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2851
p. 279-284
SUPPLEMENT aux Nouvelles d'Allemagne, d'Espagne, & d'Angleterre.
Début :
On mande de Vienne que les maladies contagieuses y regnoient [...]
Mots clefs :
Vienne, Maladies contagieuses, Catalogne, Régiment d'infanterie, Rebelles, Fortifications
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texteReconnaissance textuelle : SUPPLEMENT aux Nouvelles d'Allemagne, d'Espagne, & d'Angleterre.
SUPPLEMENT
aux Nouvelles d'Allemagne
, d'Espagne,£7*<tAngleterre.
On mande de Vienne
que les maladies contagieufes
y regnoient toûjours
; quon ne permettoit
plus l'entrée du Palais qua
ceux quiestoient pourveus
d'un billet du Maréchal de
la Cour;que le Regiment
d'Infanterie de Heister ôc
celuy deDragons de Bareith
y estoient arrivez;
qu'on y avoit publié des
Avocatoires par lesquelles
il elt deffendu fous de rigoureuses
peines dans tout
l'Empire d'avoir aucune
correspondance avec la
France ni avec les Princes
de son parti.
Les Lettres de Catalogne
gne portent que les Rebelles
ayant construit un Fort
au bas de Montjoüy pour
y mettre de l'artillerieafin dincommoder l'Armée;
que le Duc dePopoli avoit
commandé un Détachement
des Gardes d'Infanterie
& quelques Compagnies
de Grenadiers qui
emportèrent ce Poste l'é-*
pée à la main, & en ruinerent
les Fortifications
; que
Nebot ayant esté battu tndeux
rencontres par le Detachemenr
commandé par
Don Feliciano de ]3racam.
monte; qu'estant informé
qu'il le poursuivoit,& que
l'Armée du Duc de Popoli
avoit fermé tous les pacages
paroùIl dévoit rentrer
dans Barcelone,s'etoitjetté
dans un Village dans la
Montagne, endroit trésforr
par son assiete à cinq
lieuës de Barcelone; que
trois Galeres de l'Escadre
d'Espagne commandées
par Don Baltazar de Cuevara
avoitpris versMataro
deux gros Bastimens chargez
de grains pour Barcelone.
Il y en avoit unmonté
de vin gt deux Canons
& percé pour quarante; l'autre estoit monté de dix-
-
huit & percé pour trentequatre.
Que le Roy avoit
donné au Commandant
Don Baltasar de Guevara laCommanderie de la Reine
de l'OrdredeS.Jacques,
& aux deux autres Capitaines
la Croix de Chevalier
des Ordres Militaires..
l
On écrit de Londres que
le DucôctaDuchcHc de
Shrewsbury debarquerent
àDouvres le 4.Septembre,
& que le 5. ilsestoient arrivezen
cette Ville;que-lë*
Duc d'Aumont Ambassadeur
Extraordinaire de
France alla le 10.à Windsor
où il eut Audience de
Congé de la Reine avec les.
Ceremonies accoustumées.
Les Lettres de la Haye
jdun. de Septembre por-
;
tent que la Ratification de
Paix du Roy d'Espagne 6c
du Duc de Savoye avoit
esté échangée & envoyée à
Madrid;que le 18.le Mar
aux Nouvelles d'Allemagne
, d'Espagne,£7*<tAngleterre.
On mande de Vienne
que les maladies contagieufes
y regnoient toûjours
; quon ne permettoit
plus l'entrée du Palais qua
ceux quiestoient pourveus
d'un billet du Maréchal de
la Cour;que le Regiment
d'Infanterie de Heister ôc
celuy deDragons de Bareith
y estoient arrivez;
qu'on y avoit publié des
Avocatoires par lesquelles
il elt deffendu fous de rigoureuses
peines dans tout
l'Empire d'avoir aucune
correspondance avec la
France ni avec les Princes
de son parti.
Les Lettres de Catalogne
gne portent que les Rebelles
ayant construit un Fort
au bas de Montjoüy pour
y mettre de l'artillerieafin dincommoder l'Armée;
que le Duc dePopoli avoit
commandé un Détachement
des Gardes d'Infanterie
& quelques Compagnies
de Grenadiers qui
emportèrent ce Poste l'é-*
pée à la main, & en ruinerent
les Fortifications
; que
Nebot ayant esté battu tndeux
rencontres par le Detachemenr
commandé par
Don Feliciano de ]3racam.
monte; qu'estant informé
qu'il le poursuivoit,& que
l'Armée du Duc de Popoli
avoit fermé tous les pacages
paroùIl dévoit rentrer
dans Barcelone,s'etoitjetté
dans un Village dans la
Montagne, endroit trésforr
par son assiete à cinq
lieuës de Barcelone; que
trois Galeres de l'Escadre
d'Espagne commandées
par Don Baltazar de Cuevara
avoitpris versMataro
deux gros Bastimens chargez
de grains pour Barcelone.
Il y en avoit unmonté
de vin gt deux Canons
& percé pour quarante; l'autre estoit monté de dix-
-
huit & percé pour trentequatre.
Que le Roy avoit
donné au Commandant
Don Baltasar de Guevara laCommanderie de la Reine
de l'OrdredeS.Jacques,
& aux deux autres Capitaines
la Croix de Chevalier
des Ordres Militaires..
l
On écrit de Londres que
le DucôctaDuchcHc de
Shrewsbury debarquerent
àDouvres le 4.Septembre,
& que le 5. ilsestoient arrivezen
cette Ville;que-lë*
Duc d'Aumont Ambassadeur
Extraordinaire de
France alla le 10.à Windsor
où il eut Audience de
Congé de la Reine avec les.
Ceremonies accoustumées.
Les Lettres de la Haye
jdun. de Septembre por-
;
tent que la Ratification de
Paix du Roy d'Espagne 6c
du Duc de Savoye avoit
esté échangée & envoyée à
Madrid;que le 18.le Mar
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Résumé : SUPPLEMENT aux Nouvelles d'Allemagne, d'Espagne, & d'Angleterre.
Le texte fournit des mises à jour sur diverses régions. À Vienne, des maladies contagieuses persistent, limitant l'accès au Palais aux détenteurs de billets du Maréchal de la Cour. Les régiments d'Infanterie de Heister et de Dragons de Bareith sont arrivés. Des avocatoires interdisent toute correspondance avec la France ou ses alliés, sous peine de sanctions sévères dans tout l'Empire. En Catalogne, les rebelles ont construit un fort près de Montjuïc, mais le Duc de Popoli l'a pris et détruit. Nebot, battu à deux reprises, s'est réfugié dans un village montagneux près de Barcelone. Trois galères espagnoles ont capturé deux navires chargés de grains destinés à Barcelone. À Londres, les Ducs d'Octeville et de Shrewsbury sont arrivés le 5 septembre, et le Duc d'Aumont a obtenu une audience de congé de la Reine à Windsor le 10 septembre. Aux Pays-Bas, la ratification de paix du Roi d'Espagne et du Duc de Savoie a été échangée et envoyée à Madrid.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2852
s. p.
TABLE
Début :
Avanture Tragicomique, extraite d'une Lettre Espagnole écrite de Tolede [...]
2853
s. p.
CATALOGUE DES LIVRES NOUVEAUX, Imprimez chez PIERRE RIBOU, Quay des Augustins, à la Descente du Pont-Neuf, à l'Image S. Loüis.
Début :
Des RR. PP. Benedictins de la Congregation de S. Maur. [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CATALOGUE DES LIVRES NOUVEAUX, Imprimez chez PIERRE RIBOU, Quay des Augustins, à la Descente du Pont-Neuf, à l'Image S. Loüis.
Des RR.PP.Benedictinsde la Congrégation
de S. Maur. sAncliAugustinsHipponenfu Episcopi Opera, denuò
castigata&illustrata, cum Indicibus, Ó
Vita ejusdemsanctiAugustini, fol. 8. vol.
-
Il
Petit papier, veau, 164. liv
Moyen papier, 114. livl
-Grand papier, 310.liv Eorumdem Operum Indices; cum Vita sanct
Augustini, fol. separément,petit pap. 21.liv
Moyen papier, 2.4-lilv
Grand papier, 40.Hr.
— Les volumes se vendent separément, en pe,, titpapier, 18.liv.
Moyen papier,14.Ht!;
Grand - papier,0.l'y Vita. S. Augustins, fol. separément, 6.Ht
SanEfi Hilarii Episcopi Pictaviensis Opéra, emenda
ta & illujîrata
,
fol.petit papier, 18. lnj
Moyen papier, 14.li^
Grand papier, 40.1iv
Fromondus ÍlIScripturltm,Roth,magi 1709.fol.12.l.
P. Alexander in Paulum, fol. 1710. 12.l.
Sancti Gregorii Episcopi Turonensis Opera, castigata
& édita fludio Domni Theodorici Ruynart,
Monachi Ordinis sancti Benedicti,Congregationis
sanctiMauri,fol. 15.liv.
Histoire de Bretagne ,composée sur les Titres
& les Auteurs originaux, par Dom Guy Alexis
Lobineau , Beiieàiâln de la Congrégation
de S. Maur, avec les Preuves; & enrichie de
Portraits, de Tombeaux, de Sceaux, & autres
monumens gravez en taille-douce, fol.
2.vol. 1707. 60.liv.
Méditations pour tous les Jours de l'Année, tirées
des Evangiles qui se lisent à la Messe, &
pour les Fêtes principales des Saints, avec
leurs Octaves : par le R. P. Rainssant, Bene- fdiébn de la Congregration de S. Maur,in 4.
quatrième édition, 1707. 6.liv.
DomniEdmundi MarteneBenedictini Congrégationis
S. Mauri
,
Commentarius in Regulamsancti
Benedictilitteralis. moralis. historicus. in 4.
7. liv. 10. f.
omitolus,4.Rothomagi 1710. 7.liv.
Ouvrages de M.Baluze.
concillorum nova Colleflio) in tjua continentur plurima
Cencilia, nunc primùm in lucem edita ex
antiquis Codicibus : feu Supplementum ad CollectionemConciliorumLabbai,
fol. 1707. petit
papier, 15.liv.
I Grand papier, * 14.liv.
onciliaGallia Narbonensis, nunc primùm editll.
cum Notis,in 8. 4.1iv.
luftr. Domini P. de Marca Archiepiscopi Parisienfis
Dissertationes de ConcordiaSacerdotii & Im-
'leri; : feu de Libertatibus EcclesiaGallicana.
Novissima editio auÏÏMi illustrata, fol. petitpapGirearn,
15'.Inr.-i dpapier,24.liv.|
—— Ejusdem de Mtrea Hispanica,sive Limes Mifpanicus
,
hoc est, Géographica & HiftorieJJ Descriptio,
Catalonia& Ruscinonis : accessere Gesta
veterum Comitum Barcinonensium,Nicolai SpecialisResSicula
,&c. omnia nunc primùm edita,
fol. petitpapier, Grand - papier,24.liv. Ejusdem Dissertationes tres, cum Notis & Ap-J
-pendiceattorumveterum. in 8. 3.IIV. Ejusdem Opuscula, nune primùm in lucem
édita,in8. 2. IIV.
Vita Paparum Avenionensium
,
hoc est, 0iftorin
Pentificum Romanorum qui in Gallia fédérant1,
ab anno1305. ad annum 1394.scriptaab auéîo-'
ribus co'ètaneïi,cum Notis. in 4. 2. vol. 14. liv.
SanctiAgobardiArchiepiscopiEugdienensis Opera, 1
mtnon Lcidradi & Amalonis Archiepiscoporum
ZrHgdanenJtttfh Epistola& opuscula. eutnNotu,
in 8,2.-vol. Sancti CafariiEpiscopiArelatensis Homilia, nan- j
qnarn anfehac edita,cumNotis. in B. 1.1.10.H
MariiMercatorisOpera
, cum Notis. in 8. 3.liv. 1
.,B,ginonu Abbatis Prumiensis Llhri duo de Eccle-J
fiaftiâs Disciplinis& Religione chrifthmtf;, &c.
cum Notis. in- 8. 4-.liv.
SalvianiMassiliensis,& vincentii LirinensisOpéra,
cumNotis uberioribus. in g. tertia editio. 3.liv.!
Pita Petri Castellani MagniFrancis.Eleemojy- !
narii
,
à-PetroGallando-scripta,cumNotà.
in8. 1.liv.10.f.
Miscellaneorum Libri quinque ,hoe est
,
CogoéPiobg-Ï j
terum Monumentorum. in 8. 5. vol. *5.liv. i
Les volumes.sevendent separément 3.liv.
Htllolfede la Ville de ROllon) iii 12..-3.vol. 6. l.
Sermons du PtJdc la, Ruë, in 12.3. vol. 6. lîy;.
Ouvrages de feuMreArmand le Bouthiiuer
DE RANCE
,
Abbéde la-Trappe.
Dela Sainteté &- des Devoirs dela vie monastique
, avec les éclaircissemens sur les difficultez
survenuës- au sujet de ce Livre
,
in 4. J.
vol. 17. liv.
-Les mêmes in iz. 3..V0L Sjiv. Les Eclaircissemens, in. 4. separément, 6. l.
Les mêmes in iz. separément, 2.liv. 10. f.
Cinq Chapitres tirez du Livre de la Vie Monastique,
sçavoir, de l'Amour de Dieu, de la
Priere, de la Mort, dès Jugemens de Dieu,
Se delaComponction,in12. I. liv.
Discours de laPureté d'intention,& des moyens
poury arriver,in12. I.liv.10.f.
Carte de la Visite de M.l'Abbé de la Trappe à
l'Abbaïe des Clairets,avec une Instruction sur
lamortde Dom Muce,in1-2.
Instruction de S.Dorothée Percdel'Eglise Grecque
, traduites du Grec en François,avec la
la Vie de ce saint Pere
,
in 8. 2. liv. 5. f.
Xnftru&ions sur les principaux sujets de la Pieté
& de la Morale Chrétienne, in 12. 1.liv.10.f.
Lettres de Pieté choistes & écrites àdifférentes
personnes, in îz. 2.vol.4.liv. Méditations sur la Regle de S. Benoît, troisiéme
édition,augmentée de la véritable Préparation
-
à la mort, in iz. 2. liv.
De laveritable Préparationà lamort, in12. separément.
1.livv.
Réponses au Traitédes Etudes Monastiques de
Dom JeanMabillon,in4.- 6. liv.
Le Texte de la Réglé de S. Benoît, trad. in 12. I.L
La Regle de S.Benoît, traduite & expliquée félon
sonveritableesprit, in-4. 2. vol. ii. liv.
La même in u. 1, vol. 5liv..
Reflexions morales sur les quatte Evangiles,
in 12.4.vol. 7.liv.4«.fv
Reglemensgénéraux de l'Abbaïede la Trappe;
in12.2.vol. 3.liv.12. f.
Vies des Saints par Ribadeneira, fol. 2. vol. papierfin.
if.liir.
DepapierChampy,2.vol. 12. Lv.
Relationde la Mort de Dom Abraham Beugnier,
in 12. brochure. 8. f.
Relation de quelques circonstances de la Mort
de M. l'Abbé de la Trappe; in 12. brochu- re,£.•£ Traité abregé des Obligations dès Chrêtiens,
illn. I.liv.16.f.
Du R. P.Dom LE NAIN, Soûprieur de PAbbaïe
- de la Trappe.
Homeliea sur le Prophete Jeremie, in 8. z.
vol. 7.liv.12. f.
Histoire de l'Ordre de Cîteaux,ou Vies des
Saints de cet Ordre, in12.. 9.vol. I6.-1iv. 4. f..
De Nosseigneursdu Clergé de France.
-Procès verbal de l'Assemblée de1690. fol. 6.1. -Del'Assemblée de1693.&1695. fol. 10. 1.
—Del'Assembléede I¡OI.& 1702. fol. 6.1.,;
Relation des Assemblées de MM. les Prelats pour f
la condamnation du Livre de M. l'Archevêque
de Cambray, in 4. 4.liv.
Recueil concernant l'établissement dé deux Seminaires
dans leDiocese de Reims, in 4. 6.1.
DuR.P.DUBOIS,del'Oratoire.
piftoria, Ecclesie parisiensis. fol. 2. vol. 30.liv.
Le second Tome separément. 15.liv,
Du R.P; AME lotte,de l'Oratoire.
Le Nouveau Testament traduit sur la Vulgate
avec des Notes & des Cartes dela Terre'
fainte,in4.2.vol. iz.Iîv
Le même in i~ iv si
Du R. P.HARDOUIN,de la Compagnie
de Jefu*.
AAnnùtirrrrhheettiiccuiai de Numrmniiss aannttiiqquuisisCCoolloonniiaarruumm &
Municipiorum adjoannem Vaillant, in 4. 3.liv.
Sancti Joannis Chrysostomi Epistola ad C&farium
Monachum Grec. & Lat. cum Joannis Harduini
Notis, & Dissertatione de Sacramento Altarts-,
in4. 4.liv.
De disserens Auteurs.
Compendium Institutionum justiniani, feu cornpen--
diosa corum tractatio
,
in 11. 1. hv.
Coeur affectif de S. françoisde Sales, tiré de
ce qu'il y a de plus touchant dans Tes Ecrits,
pour la consolation des ames devotes,par
M.Gambard,in12. I.liv.12.f.
DiurnaleCisterctensead usumFuliensium, rubronigrum,
in24.maroquin. } liv.
Discours de S. Bernard,composez à la priere de
sa soeur la Religieuse
,
où sont contenus tous
les principaux points du Christianisme
, nouvelle
traductionin16. i.liv.10. f.
Exercice Journalier à l'usage des Religieuses de
la Con gregation de N. Dame, in 16. 1. liv.
Maniere de bien entendre la Mette de Paroisse,
par Messire François de Harlay Archevêque
deRoüen,imprimée par l'ordre de feu M.
l'Archevêque de Paris, in 11. I. liv.
Ordonnances du Roy pour le fait de la Guerre,
1 in 12. 15.vol. 45*||v.'
- Lesvolumes sevendent separément 3.Ilv.
Replement pour le Regiment des Gardes, in 12. liv.
rieres Chrêtiennes recueilliës par ordre de
1 feu M.l'Archevêque de Paris, en Latin & en
j François;avec une In/huélion pour la Consession
& Communion,& une Conduite .pOIit:
biest gagner le Jubilé, in ii. troisiéme édition.
z.IIV.10.
Tradition del'Eglise sur le Silence Chrêtien &
Monastique,contrel'intemperance de la langue
, & les paroles inutiles en general
, & en
particulier contre la trop grande frequenta-
* tion des Parloirs des Religieuses, par M. Her- )
mant, in H. I.liv. 16. f.
Traité du Cancer, & des moyens de le guerir,
'N parM.Alliot,in12. I.liv.I0.f.
Traité des Ecoles Episcopales, par feu M. Joly,
Chantre & Chanoine de l'Eglise de Paris,
in 12. 2. liv.
Vie de la Mere Eugenie de Fontaine, Religieuse
de la Visitation, morte en 1694. in iz. 1. I.Io.f.
Del'Usage de celebrer le Service divin en langue
non valgaire, par le R. P. Caponnel Chanoine
Regulier, in 12. I. liv.5. f.
Histoire du Concile de Trente, par Fra Paolo,
in 4. S.Ily.
Les Loix Civiles dans leur ordre naturel, fol.
2.vol. 18.liv.
—Lesmêmes,in4.6.vol. 36.liv.
L'Art de Tourner, ou defaire en perfection
toutes fortes d'ouvrages au Tour: ouvrage
tres-curieux 6c tres-necessaire à ceux qui s'exercent
auTour,Latin & Franç. fol. IJ.liv-,
Traduction nouvelle des Odes d'Anacreon, par
M. de la soffe, seconde édition, augmentée
de deux Odes, l'une de Pindare, & l'autre
d'Horace,in 12. 2.liv.10. f.
Nouvelle Grammaire Espagnole,par M.Perger,
in 12. 1.liy. 5.f.
Nouvelle Traduction deJustin, avec des Remarques,
in ii.z. vol. 4.liv.10. f.
Conquête du Mexique, in 11.. 2.vol. 5.liv.
Conquête du Perou,in n.z. vol. 4.liv. 10. f.
Voyage d'Alepà Jerusalem, in 12.. 2.liv.
Traité delaNoblesse.parlaRoque, 4. 1710.7,"!.
Nouvelle & parfaite Grammaire Françoise du
Pere Chifflet, avec un Abregé d'Orthographe,
in il- 1.liv.10.f.
De la Connoissance de Dieu, par M. Ferrand,
in12. 2.liv.10.f.
Novum Testamentum Gracum, in 18. 1. liv. 16. f.
L'Esprit de l'Ecriture fainte, in 11.2.vol.3.l. 10.f.
Le Comte de Cardonne, in 12. 1. liv. 16. f.
Les Avantures galantes du Chevalier de Thenicourt,
par Madame D. in 12. I. liv.16. f.
Furteriana, ou les bons mots de M. Furetiere,
in 11. 2. liv.
Traduction nouvelle de Miguel Cervantes,
in 12. i.liv.
Riblia sacra, in 4. 6. liv.
Amusemens serieux & comiques, par M. du
Freny, in 11. I. liv.10.f.
Grammaire Allemande, dePerger, in 11. 1.IIV.
Elsass de Littérature pour la connoissance des
bons Livres, & Supplément des Essais, in ii,.
4. vol. 8. liv.
Le Jeu de l'Hombre, augmenté des Décisions
nouvelles,& des Regles sur les Incidens de
de ce Jeu,in12. 1. liv.10. f.
LaViedeM.deMolierein12. 2.liv.
Les Mémoires & la Vie de M. de Thou, 4. Rotterdam
, * 5.liv.
Histoire de la Virginie,contenant celle de ion.
établissement & de son gouvernement jufqu'à
present, les productions naturelles du
-
Païs, la Religion, les Loix & les Coutumes
des Indiens naturels
, par un Auteur natif &
habitant de ce Païs-là, in iz. enrichie de figuresentaille-
douce, 2. liv 5. f.
Ecole parfaite des Officiers de Bouche,qui enseigne
les devoirs du Maître d'Hôtel & du
Sommelier, la maniere de faire les Confitures
tures seches & liquides, les Liqueurs, les
Eaux, les Parfums, laCuisine, à découper ;
les viandes, & à faire lapâtisserie; huitiéme
édition, corrigée & augmentée des Pâtes,des
Liqueurs nouvelles, & des nouveaux Ragoûts
qu'on sert aujourd'hui:Avec des modeles
pour dresser les Services de Table, ifi
11.1713.. 2liv. 5. f.
Abregé de la Sainte Bible, en forme de Questions
5c Réponses familières,tirées de differens
Auteurs ; divisé en deux parties, l'ancien
Se le nouveau Testament
, par le R. P.
Guerad
,
de la Congregation de saintMaur-,
seconde édition,in 14. 2 liv.
Les Delices de l'Italie, contenant une description
exacte du Païs, des principales Villes,
de toutes lesAntiquitez, &de toutes les Raretez
qui s'y trouvent, ouvrage enrichi d'un
tres-grand nombre de figuresen taille douce,
in 12.4. vol. 11. Ily.
Traité des Jardinages
, par M. de la Quintinie,
in 4°. r vol. 11liv.,;
Le Prince Grec
,
in 12. 2 liy.J
Histoire de D. Quixotte, derniere édition
,
aug-1'
mentée d'un volume qui va jusqu'à sa mort,,
in 12.6 vol. 1$liv;
Les Fables de la Fontaine, in 12.5 vol. 10. liv;
La Prjncesse de Cleves, in II.. 2liv. 10 01
L'Arithmetique de Legendre, nouvelle édition.-
augmentée de lamanière de compter aux Jettons,
in 12. 2liv. ¡of.
Les Oeuvres de S. Evremond
,
in 12. 7 vol.15 liv
Juvenal, de la traduction du P. Tarteron
,
12.2liv.10il- l'
Zayde Jin 12. 2 vol. 4 liv-
Toutes les Oeuvres de feu Mr. le Noble, 10 oO
il vol. in ia. sous preslé.? Style du Conseil,parM.Gauret, in 4. 5 Iii:
iCOdcde la Mariné, in 4..,Ii. Traité historique des Monnoyesde France
, par
M.leBlanc,in4. 9 liv.
Dialogues entre le Diable Boiteux & le Diable
Borgne, par M. le Noble, in 12. 2 liv.
Traité de laParole, in 12. brochure, 8 f.
Lucien d'Ablancourt, nouvelle édition, augmentée
de Notes, in 12. 3vol. 6 liv.
Numismata areaImperatorumAugustorumCesarum
in Coloniis, Municipiti & Urbis Jure
Listio donatis, ex omni modulopercussa
, autore
JoanneFoy-Vaillant, in fol. z vol. 36 liv.
L'Histoire reduite à ses principes, dediée à
Monsevigneour lle.D3uc ldeiBvourg.o1gne,0in12. f.
Contes des Fées, ou les Chevaliers Errans, &
le Genie Familier, par M. D. in H. rl.15 f.
D.Guzmand'Alfarache,in12. 3vol. 71.10 f.
Traduction en vers François des Epigrammes
d'Ovven,in12. 1fiv.10 f.
Virgile, de Martignac, in12. 3vol. 6 liv.
Lucrece ,
de la nature des choses
, avec des remarques
sur les endroits les plusdifficiles,
traduction nouvelle, in12.2 vol. 4.1. 10 f.
L'Ambiguë d'Auteüil, ou veritez historiques,
composées du Joüeur, du Nouvelliste, du Financier,
du Critique, de l'Inconnu, du Sincere,
du Subtil, de l'Hypocrite, e de plusieurs
autres personnages de differens caracteres,
in ii. 1liv.5f.
Les Avantures d'Apollonius de Tyr, livre rempli
d'évenemens, &écrit dans le même stile que
Telemaque, pic M.leR.-- in12. 2liv.
LePrince Erastus, fils de l'Empereur Diocletian,
in ii. -tv.5f-
L4 Voyages de M. Tavernier, derniere édition,
revûë & corrigée de quantitée de fautes, &
^gmewtéc de la vie & mort le l'Auteut ,
avec plusieurs planches nouvelles qui nenf
point paru dans les précédentes éditions
,
le
tour dirigé par un ami de l'Auteur qui a fait
plusieurs voyages avec lui, in 12. 6 vol. 15 liv.
Abregé de Geographie, & de tout ce qu'il y
a de plus remarquable dans chacune des quatre
grandes parties de la Terre, particulierement
dans l'Europe & dans le Royaume de
France: le tout mis en ordre pour pouvoir
être appris & retenu facilement par coeur,
avec les routes des Postes de France & d'Espagne,
dedié à S. A. S. Monseigneur le Prince
de Dombes, par M. Poncein, in 12. 1 liv. 5
f.
Les Metamorphoses d'Ovide, traduites par M.
du Ryer, derniere édition, in 12.3 vol. 6 liv.
—Les mêmes en Rondeaux, avec figures,de
Benserade, imprimées à Bruxelles, in 8. 4 liv.
Les Fables d'Esope Phrygien, avec celles de
Philielphe, traduction nouvelle, enrichie de
Discours moraux & historique, & de Quadrains
à la fin de chaque discours, avec figures.
On a ajouté à cette nouvelle traduction
les Contes d'Esope, lesTables diverses d'Abrias
& d'Avienus, in 12. 2 vol. 4 liv. 10 f.
Les Memoires de la VieduComteD avant sa
retraite, contenans diverses avantures qui
peuvent servir d'instruction à ceux qui ont à
vivre dans le grand monde; rédigezparM. de S.Evremont, in u.i vol. 4 liv. 10 f.
Les Mémoires de MessireRoger Rabutin, Comte
de Bussy. in 12. 3 vol. 7 liv. 10 f.
Idem, Ses Lettres,nouv. édit.in 12. 4 vol. 8 l.
Histoire de France par Mezeray
,
derniere édit.
4. 3 vol. 24 liv
Idem. in ix. 7 vol. 21liv.
Les Oeuvres d'Homere,traduites en François
par M. D enrichies de figures en taille
douce, divisées eu 4vol. in n. ia 1
Quinte-Curce, de la traduct. de M. de Vuagelas, avecleLatinàcôté,1.vol. in12. 4 l.10f.
Oeuvres d'Horace en Latin & en François, avec
des Remarques critiques & historiques, de M.
Dacier, troisiéme édition, revûë, corrigée
& augmentée considerablement par l'Auteur,
in 12.10 vol. 20liv.
Histoire de France, P. Marcelle, in 12. 4 vol. 8 l.
Lexicon BUXllrji, in 8. 4 liv.10f.
Corpus Juris Canonici, à Petrp Pitboeo, cum appendiceJurisCanonici
; continensLibrum septimum
Decretalium, 6- Jo. Pauli Lancelotti institutiones
Juris Canonici, in fol. x vol. 20liv.
Les Oeuvres de Maître Guy Coquille, Sieur de
Romanci,1703.2.vol. 13liv.
Recüeil de bons mots des Anciens & des Modert
nes,in12. 2liv.
THEATRE DE MESSIEURS
Corneille,in12.10vol. 25liv.
Racine,2vol.6liv. Campistron, nouvelle édition, augmentéed'une
Tragedie & d'une Comedie,& ornée de figures, 4liv-
De la Fosse
, avec ses Poësies, i vol. 5 liv.
Legrand
, 2 liv. 10 f.
Crébillon, 3liv.
Pradon, 3liv.
De la Grange, augmenté d'Ino & Melicerte ,
Tragedie, 2 liv. 10 f.
Moliere, 8 vol.nouvelleédition, augmentée
de sa Vie, avec de nouvelles Remarques, 15 1.
Dancourt, 8vol.nouvelle édition, augmentée
deplusieurs Pieces qui n'avoient point été
imprimées dans les éditions précédentes, avec
figures&musique, M 11,..
Regnard, 2 vol. 5liv.
Poisson,2vol.. 3-liVi.
De Hauteroche, 2 liv. 10 C
Palaprat
, 2. édition augmentée de plusieurs Comedies
qui n'ont pas encore été imprimées,
& d'un Recuëil de Pieces en Vers, 2 vol.
5liv.
Baron, ; liv.
De Riviere, 2liv. 10 f.
De la Thuillerie
, 1 liv.
Boindin, - i liv.
De Champ-mêlé, 2 liv.
De Montfleury, 2 vol. 5 liv.
Boursault
, z vol. 5 liv.
De Mademoiselle Barbier, 2.liv.10. f.
Quinaut, 2. liv. 10. f.
Theatre François, 6. vol. 15.liv.
Theatre Lyrique avec une Préface oùl'on traite
du Poëme de l'Opera, & la Réponse à une Epître Satyrique contre ce spectacle
, par
M. leB. in 12. 1.. liv.
Piecesfebarces.
îdomenée.
Hypermndhe. Attée.ÇC.
Elcéhe.
AbCaloo. J
Rhadamiste&Zenobie, N
Cyrus. -~
Getâ. J
Les Tyndarydes. 1 Tragédies..
Saiil.
Medée. i
Herode. >
Ino&Melicerte. -
Polydore. -~
La Mort d'Ulysse. (
Mustapha. C
Asrrippa. ou le faux.Tiberinus. -
Le Curieux Impertinent. A
Les Agioteurs. VL'AmourCharlatan.
V.
Le Naufrage. *~
Danaé. f
Turcaret.
Crispin Rival.
3Ç
Comed ies,
Le Jaloux desabusé.
LesMetamorphoses. V
L'Amour vangé. V
EsopeàlaVille.
«y
Esopeà laCour. f
SanchoPanfa Gouverneur. r"
La Devinerellc. j
Les Airs notez des Comédies Fi-anîoires, par
M.Gillier,in4. 7.liv.
Cantates & Arictes de M. le B. fol. 7.liv- 10. f.
Le quatrième Livre des Motets de M. Campra,
5.liv.
Le Mercure Galant, 1. liv.10.f.
Et broché, i.liv.j.f.
Recueil de Piecesen Vers, adresses à S. A. S.
Monseigneur le Duc de Vendôme, & plusieurs
Essai, de Poësies diverses, par M. dePalaprat,
1.vol.in12. 1.liv.10. f.
Et toutes les autres Pieees de Théâtre,tantanciennes
quenouvelles.
L'Histoire cté l'Empire, contenant f011 origine,
son progrès, ses révolutions, la forme de
son gouvernement, sa politique, ses alliant
ces,ses négociations, & les nouveaux Reglemens
qui ont été faits par les Traitez de
~Vveftphalie,& autres: par le Sieur Heiss.
Nouvelle édition,continuée jusquesàprefent,
& augmentée de plusieurs Remarques.
5.vol. in12. 12.liv.10. f.
listoire Genealogique & Chronologique de la
Maison Royale de France, des grands Officiers
de la Couronne, & de la Maison du
Roy; avec les qualitez, l'origine & le progrès
de leur famille: ensembleles Statuts &
le Catalogue des Chevaliers, Commandeurs
& Officiers de l'Ordre du S. Esprit. Le tout
dressé sur les Titres originaux,Registres des
Chartres du Roy, du Parlement, de la Chambre
des Comptes, & du Châtelet de Paris,
Cartulaires d'Eglises, Manuscrits & Memoimoires
qui sont dans la Bibliothèque du Roy,
& autres. Par le P. Anselme, Augustin Déchaussè.
Revuë, corrigée & augmentée par
l'Auteur, & après son décès continué jusques
à1pre7sent"par.u;n de6Ces am.is,I2.IvolV. in fo.l. htbonnaire d'Agricu lture, contenant generalement
tout ce qui regarde le ménage de la
campagne, & l'ornement des Jardins, &c.
in4.souspresse.
.e Munitionaire des Armées de France,qui enseigneà
fournir les Vivres aux Troupes avec
toute l'oeconomie possible
, par M. Nodo, in
8. 1. vol. 3.liv.10.
.1 Connoissance parfaite des Chevaux
, contenant
la maniere de les gouverner , nourrir &
entreniren bon corps, & de les conserver en
santé dans les voyages; avec un détail général
de toutes leurs maladies,des signes & des
causes d'oùelles proviennent, des moyens de
les prévenir, & de les en guerir par des remedes
expérimentez depuis long-temps,& à
la portée de tout le monde.Joint à une nouvelle
Instruction sur le Haras,bien plus étendue
que celles qui ont paru jusques à present,
afin d'élever de beaux Poulains pour touiet
fortes d'usages. On trouve aussi dans ce Li.
vre l'Art de monter à cheval, & de dresser le
chevaux de manege, tirée des meilleurs Auteurs
qui en ont écrit. Le tout enrichi de figutesentaille-
douce,in8. 3.lY.io. f.
Lettre à M. de. sur l'origine des anciens Rois
ou Dieux de l'Egypte; qui explique ce qui a
donné lieu auxFables des Dieux de l'AntiquitéinIl.
i.liv.
La Rivales travestie, in 12. a.lir.
Nouveaux Secrets de Medecine pour la guerison
de toutes fortes de maladies, donnez par une
personne charitable, augmentez des
de S. Maur. sAncliAugustinsHipponenfu Episcopi Opera, denuò
castigata&illustrata, cum Indicibus, Ó
Vita ejusdemsanctiAugustini, fol. 8. vol.
-
Il
Petit papier, veau, 164. liv
Moyen papier, 114. livl
-Grand papier, 310.liv Eorumdem Operum Indices; cum Vita sanct
Augustini, fol. separément,petit pap. 21.liv
Moyen papier, 2.4-lilv
Grand papier, 40.Hr.
— Les volumes se vendent separément, en pe,, titpapier, 18.liv.
Moyen papier,14.Ht!;
Grand - papier,0.l'y Vita. S. Augustins, fol. separément, 6.Ht
SanEfi Hilarii Episcopi Pictaviensis Opéra, emenda
ta & illujîrata
,
fol.petit papier, 18. lnj
Moyen papier, 14.li^
Grand papier, 40.1iv
Fromondus ÍlIScripturltm,Roth,magi 1709.fol.12.l.
P. Alexander in Paulum, fol. 1710. 12.l.
Sancti Gregorii Episcopi Turonensis Opera, castigata
& édita fludio Domni Theodorici Ruynart,
Monachi Ordinis sancti Benedicti,Congregationis
sanctiMauri,fol. 15.liv.
Histoire de Bretagne ,composée sur les Titres
& les Auteurs originaux, par Dom Guy Alexis
Lobineau , Beiieàiâln de la Congrégation
de S. Maur, avec les Preuves; & enrichie de
Portraits, de Tombeaux, de Sceaux, & autres
monumens gravez en taille-douce, fol.
2.vol. 1707. 60.liv.
Méditations pour tous les Jours de l'Année, tirées
des Evangiles qui se lisent à la Messe, &
pour les Fêtes principales des Saints, avec
leurs Octaves : par le R. P. Rainssant, Bene- fdiébn de la Congregration de S. Maur,in 4.
quatrième édition, 1707. 6.liv.
DomniEdmundi MarteneBenedictini Congrégationis
S. Mauri
,
Commentarius in Regulamsancti
Benedictilitteralis. moralis. historicus. in 4.
7. liv. 10. f.
omitolus,4.Rothomagi 1710. 7.liv.
Ouvrages de M.Baluze.
concillorum nova Colleflio) in tjua continentur plurima
Cencilia, nunc primùm in lucem edita ex
antiquis Codicibus : feu Supplementum ad CollectionemConciliorumLabbai,
fol. 1707. petit
papier, 15.liv.
I Grand papier, * 14.liv.
onciliaGallia Narbonensis, nunc primùm editll.
cum Notis,in 8. 4.1iv.
luftr. Domini P. de Marca Archiepiscopi Parisienfis
Dissertationes de ConcordiaSacerdotii & Im-
'leri; : feu de Libertatibus EcclesiaGallicana.
Novissima editio auÏÏMi illustrata, fol. petitpapGirearn,
15'.Inr.-i dpapier,24.liv.|
—— Ejusdem de Mtrea Hispanica,sive Limes Mifpanicus
,
hoc est, Géographica & HiftorieJJ Descriptio,
Catalonia& Ruscinonis : accessere Gesta
veterum Comitum Barcinonensium,Nicolai SpecialisResSicula
,&c. omnia nunc primùm edita,
fol. petitpapier, Grand - papier,24.liv. Ejusdem Dissertationes tres, cum Notis & Ap-J
-pendiceattorumveterum. in 8. 3.IIV. Ejusdem Opuscula, nune primùm in lucem
édita,in8. 2. IIV.
Vita Paparum Avenionensium
,
hoc est, 0iftorin
Pentificum Romanorum qui in Gallia fédérant1,
ab anno1305. ad annum 1394.scriptaab auéîo-'
ribus co'ètaneïi,cum Notis. in 4. 2. vol. 14. liv.
SanctiAgobardiArchiepiscopiEugdienensis Opera, 1
mtnon Lcidradi & Amalonis Archiepiscoporum
ZrHgdanenJtttfh Epistola& opuscula. eutnNotu,
in 8,2.-vol. Sancti CafariiEpiscopiArelatensis Homilia, nan- j
qnarn anfehac edita,cumNotis. in B. 1.1.10.H
MariiMercatorisOpera
, cum Notis. in 8. 3.liv. 1
.,B,ginonu Abbatis Prumiensis Llhri duo de Eccle-J
fiaftiâs Disciplinis& Religione chrifthmtf;, &c.
cum Notis. in- 8. 4-.liv.
SalvianiMassiliensis,& vincentii LirinensisOpéra,
cumNotis uberioribus. in g. tertia editio. 3.liv.!
Pita Petri Castellani MagniFrancis.Eleemojy- !
narii
,
à-PetroGallando-scripta,cumNotà.
in8. 1.liv.10.f.
Miscellaneorum Libri quinque ,hoe est
,
CogoéPiobg-Ï j
terum Monumentorum. in 8. 5. vol. *5.liv. i
Les volumes.sevendent separément 3.liv.
Htllolfede la Ville de ROllon) iii 12..-3.vol. 6. l.
Sermons du PtJdc la, Ruë, in 12.3. vol. 6. lîy;.
Ouvrages de feuMreArmand le Bouthiiuer
DE RANCE
,
Abbéde la-Trappe.
Dela Sainteté &- des Devoirs dela vie monastique
, avec les éclaircissemens sur les difficultez
survenuës- au sujet de ce Livre
,
in 4. J.
vol. 17. liv.
-Les mêmes in iz. 3..V0L Sjiv. Les Eclaircissemens, in. 4. separément, 6. l.
Les mêmes in iz. separément, 2.liv. 10. f.
Cinq Chapitres tirez du Livre de la Vie Monastique,
sçavoir, de l'Amour de Dieu, de la
Priere, de la Mort, dès Jugemens de Dieu,
Se delaComponction,in12. I. liv.
Discours de laPureté d'intention,& des moyens
poury arriver,in12. I.liv.10.f.
Carte de la Visite de M.l'Abbé de la Trappe à
l'Abbaïe des Clairets,avec une Instruction sur
lamortde Dom Muce,in1-2.
Instruction de S.Dorothée Percdel'Eglise Grecque
, traduites du Grec en François,avec la
la Vie de ce saint Pere
,
in 8. 2. liv. 5. f.
Xnftru&ions sur les principaux sujets de la Pieté
& de la Morale Chrétienne, in 12. 1.liv.10.f.
Lettres de Pieté choistes & écrites àdifférentes
personnes, in îz. 2.vol.4.liv. Méditations sur la Regle de S. Benoît, troisiéme
édition,augmentée de la véritable Préparation
-
à la mort, in iz. 2. liv.
De laveritable Préparationà lamort, in12. separément.
1.livv.
Réponses au Traitédes Etudes Monastiques de
Dom JeanMabillon,in4.- 6. liv.
Le Texte de la Réglé de S. Benoît, trad. in 12. I.L
La Regle de S.Benoît, traduite & expliquée félon
sonveritableesprit, in-4. 2. vol. ii. liv.
La même in u. 1, vol. 5liv..
Reflexions morales sur les quatte Evangiles,
in 12.4.vol. 7.liv.4«.fv
Reglemensgénéraux de l'Abbaïede la Trappe;
in12.2.vol. 3.liv.12. f.
Vies des Saints par Ribadeneira, fol. 2. vol. papierfin.
if.liir.
DepapierChampy,2.vol. 12. Lv.
Relationde la Mort de Dom Abraham Beugnier,
in 12. brochure. 8. f.
Relation de quelques circonstances de la Mort
de M. l'Abbé de la Trappe; in 12. brochu- re,£.•£ Traité abregé des Obligations dès Chrêtiens,
illn. I.liv.16.f.
Du R. P.Dom LE NAIN, Soûprieur de PAbbaïe
- de la Trappe.
Homeliea sur le Prophete Jeremie, in 8. z.
vol. 7.liv.12. f.
Histoire de l'Ordre de Cîteaux,ou Vies des
Saints de cet Ordre, in12.. 9.vol. I6.-1iv. 4. f..
De Nosseigneursdu Clergé de France.
-Procès verbal de l'Assemblée de1690. fol. 6.1. -Del'Assemblée de1693.&1695. fol. 10. 1.
—Del'Assembléede I¡OI.& 1702. fol. 6.1.,;
Relation des Assemblées de MM. les Prelats pour f
la condamnation du Livre de M. l'Archevêque
de Cambray, in 4. 4.liv.
Recueil concernant l'établissement dé deux Seminaires
dans leDiocese de Reims, in 4. 6.1.
DuR.P.DUBOIS,del'Oratoire.
piftoria, Ecclesie parisiensis. fol. 2. vol. 30.liv.
Le second Tome separément. 15.liv,
Du R.P; AME lotte,de l'Oratoire.
Le Nouveau Testament traduit sur la Vulgate
avec des Notes & des Cartes dela Terre'
fainte,in4.2.vol. iz.Iîv
Le même in i~ iv si
Du R. P.HARDOUIN,de la Compagnie
de Jefu*.
AAnnùtirrrrhheettiiccuiai de Numrmniiss aannttiiqquuisisCCoolloonniiaarruumm &
Municipiorum adjoannem Vaillant, in 4. 3.liv.
Sancti Joannis Chrysostomi Epistola ad C&farium
Monachum Grec. & Lat. cum Joannis Harduini
Notis, & Dissertatione de Sacramento Altarts-,
in4. 4.liv.
De disserens Auteurs.
Compendium Institutionum justiniani, feu cornpen--
diosa corum tractatio
,
in 11. 1. hv.
Coeur affectif de S. françoisde Sales, tiré de
ce qu'il y a de plus touchant dans Tes Ecrits,
pour la consolation des ames devotes,par
M.Gambard,in12. I.liv.12.f.
DiurnaleCisterctensead usumFuliensium, rubronigrum,
in24.maroquin. } liv.
Discours de S. Bernard,composez à la priere de
sa soeur la Religieuse
,
où sont contenus tous
les principaux points du Christianisme
, nouvelle
traductionin16. i.liv.10. f.
Exercice Journalier à l'usage des Religieuses de
la Con gregation de N. Dame, in 16. 1. liv.
Maniere de bien entendre la Mette de Paroisse,
par Messire François de Harlay Archevêque
deRoüen,imprimée par l'ordre de feu M.
l'Archevêque de Paris, in 11. I. liv.
Ordonnances du Roy pour le fait de la Guerre,
1 in 12. 15.vol. 45*||v.'
- Lesvolumes sevendent separément 3.Ilv.
Replement pour le Regiment des Gardes, in 12. liv.
rieres Chrêtiennes recueilliës par ordre de
1 feu M.l'Archevêque de Paris, en Latin & en
j François;avec une In/huélion pour la Consession
& Communion,& une Conduite .pOIit:
biest gagner le Jubilé, in ii. troisiéme édition.
z.IIV.10.
Tradition del'Eglise sur le Silence Chrêtien &
Monastique,contrel'intemperance de la langue
, & les paroles inutiles en general
, & en
particulier contre la trop grande frequenta-
* tion des Parloirs des Religieuses, par M. Her- )
mant, in H. I.liv. 16. f.
Traité du Cancer, & des moyens de le guerir,
'N parM.Alliot,in12. I.liv.I0.f.
Traité des Ecoles Episcopales, par feu M. Joly,
Chantre & Chanoine de l'Eglise de Paris,
in 12. 2. liv.
Vie de la Mere Eugenie de Fontaine, Religieuse
de la Visitation, morte en 1694. in iz. 1. I.Io.f.
Del'Usage de celebrer le Service divin en langue
non valgaire, par le R. P. Caponnel Chanoine
Regulier, in 12. I. liv.5. f.
Histoire du Concile de Trente, par Fra Paolo,
in 4. S.Ily.
Les Loix Civiles dans leur ordre naturel, fol.
2.vol. 18.liv.
—Lesmêmes,in4.6.vol. 36.liv.
L'Art de Tourner, ou defaire en perfection
toutes fortes d'ouvrages au Tour: ouvrage
tres-curieux 6c tres-necessaire à ceux qui s'exercent
auTour,Latin & Franç. fol. IJ.liv-,
Traduction nouvelle des Odes d'Anacreon, par
M. de la soffe, seconde édition, augmentée
de deux Odes, l'une de Pindare, & l'autre
d'Horace,in 12. 2.liv.10. f.
Nouvelle Grammaire Espagnole,par M.Perger,
in 12. 1.liy. 5.f.
Nouvelle Traduction deJustin, avec des Remarques,
in ii.z. vol. 4.liv.10. f.
Conquête du Mexique, in 11.. 2.vol. 5.liv.
Conquête du Perou,in n.z. vol. 4.liv. 10. f.
Voyage d'Alepà Jerusalem, in 12.. 2.liv.
Traité delaNoblesse.parlaRoque, 4. 1710.7,"!.
Nouvelle & parfaite Grammaire Françoise du
Pere Chifflet, avec un Abregé d'Orthographe,
in il- 1.liv.10.f.
De la Connoissance de Dieu, par M. Ferrand,
in12. 2.liv.10.f.
Novum Testamentum Gracum, in 18. 1. liv. 16. f.
L'Esprit de l'Ecriture fainte, in 11.2.vol.3.l. 10.f.
Le Comte de Cardonne, in 12. 1. liv. 16. f.
Les Avantures galantes du Chevalier de Thenicourt,
par Madame D. in 12. I. liv.16. f.
Furteriana, ou les bons mots de M. Furetiere,
in 11. 2. liv.
Traduction nouvelle de Miguel Cervantes,
in 12. i.liv.
Riblia sacra, in 4. 6. liv.
Amusemens serieux & comiques, par M. du
Freny, in 11. I. liv.10.f.
Grammaire Allemande, dePerger, in 11. 1.IIV.
Elsass de Littérature pour la connoissance des
bons Livres, & Supplément des Essais, in ii,.
4. vol. 8. liv.
Le Jeu de l'Hombre, augmenté des Décisions
nouvelles,& des Regles sur les Incidens de
de ce Jeu,in12. 1. liv.10. f.
LaViedeM.deMolierein12. 2.liv.
Les Mémoires & la Vie de M. de Thou, 4. Rotterdam
, * 5.liv.
Histoire de la Virginie,contenant celle de ion.
établissement & de son gouvernement jufqu'à
present, les productions naturelles du
-
Païs, la Religion, les Loix & les Coutumes
des Indiens naturels
, par un Auteur natif &
habitant de ce Païs-là, in iz. enrichie de figuresentaille-
douce, 2. liv 5. f.
Ecole parfaite des Officiers de Bouche,qui enseigne
les devoirs du Maître d'Hôtel & du
Sommelier, la maniere de faire les Confitures
tures seches & liquides, les Liqueurs, les
Eaux, les Parfums, laCuisine, à découper ;
les viandes, & à faire lapâtisserie; huitiéme
édition, corrigée & augmentée des Pâtes,des
Liqueurs nouvelles, & des nouveaux Ragoûts
qu'on sert aujourd'hui:Avec des modeles
pour dresser les Services de Table, ifi
11.1713.. 2liv. 5. f.
Abregé de la Sainte Bible, en forme de Questions
5c Réponses familières,tirées de differens
Auteurs ; divisé en deux parties, l'ancien
Se le nouveau Testament
, par le R. P.
Guerad
,
de la Congregation de saintMaur-,
seconde édition,in 14. 2 liv.
Les Delices de l'Italie, contenant une description
exacte du Païs, des principales Villes,
de toutes lesAntiquitez, &de toutes les Raretez
qui s'y trouvent, ouvrage enrichi d'un
tres-grand nombre de figuresen taille douce,
in 12.4. vol. 11. Ily.
Traité des Jardinages
, par M. de la Quintinie,
in 4°. r vol. 11liv.,;
Le Prince Grec
,
in 12. 2 liy.J
Histoire de D. Quixotte, derniere édition
,
aug-1'
mentée d'un volume qui va jusqu'à sa mort,,
in 12.6 vol. 1$liv;
Les Fables de la Fontaine, in 12.5 vol. 10. liv;
La Prjncesse de Cleves, in II.. 2liv. 10 01
L'Arithmetique de Legendre, nouvelle édition.-
augmentée de lamanière de compter aux Jettons,
in 12. 2liv. ¡of.
Les Oeuvres de S. Evremond
,
in 12. 7 vol.15 liv
Juvenal, de la traduction du P. Tarteron
,
12.2liv.10il- l'
Zayde Jin 12. 2 vol. 4 liv-
Toutes les Oeuvres de feu Mr. le Noble, 10 oO
il vol. in ia. sous preslé.? Style du Conseil,parM.Gauret, in 4. 5 Iii:
iCOdcde la Mariné, in 4..,Ii. Traité historique des Monnoyesde France
, par
M.leBlanc,in4. 9 liv.
Dialogues entre le Diable Boiteux & le Diable
Borgne, par M. le Noble, in 12. 2 liv.
Traité de laParole, in 12. brochure, 8 f.
Lucien d'Ablancourt, nouvelle édition, augmentée
de Notes, in 12. 3vol. 6 liv.
Numismata areaImperatorumAugustorumCesarum
in Coloniis, Municipiti & Urbis Jure
Listio donatis, ex omni modulopercussa
, autore
JoanneFoy-Vaillant, in fol. z vol. 36 liv.
L'Histoire reduite à ses principes, dediée à
Monsevigneour lle.D3uc ldeiBvourg.o1gne,0in12. f.
Contes des Fées, ou les Chevaliers Errans, &
le Genie Familier, par M. D. in H. rl.15 f.
D.Guzmand'Alfarache,in12. 3vol. 71.10 f.
Traduction en vers François des Epigrammes
d'Ovven,in12. 1fiv.10 f.
Virgile, de Martignac, in12. 3vol. 6 liv.
Lucrece ,
de la nature des choses
, avec des remarques
sur les endroits les plusdifficiles,
traduction nouvelle, in12.2 vol. 4.1. 10 f.
L'Ambiguë d'Auteüil, ou veritez historiques,
composées du Joüeur, du Nouvelliste, du Financier,
du Critique, de l'Inconnu, du Sincere,
du Subtil, de l'Hypocrite, e de plusieurs
autres personnages de differens caracteres,
in ii. 1liv.5f.
Les Avantures d'Apollonius de Tyr, livre rempli
d'évenemens, &écrit dans le même stile que
Telemaque, pic M.leR.-- in12. 2liv.
LePrince Erastus, fils de l'Empereur Diocletian,
in ii. -tv.5f-
L4 Voyages de M. Tavernier, derniere édition,
revûë & corrigée de quantitée de fautes, &
^gmewtéc de la vie & mort le l'Auteut ,
avec plusieurs planches nouvelles qui nenf
point paru dans les précédentes éditions
,
le
tour dirigé par un ami de l'Auteur qui a fait
plusieurs voyages avec lui, in 12. 6 vol. 15 liv.
Abregé de Geographie, & de tout ce qu'il y
a de plus remarquable dans chacune des quatre
grandes parties de la Terre, particulierement
dans l'Europe & dans le Royaume de
France: le tout mis en ordre pour pouvoir
être appris & retenu facilement par coeur,
avec les routes des Postes de France & d'Espagne,
dedié à S. A. S. Monseigneur le Prince
de Dombes, par M. Poncein, in 12. 1 liv. 5
f.
Les Metamorphoses d'Ovide, traduites par M.
du Ryer, derniere édition, in 12.3 vol. 6 liv.
—Les mêmes en Rondeaux, avec figures,de
Benserade, imprimées à Bruxelles, in 8. 4 liv.
Les Fables d'Esope Phrygien, avec celles de
Philielphe, traduction nouvelle, enrichie de
Discours moraux & historique, & de Quadrains
à la fin de chaque discours, avec figures.
On a ajouté à cette nouvelle traduction
les Contes d'Esope, lesTables diverses d'Abrias
& d'Avienus, in 12. 2 vol. 4 liv. 10 f.
Les Memoires de la VieduComteD avant sa
retraite, contenans diverses avantures qui
peuvent servir d'instruction à ceux qui ont à
vivre dans le grand monde; rédigezparM. de S.Evremont, in u.i vol. 4 liv. 10 f.
Les Mémoires de MessireRoger Rabutin, Comte
de Bussy. in 12. 3 vol. 7 liv. 10 f.
Idem, Ses Lettres,nouv. édit.in 12. 4 vol. 8 l.
Histoire de France par Mezeray
,
derniere édit.
4. 3 vol. 24 liv
Idem. in ix. 7 vol. 21liv.
Les Oeuvres d'Homere,traduites en François
par M. D enrichies de figures en taille
douce, divisées eu 4vol. in n. ia 1
Quinte-Curce, de la traduct. de M. de Vuagelas, avecleLatinàcôté,1.vol. in12. 4 l.10f.
Oeuvres d'Horace en Latin & en François, avec
des Remarques critiques & historiques, de M.
Dacier, troisiéme édition, revûë, corrigée
& augmentée considerablement par l'Auteur,
in 12.10 vol. 20liv.
Histoire de France, P. Marcelle, in 12. 4 vol. 8 l.
Lexicon BUXllrji, in 8. 4 liv.10f.
Corpus Juris Canonici, à Petrp Pitboeo, cum appendiceJurisCanonici
; continensLibrum septimum
Decretalium, 6- Jo. Pauli Lancelotti institutiones
Juris Canonici, in fol. x vol. 20liv.
Les Oeuvres de Maître Guy Coquille, Sieur de
Romanci,1703.2.vol. 13liv.
Recüeil de bons mots des Anciens & des Modert
nes,in12. 2liv.
THEATRE DE MESSIEURS
Corneille,in12.10vol. 25liv.
Racine,2vol.6liv. Campistron, nouvelle édition, augmentéed'une
Tragedie & d'une Comedie,& ornée de figures, 4liv-
De la Fosse
, avec ses Poësies, i vol. 5 liv.
Legrand
, 2 liv. 10 f.
Crébillon, 3liv.
Pradon, 3liv.
De la Grange, augmenté d'Ino & Melicerte ,
Tragedie, 2 liv. 10 f.
Moliere, 8 vol.nouvelleédition, augmentée
de sa Vie, avec de nouvelles Remarques, 15 1.
Dancourt, 8vol.nouvelle édition, augmentée
deplusieurs Pieces qui n'avoient point été
imprimées dans les éditions précédentes, avec
figures&musique, M 11,..
Regnard, 2 vol. 5liv.
Poisson,2vol.. 3-liVi.
De Hauteroche, 2 liv. 10 C
Palaprat
, 2. édition augmentée de plusieurs Comedies
qui n'ont pas encore été imprimées,
& d'un Recuëil de Pieces en Vers, 2 vol.
5liv.
Baron, ; liv.
De Riviere, 2liv. 10 f.
De la Thuillerie
, 1 liv.
Boindin, - i liv.
De Champ-mêlé, 2 liv.
De Montfleury, 2 vol. 5 liv.
Boursault
, z vol. 5 liv.
De Mademoiselle Barbier, 2.liv.10. f.
Quinaut, 2. liv. 10. f.
Theatre François, 6. vol. 15.liv.
Theatre Lyrique avec une Préface oùl'on traite
du Poëme de l'Opera, & la Réponse à une Epître Satyrique contre ce spectacle
, par
M. leB. in 12. 1.. liv.
Piecesfebarces.
îdomenée.
Hypermndhe. Attée.ÇC.
Elcéhe.
AbCaloo. J
Rhadamiste&Zenobie, N
Cyrus. -~
Getâ. J
Les Tyndarydes. 1 Tragédies..
Saiil.
Medée. i
Herode. >
Ino&Melicerte. -
Polydore. -~
La Mort d'Ulysse. (
Mustapha. C
Asrrippa. ou le faux.Tiberinus. -
Le Curieux Impertinent. A
Les Agioteurs. VL'AmourCharlatan.
V.
Le Naufrage. *~
Danaé. f
Turcaret.
Crispin Rival.
3Ç
Comed ies,
Le Jaloux desabusé.
LesMetamorphoses. V
L'Amour vangé. V
EsopeàlaVille.
«y
Esopeà laCour. f
SanchoPanfa Gouverneur. r"
La Devinerellc. j
Les Airs notez des Comédies Fi-anîoires, par
M.Gillier,in4. 7.liv.
Cantates & Arictes de M. le B. fol. 7.liv- 10. f.
Le quatrième Livre des Motets de M. Campra,
5.liv.
Le Mercure Galant, 1. liv.10.f.
Et broché, i.liv.j.f.
Recueil de Piecesen Vers, adresses à S. A. S.
Monseigneur le Duc de Vendôme, & plusieurs
Essai, de Poësies diverses, par M. dePalaprat,
1.vol.in12. 1.liv.10. f.
Et toutes les autres Pieees de Théâtre,tantanciennes
quenouvelles.
L'Histoire cté l'Empire, contenant f011 origine,
son progrès, ses révolutions, la forme de
son gouvernement, sa politique, ses alliant
ces,ses négociations, & les nouveaux Reglemens
qui ont été faits par les Traitez de
~Vveftphalie,& autres: par le Sieur Heiss.
Nouvelle édition,continuée jusquesàprefent,
& augmentée de plusieurs Remarques.
5.vol. in12. 12.liv.10. f.
listoire Genealogique & Chronologique de la
Maison Royale de France, des grands Officiers
de la Couronne, & de la Maison du
Roy; avec les qualitez, l'origine & le progrès
de leur famille: ensembleles Statuts &
le Catalogue des Chevaliers, Commandeurs
& Officiers de l'Ordre du S. Esprit. Le tout
dressé sur les Titres originaux,Registres des
Chartres du Roy, du Parlement, de la Chambre
des Comptes, & du Châtelet de Paris,
Cartulaires d'Eglises, Manuscrits & Memoimoires
qui sont dans la Bibliothèque du Roy,
& autres. Par le P. Anselme, Augustin Déchaussè.
Revuë, corrigée & augmentée par
l'Auteur, & après son décès continué jusques
à1pre7sent"par.u;n de6Ces am.is,I2.IvolV. in fo.l. htbonnaire d'Agricu lture, contenant generalement
tout ce qui regarde le ménage de la
campagne, & l'ornement des Jardins, &c.
in4.souspresse.
.e Munitionaire des Armées de France,qui enseigneà
fournir les Vivres aux Troupes avec
toute l'oeconomie possible
, par M. Nodo, in
8. 1. vol. 3.liv.10.
.1 Connoissance parfaite des Chevaux
, contenant
la maniere de les gouverner , nourrir &
entreniren bon corps, & de les conserver en
santé dans les voyages; avec un détail général
de toutes leurs maladies,des signes & des
causes d'oùelles proviennent, des moyens de
les prévenir, & de les en guerir par des remedes
expérimentez depuis long-temps,& à
la portée de tout le monde.Joint à une nouvelle
Instruction sur le Haras,bien plus étendue
que celles qui ont paru jusques à present,
afin d'élever de beaux Poulains pour touiet
fortes d'usages. On trouve aussi dans ce Li.
vre l'Art de monter à cheval, & de dresser le
chevaux de manege, tirée des meilleurs Auteurs
qui en ont écrit. Le tout enrichi de figutesentaille-
douce,in8. 3.lY.io. f.
Lettre à M. de. sur l'origine des anciens Rois
ou Dieux de l'Egypte; qui explique ce qui a
donné lieu auxFables des Dieux de l'AntiquitéinIl.
i.liv.
La Rivales travestie, in 12. a.lir.
Nouveaux Secrets de Medecine pour la guerison
de toutes fortes de maladies, donnez par une
personne charitable, augmentez des
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Résumé : CATALOGUE DES LIVRES NOUVEAUX, Imprimez chez PIERRE RIBOU, Quay des Augustins, à la Descente du Pont-Neuf, à l'Image S. Loüis.
Le document présente une liste d'ouvrages religieux et littéraires, ainsi que leurs prix selon le format de papier (petit, moyen, grand). Ces œuvres proviennent principalement des bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur et couvrent des sujets variés tels que la théologie, l'histoire, la liturgie et la spiritualité. Parmi les auteurs et compilateurs notables figurent Dom Guy Alexis Lobineau, Dom Edmund Martène, et Armand Jean le Bouthillier de Rancé. Les ouvrages incluent des œuvres de saints comme Augustin, Grégoire de Tours, et Bernard de Clairvaux, ainsi que des textes historiques et des traités sur la vie monastique. Les prix varient en fonction du format et du contenu des volumes, certains étant vendus séparément. Le texte mentionne également des ouvrages de divers auteurs contemporains sur des sujets allant de la grammaire à l'histoire, en passant par la littérature et les sciences naturelles. Parmi les œuvres littéraires, on trouve des contes, des traductions de classiques anciens, et des mémoires. Par exemple, 'Contes des Fées, ou les Chevaliers Errans' par M. D. in H., 'D.Guzman d'Alfarache' en trois volumes, et 'Les Avantures d'Apollonius de Tyr' par M. le R. Les traductions incluent les épigrammes d'Ovide, les œuvres de Virgile, et 'Lucrece' avec des remarques sur les passages difficiles. Des mémoires historiques et personnels sont également mentionnés, comme 'Les Mémoires de la Vie du Comte D' par M. de Sévérémont et 'Les Mémoires de Messire Roger Rabutin, Comte de Bussy'. Des ouvrages sur la géographie, les voyages, et l'histoire sont également listés, tels que 'Abregé de Geographie' par M. Poncein et 'L'Histoire de France' par Mezeray. Le document inclut aussi des œuvres théâtrales, comme celles de Corneille, Racine, Molière, et Dancourt, souvent augmentées de nouvelles pièces ou de remarques. Des recueils de poésie, des cantates, et des motets sont également mentionnés, ainsi que des traités sur l'agriculture, les chevaux, et la médecine. Enfin, des ouvrages sur l'histoire de l'Empire et des maisons royales, comme 'L'Histoire de l'Empire' par le Sieur Heiss et 'Histoire Généalogique & Chronologique de la Maison Royale de France' par le P. Anselme, complètent la liste.
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2854
p. 3-12
TRAIT D'HISTOIRE Arabe.
Début :
Saifaddante, ou Saifaldoulat étoit un des plus puissans Princes de [...]
Mots clefs :
Poète, Princesse, Jalousie, Forteresse, Élégie, Libéralité, Récomp
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texteReconnaissance textuelle : TRAIT D'HISTOIRE Arabe.
TRAIT D'HISTOIRE - jirdbe.
Aifaddante, ou
Saifaldoulat étoit
undes plus
puissans Princes del'Orient,&
undes meilleurs
Poètesdeson temps. La
libéralité extreme qu'il
exerçoit envers les Poë.
tes : e, geps d.cfpr;j[
l'eût -\Ja-'fai"(e;Soupçonner
devouloir honorer
lui-même son talent, s'il
n'eût pas été d'ailleurs leplrirgalant, le plus
généreux8£leplus brave
Princede son siecle. Il
naquit l'an501- de l'E
gire,& mourut l'an
jjé/Ce Prince àvoit une
maîtresse, fille d'un Prin-
!
-
", *\
ceGrec,&d'une beauté
charmante. Sapoësie,
sa galanterie &son àmour
s'employaient à
l'envi ik, avec éclat auprés
de cette Greque.
La jalousie de toutes les
autres compagnes devint
furieuse, 6C elles
complotèrent de l'enlever
la nuit,& de la jetter
dans la mer fccretement,
ou bien del'empoisonner.
Ce Prince
persuadé , que rien ne
pourroit la sauver de là
fureur d'une troupe de
rivales V & ne voulant
pas qu'elle restât expofée
à leur jaloufic il la fitconduire dans une
forteresse, où il la fit
garder avec tout le soin
imaginable.Saifaddantc
composauneélégie dans
sa douleur; en parlant
de lui-même il dit: Il
lui estarrive dans sa tour
ce qui arrive à l'oiseau
qui veut sortir de sa cage
» il voit répervier ,
& il s'y tient tremblant,
oubliant les delices de
la liberté:ou au poisson
rusé qui se tient au fond
del'eaude peur de l'hameçon
;il s'approche de
ce qui est necessaire à sa
vie, & s'en arrache en'
même temps de peur de
la perdre. Et s'adressant
à la Princesse
, lui dit:
Mes yeux vous gardent,
mon coeur vous veille,
&necessepointdecraindre
l'horreur l'uneseparationéternelle!
monamour
en eft^plusVfcH
lent 8c durera toûjours
Voila commcçci Princq
sçavôitsacrifieson pJai
sir ausalut de ce qu'il
aimoit. Voyons presentemerit
comme il ,savoitrecompenfer
le mérité
& les talens. Eslans
à Alep,environné "U;;
petttaupe de rOE.cn.
Arabe, mal vêtus'approcha
de lui bfflui recitaces
vers.
Le rMttqitemanque>
matsla demandeejtar~
rivée àfinpoint. jîlep
Av.ufinPrincey tout
doity être heureux. Le
tempsvotre firviteur
nous a maltraite^ eS
nous nepouvons nous
mettre acouvert defin
injustice eS de sa viollternrcg,
r-irqaun"'àd.ltl'i'ianb1-&r'diddeerruvéô*I*f
trebonté** < ;A i
1;." V'lu. '- Saifaddantc ., trouva
ces vers à son gré, &
fitdonnerau Poètedeux
cens écus d'or. Deux
freres, Poctes fameux,
nommez lesKaled, lui
ayantrecitéunbeau
Poème, il enfit ôter
seulement les vers qui
étoientà sa louange;il
lei traita. avec beaucoup
d'honneur, & le lendemain
matin il leur fit
donner à chacunune
belle Persannequi portoit
sur sa tête un vase
plein de vin exquis, sur
lequel étoient des étofes
d'un grand prix. Les
deux freres partirent sur
le champ pour le remercier,&
l'aîné lui dit ces
vers.
LeIcreaturesfO.n.tdans
ïimpuijfancede'vous rt
mercier de vos btèns5
vouf nous at'Z envoyé
deux bettes canes tor.
tantfur leur chefles çor.
nés d1abondance,&par
elles vous avez* chassé
de chez,nous les tenebreM
épaisses del'ennui\& te
troublé d'ejprit que tause
la disette.L'aurorenous
a montrévotreliberali-\ té, leSoleilcouchant
nenousverra point,que
nôus n'ayons renduala
ffifqïtë^vfs ave^de III
rPii¥t telle que nous a-
\vionil de tambroisiedont J',o,!s AV'Z" enj-
•WÏV
Aifaddante, ou
Saifaldoulat étoit
undes plus
puissans Princes del'Orient,&
undes meilleurs
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libéralité extreme qu'il
exerçoit envers les Poë.
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l'eût -\Ja-'fai"(e;Soupçonner
devouloir honorer
lui-même son talent, s'il
n'eût pas été d'ailleurs leplrirgalant, le plus
généreux8£leplus brave
Princede son siecle. Il
naquit l'an501- de l'E
gire,& mourut l'an
jjé/Ce Prince àvoit une
maîtresse, fille d'un Prin-
!
-
", *\
ceGrec,&d'une beauté
charmante. Sapoësie,
sa galanterie &son àmour
s'employaient à
l'envi ik, avec éclat auprés
de cette Greque.
La jalousie de toutes les
autres compagnes devint
furieuse, 6C elles
complotèrent de l'enlever
la nuit,& de la jetter
dans la mer fccretement,
ou bien del'empoisonner.
Ce Prince
persuadé , que rien ne
pourroit la sauver de là
fureur d'une troupe de
rivales V & ne voulant
pas qu'elle restât expofée
à leur jaloufic il la fitconduire dans une
forteresse, où il la fit
garder avec tout le soin
imaginable.Saifaddantc
composauneélégie dans
sa douleur; en parlant
de lui-même il dit: Il
lui estarrive dans sa tour
ce qui arrive à l'oiseau
qui veut sortir de sa cage
» il voit répervier ,
& il s'y tient tremblant,
oubliant les delices de
la liberté:ou au poisson
rusé qui se tient au fond
del'eaude peur de l'hameçon
;il s'approche de
ce qui est necessaire à sa
vie, & s'en arrache en'
même temps de peur de
la perdre. Et s'adressant
à la Princesse
, lui dit:
Mes yeux vous gardent,
mon coeur vous veille,
&necessepointdecraindre
l'horreur l'uneseparationéternelle!
monamour
en eft^plusVfcH
lent 8c durera toûjours
Voila commcçci Princq
sçavôitsacrifieson pJai
sir ausalut de ce qu'il
aimoit. Voyons presentemerit
comme il ,savoitrecompenfer
le mérité
& les talens. Eslans
à Alep,environné "U;;
petttaupe de rOE.cn.
Arabe, mal vêtus'approcha
de lui bfflui recitaces
vers.
Le rMttqitemanque>
matsla demandeejtar~
rivée àfinpoint. jîlep
Av.ufinPrincey tout
doity être heureux. Le
tempsvotre firviteur
nous a maltraite^ eS
nous nepouvons nous
mettre acouvert defin
injustice eS de sa viollternrcg,
r-irqaun"'àd.ltl'i'ianb1-&r'diddeerruvéô*I*f
trebonté** < ;A i
1;." V'lu. '- Saifaddantc ., trouva
ces vers à son gré, &
fitdonnerau Poètedeux
cens écus d'or. Deux
freres, Poctes fameux,
nommez lesKaled, lui
ayantrecitéunbeau
Poème, il enfit ôter
seulement les vers qui
étoientà sa louange;il
lei traita. avec beaucoup
d'honneur, & le lendemain
matin il leur fit
donner à chacunune
belle Persannequi portoit
sur sa tête un vase
plein de vin exquis, sur
lequel étoient des étofes
d'un grand prix. Les
deux freres partirent sur
le champ pour le remercier,&
l'aîné lui dit ces
vers.
LeIcreaturesfO.n.tdans
ïimpuijfancede'vous rt
mercier de vos btèns5
vouf nous at'Z envoyé
deux bettes canes tor.
tantfur leur chefles çor.
nés d1abondance,&par
elles vous avez* chassé
de chez,nous les tenebreM
épaisses del'ennui\& te
troublé d'ejprit que tause
la disette.L'aurorenous
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nôus n'ayons renduala
ffifqïtë^vfs ave^de III
rPii¥t telle que nous a-
\vionil de tambroisiedont J',o,!s AV'Z" enj-
•WÏV
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Résumé : TRAIT D'HISTOIRE Arabe.
Le texte raconte l'histoire de Saifaddoulat, prince et poète de l'Orient, né en 501 de l'ère égyptienne et mort en 536. Reconnu pour sa libéralité envers les poètes, il était également célèbre pour sa galanterie, sa générosité et son courage. Saifaddoulat avait une maîtresse, fille d'un prince grec, dont la beauté et le charme étaient exceptionnels. La jalousie des autres compagnes les poussa à comploter pour l'enlever et la tuer. Pour la protéger, Saifaddoulat la fit conduire dans une forteresse sous haute surveillance et composa une élégie exprimant sa douleur et son amour éternel pour elle. Le texte souligne également la générosité de Saifaddoulat envers les poètes. À Alep, il offrit deux cents écus d'or à un poète arabe mal vêtu. Deux frères poètes, les Kaled, reçurent des cadeaux précieux, dont des persanes portant des vases de vin et des étoffes de grande valeur, en échange d'un poème. Les frères exprimèrent leur gratitude par des vers, soulignant que la générosité du prince avait chassé l'ennui et la disette de leur vie.
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2855
p. 13-39
L'HOMME ROUGE. Nouvelle Metamorphose.
Début :
Tout Paris a crû trop legerement qu'un époux, de [...]
Mots clefs :
Gascon, Peintre, Nièce, Oncle, Mariage, Intrigue, Lettre, Vanité, Duperie, Comédie, Rouge, Métamorphose, Fiançailles
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texteReconnaissance textuelle : L'HOMME ROUGE. Nouvelle Metamorphose.
L'HOMME ROUGE.
-1vouirgiu
TOut Larissacrûtrop
iegercment qu'un é-•
poux. de concert avec
sa n|s: -•
aimable: moitié,
avoit teint en verd
un galantehomme, qui les incommodait:
par lès frequentcs fie
très- importunés visites
, 8c
- par la liberté
qu'il prenoit tous les
jours de faire nombrea
leur table sans. t~t avoir
jamais été invité. Il efli
inutile de rapporter 1^
détail de cette fiétion,
où personnen'a varié J
ni change la moindres
circonstancepour larendre
encore plus croya
ble sur le comptede ce
luiauxdépens de quvJ
elle a été imaginée ; &t::
comme le public se dédit
rarement ,
l'homme
verd passe aujourd'hui
dans sescroniques pour
être parvenu, en se lavant
&frotanc bien tous
les jours, à n'être plus
que de couleur de verd
de Tourville;cesont encore
deux ou troisnuan*
ces vertes qu'ilfautqu'il
essuye pour se trouver à
sa couleur naturelle.
Un jeune &.très
tourdi Gascon n'en fera
pas quitte a meilleur
marché. On amande ici
qu'ilénoitd'Aire, ville,
& Evêché deGascogne.
&,' qu'étant arrivé sur Jai
fin du printemps, der-;
niér à Marseille en qualité
de jeune Peintre qui
voyageyiisymit en
testedefairelafortune
àlanieced'un Peintre,
qui est jolie
,
& qui a
vingt,foisplusde bien
que lui. Elleaperdu très
jeuneson pere & sa mci
re , &C a été élevée par
un oncle, quiest sontu^
teur,
teur, avecplusdesoin
que si elleeût été sa propre
fille. Lescomplimens
outrez 8c lesoffres
dé services à perte
de vue duGascon furent
d'abord reçues par
l'oncle, avec beaucoup
d'indifference. Les Provençaux,
trop prévenus
contre les Gascons, font
persuadez que tout l'univers
met de grandes
différences entre leurcarters&
ccl'uid'ullLatl
guedockien,d'un Ptri.
gourdin, d'un Gascon &
de tous leurs autres voisins
; semblables en cela
aux Normands & aux
Manceaux, qui quoy
qu'également fins, subtils&
c prévoyans, affectent
neanmoins d'avoir
en particulier de belles
qualitez, & de n'estre
jamais fuicts) a certains
défauts dont les quolibets
& mauvais proverbescaracterisent
également
les uns & les autres.
Le fcul nom de
Gascon mit donc en
garde lé Provençal, qui
ne prit pas pour argent
comptant les vingt mil
écus quele jeune Peintre
disoit que son pere
étoit fort en état de luy
donner s'il se presentoit
un partiquilui convinst.
Il avançoitautïi que sa
famille étoit alliée à toute
la noblessedeson pays;
que les ancestres avoient
blanchi auservicedu
Prince. Il ne manquoit
que des preuves &•des
titres a tout cela ;&,l'oncle,
quicomeriça$ecou->
ter avec plaisirlesrécits
romanesques quçle¡Ga(j
con faisoitdesesançêrres-
& de fafortune,affecta
de ne le contredire en
rien. Il nerebutadoncpoint
le dessein qu'ilavoit
d'epouser sa niece;
& pour rendre le roman
plus long & plus complçt,
ilfdpm#n4.a à l'amant
des lettres Se des
assurancesdp, ses parens quiprouvaientque là
recherche de-sa nièce
leur étoit agréable.
': Le
Gascon; fij^d'un pere-
CltJtar' .ptyscfçvi&.plusi
vajfl-que lui ,-e0, reçut
bientost réponsesur l'avis^
u'U:lvy eivit.,4on-;
nétiqUi'iJIé^oit-defiri.ejrt»
m.rlag': '-pa,i unetrèsbc:,
Uef &. , Jirés.-riche'Da-,
rfioUeJlejquiiherït^roiC:
encore d'un oncle, qui
le pressoit l'épée dans les
reins pour la conclusion
du mariage de sa niece ;
dont tout le pays de
Marseille jazoit, depuis
qu'il lui comptoit des
fleurettes. Le Gasconlogeoitchez
un hôte malin,
& qui nemanquoit
pas d'esprit > il lui confial'intrigile
de son mariage,
Se ils firent ensemble
la lettre qu'il écrivit
à son pere ; c'cft*
de lui qu'on a sçû ce
qu'elle contenoit:voici
la reponef du pere.
Vôtremere, vos quatre
freres toutesVQ$
fteurs craignent,comme, "Jnemam
foyezxtrvp )'ren,J"tIII/#
appas de,la belle que
?etts 'VwlezJ épojifèr i
V0.ttsa'veT^anotre pàrtç
des filles richest belles
f5 de condition
-,
qui ne
demandentpas mieux.
%7\
que notre alliancei&si
nous gagnons le procès
de la demande que mes
'-la!cy'.culs font depuis prés
cent: ans àlamaifon
'-¡Braqucnagt.
, vous
IJtIW--¡t#Ji:oJfe- asix
vthmnaux ylmo*WMi*Q$r\W^ le droit de vosports)f5
ne> vousméfalhe^ pasa
qu'àconditionquelafille
que vous pÓurfùi'Vt'en
mariagefiitune grande
hmmre;e.t"rmnk.
aufifi
àu,et dans ses parens
9 tant paternels que maternels
ilny en a point
eu qui eurent des vices
de corps ou d'iffrit; car
parbleu on ne peut rien
reprocher à ma race> eS
nous efmmes tous gaillards
f5 Jains comme
des poissons:je vous envoirai
par la premiere
sosievôtre extrait ba..
ptiftaireFlJ un pouvoir
de moy f5 de votre me
n de vous marier à t'()ô:" -
tre gré
s en'vous refera
vant al, nos(uccejjions dés
que nous ferons mortsjouhliois de : vous dire
que vo/1tre mere a une
bellef5 riche croix d'or
ou pendent six rubis
troisperlesfinesdegrand
prix; elle a aussi un fort
beau colier f5 des hraf
felets dambre
>
quiJont
les preftns de nôce que
rvotreajeule luifit lors
que je l'épousai, elle les
çonfèrve bien chèrement
pour en faire un-presènt
à evotre épouse ,
a qui
nous vous chargeons de
faire e5 redoubler quelque
joli compliment de
nôtre part. Jefuisvotre
fere es bon ami,
DE CAGANAC.
Le Gascon qui craignoit
que son pere n'eût
pas resprit de lui faire
unereponseequ"il pûtmotrer
en avoit une toute
preste de sa façon,si celle
qu'il reçut neutt pas
satisfait sa folle vanité:
mais il la trouva encore
plus à son gré que la
sienne, qu'il avoit déjà
fait voir & corriger par
son hte, railleur de
profession, & qui aassuré
que l'une valoit bien
l'autre. La reponse du
pere fut bientost communiquée
à l'oncle, qui
la trouva si singuliere&
si piaisante, qu'il pria le
Gascon de la lui laisser,
afin qu'il la montrât à
sa niece, & à ses proches
parens , qui s'en divertirent
en perfection avec
tous leurs amis: on ne
parla pendant plus d'un
mois dans Marseille que
de la lettre du pere Gascon,
que tout le monde
voulut voir &C copier;
on en parloit au fils avec
des éloges pour sa belle
famille, & pour toutes
les grandes demandes
qu'elle faisoit à Messieurs
de Braquenage. LeGascon
recevoit tout ce quon
lui disoit comme
choses qui lui eussent
esté fort deuës, & quoiqu'on
sçust qu'il n'estoit
que le fils d'un petit
marchand de drap, on
le traittoit ~néanmoins
en homme de qualité,
& avec des maniérés qui
acheverent de lui gâter
l'esprit : mais le peintre,
qui le recevoit toûjours
gracieusement, & qui
l'arrestoitquelquefois à
souper, se trouva embarrassé
dans le dénoue..
ment du pretendu mariage
de sa niece, que le
Gascon disoit en confidence
à tout le monde ne
dépendre plus que de
lui, d'autant qu'il avoic
mis la Demoiselle sur le
pied de le traiter autant
bien qu'it pouvoitl'esperer
d'une personne à
qui il feroit sa fortune,
& qui recevroitde grads
honneurs de son allince;
on redisoit à l'oncle &
à la niece les sotises ÔC
toutes les gasconades
qu'imaginoit de jour en
jour le pretendu futur;
& comme la matière en
étoit delicate, & extravagament
mise en oeuvre
par le Gascon, on
crut qu'il étoit necessaire
de finir cette comedie.
L'oncle pour y
parvenir ménagea un entretien
seul à seul avec
l'amant àquiilfit confidence
d'un bruit qui
couroit de sa niece, non
pas qu'il le crustcapable
d'un pareil attentat:mais
bien un Gentil-homme
que sa niece écoutoit
trop favorablement depuis
prés de deux ans.
LeGascon qui avoit toutes
les preuves de sa
continence avec laniece
du Peintre,se mordit le
doigt au recit de cette
confidence, & neanmoins
aprés un moment
de reflexion il se jetta
aux pieds de l'oncle en
le conjurant de ne pas
aprofondir un mystere
amoureux; le Gascon
s'imagina apparemment
que la niece mourant
d'envie de l'épouser auroit
eu l'adressede faire
courir ce faux bruit, &
il continua de supplier
l'oncle de ne point faire
d'éclat pour une bagatelle
: mais l'oncle, qui
avec une pareille fuposition
ne trouva point
l'interessé Gascon dégouté
de sa niecc, prit sur
le champ le parti de lui
défendrel'entrée de sa
maison, en lui disant
qu'il étoit resolu de laisfer
époufer à sa niece le
Gentil-homme dontelle
estoit en-testéè. Le Gascon
ne se tint pas pour
irrevocablement rcfufé,
& parut dés le lendemain
chez le peintre à
l'heure de son souper,
il se mit à table sans en
estre prié,&buteffron.
tement à la santé de la
belle qui ne pouvoit
plus S'ên dédire;la niece
qui étoit trés-sage sortit
de table dés qu'elle eut
entendu ce compliment,
& l'oncle, pour ôter abfolument
au Gascon
toutes ses folles pretentions,
le fit inviter dés
le lendemain à souper
chez lui, où il pria deux
de les amis de le venir
seconder pour mieux
jouër sa piece 5 illeur en
fit considence, & leur
dit qu'ils ne feroient
qu'imiter ce qu'on avoit
fait à Paris depuis trois
mois à l' homme verd.
On convint que la niece
ne feroit point du souper,
pour être en état de
parler gayment & à
coeur ouvert de ce que
le Gascon pretendoits'êtrepassé
entre elle & lui;
on se mit à table à l'heure
convenue, 84 on y
tint des propos à mettre
l'imagination du Gascon
en campagne > on lui
porta coup sur coup la
sante de sa maîtresse, &C
dés qu'on le vit pris de
vin, on lui en donna de
préparé dont l'effet fut
d'assoupir ses sens de
telle maniéré qu'on le
coucha sur un lit de repos,
où ilnesetouvient
point d'avoir été mis,ni
d'avoir été porté chez
lui, après qu'on lui eut
peint tout le visage en
rouge couleur de masque
de furie. Ne voila
que deux couleursusées
pour des amans importuns
& indiscrets
t &
tous ceux qui leur ressemblent
meritent au
moins de pareils traitemens.
Cetteavanture m'aété
envoyée par M. l¥-.¥¥
-1vouirgiu
TOut Larissacrûtrop
iegercment qu'un é-•
poux. de concert avec
sa n|s: -•
aimable: moitié,
avoit teint en verd
un galantehomme, qui les incommodait:
par lès frequentcs fie
très- importunés visites
, 8c
- par la liberté
qu'il prenoit tous les
jours de faire nombrea
leur table sans. t~t avoir
jamais été invité. Il efli
inutile de rapporter 1^
détail de cette fiétion,
où personnen'a varié J
ni change la moindres
circonstancepour larendre
encore plus croya
ble sur le comptede ce
luiauxdépens de quvJ
elle a été imaginée ; &t::
comme le public se dédit
rarement ,
l'homme
verd passe aujourd'hui
dans sescroniques pour
être parvenu, en se lavant
&frotanc bien tous
les jours, à n'être plus
que de couleur de verd
de Tourville;cesont encore
deux ou troisnuan*
ces vertes qu'ilfautqu'il
essuye pour se trouver à
sa couleur naturelle.
Un jeune &.très
tourdi Gascon n'en fera
pas quitte a meilleur
marché. On amande ici
qu'ilénoitd'Aire, ville,
& Evêché deGascogne.
&,' qu'étant arrivé sur Jai
fin du printemps, der-;
niér à Marseille en qualité
de jeune Peintre qui
voyageyiisymit en
testedefairelafortune
àlanieced'un Peintre,
qui est jolie
,
& qui a
vingt,foisplusde bien
que lui. Elleaperdu très
jeuneson pere & sa mci
re , &C a été élevée par
un oncle, quiest sontu^
teur,
teur, avecplusdesoin
que si elleeût été sa propre
fille. Lescomplimens
outrez 8c lesoffres
dé services à perte
de vue duGascon furent
d'abord reçues par
l'oncle, avec beaucoup
d'indifference. Les Provençaux,
trop prévenus
contre les Gascons, font
persuadez que tout l'univers
met de grandes
différences entre leurcarters&
ccl'uid'ullLatl
guedockien,d'un Ptri.
gourdin, d'un Gascon &
de tous leurs autres voisins
; semblables en cela
aux Normands & aux
Manceaux, qui quoy
qu'également fins, subtils&
c prévoyans, affectent
neanmoins d'avoir
en particulier de belles
qualitez, & de n'estre
jamais fuicts) a certains
défauts dont les quolibets
& mauvais proverbescaracterisent
également
les uns & les autres.
Le fcul nom de
Gascon mit donc en
garde lé Provençal, qui
ne prit pas pour argent
comptant les vingt mil
écus quele jeune Peintre
disoit que son pere
étoit fort en état de luy
donner s'il se presentoit
un partiquilui convinst.
Il avançoitautïi que sa
famille étoit alliée à toute
la noblessedeson pays;
que les ancestres avoient
blanchi auservicedu
Prince. Il ne manquoit
que des preuves &•des
titres a tout cela ;&,l'oncle,
quicomeriça$ecou->
ter avec plaisirlesrécits
romanesques quçle¡Ga(j
con faisoitdesesançêrres-
& de fafortune,affecta
de ne le contredire en
rien. Il nerebutadoncpoint
le dessein qu'ilavoit
d'epouser sa niece;
& pour rendre le roman
plus long & plus complçt,
ilfdpm#n4.a à l'amant
des lettres Se des
assurancesdp, ses parens quiprouvaientque là
recherche de-sa nièce
leur étoit agréable.
': Le
Gascon; fij^d'un pere-
CltJtar' .ptyscfçvi&.plusi
vajfl-que lui ,-e0, reçut
bientost réponsesur l'avis^
u'U:lvy eivit.,4on-;
nétiqUi'iJIé^oit-defiri.ejrt»
m.rlag': '-pa,i unetrèsbc:,
Uef &. , Jirés.-riche'Da-,
rfioUeJlejquiiherït^roiC:
encore d'un oncle, qui
le pressoit l'épée dans les
reins pour la conclusion
du mariage de sa niece ;
dont tout le pays de
Marseille jazoit, depuis
qu'il lui comptoit des
fleurettes. Le Gasconlogeoitchez
un hôte malin,
& qui nemanquoit
pas d'esprit > il lui confial'intrigile
de son mariage,
Se ils firent ensemble
la lettre qu'il écrivit
à son pere ; c'cft*
de lui qu'on a sçû ce
qu'elle contenoit:voici
la reponef du pere.
Vôtremere, vos quatre
freres toutesVQ$
fteurs craignent,comme, "Jnemam
foyezxtrvp )'ren,J"tIII/#
appas de,la belle que
?etts 'VwlezJ épojifèr i
V0.ttsa'veT^anotre pàrtç
des filles richest belles
f5 de condition
-,
qui ne
demandentpas mieux.
%7\
que notre alliancei&si
nous gagnons le procès
de la demande que mes
'-la!cy'.culs font depuis prés
cent: ans àlamaifon
'-¡Braqucnagt.
, vous
IJtIW--¡t#Ji:oJfe- asix
vthmnaux ylmo*WMi*Q$r\W^ le droit de vosports)f5
ne> vousméfalhe^ pasa
qu'àconditionquelafille
que vous pÓurfùi'Vt'en
mariagefiitune grande
hmmre;e.t"rmnk.
aufifi
àu,et dans ses parens
9 tant paternels que maternels
ilny en a point
eu qui eurent des vices
de corps ou d'iffrit; car
parbleu on ne peut rien
reprocher à ma race> eS
nous efmmes tous gaillards
f5 Jains comme
des poissons:je vous envoirai
par la premiere
sosievôtre extrait ba..
ptiftaireFlJ un pouvoir
de moy f5 de votre me
n de vous marier à t'()ô:" -
tre gré
s en'vous refera
vant al, nos(uccejjions dés
que nous ferons mortsjouhliois de : vous dire
que vo/1tre mere a une
bellef5 riche croix d'or
ou pendent six rubis
troisperlesfinesdegrand
prix; elle a aussi un fort
beau colier f5 des hraf
felets dambre
>
quiJont
les preftns de nôce que
rvotreajeule luifit lors
que je l'épousai, elle les
çonfèrve bien chèrement
pour en faire un-presènt
à evotre épouse ,
a qui
nous vous chargeons de
faire e5 redoubler quelque
joli compliment de
nôtre part. Jefuisvotre
fere es bon ami,
DE CAGANAC.
Le Gascon qui craignoit
que son pere n'eût
pas resprit de lui faire
unereponseequ"il pûtmotrer
en avoit une toute
preste de sa façon,si celle
qu'il reçut neutt pas
satisfait sa folle vanité:
mais il la trouva encore
plus à son gré que la
sienne, qu'il avoit déjà
fait voir & corriger par
son hte, railleur de
profession, & qui aassuré
que l'une valoit bien
l'autre. La reponse du
pere fut bientost communiquée
à l'oncle, qui
la trouva si singuliere&
si piaisante, qu'il pria le
Gascon de la lui laisser,
afin qu'il la montrât à
sa niece, & à ses proches
parens , qui s'en divertirent
en perfection avec
tous leurs amis: on ne
parla pendant plus d'un
mois dans Marseille que
de la lettre du pere Gascon,
que tout le monde
voulut voir &C copier;
on en parloit au fils avec
des éloges pour sa belle
famille, & pour toutes
les grandes demandes
qu'elle faisoit à Messieurs
de Braquenage. LeGascon
recevoit tout ce quon
lui disoit comme
choses qui lui eussent
esté fort deuës, & quoiqu'on
sçust qu'il n'estoit
que le fils d'un petit
marchand de drap, on
le traittoit ~néanmoins
en homme de qualité,
& avec des maniérés qui
acheverent de lui gâter
l'esprit : mais le peintre,
qui le recevoit toûjours
gracieusement, & qui
l'arrestoitquelquefois à
souper, se trouva embarrassé
dans le dénoue..
ment du pretendu mariage
de sa niece, que le
Gascon disoit en confidence
à tout le monde ne
dépendre plus que de
lui, d'autant qu'il avoic
mis la Demoiselle sur le
pied de le traiter autant
bien qu'it pouvoitl'esperer
d'une personne à
qui il feroit sa fortune,
& qui recevroitde grads
honneurs de son allince;
on redisoit à l'oncle &
à la niece les sotises ÔC
toutes les gasconades
qu'imaginoit de jour en
jour le pretendu futur;
& comme la matière en
étoit delicate, & extravagament
mise en oeuvre
par le Gascon, on
crut qu'il étoit necessaire
de finir cette comedie.
L'oncle pour y
parvenir ménagea un entretien
seul à seul avec
l'amant àquiilfit confidence
d'un bruit qui
couroit de sa niece, non
pas qu'il le crustcapable
d'un pareil attentat:mais
bien un Gentil-homme
que sa niece écoutoit
trop favorablement depuis
prés de deux ans.
LeGascon qui avoit toutes
les preuves de sa
continence avec laniece
du Peintre,se mordit le
doigt au recit de cette
confidence, & neanmoins
aprés un moment
de reflexion il se jetta
aux pieds de l'oncle en
le conjurant de ne pas
aprofondir un mystere
amoureux; le Gascon
s'imagina apparemment
que la niece mourant
d'envie de l'épouser auroit
eu l'adressede faire
courir ce faux bruit, &
il continua de supplier
l'oncle de ne point faire
d'éclat pour une bagatelle
: mais l'oncle, qui
avec une pareille fuposition
ne trouva point
l'interessé Gascon dégouté
de sa niecc, prit sur
le champ le parti de lui
défendrel'entrée de sa
maison, en lui disant
qu'il étoit resolu de laisfer
époufer à sa niece le
Gentil-homme dontelle
estoit en-testéè. Le Gascon
ne se tint pas pour
irrevocablement rcfufé,
& parut dés le lendemain
chez le peintre à
l'heure de son souper,
il se mit à table sans en
estre prié,&buteffron.
tement à la santé de la
belle qui ne pouvoit
plus S'ên dédire;la niece
qui étoit trés-sage sortit
de table dés qu'elle eut
entendu ce compliment,
& l'oncle, pour ôter abfolument
au Gascon
toutes ses folles pretentions,
le fit inviter dés
le lendemain à souper
chez lui, où il pria deux
de les amis de le venir
seconder pour mieux
jouër sa piece 5 illeur en
fit considence, & leur
dit qu'ils ne feroient
qu'imiter ce qu'on avoit
fait à Paris depuis trois
mois à l' homme verd.
On convint que la niece
ne feroit point du souper,
pour être en état de
parler gayment & à
coeur ouvert de ce que
le Gascon pretendoits'êtrepassé
entre elle & lui;
on se mit à table à l'heure
convenue, 84 on y
tint des propos à mettre
l'imagination du Gascon
en campagne > on lui
porta coup sur coup la
sante de sa maîtresse, &C
dés qu'on le vit pris de
vin, on lui en donna de
préparé dont l'effet fut
d'assoupir ses sens de
telle maniéré qu'on le
coucha sur un lit de repos,
où ilnesetouvient
point d'avoir été mis,ni
d'avoir été porté chez
lui, après qu'on lui eut
peint tout le visage en
rouge couleur de masque
de furie. Ne voila
que deux couleursusées
pour des amans importuns
& indiscrets
t &
tous ceux qui leur ressemblent
meritent au
moins de pareils traitemens.
Cetteavanture m'aété
envoyée par M. l¥-.¥¥
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Résumé : L'HOMME ROUGE. Nouvelle Metamorphose.
Le texte présente deux anecdotes distinctes. La première raconte l'histoire d'un homme qui se teint en vert pour se débarrasser d'un importun. Après s'être lavé et frotté quotidiennement, il parvient à retrouver une couleur de peau plus naturelle, bien que quelques nuances vertes subsistent encore. La seconde anecdote met en scène un jeune Gascon, peintre ambitieux, qui arrive à Marseille dans l'espoir d'épouser une jeune femme riche et belle, élevée par son oncle. Malgré les préjugés des Provençaux contre les Gascons, le jeune homme insiste sur sa richesse et sa noblesse. L'oncle, amusé par les récits romantiques du Gascon, ne le contredit pas et laisse croire que le mariage est possible. Encouragé, le Gascon écrit à son père pour obtenir son consentement. La réponse du père, exagérant la richesse et la noblesse de la famille, est communiquée à l'oncle et à la nièce, qui s'en divertissent. Flatté, le Gascon se comporte de plus en plus arrogamment. Pour mettre fin à cette situation, l'oncle organise un souper où il invite des amis pour jouer une pièce similaire à celle jouée à Paris contre l'homme vert. Lors du souper, ils font boire au Gascon du vin préparé qui l'endort. Pendant son sommeil, ils lui peignent le visage en rouge. À son réveil, le Gascon ne comprend pas ce qui lui est arrivé et est ainsi dissuadé de poursuivre ses avances.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2856
p. 51-53
Poudre specifique pour toutes sortes de fievres intermittentes, preparée par ordre du Roy.
Début :
Sa Majesté desirant que ses sujets puissent profiter d'un [...]
Mots clefs :
Remède, Fièvres intermittentes, Épreuves, distribution
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Poudre specifique pour toutes sortes de fievres intermittentes, preparée par ordre du Roy.
PoudrefPecjfique pour toutes
fortes de ifèvres intermittentes)
preparte par ordre
du cry.
Sa Majestédesîrant que
ses Cujets puissent profiter
d'un Remede specifîque qui
guerit sans retour, en trois
pdreises au plus,toutes fortes
fievres intermirrentes,
pourveu qu'elles ne soient
pas causées par le vice de
quelques parties principales
, dont Elle a fait faire
des épreuves innombrables
depuis plus d'un an, qui
ont été approuvées parM.
Fagon son premier Medecin
; le Roy a ordonné qu'-
on en preparât une assez
grande quantité pour être
distribuée au public, & afin
que tout le monde en puisse
joüir, le prix a été fixé à
dix fols la prise; ce qui est
à peu prés ce quelle coûte
à préparer. Dans chaque
paquet il y en a trois prises
pour trente fols, envelopées
separément, avec un
imprimé qui en enseigne
l'usage: le tout est timbré
des armes du Roy, pour en
empêcher la faIfification.
Cette poudre est incorruptible,
& ne perd jamais sa
vertu.
Le Bureau généralpour sa
difiribution est établia Paris
ruë de la Monoye> au coin de
la rué Betify,*vis àvisPH-ôtel
de MontbaXen , au Nom
de Jejusy chez le Sieur Viguier
Marchand ya qui ilfaut
s'adrefer ponr en avoir.
fortes de ifèvres intermittentes)
preparte par ordre
du cry.
Sa Majestédesîrant que
ses Cujets puissent profiter
d'un Remede specifîque qui
guerit sans retour, en trois
pdreises au plus,toutes fortes
fievres intermirrentes,
pourveu qu'elles ne soient
pas causées par le vice de
quelques parties principales
, dont Elle a fait faire
des épreuves innombrables
depuis plus d'un an, qui
ont été approuvées parM.
Fagon son premier Medecin
; le Roy a ordonné qu'-
on en preparât une assez
grande quantité pour être
distribuée au public, & afin
que tout le monde en puisse
joüir, le prix a été fixé à
dix fols la prise; ce qui est
à peu prés ce quelle coûte
à préparer. Dans chaque
paquet il y en a trois prises
pour trente fols, envelopées
separément, avec un
imprimé qui en enseigne
l'usage: le tout est timbré
des armes du Roy, pour en
empêcher la faIfification.
Cette poudre est incorruptible,
& ne perd jamais sa
vertu.
Le Bureau généralpour sa
difiribution est établia Paris
ruë de la Monoye> au coin de
la rué Betify,*vis àvisPH-ôtel
de MontbaXen , au Nom
de Jejusy chez le Sieur Viguier
Marchand ya qui ilfaut
s'adrefer ponr en avoir.
Fermer
Résumé : Poudre specifique pour toutes sortes de fievres intermittentes, preparée par ordre du Roy.
Le texte décrit une poudre destinée à traiter les fortes fièvres intermittentes, préparée par ordre du roi. Cette poudre, approuvée par Monsieur Fagon, le premier médecin du roi, est censée guérir en trois prises maximum, à condition que les fièvres ne soient pas causées par des problèmes dans des parties principales du corps. Une grande quantité de cette poudre a été préparée pour être distribuée au public. Le prix est fixé à dix sols par prise, soit trente sols pour un paquet contenant trois prises. Chaque paquet est enveloppé séparément avec un imprimé expliquant l'usage et est timbré des armes du roi pour éviter la falsification. La poudre est incorruptible et conserve toujours son efficacité. La distribution se fait à Paris, rue de la Monoye, au coin de la rue Bétisy, en face de l'Hôtel de Montbazon, chez le Sieur Viguier, marchand.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
2857
p. 56-57
Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est la grenade.
Début :
Mere de mille grains qu'un pere arbre me donne, [...]
Mots clefs :
Grenade, Grains, Arbre, Douceur, Âpreté
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Parodie de la seconde Enigme, dont le mot est la grenade.
Parodie de la iecondcj
Enigme, dont le mot
est la grcntadta.
Merc de mille grains:
quunperearbre ) x
1 me donne,
En les mettant au jour
je hrûle.jefr;fJô,!ne_
On voit commerubis
bn.llêtce fruit d'aur -,
topne.. -
Si ton trouve dans mon humeur
Quelquefois l'âpretéj
quelquefois la douceur
De l'éducation quelquefoiscejilafaute.
Entre les meres du caneton
Celle quimenourritnesi
ni baffe ni haute.
Vne. cité porte mon nom.
Enigme, dont le mot
est la grcntadta.
Merc de mille grains:
quunperearbre ) x
1 me donne,
En les mettant au jour
je hrûle.jefr;fJô,!ne_
On voit commerubis
bn.llêtce fruit d'aur -,
topne.. -
Si ton trouve dans mon humeur
Quelquefois l'âpretéj
quelquefois la douceur
De l'éducation quelquefoiscejilafaute.
Entre les meres du caneton
Celle quimenourritnesi
ni baffe ni haute.
Vne. cité porte mon nom.
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2858
p. 63-69
Réponse à l'auteur de la critique sur la nouvelle preuve de Multiplication par 11, insérée dans le Mercure de Paris en Septembre 1713. page 112.
Début :
Le memoire en question se trouve dans le Mercure de [...]
Mots clefs :
Critique, Multiplication, Preuve, Mémoire, Arithmétique, Opérations, Savants
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Réponse à l'auteur de la critique sur la nouvelle preuve de Multiplication par 11, insérée dans le Mercure de Paris en Septembre 1713. page 112.
Riponfe à l'auteur de la critiquesur
la nouvelle preuve
de Multiplication par 11,
inferee dans le Mercure de
Paris en Septembre 17i 3.
page m.
* Le memoire en question
se trouve dans le Mercure
de Mars 1713. page 49. L'auteur
de la critique pretend
trois choses
: la premiere,
que l'auteur de la preuve
de Il a eu en vûe de faire
tomber l'ancienne preuve
de 9 ;
la feconde, que la
nouvelle preuve de II cft
beaucoup plus difficile à
pratiquer, que de recommencer
la Multiplication:
la troisiéme,que cette preuve
ne devoir pas être inferée
dans le Mercure de Paris.
Nous allons faire voir
qu'il sest trompé abfolument
sur ces trois chefs
sans pretendre rien rabat-,
tre de sa capacité. Pour être
persuadé qu'il est dans l'er--
reur sur le premier chef,
il ne faut que lire ce que
je dis à la page 101, sur la
preuve de 9. Le voici. (Pour
rendre
rendre donc cette preuve
plus fidelle du double,je
me fers de la preuve de 11j)
& à la page 56. & 57-Ravoir
: (je dis que la certitude
de la preuve est double,
de ce qu'elle feroit, si
je n'avois fait que la preuve
de9}) & encore page 68.
&69. où je dis: (Ce qui demande
deux fois plus de
coups, pour faire paroîtfç
la preuve de nfallacieuse.,
compriiè celle de 9, que
pour celle de 9 ou de11
toute feule.) Ces trois j>a£-
fagesfont plus que suffisans,
pour faire voir que bien
loin de vouloirdetraire la
preuve de 9 par celle de 11, je n',ai au co.ntraire invente,
celle-ci, que pour rétablir
l'usage de celle de 9 :&
cela d'autant plus que je
reconnois que ces deux
ne sçauroient fubfifler l'une
sans l'autre. Voyons maintenant
si nôtre critique est
mieux fondé surlefécond
chef. Pour cet effet il ne
s'agit que d'examiner s'il
est plus court de multiplier
une feconde fois (73904)
par( 50871 ) que de mettre
la preuve de 9 & celle de
II en usage, & sans avoir
égard aux zeros & à l'unité
qui Ce trouvent dans ces
deux nombres, ce qui est
un hazard,considerons que
la multiplication feule de
ces deux nombres demande
déja25. opérations, qu'ensuite l'addition des
cinq produits en demande
encore vingt-cinq autres,
ce qui fait cinquante opérations
en tout, comme
chacun peut le voir en faisant
foy-même la multiplication
de ces deux nombres.
Considerons aussi que
pour faire la preuve de Il
le preparatif sur les lieux
pairs des introduisans&du
produit ne demande que neuf operations, lequel
preparatif étant fait, la
preuve de li. ne demande
au resteque dix opérations
sur les produifans & neuf
sur le produit; de même
quela preuve de 9,ce qui
fait 38 pour lest. qui avec
les 9du prepatatif ne sont
que 47 en tout; c'est à dire3
de moins que la premiere
preuve, à quoy il faut adjoûter
que dans ces 47. operations
,il n'y a que deux
feules multiplications, au
lieu que dans la premiere
preuve ily ena 15 ,ce qui
rend la nouvelle preuve
considerablement plus aisée.
Quant au troisieme
chef,l'auteur de la critique
s'est mis lui-même dans son
tort, en la faisant imprimer
dans le Mercure de Paris,
& non pas dans le Journal
des Sçavans.
la nouvelle preuve
de Multiplication par 11,
inferee dans le Mercure de
Paris en Septembre 17i 3.
page m.
* Le memoire en question
se trouve dans le Mercure
de Mars 1713. page 49. L'auteur
de la critique pretend
trois choses
: la premiere,
que l'auteur de la preuve
de Il a eu en vûe de faire
tomber l'ancienne preuve
de 9 ;
la feconde, que la
nouvelle preuve de II cft
beaucoup plus difficile à
pratiquer, que de recommencer
la Multiplication:
la troisiéme,que cette preuve
ne devoir pas être inferée
dans le Mercure de Paris.
Nous allons faire voir
qu'il sest trompé abfolument
sur ces trois chefs
sans pretendre rien rabat-,
tre de sa capacité. Pour être
persuadé qu'il est dans l'er--
reur sur le premier chef,
il ne faut que lire ce que
je dis à la page 101, sur la
preuve de 9. Le voici. (Pour
rendre
rendre donc cette preuve
plus fidelle du double,je
me fers de la preuve de 11j)
& à la page 56. & 57-Ravoir
: (je dis que la certitude
de la preuve est double,
de ce qu'elle feroit, si
je n'avois fait que la preuve
de9}) & encore page 68.
&69. où je dis: (Ce qui demande
deux fois plus de
coups, pour faire paroîtfç
la preuve de nfallacieuse.,
compriiè celle de 9, que
pour celle de 9 ou de11
toute feule.) Ces trois j>a£-
fagesfont plus que suffisans,
pour faire voir que bien
loin de vouloirdetraire la
preuve de 9 par celle de 11, je n',ai au co.ntraire invente,
celle-ci, que pour rétablir
l'usage de celle de 9 :&
cela d'autant plus que je
reconnois que ces deux
ne sçauroient fubfifler l'une
sans l'autre. Voyons maintenant
si nôtre critique est
mieux fondé surlefécond
chef. Pour cet effet il ne
s'agit que d'examiner s'il
est plus court de multiplier
une feconde fois (73904)
par( 50871 ) que de mettre
la preuve de 9 & celle de
II en usage, & sans avoir
égard aux zeros & à l'unité
qui Ce trouvent dans ces
deux nombres, ce qui est
un hazard,considerons que
la multiplication feule de
ces deux nombres demande
déja25. opérations, qu'ensuite l'addition des
cinq produits en demande
encore vingt-cinq autres,
ce qui fait cinquante opérations
en tout, comme
chacun peut le voir en faisant
foy-même la multiplication
de ces deux nombres.
Considerons aussi que
pour faire la preuve de Il
le preparatif sur les lieux
pairs des introduisans&du
produit ne demande que neuf operations, lequel
preparatif étant fait, la
preuve de li. ne demande
au resteque dix opérations
sur les produifans & neuf
sur le produit; de même
quela preuve de 9,ce qui
fait 38 pour lest. qui avec
les 9du prepatatif ne sont
que 47 en tout; c'est à dire3
de moins que la premiere
preuve, à quoy il faut adjoûter
que dans ces 47. operations
,il n'y a que deux
feules multiplications, au
lieu que dans la premiere
preuve ily ena 15 ,ce qui
rend la nouvelle preuve
considerablement plus aisée.
Quant au troisieme
chef,l'auteur de la critique
s'est mis lui-même dans son
tort, en la faisant imprimer
dans le Mercure de Paris,
& non pas dans le Journal
des Sçavans.
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Résumé : Réponse à l'auteur de la critique sur la nouvelle preuve de Multiplication par 11, insérée dans le Mercure de Paris en Septembre 1713. page 112.
En septembre 1713, une critique publiée dans le Mercure de Paris a contesté une nouvelle preuve de multiplication par 11. La critique avançait trois points : la nouvelle preuve visait à discréditer l'ancienne preuve de 9, elle était plus difficile à pratiquer que la multiplication elle-même, et elle ne devrait pas être publiée dans le Mercure de Paris. L'auteur de la réponse réfute ces critiques en expliquant que la nouvelle preuve de 11 a été conçue pour renforcer l'ancienne preuve de 9, les deux preuves étant complémentaires et nécessaires l'une à l'autre. Il démontre également que la nouvelle preuve est plus efficace et moins complexe que la multiplication directe. Enfin, il souligne que la critique elle-même a été publiée dans le Mercure de France, contredisant ainsi son propre argument.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2859
p. 70-72
DONS DU ROY.
Début :
Le Roy a donné l'Abbaye de S. André de Vienne [...]
Mots clefs :
Abbaye, Dons, Roi, Nominations, Religieux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : DONS DU ROY.
DONS DV ROY.
LeRoyadonnel'Abbaye
de S. André de Vienne à
l'Evêque de Sinope, suffragant
de Lion.
L'Abbaye de Thouars à
l'Abbé Gould.
- L'Abbaye de Montaulieu
à l'Abbé du Lordat.
L'Abbaye des Préaux à
la Dame de Montbazon.
L'Abbaye de Bonlieu à
la Dame de Saillans.
L'Abbaye de Saint Honoré
de Tarascon à la
Dame de Breffieu.
Et le Prieuré de Pommier
Aigre à l'Abbé Babin
Grand-Vicaire d'Angers.
Dans le Mercure du
mois de Septembre dernier
l'on a obmis de dire
que MessireClaude le
Doulx de Melleville
Maître , des Requêtes
fut nommé , par Sa Majesté
,
lors du siege de la
Rochelle, pour faire
l'accord avec les Rcligionnaires,
& apporta
au Roy la ratification
du Traitédepaix;àson
retour il futConseiller
d'Etat, fit alliance d'Anne
le Doulx de Melleville
sa filleavec M. de
Montenay
,
d'une ancienne
Maison de Normandie
,& parentdeM.
de Longueville.
LeRoyadonnel'Abbaye
de S. André de Vienne à
l'Evêque de Sinope, suffragant
de Lion.
L'Abbaye de Thouars à
l'Abbé Gould.
- L'Abbaye de Montaulieu
à l'Abbé du Lordat.
L'Abbaye des Préaux à
la Dame de Montbazon.
L'Abbaye de Bonlieu à
la Dame de Saillans.
L'Abbaye de Saint Honoré
de Tarascon à la
Dame de Breffieu.
Et le Prieuré de Pommier
Aigre à l'Abbé Babin
Grand-Vicaire d'Angers.
Dans le Mercure du
mois de Septembre dernier
l'on a obmis de dire
que MessireClaude le
Doulx de Melleville
Maître , des Requêtes
fut nommé , par Sa Majesté
,
lors du siege de la
Rochelle, pour faire
l'accord avec les Rcligionnaires,
& apporta
au Roy la ratification
du Traitédepaix;àson
retour il futConseiller
d'Etat, fit alliance d'Anne
le Doulx de Melleville
sa filleavec M. de
Montenay
,
d'une ancienne
Maison de Normandie
,& parentdeM.
de Longueville.
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Résumé : DONS DU ROY.
Le roi a fait plusieurs donations d'abbayes et de prieurés, notamment l'Abbaye de Saint-André de Vienne à l'Évêque de Sinope et le Prieuré de Pommier Aigre à l'Abbé Babin. Messire Claude le Doulx de Melleville a négocié un traité de paix à La Rochelle et a été nommé Conseiller d'État. Il a arrangé le mariage de sa fille Anne avec M. de Montenay.
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2860
p. 78-79
A Fontainebleau le 4. Octobre.
Début :
Il est arrivé aujourd'hui un Courrier de M. le Maréchal de [...]
Mots clefs :
Courrier, Fontainebleau, Fribourg, Tranchée, Artillerie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Fontainebleau le 4. Octobre.
A Fontainebleau le 4.
Délabre.
Il est arrivé aujourd'hui
un Courier de M. le Maréchal
de Villars, parti du
camp devant Fribourg le
premier de ce mois.
La tranchée a été ouverte
à la ville & au fort
de saint Pierre à la hauteur,
lanuit du 30. du passé au 1.
on l'a poussée à la
-
villeà
dix-huit toises prés de la
palissade du chemin couvert
du front de l'attaque,
& à cent vingt toises de
l'arraque du Château.
Il n'y a eu aux deux
attaques que trente ou
quarante hommes tuez ou
blessez
: il étoit déja arrive
quelques pieces de canon
de Brisack, tout le reste
de l'équipage de l'artillerie
étoit en marche; les uns
disent que la garnison n'est
composée que de quatorze
bataillons, d'autres disent
de dix-sept.
Délabre.
Il est arrivé aujourd'hui
un Courier de M. le Maréchal
de Villars, parti du
camp devant Fribourg le
premier de ce mois.
La tranchée a été ouverte
à la ville & au fort
de saint Pierre à la hauteur,
lanuit du 30. du passé au 1.
on l'a poussée à la
-
villeà
dix-huit toises prés de la
palissade du chemin couvert
du front de l'attaque,
& à cent vingt toises de
l'arraque du Château.
Il n'y a eu aux deux
attaques que trente ou
quarante hommes tuez ou
blessez
: il étoit déja arrive
quelques pieces de canon
de Brisack, tout le reste
de l'équipage de l'artillerie
étoit en marche; les uns
disent que la garnison n'est
composée que de quatorze
bataillons, d'autres disent
de dix-sept.
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Résumé : A Fontainebleau le 4. Octobre.
Le 4 août, un courrier du maréchal de Villars a rapporté que les troupes françaises ont ouvert une tranchée devant Fribourg la nuit du 30 juillet au 1er août. Cette tranchée a avancé près de la palissade et du château, causant trente à quarante victimes. Des canons de Brisach étaient arrivés, et l'artillerie était en route. La composition de la garnison est incertaine, entre quatorze et dix-sept bataillons.
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2861
p. 80-83
Extrait d'une lettre du camp devant Fribourg ce 9. Octobre.
Début :
Les ennemis sortirent avant hier à la pointe du jour [...]
Mots clefs :
Grenadiers, Fribourg, Marquis de Nangis
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texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une lettre du camp devant Fribourg ce 9. Octobre.
Extrait d'une lettre du camp
devant Fribourg ce 9.
Oflobre.
Les ennemis sortirent
avant hier à la pointe du
jour sur la droite de nôtre
tranchée, M. le Marquis
de Nangis qui y commandoit
les voyant venir fit
retirer tous les travailleurs,
disposa promptement ses
troupes, & fitun sigran
feu qu'ils n'oserent venir
jusquau boyau,& se retirerent.
M. de Nangis fit sortir
en même temps les grenadiers
d'Issenghien & de
Royal Roussillon,commandez
par M. de Chimene
Colonel, & Meilleurs de
Mas & de l'Ile Capitaines,
qui pousserent les ennemis
jusques dans les palissades.
M. de Nangis se louë fort
de ces Meilleurs.
Nos fappes sont de cette
nuit sur les glacis même de
la nuit derniere, & nous
esperons d'attaquer bientôt
une lunette & le chemin
couvert. Les ennemis
firent hier une sortie assez
violente à l'attaque du Château
:
Ils prirent nôtresappe
gauche à revers ayant
de bouche par derriere
leurs redoutes, les trois
Compagnies de Grenadiers
qui étoient à cette tête
n'ont pu resister long-tems
maigré lcui grand urage,
ils ont été obligez de se
retirer jusqu'a la croisée
des deux sappes,les ennemis
nous ont dérange pendant
ce temps-là quelques
Gabions, un moment après
nos Grenadiersont remonté.
& ont obligé les ennemis
de se retirer. M. de
S. Sernin qui s'est appercû
le premier de la sortie des
ennemis fit avertir le Brigadier
de tranchée, & y fit
faire les dispositions. Nous
y avons eu un Capitane
de Grenadiers tué, un blesfé,
& trois ou quatre au-
, tres Officiers tuez ou blessez,
& environ cinquante
soldats.
-
.AC4mp devant Fribourg le 1-
devant Fribourg ce 9.
Oflobre.
Les ennemis sortirent
avant hier à la pointe du
jour sur la droite de nôtre
tranchée, M. le Marquis
de Nangis qui y commandoit
les voyant venir fit
retirer tous les travailleurs,
disposa promptement ses
troupes, & fitun sigran
feu qu'ils n'oserent venir
jusquau boyau,& se retirerent.
M. de Nangis fit sortir
en même temps les grenadiers
d'Issenghien & de
Royal Roussillon,commandez
par M. de Chimene
Colonel, & Meilleurs de
Mas & de l'Ile Capitaines,
qui pousserent les ennemis
jusques dans les palissades.
M. de Nangis se louë fort
de ces Meilleurs.
Nos fappes sont de cette
nuit sur les glacis même de
la nuit derniere, & nous
esperons d'attaquer bientôt
une lunette & le chemin
couvert. Les ennemis
firent hier une sortie assez
violente à l'attaque du Château
:
Ils prirent nôtresappe
gauche à revers ayant
de bouche par derriere
leurs redoutes, les trois
Compagnies de Grenadiers
qui étoient à cette tête
n'ont pu resister long-tems
maigré lcui grand urage,
ils ont été obligez de se
retirer jusqu'a la croisée
des deux sappes,les ennemis
nous ont dérange pendant
ce temps-là quelques
Gabions, un moment après
nos Grenadiersont remonté.
& ont obligé les ennemis
de se retirer. M. de
S. Sernin qui s'est appercû
le premier de la sortie des
ennemis fit avertir le Brigadier
de tranchée, & y fit
faire les dispositions. Nous
y avons eu un Capitane
de Grenadiers tué, un blesfé,
& trois ou quatre au-
, tres Officiers tuez ou blessez,
& environ cinquante
soldats.
-
.AC4mp devant Fribourg le 1-
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Résumé : Extrait d'une lettre du camp devant Fribourg ce 9. Octobre.
Le 9 octobre, les forces ennemies ont lancé une attaque à l'aube sur la droite des tranchées françaises près de Fribourg. Le Marquis de Nangis, commandant sur place, a réagi en retirant les travailleurs et en ordonnant un feu intense pour stopper l'avancée ennemie. Il a également déployé les grenadiers d'Issenghien et de Royal Roussillon, dirigés par le Colonel de Chimene et les Capitaines Meilleurs de Mas et de l'Ile, qui ont repoussé les ennemis jusqu'à leurs palissades. M. de Nangis a particulièrement salué le courage des Capitaines Meilleurs. La nuit précédente, des sapeurs français travaillaient sur les glacis. Une attaque ennemie violente avait eu lieu la veille pour s'emparer du château, prenant à revers la sape gauche française et forçant les grenadiers à se retirer temporairement. Ces derniers ont rapidement contre-attaqué, obligeant les ennemis à se retirer. Les pertes françaises incluent un capitaine de grenadiers tué, un blessé, trois ou quatre autres officiers tués ou blessés, et environ cinquante soldats.
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2862
p. 83-86
Au camp devant Fribourg le 10. Octobre.
Début :
Nous esperons être les maîtres de la ville le 18. [...]
Mots clefs :
Fribourg, Boulet de Canon, Batterie, Mortiers
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Au camp devant Fribourg le 10. Octobre.
.AC4mp devant Fribourg le 1- IQ. Octobre.
Nous esperons être les
maîtres de la ville le 18
ou le 20. du courant, nous
en sommes si prés que nous
déboucherons cette nuit
dans le chemin couvert: La
Maison du Roy continuë à
porter la fascine, & il y
en a tous les jours quelques.
uns d'emportez du canon,
tin Brigadier des Gardes
du Corps aété dunombre.
On travaille à une seconde
batterie de six pieces de canon
à l'attaque du fort,&
à une de dix mortiers. Elles
feront toutes deux en état
de tirer demain, & nous
ferons en état de pouffer
nos tranchées avec plus de
succez.Nouscroyons à l'resent
que la marche du
Prince Eugene n'estque
pour venir se poster à Rotvville
y-& s'y retrancher,
couvrir le pays, & empêcher
que nos partis ne penetrent
plus avant dans
rEmpire, ou que le Maréchal
de Villars n'ait
quelques desseins sur cette
place, & sur celle de Filingue,
d'autant que ce Prince
a laissé dans son camp de
Mulberg une partie de les
troupes fous les ordres du
Prince de Virtemberg.
M. de Malaufe a été emporté
d'un boulet de canon
en portant la fascine,
il est fort regreté.
Nous esperons être les
maîtres de la ville le 18
ou le 20. du courant, nous
en sommes si prés que nous
déboucherons cette nuit
dans le chemin couvert: La
Maison du Roy continuë à
porter la fascine, & il y
en a tous les jours quelques.
uns d'emportez du canon,
tin Brigadier des Gardes
du Corps aété dunombre.
On travaille à une seconde
batterie de six pieces de canon
à l'attaque du fort,&
à une de dix mortiers. Elles
feront toutes deux en état
de tirer demain, & nous
ferons en état de pouffer
nos tranchées avec plus de
succez.Nouscroyons à l'resent
que la marche du
Prince Eugene n'estque
pour venir se poster à Rotvville
y-& s'y retrancher,
couvrir le pays, & empêcher
que nos partis ne penetrent
plus avant dans
rEmpire, ou que le Maréchal
de Villars n'ait
quelques desseins sur cette
place, & sur celle de Filingue,
d'autant que ce Prince
a laissé dans son camp de
Mulberg une partie de les
troupes fous les ordres du
Prince de Virtemberg.
M. de Malaufe a été emporté
d'un boulet de canon
en portant la fascine,
il est fort regreté.
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Résumé : Au camp devant Fribourg le 10. Octobre.
Le rapport militaire du 1er octobre décrit les opérations militaires devant Fribourg. Les forces prévoyaient de prendre la ville le 18 ou le 20 octobre. Elles étaient en position avancée et prévoyaient de déboucher cette nuit dans le chemin couvert. La Maison du Roy continuait de transporter des fascines, et des canons étaient régulièrement déplacés. Un brigadier des Gardes du Corps avait été blessé. Deux batteries étaient en construction : une de six pièces de canon pour attaquer un fort et une autre de dix mortiers, toutes deux prêtes à tirer le lendemain. Ces batteries devaient permettre d'avancer les tranchées avec plus de succès. Les troupes croyaient que le Prince Eugène se dirigeait vers Rotvville pour se retrancher et couvrir le pays, empêchant ainsi les partisans de pénétrer davantage dans l'Empire ou le Maréchal de Villars d'avoir des desseins sur les places de Rotvville et de Filingue. Le Prince Eugène avait laissé une partie de ses troupes à Mulberg sous le commandement du Prince de Virtemberg. M. de Malaufe avait été tué par un boulet de canon alors qu'il transportait des fascines, et sa perte était grandement regrettée.
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2863
p. 86-104
Nouvelles d'Espagne.
Début :
On écrit de Madrid du 28. Septembre, que le 23 [...]
Mots clefs :
Madrid, Reine, Duc d'Arcos , Barcelone, Guerre, Catalogne, Tranchée, Monastère, Munitions, Duc de Popoli
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles etEfpagnc.
OnécritdeMadriddu28.
Septembre,que le 23la Reine
y éroit heureusement accouchée
d'un Prince qui
doit être nommé D. Ferdinand,
que le Roy accompafgincéfldce&
s Grands, de laNod'un
nombre infini
de peuple,alla faire chanter
le Te Deum à Nôtre-Dame
d'Atochaen action de graces
, que les trois nuits
suivantes la naissance du
Prince avoit été celebrée
par des feux de joye & des
illuminations par toute la
ville, & qu'en cette confi-
.deration le Roy avoitrappellé
le Duc d'Arcos qui
avoit été relegué en une
de ses terres. Plusieurs lettres
de Madrid portent que
les Officiers des Maisons
Royales, les Presidents de
divers Tribunaux, ceux
qui en dépendent, &presque
tous les chefs de familles,
avoient fait des dons
gratuits pour les dépenses
de la guerre de Catalogne,
& qu'on ne doutoit pas que
lesautresvilles,&toutesles
Provinces n'en fissent de
même:que les Gardes de
Sa MajeÍÍé, & beaucoup
d'autres troupes de cavalerie
& d'infanterie, outre
celles qui viennent d'Estramadure,
marchoient vers
l'armée campée devant
Barcelonne. On mande de
l'armée de devantBarcelonne
lonne que le Duc de Popoli
l'avoit fait enfermer par
une ligne qui s'étend depuis
la riviere de Befos
jusqu'au Llobregat, avec
des redoutes d'espace en
espace, & deux forts aux
extremitez,pour faciliter le
débarquement des vivres ôc
des munitions à l'embouchure
des deux
-'
rivieres,que
les assiegez n'avoient fait
que quelques sorties, dans
lesquelles ils avoient été
repoussez vigoureufement
& avec perte, qu'ils avouent
peu de vivres, manquoient
d'argent, & de plusieurs
autres commoditez;que la
garnison n'étoit que de
deux mille cinq cens hommes
de troupes reglées
5
la
plûpart Allemans des troupes
de l'Archiduc, qu'ils
ont engagez à prendre parti
avec eux & que plusieurs
Vigueries avoient prêté l'obeissance
) entre autres la
ville Episcopale d'Urgel , qui avoit envoyé offrir de
(e soumettre
,
& d'ouvrir
ses portes; que les rebelles
avoient fortifié un poste
appelle le Calvaire prés des
Capucins, lequel les Orfévres
& les Droguistes de
la ville s'étoient chargez
de défendre: mais que le
Duc de Popoli l'ayant fait
attaquer, ilsavoient été
forcez,& presque tous pasfez
au fil de l'épée. On
mande de Vich que Don
Feliciano de Bracamonte y
étoit entré, & qu'il travailloit
à reduire à l'obeissance
les païs voisins, où il y
avoit encore plusieurs rebelles,
que le Comte de
Fienne avoit chassé Nebot
d'Aulos [ur le Fluvian, ez
quil le poursuivoit vers la
Cerdagne) où il s'étoit re- tiré,pendant que leMarquis
d'Arpajon le poursuivoit
d'un autre côté1 avec un ddétachement
de l'armée du
Duc de Popoli, que cerebelle
avoit dans fà. retraite
augmenté sa troupe jusquau
nombre de douze cens
chevaux, ôcde quatre mille
fantassins, & qu'il avoit
marché avec tant de dili-
# gence qu'5i-1l éftoit arrivé le
1 5. Septembre dans la plaine
de Cerdagne à une lieuë
de Mont louis, où ilfaisoit
de grands desordres, que
toutes ses troupes subsistoient
des provinons qu'elles
faisoientdans le plat païs,
qu'il menaçoit d'attaquer
Puycerda, dont les fortifications
font démolies. Les
lettres du camp devant
Barcelonne du 16. Septembre
portent que les rebelles
ayant fortifié le Monastere
de santa Madrona dans la
montagne au -
desson du
Château de Monrjouy, le
Duc de Popoli fit dressr
unebatterie pour les en
chasser;les asseiegezfirent
une sortie pour interrompre
ce travail: mais ils furent
repoussez avec perte
de quarante hommes, l'artillerie
ayant fait des breches
considerables à ce
porte; leDuc de Popoli le
fit attaquer par les Gardes
Espagnoles, qui l'emporterent
avec peu de resistance,
ôc poursuivirent ceux qui le
defendoient jusqu'aux chemins
couverts de la ville &
du Château de Montjouy,
on en tua un grand nombre,
& trenre furent faits
prisonners
; que le détachement
commandé par
Don Feliciano de Bracamonte,
qui poursuivoitNebot
,
l'avoit attaqué,& obligé
de se retirer vers Caldas
de Monbuy, où ce rebelle
n'osa l'attendre, quoique
ce lieu fût fort par sa situation,
& entouré de murailles.
Il voulut gagner la
plaine de Vich :
maisil fut
coupé par le Comte de
Fienne,&par DonTiberio
Carafa, ce qui l'obligea à
se retirer dans les montagnes.
On écrit de Puycerda
que le Comte de Fienne
avoit chassé Nebot de la
Cerdagne, & qu'il l'a obligé
à se retirer du côté
d'Urgel, que les troupes
de ce rebelle avoient fait
de grands desordres dans
tous les lieux où elles ont
passé, que néanmoins leur
nombre diminuoit de jour
en jour par la desertion, &
que Nebot continuoit sa
suite avec toute la diligence
possible vers la Conca de
Tremps, que le Comte de
Fienne le poursuivoit,tandis
que Don Feliciano de Bracamonte
marche avec un
détadétahement
de quatre à
cinq mille hommes pour
lui couper le chemin du
côté de Cardone.
Les lettres de Girone du
25. Septembre portent qu'-
un des Principaux Chefs
des rebelles, accompagné
de vingt-deuxhommes,
étoit venu se soûmettreau
Commandant de Vich, &
qu'un député du Baillide
Roda étoit venu encette
villeavecquatre des principauxauteurs
de la révolte,
pour implorer la C\'OmenceduRoy.
Lesdernieres
lettres du camp de.
vant Barcelone portent que
ceux qui commandentdans
la ville avoient fait publier
une ordonnance pour obliger
tous les habitans, fous
peine de la vie, à dénoncer
tout ce qu'ils ont de monnoye,
de vaisselle d'or &
d'argent, & de joyaux,dont
le Receveur leur donnera
des reçus payables par la
députation, quand elle fera
en état de le faire, qu'on
avoit par ce moyen trouve
quelque quantité d'argent
monnoyé&enmatiere,
1 V
qu'ils avoient reçûquelques
rafraîchissemens pendant
que les Galeres étoienc
allé escorter un convoy
de blé, d'artillerie ôc de
munitions, ce qui a obligé
le Duc de Popoli a renouveller
les défenses d'y porter
aucunes provisions
changeant la peine des , galeres
en celle de la vie:
qu'il étoit arrivé au camp
vingt bataillons 6c vingt
escadrons des troupes d'Ei:
tramadure
,
6c autres Provinces
d'Espagne, & qu'on
travailloit a décharger le
cpnvoy que lesgaleresavoient
efçojrté
; que le Duc
de Popoli avoit envoyé un
trompette aux Magistrats
de la villepour lés sommer
de se rendre,avec menaces
que s'ils attendoientque
les batteries fussent en état,
il n'y auroitpoint dequartier
pour eux. :'
On mande de Naples
que le Comte de Thaun
n'oublierien pour le foulagemenc
des peuples, qu'il
apporte tous ses soins pour
faire diminuer les vivres
qui y sontfort chers. On
a distribué dans les places
fortesdu Royaume les
troupes qui sont venuës de
Catalogne, & les troupes
Allemandesdoiventêtre envoyées
dansleMilanez:qu'il
estvenu un ordre delaCour
de Vienne d'envoyer des
vivres & des munitions
de guerre aux Barcelonois,
ce qui fera de difficile execution
,d'autant qu'onsçait
qu'il est sorti du port de
Toulon plusieursvaisseaux
de guerre qui sont allé
croiser dans les mers de
Catalogne, avec ordre de
se saisir de tous les bâtimens
qu'ils trouveroient
être chargez pour Barcelone,
de telle nation qu'ils
puissent être.
On mande de Cadix du
y qu'il est parti de ce port
quatre vaisseaux de guerre;
pour aller croiser dans h
Mediteranée, & être eiru
ployez au siege de Barcelonne.
On a aussi embarqué
toutes les troupes de l'Andalousie,
lesquelles avoient
été employées au blocus de
Gibraltar. On a aussi embarqué
du canon, desmortiers,
& beaucoup de munitions
de guerre. On équipe
encore deux autres vaiCseaux,
qui prendront la.
même route. On a publié
dans cette ville la suspension
d'armes avec les Portugais
: le temps n'cft pas
limité, elle doit toûjours
durer jusqu'à la conclusion
de la paix entre les deux
Couronnes. Un vaisseau
Portugais attaqua avanthier
prés du Cap de saint
Vincent, deux Corsaires
qui y croisoient depuis 15.
jours, & après deux heures
de combat il en coula
une à fond, & on obligea
l'autre à se rendre.
Un vaisseau François vint
hier moüiller à nôtre rade;
il vient de la Martinique:
on le tient riche de plus de
huit millions pour le compte
des Negocians François.
Il prend des rafraîchissemens,
&remettra en
bref à la voile pour les ports
de France.
OnécritdeMadriddu28.
Septembre,que le 23la Reine
y éroit heureusement accouchée
d'un Prince qui
doit être nommé D. Ferdinand,
que le Roy accompafgincéfldce&
s Grands, de laNod'un
nombre infini
de peuple,alla faire chanter
le Te Deum à Nôtre-Dame
d'Atochaen action de graces
, que les trois nuits
suivantes la naissance du
Prince avoit été celebrée
par des feux de joye & des
illuminations par toute la
ville, & qu'en cette confi-
.deration le Roy avoitrappellé
le Duc d'Arcos qui
avoit été relegué en une
de ses terres. Plusieurs lettres
de Madrid portent que
les Officiers des Maisons
Royales, les Presidents de
divers Tribunaux, ceux
qui en dépendent, &presque
tous les chefs de familles,
avoient fait des dons
gratuits pour les dépenses
de la guerre de Catalogne,
& qu'on ne doutoit pas que
lesautresvilles,&toutesles
Provinces n'en fissent de
même:que les Gardes de
Sa MajeÍÍé, & beaucoup
d'autres troupes de cavalerie
& d'infanterie, outre
celles qui viennent d'Estramadure,
marchoient vers
l'armée campée devant
Barcelonne. On mande de
l'armée de devantBarcelonne
lonne que le Duc de Popoli
l'avoit fait enfermer par
une ligne qui s'étend depuis
la riviere de Befos
jusqu'au Llobregat, avec
des redoutes d'espace en
espace, & deux forts aux
extremitez,pour faciliter le
débarquement des vivres ôc
des munitions à l'embouchure
des deux
-'
rivieres,que
les assiegez n'avoient fait
que quelques sorties, dans
lesquelles ils avoient été
repoussez vigoureufement
& avec perte, qu'ils avouent
peu de vivres, manquoient
d'argent, & de plusieurs
autres commoditez;que la
garnison n'étoit que de
deux mille cinq cens hommes
de troupes reglées
5
la
plûpart Allemans des troupes
de l'Archiduc, qu'ils
ont engagez à prendre parti
avec eux & que plusieurs
Vigueries avoient prêté l'obeissance
) entre autres la
ville Episcopale d'Urgel , qui avoit envoyé offrir de
(e soumettre
,
& d'ouvrir
ses portes; que les rebelles
avoient fortifié un poste
appelle le Calvaire prés des
Capucins, lequel les Orfévres
& les Droguistes de
la ville s'étoient chargez
de défendre: mais que le
Duc de Popoli l'ayant fait
attaquer, ilsavoient été
forcez,& presque tous pasfez
au fil de l'épée. On
mande de Vich que Don
Feliciano de Bracamonte y
étoit entré, & qu'il travailloit
à reduire à l'obeissance
les païs voisins, où il y
avoit encore plusieurs rebelles,
que le Comte de
Fienne avoit chassé Nebot
d'Aulos [ur le Fluvian, ez
quil le poursuivoit vers la
Cerdagne) où il s'étoit re- tiré,pendant que leMarquis
d'Arpajon le poursuivoit
d'un autre côté1 avec un ddétachement
de l'armée du
Duc de Popoli, que cerebelle
avoit dans fà. retraite
augmenté sa troupe jusquau
nombre de douze cens
chevaux, ôcde quatre mille
fantassins, & qu'il avoit
marché avec tant de dili-
# gence qu'5i-1l éftoit arrivé le
1 5. Septembre dans la plaine
de Cerdagne à une lieuë
de Mont louis, où ilfaisoit
de grands desordres, que
toutes ses troupes subsistoient
des provinons qu'elles
faisoientdans le plat païs,
qu'il menaçoit d'attaquer
Puycerda, dont les fortifications
font démolies. Les
lettres du camp devant
Barcelonne du 16. Septembre
portent que les rebelles
ayant fortifié le Monastere
de santa Madrona dans la
montagne au -
desson du
Château de Monrjouy, le
Duc de Popoli fit dressr
unebatterie pour les en
chasser;les asseiegezfirent
une sortie pour interrompre
ce travail: mais ils furent
repoussez avec perte
de quarante hommes, l'artillerie
ayant fait des breches
considerables à ce
porte; leDuc de Popoli le
fit attaquer par les Gardes
Espagnoles, qui l'emporterent
avec peu de resistance,
ôc poursuivirent ceux qui le
defendoient jusqu'aux chemins
couverts de la ville &
du Château de Montjouy,
on en tua un grand nombre,
& trenre furent faits
prisonners
; que le détachement
commandé par
Don Feliciano de Bracamonte,
qui poursuivoitNebot
,
l'avoit attaqué,& obligé
de se retirer vers Caldas
de Monbuy, où ce rebelle
n'osa l'attendre, quoique
ce lieu fût fort par sa situation,
& entouré de murailles.
Il voulut gagner la
plaine de Vich :
maisil fut
coupé par le Comte de
Fienne,&par DonTiberio
Carafa, ce qui l'obligea à
se retirer dans les montagnes.
On écrit de Puycerda
que le Comte de Fienne
avoit chassé Nebot de la
Cerdagne, & qu'il l'a obligé
à se retirer du côté
d'Urgel, que les troupes
de ce rebelle avoient fait
de grands desordres dans
tous les lieux où elles ont
passé, que néanmoins leur
nombre diminuoit de jour
en jour par la desertion, &
que Nebot continuoit sa
suite avec toute la diligence
possible vers la Conca de
Tremps, que le Comte de
Fienne le poursuivoit,tandis
que Don Feliciano de Bracamonte
marche avec un
détadétahement
de quatre à
cinq mille hommes pour
lui couper le chemin du
côté de Cardone.
Les lettres de Girone du
25. Septembre portent qu'-
un des Principaux Chefs
des rebelles, accompagné
de vingt-deuxhommes,
étoit venu se soûmettreau
Commandant de Vich, &
qu'un député du Baillide
Roda étoit venu encette
villeavecquatre des principauxauteurs
de la révolte,
pour implorer la C\'OmenceduRoy.
Lesdernieres
lettres du camp de.
vant Barcelone portent que
ceux qui commandentdans
la ville avoient fait publier
une ordonnance pour obliger
tous les habitans, fous
peine de la vie, à dénoncer
tout ce qu'ils ont de monnoye,
de vaisselle d'or &
d'argent, & de joyaux,dont
le Receveur leur donnera
des reçus payables par la
députation, quand elle fera
en état de le faire, qu'on
avoit par ce moyen trouve
quelque quantité d'argent
monnoyé&enmatiere,
1 V
qu'ils avoient reçûquelques
rafraîchissemens pendant
que les Galeres étoienc
allé escorter un convoy
de blé, d'artillerie ôc de
munitions, ce qui a obligé
le Duc de Popoli a renouveller
les défenses d'y porter
aucunes provisions
changeant la peine des , galeres
en celle de la vie:
qu'il étoit arrivé au camp
vingt bataillons 6c vingt
escadrons des troupes d'Ei:
tramadure
,
6c autres Provinces
d'Espagne, & qu'on
travailloit a décharger le
cpnvoy que lesgaleresavoient
efçojrté
; que le Duc
de Popoli avoit envoyé un
trompette aux Magistrats
de la villepour lés sommer
de se rendre,avec menaces
que s'ils attendoientque
les batteries fussent en état,
il n'y auroitpoint dequartier
pour eux. :'
On mande de Naples
que le Comte de Thaun
n'oublierien pour le foulagemenc
des peuples, qu'il
apporte tous ses soins pour
faire diminuer les vivres
qui y sontfort chers. On
a distribué dans les places
fortesdu Royaume les
troupes qui sont venuës de
Catalogne, & les troupes
Allemandesdoiventêtre envoyées
dansleMilanez:qu'il
estvenu un ordre delaCour
de Vienne d'envoyer des
vivres & des munitions
de guerre aux Barcelonois,
ce qui fera de difficile execution
,d'autant qu'onsçait
qu'il est sorti du port de
Toulon plusieursvaisseaux
de guerre qui sont allé
croiser dans les mers de
Catalogne, avec ordre de
se saisir de tous les bâtimens
qu'ils trouveroient
être chargez pour Barcelone,
de telle nation qu'ils
puissent être.
On mande de Cadix du
y qu'il est parti de ce port
quatre vaisseaux de guerre;
pour aller croiser dans h
Mediteranée, & être eiru
ployez au siege de Barcelonne.
On a aussi embarqué
toutes les troupes de l'Andalousie,
lesquelles avoient
été employées au blocus de
Gibraltar. On a aussi embarqué
du canon, desmortiers,
& beaucoup de munitions
de guerre. On équipe
encore deux autres vaiCseaux,
qui prendront la.
même route. On a publié
dans cette ville la suspension
d'armes avec les Portugais
: le temps n'cft pas
limité, elle doit toûjours
durer jusqu'à la conclusion
de la paix entre les deux
Couronnes. Un vaisseau
Portugais attaqua avanthier
prés du Cap de saint
Vincent, deux Corsaires
qui y croisoient depuis 15.
jours, & après deux heures
de combat il en coula
une à fond, & on obligea
l'autre à se rendre.
Un vaisseau François vint
hier moüiller à nôtre rade;
il vient de la Martinique:
on le tient riche de plus de
huit millions pour le compte
des Negocians François.
Il prend des rafraîchissemens,
&remettra en
bref à la voile pour les ports
de France.
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Le 23 septembre, la reine d'Espagne a accouché d'un prince nommé Ferdinand. Cet événement a été célébré par un Te Deum à Notre-Dame d'Atocha, en présence du roi et des grands du royaume. La ville a été illuminée et des feux de joie ont été allumés pendant trois nuits. Le roi a rappelé le Duc d'Arcos, précédemment relégué. Divers officiers, présidents de tribunaux et chefs de familles ont fait des dons pour financer la guerre de Catalogne. Des troupes de cavalerie et d'infanterie, y compris celles d'Estramadure, se dirigent vers l'armée assiégeant Barcelone. À Barcelone, le Duc de Popoli a renforcé les lignes autour de la ville, facilitant le débarquement de vivres et de munitions. Les assiégés, manquant de vivres et d'argent, ont été repoussés lors de sorties. La garnison, composée principalement de troupes allemandes de l'Archiduc, est estimée à 2 500 hommes. Plusieurs vigueries, dont la ville épiscopale d'Urgel, ont prêté allégeance. Les rebelles ont été repoussés lors d'une attaque sur un poste près des Capucins. Dans d'autres régions, Don Feliciano de Bracamonte et le Comte de Fienne poursuivent les rebelles, notamment Nebot, qui a augmenté ses troupes et causé des désordres. Nebot a été contraint de se retirer après plusieurs affrontements. À Girone, des chefs rebelles se sont soumis aux autorités. À Barcelone, une ordonnance oblige les habitants à déclarer leurs biens précieux sous peine de mort. Des renforts sont arrivés au camp, et le Duc de Popoli a sommé la ville de se rendre. À Naples, le Comte de Thaun travaille à réduire les prix des vivres. Des troupes ont été redistribuées dans les places fortes du royaume. La Cour de Vienne a ordonné l'envoi de vivres et de munitions à Barcelone, malgré les menaces de vaisseaux de guerre français. De Cadix, quatre vaisseaux de guerre et des troupes ont été envoyés vers la Méditerranée pour le siège de Barcelone. Une suspension d'armes a été publiée avec les Portugais. Un vaisseau français, riche de plusieurs millions, a mouillé à Cadix avant de repartir pour la France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2864
p. 104-108
Nouvelles d'Angleterre.
Début :
On mande de Londres que la Reine a donné au [...]
Mots clefs :
Reine, Comte de Seafield, Duc d'Aumont, Royaume d'Écosse, Élections, Anglicans
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Angleterre.
Nouvelles dAnglettrrt.
Onmande de.Londres
que la Reine a donné au
Comte de Seafield la Charge
deChancelier du Royaume
d'Ecosse,&au Comte
de Marr celle de Secretaire
d'Estatpour le même pays ;
qu'il y avoit eu à Vvindsor
un grand conseil
,
dans lequel
le Duc de Schrevvsbury
avoit été déclaré Viceroy
d'Irlande, conservant
sa Charge de grand
Chambellan
; que le n, Septembre le Chevalier
Cotterel
,
Maître des Ceremonies,
alla porter au
Duc d'Aumont, Ambassadeur
extraordinaire de
France, le present de la
Reine, qui est un portrait
de Sa Majesté,enrichi de
diamans d'un très-grand
prix;que le 24. le Duc d'Aumont
alla à Vvindsorla remercier,
& prendre congé
d'elle; que le Comte d'Oxford,
grand Tresorier,avoit
donnéil y a quelques jours
ses ordres pour payer à
Chatam les équipages de
douze vaisseaux de guerre
qjii y sont, & de cinq autres
qui sont à Plimouth,
afin de les congedier & de
soulager l'Estat de cette dépense
; & qu'il avoir en
voyé le 6. d'Octobre, fous
une bonne escorte
, une
somme considerable à
Vvolvvich & à Deptford,
pour payer les équipages
de cinq vaisseaux de guerre
qu'on veut aussi licentier.
Que les élections conti
nuoient dans les Provinces
à l'avantage des Anglicans;
qu'on avoir même remarquéque
de quarante- quatre
députez que la Province
de Cornoüaille choisit, il
y en avoit trente de ce parti,
& quatorzeseulement
pour celui des Vvighsj-Oâ
écrit de Bristol, que le jour
qu'on y travailloit aux élevions
dans la halle où od
a coûtumede lesfaire,le
peuplesesoûleva contre les Vvighs & les enchassa,
ôc que s'étant retirerdans
la maison d'un marchand
voisin,il les y poursuivit,
ôcy fit beaucoup de dommage
avant que les Magisxrats
pussent ymettre or^
4re.
Onmande de.Londres
que la Reine a donné au
Comte de Seafield la Charge
deChancelier du Royaume
d'Ecosse,&au Comte
de Marr celle de Secretaire
d'Estatpour le même pays ;
qu'il y avoit eu à Vvindsor
un grand conseil
,
dans lequel
le Duc de Schrevvsbury
avoit été déclaré Viceroy
d'Irlande, conservant
sa Charge de grand
Chambellan
; que le n, Septembre le Chevalier
Cotterel
,
Maître des Ceremonies,
alla porter au
Duc d'Aumont, Ambassadeur
extraordinaire de
France, le present de la
Reine, qui est un portrait
de Sa Majesté,enrichi de
diamans d'un très-grand
prix;que le 24. le Duc d'Aumont
alla à Vvindsorla remercier,
& prendre congé
d'elle; que le Comte d'Oxford,
grand Tresorier,avoit
donnéil y a quelques jours
ses ordres pour payer à
Chatam les équipages de
douze vaisseaux de guerre
qjii y sont, & de cinq autres
qui sont à Plimouth,
afin de les congedier & de
soulager l'Estat de cette dépense
; & qu'il avoir en
voyé le 6. d'Octobre, fous
une bonne escorte
, une
somme considerable à
Vvolvvich & à Deptford,
pour payer les équipages
de cinq vaisseaux de guerre
qu'on veut aussi licentier.
Que les élections conti
nuoient dans les Provinces
à l'avantage des Anglicans;
qu'on avoir même remarquéque
de quarante- quatre
députez que la Province
de Cornoüaille choisit, il
y en avoit trente de ce parti,
& quatorzeseulement
pour celui des Vvighsj-Oâ
écrit de Bristol, que le jour
qu'on y travailloit aux élevions
dans la halle où od
a coûtumede lesfaire,le
peuplesesoûleva contre les Vvighs & les enchassa,
ôc que s'étant retirerdans
la maison d'un marchand
voisin,il les y poursuivit,
ôcy fit beaucoup de dommage
avant que les Magisxrats
pussent ymettre or^
4re.
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Résumé : Nouvelles d'Angleterre.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et diplomatiques en Angleterre et en Écosse. La Reine a nommé le Comte de Seafield au poste de Chancelier du Royaume d'Écosse et le Comte de Marr au poste de Secrétaire d'État pour l'Écosse. Un grand conseil s'est tenu à Windsor, où le Duc de Schrewsbury a été désigné Viceroy d'Irlande tout en conservant sa charge de grand Chambellan. Le 1er septembre, le Chevalier Cotterel a remis au Duc d'Aumont, Ambassadeur extraordinaire de France, un portrait de la Reine enrichi de diamants. Le 24 septembre, le Duc d'Aumont a rendu visite à la Reine à Windsor pour la remercier et prendre congé. Le Comte d'Oxford, grand Trésorier, a ordonné le paiement des équipages de dix-sept vaisseaux de guerre afin de les licencier et réduire les dépenses de l'État. Les élections dans les provinces favorisent les Anglicans, avec par exemple trente députés sur quarante-quatre élus en Cornouaille appartenant à ce parti. À Bristol, une émeute a éclaté contre les Whigs, causant des dommages avant que les magistrats n'interviennent.
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2865
p. 109-113
Nouvelles d'Utrecht.
Début :
On écrit d'Utrecht, que le 5. Octobre les Ambassadeurs [...]
Mots clefs :
Ambassadeurs, Naissance, Prince Ferdinand , Conférence, Troupes, Cologne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Utrecht.
NouvellescTVtrtcht.
;
On écrit d'Utrecht,quq
le5 Octobre les Ambassadeurs
d'Espagnereçurent
un courier qui leur apporta
la nouvelle que la Reine
éçpje., accouchéed'un trou
sime Pri'nçeiqtji,,,Ivçit
nommé Ferdinand;que le
9.le Duc d'Ossone, pourcelebrer
la naissancedece
Prince, donnaun magnifique
repas à divers Ministres
& autres personnes de
diftinftion, & quç-t le soir
son Hôtel fut illuminé en
dehors & en dedans,&orné
d'une decoration magnifique
d'emblêmes&de
devises sur des médaillons,
Les lettres de la Haye
portent que le Comte de
Strafford & les dépurez des
Estats Générauxeurent une
conférence avec le Prince
Kurakin & le Baron de
Gersdorf, envoyez du Czar
&duRoyAuguste,&enfuite
avec le Baron Palmquist
envoyé du Roy de
Suede, touchant les affaires
duNord,Seque les EÙ
tats de Hollande avoient
donné la charge de contre-
Amiral de l'Amirauté de
la Meuse au Capitaine ja,
cob van Koperen,& celle
de l'Amirautéd'Amsterdam
au Capitaine Lucas
de Veth.Les nouvelles d'Allemagne
portent qu*tnpa$e
ti Françoisavoit enlevécinquante
soldats Allemans à
une lieuë au-dessus deCologne
;que le 7.les troupes
de Prusse ôc de Hanover
étoient encore au-deçà du
Mein; & que le Prince Eugene
, qui étoit encore le
6. en son camp de Mulberg,
avoit détaché six regimens
de cavalerie & dix bataillons
, pour renforcer le
camp du General Vaubonne
qui se retranchoit près
de Rotvveil.
: On écrit de Cologne,
queleRoy dePrusse fait
fairedes levées à Vesel &
dans tous ses Estats, & qu'il
prend à son service lessoldatslicentiez
par lesEstats
voisins,que les troupes de.
ce Prince qui se preparoienc
à passer le Mein pouraller
joindre l'armc'cdel'Em--
pire,
pire,avoient recû un contre
ordre.
;
On écrit d'Utrecht,quq
le5 Octobre les Ambassadeurs
d'Espagnereçurent
un courier qui leur apporta
la nouvelle que la Reine
éçpje., accouchéed'un trou
sime Pri'nçeiqtji,,,Ivçit
nommé Ferdinand;que le
9.le Duc d'Ossone, pourcelebrer
la naissancedece
Prince, donnaun magnifique
repas à divers Ministres
& autres personnes de
diftinftion, & quç-t le soir
son Hôtel fut illuminé en
dehors & en dedans,&orné
d'une decoration magnifique
d'emblêmes&de
devises sur des médaillons,
Les lettres de la Haye
portent que le Comte de
Strafford & les dépurez des
Estats Générauxeurent une
conférence avec le Prince
Kurakin & le Baron de
Gersdorf, envoyez du Czar
&duRoyAuguste,&enfuite
avec le Baron Palmquist
envoyé du Roy de
Suede, touchant les affaires
duNord,Seque les EÙ
tats de Hollande avoient
donné la charge de contre-
Amiral de l'Amirauté de
la Meuse au Capitaine ja,
cob van Koperen,& celle
de l'Amirautéd'Amsterdam
au Capitaine Lucas
de Veth.Les nouvelles d'Allemagne
portent qu*tnpa$e
ti Françoisavoit enlevécinquante
soldats Allemans à
une lieuë au-dessus deCologne
;que le 7.les troupes
de Prusse ôc de Hanover
étoient encore au-deçà du
Mein; & que le Prince Eugene
, qui étoit encore le
6. en son camp de Mulberg,
avoit détaché six regimens
de cavalerie & dix bataillons
, pour renforcer le
camp du General Vaubonne
qui se retranchoit près
de Rotvveil.
: On écrit de Cologne,
queleRoy dePrusse fait
fairedes levées à Vesel &
dans tous ses Estats, & qu'il
prend à son service lessoldatslicentiez
par lesEstats
voisins,que les troupes de.
ce Prince qui se preparoienc
à passer le Mein pouraller
joindre l'armc'cdel'Em--
pire,
pire,avoient recû un contre
ordre.
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Résumé : Nouvelles d'Utrecht.
Le 5 octobre, les ambassadeurs d'Espagne à Utrecht apprirent la naissance du prince Ferdinand, fils de la reine d'Espagne. Le duc d'Ossone organisa un repas somptueux pour célébrer cet événement, illuminant et décorant son hôtel avec des symboles et devises. À La Haye, le comte de Strafford et les députés des États Généraux eurent des conférences avec des envoyés du tsar, du roi Auguste, et du roi de Suède concernant les affaires du Nord. Les États de Hollande nommèrent Jacob van Koperen contre-amiral de l'Amirauté de la Meuse et Lucas de Veth à l'Amirauté d'Amsterdam. En Allemagne, François Ier captura cinquante soldats allemands près de Cologne. Les troupes prussiennes et hanovriennes étaient positionnées au-delà du Mein. Le prince Eugène envoya des renforts au général Vaubonne près de Rotweil. À Cologne, on rapporta que le roi de Prusse levait des troupes à Wesel et dans ses États, recrutant également des soldats licenciés par les États voisins. Les troupes prussiennes, initialement prêtes à traverser le Mein pour rejoindre l'armée impériale, reçurent un contre-ordre.
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2866
p. 113-124
Au Camp de Fribourg le 15. Octobre. Relation du Maréchal de Villars.
Début :
Monsieur le Maréchal ayant resolu en même tems d'attaquer une [...]
Mots clefs :
Maréchal de Villars, Grenadiers, Lunette, Attaque, Colonel, Canon
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Au Camp de Fribourg le 15. Octobre. Relation du Maréchal de Villars.
Âu Camp de Fribçurg le 15.
Oflobre.
ReUtion duMaréchal de
; Villars,
Monsieur le Maréchal
ayant resolu en même tems
d'attaquer une lunette &
tout le chemin couvert
du Poligone, où nous allons,
on commanda quarante
Compagnies de Grenadiers
distribuez en divers
end roits, les un p our attaquer
& d'autres pour foti-"
tenir; le hazard fit queles
ennemis, qui avoient preparé
une sortie de douze
cent hommes, commandez
par le General MajorVveitersheim,
un Brigadier &
deux Colonels, commençoient
à sortir du chemin
couvert. Le quart de ces
gens étoient déja sur le
glacis, lorsque nos grenadiers
debouchoient pour
attaquer la lunette & le
chemin couvert; ces gens
qui faisoient une sortie
considerable fc voyan
chargez, furent bien tôt
renversez ; l'on en tua un
très grand nombre, le General
Major fut pris avec
un Colonel, ces douze cent
hommes étant troupes
choisies. La plupart se placerent
dans le chemin couvert
à la droite & à la gauche
de l'attaque, & firent
un très-grand feu.
La lunerte étoit défendue
par deux cens hommes
choisis, & ordre du Gouverneur
de se défendre jusqu'au
dernier homme,avec
promessed'être bien soutenus,
outre cela ilyavoit
cent trente hommes dans
la communication du chemin
couvert à la lunette:
mais ils furent emportez
d'abord par nos grenadiers,
qui se logèrent dans la
communication ; l'on ne
devoit pas s'attendre que
deux cent hommes coupez,
& à qui l'on promettoit
quartier le refusassent;
tous nos: Grenadiers qui
voulurent entrer furent
renversez à coup de hallebarde&
de faulx. Le Marquis
de Vivans Lieutenant
General commandant la
tranchée y mena les bataillons
& les drapeaux de
Poitou,_& deRoyalRoussillon,
les Colonels àla tête,
ils marchèrent à la lunette,
les ennemisfirent grande,
resistance, cequi obligea
Messieurs de Coigny, le
Comte de Broglio,Nangis,
Contades, le Marquis de
Broglio, Çhar".illo"n.,voIon..
taires auprès du Maréchal
de Villars,de marcher à
cette lunette. On fie, avancer
cent cinquante dragons
qui passerent sur le glacis
pour ne pas troubler l'attaque
trés-vive des batail-
Ions, & faisant un dernier
effort la lunette fut emportée
,
& presque tous ceux
qui la défendoient tuez,
ensuite on continua les logemens
sur tous les angles
saillansduPoligoneattaqué,
, le grand feu des ennemis,
les bombes qu'ils nous jettoient
nont pas empêché
que nos logemens ne fc
soient trouvez en fort bon état
à la pointe du jour. Le
Maréchal de Villars voyant
que les troupes étoient fatiguées
, &ne voulant pas
que les ennemis, qui avoient
déja fait plusieurs
sorties, pussent détruire les
têtes de nos logemens,envoya
ordre à la brigade de
Limosin la plus voisine, de
venir à la queuë de la tranchée
; on fit aussi marcher
cinq cens hommes de la
brigade de Picardie,& les
trois bataillons deLorraine,
avec ordre à la brigade de la
Sarre de se tenir prête, tant
pourêtre superieur en troupes,
ne rien craindre /^quc
pour avoir des travailleurs
tout prêts pour remplacer
ceux qui étoienthors dç combat. 3 -
v
Le Maréchal se louë
beaucoup de toutes ses
troupes. Monsieur de Vivans
Lieutenant General de\
tranchée
a fait tout ce qu'on
pouvoir attendre d'un brave
Officier. Monsieur de
Silly Maréchal de Campa
très utillement servi à l'attaque
du centre où commandoit
le Sieur Monerot
Colonel Commandant
d'Alsace. M. d'Ormesson
BBiriigadier commandoit la
Z~D-yadicr coiiii-nandoir gauche,
gauche, Messieurs les Comte
de Roucy & Valory étoient
auprès du Maréchal
de Villars, & avoient trésbien
dirigé les attaques ôc
services d'Ingenieurs, donc
la plûpart ont été tuez ou
blessez. Nous avons perdu
plusieurs Capitaines deGrenadiers
,
desquels on ne
peut trop louer la valeur;
les Grenadiers des Gardes
ont fait des merveilles,tous
leurs Officiers ont ététuez
ou blessez. Monsieur de
Contade Major General,
qui portoit. ôc faisoit Foxe..:
cuter tous les ordres, a été
enversé d'un coup de casion,
& le visagepercé de
plusieurs coups de pierres,
le Comte de Croissy volontaire,
le Duc de Fronsac
& le Marquis de Nangis
ont reçû des coups de
pierre à latranchée. M. le
Maréchal a reçu un coup
de pierre à la hanche;cette
action est des plus glorieuse
pour les troupes du
Roy, & d'un succés bien
avantageux, puifquelle a
empotefUence à une garnison
qui a montré tant de
valeur.
Nous sommes logez sur
les angles saillans du chemin
couvert, le General
Vvéistheim a dit que le
Gouverneur de la place
avoit assuré la garnison que
le Prince Eugéne devoir
les secourir;il est vrai que
le 12. ce Prince s'avanca sur
Hosgraben, qui n'est qu'à
cinq lieuës, & d'où il peut
reconnoître nos postes:mais
il s'en retourna le lendedemain;
il y eut il y a deux
jours une action trés-vive à
l'attaque du Château,les ennemis
firent une sortie considerable
>
&, renverserent
la tête de nôtre tranchée.
Le Chevalier de Pezeux à
la tête
;
desbataillons,de
Lavalreprit nos postes. l'épée
à la main, & tua un
grandnombre desennemis
, Monsieur deLaval
Colonel fut blessé deux
Capitaines de Grenadiers ]
&unde Dragonstuez.On
; n'a Doiht encorede lifte des <
tuez & b!ef!cz..j,
Les Ducs de Guiche ôc
Mortemart étoient volontaires
danscette action,
présdu Maréchal dcVillarsj
Oflobre.
ReUtion duMaréchal de
; Villars,
Monsieur le Maréchal
ayant resolu en même tems
d'attaquer une lunette &
tout le chemin couvert
du Poligone, où nous allons,
on commanda quarante
Compagnies de Grenadiers
distribuez en divers
end roits, les un p our attaquer
& d'autres pour foti-"
tenir; le hazard fit queles
ennemis, qui avoient preparé
une sortie de douze
cent hommes, commandez
par le General MajorVveitersheim,
un Brigadier &
deux Colonels, commençoient
à sortir du chemin
couvert. Le quart de ces
gens étoient déja sur le
glacis, lorsque nos grenadiers
debouchoient pour
attaquer la lunette & le
chemin couvert; ces gens
qui faisoient une sortie
considerable fc voyan
chargez, furent bien tôt
renversez ; l'on en tua un
très grand nombre, le General
Major fut pris avec
un Colonel, ces douze cent
hommes étant troupes
choisies. La plupart se placerent
dans le chemin couvert
à la droite & à la gauche
de l'attaque, & firent
un très-grand feu.
La lunerte étoit défendue
par deux cens hommes
choisis, & ordre du Gouverneur
de se défendre jusqu'au
dernier homme,avec
promessed'être bien soutenus,
outre cela ilyavoit
cent trente hommes dans
la communication du chemin
couvert à la lunette:
mais ils furent emportez
d'abord par nos grenadiers,
qui se logèrent dans la
communication ; l'on ne
devoit pas s'attendre que
deux cent hommes coupez,
& à qui l'on promettoit
quartier le refusassent;
tous nos: Grenadiers qui
voulurent entrer furent
renversez à coup de hallebarde&
de faulx. Le Marquis
de Vivans Lieutenant
General commandant la
tranchée y mena les bataillons
& les drapeaux de
Poitou,_& deRoyalRoussillon,
les Colonels àla tête,
ils marchèrent à la lunette,
les ennemisfirent grande,
resistance, cequi obligea
Messieurs de Coigny, le
Comte de Broglio,Nangis,
Contades, le Marquis de
Broglio, Çhar".illo"n.,voIon..
taires auprès du Maréchal
de Villars,de marcher à
cette lunette. On fie, avancer
cent cinquante dragons
qui passerent sur le glacis
pour ne pas troubler l'attaque
trés-vive des batail-
Ions, & faisant un dernier
effort la lunette fut emportée
,
& presque tous ceux
qui la défendoient tuez,
ensuite on continua les logemens
sur tous les angles
saillansduPoligoneattaqué,
, le grand feu des ennemis,
les bombes qu'ils nous jettoient
nont pas empêché
que nos logemens ne fc
soient trouvez en fort bon état
à la pointe du jour. Le
Maréchal de Villars voyant
que les troupes étoient fatiguées
, &ne voulant pas
que les ennemis, qui avoient
déja fait plusieurs
sorties, pussent détruire les
têtes de nos logemens,envoya
ordre à la brigade de
Limosin la plus voisine, de
venir à la queuë de la tranchée
; on fit aussi marcher
cinq cens hommes de la
brigade de Picardie,& les
trois bataillons deLorraine,
avec ordre à la brigade de la
Sarre de se tenir prête, tant
pourêtre superieur en troupes,
ne rien craindre /^quc
pour avoir des travailleurs
tout prêts pour remplacer
ceux qui étoienthors dç combat. 3 -
v
Le Maréchal se louë
beaucoup de toutes ses
troupes. Monsieur de Vivans
Lieutenant General de\
tranchée
a fait tout ce qu'on
pouvoir attendre d'un brave
Officier. Monsieur de
Silly Maréchal de Campa
très utillement servi à l'attaque
du centre où commandoit
le Sieur Monerot
Colonel Commandant
d'Alsace. M. d'Ormesson
BBiriigadier commandoit la
Z~D-yadicr coiiii-nandoir gauche,
gauche, Messieurs les Comte
de Roucy & Valory étoient
auprès du Maréchal
de Villars, & avoient trésbien
dirigé les attaques ôc
services d'Ingenieurs, donc
la plûpart ont été tuez ou
blessez. Nous avons perdu
plusieurs Capitaines deGrenadiers
,
desquels on ne
peut trop louer la valeur;
les Grenadiers des Gardes
ont fait des merveilles,tous
leurs Officiers ont ététuez
ou blessez. Monsieur de
Contade Major General,
qui portoit. ôc faisoit Foxe..:
cuter tous les ordres, a été
enversé d'un coup de casion,
& le visagepercé de
plusieurs coups de pierres,
le Comte de Croissy volontaire,
le Duc de Fronsac
& le Marquis de Nangis
ont reçû des coups de
pierre à latranchée. M. le
Maréchal a reçu un coup
de pierre à la hanche;cette
action est des plus glorieuse
pour les troupes du
Roy, & d'un succés bien
avantageux, puifquelle a
empotefUence à une garnison
qui a montré tant de
valeur.
Nous sommes logez sur
les angles saillans du chemin
couvert, le General
Vvéistheim a dit que le
Gouverneur de la place
avoit assuré la garnison que
le Prince Eugéne devoir
les secourir;il est vrai que
le 12. ce Prince s'avanca sur
Hosgraben, qui n'est qu'à
cinq lieuës, & d'où il peut
reconnoître nos postes:mais
il s'en retourna le lendedemain;
il y eut il y a deux
jours une action trés-vive à
l'attaque du Château,les ennemis
firent une sortie considerable
>
&, renverserent
la tête de nôtre tranchée.
Le Chevalier de Pezeux à
la tête
;
desbataillons,de
Lavalreprit nos postes. l'épée
à la main, & tua un
grandnombre desennemis
, Monsieur deLaval
Colonel fut blessé deux
Capitaines de Grenadiers ]
&unde Dragonstuez.On
; n'a Doiht encorede lifte des <
tuez & b!ef!cz..j,
Les Ducs de Guiche ôc
Mortemart étoient volontaires
danscette action,
présdu Maréchal dcVillarsj
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Résumé : Au Camp de Fribourg le 15. Octobre. Relation du Maréchal de Villars.
Le 15 octobre, au camp de Fribourg, le maréchal de Villars a ordonné une attaque sur une lunette et le chemin couvert du polygone, impliquant quarante compagnies de grenadiers. Simultanément, les ennemis, dirigés par le général major Weitersheim, ont lancé une sortie de douze cents hommes. Les grenadiers français ont repoussé cette attaque, tuant de nombreux ennemis et capturant le général major et un colonel. La lunette était défendue par deux cents hommes, soutenus par cent trente autres. Malgré une résistance acharnée, les grenadiers français ont pris la lunette après un combat intense. Le marquis de Vivans a mené les bataillons de Poitou et de Royal-Roussillon à l'assaut, tandis que plusieurs officiers, dont les messieurs de Coigny, le comte de Broglie, Nangis, Contades, et le marquis de Broglie, ont dû intervenir face à la forte résistance ennemie. Cent cinquante dragons ont renforcé l'attaque, permettant finalement la prise de la lunette. Les travaux de fortification ont été achevés malgré le feu ennemi. Le maréchal de Villars a salué le courage de ses troupes, notamment le marquis de Vivans et le marquis de Silly. Plusieurs officiers et grenadiers des Gardes ont été tués ou blessés, et le maréchal de Villars a lui-même été blessé à la hanche. Cette action a été jugée glorieuse et avantageuse pour les troupes du roi. Les Français sont maintenant positionnés sur les angles saillants du chemin couvert. Le général Weitersheim a rapporté que le gouverneur de la place avait assuré la garnison du secours du prince Eugène, qui s'était approché mais s'était retiré. Une récente action au château a vu une sortie ennemie repoussée par le chevalier de Pezeux et le colonel de Laval, ce dernier étant blessé. Les ducs de Guiche et de Mortemart étaient également présents en tant que volontaires.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2867
p. 125-132
Nouvelles de Hambourg.
Début :
On écrit de Hambourg que le Roy de Dannemark a [...]
Mots clefs :
Hambourg, Danemark, Turcs, Sultan, Pologne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Hambourg.
Nouvelles,deHambourg,
-: Onécritde Hambourg
que le Roy de Dannemark,
a envoyé: prisonniers à
Rensbourglescanoniers
du Duc de HolsteinGottorp,
pour avoir refusé de
tirer le canon au passage
de la Reine Doüairiere.Les
Conférences continuent à
Gottorp sur les affaires du
Holstein, avec esperance
d'un heureux succès
: on
est déja convenu delaisser
entrer une certaine quantité
de provisions dans Tonningen,&
on y a même
introduit par eau des vivres,
dont cette ville-là manquoit,
& on en doit laisser
entrer de huit jours en huit
jours durant la negociation.
On assure que le Roy de
Dannemark consent qu'on
mette dans Tonningen des
troupes Angloises & Hollandoises
: mais non pas de
celles des Princes voisins,
quoique la Reine de la
Grande Bretagneoffred'en payer l•a moiti•é a causre que
le Duché de Slesvvich où
Tonnigen est situéne rele
ve pas de l'Empire, il a
cependant fait mettre ses
troupes en quartier d'hyver
dans les Etats de Holstein.
On mande du camp
devant Stetin qu'on avon
commencé à bombarder la
place le 18. septembre, que
le General Meyerfeldt qui y
commande avoit demandé
une suspension d'armes,
qu'on lui avoit envoyé deux
Officiers qui lui declarerent
qu'un ne la lui accorderoit
que pour sept heures,surquoi
il avoit offert de rendre
la placé, pourvû qu'on
lui donnâtcinq jours pour
écrire au; Comte de VveL
ling à Hambourg, ce qui
lui a été accordé. Les lettres
de Yvismar portent
qu'on avoit appris de Suede
qu'on embarquoit à Careshaven
dix à douze mille
hommes, pour les transporter
en Pomeranie.
: Lesnouvelles d'Andrinople
, touchant les affaires
du Roy deSuede,paroissent
si incertaines qu'ona
peine à y adjoûterfoy;
elles assurent que la santé
du Roy de Suede est entierement
retablie
,
& qu'il
est encore avec ses Domestiques,
& un grand nombre
d'Officiers à Demir
Tocca présd'Andrinople,
que le Sultanest dans le
dessein de maintenir la paix
avec la Pologne, & qu'il
ne faitavancer ses troupes
que pour fortifier Choczin,
qu'Abdi Bacha, qui commandelarmée
est parti le
premier SeptembredeCze
czora avec les Turques,&
le Kan des Tartares deSte
phanvvitz sur le Pruth:
que le sept ils étoient arrivez
à Choczin avec une
nombreuse artillerie & des
batteaux à faire des ponts:
que Abdi Bacha s'est
campé à la droite de
Choczin, & le Kan des
Tartares à la gauche
s'étendant jusques , vis- à
-
vis deZuaniecz : qu'ils
avoient rencontré sur leur
route d'autres troupes Othomanes
qui marchoient
pour les aller joindre,
qu'il est arrivé de Valaquie
& de Moldavie deux
mille huit cents chariots
chargez de provisions,
qu'ils ont fait demander au
Gouverneur de Caminietz
de leur faire fournir des
vivres en payant, ou de
permettre aux Polonois
d'en apporter: mais que le Gouverneur de Caminietz
leur avoit répondu
qu'il ne pouvoir pasle
faire sans un ordre du
Grand: General de la
Couronne, à qui il écriroit
incessamment.Toutes
ces particularitez donnent
d'autant plus d'inquietude,
que les Turcs
n'ont pas besoin d'une
armée de cent mille hommes
avec tant d'artillerie,&
d'autres préparatifspour
le seul dessein de fortifier
Choczin, auquelon
nets'oppose - pas,quoyqu'onprétende
que cela
foit contraire au Traité
deCarlowitz - qui porte
qu'on ne pourroit de part
&. d'autre fortifier auctunieeplacre
-: Onécritde Hambourg
que le Roy de Dannemark,
a envoyé: prisonniers à
Rensbourglescanoniers
du Duc de HolsteinGottorp,
pour avoir refusé de
tirer le canon au passage
de la Reine Doüairiere.Les
Conférences continuent à
Gottorp sur les affaires du
Holstein, avec esperance
d'un heureux succès
: on
est déja convenu delaisser
entrer une certaine quantité
de provisions dans Tonningen,&
on y a même
introduit par eau des vivres,
dont cette ville-là manquoit,
& on en doit laisser
entrer de huit jours en huit
jours durant la negociation.
On assure que le Roy de
Dannemark consent qu'on
mette dans Tonningen des
troupes Angloises & Hollandoises
: mais non pas de
celles des Princes voisins,
quoique la Reine de la
Grande Bretagneoffred'en payer l•a moiti•é a causre que
le Duché de Slesvvich où
Tonnigen est situéne rele
ve pas de l'Empire, il a
cependant fait mettre ses
troupes en quartier d'hyver
dans les Etats de Holstein.
On mande du camp
devant Stetin qu'on avon
commencé à bombarder la
place le 18. septembre, que
le General Meyerfeldt qui y
commande avoit demandé
une suspension d'armes,
qu'on lui avoit envoyé deux
Officiers qui lui declarerent
qu'un ne la lui accorderoit
que pour sept heures,surquoi
il avoit offert de rendre
la placé, pourvû qu'on
lui donnâtcinq jours pour
écrire au; Comte de VveL
ling à Hambourg, ce qui
lui a été accordé. Les lettres
de Yvismar portent
qu'on avoit appris de Suede
qu'on embarquoit à Careshaven
dix à douze mille
hommes, pour les transporter
en Pomeranie.
: Lesnouvelles d'Andrinople
, touchant les affaires
du Roy deSuede,paroissent
si incertaines qu'ona
peine à y adjoûterfoy;
elles assurent que la santé
du Roy de Suede est entierement
retablie
,
& qu'il
est encore avec ses Domestiques,
& un grand nombre
d'Officiers à Demir
Tocca présd'Andrinople,
que le Sultanest dans le
dessein de maintenir la paix
avec la Pologne, & qu'il
ne faitavancer ses troupes
que pour fortifier Choczin,
qu'Abdi Bacha, qui commandelarmée
est parti le
premier SeptembredeCze
czora avec les Turques,&
le Kan des Tartares deSte
phanvvitz sur le Pruth:
que le sept ils étoient arrivez
à Choczin avec une
nombreuse artillerie & des
batteaux à faire des ponts:
que Abdi Bacha s'est
campé à la droite de
Choczin, & le Kan des
Tartares à la gauche
s'étendant jusques , vis- à
-
vis deZuaniecz : qu'ils
avoient rencontré sur leur
route d'autres troupes Othomanes
qui marchoient
pour les aller joindre,
qu'il est arrivé de Valaquie
& de Moldavie deux
mille huit cents chariots
chargez de provisions,
qu'ils ont fait demander au
Gouverneur de Caminietz
de leur faire fournir des
vivres en payant, ou de
permettre aux Polonois
d'en apporter: mais que le Gouverneur de Caminietz
leur avoit répondu
qu'il ne pouvoir pasle
faire sans un ordre du
Grand: General de la
Couronne, à qui il écriroit
incessamment.Toutes
ces particularitez donnent
d'autant plus d'inquietude,
que les Turcs
n'ont pas besoin d'une
armée de cent mille hommes
avec tant d'artillerie,&
d'autres préparatifspour
le seul dessein de fortifier
Choczin, auquelon
nets'oppose - pas,quoyqu'onprétende
que cela
foit contraire au Traité
deCarlowitz - qui porte
qu'on ne pourroit de part
&. d'autre fortifier auctunieeplacre
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Résumé : Nouvelles de Hambourg.
Le roi de Danemark a envoyé des canonniers du duc de Holstein-Gottorp à Rensbourg en tant que prisonniers pour avoir refusé de tirer le canon au passage de la reine douairière. Les conférences à Gottorp sur les affaires du Holstein se poursuivent avec l'espoir d'un succès, et il a été convenu de laisser entrer des provisions à Tonningen tous les huit jours. Le roi de Danemark accepte la présence de troupes anglaises et hollandaises à Tonningen, mais refuse celles des princes voisins, malgré l'offre de la reine de Grande-Bretagne de payer la moitié des coûts. Le duché de Schleswig, où se situe Tonningen, ne relevant pas de l'Empire, le roi a installé ses troupes en quartier d'hiver dans les États de Holstein. À Stetin, le bombardement de la place a commencé le 18 septembre. Le général Meyerfeldt, commandant sur place, a demandé une suspension d'armes, qui lui a été accordée pour sept heures, après quoi il a offert de rendre la place à condition d'avoir cinq jours pour écrire au comte de Welling à Hambourg. En Suède, des troupes sont embarquées à Careshaven pour être transportées en Poméranie. La santé du roi de Suède est rétablie, et il se trouve à Demir Tocca avec ses domestiques et officiers. Le sultan prévoit de maintenir la paix avec la Pologne et avance ses troupes pour fortifier Choczin, inquiétant les préparatifs turcs.
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2868
p. 133-144
MARIAGE.
Début :
Le 6. de ce mois M. le Comte du Brossay [...]
Mots clefs :
Mariage, Comte du Brossay, Fille naturelle, Duc de Bretagne, Barons de Montmartin, Députation
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MARIAGE.
JldARiAGE,
Le6.de cemoisM. le
Comte du Brossay ,frere
de M. le Marquis du Brosfay!
yéppufsLau châteaude
_Mau,ryo Madame la Mi rjqujfç 4eIfCh.ainelaye, de
lamaison de Sacour-Beldfoerrirere.
Elle étqit veuve Roumilly,MarquisdelaÇbaiiIP4c,
Gou.
verneur deFougerres, 6c estmereduMarquis de cc
moiselleRanchein,&
de
Madame la Duchesse de
Gévres.
-
M.le Comte duBrossay
s'appelleJoseph-Joachim
du Maz, maison trés-noble
très-ancienne sortie de
cellede Matsellon,quidans
tous les temps s'est distinguée
;
&sans entreprendre
den faire la genealogie,
je dirayfeulement que fous
les Ducs de Bourgogne elle
a donné un Jacques du Maz
grand Etendard de ce Duché,
dont les actions font
-écrites dans plusieurs histoires;
Ce fut lefils, de ce Jacques
qui ayant été envoyé
ambassadeur au Duc de
Bretagne par le Duc de
Bourgogne, quitta quelque
tems après le service
de ce Duc pour celui du
premier, qui le voulant établir
en Bretagne, le maria
à sa fille naturelle nommée
Madame de Baucours. Le
contrat qu'on garde dans
cette maison est trop singulier
pour nêtre pas mis
ici.
Je baille imd filleJeanne
U Terre & Seigneurie d
Broufiajy y gravée
,
à bonne
condition que je pourrons
quand je voudrons y hétreZ
{? hebergeZenpiesance.Depuis
ce temps cette maison
a eu de grandes alliances en
iBrctagne.
Ilya plus de cinq cens
ans qu'unGuyondeLaval-
Monmorency, dont la femme
étoit de la maison de
Matfellon
j te parconseqiUent
:partide. celle du
Mz) faisantson testament
pour partir pour la Terre
^ntCyii^Upue pour en êbe
lescxçcuceursl'Evê» s que
que de Rennes, l'Abbé
de Clermont prés Laval,
& Raoul du Maz & Geoffroy
de Monburchier
qualifiez désce , temps de
Chevaliers.
Cette maison, originaire
d'Anjou, y a long-tems
possedé la Terre de Durtal,
tombée à present dans
celle de Messieurs de la
Rochefoucault & celle de
la Vesousiere , ou dans le
bourg de Boirre. Leurs anciens
tombeaux y sont encore.
Le dernier qui fut
Seigneur de ces Terres étoit
Evêque de DolJ»t:ro
Sous Louis onze Jean
du Maz étoit Grand Maître
des. Eaux & Forêts de
France
,
Charge crés.,.confiderable
dans ce tempslà.
Cette maison a eu deux
branches en Bretagne;celle
de l'aîné, qui est celle du
Brossay.
Et celle des Barons de
Montmartin,Comte de
-
Terchands. Cette derniere
est distinguée, puis qu'ils
étoient Gouverneurs de
Vittray fous les Ducsde
Bretagne; Gouvernement
qu'ils rendirent quand cette
Terre tomba aux Ducs de
la Tremoille.
Les Comtes de Terchands
étoient Gentilshommes
de la Chambre
fous François Premier, & laBretagne honora Jean
du Maz de sa deputation
,
avec un de la maison de
Guemadeve, aux Estats generaux
de Blois.
, Depuis ils ont eu les
mêmes Charges fous Henry
quatre ,
qui les honoroit
si fort de ses bontez
) -
qu'on y conserveencore
des lettres de ce grand
Roy, dont l'intitulé estde sa
main en ces termesPourmon
amile BarondeMontmartin.
Cette maison a été de tous
les tems si attachée au Roy,
quesa devise est, Crains
Dieu,honore le Roy. Cequi
se voit encore écrit au château
de Terchands dans
tous les endroits les plus
remarquables.
Cette branche est finie;
la derniere femme de cette
maison étoit Elisabeth - de
Baumanoir. Lavardin, qui
il.eut que des filles, l'aînée
desquelles fut mariée à M.
le Comte de Marcé
)
de la
maison, de Goujon de la
Moussaye.
La seconde à M.le Comte
de Dussé Montgommery
y
dont étoit fille MadamelaComtesse
de Quinlin
, depuis Madame la
.CIonlteùè de Mortagne.
Il ne restedonc plus que
celledu Brossay, & sans
parler d'avantage, je irai
feulement que René du
Maz, ayeul de Messieursdu
BrofTayd'aujourd'iiui^mou;
rut Maréchal de Camp
après avoir été envoyé de la»
Reine Mcre en Angleterre,
où il étoit lorsque Charles
premier eut le cou coupé;
& avoit épousé Gillone de
la Marfelliere, fille de François
Marquis de ce nom, & de Françoised'Harcour,
soeur de M. le Marquis de
Beuvron, Gouverneur de
Rouën. l ',. Elle épousa en secondes
noces M. le Ducde Bouillon-
la-Marcq. Elle avoir
trois filles. L'aînée épousa
le Marquis de Coesquin,
la seconde le Marquis du
Brossay, dont nous parlons
; & la troisiéme le
Marquis du Bellay, & en
secondes noces M. le Presidentde
Thou,âmbaflàdeur
en Hollande.
René du Mazeut de
Gilonnede la Marselliere
Charlesdu Maz, qui épousaHelene
du Guesclin, de
la maison de(Bertranddu
GuesclinConnêtable sie
France,dont sont nez Monsieur,
le Marquis du Brossay
,quiaépousé Marie-
Yolande de la Baume de
la Valiere; & M.leComte
du Brossay, dont on vient
de parler. Leurs grandes
alliances, qui les font appartenir
àMessieurs d'Harcour,
de Matignon, de
Rieux &autres,ic le rang
queleur maisonatoujours
tcnuJeiïllreoagne, où les
Estats les onthonorez tant
de fois de leurs grandes
deputations , ne doivent
paspermettreàpersonne
d'en parlerautrement
Le6.de cemoisM. le
Comte du Brossay ,frere
de M. le Marquis du Brosfay!
yéppufsLau châteaude
_Mau,ryo Madame la Mi rjqujfç 4eIfCh.ainelaye, de
lamaison de Sacour-Beldfoerrirere.
Elle étqit veuve Roumilly,MarquisdelaÇbaiiIP4c,
Gou.
verneur deFougerres, 6c estmereduMarquis de cc
moiselleRanchein,&
de
Madame la Duchesse de
Gévres.
-
M.le Comte duBrossay
s'appelleJoseph-Joachim
du Maz, maison trés-noble
très-ancienne sortie de
cellede Matsellon,quidans
tous les temps s'est distinguée
;
&sans entreprendre
den faire la genealogie,
je dirayfeulement que fous
les Ducs de Bourgogne elle
a donné un Jacques du Maz
grand Etendard de ce Duché,
dont les actions font
-écrites dans plusieurs histoires;
Ce fut lefils, de ce Jacques
qui ayant été envoyé
ambassadeur au Duc de
Bretagne par le Duc de
Bourgogne, quitta quelque
tems après le service
de ce Duc pour celui du
premier, qui le voulant établir
en Bretagne, le maria
à sa fille naturelle nommée
Madame de Baucours. Le
contrat qu'on garde dans
cette maison est trop singulier
pour nêtre pas mis
ici.
Je baille imd filleJeanne
U Terre & Seigneurie d
Broufiajy y gravée
,
à bonne
condition que je pourrons
quand je voudrons y hétreZ
{? hebergeZenpiesance.Depuis
ce temps cette maison
a eu de grandes alliances en
iBrctagne.
Ilya plus de cinq cens
ans qu'unGuyondeLaval-
Monmorency, dont la femme
étoit de la maison de
Matfellon
j te parconseqiUent
:partide. celle du
Mz) faisantson testament
pour partir pour la Terre
^ntCyii^Upue pour en êbe
lescxçcuceursl'Evê» s que
que de Rennes, l'Abbé
de Clermont prés Laval,
& Raoul du Maz & Geoffroy
de Monburchier
qualifiez désce , temps de
Chevaliers.
Cette maison, originaire
d'Anjou, y a long-tems
possedé la Terre de Durtal,
tombée à present dans
celle de Messieurs de la
Rochefoucault & celle de
la Vesousiere , ou dans le
bourg de Boirre. Leurs anciens
tombeaux y sont encore.
Le dernier qui fut
Seigneur de ces Terres étoit
Evêque de DolJ»t:ro
Sous Louis onze Jean
du Maz étoit Grand Maître
des. Eaux & Forêts de
France
,
Charge crés.,.confiderable
dans ce tempslà.
Cette maison a eu deux
branches en Bretagne;celle
de l'aîné, qui est celle du
Brossay.
Et celle des Barons de
Montmartin,Comte de
-
Terchands. Cette derniere
est distinguée, puis qu'ils
étoient Gouverneurs de
Vittray fous les Ducsde
Bretagne; Gouvernement
qu'ils rendirent quand cette
Terre tomba aux Ducs de
la Tremoille.
Les Comtes de Terchands
étoient Gentilshommes
de la Chambre
fous François Premier, & laBretagne honora Jean
du Maz de sa deputation
,
avec un de la maison de
Guemadeve, aux Estats generaux
de Blois.
, Depuis ils ont eu les
mêmes Charges fous Henry
quatre ,
qui les honoroit
si fort de ses bontez
) -
qu'on y conserveencore
des lettres de ce grand
Roy, dont l'intitulé estde sa
main en ces termesPourmon
amile BarondeMontmartin.
Cette maison a été de tous
les tems si attachée au Roy,
quesa devise est, Crains
Dieu,honore le Roy. Cequi
se voit encore écrit au château
de Terchands dans
tous les endroits les plus
remarquables.
Cette branche est finie;
la derniere femme de cette
maison étoit Elisabeth - de
Baumanoir. Lavardin, qui
il.eut que des filles, l'aînée
desquelles fut mariée à M.
le Comte de Marcé
)
de la
maison, de Goujon de la
Moussaye.
La seconde à M.le Comte
de Dussé Montgommery
y
dont étoit fille MadamelaComtesse
de Quinlin
, depuis Madame la
.CIonlteùè de Mortagne.
Il ne restedonc plus que
celledu Brossay, & sans
parler d'avantage, je irai
feulement que René du
Maz, ayeul de Messieursdu
BrofTayd'aujourd'iiui^mou;
rut Maréchal de Camp
après avoir été envoyé de la»
Reine Mcre en Angleterre,
où il étoit lorsque Charles
premier eut le cou coupé;
& avoit épousé Gillone de
la Marfelliere, fille de François
Marquis de ce nom, & de Françoised'Harcour,
soeur de M. le Marquis de
Beuvron, Gouverneur de
Rouën. l ',. Elle épousa en secondes
noces M. le Ducde Bouillon-
la-Marcq. Elle avoir
trois filles. L'aînée épousa
le Marquis de Coesquin,
la seconde le Marquis du
Brossay, dont nous parlons
; & la troisiéme le
Marquis du Bellay, & en
secondes noces M. le Presidentde
Thou,âmbaflàdeur
en Hollande.
René du Mazeut de
Gilonnede la Marselliere
Charlesdu Maz, qui épousaHelene
du Guesclin, de
la maison de(Bertranddu
GuesclinConnêtable sie
France,dont sont nez Monsieur,
le Marquis du Brossay
,quiaépousé Marie-
Yolande de la Baume de
la Valiere; & M.leComte
du Brossay, dont on vient
de parler. Leurs grandes
alliances, qui les font appartenir
àMessieurs d'Harcour,
de Matignon, de
Rieux &autres,ic le rang
queleur maisonatoujours
tcnuJeiïllreoagne, où les
Estats les onthonorez tant
de fois de leurs grandes
deputations , ne doivent
paspermettreàpersonne
d'en parlerautrement
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Résumé : MARIAGE.
Le document présente la famille du Comte du Brossay, Joseph-Joachim du Maz, issue d'une maison noble et ancienne d'Anjou. La famille du Maz a joué des rôles significatifs dans l'histoire, notamment en Bourgogne et en Bretagne. Jacques du Maz, ancêtre de Joseph-Joachim, fut grand Etendard du Duché de Bourgogne. Son fils devint ambassadeur et se maria à une fille naturelle du Duc de Bretagne. La maison du Maz a établi de grandes alliances en Bretagne, notamment avec la famille Laval-Monmorency. Elle a possédé des terres comme Durtal, actuellement dans les domaines de la Rochefoucault et de la Vesousiere. Jean du Maz fut Grand Maître des Eaux et Forêts sous Louis XI. La famille a eu deux branches en Bretagne : celle du Brossay et celle des Barons de Montmartin, gouverneurs de Vitre sous les Ducs de Bretagne. Les Comtes de Terchands étaient Gentilshommes de la Chambre sous François Ier et Henri IV. La devise de la maison est 'Crains Dieu, honore le Roy'. La branche des Barons de Montmartin s'est éteinte avec Elisabeth de Baumanoir. René du Maz, aïeul des Comtes du Brossay actuels, fut Maréchal de Camp et épousa Gillone de la Marfelliere. Leur fils Charles du Maz épousa Hélène du Guesclin, issue de la maison de Bertrand du Guesclin. Les Comtes du Brossay ont des alliances prestigieuses, notamment avec les familles d'Harcour, de Matignon et de Rieux, et ont été honorés par les États de Bretagne.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2869
p. 145-214
Suite de la Dissertation Philosophique sur l'ame des bestes.
Début :
Une personne de ma connoissance qui a vescu pendant 9. [...]
Mots clefs :
Dissertation philosophique, Âme, Bêtes, Castors, Sociétés animales , Éducation des petits , Remèdes naturels , Prévoyance , Société, Instinct, Architectures animales, Médecine animale , Machines, Liberté, Intelligence, Fidélité, Reconnaissance, Chien, Observation, Vertus animales, Chasse, Perfection, Construction, Architecture, Géométrie, Abeilles, Taons , Fourmis, Pigeons, Mouches à miel, Diligence, Enfants animaux, Jeux, Éducation, Perception
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Suite de la Dissertation Philosophique sur l'ame des bestes.
Suite de la DijjertationPhilofopbiquesur
lame des befles.
w Une personne de ma
connoissance qui a vescu
pendant9.années dans la
Loüiziane au Canada,m'a
assuré que rien n'etf plus
certain,que ce que Lahontan
& autres Auteurs rapportent
des Castors de ce
Pays; sçavoir
, que ces
animaux s'assemblent en
quantité, & rongent par le
pied,des arbres qui font le
long des bords des ruisseaux
, en telle forte qu'ils
les font tomber dans le
travers de l'eau pour en arrester
le cours, & soustenir
la terre qu'ils jettent
ensuite dedans au devant
de ces arbres,& dontils
font des Chaussées. Et pour
cet effet la societé de ces..,
ouvriers est commandée
par un chef; les uns cernent
& arrachent à belles
dents des gazons, & les
chargent ensuite sur les
queuës des autres ,
qui
font faites comme une
fole ; ceux-cy marchant
gravement & droits sur
leurs jambes de derriere,
traifnent leur charge jusques
surces arbres, &la
déchargent ensuite dans
l'eau. A mesure que la digue
s'esleve il y a des ouvriers
qui ont soin d'y pratiquer
des appartements
pour se loger
,
des greniers
pour conserverl'écorce
d'arbre qu'ils y amassent
pour leur nourriture; & des
galleries souterraines pour
aller à la pesche dans les
estangs formez par ces digues.
Ily a jusqu'à des hospitaux
pour retirer leurs
malades fatiguez du travail
; & d'un autre costéles
faineants qui se couchent
sur le dos pour sereposer,
sans avoir le dessous de la
queuë écorché,à force de
charier des gazons, y sont
rigoureusement punis &
chassez. Les digues sontartissement
recouverres de
gazon,ensorteque la pluye
ne peut les endommager,
&qu'on passe aifémenc desfus
sans se douter de rien.
Beaux exemples que les
stupides bestes nous fournissent,
nonseulement pour
avoir soin des malheureux,
mais encore pour ne point
souffrir dans les Etats de
ces gens qui se croyent
uniquement faits pour vivre
& joüir du travail d'autruy.
f
4. On sçait assez que les
bestes ontaussil'instinctde
chercher des remedes pour
leurs malades; que les
Chiens mangent du chiendant
pour s'exciter à vomir;
que les Gruës se donnent
des lavements;que
les Macreuses qui n'ont
pointde jabot avalent force
petits cailloux, pour broyer
dans leur gozier les petits
coquillages dont elles se
nourrissent
, & quantité
d'autres singularitez qui
regardent leur santé. Et
peut estre les hommessont
ils encore redevables aux
bestes des premieres régles,
de la Medecine.
Prétendra-t-on donc en-»
core que les machines font
aussi capables de prévoyance
& de crainte, de former
des societez, de bastir des
domicilles, d'avoir pitié
des malheureux,de punir
les vauriens,& en un mot
1
de trouver des remedes
contre ce qui peut les endommager?
Il vaut mieux
penser que les premiersAuteurs
de ce beau systesme
n'avoient pasune parfaite
connoissance des proprietez
des bestes, & que leurs
Sectateurs ont mieux aimé
s'attacher servilement à
leur opinion; que dese
donner la peine d'examiner
eux mêmes la question
avec toute rexaaitlldeù'loo
elle demande,comme ce
n'est que trop l'ordinaire.
5. A l'égard de rinfiind:
des belles pour ce qui regarde
l'éducation de leurs
petits, qu'yac-il de plus
admirable que de voir cette
méprisable & stupide
Araignée, dont nousavons
déjà parle, s'ourdir un sac
d'une toiletres-fine& trèsforte,
pour y pondre & y
conserver ses oeufs. & ses
petits : Un Loriot suspendre
son nid à 3. branches
d'arbre par trois fils de plus
d'une demie aulne-de longueur
chacun, de crainte
apparemment que les Ecureuils
ou les Belettes ne.
viennent manger les oeufs,
ou ses petits; & qui fçaic
aussi si ce n'est point en^-
core pour bercer ces nouveaux
nez, & les endor*-
mir, tandis que leurs pa.
rens leur cherchent la vie?
UnTirarache ou Moineau
aquatique attache le ben
librement à deux ou trois
roseaux
,
afin qu'il puisse
flotter sur l'eau-, hausser &
baisser comme eUe, rani
en estré emporré, c'estce
que j'ay vû plusieurs fois
avec beaucoup d'admiration.
On raconteaussi
Jes stupides Hiboux ont
foin decasser les pattesaux
souris qu'ils apportent à
leurs petits, & qu'ils la-if.
sent en reserve dans leurs
trous, ôc mesme d'appor.
ter dubledà ces souris pour
vivre, afin que leurs jeunes
éleves ayent le plaisir de
lescroquertoutesvivantes^
quand la faim les prend
e qu'ils trouvent tousjours,
par ce moyen dela viande
fraischeàmanger.Sur tout
les Aigles ont grand foin
de plumer ôc çl'a^acher le
poil des animaux qu'ils apportent
à leurs petits, de
crainte qu'un peu trop de
gloutonnerie ne les sasse
étrangler. Jeneparle point
des Guenons qui portent
leurs petits sur leurs épau*
les jusques au haut des
toits & des arbres, pour
leur apprendre à grimperr
& peut estreaussiàmépris
ser les dangers.
Mais je ne fçauroisassez
admirerlirft'nd: qui don
ne une intrépidité & un
courage surprenant
, ( &
qui va quelquefois jusqu'à
la sureur)aux animaux qui
ont des petits, pourenoser
attaquer d'autres d'ailleurs
beaucoup plus méchants
qu'eux,& les chasser, lorsqu'ils
s'en veulent approcher
; ny cette tendresse
plus que maternelle qui
porte les Perd rix à se jetter
pour ainsi dire dans la
gueule des chiens de chasse
pour les amuser,& don
ner lieu à leur petits de
sévader; cVil ce que j'ay
veu cent fois, non
lins
un
veritible estonnement.
Qu'y a t il deplusconstante.
& en mesme temps
de plus inconcevable que
l'histoire des Pigeons qu'on
emporte d'Alep à Alexandrette
en Syrie( ou tout au
contraire) par l'espace de
50. ou 60. lieuës, & qu'on
lasche ensuite avec une lettre
aucol, sitostqu'on est
arrive; car ces courriers
de l'air prennent aussitost
leur essor jurques au dessus
des nuées, & montent tant
qu'ils apperçoivent leur
chere patrie, & le lieu de
leurs petits,& de leurcompagne,
où ils se rendent en
trois ou quatre heures de
temps au plus. Par ce moyen
on apprend des nouvelles
toutes recentes, quon
ne pourroit sçavoir,que
plusieurs jours aprés. Ilest
évident aussi que les différentes
especes de Mouches
à miel, comme les Abeilles,
lesGuespes, les Freflons
,
Bourdons) Taons
,
&c. doivent avoir une sagacité
pareille à celle des
oiseaux,pourreconnoistre
le lieu de leur domicile &
leurs rusches. Goedart écrit
dans son Livre des insectes,
qu'il a eu chez luy
unetaniereouil aobserve
que les Taons, lorsqu'ils
travaillent aux cellules devinées
pour leurs oeufs, ont
aussi un Commandant
comme les Castors, lequel
a soind'eveillerles ouvriers
dès la pointe du jour par le
bruit de Ces ailes. Qu'auuitost
chacun s'en va à son
ouvrage , ceux qui ont un
an paffé vont chercher la
cire & le miel, pour bastir
les cellules ou nids, & pour
vivre, & outre cela de l'eau
pour détrem per de la terre
& en former des voûtes.
Les jeunes Taons comme
aides maçons,détrempent
cette terre, & en font des
boulins ou rouleaux qu'ils
roulent ensuite avec leurs
pieds dederrière jusqu'aux
sommets des ouvrages, ou
les plus anciens qui ne sont
plus propres qu'à bastir les
reçoivent, & en forment
des voutes au dessus deces
nids, de crainte qu'il ne
tombe de la terre dedans.
Les plus vigoureux ont foin
de faire la chatTe) & d'étrangler
sans misericorde
les vauriens, qui non contens
tens dene pointtravailler,
vont encore manger la
nourriture des leur, ouvriers en absence,;
Sil'ontraittoit ainsitous
ceux qui en usent de mesme
dans les Estars policez,
il n'y auroit pas tant
de faineants& de voleurs
& l'abondance y regneroic
en la place du brigandage.
Au reste quoyque je n'aye
pas de témoin oculaire des
merveilles des Taons, il
n'y a pas
@
cependant plus
de peine à les-croire que
celles des;Fourmis& dee
Castors dont je suis certain,
ou que celles des Abeilles
qui les surpassent
peut-estre encore de bien
loin, comme on laveudans
le Mercure de Paris de fan.
née1712.. au mois d'Avril.
Car on peut asseurer qu'il
n'y a peut-estrepasd'animal
si brute qu'il foit
;
qui ne devienne comme
sensé &intelligent lorsqu'il
s'agit de sa conservation,
ou de la production
de ses petits. Est- il rien
qi4i paroiiflcplustbFute ql.Í.
ui* Limaçon?ilcreuse cc*
pendant un nid en terre
pour y pondte ses oettfs; il
les couvre ensuite d'une
especedecole quise durcit
extrêmement, & qui les
conserve contre les insectes
& contre toutes les injures
du temps. Qu'estildeplus
pefanc qu'une Tortue, elle
fort néanmoins du fond de
la mer, elle vient creuser
un nid dans le fable où elle
fait sa ponte,& recouvre
ensuite ses oeufs de ce met
me fable,afin que la chaleur
du soleil suppléé au
deffaut de lasienne
, qui
ne feroit pas suffisante pour
les faire éclorre. Les Saumons
& plusieurs autres
poissons remontent les ri.
vieres jusqu'à leur source,
& fouvenc par. respace de
plus de cent cinquante
lieues
, pour femer leurs
oeufs sur la bouë Ôc dans
une eau peu profonde afin
que la chaleur du Soleil
puisse les faire éclorre.
Faut-il que desbestes
pour qui nous avons tant
de mépris., surpassent la
,
pluspart des Peres & Meres
en tendresse &.. en soins
1
pour l'éducation de leurs
enfants?
•
Quoy donc les Machines
opereront-elles aussi des
prodiges pour enfanter
d'autres Machines, pour
les conserver, & pour leur
sauverla vie; & a pprendront-
elles à nos amesraisonnables
à avoir des sentimens
de rendresse & de
crainte;àestrelaborieuses,
soigneuses , courageuses ,
& tantd'autres vertus necessaires
à l'éducation des
pietits?Mais auparavant que
de quitter ce sujet,considerons
un peu quel plaisir
nos bestes brutes prennent
à exercer leurs jeunes adul.A
Ks, désqu'ils commencent
à courir, voler, ou
nager. Ne diroit-on pas
qu'elles ont recouvert une
nouvelle jeunesse pour
jouër & folastreravec eux?
Que ne doit.on point penser
aussi des jeux de ces
jeunes animaux,qui sont
remplis de feintises,d'imitations
,
& de singeries ;
tantost ils feignent d'estre
fort en colere ; & dese
mordre tantost de fuïr tantost de poursuivre,tan-r
tost de flatter
,
tantost
-
de
craindre,en un mot ils imitent
parfaitement les jeux
des enfants, qui ne font
jeux qu'en ce qu'ils ne sont,
comme ceux- là
, que de
pures fictions. Il n'est pas
jusques aux plus stupides
animaux,dont les amufementis
de jeunesse ne eausent
beaucou p d'admiration
,
& de plaisir à ceux
qui les observent. Si quelqu'un
en doute,iln'a qu'à
considerer pendant quelque
beau jour de Printems,
les jeux des jeunes Arai-r gnées des jardins. On les
trouve au iixleil contre les
muraillesqui selivrent mita
le combats,moitié feints,
moitié san g lants
; là elles
(e mordent
,
se précipitent.
s'arrachent les pattes, 5e..
tranglent, & surpassent de
bien loin,tout ce qu'on rapporte
des gladiateuts sur les
arenes.
Les Machines seront-elles
donc encore capables
de fictions
,
& d'imitation
comme les enfants, & produiront-
elles
duiront-elles des opera»
tions pour lesquelles e lles
ne sont pas veritablement
montées? Une montre par
exemple qui est montée
pour marquer deux fois
douze heures par jour, s'a).
visera-t-elle, pour se divertir
, & pour nous jouër, de
les marquer en une heure,
& reprendra telle ensuite
d'elle-mesme son serieux,
& son veritable train. J'avouë
qu'on entrevoit des
étincelles de liberté dans le
delire des enfants, par la
communication qu'ils ont
avec nous de leurs pensées
, & que nous ne pouvons
rien appercevoir de
semblable dans les animaux,
avec lesquels nous ne
pouvons point avoir cette
sorte de commerce. Mais
avantd'entrer plus avant
dans cette discussion, examinons
encore quc!qucs
vertus des bef.l:e)q.ui nous
aideront à prendre parti
plusseurement.
7. Tout le monde sçait
assez l'arrache,la fidélité,
la soumission & la reconnoissance
, que les Chiens
ont pour leurs maistres,leur
docilité,l'impatience qu'ils
ont de les revoir quand
ils sont absens
,
la tristesse
que cette absence leurcause
,& la joye qu'ils marquent
quand ils les retrouvent,
ou lorsqu'ils peuvent
leur rendre quelque service;
avec quelle chaleur ils
prennent leur deffense,
leur patience à en souffrir,
leur perseverance à leur
estresoumis,leur contrain- te&leurcomplaisance pour
eux. Undemesamisayant
fait emporter à dix lieuës
de Paris un vilain Chien ,
qui s'estoit addonné chez
luy
5
& qu'on n'avoit pû en
estranger à force de coups
de baston; ce Chien revintà
samaison aprésquelques
jours.Le maistre las de
lemaltraiter luy fit lier les
quatre pattes, attacher une
pierre au col, & lefit jetter
de dessus le pont Marie
dans la Seine. Le Chien ne
laissa pas de se sauver, ( ce
que j'aurois toutes les peines
du monde à croire,s'il
ne m'estoit arrivé une chose
toute pareille, ) & s en
revint au plus viste donner
de nouveaux tefmoignages
d'une fidélité & d'une foumission
inviolables à son
maistre adoptif, lequel en
fut tellement touché d'estonnement,
qu'il changea
dans le moment toute sa
rigueur enaffection.Tout
Paris a veu avec surprise, il
y a eennYvilrroonncfi.:nlnqquuaannttec 'ilnn's)
la constanceinvincible
d'un Chien,qui demeura
pendant plusieurs années
collé sur la fosse de son maistre,
dans le cimetiere des
saints Innocens , sans que
"Dy flatteries, ny nlrnaces.
ny lâFhecelïite peussent l'en
tirer. Ayantblesséunefois
un Lievre,il k sauva dans
tuàfe vigne
y
oùje le suivis
à lâ vbix de mes Chiens;
peu dete-n, psaprês;les voix
ayant etffé-,jc&urav
qu'ils*T-avoientafrêïïé-,<K
comme je les clltrèhÓisa
costé & d'autre
,
j'en ap -
perceus un qui venoit à
moyen grande diligence;
me flattant & thc caressant
,
aprés quoy il s'en
retourna avec beaucoup
-V
d'em pressement,ce qui me
fit comprendre qu'il falloir
le suivre: pendant que je
marchois, il prenoit le devant,
& revenoit fouvenc
sur ses pas, marquant tousjours
de l'im patience; à la
fin il ne revint plus, &
m'estant un peu avancé,
j'entendis mes deuxChiens
( d'ailleurs tousjours tresbons
amis) qui se mangeoient
l'un l'autre.Dés que
le second m'aperceut il prit
aussitost la suite
,
fentané
apparemment que ficatifë
n'estoit pas bonne. 1c vis
effectivement que le sujet
de leur querelle estoit que
le second avoit fort endommage
le Lievre pendantl'absence
dupremier,
lequel au contraire me caressoit
avec beaucoup de
confiance,comme pour me
marquer son innocence de
sa Cfiodmélibtiée.n
de belles regles
de morale ne peut-on
pas tirer de tousces exemples
; mais il vaut mieux
que chacun aitle plaisir de
les endeduire, que d'ennuyer
icy le kdieur par des
reflexions qu'il peut faire
aisément luy-mesme.
Je ne sçaurois cependant
m'empescher de luy
faire observer,que ces marques
de fidelité, de complaisance
& de retenuë,
n'ont gueres de compatibilité
avec l'idée que nous
avons d'une machine, qui
doit tousjours aller son
train, & tendre droit à sa
fin, dez qu'elle est une fois
desmontée d'une certaine
façon.
8. Que ne devons. nous
point penser encore de la
réglé que la pluspart des
belles observent dans toutes
leurs actions; les unes
ne sortent jamais qu'à une
certaine heure de nuit pour
chercher leur vie, ou une
com pagne,comme les Becasses,
les Lapins,les Limaces
,
les Herissons
,
les
Hiboux, & quantité d'autres
animaufc nocturnes
& sauvages qui rentrent
tous constamment à une
certaine heure du matin;
D'autres au contraire tid
manquent jamais de s'éJ
Veiller au lever du soleilJ
&de se rendormir à ion
coucher, ne perdanr pas
pour ainsi dire un seul ravon
de sa lumiere. En
Jquoy certes ils font beaucoup
plus dignes de louanges
que tant d'hommes déréglées,
qui paissentléurvie
comme les Hiboux, veillant
toute la nuit, & dormant
tout le jour.
On sçaicaussi que quan
tité d'oiseauxpassent tous
les ans des pays chauds:
dans des contrées plus temperées,
pour se sauver de
l'ardeurdusoleil. D'autres
au contraire
, vont des
paysfroids dans les mesmes
comrees, pour eviter
la rigueur de l'hyver, & les
uns & les autres s'en retournent
tous les ans d'où
ils font venus; sans que la
distance decinq ousixcens,
lieuës de pays, ny les trajets
des mers,soient capables
de leur faire Interrompre
leur réglé ( passant airtsi
toute leur vie comme des
voyageurs .& des étrangers
sur la rerre) Entre les differens
oisèaux les uns se
marient pour un temps,
d'autres mesme pour toute
leur vie) comme les
Tourterelles. Ils ne connoissent
point le divorce,
&. leurs mariages demeurent
inviolables, jusques à
ce que leurs petits n'ayent
plus besoin de leur secours.
Quel sujet de confusion
pour tant d'hommes d'ailleurs
raisonnables, mais
certainement inférieurs en
cecy aux bestes. De plus
le mariage n'est point en
eux une lubricitépuisqu'il
ne se contracte unique.
ment que pour la generation.
C'est pour cela que
leur rut dure si peu,&qu'il
ne vient que dans des tems
reglez& propres pour l'é.
ducatiori des petits; au lieu
que la lubricité des hommes
débauchez est perpetuelle.
«>. Disons encore un mot
de la chanté, de l'honnes.
teté & de lajustice que les
belles exercent entre elles,
outre ce que nous avons
remarqué des Cerfs à l'égard
de leurs compagnons
fatiguez, des Castors, des
Taons,& des peres &meres
a regard de leurs petits.
Plusieurs, ont apparemment
entendu dire un ancien
Proverbe, asinus asinum
fricat, mais peu en
gavent la vericable raison,
& peut estre que çeluy qui
la mis au jour ne la sçavoit
pas bien IUY.tesme. Pour
donc l'entendre
,
il faut
considererque quandun
Cheval, Asne ouMulet ne
sçauroit se gratter en quel.
que partie de son corps qui
: hlY démange, comme sur
le dos, le col, ou la teste, ils'approche de son cama.
rade, & le grate al'endroit
pareil à celuy quiluy démange.
Aussitost ce compagnon
charitable ne manque
pas, comme comprenant
le besoin de son camarade
, de le grater au
mesme endroit où il a esté
graté, & souventmesme
de l'avertir d'un endroit
qui luy demange aussi
> ôc
c'est alors qu'il est vray de
dire (qu'un Cheval grate
un autre Cheval, ) ces animaux
se prellant alors un
secours mutuel, dont chacun
a bes•oin, & dans l'en. k droic
droit qu'il souhaine. Qui
est-ce qui n'a pas veu les
Chiens d'un logis, & mesme
d'une rue, courir à la
deffense d'un de leurs camarades
attaque par quelqu'autre?
Qui ne sçait pas
la complaisance & les égards
qu'un animal a pour
un autre de mesme espece
plus jeune, ou plus foible
que luy
, & celle que les
masles en general ont pour
toutes les femelles? Qui
est:ce qui n'a pas remarque
le soin que les Chats
ont de cacher leur ordure,
ôc de nettoyer leur toison ?
Les oiseaux ont le mesme
foin de nettoyer les nids de
leurs petits, & les fourmis
leurs fourmillieresOnsçait
assez que les animaux corrigent
leurs perirs,-& quemesme
cespetits ont pour
létor^merèstoute'sa fbumissionpossible,
mais peutestre
tout le rriendenè sçait
f>rs queles Fôùrrftfa àidenif
courêS en : tbminun 'ccllè&:.
quiviennent s'estabmordans
fëurvôisinàge^Icdnftrmfé
fài/tfelji^iltiere*, qu'elfes
tfeÂir1 ^rêft?entdateur'graiiï
pendant ce temps-là, &
que celles-cy le leur rendent
fidellement
,
quand
leurestablissement est fini.
Que les Fourmis exercent
en rigoureux supplice contre
les Fourmis larronnefses
ou paresseuses, en les
déchirant à quatre. Mais
on ne finiroit jamais, si l'on
vouloit ra pporter toutes les
singularitez morales qu'on
remarque dans la conduite
des animaux;& peut-estre
arriveroit- on à s'asseurer
un repos & un bonheur
parfait dés cette vie, si on
estoit allez prudent pour
en bien profiter.
Qui pourra penser aprés
cela que les belles soient
de pures Machines, toutes
matérielles, meuës feule-
X ment par des loix du mouvement
générales & estoignées
J
dépendemment
d'une organisation de parties.
Il vaudroit autant faire
tout d'un cou p de la raison
& de la prudence hu-,
maine une espece de Ma-,
chine, necessitée aussipar
les mesmes loix, & par consequent
aveugle & sans li.
berté; mais dans quel excez
d'aveuglement faudroit-
il tomber pour imaginer
une telle chimere;
& quand mesme uneraison
dérangée pourroit y consentir,
nostre sentiment intérieur
ladementiroittousjours.
10. Que penser donc
maintenant sur la nature
du principe qui meut les
bestes, voyant qu'il est
pourveu de tant de belles
& bonnes qualirez ; qu'il
cft si judicieux, si vigilant,
si prudent, & si reglé dans
toutes ses opérations; tandis
que nostre amé au contraire
est sujette à tant
d'imperëfdibns&devices;
à T-éVréur5 à linjtTftice; à
l'ingràtitude, à l'infidélité,
àl'oisivetéà l'inhumanité,
à: l'impicte,a I'hypocrifie&
au dereglementdes moeurs.
Mais cette différence est
encore peu de chose, (s'il
rit permis de le dire) en
comparaison de cettequi
setire de la sagacité des
bestes à executer leursou.
vrages sans aucune estude,
&mesme sans aucun inftrument
étranger; tandis
que nos ouvriers font au
contraire obligez de faire
dé longs apprentissages,
d'où souvent ils sortent encore
fort ignorants, quelquefois
mesme font-ils
tout-à-fair incapables dé
rien apprendre. Nos Architectes
( par exemple) ne
sçatiroient bastirsansavoir
âppris avec bien du temps
&des peines les réglés dé
la Geornerrie& de l'Archirecture.
Cependant les Gac.
tors duCanada font des
digues&desappartements
pourse loger, conformes
à la droite architeaure sans
avoirappris aucunes réglés.;
Les Taons font de
mesme leurs voûtes sans le.
secours d'aucuns precepres,
que de leur bon genie. En
un mot les animaux construisent
leurs ouvrages de
la maniere qu! est tousjours
la plus parfaite en
chaque espece, comme
nous l'avons fait voir par
l'examen des raïons des Abeilles;
dans le mémoire
cite cy- devant, article l.
J'avoue qu'en cela mesme
me les bestes paroissent
bornées dans leurs operations;
elles ne sçavent point
varier leurs ouvrages en
uneinfinité de manieres.
comme l'homme, elles
sont, pour ainsi dire, asservies
à leur sujet ;au lieu que
l'homme travailleen maistre
dans ce qu'il possede.
Outre qu'il rassemble, pour
ainsi dire, éminemment en
luy toutes les inventions
dont les différents animaux
sont capables;& quoyqu'ii
n'y parvienne qu'à force
de travail&de temps,cela
ne laisse pas de prouver
parfaitement la fecondité
de son genie. Mais cette
secondité ne suffit pas pour
luy donner la Préférence
du codé de la perfection;
d'autant plus que les bestes
sont aussi capables par leur
docilité, d'apprendre une
infinité dechosestrès singuliere,
outre celles qu'elles
tiennent de leur inClinét
naturel. Ensorte que si les
bestes pouvoient le communiquer
leurs idées comme
les hommes font entre
eux, & si elles avoient des
mains, & des instruments
propres à tout executer
comme nous, peut-estre
auroient-elles aussi chez elles
des arts beaucoup plus
parfairs que lesnostres.J'ay
veu il y a environ dix ans
à la foire de saint Germain
un animal appelle Fecan,
assez semblable à un Renard
,
excepté qu'il a les
pattes d'un Singe, il se fervoit
de celles de devant
avec une adresse surprenante.
Au contraire les animaux
les plus stupides ont
les pieds ordinairement les
moins divitez. Il y a plusieurs
animaux qui ont la
partie de l'oreille appellée
le labyrinthe, semblable à
celle de l'homme, comme
les Chiens
J
les Chevaux,
les Elephans, les oiseaux
,
&c. lesquels sont tres- sensïbles
à la musique;ôc ceux
au contraire qui en font
privez y sont tout-a-fait in.
sensibles, furquoy l'on peut
voir nostre discours de l'oreille
imprimé en 1711.
dans le Mercure de Février,
d'où l'on pourroit inferer,
que si les bestes paroissent
si bornées, c'est du moins
en partie, parce que les instruments
leur manquent.
Mais du costé de la perfection
il ne faut qu'examiner
leurs ouvrages avec exactitude
, pour voir qu'elles
remportent de bien loin
sur nous. Si l'on se donne
la peine, par exemple,de
considerer la figure du
fond des cellules des Abeil.
les, & de quelle maniere
cescellules sontassemble'es
&oppocées les unes aux autres,
on fera forcé d'avouer
que l'intelligence qui les
conduit,est naturellement
pourveuë des connoissances
de la Géométrie,& de
l'Architeâure, & que pour
donner la mesure la plus
parfaite aux angles plans
ôc solides qui s'y rencontrent,
il faut qu'ellesçache
non seulementle calcu l des
triangles, mais mesme l'Algebre
; qu'elle possede les
proprietez de la sphere, &
des polyedres in scrits ôc
circonscrits; & en un mot
tout ce que nos plus habiles
Architectes ne sçavent
que fort mediocrement;
puisque ces cellules admirables
renferment toute la
perfeaion quecessciences
demandent,tant pour avoir
de la solidité & de la régularité
, que pour s'assembler
les unes avec les autres,&
pour s'y loger commodément
& seurement j ôc je
ne douté nullement que si
l'on faisoit un examen pareil
à celuy-cy des ouvrages
des Castors, des Taons ôc
des autres animaux archicettes)
on y trouveroit la
mesme perfection que dans
les raïons desAbeilles.
11. Nous voicy donc forcez
par nostre propre experience
d'avouer que l'intelligence
qui guide les animaux,
de quelque nature
qu'elle foit, est infiniment
plus parfaite en son essence
, que l'esprit de l'homme.
Maisenmesmetemps
quelle honte n'est
- ce pas
pour nous, si nous faisons
cet aveu en faveur de créatures,
que nous traittons de
stupides, & pour lesquelles
nous avons le dernier mépris-
N'est-ce pas la nous
précipiter nous-mesmes de
ce throne de gloire ou nous
nous estions placez au def-
-
fus detoutce quirespire?
- Quel parti prendré dans
une telle conjoncture,ne
pouvant ny osterla raison
aux belles pour en faire de
pures Machines, sans tomber
dans un ridicule intolérable
; ny leur donner un
principe spirituel sans estre
obligezd'abbaisser nostre
amour proprejusquà consentir
de le faire infiniment
plus parfait que nostre
ame.
Je ne voy plus d'autre
parti que de reconnoistre
dans tous ces effets singuliers,
oùla raison & le jugement
reluisent, le doigt
de l'Autheur de la nature,
( vereeniimdigitus Dei hi,cess )
ôc d'avouer que c'est sa
main qui se fert alors librement
des bestes, comme
d'un instrument sensible
pour se faire admirer, 0&
pour nous enseigner les leçons
de sa sagesse & de sa
justice. Voilàcetteintelligence
toujours libre, & infiniment
estevée au dessus
dela nostre, qui n'a besoin
ny de regles,ny d'apprentissage,
ny d'instruments,
pour operer tous ses miracles;
qui est toute en toutes
ses créatures,& toute en
chacune, sans leur estre aucunement
asservie,,& sans
estre déterminée par leurs
organizations presentes,
comme les Carthesiens le
prétendent, puisque c'est
elle au contraire qui en
produit librement tous les
mouven ens judicieux,selon
les differentes conjonétures
où elles se trouvent; le
tout uniquement pour leur
conservation
, pour nostre
utilité, 6c pour sa gloire.
Et si elle ne tire pas de chaque
sujettout ce qu'elle
pourroiten tirer, c'est quelle
a voulu manifester sa
secondité, en multipliant
& variant ses sujets indefiniment,
afin d'exciter davantage
nostre admiration,
&de lareveiller continuellement
; au lieu qu'elle languiroit
bien tost, si nous
trouvions les mesmes operations
dans coures les bestes.
Par ce moyen toutes
les difficultez sont levées;
nous nous délivrons du ridicule,
de vouloir tirer une
raison ( & une raison tressuperieure
à la nostre ) d'une
Machine purement materielle;
& ceux à quila propre
conscience de leur libertédans
les operations
intellectuelles,nefuflitpas
pour les sauver de la terreur
panique de devenir aussi de
pures Machines,files bestes
estoient telles, font entièrement
rasseurez. Nous
ne nous dégradons point
de nostre estat,en nous mettant
au dessous de l'intelli*
gence qui meut les bestes;
puisque nous y reconnoissons
l'Auteur de la nature,
qui se dévoile, pour ainsi
dire, librement & de luymesme
à nos yeux; nous
confondons aussi l'endurcissement
des Athées, en
adorant sa providence, &
nous trouvons un moyen
facile pour expliquer tout
ce qui paroist de plusmerveilleux
dans les actions
des bestes, sans qu'il nous
en couste aucun travail, ny
aucune estude.
12. Je ne prérends pas
cependant par là osteraux
belles une espece d'ame
materielle
,
qui préside à
leurs operations vitales, &
qui soit mesme susceptible
desentiments,&de perceptions,
de plaisir,de douleur,
de joye,de tristesse,de colere,
d'amour,decrainte, de
haine, de jalousie,&de toutes
les autres passionsqu'on
remarque dans les bestes;
même encore si on le veut,
d'imagination, de memoire&
d'action,parce que ces
operations sont encore infiniment
esloignées de la raison.
Je soustiens au contraire
que toutes ces passions
ou actions se passent
uniquement dans les esprits
animaux,qui sont contenus
dans leur cerveau, ans leurs nerfs, & dans
leurs membranes. Car il
suffit pour cela que ces cCprits
coulent continuellement
dans le sang, dans les
autres humeurs, & dans
toutes les parties de leur
corps; & que de plus ils
soient capables de recevoir
les impressions des objets
extérieurs par les sens, d'en
conserver
conserver les motions ou
images, & que ces images
ayenc communication les
unes avec les autres, pour
produire toutes les actions
destituées de jugement ôc
de raison
, ce que je n'ay
pas entrepris d'expliquer
icy en détail. Je dis seulement
icy que ces esprits
animaux sont la feule ame
matérielle
,
sensitive & animale,
Ôc la forme substantielle
des bestes, dont l'Autheur
de la nature se sert librement
pour produire
tout ce qui est au dessus de
la nature, je veux dire ce
qui tient de la raison & du
jugementsans qu'il soitnecessaire
de leur donner encoreune
ame spirituelle,qui
compare ces images formées
dans les esprits,qui
conçoive des idées & des
partions à leuroccasionqui
reflechissesur elle
-
mesme,
& sursesoperations,qui soit
capabledese déterminer la
première,&quisoitsusceptible
de rtgles.)ou de connoissances
universelles &
âb'ftriiittcs,comme la nostre,&
cela par lesraisons
que nous avons rapportées.
Il est évident que nous
ostons par là toute connoissance
aux bestes, pour leur
laisser feulement la vie, la
perception, & le mouvement
, comme font les CarteGens;
parce que cela
suffit pour leurs opérations
naturelles & vitales; &
qu'à l'égard des autres ope- A rations, cette âme materielle
,
sensitive & animale
, cette forme substantielle
n'enest que l'organe
& l'instrument
,
qui bien
loin de déterminer l'Auteur
de la nature à agir d'ue maniere
machinale&fcrvile,
comme le prétendent ces
Messieurs,est au contraire
déterminée par ce mesme
Auteur àsuivre ses impressions,
& à produire les actions
dont la matière est incapable
par elle.'-mefnJc.
Ainsi nous devons bien distinguer
deux especes d'operations
de Dieu dans les
bestes; la premiere qui est
leur vie est generale& éloignée
,
elle est déterminée
par les loix qu'il a establies
en formant le monde&a
parconsequent une connexion
necessaire avec tous
les autres mouvemens qui
s'y font; on peut l'appeller
à cause de cela naturelle &
necessaire; la secon de au
contraire estlibre & comme
surnaturelle,elle ne dépend
au plus que des conjonctures
presentes, & nullement
des organes ou des
loix gencrales. La première
est ce qu'on entend par
le simple concours de Dieu;
la feconde est l'effet d'une
Providence qui ne differe
du miracle, qu'en ce
qu'il ne produit aucun dé..
rangement sensible dans la
nature, &qu'il ne manque
jamais de se faire dans IC4
mesmescirconstances, parce
que Dieu est toujours le,
mesme;c'est si l'on veut un*
miracle naturel & ordinaire>
qui n'est méconnu ôc
ignoré
, que parce qu'il est
tousjours present aux yeux
detous les hommes.
lame des befles.
w Une personne de ma
connoissance qui a vescu
pendant9.années dans la
Loüiziane au Canada,m'a
assuré que rien n'etf plus
certain,que ce que Lahontan
& autres Auteurs rapportent
des Castors de ce
Pays; sçavoir
, que ces
animaux s'assemblent en
quantité, & rongent par le
pied,des arbres qui font le
long des bords des ruisseaux
, en telle forte qu'ils
les font tomber dans le
travers de l'eau pour en arrester
le cours, & soustenir
la terre qu'ils jettent
ensuite dedans au devant
de ces arbres,& dontils
font des Chaussées. Et pour
cet effet la societé de ces..,
ouvriers est commandée
par un chef; les uns cernent
& arrachent à belles
dents des gazons, & les
chargent ensuite sur les
queuës des autres ,
qui
font faites comme une
fole ; ceux-cy marchant
gravement & droits sur
leurs jambes de derriere,
traifnent leur charge jusques
surces arbres, &la
déchargent ensuite dans
l'eau. A mesure que la digue
s'esleve il y a des ouvriers
qui ont soin d'y pratiquer
des appartements
pour se loger
,
des greniers
pour conserverl'écorce
d'arbre qu'ils y amassent
pour leur nourriture; & des
galleries souterraines pour
aller à la pesche dans les
estangs formez par ces digues.
Ily a jusqu'à des hospitaux
pour retirer leurs
malades fatiguez du travail
; & d'un autre costéles
faineants qui se couchent
sur le dos pour sereposer,
sans avoir le dessous de la
queuë écorché,à force de
charier des gazons, y sont
rigoureusement punis &
chassez. Les digues sontartissement
recouverres de
gazon,ensorteque la pluye
ne peut les endommager,
&qu'on passe aifémenc desfus
sans se douter de rien.
Beaux exemples que les
stupides bestes nous fournissent,
nonseulement pour
avoir soin des malheureux,
mais encore pour ne point
souffrir dans les Etats de
ces gens qui se croyent
uniquement faits pour vivre
& joüir du travail d'autruy.
f
4. On sçait assez que les
bestes ontaussil'instinctde
chercher des remedes pour
leurs malades; que les
Chiens mangent du chiendant
pour s'exciter à vomir;
que les Gruës se donnent
des lavements;que
les Macreuses qui n'ont
pointde jabot avalent force
petits cailloux, pour broyer
dans leur gozier les petits
coquillages dont elles se
nourrissent
, & quantité
d'autres singularitez qui
regardent leur santé. Et
peut estre les hommessont
ils encore redevables aux
bestes des premieres régles,
de la Medecine.
Prétendra-t-on donc en-»
core que les machines font
aussi capables de prévoyance
& de crainte, de former
des societez, de bastir des
domicilles, d'avoir pitié
des malheureux,de punir
les vauriens,& en un mot
1
de trouver des remedes
contre ce qui peut les endommager?
Il vaut mieux
penser que les premiersAuteurs
de ce beau systesme
n'avoient pasune parfaite
connoissance des proprietez
des bestes, & que leurs
Sectateurs ont mieux aimé
s'attacher servilement à
leur opinion; que dese
donner la peine d'examiner
eux mêmes la question
avec toute rexaaitlldeù'loo
elle demande,comme ce
n'est que trop l'ordinaire.
5. A l'égard de rinfiind:
des belles pour ce qui regarde
l'éducation de leurs
petits, qu'yac-il de plus
admirable que de voir cette
méprisable & stupide
Araignée, dont nousavons
déjà parle, s'ourdir un sac
d'une toiletres-fine& trèsforte,
pour y pondre & y
conserver ses oeufs. & ses
petits : Un Loriot suspendre
son nid à 3. branches
d'arbre par trois fils de plus
d'une demie aulne-de longueur
chacun, de crainte
apparemment que les Ecureuils
ou les Belettes ne.
viennent manger les oeufs,
ou ses petits; & qui fçaic
aussi si ce n'est point en^-
core pour bercer ces nouveaux
nez, & les endor*-
mir, tandis que leurs pa.
rens leur cherchent la vie?
UnTirarache ou Moineau
aquatique attache le ben
librement à deux ou trois
roseaux
,
afin qu'il puisse
flotter sur l'eau-, hausser &
baisser comme eUe, rani
en estré emporré, c'estce
que j'ay vû plusieurs fois
avec beaucoup d'admiration.
On raconteaussi
Jes stupides Hiboux ont
foin decasser les pattesaux
souris qu'ils apportent à
leurs petits, & qu'ils la-if.
sent en reserve dans leurs
trous, ôc mesme d'appor.
ter dubledà ces souris pour
vivre, afin que leurs jeunes
éleves ayent le plaisir de
lescroquertoutesvivantes^
quand la faim les prend
e qu'ils trouvent tousjours,
par ce moyen dela viande
fraischeàmanger.Sur tout
les Aigles ont grand foin
de plumer ôc çl'a^acher le
poil des animaux qu'ils apportent
à leurs petits, de
crainte qu'un peu trop de
gloutonnerie ne les sasse
étrangler. Jeneparle point
des Guenons qui portent
leurs petits sur leurs épau*
les jusques au haut des
toits & des arbres, pour
leur apprendre à grimperr
& peut estreaussiàmépris
ser les dangers.
Mais je ne fçauroisassez
admirerlirft'nd: qui don
ne une intrépidité & un
courage surprenant
, ( &
qui va quelquefois jusqu'à
la sureur)aux animaux qui
ont des petits, pourenoser
attaquer d'autres d'ailleurs
beaucoup plus méchants
qu'eux,& les chasser, lorsqu'ils
s'en veulent approcher
; ny cette tendresse
plus que maternelle qui
porte les Perd rix à se jetter
pour ainsi dire dans la
gueule des chiens de chasse
pour les amuser,& don
ner lieu à leur petits de
sévader; cVil ce que j'ay
veu cent fois, non
lins
un
veritible estonnement.
Qu'y a t il deplusconstante.
& en mesme temps
de plus inconcevable que
l'histoire des Pigeons qu'on
emporte d'Alep à Alexandrette
en Syrie( ou tout au
contraire) par l'espace de
50. ou 60. lieuës, & qu'on
lasche ensuite avec une lettre
aucol, sitostqu'on est
arrive; car ces courriers
de l'air prennent aussitost
leur essor jurques au dessus
des nuées, & montent tant
qu'ils apperçoivent leur
chere patrie, & le lieu de
leurs petits,& de leurcompagne,
où ils se rendent en
trois ou quatre heures de
temps au plus. Par ce moyen
on apprend des nouvelles
toutes recentes, quon
ne pourroit sçavoir,que
plusieurs jours aprés. Ilest
évident aussi que les différentes
especes de Mouches
à miel, comme les Abeilles,
lesGuespes, les Freflons
,
Bourdons) Taons
,
&c. doivent avoir une sagacité
pareille à celle des
oiseaux,pourreconnoistre
le lieu de leur domicile &
leurs rusches. Goedart écrit
dans son Livre des insectes,
qu'il a eu chez luy
unetaniereouil aobserve
que les Taons, lorsqu'ils
travaillent aux cellules devinées
pour leurs oeufs, ont
aussi un Commandant
comme les Castors, lequel
a soind'eveillerles ouvriers
dès la pointe du jour par le
bruit de Ces ailes. Qu'auuitost
chacun s'en va à son
ouvrage , ceux qui ont un
an paffé vont chercher la
cire & le miel, pour bastir
les cellules ou nids, & pour
vivre, & outre cela de l'eau
pour détrem per de la terre
& en former des voûtes.
Les jeunes Taons comme
aides maçons,détrempent
cette terre, & en font des
boulins ou rouleaux qu'ils
roulent ensuite avec leurs
pieds dederrière jusqu'aux
sommets des ouvrages, ou
les plus anciens qui ne sont
plus propres qu'à bastir les
reçoivent, & en forment
des voutes au dessus deces
nids, de crainte qu'il ne
tombe de la terre dedans.
Les plus vigoureux ont foin
de faire la chatTe) & d'étrangler
sans misericorde
les vauriens, qui non contens
tens dene pointtravailler,
vont encore manger la
nourriture des leur, ouvriers en absence,;
Sil'ontraittoit ainsitous
ceux qui en usent de mesme
dans les Estars policez,
il n'y auroit pas tant
de faineants& de voleurs
& l'abondance y regneroic
en la place du brigandage.
Au reste quoyque je n'aye
pas de témoin oculaire des
merveilles des Taons, il
n'y a pas
@
cependant plus
de peine à les-croire que
celles des;Fourmis& dee
Castors dont je suis certain,
ou que celles des Abeilles
qui les surpassent
peut-estre encore de bien
loin, comme on laveudans
le Mercure de Paris de fan.
née1712.. au mois d'Avril.
Car on peut asseurer qu'il
n'y a peut-estrepasd'animal
si brute qu'il foit
;
qui ne devienne comme
sensé &intelligent lorsqu'il
s'agit de sa conservation,
ou de la production
de ses petits. Est- il rien
qi4i paroiiflcplustbFute ql.Í.
ui* Limaçon?ilcreuse cc*
pendant un nid en terre
pour y pondte ses oettfs; il
les couvre ensuite d'une
especedecole quise durcit
extrêmement, & qui les
conserve contre les insectes
& contre toutes les injures
du temps. Qu'estildeplus
pefanc qu'une Tortue, elle
fort néanmoins du fond de
la mer, elle vient creuser
un nid dans le fable où elle
fait sa ponte,& recouvre
ensuite ses oeufs de ce met
me fable,afin que la chaleur
du soleil suppléé au
deffaut de lasienne
, qui
ne feroit pas suffisante pour
les faire éclorre. Les Saumons
& plusieurs autres
poissons remontent les ri.
vieres jusqu'à leur source,
& fouvenc par. respace de
plus de cent cinquante
lieues
, pour femer leurs
oeufs sur la bouë Ôc dans
une eau peu profonde afin
que la chaleur du Soleil
puisse les faire éclorre.
Faut-il que desbestes
pour qui nous avons tant
de mépris., surpassent la
,
pluspart des Peres & Meres
en tendresse &.. en soins
1
pour l'éducation de leurs
enfants?
•
Quoy donc les Machines
opereront-elles aussi des
prodiges pour enfanter
d'autres Machines, pour
les conserver, & pour leur
sauverla vie; & a pprendront-
elles à nos amesraisonnables
à avoir des sentimens
de rendresse & de
crainte;àestrelaborieuses,
soigneuses , courageuses ,
& tantd'autres vertus necessaires
à l'éducation des
pietits?Mais auparavant que
de quitter ce sujet,considerons
un peu quel plaisir
nos bestes brutes prennent
à exercer leurs jeunes adul.A
Ks, désqu'ils commencent
à courir, voler, ou
nager. Ne diroit-on pas
qu'elles ont recouvert une
nouvelle jeunesse pour
jouër & folastreravec eux?
Que ne doit.on point penser
aussi des jeux de ces
jeunes animaux,qui sont
remplis de feintises,d'imitations
,
& de singeries ;
tantost ils feignent d'estre
fort en colere ; & dese
mordre tantost de fuïr tantost de poursuivre,tan-r
tost de flatter
,
tantost
-
de
craindre,en un mot ils imitent
parfaitement les jeux
des enfants, qui ne font
jeux qu'en ce qu'ils ne sont,
comme ceux- là
, que de
pures fictions. Il n'est pas
jusques aux plus stupides
animaux,dont les amufementis
de jeunesse ne eausent
beaucou p d'admiration
,
& de plaisir à ceux
qui les observent. Si quelqu'un
en doute,iln'a qu'à
considerer pendant quelque
beau jour de Printems,
les jeux des jeunes Arai-r gnées des jardins. On les
trouve au iixleil contre les
muraillesqui selivrent mita
le combats,moitié feints,
moitié san g lants
; là elles
(e mordent
,
se précipitent.
s'arrachent les pattes, 5e..
tranglent, & surpassent de
bien loin,tout ce qu'on rapporte
des gladiateuts sur les
arenes.
Les Machines seront-elles
donc encore capables
de fictions
,
& d'imitation
comme les enfants, & produiront-
elles
duiront-elles des opera»
tions pour lesquelles e lles
ne sont pas veritablement
montées? Une montre par
exemple qui est montée
pour marquer deux fois
douze heures par jour, s'a).
visera-t-elle, pour se divertir
, & pour nous jouër, de
les marquer en une heure,
& reprendra telle ensuite
d'elle-mesme son serieux,
& son veritable train. J'avouë
qu'on entrevoit des
étincelles de liberté dans le
delire des enfants, par la
communication qu'ils ont
avec nous de leurs pensées
, & que nous ne pouvons
rien appercevoir de
semblable dans les animaux,
avec lesquels nous ne
pouvons point avoir cette
sorte de commerce. Mais
avantd'entrer plus avant
dans cette discussion, examinons
encore quc!qucs
vertus des bef.l:e)q.ui nous
aideront à prendre parti
plusseurement.
7. Tout le monde sçait
assez l'arrache,la fidélité,
la soumission & la reconnoissance
, que les Chiens
ont pour leurs maistres,leur
docilité,l'impatience qu'ils
ont de les revoir quand
ils sont absens
,
la tristesse
que cette absence leurcause
,& la joye qu'ils marquent
quand ils les retrouvent,
ou lorsqu'ils peuvent
leur rendre quelque service;
avec quelle chaleur ils
prennent leur deffense,
leur patience à en souffrir,
leur perseverance à leur
estresoumis,leur contrain- te&leurcomplaisance pour
eux. Undemesamisayant
fait emporter à dix lieuës
de Paris un vilain Chien ,
qui s'estoit addonné chez
luy
5
& qu'on n'avoit pû en
estranger à force de coups
de baston; ce Chien revintà
samaison aprésquelques
jours.Le maistre las de
lemaltraiter luy fit lier les
quatre pattes, attacher une
pierre au col, & lefit jetter
de dessus le pont Marie
dans la Seine. Le Chien ne
laissa pas de se sauver, ( ce
que j'aurois toutes les peines
du monde à croire,s'il
ne m'estoit arrivé une chose
toute pareille, ) & s en
revint au plus viste donner
de nouveaux tefmoignages
d'une fidélité & d'une foumission
inviolables à son
maistre adoptif, lequel en
fut tellement touché d'estonnement,
qu'il changea
dans le moment toute sa
rigueur enaffection.Tout
Paris a veu avec surprise, il
y a eennYvilrroonncfi.:nlnqquuaannttec 'ilnn's)
la constanceinvincible
d'un Chien,qui demeura
pendant plusieurs années
collé sur la fosse de son maistre,
dans le cimetiere des
saints Innocens , sans que
"Dy flatteries, ny nlrnaces.
ny lâFhecelïite peussent l'en
tirer. Ayantblesséunefois
un Lievre,il k sauva dans
tuàfe vigne
y
oùje le suivis
à lâ vbix de mes Chiens;
peu dete-n, psaprês;les voix
ayant etffé-,jc&urav
qu'ils*T-avoientafrêïïé-,<K
comme je les clltrèhÓisa
costé & d'autre
,
j'en ap -
perceus un qui venoit à
moyen grande diligence;
me flattant & thc caressant
,
aprés quoy il s'en
retourna avec beaucoup
-V
d'em pressement,ce qui me
fit comprendre qu'il falloir
le suivre: pendant que je
marchois, il prenoit le devant,
& revenoit fouvenc
sur ses pas, marquant tousjours
de l'im patience; à la
fin il ne revint plus, &
m'estant un peu avancé,
j'entendis mes deuxChiens
( d'ailleurs tousjours tresbons
amis) qui se mangeoient
l'un l'autre.Dés que
le second m'aperceut il prit
aussitost la suite
,
fentané
apparemment que ficatifë
n'estoit pas bonne. 1c vis
effectivement que le sujet
de leur querelle estoit que
le second avoit fort endommage
le Lievre pendantl'absence
dupremier,
lequel au contraire me caressoit
avec beaucoup de
confiance,comme pour me
marquer son innocence de
sa Cfiodmélibtiée.n
de belles regles
de morale ne peut-on
pas tirer de tousces exemples
; mais il vaut mieux
que chacun aitle plaisir de
les endeduire, que d'ennuyer
icy le kdieur par des
reflexions qu'il peut faire
aisément luy-mesme.
Je ne sçaurois cependant
m'empescher de luy
faire observer,que ces marques
de fidelité, de complaisance
& de retenuë,
n'ont gueres de compatibilité
avec l'idée que nous
avons d'une machine, qui
doit tousjours aller son
train, & tendre droit à sa
fin, dez qu'elle est une fois
desmontée d'une certaine
façon.
8. Que ne devons. nous
point penser encore de la
réglé que la pluspart des
belles observent dans toutes
leurs actions; les unes
ne sortent jamais qu'à une
certaine heure de nuit pour
chercher leur vie, ou une
com pagne,comme les Becasses,
les Lapins,les Limaces
,
les Herissons
,
les
Hiboux, & quantité d'autres
animaufc nocturnes
& sauvages qui rentrent
tous constamment à une
certaine heure du matin;
D'autres au contraire tid
manquent jamais de s'éJ
Veiller au lever du soleilJ
&de se rendormir à ion
coucher, ne perdanr pas
pour ainsi dire un seul ravon
de sa lumiere. En
Jquoy certes ils font beaucoup
plus dignes de louanges
que tant d'hommes déréglées,
qui paissentléurvie
comme les Hiboux, veillant
toute la nuit, & dormant
tout le jour.
On sçaicaussi que quan
tité d'oiseauxpassent tous
les ans des pays chauds:
dans des contrées plus temperées,
pour se sauver de
l'ardeurdusoleil. D'autres
au contraire
, vont des
paysfroids dans les mesmes
comrees, pour eviter
la rigueur de l'hyver, & les
uns & les autres s'en retournent
tous les ans d'où
ils font venus; sans que la
distance decinq ousixcens,
lieuës de pays, ny les trajets
des mers,soient capables
de leur faire Interrompre
leur réglé ( passant airtsi
toute leur vie comme des
voyageurs .& des étrangers
sur la rerre) Entre les differens
oisèaux les uns se
marient pour un temps,
d'autres mesme pour toute
leur vie) comme les
Tourterelles. Ils ne connoissent
point le divorce,
&. leurs mariages demeurent
inviolables, jusques à
ce que leurs petits n'ayent
plus besoin de leur secours.
Quel sujet de confusion
pour tant d'hommes d'ailleurs
raisonnables, mais
certainement inférieurs en
cecy aux bestes. De plus
le mariage n'est point en
eux une lubricitépuisqu'il
ne se contracte unique.
ment que pour la generation.
C'est pour cela que
leur rut dure si peu,&qu'il
ne vient que dans des tems
reglez& propres pour l'é.
ducatiori des petits; au lieu
que la lubricité des hommes
débauchez est perpetuelle.
«>. Disons encore un mot
de la chanté, de l'honnes.
teté & de lajustice que les
belles exercent entre elles,
outre ce que nous avons
remarqué des Cerfs à l'égard
de leurs compagnons
fatiguez, des Castors, des
Taons,& des peres &meres
a regard de leurs petits.
Plusieurs, ont apparemment
entendu dire un ancien
Proverbe, asinus asinum
fricat, mais peu en
gavent la vericable raison,
& peut estre que çeluy qui
la mis au jour ne la sçavoit
pas bien IUY.tesme. Pour
donc l'entendre
,
il faut
considererque quandun
Cheval, Asne ouMulet ne
sçauroit se gratter en quel.
que partie de son corps qui
: hlY démange, comme sur
le dos, le col, ou la teste, ils'approche de son cama.
rade, & le grate al'endroit
pareil à celuy quiluy démange.
Aussitost ce compagnon
charitable ne manque
pas, comme comprenant
le besoin de son camarade
, de le grater au
mesme endroit où il a esté
graté, & souventmesme
de l'avertir d'un endroit
qui luy demange aussi
> ôc
c'est alors qu'il est vray de
dire (qu'un Cheval grate
un autre Cheval, ) ces animaux
se prellant alors un
secours mutuel, dont chacun
a bes•oin, & dans l'en. k droic
droit qu'il souhaine. Qui
est-ce qui n'a pas veu les
Chiens d'un logis, & mesme
d'une rue, courir à la
deffense d'un de leurs camarades
attaque par quelqu'autre?
Qui ne sçait pas
la complaisance & les égards
qu'un animal a pour
un autre de mesme espece
plus jeune, ou plus foible
que luy
, & celle que les
masles en general ont pour
toutes les femelles? Qui
est:ce qui n'a pas remarque
le soin que les Chats
ont de cacher leur ordure,
ôc de nettoyer leur toison ?
Les oiseaux ont le mesme
foin de nettoyer les nids de
leurs petits, & les fourmis
leurs fourmillieresOnsçait
assez que les animaux corrigent
leurs perirs,-& quemesme
cespetits ont pour
létor^merèstoute'sa fbumissionpossible,
mais peutestre
tout le rriendenè sçait
f>rs queles Fôùrrftfa àidenif
courêS en : tbminun 'ccllè&:.
quiviennent s'estabmordans
fëurvôisinàge^Icdnftrmfé
fài/tfelji^iltiere*, qu'elfes
tfeÂir1 ^rêft?entdateur'graiiï
pendant ce temps-là, &
que celles-cy le leur rendent
fidellement
,
quand
leurestablissement est fini.
Que les Fourmis exercent
en rigoureux supplice contre
les Fourmis larronnefses
ou paresseuses, en les
déchirant à quatre. Mais
on ne finiroit jamais, si l'on
vouloit ra pporter toutes les
singularitez morales qu'on
remarque dans la conduite
des animaux;& peut-estre
arriveroit- on à s'asseurer
un repos & un bonheur
parfait dés cette vie, si on
estoit allez prudent pour
en bien profiter.
Qui pourra penser aprés
cela que les belles soient
de pures Machines, toutes
matérielles, meuës feule-
X ment par des loix du mouvement
générales & estoignées
J
dépendemment
d'une organisation de parties.
Il vaudroit autant faire
tout d'un cou p de la raison
& de la prudence hu-,
maine une espece de Ma-,
chine, necessitée aussipar
les mesmes loix, & par consequent
aveugle & sans li.
berté; mais dans quel excez
d'aveuglement faudroit-
il tomber pour imaginer
une telle chimere;
& quand mesme uneraison
dérangée pourroit y consentir,
nostre sentiment intérieur
ladementiroittousjours.
10. Que penser donc
maintenant sur la nature
du principe qui meut les
bestes, voyant qu'il est
pourveu de tant de belles
& bonnes qualirez ; qu'il
cft si judicieux, si vigilant,
si prudent, & si reglé dans
toutes ses opérations; tandis
que nostre amé au contraire
est sujette à tant
d'imperëfdibns&devices;
à T-éVréur5 à linjtTftice; à
l'ingràtitude, à l'infidélité,
àl'oisivetéà l'inhumanité,
à: l'impicte,a I'hypocrifie&
au dereglementdes moeurs.
Mais cette différence est
encore peu de chose, (s'il
rit permis de le dire) en
comparaison de cettequi
setire de la sagacité des
bestes à executer leursou.
vrages sans aucune estude,
&mesme sans aucun inftrument
étranger; tandis
que nos ouvriers font au
contraire obligez de faire
dé longs apprentissages,
d'où souvent ils sortent encore
fort ignorants, quelquefois
mesme font-ils
tout-à-fair incapables dé
rien apprendre. Nos Architectes
( par exemple) ne
sçatiroient bastirsansavoir
âppris avec bien du temps
&des peines les réglés dé
la Geornerrie& de l'Archirecture.
Cependant les Gac.
tors duCanada font des
digues&desappartements
pourse loger, conformes
à la droite architeaure sans
avoirappris aucunes réglés.;
Les Taons font de
mesme leurs voûtes sans le.
secours d'aucuns precepres,
que de leur bon genie. En
un mot les animaux construisent
leurs ouvrages de
la maniere qu! est tousjours
la plus parfaite en
chaque espece, comme
nous l'avons fait voir par
l'examen des raïons des Abeilles;
dans le mémoire
cite cy- devant, article l.
J'avoue qu'en cela mesme
me les bestes paroissent
bornées dans leurs operations;
elles ne sçavent point
varier leurs ouvrages en
uneinfinité de manieres.
comme l'homme, elles
sont, pour ainsi dire, asservies
à leur sujet ;au lieu que
l'homme travailleen maistre
dans ce qu'il possede.
Outre qu'il rassemble, pour
ainsi dire, éminemment en
luy toutes les inventions
dont les différents animaux
sont capables;& quoyqu'ii
n'y parvienne qu'à force
de travail&de temps,cela
ne laisse pas de prouver
parfaitement la fecondité
de son genie. Mais cette
secondité ne suffit pas pour
luy donner la Préférence
du codé de la perfection;
d'autant plus que les bestes
sont aussi capables par leur
docilité, d'apprendre une
infinité dechosestrès singuliere,
outre celles qu'elles
tiennent de leur inClinét
naturel. Ensorte que si les
bestes pouvoient le communiquer
leurs idées comme
les hommes font entre
eux, & si elles avoient des
mains, & des instruments
propres à tout executer
comme nous, peut-estre
auroient-elles aussi chez elles
des arts beaucoup plus
parfairs que lesnostres.J'ay
veu il y a environ dix ans
à la foire de saint Germain
un animal appelle Fecan,
assez semblable à un Renard
,
excepté qu'il a les
pattes d'un Singe, il se fervoit
de celles de devant
avec une adresse surprenante.
Au contraire les animaux
les plus stupides ont
les pieds ordinairement les
moins divitez. Il y a plusieurs
animaux qui ont la
partie de l'oreille appellée
le labyrinthe, semblable à
celle de l'homme, comme
les Chiens
J
les Chevaux,
les Elephans, les oiseaux
,
&c. lesquels sont tres- sensïbles
à la musique;ôc ceux
au contraire qui en font
privez y sont tout-a-fait in.
sensibles, furquoy l'on peut
voir nostre discours de l'oreille
imprimé en 1711.
dans le Mercure de Février,
d'où l'on pourroit inferer,
que si les bestes paroissent
si bornées, c'est du moins
en partie, parce que les instruments
leur manquent.
Mais du costé de la perfection
il ne faut qu'examiner
leurs ouvrages avec exactitude
, pour voir qu'elles
remportent de bien loin
sur nous. Si l'on se donne
la peine, par exemple,de
considerer la figure du
fond des cellules des Abeil.
les, & de quelle maniere
cescellules sontassemble'es
&oppocées les unes aux autres,
on fera forcé d'avouer
que l'intelligence qui les
conduit,est naturellement
pourveuë des connoissances
de la Géométrie,& de
l'Architeâure, & que pour
donner la mesure la plus
parfaite aux angles plans
ôc solides qui s'y rencontrent,
il faut qu'ellesçache
non seulementle calcu l des
triangles, mais mesme l'Algebre
; qu'elle possede les
proprietez de la sphere, &
des polyedres in scrits ôc
circonscrits; & en un mot
tout ce que nos plus habiles
Architectes ne sçavent
que fort mediocrement;
puisque ces cellules admirables
renferment toute la
perfeaion quecessciences
demandent,tant pour avoir
de la solidité & de la régularité
, que pour s'assembler
les unes avec les autres,&
pour s'y loger commodément
& seurement j ôc je
ne douté nullement que si
l'on faisoit un examen pareil
à celuy-cy des ouvrages
des Castors, des Taons ôc
des autres animaux archicettes)
on y trouveroit la
mesme perfection que dans
les raïons desAbeilles.
11. Nous voicy donc forcez
par nostre propre experience
d'avouer que l'intelligence
qui guide les animaux,
de quelque nature
qu'elle foit, est infiniment
plus parfaite en son essence
, que l'esprit de l'homme.
Maisenmesmetemps
quelle honte n'est
- ce pas
pour nous, si nous faisons
cet aveu en faveur de créatures,
que nous traittons de
stupides, & pour lesquelles
nous avons le dernier mépris-
N'est-ce pas la nous
précipiter nous-mesmes de
ce throne de gloire ou nous
nous estions placez au def-
-
fus detoutce quirespire?
- Quel parti prendré dans
une telle conjoncture,ne
pouvant ny osterla raison
aux belles pour en faire de
pures Machines, sans tomber
dans un ridicule intolérable
; ny leur donner un
principe spirituel sans estre
obligezd'abbaisser nostre
amour proprejusquà consentir
de le faire infiniment
plus parfait que nostre
ame.
Je ne voy plus d'autre
parti que de reconnoistre
dans tous ces effets singuliers,
oùla raison & le jugement
reluisent, le doigt
de l'Autheur de la nature,
( vereeniimdigitus Dei hi,cess )
ôc d'avouer que c'est sa
main qui se fert alors librement
des bestes, comme
d'un instrument sensible
pour se faire admirer, 0&
pour nous enseigner les leçons
de sa sagesse & de sa
justice. Voilàcetteintelligence
toujours libre, & infiniment
estevée au dessus
dela nostre, qui n'a besoin
ny de regles,ny d'apprentissage,
ny d'instruments,
pour operer tous ses miracles;
qui est toute en toutes
ses créatures,& toute en
chacune, sans leur estre aucunement
asservie,,& sans
estre déterminée par leurs
organizations presentes,
comme les Carthesiens le
prétendent, puisque c'est
elle au contraire qui en
produit librement tous les
mouven ens judicieux,selon
les differentes conjonétures
où elles se trouvent; le
tout uniquement pour leur
conservation
, pour nostre
utilité, 6c pour sa gloire.
Et si elle ne tire pas de chaque
sujettout ce qu'elle
pourroiten tirer, c'est quelle
a voulu manifester sa
secondité, en multipliant
& variant ses sujets indefiniment,
afin d'exciter davantage
nostre admiration,
&de lareveiller continuellement
; au lieu qu'elle languiroit
bien tost, si nous
trouvions les mesmes operations
dans coures les bestes.
Par ce moyen toutes
les difficultez sont levées;
nous nous délivrons du ridicule,
de vouloir tirer une
raison ( & une raison tressuperieure
à la nostre ) d'une
Machine purement materielle;
& ceux à quila propre
conscience de leur libertédans
les operations
intellectuelles,nefuflitpas
pour les sauver de la terreur
panique de devenir aussi de
pures Machines,files bestes
estoient telles, font entièrement
rasseurez. Nous
ne nous dégradons point
de nostre estat,en nous mettant
au dessous de l'intelli*
gence qui meut les bestes;
puisque nous y reconnoissons
l'Auteur de la nature,
qui se dévoile, pour ainsi
dire, librement & de luymesme
à nos yeux; nous
confondons aussi l'endurcissement
des Athées, en
adorant sa providence, &
nous trouvons un moyen
facile pour expliquer tout
ce qui paroist de plusmerveilleux
dans les actions
des bestes, sans qu'il nous
en couste aucun travail, ny
aucune estude.
12. Je ne prérends pas
cependant par là osteraux
belles une espece d'ame
materielle
,
qui préside à
leurs operations vitales, &
qui soit mesme susceptible
desentiments,&de perceptions,
de plaisir,de douleur,
de joye,de tristesse,de colere,
d'amour,decrainte, de
haine, de jalousie,&de toutes
les autres passionsqu'on
remarque dans les bestes;
même encore si on le veut,
d'imagination, de memoire&
d'action,parce que ces
operations sont encore infiniment
esloignées de la raison.
Je soustiens au contraire
que toutes ces passions
ou actions se passent
uniquement dans les esprits
animaux,qui sont contenus
dans leur cerveau, ans leurs nerfs, & dans
leurs membranes. Car il
suffit pour cela que ces cCprits
coulent continuellement
dans le sang, dans les
autres humeurs, & dans
toutes les parties de leur
corps; & que de plus ils
soient capables de recevoir
les impressions des objets
extérieurs par les sens, d'en
conserver
conserver les motions ou
images, & que ces images
ayenc communication les
unes avec les autres, pour
produire toutes les actions
destituées de jugement ôc
de raison
, ce que je n'ay
pas entrepris d'expliquer
icy en détail. Je dis seulement
icy que ces esprits
animaux sont la feule ame
matérielle
,
sensitive & animale,
Ôc la forme substantielle
des bestes, dont l'Autheur
de la nature se sert librement
pour produire
tout ce qui est au dessus de
la nature, je veux dire ce
qui tient de la raison & du
jugementsans qu'il soitnecessaire
de leur donner encoreune
ame spirituelle,qui
compare ces images formées
dans les esprits,qui
conçoive des idées & des
partions à leuroccasionqui
reflechissesur elle
-
mesme,
& sursesoperations,qui soit
capabledese déterminer la
première,&quisoitsusceptible
de rtgles.)ou de connoissances
universelles &
âb'ftriiittcs,comme la nostre,&
cela par lesraisons
que nous avons rapportées.
Il est évident que nous
ostons par là toute connoissance
aux bestes, pour leur
laisser feulement la vie, la
perception, & le mouvement
, comme font les CarteGens;
parce que cela
suffit pour leurs opérations
naturelles & vitales; &
qu'à l'égard des autres ope- A rations, cette âme materielle
,
sensitive & animale
, cette forme substantielle
n'enest que l'organe
& l'instrument
,
qui bien
loin de déterminer l'Auteur
de la nature à agir d'ue maniere
machinale&fcrvile,
comme le prétendent ces
Messieurs,est au contraire
déterminée par ce mesme
Auteur àsuivre ses impressions,
& à produire les actions
dont la matière est incapable
par elle.'-mefnJc.
Ainsi nous devons bien distinguer
deux especes d'operations
de Dieu dans les
bestes; la premiere qui est
leur vie est generale& éloignée
,
elle est déterminée
par les loix qu'il a establies
en formant le monde&a
parconsequent une connexion
necessaire avec tous
les autres mouvemens qui
s'y font; on peut l'appeller
à cause de cela naturelle &
necessaire; la secon de au
contraire estlibre & comme
surnaturelle,elle ne dépend
au plus que des conjonctures
presentes, & nullement
des organes ou des
loix gencrales. La première
est ce qu'on entend par
le simple concours de Dieu;
la feconde est l'effet d'une
Providence qui ne differe
du miracle, qu'en ce
qu'il ne produit aucun dé..
rangement sensible dans la
nature, &qu'il ne manque
jamais de se faire dans IC4
mesmescirconstances, parce
que Dieu est toujours le,
mesme;c'est si l'on veut un*
miracle naturel & ordinaire>
qui n'est méconnu ôc
ignoré
, que parce qu'il est
tousjours present aux yeux
detous les hommes.
Fermer
Résumé : Suite de la Dissertation Philosophique sur l'ame des bestes.
Le texte explore les comportements remarquables et les capacités des animaux, illustrant leur intelligence et leur organisation sociale. Les castors, par exemple, construisent des digues et des logements en abattant des arbres et en travaillant en société organisée. Ils prennent soin de leurs malades et punissent les fainéants. Les animaux cherchent également des remèdes pour leurs maladies, comme les chiens qui mangent du chiendent pour vomir. Les araignées construisent des sacs pour leurs œufs, les loriots suspendent leurs nids pour protéger leurs petits, et les hiboux cassent les pattes des souris pour les conserver. Les pigeons voyageurs sont capables de retrouver leur domicile après avoir été transportés sur de longues distances. Les fourmis et les abeilles démontrent une organisation sociale complexe, avec des rôles spécifiques pour chaque membre de la colonie. Le texte souligne la fidélité et la soumission des chiens envers leurs maîtres, illustrées par des exemples de chiens revenant chez eux malgré les obstacles. Les animaux montrent également des comportements admirables dans l'éducation de leurs petits, comme les chats qui cachent leur ordure et nettoient leur toison, et les oiseaux et les fourmis qui entretiennent leurs nids et fourmilières. Les animaux corrigent leurs petits et leur montrent de la soumission. Les fourmis, par exemple, aident celles qui déménagent et punissent les paresseuses. Le texte insiste sur le fait que les animaux ne sont pas de simples machines, mais possèdent des qualités morales et une intelligence remarquable. Ils construisent des ouvrages parfaits sans étude ni instruments, comme les castors et les taons. Les abeilles, par exemple, construisent des cellules géométriquement parfaites, démontrant une connaissance avancée de la géométrie et de l'architecture. Le texte conclut que l'intelligence qui guide les animaux est supérieure à celle des humains, qui sont sujets à des imperfections morales. Il propose que cette intelligence est l'œuvre de l'Auteur de la nature, qui se manifeste librement à travers les animaux. Enfin, il reconnaît que les animaux possèdent une âme matérielle capable de sentiments et de perceptions, mais sans raison ni jugement.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2870
p. 215-216
MORTS.
Début :
Messire Paul le Gendre, Seigneur de Lormoy, qui avoit esté [...]
Mots clefs :
Théologie, Maison de Navarre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORTS.
M0RTS.
Messire Paulle Gendre,
Seigneur de Lormoy
J
qui
avoitesté receuMaistre des
Requestes en 1668. après
avoir esté Procureur GeneralauParlement
de Mets,
mourut honoraire le trois
Octobre 1713. âgé de 98.
ans, laissant des enfants de
DameFrançoise deChaulnés
lqai eftencore vivante,
fille de MessireJacques de
Chaulnes, Seigneur de
Longcorne, Conseiller
d'Estat, &de Dame Anne
Duparites, dont l'aisnéest
Messire Gaspard François
le Gendre, Maistre des Requestes.
Messire Pierre Verrier,
Docteur en Theologie de
la Maison de Navarre,
Chescier de S. Estienne des
Grez,Principal du College
de Tours & ancien
Official de Paris , mourut
le 4. Octobre1713.
Dame Loüise Charlet;
épouse de MessireJean de
Jassaud,seigneur d'Arquinvilliers
, Maistre des Requestes,
mourut le 19. Octobre
1713.
Messire Paulle Gendre,
Seigneur de Lormoy
J
qui
avoitesté receuMaistre des
Requestes en 1668. après
avoir esté Procureur GeneralauParlement
de Mets,
mourut honoraire le trois
Octobre 1713. âgé de 98.
ans, laissant des enfants de
DameFrançoise deChaulnés
lqai eftencore vivante,
fille de MessireJacques de
Chaulnes, Seigneur de
Longcorne, Conseiller
d'Estat, &de Dame Anne
Duparites, dont l'aisnéest
Messire Gaspard François
le Gendre, Maistre des Requestes.
Messire Pierre Verrier,
Docteur en Theologie de
la Maison de Navarre,
Chescier de S. Estienne des
Grez,Principal du College
de Tours & ancien
Official de Paris , mourut
le 4. Octobre1713.
Dame Loüise Charlet;
épouse de MessireJean de
Jassaud,seigneur d'Arquinvilliers
, Maistre des Requestes,
mourut le 19. Octobre
1713.
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Résumé : MORTS.
En octobre 1713, trois personnalités décédèrent. Messire Paulle Gendre, Seigneur de Lormoy et Maître des Requestes, mourut à 98 ans le 3 octobre. Messire Pierre Verrier, Docteur en Théologie et Principal du Collège de Tours, décéda le 4 octobre. Dame Loüise Charlet, épouse de Messire Jean de Jassaud, mourut le 19 octobre.
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Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2871
p. 217-232
RELATION de ce qui s'est passé de plus considérable é Fontainebleau depuis le 31. Aoust jusques au 11. Octobre.
Début :
Le Roy estant parti le 30. de Marly alla coucher [...]
Mots clefs :
Fontainebleau, Roi, Duchesse de Berry, Cérémonies, Chasse, Jeux, Audiences, Capucins
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : RELATION de ce qui s'est passé de plus considérable é Fontainebleau depuis le 31. Aoust jusques au 11. Octobre.
RELATION
de ce qui s'efl passé de plus
consîderable à Fontainebleau
adeupu1is1l.eO3Û1.oAbroeu.jljufqucs
» LE Roy estant parti le
30. de Marly alla couch
r à Petitbourg
,
& le 31.
à Fontainebleau, accompa-
,
gné de Monseigneur le
Duc & de Madame la Duchesse
de Berry
,
des autres
Pinces &PnnccflV$!3 Cour
y a esté tres-nombruse &
tres-magnifique. Il y a capresque
tous les jours chatte
de Cerf
,
duSanglier ou du
Loup
,
trois fois la fClTIJÍnc
Comedie, les autres jours an
a joüé chez Madame la Duchesse
de Berry un fort gros
jeu depuis sept heurcs
soir jusques à dit. Il y avoit
ordinairement douze ou
quinzeCoupeurs, Monseigneur
leDuc& Madamela
Duchesse de Berry, Madame
la Duchesse, Monsieur PE.--
lecteur de Baviere, Monsieur
le Comte de Toulouse
étoient de ce nombre: Il y
a eu deux fois la semaine
pesche des Cormorans &
promenade Royale le long
du Canal. Le Roy menoit
lui-mêmesaCalèche,ainsi
que Madame la Duchesse de
Berry la sienne, qui marchoit
toujours à costé de celle du
Roy, & qui estoit route dorée
,
de même que les harnois
des chevaux. L'habit de
cette Princesseestoit toujour
d'une étoffe fort riche,
& tout couvert de rubis
d'émeraudes, ou de diamanso
Sa coëssure en estoit si remplie,
qu'on peut dire sans
exageration que la vûë en
pouvoic à peine supporter
l'éclat. Ces deux Caléches
estoient entourées de Monseigneur
le Duc de Berry, de
Monsieur le Duc d'Orléans,
de Monsieur le Conue de
Charolois, de Madame .si
Princesse de Conti, de Mademoicelle
de Charolois, de
pbluesmieeunrtsvaêuttureëss Dames superen
habit de
Chasse à cheval
,
de même
que la pluspartdes Seigneurs
de la Cour. Immédiatement
après fuivoicnt plus de cent
Carosses à six & à huit chevaux,
dans lesquels on voyoit
Madame,Madame la Ducheflc
d'Orléans, Madame
la Duchesse
,
Madame la
Princesse de Conti ancienne
Doüairiere, Madame la Princesse
de Conti, Monsieur
l'Electeur de Baviere, Monsieur
le Prince Ragotzi, Mr
le Grand, Mr le Prince de
Vaudemont
j
Mr le Prince
d'Enrichement
,
Mrs les
Cardinaux Gualtieri, de
Rohan & de Polignac, Mrs
le Nonce, Mrsles Ambassadeurs,
Mrs les Envoyez
ou Ministres qui sont en
France, & pluficurs autres
Seigneurs & Dames de la
Cour.
Je n'entreprendray point
la description de la ric hesse
& de la diversité des habits;
il suffit de vous dire que l'imagination
ne peut aller plus
loin, & que les yeux en
estoient ébloüis, & à mesure
que le Roy montoit ou descendoit
, on voyoit deux
gondolestoutes dorées que
des Matelots habillez d'un
gros dma.. bleu avec une
frange d,'or) faisoit suivre
cette Royale Troupe. La
fouledes Spectateurs estoit
tres grande. oLe 7. Sa Majesté donna
Audiance aux Dépurez des
jiratsdc la Province de LangwApç.
, ayans à leur reste
Monsieur le Duc du Maine,
Gouverneur de la Province,
& Mr le Marquis de la Vnl-P
liere, Secrétaired'Etat Mr
l'Evesque de Mande harangua.
Ils allerent en fuite chez
Monseigneur le Duc de Berry.
Le8. jour de la Nativité
de la Vierge, le Roy fit rendre
le Pain bénit al'Eglise Paroissiale
de Fontainebleau par
MMrrl'lAAbbbbéédd'E'EnDtragues, l'un , de ses Aumôniers,en Rochet.
Cet Abbé estoit precedé de
douze Suisses de la Garde qui
portoient six Pains bénits
sur lesquels estoient plusieurs
Banderolles aux Armes de
..f'ance,
ayans à leur reste les
Hauts bois, Trompcttes &
autres Instrumens, & estant
arrivé à I'Eglise, à l'Offertoire,
il allaàl'Offrande renant
un cierge où estoient
- huitdemi Louis d'or. Le même
jour à midy & demi, les
Députez des Etats de Languedoc
curent Audience de
Madame la DuchessedeBerry
,
qui porroit ce jour-là un
habit d'étoffe d'argent chamarré
derubis,de perles&de
diamants. La juppe étoit chamarréeenplein
d'un Point
d'Espagne d'argent, sa coef*
fure estoit toute couverte dè
pierreries. Le Cercle estoit
tres grand ce jour-là, où se
trouva un grand nombre de
Duchesses, &quantité de Seigneurs
&de Dames fuperbcment
vêtuës, & routes brillantes
de pierreries sur leurs
habits & dansleurs coëffures.
L'Evesquede Mandeharang
™:
Le 1 0. Monseigneur le Duc
de Berry fit rendre le Painbenit
par Monsieurl'Abbé
Berard, l'un de ses Aumôniers.
Le même jour le Generaldes
Capucins qui eil venu
faire lavisirede sonOrdreen
France eur Audiance du Roy,
acompngnéde 2 5. Religieux
de son Ordre, ensuite Ill) ut
de Monseigneur le Duc ÔC
de Madame la Duchesse de
Beiry. L'habit decettePrin-r
te..Ífe étoit ce jour-là d'une
étosse d'or avec une garniture
de diamants, dans laquelle
ainsi que dans sa coeffure entroienc
les plus belles pierreries
qu'on puisse voir,le Cercle
étoit des plus beaux, &
les Dames qui le composoit
étoient generalement habillées
ou d'étoffes d'or garnis
d'agréments d'or & d'argent
ou de soye de routes couleurs
brodez, & elles estoient brillantes
de pierreries sur leurs
habits & dans leurs coëffures.
L'Evesque de Mande harangua.
Le Dimanche 17. Madame
la Duchesse de Berry fit
rendre le Pain benit àl'Eglise
Paroissiale de Fontainebleau
par Mr l'Abbé Rouget l'un
de ses Aumoniers, en rochet.
Cet Abbé traversala Cour
des cuisines & la granderuë,
précedé de douze Suisses qui
portoient six Pains, sur les-
-
quels estoient plusieurs banderoles
aux Armes decette
Princesse, à la teste marchoit
plusieurs Haut- bois, Tromperes
& autres Instrumens
qui se firent entendre pendant
toute la marche jusques
mêmedansl'Eglise où ccc
Abbé alla à l'Offrande, tenant
un cierge à la main où
estoient plusieurs demi Louis
d'or: Madame fit faire la
même Ceremonie le 21.jour
de S. Mathieu par Mr l'Abbé
Lagors, un de ses Aumo.
niers,
Le 24- on presenta à l'issuë
de la Messe un homme
au Roy,âgé de cent un an
& huit mois, né en 1612.
au mois de Février, & fait
Capitaine en 1636. comme
il paroist par le Brevet. Le
même jour à midy & demi
Mr de Boiffieux porta la
nouvelle que nous avions forcé
les retranchemens des ennemis
prés Fribourg.
Le a.. Octobre Don Félix
Corneïo, Secrétaire de
l'Ambassade d'Espagne arriva
avec l'agréable nouvelle que
la Reine d'Espagne étoit accouchée
d'un Prince, & le
4. on apprit par un Courier
qu'on avoit ouvert la tranchée
devant Fribourg la nuit
du dernier Septembre au i'
Octobre.
Le 11. le Roy accompagné
de Monseigneur le Duc
&de Madame la Duchcffc de
Bcrry partit de Fontaines
bleau pour aller coucher à
Petit- bourg & le 12 à Versailles:
On peut dire que la
Cour n'a jamais cité ny plus
nombreuse ny plus brillante
& quelle ne s'est jamais
mieux divertie à Fontainebleau.
La Saison qui y a esté
tres belle, & le nombre des
Ecrangers tres- grand. Ils ne
pouvoient se lasser d'admirer
la grandeur dela Cour de
France. Ils estoient charmez
de voir tous les jours Madame
la Duchesse de Berry,
Madame la Princesse de Conti,
MademoiselledeCharollois
& les autres DJHICSvêtuës
en habit de chasse ayans
des just au - corps tous chamarrez
ou brodez d'or &
d'argent, avec des chapeaux
couverts de plumes, courir le
Cei fou le Sanglier, comme
les plus adroits Cavaliers.
de ce qui s'efl passé de plus
consîderable à Fontainebleau
adeupu1is1l.eO3Û1.oAbroeu.jljufqucs
» LE Roy estant parti le
30. de Marly alla couch
r à Petitbourg
,
& le 31.
à Fontainebleau, accompa-
,
gné de Monseigneur le
Duc & de Madame la Duchesse
de Berry
,
des autres
Pinces &PnnccflV$!3 Cour
y a esté tres-nombruse &
tres-magnifique. Il y a capresque
tous les jours chatte
de Cerf
,
duSanglier ou du
Loup
,
trois fois la fClTIJÍnc
Comedie, les autres jours an
a joüé chez Madame la Duchesse
de Berry un fort gros
jeu depuis sept heurcs
soir jusques à dit. Il y avoit
ordinairement douze ou
quinzeCoupeurs, Monseigneur
leDuc& Madamela
Duchesse de Berry, Madame
la Duchesse, Monsieur PE.--
lecteur de Baviere, Monsieur
le Comte de Toulouse
étoient de ce nombre: Il y
a eu deux fois la semaine
pesche des Cormorans &
promenade Royale le long
du Canal. Le Roy menoit
lui-mêmesaCalèche,ainsi
que Madame la Duchesse de
Berry la sienne, qui marchoit
toujours à costé de celle du
Roy, & qui estoit route dorée
,
de même que les harnois
des chevaux. L'habit de
cette Princesseestoit toujour
d'une étoffe fort riche,
& tout couvert de rubis
d'émeraudes, ou de diamanso
Sa coëssure en estoit si remplie,
qu'on peut dire sans
exageration que la vûë en
pouvoic à peine supporter
l'éclat. Ces deux Caléches
estoient entourées de Monseigneur
le Duc de Berry, de
Monsieur le Duc d'Orléans,
de Monsieur le Conue de
Charolois, de Madame .si
Princesse de Conti, de Mademoicelle
de Charolois, de
pbluesmieeunrtsvaêuttureëss Dames superen
habit de
Chasse à cheval
,
de même
que la pluspartdes Seigneurs
de la Cour. Immédiatement
après fuivoicnt plus de cent
Carosses à six & à huit chevaux,
dans lesquels on voyoit
Madame,Madame la Ducheflc
d'Orléans, Madame
la Duchesse
,
Madame la
Princesse de Conti ancienne
Doüairiere, Madame la Princesse
de Conti, Monsieur
l'Electeur de Baviere, Monsieur
le Prince Ragotzi, Mr
le Grand, Mr le Prince de
Vaudemont
j
Mr le Prince
d'Enrichement
,
Mrs les
Cardinaux Gualtieri, de
Rohan & de Polignac, Mrs
le Nonce, Mrsles Ambassadeurs,
Mrs les Envoyez
ou Ministres qui sont en
France, & pluficurs autres
Seigneurs & Dames de la
Cour.
Je n'entreprendray point
la description de la ric hesse
& de la diversité des habits;
il suffit de vous dire que l'imagination
ne peut aller plus
loin, & que les yeux en
estoient ébloüis, & à mesure
que le Roy montoit ou descendoit
, on voyoit deux
gondolestoutes dorées que
des Matelots habillez d'un
gros dma.. bleu avec une
frange d,'or) faisoit suivre
cette Royale Troupe. La
fouledes Spectateurs estoit
tres grande. oLe 7. Sa Majesté donna
Audiance aux Dépurez des
jiratsdc la Province de LangwApç.
, ayans à leur reste
Monsieur le Duc du Maine,
Gouverneur de la Province,
& Mr le Marquis de la Vnl-P
liere, Secrétaired'Etat Mr
l'Evesque de Mande harangua.
Ils allerent en fuite chez
Monseigneur le Duc de Berry.
Le8. jour de la Nativité
de la Vierge, le Roy fit rendre
le Pain bénit al'Eglise Paroissiale
de Fontainebleau par
MMrrl'lAAbbbbéédd'E'EnDtragues, l'un , de ses Aumôniers,en Rochet.
Cet Abbé estoit precedé de
douze Suisses de la Garde qui
portoient six Pains bénits
sur lesquels estoient plusieurs
Banderolles aux Armes de
..f'ance,
ayans à leur reste les
Hauts bois, Trompcttes &
autres Instrumens, & estant
arrivé à I'Eglise, à l'Offertoire,
il allaàl'Offrande renant
un cierge où estoient
- huitdemi Louis d'or. Le même
jour à midy & demi, les
Députez des Etats de Languedoc
curent Audience de
Madame la DuchessedeBerry
,
qui porroit ce jour-là un
habit d'étoffe d'argent chamarré
derubis,de perles&de
diamants. La juppe étoit chamarréeenplein
d'un Point
d'Espagne d'argent, sa coef*
fure estoit toute couverte dè
pierreries. Le Cercle estoit
tres grand ce jour-là, où se
trouva un grand nombre de
Duchesses, &quantité de Seigneurs
&de Dames fuperbcment
vêtuës, & routes brillantes
de pierreries sur leurs
habits & dansleurs coëffures.
L'Evesquede Mandeharang
™:
Le 1 0. Monseigneur le Duc
de Berry fit rendre le Painbenit
par Monsieurl'Abbé
Berard, l'un de ses Aumôniers.
Le même jour le Generaldes
Capucins qui eil venu
faire lavisirede sonOrdreen
France eur Audiance du Roy,
acompngnéde 2 5. Religieux
de son Ordre, ensuite Ill) ut
de Monseigneur le Duc ÔC
de Madame la Duchesse de
Beiry. L'habit decettePrin-r
te..Ífe étoit ce jour-là d'une
étosse d'or avec une garniture
de diamants, dans laquelle
ainsi que dans sa coeffure entroienc
les plus belles pierreries
qu'on puisse voir,le Cercle
étoit des plus beaux, &
les Dames qui le composoit
étoient generalement habillées
ou d'étoffes d'or garnis
d'agréments d'or & d'argent
ou de soye de routes couleurs
brodez, & elles estoient brillantes
de pierreries sur leurs
habits & dans leurs coëffures.
L'Evesque de Mande harangua.
Le Dimanche 17. Madame
la Duchesse de Berry fit
rendre le Pain benit àl'Eglise
Paroissiale de Fontainebleau
par Mr l'Abbé Rouget l'un
de ses Aumoniers, en rochet.
Cet Abbé traversala Cour
des cuisines & la granderuë,
précedé de douze Suisses qui
portoient six Pains, sur les-
-
quels estoient plusieurs banderoles
aux Armes decette
Princesse, à la teste marchoit
plusieurs Haut- bois, Tromperes
& autres Instrumens
qui se firent entendre pendant
toute la marche jusques
mêmedansl'Eglise où ccc
Abbé alla à l'Offrande, tenant
un cierge à la main où
estoient plusieurs demi Louis
d'or: Madame fit faire la
même Ceremonie le 21.jour
de S. Mathieu par Mr l'Abbé
Lagors, un de ses Aumo.
niers,
Le 24- on presenta à l'issuë
de la Messe un homme
au Roy,âgé de cent un an
& huit mois, né en 1612.
au mois de Février, & fait
Capitaine en 1636. comme
il paroist par le Brevet. Le
même jour à midy & demi
Mr de Boiffieux porta la
nouvelle que nous avions forcé
les retranchemens des ennemis
prés Fribourg.
Le a.. Octobre Don Félix
Corneïo, Secrétaire de
l'Ambassade d'Espagne arriva
avec l'agréable nouvelle que
la Reine d'Espagne étoit accouchée
d'un Prince, & le
4. on apprit par un Courier
qu'on avoit ouvert la tranchée
devant Fribourg la nuit
du dernier Septembre au i'
Octobre.
Le 11. le Roy accompagné
de Monseigneur le Duc
&de Madame la Duchcffc de
Bcrry partit de Fontaines
bleau pour aller coucher à
Petit- bourg & le 12 à Versailles:
On peut dire que la
Cour n'a jamais cité ny plus
nombreuse ny plus brillante
& quelle ne s'est jamais
mieux divertie à Fontainebleau.
La Saison qui y a esté
tres belle, & le nombre des
Ecrangers tres- grand. Ils ne
pouvoient se lasser d'admirer
la grandeur dela Cour de
France. Ils estoient charmez
de voir tous les jours Madame
la Duchesse de Berry,
Madame la Princesse de Conti,
MademoiselledeCharollois
& les autres DJHICSvêtuës
en habit de chasse ayans
des just au - corps tous chamarrez
ou brodez d'or &
d'argent, avec des chapeaux
couverts de plumes, courir le
Cei fou le Sanglier, comme
les plus adroits Cavaliers.
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Résumé : RELATION de ce qui s'est passé de plus considérable é Fontainebleau depuis le 31. Aoust jusques au 11. Octobre.
Du 31 mars au 11 octobre, le roi séjourna à Fontainebleau en compagnie de Monseigneur le Duc et de Madame la Duchesse de Berry, ainsi que d'autres princes et princesses de la cour. La cour, très nombreuse et magnifiquement vêtue, se livra à diverses activités quotidiennes telles que des chasses au cerf, au sanglier ou au loup, des représentations de comédie, et des jeux chez Madame la Duchesse de Berry. Des promenades royales en calèche le long du canal étaient également organisées, accompagnées d'une escorte impressionnante de carrosses et de personnalités notables. Le 7 avril, le roi reçut les députés des États de la province de Languedoc. Le 8 avril, à l'occasion de la Nativité de la Vierge, le roi assista à la distribution du pain bénit à l'église paroissiale de Fontainebleau. Le 10 avril, le Duc de Berry organisa une cérémonie similaire et le général des Capucins fut reçu par le roi. Le 17 avril, Madame la Duchesse de Berry fit rendre le pain bénit. Le 24 avril, un homme âgé de cent un ans et huit mois fut présenté au roi. Des nouvelles militaires et diplomatiques furent également annoncées, notamment la prise de Fribourg et la naissance d'un prince en Espagne. Le 11 octobre, le roi quitta Fontainebleau pour Versailles, marquant la fin d'un séjour caractérisé par la grandeur et la brillance de la cour.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2872
p. 262-267
Extrait d'une Lettre de Lisbone le 28. de Septembre.
Début :
On attend icy de jour à autre notre Flote du [...]
Mots clefs :
Lisbonne, Flotte, Corsaires, Troupes, Paix, Négociants, Vaisseaux, Méditerranée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Lisbone le 28. de Septembre.
Extraitd'une Lettre de Lisbone
le 28. de Septembre.
On artcnd icy de jour à
autre notre Flote du Bresil,
& on a envoyé à sa rencontre
huit Vaisseaux de guerre
sur l'avis que plusieurs Bastimens
Corsaires de Salé croisoient
sur la route.. La reformedes
Troupes qui avoic
cité arrêté dans le Conseil il
« y a plusde deux mois n'est
point encore commencée,on
ne croit pas même qu'ettc se
fasse avant la conclusion de
la Paix avec l'Espagne. Nous
venons d'apprendre que deux
de nos Bastimens qui venoient
du Levant ont esté pris dans
la Mediterranée par ks Corsaires
d'Alger. La perte est
considerable pour nos Negotians
>
leurs charges estans de
plus d'un million. On apprend
de Cadix qu'il est arrivé
ii" Vaisseaux de guerre
Anglois qui retournent de la
Mediterranée dans les Ports
d'A ngleterre.
On mande de Marseille
que le 10. Octobre le Maréchal
de Tessé alerté avec
quatre Galleres à la rencontre
de leurs Altesses Royales
de Savoye, & leurs a porté
toutes sortes derafraîchissemens.
Il fut à bord du Vaisseau
Amiraloù leurs Altesses
estoient; il y sur reçû avec
tous les « bc>nncurs IInables.
bles. Ils firent de grandes
largesses àtoute la Chiourme.
On a amené dans ce Port la
semaine passéeuneTartane de
Naples, chargée de munitions
de guerre pour Barcelone,
& une Barque Genoise
chargée de bleds pour la
mêmeVille. Ces Bastimens
ont esté pris par une de
nos Fregates. Un Vaisseau de
guerre Malthois a pris aprés
un combat de trois heures
un Cor faired'Alger où il y
avoit quarante-six Esclaves
Chretiens qui ont esté remis
en liberté.
On écrit de Thionville,
qu'un parti ennemi de soixante
Cavaliers ayant p<,lfé
la Morelle à un gué au dessous
de Treves, pour venir
piller dans les trois Eveschez
a esté coupé & défait, qu'il
ne s'en est fauvé que dix, les
autres ayant esté tuez ou faits
pri fonniers.
Il en arrivé à Compiegne
des Chariots venants de Bruxelles
qui ont raporté à Mt
de Baviere tous les effets qu'il
y avoit laissé lorsqu'il fut obligé
après la bataille de Ramillies
de se retirer de cette
place.
On mande de Flandres
qu'on tiroit tous les nouveaux
Regimens qui y sont
pour les envoyer en Alsace,
où on dit qu'ils y feront
cassez, & ensuite incorporez
dans les vieux Corps, auC.
quels ils serviront de recruës.
le 28. de Septembre.
On artcnd icy de jour à
autre notre Flote du Bresil,
& on a envoyé à sa rencontre
huit Vaisseaux de guerre
sur l'avis que plusieurs Bastimens
Corsaires de Salé croisoient
sur la route.. La reformedes
Troupes qui avoic
cité arrêté dans le Conseil il
« y a plusde deux mois n'est
point encore commencée,on
ne croit pas même qu'ettc se
fasse avant la conclusion de
la Paix avec l'Espagne. Nous
venons d'apprendre que deux
de nos Bastimens qui venoient
du Levant ont esté pris dans
la Mediterranée par ks Corsaires
d'Alger. La perte est
considerable pour nos Negotians
>
leurs charges estans de
plus d'un million. On apprend
de Cadix qu'il est arrivé
ii" Vaisseaux de guerre
Anglois qui retournent de la
Mediterranée dans les Ports
d'A ngleterre.
On mande de Marseille
que le 10. Octobre le Maréchal
de Tessé alerté avec
quatre Galleres à la rencontre
de leurs Altesses Royales
de Savoye, & leurs a porté
toutes sortes derafraîchissemens.
Il fut à bord du Vaisseau
Amiraloù leurs Altesses
estoient; il y sur reçû avec
tous les « bc>nncurs IInables.
bles. Ils firent de grandes
largesses àtoute la Chiourme.
On a amené dans ce Port la
semaine passéeuneTartane de
Naples, chargée de munitions
de guerre pour Barcelone,
& une Barque Genoise
chargée de bleds pour la
mêmeVille. Ces Bastimens
ont esté pris par une de
nos Fregates. Un Vaisseau de
guerre Malthois a pris aprés
un combat de trois heures
un Cor faired'Alger où il y
avoit quarante-six Esclaves
Chretiens qui ont esté remis
en liberté.
On écrit de Thionville,
qu'un parti ennemi de soixante
Cavaliers ayant p<,lfé
la Morelle à un gué au dessous
de Treves, pour venir
piller dans les trois Eveschez
a esté coupé & défait, qu'il
ne s'en est fauvé que dix, les
autres ayant esté tuez ou faits
pri fonniers.
Il en arrivé à Compiegne
des Chariots venants de Bruxelles
qui ont raporté à Mt
de Baviere tous les effets qu'il
y avoit laissé lorsqu'il fut obligé
après la bataille de Ramillies
de se retirer de cette
place.
On mande de Flandres
qu'on tiroit tous les nouveaux
Regimens qui y sont
pour les envoyer en Alsace,
où on dit qu'ils y feront
cassez, & ensuite incorporez
dans les vieux Corps, auC.
quels ils serviront de recruës.
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Lisbone le 28. de Septembre.
La lettre du 28 septembre de Lisbonne mentionne divers événements maritimes et militaires. Huit vaisseaux de guerre ont été envoyés pour protéger la flotte du Brésil contre les corsaires de Salé. La réforme des troupes, décidée depuis plus de deux mois, est retardée jusqu'à la conclusion de la paix avec l'Espagne. Deux navires marchands revenant du Levant ont été capturés par des corsaires d'Alger, causant des pertes importantes aux négociants. À Cadix, deux vaisseaux de guerre anglais sont revenus de la Méditerranée. À Marseille, le maréchal de Tessé a accueilli les Altesses Royales de Savoie. Une tartane de Naples et une barque génoise, chargées de munitions et de blé pour Barcelone, ont été capturées par une frégate française. Un vaisseau de guerre maltais a libéré quarante-six esclaves chrétiens après un combat contre un corsaire d'Alger. En Allemagne, un parti ennemi de soixante cavaliers a été défait près de Trèves. À Compiègne, des chariots de Bruxelles ont rapporté les effets du prince de Bavière après la bataille de Ramillies. En Flandre, de nouveaux régiments sont envoyés en Alsace pour être intégrés dans les vieux corps.
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2873
p. 267-269
Au Camp devant Fribourg, ce 18. Octobre
Début :
Il n'y a encore que le chemin couvert de [...]
Mots clefs :
Fribourg, Chemin couvert , Batterie, Lunette, Mineur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Au Camp devant Fribourg, ce 18. Octobre
An Camp devant Fribourg
,
ce 18. Ocloble
Il n'y aencore que lechemin
couvert de la Place demporté
:mais on bat en bréche
les deux bateries& la demilune
de l'attaque; il n'y a encore
rien d'emporté au Château,
la lunette n'ayant pû
estre emportée, d'autant
qu'elle est taillée dans le
Roc vif sans massonnerie &
ne peut estre emportée que
par escalade. On y a fait attach
er le mineur pour voir
s'il y a lieu de la miner afin
de la faire sauter.
Le Baron Haardick, Gouverneur
de la Ville, se defendtoûjours
avec un extrême
vigueur;il veut au raport
des deserteurs foûcenir l'asfaut.
Il est constant que le
Prince Eugene s'estavancé
du costé de Hollegrabcn;
mail il n'avoit que quatre
mille chevaux. Il est bien
vray qu'il estoit soûtenu par
un gros corps d'Infanterie
& de Cavalerie qu'il avoit
laide derriereSilinguen &
Rotwit & Homberg
, ne
voulant pas s'éloigner des
lignes d'Etlinguen & de Philisbourg
qu'il regarde à prefent
comme les seuls Boulevars
de l'Empire.
Au Camp denjant
,
ce 18. Ocloble
Il n'y aencore que lechemin
couvert de la Place demporté
:mais on bat en bréche
les deux bateries& la demilune
de l'attaque; il n'y a encore
rien d'emporté au Château,
la lunette n'ayant pû
estre emportée, d'autant
qu'elle est taillée dans le
Roc vif sans massonnerie &
ne peut estre emportée que
par escalade. On y a fait attach
er le mineur pour voir
s'il y a lieu de la miner afin
de la faire sauter.
Le Baron Haardick, Gouverneur
de la Ville, se defendtoûjours
avec un extrême
vigueur;il veut au raport
des deserteurs foûcenir l'asfaut.
Il est constant que le
Prince Eugene s'estavancé
du costé de Hollegrabcn;
mail il n'avoit que quatre
mille chevaux. Il est bien
vray qu'il estoit soûtenu par
un gros corps d'Infanterie
& de Cavalerie qu'il avoit
laide derriereSilinguen &
Rotwit & Homberg
, ne
voulant pas s'éloigner des
lignes d'Etlinguen & de Philisbourg
qu'il regarde à prefent
comme les seuls Boulevars
de l'Empire.
Au Camp denjant
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Résumé : Au Camp devant Fribourg, ce 18. Octobre
Le 18 octobre, les troupes assaillantes ont avancé vers Fribourg mais n'ont pas encore conquis la place forte. Elles ont attaqué les batteries et la demi-lune sans succès. Le château reste inébranlé, car la lunette, taillée dans le roc, ne peut être prise que par escalade. Des mineurs évaluent la possibilité de miner la lunette. Le Baron Haardick, gouverneur de la ville, continue de se défendre vigoureusement et prévoit de lancer un assaut. Le Prince Eugène s'est avancé vers Hollegraben avec quatre mille chevaux, soutenu par un important corps d'infanterie et de cavalerie positionné derrière Silingen, Rotwit et Homberg. Il évite de s'éloigner des lignes d'Etlinguen et de Philisbourg, qu'il considère comme les seuls boulevards de l'Empire.
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2874
p. 269-272
Au Camp devant Fribourg, ce 19. Octobre.
Début :
La perte des ennemis à l'attaque du chemin couvert & [...]
Mots clefs :
Fribourg, Suspension d'armes, Canon, Mortiers, Défense, Barcelone
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Au Camp devant Fribourg, ce 19. Octobre.
Au Camp denjant Fiibouwa**
ce ip.Octobre.
La perte des ennemis à
l'attaque du chemin couvert
& de la lunette se monte à
plus de deux mille hommes
& la nostre à 1800 Il y a
eu une Suspension d'Armes
de part& d'autre pour retirer
les morts & les blessez,
qui a duré depuis neufheures
jusqu'à une heureaprès midy.
Nous avons actuellement
trente-six pieces de Canon
& vingt huit Mortiers sur le
,
chemin couvert. Nous esperons
entrer Samedy ou Dimanche
dans la Place, malgré
la grande defense des
Assiegez qui se descendent
toujours avec vigueur.
L'attaque du Chaiteau
n'avance pas comme nous le
souhaitons. Le Maréchal de
Villars a résolu de faire attaquer
la redoute de l'Escarg
Je2.l Mrle Duc doitmonrer
la tranchée le10.comme
dernier Maréchal de Camp.
Le Prince Eugene est
toujours campé à Rotteville
pour empêcher les contributions
& les courses de nos
partis.
On mande du Camp de.
vant Barcelone que toute la
Catalogne est soumise hors
le Chasteau de Cardonne
que l'onassure ne pouvoir
pas soûtenir long temps.
Monsieur de Vauvray
Intendant de Toulon, , mande
que l'on a eu nouvelle
que Nebot s'éroit retiré, lui
huitième dans Barcelone,
toutes les troupes estant dis.
per fées.
ce ip.Octobre.
La perte des ennemis à
l'attaque du chemin couvert
& de la lunette se monte à
plus de deux mille hommes
& la nostre à 1800 Il y a
eu une Suspension d'Armes
de part& d'autre pour retirer
les morts & les blessez,
qui a duré depuis neufheures
jusqu'à une heureaprès midy.
Nous avons actuellement
trente-six pieces de Canon
& vingt huit Mortiers sur le
,
chemin couvert. Nous esperons
entrer Samedy ou Dimanche
dans la Place, malgré
la grande defense des
Assiegez qui se descendent
toujours avec vigueur.
L'attaque du Chaiteau
n'avance pas comme nous le
souhaitons. Le Maréchal de
Villars a résolu de faire attaquer
la redoute de l'Escarg
Je2.l Mrle Duc doitmonrer
la tranchée le10.comme
dernier Maréchal de Camp.
Le Prince Eugene est
toujours campé à Rotteville
pour empêcher les contributions
& les courses de nos
partis.
On mande du Camp de.
vant Barcelone que toute la
Catalogne est soumise hors
le Chasteau de Cardonne
que l'onassure ne pouvoir
pas soûtenir long temps.
Monsieur de Vauvray
Intendant de Toulon, , mande
que l'on a eu nouvelle
que Nebot s'éroit retiré, lui
huitième dans Barcelone,
toutes les troupes estant dis.
per fées.
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Résumé : Au Camp devant Fribourg, ce 19. Octobre.
Le document décrit des événements militaires et des mouvements de troupes. Lors d'une récente attaque, les pertes ennemies dépassent deux mille hommes, tandis que les pertes propres s'élèvent à 1800 hommes. Une suspension d'armes a été observée de 9 heures à 13 heures pour récupérer les morts et les blessés. Les forces disposent actuellement de trente-six pièces de canon et vingt-huit mortiers sur le chemin couvert. Une entrée dans la place assiégée est prévue pour le samedi ou le dimanche, malgré la résistance des assiégés. L'attaque du château progresse moins bien que prévu. Le maréchal de Villars a décidé d'attaquer la redoute de l'Escargot. Le duc doit inspecter la tranchée le 10 octobre en tant que dernier maréchal de camp. Le prince Eugène est stationné à Rotteville pour empêcher les incursions ennemies. Devant Barcelone, toute la Catalogne est soumise, sauf le château de Cardonne, jugé incapable de résister longtemps. Monsieur de Vauvray, intendant de Toulon, rapporte que Nebot s'est retiré à Barcelone, toutes les troupes étant dispersées.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2875
p. 272-279
Extrait de differentes Lettres du Camp devant Fribourg, du 23. Octobre.
Début :
Notre batterie en richochet estoit hier au soir comme inondée [...]
Mots clefs :
Place, Attaque, Ennemis, Brèche, En ricochet, Ouvrage
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texteReconnaissance textuelle : Extrait de differentes Lettres du Camp devant Fribourg, du 23. Octobre.
Extrait de différentes Lettres
du Camp
devant
Fribourg,
du13. Oclolpfe.
Notre batterie en richochet
estoit hier au foir comme
inondée; mais comme
on ne s'en servoie pius, cela
ne nous a pas causé un grand
préjudice. Il cft vray qu'on
a détourné la riviere dans le
commencement du Siege;
mais les ennemis se sont
conservé une écluse par le
moyen de laquelle ils remplisent
leurs fossez d'eau
quand ils souhaitent, sans
pouvoir cependant la faire
entrer dans la Ville pour
faire aller leurs moutins; on
ne pense pas à saigner le
forte, mais.à y construire six
Ponts. Il ne s'est rien passé
lanuitdu 21. au tt. à l'attaque
du Fort ni à celle de la
Ville. Les ennemis continuënt
à faire un grand feu.
On croit qu'on sera obligé
de changer de place quelques
unes de nos batteries, parce
quelles pourroient nuire à
ceux qui travaillent aux
Ponts sur les Fossez.
Comme on ne peut pas
grimper au Fort S. Pierre par ,
l'endroit qu'on attaque, on
va travailler àdes mines pour
faire fauter une partie du
Roc, & se pratiquer par là
une espece de degré. La
brèche (e fait aux deux bas-
..::t
tions de la Ville que l'on bat
malgré le feu des ennemis.
On devoit commencer le
22. au foir les Pontsdefascinés
sur le Fosse; il y en aura
un à chaque face des deux
bastions que l'on attaque &
deux à la demielune, tout
le monde croit que cela pourra
aller jusqu'au 17. On espereaussique
les Forts feront
rendus en même-temps que
la Place, afin de conserver
vingt-un bataillons qui seroient
pri sonniers de guerre.
Oll a attaché depuis trois
jours le Mineur à laredoute
du chemin couvert.
On mande de Landau
du 17. Octobre qu'un parti
de soixante Dragons prés de
l'armée ennemie ayant passé
le Rhin à Philisbourg s'avança
la nuit du 15.au 16. à
portée de cette Place, dans
le dessein de surprendre cent
hommes que nous avons
dans l'ouvrage de la Justice
qui est la plus avancée, Mr
de Vieux Pont qui y commande
ayanr esté averti par
un Païsan de leur approche,
envoya cent cinquante Grenadiers
à leur rencontre; ils
trouvèrent les ennemis à la
petite pointe du jour, à la
pottéedu canon de l'ouvrage
avec des échelles ils se jetterent
inopinément sur eux
& les enveloperent, ils en
tuerent dix, & firent quarante
deux prisonniers, entre
lesquels est leur Commandant
qui est Lieutenant Colonel
,on les a amenéici.
On écrit de Brifac du
1 8:.
que nos Troupes sont au
pied de la banquette, le long
de laquelle elles ont étendu
les logemens. On batenbrèche
la demie lune & les deux
bastions de la Place où il y
avoir le 17. une brèche
de dix toi les qui alloit jus:
qu'au cordon, il y a aussi
brèche à la demie-lune, &
cetre nuit on y doit attacher
le Mineur. On va aussi travailler
à combler le Foissé.
Les Assiegez sonttoûjours
grand feu cependant il n'y a
que leurs pierricrs qui incommodent
les Troupes, il vient
presque tous les jours desdeferteurs.
A l'attaque du Fort
on a poussé les travaux contre
un ouvrage en forme
de lunette qui ne peut --
eftrc
infultéc par le canon estant
enterée dans le Roc, &
comme elle ne peut-estre
emportée que par escalade,
on cherche les moyens dela
pouvoir miner.
du Camp
devant
Fribourg,
du13. Oclolpfe.
Notre batterie en richochet
estoit hier au foir comme
inondée; mais comme
on ne s'en servoie pius, cela
ne nous a pas causé un grand
préjudice. Il cft vray qu'on
a détourné la riviere dans le
commencement du Siege;
mais les ennemis se sont
conservé une écluse par le
moyen de laquelle ils remplisent
leurs fossez d'eau
quand ils souhaitent, sans
pouvoir cependant la faire
entrer dans la Ville pour
faire aller leurs moutins; on
ne pense pas à saigner le
forte, mais.à y construire six
Ponts. Il ne s'est rien passé
lanuitdu 21. au tt. à l'attaque
du Fort ni à celle de la
Ville. Les ennemis continuënt
à faire un grand feu.
On croit qu'on sera obligé
de changer de place quelques
unes de nos batteries, parce
quelles pourroient nuire à
ceux qui travaillent aux
Ponts sur les Fossez.
Comme on ne peut pas
grimper au Fort S. Pierre par ,
l'endroit qu'on attaque, on
va travailler àdes mines pour
faire fauter une partie du
Roc, & se pratiquer par là
une espece de degré. La
brèche (e fait aux deux bas-
..::t
tions de la Ville que l'on bat
malgré le feu des ennemis.
On devoit commencer le
22. au foir les Pontsdefascinés
sur le Fosse; il y en aura
un à chaque face des deux
bastions que l'on attaque &
deux à la demielune, tout
le monde croit que cela pourra
aller jusqu'au 17. On espereaussique
les Forts feront
rendus en même-temps que
la Place, afin de conserver
vingt-un bataillons qui seroient
pri sonniers de guerre.
Oll a attaché depuis trois
jours le Mineur à laredoute
du chemin couvert.
On mande de Landau
du 17. Octobre qu'un parti
de soixante Dragons prés de
l'armée ennemie ayant passé
le Rhin à Philisbourg s'avança
la nuit du 15.au 16. à
portée de cette Place, dans
le dessein de surprendre cent
hommes que nous avons
dans l'ouvrage de la Justice
qui est la plus avancée, Mr
de Vieux Pont qui y commande
ayanr esté averti par
un Païsan de leur approche,
envoya cent cinquante Grenadiers
à leur rencontre; ils
trouvèrent les ennemis à la
petite pointe du jour, à la
pottéedu canon de l'ouvrage
avec des échelles ils se jetterent
inopinément sur eux
& les enveloperent, ils en
tuerent dix, & firent quarante
deux prisonniers, entre
lesquels est leur Commandant
qui est Lieutenant Colonel
,on les a amenéici.
On écrit de Brifac du
1 8:.
que nos Troupes sont au
pied de la banquette, le long
de laquelle elles ont étendu
les logemens. On batenbrèche
la demie lune & les deux
bastions de la Place où il y
avoir le 17. une brèche
de dix toi les qui alloit jus:
qu'au cordon, il y a aussi
brèche à la demie-lune, &
cetre nuit on y doit attacher
le Mineur. On va aussi travailler
à combler le Foissé.
Les Assiegez sonttoûjours
grand feu cependant il n'y a
que leurs pierricrs qui incommodent
les Troupes, il vient
presque tous les jours desdeferteurs.
A l'attaque du Fort
on a poussé les travaux contre
un ouvrage en forme
de lunette qui ne peut --
eftrc
infultéc par le canon estant
enterée dans le Roc, &
comme elle ne peut-estre
emportée que par escalade,
on cherche les moyens dela
pouvoir miner.
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Résumé : Extrait de differentes Lettres du Camp devant Fribourg, du 23. Octobre.
Le texte relate des événements militaires devant Fribourg et à d'autres localités. Le 13 octobre, une batterie a été inondée sans causer de dommages majeurs. Les ennemis ont détourné une rivière pour remplir leurs fossés, mais ne peuvent inonder la ville. Des travaux sont en cours pour construire six ponts sur les fossés. La nuit du 21 au 22 octobre, aucune attaque n'a eu lieu contre le fort ou la ville, mais les ennemis continuent de tirer. Certaines batteries doivent être déplacées pour éviter de nuire aux travailleurs des ponts. Des mines sont préparées pour accéder au Fort Saint-Pierre. Des brèches sont faites dans les bastions de la ville malgré le feu ennemi. Les ponts de fascines sur les fossés doivent commencer le 22 octobre, et on espère que les forts seront rendus en même temps que la place pour éviter des prisonniers de guerre. À Landau, le 17 octobre, un parti de dragons ennemis a été repoussé, avec dix tués et quarante-deux prisonniers, dont leur commandant. À Brisach, le 18 octobre, les troupes françaises battent brèche sur la demi-lune et les bastions, avec une brèche prévue de dix toises. Les assiégés maintiennent un feu intense, mais seuls leurs pierriers incommodent les troupes. Des défecteurs arrivent presque quotidiennement. Les travaux pour attaquer le fort se concentrent sur un ouvrage en forme de lunette, nécessitant une escalade ou des mines.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2876
p. 279-284
Supplement aux Nouvelles.
Début :
On mande de Catalogne que le Duc de Popoli ayant [...]
Mots clefs :
Catalogne, Duc de Popoli, Miquelets, Nebot
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Supplement aux Nouvelles.
Supplémentaux Nouvelles.
-
On mande de Catalogne
que le Ducde Popoli ayant
esté informé que les Miquelets
rebeles faisoient secretement
un amas de vivres à
Badalona sur le bord de la -
Mer au de-là du Befos à
dessein de les transporter la
nuit dans de petits bastimens
à Barcelone, que sur cetavis
il avoir donné ordre à un
détachement de la garnison
de Matare de s'emparer de ce
-
lieu là, ce qu'il executa 4"
s'empara de tout ce que les
rebeles y avoient amassez &
d'un Magasin de provisieons
qui se trouva dans le Monastere
des Chartreux. Que
le Duc de Popoli avoit a pris
que Don Feliciano de Bracamonté
estoit arrivé devant
Castel-Ciudad, prés d'Urgél,-
avec le détachement qu'il
commande, continuant
-
de
poursuivre Nebot, que 4.
cens hommes de ceux qui le
suvoient, desabusez desesperances
qu'il leur avoir donné,
que toute la Province se declareroit
pour eux,estoient
venus se soumettre, & que
Don Feliciano de Bracamonté
avoit fait sommer le
Commandant deCastelCiudad
qui avoit con senti de lui
rendre la Place sur la promesse
qu'illui avoit faite au
nom du Roy, de lui faire
jouir de l'amnistie, & de lui
obtenir des lettres de No.
blesse, qu'il y avoir fait entrer
des Troupes, & yavoit
établi Gouverneur par provision
Don- Pedro deCaforo,
Capitaine au Regmient
dei Gatdes, & qu'ensuite il
*s'étoitjrenais .en marche sur
laVbufceqiicNebot avoit tenuedans
le dessein de le
pour suivre jusqu'à ce -'
qu'il
ÎW!*éR&tr.cmcntdéfait.
On écrit de Londres que
le Duc de Shrewsbury nommé
Viceroy d'Irlande, devoir
s'y rendre dans peu,
& que ses bagages estdient
déjàembarquez, que le p.
Ocl;.)bre il étoit arrivé à
Spuhead trois Vaisseaux de
guerre de l'Escadre du Chevalier
Jean Jennings, chargez
de l'Artillerie Angloise
qui avoit esté employée en
Espagne, que la Reine avoit
nommé le Lieutenant General
Rosse Ecossois pour aller
à la Cour de France en qualité
dEnvoyé extraordinaire,
&le ColonelWorsoleg pour
aqlleruen Paortlugialteén la.même
Les Lettres de Francfort
portent que les Troupes de
Prune, de Hanover & de
Hesse-Casselestoient encore
du costé de Mayence, &
que
-
On mande de Catalogne
que le Ducde Popoli ayant
esté informé que les Miquelets
rebeles faisoient secretement
un amas de vivres à
Badalona sur le bord de la -
Mer au de-là du Befos à
dessein de les transporter la
nuit dans de petits bastimens
à Barcelone, que sur cetavis
il avoir donné ordre à un
détachement de la garnison
de Matare de s'emparer de ce
-
lieu là, ce qu'il executa 4"
s'empara de tout ce que les
rebeles y avoient amassez &
d'un Magasin de provisieons
qui se trouva dans le Monastere
des Chartreux. Que
le Duc de Popoli avoit a pris
que Don Feliciano de Bracamonté
estoit arrivé devant
Castel-Ciudad, prés d'Urgél,-
avec le détachement qu'il
commande, continuant
-
de
poursuivre Nebot, que 4.
cens hommes de ceux qui le
suvoient, desabusez desesperances
qu'il leur avoir donné,
que toute la Province se declareroit
pour eux,estoient
venus se soumettre, & que
Don Feliciano de Bracamonté
avoit fait sommer le
Commandant deCastelCiudad
qui avoit con senti de lui
rendre la Place sur la promesse
qu'illui avoit faite au
nom du Roy, de lui faire
jouir de l'amnistie, & de lui
obtenir des lettres de No.
blesse, qu'il y avoir fait entrer
des Troupes, & yavoit
établi Gouverneur par provision
Don- Pedro deCaforo,
Capitaine au Regmient
dei Gatdes, & qu'ensuite il
*s'étoitjrenais .en marche sur
laVbufceqiicNebot avoit tenuedans
le dessein de le
pour suivre jusqu'à ce -'
qu'il
ÎW!*éR&tr.cmcntdéfait.
On écrit de Londres que
le Duc de Shrewsbury nommé
Viceroy d'Irlande, devoir
s'y rendre dans peu,
& que ses bagages estdient
déjàembarquez, que le p.
Ocl;.)bre il étoit arrivé à
Spuhead trois Vaisseaux de
guerre de l'Escadre du Chevalier
Jean Jennings, chargez
de l'Artillerie Angloise
qui avoit esté employée en
Espagne, que la Reine avoit
nommé le Lieutenant General
Rosse Ecossois pour aller
à la Cour de France en qualité
dEnvoyé extraordinaire,
&le ColonelWorsoleg pour
aqlleruen Paortlugialteén la.même
Les Lettres de Francfort
portent que les Troupes de
Prune, de Hanover & de
Hesse-Casselestoient encore
du costé de Mayence, &
que
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Résumé : Supplement aux Nouvelles.
Le texte relate des événements militaires et politiques dans diverses régions. En Catalogne, le Duc de Popoli a découvert que les Miquelets rebelles stockaient des vivres à Badalona pour les transporter à Barcelone. Il a ordonné à un détachement de Mataró de s'emparer de ces vivres et d'un magasin de provisions dans le monastère des Chartreux. De plus, Don Feliciano de Bracamonté a pris Castel-Ciudad près d'Urgell, où cent hommes ont abandonné Nebot. Don Feliciano a proposé une amnistie et des lettres de noblesse au commandant de Castel-Ciudad en échange de la reddition. Il a ensuite nommé Don Pedro de Caforo gouverneur provisoire et poursuivi Nebot jusqu'à sa défaite. À Londres, le Duc de Shrewsbury, nommé Vice-roi d'Irlande, se prépare à partir. Trois vaisseaux de guerre de l'escadre du Chevalier Jean Jennings, chargés d'artillerie utilisée en Espagne, sont arrivés à Spithead. La Reine a nommé le Lieutenant Général Rosse Écossais comme envoyé extraordinaire en France et le Colonel Worsley pour le Portugal. Enfin, des lettres de Francfort indiquent que les troupes de Prusse, de Hanovre et de Hesse-Cassel sont toujours à Mayence.
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2877
p. S. P.
TABLE.
Début :
Trait d'Histoire Arabe. L'Homme rouge, nouvelle metamorphose. Enigmes [...]
2878
p. 3-62
Dissertation sur la Musique Italienne & Françoise.
Début :
C'est apparemment, Monsieur, pour m'éprouver & nous connoître ce que [...]
Mots clefs :
Musique italienne, Harmonie, Chant, Paroles, Musique française, Expression, Goût naturel, Composition, Ornementation, Genres musicaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dissertation sur la Musique Italienne & Françoise.
Dissertationsur la Musique
Italienne &Françoise.
,P,ar M. de L. T. ) - -E1 S\.- ,T apparemment,
Monsieur,
pourm'éprouver
& DOUÇ connoître ce que
je puissçavoir en musique,
que
vous me demandez
mon sentiment
sur le goût Italien qui yregneapresent plus
quejamais. Il n'y a personnequipuisse
decider
avec plus de justesse sur
cet a t que vous,qui le
possedez parfaitement,
& quijoignez au beau
naturel une science profonde
dans l'harmonie.
Je vous obeïs donc. Ce
ne fera point comme
Musicien prevenu en saveurde
l'uneoude l'autre
que je vous dirai
mon sentiment ; je parlerai
suivant le goût naturel
qui m'est échû en
naissant pour cette fcience
, & qui doit peu de
choses à l'art: & laissant
là les termes dont les
Musiciens font obligez
de charger leurs traitez
demusîque, & qui loin
d'instruire ne fervent
souvent qu'à embroüil1er
les idées deslesteurs
]c-râcheraydemerendre
sensîble à ceux qui me
liront, en fortequ'ils me
pourront comprend re
sans scavoirlamusique.
J'essayerai donc de vous
faire une peinture de l'une
Sede^ l'autre,ainsi
qu'elles m'ont frapéaprés
les avoir pratiquées
toutes le^sdeùx^.b
n IL y a presentement
icideux partis formez
dans làMusique : Tun
admirateur outré de la
Musique Italienne, proscrit
absolument la Musique
Françoise, comme
fade & sans goût;l'autre,
fidele au goût de sa patrie,
ne peut souffrir sans
indignation que l'on méprise
le bon goût François
, & traite la Muse
Italienne de bizarre &
de capricieuse. Il y a à
tout cela un milieu plus
raisonnable, qui est de
rendre justice à l'une & à
J'ay^re., & delesprendre
cthaecunre deans.leur carac-
-v^ll faudroic être dépourvu
de goût & de
conoissance,pournepas
avoüer que la bonne Musique
Italienne renferme
en general ce qu'il y a de
plussçavant & deplus
recherché dans cet art;
que nous lui devons une
grande partie des agrémensde
lanôtre;que les
Italiens font nos maîtres
pour les Cãcates &: pour
les Sonnattes. J'admire
dans ces picces les desfeins
nouveaux de leurs
figures,si bien imaginez
& si heureusement conduits,
la vivacitépetillantede
leurs imitations
redoublées,lavariétéde
leurs chants, la diversité
de leurs tons & de leurs
modes si bien enchaînez
les uns aux autres, leur
harmonie recherchée S£
sçavante: mais si nous
leur cedons lascience &I
l'invention, ne doiventils
pas nous ceder le bon
goût naturel dont nous
sommes en possession,&
l'execution tendre & noble
où nous excellons?les
enrichissement que nous
y avonsajoutez de nôtre
propre fond ne doiventils
pas prévaloir? & ne
sommes-nous pas de ces
écoliers qui ayant bien
profité des leçons denos
maîtres, sommes à la fin
devenus plus sçavans
qu'eux? Ne pourroit-on
pas dire, sansossenser les
sectateurs de laMusique
Italienne, que leurs ornemenstropfrequens
&
déplacez en étouffent
l'expression,qu'ils ne caracterisent
point assez
leurs ouvrages? semblables
en cela à cette arc hitecture
gothique, qui
trop chargéed'ornemens
en est obscurcie
,
& où
l'oni~ démêle plus le
corpsde louvrage.,Que
laMusique Italienne ressemble
encorea une coquette
aimable pleine de
rouge & de mouches
y toujours vive, toujours
le pied en l'air, qui chercheàbriller
partout sans
raison & sans sçavoir
pourquoy, toujours emportée
dans quelques sujets
qu'elle traite;que l'amour
tendre y danse le
plussouvent la gavotte
ou la gigue. Ne diroiton
pas que le serieuxdevient
comique entre ses
mains, &qu'elle est plus
propre auxarietes St aux
chansonnettes qu'à traiter
de grands sujets? fem- - blableen celaàces Comédiens
quin'ayant que
du talent pour le ÇOOIH
que, reüssissentfort mal
,t>-
&tournentletragiqueenridicule
quànçl
ils veulent s'erî mêler.
Il faut avoüer que la
majestéde le Musique
Françoisetraiteles sujets
heroïques avec plus de
noblesse, & convient
bien mieux au cothurne
DanslaMusiqueItalienne
tout y paroît uniforme,
la joye, la colere,
la douleurl'amourheureuxv
bb t ou quiespere:tout y semblepeintaveclesmêmes
traits&dumêmecaractere,
c'estunegiguecontinuelle,
toujours petit
ki\tfcy LreujoLWs bondisante
; la voix commence
eule, l'instrument repee
ce chant en écho. Ce
esseinsouvent d'un chat
bizarrese promene noneulement
sur toutes les
cordes du mode,mais en-
:orc sur toutes lesétrangeres
où ils peuvents'accrocher
bien ou mal, telement
queleurs pieces
roulent sur tous les tons,
& changent de mode à
chaque instant, en forte
que l'on nesçauroitdire
à la fin duquel ils font.
Après avoir fait cette
longue promenade, où
l'on repete vingt fois le
même changeant la voix
que l'instrument, il faut
encore retourner da cfr
po. Ce passage est quelquefois
très-rude à l'oreille,
étant souvent de
deux cordes, voisines:
mais il arrive souvent
quel'on passe outre,pour
éviter à prolixité&pour
eix/iiminuCerl'e'nenusi.t
C'est un grand défaut
dans tous les ouvrages
d'espit, 8C principalement,
en musique, de ne
pouvoir finir: il faut sçavoir
se modérer. Un bon
ouvrage perd la moitié
de son merite quand il
est trop diffus.
-
Nous avons peine encoreànous
accoutumer
aux intervales bizarres
des chants de leurs recits
qui passent quelquefois
l'étenduëde l'odave»éc
que les. plus habiles ont
peine àentonner juste;les
tenuessurtout,yimpatientent
l'audireur,pour
estredéplacées. Ces tenuës,
qlle nous neiaifons
&i qui ne conviennent
gueres que surles mots
de repos &quelques autees,
sy font indifferemmenusurtouslesmots
qui finissent par des
voyelles. Je ne dispas
qu'il; n'y ait beaucoup
d'art à faire badiner un
violon & une baffe Sous
une de ceslongues tenues
: mais quel rapport
a la liberté avec ce son
qui dure un quart-d'heure
?où cft le goût & l'expression
de tout cela? Il
arrive même souvét que
la Musique Italienne exprime
toute autre chofc
que ceque les paroles
signifient ; j'entens un
prelude vif & emporté.
Je crois que quelque amant
rebuté des rigueurs
de sa belleva se livrer au
dépit &chanter poüiller
à l'amour, pointdu tout.
C'est un amant tendre
qui vante le prix de sa
cpn stance, qui appelle
l'esperance à son secours,
ou qui fait une declaration
à sa bien-aimée.les
„J Passe encore à ceux
qui travaillent pour le
violon, de se livrer tout
entiers dans leurs Sonnatesau
feu de leurimagination,
&de promenet
leurs fugues &leurs
imitations par tous les
modes, eux qui ne font
point gamez par l'expression
des paroles,
qui doit faire la regle
des compositeurs. Nous
sommes redevables à Fttaliede
ces fortes de pieces;
les Corelli,lesAlbinoni,
les Miquels, ÔC
plusieurs autres ont produit
dans ce caractere
despieces qui feront immortelles,
& où peu de
gens peuvent atteindre.
Cependant mille autres
veulent les imiter. J'ai
vû deces pieces d'un
chant si bizarre&d'une
composition si extraordinaire,
qu'on auroit dit
qu'on eustjetté au hazard
des pâtezd'encre
sur du papier reglé, qu'
on y eust ensuite ajouté
des queuës & divisé par
mcfures.
La musique de leurs
Cantates paroît plutôt
convenir aux concerts
de chambrequ'à nos spectacles;
leurs Sonnates
à deux partiesnedoivent
êtrejoüéesqu'à violon
seul ,qui frise & qui
pretintaille autant qu'il
luyplaît, &deviendroient
trèsconfu ses si
la même partie étoit executéeparplusieurs
instrumens
-,
qui feroient
des diminutions differentes,
8k ainsi doit être
bannie d'une grande orchestre.
L'on n'entend en gêneral
dans la musique
qu'une basse continuë
toujours doublée, qui
souvent est une espece
de batterie d'accord,&
un harpegnement qui
jette de la poudre aux
yeux de ceux qui ne s'y
connoissent pas, & qui
reduites au simple reviendroient
aux nôtres.
CesB. C. ne font bonnes
qu'à faire briller la
vîtesse de la main de
ceux
ceux qui accompagnentou
du clavecin ou de la viole;
encore pour rencherir sur
ces; basses déjà trop doublées
d'elles-mêmes,ils les
doublent encore, & c'est
ce quidoublera le plus, de
sorte qu'on n'entend plus
le sujet, quiparoît trop nud
auprès de ce grandbrillant,
& demeureenseveli fous un
cahos de fons tricotez ôc
petillans, qui passant trop
legerement, ne peuvent
faire d'harmonie contre le
sujet.Ilfaudrait donc que
des deuxinstrumens il y
en eût un qui jouât le simple
de la baffe, & l'autre le
double ; ces B. C. passeroient
plûtôt pour des pieces
de viole que. pour un
accompagnement, qui doit
être soûmis au sujet & ne
point, prévaloir. Il faut que
la voix domine & attire la
principale atttention. Tout
le contrairearrive ici, l'on
n'entend que la B. C. qui
petille roûjours, la voix en
est étouffée. Ille trouve un
inconvenient dans les bassesen
batteries &doublées
sur le champ;c'estqu'il est
,
difficile qu'un clavecin,une
viole&une theorbe se puissent
rencontrer juste dans
la même maniere de doubler
; l'un prend un tour &
l'aurre un autre: ce qui
cause une cacophonie extraordinaire.
Un compositeur
ne reconnoît point au
milieu de tout cela son pauvre
ouvrage tout défiguré,
& se contente d'admirer la
vîtesse de la main de ceux
qui l'executent. Voila cependantle
goût de l'executionde
la Musique Italienne.
iCe
nétoit point celui de
Lully,sectateur du beau ôc
du vrai
,
qui auroit banni
de son orchestre un violon
qui eût gâté son harmonie
par quelque diminution ôc
quelque miaulement mal placé.
Ne peut-on pas s'assujettir
àjoüer la musique
comme elle est? est-ce le
goût Italien de faire de faux
accords à tout bout de
champ? J'ai vû des Musiciens
si amoureux des vîtesses
& de ces basses figu.
rées, qu'ils ne pouvoient
souffrir les adagio, c'est à
dire les endroits de recitatifs
lents, ëc. passoient ces
morceaux comme ennuyeux.
C'est cependant
dans ces endroits oùl'harmonie
peut se faire mieux
sentir que dans ces vivacitez,
où, comme je viens de
dire, la baffe passant trop
legerement, & ne faisant
que friser le dessus,ne peut
faire d'harmonie.
Mais si cette musique figurée
convient aux paroles
Italiennes & Latines, pourquoy
y veut-on assujettir la
Langue Françoise ?Un Italien
se gouverne-t-ilcomme
un François? Leurs
goûts, leurs habits, leurs
moeurs, leurs manieres leurs plaisirs , ne sont-ils pas
differens ? Pourquoy ne
veut,on pas qu'ils le soient
aussi dans leurs chants?Un
Italien chante-t-il comme
le François?Pourquoy veuton
que le François chante
comme l'Italien? Chaque
pays, chaque guise, il faut
que chacun demeure chez
soy. Pourquoy veut-on ha- 1* ~ndo tris Rome more tu vivito Roma; 10- nido tris alibi, vivito sientibi.
biller la Mufe Françoise en
masque
, & la rendre extravagante,
elle dont la
langue est si sage & si naïve,
& ne peut souffrir la
moindre violence, est en-
-
nemie des fréquentes repetitions,
de ces grands roulemens,
de ces longues tenuës
que l'on supporte dans
la Musique Italienne ou
Latine ?
On peut ici comparer la
Musique Françoise à une
belle
femme
dont la beauté
simple naturelle & sans art,
attire les coeurs de tous ceux
qui la regardent, quin'a
qu'à se montrer pour plaire,
sans craindre d'être défaite
par les minauderies affectées
d'une coquette outrée- v
qui cherche à mettre les
gens-dans son parti à quelque
prix que ce soit, à qui
nous avons comparé la
Musique Italienne. .j! u* Je pourrois encore ici,
rapporter l'autorité du beau
sexe, auprés de qui la Muse
Italienne a peine à trouver
grâce, quis'ennuye
d'un quart-d'heurede fonnates
, & qui aime mieux
entendre chanter Sangaride
ce jour,& jouer les songes
agreables, que toutes les
batteries & les harpegnemens
d'un violon touché
sçavamment auquel elles
ne connoissent rien, & ne
sentent rien qui les attire:
on a beau lui dire que cela
est sçavant,beau, sublime,
que c'est un tel auteur Italien
qui les à faits, cela est
fort beau,disent les Dames,
mais - nous n'en voulons
plus, ce font pourtant elles
qui decident du mérite 6c
du dessin des ouvrages, ôc
a qui. nous devons chercher
à plaire, & sur-tout
dans cet art qui semble être,
fait pour elles. Ilfautcependantavouer
que quelques-uns de nos
habilesMaîtres ont trouvé
le secret d'allier fort sçavamment
le goût naturel
du François avec le brillant
&.le sçavant de l'Italien,
dans des cantates qui font
entre les mains de tout le
monde, & qui font des
chef-d'oeuvres en cette espece,&
pour la Musique-
& pourlaPoësie, qu'il leur
suffise donc d'avoir montré
aux Italiens que les François
pouvoient porter aussi loin
qu'eux le génie&;le sçavoir
tant dans les cantates
que dans les sonnates:mais
pour cela le bon goût simple
& naturel du François
doit-il être méprisé, quand
les Italiens pour le perfectionnercommencent
euxmêmes
à l'imiter?
Ces sortes d'ouvrages en
ont produit une infinité
d'autres ,les cantates & les
sonnates naissent ici fous
les pas, un Musicienn'arrive
plus que la sonnate ou
la cantate en poche, il n'y
en a point qui neveuillefaire
son livre, être buriné, &
ne pretende faire assaut
contre les Italiens, & leur
damer le pion, à peinele
Poëte y peut-il suffire;il y
a même telles paroles qui
ont souffertplus d'une fois
Ja torture, de la Musique
Italienne, enfin les cantates
nous étouffent ici: j'en ai
entendu qui duroient une
heure, montre sur la table,
ensorte qu'on étoit obligé
de demander quartier, ou
de quitter la place.Qu'est
donc devenu le bon goût t
faudra-t-il qu'il expire ainsi
sous le fatras de toutes ces
cantates? que diroient les
Lambert, les Boësset, les
le Camus, les Babtistes,s'ils
revenoient au monde, de
voir le chant françois si
changé, si avili & si défiguré?
Je suis persuadé que
nos illustres Maistres ont
trop de goût & trop de
science pour l'abandonner
comme il paroist par leurs
propres ouvrages, dont les
endroits les plus gracieux,
& qui plaisent le plus, font
traitez dans le goust fran- * çois, où ils ont sçû mélanger
le bon des Italiens,'
&en ont laissé là le mauvais
, qu'ils rendent justice
au héros & au Ciceron de
la Musique francoise, je
veux dire à Lully *,qu'ils
admirent la grandeur ôc
l'élevation de son genie
au milieude cette naïve
simplicitédépourvûë de
tous ornemens étrangers,
& qui semble devoir tomber
fous les sens de tout Ic
'*l\ogtitLully.
monde. A-t-il voulu peindre
l'amour rendre, quel
coeur ne s'attendrit-il pas,
quel chant, quel naturel,
quelle harmonie dans ses
duo? ne devineroit-on pas
les paroles de ses recits à
en entendre feulement les
chants? ôc n'est-ce pas une
veritable declamation que
son récitatif? A-t-il voulu
exprimer la douleur, les
rochers ne gemissent-ils pas
avec lui? a-t-il voulu peindre
la fureur, lavengeance
,quel coeur ne ressent
pas de secrets fremissemens
? quel feu & quelle
vivacité dans ses airs de vid
Ion, quand il a voulu exprimer
la vitesse dessougueux
aquilons ou des
transports des furies? Si la
joye s'empare de la scene,
tous les peuples, tous les
bergers fautent & dansent
au
son
de ses musettes;l'horreur
& l'effroy s'empare de
nôtreame,s'il veut faire
quelque enchantement ou
evoquer les manes des enfers
; quelle tranquilitéassoupissante
nese répand
pas dans l'ame s'il veut endormir
dormir ou calmer ses heros
agitez ? s'il fait sonner la
trompette l'humeur martialle
ne saisit-elle pas ses
auditeurs, & n'est-on pas
prêt de courir aux armes
& de monter à l'assaut?s'il
veut préparer ou annoncer
quelque oracle,quelle gravité
ou quelle noblesse dans
ses fimphonies ? on diroit
que comme un scavant
Peintre il a scû avec ses
fons peindre pour ainsidire
les mouvemens de toutes
les passions du coeur de
l'homme. A t, il eu recours
pour. cela à tous ces faux
brillans & les ornemens deplacez
de la Musique Italienne
? rien n'est il plus
simple & plus naturel que
sa composition qui est à la
portée de tout le monde, &
en même temps riens desi
élevé, de si noble, & de si
spirituelle pour l'expres.
fion ? Quoy qu'il soit fort
scavant, le goût seul & le ,
genie semblent avoir été
ses guides, lk capable de
préscrire des regles nouvelles
àceux qui les suivroient
il semble quelquefois
avoir negligé les anciennes
, & s'être mis audessus
d'elles. Il faut avouer
aussiquec'est ce qui fait la
meilleure partie du Musicien
que le génie,c'est lui
qui fait aussi les Peintres
& les Poëtes ; car on peut
dire queces trois sciences
se donnent la main,&
peuventpasser pour trois
soeurs:onvoit peu de Peintresqui
nesoientaussi uti
peu ., Musiciens, &.;; qui
n'ayent du goût pour ces
deuxarts; la Musique n'est
elle pas une poësie &une
peinture sonore & harmonieufe?
la peinture & la poësie
ne sont-elles pas conu
posées d'une aimable harmonie
, d'un mélange &
d'un contraste de couleurs,
& de pensées melodieusement
enchaînées? J.
?'J
Il nesuffit doncpas seulement
de régles dans les
arts; il faut être encore inspiré&
animé dece beau
feu quelamaigrenedonne
pasà tout le monde,&qui
àfaitles Titiens & les Lebrun,
lesCorneilles & les
Racines, lesCarissimi &
les Babtistes, & tant d'autres.
Il faut dans ces arts
sçavoir inventer bercer,
outre qu'il faut qu'un CQm-,
positeur possede parfaitement
la langue dans laquelle
il travaille, connoisse
les syllabes rudes surlesquelles
il faut passer legerement
, & celles qui sont
harmonieuses & amies du
chant.Il seroit même àsouhaiter
que le Musicien fût
aussiPoëte pour ajusterles
paroles à on chant,&que
tour, l'ouvrage coulât, de source.
Ce n'est point assez de
sçavoir préparer ou sauver
des dissonances; il faut encore
sçavoir les placer à
propos ou elles conviennent
pour l'expression, les
mettre dans leur jour pour
qu'elles fassent leur effet,
ôc qu'elles fervent comme
d'ombres au tableau, en
faisant valoir les consonances
par opposition, n'en pas
diminuer la force par le.
trop frequent usage, comme
font les Italiens, dont
la musique trop rempliede
dissonances revolte quelquefois
les oreilles: mais
se garder de tomber dans
la monotomie
,
qui est le
vice contraire, & que les
Italiens pourroient plûtôt
nous reprocher.
Les réglés de l'harmonie
ne montrent pas àfaire un
beau chant, qui en est l'ame,
à imaginer un dessein,
à bien rendre l'expression
des paroles, à sçavoir placer
les cadences aux sens
finis, comme les points &
les virgules dans le discours;
à sçavoir changer de
mode quand les paroles
changent decaractere &
de sentiment. Un bon Matematicien
possède à fonds
les regles de la composition&
est un fort mauvais
compositeur. J'ai composé
jadis sans regle & sans science
; & ayantacquis depuis
quelques connoissances,j'ai
revu mes premiers ouvrages,
& j'ai trouve quej'aurois
peine à mieux faire
avec des regles. Il y en a
cependant d'essentielles,&
dont la connoissance est necessaire
: mais lesveritables
ôc lesmeilleures sont celles
que
que le goût &l'oreille vous
inspire. Vous trouvez dans
ces regles beaucoup de con- traditions, & les Italiens
n'en paroissent pas de fort
rigides observateurs : elles
ne font la plûpart fondées
que sur le caprice. J'ai vû
quelques-uns de ces traitez
de musique, & quoique
fort profonds & sçavans,
je n'ensuis pas devenu plus
habile en les lisant
; au contraire
j'en fuis forci plus embarassé.
Ils vous apprennent
bien ce qu'il faut éviter,
qui sont desinconveniens.
où l'oreille feule
nous défend de tomber
mais ils ne nous instruisent
point comment il faut s'y
prendre pour faire une
compoficion gracieuse &
de bon goût C'est donc le
genie naturel seul qui fait
le Musicien.
Si l'on reproche à Lully
d'avoir employé rarement
les tons transposez, ce n'est
pas qu'ilen ignorât l'usage:
mais c'est qu'il s'accommodoit
aux
lujets qu'il avoir
& au goût du temps;qu'il
sentoit qu'un chant n'en
étoit pasplus beau pour être
transposé d'un demi ton
plus haut ou plus bas; &
qu'une musique difficile ou
recherchée, quoique belle,
ne laisse pas que d'avoir un
défaut, qui est que rarement
elle est bien executée,
parce que le nombre
des sçavans est rare, & ainsi
rejettée; au lieu qu'une
bonne musique en est encore
meilleure quand elle
est facile, puis qu'elle est
susceptible d'une meilleure
execution, qui est l'ame de
lamusique; qu'elle invite
d'elle-même à être chantées
quelle est plus de commerce
dans le monde
, étant
plus à laportée des honnêtes
gens qui l'executent ce
qui doit être son but& sa
recompense
; au lieu que
la musique difficile effarouche
& dégoûte
,
ôc n'est
bonne que pour les Musiciens
de profession.
Peut-être auroit-ilsuivi
une autre route ,
maintenant
que tous les Musiciens
sont autant d'illustres compofiteurs
,
& que tousles
écoliers sont autantde maîtres.
:.;.
Cependant ceux qui sont
aujourd'hui entêtez de la
MusiqueItalienne ne peuvent
souffrir la Musique
Françoise, & la regardent
comme une musique fade
,&; sans goût: les Opera anciens
les endorment, ils n'y
sentent rien qui les rappelle,
ils n'y trouvent que des
tons naturels, des mouvemens
faciles;ils veulent
quela clefsoit surchargée
de dieses ou de b mois;que
la B. C.soit brodée & remplie
de tous les chiffres d'arithmetique;
qu'on invente
pour eux des tons transposez,&,
nouveaux ,&,,des
mouvemens extraordinaires;
que la baffe herissée
d'harpegnemes &d'acords
coure toûjours la poste ;enfin
ne trouvent pas une musique
bonne qu'elle ne soit
difficile. A peine peuventils
se resoudre à la regarder
quand il n'y a quedes blanches
ou des noires,& des
mouvemensà2 &a3temps,
cw.o» mme si toutes les mesu-
'"-- .t t »
,
res Italiennes ne revenoient
pas à ces deux mesures. Ne
va-t-on pas reduire la mesure
à deux temps à celle de
quatre, en renfermant deux
mesures en uneseule? Le 4
pour 8 nerevient-il pas à
nos deux temps legers? ôc
les mesures de 6 pour 8,
de 3 pour 8 & de 12 pour
8 ne reviennent-elles pas
toutes à la mesure de trois
temps, battuë plus ou moins
vîte, quoy qu'elles se battent
a 2 & à 4 temps,dont
chaque temps renferme
une de nos mesures à trois
temps?Ce n'est donc qu'une
maniere differente de
s'exprimer, qui est bonne
en soy <3e donne le caractere
de la piece pour la lenteur
ou la legereté, & a plus
defacilité pour être battuë;
carcommeil n'y a en general
que 2. modes differens,
le mineur & le majeur,ilny
a aussi en general que 2.mesures
,
celle à 2. temps ôc
celle à
3. Envainvoudroiton
en imaginer d'autres. Il
seroit aisé, pour contenter
ceux qui, aimentle ragoût
sduesrteosnesxttrraanosrpdoinsaezir,else&s mlees^
basses doublées, de transposer
un de nos Operaun
demi-ton plus bas ou plus
haut, doubler leurs basses
continuës ';& en reduire les
mesures à la maniere Italienne.
- Ils deviendroient
alors deplus difficile execution
,
mais perdroient la
moitié de leur beauté.Un
compositeur n'est-il pas
bien glorieux d'avoir fait
une piecesitransposée,pleine
de si & de mi b quatre,
& d'une si grande vîtesse,
que personnenesçauroit y
mordre,qu'il déchiffre à
peine lui-même. Voila une
piece, dit-il, que je défie à ,
tous les violonsd'execucer
y & à tous les clavecins d'en
trouver les accords sur le
champ; gardez -la donc
pour vous, mon ami: ces
forces de pieces ne font bonnes
qu'à renfermer dansle
cabinet pour la rareté, &
pour montrer qu on en peut
faire
: mais ne peuvent être
d'aucun usage que parmi
- les maîtres de l'art.
Les chants en deviennent-
ils plus beaux & plus
harmonieux pour être sur
des tons transposez ? l'harmonie
en est-elle meillcure
? Au contraire, on peut
dire qu'elleest forcée, que
ces tons ont peu de justesse
sur les instrumens
,
& princi
palement sur le clavecin,
où les seintes devroient être
coupées pour y donner le
veritable temperament;
car quelle apparence qu'une
touche serve de b mol &
deb quarre dans l'autre,
sans perdre de sa justesse?
l'asse encore sur les autres
instrumens comme sur le
violon, où avançant plus
ou moins le doigt sur la
corde,on peutmodifierces
sortes de demi-tons & les
rendre plus justes. J'ai entendu
un de nos illustres
preluder sur son violon, de
quelque maniere qu'ilfût
accordé, &ne suivre, pour
tirerses sons,d'autre regle
que son oreille, & non celle
du manche qui se trouvoit
alors dérangé.
Enfin de ces deux partis
differens il en resulte un
troisiéme plus raisonnable,
& moins entêté que ces
deuxautres, qui est celui
des gens sages & des gens
de goût, qui ne se laissant
point prévenir ni pour l'un
ni pour l'autre, vrais amateurs
de la musique, goûtent
l'une & l'autre composition,
quandelle est bonne
& bien executée,& sans
donner dansle goût pedant
&sçavant, ne vont point
épiloguer sur deux octaves
de [ujrc, sur une septiéme
ou une neuviéme bien ou
mal preparéeou sauvée;ne
méprisent point une musque
,parce qu'elle est trop
aisée, ou parce qu'elle est :
trop difficile
} ne la condamnent
point commepillée,
parce qu'il y aura quelques
bouts de chant que
ressembleront
: mais rendent
justice à la Musique
Françoise dans son caractere
& à la Musique Italienne
dans le sien, & conviennent
que l'on pourroit
faire ungenre de musique
parfait, si l'on pouvoit joindre
le goût sçavant & ingenieux
de l'Italien au bon
goût naturel Ôc simple du
François: mais cependant
qu'un Italien doit chanter
en Italien,&leFrançois
enFrançois. Je suis,&c.
Italienne &Françoise.
,P,ar M. de L. T. ) - -E1 S\.- ,T apparemment,
Monsieur,
pourm'éprouver
& DOUÇ connoître ce que
je puissçavoir en musique,
que
vous me demandez
mon sentiment
sur le goût Italien qui yregneapresent plus
quejamais. Il n'y a personnequipuisse
decider
avec plus de justesse sur
cet a t que vous,qui le
possedez parfaitement,
& quijoignez au beau
naturel une science profonde
dans l'harmonie.
Je vous obeïs donc. Ce
ne fera point comme
Musicien prevenu en saveurde
l'uneoude l'autre
que je vous dirai
mon sentiment ; je parlerai
suivant le goût naturel
qui m'est échû en
naissant pour cette fcience
, & qui doit peu de
choses à l'art: & laissant
là les termes dont les
Musiciens font obligez
de charger leurs traitez
demusîque, & qui loin
d'instruire ne fervent
souvent qu'à embroüil1er
les idées deslesteurs
]c-râcheraydemerendre
sensîble à ceux qui me
liront, en fortequ'ils me
pourront comprend re
sans scavoirlamusique.
J'essayerai donc de vous
faire une peinture de l'une
Sede^ l'autre,ainsi
qu'elles m'ont frapéaprés
les avoir pratiquées
toutes le^sdeùx^.b
n IL y a presentement
icideux partis formez
dans làMusique : Tun
admirateur outré de la
Musique Italienne, proscrit
absolument la Musique
Françoise, comme
fade & sans goût;l'autre,
fidele au goût de sa patrie,
ne peut souffrir sans
indignation que l'on méprise
le bon goût François
, & traite la Muse
Italienne de bizarre &
de capricieuse. Il y a à
tout cela un milieu plus
raisonnable, qui est de
rendre justice à l'une & à
J'ay^re., & delesprendre
cthaecunre deans.leur carac-
-v^ll faudroic être dépourvu
de goût & de
conoissance,pournepas
avoüer que la bonne Musique
Italienne renferme
en general ce qu'il y a de
plussçavant & deplus
recherché dans cet art;
que nous lui devons une
grande partie des agrémensde
lanôtre;que les
Italiens font nos maîtres
pour les Cãcates &: pour
les Sonnattes. J'admire
dans ces picces les desfeins
nouveaux de leurs
figures,si bien imaginez
& si heureusement conduits,
la vivacitépetillantede
leurs imitations
redoublées,lavariétéde
leurs chants, la diversité
de leurs tons & de leurs
modes si bien enchaînez
les uns aux autres, leur
harmonie recherchée S£
sçavante: mais si nous
leur cedons lascience &I
l'invention, ne doiventils
pas nous ceder le bon
goût naturel dont nous
sommes en possession,&
l'execution tendre & noble
où nous excellons?les
enrichissement que nous
y avonsajoutez de nôtre
propre fond ne doiventils
pas prévaloir? & ne
sommes-nous pas de ces
écoliers qui ayant bien
profité des leçons denos
maîtres, sommes à la fin
devenus plus sçavans
qu'eux? Ne pourroit-on
pas dire, sansossenser les
sectateurs de laMusique
Italienne, que leurs ornemenstropfrequens
&
déplacez en étouffent
l'expression,qu'ils ne caracterisent
point assez
leurs ouvrages? semblables
en cela à cette arc hitecture
gothique, qui
trop chargéed'ornemens
en est obscurcie
,
& où
l'oni~ démêle plus le
corpsde louvrage.,Que
laMusique Italienne ressemble
encorea une coquette
aimable pleine de
rouge & de mouches
y toujours vive, toujours
le pied en l'air, qui chercheàbriller
partout sans
raison & sans sçavoir
pourquoy, toujours emportée
dans quelques sujets
qu'elle traite;que l'amour
tendre y danse le
plussouvent la gavotte
ou la gigue. Ne diroiton
pas que le serieuxdevient
comique entre ses
mains, &qu'elle est plus
propre auxarietes St aux
chansonnettes qu'à traiter
de grands sujets? fem- - blableen celaàces Comédiens
quin'ayant que
du talent pour le ÇOOIH
que, reüssissentfort mal
,t>-
&tournentletragiqueenridicule
quànçl
ils veulent s'erî mêler.
Il faut avoüer que la
majestéde le Musique
Françoisetraiteles sujets
heroïques avec plus de
noblesse, & convient
bien mieux au cothurne
DanslaMusiqueItalienne
tout y paroît uniforme,
la joye, la colere,
la douleurl'amourheureuxv
bb t ou quiespere:tout y semblepeintaveclesmêmes
traits&dumêmecaractere,
c'estunegiguecontinuelle,
toujours petit
ki\tfcy LreujoLWs bondisante
; la voix commence
eule, l'instrument repee
ce chant en écho. Ce
esseinsouvent d'un chat
bizarrese promene noneulement
sur toutes les
cordes du mode,mais en-
:orc sur toutes lesétrangeres
où ils peuvents'accrocher
bien ou mal, telement
queleurs pieces
roulent sur tous les tons,
& changent de mode à
chaque instant, en forte
que l'on nesçauroitdire
à la fin duquel ils font.
Après avoir fait cette
longue promenade, où
l'on repete vingt fois le
même changeant la voix
que l'instrument, il faut
encore retourner da cfr
po. Ce passage est quelquefois
très-rude à l'oreille,
étant souvent de
deux cordes, voisines:
mais il arrive souvent
quel'on passe outre,pour
éviter à prolixité&pour
eix/iiminuCerl'e'nenusi.t
C'est un grand défaut
dans tous les ouvrages
d'espit, 8C principalement,
en musique, de ne
pouvoir finir: il faut sçavoir
se modérer. Un bon
ouvrage perd la moitié
de son merite quand il
est trop diffus.
-
Nous avons peine encoreànous
accoutumer
aux intervales bizarres
des chants de leurs recits
qui passent quelquefois
l'étenduëde l'odave»éc
que les. plus habiles ont
peine àentonner juste;les
tenuessurtout,yimpatientent
l'audireur,pour
estredéplacées. Ces tenuës,
qlle nous neiaifons
&i qui ne conviennent
gueres que surles mots
de repos &quelques autees,
sy font indifferemmenusurtouslesmots
qui finissent par des
voyelles. Je ne dispas
qu'il; n'y ait beaucoup
d'art à faire badiner un
violon & une baffe Sous
une de ceslongues tenues
: mais quel rapport
a la liberté avec ce son
qui dure un quart-d'heure
?où cft le goût & l'expression
de tout cela? Il
arrive même souvét que
la Musique Italienne exprime
toute autre chofc
que ceque les paroles
signifient ; j'entens un
prelude vif & emporté.
Je crois que quelque amant
rebuté des rigueurs
de sa belleva se livrer au
dépit &chanter poüiller
à l'amour, pointdu tout.
C'est un amant tendre
qui vante le prix de sa
cpn stance, qui appelle
l'esperance à son secours,
ou qui fait une declaration
à sa bien-aimée.les
„J Passe encore à ceux
qui travaillent pour le
violon, de se livrer tout
entiers dans leurs Sonnatesau
feu de leurimagination,
&de promenet
leurs fugues &leurs
imitations par tous les
modes, eux qui ne font
point gamez par l'expression
des paroles,
qui doit faire la regle
des compositeurs. Nous
sommes redevables à Fttaliede
ces fortes de pieces;
les Corelli,lesAlbinoni,
les Miquels, ÔC
plusieurs autres ont produit
dans ce caractere
despieces qui feront immortelles,
& où peu de
gens peuvent atteindre.
Cependant mille autres
veulent les imiter. J'ai
vû deces pieces d'un
chant si bizarre&d'une
composition si extraordinaire,
qu'on auroit dit
qu'on eustjetté au hazard
des pâtezd'encre
sur du papier reglé, qu'
on y eust ensuite ajouté
des queuës & divisé par
mcfures.
La musique de leurs
Cantates paroît plutôt
convenir aux concerts
de chambrequ'à nos spectacles;
leurs Sonnates
à deux partiesnedoivent
êtrejoüéesqu'à violon
seul ,qui frise & qui
pretintaille autant qu'il
luyplaît, &deviendroient
trèsconfu ses si
la même partie étoit executéeparplusieurs
instrumens
-,
qui feroient
des diminutions differentes,
8k ainsi doit être
bannie d'une grande orchestre.
L'on n'entend en gêneral
dans la musique
qu'une basse continuë
toujours doublée, qui
souvent est une espece
de batterie d'accord,&
un harpegnement qui
jette de la poudre aux
yeux de ceux qui ne s'y
connoissent pas, & qui
reduites au simple reviendroient
aux nôtres.
CesB. C. ne font bonnes
qu'à faire briller la
vîtesse de la main de
ceux
ceux qui accompagnentou
du clavecin ou de la viole;
encore pour rencherir sur
ces; basses déjà trop doublées
d'elles-mêmes,ils les
doublent encore, & c'est
ce quidoublera le plus, de
sorte qu'on n'entend plus
le sujet, quiparoît trop nud
auprès de ce grandbrillant,
& demeureenseveli fous un
cahos de fons tricotez ôc
petillans, qui passant trop
legerement, ne peuvent
faire d'harmonie contre le
sujet.Ilfaudrait donc que
des deuxinstrumens il y
en eût un qui jouât le simple
de la baffe, & l'autre le
double ; ces B. C. passeroient
plûtôt pour des pieces
de viole que. pour un
accompagnement, qui doit
être soûmis au sujet & ne
point, prévaloir. Il faut que
la voix domine & attire la
principale atttention. Tout
le contrairearrive ici, l'on
n'entend que la B. C. qui
petille roûjours, la voix en
est étouffée. Ille trouve un
inconvenient dans les bassesen
batteries &doublées
sur le champ;c'estqu'il est
,
difficile qu'un clavecin,une
viole&une theorbe se puissent
rencontrer juste dans
la même maniere de doubler
; l'un prend un tour &
l'aurre un autre: ce qui
cause une cacophonie extraordinaire.
Un compositeur
ne reconnoît point au
milieu de tout cela son pauvre
ouvrage tout défiguré,
& se contente d'admirer la
vîtesse de la main de ceux
qui l'executent. Voila cependantle
goût de l'executionde
la Musique Italienne.
iCe
nétoit point celui de
Lully,sectateur du beau ôc
du vrai
,
qui auroit banni
de son orchestre un violon
qui eût gâté son harmonie
par quelque diminution ôc
quelque miaulement mal placé.
Ne peut-on pas s'assujettir
àjoüer la musique
comme elle est? est-ce le
goût Italien de faire de faux
accords à tout bout de
champ? J'ai vû des Musiciens
si amoureux des vîtesses
& de ces basses figu.
rées, qu'ils ne pouvoient
souffrir les adagio, c'est à
dire les endroits de recitatifs
lents, ëc. passoient ces
morceaux comme ennuyeux.
C'est cependant
dans ces endroits oùl'harmonie
peut se faire mieux
sentir que dans ces vivacitez,
où, comme je viens de
dire, la baffe passant trop
legerement, & ne faisant
que friser le dessus,ne peut
faire d'harmonie.
Mais si cette musique figurée
convient aux paroles
Italiennes & Latines, pourquoy
y veut-on assujettir la
Langue Françoise ?Un Italien
se gouverne-t-ilcomme
un François? Leurs
goûts, leurs habits, leurs
moeurs, leurs manieres leurs plaisirs , ne sont-ils pas
differens ? Pourquoy ne
veut,on pas qu'ils le soient
aussi dans leurs chants?Un
Italien chante-t-il comme
le François?Pourquoy veuton
que le François chante
comme l'Italien? Chaque
pays, chaque guise, il faut
que chacun demeure chez
soy. Pourquoy veut-on ha- 1* ~ndo tris Rome more tu vivito Roma; 10- nido tris alibi, vivito sientibi.
biller la Mufe Françoise en
masque
, & la rendre extravagante,
elle dont la
langue est si sage & si naïve,
& ne peut souffrir la
moindre violence, est en-
-
nemie des fréquentes repetitions,
de ces grands roulemens,
de ces longues tenuës
que l'on supporte dans
la Musique Italienne ou
Latine ?
On peut ici comparer la
Musique Françoise à une
belle
femme
dont la beauté
simple naturelle & sans art,
attire les coeurs de tous ceux
qui la regardent, quin'a
qu'à se montrer pour plaire,
sans craindre d'être défaite
par les minauderies affectées
d'une coquette outrée- v
qui cherche à mettre les
gens-dans son parti à quelque
prix que ce soit, à qui
nous avons comparé la
Musique Italienne. .j! u* Je pourrois encore ici,
rapporter l'autorité du beau
sexe, auprés de qui la Muse
Italienne a peine à trouver
grâce, quis'ennuye
d'un quart-d'heurede fonnates
, & qui aime mieux
entendre chanter Sangaride
ce jour,& jouer les songes
agreables, que toutes les
batteries & les harpegnemens
d'un violon touché
sçavamment auquel elles
ne connoissent rien, & ne
sentent rien qui les attire:
on a beau lui dire que cela
est sçavant,beau, sublime,
que c'est un tel auteur Italien
qui les à faits, cela est
fort beau,disent les Dames,
mais - nous n'en voulons
plus, ce font pourtant elles
qui decident du mérite 6c
du dessin des ouvrages, ôc
a qui. nous devons chercher
à plaire, & sur-tout
dans cet art qui semble être,
fait pour elles. Ilfautcependantavouer
que quelques-uns de nos
habilesMaîtres ont trouvé
le secret d'allier fort sçavamment
le goût naturel
du François avec le brillant
&.le sçavant de l'Italien,
dans des cantates qui font
entre les mains de tout le
monde, & qui font des
chef-d'oeuvres en cette espece,&
pour la Musique-
& pourlaPoësie, qu'il leur
suffise donc d'avoir montré
aux Italiens que les François
pouvoient porter aussi loin
qu'eux le génie&;le sçavoir
tant dans les cantates
que dans les sonnates:mais
pour cela le bon goût simple
& naturel du François
doit-il être méprisé, quand
les Italiens pour le perfectionnercommencent
euxmêmes
à l'imiter?
Ces sortes d'ouvrages en
ont produit une infinité
d'autres ,les cantates & les
sonnates naissent ici fous
les pas, un Musicienn'arrive
plus que la sonnate ou
la cantate en poche, il n'y
en a point qui neveuillefaire
son livre, être buriné, &
ne pretende faire assaut
contre les Italiens, & leur
damer le pion, à peinele
Poëte y peut-il suffire;il y
a même telles paroles qui
ont souffertplus d'une fois
Ja torture, de la Musique
Italienne, enfin les cantates
nous étouffent ici: j'en ai
entendu qui duroient une
heure, montre sur la table,
ensorte qu'on étoit obligé
de demander quartier, ou
de quitter la place.Qu'est
donc devenu le bon goût t
faudra-t-il qu'il expire ainsi
sous le fatras de toutes ces
cantates? que diroient les
Lambert, les Boësset, les
le Camus, les Babtistes,s'ils
revenoient au monde, de
voir le chant françois si
changé, si avili & si défiguré?
Je suis persuadé que
nos illustres Maistres ont
trop de goût & trop de
science pour l'abandonner
comme il paroist par leurs
propres ouvrages, dont les
endroits les plus gracieux,
& qui plaisent le plus, font
traitez dans le goust fran- * çois, où ils ont sçû mélanger
le bon des Italiens,'
&en ont laissé là le mauvais
, qu'ils rendent justice
au héros & au Ciceron de
la Musique francoise, je
veux dire à Lully *,qu'ils
admirent la grandeur ôc
l'élevation de son genie
au milieude cette naïve
simplicitédépourvûë de
tous ornemens étrangers,
& qui semble devoir tomber
fous les sens de tout Ic
'*l\ogtitLully.
monde. A-t-il voulu peindre
l'amour rendre, quel
coeur ne s'attendrit-il pas,
quel chant, quel naturel,
quelle harmonie dans ses
duo? ne devineroit-on pas
les paroles de ses recits à
en entendre feulement les
chants? ôc n'est-ce pas une
veritable declamation que
son récitatif? A-t-il voulu
exprimer la douleur, les
rochers ne gemissent-ils pas
avec lui? a-t-il voulu peindre
la fureur, lavengeance
,quel coeur ne ressent
pas de secrets fremissemens
? quel feu & quelle
vivacité dans ses airs de vid
Ion, quand il a voulu exprimer
la vitesse dessougueux
aquilons ou des
transports des furies? Si la
joye s'empare de la scene,
tous les peuples, tous les
bergers fautent & dansent
au
son
de ses musettes;l'horreur
& l'effroy s'empare de
nôtreame,s'il veut faire
quelque enchantement ou
evoquer les manes des enfers
; quelle tranquilitéassoupissante
nese répand
pas dans l'ame s'il veut endormir
dormir ou calmer ses heros
agitez ? s'il fait sonner la
trompette l'humeur martialle
ne saisit-elle pas ses
auditeurs, & n'est-on pas
prêt de courir aux armes
& de monter à l'assaut?s'il
veut préparer ou annoncer
quelque oracle,quelle gravité
ou quelle noblesse dans
ses fimphonies ? on diroit
que comme un scavant
Peintre il a scû avec ses
fons peindre pour ainsidire
les mouvemens de toutes
les passions du coeur de
l'homme. A t, il eu recours
pour. cela à tous ces faux
brillans & les ornemens deplacez
de la Musique Italienne
? rien n'est il plus
simple & plus naturel que
sa composition qui est à la
portée de tout le monde, &
en même temps riens desi
élevé, de si noble, & de si
spirituelle pour l'expres.
fion ? Quoy qu'il soit fort
scavant, le goût seul & le ,
genie semblent avoir été
ses guides, lk capable de
préscrire des regles nouvelles
àceux qui les suivroient
il semble quelquefois
avoir negligé les anciennes
, & s'être mis audessus
d'elles. Il faut avouer
aussiquec'est ce qui fait la
meilleure partie du Musicien
que le génie,c'est lui
qui fait aussi les Peintres
& les Poëtes ; car on peut
dire queces trois sciences
se donnent la main,&
peuventpasser pour trois
soeurs:onvoit peu de Peintresqui
nesoientaussi uti
peu ., Musiciens, &.;; qui
n'ayent du goût pour ces
deuxarts; la Musique n'est
elle pas une poësie &une
peinture sonore & harmonieufe?
la peinture & la poësie
ne sont-elles pas conu
posées d'une aimable harmonie
, d'un mélange &
d'un contraste de couleurs,
& de pensées melodieusement
enchaînées? J.
?'J
Il nesuffit doncpas seulement
de régles dans les
arts; il faut être encore inspiré&
animé dece beau
feu quelamaigrenedonne
pasà tout le monde,&qui
àfaitles Titiens & les Lebrun,
lesCorneilles & les
Racines, lesCarissimi &
les Babtistes, & tant d'autres.
Il faut dans ces arts
sçavoir inventer bercer,
outre qu'il faut qu'un CQm-,
positeur possede parfaitement
la langue dans laquelle
il travaille, connoisse
les syllabes rudes surlesquelles
il faut passer legerement
, & celles qui sont
harmonieuses & amies du
chant.Il seroit même àsouhaiter
que le Musicien fût
aussiPoëte pour ajusterles
paroles à on chant,&que
tour, l'ouvrage coulât, de source.
Ce n'est point assez de
sçavoir préparer ou sauver
des dissonances; il faut encore
sçavoir les placer à
propos ou elles conviennent
pour l'expression, les
mettre dans leur jour pour
qu'elles fassent leur effet,
ôc qu'elles fervent comme
d'ombres au tableau, en
faisant valoir les consonances
par opposition, n'en pas
diminuer la force par le.
trop frequent usage, comme
font les Italiens, dont
la musique trop rempliede
dissonances revolte quelquefois
les oreilles: mais
se garder de tomber dans
la monotomie
,
qui est le
vice contraire, & que les
Italiens pourroient plûtôt
nous reprocher.
Les réglés de l'harmonie
ne montrent pas àfaire un
beau chant, qui en est l'ame,
à imaginer un dessein,
à bien rendre l'expression
des paroles, à sçavoir placer
les cadences aux sens
finis, comme les points &
les virgules dans le discours;
à sçavoir changer de
mode quand les paroles
changent decaractere &
de sentiment. Un bon Matematicien
possède à fonds
les regles de la composition&
est un fort mauvais
compositeur. J'ai composé
jadis sans regle & sans science
; & ayantacquis depuis
quelques connoissances,j'ai
revu mes premiers ouvrages,
& j'ai trouve quej'aurois
peine à mieux faire
avec des regles. Il y en a
cependant d'essentielles,&
dont la connoissance est necessaire
: mais lesveritables
ôc lesmeilleures sont celles
que
que le goût &l'oreille vous
inspire. Vous trouvez dans
ces regles beaucoup de con- traditions, & les Italiens
n'en paroissent pas de fort
rigides observateurs : elles
ne font la plûpart fondées
que sur le caprice. J'ai vû
quelques-uns de ces traitez
de musique, & quoique
fort profonds & sçavans,
je n'ensuis pas devenu plus
habile en les lisant
; au contraire
j'en fuis forci plus embarassé.
Ils vous apprennent
bien ce qu'il faut éviter,
qui sont desinconveniens.
où l'oreille feule
nous défend de tomber
mais ils ne nous instruisent
point comment il faut s'y
prendre pour faire une
compoficion gracieuse &
de bon goût C'est donc le
genie naturel seul qui fait
le Musicien.
Si l'on reproche à Lully
d'avoir employé rarement
les tons transposez, ce n'est
pas qu'ilen ignorât l'usage:
mais c'est qu'il s'accommodoit
aux
lujets qu'il avoir
& au goût du temps;qu'il
sentoit qu'un chant n'en
étoit pasplus beau pour être
transposé d'un demi ton
plus haut ou plus bas; &
qu'une musique difficile ou
recherchée, quoique belle,
ne laisse pas que d'avoir un
défaut, qui est que rarement
elle est bien executée,
parce que le nombre
des sçavans est rare, & ainsi
rejettée; au lieu qu'une
bonne musique en est encore
meilleure quand elle
est facile, puis qu'elle est
susceptible d'une meilleure
execution, qui est l'ame de
lamusique; qu'elle invite
d'elle-même à être chantées
quelle est plus de commerce
dans le monde
, étant
plus à laportée des honnêtes
gens qui l'executent ce
qui doit être son but& sa
recompense
; au lieu que
la musique difficile effarouche
& dégoûte
,
ôc n'est
bonne que pour les Musiciens
de profession.
Peut-être auroit-ilsuivi
une autre route ,
maintenant
que tous les Musiciens
sont autant d'illustres compofiteurs
,
& que tousles
écoliers sont autantde maîtres.
:.;.
Cependant ceux qui sont
aujourd'hui entêtez de la
MusiqueItalienne ne peuvent
souffrir la Musique
Françoise, & la regardent
comme une musique fade
,&; sans goût: les Opera anciens
les endorment, ils n'y
sentent rien qui les rappelle,
ils n'y trouvent que des
tons naturels, des mouvemens
faciles;ils veulent
quela clefsoit surchargée
de dieses ou de b mois;que
la B. C.soit brodée & remplie
de tous les chiffres d'arithmetique;
qu'on invente
pour eux des tons transposez,&,
nouveaux ,&,,des
mouvemens extraordinaires;
que la baffe herissée
d'harpegnemes &d'acords
coure toûjours la poste ;enfin
ne trouvent pas une musique
bonne qu'elle ne soit
difficile. A peine peuventils
se resoudre à la regarder
quand il n'y a quedes blanches
ou des noires,& des
mouvemensà2 &a3temps,
cw.o» mme si toutes les mesu-
'"-- .t t »
,
res Italiennes ne revenoient
pas à ces deux mesures. Ne
va-t-on pas reduire la mesure
à deux temps à celle de
quatre, en renfermant deux
mesures en uneseule? Le 4
pour 8 nerevient-il pas à
nos deux temps legers? ôc
les mesures de 6 pour 8,
de 3 pour 8 & de 12 pour
8 ne reviennent-elles pas
toutes à la mesure de trois
temps, battuë plus ou moins
vîte, quoy qu'elles se battent
a 2 & à 4 temps,dont
chaque temps renferme
une de nos mesures à trois
temps?Ce n'est donc qu'une
maniere differente de
s'exprimer, qui est bonne
en soy <3e donne le caractere
de la piece pour la lenteur
ou la legereté, & a plus
defacilité pour être battuë;
carcommeil n'y a en general
que 2. modes differens,
le mineur & le majeur,ilny
a aussi en general que 2.mesures
,
celle à 2. temps ôc
celle à
3. Envainvoudroiton
en imaginer d'autres. Il
seroit aisé, pour contenter
ceux qui, aimentle ragoût
sduesrteosnesxttrraanosrpdoinsaezir,else&s mlees^
basses doublées, de transposer
un de nos Operaun
demi-ton plus bas ou plus
haut, doubler leurs basses
continuës ';& en reduire les
mesures à la maniere Italienne.
- Ils deviendroient
alors deplus difficile execution
,
mais perdroient la
moitié de leur beauté.Un
compositeur n'est-il pas
bien glorieux d'avoir fait
une piecesitransposée,pleine
de si & de mi b quatre,
& d'une si grande vîtesse,
que personnenesçauroit y
mordre,qu'il déchiffre à
peine lui-même. Voila une
piece, dit-il, que je défie à ,
tous les violonsd'execucer
y & à tous les clavecins d'en
trouver les accords sur le
champ; gardez -la donc
pour vous, mon ami: ces
forces de pieces ne font bonnes
qu'à renfermer dansle
cabinet pour la rareté, &
pour montrer qu on en peut
faire
: mais ne peuvent être
d'aucun usage que parmi
- les maîtres de l'art.
Les chants en deviennent-
ils plus beaux & plus
harmonieux pour être sur
des tons transposez ? l'harmonie
en est-elle meillcure
? Au contraire, on peut
dire qu'elleest forcée, que
ces tons ont peu de justesse
sur les instrumens
,
& princi
palement sur le clavecin,
où les seintes devroient être
coupées pour y donner le
veritable temperament;
car quelle apparence qu'une
touche serve de b mol &
deb quarre dans l'autre,
sans perdre de sa justesse?
l'asse encore sur les autres
instrumens comme sur le
violon, où avançant plus
ou moins le doigt sur la
corde,on peutmodifierces
sortes de demi-tons & les
rendre plus justes. J'ai entendu
un de nos illustres
preluder sur son violon, de
quelque maniere qu'ilfût
accordé, &ne suivre, pour
tirerses sons,d'autre regle
que son oreille, & non celle
du manche qui se trouvoit
alors dérangé.
Enfin de ces deux partis
differens il en resulte un
troisiéme plus raisonnable,
& moins entêté que ces
deuxautres, qui est celui
des gens sages & des gens
de goût, qui ne se laissant
point prévenir ni pour l'un
ni pour l'autre, vrais amateurs
de la musique, goûtent
l'une & l'autre composition,
quandelle est bonne
& bien executée,& sans
donner dansle goût pedant
&sçavant, ne vont point
épiloguer sur deux octaves
de [ujrc, sur une septiéme
ou une neuviéme bien ou
mal preparéeou sauvée;ne
méprisent point une musque
,parce qu'elle est trop
aisée, ou parce qu'elle est :
trop difficile
} ne la condamnent
point commepillée,
parce qu'il y aura quelques
bouts de chant que
ressembleront
: mais rendent
justice à la Musique
Françoise dans son caractere
& à la Musique Italienne
dans le sien, & conviennent
que l'on pourroit
faire ungenre de musique
parfait, si l'on pouvoit joindre
le goût sçavant & ingenieux
de l'Italien au bon
goût naturel Ôc simple du
François: mais cependant
qu'un Italien doit chanter
en Italien,&leFrançois
enFrançois. Je suis,&c.
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Résumé : Dissertation sur la Musique Italienne & Françoise.
L'auteur d'une dissertation sur la musique italienne et française exprime son opinion sur la prédominance actuelle du goût italien. Il reconnaît la supériorité de la musique italienne dans la science et l'invention, notamment dans les cantates et les sonates, admirant la vivacité des imitations, la variété des chants et l'harmonie savante des Italiens. Cependant, il critique les ornements trop fréquents et déplacés de la musique italienne, qui étouffent l'expression et rendent les œuvres obscures. L'auteur compare la musique italienne à une coquette, toujours en mouvement et cherchant à briller sans raison. Il note que la musique italienne traite souvent des sujets sérieux de manière comique et est plus adaptée aux ariettes et aux chansonnettes qu'aux grands sujets. En revanche, la musique française traite les sujets héroïques avec plus de noblesse et convient mieux au cothurne. Il critique également les intervalles bizarres et les tenues des chants italiens, difficiles à entonner juste et impatientes pour l'auditeur. L'auteur apprécie les sonates italiennes pour le violon mais les trouve inadaptées à une grande orchestration. Il conclut en comparant la musique française à une belle femme naturelle et sage, contrairement à la musique italienne, coquette et affectée. Il reconnaît que certains maîtres français ont su allier le goût naturel français au brillant italien, créant ainsi des chefs-d'œuvre. Cependant, il déplore que la mode des cantates et des sonates en France ait conduit à une surproduction d'œuvres imitant les Italiens, souvent au détriment du bon goût français. L'auteur exprime son admiration pour les maîtres français comme Lully, dont la musique est simple, naturelle et expressive. Lully sait mélanger le bon des Italiens tout en évitant leurs excès. Sa musique est capable de peindre toutes les passions humaines avec une grande simplicité et noblesse. Le texte se termine par un appel à un genre de musique parfait, combinant le goût italien et le naturel français, tout en respectant les caractéristiques de chaque tradition.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2879
p. 63-68
Histoire abregée des derniers tremblements arrivez à Manosque en Provence.
Début :
Le premier de ces tremblements se fit sentir le 14. [...]
Mots clefs :
Tremblements de terre, Manosque, Églises, Rochers, Secousses, Ruines, Maladies
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texteReconnaissance textuelle : Histoire abregée des derniers tremblements arrivez à Manosque en Provence.
Histoireabregée des derniers
tremblemens arrivez à Manosque
en Provence.,
Le premier de ces tremblemens
se fit sentir le 14-
du mois deàsix heu-
1 res & demie du matin, &
l'on entendit en quelques
endroits comme des salves
de plusieurs coups de canon
repetées, en d'autres
comme des mugissemens
épouvantables,& en d'au- ,
tres encore,comme des
roulemens de tonnerre
sourds & affreux. La ville
de Manosque parut à quelques
personnes qui étoient
à la campagne, comme soûlevée
en l'air, ôc ensuite entierement
renversée. Tout
son terroir a été tellement
secoüépar ce tremblement,
qu'il n'y a pas une maison
dans la ville & autour qui,
n'en soit endommagée, les,
unes étant renversées à demi,
d'autres fenduës depuis. lesFondemens jusques à la
couverture. Le château de
Manosque entr'autres menace
ruïne de touscôtez?
T - - - Il
Il-en est de même des Eglises
de saint Sauveur, de
Nôtre-Dame, & du Convent
des Observantins. Les
murailles de la ville font
renversées en quantité d'endroits.
La terre s'est ouverteen
plusieurs lieux; les
rochers se sont fendus, ôc
un entr'autres,à, demi quart
de lieuë de la ville, a jetté
plusieurs sources d'eaudouce
& d'eau soufrée. Les
nourrices du lieu ont perdu
leur lait, la frayeur a
fait plusieurs malades, 6c
rendu quelques-uns hebêrez;
d'autres en ont perdu
l'esprit tout à fait. Les bêtes
même s'en font senties.,
& les oiseaux du ciel
,
se sont enfuis. i, 1,
t
Depuis le 14. jusques au
20. on a senti tous les jours
plusieurs secousses fort legeres
: mais le 20. il se fit
trois tremblemens, dont le
premier fut accompagné
de bruits plus epouvantables
que ceux du 1 4. ce qui
fit deserter la ville aux habitans
en moins d'un demi
quart- d'heure au nombre
de sept à huit millepertonnes.
Ces tremblemens
ont continué tous les jours
depuis le 20. jusques au 30.
lX même quelques uns ont
été assezviolens. Il n'y a
cependant eu personne de
tué fous les ruines. On a ressenti
ces tremblemens jusques
à sept à huit lieuës à
la ronde;les villages de
Corbiere
,
de sainte Tulle
& de Monfuron, quiont àdeux lieuës dé Manosque,
ont souffert quelque
dommage, & celui de Peyrevert
, <juin'eneft^^a'à.
unepetitelieue,aétépresque
autant endommagé
que Manosque même, &c
le château de Forcalquier,
qui est aquatre, lieuës au
nruorïtndeedMetaonuosscqôuet,emze.nace
J;: ;.>
>MEMOJRË,ltil
tremblemens arrivez à Manosque
en Provence.,
Le premier de ces tremblemens
se fit sentir le 14-
du mois deàsix heu-
1 res & demie du matin, &
l'on entendit en quelques
endroits comme des salves
de plusieurs coups de canon
repetées, en d'autres
comme des mugissemens
épouvantables,& en d'au- ,
tres encore,comme des
roulemens de tonnerre
sourds & affreux. La ville
de Manosque parut à quelques
personnes qui étoient
à la campagne, comme soûlevée
en l'air, ôc ensuite entierement
renversée. Tout
son terroir a été tellement
secoüépar ce tremblement,
qu'il n'y a pas une maison
dans la ville & autour qui,
n'en soit endommagée, les,
unes étant renversées à demi,
d'autres fenduës depuis. lesFondemens jusques à la
couverture. Le château de
Manosque entr'autres menace
ruïne de touscôtez?
T - - - Il
Il-en est de même des Eglises
de saint Sauveur, de
Nôtre-Dame, & du Convent
des Observantins. Les
murailles de la ville font
renversées en quantité d'endroits.
La terre s'est ouverteen
plusieurs lieux; les
rochers se sont fendus, ôc
un entr'autres,à, demi quart
de lieuë de la ville, a jetté
plusieurs sources d'eaudouce
& d'eau soufrée. Les
nourrices du lieu ont perdu
leur lait, la frayeur a
fait plusieurs malades, 6c
rendu quelques-uns hebêrez;
d'autres en ont perdu
l'esprit tout à fait. Les bêtes
même s'en font senties.,
& les oiseaux du ciel
,
se sont enfuis. i, 1,
t
Depuis le 14. jusques au
20. on a senti tous les jours
plusieurs secousses fort legeres
: mais le 20. il se fit
trois tremblemens, dont le
premier fut accompagné
de bruits plus epouvantables
que ceux du 1 4. ce qui
fit deserter la ville aux habitans
en moins d'un demi
quart- d'heure au nombre
de sept à huit millepertonnes.
Ces tremblemens
ont continué tous les jours
depuis le 20. jusques au 30.
lX même quelques uns ont
été assezviolens. Il n'y a
cependant eu personne de
tué fous les ruines. On a ressenti
ces tremblemens jusques
à sept à huit lieuës à
la ronde;les villages de
Corbiere
,
de sainte Tulle
& de Monfuron, quiont àdeux lieuës dé Manosque,
ont souffert quelque
dommage, & celui de Peyrevert
, <juin'eneft^^a'à.
unepetitelieue,aétépresque
autant endommagé
que Manosque même, &c
le château de Forcalquier,
qui est aquatre, lieuës au
nruorïtndeedMetaonuosscqôuet,emze.nace
J;: ;.>
>MEMOJRË,ltil
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Résumé : Histoire abregée des derniers tremblements arrivez à Manosque en Provence.
Le 14 juin à 6h30, un violent tremblement de terre a frappé Manosque en Provence. Les habitants ont rapporté divers sons, comme des salves de canon ou des roulements de tonnerre. La ville a subi des dommages massifs : maisons renversées ou fendues, château et églises menacés de ruine, murailles effondrées, et terre ouverte libérant des sources d'eau. La frayeur a causé des maladies, évanouissements et troubles mentaux chez les habitants et les animaux. Des secousses légères ont été ressenties quotidiennement jusqu'au 20 juin, date à laquelle trois tremblements plus violents ont poussé environ 7 000 à 8 000 habitants à fuir. Les secousses ont continué jusqu'au 30 juin, affectant également les villages voisins de Corbières, Sainte-Tulle, Monfuron et Peyrevert. Malgré les dégâts, aucune victime n'a été signalée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2880
p. 68-69
MEMOIRE.
Début :
On a oublié dans les Mercures precedens d'avertir le [...]
Mots clefs :
Mémoire, Mercures, Divertissement pastoral, Fête champêtre, Musique, Christophe Ballard, Imprimeur
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texteReconnaissance textuelle : MEMOIRE.
MEMOJRË,ltil • I.M*
On a oubliédans lesMercures
precedensd'avertir.le
public quel'onvient, d'imprimer
unpetitiDiv^ertif-;
sementpastoral enmusque,
intitulé, LaMusette,
c&UsB(seSurêne.C'est
une petitefête champêtre,,
oùlecaractere de lamusique
pastorale est parfairement
observé
,
& dont la ,fîmplici[é'/ étudiée ne dcplaîtpointaux
connoisseurs.
Il se vend chez ChristopheBallard,
seulImprimeurdu
Roy pour la Muoc!.
dique,ruë. saint Jean jdç'
nBrauavasis
On a oubliédans lesMercures
precedensd'avertir.le
public quel'onvient, d'imprimer
unpetitiDiv^ertif-;
sementpastoral enmusque,
intitulé, LaMusette,
c&UsB(seSurêne.C'est
une petitefête champêtre,,
oùlecaractere de lamusique
pastorale est parfairement
observé
,
& dont la ,fîmplici[é'/ étudiée ne dcplaîtpointaux
connoisseurs.
Il se vend chez ChristopheBallard,
seulImprimeurdu
Roy pour la Muoc!.
dique,ruë. saint Jean jdç'
nBrauavasis
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2881
p. 69-72
MORT.
Début :
Le Marquis de Brosses, Colonel d'un vieux regiment d'infanterie [...]
Mots clefs :
Marquis de Brosses, Colonel, Fribourg, Toulouse
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texteReconnaissance textuelle : MORT.
MORT/.
LeMarquis de Brosses,
Colonel d'un vieux regiment
d'infanterie, est mort.
devant Fribourg le septiéme
du mois de Novembre
&de sa maladie, âge,
de vingt-huit àvingt-neuf
ans. Il y avoit onze ans
qu'il étoit Colonel, & s'étoit
distingué à l'attaque.de
Denain & auxsieges de
Marchienne, le Quesnoy,
Doüay, Landau & Fribourg.
Il étoit de la maison
de Tiercelin de Brosses,
de pere & de mere,
laquelle descend des Comtes
de Toulouse ; dont l'un
des descendans se fit surnommer
Tiercelin;l'un
des enfans duquelépousa
une fille de Brosses,avec
stipulation de prendre les
i&n~
-
&: armes de cette
maison. De ce mariage
font issus plusieurs enfans,
dont l'on voit des filles
mariées avec un Duc de
Savoye, un Comte de Geneve,
une autre avec un
Prince du Sang de France
: & des mâles, donc
l'un, fils aîné du Maréchal
de Brosses, autrement
de Bonssac
,
épousa Nicole
heritiere de Bretagne,
le droit de laquelle
fut transmis dans laMaison
de France, par des
transactions
-'
passéesavec
lesRois Loüis X 11~~
François Premier.Ilya
plusieurs autres dignitéz
& grandes alliances dans
cette maison;
LeMarquis de Brosses,
Colonel d'un vieux regiment
d'infanterie, est mort.
devant Fribourg le septiéme
du mois de Novembre
&de sa maladie, âge,
de vingt-huit àvingt-neuf
ans. Il y avoit onze ans
qu'il étoit Colonel, & s'étoit
distingué à l'attaque.de
Denain & auxsieges de
Marchienne, le Quesnoy,
Doüay, Landau & Fribourg.
Il étoit de la maison
de Tiercelin de Brosses,
de pere & de mere,
laquelle descend des Comtes
de Toulouse ; dont l'un
des descendans se fit surnommer
Tiercelin;l'un
des enfans duquelépousa
une fille de Brosses,avec
stipulation de prendre les
i&n~
-
&: armes de cette
maison. De ce mariage
font issus plusieurs enfans,
dont l'on voit des filles
mariées avec un Duc de
Savoye, un Comte de Geneve,
une autre avec un
Prince du Sang de France
: & des mâles, donc
l'un, fils aîné du Maréchal
de Brosses, autrement
de Bonssac
,
épousa Nicole
heritiere de Bretagne,
le droit de laquelle
fut transmis dans laMaison
de France, par des
transactions
-'
passéesavec
lesRois Loüis X 11~~
François Premier.Ilya
plusieurs autres dignitéz
& grandes alliances dans
cette maison;
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Résumé : MORT.
Le texte relate la mort du Marquis de Brosses, Colonel d'un ancien régiment d'infanterie, survenue devant Fribourg le 7 novembre. Âgé de vingt-huit à vingt-neuf ans, il était Colonel depuis onze ans et s'était distingué lors de l'attaque de Denain et des sièges de Marchienne, Le Quesnoy, Douai, Landau et Fribourg. Il appartenait à la maison de Tiercelin de Brosses, descendant des Comtes de Toulouse. Un descendant des Comtes de Toulouse prit le surnom de Tiercelin, et l'un de ses enfants épousa une fille de Brosses, adoptant les armes de cette maison. De ce mariage naquirent plusieurs enfants, dont des filles mariées à un Duc de Savoie, un Comte de Genève et un Prince du Sang de France. Parmi les fils, le fils aîné du Maréchal de Brosses, également connu sous le nom de Bonssac, épousa Nicole, héritière de Bretagne, dont les droits furent transmis à la Maison de France par des transactions avec les rois Louis XII et François Ier. La maison de Brosses comptait également d'autres dignités et grandes alliances.
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2882
p. 73-85
Nouvelles d'Espagne.
Début :
Les lettres de Madrid portent que le Clergé, la Noblesse [...]
Mots clefs :
Espagne, Barcelone, Catalogne, Troupes, Marquis, Vaisseaux, Guerre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Espagne.
Nouvelles <££fj>agne.
Leslettres de Madrid
portent que le Clergé, la
Noblesse & les peuples
s'empressent volontairement
à contribuer au don
gratuit que le Roy leur a
fait demander pour les dépenses
de la guerre de Catalogne;
entr'autres le Duc
de Veraguas & Don Carlos
Carafa, Gouverneur de
la côte d'Andalousie, avoient
envoyé à la Monnoye
toute leur vaisselle
d'argent; que les sommes
amassées à Cadixétoient
employées à l'armement
des vaisseauxqui,sonten
état de partir pour faire
voile vers les côtes de Catalogne
; que le Comte de
Lexingron, Ambassadeur
d'Angleterre, avoit fait
partir ses bagages & fait ses
visites de congé pour par-
- tir incessamment pour Londres
; que le Marquis de
Brancas, Ambassadeur de
France, y étoit arrivé, &
le Marquis de Toüy , Lieutenant
general, qui doit
servir dans les armées du
Roy en qualité de Capitaine
general. On écrit du
camp devant Barcelonne,
quelanuit du6. au 7. d'Octobrecinquante
volontaires
tenterent d'entrer dans
la ville par la droite de l'armée
: mais qu'ayant été reconnus,
vingt-cinq furent
pris, & les autres se sauverent
à la faveur de la nuit;
qu'undetachement commandé
par Don Juan de
Zerezedaavoit prix dixneufcavaliers
rebeles; que
lestroupes que commandoit
Nebot étoient défaites
ou dissipées;quc)craignant'
d'êtrepris ou livré par ses
propres gens , il les avoit
engagez à attaquer les lignes
de l'armée du Roy. Il
leur dit qu'il étoit necessairequ'ilallât
à Barcelone
pour faire une sortie , afin
de leur faciliter le pacage
pendant qu'ils attaqueroient
leslignes ; qu'il s'étoit
embarqué avec cinq
ou six de ses confidens, entr'autresle
députéDalmau;
dquu'iiltaevnoipt réitséoanrarêvteéc&Dcoanl--
maa,u., par ordre du Gouvernement,
qui vouloir faire
leur procès à cause de leur
mauvaise conduite & de
leurs concussions
; que ses
troupes avoient attaqué les
lignes, suivant l'ordre qu'il
leur avoit donné: mais qu'
elles avoient été repoussées,
qu'on en avoir tué plus de
trois cent ,
fait plusieurs
prisonniers,&lereste poursuivi
; que le Duc de Pn,
poli faisoit travailler à faire
des, lignes plus prés de la
ville, afin de la resserrer
plus étroitement, & que
les troupes du Lampourdan
se preparoient à aller prendre
leurs quartiers d'hyver
le long de la mer, pour empêcher
que les peuples de
la côte ne portent aucuns
vivres ni autres provisions
a Barcelone, &que les bâtiment
de cette ville n'y
puissent aborder.
-
Les dernieres
lettres du camp devantBarcelone
portent que
les pluyes y étoient,tombées
ça si grande abondance,
qu'elles avoient fait deborder
lariviere de Llobrei
gat;que les assiegezvou-
~.*~,~
lantprofiter de cette occasion,
étoient sortis parle
château de Montjoüy au
nombre de quatre ou cinq
mille, v à dessein des'emparer
d'une maison où il y
avoitgarnison, pour assurer
la communication du
camp avec la mer: mais les
piquets y étant venus en
diligence, obligèrent les
rebeles à prendre la fuite
avec precipitation. Ils les
poursuivirent jusqu'au chemin
couvert du château de
Montjoüy, & en tuerent un
grand nombre, sans autre
perte que du Capitaine qui
commandoit dans la m&b
son d'un Lieutenant des
Gardes Espagnoles
, & de
quelques soldats.Don Francisco
de Ebuli, Brigadier
d'armée, y fut blessé au
bras d'un coup de mousquet
; que le Duc de Popoli
avoit fait arrêter le Commandant
de Mataro,àcause
qu'ilpermettoit que quelques
,bâtimens portassent
des grains à Barcelone, Çc
qu'un Commandant Espagnol
avoir étémis en sa place
; qu'un navireétranger
t ",.
voulant entrer au port de
Barcelone, deux vaisseaux
-
Espagnols avoient été à sa
rencontre pour l'empêcher;
tirerent sur luy
,
& l'obligerent
à se rendre. ';.;
Les lettres de Palerme du
II. Octobre portent que le
Roy & la Reine de Sicile y
étoient arrivez heureusement
le 10. & que les bâtimens
sur lesquels étoient
embarquées les troupes y
étoient aussiarrivez; que sitôtquel'escadre eut
moüilléàl'entrée du Mole,
le Marquis los Balbazez,
Viceroy deSicile, vint avec
les galeres,& les complimenta
à bord de leur vaisseau;
que l'Archevêque de
Palerme les complimenta
au nom du Clergé. Lamer
,
étoit couverte de barques
remplies de personnes de
qualité, & le peupleétoit
en foule sur le Mole,té- * moignant unejoyeextraordinaire
de voir. leur nouveau
Roy, qui demeurasur
son bord jusqu'au, lendemain
, afin de donner le
temps aux préparatifs necessaires
au débarquement.
pour lequel on avoir construit
un pont magnifiquement
orné,qui s'estfait le
II. aumatinau bruit de l'artillerie
de laville, du mole,
des vaisseaux & des galeres,
parmi les acclamations du
peuple. Le Roy & la Reine
étant débarquez, accompagner
de toute la Cour,
& d'un très- grand nombre
de Seigneurs Siciliens, tous
vêtus magnifiquement&
suivis d'une foule infinie de
peuple,allerent d'abord à
l'Eglise Metropolitaine rendregraces
à Dieu de l'heureux
succés de leur voyage;
puis ils se rendirent au
Palais, où ils ont -ét¿J:om.
plimentez par tous les
Corps.
Les troupes arrivées sur
l'escadre quia conduit leurs
Majestez sont presque toutes
debarquées, & à mesure
qu'elles entreront dans
la place, celles du Roy d'Espagne
qui sont icy en garnison,
à Messine & en d'autres
villes de ce Royaume,
se rendront à Palerme, pour
être embarquées sur les mêmes
vaisseaux & être transportées
en Espagne.
Leslettres de Madrid
portent que le Clergé, la
Noblesse & les peuples
s'empressent volontairement
à contribuer au don
gratuit que le Roy leur a
fait demander pour les dépenses
de la guerre de Catalogne;
entr'autres le Duc
de Veraguas & Don Carlos
Carafa, Gouverneur de
la côte d'Andalousie, avoient
envoyé à la Monnoye
toute leur vaisselle
d'argent; que les sommes
amassées à Cadixétoient
employées à l'armement
des vaisseauxqui,sonten
état de partir pour faire
voile vers les côtes de Catalogne
; que le Comte de
Lexingron, Ambassadeur
d'Angleterre, avoit fait
partir ses bagages & fait ses
visites de congé pour par-
- tir incessamment pour Londres
; que le Marquis de
Brancas, Ambassadeur de
France, y étoit arrivé, &
le Marquis de Toüy , Lieutenant
general, qui doit
servir dans les armées du
Roy en qualité de Capitaine
general. On écrit du
camp devant Barcelonne,
quelanuit du6. au 7. d'Octobrecinquante
volontaires
tenterent d'entrer dans
la ville par la droite de l'armée
: mais qu'ayant été reconnus,
vingt-cinq furent
pris, & les autres se sauverent
à la faveur de la nuit;
qu'undetachement commandé
par Don Juan de
Zerezedaavoit prix dixneufcavaliers
rebeles; que
lestroupes que commandoit
Nebot étoient défaites
ou dissipées;quc)craignant'
d'êtrepris ou livré par ses
propres gens , il les avoit
engagez à attaquer les lignes
de l'armée du Roy. Il
leur dit qu'il étoit necessairequ'ilallât
à Barcelone
pour faire une sortie , afin
de leur faciliter le pacage
pendant qu'ils attaqueroient
leslignes ; qu'il s'étoit
embarqué avec cinq
ou six de ses confidens, entr'autresle
députéDalmau;
dquu'iiltaevnoipt réitséoanrarêvteéc&Dcoanl--
maa,u., par ordre du Gouvernement,
qui vouloir faire
leur procès à cause de leur
mauvaise conduite & de
leurs concussions
; que ses
troupes avoient attaqué les
lignes, suivant l'ordre qu'il
leur avoit donné: mais qu'
elles avoient été repoussées,
qu'on en avoir tué plus de
trois cent ,
fait plusieurs
prisonniers,&lereste poursuivi
; que le Duc de Pn,
poli faisoit travailler à faire
des, lignes plus prés de la
ville, afin de la resserrer
plus étroitement, & que
les troupes du Lampourdan
se preparoient à aller prendre
leurs quartiers d'hyver
le long de la mer, pour empêcher
que les peuples de
la côte ne portent aucuns
vivres ni autres provisions
a Barcelone, &que les bâtiment
de cette ville n'y
puissent aborder.
-
Les dernieres
lettres du camp devantBarcelone
portent que
les pluyes y étoient,tombées
ça si grande abondance,
qu'elles avoient fait deborder
lariviere de Llobrei
gat;que les assiegezvou-
~.*~,~
lantprofiter de cette occasion,
étoient sortis parle
château de Montjoüy au
nombre de quatre ou cinq
mille, v à dessein des'emparer
d'une maison où il y
avoitgarnison, pour assurer
la communication du
camp avec la mer: mais les
piquets y étant venus en
diligence, obligèrent les
rebeles à prendre la fuite
avec precipitation. Ils les
poursuivirent jusqu'au chemin
couvert du château de
Montjoüy, & en tuerent un
grand nombre, sans autre
perte que du Capitaine qui
commandoit dans la m&b
son d'un Lieutenant des
Gardes Espagnoles
, & de
quelques soldats.Don Francisco
de Ebuli, Brigadier
d'armée, y fut blessé au
bras d'un coup de mousquet
; que le Duc de Popoli
avoit fait arrêter le Commandant
de Mataro,àcause
qu'ilpermettoit que quelques
,bâtimens portassent
des grains à Barcelone, Çc
qu'un Commandant Espagnol
avoir étémis en sa place
; qu'un navireétranger
t ",.
voulant entrer au port de
Barcelone, deux vaisseaux
-
Espagnols avoient été à sa
rencontre pour l'empêcher;
tirerent sur luy
,
& l'obligerent
à se rendre. ';.;
Les lettres de Palerme du
II. Octobre portent que le
Roy & la Reine de Sicile y
étoient arrivez heureusement
le 10. & que les bâtimens
sur lesquels étoient
embarquées les troupes y
étoient aussiarrivez; que sitôtquel'escadre eut
moüilléàl'entrée du Mole,
le Marquis los Balbazez,
Viceroy deSicile, vint avec
les galeres,& les complimenta
à bord de leur vaisseau;
que l'Archevêque de
Palerme les complimenta
au nom du Clergé. Lamer
,
étoit couverte de barques
remplies de personnes de
qualité, & le peupleétoit
en foule sur le Mole,té- * moignant unejoyeextraordinaire
de voir. leur nouveau
Roy, qui demeurasur
son bord jusqu'au, lendemain
, afin de donner le
temps aux préparatifs necessaires
au débarquement.
pour lequel on avoir construit
un pont magnifiquement
orné,qui s'estfait le
II. aumatinau bruit de l'artillerie
de laville, du mole,
des vaisseaux & des galeres,
parmi les acclamations du
peuple. Le Roy & la Reine
étant débarquez, accompagner
de toute la Cour,
& d'un très- grand nombre
de Seigneurs Siciliens, tous
vêtus magnifiquement&
suivis d'une foule infinie de
peuple,allerent d'abord à
l'Eglise Metropolitaine rendregraces
à Dieu de l'heureux
succés de leur voyage;
puis ils se rendirent au
Palais, où ils ont -ét¿J:om.
plimentez par tous les
Corps.
Les troupes arrivées sur
l'escadre quia conduit leurs
Majestez sont presque toutes
debarquées, & à mesure
qu'elles entreront dans
la place, celles du Roy d'Espagne
qui sont icy en garnison,
à Messine & en d'autres
villes de ce Royaume,
se rendront à Palerme, pour
être embarquées sur les mêmes
vaisseaux & être transportées
en Espagne.
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Résumé : Nouvelles d'Espagne.
Les lettres de Madrid rapportent que le clergé, la noblesse et les peuples se sont engagés à financer la guerre de Catalogne. Le Duc de Veraguas et Don Carlos Carafa ont envoyé leur vaisselle d'argent à la monnaie. Les fonds collectés à Cadix servent à armer des vaisseaux pour les côtes de Catalogne. Le Comte de Lexingron, Ambassadeur d'Angleterre, a quitté Madrid, tandis que le Marquis de Brancas, Ambassadeur de France, est arrivé. Le Marquis de Toüy, Lieutenant général, doit servir dans les armées du Roi en tant que Capitaine général. À Barcelone, cinquante volontaires ont tenté d'entrer dans la ville, mais vingt-cinq ont été capturés. Un détachement commandé par Don Juan de Zerezeda a capturé dix-neuf cavaliers rebelles. Les troupes de Nebot, défaites, ont attaqué les lignes de l'armée royale sur ordre de Nebot, qui a ensuite fui avec quelques confidents. Les troupes ont été repoussées, subissant de lourdes pertes. Le Duc de Popoli construit de nouvelles lignes pour resserrer le siège de Barcelone. Les troupes du Lampourdan se préparent à prendre leurs quartiers d'hiver pour empêcher les provisions d'atteindre Barcelone. Les pluies abondantes ont fait déborder la rivière Llobregat, permettant aux assiégés de tenter une sortie, mais ils ont été repoussés avec de lourdes pertes. Le Duc de Popoli a arrêté le Commandant de Mataro pour avoir permis des livraisons de grains à Barcelone. Un navire étranger a été forcé de se rendre par deux vaisseaux espagnols. À Palerme, le Roi et la Reine de Sicile sont arrivés le 10 octobre, accueillis par le Viceroy et l'Archevêque. Le débarquement a été marqué par des célébrations et des acclamations. Les troupes arrivées avec le Roi et la Reine sont en train de débarquer, remplaçant les troupes espagnoles qui seront transportées en Espagne.
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2883
p. 85-92
Nouvelles d'Angleterre.
Début :
La Reine a donné le regiment de cavalerie du Marquis [...]
Mots clefs :
Reine, Régiment, Ambassadeur, Audiences, Fortifications, Provisions, Compliments, Licenciements
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles d'Angleterre.
Nouvelles d'Angleterre.
La Reine a donné le regiment
de cavalerie du
Marquis d'Harvvich,fils
du Duc de Schomberg,
mort en Irlande, au Sieur
Sybourg
;
le regiment de
dragons du Chevalier Richard
Temple au General
Evens; & le regimenc d'infanterie
du Majorgeneral
Sybourg,qui a été
fait
Colonel
du regiment de cavalerie
du feu Marquis
d'Harvvich, a été donneau
Major general Corbet. On
mande de Londres que le
16. Octobre le Sieur Grimani
, ambassadeur, de la
République de Venise,eur
à Vvindsoraudience de
congé de la Reine, & que
Sa Majesté,suivant la coutume
,le fit Chevalier;que
le 2 5. le Duc d'Aumont, ambassadeur extraordinaire
de France, avoir traité
magnifiquement le Duc
d'Ormond,Milord Asburnham
son gendre, Capitaine
des Gardes du Corps
Ac laReine, & plusieurs
autres Seigneurs;que le 27. leCapitaine duYacht qui
doit passer le Duc d'Aumot
àCalais étoit venu recevoir
ses ordres, & qu'ilétoit
parti pour aller l'attendre à
Douvres;qu'outre les presens
quela Reine a faits aux
Secretaires de lambassade
deFrance,elle avoit encore 1envoyé une medaille d'or
à l'Abbé Nadal par le
Chevalier Cotterel, Maître
des Ceremonies. Quelques
Ingenieurs se sont embarquez
sur un bâtiment
chargé de provisions& de
munitions pour lePortMahon,
afin d'aller travailler
aux fortifications de cette
place. Les dernieres lettres
de Londres portent que le
Comte de Peterborough a
été nomméEnvoyé extraordinaire
pour aller
complimenter le Duc de
Savoye sur son avenement
à la Couronne de Sicile,&
aller ensuite en la même
qualité vers la République
de Venise,& vers les autres
Princes & Etats d'Italie.
Le 30. Octobre le regiment
ment de marine de Milord
Shannonfut casseàRochester.
Le 2. Novembre on
commença a payer au Bureau
de la marine les Officiers
qui ont servi cette année
sur la flote, qui en même
temps furent congediez
&mis à la demi-paye.
On paya aussi ceux qui ont
servi dans l'artillerie à Port
Mahon jusqu'au 5. Juillet
de la presente année.On
équipe en diligenceunvaisseaudeguerre
» qui sera
chargé de provisions & de
diverses machines , pour
aller àla pêche de l'argent
de quelquesgallionsd'Espagne
qui depuis pkfieùtg
annéesontfaitnaufrageen
divers endroits de l'Amerique,
-
suivant la patente
quela Reine a accordéeà
Milord Harley,fils 4fi
grandTresorier. Les Anglois
de la Jamaïque font
ungrand commerce avec
les Espagnols enAmerique,
d'où ils rapportent beaucoupdepiastres.
Leslettres de Hollande
portent que les Officiers
quiétoientà la campagne
<
1
avoient été payez & licentiez;
que les Officiers du
Roy de Prusse faisoient de
grosseslevées dans ses Etats.
Celles de Cologne portent
que le Sieur Archinto,
Nonce du Pape vers les
Princes Ôc Etats du Rhin,
y étoitarrivé le premier
Novembre;& que le regiment
du Prince Maximilien
de Hesse Casselvenant
des Pays-Bas avoir sejourné
deux jours au voisinage
de lamêmeville, & avoit
enfuire continué sa route
vers la Hesse.
On écrit de Vienne que
le Comte de Tierheim a
apporté le projet de la repartition
des quartiers d'hyver
, l'état de l'arméedu
Rhin,& les avis du Prince
Eugene, pour la continua
tion de la guerre; qu'ila
été renvoyé avec le reglement
fait pour les quartiers
d'hyver, & d'autres
donc on n'a point la connoissance
; que le General
Mercy étoitparti le 22. Octobre
pour se rendreà l'armée
du haut Rhin.
La Reine a donné le regiment
de cavalerie du
Marquis d'Harvvich,fils
du Duc de Schomberg,
mort en Irlande, au Sieur
Sybourg
;
le regiment de
dragons du Chevalier Richard
Temple au General
Evens; & le regimenc d'infanterie
du Majorgeneral
Sybourg,qui a été
fait
Colonel
du regiment de cavalerie
du feu Marquis
d'Harvvich, a été donneau
Major general Corbet. On
mande de Londres que le
16. Octobre le Sieur Grimani
, ambassadeur, de la
République de Venise,eur
à Vvindsoraudience de
congé de la Reine, & que
Sa Majesté,suivant la coutume
,le fit Chevalier;que
le 2 5. le Duc d'Aumont, ambassadeur extraordinaire
de France, avoir traité
magnifiquement le Duc
d'Ormond,Milord Asburnham
son gendre, Capitaine
des Gardes du Corps
Ac laReine, & plusieurs
autres Seigneurs;que le 27. leCapitaine duYacht qui
doit passer le Duc d'Aumot
àCalais étoit venu recevoir
ses ordres, & qu'ilétoit
parti pour aller l'attendre à
Douvres;qu'outre les presens
quela Reine a faits aux
Secretaires de lambassade
deFrance,elle avoit encore 1envoyé une medaille d'or
à l'Abbé Nadal par le
Chevalier Cotterel, Maître
des Ceremonies. Quelques
Ingenieurs se sont embarquez
sur un bâtiment
chargé de provisions& de
munitions pour lePortMahon,
afin d'aller travailler
aux fortifications de cette
place. Les dernieres lettres
de Londres portent que le
Comte de Peterborough a
été nomméEnvoyé extraordinaire
pour aller
complimenter le Duc de
Savoye sur son avenement
à la Couronne de Sicile,&
aller ensuite en la même
qualité vers la République
de Venise,& vers les autres
Princes & Etats d'Italie.
Le 30. Octobre le regiment
ment de marine de Milord
Shannonfut casseàRochester.
Le 2. Novembre on
commença a payer au Bureau
de la marine les Officiers
qui ont servi cette année
sur la flote, qui en même
temps furent congediez
&mis à la demi-paye.
On paya aussi ceux qui ont
servi dans l'artillerie à Port
Mahon jusqu'au 5. Juillet
de la presente année.On
équipe en diligenceunvaisseaudeguerre
» qui sera
chargé de provisions & de
diverses machines , pour
aller àla pêche de l'argent
de quelquesgallionsd'Espagne
qui depuis pkfieùtg
annéesontfaitnaufrageen
divers endroits de l'Amerique,
-
suivant la patente
quela Reine a accordéeà
Milord Harley,fils 4fi
grandTresorier. Les Anglois
de la Jamaïque font
ungrand commerce avec
les Espagnols enAmerique,
d'où ils rapportent beaucoupdepiastres.
Leslettres de Hollande
portent que les Officiers
quiétoientà la campagne
<
1
avoient été payez & licentiez;
que les Officiers du
Roy de Prusse faisoient de
grosseslevées dans ses Etats.
Celles de Cologne portent
que le Sieur Archinto,
Nonce du Pape vers les
Princes Ôc Etats du Rhin,
y étoitarrivé le premier
Novembre;& que le regiment
du Prince Maximilien
de Hesse Casselvenant
des Pays-Bas avoir sejourné
deux jours au voisinage
de lamêmeville, & avoit
enfuire continué sa route
vers la Hesse.
On écrit de Vienne que
le Comte de Tierheim a
apporté le projet de la repartition
des quartiers d'hyver
, l'état de l'arméedu
Rhin,& les avis du Prince
Eugene, pour la continua
tion de la guerre; qu'ila
été renvoyé avec le reglement
fait pour les quartiers
d'hyver, & d'autres
donc on n'a point la connoissance
; que le General
Mercy étoitparti le 22. Octobre
pour se rendreà l'armée
du haut Rhin.
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Résumé : Nouvelles d'Angleterre.
Le texte décrit plusieurs événements politiques et militaires en Angleterre et en Europe. La Reine a réorganisé divers régiments, attribuant notamment celui du Marquis d'Harvvich au Sieur Sybourg et celui du Chevalier Richard Temple au Général Evens. Le 16 octobre, l'ambassadeur de Venise, le Sieur Grimani, a reçu audience de congé de la Reine et a été fait Chevalier. Le Duc d'Aumont, ambassadeur de France, a traité magnifiquement plusieurs seigneurs, dont le Duc d'Ormond et Milord Asburnham. La Reine a offert des présents, dont une médaille d'or à l'Abbé Nadal. Des ingénieurs se sont embarqués pour travailler aux fortifications de Port Mahon. Le Comte de Peterborough a été nommé Envoyé extraordinaire pour complimenter le Duc de Savoie et visiter d'autres États italiens. Le régiment de marine de Milord Shannon a été dissous à Rochester, et les officiers de la flotte ont été congéiés et mis à la demi-paye. Un vaisseau de guerre est équipé pour récupérer des galions espagnols naufragés en Amérique. En Hollande, les officiers ont été payés et licenciés, tandis que ceux du Roi de Prusse effectuent des levées dans ses États. Le Nonce du Pape, le Sieur Archinto, est arrivé à Cologne, et le régiment du Prince Maximilien de Hesse Cassel a continué sa route vers la Hesse. À Vienne, le Comte de Tierheim a apporté des projets de répartition des quartiers d'hiver et des avis du Prince Eugène pour la continuation de la guerre. Le Général Mercy est parti pour l'armée du haut Rhin.
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2884
p. 93-100
Nouvelles de Varsovie.
Début :
On mande de Varsovie, que dans la conference que les [...]
Mots clefs :
Varsovie, Roi Auguste, Polonais, Médiation, Amnistie, Tartares, Cosaques, Fortifications, Traité de paix, Ambassadeurs
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texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Varsovie.
Nouvelles de Varsovie.
•»"•J• Onmande deVarsovie,
que dans la conference que
les deux Envoyez ont euë
avec plusieurs Senateurs lk.
lesMinistres du Roy Auguste
, on avoit fait cinq
propositions ; sçavoir.
, Qu'une amnistiegeneraleseroit
accordée au Roy
Stanislas&àtous les Polonois
les adherans.
Quele Grand Seigneur
employeroit sa mediation
pour faire la paix entre les
Polonois & le Roy de Suede.
Que les Cosaques d'Orlik
, qui sont au nombre de
quatre-vingtmille, ob->
tinssent la permission de demeurerdans
l'UkrainePolonoise
;commeSujets de la
République.
Que l'on conferve aux
Tartaresétablis en Pologne
& en Lituanieles privileges
dont ilsjouissoient cidevant,
& que le Palatinat
de Posnanie soit restitué aUt
Roy Stanislas. 1 Le rapport de cette conserence
ayant été fait au
Roy Auguste,ilrépondit
que cherchant à rétablir la
tranquilitéenPologne
,
il
consentoit au premier &
au dernier article: mais
queles trois autres devoient
être examinezplus particulierement.
Neanmoins les
deux Envoyez étoient regalez&
traitezavecbeaucoup
dedistinction.Ils a(->
furent qu'aussitôtqu'ils seroient
retournez à Andrinople
,&qu'ils auroient
rendu compte de leur commission
, le traité de paix
feroit renouvcllé, & que
les ambassadeurs du Roy.
ôc dela
:
République se- j
roient renvoyezavec toute
forte de satisfaction. Malgre
toutes ces assurances,
on crainttoûjours que le
dessein desTurcs ne foit
d'amuser par toutes ces dé-
J marches le RoyAuguste, afinde gagnerdutemps& j
de penetrer les sentimens j
des Polonois, & même de
former des intrigues.Ils j
continuent
,
leurs preparatifs
pour la guerre, & tra- ]
vaillent avec empressement
aux
aux fortifications de Choc- -
zin : on a même appris que
leur armée grossissoit par
des nouvelles troupes, qui
prenoient leurs quartiers
d'hyver le long du Niester
& de la frontiere de Podolie,
& que le nombre des
Tartares s'augmentoit. On
mande d'Andrinople que
les ambassadeurs du Czar
avoient eu le13.Septembre
audiance du Grand-Vizir;
6c qu'on lui avoit presenté
la ratificationdu traité de
paix
rqu'illesavoit
exhor- ~.1 d téescekaui*de-
1- ,~~, 1.
pendroit deux pour parvenir
à la conclusion dela
paix, en terminantl'article
qui étoit demeuré indecis
touchant les sommes pretenduës
par le Kan des Tartares.
Les lettres de Hambourg
portent que la mortalicé
y diminuoit fort;que
les troupesduDuc de Hanover
étoient entrées dans
les 4.Bailliages qui dépendent
de cetteville, fous prétextede
garder les passages
& d'empêcher toute communicationavec
les Etatsde
leur;Maître;queleRoy de
Prusse avoit offert la permission
de porter de cette
ville dans ses Etats toute
forte de métaux & d'épiceries
,du bois de teinture,
& mêmede la soye ; que la
ville de Tonningen étoit
toujours étroitement bloquée
par les troupes Danoi,
ses; mais qu'on n'y manquoit
pas encore de pain,
de bière ni de sel; mais de
bois,dechandelle & d'huile
à brûler;que la garnison
étoit encore de quatre cent
soixante hommes en y
comprenant les malades,
dont le Commandant prenoit
grand soin. On mande
de Coppenhague que le
Colonel Viereg avoit levé
& presenté au Roy de Danemark
une compagniede
cent Cadets, tous fils de
Colonels, de Lieutenans-
Colonels, de Majors, de
Capitaines ou de Conseillers
, qui feront la garde
dans les apparcemens du
Palais, & feront instruits
dans l'artmilitaire, pour
être ensuite avancez selon
leur merite.
•»"•J• Onmande deVarsovie,
que dans la conference que
les deux Envoyez ont euë
avec plusieurs Senateurs lk.
lesMinistres du Roy Auguste
, on avoit fait cinq
propositions ; sçavoir.
, Qu'une amnistiegeneraleseroit
accordée au Roy
Stanislas&àtous les Polonois
les adherans.
Quele Grand Seigneur
employeroit sa mediation
pour faire la paix entre les
Polonois & le Roy de Suede.
Que les Cosaques d'Orlik
, qui sont au nombre de
quatre-vingtmille, ob->
tinssent la permission de demeurerdans
l'UkrainePolonoise
;commeSujets de la
République.
Que l'on conferve aux
Tartaresétablis en Pologne
& en Lituanieles privileges
dont ilsjouissoient cidevant,
& que le Palatinat
de Posnanie soit restitué aUt
Roy Stanislas. 1 Le rapport de cette conserence
ayant été fait au
Roy Auguste,ilrépondit
que cherchant à rétablir la
tranquilitéenPologne
,
il
consentoit au premier &
au dernier article: mais
queles trois autres devoient
être examinezplus particulierement.
Neanmoins les
deux Envoyez étoient regalez&
traitezavecbeaucoup
dedistinction.Ils a(->
furent qu'aussitôtqu'ils seroient
retournez à Andrinople
,&qu'ils auroient
rendu compte de leur commission
, le traité de paix
feroit renouvcllé, & que
les ambassadeurs du Roy.
ôc dela
:
République se- j
roient renvoyezavec toute
forte de satisfaction. Malgre
toutes ces assurances,
on crainttoûjours que le
dessein desTurcs ne foit
d'amuser par toutes ces dé-
J marches le RoyAuguste, afinde gagnerdutemps& j
de penetrer les sentimens j
des Polonois, & même de
former des intrigues.Ils j
continuent
,
leurs preparatifs
pour la guerre, & tra- ]
vaillent avec empressement
aux
aux fortifications de Choc- -
zin : on a même appris que
leur armée grossissoit par
des nouvelles troupes, qui
prenoient leurs quartiers
d'hyver le long du Niester
& de la frontiere de Podolie,
& que le nombre des
Tartares s'augmentoit. On
mande d'Andrinople que
les ambassadeurs du Czar
avoient eu le13.Septembre
audiance du Grand-Vizir;
6c qu'on lui avoit presenté
la ratificationdu traité de
paix
rqu'illesavoit
exhor- ~.1 d téescekaui*de-
1- ,~~, 1.
pendroit deux pour parvenir
à la conclusion dela
paix, en terminantl'article
qui étoit demeuré indecis
touchant les sommes pretenduës
par le Kan des Tartares.
Les lettres de Hambourg
portent que la mortalicé
y diminuoit fort;que
les troupesduDuc de Hanover
étoient entrées dans
les 4.Bailliages qui dépendent
de cetteville, fous prétextede
garder les passages
& d'empêcher toute communicationavec
les Etatsde
leur;Maître;queleRoy de
Prusse avoit offert la permission
de porter de cette
ville dans ses Etats toute
forte de métaux & d'épiceries
,du bois de teinture,
& mêmede la soye ; que la
ville de Tonningen étoit
toujours étroitement bloquée
par les troupes Danoi,
ses; mais qu'on n'y manquoit
pas encore de pain,
de bière ni de sel; mais de
bois,dechandelle & d'huile
à brûler;que la garnison
étoit encore de quatre cent
soixante hommes en y
comprenant les malades,
dont le Commandant prenoit
grand soin. On mande
de Coppenhague que le
Colonel Viereg avoit levé
& presenté au Roy de Danemark
une compagniede
cent Cadets, tous fils de
Colonels, de Lieutenans-
Colonels, de Majors, de
Capitaines ou de Conseillers
, qui feront la garde
dans les apparcemens du
Palais, & feront instruits
dans l'artmilitaire, pour
être ensuite avancez selon
leur merite.
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Résumé : Nouvelles de Varsovie.
À Varsovie, une conférence a réuni les envoyés du Grand Seigneur et des sénateurs polonais pour discuter de propositions visant à résoudre des conflits en Pologne. Cinq propositions ont été présentées : une amnistie générale pour le roi Stanislas et les Polonais, la médiation turque pour la paix entre les Polonais et le roi de Suède, la permission pour les Cosaques d'Orlik de rester en Ukraine polonaise, la conservation des privilèges des Tartares en Pologne et en Lituanie, et la restitution du Palatinat de Posnanie à Stanislas. Le roi Auguste a accepté les deux premières propositions mais a demandé un examen plus approfondi des trois autres. Les envoyés ont été bien reçus et assurés que le traité de paix serait renouvelé après leur rapport à Andrinople. Cependant, des inquiétudes subsistent quant aux intentions des Turcs, qui continuent leurs préparatifs de guerre. Par ailleurs, des nouvelles de Hambourg signalent une diminution de la mortalité et l'entrée des troupes du duc de Hanovre dans les bailliages dépendant de la ville. Le roi de Prusse a proposé de permettre l'importation de divers produits. La ville de Tonningen est toujours bloquée par les troupes danoises mais ne manque pas de nourriture. À Copenhague, le colonel Viereg a levé une compagnie de cadets pour la garde du palais et leur instruction militaire.
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2885
p. 101-121
Rentrée de l'Academie.
Début :
Le Mercredi 15. Novembre l'Academie Royale des Sciences reprit ses [...]
Mots clefs :
Académie royale des sciences, Fontenelle, Éloge, Botaniste, Poudre, Chimiste, Extensibilité, Matériaux , M. Homberg, Charité
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texteReconnaissance textuelle : Rentrée de l'Academie.
Rentrée de l' Academie.
Le Mercredi 15. Novembre
l'Academie Royale des
Sciences reprit ses exercices
ordinaires, donc elle fie
l'ouverture par uneassemblée
publique, où Monsieur
de Fontenelles, Secretaire
de ladite Academie
,
fit avec son éloquence
ordinaire l'éloge de Monsieur
Blondin, éleve Botaniste,
quiétoit mort pendant
l'année. Aprés luy le
Sieur Martino Poli, Romain,
associé étranger de
l'Academie, &qui setrou,
voit pour lors à Paris, donna
une maniere de faire
une poudre qui imitoit par
sa couleur & son éclat les
plus belles perlesOrientales.
En voici le procedé.Il prend
égalés parties de bismuth
ou étain de glace,& de sublimé
cotrosif, pulverisez
chacun à part. Il les mêle
ensemble dans une cornuë
Je verre, puis les distille
comme les Chymistes ont
coutumededistiller le beurre
d'antimoine, Il en sort
en effet, avec dumercure
coulant, une liqueur saline
qui se fige en consistance
de beurre. Il prend ce beurre
,
qu'il distille de nouveau.
Il luy reste dans la
cornuë une poudre fort fine,
talqueuse ou composée
de plusieurs parcelles plattes,
argentine ou de couleur
de perle, que le feu ni
rien ne peut alterar. Il continuë
à distiller de nouveau
ce beurre, jusqu'à ce qu'il
ne laisse plus de poudre à
la fin de la distillation, &
la derniere poudre est plus
belle que la premiere.
Il rendit ensuite raison
de ce qui se passoit dans
cette operation, dont il expliqua
fort bien toutes les
cirçonstances.Il y joignit
quelques reflexions générales
, & il dit entr'autres,
que toutes, ou la plûpart
desvolatilisations,oudes fixations
- qu'on faisoit en
Chymien'étoient point de
veritables volatilisations &
fixations; que nonobstant
toutes les prétenduës fixations
du mercure, ce mineral
restoit toûjours volatil,
& que nonobstant toutes
les prétendues volatilisations
des métaux & du
sel de tartre, ils restoient
toûjours fixes. Il dit qu'il
ne pretendoit pas cependantqu'ells
fussent impossibles,
au contraire; ôc
qu'il donneroit quelque
jour un memoire touchant
la maniere d'en venir à
bout. Enfinil passa aux usages
de sa poudre, dont il
dit qu'on pouvoit faire de
fort belles perles; qu'on
pouvoit l'employer dans la
peinture ou avec le vernis,
pour peindre desévantails,
des tabatieres
,
des boëtes
detoilette,&c.
Ensuite M. de Reaumur
lut un mémoiresur la divisibilité
& l'extensibilité
de la matiere, qu'il demontra
dans les feüilles d'or
battu, dans le fil d'or, ou
plûtôt le fil d'argent dore,
& dans les filets des araignées.
Ce discours, quoyque
long, ne fut point du
tout ennuyeux, tant à cause
de la varieté des choses
curieuses dont il étoit rempli,
que par rapport à l'élegance
du style.Outreles
calculs de l'extensibilité de
l'or dans les feüilles & dans
l'or trait, il dit que le verre
pouvoit se tirer en un fil
assez fin pour se plier &
par consequent pour se travailler
;ce qui est aussi beau
& aussi curieux que la malleabilité
du verre que les
Chymistes cherchent avec
tant d'empressement. A
cette occasion je dirai ici
ce qui m'a été affuré par
un Chymiste qui étoit auprès
de moy, que cette
malleabilité du verre n'étoit
pas impossible;qu'elle
étoit decrite dans un livre
de Becher, intitulé
,
Physica
subterranea,où il decrivoit
la maniere de forger
le verre. Je donne cet avis
en passant, afin que les curieux
en puissent profiter.
Mais revenons au discours
de M. de Reaumur. Il donna
de plus l'anaromie des
parties de l'araignée qui
fervent à préparer la matiere
de ses fils & à les filer,
qui est d'autant plus curieuse
, que ces organes sont
fort petits, que personne
ne les avoit encore décrits,
&qu'on a naturellement
de l'horreur de travailler
sur unsi vilain animal.
MonsieurHomberg lut
ensuite un memoire sur la
facilité qu'ont les métaux
de se laisser penetrer par
certaines substances. Il en.
apporta beaucoup d'exemples;
comme la matière
magnétique qui pénétre
tous les corps, & même
les metaux au travers desquels
l'aiman attire le fer.
L'encre de sympathie faite
avec la chaux&l'orpiment,
qui laisseéchaper de petites
particules ,qui passeau
traversdesbois, des pierres
& des lames de metal,
pour aller colorer l'écriture
faiteavec l'impregnation
de saturne, autrement dite
vinaigre de plomb. 1: Les
émanations qui partent de
la pierre de Boulogne,&
qu'on apperçoit aisément a
l'odeur, qui penetrent de
même la plûpart des corps,
& apportent quelques petits
changemens aux metaux.
Il dit qu'ayant tenu
dans un tiroir une pierre
deBoulogne nouvellement
calcinée, avec une montre
à boëte d'argent,quelque
temps après il trouva la
boëte d'argent dorée par
cettevapeur, & toutes les
rouës de ladite boëte, qui
étoient de cuivre jaune,
argentées. Il ajoûtaqu'un
morceau de soufre mis sur
,
une plaque de fer rouge se
fondpromptement
, penetre
la plaque, fond les
parties dufer qu'il touche,
qu'il entraîne, & laisse un
trou à la plaque. Qu'un
morceau de sublimé corrosiffait
la même chose
sur l'argent, avec cette
difference que l'argent dissous
par le sublimé se rapproche
& laisse un trou à
la plaque, bordé tout autour
d'une éminence ou
bourlet d'argent.
Il donna ensuite la maniere
de faire un sel qui
passe au travers d'un fer
rouge, comme l'eau au travers
d'un drap,sans l'alterer.
Ce sel se fait ainsi.
Il prend une livre de
chaud vive ôc quatrelivres
de vinaigredistillé, Illaisse
»
digerer
digerer le tout ensemble
dans un matras pendant
deux jours, aprés quoy il
verse la liqueur par inclination
, & il la garde.
Ensuite il prend une partie
de soufre, deux parties
de salpêtre, & trois parties
de sel commun decrepité,
dont il fait un mélange
exact, qu'il jette par cüeillerée
dans un creu set rougi
entre les charbons ardens,
où il pousse le feu jusqu'à
ce que le tout soit fondu.
Il jette la matiere fonduë
dans une bassine où elle se
durcir bientôtenunemasse
saline. On prend une -pa-r..
tie de ce sel, on le fait rom
dre dans six parties de vinaigre
distillé ,preparé
comme nous avons dit cidessus.
On fait évaporer Ja
dissolutionjusques à pellicule,
& on la laisse cristalsiser
en un lieu frais. C'est
le sel dont il est question;
quiétant fondu dans une
cuilliere de fer ou autre
vaisseau de fer à grandfeu,
passe au travets des' pores
de la cuilliere, sans alterer
en aucunemaniere la subfiance
du metal. Sionlaisse
ce même sel dans la cuillierc
de fer dans un -
lieu
humide, il se fond peu à
peu, & coule au bout d'un
certain temps au travers du
même fer,quonapperçoit
moüillé au dehors à mesure
que la liqueur qui est au
dedans diminuë :mais cette
filtration se fait bien plus
lentement à froid qu'au
grand feu.
Il decrivit encore une
autreoperation, qui n'est
gueres moins curieuse que
la precedente.C'est une e spece
de bitume metallique
ou de cinabre, d'argent,
dont onmet un morceau
de lagrosseur d'un pois sur
une lame d'argent mediocrement
épaisse & placée
entre les charbons. Cette
matieremetalliquese fond
§>& passeau travers de la lame
,de même que l'eau au
traversdu papier gris. Elle
ne perce point la lame,
maiselle la laisse tachéedes
deux côtez d'une couleur
livide commeduplomb;
&cettecouleur n'occupe
pasfeulement les deux surfaces
exterieures : mais elle
penetre encore toute la substance
de l'argent, qu'on
prendroit pour du plomb,
sans qu'il soit pour cela ni
plus aigre ni plus cassant.
-
Cette experience donna
occasion au R. P. Gouyer,
qui presidoit à l'assemblée,
&quiresumoit en peu de
mots ce que chacun avoit
dit, de reprocher aux Chymisses
en la personnede
M. Homberg
,
qu'au lieu
des richesses qu'ils nous
promettent, il ne nous avoit
encore appris qu'à convertir
l'or en verre dans quelques
experiences des années
precedentes
,
& l'arglenet
en-plocmbida.ns cel- M. Imbert termina l'assemblée
par une observation
d'un homme qui a été
pendant quatre mois endormi
à la Charité des hommes.
Cet homme, qui étoit
garçon Charpentier, ayant
eu querelle avec un de ses
camarades, apprend peu
de temps après que son ennemi
vient de tomber du
haut d'un bâtiment & de 1
se tuer tout roide. Un mélange
de differentespassions
de joye, de surprise,
de frayeur, de compassion,
le rendent immobile, il
tombe par terre & y reste
comme endormi.On le
releve, on le tourmente è
rien ne le réveille. On le
porte à la Charité des hommes,
on le livre aux Medecins,
qui le font saigner,
vomir, purger, suer, ventouser,
&c. & le tout inutilement.
Il dort toûjours,
& dort d'un profond sommeil.
On lui fait prendre
cependant un peu de nourriture
, en luy passantle
doigtmoüillé de vin &de
boüillon sur le bord des levres,
il ouvre les levres ôc
la bouchepour laisser passer
la nourriture, sans se reveiller.
Il dort ainsi depuis
quatre. mois; à la verité
depuis, quelque temps le
sommeil estmoins profond,
ôc il commence à donner
quelques signes de sentiment
& de connoissance.
M. Imbert rapporta en meZ.
me temps une autre observationd'unhommeenHollande
lande qui avoit dormi pendant
plus d'un an. Il accompagna
ces observations de
beaucoup de belles - reflexions,&
d'explications physiques
d'effets si extraordinaires.
Le Mercredi 15. Novembre
l'Academie Royale des
Sciences reprit ses exercices
ordinaires, donc elle fie
l'ouverture par uneassemblée
publique, où Monsieur
de Fontenelles, Secretaire
de ladite Academie
,
fit avec son éloquence
ordinaire l'éloge de Monsieur
Blondin, éleve Botaniste,
quiétoit mort pendant
l'année. Aprés luy le
Sieur Martino Poli, Romain,
associé étranger de
l'Academie, &qui setrou,
voit pour lors à Paris, donna
une maniere de faire
une poudre qui imitoit par
sa couleur & son éclat les
plus belles perlesOrientales.
En voici le procedé.Il prend
égalés parties de bismuth
ou étain de glace,& de sublimé
cotrosif, pulverisez
chacun à part. Il les mêle
ensemble dans une cornuë
Je verre, puis les distille
comme les Chymistes ont
coutumededistiller le beurre
d'antimoine, Il en sort
en effet, avec dumercure
coulant, une liqueur saline
qui se fige en consistance
de beurre. Il prend ce beurre
,
qu'il distille de nouveau.
Il luy reste dans la
cornuë une poudre fort fine,
talqueuse ou composée
de plusieurs parcelles plattes,
argentine ou de couleur
de perle, que le feu ni
rien ne peut alterar. Il continuë
à distiller de nouveau
ce beurre, jusqu'à ce qu'il
ne laisse plus de poudre à
la fin de la distillation, &
la derniere poudre est plus
belle que la premiere.
Il rendit ensuite raison
de ce qui se passoit dans
cette operation, dont il expliqua
fort bien toutes les
cirçonstances.Il y joignit
quelques reflexions générales
, & il dit entr'autres,
que toutes, ou la plûpart
desvolatilisations,oudes fixations
- qu'on faisoit en
Chymien'étoient point de
veritables volatilisations &
fixations; que nonobstant
toutes les prétenduës fixations
du mercure, ce mineral
restoit toûjours volatil,
& que nonobstant toutes
les prétendues volatilisations
des métaux & du
sel de tartre, ils restoient
toûjours fixes. Il dit qu'il
ne pretendoit pas cependantqu'ells
fussent impossibles,
au contraire; ôc
qu'il donneroit quelque
jour un memoire touchant
la maniere d'en venir à
bout. Enfinil passa aux usages
de sa poudre, dont il
dit qu'on pouvoit faire de
fort belles perles; qu'on
pouvoit l'employer dans la
peinture ou avec le vernis,
pour peindre desévantails,
des tabatieres
,
des boëtes
detoilette,&c.
Ensuite M. de Reaumur
lut un mémoiresur la divisibilité
& l'extensibilité
de la matiere, qu'il demontra
dans les feüilles d'or
battu, dans le fil d'or, ou
plûtôt le fil d'argent dore,
& dans les filets des araignées.
Ce discours, quoyque
long, ne fut point du
tout ennuyeux, tant à cause
de la varieté des choses
curieuses dont il étoit rempli,
que par rapport à l'élegance
du style.Outreles
calculs de l'extensibilité de
l'or dans les feüilles & dans
l'or trait, il dit que le verre
pouvoit se tirer en un fil
assez fin pour se plier &
par consequent pour se travailler
;ce qui est aussi beau
& aussi curieux que la malleabilité
du verre que les
Chymistes cherchent avec
tant d'empressement. A
cette occasion je dirai ici
ce qui m'a été affuré par
un Chymiste qui étoit auprès
de moy, que cette
malleabilité du verre n'étoit
pas impossible;qu'elle
étoit decrite dans un livre
de Becher, intitulé
,
Physica
subterranea,où il decrivoit
la maniere de forger
le verre. Je donne cet avis
en passant, afin que les curieux
en puissent profiter.
Mais revenons au discours
de M. de Reaumur. Il donna
de plus l'anaromie des
parties de l'araignée qui
fervent à préparer la matiere
de ses fils & à les filer,
qui est d'autant plus curieuse
, que ces organes sont
fort petits, que personne
ne les avoit encore décrits,
&qu'on a naturellement
de l'horreur de travailler
sur unsi vilain animal.
MonsieurHomberg lut
ensuite un memoire sur la
facilité qu'ont les métaux
de se laisser penetrer par
certaines substances. Il en.
apporta beaucoup d'exemples;
comme la matière
magnétique qui pénétre
tous les corps, & même
les metaux au travers desquels
l'aiman attire le fer.
L'encre de sympathie faite
avec la chaux&l'orpiment,
qui laisseéchaper de petites
particules ,qui passeau
traversdesbois, des pierres
& des lames de metal,
pour aller colorer l'écriture
faiteavec l'impregnation
de saturne, autrement dite
vinaigre de plomb. 1: Les
émanations qui partent de
la pierre de Boulogne,&
qu'on apperçoit aisément a
l'odeur, qui penetrent de
même la plûpart des corps,
& apportent quelques petits
changemens aux metaux.
Il dit qu'ayant tenu
dans un tiroir une pierre
deBoulogne nouvellement
calcinée, avec une montre
à boëte d'argent,quelque
temps après il trouva la
boëte d'argent dorée par
cettevapeur, & toutes les
rouës de ladite boëte, qui
étoient de cuivre jaune,
argentées. Il ajoûtaqu'un
morceau de soufre mis sur
,
une plaque de fer rouge se
fondpromptement
, penetre
la plaque, fond les
parties dufer qu'il touche,
qu'il entraîne, & laisse un
trou à la plaque. Qu'un
morceau de sublimé corrosiffait
la même chose
sur l'argent, avec cette
difference que l'argent dissous
par le sublimé se rapproche
& laisse un trou à
la plaque, bordé tout autour
d'une éminence ou
bourlet d'argent.
Il donna ensuite la maniere
de faire un sel qui
passe au travers d'un fer
rouge, comme l'eau au travers
d'un drap,sans l'alterer.
Ce sel se fait ainsi.
Il prend une livre de
chaud vive ôc quatrelivres
de vinaigredistillé, Illaisse
»
digerer
digerer le tout ensemble
dans un matras pendant
deux jours, aprés quoy il
verse la liqueur par inclination
, & il la garde.
Ensuite il prend une partie
de soufre, deux parties
de salpêtre, & trois parties
de sel commun decrepité,
dont il fait un mélange
exact, qu'il jette par cüeillerée
dans un creu set rougi
entre les charbons ardens,
où il pousse le feu jusqu'à
ce que le tout soit fondu.
Il jette la matiere fonduë
dans une bassine où elle se
durcir bientôtenunemasse
saline. On prend une -pa-r..
tie de ce sel, on le fait rom
dre dans six parties de vinaigre
distillé ,preparé
comme nous avons dit cidessus.
On fait évaporer Ja
dissolutionjusques à pellicule,
& on la laisse cristalsiser
en un lieu frais. C'est
le sel dont il est question;
quiétant fondu dans une
cuilliere de fer ou autre
vaisseau de fer à grandfeu,
passe au travets des' pores
de la cuilliere, sans alterer
en aucunemaniere la subfiance
du metal. Sionlaisse
ce même sel dans la cuillierc
de fer dans un -
lieu
humide, il se fond peu à
peu, & coule au bout d'un
certain temps au travers du
même fer,quonapperçoit
moüillé au dehors à mesure
que la liqueur qui est au
dedans diminuë :mais cette
filtration se fait bien plus
lentement à froid qu'au
grand feu.
Il decrivit encore une
autreoperation, qui n'est
gueres moins curieuse que
la precedente.C'est une e spece
de bitume metallique
ou de cinabre, d'argent,
dont onmet un morceau
de lagrosseur d'un pois sur
une lame d'argent mediocrement
épaisse & placée
entre les charbons. Cette
matieremetalliquese fond
§>& passeau travers de la lame
,de même que l'eau au
traversdu papier gris. Elle
ne perce point la lame,
maiselle la laisse tachéedes
deux côtez d'une couleur
livide commeduplomb;
&cettecouleur n'occupe
pasfeulement les deux surfaces
exterieures : mais elle
penetre encore toute la substance
de l'argent, qu'on
prendroit pour du plomb,
sans qu'il soit pour cela ni
plus aigre ni plus cassant.
-
Cette experience donna
occasion au R. P. Gouyer,
qui presidoit à l'assemblée,
&quiresumoit en peu de
mots ce que chacun avoit
dit, de reprocher aux Chymisses
en la personnede
M. Homberg
,
qu'au lieu
des richesses qu'ils nous
promettent, il ne nous avoit
encore appris qu'à convertir
l'or en verre dans quelques
experiences des années
precedentes
,
& l'arglenet
en-plocmbida.ns cel- M. Imbert termina l'assemblée
par une observation
d'un homme qui a été
pendant quatre mois endormi
à la Charité des hommes.
Cet homme, qui étoit
garçon Charpentier, ayant
eu querelle avec un de ses
camarades, apprend peu
de temps après que son ennemi
vient de tomber du
haut d'un bâtiment & de 1
se tuer tout roide. Un mélange
de differentespassions
de joye, de surprise,
de frayeur, de compassion,
le rendent immobile, il
tombe par terre & y reste
comme endormi.On le
releve, on le tourmente è
rien ne le réveille. On le
porte à la Charité des hommes,
on le livre aux Medecins,
qui le font saigner,
vomir, purger, suer, ventouser,
&c. & le tout inutilement.
Il dort toûjours,
& dort d'un profond sommeil.
On lui fait prendre
cependant un peu de nourriture
, en luy passantle
doigtmoüillé de vin &de
boüillon sur le bord des levres,
il ouvre les levres ôc
la bouchepour laisser passer
la nourriture, sans se reveiller.
Il dort ainsi depuis
quatre. mois; à la verité
depuis, quelque temps le
sommeil estmoins profond,
ôc il commence à donner
quelques signes de sentiment
& de connoissance.
M. Imbert rapporta en meZ.
me temps une autre observationd'unhommeenHollande
lande qui avoit dormi pendant
plus d'un an. Il accompagna
ces observations de
beaucoup de belles - reflexions,&
d'explications physiques
d'effets si extraordinaires.
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Résumé : Rentrée de l'Academie.
Le 15 novembre, l'Académie Royale des Sciences reprit ses activités avec une assemblée publique. Monsieur de Fontenelle, secrétaire de l'Académie, rendit hommage à Monsieur Blondin, un botaniste récemment décédé. Ensuite, le Sieur Martino Poli, associé étranger, présenta une méthode pour créer une poudre imitant les perles orientales. Il utilisa du bismuth ou de l'étain de glace et du sublimé corrosif, distillés pour obtenir une poudre fine et résistante au feu. Poli discuta des volatilisations et fixations en chimie, affirmant que beaucoup de ces processus ne sont pas véritables et promettant un mémoire sur le sujet. Il mentionna les usages de sa poudre, notamment pour créer des perles et dans la peinture. Monsieur de Reaumur lut ensuite un mémoire sur la divisibilité et l'extensibilité de la matière, illustré par des exemples comme les feuilles d'or battu et les fils d'araignée. Il mentionna également la possibilité de tirer le verre en un fil fin et flexible, et décrivit l'anatomie des organes des araignées produisant leurs fils. Monsieur Homberg présenta un mémoire sur la pénétration des métaux par certaines substances, comme la matière magnétique, l'encre de sympathie, et les émanations de la pierre de Boulogne. Il décrivit plusieurs expériences, dont une où un sel passe à travers une cuillère de fer sans l'altérer. L'assemblée se conclut par des observations médicales rapportées par M. Imbert. La première concernait un charpentier resté endormi pendant quatre mois après un choc émotionnel. La seconde portait sur un homme en Hollande ayant dormi plus d'un an. M. Imbert accompagna ces observations de réflexions et d'explications physiques.
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2886
p. 121-124
Description abregée de la fameuse Balme appellée Glaciere de Besançon.
Début :
Au milieu d'un bois appartenant au Prince de Montbeliard [...]
Mots clefs :
Glacière, Besançon, Montbéliard, Caverne
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texteReconnaissance textuelle : Description abregée de la fameuse Balme appellée Glaciere de Besançon.
Description abregée de la fameuse
Balme appellée Glaciere
de Besançon.
Au milieud'un bois appartenant
au Prince de
Montbeliard
,
situé à quatre
lieuës de Besançon
,
est
un petit tertre couvert de
boistrés-touffu ,au dessous
duquel estla caverne, autrement
la glaciere.
L'ouverture exterieure
està peuprés ronde, &
peut avoir environ soixante
pieds de circuit &dix-huit
pieds de largeur. On descend;
de cette ouverture
parune descente profonde
de deux cent pieds ou environ,
terminée en bas par
uneautre, ouverture comme
cintrée d'environ trente
pieds en tous sens, qui
donne entrée à unsalon
presque quarré d'environ
trente pieds de hauteur sur
autant de largeur; dela
voûte duquel salon tombent
des gouttes d'eau qui
forment en esté differentes
pyramides de glace,
chacune de huit à dix pieds
de circonference
,
& de
douze pieds de hauteur,
& quelquefois plus.
Le plancher du salon
est aussi couvert de glace,
quoy qu'il yait quelques
petites sources d'eau qui
coulent continuellement,
&qui Ce perdent en dedans
au dessous de la glace.
*
En hyver il n'y a point
de glace: mais il regne
dans tout le salon & dans
toute ladescenteune épaisse
vapeur continuelle
Balme appellée Glaciere
de Besançon.
Au milieud'un bois appartenant
au Prince de
Montbeliard
,
situé à quatre
lieuës de Besançon
,
est
un petit tertre couvert de
boistrés-touffu ,au dessous
duquel estla caverne, autrement
la glaciere.
L'ouverture exterieure
està peuprés ronde, &
peut avoir environ soixante
pieds de circuit &dix-huit
pieds de largeur. On descend;
de cette ouverture
parune descente profonde
de deux cent pieds ou environ,
terminée en bas par
uneautre, ouverture comme
cintrée d'environ trente
pieds en tous sens, qui
donne entrée à unsalon
presque quarré d'environ
trente pieds de hauteur sur
autant de largeur; dela
voûte duquel salon tombent
des gouttes d'eau qui
forment en esté differentes
pyramides de glace,
chacune de huit à dix pieds
de circonference
,
& de
douze pieds de hauteur,
& quelquefois plus.
Le plancher du salon
est aussi couvert de glace,
quoy qu'il yait quelques
petites sources d'eau qui
coulent continuellement,
&qui Ce perdent en dedans
au dessous de la glace.
*
En hyver il n'y a point
de glace: mais il regne
dans tout le salon & dans
toute ladescenteune épaisse
vapeur continuelle
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Résumé : Description abregée de la fameuse Balme appellée Glaciere de Besançon.
La Balme, connue aussi sous le nom de la Glacière, est située dans un bois appartenant au Prince de Montbéliard, à environ quatre lieues de Besançon. Elle se trouve sous un tertre boisé. L'entrée extérieure de la caverne est presque ronde, mesurant environ soixante pieds de circonférence et dix-huit pieds de largeur. Une descente de deux cents pieds mène à une autre ouverture cintrée d'environ trente pieds de diamètre, ouvrant sur un salon presque carré de trente pieds de hauteur et de largeur. En été, des gouttes d'eau tombent de la voûte, formant des pyramides de glace de huit à dix pieds de circonférence et douze pieds de hauteur. Le sol du salon est recouvert de glace malgré la présence de petites sources d'eau. En hiver, la glace disparaît, laissant place à une épaisse vapeur continue dans tout le salon et la descente.
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2887
p. 144
ANNONCE.
Début :
On va renouveller le Mercure au jour de l'an, & [...]
Mots clefs :
Renouveler, Exactitude
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ANNONCE.
ANNONCE.
On va renouveller
le Mercure au jour de
l'an, & l'on commencera
par y mettre toute
l'exactitude dont serontcapables
des personnes
qui n'auront que
cette occupation
,
à laquelle
je n'ai pas pû
me donner depuis longtemps.
On va renouveller
le Mercure au jour de
l'an, & l'on commencera
par y mettre toute
l'exactitude dont serontcapables
des personnes
qui n'auront que
cette occupation
,
à laquelle
je n'ai pas pû
me donner depuis longtemps.
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2888
p. 160-163
Extrait d'une Lettre de Fribourg du 7. Novembre.
Début :
Nous sommes maistres du Chasteau & des trois Forts de [...]
Mots clefs :
Forts, Artillerie, Munitions, Conquête
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait d'une Lettre de Fribourg du 7. Novembre.
Extrait d'une Lettre de Fri-
-
bourg du 7.Novembre..
Nous sommes maistres
du Chasteau & des trois
Forts de Fribourg
, parmi
lesquels ca celuy de faine
Pierre comme imprenable.
On
On a trouve dans tous ces
Forts une quantité prodigieuse
d'artillerie& de munitions
de guerre &devivres
pour six semaines.
Cette conqueste très-imhpoomrtmanetse
qui n'a coudéni
ni dépenses ; est
deuë à la fermeté duMarcfchal
de Villars
, qui
ayant mis dans son Armée
beaucoup de fourages
, a
tousjours menacéla Garnsson
destre Prisonniere
de Guerre
,
& de mettre - derriere les Batteries les
Prisonniers ennemis;cette
crainte les a obligez à nous
laisser travailler sans tirer.
On ne pouvoir faire nos
Batteries dans la Ville sans
beaucoup pendre de mon- de L~!ViHcëe les Ports
estoientdeffenduspardix-
Gorfipiignksri*,ideta^e
béet*
Op assure que les Enno..
mis ontperdu6000 faoïrw
mes tant-t~ ~ç\ixtaffca :]
€pâ«deiferttfftrstr?z'mopion
Lai Oarinifoctîsést formis
avecarmes &bagagés,.&
se ffêtfPrtf-rîtïRffaWrinTkb;
drevV<iltartn®ihi5î1 ! : vj
cordéau Gouverneur, qui
n'a pû obtenir la liberté de
la Garnison de Landau,&
encore moins décharger
Fribourg
, quatre Pieces de
Canon & deux Mortiers
-
bourg du 7.Novembre..
Nous sommes maistres
du Chasteau & des trois
Forts de Fribourg
, parmi
lesquels ca celuy de faine
Pierre comme imprenable.
On
On a trouve dans tous ces
Forts une quantité prodigieuse
d'artillerie& de munitions
de guerre &devivres
pour six semaines.
Cette conqueste très-imhpoomrtmanetse
qui n'a coudéni
ni dépenses ; est
deuë à la fermeté duMarcfchal
de Villars
, qui
ayant mis dans son Armée
beaucoup de fourages
, a
tousjours menacéla Garnsson
destre Prisonniere
de Guerre
,
& de mettre - derriere les Batteries les
Prisonniers ennemis;cette
crainte les a obligez à nous
laisser travailler sans tirer.
On ne pouvoir faire nos
Batteries dans la Ville sans
beaucoup pendre de mon- de L~!ViHcëe les Ports
estoientdeffenduspardix-
Gorfipiignksri*,ideta^e
béet*
Op assure que les Enno..
mis ontperdu6000 faoïrw
mes tant-t~ ~ç\ixtaffca :]
€pâ«deiferttfftrstr?z'mopion
Lai Oarinifoctîsést formis
avecarmes &bagagés,.&
se ffêtfPrtf-rîtïRffaWrinTkb;
drevV<iltartn®ihi5î1 ! : vj
cordéau Gouverneur, qui
n'a pû obtenir la liberté de
la Garnison de Landau,&
encore moins décharger
Fribourg
, quatre Pieces de
Canon & deux Mortiers
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Résumé : Extrait d'une Lettre de Fribourg du 7. Novembre.
Le 7 novembre, les auteurs d'une lettre rapportent la prise du château et des trois forts de Fribourg, incluant le fort de la Pierre, considéré comme imprenable. Ces forts abritaient une grande quantité d'artillerie, de munitions et de vivres suffisants pour six semaines. Cette victoire, obtenue sans coût ni dépense, est attribuée à la fermeté du maréchal de Villars. Ce dernier avait menacé la garnison de devenir prisonnière de guerre et d'utiliser les prisonniers ennemis comme boucliers humains derrière les batteries, ce qui a dissuadé les défenseurs de tirer. La prise des forts a révélé que les ennemis avaient perdu environ 6 000 hommes, tués ou blessés. Les troupes ennemies se sont retirées avec leurs armes et bagages. Le gouverneur n'a pas pu obtenir la liberté de la garnison de Landau ni décharger Fribourg de quatre pièces de canon et deux mortiers.
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2889
p. 163-166
Observations sur les changemens du Barometre par rapport au temps, tirées des Memoires de M** Par M. Parent.
Début :
Quelques exactes Observateurs ayant bien voulu me communiquer leurs Memoires [...]
Mots clefs :
Baromètre, Observations, Températures, Pluie, Brouillard
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Observations sur les changemens du Barometre par rapport au temps, tirées des Memoires de M** Par M. Parent.
Observations sur les change..
ments du Barometre par rapport
au temps, tirées des
Memoires de M* *
Par M. Parent.
Quelques exactes Observateurs
ayant bien voulu
me communiquer leursMemoires
touchant les temperatures,
j'ay pris 148. ob.-
fervations faites sur le Barometre
dans les lunaisonsdes
années 1696.1697. &
1698. dont fay fait une
somme , que j'ay divisée
par 148. pour avoir une
hauteur moyenne de Barometre
qui s'est trouvée de
27. poulces 6. lignes36 ou
de 27. poulces 7. lignes.
J'ay ensuite pris les obfervations
marquées,
( pluye,neige,broüillard,
humide, couvert, trouble,)
ôc j'en ay trouvé. 3. audeffous
de la moyenne, & 51»
audessus.Ayant pris encare
les observations marquées,
( pluye, brouillard,
neige, ) feulement j'en ay
trouvé 18. au dessous,&13.
au dessus. Ayant continué
de prendre les observations
marcluces,pluye neige, )
seulement,j'en ay trouve
15. au dessous &7. au desfus.
Et ay ant pris feulement
les observations marquées,
( pluye ) feulement, j'en ay
trouvé 12.. au dessous, &
6. au dessus.
J'ay pris aussi les observations
marquées, (beau,
~rain, j'en, ay trouvéLau
dessous; de U hauteur
moyenne 7. seulement, &
Ljf, audeflbs.f„ce>qui suffit:
pourconvaincre que le Barometre
est bas dans le
temps humide,& haut
dans Iç[epain..,;0';,,; Quoyquon » ait. parlé dans
le MçreuFe precedent des
Abbayes que le Roy a donné
laveillede laToussaints;
cpii>iT)c on estoit fuir la fin
dçriqmprçiTion
, on n'a pu
donner au Public les remarques
qu'on a coustume
defaire.
ments du Barometre par rapport
au temps, tirées des
Memoires de M* *
Par M. Parent.
Quelques exactes Observateurs
ayant bien voulu
me communiquer leursMemoires
touchant les temperatures,
j'ay pris 148. ob.-
fervations faites sur le Barometre
dans les lunaisonsdes
années 1696.1697. &
1698. dont fay fait une
somme , que j'ay divisée
par 148. pour avoir une
hauteur moyenne de Barometre
qui s'est trouvée de
27. poulces 6. lignes36 ou
de 27. poulces 7. lignes.
J'ay ensuite pris les obfervations
marquées,
( pluye,neige,broüillard,
humide, couvert, trouble,)
ôc j'en ay trouvé. 3. audeffous
de la moyenne, & 51»
audessus.Ayant pris encare
les observations marquées,
( pluye, brouillard,
neige, ) feulement j'en ay
trouvé 18. au dessous,&13.
au dessus. Ayant continué
de prendre les observations
marcluces,pluye neige, )
seulement,j'en ay trouve
15. au dessous &7. au desfus.
Et ay ant pris feulement
les observations marquées,
( pluye ) feulement, j'en ay
trouvé 12.. au dessous, &
6. au dessus.
J'ay pris aussi les observations
marquées, (beau,
~rain, j'en, ay trouvéLau
dessous; de U hauteur
moyenne 7. seulement, &
Ljf, audeflbs.f„ce>qui suffit:
pourconvaincre que le Barometre
est bas dans le
temps humide,& haut
dans Iç[epain..,;0';,,; Quoyquon » ait. parlé dans
le MçreuFe precedent des
Abbayes que le Roy a donné
laveillede laToussaints;
cpii>iT)c on estoit fuir la fin
dçriqmprçiTion
, on n'a pu
donner au Public les remarques
qu'on a coustume
defaire.
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Résumé : Observations sur les changemens du Barometre par rapport au temps, tirées des Memoires de M** Par M. Parent.
Le texte 'Observations sur les changements du Baromètre par rapport au temps, tirées des Mémoires de M*' par M. Parent analyse les observations météorologiques réalisées entre 1696 et 1698. M. Parent a compilé 148 observations du baromètre, avec une hauteur moyenne de 27 pouces 6 lignes 36 ou 27 pouces 7 lignes. Il a classé ces observations selon les conditions météorologiques telles que la pluie, la neige, le brouillard, l'humidité, le ciel couvert ou trouble. Il a noté que 3 observations étaient en dessous de la moyenne et 51 au-dessus. Pour des conditions spécifiques comme la pluie, le brouillard et la neige, il a trouvé 18 observations en dessous et 13 au-dessus de la moyenne. Pour la pluie et la neige seules, il a trouvé 15 observations en dessous et 7 au-dessus. Pour la pluie seule, il a trouvé 12 observations en dessous et 6 au-dessus. Ces données montrent que le baromètre est généralement bas dans les temps humides et haut dans les temps beaux. Le texte mentionne également des abbayes données par le roi la veille de la Toussaint, mais précise que les remarques habituelles n'ont pas pu être publiées en raison de la fin de l'impression.
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2890
p. 167-172
Dons du Roy.
Début :
Le Roy a donné l'Abbaye de S. André de Vienne [...]
Mots clefs :
Abbaye, Dons, Fondateur , Ordre religieux , Diocèse
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Dons du Roy.
DonsduRoy.
Le Roy à donne l'Abbayc:,
c deSAndré de Vienriçy
OrdredeCisteaux
£>#>çefe de Vienne
,
vitedeViennej&àuflt'Ea--
gansde
; lyta, L'Abbaye de Préaux,
Qr&*$do S. Benoist, Dio.
cefe^feLifceux^àU-£>amc
de;Mor^tba?Qn.\! , Cette Abbaye fut fondtc
par la femme de Onfcojcde
YiciUes,, Baronde
fê"ea«*,Seigoejjrde Pontau
de mer, Comte deMeu--
lan & de Beaumone-le-Rager,
fous le
-
titre de S. Leger.
Leur Eglise est assez
grande
,
& a son Autel ifole,
beau, & fort dégagéy
six colomnes de marbre y
portent une demie' Couronne
Imperiale, dontles
branches ouvertes font dorées
& accompagnées de
plusieurs ouvragesde Sculpture.
L'Abbessepresente
aux trois portions de la Cure
de S. Michel de Preaux
J
& ces trois Curer font les
fondionsCurialesj par semainc
maine alternative.
Preaux est le nom de
deux Paroisses & de deux
Abbayes;l'une de Benedictins
& l'autre de Benedictines
situées dans leDiocese
de Lisieux à une grande
lieuë dePonteau de-mer
dans un vallon. L'Abbaye
de S. Pierre de Preaux est
poflfedée par les Bénédictins
de la Congregation de
S. Maur, & fut bastie vers
l'an 1055. Elle reconnoic
pourfondateur Onfroy de
Vieilles,Baron de Preaux
Comte de Meulan.&c.
L'Abbaye de Monrolieú;
Ordrede S Benoît Diocefev
de Carcassonne-y à
l'Abbe du Lordac. * iA
L'Abbaye de Thouars,
Ordre de S Augustin, Diocefe
de Poitiers
,
àI l'Abb6
Gould. .jS:j /i. n
Thouars est unedes prini
cipales villes du Poitou;e lle
est situéeà six lieues de
Saumur sur une colline aux
bord de la rivière de la
Touë. Cette villeest une.
ancienneVicomte7 que possedoit
la familledesSeigneurs
de Thouars, confia
derable dés le temps du
Roy Raoul. Elle a passé
par mariage de filles dans
la Maison d'Amboise
, &:
Marguerited'Amboise fille,
unique de Loiiisd'Amboise
Vicomte de Thouars, la
porta en dot à Louis de la
Tremoille. Ce fut en faveur
de cette derniere Maison
que Charles IX.érigea
la Vicomté de Thouars en
Duché l'an 1563. & Henry
IV. en Pairie l'an 1595. Dixsège
cens Vassaux relevent
de cette Terre, dont laJurisdiction
s'estend jusques
aux confins de la Bretagne.
,' L'Abbaye de Bonlieu
Ordre de , Cisteaux, à la
Dame de Saillans. Il y a
quatre Abbayes de filles du
nom de Bonlieu, toutes de
l'Ordre de Cifteaux,mais
de differens Dioceses.
L'Abbaye de S. Honoré
de Tararcon,à la Dame de
Breflku.
Le Roy à donne l'Abbayc:,
c deSAndré de Vienriçy
OrdredeCisteaux
£>#>çefe de Vienne
,
vitedeViennej&àuflt'Ea--
gansde
; lyta, L'Abbaye de Préaux,
Qr&*$do S. Benoist, Dio.
cefe^feLifceux^àU-£>amc
de;Mor^tba?Qn.\! , Cette Abbaye fut fondtc
par la femme de Onfcojcde
YiciUes,, Baronde
fê"ea«*,Seigoejjrde Pontau
de mer, Comte deMeu--
lan & de Beaumone-le-Rager,
fous le
-
titre de S. Leger.
Leur Eglise est assez
grande
,
& a son Autel ifole,
beau, & fort dégagéy
six colomnes de marbre y
portent une demie' Couronne
Imperiale, dontles
branches ouvertes font dorées
& accompagnées de
plusieurs ouvragesde Sculpture.
L'Abbessepresente
aux trois portions de la Cure
de S. Michel de Preaux
J
& ces trois Curer font les
fondionsCurialesj par semainc
maine alternative.
Preaux est le nom de
deux Paroisses & de deux
Abbayes;l'une de Benedictins
& l'autre de Benedictines
situées dans leDiocese
de Lisieux à une grande
lieuë dePonteau de-mer
dans un vallon. L'Abbaye
de S. Pierre de Preaux est
poflfedée par les Bénédictins
de la Congregation de
S. Maur, & fut bastie vers
l'an 1055. Elle reconnoic
pourfondateur Onfroy de
Vieilles,Baron de Preaux
Comte de Meulan.&c.
L'Abbaye de Monrolieú;
Ordrede S Benoît Diocefev
de Carcassonne-y à
l'Abbe du Lordac. * iA
L'Abbaye de Thouars,
Ordre de S Augustin, Diocefe
de Poitiers
,
àI l'Abb6
Gould. .jS:j /i. n
Thouars est unedes prini
cipales villes du Poitou;e lle
est situéeà six lieues de
Saumur sur une colline aux
bord de la rivière de la
Touë. Cette villeest une.
ancienneVicomte7 que possedoit
la familledesSeigneurs
de Thouars, confia
derable dés le temps du
Roy Raoul. Elle a passé
par mariage de filles dans
la Maison d'Amboise
, &:
Marguerited'Amboise fille,
unique de Loiiisd'Amboise
Vicomte de Thouars, la
porta en dot à Louis de la
Tremoille. Ce fut en faveur
de cette derniere Maison
que Charles IX.érigea
la Vicomté de Thouars en
Duché l'an 1563. & Henry
IV. en Pairie l'an 1595. Dixsège
cens Vassaux relevent
de cette Terre, dont laJurisdiction
s'estend jusques
aux confins de la Bretagne.
,' L'Abbaye de Bonlieu
Ordre de , Cisteaux, à la
Dame de Saillans. Il y a
quatre Abbayes de filles du
nom de Bonlieu, toutes de
l'Ordre de Cifteaux,mais
de differens Dioceses.
L'Abbaye de S. Honoré
de Tararcon,à la Dame de
Breflku.
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Résumé : Dons du Roy.
Le texte évoque plusieurs abbayes et leurs relations avec des figures historiques et des territoires. Le roi a offert l'abbaye de Saint-André de Vienriçy, de l'ordre de Cîteaux, au chef de Vienne. L'abbaye de Préaux, dédiée à Saint Benoist, a été fondée par la femme d'Onfroy de Vieilles, Baron de Préaux et Comte de Meulan et de Beaumont-le-Roger, sous le titre de Saint Léger. Son église se distingue par un autel isolé et des colonnes de marbre supportant une demi-couronne impériale. L'abbesse de Préaux présente des portions de la cure de Saint-Michel de Préaux, où les curés assurent les fonctions curiales par semaine alternative. Préaux désigne deux paroisses et deux abbayes bénédictines, l'une fondée vers 1055 par Onfroy de Vieilles. Le texte mentionne aussi l'abbaye de Monrolieu, de l'ordre de Saint Benoît, dans le diocèse de Carcassonne, et l'abbaye de Thouars, de l'ordre de Saint Augustin, dans le diocèse de Poitiers. Thouars, ville du Poitou, a une histoire liée aux familles nobles des Amboise et des La Tremoille. La vicomté de Thouars a été érigée en duché en 1563 par Charles IX et en pairie en 1595 par Henri IV. L'abbaye de Bonlieu, de l'ordre de Cîteaux, existe en quatre versions dans différents diocèses. Enfin, l'abbaye de Saint Honoré de Tararcon est associée à la Dame de Breflku.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2891
p. 207-240
HISTORIETTE.
Début :
L'Amour n'est point à couvert de la destinée, & [...]
Mots clefs :
Amour, Inconstance, Destinée , Attachement , Beauté, Esprit, Gentilhomme, Affaires, Passion, Ambition, Mariage, Rivalité, Trahison, Séduction, Jalousie, Chagrin, Vengeance, Fidélité
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texteReconnaissance textuelle : HISTORIETTE.
HISTORIETTE.
L'Amour nJielt point à
couvert de la destinée
, &
les changemens qui arrivent
tous les jours dans
les liaisons les mieux establies
sont assez connoistre
que les mouvements de
nostre coeur ne font pas fixez
par le premier choix
que nous faisons. Un certain
je ne sçay quoy qui
nousentraisne en dépitde
nous, nous determine à
estre inconstans;& quand
mille exem ples ne serviroient
pas à justifier ce que
je dis,l'avanture donrje vais
vous faire part en seroit la
preuve. Une Demoiselle
fort bien faite,estimable
par sa beauté, & plus encorepar
son esprit qu'elle
avoir vif&très penetrant,
estantvenuë depuis peu de
-
mois prendre soin de quelques
affaires dans une petite
Ville peu esloignée de
Paris, y fut connuë en fort
peu
peu de tems de tout ce
qu'elle y trouva de personnes
denaissance. Son pere
& sa mere qui estoient de
qualité, mais qui avoient
peu de biens, luy connoisfant
du talent pour venir à
bouc de mille chicannes
qui leur estoient faites,&
par lesquelles on taschoit
de renverser leurs précentions
,quoyquejustement
fondées
,
s'estoient reposez
sur elle de la conservation
de leursinterests,&
elles'appliquoitàles mainteniravec
tant d'exactitude
& de conduite, qu'elle
eut bientost demesté les
difficultez quiempefchoient
qu'on ne luy rendit
justice. Son habileté fie
bruit, & tout le monde
marquant de rempressement
pour la servis auprés
de ses Juges, un Gentilhomme
, maistre de son
bien, & des plus riches de
tout le Pays, n'épargna ni
son crédit,ni ses soins pour
luy faire voir combien il
prenoit de part à ses avantages.
Angelique receut
agréablement le secours
i
qu'illuy donnaj&comme
dans le besoin qu'elle avoic
de luy les visites assidues
luy estoient permises
,
insensiblement
le Cavalier
prit pour elle un attachement
plus fort qu'il ne l'avoit
cru. Il connut bien
que ce qu'on luy Jonneroiç
en la mariant n'approcheroit
pas
'*
de ce qu'il pouvoit
prérendre; mais l'amour
commençant à l'cc.
bloüir,il considera que les
grands biens qu'il avoit lui
attireroient beaucoup d'affaires,
& dans cette veuë,
il crut qu'illuy feroit plus
avantageux d'avoir une
femme qui y mettroit ordre
, que d'épouserunefille
qui luy apportant une
dote considerable
, ne se
mefleroit de rien, & n'auroit
l'esprit porté qu'àfaire
de la dépense.Labellequi
s'apperceut de la conquête
que son merite luy avoir
fait faire , la menagea si
adroitement, que le Cavalier
fut enfin contraint de
luydeclarer sapassion On
ne doute point qu'il ne fut
écouté avec plaisir. Elle lui
marqua une estimepleine
de reconnoissance ; & en
l'assurant que ses parens ne
luy seroient point contraires,
elle eut pour luy des
égards d'honnesteté & de
complaisance qui luy firent
connoistre qu'il estoitaimé.
Commeelle avoit de
l'ambition,elle voulut s'asfurer
un rang, & se servir
du pouvoir que sa passion
luy donnoit sur son esprit,
pour luy marquer qu'il y alloit
de sa gloire de pren dre
une Charge avant que de
l'épouser. Le Cavalier avoit
ce dessein depuis quelque
temps, & ainsi en luy promettant
de la satisfaire,il
ne faisoitquece qu'il avoic
desja resolu. Les affaires
d'Angelique s'estantterminées
de la maniere la plus
avantageuse qu'elleeût pû
le souhaiter
,
elle retourna
à Paris, où son Amant la
suivit deux jours après. Son
pere & sa mere qu'elle avoit
instruit de l'estas des
choses, luy firent un accuëil
tres-obligeant, & pour estre
moins en peril de le
laisser échapper, ils luy offrirent
un Appartement
chez eux. L'offre estoit trop
favorable à l'amour duCavalier
pour n'estre pas accepté.
Il logea chez le perc
de laBelle;& ne songeant
qu'à avancer ses affaires, il
prit son avis sur la Charge
qu'il vouloit achepter.Tandis
qu'ontravailloit à lever
des difficultez assez legercs
qui empeschoient de conclurre
le marché de cette
Charge, l'amour fit paroitre
sa bizarrerie par les sentimens
qu'il inspira au Cavalier
pour une soeur d'Angelique.
Cette cadetteavoit
dans les yeux un fort grand
deffaut, dont beaucou p de
gensne se seroient pas accommodez
; & ce deffaut,
tout grand qu'ilestoit
,
ne
pur dérourner le Cavalier
du dessein qu'il prit de ne
vivre que pour elle. Il est
vray ,
qu'excepté ce deffaut,
il n'y avoit rien de
plus aimable.Elle avoit un
tein qui ébloüissoit
,
d*$
traits reguliers dans tout
son visaoge,•des mains & desbras d'une beauté (ans
, pareiflle,uinentailleeaisée;&
fine; & ce quiengageoit
encoreplus,elle estoitdu
ne humeur si douce & G.
agreable queparcetteseulequalité
elleestoit digne
duplus fort amour. Plus
leCavalierla vit,plusil la
trouvacharmante.Illuy
contoit cent folies,& l'enjouëment
avec lequel elle
y répondoit, estoit tout plein de
4
feu ,&. d'esprit.
Riennedevenoit suspect
dans leurs conversations,
parce qu'elles se faisoient
sans àQCun. mystere
,
&:
que l'occasion qu'ils avoient
de se parler àtoute
heure les rendant fortfamiliers,
ne laissoitrienvoir
iqlui fûtrecherche.Eneffet/'
n'yavoit que des sentimens
d'honnestetéducôté
decetteaimable cadette,
qui ne doutant point que
leCavalier .n'épousait..sa:;
soeur,estoitincapable d'aller
pour luyplus loin que
l'estime. Il n'enestoit pasi
ainsi du Cavalier. Le pen^*
chantqui l'entraisnoitvers
Julie,c'estoit ainsiqu'on
nommoitlacadette, eut
tant deforcequ'aprés lui
avoit dit plusieursfois en
badinantqu'ilestoitcharmé
desesmanieras,ils'expliqua
enfin serieusement
sur l'ardent amour • qu'elle
layavoitdonné. Julietournantlachose
en plaisanterie,
luyditqu'il perdoit
l'esprit;toutes lesdeclarations
qu'illuyfit ensuite
luy attirant la mesmeréponse,
illuydemanda un
jour quel désegrément Ôir
dans
son
hitmëtïr[du dans
sa personneluy faisoit
croire qu'ilnemeritoitque
ses mépris. Julie, qaecc
reprochefurprir*seAÇEUS
obligée deluy répondre
d'un ton un peu serieuxi,
qu'il se faisoit tort auiff^-
bien qu'à elle quand il
l'accusoit de le me'priser,
,& que s'il lui eût marqué
del'estime avant quede
s'engager avec si^foeur/
peut-estrene lui eust-ellc.
pas donnésujet de seplain-
-ài-é.^u peu dereconnoiC*.
sancequ'elleauroiteu de
: ses sentimens; maisqu'en fl'eftâcoù estoient les choqu'avec
lesïrcferves-qu'il
trouvoit injustes. Cette réponse
animala passion ; Ce
fut assez qu'il crustt nedéplaire
pas pour l'engager
à aimeravecplus de vio-
~îehée;îl abandonna, son
coeur à tout son penchant,
& ne songea plus qu'à persuader
Julie de sonveritable
attachement. Comme
elle estoitsage, ellevoulut
leguérir en lui donnant
moins d'occasionsdel'entretenierdesonamour;
;rnâi$*plus elle avoit soin
de les éviter, plus illes re-
,
cherchoit.Cetempressement
fut remarquée .& il
:,fettahitbientoft& par
soninquiétude ,; lorsque
fpour le fuïr cette cadette- senfermoit exprisdans sa
chambre,&- par, les regards
pleinsdamour,qu'il
;jettoit sur elle quand illa
voyoitdeyant destémoins.
L'aisnée qui trouvaquel?-
cque refroidissementdans
les maniérés du CavalierJ, >» ensoupçonnaauflitoftla
cause.Ellç pritgardejqu^l
navoit plus auprès de sa
joçurces airs enjoiiez & lu
:bres qu1a-vou pris tantdç
ibis. Elle les .voyait embafailes
fitor quoleursyeuxfe
renconcroienr,ôçla contrainte
qu'ils s'ilup.osoient
J'un & rau.tre Ce lon les. div,
veerrescess'vy-ecuuëc1iCq¡uUt\lleessoobbHli--
geoient de s'observer, luy
fut enfin une indice de la
rrahifonqui lay cftoir faite.
Commeelle estoit ficre,
elle s'en feroit volontiers
vengeeenle prévenant par
ion cjungejnçncjmaisd
Je avpird£ fort peu de biens?en renonçantan
Cavalier elle
n'etoitpas furedexroirver
un :aurrc:fPareilquil'eust
confoléc xfesr avanrao-es
qu'elle auroit perdue ERllfe
rsfolut de dissimuler;& fc
Contenta desoulager ses
-t,' chagriné par- ; -, - ]4ùes quelques
plaintes qui deconcercerent
le Cavalier. Le troublequ'il
fit paroiflre suc
un aveu de son crimeelleen
tira desconfequettces
qui lui firent examiner
de plus prés tous lesfujers
quelleavoit de fe- deffier
de on amour.Leunma~-
riage ne se devant faire
quaprès cWEculcer lc+
vees touchantLr charge
qiriti vouloir-avoir'elfe
découvrit qu- ne teneit;
qu'à luy de les voir finies,
f&aqisuoeitlnesaiosbtrsetnacelpeosuqiuro'ii^eyn*c
avoir aucun autre fondée
mène que le defilein de gau
gner du terni. Remplie dfe
tous cés fouprons, & vouw
lanceftre* cclaircie dece
qu'elleapprehendoit relfe
pria son pere & sa mere
de vouloir presserlescheM
ses, leur faisant connoistre,
[ans leur parler de sa
foeur, ce qu'il y avoit
.4.r~q~~:~fqer~nT.
jypbftin^i<pn,4^Çav/alter
fur- les prétenduësdifficihi^
rez de la Charge avoic déjà
commencéàleur devenir
suspecte.-jlç, renrreriQrenten
particulier., & luy
dirent, que comme ilsl'a*-
voient logé chez eux >oni
lqïiuuarrnt^ijejrrodipc,..;dvaonirs'&tolountg^te-
.cçpips ^jiffçrpr le mariage
^IpAÈ p#i^^oit cpnvena>>;
que pour;:einpe^her.Iç?
fafcheu* difcoursril falloir
longerg terminerçette.af- fajre«Reliait mile.
fcefoin
-
d'attendre quileuft
fini (on autretraite. Le Cavalier
ne balançapoint far
le parti qu'il avoit à prendre.
IL leur repçjiditqu'il
se sôuvenoit dela, parole
qu'il avait doppée
, &
qu'il Tâ tiendrour avec joïç
en telteras qu'il leur plairoit*,
quilayoit promis d'entre
leur Gcndre., & qu'ilse
feroit un bonheur de le dc<-
venir, mais que ce feroit
en epousant la cadette pouf
qui il sentoit la plus violente
passion
;
qu'il trouçvoit
enelle tout ce* qui
pouvait lesarefairejq1!s
l'humeur de son aisnée êtoit
si peu compatiflante
avec la tienne , qu'elle rre
'hpeouurerurxoitque'terendre trial- ; Ce ques'ils rIl
soient ce qu'ildemandôté
aveclescplilsinftanresprte^
res; ilférdft côntrainrd'é (h
étirer.IlTenirStcette reponsèavec
tant de fermeté
,& toutcequ'ils purent
ce defleirieue si peud'efset,
quene voulant pas rifquer
une si bonne fortune,
ils se virent obligerde conïcntir
a ce qu'il voulÙr. La
feule condition qu'ils exigèrent
»fut que lachofe lè sirau.plustost&eri fçcrct,
afin Que l'aînée fit moins,
éclater."son rcfTehrimenc
quand elleapprendroic
luip injnftice-qui n'auroic,
plus de remède. Le transl
port qui l'obligea de se jet-l'
tera leurspieds pour leurs
rendre grâce de ce qu'ils
faifoiencpour luy, leur
fut une preuve dekvio-''
lence avec laquelle il aimait.
Ils direntà Angélique,,
que quelques raisons -'"~- :jl ¿Lt.,
q'u'Us eutreht: puappoftrf,
le CavalierNettoie si bien
mis en ceste de ne fc poins
marier-quiIn'tut traJcedc làCharge*qu'illeuravQÎt
este impossible den rien
obtenir.Elle compritce
vouloic direrirt refu?
siobstine, &ejifiic,p(qiie'c
audernierpoint: Cependant
toutseconcerroit fccfrecëitientpôurle
mariage
ifaCavalier & de la cadette,
6cil nemanquoitpoor
l'achever qu'une oçcasion
d'en faire la cercmonie
fins queJîaifnécenpu£k
«Tien^fçayoir.cElliBts^ôfffio
favorable peude joursa
persétosi.sU:-nteeDndamreemdeonntfacimelelcea^,
la priade lui tenir <comp&ȣ
gniedansune partie»de*
promenade qui l'enga- - géoît'àallerpasser^queU:
quesjours ala campagne,
Angelique y alla; &euch
assez de forced'esprit pourd
se rneitreaudessus, der fc*:
chagrins ,y;pàroiftra
d'une humeur toute char,s?
mante. Onluy dit qu'onr«
voyoit bien que lajoye
unmariage prêssà;fefai^*
re iiotkmit :au.JJr belles 4c>
grands sujetsd'en~
rrient 3c f>&ur affoibiir la
bèiïf^ÙfcÇftoic
:'1;W ~po~ sép^#;
<yi,'ori jugeoiemal d'elle;
qu'il falloitpourlatoucher
dfccçrtgînçft çp^plaiJàtW
ççsScéc^rpu^s,4'efpri^
qu'ellen'avoit potfiHfcotfivc
dans le Cavalier ;&que
]$&€&>&$tf/a^pkfbC ji;G-
''¥tt.,..Jà-, traîne
!
çnlon.
gwàF que .paw <~J)~
vouioitl'engagerà épothsersa
cadette.Un vieux
garçonfôrc riche,$c re-
.-, : ve stu
Veftj d'une Charge plus
côn(lderab!e, que; cele
^orn^le*CavalierttrakoiC",
itïi'dieeirriant^que quoif
qi/ft eûttousjours esté indiffèrentpoarle
mariage-,
41 vouloiravoir ces tou«s
dVfpm^qui^lmplaifq»erft
tartr,afin de luyoffrirses
*fcrviccssSe quepourles
^cotîi'pîaifiincc^illoy-ii#ok
'aisëifcritépondreîAng^-
lliquéluyrepartit''-¡Ual'-eR
'riant,quelleavoie cm de-
* cûcfâïr'c&luyoc-quï^ftolc
"ftfoftde Ionjgé&É1, faqu^
liotit premire
3*
iïij seroient
^(Tezl'undel'autre;
Surcepies la levietbQ£±,
t~fipç£jçnf4iar>çnj&$dce*uixdjoeus.rdsçruccoemubïfmeunAmant
declaré eç
die à une maistresse;ilgoû-
~asi bien foû-efpric,que
malgrétoutes lesresolutions
prises de demeurer
toujourslibre,il parla eafin
4cnnnfafriâge, Cetteproposition
fut ct.ua
d'Angelique. Elletrouvoit
un rangquicontetoitson
~M;AtPIC,
me à^ui elle '^ouviic foa
•;
ccçw*entrai dansla contu
sJgacejàp;vieik Officier è.ôç
luyfitpromettreque puisqpril,
scîlcrit;déclaré avec
son amie
,
ilen iroitfaire
la demande dans les fox?
mes apressonretour. Ao*
gelique estantrevenue ccçrmnrta à rscoynn pp~e~ree lr'eenn9g'aaggce,4.
ment ou l'on s'estoit mis
pourelle. Lemariagje de
lacadetteestoitfait;ce fut
• pourJuyune joye sensiblé
de voir finir plustost qu'il
f}cTayoit.^çnirembarrai
de te cacher. Cetteadroite
filledissimulant son reflet^
"timénr, ~tWIia deserendre
coure aimablepourle Cavalier
,afindereveillerson
: amour,&deluydonner
parlaplus de regret dela
perdre. Le lendemainelle
remarqua sans estreveue,
que le Cavàliers'èstoitcouole
dans sa chambre délà
soeur,&que la porte en
avoit esté au{fitbftrFerm'éei
Si elleeut ladouleur,elle eut de la joye en meflriè
temps de ce que sa
I
foeur faisant 0"det
avancessiindignesd'elle,
mettoit leic-al
valier hors d'estat de la voirloir,
pour sa femme.Cetre
penséelui remplie l'esprit,
E|lcçrutqfi'ilr^fufepait de
l'epouseraprés les ofreurs
qu'il enavoit obtenuës, &
qu'ainsielle seroit vengée
&d'elle&deluy, quand
son mariage avec l'Officier
ne laisseroit plus. aucun
prerexteà son pere de garder
leCavalier. CetOfficiertintparole.
Onavoit
esteaverti de savisite,& le
Cavalier qui la sçavoitalia
iQUt expréssouperenville
,
&ne revint que.forttard.
L'Officiercharmédel'ac.
*
cuélquï luifut fait, nesortit
point qu'onn'eustfigné
des articles.Angeliquequi
naspiroitqu'à joüir de
vengeance ,
attendisà G.;,
coucher que leCavalierfust
révenn. Apresluiavoirfait
quelquespUimes.delan}*-
niere dont il en usoit po^fc elledepuisquelque rems,
elleajoustaqu'elle lavpiç
timens favorablesqu'elle
luy avoirmarqué d'abord,
qu'ellevenoit ;d£/eagagejf
à un autre,&qu'un Contrat
dem~gc~~sa
separoit pour jamais. Ilseignit
vivejnençxogtçhiî 4e_cy tte
nouvelle. Augeiique pleinede
son triompheenlevoyant a-iii1
accablé, le quitta sans lui donner
letemsde répondra,c'étoit
ce qu'if avoitsouhaitté.Ilse
coucha forttranquillement, Sç
le lendemain comme il l'avoit
concerté avec sonbeaupere ££
atec sa femme,ilalla
chez
un
amidans un quartier éloigné,
oùildemeurajusqu'à ce qu'on,
~çût:sais;lemari^gplÀng^ljqu^
qui imputa cette retraité a'fj>n
deseespoir ,en
.-
sentir (a Vanité
agréablementflatée. Elleépousal'Officier,&
deuxjqursaprés.
le Cavalier revint auprèsde sa
femme. La nouvelle mariée ne
l'eûtpasplustost appris,qu'elle
alla trouver son pere, & luy fit
connoitre le péril où Julie eftoit
exposée s'il gardoitchez
luyleCavalier.Son pereluy
dit, que puisqqu'elleavoittout
sujet d'estre contente, il estoit
pesruadé qu'elle aimait sa soeur
pbur prendre partà ses avanta
ges ; après quoy illuyexpliqua
ce quiestoit arrivé: Le dépit
qu'elle,eue*,de s'estrepromis
une veugeance >
qui ne tournoitqu'asahonte
,la mit, dans
ila deff>rdr6~d'éfpVjhcroy2-
ble.Elle sorit blusquement,
& depuis trois moisqu'elle est
mariée
,
elle n'a
,
point encore
voulu.voirsa soeur
L'Amour nJielt point à
couvert de la destinée
, &
les changemens qui arrivent
tous les jours dans
les liaisons les mieux establies
sont assez connoistre
que les mouvements de
nostre coeur ne font pas fixez
par le premier choix
que nous faisons. Un certain
je ne sçay quoy qui
nousentraisne en dépitde
nous, nous determine à
estre inconstans;& quand
mille exem ples ne serviroient
pas à justifier ce que
je dis,l'avanture donrje vais
vous faire part en seroit la
preuve. Une Demoiselle
fort bien faite,estimable
par sa beauté, & plus encorepar
son esprit qu'elle
avoir vif&très penetrant,
estantvenuë depuis peu de
-
mois prendre soin de quelques
affaires dans une petite
Ville peu esloignée de
Paris, y fut connuë en fort
peu
peu de tems de tout ce
qu'elle y trouva de personnes
denaissance. Son pere
& sa mere qui estoient de
qualité, mais qui avoient
peu de biens, luy connoisfant
du talent pour venir à
bouc de mille chicannes
qui leur estoient faites,&
par lesquelles on taschoit
de renverser leurs précentions
,quoyquejustement
fondées
,
s'estoient reposez
sur elle de la conservation
de leursinterests,&
elles'appliquoitàles mainteniravec
tant d'exactitude
& de conduite, qu'elle
eut bientost demesté les
difficultez quiempefchoient
qu'on ne luy rendit
justice. Son habileté fie
bruit, & tout le monde
marquant de rempressement
pour la servis auprés
de ses Juges, un Gentilhomme
, maistre de son
bien, & des plus riches de
tout le Pays, n'épargna ni
son crédit,ni ses soins pour
luy faire voir combien il
prenoit de part à ses avantages.
Angelique receut
agréablement le secours
i
qu'illuy donnaj&comme
dans le besoin qu'elle avoic
de luy les visites assidues
luy estoient permises
,
insensiblement
le Cavalier
prit pour elle un attachement
plus fort qu'il ne l'avoit
cru. Il connut bien
que ce qu'on luy Jonneroiç
en la mariant n'approcheroit
pas
'*
de ce qu'il pouvoit
prérendre; mais l'amour
commençant à l'cc.
bloüir,il considera que les
grands biens qu'il avoit lui
attireroient beaucoup d'affaires,
& dans cette veuë,
il crut qu'illuy feroit plus
avantageux d'avoir une
femme qui y mettroit ordre
, que d'épouserunefille
qui luy apportant une
dote considerable
, ne se
mefleroit de rien, & n'auroit
l'esprit porté qu'àfaire
de la dépense.Labellequi
s'apperceut de la conquête
que son merite luy avoir
fait faire , la menagea si
adroitement, que le Cavalier
fut enfin contraint de
luydeclarer sapassion On
ne doute point qu'il ne fut
écouté avec plaisir. Elle lui
marqua une estimepleine
de reconnoissance ; & en
l'assurant que ses parens ne
luy seroient point contraires,
elle eut pour luy des
égards d'honnesteté & de
complaisance qui luy firent
connoistre qu'il estoitaimé.
Commeelle avoit de
l'ambition,elle voulut s'asfurer
un rang, & se servir
du pouvoir que sa passion
luy donnoit sur son esprit,
pour luy marquer qu'il y alloit
de sa gloire de pren dre
une Charge avant que de
l'épouser. Le Cavalier avoit
ce dessein depuis quelque
temps, & ainsi en luy promettant
de la satisfaire,il
ne faisoitquece qu'il avoic
desja resolu. Les affaires
d'Angelique s'estantterminées
de la maniere la plus
avantageuse qu'elleeût pû
le souhaiter
,
elle retourna
à Paris, où son Amant la
suivit deux jours après. Son
pere & sa mere qu'elle avoit
instruit de l'estas des
choses, luy firent un accuëil
tres-obligeant, & pour estre
moins en peril de le
laisser échapper, ils luy offrirent
un Appartement
chez eux. L'offre estoit trop
favorable à l'amour duCavalier
pour n'estre pas accepté.
Il logea chez le perc
de laBelle;& ne songeant
qu'à avancer ses affaires, il
prit son avis sur la Charge
qu'il vouloit achepter.Tandis
qu'ontravailloit à lever
des difficultez assez legercs
qui empeschoient de conclurre
le marché de cette
Charge, l'amour fit paroitre
sa bizarrerie par les sentimens
qu'il inspira au Cavalier
pour une soeur d'Angelique.
Cette cadetteavoit
dans les yeux un fort grand
deffaut, dont beaucou p de
gensne se seroient pas accommodez
; & ce deffaut,
tout grand qu'ilestoit
,
ne
pur dérourner le Cavalier
du dessein qu'il prit de ne
vivre que pour elle. Il est
vray ,
qu'excepté ce deffaut,
il n'y avoit rien de
plus aimable.Elle avoit un
tein qui ébloüissoit
,
d*$
traits reguliers dans tout
son visaoge,•des mains & desbras d'une beauté (ans
, pareiflle,uinentailleeaisée;&
fine; & ce quiengageoit
encoreplus,elle estoitdu
ne humeur si douce & G.
agreable queparcetteseulequalité
elleestoit digne
duplus fort amour. Plus
leCavalierla vit,plusil la
trouvacharmante.Illuy
contoit cent folies,& l'enjouëment
avec lequel elle
y répondoit, estoit tout plein de
4
feu ,&. d'esprit.
Riennedevenoit suspect
dans leurs conversations,
parce qu'elles se faisoient
sans àQCun. mystere
,
&:
que l'occasion qu'ils avoient
de se parler àtoute
heure les rendant fortfamiliers,
ne laissoitrienvoir
iqlui fûtrecherche.Eneffet/'
n'yavoit que des sentimens
d'honnestetéducôté
decetteaimable cadette,
qui ne doutant point que
leCavalier .n'épousait..sa:;
soeur,estoitincapable d'aller
pour luyplus loin que
l'estime. Il n'enestoit pasi
ainsi du Cavalier. Le pen^*
chantqui l'entraisnoitvers
Julie,c'estoit ainsiqu'on
nommoitlacadette, eut
tant deforcequ'aprés lui
avoit dit plusieursfois en
badinantqu'ilestoitcharmé
desesmanieras,ils'expliqua
enfin serieusement
sur l'ardent amour • qu'elle
layavoitdonné. Julietournantlachose
en plaisanterie,
luyditqu'il perdoit
l'esprit;toutes lesdeclarations
qu'illuyfit ensuite
luy attirant la mesmeréponse,
illuydemanda un
jour quel désegrément Ôir
dans
son
hitmëtïr[du dans
sa personneluy faisoit
croire qu'ilnemeritoitque
ses mépris. Julie, qaecc
reprochefurprir*seAÇEUS
obligée deluy répondre
d'un ton un peu serieuxi,
qu'il se faisoit tort auiff^-
bien qu'à elle quand il
l'accusoit de le me'priser,
,& que s'il lui eût marqué
del'estime avant quede
s'engager avec si^foeur/
peut-estrene lui eust-ellc.
pas donnésujet de seplain-
-ài-é.^u peu dereconnoiC*.
sancequ'elleauroiteu de
: ses sentimens; maisqu'en fl'eftâcoù estoient les choqu'avec
lesïrcferves-qu'il
trouvoit injustes. Cette réponse
animala passion ; Ce
fut assez qu'il crustt nedéplaire
pas pour l'engager
à aimeravecplus de vio-
~îehée;îl abandonna, son
coeur à tout son penchant,
& ne songea plus qu'à persuader
Julie de sonveritable
attachement. Comme
elle estoitsage, ellevoulut
leguérir en lui donnant
moins d'occasionsdel'entretenierdesonamour;
;rnâi$*plus elle avoit soin
de les éviter, plus illes re-
,
cherchoit.Cetempressement
fut remarquée .& il
:,fettahitbientoft& par
soninquiétude ,; lorsque
fpour le fuïr cette cadette- senfermoit exprisdans sa
chambre,&- par, les regards
pleinsdamour,qu'il
;jettoit sur elle quand illa
voyoitdeyant destémoins.
L'aisnée qui trouvaquel?-
cque refroidissementdans
les maniérés du CavalierJ, >» ensoupçonnaauflitoftla
cause.Ellç pritgardejqu^l
navoit plus auprès de sa
joçurces airs enjoiiez & lu
:bres qu1a-vou pris tantdç
ibis. Elle les .voyait embafailes
fitor quoleursyeuxfe
renconcroienr,ôçla contrainte
qu'ils s'ilup.osoient
J'un & rau.tre Ce lon les. div,
veerrescess'vy-ecuuëc1iCq¡uUt\lleessoobbHli--
geoient de s'observer, luy
fut enfin une indice de la
rrahifonqui lay cftoir faite.
Commeelle estoit ficre,
elle s'en feroit volontiers
vengeeenle prévenant par
ion cjungejnçncjmaisd
Je avpird£ fort peu de biens?en renonçantan
Cavalier elle
n'etoitpas furedexroirver
un :aurrc:fPareilquil'eust
confoléc xfesr avanrao-es
qu'elle auroit perdue ERllfe
rsfolut de dissimuler;& fc
Contenta desoulager ses
-t,' chagriné par- ; -, - ]4ùes quelques
plaintes qui deconcercerent
le Cavalier. Le troublequ'il
fit paroiflre suc
un aveu de son crimeelleen
tira desconfequettces
qui lui firent examiner
de plus prés tous lesfujers
quelleavoit de fe- deffier
de on amour.Leunma~-
riage ne se devant faire
quaprès cWEculcer lc+
vees touchantLr charge
qiriti vouloir-avoir'elfe
découvrit qu- ne teneit;
qu'à luy de les voir finies,
f&aqisuoeitlnesaiosbtrsetnacelpeosuqiuro'ii^eyn*c
avoir aucun autre fondée
mène que le defilein de gau
gner du terni. Remplie dfe
tous cés fouprons, & vouw
lanceftre* cclaircie dece
qu'elleapprehendoit relfe
pria son pere & sa mere
de vouloir presserlescheM
ses, leur faisant connoistre,
[ans leur parler de sa
foeur, ce qu'il y avoit
.4.r~q~~:~fqer~nT.
jypbftin^i<pn,4^Çav/alter
fur- les prétenduësdifficihi^
rez de la Charge avoic déjà
commencéàleur devenir
suspecte.-jlç, renrreriQrenten
particulier., & luy
dirent, que comme ilsl'a*-
voient logé chez eux >oni
lqïiuuarrnt^ijejrrodipc,..;dvaonirs'&tolountg^te-
.cçpips ^jiffçrpr le mariage
^IpAÈ p#i^^oit cpnvena>>;
que pour;:einpe^her.Iç?
fafcheu* difcoursril falloir
longerg terminerçette.af- fajre«Reliait mile.
fcefoin
-
d'attendre quileuft
fini (on autretraite. Le Cavalier
ne balançapoint far
le parti qu'il avoit à prendre.
IL leur repçjiditqu'il
se sôuvenoit dela, parole
qu'il avait doppée
, &
qu'il Tâ tiendrour avec joïç
en telteras qu'il leur plairoit*,
quilayoit promis d'entre
leur Gcndre., & qu'ilse
feroit un bonheur de le dc<-
venir, mais que ce feroit
en epousant la cadette pouf
qui il sentoit la plus violente
passion
;
qu'il trouçvoit
enelle tout ce* qui
pouvait lesarefairejq1!s
l'humeur de son aisnée êtoit
si peu compatiflante
avec la tienne , qu'elle rre
'hpeouurerurxoitque'terendre trial- ; Ce ques'ils rIl
soient ce qu'ildemandôté
aveclescplilsinftanresprte^
res; ilférdft côntrainrd'é (h
étirer.IlTenirStcette reponsèavec
tant de fermeté
,& toutcequ'ils purent
ce defleirieue si peud'efset,
quene voulant pas rifquer
une si bonne fortune,
ils se virent obligerde conïcntir
a ce qu'il voulÙr. La
feule condition qu'ils exigèrent
»fut que lachofe lè sirau.plustost&eri fçcrct,
afin Que l'aînée fit moins,
éclater."son rcfTehrimenc
quand elleapprendroic
luip injnftice-qui n'auroic,
plus de remède. Le transl
port qui l'obligea de se jet-l'
tera leurspieds pour leurs
rendre grâce de ce qu'ils
faifoiencpour luy, leur
fut une preuve dekvio-''
lence avec laquelle il aimait.
Ils direntà Angélique,,
que quelques raisons -'"~- :jl ¿Lt.,
q'u'Us eutreht: puappoftrf,
le CavalierNettoie si bien
mis en ceste de ne fc poins
marier-quiIn'tut traJcedc làCharge*qu'illeuravQÎt
este impossible den rien
obtenir.Elle compritce
vouloic direrirt refu?
siobstine, &ejifiic,p(qiie'c
audernierpoint: Cependant
toutseconcerroit fccfrecëitientpôurle
mariage
ifaCavalier & de la cadette,
6cil nemanquoitpoor
l'achever qu'une oçcasion
d'en faire la cercmonie
fins queJîaifnécenpu£k
«Tien^fçayoir.cElliBts^ôfffio
favorable peude joursa
persétosi.sU:-nteeDndamreemdeonntfacimelelcea^,
la priade lui tenir <comp&ȣ
gniedansune partie»de*
promenade qui l'enga- - géoît'àallerpasser^queU:
quesjours ala campagne,
Angelique y alla; &euch
assez de forced'esprit pourd
se rneitreaudessus, der fc*:
chagrins ,y;pàroiftra
d'une humeur toute char,s?
mante. Onluy dit qu'onr«
voyoit bien que lajoye
unmariage prêssà;fefai^*
re iiotkmit :au.JJr belles 4c>
grands sujetsd'en~
rrient 3c f>&ur affoibiir la
bèiïf^ÙfcÇftoic
:'1;W ~po~ sép^#;
<yi,'ori jugeoiemal d'elle;
qu'il falloitpourlatoucher
dfccçrtgînçft çp^plaiJàtW
ççsScéc^rpu^s,4'efpri^
qu'ellen'avoit potfiHfcotfivc
dans le Cavalier ;&que
]$&€&>&$tf/a^pkfbC ji;G-
''¥tt.,..Jà-, traîne
!
çnlon.
gwàF que .paw <~J)~
vouioitl'engagerà épothsersa
cadette.Un vieux
garçonfôrc riche,$c re-
.-, : ve stu
Veftj d'une Charge plus
côn(lderab!e, que; cele
^orn^le*CavalierttrakoiC",
itïi'dieeirriant^que quoif
qi/ft eûttousjours esté indiffèrentpoarle
mariage-,
41 vouloiravoir ces tou«s
dVfpm^qui^lmplaifq»erft
tartr,afin de luyoffrirses
*fcrviccssSe quepourles
^cotîi'pîaifiincc^illoy-ii#ok
'aisëifcritépondreîAng^-
lliquéluyrepartit''-¡Ual'-eR
'riant,quelleavoie cm de-
* cûcfâïr'c&luyoc-quï^ftolc
"ftfoftde Ionjgé&É1, faqu^
liotit premire
3*
iïij seroient
^(Tezl'undel'autre;
Surcepies la levietbQ£±,
t~fipç£jçnf4iar>çnj&$dce*uixdjoeus.rdsçruccoemubïfmeunAmant
declaré eç
die à une maistresse;ilgoû-
~asi bien foû-efpric,que
malgrétoutes lesresolutions
prises de demeurer
toujourslibre,il parla eafin
4cnnnfafriâge, Cetteproposition
fut ct.ua
d'Angelique. Elletrouvoit
un rangquicontetoitson
~M;AtPIC,
me à^ui elle '^ouviic foa
•;
ccçw*entrai dansla contu
sJgacejàp;vieik Officier è.ôç
luyfitpromettreque puisqpril,
scîlcrit;déclaré avec
son amie
,
ilen iroitfaire
la demande dans les fox?
mes apressonretour. Ao*
gelique estantrevenue ccçrmnrta à rscoynn pp~e~ree lr'eenn9g'aaggce,4.
ment ou l'on s'estoit mis
pourelle. Lemariagje de
lacadetteestoitfait;ce fut
• pourJuyune joye sensiblé
de voir finir plustost qu'il
f}cTayoit.^çnirembarrai
de te cacher. Cetteadroite
filledissimulant son reflet^
"timénr, ~tWIia deserendre
coure aimablepourle Cavalier
,afindereveillerson
: amour,&deluydonner
parlaplus de regret dela
perdre. Le lendemainelle
remarqua sans estreveue,
que le Cavàliers'èstoitcouole
dans sa chambre délà
soeur,&que la porte en
avoit esté au{fitbftrFerm'éei
Si elleeut ladouleur,elle eut de la joye en meflriè
temps de ce que sa
I
foeur faisant 0"det
avancessiindignesd'elle,
mettoit leic-al
valier hors d'estat de la voirloir,
pour sa femme.Cetre
penséelui remplie l'esprit,
E|lcçrutqfi'ilr^fufepait de
l'epouseraprés les ofreurs
qu'il enavoit obtenuës, &
qu'ainsielle seroit vengée
&d'elle&deluy, quand
son mariage avec l'Officier
ne laisseroit plus. aucun
prerexteà son pere de garder
leCavalier. CetOfficiertintparole.
Onavoit
esteaverti de savisite,& le
Cavalier qui la sçavoitalia
iQUt expréssouperenville
,
&ne revint que.forttard.
L'Officiercharmédel'ac.
*
cuélquï luifut fait, nesortit
point qu'onn'eustfigné
des articles.Angeliquequi
naspiroitqu'à joüir de
vengeance ,
attendisà G.;,
coucher que leCavalierfust
révenn. Apresluiavoirfait
quelquespUimes.delan}*-
niere dont il en usoit po^fc elledepuisquelque rems,
elleajoustaqu'elle lavpiç
timens favorablesqu'elle
luy avoirmarqué d'abord,
qu'ellevenoit ;d£/eagagejf
à un autre,&qu'un Contrat
dem~gc~~sa
separoit pour jamais. Ilseignit
vivejnençxogtçhiî 4e_cy tte
nouvelle. Augeiique pleinede
son triompheenlevoyant a-iii1
accablé, le quitta sans lui donner
letemsde répondra,c'étoit
ce qu'if avoitsouhaitté.Ilse
coucha forttranquillement, Sç
le lendemain comme il l'avoit
concerté avec sonbeaupere ££
atec sa femme,ilalla
chez
un
amidans un quartier éloigné,
oùildemeurajusqu'à ce qu'on,
~çût:sais;lemari^gplÀng^ljqu^
qui imputa cette retraité a'fj>n
deseespoir ,en
.-
sentir (a Vanité
agréablementflatée. Elleépousal'Officier,&
deuxjqursaprés.
le Cavalier revint auprèsde sa
femme. La nouvelle mariée ne
l'eûtpasplustost appris,qu'elle
alla trouver son pere, & luy fit
connoitre le péril où Julie eftoit
exposée s'il gardoitchez
luyleCavalier.Son pereluy
dit, que puisqqu'elleavoittout
sujet d'estre contente, il estoit
pesruadé qu'elle aimait sa soeur
pbur prendre partà ses avanta
ges ; après quoy illuyexpliqua
ce quiestoit arrivé: Le dépit
qu'elle,eue*,de s'estrepromis
une veugeance >
qui ne tournoitqu'asahonte
,la mit, dans
ila deff>rdr6~d'éfpVjhcroy2-
ble.Elle sorit blusquement,
& depuis trois moisqu'elle est
mariée
,
elle n'a
,
point encore
voulu.voirsa soeur
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Résumé : HISTORIETTE.
Le texte raconte les péripéties amoureuses et les manœuvres stratégiques d'Angélique, une jeune femme intelligente et belle, et d'un gentilhomme riche. Angélique se rend dans une petite ville près de Paris pour régler des affaires et attire rapidement l'attention du gentilhomme, qui tombe amoureux d'elle. Consciente de son pouvoir, Angélique manœuvre habilement pour obtenir une déclaration d'amour et une charge avant le mariage. Cependant, le gentilhomme rencontre Julie, la sœur cadette d'Angélique, et se trouve attiré par elle malgré un défaut physique notable. Julie, sage et douce, repousse d'abord ses avances mais finit par succomber. Angélique, devinant la situation, dissimule sa douleur et accepte de se marier avec un officier. Le gentilhomme obtient la charge et épouse Julie, tandis qu'Angélique se venge en se mariant rapidement, privant ainsi son père de garder le gentilhomme dans la famille. Parallèlement, un cavalier revient tard chez lui après un voyage. Un officier, charmé par Angélique, apprend qu'elle ne sortira pas tant que certains articles ne seront pas signés. Angélique, assoiffée de vengeance, attend le retour du cavalier pour lui révéler qu'elle est fiancée à un autre et que leur contrat de mariage les sépare à jamais. Accablé, le cavalier se couche tranquillement. Le lendemain, il se rend chez un ami dans un quartier éloigné pour éviter d'être saisi. Angélique épouse l'officier deux jours plus tard. Le cavalier revient ensuite auprès de sa femme, mais la nouvelle mariée informe son père du danger que court Julie si le cavalier reste. Le père explique la situation à sa fille, qui, dépitée de ne pas avoir obtenu sa vengeance, refuse de voir sa sœur depuis trois mois.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2892
p. 241-253
MORTS.
Début :
Messire Armand-Charles de la Porte, Duc de Rethelois Mazarin [...]
Mots clefs :
Armand Charles de la Porte, Duc de Rethelois Mazarin, Pair de France, Armée, Gouverneur, Maréchal, Héritage, Charles II
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texteReconnaissance textuelle : MORTS.
MOR TS. 91.
1-..;1 !
MessureArmand Charles
de la Porte, Duc de Rethelois
Mazarin, de la Messeraye, &
de Mayenne, Pair de France,
Chevalier des Ordres du Roy
Lieutenant General de ses
Armées, Prince de Chafieau-
Porcien,Marquis de Montcornet,
Comtede la Fere, de
Marie, &c. Grand Bailly de
Haguenau, Gouverneur d'Alsace
, & de Bretagne, des Villes,
Chasteau & Citadelle de
Brifac, Vitré&de Port-Louis.
CapitaineduChasteau de
Vincennes, & Grand Maistre
de l'Artillerie de France, mourut
en son Chasteau de la
Messeraye le 91 Novembre
1713.âgé de 82. ans; il
s'estoit demis de la Charge de
Grand-Maistre de l'Artillerie
en 1,66.9. en faveur du Duc
du Lude, & de plusieurs
de ses Gouvernemens, & se
retira en les terres.
Il étoit fiUde Charles de
la Porte, Ducdela Mesteraye
grand Maistre de l'Artillerie
&Maréchalde France,& de
MarieRuzé Deffiat; sa prq..
miere femme. Il epoulaXQ
1661.Hortense. Mancini t
fille de Laurent Mancini Chevalier
Romain, & de Hieronime
Mazarin, eoeur de Jules
Mazarin, Cardinal, Ministre
d'Ecat en France, en faveur
duquel mariage de sa Niece ill'intitua son héritieruniverselàcharge
de subtitution
de porter le nom&lesArmes
pleines de Mazarin, ce
qui fut confirmépasLettres,
vérifiées.au Parlementle5
Aoust 1 661. &, pour lors. il
quitta son nom & les Armes
de la Porte, & prit cellesde
Mazarin, qu'ila trahiraisà sa
posteritécomme on voie
qu'ils les portentau jourd'huy
Et de son mariage il eut
Charles Jules Mazarin Duc
de la Mestcraye, Pair de
France, Marie-Charlotte
Mazarin
,
femme du Marquis
de Richelieu,MarieOlirope
Mazarin,épousedu.Marquis
deBellefonds.
,
Charles Jules Mazarin, Duc
de la Mestraye a épauséen
1681; Felice Armande Charlotte
de du Fort Duras, fille
aînée du Maréchal de Duras
doncil a desenfans.
Monsieur le Duc Mazarin
estoit arrièrepetit-fils de
François de laporre, Seigneur
dela Lunardiere, qui fut marié
deux fois, 1°. A Claude
Rochar,fille d'Antoine, Seigneur
deCarinvilliers,Coriseiller
au Parlement, 2. A
Magdelaine Charles, fille de
Nicolas, Seigneur du Plassis-
Piquer. Du premier lir, ileue
Susannede la Porte,femmede
François du Plessis) Seigneur
de Richelieu, Grand Prevost
de France, & fut mere des
Cardinaux de Richelieu, l'un
Ministre d'Etat, & l'autre Atchevesque
de Lyon,& dela
secondé femme ileut Charles
de la Porte, Seigneur de la
Mesleraye, la Lunardjere, &c.
Gentil-hommeordinaire dela
Chambre du Roy, qui epousa
Claude de Champlois, &
il en eut plusieurs enfans, en,
tr'autres, Charles de la Porte,
Duc da la Mesraye, Pair
& Maréchal de France, pert
de Mr le Duc Mazarm.
Messire Jean,Comte de
Gassion,Lieutenant des Gardes
du Corps du Roy, Lieutenant
General de sesArmées
Gouverneurdeu Mezieics,
Chevalier de l'Ordre de S.
Louis,mourut le 26. Novembre
a servi avec beaucoup de
distinction en Allemagne
&en Flandres.
Ilestoitsiss de Jean de Gassion,
PresidentàMortierau
Parlement de Pau, & de Marie
Befrade, & neveu de Jean
de Gaffion MaréchaldeFrance
qui mourut àArras le zl
Octobre1641, d'un coup
de mousquet qu'il receut à la
teste le 28 Septembre precedent.
La famille de Gassion est
tres-considerable enBearn,
qui desccnd de Guillaumede
Gassion,quivivoieen 1499
& qui étoit Sénéchal du Païs
d'Olleran&de Sauvesertepere
de Jean de Gassion qui fut
employépour traiter de la
rançon de HenryII. Roy de
Navarre, auprèsdel'Empereur
Charles quint en 1525.
le traité fut fait pour 30000.
écus d'or. Mais les Agens de
l'Empereur voulansaugmenter
cette convention, il employa
l'argent pour gagner
ses Gardes, & lui procura sa
libertépar stratagême. Jean
Gassion son fils fut Procureur
General au Conseil Souverainde.
Bearn, puis Maistre
des Requestes &- President a,
Mortier auditConseil
,
&'
Chef de la Reine Jeanne de
Navarre, mere du Roy Henry
I V.. Roy de France & de
Navarre,c'estoit le bisayeul
deMr de Gaffion, qui vient
de.mourir. Cette famille ,a
produit des pcrfonncs
qui se font distinguées,
tant dans la Robe que dans
l'Epée, Pierre Marquis de
Gabion,rière de cciui qui
vient de mourir, a cfté Consei
ller d'Etat,premier Presiudent
à Morcici au Parlement
~eBearn, qui de Magdelaine
Colbért du Terran ai eu p!ufîtfurs
ensans,faîné,Charles
Marquis de Gassion, Capitaine.
Lieutenant- des Gendames
,de Mr leDuc Je
—Bourgogne,fut ruéà Hochtér en 1704.& PPiieerrrrce. AA rrmniaanndd
Marquis deGassiort; son freteà
épousé en 1708.la fille
de Mr Darmenonville. 1
MessireJacques Lynch;
Archevesque deTune, Metropolirainde
ta Province de
Conaughc en Irlande, ci devant
Aumônier honnoraire
de feu Charles Il. Roy dtECpagne,
mourut à Paris le zg.
oaobreJâgé-d'environ cene:
ans.
Le Prince de Toscane, fils
aîné du Grand Duc de Toscane,
mourut à Florence le 5.Odtobrc, âge de JI. ans,
après une longue maladie. Il
n'a pointeu d'enfans de son
mariage avec la Princesseon
epouse , soeur des Electeurs
de Baviere & de Cologne.
t McflireLéonde Mazoycr ,J
Seigneur de Verneuïl Moulinro>
n,&c.Gentil- homme ordmaire,&
Ecuyer de Madame
la Diuphinc, mourut en son
ChaftçaudeMoubgnonle ;
Novembre17?3.
Mr MarcAntoine Goder,
Marquis de Soudé, Chevalier
de l'Ordre MilitairedeSaine
Louis, cy devant Capitaine-
Lieutenant des Chevaux Legers
d'Anjou, mourut sans
alliance le 18. Novembre âgé.
de 41. ans.
1
Nicolas Chupin,Consc)'Iler-
Secretaire du Roy, & cydevant
Tresorier général du
Marc d'or des Ordres du Roy,
mourut le n. Novembre.
Mrr. Nicolas le Grain, Chevalier,
mourut le même jour
il. Novembre, âgé de 81.an,
laissant pour fille unique de
feuë Dame Anne Guyet, Dame
N. le Grain, mariée à Mr
Boucher d'Orçay, Maistredes
Requestes
,
fils du Conseiller
d'Etat.
Mte Antoine de Broiiilly,
Marquis d'Herleville,cy devant
Lieutenant général pour
le Roy, Gouverneurdes Province,
Ville & Citadelle de
Pignerol
, mourut aussile 21. Novembre..
1-..;1 !
MessureArmand Charles
de la Porte, Duc de Rethelois
Mazarin, de la Messeraye, &
de Mayenne, Pair de France,
Chevalier des Ordres du Roy
Lieutenant General de ses
Armées, Prince de Chafieau-
Porcien,Marquis de Montcornet,
Comtede la Fere, de
Marie, &c. Grand Bailly de
Haguenau, Gouverneur d'Alsace
, & de Bretagne, des Villes,
Chasteau & Citadelle de
Brifac, Vitré&de Port-Louis.
CapitaineduChasteau de
Vincennes, & Grand Maistre
de l'Artillerie de France, mourut
en son Chasteau de la
Messeraye le 91 Novembre
1713.âgé de 82. ans; il
s'estoit demis de la Charge de
Grand-Maistre de l'Artillerie
en 1,66.9. en faveur du Duc
du Lude, & de plusieurs
de ses Gouvernemens, & se
retira en les terres.
Il étoit fiUde Charles de
la Porte, Ducdela Mesteraye
grand Maistre de l'Artillerie
&Maréchalde France,& de
MarieRuzé Deffiat; sa prq..
miere femme. Il epoulaXQ
1661.Hortense. Mancini t
fille de Laurent Mancini Chevalier
Romain, & de Hieronime
Mazarin, eoeur de Jules
Mazarin, Cardinal, Ministre
d'Ecat en France, en faveur
duquel mariage de sa Niece ill'intitua son héritieruniverselàcharge
de subtitution
de porter le nom&lesArmes
pleines de Mazarin, ce
qui fut confirmépasLettres,
vérifiées.au Parlementle5
Aoust 1 661. &, pour lors. il
quitta son nom & les Armes
de la Porte, & prit cellesde
Mazarin, qu'ila trahiraisà sa
posteritécomme on voie
qu'ils les portentau jourd'huy
Et de son mariage il eut
Charles Jules Mazarin Duc
de la Mestcraye, Pair de
France, Marie-Charlotte
Mazarin
,
femme du Marquis
de Richelieu,MarieOlirope
Mazarin,épousedu.Marquis
deBellefonds.
,
Charles Jules Mazarin, Duc
de la Mestraye a épauséen
1681; Felice Armande Charlotte
de du Fort Duras, fille
aînée du Maréchal de Duras
doncil a desenfans.
Monsieur le Duc Mazarin
estoit arrièrepetit-fils de
François de laporre, Seigneur
dela Lunardiere, qui fut marié
deux fois, 1°. A Claude
Rochar,fille d'Antoine, Seigneur
deCarinvilliers,Coriseiller
au Parlement, 2. A
Magdelaine Charles, fille de
Nicolas, Seigneur du Plassis-
Piquer. Du premier lir, ileue
Susannede la Porte,femmede
François du Plessis) Seigneur
de Richelieu, Grand Prevost
de France, & fut mere des
Cardinaux de Richelieu, l'un
Ministre d'Etat, & l'autre Atchevesque
de Lyon,& dela
secondé femme ileut Charles
de la Porte, Seigneur de la
Mesleraye, la Lunardjere, &c.
Gentil-hommeordinaire dela
Chambre du Roy, qui epousa
Claude de Champlois, &
il en eut plusieurs enfans, en,
tr'autres, Charles de la Porte,
Duc da la Mesraye, Pair
& Maréchal de France, pert
de Mr le Duc Mazarm.
Messire Jean,Comte de
Gassion,Lieutenant des Gardes
du Corps du Roy, Lieutenant
General de sesArmées
Gouverneurdeu Mezieics,
Chevalier de l'Ordre de S.
Louis,mourut le 26. Novembre
a servi avec beaucoup de
distinction en Allemagne
&en Flandres.
Ilestoitsiss de Jean de Gassion,
PresidentàMortierau
Parlement de Pau, & de Marie
Befrade, & neveu de Jean
de Gaffion MaréchaldeFrance
qui mourut àArras le zl
Octobre1641, d'un coup
de mousquet qu'il receut à la
teste le 28 Septembre precedent.
La famille de Gassion est
tres-considerable enBearn,
qui desccnd de Guillaumede
Gassion,quivivoieen 1499
& qui étoit Sénéchal du Païs
d'Olleran&de Sauvesertepere
de Jean de Gassion qui fut
employépour traiter de la
rançon de HenryII. Roy de
Navarre, auprèsdel'Empereur
Charles quint en 1525.
le traité fut fait pour 30000.
écus d'or. Mais les Agens de
l'Empereur voulansaugmenter
cette convention, il employa
l'argent pour gagner
ses Gardes, & lui procura sa
libertépar stratagême. Jean
Gassion son fils fut Procureur
General au Conseil Souverainde.
Bearn, puis Maistre
des Requestes &- President a,
Mortier auditConseil
,
&'
Chef de la Reine Jeanne de
Navarre, mere du Roy Henry
I V.. Roy de France & de
Navarre,c'estoit le bisayeul
deMr de Gaffion, qui vient
de.mourir. Cette famille ,a
produit des pcrfonncs
qui se font distinguées,
tant dans la Robe que dans
l'Epée, Pierre Marquis de
Gabion,rière de cciui qui
vient de mourir, a cfté Consei
ller d'Etat,premier Presiudent
à Morcici au Parlement
~eBearn, qui de Magdelaine
Colbért du Terran ai eu p!ufîtfurs
ensans,faîné,Charles
Marquis de Gassion, Capitaine.
Lieutenant- des Gendames
,de Mr leDuc Je
—Bourgogne,fut ruéà Hochtér en 1704.& PPiieerrrrce. AA rrmniaanndd
Marquis deGassiort; son freteà
épousé en 1708.la fille
de Mr Darmenonville. 1
MessireJacques Lynch;
Archevesque deTune, Metropolirainde
ta Province de
Conaughc en Irlande, ci devant
Aumônier honnoraire
de feu Charles Il. Roy dtECpagne,
mourut à Paris le zg.
oaobreJâgé-d'environ cene:
ans.
Le Prince de Toscane, fils
aîné du Grand Duc de Toscane,
mourut à Florence le 5.Odtobrc, âge de JI. ans,
après une longue maladie. Il
n'a pointeu d'enfans de son
mariage avec la Princesseon
epouse , soeur des Electeurs
de Baviere & de Cologne.
t McflireLéonde Mazoycr ,J
Seigneur de Verneuïl Moulinro>
n,&c.Gentil- homme ordmaire,&
Ecuyer de Madame
la Diuphinc, mourut en son
ChaftçaudeMoubgnonle ;
Novembre17?3.
Mr MarcAntoine Goder,
Marquis de Soudé, Chevalier
de l'Ordre MilitairedeSaine
Louis, cy devant Capitaine-
Lieutenant des Chevaux Legers
d'Anjou, mourut sans
alliance le 18. Novembre âgé.
de 41. ans.
1
Nicolas Chupin,Consc)'Iler-
Secretaire du Roy, & cydevant
Tresorier général du
Marc d'or des Ordres du Roy,
mourut le n. Novembre.
Mrr. Nicolas le Grain, Chevalier,
mourut le même jour
il. Novembre, âgé de 81.an,
laissant pour fille unique de
feuë Dame Anne Guyet, Dame
N. le Grain, mariée à Mr
Boucher d'Orçay, Maistredes
Requestes
,
fils du Conseiller
d'Etat.
Mte Antoine de Broiiilly,
Marquis d'Herleville,cy devant
Lieutenant général pour
le Roy, Gouverneurdes Province,
Ville & Citadelle de
Pignerol
, mourut aussile 21. Novembre..
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Résumé : MORTS.
Le texte relate plusieurs décès et biographies de personnalités notables. Armand Charles de la Porte, Duc de Rethel et Mazarin, Pair de France, Chevalier des Ordres du Roy et Lieutenant Général des Armées, est décédé le 9 novembre 1713 à l'âge de 82 ans. Il avait démissionné de la charge de Grand-Maître de l'Artillerie en 1669 et s'était retiré sur ses terres. Fils de Charles de la Porte, Duc de la Mesteraye, et de Marie Ruzé Deffiat, il avait épousé Hortense Mancini en 1661, fille de Laurent Mancini et de Hieronime Mazarin, et sœur du Cardinal Mazarin. À la suite de ce mariage, il avait pris le nom et les armes de Mazarin. De cette union naquirent Charles Jules Mazarin, Duc de la Mesteraye, Marie-Charlotte Mazarin, femme du Marquis de Richelieu, et Marie Olympe Mazarin, épouse du Marquis de Bellefonds. Messire Jean, Comte de Gassion, Lieutenant des Gardes du Corps du Roy, Lieutenant Général des Armées, Gouverneur de Mézières et Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, est décédé le 26 novembre. Il avait servi avec distinction en Allemagne et en Flandres. Fils de Jean de Gassion, Président à Mortier au Parlement de Pau, et de Marie Befrade, il était également neveu de Jean de Gassion, Maréchal de France. La famille de Gassion, très considérée en Béarn, descendait de Guillaume de Gassion, Sénéchal du Pays d'Olleran et de Sauvetat, et de Jean de Gassion, Procureur Général au Conseil Souverain de Béarn. Le texte mentionne également plusieurs autres décès notables, dont ceux de Messire Jacques Lynch, Archevêque de Tuam en Irlande, le Prince de Toscane, fils aîné du Grand Duc de Toscane, Monsieur Léon de Mazarin, Seigneur de Verneuil, Monsieur Marc-Antoine Goder, Marquis de Soudé, Nicolas Chupin, Conseiller-Secrétaire du Roy, Monsieur Nicolas le Grain, et Monsieur Antoine de Broilly, Marquis d'Herleville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2893
p. 254-266
Extrait de la Capitulation du Chasteau & des Forts de la Ville de Fribourg, accordée le 16. Novembre par Mr le Maréchal, Duc de Villars, commandant l'Armée du Roy.
Début :
Que le 20. Novembre sortiront des deux Châteaux & des [...]
Mots clefs :
Capitulation, Fribourg, Maréchal de Villars, Garnison, Lieutenant général, Canon, Mortier, Archives, Assiégés
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Extrait de la Capitulation du Chasteau & des Forts de la Ville de Fribourg, accordée le 16. Novembre par Mr le Maréchal, Duc de Villars, commandant l'Armée du Roy.
Extrait de la Capitulation du
' Cbajleau &des Forts dela
faille de Fribotttg
,
accordée
le i C, Novembrepar Mr le
Maréchala Duc de Villars
commandantl'Admit-, du
O ,'':- Ue le io. Novembre
forcironr desdeux Cbâ.
teaux & des Forts les deux
Garnisons, avec toutes les
marques d'honneur, fous le
Lieutenant général de Bataille
Baron de Wachtendonck, les
deux Commandans de Hanftem
& de Dominique
, tous
les Officiers, avec leurs Dpmeftiques&
équipages qui feront
conduits jusqu'au Camp
Imperial de Rotweïlen Sua-
Le, dans quatre ou cinq
jours. Que,;sixpicces de Canon,
marcheront à la teftc^fçavoir;
.trois,de douze,&trois df six
livres de balle; qe plus quatre
Mortiers decent, 4 trois de
soixanielivresavec la poudrare,
boulet*, bombes & atti-
raiUlss~aeeçccefÙlaaijrrcessppoourur tirer cinquante
coups, aussi bien que
pour toute l'Infanterie & les
Dragons;& pour chaque
Grenadier cinq grenades.
Que cette marche commencera
par les équipages
suffisamment efcorrcz, qu'on
rendra le jour
-
d'auparavant
tous les équipages pris dans la
Ville, meubles & hardes, &
autres; qu'on rendra de bonne
foy tous les chevaux pris
& tource quiappartientàcette
garnison
,
& que la quantité
de chevaux & chariots
dont on a besoin fera fournie
gratis pour le transport jusqu'audit
Rotweil.
Qu'on emmencra librement
tous les Documents &
Ecrits qui font dans les deui
Châteaux concernant les Archlves,
& d'y pouvoir join*
dre ce qui pourroit efire de
plus dans la Ville appartenant
à cela.
Que cous ceux qui voudront
sortir de Fribourg foit presentement
ou dans l'espace de
troismois, comme cela ro
comprend dans toutes les Capitulations
d'honneur, il
leur foit permis, de vendre"
leurs biens - & d'emmener leurs
bagages
j avec les Paflfeports necc:& queJdans ccc
aitick puiflefu cftre/compris
Mrsde ta-Rcgenoe,&c.
- Que lesOfficiers &soldats
malades .& blessez puissent
rester à Fribourg, logez grads.
cbez.les,Bburgeoisravec
les Chirurgiens & autres, pout
cfsfetvir, recevant leur pain
dcïla.farinelaâffée pour ce
fitjet, Çivlesraedjcaraen^idi
mème>, jufipàce;qu'ils
firent en état de partir avec
Passeportspour se rendre à. leursCorps.*
;.
Quetousprisonnierstant -- -
ceuxqui ont csté- lignesyquependantlesiege,
.& cous ceuxqui sont restez
danslaVille, feront rendus,
avec leurs habits & armes.Il
nesera point permis en fortant
de tirer aucun foldac
hors de son rang ou de lccLébaucher
, excepté les defefteurs.
Qu'onmontrera de bonne
foy toutes les minesxtouïg^
l'artillerie &tous les tvivrcs"
qui sontdans les deuxChaf-
, teaux.
, - Que la garnison fera
«
pourveuë de pain pourcinq
jours. ijulqujLRowcil : &
rconime les fours des ChaslVtaca,
uoxninellessulfffeeisrean.tcupiarsepdoaunrslcae- Quelesdettescontra"-,\:f
par lesOfficiers ou--auticsi,
dont-oa^exceptelesvinyja -
viande,le bois& cequ'ila
fallu prendre pour la nourriture
du soldat, & l'usage du
siege ,ce qui ne paye pas, on -
laissera pour les deux premieresclasses
le sieur Dalberdoff,
premier Commissaire
des guerresen ostage, jusqu'à
ce qu'on aurasatisfait,
& on n'éxigera point d'autres
ostages parmi les Officiers.
Qu'aussi-tost la presente
Capitulation fignéc ,on envoyeraun
courier au Prince
EugenedeSavoye, & autre
, pour avertir de la marche
decettegarnison, à
^atvrcil, ( •:: • Qu'oncedera enattendant
la sortie
,
le petit Ouvrage
,,qui est devant la porte de
ceChasteauàlamoitié dela
contrescarpe verslaVille:au
Fort S. Pierre, l'Ouvrage £
, corne&laRedouteattaqué,
^aueiid^flc ^;ciue tca)~ f
deuxôtagespour N4'Jtë LieutenantColonel
Iberaker,&
Mr le Lieutenant Colonel cPErp#<-Jf..1
La Garnison 'n'tfflpfortifc
que le 2.2.ï£aufe3dunY^tfvrfs
temps. Elle ¡ estoit iëltipofefc
ec prés dé?f£|>tVrtitfehbfenm^s»,
& étoit de treize milleau
tommcncerhent du SkgÊJ
Le 31 Octobre Mrle Comte
d'AttatjnattLleàtèriirtft ~~raf~A~~aa~~
^ftWnt1CIÉjètir' àrîtetrâtid^efe
^cfrtbotrtg/fîrattaquer par
d^drcii^Mttnïrèirt le Maré-
^hàtdcrViîfets fàPdcitt(i^ltmë>
laquelle sur emportée dans
l'instant par la valeur des
Troupes, quoy que deffenduë
par cent cinquante hommes
des ennemis qui futent tous
tuez ou pris.
Le lendemain matin on vit
un Drapeau suc labréche, 64
danslemoment Mr le Çrîfticd
d'Artagnan l'estant allé reconnoistre,
s'en saisit, & des
autrespostes. Il entraensuite
dans laville avec quatreCom
pagniesde Grenadiers, & donna
de sibons ordres qu'il
sauva le pillage. Le Baron
d'Arsch,Gouverneur dtJEti4
bourg, envoya le sieur de
Wlinkfoton au Prince Eugene
en son Camp de Mulberg
, il revint le 10. Novembre
au soir. Le lendemain,
le Baron d'Arsch l'envoya au
Maréchal de Villars, auquel il
proposa les conditions pour
la Capitulation du Chasteau
& des Forts, dont une partie
fut refusée. Surqupy le Baron
d'Arsch ayant fait sçavoir
qu'iln'avoit pasun Pouvoir
aâèr grand du Prince Eugene
pour conclurreàd'autres
conditions,demandapermisÛoA&
renvoyerkn}craeùof
sicier
sicier au Prince Eugcne
, ce
qu'onluy accorda. La suspension
d'armes fut prolongée
jusqu'au 15 àcondition que
les Assiegezmettroienttoutes
chosesen état pour l'attaque
du Chasteau& des Forts. On
mit enbatterie vingt-huit
mortiers« & soixantepiSeces de
canon, & on pouffa des
boyaux de communication
aux endroits necessaires. Les
Assiegez voyoient faire tous
ces travaux sans s'y opposer.
Ils envoyoient du Chasteau
des provisions aux malades
& blessez, aux soldats, aux
femmes & aux enfans & aux
valets qu'ilsavoient abandonnez
dans la Ville. Le 13.
Novembre le feu Ce mit par
accident à l'Arsenal de la Ville,
lequel a esté brûlé.
' Cbajleau &des Forts dela
faille de Fribotttg
,
accordée
le i C, Novembrepar Mr le
Maréchala Duc de Villars
commandantl'Admit-, du
O ,'':- Ue le io. Novembre
forcironr desdeux Cbâ.
teaux & des Forts les deux
Garnisons, avec toutes les
marques d'honneur, fous le
Lieutenant général de Bataille
Baron de Wachtendonck, les
deux Commandans de Hanftem
& de Dominique
, tous
les Officiers, avec leurs Dpmeftiques&
équipages qui feront
conduits jusqu'au Camp
Imperial de Rotweïlen Sua-
Le, dans quatre ou cinq
jours. Que,;sixpicces de Canon,
marcheront à la teftc^fçavoir;
.trois,de douze,&trois df six
livres de balle; qe plus quatre
Mortiers decent, 4 trois de
soixanielivresavec la poudrare,
boulet*, bombes & atti-
raiUlss~aeeçccefÙlaaijrrcessppoourur tirer cinquante
coups, aussi bien que
pour toute l'Infanterie & les
Dragons;& pour chaque
Grenadier cinq grenades.
Que cette marche commencera
par les équipages
suffisamment efcorrcz, qu'on
rendra le jour
-
d'auparavant
tous les équipages pris dans la
Ville, meubles & hardes, &
autres; qu'on rendra de bonne
foy tous les chevaux pris
& tource quiappartientàcette
garnison
,
& que la quantité
de chevaux & chariots
dont on a besoin fera fournie
gratis pour le transport jusqu'audit
Rotweil.
Qu'on emmencra librement
tous les Documents &
Ecrits qui font dans les deui
Châteaux concernant les Archlves,
& d'y pouvoir join*
dre ce qui pourroit efire de
plus dans la Ville appartenant
à cela.
Que cous ceux qui voudront
sortir de Fribourg foit presentement
ou dans l'espace de
troismois, comme cela ro
comprend dans toutes les Capitulations
d'honneur, il
leur foit permis, de vendre"
leurs biens - & d'emmener leurs
bagages
j avec les Paflfeports necc:& queJdans ccc
aitick puiflefu cftre/compris
Mrsde ta-Rcgenoe,&c.
- Que lesOfficiers &soldats
malades .& blessez puissent
rester à Fribourg, logez grads.
cbez.les,Bburgeoisravec
les Chirurgiens & autres, pout
cfsfetvir, recevant leur pain
dcïla.farinelaâffée pour ce
fitjet, Çivlesraedjcaraen^idi
mème>, jufipàce;qu'ils
firent en état de partir avec
Passeportspour se rendre à. leursCorps.*
;.
Quetousprisonnierstant -- -
ceuxqui ont csté- lignesyquependantlesiege,
.& cous ceuxqui sont restez
danslaVille, feront rendus,
avec leurs habits & armes.Il
nesera point permis en fortant
de tirer aucun foldac
hors de son rang ou de lccLébaucher
, excepté les defefteurs.
Qu'onmontrera de bonne
foy toutes les minesxtouïg^
l'artillerie &tous les tvivrcs"
qui sontdans les deuxChaf-
, teaux.
, - Que la garnison fera
«
pourveuë de pain pourcinq
jours. ijulqujLRowcil : &
rconime les fours des ChaslVtaca,
uoxninellessulfffeeisrean.tcupiarsepdoaunrslcae- Quelesdettescontra"-,\:f
par lesOfficiers ou--auticsi,
dont-oa^exceptelesvinyja -
viande,le bois& cequ'ila
fallu prendre pour la nourriture
du soldat, & l'usage du
siege ,ce qui ne paye pas, on -
laissera pour les deux premieresclasses
le sieur Dalberdoff,
premier Commissaire
des guerresen ostage, jusqu'à
ce qu'on aurasatisfait,
& on n'éxigera point d'autres
ostages parmi les Officiers.
Qu'aussi-tost la presente
Capitulation fignéc ,on envoyeraun
courier au Prince
EugenedeSavoye, & autre
, pour avertir de la marche
decettegarnison, à
^atvrcil, ( •:: • Qu'oncedera enattendant
la sortie
,
le petit Ouvrage
,,qui est devant la porte de
ceChasteauàlamoitié dela
contrescarpe verslaVille:au
Fort S. Pierre, l'Ouvrage £
, corne&laRedouteattaqué,
^aueiid^flc ^;ciue tca)~ f
deuxôtagespour N4'Jtë LieutenantColonel
Iberaker,&
Mr le Lieutenant Colonel cPErp#<-Jf..1
La Garnison 'n'tfflpfortifc
que le 2.2.ï£aufe3dunY^tfvrfs
temps. Elle ¡ estoit iëltipofefc
ec prés dé?f£|>tVrtitfehbfenm^s»,
& étoit de treize milleau
tommcncerhent du SkgÊJ
Le 31 Octobre Mrle Comte
d'AttatjnattLleàtèriirtft ~~raf~A~~aa~~
^ftWnt1CIÉjètir' àrîtetrâtid^efe
^cfrtbotrtg/fîrattaquer par
d^drcii^Mttnïrèirt le Maré-
^hàtdcrViîfets fàPdcitt(i^ltmë>
laquelle sur emportée dans
l'instant par la valeur des
Troupes, quoy que deffenduë
par cent cinquante hommes
des ennemis qui futent tous
tuez ou pris.
Le lendemain matin on vit
un Drapeau suc labréche, 64
danslemoment Mr le Çrîfticd
d'Artagnan l'estant allé reconnoistre,
s'en saisit, & des
autrespostes. Il entraensuite
dans laville avec quatreCom
pagniesde Grenadiers, & donna
de sibons ordres qu'il
sauva le pillage. Le Baron
d'Arsch,Gouverneur dtJEti4
bourg, envoya le sieur de
Wlinkfoton au Prince Eugene
en son Camp de Mulberg
, il revint le 10. Novembre
au soir. Le lendemain,
le Baron d'Arsch l'envoya au
Maréchal de Villars, auquel il
proposa les conditions pour
la Capitulation du Chasteau
& des Forts, dont une partie
fut refusée. Surqupy le Baron
d'Arsch ayant fait sçavoir
qu'iln'avoit pasun Pouvoir
aâèr grand du Prince Eugene
pour conclurreàd'autres
conditions,demandapermisÛoA&
renvoyerkn}craeùof
sicier
sicier au Prince Eugcne
, ce
qu'onluy accorda. La suspension
d'armes fut prolongée
jusqu'au 15 àcondition que
les Assiegezmettroienttoutes
chosesen état pour l'attaque
du Chasteau& des Forts. On
mit enbatterie vingt-huit
mortiers« & soixantepiSeces de
canon, & on pouffa des
boyaux de communication
aux endroits necessaires. Les
Assiegez voyoient faire tous
ces travaux sans s'y opposer.
Ils envoyoient du Chasteau
des provisions aux malades
& blessez, aux soldats, aux
femmes & aux enfans & aux
valets qu'ilsavoient abandonnez
dans la Ville. Le 13.
Novembre le feu Ce mit par
accident à l'Arsenal de la Ville,
lequel a esté brûlé.
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Résumé : Extrait de la Capitulation du Chasteau & des Forts de la Ville de Fribourg, accordée le 16. Novembre par Mr le Maréchal, Duc de Villars, commandant l'Armée du Roy.
Le 10 novembre, le Maréchal Duc de Villars accorda la capitulation des châteaux et forts de Fribourg. Les garnisons, dirigées par le Baron de Wachtendonck, les Commandants de Hanftem et de Dominique, ainsi que tous les officiers et leurs équipages, reçurent l'autorisation de se rendre au camp impérial de Rotweil en quatre ou cinq jours. Six pièces de canon et quatre mortiers furent remis aux assiégeants, accompagnés de munitions suffisantes pour cinquante coups. Les équipages et les biens pris dans la ville furent rendus, et des chevaux et chariots furent fournis gratuitement pour le transport. Les documents et archives purent également être emportés. Les officiers et soldats malades ou blessés furent autorisés à rester à Fribourg, logés chez les bourgeois, avec des chirurgiens et des provisions. Les prisonniers furent libérés avec leurs habits et armes. Toutes les mines, l'artillerie et les travaux de défense furent montrés aux assiégeants. La garnison fut approvisionnée en pain pour cinq jours. La capitulation fut signée et un courrier fut envoyé au Prince Eugène de Savoie pour l'informer de la marche de la garnison. La garnison du château, fortifiée récemment, comptait environ treize mille hommes. Le 31 octobre, le Comte d'Attainville attaqua Fribourg, défendue par cent cinquante hommes, tous tués ou pris. Le lendemain, le Comte d'Artagnan entra dans la ville avec des grenadiers et évita le pillage. Le Baron d'Arsch, gouverneur de Fribourg, négocia les conditions de la capitulation avec le Maréchal de Villars. La suspension des armes fut prolongée jusqu'au 15 novembre, permettant aux assiégeants de préparer l'attaque. Le 13 novembre, un incendie détruisit l'arsenal de la ville.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2894
p. 266-279
Supplement aux Nouvelles.
Début :
On mande de Vienne que les maladies diminuënt de jour [...]
Mots clefs :
Andrinople, Vienne, Bavière, Tsar, Troupes, Capitulations , Flotte danoise , Prusse, La Havane, Naples
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Supplement aux Nouvelles.
Supplement aux Nouvelles.
On mande de Vienne que
les maladies diminuënt de
jour en jour, que l'Archiduc
a fait écrire aux Seigneurs
quis'estoient retirez àlacampagne,
de revenir à Vienne;
que le Regiment de Bareith
quicampoit aux environs de
cette Ville
,
s'estoit mis en
marche pour aller prendre des
quartiers d'hyver en Baviere.
Les Lettres d'Andrinople
du 3. Otlobrc portent que
les Ambassadeurs du Czar
avoient demandé leur Audience
de congé
,
qu'ils avoient
esté envoyez au Reïs
Effendi, ou Chancelier, qui
leur demanda s'ilsn'avoient
reçu aucune réponse de leur
Maistre sur diverses demandes
qu'on leur avoit faites,
entr'autres du payement du
tribut au Kam des Tartares
que les Mofcovitcs avoient
autrefois accoûtumé de luy
payer, & de la cessiond'une
partie de l'Ukraine ; que les
Ambassadeurs Moscovitesavoient
répondu qu'il n'avoient
reçu aucun ordre sur
ce sujet, mais qu'ils s'engageoient
d'envoyer un Courrier
au Czar pour sçavoir sa
resolution ; que sur cette réponse
les Turcsavoienr fait
remener les Ambassadeurs à
Constantinople pour estre dt
nouveau enfermez dans le
Chasteau des Sept- Tours, 6
que le Palatin de Masov
Ambassadeur de Pologne &
l'Envoyé du RoyAuguste
estoient gardez chezeux fort
éttroitement. Ces mêmes Lettre
s portent que le Rcïs Efsends
estoitallé deux fois rendre
visite au Roy de Suede à
Demir Tocca,qu'illuy avoic
offert del'araent & toute forte
*d'assistance de la part du
Sultan. On écrit de Ham-
»
bourg que les Troupes Danoises
qui gardoient les ave.
nuës de certc Ville,s-'estoient
retirées à Octensen ; de sorte
que la communicationest prélentement
libre avec la Ville
d'Alrena; que la marche des
Troupes Prussiennes qui devoient
venir en ces quartiers
a esté diversée : cc quidonne
sujetde croire que les différends
touchant larectitution
des Etats de Holstein-Gortorp
feront bien-tost terminez.
Les Lettres de Coppenhague
portent que le Roy de
DannemarcK estoit fort mécontent
du Traité conclu
pour mettre en sequestre les
Places de Pomeranie,qu'il en
avoit écrit au Czar, qui luy
avoit répondu qu'il ne se féparcroic
jamais de son allian-
«
ce ; & qu'il rcnvoyeroit les
Trupes en cas qu'il en eue
besoin; que la Flotte Danoise
ayant esté informée que
neuf gros Vaisseaux Suédois
paroissoient en mer, avoit
voulu lever l'anchre pour les
aller combattre ; mais qu'elle
en avoit esté empechéc par
les vents contraires qu'un
Bàstiment chargé de vivres
pour la Flotte estoit péri avec
treize hommes par le mauvais
temps.
Celles de Berlin du 8 Novembre
, portent que le Roy
de Prusse dans un Conseil de
Guerre avoir resolu d'envoyer
dans le Holstein pour
faire leBlocus de Tonningen,
une Armés de vingtmille
hommes
,
composée de douze
mille Fantassins, de cinq
mille chevaux & de trois mille
Dragons de ses meilleures
Troupes, commandées par
le Prince d'Anhate Dessau
,
ayant fous luy pour Généreux
de la Cavalerie
,
les Lieutanans
Généraux Gatzmer &
Doifling
, avec les Majors
généraux Hakkeborn, Panncwicz,
Grotte & Sibourg;
& pour Généraux de 1 Infanterie,
les Lieutenans Généraux,
Arnheime, Finch
, avec
les Majors généraux Lilren,
Gestorf,Leben & Cameke;
que le Roy de Prusse estoit
venu à Brandebourg pour
voir passeren revue les Troupes
qui dévoient semettre en
marche le 24.avec trente picces
de Canon.
On écrit de Madrid que
Don Francisco Tinajero a
presenté un Projet pour établir
une fabi ique de Vaisseaux
de guerre à la Havane, dans
l'Isle de Cuba,où en quatre
ansil en fera construit dix de
soixante pieces de Canon chacun
; que ce Projet a eslé approuve
par le Roy, quiaassigné
pour commencercent
quatre-vingt mille piastresde
revenu de la Nouvelle Espagne,
&il a donné la direction
de cette Fabrique à Don Manuel
Lopez Pintado, Commandant
l'Escadre qui doit
estre à present sortie deCadiz
pour bloquer le Port de Barcelone.
Toutes les Lettres de
Catalogne confirment que
Nebot & ses Compagnons
avoient esté emprisonnez à
Barcelone, & que les Volontaires
& les uiquelets écha-
- pez aprés sa défaite,s'estoient
sauvez, partie dans le Château
de Cardonne, & le reste
Ve rsles Frontières d'Arragon,
où un de leur parti avoit
estédéfait par les Troupes
du Roy. On mande de Naples,
qu'on ramassoit plusieursTartanes
&Bastimens
de transport sur lesquelles
doivent estre embarquez
leursRegimens Espagnols,
qui estoient dans cette Ville,
& estre conduits d'abord
à Mansredonia, & de
la tranfportcz sur les Côtes
de l'obéisance de la Maison
d'Autriche.
Les Lettres d'Angleterre
portent pue Mylord Dunmore
a esté fait Colonel du troisiéme
Rrgiment des Gardes
de la Reine ,à la place du
Comte de Lot hian, & le Colonel
Liconier,Gouverneur
du Fort S Philippe dans Mlle
de Minorque ; que les équipages
de trente Vaisseaux de
guerre avoienresté payées &
congédiées, & les trente Capitaines
mis à la demi paye, aprèsavoiresté payez &
congédiez:que le Comte de
Straford, Pléni potentiaire de
la Reine à Utrecht arriva de
Hollande à Londres avec la
Comtesse, son épouse, qu'il
avoit rendu compte à la Reine
de sesNegoriatoins, particulièrement
en ce qui regarde
les Pays Bas Catoliques, dont
Sa Majesté prétend avoir l'administration
conjointement
avec les Etats Generaux, jusqu'à
ce qu'ils soient remis à
l'Archiduc après laconclusion
de la Paix generale. Que depuis
la démolition d'une partie
des Fortifications de Dankerque
, on a envoyé or dre à
la pluspart des Troupes qui
y estoientd'aller joindre celles
qui font en garnison à
Bruges & à Gand.
On mande de la Haye que
le traité de Paix entre l'Espagne
& cet Etat est fort avancé
qu'on atrend que le courier
envoyé & qui doit arriver
dans peu, pour le conclure.
Que le Marquis de
Chameau- Neuf& les autres
Ministres Etrangers ont souvent
des conferences avec les
Deputez des Etats Generaux;
que le sieur Bruys nommé à
l'Ambassade de France se preparoit
à partir, qu'il n'attendoit
que le retour du sieur
Goslinga son Collsgue, qui
est allé en Frise, d'où il doit
revenir incessamment.
Les Lettres de Cologne du
17.Novembre portent que le
14 le Major de Vesel avoit
passé à Kempen avec trois
cent hommes pour aller à
Liege, recevoir & escorter dix
huit mille fusils & huit mille
paires de pistolets que le Roy
de Prusse y a fait fabriquer.
On mande de Vienne que
les maladies diminuënt de
jour en jour, que l'Archiduc
a fait écrire aux Seigneurs
quis'estoient retirez àlacampagne,
de revenir à Vienne;
que le Regiment de Bareith
quicampoit aux environs de
cette Ville
,
s'estoit mis en
marche pour aller prendre des
quartiers d'hyver en Baviere.
Les Lettres d'Andrinople
du 3. Otlobrc portent que
les Ambassadeurs du Czar
avoient demandé leur Audience
de congé
,
qu'ils avoient
esté envoyez au Reïs
Effendi, ou Chancelier, qui
leur demanda s'ilsn'avoient
reçu aucune réponse de leur
Maistre sur diverses demandes
qu'on leur avoit faites,
entr'autres du payement du
tribut au Kam des Tartares
que les Mofcovitcs avoient
autrefois accoûtumé de luy
payer, & de la cessiond'une
partie de l'Ukraine ; que les
Ambassadeurs Moscovitesavoient
répondu qu'il n'avoient
reçu aucun ordre sur
ce sujet, mais qu'ils s'engageoient
d'envoyer un Courrier
au Czar pour sçavoir sa
resolution ; que sur cette réponse
les Turcsavoienr fait
remener les Ambassadeurs à
Constantinople pour estre dt
nouveau enfermez dans le
Chasteau des Sept- Tours, 6
que le Palatin de Masov
Ambassadeur de Pologne &
l'Envoyé du RoyAuguste
estoient gardez chezeux fort
éttroitement. Ces mêmes Lettre
s portent que le Rcïs Efsends
estoitallé deux fois rendre
visite au Roy de Suede à
Demir Tocca,qu'illuy avoic
offert del'araent & toute forte
*d'assistance de la part du
Sultan. On écrit de Ham-
»
bourg que les Troupes Danoises
qui gardoient les ave.
nuës de certc Ville,s-'estoient
retirées à Octensen ; de sorte
que la communicationest prélentement
libre avec la Ville
d'Alrena; que la marche des
Troupes Prussiennes qui devoient
venir en ces quartiers
a esté diversée : cc quidonne
sujetde croire que les différends
touchant larectitution
des Etats de Holstein-Gortorp
feront bien-tost terminez.
Les Lettres de Coppenhague
portent que le Roy de
DannemarcK estoit fort mécontent
du Traité conclu
pour mettre en sequestre les
Places de Pomeranie,qu'il en
avoit écrit au Czar, qui luy
avoit répondu qu'il ne se féparcroic
jamais de son allian-
«
ce ; & qu'il rcnvoyeroit les
Trupes en cas qu'il en eue
besoin; que la Flotte Danoise
ayant esté informée que
neuf gros Vaisseaux Suédois
paroissoient en mer, avoit
voulu lever l'anchre pour les
aller combattre ; mais qu'elle
en avoit esté empechéc par
les vents contraires qu'un
Bàstiment chargé de vivres
pour la Flotte estoit péri avec
treize hommes par le mauvais
temps.
Celles de Berlin du 8 Novembre
, portent que le Roy
de Prusse dans un Conseil de
Guerre avoir resolu d'envoyer
dans le Holstein pour
faire leBlocus de Tonningen,
une Armés de vingtmille
hommes
,
composée de douze
mille Fantassins, de cinq
mille chevaux & de trois mille
Dragons de ses meilleures
Troupes, commandées par
le Prince d'Anhate Dessau
,
ayant fous luy pour Généreux
de la Cavalerie
,
les Lieutanans
Généraux Gatzmer &
Doifling
, avec les Majors
généraux Hakkeborn, Panncwicz,
Grotte & Sibourg;
& pour Généraux de 1 Infanterie,
les Lieutenans Généraux,
Arnheime, Finch
, avec
les Majors généraux Lilren,
Gestorf,Leben & Cameke;
que le Roy de Prusse estoit
venu à Brandebourg pour
voir passeren revue les Troupes
qui dévoient semettre en
marche le 24.avec trente picces
de Canon.
On écrit de Madrid que
Don Francisco Tinajero a
presenté un Projet pour établir
une fabi ique de Vaisseaux
de guerre à la Havane, dans
l'Isle de Cuba,où en quatre
ansil en fera construit dix de
soixante pieces de Canon chacun
; que ce Projet a eslé approuve
par le Roy, quiaassigné
pour commencercent
quatre-vingt mille piastresde
revenu de la Nouvelle Espagne,
&il a donné la direction
de cette Fabrique à Don Manuel
Lopez Pintado, Commandant
l'Escadre qui doit
estre à present sortie deCadiz
pour bloquer le Port de Barcelone.
Toutes les Lettres de
Catalogne confirment que
Nebot & ses Compagnons
avoient esté emprisonnez à
Barcelone, & que les Volontaires
& les uiquelets écha-
- pez aprés sa défaite,s'estoient
sauvez, partie dans le Château
de Cardonne, & le reste
Ve rsles Frontières d'Arragon,
où un de leur parti avoit
estédéfait par les Troupes
du Roy. On mande de Naples,
qu'on ramassoit plusieursTartanes
&Bastimens
de transport sur lesquelles
doivent estre embarquez
leursRegimens Espagnols,
qui estoient dans cette Ville,
& estre conduits d'abord
à Mansredonia, & de
la tranfportcz sur les Côtes
de l'obéisance de la Maison
d'Autriche.
Les Lettres d'Angleterre
portent pue Mylord Dunmore
a esté fait Colonel du troisiéme
Rrgiment des Gardes
de la Reine ,à la place du
Comte de Lot hian, & le Colonel
Liconier,Gouverneur
du Fort S Philippe dans Mlle
de Minorque ; que les équipages
de trente Vaisseaux de
guerre avoienresté payées &
congédiées, & les trente Capitaines
mis à la demi paye, aprèsavoiresté payez &
congédiez:que le Comte de
Straford, Pléni potentiaire de
la Reine à Utrecht arriva de
Hollande à Londres avec la
Comtesse, son épouse, qu'il
avoit rendu compte à la Reine
de sesNegoriatoins, particulièrement
en ce qui regarde
les Pays Bas Catoliques, dont
Sa Majesté prétend avoir l'administration
conjointement
avec les Etats Generaux, jusqu'à
ce qu'ils soient remis à
l'Archiduc après laconclusion
de la Paix generale. Que depuis
la démolition d'une partie
des Fortifications de Dankerque
, on a envoyé or dre à
la pluspart des Troupes qui
y estoientd'aller joindre celles
qui font en garnison à
Bruges & à Gand.
On mande de la Haye que
le traité de Paix entre l'Espagne
& cet Etat est fort avancé
qu'on atrend que le courier
envoyé & qui doit arriver
dans peu, pour le conclure.
Que le Marquis de
Chameau- Neuf& les autres
Ministres Etrangers ont souvent
des conferences avec les
Deputez des Etats Generaux;
que le sieur Bruys nommé à
l'Ambassade de France se preparoit
à partir, qu'il n'attendoit
que le retour du sieur
Goslinga son Collsgue, qui
est allé en Frise, d'où il doit
revenir incessamment.
Les Lettres de Cologne du
17.Novembre portent que le
14 le Major de Vesel avoit
passé à Kempen avec trois
cent hommes pour aller à
Liege, recevoir & escorter dix
huit mille fusils & huit mille
paires de pistolets que le Roy
de Prusse y a fait fabriquer.
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Résumé : Supplement aux Nouvelles.
Le document présente diverses nouvelles politiques et militaires. À Vienne, les maladies diminuent, permettant à l'archiduc de demander aux seigneurs de revenir en ville. Le régiment de Bareith se prépare à hiverner en Bavière. À Andrinople, les ambassadeurs du tsar ont demandé leur audience de congé et ont été renvoyés à Constantinople après avoir refusé de répondre aux demandes turques concernant le tribut et la cession de l'Ukraine. Le Palatin de Masovie et l'envoyé du roi Auguste sont également détenus. Le Reïs Effendi a rencontré le roi de Suède pour offrir son assistance. À Hambourg, les troupes danoises se sont retirées, permettant la libre communication avec Altona. Les troupes prussiennes destinées à ces quartiers ont changé de direction, suggérant une résolution prochaine des différends sur la restitution des États de Holstein-Gottorp. À Copenhague, le roi de Danemark exprime son mécontentement concernant un traité sur la Pomeranie et en a informé le tsar. La flotte danoise a tenté d'engager des vaisseaux suédois mais a été empêchée par des vents contraires. À Berlin, le roi de Prusse a décidé d'envoyer une armée de vingt mille hommes pour bloquer Tonningen. À Madrid, un projet pour construire des vaisseaux de guerre à La Havane a été approuvé. En Catalogne, Nebot et ses compagnons ont été emprisonnés, et les volontaires dispersés après leur défaite. À Naples, des préparatifs sont en cours pour transporter des régiments espagnols. En Angleterre, Lord Dunmore a été nommé colonel, et des équipages de vaisseaux de guerre ont été congédiés. Le comte de Strafford a rendu compte de ses négociations concernant les Pays-Bas catholiques. À La Haye, le traité de paix entre l'Espagne et les Pays-Bas est en cours de finalisation. À Cologne, un major a escorté des armes fabriquées par le roi de Prusse.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2895
p. 279-281
Nouvelles de Paris.
Début :
Le Roy a donné le Gouvernement d'Alsace, vacant par [...]
Mots clefs :
Alsace, Parlement, Gouvernement, Ambassade , Cardinal de Noailles, Angleterre, Duc d'Aumont
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de Paris.
Nouvelles de Paris.
Le Roy a donné le Gouvernement
d'Alsace, vacant
par la mort du Duc de Mazarin,
au Maréchal de Huxelles.
Le 1 3. Novembrel'ouverture
du Parlement se fit avec
les ceremonies ordinaires. La
Messe fut célébrée par l'Evêque
de Lavaur, qui fit enfuire
un compliment, auquel
le sieur de Mesmes, premier
President répondit fort éloquemmenr.
Le Duc d'Aumont en arrivé
de ion Ambassade d'Angleterre.
& il a salué Sa Majesté
qui l'a reçu très favoriblement.
Le 30. on chanta leTe
Deum dans l'Eglise Metro- j
politaine en Action de Gra- :
ces de la Prise de la Ville & f
les Forts de Fribourg. Le
Cardinal de Noailles,Arche-
Le Roy a donné le Gouvernement
d'Alsace, vacant
par la mort du Duc de Mazarin,
au Maréchal de Huxelles.
Le 1 3. Novembrel'ouverture
du Parlement se fit avec
les ceremonies ordinaires. La
Messe fut célébrée par l'Evêque
de Lavaur, qui fit enfuire
un compliment, auquel
le sieur de Mesmes, premier
President répondit fort éloquemmenr.
Le Duc d'Aumont en arrivé
de ion Ambassade d'Angleterre.
& il a salué Sa Majesté
qui l'a reçu très favoriblement.
Le 30. on chanta leTe
Deum dans l'Eglise Metro- j
politaine en Action de Gra- :
ces de la Prise de la Ville & f
les Forts de Fribourg. Le
Cardinal de Noailles,Arche-
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Résumé : Nouvelles de Paris.
Le roi a nommé le maréchal de Huxelles gouverneur d'Alsace. Le Parlement a été ouvert le 13 novembre avec des cérémonies traditionnelles. Le duc d'Aumont est revenu d'Angleterre. Le 30 novembre, un Te Deum a célébré la prise de Fribourg, présidé par le cardinal de Noailles.
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2896
p. S. P.
TABLE.
Début :
Dissertation sur la Musique Italienne & Françoise. Histoire Abregée des [...]
2897
p. 3-6
ETRENNES.
Début :
On donne au Public en étrenes un renouvellement de soins [...]
Mots clefs :
Mercure nouveau, Privilège, Associé, Public
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ETRENNES.
ETRENES.
N donne au Public
en étrenes un
renouvellemeT de
foins pour le Mercure,
DU plutôt un Mercure
hotiveau., celui de l'an
passéayant beaucoup
langui
, parce que l'auteur,
par des raisons
qu'il a dites les mois derniers
,
n'a pas pu s'y appliquer,
& n'a pu être
reconnu pour auteur
que parce que le privilege
cft en son nom.
Il a chargé du soin du
Mercure en general un
associé, qui contentera
le Public autant que le
Public peut être contenté
, c'està dire tantôl
,OUI, tantot non, & autant
que le peut permettre
un livre qui ne sçauroit
jamais contenter
tout le monde: ce qui
est, comme on sçait, la
définition du Mercure.
> L'auteur tâchera d'y
placer toujours quelque
petit morceau de lui,
Taille que vaille. Il n'a
pu y mettre que fort peu
de chose ce mois-ci
,
6C
lpu" riie les lesteurs de ne
rien attribuer que
quand il y meetra son
nom ou sa marque, qui
sera D, F. Il a ses raisons
pour donner cet avis.
Au reste, il lui paroic
qu'excepré exactitude
& quelques mémoires
recherchez qu'
on aura dans la fuite,
ceMercure-ci estpassa«
ble, au degré qu'un Mercure
doit l'être. C'estaù
Public à en juger.
N donne au Public
en étrenes un
renouvellemeT de
foins pour le Mercure,
DU plutôt un Mercure
hotiveau., celui de l'an
passéayant beaucoup
langui
, parce que l'auteur,
par des raisons
qu'il a dites les mois derniers
,
n'a pas pu s'y appliquer,
& n'a pu être
reconnu pour auteur
que parce que le privilege
cft en son nom.
Il a chargé du soin du
Mercure en general un
associé, qui contentera
le Public autant que le
Public peut être contenté
, c'està dire tantôl
,OUI, tantot non, & autant
que le peut permettre
un livre qui ne sçauroit
jamais contenter
tout le monde: ce qui
est, comme on sçait, la
définition du Mercure.
> L'auteur tâchera d'y
placer toujours quelque
petit morceau de lui,
Taille que vaille. Il n'a
pu y mettre que fort peu
de chose ce mois-ci
,
6C
lpu" riie les lesteurs de ne
rien attribuer que
quand il y meetra son
nom ou sa marque, qui
sera D, F. Il a ses raisons
pour donner cet avis.
Au reste, il lui paroic
qu'excepré exactitude
& quelques mémoires
recherchez qu'
on aura dans la fuite,
ceMercure-ci estpassa«
ble, au degré qu'un Mercure
doit l'être. C'estaù
Public à en juger.
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Résumé : ETRENNES.
Le texte annonce la publication d'un nouveau numéro du Mercure, un périodique. Le numéro précédent a été retardé en raison de l'indisponibilité de l'auteur, bien que son nom apparaisse grâce à un privilège accordé. Pour compenser cette situation, un associé a été chargé de la gestion générale du Mercure. L'auteur précise que cet associé ne pourra pas satisfaire tous les lecteurs, car un livre ne peut jamais contenter tout le monde, ce qui est la définition même du Mercure. L'auteur s'engage à inclure régulièrement une contribution personnelle, bien que celle-ci soit minimale pour ce mois-ci. Il avertit les lecteurs de n'attribuer aucun texte à son nom ou à sa marque, identifiée par les lettres D, F, sauf s'ils portent effectivement cette marque. Malgré ces limitations, l'auteur estime que ce numéro du Mercure est acceptable en termes de qualité et de contenu, et laisse au public le soin d'en juger.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2898
p. 7-26
ERUDITION SUR LES Etrenes. Par M. l'Abbé Ros***
Début :
Les anciens auteurs ne sont pas d'accord entre eux de [...]
Mots clefs :
Étrennes, Superstition, Romains, Coutumes, Strena, Tradition, Symbolisme, Dons, Nouvel an, Cérémonie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ERUDITION SUR LES Etrenes. Par M. l'Abbé Ros***
ERUDITION SUR LES
Etrenes.
Par M. ÏAbbèROF* * *
LEs anciens auteurs
ne
sont pas d'accord entre
eux de l'origine du nom
d'étrenes. Lesunsappellentétrenes
ce qu'on
donnedansunjourconsacré
pour souhaiter
quelque bonheur,& la
superstition des autres
tire ce bonheur de la su.
perstition des nombres.
Quetcjues-uns ne souhaitoientd'heureux
que le
troisiéme jour, &c ce
nombre de trois comprenait,
selon eux, tous
les jours su i vans. Âinsi
écrenes, selon eux,c'est
troisiémes,comme si tous
les jours de l'année dépendoient
du troisième.
Ainsi troisièmes c'est trenæ-'
auquel motajoûtant
la,lettreS,selon un ufa~
geancïcn, cela faitfirc-
D'autres font deriver
ce mot de la Déesse Stretinie
ou Strenuë. De la
forêt consacrée à cette
Décile sont venuës les
vervenes qui servoient
de présages à la nouvelle
année.Plusîeursauteurs
doutent que cette vervene
fût la même chose
que le gui chez nos Gaulois,
appelle le gui-l'anneuf.
Les Gentils ont fait
cette DeClle, qu'on as
adorée enfuire à Rome
fous le nom de Strenna,
après luy avoir élevé un
Temple dans lavoye sacrée
, vers le quarriéme
quartier de la ville, qui
regardoit la citadelle,
c'est à dire à peu prés ou
font situez à present les
Carmes,assez proche de
l'Amphiteatre Flavien
& du Temple de Vesta
, à côté de la colinc
du Mont Palatin.
On invoquoit Strenna
pour rendre la jeunesse
Romainecourageuse
; comme la Déesse
Agenorie pour l'exciter
à agir, & Stimule pour
lui inspirer la ruse &
ladresse : & en même
temps ils bannirent hors
-de la ville la Déesse du
repos, de peur quelle
n'inspirât la paresse aux
habitans.
Ils appelloicntceux
qur donnent des êtrenés
muneraires, comme
ceux qui faisoient represencer
& donnoient
des spectacles aux peupte:;.
Quintilien fait Augure
auteur de ce mot.
Les muneraires s'appelloient
avant lui les maîtres
des Jeux.
Ce qui distingue furtout
les presens consacrez
à Strenna, & qui
leur rend propre le nom
d'étrenes, c'cft quand on
se fait réciproquement
ces presens : cependant
on se donnoit en quelques
autres temps de
l'année des presens de
part & d'autre.
Ces étrenes commencerent
fous l'Empire des
Rois & des Consuls Romains.
Rome leur a donné
l'origine; & l'on donne
mal à propos le nom
d'étrenesaux dons des
Indiens, des Mages, des
Xemis, des Grecs, &Cc:
On a donne dans tous
les temps : mais l'idée
etrenes a commence
chez les Romains.
En Perse on appelle
les presens qu'on faisoit
aux Grands,saluts, parce
qu'en allant au devant
des Rois on leur
portoit de l'argent à pleines
mains. On honoroit
les Princes à force d'argent
en Judée, en Egypte
, &c. & on leur en
porto.it aussi à la nai-fsance
de leurs enfans,
sans que cela portât l'idée
detrenes.
Polidore écrit, parlant
des Romains &C des
Italiens, que les grands
Seigneurs ont coûtume
de donner au menu peuple
, les Papes auxPrinces
, aux Cardinaux &
auxEvesques. Peculus
Marius témoigne que
dans toutes les villes de
l'Italie, le premier de
Janvier les jeunes gens
faisoient de petits ouvrages
d'esprit par émulation,
comme nos écoliers,
à la loüange de
leurs parens, maîtres, protecteurs, &c. & leur
souhaitant la bonne année
en recevoient des
presens.
Marcellien, Donatus ,
& d'autres auteurs parlant
de Ferdinand Roy
deSicile &C deNaples,
dit qu'il dispensa au peuple
,aux jeunes étudians (
8C1
&.auxapprentifs lesmesmes
étrenes que ses predecesssurs
donnoient &
aux Princes & aux
Grands de la Cour, Se
que par cette nouvelle
manière de distribuer les
étrenes il s'acquit l'amitié
de ses peuples, qui
auparavant étoient furchargez
par les exactions
qu'on levoit sur
eux,pour donner des
étrenes magnifiques aux
grands Seigneurs..
Fjbrice de Padouë)
Philosophe & Medecin,
rapporte aussi que tous
les Italiens donnoient
les étrenes à leurs ensans
, les Medecins à
leurs malades, les Maîtres
à leursécoliers, 5C
tous à leurs domestiques,
en leur souhaitant la
bonne année,&qu'ily
avoit une autre sortede
presens quis'appelloient
la mancia ; d'où est venu
puut-estre ce que
nous appellons donner lamance.
Popinia parlant des
Suisses, dit qu'ils donnent
pour étrenes a leurs
enfans des gâteaux &
des pains molets, qu'ils
appellent hersetton ÔC
helsscggen, & que les
Paroissiens en font à
leurs Pasteurs qu'ils appellentlestuchin.
En Allemagne les superieurs
donnent les étrenes
à leurs inferieurs,
les inférieurs aux Cupe:
rieurs, & leségaux à
leurs égaux,& ils ont
entr'eux en ce temps-là
un grand commerce de
liberalitez 6c de reconnaissances.
Le peuple
fait ces fortes de presens
d'ordinaire precisément
au premier jour de l'an.
Au second ce font les
Magistrats, les Princes,
les Pasteurs, les Precepteurs
qui donnent les
étrenes aux parens de
ceux qu'ils élevent.
Au troisiéme jour ce
font les collegues qui
donnent à leurs collegnes
les étrenes, lesépoux
les donnent à leurs
épouses, les amis à leurs
amis;& ilsemble qu'ils
fassent attention à l'excellence
du troisiéme
jour, quisondoitlasuperstition
ancienne sur
les étrenes, pour le celebrer
par les étrenes du
coeur marquées dans les
societez, le mariage 6c
1l» 'a•ml itié.
La solemnité des étrenes
étoit commune aux
grands, aux moyens &
aux petits: mais lanature
des dons étoit differente
par rapport à la
difference des personnes
& à celle des temps. Elles
consistoient en quelqucs
fruits & herbages,
comme Emmach nous
le montre dans son dixiémelivre,
où il estdit
que T. Tabruz en donna
auxbraves Romains
&. Sabins; & c'étoit
alors une simple branche
de verveine, qui se
donnoient d'abord commeherbages
simples,
&qui devinrent un symbole
de la valeur & de
la victoire. Ensuite on fit succeder aux fruits
cruds les friandises &
fruitsconfits;ce qui subllifta
long-temps aprés sa
premiere institution: &
quand ils joignirent à
cela des palmes & du
miel, ils les donnoient
comme un symbole de
la paix publique & de
la paix, pour ainsidire,
privée, marquant par
le miel la douceur des
moeurs, qui cfl le plus
grand present que les
Dieux nous puissent faire
pour la societé.
L'usage del'or & de
l'argent, qui a succedé
à mesure que l'avarice
&
& l'ambition a gagné le
coeur des hommes, a
duré jusquànous. Cette
coûtume commence à
s'abolir parmi nous, non
pas par la diminution
de ces deux passions
mais , par la négligence
& la paresse où nous
sommes tombez sur tous
les devoirs gênans; & ce
ceremonial de la societé
en devient à la verité
plus aisé,plus commode,
mais aussi moins
affectueux &c moins
tendre; car ces petits
presens ne laissoient pas
de faire souvenir de l'amitié,
durespect &: de
l'attention que les hommes
doivent avoir les
uns pour les autres.
Article des Enigmes.
Etrenes.
Par M. ÏAbbèROF* * *
LEs anciens auteurs
ne
sont pas d'accord entre
eux de l'origine du nom
d'étrenes. Lesunsappellentétrenes
ce qu'on
donnedansunjourconsacré
pour souhaiter
quelque bonheur,& la
superstition des autres
tire ce bonheur de la su.
perstition des nombres.
Quetcjues-uns ne souhaitoientd'heureux
que le
troisiéme jour, &c ce
nombre de trois comprenait,
selon eux, tous
les jours su i vans. Âinsi
écrenes, selon eux,c'est
troisiémes,comme si tous
les jours de l'année dépendoient
du troisième.
Ainsi troisièmes c'est trenæ-'
auquel motajoûtant
la,lettreS,selon un ufa~
geancïcn, cela faitfirc-
D'autres font deriver
ce mot de la Déesse Stretinie
ou Strenuë. De la
forêt consacrée à cette
Décile sont venuës les
vervenes qui servoient
de présages à la nouvelle
année.Plusîeursauteurs
doutent que cette vervene
fût la même chose
que le gui chez nos Gaulois,
appelle le gui-l'anneuf.
Les Gentils ont fait
cette DeClle, qu'on as
adorée enfuire à Rome
fous le nom de Strenna,
après luy avoir élevé un
Temple dans lavoye sacrée
, vers le quarriéme
quartier de la ville, qui
regardoit la citadelle,
c'est à dire à peu prés ou
font situez à present les
Carmes,assez proche de
l'Amphiteatre Flavien
& du Temple de Vesta
, à côté de la colinc
du Mont Palatin.
On invoquoit Strenna
pour rendre la jeunesse
Romainecourageuse
; comme la Déesse
Agenorie pour l'exciter
à agir, & Stimule pour
lui inspirer la ruse &
ladresse : & en même
temps ils bannirent hors
-de la ville la Déesse du
repos, de peur quelle
n'inspirât la paresse aux
habitans.
Ils appelloicntceux
qur donnent des êtrenés
muneraires, comme
ceux qui faisoient represencer
& donnoient
des spectacles aux peupte:;.
Quintilien fait Augure
auteur de ce mot.
Les muneraires s'appelloient
avant lui les maîtres
des Jeux.
Ce qui distingue furtout
les presens consacrez
à Strenna, & qui
leur rend propre le nom
d'étrenes, c'cft quand on
se fait réciproquement
ces presens : cependant
on se donnoit en quelques
autres temps de
l'année des presens de
part & d'autre.
Ces étrenes commencerent
fous l'Empire des
Rois & des Consuls Romains.
Rome leur a donné
l'origine; & l'on donne
mal à propos le nom
d'étrenesaux dons des
Indiens, des Mages, des
Xemis, des Grecs, &Cc:
On a donne dans tous
les temps : mais l'idée
etrenes a commence
chez les Romains.
En Perse on appelle
les presens qu'on faisoit
aux Grands,saluts, parce
qu'en allant au devant
des Rois on leur
portoit de l'argent à pleines
mains. On honoroit
les Princes à force d'argent
en Judée, en Egypte
, &c. & on leur en
porto.it aussi à la nai-fsance
de leurs enfans,
sans que cela portât l'idée
detrenes.
Polidore écrit, parlant
des Romains &C des
Italiens, que les grands
Seigneurs ont coûtume
de donner au menu peuple
, les Papes auxPrinces
, aux Cardinaux &
auxEvesques. Peculus
Marius témoigne que
dans toutes les villes de
l'Italie, le premier de
Janvier les jeunes gens
faisoient de petits ouvrages
d'esprit par émulation,
comme nos écoliers,
à la loüange de
leurs parens, maîtres, protecteurs, &c. & leur
souhaitant la bonne année
en recevoient des
presens.
Marcellien, Donatus ,
& d'autres auteurs parlant
de Ferdinand Roy
deSicile &C deNaples,
dit qu'il dispensa au peuple
,aux jeunes étudians (
8C1
&.auxapprentifs lesmesmes
étrenes que ses predecesssurs
donnoient &
aux Princes & aux
Grands de la Cour, Se
que par cette nouvelle
manière de distribuer les
étrenes il s'acquit l'amitié
de ses peuples, qui
auparavant étoient furchargez
par les exactions
qu'on levoit sur
eux,pour donner des
étrenes magnifiques aux
grands Seigneurs..
Fjbrice de Padouë)
Philosophe & Medecin,
rapporte aussi que tous
les Italiens donnoient
les étrenes à leurs ensans
, les Medecins à
leurs malades, les Maîtres
à leursécoliers, 5C
tous à leurs domestiques,
en leur souhaitant la
bonne année,&qu'ily
avoit une autre sortede
presens quis'appelloient
la mancia ; d'où est venu
puut-estre ce que
nous appellons donner lamance.
Popinia parlant des
Suisses, dit qu'ils donnent
pour étrenes a leurs
enfans des gâteaux &
des pains molets, qu'ils
appellent hersetton ÔC
helsscggen, & que les
Paroissiens en font à
leurs Pasteurs qu'ils appellentlestuchin.
En Allemagne les superieurs
donnent les étrenes
à leurs inferieurs,
les inférieurs aux Cupe:
rieurs, & leségaux à
leurs égaux,& ils ont
entr'eux en ce temps-là
un grand commerce de
liberalitez 6c de reconnaissances.
Le peuple
fait ces fortes de presens
d'ordinaire precisément
au premier jour de l'an.
Au second ce font les
Magistrats, les Princes,
les Pasteurs, les Precepteurs
qui donnent les
étrenes aux parens de
ceux qu'ils élevent.
Au troisiéme jour ce
font les collegues qui
donnent à leurs collegnes
les étrenes, lesépoux
les donnent à leurs
épouses, les amis à leurs
amis;& ilsemble qu'ils
fassent attention à l'excellence
du troisiéme
jour, quisondoitlasuperstition
ancienne sur
les étrenes, pour le celebrer
par les étrenes du
coeur marquées dans les
societez, le mariage 6c
1l» 'a•ml itié.
La solemnité des étrenes
étoit commune aux
grands, aux moyens &
aux petits: mais lanature
des dons étoit differente
par rapport à la
difference des personnes
& à celle des temps. Elles
consistoient en quelqucs
fruits & herbages,
comme Emmach nous
le montre dans son dixiémelivre,
où il estdit
que T. Tabruz en donna
auxbraves Romains
&. Sabins; & c'étoit
alors une simple branche
de verveine, qui se
donnoient d'abord commeherbages
simples,
&qui devinrent un symbole
de la valeur & de
la victoire. Ensuite on fit succeder aux fruits
cruds les friandises &
fruitsconfits;ce qui subllifta
long-temps aprés sa
premiere institution: &
quand ils joignirent à
cela des palmes & du
miel, ils les donnoient
comme un symbole de
la paix publique & de
la paix, pour ainsidire,
privée, marquant par
le miel la douceur des
moeurs, qui cfl le plus
grand present que les
Dieux nous puissent faire
pour la societé.
L'usage del'or & de
l'argent, qui a succedé
à mesure que l'avarice
&
& l'ambition a gagné le
coeur des hommes, a
duré jusquànous. Cette
coûtume commence à
s'abolir parmi nous, non
pas par la diminution
de ces deux passions
mais , par la négligence
& la paresse où nous
sommes tombez sur tous
les devoirs gênans; & ce
ceremonial de la societé
en devient à la verité
plus aisé,plus commode,
mais aussi moins
affectueux &c moins
tendre; car ces petits
presens ne laissoient pas
de faire souvenir de l'amitié,
durespect &: de
l'attention que les hommes
doivent avoir les
uns pour les autres.
Article des Enigmes.
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Résumé : ERUDITION SUR LES Etrenes. Par M. l'Abbé Ros***
Le texte explore l'origine et les pratiques des étrennes, des cadeaux échangés principalement au début de l'année. L'étymologie du mot 'étrennes' est débattue parmi les anciens auteurs. Certains la lient à des jours consacrés pour souhaiter du bonheur, d'autres à des superstitions numériques, notamment le troisième jour de l'année, et d'autres encore à la déesse Strennua, associée aux présages de la nouvelle année. Les étrennes étaient des présents réciproques échangés le premier jour de l'année ou les jours suivants, selon des traditions spécifiques. Cette pratique débuta sous l'Empire des Rois et des Consuls Romains et différait des dons observés dans d'autres cultures, comme les Indiens, les Mages ou les Grecs. En Perse, ces présents étaient appelés 'saluts', tandis qu'en Judée ou en Égypte, ils consistaient en offrandes d'argent aux princes. En Italie, les jeunes gens offraient des œuvres littéraires en échange de présents. En Allemagne, les étrennes étaient échangées entre supérieurs et inférieurs, ainsi qu'entre égaux, impliquant un grand commerce de libéralités. Initialement, les étrennes consistaient en fruits, herbes, et symboles de valeur et de victoire, comme la verveine. Avec le temps, elles évoluèrent vers des friandises, des fruits confits, du miel, et des palmes, symbolisant la paix publique et privée. L'usage de l'or et de l'argent succéda à ces pratiques, mais cette coutume tend à disparaître en raison de la négligence et de la paresse modernes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2899
p. 49
MORT.
Début :
Le Comte d'Adhemar, un des six Seigneurs que le Roy [...]
Mots clefs :
Comte d'Adhemar, Seigneurs, Comte de Grignan
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : MORT.
MORT.
Le Comte d'Adhemar,
un des six Seigneurs que le
Roynommaen1680.pour
être auprès de Monseigneur
le Dauphin, mourut le 1 5.
Novembre,âgéde soixante-
trois ans.
Il étoit frere du Comte
de Grignan, Chevalier des
Ordres de Roy, Commandant
en Provence.
Le Comte d'Adhemar,
un des six Seigneurs que le
Roynommaen1680.pour
être auprès de Monseigneur
le Dauphin, mourut le 1 5.
Novembre,âgéde soixante-
trois ans.
Il étoit frere du Comte
de Grignan, Chevalier des
Ordres de Roy, Commandant
en Provence.
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2900
p. 133-149
NOUVELLES.
Début :
Les Lettres de Warsovie portent que les Troupes Moscovites sorties [...]
Mots clefs :
Moscovites, Varsovie, Suède, Vizir, Turquie, Vienne, Sicile, Prusse, Finances
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : NOUVELLES.
NOUVELLES.
Les Lettres de Warsovic
portent que les Troupes Moscovites
sorties de Pomeranie
marchent en trois Corps par
trois routes différentes;dont
l'un est commandé par le
Prince Dolherou l'aurre par
le Prince Repuin
,
& le troisiéme
par le General Baver.
Ils sont accompagnez par des
Commissaires pourempêcher
les desordres.
On mande de Moldavie
,
que le Roy de Suede, le Roy
Stanislas, & cous ceux de leur
parti, estoienc très bien traitez,
& que les Ambassadeurs
du Czar avoient esté renvoyez
à Constantinople,que
rArmeeOcromanceOoic tou-
-
jours campée auprès deChoczin,
que les Tartares se font
[ éloignez feulement de six
lieues3 pour la commodité
des sourages, qu'on travaille
toûjours en diligence aux Fortifications
de cette Place, & -rneme; à conftruirc des barfaques
pour y faire hiverner
unepartie de l'Armée
,
& le
reste en Moldavie, en Walaquic,
ôc au voisinage du Danube.
Les Lettres de'Turquie venues
par la voye de Walaquie
portent que le Grand Vizir
avoir dctlaré aux Ambassadeurs
Mascovites & Polonois,
qu'il n'y auroit point
de Paix iurqg-àce que leCzar
eue consenti à payer par an
quatre vingt milleflorins au
Kam des Tartares, ourre les
arrerages du tribut qu'il prétend
luy estre dûs, que la Pologne
ne cedeunepartiede la
basse Podolie, avec sept territoires
de l'Ukraine où les
Colaques qui ont pris le parti
du Roy de Suede vivoient
possiblement,queleRoy Sta-
11:11Js rentrera dans ses biens
& diolnircz) & que la Republique
promettra que s'il wurvit
au Roy Auguste, elle ne
prendra point d'autre Roy
que luy. Enfin qu on laissera
passer librement le Roy de
Suede par la Pologne, avec
une efeorte de six milleTurcs.
Ces Lettresajoûtent qu'encore
que la disposition des affaires
paroisse tres -
favorable
pour le Roy de Suede, ce
Prince souhaite fortement de
retourner dans les Etats, &
qu'il se mettra en chemin
aussi tost qu'ille pourra faire
avec seureté.
On mande de Hambourg
que la mortalité diminuë de
plus en plus en plus. Néanmoins
les Troupes Danoises
occupent encore le Posse de la
Montagne prés de cetteVille,
pour empêcher toute communication
avec le pays de
Hollfein,&leDuc deHanover
adenouveauinterdittouteommerce
avec Ces Etats,que le Baron
de Kartzvoch, Refidenc
de la Cour deVienne, fit fev
voir au Comte de Welling
que , cette Cour avoit fixé au
ij. Décembre le jour qu'on
devoir tenir àBrunswick une
Assemblée pour terminer à
lamiable les affaires du Nord,
& que les Suédois pourroient
y envoyer un Ministre, &
que la Ville de Tonningen
cliort réduite à lineextrême
necefficé, faute de vivres:
mais on assure que le Roy de
Dannemarck estoit disposé à
y laiflcr enrrer quelques provisions
,
qu'il avoit écrit au
Roy de Prussequ'ilconfentiroitc
à lever le Blocus & à
retirer ses Troupes, pourvû
qu'ildemeurât en possession
de cout le DuchédeSlefwick,
juiqu'à la fin de le Négociauon.
On écrit de Stokholm du 8.
Novembre que les deux mille
Moscovites qui estoient dans
la Ville d'Abo s'étoient retirez
à l'approche du Contre-
Amiral Taube avec des Galeres
, craignant qu'il ne mit des
Vaisseaux pour les couper, &
qu'après avoir visité Abo
,
il
estoit allé joindre la Flot c
Suedoise, qui croisoit de ce
coHé.là, qu'un renfort de
Troupes n'attendoit qu'un
vent favorable pour faire voile
vers la Finlandey qu'elles
seront commandées avec celles
quiy sont déja,par le General
Taube, ayant fous luy
les Majors Généraux Schommer
& Licben : que le General
Lubecker qui commandoit
cidevant en Finlande
,
avoit esté rappelle à
Stokolm
,
où il estoit arrivé,
& qu'on vouloit lay faire
rendre compte de laconduite
qu'il avoit tenue à la premiere
defeente que les Moscovites
avoient faue en Finlande.
Les Lettres de Vienne portent
que les Etats de la Basse
Autriche s'éstant assemblez
en cette Ville, le Cornee de
Zinzendorss, Chancelier dela
Cour, après leur avoir faitun
discours, leur demanda un
fubfidc de six cent milleflorins,
avec unerecrue de trois
mille trois cent Fantassins.,&
une autre de quatre cent foixante-
quatre Cavaliers , &
une de deux cent trente trois
Dragons, pour rendre complcts
les Ré giments de leur
répartition,qu'on avec envoyéoidre
au Prince Eugene
d'entrer en conference avec
le Maréchal de Villars.
Celles dePalerrae portent
que le Roy & ta Reine de Sicile
avoicnt reçûlesfournirions
& les compliments de toutes
lesVilles & des Principaux Seigneurs
Siciliens qu'ils avoienc
ICÇÛ avec beaucoup de bonté;
de forte que laNoblesse&les
Peuples estoient également
satisfaits, & que le Roy de
Sicile commençoit à s'iréformerdel'étatdesFinabcespour
les remettrern meilleur,
état & réformer ptafteurs
abus
,
qu'il travailloit avecune
application extraordinaire
à rétablir le bon ordre
dans le Gouvernement, ayant
déjà ordonné qu'on payât à
plusieurs perTonnes les fomnies
qui leur estoient dcûcs
par des Seigneurs qui refufoientde
les fatisfairc,qu'il avoit
recommandé aux Barons
de ne pas donner retraite dans
leurs Terres à des bandis &
àdes scelerats qui commettoient
plusieurs desordres *
fous peine d'en estre responsables.
On écrit de Londres que la
Reine avoit donne le Regiment
de Cavalerie du Lieutenant
General Langsdor au.
Brigadier Joceline
,
celuy
d'Infanterie du Colonel Durell
, au Brigadier Hams Hamilton
& celuy de ce dernier
au Colonel Chudleigh
que les Regiments de Popper,
d'Evans autres qui estoient
à la paye d'Angleterre , avoient esté réduits à la paye
d'Irlande
,
le Regiment de
Cavalerie de Mylord Vindlor
a esté caffé,mais il a encore fcRegiment chfCavalerie du
feu General Wood qui est en
Fiantes& quiavecceluy dq
General
General Lumley & celuy des
Gardes du Comte de Peterborough
,
font les seuls Regimens
de Cavalerie qui doivent
estre conservez à la paye Angloise
outre les Gardes du
Corps
,
qu'on avoit établi
cinq Commissaires ,qui sont
le Chevalier Guillaume Giffard,
les Sieurs Samuel Hunter,
Nicolas Roop ,Thomas
Coleby ,& Thomas Lèyron;
pour casser les Regiments de
Marine. La Compagnie de la
Mer du Sud à quatre Vaisseaux
chargez de toutes sortes
de Marchandises & prêts à
faire voile pour aller prendre
des Negres sur lacosted'Afrique&
les transporter à l'Amerique
Espagnole,suivant
le Contrat d'Assiento fait
avec l'Espagne.
On mande de Hollande
qu'on travaille à terminer les
difficultez qui empêchent la
conclusion de la Paix d'Espaavec
lePortugal &cetEtat,
& que les Ministres de Sa
Majesté Catholique ont eû
sur ce sujet deux conferences
à Rosendalavecl''Evêque de
Londres, que lesieur de Goflingarevint
de Frise le 5. Decembre,
à la Haye
,
il se prépare
à partir dans peu de
jours avec le sieur Buys, pour
leur Ambassade à la Cour de
France.
On écrit de Bruxelles que
les Regiments de Cavalerie
de Vander Nath & de Borle
cy-devant Wales quiestoient
à la solde Angloise
,
estoient
ePntrerzuau fSelrviTce dcu R.oy de
OnmandedeCologne qquuet
les partis Françoisfaisoient
des courses en ce pays lef..
quels avoient enlevé plusieurs
Marchands de Cologne qui
revenoienc de la foire de Bonne
avec leurs Marchandises.
Les Lettres de Strasbourg
portent, que le Maréchal de
Villarsen estoit parti le ij.
Novembre pour aller au
Fort Loüis,d'où il partit le29.
pour se rendre au Chasteau
de Rastat dans le Marquisat
de Bade
,
où il afriva àtrois
heures après midy
, pour y
traiter de la Paix Generale
avec le Prince EugenedeSavoye,
lequel y arriva le même
jour. Le Maréchal de Villars
alla le recevoir versJe haut
de l'escalier,où ils se presenterent
mutuellement les Seigneurs
qui les accompagnent,
& ensuite il leconduisitdans
sonappartement,d'où aprés
un quart-d'heured'entretien
le Prince Eugene conduisit à
son tour le Maréchal de
Villars dans sonappartement.
Les Conferences devoient
commencer dans peu ,
s'étant
déja de part & d'autre
communiqué leurs Pleinspouvoirs,
que les Troupes du
Roy, & celles des Ennemis
estoient en marche pour aller
prendreleurs quartiers d'hyver.
Les Lettres de Warsovic
portent que les Troupes Moscovites
sorties de Pomeranie
marchent en trois Corps par
trois routes différentes;dont
l'un est commandé par le
Prince Dolherou l'aurre par
le Prince Repuin
,
& le troisiéme
par le General Baver.
Ils sont accompagnez par des
Commissaires pourempêcher
les desordres.
On mande de Moldavie
,
que le Roy de Suede, le Roy
Stanislas, & cous ceux de leur
parti, estoienc très bien traitez,
& que les Ambassadeurs
du Czar avoient esté renvoyez
à Constantinople,que
rArmeeOcromanceOoic tou-
-
jours campée auprès deChoczin,
que les Tartares se font
[ éloignez feulement de six
lieues3 pour la commodité
des sourages, qu'on travaille
toûjours en diligence aux Fortifications
de cette Place, & -rneme; à conftruirc des barfaques
pour y faire hiverner
unepartie de l'Armée
,
& le
reste en Moldavie, en Walaquic,
ôc au voisinage du Danube.
Les Lettres de'Turquie venues
par la voye de Walaquie
portent que le Grand Vizir
avoir dctlaré aux Ambassadeurs
Mascovites & Polonois,
qu'il n'y auroit point
de Paix iurqg-àce que leCzar
eue consenti à payer par an
quatre vingt milleflorins au
Kam des Tartares, ourre les
arrerages du tribut qu'il prétend
luy estre dûs, que la Pologne
ne cedeunepartiede la
basse Podolie, avec sept territoires
de l'Ukraine où les
Colaques qui ont pris le parti
du Roy de Suede vivoient
possiblement,queleRoy Sta-
11:11Js rentrera dans ses biens
& diolnircz) & que la Republique
promettra que s'il wurvit
au Roy Auguste, elle ne
prendra point d'autre Roy
que luy. Enfin qu on laissera
passer librement le Roy de
Suede par la Pologne, avec
une efeorte de six milleTurcs.
Ces Lettresajoûtent qu'encore
que la disposition des affaires
paroisse tres -
favorable
pour le Roy de Suede, ce
Prince souhaite fortement de
retourner dans les Etats, &
qu'il se mettra en chemin
aussi tost qu'ille pourra faire
avec seureté.
On mande de Hambourg
que la mortalité diminuë de
plus en plus en plus. Néanmoins
les Troupes Danoises
occupent encore le Posse de la
Montagne prés de cetteVille,
pour empêcher toute communication
avec le pays de
Hollfein,&leDuc deHanover
adenouveauinterdittouteommerce
avec Ces Etats,que le Baron
de Kartzvoch, Refidenc
de la Cour deVienne, fit fev
voir au Comte de Welling
que , cette Cour avoit fixé au
ij. Décembre le jour qu'on
devoir tenir àBrunswick une
Assemblée pour terminer à
lamiable les affaires du Nord,
& que les Suédois pourroient
y envoyer un Ministre, &
que la Ville de Tonningen
cliort réduite à lineextrême
necefficé, faute de vivres:
mais on assure que le Roy de
Dannemarck estoit disposé à
y laiflcr enrrer quelques provisions
,
qu'il avoit écrit au
Roy de Prussequ'ilconfentiroitc
à lever le Blocus & à
retirer ses Troupes, pourvû
qu'ildemeurât en possession
de cout le DuchédeSlefwick,
juiqu'à la fin de le Négociauon.
On écrit de Stokholm du 8.
Novembre que les deux mille
Moscovites qui estoient dans
la Ville d'Abo s'étoient retirez
à l'approche du Contre-
Amiral Taube avec des Galeres
, craignant qu'il ne mit des
Vaisseaux pour les couper, &
qu'après avoir visité Abo
,
il
estoit allé joindre la Flot c
Suedoise, qui croisoit de ce
coHé.là, qu'un renfort de
Troupes n'attendoit qu'un
vent favorable pour faire voile
vers la Finlandey qu'elles
seront commandées avec celles
quiy sont déja,par le General
Taube, ayant fous luy
les Majors Généraux Schommer
& Licben : que le General
Lubecker qui commandoit
cidevant en Finlande
,
avoit esté rappelle à
Stokolm
,
où il estoit arrivé,
& qu'on vouloit lay faire
rendre compte de laconduite
qu'il avoit tenue à la premiere
defeente que les Moscovites
avoient faue en Finlande.
Les Lettres de Vienne portent
que les Etats de la Basse
Autriche s'éstant assemblez
en cette Ville, le Cornee de
Zinzendorss, Chancelier dela
Cour, après leur avoir faitun
discours, leur demanda un
fubfidc de six cent milleflorins,
avec unerecrue de trois
mille trois cent Fantassins.,&
une autre de quatre cent foixante-
quatre Cavaliers , &
une de deux cent trente trois
Dragons, pour rendre complcts
les Ré giments de leur
répartition,qu'on avec envoyéoidre
au Prince Eugene
d'entrer en conference avec
le Maréchal de Villars.
Celles dePalerrae portent
que le Roy & ta Reine de Sicile
avoicnt reçûlesfournirions
& les compliments de toutes
lesVilles & des Principaux Seigneurs
Siciliens qu'ils avoienc
ICÇÛ avec beaucoup de bonté;
de forte que laNoblesse&les
Peuples estoient également
satisfaits, & que le Roy de
Sicile commençoit à s'iréformerdel'étatdesFinabcespour
les remettrern meilleur,
état & réformer ptafteurs
abus
,
qu'il travailloit avecune
application extraordinaire
à rétablir le bon ordre
dans le Gouvernement, ayant
déjà ordonné qu'on payât à
plusieurs perTonnes les fomnies
qui leur estoient dcûcs
par des Seigneurs qui refufoientde
les fatisfairc,qu'il avoit
recommandé aux Barons
de ne pas donner retraite dans
leurs Terres à des bandis &
àdes scelerats qui commettoient
plusieurs desordres *
fous peine d'en estre responsables.
On écrit de Londres que la
Reine avoit donne le Regiment
de Cavalerie du Lieutenant
General Langsdor au.
Brigadier Joceline
,
celuy
d'Infanterie du Colonel Durell
, au Brigadier Hams Hamilton
& celuy de ce dernier
au Colonel Chudleigh
que les Regiments de Popper,
d'Evans autres qui estoient
à la paye d'Angleterre , avoient esté réduits à la paye
d'Irlande
,
le Regiment de
Cavalerie de Mylord Vindlor
a esté caffé,mais il a encore fcRegiment chfCavalerie du
feu General Wood qui est en
Fiantes& quiavecceluy dq
General
General Lumley & celuy des
Gardes du Comte de Peterborough
,
font les seuls Regimens
de Cavalerie qui doivent
estre conservez à la paye Angloise
outre les Gardes du
Corps
,
qu'on avoit établi
cinq Commissaires ,qui sont
le Chevalier Guillaume Giffard,
les Sieurs Samuel Hunter,
Nicolas Roop ,Thomas
Coleby ,& Thomas Lèyron;
pour casser les Regiments de
Marine. La Compagnie de la
Mer du Sud à quatre Vaisseaux
chargez de toutes sortes
de Marchandises & prêts à
faire voile pour aller prendre
des Negres sur lacosted'Afrique&
les transporter à l'Amerique
Espagnole,suivant
le Contrat d'Assiento fait
avec l'Espagne.
On mande de Hollande
qu'on travaille à terminer les
difficultez qui empêchent la
conclusion de la Paix d'Espaavec
lePortugal &cetEtat,
& que les Ministres de Sa
Majesté Catholique ont eû
sur ce sujet deux conferences
à Rosendalavecl''Evêque de
Londres, que lesieur de Goflingarevint
de Frise le 5. Decembre,
à la Haye
,
il se prépare
à partir dans peu de
jours avec le sieur Buys, pour
leur Ambassade à la Cour de
France.
On écrit de Bruxelles que
les Regiments de Cavalerie
de Vander Nath & de Borle
cy-devant Wales quiestoient
à la solde Angloise
,
estoient
ePntrerzuau fSelrviTce dcu R.oy de
OnmandedeCologne qquuet
les partis Françoisfaisoient
des courses en ce pays lef..
quels avoient enlevé plusieurs
Marchands de Cologne qui
revenoienc de la foire de Bonne
avec leurs Marchandises.
Les Lettres de Strasbourg
portent, que le Maréchal de
Villarsen estoit parti le ij.
Novembre pour aller au
Fort Loüis,d'où il partit le29.
pour se rendre au Chasteau
de Rastat dans le Marquisat
de Bade
,
où il afriva àtrois
heures après midy
, pour y
traiter de la Paix Generale
avec le Prince EugenedeSavoye,
lequel y arriva le même
jour. Le Maréchal de Villars
alla le recevoir versJe haut
de l'escalier,où ils se presenterent
mutuellement les Seigneurs
qui les accompagnent,
& ensuite il leconduisitdans
sonappartement,d'où aprés
un quart-d'heured'entretien
le Prince Eugene conduisit à
son tour le Maréchal de
Villars dans sonappartement.
Les Conferences devoient
commencer dans peu ,
s'étant
déja de part & d'autre
communiqué leurs Pleinspouvoirs,
que les Troupes du
Roy, & celles des Ennemis
estoient en marche pour aller
prendreleurs quartiers d'hyver.
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Résumé : NOUVELLES.
En Europe, plusieurs mouvements militaires et diplomatiques sont rapportés. En Pologne, les troupes moscovites, dirigées par les princes Dolherou, Repuin et le général Baver, avancent par trois routes distinctes. En Moldavie, le roi de Suède et Stanislas sont bien traités, tandis que les ambassadeurs du Czar ont été renvoyés à Constantinople. L'armée ottomane est stationnée près de Choczin, où des fortifications sont en construction pour l'hiver. En Turquie, le Grand Vizir informe les ambassadeurs moscovites et polonais que la paix ne sera possible que si le Czar paie un tribut annuel aux Tartares et que la Pologne cède une partie de la basse Podolie et de l'Ukraine. Stanislas récupérera ses biens et droits, et la Pologne ne choisira pas d'autre roi. Le roi de Suède pourra traverser la Pologne avec une escorte turque. À Hambourg, la mortalité diminue, mais les troupes danoises occupent encore des positions stratégiques. Le duc de Hanovre a interdit le commerce avec certains États. Le baron de Kartzvoch informe le comte de Welling que l'Autriche organise une assemblée à Brunswick pour régler les affaires du Nord. La ville de Tonningen est en difficulté, mais le roi de Danemark est prêt à envoyer des provisions. À Stockholm, deux mille Moscovites se sont retirés à l'approche du contre-amiral Taube. Des renforts suédois se préparent à rejoindre la Finlande. Le général Lubecker, ancien commandant en Finlande, a été rappelé à Stockholm pour rendre compte de sa conduite. À Vienne, les États de la Basse-Autriche ont voté un subside et des recrues pour compléter les régiments. Le maréchal de Villars et le prince Eugène de Savoie discutent de la paix générale. Les troupes françaises et ennemies se préparent à prendre leurs quartiers d'hiver. En Sicile, le roi et la reine ont reçu des fournitures et des compliments des villes et seigneurs siciliens. Le roi travaille à réformer les finances et à rétablir l'ordre. À Londres, la reine a redistribué plusieurs régiments de cavalerie et d'infanterie. Cinq commissaires ont été nommés pour casser les régiments de marine. La Compagnie de la Mer du Sud prépare des vaisseaux pour le commerce des esclaves en Amérique espagnole. En Hollande, des efforts sont en cours pour conclure la paix entre l'Espagne et le Portugal. Les ministres espagnols ont eu des conférences à Rosendal avec l'évêque de Londres. Le sieur de Gosling se prépare à partir pour une ambassade en France. À Bruxelles, les régiments de cavalerie de Vander Nath et de Borlecy sont passés au service du roi d'Espagne. En Cologne, des partisans français font des incursions et enlèvent des marchands. À Strasbourg, le maréchal de Villars et le prince Eugène de Savoie se sont rencontrés à Rastatt pour discuter de la paix générale. Les troupes françaises et ennemies se préparent à prendre leurs quartiers d'hiver.
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