un Priuce
»selon votre cœur, & il sera toujours un Prince
selon le nôtre. Pour remplir, en un mot, nos
Desperances & nos desiis, prenez, graud Dieu !
prenez pour lui nos sentimens, &c.
On avoit annoncé pour l'après-midi, la repré-
sentation d'une Piéce intitulée: Les Fêtes Proven-
gales, &c. Mais, malgré toutes les mesures que
l'on avoit prises, la trop grande affluence de
monde, attirée par la réputation de l'Auteur, le
Pere Regis, en empêcha l'exécution, & l'on se vit
obligé de renvoyer la reptésentation à un autre
jour, & de chercher pour cet effet une salle plus
vaste, que ne l'étoit celle où le Theatre étoit
dressé selon la coûtume. Dans l'embarras où on
se trouvoit, on eut recours à M. de Charton
Commisiaire Général de la Marive, Ordonnateur
à Marseille, lequel avec cette bonté & cette
politesse, qui lui sont ordinaires & qui lui
gagnent, tous les cœurs, offrit une salle des
plus vastes qui soient dans le Parc. Son zéle
s'étoit déja signalé de la maniere la plus écla-
tante, par une sête brillante, dont on n'a pas
moins admiré l'ordre & le goût, que la magnifi-
cence & la somptuosité. C'est ce même zéle qui
K iiij
224 MERCUREDE FRANCE.
l'a porté à favoriser en tout la représentation d'u-
ne piéce, dont l'heureuse naissance qui vient de
combler les vœux de la France, étoit l'occasion
& le sujet. Sa complaisance alla même jusqu'à
faciliter, par les moyens qu'il fournit & les ordres
qu'il donna, l'exécution du projet qu'on avoit
formé de transporter le Théatre dans la nouvelle
salle, de sorte que tout se trouvant prêt pour le
Mardi 30, Messieurs les Pensionnaires y représen-
terent leur Pièce, qu'ils répeterent le lendemain.
On ne s'est point lassé d'admirer l'ordre & le
silence qui y regnerent, malgré le concours ex-
taordinaire de monde qui s'y rendit l'un & l'au-
tre jour. M. l'Evèque présida à l'une des repré-
sentations; & Messieurs les Echevins honorerent
l'autre de leut présence. Ces Messieurs, dont la
voix publique ne cesse de faire l'éloge, ont bien
voulu confondre en cette occasion la complai-
sance avec leur zéle. On ne pourroit jamais assex
louer leur politesse, & leur attention qu'ils ont
portées jusqu'à l'empressement, & presque au. dela
de ce qu'on auroit pu souhaiter. Ils s'étoient de-
là distingués dans les fêtes de la Ville: Empressés
à secondet les pieuses intentions de Sa Majesté
ils avoient relevé leurs rejouissances par la célé-
bration du Mariage de soixante-dix filles qu'ils
avoient dotées, & par un festin donné dans l'Hô-
tel de-Ville, auquel se trouverent tous les nou-
veaux époux avec leurs parens. Les Villes sont
heureuses, lorsqu'elles ont à leur tête des person-
nes qui scavent porter leur attention à tout ce qui
peut favorifer & animer le zéle des bons Ci-
toyens.
L'ouverture de la Pièce, dont on n'entreprend
de donner ici qu'une légere idée, se faisoit par le
genie de la France & pat celui de la Provence. Le
225
1752.
ANVIER.
après avoir parcouru les differentes Pro-
Les du puissant Etat auquel il préside, & avoir
epandu par tout la nouvelle, qui après avoir été
si long-tems l'objet de tous les vœeux, est devenue
celui de tous les transports, étoit arrêté par le
genie de la Provence. Celui-ci vouloit à son tour
se rendre témoin de la joie & des empressemens
d'une Province, qui par sa fidélité & son amour
pour ses Princes, ne le cede à aucune autre; &
sur ce que le genie de la France lui representoit
qu'il devoit encore ce jour-là même se transpor-
ter au Palais des Destins, pour les consulter sur le
sort du jeune Prince & le leur recommander, le
Génie de la Provence, après avoir redoublé ses
instances, ajodtoit:
Et n'est-ce pas dans la Provence
Qu'a patu cet homme divin
Qui lui-même régla les Arrêts du destin
Le Grand Nostradamus, si connu dans le monde,
Pour la conuoissance profonde
Qu'il avoit de tous les secrets
Que le Ciel tient encor cachés dans ses décrets
Je m'offre à le faire paroître;
Bien mieux que les destins il vous satisfera
Sur ce que vous voulez connoltre, &c.
Le Génie François gagné par cette promesse,
consentoit à s'arréter pour le reste du jour. Les
ordres sont aussi tôt donnés. On annonce les fe-
tes. Elles commencent, elles se succédent. Cha-
cun s'empresse à y prendre part. On en omet le
détail, pour ne pas trop charger cette description.
KV
gl
zed by Goo
226 MERCUREDEFRANC
On croit seulement devoir remarquer qu'on s.
étudié à les caractériser, de lorte qu'on ne po.
voit pas y méconnoître le goût, les usages & le
genie des Provençaux. Elles étoient accompa-
gnées d'une Cantate, de quelques Vaudevilles,
& de plusicurs danses, dont l'exécution fut extrê-
mement applaudie. Après une longue suite de
divertissemens, le Génie de Provence invitoit son
hôte à voir l'illumination des Galéres & des Vais.
seaux, telle qu'elle s'est faite bien des fois dans
les Ports de cette Province, & lui annonçoit pour
le lendemain un nouvel ordre de rejouissances;
mais celui ci empressé de se trouver à son terme,
lui rappelloit sa promesse. Le Génie Provençal
évoquoit alors l'onibre du célébre Nostradamus
qui lortoit du tombeau, & faisoit voir qu'il avoit
prédit dans ses Quatrains la Naissance du Prince.
Il en commençoit l'horoscope, que venoient
achever à son invitation, & avec moins d'obscu-
rité, quatre Troubadours. On sçait que c'est ainsi
que l'on nommoit les anciens Poëtes Provençaux.
Les Troubadours paroissoient, tenant chacun à la
main un Rameau symbolique, pris de quatre ar-
bres differens, mais qui tous ou sont particuliets
à la Provence, ou du moins y viennent plus aisé-
ment qu'ailleurs. Ces Rameaux, qui devoient
servir de présent au Prince, & qui étoient un pré-
sage de ce qu'il seroit un jour, étoient des ra-
meaux d'oranger, de grenadier, d'olivier & de
laurier. On s'est laissé persuader qu'on ne seroit
pas fâché de voit ici en langage moderne des
Tioubadours, la façon dont ils s'expriment sur la
qualité de leur présens & sur leur symbole:
tized by Goog
JANVIER. 1752.
227
2. Tr. Couneissez l'Aurengier & sabez quinte
audour
Porte pertout eme sei flour;
Vaqui de sei vertus la plus fidelle eimagi.
2. Tr. Aqueu Lautier de sa valour
Deou vous douna i'idée & vous servi de gagi.
3. Tr. L'Aulivier de la Pax es lou signe parfait;
La Pax sera toujou sei plus arden soubait.
4. Tr. Lou Migranié marque l'Empire;
Soun fruit es courouna: regarda de sei gran
Et lou nombre & l'ordre charman;
Coumprenez ce qu'aco vaou dire.
1. Tr. Prenez aquelei brou; scran noustre preq
sen.
Tr. Tenez de tout aco fasez une Couroune
Et pourtaleis & nostrei couers encen
A sa polidette Persoune, &c.
Enfin, le Génie de la France satis fait, se dis-
pose à partir; & ceui de la Provence finit ses
adieux, en lui disant:
...... Allez, portez de notre hommage
Le sincere tribut à cet auguste Enfant.
Et s'il se pent, à son pere en passant
Dites un mot de noîre zéle
De nos tendres respects, de notre ardeur si lelle,
Kvj
as
228 MERCUREDEFRANCE.
Et n'oubliez pas la Maman,
Tout notre bonheur nous vient d'elle.
Que votre sort est doux que vous êtes heureux,
De pouvoir à leuis pieds porter vos justes rœux !
Volez où le devoir, où l'amour vous appelle;
Sous les yeux de LOUIS & de son digne fils,
Voyez croître le nombre & l'éclat de nos Lys;
Que formé sur ce grand modelle
Cet Enfant soit un jour leur fidelle portrait.
Je n'ajoute plus rien à cet ardent souhait.
Er si nous avons en le bonheur de vous plaire
Allez, vantez par tout, non pas ce qu'on a fait,
Mais ce qu'on auroit voulu faire.
L'une & l'autre représentation fut terminée
par un Feu d'artisice, exécuté sur le Théatre avec
beaucoup de succès. Puisqu'on s'est enhardi ainserer
dans cette description quelques vers Provençaux,
& que dans une Piéce du caractère de celle-ci,
on a dii s'accommoder au goût du Pays, décidé
pour le langage qui lui est particulier, on va ter-
miner cette Reiation par un couplet Provençal,
qui fut chanté à la suite de quelques autres par un
Berger. Sur l'air: Lou beou Tirsis se proumenave,
&c.
Tout es charman din sa Persoune;
Et tout près d'eou
Les flous que lou printemps nous donne
N'an ren de beou
JANVIER. 1752.
229
Lei plus doux presen de Poumoune
Nous toquoun plu
Est lou plus beou fruit de l'Autoune
Quaguen agu.
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Résumé : RELATION Des réjouissances que le College de Belsunce & la Maison des Pensionnaires du même College, ont faites à l'occasion de la naissance de MONSEIGNEUR LE DUC DE BOURGOGNE, le 24. Novembre, &c.
À Marseille, le Collège de Belsunce et la Maison des Pensionnaires ont organisé des festivités pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne le 24 novembre. Les Jésuites de Marseille ont exprimé leur joie publiquement. Les célébrations ont débuté par un discours latin du Père Abbressevin, en présence de l'évêque et des échevins, qui a souligné les bienfaits de la naissance du Duc pour la France et assuré la félicité du peuple français. La cour du collège était décorée d'emblèmes et de devises, et la journée s'est terminée par une illumination. Le lendemain, les pensionnaires ont commencé leurs réjouissances par un Te Deum exécuté par l'Académie Royale de Musique, suivi d'un feu d'artifice et d'une illumination. Le 26 novembre, les Jésuites ont célébré une grande messe avec un discours chrétien et une décoration somptueuse de l'église Sainte-Croix, exprimant la reconnaissance envers Dieu pour le don du prince et les espoirs pour son avenir. Le texte mentionne également les préparatifs et les obstacles rencontrés lors de la représentation de la pièce 'Les Fêtes Provençales' par le Père Régis. En raison de l'affluence, la représentation a été reportée et transférée dans une salle plus vaste. La pièce a finalement été jouée les 30 et 31 janvier 1752, en présence de l'évêque et des échevins. Elle mettait en scène les génies de la France et de la Provence, célébrant la naissance du prince et évoquant la figure de Nostradamus. Les festivités incluaient des cantates, des vaudevilles et des danses, très appréciés par le public. La célébration s'est terminée par un feu d'artifice et un couplet provençal chanté par un berger.
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12845
p. 229
De Warsovie le 29 Novembre.
Début :
Il n'y a presque aucun Seigneur Polonois, qui n'ait marqué par des fêtes la joie que lui inspiroit [...]
Mots clefs :
Varsovie, Naissance du duc de Bourgogne, Pacha
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Warsovie le 29 Novembre.
De Warsovie le 29 Novembre.
Il n'y a presque aucun Seigneur Polonois, qui
n'ait marqué par des fêtes la joie que lui inspiroit
la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgo-
gne. Une circonstance, non moins remarquable
est que le Courier, chargé de porter la nouvelle
de certe naissance, au Comte Desalleurs, Am-
bassadeur du Roi Très-Chrétien à Constantino-
ple, ayant passé à Choczin, & ayant donné part
de cet événement, le Pacha ordonna qu'on fit
une salve générale de l'artillerie de la Place. Le
même Pacha envoya des exprès aux Pachas des
Villes voisines, ainsi qu'aux Kans de Crimée &
de Budziack, pour les informer du bonheur arri-
vé à la France. Le Hospodar de Moldavie à fai,
a assy des réjouissances publiques à la même occa-
sion.
Il n'y a presque aucun Seigneur Polonois, qui
n'ait marqué par des fêtes la joie que lui inspiroit
la naissance de Monseigneur le Duc de Bourgo-
gne. Une circonstance, non moins remarquable
est que le Courier, chargé de porter la nouvelle
de certe naissance, au Comte Desalleurs, Am-
bassadeur du Roi Très-Chrétien à Constantino-
ple, ayant passé à Choczin, & ayant donné part
de cet événement, le Pacha ordonna qu'on fit
une salve générale de l'artillerie de la Place. Le
même Pacha envoya des exprès aux Pachas des
Villes voisines, ainsi qu'aux Kans de Crimée &
de Budziack, pour les informer du bonheur arri-
vé à la France. Le Hospodar de Moldavie à fai,
a assy des réjouissances publiques à la même occa-
sion.
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Résumé : De Warsovie le 29 Novembre.
Le 29 novembre, les seigneurs polonais ont fêté la naissance du Duc de Bourgogne à Varsovie. La nouvelle a été transmise à Choczin par un courrier. Le Pacha a ordonné une salve d'artillerie et informé les Pachas voisins et les Khans de Crimée et de Budziak. Le Hospodar de Moldavie a aussi organisé des réjouissances publiques.
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12846
p. 229-230
De Versailles le 19 Décembre.
Début :
Leurs Majestés tinrent appartement dans la grande Gallerie, qui recevoit un nouvel éclat de [...]
Mots clefs :
Versailles, Galerie, Roi, Naissance du duc de Bourgogne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Versailles le 19 Décembre.
De Versailles le 19 Décembre.
Leurs Majestés tinrent appartement dans la
grande Gallerie, qui recevoit un nouvel éclat de
la multitude des lustres & des girandoles dont elle
(toit éclairée. Les Seigneurs & les Dames de la
Cour, ainsi que tous les Etrangers de distinction,
y parurent avec des habits d'une extrême magni-
ficence. Le Roi joua au lansquenet, & la Reine
au cavagnole, & il y eut plusieurs autres tabies
de jeu. Vers les onze heures du soir, Leurs Ma-
jestés sonperent avec Monseigneur le Dauphin,
ed by Goc
230 MERCURE DEFRANCE.
Madame la Dauphine & Mesdames de France. Le
même jour la décoration du feu d'artifice que le
Roi avoit ordonné de préparer vis-à-vis du bassin
de Latone, & qui fut tiré le 30, fut entierement
illuminé. La vatiété des couleurs de cette illumi-
mination, qui étoit toute en transparens, l'élé-
gance de chacune des parties dont elle étoit com-
posée, & leur parfait accord, formerent pour la
Gallerie une des plus belles perspectives.
Leurs Majestés tinrent appartement dans la
grande Gallerie, qui recevoit un nouvel éclat de
la multitude des lustres & des girandoles dont elle
(toit éclairée. Les Seigneurs & les Dames de la
Cour, ainsi que tous les Etrangers de distinction,
y parurent avec des habits d'une extrême magni-
ficence. Le Roi joua au lansquenet, & la Reine
au cavagnole, & il y eut plusieurs autres tabies
de jeu. Vers les onze heures du soir, Leurs Ma-
jestés sonperent avec Monseigneur le Dauphin,
ed by Goc
230 MERCURE DEFRANCE.
Madame la Dauphine & Mesdames de France. Le
même jour la décoration du feu d'artifice que le
Roi avoit ordonné de préparer vis-à-vis du bassin
de Latone, & qui fut tiré le 30, fut entierement
illuminé. La vatiété des couleurs de cette illumi-
mination, qui étoit toute en transparens, l'élé-
gance de chacune des parties dont elle étoit com-
posée, & leur parfait accord, formerent pour la
Gallerie une des plus belles perspectives.
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Résumé : De Versailles le 19 Décembre.
Le 19 décembre à Versailles, le roi et la reine reçurent des invités dans la grande Galerie illuminée. Ils jouèrent aux cartes tandis que d'autres tables étaient occupées. À onze heures, ils soupèrent avec le dauphin et les princesses. La décoration du futur feu d'artifice royal fut illuminée, offrant une perspective harmonieuse.
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12847
p. 230-232
De Versailles le 30.
Début :
Le feu d'artifice que le Roi avoit ordonné de préparer dans les Jardins du Château, vis à-vis de [...]
Mots clefs :
Versailles, Naissance du duc de Bourgogne, Feu d'artifice, Fusées, Arc de triomphe, Félicité, Guirlandes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Versailles le 30.
De Versailles le 30.
Le feu d'artifice que le Roi avoit ordonné de
préparer dans les Jardins du Château, vis à-vis de
la grande Gallerie, fut tiré le tiente. L'édifice,
construit pour ce feu, s'étendoit depuis l'allée de
Saturne jusqu'à celle du Dragon, sur un plan cir-
culaire de cent quarante- deux toises. Il étoit com-
posé de trois Corps d'Architecture, dont le prin-
cipal étoit 'dOrdre Corinthien, & représentoit
un Arc de Triomphe, consacré à la Felicité.
Au devant des massiss, qui séparoient les 3 por-
tiques de l'arc de triomphe, étoient accouplées des
colonnes de lapis, ornées de guirlandes de lys &
de roses. Deux bas reliefs en or décoroient le des-
sus des portes latérales, qui accompagnoient
la grande arcade. Dans l'un paroissoit Appollon
distribuant aux Muses les differens attributs des
Sciences & des Beaux Arts. On voyoit, dans l'au-
tre, Cer s sur son char, répandant l'abondance,
La corniche portoit les Statues de la Justice, de la
Prudence, de la Tempérance & de la Magnani-
mité, entre lesquelles étoit, sur un pied d'estal
le Globe des Armes de France, soutenu par la
Force & par diflérens Genies. La Victoire & la
Paix le présentoient à la Felicité. Cette derniere
by Goc
JANVIER. 1752.
231
figure domincit le Groupe: elle tenoit un Cadu-
cée, Symbole de l'union, & selon les Egyptiens
le hierogliphe de la naissance des Grands-Hom-
mes. D'une corne d'abondance, qui étoit à ses
pieds, sortoient des fruits mêlés de fleurs. Près de
la Félicité, la Ronommée prenoit son vol pout aller
annoncer à l'Univers la naislance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne & ses heureux destins.
Les deux autres Corps d'Architecture étoient
d'ordre Composite, & formoient des deux côtés de
l'arc de Triomphe, une continuite d'arcades en
niches, séparées par des pilastres revêtus de tro-
phés en or & de camayeux en azur. Les miédaillons
représentoient tous les Arts qui contribuent au bon-
heur, & ils étoient entoures de guirlandes de roses
lesquelles se réunissoient en festons au dessus des
ceintres & des pilastres.
Des avant-corps, aussi d'ordre Composite, ter-
minoient les ailes. Ils étoient ornés deStatues de dif-
sérentes Divinités. Des Faunes & des Tritons,
supportant des vases de Lapis surchargés de giran-
doles, interrompoieut la balustrade, qui couron-
noit ces avant-corps.
On avoit distribué des girandoles rout le long
de l'édisice. Plusicurs lustres pendoient du sein
des archivoltes, & toutes les niches étoient gar-
nies d'orangers dans des vases d'or, an tout des-
quels jouoient des guirlandes de fleurs naturelles.
A tiavers les portiques de l'arc de Tiiomphe on
découvroit dans le lointain le Temple de la Felicité.
Ce fut cette vaste & magnisique décoration,
qui fut illuminée le 19 par des transparens. Divers
cordons de feu dessinoient l'Architecture, & l'on
avoit placé sur la tertasse différens groupes de lu-
mieres, dont les effets s'accordoient avec l'objet
principal.
Le seu d'artifice, fut annoncé pra un bruit
ed by Go-
232 MERCUREDE FRANCE
de boëtes & de fusées d'honneur, & il à été
divisé en trois parties. La premiere fut compo-
sée de feu brillaus, qui représenterent succe ssi-
vement différentes formes, & qui furent ac-
compagnées de jets, d'iss, de bombes, & d'u-
ne grande multitude de fusées variées. Le second
changement offrit des cascades, qui occuperent
toute l'étendue de l'édifice, & dont la principale
en achevant de se précipiter, se métamorphosa
en plusieurs jets; ce coup de feu fut soutenu par
des fusées formant en l'air des berceaux de lumiere.
Dans le troisiéme changement, toute l'Architec-
ture se trouva représentée en seu clair. Uue gitan-
de de plus de huit mille fusées, coutonnée de bom-
bes brillantes, termina P'artifice. Les intervalles
qu'on fut obligé de mettre entre les divers chan-
gemens pour donner le tems la fumée de se dis-
siper, furent remplis par le tirage de cent caisses de
fusées, placées derriere l'arc de Triomphe & les
ailes. Le Roi ayant passé sur les dix heures du soir
dans l'appartement de la Reine, on tira au bout
de la piéce d'eau des Suisses, cinq bombes d'arti-
fices, qui firent un effet extraordinaire.
Le même jour, Leurs Majestés tinrent grand
appartement; & la Cour, tant pat l'extrême ri-
chesse des habits que par l'éclat & le nombre des
pierreries, surpassa encore la magnificence qu'el-
le avoit fait paroître le jour de l'illumination. La
Gallerie étoit éclaitée, ainsi qu'elle l'avoit été le
19, par trois rangs de lustres, suspendus à des
festons de gaze bouillonnée, qu'entouroient des
guirlandes de fleurs. Il y avoit des deux côtés une
grande quantité de girandoles sur des Torcheres
les unes d'argent, les autres d'or; & l'art, avec
lequel les lumieres étoient distribuées, pro-
duisoit un coup d'oil des plus frappans.
Le feu d'artifice que le Roi avoit ordonné de
préparer dans les Jardins du Château, vis à-vis de
la grande Gallerie, fut tiré le tiente. L'édifice,
construit pour ce feu, s'étendoit depuis l'allée de
Saturne jusqu'à celle du Dragon, sur un plan cir-
culaire de cent quarante- deux toises. Il étoit com-
posé de trois Corps d'Architecture, dont le prin-
cipal étoit 'dOrdre Corinthien, & représentoit
un Arc de Triomphe, consacré à la Felicité.
Au devant des massiss, qui séparoient les 3 por-
tiques de l'arc de triomphe, étoient accouplées des
colonnes de lapis, ornées de guirlandes de lys &
de roses. Deux bas reliefs en or décoroient le des-
sus des portes latérales, qui accompagnoient
la grande arcade. Dans l'un paroissoit Appollon
distribuant aux Muses les differens attributs des
Sciences & des Beaux Arts. On voyoit, dans l'au-
tre, Cer s sur son char, répandant l'abondance,
La corniche portoit les Statues de la Justice, de la
Prudence, de la Tempérance & de la Magnani-
mité, entre lesquelles étoit, sur un pied d'estal
le Globe des Armes de France, soutenu par la
Force & par diflérens Genies. La Victoire & la
Paix le présentoient à la Felicité. Cette derniere
by Goc
JANVIER. 1752.
231
figure domincit le Groupe: elle tenoit un Cadu-
cée, Symbole de l'union, & selon les Egyptiens
le hierogliphe de la naissance des Grands-Hom-
mes. D'une corne d'abondance, qui étoit à ses
pieds, sortoient des fruits mêlés de fleurs. Près de
la Félicité, la Ronommée prenoit son vol pout aller
annoncer à l'Univers la naislance de Monseigneur
le Duc de Bourgogne & ses heureux destins.
Les deux autres Corps d'Architecture étoient
d'ordre Composite, & formoient des deux côtés de
l'arc de Triomphe, une continuite d'arcades en
niches, séparées par des pilastres revêtus de tro-
phés en or & de camayeux en azur. Les miédaillons
représentoient tous les Arts qui contribuent au bon-
heur, & ils étoient entoures de guirlandes de roses
lesquelles se réunissoient en festons au dessus des
ceintres & des pilastres.
Des avant-corps, aussi d'ordre Composite, ter-
minoient les ailes. Ils étoient ornés deStatues de dif-
sérentes Divinités. Des Faunes & des Tritons,
supportant des vases de Lapis surchargés de giran-
doles, interrompoieut la balustrade, qui couron-
noit ces avant-corps.
On avoit distribué des girandoles rout le long
de l'édisice. Plusicurs lustres pendoient du sein
des archivoltes, & toutes les niches étoient gar-
nies d'orangers dans des vases d'or, an tout des-
quels jouoient des guirlandes de fleurs naturelles.
A tiavers les portiques de l'arc de Tiiomphe on
découvroit dans le lointain le Temple de la Felicité.
Ce fut cette vaste & magnisique décoration,
qui fut illuminée le 19 par des transparens. Divers
cordons de feu dessinoient l'Architecture, & l'on
avoit placé sur la tertasse différens groupes de lu-
mieres, dont les effets s'accordoient avec l'objet
principal.
Le seu d'artifice, fut annoncé pra un bruit
ed by Go-
232 MERCUREDE FRANCE
de boëtes & de fusées d'honneur, & il à été
divisé en trois parties. La premiere fut compo-
sée de feu brillaus, qui représenterent succe ssi-
vement différentes formes, & qui furent ac-
compagnées de jets, d'iss, de bombes, & d'u-
ne grande multitude de fusées variées. Le second
changement offrit des cascades, qui occuperent
toute l'étendue de l'édifice, & dont la principale
en achevant de se précipiter, se métamorphosa
en plusieurs jets; ce coup de feu fut soutenu par
des fusées formant en l'air des berceaux de lumiere.
Dans le troisiéme changement, toute l'Architec-
ture se trouva représentée en seu clair. Uue gitan-
de de plus de huit mille fusées, coutonnée de bom-
bes brillantes, termina P'artifice. Les intervalles
qu'on fut obligé de mettre entre les divers chan-
gemens pour donner le tems la fumée de se dis-
siper, furent remplis par le tirage de cent caisses de
fusées, placées derriere l'arc de Triomphe & les
ailes. Le Roi ayant passé sur les dix heures du soir
dans l'appartement de la Reine, on tira au bout
de la piéce d'eau des Suisses, cinq bombes d'arti-
fices, qui firent un effet extraordinaire.
Le même jour, Leurs Majestés tinrent grand
appartement; & la Cour, tant pat l'extrême ri-
chesse des habits que par l'éclat & le nombre des
pierreries, surpassa encore la magnificence qu'el-
le avoit fait paroître le jour de l'illumination. La
Gallerie étoit éclaitée, ainsi qu'elle l'avoit été le
19, par trois rangs de lustres, suspendus à des
festons de gaze bouillonnée, qu'entouroient des
guirlandes de fleurs. Il y avoit des deux côtés une
grande quantité de girandoles sur des Torcheres
les unes d'argent, les autres d'or; & l'art, avec
lequel les lumieres étoient distribuées, pro-
duisoit un coup d'oil des plus frappans.
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Résumé : De Versailles le 30.
Le 30 janvier 1752, un feu d'artifice fut organisé dans les jardins du Château de Versailles pour célébrer la naissance du Duc de Bourgogne. L'événement se déroula devant la grande galerie et impliqua la construction d'un édifice temporaire de forme circulaire, mesurant 140 mètres de diamètre. Cet édifice était composé de trois corps architecturaux distincts. Le principal, d'ordre corinthien, prenait la forme d'un arc de triomphe dédié à la félicité. Il était orné de colonnes de lapis, de guirlandes de lys et de roses, ainsi que de bas-reliefs illustrant Apollon distribuant des attributs aux Muses et Cérès répandant l'abondance. La corniche de cet arc supportait des statues symbolisant la Justice, la Prudence, la Tempérance et la Magnanimité, ainsi qu'un globe des armes de France soutenu par la Force et divers génies. La Victoire et la Paix présentaient ce globe à la Félicité, représentée avec un caducée et une corne d'abondance. Les deux autres corps architecturaux, d'ordre composite, formaient des arcades en niches de chaque côté de l'arc de triomphe. Ces arcades étaient décorées de trophées en or et de camées en azur. Des médaillons représentant les arts contribuant au bonheur étaient entourés de guirlandes de roses. Des statues de divinités, des faunes et des tritons supportant des vases de lapis ornés de girandoles interrompaient la balustrade des avant-corps. L'ensemble de l'édifice était illuminé par des girandoles, des lustres et des orangers placés dans des vases d'or. Le feu d'artifice débuta par des boîtes et des fusées d'honneur, puis se déroula en trois parties : des feux brillants représentant diverses formes, des cascades se transformant en jets, et enfin l'architecture entière représentée en feu clair.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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12848
p. 233-238
De Cadix le 27 Novembre.
Début :
M. Des Varennes, Consul de France à Cadix, ayant reçu le 27 Septembre une lettre de [...]
Mots clefs :
Cadix, Naissance du duc de Bourgogne, Temple, Arcades, Nation française, Ordre, Place, Consul
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texteReconnaissance textuelle : De Cadix le 27 Novembre.
De Cadix le 27 Novembre.
M. Des Varennes, Consul de France à Cadix,
ayant reçu le 27 Septembre une lettre de
M. Rouillié, qui lui apprenoit l'heureuse naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne, il en fit
part à toute la Nation Françoise, qui en témoi-
gna la plus vive joye. On prit aussi-tôt les arran-
gemens nécessaires pour la faire éclatter par des
fêres publiques. On choisit sis Commissaires par-
mi les plus ancieus Négocians, & la, Nation les
autorisa à faire toutes les dépenses nécessaires qui
leur seroient remboursées par le produit d'une
cottisation, qu'on feroit proportionnellement aux
facultés de chaque particulier de la Nation: on
forma ensuite le projet des Fêtes. M. Tamievot
dont le pere est membre de l'Académie d'Archi-
tecture de Paris, en fit le plan; elles commence-
rent le 24 Novembre pat une décharge du canon
de tous les vaisseaux & autres bâtimens François,
qui se trouverent dans la baye de Cadix, au nom-
bre de 34.
Le lendemain on chanta le Te Deum en musique
dans l'Eglise des Cordeliers M. l'Evêque de Cadix
l'entonna, & il célebra ensuite pontificalement la
Messe. M. le Gouverneur & toutes les personnes
de distinction de la Ville y assisterent. Le canon ne
ad by Go-
234 MERCURE DE FRANCE
cessa pas de tirer pendant toute la cérémonie.
L'après-midi, un grand nombre de Dames, &
toures les personnes les plus distinguées se rendi-
tent dans la maison de M. des Varennes; il leur fit
servir ce qu'on appelle en Espagne le Refresco
c'est-à-dire, toutes sortes d'eaux glacées, du
lait, des confitures, du chocolat, &c. M. l'Evê-
que, qui est Religieux de l'Ordre de Saint Domi-
nique, s'etant excusé à cause de son état de pa-
roître à une Fête publique, M. le Consul fit porter
dans son Palais toutes sortes de rafraîchissemens.
Le Refresco étant fini, on alla se placer sur les bal-
cons & sur l'Amphithéatre, qu'on avoit dressé de-
vant la maison du Consul, situé sur la Place Saint
Antoine, la plus belle & la plus spacieuse de Ca-
dix. On y tira un fort beau feu d'artifice, qui du-
ra pendant trois quarts d'heure; tout le monde en
parut extrêmement satisfoit: il y eut ensuite un
grand souper, pour 200 personnes; il fut suivi
d'un bal qui dura jusqu'au matin.
Toute la Place étoit illuminée pat de grands
flambeaux de cire blanche: il y eut aussi des illu-
minations devant toutes les maisons des Négo-
cians François. On avoit pratiqué des amphithéa-
ttes dans différens endtoits de la Place, & on y
avoit mis des Musiciens qui ne cesserent de jouer
de divers instrumens pendant une grande partie de
la nuit. Le Temple sur lequel le feu d'artifice étoit
placé, étoit composé de quatre faces égales, repré-
sentant chacune trois portiques d'Ordre Dorique;
l'entablement étoit couronné par une balustrade
dont les pieds-d'estaux supportoient aux quatre
coins chacun une statue, & les autres des vases.
Chaque façade avoit quarante-deux pieds & demi
de largeur, les arcades onze pieds d'ouverture,
& dix-sept & demi de hauteur. L'élévation du
JANVIER.
1752.
235
Temple, en y comprenant la balustrade, étoit
de vingt-huit pieds. L'intérieur du Temple for-
moit en tous sens trois ness d'égale élévation; le
milieu étoit soutenu par quatre colonnes isolées,
l'entre-deux des arcades par des demi-colonnes
& les angles par des quarts de colonne; toute
cette ordonnance intérieure étoit d'Ordre Ioni-
que, à la maniere de Scamozzi,
Au milieu du Temple s'élevoit sur un pied-d'es-
tal rond & d'Ordre lonique, une statue de mar-
bre blanc & de grandeur naturelle, représentant
le Génie protecteur de la France, avec ses attri-
buts, couronnée de lauriers, tenant un lys à la
main droite: sur sa base étoit cette inscription:
Genio
Galliarum Protectori,
Ob faustum
Serenissimae Delphina
Partum.
Id. Sept. anno
M. DCC. LI.
Le Temple étoit éclairé par 24 lustres de crif-
tal, dont 12 pendoient aux fleurons des architra-
ves, & les 12 auttes aux cless des arcades.
L'appui de la balustrade & le dessus de l'enta-
blement avoient chacun un cordon de lumiere, &
la frize étoit éclairée en dedans. Les pilliers des ar-
cades étoient illuminés par 120 bras, dont 72 de
cristal, & les autres de fer contourné & peint.
Comme ce Temple se fermoit pendant le jour
pour éviter le désordre, les arcades étoient bou-
by Go
236 MERCURE DE FRANCE.
chées par de grandes toiles peintes, & ornées de
figures en relief; les arcades du milieu avoient
une porte de bronze, au dessus des trois dégrés de
marbre, & le dessous des portes avoit chacun
un grand médaillon avec des figures embléma-
tiques.
Le premier représentoit un Dauphin, entortil-
lant une ancre avec sa queve, & pour legende
Ad spem spes addita.
Le second, un Aiglon auprès de sa mere,
Prolem dedit Jove dignam.
Le troisiéme, sun vase avec un lys naissant.
Crescent illa crescentis amore.
Le quatriéme, un laurier naissant
Nascitur ad coronas.
Les huit autres toiles des arcades représentoient
une Renommée, portant un bouclier aux armes de
Bourgogne, & sur la base cette inscription,
Nomina magna loquor.
La Religion près d'un autel, où elle acheve un
Sacrifice.
Vota Galliae a dimpleta.
L'Espérance à genoux, les yeux & les mains
élevées au Ciel, & recevant un enfant qui sont
d'une nuée.
Coeli munus optatum.
1752.
JANVIER.
237
Pallas tenant dans ses bras un jeune enfant qu'el-
le regarde avec complaisance
Laeta Deùm partu.
Le Génie de la France, habillé en Mars, mon-
trant au jeune Prince qui badine avec son armure
le Temple de la Gloire,
Huc mecum Borbonides.
Mercure montrant au jeune Prince le symbolo
des Arts & des Sciences.
Futura infantiae otia.
Le Tems rompant sa faulx,
Perennitas stirpis Borbonidum.
La France sous la figure d'un jeune guerrier, re-
cevant des armes de Junon
Dono Deae invictus.
Ce Temple fut illuminé par 1376 lumiéres; le
jour que l'on tira le feu d'artifice & le lendemain
il fut décoré par une statue de marbre blanc, hau-
te de 8 pieds, représentant le Roi en Empereur
Romain, la tête découverte & les cheveux flot-
tans: le pied- d'estal étoit chargé de trophées d'ar-
mes avec cette inscription.
LUD. XV
Regi amantissimo, patri patriae, hanc statuam
in culmine Templi Genio Galliarum consecra-
eshO
238 MERCURE DE FRANCE.
vit, erexit, vovit, dedicavit Gadibus Fran-
corum Natio, cum celebraret natalia Sere-
nissimi Ducis Burgundiae.
Les quatre statues qui lui servoient d'accompa-
gnement étoient la Force, la Prudence, la Modéra-
tion, & un groupe emblématique, représentant
un Génie qui offre le jeune Duc de Bourgogne à
la France.
Le 26 & le 27. la Place de Saint Antoine fut il-
luminée comme le jour précédent, de même que
la maison de M. le Consul, & celles de tous les
François. Les Musiciens au nombre de 60, furent
placés dans l'intérieut du Temple; ils jouerent en-
semble de differens instrumens pendant plusieurs
heures, ce qui faisoit un effet admirable. Tout
le monde a paru extrêmement latisfait de la ma-
niere brillante dont se sont passées ces Fêtes, & du
bon ordre qu'il y a eu; on ne cessoit de dou-
ner des louanges aux François, & de faire des
vœux pour l'illustre famille des Bourbons. Les
Frarçois établis à Seville & au Port Sainte Marie
quoiqu'ils ne soient pas à beaucoup piès ni en si
grand nombre, ni aussi riches que ceux de Cadiz
ont aussi donné dans cette occasion des preuves de
leur zele; ceux de Seville ont fait chanter un Te
Deum avec beaucoup de pompe, & ils ont fait
bien des aumônes aux François pauvres; ceux du
Port Sainte-Marie ont fait de même, & ils ont
fait tiret un fort joli seu d'artifice.
M. Des Varennes, Consul de France à Cadix,
ayant reçu le 27 Septembre une lettre de
M. Rouillié, qui lui apprenoit l'heureuse naissance
de Monseigneur le Duc de Bourgogne, il en fit
part à toute la Nation Françoise, qui en témoi-
gna la plus vive joye. On prit aussi-tôt les arran-
gemens nécessaires pour la faire éclatter par des
fêres publiques. On choisit sis Commissaires par-
mi les plus ancieus Négocians, & la, Nation les
autorisa à faire toutes les dépenses nécessaires qui
leur seroient remboursées par le produit d'une
cottisation, qu'on feroit proportionnellement aux
facultés de chaque particulier de la Nation: on
forma ensuite le projet des Fêtes. M. Tamievot
dont le pere est membre de l'Académie d'Archi-
tecture de Paris, en fit le plan; elles commence-
rent le 24 Novembre pat une décharge du canon
de tous les vaisseaux & autres bâtimens François,
qui se trouverent dans la baye de Cadix, au nom-
bre de 34.
Le lendemain on chanta le Te Deum en musique
dans l'Eglise des Cordeliers M. l'Evêque de Cadix
l'entonna, & il célebra ensuite pontificalement la
Messe. M. le Gouverneur & toutes les personnes
de distinction de la Ville y assisterent. Le canon ne
ad by Go-
234 MERCURE DE FRANCE
cessa pas de tirer pendant toute la cérémonie.
L'après-midi, un grand nombre de Dames, &
toures les personnes les plus distinguées se rendi-
tent dans la maison de M. des Varennes; il leur fit
servir ce qu'on appelle en Espagne le Refresco
c'est-à-dire, toutes sortes d'eaux glacées, du
lait, des confitures, du chocolat, &c. M. l'Evê-
que, qui est Religieux de l'Ordre de Saint Domi-
nique, s'etant excusé à cause de son état de pa-
roître à une Fête publique, M. le Consul fit porter
dans son Palais toutes sortes de rafraîchissemens.
Le Refresco étant fini, on alla se placer sur les bal-
cons & sur l'Amphithéatre, qu'on avoit dressé de-
vant la maison du Consul, situé sur la Place Saint
Antoine, la plus belle & la plus spacieuse de Ca-
dix. On y tira un fort beau feu d'artifice, qui du-
ra pendant trois quarts d'heure; tout le monde en
parut extrêmement satisfoit: il y eut ensuite un
grand souper, pour 200 personnes; il fut suivi
d'un bal qui dura jusqu'au matin.
Toute la Place étoit illuminée pat de grands
flambeaux de cire blanche: il y eut aussi des illu-
minations devant toutes les maisons des Négo-
cians François. On avoit pratiqué des amphithéa-
ttes dans différens endtoits de la Place, & on y
avoit mis des Musiciens qui ne cesserent de jouer
de divers instrumens pendant une grande partie de
la nuit. Le Temple sur lequel le feu d'artifice étoit
placé, étoit composé de quatre faces égales, repré-
sentant chacune trois portiques d'Ordre Dorique;
l'entablement étoit couronné par une balustrade
dont les pieds-d'estaux supportoient aux quatre
coins chacun une statue, & les autres des vases.
Chaque façade avoit quarante-deux pieds & demi
de largeur, les arcades onze pieds d'ouverture,
& dix-sept & demi de hauteur. L'élévation du
JANVIER.
1752.
235
Temple, en y comprenant la balustrade, étoit
de vingt-huit pieds. L'intérieur du Temple for-
moit en tous sens trois ness d'égale élévation; le
milieu étoit soutenu par quatre colonnes isolées,
l'entre-deux des arcades par des demi-colonnes
& les angles par des quarts de colonne; toute
cette ordonnance intérieure étoit d'Ordre Ioni-
que, à la maniere de Scamozzi,
Au milieu du Temple s'élevoit sur un pied-d'es-
tal rond & d'Ordre lonique, une statue de mar-
bre blanc & de grandeur naturelle, représentant
le Génie protecteur de la France, avec ses attri-
buts, couronnée de lauriers, tenant un lys à la
main droite: sur sa base étoit cette inscription:
Genio
Galliarum Protectori,
Ob faustum
Serenissimae Delphina
Partum.
Id. Sept. anno
M. DCC. LI.
Le Temple étoit éclairé par 24 lustres de crif-
tal, dont 12 pendoient aux fleurons des architra-
ves, & les 12 auttes aux cless des arcades.
L'appui de la balustrade & le dessus de l'enta-
blement avoient chacun un cordon de lumiere, &
la frize étoit éclairée en dedans. Les pilliers des ar-
cades étoient illuminés par 120 bras, dont 72 de
cristal, & les autres de fer contourné & peint.
Comme ce Temple se fermoit pendant le jour
pour éviter le désordre, les arcades étoient bou-
by Go
236 MERCURE DE FRANCE.
chées par de grandes toiles peintes, & ornées de
figures en relief; les arcades du milieu avoient
une porte de bronze, au dessus des trois dégrés de
marbre, & le dessous des portes avoit chacun
un grand médaillon avec des figures embléma-
tiques.
Le premier représentoit un Dauphin, entortil-
lant une ancre avec sa queve, & pour legende
Ad spem spes addita.
Le second, un Aiglon auprès de sa mere,
Prolem dedit Jove dignam.
Le troisiéme, sun vase avec un lys naissant.
Crescent illa crescentis amore.
Le quatriéme, un laurier naissant
Nascitur ad coronas.
Les huit autres toiles des arcades représentoient
une Renommée, portant un bouclier aux armes de
Bourgogne, & sur la base cette inscription,
Nomina magna loquor.
La Religion près d'un autel, où elle acheve un
Sacrifice.
Vota Galliae a dimpleta.
L'Espérance à genoux, les yeux & les mains
élevées au Ciel, & recevant un enfant qui sont
d'une nuée.
Coeli munus optatum.
1752.
JANVIER.
237
Pallas tenant dans ses bras un jeune enfant qu'el-
le regarde avec complaisance
Laeta Deùm partu.
Le Génie de la France, habillé en Mars, mon-
trant au jeune Prince qui badine avec son armure
le Temple de la Gloire,
Huc mecum Borbonides.
Mercure montrant au jeune Prince le symbolo
des Arts & des Sciences.
Futura infantiae otia.
Le Tems rompant sa faulx,
Perennitas stirpis Borbonidum.
La France sous la figure d'un jeune guerrier, re-
cevant des armes de Junon
Dono Deae invictus.
Ce Temple fut illuminé par 1376 lumiéres; le
jour que l'on tira le feu d'artifice & le lendemain
il fut décoré par une statue de marbre blanc, hau-
te de 8 pieds, représentant le Roi en Empereur
Romain, la tête découverte & les cheveux flot-
tans: le pied- d'estal étoit chargé de trophées d'ar-
mes avec cette inscription.
LUD. XV
Regi amantissimo, patri patriae, hanc statuam
in culmine Templi Genio Galliarum consecra-
eshO
238 MERCURE DE FRANCE.
vit, erexit, vovit, dedicavit Gadibus Fran-
corum Natio, cum celebraret natalia Sere-
nissimi Ducis Burgundiae.
Les quatre statues qui lui servoient d'accompa-
gnement étoient la Force, la Prudence, la Modéra-
tion, & un groupe emblématique, représentant
un Génie qui offre le jeune Duc de Bourgogne à
la France.
Le 26 & le 27. la Place de Saint Antoine fut il-
luminée comme le jour précédent, de même que
la maison de M. le Consul, & celles de tous les
François. Les Musiciens au nombre de 60, furent
placés dans l'intérieut du Temple; ils jouerent en-
semble de differens instrumens pendant plusieurs
heures, ce qui faisoit un effet admirable. Tout
le monde a paru extrêmement latisfait de la ma-
niere brillante dont se sont passées ces Fêtes, & du
bon ordre qu'il y a eu; on ne cessoit de dou-
ner des louanges aux François, & de faire des
vœux pour l'illustre famille des Bourbons. Les
Frarçois établis à Seville & au Port Sainte Marie
quoiqu'ils ne soient pas à beaucoup piès ni en si
grand nombre, ni aussi riches que ceux de Cadiz
ont aussi donné dans cette occasion des preuves de
leur zele; ceux de Seville ont fait chanter un Te
Deum avec beaucoup de pompe, & ils ont fait
bien des aumônes aux François pauvres; ceux du
Port Sainte-Marie ont fait de même, & ils ont
fait tiret un fort joli seu d'artifice.
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Résumé : De Cadix le 27 Novembre.
Le 27 novembre à Cadix, M. Des Varennes, Consul de France, annonça la naissance du Duc de Bourgogne, provoquant une grande joie parmi la Nation Française à Cadix. Des festivités furent organisées sous la direction de six commissaires choisis parmi les négociants les plus anciens. M. Tamievot, fils d'un membre de l'Académie d'Architecture de Paris, conçut le plan des célébrations. Les festivités commencèrent le 24 novembre par une salve de canons tirée par les vaisseaux français. Le lendemain, un Te Deum fut chanté dans l'église des Cordeliers, suivi d'une messe célébrée par l'évêque de Cadix. L'après-midi, des rafraîchissements furent offerts chez M. Des Varennes. Un feu d'artifice de trois quarts d'heure fut tiré depuis un temple décoré, suivi d'un grand souper et d'un bal. La place Saint-Antoine fut illuminée et ornée de musiciens jouant toute la nuit. Le temple, dédié au Génie protecteur de la France, fut illuminé par 1376 lumières. Les célébrations se poursuivirent les 26 et 27 novembre avec l'illumination de la place Saint-Antoine et de diverses maisons. Une statue de marbre blanc représentant Louis XV en empereur romain fut érigée, accompagnée d'une inscription dédiée à Louis XV et à la Nation Française. Quatre statues symbolisant la Force, la Prudence, la Modération et un Génie offrant le jeune Duc de Bourgogne à la France l'accompagnaient. Soixante musiciens jouèrent divers instruments à l'intérieur du temple. Les Français établis à Séville et au Port Sainte-Marie participèrent également, organisant des chants de Te Deum, des aumônes pour les pauvres et un feu d'artifice.
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12849
p. 238-239
De Palerme le 8 Octobre.
Début :
Aussi-tôt que M. Gamelin, Vice-Consul de France à Palerme, eut appris l'heureuse nouvelle [...]
Mots clefs :
Palerme, Naissance du duc de Bourgogne, M. Gamelin, Bâtiments
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texteReconnaissance textuelle : De Palerme le 8 Octobre.
De Palerme le 8 Octobre.
Aussi-tôt que M. Gamelin, Vice-Consul de
France à Palerme, eut appris l'heureuse nouvelle
JANVIER.
1752.
239
de la naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne, il en fit part aux Négocians François qui
sont dans cette ville, & aux Capitaines de Bäti-
timens qui se trouvoient dans le Port; ils donne-
rent tous des marques d'une joye inexprimable, &
ils s'efforcerent de signaler leur zéle à l'occasion
d'un si glorieux évenement. Ils ont illuminé leurs
maisons pendant 3 jours avec des slambeaux de ci-
re, & leurs Batimens ont arboré leur pavillon. Le
7 M. Gamelin accompagné de toute la Nation
fit chantet un Motet & le To Deum en musique dans
l'Eglise des RR. PP. de la Trinité au Mole, il fut
suivi de la Bénédiction du très-Saint Sacrement,
& pendant cette cérémonie les Bâtimens firent unę
décharge de leurs canons & de leurs pierriers.
Aussi-tôt que M. Gamelin, Vice-Consul de
France à Palerme, eut appris l'heureuse nouvelle
JANVIER.
1752.
239
de la naissance de Monseigneur le Duc de Bour-
gogne, il en fit part aux Négocians François qui
sont dans cette ville, & aux Capitaines de Bäti-
timens qui se trouvoient dans le Port; ils donne-
rent tous des marques d'une joye inexprimable, &
ils s'efforcerent de signaler leur zéle à l'occasion
d'un si glorieux évenement. Ils ont illuminé leurs
maisons pendant 3 jours avec des slambeaux de ci-
re, & leurs Batimens ont arboré leur pavillon. Le
7 M. Gamelin accompagné de toute la Nation
fit chantet un Motet & le To Deum en musique dans
l'Eglise des RR. PP. de la Trinité au Mole, il fut
suivi de la Bénédiction du très-Saint Sacrement,
& pendant cette cérémonie les Bâtimens firent unę
décharge de leurs canons & de leurs pierriers.
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Résumé : De Palerme le 8 Octobre.
Le 8 octobre 1752, M. Gamelin, Vice-Consul de France à Palerme, annonça la naissance du Duc de Bourgogne. Les Français et capitaines de navires exprimèrent leur joie par des illuminations et des pavillons. Le 7 octobre, une cérémonie religieuse fut organisée, incluant un motet, un Te Deum et une bénédiction. Des salves de canons marquèrent l'événement.
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12850
p. 239
De Messine le 10 Octobre.
Début :
M. d'Evant, Vice-Consul de France à Messine, ayant appris l'agréable nouvelle de la naissance de [...]
Mots clefs :
Messine, Naissance du duc de Bourgogne, M. d'Evant, Vice-consul de France, Maison
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Messine le 10 Octobre.
De Messine le 10 Octobre.
M. d'Evaut, Vice-Consul de France à Messine,
ayant appris l'agréable nouvelle de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne, a fait illumi-
ner sa maison pendant trois jours avec des flam-
beaux de cire. Le 5, il fit chanter un Te Deum qui
fut suivi d'une grande Messe en musique, l'Etat
Major, & tous les Principaux de la ville y assiste.
rent. Il y eut ensuite un diner de 72 couverts dans
la maison de M. le Vice-Consul. On y but à la
santé du Roi & de la Famille Royale, au bruit de
mille boëtes & de onze canons. On témoigna leo
plus grands transports de joye pendant tout le re-
pas, & les cristaux partirent comme le canon.
Il y eut le soir un grand bal, le Prince de Mont-
fort, & l'épouse de M. le Vice-Consul en firent
l'ouverture.
M. d'Evaut, Vice-Consul de France à Messine,
ayant appris l'agréable nouvelle de la naissance de
Monseigneur le Duc de Bourgogne, a fait illumi-
ner sa maison pendant trois jours avec des flam-
beaux de cire. Le 5, il fit chanter un Te Deum qui
fut suivi d'une grande Messe en musique, l'Etat
Major, & tous les Principaux de la ville y assiste.
rent. Il y eut ensuite un diner de 72 couverts dans
la maison de M. le Vice-Consul. On y but à la
santé du Roi & de la Famille Royale, au bruit de
mille boëtes & de onze canons. On témoigna leo
plus grands transports de joye pendant tout le re-
pas, & les cristaux partirent comme le canon.
Il y eut le soir un grand bal, le Prince de Mont-
fort, & l'épouse de M. le Vice-Consul en firent
l'ouverture.
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Résumé : De Messine le 10 Octobre.
Le 10 octobre à Messine, M. d'Evaut, Vice-Consul de France, a célébré la naissance du Duc de Bourgogne en illuminant sa maison pendant trois jours. Le 5 octobre, il organisa un Te Deum et une grande messe musicale avec l'État-Major et les notables. Un dîner de 72 convives suivit, avec des toasts au Roi et à la Famille Royale, des salves d'armes et un bal ouvert par le Prince de Montfort.
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